Déc 12

« SECRET-DÉFENSE : QUE NOUS CACHE L’ÉTAT? »SUR FRANCE 2 LE 14 DÉCEMBRE

Fantasme de journalistes ou réalité ? Complément d’enquête lève le voile sur une zone trouble : le secret-défense. Comment se décide-t-il, et sur quel périmètre ? Quelle est la frontière entre le secret et le mensonge d’Etat ? En Seine-Saint-Denis, des habitants réclament la lumière sur les essais nucléaires réalisés pendant quarante ans près de chez eux. Ont-ils été contaminés ? Du côté des autorités, c’est le silence radio…

Parmi les 3 sujets traités dans l’émission « Secret-défense : que nous cache l’État? », ne ratez pas celui-ci :

Un secret explosif 

Des essais nucléaires à quelques kilomètres de Paris ! Au fort de Vaujours, en Seine-Saint-Denis, l’armée française a testé des détonateurs de bombes atomiques pendant quarante ans. Le site est aujourd’hui fermé mais les habitants vivent dans l’angoisse. Présence de radioactivité, taux anormal de tumeurs et de cancers de la thyroïde... Élus et citoyens se battent pour obtenir la levée du secret-défense.

Un reportage de Thomas Lelong

À regarder (ou à enregistrer) le 14 décembre sur France 2 à partir de 23 h

Déc 12

EMMANUEL MACRON, ÉCOLOPPORTUNISTE

Sensibilisé pendant la campagne après avoir été pro-carbone sous Hollande, le chef de l’État s’est saisi des enjeux climatiques après le retrait des États-Unis de l’accord de Paris. Problème : les actes ne suivent pas toujours les beaux discours.

Emmanuel Macron, écolopportuniste

Ses proches le reconnaissent sans hésiter : la question écologique n’était pas la priorité du candidat Macron, pas plus qu’elle n’était celle du conseiller puis du ministre de François Hollande qu’il fut pendant quatre années. Avant de se construire, par opposition à la furie climato-sceptique de Donald Trump, une stature de protecteur de la planète, il a plutôt été «un relais efficace pour combattre l’écologie», témoigne Delphine Batho. L’ex-ministre se souvient par exemple des coups de fils de l’ancien conseiller du chef de l’État l’enjoignant de signer des permis d’exploration d’hydrocarbures.

Pendant sa campagne, le candidat a tout de même pris soin d’échanger avec certaines figures de l’écologie politique, comme Pascal Canfin, directeur général du WWF France, ou l’ex-ministre Corinne Lepage. Au cœur de la macronie, certains auront à cœur de le «sensibiliser». Ce fut le cas du futur numéro 1 de La République en marche, Christophe Castaner, maire PS et néanmoins écolo de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), qui a été l’un des premiers à bannir les panneaux publicitaires aux portes de sa ville. L’ex-députée Corinne Erhel, brutalement décédée au début de la campagne pour les législatives, fut un autre aiguillon écolo. Pionnière de la «grande marche», cette élue bretonne était bien placée pour savoir que la partie était loin d’être gagnée : elle fut l’une des principales animatrices du combat contre le décret signé Macron autorisant l’extraction de sable coquillier sur la côte de Granit rose…

«En matière d’écologie, son programme n’avait rien de révolutionnaire, c’était pour moi la ligne de flottaison, on ne pouvait pas descendre en dessous, mais il était honnête, réaliste, se souvient Corinne Lepage. Quand il est venu me voir en juin 2016, j’ai d’abord dit « non, je ne peux pas soutenir quelqu’un qui veut du diesel, du nucléaire, et adore les pesticides« . Mais il m’a recontactée et j’ai accepté de travailler sur son projet, je me suis notamment battue pour qu’il y maintienne le cap de 50 % de nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025, inscrit dans la loi de 2015.»

«Bon à prendre»

Pour le député LREM Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, ses anciens amis écolos font un mauvais procès au chef de l’État quand ils doutent de la sincérité d’une conversion jugée trop tardive pour être honnête. S’il a peu été question d’écologie dans cette campagne présidentielle – «comme hélas dans toutes les campagnes» -, Orphelin rappelle que le candidat s’était prononcé «dès février» pour la hausse du prix du diesel. Ce qui était en fait déjà engagé par Hollande… «Dès le début, les marqueurs étaient là : il a parlé de fiscalité écologique et d’investissement dans la transition écologique», ajoute le député.

Le compte n’y était manifestement pas pour Hulot. Quelques jours avant le premier tour de la présidentielle, il faisait au fondateur d’En marche le reproche de n’avoir «pas compris que c’est bien un modèle ultralibéral qui est à l’origine de la crise écolo». Entre les deux tours, il s’était ensuite fendu dans le Monde d’une tribune intitulée «Un vote de raison, pas d’adhésion». «Vous ne pouvez pas prétendre devenir un président responsable et ignorer […] les 26 % du corps électoral qui ont choisi, au premier tour, la vision plus intégrale de l’écologie et des solidarités défendue par Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon», écrivait Hulot, demandant au finaliste de la présidentielle d’avoir «le courage» de s’engager «à renégocier ou à défaut rejeter ces accords de libre-échange de nouvelle génération, et en priorité celui noué avec le Canada (Ceta), qui sont l’expression la plus aboutie d’une mondialisation sauvage et dérégulée». Message reçu ? Dès le lendemain, Macron assurait avoir entendu «les doutes et les incertitudes». Et s’engageait à nommer «une commission d’experts et de scientifiques irréprochables» chargée de dire «ce qu’il en est exactement des conséquences environnementales sur la santé de cet accord».

Si l’authenticité de son adhésion à l’urgence écologique reste à démontrer, le chef de l’État réussit à s’imposer, sur la scène internationale, comme une sorte de lanceur d’alerte. Le refus de l’accord de Paris par Trump aura été une aubaine. Avec son «Make our planet great again» lancé au monde dans la nuit du 2 juin, Macron saisissait l’opportunité inespérée d’instaurer un leadership français. «Cela a une vocation diplomatique plus qu’écologique. N’empêche que c’est bon à prendre», dit Lepage. «Depuis ce 2 juin, il est question d’écologie à tous les Conseils des ministres… Même quand Hulot n’est pas là !» confie-t-on dans l’entourage d’un ministre.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire le confirme dans les médias. «Ce n’est pas pour me faire plaisir qu’Emmanuel Macron a organisé le sommet [sur le climat de ce mardi], qu’il fait voter une loi sur les hydrocarbures [actant une fin des forages en France en 2040], qu’il dit aux industriels « maintenant, c’est fini, on ne vendra plus de véhicules thermiques en 2040 », assure Nicolas Hulot dans un entretien accordé dimanche à 20 Minutes. […] Il le fait spontanément, ça prouve que sa conversion est très rapide. C’est le propre des hommes intelligents de ne pas s’obstiner, d’être capables à un moment donné de se mettre en phase avec les contraintes de l’époque.»

Le ministre écolo, très isolé au sein de l’exécutif, se démène pour convaincre au plus haut niveau de l’État. Hulot inspire-t-il vraiment Macron ou sera-t-il aspiré, pour reprendre sa formule ? Depuis cet été, il lui est arrivé de confier ses doutes en privé, avant de se donner un an pour évaluer si sa présence au gouvernement aura permis d’engager «un changement profond, une dynamique irréversible». Loin d’être naïf, il sait qu’il sert en partie de caution verte et que la tête de l’exécutif peut être rattrapée par les vieux démons du conservatisme, des lobbys, du court-termisme…

Hulot, qui a demandé début novembre à EDF un plan stratégique pour développer les énergies renouvelables, semble déjà avoir eu gain de cause sur ce point auprès de Macron. Lundi, à la veille du sommet de Paris, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a annoncé la construction de 30 gigawatts de capacités de production photovoltaïques en France entre 2020 et 2035, contre 1,8 actuellement. Un grand «plan solaire» qui n’a rien d’anecdotique et représentera 25 milliards d’euros d’investissements. «Le potentiel de développement de l’énergie solaire est extraordinaire en France», a commenté Hulot, confirmant sa volonté de «changer d’échelle dans ce domaine».

(NDLR : 25 milliards en 15 ans = 1,66 milliard par an à comparer au budget de 2 milliards par an pour moderniser notre arsenal nucléaire !C’est très largement insuffisant et quid de l’éolien, de l’hydrolien… ?)

«On nage dans les contradictions»

Jusqu’ici, pourtant, nombre de spécialistes de l’environnement fustigent un contraste entre les paroles du chef de l’État, son aura écolo à l’international, et ses actes en France. «On nage dans les contradictions, le bilan des six premiers mois est très mitigé», tacle Lepage. L’ex-ministre ne parvient pas à avaler le report des 50 % de nucléaire à 2030 ou 2035, annoncé par Hulot début novembre : «C’est un signal terrible. Comme si on disait qu’on abandonne l’objectif de 2°C de réchauffement maximum : on abandonne le cap qui permet de donner une direction à la politique.» Celle qui dit ne plus avoir de contacts avec Macron depuis le 30 mai «parce qu’il n’en veut pas» déplore aussi d’autres choix «incroyables», telles la suppression de certaines aides à l’agriculture biologique ou la ponction d’une partie du budget des Agences de l’eau pour financer l’Office national de la chasse. Et pointe l’ambiguïté de la position présidentielle sur le glyphosate : Macron promet le 27 novembre dans un tweet son interdiction d’ici trois ans au plus tard, mais laisse déjà entendre que ce sera uniquement le cas si des alternatives sont trouvées… alors qu’elles existent déjà, comme l’a rappelé un rapport de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) la semaine dernière.

À la COP 23 de Bonn, début novembre, «c’était la première fois qu’un président français faisait un discours de promotion du nucléaire dans le cadre d’une conférence onusienne sur le climat», remarque aussi Delphine Batho. Pour elle, «il y a un hiatus entre l’engagement pour le climat de Macron et le fait d’être favorable à la destruction de la forêt amazonienne pour faire la mégamine « Montagne d’or » en Guyane, ou de reporter la taxe européenne sur les transactions financières pour accueillir à Paris la City» de Londres effrayée par le Brexit.

«Cette TTF permettrait de récolter 22 milliards d’euros par an au niveau européen, qui pourraient être en grande partie affectés à la solidarité internationale et à la lutte contre le changement climatique», insiste l’ONG Oxfam France. Les associations citent aussi la mise en application provisoire du Ceta, l’accord de libre-échange avec le Canada, alors que la commission d’experts promise par le candidat Macron a rendu début septembre des conclusions mitigées. Elle avertissait que cet accord «ne donne pas la priorité aux préoccupations liées à la protection de l’environnement» sur lequel il aura un impact «défavorable».

Les ONG regrettent en outre le refus de supprimer dans le budget 2018 les niches fiscales favorables aux énergies fossiles, comme le kérosène pour les avions. Autre motif d’irritation et d’inquiétude : pour construire des logements neufs de façon «massive», Macron a dit en septembre vouloir «réduire les exigences des normes environnementales et sociales», opposant écologie et économie au lieu de les relier.

«Concréto-concret»

Or, pour Batho, «sur l’écologie, compte tenu de l’accélération très grave du changement climatique et de la destruction de la biodiversité, le « en même temps » d’Emmanuel Macron n’est plus possible». Lepage réclame, elle, autre chose que des lois symboliques, comme celle sur la fin des hydrocarbures : «On a besoin de concréto-concret.» Remarquant au passage que «la part laissée à Nicolas Hulot est très congrue».

«Emmanuel Macron sera écolo le jour où il acceptera de mettre une carte aussi incroyablement bonne que celle de Nicolas Hulot au centre de son dispositif, de faire de l’écologie non pas une simple branche de sa politique publique, mais une racine, estime l’avocat en droit de l’environnement Arnaud Gossement. Cela a même un nom en droit, le « principe d’intégration » : intégrer dans toutes les décisions publiques une évaluation de leur incidence sur l’environnement, les peser au trébuchet de l’écologie.» Et de plaider pour que le ministre de l’Écologie devienne un véritable vice-Premier ministre, comme Hulot le préconise depuis des années. Ce qui permettrait de «cesser de fractionner les sujets et de véritablement changer de paradigme en attribuant à l’écologie davantage qu’un ministère parmi d’autres, qui aujourd’hui se heurte souvent au travail de sape d’autres administrations».

Pour l’instant, Macron reste, aux yeux de la plupart des militants écolos, dans la droite ligne de Hollande. Ni écolo ni anti-écolo, juste «a-écologique». «Les élites ont intégré la question du climat, mais pas encore la compréhension globale et systémique de l’anthropocène [nouvelle ère géologique caractérisée par l’influence majeure de l’homme sur le milieu terrestre] : les enjeux de biodiversité ou de raréfaction des ressources ne sont pas suffisamment pris en considération», constate Delphine Batho. Mais l’ex-ministre ne va pas jusqu’à en conclure que la situation serait désespérée. Puisque l’écologie est devenue «culturellement majoritaire», elle n’exclut pas que le chef de l’État puisse en tirer les conséquences en s’engageant pour de bon dans cette bataille qui «au départ n’était pas la sienne».

Article d’Alain Auffray et Coralie Schaub

http://www.liberation.fr/france/2017/12/11/emmanuel-macron-ecolopportuniste_1616002

Déc 12

ÎLE LONGUE : SIMULATION D’UN ACCIDENT NUCLÉAIRE

Une arme nucléaire atteinte et qui propage des matières radioactives… Tel est l’exercice simulant une situation de niveau IV, degré de dangerosité le plus important dans l’échelle des accidents, qui aura lieu les 12 et 13 décembre à la base opérationnelle de l’Île Longue à Crozon. 

Se préparer au pire. C’est ce que les habitants de Crozon vont vivre les 12 et 13 décembre prochain. Un exercice national de sécurité nucléaire simulant une situation de niveau IV est organisé sur l’Île Longue par la préfecture du Finistère, la Marine nationale et le délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la Défense (DNSD). Un exercice qui ne fait pas l’unanimité.

L’Île Longue en zone rouge

Le scénario prévoit un accident sur une arme nucléaire qui portera atteinte à son intégrité et provoquera une dispersion limitée de matière radioactive. L’objectif est d’informer la population, de tester la coordination des différents acteurs et de tester le dispositif ORSEC PPI.

L’Île longue sera bouclée dans un périmètre de 2.875 mètres, indique les organisateurs. Des fusiliers-marins, des gendarmes maritimes, des médecins, des infirmiers (…) Une centaine de personnes sera mobilisée dans la zone. En dehors, des barrières de sécurité avec la mention « Île Longue – Exercice 2017 »  seront posées. Des cellules de crise et d’informations

Un plan d’urgence interne sera mis en place dans la zone bouclée, par le commandant de l’île Longue. De son côté, la préfecture du Finistère activera une cellule de crise et une cellule d’information au public. La mairie de Crozon installera un poste de commandement intercommunal pour permettre aux élus de déployer les moyens municipaux sur le terrain, selon les décisions prises par le préfet.

Des écoles bouclées

Les écoles Saint-Fiacre et Roscanvel, situées aux alentours du périmètre de bouclage, mettront en œuvre leur plan d’urgence. Au déclenchement des sirènes, les enfants seront confinés dans un bâtiment en dur, portes et fenêtres fermées, ventilations arrêtées sans obturer les bouches d’aération.

L’exercice montre la dangerosité de tout ce qui touche aux armes nucléaires (Roland Nivet)

Pour Roland Nivet, président du comité de Rennes du mouvement de la paix qui œuvre pour le désarmement, notamment nucléaire, rappelle que l’exercice permet de « montrer la dangerosité de tout ce qui touche aux armes nucléaires autour de la rade de Brest. » Ce dernier explique que la Croix-Rouge a indiqué qu’en cas de conflit nucléaire, elle ne pourrait être d’aucune aide. Roland Nivet rappelle que le 2 novembre dernier, les Nations-Unis ont voté pour une conférence de haut niveau sur le nucléaire en mai 2018. « Pour le moment, la France, les États-Unis, la Grande-Bretagne (…) ont fait part de leur opposition à cette conférence. »

À noter que la France n’a pas envoyé d’ambassadeur au Prix Nobel de la Paix, où la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) a été récompensée dimanche 10 décembre. 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/ile-longue-simulation-accident-nucleaire-1382799.html

Déc 12

« PAQUET ÉNERGIE » EUROPÉEN : LES SYNDICATS DEMANDENT AU GOUVERNEMENT DE SE MOBILISER

Paris – Les fédérations syndicales de l’énergie CFDT, CFE-CGC, FO et CGT demandent lundi au gouvernement de se mobiliser pour « défendre les intérêts des Français » dans l’examen en cours du quatrième « paquet énergie » européen, afin que ne soient oubliées ni la dimension sociale ni la politique industrielle.

Dans un communiqué, l’intersyndicale indique qu’elle vient de rencontrer à Bruxelles « de nombreux députés européens, français et étrangers, et issus de quatre groupes politiques afin de les alerter sur les propositions législatives » de ce « paquet énergie« .

Publié en novembre 2016 par la Commission européenne, cet ensemble de propositions de réformes destinées à promouvoir les énergies renouvelables et à renforcer le marché unique de l’énergie est actuellement en cours d’examen par le Parlement européen et le Conseil de l’UE (qui regroupe les États membres). Ils doivent décider de leurs positions de négociation respectives avant d’entamer les discussions pour trouver un compromis.

Pour l’intersyndicale, cet ensemble de réformes « perd de vue les questions de service public, de long terme et d’intérêt général. Il propose aux populations, y compris vulnérables, de supprimer les tarifs réglementés qui les protègent et qui assurent la cohésion sociale ».

Les syndicats estiment aussi qu’il est « impossible de relever le défi climatique en s’en remettant uniquement aux lois du marché ».

« Plus perfidement », écrivent-ils, avec « la nouvelle gouvernance énergétique » proposée, la Commission européenne « cherche à renforcer son propre pouvoir (…) au détriment des États membres qui pourtant assument en dernier ressort la responsabilité de la sécurité énergétique de leurs citoyens ».

De plus, ce « paquet européen », selon les syndicats, fait « encore moins le lien avec l’indispensable politique industrielle européenne » dans ce domaine « pour que les choix énergétiques favorisent le développement de filières industrielles créatrices d’emplois sur le territoire européen ».

L’intersyndicale « poursuit sa mobilisation pour défendre une Europe de l’énergie moins dogmatique, qui a le souci du long terme et de l’intérêt général et qui n’oublie ni la dimension sociale ni les impératifs de politique industrielle ». Elle « demande au gouvernement d’en faire autant en mettant son énergie à défendre les intérêts des Français ».

©AFP / 11 décembre 2017 18h48

https://www.romandie.com/news/Paquet-energie-europeen-les-syndicats-demandent-au-gouvernement-de-se-mobiliser/871670.rom

Déc 11

MOON ET XI TIENDRONT UN SOMMET BILATÉRAL SUR LA CORÉE DU NORD CETTE SEMAINE

Le président sud-coréen Moon Jae-in partira à Pékin ce mercredi pour un sommet bilatéral avec son homologue chinois Xi Jinping, qui se focalisera sur les moyens de dénucléariser la Corée du Nord et d’améliorer les relations bilatérales entre les deux pays, a fait savoir ce lundi un officiel du bureau présidentiel Cheong Wa Dae.

Le sommet bilatéral se tiendra ce jeudi, un jour après l’arrivée du président sud-coréen dans la capitale chinoise pour une visite d’État.

La réunion Moon-Xi marquera la deuxième rencontre du genre depuis que les deux pays ont annoncé une déclaration conjointe visant à relancer leurs relations bilatérales tendues suite au déploiement sur le sol sud-coréen du système américain de défense antimissile à haute altitude THAAD (Terminal High Altitude Area Defense).

Les deux dirigeants se sont rencontrés en marge du sommet de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Apec) à Danang, au Vietnam, le mois dernier. Ce sera également le troisième sommet entre les deux chefs d’État depuis que Moon a pris ses fonctions en mai dernier.

«La visite d’État en Chine du président Moon devrait être une occasion pour les deux pays de normaliser pour de bon leurs relations bilatérales avec le rétablissement de la confiance entre les deux pays et de renforcer l’amitié entre les deux dirigeants», a déclaré Nam Gwan-pyo, directeur adjoint du Bureau de la sécurité nationale de Cheong Wa Dae.

L’ambition nucléaire constante de la Corée du Nord sera également à l’ordre du jour du sommet Moon-Xi.

«Également, les deux chefs d’État prévoient d’avoir une discussion en profondeur sur les moyens de résoudre de manière pacifique le dossier nucléaire nord-coréen et d’établir la paix sur la péninsule coréenne», a-t-il ajouté dans une conférence de presse.

La visite de Moon en Chine interviendra deux semaines après le tir d’essai de missile balistique intercontinental de la Corée du Nord, semblant pouvoir atteindre l’ensemble du territoire américain, le 29 novembre, après un silence de 75 jours.

Le régime communiste a effectué 11 tirs d’essai de missiles depuis l’arrivée de l’administration Moon en mai dernier, ainsi qu’un sixième essai nucléaire, le plus puissant jamais réalisé, le 3 septembre.

Cheong Wa Dae avait annoncé plus tôt que la visite de Moon comprendrait une visite de deux jours à Chongqing. Moon rentrera en Corée du Sud samedi.

SÉOUL, 11 déc. (Yonhap), kimsy@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2017/12/11/0200000000AFR20171211001600884.HTML

Déc 11

LA FRANCE DOIT RATIFIER LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Quatorze organisations catholiques appellent à s’engager pour un monde sans armes nucléaires à l’occasion de la remise du prix Nobel de la paix 2017 au mouvement Ican (Campagne internationale contre les armes nucléaires).

Le 10 décembre, le prix Nobel de la paix 2017 a été remis au mouvement Ican (Campagne internationale contre les armes nucléaires). Il récompense le travail mené par la société civile auprès des États qui a permis la signature à l’ONU, le 7 juillet dernier, d’un Traité d’interdiction des armes nucléaires (Tian) par 122 pays.

Le TIAN ouvre le chemin vers l’abolition mondiale de ces armes de destruction massive. Leur utilisation qui tendrait « indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre l’homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation » (Gaudium et spes, n° 80-4). Pourtant aucun des neuf États dotés de l’arme nucléaire (USA, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord) ne semble, à ce jour, prêt à ratifier ce traité.

Les 10 et 11 novembre dernier, les participants, dont plusieurs prix Nobel de la paix, réunis au Vatican pour un congrès sur le désarmement nucléaire, se sont appuyés sur les paroles du pape François pour rejeter l’argument de la dissuasion : « La détention des armes nucléaires répond à une logique de peur et engendre une sensation trompeuse de sécurité… Si l’on considère le risque d’une détonation accidentelle de telles armes due à n’importe quel type d’erreur, il faut condamner la menace de leur usage, ainsi que leur possession, parce que leur existence est inséparable d’une logique de peur qui ne concerne pas seulement les parties en conflit, mais tout le genre humain. »

La dissuasion nucléaire n’apporte aucune réponse aux menaces les plus graves qui pèsent aujourd’hui et demain sur la sécurité de nos concitoyens : le terrorisme, le changement climatique et l’accroissement des inégalités, tant au niveau mondial qu’au niveau national. De plus, comme le souligne aussi le pape, « les coûts de modernisation et de développement des armes nucléaires représentent un poste de dépenses considérables sur les nations » (4 milliards par an pour notre budget national qui pourrait être porté à 6 milliards d’ici à 2020). Il laisse « au second plan les priorités réelles de l’humanité souffrante : la lutte contre la pauvreté, la promotion de la paix, la réalisation de projets éducatifs, écologiques et sanitaires et le développement des droits humains ».

Avec humilité et détermination, nous appelons la France à ratifier le Traité d’interdiction des armes nucléaires et ainsi à renoncer à posséder de telles armes. Une telle décision constituerait un geste fort capable d’entraîner d’autres États sur la voie du désarmement nucléaire mondial, nécessaire pour l’avenir de la planète Terre !

Nous invitons aussi nos concitoyens à engager le dialogue en vue d’un monde sans armes nucléaires, à appuyer cet appel auprès des autorités, à rejoindre ou soutenir les différents mouvements rassemblés au sein de ICAN France, aujourd’hui honoré et reconnu par l’attribution du prix Nobel de la paix.

https://www.la-croix.com/Journal/France-doit-ratifier-Traite-dinterdiction-armes-nucleaires-2017-12-11-1100898456

Déc 11

LA COALITION CLIMAT DU RHÔNE RÉCLAME LA TAXE VERTE SUR LA FINANCE

Alors que deux journées autour du climat réunissent des financiers et des membres de gouvernements à Paris, la Coalition Climat Rhône estime qu’il n’y aura que peu d’avancées sans la fin des investissements dans les énergies fossiles et la mise en place d’une taxe européenne sur les transactions financière dédiée à la transition écologique.

“C’est ambigu de faire une journée sur le climat avec des financiers alors que les banques et les compagnies d’assurances soutiennent des projets destructeurs du climat”, constate Michel Buisson, membre de la Coalition Climat Rhône. Alors que s’ouvre ce lundi et ce mardi le Finance Climate Day et le One Planet Summit (Jour de la Finance Climatique et Une Seule Planète), l’associatif a peu d’espoirs. “Il y a plein de financements possibles pour le climat, mais la finance ne se dirige pas vers les bons. Il faut réellement rediriger les investissements vers les énergies renouvelables ou de la consommation plus respectueuse” plaide-t-il, estimant que derrière les paroles, peu d’actes concrets suivent. Depuis quelques mois, la grogne monte parmi les ONG et les associations à propos de la transition écologique. Ces dernières réclament une taxe européenne sur la finance pour rediriger une partie des transactions financières vers le développement durable et la transition écologique.

“Le gouvernement acte des décisions contraires à la transition écologique”

Pour Michel Buisson, les avancées vers la transition restent bien trop faibles en France. “Alors que le Président veut s’offrir à bon compte une image de leader pour le climat, son gouvernement acte des décisions contraires à la transition écologique, énergétique et sociale comme le CETA, la loi sur les hydrocarbures ou le recul sur le désengagement du nucléaire. Il juge tout aussi sévèrement les premiers pas de Nicolas Hulot en tant que ministre. “Il n’y a pas de vision globale. Il ne pense pas en termes de transition alors que c’est le plus important. Il parle un jour des voitures, le lendemain du glyphosate, ensuite il recule sur le nucléaire. C’est du coup par coup” explique-t-il. À défaut de pouvoir peser au niveau national, la Coalition Climat Rhône a engagé des travaux sur le logement, les déplacements, l’énergie renouvelable ou l’alimentation avec le vice-président au développement durable de la Métropole de Lyon, Bruno Charles.

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Environnement/La-Coalition-Climat-du-Rhone-reclame-la-taxe-verte-sur-la-finance

Déc 11

LE NOBEL DE LA PAIX REMIS AUX ANTINUCLÉAIRES SUR FOND DE CRISE NORD-CORÉENNE

La destruction de l’Humanité ne tient « qu’à un coup de sang« , se sont alarmés dimanche les militants antinucléaires en recevant à Oslo le prix de la paix, avant que les autres Nobel ne soient remis à Stockholm.

« Sera-ce la fin des armes nucléaires ou notre fin à nous ?« , a lancé Beatrice Fihn, la directrice de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), lors d’une cérémonie à Oslo.

ICAN a reçu le Nobel en présence de survivants des bombardements de Hiroshima et Nagasaki qui avaient fait environ 220.000 morts il y a 72 ans, alors même que la planète est aujourd’hui confrontée à un nouveau péril nucléaire.

La Corée du Nord a ces derniers mois multiplié les tirs de missiles et les essais nucléaires, tout en échangeant des menaces belliqueuses avec Donald Trump, lequel a ordonné des manœuvres militaires dans la région.

« La manière rationnelle de procéder est de cesser de vivre dans des conditions où notre destruction mutuelle ne tient qu’à un coup de sang« , a souligné Mme Fihn, en appelant à débarrasser la planète des armes atomiques.

« Leur existence incite les autres à se joindre à la course nucléaire. Elles ne nous protègent pas, elles poussent au conflit« , a-t-elle affirmé. 

Coalition regroupant près de 500 ONG dans une centaine de pays, ICAN a œuvré en faveur d’un traité d’interdiction de l’arme atomique, adopté en juillet par 122 États. Historique, ce texte est affaibli par l’absence des neuf puissances nucléaires parmi les signataires.

« Le message principal d’ICAN est que le monde ne peut jamais être sûr aussi longtemps que nous avons des armes nucléaires« , a souligné la présidente du comité Nobel, Berit Reiss-Andersen, dans son discours de remise du Nobel.

« Ce message résonne auprès de millions de personnes qui ont le sentiment que la menace d’une guerre nucléaire est la plus élevée depuis longtemps, surtout à cause de la situation en Corée du Nord« , a-t-elle ajouté.

« Enfer sur Terre »

Dans un signe de défiance apparent, les puissances nucléaires occidentales (États-Unis, France, Grande-Bretagne) ont, contrairement à l’usage, décidé de ne pas envoyer leur ambassadeur à la cérémonie mais des diplomates de second rang.

Pour elles, l’arme atomique est un outil dissuasif qui permet d’éviter les conflits et dont il n’est pas question de se défaire tant que d’autres pays cherchent à s’en doter.

Mais Mme Reiss-Andersen a fait valoir les risques liés à d’éventuels « dirigeants irresponsables« , à « des erreurs techniques ou humaines« , à des sabotages « par des hackers au nom d’États hostiles, de terroristes ou d’extrémistes« .

« Les armes nucléaires sont si dangereuses que la seule mesure responsable est d’œuvrer à leur démantèlement et leur destruction« , a-t-elle dit.  

Rescapée d’Hiroshima, Setsuko Thurlow, a reçu le Nobel au nom d’ICAN conjointement avec Mme Fihn.

Devant le roi de Norvège et la Première ministre Erna Solberg, elle a relaté les horreurs glaçantes qu’elle a vues après le premier bombardement atomique de l’Histoire le 6 août 1945 alors qu’elle n’avait que 13 ans.

Elle a raconté les morts omniprésents, les faibles appels à l’aide des mourants, les survivants formant « une procession de fantômes« , les membres en lambeaux, les yeux énucléés ou encore les intestins sortant des estomacs béants. 

« C’était l’enfer sur Terre« , a confié cette femme de 85 ans lors d’un entretien avec l’AFP.

Bien que la quantité d’ogives nucléaires sur la planète ait fondu depuis la fin de la Guerre froide, leur nombre reste estimé à 15.000 et de plus en plus de pays en détiennent.

« Neuf nations menacent encore d’incinérer des villes entières, de détruire la vie sur Terre, de rendre notre beau monde inhabitable pour les futures générations« , a déploré Mme Thurlow.

« Les armes nucléaires ne sont pas un mal nécessaire, elles sont le mal ultime« , a-t-elle lancé. 

Les autres prix Nobel (littérature, physique, chimie, médecine et économie) ont été remis à Stockholm sous les ors de la Konserthuset où la Fondation Nobel organise chaque année une cérémonie somptueuse.

Les 11 lauréats présents ont reçu des mains du roi Carl XVI Gustaf de Suède une médaille en or, un diplôme et un chèque de 9 millions de couronnes suédoises (environ 905.000 euros).

http://www.lepoint.fr/monde/le-nobel-de-la-paix-remis-aux-antinucleaires-sur-fond-de-crise-nord-coreenne-10-12-2017-2178511_24.php

Déc 11

LA CHEF DE LA DIPLOMATIE SUD-CORÉENNE PRÉCONISE DES «CANAUX DE COMMUNICATION EFFICACES» AVEC LE NORD

La ministre sud-coréenne des Affaires étrangères Kang Kyung-wha a mis l’accent ce lundi sur la nécessité d’établir des «canaux de communication efficaces» avec la Corée du Nord pour transmettre la voix unie de la communauté internationale appelant à la dénucléarisation de cette dernière.

«L’ouverture de canaux de communication efficaces doit être poursuivie dans le but de transmettre la voix unie de la communauté internationale à une Corée du Nord recluse et isolée», a déclaré Kang lors d’un forum international pour une «péninsule coréenne sans nucléaire» organisé par l’Institut des affaires étrangères et de la sécurité nationale (IFANS).

«Il est (aussi) urgent d’organiser des réunions de familles séparées entre les deux Corées et de rétablir une ligne directe entre les autorités militaires des deux pays», a-t-elle également noté.

«Le gouvernement sud-coréen projette de commencer à travers des contacts (avec la Corée du Nord) pour accomplir ces tâches spécifiques en vue d’améliorer les relations inter-coréennes», a ajouté la ministre.

Une participation nord-coréenne aux Jeux olympiques de PyeongChang 2018 serait une «bonne opportunité» pour se diriger dans cette direction, a-t-elle aussi souligné avant de faire part de son espoir de voir Pyongyang décider de se joindre à l’événement sportif international.

Kang a noté que la question nucléaire nord-coréenne est entrée dans une «nouvelle phase» suite à son lancement de missile balistique à longue portée du 29 novembre dernier et à sa déclaration sur l’achèvement d’une force nucléaire. «Le nucléaire et les missiles de la Corée du Nord sont désormais devenus une menace directe pour le monde entier et non une menace limitée à la péninsule coréenne et à l’Asie du Nord-Est.»

«Peu importe combien la Corée du Nord effectue de provocations, la communauté internationale ne tolèrera jamais la possession d’armes nucléaires de la Corée du Nord», a-t-elle martelé en ajoutant que la communauté internationale «renforcera les efforts diplomatiques pour ramener le pays à la table des négociations en s’unissant plus étroitement et en exerçant des pressions tous azimuts».

Au cœur de la politique de la Corée du Sud vis-à-vis de la Corée du Nord, se trouve une «solide alliance Corée du Sud-États-Unis», a-t-elle rappelé. Les alliés sont actuellement en étroite consultation sur les moyens d’augmenter la fréquence du déploiement de moyens militaires stratégiques américains sur la péninsule coréenne et d’acquérir et de développer des moyens de défense de pointe pour la Corée du Sud, a ajouté la chef de la diplomatie sud-coréenne.

SÉOUL, 11 déc. (Yonhap), lsr@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2017/12/11/0200000000AFR20171211002000884.HTML

Déc 10

LES ANTINUCLÉAIRES DU SUD-EST ONT FÊTÉ LEUR VICTOIRE CONTRE AREVA AU THÉÂTRE DU CHÊNE NOIR D’AVIGNON

Qui aurait pu miser un seul cent d’euros sur la victoire des antinucléaires face à la plainte en diffamation déposée devant la justice par la tête de proue de l’un des plus puissants lobbies au monde ? C’est pourtant ce tour de force qu’à réalisé le « pot de terre » de la Coordination antinucléaire du sud-est contre le « pot de fer » Areva. Il fallait fêter cette victoire sociétale…

Le jugement rendu par la 17ème chambre du Tribunal Correctionnel de Paris est sans appel : non il n’y a pas diffamation à dénoncer les agissements mortels des entreprises du nucléaire et leur collusion politique et parfois financière avec des élus et politiciens. Fusse en des termes abrupts et sans concession comme le fait la CAN-SE dans ses tracts et sur son site internet. Cela relève de la liberté d’expression et du débat sociétal voire scientifique mais en aucun cas judiciaire.

C’est pour fêter cette victoire hors du commun et qui a des répercussions positives au-delà de nos frontières hexagonales (les travailleurs et la population du Niger victimes de l’exploitation de l’uranium et de contaminations permanentes s’en trouvent réconfortés pour leur propre lutte contre Areva, tout comme les amérindiens du Québec dont les territoires sont pillés, surexploités et pollués par les mines uranifères d’Areva) que les antinucléaires ont organisés un après-midi festif au « Théâtre du Chêne Noir » d’Avignon ce samedi 9 décembre 2017.

Autour de projections de diaporama et photos retraçant les nombreuses actions menées pour l’arrêt immédiat du nucléaire en Paca et en Occitanie, le duo musical « Cristal d’Argile »  venu des Cévennes, avec des incursions chantées de Michèle, a régalé l’assistance de ses chansons humoristiques et de luttes convoquant à leur répertoire les grands noms de la chanson française tel Léo Ferré, Barbara, Boby Lapointe et bien d’autres encore.

Sur une table étaient présentés les cartes des 150 installations nucléaires en France et leurs impacts délétères sur la santé des adultes et des enfants, des argumentaires justifiant de l’urgente nécessité d’arrêter le nucléaire sans attendre et sans aucune condition, des explications démontrant aux travailleurs du secteur leur propre intérêt à tourner la page sombre de la destruction atomique et leur reconversion dans des secteurs porteurs (énergies alternatives, isolation des bâtiments, recherche et développement d’efficacité énergétique, stockage décentralisé des énergies,…)

Dans l’assistance on remarquait des membres des syndicats Sud, CNT et CGT, d’autres du PCF et de la fédération Anarchiste, la triple championne olympique et d’Europe de Judo Laeticia Meignan, le Mouvement « Utopia« . Plusieurs personnes issues du mouvement social et de transformation avaient tenu à s’excuser de leur non-présence et adressé des messages de sympathie et de soutien aux antinucléaires : Attac, Nuit Debout, France Insoumise, Greenpeace, le Conseil Traditionnel Mowack (amérindien),… Des antinucléaires d’autres régions et d’autres organisations et collectifs aussi (Gironde, Ariège, Berry, Ile de France,…)

Une séquence « d’intelligence collective » a permis de questionner le contexte déliquescent dans lequel se trouve la logique économico-politique sociétale et notamment le nucléaire qui engendre paupérisation et oppression tout en menaçant la vie sur Terre. Au regard de cela il s’est agi de mieux déterminer des formes de luttes multiples, collectives et individuelles, aptes à mettre à bas définitivement l’ordre atomique dominant.

Cet après-midi festif et de luttes tourne la page judiciaire de trois années de combat épuisant contre le « géant de la mort nucléaire » (la justice confirme le bien-fondé de l’usage de cette expression) et ouvre la voie à de nouvelles luttes pour l’abolition de la destruction atomique civile et militaire.

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/12/10/Les-antinucl%C3%A9aires-du-sud-est-ont-f%C3%AAt%C3%A9-leur-victoire-contre-Areva-au-Th%C3%A9%C3%A2tre-du-Ch%C3%AAne-Noir-d-Avignon

Déc 10

UN BLOCUS NAVAL US CONTRE LA CORÉE DU NORD SERAIT CONSIDÉRÉ COMME UNE DÉCLARATION DIRECTE DE GUERRE

La Corée du Nord considérerait comme une déclaration directe de guerre un éventuel blocus naval par les États-Unis et leurs alliés, apprend-on dimanche des médias nord-coréens.

Selon Rodong Sinmun, le quotidien nord-coréen le plus lu dans le pays, Pyongyang considérerait comme une déclaration directe de guerre un possible blocus naval par les États-Unis et leurs alliés les plus proches.

«Nous considérerons un blocus naval par les États-Unis et leurs adeptes comme un acte d’agression contre la souveraineté et la dignité de notre République, ainsi que comme une nouvelle déclaration directe de guerre», lit-on dans l’article.

Le média précise également que «les États-Unis et leurs adeptes devraient soigneusement évaluer les possibles conséquences catastrophiques d’un blocus naval».

Le Japon, profite-t-il de la crise nord-coréenne pour se militariser?

«Nous devons être prêts à prendre des contre-mesures immédiates et impitoyables si nous observons le moindre signe de mise en œuvre de restrictions maritimes dans la pratique», a poursuivi le quotidien.

Les tensions autour de la péninsule coréenne sont montées d’un cran après que la Corée du Nord a procédé fin novembre à un nouveau tir de missile balistique. Les États-Unis et la Corée du Sud ont, à leur tour, lancé des exercices militaires d’envergure.

Des médias sud-coréens ont cependant annoncé que la Corée du Sud et les USA n’envisageaient pas d’actions militaires contre la Corée du Nord, ni un blocus naval. 

https://fr.sputniknews.com/international/201712101034252064-blocus-naval-usa-coree-nord/

Déc 10

EMMANUEL MACRON JOUE AU LEADER ÉCOLO À L’INTERNATIONAL, MAIS QUE VAUT-IL EN FRANCE SUR CE SUJET?

ENVIRONNEMENT – « Make our planet great again« , des déclarations fortes à l’ONU, et un sommet international sur le climat qui doit s’ouvrir mardi 12 décembre 2017 dans la capitale française, deux ans jour pour jour après la signature de l’Accord de Paris. Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a multiplié les prises de positions fortes sur le réchauffement climatique et plus largement, l’environnement, tentant de s’imposer comme le « leader » international sur la question.

Mais parce que « charité bien ordonné commence par soi-même« , que peut-on retenir de ses premiers gestes environnementaux sur le territoire français? La nomination de Nicolas Hulot comme ministre la transition écologique et solidaire avait dans un premier temps envoyé un signal positif. Mais depuis, les espoirs semblent avoir été quelque peu douchés.

Début novembre, l’ancienne ministre Corinne Lepage estimait ainsi que l’écologie n’était pas « la tasse de thé » d’Emmanuel Macron. Nicolas Hulot « essaie de sauver les meubles » mais n’a « pour le moment pas obtenu grand-chose« , affirmait-elle.

« Ce dont j’ai l’impression, c’est qu’on lui laisse dire des choses ou faire des choses pour dans dix, vingt, trente ans parce que, finalement, ça ne gêne personne tout de suite. Mais sur les mesures immédiates, le glyphosate, les perturbateurs endocriniens, les milliards dépensés dans le nucléaire (…), le pauvre malheureux ne peut pas faire grand-chose« , regrettait alors celle qui occupait le même poste dans le passé.

Nicolas Hulot est loin d’être le ministre le plus détesté du gouvernement. Mais alors qu’Emmanuel Macron ne s’est que peu exprimé sur les sujets environnementaux nationaux, c’est son ministre de la Transition énergétique qui semble payer les pots cassés, et notamment celui de la reculade sur le nucléaire, qui lui a valu des critiques sévères de ses anciens collègues écologistes. En dépit de son « plan climat » dont certaines mesures ont déjà été adoptées, sa place au sein du gouvernement et son champ d’action réel sont régulièrement mis en doute, alors même que 43% des Français interrogés aimeraient qu’il ait davantage d’influence, selon un sondage BVA paru fin novembre.

Des paroles… et des actes?

Corinne Lepage n’est pas la seule à critiquer le côté uniquement « marketing » du nouveau gouvernement sur l’écologie. Les associations de défense de l’environnement partagent elles aussi ce constat. Interrogée par Le HuffPost, Lucile Dufour, du Réseau Action Climat, souligne ainsi le rôle d’exemple que devait donner la France, avant de pouvoir prétendre au leadership international sur le sujet.

« Ce que l’on voit depuis le début du quinquennat en France, c’est qu’on nous donne de grands objectifs avec certains ambitions, comme par exemple atteindre la neutralité carbone en gaz à effet de serre d’ici à 2050. Mais la question reste la même: comment fait-on dès maintenant pour mettre en place des politiques de court terme qui vont nous permettre d’atteindre des objectifs de très long terme?« , soulignait-elle avant le discours d’Emmanuel Macron à la COP23.

Le discours du président à ce rendez-vous d’envergure a-t-il permis de renverser la vapeur? Pas vraiment, à en croire les bilans dressés par les défenseurs de l’environnement. L’ONG internationale CARE a ainsi jugé que le président « s’était contenté de prononcer de belles paroles et de recycler d’anciennes annonces, pourtant insuffisantes« . Même constat du côté de Greenpeace, pour qui Emmanuel Macron a « manqué le rendez-vous« .

Avant le sommet qui doit s’ouvrir mardi à Paris, Réseau Action Climat a pointé plusieurs points à l’échelle nationale sur lesquels le président est attendu. Ils concernent des secteurs variés, allant de la baisse de l’exploitation du nucléaire à la rénovation des logements « passoires« , en passant par la fin du soutien financier public aux énergies fossiles des grandes institutions françaises, entre autres.

Et les scientifiques, ils en pensent quoi?

Que le tableau dressé par les associations soit sévère n’est pas vraiment étonnant. Mais ce constat est-il le même du côté des scientifiques? Interrogé par Le HuffPost, Thibault Laconde, ingénieur et consultant spécialiste des questions énergie et climat nuance: « On voit qu’il y a une activité sur le thème de l’écologie. Il y a eu des sujets mis en avant, des discussions au sein du gouvernement et aussi avec les parties prenantes de la société civile« , reconnait-il, avant de souligner que c’était aussi le cas au début des quinquennats précédents. Pour lui -comme pour les associations- l’enjeu est plutôt dans la durée. Il faudra surtout être capable de « traduire les intentions du début en vrais changements« , et après seulement sept mois de présidence, il est difficile de se lancer dans des prédictions.

Pourtant, il note malgré tout certaines actions encourageantes du gouvernement. La première d’entre elles est la hausse programmée de la taxe carbone dans le projet de loi finance 2018. « C’est un engagement fort sur un sujet qui n’est pas forcément populaire. Et ce genre de chose me fait penser qu’il y a quand même une certaine sincérité dans l’engagement du gouvernement Macron sur le climat. C’est peut-être moins vrai sur les sujets écologiques au sens large, mais sur le climat oui« , analyse Thibault Laconde.

Autre point positif pointé par l’ingénieur, la loi interdisant l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures en 2040, qui a fait de la France un pays pionner en la matière, bien que les ONG fassent remarquer que Total veut forer dans l’embouchure de l’Amazone.

La perspective annoncée par Nicolas Hulot d’atteindre la neutralité carbone en 2050 est également saluée même si, comme le rappelle Thibault Laconde, cet aspect était déjà sous-entendu dans l’Accord de Paris.

Enfin, la position française sur le glyphosate -à contre sens de la décision européenne sur le sujet-, et l’objectif de 50% de bio dans la restauration scolaire, qui devrait être inscrit dans la loi, respectent aussi deux des promesses de campagne du candidat Macron.

Toutefois, le tableau n’est pas tout rose. Impossible en effet d’oublier la polémique sur la réduction de la part du nucléaire, le point le plus noir de l’action gouvernementale en matière d’environnement pour Thibault Laconde. « Sur le nucléaire, il y a eu une clarification, le mérite est là. Mais cela pose quand même deux problèmes. Le premier étant que l’on revient sur un engagement de campagne du président Macron moins de six mois après son élection. Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas eu cette discussion pendant la campagne, au moment où l’on pouvait faire des propositions et les faire valider par le scrutin? C’est vraiment un sujet de société et c’est dommage qu’il n’ait pas été discuté en amont, et qu’il soit maintenant appelé à se résoudre dans un cabinet ou dans un couloir de l’Assemblée, un peu à la sauvette.« 

L’autre difficulté est celle de l’agenda: le gouvernement doit présenter fin 2018 sa programmation pluriannuelle énergétique (PPE), et elle devait, à l’origine tenir compte de la loi de 2015 qui actait les 50% de réduction de la part du nucléaire en 2025. Mais cet objectif a désormais été revu par le gouvernement, qui n’a pas pour l’instant donné de nouvelles consignes. Dès lors, comment établir les prévisions pour les années à venir sans régler ce point précis? La promesse du candidat Macron de doubler la capacité en éolien et en solaire photovoltaïque d’ici 2022 est louable, mais elle ne pourra pas compenser une baisse conséquente du nucléaire, affirme Thibault Laconde.

Outre le nucléaire, le retournement de veste de la France sur la définition des perturbateurs endocriniens est aussi mal passé. L’institut I4CE alerte aussi sur la stagnation des investissements en faveur du climat (hors recherche), avec un écart annuel « de 20 à 40 milliards d’euros » entre financements et besoins.

Les ONG ont du mal aussi à digérer l’accord de libre-échange avec le Canada (CETA), vu comme affaiblissant les normes environnementales, et la suspension des négociations européennes autour d’une taxe sur les transactions financières, même si quatre ministres dont Bruno Le Maire et Nicolas Hulot se sont prononcés en faveur de son instauration.

Reste encore en suspens, parmi les gros dossiers environnementaux nationaux, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le rapport des médiateurs doit arriver sur le bureau d’Édouard Philippe mercredi 13 décembre, au lendemain du sommet du climat. Ce sujet aura d’ailleurs sans doute un impact sur la crédibilité de Nicolas Hulot, qui doit annoncer dans la foulée s’il conserve ou non son poste de ministre. Lui est personnellement opposé au projet mais reste pour l’instant prudent sur la décision que pourrait prendre le chef de l’état et le premier ministre.

En résumé? « Sur ces sept premiers mois de mandat, est-ce qu’on aurait pu viser plus haut? Oui. Est-ce qu’on aurait pu vouloir faire plus? Oui. Est-ce qu’on aurait pu faire mieux? Je n’en suis pas certain. Sur la méthode il se passe des choses, il y a une réflexion, il y a des choses engagées. Sur les objectifs, on n’est pas trop au clair« , conclut Thibault Laconde.

