ÉNERGIE. HERCULE, CE DANGER TAILLE XXL QUI MENACE EDF

Unanimes, les syndicats réclament l’abandon du projet qui vise à démanteler l’entreprise sur fond de libéralisation du secteur. Jusqu’à présent, l’ouverture à la concurrence, érigée en dogme par la Commission européenne, n’a jamais tenu ses promesses.

Rarement les syndicats d’EDF avaient été aussi remontés. De la CGT à la CFDT en passant par FO et la CFE-CGC, tous tirent à boulets rouges sur le projet Hercule, avantageusement présenté par le gouvernement comme une « nouvelle régulation économique du nucléaire », mais qui risque fort d’éparpiller l’opérateur historique à la façon d’un puzzle. Ce lundi, ils ont demandé à être reçus en urgence par le premier ministre pour remettre le sujet sur la table, faute de quoi ils pourraient appeler à une nouvelle journée de grève, le 10 décembre. Dans le même temps, les principaux syndicats du secteur interpellent les parlementaires (lire pages 6 et 7) sur les risques pesant sur l’avenir des opérateurs historiques, EDF et Engie. Au-delà de leurs aspects techniques, ces dossiers recouvrent des enjeux décisifs, tant pour les salariés que pour les consommateurs.

Le projet Hercule vise à éclater EDF en plusieurs entités. Dans sa première mouture, l’opérateur serait scindé en deux parties étanches : d’un côté, EDF « Bleu », à 100 % public, qui réunirait le nucléaire et le thermique (centrales au gaz, charbon…) ; de l’autre côté, EDF « Vert », qui rassemblerait pour l’essentiel Enedis (distribution d’électricité) et les énergies renouvelables. Ce second pôle serait ouvert au privé, à hauteur de 35 % pour le moment. Pour le dire autrement, cela revient à garder dans le giron public ce qui « coûte » très cher (le nucléaire implique des investissements colossaux, qui rebutent le secteur privé) et à laisser au marché ce qui rapporte gros. En effet, selon les comptes d’EDF pour 2019, le pôle Vert ne « pèserait » pas moins de 6,5 milliards d’euros d’excédent brut d’exploitation. Un joli pactole pour les futurs entrants au capital, que ce soient des concurrents d’EDF ou des fonds d’investissement en quête de rentabilité financière.

Voilà pour la première mouture du projet. Selon certaines sources, une deuxième version serait actuellement dans les tuyaux, qui sanctuariserait la production d’électricité hydraulique dans un troisième pôle, à 100 % public, baptisé « Azur ».

Aucune de ces deux solutions ne convient aux syndicats. « Plus qu’une simple réorganisation, c’est un pas de plus dans le démantèlement d’un service public très particulier ! assène Anne Debregeas, de SUD énergie. L’électricité est une des pierres angulaires de la transition énergétique. Nous avons des investissements colossaux à effectuer, quelles que soient les options retenues en matière de nucléaire. Il faudrait 50 à 60 milliards d’euros de plus par an pour réussir la transition. Seul le public peut prendre en charge de telles sommes. »

Les consommateurs pourraient faire les frais de ce big-bang

Les quelque 100 000 salariés d’EDF redoutent, quant à eux, de se retrouver ballottés dans les multiples filiales créées. « Lorsque vous filialisez une activité, tous les accords collectifs tombent immédiatement, résume un cadre du groupe. Tous les salariés qui sortiront d’EDF SA (société anonyme) devront négocier de nouveaux accords par l’intermédiaire de leurs syndicats, avec des différences possibles d’une société à une autre. On peut imaginer qu’Azur aura son propre texte sur l’intéressement et l’organisation du travail ; Bleu  également, etc. À la clé, des reculs sociaux. »

Les consommateurs, eux aussi, pourraient faire les frais de ce big-bang, comme c’est le cas à chaque étape supplémentaire de l’ouverture du secteur à la concurrence. Initiée dès les années 1980 par le duo Reagan-Thatcher puis entérinée à coups de directives européennes dans les années 1990, cette lame de fond n’a jamais souri aux particuliers. Entre 2007 et 2017, la facture moyenne d’un client chauffé à l’électrique a, par exemple, augmenté d’environ 36 % en France. D’ailleurs, Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), a lui-même vendu la mèche, dans  le Monde du 26 octobre 2018 : « La concurrence par les prix reste marginale sur le marché de l’électricité. Elle ne sert pas à faire baisser les tarifs, mais à encourager l’innovation. »

Paris et Bruxelles seraient sur le point de conclure un accord

Pour justifier le maintien du projet Hercule, le gouvernement explique en substance qu’il s’agit d’une sorte de « cadeau » fait par l’État à la Commission européenne. En clair, le démantèlement d’EDF « offert » à Bruxelles permettrait, en contrepartie, à EDF de renégocier à la hausse l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique). Petite explication historique : « L’Arenh, créé en 2010, est une des inventions les plus absurdes qui soit, détaille Aurélien Bernier, spécialiste de l’énergie (1). Il oblige EDF à vendre une partie de sa production d’électricité nucléaire à ses concurrents, à prix coûtant. C’est aussi aberrant que si on avait exigé de Renault qu’il cède une partie de sa production à PSA, pour que PSA la revende aux consommateurs en réalisant une marge au passage ! »

Aujourd’hui, le montant de l’Arenh est fixé à 42 euros le mégawatt/heure, au grand dam d’EDF qui assure que ce tarif trop faible ne lui permet pas de s’y retrouver. D’après les Échos, Paris et Bruxelles seraient sur le point de conclure un accord pour un nouveau tarif autour de 45 à 50 euros. « Il ne faut pas s’y tromper, prévient Sébastien Menesplier, secrétaire général de la FNME-CGT.  La Commission européenne reste neutre sur le projet Hercule, il s’agit bien d’un projet du gouvernement et de la direction d’EDF. Et ce projet porte des risques tant pour les salariés que pour les consommateurs. La seule option viable est de sortir de ce modèle de concurrence de marché. »

(1) Auteur des Voleurs d’énergie, Utopia, 2018.

Par Cyprien Boganda, publié mercredi 2 Décembre 2020

Photo en titre : Centrale EDF de Civaux. Le nucléaire implique des investissements colossaux, qui rebutent le secteur privé. Hamilton/REA

https://www.humanite.fr/energie-hercule-ce-danger-taille-xxl-qui-menace-edf-696958

LE SCÉNARIO D’UN MARIAGE ENTRE RTE ET ENEDIS FLOTTE DANS L’AIR

Alors que le projet de réorganisation d’EDF bat son plein, émerge un nouveau scénario de création d’un géant des réseaux électriques pour gérer la transition énergétique.

C’est une petite phrase qui pèse lourd dans le grand projet de réorganisation d’EDF. « Il n’est pas question d’ouvrir le capital d’Enedis […] qui reste une filiale à 100% d’EDF » a assuré lundi Marianne Laigneau, la présidente du réseau de distribution électrique.

L’entreprise aux 38.000 salariés est au cœur du grand meccano lancé par Emmanuel Macron, qui consiste à revoir la régulation des prix du nucléaire en France. Avant de donner son aval au projet, la Commission européenne demande à la France d’avancer vers une nouvelle phase de la libéralisation de son secteur énergétique. EDF doit être scindée, et depuis un an, tous les scénarios poussent à séparer le réseau de distribution d’Enedis du reste du groupe.

Jeudi dernier, un tiers des salariés étaient en grève contre ce projet, baptisé « Hercule » qui vise à loger Enedis dans la branche d’EDF qui sera largement privatisée. Sa présidente se met ainsi en travers de ce scénario qui suscite beaucoup d’inquiétude et de tensions au sein du distributeur.

Les énergies renouvelables plus favorables à Enedis

Mais ces derniers mois, une autre option émerge autour d’Enedis qui consiste, selon nos informations, à le rapprocher de RTE. Le nouveau patron du Réseau de Transport de l’Électricité, Xavier Piechaczyk, est favorable à un tel scénario, selon plusieurs sources proches de RTE. L’objectif « politique » serait de vendre aux pouvoirs publics la création d’un géant français des réseaux, « Réseaux de France« , capable de piloter la transition énergétique. Une union des deux réseaux avait déjà été imaginée il y a plusieurs années par Enedis cette fois, et son ancienne patronne Michèle Bellon. Contactées, les entreprises n’ont pas souhaité commenter.

Industriellement, ce mariage aurait pour but d’intégrer la gestion des infrastructures électriques en France. « Le système électrique se gère encore par les lignes haute tension de RTE, mais avec les énergies renouvelables, ce sera de plus en plus par les réseaux locaux d’Enedis« , explique un bon connaisseur des deux entreprises. L’électricité produite par les éoliennes est injectée sur le réseau par Enedis ou RTE selon les zones. Mais le solaire entre essentiellement par celui d’Enedis.

Une machine à cash

À terme, la transition énergétique va favoriser Enedis au détriment de RTE. Ce dernier cherche donc à conserver une rentabilité qui risque de lui échapper. Enedis génère chaque année 4 milliards d’euros de marges, précieuses pour son actionnaire EDF. Au point que, selon nos informations, EDF demande à Enedis de doubler, d’ici quelques années, le dividende qu’il lui verse à environ 1,5 milliard d’euros.

Enfin, ce scénario a aussi le mérite de convenir aux syndicats, eux aussi très remontés contre le projet Hercule. Ils appellent d’ailleurs à une nouvelle journée de grève le jeudi 10 décembre. Ils sont favorables à la création d’un « Réseaux de France » 100% public, aux côtés du « Nucléaire de France » et « Hydro de France« » (barrages), eux aussi nationalisés.

Reste que l’État ne semble pas très favorable à ce rapprochement qui viserait surtout à « vider » la partie d’EDF qui doit être scindée: les énergies renouvelables, les services et donc Enedis. Bercy souhaite conserver Enedis dans ce « EDF Vert » pour garantir un haut niveau de marges et attirer des investisseurs privés.

Par Matthieu Pechbety, publié le 01/12/2020 à 6h20

https://www.bfmtv.com/economie/le-scenario-d-un-mariage-entre-rte-et-enedis-flotte-dans-l-air_AN-202012010011.html

65% DES PERSONNES ENCORE DÉPLACÉES DE FUKUSHIMA NE SOUHAITENT PAS RENTRER CHEZ ELLES – LE NOMBRE DE PERSONNES DÉPLACÉES PAUVRES A QUASIMENT DOUBLÉ

Il y a encore officiellement plus de 36 900 personnes déplacées à Fukushima, selon les autorités locales. La Kwansei Gakuin University a envoyé un questionnaire à 4 876 déplacés et a reçu 694 réponses, dont 522 d’habitants originaires de Fukushima avant la catastrophe. Il apparaît que 65% des répondants originaires de Fukushima ne souhaitent pas rentrer chez eux et 26% espèrent pouvoir rentrer. Selon l’agence Kyodo, qui reprend l’information, les autorités n’ont pas effectué une telle enquête ces dernières années.

À la question de savoir pourquoi ils n’étaient toujours pas rentrés, 46% des répondants disent craindre la contamination et 45% disent s’être réinstallés ailleurs.

Sur les 522 répondants de Fukushima, 100, ou 14,4% sont originaires des zones dites de retour difficile et 140, ou 20,2%, de zones où l’ordre d’évacuer a été levé. Enfin, 417, soit 60% de tous les 694 répondants, sont des auto-évacués, originaires de Fukushima ou d’autres provinces.

L’université a aussi interrogé les personnes déplacées sur leurs revenus. Selon le Maïnichi, qui reprend l’information, le nombre de foyers qui gagnaient moins de 3 millions de yens (24 000 €) par an en 2019 est 1,7 fois plus élevé qu’avant la catastrophe. La part de ces foyers était de 22,7% avant la catastrophe et 39,1% en 2019.

Sur les 117 mères célibataires qui ont répondu, 103 sont des auto-évacuées. 50 ont divorcé. Enfin, 44% ont eu un revenu annuel inférieur à 2 millions de yens (16 000€) en 2019. C’est 3,6 fois plus qu’avant la catastrophe. Certaines mères cumulent plusieurs “petits jobs” pour s’en sortir.

Publié dans ACROnique de Fukushima, le 1er décembre 2020

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

CONFLIT NUCLÉAIRE USA-IRAN : LES USA VIENNENT D’IMPOSER DES SANCTIONS FERMES CONTRE 2 ENTREPRISES CHINOISES ET 2 ENTREPRISES RUSSES

Le chef de la diplomatie américaine a annoncé vendredi dernier l’imposition de nouvelles sanctions économiques contre quatre sociétés chinoises et russes accusées d’avoir soutenu le développement du programme nucléaire iranien.

« Les États-Unis ont sanctionné quatre entreprises en Chine et en Russie pour leur soutien au programme nucléaire iranien », a déclaré dans un tweet le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Washington a imposé mercredi dernier des mesures punitives à deux entreprises basées en Chine : Chengdu Best New Materials et Zibo Elim Trade, ainsi qu’à deux sociétés basées en Russie, Nilco Group et Joint Stock Company Elecon.

Ces entreprises, accusées d’avoir « fourni de la technologie de pointe et du matériel pour le programme de missiles nucléaires iraniens », subiront des mesures de restriction vis-à-vis des aides du gouvernement américain et de leurs exportations pendant deux ans, a précisé le Département d’État dans un communiqué :

« Nous continuerons à faire usage de toutes les sanctions à notre disposition pour empêcher l’Iran d’accroître sa capacité nucléaire ».

Le président américain Donald Trump a retiré en 2018 les États-Unis de l’Accord international signé avec l’Iran pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire, estimant qu’il était insuffisant.

Il a dans la foulée rétabli, puis durci, toutes les sanctions américaines contre la République Islamique au nom d’une politique de « pression maximale ».

Les États-Unis se sont depuis montrés déterminés à sanctionner tout pays ou entreprise étrangère qui ne respecterait pas leurs mesures.

Par HIBAPRESS-RABAT-AGENCES, publié le 30 novembre 2020

https://fr.hibapress.com/news-57664.html

ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS : LA COUR D’APPEL ADMINISTRATIVE DE NANCY RECONNAÎT TROIS NOUVELLES VICTIMES

Trois personnes, dont un appelé du contingent, ont été reconnues comme victimes de l’une des campagnes des essais nucléaires français par la Cour administrative d’appel de Nancy, a-t-on appris mardi 1er décembre de sources judiciaires.

La cour nancéienne a confirmé la décision du tribunal administratif de Strasbourg du 15 mai 2019 contre laquelle le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) avait interjeté appel.

Le Civen avait expliqué en première instance qu’il avait refusé le statut de victimes à ces trois Alsaciens car les intéressés n’avaient pas pu être exposés à une dose de radioactivité suffisante. Mais le tribunal administratif avait réfuté cet argument et remarqué notamment qu’il y avait eu une insuffisance de surveillance médicale spécifique.

En fin de matinée, les attendus de la décision de la Cour administrative d’appel n’étaient pas disponibles dans l’attente de la communication aux parties. «Je ne peux que me satisfaire de la décision d’appel qui confirme le jugement du TA : ça va permettre de poursuivre la liquidation de ce préjudice. Le rapport d’expertise est déjà fait. Le tribunal pourra se prononcer si le Civen ne va pas devant le Conseil d’État», a déclaré l’avocate des victimes, Me Cécile Labrunie, du cabinet TTLA.

En revanche, un quatrième homme a été débouté au motif qu’il n’y avait plus d’essais nucléaires effectués sur le site de Reggane, en Algérie, quand il y a séjourné en 1962-63. «Le problème c’est que les conséquences de la radioactivité ne disparaissent pas du jour au lendemain», a déploré Me Labrunie, rappelant par exemple la durée de vie du plutonium: «24.000 ans». La loi a prévu d’indemniser les personnes victimes de 23 cancers à condition d’avoir séjourné dans des zones ayant été concernées par les essais nucléaires, Polynésie ou Sahara. Mais elle fixe une «condition d’imputabilité», a expliqué Me Labrunie. Cette condition a varié à plusieurs reprises dans les textes. Ainsi, les trois personnes qui viennent d’être reconnues comme victimes avaient été déboutées en 2013/2014, a rappelé Me Labrunie.

Après le vote de nouvelles règles et une décision du Conseil d’État, ces trois personnes avaient déposé un nouveau dossier. Selon Me Labrunie, le cabinet TTLA, l’un des plus importants de France dans ce type d’affaires, a déjà défendu quelque «400 à 500 dossiers» de demandes d’indemnisation pour les essais nucléaires et en a réglé à ce jour quelque 150 à 200″.

Par Le Figaro avec AFP, publié le 1er décembre 2020

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/essais-nucleaires-francais-la-cour-d-appel-administrative-reconnait-trois-nouvelles-victimes-20201201

NUCLÉAIRE : LA RUSSIE CRITIQUE LES USA

Nouvelle passe d’armes entre Moscou et Washington. En effet, dans une récente sortie signée, la diplomatie russe a accusé le gouvernement américain de revenir aux préceptes d’il y a un demi-siècle, en ce qui concerne le nucléaire. Un tacle qui démontre une fois de plus, les dissensions entre les deux nations.

Sergueï Riabkov, vice-chef de la diplomatie russe, ne s’est pas montré très tendre avec les États-Unis. Selon lui, le gouvernement américain a adopté une posture similaire à celle d’il y a un demi-siècle, en ce qui concerne la question de l’armement nucléaire. Une prise de position qui démontre à quel point l’exécutif russe se montre préoccupé. En effet, aux yeux de Moscou, le gouvernement américain considère aujourd’hui le nucléaire comme une option politique et militaire, « pratique et acceptable ». En d’autres mots, Washington se réserve le droit d’utiliser l’arme nucléaire afin de répondre à ses détracteurs. 

La Russie pointe du doigt la doctrine américaine

Une sortie effectuée à l’occasion de la grande conférence Fort Ross 2020, organisée avec l’aide de Transneft, entreprise pétrolière, ainsi que Chevron, entreprise américaine et Sovcomflot, géant du transport d’hydrocarbures. Afin de calmer les esprits et remettre le nucléaire sur le rang des options secondaires, voire tertiaires en cas de conflit, Riabkov a appelé le gouvernement américain ainsi que l’ensemble de ses alliés à rejoindre le moratoire proposé par le gouvernement russe, au sujet du déploiement de missiles à moyenne ainsi qu’à courte portée.

L’administration Biden, pour tout changer ?

Dans les faits, Moscou s’est fermement engagé à ne déployer aucun missile de ce type, là où l’armée américaine n’aura pas placé de système de défense militaire. Reste désormais à définir si le gouvernement américain pourrait envisager une telle décision. À l’heure actuelle, l’administration Trump ne semble pas être favorable à cela. Pour autant, Joe Biden, le nouveau président élu, pourrait bien changer le cours des choses et tendre la main vers la Russie ou encore la Chine, sur la question de l’armement.

Par Florian Guénet, publié le 1er décembre 2020

https://lanouvelletribune.info/2020/12/nucleaire-la-russie-critique-les-usa/

NUCLÉAIRE IRANIEN: « PERSONNE N’AURAIT À GAGNER » D’UN ARRÊT DES INSPECTIONS (DIRECTEUR DE L’AIEA)

« L’Iran a un important programme nucléaire qui nécessite parmi les plus gros efforts en termes d’inspection« 

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’a pas reçu de notification de l’Iran sur un arrêt des inspections réclamé par les ultraconservateurs après l’assassinat du physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh, et « personne n’aurait à y gagner« , a déclaré lundi son directeur général.

« Nous comprenons la détresse, mais il est clair que personne n’aurait à gagner d’une diminution, d’une limitation ou d’une interruption du travail que nous faisons ensemble« , a affirmé Rafael Grossi.

Mohsen Fakhrizadeh a été tué vendredi près de Téhéran dans une attaque au véhicule piégé, suivie d’une fusillade contre sa voiture, selon le ministère de la Défense. 

Nombre d’ultraconservateurs appellent à bannir les inspecteurs de l’AIEA, chargés de vérifier les activités iraniennes sensibles, conformément à l’accord conclu en 2015.

« Ce n’est pas la première fois que des parlementaires s’expriment de la sorte« , a réagi M. Grossi

« Nous devons être sur place, nous devons inspecter. Ils (Les Iraniens) ont un important programme nucléaire qui nécessite parmi les plus gros efforts en termes d’inspection« , a-t-il insisté.

« Sans cela, nous nous retrouverions dans l’obscurité totale, et les incertitudes, l’instabilité dans la région seraient bien plus élevées« , a-t-il averti.

Rafael Grossi a par ailleurs de nouveau appelé Téhéran à fournir des explications sur le site suspect du district de Turquzabad, dans la capitale, où la présence de particules d’uranium anthropogénique (résultant d’activités humaines) a été détectée.

« Je ne veux pas dramatiser mais il est important que nous obtenions des clarifications« , a-t-il souligné.

Par AFP, publié le 30 novembre 2020 à 19h38, dernière modification le 30 novembre 2020 à 23h11

Photo en titre : Christian BRUNA / POOL / AFPLe directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, lors d’un discours à Vienne, en Autriche, le 18 novembre 2020.

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1606761071-nucleaire-iranien-personne-n-aurait-a-gagner-d-un-arret-des-inspections-directeur-de-l-aiea

ALLEMAGNE : DE NOUVELLES NÉGOCIATIONS POUR SORTIR DU NUCLÉAIRE ?

Les agences de presse AFP et dpa, ainsi que des articles du Handelsblatt provoquent des inquiétudes au sujet d’une étape importante de ce procédé. La sortie du nucléaire a été de nouveau mise sur la table des négociations par les exploitants. Leurs intentions ne sont que partiellement identifiables. 

Les agences de presse annoncent qu’un arrêt du Conseil Constitutionnel de Karlsruhe a requis une nouvelle réglementation sur les droits aux indemnités des exploitants des installations nucléaires. Il ne faut pas oublier que la première option des exploitants était et est toujours la continuité des activités des 17 centrales nucléaires en Allemagne. Ce n’est pas la sortie, d’autant plus que les pays voisins continuent à exploiter leurs installations nucléaires. L’inquiétude ne fait que renforcer l’article du Handelsblatt sur l’arrêt du Conseil Constitutionnel requérant une nouvelle réglementation pour la sortie. Cela pourrait aussi poser la question d’une sortie plus tardive ou d’aucune sortie en fonction de ce nouveau calcul.

La décision de sortir du nucléaire met en avant que les installations nucléaires sont sources de dangers actuellement et pour les générations à venir (en raison de l’entreposage des déchets). La sortie est donc indiscutable.

La mission des élus du parlement et du gouvernement est de protéger la population de ces risques. La Constitution précise les actions des autorités et des entreprises dans les articles 2 (Liberté de la personne), 14 (2) (Propriété), 15 (Socialisation) et 20a (Protection des fondements naturels de la vie)

L’inquiétude provoquée par l’annonce est due au fait que les exploitants s’adressent aux plus hautes instances juridiques pour qu’elles défassent à nouveau l’accord de sortie. Il s’agit formellement, via ce recours juridique, pour les exploitants de centrales nucléaires d’obtenir des compensations financières, sur des points qui ne font pas partie de la Constitution. Pour les négociateurs du gouvernement, les indicateurs sont bien rouges.

Au sujet des revendications financières : l’identification de la valeur résiduelle des installations émanant d’investissements et coûts antérieurs ne devrait pas être problématique selon les règles juridiques actuelles en matière de comptabilité, de fiscalité d’entreprise, de comptabilisation de la valeur ainsi que des amortissements. Les montants que les exploitants ont reçus de l’état sous forme de fonds et subventions sont aussi des postes comptables, tout comme les impôts.

Le point litigieux serait certainement le calcul du manque à gagner, si une telle requête venait à être justifiée. Les juristes et les économistes ne sont pas unanimes à ce propos. Les bases et les grandeurs de calcul restent du domaine de la spéculation. La logique du système capitaliste suggère souvent un « oui » aux revendications des plus gros.

De plus, la justice définit très rarement qui porte la responsabilité des coûts pour le démantèlement de tels process de production. C’est encore une mission qui attend les scientifiques et les députés.

Les assurances gagnent de l’argent en couvrant de potentiels risques. Un démantèlement conformément à la loi n’est pas un risque évalué habituellement. Il n’y a aucune réglementation adéquate pour ce genre de cas particulier. La Constitution montre la voie en termes d’indemnisation, mais renvoie toujours vers les lois spécifiques en vigueur.

Est-ce que l’UE a son mot à dire, comme les juristes des exploitants le mentionnent ? Cela entraine une manœuvre spécifique à de telles négociations. L’Allemagne n’a pas abandonné sa souveraineté à l’UE en ce qui concerne la sécurité générale de ses concitoyens. 

Le Berliner Zeitung du 13.11.2020 intitule son article sur le jugement de la Cour Suprême « Un très cher fiasco ». On ne peut pas encore juger si la réglementation est un fiasco. Le fait de dire que c’est cher ne prend pas en considération les coûts d’une catastrophe nucléaire. Pour Fukushima, on parle de 270 milliards de dollars, selon Google. Pour Tchernobyl, le montant serait similaire.

En outre, le gouvernement n’a pas obligé les exploitants à fabriquer de l’énergie nucléaire. Les autorisations d’exploitation officielles octroyées comprennent d’autres questions de fond sur l’exploitation d’une grande installation. 

Par Günter Buhlke, publié le 30 novembre 2011

Traduction de l’allemand, Frédérique Drouet (Cet article est aussi disponible en: Italien, Allemand)

Photo en titre : Markus Distelrath auf Pixabay | CC0

https://www.pressenza.com/fr/2020/11/allemagne-de-nouvelles-negociations-pour-sortir-du-nucleaire/

TRICASTIN : POURRIEZ-VOUS VOUS PRIVER DE VOTRE POTAGER EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE ?

L’Autorité de Sûreté Nucléaire cherche des riverains de la centrale nucléaire du Tricastin dans la Drôme pour affiner sa stratégie post-accident. Un panel citoyen est en train de se constituer pour échanger sur les actions à mettre en place, une première.

Les autorités, les experts, ont évidemment planché sur une stratégie à mettre en place après un accident nucléaire, pour des choses de la vie de tous les jours comme la consommation des fruits et légumes et autres produits locaux. En fonction de la gravité de la contamination extérieure, il faut laver/peler les légumes, ou carrément ne pas les consommer ; il peut y avoir des interdictions de vendre, le lait, les œufs.

Mais ces mesures générales n’ont pas forcément le même impact dans le Sud Drôme qu’en Normandie. Pour la première fois de manière aussi directe, l’Autorité de Sûreté Nucléaire demande donc l’avis des premiers concernés. Des panels citoyens sont en train d’être constitués autour de quatre centrales nucléaires françaises : Paluel-Penly en Normandie, Golfech en Occitanie, Chinon en Touraine, et Tricastin dans le sud-Drôme.

L’objectif est bien d’affiner les mesures générales explique Olivier Rivière, directeur de l’environnement et des situations d’urgence à l’ASN : « le riverain de la centrale du Tricastin a la connaissance de ses besoins en matière de consommation des produits du potager. Il pourra préciser quel est l’impact pour lui, pour ses voisins, d’une interdiction de consommer ces denrées. Ce sont des choses qu’on peut difficilement voir lorsqu’on n’est pas sur le territoire. Les mesures établies par les experts, c’est important pour nous de voir comment les acteurs locaux les perçoivent : comment ils les comprennent ? Est-ce qu’ils les acceptent ? Est-ce que ces mesures leur paraissent suffisantes et fondées ? »

Élu local, commerçant, agriculteur, pharmacien, simple riverain…une vingtaine de personnes constitueront le panel citoyen autour du Tricastin. Il est préférable de ne pas avoir d’opinion arrêtée sur le nucléaire : « la question n’est pas de savoir si on est pour ou contre le nucléaire. L’objectif, c’est de se projeter dans une situation où il y a eu un accident nucléaire et il faut permettre à la vie sur le territoire de redémarrer tout en protégeant les populations. »

Vous avez quelques semaines pour vous inscrire au panel si vous souhaitez participer. L’adresse mail pour candidater : post-accident-nucléaire@asn.fr. Le calendrier des échanges qui auront lieu ensuite avec le panel est en train d’être établi. Il a été un peu perturbé par l’épidémie de coronavirus.

Par Nathalie Rodrigues, France Bleu Drôme Ardèche Pierrelatte, publié le lundi 30 novembre 2020 à 2h51

Photo en titre : Centrale nucléaire dans la Drôme. © Radio France – Victor Vasseur

https://www.francebleu.fr/infos/societe/tricastin-pourriez-vous-vous-priver-de-votre-potager-en-cas-d-accident-nucleaire-1606502795

MALGRÉ LE CONFINEMENT, LES FOURNISSEURS S’ARRACHENT L’ÉLECTRICITÉ NUCLÉAIRE AU PRIX ARENH

Encore une fois, la demande d’électricité nucléaire dans le cadre du mécanisme Arenh dépasse le volume disponible. Dans sa lettre du 30 novembre, la Commission de régulation de l’énergie insiste sur le besoin de réforme.

Les fournisseurs continuent de s’arracher l’électricité nucléaire à prix régulé. Lundi 30 novembre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a livré ses données sur le mécanisme controversé Arenh (pour « accès régulé à l’énergie nucléaire historique« ). Si la demande diminue pour 2021, elle continue de dépasser la quantité d’électricité disponible à ce tarif.

25 % de la production du parc nucléaire historique

Pour rappel, l’Arenh alloue chaque année un maximum de 100 TWh (environ 25 % de la production du parc nucléaire historique) pour 42 euros par MWh. Le dispositif avait été imaginé en 2009 dans le but de développer la concurrence sur le marché de l’énergie.

Cette braderie génère toutefois des tensions entre EDF et ses concurrents, d’autant plus avec la crise du Covid-19. En avril, Total Direct Énergie attaquait EDF en justice pour obtenir une suspension d’une partie de ses obligations d’achat dans un contexte où la consommation d’électricité diminuait fortement.

Un volume réparti au prorata

Pour 2021, les fournisseurs alternatifs semblent avoir maintenu leur prédiction de consommation. La demande d’Arenh a légèrement diminué de  0,5 % avec 146,2 TWh demandés par 81 fournisseurs. “Ceci s’explique, notamment, par le ralentissement de la concurrence pendant la crise sanitaire et par les anticipations de baisse de la consommation en 2021 liées à cette crise”, analyse la Commission de régulation de l’énergie.

La demande surpassant le plafond de l’Arenh, la CRE a décidé de répartir le volume d’électricité au prorata des demandes des fournisseurs. “Chaque fournisseur concerné recevra une quantité d’Arenh égale à 68,39 % de sa demande”, précise la CRE.

Des discussions en cours pour réformer l’Arenh

Au passage, la Commission “renouvelle sa recommandation aux autorités françaises et européennes d’augmenter le plafond des volumes de l’Arenh”. Selon l’autorité indépendante, le mécanisme “n’est plus adapté à la situation actuelle sur le marché français de l’électricité.” Un point de vue sans aucun doute partagé par EDF et les fournisseurs alternatifs : le premier accuse un important manque à gagner à cause du dispositif tandis que les autres réclament des volumes plus adaptés à leurs besoins.

Un projet de révision de l’Arenh fait toujours l’objet d’une discussion avec la Commission européenne. Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Levy, a conditionné la réorganisation du groupe à la mise en place de cette réforme.

Publié le 01/12/2020 à 12h30

Photo en titre : La centrale nucléaire de Saint-Alban (Haute-Garonne), au bord du Rhône. © EDF / MATTHIEU COLIN

https://www.usinenouvelle.com/article/malgre-le-confinement-les-fournisseurs-s-arrachent-l-electricite-nucleaire-au-prix-arenh.N1035129

PAYS-BAS: L’EXPLOITANT EPZ SOUHAITE UNE PROLONGATION DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BORSSELE

L’exploitant de la centrale nucléaire de Borssele aux Pays-Bas, EPZ (Elektriciteits Produktiemaatschappij Zuid-Nederland) souhaite prolonger l’activité de la centrale encore pendant vingt ans, mais également lui adjoindre deux autres centrales nucléaires, rapportait samedi le journal ‘Provinciale Zeeuwse Courant’ (PZC).

L’énergie nucléaire peut jouer un rôle important dans la réalisation des objectifs climatiques, d’après l’EPZ pour qui deux options s’imposent:

. prolonger l’activité de la centrale nucléaire actuelle – d’une capacité de 500 mégawatts – pendant dix à vingt ans et .

. construire deux nouvelles centrales nucléaires supplémentaires, d’une capacité de 1.500 mégawatts chacune.

La combinaison des deux permettrait de couvrir environ un quart de la demande actuelle d’électricité aux Pays-Bas.

La centrale de Borssele est située le long de l’Escaut, en Zélande, dans le sud-ouest des Pays-Bas.

Trois centrales nucléaires représentent l’équivalent de 4.400 éoliennes ou 70 millions de panneaux solaires, souligne l’EPZ ajoutant que la construction de deux nouvelles centrales apporterait un énorme coup de pouce à l’économie zélandaise. Le chantier, qui créerait des milliers d’emplois directs pendant huit à dix ans, pourrait s’achever vers 2035.

Selon PZC, les deux nouvelles centrales coûteraient, chacune, entre huit et dix milliards d’euros.

Par Belga, publié le 29/11/2020

https://www.msn.com/fr-be/finance/actualite/pays-bas-lexploitant-epz-souhaite-une-prolongation-de-la-centrale-nucl%C3%A9aire-de-borssele/ar-BB1bsDDR

NDLR : la mentalité productiviste des Pays-Bas va encore frapper ! Rassurez-vous, La France avec ses 6 futurs EPR se sentira moins seule.

GOOGLE EARTH RÉVÈLE UNE POSSIBLE USINE D’ARMEMENT NUCLÉAIRE AU PAKISTAN

Le Pakistan dispose de l’arme nucléaire depuis la fin des années 1990, mais n’a pas souscrit aux mesures de non-prolifération des armes nucléaires. C’est pourquoi le programme nucléaire du pays est étroitement surveillé. Une analyse récente d’images disponibles sur Google Earth a révélé qu’une des installations de retraitement nucléaire du pays avait été étendue au cours des deux dernières années. Un signe indiquant que le pays pourrait avoir intensifié son programme nucléaire militaire.

Des recherches d’images satellites sur Google Earth ont révélé une extension substantielle et non documentée d’une usine de traitement nucléaire présumée au Pakistan. Les chercheurs affirment que c’est un signe possible que le pays renforce la capacité de son programme d’armes nucléaires.

Le Pakistan possède des armes nucléaires depuis 1998, mais n’est pas signataire des principaux traités internationaux sur la prolifération et les essais nucléaires. Le programme secret d’armes nucléaires du pays est étroitement surveillé en raison des tensions avec l’Inde voisine, qui dispose également d’un arsenal nucléaire.

Une usine de retraitement nucléaire étendue en deux ans

Des chercheurs de l’Institute for Science and International Security (ISIS), une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis, ont déjà utilisé des images satellites pour identifier une installation nucléaire présumée à Chashma, dans le nord du pays, qui semble avoir commencé ses activités en 2015 et construite pour retraiter le combustible des centrales nucléaires voisines, séparant le plutonium pour une utilisation militaire.

Neil Hyatt de l’Université de Sheffield, au Royaume-Uni, a identifié ce qui semble être une expansion majeure de l’usine de retraitement. En utilisant des images satellites accessibles au public et en travaillant avec une équipe de l’ISIS pour l’aider à analyser sa découverte, il a constaté que la construction de l’extension avait commencé entre avril et septembre 2018. Les images des deux années suivantes montrent des fondations et d’autres travaux en cours.

Images Google Earth de l’usine de retraitement de Chashma, comparant la taille de l’installation entre novembre 2017 et mai 2020. Crédits : Neil Hyatt et al. 2020

Le 9 mai 2020, une image Google Earth a révélé un nouveau bâtiment de 30 mètres sur 30, juste à côté du bâtiment d’origine. Les images prises le 13 septembre 2020 montrent que le toit de l’extension est apparemment terminé et que les clôtures de construction ont été supprimées.

Une extension servant des objectifs militaires ?

Sans confirmation du gouvernement pakistanais, il est difficile de savoir à quoi servira l’installation ou si elle est opérationnelle, mais l’ampleur du développement suggère que le pays prévoit un effort soutenu de séparation du plutonium pour les armes, déclare Hyatt.

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 « Le Pakistan n’a aucun besoin immédiat de réutiliser le plutonium dans le combustible MOX (pour une utilisation dans une centrale nucléaire) et, comme l’installation est protégée militairement, il semble probable que l’intention est d’utiliser la matière dans le programme d’armement », ajoute-t-il.

À lire aussi : La NASA veut installer des réacteurs nucléaires sur la Lune

La nécessité de surveiller le programme nucléaire pakistanais

Sarah Burkhard, de l’État islamique, affirme que la découverte de l’installation montre la nécessité de surveiller en permanence les installations nucléaires secrètes du Pakistan. « Le Pakistan envisage peut-être d’introduire davantage de combustible pour le retraitement ou d’améliorer le fonctionnement de l’usine de retraitement, dans les deux cas peut-être en augmentant encore son stock de plutonium pour l’utilisation dans les armes nucléaires », dit-elle.

Les chercheurs modélisent régulièrement les conséquences mondiales apocalyptiques d’une guerre nucléaire entre le Pakistan et l’Inde. Jeffrey Lewis, du James Martin Center for Nonproliferation Studies en Californie, indique que si certaines personnes supposent que l’Inde dispose d’un plus grand stock d’armes nucléaires parce que c’est le plus grand pays, les chercheurs pensent que le Pakistan est le plus grand des deux à ce niveau-là. « Le Pakistan continue de mettre énormément l’accent sur l’expansion de son programme d’armes nucléaires, et l’expansion de l’installation de retraitement le souligne ».

Par Thomas Boisson, publié le·28 novembre 2020

Photo en titre : Crédits : Neil Hyatt et al. 2020

https://trustmyscience.com/google-earth-revele-possible-usine-armement-nucleaire-pakistan/

LE FUTUR PORTE-AVIONS NUCLÉAIRE FRANÇAIS SE DÉVOILE AVANT L’ANNONCE OFFICIELLE

Le successeur du Charles de Gaulle sera à propulsion nucléaire et taillé pour accueillir l’avion du futur Scaf. Reste encore à savoir si la France décidera d’en construire simultanément un second.

Pang! Cet acronyme va se faire entendre. Il s’agit du programme de porte-avions de nouvelle génération. Ce projet faramineux n’existe encore que sur le papier, mais de plus en plus d’éléments dévoilent ce vaisseau qui sera au cœur de la défense française et européenne. Ces annonces auraient dû être faites par Emmanuel Macron mais ont été annulées à cause de l’actualité.

Propulsion nucléaire ou classique? Le choix semble avoir été arrêté sur le nucléaire. Selon le site spécialisé Mer et Marine, il serait même acté et devrait être confié à Framatome qui a annoncé le mois dernier la création d’une division « Défense« . C’est d’ailleurs sur le site du Creusot (Saône et Loire) que le président de la République prévoyait de faire une annonce en octobre.

Le groupe n’a pas attendu pour dévoiler cette unité. Sur son site, il explique être déjà intervenu sur le porte-avions Charles de Gaulle et avoir contribué aux programmes de sous-marins nucléaires comme le Barracuda et le SNLE 3G. Ancienne filiale d’Areva, Framatome est désormais détenu par EDF (75,5 %), Mitsubishi Heavy Industries (19,5 %) et Assystem (5 %).

Le Pang sera équipé de deux chaufferies nucléaires bien plus puissantes que celles du Charles de Gaulle. Au lieu de deux réacteurs de 150 Mw chacune, le futur porte-avion affichera une puissance totale de 450 Mw.

Conçu pour l’avion du futur

Cette puissance est imposée par les dimensions du nouveau navire et la taille de ses catapultes. Le Pang est conçu pour être compatible avec le Scaf (Système de combat aérien du futur) développé en partenariat avec l’Allemagne et l’Espagne constitué d’un avion principal (NGF, pour new generation fighter) et de drones. La version navale du NGF aura une masse de 30 tonnes contre environ 20 tonnes pour les actuels Rafale Marine.

Ce navire devrait donc atteindre une longueur de plus 280 mètres contre 261 pour le Charles de Gaulle et un tonnage de 70.000 tonnes contre 42.500.

Quant aux catapultes, elles seront longues de 90 mètres contre 75 mètres pour celles du Charles de Gaulle. Elles seront aussi électromagnétiques et non plus à vapeur. Ces éléments, ainsi que les systèmes de freinages pour l’appontage des avions, seront produites par des groupes américains. Leur coût est évalué à plus d’un milliard d’euros.

Le choix du nucléaire faisait débat depuis l’annonce de ce nouveau porte-avion. En juin, un « proche du dossier« , indiquait à La Tribune qu’au départ, une propulsion classique était privilégiée.

« Les instructions étaient d’expliquer que le nucléaire allait prendre 15 ans de plus et que cette option compliquée. Alors que si la marine veut un nouveau porte-avions très, très vite, il vaut mieux qu’il soit classique. C’était l’état d’esprit au départ« , expliquait cette source.

Le Pang pourrait entrer en service à l’horizon 2040 en même temps que le Scaf avait indiqué l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état major de la Marine, lors d’une audition au Sénat, soit un peu avant la mise en retraite du Charles de Gaulle qui est entré en fonction en 2000.

Deux Pang plutôt qu’un

Des questions restent en suspens, notamment la possibilité de construire deux Pang pour des raisons opérationnelles, mais aussi financières. Deux vaisseaux permettraient d’atteindre une disponibilité de 100%, contre 63% avec le Charles de Gaule, et des économies d’échelles évaluées entre 30% et 40%.

C’est ce que soulève un rapport sénatorial d’Olivier Cigolotti et Gilbert Roger, membres de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

« L’enjeu d’un deuxième porte-avions, c’est de pouvoir disposer d’une permanence d’alerte, concept à distinguer de la permanence à la mer (qui nécessite trois à quatre porte-avions). Ce deuxième PA permettrait d’être plus réactif, plus résilient, d’agir davantage dans la durée« .

Reste à financer ce programme. « La décision de construire un deuxième porte-avions de nouvelle génération n’a pas à être prise dans le cadre de la LPM en cours mais elle devrait l’être pour la LPM suivante (post-2025)« , note le rapport en rappelant que les Britanniques ont déjà privilégié cette option. Le Royaume Uni dispose désormais de deux porte-avions: le HMS Queen Elisabeth et le HMS Prince of Wales.

À ce jour, les États-Unis disposent de 11 vaisseaux, contre deux pour la Chine et un pour la Russie.

Par Pascal Samama, Journaliste BFM Éco, (https://twitter.com/PascalSamama), publié le 30/11/2020 à 14h29

Photo en titre : Le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle est opérationnel depuis 2000 – Minarm

https://www.bfmtv.com/economie/le-futur-porte-avions-nucleaire-francais-se-devoile-avant-l-annonce-officielle_AN-202011300205.html

EDF: LES SYNDICATS VEULENT VOIR CASTEX, NOUVELLE GRÈVE ENVISAGÉE

PARIS (Reuters) – Les syndicats d’EDF ont demandé lundi au Premier ministre Jean Castex de les recevoir en urgence pour discuter du projet de réorganisation du groupe, Hercule, faute de quoi ils envisagent une nouvelle journée de grève le 10 décembre pour exprimer leur opposition.

Hercule, dont le gouvernement discute avec la Commission européenne, prévoit notamment une séparation entre les activités nucléaires d’EDF et celles liées aux énergies renouvelables, ce qui constituerait selon les syndicats un premier pas vers un démantèlement et une privatisation, avec des menaces pour l’emploi.

« Au moment où le passage de l’hiver exige la mobilisation de tous et après un confinement printanier qui a vu la mobilisation des électriciens à assurer les missions de service public unanimement reconnue (…), l’intersyndicale n’imagine pas un seul instant que le gouvernement prenne le risque d’un passage en force« , écrivent dans un communiqué la CGT, la CFE-CGC Énergies, la FCE-CFDT et FO Énergie et Mines.

« Dans cette perspective et afin de porter toute la puissance de la mobilisation des salariés à exiger le retrait d’Hercule, l’intersyndicale demande une nouvelle fois au Premier ministre de la recevoir en urgence. Une proposition de rencontre de sa part est attendue avant le 7 décembre à 17h, sans quoi une nouvelle journée de mobilisation s’organisera le 10 décembre 2020.« 

Les syndicats ajoutent que, « jusqu’à nouvel avis« , ils appellent l’ensemble des représentants du personnel à ne plus siéger dans les instances représentatives du personnel « qui ne seraient pas prioritaires à l’intérêt des salariés« , ainsi qu’à la suspension des négociations et concertations nationales et locales « sans impérieuses nécessités« .

La précédente journée de grève des salariés d’EDF contre Hercule, jeudi, a été suivie par 31,6% des effectifs – selon les chiffres du groupe – et a entraîné une baisse marquée de la production française d’électricité d’origine nucléaire.

Par Benjamin Mallet, édité par Bertrand Boucey, publié le 30 novembre à 10h29

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/EDF-Les-syndicats-veulent-voir-Castex-nouvelle-greve-envisagee-31889870/

OTAN, SERVICE MILITAIRE… LE PROGRAMME DE MÉLENCHON POUR LA DÉFENSE

Après avoir « proposé » sa candidature pour 2022, le chef de file dévoile une partie de ses propositions dans les colonnes de « L’Opinion ».

Il lui reste un an et demi pour développer ses idées pour la France avant la présidentielle, mais Jean-Luc Mélenchon en détaille déjà un volet ce lundi 30 novembre. Dans un entretien à L’Opinion, il évoque son « programme pour la défense nationale ».

À la première question, qui porte sur la « dissuasion nucléaire », il répond que celle-ci « reste pour la France un outil irremplaçable aussi longtemps qu’il n’y a pas d’alternatives militaires ». Il se dit aussi « favorable au Traité d’interdiction des armes nucléaires [TIAN] approuvé par l’Assemblée générale des Nations unies ». « Mais il ne peut pas être question de demander aux Français de désarmer les premiers. Il faut que ce soient ceux qui ont le plus d’armes nucléaires qui commencent, c’est-à-dire les États-Unis et la Russie », poursuit le député des Bouches-du-Rhône.

Nous n’avons rien à faire dans l’Otan !

Sur ce même sujet, le leader Insoumis évoque la Russie comme « un partenaire fiable », quand les États-Unis « ne le sont pas ». « Cessons de nous rabâcher que nous avons des valeurs en commun avec les Nord-Américains ! Ce n’est pas vrai que nous défendons les mêmes principes », tacle-t-il aussi.

Concernant l’Otan, « nous n’avons rien à y faire ! » persifle Jean-Luc Mélenchon, jugeant qu’il s’agit d’« une alliance incertaine ». « Il s’y trouve des gens qui peuvent être des adversaires ou des ennemis », poursuit-il, citant « la Turquie ». Pour autant, il assure ne pas être sur la même ligne qu’Emmanuel Macron sur ce point. « Je conteste tout à fait que le président Macron ait quelque attitude forte à l’égard de la Turquie ! Il s’est fait provoquer deux fois et il n’y a eu aucune réplique… » assène l’élu LFI.!

« Poursuivriez-vous l’augmentation du budget de la défense ? » questionne aussi L’Opinion. « Il doit correspondre à ce qui est raisonnablement nécessaire », répond le parlementaire, s’en prenant de nouveau à l’Otan, où, dit-il, « l’idée des 2 % du PIB n’a pas de sens, c’est une ligne de crédit qu’on ouvre pour les Américains ».

Je suis partisan de la conscription

Sur le plan de l’industrie de défense, « importante » en France, note le journal, Jean-Luc Mélenchon se veut « réaliste » : « La France doit être indépendante ! » Pour être capables de nous défendre par nous-mêmes, nous devons « produire nous-même les armements nécessaires ». « Quant aux ventes d’armes, elles devraient être soumises à l’autorisation du Parlement », tranche-t-il aussi.

Enfin, le chef de file des Insoumis se prononce pour le rétablissement d’une forme de service militaire, précisant n’être « pas certain que tous les Insoumis soient d’accord avec ». « Je suis partisan de la conscription et je me suis opposé au fait qu’elle soit suspendue » en 1996. « La défense populaire passive et armée reste une nécessité à mes yeux », développe-t-il, soulignant la présence « d’autres menaces et dangers », comme le « dérèglement climatique ».

« Si nous avions plusieurs événements de ce type en même temps, il y aurait besoin d’un effort collectif. On ne peut pas se payer la réparation de la France au prix du marché. Donc, on sera obligé de demander la contribution des jeunes Français », juge le patron des députés Insoumis, qui envisage même, « dans les fonctions de police », le « très beau rôle » que « pourraient jouer les conscrits ». « Cela changerait le regard de la population sur sa police et changerait les pratiques internes de celle-ci », prédit l’aspirant président. Après avoir « proposé » sa candidature pour 2022, Jean-Luc Mélenchon est visiblement prêt à faire valoir une stature internationale pour accéder aux plus hautes fonctions

Par LePoint.fr, publié le 30/11/2020 à 10h00, modifié le 30/11/2020 à 11h18

Photo en titre : « Nous n’avons rien à faire » dans l’Otan, estime Jean-Luc Mélenchon. (Illustration) © PHILIPPE DESMAZES / AFP

https://www.lepoint.fr/politique/dissuasion-nucleaire-service-militaire-melenchon-detaille-son-programme-pour-la-defense-30-11-2020-2403224_20.php

VARIABILITÉ DES RENOUVELABLES : NOS RÉSEAUX ÉLECTRIQUES SONT-ILS EN DANGER ?

