Déc 08

ÉTATS-UNIS: LE LANCEMENT D’UN DRONE FURTIF BOMBARDIER CAPABLE DE TRANSPORTER L’ARME NUCLÉAIRE

Toujours prêts à renouveler leur arsenal militaire, les États-Unis ont créé des nouveaux drones pas comme les autres.

droneL’armée américaine est munie de drones depuis 1995. Mais une nouveauté vient garnir l’arsenal.

Son nom ? Le X-47B. Il s’agit d’un drone furtif bombardier qui peut atterrir et décoller d’un porte-avions.

Il permet ainsi le ravitaillement d’autres appareils. Il n’est pas le seul. Le bombardier du futur a également été créé.

C’est le B21 Raider. Il s’agit d’une aile volante qui est capable de transporter l’arme nucléaire, une grande quantité de bombes et des missiles longue portée. Le coût de tout ceci pour l’armée américaine ?

80 milliards de dollars.

Publié par Maxime Lambert

http://www.gentside.com/armee/b21-raider-decouvrez-la-toute-nouvelle-arme-de-la-suprematie-militaire-americaine_art77536.html

Déc 08

FESSENHEIM : LETTRE OUVERTE ENVOYÉE À FRANÇOIS HOLLANDE

hollandeLettre ouverte envoyée à François Hollande, de la part des associations alsaciennes exigeant la fermeture de Fessenheim (Et il est vrai qu’avec les problèmes de malfaçon, la centrale sera effectivement à l’arrêt le 31 décembre… Mais là, Hollande n’y est pour rien)

Monsieur le Président,

Lors de la campagne électorale de 2012, vous avez annoncé dans votre proposition n° 41  » … Je fermerai la centrale de Fessenheim … ».

Président de la République, vous avez souvent réitéré cette promesse, que ce soit par votre voix, par celles de vos ministres de l’environnement successifs, ou lors de rencontres avec des membres de votre cabinet.

Plus récemment,  vous avez décidé de lier la fermeture de la centrale de Fessenheim au démarrage de l’EPR, contredisant en cela la lettre, sinon l’esprit de la loi sur la Transition Énergétique. Mais néanmoins, vous avez affirmé à plusieurs reprises vouloir prendre un « acte fort »  qui rendrait « irréversible » la mise à l’arrêt définitif de cette trop ancienne centrale nucléaire. Cet  « acte fort« , vous l’avez promis pour la fin juin, puis pour la fin de cette année 2016.

Il vous reste peu de temps, Monsieur le Président, pour réaliser – même très imparfaitement – la promesse que vous aviez faite à la nation en 2012.

Aujourd’hui, vous ne pouvez ignorer que le réacteur n°2 de la centrale de Fessenheim est à l’arrêt depuis six mois, en raison d’une malfaçon sur l’un des générateurs de vapeur pouvant gravement compromettre la sûreté de la centrale. Et aujourd’hui, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) « réserve son avis » pour ce qui concerne les générateurs de vapeur de la tranche n° 1 de Fessenheim, qui devra subir des investigations complémentaires lors d’un prochain arrêt imposé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) le 10 décembre.

Monsieur le Président, alors que la confiance est rompue avec l’industrie nucléaire de notre pays, alors que la sécurité des populations en Alsace, mais aussi en Allemagne et en Suisse voisines ne peut plus être garantie, il n’est plus temps de tergiverser.

Monsieur le Président, nous attendons de votre part que vous terminiez le mandat qui vous a été donné par la réalisation d’au moins l’une de vos promesses : Monsieur le Président, il vous faut aujourd’hui mettre à l’arrêt définitif la centrale nucléaire de Fessenheim. Vous en avez le pouvoir. Nous souhaitons que vous en ayez également la volonté.

Source : https://blogs.mediapart.fr/jean-marie-brom/blog/081216/il-vous-reste-moins-dun-mois-monsieur-hollande

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Déc 08

DANS LE NUCLÉAIRE, LA TRANSPARENCE EST UN COMBAT

transparenceRapport d’audit noirci aux trois quarts, réponses tardives aux demandes d’informations, invocations du secret industriel et commercial… Obtenir des informations sur la filière nucléaire reste très difficile pour les acteurs de la société civile. Même si la loi sur la transparence de la sûreté nucléaire de 2006 a amélioré la situation.

Cet article est le quatrième d’une série que Reporterre consacre au nucléaire français.

. 1 « Des coupures de courant se préparent en cas d’hiver rigoureux ».
. 2 « Sept réacteurs nucléaires autorisés à redémarrer, malgré un défaut dans leur acier ».
. 3 « Au cœur de la crise nucléaire, des dizaines de fraudes et d’irrégularités dans une usine Areva ».

Nous publions également une carte du parc nucléaire, détaillant la situation par centrale

La carte est disponible sur : https://reporterre.net/Encore-plus-d-une-dizaine-de-reacteurs-a-l-arret

« Quand on a appris que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait commandé un audit externe à Areva, on s’est dit que ce problème de cuve était l’arbre qui cache la forêt. » Laura Hameaux et ses collègues du réseau Sortir du nucléaire ont vu juste. Le travail mené en 2016 par le cabinet indépendant Lloyd’s Register Apave a révélé 88 irrégularités concernant des pièces de réacteurs en fonctionnement forgées à l’usine Areva du Creusot. 6.000 dossiers de fabrication sont actuellement à l’étude, à la recherche de nouvelles anomalies.

Le réseau Sortir du nucléaire et l’association Greenpeace ont réclamé à l’ASN le rapport de l’audit réalisé chez le forgeron. « L’ASN nous a répondu en nous envoyant un dossier caviardé aux trois quarts, rapporte Mme Hameaux. Elle nous a expliqué qu’elle avait demandé son avis à Areva sur ce qui était transmissible ou pas, et qu’Areva avait noirci toutes ces pages au nom du secret commercial et industriel. Elle nous a annoncé qu’elle avait saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada). »

Les deux organisations ont également saisi la Cada en septembre dernier. Laquelle leur a finalement donné raison, dans un avis rendu public en novembre. « Elle a jugé que le rapport peut être communiqué et que c’est à l’ASN de décider ce qui est communicable ou pas. Elle précise que tout ce qui relève de l’organisation du travail à l’usine du Creusot ne relève pas du secret industriel et commercial », se réjouit la porte-parole de Sortir du nucléaire. Les deux associations ont depuis rédigé une lettre à l’ASN lui demandant de transmettre le rapport d’audit, sans réponse pour le moment.

Avis de la Cada sun 6 octobre 2016 à télécharger sur :

https://reporterre.net/IMG/pdf/avis_cada.pdf

 « L’industrie nucléaire fait preuve d’une grande opacité »

Cette histoire est un des multiples exemples illustrant la difficulté, pour les associations et la société civile, à obtenir des informations sur la filière nucléaire française. « L’industrie nucléaire fait preuve d’une grande opacité, observe Mme Hameaux. Quand nous avons enquêté sur les transports de matières nucléaires, nous avons obtenu beaucoup d’informations côté allemand, notamment la liste de tous les convois avec leur provenance, leur destination, leur niveau de radioactivité, etc. En France, ce document n’existe pas ! Les maires ne sont pas informés du passage d’un convoi radioactif dans leur village, contrairement aux bourgmestres belges qui sont prévenus 48 heures avant. »

La situation s’est tout de même améliorée depuis la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire (TSN), qui prévoit que « toute personne a le droit d’obtenir (…) les informations (…) sur les risques liés à l’exposition aux rayonnements ionisants pouvant résulter de cette activité et sur les mesures de sûreté et de radioprotection prises pour prévenir ou réduire ces risques ou expositions ». Par cette loi, l’ASN a été fondée en tant qu’autorité administrative indépendante.

Le maire-adjoint honoraire de Grenoble, Raymond Avrillier, s’est battu pour la fermeture de Superphénix, un prototype de réacteur nucléaire fonctionnant au plutonium mis en service en 1984 et définitivement arrêté en 1996 : « Quand notre association Européens contre le nucléaire a révélé en 1987 les fuites de sodium entre les deux cuves du barillet de stockage du combustible de SuperPhénix, il n’y avait pas d’autorité de sûreté indépendante du gouvernement et du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et aucune information pluraliste », se souvient-il. Aujourd’hui, même s’il estime les progrès « très insuffisants », il apprécie d’avoir « trois interlocuteurs différents : l’exploitant, censé transmettre ses données relatives à l’environnement conformément à l’article L124-1 du Code de l’environnement ; l’ASN ; et le gouvernement, qui doit informer les citoyens de ses décisions relatives à la sûreté ».

« Le principal acteur de la transparence est l’ASN, confirme Guillaume Blavette, membre du collectif « Stop EPR, ni à Penly, ni ailleurs ». Elle a publié ses échanges de courriers avec EDF concernant les défauts de la cuve de l’EPR [une concentration excessive de carbone découverte en 2014, NDLR]. C’était borderline [limite] au niveau du droit mais elle l’a fait quand même. » Mais elle ne renouvelle pas l’exercice à chaque nouvelle crise. « A part pour la cuve, on ne connaît pas la teneur des échanges techniques entre le régulateur et l’exploitant », regrette M. Blavette. En revanche, selon lui, il n’y a pas grand-chose à attendre d’EDF : « Le groupe répond de plus en plus à nos sollicitations mais de manière très formalisée, sans rien révéler. Il a très bien compris comment contourner la loi de 2006. »

Le parcours du combattant de l’information au sein des Cli

La loi TNS a également renforcé les commissions locales d’information (Cli), auparavant encadrées par une simple circulaire de 1981 signée par le premier ministre de l’époque Pierre Mauroy. Ces organisations, qui réunissent élus, associations et habitants vivant à proximité d’une centrale, ont pour objectif d’apporter une expertise citoyenne et de sensibiliser la population au risque nucléaire. Pour elles aussi, obtenir des informations détaillées dans un délai raisonnable relève parfois du parcours du combattant.

Patrick Maupin est chargé de campagne énergie-climat à Greenpeace Bordeaux et membre de la Cli du Blayais. « Quand j’ai appris par voie de presse qu’un certain nombre d’irrégularités avaient été découvertes concernant des composants de réacteurs en fonctionnement, j’ai écrit en mai 2016 à l’ASN Bordeaux pour lui demander si les réacteurs du Blayais étaient concernés. Le président de la Cli a fait de même. Nous avons reçu une réponse de l’ASN le 20 juin, qui nous apprenait que les réacteurs 1 et 3 étaient concernés », se souvient-il.

Puis, fin août, il a appris que ces deux réacteurs étaient autorisés à redémarrer. « J’ai renvoyé une lettre, parce que je n’avais pas eu de réponse précise sur les anomalies détectées : quelles étaient-elles ? Comment avaient-elles été traitées ? » Dans sa réponse du 3 novembre, l’ASN l’informait que sept irrégularités concernant Blayais 1 étaient des écarts au référentiel de construction et qu’un des générateurs de vapeur de Blayais 3 présentait des valeurs de résilience non conformes. « Bien sûr, la réponse est compréhensible, admet M. Maupin. Mais l’ASN n’a jamais pris les devants pour nous informer de la situation de ’nos’ réacteurs. Il y a toujours un certain délai entre nos demandes et ses réponses. Et ces courriers ne permettent pas de se faire une idée tellement précise de la situation : qu’est-ce qu’elle entend par ’écart’ ? Un écart de valeur, de fabrication ? De quel pourcentage et avec quelles conséquences potentielles ? »

Un cruel manque de moyens financiers

Réunion d’une Commission locale d’information dans l’Ain en 2014

« Il n’y a pas de réelle volonté de faire des Cli des organes qui pourraient aller au bout de leur mission », regrette le chargé de campagne à Greenpeace. Un constat largement partagé lors de la 28e conférence des Cli, le 16 novembre dernier. « Quels sont les moyens accordés aux membres des Cli qui sont salariés par ailleurs ? Aujourd’hui, je suis censé être au travail. Certains doivent prendre des jours de congé pour venir. Si on veut une réelle transparence, il faut évoquer ces questions », a lancé un représentant syndical à Jean-Yves Le Déaut, député et membre de l’Opecst. « A Paluel, nous voulons avoir les moyens de réaliser des contre-expertises. A quand un renouvellement de nos financements ? », a réclamé un membre du réseau Sortir du nucléaire.

La loi TNS prévoyait qu’un pourcentage de la taxe sur les installations nucléaires de base serait attribué aux Cli, mais ça n’a jamais été appliqué. Actuellement, le budget annuel pour l’ensemble des Cli est d’un million d’euros, « soit 70 centimes par personne et par an pour chaque personne qui habite dans un périmètre de 10 kilomètres autour d’une centrale », a ironiquement calculé le président de l’Anccli Jean-Claude Delalonde. Le gouvernement s’était engagé à rendre un rapport sur cette question avant le 1er juillet 2016, « mais toujours rien ».

Raymond Avrillier, lui, relativise ces questions financières : « Le pire ennemi de l’information, c’est la passivité. Il faut que tout le monde, toutes les Cli posent des questions écrites comme nous le faisons à Sortir du nucléaire, à l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest, autour de Fessenheim ou du Blayais… C’est une méthode de prévention des risques qui repose sur la pression constante de la vigilance citoyenne. »…

Pour lire l’intégralité de l’article:

https://reporterre.net/Dans-le-nucleaire-la-transparence-est-un-combat

Déc 08

LES BANQUES INVESTISSENT DES MILLIARDS DANS DES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE

baquesLa banque belge KBC a indirectement investi 117 millions d’euros dans le développement des armes nucléaires entre janvier 2013 et août 2016, selon un rapport publié jeudi par l’organisation visant à promouvoir la paix PAX. BNP Paribas Fortis, ING et Deutsche Bank, banques étrangères mais actives en Belgique, figurent également sur la liste noire de ce rapport.
Le rapport intitulé « Don’t Bank on the Bomb » révèle que des banques du monde entier ont investi plus de 498 milliards de dollars entre janvier 2013 et août 2016 dans l’industrie des armes nucléaires, et ce par le biais de prêts ou d’émissions d’actions et d’obligations.
Si l’argent déboursé par KBC ne l’a pas été directement dans une entreprise d’armes nucléaires, la banque a investi durant ces trois dernières années quelque 117 millions de dollars dans le prestataire de services britannique Serco, qui détient deux tiers des parts de AWE-ML. Cette dernière est chargée de produire et maintenir l’arsenal britannique nucléaire.
Nous avons une politique stricte depuis 2004 déjà
BNP Paribas Fortis est également fortement pointé du doigt. La banque française a investi, toujours sur la même période, un peu plus de 9 milliards de dollars et se place ainsi en tête du sombre classement européen. Quant à Deutsche Bank et ING, ils ont investi respectivement 3,7 milliards et 457 millions de dollars dans cette industrie peu reluisante.
Le top 10 des investisseurs, au niveau mondial, est toutefois exclusivement américain pour un total de 89 milliards dollars, avec Blackrock, Capital Group et Vanguard en haut de la liste. L’association belge Vrede a déjà fait part de son indignation et organisera jeudi plusieurs actions aux sièges des banques concernées à Bruxelles.
Selon KBC, les politiques de durabilité de la banque mises à jour le 12 septembre dernier n’ont pas été prises en compte par le rapport de PAX. « Nous avons une politique stricte depuis 2004 déjà, et les règles concernant les armes ont encore été renforcées avec la nouvelle politique du 12 septembre, avec des conditions très restrictives et très explicites pour le crédit aux sociétés qui affichent une quelconque implication dans les armes nucléaires« , explique Viviane Huybrecht.
La porte-parole n’a toutefois pas pu confirmer l’arrêt du crédit octroyé à Serco, la communication de la banque sur des dossiers individuels n’étant pas permise.

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_les-banques-belges-ont-investi-des-millions-d-euros-dans-les-armes-nucleaires?id=9475218

Déc 08

AREVA: LES JAPONAIS MHI ET JNFL EN LICE POUR ACQUÉRIR 10% DU CAPITAL

arevaLes entreprises japonaises Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et JNFL (Japan Nuclear Fuel Limited) envisagent de prendre une participation combinée de 10% dans le groupe nucléaire français Areva, a rapporté jeudi la presse nippone.
Selon le quotidien à grand tirage Yomiuri, qui ne précise pas ses sources, les deux partenaires ont l’intention d’investir des dizaines de milliards de yens (centaines de millions d’euros) au total d’ici à janvier dans le cadre de cette transaction.
Le plan de sauvetage d’Areva prévoit le recentrage du groupe sur les activités liées au cycle du combustible, logées dans la nouvelle société NewCo dont l’État français détiendra directement ou indirectement (via la holding Areva SA) au moins 67% du capital, tandis que des investisseurs tiers pourraient se partager le solde.
Moyennant le feu vert de la Commission européenne attendu d’ici à la fin de l’année, NewCo devrait bénéficier début 2017 d’une augmentation de capital de 3 milliards d’euros, sur une recapitalisation totale de 5 milliards.
L’intérêt de JNFL et MHI pour entrer au capital d’Areva est connu, mais peu de détails ont filtré jusqu’à présent sur les modalités de leur participation. Le chinois CNNC serait également intéressé.
« En tant que membre de l’industrie nucléaire japonaise, nous travaillons activement (avec Areva) au sujet du redressement de ses activités, mais nous ne pouvons donner plus de précisions pour des raisons de confidentialité », a réagi un porte-parole de MHI, interrogé par l’AFP.
La semaine dernière, une source proche du dossier à Paris avait évoqué d’âpres discussions entre les différentes parties impliquées, les négociations butant notamment sur la gouvernance du futur Areva. Selon des informations de presse, la Chine et le Japon demandent de pouvoir nommer un administrateur indépendant.
Parallèlement, MHI a indiqué à plusieurs reprises étudier une prise de participation minoritaire dans Areva NP, l’activité réacteurs d’Areva en cours de cession à l’électricien français EDF.

http://www.romandie.com/news/Areva-les-japonais-MHI-et-JNFL-en-lice-pour-acquerir-10-du-capital/759773.rom

Déc 08

À L’AIEA, LE SAINT-SIÈGE PLAIDE POUR UNE MEILLEURE SÉCURITÉ NUCLÉAIRE MAIS EST FAVORABLE AU NUCLÉAIRE CIVIL

saint-siegeSoulignant les bienfaits du nucléaire civil pour promouvoir le développement durable, le Vatican plaide pour une plus large « culture de la sécurité » et continue à demander l’abolition des armes atomiques.

À l’occasion de la seconde conférence de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), organisée du 5 au 9 décembre à Vienne, le sous-secrétaire pour les relations avec les États, Mgr Antoine Camilleri a appelé la communauté internationale à assumer « une éthique de responsabilité » en matière de sécurité nucléaire.

Mgr Camilleri a rappelé que face aux graves défis posés par la prolifération nucléaire sur le plan technique comme sur celui de la diplomatie, le pouvoir de la technologie nucléaire doit être tenu sous contrôle, à travers des logiques de solidarité et de « sécurité collaborative ».

Toute négligence peut avoir « des conséquences catastrophiques »

La promotion de la sécurité nucléaire doit être une préoccupation centrale pour le nucléaire militaire, en mettant le cap sur le désarmement et la non-prolifération, a souligné le représentant du Saint-Siège, qui dispose d’un siège d’observateur à l’AIEA.

Il a ainsi rappelé l’importance d’une protection physique renforcée du matériel nucléaire, toute négligence pouvant avoir « des conséquences catastrophiques », mais s’est aussi dit préoccupé par les cyberattaques contre les données et structures sensibles, qui nécessitent une sécurité renforcée des informations et des ordinateurs.

« Culture de la sécurité »

Plaidant donc pour « une plus largeculture de la sécurité” », il a rappelé combien « l’application pacifique des technologies nucléaires » permet « promouvoir le développement durable en améliorant l’agriculture, la gestion de l’eau, la nutrition et la sécurité alimentaire, le contrôle des maladies infectieuses et les efforts de lutte contre le cancer »..

Une déclaration qui tranche avec la position des évêques catholiques japonais qui, la semaine dernière, déclaraient ne pas croire dans les « mythes de sécurité », appelaient à abolir l’énergie nucléaire dans le monde.

Concernant le nucléaire militaire, saluant les efforts de l’AIEA et les progrès accomplis dans la lutte contre la prolifération nucléaire, Mgr Camilleri a rappelé la position du Saint-Siège, exprimée par le pape François lors de son discours en septembre 2015 à l’ONU, quand il avait appelé les États à « s’engager pour un monde sans armes nucléaires, en appliquant pleinement le Traité de non-prolifération, dans la lettre et dans l’esprit, vers une totale mise au ban de ces engins ».

Article de Nicolas Senèze, à Rome (avec Radio Vatican)

http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Vatican/A-lAIEA-Saint-Siege-plaide-pour-meilleure-securite-nucleaire-2016-12-07-1200808734

Déc 07

VIDÉO À VOIR : UN VILLAGE ENTIER À VENDRE POUR CAUSE DE CONTAMINATION NUCLÉAIRE A VENIR

villageCette vidéo a été produite lors de l’opération Village À VENDRE – Gudmont-Villiers – le 27 novembre 2016

Dans le cadre de l’accompagnement économique du projet CIGéo, qui est aujourd’hui beaucoup plus qu’un projet, le lobby nucléaire a décidé d’implanter à GUDMONT-VILLIERS, village à 20 km au sud de JOINVILLE (Haute-Marne) une usine de conditionnement de déchets nucléaires TFA et FA.
Réception des matériaux de démantèlement des centrales nucléaires (ferrailles, gravats, etc) – découpage, cisaillage, compactage – conditionnement – puis transport vers les sites de stockage de Soulaines et de Morvilliers (Aube) ainsi que vers les fours de la SOCODEI dans le Gard.
Nous insistons : il s’agit bien d’une création d’activité dans le cadre de l’accompagnement économique du projet CIGéo ! Cela a été confirmé par Thierry PEREZ, directeur de DERICHEBOURG, lui-même. Il va donc être très difficile de terrasser ce BISON, Base Intermédiaire de Services Opérationnels Nucléaires, puisque sa raison d’être est écrite dans la loi 2006 !
Dans GUDMONT-VILLIERS, une Opération de communication originale : VILLAGE A VENDRE a été lancée et réussie le dimanche 27 novembre 2016
C’est la première fois en France qu’un village tout entier est À VENDRE, mairie, église et Château inclus, pour cause d’une pollution nucléaire à venir
Les journalistes et les télés du monde entier, Jean-Pierre PERNAUD en tête, sont invités à venir envahir le petit village de GUDMONT-VILLIERS…

http://www.dailymotion.com/video/x54jlwd_operation-village-a-vendre-gudmont-villiers-27-novembre-2016_news

Déc 07

AU CŒUR DE LA CRISE NUCLÉAIRE, DES DIZAINES DE FRAUDES ET D’IRRÉGULARITES DANS UNE USINE AREVA

coeur-arevaUn audit réalisé au Creusot Forge, l’usine du groupe Areva où sont forgés les gros composants des centrales nucléaires, a révélé l’existence d’irrégularités dans 430 dossiers « barrés ». Certaines s’apparentent à des falsifications. Deux réacteurs sont toujours à l’arrêt depuis ces découvertes et 6.000 dossiers d’archive sont encore en cours d’examen.
« C’est un iceberg dont nous nous apercevons qu’il prend des proportions impensables hier encore. » Jean-Claude Delalonde, président de l’Association nationale des comités et commissions locales d’information (Anccli), a tiré la sonnette d’alarme devant les participants de la 28ème conférence des commissions locales d’information (CLI), le 16 novembre dernier. En avril 2016, 430 dossiers de fabrication irréguliers — des dossiers « barrés » — ont été découverts dans les archives de l’usine Areva du Creusot (Saône-et-Loire), où sont forgés les gros composants en acier des réacteurs nucléaires.
Dans ces dossiers doivent être indiquées toutes les propriétés chimiques et mécaniques de la pièce – des caractéristiques décisives pour la sûreté des installations. L’usine du Creusot doit en fournir une copie à EDF et à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et en archiver un exemplaire. Problème : certains des dossiers barrés exhumés des placards du forgeron n’affichent pas les mêmes informations que les exemplaires transmis au client et au gendarme du nucléaire… 88 de ces écarts concernent des composants de réacteurs en fonctionnement forgés entre 1965 et 2012 et 19 le futur réacteur EPR de Flamanville 3. Pour Fessenheim 2 et Gravelines 5, les aberrations sont si préoccupantes que les réacteurs sont maintenus à l’arrêt.
En juillet 2016, coup de tonnerre : d’autres anomalies ont été mises en lumière dans des documents qui ne présentent pas le double trait caractéristique des dossiers barrés. Ce sont donc désormais plus de 6.000 dossiers qu’Areva va devoir examiner, à la recherche d’omissions ou de résultats falsifiés. « C’est une forme d’évidence pour moi, on va trouver d’autres anomalies ou irrégularités », a déjà prévenu le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, lors d’une audition <http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4345585_580f80fe66839.opecst–controle-des-equipements-sous-pression-nucleaires-25-octobre-2016>  devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), le 25 octobre. Le feuilleton des arrêts forcés de réacteurs risque ainsi de connaître de nouveaux rebondissements.

Comment ces irrégularités ont-elles été découvertes ?
En 2015, quand l’ASN apprend que l’acier de la cuve du futur EPR de Flamanville présente une concentration excessive de carbone, elle demande à Areva de réaliser un audit dans son usine du Creusot, où la pièce a été fabriquée. Cette requête est appuyée par EDF, dont le centre d’expertise en fabrication et métallurgie, le Cèdre, s’est inquiété de nombreuses anomalies dans les essais de traction exécutés par le forgeron. « Ces essais consistent à étirer une tige de métal un peu plus grosse qu’une cigarette entre deux machines pour mesurer la résistance de l’acier », précise Jean-Luc Mercier, représentant CGT, qui travaille au laboratoire de l’usine du Creusot.
D’abord mené en interne en 2015, l’audit est confié en 2016 au cabinet indépendant Lloyd’s Register Apave. Ce travail permet de découvrir l’existence des 430 dossiers affichant, « dans la marge, une double-barre qui met en évidence que ce dossier révèle des écarts », a décrit Rémy Catteau, directeur des équipements sous pression à l’ASN, le 25 octobre à l’Opecst http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4345585_580f80fe66839.opecst–controle-des-equipements-sous-pression-nucleaires-25-octobre-2016 Ces documents ont été examinés un par un pour identifier la nature des irrégularités. En parallèle, Areva a « procédé à un examen par sondage des dossiers de fabrication qui ne comportaient pas les fameuses barres, a indiqué le PDG d’Areva NP, Bernard Fontana, aux parlementaires. Ce sondage a mis en évidence des écarts similaires à ceux révélés lors de l’examen des dossiers barrés. » D’où la nécessité de décortiquer tous les dossiers concernant des composants nucléaires, soit plus de 6.000 documents. « Il faut purger le passé », a admis M. Fontana.
Les irrégularités constatées sont-elles graves ?
Cela dépend. « Il s’agit, dans beaucoup de cas, de manque de rigueur. Mais aussi, dans quelques cas, de manquements graves à la culture qualité, qui ont conduit à ne pas déclarer et traiter des écarts selon les procédures qui auraient dû être appliquées », a analysé le PDG d’Areva NP. Trois cas sont graves : Fessenheim 2, Flamanville 3 et Gravelines 5.
À Fessenheim 2, c’est la virole basse du générateur de vapeur qui pose problème. « Les règles de l’art du forgeage imposent de couper une partie du lingot d’acier d’où est issue la virole, où se concentrent toutes les impuretés », a décrit M. Catteau. Or, les ouvriers n’ont pas effectué cette opération indispensable appelée « chutage ».

Dans le dossier de fabrication du Creusot, on trouve une fiche incident qualité datée de 2008 qui précise qu’il « n’est pas possible de couper la partie qu’on doit couper, parce que la longueur de la virole est trop courte ». Pourtant, dans cette même fiche incident, il est préconisé de « poursuivre la fabrication ». Résultat, « cette partie, qui recueille les éléments indésirables, se retrouve dans la pièce finale. Ça a des conséquences potentielles pour la sûreté qui peuvent être majeures », s’est alarmé M. Catteau.
De ce fait, l’ASN a suspendu l’autorisation du générateur de vapeur qu’elle avait accordée à Fessenheim 2 en 2012. EDF mène depuis mai 2016 une série de tests visant à démontrer que le générateur est apte à fonctionner en toute sûreté. « Nous sommes confiants sur le fait de pouvoir présenter un dossier robuste à l’ASN avant la fin de cette année pour demander le redémarrage du réacteur », a assuré Dominique Minières, directeur exécutif chargée du parc nucléaire et thermique d’EDF, le 25 octobre à l’Opecst <http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4345585_580f80fe66839.opecst–controle-des-equipements-sous-pression-nucleaires-25-octobre-2016> .
Même falsification concernant le générateur de vapeur de Flamanville 3 : les ouvriers du Creusot n’ont coupé que 10 % du lingot, alors que le dossier de fabrication remis à l’ASN affirme que 23 % ont été supprimés. Concernant le nouveau générateur de vapeur qui devait être installé sur Gravelines 5, les valeurs obtenues aux tests de résilience indiquées dans le dossier de fabrication archivé au Creusot — 42-42-165 joules — n’ont rien à voir avec les valeurs transmises à l’ASN — 98-120-165 joules. « Sachant que le requis réglementaire pour ce type d’essai est de 60 joules », a précisé M. Catteau. Le générateur de vapeur n’a pas été installé et Gravelines 5 est toujours à l’arrêt…

Pour lire la suite de l’article de Émilie Massemin, aller sur : https://reporterre.net/Au-coeur-de-la-crise-nucleaire-des-dizaines-de-fraudes-et-d-irregularites-dans

Déc 07

ENGIE (EX GDF SUEZ) VEUT SORTIR DU NUCLÉAIRE

engieLe groupe français cherche à abandonner ses projets en Turquie et en Grande-Bretagne. Une scission de la filiale belge est envisagée.
Le nucléaire, c’est bientôt fini pour Engie. L’énergéticien français entame depuis quelques mois un virage stratégique fort en misant sur les énergies renouvelables. Mais cette volte-face nécessite d’abord de se délester de ses activités historiques. Selon plusieurs sources proches de la direction, le groupe cherche à sortir de ses deux grands projets nucléaires en Turquie et en Grande-Bretagne. « Engie veut y renoncer car il n’a plus les moyens de financer des chantiers si coûteux, confie l’une de ces sources. Mais cela pose problème car il faut sortir des partenariats avec Areva et Toshiba« .
En 2013, Engie avait remporté en Turquie un contrat de 17 milliards d’euros pour quatre réacteurs de moyenne puissance (Atmea) en collaboration avec Areva. Difficile de « lâcher » cette alliance franco-française alors que le spécialiste de l’atome est en plein sauvetage public. Il risquerait de perdre un des rares contrats futurs qui lui tendent les bras.
Trois ans plus tôt, c’est une alliance avec le japonais Toshiba qui avait été lancée pour la construction de trois réacteurs en Grande-Bretagne pour 12 milliards d’euros. Là encore, une sortie de ce projet obligerait à rompre avec un vieux partenaire: Toshiba-Westhinghouse. Le fabricant de centrales nucléaires qui a construit celles d’Engie en Belgique. Il est aujourd’hui d’autant plus difficile d’abandonner ces réacteurs britanniques que l’État français (actionnaire d’Engie à 33%) a poussé pour les deux EPR d’EDF à Hinkley Point.
Scission de la filiale belge
« Nous prendrons une décision en 2018« , balaie une porte-parole du groupe, reconnaissant au passage qu’une réflexion existe. « Il n’y aura plus de nouveaux projets nucléaires, assure un proche du groupe. Nous continuerons à nous développer dans les services et le démantèlement mais le nucléaire va devenir un marché de niche« . Le groupe a d’ailleurs annoncé fin novembre qu’il se lancerait en 2017 dans la commercialisation de gaz et d’électricité pour les particuliers outre-manche. Une première illustration de sa nouvelle stratégie de miser davantage sur la distribution d’énergie plus que sa production.
Engie ne veut pas annoncer officiellement sa sortie du nucléaire car le groupe détient encore sept réacteurs en Belgique. Le groupe attend le feu vert du régulateur belge pour prolonger la vie des centrales de 40 à 50 ans. « Une fois qu’on aura de la visibilité, on pourra relancer la scission d’Electrabel » reconnaît un proche de la direction. La filiale belge d’Engie pourrait ainsi être scindée du groupe pour s’en défaire. Le groupe pourra alors tourner définitivement le dos à son histoire dans le nucléaire.
Article de Matthieu Pechberty

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/engie-veut-sortir-du-nucleaire-1067637.html

Déc 07

BERLIN PAIERA POUR LA SORTIE DU NUCLÉAIRE

berlinLa Cour constitutionnelle allemande juge que l’arrêt des réacteurs donne un droit à indemnisation par l’État.
Mardi à Essen, dans la Ruhr, lors du congrès de la CDU qu’elle dirige, Angela Merkel a-t-elle  « félicité » Peter Terium, l’ex-patron du géant local de l’énergie  RWE rencontré sur place ? Par un hasard du calendrier, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a rendu le même jour un arrêt donnant raison à trois grands producteurs d’électricité  – RWE,  E.ON et  Vattenfall – qui ont réclamé de Berlin le versement d’une indemnisation en raison de la fermeture forcée de leurs réacteurs nucléaires suite à la catastrophe de Fukushima en 2011. Cette victoire d’étape des grands de l’énergie signifie que la volte-face politique de Berlin pourrait peser sur les finances de l’État allemand, même si, à ce stade, la Cour n’a pas chiffré les montants des dédommagements. Berlin a jusqu’à mi-2018 pour trouver la formule en vue de compenser les groupes d’énergie lésés.
« Atomausstieg »
Les débuts de l’affaire remontent à 2002, quand l’alliance entre sociaux-démocrates et Verts au pouvoir avait décidé l’« Atomausstieg », la sortie du nucléaire négociée avec les grands de l’énergie. Ces derniers avaient eu le droit en échange de continuer à produire jusqu’à 2022 une quantité  « résiduelle » d’énergie née de l’atome. Or, le gouvernement Merkel a décidé en 2011 de chambouler le calendrier de fermeture des sites. Les plans de production d’énergie arrêtés en 2002 n’étant plus réalisables, il aurait été normal que la puissance publique indemnise les acteurs concernés, a jugé le juge constitutionnel.
Est aussi remontée à la surface l’autre décision prise en 2010 par le gouvernement Merkel, allié avec les libéraux du FDP, de redonner cette fois un nouvel élan à la filière nucléaire. En conséquence de quoi les groupes d’énergie avaient lourdement investi pour permettre l’allongement de la durée de vie de certains réacteurs. Or, la « Energiewende », le tournant énergétique décidé un an plus tard, allait rendre ces investissements caducs. Là encore, une compensation financière est rendue possible – E.ON en profiterait le plus.
Accord sur les déchets
La décision de Karlsruhe intervient quelques semaines après qu’un accord crucial sur la gestion des déchets radioactifs a été trouvé entre l’État et les grands du nucléaire, incluant un quatrième acteur,  EnBW. Ceux-ci vont verser 23,5 milliards d’euros dans un fonds, l’État endossant désormais seul la responsabilité de gérer le transport et le stockage des déchets.
En France aussi, la fermeture de la centrale de Fessenheim, en Alsace, a été l’objet d’un long bras de fer entre l’État et  EDF pour chiffrer une indemnisation. L’électricien devrait recevoir un chèque d’au moins 400 millions d’euros pour compenser les coûts de l’arrêt de la centrale et le manque à gagner.

Article de Jean-Philippe Lacour, Les Echos, Corresponfant à Francfort

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211567683681-berlin-paiera-pour-la-sortie-du-nucleaire-2048599.php

Déc 06

ALLEMAGNE ET SORTIE DU NUCLÉAIRE: DÉCISION MARDI SUR L’INDEMNISATION DES ÉNERGÉTICIENS

courKarlsruhe (Allemagne) – Les juges suprêmes allemands doivent décider mardi si les groupes d’énergie sont en droit de réclamer des milliards d’euros d’indemnités à l’État pour la fermeture forcée de vieux réacteurs en 2011, après la catastrophe de Fukushima.
Si la Cour constitutionnelle de Karlsruhe (ouest) leur donnait raison, les intéressés pourraient exiger de l’État allemand, et donc du contribuable, plusieurs milliards d’euros – via des procès portant sur les différentes centrales concernées.
Dans la presse circule le chiffre cumulé de 20 milliards d’euros.
La plainte remonte à 2012: les deux géants allemands EON et RWE, ainsi que le suédois Vattenfall, troisième producteur d’énergie en Allemagne, estiment avoir été lésés par la décision subite de Berlin d’accélérer la sortie de l’atome et de mettre à la retraite les sept réacteurs les plus anciens ainsi que celui de Krümmel (Vattenfall), objet de pannes à répétition.
Pour eux, il ne s’agit pas de statuer sur la pertinence de quitter ou non le nucléaire d’ici 2022, mais de faire constater qu’un droit fondamental, en l’occurrence le droit à la propriété, a été, selon eux, bafoué.
Les énergéticiens jugent en effet avoir été expropriés.
La question est simplement: a-t-on le droit, du jour au lendemain, de priver les gens – (…) puisque nous appartenons à des gens – de leur patrimoine, sans indemnisation’, avait argumenté le patron du numéro un allemand de l’énergie EON, Johannes Teyssen lors d’une audience à la mi-mars.
L’accident nucléaire de la centrale Fukushima, partiellement détruite par un tsunami en mars 2011, a rendu nécessaire, également en Allemagne, une réévaluation des risques liés à l’utilisation de l’énergie atomique, avait répliqué la ministre de l’Environnement Barbara Hendricks (social-démocrate) devant les juges.
-Transition énergétique-
Les industriels, déjà confrontés à des baisses des prix de gros, aux problèmes de rentabilité des centrales à charbon et à la concurrence des énergies renouvelables, comme l’éolien ou le solaire, jugent que la décision de Berlin a sérieusement contribué à aggraver leur situation financière.
Plombés par de lourdes pertes, EON et RWE avaient décidé de se scinder pour répondre aux défis de la transition énergétique dans le pays, en séparant d’un côté les énergies fossiles, de l’autre des énergies d’avenir. Une refonte finalement bouclée en 2016.
La décision des juges reste complètement ouverte, selon les observateurs. L’âge était le critère principal mis en avant par Berlin pour fermer les réacteurs. Or celui de Krümmel était plus récent que les autres, donc Vattenfall a sur le papier le plus de chance d’obtenir gain de cause.
Mais il n’est pas certain que sa plainte soit recevable auprès de la Cour allemande, étant donné que le groupe est propriété de l’État suédois.
Le quatrième groupe énergétique du pays, EnBW, aux mains de l’État régional du Bade-Wurtemberg dirigé par les Verts, ne s’est pas joint à la plainte de ses pairs.
Parallèlement à ce volet judiciaire, gouvernement et industriels se sont accordés dans les grandes lignes sur la gestion de la sortie du nucléaire.

Les quatre énergéticiens devront mettre en œuvre et financer l’arrêt définitif des centrales d’ici 2022, leur démantèlement et le conditionnement sécurisé des déchets. Huit d’entre elles sont encore en service.
Ils contribueront aussi à hauteur de 23 milliards d’euros à un fonds chargé de gérer le stockage des déchets nucléaires.
Sur ce montant, ils paient une prime de risques d’un peu plus de 6 milliards qui leur permet de se dégager de toute responsabilité dans leur gestion future, renvoyant ainsi les risques à l’État.
Si le projet de loi a été entériné, il doit encore être scellé par un contrat qui continue d’être négocié.

http://www.romandie.com/news/Sortie-du-nucleaire-decision-mardi-sur-lindemnisation-des-energeticiens/758748.rom

Déc 06

EDF CONDAMNÉ EN JUSTICE POUR SA GESTION CHAOTIQUE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHINON

edf-condamneLe Tribunal de police de Tours vient enfin de condamner EDF pour sa gestion chaotique de la sûreté à la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), suite à une plainte déposée en avril 2014 par le Réseau “Sortir du nucléaire“.

Les trois infractions retenues ne constituent que la partie émergée de l’iceberg des nombreuses aberrations observées sur ce site, qui mettent en danger riverains et travailleurs.

EDF et le directeur de la centrale de Chinon condamnés pour trois infractions

EDF et le directeur de la centrale ont été condamnés à payer respectivement 7000€ et 2750€ d’amende pour trois infractions.

Ils ont d’abord été reconnus coupables de la mauvaise gestion des substances chimiques destinés à l’entretien des installations. En effet, les acides et les bases, produits pourtant incompatibles dont le mélange peut déclencher de violentes réactions, étaient rangés dans la même armoire, au mépris des règles de sécurité les plus élémentaires ! Cette négligence est d’autant plus inquiétante que la gestion du local concerné est sous-traitée à un prestataire extérieur.

Le tribunal a également sanctionné l’absence de traçabilité de certaines opérations de maintenance, les contrôles systématiques étant remplacés au dernier moment par de simples sondages sans que ce changement ne soit formalisé.

Enfin, EDF et le directeur ont été sanctionnés pour une importante fuite de bore (produit destiné à freiner les réactions nucléaires) sur une canalisation. Alors que la réglementation européenne considère cette substance comme « hautement préoccupante en raison de ses caractéristiques reprotoxiques », l’avocat d’EDF avait osé effectuer un parallèle avec une simple trace de calcaire !

Des infractions révélatrices d’une mauvaise gestion généralisée

Les trois infractions retenues par le tribunal ne constituent qu’une petite partie des faits évoqués dans un rapport publié fin 2013 par l’Autorité de sûreté nucléaire, suite à une série d’inspections effectuées sur le réacteur B1, arrêté pour travaux de maintenance.

Dalle en béton menaçant de s’effondrer, travailleurs ballotés d’un chantier à l’autre sans recevoir les informations requises sur les risques, inondations internes chroniques, refus d’accorder des équipements de protection contre les radiations… Au total, le Réseau “Sortir du nucléaire“, qui avait déposé plainte en avril 2014, avait recensé dans ce rapport une quinzaine d’infractions à la réglementation des installations nucléaires et au droit du travail.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ et le groupe local Sortir du nucléaire Touraine espèrent que cette condamnation attirera l’attention sur la menace constante que la centrale fait peser sur les riverains et les travailleurs. C’est à juste titre que Chinon, placée en surveillance renforcée pendant cinq ans, demeure en « surveillance particulière spécifique ». Les inquiétudes des associations restent fondées, comme en attestent des défauts persistants dans le suivi des travaux de maintenance [1] et la contamination récente d’un sous-traitant [2].

Dans ces conditions, la prolongation de la durée de fonctionnement de la centrale engagée par EDF est particulièrement inacceptable. Aux dysfonctionnements résultant d’une conduite chaotique des travaux, va s’ajouter le vieillissement des équipements. Certains, déjà obsolètes, ne sont pas remplacés [3] ; d’autres, comme les cuves des réacteurs, ne sont ni remplaçables ni réparables. Plutôt que d’engloutir des milliards dans le rafistolage des réacteurs, la sagesse exigerait de fermer au plus vite cette centrale vieillissante.

Pour en savoir plus :

Consulter le rapport d’inspection de l’Autorité de sûreté nucléaire

Voir le dossier juridique : http://www.sortirdunucleaire.org/Chinon-inspections

Lire notre article : Centrale nucléaire de Chinon : une visite décennale sous haute tension

Notes:

[1] Comme le rappellent des lettres d’inspection datées de 2015 et 2016, « …les inspecteurs ont constaté un certain relâchement concernant la qualité des dossiers d’interventions présentés (analyses de risques non homogènes sur des chantiers identiques, dossiers de suivi d’intervention incomplètement renseignés, régimes de travail radiologiques incomplet…) » (lettre du 30 juillet 2015) ; « la gestion des dossiers de suivi d’intervention doit être plus rigoureuse » (lettre du 4 juillet 2016)

[2] Voir sur le site de l’ASN : https://www.asn..fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Contamination-corporelle-externe3

 [3] Faits cités dans un article du Figaro http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2015/10/08/01016-20151008ARTFIG00232-la-surete-de-la-centrale-nucleaire-de-chinon-en-question.php

Source : Communiqué de presse commun du Réseau « Sortir du nucléaire » et du groupe local Sortir du nucléaire Touraine – 6 décembre 2016 à voir sur : http://www.sortirdunucleaire.org/Nos-communiques-de-presse

Déc 06

CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM ANOMALIE À FESSENHEIM 2: LA JUSTICE ENQUÊTE APRÈS UNE PLAINTE DE GREENPEACE

plainte-fessenheimLe parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour faire la lumière sur l’anomalie détectée sur le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), après une plainte de Greenpeace et d’autres associations, a appris l’AFP ce lundi de source judiciaire.

L’enquête, confiée à la gendarmerie, a été ouverte des mêmes chefs que ceux mentionnés par la plainte de Greenpeace, qui visait Areva et EDF: mise en danger délibérée de la vie d’autrui, usage de faux, utilisation d’un équipement à risques ne satisfaisant pas aux exigences essentielles de sécurité et déclaration tardive d’un incident risquant d’avoir des conséquences notables sur la sécurité de l’installation.

Areva avait annoncé fin avril que des anomalies documentaires avaient été détectées dans le suivi des processus de fabrication d’équipements au sein de son usine du Creusot. Parmi ses irrégularités, l’une d’entre elles concernait la virole basse d’un générateur de vapeur du réacteur numéro 2 de Fessenheim.

En juillet, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait annoncé que le réacteur n°2 de la doyenne des centrales françaises, stoppé le 13 juin, devait être maintenu à l’arrêt en raison de cette anomalie.

Pour Greenpeace, EDF a tardé à déclarer l’anomalie à l’ASN, en la dissimulant pendant un mois entre mai et juin 2016.

«Dans le cadre des contrôles effectués par l’ASN, Areva a présenté un dossier avec un état descriptif falsifié. La description de la pièce dans le dossier ne correspond pas à son état réel. Nous l’accusons donc d’avoir sciemment utilisé un faux en vue d’obtenir un certificat de conformité délivré par l’ASN», ajoutait Greenpeace dans son communiqué qui annonçait la plainte.

«Areva comprend qu’une enquête préliminaire aurait été ouverte mais n’en a pas été informé à ce stade», a indiqué lundi soir une porte-parole du groupe, affirmant que ce dernier «se tient bien sûr à la disposition de la Justice et communiquera en toute transparence tous les éléments à sa disposition».

Fin octobre, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, avait affirmé que l’étude des dossiers de fabrication de pièces nucléaires forgées à l’usine d’Areva au Creusot montrait que certaines anomalies s’apparentaient à des «falsifications». Il avait fait cette déclaration lors d’une audition devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst).

«Nous avons été amenés à réagir, compte tenu des faits que l’on a pu constater, en faisant un signalement au procureur de la République compétent au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale», à savoir l’obligation de signaler un délit, avait-il ajouté.

http://www.dna.fr/actualite/2016/12/05/anomalie-a-fessenheim-2-la-justice-enquete-apres-une-plainte-de-greenpeace

Déc 06

AUTORISATION SOUS CONDITIONS DU REDÉMARRAGE DE SEPT RÉACTEURS NUCLÉAIRES FRANÇAIS

autorisation-redemarrageL’Autorité de sûreté juge que les anomalies présentées par les générateurs de vapeur de certaines unités n’entraînent pas de risques, sous réserve d’un contrôle au cas par cas.