Du côté de la présidence en tout cas, les ambitions sont affichées jusque dans l’agenda hebdomadaire transmis ce dimanche, où le logo du Sommet à venir est affiché… huit fois.

http://www.huffingtonpost.fr/2017/12/10/emmanuel-macron-joue-au-leader-ecolo-a-linternational-mais-que-vaut-il-en-france-sur-ce-sujet_a_23300320/

Déc 10

LE LAURÉAT DU NOBEL DE LA PAIX APOSTROPHE LES ÉTATS NUCLÉAIRES

La Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (Ican), lauréate du Nobel de la paix 2017, a appelé dimanche les États possédant la bombe atomique à signer le Traité d’interdiction des armes nucléaires de l’Onu.

L’Ican, une fédération de près de 500 organisations non gouvernementales (ONG) qui luttent contre la prolifération nucléaire, a obtenu l’adoption de ce traité en juillet dernier par 122 pays. Le but de ce texte est de renforcer le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) entré en vigueur en 1970.

Très peu d’États ont ratifié le nouveau traité, qui a été boycotté par les États-Unis, la France ou le Royaume-Uni, puissances nucléaires, même si beaucoup l’ont signé. Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par 50 États.

Lors de la remise du prix Nobel, Beatrice Fihn, directrice exécutive de l’Ican, a appelé les puissances nucléaires à adhérer au traité.

« Cela donne un choix. Un choix entre deux résultats : la fin des armes nucléaires ou notre fin à nous« , a-t-elle déclaré lors de la cérémonie, à Oslo.

« Que les États-Unis choisissent la liberté plutôt que la peur. Que la Russie choisisse le désarmement plutôt que la destruction. Que la Grande-Bretagne préfère l’État de droit à l’oppression« , a-t-elle poursuivi, invitant France, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël à faire de même.

SILHOUETTES FANTOMATIQUES

« Un moment de panique ou de négligence, un commentaire mal interprété ou un ego meurtri pourraient facilement nous conduire inévitablement à la destruction de villes entières« , a ajouté Beatrice Fihn. « Une escalade militaire calculée pourrait déboucher sur le meurtre massif de civils. »

Beatrice Fihn a prononcé son discours de remerciement en présence de Setsuko Thurlow, qui a survécu au bombardement atomique d’Hiroshima à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et qui s’est mise au service de l’Ican.

Écolière à l’époque, cette survivante, qui est âgée de 85 ans, s’est remémorée dimanche une partie de ses terribles souvenirs du 6 août 1945. La plupart de ses camarades de classe ont été brûlées vives.

Elle a évoqué le défilé de « silhouettes fantomatiques » des blessés qu’elle a croisés.

« Certaines parties de leurs corps avaient disparu. La chair et la peau pendaient sur leurs os. Certains avaient leurs yeux qui pendaient dans leurs mains. D’autres (…) avaient leurs intestins qui pendaient à l’extérieur. L’air était rempli d’une odeur atroce de chair humaine brûlée.« 

Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont envoyé des diplomates de second rang à la cérémonie.

« C’est une sorte de protestation contre le prix Nobel de la paix« , avait déclaré fin novembre à Reuters Beatrice Fihn.

Article de Gwladys Fouche, (Danielle Rouquié pour le service français)

https://fr.news.yahoo.com/le-laur%C3%A9at-du-nobel-la-paix-apostrophe-les-130527271.html

Déc 09

LA CORÉE DU NORD ACCUSE WASHINGTON DE «CHANTAGE NUCLÉAIRE»

La Corée du Nord a accusé les États-Unis de «chantage nucléaire» lors de discussions avec un haut responsable de l’ONU, mais elle a accepté de communiquer régulièrement avec l’organisation mondiale, a annoncé samedi l’agence nord-coréenne.

Le diplomate américain Jeffrey Feltman, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux Affaires politiques, est arrivé samedi à Pékin après avoir achevé une visite de cinq jours en Pyongyang visant à désamorcer la crise dans la péninsule coréenne.

Cette visite exceptionnelle a débuté une semaine après le lancement le 28 novembre par la Corée du Nord d’un missile balistique intercontinental (ICBM) capable selon des experts d’atteindre le territoire continental des Etats-Unis.

Lors de sa visite – la première d’un diplomate de l’ONU à cette fonction depuis 2010 -, M. Feltman a rencontré le ministre des Affaires étrangères Ri Yong-Ho et son vice-ministre Pak Myong-Kuk, a annoncé l’agence de presse officielle nord-coréenne, KCNA. «Au cours de ces entretiens, notre partie a déclaré que la politique d’hostilité des États-Unis envers la RPDC et leur chantage nucléaire sont responsables de l’actuelle situation de tension dans la péninsule coréenne», a déclaré l’agence.

Par ailleurs, la République populaire démocratique de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord) s’est mise d’accord avec l’ONU «pour régulariser les communications par des visites à divers niveaux», a rapporté KCNA.

L’agence n’a mentionné aucune rencontre avec le numéro un nord-coréen Kim Jong-un, sous la direction duquel le pays conduit ces dernières années des programmes nucléaire et balistique dont le but déclaré est de doter Pyongyang d’un missile capable de frapper les États-Unis avec une tête nucléaire.

Exercice militaire

Feltman a par ailleurs effectué sa visite juste après que Washington et Séoul ont lancé le plus important exercice aérien conjoint qu’ils aient jamais effectué.

L’agence KCNA a répété samedi la position de Pyongyang selon laquelle les manœuvres régulières menées dans la péninsule par les États-Unis avec les forces sud-coréennes «révèlent leur intention de préparer une frappe nucléaire préventive surprise contre la RPDC».

La Corée du Nord est sous le coup de plusieurs trains de sanctions de l’ONU visant à la contraindre à respecter les résolutions du Conseil de sécurité interdisant ses activités nucléaires et balistiques.

http://www.cnewsmatin.fr/monde/2017-12-09/la-coree-du-nord-accuse-washington-de-chantage-nucleaire-770655

Déc 09

ESSAIS NUCLÉAIRES: 25 VÉTÉRANS IRRADIÉS OBTIENNENT LE DROIT D’ÊTRE INDEMNISÉS

Vingt-cinq vétérans irradiés lors des essais nucléaires français dans le Sahara algérien et en Polynésie française dans les années 1960-90 ont obtenu aujourd’hui auprès de la cour administrative d’appel de Nantes le droit d’être indemnisés par l’État, a-t-on appris auprès de leur avocate.

Dans quinze cas, les juges nantais ont confirmé les jugements rendus par le tribunal administratif de Rennes, contre lesquels le ministère de la Défense avait interjeté appel.

Dans dix autres cas, la cour a annulé les décisions de première instance des tribunaux de Nantes, Rennes ou Caen et enjoint l’État d’indemniser les victimes.

« Pour toutes les demandes, on a une obligation de l’État d’indemniser des préjudices résultant des cancers dont les vétérans sont atteints », s’est réjouie l’avocate des vétérans, Cécile Labrunie, tout en déplorant un « contentieux long et pesant«  pour les victimes et leurs familles.

L’un de ses clients aujourd’hui âgé de 73 ans, ancien officier de la Marine nationale ayant séjourné à quatre reprises en Polynésie française entre 1968 et 1992 lors de tirs d’essais nucléaires, atteint d’une leucémie diagnostiquée quand il avait 51 ans, avait ainsi formulé une demande d’indemnisation devant le comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) il y a plus de six ans, mais celle-ci avait été refusée.

http://premium.lefigaro.fr/flash-actu/2017/12/08/97001-20171208FILWWW00312-essais-nucleaires-25-veterans-irradies-obtiennent-le-droit-d-etre-indemnises.php

Déc 09

À BURE, LES NUCLÉOCRATES N’ACHÈTERONT PAS LES CONSCIENCES

Le gouvernement Macron a tenté de passer en force mercredi 6 décembre en déposant à l’Assemblée Nationale un amendement visant à augmenter les retombées fiscales du projet de poubelle radioactive CIGÉO. Ces méthodes illustrent la violence de l’oligarchie nucléaire qui cherche à évacuer les questions de fonds en arrosant d’argent le territoire.

Les projecteurs étaient ailleurs mercredi soir. On célébrait la société du spectacle et les chanteurs de variété. On aurait presque pu ne pas s’en rendre compte, de ce petit amendement glissé en catimini au cours de l’examen du projet de loi de finances rectificative. 

Porté par le gouvernement en la présence de la toute nouvelle secrétaire d’État à l’économie, Dephine Gény -Stephann ( X-pont, ancienne de Saint Gobain), cet amendement visait à modifier les retombées fiscales liées à la poubelle nucléaire CIGÉO en Meuse.  

Il faisait remarquer que l’attrait financier n’était pas suffisant, étant concentré sur « un nombre limité de collectivités territoriales peu peuplées ».  Pour le gouvernement, il fallait ouvrir davantage le robinet atomique.

Rappelons que depuis des années, les départements de la Meuse et la Haute Marne reçoivent 60 millions d’euros par an.  Un supplément de 500 euros par habitant est attribué aux quinze communes situées à moins de 10 kilomètres du laboratoire. C’est une première en France : Jamais un territoire n’a été autant arrosé en amont d’un projet. Les travaux de CIGÉO n’ont toujours pas commencé et le projet ne possède une existence légale que depuis juillet 2016.

Sur ce territoire paupérisé, les lampadaires sont d’un rouge clinquant, les trottoirs refaits à neuf, les façades rénovées comme une belle vitrine. Mais le désert continue de s’accroitre, l’argent n’a rien fait pour arrêter la spirale du déclin. Au contraire. Il finance les futurs acteurs du BTP qui travailleront sur ce chantier titanesque mais laisse crever le tissu économique local, la fabrique artisanale de meuble ou l’industrie. En 2018, 5 collèges vont être obligés de fermer, les villages se dépeuplent et les valises de billets n’y feront rien. Personne ne veut de cette poubelle qui menace le territoire, ses paysages, ses champs, ses forêts.

Cet amendement rajoute une couche au scandale. Sa méthode est exécrable – déposé à la dernière minute, l’amendement échappe au débat démocratique, il ne s’accompagne pas d’une étude d’impact et ne chiffre pas son coût. C’est un passage en force, autoritaire, doublé d’un profond mépris. On croit pouvoir acheter les consciences d’une population rurale délaissée et évacuer les questions de fonds.

Des experts indépendants ont pourtant montré qu’il y avait un fort risque d’incendie au fond des galeries. Le gouvernement croit-il que c’est en finançant des lampadaires, des festivals du beignet de la choucroute (véridique) ou en diminuant les taxes locales, qu’il résoudra ces questions essentielles ?

L’amendement a finalement été retoqué. Mais il illustre la manière de faire de l’oligarchie nucléaire, la politique du fait accompli et du bulldozer. Ce n’est qu’un épisode de plus qui s’ajoute aux autres. En juillet 2015, un amendement sur CIGÉO avait été rajouté à la loi Macron juste avant son adoption finale en 49.3. Depuis 2014, on ne dénombre pas moins de quinze tentatives infructueuses d’amendement CIGÉO dans des lois hors sujet.

Ces méthodes renforcent notre détermination sur le terrain où nous devons faire face au bras armé de l’État et aux pressions policières quotidiennes.

Des actions ont également lieu du 6 au 12 décembre partout en France pour dénoncer la récente prise de position de Nicolas Hulot sur CIGÉO. Il déclarait que ce projet était « la moins mauvaise solution« . Voir le site https://vmc.camp/ pour un suivi des actions. 

Nous ne lâcherons rien !

Des hiboux du bois Lejuc,

(Une forêt occupée depuis juin 2016 pour stopper les travaux de CIGÉO)

https://blogs.mediapart.fr/sauvonslaforet/blog/081217/bure-les-nucleocrates-n-acheteront-pas-les-consciences

Déc 09

POLLUTION RADIOACTIVE: LA RUSSIE SE DÉDOUANE ET ÉVOQUE UN « SATELLITE »

Moscou – Le complexe nucléaire russe Maïak n’est pas à l’origine de la pollution radioactive détectée fin septembre en Europe, a annoncé vendredi le président de la commission scientifique russe chargée de l’enquête, la destruction d’un « satellite » pouvant, selon elle, être la cause de cette pollution.

« Notre conclusion est que le complexe Maïak ne peut pas être à l’origine de la pollution radioactive au ruthénium-106« , a déclaré au cours d’une conférence de presse Vladimir Boltounov, directeur de la commission spéciale créée par le conglomérat nucléaire russe Rosatom le 24 novembre.

« Les résultats des analyses individuelles sur le personnel de Maïak n’ont montré aucun changement dans l’organisme (…) Du 1er août au 30 novembre, il n’y a pas eu d’accident ni de problème dans le fonctionnement des installations et du processus technologique. Le rejet de matières radioactives dans l’atmosphère n’a pas dépassé la norme« , a-t-il ajouté.

Vladimir Boltounov n’a pas prononcé d’hypothèse sur la source de la pollution au ruthénium-106 mais, dans un communiqué, la commission scientifique indique « ne pas exclure qu’un objet spatial, comme un satellite ou un fragment de satellite contenant du ruthénium-106, rentrant dans l’atmosphère puisse en avoir été la source« .

Le 20 novembre, l’agence russe de météorologie Rosguidromet avait annoncé qu’une concentration « extrêmement élevée » de ruthénium-106, produit de fission issu de l’industrie nucléaire, avait été détectée fin septembre dans le sud de l’Oural, notamment près du complexe de Maïak, un site de retraitement de combustible nucléaire.

Vendredi, la commission scientifique a affirmé que les taux de ruthénium-106 détectés dans le sud de l’Oural avaient été de 100 à 1.000 fois moins élevés que les niveaux autorisés et ne présentaient aucun risque pour la santé.

Elle affirme aussi que des taux de ruthénium « largement supérieurs à tout ce qui a été détecté en Russie » ont été enregistrés en Roumanie. « La commission est préoccupée par le manque d’information sur les causes possibles de cette concentration anormalement haute de Ru-106 en Roumanie« , précise-t-elle.

Le vice-président de l’Institut pour le développement sûr de l’industrie nucléaire de l’Académie russe des sciences, Rafael Aroutiounian, a lui aussi indiqué vendredi, cité par l’agence de presse TASS, que l’hypothèse envisagée était « la chute dans l’atmosphère d’un satellite scientifique« .

Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français, qui avait conclu début novembre après enquête que la pollution avait son origine « entre la Volga et l’Oural« , la pollution ne peut pas provenir d’un réacteur nucléaire ni de la chute d’un satellite.

L’IRSN avait émis l’hypothèse d’un rejet issu d’une installation liée au cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives.

Vendredi, l’ONG de défense de l’environnement Greenpeace a publié une pétition demandant la création d’une commission « indépendante » et dénonçant les conclusions de la commission scientifique de Rosatom, qui « ne ressemble pas à une étude visant à trouver les sources de l’émission » selon Rachid Alipov, le chef du programme nucléaire de Greenpeace Russie.

https://www.romandie.com/news/Pollution-radioactive-la-Russie-se-dedouane-et-evoque-un-satellite/870921.rom

Déc 08

ÉNERGIE : LES FRANÇAIS VEULENT PLUS DE RENOUVELABLE ET MOINS DE NUCLÉAIRE

Il y a du nouveau au pays de l’atome: selon un sondage commandé par une fondation écologiste allemande, 83 % des personnes interrogées pensent que la France ferait mieux d’investir dans les énergies vertes que dans le nucléaire…

Et si les Français étaient moins pro-nucléaires que leurs voisins Allemands, mi-verts mi-charbon, ne le pensaient ? Et si le slogan venu d’Outre-Rhin «Atomkraft nein danke» (l’atome non merci) commençait à faire son chemin dans le pays le plus nucléarisé au monde ? Quand on voit l’indifférence générale qui a accueilli le report de la fermeture de la centrale de Fessenheim, au mieux à fin 2018, et le renvoi par le gouvernement français à 2035 des grands objectifs de la transition énergétique (50% de nucléaire contre 75% aujourd’hui dans le mix électrique), il serait permis d’en douter.

Pourtant, selon un sondage commandé à l’institut Harris Interactive (1) par la Fondation Heinrich Böll (proche des Verts allemands) et la Fabrique Écologique, qui sera publié vendredi et que Libération dévoile en primeur avec la Frankfurter Allgemeine Zeitung, l’opinion des Français vis-à-vis du nucléaire est beaucoup moins favorable – ou en tout cas moins neutre – que par le passé. Surtout, ils s’engagent de plus en plus en faveur d’un développement rapide des énergies renouvelables.

Priorité aux énergies nouvelles

Alors que l’Hexagone compte toujours 58 réacteurs nucléaires (sans compter l’EPR de Flamanville qui devrait entrer en service à la fin de l’année prochaine), ils seraient 83% à penser que la France ferait mieux d’investir dans les énergies vertes que dans le nucléaire, contre 16% seulement à privilégier la consolidation de l’atome comme source d’énergie. Dans le détail, quand on leur demande «à quoi les investissements dans le secteur de l’électricité en France dans les années à venir devraient-ils être principalement affectés ?», les sondés sont encore 75% à réclamer un investissement «prioritaire» dans les énergies renouvelables, contre 23% seulement à demander la priorité à la poursuite des dépenses nucléaires. Les femmes (78%) et les sympathisants de gauche (85%) sont surreprésentés dans le camp des partisans de la transition énergétique, tandis que les électeurs de droite (39%) et du FN (37%) fournissent le gros des bataillons pro-nucléaire. Alors que les écologistes ne pèsent plus grand-chose sur le plan politique en France, c’est donc le clivage droite-gauche qui domine sur ces questions.

«Nous avons été agréablement surpris: ces résultats vont à l’encontre de ce que pensent les Allemands, qui voient globalement la France comme un pays toujours pro-nucléaire. C’est une bonne nouvelle, commente Jens Althoff, le représentant de la Fondation Heinrich Böll à Paris. Mais ce qui est plus intéressant encore, c’est le fait que les Français s’engagent fortement pour un développement des énergies renouvelables dans leur pays». De fait, 63 % des sondés considèrent la transition énergétique plus comme «une opportunité» que comme «un risque». Et «plus encore parmi les hommes, les catégories aisées, les sympathisants de gauche et de La République En Marche», analyse Jean-Daniel Levy, le directeur du département politique-opinion d’Harris Interactive.

«L’exemple allemand»

Pour ce dernier, «l’exemple allemand» de la sortie du nucléaire d’ici à 2022, décidée en 2011 a sans doute constitué pour les Français «une source d’inspiration voire un encouragement à avancer dans cette voie», même si tout n’est pas vert dans le bilan énergétique outre-Rhin. Les Français n’ignorent pas que l’Allemagne a dû relancer ses centrales à charbon pour compenser la fermeture de ses tranches nucléaires: ils estiment ainsi à 72% que la transition énergétique allemande n’a pas assez contribué à la réduction des émissions de CO2. Mais ils sont 65% à estimer qu’elle a favorisé la création d’emplois et autant à juger qu’elle a relancé l’économie. Ainsi, 64% considèrent l’exemple allemand comme la preuve qu’un pays développé peut sortir du nucléaire…

À cet égard, le sondage a évité la question frontale et très clivante «Pour ou contre la fermeture des centrales nucléaires en France», qui n’aurait peut-être pas donné le même résultat. La filière emploie encore directement plus de 120 000 personnes dans le pays et plus de 400 000 avec les postes induits, soit 2 % de l’emploi en France. Et le débat sur la fermeture de la centrale de Fessenheim a montré que l’opinion était encore divisée, en raison de l’impact social immédiat qu’aurait l’arrêt du nucléaire. Mais Jens Althoff estime que les Français «préféreront désormais investir 100 milliards d’euros dans le développement d’une industrie des énergies renouvelables qui créera de la richesse et de l’emploi, plutôt que 100 milliards dans la continuation d’une énergie du passé», avec les travaux prévus par EDF pour prolonger la durée de vie de ses centrales, démanteler les vieux réacteurs, ou encore construire des EPR.

Vers un Airbus des renouvelables ?

Au bout du compte, Jens Althoff estime que «les Français sont beaucoup plus favorables à un engagement plus fort de la France contre le changement climatique et pour une transition vers les énergies renouvelables, que leurs dirigeants et nombre d’acteurs du débat public ne le pensent». Et qu’ils sont, dans leur majorité, «beaucoup plus en avance sur ces questions que la plupart des élites économiques et politiques du pays». Le responsable de la Fondation Böll appelle de ses vœux «une plus grande coopération franco-allemande dans le domaine de la transition énergétique, avec la perspective de développer une politique européenne de l’énergie». Un Airbus des énergies renouvelables ? L’idée avancée ici et là pourrait faire son chemin, à condition que la citadelle EDF – et avec elle l’État toujours actionnaire à plus de 83 % du groupe – sorte de sa logique du presque tout nucléaire pour investir beaucoup plus fortement dans le secteur. Car depuis la vente des turbines d’Alstom à l’américain GE et celle des éoliennes d’Areva à l’allemand Siemens, aucun autre acteur français ne semble en mesure de relever le défi des énergies vertes.

Hasard du calendrier, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, devrait annoncer ce lundi 11 décembre un nouveau cap stratégique visant à renforcer fortement l’engagement de l’électricien dans les énergies éoliennes et le solaire à travers sa filiale EDF Énergies Nouvelles. Une manière de répondre à la demande du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui, lui, a demandé un vrai plan de marche dans ce secteur, après avoir prévenu dans une interview au Financial Times que «demain, la norme ne doit plus être l’énergie nucléaire, mais les énergies renouvelables». Mais c’est la pression venue des citoyens consommateurs d’électricité qui sera sans doute le premier levier d’une véritable transition énergétique en France.

(1) Enquête réalisée en ligne du 28 au 30 novembre 2017 par l’institut Harris Interactive, auprès d’un échantillon de 1004 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus, suivant la méthode des quotas.

Article de Jean-Christophe Féraud

http://www.liberation.fr/france/2017/12/07/energie-les-francais-veulent-plus-de-renouvelable-et-moins-de-nucleaire_1615118

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Déc 08

LA MÈCHE D’UNE GUERRE NUCLÉAIRE EST ALLUMÉE

Pyongyang affirme que Washington se prépare, étape par étape, pour un conflit armé dans la région, et les exercices conjoints des troupes américaines et sud-coréennes en constituent une preuve solide. La seule question qui se pose est de savoir quand exactement une guerre nucléaire va éclater.

Les déclarations guerrières provenant des hommes politiques américains ainsi que les manœuvres conjointes des militaires des États-Unis et de la Corée du Sud sont des signes fiables d’une guerre imminente que les autorités américaines projettent de déclencher, a déclaré le ministère nord-coréen des Affaires étrangères cité par l’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA).

«Les États-Unis mènent les exercices militaires et aériens conjoints les plus importants de l’histoire, dans la région de la péninsule coréenne, qui visent la Corée du Nord, et les hauts fonctionnaires américains font des déclarations guerrières, l’une après l’autre, ce qui nous inquiète

Selon les diplomates nord-coréens, actuellement, il y a une seule question qui se pose: «quand la guerre éclatera-t-elle?».

«Nous ne voulons pas la guerre, mais nous n’allons pas l’éviter. Si les États-Unis interprètent mal notre tolérance et allument la mèche d’une guerre nucléaire, nous allons le leur faire payer cher, utilisant nos forces nucléaires puissantes, que nous avons systématiquement renforcées

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a ajouté que tout le monde devait savoir qui était responsable des tensions dans la péninsule coréenne et qui représentait une menace pour la paix sur la planète.

Les exercices conjoints des troupes américaines et sud-coréennes ont débuté le 4 décembre et toucheront à leur fin le 8 décembre. Selon les médias sud-coréens, ces manœuvres militaires seront les plus importantes de l’histoire.

Ces exercices se déroulent sur fond d’essais de missiles nord-coréens, dont le dernier a eu lieu fin novembre.

Au terme de ce lancement, l’ambassadrice américaine à l’Onu, Nikki Haley, a appelé la communauté internationale à rompre ses relations avec la Corée du Nord et a souligné que si une guerre était déclenchée, «le régime nord-coréen serait complètement détruit».

Auparavant, la Russie et la Chine avaient proposé à la Corée du Nord de déclarer un moratoire sur les essais nucléaires et les tirs de missiles, et aux États-Unis et à la Corée de Sud de s’abstenir d’effectuer des exercices militaires afin de stabiliser la situation dans la péninsule, mais Washington a décidé d’ignorer cette initiative.

https://fr.sputniknews.com/international/201712071034219422-meche-guerre-nucleaire/

Déc 08

UNE GUERRE NUCLÉAIRE? UN JOURNAL CHINOIS DONNE SES CONSEILS

Comment se protéger d’une explosion nucléaire? Un journal chinois d’une province frontalière de la Corée du Nord a publié mercredi des conseils de prévention, à l’heure où les ambitions atomiques de Pyongyang inquiètent en Chine.

Le Quotidien de Jilin, basé dans le nord-est du pays, a diffusé un article illustré à destination de ses lecteurs. Principales recommandations: calfeutrer ses portes et ses fenêtres ou encore minimiser les effets néfastes de la radioactivité.

«Les missiles intercontinentaux peuvent toucher n’importe quel endroit du monde», avertit le journal.

La Corée du Nord n’est pas mentionnée explicitement. Mais la population de la province du Jilin avait nettement ressenti des secousses après un puissant essai nucléaire nord-coréen en septembre.

Depuis, Pyongyang a réalisé la semaine dernière un tir de missile balistique intercontinental (ICBM) capable de frapper, selon lui, n’importe quel site du territoire continental des États-Unis.

La Chine est le principal partenaire commercial et soutien diplomatique de la Corée du Nord. Mais le programme d’armement atomique de Pyongyang inquiète Pékin, qui redoute un conflit à ses portes et les retombées sur le territoire chinois d’une éventuelle explosion.

En septembre, après l’essai nucléaire nord-coréen, le ministère chinois de l’Environnement s’était empressé d’effectuer des mesures de radioactivité dans quatre provinces, dont le Jilin. Aucun niveau anormal n’avait été détecté.

Mais le Quotidien du Jilin préfère prévenir ses lecteurs: en cas d’explosion, ils doivent porter un masque ou encore ingérer une pastille d’iode pour éviter l’accumulation d’iode radioactive dans leur glande thyroïde. Les personnes touchées par la radioactivité doivent également laver leurs vêtements, leurs oreilles, leur nez et leur bouche.

L’article a provoqué après sa publication un intense débat sur les réseaux sociaux chinois. Un début d’inquiétude que le quotidien officiel Global Times, réputé proche du pouvoir et au ton volontiers nationaliste, s’est attelé à désamorcer.

Un conflit sur la péninsule coréenne n’est certes pas inévitable, estime-t-il dans un éditorial publié sur internet. Mais la Chine doit tout de même «se préparer au pire». «Le pays et la population doivent renforcer leur vigilance», souligne le quotidien.

http://www.tvanouvelles.ca/2017/12/06/une-guerre-nucleaire-un-journal-chinois-donne-ses-conseils

Déc 08

ENFOUISSEMENT NUCLÉAIRE : ÉCOLOS CONTRE CIGÉO

Toulouse : Une douzaine de militants antinucléaires se sont rassemblés hier midi au métro Jean Jaurès avant de se déplacer vers les bureaux d’Énedis, à Compans Caffarelli. Les militants ont déposé des dizaines de sacs-poubelles floqués d’un sigle nucléaire devant le site de la filiale d’EDF, alors protégé par de nombreux policiers. Le projet controversé d’enfouissement de déchets nucléaires (Cigéo) à Bure, dans la Meuse, a été dénoncé. Les militants ont aussi symboliquement profité de la Saint-Nicolas pour protester contre «le retournement de veste du ministre de la transition écologique Nicolas Hulot», indique Bettina, membre du collectif Bure Partout Nucléaire Nulle Part 31. En 2016, lors d’une manifestation écologiste, Nicolas Hulot avait été pris en photo tenant une pancarte «Cigéo, je dis non !» En novembre dernier, désormais ministre, il avait décrit l’enfouissement des déchets comme «la moins pire des solutions», en annonçant toutefois une longue concertation concernant Cigéo.

https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/07/2699824-enfouissement-nucleaire-ecolos-contre-cigeo.html

Déc 07

POURQUOI DES « BATEAUX FANTÔMES » NORD-CORÉENS S’ÉCHOUENT AU JAPON

Tokyo craint une envolée de ces découvertes macabres au fil du durcissement des sanctions internationales contre le régime de Kim Jong-un.

Sur l’ensemble du mois de novembre 2016, les autorités japonaises avaient récupéré, près de leurs côtes, quatre ‘bateaux fantômes’ venus de Corée du Nord.

En novembre 2017, elles ont recensé 28 petits navires de pêche totalement détruits ou à la dérive avec un équipage disparu, mort ou affamé.

Ce lundi, les garde-côtes ont annoncé qu’ils avaient encore découvert trois corps d’hommes flottant dans la mer du Japon près de Sakata, dans la préfecture de Yamagata, au nord-ouest de l’archipel. Les cadavres étaient en état de décomposition avancé mais l’un d’entre eux arborait encore, sur une veste, un pin’s à la gloire du régime nord-coréen. Sur une plage de la préfecture d’Akita, un peu plus au nord, ce sont huit cadavres, à l’état de squelettes qui ont été récupérés dimanche dans une autre épave.

Si elles ont régulièrement récupéré ces dernières années des bateaux nord-coréens en détresse ou abandonnés, les autorités japonaises viennent de doper leurs patrouilles le long de cette côte de peur d’assister à une envolée de ces découvertes macabres au fil du durcissement des sanctions internationales contre le régime de Kim Jong-un.

Mesures ‘extrêmement vicieuses’

Voulant contraindre Pyongyang à stopper ses programmes balistique et nucléaire, le conseil de sécurité de l’ONU a voté, en août puis en septembre, de nouvelles résolutions qui ne permettent plus au pays d’exporter ses produits textiles, ses fruits de mer et une large partie de son charbon. Dans un discours reproduit pas les médias d’État, Kim Jong-un avait expliqué, en octobre, que ces mesures ‘extrêmement vicieuses’ causaient des ‘dommages colossaux’ à sa population mais allaient être surmontées car elles allaient pousser le pays à ‘faire de ce malheur une chance de renforcer son autosuffisance‘.

Désormais incapable de conduire des échanges commerciaux avec nombre de pays, la Corée du Nord inciterait, selon les experts, ses pêcheurs à s’aventurer de plus en plus loin en mer du Japon, qui baigne la côte est de la péninsule, pour tenter de faire des prises plus importantes susceptibles d’alimenter les marchés domestiques en produits frais. Mais équipés d’embarcations vétustes aux moteurs fragiles et de peu de réserves de carburant, ils se retrouveraient souvent incapables d’affronter une mer plus violente et des courants plus forts les poussant toujours plus au large.

Mauvaises récoltes de riz et de soja

Dans sa veille de l’état de l’économie nord-coréenne, le site DailyNK, réputé très pertinent du fait de ses contacts à l’intérieur du pays, montre que plusieurs signes anecdotiques témoignent déjà de l’impact des sanctions sur la vie dans le pays ermite qui fait parallèlement face, en cet hiver 2017, à de mauvaises récoltes de patates, de riz et de soja. Ces dernières semaines, les prix du maïs et du riz auraient augmenté et de nouveaux problèmes de malnutrition seraient apparus dans certaines provinces.

Espérant toujours trouver une issue à cette crise nord-coréenne avant qu’elle ne dégénère en un désastre humanitaire ou un conflit armé, l’ONU a dépêché, ce mardi, à Pyongyang Jeffrey Feltman, son secrétaire général adjoint pour les affaires politiques. Aucun cadre de si haut rang de l’organisation ne s’était plus rendu dans le pays depuis 2011 et la rapide détérioration de la relation entre la dictature stalinienne et la communauté internationale.

Officiellement, le responsable, qui va rester quatre jours dans le pays, doit discuter « de sujets d’intérêt commun » avec le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong-ho avant de rencontrer d’autres officiels du régime ainsi que des diplomates étrangers en poste à Pyongyang, a détaillé Stephane Dujarric le porte-parole du secrétariat général de l’organisation.

Il devrait notamment évoquer l’impact des récentes sanctions et les derniers coups d’éclat militaires de l’armée nord-coréenne qui a tiré, la semaine dernière, un missile balistique intercontinental (ICBM) d’une puissante inédite.

https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/030981616597-cette-nuit-en-asie-pourquoi-des-bateaux-fantomes-nord-coreens-sechouent-au-japon-2135767.php

Déc 07

LE MEXIQUE DEVIENT LE QUATRIÈME PAYS À RATIFIER LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Le 28 novembre, le Mexique est devenu le 4ème pays à ratifier le Traité d’interdiction des armes nucléaires, après le Vatican, la Thaïlande et le Guyana.

Avec un vote de 78 sénateurs pour, zéro abstention et zéro contre, la mesure a franchi la dernière étape au Sénat mexicain. Il ne reste plus qu’à remettre l’instrument de ratification au Bureau des affaires juridiques de l’ONU à New York, ce qui devrait être fait dans les prochains jours.

Le traité entre en vigueur 90 jours après sa ratification par le 50ème pays.

https://www.pressenza.com/fr/2017/12/mexique-devient-quatrieme-pays-a-ratifier-traite-dinterdiction-armes-nucleaires/

Déc 07

CORÉE DU NORD: UNE CRISE SYMPTOMATIQUE D’UNE RIVALITÉ RÉGIONALE ENTRE WASHINGTON ET PÉKIN

Les experts et diplomates peuvent s’égosiller à proposer leurs solutions, aucune ne résoudra le casse-tête nord-coréen si les États-Unis et la Chine ne règlent pas leurs différends au préalable, estime l’universitaire Lionel Fatton.

Ne vous y trompez pas. La Corée du Nord, état ermite possédant un budget de la défense presque cent fois inférieur à celui des États-Unis, n’est devenue nuisible à la stabilité de l’Asie de l’Est que parce que la rivalité régionale entre Washington et Pékin le lui a permis. Les experts et diplomates pourront donc s’égosiller à proposer leurs solutions, aucune ne résoudra le casse-tête nord-coréen si les États-Unis et la Chine ne règlent pas leurs différends au préalable.

Le 29 novembre 2017, après le tir d’un missile balistique intercontinental capable d’atteindre la totalité du territoire américain, les médias nord-coréens ont célébré «l’achèvement d’une force nucléaire d’État». La dissuasion nucléaire semble en effet à portée de main de la Corée du Nord. Quelles options reste-t-il pour la communauté internationale?

La militaire d’abord, comme Donald Trump se plaît à l’insinuer en professant que «toutes les options sont sur la table». Elle est peu probable cependant. Outre le coût exorbitant qu’aurait une guerre dans la péninsule coréenne aujourd’hui, il convient de se demander pourquoi le Pentagone n’a jamais sérieusement envisagé des opérations de désarmement ou de décapitation du régime de Pyongyang. La réponse réside essentiellement dans l’incertitude américaine quant à l’attitude de Pékin en cas d’opération militaire.

Ambiguïtés chinoises

La Chine est liée à la Corée du Nord par une alliance datant de 1961 qui prévoit une entraide militaire si un des deux pays est attaqué. Bien entendu, il n’est pas certain que Pékin respecte ses engagements. La Chine à tout intérêt à éviter une confrontation militaire avec les États-Unis dans la péninsule coréenne, où des centaines de milliers de chinois sont tombés sous les balles américaines durant la guerre de Corée. Il n’en reste pas moins que la position de Pékin est ambiguë et brouille les calculs américains. Sans la garantie d’une neutralité chinoise, l’option militaire est peu réaliste pour Washington.

La deuxième option pour traiter le problème nord-coréen est d’allier l’approche diplomatique aux sanctions économiques afin d’amener Pyongyang à négocier. Des progrès certains ont été réalisés ces derniers mois à cet égard. La résolution 2375 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en réponse à l’essai nucléaire nord-coréen du 2 septembre 2017, prévoit notamment une réduction de moitié de l’approvisionnement de la Corée du Nord en produits pétroliers raffinés et un gel du volume de livraison du pétrole brut. Ces nouvelles sanctions n’ont cependant pas eu l’effet escompté, comme le prouve le récent tir de missile balistique.

La Chine redoute l’affaiblissement ou la disparition d’un état tampon avec les États-Unis

Une version préliminaire de la résolution proposée par les États-Unis prévoyait un embargo total sur le pétrole à destination de la Corée du Nord. Un tel embargo aurait pu faire plier le régime de Pyongyang, mais comportait aussi le risque d’une action nord-coréenne désespérée et violente afin de briser le joug des sanctions et d’éviter une lente asphyxie. Les sanctions allégées de la résolution 2375 sont le résultat de l’opposition de la Chine. Si cette dernière était encline à augmenter la pression sur Pyongyang, elle n’était pas prête à mettre en péril la stabilité de la péninsule coréenne.

Nécessité d’une entente cordiale

L’impossibilité pour les États-Unis d’obtenir de la Chine une promesse de neutralité en cas de conflit et/ou son soutien pour des sanctions efficaces provient du fait que pour Pékin, une déstabilisation de la Corée du Nord serait plus néfaste pour ses intérêts qu’une nucléarisation accomplie de l’état ermite. La Chine redoute plus que tout l’affaiblissement ou la disparition d’un état tampon avec les États-Unis et leur allié sud-coréen, essentiel à sa sécurité nationale.

Cette crainte reflète la profonde méfiance chinoise envers les États-Unis. Pékin perçoit la politique américaine en Extrême-Orient comme une stratégie d’endiguement. Les États-Unis, eux, prêtent à la Chine des velléités hégémoniques. La crise nord-coréenne, tout comme les tensions en mer de Chine méridionale, est un symptôme de cette méfiance et rivalité mutuelle. Tant que les États-Unis n’auront pas convaincu la Chine qu’ils ne cherchent pas à la maintenir en position d’infériorité et de vulnérabilité, cette dernière sera réticente à coopérer pour une stabilisation de sa périphérie. Il est urgent pour les deux pays de conclure une entente cordiale, ou la ligne de contact entre leurs sphères d’influence respectives pourrait bien s’embraser.

https://assets.letemps.ch/sites/default/files/styles/np8_full/public/media/2017/12/06/file6xua5tkxwevvfpsgmb1.jpg?itok=_gbM7sBF

Déc 07

L’ALGÉRIE VEUT UNE SOLUTION AUX CAS DES IRRADIÉS

Depuis des années, l’Algérie pousse pour que la France traite et règle au plus vite l’indemnisation des victimes algériennes des essais nucléaires, menés entre 1960 et 1966 à Reggane, dont des centaines de dossiers ont été déposés au niveau de la commission en charge de l’indemnisation des victimes.

Les Algériens trouvent en effet que les autorités françaises traînent les pieds depuis de nombreuses années sur le cas des irradiés nationaux, dont les dossiers restent en suspens ou sont systématiquement rejetés depuis la promulgation de la loi française n° 2-2010 datant du 5 juillet 2010 et la loi 653-2010 datant du 11 juin 2010.
Deux lois qui définissent les catégories de personnes ouvrant droit au statut de victimes et donc éligibles à des indemnisations. Pour les autorités algériennes, la justice française est «inégale et discriminatoire», car le citoyen algérien victime de ces catastrophes a un statut différent devant la justice, comparativement à celui des Polynésiens, des métropolitains, des militaires ou des civils exposés aux essais nucléaires.

«Pour mettre la France devant le fait accompli et pour qu’elle assume ses responsabilités de ‘‘crime contre l’humanité’’, elle doit ‘‘impérativement’’ ouvrir les archives de l’explosion nucléaire qui sont en sa possession», réclamait Amar Mansouri, chercheur en génie nucléaire, lors du forum tenu en février pour marquer le 56e anniversaire des essais nucléaires. Et d’ajouter : «Il n’y a que l’ouverture des archives qui nous fera savoir ce qu’il s’est réellement passé, et trouver, par la même occasion, les solutions adéquates et indemniser les victimes.» Pour le coordinateur des victimes des essais nucléaires, Mohamedi Mohamed, «380 dossiers sont aujourd’hui au niveau de  la commission en charge des dossiers d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, qui n’a pas avancé et ne veut rien faire pour certains dossiers».
Lors de son déplacement à Paris en janvier 2017, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, avait rappelé qu’il était «grand temps» que l’Algérie et la France se penchent sur les dossiers en suspens, à savoir ceux des disparus, des archives et des essais nucléaires.

Article de Mesbah Salim

http://www.elwatan.com/actualite/l-algerie-veut-une-solution-aux-cas-des-irradies-06-12-2017-358059_109.php

Déc 06

VULNÉRABILITÉ DES INSTALLATIONS AUX AGRESSIONS : LA SORTIE DU NUCLÉAIRE EST UNE URGENCE !

Communiqué de presse – 6 décembre 2017 du Réseau Sortir du Nucléaire

Comme l’a démontré le reportage « Sécurité nucléaire, le grand mensonge », quasiment aucune installation nucléaire n’est à l’abri du risque d’agression, qui n’a pas été prévu lors de leur conception. Tir de roquette sur une centrale, une usine ou un transport radioactif, crash d’avion, cyberterrorisme, attaque de drones ou actes de sabotage : tous ces scénarios sont malheureusement crédibles et leurs conséquences seraient catastrophiques (impacts sanitaires lourds, exode massif des populations…). Les autorités et les industriels doivent en tirer les leçons qui s’imposent.

Ces failles de sécurité béantes, qui viennent se rajouter à un contexte déjà inquiétant en termes de sûreté (vieillissement des installations, incapacité d’EDF et Areva à assurer une maintenance correcte de leurs installations, découverte de nombreuses malfaçons), appellent une réponse immédiate des pouvoirs publics. La sécurité des populations doit passer avant les intérêts économiques d’EDF et Areva. Elle ne pourra être garantie qu’avec la disparition du risque nucléaire actif, ce qui signifie une sortie en urgence du nucléaire.

Dans ce contexte, il apparaît d’autant plus irresponsable que l’échéance de réduction de la part du nucléaire ait été repoussée à une date pour l’instant indéterminée. Le gouvernement, responsable en premier lieu de la sécurité des citoyens, se doit d’engager dès maintenant un programme de fermeture des centrales, sans attendre qu’EDF daigne enfin renoncer à prolonger leur durée de fonctionnement.

Alors que la France n’est pas à même de sécuriser ses 58 réacteurs et ses nombreuses usines nucléaires, il apparaît également irresponsable d’accroître cette vulnérabilité en mettant en service l’EPR de Flamanville – dont il est démontré depuis déjà de nombreuses années qu’il ne résisterait pas plus que les autres installations au crash d’un avion de ligne. Ce risque d’agression vient se rajouter aux nombreux problèmes de sûreté (cuve défectueuse, malfaçons en série…) qui plaident déjà pour l’abandon du réacteur.

Enfin, comme le démontrent les faits exposés dans le reportage « Sécurité nucléaire, le grand mensonge », il n’est pas concevable que la France puisse poursuivre plus longtemps les opérations de séparation du plutonium effectuées à La Hague, qui posent un risque énorme en termes de prolifération. Et que dire de la fabrication du combustible MOX, qui entraîne des allées et venues dans toute la France de camions de plutonium à la merci d’une attaque ?

C’est avec raison que, le 2 décembre, près de 250 personnes ont déposé plainte contre EDF et l’État pour « risque causé à autrui » en raison de l’insécurité nucléaire. »

La France ne peut pas continuer à menacer plus longtemps la sécurité des populations européennes. Il est inacceptable que la seule réponse aux alertes posées dans ce documentaire soit, en l’état actuel, la criminalisation des militants qui ont le courage de s’engager pour mettre en lumière les problèmes. Au lieu de se réfugier dans le mutisme, les responsables politiques ont le devoir de prendre le sujet à bras-le-corps : la sortie du nucléaire s’impose en urgence !

Contacts presse :

Martial Chateau – 06 45 30 74 66 ou Jean-Marie Matagne – 06 73 50 76 61

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Vulnerabilite-des-installations-aux-agressions-la

Déc 06

NUCLÉAIRE: DES CITOYENS PORTENT PLAINTE À BORDEAUX CONTRE L’ÉTAT

Retour sur une action surprise intervenue ce samedi matin à Bordeaux : les policiers du commissariat de Mériadeck ont dû enregistrer trente plaintes de citoyens contre l’État et EDF. Cette action nationale faisait suite aux révélations d’un rapport commandé par Greenpeace, alarmant sur la sécurité des réacteurs nucléaires et des piscines d’entreposage du combustible usé.

Les piscines d’entreposage de combustibles usés des centrales nucléaires françaises ne seraient pas assez sécurisées. C’est en tout cas le constat du rapport commandé par Greenpeace à des experts indépendants et internationaux en 2015, et résumé ici. Remis au gouvernement et à l’Autorité de Sécurité Nucléaire en octobre 2017, ce rapport vise à donner quelques recommandations d’action à EDF dans le cadre des visites décennales de sécurité qui interviendront dans les prochaines années pour les 58 réacteurs nucléaires de l’hexagone.

C’est dans ce contexte que samedi 2 décembre 2017, près de 200 citoyens se sont emparés du sujet et ont déposé une plainte dans les commissariats de cinq villes françaises : Bordeaux, Thionville, Lyon, Colmar et Dunkerque. Tous ont porté plainte pour « délit de risque causé à autrui », contre EDF, l’exploitant des centrales et contre l’État. Plus précisément contre le Ministre de la Transition écologique et Solidaire et contre le Premier Ministre.

« Un risque nucléaire à moins de 20 km de chez moi »

Sur les marches du commissariat de Bordeaux, ils sont une trentaine à attendre pour déposer plainte contre l’État après avoir été avertis sur les réseaux sociaux par d’autres citoyens et plusieurs associations anti-nucléaire, telles que Greenpeace, le réseau Sortir du Nucléaire ou encore Tchernoblaye et même des jeunes écologistes.

Certains sont venus de Toulouse, d’autres de Tours et des Parisiens ont même profité d’un week-end à Bordeaux pour venir déposer leurs plaintes dans la capitale girondine. L’occasion de partager leur engagement avec les personnes présentes pour des démarches au commissariat de Bordeaux. « L’enjeu est d’être visible. Nous avons toute la matinée pour ça », précise James Cleaver, le responsable communication de Greenpeace du groupe local de Bordeaux venu en son nom propre.

Alain, 63 ans, était étudiant quand la centrale du Blayais s’est installée à Braud-et-Saint-Louis.

« Il faut mettre l’État face à ses responsabilités, affirme cet habitant de Parempuyre. Cette action citoyenne permet de montrer qu’il n’y a pas que des grandes organisations qui se sentent concernées par ce sujet. Même si ce que l’on souhaite c’est l’arrêt du nucléaire, si déjà les centrales sont sécurisées, c’est un début. »

Le commissariat de Bordeaux est à 71 kilomètres de la centrale nucléaire du Blayais, 46 kilomètres à vol d’oiseau. Magalie habite à une vingtaine de kilomètre et est aux premières loges en cas d’incident nucléaire. Cette militante trentenaire est tellement convaincue de la dangerosité de la centrale qu’elle a même changé de fournisseur d’électricité pour un autre qui ne distribue que de l’énergie renouvelable.

« J’habite Saint-André-de-Cubzac et j’en ai marre d’avoir ce risque nucléaire à moins de 20 km de chez moi. J’ai subi la tempête de 1999 et l’inondation de la centrale du Blayais. J’étais chez moi, mais je n’avais ni la télévision, ni la radio pour m’informer. C’est plus tard que j’en ai entendu parler. Ma ville, ma famille auraient pu être rayées de la carte à cause de ce qui s’est passé. Nous ne sommes pas assez prévenus des risques que nous encourons. Nous ne savons même pas exactement comment réagir en cas de catastrophe nucléaire. »

Retraitée, habitant à 25 kilomètres de la centrale de Braud-et-Saint-Louis, Martine est anti-nucléaire depuis son adolescence :

« Pour que cela change, la force ne peut venir que du bas, souligne Martine. On doit être protégé et c’est à l’État de le faire. C’est par ce type d’action qu’on risque enfin d’y arriver. »

Un rapport alarmiste ?

Forcément le rapport de Greenpeace d’octobre dernier n’a en rien rassuré les militants :

« En 1999, c’était le réacteur, cette fois, on sait qu’il y a des risques avec la sécurité des piscines souligne James. Des associations ont alerté les autorités et aujourd’hui il faut que l’état réagisse. J’espère que le procureur ouvrira une information judiciaire ».

Tout comme 63 piscines des 58 centrales nucléaires françaises en activité, celle de Braud-et-Saint-Louis est également mal protégée selon Greenpeace. (58 réacteurs soit 58 piscines + 4 dans la centrale de la Hague + 1 dans celle de Creys-Malville).