Les énergies renouvelables « variables » comme l’éolien et le solaire occupent une part croissante dans le mix énergétique des pays européens. Certains y voient une sérieuse menace pour l’équilibre des réseaux électriques, d’autres affirment qu’il s’agit d’un faux problème. Qu’en est-il exactement ? Décryptage.

Les médias regorgent autant de chroniques annonçant l’imminence de blackouts liés à « l’intermittence » des énergies renouvelables, que d’articles vous enjoignant de « circuler car il n’y a rien à voir ».

Un fait est acquis : les énergies renouvelables représentent plus de la moitié des investissements dans la production d’électricité. Avec, pour corollaire, une part d’énergie verte de plus en plus importante dans le mix électrique des États membres de l’Union européenne : en 2019, le Danemark a couvert 75% de ses besoins électriques par les renouvelables, l’Autriche 72%, la Suède 56,8%, la Finlande 47% et l’Allemagne 40%[1] pour ne citer que les meilleurs élèves de la classe.

Précisons d’emblée que le terme « intermittence » est mal approprié : la production d’électricité ne s’interrompt pas comme on éteint la lumière. Il n’y a pas de position ‘on’ ou ‘off’, mais une variabilité de la production en grande partie prévisible : le soleil se lève et se couche à l’heure prévue, et la nébulosité comme la force du vent peuvent être calculées par les météorologues qui disposent de simulateurs numériques dont la fiabilité s’améliore d’année en année. La production attendue des énergies « variables » peut donc être déterminée par les gestionnaires de réseau plusieurs jours à l’avance.

Des énergies vertes « modulables » et « pilotables »

Malgré cette prévisibilité des sources renouvelables, il est clair que des moyens de production modulables doivent rester disponibles pour assurer la stabilité d’un réseau électrique, et fournir du courant lorsque les renouvelables n’en produisent pas assez ou pour moduler à la baisse lorsque l’énergie produite est excédentaire. Malgré une part de renouvelables de plus de 40% dans son mix énergétique en 2018, l’Allemagne a conservé plus de 200 GW de moyens de production d’électricité « pilotables », principalement au charbon et au gaz. Ceux-ci peuvent compenser la chute éventuelle de l’offre et garantir la stabilité du réseau.

Au Danemark, par contre, de nombreuses centrales au charbon ont été remplacées par des centrales à biomasse, modulables et pilotables elles aussi. Elles couvrent aujourd’hui plus de 25% des besoins électriques du pays et peuvent donc relayer les parcs éoliens par de l’électricité renouvelable lorsque la force du vent faiblit. Elles utilisent notamment comme combustible les importants surplus de paille produits par l’agriculture danoise. Et en Allemagne, les centrales à biomasse et hydroélectriques (également pilotables) fournissent déjà plus de 12% de l’électricité consommée.

Lire aussi : La performance du bon élève danois : 75 % d’électricité renouvelable en 2019

Une variabilité inquiétante ?

Il est néanmoins vrai que l’amplitude des variations dues aux aléas de la production des énergies vertes variables suscite certaines inquiétudes : en France, en 2019, la puissance éolienne a oscillé entre 46,7 GW et 0,4 GW. Celle-ci peut aisément passer de 10 GW à moins de 3 GW en à peine quelques heures.

La puissance délivrée par les panneaux photovoltaïques, entre la pointe méridienne d’hiver et le solstice d’été, a fluctué entre 1,3 GW et 33,6 GW.

Dans la nuit du 24 janvier 2019, l’éolien et le photovoltaïque n’ont fourni que 0,65 GW de puissance, soit moins de 1% de la puissance consommée à ce moment.

Et en Allemagne, la part des énergies variables peut parfois atteindre 75% de la production, mais également ne couvrir que 15% à peine quelques jours plus tard.

Si d’aucuns mettent en avant la complémentarité du solaire et de l’éolien, d’autres alertent donc contre les risques de déséquilibre des réseaux si la proportion des énergies renouvelables variables devient trop importante. Cette année, les États-Unis et le Royaume-Uni ont connu en avril des épisodes de coupure du courant. Bien que des défaillances de centrales thermiques aient été à l’origine de ces événements, ceux-ci sont utilisés par certains pour pointer la fragilité des réseaux face à la montée en puissance des énergies alternatives.

Lire aussi : Black-out en Californie : le mauvais procès fait aux renouvelables

Le foisonnement comme remède à la variabilité ?

L’intermittence ou plutôt la variabilité de certaines sources d’énergie renouvelable suppose une adaptation constante des réseaux aux cycles naturels. Pour remédier à leurs fluctuations, les scénarios projetant des mix électriques bâtis sur 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050 prévoient notamment un développement plus important des technologies de production d’énergies vertes modulables et pilotables : hydroélectricité, centrales à biomasse, géothermie, énergies de la mer. Ils tablent aussi sur la théorie du « foisonnement ».

À l’échelle nationale et certainement continentale, les sites de production éoliens et solaires sont suffisamment éloignés les uns des autres pour que les conditions météo soient différentes à un instant donné. Par exemple, une tempête septentrionale pourra compenser l’anticyclone qui s’installe dans le midi. Une dépression venant de l’Atlantique mettra 2 jours à traverser la France et une semaine pour se déplacer à l’autre extrémité de l’Europe. La production éolienne liée à ce passage s’étalera donc sur plusieurs jours et les interconnexions entre les réseaux des différents États permettront de la mutualiser. À l’échelle d’un continent, les productions variables cumulées sont donc plus constantes que celles d’une seule région et les prévisions sur l’ensemble du territoire sont plus précises. C’est ce qu’on appelle le foisonnement.

Ce terme décrit la capacité de la production d’électricité d’une zone climatique à compenser un excès ou un déficit de production dans une autre zone climatique. L’approche peut s’appliquer au territoire européen dans son ensemble en développant les interconnexions des réseaux entre des pays soumis à des régimes de vent différents.

En France, les données publiques de production fournies par RTE montrent que, si la variabilité de production à l’échelle d’un parc éolien est forte, elle est lissée à l’échelle régionale et, d’autant plus, à l’échelle nationale, du fait des trois régimes de vent indépendants présents sur le territoire : océanique (Bretagne, Centre-Val de Loire et Pays de la Loire), continental (Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine) et méditerranéen (Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées).

Précisons toutefois que la théorie du foisonnement est contestée par plusieurs scientifiques et notamment par Hartmut Lauer, docteur-ingénieur de l’université de Hanovre et ancien dirigeant d’un grand groupe énergétique allemand. Il a notamment enseigné l’énergie nucléaire à l’université de Darmstadt.  Dans son article « Énergies renouvelables : de nombreux défis », il admet que l’expression « il y a toujours du vent quelque part » paraît logique étant donné la multiplication des parcs éoliens, mais il soutient que « le fameux ‘foisonnement’ (…) ne correspond pas à la réalité ». Lauer prétend (sans le démontrer) que l’homogénéité des vents qui soufflent sur le continent européen explique les épisodes de prix négatifs, et il pointe l’inefficacité du foisonnement photovoltaïque puisque l’ouest européen ne couvre que 1,5 fuseau horaire.

Mais une étude rendue publique en janvier de cette année par le groupe énergétique français Engie apporte de l’eau au moulin de la théorie du foisonnement. Basée sur l’analyse de 20 années de données météo enregistrées heure par heure sur chacune des façades maritimes du pays (Manche, Atlantique, Méditerranée), l’étude démontre que les régimes de vent y sont complémentaires dans le temps et qu’il y aura un foisonnement de la production des futurs parcs éoliens offshore projetés sur les 3 côtes.

Selon les auteurs de l’étude, les statistiques montrent que l’ensemble de ces parcs produiront avec plus de 20% de leur puissance maximale cumulée de façon quasi constante (pendant 90% de l’année et même 95% de novembre à mars), le facteur de charge cumulé des parcs montant même à presque 30% pendant l’hiver, période au cours de laquelle la demande d’électricité est la plus forte. Les épisodes de vent très faible, sur toutes les côtes françaises en même temps, se réduisent à quelques jours dans l’année, durant l’été seulement. Enfin, lors des 18 dernières pointes annuelles de consommation d’électricité, ces parcs auraient produit ensemble plus de 25% de leur puissance cumulée, et plus de 50% à 13 reprises.

Notre étude offre « un éclairage pour le débat sur la contribution de l’éolien en mer au futur mix électrique français » souligne Dominique Moniot, directeur développement Énergies Marines Renouvelables chez Engie.

Lire aussi : Les énergies renouvelables intermittentes ne perturbent pas les réseaux

Interconnexions

Pour profiter à plein du foisonnement des énergies variables, il est évidemment important d’interconnecter les différents réseaux électriques nationaux des pays européens pour transporter instantanément le courant d’une zone qui bénéficie d’un surplus d’électricité vers une autre qui est en déficit.
Du Portugal à la Suède, c’est déjà le cas. Les échanges d’électricité entre pays sont rendus possibles par des câbles à haute tension, parfois sous-marins, et le plus souvent en courant continu lorsque les distances sont supérieures à 100 km. C’est ce qu’on appelle le CCHT (ou HVDC en anglais) qui permet de transporter le courant avec peu de pertes : 3 % pour 1 000 km. Plusieurs câbles sous-marins relient par exemple l’Angleterre au continent. Il y a notamment un projet d’interconnexion entre la France et l’Irlande par un câble sous-marin CCHT de 575 km et d’une capacité de 700 MW.  C’est le projet Celtic Interconnector qui devrait entrer en service en 2026.

Puisque c’est un des moyens de pallier la variabilité des énergies renouvelables et d’atteindre l’objectif de décarbonation complète du mix énergétique en 2050, l’Europe prévoit des investissements importants dans les interconnexions. Une directive européenne impose d’ailleurs à chaque État membre de disposer d’ici 2030 d’une capacité d’interconnexion électrique d’au moins 15 % de sa production installée.

Effacement

Pour éviter le déséquilibre d’un réseau entre l’offre et la demande d’électricité, leur gestionnaire dispose aussi d’un autre outil : l’effacement. Il consiste à réduire temporairement les consommations de sites industriels ou de groupes de consommateurs, ceux-ci étant disposés à le faire contre rémunération. Également appelé « gestion active de la consommation », l’effacement permet donc de piloter à distance la demande pour maintenir une tension constante, sans devoir recourir à des centrales pilotables.

C’est ainsi qu’émerge un nouveau métier : celui d’agrégateur d’effacement. Ces acteurs spécialisés regroupent des capacités d’effacement auprès de consommateurs individuels, en général des entreprises, afin de les valoriser sur le marché ou directement auprès du gestionnaire du réseau.

Récemment est apparue la technique de l’effacement diffus. En France, par exemple, RTE (le gestionnaire du réseau de transport d’électricité) teste la possibilité d’effacer simultanément la consommation de milliers de ménages volontaires. Un agrégateur ou opérateur d’effacement diffus disposant de moyens de télégestion (via un boitier, gratuitement ajouté au tableau électrique) éteint durant un certain temps (quelques minutes en général) le chauffage ou la climatisation du client. Celui-ci est ensuite rémunéré par un prix d’électricité un peu plus avantageux le reste du temps et par ses économies d’énergie. Quant à l’opérateur, il est rétribué par le gestionnaire du réseau, comme s’il était un producteur d’électricité.

Stockage

Enfin, la transition énergétique s’accompagne évidemment d’un développement important des solutions de stockage de l’électricité. Elles permettent d’emmagasiner les surplus produits par les parcs éoliens et solaires pour les restituer lors des épisodes au cours desquels la demande excède l’offre. Sur ce site nous vous avons déjà présenté de nombreuses techniques de stockage allant des stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) aux systèmes de stockage gravitaire en passant par les batteries géantes, la production d’hydrogène vert ou les volants d’inertie. Lisez les articles qui les décrivent, cela vaut la peine !

Le groupe EDF va investir 8 milliards d’euros dans un plan de stockage électrique et installer 10 GW de nouvelles capacités dans le monde d’ici 2035. 80% de celles-ci seront des batteries au service de grands systèmes électriques. Dans l’Hexagone, l’entreprise s’est fixée comme objectif d’installer 2 GW de STEP.

Si le stockage d’électricité dans le monde est encore constitué à 98 % d’hydraulique, l’énergie emmagasinée et restituée par une STEP étant jusqu’il y a peu la moins chère, les batteries stationnaires au lithium-ion sont de plus en plus plébiscitées. Aux quatre coins de la planète, les batteries géantes rivalisent de puissance. Dernier record en date : la batterie LS installée à San Diego (Californie) d’une capacité de 250 MW.

Et puis, très récemment, l’hydrogène est apparu comme une solution de stockage d’avenir, plusieurs pays dont l’Allemagne et la France, mais aussi la Commission européenne ayant décidé de consacrer des budgets faramineux pour développer cette technologie.

Selon Luc Payen, expert énergie chez Enea Consulting : « le stockage ne sera jamais bloquant pour le développement des énergies renouvelables. Dès que l’on sentira un déséquilibre, il y aura quelqu’un pour y répondre. Le réseau [européen] est l’outil de stockage le plus efficace qu’on puisse imaginer ».

Aucun risque pour la transition énergétique

S’il est vrai qu’en 2008, les experts estimaient que les réseaux ne pourraient jamais supporter plus de 5 % d’énergies « intermittentes », la plupart des scientifiques constatent aujourd’hui que la variabilité de l’éolien et du solaire n’a pas empêché les renouvelables de se développer. En 2019, l’éolien a couvert 47% de l’électricité consommée au Danemark, sans que cela ne génère la moindre coupure de courant. « Et les Danois n’ont toujours pas besoin de stockage supplémentaire », précise Marc Jedliczka, le porte-parole de l’association négaWatt.

Dans une interview accordée en 2016 au quotidien allemand Tagesspiegel, Boris Schucht, directeur de l’opérateur du réseau à haute tension 50Hertz, mettait déjà les choses au clair : « 80% de renouvelables, ce n’est pas un problème » affirmait sans hésiter cet expert. Outre-Rhin, son réseau, l’un des plus performants d’Europe, alimente 18 millions de citoyens. « Nous couvrons environ un tiers de l’Allemagne. L’année dernière (en 2015 donc NDLR), la part des énergies renouvelables dans la consommation d’électricité a été calculée à 49,5% » expliquait-il. « Il y a quelques mythes dans l’industrie de l’énergie. L’un d’eux est l’idée que l’intégration des énergies renouvelables requiert immédiatement davantage de flexibilité dans le système. Ceci est une fiction. Nous avons dès à présent dans le système beaucoup plus de flexibilité que nécessaire. Et nous avons aussi un énorme potentiel supplémentaire » ajoutait ce gestionnaire qui approvisionne aussi en énergie les entreprises de la première puissance industrielle d’Europe.

Boris Schucht rappelait aussi que durant l’éclipse solaire du 20 mars 2015, une descente puis une remontée en puissance des 14.000 mégawatts du parc photovoltaïque a été réalisée en 75 minutes par temps ensoleillé sur la plus grande partie du pays. L’équivalent de 14 centrales nucléaires qui s’éteignent puis se rallument, une toutes les 5 minutes. La performance illustre la robustesse du système électrique allemand et sa capacité à faire face aux fluctuations de production.

Liu Zhenya directeur du réseau chinois, probablement le plus étendu de la planète, est sur la même longueur d’onde que Boris Schucht.  Interrogé par le site australien RenewEconomy, ce spécialiste expliquait que « le seul obstacle est le paysage mental de ceux dont la doctrine est archaïque. Il n’y a pas du tout de défi technique ». Mark Jacobson, directeur du Département énergie et atmosphère de l’Université Stanford, est encore plus catégorique : « la nécessité de disposer d’un ‘baseload’ (une production en base NDLR) assurée par des centrales pilotables est en réalité une fable utilisée par les lobbyistes des ‘énergies sales’ » déclarait-t-il dans un tweet.

En conclusion nous rappellerons enfin que toutes les recherches scientifiques sérieuses menées par des chercheurs universitaires et revues par leurs pairs, notamment l’étude publiée par la très réputée université Standford en Californie démontrent qu’une transition vers 100 % d’énergie renouvelable en 2050 est tout à fait possible en épaulant les énergies variables par des capacités de production modulables comme la biomasse, l’hydroélectricité, les énergies marines et la géothermie, par du stockage, des interconnexions pour profiter du foisonnement et par des capacités d’effacement. C’est évidemment la complémentarité de toutes ces solutions qui permettra d’atteindre l’objectif alors que les lobbyistes anti-renouvelables s’ingénient à en isoler une pour essayer de démontrer son inefficacité.

Lire aussi : 100 % d’énergies renouvelables : les sceptiques ont tort !

Par Bernard Deboyser, publié le 29 Novembre 2020

Note : Bernard Deboyser est ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable. Passionné par les énergies renouvelables et la transition énergétique depuis plus de 30 ans il développe (bénévolement) des projets éoliens et photovoltaïques dans le cadre d’une coopérative citoyenne dont il est un des fondateurs et l’administrateur-délégué : https://hesbenergie.be/

[1] Source : Wikipedia

https://www.revolution-energetique.com/variabilite-des-renouvelables-nos-reseaux-electriques-sont-ils-en-danger/

EDF : CHIFFONS ROUGES

EDF efface pratiquement en Bourse l’effet pandémique grâce aux espoirs de réforme.

Si la gestion de la pandémie donne l’impression de marcher sur la tête, c’est oublier l’autre Absurdistan, celui où vivent les énergéticiens européens. Dernier sophisme en date, la France pourrait connaître cet hiver des coupures de courant car elle est « trop dépendante » du nucléaire, dixit sa ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. L’approvisionnement du pays l’est certainement beaucoup moins des louvoiements de l’État depuis des années sur l’avenir de cette filière, ballottée entre les considérations politiques de court terme et les gages donnés à Bruxelles sur l’ouverture d’un marché dont l’ancien monopole, EDF, a pourtant perdu un quart. De vieilles directives européennes d’inspiration thatchérienne vont ainsi déterminer pour quelques décennies la capacité de l’électricien public à optimiser les productions ne reposant pas sur la météo au moment où celles-ci deviennent cruciales. Les trois EDF qui naîtraient de la réforme, « Bleu » (nucléaire), « Vert » (distribution et énergies renouvelables) et « Azur » (hydroélectricité), sont autant de chiffons rouges pour des syndicats criant déjà au démantèlement. Agités en Bourse, ils ont attiré les « bulls » qui ont presque effacé du titre l’épisode pandémique. Mais n’étant plus qu’à une encablure des 15 à 16 euros pièce, calculés par les courtiers en cas de relèvement du prix du mégawattheure nucléaire, celui-ci s’expose aux courts-circuits politiques.

Par Les Échos, publié le 29 novembre 2020 à 17h11, mis à jour le 29 novembre 2020 à 17h41

https://www.lesechos.fr/idees-debats/crible/edf-chiffons-rouges-1269361

BELGIQUE ET SORTIE DU NUCLÉAIRE: JEAN-MARC NOLLET, COPRÉSIDENT D’ÉCOLO, PARLE D’UN « PANEL DE SOLUTIONS DANS LES ÉNERGIES RENOUVELABLES »

La Belgique compte aujourd’hui 7 réacteurs nucléaires: 4 à Doel et 3 à Tihange. Le gouvernement d’Alexander De Croo a confirmé son intention de tous les fermer d’ici 2025. Une décision qui va redéfinir le paysage énergétique du pays. Invité sur le plateau de Pascal Vrebos ce 29 novembre, Jean-Marc Nollet a détaillé son plan énergie. En 2030, voici à quoi pourrait ressembler notre consommation selon le coprésident d’Écolo.

Une diminution de consommation

« Parce que tous les appareils et l’isolation des bâtiments permettront d’être plus efficaces. C’est la priorité absolue« , a précisé Jean-Marc Nollet.

  1. Les énergies renouvelables

« Ici, ne faisons pas l’erreur de se dire qu’il n’y a qu’une solution. Il y a un panel de solutions dans les énergies renouvelables. Il y a le solaire, l’éolien chez nous mais surtout en mer du Nord. Il y a un espace énorme en mer du nord. Et puis, il y a de nouvelles formes : la géothermie, la biomasse. Ça existe déjà aujourd’hui, les énergies renouvelables se déploient énormément et la Belgique ne peut pas être en retard par rapport à ça. C’est ça l’enjeu aujourd’hui », a insisté le coprésident d’Écolo. 

Le 22 novembre dernier, le commissaire européen et ex-vice-Premier ministre MR, Didier Reynders, se montrait favorable à la prolongation de deux réacteurs nucléaires après 2025 sur le plateau de Pascal Vrebos. « J’ai rencontré Jean-Pascal van Ypersele (climatologue et membre du GIEC) lorsqu’on essayait de former un gouvernement. J’ai été frappé de l’entendre dire qu’il vaudrait mieux maintenir encore pendant un temps une activité nucléaire pour maintenir les ambitions climatiques. Et je mets les ambitions climatiques de la Belgique et de l’Europe avant le débat pour ou contre le nucléaire », avait-il indiqué.  

« C’est pragmatique de se dire aujourd’hui qu’il y a des solutions »

Que pense Jean-Marc Nollet de ces déclarations ? « La Belgique est dans une situation où elle peut s’en passer. Jean-Pascal van Ypersele ne dit pas que c’est impossible mais dit ‘Attention, il y a des dimensions qui doivent être prises en compte’. C’est exactement ce qui sera fait par le gouvernement' », a répondu le coprésident d’Écolo. 

Pourquoi attendre une année avant de décider d’un plan énergétique? Jean-Marc Nollet a expliqué les raisons d’un tel délai. « Parce que Elia, le gestionnaire, nous dit ‘C’est possible. Mais si vous le faites, il faut le remplacer par quelque chose, 3.900 mégawatts’. Hier, dans l’Écho, on lit que projets existent déjà pour 6.500 mégawatts. Donc on pourra prendre les projets les moins chers et les moins polluants. Tout cela permettra à la Belgique de voir où elle en est en novembre 2021. Si jamais, il devait se révéler qu’il n’y a pas assez de projets, que ces 6.500 dont nous parle le journal L’Écho ne se traduisent pas concrètement, on garde les deux centrales. C’est pragmatique de se dire aujourd’hui qu’il y a des solutions et que la Belgique va être du côté de la modernité », a-t-il précisé. 

Par RTL INFO, publié le 29 novembre 2020 à 14h14

Pour écouter les 2 vidéos de Jean-Marc Nollet, cliquer sur :

https://www.rtl.be/info/belgique/politique/sortie-du-nucleaire-jean-marc-nollet-copresident-d-ecolo-detaille-un-plan-energie-pour-2030-1262175.aspx

NDLR : Monsieur Nollet fait une grave erreur de raisonnement (comme beaucoup avant lui). Il confond puissance et production. 6500 MégaWatts de puissance installée en énergies renouvelable intermittentes (solaire, éolien) ne remplaceront pas 3 900 MégaWatts de nucléaire. Donc de très importantes économies d’énergie électrique seront indispensables mais avec les nouveaux usages de l’électricité (voitures et vélos électriques, pompes à chaleur, climatiseurs, fabrication d’hydrogène…), cela semble difficile, d’où l’intérêt qu’il y aurait à ne pas perdre 1 an à réfléchir encore et encore…

SON SCIENTIFIQUE ASSASSINÉ, L’IRAN ACCÉLÈRERA L’EXAMEN DE LA LOI PORTANT SUR SON ACTIVITÉ NUCLÉAIRE

Le projet de loi iranien prévoyant notamment l’augmentation du taux d’enrichissement de l’uranium et le recours à des centrifugeuses plus avancées que celles prévues par l’accord nucléaire sera examiné sans délai. Cette décision a été prise par les députés à la suite de l’assassinat d’un de ses grands chercheurs du domaine nucléaire.

Les élus iraniens ont voté à une large majorité en faveur de l’accélération de l’examen du projet de loi ayant pour objet de donner un coup de fouet à l’activité nucléaire du pays, annonce le communiqué diffusé par le service de presse du parlement.

Cette séance s’est tenue dans la foulée de l’assassinat, commis le vendredi 27 novembre, d’un scientifique iranien haut placé dans la filière nucléaire. 232 des 246 élus ont donné leur voix en ce sens. S’il est adopté, le projet de loi en question prévoit la possibilité d’augmenter le taux d’enrichissement de l’uranium.

Sur son compte Twitter, le député Nezam Mousavi a pour sa part précisé que le vote du projet de loi pourrait avoir lieu mardi.

En outre, dimanche, les parlementaires ont convenu d’accorder le statut de double importance à ce projet de loi intitulé Action stratégique pour faire lever les sanctions.

Projet de loi en question

Ce projet de loi prévoit, comme annoncé précédemment, d’augmenter le niveau d’enrichissement de l’uranium à 20% et plus. Actuellement, l’Iran enrichit son uranium à 4%, alors que le taux prévu par l’accord nucléaire est de 3,67%.

L’Iran dit voir un lien entre le meurtre d’un scientifique du nucléaire et le sabotage à Natanz. © AP Photo / Heinz-Peter Bader

En outre, il propose d’utiliser les centrifugeuses IR-2M sur le site de Natanz et d’installer des IR-6 sur celui de Fordo, alors que l’accord nucléaire n’autorise que l’utilisation de centrifugeuses de génération IR-1. Enfin, il compte relancer le réacteur d’Arak et de lancer la construction d’un deuxième.

Un des paragraphes du projet de loi exige que les autorités renoncent au protocole additionnel donnant à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) un accès plus large à l’information et aux emplacements d’État.

Le communiqué adopté par les parlementaires et cité par l’agence de presse Fars affirme que le retrait du protocole additionnel est la meilleure réponse à l’assassinat du scientifique.

Assassinat du scientifique iranien

Un scientifique iranien haut placé du secteur nucléaire a été tué vendredi 27 novembre. Mohsen Fakhrizadeh, âgé de 59 ans, était à la tête du département Recherche et innovation du ministère iranien de la Défense lorsqu’il a été pris pour cible dans sa voiture par plusieurs assaillants dans la localité d’Absard, à l’est de Téhéran, qui l’ont gravement blessé. Il n’a pas pu être réanimé, selon les autorités iraniennes.

Le lendemain, le Président iranien, Hassan Rohani, a accusé Israël d’avoir agi comme «mercenaire» des États-Unis dans cet assassinat.

Par Elena Semionova, publié le 29 novembre 2020 à 11h55, mis à jour à 14h57

Photo en titre : © Sputnik . Sergueï Mamontov

https://fr.sputniknews.com/moyen-orient/202011291044850332-son-scientifique-assassine-liran-accelerera-lexamen-de-la-loi-portant-sur-son-activite-nucleaire/

L’HISTOIRE SANS FIN DU CHANTIER DE L’EPR FINLANDAIS

Avec un nouveau retard annoncé par l’électricien finlandais TVO fin août, le chantier de l’EPR finlandais accumule désormais douze ans de retard. Sa mise en service commerciale est désormais prévue pour 2022.

C’est un projet pharaonique qui suscite de nombreuses tensions. Le chantier de l’EPR de la centrale d’Olkiluoto en Finlande a débuté en 2005 pour une mise en service initialement prévue en 2009. Le montant ne devait pas dépasser les 3 milliards d’euros mais depuis, le chantier mené par le consortium entre Areva-Siemens -Areva est devenu Orano en janvier 2018 après la restructuration du groupe- ne cesse d’accumuler les retards et les surcoûts. Le montant final serait à ce jour aux alentours de 9 milliards d’euros, le triple du prix initial. Les déceptions s’enchaînent pour ce qui devait être la vitrine du savoir-faire nucléaire français.

Le bras de fer TVO – Areva

Dès les deux premières années du chantier, trois retards impactent les travaux, le réacteur OL3 est repoussé à 2012. Commence alors une série d’accusations mutuelles entre le fournisseur Areva et son client TVO. Fin 2008, les deux géants portent leur différend devant un tribunal d’arbitrage de la Chambre de Commerce Internationale (ICC). TVO demande 2,6 milliards d’euros de dédommagements mettant en cause la négligence grave d’Areva et Siemens concernant le respect du calendrier des travaux. De son côté, le consortium réclame 3,4 milliards d’euros reprochant les exigences de l’autorité de sûreté finlandaise (STUK) et la position trop contractuelle de leur client. Le groupe met notamment en cause la lenteur de la STUK qui a mis plus d’un an à rendre son rapport causant une prolongation du projet. Ce n’est qu’en 2013 que la Chambre de Commerce Internationale rend finalement un premier arbitrage en faveur de TVO. Cinq ans plus tard et après un deuxième arbitrage en faveur de TVO en 2016, les deux parties trouvent un accord mettant fin à l’ensemble des différends, le groupe français signant un chèque de 450 000 euros en réparation des retards successifs.

À lire aussi: – Nouveau retard pour le réacteur nucléaire EPR d’Areva et Siemens en Finlande

Un réacteur qui fait débat

Bien qu’il soit annoncé comme le réacteur le plus puissant et le plus sécurisé selon Areva, l’EPR suscite de nombreuses critiques, notamment de l’organisation Greenpeace. Une étude menée avec l’expert du risque nucléaire John Large a été publiée en 2007 et fait suite au lancement du chantier de l’EPR de Flamanville en France. Elle met en cause le combustible utilisé par ce nouveau réacteur de troisième génération, le MOX. Ce combustible à base d’uranium et de plutonium serait plus dangereux pour les populations en cas d’accident.

L’EPR ne fait pas non plus l’unanimité dans les pays où il est en construction. Les villes de Flamanville en France et d’Hinkley Point en Angleterre ont elles aussi un chantier d’EPR en cours mais avec, là encore, de nombreux retards à déplorer. Celui de Flamanville se voit notamment confronter à des problèmes de pièces défectueuses, différents essais ayant mis en cause des problèmes au niveau des soupapes de sûreté du pressuriseur qui ont un rôle essentiel dans la sûreté des EPR. En juin 2020, la STUK a d’ailleurs mis en évidence sur le chantier finlandais une même problématique liée à cette soupape de sûreté du pressuriseur. Cette pièce apporte donc une complication supplémentaire et pose, une nouvelle fois, la question de la sûreté de ces nouveaux réacteurs. La construction de l’EPR de Flamanville accumule à ce jour 10 ans de retard et 9 milliards d’euros de surcoûts. Les deux réacteurs d’Hinkley Point sont quant à eux déjà retardés de 15 mois après le début des travaux en 2018. Les deux seuls EPR en service aujourd’hui se situent à la centrale de Taishan en Chine. Le chantier a également rencontré des problèmes de qualité et de fabrication mais a bénéficié de l’avancée des études et du retour d’expérience des chantiers finlandais et français. Les deux réacteurs chinois sont en service depuis 2018 et 2019 après dix ans de travaux.

Par Loïs Larges, publié le 27 novembre à 19h45

https://www.capital.fr/economie-politique/lhistoire-sans-fin-du-chantier-de-lepr-finlandais-1387130

315 SCÉNARIOS POUR UNE ÉLECTRICITÉ 100% RENOUVELABLE EN FRANCE

Une étude parue dans The Energy Journal explore la possibilité d’une électricité 100% renouvelable en France en 2050. Face à l’incertitude des coûts des moyens de production à cette échéance, 315 scénarios sont étudiés. Explications.

Le Cired dévoile les résultats d’une étude parue dans The Energy Journal menée par deux de ses chercheurs et l’un de ses anciens chercheurs, désormais à l’institut I4CE. Ils ont développé un modèle open source pour la France continentale basé sur des données publiques, afin d’explorer le mix optimal de production et de stockage 100 % renouvelable capable de satisfaire la demande électrique heure par heure en 2050.

« Nous avons différents moyens de produire l’électricité : l’éolien maritime et terrestre, du solaire photovoltaïque, trois types d’hydrauliques – de lacs, au fil de l’eau et des stations de transfert d’énergie par pompage – du biogaz, de l’électrolyse pour produire de l’hydrogène qui combiné avec du CO2 produit du méthane de synthèse par méthanation, utilisé dans des turbines à gaz, et des batteries stationnaires », détaille Philippe Quirion, chercheur CIRED-CNRS et co-auteur de l’étude. Ces technologies suffisent à assurer un mix 100 % renouvelable en 2050.

Un coût du système électrique stable quel que soit le mix

L’ensoleillement et les vents étant difficilement prévisibles à l’horizon 2050, les profils horaires éolien et photovoltaïque reposent sur 18 années de données météorologiques historiques (2000-2017) issues de la Nasa et de la littérature scientifique. Le modèle se base sur le profil de consommation électrique horaire du scénario central de l’Ademe pour 2050.

« Le mix électrique optimal est très dépendant des coûts supposés pour 2050, ce qui peut expliquer les débats portant sur les technologies, souligne Quentin Perrier, chercheur au I4CE, ex-CIRED, et co-auteur de l’étude. Cela dépend parfois des hypothèses de coût et les optimisations sont assez sensibles à cela ». Si le mix électrique est variable, le coût total du système électrique reste toutefois stable.

Le scénario central de coût, se basant sur les projections du centre de recherche de la commission européenne (JRC) pour l’année 2050, prévoit un parc optimisé constitué à 46 % d’éolien sur terre, 31 % de PV, 11 % d’éolien offshore, 3 % de biogaz, 3 % d’hydraulique de lac et 6 % d’hydraulique de rivière. Quel que soit le scénario, le coût moyen de l’électricité oscille autour de 52 euros par mégawattheure, un coût proche de l’actuel. Philippe Quirion explique : « Le coût du système électrique est peu sensible aux coûts des technologies. Ces technologies sont largement substituables. Si par exemple le photovoltaïque s’avère être plus cher que ce que l’on pensait, on peut faire plus d’éolien et vice-versa. »

Choisir un système électrique sur la base d’une anticipation erronée des coûts n’entraîne qu’un regret de 4 %. En ce sens, Quentin Perrier prévient : « Mon message en matière de politiques publiques : il ne faut pas forcément attendre en cherchant le mix optimal parce que la bonne question est davantage de savoir comment on développe les investissements dans ces différentes filières pour avancer. »

Le coût du stockage n’est pas du tout prohibitif

Le modèle repose sur trois moyens de stockage d’énergie : des batteries, la méthanation et les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP). Ce stockage n’impacte pas tant le coût du système électrique. « Ce coût se répartit à 85 % dans les moyens de production et 15 % dans les moyens de stockage », prévient Philippe Quirion. « On entend beaucoup de messages qui disent que si l’on ne met que des énergies renouvelables variables, le coût de gestion va exploser, complète Quentin Perrier. Ce n’est pas ce que l’on observe : le coût du stockage reste entre 15 % et 23 % suivant les scénarios. »

Les chercheurs ont volontairement retenu des hypothèses pessimistes. « D’une part, on s’interdit les importations et les exportations d’électricité, ce qui pénalise l’équilibre économique, prévient Philippe Quirion. De l’autre, on s’interdit la flexibilité de la demande aux fluctuations de la production, ce qui est important pour un système basé sur les énergies renouvelables ». En ce sens, ils estiment que leurs projections de coûts restent conservatrices.

Un outil en ligne pour tester les différents scénarios

Quentin Perrier explique l’utilisation de l’outil interactif mis en ligne pour accompagner la sortie de l’article. « En fonction des hypothèses de coûts sur les différentes technologies que vous rentrez, l’outil calcule le mix électrique optimal à partir d’énergies renouvelables pour la France en 2050 sur la production et le stockage selon les 315 scénarios de coûts ».

Philippe Quirion complète : « Le modèle choisit le parc d’investissement dans les moyens de production et de stockage et le fonctionnement de ce parc qui permet de satisfaire la demande d’électricité pour chaque heure de l’année sans aucun délestage, c’est-à-dire sans demande non satisfaite ».

Par Matthieu Combe dans Énergie, publié le 27 novembre 2020

 https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/315-scenarios-pour-une-electricite-100-renouvelable-en-france-86208/

LA HAGUE. COMBUSTIBLES NUCLÉAIRES : DEUX NOUVELLES PISCINES DE REFROIDISSEMENT À ORANO ?

Reportage sur le site d’Orano La Hague, au bord d’une piscine de refroidissement de combustibles nucléaires usés, avant d’être traités et recyclés. EDF envisage d’y installer deux nouvelles piscines, à partir de 2034. Orano remettra un rapport de faisabilité fin 2020 à l’électricien, avant qu’il prenne une décision. 

Ce bassin de 75 mètres de long, sur 16 mètres de large, sert à refroidir les combustibles nucléaires usés à une température moyenne de 35°, pendant 4 à 5 ans. Le site d’Orano La Hague compte à ce jour quatre piscines, et pourrait en accueillir deux nouvelles, à la demande d’EDF. 

Il est rare d’y accéder. Une piscine de 75 m de long, sur 16 m de large, dans laquelle sont immergés des combustibles nucléaires usés. Le site Orano La Hague, situé sur la côte Ouest de la Manche, récupère, traite et recycle les combustibles usés de centrales nucléaires françaises, et étrangères. Après les avoir réceptionnés, Orano les plonge dans l’une de ses quatre piscines pour les refroidir, à une température moyenne de 35°C, pendant quatre à cinq ans, afin de diminuer leur radioactivité.

En octobre dernier, nous avions appris qu’EDF envisageait de construire deux nouvelles piscines d’entreposage de combustibles nucléaires usés sur le site d’Orano La Hague, à compter de 2034. Greenpeace France dénonçait de son côté un risque de saturation à l’horizon 2030 des piscines déjà existantes sur le site d’Orano. Un risque, selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, qui pourrait bloquer progressivement tous les réacteurs français. « On a une capacité de 14 000 tonnes de combustibles usés, et aujourd’hui on est aux alentours de 10 000 tonnes dans nos quatre piscines, donc on est à 70 % de notre autorisation de capacité, explique Sylvain Renouf, chargé de communication. C’est un fait établi qu’il n’y a pas de risque de saturation des piscines de La Hague avant 2030, et on a ici la capacité de libérer de l’espace dans nos piscines.« 

EDF envisageait la mise en service d’un premier bassin en 2034, puis d’un autre ultérieurement. « Dans les études qui sont menées, ça pourrait être deux piscines, avec chacune une capacité de 5 000 tonnes », précise Mélanie Charles, directrice de la communication sur le site Orano La Hague. 

Orano remettra fin décembre une étude de faisabilité à l’électricien, qui devra ensuite prendre la décision de l’implantation ou non de bassins. Du côté d’Orano, la place n’est pas un problème. « On a des espaces qui sont disponibles sur le site, on a un site qui fait 300 hectares donc on a la capacité d’accueillir ce type d’installations« , estime Sylvain Renouf. 

Par Marthe Rousseau, publié le 27 novembre 2020 à 16h38

Pour écouter les 2 interventions de Sylvain Renouf (53 sec et 35 sec) cliquer sur : https://www.tendanceouest.com/actualite-374027-la-hague-combustibles-nucleaires-deux-nouvelles-piscines-de-refroidissement-a-orano.html

TÉHÉRAN ACCUSE ISRAËL DE L’ASSASSINAT D’UN RESPONSABLE DU PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN

Pour Israël, Mohsen Fakhrizadeh était le père du programme iranien d’armement nucléaire. Son assassinat intervient moins de deux mois avant l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche.

Mohsen Fakhrizadeh, un scientifique iranien travaillant dans le domaine nucléaire, a été assassiné, vendredi 27 novembre, dans les faubourgs de Téhéran. Blessé par balles alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture, le chercheur a succombé à l’hôpital. L’attaque n’a pas été revendiquée, mais sur Twitter, Mohammad Javad Zarif, ministre des affaires étrangères iranien, a aussitôt accusé Israël :

« Des terroristes ont assassiné aujourd’hui un éminent scientifique iranien. Cette lâcheté avec des indications sérieuses du rôle d’Israël montre le bellicisme désespéré de ses auteurs. »

Le chef de la diplomatie a également appelé la communauté internationale à « mettre un terme à ses honteuses positions ambivalentes et à condamner cet acte terroriste ».

Le ministère de la défense avait peu avant identifié la victime comme étant Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère. Il a été « gravement blessé » lorsque sa voiture a été prise pour cible par plusieurs assaillants, qui ont en retour été pris à partie par l’équipe de sécurité du scientifique, avait déclaré le ministère, ajoutant que l’équipe médicale n’était pas parvenue à le réanimer.

Plusieurs médias locaux, dont les agences de presse Tasnim et Fars, avaient plus tôt rapporté une tentative d’assassinat contre le scientifique dans la ville d’Absard, à l’est de la capitale iranienne. « Des terroristes ont fait exploser une voiture avant de tirer sur la voiture de M. Fakhrizadeh », avaient-elles indiqué.

Présenté comme le père du programme nucléaire

Mohsen Fakhrizadeh était l’unique scientifique iranien nommément désigné dans « l’évaluation finale » sur le programme nucléaire iranien que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a remis en 2015, qui évoquait aussi les projets du plan AMAD.

Le gouvernement israélien considère que le plan AMAD, abandonné en 2003, avait pour but d’acquérir l’arme atomique et il affirme s’être procuré une grande partie des « archives » nucléaires iraniennes à ce sujet. « Souvenez-vous de ce nom, Fakhrizadeh », avait déclaré le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, dans le discours prononcé en 2018 au cours duquel il avait révélé l’existence de documents. Malgré l’arrêt du plan AMAD, Mohsen Fakhrizadeh a continué à travailler à des « projets spéciaux » pour le compte du ministère de la défense iranien, avait-il ajouté.

Lire aussi : « Iran : des opposants dévoilent un nouveau site secret du projet nucléaire »

Sur Twitter, le président Donald Trump a aussitôt relayé les informations concernant cet assassinat qui intervient moins de deux mois avant l’arrivée à la Maison Blanche du démocrate Joe Biden, président élu à l’élection du 3 novembre aux États-Unis.

Biden entend changer de posture vis-à-vis de l’Iran après les quatre années de présidence du républicain Donald Trump, qui s’est retiré de l’accord avec les grandes puissances signé à Vienne en 2015 portant sur le programme nucléaire de Téhéran. Les États-Unis ont ensuite rétabli puis renforcé les sanctions visant l’Iran.

Lire aussi : L’Iran espère une reprise des négociations sur le nucléaire avec Joe Biden (article réservé à nos abonnés)

Par Le Monde avec AFP, AP et Reuters, publié le 27 novembre 2020 à 18h01

Photo en titre : La voiture de Mohsen Fakhrizadeh, après l’attaque dont il a été la cible, le 27 novembre 2020. AP

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/27/teheran-accuse-israel-de-l-assassinat-d-un-responsable-du-programme-nucleaire-iranien_6061406_3210.html

“LES ÉNERGIES RENOUVELABLES SONT LE CHANTIER DU SIÈCLE”

TRIBUNE. Diffusé mardi 24 novembre 2020 par Arte, le documentaire “La face cachée des énergies vertes” démontre avec efficacité que le vert ne serait pas si vert que ça au pays des éoliennes et des voitures électriques. L’idée fondamentale est que les éoliennes, comme les panneaux solaires, utilisent des métaux rares dont l’extraction minière est source de pollution et de ravages environnementaux dans d’autres pays du monde, en Chine, en Bolivie ou au Chili par exemple.

Si l’on ne conteste pas les faits reportés, il aurait cependant été utile de porter à la connaissance des téléspectateurs d’Arte que la majorité des terres rares et des métaux rares sont utilisés dans les activités traditionnelles comme la fabrication du verre, la métallurgie, les lampes, les écrans, l’imagerie médicale, l’énergie nucléaire, la défense… et bien sûr dans le milliard et plus de téléphones portables vendus chaque année dans le monde.

À lire aussi : La voiture électrique est-elle vraiment écolo ?

Mais il est vrai que les nouvelles activités comme la production de batteries de voitures, l’électronique, et les énergies renouvelables, concourent à une forte augmentation de cette consommation. Ce n’est pas vrai seulement des éléments dits “rares”, mais également du cuivre, de l’acier, de l’aluminium.

Des technologies peu gourmandes en terres rares

Faire des éoliennes et des panneaux solaires le bouc émissaire de la pollution mondiale due aux activités minières relève toutefois du sophisme.

C’est un peu comme si on disait d’un agriculteur bio que sa production est bien peu respectueuse de l’environnement parce que la teinture de son pantalon a pollué les eaux du Bangladesh.

L’allégation ne serait peut-être pas fausse, comme il n’est pas faux d’affirmer que la fabrication des éoliennes, ou de l’écran sur lequel vous lisez cet article, ont aussi des impacts environnementaux.

En ce qui concerne les éoliennes, dont les images sont associées par le reportage à de terribles pollutions à l’autre bout du monde, Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables, considère que cette association relève du mensonge car “l’utilisation de terres rares dans l’éolien est très marginal. Seule une faible part des éoliennes terrestres sont à aimants permanents et utilisent du néodyme et du dysprosium.

Jean-Louis Bal fait aussi remarquer que ces éléments ne sont pas aussi rares que ça, et que, s’ils l’étaient, le recours au recyclage du néodyme (principalement utilisé dans les éoliennes en mer) serait compétitif, ce qui est loin d’être le cas.

L’Ademe a publié en octobre dernier un avis technique montrant que les énergies renouvelables n’utilisent que peu de terres rares, et qu’il existe des solutions de substitution pour les aimants permanents des éoliennes. Toujours selon l’Ademe, les technologies photovoltaïques n’utilisent pas de terres rares.

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Il faut préciser que le terme “terres rares” s’applique à un groupe de métaux bien précis qui ne comprend pas le lithium, le cadmium, l’indium ou l’argent par exemple, largement utilisés par l’électronique, et pour certains par les panneaux photovoltaïques. Ces métaux sont polluants, soit du fait de leurs procédés extractifs, soit par leur nature chimique. Le documentaire diffusé par Arte montre notamment les dégâts environnementaux de l’extraction du lithium qui exige de grande quantité d’eau.

Une pollution nouvelle, mais pas inéluctable

Entendons-nous bien, le documentaire d’Arte pose parfaitement le problème général de la pollution liée aux activités extractives, pas seulement des terres rares ou des métaux rares, mais aussi du cuivre dont la consommation augmente avec l’électrification de nombreuses activités (dont l’automobile) ; et il montre bien que la solution viendra aussi de la sobriété et de la reconsidération de nos modes de vies. On applaudit.

Mais encore une fois, montrer les dégâts environnementaux colossaux des activités extractives, les lier aux énergies renouvelables, sans les comparer à celles du charbon, du pétrole, du gaz, est incompréhensible.

La production minière actuelle de terres rares et de l’ordre de 150 000 tonnes. En comparaison, 8 milliards de tonnes de charbon sont extraites chaque année pour fabriquer de l’électricité, libérant dans l’environnement 150 millions de tonnes de cendres, des centaines de tonnes de mercure, des milliers de tonnes d’arsenic, du plomb, du cadmium, de l’antimoine, ainsi que des éléments radioactifs et ce, pas seulement au cours de l’extraction mais au cours de l’utilisation dans les centrales électriques.

N’oublions pas les 22 milliards de tonnes de CO2 relâchées chaque année, toujours pour le seul charbon dans l’atmosphère. Les énergies renouvelables permettent de tirer un trait sur cette gigantesque pollution : charbon, pétrole, et gaz.

Bien sûr, elles créent de nouvelles pollutions, mais les échelles sont incomparables. Et ces pollutions ne sont pas inéluctables. Ces terres rares, et autres métaux, rares ou non, destinés à la fabrication des éoliennes, ne sont pas destinés à être brûlés dans une chaudière, mais deviennent des composants de machines qui pourraient, en théorie, être recyclées, et pour lesquelles il existe, ou existera, des alternatives.

Tirer enfin un trait sur les énergies fossiles

Ce que le documentaire ne mentionne pas en revanche, c’est le signal d’alerte qui est lancé par l’Agence Européenne de l’Énergie (A.E.E.). Selon un rapport publié mardi 8 septembre 2020, 13 % des morts en Europe chaque année seraient liées à la pollution, soit 630 000 morts prématurées.

Alors faut-il continuer à rouler au Diesel et se priver des énergies renouvelables, ou avoir recours au tout nucléaire ?

Rappelons qu’aujourd’hui encore plus de 80 % de l’énergie consommée dans le monde provient du pétrole du charbon ou du gaz. Que faire quand l’Europe, la Chine, le Japon, maintenant les États-Unis appellent à la neutralité carbone en 2050 ou 2060 ?

Curieusement, parmi les autres solutions du Pacte vert pour l’Europe, le reportage d’Arte ne cite pas la capture et le stockage du CO2 produit par les centrales à charbon – qui n’enlève rien aux pollutions gigantesques que nous venons de citer.

Idem pour le recours au nucléaire, dont il serait intéressant de considérer aussi les impacts issus de la construction des réacteurs, de leur fonctionnement, depuis l’extraction de l’uranium dans des pays lointains jusqu’à la production d’effluents radioactifs et de déchets à la toxicité invisible, ingérable et terrifiante.

Dans le monde, en 2019, 282 milliards de dollars ont été investis dans les nouveaux moyens de production électriques renouvelables dont 138 milliards pour l’éolien et 131 pour le solaire. C’est plus que les investissements dans les moyens de production électriques au gaz et au charbon. C’est neuf fois plus que les investissements dans le nucléaire. 

Les renouvelables sont le chantier du siècle. Ils produisent désormais de l’électricité moins chère que celle produite avec le charbon le moins cher, en même temps que nous apprenons à gérer l’intermittence.

Et la baisse continue. Pour donner une idée, le coût de l’électricité produite par les deux réacteurs nucléaires que EDF construit au Royaume-Unis sera de 14,5 cts de dollar le kWh (sur la base du contrat passé en 2012 réactualisé aujourd’hui). Le même EDF produira de l’électricité éolienne au large de Dunkerque à 5,3 cts de dollar ; et aux Émirats arabes unis, avec un consortium d’entreprises chinoises, de l’électricité solaire à 1,35 cts de dollars.