La France ne passera pas l’hiver aux tisons, comme le laissait craindre l’indisponibilité d’une partie de son parc nucléaire, affectée par un excès de carbone dans l’acier des générateurs de vapeur. Le collège de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), réuni lundi 5 décembre en séance exceptionnelle, estime que « le redémarrage des réacteurs concerné peut être envisagé ». Toutefois, souligne le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, « ce n’est pas un feu vert sans condition ». Des « vérifications réacteur par réacteur » seront nécessaires, avant l’autorisation de remise en service.
EDF traîne comme un boulet le problème de la trop forte concentration de carbone mise au jour par l’Autorité de sûreté, en avril 2015, dans le couvercle et le fond de la cuve de l’EPR en construction à Flamanville (Manche). A la suite de la découverte de ce défaut de fabrication, sur un composant crucial pour la sûreté, l’ASN a demandé des contrôles sur d’autres pièces. Il est apparu que 46 générateurs de vapeur (GV) équipant 18 réacteurs – sur les 58 que compte le parc hexagonal – présentaient eux aussi, dans leur partie basse (le fond primaire), un excès de carbone.
« Anomalie sérieuse »

Pour l’autorité de contrôle, il s’agissait d’une « anomalie générique sérieuse », susceptible de fragiliser ces équipements qui, comme la cuve, doivent être à toute épreuve. Les générateurs de vapeur, qui mesurent 22 mètres de haut pour un poids de 465 tonnes, assurent en effet le transfert de chaleur entre l’eau du circuit primaire chauffée à 320 °C par la réaction nucléaire et l’eau du circuit secondaire qui se transforme en vapeur et alimente la turbine.
Sur les 18 réacteurs concernés, un tiers sont équipés de GV forgés en France par Areva, dans son usine de Creusot Forge (Saône-et-Loire). Après une série de contrôles menés par les équipes d’EDF, ils ont été rapidement autorisés à redémarrer.
Les 12 autres réacteurs, eux, sont pourvus de GV fabriqués au Japon par la société JCFC, avec pour certains des teneurs en carbone particulièrement élevées : jusqu’à 0,4 % de l’acier, alors que la proportion est ordinairement de 0,2 % et que, sur la cuve de l’EPR, elle est d’environ 0,3 %. Sur cette série, 7 réacteurs ont fait ces dernières semaines l’objet d’analyses et de tests, qui ont permis à EDF de présenter un dossier d’« aptitude au service ».
Ce sont ces sept tranches (Bugey 4, Civaux 2, Dampierre 3, Gravelines 2, Tricastin 1, 3 et 4) auxquelles l’ASN vient d’accorder un quitus de principe, sous réserve de vérification « au cas par cas » que leurs générateurs de vapeur ne présentent pas de particularité rédhibitoire. L’ASN explique qu’elle se prononcera pour chaque unité une fois qu’EDF lui aura fourni le résultat de ces ultimes vérifications.
Restent 5 réacteurs, dont l’un (Saint-Laurent B1), inspecté cet été, a déjà redémarré, tandis que les 4 derniers (Civaux 1, Fessenheim 1, Gravelines 4, Tricastin 2) doivent être mis à l’arrêt et contrôlés d’ici à la mi-janvier par EDF, qui a demandé un délai supplémentaire d’un mois et demi pour deux d’entre eux (Civaux 1 et Tricastin 2). Ce n’est qu’après ces inspections que l’ASN prendra position.
Pour statuer, le gendarme de l’atome s’appuie sur l’expertise technique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), dont l’évaluation « a permis de conclure à l’absence de risque de rupture brutale pour les générateurs de vapeur de fabrication JCFC », ainsi que l’expose son avis rendu le 30 novembre <http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Communiques_et_dossiers_de_presse/Documents/IRSN_NI_Anomalies-pieces-forgees-GV_20161205.pdf> .
Mesures compensatoires
Si l’horizon s’éclaircit aujourd’hui pour EDF, l’électricien n’en a pourtant pas fini avec ce dossier. De nombreuses conditions restent posées à une relance de tous les réacteurs. D’abord, le dossier d’aptitude au service approuvé de façon générale par l’ASN ne concerne pour l’instant que les tranches de 900 mégawatts (MW). La démonstration de sûreté reste à faire pour deux unités de 1 450 MW (Civaux 1 et 2). Ensuite, l’IRSN réserve son avis pour trois tranches (Bugey 4, Fessenheim 1 et Tricastin 4) dont les générateurs de vapeur sont de conception différente des modèles classiques, et pour lesquelles il faudra donc des investigations complémentaires.
Surtout, l’ASN a prescrit à EDF des études de fiabilité supplémentaires, ainsi que la mise en œuvre de « mesures compensatoires » pour pallier la possible fragilité des générateurs de vapeur. En particulier, l’électricien devra veiller à « limiter l’amplitude des chocs thermiques » subis par ces composants. Une contrainte qui l’obligera notamment, lors des phases de mise à l’arrêt des installations, à diviser par deux la vitesse de refroidissement du circuit primaire (14 °C/heure au lieu de 28 °C/heure).
Pierre-Franck Chevet rappelle en outre que ces décisions ne préjugent en rien de l’avis que l’ASN sera amenée à prendre sur la cuve de l’EPR de Flamanville. Cette pièce, où s’opère la réaction nucléaire, doit en effet offrir une résistance sans faille à des températures et des pressions extrêmes. De surcroît, il s’agit d’un composant neuf dont la durée de vie prévue est de soixante ans, ce quoi exige donc « davantage de vérifications de sûreté ».
« Nous prenons acte des annonces de l’ASN et nous sommes pleinement mobilisés pour assurer le redémarrage des sept réacteurs concernés », a réagi auprès du Monde EDF. L’entreprise publique ajoute qu’elle « transmettra dans les meilleurs délais un planning de redémarrage de ses unités afin de donner une visibilité sur les moyens de production d’électricité ».

Fin septembre puis à nouveau début novembre, les injonctions de l’ASN avaient contraint l’électricien à revoir à la baisse son objectif de production nucléaire pour l’année 2016 : au lieu des 395 à 400 térawattheures (TWh) prévus, il a été ramené entre 378 et 385 TWh. De son côté, le Réseau de transport d’électricité (RTE), la filiale d’EDF qui gère les lignes à haute tension, avait annoncé que la sécurité de l’approvisionnement électrique de l’hiver 2016-2017 s’annonçait « plus délicate à assurer que lors des hivers précédents ».

http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/12/05/l-asn-autorise-le-redemarrage-de-8-reacteurs-nucleaires_5043705_3244.html

Déc 05

L’AIEA MET EN GARDE CONTRE LE RISQUE D’ATTAQUES VISANT DES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES

aieaL’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a mis en garde lundi contre le risque d’attaques visant des installations ou des matériaux nucléaires, au premier jour d’une conférence internationale sur la sécurité nucléaire à Vienne..
Des terroristes et des criminels vont chercher à exploiter toute faille dans le système de sécurité nucléaire mondial, a prévenu le secrétaire général de l’AIEA, Yukiya Amano, soulignant que tout pays peut devenir la cible d’une attaque de ce type.
Ces attaques peuvent aussi bien viser des installations que des matériaux radioactifs en transit, a-t-il souligné. M. Amano a appelé à accorder davantage d’attention aux conditions de rapatriement et de traitement des sources radioactives usagées.
Le risque terroriste porte d’une part sur la possibilité de voir confectionner des bombes sales à partir de matériaux radioactifs dérobés, et d’autre part sur des attentats visant des installations nucléaires, selon l’AIEA.
Illustration de ces risques, la police belge avait mis la main en décembre 2015 sur une dizaine d’heures d’enregistrements vidéo ciblant un haut responsable de l’industrie nucléaire belge.
Des centrales nucléaires françaises ont par ailleurs été survolées à plusieurs reprises par des drones non identifiés.
En juin 2013, Paris avait ouvert une enquête approfondie après des révélations de presse faisant état de graves lacunes de sécurité à la base nucléaire de l’Ile-Longue, le cœur de la dissuasion nucléaire française.
En une vingtaine d’années, l’AIEA a recensé quelque 2.800 cas de trafic, de détention illicite ou de perte de substances radioactives.
La conférence, organisée au siège de l’AIEA à Vienne, réunit des centaines d’experts et de ministres issus des 168 pays membres de l’organisation.

http://www.romandie.com/news/LAIEA-met-en-garde-contre-le-risque-dattaques-visant-des-installations-nucleaires/758522.rom

Déc 05

COUPURES D’ÉLECTRICITÉ, HAUSSE DES TARIFS : LES SOLUTIONS EXISTENT !

ademeSi la catastrophe de Fukushima a entraîné dès 2011 une prise de conscience planétaire concernant le caractère nécessairement provisoire du nucléaire en tant que source d’énergie, en France nous n’avons pas encore fait face à cette réalité. L’hiver qui s’engage devrait nous y forcer.
Un parc nucléaire en fin de course
L’électricité d’origine nucléaire représente actuellement en France 75 % du parc de production. Or actuellement, vingt et un réacteurs, sur un total de cinquante-huit, sont à l’arrêt : dix font l’objet d’une maintenance ordinaire, quatre ont connu des incidents et sept doivent subir un contrôle de la résistance des générateurs de vapeur.
Au total, suite à l’intervention de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui s’inquiète publiquement, treize réacteurs devraient rester hors circuit en décembre, et neuf durant la totalité de l’hiver. Cette indisponibilité intervient au pire moment de l’année : l’hiver est bien sûr le moment où les Français ont besoin de se chauffer, mais aussi de s’éclairer plus que le reste de l’année en raison de la brièveté des journées.
Pour faire face à cette situation de crise, EDF limite les exportations : le quotidien Les Échos  rappelle qu’en octobre 2016, selon le bilan mensuel de RTE, la France a exporté 523 gigawattheures d’électricité, soit 89 % de moins que sur la même période il y a un an.
Mais cela ne suffira pas : la France importe(ra) donc de l’électricité auprès de ses voisins, sans être pour autant en mesure de garantir un service continu. Et si la température descend de plus de 3 degrés Celsius en dessous des normales saisonnières, le risque de coupure devient réel.
La double peine : des coupures et des hausses
L’impact qu’auraient ces coupures sur la population française est difficilement imaginable à l’heure actuelle, déjà en termes de santé (pathologies du froid), mais aussi en termes économiques (fonctionnement des entreprises et de la fonction publique).
S’ajoute à cela la perspective désormais certaine d’un poids financier accru à moyen et à long terme : cette situation, liée au choix du « tout nucléaire« , a déjà fait flamber le prix du mégawattheure (plus de 100 EUR le mégawattheure depuis octobre en France contre 23 EUR le mégawattheure en moyenne sur le premier semestre 2016), et c’est loin d’être terminé. À l’entretien du parc nucléaire actuel s’ajoutent en effet des mises à niveau toujours plus exigeantes en termes de sécurité qu’EDF devra financer, et donc reporter sur le prix de son électricité.
S’il fallait donc une raison purement économique à la transition vers un mix énergétique beaucoup plus axé vers les énergies renouvelables, elle existe désormais, et tout porte à croire qu’elle serait acceptée, sinon réclamée, par une population française désormais mature sur les questions environnementales.
Une prise de conscience universelle
C’est avec une phrase de Jacques Chirac, prononcée en septembre 2002 à Johannesburg devant l’assemblée plénière du IVe Sommet de la Terre, que la classe politique française semble prendre conscience au plus haut niveau de l’urgence climatique :  » Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », s’exclamait le chef de l’État français.
Pour autant ce n’est qu’en 2007 que la question de l’environnement fait l’objet d’un débat central et public : le Grenelle Environnement, voulu par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, et organisé par Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, s’attelait pendant plusieurs semaines à apporter des réponses concrètes aux questions environnementales contemporaines. Sans pour autant parvenir à trancher sur la question de la taxe carbone et sur celle du nucléaire notamment.
Un an plus tard, en 2008, le paquet climat-énergie adopté par le Parlement Européen définissait la directive des « 3 X 20 » :  diminuer de 20 % les émissions de gaz à effet de serre des pays de l’UE, atteindre 20 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique européen et réaliser 20 % d’économies d’énergie.
Plus près de nous, mais directement dans cette lignée, la Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) s’attaquait à l’été 2015 aux problèmes de fond : limitation des émissions de gaz à effet de serre, développement des énergies renouvelables, la loi développe quarante-deux mesures à même de mobiliser conjointement les entreprises, les territoires et les citoyens.
Par ailleurs, les premières étapes de l’entrée en vigueur de la LTECV se sont déroulées dès l’automne 2015 sur fond de COP 21, débouchant sur les Accords de Paris, que suivra un an plus tard la COP 22, organisée au Maroc. Médiatiquement, c’est désormais au rythme du pouls de la planète que s’organise l’agenda des décideurs économiques internationaux.
Vers un mix énergétique 100 % renouvelable
Et dans les faits, c’est indéniable, il existe une dynamique en faveur des solutions durables : si l’on revient en France, selon le dernier panorama de l’électricité renouvelable, les énergies renouvelables couvrent 19,5 % de la consommation d’électricité au troisième trimestre 2016, ce qui représente une progression de 6,6 % par rapport au même trimestre 2015.
Pour autant, nous sommes encore loin d’avoir exploité tout le potentiel des énergies renouvelables : dans la continuité de   l’étude de l’Ademe <http://www.ademe.fr/mix-electrique-100-renouvelable-analyses-optimisations>  qui, dès 2013, montrait les voies possibles pour atteindre 100 % de renouvelables pour l’électricité française, l’Université de Stanford publiait en octobre 2016   une étude <http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/climat/les-energies-renouvelables-couvriront-les-besoins-francais-en-2050-selon-stanford_107597>  qui confirmait celle de l’Ademe tout en allant encore plus loin – le 100 % renouvelables, et non plus seulement l’électrique – à l’horizon 2050.
D’utopie, la perspective d’une société organisée autour de l’énergie renouvelable est ainsi devenue une hypothèse, puis une certitude. La seule inconnue reste désormais son délai d’avènement, dicté par un gouvernement qui continuera à supporter une filière d’avenir.
Des solutions durables et opérationnelles
En effet, tout est en place désormais : l’ouverture du marché de l’énergie incite les consommateurs à regarder de plus près leurs consommations d’électricité. Les réglementations liées à l’environnement sont de plus en plus favorables à l’écoresponsabilité. Les sources d’énergies renouvelables sont aujourd’hui rentables et font chaque jour la démonstration qu’elles fonctionnent. Regardons quelques exemples plus en profondeur :

Le photovoltaïque connecté réseau par exemple vient de trouver une dynamique nouvelle grâce à des appels d’offres récemment renouvelés par Ségolène Royal, ministre de l’Écologie et de l’Énergie. Cette technologie, qui permet aux propriétaires de biens immobiliers de rentabiliser les surfaces inoccupées de leurs toitures ou de leurs parkings, permettant de vendre de l’électricité au réseau est non seulement une source d’énergie propre en expansion, mais aussi un pourvoyeur d’emplois qualifiés non négligeable : si la France misait sur un mix électrique 100 % renouvelables,   l’Ademe estime <http://www.ademe.fr/mix-electrique-100-renouvelables-a-2050-evaluation-macro-economique>   que cela pourrait créer entre huit cent mille et neuf cent mille emplois.
Autre solution mature, l’autoconsommation qui permet aujourd’hui d’atteindre des temps de retour sur investissement offrant des perspectives très avantageuses pour les consommateurs d’énergie. Comme son nom l’indique, l’autoconsommation permet au consommateur d’utiliser l’énergie qu’il a produite. Le but de l’autoconsommation est de couvrir de manière optimale les besoins en énergie pendant les heures les plus chères.
La faisabilité de ces projets demande une grande expertise qui va au-delà d’un simple examen des factures < https://solutions.lesechos.fr/injonction-de-payer/ >  d’électricité : le tout réside dans le bon dimensionnement de la centrale solaire par rapport aux besoins de son occupant.
Grâce aux algorithmes, l’utilisateur peut prétendre à réduire sa facture d’énergie de plus de 30 % et d’acquérir ainsi une forte indépendance énergétique. Cette application du solaire est ainsi vertueuse pour les secteurs forts consommateurs d’énergie tels que l’industrie, les supermarchés, les collectivités territoriales.
La dynamique « consommez moins, consommez mieux » est ainsi en marche. Le marché de l’énergie est déjà focalisé sur l’étape suivante : la possibilité d’être producteur d’énergie afin de la consommer localement, mais aussi de devenir le fournisseur d’énergie pour les autres se retrouvant n’importe où en France : c’est l’ère de la numérisation de l’énergie – certains l’appellent Uberisation.
Cette révolution numérique a déjà été opérée dans de nombreux secteurs tels que la finance ou la vente par correspondance. Il est désormais grand temps qu’elle gagne les autres secteurs : c’est la nature qui nous le rappelle.

http://www.romandie.com/news/LAIEA-met-en-garde-contre-le-risque-dattaques-visant-des-installations-nucleaires/758522.rom

 

Déc 05

RÉACTEUR 5 DE BUGEY : UN ARRÊT QUI SE PROLONGE

bugeyL’enceinte de confinement du  réacteur 5 de la centrale de Bugey montre des taux de fuite qui doivent trouver des solutions. Le réacteur est à l’arrêt. Un arrêt qui lui-même retarde les essais…

Après analyse des résultats du troisième réexamen de sûreté du réacteur 5 de la centrale nucléaire du Bugey, du 11 juin au 20 décembre 2011, l’ASN avait imposé à EDF des prescriptions modifiant les conditions d’exploitation. EDF devait réaliser avant le 7 septembre 2016, une épreuve de l’enceinte de confinement. Les résultats devaient respecter les critères de taux de fuite définis dans les règles générales d’exploitation. EDF devait mettre en œuvre avant le 31 décembre 2016 trois modifications qui n’avaient pu être déployées au cours de la visite décennale de 2011.

Des essais possible seulement en marche

Or,  lors d’un arrêt pour maintenance du réacteur débuté le 27 août 2015, des essais d’étanchéité de l’enceinte de confinement ont révélé une nouvelle augmentation de son taux de fuite.

EDF a déposé le 7 avril 2016 un dossier pour proposer à l’ASN un traitement des défauts d’étanchéité. Les principes de la réparation envisagée par EDF ont été présentés à la Commission locale d’information (CLI) du Bugey les 8 avril et 10 juin 2016. Des travaux ont été réalisés, mais EDF doit vérifier le bon fonctionnement des modifications. Or ces essais ne peuvent avoir lieu qu’au cours d’opérations de redémarrage du réacteur.

Le réacteur 5 de Bugey demeure actuellement à l’arrêt. Son combustible est déchargé et entreposé dans la piscine de stockage du réacteur. EDF ne peut donc pas respecter les échéances liées à plusieurs prescriptions (1) de l’ANS. Elle en a informé l’ASN. L’arrêt en cours étant susceptible de se prolonger au-delà de 2016, les échéances imposées par les prescriptions référencées ne sont plus adaptées et les prescriptions ne pourront s’appliquer qu’à la fin de l’arrêt en cours.

Voici les prescriptions  demandées par l’Autorité de Sureté:

  • [INB89-27] modification de l’installation portant sur l’ajout d’un dispositif permettant d’éviter une rupture de confinement en cas de rupture de la barrière thermique d’un groupe motopompe primaire.
  • [INB89-28] modifications visant à renforcer l’extension de la troisième barrière pour des matériels passifs et robinetteries et à renforcer la tenue à l’irradiation de matériels constituant une extension de la troisième barrière.
  • [INB89-35] modification de supportages de tuyauteries à la suite de la mise à jour des dossiers de référence réglementaires du palier CP0 – centrale nucléaire du Bugey.

Article de Michel Deprost

http://www.enviscope.com/energie/reacteur-5-de-bugey-un-arret-qui-se-prolonge/49201

Déc 05

APPEL AUX ÉLUS ÉCOLOGISTES FRANÇAIS

ciprVous trouverez ci-dessous l’appel préparé par Catherine Lieber, destiné à faire pression sur les parlementaires écologistes français. Il s’agit du début d’une action internationale visant à tarir, sinon réduire, les subventions des États à l’association privée dénommée « Commission Internationale de Protection Radiologique ». Le motif de cette action est résumé dans le texte de Catherine Lieber. Vous pouvez vous associer à sa démarche. Il vous suffit de copier le bloc des adresses des parlementaires français, l’objet et le texte dans un email.

APPEL :

Objet : appel à faire pression sur le ministère de l’environnement pour que cessent les subventions à la CIPR

> Bonjour,

> Les Grünen et écologistes allemands font pression sur le Ministère de l’Environnement pour qu’il cesse de subventionner la CIPR, Commission Internationale de Protection Radiologique Radioprotection.

> Un livre récent d’Yves LENOIRLa Comédie Atomique, histoire des effets occultés des radiations, étudie les archives de la CIPR, de l’OMS, de l’UNSCEAR, etc…, et sans polémiquer, se contente de détailler leurs discours, leurs décisions, leurs rapports, montrant clairement que la protection des populations n’a jamais été la priorité de ces instances. C’est le cas de la CIPR, dont le travail consiste non à protéger les populations mais à déterminer l’exposition radiologique « tolérable » (selon le terme même auquel elle recourt)  pour que le développement de l’énergie nucléaire puisse continuer sans entraves.

> Il est donc injustifiable que les États continuent de financer la CIPR, une institution qui ne remplit aucunement la fonction qu’elle s’est officiellement octroyée.

> Les Verts français ne pourraient-ils pas suivre l’exemple des Grünen? Ne pourraient-ils pas aussi dénoncer une instance dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle ment sur ses objectifs réels et sur la fiabilité de ses recommandations?

> Je serais heureux(se) de connaître votre position sur cette question, et ce que vous envisagez de faire (éventuellement).

> Avec mes salutations écologistes.
Catherine LIEBER, 28 rue Rémy Dumoncel, 77210 AVON, 06 08 15 86 89,

membre du Conseil d’Administration d’Enfants de Tchernobyl Belarus

Adresse des députés verts :

« Sas députée verte Essonne » <esas@assemblee-nationale.fr>, « Alauzet député vert » <depute@alauzet.net>, « Alauzet député vert » <ealauzet@assemblee-nationale.fr>, « Denis  Baupin député vert Paris » <denisbaupin7510@gmail.com>, « Denis Baupin député vert Paris » <dbaupin@assemblee-nationale.fr>, « Massonneau députée verte » <vmassonneau@assemblee-nationale.fr>, « Pompili députée verte » <bpompili@assemblee-nationale.fr>, « Pompili députée verte » <permanence@barbarapompili.fr>, « Bonneton députée verte » <mbonneton@assemblee-nationale.fr>, « Auroi députée verte » <permanence@danielleauroi.fr>, « Auroi députée verte » <dauroi@assemblee-nationale.fr>, « Ballain députée verte » <permanence.ballain@orange.fr>, « Ballain députée verte » <ballain@assemblee-nationale.fr>, « Attard députée verte » <iattard@assemblee-nationale.fr>, « Abeille députée verte Val de Marne » <labeille@assemblee-nationale.fr>, « Roumegas député vert » <jlroumegas@assemblee-nationale.fr>, « Coronado député vert » <scoronado@assemblee-nationale.fr>, « Cavard député vert » <ccavard@assemblee-nationale.fr>, « Mamère député vert » <nmamere@assemblee-nationale.fr>, « Lambert député vert » <fmlambert@assemblee-nationale.fr>, « Molac député vert » <pmolac@assemblee-nationale.fr>

Déc 05

ASSOCIATION « ENFANTS DE TCHERNOBYL » : APPEL À DONS, SA SURVIE EST EN JEU

enfantDe Yves Lenoir:

Nous sommes surpris par une baisse ou un report massifs des contributions depuis le début de l’été et si cette tendance se poursuit nous serons confrontés à l’impossibilité d’honorer nos engagements envers Belrad dès ce mois de décembre. 

C’est pourquoi, plus que jamais nous vous invitons à prendre connaissance du bulletin N° 29 de décembre 2016,

soit en le téléchargeant à l’URL :

<http://enfants-tchernobyl-belarus.org/extra/bulletin/telecharge.php?pdf=decembre2016.pdf>

soit en le lisant en ligne à l’URL :

 <http://enfants-tchernobyl-belarus.org/virtubook/bulletin-12-2016/>

Ce bulletin expose les décisions importantes prises par l’Assemblée Générale du 19 novembre à Paris : 

  1. accroître les versements à Belrad pour suivre le renchérissement des prix dans ce pays; 
  2. apporter à Galina Bandazhevskaya les ressources indispensables pour soigner les maux qu’elle a hérités de Tchernobyl. 

Vous y trouverez aussi le résumé de la présentation des activités de Belrad et de l’évolution de la situation radiologique au Belarus, par Alexey Nesterenko (avec un lien pour télécharger son diaporama), et le programme de travail de ETB et Belrad pour mener conjointement à bien la réalisation du film documentaire sur le vie réelle dans les territoires contaminés du sud du Belarus.

Bien amicalement, pour le Conseil d’administration de ETB,

Yves Lenoir

Merci de ne correspondre qu’en utilisant l’adresse <yaj.lenoir@free.fr> , merci.

 

Déc 05

LES ALLEMANDS ONT VRAIMENT PEUR DE TIHANGE: ILS ONT STOCKÉ 21 MILLIONS DE COMPRIMÉS D’IODE EN CAS DE CATASTROPHE

tihangeLa Rhénanie-du-Nord Westphalie, un État fédéré d’Allemagne, avait déjà neuf millions de comprimés d’iode dans le cas d’une éventuelle catastrophe nucléaire à Tihange. Maintenant, le nombre de comprimé est monté à 21 millions. Les pilules sont stockées dans les pharmacies et les hôpitaux des grandes villes de la région comme Aix-la-Chapelle, Cologne et Düsseldorf. Au total, cela a coûté 800.000 euros au gouvernement allemand. Pour eux, le risque d’une catastrophe nucléaire est réel.

Cela fait un petit temps maintenant que l’affaire de Tihange donne froid dans le dos. En avril, Engie Electrabel, l’exploitant de la centrale nucléaire, annonce que le réacteur 1 est à l’arrêt pour trois mois. Quatre mois plus tard, Tihange redémarre, mais seulement « pour quelques semaines« . Peu de temps après, le réacteur de Tihange 1 est de nouveau à l’arrêt. Ça n’inspire pas confiance, et les Allemands flippent.

Avec ces pilules en réserve, les citoyens allemands pourront recevoir les comprimés d’iode en cas de catastrophe. Les services d’incendie sont formés afin de distribuer le plus rapidement possible les pilules aux habitants en cas de désastre. Ces pilules ont pour objectif d’annuler les effets radioactifs dans la thyroïde. De ce fait, ces pilules servent à réduire le risque de cancer de la thyroïde, par exemple.

La peur de la catastrophe nucléaire

Si les autorités de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie font ça, c’est parce qu’ils ont peur de la centrale nucléaire de Tihange qui est situé juste à côté de Liège, qui est à 60 kilomètres d’Aix-la-Chapelle. Pour eux, le risque de catastrophe nucléaire est réel. Les réacteurs ont atteint la fin de leur vie et ça les inquiète.

En Belgique, tout le monde n’aura pas droit aux comprimés d’iode pour se protéger en cas de catastrophe nucléaire. Le gouvernement a décidé de ne pas suivre les recommandations du Conseil supérieur de la Santé et de l’AFCN (Agence fédérale de contrôle nucléaire). Pour avoir une pilule, il faudra habiter max à 20 km d’une centrale pour en bénéficier.

Selon la Dernière Heure, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) a indiqué dans la note de politique générale du 28 octobre que les comprimés d’iode ne seront distribués qu’à « des groupes cibles prioritaires », soit peu de gens. La raison? Les pilules sont trop chères.

http://fr.newsmonkey.be/article/14375

Déc 05

L’ÉVENTUEL FUTUR CHEF DU PENTAGONE « SERAIT » POUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

chef-pentagoneFavori du président élu Donald Trump, le présumé futur secrétaire à la Défense envisagerait une réduction du stock des têtes nucléaires. Le général des Marines américains James Mattis, qui tient la corde pour occuper le poste de secrétaire à la Défense des États-Unis dans la future équipe de Donald Trump, serait partisan d’une réduction du nombre de missiles nucléaires, selon les médias britanniques.

 « Nous devons préciser le rôle des armes nucléaires. Sont-elles uniquement des armes de dissuasion nucléaire ? Si c’est bien le cas, nous devons le dire et établir le nombre exact de missiles », a déclaré James Mattis, cité par le Guardian.
Selon lui, une limitation permettrait de réduire l’ambiance pesante ainsi que la menace de fausse alerte.
En 2015, le général avait notamment remis en question la nécessité de maintenir en état 1 000 fusées intercontinentales balistiques (ICBM).

D’après le Wall Street Journal, James Mattis serait le premier choix de Donald Trump pour occuper le poste de secrétaire à la Défense des États-Unis dans un futur proche.

https://fr.sputniknews.com/international/201612041029002627-missiles-armesnuclaires-defense-secretaire-dissuasion/

Déc 04

UN JOURNAL ET DES POLITICIENS ALLEMANDS DE DROITE RÉCLAMENT L’ARME NUCLÉAIRE

allemagneLe militarisme allemand est en train de prendre de plus en plus ouvertement des formes agressives. Après la décision vendredi dernier du parlement allemand (Bundestag) d’accroître massivement le budget de la défense, un débat a été lancé sur la fourniture d’armes nucléaires à l’armée allemande (Bundeswehr).

Dans un papier intitulé « Le foncièrement impensable » paru dans l’édition de lundi du quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, le coéditeur Berthold Kohler, demande au nouveau ministre des Affaires étrangères de « procéder à une révision générale de la politique étrangère allemande, notamment de certains aspects de sa politique de sécurité ». Un « simple « continuons comme par le passé » en suivant des sentiers battus » n’est plus autorisé.

La nouvelle « voie » préconisée par Kohler consiste en « une hausse des dépenses militaires », une « relance du service militaire obligatoire », et quelque chose qui est pour « les esprits allemands totalement inconcevable, la question de notre propre dissuasion nucléaire ».

L’exigence de Kohler révèle ce qui est intensément discuté et préparé dans le dos de la population. À peine quelques jours plus tôt, l’expert en matière de politique de sécurité Roderich Kiesewetter (Union chrétienne-démocrate, CDU), avait exigé, lors d’un entretien accordé à Reuters, la construction d’une force de dissuasion nucléaire européenne en misant avant tout sur l’expansion des programmes nucléaires français et britannique.

Le FAZ passe maintenant à l’étape supérieure. Selon Kohler, les « arsenaux français et britanniques [sont] trop faibles dans leur état actuel ». Tout comme Der Spiegel avant les élections américaines, il a demandé que l’Allemagne dispose de sa propre arme nucléaire en avançant à cet égard comme justification le soi-disant « retrait de l’Amérique du monde », qui se poursuivrait sous le prochain président Trump encourageant ainsi d’autant plus la Chine et la Russie « d’élargir leurs zones d’hégémonie et leurs sphères d’influence ».

En réalité, c’est l’impérialisme allemand qui cherche une fois de plus, 75 ans après la Seconde Guerre mondiale, à étendre ses zones d’hégémonie et ses sphères d’influence.

Dans un entretien accordé au Welt am Sonntag, le président Joachim Gauck, qui avait engagé le tournant de la politique étrangère en 2013 lors de son discours prononcé le jour de la commémoration de la réunification allemande, a qualifié de « judicieuse » l’actuelle course à l’armement. L’Allemagne devait examiner de près la question de « ce qui se passera si l’Amérique se concentre en premier lieu sur elle-même », a déclaré Gauck.

En répondant à la question quant à « qui assumera à l’avenir le rôle de leader dans le monde libre occidental », l’ancien pasteur a répondu, « Ceci imposera une plus grande responsabilité à l’Europe et donc à l’Allemagne. Du reste : dans presque tous les pays que j’ai visités au cours de ces quatre dernières années, le souhait a été exprimé que l’Allemagne joue un plus grand rôle dans le monde ». En conséquence, c’est « bon si nous disons “oui” à ce rôle ».

La dernière fois que la classe dirigeante allemande avait dit « oui » à « un rôle plus grand pour l’Allemagne dans le monde » elle a commis les pires crimes de l’histoire de l’humanité. Si elle rêve maintenant de posséder ses propres armes nucléaires – des armes capables de détruire la planète entière – cela doit être pris au sérieux.

Dès les années 1950, le gouvernement conservateur du chancelier Konrad Adenauer (CDU) et du ministre de la Défense Franz-Josef Strauß (Union chrétienne sociale, CSU), avaient exigé leurs propres armes nucléaires mais, face à des protestations de masse, le gouvernement avait dû reculer.

Lorsqu’Adenauer déclara le 5 avril 1957 de manière provocatrice que les armes nucléaires ne correspondaient à « rien d’autre que l’évolution de l’artillerie », une opposition importante s’était manifestée, que d’influents universitaires avaient rejointe. Le 12 avril de cette même année, le célèbre manifeste de Göttingen fut publié contre l’octroi de l’arme nucléaire à l’armée. Parmi les signataires figuraient entre autres Otto Hahn, Max Born et Werner Heisenberg.

« Croyez-moi », avait déclaré Adenauer embarrassé quelques semaines plus tard lors d’une réunion nationale de la direction du CDU, « la peur de la bombe nucléaire est quelque chose d’émotionnel et il sera très difficile de maîtriser ceci, après que le peuple allemand ait dû endurer cette dernière guerre ».

Depuis lors, l’opposition au militarisme et à la guerre a encore grandi. Alors que 67 pour cent des citoyens allemands étaient contre les armes nucléaires en 1957, de nos jours c’est quasiment tout le monde. En avril, un sondage réalisé par Forza pour le compte de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) a montré que 93 pour cent de la population estimaient que les armes nucléaires, comme les armes chimiques et biologiques, devaient être interdites par le droit international.

Mais, contrairement au passé, il n’y a pas de groupe d’éminents universitaires prêts à protester contre le réarmement allemand. La lutte contre la guerre doit être menée par la classe ouvrière qui, comme seule force révolutionnaire de la société, mobilisera derrière elle toutes les autres tendances progressistes de la population. La tâche essentielle qui est posée est la construction d’un mouvement anti-guerre sur la base d’un programme internationaliste et socialiste avant que la classe dirigeante ne mette en œuvre ses projets de réarmement et de guerre.

https://www.wsws.org/fr/articles/2016/dec2016/alle-d01.shtml

Déc 04

L’IRAN MENACE DE SUSPENDRE L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE EN RÉACTION AUX SANCTIONS US

iran-2Téhéran a prévenu les États-Unis qu’il suspendrait la réalisation de l’accord sur le nucléaire iranien si Washington prorogeait ses sanctions.

L’Iran pourrait suspendre la réalisation de l’accord sur son programme nucléaire signé en 2015 par Téhéran et les six médiateurs internationaux (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), a annoncé samedi le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

« S’ils reviennent aux sanctions, nous ne respecterons plus l’accord », a indiqué le ministre cité par la chaîne de télévision iranienne Press TV.
Le parlement iranien a en outre adopté samedi une loi interdisant l’importation de biens de consommation américains.
Les autorités iraniennes ont ainsi réagi à l’intention du président sortant américain Barack Obama de signer la loi prorogeant de dix ans les sanctions contre l’Iran adoptée par les deux chambres du Congrès.

L’Iran et les six médiateurs internationaux ont conclu en mars 2015, au bout de plusieurs années de négociations, un accord historique sur le problème du nucléaire iranien. Ils ont adopté un plan global dont le respect par l’Iran doit permettre de lever les sanctions économiques et financières du Conseil de sécurité de l’Onu, des États-Unis et de l’UE.
Le plan est entré en vigueur le 16 janvier 2016.
En février dernier, des représentants de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont déclaré que l’Iran s’acquittait de ses engagements dans le cadre de l’accord et que les stocks iraniens d’eau lourde étaient conformes à ce texte.

https://fr.sputniknews.com/international/201612031028998255-iran-peut-suspendre-accord-nucleaire-reaction-sanctions-usa/

Déc 04

LES ÉVÊQUES JAPONAIS DEMANDENT DE SUPPRIMER L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE DANS LE MONDE

eveques-japonDans une déclaration du 16 novembre, la Conférence des évêques du Japon (CBCJ) presse tous les pays de tirer les leçons de la catastrophe de Fukushima et d’abolir progressivement l’énergie nucléaire.

Cinq ans et demi après Fukushima Daiichi, l’accident nucléaire majeur qui a commencé le 11 mars 2011 au Japon, à la suite du séisme et du tsunami, la Conférence des évêques catholiques du Japon (CBCJ) a publié le 16 novembre dernier, une longue déclaration, intitulée « Ce que nous avons appris en cinq ans et demi ».

Revenant sur leur message de novembre 2011, les évêques japonais dressent une analyse sévère de la situation : « après un accident nucléaire sérieux, les vies de centaines de milliers de personnes, dans la zone immédiate, sont radicalement perturbées et les dégâts environnementaux résultants des radiations s’étendent bien au-delà, dans le temps et dans l’espace ».

« Compte tenu de notre responsabilité de protéger la vie et la nature, et de transmettre un environnement sain et sûr à la postérité, nous ne devons pas surestimer les capacités de la technologie, ni croire dans des « mythes de sécurité », peut-on lire dans ce document.

Informer le monde des dangers de l’énergie nucléaire

« Ce que le Japon a éprouvé depuis cinq ans et demi avec le désastre de Fukushima nous convainc que nous devons informer le monde des dangers de l’énergie nucléaire et que nous devons appeler à son abolition. » La CBCJ invite donc « tous les citoyens de la Terre » à agir ensemble pour en finir avec l’énergie nucléaire.

Les évêques japonais demandent aussi de « reconsidérer, pour les générations à venir, la question éthique qui consiste à stocker des déchets atomiques dangereux comme le plutonium ». Et de rappeler que « la fission nucléaire produit des déchets radioactifs instables que nous ne savons pas encore stabiliser ».

Selon eux, la recherche sur les sources d’énergie renouvelables et sur la réduction de la consommation d’énergie, « en promouvant un style de vie simple basé sur l’esprit de pauvreté des évangiles », devrait permettre de diminuer puis de remplacer la production d’énergie nucléaire.

Enfin, les évêques condamnent la position pro-nucléaire du gouvernement japonais. Ce même 16 novembre en effet, le premier ministre japonais Shinzo Abe signait un accord avec le premier ministre indien Narendra Modi permettant au Japon d’exporter sa technologie d’énergie nucléaire en Inde.

En novembre 2011 déjà, à l’issue de leur Assemblée plénière, les évêques du Japon avaient appelé leur gouvernement à fermer sans délai les centrales nucléaires du pays. Lors d’une conférence de presse près de la cathédrale Motoderakoji de Sendai, le diocèse le plus touché par la catastrophe de Fukushima, ils avaient présenté leur document intitulé : « Mettre fin à l’énergie nucléaire aujourd’hui : de la nécessité de prendre en compte la catastrophe de Fukushima Daiichi ».

Claire Lesegretain (avec Église d’Asie)

http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Monde/Les-eveques-japonais-demandent-supprimer-lenergie-nucleaire-dans-monde-2016-12-02-1200807696

Déc 03

EDF CHANGE DE SCÉNARIO POUR LE DÉMANTÈLEMENT DE BUGEY

bugey-2Mis en service en 1972, le réacteur Bugey 1 a été définitivement arrêté en 1994.

Aujourd’hui, son démantèlement entre dans sa dernière phase.

Mais ce réacteur issu de la filière « graphite-gaz » implique des opérations d’envergure. Jusqu’à l’année dernière, EDF avait choisi de démanteler le caisson en le remplissant d’eau. Lors de la dernière commission locale d’information (CLI) de l’année, organisée à Saint-Vulbas, Estelle Desroches, directrice des projets de déconstruction des réacteurs graphites au sein d’EDF, a évoqué l’abandon du scénario sous eau, au profit d’un démantèlement sous air et de façon téléopérée. Un nouveau mode opératoire supervisé par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) mais qui inquiète notamment les membres de l’association Sortir du nucléaire Bugey. Ce réseau réclame notamment la fermeture de la centrale du Bugey, âgée de 37 ans, et jugée « vétuste » par les antinucléaires.

http://www.leprogres.fr/environnement/2016/11/18/edf-change-de-scenario-pour-le-demantelement-de-bugey-1

Lire aussi : « Le cœur du réacteur sera démonté après 2050 » sur :

http://www.leprogres.fr/actualite/2016/11/18/le-coeur-du-reacteur-sera-demonte-apres-2050

Déc 03

IRAN : LE CONGRÈS AMÉRICAIN VOTE UNE PROLONGATION DES SANCTIONS

congres-usLe Sénat américain a voté à une écrasante majorité pour prolonger de dix ans des sanctions contre l’Iran. Cette mesure bipartite avait déjà été adoptée par la Chambre des représentants. Téhéran a exprimé son mécontentement et demande à Barack Obama de mettre son veto.
Le régime actuel de sanctions devait s’achever cette fin d’année. Le Sénat a voté à 99 voix pour, zéro contre, afin de prolonger des sanctions qui ne sont pas liées à l’accord sur le nucléaire iranien adopté mi-2015. M. Obama devrait signer la mesure, selon un responsable de la Maison Blanche.
Les sénateurs démocrates Dianne Feinstein et Tim Kaine ont souligné que même si M. Obama lève certaines sanctions dans le cadre de l’accord signé en 2015, « une loi sur ces sanctions doit rester en vigueur pour permettre de les réinstaller immédiatement si l’Iran viole l’accord« .
La prolongation des sanctions illustre la volonté du Congrès d’appliquer strictement l’accord. Il y aura « immédiatement des conséquences si l’Iran brise les termes de l’accord, notamment par le biais d’une réimposition des sanctions« , ont-ils ajouté. Le texte prévoit des pénalités pour le secteur bancaire, ainsi que pour les industries de l’énergie et de la défense.
Les critiques de Trump
La réaction courroucée de Téhéran ne s’est pas fait attendre. « La prorogation des sanctions par le Congrès des États-Unis est une violation de l’accord. Nous allons en référer à la commission iranienne chargée de suivre la mise en œuvre de l’accord« , a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bahram Ghasemi, dans un communiqué lu à la télévision et retransmis par l’agence de presse Irna. L’Iran a appelé le président américain à mettre son veto à la prolongation des sanctions.

La semaine passée, le guide suprême iranien Ali Khamenei avait affirmé que l’Iran « réagira certainement » à une prolongation des sanctions américaines, estimant que ce serait « une violation » de l’accord nucléaire. « L’accord nucléaire de doit pas devenir un outil pour mettre la pression sur le peuple iranien« , avait-il ajouté.
Le président élu Donald Trump a vivement critiqué cet accord durant sa campagne et plusieurs membres de son équipe y sont opposés, notamment le directeur de la CIA qu’il a nommé, Mike Pompeo.
Les États-Unis ont suspendu les sanctions anti-iraniennes liées au nucléaire, mais en imposent d’autres liées au non-respect des droits de l’homme par Téhéran, à son soutien au « terrorisme » au Moyen-Orient et à son programme de missiles balistiques. L’ensemble des sanctions américaines, imposées depuis 1996, est renouvelé tous les dix ans.

http://www.romandie.com/news/Le-Congres-americain-vote-une-prolongation-des-sanctions_RP/757930.rom

Déc 03

UNE FAMILLE GARDOISE ACCUEILLE DES ENFANTS JAPONAIS APRÈS LA CATASTROPHE NUCLÉAIRE DE FUKUSHIMA

japonaisC’était sur France Bleu Gard Lozère, ce lundi. La pianiste Japonaise Youko Hirota lance un appel : elle cherche un lieu pour accueillir des adolescents exposés à une forte radioactivité, après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Alexandre Calais, un auditeur gardois propose son jardin.

« Si un enfant quitte Fukushima pendant 3 semaines, il peut voir son taux de radioactivité diminuer de 40% » lance Youko Hirota sur notre antenne.

C’est pour cette raison que la pianiste japonaise cherche un terrain, dans le Gard, pour installer une yourte. Un projet monté grâce à l’association Gambalo qui signifie « faire l’effort ensemble ». De l’autre côté du poste, Alexandre Calais, écoute France Bleu Gard Lozère. Sans hésiter, il appelle le standard de la radio et propose d’installer ces jeunes Japonais, chez lui.

Une double culture

Très sensible à la culture japonaise, Alexandre Calais contact Youko Hirota et convient d’un rendez-vous. « Mes enfants ont une double nationalité. J’ai été marié à une Japonaise. Nous avons eu 3 enfants et ils parlent japonais. D’ailleurs mes deux filles vivent actuellement là-bas, chez leur mère. Elle adore le système éducatif japonais. Mon fils lui, préfère le système français ».

Aujourd’hui, Masai, le fils d’Alexandre fait partie prenante du projet. « Ça m’angoisse un peu, mais le mélange des deux cultures peut-être génial. Ça va être un été génial, si l’association accepte de venir ». Le jeune garçon âgé de 15 ans part au Japon chaque année. Mais toujours à Tokyo. « Ils vont pouvoir me faire découvrir d’autre région et me raconter leur quotidien. J’ai toujours rêvé de voir d’autre ville mais, pour le moment, je suis trop jeune pour voyager seul. »

La concrétisation ?

Pendant quelques jours, les adolescents vont peut-être s’installer chez Alexandre à Cabrières. Mais avant de prendre une décision, ils doivent se rencontrer. C’est désormais chose faite. En concert dans la région, Yuko Hirota a fait le déplacement ce vendredi soir, jusqu’au petit village gardois.

« C’est l’endroit idéal ici. Pas de voisin. Pas de pollution visuelle. Des chevaux pas très loin. Puis il y a un conteneur que j’ai aménagé avec un point d’eau et un coin cuisine » annonce Alexandre.

Très attentive lors de la visite, Yuko Hirota observe. Elle repère un piano, qu’Alexandre a volontairement installé dans le conteneur « c’est génial ! Il va rester là ? »

Une question qui laisse penser que Yuko Hirota a déjà pris sa décision. Mais avant, tradition oblige, elle souhaite « sentir la terre, les lieux ». Une coutume ancestrale au Japon.

Elle reviendra en janvier rendre visite à Alexandre et son fils, avant d’installer, si tout va bien, la yourte pour le mois d’Août.

Article rédigé par Nina Valette, France Bleu Gard Lozère

https://www.francebleu.fr/infos/societe/un-gardois-propose-d-accueillir-de-jeunes-japonnais-apres-la-catastrophe-nucleaire-de-fukushima-1480712402

Déc 03

« ABANDONNER LE NUCLÉAIRE SERAIT SE TIRER UNE BALLE DANS LE PIED », ESTIME MARINE LE PEN

le-penLa candidate Front national à la présidentielle, Marine Le Pen, a affirmé ce vendredi à Paris lors d’un rendez-vous de son parti consacré à l’énergie et l’écologie qu' »abandonner le nucléaire serait se tirer une balle dans le pied« .

« Je le dis tout de suite : nous ne comptons pas abandonner le nucléaire, au contraire. Il faut en permanence l’innover et le sécuriser. Abandonner le nucléaire aujourd’hui serait pour la France se tirer une balle dans le pied, vu les services que cette énergie nous rend« , a déclaré la présidente du parti d’extrême droite lors d’une convention « L’écologie et l’énergie de demain ».