Ces piscines d’entreposage du combustible usé assurent à la fois une fonction de protection radiologique contre la réactivité dégagée par le combustible usé, et de refroidissement de ce combustible, qui présente une charge thermique importante, bien que décroissante avec le temps. Des experts considèrent qu’elles constituent des cibles idéales d’actes de malveillance, comme le révèle ce documentaire d’Arte.

« Dans le contexte actuel, je suis très inquiet, estime Jean-François, un bordelais, non militant. On connaît la force de frappe et la détermination des terroristes. Une centrale nucléaire, c’est comme une bombe à retardement. Quand on voit ce qui s’est passé sur Tchernobyl, Fukushima, le vol des drones au-dessus d’une centrale nucléaire et que plusieurs activistes ont prouvé qu’on peut entrer dans une centrale, j’ai l’impression qu’ils jouent à une sorte de loterie, qu’ils jouent avec la vie d’autrui.»

Pour se prémunir, le rapport préconise un niveau de sécurité au moins égal à celui des réacteurs de type EPR. C’est-à-dire au moins 1,50 m de béton d’épaisseur pour le confinement des piscines et au moins un toit dans une autre matière que du métal. Cela coûterait entre 1,6 et 2,4 milliards d’euros par piscine.

Ces préconisations sont faites dans le cadre des visites décennales de conformité de l’ASN. À celle du Blayais, âgée de 36 ans (mise en service entre 1981 et 1983), la dernière visite décennale a eu lieu en 2015 pour les unités de production 3 et 4.

Le scénario redouté par les experts du rapport commandé par Greenpeace est celui d’une catastrophe comme Fukushima en 2011 :

« Une perte durable de refroidissement, en lien avec une brèche dans le confinement d’une piscine du combustible usé, entraînant une déperdition plus rapide que le rythme auquel celle-ci peut être renouvelée, conduisant à un découvrement partiel ou total du combustible. Ce qui aurait pour conséquence son échauffement jusqu’à sa fusion et au relâchement d’une fraction significative de sa radioactivité. Une catastrophe qui fait penser à celle du Fukushima en 2011 : des retombées radioactives significativement supérieures à la radioactivité naturelle projetée jusqu’à 250 km de la centrale et en grande partie dégagée par les piscines. »

Le rapport insiste :

« Compte tenu de l’absence de plan d’urgence et de protection des populations à cette échelle et de la désorganisation des secours que l’attaque externe risqueraient d’engendrer, les conséquences radiologiques d’une telle situation seraient potentiellement sans précédent. »

Les dernières actions de Greenpeace

Le 28/11/2017 : 22 militants Greenpeace s’introduisent dans la centrale de Cruas-Meysse (Ardèche) afin « d’alerter » les autorités de la « vulnérabilité » des piscines où sont entreposés les combustibles usagés. Quatre militants se sont suspendus à un bâtiment abritant une piscine et ont allumé des fumigènes. « Il y a eu un petit feu d’artifice » a annoncé la préfecture de l’Ardèche. L’ASN et EDF ont assuré que cette intrusion n’avait « aucun impact sur la sûreté » des installations. EDF a porté plainte. Cf : article de lemonde.fr daté du 28/11/2017

Le 12 octobre 2017 : intrusion sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom (Lorraine). Des militants ont été stoppés par les gendarmes avant la « zone nucléaire ». Une nouvelle fois EDF assure qu’il n’y a pas eu « d’impact sur la sûreté des installations » et a déposé plainte. Huit personnes ont été placées en garde à vue. Sur Twitter, les militants affirment avoir tiré un feu d’artifice « au pied de la piscine du combustible usagé ». Une information contestée par EDF.

http://rue89bordeaux.com/2017/12/nucleaire-citoyens-portent-plainte-bordeaux-contre-etat/

Déc 05

AVEC TILLERSON, L’UE ET L’OTAN UNIS FACE À LA CORÉE DU NORD MALGRÉ DES DIVERGENCES DE FOND

Rex Tillerson rencontre mardi à Bruxelles ses homologues de l’UE et de l’Otan pour afficher une détermination commune face aux missiles de la Corée du Nord mais aussi tenter d’aplanir des divergences majeures entre l’administration Trump et les Européens.

À la mi-journée, le chef de la diplomatie américaine doit déjeuner avec ses homologues des 28 pays de l’Union européenne à l’invitation de la Haute représentante Federica Mogherini, avant de retrouver ses homologues de l’Alliance atlantique pour deux jours de consultations en commençant par les grands défis sécuritaires du moment: la Corée du Nord et la Russie.
« Le tir la semaine dernière d’un missile balistique intercontinental a montré que toutes les nations alliées pouvaient être à la portée » de Pyongyang, a insisté lundi le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.
« Nos partenaires dans la région sont en danger (…), donc le monde entier doit exercer une pression maximale sur la Corée du Nord afin d’arriver à une solution pacifiquement négociée« , a estimé M. Stoltenberg, rappelant que les 29 pays de l’Otan « ont été clairs et constants dans leurs condamnations » de l’essai nucléaire du début septembre et des tirs de missiles par Pyongyang.
Si les Européens se sont toujours sentis à l’abri, ils ont affiché une fermeté sans faille en durcissant encore leurs sanctions économiques contre Pyongyang tout en appelant à régler pacifiquement cette crise.

Partager le fardeau

Mais au-delà de cette unité sacrée sur la Corée du Nord, de nombreux sujets divisent les partenaires de part et d’autre de l’Atlantique.

À commencer par la lutte contre le réchauffement climatique, après le retrait de l’accord de Paris décidé par Donald Trump. L’UE s’inquiète aussi de sa remise en cause d’accords commerciaux multilatéraux, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou encore de l’ONU.
Les attaques virulentes du président américain contre l’accord nucléaire avec l’Iran, qu’il a refusé de « certifier » en octobre, ont révélé un autre antagonisme profond avec les Européens, qui ont fait front commun pour le défendre.
« Préserver l’accord nucléaire avec l’Iran et sa mise en œuvre dans tous ses aspects est une priorité sécuritaire essentielle pour l’Europe« , a martelé Mme Mogherini il y a quelques jours.
Même l’Otan, organisation de coopération militaire transatlantique historiquement dominée par les États-Unis, a été critiquée par Donald Trump, qui ne cache pas son exaspération devant l’inégal « partage du fardeau » et réclame sans ménagement à ses Alliés européens et canadien qu’ils augmentent leurs budgets militaires.

‘Rôle-clé’

La tournée en Europe de Rex Tillerson débute après une séquence médiatique ayant une nouvelle fois illustré les tensions récurrentes de l’ancien PDG d’ExxonMobil avec Donald Trump.
Les médias américains ont rapporté la semaine dernière que la Maison Blanche entendait le remplacer prochainement par le directeur de la CIA Mike Pompeo à la tête du département d’État, voire le pousser à la démission.
Et il aura fallu plus de 24 heures au président Trump pour lui réaffirmer son soutien, à minima, tout en insistant sur leurs « divergences » de vues. « C’est moi qui ai le dernier mot« , a martelé le milliardaire républicain sur Twitter.
Réagissant à ce qu’il a qualifié de « spéculations et rumeurs« , M. Stoltenberg a appelé lundi à rester « concentré« .
« Nous avons vu encore et encore que l’Otan et les ministres de l’Otan sont capables de se concentrer sur leurs tâches fondamentales et de faire le travail que nous devons faire malgré les spéculations et les rumeurs« , a déclaré M. Stoltenberg devant la presse à Bruxelles.
« Et je suis absolument certain que cela sera le cas également maintenant« , a-t-il ajouté: « On a besoin d’institutions fortes comme l’Otan, particulièrement quand on voit plus d’incertitudes, d’imprévisibilité, de menaces » dans le monde.
M. Stoltenberg a également tenu à saluer le « rôle-clé » joué par Rex Tillerson « pour envoyer une message de dissuasion, d’unité et de détermination de toute l’Alliance » face à la Corée du Nord, « mais aussi (un message) disant qu’il faut continuer à travailler à une solution pacifique« .

https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/avec-tillerson-l-ue-et-l-otan-unis-face-a-pyongyang-malgre-des-divergences-de-fond

Déc 05

EDF NE PARVIENT TOUJOURS PAS À STOPPER L’HÉMORRAGIE DE CLIENTS

L’électricien a encore perdu 300.000 clients au troisième trimestre. Près de 2 millions ont quitté l’ancien monopole sur les deux dernières années. 2018 s’annonce toutefois moins rude.

EDF saigne toujours mais personne ne s’en inquiète. L’électricien a perdu 298.000 clients au troisième trimestre, d’après les chiffres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) obtenus en exclusivité par BFM Business. Un nouveau trimestre noir: déjà 286.000 clients étaient partis à la concurrence au deuxième trimestre. Ils sont un million à avoir quitté EDF  depuis un an et près de deux millions depuis deux ans. Une tendance qui s’installe dans la durée.

Arrivée timide de Total

Mais l’hémorragie ne semble pas inquiéter EDF (https://www.tradingsat.com/edf-FR0010242511/). « Nous perdons davantage de clients cette année mais il ne faut pas dramatiser, réagit Fabrice Gourdellier, directeur du marché des clients particuliers. L’arrivée de Total n’a pas provoqué d’effet massif« . Même constat chez Direct Énergie (https://www.tradingsat..com/direct-energie-FR0004191674/)  dont les ventes continuent de progresser. « En novembre, nous avons gagné 15% de clients en plus qu’en novembre 2016, explique son PDG Xavier Caitucoli. L’arrivée de Total n’a pas eu d’effet significatif sur nos acquisitions de clients« .

Chez Total, aucun chiffre ne sera publié avant les résultats 2017 du groupe en février prochain. Pour le moment, on la joue profil bas. « Nous sommes très contents du lancement et remplissons nos objectifs » se contente de déclarer sobrement le groupe. La rumeur circule que Total gagne environ 1000 clients par jour. Un ordre de grandeur assez modeste au regard des ambitions du groupe qui vise 3 millions de clients d’ici deux à trois ans.

EDF se rattrape en fournissant ses concurrents

EDF se rassure grâce à la remontée des prix de gros. En effet, ils avaient beaucoup baissé depuis un an, permettant aux concurrents de proposer des offres bon marché. « Depuis cet été, ils ont beaucoup augmenté et 2018 sera une année probablement plus calme« . Ces derniers mois, la remontée des prix de gros laisse penser que les pertes de clients seront moindres l’an prochain. De plus, EDF (https://www.tradingsat.com/edf-FR0010242511/)  rappelle que ses concurrents se fournissent auprès de lui. Un client perdu au niveau commercial ne l’est donc pas totalement car EDF (https://www.tradingsat.com/edf-FR0010242511/)  continue à le fournir indirectement en électricité nucléaire. (NDLR : en partie inexact, voir note en fin d’article)

Pour autant, les départs de clients sont inévitables. Et la direction d’EDF (https://www.tradingsat.com/edf-FR0010242511/)  semble en prendre enfin conscience. Il y a deux semaines, lors d’un déplacement à Lyon, le PDG Jean-Bernard Levy a « passé une soufflante à ses équipes commerciales » explique un témoin. Pour cause, ses concurrents lui grignotent chaque trimestre 1% de part de marché et en captent désormais 17%.

Par la rédaction de BFM Business

https://www.tradingsat.com/edf-FR0010242511/actualites/edf-edf-ne-parvient-toujours-pas-a-stopper-l-hemorragie-de-clients-775047.html

NDLR :

Dire qu’EDF continue à fournir ses concurrents n’est valable que pour les concurrents qui achètent à EDF tout ou partie de l’électricité qu’ils revendent. Mais plusieurs fournisseurs (dont la coopérative ÉNERCOOP) ne fournissent QUE de l’électricité d’origine renouvelable qu’ils achètent directement aux producteurs. Ainsi, en payant votre facture d’électricité à de tels fournisseurs, vous cesserez de financer EDF et en particulier les futurs réacteurs nucléaires qui sont dans ses projets.

Pour en savoir plus : http://www.energie-info.fr/, site qui vous permettra d’avoir la liste des divers fournisseurs d’électricité et de comparer les prix et la nature (renouvelable exclusivement ou non) de votre future électricité. Votre changement de fournisseur ne nécessite qu’un appel téléphonique à celui de votre choix, lequel de charge de toutes les démarches auprès d’EDF sans coupure d’électricité ?

Déc 05

ÉRIC GUÉRET : « LE NUCLÉAIRE N’A PAS ÉTÉ CONÇU POUR RÉSISTER À DES ATTENTATS »

Les centrales nucléaires françaises sont très vulnérables aux attaques terroristes. C’est la conclusion du documentariste Éric Guéret, auteur, avec Laure Noualhat, de « Sécurité nucléaire : le grand mensonge », diffusé mardi 5 décembre sur Arte. Reporterre l’a rencontré.

Ce n’est pas la première fois qu’Éric Guéret plonge dans la soupe nucléaire. Le documentariste avait déjà fait ses armes en 2005 avec Opération plutonium et remis le couvert en 2009 pour Déchets, le cauchemar du nucléaire. Si, à l’époque, le réalisateur avait déjà en tête le problème de la sécurité nucléaire, le contexte terroriste international l’a convaincu de s’emparer du sujet une troisième fois pour lever le voile, avec Laure Noualhat, sur les fragilités des systèmes de défense du nucléaire civil français. Deux années d’enquête ont été nécessaires pour réaliser Sécurité nucléaire : le grand mensonge (diffusé ce mardi 5 décembre sur Arte) afin de savoir si, caché derrière le secret-défense, les États et l’industrie nucléaire peuvent garantir la sécurité des citoyens. Pour répondre, le film conduit ses spectateurs au cœur des opérations d’occupation et de surveillance de Greenpeace France et à la rencontre des experts internationaux de la sécurité de l’atome. Il démontre qu’un petit groupe organisé peut mettre en péril la sécurité de milliers de personnes. Et soulève le criant problème des piscines de stockage des combustibles usés.

Le film est diffusé ce soir mardi 5 décembre sur Arte à 20h50 https://www.arte.tv/fr/videos/067856-000-A/securite-nucleaire-le-grand-mensonge/

Reporterre — Selon vous, que représente le nucléaire en France ?

Éric Guéret — Il y a un rapport très affectif, irrationnel entre la France et le nucléaire. Le nucléaire a été développé au moment de la décolonisation et la puissance nucléaire s’est substituée à la puissance coloniale. C’est d’ailleurs de Gaulle qui a fait la transition, à la fois en décolonisant les territoires occupés par la France et en développant le nucléaire aussi bien militaire que civil. Quand vous vous attaquez au nucléaire en France, vous entendez toujours de la part des gens qui le défendent : « Mais c’est la grandeur de la France, c’est un savoir-faire unique, etc. » Vous touchez à l’identité, au sentiment de puissance et de rayonnement de la nation.

C’est ce qui empêche d’avoir un débat rationnel sur le nucléaire en France ?

Ce qui empêche la tenue d’un débat rationnel, c’est l’ancrage auprès des élites de cette vision de grandeur de la France à travers le nucléaire. L’idée a été défendue principalement par les ingénieurs du Corps des mines, mais elle a complètement imprégné le tissu politique. On trouve peu de politiciens qui ont le courage de remettre cela en cause. Mais il faut sortir de ce mythe nucléaire. Car les conséquences en sont que nous perdons du temps et ratons les rendez-vous sur les énergies d’avenir et renouvelables. Quand vous mettez 80 % des crédits de développement dans le nucléaire, vous ne mettez pas l’argent ailleurs.

Vous démontrez dans votre documentaire les faiblesses de sécurité du parc nucléaire français. Vous montrez comment attaquer une centrale en son point le plus fragile avec un drone… Présenter ces informations, n’est-ce pas donner des armes aux terroristes ?

C’est une question qu’on s’est posée, mais on ne le pense pas. Il y a une phrase très importante à la fin du film sur les leçons à tirer du 11 Septembre : « Ne sous-estimez pas vos adversaires. Il faut entretenir le doute sur vos propres capacités. » Aujourd’hui, les réseaux terroristes ont beaucoup plus de moyens que nous pour enquêter, pour recruter des experts… Toutes les informations que nous avons trouvées sont accessibles dans le domaine public, dans les rapports de l’IRSN [l’Institut de radiodétection et de sûreté nucléaire], dans les rapports de sûreté états-uniens et belges, dans les rapports de l’industrie… C’est la fragilité que nous voulons montrer : des personnes organisées trouveront les mêmes informations que nous. La simple observation permet de comprendre les mécaniques des transports en camion de plutonium, qui sont réglés à la minute près sur les mêmes trajets. Malheureusement, les terroristes n’ont pas besoin de nous pour avoir des idées : il y a eu 83 attaques ou malveillances sur le nucléaire depuis 60 ans.

Là où notre travail est nécessaire, c’est qu’à partir du moment où les autorités pensent que le secret suffit à protéger, elles mettent peu de moyens supplémentaires en œuvre. Nous démontrons que le secret ne peut pas être le pilier principal de la stratégie de défense. C’est un travail de lanceur d’alerte : si on ne le dit pas, les choses ne progressent pas, car cela coûte cher et que c’est compliqué à appliquer.

Quelles réactions souhaitez-vous provoquer avec ce film ?

J’aimerais que ce film fasse prendre conscience à chacun du risque réel que cette industrie lui fait courir. Il faut sortir de cette idéologie du nucléaire propre, d’avenir, sécurisé… Nous vivons dans une idéologie portée par des militants pronucléaires. Ensuite, j’aimerais que la politique s’empare de la question. Que le Parlement, qui a le pouvoir de déclencher des enquêtes parlementaires, le fasse. Il y a des parlementaires habilités secret-défense qui peuvent demander des comptes à l’État sur la manière dont il défend les citoyens contre ce risque. Ça pourrait être fait sur le plan français, mais ça pourrait également être fait sur le plan international : pourquoi un groupe de parlementaires européens ne pourrait-il pas demander des comptes, puisque les frontières n’existent pas en matière de risque, aux différents pays sur leurs stratégies de défense et les moyens de défense mis en œuvre pour nous sécuriser ?

Enfin, à partir du moment où on ne nous pose pas la question du développement nucléaire, car c’est un choix qui ne nous a jamais été donné, il est bon de rappeler que le marché de l’électricité est ouvert. Que chacun peut décider d’acheter de l’électricité nucléaire chez EDF, ou de l’énergie renouvelable chez Enercoop. À partir du moment où la démocratie ne s’applique pas en matière de choix nucléaire, elle s’applique à chacun dans le choix de l’énergie qui va l’alimenter.

Quelles sont les solutions envisageables pour réduire les risques auxquels est exposé le parc nucléaire français ?

Ce qui est terrible dans ce que nous avons découvert, c’est que je ne suis pas sûr que ce soit réellement sécurisable. Il y a une forme d’impasse dans cette industrie, et elle apparaît incompatible avec l’état du terrorisme actuel, avec la progression des technologies, comme les drones et certains types d’armes, avec la folie des hommes qui sont prêts à se suicider pour faire le maximum de victimes. Cela pose une question structurelle : ce mode d’énergie est-il compatible avec le monde d’aujourd’hui ?

L’industrie nucléaire n’a pas été conçue pour résister à des attentats. C’est vrai des dômes des centrales nucléaires, qui n’ont pas été construits pour résister à des chutes d’avions. C’est vrai des barrières, des accès, des angles de tir qu’on pourrait avoir sur les piscines nucléaires. Il faudrait les protéger mieux, or ça demande des investissements considérables. Il est absolument effrayant qu’à moins de deux semaines d’intervalles, Greenpeace arrive à s’introduire dans deux centrales différentes et à s’approcher des piscines à combustible. Il faudrait surtout vider au maximum les matières nucléaires des sites, sortir les combustibles pour les sécuriser dans les systèmes les plus sûrs, au sec.

Ensuite, il y a une vraie réflexion à avoir sur la gouvernance mondiale. Aujourd’hui, on se rend compte qu’il n’y a aucune instance internationale qui puisse imposer à un pays tel type de gestion. Malheureusement, en cas de problème, tout le monde est victime. Nous avons démontré que l’Agence internationale de l’énergie atomique n’a pas les moyens de tenir ce rôle : elle n’a aucun pouvoir contraignant et aucun budget pour le faire, et, de plus, elle fait la promotion de l’énergie nucléaire. Il faudrait une agence internationale, indépendante, qui ait un pouvoir d’expertise, et un pouvoir de contrainte sur cette industrie.

Propos recueillis par Moran Kerinec

LE FILM PEUT ÊTRE VU ICI jusqu’en février 2018

https://reporterre.net/Eric-Gueret-Le-nucleaire-n-a-pas-ete-concu-pour-resister-a-des-attentats

Déc 04

REGARDEZ “SÉCURITÉ NUCLÉAIRE : LE GRAND MENSONGE” SUR TÉLÉRAMA.FR ET ARTE

Dès aujourd’hui, et avant sa diffusion sur Arte mardi 5 décembre, vous pouvez regarder “Sécurité nucléaire : le grand mensonge”, un documentaire aussi salutaire qu’anxiogène signé Eric Guéret, qui pointe notamment les failles des systèmes de protection.
« On peut supposer que si les réseaux terroristes avaient accès à des matériaux nucléaires ou radiologiques, ils trouveraient les moyens de faire des dommages considérables », confie Laura Holbate, ex-responsable du Conseil de sécurité nationale américain. En clair, centrales, usines d’enrichissement ou de retraitement, sites de stockage, transport de matières constituent des cibles potentielles pour des terroristes en quête d’armes de destruction massive. L’hypothèse, alarmante, se transforme en cauchemar dès lors qu’on la confronte à l’extrême vulnérabilité de l’industrie nucléaire, aux effarantes brèches dans la prévention du risque terroriste.

Aussi salutaire qu’anxiogène, l’enquête met en lumière, à l’international, les failles des systèmes de protection. Émaillée de ­témoignages d’experts, de membres de Greenpeace et de politiques, l’investigation, implacable, fait la démonstration qu’aucun dispositif n’est à la hauteur pour endiguer le danger. Qu’il s’agisse d’avions suicides, de drones, de cyberattaques, de commandos terrestres… Et relever l’exigence en matière de sécurité n’est plus à la portée des budgets de l’industrie nucléaire, en situation déficitaire, lorsqu’elle n’est pas, comme aux États-Unis en quasi-faillite. Une invraisemblable et vertigineuse impasse que cette industrie, source possible de maux incalculables, et désormais incapable de financer sa sécurisation !

En guise d’épilogue, le film pose la seule question qui vaille : le nucléaire est-il compatible avec l’époque terroriste ? Pour les réalisateurs, les citoyens doivent pouvoir décider s’ils assument ce risque. Les Allemands, eux, ont tranché, qui ont commencé de fermer leurs centrales. Le ministre de l’Environnement du Bade-Wurtemberg le dit : en 2022, il n’aura plus peur, il sera tranquille.

Article de Marie Cailletet

Mardi 5 décembre 20H50 sur ARTE

Plus d’info en 30 secondes : https://www.arte.tv/fr/videos/067856-000-A/securite-nucleaire-le-grand-mensonge/

Documentaire de 1h44mn33s sur : http://www.telerama.fr/television/regardez-securite-nucleaire-le-grand-mensonge-sur-telerama.fr,n5382403.php

Déc 04

LES CENTRALES NUCLÉAIRES BELGES TOUJOURS PAS AUX NORMES

Le secteur nucléaire a adopté des normes sismiques qui pourraient engendrer de gros travaux sur les sites belges.

Le tremblement de terre est un des scénarios « catastrophe » auxquels une centrale nucléaire doit pouvoir faire face. Et ce, même lorsque la probabilité qu’un séisme se produise est faible. L’Association des régulateurs nucléaires européens recommande à toute centrale nucléaire européenne de pouvoir résister à une accélération au sol de 0,1 g en cas de séisme. L’Agence belge de contrôle nucléaire (AFCN) est membre de cette association et s’est engagée à intégrer les nouveaux niveaux de référence qu’elle a établis dans la réglementation belge.

En mars 2016, lorsque Le Soir révélait  <http://plus.lesoir.be/28509/article/2016-03-01/en-cas-daccident-nucleaire-la-belgique-ne-va-pas-assez-loin> que les réacteurs de Doel 1 et Doel 2 ne répondaient pas à la nouvelle norme du 0,1g, l’AFCN affirmait vouloir transposer les nouvelles normes en droit belge « d’ici fin 2017 ». Nous voilà fin 2017, et toujours pas d’intégration à l’horizon.

Dans l’attente de cette transposition, Electrabel et EDF, copropriétaires du parc belge, n’ont aucune obligation de mettre en conformité leurs sept réacteurs belges. Une opération dont le coût ne pourra qu’être élevé. D’autant que les nouvelles normes imposent aux centrales de résister non seulement à un séisme mais aussi à la combinaison d’un séisme et d’une erreur humaine ou d’un accident technique.

http://www.lesoir.be/127556/article/2017-12-04/les-centrales-nucleaires-belges-toujours-pas-aux-normes

Déc 04

LES ÉTATS DOTÉS D’ARMES NUCLÉAIRES BOYCOTTENT LA CÉRÉMONIE DE REMISE DU PRIX NOBEL DE LA PAIX

L’AFP rapporte que les ambassadeurs des États dotés d’armes nucléaires, à l’exception de la Russie et d’Israël, boycotteront la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix, prévue à Oslo en Norvège le 10 décembre, au cours de laquelle l’ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires) recevra officiellement le prix de l’Institut Nobel.

Beatrice Fihn, directrice de l’ICAN, et Setsuko Thurlow, rescapée de la bombe d’Hiroshima, recevront le prix ensemble pour les efforts déployés en vue d’interdire la bombe, efforts qui en réalité remontent aussi loin que les armes nucléaires existent.

Le prix de cette année a été décerné suite à la signature récente du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, que l’ICAN a tant fait pour faire aboutir et que les États dotés d’armes nucléaires ont tant fait pour y faire obstacle. Leur échec s’est maintenant transformé en rancœur, leurs ambassadeurs ne participant pas à la cérémonie qui réunit normalement les plus hauts diplomates à Oslo.

L’article de l’AFP <http://www.france24.com/en/20171130-ambassadors-western-nuclear-powers-snub-nobel-ceremony>  rapporte les propos du responsable de l’Institut Nobel, Olav Njolstad : « ils ont clairement reçu des instructions pour exprimer leurs réserves à l’égard de l’ICAN et du traité global » d’interdiction des armes de destruction massive.

Ce n’est pas surprenant étant donné que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont publié une déclaration lors de l’approbation du texte du traité, déclaration qui commence par : « La France, le Royaume-Uni et les États-Unis n’ont pas participé à la négociation du traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Nous n’avons pas l’intention de le signer, de le ratifier ou d’y adhérer. Par conséquent, il n’y aura aucun changement dans les obligations légales de nos pays quant aux armes nucléaires. »

Selon l’Institut Nobel, les ambassadeurs de l’Inde et du Pakistan seront en déplacement à la date de la cérémonie, alors que la Chine n’a pas assisté à la remise des prix depuis 2010, quand un dissident chinois avait reçu cette récompense. La Corée du Nord n’a pas d’ambassade à Oslo.

La cérémonie de remise du prix intervient à un moment où la tension nucléaire s’intensifie, alors que la Corée du Nord teste divers composants d’une bombe nucléaire et semble de plus en plus confiante dans sa capacité à frapper n’importe quelle cible aux États-Unis.

NDLR : il y a des jours où on peut avoir honte de nos dirigeants. Aujourd’hui en est un !

https://www.pressenza.com/fr/2017/12/etats-dotes-darmes-nucleaires-boycottent-ceremonie-de-remise-prix-nobel-de-paix/

Déc 04

LES AVANCÉES SOUS-MARINES DE LA CORÉE DU NORD : UNE AUTRE ANGOISSE POUR LES USA

Le développement de sous-marins capables de transporter des missiles balistiques en Corée du Nord est «un cauchemar pour la Corée du Sud et le Japon, car les sous-marins ont la possibilité de passer inaperçus des systèmes de défense les plus sophistiqués».

Selon les spécialistes qui ont étudié les images satellites des chantiers navals nord-coréens, le pays asiatique pourrait préparer un nouveau test: cette fois, non sur un site d’essai terrestre, mais… depuis la mer!

À l’heure actuelle, il est peu probable que la Corée du Nord ait la capacité de lancer des missiles nucléaires à partir d’un sous-marin. Cependant, les ingénieurs nord-coréens avancent activement dans ce domaine et pourraient atteindre leur but d’ici 2018, estime la chaîne américaine CBNC.

La Corée du Nord est-elle devenue un État nucléaire?

Si la Corée du Nord peut réellement déployer un missile balistique sur un sous-marin, «cela compliquerait de façon certaine la défense contre les attaques de missiles», selon l’analyste de défense américain Joseph Bermudez, cité par CNBC.

Le spécialiste ajoute que des images satellites avaient montré qu’une barge d’essai de missiles était en train d’entrer en service dans le chantier naval Nampo de la marine nord-coréenne.

«Une fois en service, cette barge permettra un régime plus large des tests de missiles balistiques et de potentiellement valider la capacité de la flotte nord-coréenne des missiles mer-sol balistiques stratégiques», a écrit M.Bermudez.

Tir de missile nord-coréen: «ils ont volontairement provoqué Kim Jong-un»

Selon l’analyste, la barge d’essai est utilisée pour simuler des armes qui pourraient se trouver à l’intérieur d’un sous-marin, car il est considéré comme trop dangereux et coûteux de faire les premiers essais dans un sous-marin réel.

L’expert note que les Nord-Coréens se rendent compte que l’armée américaine surveille le processus de développement de leurs missiles mer-sol et essaient de le cacher des satellites. Cependant, M.Bermudez a déclaré que les essais à Nampo devraient être considérés comme «un indicateur significatif que Pyongyang avance».

En 2016, l’armée nord-coréenne a effectué un essai de sa technologie de missiles mer-sol au cours duquel l’un des missiles aurait volé au moins 500 kilomètres, écrit CNBC se référant à Yonhap. Il est possible que Pyongyang construise un sous-marin plus puissant capable de lancer plusieurs missiles en même temps, estime l’expert.

Hwasong-15 vs Hwasong-14: Séoul évalue les capacités du nouveau missile nord-coréen

Bien que la technologie nord-coréenne ne soit pas complètement développée, le scénario actuel peut devenir «un cauchemar pour la Corée du Sud et le Japon, car les sous-marins ont la possibilité de passer inaperçus des systèmes de défense les plus sophistiqués», écrit le média. Par exemple, les missiles nord-coréens peuvent ne pas être détectés par les radars du système Patriot déployé au Japon et du système THAAD installé en Corée du Sud.

En outre, les analystes n’excluent pas que les sous-marins nord-coréens soient dotés d’une portée capable d’atteindre les côtes des États-Unis.

«Le plus gros problème auquel les États-Unis sont confrontés, en ce qui concerne les lancements nucléaires nord-coréens, est que vous ne pouvez pas l’arrêter si vous ne savez pas d’où il vient», a déclaré Loren Thompson, conseiller dans l’industrie de défense militaire. «C’est pourquoi les Nord-Coréens construisent des lance-missiles mobiles sur terre et qu’ils essaient de développer la capacité de lancement depuis les mers

Cependant, selon lui, la construction de sous-marins de ce type est un défi d’une immense complexité pour l’industrie militaire de la Corée du Nord.

https://fr.sputniknews.com/defense/201712031034144409-avancees-coree-nord-usa/

Déc 04

À CHAQUE MISSILE TESTÉ PAR LA CORÉE DU NORD, « LA GUERRE SE RAPPROCHE » SELON UN INFLUENT SÉNATEUR AMÉRICAIN

Le 30 novembre dernier, la Corée du Nord a testé en grande pompe un nouveau missile. La routine pour Pyongyang mais c’est toujours aussi menaçant pour les Américains. À ce propos, un éminent sénateur américain, Lindsey Graham, s’est inquiété de la situation sur la chaine de télé CBS. Selon lui, la guerre se rapproche à chaque nouveau tir de missile nord-coréen. Pas très rassurant. 

Ce week-end, les autorités américaines ont dû une nouvelle fois digérer un essai de missile nord-coréen. C’est devenu une routine, on a donc tendance à oublier la gravité de tels tirs. Lindsey Graham, un sénateur américain, mesure bien la dangerosité de la situation. Il s’est exprimé à ce propos sur la chaîne de télé CBS et il n’a pas caché son inquiétude. « S’il y a un test nucléaire souterrain, il faudra se préparer à une réponse très sérieuse de la part des États-Unis » a-t-il prévenu. Ces propos font échos aux déclarations du général McMaster qui redoute également un conflit.

Pour rappel, la Corée du Nord a tiré un nouveau missile le 30 novembre dernier. Une réussite célébrée en grande pompe à Pyongyang. La Corée du Nord n’avait jamais tiré un missile à une telle altitude et distance; Kim Jong Un se rapproche chaque jour du missile parfait capable de faire mal aux États-Unis. Car oui, selon le ministre américain de la Défense Jim Mattis, « tout le territoire américain est désormais à portée de tir de la Corée du Nord. »

« Guerre préventive »

Lindsey Graham, c’est un gros morceau en matière de politique étrangère, il en connait un rayon. Il a pas mal discuté avec l’administration Trump et selon lui, le président a pour stratégie « d’empêcher la Corée du Nord d’acquérir la capacité de frapper les États-Unis avec un missile à tête nucléaire. Pas seulement de la maîtriser » a-t-il expliqué, toujours sur CBS.

« Empêcher cela veut dire une guerre préventive en dernier ressort. Cette prévention devient plus probable au fur et à mesure que leur technologie s’améliore. Chaque test de missile, chaque test souterrain d’une arme nucléaire veut dire que le mariage (d’un missile et d’une tête nucléaire, ndlr) est plus probable » a-t-il ajouté. La Corée du Nord dispose de l’arme nucléaire depuis 2006 et le dernier essai remonte à septembre 2017. Par contre, les experts ont du mal à savoir s’ils ont réussi à la placer sur un missile capable de frapper les USA. Mais quoiqu’il en soit, ce n’est pas vraiment la joie niveau diplomatie entre Américains et Nord-coréens.

http://fr.newsmonkey.be/article/21515

Déc 04

EXERCICE AÉRIEN INÉDIT DE WASHINGTON ET SÉOUL FACE À PYONGYANG

Cinq jours après le test d’un nouveau missile par la Corée du Nord, les États-Unis et la Corée du Sud ont lancé un vaste exercice militaire impliquant notamment 230 avions.

La tension va – encore – monter d’un cran cette semaine dans la péninsule coréenne. La Corée du Sud et les États-Unis ont donné le coup d’envoi ce lundi à leur plus important exercice aérien conjoint à ce jour. Des manœuvres qui interviennent cinq jours après le test réussi d’un missile balistique intercontinental (ICBM) capable de frapper, selon la Corée du Nord, n’importe quel site du territoire continental américain

L’exercice Vigilant Ace, qui concerne environ 230 avions, dont des chasseurs furtifs F-22 Raptor, et des dizaines de milliers de soldats, a commencé dans la matinée et doit durer cinq jours, selon l’armée de l’air sud-coréenne. La Corée du Nord a dénoncé par avance cette opération, accusant l’administration du président américain Donald Trump de « vouloir la guerre nucléaire à tout prix« . Ce type d’exercices ne manque jamais de susciter la colère de Pyongyang qui les considère comme la répétition de l’invasion de son territoire

Dans ce contexte de tensions, un influent sénateur américain, Lindsey Graham, a estimé que le spectre d’une « guerre préventive » se rapprochait. « S’il y a un test nucléaire souterrain, il faudra se préparer à une réponse très sérieuse de la part des États-Unis« , a mis en garde le républicain sur la chaîne américaine CBS. Depuis 2006, le pays reclus a mené six essais nucléaires, dont le plus puissant en septembre

Hwasong-15, le nouveau joujou nord-coréen

Lindsey Graham, un faucon en matière de politique étrangère, a déclaré que l’administration Trump avait pour stratégie « d’empêcher la Corée du Nord d’acquérir la capacité de frapper les États-Unis avec un missile à tête nucléaire« . « Empêcher, cela veut dire une guerre préventive en dernier ressort. Cette prévention devient plus probable au fur et à mesure que leur technologie s’améliore. Chaque test de missile, chaque test souterrain d’une arme nucléaire veut dire que la mariage [d’un missile et d’une tête nucléaire] est plus probable« , a ajouté le sénateur. 

Ces propos font écho à ceux du conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, le général HR McMaster, qui a estimé que la probabilité d’une guerre avec la Corée du Nord « augmentait chaque jour ». « Nous sommes dans une course pour trouver une solution à ce problème« , a-t-il affirmé. 

Peu d’options militaires

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a assuré que son pays était devenu un État nucléaire à part entière avec l’essai de l’ICBM Hwasong-15. Le Nord affirme que l’ICBM peut transporter une « ogive lourde extra-large » n’importe où sur le territoire continental des États-Unis.  

Les analystes estiment cependant vraisemblable que le Hwasong-15 transportait une tête factice très légère et que l’engin aurait eu du mal à parcourir une distance aussi grande avec une ogive nucléaire, beaucoup plus lourde. Les analystes ne sont pas convaincus non plus que le Nord maîtrise la technologie nécessaire pour assurer la survie des ogives à l’échauffement qui se produit au moment de la rentrée dans l’atmosphère depuis l’espace. 

Les programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord avancent à grand pas depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un en décembre 2011, malgré les multiples sanctions de l’ONU. La crise entre le dirigeant nord-coréen et Donald Trump, qui en sont aussi à se lancer des insultes personnelles, alimente les craintes de nouveau conflit plus de 60 ans après la guerre de Corée (1950-53). 

Cependant, certains jusque dans l’entourage de Donald Trump soulignent que ses options militaires sont limitées. Pyongyang pourrait en effet lancer un barrage d’artillerie contre Séoul, où vivent 10 millions de personnes à une cinquantaine kilomètres seulement de la frontière. 

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/washington-et-seoul-menent-un-exercice-aerien-inedit-face-a-pyongyang_1965899.html

Déc 03

SOUS PRESSION, LES NORD-CORÉENS DE MONGOLIE FONT LEURS VALISES

Ils travaillent sur des chantiers de construction ou exercent leurs talents comme acupuncteurs: le millier de Nord-Coréens présents en Mongolie, l’une des rares démocraties du globe à les accueillir, sont désormais sommés de faire leurs bagages.

Courant novembre, ils étaient près de 1.200 travailleurs nord-coréens établis dans ce vaste pays, main d’œuvre souvent surexploitée et vivant dans des conditions difficiles.

Mais, en application des sanctions internationales contre le régime de Kim Jong-Un, Oulan-Bator leur a donné un ultimatum: ils devront partir d’ici fin 2017, car leurs autorisations de travail d’un an ne seront pas renouvelées.

«Quand leurs contrats arriveront à expiration, les entités privées ne pourront pas en proposer de nouveaux, en raison de la résolution de l’ONU», assure à l’AFP Shijeekhuugiin Odonbaatar, haut responsable du ministère mongol des Affaires étrangères.

L’ONU estime que 100.000 Nord-Coréens travaillent à l’étranger — une source de devises précieuse pour leur pays, auquel ils envoient chaque année quelque 500 millions de dollars.

Après un nouvel essai nucléaire de Pyongyang en septembre, le Conseil de sécurité a adopté une résolution ordonnant aux nations concernées de cesser d’accorder des permis de travail aux ressortissants du pays ermite.

Vie en sous-sol

La plupart des expatriés nord-coréens travaillent en Chine et en Russie, mais certains s’aventurent jusqu’en Afrique et au Moyen-Orient. Avec la Pologne, la Mongolie est l’un des rares pays démocratiques à leur ouvrir ses portes.

Leurs conditions de vie à l’étranger ne sont guère enviables: ils enchaînent 12 à 16 heures de travail quotidien pour deux jours de repos par mois, et Pyongyang confisque entre 70 et 90% de leur salaire (entre 300 et 1.000 dollars/mois), selon le département d’État américain.

En Mongolie, les entreprises de BTP sont réputées recruter des Nord-Coréens pour leur capacité à endurer un travail long et difficile sans se plaindre.

La plupart dorment sur les chantiers, sans être autorisés à se promener seuls en ville.

Alors que les températures hivernales à Oulan-Bator descendent à -40 degrés, «beaucoup vivent sans chauffage au sous-sol des bâtiments qu’ils construisent», explique à l’AFP un militant sud-coréen chrétien.

Ce dernier, qui s’exprime sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité, a tâché d’aider des ouvriers nord-coréens en Mongolie, mais il est devenu «trop risqué de les voir directement»: «Je les contactais via un intermédiaire, mais cet homme a soudainement disparu», ajoute-t-il, inquiet.

En bordure d’un chantier employant des Nord-Coréens, des journalistes de l’AFP ont été pris à partie par des ouvriers refusant de répondre à leurs questions.

Les conditions de sécurité sont également controversées: en septembre, un travailleur nord-coréen de 27 ans s’est tué en tombant d’une tour en construction à Oulan-Bator.

‘De tout cœur’

Dans le textile, une centaine de Nord-Coréens ont quitté les ateliers de Gobi Cashmere, premier fabricant de cachemire du pays, après l’expiration de leurs contrats en août.

«Nous les avions recrutés car nous manquions de Mongols qualifiés pour travailler sur les machines à coudre», explique à l’AFP Tsogtbayariin Tsaschiker, l’avocat de l’entreprise.

Avant de défendre leurs conditions de travail: «La presse sud-coréenne prétend faussement que nous les rémunérions en T-shirts… Nous les payions exactement pareil que nos employés mongols, pour une même durée de travail de 8 heures quotidiennes», s’agace-t-il.

Plus atypique: des Nord-Coréens exercent comme acupuncteurs et chiropracteurs, techniques coréennes traditionnelles très prisées au pays des steppes.

Les cliniques, qui leur fournissent nourriture et logement, paient les salaires directement à l’ambassade de Corée du Nord, a appris l’AFP. L’ambassade a refusé de s’exprimer.

Sunjidmaa Mitiya, docteur en chef du «Sky», hôpital privé de médecine traditionnelle, assure que «les patients sont extrêmement satisfaits» des traitements prodigués par ses deux employés nord-coréens, qui attirent «davantage de clients».

«Ils travaillent de tout cœur, et sont heureux d’être en Mongolie», fait-elle valoir à l’AFP. «Le précédent docteur avait supplié la clinique de renouveler son contrat quand celui-ci s’achevait».

AFP

http://www.liberation.fr/planete/2017/12/03/sous-pression-les-nord-coreens-de-mongolie-font-leurs-valises_1614119

Déc 03

TRUMP ANNONCE DE NOUVELLES SANCTIONS « MAJEURES » CONTRE LA CORÉE DU NORD

La Corée du Nord fera l’objet de nouvelles sanctions importantes a annoncé, mercredi 29 novembre, le président Donald Trump sur Twitter.

L’annonce de Trump intervient alors que d’importants acteurs régionaux se mobilisent pour augmenter les sanctions économiques contre la Corée du Nord après son dernier tir de missile. Le régime a lancé un missile balistique intercontinental (ICBM) dans l’espace le 28 novembre.

« Je me suis entretenu à l’instant avec le président Xi Jinping de la Chine à propos des actions provocatrices de la Corée du Nord. D’autres sanctions importantes seront imposées à la Corée du Nord aujourd’hui. Cette situation sera prise en charge ! », révélait un tweet de Trump.

Le journal officiel du Parti communiste chinois a confirmé l’annonce de Trump et l’engagement de la Chine à mettre un terme au programme nucléaire du dictateur nord-coréen Kim Jong-un. The People’s Daily rapporte que le président chinois, Xi Jinping, a révélé à son homologue Trump que la dénucléarisation de la péninsule coréenne était « un objectif inébranlable » de la Chine.

La Corée du Sud et le Japon sont également prêts à pousser l’ONU à prendre de nouvelles mesures, a indiqué l’agence de presse sud-coréenne Yonhap le 29 novembre.

« Les dirigeants de la Corée du Sud et du Japon ont convenu mercredi de demander des sanctions supplémentaires de l’ONU contre la Corée du Nord, déclarant qu’ils ne peuvent plus tolérer les provocations nord-coréennes », a soumis Yonhap.

Cette annonce a été faite à la suite d’un appel téléphonique de 20 minutes entre le président sud-coréen Moon Jae-in et le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Les deux dirigeants ont convenu de saisir l’occasion lors d’une prochaine réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, le 30 novembre, d’accroître les pressions contre le régime nord-coréen.

Le président Moon Jae-in condamnant également la malheureuse position nord-coréenne se rendra en Chine en décembre et demandera à Xi Jinping de prendre d’autres mesures pour mettre fin aux provocations de la Corée du Nord. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a acquiescé.

« Le Premier ministre Abe a souligné qu’il était important que la Chine joue un plus grand rôle dans la pression exercée sur la Corée du Nord », a déclaré Yoon Young-chan, secrétaire de presse de Moon Jae-in.

Le secrétaire de presse Yoon a précisé que Moon Jae-in voulait bientôt rencontrer le Premier ministre Shinzo Abe et Xi Jinping à Tokyo.

La Corée du Nord a incité les États-Unis et leurs alliés à prendre de nouvelles mesures contre le régime isolé après qu’il eut tiré le premier du genre en 75 jours.

Avec ce lancement, la Corée du Nord prétend enfin pouvoir être considérée comme « État doté d’armes nucléaires ».

« Avec ce système, la Corée du Nord est devenue propriétaire d’un nouveau système intercontinental d’armes balistiques de type nouveau, capable de transporter des ogives nucléaires super-lourdes et d’attaquer l’ensemble du continent américain », a déclaré l’agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) le 29 novembre.

L’article a qualifié le tir « d’une étape historique qui devrait être spécialement enregistré ».

Mais les experts doutent toujours que le missile soit aussi performant que Pyongyang le prétend.

Les médias nord-coréens n’ont pas mentionné si une ogive pouvait résister à la chaleur et à la pression extrême de la rentrée.

« Pour tester la technologie de rentrée, il faut tirer un missile sur une trajectoire standard. Le Nord n’a probablement pas réussi à le maîtriser », a déclaré Chang Young-keun, un expert en missiles de l’Université aérospatiale de Corée, à Yonhap.

Malgré ces doutes, le missile marque un nouveau niveau de capacité pour le régime nord-coréen, suscitant les critiques de plusieurs dirigeants mondiaux.

Entre autres, Trent Franks, membre du Congrès (R-Ariz.) des États-Unis, s’exprimant sur Fox News, a mis en garde contre les conséquences désastreuses d’une attaque de la Corée du Nord vers les États-Unis.

« La Corée du Nord doit comprendre que si elle réussit à lancer une arme nucléaire avec succès et frappe une  quelconque partie de la population civile des États-Unis, ils auront besoin d’un compteur Geiger pour trouver Pyongyang », a-t-il déclaré.

Une telle mise au point du programme nucléaire grâce à l’essai de l’ICBM Hwasong-15, serait-elle une triste conséquence du rajout de la Corée du Nord sur la liste américaine des États qui soutiennent le terrorisme ?

Matthew Little

http://www.epochtimes.fr/trump-annonce-de-nouvelles-sanctions-majeures-contre-coree-nord-129323.html

Déc 03

LE PAPE FUSTIGE L' »IRRATIONALITÉ » PAR RAPPORT À L’ARME NUCLÉAIRE

Le pape François a appelé samedi les dirigeants mondiaux à s’éloigner du risque d‘une possible extermination de l‘espèce humaine, suggérant par-là que certains d‘entre eux avaient une attitude “irrationnelle” envers les armes nucléaires.

Le chef de l‘Église catholique a tenu ces propos à bord de l‘avion le ramenant à Rome après ses voyages en Birmanie et au Bangladesh durant lesquels sa préoccupation principale fut la crise des Rohingya.

Dans un discours prononcé le mois dernier, le pape avait laissé entendre être prêt à durcir officiellement la doctrine de l‘Église, vieille de plusieurs décennies, sur la possession d‘armes nucléaires.

Selon cette doctrine, détenir des armes nucléaires dans un but dissuasif est acceptable si la finalité est de les éliminer. (NDLR : je trouve cette doctrine particulièrement spécieuse !)

Le pape a déclaré lors de ce discours du 10 novembre que la simple possession d‘armes nucléaires devrait désormais être réprouvée, puisque les dirigeants mondiaux ne montrent pas ou peu l‘intention de réduire leur nombre.

À bord de son avion samedi, le pape a été questionné sur les raisons l‘ayant poussé à revoir la position de la doctrine catholique et, plus précisément, sur ce qu‘il pensait de la guerre des mots entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong Un.

Ce qui a changé c‘est l‘irrationalité (de l‘attitude vis-à-vis de l‘arme nucléaire)”, a-t-il dit.