Outre l’appel à une déconsommation généralisée souhaitable, ce documentaire ne nous a pas dit comment faire pour arriver à la neutralité carbone en 2050, objectif aujourd’hui repris par de plus en plus de pays dans le respect des Accords de Paris, ou comment réguler l’empreinte énergétique de ce qui représente encore aujourd’hui plus de 80 % de l’énergie produite dans le monde : le charbon, le pétrole et le gaz.

Par Yves Heuillard, journaliste environnemental, et François Siegel, directeur de publication de WE DEMAIN, publié le 27/11/2020

Photo en titre : Crédit : Shutterstock

https://www.wedemain.fr/dechiffrer/les-energies-renouvelables-sont-le-chantier-du-siecle/

NUCLÉAIRE : ENCORE UN REPORT POUR LE REDÉMARRAGE DU RÉACTEUR 2 À FLAMANVILLE

C’est un nouveau report au calendrier d’EDF pour la remise en service de ses réacteurs de la centrale nucléaire de Flamanville, où des vérifications sont toujours en cours.

Initialement, la visite décennale du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche) n’aurait pas dû durer plus d’un an. Mais l’unité n’a toujours pas redémarré, à l’arrêt depuis janvier 2019. Depuis des mois, EDF reporte la date de remise en service, cette fois fixée pour le 6 décembre 2020. Comme déjà exprimé à la mi-octobre, cette année 2020, le réacteur est « toujours en phase de redémarrage ».

« On devait effectivement redémarrer le 30 novembre. On a fait le choix de décaler au 6 décembre. On se donne le temps de remettre la tranche dans les meilleures conditions de sûreté. » (Stéphanie Schnebelen, Cheffe de mission communication à EDF Flamanville)

Pourtant il y a une dizaine de jours, l’exploitant restait toujours sur l’idée d’un redémarrage au 30 novembre, tout en ayant pris les devants auprès du gouvernement en demandant une prorogation face au risque de dépasser le délai de deux ans d’arrêt selon lequel un réacteur est alors considéré à l’arrêt définitif.

À lire aussi : Nucléaire : « au cas où », EDF-Flamanville demande une dérogation pour le réacteur numéro 2

« On a procédé aux opérations de maintenance et de vérification. Il reste du matériel à requalifier, explique aussi Stéphanie Schnebelen. Le réacteur 2 est en arrêt à chaud, juste avant la phase de divergence ». Cette étape précède celle où la réaction nucléaire est relancée dans une progression par paliers, pour une montée en puissance progressive et incontournable avant de voir le réacteur à nouveau participer à l’alimentation du réseau électrique.

Du côté du réacteur 1, lui aussi à l’arrêt, EDF reste sur une date de redémarrage au 31 janvier 2021, la priorité étant le réacteur 2.

Et les soudures de l’EPR

Et pour l’unité 3, l’EPR (réacteur européen à eau pressurisée), l’échance pour EDF reste fixée à la fin de l’année 2020 pour la validation du scénario de remise à niveau de huit soudures défectueuses, soudures de tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur du réacteur.

À lire aussi : Nucléaire : après les essais à chaud, l’EPR de Flamanville entre dans une nouvelle phase

EDF espère démarrer ces travaux début 2021 et prépare le chantier, notamment en libérant de l’espace et en mettant en place de premiers outils. Les allées et venues du dossier se poursuivent aussi avec l’ASN (autorité de sûreté nucléaire), en charge de son instruction.

« EDF a indiqué à l’ASN envisager le démarrage des opérations de préparation au soudage au début du mois de novembre et les premières opérations de soudage à partir de décembre », situe du côté de l’ASN sa cheffe du pôle presse, Evangelia Petit. « Pour cela, EDF devra avoir mené à bien un ensemble de travaux préalables visant à caractériser les matériaux utilisés, qualifier les procédés de soudage et s’assurer du niveau de performance des dispositifs de contrôle des soudures. »

« L’ASN s’attache notamment à vérifier que les modalités prévues par l’exploitant permettront a priori d’atteindre le niveau de qualité attendu. L’ASN envisage une prise de position à ce stade début 2021, sous réserve de l’envoi par EDF, dans les temps convenus, des documents à instruire. » Evangelia Petit, Cheffe du pôle presse de l’ASN

Par Géraldine Lebourgeois, publié le 27 Novembre 2020 à 15h20 

Photo en titre : EDF se donne une semaine supplémentaire pour remettre le réacteur 2 en service. (©EDF)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-encore-un-report-pour-le-redemarrage-du-reacteur-2-a-flamanville_37747591.html

EDF, PLUS FORTE HAUSSE DU SRD À LA MI-SÉANCE DU VENDREDI 27 NOVEMBRE 2020

EDF bondit, ( AOF: EDF= + 9,19% à 12,78 euros) soutenu par des perspectives favorables. Selon les Échos, les négociations entre la France et la Communauté européenne concernant le tarif de l’électricité nucléaire et la réorganisation de l’électricien français s’accélèrent. Pour Libération, un accord aurait même été trouvé. Selon Les Échos, Paris et Bruxelles seraient raccord sur les principes de la réforme du mécanisme régulant la vente de l’électricité nucléaire qu’EDF juge déséquilibré depuis de nombreuses années.

Publié le 27/11/2020 à 12h14

Photo en titre : Pixabay

https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-plus-forte-hausse-du-srd-a-la-mi-seance-du-vendredi-27-novembre-2020-1387097

NDLR : C’est bien la preuve que les actionnaires privés voient miroiter des bénéfices à venir puisque que l’état va brader la part d’EDF qui est profitable et conserver la part nucléaire qui est fortement déficitaire. Les salariés du nucléaire ne s’y sont pas trompés et ont commencé une grève qui devait s’amplifier.

BUGEY : UN COCKTAIL EXPLOSIF D’INDUSTRIES NUCLÉAIRES ET CHIMIQUES MENACE TOUTE LA RÉGION

Communiqué de la COORDINATION STOP-BUGEY

Les risques combinés, liés à la « coexistence » d’industries chimiques, dans la Plaine de l’Ain, et de la centrale nucléaire du Bugey, ont-ils été pris en compte par la DREAL et l’ASN ?

L’histoire récente a montré que des catastrophes industrielles majeures pouvaient se produire alors que la probabilité qu’elles surviennent était présentée jusqu’alors comme très faible.

On se souvient des catastrophes provoquées par l’industrie chimique :

Seveso Hoffman-Laroche en Italie (1976), Bhopal Union Carbide en Inde (1984), Toulouse en France AZF (2001), Rouen Lubrizol (2019), port de Beyrouth au Liban (2020).

Et pour l’industrie nucléaire, on se souvient notamment des catastrophes de Three Mile Island aux États Unis (1979), Tchernobyl en Ukraine (1986), Fukushima au Japon (2011).

Ce ne sont que quelques exemples de catastrophes majeures qui ont pour origine des installations industrielles ayant en commun la production de matières extrêmement dangereuses et toxiques, voire mortelles pour les organismes vivants.

Un autre point commun entre ces industries est qu’elles sont soumises à des autorisations et à des contrôles par des organismes publics.

En France, ce sont les Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL), qui autorisent et contrôlent les industries chimiques à risques.

Et c’est l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui autorise et contrôle l’industrie nucléaire.

Pour le Parc Industriel de la Plaine de l’Ain (PIPA), la DREAL a la responsabilité des autorisations et contrôles de :

– trois installations relevant de la directive SEVESO seuil haut (entreprises ORGAMOL, SPEICHIM et TREDI), susceptibles en cas d’accident de rejeter des gaz et liquides très dangereux pour tout être vivant,

– trois installations relevant de la directive SEVESO seuil bas (entreprises LEVER, SICO et ORAPI),

– de nombreuses Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE).

Un Plan Particulier d’Intervention en cas d’accident (PPI) a été établi pour le PIPA.

Il a même été revu en 2020 et comporte un scénario d’accident (scénario 5 majorant) qui engendrerait « une intoxication des personnes pouvant conduire à des blessures graves dans un rayon de l’ordre de 5,1 km ».

Le site nucléaire du Bugey, dont le respect des exigences de sûreté est contrôlé par l’ASN, se situe à moins de 5 km du PIPA et de ses installations chimiques à hauts risques.

En cas d’accident, il serait donc impacté dans son ensemble avec ses 4 réacteurs en activité, le Magasin Interrégional de stockage des « combustibles » neufs (MIR), l’Installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés (ICEDA), le réacteur N°1 en démantèlement.

Or rien ne semble prévu pour les mesures à prendre sur le site nucléaire.

Par exemple, pour ce qui concerne l’ICEDA, qui vient d’être mise en service avec l’autorisation de l’ASN, le risque chimique lié à la proximité du PIPA n’est pas identifié dans les documents d’EDF à destination du public, présentés lors des différentes phases administratives du projet (décret d’autorisation de création, permis de construire, autorisation de mise en service).

Ce n’est qu’en examinant en détail le « dossier de sûreté » (de près de 2 000 pages) transmis par EDF à l’ASN pour la demande d’autorisation de mise en service, qu’on trouve des indications à ce sujet : les activités à risque y sont identifiées, rien de plus.

Pour l’ASN, en tout cas, un accident nucléaire est plausible. Sa probabilité augmente avec les problèmes récurrents des 4 vieux réacteurs et les nouvelles activités à risques de l’ICEDA (incendies et explosions d’hydrogène possibles).

Le rayon d’impact d’un accident nucléaire serait d’ailleurs bien plus large que celui d’un accident chimique.

Mais comment cela se passerait-il sur le site nucléaire du Bugey, en cas d’accident chimique nécessitant une évacuation ? Sachant que le maintien de la sûreté nécessite la présence d’un certain nombre de travailleurs qui se trouveraient alors en grand danger pour leur vie.

De la même manière, si un accident nucléaire grave se produisait sur le site de Bugey, toutes les entreprises à risque voisines seraient vidées de leurs personnels puis abandonnées en l’état, vu la gravité et la permanence de la pollution radioactive au risque de provoquer un autre accident dans leur entreprise.

Un accident grave intervenant en cascade sur les deux sites voisins, du PIPA et de la centrale nucléaire, peut-il être complètement exclu par les autorités ?

Nous ne pouvons ignorer ce qui s’est passé à Rouen en 2019 et les conséquences de l’incendie et de l’explosion du site de Lubrizol.

La catastrophe dans cette usine chimique classée SEVESO seuil haut, contrôlée par la DREAL et qui disposait en outre de toutes les certifications possibles en termes de qualité et d’environnement, a mis en évidence de nombreuses carences. Les pouvoirs publics, qui ignoraient les stocks et leur nature, ont beaucoup tardé à informer la population. Ils n’ont pas organisé de suivi médical pour les habitants de la région très fortement impactés par les pollutions.

Ici, ce pourrait être bien pire du fait de la présence simultanée de deux types de risques majeurs (chimique et nucléaire) couplés à de nombreux déclencheurs potentiels (risques d’inondation, sismique, de chute d’avion, de terrorisme, ou même tout simplement « erreur humaine » ou négligence).

C’est pourquoi nous souhaitons alerter les habitants de la région et les élus locaux sur la très grave menace que constitue la coexistence des industries à haut risque du parc industriel de la Plaine de l’Ain avec le site nucléaire du Bugey.

CONTACTS PRESSE :

     . Madeleine Chatard-Leculier : 07 82 11 69 18

     . François Vallet : 06 37 88 36 41

Par la Coordination Stop Bugey, publié le 25 novembre 2020

 http://www.stop-bugey.org/

QUEL COÛT POUR UN MIX 100 % RENOUVELABLE EN 2050 ?

Une équipe de chercheurs du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired) s’est penchée sur le coût d’un parc de production d’électricité 100 % renouvelables en France en 2050. À cet horizon, « toutes les centrales nucléaires auront dépassé soixante ans d’exploitation. On s’est donc posé la question de leur remplacement : par des énergies renouvelables, du nucléaire, avec du captage et stockage de CO2 (CCS) ? », explique Philippe Quirion, l’un des trois chercheurs.

Le premier volet de l’étude, publié dans la revue The Energy Journal en novembre, se penche sur des scénarios 100 % renouvelables. Le deuxième volet, qui analyse les coûts du nucléaire et du CCS, sera présenté courant janvier.

Les chercheurs ont évalué, à travers 315 scénarios de mix électrique renouvelable, le coût d’un parc de production et de stockage 100 % renouvelable répondant à la demande d’électricité chaque heure en 2050. Les niveaux et profils de consommation à cet horizon sont basés sur le scénario central de l’Ademe en 2050 et table sur de moindres besoins pour le chauffage, l’éclairage, l’électroménager et de nouveaux usages (véhicules électriques, climatisation…).

Côté offre, les scénarios excluent tout import/export d’électricité avec les pays voisins ainsi que les solutions de flexibilité de la demande. Pour les coûts et les rendements des différentes technologies, les chercheurs se sont appuyés sur les projections du Centre commun de recherche européen (JRC). Les données météorologiques sont prises sur une période de 18 ans (2000-2017). Enfin, les coûts du réseau n’ont pas été pris en compte.

Résultat : un parc optimisé reposerait sur 46 % d’éolien terrestre, 11 % d’éolien offshore, 31 % de photovoltaïque, 3 % de biogaz et 9 % d’hydraulique. Son coût serait de 21,4 milliards d’euros par an, soit 52 €/MWh. Autrement dit, assez proche des coûts actuels. Mais ce mix optimal est très sensible aux données météorologiques de référence et au coût des technologies.

Cependant, même en faisant bouger ces variables, le coût du système électrique 100 % renouvelable reste relativement proche de 52 €/MWh. Le stockage ne représenterait que 15 %.

Par Sophie Fabrégat, journaliste, rédactrice spécialisée, publié le 27 novembre à 10h50

Photo en titre : © Olivier Le Moal

https://www.actu-environnement.com/ae/news/cout-energies-renouvelable-2050-36580.php4

Mots

TRUMP VA-T-IL BOMBARDER L’IRAN POUR ÉVITER UN NOUVEL ACCORD NUCLÉAIRE AVEC BIDEN?

La menace d’un possible bombardement de l’Iran par Donald Trump ne serait-elle pas un avertissement dirigé contre Joe Biden? Alors que le Président sortant est encore en poste jusqu’au 20 janvier, son Administration pourrait tenter de nuire aux projets moyen-orientaux de Biden, comme semble l’illustrer la récente tournée de Mike Pompeo.

Analyse

À la suite d’un article paru dans le New York Times le 16 novembre dernier, qui révélait que le Président américain aurait demandé à ses conseillers si une frappe contre l’Iran était envisageable, le Secrétaire d’État Mike Pompeo a fait une tournée moyen-orientale, en Israël et en Arabie saoudite notamment. Si la «menace iranienne» a indubitablement été discutée, la venue de Pompeo avait pour priorité de consolider les alliances régionales renforcées sous le mandat Trump et d’empêcher la future Administration Biden de se rapprocher de l’Iran.

Plus d’informations dans cette vidéo Lignes Rouges en bref (4mn14) à voir et écouter directement sur le site ci-dessous

Par Louis Doutrebente, publié le 26 novembre à 19h14, mis à jour le 26 novembre à 21h52

https://fr.sputniknews.com/international/202011261044836976-trump-va-t-il-bombarder-liran-pour-eviter-un-nouvel-accord-nucleaire-avec-biden/

EDF : PARIS ET BRUXELLES VERS UN ACCORD SUR LA RÉFORME DU NUCLÉAIRE

Selon nos informations, un schéma général aurait été défini pour réformer le tarif de vente de l’électricité nucléaire. D’après EDF, 31,7% des salariés du groupe étaient en grève ce jeudi pour contester le projet de réorganisation du groupe. Selon la CGT, la mobilisation atteint 50 %.

Ce n’est pas encore une fumée blanche mais on s’en rapproche. Alors que les salariés d’EDF étaient en grève ce jeudi pour protester contre la réorganisation du groupe public, le calendrier de sa réforme s’accélère.

Selon plusieurs sources, « les planètes commencent à s’aligner » entre la Commission européenne et les pouvoirs publics français pour refondre la réglementation de l’électricité nucléaire et l’organisation de son champion EDF. Une réforme hautement sensible, qui vise à redonner des marges de manœuvre au nucléaire français, en prise depuis plusieurs années avec de très lourdes charges d’investissements qui pèsent sur les finances publiques.

« Paquet global et équilibré »

« La réforme n’est pas bouclée mais il y a un appel d’air positif », glisse une autre source qui estime qu’« un accord pourrait être formalisé dans les prochaines semaines ». À Bercy, on précise toutefois que les « discussions se poursuivent ». « Il y aura un accord sur un paquet global et équilibré », assure-t-on au sein des pouvoirs publics.

Selon nos informations, Paris et Bruxelles seraient raccord sur les principes de la réforme du mécanisme régulant la vente de l’électricité nucléaire qu’EDF juge déséquilibré depuis de nombreuses années. Pour assurer une rémunération couvrant les coûts de production du nucléaire, EDF devrait pouvoir bénéficier dans les années à venir de la garantie d’un prix fixe versé pour la vente de l’ensemble des mégawattheures produits par ses centrales. Un schéma moins favorable que le « corridor » de prix administré imaginé le PDG du groupe public, Jean-Bernard Lévy. « Bruxelles estime que ce corridor pourrait permettre, dans certains cas, à EDF d’être rémunéré au-delà de ses coûts de production », explique une source.

Tout n’est pas réglé pour autant. En particulier, le niveau de ce prix fait débat. La bonne nouvelle pour EDF, c’est qu’il devrait lui assurer une rémunération supérieure aux 42 euros qu’il perçoit dans le cadre de la réglementation actuelle « Arenh ». « Le nouveau prix devrait se situer entre 45 et 50 euros », indique une autre source.

Reste aussi et surtout à trancher le sujet le plus sensible : la scission d’EDF imaginée par les pouvoirs publics pour séparer ses métiers de vente d’électricité de sa production d’électricité nucléaire et ainsi éviter les distorsions de concurrence entre EDF et ses concurrents Engie ou Total Direct Énergie dans un tel cadre réglementaire. Explosif socialement et politiquement, cette scission fait craindre aux syndicats d’EDF comme à certains élus LR un « démantèlement » du champion du nucléaire français.

Muraille de Chine

Selon nos informations, deux schémas tiennent la corde. Le premier, favorisé par EDF, consisterait à filialiser ses activités commerciales et hydrauliques, en dessous d’une tête de groupe qui porterait les activités nucléaires, « EDF Bleu ». Mais un autre schéma qui permettrait de mettre davantage de murailles de Chine entre les activités régulées et non régulées est sur la table : il s’agit de réorganiser EDF sur le modèle de la SNCF.

Adoptée en 2018, la réforme du groupe ferroviaire consistait à regrouper dans deux entités distinctes, sous un holding de tête, les activités d’exploitation du réseau ferré d’une part et les activités concurrentielles de la SNCF d’autre part. Chez EDF, cette organisation se traduirait par la séparation du groupe en trois piliers, sous un holding de tête :

. un EDF Bleu regroupant le nucléaire et RTE,

. les barrages dans un EDF Azur et

. un EDF Vert regroupant les énergies renouvelables, Enedis et les activités commerciales de vente d’électricité.

L’objectif ici est triple :

. attirer des investisseurs privés dans la partie verte pour financer la croissance des énergies renouvelables,

. conserver la main sur les concessions hydrauliques que la France refuse d’ouvrir à la concurrence et

. isoler le nucléaire régulé pour éviter que les autres activités non régulées ne profitent indûment des prix de vente garantis. 

Pour la CGT, c’est le pire des scénarios. « Un holding va désintégrer la production d’électricité et fatalement les citoyens la paieront plus cher. C’est la fin du service public ! », dénonce un syndicaliste du groupe. Selon EDF, la part des salariés grévistes atteint 31,7% ce jeudi. La CGT de son côté évoque 50% de grévistes.

Par Sharon Wajsbrot, publié le 26 novembre 2020 à 18h42, mis à jour le 26 nov. 2020 à 19h17

Photo en titre : Selon nos informations, Paris et Bruxelles seraient tombés d’accord sur les principes de la réforme du mécanisme qui régule la vente de l’électricité nucléaire qu’EDF juge déséquilibré depuis de nombreuses années. Crédit : M.ASTAR/SIPA/ (SIPA)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/edf-paris-et-bruxelles-vers-un-accord-sur-la-reforme-du-nucleaire-1268721

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY : DES DÉFAUTS DE MAINTENANCE POINTÉS DU DOIGT

L’année 2020 est un temps fort pour la centrale nucléaire du Bugey, désormais la plus vieille de France. C’est en effet l’année de la quatrième visite décennale (VD4) pour les réacteurs. L’association Sortir du Nucléaire Bugey surveille de près la gestion d’EDF sur ce point et a d’ailleurs alerté de la « souffrance » des réacteurs dans un communiqué.

« Pour sa VD4, EDF a fait savoir que Bugey 2 avait passé avec succès les différents tests. Cependant, sa remise en service prévue en juillet 2020 est maintenant reportée au 31 janvier 2021. » Le réacteur Bugey 3 inquiète également l’association : « Son arrêt est prolongé car en juin, un contrôle réglementaire sur un réservoir a mis en évidence des traces de corrosion. Ce réservoir est commun aux deux réacteurs Bugey 2 et 3. »

On trouve effectivement dans un rapport de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) daté du 19 octobre, le compte-rendu d’une visite effectuée qui stipule qu’il existe « des dégradations de type corrosion sous contrainte et de déformations (…) Les inspecteurs ont effectué une visite terrain (…), au vu de cet examen les conditions de suivi de la bâche et de la demande d’aménagement pointent un manque de rigueur dans leur gestion et soulèvent des questions sur la solidité de l’organisation en place ».

Mais là où EDF pourrait être critiqué, c’est que l’entreprise avait présenté un dossier de demande d’aménagement pour ce réservoir sans mentionner cette détérioration, l’ASN précise ainsi que « suite à la découverte de traces de corrosion sous contrainte, l’ASN a abrogé en septembre 2020 l’aménagement octroyé, considérant que les déclarations sur l’état de l’équipement figurant dans le dossier de demande d’aménagement étaient inexactes. De plus EDF a déclaré le 29 septembre avoir identifié des déformations complémentaires à celles déclarées initialement. »

D’où l’enclenchement d’une visite de terrain le 1er octobre…

« Il s’agit de rafistolage »

Pour Joël Guerry de « Sortir du Nucléaire Bugey », « ces défauts de maintenance pourraient être à terme dangereux ! EDF semble réticent à faire ce que l’ASN lui demande… On parle de grand carénage, de remise à niveau des réacteurs, mais pourquoi on ne les change pas ? Il s’agit de rafistolage »

En conclusion de son communiqué l’association écrit ainsi : « L’on constate les nombreux problèmes qui affectent les vieux réacteurs nucléaires du Bugey avec des composants en mauvais état et une maintenance insuffisante. Nous renouvelons notre demande de fermer très rapidement ces quatre réacteurs, les plus vieux de France, avant qu’un accident grave se produise et nous contraigne à l’exil»

Les chiffres d’EDF:

– La centrale du Bugey produit, en moyenne, chaque année l’équivalent de 40 % de la consommation en énergie de la région Auvergne Rhône-Alpes.

2,1 milliard d’euros dédiés au grand carénage pour poursuivre l’exploitation des unités de production.

– 2 visites décennales en 2020 sur les réacteurs 2 et 4 et 2 arrêts simples sur les réacteurs 3 et 5.

– 64 millions dédiés à la visite décennale du réacteur 2 et 62 millions d’ € pour le réacteur 4.

– 4 000 intervenants quotidiens entre 2020 et 2023.

Véronique Baude: «La Cli* n’a pas à s’immiscer dans la gestion de la centrale»

Véronique Baude, vice présidente au département et élue gessienne, est également présidente de la Cli*, commission locale d’information, une instance obligatoire pour toute installation nucléaire.

« La Cli est une instance d’information et de concertation, explique-t-elle. Nous devons informer en toute transparence de l’impact des activités nucléaires sur les êtres humains et la Nature. La Cli du Bugey, ce sont 200 membres. Un collège d’élus, un collège d’associations, des organisations syndicales, des experts, des représentants étrangers ou encore l’ASN (autorité de sûreté nucléaire). »

Mais cette instance est-elle au courant des problématiques soulevées plus haut ?

« Nous avons accès aux rapports de l’ASN, bien entendu. Lorsque la Cli se réunit, trois fois par an, il y a toujours une rubrique relative aux incidents. Que ce soit l’ASN ou EDF, la situation est présentée et il y a des questions/réponses des membres. Mais attention, la Cli n’a pas à s’immiscer dans la gestion de la centrale, la gestion courante revient à EDF, nous nous devons informer la population. Dès que l’on reçoit une communication sur la centrale, nous l’envoyons aux membres, libre ensuite aux différentes instances de les communiquer. On édite également une lettre d’information et l’on peut organiser des visites au sein de la centrale. »

La dernière Cli en date a eu lieu en visioconférence, Covid oblige, le 9 novembre dernier.

« Rappelons également qu’une consultation de l’État a été lancée sur les enjeux de la 4ème visite décennale, les travaux liés au grand carénage. Entre 2014 et 2025, EDF a prévu d’investir 2,1 milliards d’euros pour les travaux du réacteur. »

Par Coralie Dhenein, publié le 26/11/2020 à 12h00

https://www.lepaysgessien.fr/17849/article/2020-11-26/centrale-nucleaire-du-bugey-des-defauts-de-maintenance-pointes-du-doigt

LA SOCIÉTÉ POMA A L’HABITUDE D’ENVOYER LES AMATEURS DE SKI AU SOMMET DES MONTAGNES. À BURE, ELLE AMBITIONNE DE PARTICIPER À LA DESCENTE AUX ENFERS DES DÉCHETS RADIOACTIFS.

C’est dans un ancien hangar industriel à Froncles, une petite commune au cœur de la Haute-Marne, que la société POMA construit un prototype du funiculaire qui serait utilisé pour descendre les déchets radioactifs dans le Cigéo : un funiculaire de 4,2 kilomètres de long qui emmènerait les colis empoisonnés à 500 mètres de profondeur. 

Ce contrat, la société POMA l’a obtenu en 2014, lors d’appels d’offre effectués par l’ANDRA pour l’ingénierie du stockage (en plein débat public, rappelons-le). Elle aurait dû réaliser ce banc d’essai en Isère, mais l’ANDRA a su trouver les mots pour que la construction se fasse dans le secteur de Bure. Les 900 000 euros offerts par le GIP de la Haute-Marne pour favoriser cette implantation n’y sont bien entendu pas pour rien.  

Nous voyons dans ce funiculaire un enjeu prioritaire, à part entière, dans le combat à mener contre le projet Cigéo. Outre la charge symbolique importante qu’il constitue, il s’agit d’une pièce maîtresse pour l’Andra, incontournable pour le dépôt de sa demande d’autorisation de création (DAC). Une des pierres angulaires de la démonstration de faisabilité. Pas de funiculaire, pas de Cigéo. 

Société bien implantée dans le paysage français, POMA est spécialisée dans la fabrication des matériels de levage et de manutention, son nom n’est pas inconnu dans de nombreuses régions de France. Dans les Alpes, où elle a installé et où elle maintient plus d’un millier de remontées mécaniques dans les stations de sports d’hiver mais aussi dans les milieux urbains. Elle a quelques installations notoires à son actif, notamment dans les funiculaires comme celui de Montmartre. Florissante et championne mondiale du transport par câbles, elle a déjà construit plus de 8000 installations dans 91 pays. L’Asie vient de lui ouvrir ses portes : même en pleine crise économique elle tire son épingle du jeu comme l’annonce cet article du journal Le Point où elle est qualifiée de « pépite française ».

Mais la « pépite » ne serait-elle pas en pleine compromission en liant son nom à un projet technologiquement et politiquement controversé ? Alors que la société tient à son image de marque, pourquoi prendre le risque de l’abimer considérablement en l’associant aux déchets nucléaires ? Pourquoi cette diversification d’activités, craindrait-elle la fonte des neiges et le réchauffement climatique pour se reconvertir dans les bas-fonds du nucléaire français ? 

Nous lançons un large appel à actions : agissez partout où cela sera possible pour faire savoir que POMA est NUCLÉAIRE, que POMA veut ENFOUIR les déchets nucléaires.

Interpellez la société qui engage sa responsabilité dans Cigéo sur les réseaux sociaux, par téléphone, en direct. Rendez visible partout où POMA est implantée, sa caution et sa collaboration dans l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure en construisant ce funiculaire !

Première étape :

Partagez l’image « les déchets font du ski » et diffusez la campagne sur vos pages dans vos réseaux, avec ces #hashtags : #PomaNucléaire #PomaDésengageToi #PomaBure #PomaCigéo

Pour obtenir le Visuel : les déchets font du ski !, cliquer sur : https://s9cd03d47a788900f.jimcontent.com/download/version/1606383759/module/11579896421/name/LES-DECHETS-FONT-DU-SKI.jpg

Pour obtenir le Visuel : POMA certifiée pro-nucléaire, cliquer sur : https://s9cd03d47a788900f.jimcontent.com/download/version/1606383787/module/11579896921/name/LOGO-DETOURNE%CC%812.jpg

Premiers signataires :

Coordination Stop Cigéo (Association pour la sensibilisation de l’opinion sur les dangers de l’enfouissement des déchets radioactifs – ASODEDRA, Bure stop 55, Bure zone libre – BZL, Collectif d’action contre l’enfouissement des déchets radioactifs – CACENDR, Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs – CEDRA, Elus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs – EODRA, Meuse Nature Environnement – MNE), Amis de la Terre en Haute-Savoie, Collectif halte au nucléaire Gard (Chang-collectif Adn), France Nature Environnement Isère, Rhône-Alpes sans nucléaire, Sortir du nucléaire Bugey, Sortir du nucléaire Isère, Stop nucléaire 26-07 (Collectif Adn), Arrêt du Nucléaire, Réseau Sortir du Nucléaire

Publié le 25 novembre 2020

https://cedra52.jimdofree.com/2020/11/25/communiqu%C3%A9-projet-cig%C3%A9o-%C3%A0-bure-poma-d%C3%A9sengage-toi/

EDF: LA GRÈVE CONTRE LE PROJET HERCULE FREINE LA PRODUCTION NUCLÉAIRE

PARIS (Reuters) – Le mouvement de grève des salariés d’EDF contre le projet de réorganisation du groupe se traduisait jeudi matin par une baisse marquée de la production d’électricité d’origine nucléaire en France, selon les données compilées par le gestionnaire des lignes à haute tension RTE.

À 8h45, la production nucléaire s’établissait à 43.390 mégawatts (MW) contre 47.136 MW à la même heure mercredi, la baisse représentant l’équivalent de quatre réacteurs environ.

Toujours selon les chiffres fournis par RTE, qui ne détaillent pas toutefois l’impact de la grève, la production hydroélectrique française était en nette hausse à la même heure (+74% à 14.144 MW), de même que celle des centrales au charbon (à 1.195 MW contre 24 MW). La France restait dans le même temps exportatrice d’électricité. (NDLR : alors pourquoi rallumer des centrales à charbon polluantes en CO2 ? Réponse : pour gagner un peu d’argent quand le prix du marché est élevé. Voir les cours de l’électricité le 25 novembre sur https://www.rte-france.com/eco2mix/les-donnees-de-marche, jusqu’à 61 € le MWh vers 18h, bien mieux que l’Arenh à 42 € le MWh)

Les fédérations Mines-Énergies CGT, CFE-CGC Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines ont appelé à la grève les salariés du secteur pour réaffirmer leur opposition au projet de réorganisation d’EDF, Hercule, qui prévoit notamment une séparation entre ses activités nucléaires et renouvelables.

Les syndicats, qui appellent aussi à défendre le service public de l’énergie, protestent également contre le projet d’Engie de créer une nouvelle entité regroupant une partie de ses activités de services en vue de les céder.

Par Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot, publié le 26 novembre 2020

Photo en titre : © Reuters/Stéphane MAHE EDF: la grève contre le projet hercule freine la production nucléaire

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/edf-la-gr%C3%A8ve-contre-le-projet-hercule-freine-la-production-nucl%C3%A9aire/ar-BB1bnx25

L’ENQUÊTE SUR LA VENTE D’URANIUM NIGÉRIEN PAR AREVA EN 2011 CONFIÉE À UN JUGE D’INSTRUCTION

L’affaire, baptisée « Uraniumgate », avait éclaté en février 2017 avec la publication, dans l’hebdomadaire nigérien Le Courrier, de documents portant sur la vente à l’automne 2011 d’une importante quantité d’uranium pour 320 millions de dollars.

Le parquet national financier (PNF) a ouvert une information judiciaire notamment pour « corruption » visant Areva, devenu Orano, dans une affaire de courtage d’uranium nigérien en 2011 qui s’était traduite par d’importantes pertes pour le groupe nucléaire, a-t-il indiqué ce mercredi 25 novembre.

Après avoir mené son enquête préliminaire pendant presque cinq années, le PNF a confié la suite des investigations en février 2020 à un juge d’instruction pour « corruption d’agent public étranger, corruption privée, association de malfaiteurs, abus de biens sociaux, abus de confiance et blanchiment en bande organisée de ces délits », a détaillé le parquet, confirmant une information de l’hebdomadaire L’Obs.

« S’il s’avérait qu’il y a eu des détournements ou tout autre acte qui soit susceptible d’avoir porté préjudice au groupe, Orano intenterait les actions judiciaires nécessaires à la défense de ses intérêts », a indiqué à l’AFP un porte-parole du groupe nucléaire.

« Uraniumgate »

L’affaire, baptisée « Uraniumgate », avait éclaté en février 2017 avec la publication, dans l’hebdomadaire nigérien Le Courrier, de documents portant sur la vente à l’automne 2011 d’une importante quantité d’uranium pour 320 millions de dollars.

Le stock avait dans un premier temps été cédé par Areva à une société russe, Energo Alyans, qui l’avait ensuite revendu à la société Optima Energy Offshore au Liban.

Quelques jours plus tard, Optima avait vendu l’uranium à la Société de patrimoine des mines du Niger (Sopamin), contrôlée par l’État nigérien. Areva avait alors racheté ce stock à la Sopamin à un prix bien supérieur à celui auquel il l’avait cédé initialement.

Montage financier

Les policiers de la brigade financière, chargée des investigations après la révélation de transactions douteuses par l’hebdomadaire Marianne à l’été 2015, cherchaient à déterminer si le montage financier aurait pu permettre de dissimuler des commissions ou des rétrocommissions.

Entre 24 et 101 millions de dollars auraient été détournés des caisses du groupe Areva entre novembre 2011 et février 2012, selon L’Obs.

D’après l’hebdomadaire, l’information judiciaire a été confiée au même juge d’instruction que celui qui était en charge de l’enquête sur l’acquisition par Areva d’une société minière canadienne, Uramin, propriétaire de trois gisements d’uranium en Afrique, pour laquelle elle a déboursé 1,8 milliard d’euros en 2007.

Deux informations judiciaires ouvertes

L’opération avait tourné au fiasco : après le départ de sa patronne Anne Lauvergeon, Areva avait divisé par cinq la valeur de la société et passé, fin 2011, une lourde provision de 1,5 milliard d’euros.

Deux informations judiciaires avaient été ouvertes : l’une porte sur des soupçons d’escroquerie et de corruption, la seconde sur les provisions inscrites en 2010 et 2011 par Areva, les magistrats soupçonnant d’anciens responsables de les avoir sous-évaluées dans les comptes pour masquer l’effondrement de la valeur d’Uramin.

Plusieurs anciens dirigeants du groupe sont mis en examen dans ces enquêtes, dont l’ancien directeur de la division « mines » Sébastien de Montessus. Anne Lauvergeon, elle, est poursuivie dans le volet comptable.

Dans ce dernier dossier, la cour d’appel de Paris doit se prononcer le 17 décembre sur la validité des mises en examen, qui ont été l’objet d’un bras de fer judiciaire à partir de 2017 entre les premiers juges d’instruction qui refusaient de les prononcer et le PNF qui les réclamait.

Par Ouest-France avec AFP, publié le 25/11/2020 à 21h01

Photo d’illustration : OUEST-FRANCE / YANN CASTANIER

https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/areva/l-enquete-sur-la-vente-d-uranium-nigerien-par-areva-en-2011-confiee-a-un-juge-d-instruction-7062687

LA CALAMITEUSE HISTOIRE D’EDF ET DE SA CONCURRENCE

Contrainte par l’Europe de créer de toutes pièces un « marché de l’électricité », la France a enchaîné trente ans de décisions ubuesques. Le système s’enlise, mais le gouvernement accélère.

J’attire votre attention sur le caractère hallucinant du scénario »… La petite phrase de l’ex-patron d’EDF, Henri Proglio, en mai 2010 devant les députés français résume bien la rocambolesque histoire du « marché européen de l’énergie ». À travers un mille-feuille législatif et un appareillage financier kafkaïen, le pouvoir s’acharne depuis trois décennies à tenter de donner vie à une concurrence aussi fictive que lucrative pour une poignée d’industriels. Le plan Hercule, qui doit parachever avant la fin de l’année la dislocation d’EDF et préparer la privatisation de ses activités rentables, risque d’accroître encore les deux principaux problèmes de ce modèle : des prix en hausse pour les consommateurs et une transition énergétique qui patine.

L’histoire commence à la fin des années 1980. Le vent de néolibéralisme venu des États-Unis et du Royaume-Uni souffle sur tous les réseaux publics et s’arrête sur l’électricité. En France, personne n’est assez fou pour défendre un tel projet. L’Hexagone possède un des réseaux les plus fiables au monde et son électricité est la moins chère d’Europe de l’Ouest. « Grâce » au nucléaire et à la toute-puissance d’EDF, fondée trente ans plus tôt dans un pays en ruine pour unifier sous un monopole public les 154 sociétés qui produisaient l’électricité, les 86 entreprises qui la transportaient et les 1 150 compagnies qui la distribuaient. Pourquoi vouloir fragiliser ce fleuron, qui fut le seul capable de porter les investissements gigantesques du parc nucléaire et du réseau de barrages ? L’entreprise publique est alors rentable pour l’État, car la totalité de ses coûts de production est couverte par les factures des usagers et un supplément remonte sous forme de dividendes.

Une étape décisive est en passe d’être franchie dans la privatisation d’EDF. Le projet baptisé « Hercule » ressemble à un plan de sauvetage du nucléaire historique, protégeant les activités sensibles et déficitaires dans un pôle public, pour mieux privatiser les activités rentables, comme les énergies renouvelables. Un pur produit de technocratie, dont la négociation, tenue secrète, doit s’achever dans les prochaines semaines entre la Commission européenne, grand ordonnateur de la libéralisation du marché de l’énergie, et la France, qui tente depuis trente ans d’avancer sans trop avoir l’air d’y toucher.

Hercule laisse une désagréable impression de déjà-vu. On retrouve la même volonté acharnée d’organiser une concurrence de toutes pièces, qui a désorganisé La Poste, brutalisé France Télécom et converti la SNCF à la logique marchande.

Néanmoins, l’histoire d’EDF est rarement racontée et très peu débattue. Malgré les fiascos collectionnés sur le marché de gros de l’électricité, la libéralisation avance sans que ses architectes n’aient à rendre de comptes, ni même à produire le moindre argumentaire.

Ce 26 novembre, l’ensemble des syndicats du secteur de l’énergie, d’EDF à Engie, devaient lancer une mobilisation. Ils réclament que la transition énergétique ne soit pas laissée aux mains du privé et que la France n’hypothèque pas les outils d’une politique énergétique ambitieuse. Ils tenteront de fendre l’armure de complexité qui protège ce projet de tout débat public, en faisant entendre leur droit d’inventaire sur une incroyable collection d’absurdités économiques. Un combat majeur.

Mais une musique différente se joue dans les salons ministériels et les couloirs de la Commission européenne. Le secteur change. Les progrès techniques et les préoccupations écologiques font fleurir des projets de centrales électriques plus petites. La cogénération et les énergies renouvelables ringardisent l’énergie nucléaire et laissent croire à un nouvel eldorado pour des challengeurs visionnaires.

Les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni sont les premiers à ouvrir la production d’électricité à la concurrence. En 1992, les entreprises états-uniennes obtiennent le droit de s’exporter. Elles déploient donc un intense lobbying et se lancent à la conquête du monde. EDF se rêve en championne d’Europe. Elle passe à l’offensive, milite pour une libéralisation qui lui retire pourtant son monopole sur la France et investit partout sur la planète. Les géants de la métallurgie, de la sidérurgie ou de l’industrie papetière, gros consommateurs d’électricité, militent à leur tour pour une ouverture à la concurrence censée faire baisser les prix, en agitant le chantage à la délocalisation vers des contrées où l’électricité serait moins chère.

Après dix ans d’intenses tractations, la Commission européenne parvient à faire adopter la première résolution jetant les bases d’un marché ouvert de l’électricité. C’est un texte de compromis, tarabiscoté, supposé faire l’équilibre entre sa volonté de privatiser le secteur et les réticences qui s’expriment aux quatre coins de l’Europe.

« La France n’était pas demandeuse d’une modification de l’organisation de son secteur de l’électricité. » C’est par ces mots que le gouvernement socialiste présente le texte de transposition de la directive devant l’Assemblée, en février 1999 (1). La majorité, embarrassée, tente de mettre en scène une transposition a minima de la directive. L’« introduction maîtrisée de certains éléments de concurrence » offrira une « coexistence harmonieuse du service public et de la concurrence, au bénéfice de tous les consommateurs », chicane le socialiste Christian Pierret, secrétaire d’État à l’Industrie.

Pourtant, sous la houlette de Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’Économie, elle vote une loi qui dessine la trame d’un gigantesque fiasco.

« Ça a été un débat compliqué, y compris au sein de la CGT, se souvient Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la fédération mines-énergie de la CGT, tout le monde était convaincu que la directive était mauvaise, mais nous étions partagés sur la stratégie à adopter : était-on capable d’imposer un rapport de force suffisant pour dire non à la Commission européenne, ou fallait-il retranscrire la directive en protégeant au maximum le service public ? »

Les écolos aussi sont gênés. EDF, État dans l’État, dicte à la France une politique énergétique obnubilée par l’énergie nucléaire. Impossible pour eux de chanter les louanges du monopole public de l’énergie.

Grande foire au gros

La suite ressemble à ce qui a métamorphosé La Poste, la SNCF et France Télécom. EDF est saucissonnée pour que les activités rentables ne puissent plus financer celles qui accumulent des déficits. Un gendarme du secteur est créé pour veiller à ce qu’elle n’utilise pas son rôle de transporteur du courant électrique (les lignes à haute tension) pour « fausser le jeu de la concurrence ». Elle endosse les statuts juridiques d’une entreprise privée, afin d’être exclue de toute subvention publique et d’être contrainte d’emprunter aux mêmes taux que ses concurrents.

Or gérer un réseau électrique demande une infinie précaution : la production doit être constamment en parfaite adéquation avec la consommation, car les déséquilibres modifient la fréquence du courant et peuvent conduire au black-out. Il faut donc piloter avec une réactivité maximale les moyens de production pour anticiper et compenser les oscillations de la demande. « En multipliant les acteurs intervenant dans cet équilibre, on rend le système plus complexe, donc plus fragile et plus coûteux », observe Anne Debrégeas, chercheuse à EDF et porte-parole de Sud Énergie.

Pour créer un nouveau marché tout en ménageant les usagers attachés au tarif réglementé, la technocratie accouche d’une inénarrable usine à gaz, faisant cohabiter, pendant des années et jusqu’à aujourd’hui, deux systèmes de tarification de l’électricité à la logique antagoniste.

Tout un chacun peut théoriquement produire de l’électricité, à condition d’obtenir une autorisation ou de répondre à un appel d’offres, mais dans les faits, EDF produit encore 85 % de l’électricité. Le législateur permet donc à des entreprises privées ne produisant pas la moindre étincelle d’acheter de l’électricité sur un marché de gros où des producteurs (essentiellement EDF) viennent écouler leurs mégawattheures.

Faites vos jeux… La grande foire est lancée en 1999 pour la fourniture en électricité des 189 sites industriels « électro-intensifs », avant d’être progressivement élargie jusqu’aux consommateurs, en 2006. Optimistes, beaucoup d’industriels se tournent vers les concurrents d’EDF et parient sur le marché de gros, où l’on promet des prix canon en raison de la surproduction d’électricité qui guette en Europe.

Une concurrence aussi fictive que lucrative pour une poignée d’industriels.

Cette bourse européenne d’électricité est d’une extraordinaire complexité. Elle fixe un prix au mégawattheure en confrontant l’offre et la demande, et en intégrant les prix des matières premières (gaz, charbon) et du CO2, qui constituent les principaux « coûts marginaux » de la production d’électricité. Voilà comment les fluctuations erratiques des cours mondiaux des matières premières font virevolter à leur tour les cours de l’électricité française. « Les traders peuvent y spéculer comme sur n’importe quel marché et les variations de prix sont hallucinantes, en fonction de facteurs totalement imprévisibles. On a vu une grève de dockers en Australie ou les JO de Pékin faire flamber les cours, en accroissant la concurrence sur le fret de charbon, par exemple », souffle Anne Debrégeas.

Après une courte phase d’euphorie, c’est la douche froide. Le prix du mégawattheure explose de 55 % entre 2001 et 2005, et grimpe à près du double du tarif réglementé. Un fiasco. Les industriels qui avaient souscrit des abonnements chez les fournisseurs « alternatifs » se tournent donc vers l’État et agitent la menace de délocalisations d’usines, en raison des prix prohibitifs de l’électricité. Ils sont autorisés à revenir dans le giron d’EDF et de ses tarifs régulés, moyennant une pénalité de 20 à 30 %, et c’est la puissance publique qui indemnise les concurrents d’EDF.

« Pile je gagne, face tu perds »

Au même moment, le nouveau gendarme du secteur – la Commission de régulation de l’énergie (CRE) – demande à EDF de faire des efforts pour… perdre des parts de marché. « L’objectif était que 30 % de notre portefeuille client nous quitte, de préférence ceux qui nous apportaient les taux de marge les plus faibles, se souvient Marie-Christine Nadeau, cadre chez EDF et responsable FNME-CGT. C’est à cette période que l’entreprise s’est convertie à l’idéologie managériale. On a installé une concurrence entre les services et découpé l’organisation en « business unit ». On s’est mis à commercialiser à part des services qui étaient jusqu’alors intégrés aux abonnements. »

Mais ça ne suffit pas. Les prétendants s’impatientent et attaquent EDF en 2007 devant la Commission européenne, qui tranche : les prix régulés constituent une « aide d’État ». Pour contenter Bruxelles, la France va alors imaginer un nouveau chef-d’œuvre d’absurdité économique. EDF sera contrainte d’offrir à ses concurrents un quart de sa production nucléaire à prix fixe, pour qu’ils puissent lui faire concurrence. Ce don du ciel, voté en 2010, s’appelle « l’accès régulé à l’énergie nucléaire historique » (Arenh), il vaut 42 euros du mégawattheure et doit prendre fin en 2025.

Pour EDF, la potion est doublement amère : premièrement, le législateur promet de faire évoluer le prix de l’Arenh, en négociation avec Bruxelles, pour qu’il couvre toujours ses coûts de production. Mais les blocages politiques rendent toute actualisation impossible.

Deuxièmement, les concurrents conservent la liberté de choisir entre l’Arenh et le marché de gros. « C’est le jeu du “pile je gagne, face tu perds” », ironise Philippe André, porte-parole de SUD Énergie. Autrement dit, le privé sera gagnant quel que soit le prix de l’électricité, tandis que le principal producteur, EDF, apparaît de plus en plus comme la vache à lait d’une concurrence montée de toutes pièces. « Il ne faut pas confondre la théologie et la pratique ! », grince Henri Proglio, patron d’EDF, en mai 2010 devant l’Assemblée, lors des débats sur l’introduction de l’Arenh.

Résultat : des prix en hausse et une transition énergétique qui patine.

Et, justement, les cours replongent en 2016, notamment à cause des surcapacités dues au développement des énergies renouvelables et au développement des gaz de schiste aux États-Unis, qui sème la zizanie sur les marchés des matières premières. Une aubaine pour les fournisseurs alternatifs, qui retournent se fournir sur le marché de gros. Dix ans après l’ouverture de la concurrence aux particuliers, nous allons enfin pouvoir assister à une guerre des prix et aux joies de la concurrence féroce ! Total, Leclerc, Casino ou encore CDiscount sont promis à un avenir radieux dans l’électricité.

Les fournisseurs déploient alors un marketing brutal. « Certains démarcheurs remplissent les contrats à la place des consommateurs ou profitent de la fragilité de personnes âgées. On a même vu un contrat signé par une personne mineure et un autre souscrit par une personne en vacances », s’étrangle Catherine Lefrançois-Rivière, cheffe de service auprès du médiateur national de l’énergie. Les irrégularités explosent de 65 % entre 2016 et 2019 (2) ciblant en premier lieu Engie, l’ex-GDF. C’est elle qui a été le plus lourdement condamnée à ce petit jeu, pour avoir fait souscrire des contrats en faisant croire aux clients qu’ils signaient un avis de passage, dans le cadre de campagnes de démarchage sauvage déployées dans des centres commerciaux (3).