« En revanche, il est souhaitable que la France diversifie ses sources d’énergie« , a-t-elle dit, formulant quatre propositions dans l’attente de son programme complet qui devrait être dévoilé début février.

Marine Le Pen entend tout d’abord proposer un « prêt à taux zéro de la Banque de France pour financer les travaux d’isolation des particuliers » afin de rendre « avantageux pour les Français d’effectuer une transition énergétique« .

Ensuite, Marine Le Pen veut « un appui massif » de l’État « à la filière hydrogène pour le développement de la voiture propre« .

Mesure suivante, un « prêt public massif à EDF et aux entreprises associées » pour le développement des énergies renouvelables, un investissement « lourd » en termes de coût mais « rentable« .

Objectif, « se passer dans 20 ans de la moitié de la consommation d’énergie fossile et arrêter de dépendre de pays qui souvent en même temps qu’ils nous vendent leur pétrole importent leur idéologie » en France, d’après Marine Le Pen.

http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/30794-nucleaire-abandonner-nucleaire-serait-tirer-balle-estime.html

Déc 02

EDF RÊVE D’ATOMISER LE GENDARME DU NUCLÉAIRE

canardL’Autorité de sûreté est devenue sourde aux impératifs économiques.

Les patrons d’EDF ont enfin trouvé le coupable de la pénurie d’électricité qui menace la France cet hiver : c’est le gendarme du nucléaire ! L’électricien reproche mezzo voce à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’avoir trop vite ordonné l’arrêt de plusieurs réacteurs, après la découverte de malfaçons sur des générateurs de vapeur fabriqués au Creusot par Areva ou au Japon par la société JCFC.
« Le fait que l’ASN vérifie tout quatre fois est une bonne chose pour notre crédibilité » concède, tout sucre, tout miel, un dirigeant de la société nationale. Avant de lâcher cette rafale : « L’Autorité de sûreté aurait peut-être pu nous laisser un peu plus de temps afin que les arrêts de centrales ne tombent pas en pleine période hivernale ! » Et tant pis pour les risques d’accidents?

Danse du scalp
EDF l’affirme : malgré les multiples erreurs d’usinage détectées ces derniers mois, il n’y a rien à craindre de ses réacteurs. «Cela fait quarante ans que d’éminents métallurgistes fabriquent notre matériel. Ils connaissent leur boulot, et il n’y a jamais eu aucun accident» renchérit un autre dirigeant. Si « éminents » soient-ils, lesdits métallurgistes n’en sont pas moins soupçonnés d’avoir travaillé comme des cochons, et même d’avoir trafiqué les fiches qualité qui accompagnaient les pièces … Ce genre de détail n’arrête pas l’électricien, qui ne se trouve plus beaucoup d’atomes crochus avec l’ASN. ll ne cesse de clamer que ses installations auraient déjà redémarré si les têtes de mule de l’Autorité de sûreté ne s’étaient pas montrées si tatillonnes. Les crânes d’œuf de Bercy sont entrés, eux aussi, dans la danse. «La vérité, attaque un ancien du cabinet d’Emmanuel Macron, c’est que l’ASN est devenue une énorme administration. Les instructions sont très lourdes et de plus en plus lentes ». Dans le cas présent, c’est surtout EDF qui semble avoir lambiné … Au cours d’un entretien donné aux « Echos » (9/11), le patron de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, s’était montré formel : Électricité de France lui avait remis, le 7 octobre, un dossier d’analyse «auquel il manqu[ait] des résultats essentiels« · En l’occurrence, EDF avait « oublié » de réaliser les tests de résistance mécanique de ses pièces trop riches en carbone. Sommé de se mettre en règle, l’électricien s’est finalement acquitté de ce travail près d’un mois et demi plus tard. Aujourd’hui, l’ASN est en train d’en vérifier les résultats et devrait rendre son verdict avant Noël. Les financiers et EDF semblent nostalgiques de l’époque bénie où un simple froncement de sourcils ministériel suffisait à réduire au silence la Direction de la sûreté des installations nucléaires, ancêtre de l’ASN. En 1994, l’un de ses patrons avait eu l’outrecuidance d’émettre un avis négatif quant au redémarrage du très controversé réacteur Superphénix. II avait été viré illico.
Énarques survoltés
Devenue autorité administrative indépendante en 2006, l’ASN compte aujourd’hui 500 salariés, chargés de contrôler 58 réacteurs nucléaires en activité et plusieurs milliers d’installations industrielles ou médicales. Pour limiter les risques de pression, Chevet s’est lancé dans une politique de recrutement originale : il embauche en priorité de jeunes diplômés supposés libres de toute attache avec les entreprises qu’ils sont chargés de contrôler. De quoi mettre en pétard les dirigeants d’EDF et les hauts fonctionnaires de Bercy, qui regrettent le temps où ils donnaient du « cher ami » aux inspecteurs de l’ASN. Une époque où l’on pouvait, entre anciens polytechniciens, passer d’un côté de la barrière à l’autre sans trop se soucier des conflits d’intérêts. Et cuisiner sa petite tambouille atomique loin des regards indiscrets …
O. B.-K. et H. L.(Le  Canard enchainé – 2016.11.30)

https://app.box.com/s/0pspppvboyx1amxjx3xcyb94dnldfq9v

Déc 02

L’AFRIQUE DU SUD N’A PAS PLUS BESOIN D’ÉNERGIE NUCLÉAIRE AVANT 2037

afrique-du-sudLe vent a tourné dans le bon sens, ou plutôt le bon sens l’a emporté sur le plan extravagant de construire au moins sept à huit centrales nucléaires, dans la hâte, sans concertation et sans un sous dans les caisses de l’état pour payer les travaux. L’annonce faite par la ministre de l’énergie est un soulagement, mais la vigilance citoyenne reste nécessaire.
Le Président Zuma aurait-il senti le souffle de la révolte, le tsunami populaire qui allait faire déborder la cuve de refroidissement ? En tout cas, sa ministre de l’énergie, vient d’annoncer que, finalement, l’Afrique du Sud n’avait pas besoin d’énergie nucléaire avant 2037, le temps que Jacob Zuma prenne de la distance avec le monde politique.
Pravin Gordhan, le ministre des Finances et ennemi juré de Jacob Zuma l’a finalement emporté quelques jours avant que les agences de notation ne flanquent l’Afrique du Sud dans la poubelle des ‘junk states ». L’opposition accusait aussi Jacob Zuma d’avoir fait un marché secret avec la Russie et son agence de l’énergie nucléaire, Rosatom, pour équiper le pays de six ou huit centrales nucléaires, ce que le gouvernement a toujours fermement démenti.
C’est donc un projet de plan énergétique national (Integrated Resources Plan ou IRP) nouveau que Tina Joemat-Peterson a proposé devant la commission parlementaire pour remplacer celui devenu obsolète de 2010. Une nouvelle réflexion sur les besoins énergétiques du pays, l’évolution des technologies nouvelles et de leur coût ont inspiré ce projet qui sera livré à la réflexion publique du 7 au 15 décembre, le projet sera ensuite définitivement bouclé et le cabinet présidentiel aura jusqu’à la fin mars 2017 pour signer et adopter le plan définitif.
Selon le Professeur Eberhard l’affaire est entendue : « tous les modèles déjà proposés ont sélectionné l’énergie solaire, éolienne et gaz naturel comme les énergies les moins coûteuses. L’énergie nucléaire a été imposée ». Tous les projets selon lui devraient clairement indiquer la différence  de coûts entre les différentes formes d’énergie.

Toutefois, il ne faudrait pas crier victoire trop vite car Eskom a toujours l’intention d’inclure la construction de réacteurs nucléaires dans le nouveau IRP et le SAFCEI (Southern African Faith Communities’Environmental Institute) estime que le public n’aura pas le temps d’examiner le projet et de le modifier en huit jours.
Pour le porte-parole du mouvement de défense de l’environnement : «  les citoyens ont besoin de savoir et de comprendre à quoi ils s’engagent. Il est aussi important que les citoyens sachent pourquoi les énergies renouvelables sont meilleures pour l’Afrique du Sud que l’énergie nucléaire ». D’ici à 2037 qui vivra, verra…

http://www.energies-renouvelables-afrique.com/afrique-sud-plus-besoin-energie-nucleaire-2037/

Déc 02

AVEC LA RESTRUCTURATION D’AREVA, LE JAPONAIS JNFL VOUDRAIT ENTRER AU CAPITAL D’AREVA NEWCO

areva-bisLe japonais JNFL, qui gère le site de retraitement des combustibles usés Rokkasho-mura au Japon, fait partie des candidats à la prise d’une participation minoritaire dans Areva NewCo, le »‘nouvel Areva » créé en raison de la restructuration, rapporte mercredi le site internet des Echos. 
Le plan de sauvetage du spécialiste public du nucléaire français Areva  passe par deux augmentations de capital de cinq milliards d’euros au total, prévues début 2017, dont une de trois milliards réservée à NewCo, recentré sur le combustible nucléaire, pour laquelle le chinois CNNC, le japonais Mitsubishi  Heavy Industries (MHI) et le kazakh Kazatomprom sont pressentis.
Selon Les Echos, les deux groupes japonais concourent chacun de leur côté tandis que le Kazakhstan n’est plus intéressé et que la Chine  souhaite devenir le premier actionnaire minoritaire, sachant que chaque partenaire asiatique aurait environ 10% d’Areva NewCo.
Ces investisseurs asiatiques étudient aussi une prise de participation dans Areva NP, pour laquelle MHI, les chinois CGN, CNNC, Shanghai Electric et Dongfeng Electric ont manifesté leur intérêt.
Le président du conseil d’administration d’Areva Philippe Varin a déclaré mercredi dernier que le groupe poursuivait ses discussions en vue de faire entrer des partenaires stratégiques dans son capital et espérait obtenir des offres engageantes de leur part dans les prochaines semaines.
Reuteurs, Geert de Clercq, avec Cyril Altmeyer, édité par Benoît Van Overstraeten

http://www.usinenouvelle.com/article/avec-la-restructuration-d-areva-le-japonais-jnfl-voudrait-entrer-au-capital-d-areva-newco.N470898

Déc 02

7 JANVIER À LYON : 3ÈMES RENCONTRES NATIONALES CONTRE LE CRIME ATOMIQUE

3eme-rencontres-mccaLes 3èmes Rencontres Nationales auront lieu en région lyonnaise le 7 janvier 2017. Elles sont le prolongement des 1ères et 2ème Rencontres antinucléaires nationales pour l’Arrêt immédiat du nucléaire initiées par le MCCA aux mois d’août en Provence et novembre 2016 en Région parisienne.

Ces Rencontres sont un espace d’intelligence collective et de synchronisation inter-régionales et nationales de luttes.

Hâter l’heure de la libération de l’occupation atomiste et de la dépendance nucléaire  dépend de chacun et chacune. Ces « 3èmes rencontres nationales » sont l’occasion de faire bénéficier le collectif de son expérience et de ses savoirs pratiques. Les  deux premières rencontres ont confirmé le bien-fondé d’un positionnement sans atermoiement, sans préalable techno-scientiste ni alignement sur des stratégies politiciennes hors-jeu. Pour l’action.

Le principe est le même : autogestion, ouvert aux personnes comme aux collectifs et groupes de toutes les régions qui se reconnaissent et se positionnent, face au crime atomique, pour une mise à l’arrêt immédiat de toutes les installations nucléaires. C’est le seul moyen de faire cesser les atteintes graves à la santé et à la vie par les rejets radioactifs permanents; de cesser de produire quotidiennement des déchets radioactifs mortels pour nous et les 1000 générations à venir; d’éviter la catastrophe nucléaire sur notre territoire et sur les pays alentours; de cesser de contaminer durablement l’environnement; de lever la menace du cataclysme destructeur total planétaire.

Lieu des 3èmes Rencontres nationales :

bar fédératif « les Clameurs » 23 rue d’Aguesseau , Lyon 7ème (Métro D . Tram T1 . Bus C12 et C23 / arrêt « Guillotière » ou « Gabriel Péri ») de 9h à 18h.

site internet du lieu . plan de situation .

Important : pour des raisons organisationnelles il est demandé de confirmer sa venue en adressant un mail qui précise le nombre de personne(s) à : contact@mcca-ain.org

Tu souhaites rejoindre le collectif d’organisation de ces 3èmes rencontres ? : contact@mcca-ain.org

Communiqué sur: http://www.mcca-ain.org/index.php/rencontres-mcca-2016

Déc 01

TRUMP, GUERRE NUCLÉAIRE ET ANTHROPOCÈNE : NOAM CHOMSKY PRÉDIT UN AVENIR SOMBRE À L’HUMANITÉ

noamDe passage en France mercredi 30 novembre, le célèbre linguiste et intellectuel Noam Chomsky a livré son analyse sur l’état du monde, au lendemain de l’élection de Donald Trump.

“Nous avons toutes les raisons de penser que le 8 novembre 2016 marque la fin du monde tel que nous le connaissons. Mais pas pour les raisons auxquelles on pourrait croire… “. Moins d’un mois après l’élection de Donald Trump, le linguiste américain Noam Chomsky, connu pour ses positions très à gauche, a dressé un tableau noir de l’époque contemporaine. L’événement devait avoir lieu initialement à l’Assemblée nationale ce mercredi 30 novembre. Il a été décommandé à la dernière minute et s’est finalement tenu au Centre Wallonie-Bruxelles. Devant un parterre de fans conquis, Chomsky a reçu la médaille d’or de la Société internationale de philologie. Pendant près de deux heures, il a détaillé les menaces qui pèsent, selon lui, sur la survie de l’humanité

“La fin du monde tel qu’on le connaît”

Le linguiste, connu pour sa critique des médias, est longuement revenu sur la journée du 8 novembre 2016. Alors que le monde entier avait les yeux rivés sur les États-Unis et l’élection de Donald Trump, se déroulait à Marrakech un événement “bien plus significatif” à ses yeux : la COP22, chargée de mettre en place l’accord de Paris sur le climat. Ce même jour, rappelle-t-il, l’ONU a publié une étude indiquant que les cinq dernières années étaient les plus chaudes jamais enregistrées. Mais “à cause de l’élection américaine, la question dominante a été de savoir si Donald Trump allait retirer les États-Unis de l’accord de Paris et si cet accord pouvait survivre à un tel revers.” Quelques jours plus tard, le “Spiegel” publiait une Une sur Donald Trump avec la légende “la fin du monde tel qu’on le connaît”. Paraphrasant le magazine allemand, Noam Chomsky s’est attardé sur ce qui constitue, à ses yeux, le réel danger qui pèse sur l’espèce humaine.

Nucléaire et réchauffement climatique

6 août 1945. Trois mois après la capitulation de l’Allemagne, l’armée américaine lâche la première bombe atomique de l’histoire sur la ville japonaise d’Hiroshima. Pour Noam Chomsky, l’événement marque “l’entrée de l’humanité dans une nouvelle ère : l’âge nucléaire. L’énergie atomique est désormais l’une des plus importantes menaces à la survie de l’espèce humaine. Or, cette menace “escalade de plus en plus, diagnostique Noam Chomsky, citant notamment la montée des tensions avec la Russie. Actuellement, nous vivons dans l’une des périodes les plus dangereuses de l’ère nucléaire.” D’autant que l’incertitude règne sur la politique étrangère du président américain nouvellement élu. L’accord sur le nucléaire iranien, conclu par Obama, pourrait voler en éclats.

Mais ce n’est pas tout. Pour Noam Chomsky, la fin de la Seconde guerre mondiale marque aussi l’entrée dans l’ère de l’anthropocène, deuxième menace pour la survie de l’espère humaine. Phénomène désormais largement analysé par les scientifiques, l’anthropocène désigne l’impact irréversible des activités humaines sur l’écosystème terrestre. Soulignant le “déni total” du parti Républicain américain sur ces questions environnementales, Noam Chomsky a qualifié de “désastre probable” la future politique américaine.

La convergence des deux plus grosses menaces pour l’humanité

Ces deux sources de dangers pour l’humanité, anciennes, arrivent maintenant à leur point de rencontre, selon l’intellectuel : “Par exemple, l’Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires, vont probablement bientôt faire face à d’importantes pénuries d’eau. Sachant que les deux pays sont déjà proches du conflit, le manque d’eau pourrait être l’élément déclencheur. Et tout cela pourrait rapidement se transformer en guerre nucléaire, avec des conséquences désastreuses pour la région ou pire, si l’arme nucléaire est utilisée à grande échelle”. Noam Chomsky, fustigeant le silence médiatique et politique sur ces enjeux, se montre peu optimiste. “Ce sont des soucis urgents, auxquels nous devons nous attaquer frontalement et traiter rapidement, si nous voulons espérer un futur décent”, a-t-il conclu, sous les applaudissements de la salle.

Article écrit par Elise Koutnouyan

http://www.lesinrocks.com/2016/12/01/actualite/trump-guerre-nucleaire-anthropocene-noam-chomsky-predit-avenir-sombre-a-lhumanite-11883961/

Déc 01

NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN : LES SÉVÈRES SANCTIONS ÉCONOMIQUES DE L’ONU

coreeL’Onu frappe du poing sur la table, comme jamais, contre la Corée du Nord. Les 15 membres du Conseil de sécurité, y compris l’allié chinois, ont voté des sanctions très dures à la suite des essais nucléaires de Pyongyang. Et elles sont économiques : les ventes nord-coréennes de charbon seront plafonnées à 400 millions de dollars, soit une réduction de 62% par rapport à 2015. La Chine est actuellement quasiment le seul débouché pour le charbon nord-coréen. Pékin a pourtant soutenu les sanctions.

Je me félicite de l’adoption unanime de cette nouvelle résolution, a déclaré le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Maintenir une telle unité est cruciale pour relever les défis sécuritaires dans la péninsule coréenne et au-delà.

Pyongyang a effectué deux essais nucléaires, en janvier et septembre, et au moins 25 tirs de missiles balistiques, au mépris des résolutions de l’ONU. Les énormes pertes de revenus engendrées par les sanctions pourraient sérieusement affecter le programme militaire nord-coréen.

http://fr.euronews.com/2016/11/30/nucleaire-nord-coreen-les-severes-sanctions-economiques-de-l-onu

Déc 01

ROSATOM, LE MAUVAIS ÉLÈVE DU NUCLÉAIRE

rosatomLe nucléaire crie victoire en Suisse ! En effet, samedi 26 novembre, les électeurs ont rejeté à 54,2 % la proposition des Verts visant à sortir du nucléaire rapidement, en « fermant les cinq centrales nucléaires du pays après 45 ans d’activité »… Reflet d’un monde qui n’apprend pas de ses erreurs ?

Paradoxalement, deux jours après les résultats de ce scrutin, l’Agence France Presse (AFP) revenait sur la catastrophe de Tchernobyl avec l’article « Catastrophe de Tchernobyl : dates-clefs du pire accident nucléaire de l’histoire ». Deux poids, deux mesures. Certains font la promotion du nucléaire quand d’autres au contraire mènent un véritable combat à son encontre. C’est le cas de Greenpeace qui, à coups de rapports, d’enquêtes et d’actions-chocs, veut obliger « les décideurs politiques et économiques à prendre en compte les problèmes environnementaux » afin de préserver les générations futures. 

En dépit des divergences d’opinions sur le sujet, le minimum serait de tirer un enseignement des évènements passés (Tchernobyl, Fukushima, etc.). Un point de vue que ne semble pas partager l’entreprise russe Rosatom.
Greenpeace alerte sur l’irresponsabilité de Rosatom
Dans sa lutte contre le nucléaire, Greenpeace a fait, à côté de ses actions spectaculaires, de la production de rapports précis et détaillés une arme contre les industriels de l’atome. Dans un rapport, publié en octobre 2014, l’ONG entend ainsi « exposer l’histoire trouble de l’entreprise d’État russe » Rosatom. Le géant du nucléaire russe y est décrit, pêle-mêle, comme un « partenaire d’affaires discutable, cerné de préoccupations concernant la corruption, la sûreté et la qualité des contrôles de ses réacteurs nucléaires, ses compétences à construire et à exploiter des installations nucléaires, son modèle de financement de projet et sa capacité de livrer les chantiers dans les temps et en respectant les budgets prévus »..
Un réquisitoire à charge, donc, détaillé au cours des quelque 50 pages du rapport. Dans lequel il est rappelé que Rosatom exploite certains réacteurs parmi les plus dangereux au monde dans les centrales de Balakovo et Rostov notamment. Ainsi, trois des réacteurs en construction au moment de la rédaction avaient été initiés durant la période soviétique. Greenpeace rappelle, à ce titre, que l’entreprise publique russe est la digne héritière des agences soviétiques en charge des programmes nucléaires avant la chute du Mur de Berlin. Rosatom a ainsi conservé la culture du secret qui prévalait en URSS, tout comme les faibles standards en matière de sécurité.
Le rapport de Greenpeace critique également le modèle établi par Rosatom pour vendre ses centrales. Gardant la main sur l’ensemble du processus, de la construction à l’exploitation des centrales, Rosatom renforce la dépendance de ses clients à l’entreprise, mais également aux importations d’uranium – et ce alors que Rosatom fournit un cinquième du combustible nucléaire utilisé dans le monde et 27% de l’uranium des centrales européennes.
L’entreprise promet également à ses clients étrangers de retraiter les déchets produits par ses centrales en Russie, avec l’ensemble des dangers inhérents à une telle opération, notamment en termes de transport. Enfin, Rosatom, connue pour outrepasser les délais de livraison prévus, serait financièrement incapable de maintenir son modèle économique et son expansion internationale. In fine, « le poids, les risques financiers et les dépassements de coûts pour lesquels Rosatom est connu seront supportés par les gouvernements étrangers et leurs contribuables »..
Et pourtant…
Malgré ses échecs et scandales à répétition, Rosatom n’a pas l’intention de faire marche arrière. Au mépris de toutes les règles de sécurité transfrontalières, l’entreprise est même en train de construire une nouvelle centrale aux portes de l’Union européenne, en Biélorussie. À seulement 20 kilomètres de la Lituanie, et à 50 de sa capitale, Vilnius, le chantier de la centrale d’Ostrovets est situé dans une zone sismique. Les installations ne prévoiront pas de dispositif contre la chute d’un avion sur les réacteurs, et l’entreprise refuse de les soumettre à d’élémentaires tests de résistance, comme prévus par une déclaration signée avec la Commission européenne en 2011.
Rosatom n’entend pas non plus munir la centrale, dont le premier réacteur devrait entrer en service en 2018, de sarcophages à même de contenir les radiations, en cas d’accident de type Tchernobyl. Et tant pis si la rivière Néris, qui servira au refroidissement des turbines, est contaminée et se déverse dans la Mer baltique, menaçant tout le nord de l’Europe. Tant pis également pour la capitale lituanienne, dont les habitants devraient être intégralement évacués en cas d’incident.
Le combat des ONG comme Greenpeace n’a donc rien perdu de son acuité. En mettant, inlassablement, en garde contre les dangers du nucléaire et de compagnies comme Rosatom, ces organisations contribuent à briser les mythes, tenaces, qui entourent cette énergie. Une énergie qui appartient définitivement au passé, mais dont les générations futures n’ont pas fini de payer les conséquences.

https://blogs.mediapart.fr/geopo69/blog/301116/rosatom-le-mauvais-eleve-du-nucleaire

Nov 30

L’ÉNERGIE SOLAIRE PEUT-ELLE SUPPLANTER LE NUCLÉAIRE EN FRANCE ?

solaireLes idées sur l’écologie de François Fillon « désolent » Nicolas Hulot, qui met en avant un coût du solaire « divisé par quatre en dix ans ».
Poussé à se lancer dans la course à la présidentielle, Nicolas Hulot a préféré jeter l’éponge en juillet dernier. Mais le champion médiatique de l’écologie n’a pas renoncé à intervenir dans le débat. Première cible, François Fillon, dont les positions pro-nucléaires le « désolent ». « On voit bien aujourd’hui que la solution qui est en train de se dessiner, ce sont les énergies renouvelables et notamment le solaire dont le coût a été divisé par quatre en 10 ans, a plaidé  l’écologiste sur RTL mardi matin <http://www.rtl.fr/actu/politique/nicolas-hulot-est-l-invite-de-rtl-mardi-29-novembre-7786030826>  . C’est cela l’avenir et les Chinois l’ont compris (…), qui font le pari de développer massivement l’énergie solaire ».

Sur les chiffres, l’ex-présentateur de « Ushuaïa » n’est pas pris en défaut : les coûts de l’énergie solaire ont bel et bien connu une chute rapide et continue. C’est le cas pour le prix des panneaux photovoltaïques (-70 % entre 2010 et 2015), et l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) s’attend à une nouvelle diminution de 25 % d’ici à 2021. Par ailleurs la Chine parie effectivement sur cette énergie, prévoyant dans son plan quinquennal d’ajouter entre 150 et 200 gigawatts de capacité solaires aux 43,5 GW déjà installées fin 2015.
Le prix du solaire va-t-il continuer à baisser ?
Si le coût du solaire baisse, encore faut-il qu’il devienne compétitif face à celui du nucléaire. En France,  l’État a donné un coup de pouce  en offrant un prix garanti pour le rachat de l’électricité produite par les fermes solaires : ce tarif, qui pouvait encore dépasser 500 euros par mégawattheure en 2010, est aujourd’hui tombé à 70 euros/MWh pour certaines grandes fermes solaires (dans l’éolien terrestre, c’est 82 euros/MWh). Malgré tout, il est encore supérieur au prix de l’énergie nucléaire : en contrepartie de son monopole, EDF a l’obligation de vendre à ses concurrents jusqu’à un quart de sa production au prix de 42 euros/MWh.
Tout le débat est désormais de savoir comment vont se prolonger les courbes : le prix du solaire va-t-il continuer à baisser et celui du nucléaire à monter, au point que le premier devienne plus avantageux économiquement que le second ?  La plupart des experts le pensent.  Alors que l’EPR en construction à Flamanville a triplé son budget, EDF promet un réacteur deux fois moins cher (5 milliards d’euros) à l’horizon 2030. Une démonstration qui est loin d’être faite. En Angleterre, le gouvernement a accepté d’acheter l’électricité produite par le futur EPR d’Hinkley Point à 110 euros/MWh.
Le prix n’est cependant pas la seule variable de l’équation. Remplacer les centrales nucléaires par des fermes solaires ou éoliennes supposerait de couvrir des surfaces gigantesques. A fin octobre, le parc éolien installé en France atteignait une puissance de 11.156 mégawatts (MW), tandis que les fermes solaires totalisent 6.650 MW, selon le gestionnaire du réseau électrique RTE. A titre de comparaison, le nucléaire représente 63.130 MW. En outre, l’éolien et le solaire sont des énergies intermittentes, qui ne produisent que lorsqu’il y a du vent ou du soleil. Cela ne pose pas réellement de problème tant que leur part de la production d’électricité reste faible, mais nécessiterait des solutions de stockage au-delà d’un certain seuil -renchérissant alors leur coût. Si bien que l’avenir solaire  préconisé par Nicolas Hulot paraît encore lointain.

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211542931362-lenergie-solaire-peut-elle-supplanter-le-nucleaire-en-france-2046548.php

Note du Réseau Sortir du Nucléaire : Solaire 70 €/MWh et cela va encore baisser…..EPR en Angleterre : 110 /MWh et cela va encore monter…. et la conclusion de l’article :” l’avenir solaire  préconisé par Nicolas Hulot paraît encore lointain”  Chercher l’erreur et si on intégrait vraiment le coût de la gestion des déchets et du démantèlement ?? Et le coût d’une catastrophe nucléaire Tchernobyl / Fukushima 200 à 500 milliards ?
Chercher l’erreur…. Pourquoi de nombreux pays renoncent aujourd’hui à leurs projets nucléaires ???

NDLR : pour le solaire, plutôt que « des surfaces gigantesques », commençons par équiper tous les toits convenablement orientés ou toitures-terrasses et seulement après et si nécessaire, complétons en équipant des surfaces non exploitables (et surtout pas des routes comme commence à le faire madame Royal !!!)

Nov 30

BELGIQUE : LES BONS ET LES MAUVAIS POINTS EN MATIÈRE DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE

belgique Ce week-end, c’est La Libre qui publiait deux courriers envoyés par le patron de l’AFCN, à Electrabel et à sa maison mère. Dans le premier, il s’inquiète des « résultats pour le moins alarmants » d’une étude sur la résistance du cœur des centrales nucléaires en cas d’incendie – des résultats aberrants, s’énerve Jan Bens. Dans le deuxième, il s’agace de l’insuffisance de proactivité d’Electrabel quant à la culture de sûreté à Tihange.

De quoi soulever de nombreuses interrogations. L’audition de l’AFCN et d’Electrabel en sous-commission sécurité nucléaire, ce mardi, à la Chambre, était donc fort attendue et a permis de clarifier certains points.

« En matière de culture de sécurité, il y a des faiblesses. » (Jan Bens, patron de l’AFCN)

La sécurité physique

La procédure d’agrément en cours porte sur la sûreté physique des centrales. L’approche en la matière, auparavant focalisée sur le risque de prolifération, a été fortement revue après les attentats du 11 septembre aux États-Unis: en 2011, de nouvelles zones de sécurité ont été définies, avec des conditions d’accès différentes, et des règles pour la gestion des documents nucléaires, pour prendre en compte le risque de terrorisme nucléaire.

Une procédure d’agrément liée à cette protection physique a été mise en place. Et elle est toujours en cours. « Le 1er novembre, nous avons constaté qu’Electrabel est sur la bonne voie, mais que tout n’est pas encore prêt. Cela n’a rien d’alarmant », a déclaré Jan Bens, le patron du gendarme nucléaire.

Et sur le point précis de la gestion des documents, l’AFCN a fait une inspection après la divulgation de l’audit interne pour s’assurer que les mesures nécessaires avaient été prises.

La cybersécurité

Les centrales nucléaires sont toujours pilotées par des procédures analogiques, et pas digitales: il n’y a donc pas de risque de piratage informatique d’un réacteur, affirment Electrabel comme l’AFCN. Mais tout n’est pas pour autant optimal. « En matière de cybersécurité, Electrabel répond aux attentes, mais n’est pas le premier de la classe », résume Jan Bens. Les recherches demandées par le Centre pour la sécurité Belgique n’ont pas permis de retrouver de documents sensibles sur le « darknet »– mais personne ne peut exclure qu’ils circulent. Et il faut encore adapter le cadre réglementaire face à cette nouvelle menace.

La culture de sûreté

On peut installer tous les logiciels et les infrastructures de sécurité qu’on veut, les êtres humains sont le maillon faible. « Et en matière de culture de sécurité, il y a des faiblesses« , a répété Jan Bens. Ce qui explique pourquoi il a décidé récemment de monter le ton, et de s’adresser à la présidente du conseil d’administration d’Electrabel.

Article complet sur : http://www.lecho.be/entreprises/energie/Les_bons_et_les_mauvais_points_en_matiere_de_surete_nucleaire.9836774-3020.art?ckc=1&ts=1480496529

Nov 29

AREVA-TRICASTIN : FUITE, POLLUTION ET REJETS RADIOACTIFS À LA COMURHEX. ÉMISSION EN URANIUM 8 FOIS SUPÉRIEURE À LA « NORME »

comurhexUne accumulation de défaillances techniques et organisationnelles dans l’usine Comurhex de conversion chimique de l’uranium sous forme d’hexafluorure (UF6) au Tricastin/Pierrelatte, a conduit à une pollution radioactive lors d’une fuite sur un échangeur de refroidissement des gaz mortels. L’émission en uranium a été 8 fois supérieure à la valeur autorisée légalement.

Et ça continue. D’année en année les défaillances et incidents radioactifs se multiplient sur les installations atomiques d’Areva notamment au Tricastin. Dans le plus grand silence médiatique et la non-information de la population.

Cette fois-ci c’est à la Comurhex-Areva (INB105) – usine de préparation d’hexaflorure d’uranium et de transformation de substances radioactives –  que des rejets intempestifs ont été générés par la fuite d’un échangeur de refroidissement. La teneur limite d’émission en uranium autorisée pour le transfert des effluents issus du processus de fabrication a été pulvérisée de 8 fois ( 0,8 mg/l au lieu de 0,1 mg/l ) ! Le pH autorisés en potasse pour le transfert de ces effluents a été aussi dépassé de plus de 15% (10,5 au lieu de 6,5/9,5) et a également généré une pollution.

Les usines de la mort

Areva-Comurhex de Pierrelatte convertit le tétrafluorure d’uranium (UF4) en provenance de la Comurhex de Malvési/Narbonne, en hexafluorure d’uranium (UF6). C’est la deuxième étape de  la conversion du concentré « yellow cake » en provenance des mines d’uranium du Niger et du Kazakstan. Ici sur-exploitation des travailleurs et les atteintes sanitaires et cancérigènes y sévissent à longueur d’année.

L’usine de Pierrelatte recycle également l’uranium contenu dans des matières diverses issues des opérations de conversion tels des sels d’uranium impurs plus ou moins complexes, de l’uranium métal, des concentrés miniers impurs, de l’uranium fixé sur résines échangeuses d’ions, de l’uranium de retraitement.

Elle utilise pour cela des produits hautement dangereux pour la santé humaine et l’environnement, notamment hexafluorure de tungstène, fluor azote, trifluorure de chlore. Et les installations rejettent des gaz toxiques à qui mieux mieux : en ammoniac, en tritium et en carbone 14 radioactif (1).

2 jours après la fuite et les rejets radioactifs

C’est le 30 septembre 2016, deux jours après la pollution radioactive, qu’Areva-Comurhex a déclaré à l’ASN cet  » événement significatif pour l’environnement« . Cette contamination-pollution s’est précisément déroulée au niveau du point de rejet des eaux pluviales et des eaux de refroidissement de l’installation nucléaire de base (INB) n° 105. Autrement dit le problème aurait eu lieu dans la partie nucléaire de l’usine et du secteur de retraitement de l’uranium.

Trois jours plus tard, le 3 octobre 2016, une inspection conduite par l’ASN a constaté que « cet événement a pour origine une accumulation de défaillances techniques et de défaillances organisationnelles« . Les termes sont choisis pour dire que c’est le bordel sur toute la ligne chez Areva.

Déjà, en décembre 2009, 18 000 litres d’effluents acides issus de la Comurhex-Areva étaient déversés « par erreur » dans le sol du Tricastin. Une inondation chlorée, fortement acide (PH de 1) et radioactive (0,4 microgramme d’uranium /litre) s’était « échappée » d’un bassin de rétention. Le syndicat CFDT-Comurhex exprimait alors de lourds griefs à l’égard de la direction, mettant particulièrement en cause « des conditions de travail déplorables ». Cet accident faisait suite, à celui de la Socatri-Areva de l’été 2008 au cours duquel 74 kg de liquide uranifère avait fuités dans les sols alentours et les rivières de Lauzon et de la Gaffière. Le 12 mai 2015, le tribunal de grande instance de Carpentras condamnait Areva à 30 000 euros de dommages et intérêts.

Pourtant n’est-ce pas l’ASN qui, quelques années après, en juillet 2014, libéralise/privatise radicalement l’organisation alors en place pour donner un quasi blanc-seing à Areva afin d’auto-décider de ce qui doit être fait et modifié au sein des installations, sans contrôle externe de l’ASN. A trop vouloir servir les intérêts du lobby nucléaire…

Areva : le nucléaire civil et militaire intimement liés

Les gaz issus du procédé de conversion chimique de l’uranium, dont la fuite sur l’échangeur de refroidissement est à l’origine de la fuite radioactive, sont en effet traités par un dispositif de lavage au moyen d’une solution de potasse qui est refroidie, dans des échangeurs, par de l’eau industrielle. Ce mélange est ensuite transféré vers un bassin de collecte d’une station de traitement… militaire (INBs) de la Cogema, puis rejeté dans l’environnement. En décembre 2007 un arrêté gouvernemental en autorisait les rejets sous forme gazeuse et sous forme liquide :

. le tritium et le carbone 14 gazeux peuvent être rejetés par la cheminée des effluents gazeux de l’atelier de conversion à 10,8 m au-dessus du sol  (ça se dilue et se répand mieux un peu partout sur les terres agricoles et les lieux de vie sans que cela puisse être vu) avec un débit minimal d’extraction en exploitation normale de 200 Nm³/h (il faut faire vite et accélérer la diffusion dans l’air pour ne pas laisser de trace)

. La radioactivité en tritium et carbone 14 des effluents radioactifs rejetés dans l’atmosphère sous forme gazeuse ou d’aérosols par l’INB n° 105 peuvent atteindre les limites annuelles de 500 GBq pour le tritium et de 15 GBq pour le carbone 14.

. Les effluents radioactifs liquides de l’INB n° 105 transférés à la station de traitement des effluents chimiques (STEC) de l’installation nucléaire de base secrète (INBS), exploitée par Cogema peuvent atteindre les jusqu’à 9 000 GBq/an pour le tritium et les 15 GBq pour le carbone 14. Et le traitement des effluents liquides radioactifs peut conduire à un rejet dans le milieu ambiant des mêmes quantités et niveaux de radioactivité.

Incident classé au niveau 1. Et après ?

L’ASN a classé l’’incident au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires qui en compte 8, de 0 à 7). Et après ? Quelle suite ? Quelle sanction ? Quelle poursuite pénale ?

http://www.coordination-antinucleaire-sudest.org/

Nov 29

COÛT DU DÉMANTÈLEMENT NUCLÉAIRE : EDF DOIT-ELLE TENIR COMPTE DE L’EXEMPLE ALLEMAND ?

demantelementLe ministère de l’Environnement a réalisé un audit sur le coût du démantèlement des réacteurs d’EDF. Publié en catimini, le document écarte la prise en compte des exemples étrangers. EDF et Greenpeace s’affrontent sur ce point.

Les provisions d’EDF pour le démantèlement de ses réacteurs nucléaires sont-elles suffisantes ? La question oppose Greenpeace et l’électricien. L’ONG, qui s’appuie sur un rapport commandé au cabinet AlphaValue, estime qu’il manque « environ 50 milliards d’euros ». En conséquence, Greenpeace a déposé plainte considérant que les bilans d’EDF donnent une fausse image auprès des investisseurs et des actionnaires. Mais l’électricien « conteste vigoureusement les prétendues analyses comptables et financières du cabinet AlphaValue ». L’entreprise explique que les coûts de démantèlement « ont (…) fait l’objet d’un audit du ministère de l’Environnement ». Dans la foulée, l’entreprise « dépose une plainte pénale pour tirer les conséquences de ces allégations mensongères et de ces informations trompeuses ».

Un rapport très discret

Sur quel rapport s’appuie EDF ? En 2014, le ministère de l’Environnement commande au cabinet d’évaluation financière Ricol Lasteyrie et au cabinet de conseil NucAdvisor un « Audit sur les modalités d’évaluation des charges brutes permettant le calcul des provisions de déconstruction des réacteurs d’EDF en cours d’exploitation« . L’objectif est d’évaluer la pertinence des évaluations réalisées par EDF. Le document, finalisé en août 2015, est diffusé en janvier 2016. Officiellement, il est public, mais la mise en ligne sur le site du ministère a été particulièrement discrète. Le 6 octobre dernier, il a fait l’objet d’une présentation au Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN). Mais depuis, le document a été retiré du site du ministère. A priori, personne ne connaissait son existence en dehors du ministère et d’EDF. Les membres du Haut comité interrogés par Actu-Environnement indiquent avoir appris son existence le 6 octobre. Un point confirmé par les responsables du HCTISN.

Premier constat, le document du ministère n’est qu’une synthèse « publiable » et pas le rapport complet. De plus, il ne prend pas en compte l’impact de la loi sur la transition énergétique. Enfin, il s’appuie « principalement sur les données communiquées par EDF », données qui datent de 2013. Il s’agit des chiffres utilisés par la Cour des comptes pour son rapport de mai 2014.

Selon EDF, le coût de démantèlement s’élève à un milliard d’euros pour une centrale de quatre réacteurs de 900 mégawatts (la centrale de Dampierre est prise pour modèle). Cela représente un coût de 309 millions d’euros par gigawatt (GW) installé, hors dépollution des sols. « Ce devis est prudent, tant du point de vue des postes de coûts que du planning qui le sous-tendent », conclut l’audit commandé par le ministère. Toutefois, il rappelle que le chiffrage repose sur une hypothèse centrale : le maintien en exploitation d’une ou plusieurs tranches voisines, permettant de mutualiser certains frais avec l’exploitation. Une hypothèse qui ne devrait pas correspondre à l’arrêt des deux réacteurs de Fessenheim (Haut-Rhin) promis par le Gouvernement. Quel impact cela aura-t-il sur le coût du démantèlement ? L’audit « n’a pas pu approfondir » la question.

Moitié moins cher en France

L’une des principales critiques formulées à l’encontre du rapport concerne l’absence de prise en compte du retour d’expérience international. L’audit de Ricol Lasteyrie et NucAdvisor « confirme les conclusions d’EDF », selon laquelle « chaque cas est quasiment unique ». Surtout, les auteurs « [relèvent] le caractère particulièrement inadéquat de la comparaison directe en euro par kilowatt installé provenant des chiffres bruts publiés dans la littérature internationale ». L’approche reste donc franco-française. C’est sur ce point que Greenpeace et EDF s’affrontent.

« Evidemment, il n’y a aucune comparaison internationale dans l’audit commandé par le ministère », regrette Bernard Laponche, spécialiste de la question, qui ironise : « C’est bien connu : les électriciens allemands et américains sont des ânes« . Bien sûr, il y a peu d’exemple de démantèlements et les différentes approches nationales font débat. Mais, le dernier rapport de la Cour des comptes souligne que l’exemple des opérateurs allemands « sera certainement une référence intéressante pour la France« . En effet, les Allemands s’orientent vers un démantèlement immédiat des réacteurs arrêtés, comme le prévoit également la règlementation française.

AlphaValue a réalisé à la demande de Greenpeace cette comparaison internationale. L’exercice est délicat car les entreprises inscrivent dans leurs comptes des provisions, c’est-à-dire la valeur actualisée des dépenses futures. Or, de nombreux facteurs interviennent : le taux d’inflation retenu, le nombre d’années entre aujourd’hui et la date des dépenses et, bien sûr, le taux d’actualisation.

AlphaValue calcule le montant dont dispose EDF en partant du principe que l’entreprise devra fermer 17 réacteurs d’ici 2025 pour respecter la loi de transition énergétique. Avec ce scénario, les provisions d’EDF permettent de couvrir des charges de démantèlement de 452 millions d’euros par GW. Certes, EDF peut bénéficier de l’effet de série associé à son parc de 58 réacteurs, mais cela ne devrait guère permettre de réduire de plus de 10% la facture totale, estime AlphaValue.

En comparaison, les charges de démantèlement des autres producteurs européens sont deux fois plus élevées. Selon le cabinet, les Allemands E.ON et RWE évaluent à 835 millions d’euros et un milliard d’euros le coût par GW. Quant à Engie, il évalue le coût à 954 millions d’euros par GW pour ses sept réacteurs en Belgique. Ces chiffres sont relativement proches de ceux avancés par la Commission européenne qui estime qu’il faudra un peu plus d’un milliard d’euros par GW.

Article de Philippe Collet, journaliste

http://www.actu-environnement.com/ae/news/cout-demantelement-nucleaire-edf-modele-allemand-27965.php4

Nov 29

FILLON MISE SUR LE NUCLÉAIRE ET VEUT METTRE FIN AU PRINCIPE DE PRÉCAUTION

fillonLe programme de François Filllon comporte une partie intitulée « Environnement et transition énergétique« . Il y développe deux axes pour la défense du climat : le nucléaire et la fin du principe de précaution.

François Fillon aime rappeler qu’il était Premier ministre au moment du Grenelle de l’environnement, en 2007. En 2012, il cumule même le poste de Premier ministre avec celui de ministre de l’Environnement, après le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet. Pour autant, ses détracteurs n’hésitent pas à pointer la faiblesse du projet environnemental du candidat de la droite à l’élection présidentielle. Il existe toutefois une partie dans son programme, 12 pages en tout, intitulée Environnement et transition énergétique. Que propose-t-il exactement ?

Sauver le climat grâce au nucléaire

François Fillon se présente comme un défenseur du climat. « Je considère qu’il est de notre devoir de laisser à nos enfants et petits-enfants cette planète dans un état environnemental aussi bon, voire meilleur, que celui qui nous a été légué par les générations précédentes », déclare-t-il sur son site internet de campagne. D’après lui, le climat peut être sauvé grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables : il préconise de fermer les centrales à charbon, de prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires jusqu’à 60 ans et de sauver la centrale de Fessenheim, sauf bien sûr ordre contraire de l’Autorité de sûreté nucléaire. Le nucléaire, d’après François Fillon est une énergie « propre, un atout économique stratégique en termes d’indépendance »

Toutefois, d’autres prises de position du candidat de la droite semblent moins cohérentes avec la défense du climat : il se positionne notamment pour la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes, et il estime qu’il est « criminel » de se passer des recherches sur les gaz de schiste. 

Mettre fin au principe de précaution

C’est l’une des propositions fortes de François Fillon : supprimer ce principe juridique, inscrit dans notre Constitution sous Jacques Chirac en 2005, qui demande au gouvernement de prendre des mesures de protection de la santé ou de l’environnement. Un principe qui, aujourd’hui, bride l’innovation, et qui est un prétexte à l’inaction selon François Fillon. « Les thèmes relatifs à l’environnement, à l’énergie, au développement durable ne sont pas pour moi des thèmes idéologiques, explique le candidat de la droite. Ils ne doivent pas non plus constituer des contraintes ». Les entrepreneurs doivent, par exemple, faire des études d’impact de leur projet avant de les lancer. Ce principe retarde également le développement des éoliennes, ou encore celui des OGM, d’après le candidat à l’élection présidentielle. François Fillon propose de le remplacer par « un principe de responsabilité ».  

Le candidat de la droite se dit aussi favorable à la levée des contraintes dans l’agriculture, sans préciser s’il s’agit de supprimer les normes sur le bien-être animal ou les nitrates.

http://www.francetvinfo.fr/politique/les-republicains/primaire-de-la-droite/environnement-fillon-mise-sur-le-nucleaire-et-veut-mettre-fin-au-principe-de-precaution_1943081.html

Nov 28

PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE, COMMENT EN EST-ON ARRIVÉ LÀ ?

radiateur-electriqueAprès la découverte, en 2015, de défauts sur la cuve de l’EPR de Flamanville, fabriquée dans l’usine Areva du Creusot (Saône-et-Loire), l’ASN a déclenché une campagne de contrôle sur les réacteurs en général et sur Areva le Creusot en particulier. Les premières conclusions ne sont pas rassurantes. Depuis 1960, Areva le Creusot a volontairement caché à ses clients, dont EDF, 400 dossiers portant sur des anomalies de fabrications, et a falsifié une quantité plus importante de documents. Cette découverte a conduit à la fermeture de 12 réacteurs qui pourraient, « dans le meilleur des cas« , être de nouveau opérationnels en décembre et atteindre leur pleine puissance en janvier 2017. EDF croise les doigts pour qu’il n’y ait pas de vague de froid en décembre et ainsi éviter un blackout. Il ne faut pas être alarmiste et la probabilité pour que ce scénario catastrophe voit le jour est très minime

Mais pourquoi la fermeture de 12 réacteurs nous mettrait en grande difficulté énergétique les mois d’hiver ? C’est vrai que si ces 12 réacteurs avaient été arrêtés en plein mois de mai, personne ne se serait inquiété, alors qu’au mois de novembre c’est la panique.