Nous nous trouvons aujourd‘hui à la limite”, a ajouté le souverain pontife. “Cela peut être débattu mais mon avis, ma conviction, c‘est que nous avons atteint la limite de la légalité (morale) concernant la possession et l‘utilisation d‘armes nucléaires.”

Pourquoi ? Parce que désormais, avec un arsenal nucléaire aussi sophistiqué, nous risquons la destruction de l‘humanité ou d‘au moins une partie de l‘humanité”, a ajouté le pape François.

Par le passé, le chef de l‘Église catholique avait suggéré qu‘une troisième nation essaie de négocier un accord entre les États-Unis et la Corée du Nord.

Il avait aussi appelé les Américains et les Nord-Coréens à apaiser leurs discours et à arrêter d’échanger des insultes.

“(…) Puisque nous sommes à la limite, je me pose cette question : aujourd‘hui, est-ce justifié de conserver ces arsenaux nucléaires en l’état, ou est-ce nécessaire de faire marche arrière dans le but de sauver la conception, de sauver l‘humanité ?

La Corée du Sud a affirmé vendredi que le dernier test balistique effectué par Pyongyang avait mis les États-Unis à portée de tir.

En réponse à ce tir de missile, Washington a averti mercredi que le régime nord-coréen sera “complètement détruit” en cas de guerre.

Article de Philip Pullella; Jean Terzian pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1DX0B7-OFRTP

Déc 03

LE MOUVEMENT YÉMENITE HOUTHI A TIRÉ UN MISSILE EN DIRECTION DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE D’ABOU DHABI

Le mouvement yéménite Houthi a tiré un missile en direction de la centrale nucléaire d’Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, affirme dimanche le service télévisé du groupe chiite pro-iranien sur son site internet, une information démentie par l’agence de presse officielle émiratie.

« La force de missiles annonce le tir d’un missile de croisière… vers le réacteur nucléaire d’Al Barakah à Abou Dhabi« , lit-on sur le site qui ne fournit aucune précision et élément prouvant l’existence de ce tir.

Selon l’agence de presse émiratie WAM, qui cite sur son compte Twitter le département de la gestion d’urgence et de crise des Émirats, aucun missile n’a été détecté.

La centrale nucléaire d’Al Barakah, construite par la société sud-coréenne Korea Electric Power Corporation (KEPCO) et qui doit entrer en service l’an prochain, est équipée d’un système de défense antimissiles, ajoute WAM.

Un missile tiré par les Houthis a été intercepté début novembre près de Ryad, la capitale de l’Arabie saoudite, qui a mis en cause l’Iran après cette « agression » et a durci le blocus du Yémen en représailles.

La coalition militaire saoudienne a par ailleurs bombardé dans la nuit de samedi à dimanche des positions tenues par les Houthis à Sanaa, où les miliciens pro-iraniens affrontent depuis plusieurs jours les partisans de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, jusqu’alors alliés de circonstances dans la guerre civile qui déchire le Yémen depuis bientôt trois ans.

Article de Sami Aboudi; Tangi Salaün pour le service français

https://fr.news.yahoo.com/les-houthis-disent-avoir-tir%C3%A9-un-missile-vers-102655100.html

Déc 03

UN PROJET NUCLÉAIRE AMÉRICANO-RUSSE AVAIT LE SOUTIEN DE FLYNN, CONSEILLER DE TRUMP

Des promoteurs d’un projet américano-russe portant sur la construction de réacteurs nucléaires à travers le Moyen-Orient se sont targués après l’élection présidentielle américaine de fin 2016 du soutien de Michael Flynn, l’éphémère conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump et montrent des documents consultés par Reuters.

Vendredi, Michael Flynn a plaidé coupable d’avoir menti au FBI dans le cadre de l’enquête sur une possible ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine et sur une collusion entre Moscou et l’équipe de campagne de Donald Trump.

Les documents vus par Reuters, qui n’avaient pas été rendus publics jusqu’ici, évoquent notamment l’implication dans le projet nucléaire d’une firme d’ingénierie et de construction russe, OMZ OAO, qui fait l’objet des sanctions prises par les États-Unis contre certains intérêts de Moscou en guise de représailles à l’annexion de la Crimée en mars 2014.

On ne peut déduire de ces documents que Michael Flynn avait entrepris des démarches concrètes pour faire la promotion de ce projet auprès de Donald Trump et de son entourage.

Mais ils montrent que la société de conseil en énergie nucléaire ACU Strategic Partners, basée à Washington, était persuadée que Michael Flynn, qui avait travaillé pour elle jusqu’à la mi-2016, et Donald Trump étaient favorables au projet.

« L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis change la donne puisque la première priorité de Donald Trump en matière de politique étrangère est de stabiliser les relations entre les États-Unis et la Russie, actuellement à un plus bas historique« , écrivait Alex Copson, directeur général d’ACU, dans un courriel daté du 16 novembre 2016, soit huit jours après le scrutin présidentiel américain.

Des responsables de la Maison blanche n’ont pas répondu dans l’immédiat à une demande de réaction. ACU a refusé de commenter. L’avocat de Michael Flynn, Robert Keiner, n’a pas non plus répondu à une requête de commentaire.

Les documents montrent également qu’ACU proposait de convaincre l’Ukraine de ne plus s’opposer à la levée des sanctions prises contre la Russie en donnant à une entreprise ukrainienne un contrat de 45 milliards de dollars (37,8 milliards d’euros) portant la fourniture de générateurs à turbine.

Article de Warren Strobel, Nathan Layne et Jonathan Landay, Benoit Van Overstraeten pour le service français.

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Exclusif-Un-projet-nucleaire-americano-russe-avait-le-soutien-de-Flynn-document–25604143/

Déc 02

PIERRE LÉVY : COMME LES AUTRES, LA CORÉE DU NORD A LE DROIT DE SE PRÉMUNIR CONTRE LES AGRESSIONS

Le rédacteur en chef du mensuel Ruptures s’interroge sur les buts réels des sanctions contre Pyongyang. Inefficace, contre-productive, cette autre forme de guerre s’attaque selon lui avant tout à la souveraineté des États non-alignés à l’Occident.

Revenant sur le dernier test en date de la Corée du Nord le 29 novembre 2017 – un missile balistique intercontinental Hwasong-15 présenté par Pyongyang comme capable d’atteindre le territoire des États-Unis – Pierre Lévy se propose de renverser la perspective et les questions que posent la crise géopolitique entre Corée du Nord et États-Unis.

Les sanctions sont une autre façon de faire la guerre

Pour le rédacteur en chef du mensuel Ruptures, il n’y a pas de solution militaire au face-à-face entre Pyongyang et l’Occident. «L’aspect militaire serait la pire des perspectives», juge-t-il, dénonçant l’«extraordinaire arrogance» de Washington dans ce dossier. «Si certains veulent empêcher la Corée du Nord d’avoir l’arme nucléaire, ils devraient se poser la question de savoir pourquoi la République démocratique de Corée cherche un traité de paix [avec la Corée du Sud], mais que d’autres ne souhaitent pas», souligne Pierre Lévy, lequel s’interroge sur les buts réels des sanctions et des pressions occidentales sur Pyongyang.

Les promesses occidentales : des «chiffons de papier»

«Au fond, les États-Unis sont la première puissance nucléaire du monde […] c’est même la seule puissance à avoir un jour utilisé l’arme nucléaire [en 1945 contre le Japon] et c’est eux qui se permettent d’être arrogants et agressifs contre un pays qui […] veut se mettre à l’abri des agressions», note encore Pierre Lévy.

Pour aller vers la paix, le journaliste préconise que les États indépendants se voient reconnaître le droit de se défendre, au même titre que les grandes puissances nucléaires, officielles comme officieuses, notant que l’Inde, le Pakistan ou Israël n’étaient pas inquiétés malgré leur arsenal nucléaire (non-officiel). Et Pierre Lévy d’argumenter : «On peut comprendre que les dirigeants nord-coréens, surtout depuis les agressions contre la Libye et d’autres pays, puissent se dire que les belles promesses de non-intervention occidentales soient en réalité des chiffons de papier

Article de Pierre Lévy (Spécialiste des questions européennes, Pierre Lévy dirige la rédaction du mensuel Ruptures. Précédemment, il a été journaliste au sein du quotidien L’Humanité, ingénieur et syndicaliste. Il est l’auteur de deux essais et un roman.)

NOTA : Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Pour écouter et voir la vidéo (6mn18s) de l’entretien de Pierre Lévy, cliquer sur :

https://francais.rt.com/opinions/46133-pierre-levy-coree-du-nord-droit-premunir-agressions

Lire aussi : Pour le Kremlin, les sanctions américaines visent à monter le monde des affaires contre Poutine

 

Déc 02

ÉTATS-UNIS : BOEING AVANCE SUR LA PROCHAINE GÉNÉRATION D’ICBM

Les spécificités techniques du futur missile balistique intercontinental américain de l’US Air Force ont été validées. La phase de conception préliminaire du programme pourrait être lancée d’ici 2020.

Boeing a annoncé le 30 novembre 2017 la validation du rapport établissant les spécificités techniques du futur missile balistique intercontinental basé à terre et destiné à remplacer les actuels missiles Minuteman III.

Boeing s’était vu confié il y a quelques mois un contrat de maturation de technologie et de réduction des risques d’une valeur de 349M$ pour le programme Ground Based Strategic Deterrent (GBSD). Boeing a donc présenté de grandes options techniques qui ont été acceptées par l’US Air Force. 

Selon Boeing, les solutions proposées mettaient en avant la modularité et la réduction des coûts de possession du futur missile qui devrait rester en service au moins jusqu’en 2075. 

L’ensemble du système Mineteman III doit être remplacé : système de vol, système d’arme, C2 et silos. 

Boeing va désormais étudier le coût des différentes options techniques afin de pouvoir présenter un rapport dans le cadre de la phase de conception préliminaire  (« Preliminary Design Review« ) du programme d’ici 2020.

Les Minuteman III sont l’un des éléments de la triade de la dissuasion nucléaire américaine. Ces missiles balistiques intercontinentaux pouvant être tirés depuis des silos repartis sur le territoire américain sont opérés par l’US Air Force. Les avions de l’US Air Force peuvent également mettre en œuvre des armes nucléaires tactiques et l’US Navy maintient en permanence en mer des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. 

http://www.air-cosmos.com/etats-unis-boeing-avance-sur-la-prochaine-generation-d-icbm-103949

NDLR: à force de permettre aux militaires de se faire fabriquer de « beaux joujoux », ils ne rêvent que d’une chose: les essayer pour de vrai. Ce jour-là, à côté des dégâts qu’ils causeront à l’humanité, le  dérèglement climatique ne sera plus que de la roupie de sansonnet…

Déc 02

MANCHE : À FLAMANVILLE, L’INCIDENT NUCLÉAIRE RECLASSÉ NIVEAU 1

Un problème était survenu lors la relance d’un réacteur et avait nécessité des ajustements techniques sur la centrale de Flamanville (Manche) en juillet 2017. Le problème, c’est que l’Autorité de Sûreté Nucléaire n’avait pas été prévenue… Le mercredi 29 novembre 2017, l’incident a été reclassé du niveau 0 au niveau 1.

La centrale nucléaire de Flamanville (Manche) a déclaré un événement de niveau 1, le 29 novembre 2017, sur l’échelle internationale des incidents nucléaires (Ines), qui compte 7 niveaux, le niveau 7 étant le plus élevé. 

L’ASN voulait être consultée

Il concerne une manœuvre réalisée lors du redémarrage du réacteur n°1 de la centrale, le 21 juillet 2017. Le réacteur est alors « en cours de redémarrage suite à un arrêt fortuit. Afin de limiter les sollicitations des générateurs de vapeur, la montée en puissance du réacteur n°1 se fait de manière progressive« , explique EDF.

Un mode de pilotage qui conduit à rester, plus longtemps que d’habitude, à puissance intermédiaire. « La centrale de Flamanville, appuyée par une unité d’ingénierie d’EDF, a donc effectué des calculs approfondis, basés sur des études validées dans le rapport de sûreté, afin de garantir le redémarrage en toute sûreté du réacteur n°1« .

L’événement reclassé

Après obtention des résultats, la direction de la centrale n’a pas jugé nécessaire d’informer l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Or, le gendarme du nucléaire « a considéré que les paramètres utilisés pour calculer ces marges nécessitaient une autorisation préalable » de sa part.

Après avoir été classé au niveau 0 sur l’échelle Ines le 31 août 2017 par l’exploitant, il a finalement été reclassé au niveau 1, à la demande de l’ASN.

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-430077-manche-a-flamanville-l-incident-nucleaire-reclasse-niveau-1

Déc 02

DES CENTAINES DE CITOYENS PORTENT PLAINTE POUR DÉNONCER L’INSÉCURITÉ NUCLÉAIRE

Communiqué de presse

Ce samedi 2 décembre, on a pu observer des files d’attente se former devant les commissariats de Colmar, Thionville, Bordeaux, Dunkerque et Lyon : en tout, ce ne sont pas moins de 250 personnes qui ont déposé plainte pour « risque causé à autrui », afin de dénoncer l’insécurité générée par les centrales nucléaires implantées à proximité de leur domicile [1].

Certaines d’entre elles avaient même fait le trajet depuis la Belgique, l’Allemagne, la Suisse et le Luxembourg. Leur acte rappelle que les installations nucléaires françaises situées près des frontières menacent aussi nos voisins européens, qui seraient aux premières loges en cas d’accident.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“, tout comme Greenpeace, soutient cette démarche citoyenne. Alors que les menaces sur la sûreté et la sécurité des sites nucléaires n’ont jamais été aussi élevées, l’inquiétude de ces riverains est légitime et fondée. Vulnérabilité des installations nucléaires aux agressions extérieures [2], vieillissement des centrales et des usines, réacteurs équipés des pièces aux aciers défectueux, incapacité d’EDF à assurer une maintenance correcte de ses équipements : l’état du parc nucléaire existant n’incite pas à l’optimisme. Et que dire des risques à venir avec l’EPR de Flamanville, dont la cuve défectueuse a été validée au prix d’entorses aux principes de sûreté ?

Cette situation plaide pour la mise en place en urgence d’une sortie du nucléaire, avant que ne survienne un accident ingérable.

Notes :

[1] Respectivement Fessenheim, Cattenom, Blayais, Gravelines et Bugey

[2] Voir à ce sujet le documentaire Sécurité nucléaire : le grand mensonge, d’Éric Guéret et Laure Noualhat, qui sera diffusé le 5 décembre à 20h50 sur Arte.

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Des-centaines-de-citoyens-portent-plainte-pour

Déc 01

BEATRICE FIHN : « LES CONSÉQUENCES DES ARMES NUCLÉAIRES NE SONT PAS GÉRABLES »

Pour la directrice de l’ICAN, ONG Prix Nobel de la paix 2017, l’utilisation de l’arme nucléaire sera bientôt jugée inacceptable, sous la pression croissante de l’opinion publique internationale.

La militante suédoise Beatrice Fihn, par ailleurs juriste, dirige depuis 2014 la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), une coalition internationale d’ONG lauréate du Nobel de la paix 2017. Elle sera présente dimanche 10 décembre à Oslo pour la remise de ce prix.

Qu’est-ce qui a changé pour l’ICAN depuis le prix Nobel ?

C’est encore trop tôt pour le dire, mais nous sentons déjà une plus grande attention des médias comme de l’opinion publique pour notre campagne. Nombre d’hommes politiques réticents à s’engager sur le sujet se sentent désormais obligés de réagir et nous contactent. Le prix a été une surprise, même si nous sommes conscients que, depuis deux ans, avec la montée des tensions sans pré­cédent depuis la fin de la guerre froide, notre combat reçoit un écho immense. Dans le monde d’aujourd’hui se dessinent des tendances négatives comme la montée des nationalismes, la xénophobie, la peur envers les migrants… Les gens s’inquiètent et veulent agir. Le combat mené par une ONG comme la nôtre, en s’appuyant sur la mobilisation populaire pour défier les puissances dotées de l’arme nucléaire, porte un message fort. Il rappelle aussi que la démocratie, ce n’est pas seulement voter tous les quatre ans, mais tout ce qui se fait entre-temps.

Où en est le traité sur l’interdiction des armes nucléaires ?

Ce traité, voté le 7 juillet dans le cadre de l’assemblée générale des Nations unies par 122 États, vise à interdire la production, la possession, le stockage, le transfert, le déploiement, l’emploi ou la menace d’emploi des armes nucléaires. Cela représente 63 % des États à l’ONU, un chiffre remarquable compte tenu des fortes pressions exercées par les puissances nucléaires sur leurs alliés. Cela fait cinq ou six ans que ce texte était en discussion. Les choses sont allées vite, aussi parce que les États dotés de l’arme nucléaire ont boycotté les négociations. Cela montre leur peu de sérieux dans leur engagement pour mettre un terme aux armes nucléaires tel que le spécifie le traité de non-prolifération (TNP) dont ils sont pourtant signataires.

Le traité pour l’interdiction a ensuite été ouvert à la signature le 20 septembre et signé les jours suivants par plus d’une cinquantaine de pays. Ils sont de plus en plus nombreux depuis l’attribution du prix Nobel. Le traité doit entrer en vigueur quatre-vingt-dix jours après avoir été ratifié par 50 États. Ce processus peut prendre un ou deux ans, comme cela avait été le cas pour d’autres traités similaires, le temps que les États le fassent adopter par leurs Parlements.

Quel effet peut avoir ce traité, dès lors qu’il n’est pas signé par les puissances nucléaires ?

L’impact sera réel. Il suffit de regarder les précédents traités proscrivant les armes de destruction massive, biologiques et chimiques. Les traités interdisant les mines antipersonnel et les sous-munitions sont aussi révélateurs. La Russie, la Chine ou les États-Unis ont refusé de les signer, mais leur comportement a changé et ils ont moins recours à ces armes. Leur utilisation est devenue honteuse, inacceptable au regard de l’opinion. Il en sera bientôt de même pour le nucléaire.

Neuf pays disposent aujourd’hui de la bombe (les cinq puissances nucléaires reconnues comme telles par le TNP : États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine, et quatre qui la possèdent de fait : Israël, Inde, Pakistan et désormais la Corée du Nord), mais ils sont beaucoup plus nombreux à être impliqués, soit parce qu’ils hébergent sur leur sol des armes nucléaires – comme une partie des pays de l’OTAN –, soit simplement parce qu’ils profitent du parapluie nucléaire d’une de ces puissances. C’est souvent par résignation et sans débat public. Les armes nucléaires ne sont pas des armes opérationnelles, elles sont avant tout un instrument de prestige et de pouvoir. Cela, les gens le comprennent. La possession de l’arme nucléaire sera de plus en plus jugée comme inacceptable. C’est comme pour l’interdiction de fumer dans les lieux publics : on n’a pas attendu que tous les fumeurs soient d’accord. On a voulu faire pareil avec l’arme nucléaire.

Qu’un régime tel que la Corée du Nord soit en passe de se doter de la bombe ne montre-t-il pas les limites d’un tel exercice ?

Cela peut le limiter pour une partie de l’opinion, tentée de penser qu’il vaut mieux garder ces armes, car nul ne sait comment sera le monde dans vingt ans. Mais on peut aussi renverser le raisonnement : si des pays comme la France, qui a sa propre dissuasion nucléaire, ou la Norvège, membre de l’OTAN, doivent avoir l’arme nucléaire et menacer la vie de milliers de femmes et d’enfants pour se sentir en sécurité, comment jeter la pierre à la Corée du Nord ? Les pays qui ont l’arme nucléaire sont riches et puissants. Il est normal que les pauvres cherchent à les rattraper et à accéder au pouvoir et au prestige.

Quels pays ciblez-vous dans votre campagne ?

Tous, y compris la Russie et la Chine, car ces pays pensent aussi à leur image sur la scène internationale. Les normes et les règles in­ternationales ont des effets partout, même dans des pays qui ne sont pas des démocraties. C’est en Amérique latine que le traité est le plus soutenu. C’est un continent exempt d’armes nucléaires depuis la crise des missiles à Cuba. L’Afrique aussi est mobilisée, ainsi que l’Asie du Sud-Est (Thaïlande, Philippines, Indonésie, etc.).

Au sein de l’OTAN, certains pays sont plus hésitants que d’autres. Pensez-vous réussir à les faire basculer ?

Il y a eu, pendant les négociations à New York, d’intenses pressions des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France sur leurs alliés afin qu’ils ne s’engagent pas dans le traité. Sans cela, un certain nombre de pays de l’OTAN, sous la pression de leur opinion publique, auraient franchi le pas, ou pourraient le faire dans un avenir plus ou moins proche. Beaucoup de gens nous reprochent, avec ce traité, de polariser les choses. En fait, nous les clarifions. Des pays qui, traditionnellement, ont un grand respect de la loi internationale et du droit humanitaire se retrouvent face à leurs contradictions. Cela a été évident pour les Pays-Bas. Nous avons expliqué les enjeux et mobilisé l’opinion publique. Le gouvernement néerlandais ne voulait pas participer aux négociations sur le traité, mais le Parlement a voté pour l’y obliger. Certes, il n’a pas signé le traité, mais cela peut changer.

Une telle mobilisation est-elle possible en France ?

Je me souviens d’une forte mobilisation en 2003 contre la guerre en Irak. Le président français [Jacques Chirac], en refusant clairement cette aventure, était alors devenu un symbole en Europe. Tout ce qui relève du nucléaire est intentionnellement caché à l’opinion publique, et cela est vrai aussi en France : le sujet est souvent présenté comme très complexe et technique, et le débat reste l’apanage de spécialistes.

En France, la bombe atomique est synonyme de sécurité, mais ce n’est pas le cas partout. C’est une question de perception. Prenez les armes à feu ! Toutes les études montrent qu’avoir une arme à la maison vous expose davantage au risque d’être blessé ou tué. Malgré cela, les Américains pensent qu’ils sont plus en sécurité avec une arme. Pour les Suédois, c’est le contraire. On entend souvent dire que si l’Ukraine avait gardé son arsenal nucléaire, la Russie ne l’aurait pas envahie. On peut aussi penser que si elle avait gardé ses bombes atomiques, l’Ukraine n’existerait plus. Les armes de destruction massive ne protègent pas seulement des conflits, elles en causent.

N’y a-t-il pas un risque que ce traité soit seulement déclamatoire, comme le pacte Briand-Kellogg de 1928 qui interdisait la guerre… avec le succès que l’on sait ?

Le traité a un impact réel, que ce soit auprès des puissances nucléaires ou non. Il peut conduire à des campagnes massives de dés­investissement. On y est arrivé pour les bombes à fragmentation et les mines antipersonnel. L’année dernière, la compagnie américaine Textron, le dernier producteur américain de munitions à fragmentation, a dû cesser sa production, alors que les États-Unis n’ont pas signé le traité d’interdiction et n’ont pas participé aux négociations. La raison était liée à l’image de l’entreprise et aux campagnes de désinvestissement.

Le traité implique aussi une aide aux victimes de tests nucléaires. Les 2 000 essais menés à ce jour ont causé beaucoup de dommages humains et environnementaux. Le traité prévoit une coopération internationale pour nettoyer les sites irradiés, soigner les cancers et les maladies dans les communautés touchées. Tout cela est très concret.

Le fait qu’on parle désormais de miniaturisation et d’usage tactique de l’arme nucléaire n’est pas bon signe…

Quand la guerre froide a cessé, que la détente s’est installée entre les États-Unis et la Russie, on a un peu oublié les armes nucléaires. Depuis les tensions accrues entre l’OTAN et la Russie, en 2014, c’est redevenu un problème brûlant. Le mouvement de modernisation de l’arme nucléaire, les nouveaux usages auxquels les stratèges réfléchissent, tout cela est très négatif. Les investissements colossaux programmés pour maintenir les arsenaux nucléaires à niveau sont ridicules. Les États-Unis pourraient se retirer du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN, ouvert à la signature en 1996) et du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF,1988), ou le violer en construisant des armes nucléaires miniaturisées. Tout cela affaiblit l’idée selon laquelle les armes nucléaires sont des armes que l’on ne peut pas utiliser. C’est très dangereux. C’est pour cela qu’il faut travailler à renforcer les normes.

Quand Barack Obama fait son discours de Prague, en avril 2009, sur un monde sans armes nucléaires, est-ce déjà trop tard ?

C’était un moment prometteur. Je comprends très bien pourquoi le comité Nobel a décerné son prix à Obama : après huit années de [George W.] Bush, un nouveau départ était possible. Mais nous avons été déçus. Même lui n’a pas pu surmonter les intérêts en jeu. Pour que les politiques bougent, il faut que l’immobilisme devienne inconfortable. C’est l’erreur que l’on a faite avec Obama : il avait du soutien, mais nous n’avons exercé aucune pression sur lui.

Nous avons lancé notre campagne, non pas en tant que mouvement pour la paix, mais parce que notre mission est humanitaire : elle consiste à minimiser l’impact des conflits sur les civils. Nous travaillons avec la Croix-Rouge qui est claire sur ce point : en cas de conflit nucléaire, elle ne pourra être d’aucune aide. Le problème n’est pas Obama ou Trump ou un autre ; le problème c’est que les conséquences de l’usage de ces armes ne sont pas gérables.

http://www.lemonde.fr/international/article/2017/12/01/beatrice-fihn-les-consequences-des-armes-nucleaires-ne-sont-pas-gerables_5223199_3210.html

Déc 01

YANNICK JADOT: IL Y A EU « UN COUP PRESSION DU LOBBY NUCLÉAIRE

Il y a eu « un coup pression du lobby nucléaire » affirme Yannick Jadot ce vendredi matin dans Territoires d’Infos, la matinale de Public Sénat présentée par Cyril Viguier en partenariat avec les Indés Radios.

L’objectif de ramener la part du nucléaire à 50% d’ici 2025 a été reporté à 2030, 2035. Pour l’eurodéputé écologiste, cette décision procède d’un lobbying de l’industrie du nucléaire.

Nicolas Hulot a estimé que le précédent délai était intenable.

Invité de Territoires d’Infos ce vendredi, Yannick Jadot est revenu sur l’annonce du ministre de la Transition écologique concernant le report de la réduction du nucléaire dans la production d’électricité.

Le 7 novembre dernier, Nicolas Hulot déclarait que l’objectif de ramener la part du nucléaire à 50 % d’ici 2025, serait reporté à 2030, 2035.

Une décision qui « a été un vrai choc » pour l’eurodéputé écologiste. Yannick Jadot veut rappeler que « la loi de 2015 n’a pas été une ordonnance prise en vingt-quatre heures. Il y a eu un an de débat public avec tous les acteurs.« 

Selon lui, le report de cette échéance est le fait d’un « coup de pression du lobby nucléaire« , « il y a eu une sorte de manipulation autour des scenarii qui ont été présentés. » 

Le nucléaire: « Un mammouth dans l’ascenseur de la transition énergétique »

« Beaucoup d’experts indépendants, avec qui Nicolas Hulot a travaillé ces dernières années, confirment qu’on peut encore atteindre cet objectif«  affirme Yannick Jadot.

Nicolas Hulot, lui, estimait que rien n’avait été fait depuis le vote de cette loi.

Le ministre de la Transition écologique assurait par ailleurs qu’il comptait maintenir « cet objectif de 50% mais le rendre réalisable, le repositionner dans le temps. » 

« Le nucléaire dans notre système énergétique, c’est comme un mammouth dans l’ascenseur de la transition énergétique » estime Yannick Jadot.

Pour l’eurodéputé écologiste, « la transition énergétique ne décollera pas tant qu’on ne taillera pas des pièces dans le nucléaire.”

Best of Territoires d’Infos – Invité politique : Yannick Jadot (01/12/17

http://www.nicematin.com/politique/yannick-jadot-il-y-a-eu-un-coup-pression-du-lobby-nucleaire-188888

Déc 01

CANADA : DES ÉLUS DES GRANDS LACS OPPOSÉS AU «BUNKER DE DÉCHETS NUCLÉAIRES» EN ONTARIO

Une centaine de maires et d’élus de la région des Grands Lacs, au Canada et aux États-Unis, demandent à la ministre canadienne de l’Environnement de ne pas autoriser une société d’État ontarienne à enfouir ses déchets radioactifs dans un bunker tout près du lac Huron.

Dans une lettre ouverte à la ministre Catherine McKenna, les élus disent parler au nom de 16 millions de citoyens qui souhaitent que le projet de la société Ontario Power Generation soit écarté à cause des risques potentiels pour l’environnement, notamment l’eau douce. Les élus déplorent que la société d’État refuse obstinément de considérer d’autres sites pour enfouir les déchets de ses centrales nucléaires.

La Ontario Power Generation (OPG), responsable de la production et de la distribution d’électricité dans cette province, souhaite construire, au coût de 2,4 milliards $, une soute en béton sur le site de la centrale nucléaire de Bruce, près de Kincardine — et des berges du lac Huron. La société d’État veut enfouir ainsi pendant des années des centaines de milliers de mètres cubes de déchets radioactifs «à faible et moyenne activité» dans un bunker à 680 mètres sous terre, «dans des couches géologiques profondes».

L’OPG soutient que c’est là la méthode la plus sûre et la plus efficace pour traiter ces déchets. Elle a d’ailleurs obtenu en mai 2015 le feu vert d’une commission d’examen conjoint, créée en janvier 2012 par le ministre fédéral de l’Environnement, le conservateur Peter Kent, et par la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Depuis, les gouvernements conservateur et libéral, conscients du caractère controversé du projet, hésitent à donner leur approbation finale. En attendant, l’OPG soutient que des délais considérables pourraient occasionner des dépassements de coûts de milliards de dollars.

À la demande de la ministre McKenna, l’OPG a présenté cette année son analyse d’autres scénarios, mais les opposants jugent que la société d’État n’était pas sérieuse dans sa démarche. Et au mois d’août, la ministre fédérale a demandé à l’OPG plus d’informations concernant les impacts du projet sur les Autochtones de la région, dont l’appui est crucial.

Les membres de la première nation ojibwée de Saugeen, sur les berges du lac Huron, ont indiqué la semaine dernière qu’ils étaient en plein processus de réflexion, ce qui pourrait prendre au moins un an. Si les Ojibwés approuvaient le projet, le gouvernement fédéral devrait alors décider s’il accorde une autorisation finale mais conditionnelle. Les opposants souhaitent quant à eux qu’Ottawa fasse avorter immédiatement le projet.

Dans leur lettre ouverte, les élus des Grands Lacs dénoncent les prétentions de l’OPG, qui soutient que la population en général ne s’inquiète pas du projet. Ils soutiennent plutôt que différents ordres de gouvernements dans le bassin des Grands Lacs, représentant 23 millions de personnes, ont adopté 230 résolutions pour s’opposer à tout enfouissement de déchets nucléaires dans la région.

Par Colin Perkel, La Presse canadienne

https://lactualite.com/actualites/2017/11/30/des-elus-des-grands-lacs-opposes-au-bunker-de-dechets-nucleaires-en-ontario/

Déc 01

CORÉE DU NORD : AU BORD DU GOUFFRE, PAR LA FAUTE DE LA BOMBE

Communiqué d’ACDN, le 30 novembre 2017, 2è édition

Avec son nouveau tir de missile, d’une portée présumée de 13000 km capable d’atteindre New York ou Washington, la Corée du Nord semble entrée pour de bon dans la « cour des grands ». Celle des « grands méchants loups », fréquentée de longue date par la France. Parfait adepte de la stratégie française dite de « dissuasion du faible au fort », Kim Jung-un nargue le monde et défie allègrement la toute-puissance nucléaire de l’Amérique. Malgré ses centaines de missiles et ses milliers de bombes atomiques, ses porte-avions, ses sous-marins, ses bombardiers furtifs, ses satellites-tueurs et ses marines, Donald Trump s’avère incapable d’amener à la raison le dictateur de Pyongyang, à supposer que lui-même ait quelque once de raison à partager.

Nous voici peut-être à la veille d’une nouvelle de guerre de Corée. Déjà la lutte contre la prolifération a provoqué la « guerre du Golfe ». La folie atomique, une fois de plus, nous mène au bord du gouffre, dans lequel elle assure dissuader nos dirigeants de nous précipiter, au vu de la catastrophe que serait une guerre nucléaire. 55 ans après la crise des missiles de Cuba d’octobre 1962, l’humanité n’en a rien retenu. Elle en est au même point, ou pire encore, Kim Jung-un n’étant pas Khrouchtchev, ni Donald Trump, Kennedy. Aussi peu prévisibles l’un que l’autre, aussi peu humanistes, le plus rationnel des deux n’étant pas forcément celui qu’on croit, rien ne nous assure que la sagesse finira par l’emporter, comme à l’issue des terrifiants « Thirteen Days ».

Les chefs des autres États dotés d’armes nucléaires, dont le nôtre, ne valent pas mieux en termes de raison. Car est-il logique de défendre les valeurs républicaines, dont la fraternité, en menaçant de commettre des crimes contre l’humanité ? De lier les « intérêts vitaux » du pays à l’emploi d’armes fatalement suicidaires contre un pays qui en aurait aussi ? De prétendre garantir sa sécurité par ces armes, tout en les interdisant aux autres ? D’encourager ainsi leur prolifération, tout en prétendant la combattre ? De vouloir faire des économies, et de gaspiller des milliards dans des engins de mort inutilisables contre d’autres États nucléaires, incapables de dissuader des terroristes, et redoutables entre leurs mains pour peu qu’ils s’en procurent ? De se dire démocrates et de confier à un seul homme le pouvoir d’en trucider des millions d’autres ? Sans chef d’accusation, sans procès, sans jugement, sans appel ? D’exclure la peine de mort individuelle et d’accepter les massacres de masse ? De se proclamer humaniste et de s’afficher résolu à devenir le pire des assassins ?

Assez d’incohérences, assez de toutes ces infamies !

La crise nord-coréenne ne prouve qu’une chose : il est urgentissime que les dirigeants des 9 États nucléaires se mettent tous à table, nord-coréen et français compris, pour négocier l’élimination complète de leurs arsenaux criminels. Rappelons à toutes fins utiles que, lors du vote de l’ONU qui conduisit à l’ouverture de négociations pour l’avancement du désarmement multilatéral et aboutit finalement au traité d’interdiction adopté par 122 États non-nucléaires mais par aucun État doté d’armes nucléaires, la Chine, l’Inde et le Pakistan s’abstinrent de voter contre, et la Corée du Nord vota même pour ! Que ne l’a-t-on prise au mot ! Avant qu’il ne soit définitivement trop tard, peut-être est-il encore temps de le faire. Négociez donc, Messieurs, votre désarmement atomique, intégral, universel et strictement contrôlé. 

ACDN, 31 Rue du Cormier, 17100 – Saintes
www.acdn.net
contact@acdn.net, tel : +33 6 73 50 76 61

Déc 01

« L’ÉPOPÉE ALSACIENNE DU DREYECKLAND – 1970 – 1981 »

Une décennie de luttes écologistes, citoyennes et transfrontalières

Livre d’histoire populaire, passionnante immersion dans les réalités politiques et sociales des années 1970-1980, radiographie des luttes citoyennes contre l’implantation en Alsace d’installations jugées nocives pour l’environnement, ou encore guide pratique pour ceux qui aujourd’hui mènent avec leur cœur et leurs tripes des combats militants : ce livre est tout cela à la fois, et bien plus encore.

Jocelyn Peyret emmène les lectrices(eurs) à la rencontre de ceux qui, dans cette région, ont choisi de lever la tête pour dire « non » aux centrales nucléaires et autres usines chimiques. Il montre ces associatifs, paysans ou militants politiques qui ont de toutes leurs forces réussi à conquérir une part de liberté dans l’atmosphère étouffante de la France des années 1970.

Il nous fait revivre les camps d’occupation illégaux mais véritables lieux de vie riches de rencontres et d’expériences démocratiques nouvelles que furent Marckolsheim (1974) ou Wyhl (1975).

Il nous décrit la folle aventure des radios libres, au nez et à la barbe des gendarmes, et à travers l’exemple de la pionnière Radio Verte Fessenheim.

Le tout replacé avec justesse dans le contexte national, marqué par le développement intensif de l’énergie nucléaire et les constructions galopantes d’énormes infrastructures.

L’auteur, grâce à un impressionnant travail de documentation et d’enquête sur le terrain, mais aussi grâce à des dizaines d’entretiens dont il nourrit ses lignes, les rendant humaines et poignantes, nous présente ces décennies phares pour les luttes écologistes.

Un ouvrage à faire lire d’urgence aux générations futures, vers qui il a le regard tourné, et aux générations actuelles qui n’ont pas encore lu La Désobéissance civile d’Henry Thoreau

Prix: 21 €, 192 pages, Format 16 x 24 cm,  – broché , EAN 9782849606148

En vente en librairie

Chez l’éditeur  https://www.editeur-livres.com/catalogue/article-catalogue-p-s/p-s/#cc-m-product-11399254512

ou directement à l’auteur : joce@no-log.org – 06 20 36 57 17,

 6, rue des Tilleuls –68000 Colmar

 

Déc 01

UN ACCIDENT INÉDIT RÉVÈLE DE GRAVES DYSFONCTIONNEMENTS EN MATIÈRE DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE EN FRANCE

En mars 2016, lors d’une opération de remplacement, un générateur de vapeur de 465 tonnes chute en plein cœur de la centrale nucléaire de Paluel, en Normandie.

Un accident grave et inédit, qui par miracle ne cause ni blessé grave ni contamination radioactive. Depuis, des experts ont enquêté sur les causes de l’accident. Consulté par Bastamag, leur rapport, restitué aux salariés ce 1er décembre, révèle des dysfonctionnements majeurs dans la préparation et la surveillance du chantier, en grande partie liés au recours massif à la sous-traitance. Des failles inquiétantes, alors que les chantiers de rénovation des centrales vont se multiplier.

Le 31 mars 2016, aux alentours de 13 heures, un vacarme assourdissant retentit à l’intérieur de la tranche 2 de la centrale nucléaire de Paluel, située en Normandie, entre Dieppe et Le Havre. « Nous n’avions jamais entendu ça, rapportent des salariés présents ce jour-là. On a senti une forte secousse. C’était impressionnant. » Après quelques instants de confusion, ils finissent par comprendre que le générateur de vapeur, qui est en train d’être retiré du bâtiment réacteur et remplacé par un neuf, vient de s’effondrer. Ce cylindre en acier de 22 mètres – l’équivalent de deux autobus alignés – pèse 465 tonnes.

Situé à l’intérieur même de l’enceinte de confinement du bâtiment qui abrite le réacteur nucléaire, le générateur de vapeur est un équipement essentiel au fonctionnement d’une centrale. Il récupère la chaleur du « circuit d’eau primaire », l’eau qui est réchauffée par le combustible nucléaire, pour la transmettre au « circuit secondaire », où l’eau transformée en vapeur est destinée à faire tourner les turbines qui produisent l’électricité.

Comment celui de Paluel a-t-il pu s’effondrer, mettant en péril la vie des travailleurs présents, endommageant les plateaux de protection de la « piscine » où le combustible nucléaire refroidit – piscine qui heureusement était vide à ce moment-là –, risquant de se fissurer et de laisser échapper la radioactivité accumulée ? « La sûreté de l’installation est restée assurée » déclare le lendemain l’Autorité de sûreté nucléaire, aucune contamination radioactive n’ayant découlé de l’accident [1] <https://www.bastamag.net/Un-accident-inedit-revele-de-graves-dysfonctionnements-en-matiere-de-surete#nb1> ]. Nous avons pu consulter en exclusivité l’expertise indépendante diligentée à la demande des salariés suite à cet accident. Elle a été réalisée par un cabinet indépendant, l’Aptéis, à la demande du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) qui la présente ce 1er décembre aux salariés d’EDF. Ses conclusions interrogent : la sûreté du nucléaire français est en jeu.)

Un accident grave évité grâce à « une chance extraordinaire »

Ces générateurs de vapeur ont le même âge que les centrales, dont la majorité approche désormais les quarante ans de service. Leur remplacement fait partie du « grand carénage » : un programme de rénovation industrielle destiné à prolonger la durée de fonctionnement des centrales et à améliorer leur sécurité depuis la catastrophe de Fukushima, au Japon. Pour remplacer un générateur de vapeur (GV), il faut le dessouder, le hisser, le déplacer – on parle de « translation » – puis le coucher sur un chariot qui l’emmène ensuite hors du bâtiment réacteur.

Ces opérations sont réalisées grâce à un engin conçu spécialement, installé au sein des bâtiments réacteur avant le début du chantier : il s’agit d’un palonnier, une solide poutre d’acier horizontale, percée d’un trou par lequel passent un ensemble de câbles censés retenir l’énorme générateur. À Paluel, c’est au cours de la délicate opération de couchage que le système a lâché [2] <https://www.bastamag.net/Un-accident-inedit-revele-de-graves-dysfonctionnements-en-matiere-de-surete#nb2> ].

Entraînant le palonnier dans sa chute, le générateur a atterri à cheval sur la dalle en béton et sur les plaques d’acier protégeant la piscine du bâtiment réacteur. « Par une chance extraordinaire, il n’y a eu aucun blessé grave, s’étonne encore un salarié [3] <https://www.bastamag.net/Un-accident-inedit-revele-de-graves-dysfonctionnements-en-matiere-de-surete#nb3> ].Les dégâts, bien qu’importants, n’ont pas entraîné de dommages irréversibles. » Le générateur aurait pu écraser quelqu’un, neuf personnes étant alors présentes sur le site : quatre employés d’Areva et cinq de Bouygues, l’un des sous-traitants, mais aucune d’EDF. Ou tomber au fond de la piscine, ou se fendre. Une fissure aurait eu des conséquences dramatiques, laissant s’échapper la radioactivité accumulée à l’intérieur du générateur, l’eau y circulant ayant été en contact avec l’uranium. Des drones ont d’ailleurs été envoyés dans le bâtiment réacteur les jours suivant l’accident, pour s’assurer qu’aucune radiation ne s’échappait.

70 entreprises sous-traitantes pour un seul chantier

Comment un tel accident, qui laisse de vieux baroudeurs du nucléaire encore incrédules, a-t-il pu se produire ? « Les préconisations essentielles du levage n’ont tout simplement pas été respectées », résume un salarié. Tel qu’il a été conçu, le système d’accroche du palonnier ne pouvait pas résister aux forces exercées. Difficile d’imaginer comment une erreur aussi élémentaire a pu passer à travers les différents niveaux de contrôle. Le rapport des experts du cabinet Aptéis, mandatés par le CHSCT, lève le voile sur cette question : le recours à la sous-traitance serait directement responsable du fait qu’un équipement défectueux ait pu être conçu, puis utilisé sans que les diverses alertes émises avant l’accident ne soient prises en compte.

Pilotées par la Division de l’ingénierie du parc, de la déconstruction et de l’environnement d’EDF (DIPDE), les opérations de changement des générateurs de vapeur usagés sont entièrement réalisées par des prestataires extérieurs. Ceux-ci sont réunis et se coordonnent au sein d’un groupement d’entreprises [4] <https://www.bastamag.net/Un-accident-inedit-revele-de-graves-dysfonctionnements-en-matiere-de-surete#nb4> . Celui qui opérait à Paluel était emmené par Areva Nuclear Power, avec Eiffage Construction Métallique (BTP), Kaefer Wanner (isolation industrielle) et Orys (sous-traitance). Les employés de Bouygues présents intervenaient comme sous-traitant d’Areva.

« Ces délais poussent les gens à faire des conneries »

Ces quatre entreprises ont elles-mêmes fait appel à environ 70 sous-traitants. Ajoutés aux entités EDF mobilisées, cela a rendu très complexe la circulation d’informations. Cette profusion d’acteurs, dont les rôles étaient parfois mal compris par les autres, aurait ainsi créé un climat de confusion, tout en diluant les responsabilités. « C’est tellement compliqué, que l’on ne sait plus qui fait quoi », illustre ainsi un salarié.

Comment peut-on se passer efficacement des informations dans ces conditions ? D’autant que tout le monde est prié d’aller vite pour respecter les délais irréalistes qui sont imposés. « Dans le nucléaire, pour calculer la durée des chantiers, la direction dit : sans aléas, on peut le faire en tant de jours, explique un agent EDF. Et c’est ce temps-là qui est retenu, et que tout le monde s’efforce de respecter. Le problème, c’est que ces délais sont complètement en dehors de la réalité. Il y a toujours des aléas, surtout pour un chantier comme celui du remplacement du GV de Paluel qui constitue une tête de série. » Jamais, auparavant, un générateur d’un réacteur aussi puissant (1300 MW) n’avait été remplacé par EDF [5] <https://www.bastamag.net/Un-accident-inedit-revele-de-graves-dysfonctionnements-en-matiere-de-surete#nb5> . Pourtant le caractère inédit du chantier n’a, à aucun moment, été pris en compte. « Ces délais, reprend un salarié de Paluel, poussent les gens à faire des conneries, c’est évident. En plus, si on ne les respecte pas, on est montré du doigt comme celui qui a retardé le chantier. »

Des alertes ignorées

L’accident s’est déroulé lors de la dépose du troisième générateur sur les quatre que compte la tranche 2 de la centrale [6] <https://www.bastamag.net/Un-accident-inedit-revele-de-graves-dysfonctionnements-en-matiere-de-surete#nb6>. À l’intérieur du bâtiment, on avait bien remarqué, au cours du hissage des deux premiers générateurs que le palonnier tanguait dangereusement. L’information avait d’ailleurs circulé au sein de la centrale plusieurs jours avant l’accident, y compris entre des salariés non concernés par le chantier. « On a vraiment insisté sur le fait que le palonnier était tordu. On a remonté l’information », ont confié des salariés aux experts. Dans leur rapport, ces derniers précisent : « Plusieurs de nos interlocuteurs ont en outre laissé entendre que l’information n’était pas seulement remontée aux encadrants de l’équipe de remplacement du GV, mais bien également à la direction du projet à Marseille ainsi qu’à celle de la DIPDE. »

Les ingénieurs qui pilotent l’opération sont donc censés être au courant des premiers signes de défaillances. Au moment de ces diverses alertes, une réunion se tient au sein de la centrale. « On le sait parce que des salariés nous l’ont rapporté, raconte Thierry Raymond, animateur du collectif nucléaire au sein de la Fédération nationale des mines et de l’énergie de la CGT (FNME <http://www.fnme-cgt.fr> ). Mais nous n’en avons aucune trace écrite. On ne sait pas qui était là, ni ce qui s’y est dit. »

Seule certitude : le chantier s’est poursuivi, comme si de rien n’était, jusqu’à ce que le tout s’écroule. « Tout ça, nous le savions, soupire un salarié de Paluel. Mais ce que l’on a découvert avec cette étude, c’est que des gens de la DIPDE savaient avant l’ouverture du chantier qu’il y avait un problème de conception, et que rien n’a été fait ! » Pour Aptéis, la masse de travail des ingénieurs EDF est en cause, de même que l’obligation, là encore, de faire les choses « au plus vite ».

Une chaîne de contrôle défaillante à plusieurs niveaux

« Ils ont trop de dossiers à contrôler en même temps, c’est évident, estime un agent EDF. C’est impossible pour eux d’assurer un suivi sérieux. Ils peuvent signaler quelque chose de tout à fait incroyable, sans qu’il n’y ait de conséquences derrière. » La tâche de surveillance des ingénieurs EDF est d’autant plus ardue qu’elle dépend des informations que les prestataires veulent bien donner. Dans le dossier Paluel, il y a une entorse manifeste à cette obligation de transmission d’information : Areva n’a signalé que tardivement le fait que la conception du palonnier différait de ceux qui avaient été fabriqués jusque-là par EDF. Or, cette différence de conception aurait dû impliquer une surveillance renforcée de la part des ingénieurs d’EDF.

Ceux-ci n’ont pu constater ces problèmes que fin 2014, une fois le palonnier déjà fabriqué par Areva et livré à la centrale de Paluel, cinq mois avant le début des opérations. « C’était tellement avancé qu’on pouvait difficilement arrêter, commente Thierry Raymond de la CGT. Il aurait fallu que quelqu’un ose prendre cette décision, avec le risque de faire stopper le chantier pour rien, et celui de voir sa carrière brisée. » Contactée par Basta ! l’entreprise Areva a répondu avoir analysé en profondeur les causes l’accident de manutention, en coordination avec son client, EDF. Elle n’a pas souhaité en dire plus.

Du côté de la centrale de Paluel, où le service de communication n’a pas de commentaires à faire sur l’expertise, on assure que des leçons ont été tirées de l’accident. « Les équipes en charge du levage des GV ont été formées, l’ensemble de la chaîne de levage a été équipée de dispositifs de contrôle, le chantier est suivi pas à pas, et les données remontées très régulièrement. » « La direction a mis le paquet, concède un syndicaliste. La DIPDE a repris en main la conception, elle a été très présente. La surveillance était si serrée que le second palonnier qui a été construit n’a pas été validé, des soudures défectueuses ayant été détectées. » Pour la construction du troisième palonnier, les soudures ont été vérifiées à chaque phase de fabrication. Mais rien ne dit que cette procédure sera mise en œuvre sur les autres changements de générateur du parc nucléaire, s’inquiète-t-on.