Ce qui chagrine surtout le médiateur national de l’énergie, c’est que ces « pratiques commerciales malsaines, trop souvent malhonnêtes, risquent de jeter le discrédit sur l’ouverture à la concurrence des marchés de l’énergie, en faisant oublier les avantages qu’elle peut procurer pour les consommateurs ». Mais de quels avantages parle ce théoricien de la concurrence ? Pour les fournisseurs, l’électricité constitue une rente confortable et un marché captif, sur lequel les variations de prix n’impactent pas ou très peu la demande. Pour le consommateur, en revanche, le choix offert par la concurrence est presque toujours fictif. Les fournisseurs alternatifs produisent rarement de l’électricité. Ils ne l’acheminent pas – c’est RTE, entreprise publique qui entretient le réseau. Ils ne la distribuent pas – c’est Enedis, entreprise (encore) publique qui s’en charge. « Tous ces gens ne sont là que pour faire de l’argent sur le système », s’indigne Marie-Claire Cailletaud.

L’électricité est aussi un besoin de première nécessité que 12 millions de Français ont du mal à s’offrir. Non seulement les fournisseurs alternatifs ne rechignent pas à couper le courant en cas de retard de paiement, mais ils demandent même à pouvoir ficher les « mauvais payeurs ». Projet validé par la Cnil en 2018.

« Pour que certains jouent au Monopoly, on casse tout un service public. C’est un gâchis incroyable. »

Dans cette histoire, la coopérative dédiée aux énergies renouvelables Enercoop fait figure d’exception confirmant la règle. Si elle a pu exister grâce à la fin du monopole d’EDF, sa démarche prend à contre-pied la recherche de profit et la guerre commerciale que consacre l’ouverture à la concurrence. « On est un acteur assez paradoxal, concède Fanélie Carrey-Conte, secrétaire générale d’Enercoop, c’est l’ouverture du marché qui nous a permis d’exister, mais notre discours plaide pour plus de régulation et un lien avec le public. On considère l’énergie comme un bien commun et contrairement à la plupart des fournisseurs alternatifs, nous produisons notre propre électricité sur un modèle du circuit court. » Fondée en 2005 par un groupe d’organisations de la société civile (4) Enercoop finance des petites productions d’énergie renouvelable, essentiellement hydroélectriques, sur un modèle coopératif, à lucrativité limitée, locale et en associant les usagers aux décisions.

Vers le « tout-marché »

Le piège de « l’Arenh » ne tarde pas à se refermer. Avec un prix fixe à 42 euros, EDF ne rentre plus dans ses frais de production, mais la loi l’oblige à vendre à perte. « La puissance publique a amorti les mouvements de prix quand ils augmentaient trop, pour protéger le consommateur, mais il n’était pas possible qu’elle protège EDF lorsque les prix devenaient trop bas, du fait des règles européennes de la concurrence », résume Thomas Reverdy, sociologue à l’INP Grenoble et spécialiste du secteur électrique.

La crise de la Covid vient d’offrir un nouvel épisode de cette tragi-comédie. Depuis 2018, les tarifs de l’électricité sur le marché de gros sont redevenus prohibitifs. Les fournisseurs alternatifs s’approvisionnent donc de nouveau au tarif fixe de l’Arenh. Certains d’entre eux avaient pris leurs devants en passant commande en avance pour des périodes de plusieurs mois. Mais entre-temps, coup de théâtre, la pandémie a mis l’économie mondiale à genou et fait replonger les cours de l’électricité. Jamais à court de ressources, plusieurs fournisseurs alternatifs ont tenté de faire annuler les contrats qu’ils avaient conclus avec EDF, au nom d’une « clause de force majeure ». Le tribunal de commerce de Paris leur a donné raison le 20 mai 2020. Plusieurs fournisseurs se sortent donc de la crise du Coronavirus à bon compte, parmi lesquels figurent Total Direct Energie ou le groupe Gazel, propriété d’un certain Daniel Kretinsky, homme d’affaires tchèque qui a racheté en 2018 une partie du groupe de presse Le Monde.

Pour sortir de cette situation ubuesque, le gendarme du secteur compte remplacer l’Arenh par un « corridor » de prix : les cotations du marché de gros s’appliqueront uniquement si elles sont au-dessus d’un prix plancher et en dessous d’un prix plafond… « Comme le marché ne fonctionne pas et ne permet pas au producteur de couvrir ses coûts, on continue d’inventer des mécanismes pour compenser ses lacunes », souffle Anne Debrégeas. Côté consommateurs, depuis 2014, les tarifs réglementés glissent progressivement vers ceux du marché, pour préparer le basculement vers le « tout-marché » : +5,9 % en juin 2019, +1,23 % en août 2019, +2,4 % en février 2020, +1,55 % en août 2020…

Le projet Hercule, dont la négociation doit aboutir avant la fin de l’année entre le gouvernement français et la Commission européenne, parachève cette conversion du secteur à la logique financière et la dislocation d’EDF. Les activités hautement sensibles et financièrement fragiles (le nucléaire, l’hydroélectricité) seront logées, probablement avec la dette d’EDF, dans un pôle qui restera public. « Hercule est un moyen d’isoler le nucléaire pour le protéger des fluctuations des prix du marché, tout en accédant aux demandes de la Commission sur la libéralisation du reste du marché électrique », résume Thomas Reverdy. Tout le reste – Enedis, la devanture commerciale et le tiroir-caisse d’EDF, et sa filiale Dalkia, spécialisée dans les énergies vertes – sera placé dans un pôle prêt à être privatisé et coté en Bourse. Les pertes pour la collectivité, les profits pour le secteur privé.

« Il faut développer de vraies filières, pas des bulles spéculatives avec des tarifs extrêmement généreux qui devront être payés par l’usager ou l’État. Il n’y a jamais de vision industrielle. La technocratie n’a qu’une vision financière »

La Commission européenne réclame qu’une digue hermétique soit dressée entre les activités : EDF n’aurait pas le droit d’échanger des informations entre ses filiales et ne pourrait plus mutualiser ses finances. « Pour que certains jouent au Monopoly, on casse tout un service public, soupire Marie-Christine Nadeau. C’est un gâchis incroyable. On va tout casser et, dans vingt ans, nous serons obligés de tout reconstruire. »

Le développement des énergies renouvelables sera donc confié au marché. La rentabilité continuera de dicter les investissements nécessaires à la transition énergétique, malgré le retard accumulé et le gaspillage d’argent public que ce système a engendré. Les investissements ne sont en effet rentables que grâce à des prix d’achat d’électricité garantis, très élevés, qui alimentent des niches privées.

« Il faut développer de vraies filières, pas des bulles spéculatives avec des tarifs extrêmement généreux qui devront être payés par l’usager ou l’État. Il n’y a jamais de vision industrielle. La technocratie n’a qu’une vision financière », se désole Marie-Claire Cailletaud. Dans un système où chacun se bat pour tirer un maximum de bénéfices, personne n’aura par ailleurs intérêt à prêcher la sobriété, principal levier de la lutte contre le changement climatique.

« La crainte que nous avons, c’est que la réforme d’EDF soit réfléchie sans nous donner les moyens de préparer la transition, déplore Fanélie Carrey-Conte, secrétaire générale d’Enercoop. Nous avons besoin d’une vision qu’EDF n’a pas : le coût du grand carénage plane au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès, quelle est la trajectoire de fermeture des centrales ? Quelle est sa stratégie de reconversion des emplois ? Que fait-on des déchets ? Ce sont des enjeux fondamentaux qui ne sont ni traités, ni discutés. »

Les barrages, trésor convoité

Les choses sont plus complexes (et moins moroses) concernant la principale et plus ancienne source d’énergie renouvelable, l’hydroélectricité. La France négocie depuis 2010 avec Bruxelles, qui tente de lui imposer la mise en concurrence des concessions hydroélectriques. Jusqu’à présent, EDF est maintenue en place pour la gestion des barrages, outils hautement stratégiques pour l’équilibre du réseau électrique (EDF turbine pour passer les pic de consommation), la sûreté des barrages et des centrales nucléaires en aval, les activités touristiques, les risques induits sur l’environnement et les finances publiques. Mais la Commission européenne rêve d’offrir au privé cet énorme trésor industriel, dont les coûts de constructions sont amortis depuis des décennies, qui dégage un bénéfice net de 1,25 milliard d’euros par an. En 2015 puis en 2019, la Commission européenne a mis en demeure la France de mettre en concurrence les concessions arrivant à échéance. Les gouvernements successifs se plient à sa volonté : Ségolène Royal, ministre socialiste de l’Environnement, valide en 2015 le principe d’une ouverture à la concurrence et Nicolas Hulot propose en 2018 d’empêcher EDF de conserver la totalité de ses concessions à l’occasion des remises en concurrence… La pression s’accroît sur EDF, alors que 16 concessions représentant 2,5 GW seront échues fin 2020.

La mobilisation des agents EDF et la constitution de comités locaux ont permis de mettre en lumière les risques d’un tel dessein. « Hormis l’aspect idéologique et la philosophie libérale dogmatique, si la concurrence a pour objectif de faire rentrer des Américains, des Canadiens et des Chinois en Europe, comme c’est le plus probable, nous avons perdu », souligne Jean-François Astolfi, ancien patron d’EDF Hydro.

Une issue favorable serait à l’étude, selon les premiers éléments connus du projet Hercule. Le plan viserait à transformer le statut juridique de la branche hydroélectrique d’EDF pour en faire une quasi régie et l’extraire des règles européennes de la concurrence. Les défenseurs du modèle public attendent de juger sur pièces. Ils soulignent également que 20 % de la production est aujourd’hui gérée par d’autres entreprises qu’EDF. La Compagnie nationale du Rhône, propriété d’Engie et de la Caisse des dépôts et gestionnaire des installations de la vallée du Rhône (14 % de la production), a donc la désagréable impression d’être le cocu de l’histoire, si ses statuts devaient l’obliger à subir une mise en concurrence alors qu’EDF y échapperait.

En attendant, l’incertitude a gelé les investissements, alors qu’un potentiel de quasi-doublement de la capacité hydroélectrique a été identifié par EDF. Les projets sont restés dans les cartons, car les investissements sont lourds et il faut attendre 40 à 50 ans pour les amortir.

(1) Rapport accompagnant le projet de loi « relatif à la modernisation et au développement du service public de l’électricité ».

(2) Médiateur national de l’énergie, rapport annuel 2019.

(3) Une amende de 900 000 euros lui a été infligée en 2019 par le DGCCRF

(4) Greenpeace, Biocoop, Hespul, le Cler, les Amis de la Terre et la Nef

Par Erwan Manac’h, publié le 25 novembre 2020

https://www.politis.fr/articles/2020/11/la-calamiteuse-histoire-dedf-et-de-sa-concurrence-42553/

BIDEN ÉLU, NOUVEL ESPOIR POUR L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN ?

Les ministres des Affaires Étrangères britannique, français et allemand se sont réunis en début de semaine afin de discuter de la stratégie à adopter, dans l’espoir que les US réintègrent l’accord.

Un accord international d’ambition pacifique

Signé en 2015, entre les États-Unis, l’Iran, la France, l’Allemagne, la Chine, le Royaume-Uni et la Russie, il avait pour objectif de stabiliser la situation nucléaire au Moyen-Orient. Depuis les premières discussions quant au projet de ce texte, le Royaume-Uni à travers Theresa May et le Ministre des Affaires Étrangères et du Commonwealth, Alistair Burt, n’ont cessé de rappeler la nécessité de ce projet.

En effet, l’Iran s’engageait à ralentir son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions américaines et européennes qui pesaient sur le régime autoritaire depuis plusieurs décennies. Celles-ci avaient été décrétées en raison du soutien apporté par l’Iran auprès de plusieurs organisations terroristes.

Le retrait des États-Unis en 2018

Le 8 mai 2018, Donald Trump annonçait le retrait des États-Unis de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Le gouvernement américain estimait que l’accord était trop laxiste, ayant permis à l’Iran de violer plusieurs fois les différents alinéas du texte.

En conséquence, les États-Unis avaient réimposé des sanctions internationales, telles que l’interdiction d’utiliser la monnaie américaine pour commercer avec l’Iran ou le décret d’un embargo sur plusieurs secteurs économiques.

Sommet berlinois entre le E3

Cette expression désigne le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, trois partenaires européens majeurs dans les négociations avec l’Iran. Dominic Raab, Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas se sont donc réunis à Berlin, suite à l’élection de Biden au poste de Président des États-Unis début novembre, qui avait été célébrée par les trois pays, avec toutefois un peu plus de réserve pour Raab. En effet, la consécration du démocrate laisse entrevoir la possibilité que les États-Unis puissent réintégrer l’Accord de Vienne et lever dans le même temps leurs sanctions contre l’Iran, auxquelles le pays a répondu en violant plusieurs fois l’accord depuis 2018. Il est essentiel de retrouver une certaine stabilité en Iran, alors que des guerres ravagent plusieurs pays voisins, comme en Lybie, en Syrie ou au Yémen.

Ce ne sera pas simple. Le Ministre des Affaires Étrangères iranien Javad Zarif a en effet rappelé que l’Iran souhaiterait obtenir certaines garanties avant de laisser les États-Unis réintégrer l’accord. De plus, les élections présidentielles iraniennes ne sauraient tarder. En juin 2021, les conservateurs risquent de réaliser un bon score d’après Wendy Sherman, directrice américaine des négociations avec l’Iran de 2011 à 2015, ce qui rendra les discussions internationales d’autant plus compliquées.

Par Pauline Berger, publié le 25/11/2020 à 14h43, mis à jour le 25/11/2020 à 16h18

Photo : dan meyers – unsplash

https://lepetitjournal.com/londres/biden-elu-nouvel-espoir-pour-laccord-sur-le-nucleaire-iranien-293159

TAHITI NUCLÉAIRE, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF CONDAMNE L’ÉTAT À INDEMNISER LA FAMILLE D’UN ANCIEN TRAVAILLEUR DÉCÉDÉ

La loi ne prévoit pas d’indemnisation automatique des ayant-droits des victimes du nucléaire. Le tribunal administratif de Papeete vient pourtant de reconnaître implicitement ce droit en condamnant l’État à indemniser la famille d’un ancien travailleur.

Le Tribunal administratif examinait ce matin le sort d’un ancien plongeur sous-marin lors des essais nucléaires, décédé en Octobre  2019.

Son épouse Lily Bourdelon avait porté l’affaire devant les tribunaux. Ce matin le tribunal administratif a condamné l’état à verser à la victime et ses ayants droits la somme d’un montant de plus de 5 500 euros et un préjudice de plus de 1500 euros.

Une grand victoire pour l’avocat de la famille Me Philippe Neuffer car la loi ne prévoit pas d’indemnisation automatique des ayants-droits lorsque la victime est décédée.

Par DC, publié le 24 novembre 2020 à 15h34, mis à jour le 24 novembre 2020 à 15h38

Pour écouter Me Phillipe Neuffer interrogé par Belinda Tumatariri, (1mn13s), cliquer sur : https://la1ère.francetvinfo.fr/polynesie/tahiti/nuclèaire-le-tribunal-administratif-condamne-l-état-à-indemniser-la-famille-d-un-ancien-travailleur-décédé-896332.html

NDLR : 5 500 + 1 500 = 7 000 €, pas chère la vie d’un être humain !

NUCLÉAIRE: L’IRAN COMPTE CONSTRUIRE UN NOUVEAU RÉACTEUR À EAU LOURDE

L’Organisation iranienne de l’énergie atomique a quatre mois pour concevoir un nouveau réacteur à eau lourde.

Le Parlement iranien a adopté mardi un projet de loi qui va permettre à l’agence atomique du pays de construire un nouveau réacteur à eau lourde et d’exploiter une usine de production d’uranium métal, ont rapporté les médias d’État.

Pour Téhéran, ce texte de loi a pour but, une nouvelle fois, d’aller à l’encontre des sanctions internationales imposées contre son programme nucléaire.

Ainsi, le projet de loi a été officiellement nommé « Actions stratégiques afin de lever les sanctions internationales« , selon le porte-parole de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement, Abolfazl Amouei.

Selon ce responsable, l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a désormais quatre mois pour concevoir un nouveau réacteur à eau lourde d’une puissance de 40 mégawatts dans la centrale d’Arak, située dans le centre du pays.

Ce développement intervient alors que les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la France se sont réunis lundi à Berlin pour discuter de l’état de l’accord nucléaire conclu avec la République islamique en 2015. 

Avant la réunion, une porte-parole du chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, avait déclaré à Reuters que Téhéran avait « systématiquement » violé l’accord.

Par i24NEWS, publié le 25 novembre 2020 à 09h43, dernière modification le 25 novembre 2020 à 16h13

Photo en titre : HO / Atomic Energy Organization of Iran / AFPIllustration – Un réacteur à eau lourde dans la centrale d’Arak, le 23 décembre 2019.

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/1606293012-nucleaire-l-iran-compte-construire-un-nouveau-reacteur-a-eau-lourde

UN APPEL À LA GRÈVE CE JEUDI À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHINON

Les quatre organisations syndicales de la centrale nucléaire de Chinon relaient l’appel à la grève nationale contre le projet Hercule d’EDF.

Ce jeudi 26 novembre, 24 heures de grève sont ainsi prévues, « avec une baisse de la production et un CNPE à l’arrêt », annoncent-elles. Seules seraient maintenues les activités réglementaires de sûreté et sécurité. « Nous appelons les agents EDF à fortement se mobiliser par la grève car ce projet Hercule fera, à moyen terme, exploser les factures d’électricité encore parmi les moins chères d’Europe actuellement, et, à long terme, remettra en cause l’indépendance électrique de la France et mettrait fin à l’existence d’EDF, argumentent-elles. Devons-nous attendre sa mise en place et une crise électrique pour constater, comme la crise sanitaire a démontré l’état de déliquescence des services publics de santé, que ce projet Hercule est néfaste ? »

Par Malo RICHARD , Journaliste, publié le 25/11/2020 à 06h25

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/avoine/un-appel-a-la-greve-ce-jeudi-a-la-centrale-nucleaire-de-chinon

EDF : LES MOTEURS DE SECOURS DES CENTRALES NUCLÉAIRES SONT-ILS VRAIMENT SÛRS ?

Des documents obtenus par Capital laissent planer le doute sur la fiabilité des équipements de sécurité imposés à EDF après l’accident de Fukushima.

EXCLU CAPITAL

Décidément, EDF a de sérieux problèmes avec ses centrales nucléaires… Très éprouvé par les déboires de la construction de l’EPR de Flamanville (dix ans de retard sur le calendrier initial et triplement du coût prévu…), le deuxième producteur mondial d’électricité connaît aussi de gros ratés avec son programme de «diesels d’ultime secours» (DUS). Pour rappel, à la suite de la catastrophe de Fukushima, causée en mars 2011 par la défaillance des groupes électrogènes alimentant la centrale japonaise, l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) avait en 2012 imposé à EDF d’installer, sur chacun de ses sites nucléaires, deux moteurs de secours autonomes. Capables de résister à des inondations et à des aléas extrêmes de températures, ils devaient être abrités dans des bâtiments bunkerisés et dotés d’une réserve de 120.000 litres de carburant pour faire face à une éventuelle coupure d’électricité.

À lire aussi : Sécurité nucléaire : le rapport confidentiel qui met en cause les choix d’EDF

La mise en place de ces DUS devait avoir lieu avant le 31 décembre 2018. Mais les deux consortiums retenus après appel d’offres, le groupement des américains Westinghouse et Fairbanks Morse Engine, et celui associant le français Clemessy (groupe Eiffage) et le belge ABC (Anglo Belgian Corporation), ne sont pas parvenus à tenir ce timing. Bon prince, l’ASN leur a alors accordé un délai, fixé au 31 décembre 2020.

Ce nouveau délai était visiblement encore trop court ! Le 2 juin, EDF a demandé un nouveau report de l’échéance au gendarme du nucléaire. Toujours étonnamment compréhensive, l’ASN a accepté de repousser jusqu’au 28 février l’achèvement de la mise en service du parc de DUS. Fin de l’histoire ? Peut-être pas : selon nos informations, l’électricien a constaté récemment de nouvelles défaillances très inquiétantes sur ces équipements de secours. C’est ce que révèle un courrier que Capital s’est procuré, adressé par la division de l’ingénierie d’EDF à Westinghouse France. L’auteur y indique : « Nous continuons à subir de nombreuses avaries. En particulier, lors de plusieurs démarrages moteurs, des départs de feu sont survenus au niveau du collecteur d’échappement des machines. (…) Le risque d’incendie n’ayant pas été écarté après 6 départs de feu, nous avons été contraints, le 12 juin 2020, de demander aux exploitants de ne plus démarrer les moteurs et de déclarer indisponibles les DUS Nogent 1, Nogent 2, Cattenom 2, Cattenom 3, Golfech 1 et Golfech 2. » Rien que cela…

Un extrait de la lettre envoyée par EDF à Westinghouse Capital

Interrogés par Capital, EDF, l’ASN et Westinghouse (le fournisseur des DUS) répondent en cœur que tout va bien (lire leur réponse en fin d’article*), que ces incidents ont été résolus. Une source interne à Westinghouse assure pourtant à Capital que le souci n’est toujours pas définitivement réglé, qu’il le sera d’ici le printemps. Et les multiples demandes de reports d’échéances EDF incitent à la méfiance.

S’il y a un spécialiste qui n’a pas été surpris par ces fâcheux contretemps, c’est l’ingénieur en génie atomique Yves-Marie Le Marchand. Expert près de la Cour d’Appel de Paris, il a dès le début contesté les choix d’EDF lors de son appel d’offres de 2013 pour la construction des DUS, comme l’avait raconté Capital en 2014. Selon lui, le consortium formé par Man Diesel (filiale du groupe allemand Man) et Alstom, était de loin le plus compétent. Les deux autres étaient un peu moins chers, mais ils présentaient plus de risques. Anglo Belgian fabrique surtout des moteurs de bateaux, et l’Américain Westinghouse, fondé en 1886, connaît depuis des années de grosses difficultés. Lourdement endetté, il a été racheté en 2006 par le japonais Toshiba, qui a jeté l’éponge en 2017 et placé la firme américaine en faillite, avant de la revendre à un fond d’investissement. Coïncidence : l’ingénieur au Corps des Mines Patrick Fragman, qui était membre du conseil d’administration de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) lorsqu’il a eu à donner son avis sur le choix des constructeurs des DUS, est aujourd’hui PDG du groupe Westinghouse à Pittsburgh.

Autre problème : certains critères de sécurité initialement définis par l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) et l’IRSN ont fini par être abandonnés, devant l’incapacité des constructeurs à les atteindre. Ainsi, selon le CCTP (Cahier des clauses techniques particulières) présenté par EDF lors de son appel d’offres, les DUS devaient pouvoir fonctionner sous des températures extrêmes de l’air extérieur, allant de – 35° à + 46°. Or selon l’ingénieur Le Marchand, qui a pu inspecter les moteurs fournis par Fairbanks Morse Engine, ceux-ci ne sont pas prévus pour fonctionner en dessous de – 15 °.

L’explication ? Fairbanks travaille aux États-Unis sous licence Man. En le choisissant comme partenaire pour répondre à l’appel d’offres d’EDF, l’électricien Westinghouse pensait donc pouvoir utiliser cette même technologie. Mais voilà : Man France, qui était lui aussi candidat à l’appel d’offres d’EDF aux côtés d’Alstom, a obtenu de sa maison mère allemande qu’elle refuse à Fairbanks d’étendre sa licence américaine à la France. Résultat : les moteurs livrés à EDF sont des OP38, un vieux moteur Fairbanks qui n’était plus fabriqué depuis 1970, car jugé trop polluant par les autorités américaines. Pourtant, EDF n’a pas hésité à le faire valider par l’IRSN. Le 31 mars 2020, l’institut de radioprotection a ainsi accepté de réhausser sa température minimale de «grand froid» de -35° à -15°.

EDF fait un chèque à Westinghouse

Devant ces aléas techniques et les retards de mise en service, EDF aurait pu logiquement réclamer de lourdes pénalités financières aux constructeurs, comme prévu par l’appel d’offres européen. Dans un premier temps, l’électricien public avait d’ailleurs chiffré la somme due par le groupement Westinghouse-Fairbanks à un peu plus de 74 millions d’euros. Mais par un véritable tour de passe-passe, un protocole transactionnel de 11 pages (dont Capital.fr a pu prendre connaissance) a été signé le 20 décembre 2019 entre le polytechnicien Jean-Bernard Lévy, patron d’EDF, et le polytechnicien Tarik Choho, président de Westinghouse France. Ce dernier a dû se frotter les mains… En effet, oubliant les pénalités de retard réclamées, EDF s’est engagée à verser à Westinghouse, en guise de cadeau pour l’aider à surmonter ses propres difficultés financières, une «somme transactionnelle» d’un montant de 47,5 millions d’euros pour solde de tout compte. Pour ce prix-là, le PdG d’EDF aurait peut-être pu exiger que les groupes électrogènes de secours fournis ne prennent pas feu aux premiers essais…

Les réponses d’EDF, de l’ASN et de Westinghouse

*Sollicité par Capital sur les incidents survenus sur 6 DUS, EDF nous a répondu ainsi : « À date, 52 des 56 DUS construits sont mis en exploitation et fonctionnent correctement. Les quatre DUS restant seront mis en exploitation conformément au calendrier prescrit par l’Autorité de sûreté nucléaire. Tous les matériels en exploitation (52 DUS) ont passé des essais d’endurance et ont été qualifiés. Ils sont conformes et sûrs.”

L’Autorité de sûreté nucléaire indique de son côté avoir été “informée de ces événements”. Et d’ajouter : “L’ASN a veillé à ce que les causes en soient déterminées et à ce que des mesures correctives soient mises en œuvre, ce qui a été fait.”

Enfin Westinghouse se veut aussi rassurant : “La situation observée lors de certains essais a fait l’objet d’une analyse de causes et a été corrigée. Elle est aujourd’hui sous contrôle. Aucun départ de feu n’a été constaté depuis cet été.”

Par Olivier Drouin, publié le 24/11/2020 à 17h40, mis à jour le 24/11/2020 à 21h41

Pour voir la vidéo (1mn18s), cliquer sur : https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-les-moteurs-de-secours-des-centrales-nucleaires-sont-ils-vraiment-surs-1386772

NUCLÉAIRE EN TCHÉQUIE: VERS UN REPORT DE L’APPEL D’OFFRES POUR LA CENTRALE DE DUKOVANY

Le projet de renforcement des capacités de la centrale de nucléaire de Dukovany pourrait être reporté, selon le chef du gouvernement tchèque.

« Je suis d’avis qu’un appel d’offres aussi important ne devrait pas être décidé par le gouvernement à dix mois des élections législatives » : cité par iRozhlas.cz, le texto du Premier ministre tchèque Andrej Babiš concernant la construction d’un nouveau réacteur à la centrale de Dukovany semble indiquer clairement que l’un des plus importants contrats internationaux pour le pays ne sera pas signer de sitôt.

« L’appel d’offres n’est pas prêt, il y a des consultations avec la Commission européenne, qui doit tout approuver, ce qui est une priorité à laquelle travaille le ministère de l’Industrie et du Commerce, et cette approbation va durer un an et demi », a ajouté le chef du gouvernement.

Cette annonce intervient quelques heures après que le chef de la diplomatie Tomáš Petříček a estimé dans un entretien accordé à la radio publique que le gouvernement devrait écouter les mises en garde des services de renseignement quant au choix du fournisseur d’un nouveau réacteur atomique pour le compte du groupe tchèque ČEZ.

Le ministre a rappelé que cet investissement serait un des plus importants dans l’histoire du pays, et qu’il était également crucial en termes de sécurité énergétique et de sécurité. Selon lui, le choix d’un fournisseur russe ou chinois accroîtrait la dépendance de la Tchéquie vis-à-vis de ces pays.

La presse tchèque a par ailleurs informé du fait que le Premier ministre Andrej Babiš et le ministre de l’Industrie et du Commerce Karel Havlíček ont rencontré vendredi à Prague Jean-Bernard Lévy, le PDG du groupe Électricité de France (EDF), lui aussi intéressé par cet appel d’offres nucléaire.

Parmi les autres sociétés sur les rangs figurent l’entreprise d’État russe Rosatom, China General Nucelar Power, la société coréenne KHNP ou encore les Américains de Westinghouse. Plusieurs milliards d’euros sont en jeu.

Un autre appel d’offres lancé début 2009 pour un nouveau réacteur nucléaire également lancé par ČEZ – dans l’autre centrale du pays, à Temelín – avait fait l’objet de très longues tractations pendant plus de cinq ans, avant d’être finalement annulé en avril 2014.

Par Alexis Rosenzweig, publié le 24 novembre 2020

Photo en titre : La centrale nucléaire de Dukovany, photo: Jiří Sedláček, CC BY-SA 4.0

https://francais.radio.cz/nucleaire-vers-un-report-de-lappel-doffres-pour-la-centrale-de-dukovany-8701022

CE YOUTUBEUR EXPLORE UN BUNKER NUCLÉAIRE DÉSAFFECTÉ ET Y FAIT UNE DÉCOUVERTE GLAÇANTE

Le Youtubeur Drew Scanlon s’est infiltré dans un vieux bunker nucléaire désaffecté, et voilà ce qu’il y a découvert…

Plus connu pour être le bonhomme derrière le même ‘white man blinking‘, le Youtubeur Drew Scanlon est aussi un explorateur sans peur… C’est dans un bunker nucléaire ukrainien situé dans la ville de Pervomaysk (à 300 km au sud de Kiev) que le jeune homme a décidé de partir à l’aventure.

Un bouton pour… détruire le monde !

Et ses premières découvertes ont de quoi surprendre : le lieu est encore équipé de grands stocks de nourriture, de fournitures médicales en tout genre et d’eau. De quoi survivre pendant 45 jours après une hypothétique attaque nucléaire.

Et l’arsenal de guerre encore présent dans les couloirs du bunker a de quoi impressionner. Mais ce n’est pas le pire : après quelques minutes d’exploration, Drew se retrouve tout simplement… face à la console de lancement d’un silo à missiles nucléaires ! De quoi complètement détruire une zone gigantesque, tout en étant en sécurité à l’intérieur de ce bunker.

Un protocole très particulier et plutôt rassurant

Et il a même découvert le bouton permettant de lancer les missiles en question. Et ce dernier ressemble à s’y méprendre aux autres boutons présents sur la console, bien loin des fantasmes hollywoodiens qui voudraient que ce bouton nucléaire soit gros, rouge et accompagné d’un avertissement.

À noter que la console a besoin de deux clés séparées pour valider le lancement, et de codes qui sont transmis aux soldats présents sur site par le Kremlin. Quand même. Une découverte exceptionnelle qui a rapidement fait le tour du web, et qui a probablement attiré l’attention du Kremlin.

Par Anthony Detrier, publié le 23 novembre 2020 à 16h44

https://www.gentside.com/insolite/exploration-ce-youtubeur-infiltre-un-bunker-nucleaire-desaffecte-et-y-fait-une-decouverte-glacante_art80741.html

LES ÉTATS-UNIS ONT TESTÉ LE LARGAGE DE LA FUTURE BOMBE NUCLÉAIRE B61-12

Les États-Unis ont mené à bien cet été des tests de compatibilité de leur future bombe nucléaire, la B61-12 – appelée à devenir la plus commune dans l’arsenal atomique américain – avec le chasseur-bombardier F-35A, dans la perspective d’une mise en production en 2022, annoncé le laboratoire national Sandia, responsable de son développement.

Plusieurs largages de bombes de ce type, inertes, ont eu lieu « avec succès » dans l’enceinte du terrain d’essai de Tonopah, situé dans le désert du Nevada (sud-ouest des États-Unis), dont l’un, le 25 août, à vitesse supersonique.

« La B61-12 inerte a frappé le sol du désert dans la zone désignée de la cible environ 42 secondes plus tard« , a indiqué Sandia dans un communiqué publié lundi.

« Nous avons exécuté avec succès ce premier test en vol, historique, avec un F-35A, sur le Tonopah Test Range (TTR) dans les critères de livraison spécifiés« , a expliqué un responsable de ce champ d’expérimentation, Brian Adkins, cité par le communiqué.

Le F-35A, dit Lightning II, emporte son armement en soute – contrairement à d’autres chasseurs-bombardiers -, ce qui contribue notamment à sa furtivité.

Des tests similaires ont déjà été menés par l’US Air Force et d’autres instances liées au Pentagone avec un F-15E Strike Eagle en mars et avec un bombardier furtif B-2 Spirit en juillet.

Par Belga, publié le 24 novembre 2020

Photo en titre : Les États-Unis ont testé le largage de la future bombe nucléaire B61-12 – © ROB ENGELAAR – AFP

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_les-etats-unis-ont-teste-le-largage-de-la-future-bombe-nucleaire-b61-12?id=10638902

ÉNERGIES RENOUVELABLES EN MER : QUELLE STRATÉGIE DE L’UE ?

Diverses technologies permettent de produire des énergies renouvelables en mer. Avec un espace maritime très vaste, l’Union européenne dispose d’un potentiel prometteur. Des investissements de 800 milliards d’euros sont néanmoins nécessaires pour devenir climatiquement neutre d’ici à 2050.

C’est à partir d’installations terrestres que l’Union européenne produit, à l’heure actuelle, la majeure partie des énergies renouvelables. La Commission européenne a présenté, le 19 novembre 2020, la stratégie de l’UE sur les énergies renouvelables(nouvelle fenêtre) en mer.(nouvelle fenêtre) Son objectif est de porter la capacité européenne de production éolienne en mer de 12 GW actuellement à au moins 60 GW d’ici à 2030 et à 300 GW d’ici à 2050.

Sur la même période, la Commission entend compléter cette augmentation de capacité par 40 GW provenant de l’énergie océanique et d’autres technologies émergentes (énergies éoliennes et solaires flottantes…).

Typologie des technologies

25% de l’électricité européenne pourrait provenir de la mer en 2050. Un effort important qui représente l’équivalent de cinq fois le parc nucléaire français tout en contribuant à l’objectif de neutralité carbone fixé à 2050.

Le terme « technologies liées aux énergies renouvelables en mer » englobe un certain nombre de technologies énergétiques propres qui se trouvent à différents stades de développement :

  • l’éolien fixe qui a un rendement supérieur à celui des éoliennes terrestres (l’UE est numéro un mondial dans la fabrication et l’utilisation de cette technologie en mer) ;
  • l’éolien flottant, plus flexible, pour s’adapter à la direction du vent et aux différents bassins maritimes de l’UE (il s’agit d’une technologie nouvelle, le premier parc ayant été inauguré au large de l’Écosse en 2017 et le second au Portugal en 2019) ;
  • les technologies en courant continu tels les convertisseurs et systèmes en courant continu à haute tension qui peuvent transmettre d’énormes quantités d’énergies renouvelables en mer vers le continent ;
  • l’énergie houlomotrice consistant à exploiter l’énergie produite par les vagues sur lesquelles oscillent des flotteurs ;
  • l’énergie marémotrice qui transforme le mouvement des marées en électricité, en exploitant leurs courants pour entraîner des turbines sous-marines ;
  • l’énergie solaire flottante, encore à ses débuts, où les panneaux photovoltaïques en mer offrent la possibilité de tirer le meilleur parti de la lumière du soleil ;
  • les algues comme source de biocarburants (cette technologie n’en est encore qu’au premier stade de son développement).

La stratégie européenne a par ailleurs comme objectif d’aborder la totalité de la chaîne de l’éolien en mer, y compris le processus de fabrication des éoliennes et le développement des infrastructures portuaires.

Un espace maritime européen très vaste

L’UE dispose du plus grand espace maritime au monde. Elle se trouve dans une position unique pour développer les énergies renouvelables en mer grâce à la diversité et à la complémentarité de ses bassins maritimes.

La mer du Nord,  la mer Baltique, les eaux de l’Océan atlantique situées dans l’UE, la mer Méditerranée, la mer Noire, les îles de l’UE ainsi que les nombreuses régions ultrapériphériques européennes et pays et territoires d’outre-mer, possèdent des potentiels naturels élevés pour accueillir ces différentes technologies renouvelables.

Selon cette stratégie européenne, les pays de l’UE mettront ainsi à disposition 3% de l’espace maritime disponible.

Par  La Rédaction, publié le 23 novembre 2020 à 15h16

https://www.vie-publique.fr/en-bref/277291-la-strategie-europeenne-pour-leolien-offshore-et-lenergie-marine

NDLR : La France est plus qu’à la traîne dans l’ensemble de ces domaines de production d’énergie renouvelable. Nos concurrents ont choisi des énergies d’avenir (renouvelables) et la France, une énergie du passé (le nucléaire). Cherchez l’erreur !

RE 2020 : LA CRAINTE DU « RETOUR DU CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE OBLIGATOIRE »

Le patron du réseau de transport de gaz GRTGaz craint le retour en force du chauffage électrique dans les bâtiments neufs, alors que le gouvernement s’apprête à dévoiler ses arbitrages dans ce domaine.

Thierry Trouvé, directeur général de GRTgaz, a dit redouter « le retour du chauffage électrique obligatoire pour tous« . Le gouvernement doit présenter les principales orientations de la nouvelle réglementation environnementale pour les bâtiments neufs, dite « RE2020« .

Cette future réglementation, qui a pris du retard, oppose notamment les tenants du chauffage à gaz et électrique. « Les pompes à chaleur électriques sont des solutions intéressantes » mais, « derrière le cortège des pompes à chaleur, on trouve aussi des radiateurs électriques et, en fonction de la fixation d’un certain nombre de coefficients, on risque d’avoir le retour du radiateur électrique« , a souligné M. Trouvé.

La crainte d’un système électrique toujours plus fragile

« La crainte, c’est que dans les prochains hivers on ait une pointe (de consommation) dont la taille aura augmenté et un système électrique toujours plus fragile du fait du développement des renouvelables, de la fermeture d’un certain nombre de tranches nucléaires, de leur vieillissement« , a-t-il poursuivi.

« Il suffit qu’il y ait une crise d’une nature ou d’une autre et, tout d’un coup, le système électrique et donc le système énergétique devient très fragile« , a-t-il insisté.

Il faisait ainsi allusion aux récentes mises en garde du gestionnaire du réseau électrique RTE: la France pourrait connaître des difficultés d’approvisionnement électrique en cas de vague de froid au mois de février, la crise sanitaire ayant perturbé la maintenance des réacteurs nucléaires.

Par Batirama.com, publié le 23 /11/2020

https://www.batirama.com/article/36466-re-2020-la-crainte-du-retour-du-chauffage-electrique-obligatoire.html

NDLR: il faut bien justifier nos futurs EPR par une « non diminution » de notre consommation électrique!

Le gouvernement se fait tancer sur l’isolation thermique des vieux bâtiments… il répond alors en interdisant le gaz dans la construction neuve ?!? Ignorerait-il l’existence du biogaz dont il vient lui-même d’estimer le potentiel à 56 GWh (*) ?Toujours selon la même étude gouvernementale, plus de la moitié de biogaz a été injecté dans le réseau de gaz naturel en 2016.

A contrario, le gouvernement français autorise la mise en service de pompes à chaleur dont le liquide réfrigérant détruit la couche d’ozone et contribue à l’effet de serre : cela sans doute sur la base d’études comme celle produite en Grande Bretagne (**) dont les résultats de la modélisation « suggèrent qu’il est bénéfique (en termes d’émissions nettes de CO2) d’encourager la poursuite du déploiement des pompes à chaleur au Royaume-Uni »

Extrait p 79 sur les fuites de réfrigérants en Angleterre et 81, graphique du dessous, sur le seul équivalent CO²

L’USINE FRAMATOME DU CREUSOT LANCE LA PRODUCTION DE COMPOSANTS DE REMPLACEMENT POUR LE PARC NUCLÉAIRE FRANÇAIS

(Boursier.com) — Fin octobre, l’usine Framatome du Creusot a franchi une nouvelle étape dans la montée en puissance de ses productions en lançant la fabrication de pièces de remplacement pour le parc nucléaire français.

Le 28 octobre, l’usine du Creusot a démarré les opérations de forgeage sur une première virole destinée à la fabrication d’une série de générateurs de vapeur de remplacement pour le parc nucléaire français. Pour réaliser ces opérations, les équipes de Framatome ont produit un dossier de qualification technique soumis et validé par l’Autorité de sûreté nucléaire française pour un ensemble de 16 viroles. Cette qualification technique s’appuie sur les exigences de la règlementation pour les équipements sous pression nucléaires- dite ESPN. Elle intègre les optimisations réalisées dans l’usine par Framatome sur le processus de fabrication de ces composants ainsi que sur les équipements utilisés.

En plus de la maîtrise renforcée des procédés, l’Autorité de sûreté nucléaire a acté des améliorations apportées au système de management de la qualité de l’usine ainsi qu’à l’organisation et à l’ancrage de la culture de sûreté auprès des équipes.

Depuis 2016, l’usine s’est engagée dans la définition et la mise en œuvre d’un vaste plan d’amélioration. Mi-2017, ce plan avait permis la montée en puissance des productions pour le projet de construction de deux réacteurs EPR au Royaume-Uni, à Hinkley Point C.

Pour accompagner cette croissance, sur la période 2018-2020, l’usine a recruté plus de cent personnes et a investi 23 millions d’euros dans son outil industriel.

« Cette nouvelle étape est permise grâce à l’engagement de tous les salariés dans les actions d’amélioration de l’usine« , a déclaré Jean-Bernard Ville, directeur de la BU Projets et Composants. « Notre ambition chez Framatome est de faire de notre usine du Creusot la référence mondiale pour l’industrie nucléaire et le secteur de la défense. »

En 2020, l’usine du Creusot est le fer de lance du programme de standardisation et d’industrialisation des fabrications de Framatome, un programme appelé Juliette, et a renouvelé son engagement dans la démarche d’excellence industrielle.

Par Claude Leguilloux, publié le 23/11/2020 à 07h05

Photo en titre : L’usine Framatome du Creusot lance la production de composants de remplacement pour le parc nucléaire français. Crédit photo © Reuters

https://www.boursier.com/actualites/news/l-usine-framatome-du-creusot-lance-la-production-de-composants-de-remplacement-pour-le-parc-nucleaire-francais-836481.html

NDLR : et on veut nous faire croire qu’EDF travaille sérieusement sur un projet 100 % énergie renouvelable d’ici 2050 ! De qui se moque-t-on ?

EDF GAGNE EN APPEL CONTRE TOTAL DIRECT ÉNERGIE

Alors que le tribunal de commerce avait initialement donné raison à Total face à EDF dans l’affaire de la résiliation d’un contrat d’apport en électricité nucléaire, le géant tricolore de l’énergie a obtenu gain de cause auprès de la Cour d’appel.

Vents contraires pour Total. Alors qu’EDF, qui avait résilié en juin le contrat d’apport en électricité nucléaire passé avec plusieurs fournisseurs alternatifs dont Total Direct Énergie, avait perdu face au géant du pétrole et des énergies renouvelables (qui contestait la décision d’EDF) en première instance, la cour d’appel de Paris a donné raison à l’électricien.

L’électricien avait décidé début juin de résilier pour 2020 les contrats de Total Direct Énergie, Alpiq et Gazel, qui avaient considéré la crise sanitaire comme un cas de force majeure pour suspendre leurs achats. EDF faisait valoir sa décision par une durée de suspension dépassant deux mois. Le 1er juillet, le tribunal de commerce, saisi en référé par Total, avait considéré que la lettre portant résiliation « ne répondait pas aux critères de validité contractuels« , selon l’ordonnance. Mais en appel, l’ordonnance est « infirmée en toutes ses dispositions« .

EDF indique désormais se tourner vers la Commission de régulation de l’énergie (CRE), pour l’application de la décision. Total n’a pas réagi dans l’immédiat. Cette bataille engagée entre les deux groupes énergétiques a connu plusieurs épisodes depuis le confinement du printemps, tous en référé, aucun sur le fond.

En mai, la justice avait donné raison à Total, qui souhaitait suspendre, pour raison de « force majeure » en raison de la pandémie de Covid-19, ses achats à l’avance et à prix fixe d’une certaine quantité d’électricité nucléaire produite par EDF. Ses achats se font dans le cadre d’un mécanisme baptisé Arenh (« accès régulé à l’énergie nucléaire historique« ). Sur ce conflit autour de la notion de « force majeure« , EDF a ensuite été débouté en appel, et s’est depuis pourvu en cassation.

Par Kévin Comte, publié le 23/11/2020 à 16h56, mis à jour le 23/11/2020 à 21h43

https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-gagne-en-appel-contre-total-direct-energie-1386641

HIVER : DES COUPURES D’ÉLECTRICITÉ POSSIBLES EN CAS DE GRAND FROID

Les Français doivent s’attendre à des coupures d’électricité cet hiver en cas de grosses vagues de froid. Le pays risque-t-il d’être plongé dans le noir ?

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, est intervenue jeudi 19 novembre 2020 pour prévenir les citoyens de potentielles coupures d’électricité durant l’hiver. Elle tient cependant à rassurer : « il n’y aura pas de black-out en France. » Mais alors, quels sont les foyers menacés d’une panne de courant ?

Des coupures d’électricité locales

Des coupures d’électricité locales sont à prévoir, mais seulement en cas de grosses vagues de froid. Elles seront bien circonscrites et gérées d’après Barbara Pompili. Par contre, si les températures restent dans les normales de saison, le réseau électrique ne devrait rencontrer aucune défaillance.

Que se passera-t-il lors d’une grosse vague de froid ?

L’équilibre du réseau électrique ne sera pas garanti. Et pour le soulager, des coupures locales et temporaires deviendront nécessaires. Les premiers acteurs concernés seront les entreprises volontaires particulièrement consommatrices, sous contrat avec le gouvernement, qui devront arrêter leur production. Si ces coupures se révèlent insuffisantes, les foyers et autres entreprises, ici et là, seront alors privés de courant pendant un court laps de temps.

Selon le gestionnaire du RTE (Réseau de transport d’électricité), une vigilance accrue reste de rigueur pour l’hiver 2020-2021, en particulier à partir du mois de janvier. En effet, aucune vague de froid n’est pour l’instant attendue pendant les mois de novembre et décembre. De plus, des réacteurs mis à l’arrêt cet été, afin d’anticiper les besoins de l’hiver, recommenceront leur activité le mois prochain. Ce sont les mois suivants, janvier et février, qui font l’objet d’une grande incertitude.

Vous souhaitez surveiller la consommation d’électricité de votre région, utilisez l’outil en ligne Écowatt.

Quelles sont les causes de ces coupures ?

Pendant l’hiver, les logements deviennent particulièrement gourmands en énergie. Comme ils sont encore nombreux à dépendre de l’électricité pour le chauffage, la consommation augmente de façon considérable dès que le froid s’installe. Par ailleurs, de multiples habitations qualifiées de passoires thermiques, classées F ou G, sont présentes sur le territoire et d’autant plus énergivores. Les soucis d’approvisionnement en électricité sont ainsi causés par une forte demande.

Des maintenances repoussées en raison de l’épidémie de Covid-19

En raison de l’épidémie de Covid-19 et du premier confinement, les maintenances des centrales nucléaires réalisées au printemps n’ont pas pu avoir lieu. Repoussées à une date ultérieure, elles devront être effectuées pour des questions de sûreté et de productivité. « On ne peut pas faire traîner ça trop longtemps », a déclaré la ministre de la Transition écologique.

Pour cette dernière, le système électrique est « trop dépendant » du nucléaire. À l’avenir, il sera important de miser sur de nouvelles sources d’énergie et de se diversifier pour éviter ce type de situation.

Par La Rédaction de DémarchesAdministratives.fr, publié le 23/11/2020 à 11h15

https://demarchesadministratives.fr/actualites/hiver-des-coupures-delectricite-possibles-en-cas-de-grand-froid

LES ÉTATS-UNIS METTENT FIN À LEUR RETRAIT DU TRAITÉ CIEL OUVERT

15 minutes. Les États-Unis ont mis un terme à leur coopération avec le Traité Ciel ouvert ce dimanche, six mois après avoir annoncé leur retrait de l’accord.

Le traité permettait aux États membres d’effectuer des vols d’observation – avec des aéronefs non armés – pour obtenir des informations de première main sur des activités militaires suspectes dans d’autres pays.

Aujourd’hui marque six mois à partir du moment où les États-Unis ont envoyé un avis de retrait du Traité Ciel ouvert. Nous ne sommes plus partie à cet accord que la Russie violait grossièrement pendant des années”, a déclaré le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien.

O’Brien a ajouté que la décision prise par la Maison Blanche s’inscrit dans le cadre d’autres retraits américains de “traités et accords obsolètes qui ont été bénéfiques pour nos opposants, au détriment de la sécurité nationale”.

Dans un message simultané, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a confirmé le retrait en raison de l’incapacité de la Russie à respecter ses obligations.

Aujourd’hui, conformément à un avis antérieur, le retrait des États-Unis du Traité sur le ciel ouvert est désormais effectif. L’Amérique est plus sûre à cause de cela, car la Russie reste en non-respect de ses obligations.”

Signé : Secrétaire Pompeo (@SecPompeo) 22 novembre 2020

Washington a accusé Moscou d’avoir violé l’accord en empêchant la surveillance de villes telles que Kaliningrad ou la frontière avec la Géorgie.

Les États-Unis soupçonnent la Russie de déployer des armes nucléaires ou de mener des exercices militaires majeurs dans ces zones.

Perdre de la pertinence

Au lieu de cela, Washington pense que les forces russes profitent du traité pour obtenir des informations sur les principales infrastructures américaines.

Plus tôt ce mois-ci, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exigé des assurances écrites des autres membres de l’OTAN que les données qu’ils collectent désormais ne seront plus partagées avec les États-Unis, avant d’informer que les bases américaines en Europe ne seraient pas exclues des missions de surveillance russes.