La réponse est qu’en France nous nous chauffons à l’électrique et cette particularité très française, bien qu’elle soit étrange, n’est sujet à aucun questionnement de nos politiques et même des français en général. Mais pourquoi sommes-nous arrivés à cette situation extrêmement problématique ? Pour cela il faut retourner en 1973 et le premier choc pétrolier.

En 1973, les États-Unis, premier producteur de l’époque, s’aperçoivent qu’ils consomment plus qu’ils ne produisent et pour éviter la pénurie, stoppent brutalement leurs exportations de pétrole. Pendant la guerre du Kippour, l’Arabie saoudite qui réalise alors 21 % des exportations mondiales de brut, décide d’unir les pays du golfe, ainsi que certains pays d’Afrique et d’Amérique latine, pour former un Cartel (OPEP) et augmente de 70% le prix du baril. C’est le premier choc pétrolier et tous les pays du monde sont conscients qu’il ne faudra plus compter sur cette matière première pour se développer et qu’il va falloir être énergétiquement indépendant pour s’en sortir.

La France décide d’accentuer son indépendance énergétique par l’électricité, en augmentant considérablement les nombres de ses réacteurs nucléaires. Alors qu’il était déjà programmé 6 réacteurs (les 2 de Fessenheim et les 4 de Bugey), le gouvernement de l’époque poussé par l’industrie du nucléaire, décide de lui en ajouter 18 de plus (4 à Blayais 4 à Dampierre, 6 à Gravelines et 4 à Tricastin). Il décide aussi la construction d’une usine de retraitement des déchets à La Hague. Si chez EDF c’est l’euphorie, au ministère de l’industrie, l’inquiétude se fait sentir. En 1973 la part d’électricité ne représente que 4.5% de la consommation des énergies, très loin derrière le pétrole (68%) et même les énergies renouvelables comme le bois et la biomasse (5.5%). Les fonctionnaires du ministère se posent cette question simple : « Pourquoi produire de l’électricité qu’on ne peut stocker, alors que nous possédons très peu d’appareil électrique pour consommer ce que nous produirons ? ».

EDF, aidé du gouvernement, va lancer un vaste programme pour contraindre les français à consommer de l’électricité. Dans un premier temps, les industriels par des mesures incitatives vont remplacer tout ce qui consomme du charbon et du pétrole, par des appareils consommant de l’électricité. Dans un second temps l’état ne subventionne plus, puis gèle carrément les grands projets de chauffage urbain. Cela ne suffit pas. EDF pense exporter de l’électricité, mais le marché, à l’époque est très marginal. Aussi, c’est EDF, en accord avec l’état, qui décide de promouvoir le « chauffage électrique ». Dorénavant le français se chauffera à l’électricité.

Un réacteur nucléaire est une énorme bouilloire qui fabrique de la chaleur. 65% de cette chaleur sont inutilisés et rejetés dans l’air et les 45% restants sert à faire tourner des turbines pour fabriquer de l’électricité. On va donc envoyer cette électricité dans les foyers pour « refabriquer » de la chaleur. A cette époque il n’y a pas 36 moyens pour produire du chauffage avec de l’électricité. Il y en a en fait 2. :

1 l’accumulateur qui est une grosse armoire métallique où une résistance électrique chauffe des briques réfractaires et stocke cette chaleur pour y être restitué en fonction des besoins. Cette accumulateur fonctionne pendant les heures creuses où le courant n’est pas cher et chauffe quand on en a besoin. Ce sont des appareils d’une puissance de 10Kw minimum, qui consomment des quantités astronomiques de courant pour un résultat plus qu’aléatoire les jours de grand froid.

2 le convecteur qui n’est rien d’autre qu’une résistance électrique qui chauffe l’air environnant à la manière d’un grille-pain grillant les tartines. C’est d’ailleurs le nom que lui donne les professionnels du bâtiment « radiateur grille-pain ». Cet appareil d’une puissance comprise entre 500 et 2000W consomme énormément d’électricité et chauffe très mal. En effet, la chaleur diffusée détruit les peintures murales et provoque occasionnellement des incendies dans son environnement immédiat et n’arrive pas à chauffer au-delà de 4 m.

C’est donc avec ces deux moyens très archaïques que les français vont se chauffer. Lorsque l’on fait un comparatif sur le coût d’installation d’un système de chauffage électrique (des convecteurs et une horloge de programmation), par rapport à un système classique (une chaudière fuel ou gaz et des radiateurs), le coût est 10 fois moins cher pour le chauffage électrique. Et lorsque ce coût est en parti subventionné par EDF, les bailleurs sociaux et les promoteurs s’engouffrent dans la brèche et le chauffage électrique devient la norme. Actuellement 70% des logements sont chauffés avec ce système.

EDF a gagné son pari. En 1980 la part d’électricité dans la consommation d’énergie passe à 12% pour arriver à 39% en 1990.

Une centrale nucléaire fonctionne 24H/24 pour produire de la chaleur et fabriquer du courant. Et, à cause du chauffage électrique, la consommation de courant en France est très variable en fonction des saisons et surtout à certains moments de la journée, notamment entre 7H et 9 H et 17H et 20H, au moment où les gens sont chez eux et chauffent leur logement. C’est le fameux phénomène de pointe qu’un réacteur nucléaire ne sait pas gérer. Le 19 décembre 1978 il fait particulièrement froid et gris sur toute la France. A 8 h 26, alors que s’ouvrent les commerces, les usines et les bureaux, la France tombe dans le noir. Métros, trains, ascenseurs, tout s’arrête sans prévenir. Ce temps froid et couvert a provoqué un appel de puissance et a conduit à une surcharge sur le réseau, qui flanche puis s’écroule comme un château de cartes. Il faudra attendre la mi-journée pour que le courant soit rétabli partout. C’est le premier black-out que connaît la France et le chauffage électrique est alors pointé du doigt. Alors qu’un nouveau programme de construction de 10 réacteurs vient d’être lancé, il est hors de question de faire machine arrière. Aussi EDF lance discrètement, un programme ambitieux et aussi très coûteux de rénovation et construction de nouvelles centrales thermiques et notamment les centrales « coup de poing ». Une chaudière coup de poing est capable de passer d’une puissance de 0 à 600MW en quelques heures. C’est l’outil idéal pour pallier au phénomène de pointe. EDF en construira plus de 10 en moins de 5 ans. Pendant ce temps on continue de construire des logements chauffés avec des convecteurs électriques

Mais combien consomme un système de chauffage par convecteur ? A cette question personne ne peut donner la réponse car on ne connaît pas exactement la consommation d’un convecteur électrique.

L’Union européenne a mis en place une classe énergétique indiquant la consommation de tout matériel consommant de l’énergie. Chaque appareil a son « étiquette énergie » qui évalue les caractéristiques d’un produit ou d’un bien sur ses performances énergétiques. Cette étiquette comportant une note de A à G et une couleur (A correspond à la couleur verte et est donc le plus économe, G correspond à la couleur rouge et concerne des produits plus énergivores). Cette étiquette se trouve sur tous les appareils électroniques et électroménagers, mais aussi les véhicules, les maisons et une partie des appareils de chauffage. Le convecteur électrique en est dispensé, car si on connaît sa puissance (entre 500 et 2000 W), sa consommation (entre 10 et 20KWh) est un secret bien gardé. Et pour cause, un seul de ces appareils d’une puissance de 500W consomme autant que la totalité des autres appareils de la maison, éclairage compris. EDF et les fabricants de convecteurs (Atlantic) ont fait le forcing auprès de l’UE pour ne pas inscrire ces appareils dans la liste des produits à étiqueter. De toute façon l’UE s’en fiche, car ce produit est franco-français. En effet le convecteur électrique est interdit à la vente au Danemark, au Pays bas et en Suisse et sa diffusion est fortement réglementée en Allemagne et dans les pays scandinaves.

Comme je le disais plus haut, 70% des logements sont équipés de ces convecteurs dont on ne connaît pas la consommation, et la plus grande partie de ces logements sont des logements à bas loyers (HLM, logements en ville etc.). On se retrouve en France avec des familles payant 500 euro de loyer et devant payer 600 et 700 euro d’électricité chaque mois d’hiver pour se chauffer décemment. N’y arrivant pas elles ne chauffent localement que les pièces principales et abandonnent les autres en attendant les beaux jours. Certaines utilisent des chauffages d’appoint fonctionnant au pétrole exposant leurs utilisateurs à des risques sérieux pour leur santé (monoxyde de carbone, incendie). C’est sans doute cela la rançon du progrès nucléaire et le courant pas cher qu’on nous avait tant promis.

Au début des années 2000 a été mise en place une réglementation thermique draconienne pour rendre les logements moins énergivores. Au grand dam d’EDF, le chauffage électrique par convecteur est proscrit. Mais lorsqu’on entend les fabricants de convecteurs et EDF s’offusquer qu’on interdise un moyen de chauffage qui utilise de l’énergie nucléaire qui ne produit pas de CO2, alors qu’on autorise des chaudières à gaz ou à bois produisant du CO2, et lorsque l’on sait que ces dernières consomment dix fois moins d’énergie, on croit rêver. Grâce à cette réglementation thermique de moins en moins de logements sont équipés de convecteurs électriques et la consommation d’électricité va aller en diminuant. EDF va devoir gérer de front la reconversion de ses vieilles centrales nucléaires et son coût financier en même temps que la diminution de la consommation d’électricité et ses pertes financières. Parce qu’elle a sombré dans un délire technologique et a toujours été en surcapacité de production, EDF se retrouve dans la difficulté de rembourser cash les erreurs technologiques qu’elle a faite dans les années 80.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/precarite-energetique-186952?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+agoravox%2FgEOF+%28AgoraVox+-+le+journal+citoyen%29

Nov 28

POURQUOI LES SUISSES ONT DIT « NON » À UNE SORTIE RAPIDE DU NUCLÉAIRE

suisseLes électeurs ont rejeté dimanche la proposition des Verts de tourner le dos à l’atome. Mais la question du démantèlement du parc nucléaire vieillissant reste entière.

Les Suisses n’ont pas peur de leurs centrales nucléaires. En tout cas pas assez pour exiger leur fermeture d’ici 2029. Les Helvètes ont été 54,2 % à refuser l’initiative populaire « pour sortir du nucléaire », présentée dimanche 27 novembre par les Verts. La participation a été de 44 %. Le texte proposait de limiter à 45 ans la durée de vie des centrales nucléaires suisses. Celles-ci, au nombre de quatre, comprennent cinq réacteurs. Le nucléaire représente en moyenne 40 % du courant produit en Suisse.

Quelques cantons francophones, dont celui de Genève, ainsi que le canton de Bâle, réputé pour son penchant écologique, ont dit « oui » au référendum. Tous les autres l’ont refusé, y compris ceux qui ont une centrale à proximité. Les électeurs de Leibstadt ont ainsi rejeté la sortie du nucléaire à 90 %, alors que leur commune abrite une centrale mise en service en 1984, actuellement à l’arrêt en raison de problèmes sur des éléments combustibles.

La ministre de l’environnement « soulagée »

Les électeurs helvètes n’ont pas été sensibles aux arguments des écologistes, qui estimaient qu’il y avait urgence à arrêter des centrales vieillissantes afin d’éviter les risques d’accident. Doris Leuthard, la ministre de l’environnement, opposée à ce référendum comme l’ensemble du gouvernement, s’est déclarée « soulagée ». La conseillère fédérale craignait qu’une victoire du oui entraîne un recours aux importations d’énergie venue de l’étranger, notamment des énergies fossiles, qui auraient alourdi le bilan carbone de la Suisse.

Mais elle défend tout de même la sortie de la filière nucléaire, à condition qu’elle soit anticipée. « Les Suisses ont voté avec la tête plutôt qu’avec les tripes, a commenté dimanche le député démocrate-chrétien Yannick Buttet. Ce ‘non’ montre simplement qu’ils souhaitent une sortie ordonnée et pas une débandade ».

Les partisans de l’initiative, eux, ont, au contraire, interprété le score du 27 novembre comme un bon signe. « Le peuple ne soutient plus l’atome », souligne le député socialiste Roger Nordmann. En 2003, le dernier référendum sur la sortie du nucléaire avait été balayé à 66 % des voix. Aujourd’hui, le score est bien plus serré. « Nous sommes ravis de ce large soutien de la population, a estimé la présidente des Verts Regula Rytz. La campagne de votation nous a permis de révéler clairement et sans compromis la profondeur de la crise que traverse l’industrie nucléaire et nous voulons mettre fin à sa gestion calamiteuse. »

Ces dernières semaines, les débats ont en effet porté sur les déficits subis par les groupes qui gèrent les centrales. Dans le Blick, Rudolf Rechsteiner, professeur à l’École Polytechnique Fédérale de Zurich, affirmait que « Axpo et Alpiq essuient chaque année des pertes de 637 millions de francs (soit 593 millions d’euros) avec leurs centrales ». Les deux géants avaient affirmé qu’ils réclameraient l’équivalent de 3,7 milliards d’euros à la Confédération helvétique en guise de « compensation » si l’initiative était votée.

La plus vieille centrale nucléaire au monde

Le texte des Verts a été refusé, mais la sortie de la Suisse du nucléaire reste programmée. Aucun projet de construction de nouvelle centrale nucléaire n’est prévu. Celle de Mühleberg, mise en service en 1972, sera débranchée fin 2019 par son exploitant BKW Energie. Quant à Beznau, considérée comme la plus vieille centrale commerciale du monde encore en activité, elle est actuellement en sursis. Son premier réacteur, lancé en 1969, est à l’arrêt car des défauts de sécurité ont été constatés dans sa cuve. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire doit décider prochainement de sa remise en service… ou non.

L’échec du référendum ne remet pas en cause non plus le projet de transition énergétique porté par le gouvernement fédéral avec sa « Stratégie énergétique 2050 ». S’il ne fixe pas de date limite d’arrêt des centrales nucléaires, le texte voté cet automne par le Parlement prépare la fin de l’atome, prévoyant notamment le développement des énergies renouvelables et la réduction de la consommation d’énergie. Mais ce programme est loin de faire l’unanimité : le premier parti du pays, l’Union démocratique du centre, estime qu’une telle stratégie créerait un renchérissement de l’électricité. La formation populiste a d’ores et déjà commencé la récolte de signatures afin de lancer un référendum. Dans quelques mois, les Suisses pourraient bien retourner une nouvelle fois aux urnes.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/11/27/pourquoi-les-suisses-ont-dit-non-a-une-sortie-rapide-du-nucleaire_5039091_3244.html?xtor=RSS-3208

Nov 28

JAPON : LA FACTURE DE FUKUSHIMA DOUBLE ENCORE UNE FOIS

cout-fuku42 milliards d’euros, puis 80 et maintenant 170. Selon le quotidien économique « Nikkei », le gouvernement japonais a encore lourdement réévalué son estimation du coût de la catastrophe nucléaire survenue à Fukushima à la suite du tsunami du 11 mars 2011.

Le total de la facture nécessaire notamment à l’indemnisation des victimes et au démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi est désormais estimé à plus de 20.000 milliards de yens (170 milliards d’euros).
Le ministre du Commerce avait auparavant estimé à 11.000 milliards de yens (80 milliards d’euros) le coût de la catastrophe, dont 5..400 milliards d’indemnisations, 2.500 pour la décontamination, 1.100 pour la construction d’un lieu de stockage des sols contaminés et 2.000 milliards pour le démantèlement de la centrale administrée par l’énergéticien japonais Tokyo Electric Power (Tepco) .
Mais le chiffre sur lequel se fondait le gouvernement auparavant était de « seulement » 5.800 milliards de yens (42 milliards d’euros), estimation deux fois trop basse avait déjà dénoncé, en août 2014, Kenichi Oshima, professeur d’économie environnementale à l’Université Ritsumeikan est catégorique.
Aujourd’hui, la facture dévoilée par le Nikkei se détaille ainsi :

  • l’indemnisation des victimes est désormais estimée à 8.000 milliards (mais en octobre dernier, des experts estimaient que ce sera bien plus)
  • la décontamination nécessiterait 4.000 à 5.000 milliards,
  • et le budget du démantèlement subit une hausse du même ordre.
    Des coûts qui reposeront sur le contribuable
    Selon plusieurs sources proches du dossier citées par le Nikkei, une partie de cette augmentation sera reportée sur les coûts de l’électricité. En 2014, l’universitaire Kenichi Oshima avait déjà pointé du doigt le fait que ces coûts vont reposer sur les citoyens, en tant que contribuables si l’État paye, ou en tant qu’utilisateurs de courant via la facture émise par la compagnie si elle finit par rembourser les sommes avancées. En théorie, Tepco, sauvée de la faillite par les pouvoirs publics, est censée rendre l’argent avancé.

Sollicité, le ministère japonais du Commerce s’est abstenu de tout commentaire.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-la-facture-de-fukushima-doublee-pour-la-deuxieme-fois-620327.html

Nov 28

REJET RADIOACTIF À GOLFECH : 9 ASSOCIATIONS DE DÉFENSE DE L’ENVIRONNEMENT PORTENT PLAINTE CONTRE EDF

golfech9 associations de défense de l’environnement (Réseau “Sortir du nucléaire“, Coordination Stop Golfech, Vivre Sans le Danger Nucléaire de Golfech, France Nature Environnement, Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, FNE 82, Sortir du nucléaire 82, la SEPANLOG, France Nature Environnement Midi-Pyrénées) ont annoncé qu’elles allaient déposer lundi une plainte en justice contre EDF, coupable selon elles d’« un rejet radioactif dépassant les seuils autorisés » à la centrale nucléaire de Golfech le 19 octobre dernier. L’Association Française des Malades de la Thyroïde  (AFMT) se joint également à la plainte. 
Les associations demandent à la justice d’« enquêter sur les nombreuses questions sans réponse ».
Elles rappellent que le 19 octobre dernier, à 18h55, EDF a mis en service une installation censée traiter les rejets radioactifs issus du circuit primaire du réacteur n°1. « Un dysfonctionnement s’est apparemment produit, puisqu’à 19h58, l’alarme indiquant le dépassement du seuil règlementaire de radioactivité à la cheminée de rejet s’est déclenchée. L’installation de traitement a alors été arrêtée et le rejet stoppé, mais 136 milliards de Becquerels avaient déjà été rejetés dans l’environnement !« , soulignent les plaignants.

« Au vu de l’importance de ce rejet, estiment-t-ils encore, rien ne permet à EDF d’affirmer que celui-ci n’a eu « aucun impact sur l’environnement ». Un dépassement n’est pas à prendre à la légère : les seuils de rejets, taillés « sur mesure » selon les propositions de l’exploitant, sont fixés en fonction d’un optimum économique et technique, et non de normes sanitaires« .
« Alors qu’un tel rejet est anormal, concluent-t-elles, EDF a attendu deux jours pour prévenir l’Autorité de sûreté nucléaire et la Commission Locale d’Information… et presque une semaine pour alerter les médias ! Voilà un bel exemple de la « transparence » vantée par la centrale !« 
Les associations demandent à la justice qu’EDF apporte des réponses aux questions suivantes :
• Quelle est la cause de ce rejet ? S’agit-il d’une erreur humaine ? D’un dysfonctionnement de l’installation de traitement ? Faut-il faire un lien avec un problème évoqué en septembre par des représentants de la centrale devant des membres de la Commission Locale d’Information, à savoir une gaine de combustible nucléaire endommagée qui contamine l’eau du circuit primaire ?
• Quel était le niveau de radioactivité dans le bâtiment des auxiliaires nucléaires lors de l’intervention sur l’installation à l’origine de ce rejet ?
• Quels ont été les gaz radioactifs rejetés ?
• Enfin, pour quelle raison EDF a-t-elle dissimulé ce rejet si longtemps ?
EDF n’était pas joignable dimanche après-midi.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/midi-pyrenees/tarn-et-garonne/rejet-radioactif-golfech-9-associations-defense-environnement-portent-plainte-contre-edf-1141963.html

Nov 27

SORTIR DU NUCLÉAIRE: L’INITIATIVE SUISSE EST REJETÉE

suisseL’initiative des Verts «Sortir du nucléaire» est définitivement refusée. Seuls quelques cantons romands et Bâle-Ville l’ont soutenue.

Les centrales nucléaires resteront branchées tant qu’elles pourront fonctionner. L’initiative des Verts qui veut toutes les débrancher d’ici 2029 a été rejetée dimanche par la majorité des cantons. Seuls quelques cantons romands et Bâle-Ville ont soutenu le texte.
Selon les résultats définitifs, seuls les cantons de Vaud et Neuchâtel disent «oui», à 54,6 et 56,8%. Le Valais dit «non» à 53,3%. Tous les autres cantons alémaniques dont les résultats sont déjà connus rejettent le texte. Le refus est de 60,5% dans le canton de Soleure, où se trouve la centrale de Gösgen, de 63% dans celui d’Argovie, qui abrite les deux centrales de Beznau et celle de Leibstadt.

Fermeture après 45 ans
L’initiative populaire voulait tirer la prise des centrales au bout de 45 ans et remplacer l’atome par du courant vert. Beznau I, mise en service en 1969, aurait dû être arrêtée l’année prochaine. Idem pour les centrales de Beznau 2 et de Mühleberg, construites en 1972. Gösgen aurait dû être débranchée en 2024 et Leibstadt en 2029, soit dans treize ans.
Les initiants auraient voulu mettre un terme rapide à une énergie nucléaire qu’ils jugent dépassée et dangereuse. En plus des risques, le nucléaire est un «fiasco financier». Avec les bas prix de l’électricité, il n’est plus rentable.
Le Conseil fédéral et la droite admettent qu’une alternative doit être trouvée au nucléaire, mais refusent d’agir de manière aussi précipitée. Ils préfèrent miser sur la stratégie énergétique 2050 et ont brandi avec succès la menace des coûts d’un arrêt abrupt des centrales.

http://www.tdg.ch/suisse/Sortir-du-nucleaire-l-initiative-est-rejetee/story/19479260

Nov 27

TCHERNOBYL : LE NOUVEAU DÔME EN ACIER INAUGURÉ MARDI

tchernobylL’Ukraine inaugurera mardi la cloche de confinement qui va recouvrir le réacteur accidenté de la centrale nucléaire.

Ce projet hors normes financé à hauteur de deux milliards d’euros par la communauté internationale doit assurer la sécurité du site pour les 100 ans à venir. En forme d’arche, cette cloche de confinement est une ossature métallique de 25’000 tonnes (36’000 tonnes équipée), de 108 mètres de haut et 162 mètres de long.
«Ce qui revient à pouvoir couvrir le Stade de France ou la Statue de la Liberté», résume dans un communiqué Novarka, coentreprise des groupes français Bouygues et Vinci, qui a conçu et réalisé l’arche. D’une durée de vie d’au moins 100 ans, celle-ci va permettre de confiner les matières radioactives, de protéger les travailleurs du site et de protéger le sarcophage existant contre les agressions climatiques. De plus, elle dispose d’équipements qui vont permettre les opérations futures de démantèlement du réacteur numéro 4.
Le 26 avril 1986, à 01H23, ce réacteur explosait au cours d’un test de sûreté. Pendant dix jours, le combustible nucléaire a brûlé, rejetant dans l’atmosphère des éléments radioactifs qui contaminèrent, selon certaines estimations, jusqu’aux trois quarts de l’Europe, mais surtout la Russie, l’Ukraine, le Bélarus, alors républiques soviétiques.
«Des efforts surhumains»
En 206 jours, un «sarcophage», d’une ossature métallique de 7300 tonnes et composé de 400’000 mètres cubes de béton, a été construit par près de 90’000 personnes, dans des conditions très difficiles, afin d’isoler le réacteur accidenté, raconte à l’AFP Anna Korolevska, directrice adjointe du musée de Tchernobyl à Kiev. «Cela a été fait grâce à des efforts surhumains de la part de milliers de gens ordinaires», dit-elle.
«Quels étaient leurs moyens de protection? Ils travaillaient dans des tenues d’ouvriers de construction ordinaires», rappelle Mme Korolevska. En quatre ans, quelque 600’000 Soviétiques connus depuis sous le nom de «liquidateurs» ont été dépêchés sur les lieux de l’accident pour éteindre l’incendie, construire la chape de béton afin d’isoler le réacteur accidenté et nettoyer les territoires aux alentours.
Aujourd’hui, le bilan humain de la catastrophe fait toujours débat. Le comité scientifique de l’ONU (Unscear) ne reconnaît officiellement qu’une trentaine de morts chez les opérateurs et pompiers tués par des radiations aiguës juste après l’explosion, mais selon certaines estimations le bilan se chiffre en milliers.
Estimation trop optimiste
Si la durée de vie du sarcophage avait initialement été prévue pour 20 à 30 ans, elle s’est finalement avérée beaucoup plus courte. Dès 1999, des premiers travaux de renforcement du sarcophage ont été menés, puis à nouveau en 2001, 2005 et 2006.
«C’est une construction potentiellement dangereuse, qui représente une menace éventuelle pour l’environnement et pour la population», déclare à l’AFP Sergui Paskevitch de l’Institut des problèmes de sécurité des centrales nucléaires de l’Académie des sciences d’Ukraine. Il a précisé par exemple que des facteurs environnementaux comme un tremblement de terre pourraient accélérer l’effondrement de la structure.
La nouvelle arche doit, elle, résister à un séisme pouvant atteindre une intensité maximale de 6 sur l’échelle de Mercalli (qui en compte douze). Face à ces risques d’effondrement de l’ancien sarcophage, ce qui pourrait exposer à l’air libre des tonnes de magma hautement radioactif, la communauté internationale s’est engagée à financer la construction de la nouvelle chape.
Plus de deux milliards d’euros
Un fonds géré par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) a été créé et les travaux de construction ont débuté en 2012. Selon la Berd, la construction de l’arche s’est élevée à 1,5 milliard d’euros, mais le montant de toute l’enceinte de confinement, à 2,1 milliards d’euros. Une fois en place, l’arche ne sera opérationnelle que fin 2017, le temps d’installer ses équipements.
«Ensuite, des travaux visant à démanteler l’instable ancienne construction commenceront», estime Sergui Bojko, chef de l’inspection d’État pour la régulation nucléaire (l’organisme répondant de la sécurité nucléaire en Ukraine). Il a ajouté cependant qu’aucun calendrier précis n’avait encore été adopté. «J’espère que les pays donateurs vont continuer à nous aider, notamment pour transformer l’ancien sarcophage en un système écologique sûr», dit-il. (afp/nxp)

http://www.tdg.ch/monde/Le-dome-en-acier-inaugure-mardi/story/26552561

Nov 27

NUCLÉAIRE : L’IRRESPONSABILITÉ DES CANDIDATS « DE LA DROITE ET DU CENTRE » !

droite-centreEELV Bourgogne s’indigne de l’irresponsabilité dont font preuve les candidats de la droite et du centre en matière d’énergie nucléaire.
Alors qu’un sondage Ifop du 25 novembre montre que 72% des interrogés soutiennent une réduction de la part du nucléaire, la droite veut poursuivre une politique énergétique dépassée, onéreuse et dangereuse.

Ce sondage conforte la position d’EELV qui a obtenu une baisse de 25% du nucléaire dans la loi de Transition nergétique. Pourtant, rien n’est acquis. Malgré ses engagements, le gouvernement a repoussé au-delà de 2018 la fermeture de Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire et n’a donné aucun signe d’une réelle volonté de sortir du nucléaire. Et la droite veut poursuivre ce programme.
Une aberration alors que le nucléaire va aussi conduire EDF à la faillite. L’analyse financière du cabinet AlphaValue du 17 novembre, le démontre: la gestion des déchets et les charges de démantèlement, sous-évaluées, vont entraîner des investissements incompatibles avec les capacités financière d’EDF.

Selon Greenpeace « si les comptes d’EDF étaient sincères, la faillite serait déjà déclarée« . Sans compter, les coûts exorbitants des EPR : Flamanville, plus de 10 milliards d’euros (le projet devait en coûter 3 !), Olkiluoto en Finlande, 9 ans de retard et plus de 5 milliards d’euros, et bientôt Hinkley Point en Grande Bretagne, malgré les inquiétudes exprimées au sein même d’EDF.
Alors que l’on nous a toujours vanté sa fiabilité, de nombreuses défaillances remettent en cause la sécurité de certaines de nos centrales. L’Autorité de Sûreté Nucléaire a ordonné l’arrêt de 21 réacteurs sur 52, suite aux malfaçons découvertes. Cet hiver il va sans doute falloir importer de l’électricité au prix fort. Les usagers vont payer. Et l’on nous dit encore que le nucléaire garantit notre indépendance énergétique !

Le nucléaire n’a pas d’avenir.

Qui paiera le prix de cette fuite en avant ?

Les ménages français et les salariés d’EDF.

L’Agence De l’Environnement et de Maîtrise de l’Énergie démontre pourtant que 100% de renouvelable c’est possible d’ici 2050. C’est une question de volonté politique.
Beaucoup d’autres pays l’ont compris. Ils ont fait le choix des énergies renouvelables qui sont aujourd’hui moins chères que l’énergie nucléaire et créatrices d’emploi.
Les écologistes sont les seuls à porter cette volonté politique. Pour assurer la sécurité, l’indépendance énergétique et la compétitivité de la France, un nouveau modèle énergétique est nécessaire. Il impose la sortie, réaliste, du nucléaire en 25 ans en déployant les énergies renouvelables et les économies d’énergie (dans le bâtiment, les transports et l’agriculture).

Communiqué rédigé par EELV Bourgogne et publié dans le Media’Mag chalonnais

http://www.vivre-a-chalon.com/lire_Nucleaire-_-l-irresponsabilite-des-candidats—de-la-droite-et-du-centre—_,2303df36bc6a370435552949bcf7927a391bac45.html

Nov 27

« LA SUPPLICATION », DOCUMENTAIRE SUR TCHERNOBYL, GRAND PRIX DU FESTIVAL DU FILM D’ENVIRONNEMENT

filmLe film documentaire « La supplication » du Luxembourgeois Pol Cruchten, consacré à Tchernobyl, a remporté le grand prix du 33e Festival international du film d’environnement.

Dans ce long métrage adapté du roman de Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de littérature 2015, des scientifiques, des enseignants, des journalistes, des couples et des enfants évoquent leur quotidien dans cette ville, puis la catastrophe nucléaire survenue en 1986.

Ce film est sorti en salles le 23 novembre.

Il est actuellement projeté dans plusieurs villes de la région (Valence, Grenoble, Saint Martin d’Hères, Lyon, Clermont Ferrand, Aubenas). Vous pouvez voir la liste des salles où il est projeté  en France à partir du lien qui suit :

http://www.lasupplication-lefilm.com/ou-voir-le-film/

Je vous recommande ce film poignant sur les gens de Tchernobyl après la catastrophe. Il faut le faire connaître largement. Et il faut en profiter pour lire ou relire les livres de Svetlana Alexievitch et Galia Ackerman qui permettent de mieux comprendre l’histoire des habitants de Tchernobyl dans la catastrophe.

Pour plus de détails, vous pouvez aussi consulter le site: http://www.lagrandeparade.fr/index.php/dompteurs-de-l-image/cinema/1100-la-supplication-un-documentaire-eprouvant-sur-le-cauchemar-nucleaire

Nov 26

12 RÉACTEURS SONT À L’ARRÊT À CAUSE D’UN SURPLUS DE CARBONE : UN PEU DE TECHNIQUE POUR EXPLIQUER

26-novL’affaire des anomalies de fabrication de pièces essentielles dans le fonctionnement de l’EPR ou des réacteurs en fonctionnement tourne désormais au scandale suite à la révélation de la falsification de rapports transmis par Areva à l’ASN. Côté sûreté, EDF et Areva s’attèlent à montrer que la teneur en carbone trop élevée sur quelques pièces stratégiques, ne menacent pas leur conformité aux normes de sûreté nucléaire. Les explications des tests réalisés.
EDF et AREVA accumulent les difficultés depuis qu’a été mise en évidence, fin 2014, une concentration anormalement élevée de carbone dans l’acier ferritique (« acier noir ») dont sont constitués le couvercle et le fond de la cuve de l’EPR Flamanville 3 en construction. Areva, propriétaire de l’usine de Creusot Forge où ont été fabriquées les pièces, a été alors tenu par l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) de réaliser des tests de résistance de ces éléments critiques pour la sûreté.
12 réacteurs à l’arrêt à cause de pièces défectueuses
Quelques mois après, le dossier s’est aggravé. Les défauts de fabrication repérés sur la cuve de Flamanville se sont révélés être un cas parmi d’autres anomalies présentes sur des pièces présentes dans d’autres réacteurs, qui, eux, produisent déjà de l’électricité depuis de nombreuses années. Il s’agit toujours de concentrations en carbone trop élevées, qui concerneraient alors des cuves, plaques tubulaires et fonds primaires des générateurs de vapeur. Au final, les anomalies qui concernent les fonds de cuve de générateurs de vapeur fabriqués chez un fournisseur d’Areva, la Japan Casting et Forging Corporation (JCFC), sont les plus critiques en termes de sûreté. Douze réacteurs du parc nucléaire d’EDF sont équipés de ces générateurs de vapeur. Aujourd’hui, sept sont en contrôle, cinq autres vont devoir arrêter leur activité pour inspection.
Enfin, et c’est le pire, l’ASN a révélé des irrégularités, voire des falsifications, sur les rapports eux-mêmes transmis par Areva concernant des pièces fabriquées au Creusot ! Entre autres, les chiffres de contrôle réalisés par Areva sur les pièces lorsqu’elles sortent de l’usine ne sont pas ceux qu’a reçus l’ASN. 87 pièces sont déjà en cause mais l’ASN va éplucher l’ensemble des dossiers de fabrication pour savoir depuis quand datent ces mauvaises pratiques. Aujourd’hui, une seule pièce en particulier pourrait remettre en cause la sûreté, selon EDF : la virole basse du générateur de vapeur de Fessenheim 2.
1700 tests réalisés pour mesurer la ténacité des pièces
Côté technique, il appartient donc à EDF et Areva de justifier que les teneurs en carbone trop élevées sont compatibles avec les normes de sûreté, d’une part pour le couvercle et le fond de cuve de Flamanville 3, et d’autre part pour les générateurs de vapeur, dont la composition de l’acier est identique à la cuve.
Dans les deux cas, les qualités mécaniques caractéristiques de l’acier des composants sont la résistance à la traction (ductilité), la résistance au choc (résilience) et la résistance au déchirement (ténacité). En fait, la teneur en carbone trop élevée des éléments de cuve menace exclusivement leur ténacité, qui dépend aussi de la résilience. Pour évaluer celle des pièces de Flamanville, EDF a utilisé d’autres pièces identiques pour leur faire subir les tests. Trois pièces ont été sacrifiées : 1 couvercle qui avait été produit en avance pour Hinkley Point, un couvercle et un fond de cuve qui étaient prévus pour un projet abandonné d’EPR aux États-Unis.
Des échantillons, dit « éprouvettes », ont été prélevés depuis ces trois pièces et ont subi des tests pour éprouver leur résilience et leur ténacité. La résilience caractérise la capacité de l’échantillon à absorber l’énergie sans casser, tandis que la ténacité caractérise la résistance à la propagation d’une fissure. Les tests de résilience consistent à faire tomber en arc de cercle un pendule doté d’une pointe sur l’échantillon. Les tests de ténacité consistent à tirer dessus un échantillon doté d’une fissure pour regarder son évolution. Il s’agit des tests traditionnels effectués pour homologuer les caractéristiques des pièces utilisées dans les réacteurs. Au total, plus de 1700 tests ont été réalisés pour justifier la résistance des pièces.
Supporter les efforts consentis en cas de situation accidentelle
Pour les deux types de tests, les efforts portés sur les pièces augmentent au fur et à mesure et sont effectués à différentes températures, jusqu’à ce que la rupture soit atteinte. Plusieurs courbes sont ainsi réalisées, desquelles on déduit la ténacité minimale du matériau en fonction de la température. Ces efforts correspondent à ceux que peut subir une cuve sous les contraintes de changements de pression et de température. « Le fonctionnement nominal d’un réacteur est de 300°C et 155 bars », explique Sylvie Cadet-Mercier, directrice des nouveaux réacteurs et démarches sûreté au pôle nucléaire de l’IRSN. En cas de situation accidentelle, par exemple une brèche dans un circuit d’eau froide qui viendrait se mélanger à l’eau chaude, la température et la pression varient, entrainant des efforts sur la cuve. Il faut alors que ces efforts restent inférieurs à l’effort limite. C’est ce que nous regardons. »…

L’article complet sur : http://www.industrie-techno.com/nucleaire-quand-12-reacteurs-sont-a-l-arret-a-cause-d-un-surplus-de-carbone.46755

Nov 25

« LE PARC NUCLÉAIRE FRANÇAIS EST EN BOUT DE COURSE, DÉLABRÉ ET PARSEMÉ DE PIÈCES DÉFICIENTES »

stephane-lhommeAprès les révélations sur la conformité ou pas de la cuve de l’EPR de Flamanville, l’industrie du nucléaire doit sortir de son opacité et rendre des comptes aux citoyens français, estime Stéphane Lhomme, directeur de l’Observatoire du nucléaire.

Lorsque des problèmes de conformité de la cuve de l’EPR de Flamanville ont été reconnus par Areva en avril 2015, il s’agissait presque d’une information anodine tant le chantier de ce réacteur a connu – et connaît encore – de retards, malfaçons et surcoûts. Mais, peu à peu, au fil des semaines et des révélations, cette affaire a dévoilé ce qui est incontestablement un des pires scandales industriels de tous les temps, tous pays confondus.
Ainsi l’industrie nucléaire française, présentée continuellement comme « triomphante », « exemplaire », « enviée dans le monde entier », est en réalité un repaire de personnes mal intentionnées qui, depuis des décennies, bâclent la fabrication de milliers de pièces, les couvrent par des certificats de sûreté falsifiés, et les utilisent sans se rendre compte ou sans se préoccuper de leurs déficiences !
Et que dire de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « la plus compétente et la plus intransigeante du monde » ? Soit elle est totalement déficiente au point de n’avoir jamais rien vu de ce trafic, soit elle en est tout simplement complice. Nul ne peut prédire quelles seront les nouvelles révélations de la semaine à venir, toujours plus incroyables que les précédentes au fur et à mesure qu’est déroulé le fil d’une improbable pelote. Mais, d’ores et déjà, la situation est inextricable.
Règles de sécurité
D’abord, la cuve de l’EPR de Flamanville, déjà installée dans le réacteur en construction, a été mal usinée et présente des faiblesses qui, si les règles normales de sûreté sont appliquées – ce qui serait la moindre des choses –, devraient aboutir à l’interdiction de son utilisation. Rappelons que les règles de sûreté prévoient « l’exclusion de la rupture de la cuve ». Cela signifie que cette rupture ne peut, ne doit pas survenir, car alors rien n’est prévu et c’est un scénario similaire à Fukushima, voire bien pire encore.
Si l’Autorité de sûreté fait normalement son travail, EDF sera alors obligée de détruire une partie du réacteur – construit avec tant de mal – pour en extraire cette cuve et la remplacer par une autre qu’il faudra toutefois encore fabriquer et, si possible, de façon correcte. Ces opérations prendraient au bas mot 3 à 4 ans, sachant que l’EPR a déjà accumulé des retards insensés : débuté en 2007, le chantier devait être achevé en 2012. Le bout du calvaire est annoncé par EDF pour 2018, mais on peut raisonnablement en douter. Et si la cuve est recalée, ce serait pour 2020, 2022, 2025… ou jamais !
Pendant ce temps, EDF perd des milliards, nos milliards. Annoncé au départ à 2,8 milliards, le coût de l’EPR est désormais estimé au triple, 8,5 milliards, en attendant la facture finale qui sera assurément bien au-delà des 10 milliards, sans compter l’affaire de la cuve.
Mettre au jour des fautes industrielles
Mais il y a encore pire : entre-temps, Areva a livré aux Chinois deux cuves pour les EPR en chantier à Taïshan, et elles aussi présentent des faiblesses probablement rédhibitoires. Les Chinois attendent le verdict technique pour envoyer à la France la facture incommensurable de deux réacteurs arrêtés pendant des années, détruits en partie pour en extraire des cuves défaillantes en attendant d’éventuelles cuves de rechange…
L’Autorité de sûreté nucléaire, confrontée à cette situation sidérante, et épiée par les observateurs du monde entier, n’a eu d’autre alternative que de demander à EDF de lancer des vérifications dans ses réacteurs et à Areva de reprendre les dossiers des pièces usinées dans les forges du Creusot et autres usines, pour voir si des fautes industrielles n’avaient pas été commises sur d’autres pièces que les cuves.
Ces vérifications n’en sont encore qu’au début mais l’on sait déjà que ce sont en réalité des milliers de pièces nucléaires qui ont été bâclées et ce depuis 1965. Nous voilà réduits à attendre que les coupables eux-mêmes veuillent bien faire toute la lumière. Qui peut encore leur faire confiance ? A l’approche de l’hiver 2016, ce sont néanmoins sept réacteurs dotés de générateurs de vapeur suspects qui sont arrêtés, et cinq autres qui doivent l’être selon un calendrier qu’EDF impose à la prétendue « Autorité » de sûreté, alors que celle-ci devrait faire stopper immédiatement tous les réacteurs concernés.
Le pays de l’atome est à genoux
A cela, et en attendant d’éventuelles autres révélations, il faut ajouter la chute d’un générateur de vapeur de plus de 500 tonnes dans le réacteur n°2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) le 31 mars 2016. Les vibrations et dégâts occasionnés ont gravement endommagé le réacteur qui est arrêté pour longtemps et peut-être pour toujours.
Par ailleurs, le réacteur n° 5 de la centrale du Bugey (Ain) subit lui aussi un arrêt de longue durée du fait de l’incapacité d’EDF à remédier à un grave défaut d’étanchéité de l’enceinte de confinement. En résumé, le parc nucléaire français est en bout de course, délabré et parsemé de pièces déficientes. Dans le même temps, les finances d’EDF sont dans un état si déplorable que l’entreprise pourrait sous peu rejoindre Areva dans la faillite, et est de toute façon dans l’incapacité d’entretenir correctement ses réacteurs.
Les dirigeants politiques et industriels français en sont réduits à guetter les prévisions de la météo en priant que l’hiver soit particulièrement doux. Car, à la moindre vague de froid, il est fort probable que ce sera la pénurie d’électricité. Peut-être la France sera-t-elle sauvée par les pays voisins, à condition qu’ils aient assez d’électricité pour leur propre consommation et pour lui en envoyer : le pays de l’atome est à genoux.
Cette situation insensée illustre le caractère absurde et dérisoire de l’annonce par EDF de la construction de deux EPR en Grande-Bretagne, à grands coups de milliards qui n’existent pas. Les zélateurs de l’atome et les citoyens trop longtemps abusés sont probablement stupéfaits d’assister à l’effondrement de cette industrie supposée être triomphante.
Le piège se referme
Or, en réalité, cette situation était parfaitement prévisible. Effectivement, construire un parc nucléaire revient à programmer une situation inextricable pour 30 à 40 ans plus tard. C’est ce qu’a fait la France dans les années 1970 avec deux circonstances terriblement aggravantes : la taille surdimensionnée de ce parc, qui démultiplie les problèmes, et la rapidité de construction. Ce dernier point est d’ailleurs crucial.
Pendant des décennies, l’édification en quelques années de cinquante-huit réacteurs a été présentée comme un exploit extraordinaire, ce qui n’est d’ailleurs pas faux du simple point de vue industriel. Le problème est que tous ces réacteurs arrivent en fin de vie dans un bel ensemble et non de façon échelonnée.
Le piège se referme, d’autant qu’aucune alternative énergétique n’a été engagée. Les grands parcs nucléaires – principalement ceux des États-Unis, du Japon, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et bien sûr de la France – ont été construits et financés pendant les fameuses « 30 glorieuses », quand l’argent coulait à flot.
C’est ainsi que des sommes insensées ont été consacrées à l’édification de centaines de réacteurs : cent aux États-Unis, cinquante-huit en France, cinquante-quatre au Japon, etc. Cette opération, ou plutôt ce coup de force dans la mesure où les opinions publiques étaient déjà fortement opposées à l’atome, ne peut – heureusement – être réédité aujourd’hui car les caisses sont vides.
L’effondrement du nucléaire
L’argent n’est même plus disponible pour rafistoler les vieux réacteurs, sans parler de leur démantèlement, et pour s’occuper des déchets radioactifs : le tout est légué aux générations suivantes qui, pourtant, auront probablement bien d’autres problèmes à affronter. Il a parfois été dit que l’aventure nucléaire était comme un voyage en avion sans piste d’atterrissage. Les réservoirs sont vides et la descente a commencé. Au mieux, elle se soldera par un désastre industriel et financier. Au pire, ce dernier sera accompagné d’une ou plusieurs catastrophes nucléaires.
Les atomistes les plus obtus osent encore prétendre que Tchernobyl est « de la faute des Soviétiques » et Fukushima « de la faute du tsunami ». Ces arguties ne trompent plus personne : le nucléaire s’effondre et entraîne la France, « royaume de l’atome », dans une chute irréversible. Notre maison est irradiée et nous regardons ailleurs.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/24/le-parc-nucleaire-francais-est-en-bout-de-course_5037311_3232.htmla

Nov 25

NOUVEAU SÉISME AU LARGE DE FUKUSHIMA : RISQUES ET INQUIÉTUDES DEMEURENT, ANOMALIES CONSTATÉES

nouveau-seismeOn a peut-être eu tort d’oublier un peu trop facilement le séisme survenu au Japon  au début de semaine et le tsunami qui en a suivi.
Le mardi 22 novembre dernier, l’Agence japonaise de météorologie (AJM) a enregistré un séisme de magnitude 7,4 sur l’échelle de Richter à 70 km au large des côtes de Fukushima à 5 h 59, heure locale. L’épicentre se trouvait à environ 25 km de profondeur, ce qui selon les analystes est relativement peu profond, engendrant un risque accru d’un raz de marée conséquent.
Face à de telles données l’AJM a même redouté que la vague puisse atteindre une hauteur de plus de 3 mètres à Fukushima. Rappelons qu’en 2011, l’AJM avait donné la même estimation, mais la vague avait finalement atteint plus de 40 mètres. Chat échaudé craint les tumultes des eaux désormais, et c’est une bonne chose. La leçon aussi dure soit-elle aura au moins porté ses fruits de ce côté-là.
– Refroidissement partiellement interrompu –
Mais ce que peu de media grand public mettent en avant …. – du moins en France, histoire peut-être de ne pas porter préjudice au géant du nucléaire Areva et EDF  – si aucun incident grave n’a été détecté dans les installations nucléaires des régions concernées, la pompe du système de refroidissement de la piscine du réacteur numéro 3 de la centrale de Fukushima Daini s’est mise à l’arrêt durant quatre-vingt-dix minutes. Ce qui pourrait tout de même s’avérer inquiétant …
Selon la compagnie d’électricité Tepco, opératrice du site, cette mise à l’arrêt a été causée par un système automatique. La chaîne TBS note pour sa part que Tepco a dû s’excuser d’avoir mis plus d’une heure à annoncer l’arrêt de la pompe.