« On s’inquiéterait trop facilement. On serait « catastrophistes » »

« Le rapport met aussi en cause une partie de notre organisation, en l’occurrence celle qui concerne la surveillance des chantiers », ajoute un agent EDF. Ces quinze dernières années, en même temps que la masse d’activités sous-traitées a augmenté, le personnel interne à EDF s’est beaucoup renouvelé. La plupart de ceux qui ont connu la grande époque des constructions de centrales sont partis. Ceux qui arrivent au service ingénierie, un BTS en poche, se retrouvent très rapidement à surveiller des chantiers sur des installations qu’ils n’ont pas construites eux-mêmes. Il est donc difficile pour eux d’évaluer les risques réels.

« Pour nous, tranche un agent de l’ancienne génération, il est impossible de contrôler correctement quelque chose que l’on n’est pas capable de réaliser soi-même. Ce principe nous oppose à la direction depuis très longtemps. Si les personnes qui ont surveillé le chantier du GV à Paluel avaient eu des compétences en levage, elles auraient aussitôt signalé qu’il y avait un problème susceptible d’avoir de graves conséquences. » Car surveiller ne signifie pas se contenter de valider « le respect de procédures normées », « sans avoir à comprendre ou à entrer dans la réalité des activités réalisées », rappellent les experts de l’Aptéis.

Pire : les compétences détenues par les personnels d’EDF sont ignorées. C’est ainsi que le service levage de la centrale de Paluel, qui compte des techniciens aguerris, n’a pas été sollicité une seule fois pour le chantier de remplacement du générateur. « Le principe de la sous-traitance, c’est qu’ils se débrouillent, sans que l’on intervienne en quoi que ce soit. Même si on sait le faire », grince un agent EDF. Les lanceurs d’alerte internes ne sont pas les bienvenus. « Ils essaient de nous faire passer pour des gens qui se posent trop de questions. On s’inquiéterait trop facilement. On serait « catastrophistes ». » Se poser des questions au sein d’une centrale nucléaire, quoi de plus normal…

« On arrive aux limites de la sous-traitance »

La direction de Paluel aurait pourtant eu intérêt à prendre en compte les remarques de ses salariés. « Nous n’avons eu de cesse de leur dire que ce qu’ils faisaient était dangereux, remarque un syndicaliste. On avait même évoqué la chute d’un générateur de vapeur. » Les salariés de la centrale ont également, à plusieurs reprises, pointé du doigt le sous-traitant en charge de la manutention du palonnier défectueux, Orys. Selon le témoignage d’un des employés du sous-traitant, Orys aurait laissé entrer et travailler dans la centrale un soudeur qui n’en était pas un, avec de fausses habilitations ; un palonnier extérieur aurait été entreposé à l’air libre, rouillant à cause de la proximité de la mer ; enfin, le circuit de refroidissement de secours situé au cœur du bâtiment réacteur aurait été endommagé lors d’une intervention.

La situation était si critique que des représentants CGT sont allés demander au directeur national en charge des prestataires de retirer l’entreprise de la liste des sous-traitants qualifiés pour intervenir en centrale nucléaire. « On outrepasse notre représentation syndicale quand on fait ce genre de chose. C’est vraiment extrêmement rare », souligne Thierry Raymond. La société Orys a pourtant été récompensée par EDF, trois mois après l’accident, pour sa « bonne prise en compte de la sécurité et [sa] contribution à la prévention des risque » sur un autre chantier, dans la centrale nucléaire du Tricastin [7] <https://www.bastamag.net/Un-accident-inedit-revele-de-graves-dysfonctionnements-en-matiere-de-surete#nb7> .

La poursuite du « grand carénage » en question

« De plus, il est très délicat pour nous de faire remonter ce que nous disent certains salariés sous-traitants sans qu’ils soient identifiés, ajoute Thierry Raymond. C’est très important de les couvrir parce qu’ils ne sont pas protégés. » « Le collègue de chez Orys, qui nous a parlé, a été assigné au ménage pendant plusieurs semaines, avant de quitter l’entreprise via une rupture conventionnelle », rapporte-on au sein de la centrale de Paluel. « Avec la chute du générateur, on arrive aux limites de la sous-traitance à tout va, juge Thierry Raymond. Mais on continue quand même. »

À Paluel, le générateur de vapeur a finalement été sorti du bâtiment réacteur par un sous-traitant néerlandais qui avait postulé, sans succès, pour assurer le chantier de remplacement initial. « Sans doute était-il trop cher », soufflent des salariés. Mais, entre le coût d’une centrale à l’arrêt – un million d’euros par jour – et les surcoûts d’études, de conception, de construction et de manutention d’un matériel de levage adéquat, le chantier de la tranche 2 de Paluel a dépassé le milliard d’euros. Sans oublier les risques encourus par les salariés, sauvés par une « chance extraordinaire » pas vraiment synonyme de « sûreté nucléaire ». À l’heure où l’allongement de la durée de fonctionnement des centrales au-delà des 40 ans se pose, le « grand carénage » commence mal. Étrangement, l’Autorité de sûreté du nucléaire n’a pas souhaité répondre à l’expertise ni écouter sa restitution alors qu’elle est censée rendre son avis sur le prolongement de l’activité des centrales. Ce qui est peu rassurant.

Nolwenn Weiler

https://www.bastamag.net/Un-accident-inedit-revele-de-graves-dysfonctionnements-en-matiere-de-surete

Déc 01

PAS DE FEU VERT POUR LA CUVE DE L’EPR !

Quatre associations déposent un recours contre l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire

Le 10 octobre 2017, l’Autorité de sûreté nucléaire a publié un avis déclarant que l’anomalie affectant la cuve de l’EPR de Flamanville n’était pas de nature à remettre en cause sa mise en service et son utilisation, en dépit de la gravité de celle-ci.
Ce jeudi 30 novembre, le Réseau “Sortir du nucléaire“, de concert avec les associations et collectifs CRILAN, Greenpeace France et « STOP EPR, ni à Penly ni ailleurs » dépose un recours devant le Conseil d’État pour remettre en cause cette décision. La complaisance du « gendarme » du nucléaire envers les industriels n’a que trop duré !

Cuve de l’EPR : des défauts identifiés de longue date

Depuis 2005, l’Autorité de sûreté nucléaire était avertie d’importants dysfonctionnements à l’usine du Creusot. Malgré ses mises en garde répétées, Areva y a lancé en 2006 la fabrication du couvercle et le fond de cuve de l’EPR de Flamanville, et ce alors même que les processus de qualification technique n’étaient pas encore définis. Alors qu’il y avait toutes les raisons de suspecter que cette cuve comporterait des défauts, Areva n’a consenti à mener des tests sur cet équipement qu’une fois celui-ci définitivement installé dans le réacteur. Sans surprise, ceux-ci ont révélé que le couvercle et le fond de cuve, qui n’ont pas été fabriqués selon les règles de l’art, présentent une concentration en carbone trop élevée, si bien que les caractéristiques requises en termes de résilience [1] ne sont pas atteintes.

L’ASN cède sur les principes de base de la sûreté nucléaire

Ces défauts sont graves : selon les principes de base de la sûreté nucléaire, reconnus au niveau international, la cuve fait partie des équipements dont la rupture est censée être absolument exclue. Elle doit présenter une qualité de conception et de fabrication impeccable : si elle venait à rompre, il n’existerait alors aucune parade pour éviter un accident grave. Le « gendarme » du nucléaire, mis devant le fait accompli, aurait dû remettre en question l’aptitude au service et l’utilisation de cette cuve, comme le lui demandaient d’ailleurs près de 40 000 personnes dans une pétition <http://www.sortirdunucleaire.org/Petition-cuve-EPR>  (ainsi que la majorité des 13 800 commentaires <https://www.asn.fr/Reglementer/Participation-du-public/Installations-nucleaires-et-transport-de-substances-radioactives/Archives-des-participations-du-public/EPR-projet-d-avis-de-l-ASN-relatif-a-l-anomalie-de-la-composition-de-l-acier-du-fond-et-du-couvercle-de-la-cuve>  déposés lors de la mise en consultation de l’avis). Or le 11 octobre 2017, l’ASN a finalement rendu un avis, destiné à permettre à Areva d’obtenir une dérogation, qui déclarait que l’anomalie affectant la cuve de l’EPR n’était pas de nature à remettre en cause la mise en service et l’utilisation de celle-ci, moyennant surveillance et changement de son couvercle en 2024.

Le choix des mots illustre bien le recul inacceptable effectué par l’ASN, qui a sciemment effectué une entorse aux principes de base de la sûreté nucléaire. En effet, il y est affirmé que les analyses menées par Areva permettent, non plus d’exclure la rupture de la cuve, mais uniquement de la « prévenir » ! Comme le soulignent des experts indépendants [2], les mesures de surveillance de la cuve demandées à Areva ne permettront jamais de compenser cette dégradation de ses propriétés et d’atteindre un niveau de sûreté satisfaisant.

Cette décision de l’ASN résulte-t-elle de la pression des industriels, la validation du sauvetage d’Areva par Bruxelles étant conditionnée à la validation de cette cuve ? Ou, pire, est-elle le reflet d’une complaisance dangereuse envers EDF et Areva ? Elle est dans tous les cas inadmissible. Le Réseau “Sortir du nucléaire“, le CRILAN, Greenpeace France et « STOP EPR, ni à Penly ni ailleurs » déposent donc aujourd’hui un recours devant le Conseil d’État pour remettre en cause cet avis, qui ouvre la porte à un risque inacceptable pour les populations.

Notes :

[1] La résilience est un indicateur de la capacité d’un matériau à résister à la propagation de fissures. Dans le cas de la cuve d’un réacteur, cette propriété est notamment importante en cas de choc thermique, par exemple à la suite d’une injection d’eau froide dans le circuit primaire du réacteur.

[2] Voir l’avis de MM. Autret et Marignac, membres du Groupe Permanent d’experts sur les équipements à eau sous pression <https://www.asn.fr/L-ASN/Appuis-techniques-de-l-ASN/Les-groupes-permanents-d-experts/Groupe-permanent-d-experts-equipements-sous-pression-nucleaires-GPESPN>  

Retrouvez le dossier juridique <http://www.sortirdunucleaire.org/Flamanville-recours-avis-cuve>
 
Ce texte est un communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire“, CRILAN, Greenpeace France, « STOP EPR, ni à Penly ni ailleurs »

 Contacts presse : Avocat : Maître Samuel Delalande – 06 01 95 93 59
Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“ : Marie Frachisse – 07 58 62 01 23
Pour le CRILAN : Didier Anger – 02 33 52 45 59
Pour Greenpeace France : Laura Monnier – 06 21 18 07 17
Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Pas-de-feu-vert-pour-la-cuve-de-l-EPR-Quatre

Déc 01

PAS DE FEU VERT POUR LA CUVE DE L’EPR !

Quatre associations déposent un recours contre l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire

Le 10 octobre 2017, l’Autorité de sûreté nucléaire a publié un avis déclarant que l’anomalie affectant la cuve de l’EPR de Flamanville n’était pas de nature à remettre en cause sa mise en service et son utilisation, en dépit de la gravité de celle-ci.
Ce jeudi 30 novembre, le Réseau “Sortir du nucléaire“, de concert avec les associations et collectifs CRILAN, Greenpeace France et « STOP EPR, ni à Penly ni ailleurs » dépose un recours devant le Conseil d’État pour remettre en cause cette décision. La complaisance du « gendarme » du nucléaire envers les industriels n’a que trop duré !

Cuve de l’EPR : des défauts identifiés de longue date

Depuis 2005, l’Autorité de sûreté nucléaire était avertie d’importants dysfonctionnements à l’usine du Creusot. Malgré ses mises en garde répétées, Areva y a lancé en 2006 la fabrication du couvercle et le fond de cuve de l’EPR de Flamanville, et ce alors même que les processus de qualification technique n’étaient pas encore définis. Alors qu’il y avait toutes les raisons de suspecter que cette cuve comporterait des défauts, Areva n’a consenti à mener des tests sur cet équipement qu’une fois celui-ci définitivement installé dans le réacteur. Sans surprise, ceux-ci ont révélé que le couvercle et le fond de cuve, qui n’ont pas été fabriqués selon les règles de l’art, présentent une concentration en carbone trop élevée, si bien que les caractéristiques requises en termes de résilience [1] ne sont pas atteintes.

L’ASN cède sur les principes de base de la sûreté nucléaire

Ces défauts sont graves : selon les principes de base de la sûreté nucléaire, reconnus au niveau international, la cuve fait partie des équipements dont la rupture est censée être absolument exclue. Elle doit présenter une qualité de conception et de fabrication impeccable : si elle venait à rompre, il n’existerait alors aucune parade pour éviter un accident grave. Le « gendarme » du nucléaire, mis devant le fait accompli, aurait dû remettre en question l’aptitude au service et l’utilisation de cette cuve, comme le lui demandaient d’ailleurs près de 40 000 personnes dans une pétition <http://www.sortirdunucleaire.org/Petition-cuve-EPR>  (ainsi que la majorité des 13 800 commentaires <https://www.asn.fr/Reglementer/Participation-du-public/Installations-nucleaires-et-transport-de-substances-radioactives/Archives-des-participations-du-public/EPR-projet-d-avis-de-l-ASN-relatif-a-l-anomalie-de-la-composition-de-l-acier-du-fond-et-du-couvercle-de-la-cuve>  déposés lors de la mise en consultation de l’avis). Or le 11 octobre 2017, l’ASN a finalement rendu un avis, destiné à permettre à Areva d’obtenir une dérogation, qui déclarait que l’anomalie affectant la cuve de l’EPR n’était pas de nature à remettre en cause la mise en service et l’utilisation de celle-ci, moyennant surveillance et changement de son couvercle en 2024.

Le choix des mots illustre bien le recul inacceptable effectué par l’ASN, qui a sciemment effectué une entorse aux principes de base de la sûreté nucléaire. En effet, il y est affirmé que les analyses menées par Areva permettent, non plus d’exclure la rupture de la cuve, mais uniquement de la « prévenir » ! Comme le soulignent des experts indépendants [2], les mesures de surveillance de la cuve demandées à Areva ne permettront jamais de compenser cette dégradation de ses propriétés et d’atteindre un niveau de sûreté satisfaisant.

Cette décision de l’ASN résulte-t-elle de la pression des industriels, la validation du sauvetage d’Areva par Bruxelles étant conditionnée à la validation de cette cuve ? Ou, pire, est-elle le reflet d’une complaisance dangereuse envers EDF et Areva ? Elle est dans tous les cas inadmissible. Le Réseau “Sortir du nucléaire“, le CRILAN, Greenpeace France et « STOP EPR, ni à Penly ni ailleurs » déposent donc aujourd’hui un recours devant le Conseil d’État pour remettre en cause cet avis, qui ouvre la porte à un risque inacceptable pour les populations.

Notes :

[1] La résilience est un indicateur de la capacité d’un matériau à résister à la propagation de fissures. Dans le cas de la cuve d’un réacteur, cette propriété est notamment importante en cas de choc thermique, par exemple à la suite d’une injection d’eau froide dans le circuit primaire du réacteur.

[2] Voir l’avis de MM. Autret et Marignac, membres du Groupe Permanent d’experts sur les équipements à eau sous pression <https://www.asn.fr/L-ASN/Appuis-techniques-de-l-ASN/Les-groupes-permanents-d-experts/Groupe-permanent-d-experts-equipements-sous-pression-nucleaires-GPESPN>

Retrouvez le dossier juridique <http://www.sortirdunucleaire.org/Flamanville-recours-avis-cuve>

Ce texte est un communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire“, CRILAN, Greenpeace France, « STOP EPR, ni à Penly ni ailleurs »

Contacts presse : Avocat : Maître Samuel Delalande – 06 01 95 93 59
Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“ : Marie Frachisse – 07 58 62 01 23
Pour le CRILAN : Didier Anger – 02 33 52 45 59
Pour Greenpeace France : Laura Monnier – 06 21 18 07 17
Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Pas-de-feu-vert-pour-la-cuve-de-l-EPR-Quatre

Nov 30

«LA CORÉE DU NORD EXAGÈRE SOUVENT MAIS MENT RAREMENT»

Trois questions à François Heisbourg, président du Geneva Center for Security Policy (GSCP) et conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique à Paris, sur l’avancement du programme nucléaire nord-coréen

Le Temps: La Corée du Nord est-elle désormais capable de frapper avec l’arme nucléaire la plupart des pays du monde, comme le claironne Pyongyang?

François Heisbourg: Ces deux dernières années, les Nord-Coréens ont effectué un grand bond en avant grâce à des nouveaux moteurs installés sur leurs missiles balistiques. Les deux derniers tirs, dont celui de ce mardi 28 novembre, avaient une portée théorique de plus de 10 000 kilomètres. Ces moteurs, de conception soviétique, proviennent probablement d’Ukraine ou de Russie, d’où ils ont été acheminés clandestinement. Les Nord-Coréens ont ainsi gagné plusieurs années dans le développement de leur programme balistique.

Que manque-t-il encore à la Corée du Nord pour acquérir la dissuasion nucléaire?

Il lui manque peut-être la précision nécessaire, bien que celle-ci soit à relativiser s’agissant d’armes nucléaires. Il faut, en revanche, que le missile résiste à l’entrée dans l’atmosphère. Avec ce dernier tir, j’ai été frappé par la trajectoire parabolique haute de plus de 4000 kilomètres. Le missile est donc redescendu d’autant plus vite. S’il ne s’est pas désintégré, cela veut dire qu’il était très résistant. Je n’ai pas d’indication précise sur ce point. Mais la Corée du Nord exagère souvent mais ment rarement. La miniaturisation de l’ogive nucléaire est moins importante pour les missiles intercontinentaux, car il s’agit d’engins très grands qui peuvent contenir une lourde charge. C’est davantage un défi pour les missiles de plus courte portée.

Quand est-ce que le régime nord-coréen rentrera définitivement dans le club des puissances nucléaires?

Je dirais en 2018. C’est plus tôt que ce qui était anticipé il y a un an. La plupart des experts évoquaient auparavant le seuil de 2020. Dans les mois qui viennent, je ne serais pas surpris que les Nord-Coréens procèdent à un nouvel essai de bombe H, bien plus puissante qu’une bombe atomique classique. Ils ont fait un essai souterrain d’une bombe thermonucléaire le 3 septembre dernier. Ils ont sans doute été eux-mêmes surpris par la puissance de l’explosion, vu les importants glissements de terrain qui se sont produits sur les flancs d’une montagne. Un nouvel essai leur permettrait de mieux maîtriser le processus.

https://www.letemps.ch/monde/2017/11/29/coree-nord-exagere-souvent-ment-rarement

Lire également: «Missiles: l’Ukraine dément avoir aidé la Corée du Nord»

 

Nov 30

ARMES NUCLÉAIRES : L’ICAN, PRIX NOBEL DE LA PAIX 2017, CRITIQUE LA FRANCE

L’ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires), lauréate du Nobel de la paix 2017, a accusé mercredi les États-Unis, la France et le Royaume-Uni d’ignorer son travail en faveur du désarmement. 

Le prix Nobel de la paix 2017 tance la France. L’ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires), lauréate du Nobel de la paix 2017, a accusé mercredi les États-Unis, la France et le Royaume-Uni d’ignorer son travail en faveur du désarmement en n’envoyant que des diplomates de second rang à la cérémonie de remise du prix le 10 décembre. 

« C’est une sorte de protestation contre le prix Nobel de la paix« , a déclaré à Reuters Beatrice Fihn, directrice de l’ICAN, à propos de la décision des trois pays d’envoyer seulement des chefs de mission adjoints. « Ils aiment tellement leurs armes nucléaires et n’aiment pas ceux qui essaient de les interdire« , a ajouté Beatrice Fihn.

Le directeur de l’institut Nobel « ni surpris ni offensé« . La directrice de l’ICAN a estimé que les trois puissances nucléaires avaient tort de s’opposer au travail de son organisation « au moment où la Corée du Nord et les États-Unis se menacent mutuellement d’utiliser des armes nucléaires« . La cérémonie annuelle de remise du Nobel de la paix à Oslo, en présence du roi Harald et de la reine Sonja, est un temps fort du calendrier diplomatique norvégien.

Olav Njølstad, directeur de l’institut Nobel norvégien, a confirmé que les trois pays enverraient des adjoints, ajoutant que le comité Nobel préférait toujours voir des chefs de mission. « Ceci dit, nous ne sommes ni surpris ni offensés par le fait que parfois, certains gouvernements étrangers préfèrent se tenir à l’écart d’une cérémonie en signe de protestation ou, comme c’est le cas ici, parce qu’ils préfèrent être représentés par des chefs de mission adjoints« , a-t-il ajouté.

L’ICAN, fédération d’ONG dans plus de 100 pays.

L’ambassade britannique à Oslo a confirmé envoyer un ambassadeur adjoint à la cérémonie et ajouté que « le Royaume-Uni est engagé en faveur de l’objectif à long terme d’un monde sans armes nucléaires« . Les ambassades de France et des États-Unis n’ont pu être jointes dans l’immédiat. 

L’ICAN, une fédération d’organisations non gouvernementales présentes dans plus de cent pays, a obtenu en juillet dernier l’adoption par 122 pays du Traité de l’Onu sur l’interdiction des armes nucléaires. Mais des puissances disposant de ce type d’armes comme les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et la Grande-Bretagne sont restées à l’écart des négociations.

http://www.europe1.fr/international/armes-nucleaires-lican-prix-nobel-de-la-paix-2017-critique-la-france-3507140

Nov 30

YVES MARIGNAC «LES CENTRALES NUCLÉAIRES SONT VULNÉRABLES AUX MOYENS D’ACTION MODERNES»

Yves Marignac, directeur de Wise-Paris, une association d’information, d’étude et de conseil sur l’énergie, expert indépendant sur les questions nucléaires, livre son analyse sur la sécurité des centrales après l’incursion de militants de Greenpeace sur le site de Cruas-Meysse.

Mardi à l’aube, 22 militants de Greenpeace sont parvenus à s’infiltrer dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, en Ardèche. Ils se sont séparés en groupes et ont pu entrer dans une zone nucléaire à accès réglementé par trois endroits différents. Greenpeace a mené cette action pour «alerter sur l’extrême vulnérabilité des piscines d’entreposage de combustible usé». Les 22 militants, ainsi que Yannick Rousselet, chargé des opérations spéciales à Greenpeace, resté à proximité du site lors de l’opération, ont été placés en garde à vue et libérés dans la soirée de mercredi. Libération a demandé à Yves Marignac, expert indépendant sur les questions nucléaires son analyse sur cette action de Greenpeace, plus d’un mois après celle menée dans l’enceinte de la centrale de Cattenom.

Que montre cette action menée par Greenpeace ?

Cela confirme que les dispositifs de sécurité, au sens de la détection et de l’interception de ce type d’action, ne permettent pas d’empêcher l’intrusion et l’accès aux murs du bâtiment combustible (qui abrite la piscine d’entreposage du combustible). Cela confirme donc que des scénarios d’actions malveillantes susceptibles de causer des dommages à ce bâtiment, et la piscine, sont malheureusement tout à fait réalistes.

En cas d’accident, quel est le niveau de dangerosité du bâtiment combustible par rapport au bâtiment du réacteur ?

Le bâtiment combustible contient en pratique autant de combustibles que le réacteur, même si une réaction en chaîne spontanée n’est pas possible. Ce ne sont donc pas des accidents du même type que ceux qu’on a connus à Tchernobyl ou Fukushima que l’on peut craindre. Mais ils peuvent être plus graves. Si la piscine qui abrite ce combustible perd son eau alors il y a un processus en chaîne. Le combustible s’échauffe et finit par «brûler». Il relâche alors toute sa radioactivité dans un bâtiment qui n’est pas confiné, pas isolé de l’extérieur. Un scénario de ce type-là peut in fine relâcher d’avantage de radioactivité qu’un accident du réacteur et donc avoir des conséquences encore plus catastrophiques.

Que révèle cette action sur la sécurité des centrales aujourd’hui ? Est-ce que la sécurité des centrales est poreuse ?

Cela révèle une nouvelle fois le fait que les installations nucléaires, comme beaucoup d’autres systèmes industriels d’ailleurs, ont été conçues à une autre époque, où les questions de sécurité se posaient différemment. Et qu’elles sont aujourd’hui totalement vulnérables aux moyens d’action modernes auxquels peuvent avoir accès des groupes malveillants. Il y a un sujet majeur de vulnérabilité des installations nucléaires, et particulièrement des piscines de combustible, à ce type d’action avec des conséquences potentiellement catastrophiques. Puisque des mesures de sécurité classiques ne peuvent pas être efficaces, l’urgence est de renforcer les dispositifs de sûreté et de renforcer les bâtiments. Il faut réfléchir à une «bunkerisation», la seule voie possible pour sécuriser les installations par rapport aux types de menaces qui existent aujourd’hui.

Concrètement qu’est-ce qui pêche dans la sécurité des centrales aujourd’hui ?

Les bâtiments, malgré leur taille imposante, sont vulnérables à certains types d’attaques mobilisant des dispositifs d’explosifs modernes. L’accès permettant de mener ce type d’attaque ne peut pas être empêché donc des scénarios d’attaques causant des dommages considérables sont possibles. Le seul moyen de réagir est de renforcer les bâtiments pour que ce type d’attaque ne soit pas efficace. Comme c’est le cas sur le réacteur EPR qui dispose d’une «coque avion». En pratique la piscine du réacteur nucléaire en construction à Flamanville est protégée par un bâtiment d’une très grosse épaisseur de béton très armé pour résister à des actions auxquelles les bâtiments combustible des réacteurs actuels ne résistent pas.

Quels pays dans le monde correspondent au niveau de sécurité que vous préconisez ?

Globalement, il y a un déficit dans tous les pays, néanmoins on peut noter qu’en Allemagne par exemple, les piscines des réacteurs encore en fonctionnement sont localisées dans le bâtiment réacteur. Elles sont donc protégées par l’enceinte de confinement de ce bâtiment, plutôt que par le simple toit en tôle que l’on trouve sur les bâtiments combustible des centrales françaises. Les réacteurs qui ont été fermés en Allemagne après Fukushima ont été aussi en priorité les réacteurs les plus anciens qui présentaient des bâtiments combustible moins robustes.

Que faudrait-il faire en priorité pour renforcer la sécurité des centrales ?

La seule approche possible est de renforcer les bâtiments existants, les bunkeriser, tout en réduisant autant que possible leur contenu en combustible. À terme, la question plus fondamentale est de savoir si on continue à entreposer des combustibles dans des piscines ou si on développe – ce que font d’autres pays – l’entreposage à sec : le combustible est stocké dans des gros «châteaux» en plomb et en béton, intrinsèquement beaucoup plus robustes. Néanmoins, dans tous les cas il faut que le combustible reste quelques années en piscine avant de pouvoir le mettre dans des «châteaux» de ce type. Ce n’est pas un moyen pour se débarrasser des piscines d’entreposage mais un moyen pour que le combustible y reste moins longtemps et que l’on diminue ainsi le risque. Cela ne retire rien à la nécessité de renforcer les piscines.

Par Rémy Descous-Cesari

http://www.liberation.fr/france/2017/11/29/yves-marignac-les-centrales-nucleaires-sont-vulnerables-aux-moyens-d-action-modernes_1613352

Nov 30

FLAMANVILLE : LA CUVE DU RÉACTEUR NUCLÉAIRE ATTAQUÉE PAR LES ÉCOLOGISTES

Plusieurs associations écologistes vont déposer aujourd’hui un recours contre la décision de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’autoriser la cuve du futur réacteur EPR, malgré ses anomalies.

Ce jeudi matin, Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a rendez-vous au Sénat avec des parlementaires pour être entendu sur la sûreté des centrales. Au même moment, plusieurs associations écologistes déposeront un recours devant le Conseil d’État contre l’ASN. Plus précisément contre l’un des avis les plus controversés pris cette année par le gendarme du nucléaire : malgré des anomalies constatées dans la composition chimique de l’acier qui compose le couvercle du futur réacteur EPR de Flamanville (voir <http://www.leparisien.fr/environnement/energies/epr-de-flamanville-la-cuve-du-reacteur-nucleaire-est-bonne-pour-le-service-07-06-2017-7025607.php>), les experts de l’ASN ont jugé cette pièce majeure apte à être mise en service. Au moins jusqu’en 2024, où le couvercle devra néanmoins être changé.

Un feu vert jugé inacceptable par l’association Réseau sortir du nucléaire et Greenpeace qui se sont associés avec deux autres associations pour déposer ce recours. « L’ASN sait que la cuve, censée être d’une qualité à toute épreuve, n’a pas été conçue dans les règles de l’art et elle a pourtant donné son feu vert à sa mise en service, s’indigne la porte-parole de Sortir du nucléaire, Charlotte Mijeon. On se demande donc s’il n’y a pas eu des pressions sur l’ASN pour qu’ils adaptent leur avis à ce qu’attendaient les industriels, car une décision négative de la part de l’ASN aurait porté atteinte à toute la filière nucléaire française. »

Devant le Conseil d’État, l’avocat des associations demandera l’annulation de la décision prise par le gendarme du nucléaire : « L’avis de l’ASN ouvre la porte à l’utilisation dans les centrales nucléaires de pièces n’offrant pas un niveau de sûreté identique à ce que la réglementation prévoyait au départ », souligne Me Samuel Delalande.

Une réglementation dérogatoire qui tombe à pic

Très critiqué en juin dernier pour avoir donné son feu vert sous conditions à un couvercle qu’il juge lui-même défectueux, le patron des gendarmes du nucléaire répondait alors que « les marges de sûreté » sont « satisfaisantes ».

Interrogé mercredi, l’ASN met désormais en avant un article juridique qui permet d’autoriser la mise en service d’un équipement même s’il ne respecte pas l’ensemble des exigences prescrites. À la seule condition que le fabricant de la pièce (en l’occurrence Areva) fasse la démonstration que les « risques sont suffisamment prévenus ou limités ».

« Cette réglementation dérogatoire a été adoptée justement après que l’on eut constaté des malfaçons sur le couvercle du réacteur, dénonce Laura Monnier, chargée de campagne juridique à Greenpeace. Mais autoriser une cuve qui n’est pas aux normes est une décision très grave et cela montre que l’ASN ne joue plus son rôle de gardienne de la sûreté du nucléaire. » Désireux de montrer que l’ASN gardera bel et bien le dernier mot dans ce dossier ultrasensible, le directeur des équipements sous pression nucléaire de l’ASN, Simon Liu, explique qu’« Areva doit encore mener sur certaines parties de la cuve des épreuves hydrauliques avant de pouvoir déposer sa demande de mise en service. Et ce n’est qu’au regard du dossier complet que l’ASN donnera ou non son feu vert définitif ».

Par Frédéric Mouchon

http://www.leparisien.fr/societe/flamanville-la-cuve-du-reacteur-nucleaire-attaquee-par-les-ecologistes-30-11-2017-7423752.php

Nov 29

CORÉE DU NORD: POURQUOI LE BLUFF DES USA NE PREND PAS

Bien que le risque d’un conflit d’envergure sur la péninsule coréenne soit toujours présent, un tel scénario demeure peu probable face aux réalités du terrain. Pyongyang, tout en jouant la carte de la confrontation, semble avoir emporté ce que beaucoup d’autres pays n’auront pas réussi à obtenir: sécuriser sa souveraineté.

Bien que les médias mainstream n’aient cessé de présenter le régime nord-coréen, et notamment son leader Kim Jong-un, comme étant totalement «fou», la réalité montre au contraire qu’il s’est livré à des calculs tout à fait rationnels. En effet, les nombreux essais nucléaires nord-coréens avaient un objectif simple: éloigner tout danger d’intervention contre le pays du Juche.

Le Kremlin juge «provocateur» le nouveau tir nord-coréen

Les menaces d’intervention armée étasuniennes visant Pyongyang ont beau avoir été à la Une de l’actualité des derniers mois, non seulement la Corée du Nord aura confirmé son statut de puissance nucléaire en faisant la sourde oreille à ces menaces, mais elle semble également avoir écarté le risque d’une attaque à son encontre.

Finalement, l’approche russo-chinoise pour résoudre la crise de la péninsule coréenne confirme une fois de plus toute sa pertinence. En effet, dès que la rhétorique hostile et agressive de part et d’autre s’est enclenchée, Moscou et Pékin ont appelé à la retenue et à un dialogue honnête, sans ultimatums ni menaces de guerre. Tout en condamnant les tests nucléaires nord-coréens, la Russie comme la Chine n’ont pas manqué de rappeler à l’ordre Washington et ses alliés, qui attisaient ces tensions depuis longtemps par d’évidentes provocations en direction de Pyongyang.

Depuis lors, la tension semble avoir un peu diminué: en effet, la Corée du Nord n’a procédé à aucun lancement de missile ou test nucléaire depuis plus de deux mois et demi. (NDLR : ce n’est plus le cas !) De plus, Song Young-gil, conseiller du président sud-coréen, a déclaré que Séoul était prête à relancer le dialogue avec son voisin du nord si ce dernier continuait à s’abstenir d’essais balistiques et nucléaires, ce à quoi appelaient incessamment Moscou et Pékin.

La Russie n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler, via son vice-ministre russe des Affaires étrangères, Igor Morgoulov, qu’en tenant compte de la retenue dont faisait actuellement preuve la Corée du Nord, désormais «le principal problème réside dans les exercices américano-sud-coréens», clairement provocateurs envers la Corée du Nord. Connaissant la mentalité des dirigeants nord-coréens, il est probable que si les États-Unis poursuivaient ses actions provocatrices, Pyongyang reprendrait les siennes, sans que Washington ne puisse faire quoi que ce soit.

Le nouveau missile nord-coréen capable de porter des armes chimiques?

Car soyons honnêtes: malgré tout le show sur la puissance étasunienne orchestré par l’establishment US et les déclarations sur une éventuelle destruction de la Corée du Nord, le fait est que Washington comprend parfaitement qu’il ne peut pas faire grand-chose face à Pyongyang, si ce n’est que de continuer ses menaces verbales et de montrer ses muscles en organisant des manœuvres militaires près de la péninsule coréenne. Et ce, à la grande différence de ce qu’ils ont pu faire en divers endroits du monde.

Et ce n’est pas l’envie de protéger les civils et les militaires sud-coréens ou japonais —ce dont Washington se moque éperdument- qui l’empêche de franchir la ligne rouge, mais la perspective d’une mort brutale pour des milliers de militaires et plus généralement de citoyens américains résidant dans ces pays. Cela sans même évoquer la perspective que des missiles nord-coréens puissent éventuellement atteindre la côte ouest étasunienne ou frapper des colonies régionales des États unis, telles que l’île de Guam. Une gifle dont les États-Unis ne pourraient certainement se relever, eux qui sont tellement habitués à être épargnés par les conflits armés qu’ils initient aux quatre coins du monde.

En septembre dernier, Sergei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, avait déclaré la chose suivante: «Les États-Unis n’oseront pas frapper la Corée du Nord, parce qu’ils savent que Pyongyang possède la bombe nucléaire». Et que là était toute la différence avec d’autres situations, notamment celle d’Irak: «Les Américains ont frappé l’Irak uniquement parce qu’ils avaient une information à 100% fiable indiquant qu’il ne restait plus là-bas aucune arme de destruction massive». On connaît tous le résultat de cette intervention en terre irakienne: des millions de victimes, très majoritairement civiles, et un chaos qui s’est traduit par une montée en flèche de l’extrémisme dans toute la région —aujourd’hui heureusement en perte de vitesse grâce notamment aux actions de la Russie.

Pyongyang: Notre nouveau missile est capable «de frapper la totalité du continent US»

Tout cela pour dire que, sans aucunement cautionner la nucléarisation de la Corée du Nord, et encore moins ses tests nucléaires, cette dernière aura démontré une réalité simple: pour être l’abri d’une intervention «humanitaire» occidentale avec toutes les conséquences désastreuses qui en découlent et pouvoir défendre sa souveraineté, il faut soit avoir des alliés de poids, soit posséder des instruments de dissuasion. Pyongyang a choisi cette dernière option. On peut penser ce que l’on veut du gouvernement nord-coréen et de sa politique, mais c’est bien le chaos organisé par les élites occidentales —étasuniennes en tête- qui ont amené plusieurs pays à revoir leur approche et surtout ne plus céder au chantage occidental.

P.S. Aux dernières nouvelles, Pyongyang a procédé à un tir de missile balistique en réponse aux nouvelles provocations américaines: la retenue a ses limites. Washington, sachant parfaitement qu’il ne peut se permettre d’attaquer la Corée du Nord, souhaite vraisemblablement empêcher à tout prix l’éventualité d’un dialogue intra-coréen grâce à la médiation russo-chinoise. Un dialogue dans lequel la présence même des USA dans cette région sera de moins en moins justifiée et «nécessaire». 

Nota : Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur, Mikhail Gamandiy-Egorov.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201711291034089962-coree-du-nord-usa/

Nov 29

LA SUISSE EST-ELLE PRÊTE POUR UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE?

À l’époque de la guerre froide, la Suisse prenait très au sérieux la menace d’une attaque nucléaire: en 1963, elle s’engageait à mettre à la disposition de tous les citoyens des abris en cas d’attaque atomique. Mais aujourd’hui dans quelle mesure le pays est-il bien préparé? 

«Compte tenu des menaces récentes telles que la Corée du Nord, y a-t-il des changements proposés aux lois sur les abris antinucléaire?»

La question nous a été posée par Alex, un de nos lecteurs, quand nous leur avons demandé ce qu’ils aimeraient savoir sur la Suisse. Alex n’est pas le seul à craindre une attaque nucléaire. En octobre, l’ancien secrétaire américain à la Défense, William Perry, a déclaré au Forum internationalLien externe sur la prévention des catastrophes nucléaires du Luxembourg que la menace d’une attaque nucléaire est à son plus haut niveau depuis la Guerre froide.

D’où viennent les menaces?

Pyongyang cherche à mettre au point un missile nucléaire capable d’atteindre les États-Unis. 50 ans après la signature du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (1968), il y a encore quelque 10’000 bombes atomiques disséminées dans le monde, dont 93% appartiennent à la Russie et aux États-Unis. 

Dans le même temps, une escalade nucléaire ne peut être exclue entre l’Inde et le Pakistan. Au Moyen-Orient, la remise en cause par les États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien constitue également une menace, alors qu’Israël est le seul État de la région à posséder l’arme nucléaire.

Si la Suisse devait être frappée par une bombe nucléaire, il y aurait clairement une dévastation généralisée, comme vous pouvez le constater en testant différents types de bombes virtuelles sur cette carte interactiveLien externe. Les experts semblent d’accord pour dire qu’on ne peut pas se préparer à un coup direct, mais qu’il faut être en mesure de réagir.

Mais que se passerait-il si une bombe nucléaire explosait ailleurs dans le monde, projetant un nuage radioactif au-dessus de la Suisse? Il semble que le pays alpin soit prêt pour un tel scénario. De même en cas d’accident dans l’une de ses cinq centrales nucléaires, la réponse serait similaire.

Pascal Aebischer, de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), précise à swissinfo.ch/ qu’il n’y a pas de menace aiguë d’une guerre nucléaire qui pourrait affecter la Suisse et que: «dans le domaine de la protection civile, aucune mesure spécifique n’est envisagée.»

Selon lui, les mesures de protection civile sont davantage axées sur les «catastrophes et les situations d’urgence».

L’OFPP est doté d’un centre fédéral d’expertise pour les accidents exceptionnels, la Centrale nationale d’alarme (CENALLien externe) et d’un laboratoire à Spiez en lien avec une task force pour faire face à un événement nucléaire ou radiologique majeur en Suisse.

Un exercice général d’urgence a lieu tous les deux ans à proximité de l’une des cinq centrales nucléaires. Il implique un certain nombre d’organismes fédéraux en charge des interventions d’urgence, dont l’Office fédéral de météorologie et de climatologie, MétéoSuisse et le laboratoire de SpiezLien externe. Cette année, l’exercice a eu lieu près de la centrale de Mühleberg, dans le canton de Berne.

Un réseau national de sirènes et d’abris

La Suisse dispose de plus de 7000 sirènes pour alerter la population sur un large éventail de situations d’urgence, y compris un accident nucléaire. Celles-ci sont testées chaque année le premier mercredi de février. Le signal d’«alarme générale» retentit lorsqu’il y a une menace possible pour la population. Il signale aux gens qu’ils doivent allumer la radio et suivre les instructions des autoritésLien externe.

Jean-Marc Fellay de l’Organe communal de conduite (ORCOCLien externe), l’organisation locale de planification d’urgence pour neuf villages de Suisse romande, explique à swissinfo.ch la marche à suivre après le déclenchement d’une alarme: «Selon le type d’incident, on dit aux gens de rester à la maison et de fermer les portes et les fenêtres, ou de se rendre directement à un refuge

On peut aussi leur dire d’avaler un comprimé d’iodure de potassium. Tous les dix ans, ils sont distribués aux populations vivant à proximité des centrales nucléaires, par mesure de précaution en cas d’accident nucléaire. Si elles sont prises à temps et à la posologie appropriée, les pilules bloquent l’absorption d’iode radioactif par la glande thyroïde.

En cas d’incident nucléaire nécessitant l’utilisation des abris, les communes, les cantons et l’organisation de protection civile auraient le temps de les approvisionner en nourriture et en eau. Entre-temps, il est conseillé à la population de conserver ses propres fournitures d’urgence. Les détails sont donnés dans ce dépliantLien externe du gouvernement.

La Suisse est la seule à disposer d’un nombre suffisant d’abris contre les retombées nucléaires pour pouvoir accueillir l’ensemble de sa population en cas de besoin. Ce droit est inscrit dans la loi:

 «Chaque habitant doit disposer d’une place protégée dans un abri situé à proximité de son lieu d’habitation et atteignable dans un délai raisonnable.

«Tout propriétaire qui construit une maison d’habitation dans une commune où le nombre de places protégées est insuffisant doit y réaliser un abri et l’équiper.»

(Articles 45 et 46 de la Loi fédéraleLien externe sur la protection de la population et sur la protection civile).

Lorsque de nouvelles maisons et appartements sont construits sans bunkers, les propriétaires doivent payer une taxe à la commune pour leur garantir une place dans un abri de protection civile.

Après l’évacuation

«S’il y avait un nuage nucléaire au-dessus de nous, le sol serait contaminé», explique Jean-Marc Fellay.

«L’idée, c’est de pouvoir rester au refuge jusqu’à cinq jours et de pouvoir en sortir quand la situation est sûre.»

Mais que se passerait-il si, après cinq jours, le sol était encore toxique? «J’imagine que la seule réponse est de partir. Aller dans un endroit où le lieu n’est pas contaminé», précise Jean-Marc Fellay à swissinfo. ch. Mais les pays voisins pourraient aussi être affectés par un nuage nucléaire, du type de celui qui a traversé l’Europe centrale à la suite de l’accident nucléaire de Tchernobyl en Ukraine en avril 1986. 20 ans après l’accident, les taux de radioactivité en Suisse sont encore plus élevés que la normale, avec jusqu’ à 200 décès dus au cancer directement liés selon l’Office fédéral de la santé.

Jean-Marc Fellay conclut: «Nous n’avons jamais eu à faire d’évacuation à grande échelle mais, malheureusement, il faut y réfléchir.»

Traduit de l’anglais par Frédéric Burnand

Par Julie Hunt

https://www.swissinfo.ch/fre/question-de-lecteur_la-suisse-est-elle-pr%C3%AAte-pour-une-catastrophe-nucl%C3%A9aire-/43692310

Nov 29

QU’EST-CE QUE LA «PISCINE NUCLÉAIRE», SUR LAQUELLE GREENPEACE A JETÉ DES FUMIGÈNES ?

Les piscines de stockage du combustible usagé sont, selon Greenpeace, le talon d’Achille de la sécurité nucléaire en France. EDF martèle qu’elles sont bien protégées et que l’intrusion des militants, ce vendredi à Cruas-Meysse, « n’a pas eu d’impact ».

Elles sont indispensables aux centrales nucléaires françaises. Les « piscines nucléaires », en fait des compartiments de stockage du combustible usagé qui a servi à la production d’énergie, servent à entreposer ces déchets radioactifs avant qu’ils ne soient envoyés dans une usine de retraitement. Très chauds à la sortie du réacteur, ces combustibles doivent en effet longuement refroidir avant d’être transportés. Ils sont donc immergés sous plusieurs mètres d’eau pendant deux ou trois ans. Chacun des 58 réacteurs français est ainsi accolé à une piscine de refroidissement. Or selon Greenpeace, ces enceintes de stockage sont fragiles et bien trop accessibles pour résister à un éventuel attentat. Ce qu’EDF, qui exploite les 19 centrales de l’Hexagone, dément formellement. Décryptage.

Pas d’intrusion dans la zone dite « nucléaire »

Une fois de plus ce vendredi, plusieurs militants de l’ONG se sont introduits dans une zone interdite au public dans laquelle se trouve une centrale, celle de Cruas-Meysse (Ardèche). Ces derniers ont d’abord réussi à passer le premier niveau de sécurité pour atteindre une zone peu sensible, où se trouve généralement l’accueil. Ils ont ensuite franchi une deuxième barrière, normalement bien plus sécurisée, (NDLR : la preuve que non) pour atteindre la zone réservée aux équipes qui travaillent sur le site. C’est de là, sans franchir la troisième et ultime barrière, que les militants ont pu toucher et peindre une partie du mur de la piscine de la centrale, avant d’être interpellés. Ils ont également allumé des fumigènes à proximité et ont filmé la scène, qu’ils ont partagée sur les réseaux sociaux. Ils se targuent enfin d’avoir « pu rentrer comme dans un moulin » dans la centrale et interrogent sur la résistance des installations en cas d’intrusion malveillante.

Depuis plusieurs années, Greenpeace alerte ainsi les autorités sur la « vulnérabilité » de ces compartiments de stockage, qui contiennent finalement plus de substances radioactives accumulées que le réacteur lui-même. Ils suscitent également la peur des citoyens en interrogeant sur les conséquences, s’ils n’avaient pas eu des fumigènes mais de véritables explosifs à déposer près de la piscine.

Un risque de relâchement de radioactivité ?

En octobre dernier, l’ONG a même communiqué sur un rapport d’experts qu’elle a commandé, dont l’intégralité n’a été fournie qu’aux autorités pour des raisons de sécurité. Selon Oda Becker, contributrice allemande de l’étude, « les piscines des centrales françaises, contrairement aux allemandes, sont toutes situées en dehors du bâtiment réacteur, bien moins protégées ». Par ailleurs, « si leur fond est renforcé avec du béton armé et un revêtement étanche en acier, les structures qui les recouvrent tiennent davantage du hangar agricole que de l’édifice nucléaire », insistait alors Yannick Rousselet, chargé de campagne de Greenpeace. Selon lui, la moindre fissure dans la structure de la piscine pourrait entraîner une fuite d’eau, qui ne couvrirait ainsi plus assez le combustible et provoquerait un relâchement de radioactivité.

EDF : « Nos dispositifs fonctionnent parfaitement »

Selon EDF toutefois, ce scénario catastrophe ne peut se produire. D’abord, « les militants de Greenpeace n’ont pas franchi le 3e niveau de sécurité », martèle la communication au sein du groupe. C’est vrai, ils ont atteint le mur de la piscine sans avoir à franchir la troisième barrière, extrêmement sécurisée, qui les aurait menés devant l’entrée du réacteur et de la piscine. Autrement dit, ils ne sont pas entrés à l’intérieur de l’un de ses bâtiments très sensibles, ni même dans la zone dite « nucléaire » qui les entoure. Mais l’un des murs de la piscine servant lui-même de limite entre la deuxième et la troisième zone, les militants se sont contentés de s’en approcher. Suffisant selon eux pour créer des dégâts, en cas d’intention malveillante comme une attaque terroriste.

Mais selon EDF, la paroi de la piscine est bien moins fragile que ce que l’ONG, ou le rapport d’experts, ne le laissent entendre. « C’est du béton tout comme le réacteur. Et peu importe l’épaisseur (a priori moins importante que celle de la paroi du réacteur, NDLR), il y a des dispositifs de résistance à l’intérieur du mur. […] EDF fait des investissements en permanence pour parer à toute éventualité, y compris au terrorisme », assure-t-il.