Le Kremlin a regretté le retrait des États-Unis dimanche par l’intermédiaire de son porte-parole, Dimitri Peskov. “Nous sommes attristés par la sortie des États-Unis de l’accord, car nous pensons qu’il perdra de sa pertinence à partir de maintenant”, selon des déclarations recueillies par l’agence de presse officielle russe Sputnik.

Avec cette mesure, il y a déjà trois accords militaires rompus par Trump depuis son arrivée à la Maison Blanche. Les États-Unis se sont retirés du pacte nucléaire avec l’Iran et du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé avec la Russie.

Par Marseille News .net, (Avec des informations de DPA) publié le 22 novembre 2020 à 11h55

https://www.marseillenews.net/news/international-news/les-etats-unis-mettent-fin-a-leur-retrait-du-traite-ciel-ouvert-46252.html

BELGIQUE ET SORTIE DU NUCLÉAIRE: REYNDERS FAVORABLE À LA PROLONGATION DE DEUX RÉACTEURS APRES 2025

Le commissaire européen et ex-vice-Premier ministre MR, Didier Reynders, se montre favorable à la prolongation de deux réacteurs nucléaires après 2025. Selon lui, il faut donner la priorité à la lutte contre le réchauffement climatique sur le débat autour de l’énergie atomique.

L’accord de gouvernement a confirmé la sortie du nucléaire en 2025 moyennant une évaluation en novembre 2021 de la sécurité d’approvisionnement du pays en électricité et le prix de celle-ci. Le cas échéant, deux réacteurs pourraient être prolongés.

Des centrales au gaz sont appelées à remplacer en partie le parc nucléaire. Or celles-ci sont émettrices de CO2, au contraire de l’atome. Le niveau des émissions de gaz à effet de serre risque donc de s’accroître.

Invité après le journal de RTL-TVi à coter la sortie complète du nucléaire en 2025, le commissaire européen a mis 3/10.

«J’ai rencontré Jean-Pascal van Ypersele (climatologue et membre du GIEC) lorsqu’on essayait de former un gouvernement. J’ai été frappé de l’entendre dire qu’il vaudrait mieux maintenir encore pendant un temps une activité nucléaire pour maintenir les ambitions climatiques. Et je mets les ambitions climatiques de la Belgique et de l’Europe avant le débat pour ou contre le nucléaire», a-t-il expliqué.

Par Sudinfo avec Belga, publié le dimanche 22 Novembre 2020 à 15h55

Photo en titre : AFP

https://www.sudinfo.be/id284845/article/2020-11-22/sortie-du-nucleaire-reynders-favorable-la-prolongation-de-deux-reacteurs-apres

NDLR : France et Belgique : même combat ! Dans les 2 cas, les gouvernants, quelle que soit leur couleur politique, n’ont jamais voulu écouter les sirènes écologistes qui depuis des décennies leur demandent de développer en masse des énergies de substitution. Résultat : alors qu’ils ont fait trop peu, nos gouvernants ont beau jeu de dire maintenant qu’on va être obligés de maintenir des réacteurs nucléaires ou/et de remplacer ceux qu’on ferme par des centrales polluantes (gaz) pour ne pas risquer la grosse panne. Ce qui est un mensonge de plus car il existe plusieurs scénarios crédibles qui prouvent que tout serait encore possible!

LA CORÉE DU NORD AURAIT DÉVELOPPÉ DE NOUVELLES ARMES NUCLÉAIRES, SELON L’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE (AIEA)

L’Agence internationale de l’énergie atomique a averti qu’une activité a été détectée dans une base construite à quelques kilomètres de Pyongyang.

Au plus fort de la crise sanitaire mondiale provoquée par la nouvelle pandémie de COVID-19, le régime nord-coréen semblerait se doter de nouvelles armes nucléaires, selon les informations de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA), qui a averti qu’une activité a été détectée dans une base construite à quelques kilomètres de Pyongyang.

La base de Kangson, qui porte ce nom attribué par les services de renseignement américains, montre des signes de reprise de ses activités et c’est l’une des deux bases sur lesquelles le régime de Kim Jong-Un compte pour cela.

Cette usine, ainsi que celle de Yongbyon City, a la capacité de produire 12 armes nucléaires chaque année, a indiqué AIEA.

Par Rezo Nòdwès, publié le 21 novembre 2020

https://rezonodwes.com/2020/11/21/la-coree-du-nord-aurait-developpe-de-nouvelles-armes-nucleaires-selon-lagence-internationale-de-lenergie-atomique-aiea/

NI URGENT, NI ESSENTIEL ET TOUJOURS DANGEREUX, UN DEUXIÈME TRANSPORT NUCLÉAIRE POUR L’EPR DE FLAMANVILLE PRÉVU POUR LUNDI ?

La règle de l’urgence sanitaire va-t-elle être enfreinte par l’État lui-même lundi prochain avec la circulation d’un deuxième transport ni essentiel ni urgent pour l’EPR de Flamanville mais susceptible de créer le chaos* en rajoutant un état d’urgence nucléaire ? Le Collectif anti-nucléaire Ouest exige l’interdiction de ces transports radioactifs et dangereux. 

Rappelons que l’EPR de Flamanville toujours en chantier (désastreux et ruineux) depuis 13 ans n’a pas besoin de combustible car sa mise en service de plus en plus hypothétique n’interviendrait qu’après la réparation quasi-infaisable de soudures et au mieux après 2022. Les deux autres réacteurs de Flamanville qui ont dépassé leur limite d’utilisation fixée lors de leur conception à 30 ans, sont arrêtés depuis près de deux ans en raison de leur piteux état.

Aussi le Collectif anti-nucléaire Ouest réitère son appel lancé il y a un mois le 19 octobre 2020 ** à se déclarer point de vigilance EPR au 07 68 35 03 38 ou ( 06 45 30 74 66 / 06 08 71 79 61 / 06 84 14 58 87) ou par mail transports@can-ouest.org. Il exige l’arrêt de ces transports de livraison du combustible pour l’EPR de Flamanville (une trentaine sont prévus jusqu’en mars) et l’abandon du chantier.

* https://www.can-ouest.org/quel-chaos-si-lurgence-nucleaire-se-rajoutait-aux-urgences-sanitaires-et-securitaires/

** https://www.can-ouest.org/transport-nucleaire-pour-lepr-de-flamanville-appel-a-vigilance/

Dernière nouvelle: Pour l’instant,  pas de reprise des convois la semaine du 23 novembre.

Contact presse :

Didier Anger 06 80 23 39 45 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 /

Sylvie Sauvage 06 08 71 79 61

Collectif Anti-Nucléaire Ouest

9 Bis sente des Grès, 76920 Amfreville-la-Mi-Voie

07 68 35 03 38   contact@can-ouest.orgwww.can-ouest.org

https://www.facebook.com/can.ouest/ https://twitter.com/canouest

Par Chantal CUISNIER, publié le  20 novembre 2020

https://www.can-ouest.org/ni-urgent-ni-essentiel-et-toujours-dangereux-un-deuxieme-transport-nucleaire-pour-lepr-de-flamanville-est-prevu-lundi/

2 NOUVEAUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES À BELLEVILLE/LOIRE? EDF DÉPLOIE SES ARMES DE PERSUASION

Diverses informations convergentes sont arrivées jusqu’à nos oreilles : EDF déploierait des moyens, plus ou moins habiles, pour préparer les élus à accepter la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires à l’intérieur du périmètre actuel de la centrale de Belleville/Loire.

Le 25 septembre dernier, avait lieu une réunion de quarante élus environ, issus de la Communauté de Communes Pays Fort-Sancerrois-Val de Loire dans le cadre de l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUI). Lors du déjeuner dans un restaurant de Sury-près-Léré, le directeur de la centrale de Belleville serait intervenu pour vanter les mérites de l’énergie « propre » que serait le nucléaire, pour déclarer « désastreux » le fait que la piscine d’entreposage de 10 000 tonnes de déchets nucléaires ne se soit pas implantée localement, et pour affirmer que, dans les années à venir, il faudrait que les élus acceptent l’idée qu’il y ait de nouveaux réacteurs, nouvelle génération, à Belleville.

Certains élus auraient vécu cette intervention comme une désagréable tentative de manipulation.

Par ailleurs, une seconde rumeur se répand : les maires de Belleville-sur-Loire et Sury-près-Léré seraient invités par la direction nationale d’EDF afin que Belleville puisse être le 4ème site choisi pour l’implantation de 2 EPR nouvelle génération. Si ces deux communes peuvent espérer une manne financière plus que substantielle suite à l’implantation de tels projets, les 65 autres communes du Périmètre Particulier d’Intervention seraient touchées en cas d’accident… pourquoi ne pas les inviter également !

Nous savons que la construction de 3 paires d’EPR est envisagée par EDF et que certains sites ont été évoqués : Penly (en Seine Maritime), Gravelines (Nord-Pas-de-Calais), Bugey (Ain), Tricastin (Drôme)… mais des oppositions s’y font déjà jour !

Le prototype de l’EPR de Flamanville est, de notoriété publique, un véritable fiasco industriel et économique.

Sa mise en route, prévue pour 2012, verra le jour dans le meilleur des cas en 2023 (11 ans de retard) et le coût de sa construction est passé de 3,4 milliards d’euros à au moins 19 milliards d’euros en 2019 (selon les estimations de la Cour des comptes présentées dans son rapport sur la filière EPR1). Ses homologues de Finlande (12 ans de retard, triplement du budget) et de Grande Bretagne… ne sont guère mieux lotis ! Quant à l’EPR chinois en fonctionnement, il a connu lui aussi un dépassement de coût (60% de plus que le budget initial) et de durée de construction (5 ans de retard) et il pourrait être affecté de certains défauts lui aussi 2 !

EDF a donc travaillé à un nouveau modèle (EPR2) plus simple et moins coûteux.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire a cependant demandé à EDF de revoir sa copie notamment en matière de rupture des tuyauteries (un minimum, non?), prise en compte des agressions et des systèmes de sûreté (sur lesquels on a rogné pour diminuer le coût)3.

La Cour des Comptes a étrillé ce projet4 car EDF – en fort déficit – n’est pas en mesure de le financer, d’où un rapport présenté récemment étudiant la participation de l’Etat, donc de l’argent public, allant de 30% à 100% en cas de surcoûts!5

EDF travaille aussi à la modélisation de « mini-réacteurs » : les SMR (Small Modular Reactors) qui pourraient être dispersés sur tous les territoires dont Belleville. Quand un EPR a une puissance de 1600 MW, les SMR ont entre 170 et 400 Mwh. Se pose alors le problème de gérer leur surveillance, la dissémination des combustibles et des déchets, et leur grande vulnérabilité à des attaques malveillantes… alors même qu’un rapport6 vient de pointer le crucial problème des déchets pour lesquels aucune solution satisfaisante n’existe à l’heure actuelle !

Enfin, comme par hasard, pour bien convaincre la population locale de l’inéluctabilité du recours au nucléaire, une enquête7 parue il y a quelques jours, nous fait la preuve de la dépendance absolue du département au nucléaire en matière d’emploi !!

https://www.sdn-berry-giennois-puisaye.fr/news/a2-nouveaux-reacteurs-nucleaires-a-belleville-edf-deploie-ses-armes-de-persuasion/Non, à l’heure où la première centrale nucléaire Biélorusse, inaugurée récemment, a dû être arrêtée au bout de 24 heures de fonctionnement suite à l’explosion de transformateurs, nous affirmons que l’énergie nucléaire, quoique faiblement carbonée (elle n’est pas la seule), n’est pas propre : elle produit des rejets multiples qui polluent notre air et notre eau, des déchets toxiques pour des durées excédant l’imaginable, et nous expose à des risques d’accidents ingérables.

Est-ce cela que nous voulons ? Ces projets non-aboutis ne seraient pas réalisés avant 10 à 15 ans, au mieux.

D’autres meilleures solutions au service de l’urgence climatique et de la création d’emplois8 existent déjà…

Un vrai débat citoyen doit s’engager et non des tractations en sous-main !

NOTES :

1- Voir p. 12 https://www.ccomptes.fr/system/files/2020-07/20200709-synthese-filiere-EPR.pdf

2 – https://journaldelenergie.com/nucleaire/defaillance-epr-nucleaire-finlande/

3 – https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Projet-de-reacteur-EPR-Nouveau-Modele-et-de-son-evolution-EPR-2

4 – https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-la-cour-des-comptes-livre-un-rapport-sans-concession-1374991

5 – https://reporterre.net/En-coulisses-l-Etat-prepare-le-financement-de-six-nouveaux-reacteurs-EPR

6 – https://cdurable.info/Rapport-Mondial-sur-les-Dechets-Nucleaires.html

7 – https://www.leberry.fr/belleville-sur-loire-18240/actualites/d-apres-une-etude-de-l-insee-la-centrale-de-belleville-sur-loire-est-l-un-des-principaux-pourvoyeurs-d-emplois-de-son-territoire_13878737/?fbclid=IwAR0PlInBMIqwyB_dt0vPxmzyL-dbj-kc2Chzgoj_Qvu4gZdqthRDcINRZ0c#refresh

8 – https://reporterre.net/La-transition-ecologique-creera-un-million-d-emplois-annonce-un-rapport

Publié le 20/11/2020 à 14h11

https://www.sdn-berry-giennois-puisaye.fr/news/a2-nouveaux-reacteurs-nucleaires-a-belleville-edf-deploie-ses-armes-de-persuasion/

BIDEN ET L’IRAN DEVRONT AGIR RAPIDEMENT POUR RELANCER L’ACCORD NUCLÉAIRE IRANIEN

WASHINGTON – Le président élu Joe Biden a promis de rejoindre l’accord nucléaire iranien si l’Iran respecte l’accord, mais les deux parties devront courir contre la montre et naviguer dans un champ de mines politique pour atteindre cet objectif.

L’Iran devant tenir des élections en juin, tout effort diplomatique devra agir rapidement pendant les premiers mois de son mandat, affirment d’anciens responsables américains, des diplomates européens et des experts régionaux.

L’actuel président iranien, Hassan Rohani, a pesé de son poids dans l’accord de 2015, connu sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA), et rien ne garantit que le prochain président iranien sera aussi ouvert à la conclusion d’un accord.

Biden et Rohani doivent également faire face à des opposants féroces à l’accord à Washington et à Téhéran, ainsi que dans la région, et ils devront montrer que toute concession se heurte à des actions réciproques de l’autre côté, ont déclaré d’anciens responsables américains.

Rohani et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif ont envoyé des messages clairs selon lesquels l’Iran est prêt à parler à l’administration Biden de la relance de l’accord, tant que Washington respecte les termes de l’accord.

Notre objectif est de lever la pression des sanctions sur les épaules de notre peuple”, a déclaré Rohani dans des remarques télévisées lors d’une récente réunion du Cabinet. «Partout où cette opportunité favorable se présentera, nous agirons sur nos responsabilités. Personne ne devrait rater une occasion. »

Les déclarations du gouvernement iranien au cours des deux dernières semaines montrent qu‘”ils agissent assez rapidement pour signaler à Biden diverses options pour réengager l’Iran diplomatiquement”, a déclaré Ellie Geranmayeh, chercheur principal au sein du groupe de réflexion du Conseil européen sur les relations étrangères.

Dans l’intervalle, l’administration Trump a promis de continuer à faire monter la pression sur l’Iran au cours de ses derniers mois au pouvoir, imposant de nouvelles sanctions cette semaine qui pourraient compliquer les plans de Biden.

Il semble assez clair que l’administration Trump souhaite continuer à maximiser la politique de pression maximale d’ici janvier”, a déclaré Naysan Rafati, analyste principal pour l’Iran au groupe de réflexion International Crisis Group. “Ils considèrent cela comme une période pour verrouiller leur propre politique autant que possible.

L’Iran et la bombe

L’accord de 2015 entre l’Iran et les puissances mondiales a levé les sanctions économiques punitives contre Téhéran en échange de limites strictes sur les activités nucléaires de l’Iran. Mais après que le président Donald Trump a retiré les États-Unis de l’accord en 2018, l’Iran a enfreint certaines de ces limites, réduisant le temps qu’il faudrait à Téhéran pour construire une bombe atomique.

Trump a réimposé les sanctions qui avaient été assouplies dans le cadre du JCPOA et a imposé de nombreuses sanctions supplémentaires à l’Iran, portant un coup dur à l’économie du pays. La monnaie du pays a plongé en valeur, l’inflation est endémique et ses exportations de pétrole – la principale source de revenus de l’Iran – ont chuté de façon spectaculaire.

Mais les sanctions n’ont pas dissuadé l’Iran de faire progresser son programme nucléaire. Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran a amassé 12 fois la quantité d’uranium faiblement enrichi autorisée par l’accord, dépassé les niveaux d’enrichissement fixés par l’accord et introduit plus de centrifugeuses que ne le permettait l’accord.

Les experts nucléaires disent que le «temps de sortie» de l’Iran pour obtenir suffisamment de matériel de qualité militaire pour une bombe atomique est passé de 12 mois lorsque l’accord est entré en vigueur à environ trois à quatre mois.

Dans un éditorial en septembre, Biden a déclaré en tant que président qu’il «prendrait un engagement inébranlable pour empêcher l’Iran d’acquérir une arme nucléaire». Il a fait valoir que le meilleur moyen d’y parvenir était que les États-Unis reviennent dans l’accord.

J’offrirai à Téhéran une voie crédible de retour à la diplomatie. Si l’Iran revient au strict respect de l’accord nucléaire, les États-Unis rejoindront l’accord comme point de départ pour des négociations de suivi”, a écrit Biden.

Même si Biden et Rohani cherchent à conclure un accord, il ne sera pas facile d’arriver à une formule qui permettrait aux États-Unis de revenir dans l’accord et à l’Iran de dénouer ses activités nucléaires.

Centrale nucléaire de Natanz (Organisation iranienne de l’énergie atomique / AFP – fichier Getty Images)

Plutôt que de lever les sanctions d’un seul coup ou que l’Iran revienne immédiatement à la pleine conformité, un scénario plus probable pourrait voir une approche progressive sur une période de trois ou quatre mois, ont déclaré d’anciens responsables américains et des diplomates européens. Une première étape pourrait amener l’Iran à geler ses activités nucléaires, en échange d’un certain allégement des sanctions. De nouvelles mesures pourraient permettre à l’Iran de revenir finalement au respect et de lever toutes les sanctions liées au nucléaire.

L’équipe de Biden n’est pas étrangère au sujet ni aux diplomates iraniens, car plusieurs de ses conseillers ont été profondément impliqués dans la longue négociation qui a conduit à l’accord de 2015 sous le président Barack Obama. Biden lui-même a rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères des dizaines de fois. Cette expérience pourrait aider à accélérer la diplomatie et à améliorer les perspectives d’un accord, ont déclaré d’anciens responsables.

Cependant, l’administration Biden devrait décider si elle lèverait d’autres sanctions imposées par Trump après l’entrée en vigueur de l’accord, y compris celles qui visaient la banque centrale iranienne. Bon nombre des sanctions ne sont pas liées à l’activité nucléaire de l’Iran mais se réfèrent aux missiles balistiques, aux droits de l’homme et au soutien de l’Iran aux forces par procuration dans la région comme le Hezbollah et le Hamas.

Bien que Biden et des responsables européens aient suggéré de s’appuyer sur l’accord pour résoudre d’autres problèmes, y compris l’arsenal croissant de missiles balistiques de l’Iran, l’Iran a jusqu’à présent rejeté cette idée. De plus, tout nouvel accord en dehors des paramètres de l’accord de 2015 devrait obtenir l’approbation d’un Congrès américain sceptique, où le résultat de deux courses au second tour en Géorgie le 5 janvier décidera si les républicains conserveront leur majorité au Sénat.

Israël et les États arabes du Golfe, qui se sont fermement opposés à l’accord nucléaire, exigeraient leur mot à dire si un nouvel accord venait à être négocié.

Si nous voulons négocier la sécurité de notre partie du monde, nous devrions être là”, a déclaré l’ambassadeur des Émirats arabes unis à Washington, Yousef Al Otaiba, lors d’un récent événement organisé par l’Institut d’études de sécurité nationale de l’Université de Tel Aviv.

L’Iran ne serait pas prêt à mettre ses forces de missiles sur la table à moins que les systèmes de défense de ses rivaux régionaux, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ne fassent également l’objet de discussions, ce qui est difficile à imaginer dans le climat actuel, selon Richard Dalton, l’ambassadeur britannique en Iran de 2002 à 2006.

Je pense que nous pouvons exclure une approche de grande négociation dans laquelle tout est sur la table en même temps”, a déclaré Dalton.

Mais les détracteurs de l’accord de 2015 affirment que Biden héritera d’un levier précieux des sanctions imposées par Trump et qu’il pourrait résister à de meilleures conditions que de simplement revenir à l’accord d’origine.

«De mon point de vue, il serait fou de rejoindre l’accord sans en tirer quelque chose de plus», a déclaré David Albright, un expert du programme nucléaire iranien auprès de l’Institut non gouvernemental pour la science et la sécurité internationale. “Quoi que vous pensiez de Trump – et je n’aimais pas qu’il ait quitté l’accord – il a généré un énorme effet de levier sur l’Iran, et ne pas l’utiliser semble fou. En ce sens, c’est un cadeau pour Biden.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo a défendu mercredi la campagne de “pression maximale” de l’administration comme un succès et a mis en garde contre la levée des sanctions, affirmant qu’elle fournirait des fonds aux militaires et aux mandataires du régime iranien dans la région. “Réduire cette pression est un choix dangereux, voué à affaiblir les nouveaux partenariats pour la paix dans la région et à renforcer uniquement la République islamique”, a déclaré Pompeo dans un communiqué.

Un autre joker qui se profile au cours des négociations sera de savoir si et comment l’Iran envisage de riposter à la décision de Trump d’assassiner l’un de ses principaux généraux, Qassim Soliemani. Bien que l’Iran ait réagi à l’époque en tirant des missiles sur les troupes américaines en Irak, peu de gens pensent que ce sera la somme totale de la réaction du pays. Dimanche, un haut général iranien a juré de “venger le sangde Soleimani “sur le terrain”.

Les responsables actuels et anciens du renseignement américain ont déclaré qu’ils pensaient que l’Iran attendrait son heure et planifierait soigneusement une réponse plus puissante, peut-être une frappe contre un général américain ou un ambassadeur à l’étranger.

Baisser la température

Au cours de ses premiers jours au pouvoir, Biden voudra abaisser la température avec l’Iran, ont déclaré d’anciens responsables américains. Le nouveau président pourrait prendre un certain nombre de mesures de confiance qui montreraient que Washington est prêt pour la diplomatie, selon des diplomates européens et d’anciens responsables américains. Les mesures pourraient inclure la levée des sanctions contre le ministre iranien des Affaires étrangères et certains autres hauts fonctionnaires, la suppression de l’interdiction de voyager dans les pays à majorité musulmane qui affectait de nombreux Iraniens américains et l’assouplissement des restrictions sur les importations humanitaires en Iran.

Biden a déjà promis de lever l’interdiction de voyager et a déclaré qu’il “veillerait à ce que les sanctions américaines n’entravent pas la lutte de l’Iran contre Covid-19”.

L’Iran est confronté à une pénurie de médicaments et d’équipements médicaux, notamment d’insuline, de médicaments pour le traitement du cancer, de vaccins contre la grippe et de kits de test pour le coronavirus, selon des responsables iraniens. Le département du Trésor a délivré des licences autorisant les importations humanitaires et affirme que les États-Unis ne sont pas responsables des pénuries ou des prix élevés des produits médicaux.

Katherine Bauer, ancienne responsable du département du Trésor, a déclaré que la politique agressive de sanctions de l’administration Trump avait eu un effet dissuasif sur de nombreuses banques étrangères, qui s’inquiètent du risque de se heurter aux sanctions américaines, même si le commerce humanitaire est légalement autorisé.

En raison de la posture de mise en application de l’administration Trump, les banques restent réticentes à s’engager dans ce type de commerce”, a déclaré Bauer, maintenant à l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient.

Des déclarations publiques de haut niveau et de nouvelles orientations de l’administration Biden pourraient envoyer un signal aux banques européennes et autres pour approuver les transactions humanitaires recherchées par l’Iran, ont déclaré Bauer et d’autres anciens responsables.

Gains conservateurs

Sans un accord avant les élections iraniennes de juin 2021, Biden pourrait ne pas avoir d’homologue disposé à négocier un accord.

Si les élections législatives de février dernier, où les conservateurs ont fait des gains malgré un faible taux de participation, sont considérées comme un indicateur pour le vote de l’année prochaine, alors le prochain président iranien pourrait être plus conservateur et plus sceptique quant à l’engagement international, condamnant peut-être toute chance de donner vie à l’accord. , ont déclaré d’anciens responsables et experts américains. Si, cependant, le gouvernement actuel en Iran réussit à obtenir un allégement des sanctions américaines avant le vote, cela pourrait offrir une bouée de sauvetage aux alliés modérés de Rohani.

La position de Trump envers l’Iran a donné des munitions aux extrémistes iraniens qui se sont opposés à l’accord dès le départ, et ils ont critiqué Rohani comme naïf de faire confiance aux Américains. Beaucoup ont fait valoir que les États-Unis doivent une «compensation» à l’Iran pour les dommages causés par les sanctions, avant que Téhéran ne puisse envisager de revenir au respect.

Malgré la rhétorique, le guide suprême iranien Ali Khamenei et la coterie de la ligne dure autour de lui n’ont pas entièrement fermé la porte à la relance de l’accord, en partie parce qu’ils sont désespérés d’avoir accès à la monnaie forte bloquée par les sanctions américaines, selon deux anciens hauts responsables américains du renseignement avec une longue expérience de travail sur les questions iraniennes.

L’accord nucléaire, ont déclaré d’anciens responsables du renseignement, n’a pas empiété sur les priorités des extrémistes, qui incluent la conduite d’une campagne agressive pour étendre l’influence iranienne dans la région par le biais de forces par procuration en Syrie, en Irak, au Yémen et ailleurs.

Par Delmar Laforge dans News , publié le 21 novembre 2020 à 1h24

Photo en titre: Président Hassan Rohani (dossier Mohammad Berno / AP)

https://news-24.fr/biden-et-liran-devront-agir-rapidement-pour-relancer-laccord-nucleaire-iranien/

HAUT-RHIN : LE NUCLÉAIRE CÈDE LA PLACE À LA RÉNOVATION VERTE

La rénovation énergétique des logements se met au service du projet post-Fessenheim (Haut-Rhin). Le conseil départemental lance le processus d’élaboration d’un programme d’intérêt général (PIG) de la « transition écologique » afin de donner corps à la reconversion des territoires autour de la centrale nucléaire arrêtée en juin dernier. Ce PIG, qui devrait démarrer fin 2021 ou début 2022, ciblera, entre autres, les propriétaires modestes. « Il entend surtout créer les filières locales d’emplois “verts” du BTP et de matériaux biosourcés pour atteindre deux buts de l’après-Fessenheim : diversifier l’économie et faire du territoire un moteur du décarboné », souligne Michel Habig, président de la commission environnement du conseil départemental.

Publié le 20 novembre 2020

https://www.lemoniteur.fr/article/haut-rhin-le-nucleaire-cede-la-place-a-la-renovation-verte.2116634

BELGIQUE : LA SORTIE DU NUCLÉAIRE VA SE FAIRE « DE FAÇON INTELLIGENTE »

« Nous allons nous y prendre de façon intelligente » pour gérer la sortie du nucléaire en 2025, a promis à la Chambre le Premier ministre Alexander De Croo, confirmant qu’une évaluation approfondie serait élaborée au plus tard pour novembre 2021.

La direction d’Engie Electrabel a rencontré mardi après-midi les représentants du personnel pour annoncer son intention d’arrêter tous les investissements liés à la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires après 2025.

Cette décision a suscité de nombreuses questions des députés jeudi en séance plénière de la Chambre. « Que fait-on entre 2025 et 2030 pour assurer la sécurité d’approvisionnement, pour éviter que la facture d’électricité explose, pour ne pas rejeter des milliers de tonnes de CO2 de plus dans l’atmosphère ? », s’est interrogé Georges Dallemagne (cdH), jugeant que les alternatives ne seraient pas prêtes d’ici cinq ans.

Samuel Cogolati (Écolo) a appelé à la mise en place immédiate d’un « plan social »: « les nouvelles opportunités ne doivent pas s’écrire sans les travailleurs de Tihange et de Doel », a-t-il estimé. « Nous devons mobiliser dès maintenant tous les moyens pour accompagner la reconversion des travailleurs du secteur nucléaire », a renchéri Malik Ben Achour (PS).

Un monitoring des prix

Le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) a assuré que la sortie du nucléaire serait gérée « de façon intelligente, avec une attention sur la sécurité d’approvisionnement et les factures ».

« Nous allons assurer un monitoring constant des prix et de la capacité. (…) Au plus tard pour novembre 2021, une évaluation approfondie sera réalisée. S’il devait apparaître qu’un problème inattendu se pose, le gouvernement prendra les mesures qui s’imposent. C’est dans l’accord de gouvernement. » Et de conclure : « le report sans cesse d’un calendrier déjà décidé ne nous aide pas lorsqu’il faut faire des choix pour l’avenir. »

« Nous allons le faire de manière ordonnée tant sur l’aspect technique que social », a ajouté la ministre de l’Énergie Tine Vander Straeten (Groen). L’administration fédérale prendra en charge le travail d’évaluation avec le Bureau fédéral du plan. Les travaux déjà réalisés par la Creg (Commission de régulation de l’électricité et du gaz) ont été transmis, a-t-elle précisé.

En fin de séance, la majorité a confirmé le rejet d’une proposition de résolution de la N-VA relative à une éventuelle sortie limitée du nucléaire après 2025.

Publié le 19 novembre 2020

Photo en titre : Belga / Benoît Doppagne

https://fr.metrotime.be/2020/11/19/must-read/la-sortie-du-nucleaire-va-se-faire-de-facon-intelligente/

LES EUROMISSILES NUCLÉAIRES REVIENNENT

La crise des euromissiles, qui domina la politique européenne à la fin des années 70, va-t-elle se reproduire ? C’est manifestement ce que prépare le Pentagone quel que soit le locataire de la Maison-Blanche.

Quand, il y a plus de cinq ans, nous avions titré « Les missiles reviennent-ils à Comiso ? » [1], cette hypothèse fut ignorée par l’ensemble de l’arc politique et liquidée par quelque soi-disant expert comme « alarmiste ». L’alarme, malheureusement, était fondée.

Il y a quelques jours, le 6 novembre, la société Lockheed Martin (celle-là même qui produit les F-35) a signé un premier contrat de 340 millions de dollars avec l’US Army pour la production de missiles à portée intermédiaire, y compris à tête nucléaire, projetés pour être installés en Europe. Les missiles de cette catégorie (avec base au sol et portée entre 500 et 5 500 km) avaient été interdits par le Traité FNI, signé en 1987 par les présidents Gorbatchev et Reagan : il avait éliminé les missiles balistiques nucléaires Pershing 2, déployés par les États-Unis en Allemagne de l’Ouest, et les missiles nucléaires de croisière Tomahawk, déployés par les États-Unis en Italie (Comiso), Grande-Bretagne, Allemagne de l’Ouest, Belgique et Pays-Bas, et en même temps les missiles balistiques SS-20 déployés par l’Union Soviétique sur son territoire.

En 2014, l’administration Obama accusait la Russie, sans aucune preuve, d’avoir expérimenté un missile de croisière (sigle 9M729) de la catégorie interdite par le Traité et, en 2015, annonçait : « face à la violation du Traité FNI par la Russie, les États-Unis sont en train de considérer le déploiement en Europe de missiles avec base au sol ». Le témoin est ensuite passé à l’administration Trump, qui en 2019 a décidé le retrait des États-Unis du Traité FNI, en accusant la Russie de l’avoir « délibérément violé ».

Après quelques essais de missiles, Lockheed Martin a été chargée de réaliser un missile de croisière dérivé du Tomahawk et un balistique dérivé du SM-6 de Raytheon. Selon le contrat, les deux missiles seront opérationnels en 2023 : donc prêts d’ici deux ans à être installés en Europe. On gardera à l’esprit le facteur géographique : alors qu’un missile balistique nucléaire USA à portée intermédiaire, lancé depuis l’Europe, peut frapper Moscou en quelques minutes, un missile analogue lancé depuis la Russie peut frapper les capitales européennes, mais pas Washington. Si l’on inverse le scénario, c’est comme si la Russie déployait des missiles nucléaires à portée intermédiaire au Mexique. On gardera en outre à l’esprit que le SM-6, précise Raytheon, concentre la fonction de « trois missiles en un » : anti-aérien, anti-missile et d’attaque. Le missile nucléaire dérivé du SM-6 pourra donc être utilisé depuis les navires et installations terrestres du « bouclier » US en Europe dont les tubes de lancement, précise Lockheed Martin, peuvent lancer « des missiles pour toutes les missions ».

Dans une déclaration du 26 octobre 2020, le président Poutine réaffirme la validité du Traité FNI, qualifiant de « grave erreur » le retrait états-unien, et l’engagement de la Russie à ne pas déployer des missiles analogues tant que les USA ne déploieront pas les leurs au bord de son territoire. Il propose ensuite aux pays Otan un « moratoire réciproque » et des « mesures réciproques de vérification », c’est-à-dire des inspections dans les installations réciproques de missiles. La proposition russe a été ignorée par l’Otan. Son secrétaire général Jens Stoltenberg a réaffirmé, le 10 novembre, que « dans un monde aussi incertain, les armes nucléaires continuent à jouer un rôle vital dans la préservation la paix ».

Aucune voix ne s’est élevée des gouvernements et parlements européens, bien que l’Europe risque de se trouver en première ligne dans une confrontation nucléaire analogue ou plus dangereuse que celle de la guerre froide. Mais il ne s’agit pas là de la menace du Covid, donc on n’en parle pas.

L’Union européenne, dont 21 des 27 membres font partie de l’Otan, s’est déjà fait entendre quand, en 2018, elle a rejeté, aux Nations unies, la résolution présentée par la Russie sur la « Préservation et respect du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire », donnant son feu vert à l’installation de nouveaux missiles nucléaires USA en Europe.

Est-ce que quelque chose changera quand Joe Biden se sera installé à la Maison-Blanche ? Ou bien, après que le démocrate Obama a ouvert la nouvelle confrontation nucléaire avec la Russie et le républicain Trump l’a aggravée en déchirant le Traité FNI, le démocrate Biden (ancien vice-président d’Obama) signera-t-il l’installation des nouveaux missiles nucléaires US en Europe ?

Par Manlio Dinucci, traduction Marie-Ange Patrizio, Source Il Manifesto (Italie), publié le 20 novembre 2020

Photo en titre : Saint Georges terrassant le dragon. La sculpture a été réalisée à partir de fragments de missiles nucléaires soviétiques SS-20 et américains Pershing.

[1] « Les missiles reviennent à Comiso ? », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 10 juin 2015.

https://www.voltairenet.org/article211694.html

CONFINEMENT : DES VIGIES CONTRE LES ARMES NUCLÉAIRES À DIJON

Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires a remplacé sa vigie mensuelle aux environs du CEA Valduc par de brèves actions à Dijon.

Communiqué du Collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires du 17 novembre 2020 :

Dixième vigie citoyenne mensuelle concernant le CEA-Valduc
Les armes nucléaires illégales en droit international

En raison du confinement Covid-19, la 10ème vigie citoyenne mensuelle prévue à Moloy ce 17 novembre, aux portes du site CEA de Valduc (Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies alternatives) pour sensibiliser et interpeller les salariés quittant leur travail, a été remplacée par deux courtes vigies à Dijon.

Les lanceurs d’alerte du ‘Collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires’, munis de leurs masques et de leurs attestations de déplacement dérogatoires, ont profité de leurs achats de première nécessité ou de leur activité physique à Dijon pour faire valoir leur cause.

L’action a eu lieu à l’occasion de la deuxième « journée nationale contre la réintoxication du monde« , destinée à lutter contre les projets destructeurs de l’environnement, la première journée nationale ayant eu lieu le 17 juin dernier.

À l’occasion de leurs courses, ils ont pu acheter et envoyer au Directeur du CEA Valduc un masque chirurgical symbolique lui permettant de se protéger du tritium, hydrogène radioactif rejeté par le site du CEA.

L’historique des actions du Collectif depuis le début des actions à Dijon et Valduc en 2014 (courriers, communiqués de presse, dépliants, expositions et comptes rendus d’actions) est en ligne sur https://www.irnc.org/IRNC/Textes/2724

Les armes nucléaires illégales au regard du droit international

90 jours après la 50ème ratification du TIAN (Traité sur l’interdiction des armes nucléaires) par le Honduras, acquise le 24 octobre 2020, l’interdiction des armes nucléaires sera la norme du droit international à partir du 22 janvier 2021. Selon les termes du Traité, il sera illégal pour les États parties de « mettre au point, tester, produire, acquérir, posséder, stocker, utiliser ou menacer d’utiliser des armes nucléaires ». Bien sûr, les 9 puissances nucléaires vont garder un temps leur arsenal, mais le TIAN va exercer une forte pression diplomatique, juridique, financière et éthique sur les États possesseurs d’armes nucléaires.

La reconversion des personnels du CEA affectés aux activités militaires va bientôt devoir s’imposer, et plus elle sera anticipée, moins elle sera difficile.

Mettre en œuvre le vœu d’Albert Camus

Le 8 août 1945, deux jours après l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, un jour avant qu’une seconde bombe ne soit lancée sur Nagasaki, Albert Camus écrivait dans Combat : « La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. (…) Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu’une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d’être définitive. (…) Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous percevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison ».

L’action menée par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrit dans le cadre de la ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons – ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite de l’interdiction internationale des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).

La prochaine vigie est prévue le vendredi 18 décembre 2020, rejoignez-nous !

Par « Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires », abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr

Publié le 19/11/2020 à 10h49

https://www.infos-dijon.com/news/opinion/autres/confinement-des-vigies-contre-les-armes-nucleaires-a-dijon.html

RADIOACTIF / LE BATEAU NUCLÉAIRE SEVMORPUT EN AVARIE AU LARGE DE L’AFRIQUE

Communiqué de presse – L’arrivée du cargo russe à propulsion nucléaire était programmée début novembre aux abords de la station Progress, au nord du continent Antarctique.

Depuis plus d’un mois, le Sevmorput est en avarie. Il fait à vitesse réduite des allers et retours dans un petit carré de l’océan Atlantique sud au large de l’Angola et du Congo Brazzaville.

Mouvements du Sevmorput du 18 au 19 novembre 2020 © Capture d’écran MarineTraffic

Selon des informations diffusées sur le réseau social Vkontakte et relayées par le Barents Observer, la panne du seul navire civil à propulsion nucléaire encore en activité ne concernerait pas le compartiment réacteur. Les problèmes techniques proviendraient de l’arbre porte-hélice. Des plongeurs seraient à l’œuvre pour effectuer des réparations qui ne pourront être que précaires.

Il est probable que les autorités russes et Rosatom, l’organe de gestion des installations nucléaires et l’armateur du Sevmorput, cherchent à l’heure actuelle un port refuge en Afrique australe ou centrale.

L’autre hypothèse serait que le Sevmorput soit remorqué vers Mourmansk, en Arctique, son port de départ. Sevmorput est une abréviation de Severny Morskoy Put soit « Route du Nord ».

Le Sevmorput devait débarquer à proximité de la station russe Progress 5000 tonnes de colis lourds et d’équipements destinés à l’extension de la station Vostok distante d’environ 1400 km à l’intérieur du continent Antarctique.

Entre 2008 et 2012, le Sevmorput était désarmé et promis à la démolition mais Rosatom en 2013 a finalement décidé de prolonger son exploitation et de le rénover. Le navire devait être remis en état sur un dock flottant au nord de Mourmansk. Ce dock flottant ayant coulé en 2018, le Sevmorput a été dirigé sur un chantier naval de Saint-Pétersbourg en 2019 pour y subir des travaux de maintenance, de remise en état de la coque et le remplacement de l’arbre porte-hélice.

Assurer en toute sécurité l’accès à la baie de la station Progress de ce porte-conteneurs atomique de 260 mètres de long aurait été une gageure et un risque inconsidéré du simple point de vue de la sécurité maritime.

Le Traité de l’Antarctique interdit le dépôt de déchets nucléaires sur le continent et ses eaux côtières. En fonctionnement normal, le réacteur du Sevmorput contenant 150 kg d’uranium enrichi rejette des produits de fission qui peuvent être stricto sensu considérés comme des déchets nucléaires. Robin des Bois s’étonne que l’Australie, la France, les États-Unis d’Amérique, la Chine, l’Afrique du Sud et les autres pays signataires du Traité n’aient pas exprimé leur opposition ou leurs réserves vis-à-vis de cette intrusion de l’énergie nucléaire en Antarctique.

Voir à ce sujet : Un cargo atomique louvoie vers l’Antarctique, publié le 10 novembre 2020

Par 7seizh.info, publié le 19 novembre 2020

Photo en titre : Sevmorput, Oblast d’Arkhangelsk (Russie), 6 mars 2019 © Sander van Hoo

http://7seizh.info/2020/11/19/radioactif-le-sevmorput-en-avarie-au-large-de-lafrique/

L’HYDROGÈNE PRODUIT À PARTIR DU NUCLÉAIRE SERA ESTAMPILLÉ « À FAIBLE TENEUR EN CARBONE »

La Commission européenne considérera l’hydrogène produit à partir de l’énergie nucléaire comme étant « à faible teneur en carbone », a déclaré un haut fonctionnaire de l’UE qui s’est exprimé au Parlement européen lundi 16 novembre.

« L’électrolyse peut être alimentée par de l’électricité renouvelable, la production sera alors classée comme de l’hydrogène renouvelable », a déclaré Paula Abreu Marques, cheffe de l’unité pour les énergies renouvelables et la politique CSC à la direction de l’énergie de la Commission européenne.

« Si vous avez des électrolyseurs connectés à des centrales nucléaires, cela serait classé comme de l’hydrogène à faible teneur en carbone », a déclaré Mme Marques aux législateurs de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen.

La clarification de la Commission européenne était devenue nécessaire. L’énergie nucléaire n’est en effet pas mentionnée dans la stratégie de l’UE pour l’hydrogène, que l’exécutif européen a présentée en juin de cette année.

Lorsque de l’énergie nucléaire est utilisée pour la production d’hydrogène, celui-ci est connu sous le nom d’« hydrogène violet ». Son point fort : de faibles émissions de carbone par rapport à l’hydrogène produit à partir du gaz naturel – ou hydrogène gris – qui est actuellement le plus largement disponible.

Lorsque la Commission a dévoilé sa stratégie sur l’hydrogène au début de l’année, elle a introduit le concept d’« hydrogène propre », en référence aux procédés de fabrication utilisant de l’électricité renouvelable, ce qui est clairement la priorité de l’UE.

« L’hydrogène à faible teneur en carbone », avait-elle ajouté, « englobe l’hydrogène d’origine fossile avec capture de carbone » et « l’hydrogène d’origine électrique » avec des cycles de vie à faible teneur en carbone.

Elle n’avait cependant pas mentionné l’énergie nucléaire parmi ces sources d’électricité à faible teneur en carbone.

L’hydrogène est considéré comme un moyen de décarboner les industries lourdes comme la chimie et la sidérurgie, ou les transports longue distance, notamment assurés par l’aviation et le transport maritime. Cependant, les procédés de production sont très gourmands en énergie et peu efficaces.

Actuellement, environ 95 % de l’hydrogène est produit à partir du gaz naturel. Selon EDF, 10 kg de CO2 sont émis pour produire 1 kg d’hydrogène, et des projets visant à utiliser la capture et le stockage du carbone pour réduire les émissions sont encore en cours d’élaboration.

Dans sa nouvelle stratégie nationale pour l’hydrogène, dotée de 7 milliards d’euros, la France a déclaré qu’elle utiliserait des sources « à faible teneur en carbone », ce qui permettrait d’utiliser le nucléaire comme source d’énergie pour l’électrolyse. L’Allemagne, en revanche, a déclaré qu’elle produirait de l’hydrogène « vert » obtenu à partir d’énergies renouvelables telles que l’éolien offshore.

« Je suis surprise que l’hydrogène issu de l’énergie nucléaire ne soit pas mentionné dans la stratégie », a déclaré la députée française Joëlle Mélin, membre du groupe d’extrême-droite Identité et Démocratie au Parlement européen. « Les énergies renouvelables ne suffiront pas. Je pense que nous devons aller plus loin dans la définition de l’hydrogène propre », a-t-elle déclaré aux autres eurodéputés de la commission de l’environnement.

La recherche sur l’énergie nucléaire pour la production d’hydrogène a pris de l’ampleur récemment. En janvier, la compagnie d’électricité française EDF a déclaré qu’elle examinait des projets de production d’hydrogène à partir de centrales nucléaires britanniques. Un consortium dirigé par le groupe a déclaré que cela permettrait de répondre à une part importante des besoins énergétiques prévus du pays.

EDF dirige également une filiale, appelée Hynamics, qui utilise l’énergie nucléaire de ses 58 unités, combinée à certaines énergies renouvelables, pour produire de l’hydrogène. Hynamics a identifié 40 projets au Royaume-Uni et en Europe pour ce faire.

Aux États-Unis, le gouvernement a mis en place dès 2003 l’Initiative pour l’hydrogène nucléaire, qui détaille comment les centrales nucléaires pourraient devenir des systèmes énergétiques hybrides en ajoutant l’hydrogène comme deuxième source de revenus.

Dans la même veine, la Commission européenne souhaite que l’hydrogène soit complémentaire à un système énergétique basé sur les énergies renouvelables, avec l’électricité renouvelable au cœur du dispositif, a déclaré Paula Abreu Marques.

D’ici à 2050, la Commission estime que l’hydrogène renouvelable pourrait répondre à 24 % des besoins énergétiques mondiaux. La Commission vise à soutenir l’installation d’au moins 6GW d’électrolyseurs d’hydrogène renouvelable pour produire jusqu’à un million de tonnes et souhaite que cette production passe à 40GW d’ici à 2030 avant d’être déployée à grande échelle d’ici à 2050.

L’hydrogène ne devrait pas inverser les réductions d’émissions

Le degré de propreté de l’hydrogène dépend de la source d’énergie utilisée pour le produire. Lors du débat au sein de la commission de l’environnement du Parlement, les eurodéputés verts ont clairement soutenu l’hydrogène renouvelable plutôt que celui issu du gaz naturel, actuellement le plus utilisé.

« Nous avons beaucoup de travail à faire pour nous assurer que nous ne nous tirons pas une balle dans le pied avec notre propre stratégie et nous ne pouvons pas la laisser devenir un exercice de blanchiment écologique qui nous enfermera dans une dépendance supplémentaire aux combustibles fossiles », a déclaré Pär Holmgren, un eurodéputé suédois du parti des Verts.

Hildegard Bentele, une députée démocrate-chrétienne allemande qui est aussi la rapporteure du Parlement sur la stratégie pour l’hydrogène de l’UE, a soutenu que l’hydrogène offrait la promesse d’un système énergétique plus durable.

« Nous devons utiliser les possibilités offertes par l’hydrogène dès que possible afin de faciliter notre progression vers la neutralité climatique », a-t-elle déclaré, avertissant toutefois qu’il faudrait du temps pour accélérer la production et mettre en place des mécanismes de financement pour accélérer le processus.

Tiemo Wölken, eurodéputé allemand des socialistes et démocrates (S&D), a ajouté qu’il était sceptique quant aux processus de capture et de stockage du carbone et a déclaré que si l’énergie nucléaire ou le charbon étaient utilisés pour produire de l’hydrogène, ce ne serait pas une bonne alternative à l’utilisation actuelle de l’énergie.

Alexandr Vondra, un eurodéputé conservateur tchèque (ECR), s’est quant à lui prononcé en faveur d’une augmentation immédiate de la production d’hydrogène utilisant le gaz naturel.

« L’utilisation d’hydrogène produit à partir de gaz naturel peut avoir d’importants avantages. Il peut être produit localement, évitant ainsi le coût environnemental et financier du transport. Cela peut aider à une transition juste car vous pouvez employer les mêmes personnes qui travaillent pour les entreprises de combustibles fossiles », a-t-il ajouté.

Par : Kira Taylor (EURACTIV.com), publié le 20 novembre à 8h00

Photo en titre : [Claudio Centonze / EC Audiovisual Service

https://www.euractiv.fr/section/energie/news/hydrogen-produced-from-nuclear-will-be-considered-low-carbon-eu-official-says/

NUCLÉAIRE : « AU CAS OU », EDF-FLAMANVILLE DEMANDE UNE DÉROGATION POUR LE RÉACTEUR NUMÉRO

Un réacteur nucléaire arrêté depuis 2 ans est réputé à l’arrêt définitif. C’est la loi. EDF a donc demandé une dérogation, au cas où le réacteur 2 ne pourrait démarrer au 10 janvier

La direction d’EDF confirme avoir demandé au gouvernement une dérogation pour le cas où l’arrêt du réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche) dépasserait le délai légal de 2 ans.

La loi prévoit en effet qu’une installation nucléaire ayant cessé de fonctionner pendant 2 années consécutives est normalement considérée comme « définitivement arrêtée ».

À Flamanville, le réacteur numéro 2 a été arrêté le 10 janvier 2019 pour la troisième visite décennale. Les problèmes de corrosion relevés sur le réacteur numéro 1, puis des difficultés à répétition, notamment liées à des insuffisances de maintenance préventive qui ont conduit l’Autorité de sûreté nucléaire à placer la centrale sous surveillance renforcée, ont plusieurs fois repoussé l’échéance du redémarrage du réacteur.