Rappelons à toutes fins utiles que ladite piscine <https://fr.wikipedia.org/wiki/Piscine_de_stockage_de_combustible_nucl%C3%A9aire> en question contient 2 544 barres de combustibles usagés. Elle fait partie du deuxième complexe de Fukushima inondé en 2011, mais qui a pu être sauvé par les générateurs de secours, alors que le premier complexe Daiichi avait quant à lui explosé. Le 22 novembre, la plus haute vague, mesurée au port de Sendai, atteignait 1,40 m. Près des centrales Daiichi et Daini, une vague de 1 mètre a même été détectée.
– Anomalies constatées dans le réacteur numéro 2 de Daini –
Autre sujet d’inquiétude : « en vérifiant les installations, un plongeur envoyé par Tepco a découvert un trou dans le mur de la chambre de suppression du réacteur numéro 2 de Daini. De 9,5 mm et de 3,7 mm de profondeur, celui-ci serait dû à la rouille <http://colibris.ning.com/profiles/blogs/fukushima-r-servoirs-perc-s-par-la-rouille>  et pourrait poser des problèmes de sûreté. Tepco a annoncé qu’il prendrait des mesures immédiates », relate de son côté le quotidien régional Fukushima Minyu.
Précisons que cette « chambre de suppression » consiste en un anneau circulaire qui entoure le réacteur et qui, à demi-rempli d’eau, faisait office de sas pour réguler la pression dans le réacteur si la vapeur ne pouvait être correctement acheminée à la turbine génératrice d’électricité.
– Des répliques fort probables –
Outre ses aspects, un autre point de vigilance est de mise : Koji Nakamura, sismologue de l’AJM indique en effet que le phénomène survenu le 22 novembre pourrait être une réplique du séisme de magnitude 9 de 2011. Il précise à cet égard que depuis cette date, l’Agence a enregistré quasiment chaque année dans cette région un séisme d’une magnitude supérieure à 7. « Plus de cinq ans après, bien que l’activité sismique se soit relativement calmée, elle reste importante. Durant une semaine au moins, on ne pourra pas négliger le risque que d’autres séismes de cette ampleur frappent cette région », a-t-il prévenu.
– Un site à haut risque en démantèlement –
Rappelons enfin qu’après la catastrophe de Fukushima, en mars 2011, la centrale a été condamnée au démantèlement. Selon les experts, il faudra au moins 40 ans pour la faire intégralement disparaître.
Mise en service entre mars 1971 et octobre 1979, La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi aura vécu un peu moins de 40 ans. Les six réacteurs du complexe ont tous été détruits par le tsunami du 11 mars 2011. Après avoir été frappée de plein fouet par une vague gigantesque, la centrale a vu son alimentation électrique et son système de refroidissement endommagés.
Tepco, l’opérateur du site, a finalement accepté de renoncer aux réacteurs 5 et 6, relativement préservés par l’accident, contrairement aux quatre premiers réacteurs qui avaient immédiatement été rendus hors d’usage. Les cinquième et sixième unités seront donc converties en moyens de recherche et développement pour le démantèlement des quatre autres tranches.
Mais le chantier de démantèlement de la centrale prend du retard. Si certes les rejets vers l’océan sont réduits, les déchets radioactifs s’accumulent et certains travaux ont dû être différés.
Depuis cinq ans, la gestion des eaux contaminées constitue une bataille quotidienne pour les 10 000 ouvriers qui se relaient sur le site. En mars dernier, Tepco indiquait que les écoulements d’eaux souterraines polluées vers l’océan – qui atteignaient par le passé un volume quotidien de 300 m3 – ont été réduits à environ 10 m3 par jour. Et ce, grâce à la construction d’un mur de 900 mètres de long et 35 mètres de haut en bordure de mer, complété de puits de pompage.
Mais les eaux radioactives continuent de s’accumuler sur le site. Chaque jour, 325 tonnes d’eau douce sont injectées dans les réacteurs éventrés pour refroidir leurs cœurs. Les cuves étant perforées, ce liquide, après s’être chargé de radioéléments au contact des combustibles fondus, se répand dans les parties basses des bâtiments, où s’infiltrent aussi, quotidiennement, 200 tonnes d’eaux souterraines.
Pour limiter ces infiltrations, Tepco souhaite geler le sol autour des réacteurs afin de détourner le cours des eaux souterraines. Cette opération a nécessité l’introduction de 1 568 tuyaux à 30 mètres de profondeur, sur une distance totale de 1 500 mètres. Mais l’Autorité de régulation du nucléaire (ARN) redoute que, par un jeu de vases communicants, ce dispositif n’entraîne la pénétration de l’eau contaminée des bâtiments dans la nappe souterraine.
Mais comme l’indiquait en mars 2016 Thierry Charles, directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN), les opérations de retrait des combustibles des piscines de refroidissement se révèlent en revanche plus compliquées que prévu. Si l’intervention a été réalisée avec succès, en 2013 et 2014, pour le réacteur 4, qui était à l’arrêt lors de l’accident, elle a été repoussée de fin 2015 à fin 2017 pour la piscine du réacteur 3, et même à l’horizon 2020 pour celles des réacteurs 1 et 2.

« Le niveau d’irradiation dans la partie supérieure des bâtiments, où sont situées les piscines, est trop élevé pour que des personnes puissent intervenir directement, explique Thierry Charles. Tout devra être fait à distance, avec des grues télécommandées. »
En espérant que séisme et tsunami de cette semaine   ne remettent pas en question planning et travaux eux-mêmes …

http://www.leblogfinance.com/2016/11/nouveau-seisme-au-large-de-fukushima-risques-et-inquietudes-demeurent-anomalies-constatees.html

Nov 25

ÉLECTRICITÉ : POURQUOI VOS FACTURES VONT AUGMENTER

factureAu moment où l’arrêt de réacteurs nucléaires pour des contrôles de sûreté fait craindre des délestages cet hiver, EDF doit faire de très gros investissements qui risquent de peser sur la facture d’électricité.
Les ménages et les industriels français payent leur électricité beaucoup moins chère que leurs voisins allemands. Mais cet avantage diminue au fil du temps et les Français doivent s’attendre à voir leur facture encore augmenter. Pour une raison simple : le coût du nucléaire va augmenter
Moins cher qu’ailleurs

En 2014, le prix de l’électricité pour les particuliers en Allemagne était encore supérieur de 69 % à celui en France, mais l’écart se réduit. Il était en effet de 85 % en 2012.
Entre 2013 et 2014, les Français ont subi la plus forte hausse des tarifs de l’électricité parmi les ressortissants des pays de la zone euro : + 10,2 % par an selon Eurostat. Les consommateurs hexagonaux sont pourtant beaucoup moins taxés que les citoyens allemands sur leur facture. Le montant des taxes hors TVA est quatre fois supérieur en Allemagne. Le pays qui a fait le choix d’abandonner le nucléaire après la catastrophe de Fukushima mise tout sur le développement des énergies renouvelables. La moitié des taxes prélevées sur les factures d’électricité sert à financer cette priorité.
Jusqu’à présent, la part prépondérante du nucléaire dans le mix électrique permet à la France de bénéficier de coûts de production très bas. Un avantage dont profitent les consommateurs grâce aux tarifs réglementés de l’électricité. Cependant, l’âge d’or du nucléaire semble arriver à un tournant. Actuellement, 12 des 58 réacteurs des centrales françaises sont arrêtés ou vont l’être très prochainement. Ils ont été mis en sommeil le temps de vérifier qu’un excès de carbone découvert dans l’acier des générateurs de vapeur ne remet pas en cause leur sûreté.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a jugé en tout cas que ces contrôles ne pouvaient pas attendre la fin de l’hiver.
100 milliards d’ici 2030 ou 165 milliards en dix ans ?
Pierre-Franck Chevet, le président de l’ASN, reconnaît lui-même que la situation du nucléaire en France « est devenue très préoccupante ». La facture risque d’être salée pour EDF qui doit réaliser des investissements colossaux pour prolonger la durée de vie de ses réacteurs. La Cour des comptes estime à 100 milliards d’euros le coût de maintenance du parc nucléaire français à l’horizon 2030. Greenpeace accuse EDF de sous-provisionner dans ses comptes les dépenses liées au démantèlement et à la gestion des déchets. « Si EDF provisionnait les coûts réels de ces dépenses, sa faillite serait déjà déclarée », commente Florence de Bonnafos, responsable de la campagne énergie et finances à l’ONG. Greenpeace chiffre les investissements futurs de l’électricien à 165 milliards d’euros sur les dix prochaines années.
EDF sera forcément tentée de répercuter une partie de ce fardeau financier sur ses clients. Dans un document présenté en janvier lors d’un comité central, l’entreprise demandait que les tarifs réglementés augmentent en moyenne de 2,5 % par an d’ici à 2019. Et cela ne comprend pas l’investissement sur les renouvelables.
Par Luc CHAILLOT

http://www.ledauphine.com/environnement/2016/11/24/electricite-pourquoi-vos-factures-vont-augmenter

Nov 25

SUITE AUX ACCUSATIONS DE GREENPEACE, EDF RÉPLIQUE ET PORTE PLAINTE AU PÉNAL

plainte-edfEDF a annoncé avoir porté plainte au pénal contre X suite aux accusations de Greenpeace qui a déposé plainte auprès du parquet financier pour publication de bilan inexact et diffusion d’informations trompeuses.  

Alors que Greenpeace a annoncé jeudi avoir porté plainte auprès du parquet financier contre EDF   et son PDG Jean-Bernard Lévy pour publication de bilan inexact et diffusion d’informations trompeuses, EDF réplique en déposant plainte au pénal contre X. Dans un communiqué, l’électricien « conteste vigoureusement les prétendues analyses comptables et financières du cabinet AlphaValue réalisées à la demande de Greenpeace et relatives à la situation d’EDF ».
En effet, Greenpeace s’appuie sur une étude qu’elle a commandée au cabinet Alpha Value et reproche à EDF de « ne pas donner une image fidèle de (sa) situation financière (…) dans ses résultats ». Selon Greenpeace, EDF sous-provisionne une partie du coût de démantèlement des centrales et de gestion des déchets nucléaires pour un montant compris entre 50 et 70 milliards d’euros. Mais l’ONG et EDF n’arrivent pas aux mêmes chiffres car ils ne partent pas de la même hypothèse.
Ainsi, EDF rappelle « les coûts de démantèlement du parc nucléaire en exploitation ont fait l’objet d’un audit du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, dont la synthèse, rendue publique le 15 janvier 2016, conforte les estimations d’EDF », détaille l’électricien dans un communiqué. EDF ajoute que « ses comptes sont audités et certifiés par ses commissaires aux comptes ».
Article de Léna Corot avec Reuters

http://www.usinenouvelle.com/article/suite-aux-accusations-de-greenpeace-edf-replique-et-porte-plainte-au-penal.N468313

Nov 25

EDF MET L’AUTORITÉ DE SURETÉ NUCLÉAIRE SOUS PRESSION

edf-pression-asnÀ Flamanville (Manche), sur le site de l’EPR en construction, Xavier Ursat, le directeur général chargé du nouveau nucléaire l’assure : « Le scénario d’une non-compatibilité de la cuve n’existe pas chez EDF. »

En mars 2015, la découverte de teneurs anormales de carbone dans le couvercle et le fond de la cuve de l’EPR a forcé Areva et EDF à mener un programme de justification de la résistance de cet équipement.

Selon EDF, 89 % des essais sur des pièces sacrificielles ont été réalisés et tous respectent les exigences de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Les résultats ont été transmis au fur et à mesure aux inspecteurs, qui disposeront de l’ensemble du dossier d’ici à la fin novembre.

L’Autorité s’est engagée à donner son avis avant la fin du premier semestre 2017.

Le pari de l’énergéticien d’écarter tout plan B n’est-il pas risqué ?

Si les tests mécaniques et physiques sont bons, l’ASN s’est montrée particulièrement exigeante au cours de ces derniers mois.

Le soupçon d’anomalies sur les générateurs de vapeur d’une partie du parc nucléaire l’a conduite à demander la mise à l’arrêt de 18 tranches.

Sans aucune considération pour les coûts subis par EDF ni pour la sécurité de l’approvisionnement électrique en France.

Safety first ! « La pression va être énorme sur les épaules de l’ASN », assure un proche du dossier.

Si l’Autorité refuse la cuve, le chantier normand est quasiment perdu car il faudrait plus de cinq ans pour reforger ce matériel. Quant à la carrière de l’EPR, elle prendrait fin dans le Cotentin.

Les projets en Angleterre et en Inde seraient sans aucun doute remis en cause. « Le pire est que si l’ASN valide la cuve, il y aura un doute sur son indépendance », ajoute cette source.

Quelle que soit sa décision, l’Autorité devra être particulièrement solide pour assumer son choix. Un vrai stress test !

http://www.usinenouvelle.com/article/edf-met-l-asn-sous-pression.N466403

Nov 25

L’ASN MODIFIE CERTAINES PRESCRIPTIONS APPLICABLES AU RÉACTEUR 5 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY

asnPar décision n°2016-DC-0573, l’ASN modifie les échéances de quatre prescriptions de sa décision n° 2014-DC-0474 du 23 décembre 2014. L’ASN a en effet constaté qu’EDF n’était pas en capacité matérielle de respecter les échéances associées à ces quatre prescriptions puisque le réacteur 5 de la centrale nucléaire du Bugey est maintenu à l’arrêt, dans l’attente d’une solution de traitement des défauts d’étanchéité affectant l’enceinte de confinement de ce réacteur.

Après l’analyse des résultats du troisième réexamen de sûreté du réacteur 5 de la centrale nucléaire du Bugey, qui a eu lieu du 11 juin au 20 décembre 20111, l’ASN avait imposé à EDF certaines prescriptions complémentaires qui modifient les conditions d’exploitation de ce réacteur. La décision de l’ASN comprenait notamment les prescriptions suivantes :
. La prescription référencée [INB89-36] imposait à EDF de réaliser « avant le 7 septembre 2016, une épreuve de l’enceinte de confinement […] Les résultats de cette épreuve doivent respecter les critères de taux de fuite définis dans les règles générales d’exploitation.».
. Les prescriptions référencées [INB89-27], [INB89-28] et [INB89-35] imposaient à EDF de mettre en œuvre avant le 31 décembre 2016 trois modifications2 qu’EDF n’avait pas été en capacité de déployer au cours de la visite décennale de 2011.

Un arrêt pour maintenance du réacteur a débuté le 27 août 2015. EDF a procédé au cours de cet arrêt à des essais d’étanchéité de l’enceinte de confinement qui ont révélé une nouvelle augmentation de son taux de fuite.

EDF a en conséquence déposé le 7 avril 2016 un dossier pour proposer à l’ASN un mode de traitement des défauts d’étanchéité affectant l’enceinte de confinement. Ce dossier, techniquement complexe, est en cours d’examen par l’ASN et son appui technique, l’IRSN. Les principes de la réparation envisagée par EDF ont été présentés à la Commission locale d’information (CLI) du Bugey lors des réunions des 8 avril et 10 juin 2016.

Par ailleurs, les travaux correspondant aux prescriptions [INB89-27], [INB89-28] et [INB89-35] ont été réalisés, mais EDF doit procéder à des essais pour vérifier le bon fonctionnement des modifications matérielles apportées aux installations. Ces essais ne peuvent avoir lieu qu’au cours d’opérations de redémarrage du réacteur.

Le réacteur 5 de la centrale nucléaire du Bugey demeure actuellement à l’arrêt. Son combustible est déchargé et entreposé dans la piscine de stockage du réacteur.

Dans ces conditions, EDF n’est pas en mesure de respecter les échéances associées aux quatre prescriptions techniques référencées [INB89-36], [INB89-27], [INB89-28] et [INB89-35]. Elle en a formellement informé l’ASN.

L’arrêt en cours étant susceptible de se prolonger au-delà de l’année 2016, les échéances imposées par les prescriptions référencées [INB89-27], [INB89-28] et [INB89-35] et [INB89-36] ne sont plus adaptées.

La décision n°2016-DC-0573 modifie par conséquent ces prescriptions [INB89-27], [INB89-28], [INB89-35] et [INB89-36] de la décision n° 2014-DC-0474 pour en fixer les échéances à la fin de l’arrêt en cours du réacteur.

http://www.newspress.fr/Communique_FR_299798_624.aspx

Nov 24

7 QUESTIONS SUR LE PARC NUCLÉAIRE FRANÇAIS

241 > Pourquoi douze réacteurs nucléaires sont à l’arrêt ?
Actuellement, douze réacteurs sont à l’arrêt pour contrôler que l’excès de carbone découvert dans l’acier de certaines pièces majeures n’altère pas la capacité de résistance mécanique des générateurs de vapeur. Cette vérification s’est avérée nécessaire depuis la découverte en mai dernier de défauts de fabrication dans les pièces forgées par l’usine du Creusot d’Areva pour la cuve du futur EPR de Flamanville dans la Manche. Outre la France, l’Espagne, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Chine, la Corée du Sud ou encore le Brésil seraient concernés.

2 > Les centrales posent-elles un problème de sécurité ?
EDF qui exploite les centrales nucléaires avaient assuré en juin dernier que «les analyses mécaniques de ces non-conformités identifiées, ne présentent pas d’éléments venant remettre en cause l’intégrité et la sûreté des équipements concernés». L’autorité de sûreté nucléaire en a visiblement décidé autrement puisqu’elle a lancé une vaste campagne de contrôle du parc français. Seraient concernées des pièces comme les couvercles de cuve, les générateurs de vapeurs ou les pressuriseurs. L’organisation écologiste Greenpeace et six autres associations ont porté plainte pour «mise en danger délibérée de la vie d’autrui». Dans un rapport publié dès janvier, Greenpeace estimait que les pièces en cause sont en contact direct avec les éléments les plus radioactifs ou les plus chauds d’une centrale. Les inspections de l’ASN ont pour but de répondre à ces interrogations.

3 > En cas de manque d’électricité, où la France peut-elle se fournir ?
Selon l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), la France est le premier exportateur mondial d’électricité. Mais parfois comme en cas de pic de consommation, EDF est amené à acheter de l’électricité à ses voisins européens dont les réseaux très haute tension sont interconnectés avec les nôtres. La France achète ainsi de l’électricité à l’Allemagne qui peut connaître des pics soudains de production en cas de forts vents pour ses éoliennes. A l’inverse, EDF en vend à la Suisse et à l’Espagne. Lors des fortes chaleurs de l’été 2006, EDF avait ainsi acheté 2 000 MW sur le marché de gros international.

4 > Quel est le coût d’entretien des centrales françaises ?
On voit que si une opération de maintenance massive des pièces mises en doute est rendue nécessaire, le coût d’entretien des centrales nucléaires va s’envoler. En janvier dernier, la Cour des comptes a estimé à 100 milliards d’euros les coûts de maintenance du parc des 58 réacteurs français à l’horizon 2030. Ce coût important comprend «le grand carénage», des travaux qui permettront à EDF d’allonger la durée de vie des centrales de dix ans. Conçues pour durer 40 ans, les centrales françaises ont été mises en service entre 1977 et 2000 mais à l’occasion d’opérations de maintenance décennale, EDF procéderait au grand carénage permettant de renouveler et améliorer les éléments vitaux comme les générateurs de vapeur, les turbines, ou moderniser le contrôle commande. Cette mise à niveau, EDF la chiffre à 4,2 milliards par an pour la période 2014 à 2025 soit un total d’environ 50 milliards d’euros sur douze ans, en dessous de ce qu’estime la Cour des comptes. Selon EDF, ces opérations lourdes pourraient permettre de porter la durée de vie des centrales à 60 ans. Toutefois, ce sera au gendarme du nucléaire, l’ASN, de se prononcer sur toute prolongation.

5 > Qui paiera leur démantèlement ?
C’est ce que les opposants au nucléaire appellent la «facture cachée». Le coût de démantèlement des centrales européennes est estimé à 250 milliards dont 123 milliards pour le démantèlement et 130 milliards pour la gestion des déchets. À l’échelle française cette énorme opération pourrait atteindre un coût de 22 milliards pour les 58 réacteurs mais la Cour des comptes multiplie les précautions oratoires car personne ne sait vraiment de combien sera la facture finale. L’Allemagne a estimé, elle, que le coût d’un démantèlement est équivalent au coût de construction.

6 > L’EPR est-il la solution ?
Le réacteur pressurisé européen ou EPR est un projet de réacteur nucléaire de troisième génération conçu et développé par Areva. Le premier réacteur construit à Flamanville, dans la Manche doit démarrer selon EDF fin 2018. Les travaux seraient presque terminés et pourront aboutir une période d’essais l’an prochain avant la mise en service. Le chantier aura duré neuf ans. Un EPR doit fournir deux fois plus d’électricité qu’un réacteur d’ancienne génération tout en rejetant 17 % de déchets nucléaires de moins. Cette «tête de série» doit servir de modèle à suivre pour renouveler progressivement le parc nucléaire français.

7 > Quelle place pour les énergies renouvelables ?
C’est dans ce contexte très nucléarisé qu’est intervenue en 2015 la loi sur la transition énergétique afin de plafonner l’électricité nucléaire à 50 % d’ici 2025 et à faire monter les énergies renouvelables à 23 % de la consommation dès en 2020 et même 32 % en 2030. Fermes solaires, éoliennes sur terre et off shore… les énergies alternatives montent en puissance. Toutefois, les élections présidentielles pourraient modifier de transition sur l’énergie en maintenant la part du nucléaire à 75 %.

 Article de Gil Bousquet

http://www.ladepeche.fr/article/2016/11/24/2465051-7-questions-sur-le-parc-nucleaire-francais.html

Nov 24

NUCLÉAIRE : ENQUÊTE SUR LE SCANDALE DE LA FORGE DU CREUSOT

scandaleEXCLUSIF. L’usine reprise par Areva voilà dix ans est soupçonnée d’avoir fourni des pièces douteuses à nos centrales atomiques. « L’Obs » révèle que le groupe avait connaissance dès 2006 de ces problèmes de qualité. Greenpeace et six autres ONG ont porté plainte pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui« .

Enquête.

C’est l’un des plus gros scandales que le nucléaire français ait connus. La forge du Creusot, propriété d’Areva, est soupçonnée d’avoir fourni des cuves et des générateurs de vapeur de qualité douteuse à nos centrales atomiques. EDF a dû passer en revue son parc nucléaire. Dix-sept réacteurs, sur cinquante-huit, ont dû être arrêtés ou le seront bientôt à cause de la découverte d’anomalies concernant des pièces en provenance du Creusot, mais aussi d’une autre forge japonaise.

Cet hiver, pour la première fois depuis des décennies, la France risque des coupures de courant en cas de grand froid. Plus grave, fin octobre, l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) a effectué un signalement auprès du procureur de la République, prélude probable à l’ouverture d’une enquête judiciaire. Greenpeace et six autres ONG ont déjà porté plainte, notamment pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui » et « usage de faux« . Comment EDF et Areva, nos champions du monde du nucléaire, en sont-ils arrivés là ?

Pourquoi le gendarme du nucléaire a décidé de faire du bruit

Ces pratiques ont été rendues publiques en mai 2016 lors de l’affaire des « dossiers barrés« , au cours de laquelle la direction a confirmé que 400 dossiers de fabrication de pièces forgées contenaient des anomalies, incohérences et falsifications. Quand Areva a repris l’usine à l’entrepreneur Michel-Yves Bolloré (frère de Vincent Bolloré), en 2006, le groupe a découvert une usine en très mauvais état (« il n’y avait pas de bureaux, pas de chauffage, les toits fuyaient », se souvient un ancien cadre). Areva a alors lancé un audit dont les conclusions auraient dû l’alarmer :

« Des Roumains ont été employés au noir : ils venaient travailler la nuit. Leur équipement était si peu conforme aux normes de sécurité que les auditeurs ont trouvé des traces de semelles fondues au sol. Un dirigeant peu scrupuleux a favorisé des fournisseurs amis, gonflé ses notes de frais et émis des fausses factures.« 

Areva a également reçu dès 2006 la plainte d’un client pétrolier pour deux produits « pas conformes au cahier des charges« .

« Certains responsables allaient un peu vite, pour gagner du temps, oui. […] Des chefs avaient tendance à passer à l’étape suivante sans y être vraiment autorisés. Il y avait une tendance à pousser la cadence, oui […]« , confie Jean-Luc Mercier, délégué CGT de la forge. « Les dysfonctionnements concernent une vingtaine de personnes de la direction à l’époque de Bolloré. Leur but était d’écraser les concurrents pour gagner des parts de marché. Ils modifiaient les dossiers et, hop, on était les meilleurs du monde« , accuse un autre salarié, évoquant la période 2003-2006, quand la forge appartenait à Michel-Yves Bolloré
Les dossiers barrés ont perduré jusqu’en 2012, a admis la direction d’Areva.

Mais il a fallu attendre encore quatre ans pour que le groupe lance un grand audit des pratiques de sa forge, qui a équipé en cuves et générateurs de vapeur une grande partie de notre parc nucléaire. […]

>> Lire l’enquête « Le scandale qui ébranle le nucléaire » dans « l’Obs », en kiosque le jeudi 24 novembre, et dans l’Espace abonnés du journal..

http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20161122.OBS1555/exclusif-nucleaire-enquete-sur-le-scandale-de-la-forge-du-creusot.html

Nov 24

GREENPEACE PORTE PLAINTE CONTRE EDF POUR «DÉLITS BOURSIERS»

greenpeaceGreenpeace a porté plainte contre EDF pour faire cesser « le régime d’exception dont profite l’entreprise ».

L’association de défense de l’environnement Greenpeace a annoncé jeudi avoir déposé plainte auprès du parquet national financier contre le groupe énergétique EDF ainsi que son PDG, Jean-Bernard Levy, pour « délits boursiers », leur reprochant « un bilan inexact » et la diffusion d’« informations trompeuses »

L’organisation « demande au parquet d’ouvrir une enquête préliminaire ou que soit désigné un juge d’instruction sur ce sujet d’intérêt général où les actionnaires, investisseurs mais également les citoyens français sont induits en erreur par EDF et son PDG »

« Par cette plainte, c’est le régime d’exception dont profite l’entreprise EDF, notamment sur le terrain financier, qui est dénoncé. Il est temps que des autorités judiciaires se prononcent sur ces pratiques boursières frauduleuses », selon l’avocat de l’association, maître Marie Dosé, citée par le communiqué. 

« Une situation dégradée de l’entreprise »

Selon le chargé de campagne énergie pour Greenpeace, Cyrille Cormier, « l’insincérité des comptes d’EDF vise à cacher la situation extrêmement dégradée de l’entreprise »

Interrogé, EDF s’est refusée à tout commentaire. 

Greenpeace motive sa plainte sur les résultats d’une étude qu’elle avait commandé au cabinet d’analyse financière AlphaValue et qui estimait que l’électricien avait sous-provisionné les coûts du démantèlement et de la gestion des déchets nucléaires. 

Selon le rapport, rendu public le 17 novembre, le groupe français n’aurait provisionné que 25 milliards d’euros alors qu’AlphaValue estime « entre 57,3 et 63,4 milliard d’euros en 2025 » les fonds nécessaires à ces opérations. 

EDF réfute les accusations

Pour ses calculs, le cabinet se base notamment sur des hypothèses tirées de plusieurs rapports de la Cour des Comptes, parfois différentes de celles utilisées par EDF, sur les coûts de déconstruction des centrales et la nécessité de fermer au moins 17 réacteurs pour respecter les objectifs de la loi sur la transition énergétique. 

Le cabinet a également comparé les calculs d’EDF avec ceux d’autres exploitants nucléaires, notamment allemands. Dans un communiqué publié sur son site, l’électricien avait contesté « vigoureusement les prétendues analyses comptables et financières » réalisées par AlphaValue, précisant évaluer « les voies permettant de protéger et faire valoir ses droits ».

http://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-greenpeace-porte-plainte-contre-edf-pour-delits-boursiers-4633220

Nov 24

QUE VEULENT FAIRE JUPPÉ ET FILLON POUR LE NUCLÉAIRE ?

juppe-fillonPoint commun entre les deux candidats : la part du nucléaire ne sera pas réduite. Présenté comme une énergie « propre » par François Fillon, le nucléaire est un « atout économique stratégique en termes d’indépendance », assure Fillon. La durée d’exploitation des réacteurs nucléaires sera donc, s’il est élu à l’Elysée, prolongée de 40 à 60 ans. « Les 58 réacteurs nucléaires en service ont déjà été amortis et fonctionnent dans des conditions de sécurités satisfaisantes », ajoute-t-il. Pas sûr que Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), interviewé ce mercredi dans le Figaro, soit du même avis : il estime plutôt que depuis la découverte de défauts sur la cuve de l’EPR de Flamanville, la situation des centrales françaises, soumises actuellement à des contrôles pour vérifier l’état des cuves construites dans l’usine Areva du Creusot, est « très préoccupante ».

Alain Juppé est sur la même ligne (à haute tension) : il veut supprimer l’objectif, fixé par François Hollande, de ramener la part du nucléaire à 50 % (75 % aujourd’hui) et prolonger la durée de vie des centrales « à condition qu’elles présentent toutes les garanties de sécurité et que leur prolongation présente un intérêt économique ». Il entend également annuler le projet de fermeture de la centrale de Fessenheim.

Extrait de l’article : « Primaire à droite: Nucléaire et principe de précaution, que veulent faire Juppé et Fillon pour l’environnement? » publié par 20 minutes le 24 novembre.

http://www.20minutes.fr/planete/1967115-20161124-primaire-droite-nucleaire-principe-precaution-veulent-faire-juppe-fillon-environnement

Nov 24

LEPAGE “AFFLIGEE” QU’ON NE PARLE PAS PLUS DU NUCLÉAIRE

lepageL’ancienne ministre d’Alain Juppé réagit aux propos du président de l’Autorité de Sureté Nucléaire, et s’inquiète du manque de débat sur cette question.

“Pas surprise”. Corinne Lepage n’a pas été surprise en lisant l’interview publiée par nos confrères du Figaro de Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, estimant que les centrales nucléaires françaises posent de nombreux problèmes, tant financiers qu’environnementaux.

Le nucléaire “ne sera pas” un débat en 2017

Pour l’ancienne ministre, le constat est sans appel : “le nucléaire devrait être un des sujets majeurs de la prochaine campagne présidentielle confie Lepage à Valeurs actuelles, qui ajoute : “malheureusement, ça ne sera pas un sujet. Pourquoi ça devrait l’être ? Car la question de continuer avec le tout nucléaire détermine notre avenir écologique, économique et même notre stabilité financière. Mais ça ne le sera pas car les principaux candidats se sont mis d’accord sur le fait que le nucléaire est une excellence française, dont on n’y touche pas. Mais ce n’est plus vrai !”

Car dans le dossier du nucléaire, il n’y a pas seulement le coût écologique, il y a aussi les incidences économiques. Insistant sur le fait que “la question du prix de l’énergie et du coût de l’énergie est aussi un sujet très important pour la compétitivité de l’économie”, Corinne Lepage regrette que l’on “passe à pieds joints sur cette question” alors que l’énergie nucléaire finira par devenir l’une des plus chères du monde.

“Affligée” que le débat ne se fasse pas

L’ancienne ministre de l’Écologie s’est également dite “affligée” que le débat sur l’avenir du nucléaire en France ne soit pas porté dans le débat public : “j’ai beaucoup de tristesse, je suis affligée. Un pays incapable d’avoir des débats importants sur des sujets qui engagent l’avenir…”  Estimant que c’est “dans le mandat qui vient qu’il va falloir trancher” sur la question de l’avenir nucléaire, Corinne Lepage est formelle : si les centrales ne sont pas sûres, on doit arrêter, et de conclure : “C’est aussi simple que cela !”

NB : Corinne Lepage a publié «  l‘État nucléaire, » chez Albin MIchel

http://www.valeursactuelles.com/politique/lepage-affligee-quon-ne-parle-pas-plus-du-nucleaire-45976

Nov 23

LES RÉACTEURS ARRÊTÉS D’EDF NE SERONT PAS À PLEINE PUISSANCE AVANT JANVIER

reacteurs-arretesL’ASN a demandé à EDF de mener des contrôles supplémentaires sur 12 réacteurs, ce qui a fait craindre que la France ne puisse faire face aux pics de demande d’électricité de l’hiver. Le Président de l’ASN juge la situation « préoccupante ».
C’est une interview qui tente de rassurer les personnes inquiètes à propos d’ éventuelles pénuries énergétiques cet hiver  . Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) estime,  dans Le Figaro <http://www.lefigaro.fr/societes/2016/11/22/20005-20161122ARTFIG00306-la-situation-du-nucleaire-est-tres-preoccupante.php>  , à un mois environ le temps nécessaire pour autoriser ou non le redémarrage des réacteurs nucléaires  arrêtés par EDF à la mi-octobre . Le gendarme du nucléaire a reçu d’EDF un dossier complet concernant les tests réalisés sur ses centrales nucléaires à l’arrêt.
« Dans le meilleur des cas, les réacteurs d’EDF pourraient être opérationnels dans un mois et atteindre leur pleine puissance en janvier 2017 », affirme Pierre-Franck Chevet, qui juge la situation « préoccupante ». Précisant : « L’ASN a transmis ces éléments de calendrier à RTE [Réseau de transport d’électricité], en charge du réseau, dont le rôle est d’équilibrer la consommation et l’offre d’électricité. »
Redémarrage entre fin novembre et fin décembre
L’ASN a demandé à EDF de mener des contrôles supplémentaires sur 12 réacteurs, ce qui a fait craindre que la France ne puisse faire face aux pics de demande d’électricité de l’hiver.
Selon des précisions données par la suite par EDF, le redémarrage des réacteurs Dampierre 3 (900 MW) et Civaux 2 (1.500 MW), qui devait avoir lieu le 30 novembre, est désormais prévu le 31 décembre. Pour sa part, le redémarrage du réacteur St Laurent 2, prévu le 27 novembre, est avancé de trois jours.
Problème des générateurs de vapeurs
Au total, sept réacteurs EDF doivent donc désormais reprendre la production le 31 décembre : Dampierre 3 (900 MW), Civaux 2 (1.500 MW), Tricastin 4 (900 MW), Gravelines 2 (900 MW), Bugey 4 (900 MW), Tricastin 1 et Tricastin 3 (900 MW chacun). La France dépend des 58 réacteurs français d’EDF pour 75% de ses besoins en électricité.
Les contrôles menés portent sur des fonds de générateurs de vapeur qui peuvent présenter une zone de concentration importante en carbone, risquant de conduire à des propriétés mécaniques plus faibles qu’attendues. Ces générateurs peuvent être remplacés en quelques mois  à condition d’avoir des pièces   disponibles… quatre ans après leur commande. De quoi inquiéter EDF si l’ASN devait juger un réacteur à risque.

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211522592232-nucleaire-les-reacteurs-arretes-dedf-pourraient-redemarrer-dici-un-mois-2045033.php

Nov 23

À CATTENOM, EDF PRÉPARE L’ALLONGEMENT DE LA VIE DE SES CENTRALES

catenomElle aurait dû entamer sa dernière décennie, mais la centrale de Cattenom (Moselle) subit depuis 6 mois un lifting dans le but affiché de la faire vivre au-delà des 40 années prévues à sa construction.
Nous sommes dans un projet très engagé d’investir pour aller au-delà de 40 ans. Il y a des opérations que nous faisons aujourd’hui et qu’on ne fera plus, explique son directeur, Thierry Rosso.
La ministre de l’Environnement et de l’Énergie, Ségolène Royal, a laissé entendre en février qu’elle ne s’opposerait pas à une prolongation de la durée de vie des centrales. Mais pour tout ce qui les concerne, des travaux à la prolongation, seule l’Autorité de sécurité nucléaire (ASN) décide.
Cattenom, ce sont 4 réacteurs à eau pressurisée à la frontière avec le Luxembourg et à quelques encablures de l’Allemagne. Inaugurée en 1986, la centrale fournit 8% de la production nucléaire française lorsqu’elle fonctionne à plein régime. Son patron entend lui demander de le faire jusqu’en 2046, si l’ASN le permet.
De mai à octobre, le réacteur numéro 1 a subi les premiers travaux, dans le cadre d’une visite décennale particulière qui s’inscrit dans le grand carénage d’EDF, un investissement de quelque 51 milliards d’euros pour 58 réacteurs.
Changement d’une turbine, amélioration des conditions de sécurité, installation d’un diesel d’ultime secours (DUS): le réacteur 1 est prêt à poursuivre son activité pour au moins 10 ans.
La salle des commandes – le temple selon M. Rosso – a été modernisée, numérisée. Les armoires de données ont été changées et fixées au mur pour améliorer leur protection en cas de séisme.
Des transformateurs, qui servent à faire passer l’énergie sur le réseau en augmentant la puissance, (NDLR : la tension et non la puissance) ont été changés – une opération que l’on ne fait qu’une fois dans la vie d’une centrale – et 64.242 tubes de laiton ont été remplacés par du titane. La liste des travaux est longue, pour un coût global d’environ 100 millions d’euros.
EDF a mené un contrôle très intime sur des composants très importants. La cuve, cœur du réacteur, a été inspectée millimètre par millimètre.
Autres aménagements de sécurité, les travaux dits post-Fukushima, exigés pour toute centrale: amélioration des systèmes anti-inondation, climatiseurs supplémentaires en cas de canicule prolongée, grilles autour des installations extérieures pour empêcher, en cas de grand vent, qu’un objet ne vienne les frapper.
EDF est moins prolixe sur les mesures pour assurer la protection du site. Des gendarmes sont présents, ainsi que des agents de sécurité, mais les détails ne peuvent être dévoilés.
La centrale ‘fait peur’
L’ASN doit se prononcer sur les modifications du réacteur 1. Ensuite, ce sera au tour des trois autres réacteurs. Lorsqu’ils seront reconnectés au réseau, ils ne seront pas tout à fait les mêmes qu’avant la visite.
L’âge de l’installation n’a au final que peu à voir avec son niveau de sûreté, soutient le directeur.
Mais il faut encore convaincre les voisins. En avril, le Premier ministre du Luxembourg a proposé de payer pour le démantèlement de la centrale, affirmant qu’elle lui fait peur.
Pour Thierry Rosso, qui se refuse à commenter des postures politiques, une centrale nucléaire, forcément, ça amène toujours des questionnements. D’où la volonté de communiquer, pour démystifier.
EDF doit gérer les questions sur des anomalies détectées dans le suivi des processus de fabrication d’équipements d’Areva au sein de son usine du Creusot, utilisés pour les cuves de certaines centrales. Et cinq réacteurs doivent être fermés temporairement pour des vérifications sur des équipements clés susceptibles de présenter une teneur en carbone excessive.
Pour le directeur de Cattenom, la loi de transition énergétique fixe 50% de nucléaire. Donc, elle confirme le nucléaire comme étant l’outil de production de masse d’électricité en France. Ca nécessite effectivement la prolongation d’un certain nombre d’installations.

http://www.romandie.com/news/A-Cattenom-EDF-prepare-lallongement-de-la-vie-de-ses-centrales/755389.rom

Nov 23

POLYNÉSIE : LA SÉNATRICE LANA TETUANUI INTERPELLE LE GOUVERNEMENT SUR LE CALENDRIER DE LA RÉFORME STATUTAIRE

polynesieLa sénatrice Lana Tetuanui a demandé au premier ministre si son gouvernement avait la volonté de faire adopter la loi organique portant modification du statut de la Polynésie française. Ce projet de loi permettrait d’inscrire la reconnaissance du fait nucléaire dans le statut d’autonomie.

Lors de la séance des questions au gouvernement, la sénatrice Lana Tetuanui a interpellé  le premier ministre sur l’évolution de la réforme du statut de la Polynésie française. Cette réforme statutaire devrait être intégrée à un projet de loi organique, dont la discussion devait débuter au Sénat au mois d’octobre : « pouvez-vous nous confirmer la volonté du gouvernement de faire adopter cette loi organique, tant attendue des Polynésiens ? » a-t-elle demandé.
La sénatrice a ajouté : « Les principales orientations ont été exposées en février 2015 au Président de la Commission des Lois de l’Assemblée nationale, puis le 9 mars 2015 à Mme George Pau-Langevin, ancienne ministre des Outre-mer » a indiqué la sénatrice.
En février 2016, le président de la République a solennellement reconnu, dans son discours de Papeete, la contribution de la Polynésie française à la constitution de la force nucléaire et les impacts des essais nucléaires sur la vie des Polynésiens, dans les domaines sanitaires, environnementaux, économiques et sociaux.
« Il avait été convenu en mai 2016, entre Paris et la Polynésie française, d’inscrire la reconnaissance du fait nucléaire et les principaux engagements de l’État dans le statut de la Polynésie française, complété par l’Accord de Papeete » a rappelé la sénatrice.
A ce jour, force est de constater que ce projet de loi organique n’a toujours pas été soumis à la consultation du Conseil d’État, ni à celle de l’Assemblée de la Polynésie française.
La ministre des Outre-mer a évoqué un examen du texte en conseil des ministres en janvier prochain, démontrant ainsi que son adoption ne pourra se faire sous l’actuel quinquennat.
« Le président de la République n’a donc pas tenu sa promesse« , conclue un communiqué diffusé par le service de communication de la sénatrice.
 Pour lire la question de Lana Tetuanui au gouvernement :

http://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/senatrice-lana-tetuanui-interpelle-gouvernement-calendrier-reforme-statutaire-419565.html

Nov 23

DES DÉFAUTS D’ÉTANCHÉITÉ DE L’ENCEINTE DE CONFINEMENT BLOQUENT LE REDÉMARRAGE DE BUGEY 5

bugeyLundi 21 novembre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé avoir prolongé l’arrêt du réacteur 5 du Bugey (Ain). Les défauts d’étanchéité de l’enceinte de confinement du réacteur sont jugés trop importants pour permettre le redémarrage du réacteur.

Le réacteur 5 de la centrale du Bugey « est maintenu à l’arrêt, dans l’attente d’une solution de traitement des défauts d’étanchéité affectant l’enceinte de confinement », explique l’ASN. Sa décision ne fixe aucune nouvelle date butoir, mais précise qu’un test d’étanchéité satisfaisant devra être réalisé « au cours de l’arrêt du réacteur qui a débuté le 27 août 2015 ». Le réacteur ne redémarrera pas tant que l’enceinte ne satisfera pas à ce test.

Les défauts de l’enceinte s’aggravent

Le problème d’étanchéité de l’enceinte est décelé en 2011, à l’occasion de la troisième visite décennale du réacteur. L’ASN constate que le débit de fuite de l’enceinte de confinement du réacteur « a sensiblement augmenté«  entre les deuxième et troisième visites décennales. Certes, le débit de fuite reste inférieur aux limites prévues par le référentiel de sûreté de l’installation, mais le gendarme du nucléaire veut suivre au plus près son évolution. Il impose donc à EDF la réalisation d’un nouveau test avant le 7 septembre 2016. « Les résultats de cette épreuve doivent respecter les critères de taux de fuite définis dans les règles générales d’exploitation », précise alors la décision de l’ASN.

Entre le 17 et le 26 octobre 2015, EDF réalise le test demandé. Elle effectue deux essais d’étanchéité pour identifier l’origine des défauts d’étanchéité, explique l’ASN, ajoutant qu’ils « [mettent] en évidence une nouvelle augmentation du taux de fuite de l’enceinte« . En conséquence, l’ASN demande à EDF de traiter les défauts avant de réaliser un nouveau test d’étanchéité.

Accord préalable de l’ASN

Le 7 avril 2016, EDF soumet à l’ASN la solution de réparation qu’elle compte appliquer. L’accord préalable de l’ASN est indispensable avant d’entreprendre les réparations. La procédure pourrait prendre du temps.

Conformément à la réglementation, les travaux proposés par EDF sont considérés comme une modification de l’installation soumise à autorisation de l’ASN.

L’Autorité dispose de six mois pour instruire le dossier, mais elle peut proroger ce délai.

L’ASN ne précise pas les suites qu’elle donne au dossier. Le silence de l’ASN à l’expiration de ce délai vaut décision de rejet de la demande.

L’ASN peut aussi considérer que les travaux envisagés constituent une modification substantielle de l’installation. Si tel est le cas, EDF devra obtenir une modification du décret d’autorisation du réacteur.

Article de Philippe Collet

http://www.actu-environnement.com/ae/news/nucleaire-defauts-etancheite-enceinte-confinement-redemarrage-bugey5-27922.php4

Nov 23

«LA SITUATION DU NUCLÉAIRE EST TRÈS PRÉOCCUPANTE»

chevetPierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, alerte sur les problèmes que posent les centrales françaises.

Après la découverte, au printemps 2015, d’un défaut dans la cuve du futur réacteur EPR de Flamanville, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a déclenché une campagne de contrôle sans précédent. Elle est loin d’être terminée. Son président, Pierre-Franck Chevet, souligne que la situation est «préoccupante».

LE FIGARO. – Une vingtaine de réacteurs d’EDF sont à l’arrêt. La France risque-t-elle de passer un hiver difficile?

Pierre-Franck CHEVET. – Actuellement, douze réacteurs sont à l’arrêt ou vont être mis à l’arrêt, pour contrôler que l’excès de carbone découvert dans l’acier n’altère pas la capacité de résistance mécanique des générateurs de vapeur. En fin de semaine dernière, EDF nous a remis un dossier complet pour chacune des pièces concernées. Il nous faut ensuite un mois environ pour contrôler les tests effectués et donner, ou non, notre feu vert au redémarrage des centrales. Dans le meilleur des cas, les réacteurs d’EDF pourraient être opérationnels dans un mois et atteindre leur pleine puissance en janvier 2017. L’ASN a transmis ces éléments de calendrier à RTE (Réseau de transport d’électricité), en charge du réseau, dont le rôle est d’équilibrer la consommation et l’offre d’électricité. (…)

Entre les difficultés économiques d’EDF et d’Areva ainsi que les problèmes techniques, jamais la situation du nucléaire en France n’a été aussi problématique…

La situation est devenue, en effet, très préoccupante. D’où la nécessité d’agir avec calme et rigueur. Une anomalie générique a été identifiée sur les générateurs de vapeur, entraînant une procédure de contrôle de grande ampleur. Ce n’est pas une première: au début des années 1990, une corrosion de tous les couvercles des réacteurs en activité avait été identifiée. À l’époque, EDF avait pu gérer la situation en remplaçant peu à peu tous les couvercles. En 2013, dans le cadre de la préparation du projet de loi sur la transition énergétique, j’avais averti de la nécessité de pouvoir se passer à intervalles réguliers de 5 à 10 réacteurs, car des problèmes génériques pouvaient être découverts. Il y a de plus un cas où la sûreté pouvait être en cause, ce qui nous a conduits à décider de l’arrêt de Fessenheim 2 l’été dernier. (…)

Face à toutes ces problématiques soulevées, l’état des centrales présente-t-il un risque pour la sûreté de nos concitoyens?

L’ensemble des décisions prises par l’ASN sur ces différentes problématiques s’inscrivent précisément dans une démarche de sûreté des réacteurs nucléaires et donc de protection des populations. Il en est ainsi de l’arrêt anticipé de certains réacteurs d’EDF, ou de l’extension du réexamen de la qualité des fabrications passées de l’usine du Creusot d’Areva. Ces décisions, fortes, nécessaires, appellent à un engagement sans précédent des industriels concernés, qui plus est, dans la durée. Nous serons particulièrement vigilants à ce qu’un tel engagement se maintienne!