Enfin, « les militants ont été interpellés rapidement, ce qui prouve l’efficacité du système. Nos dispositifs fonctionnent parfaitement et l’intrusion n’a eu aucun impact sur la sécurité du site », rassure EDF qui a annoncé son intention de porter plainte.

Pour voir la VIDÉO (1mn45s). Greenpeace s’inquiète de la « vulnérabilité » des piscines de refroidissement, cliquer sur : http://www.leparisien.fr/societe/qu-est-ce-que-la-piscine-nucleaire-sur-laquelle-greenpeace-a-jete-des-fumigenes-28-11-2017-7421196.php

NDLR : question : et si, au lieu de montrer leur présence avec des fumigènes puis se laisser gentiment arrêter, les « agresseurs » étaient armés comme le sont les terroristes (et ne craignant pas pour leur vie), vous pensez qu’ils n’auraient pas pu rentrer dans la 3ème enceinte ?

Nov 29

LA CORÉE DU NORD AFFIRME ÊTRE UN ÉTAT NUCLÉAIRE CAPABLE DE FRAPPER LE CONTINENT AMÉRICAIN

Kim Jong-Un a déclaré que le nouveau type de missile testé mardi était capable de frapper n’importe où sur le continent américain. Le ministre américain de la défense a indiqué pour sa part que ce tir représentait «une menace partout dans le monde».

Il s’agit de la première provocation en deux mois. La Corée du Nord a effectué mercredi un nouveau tir de missile balistique intercontinental, et ce malgré les sanctions internationales. Le missile, qui s’est abîmé en mer dans la zone économique exclusive du Japon après un vol de quelque 1 000 kilomètres selon les premières évaluations rendues publiques par le Pentagone, a été tiré vers l’est du site de Sain-ni, près de Pyongyang, après l’analyse des données. Le Pentagone a précisé que le missile n’a pas présenté de danger, ni pour les États-Unis continentaux, ni pour des territoires américains ou des pays alliés.

La Corée du Nord a de son côté affirmé mercredi avoir réalisé son objectif, devenir un État nucléaire, ce nouveau missile intercontinental mettant «la totalité du continent américain» à sa portée. Après avoir assisté au lancement du missile Hwasong-15, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a ainsi déclaré «avec fierté que désormais, nous sommes finalement parvenus à réaliser notre grande cause historique, l’achèvement d’une force nucléaire d’État», selon l’agence officielle KCNA.

Allocution

Le président américain Donald Trump, qui «a été informé de la situation en Corée du Nord tandis que le missile était encore en vol», devait s’exprimer mardi après-midi depuis la Maison Blanche peu après ce tir. «On va s’en occuper», a-t-il promis dans une courte allocution. Le ministre de la défense, Jim Mattis, a indiqué pour sa part que ce tir avait atteint la plus haute altitude de tous les tirs effectués par Pyongyang et qu’il représentait «une menace partout dans le monde».

Le tir nord-coréen intervient huit jours après la décision de Washington de réinscrire la Corée du Nord sur la liste noire des «États soutenant le terrorisme», un geste qualifié de grave provocation par Pyongyang. Plus tôt dans la journée de mardi, Séoul avait fait état de signes d’activité sur une base de missiles nord-coréenne. Un radar de traçage de missiles a été mis en service lundi sur une base nord-coréenne non identifiée et le trafic télécoms s’est intensifié, selon une source gouvernementale citée par Yonhap.

«Frappe de précision»

Dans la soirée, le Japon, les États-Unis et la Corée du Sud ont demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU après le tir de missile intercontinental nord-coréen. Celle-ci se déroulera ce mercredi vers 21h30 GMT (22h30 heure française), a annoncé mardi la mission américaine auprès de l’ONU. Trump s’est par ailleurs entretenu mardi avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe par téléphone. «Les deux dirigeants ont jugé que les actes provocateurs du régime nord-coréen compromettaient sa sécurité et l’isolaient encore plus de la communauté internationale», indique un compte-rendu de l’appel téléphonique entre les deux hommes, diffusé par la Maison Blanche.

Le gouvernement japonais était lui aussi en état d’alerte après avoir détecté des signaux radio faisant craindre un tir de missile. Les prémices d’un possible tir, source d’inquiétude pour les marchés, ont plombé la Bourse de Tokyo et Shinzo Abe, le Premier ministre a dénoncé «un acte violent» qui «ne peut pas être toléré». En réaction à ce tir, l’armée sud-coréenne a effectué un essai de «frappe de précision» pour «s’assurer que la Corée du Nord comprenne bien qu’elle peut être prise sous le feu de notre allié», a précisé Jim Mattis. 

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a, lui, «fermement condamné» mardi le tir de missile intercontinental effectué par la Corée du Nord et appelé Pyongyang à «s’abstenir de commettre de nouveaux actes déstabilisateurs».

Ce nouveau tir de missile balistique nord-coréen intervient après une pause de plus de deux mois. Le 3 septembre, la Corée du Nord menait son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour, qui concernait selon les autorités nord-coréennes une bombe H suffisamment petite pour équiper un missile. Le 15 septembre, moins d’une semaine après l’adoption par l’ONU d’une huitième série de sanctions, Pyongyang tirait un missile balistique au-dessus du Japon, sur une distance de 3 700 kilomètres, selon Séoul. L’absence de test de missile depuis avait soulevé l’espoir que le durcissement des sanctions de l’ONU portait ses fruits.

LIBÉRATION avec AFP

Pour voir la vidéo de la réaction de Donald Trump, cliquer sur :

http://www.liberation.fr/planete/2017/11/28/la-coree-du-nord-affirme-etre-un-etat-nucleaire-capable-de-frapper-le-continent-americain_1613205

Nov 28

UNE PREMIÈRE EN 30 ANS: HAWAÏ RÉACTIVE SA SIRÈNE D’ALERTE EN CAS D’ATTAQUE NUCLÉAIRE

La « Hawaii Emergency Management Agency » a annoncé ce matin qu’elle va tester cette semaine sa sirène d’alerte « attaque nucléaire » pour la première fois depuis près de 30 ans. Dans un document public de 30 pages, daté du 11 novembre, portant sur les menaces qui pourraient toucher l’île, une frappe nucléaire nord-coréenne est expressément citée.

Cette réactivation d’un ton spécial des sirènes (« Attack Warning Tone« ) et le début des tests mensuels qui l’intégreront désormais ont bien été décidés dans la crainte d’un éventuel lancement de missile nord-coréen visant l’île américaine.

L’État de Hawaï effectue déjà chaque mois des tests d’alertes liés aux ouragans et aux autres catastrophes naturelles. Ces alertes sont aussi diffusées via la radio, la télévision et les réseaux cellulaires. À partir du 1er décembre, le test mensuel de la sirène d’alerte comportera aussi un nouveau ton indiquant une attaque aérienne ou une frappe nucléaire.

La sirène, qui était utilisée pendant la Guerre froide, va résonner pendant 50 secondes vendredi à 11h45 locale puis un nouveau test sera effectué au premier jour ouvrable de chaque mois, ont annoncé les autorités de l’archipel.

En cas d’un lancement de missile nord-coréen, le commandement américain situé dans le Pacifique demanderait aux responsables des secours à Hawaï de sonner l’alerte, ce qui laisserait aux habitants de l’île entre 10 et 15 minutes avant l’impact, détaille le document du 11 novembre de l’agence locale des secours.

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2017/11/28/hawai-18811.html

Nov 28

PERQUISITION D’AREVA DANS L’AFFAIRE URAMIN

Le groupe nucléaire public a confirmé cette information de M6. La perquisition a eu lieu mardi au siège, à la Défense.

Areva a fait l’objet, mardi 28 novembre, d’une perquisition dans le cadre de l’enquête sur l’affaire UraMin, a annoncé une porte-parole du groupe nucléaire public, confirmant une information de M6. La porte-parole a confirmé que la perquisition avait eu lieu au siège du groupe, à la Défense, mais a refusé de faire d’autre commentaire.

En 2014, le siège d’Areva et les domiciles d’anciens dirigeants du groupe avaient déjà fait l’objet de perquisitions dans le cadre de l’enquête sur l’acquisition pour 2,5 milliards de dollars de la société minière canadienne UraMin, en 2007. En mai 2016, une enquête a été formellement ouverte sur le rôle d’Anne Lauvergeon dans l’acquisition d’UraMin. Celle-ci, qui a dirigé Areva de 2001 à 2011, a toujours nié avoir mal agi dans cette opération.

Areva a été contraint de passer pour 2 milliards d’euros de dépréciations sur UraMin, ce qui a contribué à plusieurs années de pertes qui se sont soldées l’an dernier par un plan de sauvetage organisé par le gouvernement. Ce plan prévoit notamment la vente de l’activité réacteurs nucléaires d’Areva à EDF, cession prévue pour la fin de 2017.

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/11/28/perquisition-d-areva-dans-l-affaire-uramin_5221510_1653578.html

Nov 28

JAPON : LES MIGRANTS DU NUCLÉAIRE

Six mois avant le retour programmé, dans la zone contaminée, de la population de Fukushima, une alerte aurait dû retourner la situation. Extrait d’un article de  Cécile Asanuma-Brice, chercheuse en sociologie urbaine, Publication originale Géoconfluences, octobre 2017. Reprise par le blog de Fukushima.

Un matin comme un autre dans le département de Kanagawa (au sud de Tokyo).

22 novembre 2016, 6 h du matin, les murs tremblent et le plancher tangue, lentement, durant d’interminables secondes. Le commentateur chargé d’informer sur la situation dans l’unique programme qui remplacera tous les autres quelques heures durant, répète en boucle :
« un tsunami arrive, fuyez vite ! Surtout fuyez ! Rappelez-vous le séisme de mars 2011 ! N’allez pas voir l’état des marées, fuyez tout de suite vers les montagnes, collines ou autre endroit suffisamment haut pour vous mettre à l’abri, fuyez ! ».

Gorges serrées, pendus aux téléviseurs qui diffusent en boucle des images de bords de mer sur lesquelles sont affichées en lettres capitales rouges « Tsunami ! Fuyez tout de suite! », nous prenons connaissance de la situation : un tremblement de terre de magnitude 7,3 a eu lieu à 75 km des côtes de Fukushima, enregistrant des secousses de niveau 5. Les mouvements verticaux des plaques tectoniques entrainent un risque de tsunami imminent. À 8 heures, des tsunamis de diverses hauteurs ont déjà atteint les côtes du Tohoku à Chiba, allant jusqu’à 1,4 m mesuré dans le port de Sendai, et 1 m dans chacune des deux centrales nucléaires de Fukushima. Car c’est bien là que tous les regards se fixent. Non sans raison. Environ une heure après le séisme, le système de refroidissement du bâtiment 3 de la centrale Fukushima Dai chi tombe en panne suite aux fortes secousses, selon les déclarations des autorités. Les souffles se coupent…

Une heure et demie plus tard, le système est réenclenché au grand soulagement de tous.

Les effets de la résilience

Si, durant toute la matinée du 22 novembre, les speakers et les affichages télévisuels ne cessent d’ordonner aux habitants de se réfugier, les journalistes postés sur les endroits prévus à cet effet ne sont, à notre grand étonnement, entourés que de quelques personnes. « Tous les traumatismes sont remontés avec ce tremblement de terre. La plupart des gens n’ont pas pu bouger de chez eux, comme tétanisés, envahis par le désespoir de toutes ces années où la mise en pratique du refuge est restée impossible pour la plupart d’entre nous. Les personnes âgées dans les logements provisoires ont éteint leur poste de télévision et fait comme si de rien n’était. » (Mari Suzuki, habitante d’Iwaki, département de Fukushima).

La résilience prônée par les autorités nationales et internationales qui ont participé à la gestion des conséquences de l’accident nucléaire de 2011, s’est imposée, en dépit de la volonté des victimes. La population des zones polluées par la radioactivité dont les terres n’ont pas été retenues dans la zone d’évacuation, sont pour la plupart d’entre elles dans un état de dépression avancée, après cinq années de combat pour une reconnaissance de leur droit au refuge restées sans réponse. En outre, le gouvernement a annoncé la réouverture à l’habitat d’une partie de la zone d’évacuation pourtant encore instable autour de la centrale nucléaire de Fukushima Dai chi à partir de mars 2017, engendrant, de fait, l’arrêt du versement des dédommagements mensuels utilisés par certains pour se reloger ailleurs et la fermeture des logements provisoires. Cette contrainte au retour est moralement insupportable pour les personnes qui ont reconstruit leur vie dans des communes d’accueil à l’environnement plus stable. 

Ce nouveau séisme ravive les colères

Hiroki Suzuki, journaliste d’une quarantaine d’années, s’est rendu aux portes de la zone d’évacuation quelques heures après le séisme. Il brandit son dosimètre qui affiche 7,09 microsievert/heure [1], alors que la moyenne naturelle dans la région était de 0,04 microsievert/heure avant l’accident.

— « Regardez, on nous ment. Encore, toujours… » s’exclame-t-il sans pouvoir dissimuler une rage teintée de désespoir. C’est pourtant en franchissant cette frontière de la zone d’évacuation que deux jours plutôt, le professeur Hayano de l’université de Tokyo organisait un voyage d’inspection des travaux de la centrale et de la zone d’évacuation accompagné de treize lycéens et lycéennes, revêtus de leur simple uniforme scolaire, sans aucune protection particulière.

Le séisme est survenu alors que ce voyage d’étude venait de générer une vague de mécontentements des habitants sur les réseaux sociaux. Participant à plusieurs projets publics de revitalisation de la région, dont le projet ETHOS mené avec la collaboration de l’IRSN, projet aujourd’hui à terme qui visait à enseigner aux habitants à vivre dans un environnement contaminé en vue d’une rationalisation économique de la gestion des conséquences d’un accident nucléaire, adepte de la résilience, le professeur Hayano, faisant fi des centaines de recherches épidémiologiques sur la question, estime que la peur de la radioactivité n’est pas justifiée. Ce voyage initiatique avait donc pour but de montrer aux élèves qu’ils n’étaient pas foudroyés par la radioactivité alors même qu’ils se rendraient dans les zones où l’irradiation était la plus élevée, et que la peur devait laisser place à la raison gestionnaire. Cette attitude, jugée irresponsable par de nombreux collègues du physicien, occulte les connaissances les plus fondamentales en matière de radio-protection selon lesquelles la radioactivité agit sur le corps humain, non pas de façon soudaine, mais selon un processus qui s’étend sur plusieurs années.

Cet épisode aura marqué les esprits, car ni la situation sismique, ni le niveau de radioactivité ambiant, ni l’état de fonctionnement des centrales nucléaires (le tremblement de terre du 22 novembre l’a encore prouvé via une nouvelle panne du système de refroidissement) ne devraient permettre une telle quiétude politique. Par effet de corrélation, depuis le tremblement de terre de Nouvelle Zélande de magnitude 7,8 du 13 novembre 2016, on s’attendait à un nouveau séisme au Japon. Non par la loi des séries, mais selon l’enchaînement tectonique  observé en 2011, lorsque le tremblement de terre japonais avait été précédé de celui de Christchurch en Nouvelle-Zélande, de magnitude 6,3. Ce phénomène fut vérifié lors du tremblement de terre de Kumamoto au Sud du Japon, sur l’île de Kyûshû, le 20 avril 2016, lui aussi annoncé par un séisme à Christchurch le 14 février, de magnitude 5,8. Cette combinaison de secousses est le résultat des pressions opérées par la plaque du Pacifique commune aux deux archipels.

Ainsi, si l’alerte au tsunami a été suspendue sur la totalité de la zone quelques heures après le séisme, la densité des répliques laisse planer une inquiétude pesante. En un peu plus d’une journée non moins de 90 répliques ont été enregistrées. Le séisme du 22 novembre 2016, suivi par une forte réplique le 24 novembre de magnitude 6,1 a été accompagné d’un nouveau séisme en Nouvelle-Zélande de magnitude 6,3 ce qui, selon le responsable de la planification de l’information sur les séismes, M. Kouji Nakamura, laisserait présager un nouveau séisme de classe 7 au Japon dans les mois suivants.

En dépit du bon sens, le retour dans l’ancienne zone d’évacuation organisé par les autorités prend place

Les prédictions de M. Nakamura ne se firent pas attendre. Le 26 février 2017, à 16 h 49, un nouveau séisme de force 5 fait vibrer le sol de Fukushima sans que cela ne perturbe la décision de retour programmée dès 2013, date à laquelle le gouvernement japonais établit un budget considérable, ventilé dans la totalité des ministères et destiné à développer la communication autour du risque afin d’influencer les populations au retour. En avril 2017, le gouvernement japonais rouvre à l’habitat une partie de la zone d’évacuation autour de la centrale nucléaire Daiichi, entrainant simultanément la levée des aides au logement de la population réfugiée. D’autres mesures incitatives comme l’exonération d’impôts pour ceux qui prévoient de construire des habitations neuves dans la zone sont également instaurées [2]. Suivant imperturbablement la planification élaborée plusieurs années en amont, qui par essence est déconnectée de la situation présente, et à l’étonnement des institutions internationales chargées de la gestion de la question nucléaire… le gouvernement japonais contraint la population au retour à vivre sur des zones encore parfois hautement contaminées, par l’abolition progressive de la zone d’évacuation.

Dans les faits, les investissements publics pour la reconstruction ont été souvent pharaoniques pour l’édification de bâtiments surdimensionnés destinés à une population absente. Ainsi, la seule commune d’Iitate recevra un budget de 1,7 milliard d’euros pour la reconstruction des divers équipements publics. Entre 10 et 20 % seulement de la population est rentrée dans la plupart des communes, malgré les contraintes auxquelles elle doit faire face.

Un habitant du village d’Iitate déclarait le 19 février 2017, lors d’une conférence organisée à Fukushima par des chercheurs et les anciens habitants du village : « On nous dit qu’il n’y a pas de problème. Qu’il suffit de ne pas aller sur les “hot spots”. On ne peut ni aller en montagne, ni s’approcher des rivières, ne pas aller à droite ni à gauche… Comment voulez-vous qu’on vive ici ? ». Un ancien membre du conseil communal, témoigne : « Nous avons déménagé il y a six ans maintenant. Pourquoi devrions-nous rentrer dans un village désert où l’environnement ne nous permet pas de vivre librement et en sécurité ? »

Dans les faits, où en est-on ?

La plupart des personnes ne s’étant pas enregistrées dans la base de données comptabilisant les réfugiés, il est difficile d’établir une cartographie exacte de la situation. Néanmoins, la carte au moment des faits permet d’établir des tendances (Asanuma-Brice, 2014). Elle faisait état de 160 000 personnes réfugiées au moment où leur nombre était le plus élevé, en mai 2012. Les habitants s’étaient principalement réfugiés dans la campagne des départements environnants (Yamagata, Niigata), ainsi que dans la capitale, Tokyo [3].

Six ans après, les autorités estiment ce chiffre à 80 000 personnes réfugiées dont 40 000 hors du département, et 40 000 personnes déplacées à l’intérieur du département. La répartition a néanmoins quelque peu évolué car la majorité des personnes réfugiées hors du département serait désormais exclusivement localisée à Tokyo et ces personnes seraient, pour 80 % d’entre elles, relogées dans des appartements en locatif du secteur public ou privé. Ce chiffre ne comprend pas toutes les personnes pour lesquelles le statut de réfugié s’est modifié en celui de migrant, soit tous ceux, qui après six années passées hors de leur village, ont reconstruit leur vie ailleurs pour faire enregistrer administrativement leur déménagement dans une autre commune.

Cela nous amène à nous interroger sur la pertinence du terme de « refuge », car la plupart des personnes évacuées « volontairement » ou non, ont reconstruit leur vie, à défaut de pouvoir reconstruire leur environnement, ailleurs. Six années. Cela correspond à un cycle scolaire complet, et c’est la raison pour laquelle la plupart des familles avec enfants n’envisage plus de retourner vivre dans la zone. Ils ont… déménagé. La situation est plus lourde pour les personnes âgées.

Une partie d’entre elles ont été relogées dans les 15 561 logements provisoires construits à l’intérieur du département. Ainsi les plus de 65 ans représentaient plus de 40 % des personnes relogées dans ces cités dites « temporaires ». Pour la plupart, ces personnes ont dû accepter de déménager dans des logements publics collectifs construits à cet effet et ne sont, de fait, plus comprises dans les chiffres désignant les personnes réfugiées. Alors qu’en juillet 2012, 33 016 habitants vivaient dans ces logements provisoires, ce chiffre chute à 12 381 en février 2017, pour atteindre les taux les plus bas après avril 2017. Au 31 janvier 2017, 3 028 logements locatifs publics des 4 890 prévus initialement ont été construits dans 15 communes du département.

Une autre partie de personnes âgées vit, depuis les faits, dans le parc locatif privé. La location d’un appartement en ville était souvent vue comme provisoire, en attendant les résultats de la gigantesque politique de décontamination publique. On a laissé ces personnes dans l’espoir durant six années, et alors que le gouvernement arrête de leur fournir les aides au logement prétendant un retour possible, quelques voyages de reconnaissance sur les lieux suffisent à éveiller leur conscience. Les paysages ont été détruits par la décontamination, les sols raclés, les arbres arrachés, des sacs de terre contaminée s’étendent à perte de vue dans les champs. La maison s’est détériorée. Les entreprises de réhabilitation de l’habitat ne sont plus là, ni aucun voisin d’ailleurs. Leurs enfants, petits-enfants, ont recommencé une nouvelle vie ailleurs et ne souhaitent pas rentrer dans un environnement qui enregistre toujours des taux élevés de contamination. Il leur est néanmoins impossible d’entretenir ces grands bâtiments de ferme seuls ; vides, lourdes, sont ces pierres, comme leurs esprits noyés dans un ultime espoir à jamais inassouvi. Ceux qui tentent le retour tombent dans une spirale dépressive qui les conduit au suicide pour une majorité d’entre eux. Un documentaire réalisé par la NHK le 9 janvier 2017 tente de tirer la sonnette d’alarme, en vain. Intitulé « Et pourtant, j’ai essayé de vivre » [4], il témoigne de la fin de vie de ces personnes, pour la plupart âgées, victimes d’un isolement qui leur sera souvent fatal. Le professeur Tsuchiuji de l’université de Waseda, psychologue et directeur du laboratoire sur les situations traumatiques engendrées par les désastres avait publié les résultats d’une étude prouvant que la contrainte au retour sur ces territoires encore instables engendrerait une vague de suicides conséquente, restée sans conséquence sur la machine décisionnelle planificatrice qui avait été mise en place quatre années auparavant. Ces sacrifices humains sont acceptés par tous dans le silence d’un monde qui continue à se nucléariser.

[1] Le microsievert/heure est l’unité généralement utilisée afin de mesurer l’impact des rayonnements radioactifs sur l’homme.
[2] Journal Minpo <http://www.minpo.jp/pub/topics/jishin2011/2017/01/post_14648.html> , 18 janvier 2017
[3] Conférence sur le retour des habitants d’Iitate (Fukushima) 19.02.2017
[4] Concernant les politiques de logements mises en place après la catastrophe cf notre article : C. Asanuma-Brice (2011), « Logement social nippon, quand la notion de « public » retrouve raison », Revue Urbanisme, Nov. 2011.

https://blogs.mediapart.fr/monique-douillet/blog/271117/les-migrants-du-nucleaire

Nov 28

EN VIDÉO – DANS LA LOIRE, LE « VILLAGE RADIOACTIF » SOUFFRE TOUJOURS DE LA MINE D’URANIUM

Pendant 20 ans, une mine d’uranium a fait la prospérité du village ligérien de Saint-Priest-la-Prugne. Mais, en 1980, le site a fermé, la carrière a été comblée de déchets radioactifs puis inondée en guise de mesure de sécurité. Areva dit surveiller la situation, les élus voudraient parler d’autre chose et un collectif d’habitants « scandalisés » est inquiet. Reportage en vidéo.

Saint-Priest-la-Prugne (Loire), reportage

Saint-Priest-la-Prugne (Loire), 442 habitants, est de ces villages qui ne finissent pas de porter le fardeau de l’industrie nucléaire française. Entre 1960 et 1980, le petit bourg du Massif central a accueilli une mine d’uranium. Avec ses 700 emplois, elle a fait la prospérité de ce coin de moyenne montagne, isolé des villes et éloigné des grands axes.

Mais depuis presque 40 ans, tout a changé.

La mine a fermé et la carrière à ciel ouvert a été comblée par 1,3 million de tonnes de minerais radioactifs, issus du traitement de l’uranium. En guise de sécurité, Areva avait jugé suffisant de recouvrir le tout d’une lame d’eau de deux mètres. « Un scandale », ont alors jugé des riverains réunis depuis en collectif. D’autant que, d’après les relevés, les radiations à quelques centaines de mètres du village sont presque 70 fois supérieures à la moyenne naturelle. Areva se veut rassurante : sans exposition prolongée, aucun risque pour la santé. Les experts indépendants sont plus inquiets.

Pressé par les associations et les pouvoirs publics, le géant du nucléaire dit suivre de près la situation mais a renoncé, en 2015, à faire construire de nouvelles installations plus protectrices — le confinement du minerai sous une couche solide. Entre les habitants, les associations, Areva et les élus, tout semble aujourd’hui paralysé.

À Saint-Priest-la-Prugne, ce feuilleton de presque quarante ans commence même à agacer certains. Mme la maire, par exemple, aimerait tourner la page, parler d’autre chose. De l’économie locale, qui se porte bien, ou du dynamisme du tissu associatif. Ras-le-bol, dit-elle, que Saint-Priest-la-Prugne soit réduit à un surnom bien lourd à porter, celui de « village radioactif ».

Pour visionner le reportage (5mn52 s) cliquer sur :

https://reporterre.net/EN-VIDEO-Dans-la-Loire-le-village-radioactif-souffre-toujours-de-la-mine-d

Nov 28

SÉCURITÉ NUCLÉAIRE : DES MILITANTS DE GREENPEACE S’INTRODUISENT DANS LA CENTRALE DE CRUAS-MEYSSE

Un mois et demi après une action à la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle), 22 militants de Greenpeace se sont introduits dans celle de Cruas-Meysse (Ardèche) pour « alerter » les autorités sur la « vulnérabilité » des piscines où sont entreposés les combustibles usagés.

L’action a commencé vers 6 h 20 et s’est terminée environ deux heures plus tard. Cette centrale exploitée par EDF, qui borde le Rhône, se situe à une quinzaine de kilomètres au nord de Montélimar (Drôme) et est constituée de quatre réacteurs à eau sous pression. Vingt-deux militants antinucléaire l’ont investie en trois lieux différents, un premier groupe allant à la rencontre des gendarmes pour « expliquer » leur action, selon Greenpeace. Un autre s’est dirigé vers un bâtiment « accolé » à l’un des réacteurs de la centrale pour l’escalader ou y laisser des empreintes de mains à la peinture afin de « démontrer son accessibilité ».

Enfin, quatre militants se sont suspendus à un bâtiment abritant une piscine de combustibles usagés et ont allumé des fumigènes, d’après des vidéos diffusées par Greenpeace. « Certains se sont effectivement attachés à un des bâtiments, il y a eu un petit feu d’artifice. L’action est désormais terminée et 22 personnes ont été interpellées ; une enquête judiciaire est en cours », a annoncé la préfecture de l’Ardèche.

L’Autorité de la sûreté nucléaire (ASN), organisme indépendant, et EDF ont assuré que cette intrusion n’avait « aucun impact sur la sûreté » des installations, en précisant que « les intrus étaient restés en dehors de la zone nucléaire ». Comme à chaque action de ce type, EDF va porter plainte et a condamné « des actions violentes d’un mouvement multipliant les illégalités ».

« Failles de sécurité »

« Nous voulons pointer du doigt les failles de sécurité des piscines d’entreposage du combustible usé, qui sont conçues comme des bâtiments classiques avec une faible résistance. Il suffirait de faire un trou pour avoir un feu de combustibles », a justifié Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de l’ONG, en rappelant le risque terroriste en France. Selon lui, « l’ASN a confirmé que les piscines d’entreposage du combustible usé sont un vrai problème mais elle a rappelé qu’elle n’était pas compétente sur les questions de sécurité ».

Les actes de « malveillance » touchant aux centrales relèvent en effet du haut fonctionnaire de défense et de sécurité (HFDS) rattaché au ministère de la transition écologique et solidaire. Mais pour l’ONG, « EDF a les mains libres sur le sujet et continue de nous enfumer en prétendant que la sécurité de ces installations est assurée ».

Le 10 octobre, Greenpeace avait dévoilé un rapport d’experts critiquant la capacité de résistance des bâtiments abritant les piscines d’entreposage, qui peuvent contenir plus de combustibles que les cœurs des réacteurs mais ne sont pas protégées comme ceux-là par des enceintes renforcées, ce qui les expose davantage au risque d’attaques extérieures, selon l’ONG. Dans la foulée, des militants s’étaient introduits sur le site de la centrale de Cattenom (Moselle). Le directeur général de Greenpeace France et huit militants comparaîtront le 3 janvier devant le tribunal correctionnel de Thionville pour ces faits. Poursuivis pour « intrusion en réunion et avec dégradation dans l’enceinte d’une installation civile abritant des matières nucléaires », ils encourent cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

La France compte 63 piscines de ce type dans ses centrales en activité, ainsi que dans l’usine de retraitement de La Hague (Manche) et sur le site de Creys-Malville (Isère).

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/28/securite-nucleaire-des-militants-de-greenpeace-s-introduisent-dans-la-centrale-de-cruas-meysse_5221527_3244.html

Nov 27

LA RUSSIE PRÊTE À COOPÉRER POUR RÉSOUDRE DE FAÇON PACIFIQUE LA PROBLÉMATIQUE DU NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN

La Russie est prête à coopérer avec la Corée du Sud pour résoudre de façon pacifique les problématiques régionales impliquant la Corée du Nord, a déclaré ce lundi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Igor Morgulov au cours d’une réunion à Séoul avec Lee Do-hoo, représentant spécial pour la paix sur la péninsule coréenne et les affaires de sécurité.

«Nous sommes prêts à coopérer étroitement avec la Corée du Sud afin de parvenir à une résolution pacifique des problématiques dans la région», a déclaré le vice-ministre russe, qui est aussi le négociateur en chef de la Russie sur le programme d’armement nucléaire de la Corée du Nord.

Morgulov a salué la coopération bilatérale dans le domaine de la sécurité et a dit que «la Corée du Sud contribue au développement de la sécurité sur la péninsule coréenne

«La Russie est un partenaire de longue date de la Corée du Sud pour résoudre la problématique du nucléaire en Corée du Nord», a, pour sa part, déclaré Lee. «Je pense que cette rencontre est très opportune, alors que les problèmes liés aux programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord deviennent de plus en plus sérieux

Dans un communiqué publié après la rencontre, le ministère des Affaires étrangères a indiqué que les deux hommes ont tenu des discussions approfondies sur la coopération bilatérale destinée à trouver une issue pacifique aux problématiques du nucléaire en Corée du Nord. Le ministère a ajouté que la Russie et la Corée du Sud partent du principe qu’elles n’accepteront pas une Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire, une position qui a été exprimée en septembre lors du sommet entre les dirigeants des deux pays.

«Les deux pays ont estimé que gérer la situation de façon suivie est ce qu’il y a de plus important», a noté le ministère. «Ils sont convenus de continuer à travailler à la prévention de nouvelles provocations de la Corée du Nord, tout en essayant de l’inciter au dialogue

Morgulov a, pendant une conférence de presse donnée avant la réunion avec Lee, exprimé ses doutes quant à l’efficacité des sanctions internationales contre Pyongyang. «Nous ne pouvons pas amener la Corée du Nord à la table des négociations par le biais de sanctions et de pression», a estimé le vice-ministre russe. «Plus les sanctions et la pression sur la Corée du Nord deviennent fortes, plus le peuple nord-coréen pourrait en souffrir.»

Il a estimé que l’interruption des provocations militaires de la Corée du Nord signifie que celle-ci met en œuvre l’accord «gel pour gel» proposé par la Russie. La Russie a proposé, avec la Chine, que les États-Unis et la Corée du Sud suspendent leurs exercices militaires conjoints en échange de l’interruption des essais nucléaires et balistiques en Corée du Nord. Séoul et Washington ont rejeté la proposition.

Le diplomate russe a aussi dit regretter la poursuite des exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington.

Morgulov a plus tard déclaré à l’agence de presse Yonhap que la Russie est «pour une reprise des pourparlers à six» sur la dénucléarisation de la Corée du Nord. «Nous sommes prêts à les reprendre à tout moment et à tout endroit… sans condition préalable du côté russe.»

La Russie expulsera par ailleurs les travailleurs nord-coréens de son territoire, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, a assuré le vice-ministre russe.

mathieu@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2017/11/27/0200000000AFR20171127002900884.HTML

 

Nov 27

LE RISQUE DE GUERRE EN 2018

Deux zones de tensions pourraient dégénérer en guerre dans l’année à venir, met en garde l’ancien ambassadeur François Nordmann. La Corée du Nord, l’Arabie saoudite et l’Iran pourraient en être les principaux acteurs

En nommant l’ambassadeur Christian Catrina délégué aux moyens de protection de l’espace aérien, le conseiller fédéral Guy Parmelin gagne un porte-parole hors pair. Il le charge de débroussailler les dossiers d’acquisition d’appareils pour les Forces aériennes et le système de défense sol-air. Il confie ainsi une mission opérationnelle à l’un des meilleurs analystes dont il dispose, responsable de la politique de sécurité et apte à mesurer avec précision les menaces pesant sur la Suisse.

Ses talents de spécialiste des questions stratégiques sont requis aujourd’hui plus que jamais. La situation géopolitique dans le monde ne cesse de se dégrader et le risque de guerre augmente sans que la population n’en soit pleinement consciente. Deux foyers sont particulièrement préoccupants: la péninsule coréenne et le Moyen-Orient.

Que va faire la Corée du Nord?

Récemment, Mark Fitzpatrick, spécialiste des questions nucléaires au sein de l’Institut international d’études stratégiques de Londres, estimait qu’il y aurait 50% de chances qu’une guerre mettant en cause la Corée du Nord soit déclenchée au cours de l’année 2018. Il est peu probable que la Corée renonce à ses expériences nucléaires et à son programme de missiles sous la pression américaine et chinoise.

Ri Yong-ho, ministre des Affaires étrangères de Corée du Nord, a averti l’ONU qu’un essai nucléaire était prévu dans l’atmosphère au-dessus du Pacifique. Peut-on imaginer que, dans ces conditions, le président Trump ne réagisse pas comme il l’a annoncé, en menaçant Pyongyang «du feu et de la furie»? Il pourrait vouloir détruire les rampes de lancement et les sites de production de l’arme nucléaire nord-coréens. Certains s’illusionnent sur le fait que le régime de Kim Jong-un n’oserait pas se livrer à des représailles dans ce cas, de peur de mesures massives de rétorsion des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud. Mais rien n’est moins sûr.

Mark Fitzpatrick admet que ces échanges hypothétiques pourraient ressortir de la guerre psychologique. Le message pourrait aussi être destiné à la Chine, pour qu’elle ne relâche pas la pression qu’elle exerce sur son remuant voisin en lui appliquant plus strictement les sanctions de l’ONU. Certes, la Corée du Nord ne donne pas signe de vouloir procéder dans l’immédiat à un essai nucléaire. Mais la saison ne s’y prête pas. C’est au printemps qu’on saura véritablement si la Corée du Nord renonce à ses provocations. Si ce n’est pas le cas, quelle serait la réponse appropriée de la communauté internationale à ces agissements: comment répliquer sans risquer de rallumer la guerre de Corée?

La rivalité Téhéran-Riyad

À l’autre extrémité de l’Asie, l’Iran et l’Arabie saoudite se livrent à une autre escalade rhétorique belliqueuse sur fond de bruits de bottes. Cependant, la partie est inégale. Riyad est inquiète de la progression iranienne à la suite de l’effondrement de Daech. Son influence s’est étendue au Kurdistan irakien, au Kurdistan syrien et jusqu’en Turquie. Les forces irakiennes alliées aux Gardes révolutionnaires iraniens ont repris les villes de Kirkouk et d’Erbil alors que les Américains ont laissé tomber leurs anciens alliés kurdes dans la lutte contre Daech.

Ce réalignement des forces au Moyen-Orient, caractérisé par la progression de l’Iran jusqu’à la Méditerranée, ne laisse pas d’inquiéter l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Un tir de missile sur Riyad, attribué aux alliés de l’Iran au Yémen où la guerre s’enlise, les manœuvres du prince héritier Mohammed ben Salmane pour renforcer sa prétention au trône et moderniser le royaume, les tensions autour du Liban avec la destitution du premier ministre Harari ont fait craindre l’ouverture d’un nouveau front. Mais, au Liban, la réaction de la population hostile à l’ingérence saoudienne et fidèle au premier ministre, l’intervention diplomatique de la France et de la Chine ont permis d’éteindre l’incendie qui couvait. Cependant, la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran se poursuit et s’aiguise.

L’année 2018 ne va pas aller vers l’apaisement et le risque de guerre demeure élevé.

https://www.letemps.ch/opinions/2017/11/27/risque-guerre-2018

Nov 27

LA PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ NUCLÉAIRE ET HYDRAULIQUE RECULE EN OCTOBRE

La production nucléaire s’est inscrite en baisse de 3,3% en un an. Près d’un tiers des 58 réacteurs du parc français d’EDF étaient récemment à l’arrêt.

La production d’électricité d’origine nucléaire et hydraulique a reculé en France en octobre sur un an, alors que nombre de réacteurs étaient arrêtés et que les pluies ont manqué, a indiqué lundi le gestionnaire du réseau de transport d’électricté RTE.

Le tiers du parc nucléaire à l’arrêt.

La production nucléaire s’est inscrite en baisse de 3,3% par rapport à octobre 2016, a indiqué RTE dans son bilan mensuel. Près d’un tiers des 58 réacteurs du parc français d’EDF étaient récemment à l’arrêt pour diverses raisons (maintenance programmée, arrêts plus longs pour contrôles, etc.).

Baisse de la production hydraulique.

En outre, « le déficit de pluviométrie se traduit par une diminution de près de 11% de la production hydraulique par rapport au mois d’octobre 2016« , ajoute RTE, ce qui confirme la tendance des derniers mois. La production thermique classique (charbon, fioul, gaz) a pour sa part augmenté de 7,7%. La production éolienne a de son côté progressé de 46,7% tandis que celle d’origine solaire a légèrement décliné.

http://www.europe1.fr/economie/le-production-delectricite-nucleaire-et-hydraulique-recule-en-octobre-3504557

Nov 27

CORÉE DU NORD: LE MORATOIRE PRÔNÉ PAR PÉKIN N’EST « PAS LA BONNE APPROCHE » POUR LE DRIAN

Seules des sanctions peuvent forcer une Corée du Nord « autiste » à négocier, a estimé vendredi Jean-Yves Le Drian, jugeant que la proposition de Pékin d’une suspension simultanée des essais nucléaires de Pyongyang et des exercices militaires américano-sud-coréens n’est « pas la bonne approche« .

Il s’agit d’un « point de désaccord » entre la France et la Chine, même si les deux pays ont voté ensemble au Conseil de sécurité de l’ONU les résolutions renforçant les sanctions contre le régime de Kim Jong-Un, a dit à Pékin le ministre français des Affaires étrangères.

La Chine, principal soutien économique de Pyongyang, assure appliquer strictement les nouvelles sanctions internationales mais défend vigoureusement l’option d’un règlement de la crise « par le dialogue« , via une « double suspension » ou « double moratoire« .

L’idée serait que la Corée du Nord accepte d’interrompre ses essais nucléaires et balistiques en échange d’une suspension par la Corée du Sud et les Etats-Unis de leurs manœuvres militaires communes -ce que Washington refuse farouchement.

« Je ne crois pas beaucoup à (cette) stratégie (…) Je ne crois pas que ce soit la bonne approche« , a insisté M. Le Drian, au cours d’une brève conférence de presse au côté de son homologue chinois Wang Yi.

« Je ne vois pas la Corée (du Nord) d’aujourd’hui prête à négocier le principe même de son programme nucléaire, et, compte tenu de l’aggravation de la menace« , Washington et Séoul « peuvent difficilement accepter une réduction de leurs exercices conjoints, qui sont une sorte de réassurance pour la population sud-coréenne« , a-t-il fait valoir.

« Étant donné une forme d’autisme des autorités nord-coréennes, seule la pression et donc les sanctions peuvent ramener (le pays) à la négociation« , a poursuivi le ministre français, jugeant la Chine « bien placée pour pousser« .

Les États-Unis, de même, estiment que le géant asiatique, fort de son levier économique et de ses exportations pétrolières vers la Corée du Nord, pourrait intensifier encore davantage la pression sur son turbulent voisin.

Mais Pékin défend la reprise de pourparlers au plus vite, et s’insurge contre les sanctions unilatérales adoptées par Washington contre des entreprises aussi bien nord-coréennes que chinoises.

Le « double moratoire » est une « proposition réaliste et faisable« , car l’escalade des tensions est nourrie par « l’absence de négociations« , a martelé vendredi Wang Yi, en réplique à Jean-Yves Le Drian. « Si on navigue à contre-courant et qu’on n’avance pas, c’est qu’on recule« , a-t-il commenté.

Certes, « il faut ramener (Pyongyang) à la table des pourparlers par des sanctions nécessaires« , a-t-il reconnu, mais il faut également « faire au moins le premier pas » pour « arrêter les essais » nord-coréens.

Auteur : Par AFP

http://www.francesoir.fr/actualites-france/coree-du-nord-le-moratoire-prone-par-pekin-nest-pas-la-bonne-approche-pour-le

NDLR : C’est bien de dire qu’il faut « faire au moins le premier pas« , mais quel premier pas Trump (ou Le Drian) propose-t-il ? Aucun !!! Cherchez l’autiste…

Nov 27

J.L. MÉLENCHON : « LE NUCLÉAIRE DOIT S’INTERROMPRE »

…« Tant  qu’il y a le nucléaire, ils se sentent exemptés du devoir de faire autre chose » lance-t-il. « Il faut arrêter le nucléaire. Nous remercions ceux qui l’ont installé car ils pensaient bien faire » mais « 19 centrales arrivent à terme dans ce quinquennat. »  

« L’objectif de 100% d’énergies renouvelables doit être lancé maintenant » poursuit-il. « Le nucléaire doit s’interrompre. Avant, c’était les Verts qui portaient ce combat. Ils avaient raison contre beaucoup d’entre nous » admet-il. « Et maintenant, c’est à nous de relever le flambeau (…) N’y allez pas par demi-mesure. Non, ce n’est pas un sujet marginal qui ne concernerait que les bobos. Tout le monde mourra en même temps si ça se détraque et ça se dérègle. »…

Vous pouvez écouter cet extrait de son discours (1mn45 s) sur :

https://www.publicsenat.fr/article/politique/france-insoumise-ce-qu-il-faut-retenir-du-discours-de-jean-luc-melenchon-80169

Nov 27

LE BÉLARUS CONSTRUIT SA PREMIÈRE CENTRALE NUCLÉAIRE AUX PORTES DE L’UE

Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, qui a durement touché un large pan de son territoire, le Bélarus construit sa première centrale nucléaire, conçue et financée par la Russie, sous l’œil inquiet mais impuissant de la Lituanie voisine.

Dans le nord-ouest du Bélarus et à une quinzaine de kilomètres de la frontière lituanienne, le chantier de la centrale d’Ostrovets entre dans sa phase finale: les deux réacteurs, d’une capacité de 1.200 mégawatts chacun, entreront en service respectivement en 2019 et 2020.

Le projet, approuvé par le gouvernement en 2008 et mené par le groupe nucléaire russe Rosatom, représente un investissement de 11 milliards de dollars, dont 10 proviennent d’un crédit russe.

Le projet a pu raviver de mauvais souvenirs dans un pays dont le quart du territoire a été irradié par l’explosion en 1986 d’un réacteur de la centrale soviétique de Tchernobyl, en Ukraine actuelle.

« Quand nous avons appris qu’une centrale serait construite sous nos fenêtres, nous avons eu peur« , raconte à l’AFP Nina Rybik, qui fait partie des dizaines de milliers de personnes évacuées des zones contaminées il y a 30 ans.

« Mais la peur est passée: on nous a convaincus que le chantier emploie les technologies les plus avancées, tout est contrôlé« , ajoute cette écrivaine et journaliste. « Même ceux qui rassemblaient des signatures contre la construction s’activent maintenant pour y être embauchés.« 

Face aux inquiétudes à l’égard de la sûreté nucléaire –décuplées depuis l’accident de Fukushima au Japon, en 2011–, les autorités du Bélarus et le constructeur russe tentent de rassurer.

Pour montrer leur intransigeance, les autorités bélarusses ont exigé de Rosatom de changer une cuve endommagée lors d’une chute, bien que, selon l’entreprise, seule la peinture ait été abîmée. Le conglomérat russe présente ses réacteurs de troisième génération comme parmi les « plus modernes au monde« , respectant « toutes les normes internationales« .

Selon la sociologue bélarusse Elena Martichtchenkova, qui sonde l’opinion sur le sujet depuis 2005, environ la moitié de la population bélarusse soutient aujourd’hui le développement de l’énergie nucléaire et cette proportion atteint 65% dans le district d’Ostrovets.

Sécurité énergétique

De l’autre côté de la toute proche frontière lituanienne, cet optimisme est loin d’être partagé. Vilnius dénonce un projet « en violation des exigences internationales en matière de sûreté nucléaire et environnementale à 20 km de la frontière de l’UE et à seulement 40 km de la capitale lituanienne« , des accusations que le constructeur a toujours rejetées.

Interrogée par l’AFP, la porte-parole du ministre des Affaires étrangères lituanien, Rasa Jakilaitiene, accuse Minsk d’avoir « tenté de dissimuler« , « nié » ou minimisé les conséquences d' »au moins six incidents« .

Selon le ministère de l’Énergie, le pays balte a pris ses dispositions pour qu' »aucune électricité » ne puisse entrer sur le marché lituanien (et donc européen).

Cela ferme un débouché pour la centrale bélarusse, à la capacité de production importante pour ce pays de moins de dix millions d’habitants, qui réfléchit à faire tourner des usines la nuit pour consommer l’énergie produite.

Autre problème non résolu: le traitement des déchets radioactifs, auquel le gouvernement dit travailler.

Lors de son annonce en 2011, ce projet de centrale constituait surtout un moyen pour Vladimir Poutine d’avancer ses pions économiques dans l’ex-URSS en venant en aide au président bélarusse Alexandre Loukachenko, confronté à une grave crise économique et à des sanctions occidentales à la suite de la répression d’opposants.

Dans un contexte moins difficile après la récente levée des sanctions européennes –après la libération d’opposants–, Minsk présente ce projet surtout comme un moyen de réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz russe, qui sert actuellement à produire son électricité.

Moscou a plusieurs fois eu recours à ses livraisons de pétrole et de gaz comme levier d’influence auprès du Bélarus ou d’autres pays voisins.

« C’est une question cruciale de sécurité énergétique, de dépendance à un seul pays, surtout quand ce pays a recours à des restrictions dans ses livraisons de ressources« , a expliqué Alexandre Mikhalevitch, expert du nucléaire à l’Académie des sciences, lors d’une récente conférence énergétique à Minsk.

Selon lui, la nouvelle centrale, qui couvrira plus du quart des besoins énergétiques bélarusses, permettra à Minsk de réduire d’un quart ses importations de gaz russe et le prix de son électricité.

©AFP / 26 novembre 2017

https://www.romandie.com/news/Le-Belarus-construit-sa-premiere-centrale-nucleaire-aux-portes-de-l-UE/866776.rom

Nov 26

LE REPRÉSENTANT SUD-CORÉEN AUX POURPARLERS À SIX VA SE RENDRE AUX ÉTATS-UNIS

Le représentant spécial pour la paix sur la péninsule coréenne et les affaires de sécurité Lee Do-hoon effectuera un séjour aux États-Unis du 28 novembre au 1er décembre, a annoncé ce dimanche le ministère sud-coréen des Affaires étrangères.

Durant sa visite, Lee s’entretiendra avec le représentant spécial des États-Unis pour la politique à l’égard de la Corée du Nord, Joseph Yun, des officiels du gouvernement américain et des membres du cercle académique.

Il s’agira de la première visite de Lee aux États-Unis depuis qu’il a pris ses fonctions.

«Durant la visite, Lee prévoit de partager (avec les États-Unis) son évaluation de la situation avec la Corée du Nord et du dossier nucléaire en se basant sur ses récentes consultations avec les pays concernés comme le Japon, la Chine et la Russie», a fait savoir le ministère.