Celui-ci est prévu par EDF au 30 novembre.

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« Un filet de sécurité »

Pour autant, l’électricien a souhaité disposer d’un « filet de sécurité » au cas où de nouveaux aléas ou des contraintes liées à la crise sanitaire repoussait encore l’échéance. EDF avait déjà bénéficié d’une telle dérogation pour la centrale Penly, où un réacteur était resté à l’arrêt durant 3 ans après la chute d’un générateur de vapeur.

« C’est un dossier d’état des lieux, expliquant l’origine des retards, les raisons pour lesquelles nous n’avons pas pu tenir les délais… C’est un processus administratif assez long. Mais ce n’est pas parce que nous avons déposé ce dossier que nous ne pensons pas redémarrer comme prévu au 30 novembre. »

Stéphanie Schnebelen, Directrice de la communication d’EDF Flamanville

Le redémarrage du réacteur 1, arrêté le 18 septembre 2019, a lui aussi été repoussé, a priori au 31 janvier prochain. EDF a déjà expliqué que sa priorité était le couplage au réseau du réacteur numéro 2, et que les équipes étaient concentrées sur cet objectif. Elles seront ensuite redéployées sur le réacteur 1.

Par Jean Lavalley, publié le 19 Novembre 2020 à 20h40 

Photo en titre : Le site d’EDF à Flamanville. Une dérogation a été demandée pour le réacteur numéro 2, à l’arrêt depuis 22 mois, au cas où il ne pourrait redémarrer avant le 10 janvier 2021. (©EDF)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-au-cas-ou-edf-flamanville-demande-une-derogation-pour-le-reacteur-numero-2_37600491.html

METTONS HORS LA LOI TOUTE ACTIVITÉ EN LIEN AVEC LES ARMES NUCLÉAIRES

Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) met hors la loi l’utilisation des armes nucléaires. Mais ce n’est pas ce qui rend ce traité si important. En effet, nombreux sont ceux qui soutiennent que toute utilisation imaginable d’armes nucléaires violerait inévitablement les principes fondamentaux du droit humanitaire international et que, par conséquent, l’utilisation d’armes nucléaires était déjà illégale, bien avant l’avènement du TIAN. Ce qui est illégal aujourd’hui, cependant, ce n’est pas seulement l’utilisation des armes nucléaires, mais toute activité en lien avec les armes nucléaires.

Le TIAN met hors la loi toute activité en lien avec les armes nucléaires, et peut donc affecter sérieusement les entreprises qui fabriquent des armes nucléaires, et à travers elles, les politiciens pour lesquels elles financent des campagnes.

Le TIAN met hors la loi le développement, les tests, la production, la fabrication, la possession, le stockage, le transport, la mise en place et le déploiement des armes nucléaires. Elle met également hors la loi le fait d’aider, d’encourager ou d’inciter quiconque à s’engager dans l’une de ces activités. Pourquoi est-ce si important ?

Si les interdictions du traité ne sont juridiquement contraignantes que dans les pays (50 à ce jour) qui vont être « États parties » au traité, ces interdictions ne s’appliquent pas uniquement aux activités des gouvernements. L’article 1(e) du traité interdit aux États parties d’aider « quiconque » est engagé dans l’une de ces activités interdites. Cela fait clairement référence aux entreprises privées et aux individus qui peuvent être impliqués dans le marché des armes nucléaires.

Don’t Bank on the Bomb [Ne financez pas la bombe] identifie 26 entreprises privées actuellement impliquées dans le secteur des armes nucléaires dans le monde. Parmi elles, 15 sociétés sont basées aux États-Unis, ainsi que quelques-unes en Inde, en Chine et en Europe. Il existe des bureaux d’au moins une de ces entreprises dans une vingtaine de pays qui sont sur le point de devenir des États parties. Honeywell, par exemple, a des bureaux dans 13 de ces pays. Parmi ces entreprises, nombreuses sont celles qui ont des projets, y compris des contrats gouvernementaux, dans ces pays.

De plus en plus de pays vont rejoindre le TIAN dans les mois et les années à venir, et la pression sur les entreprises privées impliquées dans le secteur des armes nucléaires va continuer à grandir. Ces entreprises subissent déjà des pressions sur le plan institutionnel et financier, non seulement de la part des futurs États parties, mais aussi dans leurs propres pays. Deux des cinq plus grands fonds de pension du monde se sont désinvestis des armes nucléaires, et d’autres institutions financières suivent leur exemple.

Les armes nucléaires existent encore en grande partie parce que les entreprises impliquées dans ce secteur exercent un pouvoir énorme sur les politiques et les décisions des gouvernements, en particulier aux États-Unis. Elles figurent parmi les principaux donateurs pour le financement des campagnes électorales pour le Congrès. Elles dépensent des millions de dollars en lobbying à Washington. Et elles offrent une « porte de sortie » aux politiciens au chômage en quête d’un lucratif contrat de consultant ou d’un poste au sein du conseil d’administration d’une entreprise.

Il est peu probable que la politique américaine en matière d’armes nucléaires change de manière significative tant que ces entreprises ne commenceront pas à ressentir une réelle pression découlant de ce traité. Tant qu’elles ne réaliseront pas que leur propre avenir dépend de la diversification de leurs activités en dehors des armes nucléaires, ces entreprises continueront à être le moteur du maintien de ces armes.

La pression de l’opinion publique sur les entreprises d’armement nucléaire dans les années 1980 a conduit beaucoup d’entre elles à tourner le dos aux armes nucléaires. Les politiciens ont rapidement suivi, et nous avons eu les premières réductions importantes des arsenaux nucléaires depuis le début de la guerre froide.

Cette fois, nous avons un besoin encore plus crucial. Nous avons besoin de l’argent et de la matière grise investis dans la « modernisation » des armes nucléaires pour créer les technologies nécessaires pour un avenir écologique et soutenable. Nous sommes maintenant confrontés non pas à une, mais à deux menaces existentielles pour notre planète. En utilisant le TIAN pour faire pression sur les entreprises d’armement nucléaire, nous avons de bonnes chances de survivre à ces deux menaces.

Par Timmon Wallis (Northampton, États-Unis), traduit de l’anglais par la rédaction francophone, publié le 19.11.2020

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Espagnol

https://www.pressenza.com/fr/2020/11/mettons-hors-la-loi-toute-activite-en-lien-avec-les-armes-nucleaires/

VIDÉO – TCHERNOBYL : UN DRONE FILME L’INTÉRIEUR DU RÉACTEUR 5, UNE PREMIÈRE

VU DANS LA PRESSE – Un drone de l’entreprise suisse Flyability a pu s’introduire dans le réacteur 5 de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, pour déceler d’éventuels déchets radioactifs. Une première.

Une première depuis la plus grave catastrophe nucléaire de notre histoire : un drone a pu s’introduire dans l’immense enceinte de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine. Le réacteur 5, en fin de construction avant la tragédie de cette nuit du 26 avril 1986, a pu être filmé par l’appareil. Ce drone, fabriqué par l’entreprise suisse Flyability, devait rapporter d’éventuelles présences de déchets radioactifs.

Missionnée par l’équipe de démantèlement de la centrale ukrainienne, le fabricant helvète a pu diriger « l’Elios 2 » dans l’enceinte de la centrale pour détecter de possibles traces d’uranium résiduel. Ce drone, équipé d’une cage pour éviter toute collision, a été spécifiquement conçu pour évoluer dans des endroits confinés, hors de portée de la vue du pilote.

Pour rappel, l’accès physique aux zones à l’intérieur du réacteur est impossible pour l’Homme, « car ses entrées sont à plusieurs dizaines de mètres de hauteur« , détaille le magazine Business Insider. L’un des responsables de la mission sur le site du constructeur a reconnu que l’opération était délicate, compte tenu de la hauteur du bâtiment, tout en saluant une mission réussie. 

Aucune traces de déchets radioactifs

« La mission à Tchernobyl était stressante, car le mur que nous devions survoler était haut de 70 mètres, et il n’y avait donc aucun moyen de récupérer le drone si le signal était perdu » a indiqué Charles Rey, responsable de la formation chez Flyability. « Mais la mission a été un succès« , a-t-il ajouté, « et les responsables de Tchernobyl ont été très heureux de la vidéo et des images que nous avons pu recueillir à l’intérieur du réacteur n°5« .

Publié le 19/11/2020 à 21h42

Photo en titre : Flyability

Voir la vidéo (2mn52s) en cliquant sur :

https://www.rtl.fr/actu/sciences-tech/video-tchernobyl-un-drone-filme-l-interieur-du-reacteur-5-une-premiere-7800925612

JAPON – LES PARLEMENTAIRES DÉCLARENT SYMBOLIQUEMENT L’URGENCE CLIMATIQUE

TOKYO, 19 novembre (Reuters) – Les parlementaires japonais ont déclaré jeudi l’urgence climatique lors d’un vote symbolique destiné à accroître la pression pour que des mesures concrètes soient prises dans la lutte contre le changement climatique, après que le gouvernement s’est engagé à la neutralité carbone d’ici à 2050.

Avec le vote de l’influente chambre basse, le Japon, qui est le cinquième principal émetteur de carbone au monde, s’inscrit dans la lignée d’autres puissances du G7 ayant adopté des résolutions similaires – Grande-Bretagne, Canada et France – et de l’Union européenne.

Le Premier ministre Yoshihide Suga s’est engagé le mois dernier à réduire à néant les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, un virage majeur pour le pays.

Rédigée par un groupe d’élus de différents partis, la déclaration d’urgence n’a aucune valeur contraignante. Elle souligne les « dégâts sans précédent » provoqués par les ouragans, les inondations et les feux de forêt, exacerbés par le changement climatique aussi bien dans le pays qu’à l’étranger.

Le nouvel objectif environnemental du Japon pourrait ouvrir la voie à une relance de son industrie nucléaire, près d’une décennie après la fermeture de la plupart des réacteurs suite à la catastrophe de Fukushima, bien que l’opinion publique reste méfiante.

Au moment de l’annonce du nouvel objectif, Yoshihide Suga a déclaré que le pays « maintiendrait l’énergie nucléaire » et utiliserait autant que possible les énergies renouvelables, sans faire part de projets précis pour les réacteurs nucléaires.

Des scientifiques et des activistes ont toutefois sonné l’alarme à plusieurs reprises sur la nécessité de faire davantage pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris sur le climat.

Par Linda Sieg et Aaron Sheldrick, version française Jean Terzian, publié le 19/11/2020 à 06h32

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Japon-Les-parlementaires-declarent-symboliquement-l-urgence-climatique–31817064/

EDF: LES SYNDICATS VEULENT REDIRE LEUR REJET DU PROJET HERCULE À BRUXELLES

PARIS (Reuters) – Les syndicats d’EDF ont annoncé jeudi avoir écrit à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour demander à la rencontrer au sujet de l’avenir du groupe et de son projet de réorganisation, Hercule, face auquel ils réaffirment leur « opposition catégorique« .

Ce courrier intervient alors que le gouvernement français est en train de finaliser ses négociations avec la Commission européenne sur le projet – dont les grandes lignes ont été tracées fin 2019 – qui doit permettre d’améliorer les capacités d’investissement et de financement d’EDF à travers notamment une sanctuarisation de son parc nucléaire français et une ouverture du capital de ses activités dans les renouvelables.

Les fédérations syndicales CGT, CFE-CGC, CFDT et FO, expliquent dans un communiqué qu’elles voient Hercule comme un « projet purement financier bâti en catimini, inspiré des banques d’affaires (et) sans aucune vision stratégique« .

S’il aboutit, ajoutent-elles, Hercule « conduira de fait à la désintégration d’EDF et à la fin de la vision intégrée de l’électricité qui pourtant est la seule à répondre aux défis auxquels l’Europe est confrontée« .

« Ce n’est pas en le démantelant par le biais du projet Hercule que le groupe EDF sera en mesure de pleinement jouer son rôle au service des enjeux climatiques, énergétiques, humains et industriels de l’Europe. »

La demande de syndicats à rencontrer la présidente de l’exécutif bruxellois intervient alors qu’un entretien est prévu vendredi entre les ministres français de l’Économie et de la Transition Écologique, Bruno Le Maire et Barbara Pompili, et la vice-présidente de la Commission européenne Margrethe Vestager.

Par Benjamin Mallet, édité par Blandine Hénault, publié le 19/11/2020 à 13h13

https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=type+de+r%C3%A9acteur+centrale+nucl%C3%A9aire+Hinkley+Point+B+en+Angleterre

[COMMUNIQUÉ] EDF – CENTRALE NUCLÉAIRE DE PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ DU BUGEY : MISE EN SERVICE D’ICEDA

Communiqué d’EDF . L’installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés (ICEDA) de la centrale Nucléaire de Production d’Électricité (CNPE) du Bugey traite ses premiers déchets nucléaires.

ICEDA est une structure de 8 000 m², implantée dans la CNPE du Bugey sur la commune de Saint-Vulbas (Ain). Fin septembre 2020, elle a reçu son premier lot de déchets radioactifs provenant des réacteurs en exploitation et en cours de démantèlement d’EDF. Les colis seront entreposés dans une unité indépendante de la structure. Les déchets, principalement métalliques, quant à eux seront découpés puis conditionnés dans un colis en béton dans un local à part.

Cette opération représente la première mise en service en actif d’ICEDA depuis l’obtention de l’autorisation d’exploitation venant de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) le 29 juillet 2019. À noter qu’à l’horizon 2035, les déchets conditionnés et entreposés seront évacués vers le centre de stockage définitif de l’Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA).

Publié le 19/11/2020 à 10h52

https://www.usinenouvelle.com/article/communique-edf-centrale-nucleaire-de-production-d-electricite-du-bugey-mise-en-service-d-iceda.N1030414

NDLR : on a eu l’électricité et maintenant on prépare les colis cadeaux pour nos descendants…

SEINE-MARITIME, NUCLÉAIRE : RÉUNION PUBLIQUE DE LA CLIN… À HUIS CLOS : POSEZ VOS QUESTIONS À DISTANCE

La commission locale d’information auprès des centrales nucléaires de Paluel et Penly (Clin Paluel-Penly) invite les habitants à s’exprimer avant le lundi 30 novembre.

Considérant le contexte actuel, la commission locale d’information auprès des centrales nucléaires de Paluel et Penly (Clin Paluel-Penly) organise une réunion publique 2.0 le vendredi 18 décembre. Si elle se tient à huis clos, cette réunion sera enregistrée et retransmise en vidéo courant janvier sur le site internet de la Clin Paluel-Penly : www.clin76.fr. Elle sera présidée par Jean-Louis Chauvensy, président de la Clin Paluel-Penly. Des représentants de la préfecture (SIRACEDPC), des centres nucléaires de production d’électricité (CNPE) de Paluel et Penly et de l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) répondront aux questions. Deux thèmes seront abordés : la gestion d’un accident nucléaire et l’activité des centrales nucléaires de Paluel et Penly en temps de pandémie. Les habitants sont invités à poser leurs questions avant le lundi 30 novembre par mail à clin.paluel.penly@seinemaritime.fr. « Toutes les questions seront traitées soit dans la vidéo, soit publiées en ligne. Aucune question sur ces deux thèmes ne restera sans réponse », assurent les responsables de la Clin.

Par Ghislain Annetta, publié le 18 novembre 2020 à 16h43

Photo en titre : Deux thèmes sont abordés : la gestion d’un accident nucléaire et l’activité des centrales nucléaires de Paluel et Penly en temps de pandémie. EDF Didier Olivré

https://www.lecourriercauchois.fr/actualite-267423-seine-maritime-nucleaire-reunion-publique-de-la-clin-a-huis-clos-posez-vos-questions-a-distance

POLYNÉSIE : TIMIDE AMÉLIORATION POUR LES INDEMNISATIONS DU NUCLÉAIRE

Tahiti, le 18 novembre 2020 – Une décision récente du Conseil d’État accroit la charge de la preuve imposée au Comité d’indemnisation des victimes du nucléaire pour renverser la présomption de causalité acquise aux demandeurs d’indemnisation sous l’égide de la loi Morin.

Une décision rendue par le Conseil d’État le 6 novembre dernier, et qui fait aujourd’hui jurisprudence, introduit un principe de « circonstance exceptionnelle » pouvant donner lieu à une indemnisation dans le cas où les mesures dosimétriques justifient un rejet de la demande par le Comité d’indemnisation des victimes du nucléaire (Civen). 

Jusqu’à l’essai aérien du 25 juillet 1974, dernier en date en Polynésie française, pour les plaignants qui ont été employés sur les bases de Moruroa et Fangataufa, l’indemnisation est aujourd’hui systématiquement reconnue comme un droit par la justice, malgré les restrictions imposées par l’amendement Tetuanui. Pour les autres zones de Polynésie française, le problème reste entier et il demeure sur les sites d’expérimentation pour la période postérieure aux essais nucléaires atmosphériques. 

Le Comité d’indemnisation des essais nucléaires (Civen) utilise les données du Commissariat à l’énergie atomique et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) pour estimer l’exposition des demandeurs d’indemnisation sous l’égide de la loi Morin. L’amendement Tetuanui du 28 décembre 2018 stipule que si ces malades remplissent les conditions de lieu, de date et de maladie, c’est-à-dire s’ils ont résidé en Polynésie entre 1966 et 1998 et sont atteints d’une des maladies reconnues comme potentiellement radio-induites, une présomption de causalité leur est acquise, entre l’exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et la survenance de la maladie. À moins que l’administration n’établisse que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l’intéressé a été inférieure à la limite annuelle de 1 millisievert (mSv). Il se trouve justement qu’à l’exception de Moruroa et Fangataufa, avant 1974, ces données dosimétriques de références portent toutes sur des endroits du territoire où les habitants ont été exposés à des doses annuelles inférieures à 1 mSv.

Le Conseil d’État ne se positionne pas sur cet usage. « D’un côté, l’arrêt reconnait que le Civen n’apporte pas suffisamment de preuves, de l’autre il semble hésiter à ouvrir la boîte de Pandore« , estime un spécialiste de la question des indemnisations. « Mais il faut reconnaître que c’est un arrêt qui va dans le sens d’une meilleure indemnisation en introduisant la notion de circonstance capable de renverser la charge de la preuve. » En l’occurrence, il s’agit pour l’arrêt rendu le 6 novembre par le Conseil d’État d’un cyclone survenu en 1981 et de rejets accidentels de gaz à Moruroa en 1983 et 1984.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge, publié le mercredi 18 novembre 2020 à 18h00

https://www.tahiti-infos.com/%E2%80%8BTimide-amelioration-pour-les-indemnisations-du-nucleaire_a196136.html

ON NE TRANSFORME PAS L’ÉNERGIE DU VENT SANS ÉOLIENNES, NI CELLE DU SOLEIL SANS PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES (TRIBUNE)

Les actions contre l’éolien ne cessent de croître. Considérées comme disgracieuses, bruyantes et nuisibles aux oiseaux, les éoliennes sont boudées. De même, les projets solaires photovoltaïques sont parfois réputés constituer des conflits d’usages de terrains potentiellement agricoles. Pourtant, l’éolien comme le solaire sont des solutions au réchauffement climatique.

Matériels dégradés ou brûlés, actions juridiques, tribunes et discours d’élus locaux ou nationaux, les opérations anti-éoliennes se multiplient. Qualifiés par certains de disgracieux, bruyants et nuisibles à la faune volante, les pales et hauts mâts blancs surplombant nos campagnes ne font pas l’unanimité. Une situation paradoxale au regard de l’urgence climatique qui nécessite de recourir à des énergies renouvelables et sans émission de CO2.

Que penser de ces critiques ? Sont-elles justifiées ? Les parcs d’éoliennes dénaturent-ils autant les paysages et le patrimoine bâti que le clament leurs détracteurs ? Les éoliennes sont‑elles sans pitié pour la faune aviaire ? Le bruit provoqué par la mécanique des nacelles et des pales est-il insupportable ?

Certes, avec des tailles de 100 à 200 mètres de haut, les éoliennes ne passent pas inaperçues. C’est pourquoi, aucun opérateur d’éoliennes ne s’aventurerait à essayer d’investir les grands sites paysagers ou patrimoniaux bâtis français. Mais, si tous les sites et paysages de notre pays sont a priori dignes d’intérêt, est-il pensable d’y cesser toute activité industrielle et de mettre la France sous cloche ?

Et quid des lignes électriques haute tension, des innombrables zones commerciales, des giratoires tous les kilomètres, des voies ferrées à grande vitesse ou des autoroutes ? Aujourd’hui plus personne ne s’émeut de la présence de ces éléments dans nos villes et nos campagnes ni ne les remarque.

Présents depuis des décennies dans nos paysages, ils sont entrés dans notre inconscient collectif. Il y a donc fort à parier qu’il en sera de même pour les éoliennes dans quelques années.

Des évolutions technologiques pour réduire les impacts environnementaux

Aujourd’hui la majorité du territoire métropolitain est quasiment inaccessible aux centrales éoliennes ou photovoltaïques en raison des zonages de protection mis en place, le plus souvent à juste titre, par les pouvoirs publics : parcs nationaux ou régionaux, grands sites classés, World Heritage Unesco, Natura 2000.

Mais les opposants les plus extrémistes voudraient étendre ces mesures de protection à l’ensemble de la France au motif du caractère unique de chaque paysage entourant une possible zone d’implantation d’une centrale éolienne ou solaire. Accusées de nuisances sonores par leurs détracteurs, les éoliennes sont-elles si bruyantes ? Si ce reproche a pu être justifié dans certains cas et sur certains sites, il y a quelques années, de nombreux travaux de R&D ont été entrepris pour réduire le bruit à 55 dB au pied d’une éolienne, soit un seuil en deçà des 85 dB considérés comme nocifs pour la santé.

Quant à l’impact des éoliennes sur la faune aviaire, là encore de nombreuses innovations technologiques comme des techniques d’éloignement des oiseaux et chauves-souris ou des systèmes d’arrêt des machines en période de reproduction ou de passage d’espèces migratoires ont été mises en place pour réduire les effets néfastes.

Les études les plus sérieuses ont d’ailleurs permis de relativiser la mortalité aviaire due aux rotors en comparaison des dangers des lignes électriques ou des collisions avec les façades d’immeubles de grande hauteur.

L’éolien : une énergie propre par excellence

Au-delà de tous ces arguments, il en est un indéniable : l’éolien assure une production d’énergie respectueuse de l’environnement. À l’heure du réchauffement climatique, consommer des énergies non fossiles pour réduire les rejets de CO2 est devenu un impératif.

Et si le nucléaire est une énergie décarbonée, les centrales subissent aujourd’hui les effets du réchauffement climatique via la pénurie d’eau. (NDLR : argument supplémentaire pour arrêter le nucléaire au plus vite) C’est ainsi qu’en 2019 et 2020, EDF a été contrainte d’arrêter l’un des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Golfech en Occitanie en raison de la sécheresse. Dans ce contexte, et face à une consommation énergétique qui ne faiblit pas, le mix énergétique s’impose.

Et quelle que soit la source, éolien ou solaire, les deux solutions requièrent des espaces. Il est donc temps que la France assume le coût environnemental de ces installations, si elle veut concilier la lutte contre le réchauffement climatique et la satisfaction des besoins énergétiques. Car personne n’est prêt à subir des interruptions de fourniture d’électricité.

Le solaire photovoltaïque, prochaine cible ?

Si l’opposition forte, injustifiée, totale aux éoliennes est connue depuis plusieurs années, et connaît une forte accélération depuis quelques mois, complaisamment relayée par certains médias, les centrales photovoltaïques échappaient jusqu’à présent à la vindicte générale.

La très faible hauteur des panneaux solaires posés au sol, qui rend aisée leur intégration paysagère, l’absence totale de bruit ou du moindre danger pour la faune, paraissaient garantir leur acceptabilité locale. Mais aujourd’hui les opposants sont imaginatifs : faute de pouvoir s’attaquer à la hauteur des tables supportant les panneaux, c’est la superficie occupée qui est jugée intolérable, y compris dans des zones ou les mouvements de terrains masquent les installations.

Un autre argument est l’occupation de terres qui pourraient être dédiées à l’agriculture et peu importe que ces terres soient le plus souvent en friche depuis des dizaines d’années sans aucune perspective de reprise.

Que pouvons-nous en conclure ?

Le développement des énergies renouvelables en France et dans le monde semble donc se caractériser par le paradoxe propre à nombre de mutations technologiques et industrielles : si le principe et le bien fondé d’énergies décarbonées, produisant des MWh électriques à prix de marché et ne générant pas de déchets, (NDLR : ce qui n’est pas le cas du nucléaire) semble admis par nos concitoyens, une opposition radicale et multi-factorielle, portée par une minorité de personnes, dont des décideurs publics de premier plan, empêche aujourd’hui l’atteinte des objectifs fixés par le législateur.

Les pouvoirs publics sont de surcroît confrontés à des formes violentes de contestation des projets éoliens ou solaires d’intérêt général, quels qu’ils soient. Le concept de « zone à défendre » rendu célèbre à Notre-Dame des Landes sera-t-il demain la règle pour chaque projet éolien ou solaire ?

Par Pascal Craplet, publié le 19 novembre 2020

https://www.lemondedelenergie.com/energie-eoliennes-photovoltaiques-tribune/2020/11/19/

LE ROYAUME-UNI LANCE SA “RÉVOLUTION INDUSTRIELLE VERTE”

Le gouvernement britannique a présenté mercredi 18 novembre des mesures censées créer des dizaines de milliers d’emplois tout en plaçant le pays sur le chemin de la neutralité carbone à l’horizon 2050. Si la fin de la vente des voitures thermiques en 2030, l’une des annonces phare, est accueillie avec enthousiasme, le montant des investissements ne satisfait pas tout le monde.

Voitures électriques, éolien, isolation des logements : le gouvernement britannique a dévoilé mercredi 18 novembre un plan en 10 points “pour un futur plus vert”. L’objectif, à un an de la COP26 organisée à Glasgow, au Royaume-Uni : donner au pays les moyens d’atteindre la neutralité carbone, un objectif fixé à l’horizon 2050 par Londres.

Cette “révolution industrielle verte”, comme l’appelle le Premier ministre conservateur, Boris Johnson, “devrait permettre de créer et de soutenir quelque 250 000 emplois”, explique The Guardian. Parmi les points clés listés par le quotidien londonien :

  • l’interdiction de la vente de voitures thermiques en 2030, dix ans avant la date limite initialement choisie par l’exécutif (la France se donne jusqu’en 2040, tout comme l’Espagne) ;
  • la multiplication par quatre de la capacité de production du secteur éolien, dans le but de générer assez d’électricité pour approvisionner “chaque foyer du pays” en électricité d’ici à dix ans ;
  • des investissements dans le nucléaire et dans la production d’hydrogène ;
  • un milliard de livres sterling (1,1 milliard d’euros) à destination de la rénovation thermique des logements et des bâtiments publics ;
  • un investissement de 200 millions de livres (223 millions d’euros) dans des initiatives de stockage du dioxyde de carbone ;
  • la plantation de 30 000 arbres par an ;
  • la volonté de construire le premier avion “zéro émission” capable d’effectuer des vols longs courriers ;
  • une enveloppe de 2 milliards de livres (2,2 milliards d’euros) pour favoriser la pratique du vélo et de la marche.

Évalué à 12 milliards de livres (13,4 milliards d’euros), le plan est accueilli favorablement par les organisations non gouvernementales de protection de l’environnement, à l’image de Greenpeace UK, qui salue “la fin de parcours pour les véhicules polluants. Mais il est dommage que le Premier ministre persiste avec le nucléaire et l’hydrogène, obtenu grâce à des énergies fossiles, tempère l’organisation.

Dans le même temps, le montant de l’enveloppe pose également question. Pour l’opposition travailliste, dont la proposition de plan de relance vert comprend des investissements à hauteur de 30 milliards de livres, “il s’agit d’une pâle imitation de ce dont nous avons réellement besoin, avec des mesures réchauffées”. En parallèle, insiste le Labour, “la France et l’Allemagne ont alloué des dizaines de milliards d’euros dans des plans de relance similaires”.

Publié le 18/11/2020 à 15H00

Photo en titre : Une éolienne surplombe la ville de Blyth, dans le nord-est de l’Angleterre, le 13 décembre 2019.  LINDSEY PARNABY / AFP

https://www.courrierinternational.com/article/transition-le-royaume-uni-lance-sa-revolution-industrielle-verte

NDLE : dommage que le nucléaire et l’hydrogène issu d’énergies fossiles gâchent terriblement  ce projet de révolution industrielle soi-disant « verte ».

NUCLÉAIRE: L’AIEA SIGNALE UNE NOUVELLE VIOLATION IRANIENNE DE L’ACCORD DE 2015

VIENNE (Reuters) – Des centrifugeuses du site d’enrichissement d’uranium iranien de Natanz ont été mises en service en violation de l’accord international sur le programme nucléaire de la République islamique, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dont Reuters a pris connaissance mercredi.

Les installations souterraines de Natanz, qui ont apparemment été conçues pour résister aux raids aériens, sont le principal site d’enrichissement iranien. Donald Trump a récemment demandé à son administration d’envisager de le bombarder, tout comme d’autres sites sensibles, selon une source américaine qui a confirmé une information du New York Times.

L’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015 n’autorise Téhéran qu’à utiliser des centrifugeuses IR-1 de première génération pour enrichir l’uranium.

Selon un précédent rapport publié mercredi dernier, l’AIEA indiquait que des centrifugeuses de type IR-2m, qui étaient déjà utilisées en violation de l’accord sur un site non souterrain, avaient été déplacées à Natanz et installées en cascade, ce qui permet l’enrichissement progressif. L’agence précisait toutefois qu’elles n’avaient pas été alimentées en hexafluorure d’uranium (UF6), la matière première à enrichir.

« Le 14 novembre 2020, l’Agence a vérifié que l’Iran avait commencé à injecter de l’UF6 dans la cascade de 174 centrifugeuses IR-2m récemment installée à l’usine d’enrichissement du combustible (FEP) de Natanz« , peut-on lire dans le document remis mardi aux États membres de l’AIEA.

L’Iran avait déjà enfreint plusieurs dispositions de l’accord de 2015, qu’il juge caduc depuis que Donald Trump l’a dénoncé en 2018 et ordonné le rétablissement puis l’alourdissement des sanctions américaines.

Dans son rapport de la semaine dernière, l’AIEA indique par ailleurs que le déploiement de centrifugeuses IR-4 a commencé à Natanz, mais pas celui de modèles IR-6, qui était pourtant prévu.

(François Murphy, version française Jean-Philippe Lefief, édité par Blandine Hénault)

Par Reuters le 18 novembre 2020

Photo en titre : Photo d’archives/REUTERS/Lisi Niesner

https://www.challenges.fr/monde/nucleaire-l-aiea-signale-une-nouvelle-violation-iranienne-de-l-accord-de-2015_737960

NUCLÉAIRE : L’APPEL DU PIED DE L’IRAN À JOE BIDEN

VIDÉO. Téhéran a indiqué mercredi qu’il pourrait revenir « automatiquement » à ses engagements en matière nucléaire si Joe Biden levait les sanctions à son encontre.

Vers un apaisement entre Téhéran et Washington ? L’Iran appliquera «  automatiquement  » ses engagements en matière nucléaire si le futur gouvernement de Joe Biden lève les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis 2018, a déclaré le ministre des Affaires étrangères iranien dans un entretien publié mercredi 18 novembre 2020.

«  Quelque chose peut être fait automatiquement  », a indiqué Mohammad Javad Zarif au quotidien gouvernemental Iran. «  Les États-Unis peuvent respecter leurs engagements (…) et nous respecterons les nôtres. (…) Il n’y a besoin pour cela ni de négocier ni de poser des conditions. Si les États-Unis respectent (la) résolution (2231 du Conseil de sécurité des Nations unies), que les sanctions sont levées et qu’il n’y a aucun obstacle aux activités économiques de l’Iran, alors l’Iran, ainsi qu’il l’a annoncé, respectera ses engagements  » en matière nucléaire, a-t-il ajouté.

Le président élu américain Joe Biden a confié vouloir un changement de cap par rapport à la politique de «  pression maximale  » contre l’Iran menée par le gouvernement actuel de Donald Trump. Celui-ci a sorti unilatéralement en mai 2018 les États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne trois ans plus tôt. Donald Trump a remis en vigueur les sanctions américaines que ce pacte avait permis de lever et en a imposé de nouvelles. Validé par la résolution 2231, l’accord de Vienne offre à Téhéran un allègement des sanctions internationales visant la République islamique en échange de garanties vérifiées par l’ONU et destinées à prouver que le programme nucléaire iranien n’a aucune visée militaire.

« Nous agirons rapidement »

Le retour des sanctions américaines a plongé l’Iran dans une violente récession et prive le pays des retombées qu’il attendait de l’accord de Vienne. En riposte, Téhéran s’est désengagée progressivement de la plupart de ses engagements clés pris à Vienne, tout en disant être prêt à revenir à une application pleine et totale de l’accord si les États-Unis reviennent au respect de la résolution 2231. Si Washington «  revient au respect de ses engagements, nous agirons rapidement  », a répété Javad Zarif.

«  C’est une très bonne chose que Joe Biden veuille revenir  » à l’accord de Vienne, mais «  il doit être clair que l’Iran n’acceptera aucune condition  », a encore déclaré Javad Zarif au quotidien. Avant la présidentielle américaine du 3 novembre, Joe Biden a dit sa volonté de réintégrer les États-Unis à l’accord de Vienne à condition que l’Iran revienne à «  un respect rigoureux de ses engagements  ».

Par Le Point.fr (source AFP), publié le 18/11/2020 à 10h51, modifié le 18/11/2020 à 15h55

Pour voir la vidéo (1mn58s), cliquer sur :

https://www.lepoint.fr/monde/nucleaire-l-appel-du-pied-de-l-iran-a-joe-biden-18-11-2020-2401660_24.php

HYDROGÈNE : UNE FILIÈRE DE L’ÉLECTROLYSE EN CONSTRUCTION

La clé du développement de l’hydrogène, c’est l’électrolyse. Ce procédé reste celui qui peut le plus facilement produire de l’hydrogène bas carbone à partir d’énergies renouvelables, ou de nucléaire. (Voir NDLR en fin d’article)

Les acteurs de la filière, réunis au sein de France Hydrogène (ex-Aphypac), sont désormais près de 200 à partager cet objectif, contre 120 en 2019. Et le lobby français de l’hydrogène a atteint son objectif à l’aune du plan de relance, puisque le plan hydrogène du gouvernement présenté le 8 septembre dernier est doté de quelque 7 milliards.

Comme l’a rappelé Philippe Boucly, président de France hydrogène lors d’une rencontre virtuelle avec les journalistes de l’énergie et de l’environnement (AJDE et AJE), dans « notre manifeste », le montant global d’investissement « doit atteindre 24 milliards d’euros sur 2020-2030, avec des technologies matures, mais pas encore compétitives ». Les 7 GW d’électrolyseurs sont désormais dans le pipe, pour produire quelque 570 000 tonnes d’hydrogène par an pour faire baisser les coûts, a insisté Alice Vieillefosse, la directrice de cabinet de Laurent Michel, le directeur général de l’énergie et du climat (DGEC) au ministère, lors de la conférence en ligne. Mais il faudra aussi doter les installations industrielles, qui produisent actuellement l’hydrogène à partir de vaporéformeurs de capture et de stockage ou d’utilisation du carbone (CCUS), pour quelque 130 000 t. « Cet objectif, insiste Philippe Boucly, représente un doublement de la capacité de production d’ici à 2030, pour passer de quelque 880 000 t d’hydrogène produites par an à entre 1,3 et 1,4 milliard de tonnes ».

Pour France Hydrogène, cela suppose un soutien à l’investissement de l’Etat à hauteur de 6,7 milliards d’euros et un soutien de 3,6 Mds € à la production d’hydrogène renouvelable et bas carbone.

L’aide de l’Europe

Le premier axe de la stratégie française énoncée par le gouvernement en septembre consiste à accélérer l’investissement pour une industrie de l’hydrogène décarbonée et compétitive. L’objectif de 6,5 GW d’électrolyseurs installés s’y inscrit. La stratégie française s’appuie sur le développement d’importants projets d’intérêt européen commun (IPCEI), le Programme d’investissements d’avenir (PIA) y mettant 1,5 Md €. La priorité est donc de réaliser des gigafactories, comme avec les batteries, afin de disposer de 40 GW d’électrolyseurs en Europe à l’horizon 2030, dont 6,5 GW en France donc. La feuille de route 2030 de l’Union européenne vise 6 GW sur 2020-2024, soit 1 Mt par an en électrolyse, puis à atteindre les 40 GW d’ici à 2030, pour produire 10 Mt, avec un investissement compris entre 24 et 42 Mds €. C’est bien là le composé clé pour le développement de l’hydrogène.

Pour ces IPCEI, d’ores et déjà plusieurs pays européens ont manifesté de l’intérêt, insiste le président de France Hydrogène, mais la France souhaite une alliance avec l’Allemagne. Ce qui a été confirmé lors d’une récente rencontre entre le Président français Emmanuel Macron et la Chancelière allemande, Angela Merkel, précise Philippe Boucly. Ces projets européens transnationaux dans des domaines stratégiques de la recherche accordent aussi un soutien dans les premières années de production et ils s’adressent aux nouvelles générations d’électrolyseurs.

La question demeure cependant pour le président de France Hydrogène de « promouvoir une vision française dans le cadre de la démarche IPCEI ». Une vision française qui passe notamment par le recours au nucléaire également, pour alimenter les électrolyseurs.

Sur toute la chaîne de valeur

La France dispose d’atouts majeurs, notamment une présence sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la filière hydrogène a insisté Philippe Boucly. Qu’il s’agisse de la production d’électricité pour alimenter les électrolyseurs (avec des acteurs majeurs, comme EDF, Engie, Total et CNR), ou de la production d’hydrogène, avec des acteurs tels Air Liquide, McPhy, Engie, voire CNR ou Hynamics, la filiale d’EDF dédiée, sans oublier les plus « petits », comme Lhyfe. Avec des fabricants, comme Areva H2Gen, ou McPhy. Et des distributeurs et des usagers.

Grâce au CEA-Liten, a insisté Florence Lambert, la directrice de l’organisme, qui regroupe plus d’un millier de personnes, mais aussi avec des start-up, spin-off comme Symbio, ou avec des collaborations avec les autres grands centres de recherche, comme le CNRS, les recherches se poursuivent, notamment en termes d’électrolyse haute température. Comme le souligne la responsable du CEA-Liten, l’objectif est, alors que l’industrie va démarrer avec les moyens existants, d’être capable de porter à maturation de telles technologies permettant de réaliser des gains de rendement de 20 % à 30 % à coût identique de l’électricité. Cela permettrait de faire chuter le coût de la molécule produite par les électrolyseurs à 2 euros par kg. Par ailleurs, sur les premières technologies, il n’y a plus de verrous à lever, mais il faut des premiers marchés avec des modèles économiques ad hoc et installer les premières usines, insiste-t-elle. Enfin, « il faut maintenir le cap sur la durée ». Côté électrolyse, de nouveaux matériaux (comme les céramiques), en alliant l’intelligence artificielle, doivent permettre d’aller vers de bons matériaux et les porter à maturité. Le CEA est, dans ces recherches, associé au CNRS ainsi qu’à d’autres organismes européens. Et de conclure que le « coût de l’hydrogène part dans le bon sens (à la baisse, ndlr), mais il faut que la recherche conserve cette synchronisation avec l’industrie ».

L’enjeu est en effet industriel, il s’agit clairement pour Philippe Boucly de ne pas reproduire ce qui s’est passé dans les énergies renouvelables, notamment le solaire.

Par Joël Spaes dans Énergie, publié le 18 novembre 2020

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/hydrogene-une-filiere-de-lelectrolyse-en-construction-85063/

NDLR : vu par la France, le développement de l’hydrogène par électrolyse est le bienvenu pour justifier la poursuite du nucléaire et en particulier la construction de nouveaux EPR.

CENTRALES NUCLÉAIRES : GREENPEACE POSE UN RECOURS SUR LEUR PROLONGATION

Un recours contre l’Autorité de sûreté nucléaire a été déposé par Greenpeace au Conseil d’État. Le but : obtenir une évaluation environnementale de la prolongation de la vie des centrales françaises.

« Aucune évaluation environnementale n’est prévue dans le cadre des visites décennales actuellement en cours pour étendre de 10 ans le fonctionnement des réacteurs nucléaires atteignant 40 ans », regrette Greenpeace. Pour cette raison, l’ONG a déposé, auprès du conseil d’État, un recours contre l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

« La France est en situation d’illégalité »

« L’ampleur et les coûts des travaux de prolongation des centrales justifient une évaluation environnementale, comme l’a rappelé la Cour de justice de l’Union européenne pour la Belgique. La France est en situation d’illégalité », avance Greenpeace.

La visite décennale est une étape d’un réexamen périodique plus large mené par l’ASN, qui doit déterminer si et à quelles conditions les réacteurs peuvent fonctionner au-delà de 40 ans. Les réacteurs nucléaires français ont été autorisés sans limitation de durée de fonctionnement mais EDF avait, initialement, envisagé une durée de vie de 40 ans. Le passage de ce cap est donc considéré comme « une étape significative » par l’ASN.

Les réacteurs de 900 MW concernés

Sont pour l’instant concernés les réacteurs de 900 MW, qui sont les plus anciens du parc. Le réacteur n°1 de la centrale du Tricastin (Drôme) a déjà passé sa quatrième visite décennale. Celle du réacteur n° 2 du Bugey (Ain) est en cours tandis que le début de celle du réacteur n°4 est prévu le 20 novembre.

Du côté d’EDF, on souligne que la décision de mener une évaluation environnementale n’appartient pas à l’entreprise : son objet « est du ressort du cadre réglementaire », a indiqué une porte-parole. « En ce qui concerne l’évaluation environnementale, il revient à l’exploitant d’identifier si les modifications qu’il envisage relèvent des critères mentionnés à l’article R. 122-2 du code de l’environnement, et notamment si elles entraînent des incidences négatives notables sur l’environnement », a indiqué l’ASN.

Publié le 18 novembre 2020 à 10h50

Photo d’illustration : Claude Prigent

https://www.letelegramme.fr/monde/centrales-nucleaires-greenpeace-pose-un-recours-sur-leur-prolongation-18-11-2020-12658313.php

BELGIQUE : ENGIE MET « TOUTES SES RESSOURCES » SUR LA FERMETURE DU NUCLÉAIRE

Malgré ce changement de cap, Thierry Saegeman ne ferme pas pour autant la porte à une éventuelle prolongation du nucléaire…

Cette communication intervient alors que le gouvernement fédéral a confirmé la sortie du nucléaire en 2025. Pour rappel, une évaluation sera faite, fin 2021, afin de vérifier s’il est bel et bien possible de se passer de Doel 4 et Tihange 3, les deux seules centrales qu’Electrabel souhaite prolonger.

L’énergéticien a toujours affirmé que la décision de prolonger ces deux réacteurs devait intervenir pour fin 2020, au plus tard. Sinon, il ne sera pas possible de réaliser dans les délais les travaux nécessaires à la prolongation. La nouvelle législation prévoit en effet que l’ensemble des travaux doit être réalisé avant la prolongation, ce qui n’était pas le cas lorsque Doel 1 et 2 ont été prolongés.

Changement de cap

Dans sa communication au personnel des centrales nucléaires, Thierry Saegeman affirme que « cette position très ferme du gouvernement nous oblige à nous préparer pour un changement de cap ».

Selon lui, Electrabel ne peut investir des millions d’euros, rien qu’en 2021, « sans être sûr de générer un retour sur investissement ».

En conséquence, Thierry Saegeman annonce qu’il doit maintenant focaliser toutes ses ressources « en personnel et matériel en vue de la préparation à la mise à l’arrêt définitive et du démantèlement de nos sept unités ».

Malgré ce changement de cap, Thierry Saegeman ne ferme pas pour autant la porte à une éventuelle prolongation du nucléaire en dernière minute…

« Si, fin 2021, le gouvernement décidait finalement de garder les centrales, nous évaluerons la situation à ce moment-là et évaluerons ce que nous serons capables de faire ou non, à ce moment-là », déclare-t-il.

Bref, la porte n’est qu’à moitié fermée. Voilà une communication qui ressemble à un gros coup de pression envers la Vivaldi.

Rappelons qu’Engie Electrabel tablait jusqu’à présent sur une prolongation de vingt ans de Doel 4 et Tihange 3. C’est ce qu’il indique noir sur blanc dans son rapport d’activité consolidé 2019. Et cela malgré la loi de sortie du nucléaire.

« Tous les scénarios envisagés« 

Contactée, la porte-parole d’Engie indique que le groupe a le devoir de se préparer à la sortie du nucléaire. « Nous travaillons sur tous les scénarios, y compris la sortie du nucléaire, indique Anne-Sophie Hugé. Nous sommes des légalistes, nous devons tenir compte du cadre légal actuel. »

La porte-parole d’Engie indique que le groupe reste à la disposition des autorités. Au cas où le gouvernement changerait d’avis…

Par Laurent Lambrecht, publié le 17-11-2020 à 20h08, mis à jour le 17-11-2020 à 22h09

Photo en titre : © belga

Thierry Saegeman, le patron des activités nucléaires d’Engie Electrabel, a enregistré une vidéo à l’attention de son personnel.

Pour voir cette vidéo, cliquer sur :

https://www.lalibre.be/economie/entreprises-startup/engie-arrete-tous-ses-projets-lies-a-la-prolongation-du-nucleaire-5fb41c349978e20e7059d7b7

LA FRANCE, LE TIAN ET LE TNP, PASSE D’ARMES AVEC LA MINISTRE DES ARMÉES

Saintes, le 16 novembre 2020

Objet : Votre lettre du 8 octobre 2020,
P.J. : Proposition de Loi

Madame la Ministre,

Je vous avais écrit le 18 juin 2020 pour attirer votre attention sur les contradictions choquantes de la politique française « en matière de respect du droit international humanitaire comme en matière de désarmement, conventionnel ou nucléaire ». (1)

Le 14 septembre 2020, le Président de la République m’en a remercié et m’a fait savoir qu’il appelait votre attention sur cette lettre. Le 8 octobre, vous m’avez fait répondre par votre directeur du cabinet civil et militaire, M. Martin Briens. Je vous en remercie. Parlant en votre nom et à votre demande, nul doute que M. Briens exprime votre pensée. Il convient donc de vous attribuer ses propos. Permettez-moi d’y réagir. (2)

Je vous prie tout d’abord de m’en excuser, mais je vais être un peu long : chacune de vos assertions appelant des remarques, j’entends être exhaustif. Après tout, il s’agit de la politique de la France et du destin du monde. On peut bien y consacrer quelque temps…

Vous dites pour commencer que « la France s’est résolument engagée dans la voie tracée par l’article VI du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui engage ses signataires à « poursuivre de bonne foi des négociations » pour arriver, à terme, à « un traité de désarmement général et complet » ».

Nous sommes d’accord sur ce point essentiel : l’article VI du TNP engage ses signataires – dont la France depuis son adhésion en 1992 – à « poursuivre de bonne foi des négociations » pour arriver, à terme, à « un traité de désarmement général et complet« . Il s’agit bien sûr d’un désarmement nucléaire général et complet, comme vous l’explicitez dans la phrase suivante en parlant de « l’objectif de l’élimination totale des armes nucléaires ». Indépendamment de tout désarmement conventionnel.

Mais il n’est pas vrai que la France se soit « résolument engagée dans la voie tracée par l’article VI ». Il n’y a aucune trace de telles négociations, ni d’une telle volonté de la France. D’ailleurs, la fin de votre phrase en réfute le début : la France, dites-vous, « continue donc à partager l’objectif de l’élimination totale des armes nucléaires » mais vous ajoutez aussitôt : « quand le contexte stratégique le permettra ». Il ne le permet donc pas pour le moment. Ainsi, la France s’est « résolument engagée » … à renvoyer aux calendes grecques l’exécution de l’article VI du TNP, ou pour le dire plus trivialement, à la Saint Glinglin. Point d’engagement résolu. Juste un engagement à s’engager un jour, peut-être…

Cela ne vous empêche pas d’énumérer ensuite, comme autant de preuves, diverses mesures prises par la France. Mais preuves de quoi ? Une série de gestes unilatéraux n’a jamais fait une négociation, par définition bi- ou multilatérale. Le seul moyen de prouver qu’on veut « résolument » cette négociation, c’est de s’asseoir à sa table si elle est déjà ouverte, ou sinon, de la dresser soi-même et d’y inviter les autres.

Mais peut-être entendez-vous seulement prouver, en évoquant ses efforts restés tristement solitaires, la farouche volonté de la France d’aller, envers et contre tous, vers l’élimination totale des armes nucléaires ?

Eh bien, examinons les faits.

Vous soulignez que la France « est le seul pays au monde à avoir démantelé de façon irréversible ses sites d’essais nucléaires ». C’est vrai. Mais pourquoi l’a-t-elle fait ? Parce qu’elle n’en avait plus besoin. Vous le dites vous-même : elle a remplacé ses sites d’essais par « des installations de simulation ». Ce fut même le motif avancé par le Président Chirac pour justifier la reprise des essais français en 1995-96 : nous en avions impérativement besoin pour passer à la simulation. En clair, la France a fermé le Centre d’Expérimentation du Pacifique (CEP), non pas pour renoncer ensuite à ses armes nucléaires, mais au contraire pour les conserver ad libitum et à moindres frais, le CEP s’avérant fort onéreux, et dorénavant inutile. C’était à la fois une mesure d’économie et un progrès technique pour la perpétuation des armes.