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans Le Figaro à paraître mercredi 23 novembre, et dès à présent sur le Web, les mobiles et les tablettes pour les abonnés Figaro Premium.

Article écrit par Marc Cherki , Frédéric De Monicault

Source : Pierre-Franck Chevet: «Il faut repenser le contrôle du nucléaire»

A voir sur : http://www.lefigaro.fr/societes/2016/11/22/20005-20161122ARTFIG00298-pierre-franck-chevet-il-faut-repenser-le-controle-du-nucleaire.php

http://www.lefigaro.fr/societes/2016/11/22/20005-20161122ARTFIG00306-la-situation-du-nucleaire-est-tres-preoccupante.php

Nov 22

AFRIQUE DU SUD : SEULEMENT 1 359 MW DE CENTRALES NUCLÉAIRES SERONT INSTALLÉS, D’ICI À 2037

afrique-du-sudL’Afrique du Sud n’installera que 1 359 MW de centrales nucléaires, d’ici 2037. Une importante revue à la baisse des ambitions nucléaires du pays qui prévoyaient, jusque-là, des centrales nucléaires d’une capacité totale de 9 600 MW, à l’horizon 2030.
Cette information a été révélée, lors de la diffusion de l’ébauche du plan national énergétique par l’Eskom, la société nationale en charge de la fourniture énergétique. Le plan prévoit également de porter à 20 385 MW la capacité installée de nucléaire, d’ici 2050.
L’Eskom a cependant affirmé qu’elle lancerait, au cours de cette année, des demandes de propositions pour les sociétés désireuses de construire ces centrales. Elle espère ainsi voir les premières centrales entrer en service, d’ici 2025, selon le plan initial.
Selon les experts énergétiques, le plan précédent d’installation de 9 600 MW de nucléaire, d’ici 2030, était ambitieux mais pas nécessaire. Les opposants du régime au pouvoir avaient, pour leur part, exprimé leurs inquiétudes quant à la transparence d’un processus qui coûterait entre 80 et 100 milliards $ au pays.
L’ébauche du plan énergétique prévoit, en outre, l’installation de 37 400 MW d’éolien et 17 600 MW de solaire supplémentaires, d’ici 2050.
Article de Gwladys Johnson (Agence Ecofin)

http://www.agenceecofin.com/nucleaire/2211-42621-afrique-du-sud-seulement-1-359-mw-de-centrales-nucleaires-seront-installes-d-ici-a-2037

Nov 22

LE VIETNAM RENONCE À LA CONSTRUCTION DE DEUX CENTRALES NUCLÉAIRES

vietnamLe Vietnam a renoncé mardi à la construction de deux centrales nucléaires qui devaient coûter plusieurs milliards de dollars, invoquant des raisons environnementales et financières.
Les deux centrales qui devaient être construites dans la province centrale de Ninh Thuan auraient eu une capacité combinée de 4.000 mégawatts. Elles devaient être construites avec l’assistance technique de la société russe Rosatom et du consortium japonais JINED.
Le coût de ces centrales, qui auraient été les premières dans le sud-est asiatique, a doublé depuis que le projet a vu le jour en 2009, pour atteindre 18 milliards de dollars, selon les milieux officiels.
Le gouvernement a expliqué que le coût avait explosé après que des technologies avancées sont apparues comme nécessaires à la suite du désastre provoqué par l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon en 2011.
Le projet a été suspendu non pas pour des raisons technologiques mais en raison de la situation économique du pays, a indiqué le gouvernement vietnamien sur son site web.
Le Vietnam est actuellement confronté à un déficit budgétaire croissant et les autorités ont annoncé qu’elles n’atteindront vraisemblablement pas leur objectif d’une croissance de 6,7% cette année.
Bien que l’énergie nucléaire ne produise pas d’émissions de carbone nuisibles, les écologistes ont soulevé la question du stockage des déchets.
Le Vietnam qui s’industrialise rapidement et qui a une population de 93 millions de personnes souffre de coupures de courant depuis quelques années et se tourne vers des pays voisins tels que le Laos pour renforcer ses réserves énergétiques.
Selon le gouvernement, la suspension du projet n’affectera pas la sécurité énergétique du pays.
Le Vietnam communiste dépend essentiellement pour sa production d’électricité de stations fonctionnant au charbon et de l’énergie hydraulique, mais il compte augmenter sa production d’énergie renouvelable dans les 15 prochaines années.

http://www.romandie.com/news/Le-Vietnam-renonce-a-la-construction-de-deux-centrales-nucleaires/755135.rom

Nov 22

NEW YORK FAIT UN PAS VERS LA FERMETURE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE D’INDIAN POINT

indian-pointL’État de New York a fait un pas de plus vers la fermeture de la centrale nucléaire d’Indian Point, située à 60 km de la mégapole américaine, après une décision de justice obligeant la compagnie d’électricité à obtenir l’accord de l’État pour continuer l’exploitation.
La décision de la Cour d’appel de New York concerne la demande de renouvellement de l’un des permis dont la compagnie, Entergy, a besoin pour continuer à exploiter les deux réacteurs à eau pressurisée de la centrale, mis en service respectivement en 1974 et 1976. Contrairement au jugement d’une juridiction inférieure, cette demande devra bien être soumise au département d’État de l’État de New York, qui devrait la rejeter.
Ce département a en effet « déjà conclu » que cette demande n’était pas conforme aux règles de l’État, a rappelé lundi, Andrew Cuomo, gouverneur démocrate de l’État de New York, dans un communiqué. « Indian Point est trop vieille et n’a pas sa place sur la rivière Hudson, non loin de la ville de New York, où elle menace non seulement les ressources côtières mais aussi des millions de New-Yorkais qui vivent ou travaillent à proximité« , a ajouté le gouverneur.
Depuis l’accident de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en 2011, M. Cuomo plaide pour la fermeture de la centrale, très proche de la très dense agglomération new-yorkaise qui serait particulièrement difficile à évacuer en cas d’urgence. Ses appels à la fermeture, soutenus par les défenseurs de l’environnement, ont été relancés par une série de déficiences techniques récentes.
Les défenseurs de la centrale soulignent au contraire son importante contribution à la production d’électricité locale – le quart de la consommation d’électricité de la ville de New York – et l’importance de cette source d’énergie non génératrice de gaz à effet de serre.

http://www.connaissancedesenergies.org/afp/nucleaire-new-york-fait-un-pas-vers-la-fermeture-de-la-centrale-dindian-point-161122

Nov 22

ACTION UNITAIRE DEVANT L’ASSEMBLÉE NATIONALE CONTRE LES MILLIARDS INVESTIS DANS L’ARME NUCLÉAIRE

manif-parisEn ce moment (22 novembre), des militants sont rassemblés devant l’Assemblée Nationale à l’occasion du vote en première lecture du budget 2017. Rejoints par les députés Michèle Bonneton, Jean-Claude Roumégas et Isabelle Attard, ils demandent aux parlementaires de ne pas voter un budget où les dépenses consacrées aux armes nucléaires sont en hausse du fait de leur « modernisation » et atteignent 3,87 milliards d’Euros pour la seule année 2017. Cette augmentation en préfigure d’autres bien plus considérables encore dont certains responsables politiques rêvent pour les années à venir. On n’en finira donc jamais de financer la préparation de crimes contre l’humanité ?

Cette politique de « prolifération verticale » va totalement à l’encontre de ce qui a été récemment voté par la Commission « désarmement » de l’Assemblée générale des Nations Unies. En effet, le 27 octobre 2016, à New York, 123 États contre 38 se sont exprimés pour l’ouverture en 2017 de négociations en vue d’établir un traité d’interdiction et d’élimination des armes nucléaires. Parmi les 9 Etats nucléaires existants, la France fait partie de ceux ayant voté contre cette résolution.

À l’occasion du vote du budget 2017, les associations ont remis aux députés qui les ont rejoints sur le parvis de l’Assemblée nationale des initiatives correspondantes à différentes sensibilités exprimés contre la force nucléaire :

 la pétition « Pour une France sans armes nucléaire et le désarmement unilatéral de la France » (11 550 signatures) initiée par le MAN et soutenu par 13 organisations – voir http://fsan.fr

 la pétition contre le doublement des crédits de l’arme atomique et contre l’augmentation du budget de la défense en France initiée par le Mouvement de la Paix et le collectif En marche pour la paix – voir http://www.mvtpaix.org

Les armes nucléaires sont présentées par leurs défenseurs comme indispensables à notre « sécurité ». En fait, si elles peuvent créer chez certains un « sentiment de sécurité » il est évident qu’elles ne peuvent garantir une réelle sécurité à la France, qui serait anéantie en cas de conflit nucléaire. Elles ne garantissent pas la paix et ne préviennent en rien des menaces actuelles comme le terrorisme. Depuis le lancement de son programme nucléaire, la France a déjà consacré plus de 300 milliards pour la bombe atomique… Il est temps d’arrêter les frais et de revenir aux valeurs humanistes !

Ce texte est un communiqué de presse commun du Réseau « Sortir du nucléaire », du Mouvement pour une Alternative Non-violente, du Mouvement de la Paix, des Désobéissants, du Collectif « En marche pour la Paix » et de la Maison de Vigilance – 22 novembre 2016  

Contacts presse :

Serge Perrin : 06 03 80 39 95

Dominique Lalanne : 06 32 71 69 90

Patrice Coulon : 06 21 23 23 98

http://www.sortirdunucleaire.org/Action-unitaire-de-mouvements-citoyens-devant-l

Nov 22

LA DÉCONSTRUCTION DU NUCLÉAIRE VA DURER DES ANNÉES

suisseLa Suisse n’a encore jamais démantelé une centrale nucléaire exploitée à des fins commerciales. Pour des raisons de coûts, Mühleberg sera arrêtée dès 2019, comme prévu par les exploitants. Mais si l’initiative passe, c’est dès l’an prochain qu’il faudra y commencer les travaux, comme pour Beznau I et II.
Sommes-nous prêts? Les exploitants et les autorités suisses s’inspireront des techniques éprouvées à l’étranger. C’est d’ailleurs ce qui a déjà été fait pour Mühleberg, explique le porte-parole de l’Inspection fédérale du nucléaire (IFSN) David Suchet. «Certaines manipulations, comme l’évacuation du combustible nucléaire, se font par ailleurs couramment lors de l’exploitation des centrales», ajoute-t-il.

Une procédure longuette et compliquée
La difficulté se situerait donc ailleurs. Selon le rapport 2016 du Forum nucléaire suisse, «le risque réel est lié aux coûts et réside en premier lieu dans les retards des travaux en raison des questions et conditions d’octroi d’autorisations.» La première étape du démantèlement est avant tout juridique. Lors de cette première phase, les exploitants sont tenus de présenter leur projet à absolument tous les acteurs concernés, du niveau communal au fédéral. Ces derniers ont ensuite la possibilité de faire recours sur la manière dont la centrale est démontée, notamment pour des questions de protection de l’environnement. Cette phase, qui peut conduire jusqu’au Tribunal fédéral, peut grandement allonger le processus.
Une autre difficulté réside dans l’évaluation du budget, qui doit être suffisamment élevé pour parer aux éventuels imprévus. Les exploitants sont tenus de financer entièrement la phase de démantèlement et de stockage des déchets radioactifs. Ils ont d’ailleurs été contraints d’alimenter deux fonds spéciaux à cet effet pendant toute la durée de l’exploitation. Si ces fonds sont insuffisants, les exploitants doivent verser ce qui manque de leur poche. Mais si les fonds des exploitants sont insuffisants, le parlement devra décider d’une éventuelle intervention. Le groupe BKW a pour sa part prévu 2,1 milliards pour le démantèlement de Mühleberg.

Des milliers d’employés
Autre point d’interrogation, le futur réservé aux travailleurs des centrales. Les habitants des communes abritant les centrales nucléaires craignent de perdre leur principal employeur. Gösgen représente environ 500 postes, tout comme Beznau I et II. Quant à Leibstadt, c’est presque 540.
A Mühleberg, les employés ont été rassurés. «Tous les collaborateurs garderont leur emploi au-delà de 2019, assure Tobias Fässler, porte-parole des BKW. Depuis 2013, nous avons développé les perspectives et défini le rôle futur de chaque employé de Mühleberg.» Seuls 2 des 350 employés concernés n’ont pas accepté leur nouvelle affectation.

Stockage polémique
S’ajoute à cela la grande question des déchets. Rien que pour Mühleberg, les exploitants prévoient 16 000 tonnes de déchets radioactifs. Un volume qui s’abaissera à 3000 tonnes après la phase de décontamination, dont 90 tonnes hautement radioactives.
Qu’en faire? La Nagra est la société coopérative nationale responsable du stockage des déchets radioactifs générés en Suisse. Elle a opté pour un stockage en couches géologiques profondes, afin d’y enfermer les déchets de manière sûre pendant au moins 100 000, voire 1 million d’années.
Reste encore à savoir où se trouvera le site de dépôt. Plusieurs régions ont été désignées, dont le Jura est (SO/AG) et Zurich nord-est (ZH/TG), les deux favorites pour l’instant. En Allemagne, les autorités se sont heurtées à de fortes oppositions de la population. Mais la Suisse a pris les devants. Bien que la loi fédérale ne laisse pas le droit aux communes choisies de refuser une installation, l’OFEN a lancé une procédure de consultation afin d’éviter une telle réaction.
«Nul besoin de connaissances scientifiques pour comprendre comment les déchets radioactifs sont dangereux, » estime Claudia Alpiger, auteure d’un rapport intermédiaire sur la procédure de consultation. « C’est exactement la raison pour laquelle les personnes concernées devraient également être prêtes à accepter la solution la plus sûre pour les déchets radioactifs – bien que ce soit dans leur propre région
La question technique n’est cependant pas résolue, de l’avis de certains spécialistes. L’ex-membre de la Commission fédérale de sécurité nucléaire Marcos Buser critique la manière de procéder de la Nagra depuis des années: «On a lancé ce processus sans savoir si tout jouait au niveau technique, et si la procédure de test de dépôt en couches géologiques profondes allait aboutir à un résultat positif. Mais on n’en sait rien! Il existe la possibilité que la roche suisse ne soit pas adaptée à cet entreposage. Nul ne sait comment elle va réagir. Il s’agit d’une question cruciale pour la sécurité», martèle le géologue.

http://www.tdg.ch/suisse/La-deconstruction-du-nucleaire-va-durer-des-annees/story/22971445

Nov 22

FILM/VIDÉO SUR L’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES À BURE (MEUSE)

bure-bisUn film de Bure AutoMedia sur la lutte contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires, l’avenir et les enjeux du monstre « projet CIGEO » imposé par les technocrates de L’ANDRA et d’EDF. (durée : 57 mn)
C’est aussi un constat d’urgence, un appel à mobilisation & à renforcer cette lutte de résistance internationale et inévitablement décisive pour les générations à venir.

https://archive.org/details/poubelle-la-viea

Nov 21

DES MILLIARDS SUPPLÉMENTAIRES POUR LE NUCLÉAIRE EN 2017 : ARRÊTONS LES FRAIS !

nucleaire-arretons-les-fraisAlors que l’Assemblée Nationale s’apprête à voter le budget 2017, le nucléaire civil et militaire bénéficiera encore de milliards pris sur l’argent des contribuables. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle à arrêter les frais.

Budget augmenté pour l’arme nucléaire

Le budget 2017 prévoit de continuer à augmenter la somme faramineuse consacrée à l’arme nucléaire. Celle-ci passerait à 3,87 milliards, une croissance que de nombreux généraux et responsables politiques souhaiteraient voir se poursuivre. Alors même que l’arme nucléaire, mortifère et polluante, s’avère moins pertinente que jamais face aux nouvelles menaces géopolitiques (y compris la menace terroriste), un tel investissement est immoral.

Ce projet de doublement du budget de l’arme nucléaire n’a malheureusement rien d’étonnant. Alors que  123 autres États se sont prononcés le 27 octobre dernier pour une résolution de l’ONU proposant d’engager des négociations pour l’abolition des armes nucléaires, la France a voté contre.

Un soutien en catimini à une industrie nucléaire en faillite

Le projet de loi de finance proposé au vote n’évoque pas le soutien à l’industrie nucléaire civile, le montant de celui-ci devant être fixé ultérieurement. Mais comme l’indique une note présentée au Sénat, il est prévu que l’État, via un Compte d’Affectation Spéciale, recapitalise EDF à hauteur de 3 milliards d’euros et Areva pour environ 4 milliards d’euros.

Des milliards d’argent public seront donc dépensés pour renflouer Areva, une entreprise coupable de pratiques inacceptables, qui a fabriqué pendant des décennies des pièces défectueuses et délibérément fraudé pour le dissimuler !

Et que dire d’EDF qui dissimule sa faillite par des comptes qui ne reflètent pas sa mauvaise santé financière ? Selon un récent rapport, l’entreprise sous-estime ses investissements dans l’EPR et dans les travaux de prolongation des centrales, et sous-provisionne drastiquement les sommes nécessaires pour la gestion des déchets.

Il est temps d’arrêter les frais ! Il est indécent que les Français continuent à payer pour une arme nucléaire dangereuse et inutile, pour un EPR inconstructible, pour une illusoire prolongation des réacteurs et des déchets qui continuent de s’accumuler. Il est urgent que la France cesse de soutenir cette filière du passé pour enfin investir dans un avenir vivable, débarrassé des risques nucléaires civils et militaires.
Contact presse : Martial Chateau – 06 45 30 74 66
Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/Des-milliards-supplementaires-pour-le-nucleaire

Nov 21

COMPAREZ LES PROGRAMMES DE FRANÇOIS FILLON ET ALAIN JUPPÉ

fillon-juppeExtraits :

Nucléaire. François Fillon et Alain Juppé souhaitent tous deux revenir sur la loi de transition énergétique adoptée en juillet (qui prévoit de réduire la part du nucléaire en France). Ils ne souhaitent pas non plus fermer la centrale de Fessenheim, sujette à de multiples polémiques en raison de son âge avancé.

Principe de précaution. François Fillon souhaite faire supprimer de la Constitution le « principe de précaution » qui prévaut lorsqu’un doute subsiste sur la dangerosité d’un élément ou d’un projet. Alain Juppé, lui, souhaite le restreindre (notamment pour les pesticides ou les OGM).

Gaz de schiste. Il est jusqu’à présent interdit en France d’exploiter le gaz de schiste, les techniques d’extraction étant jugées dangereuses pour l’environnement. Alain Juppé et François Fillon indiquent qu’ils pourraient accepter une évaluation des ressources, voire des expérimentations ou une exploitation sous certaines conditions.

Article complet sur:

http://www.sudouest.fr/2016/11/21/primaire-a-droite-comparez-les-programmes-de-francois-fillon-et-alain-juppe-2575360-4706.php

Nov 20

LA PAIX COMME UNIQUE COMBAT

Une plume pour la paix

paix« Dans les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui mérite d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison« . Albert Camus

Cette phrase est tirée d’un édito publié le 8 août 1945 par Albert Camus dans le journal « Combat ».
Aux lendemains de l’attaque nucléaire sur Hiroshima, Camus se montre pragmatique. Loin de s’étonner des faits, l’auteur alerte sur les effets d’anticipation journalistiques et incite à plaider plus que jamais pour une société internationale équilibrée. À contre-courant, il n’est pas fasciné par la prouesse technologique mais alerte d’un niveau de violence et de déchirement sans pareil.
Un discours d’actualité en cette fin d’année 2016, à l’heure où l’ordre mondial dévie de son axe malmené par les guerres, attentats et les conséquences qui en découlent. L’arme nucléaire n’a aucune efficacité au Mali, en Syrie, en Irak ou lorsqu’il s’agit de contrer le terrorisme djihadiste.
Par contre, elle accentue les risques encourus par notre monde par sa simple présence dans les zones d’instabilité: en Corée du Nord par exemple. Et que penser des difficultés à venir si le récent accord avec l’Iran sur le nucléaire venait à être remis en cause par le nouveau président Américain comme ce dernier l’a envisagé en cours de campagne.
Alors oui, la PAIX est le SEUL combat qu’il nous reste à mener. Il ne se fera pas par la vindicte, la haine, la stigmatisation ou la détestation. Il est largement temps d’opter pour la voie de la raison.

Par Cécile Domergue

http://www.podcastjournal.net/La-paix-comme-unique-combat_a23271.html

Nov 20

NIGER : LES MAUVAISES NOUVELLES D’AREVA

nigerEn visite de travail dans le pays où la multinationale française tire une grande partie de son uranium, Philippe Knoche, le PDG d’AREVA a évoqué devant les autorités, la conjoncture difficile du marché.
La conséquence directe sera la remise aux calendes grecques du projet géant d’Imouraren. Une mauvaise nouvelle pour le gouvernement qui attend l’entrée en service de cette mine, la deuxième plus grande d’Afrique, afin de renflouer les caisses de l’État.

La mine géante d’Imouraren de la multinationale française AREVA au Niger ne verra pas le jour en 2017 comme annoncé et attendu par les autorités. En visite cette semaine au Niger pour la première fois depuis son entrée en fonction, le PDG du groupe nucléaire français, Philippe Knoche, a dressé une situation sombre sur le marché mondial de l’uranium où les cours continuent à baisser. « Le marché de l’uranium reste encore très dégradé. Les prix qui ont baissé  de près de 50% depuis l’année dernière » a argué le PDG d’AREVA qui s’est entretenu avec plusieurs responsables nigériens notamment le chef du gouvernement Birgi Rafini. La tendance va même se poursuivre pour les prochaines années puisque aucune reprise du marché n’est prévue à court terme, ce qui présage encore des « années difficiles avant l’éclaircie » selon Philippe Knoche.

Le PDG d’Areva s’est toutefois voulu rassurant en pronostiquant une reprise des cours à moyen terme.

« Le nucléaire se développe, donc le prix de l’uranium pourra encore augmenter dans quelques années » a-t-il présagé dans un de point de presse qu’il a animé au cours de sa visite à Niamey.

La mine géante d’Imouraren encore reportée aux calendes grecques

La visite du PDG d’AREVA a été donc de mauvais augure pour les autorités nigériennes. La conséquence de cette poursuite de la morosité du marché de l’uranium, c’est un probable nouveau report de l’exploitation de la mine géante d’Imouraren qui à son démarrage, disposera d’une capacité de 5.000 tonnes par an. Annoncé pour 2014, son entrée en service a été reportée à plusieurs reprises en attendant des plus beaux jours sur les cours internationaux. Le contexte actuel risque donc de creuser le manque à gagner pour l’État. Ce dernier va devoir, en effet, envisager une baisse des entrées fiscales qu’il tire de l’exploitation des deux autres mines exploitées par les filiales nigériennes d’AREVA à savoir la Société minière de l’AÏR (SOMAÏR) et la Compagnie minière d’Akouta (COMINAK).

Les chinois en embuscade

AREVA est présente au Niger depuis une cinquantaine d’années à travers trois filiales opérant dans l’exploitation de l’uranium dont le pays est l’un des plus grands producteurs au monde. Ces dernières années, les relations ont été très tendues entre les deux parties notamment à la suite qu’a connue la conclusion de nouveaux contrats d’exploitation. Le Niger et AREVA ont finalement pu parvenir à un accord en mai 2014 mais depuis, sa mise en œuvre a été retardée par la situation sur le marché international. Très impacté par les répercussions de la baisse des cours qui a commencé depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, AREVA a engagé depuis le début de l’année, une stratégie de réduction des coûts de production de ses sites au Niger afin de faire face à la situation.

Les autorités nigériennes se sont jusque-là montrées compréhensibles aux arguments d’AREVA sauf que leur patience risque d’atteindre ses limites. Le gouvernement compte en effet sur les revenus tirés de l’exploitation de cette mine pour financer plusieurs de ses programmes de développement surtout que le pays traverse actuellement une crise de ses finances publiques. Les autorités ont engagé une vaste opération de mobilisation des ressources internes en attendant le démarrage des activités de la mine prévue officiellement pour 2017.

L’échéance risque donc de se prolonger, ce qui pourrait pousser les autorités nigériennes à chercher de nouveaux partenaires surtout que plusieurs entreprises chinoises se sont montrées intéressées par le projet.

Le Niger est le 4e producteur mondial d’uranium et le 2e fournisseur d’AREVA dont un tiers de l’uranium utilisé dans les centrales nucléaires françaises provient des mines exploitées par la multinationale au Niger.

Cependant, les bénéfices tirés de l’exploitation de l’uranium ne contribuent qu’à hauteur de 5% au budget général du pays, l’un des plus pauvres au monde.

http://afrique.latribune.fr/afrique-de-l-ouest/niger/2016-11-19/niger-les-mauvaises-nouvelles-d-areva.html

Nov 20

L’IRAN DÉBLOQUE 9 MILLIARDS D’EUROS POUR SA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BOUCHEHR

iranLes autorités iraniennes ont débloqué près de neuf milliards d’euros pour la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires de technologie russe à Bouchehr, ville côtière du Golfe, a annoncé samedi Ali Akbar Salehi, chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. « Nous avons débloqué 300 milliards de rials (8,8 milliards d’euros) pour la construction de deux nouveaux réacteurs à la centrale de Bouchehr. La banque centrale du pays versera la première tranche d’ici deux semaines », a indiqué M. Salehi. Le deuxième réacteur sera construit de 2016 à 2024, tandis que le troisième de 2018 à 2026. Les nouveaux réacteurs à eau pressurisée de Bouchehr seront construits en conformité avec le nouveau standard de sécurité 3+.

La Russie et l’Iran ont signé des accords pour la construction des 2e et 3e réacteurs de la centrale de Bouchehr en novembre 2014. La capacité totale prévue des deux unités devrait atteindre 2 100 mégawatts. L’Iran exploite déjà un premier réacteur nucléaire d’une puissance de 1 000 mégawatts construit par la Russie à Bouchehr en 2010. La centrale fonctionne sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
https://fr.sputniknews.com/economie/201611191028780294-iran-bouchehr-financement-nouveaux-reacteurs/

Nov 19

MENACE NUCLÉAIRE : OBAMA ET XI JIMPING VONT DISCUTER DU CAS NORD-CORÉEN

obamaLes dirigeants américain et chinois sont au Pérou pour le sommet de l’Apec. Obama devrait tenter de convaincre son homologue de ne plus soutenir Pyongyang.

Avant de céder le pouvoir en janvier, le président américain Barack Obama effectue une tournée d’adieu pour rencontrer une dernière fois ses partenaires internationaux. Ultime étape de ce déplacement présidentielle, le Pérou, où Barack Obama rencontrera son homologue chinois Xi Jinping. Le locataire de la Maison-Blanche va tenter une dernière fois de peser de tout son poids pour renforcer les sanctions contre la Corée du Nord et sa menace nucléaire, ce samedi 19 novembre, lors de son dernier tête-à-tête.

Dissuader la Corée du Nord avant l’arrivée de Trump au pouvoir

Hier, le président a quitté les dirigeants européens avant de se rendre à Lima, la capitale péruvienne, où il participera au sommet de l’Apec avec les 21 dirigeants de la zone Asie-Pacifique. Au cours de cette ultime étape à l’étranger en tant que chef d’État, Barack Obama va réaffirmer sa fermeté vis-à-vis de la Corée du Nord, qui a multiplié les essais nucléaires et les tirs de missiles balistiques ces derniers mois, en violation de toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Sous la présidence Obama, Washington s’est montrée inflexible dans le refus d’une Corée du Nord nucléaire. Il a soumis tout dialogue au préalable d’un engagement tangible vers la dénucléarisation. Mais il n’a pas su freiner la course folle de Pyongyang : le régime dictatorial progresse rapidement vers son objectif officiel, qui est d’être en mesure de pouvoir menacer le territoire américain du feu nucléaire. Ce dernier coup de collier diplomatique survient quelques semaines avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, le 20 janvier. Une phase de transition délicate dont pourrait chercher à tirer profit la Corée du Nord pour tester le futur 45e président américain, novice en politique et sans aucune expérience en diplomatie.

Durant sa campagne, le milliardaire a semé le doute en Asie, zone qui était au centre de la politique étrangère de Barack Obama, en suggérant que le Japon et la Corée du Sud se dotent de l’arme atomique face à la menace nord-coréenne. Lors d’un entretien à l’Agence France-Presse avant le dernier voyage d’Obama, sa conseillère à la Sécurité nationale Susan Rice a affirmé que les États-Unis feraient bloc avec ses alliés à l’ONU pour « mettre une pression maximale sur la Corée du Nord ». « Nous ne voyons pas le développement de leurs capacités [nucléaires, NDLR] comme autre chose qu’une sérieuse menace contre nos intérêts et ceux de nos alliés », a-t-elle déclaré.

La Chine atténue son soutien à la Corée du Nord

Depuis son premier test nucléaire de 2006, la Corée du Nord a essuyé cinq salves de sanctions de l’ONU et le Conseil de sécurité débat actuellement de la réponse à opposer au cinquième essai nucléaire conduit en septembre. Celle-ci pourrait viser les exportations de charbon vers la Chine, jugent des diplomates, une source de revenus vitale pour le régime nord-coréen. Les précédentes sanctions de l’ONU n’ont pas empêché ce pays d’accroître ses exportations de charbon de 60 %, encaissant au passage plus de 100 millions de dollars par mois.

Selon un autre responsable américain, le sujet sera au cœur de l’entretien avec Xi Jinping, prévu samedi à 17 heures, heure locale, en marge du sommet de l’Apec. Le régime nord-coréen a dépensé des milliards de dollars dans son programme d’armement, estiment les experts, alors que 18 de ses 25 millions d’habitants souffrent de pénurie alimentaire, selon le gouvernement japonais.

Washington pousse en faveur « de nouvelles sanctions fortes, afin de limiter les capacités du régime nord-coréen à financer ses programmes nucléaires et balistiques », a déclaré un haut responsable américain. « L’objectif n’est pas de mettre la pression pour mettre la pression. Nous essayons d’obliger la Corée du Nord à faire le bon choix », a-t-il ajouté. De peur de devoir gérer des flux de réfugiés si l’économie nord-coréenne venait à s’effondrer, Pékin a longtemps traîné des pieds pour sanctionner son allié. Mais un peu plus tôt cette année, les autorités chinoises ont ouvert une enquête sur une entreprise locale soupçonnée d’avoir contribué au programme nucléaire nord-coréen. La Chine « a pris des mesures sans précédent pour renforcer la pression sur la Corée du Nord », a souligné ce haut responsable américain.

http://www.lepoint.fr/monde/menace-nucleaire-obama-et-xi-vont-discuter-du-cas-nord-coreen-19-11-2016-2084142_24.php

Nov 19

L’AGENCE FÉDÉRALE DE CONTRÔLE NUCLÉAIRE BELGE A ENVOYÉ DEUX LETTRES ACCABLANTES ET ALARMANTES À ELECTRABEL

electrabelDeux lettres, adressées au CEO d’Electrabel puis à la directrice générale d’Engie, sont très critiques sur la culture de sûreté.
« La Libre Belgique” a pu mettre la main sur deux documents explosifs au sujet de la culture de sûreté en vigueur dans nos centrales nucléaires, particulièrement à Tihange. Il s’agit de deux lettres signées par Jan Bens, le directeur général de l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN).
La première, datée du 1er juillet 2016, est adressée à Philippe Van Troeye, le CEO d’Electrabel. La seconde, datée du 2 septembre 2016, est adressée à Isabelle Kocher, présidente du conseil d’administration d’Electrabel mais aussi directrice générale du groupe Engie.
“Risque de fusion de cœur”
Dans sa lettre du 1er juillet 2016 au CEO d’Electrabel, Jan Bens évoque les résultats pour le moins alarmantsdes études “Fire PSA” et “Fire Hazard Analysis”. Ces études sur la résistance à un incendie ont été rendues obligatoires à partir du 1er janvier 2016.
On apprend dans cette lettre qu’une réunion entre Jan Bens et Wim De Clercq, l’ancien directeur nucléaire d’Electrabel, a eu lieu, le 25 mai 2016, au sujet de ces études sur les risques d’incendie. Le patron de l’AFCN y a souligné les inquiétudes soulevées par les valeurs alarmantes des probabilités de fusion de cœur résultant des études ‘Fire PSA’ pour les unités Doel 3 et 4, Tihange 1, 2, 3. Pour rappel, la fusion de cœur est considérée comme un accident nucléaire grave avec risque d’échappement des matières fissibles.
Si cette conclusion semble alarmante, c’est surtout la réaction d’Electrabel qui a agacé l’AFCN. Lors d’une réunion du 16 juin 2016 consacrée à ce sujet, Electrabel a présenté un “draft” (ébauche de document, NdlR) de trois pages révisant à la baisse les résultats de l’étude “Fire PSA” sur base d’une approche pragmatique”. Pourquoi ? Selon Electrabel, les résultats de l’étude “Fire PSA” “ne reflètent pas la réalité des centrales nucléaires belges”.
Cette réponse a eu le don d’agacer Jan Bens. Les responsables d’Electrabel montrent une grande désinvolturepour les résultats de l’étude, regrette-t-il. “Ce manque d’attitude interrogative, cette conviction trop rapide d’absence de problèmes sur base d’une note informelle rédigée en deux semaines […] sont également des éléments inquiétants au niveau de la culture de sûreté de votre entreprise écrit le patron de l’AFCN.

Et Jan Bens de conclure : “Electrabel semble fort peu concerné par cette question et j’ai des doutes sur la volonté de mettre les moyens nécessaires à résoudre rapidement ces problèmes”.
“Des calculs à affiner”
À la lecture de ce document, peut-on réellement craindre un accident nucléaire ? Certaines sources proches du dossier affirment que l’étude sur le risque d’incendie doit encore être affinée avant de livrer des conclusions valables. “Il s’agit d’une étude grossière, les modèles de calculs doivent être affinés pour correspondre à la réalité , explique cette source interne au régulateur nucléaire. L’AFCN n’avait pas d’autre choix que d’interpeller Electrabel suite à ces résultats effrayants. Le but était de conscientiser l’entreprise qui a réagi en mettant une dizaine de personnes sur l’affinage de l’étude. Selon moi, les résultats définitifs seront plus rassurants.”
Toujours est-il que face à des résultats qualifiés de “désastreux” par Jan Bens, l’AFCN a accordé un délai supplémentaire à Electrabel pour éliminer “les hypothèses trop conservatives de son étude. On verra prochainement si les résultats définitifs sont plus rassurants.”

Lire la lettre du 1er juillet 2016 <http://r2.llb.be/file/72/582f6f7dcd70735194a3ed72.pdf>  
Ce qui est à coup sûr plus alarmant, c’est le contenu de la seconde lettre adressée par Jan Bens à Isabelle Kocher sur la culture de sûreté à Tihange (voir ci-dessous).       Lire la lettre du 2 septembre 2016                                                               <http://r3.llb.be/file/73/582f6f85cd70735194a3ed73.pdf>                                   Electrabel a pris le problème “au sérieux”
Contacté par nos soins, Electrabel  confirme avoir reçu les deux courriers de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Sur la question de la culture de sûreté à Tihange, l’entreprise affirme avoir pris le problème “très au sérieux”. “Le plan d’actions pour répondre à ce problème a été approuvé par l’AFCN, explique Anne-Sophie Hugé, porte-parole d’Electrabel. Toutes les équipes concernées ont été sensibilisées”.
Concernant les résultats de l’étude sur la sécurité en cas d’incendie, Electrabel indique qu’un affinage de la méthodologie est en cours. “Il s’agit d’une étude très pointue qui fait appel à des experts internationaux, déclare Anne-Sophie Hugé. Nous procédons par itération. On va de l’hypothèse la plus critique à l’hypothèse la plus probable. L’AFCN vient d’approuver la nouvelle méthodologie. Nous communiquerons les résultats finaux lorsqu’ils auront été validés par l’agence de sécurité”.
Du côté de l’AFCN , on indique qu’on ne commentera pas des courriers privés échangés avec Electrabel. “Concernant la culture de sûreté, ce n’est pas nouveau qu’il y a un problème à Tihange , indique tout de même le porte-parole. L’important est qu’Electrabel a fait des progrès.”
Au sujet de l’étude sur la sécurité en cas d’incendie, l’AFCN estime qu’elle est réalisée en plusieurs étapes. “Dans un premier temps, le scénario du pire est retenu dans tous les cas, explique l’AFCN. Ensuite, on arrive à un scénario sévère mais plus vraisemblable”.
 <http://r3.llb.be/file/73/582f6f85cd70735194a3ed73.pdf>  
Jan Bens fait part de sa “forte inquiétude” à la patronne d’Engie
Les conclusions de la lettre adressée par Jan Bens, le directeur de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire, à Isabelle Kocher, la présidente du conseil d’administration d’Electrabel et patronne du groupe Engie, sont également très critiques.
“Nous souhaitons vous faire part de notre préoccupation, voire de notre forte inquiétude, quant à la gestion, par Electrabel, de ses activités nucléaires en Belgique, quant à l’insuffisance de proactivité dont fait preuve Electrabel en matière d’actions qui permettraient de faire évoluer positivement le niveau de sûreté et/ou de culture de sûreté, quant à la situation actuelle à la centrale nucléaire de Tihange, et surtout quant à notre perception de l’incapacité, depuis maintenant un peu plus d’un an, d’Electrabel à réagir structurellement, rapidement et efficacement pour augmenter de manière significative le niveau de sûreté et atteindre le niveau d’excellence qu’Electrabel déclare viser .”
Plus en amont, Jan Bens étaie les éléments qui l’ont amené à arriver à cette conclusion cinglante. Il revient sur la série d’incidents qui ont mené l’AFCN, en juin 2016, à transmettre un deuxième Pro Justitia aux autorités judiciaires au sujet de la situation à Tihange, après celui d’août 2015.
Fait nouveau, on apprend dans cette lettre qu’une visite inopinée menée à Tihange, le 9 août 2016, a permis de constater que le nouveau plan d’actions, sur lequel s’était engagé Electrabel, n’était que partiellementimplémenté. On peut également lire “qu’au vu de certaines déclarations alarmantes de quelques membres du personnel, la situation à Tihange 2 “serait particulièrement difficile.
“Suite à ces inquiétantes constatations, une nouvelle inspection inopinée a eu lieu vendredi 12 août 2016”, peut-on lire dans la missive de Jan Bens. Cette visite était orientée sur Tihange 2. L’AFCN a alors constaté qu’il subsistait des problèmes “plus structurels au niveau de l’organisation d’Electrabel”. Ces problèmes mettent en péril le maintien d’un niveau de sûreté satisfaisant. L’AFCN évoque le manque de personnel (notamment d’ingénieurs) et les relations difficiles au sein du service d’exploitation du réacteur 2. On ne peut s’empêcher de faire le lien entre cette lettre adressée à Isabelle Kocher et le changement intervenu dans l’organigramme d’Electrabel. Fin septembre, Wim De Clercq, l’ancien directeur nucléaire, a été déplacé au poste de responsable du démantèlement nucléaire.

http://www.lalibre.be/actu/belgique/surete-nucleaire-deux-lettres-accablantes-et-alarmantes-destinees-a-electrabel-582f70d6cd70735194a3ed84

Nov 19

LOI MORIN : LE PROJET DE NOUVEAU DÉCRET D’APPLICATION TRANSMIS AU GOUVERNEMENT FRITCH

polynesieLe projet modificatif du décret d’application de la demande d’indemnisation des victimes des essais nucléaires a été transmis vendredi au président Edouard Fritch, a annoncé dans l’après-midi le haut-commissaire René Bidal.  
Le gouvernement est saisi pour consultation et dispose d’un mois pour donner son avis. Ce projet de décret d’application, promis par François Hollande lors de sa visite en Polynésie française, au mois de février dernier, vise à « améliorer les conditions de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires« , dans le cadre de la loi Morin, du 5 janvier 2010.  
Le projet modificatif du décret d’application de la loi Morin prévoit notamment l’abaissement du seuil du risque négligeable de 1 % à 0,3 % et précise que « le risque attribuable aux essais nucléaires ne peut être regardé comme négligeable lorsque, au regard des conditions concrètes d’exposition de la victime, des mesures de surveillance auraient été nécessaires » en accord avec un arrêt de décembre 2015 du Conseil d’État.  
Autre nouveauté : sous certaines conditions, les demandes d’indemnisation ayant déjà fait l’objet d’un rejet par le comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), pourront être réexaminées au regard de ces nouvelles dispositions, dans un délai de 12 mois suivant la publication du décret. Par ailleurs, le Civen peut désormais prendre en compte, dans son expertise, tout autre élément pertinent, notamment la sensibilité de chaque individu aux radiations.  
Enfin, les demandeurs pourront désormais s’exprimer devant le Civen par la voie de la visio-conférence afin de faciliter leurs démarches auprès de celui-ci. Ce nouveau procédé met fin au frein important que constituait l’éloignement de la métropole pour le dépôt et la défense des dossiers.  
Le gouvernement de la Polynésie française dispose d’un délai d’un mois pour rendre son avis. Le projet de décret sera ensuite examiné par le Conseil d’État en vue d’une publication attendue dès le début de l’année 2017.  
Pour l’heure, compte tenu des conditions de la loi Morin, seuls sept Polynésiens ont indemnisés depuis 2010 sous l’égide de la loi Morin, sur près de 1043 dossiers de demande soumis à l’avis du Civen. Tous sont soit des anciens travailleurs du nucléaire, soit des personnes ayant résidé dans des « zones à risque » lors des campagnes d’essais aériens, entre 1966 et 1974.

http://www.tahiti-infos.com/Loi-Morin-le-projet-de-nouveau-decret-d-application-transmis-au-gouvernement-Fritch_a155040.html

Nov 19

AUX PHILIPPINES, LA CENTRALE NUCLÉAIRE QUI INQUIÈTE

phillipines« Nous sommes tristes et déçus. » C’est par ces mots que l’évêque du diocèse catholique de Balanga aux Philippines a accueilli l’annonce, le 10 novembre dernier, par le nouveau gouvernement de recourir à l’énergie nucléaire et de relancer la centrale électrique de Morong, dans la province de Bataan. Une information rapportée par l’agence Églises d’Asie des MEP. Construite à une centaine de kilomètres à l’ouest de Manille, cette centrale avait été voulue par le dictateur Ferdinand Marcos en réponse au choc pétrolier de 1973.

Financée par un emprunt d’un milliard de dollars, sa construction – qui ne devait initialement pas coûter plus de 600 millions de dollars – débuta en 1976 pour s’achever en 1984, avec une facture totale de 2,3 milliards de dollars. Elle ne produisit jamais d’électricité car les doutes furent grands concernant la sécurité du site, construit alors que la corruption des années Marcos allait grand train.

Considérer le peuple avant les profits

Construite sur une faille sismique et sur une zone où se situe un volcan en activité, cette centrale devrait pourtant être relancée selon les propos du ministre philippin de l’énergie, qui le 10 novembre évoquait « une option possible pour les Philippines ». Une semaine plus tôt, le président Rodrigo Duterte assurait pourtant qu’aucune centrale nucléaire n’entrerait en fonctionnement durant son mandat. « Cette centrale est dangereuse et lourde de menaces pour la santé publique. Elle portera mort et destruction » s’est inquiété l’évêque de Balanga, qui a invité le gouvernement philippin à « prendre en considération la vie et l’avenir de notre peuple et de l’environnement plutôt que le profit et les avantages matériels.»

L’Eglise catholique n’est pas la seule à dénoncer la relance de la centrale de Bataan, puisque de nombreuses ONG de défense de l’environnement ne cachent pas leur inquiétude. Sur le terrain, les autorisations de nouvelles centrales thermiques au charbon se sont par ailleurs multipliées ces derniers mois, tandis que, désormais, le nucléaire est redevenu une option possible.

http://fr.radiovaticana.va/news/2016/11/18/aux_philippines,_la_centrale_nucl%C3%A9aire_qui_inqui%C3%A8te/1273284

Nov 18

PRIMAIRE À DROITE: L’ENVIRONNEMENT EN PREND UN COUP

primairesLa primaire de la droite et du centre montre les approximations et contre-vérités distillées par les candidats sur l’environnement et le nucléaire. Extraits

Contre-vérités sur le nucléaire

Nicolas Sarkozy et François Fillon distillent des contre-vérités et imprécisions sur le nucléaire. Pour Sarkozy,  la filière nucléaire est une filière « propre », « qui fait notre honneur » et qui permet à la France d’être « le pays d’Europe qui émet le moins de gaz à effet de serre». Une filière qui a fait consensus sous la Ve République, à l’exception de François Hollande. «Honte» à lui, attaque l’ancien Président. Malheureusement, selon l’Insee, chaque français émettait 7,35 tonnes de  CO2 en 2013, contre 5,9 tonnes pour un suédois et 6,02 tonnes pour un Roumain. Nous ne sommes pas les meilleurs, bien qu’il y ait pire : par exemple, les allemands émettent 11,43 tonnes de  CO2 par habitant.  Par ailleurs, pour lui, « les Allemands viennent de rouvrir toutes leurs centrales à charbon, qui envoient leurs particules jusqu’à Paris qui nous inondent » suite à la sortie du nucléaire programmée pour 2022. Une contre-vérité évidente analysée dans l’article 4 idées reçues sur la transition énergétique allemande.

François Fillon ne compte pas plus respecter les objectifs de la loi de transition énergétique pour la croissance verte que Nicolas Sarkozy sur le nucléaire. La loi prévoit de diminuer la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% en 2025. S’il est élu, la part du nucléaire à la fin de son mandat sera de «75% ». Car « le nucléaire est un avantage compétitif pour l’économie française ». Une approximation encore hasardeuse. « Certaines installations d’énergies renouvelables ont aujourd’hui des coûts inférieurs à ceux des nouveaux réacteurs nucléaires et comparables à ceux des réacteurs existants », recense une autre note de la Fabrique écologique. « On ne ferme pas Fesseinheim, on ne ferme aucune centrale tant que l’Autorité de Sûreté nucléaire ne demande pas la fermeture de ces centrales, il n’y a aucune raison de le faire », affirme François Fillon. Tout au plus, sa priorité sera de fermer toutes les centrales à énergies fossiles et de les remplacer par des énergies renouvelables.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Pour lire l’article en entier, cliquer sur:

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/primaire-droite-environnement-38034/

Nov 18

PENDANT LE DÉBAT, SARKOZY DÉFEND LE NUCLÉAIRE AVEC DES ARGUMENTS BIDONS

sarkoPour défendre le nucléaire, Nicolas Sarkozy exagère le mérite de la France… et caricature la transition énergétique allemande.

Pendant le débat, Sarkozy défend le nucléaire avec des arguments bidons

Dans le débat politique, l’environnement n’est clairement pas une priorité. Dans la course à la primaire de la droite et du centre, il aura fallu attendre le troisième débat pour que les candidats y consacrent quelques minutes. Huit, sur plus de deux heures et demie de débat. Pour Nicolas Sarkozy, l’avenir, c’est le nucléaire. «La France n’a aucune leçon, Nathalie, à recevoir, parce que la France a une filière nucléaire qui fait son honneur», explique-t-il à Nathalie Kosciusko-Morizet. Mais pour quelqu’un pour qui «l’écologie, ça commence à bien faire», et pour qui «l’homme n’est pas le seul responsable du réchauffement climatique», difficile d’argumenter sans sortir quelques contre-vérités.