«Sur la base de ces consultations, Lee aura des discussions détaillées sur la façon de ramener la Corée du Nord dans le processus de dénucléarisation via les divers efforts diplomatiques», a-t-il ajouté.

Il s’agira de la deuxième rencontre entre Lee et Yun qui se sont entretenus le 17 novembre sur l’île de Jeju, en Corée du Sud, en marge de la conférence onusienne sur le désarmement et la non-prolifération.

La visite de Lee aux États-Unis interviendra également peu après sa rencontre lundi prochain avec le vice-ministre des Affaires étrangères de la Russie, Igor Morgulov, également représentant russe aux pourparlers à six sur le dossier nucléaire nord-coréen.

kimsy@yna.co.kr

Nov 25

L’ÉTAT VEUT REPRENDRE LA MAIN SUR LE NUCLÉAIRE

Nicolas Hulot a demandé à EDF « un plan précis » de son basculement vers les énergies renouvelables. À la limite de la provocation, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, compte construire « 30, 35, ou 40 EPR nouveau modèle » à l’horizon 2050.

Depuis sa nomination au ministère de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot enchaîne les désillusions. L’annonce, début novembre, du renoncement à l’objectif des 50% de nucléaire dans la production d’électricité à horizon 2025 fut l’acmé de sa jeune vie de ministre. L’ancien présentateur d’Ushuaïa se devait donc de reprendre la main.

Il l’a fait dans le Financial Times en s’attaquant à Jean-Bernard Lévy. Le PDG d’EDF n’est pas nommément cité, mais c’est bien lui qui est visé. Nicolas Hulot veut qu’EDF accélère sa transition vers les renouvelables, faute de quoi un changement de gouvernance chez l’électricien n’est pas à exclure.  » C’est compliqué quand l’opérateur EDF ne fournit pas son propre scénario pour remplir les objectifs « , a déclaré le ministre.

Dispositif à amender

L’électricien, dont l’État est actionnaire à 83,4%, traîne les pieds sur le nucléaire. Jean-Bernard Lévy a ainsi déclaré qu’à l’horizon 2050, il prévoyait de construire « 30, 35, ou 40 EPR nouveau modèle ». Quant à la centrale de Fessenheim (Haut- Rhin), que François Hollande avait promis de fermer fin 2016, elle tourne toujours. La faute à Jean- Bernard Lévy? Pas vraiment. Certes, le PDG joue la montre mais la loi le lui permet. En France, c’est EDF et non l’État qui demande l’abrogation d’exploitation d’une centrale.
C’est ce dispositif que Nicolas Hulot souhaite amender. « Maintenant, il y a une différence, c’est que je demande un plan précis à EDF, affirme-t-il. EDF a deux priorités : gérer les centrales nucléaires et développer les renouvelables. Est-ce que la structure actuelle d’EDF est la bonne pour relever ces défis au XXIe siècle? Une réflexion est à mener. »

Il reste à EDF à accélérer dans les renouvelables. Dans son plan Cap 2030, l’électricien prévoit un doublement des capacités dans les énergies nouvelles, à 50 gigawatts. Mais le développement a lieu surtout hors de l’Hexagone : seulement 200 mégawatts ont été rajoutés l’an dernier en France. L’entourage de Jean-Bernard Lévy souligne que « c’est notre pays qui est retard (en raison des lourdeurs administratives et des recours des opposants, NDLR) et non EDF. » Mi-novembre, Édouard Philippe a déclaré à l’Assemblée nationale que le groupe investirait 2 milliards d’euros par an d’ici à 2020 dans les énergies renouvelables. Mais le Premier ministre n’a pas précisé la part qui serait dévolue à la France.

https://www.challenges.fr/entreprise/energie/l-etat-veut-reprendre-la-main-sur-le-nucleaire_515534

NDLR : le lecteur/rédacteur a écrit : « c’est notre pays qui est retard (en raison des lourdeurs administratives et des recours des opposants, NDLR) et non EDF.

Je précise : les opposants sont ceux qui contestent les implantations d’éoliennes et non ceux qui veulent sortir du nucléaire.

Nov 25

LA MOBILISATION N’EST PAS (TOUT À FAIT) LA GUERRE

La réunion à Sotchi d’une conférence-clef des dirigeants des secteurs militaires et industriels de défense avec le président Poutine et le Vice-Premier ministre, chargé de l’industrie d’armement, Dmitri Rogozine, a eu un certain écho dans les différents canaux et domaines de la communication dans le bloc-BAO. Partout, cette réunion, et les déclarations qui l’accompagnent, sont bel et bien interprétées comme une sorte e répétition d’une mobilisation de guerre de toute l’industrie (publique et privée) en cas de guerre du plus haut niveau, – guerre conventionnelle totale, avec ou non une composante nucléaire.

Il semble que ce soit surtout la presse britannique qui se soit attachée à l’information, avec à l’esprit, ou disons dans l’esprit du discours récent de Theresa May, le plus violemment antirusse qu’on ait entendu de la part d’un chef de gouvernement du bloc. The Independent a écrit à ce propos dans l’article qu’il consacre justement à cette réunion sur la mobilisation de l’industrie russe, sur le ton de la dérision et de la diffamation primaire (nommer une émission de satire politique “émission de propagande” est un bon exemple primaire) qui est un des styles utilisés pour aborder le comportement de la Russie tel qu’il est rapporté selon les recettes de la presseSystème :

« Lundi dernier, le Premier ministre britannique Theresa May a déclaré que le Royaume-Uni entendait riposter pour contrer “l’hostilité de la Russie”. Elle a notamment déclaré, s’adressant aux Russes : “Nous savons ce que vous faites”. La Russie a fait une réponse typiquement diplomatique en faisant de Mme May la vedette principale de la fameuse émission de propagande Vesti Nedeli, dimanche. Le présentateur Dmitri Kiselev a tenu des propos les plus désobligeants : “[Theresa May] a prononcé son discours antirusse le plus agressif à ce jour – mais seulement pour dissimuler la blancheur de sa chair fatiguée”. »

Pour avoir une bonne synthèse des déclarations de Poutine lors la réunion de Sotchi, qui a suivi le sommet dans cette ville avec les dirigeants iranien et turc, on se reportera finalement au site WSWS.org. Bien qu’opposé à la Russie comme il est opposé à peu près à tout ce qui est structuré selon les exigences et la posture de la IVème International trotskiste, ce site se montre depuis quelques temps plus compréhensif pour la position russe, distinguant parfaitement d’où vient objectivement l’agression. D’une certaine façon, on lit même dans les articles de WSWS.org, et particulièrement celui qu’on cite ici, derrière le torrent de vitupérations habituelles contre certaines pratiques de la Russie, une certaine critique indirecte de Poutine pour ce qui serait sa mollesse coupable, pour ne pas riposter avec assez de fermeté à l’agression américaniste-occidentaliste.

…Car si la Russie annonce publiquement des mesures de préparation à une mobilisation de guerre de l’industrie et de l’économie, c’est après tout parce que l’OTAN, les USA et le reste, – bref, le boc BAO, – le fait depuis longtemps d’une façon dissimulée, rappelle furieusement WSWS.org. On admettra que cette furieuse critique trotskiste, avec les habituels clichés et les sornettes doctrinales courantes, constituent par-dessus tout, selon une ironie incapable de faire sourire un trotskiste, une dénonciation indirecte et imparable des pressions agressives du bloc-BAO contre la Russie.

« La crise révélée par l’appel de Poutine à préparer la Russie à une guerre totale est le résultat de ces décennies de guerres brutales menées par les puissances de l’OTAN dans le monde entier. Les tentatives de l’impérialisme américain d’utiliser sa puissance militaire pour compenser son déclin économique et canaliser les tensions de classe provoquées par le chômage croissant et la privation sociale, dans laquelle Washington a été encouragé par ses alliés européens, ont amené le monde à un holocauste nucléaire. […]

» Vues de Moscou, les menaces d’une action militaire agressive menée par l’impérialisme américain autour de la planète ressemblent à un nœud coulant autour de la Russie[…] La politique du Kremlin, enracinée dans le nationalisme russe en faillite de l’oligarchie capitaliste post-soviétique, est réactionnaire et incapable de s’opposer à la pulsion de guerre impérialiste. Incapable de faire appel au sentiment anti-guerre dans la classe ouvrière internationale, et dépendant financièrement des centres impérialistes, le Kremlin oscille entre essayer de conclure des accords avec les puissances de l’OTAN et risquer une confrontation militaire totale avec eux. Les stratèges s’attendent clairement à ce qu’un tel conflit dégénère rapidement en une guerre nucléaire à grande échelle menaçant la survie même de l’humanité»

On en vient maintenant à l’objet du délit, qui est cette “déclaration de travail” solennelle faite par Poutine aux principaux dirigeants de l’ensemble militaro-industriel pour réaliser très rapidement un programme d’application immédiate de transformation de l’économie du pays en une économie de guerre, particulièrement au niveau de la production, en cas de conflit. Comme l’explique le texte, ces instructions ne constituent nullement un cadre théorique mais un programme d’action immédiatement applicable, à la suite des enseignements des manœuvres de septembre, dite Zapad 2017, dont il s’avère qu’elles impliquaient une importante composante portant justement sur des mesures de mobilisation (rappel de réservistes, transfert de la production civile à la production militaire dans diverses industries, transferts pour adaptation de matériels civils de transport à des fonctions militaires, etc.)…

Pour lire la suite de cet excellent article, cliquer sur : http://www.dedefensa.org/article/la-mobilisation-nest-pas-tout-a-fait-la-guerre

Nov 25

LA CORÉE DU NORD : UN ÉTAT TERRORISTE ???

Les tensions ne cessent de monter autour de la péninsule coréenne ces derniers mois. En effet ces derniers mois, Pyongyang a réalisé une série inédite de tests de missiles et a procédé à l’essai d’une bombe à hydrogène (bombe H). En réponse, le Japon (128 millions d’habitants), la Corée du Sud (52 millions d’habitants) et les États-Unis ont mené une série d’exercices dirigés contre la Corée du Nord (26 millions d’habitants).

La Russie et la Chine ont proposé à la Corée du Nord de décréter un moratoire sur les tests nucléaires et les tests de missiles, appelant parallèlement les États-Unis et la Corée du Sud à s’abstenir de toute manœuvre militaire dans la région et ce au nom de la stabilisation sur la péninsule. Washington a laissé cette initiative sans suite. !!!!

La réponse est venue, le 20 novembre 2017, le Président étatsunien Trump vient de mettre la Corée du Nord sur la liste des pays qui aident le terrorisme. En conséquence, les sanctions seront de facto augmentées. Cet acte qui assujettit ce pays à un blocus très sévère, peut être considéré comme une déclaration de guerre à la Corée du Nord.

I – Pourquoi, en dépit des sanctions, la Corée du Nord veut une force de frappe nucléaire ?

Ce pays a été rasé par les bombes américaines après la guerre, des villages entiers détruits : plus de 4 millions de civils tués. Voilà pourquoi la Corée du Nord déteste autant les États-Unis d’Amérique… (Voir ANNEXES) https://mirastnews.net/2017/08/12/voila-pourquoi-la-coree-du-nord-deteste-autant-les-États-unis-damerique/

Les USA et leurs alliés de la région ne cessent de provoquer, notamment chaque année au moment des récoltes : les manœuvres militaires US mobilisent les militaires nord-coréens à une période où leur aide aux paysans pour la récolte est indispensable, en raison de terrains très montagneux.

Sans oublier que la Corée du Nord est confrontée à une stratégie d’embargo économique et financier particulièrement cruelle et inhumaine, auquel il faut ajouter en plus d’incessantes provocations militaires simulant une attaque nucléaire de grande envergure contre ses villes.

La Corée du Nord n’a donc d’autre choix possible que de se doter d’un bouclier militaire crédible. Ceci justifie les tirs de missiles, la conception de nouveaux moteurs à propergol solide et la production de nouvelles ogives nucléaires.

Le sort funeste réservé à des pays ayant accepté de désarmer ou à se défaire de leurs armées (Irak, Libye) ou encore l’assaut systématique mené contre des pays jugés hostiles à Washington (Serbie, Syrie, Venezuela) a convaincu Pyongyang de l’impossibilité de négocier avec le diable.  Reste donc la dissuasion nucléaire et conventionnelle.

C’est pourquoi, en septembre 2017, la Corée du Nord a testé avec succès une bombe H qui, selon les évaluations d’experts nippons et sud-coréens, pourrait être 10 fois plus puissante que les bombes nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki. Il s’agit du sixième test nucléaire mené par Pyongyang.

Il ne faut pas non plus oublier les richesses de la Corée du nord propres à attiser bien des convoitises. Au-dessous de la surface de la montagne, la plupart des terres sont des réserves minérales importantes : le fer, l’or, la magnésite, le zinc, le cuivre, le calcaire, le molybdène, le graphite et plus encore, environ 200 sortes de minéraux. Il existe également de grandes quantités de terres rares,

Les estimations de la valeur des ressources minérales du pays ont considérablement varié au cours des années, rendues difficiles par le secret et le manque d’accès. Selon une estimation d’une société minière d’État d’origine sud-coréenne, ils valent plus de 6 billions de dollars.

II – Qu’arriverait-il si les USA frappaient la Corée du Nord ?

L’envoi d’un groupe aéronaval américain dans la région de la péninsule de Corée donne l’impression que les États-Unis s’apprêtent à donner au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un la même leçon qu’à son homologue syrien Bachar al-Assad.

En réalité, de brèves consultations avec des spécialistes auraient suffi à la Maison blanche pour comprendre l’ampleur des problèmes qui seraient engendrés par une telle frappe.

Ainsi, dès les premiers jours d’un conflit militaire dans la péninsule de Corée des centaines de milliers de personnes perdraient la vie, et cela même si l’arme nucléaire n’était pas utilisée, annonce l’agence Bloomberg se référant à un rapport du service de recherche du Congrès des États-Unis.

Face à un tel désastre, pourquoi les dirigeants nord-coréens s’entêtent-ils ?

III – Que veut Kim Jong-un

À l’instar de son grand-père Kim Sung-il auquel il ressemble, Kim Jung-un ne se fait aucune illusion quant à la nature véritable des « monstres » belliqueux d’en-face. Il sait par-dessus tout qu’un Traité de paix est la dernière chose qu’ils veulent.

Kim Jong-un veux, avant tout, amener les États-Unis à signer un traité de paix avec son pays.

Il veut également assurer la souveraineté de son pays. Ainsi, Kim Jong-un a aussi souligné que son pays entendait accroître ses coopérations avec le Mouvement des non-alignés :

« Les pays bâtissent leur avenir grâce à leur puissance et aucun pays ne devrait se soumettre aux exigences maximalistes d’autrui. Les États-Unis ont attaqué les pays qui étaient faibles sur le plan militaire. Nous sommes pour la paix, mais nous ne reculerons pas d’un iota, des intérêts de notre pays. Nous continuons de nous confronter à Washington sérieusement jusqu’à ce qu’il renonce à ses politiques hostiles et ses menaces. »

Contrairement à ce que rapportent les médias des pays hostiles à la Corée du Nord, Kim Jong-un a non seulement démontré sa rationalité mais également une certaine capacité à la planification stratégique et la flexibilité pragmatique que ses adversaires ne veulent pas reconnaître par pur mépris.

Kim Jong-un n’est pas un fou de guerre. Il a proposé à de nombreuses reprises que la Corée du Nord et les USA signent un traité de paix, chaque fois il a essuyé un refus d’Obama et maintenant de Trump. Kim Jong-un veut une paix durable pour toute la région.

IV – Le risque demeure d’un dérapage sanglant

Imaginons un instant qu’en apprenant que Pyongyang prépare les essais d’un missile intercontinental, Donald Trump décide d’utiliser la force contre la Corée du Nord.

Dans un scénario mou, les USA pourraient se limiter à une attaque contre le missile prêt pour les essais, voire tenter de l’intercepter après son décollage. Cela ne provoquerait pas de scandale mais ne ferait pas non plus beaucoup d’effet : le travail sur les missiles continuerait, même si l’échec des essais le ralentirait.

Dans un scénario plus poussé, les USA pourraient essayer de neutraliser certains sites cruciaux du complexe balistique nord-coréen : les centres de production d’armement, les centres d’essai et les entrepôts. Bien que ces sites soient minutieusement cachés et se situent généralement sous terre, et que les USA ne disposent pas d’information sur la plupart d’eux, cette frappe est théoriquement possible.

Dans ce dernier scénario, le gouvernement nord-coréen doit riposter car sa population est en danger et l’intégrité de son territoire menacée.

La Corée du Nord ne peut admettre d’être impunément agressée et doit engager une réponse proportionnelle à l’attaque de sa souveraineté, sachant que les USA ont toujours refusé jusqu’à présent la solution diplomatique qui lui a toujours été offerte par la Corée du Nord : traité de paix entre les deux pays.

V – Pourquoi les USA perdront la guerre contre la Corée du Nord

Selon le général Jean-Marc Jouas, ancien chef de l’armée américaine dans la péninsule coréenne, les effectifs militaires nord-coréens dans la région dépassent ceux des États-Unis et de leur alliée la Corée du Sud, ce qui se traduirait par une défaite des États-Unis en cas de conflits.

En effet, selon les données du général Jouas, l’armée nord-coréenne compte plus de 1,2 millions de soldats, tandis que les États-Unis n’en ont que 28.000 dans la région et la Corée du Sud, 490.000 militaires, informe The Daily Mail, en faisant référence à la lettre adressée par M. Jouas au Parti démocrate le 7 novembre2017.

« À l’inverse de tous les conflits de l’époque de la guerre de Corée, nous ne pouvons pas renforcer nos effectifs juste au début des opérations militaires car Kim Jong-un anticipera toute tentative, en lançant une offensive », écrit Jouas.

Dans le même temps, le général souligne que l’acheminement de forces supplémentaires dans la région en cas de guerre pourrait prendre des mois, tandis que la temporisation serait critique pour les forces américaines « peu nombreuses » dans la région.

VI – La position de la Chine

Un représentant spécial chinois est arrivé à Pyongyang, le 17 novembre 2017. Quelle a été sa mission ?

Song Tao est le nom de l’émissaire du président chinois Xi Jinping. Cette visite est qualifiée de « geste important » par Donald Trump qui exhorte Pékin à renforcer la pression pour endiguer les ambitions nucléaires de Pyongyang.

Mais, le principal objectif pour la Chine est de stabiliser la situation avec son voisin la Corée du Nord : la dernière chose que la Chine veut est un conflit dans la péninsule coréenne et elle ne veut surtout pas voir Kim Jong-un éliminé. Le principal souci de la Chine est donc d’apaiser les tensions le long de ses frontières.

Par ailleurs, elle ne veut certainement pas que des millions de réfugiés soient déplacés dans le cadre d’un conflit.

La Chine ne franchira pas le Rubicon pour satisfaire les lubies de Trump qui veux désarmer la Corée du Nord, alors que les US ont des bases militaires tout autour et font régulièrement près de ses côtes des manœuvres militaires depuis des années.

CONCLUSION

Les États-Unis, la puissance atomique numéro 1 avec 1 950 ogives explosives actives, ne supportent pas que la Corée du Nord veuille se protéger de toute agression avec des missiles et l’arme atomique. La solution logique étant le désarmement général de tous les pays possédant l’arme nucléaire.

Les États-Unis sont également de loin le numéro 1 en matière des « va-t-en-guerre » : depuis la Seconde Guerre Mondiale, les États-Unis ont directement participé à environ 60 guerres – la Corée du Nord n’a plus participé à aucune depuis la guerre de Corée (de 1950 à 1953).

La Corée du Nord ne s’est jamais immiscée dans les destins d’autres pays, contrairement aux États-Unis qui ont fait tomber des gouvernements et qui ont financièrement – militairement secondé des groupes d’opposition dans d’autres pays. Ne sont-ils pas le premier pays terroriste ?

Pourquoi, mettre la Corée du Nord sur la liste des pays qui aident le terrorisme. Aiderait-elle les États-Unis ?

Le blocus à l’encontre de la Corée du Nord est un crime, car il enferme le peuple coréen dans des privations mortifères. Mais le peuple coréen très attaché à sa sécurité et à son indépendance soutient son gouvernement dans sa politique d’affrontement avec l’Empire US.

Parallèlement, d’importantes manifestations ont eu lieu en Corée du Sud contre Trump, pour dénoncer l’installation de missiles US Thaad et pour la paix dans la péninsule.

La Corée du nord reprendra ses essais au printemps car il n’y a pas d’essais pendant l’hiver. Elle ressortira plus forte et Trump aura beaucoup plus de difficultés à faire plier le peuple coréen.

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-coree-du-nord-un-etat-198961

Nov 25

ESSAIS NUCLÉAIRES : UN ESPOIR D’INDEMNISATION POUR LES VÉTÉRANS

Ils réclament, pour certains par l’intermédiaire de leurs veuves ou de leurs enfants, des réparations après avoir été exposés à des radiations. 25 anciens militaires bretons ont bon espoir d’être entendus par la cour administrative d’appel de Nantes. Mardi, le rapporteur public a préconisé de leur donner raison car une nouvelle loi, votée en février, a considérablement assoupli les conditions d’indemnisation des vétérans. 

Jusque-là, sur le millier de demandes déposées au 31 décembre 2016, 94 % avaient été rejetées par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) ! Ce dernier faisait valoir, quasi systématiquement, que le rôle des essais nucléaires français dans les cancers des requérants était « négligeable ». 

Le rapporteur public a suggéré d’ordonner au Civen de réexaminer, sous six mois, les dossiers qu’il avait jusqu’alors rejetés, avec une astreinte de 50 € par jour de retard. Et, quand les juges avaient donné raison aux requérants en annulant la décision du Civen, il a suggéré à la cour de rejeter les recours présentés par le ministère des Armées. « Nous n’ignorons pas que le Civen est confronté à des difficultés organisationnelles et à des démissions de plusieurs de ses membres, a commenté le magistrat. Mais l’administration n’a pas à se retrancher derrière des considérations budgétaires pour ne pas exécuter des décisions de justice ».

Juste « des lunettes noires »

Parmi les 25 dossiers examinés, figurait celui d’un habitant de Douarnenez (29) qui avait assisté, en Polynésie française, aux tirs de la bombe atomique « sans autre protection que des lunettes noires ». Ce militaire de carrière, âgé aujourd’hui de 65 ans, avait été autorisé, comme ses collègues, à se baigner dans les eaux du lagon après le tir. Un cancer de la vessie lui a été diagnostiqué en 2009.

Une requérante de Trégueux (22) était, quant à elle, secrétaire à l’état-major. Cette octogénaire souffre depuis ses 52 ans, « dix ans seulement après son départ de Polynésie française », a relevé le rapporteur public, d’un cancer de l’utérus. Elle se trouvait pourtant « à 1.200 km » du lieu des essais nucléaires, a souligné le ministère des Armées. Reste qu’elle « n’a fait l’objet d’aucune surveillance médicale » particulière, a répliqué le magistrat. Quelque 15.000 personnes ont été touchées de près ou de loin par les 210 essais nucléaires français, sans compter « un nombre plus difficile à déterminer » de populations locales, selon le rapporteur public. La cour rendra ses arrêts sous deux à trois semaines.

http://www.letelegramme.fr/loire-atlantique/nantes/essais-nucleaires-un-espoir-d-indemnisation-pour-les-veterans-25-11-2017-11754209.php

Nov 25

NUCLÉAIRE : MOSCOU ACCUSE WASHINGTON DE « PROVOQUER » LA CORÉE DU NORD

Le ministre russe des Affaires étrangères estime que les États-Unis « provoquent » la Corée du Nord pour se tourner vers l’ »option militaire » afin de régler le problème nucléaire. 

Au cours d’une conférence de presse commune avec son homologue japonais Taro Kono, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov n’a pas caché son mécontentement : « Il est très préoccupant que pendant ces deux derniers mois où la Corée du Nord n’a pas effectué d’essais ou de tirs de missiles, Washington a semblé ne pas en être satisfait et aspirait à faire quelque chose pour irriter ou provoquer Pyongyang« , a-t-il dit.

En octobre, les marines des États-Unis et de la Corée du Sud ont effectué ensemble un exercice naval, une nouvelle démonstration de force à l’intention de la Corée du Nord et de ses programmes nucléaire et balistique. Cette semaine, le président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis avaient décidé d’inscrire à nouveau la Corée du Nord sur leur liste noire des « États soutenant le terrorisme » pour accroître la pression sur son programme nucléaire. 

« Qu’ils perdent leur sang-froid »

Les Américains « semblent attendre qu’ils (les Nord-Coréens, ndlr) perdent leur sang-froid encore une fois afin de pouvoir enfin se tourner vers des options militaires« , estime Sergueï Lavrov. « Les autorités américaines ont déclaré à plusieurs reprises que toutes les options, y compris l’option militaire, étaient sur la table« , a-t-il rappelé.

Pour sa part, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé début novembre que Tokyo « soutenait » cette politique de Washington. « Il est nécessaire d’utiliser tous les moyens possibles en augmentant de manière maximale la pression sur la Corée du Nord pour mettre fin à son programme nucléaire et aux tirs de missiles« , a renchéri vendredi à Moscou le chef de la diplomatie japonaise Taro Kono.

http://www.sudouest.fr/2017/11/24/nucleaire-moscou-accuse-washington-de-provoquer-la-coree-du-nord-3976592-4803.php

Nov 25

RUSSIE: DES SCIENTIFIQUES VONT ENQUÊTER SUR LA POLLUTION AU RUTHÉNIUM-106

Moscou – Une commission scientifique russe, mais ouverte à des experts européens, va enquêter sur l’origine de la pollution radioactive détectée fin septembre dans le sud de l’Oural, dont le géant nucléaire russe Rosatom a énergiquement nié être à l’origine, a-t-on appris vendredi.

« Des scientifiques spécialistes du nucléaire ont créé une commission pour découvrir l’origine du ruthénium-106 » détecté fin septembre par plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité, et confirmé cette semaine par les services météorologiques russes, a déclaré Rosatom dans un communiqué publié également par l’Institut de sécurité nucléaire de l’Académie des sciences russe (IBRAE RAS).

La commission « inclura des représentants d’organisations scientifiques russes et européennes« , précise le communiqué, un fait suffisamment rare pour être souligné.

« Rosatom offrira toute l’assistance nécessaire à cette commission et informera le public des résultats« , est-il encore indiqué.

L’agence météorologique russe Rosguidromet a annoncé lundi que des concentrations « extrêmement élevées » de ruthénium-106 avaient été détectés fin septembre dans le sud de l’Oural. Rosatom avait alors assuré qu’aucun incident n’avait touché ses installations nucléaires.

Parmi les stations ayant enregistré les plus fortes doses de ruthénium-106, un produit de fission issu de l’industrie nucléaire, figure celle d’Arguaïach, située à proximité du complexe nucléaire Maïak, touché en 1957 par l’un des pires accidents nucléaires de l’histoire.

Le complexe, qui sert aujourd’hui de site de retraitement de combustible nucléaire usé, s’était également empressé d’affirmer que « la pollution radioactive au ruthénium-106 détectée par l’agence Rosguidromet n’est pas liée » à ses activités.

Face à l’inquiétude suscitée par la détection de cette pollution radioactive, l’agence de régulation des produits agricoles Rosselkhoznadzor a publié un communiqué vendredi démentant une « possible contamination radioactive » de terres agricoles russes.

L’événement a suscité quelques tensions, un officiel russe ayant accusé la France de vouloir nuire à la filière nucléaire du pays après que l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), organisme indépendant basé à Paris, eut localisé l’origine de la pollution « entre la Volga et l’Oural« .

https://www.romandie.com/news/Russie-des-scientifiques-vont-enqueter-sur-la-pollution-au-ruthenium-106/866480.rom

Nov 25

JOSE BOVÉ : « IL FAUT QUE L’UNION EUROPÉENNE METTE FIN À L’EXPORTATION DE SES DÉCHETS »

Cette semaine, « Touteleurope.eu » s’intéresse à la gestion des déchets en Europe, dans le cadre de la Semaine européenne de réduction des déchets (SERD), qui se tient du 18 au 26 novembre. Aujourd’hui, le député européen du groupe Europe Ecologie les Verts (EELV), José Bové, revient sur les grands défis qui attendent encore l’Union européenne en la matière

L’Union européenne a fait de la bonne gestion des déchets une priorité pour la sauvegarde de l’environnement. À cet égard, pensez-vous que la législation européenne va dans le bon sens ?

Vis-à-vis de l’environnement, la plupart des avancées viennent du niveau européen. Il convient de le dire et de le répéter. Au niveau des déchets par exemple, sans initiative européenne la plupart des pays n’auraient pas bougé d’un centimètre. Néanmoins, la difficulté que nous rencontrons est que certains États membres, comme la France par exemple, n’appliquent pas toujours correctement les directives européennes. C’est le cas pour la directive nitrate <http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX:31991L0676> , adoptée au début des années 90. La France préfère ainsi payer des amendes plutôt que de faire appliquer le droit européen et ainsi faire face aux lobbies de producteurs. Concernant les déchets, d’une manière plus globale, les pays du nord sont beaucoup plus attentifs que ceux du sud. Au final, ce que l’on peut noter, c’est qu’il y a quand même une amélioration globale de la prise de conscience des Européens, que cela soit au niveau des pays latins ou des pays du nord.

La délicate question du traitement des déchets nucléaires se pose dans de nombreux États membres. Pour sa part, la France a fait le choix controversé d’enfouir ces déchets à Bure, une option aujourd’hui largement remise en question en Allemagne. Que préconisez-vous ?

Je me suis rendu plusieurs fois à Bure, pour soutenir des personnes qui se sont mobilisées contre le centre d’enfouissement. On constate que les Allemands de leur côté – également concernés par la question – ne sont pas satisfaits par l’option consistant à ensevelir ces déchets. C’est pourquoi ils préfèrent actuellement chercher d’autres issues, qui ne sont pas encore très claires. Sur la question des déchets nucléaires, Il est absolument indispensable de ne pas faire n’importe quoi, de ne pas essayer de les enfuir à 500 mètres sous terre sans savoir ce qu’il pourra se passer dans 300, 400 ou 2000 ans. Le lobby du nucléaire en France est extrêmement puissant, néanmoins il ne s’est jamais posé la question – depuis l’élaboration de sa première centrale ou de sa première bombe atomique – de savoir ce qu’il ferait des déchets nucléaires. Dans le débat public aucune alternative ne se détache actuellement, et cela prouve bien que la filière du nucléaire n’a pas de solution. C’est pourquoi il faut chercher d’autres réponses et ne pas enterrer ces déchets. Cela permettra aux générations futures de trouver des solutions plus effectives que celles qui sont proposées actuellement. 
…Pour lire la suite concernant les autres déchets, cliquer sur :

https://www.touteleurope.eu/actualite/jose-bove-il-faut-que-l-union-europeenne-mette-fin-a-l-exportation-de-ses-dechets.html

Nov 24

HULOT DÉCLENCHE DES « RÉACTIONS EN CHAÎNE DES OPPOSANTS À CIGÉO… »

Coordination Bure Stop

La prise de position officielle de Nicolas Hulot sur le dossier Cigéo a fait l’effet d’une bombe dans les rangs des opposants au projet : « Nicolas Hulot s’enlise dans le bourbier nucléaire et renie ses engagements. Après avoir différé à 2035 la réduction à 50 % de la production électronucléaire, il déclare sa préférence pour l’enfouissement et Cigéo : À défaut de sortie du nucléaire, ne faut-il pas sa sortie en urgence du gouvernement ? », a martelé la Coordination Bure Stop non sans ironiser : « L’ancien présentateur d’émission télévisée qui a parcouru la planète pour la sauver n’en est plus à une compromission près, au nom d’un principe de réalité totalement absurde. La filière électronucléaire, État dans l’État, doit être sauvée, coûte que coûte. Et peu importe que la population et les générations à venir en fassent les frais… »

CEDRA

Le collectif contre l’enfouissement des déchets radioactif (CEDRA) a également réagi vivement aux annonces du ministre : « Ouf ! Nicolas Hulot n’est plus mutique. Mais il est devenu aveugle et sourd », illustrant son propos par un document remontant « au 9 octobre 2016, où Nicolas Hulot se faisait photographier tout sourire à Guichen en Ille-et-Vilaine, avec le panneau “Cigéo ; je dis NON”. Le CEDRA rappelle que « la consultation du public organisée par l’ASN sur son projet d’avis quant au dossier d’options de sûreté de Cigéo », mettait en évidence des résultats sans appels : une grande partie des participants n’ont absolument pas confiance et réalisent que non, le stockage ne se ferait pas dans des conditions de sécurité absolue. Or, Nicolas Hulot précisait en juillet 2017 que cet élément serait déterminant ! »

Sortir du nucléaire

Même indignation du Réseau Sortir du Nucléaire : « Défendant l’indéfendable, Nicolas Hulot enterre son éthique avec les déchets. Jusqu’où reculera-t-il devant le lobby nucléaire ? Nicolas Hulot en est venu à défendre un projet auquel il s’opposait voici encore quelques années. Ce nouveau reniement, qui fait suite à son renoncement sur l’échéance de réduction de la part du nucléaire, est insupportable ».

Diana André

Tous les grands élus meusiens ne sont pas des promoteurs du projet Cigéo. Loin s’en faut. À l’image de la conseillère régionale et ex-référente départementale de LREM, Diana André. Tout en reconnaissant que ce dossier a été « entériné par Hollande et Royal », elle se démarque volontiers sur les réseaux sociaux : « Ce n’est pas pour autant que j’adhère ou que j’ai adhéré à cette décision », balayant du revers de la main « la notion de récupérabilité, dont on sait qu’elle est impossible. »

L’élue barisienne fustige dans un même mouvement « le GIP qui déverse ses millions sur des critères discutables, pas tous relevant du développement économique et loin s’en faut. Ailleurs, à la Région Grand Est par exemple, on considère que la Meuse a une grande chance de disposer d’une telle manne ! Les politiques du cru, élus depuis des dizaines d’années, sont responsables de cette gabegie ».

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2017/11/24/reactions-en-chaine-des-opposants

Nov 24

PAS UN EURO DE PLUS POUR LES ÉNERGIES DU PASSÉ

Le 12 décembre prochain, deux ans après l’adoption de l’Accord de Paris, la France accueillera un sommet international “Finance et climat”.

Mobilisons-nous en masse pour dire haut et fort :          pas un euro de plus pour les énergies du passé !

10 / 12 – Tribunal des peuples | 

12 / 12 décembre – une action de masse

Voulez-vous participer? Pour prendre part aux mobilisations #pasuneurodeplus du 10 au 12 décembre prochain et être tenu.e au courant de leurs suites, inscrivez-vous sur le site : https://pasuneurodeplus.info/

Le compte n’y est pas : les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter à un rythme soutenu, les États ne tiennent pas leurs engagements et accordent des subventions, aides au développement ou prêts à l’industrie fossile et aux promoteurs des fausses solutions, au premier rang desquels le nucléaire. Les banques et les compagnies d’assurances soutiennent elles aussi les projets destructeurs du climat.

Maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C, c’est à dire une terre vivable et vivante, impose de stopper ces financements à leur source : pas un euro de plus ne doit aller vers les activités destructrices du climat. Les financements doivent être intégralement réorientés dans le soutien à la transition vers des sociétés justes et durables.

350.org, Alternatiba, les Amis de la Terre France, ANV-COP21, Attac France, Bizi!, le CRID, la Fondation pour la Nature et l’Homme, le Réseau Action Climat France, Oxfam France, le REFEDD préparent ensemble des mobilisations de masse, pour faire entendre nos voix.

Le 10 décembre

Vous pourrez participer à un Tribunal des peuples qui, après les témoignages des personnes impactées jugera la finance climaticide.

Le 12 décembre

Nous nous retrouverons au lever du soleil, pour une action de masse, dans un lieu iconique de Paris pour faire entendre haut et fort notre voix et appeler la France et la communauté internationale à passer enfin aux actes et exiger l’exemplarité de la France.

Si vous souhaitez rejoindre la mobilisation, faites-le nous savoir et inscrivez-vous ici ! Vous pouvez également suivre la page Facebook.

NDLR : en complément, appel du Réseau Sortir du Nucléaire :

Diffusons l’information : le nucléaire est une fausse solution !

Le réseau « Sortir du nucléaire » sera présent lors de cette mobilisation et vous invite à rejoindre le mouvement. Nous en profiterons pour distribuer des brochures pour expliquer en quoi le nucléaire est une fausse solution pour le climat, et comment les investissements dans cette énergie du passé empêchent la transition énergétique et le développement des renouvelables.

Vous êtes disponible sur Paris le 12 décembre et souhaitez nous aider à distribuer de l’info ? Envoyez un message à mobilisations@sortirdunucleaire.fr et nous vous donnerons un point de rendez-vous

Nov 24

L’IRAN MET EN ŒUVRE SES ENGAGEMENTS LIÉS AU NUCLÉAIRE, SELON L’AIEA

Jeudi, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’institution du système des Nations unies, a déclaré que Téhéran respecte ses engagements relatifs à son programme nucléaire.

Lors d’une conférence de presse, le Directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, a dit qu’il n’est pas en position de juger si l’Iran se conforme à l’accord sur le nucléaire iranien.

L’AIEA surveille la mise en œuvre, par l’Iran, de l’accord international, historique, conclu à Vienne pendant l’été 2015, officiellement dénommé Plan d’action global conjoint (JCPOA).

Conformément à l’accord, l’Iran a accepté de réduire son programme nucléaire en échange d’une levée partielle des sanctions internationales.

« À ce jour, l’Agence a eu accès à tous les lieux qu’elle avait besoin de visiter, » a dit M. Amano lors d’une réunion de conseil, à Vienne, qui s’est tenue précédemment.

« L’AIEA continue de vérifier et de surveiller la mise en œuvre par l’Iran, de ses engagements liés au nucléaire, pris dans le cadre du plan d’action global conjoint, » a-t-il ajouté.

http://french.xinhuanet.com/2017-11/24/c_136775020.htm

 

Nov 24

CIGÉO: UNE COMMISSION RECOMMANDE UNE EXPERTISE INTERNATIONALE SUR CERTAINS DÉCHETS

Une expertise scientifique internationale devrait être sollicitée « assez urgemment«  quant à la gestion des déchets bitumineux au sein du projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires prévu à Bure (Meuse), a recommandé jeudi la Commission d’évaluation des recherches sur les déchets radioactifs (CNE).

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a précédemment pointé les « incertitudes » quant au comportement des déchets enfermés dans du bitume en cas d’élévation de température, notamment en cas de réaction chimique entre produits. Ces fûts, qui représenteront environ 18% des déchets qui seraient stockés par le projet Cigéo, sont très inflammables.

C’est une « question quand même importante car les colis de bitume sont nombreux au sein de Cigéo et ils seraient (…) parmi les premiers à être stockés », a souligné à l’Assemblée nationale Gilles Pijaudier-Cabot, vice-président de la CNE, devant les parlementaires de l’Office d’évaluation des choix scientifiques.

Deux pistes sont proposées par l’ASN, avec une préférence pour la seconde: modifier les conditions de stockage ou traiter les bitumes pour réduire leur inflammabilité.

« S’ensuit une question de faisabilité à l’échelle du stock de bitumes que nous avons », a ajouté jeudi le représentant de la CNE, qui présentait son rapport annuel.

« Clairement la commission considère aujourd’hui qu’il y a là un débat scientifique et technique », a-t-il dit. « Une façon de répondre à ce débat (…) est de mettre en place une expertise externe internationale qui permettrait au moins de partager l’ensemble des connaissances, de façon à éclairer au mieux les décisions. Et ça, nous pensons qu’il est assez urgent de mettre en place cette expertise scientifique internationale« .

À partir des années 70, une partie des déchets finaux de moyenne activité ont été enfermés dans du bitume, le processus de vitrification ayant été mis au point plus tardivement. Quelque 40 000 fûts d’environ 200 litres sont concernés, selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

La réactivité des sels de bitume ayant conduit à des incidents notamment au Japon à la fin des années 1990, le bitumage a ensuite été interdit en France, à l’exception d’une installation encore en activité à La Hague.

Le projet Cigéo vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français. Le démarrage de la phase pilote est prévu vers 2025

Dans son rapport, la CNE s’inquiète aussi de l’évolution à long terme du coût du projet et de son estimation à ce jour.

« Les informations présentes sont relativement plus précises sur la phase initiale (…) Les provisions sont connues pour les opérateurs impliqués mais nous avons beaucoup plus d’incertitude quant à leur évolution », a noté jeudi Anna Creti, économiste pour la CNE.

Il faut veiller à « tous les éléments pouvant faire varier ces coûts dans le temps », a-t-elle souligné. « Il ne suffit pas à notre avis de donner un chiffre, mais il faut intégrer ce chiffre dans plusieurs scénarios, qui incorporent au mieux les incertitudes techniques et les incertitudes liées à l’évolution de la politique énergétique ».

La CNE demande aussi « que les coûts liés à la phase industrielle pilote soient réévalués avec précision« .

Un arrêté paru en janvier 2016 fixe un coût de 25 milliards d’euros à ce projet, évalué sur une période de 140 ans à partir de 2016 (soit 10 ans de conception et construction des premiers ouvrages, 10 ans de phase pilote, 110 ans d’exploitation et développement progressif du stockage et 10 ans pour la fermeture).

https://www.romandie.com/news/Cigeo-une-commission-recommande-une-expertise-internationale-sur-certains-dechets/866135.rom

Nov 23

NUCLÉAIRE COMMENT LES HABITANTS VIVENT AU PIED DES CENTRALES

Alors que le gouvernement vient de reculer sur ce sujet, nous avons rencontré des habitants qui résident à proximité de la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher), placée sous surveillance renforcée depuis septembre.

Les trois retraités sont venus se réchauffer aux derniers rayons du soleil en bord de Loire, face aux cheminées de la centrale. Les « deux machins » crachent leur vapeur. Ils ne les voient « même plus, depuis le temps ». De toute façon, il leur « faut bien subir ». À l’époque de la construction de la centrale, dans les années quatre-vingt, Nicole avait signé des pétitions contre son implantation. Plus tard, Mireille aurait bien vendu sa maison, mais on ne lui a proposé « pas même de quoi s’acheter une cage à lapins ». Le nucléaire, ils n’y connaissent rien. Et ne se sentent « pas rassurés ». Et cela, d’autant moins que l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), qui veille sur les 58 réacteurs d’EDF, a décidé, en septembre dernier, de mettre sous surveillance renforcée la centrale de Belleville-sur-Loire. En cause : « des défaillances de l’exploitant dans l’identification et l’analyse des conséquences d’anomalies affectant certains équipements importants pour la sûreté. Ainsi qu’une hausse du nombre d’incidents significatifs enregistrés sur le site l’an dernier ».

Des informations découvertes « en écoutant la radio », regrette Nicole, qui s’estime « mal informée ». Comme Sandie, mère de jumelles de 6 mois, qui vit, elle, à Léré, « à deux minutes à vol d’oiseau » des tours d’un gris sale. Sandie n’a pas l’intention de regarder ses filles grandir à l’ombre de la centrale. Dès que son mari, infirmier libéral, en aura fini avec son contrat, le couple fuira cette campagne « triste », sous la menace constante d’un accident. Ils déplorent qu’« il n’y ait jamais d’exercice de sécurité. On a juste reçu une invitation à retirer à la mairie une pastille d’iode – comme tous les habitants situés dans la zone de 10 kilomètres autour de la centrale dite PPI (Plan particulier d’intervention). Et trouvé dans notre boîte aux lettres un livret Dicrim [document d’information communal sur les risques majeurs]. » Or le couple n’a aucune envie de mettre en pratique un jour les consignes à suivre en cas d’accident nucléaire : « Allumer la radio, rassembler ses affaires indispensables dans un sac bien fermé, couper le gaz, l’électricité. Fermer fenêtres et portes à clé. Et attendre de connaître les moyens d’évacuation. Et si la préfecture préconise de prendre la fameuse pastille antidote », destinée à saturer la glande thyroïde et empêcher ainsi la fixation de l’iode radioactif.

«La région ne peut pas vivre sans cette manne»

À 70 ans, Bertile ne quittera pas sa maison d’enfance, une ravissante auberge de mariniers des XIVe et XVe siècles qui fait face à la centrale. La demeure appartient à sa famille depuis quatre générations. Dans les années quatre-vingt, Bertile a, elle aussi, « battu la campagne », distribuant avec quelques copines des tracts et leur petit journal, Le Glas. Mais leur combat ne pesa guère contre l’argument de l’emploi. « Sans la centrale, ici c’est le désert ! » souligne Olivia qui, avec son mari, Jeannot, gère le restaurant La Loire, à Neuvy. Grâce, notamment, au personnel sous-traitant d’EDF. « Je préfère avoir ça plutôt qu’une usine type AZF [dont l’explosion a fait 31 morts, à Toulouse, en 2001, NDLR], ajoute Jeannot. Ici, au moins, on ne respire pas comme vous des gaz d’échappement. » « De toute façon, la région ne peut pas vivre sans cette manne », conclut Olivia. Fermer le site, ce serait vivre sans les 788 agents EDF et 200 prestataires logés, avec ou sans leurs familles, dans des locations, des hôtels ou des chambres d’hôtes.

Une manne, aussi, pour la mairie de Belleville, qui perçoit de l’entreprise publique 6,8 millions d’euros pour 1 076 habitants, en foncier bâti et non bâti. Ce qui permet au petit bourg de jouir d’une médiathèque. Et d’un centre aquatique ludique. « On y vient de Gien », se félicite le maire, Patrick Bagot, par ailleurs président de la CLI, la commission locale d’information de Belleville-sur- Loire, et vice-président des pompiers du Cher. De son bureau, il est, dit-il, « l’œil qui surveille cette fabrique d’électricité ». Une veille qui peut le tirer du lit, « y compris pour un incident mineur tel qu’un feu dans la corbeille à papier d’un bureau. Ou le léger malaise d’un employé ». Il est également en lien direct avec le peloton de gendarmerie, uniquement affecté à la surveillance de la centrale. « Tout cela m’inspire plus confiance que les stations-service où les gens fument à proximité des carburants et des stocks de bouteilles de gaz », assure l’édile.

Un avis que ne partage pas Françoise Pouzet, de l’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye. Hormis les risques d’accident nucléaire, la militante met aussi en lumière les problèmes de pollution générés par la centrale et ses rejets de cuivre, zinc, bore, chlore, etc. dans le fleuve. En septembre dernier, l’association a déposé une plainte devant le tribunal de Bourges contre EDF pour « violation du code de l’environnement, de la réglementation relative aux installations nucléaires de base et du code du travail ». « Lorsqu’on essaie d’informer les gens, ils disent qu’il n’y a rien à faire, s’estiment vaincus d’avance », regrette Françoise Pouzet. Tel Don Quichotte, elle poursuit son combat.

Par Sylvie Lotiron

http://www.vsd.fr/actualite/nucleaire-comment-les-habitants-vivent-au-pied-des-centrales-23610

Nov 23

CORÉE DU NORD : PYONGYANG QUALIFIE DE « GRAVE PROVOCATION » SA DÉSIGNATION PAR WASHINGTON COMME SOUTIEN DU TERRORISME

La Corée du Nord a qualifié mercredi 22 novembre 2017 de « grave provocation » sa désignation par Washington comme État soutien du terrorisme, affirmant que les sanctions ne la forceraient jamais à renoncer à son programme d’armes nucléaires.

« Notre armée et notre peuple sont emplis de rage et de colère envers les gangsters haineux qui ont osé mettre le nom de notre pays sacré sur cette misérable liste de ‘terrorisme' », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères cité par l’agence officielle KCNA.

« Les armes nucléaires (…) sont la dissuasion qui permet de sauvegarder notre souveraineté (…) Tant que les États-Unis poursuivront leur politique hostile anti-nord-coréenne, notre dissuasion en sera d’autant plus renforcée« .

Accusant Washington de se comporter comme « un juge international en matière de terrorisme« , le porte-parole a estimé que la décision américaine était « manifestement une absurdité et une mascarade au regard de la paix et de la sécurité du monde« .

Le président américain Donald Trump a annoncé lundi que les États-Unis avaient décidé d’inscrire à nouveau la Corée du Nord dans leur liste noire des « États soutenant le terrorisme » pour accroître la pression contre son programme nucléaire.

Le régime nord-coréen a rejoint les autres ennemis des États-Unis inscrits sur cette liste noire: l’Iran et la Syrie, et le Soudan, qui rentre toutefois progressivement dans les bonnes grâces américaines.

Pyongyang y avait déjà figuré de 1988 à 2008, pour son implication présumée dans l’attentat à la bombe contre un avion sud-coréen qui avait fait 115 morts en 1987.