Si l’on examine toutes les mesures prises unilatéralement par la France et présentées par elle comme autant de mesures de désarmement motivées par sa volonté d’aller vers l’abolition des armes nucléaires, on s’aperçoit qu’elles sont toutes, sans exception, dictées par la volonté farouche de conserver ses armes, combinée à des motifs d’opportunité, techniques, politiques ou financiers.

Ainsi, pour ne retenir que les mesures que vous invoquez :

 Elle a diminué son arsenal « de moitié », dites-vous par référence au nombre de ses « têtes nucléaires » -ce qui implique donc qu’elle avait dépassé le niveau « de stricte suffisance »… – mais sans réduire la puissance de ces têtes ni leur capacité : faire entre 500 millions et un milliard de morts.

 Elle a « renoncé à sa composante terrestre », dites-vous, c’est-à-dire ses missiles balistiques SSBM du plateau d’Albion et ses missiles terrestres dits (selon les vicissitudes du discours politique…) « tactiques » ou « préstratégiques », les Pluton, puis les Hadès. C’est vrai, mais pourquoi ?

 Parce que ceux du plateau d’Albion étaient dûment localisés et ciblés et auraient naturellement fait l’objet d’une « première frappe » atomique en cas de conflit (à plus forte raison après que l’ennemi venu de l’Est aurait reçu notre « ultime avertissement »). Le fait d’être enterrés ne les mettait pas à l’abri des effets, notamment électromagnétiques, d’une telle frappe.

 Et parce que les Pluton (70 km de portée) et même les Hadès à portée allongée avaient le fâcheux inconvénient de tomber immanquablement sur le territoire ouest- ou est-allemand, ce qui déplaisait profondément à nos amis de RFA. On a fini par le comprendre. Sans parler du fait que l’emploi de ces missiles aurait provoqué une riposte encore plus virulente de la part de l’ennemi venu de l’Est, lequel avait largement de quoi nous rendre la politesse.

Chose que l’état-major des Bleus a comprise lors des manœuvres de mai 1980 tenues en zone française de la RFA : les Bleus renoncèrent à demander au président Giscard d’Estaing l’autorisation d’utiliser leurs Pluton contre les Rouges, alors même que ceux-ci enfonçaient les Bleus avec leurs chars pléthoriques. Le président Giscard en prit acte, et il ajoute entre parenthèses, dans ses mémoires, qu’il aurait également renoncé à utiliser en premier ses armes stratégiques. Tous renoncements de bon sens – mieux vaut subir une occupation que provoquer sa propre destruction – mais revenant à condamner dans son ensemble la stratégie française de dissuasion, qui repose sur une frappe d’avertissement en premier, éventuellement suivie de frappes anti-cités (on ne sait trop de qui sur qui).

Bref, après avoir admis au bout de 25 ans que la « composante terrestre » était un gaspillage, on lui a préféré la composante sous-marine, on y a mis un terme et on a tout envoyé au rencart. À lui seul, le démantèlement du plateau d’Albion a coûté 75 milliards d’Euros. Et bien sûr, on en a fait « un geste de désarmement ». Cela s’appelle « faire de nécessité vertu ».

 La France a donc renoncé à sa composante terrestre « tout en réduisant ses capacités océaniques », ajoutez-vous. Mais est-ce bien les réduire que de remplacer 6 Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins (SNLE) de vieille génération par 4 SNLE-NG de nouvelle génération, aux capacités accrues, tout en modernisant les missiles qui les arment (M2, M4, M20, M45, M51…), dont la portée et la précision ne cessent d’augmenter, et en ayant produit 6 Sous-marins Nucléaires d’Attaque (SNA) de la classe Rubis, que l’on remplace maintenant par autant de SNA de la classe Suffren ?

La France continue dans cette voie, comme le prouve votre tweet du 20 octobre 2020 : « Le Suffren vient de réussir un tir d’essai de missile de croisière navale (MdCN). Une véritable rupture stratégique. Fière de nos marins, de la DGA [Direction générale de l’armement] et de notre industrie. »

Votre cocorico salue, Madame, ce qui s’appelle de la « prolifération verticale ». Vous pouvez en être fière (à défaut d’en rendre fiers vos concitoyens), si tel est votre choix. Mais vous ne pouvez en même temps nous raconter que la France « s’est résolument engagée dans la voie tracée par l’article VI du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) », d’après lequel, faut-il vous le rappeler, « chacune des Parties s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire« . De toute évidence, votre « véritable rupture stratégique » ne va pas dans ce sens-là. Elle bafoue tout simplement l’article VI du TNP, vous ne pouvez le nier.

 Quant à la réduction des « capacités aéroportées » de la France dont vous faites état, elle se résume au remplacement de 3 escadrons de Mirage 2000N par 2 escadrons de Rafale, avion à capacités supérieures et d’un coût tellement élevé qu’on peut se contenter d’en avoir un tiers de moins (discours de Nicolas Sarkozy à Cherbourg, le 8 mars 2008)… d’autant plus qu’il n’y aura qu’un seul avion à être chargé de délivrer « l’ultime avertissement » ! Les mêmes raisons financières avaient, du temps de leur construction, motivé la réduction du nombre de SSBM de 27 à 18 : la troisième tranche fut abandonnée en cours de programme. Peut-être s’était-on déjà aperçu que les deux premières ne servaient à rien ?

Mais ces oiseaux rares des Forces Aéroportées Stratégiques (FAS) – auxquels il conviendrait d’ajouter les Rafale M de la Force Aéronavale Nucléaire (FANU) embarqués sur le Charles de Gaulle – sont équipés d’un missile Air-Sol à Moyenne Portée, lui aussi Amélioré (ASMP-A) et toujours doté d’une tête de 300 kT : 20 fois la puissance de Little Boy, la bombe d’Hiroshima – ce qui fait vraiment beaucoup pour un simple « avertissement » (mais on n’en est pas à une contradiction près…).

 Il est bien vrai que la France a, comme vous dites, « démantelé ses installations de production de matières fissiles à des fins d’armes nucléaires ». Mais pourquoi ? Parce qu’elle n’en avait plus besoin : elle a un stock de plutonium qui lui permettrait de fabriquer encore plusieurs milliers de bombes, alors qu’avec 300 têtes, elle en a déjà bien assez. Ce démantèlement « exemplaire » ne la prive donc de rien, mais lui permet d’exiger d’autres États qui, eux, pourraient avoir besoin de telles installations pour accéder à l’arme nucléaire, qu’ils y renoncent. Roublardise.

 La même remarque vaut pour la signature du Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires (TICE ou TICEN) : c’est simplement que la France n’a plus besoin d’essais, comme on vient de le voir. Le TICE (CTBT en anglais), qui attend toujours son entrée en vigueur depuis 1996 (un record !) et pourrait l’attendre encore longtemps (à moins que M. Biden ne surmonte l’opposition du Sénat des États-Unis), n’est rien d’autre qu’un instrument de lutte contre la prolifération, absolument pas une étape du désarmement. Roublardise encore.

 De même, si la France « milite en faveur d’un moratoire sur la production des matières fissiles pour les armes et le démantèlement des installations de production de ces matières, en attendant la négociation d’un traité » – alias le traité FMCT ou « Cut-off » qui, à la différence du TICE/CTBT, n’existe encore qu’à l’état de projet – c’est que ni l’un ni l’autre ne la concerne en quoi que ce soit, ni elle, ni les autres États dotés. Roublardise toujours.

En présentant l’entrée en vigueur du TICE et de l’improbable traité « Cut-off » comme autant d’étapes sur la voie du désarmement nucléaire, on feint de « militer » pour l’abolition des armes existantes. Évidemment, il n’en est rien. La France attend, dites-vous, « la négociation d’un traité ». Oui, mais ce n’est pas le bon. Et pendant ce temps-là, on ne négocie pas le seul traité qui vaille, le seul qu’exige l’article VI du TNP : le traité d’abolition. Roublardise et mauvaise foi, encore et toujours.

Quant à la « transparence » dont vous faites état pour couronner les mérites supposés de la France, elle se réduit pratiquement à la révélation de secrets de Polichinelle, tel le nombre de nos « têtes nucléaires » et de nos vecteurs (accessible sur Internet et dans toutes les bonnes librairies), et à la visite guidée des « sites démantelés ». Autant de sites que je serais pour ma part curieux de visiter. Mais je doute que ce genre de tourisme fasse avancer en quoi que ce soit le désarmement nucléaire.

Cela dit, si vous trouvez que d’autres États dotés ne sont pas assez transparents sur la nature et la quantité de leurs arsenaux, vous avez raison, mais vous avez un moyen simple de les forcer à atteindre ou plutôt dépasser le niveau de la transparence française : convoquez-les à des négociations sur l’élimination de toutes les armes nucléaires ; chacun sera alors soumis aux questions, aux soupçons et à la vérification de tous les autres, ce qui rendra tout le monde transparent. Chiche ?

Cela nous amène à nous tourner avec vous du passé vers le présent et l’avenir. Plutôt sombres.

Vous nous annoncez que « la France ne signera ni ne ratifiera le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) ».

Ce n’est pas un scoop. Nous le savons depuis le jour où les États-Unis, le Royaume-Uni et la France tenaient ensemble conférence pour annoncer leur boycott des négociations qui s’ouvraient au même moment dans le même bâtiment de l’Onu, à New York. Nous le savons depuis l’issue de ces mêmes négociations le 7 juillet 2017 et le communiqué commun par lequel ces mêmes trois États annonçaient qu’ils ne signeraient jamais le TIAN, que 122 États venaient impudemment d’adopter.

Les arguments par lesquels vous justifiez ce rejet n’ont pratiquement pas changé depuis.

Selon vous, Madame, le TIAN est « de nature à fragiliser le système international de non-prolifération, en créant une norme concurrente du TNP ». Mais de quelles normes parlez-vous donc ? La norme du TIAN est simple : il faut s’interdire les armes nucléaires et les éliminer. C’est la même que celle du TNP, article VI. En quoi sont-elles concurrentes ?

Selon vous, Madame, le TIAN ne comporterait pas « le même équilibre que le TNP entre les piliers de désarmement, de non-prolifération et de garantie des usages pacifiques du nucléaire ». Hélas si, pour ce qui est du « troisième pilier » : le préambule du TIAN « souligne », alinéa 21, « qu’aucune disposition du présent Traité ne sera interprétée comme portant atteinte au droit inaliénable de tous les États Parties de développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, sans discrimination ». C’est un parfait copié-collé de l’article IV, §1, du TNP, qui témoigne de la redoutable pression politique et idéologique exercée par les ÉDAN sur les négociateurs du TIAN. Que le TNP, conçu en d’autres temps, persiste à faire proliférer les centrales nucléaires, sources de catastrophes, foyers d’insécurité permanente, de contamination radioactive, et outils de prolifération militaire, c’est son affaire. Ce n’était pas celle du TIAN, censé ne s’occuper que d’interdire les armes.

Quant aux deux autres piliers, désarmement et non-prolifération, suggéreriez-vous, Madame, que « l’équilibre » établi par le TNP mais ébranlé par le TIAN consistait à instaurer un « double standard » entre ÉDAN et ÉNDAN, et à tolérer depuis 50 ans que les premiers bafouent son article VI et conservent indéfiniment les armes qu’il interdit aux seconds ? Bel équilibre, en vérité ! C’est cet équilibre entre une meute de loups et un troupeau d’agneaux qui a conduit les ÉNDAN à resserrer les rangs, à s’insurger contre ce « régime » inique de non-prolifération sans désarmement, à tenir tête aux ÉDAN (qu’ils avaient même invités aux négociations !), enfin à concevoir et adopter le TIAN. Que le loup français s’en agace, on le comprend. Mais de grâce, qu’il ne vienne pas hurler qu’on l’égorge !

Toujours selon vous, Madame, le TIAN promouvrait « un système de garanties qui serait inférieur à celui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en n’obligeant pas les Etats à adhérer au protocole additionnel » – qui étend les moyens de détection et de vérification de l’AIEA. Certes, l’article 3 : Garanties, du TIAN n’oblige pas ses Parties à signer avec l’AIEA un protocole additionnel lors de leur adhésion. Mais c’était aussi et cela reste le cas du TNP. Par définition, le protocole additionnel s’ajoute à l’Accord de Garanties Généralisées de l’AIEA ; il est vivement recommandé aux ÉNDAN, mais pas obligatoire et, sauf erreur, à ce jour une cinquantaine d’entre eux ne l’appliquent pas encore, parmi lesquels une trentaine ne l’ont même pas signé. Cette faille est donc commune au TIAN et au TNP.

Elle pourra être comblée dans les deux traités… lorsque les ÉDAN se réuniront pour négocier un traité d’abolition des armes nucléaires – et radioactives, couplant interdiction et élimination. Ils pourront alors s’entendre pour attribuer à l’AIEA des moyens de contrôle renforcés, encore supérieurs à ceux du protocole additionnel, mais aussi, suprême garantie, pour s’attribuer des moyens de contrôle réciproque. Car, deux précautions valant mieux qu’une, il s’agira alors de mettre en place un contrôle maximal, à la fois international et mutuel. C’est en tout cas ce que propose ACDN, allant plus loin en matière de rigueur que l’article VI du TNP, et tirant la leçon des précédents israélien, irakien, nord-coréen… et autres.

Pour finir, selon vous, Madame, le TIAN est « en complet décalage avec le contexte de sécurité international ».

Voilà enfin, Madame la Ministre, une assertion à laquelle je vais pouvoir souscrire des deux mains !

Oui, le TIAN est en complet décalage avec le contexte de sécurité international.

Car quel est le contexte ?

Pour faire bref, un monde traversé de tensions, parsemé de guerres, assailli de problèmes plus énormes les uns que les autres, vivant dans la peur et la compétition, et divisé en deux catégories : ceux qui en ont et ceux qui n’en ont pas. Quoi donc ? Des bombes définitives. Des moyens d’écraser, massacrer, pulvériser, annihiler l’Autre. Bref, atomiser.

Et que propose le TIAN ? À ceux qui n’en ont pas, de continuer à ne pas en avoir, et à ceux qui en ont, de rendre leurs armes sans s’occuper de savoir si l’Autre, les autres, tous ceux qui en ont, vont conserver les leurs. Mais pour faire cela, il faudrait vraiment qu’ils aient le cœur sur la main ! Une générosité qu’on ne leur connaît pas. Une naïveté, une inconscience qu’ils ne se connaissent pas. Ce sont tous des méfiants, voire des roublards, n’est-ce pas Madame la Ministre, et ils se prêtent mutuellement les mêmes belles vertus. Ils pensent que l’Autre, à peine auront-ils déposé leurs armes, pourrait bien s’empresser de les attaquer avec les siennes. Dans ce beau monde, la confiance règne. Et puis, avouons-le tout à fait entre nous, Madame la Ministre, « en avoir », tout de même, ça vous fait sortir du lot, ça vous pose son État, non ? On fait partie du happy few, n’est-ce pas ? Ça, c’est un motif !

Le TIAN propose donc aux ÉDAN de désarmer, soit avant, soit après avoir adhéré au traité, mais dans les deux cas unilatéralement. En solo. Ce n’est pas franchement adapté au contexte. Résultat, le TIAN n’a réussi qu’une chose, aux antipodes de son objectif : faire l’union sacrée entre les cinq ÉDAN pour annoncer, en chœur ou presque, qu’ils ne le signeront jamais et s’en tamponnent le coquillard.

Permettez-moi, Madame la Ministre, d’ajouter quelque chose que personne n’ose dire, voire penser, personne, ni les représentants des ÉNDAN, ni ceux des ONG, ni les jurés du Prix Nobel, ni même vous, Madame, qui devriez pourtant vous en réjouir. Je ne vais pas me faire que des amis en le disant, mais tant pis, c’est un fait : le TIAN est incohérent. Il proclame que le désarmement -unilatéral- doit être irréversible. Mais il autorise chaque État Partie, « dans l’exercice de sa souveraineté nationale » à se retirer du Traité « s’il décide que des événements extraordinaires… ont compromis (s)es intérêts suprêmes. » Il lui suffira de patienter un an avant d’échapper à tous les interdits du traité et créer, restaurer ou sortir du placard les armes auxquelles il avait en principe renoncé définitivement.

Par son article 17 sur le droit de retrait, alinéa 2 (autre copié-collé, à une légère modification près, de l’article X du TNP), le TIAN a donc tout à la fois légitimé le principe de la dissuasion nucléaire auquel se réfèrent les ÉDAN pour rejeter le Traité, admis la supériorité de la souveraineté nationale sur les obligations du droit international, autorisé et mis en place les conditions de son échec, et préparé son propre démantèlement – son implosion. Bref, le TIAN court au fiasco. (3)

Ne le craignez donc pas, Madame la ministre. Ne vous fatiguez pas à le combattre. Au contraire, sauvez-le ! Non pas en le signant tel qu’il est, vous ne le voulez pas et ce n’est pas non plus ce que l’on vous demande. Mais en contactant les ÉNDAN qui l’ont conçu, signé, ratifié, et qui le promeuvent. Dites-leur que la France serait prête à adhérer au TIAN pourvu qu’il soit profondément amendé : qu’on n’y parle plus de nucléaire civil, c’est hors sujet ; qu’on y renforce les moyens de surveillance de l’AIEA ; qu’on y ajoute des procédures efficaces de contrôle mutuel ; qu’on le rende vraiment irréversible en supprimant l’article 17, alinéas 2 et 3 ; et surtout, surtout, qu’on le lie d’une manière ou d’une autre (j’en connais au moins une) à un processus de désarmement multilatéral, auquel la France va travailler.

Dites-leur que la France va convoquer les autres ÉDAN, à Paris ou ailleurs, pour ouvrir enfin les négociations auxquelles ils sont tenus par l’article VI du TNP, et qu’elle y invitera aussi les quatre autres États dotés qui ne sont pas Parties au TNP (Israël, Inde, Pakistan) ou ne le sont plus (Corée du Nord).

Et puis, cerise sur le gâteau, faites-leur savoir que la France va geler les programmes de modernisation de ses armes nucléaires, pour prouver qu’elle « s’est résolument engagée dans la voie tracée par l’article VI du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) » et qu’elle n’en attend pas moins de ses pairs en crime contre l’humanité.

Voilà, Madame la Ministre, ce que je souhaitais vous dire. Je vous avais prévenue, j’ai été un peu long. Mais je finis par où vous avez commencé, et nous avons pratiquement fait le tour de la question.

Reste votre conclusion, qui fait de l’arme nucléaire « la clé de voûte de notre stratégie de défense » et « l’ultime défense des intérêts vitaux de la Nation ». J’ai du mal à saisir cette scie. En cas d’invasion par un ennemi doté de la même arme, est-ce en provoquant notre « destruction mutuelle assurée » que nous sauverons nos intérêts vitaux ? Nous devrions nous suicider afin de les défendre pour la dernière fois ? Soit périr par l’atome, soit capituler : ultime choix défensif ! La dissuasion nucléaire : une ligne Maginot d’un coût exorbitant et qui ne permettra même pas à la France de survivre à sa défaite, comme en 1940. Vous n’y êtes pour rien, Madame (sauf à vous obstiner), mais c’est une politique ubuesque, abracadabrantesque – gribouillesque. Clé de voûte, oui, mais d’un système de terreur et de massacres généralisés. Une histoire de fous. Le nec plus ultra de la pensée stratégique française…

Pour vous en convaincre, permettez-moi de vous recommander, entre autres textes -dont les mémoires du Président Giscard-, la Proposition de Loi référendaire ci-jointe, émise par ACDN, reprise à leur compte par plusieurs dizaines de parlementaires, approuvée par 85 % des Français (selon l’IFOP).

Il ne me reste plus, Madame la Ministre, qu’à vous poser, ainsi qu’au Président de la République, au Premier Ministre et au Ministre des Affaires étrangères que je mets en copie, la question que nous posons à tous les parlementaires et voulons voir posée à tous les Français :

« Approuvez-vous que la France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives et engage avec l’ensemble des États concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de mes sentiments civiquement distingués.

Pour ACDN, Jean-Marie Matagne, Président

Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN), 31, Rue du Cormier – 17100 – Saintes

Tel : +33 (0)6 73 50 76 61, contact@acdn.net www.acdn.net

Copie à
M. le Président de la République
M. le Premier Ministre
M. le Ministre des Affaires étrangères

P.J.  : Proposition de Loi visant à organiser un référendum en application de l’article 11,alinéa 3, de la Constitution, sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives

https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/proposition_de_loi_pour_un_referendum_sur_l_abolition_des_armes_nucleaires_et_radioactives-5.pdf

*************************************************************************
Correspondance :

(1) Vente d’armes et langue de bois : la tartuferie française. Questions à Florence Parly, ministre des armées.

(2) Courrier :

 Lettre du Chef de Cabinet du Président de la République (https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/lettre-presidence-sept_2020.pdf)

 Lettre du Directeur du Cabinet civil et militaire de la Ministre des Armées, page 1 (https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/ministere_1.pdf)

  Lettre du Directeur du Cabinet civil et militaire de la Ministre des Armées, page 2 (https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/ministere_2.pdf)

Voir aussi :

 Lettre à Florence Parly : la ministre se tait, le Président répond

(3) Cf. Le TIAN bientôt en vigueur : Que dit-il ? Que peut-on attendre de lui ?

Publié le 17 novembre 2020

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1227&lang=fr

L’ARABIE SAOUDITE DIT QUE LES ARMES NUCLÉAIRES CONTRE L’IRAN SONT « UNE OPTION »

L’Arabie Saoudite se réserve le droit de s’armer d’armes nucléaires si le principal rival de Riyad, L’Iran ne peut être empêché d’en fabriquer un, a déclaré le ministre d’État aux Affaires étrangères du royaume.

« C’est définitivement une option », a déclaré Adel al-Jubeir à la Deutsche Presse-Agentur (dpa) dans une récente interview. Si l’Iran devient une puissance nucléaire, a-t-il dit, davantage de pays suivront.

« Et l’Arabie saoudite a dit très clairement qu’elle fera tout ce qu’elle peut pour protéger son peuple et pour protéger ses territoires », a ajouté al-Jubeir.

Téhéran travaille sur l’utilisation de l’énergie nucléaire depuis des décennies et a signé en 2015 un accord nucléaire avec les puissances mondiales pour arrêter le développement d’une bombe en échange de la levée des sanctions.

Cependant, l’administration du président américain Donald Trump s’est retirée unilatéralement de l’accord en mai 2018 et a commencé à imposer de nouvelles sanctions contre l’Iran, une décision fortement soutenue par l’Arabie saoudite.

« Nous pensons que les Iraniens n’ont réagi qu’à la pression », a déclaré al-Jubeir.

Interrogé sur les changements qu’il anticipe une fois que le président élu Joe Biden prendra les commandes en janvier, il a déclaré: « Nous devrons voir ».

Biden a promis de revenir à l’accord nucléaire, mais a déclaré qu’il chercherait à faire pression sur les activités régionales et les programmes de missiles de l’Iran, entre autres.

La semaine dernière, le roi d’Arabie saoudite Salman bin Abdulaziz Al Saud a exhorté le monde à adopter une «position décisive» pour répondre aux efforts de l’Iran pour développer ses programmes de missiles nucléaires et balistiques.

En réponse, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a appelé le royaume à s’abstenir « d’allégations sans fondement et de propagande haineuse ».

Par LaminuteInfo,  publié le 17 novembre 2020

https://laminute.info/2020/11/17/larabie-saoudite-dit-que-les-armes-nucleaires-contre-liran-sont-une-option/

DÉCHETS NUCLÉAIRES : EN EUROPE, 60 000 TONNES DE COMBUSTIBLES USÉS HAUTEMENT RADIOACTIFS ATTENDENT UN STOCKAGE DÉFINITIF

Le premier réacteur nucléaire a été mis en service en 1954. Pourtant, près de 70 ans plus tard, aucune solution de stockage définitif n’a encore été mise en place pour accueillir les déchets les plus radioactifs. Ceux-ci représentent plus de 60 000 tonnes rien qu’en Europe, dont un quart se trouve en France. C’est ce que révèle le premier Rapport mondial sur les déchets nucléaires, réalisé par une dizaine d’experts internationaux, en partenariat avec la fondation Heinrich-Böll et Les Verts européens.

Leur quantité peut paraître raisonnable mais ils concentrent la très grande majorité de la radioactivité. En Europe (hors Russie et Slovaquie), 60 000 tonnes de combustibles usés sont actuellement entreposés, pour leur grande majorité en piscines de refroidissement, en attente d’une solution définitive de stockage. La France détient un quart de ces combustibles usés, devant l’Allemagne (15 %) et le Royaume-Uni (14 %). Mais pour l’heure, aucun pays, ni en Europe, ni dans le monde, ne dispose de solution de stockage définitif, selon le premier Rapport mondial sur les déchets nucléaires, réalisé par une dizaine d’experts internationaux (1).

La Finlande est le seul pays à construire actuellement un tel site. Les combustibles usés, placés dans des conteneurs en cuivre résistants à la corrosion et enrobés d’argile, seront stockés à 500 mètres de profondeur. Outre la Finlande, la Suède et la France sont parvenus à déterminer un lieu d’implantation géologique tandis qu’une quinzaine de pays réfléchit à mettre en place de telles installations. Les États-Unis exploitent par ailleurs depuis 1999 un site destiné aux déchets à vie longue provenant du programme nucléaire militaire, stockés dans des dômes de sel à plus de 650 mètres de profondeur.

Des capacités d’entreposage qui risquent de saturer

En France, c’est le site de Cigéo à Bure, à cheval sur la Meuse et la Moselle, qui a été choisi. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) y teste depuis le début des années 2000 l’enfouissement de déchets nucléaires de haute activité et à vie longue à 500 mètres de profondeur. Malgré une vive opposition sur le terrain, l’Andra a déposé début août une demande de déclaration d’utilité publique qui ouvrira la voie à une enquête publique. À terme, le projet devra accueillir 85 000 m3 de déchets nucléaires hautement radioactifs d’ici 2100. Les premiers colis devraient être acheminés en 2035.

En attendant, ils « dorment » pour la plupart dans l’une des quatre piscines de La Hague, dans la presqu’île du Cotentin, avant d’être traités et entreposés. Mais ces capacités d’entreposage devraient arriver à saturation à l’horizon 2030 et la nouvelle piscine d’entreposage envisagée par EDF ne devrait pas voir le jour avant 2034. « S’il n’y a pas d’alternative en 2030, les réacteurs risquent de devoir s’arrêter car on ne peut pas décharger les combustibles usés des réacteurs s’il n’y a pas d’endroit pour les entreposer”, imagine Manon Besnard, de l’institut français Négawatt, contributrice du rapport. Ailleurs, la situation est encore plus à risque, avec un niveau de saturation de 93 % en Finlande et 80 % en Suède. 

Le retraitement remis en cause

Le document pointe aussi le fait que la France soit l’un des rares pays au monde à retraiter ses combustibles, la plupart ayant suspendu ou arrêté définitivement cette pratique. « Le retraitement produit beaucoup de matières nucléaires et rend finalement leur gestion plus compliquée et dangereuse avec un gain sur la matière brute qui reste marginale face aux risques » alerte Yves Marignac, de l’institut Négawatt. « C’est d’autant plus vrai que la perspective que tout va être réutilisé est une illusion. Le retraitement, qui servait une stratégie industrielle de surgénérateurs aujourd’hui abandonnée, doit être stoppé avant de nous plonger dans une impasse ingérable ». 

Dans un avis du 8 octobre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a créé la surprise en estimant qu’une part significative de la matière radioactive dite valorisable correspond en fait à des déchets radioactifs, qu’il va falloir gérer et stocker comme tels. Une orientation à contre-courant de la doctrine défendue jusqu’alors par la filière nucléaire française qui voulait que tout matériau nucléaire ayant un potentiel énergétique soit considéré comme valorisable. De son côté, Orano rejette toute requalification en déchet et assure qu’il pourrait devenir rentable de réenrichir l’uranium appauvri – qui représente plus de 300 000 tonnes – à partir de 2025-2026.

 (1) Voir le Rapport mondial sur les déchets nucléaires publié dans sa version française le 4 novembre.

Par Concepcion Alvarez (@conce1), publié le 17 novembre 2020

Photo en titre : Le site de la Hague compte quatre piscines comme celles-ci qui peuvent accueillir 14 000 tonnes de combustibles usés en attente d’être traités. CA

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/dechets-nucleaires-en-europe-60-000-tonnes-de-combustibles-uses-hautement-radioactifs-attendent-une-solution-de-stockage-definitive-149168.html

DRÔME: LES MILITANTS DE GREENPEACE DEVANT LA JUSTICE EN JUIN POUR UNE INTRUSION SUR LE SITE DU TRICASTIN

34 militants comparaîtront le 29 juin devant le tribunal de Valence pour avoir, le 21 Février 2020, mené une action symbolique de démantèlement de la centrale nucléaire du Tricastin. En raison de la crise sanitaire, l’audience a dû être reportée une seconde fois. 

Le tribunal correctionnel de Valence s’est prononcé ce mardi 17 novembre 2020 sur un report de la comparution de 34 militants de l’ONG Greenpeace. En raison de la crise sanitaire Greenpeace France et EDF ont demandé le report de l’audience accepté par le tribunal qui a fixé la date au 29 juin2020 à 09h. Les 34 prévenus, devront être entendus pour avoir mené une action symbolique de démantèlement de la centrale du Tricastin le 21 février dernier. 

Outils géants en main et vêtus de salopettes bleues et de casques jaunes, ils avaient rebaptisé l’usine : « Tricasto ». Une vidéo commentée sur un ton à la fois grave et humoristique est toujours visible sur le site de Greenpeace qui justifie son action par la « dangerosité du site« . « La fermeture de Tricastin est urgente pour l’avenir des employés et du territoire »  justifie une des militantes sur place à l’époque.

Vidéo (2mn34s) Pour la visualiser, aller sur le site

EDF avait alors réagi par voie de communiqué en condamnant « l’intrusion d’individus dans la centrale de Tricastin. Il s’agit d’une infraction qui donnera lieu à un dépôt de plainte », ajoutant que l’intrusion n’avait eu aucun impact sur la sûreté des installations.

Pour mettre fin à l’opération, une centaine de gendarmes drômois ainsi que des effectifs du PSPG du Tricastin et du GIGN d’Orange avaient été engagés.

Une première audience, prévue en avril dernier avait été reportée au 17 Novembre en raison de la crise sanitaire. 

Publié le 17/11/2020 à 07h13, mis à jour le 17/11/2020 à 11h04

Photo en titre : Ces militants avait mené une fausse opération de démantèlement de la centrale du Tricastin avec des outils géants en mousse • © Greenpeace /Twitter

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/drome/drome-militants-greenpeace-devant-justice-intrusion-site-du-tricastin-1895528.html

TRUMP DÉSORMAIS SANS LIMITES ? IL PRÉVOYAIT DE FRAPPER BIENTÔT UNE CENTRALE NUCLÉAIRE D’IRAN

Les Américains ne savent pas encore à 100% à quel saint ou dirigeant se vouer au cours de cette transition du pouvoir relativement incertaine et délicate, dénommée très justement la période du « canard boiteux«  aux États-Unis. A fortiori avec un Donald Trump qui se sert de chaque dossier sensible pour mettre des bâtons dans les roues à Joe Biden, son successeur à la Maison Blanche… Au point d’ailleurs de donner des sueurs froides à son propre entourage politique car il paraît plus que jamais incontrôlable.

La centrale de Natanz choisie pour cible

Le pays, et le monde entier par ricochet, viennent ainsi de frôler une catastrophe majeure : en fin de semaine dernière, le président américain sortant a évoqué sans détours son intention de lancer une frappe contre l’Iran, plus précisément contre un site nucléaire. Le journal New York Times qui vient de faire cette révélation « explosive » indique que la cible choisie aurait été vraisemblablement la vaste centrale de Natanz, construite dans la province centrale d’Ispahan afin d’enrichir de l’uranium en grande quantité.

Par Joël Chatreau,

https://fr.euronews.com/2020/11/17/trump-desormais-sans-limites-il-prevoyait-de-frapper-bientot-une-centrale-nucleaire-d-iran

L’IRSN PRÉSENTE DES PISTES D’AMÉLIORATION DE L’ÉVALUATION DU RISQUE SISMIQUE EN FRANCE

Le séisme du Teil plaide pour une amélioration des études sismiques. L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire juge notamment utile d’aller au-delà des séismes connus depuis 1 000 ans et d’intégrer le risque de rupture.

Une note de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), publiée le 12 novembre, tire les conséquences de l’étude du séisme qui a causé d’importants dommages dans la commune ardéchoise du Teil et ses voisines en novembre 2019. Le document présente aussi les travaux menés par l’IRSN pour améliorer la prise en compte de l’aléa sismique pour les installations nucléaires.

Un séisme peu commun

L’analyse des données collectées par les experts de l’IRSN, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’institut de recherche pour le développement (IRD) montre que le séisme, de magnitude 4,9, présente trois caractéristiques atypiques.

Tout d’abord, il s’est initié à une profondeur d’environ 1 km. « Cette faible profondeur de foyer est rarement observée pour un séisme de cette magnitude, la rupture s’initiant généralement au-delà de 5 km. » Les chercheurs constatent ensuite que le séisme s’est produit sur une faille jugée inactive, mais appartenant au faisceau de failles des Cévennes dont plusieurs segments sont reconnus comme potentiellement actifs. Enfin, le séisme a entrainé un décalage du sol de l’ordre de 10 cm entre les deux compartiments de la faille. « Il est là-aussi très rare d’observer une rupture de surface pour un séisme de cette gamme de magnitude, les ruptures de surface apparaissant en général pour des magnitudes dépassant 6. »

Ces caractéristiques, qualifiées de « peu communes » illustrent « la nécessité d’élargir le champ des investigations nécessaires à l’évaluation de l’aléa sismique » en France. L’IRSN explique avoir déjà demandé, dans le cadre de la troisième visite décennale des réacteurs de 1 300 mégawatts (MW), qu’EDF étudie les failles potentiellement actives dans un rayon d’au moins 25 km autour des sites. Ce travail devait permettre de déterminer leur potentiel sismogénique et leur capacité à rompre la surface.

Aller au-delà des séismes référencés

La note de l’IRSN envisage deux améliorations. L’institut plaide pour l’amélioration des méthodes d’identification et d’étude des failles potentiellement actives. Dans ce domaine, l’institut propose d’aller au-delà des études de sismicité historique, qui s’appuient essentiellement sur des archives rassemblant les évènements connus (les plus anciens remontent à environ 1 000 ans). L’objectif serait d’identifier des failles « susceptibles de générer des séismes caractérisés par de très longues périodes de retour ».

En l’occurrence, le séisme du Teil a été causé par la faille de la Rouvière, dont la dernière période d’activité connue remonte à environ 20 millions d’années. Par ailleurs, les caractéristiques de la région entraîne de longue période de retour des séismes, « probablement (…) de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers d’années ». Autant de facteurs qui rendent difficile, voire impossible, la cartographie des failles actives sur la seule base de l’étude des traces de surface.

Pour remédier à ce problème, L’IRSN juge « indispensable » d’utiliser des techniques permettant de visualiser le sous-sol, comme les techniques géophysiques, le creusement de tranchées, ou des forages. L’IRSN, en collaboration avec des universités, a entrepris de telles études des évènements rares. Des acticités, géologiquement récentes (plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers d’années), ont déjà été identifiées sur des failles en Savoie et Haute-Savoie, dans le fossé Rhénan, dans la vallée de de la Moyenne Durance ou encore dans l’Artois, détaille l’Institut.

Mieux connaître les ruptures de terrain

L’IRSN évoque aussi l’intégration de la possibilité de rupture de surface dans l’évaluation de l’aléa sismique. L’apparition d’une rupture de terrain est rare en France : sur les 60 dernières années d’observation, seuls le séisme du Teil et celui d’Épagny (Haute-Savoie), en 1996, ont donné lieu à un décalage du terrain. « En revanche les études de paléosismologie (…) ont montré que ce phénomène s’est produit sur plusieurs failles du territoire national dans l’histoire ou dans un passé géologique récent. »

En France, cet aléa « commence à être reconnu », mais il n’est pas pris en compte dans les études sismiques, alors qu’il « présente une menace pour les réseaux (transports, gaz, eau, énergie), infrastructures (barrages, digues), et installations à risque ». L’IRSN plaide pour qu’il soit intégré, au moins à l’échelle des failles géologiques étendues.

Pour cela, l’institut explique qu’il faut mener des recherches pour renforcer les approches probabilistes basées sur des catalogues de cas connus. « Celles-ci sont aujourd’hui peu robustes par manque de cas répertoriés », précise-t-il, ajoutant travailler actuellement avec d’autres équipes de recherche à la constitution d’une base de données mondiale de ruptures de surface.

Par Philippe Collet, journaliste, rédacteur spécialisé, publié le 16 novembre 2020

https://www.actu-environnement.com/ae/news/irsn-etude-seisme-teil-amelioation-analyse-risque-36505.php4

Note de facteur : l’IRSN s’était illustré à travers la production d’une étude démontrant l’absence de risque sismique dans la région d’Emilie Romagne, zone qui fût pourtant secouée par un violent séisme :

« […] À noter également qu’en avril 2010 encore, les gouvernements français et italiens signaient un pré-accord prévoyant notamment la construction de quatre réacteurs EPR en Italie. La région d’Emilie Romagne était un site potentiel pour accueillir de tels projets : l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) avouait, dans un rapport du 22 mai 2012 (rédigé après le terrible tremblement de terre) [1], que d’un point de vue géologique, rien ne laissait présager qu’un séisme d’une telle violence se produise dans cette région […] » ( Source : https://www.sortirdunucleaire.org/Risque-sismique-heureusement-que-l ) Mais pour permettre aux réacteurs d’EDF de continuer à fonctionner malgré – entre autre – d’importantes menaces sismiques, l’IRSN, dans sa tradition, produit des études dilatoires.

[1], https://www.sortirdunucleaire.org/Risque-sismique-heureusement-que-l#nb1

FERMETURE DE FESSENHEIM : L’ÉTAT VA VERSER 377 MILLIONS D’EUROS D’ARGENT PUBLIC POUR UN DÉDOMMAGEMENT INFONDÉ

Communiqué du 16 novembre 2020 : D’ici à la fin de l’année, l’État devra verser 377 millions d’euros à EDF au titre de l’indemnisation pour la fermeture de Fessenheim. Alors que les parlementaires se prononcent sur le projet de loi de finance rectificative, qui prévoit une ligne de 300 millions d’euros à ce sujet, nous dénonçons fermement ce cadeau effectué avec l’argent du contribuable.

En effet, cette somme correspond à des dépenses dont une bonne partie (gestion des déchets, démantèlement…) constitue des charges de long terme qui incombaient à EDF et pour lesquelles l’entreprise, en toute logique, aurait déjà dû avoir constitué des provisions. En effet, les réacteurs ont été arrêtés 42 ans après leur mise en service commerciale, alors qu’EDF avait fixé en 2016 leur durée d’amortissement comptable à 40 ans [1].

Dans un rapport publié en février 2020, la Cour des Comptes fustige les méthodes de calcul du protocole d’indemnisation – qui, à ce jour, n’a toujours pas été rendu public – , ainsi que le postulat que la centrale aurait pu fonctionner jusqu’à 60 ans et qu’EDF devrait être indemnisée en conséquence pour le « manque à gagner » [2]. Cette hypothèse de fonctionnement, qui revient à passer outre l’éventuelle opposition de l’Autorité de sûreté nucléaire, était pourtant hautement improbable. Vieillissante, située en zone sismique et inondable, la centrale soulevait une inquiétude légitime. Surtout, EDF s’était auto-dispensée de certains coûteux travaux requis pour le passage de la quatrième visite décennale des réacteurs, tandis que d’autres n’apparaissaient tout simplement pas réalisables [3].

L’arrêt de Fessenheim n’avait donc rien d’ »anticipé« . En concédant à EDF une indemnité aussi généreuse pour une fermeture que l’entreprise savait pourtant inéluctable, l’État lui a accordé le beurre et l’argent du beurre. En 2019, en lien avec les associations alsaciennes, nous avions d’ailleurs déposé plainte pour aide d’État déguisée et n’excluons pas d’autres actions. En cette période de crise économique, alors que la transition énergétique manque de financement et que près de 10 millions de personnes en France sont désormais sous le seuil de pauvreté, ce versement est profondément indécent.

Contact presse : André Hatz (Stop Fessenheim) – 06 82 02 69 79

Notes :

[1] Pour en savoir plus, consulter notre dossier : https://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/dossier_indemnisation_fessenheim-2.pdf

[2] Extrait du rapport, p.36 : « À la date de signature du protocole, EDF était en situation d’arrêter d’exploiter un investissement qui sera complètement amorti à l’échéance de sa quatrième visite décennale, pour lequel une prolongation de quelques années seulement n’avait pas de sens en termes économiques, dont la rentabilité de la prolongation à plus longue échéance était fortement discutable et dans tous les cas beaucoup plus faible que celle des autres centrales 900 MW. »

[3] En savoir plus : https://www.sortirdunucleaire.org/Fermeture-de-Fessenheim-en-finir-avec-les-idees

Publié le 16 novembre 2020

https://www.sortirdunucleaire.org/Fermeture-de-Fessenheim-l-Etat-va-verser-377

AVEC LA VICTOIRE DE JOE BIDEN, LE MOYEN-ORIENT PARTAGÉ ENTRE ESPOIR ET APPRÉHENSION

Conflit israélo-palestinien, accord sur le nucléaire iranien, normalisation des relations entre Israël et certains pays arabes, … Au cours de son mandat, Donald Trump n’a pas ménagé ses efforts pour œuvrer au Moyen-Orient au gré de ses alliances. L’arrivée de Joe Biden va rebattre les cartes du jeu dans la région.

À voir les messages de félicitations des pays du Moyen-Orient affluer avec plus ou moins d’empressement pour saluer la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine, on se doute que l’arrivée de ce démocrate à la Maison Blanche ne fait pas les affaires de toutes les capitales de la région. Car le vainqueur du scrutin a bien l’intention de se démarquer de son prédécesseur, outre son style, par un changement de cap politique. 

À lire : « L’Amérique de retour sur la scène mondiale« , la diplomatie selon Joe Biden

L’Arabie saoudite, qui espérait vainement une victoire du milliardaire américain, a attendu plusieurs jours après la proclamation officielle des résultats, pour « féliciter » Joe Biden. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a lui patienté quelques heures avant de tweeter ses félicitations. Message dans lequel il n’a d’ailleurs pas mentionné les termes de « victoire« , ni même de « président élu« , préférant recourir à un langage diplomatique plus policé pour assurer qu’il avait « hâte de travailler » avec lui et sa nouvelle vice-présidente, Kamala Harris. Quelques minutes plus tard, il a aussi pris soin de chaleureusement remercier le vaincu pour son amitié et son bilan. 

Fin de la lune de miel pour Israël 

Peu de dirigeants du Moyen-Orient ont autant bénéficié des largesses de la politique étrangère du président Trump que le Premier ministre israélien.  Au chapitre des nombreux cadeaux de Trump à Netanyahu  au cours de ses quatre années de mandat, on retient le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem ; la reconnaissance de la souveraineté de l’État hébreu sur le plateau du Golan conquis sur la Syrie durant la guerre de 1967 ; la proposition d’un « plan de paix » prévoyant l’annexion de 30 % de la Cisjordanie  ; les accords de normalisation signés entre Israël et les Émirats Arabe unis, Bahreïn et le Soudan  ou encore le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien conclu trois plus tôt par Barack Obama et son vice-président… un certain Joe Biden. 

Avec le retour de Biden au premier plan sur la scène internationale, les Israéliens redoutent que les démocrates ne leur tiennent rigueur eu égard aux hostilités du passé. « Certains craignent notamment que les démocrates n’aient pas oublié la virulente charge portée par Benjamin Netanyahu le 3 mars 2015, devant le Congrès américain, au nez et à la barbe de Barack Obama [le Premier ministre israélien avait alors fustigé la tentative d’accord sur le nucléaire iranien à laquelle travaillaient les États-Unis]« , souligne à France 24 Itamar Rabinovich, ancien ambassadeur d’Israël à Washington et professeur émérite d’histoire du Moyen-Orient à l’université de Tel Aviv. 

L’espoir des Palestiniens 

A contrario, Palestiniens et Iraniens, enchantés par le verdict des urnes américaines, n’ont pas attendu pour féliciter Joe Biden, percevant son arrivée au pouvoir comme autant d’espoir. « J’ai hâte de travailler avec le président élu et son administration pour renforcer les relations palestino-américaines et instaurer la liberté, l’indépendance, la justice et la dignité pour notre peuple« , s’est empressé de déclarer le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.  

Il faut dire que ce dernier, notamment, a été exaspéré par la politique de Trump. Le plan de paix dévoilé en grande pompe à la Maison Blanche, en janvier dernier, avec Netanyahu à ses côtés sans la présence de responsables palestiniens a été perçu comme un affront. « Il est venu avec le supposé accord du siècle, niant tout droit pour le peuple palestinien de vivre dans son propre État aux côtés d’Israël, offrant un soutien sans faille au gouvernement d’extrême droite de Netanyahu« , a déclaré à France 24 Elias Zananiri, vice-président du Comité pour l’interaction avec la société israélienne, de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). Quant à l’accord de normalisation avec les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan, « il a été établi gratuitement sans obliger les Israéliens à mettre fin à leur occupation de notre terre. Cela va à l’encontre de tous les principes fondamentaux d’initiative de paix dans le conflit« , poursuit Elias Zananiri.  

Avec Joe Biden au pouvoir, les Palestiniens devraient donc mettre fin à leur boycott des relations américaines. « Bien sûr, nous attendons et espérons que Biden reste attaché à la solution à deux États et qu’il travaille pour y parvenir, en coordination avec les parties israélienne et palestinienne« , a déclaré Zananiri.  

Le retour du statu quo sur la question israélo-palestinienne ?

Certes, Joe Biden a été très clair lors de sa campagne sur sa volonté de trouver une solution à deux États. Mais la chose ne sera pas aussi facile, à en croire Yossi Kuperwasser, un ancien officier supérieur de l’armée israélienne et chercheur au Center for Public Affairs, un groupe de réflexion pro-Netanyahu basé à Jérusalem.  D’abord parce que les Américains ont reconnu, lors du mandat de Trump, l’annexion par Israël des hauteurs du Golan. Difficile d’imaginer un retour en arrière.  

Ensuite, « il lui sera néanmoins très compliqué de faire avancer sa vision du monde, en raison de la politique interne américaine, même au sein du Parti démocrate. Le nouvel élu devra donc faire face à des voix qui le tirent dans des directions opposées aux États-Unis bien sûr, mais aussi au Moyen-Orient car les choses ont changé, assure Yossi Kuperwasser à France 24. La question palestinienne n’est pas au premier rang des priorités du monde arabe. Biden est-il censé forcer le monde arabe à revenir en arrière et à placer la question palestinienne au sommet de ses priorités ? C’est une approche un peu risquée. Il est clair pour lui que cela créerait un conflit avec Israël et je ne crois pas qu’il souhaiterait cela« , poursuit Yossi Kuperwasser. 

L’hypothèse la plus probable reste le retour du statu quo. « Joe Biden était présent à toutes les réunions et discussions d’initiative de paix sous Obama, rappelle Martin Indyk, ancien ambassadeur américain en Israël sous Bill Clinton et envoyé spécial d’Obama pour le Moyen-Orient. Il connaît bien Netanyahu et Abou Mazen (Mahmoud Abbas, NDLR), et doit penser que ces deux mêmes acteurs ne sont pas plus susceptibles d’accepter les compromis nécessaires à un accord aujourd’hui qu’ils ne l’étaient il y a six ans. » 

L’aide (involontaire) de Trump 

Néanmoins, la récente normalisation des relations entre certains pays arabes et Israël voulue par Donald Trump pourrait bien aider le futur président américain. Dans « l’accord du siècle« , Israël a dû accepter de ne pas annexer la vallée du Jourdain et les colonies israéliennes pour normaliser ses relations avec les Émirats arabes unis, souligne Martin Indyk. Si Joe Biden se lance dans une nouvelle tentative d’accord entre Israël et la Palestine, il pourra donc s’appuyer sur ces pays arabes impliqués pour jeter les bases d’un nouveau plan de paix.  

Une chose est sure, Joe Biden devrait reprendre l’aide américaine attribuée à la Palestine. L’administration Trump a en effet mis fin en 2018 à une aide de 200 millions de dollars à l’Autorité palestinienne à Gaza et en Cisjordanie. L’année suivante, il a cessé tout financement américain – d’une valeur d’environ 360 millions de dollars en 2017 – pour l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).  

Le retour de l’accord sur le nucléaire iranien ? 

Concernant l’accord sur le nucléaire iranien, Joe Biden va là encore pouvoir s’appuyer sur le travail de l’administration Trump. La nouvelle équipe présidentielle pourrait tirer parti de la pression économique et des lourdes sanctions de l’administration actuelle qui pèsent sur Téhéran. « Trump a donné à Biden un poids considérable, non seulement pour ramener les Iraniens dans l’accord de Vienne sur le nucléaire mais aussi pour les amener à négocier sérieusement sur d’autres questions« , convient Martin Indyk.  