Non, la France n’est pas le pays d’Europe qui émet le moins de gaz à effet de serre

«Si nous sommes le pays d’Europe qui émet le moins de gaz à effet de serre, c’est parce que nous avons une filière nucléaire.» Si la seconde partie de sa phrase est plutôt juste (les émissions de CO2 dues à l’énergie sont moins importantes en France «en raison de l’importance de sa production nucléaire», rappellent les chiffres clés sur le climat), la France n’est pourtant pas le pays d’Europe qui émet le moins de gaz à effet de serre.

Selon les dernières données de l’Agence européenne pour l’environnement, la France est plutôt bonne élève en matière d’émission de gaz à effet de serre par habitant. Un coup d’œil sur ce graphique permet de se rendre compte que les émissions par habitant des gaz à effet de serre sont plus faibles en Suède, Lituanie, Portugal, Hongrie, Lettonie, Roumanie ou en Croatie. Si l’on ne regarde que les émissions de CO2, c’est la même chose : l’Italie se retrouve même juste en dessous de la France.

La France est donc dans le peloton de tête, mais ce n’est pas le pays qui émet le moins. Et si l’on regarde les progrès de nos voisins, on constate que la France diminue ses émissions un peu moins viteSelon la Banque mondiale (qui ne fournit de données que jusqu’en 2013), les émissions de gaz à effet de serre de l’Hexagone sont passées de 6,1 tonnes métriques par habitant en 2005, à 5,1 en 2013. Dans le même temps, l’Italie était passée de 8,2 à 5,1, L’Espagne de 8,1 à 5,1, et le Portugal de 6,4 à 4,4.

Non, l’Allemagne n’a pas compensé le nucléaire par le charbon

Deuxième partie de l’argumentaire bidon de Nicolas Sarkozy pour développer la filière nucléaire, le contre-exemple allemand. «Quand je vois que les Allemands viennent de rouvrir toutes leurs centrales à charbon, qui envoient leurs particules jusqu’à Paris». En sous-entendant que le charbon aurait remplacé le nucléaire dans la production d’énergie allemande, le candidat à la primaire reprend là un argument d’Arnaud Montebourg, déjà démonté par Désintox.

Après l’accident de Fukushima en 2011, Angela Merkel a décidé de fermer toutes les centrales nucléaires, au plus tard en 2022. Depuis, les huit centrales les plus vieilles ont fermé. Mais, en regardant le mix électrique allemand depuis 2010 (avant la fermeture des centrales), on s’aperçoit que la hausse n’a pas eu lieu où l’on imagine. Entre 2010 et 2015, la part du nucléaire dans le mix énergétique allemand est passée de 141 à 92 térawattheures, soit une baisse de 49 TWh. Dans le même temps, la part du charbon est passée de 254 à 273 TWh, soit une hausse de 19 TWh. Ce qui n’a clairement pas pu suffire pour compenser la chute de la production nucléaire. En fait, les Allemands ont investi dans les énergies renouvelables (ENR). Leur production a augmenté de 89 TWh durant ces cinq ans (de 108 à 194). Les énergies renouvelables représentent maintenant près de 30% de la production d’énergie en Allemagne, contre 16,8% en 2010. Celle de charbon est, elle, passée de 40,64% à 42,7%. C’est donc essentiellement les ENR qui ont compensé la baisse du nucléaire.

Enfin, affirmer que la pollution qui s’abat sur Paris vient d’Allemagne ne tient pas vraiment la route. Comme l’ont expliqué nos confrères du Monde, les épisodes de pollution aux particules fines sont surtout dus au trafic routier. 39% des particules fines mesurées par AirParif sont importées d’autres régions que l’Ile-de-France et des pays étrangers. Dans ces 39%, il est très difficile d’estimer la part des particules importées d’Allemagne, explique le Monde. Difficile donc de dire que la pollution parisienne est causée par les centrales à charbon allemande, qui, donc, ne produisent pas beaucoup plus depuis l’arrêt du nucléaire.

Le nucléaire, énergie propre ?

On l’a compris, Nicolas Sarkozy veut axer sa politique environnementale sur le nucléaire. Son programme se résume en «un développement de la filière nucléaire, qui est une filière propre». L’utilisation du terme renvoie à un débat éternel sur le sujet, qui impose (quelle que soit sa position) une approche un peu plus nuancée. Certes, le nucléaire n’émet pas de CO2, et donc de gaz à effets de serre, mais énergie propre veut-il seulement dire énergie décarbonée ? Pour les partisans du nucléaire, l’argumentaire est clair : les centrales sont surveillées à chaque instant, et la pollution pendant leur exploitation serait limitée. Chaque camp se renvoie les arguments, mais une chose est sûre : les accidents nucléaires (Tchernobyl, Fukushima) font partie des pires catastrophes écologiques de ces trente dernières années, et la question des déchets radioactifs, dont une partie est impossible à traiter et recycler et doit être enfouie, est un problème central. Difficile, donc, d’assurer sans sourciller que le nucléaire est une filière «propre».

http://www.liberation.fr/desintox/2016/11/18/pendant-le-debat-sarkozy-defend-le-nucleaire-avec-des-arguments-bidons_1529274

Nov 18

L’ADDICTION IDÉOLOGIQUE DES CANDIDATS AU NUCLÉAIRE EST UN RISQUE SUICIDAIRE POUR L’ENSEMBLE DES FRANÇAIS

candidatsEn définitive, la plupart des candidats de droite, à l’exception de Nathalie Kosciusko-Morizet et d’Alain Juppé qui ont pris la mesure de l’urgence du développement des énergies renouvelables, restent figés dans une posture qui a au moins 20 ans de retard.

En entendant Fillon, Sarkozy et Copé défendre un mix énergétique tout-nucléaire, lors du débat de la primaire de la droite et du centre, je me disais qu’il était bien dommage qu’ils n’aient pas fait un tour à la COP22 à Marrakech pour voir ce qu’il se passe dans le reste du monde, plutôt que de rester le compteur plombé sur les années 70. Mais en entendant François Fillon ce vendredi matin chez Jean-Jacques Bourdin affirmer que l’énergie nucléaire était la moins chère du monde et traiter Jean-Jacques Bourdin d’écologiste militant parce qu’il osait dire que le renouvelable était moins cher, je me suis dit que mon bien-aimé pays se dirigeait tout droit vers la catastrophe.

Chacun a le droit d’être pro-nucléaire, de considérer que le nucléaire pourrait être une technologie d’avenir et même défendre l’idée qu’il n’y a pas de raison de fermer des centrales nucléaires qui ne présentent pas de risque. En revanche, personne n’a le droit de débiter des contrevérités de plus en plus flagrantes et d’affirmer que le nucléaire est l’énergie la moins chère, donnant un avantage compétitif à la France alors qu’elle est en passe de devenir la plus chère créant un désavantage compétitif pour la France. De même, chacun a le droit peut-être même le devoir de défendre EDF qui est une grande entreprise nationale. En revanche, se mettre le bandeau sur les yeux en refusant de mesurer le risque auquel cette entreprise est confrontée qui est de la même nature que celui auquel Areva été confronté il y a quatre ou cinq ans est parfaitement suicidaire. Comment un candidat qui se veut celui de la crédibilité et du sérieux peut-il se montrer si léger face à une catastrophe financière annoncée qui pourrait bien se doubler d’une catastrophe nucléaire si les investissements indispensables pour la sûreté ne sont pas faits.

Le sujet de l’énergie n’est pas un sujet central de la campagne présidentielle et c’est bien regrettable car l’addiction idéologique des candidats au nucléaire est un risque suicidaire pour l’ensemble des Français. Il n’est pas question de sortir du nucléaire rapidement. En revanche, il est question de regarder la réalité en face. Elle est claire et brutale:

Nous ne pouvons plus financièrement faire face au mur que représente la poursuite du programme nucléaire. Le rapport que vient de sortir Greenpeace sur la réalité des comptes d’EDF devraient entraîner l’ouverture immédiate ou la poursuite de l’information déjà ouverte à la demande des syndicats sur la réalité des comptes de cette société.

Le coût de revient du nucléaire actuel ne cesse de monter pour être aujourd’hui à peu près au niveau du coût de l’éolien et très légèrement inférieur à celui du solaire photovoltaïque. Ces coûts qui ont baissé de 80% en l’espace de quelques années vont encore baisser dans les mêmes proportions selon les experts de l’agence internationale de l’énergie. Cela signifie que le coût de revient du kilowattheure nucléaire dans les nouvelles centrales sera deux à quatre fois supérieurs au coût de revient du solaire et de l’éolien terrestre

Les progrès en matière de stockage sont spectaculaires et permettront d’ici peu de répondre complètement à la question de l’intermittence du renouvelable.

EDF n’a provisionné selon la Commission européenne que 30 % de ce qui aurait dû l’être pour le démantèlement et sa seule solution est donc aujourd’hui de reporter d’au moins 50 ans le démarrage de toute opération. Pour une énergie propre et durable, c’est un comportement pour le moins incohérent!

Et surtout, les autorités publiques sont en train de nous préparer à admettre l’irréparable c’est-à-dire les conséquences d’un accident nucléaire majeur en France. En effet, le projet qui consiste à multiplier par cinq les doses journalières maximales admissibles sur le territoire n’a que pour seul objectif de faire accepter aux populations de vivre dans un univers contaminé. Et la raison en est simple: il est impossible d’évacuer sur un rayon de 50 ou 60 km les populations autour d’une de nos centrales nucléaires. Bordeaux, Lyon, Dunkerque, Strasbourg sont concernées. Et Paris n’est qu’à 100 km à vol d’oiseau de Nogent-sur-Seine!

Or, les difficultés financières d’EDF rendent très difficiles les investissements indispensables pour assurer une sûreté nucléaire de qualité à des installations vieillissantes. C’est la raison pour laquelle il faut remercier l’autorité de sûreté nucléaire de savoir résister aux pressions croissantes qui s’exercent sur elle et d’exiger un contrôle approfondi des 21 réacteurs qui sont aujourd’hui à l’arrêt.

En définitive, la plupart des candidats de droite, à l’exception de Nathalie Kosciusko-Morizet et d’Alain Juppé qui ont pris la mesure de l’urgence du développement des énergies renouvelables, restent figés dans une posture qui a au moins 20 ans de retard. Au prétexte d’une forme de haine de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin de l’écologie, la défense du nucléaire à tout prix est devenue un totem, un marqueur de la droite. Mais, ce que ces responsables n’ont pas compris c’est que la question n’est plus écologique; elle est économique et financière. Ils jouent donc allègrement contre leur camp en refusant par idéologie et par un sectarisme enfantin, de reconnaître une nouvelle réalité qui est pourtant celle de tout le reste du monde. Nous n’avons pas eu raison avec le Minitel. Nous n’avons pas eu raison avec le plan calcul. Et nous n’aurons pas raison avec le tout nucléaire.

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/energies-renouvelables-primaire-de-la-droite/

Nov 18

PÉTITION CONTRE LE DOUBLEMENT DES CRÉDITS DE L’ARME ATOMIQUE

petitionSignez la pétition contre le doublement des crédits de l’arme atomique et contre l’augmentation de 31 % du budget annuel de la défense à l’horizon 2020.

Les orientations budgétaires en matière militaire doivent se lire dans une perspective pluriannuelle. Ainsi, le mardi 6 septembre, lors de la clôture de l’Université d’été de la défense à Paris, les généraux et responsables politiques présents (Premier Ministre et Ministre de la défense) ont appelé à une augmentation rapide et forte du budget des armées. L’objectif ? Passer des 31,6 milliards de 2016 à 41 milliards d’euros dès 2020 (de 40 à 44 milliards avec les pensions), soit de 1,78 % à 2% du PIB comme le demande l’OTAN.

« Le principal facteur qui sous-tend cet appel tient au fait que le coût de la dissuasion nucléaire va doubler pour atteindre 6 milliards d’euros par an à l’horizon 2030 » dit Le Monde du 26/09/2016.

SIGNEZ LA PETITION EN LIGNE
[Pétition en direction des parlementaires et du gouvernement]

La perspective posée sur plusieurs années est bien d’aller vers un quasi doublement des dépenses consacrées à l’arme atomique pour renouveler une fois de plus l’ensemble de la flotte de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (les engins étant des bombes atomiques !) et d’aboutir d’ici 2020 à une augmentation du budget de la défense de 10 milliards d’Euros soit une augmentation de 31%.

Si nous voulons empêcher cette dérive militariste et guerrière, il convient d’agir dès maintenant. Comme première action nous vous proposons cette pétition portée par le collectif « En marche pour la paix ». Elle se développera dans le cadre d’une campagne qui va durer plusieurs mois. Les résultats seront transmis régulièrement à tous les parlementaires.

C’est dès maintenant qu’il faut agir !

Nous vous invitons à signer cette pétition et à la faire signer.

http://www.mvtpaix.org/wordpress/signez-la-petition-contre-le-doublement-des-credits-de-larme-atomique/

Nov 18

NUCLÉAIRE : PLAN PARTICULIER D’INTERVENTION DE BUGEY, LA ZONE D’INFLUENCE AGRANDIE

ppi-bugeyLe plan particulier d’intervention (PPI) du centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) du Bugey s’appliquait sur un périmètre de 10 km autour du site, concernant des communes des départements de l’Ain et de l’Isère…

Depuis octobre dernier, il s’étend officiellement à 20 km, annoncé lors de la dernière commission locale d’information (CLI) par le préfet de l’Ain lui-même. Les membres de Sortir du nucléaire Bugey ont alors mené une action « zone à évacuer » à Morestel pour alerter la population concernée par cette extension.

http://lessor.fr/ppi-de-bugey-la-zone-d-influence-agrandie-16926.html

Nov 18

NUCLÉAIRE/ANOMALIES DU CREUSOT: LE RAPPORT D’AUDIT PEUT ÊTRE COMMUNIQUÉ

caviardeLa Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) a émis un avis favorable à la communication du rapport d’audit sur l’usine d’Areva au Creusot, qui avait révélé des anomalies et que deux ONG accusent Areva d’avoir caviardé.
Sortir du nucléaire et Greenpeace avaient saisi la Cada le 22 septembre pour obtenir d’Areva l’intégralité de ce rapport.
Dans un document daté du 6 octobre et rendu public jeudi par les deux ONG, la Cada émet un avis favorable à la communication du rapport sollicité dans le respect de certains principes et sous certaines réserves.
Elle renvoie à l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) le soin d’identifier et d’apprécier les éléments du rapport d’audit qui relèvent du secret industriel et commercial, soulignent Greenpeace et Sortir du nucléaire dans un communiqué.
Dans son avis, la Cada invite notamment l’ASN à s’interroger sur la nécessité d’occulter certaines mentions du rapport d’audit qui seraient de nature à porter préjudice à Areva dans le contexte de concurrence internationale (…), après avoir apprécié l’intérêt de leur communication au regard de la mission de transparence à laquelle elle participe.
Fin avril, Areva avait annoncé que des anomalies avaient été détectées dans le suivi des processus de fabrication d’équipements au sein de son usine du Creusot, où a été fabriquée la cuve de l’EPR de Flamanville.
Ces anomalies avaient été trouvées dans le cadre d’un audit qualité lancé en 2015 après la découverte d’un défaut dans la composition de l’acier de la cuve du réacteur EPR.
Selon les associations, le document que leur a communiqué l’ASN avait au préalable été caviardé dans sa quasi-totalité par Areva, au nom du secret industriel et commercial.
Les informations noircies sont tout simplement des informations à caractère commercial ou pour protéger notre savoir-faire industriel. Chacun peut comprendre que nous ne pouvons rendre public ce type d’informations, avait dit la société.
Sortir du nucléaire et Greenpeace indiquent qu’ils vont de nouveau demander à l’ASN la publication dudit rapport et attendent qu’il soit rendu public dans le délai imparti, faute de quoi ils n’hésiteront pas à agir en justice.

http://www.romandie.com/news/Nucleaireanomalies-du-Creusot-le-rapport-daudit-peut-etre-communique/754103.rom

Nov 17

LE NUCLÉAIRE BOULET DE LA FRANCE ET DES FRANÇAIS

clintonCommencé par l’aventure du nucléaire militaire qui s’est soldée par un premier échec avec la catastrophe du tir Béryl le 1er mai 1962 à In Ekker dans le Hoggar, le nucléaire civil avec la construction d’un parc de réacteurs dans les années 1970-1990 afin d’assurer l’indépendance énergétique de notre pays se révèle aujourd’hui être un gouffre financier. Au-delà de la faillite annoncée du programme de nucléarisation doit se poser au plus haut niveau des responsables politiques, et le débat autour de l’élection présidentielle de mai 2017 en fournit l’occasion, la question de la sécurité et de la prise en charge des populations les plus exposées dans l’éventualité d’un accident nucléaire. Les français doivent se préoccuper et même s’inquiéter du sort qu’il leur serait réservé en cas d’un accident majeur sur le réacteur d’une centrale avec une importante fuite radioactive. Comment seraient prises en charge les populations irradiées compte tenu des moyens matériels et financiers considérables à mobiliser pour leur décontamination et, si nécessaire, leur évacuation puis leur suivi médical ?

Des chiffres ont circulé en provenance de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) sur le coût d’un tel accident. Sans entrer dans la polémique sur la crédibilité des montants annoncés demeure posée la question de la prise en charge. Peut-on faire confiance à l’État compte tenu de sa précédente attitude confronté au drame du tir Béryl en Algérie ? Le nuage radioactif échappé de la montagne abritant le tir a touché par ses retombées de vastes territoires en région subsaharienne où nomadisaient traditionnellement les Touaregs sans oublier les sédentaires des centres de culture. La France, protégée par les accords d’Évian du 19 mars 1962 mettant fin à la guerre d’Algérie, a toujours minimisé l’importance des rejets radioactifs de sa bombe du tir Béryl s’affranchissant ainsi de toute responsabilité sur le sort médical des populations autochtones concernées. Il en sera de même pour les personnels civil et militaire, principalement le contingent, présents sur le site d’expérimentation d’In Ekker.   

Parmi les raisons qui peuvent expliquer sans la justifier l’attitude de l’État face à un accident nucléaire tel qu’expérimenté avec Béryl plaçons en tête l’impréparation et donc l’absence de plan de protection des populations pour y faire face, associé à l’inexistence de ressources financières appropriées et dûment budgétées. A cela ajoutons l’arrogance des nucléocrates de tous bords rejetant d’avance toute remise en cause de leur technocratie.

Plus d’un demi-siècle après Béryl, rien n’a changé, semble-t-il, dans la tolérance de l’État pour protéger les prérogatives des tenants du nucléaire français, à commencer par l’Andra et EDF, aux dépends de la mise en danger des populations les plus exposées au risque d’un accident. S’il devait s’en produire un, aucune assurance n’est garantie aux français irradiés d’être pris en charge à la hauteur des risques médicaux encourus puis d’être indemnisés.

Que nos politiques brasseurs d’idées pour réformer le pays s’intéressent aussi à leurs responsabilités face aux dangers du nucléaire aujourd’hui encore mal maîtrisés, un vrai boulet pour la France et les français !

Article rédigé Par Louis Bulidon

https://blogs.mediapart.fr/louis-bulidon/blog/161116/le-nucleaire-boulet-de-la-france-et-des-francais-0

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Nov 17

ÉTATS-UNIS: TRUMP PEUT-IL REVENIR SUR L’ACCORD NUCLÉAIRE AVEC L’IRAN?

iranLe candidat Donald Trump avait promis de «déchirer» l’accord sur le nucléaire iranien une fois à la Maison Blanche. Le président élu ne s’est pas encore prononcé sur ce dossier qui suscite de nombreuses interrogations.
«Le pire accord jamais négocié.» Il pourrait déclencher un «holocauste nucléaire». Ce sont les mots de Donald Trump lors de la campagne électorale.
Le candidat républicain avait affirmé devant le groupe de pression juif américain Aipac que sa «priorité numéro un» serait de démanteler l’accord avec l’Iran qui constitue selon lui une catastrophe pour Israël et la région.
Que dit l’Iran ?
Dès la victoire de Donald Trump, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a appelé le président élu à «respecter les accords» internationaux. Le président iranien, Hassan Rohani, a affirmé de son côté que le futur président ne pouvait pas revenir sur un accord «entériné» par l’ONU. Le guide suprême iranien qui contrôle tous les grands dossiers du pays garde ses distances. Ali Khamenei dit ne pas avoir de «jugement» sur les élections américaines et reste prêt à «faire face à toute éventualité».
«Rien n’empêchera Trump de se retirer mais…»
Côté américain, le département sortant estime que l’accord de Vienne conclu en juillet 2015 n’était pas un traité international en bonne et due forme et ne contient pas d’obligations juridiques. «Rien n’empêchera Trump de se retirer mais dans ce cas, ce règlement international historique n’y survivra pas», selon un porte-parole de l’administration Obama. Le président sortant précise pour sa part que l’accord «fantastique» empêche l’Iran d’obtenir une arme nucléaire. 
4 ans de négociations et de tractations
L’accord sur le nucléaire signé avec l’Iran, appliqué depuis janvier 2016, ne concerne pas uniquement les États-Unis. Il a été signé aussi par cinq grandes puissances que sont la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne sous l’égide de l’Union européenne. Il aura fallu 18 mois de tractations secrètes puis deux années de négociations officielles avant de parvenir à un compromis.
Nucléaire pacifique et levée des sanctions
Si l’accord sur le nucléaire n’est pas parfait, il a le mérite d’exister. Il garantit d’une part la nature pacifique du programme nucléaire et permet en échange la levée progressive des sanctions économiques qui frappaient l’Iran depuis 10 ans.
Dans ce contexte, le président Trump va-t-il tenir ses promesses électorales et mettre fin à un «deal» qui marche? «Toute tentative de tuer l’accord ou de le renégocier isolerait les États-Unis et non l’Iran», affirme le chercheur et lobbyiste irano-américain Trita Parsi, cité par l’AFP.

http://geopolis.francetvinfo.fr/etats-unis-trump-peut-il-revenir-sur-l-accord-nucleaire-avec-l-iran-125931

Nov 17

UN PROJET D’URANIUM DE CAMECO SUR LA SELLETTE EN AUSTRALIE

australieUn projet de la minière canadienne Cameco suscite de vives critiques dans le plus grand État d’Australie, l’Australie-Occidentale. L’entreprise basée à Saskatoon souhaite y exploiter le gisement Yeelirrie acheté à l’australienne BHP Billiton pour 430 millions de dollars américains en 2012.

. Un militant autochtone de la région, Kado Muir, poursuit la lutte de ses ancêtres qui se battent contre l’exploitation d’uranium sur le territoire de Yeelirrie depuis quarante ans.

Muir préside une coalition contre le nucléaire qui organise une marche de 300 kilomètres à travers le désert chaque année pour faire valoir les droits traditionnels de son peuple et les risques environnementaux de l’uranium à long terme.

Cette semaine, la coalition a obtenu l’appui de certains membres du Parti des travailleurs, l’opposition officielle en Australie-Occidentale.

Nous chassons, nous récoltons notre nourriture sur ces terres. Nous voyageons sur ces terres, c’est là où nous vivons. Des opérations minières auraient un impact négatif sur ces activités traditionnelles.

. Des impacts potentiels sur la faune souterraine de la région

Le groupe attend maintenant la décision du ministère de l’Environnement de l’État de l’Australie-Occidentale concernant le projet Yeelirrie de Cameco. Le ministère doit se prononcer sur les recommandations de l’Autorité de protection de l’environnement de l’État.

Dans un rapport rendu public au mois d’août, l’organisme indépendant conclut que la proposition de l’entreprise ne respecte pas l’un des neuf facteurs environnementaux étudiés, soit l’impact sur la faune souterraine de la région.

Le rapport de l’organisme indépendant indique notamment que la proposition de l’entreprise menace certaines espèces vivant dans la nappe phréatique.

La proposition peut avoir un impact direct sur la faune souterraine en raison de la suppression de l’habitat

. Rapport de l’Autorité de protection de l’environnement d’Australie-Occidentale

Les auteurs soulignent également que les perturbations à la surface pourraient toucher certains apports en nutriments de l’eau, entraîner des déversements chimiques et des changements aux niveaux et à la qualité de celle-ci.

Les recommandations de l’Autorité de protection de l’environnement ont été portées en appel par Cameco. « Nous croyons qu’avec davantage d’échantillonnage et de recherche, nous pouvons réduire plusieurs enjeux autour de la faune souterraine », explique une porte-parole de l’entreprise, Carey Hyndman.

Elle souligne que le plan n’est pas nécessairement de changer le projet soumis à l’Autorité de protection de l’environnement, mais de faire davantage de recherche pour « mieux comprendre les organismes microscopiques, parce que c’est une science inexacte », selon elle.

Elle soutient par ailleurs que l’entreprise travaille de près avec les groupes autochtones sur le terrain, bien qu’elle n’ait pas conclu d’entente formelle avec eux pour le projet Yeelirrie, comme c’est le cas par exemple pour un autre projet dans la région, le projet Kintyre.

. Une occasion d’affaires à long terme, selon un expert

Cameco n’a pas l’intention d’aller de l’avant avec la production tant que le marché de l’uranium ne reprendra pas de la vigueur. « Nous voulons nous assurer que [le projet] soit prêt quand le marché prendra de la vigueur », explique Mme Hyndman. Elle ajoute que, dans le contexte actuel, l’entreprise préfère miser sur des mines déjà en production, dont celles de McArthur River et Cigar Lake, situées en Saskatchewan.

Le professeur titulaire au Département de management de l’Université Laval, Yan Cimon, souligne que le gisement australien pourrait se révéler profitable dans quelques années, même si le prix moyen réalisé par Cameco en ce moment peut sembler peu avantageux par rapport aux tendances des cours mondiaux de l’uranium.

Lorsque l’on regarde la croissance potentielle de la demande d’électricité et la croissance des centrales nucléaires, il y a de belles occasions pour Cameco dans le futur.

Yan Cimon, professeur titulaire au Département de management de l’Université Laval.

Cimon souligne que l’Australie a des liens économiques de plus en plus étroits avec la Chine, qui est en train de mettre en place une vingtaine de réacteurs nucléaires supplémentaires sur son territoire.

Un texte d’Anouk Lebel à retrouver sur :

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/814558/cameco-yelirrrie-recommandations-environnement-australie-uranium

À lire aussi :

. Des Autochtones australiens rejettent des projets miniers de Cameco

. Bras de fer entre Cameco et l’Agence du revenu du Canada

Nov 17

LES MALFAÇONS GÉNÉRIQUES DU NUCLÉAIRE FRANÇAIS ENFIN DÉTAILLÉES, DOCUMENTS À L’APPUI

fraudes-eprNote acide sur la crise du jus : celle-ci porte sur les causes de cette crise, qui se trouvent dans le cœur nucléaire du système électrique.

L’origine de cette crise ? Un problème « générique » affectant certains générateurs de vapeur – ces gros cylindres où s’opère l’échange de chaleur entre l’eau du circuit primaire, au contact du combustible nucléaire, et l’eau du circuit secondaire dont la vapeur va entraîner les turbines des alternateurs – équipant 18 des 58 réacteurs d’EDF. Ils sont soupçonnés de présenter une anomalie de fabrication : des excès localisés de carbone dans l’acier dont ils sont constitués :

. Excès au regard de normes récentes, plus sévères, sur les équipements dits « sous pression ».

. Excès provenant des procédés de forgeage utilisés (ironie de l’affaire: les forgerons sont passés du moulage au forgeage de ces pièces pour en améliorer la qualité).

La cuve de l’EPR de Flamanville

La découverte de ces excès a une histoire singulière, expliquée en détail aux députés et sénateurs de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (Opecst) le 25 octobre dernier, lors d’une audition des industriels (EDF, Areva), de l’ASN et de l’IRSN (vidéo ici). Elle provient d’analyses complémentaires demandées par l’Autorité de Sûreté Nucléaire à la suite de la découverte d’une anomalie similaire – un excès de carbone dans l’acier – sur la cuve de l’EPR en construction à Flamanville. Une découverte rendue publique en avril 2015 par l’ASN (le dossier complet est ici).

Persuadés que des analyses complémentaires devraient démontrer que cette cuve est malgré cette anomalie « bonne pour le service », EDF a poursuivi son installation à Flamanville où elle est désormais soudée aux tuyauteries du circuit primaire. Pour sa part l’ASN affirme qu’elle ne donnera l’autorisation de démarrer que si, et lorsque, ces analyses complémentaires (il s’agit de tests mécaniques sur des éprouvettes de métal représentatives de la cuve, prélevées sur des pièces similaires) auront donné satisfaction. Mais l’affaire allait prendre une toute autre ampleur à la suite de l’exigence de l’ASN d’une revue générale des dossiers de fabrication de toutes les pièces de l’usine de Creusot Loire, et des GV fabriqués au Japon pour le compte d’Areva par le forgeron JCFC (Japan casting & forging corporation).

C’est là que l’affaire s’est corsée. Car non seulement de telles anomalies ont été relevées, mais il est apparu en outre que l’usine de Creusot Forge avait maquillé des procès-verbaux transmis à l’ASN pour les dissimuler.

EDF doit donc faire face à deux problèmes. Le premier est technique : vérifier que ces anomalies de concentration de carbone dans l’acier sont compatibles avec les performances de sûreté demandées à ces pièces, notamment leur tenue en cas de chocs thermiques froids ou chaud, et en situation accidentelle. Si la preuve de ces performances n’est pas apportée, l’ASN exigera l’arrêt des installations et le remplacement des équipements. Le second problème est d’organisation industrielle, juridique : le maquillage des PV constitue une « pratique inacceptable », avoue aux députés et sénateurs Bernard Fontana le nouveau directeur d’Areva NP (racheté par EDF dans le cadre du démantèlement d’Areva), un homme nouveau puisqu’il a fait toute sa carrière hors nucléaire (chimie, sidérurgie et aciéries, ciment). Il s’agit en outre d’un délit punissable en justice.

Examens in situ

Après la confirmation de défauts similaires – avec des anomalies plus fortes pour ceux de GV équipant 12 réacteurs fabriqués au Japon, l’ASN a exigé d’EDF que des examens in situ soient réalisés afin de vérifier l’absence de défauts dans l’acier – défauts qui pourraient être à l’origine de propagation de fissures en cas de choc thermique – ainsi que l’étendue et la localisation des excès. Si l’opération a pu être réalisée à l’occasion d’arrêts programmés pour renouveler le combustible pour 7 réacteurs, l’ASN a exigé la mise à l’arrêt sous trois mois des 5 autres dont les arrêts programmés lui semblaient reporter trop la vérification.

► En fouillant les dossiers de fabrication de Creusot-Forge – 10.000 dossiers de remontant parfois aux années 1970 seront vérifiés, cela va prendre au moins dix ans, même si les inspecteurs ont débuté par les pièces importantes pour la sûreté – il est apparu non seulement des anomalies, mais aussi des non-respects des « règles de l’art » et surtout des « falsifications » et des « fraudes » de certains procès-verbaux (les mots sont du président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire Pierre-Franck Chevet).

Le non-respect des règles apparaît dans le PV de fabrication d’un GV pour Fessenheim-2 en 2008. Comme l’indique le document ci-contre, montré aux élus de l’Opecst, la pièce s’est révélée trop courte lors du forgeage pour le « chutage » d’une partie susceptible d’être trop riche en carbone. L’ASN a sans délai retiré son autorisation de fonctionner pour ce GV, ce qui a entraîné, ipso facto, l’arrêt du réacteur.

Le PV de fabrication fait bien apparaître une fiche d’incident, signale l’impossibilité de couper cette partie, mais conclut bizarrement à la poursuite des opérations, alors que cette pièce aurait dû être « rebutée » indique Pierre-Franck Chevet.

Falsifications de procès-verbaux

Mais il y a pire – pas nécessairement au plan technique mais en terme de culture de sûreté et de respect des obligations légales des fabricants – lorsque des valeurs fausses, différentes des valeurs indiquées sur les PV conservés à l’usine, ont été reportées sur les PV transmis à l’ASN.

Voici ci-contre le cas le plus flagrant également montré lors de l’audition de l’Opecst qui concerne un GV fabriqué pour Gravelines 5. L’un des GV de l’EPR de Flamanville a subit la même pratique, avec une mention de valeur fausse (23% au lieu des 10% réel) pour une des parties « chutées » lors du forgeage de la pièce.

Après les faits, les remarques (acides) :

►Les décisions de l’ASN vont coûter plusieurs centaines de millions d’euros à EDF (300 au moins selon une communication financière de l’industriel pour la seule décision d’arrêt des réacteurs pour vérifications) et met sous tension le système électrique pour cet hiver. C’est une nouvelle démonstration de sa sévérité et de sa capacité à imposer de lourdes dépenses à l’exploitant des réacteurs nucléaires dès lors que la sûreté est en cause. Il est intéressant de comparer cette manière efficace d’exercer son pouvoir de contrôle et de régulation à l’incapacité de son homologue japonaise à imposer une décision de quelques centaines de milliers d’euros pour installer des recombineurs passifs d’hydrogène dans les centrales nippones avant l’accident de Fukushima Daï-Ichi (ce qui aurait évité les explosions lors de l’accident). Comme les problèmes techniques concernent également des pièces fabriquées pour et à l’étranger, il sera intéressant de voir comment réagissent les Autorités de sûreté nucléaires concernées que l’ASN a bien sûr informées de ses découvertes et décisions.

►L’impact sur la sûreté des réacteurs nucléaires de ces anomalies de fabrication n’est pas totalement connu. Certes, Dominique Minière (le patron du parc nucléaire d’EDF) semble persuadé que cet impact va seulement « diminuer les marges de sécurité » prises lors de la conception des pièces. « Tous les fonds de GV étudiés ne montrent pas de défaut initial qui pourrait se propager. On a des marges suffisantes sur tout ce qui a été étudié, sauf pour Fessenheim 2 où il faut étudier encore », a t-il précisé. Mais il va falloir le démontrer à l’ASN et aux experts de l’IRSN qui ne semblent pas vouloir se contenter de paroles verbales.

► La transparence totale est-elle assurée ? Comme l’indique en substance Marie Pierre Comets, la présidente du Haut comité pour la transparence et l’information sur la sûreté nucléaire (HCTINS) lors de l’audition, il y a encore du travail. Pierre-Franck Chevet remarque que l’ASN n’a pas de pouvoir de police et de perquisition… et indique que ce n’est pas nécessairement la bonne piste à suivre, mais réclame par exemple que les personnels chargés de vérifier les fabrications ne dépendent pas des mêmes directions que les fabricants (c’est le moins que l’on puisse exiger…).

► Qui est responsable des falsifications et non-respect des règles ? Bernard Fontana indique avoir « sanctionné au grade le plus élevé que j’ai trouvé, mais il faut rechercher toute l’information ». La direction ancienne de Creusot Loire est clairement en cause. Mais des représentants d’EDF et d’Areva étaient censés surveiller ces fabrications, et Areva en tant que fabricant et réparateur en avait l’obligation légale. Et si ces pratiques ont diminué après la prise de contrôle de Creusot Loire par Areva, elles n’ont pas cessé immédiatement. Jusqu’à quel niveau hiérarchique l’information est-elle montée ? Peut-être faudra-t-il une enquête judiciaire pour le savoir.

► Plus important : en quoi le comportement des plus hauts dirigeants a-t-il pu favoriser l’apparition et le maintien de telles pratiques ? Et comment sont choisis les patrons de ces entreprises contrôlées par l’État ? Considérons l’énormité des erreurs (?) commises par Areva sous la direction d’Anne Lauvergeon (mines de Namibie, diversification dans l’éolien coûteuse puis bradée, engagement dans la fourniture de l’EPR d’Okiluoto en Finlande sans aucune expérience de construction de centrale clé en main) dont la facture finale se compte en milliards d’euros et débouche sur l’éclatement du groupe. Il est trop facile d’évoquer l’euphorie soulevée par le sentiment d’une renaissance du nucléaire avant l’irruption du gaz de schiste et de l’accident de Fukushima. Le rôle d’un dirigeant est justement de ne pas céder à l’euphorie et surtout de ne pas l’aggraver par des comportements personnels.

Comment ne pas relever la totale incapacité des dirigeants (Proglio et Lauvergeon, mais auparavant dès la décision de ne pas se fournir uniquement chez Framatome, puis Areva, en maintenance des centrales et en combustible nucléaire) à organiser les relations industrielles entre ces deux pôles en fonction de l’intérêt général? Or, tous ces dirigeants ont été nommés par le pouvoir politique qui leur a également indiqué leur feuille de route tandis que les administrateurs ont toujours donné quitus. La politisation des nominations et l’affaiblissement de l’influence des administrations centrales ont contribué fortement à ces dérives. Alors que les enjeux – sûreté nucléaire et du système électrique, économiques et financiers – exigent des directions dotés de compétences techniques, de sens de l’intérêt général et de garde-fous éthiques de très haut niveau, la classe politique – UMP et PS et singulièrement Présidents de la République et gouvernants – semblent incapables de considérer ces critères comme décisifs pour les nominations à ces postes de direction. Déterminer les critères et processus de nominations des dirigeants pourrait ainsi être considéré comme faisant partie des règles fondamentales de sûreté que tout pouvoir politique devrait suivre, puisqu’il est évident que l’action des dirigeants pèse sur la sûreté nucléaire. Un nouveau terrain de réflexion et d’action pour l’ASN ?

►L’audition de l’Opecst montre à quel point les élus reportent désormais leurs espoirs de maîtrise du système sur l’ASN et l’IRSN. C’est logique. Ils ne vont pas eux même vérifier les fabrications en usine. Et lorsque l’industriel leur assure que les pièces sont « bonnes pour le service », ils ne peuvent se transformer en experts de la métallurgie pour en juger. Sagement, ils font donc confiance aux institutions (ASN et IRSN) mises en place, et à leurs dirigeants que le gouvernement nomme, pour vérifier les assertions des industriels. Cela pose deux questions : s’assurer que leurs dirigeants seront bien choisis, et qu’ils auront les moyens de conduire leur action. Sur ce dernier point, il est clair que la demande de l’ASN de voir son financement augmenter afin de disposer de personnels en nombre suffisant  devient cruciale. Or, la réponse à cette demande n’est toujours pas satisfaisante. L’ASN et l’IRSN avaient demandé 200 embauches pour faire face à leurs responsabilités, le gouvernement en a accordé 30.

Pour accéder à l’article et aux documents montrant les falsifications, cliquer sur :

http://huet.blog.lemonde.fr/2016/11/17/notes-acides-sur-la-crise-du-jus-2/

Nov 17

DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE : LA FRANCE VA-T-ELLE S’OPPOSER À LA MAJORITÉ DU MONDE ?

france-onuCela fait 71 ans que l’humanité vit avec la capacité de détruire la planète par la pression d‘un simple bouton. Fin octobre, grâce à l’action de la société civile et d’États courageux, l’Onu a franchi une étape historique vers la négociation d’un traité d’interdiction complète de l’arme atomique, voté par 123 États. Malheureusement, sans le soutien de la France, malgré les engagements de François Hollande en faveur de l’élimination totale des armes nucléaires. Celles-ci « sont les dernières armes de destruction massive à ne pas être soumises à une interdiction », rappelle Jean-Marie Collin, membre de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires. Tribune.
Les armes nucléaires sont des armes dites de destruction massive. L’histoire de leur utilisation, au Japon en 1945, mais aussi au fil de plus 2000 essais nucléaires à travers le monde, a montré leurs effets dévastateurs immédiats et sur le long terme, tant sur les populations que sur l’environnement.
Nous savons que même un conflit nucléaire limité engendrerait des conséquences mondiales sur les productions alimentaires et le développement socio-économique. C’est en rappelant cette évidence que la société civile, principalement regroupée au sein de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN <http://icanfrance.org>) est parvenue à mobiliser des États à travers le monde. Un grand nombre de pays ont ainsi compris que leur sécurité économique, humanitaire, culturelle… était mise en danger du fait de l’absence d’actions concrètes et réelles par les États détenteurs d’armes atomiques.
Si le volume des armes nucléaires a bel et bien diminué depuis la fin de la Guerre froide (de 70 000 ogives nucléaires à 15 000 en 2016), les puissances nucléaires (États-Unis, Russie, Royaume Uni, France, Chine, Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord) se sont toutes lancées dans de vastes programmes de modernisation de leurs arsenaux. À titre d’exemple, la France a lancé des études pour renouveler ses sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, ses missiles balistiques, et a débuté l’augmentation annuelle de son budget “dissuasion” dans le but d’arriver à un doublement – plus de 6 milliards d’euros – à l’horizon 2022
123 États en faveur d’un traité d’interdiction…

Devant cette lenteur et cette mauvaise volonté, des États comme l’Autriche, le Mexique, le Costa Rica, la Malaisie, l’Afrique du Sud… accompagnés par ICAN, ont  développé une stratégie pour parvenir à changer les règles du jeu. Fini le temps où les détenteurs d’armes atomiques maîtrisaient seuls le calendrier du désarmement nucléaire. Désormais, celui-ci est dicté par la majorité des États et des populations.
Parvenir au désarmement nucléaire est un processus long et complexe. Toute initiative allant dans ce sens est positive, comme les négociations bilatérales américano-russes. Mais l’une d’elle n’a jamais encore été mise en œuvre, celle qui mettrait en place une interdiction globale et complète des armes nucléaires. Interdire, puis éliminer. C’est le processus qui a été suivi pour les armes biologiques (interdites par une convention de 1972) et chimiques (convention de 1993). Le futur traité d’interdiction des armes nucléaires est donc l’étape indispensable avant leur élimination. À ce jour, les armes atomiques sont en effet les dernières armes de destruction massive à ne pas être soumises à une interdiction.
Pendant près d’une année entière de débats pour faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire à l’ONU, les puissances nucléaires ont pratiqué le jeu de la chaise vide. Malgré tout, les discussions ont abouti le 27 octobre dernier au vote de la résolution L41. Celle-ci demande que les Nations unies organisent en 2017 une conférence pour négocier un instrument juridiquement contraignant  interdisant les armes nucléaires, en vue de leur élimination complète. C’est une première.
Malgré les pressions exercées à l’encontre notamment d’États africains (par la France) et d’Amérique latine et du Pacifique (par les États-Unis) pour qu’ils ne votent pas cette résolution, et en dépit de l’utilisation d’arguments sans fondement (selon lesquels ce traité pourrait remettre en cause le régime actuel de non-prolifération), le résultat du vote à l’ONU a été sans appel. Les trois-quarts des États de la planète (123 exactement) ont voté « oui » devant un refus de seulement 38 États (des puissances nucléaires et des États qui bénéficient d’une dissuasion élargie) et de 16 abstentionnistes, parmi lesquels se trouvent les Pays-Bas. Le premier pas pour l’interdiction est donc franchi. Rendez-vous est donné pour mars 2017.
…Mais la France s’y est opposée
Parmi les États qui ont voté non, on trouve la France. Dans son discours, le représentant français a affirmé que Paris était pour un monde sans armes nucléaires. Dans les faits, il en est autrement. La France s’est farouchement opposée à cette résolution, prétextant qu’un tel traité serait « inefficace et déstabilisateur » et qu’il valait mieux suivre la politique mise en œuvre depuis plus de 20 ans… Nous en voyons les résultats puisque la Conférence du désarmement, organe central de l’ONU censé travailler sur ce sujet, est en état de mort cérébrale depuis 1996. Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères français est allé jusqu’à faire pression sur les eurodéputés français afin qu’ils votent « non » à une résolution de soutien au processus de l’ONU proposée au Parlement européen !
Cette posture va à l’encontre du discours sur la dissuasion que François Hollande a tenu en avril 2015. Celui-ci appelait alors de ses vœux la naissance d’un contexte stratégique qui permettrait à terme l’élimination totale des armes nucléaires.

La France peut et doit se rattraper. En décembre prochain, un vote de confirmation de cette résolution se déroulera à l’Assemblée générale de l’ONU. Pour que la France ne vote pas contre cette résolution en faveur de la paix et de la sécurité mondiale et qu’elle adopte une posture qui corresponde à son image de pays de la défense des libertés et des droits humains, les organisations Initiatives pour le désarmement nucléaire (IDN) <http://www..idn-france.org>  et ICAN France <http://icanfrance.org>  ont lancé une pétition adressée au président de la République.
À l’heure des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, un conflit marqué par l’usage massif de gaz chimiques aujourd’hui interdits, il serait des plus choquants que la France vote une deuxième fois contre cette résolution de l’ONU qui vise pourtant à interdire des armes de destruction massive.


Article écrit Jean-Marie Collin
, membre de ICAN France – Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires et vice-président de l’ONG Initiatives pour le désarmement nucléaire

http://www.bastamag.net/Desarmement-nucleaire-la-France-va-t-elle-s-opposer-a-la-majorite-du-monde

Nov 17

GREENPEACE MET EN CAUSE LES COMPTES D’EDF

greenpeace-edfLes provisions passées par l’entreprise seraient inférieures d’au moins 50 milliards d’euros aux besoins, selon le cabinet AlphaValue.
EDF est peut-être un colosse encore plus fragile qu’on ne le croit. Entre les énormes chantiers qu’il doit achever  à Flamanville (Manche) ou lancer   à Hinkley Point (Grande-Bretagne), la modernisation de ses centrales en fonctionnement, et le démantèlement à venir  des vieux réacteurs, l’entreprise publique risque de se retrouver  face à une équation financière impossible. Telle est du moins la conclusion de l’étude d’AlphaValue, un cabinet d’analyse financière indépendant, publiée jeudi 17 novembre.

Réalisé à la demande de Greenpeace, qui entend nourrir ainsi sa campagne antinucléaire, et logiquement contesté par EDF, le rapport met le doigt sur trois points sensibles. Trois interrogations qui expliquent en partie les réticences des investisseurs à l’égard de l’entreprise publique. Exclue de l’indice CAC 40 en décembre 2015, l’action EDF a encore perdu 31 % de sa valeur en un an. Le titre, qui avait dépassé un temps 80 euros, s’échange désormais autour de 10 euros.
Le premier point délicat porte sur la valeur des centrales. Contrairement à ses homologues comme Engie ou les allemands E.ON et RWE, EDF n’a pas diminué la valeur comptable de ses principales usines, malgré la chute des prix de l’électricité en Europe, jugée durable par beaucoup. Résultat : rapportée à la puissance en mégawatts de ses installations, « la valorisation des actifs d’EDF est nettement supérieure à celle donnée par ses pairs ». Façon de dire  qu’il pourrait devenir  nécessaire un jour ou l’autre de passer  de lourdes provisions pour réviser  cette valeur à la baisse. EDF assure pour sa part que ses prévisions sur les prix de l’énergie à moyen terme ne justifient pas de déprécier  les centrales hexagonales.
« Un géant inefficace »
Le deuxième problème concerne les investissements. En incluant Hinkley Point, mais aussi la remise à niveau des centrales, les projets dans les énergies renouvelables, etc., AlphaValue évalue les chiffres entre 16 et 17 milliards d’euros par an ces dix prochaines années. Un montant sensiblement supérieur à l’objectif de 10,5 milliards maximum (hors Hinkley Point) fixé par le PDG Jean-Bernard Lévy à l’horizon 2018. Selon AlphaValue, EDF, « un géant inefficace », « surdimensionné », devenu « non compétitif », aura du mal à financer tout cela.
Le troisième point est le plus critique. Il touche au coût à venir de la déconstruction des centrales et du traitement des déchets nucléaires. Ici aussi, AlphaValue a, malgré des difficultés, comparé les pratiques d’EDF et celles de ses concurrents allemands. Pour le cabinet, la conclusion est sans appel : le groupe « sous-provisionne drastiquement » les coûts en cause. L’écart est énorme. Même en retenant les hypothèses les plus favorables à EDF, les provisions passées par l’entreprise seraient inférieures d’au moins 50 milliards d’euros aux besoins !
Si EDF corrigeait le tir en musclant d’un seul coup ses provisions, cela « entraînerait irrémédiablement sa faillite », anticipe l’auteur de l’étude, Juan Camilo Rodriguez. L’entreprise n’a, à vrai dire, aucune intention en ce sens. Sa direction estime que ses provisions sont idoines. Selon elle, l’écart avec les opérateurs allemands s’explique par les spécificités d’EDF, en particulier son parc nucléaire plus récent et standardisé, ce qui devrait entraîner  un démantèlement plus tardif et facile qu’outre-Rhin.