Les États-Unis espèrent qu’une fois totalement isolé, soumis à un blocus économique draconien et sous la menace de l’option militaire souvent brandie par le président américain, Kim Jong-Un finira par accepter des négociations sur son programme nucléaire.

https://www.mediacongo.net/article-actualite-32690.html

Nov 23

LUXEMBOURG : «NOUS ENVOYONS UN SIGNAL ANTINUCLÉAIRE FORT À PARIS»

Le gouvernement luxembourgeois a décidé de répondre à la France et à la Belgique qui s’interrogent depuis plusieurs années sur l’extension de la durée de vie des centrales nucléaires.

Et c’est du côté légal que le Luxembourg joue sa carte. Un projet de loi concernant la responsabilité civile en cas d’accident nucléaire a été approuvé ce mercredi.

«Nous envoyons un signal anti-nucléaire fort à Paris et à Bruxelles: la promotion de l’énergie nucléaire devient plus coûteuse en raison de réclamations de responsabilité élevées et nous voulons faire pression pour prendre en compte les intérêts du Luxembourg dans les prochaines discussions sur l’élimination nucléaire», explique Carole Dieschbourg, ministre de l’Environnement.

Pas de cadre légal au Luxembourg

Le Grand-Duché s’inspire ici d’une loi autrichienne. Le problème pour des pays comme le Luxembourg, qui n’ont pas de centrales nucléaires, c’est qu’ils sont soumis aux accords de Paris et de Bruxelles, datant des années 1960, et qui sont très favorables à l’énergie nucléaire.

Pour cette raison, le Luxembourg n’a jamais ratifié ces textes internationaux. Ces conventions limitent le montant de l’indemnisation en cas d’accident nucléaire et prévoient un délai de dix ans. Et un résident luxembourgeois doit intenter une action devant un tribunal français ou belge pour faire valoir sa créance.

Possibilité de se protéger en cas d’accident nucléaire

«Avec cette loi, nous augmentons significativement la possibilité d’action légale et donc la protection juridique des citoyens luxembourgeois dans les incidents nucléaires», a souligné la ministre.

Le projet de loi adopté mercredi par le Conseil gouvernemental stipule que le Luxembourg peut se plaindre des dommages consécutifs aux accidents nucléaires, même 30 ans après l’incident.

Actuellement, en cas d’incident, les conventions internationales ne prévoient que des indemnisations plafonnées et soumises à des délais: avec ce projet de loi luxembourgeois, il n’y aura plus de limite imposée. Cela rendrait donc l’énergie nucléaire plus chère et moins attrayante.

Ce qui est exactement le but escompté par le Luxembourg. C’est en 2018 que la France décidera de la fermeture – ou non  – des centrales nucléaires au plus tôt en 2030. Au Grand-Duché bien sûr, on espère que Cattenom fermera ses portes.

Le Luxembourg utilise les règles de l’UE pour faire pression 

Ce projet de loi est juridiquement fiable, précise le ministère de l’Environnement, qui est sûr de son action. L’astuce: une ordonnance de l’UE prévoit que les parties lésées peuvent poursuivre un pollueur pour obtenir une indemnisation lorsque le dommage a lieu. 

En d’autres termes, un juge luxembourgeois serait compétent face aux conséquences d’un accident à Cattenom

D’autres règles de l’UE exigent que les États membres mettent en œuvre les décisions d’un autre pays de l’UE. Les autorités françaises devraient donc percevoir la compensation auprès d’EDF – à titre d’exemple. 

Les gouvernements français et belge n’ont pas encore répondu face à l’annonce de ce projet de loi, selon le ministère de l’Environnement. Mais cela arrivera, sans aucun doute.

https://www.wort.lu/fr/politique/nouveau-projet-de-loi-nous-envoyons-un-signal-anti-nucleaire-fort-a-paris-5a16bb0fc1097cee25b77b9e

Nov 23

GREENPEACE SERA JUGÉE POUR L’INTRUSION À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM

Le directeur général de Greenpeace et huit militants qui se sont introduits sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom seront jugés en janvier prochain.

Le directeur général de Greenpeace France comparaîtra le 3 janvier devant le tribunal correctionnel de Thionville (Moselle) avec huit militants qui se sont introduits en octobre sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier. 

L’ONG a précisé à l’AFP que le directeur général, Jean-François Julliard, « sera jugé en tant que représentant de Greenpeace ».

« C’est Greenpeace France qui sera jugée », en tant qu’organisation, a-t-elle ajouté.

La convocation de M. Julliard devant le tribunal correctionnel lui a été signifiée mardi à l’issue de son audition par la gendarmerie, a précisé Greenpeace France. 

Le 12 octobre à l’aube, huit militants écologistes avaient tiré un feu d’artifice au pied de la centrale pour alerter sur la vulnérabilité des sites nucléaires.

À voir :Greenpeace tire un feu d’artifice dans la centrale de Cattenom

Ils ont filmé leur action et diffusé la vidéo sur le compte Twitter de Greenpeace. 

Ils ont été interpellés par les forces de l’ordre qui sont intervenues huit minutes après leur intrusion, selon EDF.

Le Luxembourg avait dénoncé des « lacunes flagrantes » de la sécurité

Si Greenpeace affirme avoir été tout près du bâtiment abritant la piscine à combustibles, la préfecture et EDF ont soutenu que les militants n’avaient pas accédé à la zone nucléaire. 

La ministre de l’Environnement du Luxembourg, distant d’une dizaine de kilomètres de Cattenom, Carole Dieschbourg, s’était alarmée des « lacunes flagrantes » de la sécurité des accès à la centrale. 

Les autorités du Grand-Duché ont réclamé à la France « une enquête détaillée qui devra éclairer les circonstances de cet incident« . 

L’action de Greenpeace est intervenue quelques jours après la remise d’un rapport d’experts mandatés par l’ONG sur la capacité de résistance des piscines d’entreposage des combustibles nucléaires usés en France et dans les centrales belges de Doel et Tihange.

Ils ont pointé du doigt ces piscines, qui peuvent contenir plus de combustibles que les cœurs des réacteurs, mais qui ne sont pas protégées comme ces derniers par des enceintes de confinement renforcées.

La rédaction de Paris Match

http://www.parismatch.com/Actu/Environnement/Greenpeace-sera-jugee-pour-l-intrusion-a-la-centrale-nucleaire-de-Cattenom-1400345

Nov 22

CONTAMINATION ATMOSPHÉRIQUE PAR DU RUTHÉNIUM 106 : MISE AU POINT DE LA CRIIRAD

Contrairement aux informations diffusées intensément depuis hier, le mystère reste entier sur l’origine du ruthénium 106.

De nombreux médias ont titré sur les niveaux de contamination « extrêmement élevés » publiés par l’agence russe ROSHYDROMET, parfois même sur les « aveux » de la Russie.
La CRIIRAD a diffusé hier, en urgence, une mise au point expliquant que les niveaux de contamination étaient en fait comparables à ceux mesurés en Europe mais des informations erronées continuent d’être diffusées. Un second communiqué a été envoyé aux journalistes ce matin. Il est repris ci-dessous.

NON, les niveaux de contamination atmosphérique publiés par l’agence fédérale de météorologie ne sont pas « extrêmement élevés ».

Les niveaux de ruthénium 106 mesurés au sud de Mayak sont comparables à ceux mesurés dans l’air en Italie, en Hongrie ou en Ukraine, et même inférieurs aux concentrations mesurées en Roumanie. Les gouvernements et experts de ces États ont qualifié tous ces résultats de très faibles, voire d’extrêmement faibles, sans aucune conséquence sanitaire ou environnementale. Cette information a été largement relayée par les médias. Il faut être cohérent : des résultats similaires ne peuvent être qualifiés de « très faibles » en Europe et de « très élevés » en Russie.

NON, les niveaux de contamination mesurés en Russie ne confirment pas les modélisations de l’IRSN et de son homologue allemand, le BfS, qui ont désigné le sud de l’Oural comme l’origine de la pollution.

En fait, loin de valider les modélisations, les mesures russes sur les retombées au sol tendent plutôt à les infirmer. Les calculs de l’IRSN conduisent à des dépôts de ruthénium 106 compris entre 60 000 et 100 000 Bq/m² jusqu’à 40 km du point de rejet alors que les mesures disponibles font état de dépôts compris entre 10 et 400 Bq/m² (maximum de 330 Bq/m2 à Metlino, à environ 15 km au nord-est de Mayak).
L’IRSN et le BfS se grandiraient à ne pas laisser publier des commentaires erronés même si ils paraissent conforter leurs travaux.

OUI, le mystère reste entier

Les chiffres qui ont été publiés ne prouvent pas pour autant que la Russie n’est pas à l’origine de la contamination et le site de Mayak demeure parmi les sites pouvant être à l’origine du rejet. Les données publiées par l’agence météorologique russe sont en effet très insuffisantes : les points de mesures sont bien trop rares en regard de l’étendue du territoire, des précisions sont nécessaires sur les méthodes d’évaluation, les installations susceptibles de rejeter du ruthénium 106 ne sont pas identifiées, leurs rejets n’ont pas été publiés, etc. La CRIIRAD appuie sans réserve la demande d’enquête de Greenpeace Russie et renouvelle son appel à une totale transparence : cet appel s’adresse aussi aux organismes d’expertise, à l’Europe et à l’AIEA car les zones d’ombre ne concernent pas que la Fédération de Russie.

Plus d’information sur le site de la CRIIRAD : http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/som-accidents&pollutions.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=communiqu_de_presse&utm_medium=email

Nov 22

« GRÂCE LA SOUS-TRAITANCE, EDF PERPÉTUE LE MYTHE DU NUCLÉAIRE SANS RISQUE »

Chercheuse à l’Inserm, la sociologue de la santé Annie Thébaud-Mony se bat depuis 30 ans pour briser ce qu’elle appelle « l’invisibilité des travailleurs du nucléaire ». Elle pointe le risque accru de cancer parmi les sous-traitants de la filière.

Ils encaissent la quasi-totalité de la dose annuelle de radiations reçue dans les 19 centrales nucléaires françaises. C’est le prix à payer pour les près de 30 000 sous-traitants d’EDF. Eux-mêmes se qualifient de « viande à rems », ancienne unité de mesure de la radioactivité . Si formellement, ces intervenants extérieurs ont, comme les agents d’EDF, droit au suivi médical, en pratique, leurs examens n’ont rien à voir avec ceux des statutaires. Ces derniers sont suivis une fois par an par un médecin à demeure sur le site nucléaire, alors que les sous-traitants, plus exposés aux radiations, ont droit à un rendez-vous médical par an pour les catégories A (20 millisieverts/an) et une visite tous les deux ans pour les catégories B (5 mSv/an) par des médecins extérieurs au groupe et pas toujours très au fait des risques encourus. Ils ne bénéficient pas non plus des mêmes conventions collectives. Pour la sociologue Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et chercheuse associée au Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle à l’université Paris 13, ces travailleurs forment « un continent invisible ».

Dans vos recherches, vous vous êtes intéressée aux premiers travailleurs du nucléaire des sites militaires d’Hanford et d’Oak Ridge, aux États-Unis. Qu’avez-vous découvert ?

Les travailleurs de ces deux sites avaient été suivis par le docteur Thomas Mancuso. En mars 1975, ce médecin commence à faire apparaître certains résultats. Mais son travail a été interrompu par les autorités nucléaires américaines alors qu’il montrait que les risques de décès par cancer étaient dix fois plus élevés chez ces travailleurs exposés aux radiations. Elles lui ont même confisqué ses dossiers. À partir de là, c’est le black-out sur les effets sanitaires de la radioactivité sur les travailleurs. Au fur et à mesure que les installations nucléaires entrent en fonctionnement, un peu partout dans le monde, et en France notamment, la sous-traitance des travaux dangereux se développe, avec une double division du travail : d’un côté les travailleurs statutaires [comme les agents EDF] qui préparent et contrôlent les travaux et de l’autre, l’activité réelle effectuée sous rayonnement, par des prestataires externes. Ces derniers travaillent dans des conditions difficiles et ne sont pas admis dans les statuts, beaucoup plus favorables, des travailleurs statutaires.

Tous les travailleurs sous-traitants sont-ils exposés aux mêmes niveaux de radiations ?

Non. Au sein de la sous-traitance, on observe aussi une division : d’un côté ceux qui effectuent des tâches importantes pour la sûreté, relativement bien contrôlées du point de vue de la radioactivité, et d’un autre, ceux qui effectuent les activités les plus coûteuses en dose, souvent peu considérées comme le travail de décontamination, de nettoyage, de robinetterie et de tri des déchets. Ces travailleurs le résument eux-mêmes : « On prend la dose pour que d’autres n’en prennent pas ! ». On voit par ailleurs se développer une très forte précarisation, des contrats très courts et des travailleurs très mobiles, qui alternent entre périodes dans le 1/3 nucléaire et périodes où ils travaillent dans d’autres secteurs parce qu’ils ont atteint la limite annuelle de dose.

Quelles corrélations observez-vous entre une carrière dans le secteur nucléaire et le développement de cancers ?

Il a fallu attendre le début des années 2000 pour qu’une étude internationale de la mortalité par cancer soit menée dans la filière (Circ 2005). Et encore ! Elle ne l’a été que parmi les statutaires, finalement très peu exposés. Tous les mineurs, liquidateurs, gestionnaires de déchets, transporteurs et tous ceux qui travaillent dans le nucléaire militaire en ont été exclus. Le résultat de cette étude – très restreinte donc – est malgré tout accablant : avec une exposition moyenne cumulée sur 30 ans de 19,4 millisiverts (soit une dose inférieure à la limite réglementaire annuelle de 20mSv), les décès par cancer sont deux à trois fois plus élevés. Il n’est, depuis longtemps, plus nécessaire de prouver que la radioactivité provoque des cancers, mais cette étude montre qu’il existe un continent de travailleurs invisibles dont les maladies radio-induites ne sont absolument pas prises en compte.

Ces recherches et vos prises de position dans vos différents ouvrages provoquent-elles une prise de conscience ?

On est en train d’ouvrir lentement une brèche pour briser l’invisibilité des cancers professionnels des salariés de la sous-traitance du nucléaire. Quelques collectifs et associations se mettent en place. Nous avons obtenu pour la première fois en avril 2016 la reconnaissance de “la faute inexcusable” d’Endel, filiale d’Engie, employeur de Christian Verronneau, emporté par un cancer broncho-pulmonaire à l’âge de 57 ans. Il a passé sa vie professionnelle dans les centrales nucléaires françaises, enchaînant les tâches très dangereuses. Son cancer a été reconnu comme maladie professionnelle. Mais le responsable du risque, EDF, reste dans l’impunité. EDF et l’État se cachent derrière la sous-traitance pour répartir les doses de radioactivité et surtout rendre invisibles les conséquences sanitaires de l’exposition des travailleurs.

Préconisez-vous d’interdire la sous-traitance dans le nucléaire ?

Oui, car c’est par là que passe le processus d’invisibilité des travailleurs. Il est très difficile de faire reconnaître les cas de cancers comme maladies professionnelles. EDF réussit à perpétuer le mythe du nucléaire sans risque grâce à la sous-traitance. Comme c’était le cas pour l’amiante, les autorités sont parfaitement conscientes de ces risques. Elles les connaissent et cela fait 30 ans que nous [avec son groupe de recherche à l’Inserm ainsi qu’au sein de l’association Henri Pézerat qu’elle préside] luttons contre cette pratique, par exemple dans des chantiers tel que celui du démantèlement à la centrale du Bugey. Il y a aussi un verrouillage des études sur le problème de la radioactivité et je suis très inquiète par rapport au démantèlement : je n’ai d’ailleurs jamais réussi à obtenir de témoignages des travailleurs assurant le démantèlement, y compris en passant par les organisations syndicales. J’ai la quasi-certitude qu’ils n’ont pas le droit de parler. Ce sont des travailleurs sacrifiés, comme ceux qui assurent la maintenance ou comme les liquidateurs de Tchernobyl ou de Fukushima.

Élise Moreau

https://www.mediacites.fr/interview/2017/11/22/grace-a-la-sous-traitance-edf-perpetue-le-mythe-du-nucleaire-sans-risque/

Un avis intéressant :

Gilles Reynaud, 28 ans au service de l’atome : « Vers du nucléaire low-cost »

À 51 ans, Gilles Reynaud a vu du pays… et des centrales nucléaires. du Tricastin (Drôme et Vaucluse) en passant par Gravelines (Nord), Cruas (Ardèche) et Bugey (Ain), cela fait 28 ans que ce Drômois travaille comme sous-traitant dans la logistique nucléaire (servitude, assainissement et traitement des déchets). Il préside l’association Ma Zone Contrôlée qui regroupe des salariés sous-traitants et siège au conseil d’administration de l’Anccli. Selon lui, le parc nucléaire français est en ébullition : « L’ambiance est explosive, les gens vont travailler la peur au ventre ». Il dénonce la dégradation des conditions de travail et la forte rotation des agents due au manque d’attractivité de la filière. Cela entraîne selon lui des défauts de vigilance : « On est toujours un peu sur le fil du rasoir et on demande aux travailleurs d’être polyvalents. En mécanique, sur une équipe de quatre, il n’y a parfois qu’une seule personne qui est vraiment du métier. Les autres sont novices. Comment, dans ces conditions, travailler dans les règles de l’art et respecter les procédures à la lettre ? On regarde trop la rentabilité et l’humain devient la variable d’ajustement. Cela nous conduit vers du nucléaire low-cost ». Il confie aussi ses craintes pour sa santé : « On ne sait pas trop à quoi s’attendre… Nous avons des copains qui développent des cancers. On sait qu’ils ont travaillé par le passé sur des sites EDF et pris de la dose mais le lien n’est pas établi entre leur maladie et l’exposition à la radioactivité… ».

 

Nov 22

HINKLEY EN GRANDE-BRETAGNE : LES DÉPUTÉS S’ALARMENT DU COÛT POUR LES CONSOMMATEURS

Le gouvernement britannique est responsable de « graves erreurs stratégiques » dans la conduite du projet nucléaire Hinkley Point d’EDF qui va coûter bien trop cher aux consommateurs, dénonce mercredi un rapport parlementaire.

La commission aux comptes publics de la Chambre des communes britannique ne mâche pas ses mots dans ce document qui pointe les lourdes conséquences sur les ménages britanniques de la construction de la centrale nucléaire Hinkley Point C, qui a obtenu le feu vert des pouvoirs publics en septembre 2016.

Symbole du renouveau nucléaire dans le pays, le projet consiste à édifier deux réacteurs de type EPR dans le sud-ouest de l’Angleterre, pour une mise en service prévue fin 2025 au plus tôt. La construction, qui a déjà commencé, devait coûter 19,6 milliards de livres (22 milliards d’euros).

Le rapport regrette que le gouvernement n’ait pas prévu de revoir les termes du contrat, malgré le fait que le surcoût sur la facture des consommateurs pourrait s’élever à 30 milliards de livres en raison d’un prix élevé de l’électricité garanti par les autorités à EDF et à son partenaire chinois.

En utilisant ce chiffre, la commission reprend à son compte une récente étude du contrôleur des comptes britanniques, le National Audit Office (NAO), qui avait chiffré la différence cumulée sur plusieurs années entre les prix du marché de gros de l’électricité et le prix garanti à l’exploitant, actuellement plus élevé.

« Le gouvernement a fait de graves erreurs stratégiques à cet égard et doit maintenant expliquer ce qu’il va faire pour faire en sorte qu’elles ne soient pas répétées« , écrit la présidente de la commission Meg Hillier.

Selon le rapport, le ministère des Entreprises, qui encadre le nucléaire, s’est bien gardé de renégocier le contrat, puisqu’un tarif plus bas promis aux promoteurs aurait entraîné un retrait de ces derniers et un échec ou un retard du projet.

La commission souligne que les autres projets similaires utilisant le réacteur EPR (en France, Finlande et Chine) ont tous enregistré des surcoûts ou des délais, pointant un risque de retard.

Le rapport s’inquiète en particulier des mauvaises performances passées du gouvernement dans la gestion de ses contrats d’infrastructure. Sans compter que le Brexit, prévu fin mars 2019, devrait entraîner la sortie du Royaume-Uni d’Euratom, le régulateur européen du secteur.

Certaines technologies alternatives à faible émission sont désormais meilleur marché que le nucléaire, souligne en outre le rapport.

La commission demande par conséquent au gouvernement de réévaluer et de publier sa stratégie sur le nucléaire avant de donner son feu vert à tout nouveau projet de centrale.

https://www.romandie.com/news/Hinkley-les-deputes-s-alarment-du-cout-pour-les-consommateurs/865522.rom

Nov 22

POLLUTION RADIOACTIVE: L’IRSN RÉFUTE LES MISES EN CAUSE D’UN OFFICIEL RUSSE

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a réfuté mardi les accusations d’un officiel russe affirmant que la France a intérêt à mettre en cause la Russie dans la pollution radioactive détectée fin septembre pour défendre la filière nucléaire française.

L’IRSN « n’a aucun intérêt à intervenir dans des intérêts industriels« , a assuré à l’AFP son directeur adjoint Jean-Marc Peres, ajoutant que l’institut « n’a pas été le premier à signaler » avoir détecté en Europe cette pollution radioactive.

Un peu plus tôt, un responsable régional russe avait suggéré que l’IRSN aurait accusé la Russie pour aider au développement de l’industrie nucléaire française, notamment Areva et son activité de traitement des déchets nucléaires.

« La source de cette information est la France, où un concurrent de notre Maïak (complexe nucléaire russe, ndlr) recycle des déchets nucléaires. Cela fait réfléchir« , a ainsi déclaré mardi Evguéni Savtchenko, ministre de la Sécurité publique de la région de Tchéliabinsk, au site Ura.ru. Du ruthénium-106 avait été détecté dès fin septembre par plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité dans l’atmosphère.

Après enquête, l’IRSN avait conclu que cette pollution radioactive aurait son origine « entre la Volga et l’Oural« , sans identifier de site précisément.

L’institut, qui est un organisme technique indépendant, ajoutait que la pollution ne pouvait pas provenir d’un réacteur nucléaire, ni de la chute d’un satellite, et faisait l’hypothèse d’un rejet issu d’une installation liée au cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives.

« Nous avons soumis nos calculs à un panel d’homologues étrangers dont des Russes » et « aucun n’a mis en cause » les méthodes de calculs, a défendu M. Peres.

Le directeur adjoint de l’IRSN a ajouté qu’il « n’a pas envie de rentrer dans une polémique » et que l’institut « fait le même travail sur les installations d’Areva, ainsi que sur le territoire français et en Europe« .

La Russie a assuré mardi qu’aucun incident n’avait touché ses installations nucléaires, au lendemain de la confirmation, par l’agence météorologique russe Rosguidromet, que des concentrations « extrêmement élevées » de ruthénium-106 avaient été détectées fin septembre dans le sud de l’Oural par des stations météo, dont une proche du complexe nucléaire Maïak.

https://www.romandie.com/news/Pollution-radioactive-l-IRSN-refute-les-mises-en-cause-d-un-officiel-russe/865442.rom

Note du Réseau Sortir du Nucléaire pour information

Concerne la phrase : « L’IRSN « n’a aucun intérêt à intervenir dans des intérêts industriels », a assuré à l’AFP son directeur adjoint Jean-Marc Peres.

Le Réseau: Même si les assertions de responsables russes sont tout à fait discutables sur ce cas particulier du ruthénium 106, il faut garder en mémoire que les industriels de l’atome financent à plus de 50 % les crédits de l’IRSN pour l’appui technique de l’ASN (*).

(*) Les crédits de l’IRSN pour l’appui technique à l’ASN proviennent pour partie (42 M€) d’une subvention du budget général de l’État affectée à l’IRSN et inscrite dans l’action n° 11 « Recherche dans le domaine des risques » du programme 190 « Recherche dans les domaines de l’énergie, du développement et de l’aménagement durables » de la mission interministérielle « Recherche et enseignement supérieur ». L’autre partie (43 M€) provient d’une contribution due par les exploitants nucléaires.

Nov 22

ESSAIS NUCLÉAIRES. 25 VICTIMES DEMANDENT RÉPARATION À NANTES

Une quinzaine d’anciens militaires et leurs proches se sont rendus, mardi 21 novembre, pour défendre leur dossier devant la cour administrative d’appel de Nantes. |

Ce mardi 21 novembre, la cour administrative d’appel de Nantes a étudié le dossier de 25 victimes d’essais nucléaires, venant de Nantes, Rennes et Caen. Le rapporteur public soutient leur demande. Jugement dans 15 jours.

D’anciens militaires, venus de Bretagne, des Pays de la Loire ou de Normandie ont défendu, ce mardi 21 novembre, leurs requêtes auprès de la cour administrative d’appel de Nantes. Ces vétérans estiment que les maladies dont ils souffrent ou ont pu souffrir (des cancers dans la grande majorité des cas) sont liées à leur présence au Sahara ou en Polynésie française entre les années 1960 et 1996.

À cette époque, l’État français a effectué sur ces territoires plus de 200 essais nucléaires atmosphériques ou souterrains. Jusqu’à présent, le régime légal s’agissant de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires n’aboutissait que très rarement à une indemnisation.

Le Parlement a définitivement adopté mi-février une disposition destinée à favoriser l’indemnisation des victimes d’essais nucléaires, inscrite dans la loi Égalité réelle Outre-mer, publiée le 1er mars au Journal officiel. Sur les 25 dossiers présentés ce mardi 21 novembre devant le tribunal nantais, le rapporteur public a répondu favorablement à toutes les demandes d’indemnisation.

La décision sera donnée dans 15 jours. D’autres cas ont déjà été étudiés par la cour administrative d’appel de Nantes. Mi-mars, la juridiction nantaise avait déjà ordonné l’indemnisation des préjudices subis par douze vétérans. Le 28 mars 2017, huit vétérans irradiés avaient obtenu gain de cause.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/essais-nucleaires-25-victimes-demandent-reparation-nantes-5393228

Nov 21

NUCLÉAIRE : DE L’AMIANTE S’EST ÉCHAPPÉE DE L’USINE AREVA DE LA HAGUE

Les fibres d’amiante proviennent des matériaux isolants du site de traitement de combustibles nucléaires usés. La production, qui avait été interrompue pour maintenance, n’a pas encore repris.

Des fibres d’amiante se sont échappées de matériaux isolant des tuyaux à l’usine Areva de la Hague (Manche), rapporte mardi 21 novembre, France Bleu Cotentin. Le site est chargé du traitement des combustibles nucléaires usés.

L’usine était à l’arrêt pour maintenance et la direction estime qu’il est trop tôt pour mesurer les conséquences de cette découverte sur le planning de production.

Une étude en cours sur l’exposition éventuelle de salariés

Des études vont être menées pour savoir si des salariés ont été exposés à ces fibres d’amiante. « Pour le moment nous sommes dans l’attente des résultats. Il faut prendre toutes les mesures pour protéger les salariés qui vont être amenés à intervenir », explique à France Bleu un représentant du syndicat Force Ouvrière (FO) à l’usine Areva de la Hague.

La direction affirme, de son côté, que, d’après les tests, l’amiante détecté ne se présente pas sous forme de particules en suspension.

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/de-l-amiante-dans-l-usine-areva-de-la-hague-1511251159

Nov 21

NUAGE DE RUTHENIUM 106 : TOUTE LA LUMIÈRE DOIT ÊTRE FAITE SUR UN POSSIBLE ACCIDENT NUCLÉAIRE EN RUSSIE !

Alors que les dernières informations indiquent que le ruthénium 106 détecté dans l’air européen pourrait être lié à un accident nucléaire sur le site de Mayak, le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce l’inaction et le silence des autorités russes et internationales.

Fin septembre 2017, un nuage de ruthénium 106 a été détecté dans l’air européen. Le 9 novembre, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, sur la base de simulations, a indiqué que la radioactivité rejetée s’élevait probablement à 300 Térabecquerels (soit 375 000 fois plus que les rejets annuels autorisés de la centrale nucléaire de Cruas) et qu’elle provenait sans doute d’une installation située entre l’Oural et la Volga.

Alors que les autorités nucléaires russes continuent de nier la présence de ruthénium 106, les services de météorologie russe ont confirmé le 20 novembre une pollution radioactive liée à ce radioélément artificiel. Bien que les données publiées, très inférieures à l’estimation de l’IRSN, soulèvent de nombreuses questions, elles indiquent une contamination plus élevée dans la région de Tcheliabinsk, où est implanté le complexe nucléaire de Mayak.

Il apparaît donc très probable que le nuage radioactif soit lié à un problème sur le site de Mayak, qui a déjà été le théâtre de plusieurs rejets radioactifs colossaux et d’un grave accident nucléaire, longtemps tenu secret, en 1957. Nadezhda Kutepova, militante russe réfugiée en France qui s’est consacrée pendant des années à la défense des victimes de ces pollutions, identifie deux pistes pour ce rejet. Dans un communiqué, elle explique qu’il pourrait provenir soit d’un accident dans l’usine de retraitement des combustibles nucléaires, soit d’un dysfonctionnement d’une usine de vitrification de déchets radioactifs, dont la construction a connu certains déboires.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ se joint aux protestations de Nadezhda Kutepova et de la CRIIRAD pour dénoncer l’inaction et le silence des autorités russes et internationales.

Près de deux mois après ce possible accident, qui mériterait un classement au niveau 5 de l’échelle INES en raison de l’étendue de la contamination, aucune reconnaissance officielle n’a eu lieu et aucune mesure n’a été prise pour protéger et évacuer les populations locales. À ce jour, il est impossible d’obtenir des informations fiables, d’autant que le complexe nucléaire de Mayak n’est pas contrôlé par une autorité de sûreté indépendante et que les associations environnementales russes sont victimes de mesures d’intimidation.

Quant à l’OMS et l’AIEA, en restant silencieuses, elles se montrent complices de cette censure. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle à la création d’une commission d’enquête internationale pour faire toute la lumière sur cet accident et sur l’ampleur de la contamination.

Lire le témoignage de Nadezhda Kutepova sur : http://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/te_moignage_de_nadezda_kutepova_19.11.17-2.pdf

Contact presse : Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01-23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Nuage-de-ruthenium-106-toute-la-lumiere-doit-etre

Nov 21

EDF: TROIS RÉACTEURS CONCERNÉS PAR LE DÉFAUT DE CONTRÔLE DE TUBES

EDF a indiqué mardi que trois réacteurs nucléaires – Golfech 2, Flamanville 1 et Cattenom 3 – étaient concernés par des défauts de contrôle qualité sur des tubes servant à la fabrication d’assemblages de combustibles nucléaires.   

Le groupe français assure dans un communiqué que ces défauts de qualité n’ont toutefois aucun impact sur l’exploitation des réacteurs nucléaires.

Selon EDF, ces défauts concerneraient 14 crayons sur les 2,6 millions de crayons installés dans le parc nucléaire français…

Trois de ces 14 crayons sont actuellement en cours d’utilisation dans les réacteurs de Golfech 2, Flamanville 1 et Cattenom 3. Les 11 autres crayons ne sont pas installés dans les réacteurs, assure EDF.

« Les mesures actuellement réalisées dans les réacteurs de Golfech 2, Flamanville 1 et Cattenom 3 n’exigent aucune disposition particulière pour l’exploitation des réacteurs en toute sûreté« , ajoute le groupe français.

L’exploitant des centrales françaises a indiqué lundi avoir été informé par Areva de défauts dans le contrôle qualité de certains tubes servant à la fabrication d’assemblages de combustibles nucléaires, appelés « crayons« .

« Les mesures actuellement réalisées dans les réacteurs de Golfech 2, Flamanville 1 et Cattenom 3 n’exigent aucune disposition particulière pour l’exploitation des réacteurs en toute sûreté« , souligne EDF.

Areva avait de son côté indiqué vendredi que la découverte d’une barre de combustible présentant une fuite dans une usine de fabrication de Paimboeuf (Loire-Atlantique) avait conduit à des tests montrant que des tubes avaient été fournis à des compagnies électriques alors qu’ils auraient dû être écartés lors de leur contrôle.

Des médias suisses ayant rapporté que la centrale de Leibstadt, dans le nord de la Suisse, allait devoir rester fermée plus longtemps que prévu à cause de ces défauts, Areva avait alors précisé que les barres déjà chargées ne mettaient pas en péril la sécurité des centrales.

Article de Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot

https://www.usinenouvelle.com/article/edf-trois-reacteurs-concernes-par-le-defaut-de-controle-de-tubes.N616913

Nov 21

LA RUSSIE RECONNAIT AVOIR ENREGISTRÉ UNE POLLUTION RADIOACTIVE SUR SON TERRITOIRE

L’agence russe de météorologie Rosguidromet a reconnu lundi qu’une concentration « extrêmement élevée » de ruthénium-106 avait été détectée fin septembre dans plusieurs régions de Russie, confirmant les rapports de plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité.

Selon Rosguidromet, la concentration la plus élevée a été enregistrée par la station d’Arguaïach, un village du sud de l’Oural situé à 30 kilomètres du complexe nucléaire Maïak, touché par un des pires accidents nucléaires de l’histoire en 1957 et servant aujourd’hui de site de retraitement de combustible nucléaire usé.

« Le radio-isotope Ru-106 a été détecté par les stations d’observation d’Arguaïach et de Novogorny » entre le 25 septembre et le 1er octobre, précise l’agence russe dans un communiqué, ajoutant qu’à Arguaïach, « une concentration extrêmement élevée » de ruthénium-106 « excédant de 986 fois » les taux enregistrés le mois précédent a été détectée.

Ces deux stations sont situées dans le sud de l’Oural, près de la ville de Tchéliabinsk, proche de la frontière avec le Kazakhstan.

L’agence russe précise que le ruthénium-106 a ensuite été détecté au Tatarstan puis dans le sud de la Russie, avant qu’il ne se fixe à partir du 29 septembre « dans tous les pays européens, à partir de l’Italie et vers le nord de l’Europe« .

Dans un communiqué, Greenpeace Russie a appelé Rosatom, la société d’État russe qui gère l’activité de toutes les entreprises du secteur nucléaire en Russie, à « mener une enquête approfondie et à publier des données sur les évènements arrivés à Maïak« .

« Greenpeace va envoyer une lettre au parquet pour demander l’ouverture d’une enquête sur la dissimulation éventuelle d’un incident nucléaire« , ajoute ce communiqué publié sur le site internet de l’association.

Mi-octobre, Rosatom avait assuré dans un communiqué cité par les médias russes que « dans les échantillons relevés du 25 septembre au 7 octobre, y compris dans le sud de l’Oural, aucune trace de ruthénium-106 n’a été découvert à part à Saint-Pétersbourg« , rejetant les conclusions des réseaux européens de surveillance de la radioactivité.

Fin septembre, plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité avaient repéré du ruthénium-106 dans l’atmosphère.

L’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français avait ensuite indiqué, après une enquête, que « la zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l’Oural« , sans être en mesure de préciser la localisation exacte du point de rejet.

L’IRSN précisait que la source de la pollution ne pouvait provenir d’un réacteur nucléaire, car d’autres éléments radioactifs auraient été détectés, et faisait « l’hypothèse d’un rejet issu d’une installation » liée au cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives.

Le ruthénium-106 est un produit de fission issu de l’industrie nucléaire, par ailleurs utilisé pour des traitements médicaux.

« Les niveaux de concentration dans l’air en ruthénium-106 qui ont été relevés en Europe et a fortiori en France sont sans conséquence tant pour la santé humaine que pour l’environnement« , a noté l’IRSN.

Depuis la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine soviétique, en 1986, qui avait contaminé une bonne partie de l’Europe, les craintes de l’Occident sur la sécurité des installations nucléaires soviétiques puis russes n’ont jamais été levées.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/la-russie-reconnait-avoir-enregistre-une-pollution-radioactive-sur-son-territoire_118454

Nov 20

CARTE INTERACTIVE: TOUS CONCERNÉS PAR LES RISQUES NUCLÉAIRES

20 Novembre 2017 : alors que de nombreux voyants sont au rouge du côté de la sûreté et de la sécurité des centrales d’EDF et qu’un tiers du parc nucléaire français est en panne ou à l’arrêt, nous sommes plus que jamais tous concernés par le risque nucléaire. En France, nous sommes 66 % à vivre à moins de 75 km d’un réacteur nucléaire. Avec la carte interactive que nous rendons disponible cette semaine, visualisons concrètement le risque nucléaire lié aux 58 réacteurs présents sur notre territoire… et la protection insuffisante dont nous bénéficions.

Pourquoi cette carte ? Comment l’utiliser ?

Quel risque encourons-nous en cas d’accident nucléaire ? Nous mettons aujourd’hui cette carte à disposition afin que nous puissions tous visualiser le risque que nous encourons en cas d’accident nucléaire. Cette carte permet d’identifier les centrales nucléaires qui sont proches de chez nous et de comprendre quelle pourrait être l’étendue de la contamination radioactive en cas de catastrophe de type Tchernobyl ou Fukushima.

En France nous sommes 66 % à vivre à moins de 75 km d’un réacteur nucléaire. Avec cette carte, les habitants de Lyon pourront par exemple constater qu’à peine 40 kilomètres les séparent de la centrale du Bugey. Les habitants de Paris, qui vivent à proximité de la centrale de Nogent-sur-Seine (100 km) pourront de la même façon réaliser que si une catastrophe de type Tchernobyl se produisait dans cette centrale, près de 40 millions de personnes seraient concernées par la contamination radioactive.

Comment utiliser cette carte ?

Pour cela, il suffit de se localiser sur la carte (NDLR : en cliquant sur ce lien ci-contre) en entrant le nom de sa ville ou son code postal pour lancer la simulation. Il est également possible de cliquer directement sur la carte à l’endroit de votre choix pour déclencher la simulation. La carte vous indiquera la centrale nucléaire d’EDF la plus proche de votre lieu de résidence. Elle vous permettra de visualiser l’impact d’un accident nucléaire qui toucherait la centrale en question.

Sur la version actuelle de cette carte, nous avons choisi de faire figurer les 19 centrales nucléaires françaises, exploitées par EDF, ainsi que les 2 centrales nucléaires belges, exploitées par Engie-Electrabel.

Zone PPI trop restreinte : une protection insuffisante

En France, la zone PPI est la zone dans laquelle s’applique le Plan Particulier d’Intervention (PPI). Ce plan comporte l’ensemble des mesures qui doivent être appliquées par le préfet en cas d’accident sur un site nucléaire.

L’impact radiologique (contamination radioactive) de l’accident de Fukushima s’étendait sur un périmètre de plus de 100 km. En ce qui concerne la catastrophe de Tchernobyl, le périmètre était de plus 300 km. La France n’a-t-elle tiré aucune leçon de ces accidents nucléaires ?

Le plan actuel prévoit une zone de…10km. En 2016, S. Royal, alors ministre de l’Environnement, a annoncé le doublement de ces zones (20 km). Cependant, il n’y a pour le moment qu’une circulaire adoptée et pas de décret d’application publié. Le calendrier reste inconnu et Greenpeace tient à souligner qu’un PPI, même élargi à 20 km, reste un PPI trop restreint.

Accident nucléaire : un niveau de risque sans précédent ?

Avec 58 réacteurs nucléaires pour 67 millions d’habitants, la France est de loin le pays le plus nucléarisé au monde, devançant le Japon et les États-Unis. Or, l’état du parc nucléaire français est très préoccupant. Pour rappel, 37 de ces 58 réacteurs sont aujourd’hui touchés par des problèmes d’anomalies. En raison de nombreuses défaillances, 18 de ces réacteurs sont actuellement à l’arrêt, soit près d’un tiers du parc !

À ce problème de sûreté s’ajoutent des défaillances extrêmement inquiétantes en matière de sécurité : les centrales nucléaires françaises et belges, construites à une époque où les menaces n’étaient pas les mêmes, ne sont pas protégées face aux actes de malveillance. Un constat appuyé par un rapport d’experts. Les inquiétudes des experts se focalisent tout particulièrement sur les 58 piscines d’entreposage du combustible nucléaire usé d’EDF, très mal protégées face à ces risques d’attaques extérieures.

La situation financière d’EDF, catastrophique, n’arrange rien : avec des finances plombées par le nucléaire, l’entreprise n’a plus les moyens d’investir dans la maintenance des centrales nucléaires et dans la poursuite de son programme industriel. On est également en droit de se demander comment EDF va faire face aux travaux nécessaires pour sécuriser les piscines d’entreposage du combustible nucléaire usé.

Résultat ? En 40 ans, le risque d’accident nucléaire n’a peut-être jamais été aussi important…

Pour lire la suite de l’article et visualiser les cartes, cliquer sur :

https://www.greenpeace.fr/carte-sommes-concernes-risques-nucleaires/

Nov 20

LE GOUVERNEMENT DOIT RESPECTER LA LOI DE 2015 SUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

En déclarant que l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité n’est plus à l’ordre du jour, l’exécutif se montre irresponsable, estime, dans une tribune au « Monde », le physicien Bernard Laponche.

Tribune. Dans un État de droit, la plus élémentaire des exigences est le respect de la loi. La réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité en France, de 75 % environ aujourd’hui à 50 % en 2025, n’est pas seulement un engagement présidentiel mais un objectif fixé par la loi d’août 2015 sur la transition énergétique pour la croissance verte. Un changement de gouvernement n’efface pas la loi et aussi bien EDF que le gouvernement doivent s’y soumettre.

Lorsque ce gouvernement, par la voix du ministre responsable de la transition énergétique, déclare que cet objectif n’est plus à l’ordre du jour, cela revient à dire qu’il n’a pas l’intention de respecter la loi. Le dire ainsi eût soulevé un tollé général alors que l’annonce est présentée par la plupart des médias comme assez « naturelle ». Le Parlement est bafoué. En droit, l’annonce faite est nulle et non avenue. Et cela d’autant plus que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit être établie (article 49 de la loi) « afin d’atteindre les objectifs de la loi ».

Quel sens aurait alors la PPE en préparation si son contenu était déjà fixé par un non-respect de l’un de ses éléments les plus sensibles ? Et quel sens aurait le débat public prévu sur la PPE ? Cette déclaration intempestive est condamnable sur le plan du droit et assez lamentable sur celui des arguments utilisés pour justifier un tel renoncement.

La lutte contre le réchauffement climatique a beau jeu. On néglige que ce sont les émissions totales de gaz à effet de serre (GES) qui sont visées pour se concentrer sur celles de la production d’électricité.

Accumulation des risques

Isoler ce secteur et en faire l’enjeu majeur de la politique climatique fausse totalement le débat : va-t-on respecter les objectifs sur les produits pétroliers, premiers émetteurs ? Le système nucléaire émet moins de CO2 que la combustion des fossiles mais plus que la production d’électricité d’origine renouvelable ; une centrale au gaz à cycle combiné émet trois fois moins de GES par kilowattheure produit que celle d’une centrale à charbon ; et le nucléaire produit des déchets radioactifs dangereux pour des centaines de millénaires…

Sans oublier les risques qui s’accumulent avec le vieillissement des réacteurs, la multiplication des incidents, la présence d’équipements vitaux non conformes et la crise financière des principaux opérateurs.

Le premier facteur sur lequel on peut agir, et très rapidement, est la consommation d’électricité

Dans l’exposé des motifs d’une telle déclaration, on ne parle que du « mix » électrique, c’est-à-dire de la répartition des moyens de production. Or, le premier facteur sur lequel on peut agir, et très rapidement, est la consommation d’électricité, dont près de 70 % se situent dans les bâtiments des secteurs résidentiel et tertiaire. Il y a là un potentiel d’économies considérable sur le chauffage électrique et plus encore sur les usages spécifiques de l’électricité (éclairage, électroménager, audiovisuel, informatique, électronique), à la fois par le biais des comportements d’usage et d’achat et par celui d’équipements plus efficaces.

Voilà un programme national innovant et intelligent qui allégerait la facture des ménages, créerait de nouvelles activités, moderniserait notre industrie et réduirait les contraintes sur le système électrique, avec des coûts du kWh économisé souvent nuls ou très faibles et, dans la grande majorité des cas, inférieurs au coût de production.

Marché de dupes

L’exportation d’électricité d’origine nucléaire a pour origine la surcapacité nucléaire par rapport à la consommation nationale. Elle rapporte peu et on garde chez nous les risques et les déchets radioactifs : marché de dupes. Elle représente annuellement la production de dix à douze réacteurs nucléaires que l’on pourrait arrêter sans que la consommation nationale en soit affectée.

Certes, il y a la question de la pointe hivernale, encore une spécialité française (la pointe française représente environ la moitié de la pointe européenne). Ce pic causé par le chauffage électrique provoque chaque hiver la mise en marche de toutes les centrales, tout en nécessitant l’importation d’électricité, essentiellement d’Allemagne : la France « importe » des émissions de CO2 (qui, évidemment, ne lui sont pas attribuées).

Ce phénomène est invoqué chaque automne pour justifier le maintien en fonction de toutes les centrales nucléaires. Faux argument : le nucléaire est fait pour fonctionner en base ; la solution, plutôt que de recourir aux importations, est de disposer d’un parc équilibré, avec une production, pour la pointe, tenant compte davantage des centrales à gaz à cycle combiné et d’énergies renouvelables.

Bref, il y a beaucoup de sujets à discuter dans la préparation de la programmation pluriannuelle de l’énergie, dans le respect de la loi.

Par Bernard Laponche (polytechnicien, docteur ès sciences en physique des réacteurs nucléaires, ancien directeur général de l’AFME (aujourd’hui ADEME),…

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/20/le-gouvernement-doit-respecter-la-loi-de-2015-sur-la-transition-energetique_5217386_3232.html

Nov 20

GRAND JEU DE LA FRANCE AU PROCHE-ORIENT

Emmanuel Macron propose à l’Iran de sauver le compromis nucléaire en échange d’une démilitarisation du Hezbollah au Liban

La France veut sauver le Liban. Elle veut le sauver d’une vacance institutionnelle pouvant déboucher sur des affrontements armés. En voulant le sauver elle veut également tenter d’éviter à toute la région une montée de la tension, déjà forte, entre l’Arabie saoudite et l’Iran mais en a-t-elle les moyens ? 

Tout parait dire que non tant les positions iraniennes et saoudiennes semblent inconciliables. 

L’Iran ne veut pas entendre parler de la moindre négociation sur son programme balistique et l’a clairement rappelé à Emmanuel Macron qui souhaite lui que ce programme soit encadré afin d’apaiser les inquiétudes de Ryad et de Washington. On n’imagine pas non plus que les Iraniens puissent envisager un retrait, même partiel, des troupes du Hezbollah qu’ils ont engagées en Syrie car leur allié, Bachar al-Assad, a un besoin vital de l’appui de l’organisation politico-militaire des chiites libanais que Téhéran arme et finance. 

Or tout le problème est que c’est pour obtenir ce rappel des troupes du Hezbollah et un reflux de l’Iran vers ses frontières que le prince héritier saoudien avait imposé au Premier ministre libanais, Saad Hariri, de démissionner. Il l’avait fait avec la volonté d’obliger le Liban à contraindre le Hezbollah de se retirer de Syrie et a pris les Libanais en otage en les sommant d’agir ou de bien vite replonger dans la guerre civile faute de retrouver un consensus leur permettant de se gouverner. 

Pour Ryad comme pour Téhéran, l’enjeu est tel qu’on ne voit pas comment la France pourrait les amener à un compromis sauf… Sauf deux choses. 

La première est qu’Emmanuel Macron a su convaincre l’Arabie saoudite de laisser Saad Hariri rentrer à Beyrouth mercredi via Paris en lui montrant qu’elle était en train de cimenter le Liban dans le refus de la violence et donc, rapport de forces oblige, dans une volonté de compromis avec le Hezbollah et son protecteur iranien. La France a marqué un point et ne désespère pas d’en marquer un second en obtenant du Hezbollah qu’il cesse de se comporter comme un État dans l’État et laisse s’affirmer un Etat libanais. 

Ce n’est pas gagné mais, dans cette bataille, la France a l’atout d’avoir, en même temps, l’oreille des Saoudiens et celle des Iraniens car elle dénonce la déstabilisation du Proche-Orient par Téhéran tout en défendant, contre Donald Trump, la pérennité du compromis sur le nucléaire. 

Ce que la France essaie de faire est d’obtenir des Américains, des Saoudiens et des Israéliens qu’ils tempèrent leur ardeur à enterrer le compromis nucléaire en échange d’un feu vert de l’Iran à une démilitarisation du Hezbollah au Liban. L’ambition est grande mais, si Emmanuel Macron y parvenait, ce serait un premier pas dans la recherche d’un compromis régional. 

Vous pouvez écouter cet entretien avec Bernard Guetta (2 mn) en cliquant sur :

https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-20-novembre-2017