Dans un premier temps, il devrait rétablir une position commune avec les Britanniques, les Français et les Allemands à ce sujet, estime Dennis Ross, membre du Washington Institute for Near East Policy, qui a occupé des postes diplomatiques dans les administrations Clinton, Bush senior et Obama. Mais là encore, l’entreprise s’annonce périlleuse. Car « les Iraniens ont une façon de négocier avec tout le monde qui ne facilite pas les choses, il ne faut donc pas s’attendre à des avancées rapides. Mais les choses seront différentes car l’administration américaine n’avancera pas seule vis-à-vis de l’Iran comme l’a fait l’administration Trump« , a-t-il déclaré. 

Par : Aude MAZOUE | Tamar SHILOH-VIDON, publié le 16 novembre 2020 à 12h20

Photo en titre : Joe Biden (à gauche), alors vice-président, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, lors d’une réunion à Jérusalem, le 9 mars 2016. © Debbie Hill, Reuters (Pool/File Photo)

https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20201116-avec-la-victoire-de-joe-biden-le-moyen-orient-partag%C3%A9-entre-espoir-et-appr%C3%A9hension

MACRON REÇOIT POMPEO MAIS REGARDE DÉJÀ VERS BIDEN

Emmanuel Macron est contraint lundi à un exercice d’équilibriste en recevant le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui n’a toujours pas reconnu la défaite de Donald Trump, tout en se tournant déjà vers sa relation avec le futur président des États-Unis, Joe Biden.

Le président français doit rencontrer le secrétaire d’État à l’Élysée, mais l’entretien devrait se faire en toute discrétion, à l’abri des micros, tout comme celui entre Mike Pompeo et son homologue Jean-Yves Le Drian.

Paris souligne en effet avoir accepté de recevoir Mike Pompeo à sa propre demande, et « en toute transparence avec l’équipe du président élu Joe Biden« , et alors que le gouvernement français souhaite une refondation de la relation transatlantique à l’occasion du changement d’administration américaine.

Le président Macron a été parmi les premiers à féliciter le démocrate pour son élection aux États-Unis, puis à s’entretenir au téléphone avec lui. Et ce alors même que le président républicain sortant n’a toujours pas reconnu sa défaite, plus d’une semaine après l’annonce des résultats.

Mike Pompeo a lui-même, avant de s’envoler pour une tournée en Europe et au Moyen-Orient dont Paris est la première étape, refusé de reconnaître la victoire de Joe Biden. « Il y aura une transition en douceur vers une seconde administration Trump« , a-t-il dit la semaine dernière, avant de critiquer les dirigeants étrangers qui ont déjà pris contact avec le démocrate.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo (c) et son épouse Susan Pompeo (d) à leur arrivée à l’aéroport du Bourget, près de Paris, le 14 novembre 2020 (Patrick Semansky – POOL/AFP)

L’ambiance pourrait donc être tendue dans le huis clos des palais parisiens pour cette première, et vraisemblablement dernière, visite de M. Pompeo à Paris (autrement qu’en compagnie de Donald Trump).

Et au-delà de ces deux réalités parallèles qui parasitent la diplomatie américaine, les sujets de friction ne manquent pas.

Sanctions anti-Iran

Jean-Yves Le Drian a prévenu qu’il s’opposerait, devant Mike Pompeo, à une accélération du retrait des troupes américaines d’Afghanistan et d’Irak, envisagée par Donald Trump avant la fin officielle de son mandat, le 20 janvier.

Le dossier iranien qui, avec le climat et le commerce, a contribué à une certaine rupture entre Washington et le Vieux Continent depuis quatre ans, sera aussi une dernière fois sur la table.

Le secrétaire d’État Mike Pompeo et le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian (g), le 14 novembre 2019 à Washington (SAUL LOEB – AFP/Archives)

Donald Trump a claqué la porte en 2018 de l’accord international signé trois ans plus tôt avec l’Iran pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire, en le jugeant insuffisant, et a rétabli puis durci les sanctions contre Téhéran. Les Européens tentent de sauver cet accord, au moins jusqu’à l’entrée en fonctions de Joe Biden, qui a promis de renouer avec la diplomatie.

Or l’administration Trump a promis de renforcer encore les mesures punitives jusqu’au bout — une stratégie vue par certains observateurs comme la volonté de bâtir un « mur de sanctions » tellement haut qu’il sera difficile au démocrate de revenir en arrière.

« Quelle que soit l’issue de ces élections » aux États-Unis, « cette administration est là au moins jusqu’au 20 janvier« , et « la campagne de pression maximale » contre l’Iran « ne va pas s’arrêter dans les prochains mois« , a dit à la presse un haut responsable américain.

Selon le département d’État, les discussions porteront également sur « l’unité transatlantique« , souvent malmenée pendant l’ère Trump, ainsi que la lutte contre le terrorisme.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo (c) et son épouse Susan Pompeo (g) à leur arrivée à l’aéroport du Bourget, près de Paris, le 14 novembre 2020. Patrick Semansky – POOL/AFP

Après avoir passé le week-end en privé avec son épouse Susan Pompeo à Paris, lors de ce qui ressemble fort à une tournée d’adieux qui ne dit pas son nom, le ministre américain des Affaires étrangères doit aussi, lundi matin, rendre un hommage aux victimes des récents attentats perpétrés en France.

Il devrait à cette occasion dénoncer à nouveau le meurtre de l’enseignant français Samuel Paty, décapité le 16 octobre par un tueur islamiste à Conflans-Sainte-Honorine, près de Paris, ainsi que l’attentat qui a fait trois morts le 29 octobre dans la basilique de Nice, dans le sud-est de la France.

Mike Pompeo s’envolera ensuite pour la Turquie, où il a prévu de rencontrer le patriarche Bartholomée de Constantinople, chef spirituel de l’Église orthodoxe, mais pas les responsables turcs, malgré de nombreux contentieux avec Ankara.

La diplomatie turque s’est offusquée de sa volonté d’affirmer « la position ferme » des États-Unis sur la liberté religieuse lors de ce déplacement.

Le secrétaire d’État doit poursuivre sa tournée en Géorgie, à Jérusalem puis dans le Golfe.

Par Francesco FONTEMAGGI / Paris (AFP), publié le lundi 16 novembre 2020 à 7h27

Photo en titre : dd ANDERSEN – AFP/Archives

https://www.sudradio.fr/societe/macron-recoit-pompeo-mais-regarde-deja-vers-biden/

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH À L’ARRÈT COMPLET, APRÈS UN « ALÉA TECHNIQUE »

L’unité de production numéro 2 de la centrale nucléaire de Golfech a été mise à l’arrêt ce samedi 14 novembre 2020. L’unité n°1 est à l’arrêt depuis plusieurs semaines.

L’une des unités de production de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a été mise à l’arrêt ce samedi 14 novembre 2020, peu avant midi.

Aléa technique

Dans un communiqué, EDF détaille :

« L’unité de production n°2 de la centrale nucléaire EDF de Golfech a été mise à l’arrêt pour maintenance, suite à un aléa technique au niveau d’un système de sauvegarde. »

« Aucun impact sur la sûreté des installations »

L’aléa technique concerne en fait une anomalie sur une vanne qui est restée bloquée, ce qui a nécessité une intervention immédiate, après investigation des équipes de la centrale.

« Cet événement n’a aucun impact sur la sûreté des installations, ni sur l’environnement », précisent les équipes de communication d’EDF.

Le réacteur numéro déjà à l’arrêt

Un arrêt qui intervient alors que l’unité de production numéro 1 est à l’arrêt depuis le 10 août dernier. Un arrêt programmé, qui doit permettre de renouveler un tiers du combustible contenu dans la cuve du réacteur et de mener des activités de maintenance. 

Par Lucie Fraisse, publié le 14 Novembre 2020 à 18h12 

Photo en titre : Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Golfech, à 75 km de Toulouse, sont à l’arrêt. (©EDF)

https://actu.fr/occitanie/golfech_82072/la-centrale-nucleaire-de-golfech-a-l-arret-complet-apres-un-alea-technique_37479633.html

INONDER LES USA DE «TSUNAMIS RADIOACTIFS»? LE POSÉIDON RUSSE PRÉOCCUPE

Bien que la doctrine nucléaire russe ne comprenne pas la notion de frappe préventive, des responsables américains continuent de spéculer à ce sujet. Ainsi, Christopher Ford, du département d’État, est préoccupé par l’existence du drone russe sous-marin Poséidon qui pourrait inonder les côtes américaines «de tsunamis radioactifs».

L’arsenal nucléaire russe reste sujet de grande préoccupation pour Washington, même si Moscou a répété à maintes reprises que la Russie n’attaquera jamais personne en premier.

Dans un récent rapport, le secrétaire d’État adjoint américain à la sécurité internationale et à la non-prolifération, Christopher Ford, a notamment exprimé ses craintes que les Russes «pourraient répondre par l’utilisation totale des armes nucléaires s’ils voient même un seul missile balistique approcher».

Il a en outre évoqué les capacités destructives du drone sous-marin nucléaire Poséidon, dont l’existence a été annoncée par Vladimir Poutine en 2018.

«Un autre signe préoccupant vient avec le développement par la Russie du drone sous-marin nucléaire Poséidon qui apparemment doit être équipé d’une ogive nucléaire de plusieurs mégatonnes pour être utilisé dans l’océan en période de guerre afin d’inonder les villes côtières américaines de tsunamis radioactifs», a-t-il déclaré.

Finalement, M.Ford admet que la Russie dispose, comme le suggèrent plusieurs médias, du système Perimetr (connu aux États-Unis sous le nom de Dead Hand, «Main morte») qui est capable de lancer automatiquement toutes les armes nucléaires restantes de la Russie s’il détecte une explosion nucléaire en Russie et si le pays perd toute communication avec l’état-major lors d’un conflit nucléaire et a exprimé des préoccupations à ce sujet.

Poutine sur une frappe nucléaire préventive

En octobre 2018, le chef du Kremlin a souligné que la doctrine nucléaire russe ne comprenait pas la notion de frappe préventive. En même temps, il a averti l’éventuel ennemi de conséquences inévitables en cas d’agression.

Le drone Poséidon

En mars 2018, lors de son précédent message à l’Assemblée fédérale, le Président a pour la première fois présenté le Poséidon. Par la suite, en février 2019, le ministère russe de la Défense a rendu publique la vidéo des essais de cette arme dernier cri.

Le drone sous-marin russe, baptisé par les médias occidentaux «arme du jugement dernier», est capable de se déplacer à une vitesse de près de 110 nœuds, soit plus de 200 km/h, grâce au coussin d’air qui l’enveloppe durant sa progression. En outre, le drone est capable de manœuvrer pour changer de direction et de profondeur, ce qui le rend invulnérable aux moyens de lutte existants.

Par Ivan Dubrovin, publié le 14 novembre 2020 à 16h06, mis à jour à 16h14

Pour voir la VIDÉO (31 secondes),cliquer sur: https://fr.sputniknews.com/defense/202011141044769958-inonder-les-usa-de-tsunamis-radioactifs-le-poseidon-russe-preoccupe-washington/

ARMES NUCLÉAIRES : CE QUI ATTEND JOE BIDEN ET CE QU’ON PEUT ATTENDRE DE LUI

OPINION. Le nouveau président des États-Unis aura un agenda chargé, mais en ce qui concerne le contrôle des armes nucléaires, il devrait être amené à prendre assez rapidement des mesures qui renverseraient notablement la politique suivie par son prédécesseur (qualifiée par IDN de « quatre ans de folie nucléaire« ) tout en restant fidèle aux grandes orientations bipartisanes de ce dossier. (*) Par Marc Finaud est membre du Bureau d’Initiatives pour le Désarmement nucléaire (IDN) et professeur associé au Centre de Politique de Sécurité de Genève (GCSP).

À peine intronisé, le 20 janvier 2021, le président Biden sera confronté à de nombreuses priorités (crise sanitaire et économique, réunification de la société américaine, crise climatique, etc.). Comme à l’accoutumée, au cours de la campagne électorale, la place de la politique étrangère et de défense a été réduite à la portion congrue. Toutefois, certaines décisions s’imposeront à brève échéance à la Maison-Blanche en ce qui concerne le contrôle des armements et les armes nucléaires en général.

1/ La prorogation du Traité New START avec la Russie

Ce Traité expire en février 2021. Dans une tentative de la onzième heure, l’administration Trump avait espéré échanger avec Moscou un accord sur sa prorogation pour un an contre un élargissement des pourparlers à la Chine, l’inclusion des « nouvelles armes russes« , et le gel vérifiable du nombre des ogives nucléaires en attendant un nouveau traité. La Russie avait rejeté ces conditions. Biden a toujours été clair à ce sujet : il est disposé à proroger New START pour cinq ans sans préconditions et amorcer la négociation d’un nouvel accord de réduction des armes offensives. Il est peu probable, toutefois, qu’il accepte la demande russe de mettre sur la table les systèmes défensifs dont il a réaffirmé la nécessité conformément à une position commune aux Démocrates et aux Républicains.

2/ L’accord sur le nucléaire iranien

Biden a fustigé le retrait, décidé par Trump, des États-Unis de l’accord de 2015 conclu par Obama dans le cadre P5+1. Il a promis d’y adhérer de nouveau « si l’Iran retourne à un plein respect de l’accord ». Or la principale conséquence du retrait américain a été la réimposition de sanctions « maximales » envers l’Iran. Biden est prêt à annuler dans l’immédiat celles qui empêchent Téhéran de lutter efficacement contre la pandémie de COVID-19 et le refus de visas aux ressortissants des pays musulmans. Toutefois, il souhaite renégocier l’accord pour y inclure le programme iranien de missiles et l’action extérieure de la République islamique. En tout cas, son approche a le mérite de reposer sur le dialogue et la négociation « en concertation avec les alliés européens« .

3/ La dénucléarisation de la Corée du Nord

Biden n’a pas caché sa désapprobation de la politique des sommets « pour la photo » menée par Trump et n’ayant abouti à aucun progrès vers le désarmement nucléaire de Pyongyang. Il devrait donc renouer avec des négociations, soit bilatérales soit multilatérales, susceptibles de permettre la fin de l’état de guerre et la levée des sanctions en échange du démantèlement progressif de l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord.

4/ La doctrine américaine de défense

Avec le délai nécessaire pour mettre les équipes en place, le nouveau président devrait publier sa « Nuclear Posture Review » pour se démarquer de celle de Trump en 2018 et revenir vers une doctrine plus proche de celle d’Obama en 2010. En particulier, Biden a fait adopter dans le programme démocrate la posture de non-emploi en premier qu’Obama avait échoué à faire accepter par le Pentagone. L’arme nucléaire ne devrait donc plus servir qu’à dissuader une attaque nucléaire ou à y riposter, mais en aucun cas à être utilisée pour une première frappe.

Une telle initiative, si elle réussit et si Biden parvient à convaincre les autres puissances nucléaires de s’y rallier, contribuerait à réduire considérablement le risque nucléaire. Des parlementaires démocrates demandent également que le pouvoir du président de déclencher une attaque nucléaire ne soit plus solitaire mais partagé avec le Congrès. Une telle législation pourrait être adoptée par la Chambre des Représentants, mais devrait être rejetée par le Sénat.

5/ La modernisation de l’arsenal nucléaire américain

Biden devra trancher, pour le budget qu’il présentera en mars 2021, en faveur ou non de la mise en œuvre des projets lancés par Trump dans le cadre du programme de la modernisation des armes nucléaires américaines de 1.200 milliards de dollars sur 30 ans déjà validé par Obama. Biden s’est déjà dit opposé à l’introduction de la tête nucléaire dite « à faible puissance » pour équiper les missiles de croisière lancés de sous-marins car elle constitue une incitation à la bataille nucléaire.

Il n’est pas sûr, en revanche qu’il mette fin au programme de remplacement des missiles terrestres intercontinentaux estimé à 264 milliards de dollars comme le lui demandent plusieurs organisations telles que l’Union des Scientifiques Inquiets (UCS). De même, il restera sensible à l’influence du lobby militaro-industriel, dont une partie a financé sa campagne, et continuera à soutenir les essais d’un système de défense antimissiles pourtant jugé inefficace et inutile par les scientifiques.

6/ L’interdiction des essais nucléaires

Là encore, Biden avait fustigé Trump, qui avait envisagé de mettre un terme au moratoire sur les essais nucléaires explosifs, risquant de montrer le mauvais exemple aux autres pays non parties (Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord). Comme ses prédécesseurs démocrates, il défend la ratification par les États-Unis du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) signé en 1996. Mais, il reste dépendant du Sénat qui devrait continuer à s’y opposer.

7/ Les armes nucléaires tactiques déployées en Europe

Biden ne s’est pas exprimé sur ce sujet, mais on peut s’attendre à ce que, vis-à-vis des alliés de l’OTAN, il se montre plus respectueux sans pour autant renoncer à exiger un accroissement des dépenses militaires des alliés vers la cible de 2 % du PNB. Il sait que, au sein de l’OTAN, les pays qui ont le plus peur de la Russie (Pologne, pays baltes) insistent pour maintenir et moderniser les 150 à 250 bombes à gravitation américaines réparties entre l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas et la Turquie. En revanche, le débat sur leur réduction ou leur retrait est amorcé dans plusieurs de ces pays en Europe. Peut-être Biden préconisera-t-il de les inclure dans une nouvelle négociation avec la Russie pour obtenir le démantèlement de ses armes tactiques, plus nombreuses.

8/ Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN)

À cet égard, pas de surprise : Biden reste attaché à la dissuasion nucléaire, quoique dans des limites plus strictes définies plus haut. Il poursuivra donc la politique bipartisane de rejet du Traité d’interdiction, peut-être toutefois d’une manière moins agressive, en renonçant aux pressions exercées par Trump pour bloquer son entrée en vigueur, et ignorées par les États ayant subi ces menaces.

Par Marc Finaud (*), publié le 13/11/2020 à 8h00

(*) Marc Finaud, membre du Bureau d’Initiatives pour le Désarmement nucléaire et professeur associé au Centre de Politique de Sécurité de Genève). (Crédits : JONATHAN ERNST)

Photo en titre : « Biden a fustigé le retrait, décidé par Trump, des Etats-Unis de l’accord de 2015 conclu par Obama dans le cadre P5+1. Il a promis d’y adhérer de nouveau « si l’Iran retourne à un plein respect de l’accord » (Crédits : JONATHAN ERNST)

https://www.latribune.fr/opinions/armes-nucleaires-ce-qui-attend-joe-biden-et-ce-qu-on-peut-attendre-de-lui-862223.html

LA CRE VA RESTRUCTURER LE RÉGIME FRANÇAIS DE VENTE DU NUCLÉAIRE

Le régulateur français de l’énergie, la CRE, a proposé de restructurer le mécanisme de vente de la production nucléaire (Arenh) et les règles entourant sa modification et son annulation en réponse aux litiges juridiques qui ont surgi au plus fort de la crise Covid-19.

La CRE a cherché à redéfinir les conditions de force majeure dans le cadre de ce mécanisme, qui réglemente la vente de la production nucléaire d’EDF, une entreprise publique, à des fournisseurs alternatifs. Le régulateur a suggéré de supprimer une référence aux “conditions économiques raisonnables” dans lesquelles les parties sont censées remplir leurs obligations et dont l’absence peut déclencher la clause de force majeure.

Le ministère français de l’écologie devrait maintenant rendre une décision conforme aux suggestions de la CRE avant le prochain appel d’offres d’Arenh fin novembre.

La proposition ne vise pas à limiter les conditions de force majeure, mais à les rendre plus claires en les rapprochant de la définition générale du droit civil, a déclaré la CRE.

Mais la plupart des fournisseurs alternatifs qui ont participé à la consultation publique de la CRE avant sa délibération ont exprimé des inquiétudes contre la redéfinition, affirmant que celle-ci restreindrait l’exécution de la clause de force majeure par les entreprises privées et favoriserait EDF. Les associations françaises de fournisseurs alternatifs et de grands clients – AFIEG et Anode – ont également fait valoir que la clause était déjà clairement définie, tandis qu’Uprigaz, le syndicat des industries gazières du secteur privé, a soutenu la proposition de la CRE.

EDF était également favorable à la proposition, suggérant des restrictions supplémentaires aux résiliations de contrats par les fournisseurs alternatifs.

La suggestion de la CRE intervient alors que le projet a été mis à mal au plus fort de la crise du Covid-19, les fournisseurs du secteur privé cherchant à obtenir une aide d’urgence pour leurs achats, en invoquant la baisse rapide de la demande et la diminution des prix de l’électricité sur le marché de gré à gré.

Les prix au comptant en France ont atteint une moyenne de 15,33 €/MWh entre la mi-mars – lorsque le pays s’est retrouvé en situation de verrouillage – et la fin mai, dans un contexte de baisse rapide de la demande. Et le contrat du deuxième trimestre est arrivé à expiration fin mars à un niveau record de 18,20 €/MWh. En comparaison, EDF, qui exploite le parc nucléaire français de 61,1 GW, vend jusqu’à 100 TWh/an de sa production nucléaire à des fournisseurs alternatifs dans le cadre du mécanisme à un prix fixe de 42 €/MWh.

EDF a initialement rejeté les demandes de force majeure des entreprises, mais a été légalement tenue de suspendre les volumes de vente par le tribunal de commerce de Paris. En juin, l’entreprise a résilié unilatéralement son contrat avec trois fournisseurs alternatifs, mais le tribunal de commerce a annulé cette décision en juillet. EDF a fait appel de ces deux décisions.

Le gouvernement français négocie actuellement avec l’UE des plans de réforme plus larges pour l’Arenh au-delà de 2025, notamment l’introduction d’une fourchette de prix de 42-48 €/MWh. Fin juillet, EDF a déclaré qu’elle attendait l’issue des discussions entre Paris et l’UE, mais qu’elle soutiendrait les modifications apportées au régime.

Par La Rédaction, publié le 14 novembre 2020

https://les-smartgrids.fr/la-cre-va-restructurer-le-regime-francais-de-vente-du-nucleaire/

L’IRAN APPELLE L’AIEA À ENQUÊTER SUR LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES SAOUDIENNES ET ISRAÉLIENNES

TÉHÉRAN, 12 novembre (Xinhua) – L’ambassadeur iranien auprès des Nations unies a appelé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à adopter une attitude « impartiale » envers les programmes nucléaires de l’Arabie saoudite et d’Israël, a rapporté jeudi la chaîne Press TV.

Il est « de la plus grande importance » que l’AIEA étudie « les informations disponibles » sur les activités nucléaires de Ryad, a déclaré l’ambassadeur Majid Takht-Ravanchi, cité par ce reportage.

« Si l’Arabie saoudite recherche un programme nucléaire pacifique, elle doit agir de manière très transparente et permettre aux inspecteurs de l’agence (l’AIEA) de vérifier ses activités« , a affirmé M. Takht-Ravanchi.

Par ailleurs, l’AIEA doit adopter « une attitude professionnelle et impartiale » également envers les activités nucléaires israéliennes, a-t-il ajouté.

Par French.xinhuanet.com, publié le 13 novembre 2020 à 00h58

http://french.xinhuanet.com/2020-11/13/c_139512001.htm

ÉTATS-UNIS : LA MENACE MILITAIRE, OU LE VOLEUR QUI CRIE AU VOLEUR

Les États-Unis ont de nouveau répandu des rumeurs sur la plate-forme de l’ONU.

Lors du débat général de la commission du désarmement et de la sécurité internationale à la 75ème Assemblée générale des Nations Unies, le représentant des États-Unis, non content de vilipender à nouveau la Chine sur l’épidémie de COVID-19, a de plus affirmé à tort que la Russie et la Chine continuaient de développer des forces nucléaires, menaçant ainsi gravement la paix et la sécurité internationales.

C’était évidemment la bonne vieille manœuvre américaine du « voleur qui crie au voleur ». Parce que pour peu qu’ils respectent les faits, ils pourront en tirer la bonne conclusion : les États-Unis sont le premier acteur dans la création du malaise et du chaos pour la sécurité et la stabilité mondiales.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les États-Unis ont vigoureusement promu l’unilatéralisme sous la bannière de la « sécurité nationale », ignorant leurs propres engagements internationaux et violant fréquemment des accords pour chercher à se délier. Dans le domaine de la maîtrise des armements, les États-Unis se sont retirés du Traité sur les missiles à portée intermédiaire, se sont retirés de l’accord global sur la question nucléaire iranienne, ont annulé la signature du Traité sur le commerce des armes et ont adopté une attitude sans fard et concrète à l’égard du système de traités multilatéraux et bilatéraux de maîtrise des armements.

Sous prétexte que le « Traité de réduction des armes stratégiques New Start » est sur le point d’expirer, les États-Unis ont eu recours à des « lois de retardement » et à répondre passivement aux demandes répétées de renouvellement du texte de la Russie. Selon les données du département d’État américain, du 1er septembre 2019 au 1er mars 2020, la Russie a réduit son arsenal nucléaire de 100 ogives nucléaires, tandis que les États-Unis ne l’ont réduit que de trois. Ce contraste fort est pour le moins gênant, et il expose aussi la très faible sincérité des États-Unis.

Il n’y a plus de restrictions au déploiement de missiles à moyenne et courte portée, plongeant le monde dans une situation dangereuse où les deux plus grands arsenaux nucléaires ne sont plus liés par un accord pour la première fois en près d’un demi-siècle. Et ce sont les États-Unis qui sont les coupables.

Afin de répondre à leurs ambitions militaires toujours croissantes, les États-Unis n’ont cessé d’augmenter leur budget de défense et sont obsédés par le militarisme. En 2019, le budget militaire américain s’est élevé à plus de 700 milliards de dollars, soit près de 40% du total des dépenses militaires mondiales, et dépassant le total des dépenses militaires des 10 pays après les États-Unis. Pourtant, des dépenses militaires aussi coûteuses n’arrivent toujours pas satisfaire la mentalité inflationniste des États-Unis en la matière, qui vont même jusqu’à avoir des exigences démesurées envers leurs alliés, exigeant des coûts de protection plus élevés pour soutenir leur propre armée et faire progresser leur construction nucléaire.

Au début de 2020, le gouvernement américain a soumis un total de 705,4 milliards de dollars au budget de la défense nationale pour l’exercice 2021, dont la demande de modernisation de l’énergie nucléaire à elle seule s’élevait à 28,9 milliards de dollars américains. Selon le rapport du Mouvement international pour l’abolition des armes nucléaires, une organisation non gouvernementale, le total des dépenses nucléaires de 9 pays nucléaires dans le monde en 2019 était de 72,9 milliards de dollars, sur lesquels les États-Unis eux-mêmes ont dépensé environ 35,4 milliards de dollars américains, soit près de la moitié du total mondial, en augmentation de près de 20% par rapport à l’année précédente.

Il est clair que la puissance militaire américaine a largement dépassé les besoins de sauvegarde de sa propre sécurité nationale, mais pourquoi les États-Unis n’hésitent-ils toujours pas à augmenter leur dépenses militaires en empruntant ? Possédant manifestement l’arsenal nucléaire le plus grand et le plus avancé du monde, pourquoi construisent-ils encore frénétiquement des forces nucléaires ? Ces actions unilatérales déclencheront sans aucun doute le « coup d’envoi » d’une nouvelle course internationale aux armements, exacerberont les déséquilibres stratégiques mondiaux et sèmeront les graines des dangers cachés des conflits.

Outre briser les règles et fabriquer de la panique, les États-Unis sont également des « amoureux de la guerre », un titre bien mérité. Au cours des 240 ans d’histoire qui ont suivi la fondation de leur pays, les États-Unis n’ont pas mené de guerre pendant seulement 16 ans, et ils peuvent à juste titre être qualifiés de « pays le plus guerrier de l’histoire du monde ».

Pour les États-Unis, la moindre raison peut servir de prétexte pour se battre. Même Donald Trump a révélé la vérité selon laquelle l’Irak ne possédait pas d’armes de destruction massive, ce qui n’a pourtant pas empêché les États-Unis d’y lancer une guerre. Depuis 2001, les opérations militaires américaines contre l’Irak, la Libye, la Syrie et d’autres pays ont fait plus de 800 000 morts et des dizaines de millions de personnes ont été déplacées. Face aux tragédies qu’ils ont causées, les États-Unis ont toujours fait preuve d’un « aveuglement sélectif ». Ils ont toujours « exprimé de profonds regrets » de manière hypocrite et sont partis en guerre sous prétexte d’« aider » et de « sauver » les populations locales. Mais en fait, leurs soi-disant « sauvetages » ont entraîné la vie stable de civils innocents dans l’abîme de la destruction éternelle.

Dans la « boîte de Pandore » ouverte par les États-Unis, les menaces vont bien plus loin que celles-ci : ils positionnent la Chine et la Russie comme des concurrents stratégiques et retrouvent la mentalité de la guerre froide ;

. ils poursuivent une politique deux poids deux mesures en matière de non-prolifération nucléaire et s’engagent dans des manipulations politiques ;

. ils déploient des systèmes anti-missiles en Asie-Pacifique et en Europe de l’Est pour briser l’équilibre stratégique ;

. ils s’opposent exclusivement à la « Convention sur l’interdiction des armes biologiques » pour bloquer le contrôle des armes biologiques ;

. ils ont retardé la destruction des armes chimiques à plusieurs reprises ;

. ils ont mis en place une force aérienne extérieure pour promouvoir une véritable guerre des étoiles ;

. ils ont construit une matrice pour tenter de dominer le cyberespace…

La paix et le développement sont les thèmes majeurs de cette époque. Dans le contexte de la construction d’un nouveau type de relations internationales caractérisées par le respect mutuel, l’équité, la justice et la coopération gagnant-gagnant et une communauté avec un avenir partagé pour l’humanité, les États-Unis agissent en revanche de manière perverse et solitaire pour rechercher une « sécurité absolue » pour leur propre pays, renforcer leur hégémonie militaire et rêver de dominer le monde.

Les troubles dans les autres pays sont-ils ce que les États-Unis appellent la « paix mondiale » ?

Par Cui Yue (le Quotidien du Peuple en ligne), publié le13.11.2020 à 14h06

http://french.peopledaily.com.cn/Horizon/n3/2020/1113/c31362-9779973.html

FLAMANVILLE: EDF S’ATTEND À UN FEU VERT AVANT 2021 POUR LA RÉPARATION DES SOUDURES DÉFECTUEUSES

EDF vise un accord de l’ASN d’ici fin 2020 pour réparer les soudures défectueuses de l’EPR de Flamanville les moins accessibles.

La compagnie l’a fait savoir dans une présentation publiée à l’occasion de l’annonce de ses résultats des neuf premiers mois de 2020

Par Reuters  (Rédaction de Paris), publié le 13/11/2020 à 09h24

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/flamanville-edf-s-attend-a-un-feu-vert-avant-2021-pour-la-reparation-des-soudures-defectueuses-bda9069007a44cd8f2be1137ca4dbf7f?symbol=1rPEDF

QUEL CHAOS SI L’URGENCE NUCLÉAIRE SE RAJOUTAIT AUX URGENCES SANITAIRES ET SÉCURITAIRES !

Si la majorité des États de l’Union Européenne n’ont pas de nucléaire ou ont pris la décision de son arrêt, la France est une exception, c’est le pays le plus addict au nucléaire avec le plus grand ratio de réacteur par habitant et, en corollaire, une électricité majoritairement d’origine nucléaire. Mais la multiplication des sites atomiques en fait le pays le plus vulnérable face à la menace terroriste dont l’usine d’extraction de plutonium de La Hague en est l’illustration la plus forte avec ses dizaines de tonnes de plutonium stockées en sous-sol et ses milliers de barres de combustibles usés entreposés dans des piscines sous de simples toitures de hangar métalliques, pas même bunkérisées. Une telle catastrophe rendrait l’Europe inhabitable à jamais.

La quasi-totalité des réacteurs en fonctionnement (soit 51 sur 56) auront dépassé leur durée de fonctionnement prévue à leur conception c’est-à-dire auront plus de 30 ans fin 2020. L’acier des cuves (seul élément ne pouvant être changé ) est rendu plus cassant en subissant des décennies de réactions nucléaires augmentant la probabilité d’une catastrophe.

Le couvercle du Soleil, film japonais de 2018 retrace la panique des autorités lors de la catastrophe de Fukushima à la suite de laquelle l’ex-premier ministre Naoto Kan est devenu anti-nucléaire comme précédemment l’ex-président de l’URSS,Michael Gorbatchev après la catastrophe de Tchernobyl. Imagine-t-on le chaos en France, si suite à une catastrophe, l’État d’urgence nucléaire se rajoutait à la situation actuelle d’urgences sanitaires et sécuritaires. Les populations se verraient assignées à domicile, obligées de vivre sur un sol et dans un air pollués par contamination radioactive. Leur système immunitaire affaibli du fait des radionucléides ingérés, leur résistance aux virus serait amoindrie et la mortalité grimperait en flèche.

Mais il y a aussi les multiples transports nucléaires qui sillonnent la France, qui peuvent être à l’origine de dissémination radioactive qu’elle soit accidentelle ou malveillante. L’un des derniers transports en date a été le premier camion amenant le combustible pour l’EPR de Flamanville, opération aberrante quand on sait les malfaçons qui affectent ce chantier désastreux rendant improbable son fonctionnement.

Le Collectif anti-nucléaire Ouest réitère son appel lancé le 19 octobre 2020 * à se déclarer point de vigilance EPR auprès du Collectif anti-nucléaire Ouest au 07 68 35 03 38 ou ( 06 45 30 74 66 / 06 08 71 79 61 / 06 84 14 58 87) ou par mail transports@can-ouest.org. Il exige l’arrêt de ces transports de livraison du combustible pour l’EPR de Flamanville (une trentaine sont prévus) et l’abandon du chantier.

La mobilisation est plus nécessaire que jamais au moment où le gouvernement s’entêtant dans la folie de l’atome prépare, en douce et en dur, le financement pour le « nouveau nucléaire » dont la construction de 6 EPR**. Aussi EDF s’entête-t-elle à créer l’illusion d’une mise en service de l’EPR de Flamanville effective à partir du simple chargement du combustible dans la cuve du réacteur. Cette mise en service de façade lui est nécessaire pour engager la renaissance du nucléaire.

Nucléaire, non merci !

* https://www.can-ouest.org/transport-nucleaire-pour-lepr-de-flamanville-appel-a-vigilance/

** https://reporterre.net/En-coulisses-l-Etat-prepare-le-financement-de-six-nouveaux-reacteurs-EPR

Contact presse :

Didier Anger 06 80 23 39 45 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 / Sylvie Sauvage 06 08 71 79 61

Collectif Anti-Nucléaire Ouest, 9 Bis sente des Grès, 76920 Amfreville-la-Mi-Voie      Tél : 07 68 35 03 38, contact@can-ouest.orgwww.can-ouest.org

Par Chantal CUISNIER, publié le 13 novembre 2020

https://www.facebook.com/can.ouest/ https://twitter.com/canouest

TRITIUM DANS LE RHÔNE ET DANS LES EAUX SOUTERRAINES PROCHES DU CNPE DU TRICASTIN

Le laboratoire de la CRIIRAD analyse la présence de tritium dans le Rhône et dans les eaux souterraines proches du CNPE du Tricastin. Le Média vous dévoile les conclusions de ce rapport commandé par Greenpeace.

Un nouveau rapport commandé par Greenpeace s’intéresse aux rejets radioactifs liquides de la centrale nucléaire du Tricastin. L’étude menée par le laboratoire indépendant de la CRIIRAD analyse la présence de tritium dans le Rhône et dans les eaux souterraines proches du CNPE du Tricastin. Le Média vous dévoile les conclusions de ce rapport.

LE RAPPORT GLAÇANT COMMANDÉ PAR GREENPEACE

Voir la vidéo ici (Le média) (9mn37 s)

« La radiotoxicité du tritium semble avoir été largement sous-évaluée et peu de travaux existent sur les effets à long terme, notamment génétiques, de la contamination par ce radioélément » affirme un nouveau rapport commandé par Greenpeace que Le Média s’est procuré.

Intitulé « Synthèse concernant l’impact des rejets radioactifs liquides du CNPE du Tricastin« , cette étude réalisée par la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRIIRAD), un laboratoire indépendant basé dans la Drôme, près du Tricastin, s’est concentré sur le tritium, un isotope de l’hydrogène. Il s’agit d’un élément présent à l’état naturel mais aussi émis par l’industrie nucléaire. Plus de 99,9% de la radioactivité rejetée par EDF en 2017 serait du tritium. 

L’étude analyse donc les données publiées par EDF et par l’IRSN concernant l’impact des rejets radioactifs liquides du CNPE du Tricastin dans le canal de Donzère-Mondragon, un canal de dérivation du Rhône qui borde le site nucléaire. Elle analyse aussi les fuites de tritium dans les eaux souterraines et les données sur la présence du tritium dans les eaux de surface et souterraines ainsi que la faune et la flore aquatique. Le résultat est sans appel et le rapport conclue que les eaux du Rhône sont contaminées.

Des inquiétudes très fortes sont exprimées concernant l’eau potable en aval du CNPE Tricastin, en particulier concernant le réseau d’adduction de Bollène-Mornas, caractérisé comme un secteur à risque. Il s’agit par exemple des communes de Lapalud, Bollène, Lamotte-du-Rhône, Mondragon, Mornas, Piolenc, toutes desservies par le Syndicat RAO (Rhône Aygues Ouvèze) qui assure l’alimentation en eau potable de plus de 71 000 habitants résidant dans 40 communes du Haut Vaucluse et du Sud de la Drôme. 

Or le tritium est un radioélément qui se diffuse très rapidement dans l’environnement dans lequel il est assimilé par les organismes vivants : « les rejets de tritium entraînent ainsi une contamination étendue à de nombreux compartiments : air, eau, chaîne alimentaire, conduisant à une exposition très diversifiée des populations ». Et le tritium pourrait entraîner des cassures des liaisons hydrogène, des modifications de la structure de l’ADN. « Cela modifie complètement la structure chimique des molécules concernées, entraînant l’apparition de nouveaux composés mutagènes » est-il écrit dans le document. Ce qui inquiète les ingénieurs de la CRIIRAD, c’est le risque d’ingestion du tritium : « une partie du tritium incorporé sous forme d’eau tritiée est assimilée sous forme organique (…) le tritium sous forme organique a une période biologique plus longue qui peut aller de un mois à un an selon le type de liaisons chimiques. Lorsqu’il est intégré à certaines molécules organiques, telle thymidine, le temps de séjour du tritium dans l’organisme humain est encore plus élevé (période biologique de 400 à 600 jours). Dans les végétaux, 80% de la quantité de tritium liée à la matière organique est intégrée aux molécules de structure (lignine, cellulose), le tritium est alors fixé à demeure. » Et le rapport précise qu‘ »après ingestion d’une nourriture tritiée, l’activité fixée dans les tissus est plus importante qu’après ingestion d’eau tritiée. Divers mécanismes peuvent alors conduire, chez l’homme, au marquage en tritium de certaines macromolécules comme l’ADN. L’élimination du tritium étant alors très lente, les problèmes radiologiques posés sont beaucoup plus aigus. » 

La présence en quantité croissante inquiète donc. Il s’agirait d’une « contamination chronique des eaux souterraines au voisinage de la centrale du Tricastin par du tritium d’origine anthropique« , selon le CRIIRAD. Or cette dernière craint que cela ne puisse aller qu’en empirant puisque la centrale est l’installation nucléaire de la basse vallée du Rhône (en aval de Montélimar, dans la Drôme) qui rejette le plus de tritium dans les eaux de surface, soit directement dans le fleuve, soit dans ses affluents. Ce site nucléaire est aussi vieillissant, laissant craindre une aggravation des fuites dues à des défauts d’étanchéité des installations.

C’est la raison pour laquelle l’ONG Greenpeace demande une évaluation des incidences environnementales de la centrale. Alors que le premier des quatre réacteurs du Tricastin a 40 ans, l’ONG estime que les marges de sûreté qui se réduisent, justifient un arrêt. Afin d’obtenir cette évaluation, l’ONG a déposé un recours gracieux auprès de l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) en mars 2020. Sans réponse, Greenpeace souhaite désormais introduire un recours devant le Conseil d’État. Pour cela, l’organisation internationale s’appuie sur la Convention d’Espoo, sur l’évaluation de l’impact sur l’environnement dans les contextes transfrontières. Dans le cadre de cette convention, une centrale Belge, Doel, a été condamné en 2019 à réaliser cette évaluation d’impact avant de prolonger deux de ses réacteurs.

Contacté, EDF estime que « les mesures effectués sur le périmètre de la centrale EDF et son environnement n’indiquent pas de volume de tritium dépassant les seuils autorisés par l’arrêté de rejets » et que « la surveillance renforcée en place permet de confirmer que les prélèvements issus des piézomètres situés en bordure externe de la centrale ne montrent pas de différence avec ce qui est habituellement observé.« 

Pour en discuter, Le Media a interviewé Roger Spautz, chargé de campagne sur le nucléaire à Greenpeace, commanditaire de l’étude, et Bruno Chareyron ingénieur en physique nucléaire et directeur du laboratoire de la CRIIRAD, auteur du rapport.

Par AFP, publié le 11/11/2020 à 15h23

https://www.sdn-berry-giennois-puisaye.fr/news/tritium-dans-le-rhone-et-dans-les-eaux-souterraines-proches-du-cnpe-du-tricastin/

L’US NAVY COMMANDE UN NOUVEAU TYPE DE SOUS-MARIN NUCLÉAIRE GÉANT

La marine américaine a investi 8 milliards d’euros dans le développement et la construction d’un nouveau type de sous-marin. Baptisé USS Columbia, ce dernier pourra embarquer 16 missiles nucléaires.

Huit milliards d’euros.

C’est la somme impressionnante qu’a investi l’US Navy dans le développement et la construction de l’USS Columbia, un sous-marin d’un genre nouveau qui remplacera la vieille génération des submersibles de classe Ohio. D’une longueur de 171 mètres pour un poids de 21.000 tonnes, ce bâtiment de guerre sera un peu plus gros que ses prédécesseurs. Autre particularité, l’USS Colombia est un sous-marin nucléaire lanceur d’engins qui pourra embarquer jusqu’à 16 missiles atomiques Trident. À ce titre, il comptera parmi les éléments majeurs de la dissuasion nucléaire américaine.

Chaque missile Trident a une portée de plus de 7.400 kilomètres. Ces armes contiennent 14 ogives nucléaires dont la puissance destructrice est six fois supérieure à la bombe larguée sur Hiroshima. De quoi déclencher une riposte apocalyptique en cas d’attaque atomique sur le sol des États-Unis.

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La construction du futur submersible vedette de l’US Navy devrait commencer en 2021. Les hauts gradés du Pentagone espèrent que ce sous-marin nucléaire sera opérationnel en 2031. En plus du Columbia, la marine américaine prévoit de bâtir onze autres de ces submersibles nouvelle génération. Les coûts de construction des futurs bâtiments devraient être réduits à 6 milliards d’euros contre les 8 milliards d’euros dépensés pour développer l’USS Columbia. Selon le site Defense News, ces navires devraient avoir une durée de vie de plus de 50 ans et resteront en service jusqu’en 2080.

Ces sous-marins forment la triade de la dissuasion nucléaire américaine avec les bombardiers B-52 et B-2 de l’US Air Force ainsi que les silos de missiles atomiques de l’US Army. Les différentes branches des forces américaines se complètent pour s’assurer que Washington soit toujours en mesure de riposter en cas d’attaque nucléaire surprise, sur son sol. Mais la construction de ces submersibles ne fait pas l’unanimité au sein de la marine américaine. Certains officiers estiment que le prix exorbitant de chaque bâtiment empêche l’US Navy de se développer dans d’autres domaines comme celui des drones autonomes. Ces derniers sont, selon eux, plus appropriés pour faire face au nombre croissant de navires de guerre déployés chaque année par la marine chinoise.

Par Thomas Romanacce, publié le 12/11/2020 à 16h17, mis à jour le 12/11/2020 à 17h52

https://www.capital.fr/economie-politique/lus-navy-commande-un-nouveau-type-de-sous-marin-nucleaire-geant-1385739

NUCLÉAIRE : LE STOCK D’URANIUM APPAUVRI POURRAIT DEVENIR UN DÉCHET RADIOACTIF

La France dispose d’un stock considérable d’uranium appauvri. La substance pourrait être considérée comme un déchet, faute de pouvoir être valorisée. L’État y pense et l’ASN y est favorable.

Dans le cadre de la concertation publique sur le prochain PNGMDR, le Gouvernement propose, jusqu’au 8 mars 2021, un volet sur le renforcement du contrôle du caractère valorisable des matières radioactives. En creux, le Gouvernement pose la question du devenir des quelque 320 000 tonnes d’uranium appauvri. Ce stock pourrait basculer dans la catégorie des déchets radioactifs…

Abandon du projet Astrid

La doctrine est simple : est considérée comme une « matière » radioactive une substance pour laquelle une utilisation ultérieure crédible est prévue ou envisagée. Si aucun usage futur n’est envisagé, la substance est classée parmi les « déchets » radioactifs. Aujourd’hui, les doutes se multiplient concernant le potentiel de valorisation de l’uranium appauvri.

Chaque année, la France utilise environ 7 800 tonnes d’uranium naturel pour produire 1 100 tonnes d’uranium enrichi et 6 700 tonnes d’uranium appauvri. L’uranium appauvri est actuellement utilisé pour la fabrication du combustible MOX. Une autre option envisagée est son utilisation dans des réacteurs de « quatrième génération » à neutrons rapides. La France a fait fonctionner trois prototypes jusqu’à maintenant : Rapsodie (de 1967 à 1983), Phénix (1974-2009) et Superphénix (1984-1997).

Astrid, un quatrième projet de réacteur à neutrons rapides, a longtemps été dans les cartons du CEA. Lancé en 2010, il aurait dû aboutir cette année. Il a finalement été abandonné mi-2019, sans avoir dépassé le stade des études…. Des doutes sur la capacité de répondre aux exigences de l’ASN en termes de sûreté, conjugués à des contraintes budgétaires, ont d’abord conduit le CEA à revoir à la baisse la taille du réacteur. Le coup fatal a été porté par le faible coût de l’uranium : au prix actuel du minerai rien ne justifie, sur le plan économique, d’investir dans la valorisation de l’uranium appauvrit. Il sera toujours temps de se pencher sur la question si de nombreux réacteurs devaient être mis en construction, a expliqué François Jacq, l’administrateur du CEA, devant le Sénat. Ce raisonnement fait depuis figure de position officielle du Gouvernement.

Renverser la charge de la preuve

Dans le cadre du débat public, qui s’est tenu d’avril à septembre 2019, la crédibilité des perspectives de valorisation des substances considérées comme des « matières » était l’un des cinq principaux sujets mis en avant par les pouvoirs publics. S’agissant de l’uranium appauvri, son transfert dans la catégorie « déchets », se pose notamment au regard des volumes disponibles, (qui sont très supérieurs aux besoins envisagés à moyen termes) et des conditions économiques.

Greenpeace et Wise Paris ont mis en avant « les incertitudes de valorisation (…) très élevées ». Ces acteurs ont aussi plaidé pour une « « inversion de la charge de la preuve », consistant à classer en déchets toute substance n’ayant pas de valorisation constatée dès maintenant ». Cette approche est plus sûre aux plans technique et financier, estiment-ils. À l’inverse, EDF et Orano ont défendu que « la valorisation de certaines matières, justifiée par leur teneur en matière fissile, répondait déjà à des conditions du marché mondial, et qu’à l’inverse leur requalification en déchets conduirait à faire perdre de la ressource ».

Plusieurs milliers d’années de consommation au rythme actuel

En réponse le Gouvernement propose aujourd’hui de renforcer le contrôle du caractère valorisable des substances. Il envisage notamment de demander aux détenteurs des plans d’action, détaillant les jalons à respecter pour mettre en œuvre la valorisation prévue.

En octobre l’ASN a pris position sur le sujet en publiant un avis sur la valorisation des matières radioactives. Elle « constate que les flux prévisionnels d’utilisation de l’uranium appauvri ne sont pas en adéquation avec les quantités détenues sur le territoire national et les flux prévisionnels de production ». En effet, le stock français d’uranium appauvri est de 318 000 tonnes. La production de combustible MOX ne nécessite que 2 % des 6 700 tonnes générées chaque année par l’enrichissement de l’uranium. Si l’on tient compte de l’ensemble des valorisations possibles, la consommation du stock existant « est irréaliste (…) à l’échelle du siècle ».

Cet avis est d’autant plus fort que l’ASN s’appuie sur des scénarios présentés par le CEA en octobre 2018, soit un an avant l’abandon du projet Astrid… D’une certaine manière, l’ASN se contente de tirer les conclusions du constat formulé dans le dossier soumis au débat public l’an dernier : le stock actuel d’uranium appauvri correspond à 2 820 années d’utilisation au rythme actuel. Cette durée est portée à 4 450 ans, dans le cadre de l’objectif de réduction à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique française…

Un stockage réversible ?

En conséquence, l’ASN « estime indispensable qu’une quantité substantielle d’uranium appauvri soit requalifiée, dès à présent, en déchet radioactif ». Si cette recommandation est suivie, Orano, qui détient l’essentiel de l’uranium appauvri devra proposer, conjointement avec l’Andra, une solution de gestion de long terme. L’ASN leur demande donc de poursuivre les études sur le stockage de l’uranium appauvri.

Depuis la publication de l’avis de l’ASN, le débat sur les modalités de contrôle de la crédibilité des options de valorisation s’est clairement transformé : « le ministère de la Transition écologique propose, en catimini, (…), de transformer l’essentiel de notre stock national d’uranium appauvri en déchets », critique l’association Sauvons le climat. Et de réclamer, a minima, un stockage reversible du déchet « uranium appauvri » de sorte à constituer une « réserve stratégique » si la France décidait de relancer le programme Astrid.

Par Philippe Collet, publié le 13 novembre 2020 à 11h52

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