Un mur d’investissement à venir, des actifs surévalués, un passif sous-évalué : d’après Greenpeace, la situation d’EDF est bien pire qu’annoncée. La direction, elle, défend mordicus la sincérité de ses comptes. Le débat est loin d’être clos.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/11/17/greenpeace-met-en-cause-les-comptes-d-edf_5032485_3234.html

Nov 17

AREVA/EDF: L’EXPLOITANT DE L’EPR FINLANDAIS EXTRÊMEMENT INQUIET

epr-okiluotoLe producteur d’électricité finlandais TVO, futur exploitant d’un réacteur EPR que construit Areva, s’est dit mercredi extrêmement inquiet face à la restructuration de la filière nucléaire française, qui selon lui compromet la finition du projet.
L’électricien EDF a validé mardi son offre ferme pour le rachat d’Areva NP, l’activité réacteurs du groupe nucléaire français en difficulté Areva.

De ce fait, la construction du réacteur finlandais à la centrale d’Olkiluoto (ouest) doit être achevée par ce qui resterait d’Areva SA, entreprise gardant des contrats à risque qu’EDF ne souhaitait pas reprendre.
TVO est extrêmement inquiet de voir que le futur Areva SA ne sera pas correctement financé et aura des ressources insuffisantes pour achever le projet, a indiqué à l’AFP la porte-parole de TVO, Anna Lehtiranta.
L’expertise technique et les ressources humaines vitales seront transférées à New Areva NP, qui doit appartenir à EDF, a-t-elle déploré.
TVO considère que la séparation entre la propriété du contrat et les ressources nécessaires pour l’achèvement et la mise en route de l’EPR OL3 n’est pas une attitude correcte de la part d’un fournisseur de technologies nucléaires, a-t-elle souligné..
Démarrée en 2005, la construction de cet EPR acheté 3 milliards d’euros par TVO s’est transformée au fil des ans en désastre financier pour Areva, qui a cumulé retards et déboires sur le chantier.
Les deux groupes se réclament mutuellement des milliards d’euros de dommages et intérêts devant la cour d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale à Paris, qui doit trancher en 2017 ou 2018.

Les essais à froid sur le réacteur doivent commencer au début de l’été, pour une mise en service espérée fin 2018.

http://www.romandie.com/news/ArevaEDF-lexploitant-de-lEPR-finlandais-extremement-inquiet/753639.rom

Nov 16

MON PAYS NE VEUT PAS SUPPRIMER L’ARME NUCLÉAIRE !

clintonEncore une idée de simple bon sens mais qui est devenue irréalisable pour l’instant, tout à fait utopique bien que tout à fait concrète : il faut dénucléariser le monde. L’arme nucléaire ne devrait plus exister. Les États-Unis, sur Hiroshima et Nagasaki en 1945, ont commis un crime terroriste de masse, qui leur a permis d’imposer la guerre froide. La honte ! Mais la honte est bue, croirait-on.

La situation du monde est bien différente aujourd’hui, les conflits s’atomisent, l’équilibre par la terreur n’a plus de sens ou alors qu’on nous explique !

Et que lis-je dans Médiapart le 5 novembre dernier sous le clavier (plutôt que « sous la plume ») de René Backman : « À l’Onu, la France vote contre un traité d’interdiction des armes nucléaires » ?

Vous avez bien lu ! La presse soi-disant démocratique n’en a pas parlé, mais « l’assemblée générale des nations unis a récemment adopté une résolution — la Résolution L.41 — qui décide l’ouverture en mars 2017 d’une conférence « ayant pour objectif la négociation d’un instrument juridique contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète » ». 123 pays membres, soit 69,4 % des votants, ont approuvé cette résolution, dont le Brésil, l’Irlande ou la Nouvelle-Zélande et 38 ont voté contre, dont la France, les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni et Israël ainsi que la quasi-totalité des autres pays membres de l’Otan.

Les pays les plus riches étant en même temps ceux qui composent le conseil de « sécurité » de l’Onu, ont un droit de veto sur les décisions de l’organisation. L’écrasante majorité de la population de la planète qui veut supprimer cette menace coûteuse et horriblement absurde par définition, peuvent aller se rhabiller. Ils n’ont pas le droit de prendre de décision à la majorité, ni même de prévoir d’en parler en conférence !

Et mon pays à moi marche dans la combine ! Et Alice Guitton, ma représentante permanente auprès de la Conférence du désarmement, que je n’ai d’ailleurs pas élue, se permet de dire que « le fait de négocier une prohibition internationale des armes nucléaires ne nous rapprochera aucunement de l’objectif d’un monde exempt d’armes nucléaires ». Là encore, je veux bien qu’on m’explique !

Je me croyais en République, mais ne sais plus de quel régime je suis le sujet.

A force de marcher sur la tête, le sang va finir par nous y monter. Jusqu’à quand allons-nous ainsi accepter d’être traités, au mieux comme des imbéciles, au pire comme des animaux que l’on doit pouvoir exterminer si les dirigeants de la planète le décide, comme en 1945.

Le pire ennemi de l’utopie, c’est la résignation devant l’absurde criminel.

Par Jean-Luc VARIN

https://blogs.mediapart.fr/jean-luc-varin/blog/161116/mon-pays-ne-veut-pas-supprimer-l-arme-nucleaire

Nov 16

L’EXTRACTION DE MATIÈRES RADIOACTIVES VA-T-ELLE ÊTRE RELANCÉE EN FRANCE SOUS COUVERT D’UN NOUVEAU CODE MINIER ?

mineFin septembre, une proposition de loi parlementaire a été déposée à l’Assemblée Nationale* dans la plus grande discrétion et le silence assourdissant des médias. Elle vise à relancer en France l’activité extractive minière en satisfaisant les industriels qui exigent de simplifier les procédures à l’image du modèle états-unien. La voie est ouverte aux pires contaminations et destruction de territoires.

Initiée par le chef d’entreprise et ex-ministre du redressement productif  Arnaud Montebourg, puis poursuivie par le banquier et ex-ministre de l’Économie Emmanuel Macron, une tentative de relance de l’activité minière en France est dans les cartons des industriels, du BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minière) et les antichambres du pouvoir. Il s’agit (1), sous couvert d « adaptation du code minier au droit de l’environnement » d’autoriser ce qui se pratique aux États-Unis : privatiser le sous-sol du pays, extraire n’importe quoi n’importe où et à tout va.

La loi française stipule jusqu’à présent que l’État est propriétaire du sous-sol et seul à pouvoir déléguer à un industriel le droit d’exploration et d’exploitation minière par l’obtention d’un titre minier. Aux

États-Unis le sous-sol, quasiment jusqu’au noyau terrestre, appartient à celui qui possède le sol et il en fait ce qu’il veut, quitte à détruire, polluer et contaminer toute la vie alentour. Ainsi un peu partout fleurissent aux USA des puits de gaz de schiste, des extractions minières, des activités polluantes et destructrices que l’on retrouve jusqu’au robinet d’eau intérieur des habitations.

Imposer à la France le modèle US

L’actuel projet de loi déposé par  les membres du groupe socialiste-écologiste-républicain et apparentés vise à aligner la France sur les USA. Son article L.113.1 prévoit ainsi que « la détention d’un titre minier n’est pas nécessaire pour l’exploration minière lorsqu’elle est réalisée (…) par le propriétaire de la surface (…) après déclaration à l’autorité administrative compétente de l’État ». Cette exploration/exploitation aurait ainsi lieu sans qu’il n’y ait un dossier à instruire. Sans que les voisins n’aient leur mot à dire, sans consultation démocratique réelle préalable. La loi de la jungle à tout va. La radioactivité du sous-sol sera remontée en surface, les terrils de déchets mortels parsèmeront le territoire.

Il ne s’agit donc pas d’un simple toilettage réglementaire ou d’un catalogue de bonnes pratiques juridiques entre l’État et les industriels, mais de graver dans le marbre que les activités privées sont supérieures au bien public et que la collectivité devra se soumettre au primat du pouvoir patronal industriel et énergétique. La garantie à vie de sa domination sur les sociétés humaines sans que quiconque ne puisse les remettent en cause : les traités transatlantiques Tafta et Ceta déclinés au sol et au sous-sol terrestre. Au monde nucléaire.

De précédentes tentatives sordides

Déjà en 2011 des permis de fracturation du sous-sol avaient été signés en toute opacité (mais en toute légalité) par l’ancien ministre de l’Écologie et de l’Énergie Jean Louis Borloo, sous le gouvernement Fillon. Des habitants découvraient alors qu’un peu partout en France, des entreprises privées s’apprêtaient à fracturer le sous-sol pour en extraire gaz de schiste,  pétrole et quelques « matières annexes » tel l’uranium, le thorium et autres produits radioactifs. Sans le dire officiellement.

Les menaces environnementales et le coup de force avaient conduit à un mouvement de révolte et de résistance des populations locales. Mouvement qui se prolonge depuis cinq ans en des situations de proximité tels à Sivens, Notre Dames Des Landes, Roybon, Ferme des 1000 vaches,…

De gouvernement en gouvernement : la servilité au patronat

L’actuel projet de loi, tout comme la stratégie du patronat des énergies fossiles (uranium, gaz de schistes, pétrole) et des politiciens à leur dévotion, vise à favoriser toujours plus la financiarisation et le libéralisme anti-démocratique. Faire en sorte que les décisions des autorités, conformes aux projets du patronat industriel, soient actées le plus rapidement possible, en dépossédant les populations de leur droit de regard effectif sous couvert d’une simple «  consultations numériques » – a-posteriori et non préalable – et limitée localement.

Il est vrai que la radioactivité s’arrête gentiment aux frontières administratives du département ou du pays tout comme les impacts des autres pollutions ! Un coup de force permanent va être légalisé, avec à sa clef la non-responsabilité des exploitants pour les malades, les victimes sanitaires, les morts. Les politiciens institutionnalisent le mensonge du « nuage de Tchernobyl arrêté à la frontière ».

Concrètement un groupe financier ou industriel, ou un margoulin, pourra créer une société qui achètera quelques hectares de terre quelque part en France puis déclarera à l’administration qu’il veut explorer le sous-sol. Bingo ! Si c’est un «faux-nez » il n’a plus qu’à vendre à Areva ou à Total son terrain et l’affaire est dans le sac. Si c’est directement une société minière : ça fonctionne aussi. L’exploitation de l’uranium ou du métal rare ou du gaz de schiste est lancée. D’autant que le patronat vise un potentiel fou : pas moins de 5.000 lieux (mines, carrières,..) et l’extraction de possibles millions de tonnes de minerais de toutes espèces dont les radioactifs.

Pour mieux enfoncer le clou, l’article L.116.2 du projet de loi stipule que « la politique nationale des ressources (…) dont l’objectif est de déterminer les orientations de gestion et de valorisation des ressources connues ou estimées pour servir l’intérêt économique des territoires et de la nation.» est inscrite dans le code minier. Une simple notice en annexe précisera « les techniques d’exploration et d’exploitation envisageables des substances identifiées, ainsi que les impacts associés et les moyens de les réduire… ». Et si ce n’est pas assez clair  l’article 116-5 met les points sur les i : « Les décisions administratives prises en application du présent code ne peuvent être refusées au motif […] qu’elles ne s’inscrivent pas dans les orientations de cette politique.» La boucle est bouclée. Pile ils gagnent, face tu perds.

L’État se voit interdit de refuser un quelconque permis de forage et minier à Areva ou à n’importe qu’elle société minière. Inutile donc d’envisager un recours devant un tribunal, même arbitral style « Tafta ». Et pour que le système dictatorial économique soit bien compris : si l’administration tarde à répondre à une demande de prolongation ou de mutation d’un permis d’explorer, celui-ci sera automatiquement accordé, muté ou prolongé. L’administration aux ordres des dominants n’aura donc qu’à laisser dormir le dossier, ou bien le personnel réduit et supprimé, et le tour sera joué.

Pour donner le change…

Tout comme l’activité des installations nucléaires génère des contaminations et provoque des dégâts sanitaires sur les populations et ce sur plusieurs générations, tout en générant des déchets mortels pour des milliers d’années, l’extraction de l’uranium actuellement effectuée par Areva au Niger et au Kazakstan ou au nord-Canada pourra être relancée en France sans autre considération. Avec les mêmes conséquences délétères et mortelles sur l’environnement, sur les travailleurs et sur la population que dans ces pays-là. Car comme le concède le responsable du bureau de la gestion et de la législation des ressources minérales au ministère : « la mine propre n’existe pas… une mine a toujours un impact sur les populations, l’environnement, elle transforme toujours un territoire ».

Alors pour donner le change, la proposition de loi entérine le crime et propose de tenter d’en limiter les impacts environnementaux ou de prévoir une réparation des dommages. Mais après coup. Du sinistre greenwashing pur jus. Mais qui détient la grille d’évaluation d’une contamination radioactive inter-générationnelle, et celle d’une nappe phréatique ou de la chaine alimentaire pour des siècles? Qui détermine la valeur d’une vie? Et combien de procès faudra-t-il intenter et de milliers d’euros dépenser pour espérer réparation? 

Ce projet de loi, et d’autres à venir, révèle la volonté d’institutionnaliser le dispositif sordide de gestion des populations suite à la catastrophe nucléaire inéluctable à venir (Codirpa).

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2016/11/16/L-extraction-de-mati%C3%A8res-radioactives-va-t-elle-%C3%AAtre-relanc%C3%A9e-en-France-sous-couvert-d-un-nouveau-code-minier

Nov 16

NUCLÉAIRE : LA CRISE QUE NOUS TRAVERSONS N’EST PAS CONJONCTURELLE

clintonÀ la veille de la 28e Conférence nationale des Commissions locales d’informations (CLI), il est opportun de s’intéresser à la situation de la filière nucléaire française. Une situation pour le moins alarmante au vu de l’arrêt de très nombreux réacteurs pour des raisons de sûreté. Une situation surtout inquiétante au vu des fortes tensions sur la distribution d’électricité.

Comme l’explique très clairement Stéphane Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement, dans une tribune publiée le 15 novembre 2016, la France se trouve, à en croire des données récentes publiées par le Réseau de transport d’électricité (RTE), face à un risque d’effondrement du système électrique cet hiver.

RTE fait en effet état d’une forte vigilance pour l’hiver 2016-2017 et annonce des mesures pour le moins contraignantes qui peuvent impacter l’ensemble de la vie sociale :

« En cas de vagues de froid importantes et durables en dessous des normales de saison, RTE pourrait être amené à mettre en œuvre des solutions exceptionnelles pour préserver l’alimentation électrique des Français le matin (8H-13H) et/ou le soir (18H-20H) en jours ouvrés ».

« Les mesures exceptionnelles mises en œuvre graduellement par RTE sont les suivantes. En premier lieu, l’utilisation du dispositif d’interruptibilité, interrompant la consommation de 21 sites électro-intensifs volontaires, permettrait de réduire ponctuellement les besoins électriques de 1 500 MW. RTE pourrait ensuite baisser la tension de 5%, réduisant ainsi la consommation de 4 000 MW (l’équivalent de la consommation de Paris intra-muros et Marseille réunies) sans interrompre l’alimentation électrique des Français. En cas de déséquilibre extrême entre la consommation et la production, RTE pourrait enfin avoir recours, en ultime solution, à des délestages programmés, momentanés et tournants qui permettent de maintenir l’électricité du plus grand nombre de clients possibles. »

A l’heure où la précarité énergétique n’a jamais été aussi grande, où des millions de ménages peinent à accéder à un niveau de confort minimum, cette information est pour le moins choquante.

Le drame est qu’elle était grandement prévisible. Depuis des décennies, le mouvement écologiste alerte l’opinion sur les risques que font peser sur la demande d’énergie ce couple infernale qui associe une inutile surcapacité nucléaire et l’abus du chauffage électrique.

Aujourd’hui la situation est encore plus tendue que nous pouvions l’imaginer. En dépit d’une baisse tendancielle de la consommation, RTE ne mâche pas ses mots : « La sécurité d’approvisionnement électrique de l’hiver 2016-2017 s’annonce plus délicate à assurer que lors des hivers précédents, en raison de l’indisponibilité de plusieurs sites de production. » Même si le distributeur s’empresse de nuancer son propos en évoquant quelques alternatives, il n’hésite pas à pointer explicitement l’origine du problème, à savoir la baisse globale de production des sites nucléaires.

Toujours est-il que la disponibilité de l’offre de production sera en nette baisse cet hiver. Ainsi la disponibilité moyenne sur la période sera en baisse de 11 300 MW en décembre par rapport à l’hiver dernier. Le nucléaire à lui seul représente l’essentiel de cette baisse avec quelques 10 000 MW qui font dès aujourd’hui défaut. Très concrètement cela représente l’arrêt planifié d’un nombre de réacteurs compris entre 4 et 13 selon les semaines de l’hiver à venir (13 en décembre 2016 et 9 début janvier 2017). Et cela sans compter arrêt d’urgence et autres incidents de plus en plus nombreux sur un parc obsolète victime de nombreux problèmes de maintenance légitimement dénoncés par les syndicats.

Si les médias oligarchiques peinent à expliquer cette situation, sa cause est claire pour RTE. Page 7 de l’analyse de l’équilibre de l’offre et de la demande d’électricité pour l’hiver 2016-2017, on peut lire que « cela fait suite à des maintenances prolongées de façon exceptionnelle par le producteur, ainsi qu’aux arrêts supplémentaires planifiés par EDF après la demande de l’Autorité de Sûreté du Nucléaire (ASN) en date du 18 octobre. »

En d’autres termes, ces arrêts massifs ne sont pas dus à des raisons économiques ou à une quelconque fantaisie de l’opérateur énergétique de l’État mais à des raisons de sûreté. C’est l’Autorité de contrôle qui a prescrit à EDF de suspendre l’exploitation d’un grand nombre de réacteurs en raison de graves doutes sur la robustesse d’éléments et activités importants pour la protection qui peuvent remettre en cause la démonstration de sûreté nucléaire.

L’industrie nucléaire traverse une crise sans précédents

Cela n’est pas une mince affaire. L’affaire a commencé avec la révélation au printemps 2015 d’anomalies connues depuis longtemps sur la cuve du réacteur EPR en construction à Flamanville. Depuis le problème n’a cessé de s’approfondir avec la découverte de bien d’autres irrégularités. L’été dernier l’ASN a été amené à ainsi à suspendre le certificat d’épreuve d’un générateur de vapeur de la centrale nucléaire de Fessenheim affecté par une des irrégularités détectées dans l’usine Creusot Forge d’Areva. Mais le problème est loin de se limiter à ces seules installations. C’est l’ensemble du parc qui est touché à un degré ou un autre par des suspicions graves d’irrégularités voire de défauts plus graves encore.

Comme le donne à voir l’audition par l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques des industriels et de l’Autorité de contrôle, qui a eu lieu le 25 octobre dernier, la filière nucléaire traverse une crise sans précédent. Non seulement des ségrégations résiduelles positives en carbone ont été repérées sur des équipements sous pression nucléaires importants pour la sûreté mais les investigations ont révélé des falsifications graves de la documentation communiquée à l’exploitant nucléaire et à l’Autorité de contrôle.

Plus de la moitié des réacteurs en exploitation du parc nucléaire sont à ce jour touchés à un degré ou un autre par ces pratiques inacceptables. L’EPR en construction à Flamanville concentre à lui seul 19 anomalies présentes sur 12 équipements sans parler de la cuve dont la robustesse pose question.

12 réacteurs sont équipés de générateur de vapeur dont les fonds primaires ont été réalisés par un sous-traitant japonais d’AREVA, JCFC. Les ségrégations en carbone sont ici plus profondes encore que celles observées sur d’autres générateurs de vapeur forgés au Creusot.

Le nombre des anomalies présentées par des dossiers dits barrés et d’autres est plus important encore. 87 cas problématiques concernant 24 réacteurs ont été déclarés à l’Autorité de sûreté. 23 représentent un enjeu immédiat pour la sûreté. Par ailleurs 4 dossiers concernent des colis de transport. Force est de reconnaître que nous avons affaire ici à des « décisions irrégulières de poursuite de fabrication ».

Dans une interview donnée aux Échos le 9 novembre 2016, Pierre-Franck Chevet se montre très clair : « Nous n’avons jamais connu un tel cumul. Dans les années 1990, nous avions eu un problème générique avec des cas de corrosion sur des couvercles de cuve. La situation était déjà tendue. Mais là, nous avons deux anomalies génériques. L’une est technique et concerne 12 réacteurs ; l’autre renvoie à une chose fondamentale qui est un manque de culture qualité, avec des irrégularités qui s’apparentent à des falsifications – une petite dizaine aujourd’hui sur le parc français et, à ce stade, un réacteur à l’arrêt (Fessenheim 2)». La suite de l’article est plus accablante encore pour l’exploitant nucléaire qui décidément ne mérite plus guère notre confiance…

Si la sécurité énergétique de notre pays est menacée, la sûreté nucléaire est gravement compromise à l’heure où l’exploitant avec la caution de l’État entend prolonger la durée d’exploitation d’un parc obsolète, indisponible et vieillissant.

EDF n’est pas en mesure de répondre aux grands enjeux de sûreté actuels

Le principe même de défense en profondeur est ébranlé par toutes ces révélations. L’incapacité des industriels à réaliser des équipements sous pression, dans le respect de règles de l’art, conformes à la réglementation en vigueur, apparaît au grand jour. Et l’écart n’est pas mince. Si l’ancienne réglementation prescrivait de respecter un seuil minimal d’énergie de déchirure de 56 joules (contre 60 au regard de l’arrêté de 2005). Les équipements aujourd’hui en cause révèlent des valeurs beaucoup plus basses jusqu’à 36 joules. Le problème est tel que les défauts dépassent très probablement la demi-épaisseur et menacent donc la fameuse zone de recette.

Plus que jamais il apparaît qu’il n’y a pas de nucléaire sûr. Il n’est plus possible de considérer que le dimensionnement des principaux équipements importants pour la sûreté est suffisant ne serait-ce que pour faire face à une « situation dégradée ». Ainsi on peut craindre avec l’IRSN qu’une rupture de générateur de vapeur survienne suite à un refoulement soudain de l’eau du circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt (RRA), c’est-à-dire face à un choc froid. Une perte de réfrigérant primaire s’en suivrait avec toutes les complications que l’on peut imaginer en particuliers pour la conduite d’un réacteur fuyard.

La deuxième barrière de confinement est clairement en cause alors que chacun sait que la première n’est guère robuste et que nombre d’enceintes possèdent une étanchéité toute relative. C’est donc toute la doctrine française de maîtrise d’un accident nucléaire qui se trouve ébranlée alors que la mise à niveau du parc nucléaire prescrite à l’issue des évaluations complémentaires de sureté n’est toujours pas terminée…

Force est dès lors de reconnaître avec Stephen Kerckhove que le nucléaire n’a pas tenu sa promesse. « Ce monolithisme énergétique fait de la France un géant aux pieds d’argile. Ce risque de black-out met en effet en évidence le manque de résilience du système électrique français. De fait, l’apparition d’un défaut générique sur l’un des réacteurs entraîne notre pays dans une menace bien réelle. »

Aujourd’hui est arrivé le moment de payer la facture alors que la transition énergétique est au point mort. On a clairement affaire à une conséquence en acte de l’incapacité de l’État à mettre en œuvre une transition énergétique initiée par la Loi du 13 juillet 2005 et renforcée par la Loi du 17 aout 2015.

Urgence d’une sortie irréversible du nucléaire

En dix ans la situation n’a guère évolué et s’est même dégradée si l’on compare ce qui est fait ici aux efforts considérables mis en œuvre par nos voisins. Non seulement le développement des énergies renouvelables se fait à un rythme très insuffisant mais le déploiement de moyens d’atténuations des pointes de consommation modernes se fait toujours attendre.

Alors que le monde entier plébiscite le recours aux énergies vertes, la France persiste dans une filière nucléaire qui n’est ni propre, ni sûre ni fiable. Plus encore que l’éolien et le solaire, l’électricité nucléaire se distingue aujourd’hui par son intermittence et son coût au péril de la sécurité énergétique du pays. Il serait temps de reconnaître cet état de fait…

Persévérer dans le nucléaire revient aujourd’hui à recourir massivement à de l’électricité thermique importée à rebours des grands discours tenus à l’occasion de la COP 21 et du mythe de l’indépendance énergétique. C’est aussi admettre des pratiques non seulement inacceptables mais totalement immorales de la part d’une industrie prête à tout pour survivre. Le scandale des équipements sous pression le donne à voir. Le spectacle affligeant du chantier de Flamanville le confirme.

L’urgence est donc d’admettre la sévère sentence du réel et d’en déduire les conclusions nécessaires. Plutôt que de tenter d’adapter l’organisation des secours à un risque nucléaire de fait non maitrisable, il conviendrait que l’ANCCLI approfondisse sa réflexion sur la nécessaire reconversion des territoires sacrifiés au nucléaire. Nous n’avons plus le temps d’attendre. Il faut dès aujourd’hui penser cet après nucléaire qui va arriver bien plus vite qu’on le croit au vu de la déliquescence des centrales et de toute l’industrie nucléaire.

La crise que nous traversons n’est pas conjoncturelle, elle montre la faiblesse structurelle d’une industrie conçue à des fins militaires. Il serait temps de le reconnaître et de prendre les décisions qui s’imposent pour garantir à tou(te)s le droit à l’énergie c’est celui de vivre dans un environnement sûr.

https://blogs.mediapart.fr/guillaume-blavette/blog/151116/nucleaire-la-crise-que-nous-traversons-nest-pas-conjoncturelle

Nov 16

L’INITIATIVE SUR LE NUCLÉAIRE GAGNERAIT DEVANT LE PEUPLE MAIS LES CANTONS PEUVENT LA TORPILLER !

initiative-suisseVotation du 27 novembre: l’initiative anti-atome des Verts, serait acceptée selon notre dernier sondage Tamedia. Mais les cantons pourraient la torpiller.

Se dirige-t-on vers une surprise? A première vue, oui. Le 3e sondage Tamedia, effectué auprès de 15 400 personnes, donne l’initiative «Sortir du nucléaire» gagnante devant le peuple. Les 57% des gens interrogés l’approuvent alors que 42% la rejettent. Un résultat inespéré pour les initiants. Mais la messe antinucléaire est loin d’être dite. Car pour entrer dans la Constitution, une initiative fédérale doit recueillir la majorité des cantons. Et là, les sondeurs se montrent sceptiques. La fin de campagne pèsera donc lourd. Examinons d’abord les données de notre sondage effectué en ligne les 10 et 11 novembre. Avec 57% de oui, on constate que l’initiative a légèrement augmenté son taux d’approbation par rapport aux deux précédentes consultations qui la créditait de 55 puis 56% des voix. Faut-il y voir un trend ascendant? Non. On se trouve dans la marge d’erreur et les sondeurs y voient simplement une stabilité du soutien à l’initiative. Ce qui est déjà un exploit. D’habitude en effet, une initiative recule sous les coups de boutoir de la campagne des autorités.
Avec 63% de oui, la Suisse romande approuve nettement l’initiative qui veut fixer une date limite aux centrales nucléaires. La Suisse alémanique et la Suisse italophone manifestent un soutien plus réservé avec 54% des voix. Du côté des partis, l’approbation est immense à gauche avec des taux de 95% chez les Verts ou 87% au PS. Inversement, la droite n’arrive pas à convaincre l’ensemble de ses sympathisants à voter non. Au PLR et à l’UDC, environ un tiers des personnes interrogées disent oui à l’initiative. Les sympathisants PDC et PBD se révèlent même majoritaires à valider la fermeture des centrales.
Le spectre des familles
Le politologue Fabio Wasserfallen, qui a collecté et analysé les données du sondage avec Lucas Leemann, donne à l’initiative une bonne chance de l’emporter devant le peuple. Mais il tire immédiatement la sonnette d’alarme. Cette même initiative pourrait crever au poteau faute d’obtenir la majorité des cantons. Pourquoi? «Elle est mieux acceptée dans les villes que dans les campagnes, dans la Suisse romande qu’en Suisse alémanique. Les cantons de Suisse centrale pourraient faire la différence comme cela avait été le cas avec la votation sur les familles en 2013.» Le scrutin sur la politique familiale voulue par Alain Berset est en effet intéressant. L’arrêté avait été accepté par le peuple à 54,3% mais rejeté par 11 cantons et 4 demi-cantons.
Ce scénario est dans toutes les têtes. Il est craint par les partisans de l’initiative et vivement espéré par les opposants. «Je pense que Genève, Vaud, Neuchâtel et le Jura seront dans le camp du oui», calcule la conseillère nationale Isabelle Chevalley. «Le Valais dira non et Fribourg est sur le ballant.» Ce qui irrite particulièrement l’élue Vert’libérale dans cette fin de campagne? «L’argument comme quoi, si l’initiative passe, il faudra importer de l’électricité à base de charbon ou de nucléaire. Mais on le fait déjà aujourd’hui pour des raisons de business! C’est donc de l’escroquerie intellectuelle», s’échauffe la Vaudoise. En tout cas, elle sent une motivation plus grande dans le camp du oui que dans celui du non.
«Cette campagne est tronquée»
Du côté des opposants, on ne s’excite pas avec les derniers chiffres qui donnent l’initiative gagnante devant le peuple. «Il n’y a qu’à regarder du côté des USA pour se rendre compte que les sondages ne sont pas très fiables», note placidement le conseiller national PLR Benoît Genecand. Il y a cependant un point qui le chiffonne. «Cette campagne est tronquée. On veut nous faire croire que le débat porte sur la question de sortir ou non du nucléaire. Ce n’est pas le cas. L’enjeu porte uniquement sur la date de sortie du nucléaire.» Et le Genevois de reprocher aux initiants de n’avoir «pas de solution de remplacement à court et à moyen terme».

http://www.tdg.ch/suisse/L-initiative-sur-le-nucleaire-gagnerait-devant-le-peuple/story/31339780

Nov 16

EDF CONFIRME SON OFFRE FERME POUR LE RACHAT DE L’ACTIVITÉ RÉACTEURS D’AREVA

arevaEDF a validé mardi en conseil d’administration son offre ferme pour le rachat d’Areva NP, l’activité réacteurs du groupe nucléaire français en difficulté Areva, valorisée à 2,5 milliards d’euros, a indiqué mardi soir une source proche des deux groupes.
EDF a entériné le montage annoncé en juillet, a indiqué à l’AFP une source proche des deux groupes à l’issue du conseil d’administration d’EDF mardi.
La société acquise s’appellera désormais New Areva NP, comme l’avait indiqué EDF en juillet lors de l’annonce des détails de la restructuration de la filière nucléaire française sous l’égide de l’État, actionnaire à près de 87% d’Areva.
L’accord, encore soumis aux résultats des contrôles de sûreté en cours, prévoit qu’EDF et sa nouvelle filiale soient totalement immunisés contre tous les risques et coûts liés à la découverte d’anomalies dans le suivi de fabrication d’équipements produits dans les usines du Creusot, et le cas échéant de Saint Marcel et de Jeumont, indiquait EDF en juillet.
L’accord prévoit également qu’EDF soit immunisé contre les risques et coûts liés à l’achèvement du projet Olkiluoto 3, un EPR en Finlande, qui subit d’importants retards et surcoûts.
Pour cette raison, Areva NP, ancienne dénomination de l’activité réacteurs, restera logée au sein d’Areva SA et ne conservera que certains contrats, dont celui de l’EPR finlandais.
La finalisation de l’opération est prévue au second semestre 2017, avait indiqué le directeur financier d’Areva, Stéphane Lhopiteau.
A l’issue de cette restructuration, le nouvel Areva devrait se recentrer sur les activités liées au cycle du combustible (de l’extraction de l’uranium dans les mines au démantèlement des centrales), regroupées au sein de la nouvelle société NewCo Areva.
La cession des réacteurs à EDF fait partie du plan de sauvetage global d’Areva orchestré par l’État. Dans ce cadre, Areva doit aussi bénéficier d’une augmentation de capital totale de 5 milliards d’euros début 2017.

La cession des réacteurs constitue une étape importante pour un feu vert de la Commission européenne à l’opération
Bruxelles devrait se prononcer dans les prochaines semaines en ce qui concerne les augmentations de capital, selon le directeur financier.

http://www.romandie.com/news/Nucleaire-EDF-confirme-son-offre-ferme-pour-le-rachat-de-lactivite-reacteurs-/753477.rom

Nov 16

JEAN JOUZEL ET LES CEA-GIEC, I : LES REJETS IONISANTS « PROPRES »

jouzelL’un des 8-9 rédacteurs sommitaux du GIEC Jean Jouzel n’a connu qu’un employeur, le Commissariat à l’Énergie Atomique. Ce premier billet présente quelques rejets « propres » (« non carbonés »). La première spécialité de Jean Jouzel au CEA, c’est le tritium. Et le CEA est un spécialiste de ces rejets tritium « propres », mais pas que… (extraits de l’article)

  1. Le GIEC, et le CEA en haut du GIEC
  2. La raison d’être du CEA
  3. Le tritium vital pour le lobby nucléaire, dommageables pour le vivant
  4. Quelques centres atomiques, Marcoule, Valduc, La Hague et la Manche…
  5. Jean Jouzel a quelques potes (Hansen, SFEN, GIEC, 350.org/M.Combes)
  6. Le GIEC, et le CEA en haut du GIEC

 Le GIEC est un organisme onusien composé de représentants des États. C’est le lieu de lobbying de quasi exclusivement la modélisation et ceux qui en dépendent, les ramasseurs de données pour alimenter les bécanes. Celles-ci sont des ordinateurs pétaflops massivement parallèles, c’est à dire des ordinateurs géants que seuls des énormes labos possèdent. En 2008 la revue Nature (vol. 453, 15 May 2008, p. 268-9; ici, ) rapporte que les « climate scientists » représentant ces gros labos réclament des gouvernements des « massive investment in computer » parce qu’ils se plaignent qu’on ne peut pas comprendre le climat(-numérique) comme actuellement avec des cellules(-numériques) plates de 100 km de côté. « Plus d’argent… donnerait aussi plus d’espoir de retenir les programmateurs de top-niveau avec de l’expertise en modélisation du climat… cette ressource « est en train de diminuer plus vite que la banquise » parce que ce personnel est détourné de la recherche par l’avantage financier et la sécurité du poste que leur donne des compagnies comme Google.. ». Quand Jean Jouzel déclare devant le CESE en sept 2016 (ici) : qu’il faut que le gouvernement donne de l’argent « à la recherche» pour les « services climatiques… non pas sur des échelles de temps météorologiques mais climatiques, saisonnières, décennales » il est parfaitement dans son rôle de Vice-Président honoraire du GIEC. La météo ne les intéresse pas. Cette bête imprévisible même les dérange, seul ce que disent les méga-ordis en prédictions a de la valeur à leurs yeux, ou peut-être est-ce seulement ces méga-ordis rutilants, qui peuvent d’ailleurs servir à d’autres choses très différentes, qui ont de la valeur à leurs yeux. Pourtant, parlant de Météo-France « Dans un rapport très critique, rédigé en 2005, la Cour des comptes épinglait ainsi le généreux statut des agents et avantages dont ils bénéficient... » (La Croix 04/06/08).

En 2003 le budget de fonctionnement de la machine administrative (non pas de la recherche) GIEC était de 3 millions d’euros/an chaque session plénière coûtant alors 500 000€ (La Recherche n°370).

 En novembre 2006, L’Agence Internationale de l’Énergie, AIE, dont le Directeur exécutif est le français Claude Mandil, très éminent membre du « Corps des Mines » et qui avait été Directeur à l’Énergie au Ministère de l’Industrie dans les années 90 « prône la relance du nucléaire pour éviter une catastrophe climatique » (titre le journal Le Monde du 09/11/06). En mars 2007 au niveau européen la France s’oppose à la proposition allemande de monter les énergies renouvelables, éoliennes, solaire et biomasse à 20%.. Elle réclame qu’on utilise le terme « énergies non carbonées »qui intègre le nucléaire « peu polluant », France qui alors, sous cette condition veut bien signer des objectifs très « contraignants » (Le Figaro 06/03/07; L’Humanité 09/03/07). Deux mois plus tard pour le 4ème rapport à Bangkok 33 personnes du groupe III du GIEC (chargé de proposer des solutions) discutent derrière des portes closes pendant 3 jours. Les conclusions sortent le 04 mai. Le GIEC écrit que le nucléaire serait une solution effective en termes de coût pour une partie de l’électricité. L’Autriche refusant une telle promotion, il a été ajouté une note bas de page disant que l’Autriche « ne peut pas être d’accord avec cette phrase ». Le texte et plusieurs tableaux de ce rapport s’appuient sur des scénarios qui recommandent le nucléaire sur le même plan que les énergies renouvelables pour faire de l’électricité. L’AIEA s’en félicitait en sourdine avant même que la recommandation n’arrive aux oreilles du public (ici). Six mois plus tard en novembre 2007 le GIEC (et Al Gore) recevait le prix Nobel. Il faut dire que deux ans auparavant, c’est l’AIEA, le propagateur du nucléaire dans le monde de par ses statuts qui avait reçu le prix Nobel.

 ▪ Début déc. 2015, c’est la COP21 en France sur un terrain d’aviation. Le budget prévu de 170 millions d’euros dont 10% (pas les 20% qu’aurait voulu le gouvernement) par les sponsors, EDF, ERDF, Engie, Air France, BNP, LVMH, qui devaient déduire 60% de cette contribution de leur revenus imposables (), sera voté avant qu’elle ne commence à 187 M€ (). Ce n’était pas dans un pays comme la France que le GIEC, ses Groupes I, II, III, risquait de changer sa proposition de Bangkok, ce qui revient à souligner que :

  1. les césium-s, uranium-s, plutonium-s, tritium, strontium, Iode-s, etc… radioactifs et lourds d’EDF/Areva-CEA, Westinghouse, Rosatom, Général Electric, TEPCO, KEPCO, sont « propres » parce que comme dirait La Palice, où les autorités françaises, ils sont « non-carbonés». Le GIEC propose l’utilisation du nucléaire qu’il associe désormais systématiquement aux énergies renouvelables (les courbes de la banque mondiale qui a des membres dans le groupe III du GIEC ne les différencient même plus, ). Réciproquement une des 3 molécules essentielles de la vie (ici) est déclarée indirectement mauvaise pour la vie par le GIEC. Rappelons que des puissants labos du GIEC sont des labos atomiques militaires.
  2. De manière semblable à l’accord liant obligatoirement AIEA et OMS sur tout ce qui touche aux conséquences de l’atome, les deux collègues onusiens OACI (lobby de l’aviation) et GIEC (lobby numérique du climat) s’étaient entendus pour mettre « hors-sujet » toute remise en cause du CO2-Taxfree pour les Boeing, Airbus et gros navires qui sillonnent de plus en plus le monde (). Rappelons que à part le financement par les contribuables de leurs pays (58% soit 197 M€ pour Météo-France en 2007) et quelques recettes commerciales (15%), le reste du financement de gros labos du GIEC vient de l’aviation militaire et civile.

 Jean Jouzel était dans le Comité de pilotage de la COP21 auprès de Laurent Fabius.

Jusque-là il était l’un des discrets mais plus puissants personnages de ce GIEC. Qu’on en juge, depuis 2002 il était Vice-Président du Groupe scientifique et un des 8 ou 9 rédacteurs du « Résumé à l’attention des décideurs » du Groupe I. Or ce « Résumé » répercuté des centaines de milliers de fois dans le monde est l’unique écrit du GIEC qui importe. La revue La Recherche (n°370, déc. 2003, p. 63) rapporte que le météorologue Richard Lindzen du Massachusetts Institute of Technology, MIT, décrit ces résumés comme « un morceau de propagande« . Jean Jouzel a été au GIEC pendant 21 ans, d’abord délégué du gouvernement français à partir de 1994. Il est dans les « auteurs principaux » depuis 1995 (2ème, 3ème, rapport puis monte au Bureau du Groupe I). Mais Jean Jouzel c’est aussi et d’abord 45 ans de fiches de salaires du Commissariat à l’Énergie Atomique, sa carrière intégrale, son employeur exclusif, où il est Directeur de recherche-CEA depuis 1995. Ce billet a à voir avec notre environnement et notre santé, avec en toile de fond bien comprise le militantisme d’influence politique et financière de Jean Jouzel sur certaines choses en contraste à son immense discrétion sur beaucoup d’autres réalisées par sa « Maison » nourricière CEA…

…3. Le tritium vital pour le lobby nucléaire, dommageables pour le vivant

…Le biologiste Pierre Barbey souligne qu’il y a une sous-estimation réelle du risque tritium, à lire ici, pour plusieurs raisons :

        1) contrairement au précepte officiel, le tritium peut s’accumuler dans la chaîne alimentaire. A cause de sa masse plus élevée, triple, il semble être intégré de façon privilégiée par rapport à l’hydrogène. Proche de Sellafield les teneurs en tritium dans les poissons les mollusques et les crustacés sont 10 fois, et pour des poissons plats dans l’estuaire de la Severn 1000 à 10 000 fois, supérieures à celles de l’eau de Mer. Quelqu’un comme Jean Jouzel dont tout le raisonnement dans les glaces était basé sur une séparation des hydrogènes deutérium et tritium dans le cycle atmosphérique de l’eau à cause de leur différence de masse devrait bien comprendre qu’il peut se produire des choses de ce genre.

       2) la radioprotection officielle traite les radiations bêta (des électrons d’origine nucléaire) émises par le tritium comme s’il s’agissait de radiations gamma (photons qui relâchent leur énergie sur une longue distance) alors que le dépôt d’énergie se fait sur une distance de l’ordre du micron nettement inférieur au diamètre moyen d’une cellule, qui favorise la formation de sites de liaisons multiples plus difficilement réparables (et ça peut être l’ADN).

         3) ainsi en dépit des pressions, des études s’accumulent montrant que le facteur de risque, ou « équivalent de dose » officiel, qui est de 1 (i.e. une énergie reçue de 1 gray se traduit en un dégât de 1 Sievert → 1 pour 1) est très sous-estimé. De nombreux travaux calculent le plus souvent qu’il est entre 2 et 3 et jusqu’à 8 dans certaines études. En Grande Bretagne, le très officiel Advisory Group on Ionising Radiation, vient de proposer de multiplier par deux ce facteur

…5. Jean Jouzel a quelques potes (Hansen, SFEN, GIEConuc, 350.org/M.Combes)…

Jean Jouzel, 350.org/J. Hansen et Maxime Combes n’ont pas fini de nous faire frissonner avec des histoires d’horreur-climatiques numériques dans l’espace-temps en référant à la bible GIEC. En effet c’est le Sud-Coréen Hoesung Lee, 69 ans qui a pris la présidence du GIEC. La Corée du Sud est en train de monter son nucléaire de 24 à 41% et finit de construire (Korea Electric Power Corporation, KEPCO) 2 réacteurs 1400 MWé (, voir infographique tout en bas) et en commence deux autres pareils dans le désert d’Abu Dhabi, d’une part pour une poignée de personnes hyper-riches au-dessus de confortables réserves de pétrole, et surtout là où il y a de la place vide à ne plus quoi savoir en faire sans végétation à contrôler, un des endroits du globe au plus fort taux d’ensoleillement. Faut-il rappeler que les personnes qui composent le GIEC sont des envoyé-e-s des gouvernements ? Hoesung Lee est « économiste « et un transfuge du groupe III du GIEC. Le Groupe III propose des solutions pour remplacer les fossiles qui sont depuis 2007 notamment le nucléaire.

Pour lire l’article en totalité : https://blogs.mediapart.fr/ano/blog/141116/jean-jouzel-et-les-cea-giec-i-les-rejets-ionisants-propres

La suite : « Jean Jouzel et les CEA-GIEC-EDF, II : Quelques reposoirs de « l’énergie non carbonée propre » : ici

Et : « Jean Jouzel III : le collecteur de fonds, le fioul lourd et les employé-e-s jetables : ici

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Nov 15

DÉCHETS RADIOACTIFS : AREVA AUTORISÉE À DOUBLER LES CAPACITÉS D’ENTREPOSAGE DE LA HAGUE

la-hagueUn décret autorisant Areva à modifier l’usine de traitement d’éléments combustibles irradiés provenant des réacteurs nucléaires à eau ordinaire (dite « UP3 A ») implantée dans l’établissement de La Hague (Manche) est paru au Journal officiel du 9 novembre. Ce nouveau décret double les capacités d’entreposage de conteneurs de déchets. « Le texte autorise Areva à entreposer (…) 12.636 colis supplémentaires de déchets issus du traitement de substances radioactives, principalement des déchets vitrifiés de haute activité et à vie longue, la capacité d’entreposage actuelle autorisée de 12.240 colis de déchets vitrifiés arrivant à saturation en 2017« , résume le décret.

Ces déchets, qui émettent un rayonnement important, nécessitent un entreposage de longue durée, compris entre 50 et 100 ans. Cet entreposage permet la décroissance des rayonnements avant l’enfouissement des déchets dans le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), dont la construction est prévue près de Bure (Meuse). L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), consultée sur le projet de décret, avait rendu en septembre un avis favorable.

Jusqu’à 24.876 colis de déchets vitrifiés

Le site produit des conteneurs en acier inoxydable pour le conditionnement des produits de fission extraits du combustible usé (les CSD-V, pour conteneur standard de déchets vitrifiés). Jusqu’à maintenant, rappelle l’avis de l’Autorité environnementale, l’usine pouvait stocker 12.348 de ces colis : 3.600 conteneurs dans l’atelier de vitrification et 8.748 conteneurs dans trois fosses dédiées, numérotées 10, 20 et 30. Le nouveau décret autorise la construction de trois nouvelles alvéoles, numérotées 40, 50 et 60.

Les capacités d’entreposage prévues atteindront 3.600 conteneurs dans l’atelier de vitrification, 4.428 colis pour les fosses 10 et 20, 8.424 pour les fosses 30 et 40 et 8.424 pour les fosses 50 et 60, soit un total de 24.876 colis. « La durée d’entreposage de chaque colis est limitée à cent ans« , précise le décret.

Par ailleurs, le site produit aussi des conteneurs standards de déchet compactés (CSD-C) servant à empaqueter les déchets métalliques des gaines de combustible et de leurs embouts. Le cumul de ces colis et des colis de déchets vitrifiés est fixé à 49.412.

Article de Philippe Collet, journaliste, rédacteur spécialisé

http://www.actu-environnement.com/ae/news/dechets-radioactifs-areva-autorise-doubler-capacites-entreposage-la-hague-27859.php4

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