Oct 16

DÉMANTÈLEMENT D’EDF, CONFRONTATION SYNDICALE FACE AU PRÉSIDENT LÉVY À SAVOIE-TECHNOLAC!

Hercule est la nouvelle organisation que le gouvernement Macron veut mettre en œuvre à EDF. Il s’agit de séparer les activités endettées comme le nucléaire (à nationaliser) des activités profitables comme les énergies renouvelables ou le commerce (à privatiser). Jean-Bernard Lévy le président du groupe EDF est en visite au Centre d’Ingénierie Hydraulique d’EDF à Savoie-Technolac. Les syndicats lui font part de leur opposition au projet mais pas toujours dans l’unité syndicale… Un deuxième reportage sera consacré au développement des arguments de chaque syndicat présent.

Par la TV NET citoyenne, publié le 15 oct. 2019

Pour voir la vidéo (6mn52s), cliquer sur:

https://www.youtube.com/watch?v=WLu8rE-_i0M

Oct 16

FORUM DU CINQUANTENAIRE DU PREMIER ACCIDENT NUCLÉAIRE FRANÇAIS À SAINT-LAURENT-DES-EAUX

L’entrée est gratuite (libre participation aux frais).

Crowdfunding – HelloAsso (pour aider)

Oct 16

NUCLÉAIRE : LA CONSTRUCTION DE NOUVEAUX EPR SERAIT « ABSURDE SUR LE PLAN INDUSTRIEL », SELON L’ASSOCIATION NÉGAWATT

Yves Marignac, porte-parole de l’association NégaWatt, dénonce « l’absurdité » de la demande du gouvernement à EDF d’envisager la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.

Dans une lettre, le gouvernement demande à EDF d’étudier la possibilité de construire six nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR alors que le chantier à Flamanville accumule les difficultés. « Une décision absurde sur le plan industriel et par rapport aux projections énergétiques« , dénonce mardi 15 octobre sur franceinfo Yves Marignac, consultant spécialiste du nucléaire et porte-parole de l’association NégaWatt.

Y a-t-il une forme de paradoxe dans cette demande du gouvernement vu le retard du chantier de Flamanville ?

Yves Marignac : D’absurdité même. Le gouvernement ne fait pas que demander à EDF d’étudier l’hypothèse de construction de réacteurs EPR. Cette lettre est importante parce qu’elle va plus loin. Aujourd’hui, ce que demande le gouvernement à EDF, c’est de se préparer, se mettre en capacité de construire. Il vient de refermer les options et de décider d’ores et déjà qu’en 2021, EDF construira de nouveaux réacteurs. C’est absurde sur le plan industriel compte tenu du fiasco actuel et absurde par rapport aux projections énergétiques sur l’évolution de notre système.

Ça veut dire que le gouvernement n’attend pas de voir jusqu’où va le chantier de l’EPR de Flamanville pour lancer d’autres réacteurs du même type ?

YM : En 2007, EDF commence le chantier de l’EPR de Flamanville. À l’époque, c’est pour préparer le remplacement des réacteurs actuels lorsqu’ils atteignent 40 ans. Entre-temps, EDF annonce qu’il va repousser cette reconstruction et prolonger la durée de vie de ces réacteurs. Cela a pour effet aujourd’hui de refermer l’opportunité politique de démarrer ce programme de nouveaux réacteurs. Chaque jour qui passe rend les renouvelables plus compétitifs et l’attrait des Français pour un changement de système énergétique plus important. La fenêtre politique pour lancer des EPR se ferme et je pense que le gouvernement essaie de passer en force.

On peut aussi se dire qu’il faut agir vite pour remplacer les centrales vieillissantes ?

YM : Cela fait plus de dix ans que l’on sait que cette perspective est devant nous, que les gouvernements successifs ne font que gagner du temps en repoussant toute décision, en misant tout sur la prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires malgré tous les risques industriels et financiers que cela représente. Donc on ne peut pas, après toutes ces années d’attentisme et alors même que le temps multiplie les options possibles, dire qu’il faut absolument enclencher ces constructions. Du point de vue des objectifs de la loi Énergie et climat, qui vise la réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité en 2035, si on prolonge la durée de vie des réacteurs actuels, on n’a pas du tout besoin de se presser dans la construction de nouveaux EPR pour maintenir ces objectifs. Le crédit qu’EDF a totalement perdu au vu du retour d’expérience de Flamanville et de Hinkley Point (en Angleterre) en matière de promesse sur les coûts et les délais, impose aujourd’hui une plus grande prudence.

EDF est-il en capacité de produire ces six EPR supplémentaires ?

YM : Tout le pari du gouvernement est de penser que relancer ce programme de construction va redresser EDF. Or c’est le contraire qui risque de se produire, puisque cela vient alourdir financièrement les charges sur une entreprise déjà en difficulté pour faire face aux coûts qu’elle doit couvrir. Il y a un sentiment de fuite en avant et d’impasse industrielle dont ni EDF ni le gouvernement n’assument de devoir sortir. Il est urgent de mettre à plat les enjeux et de s’engager dans une vraie diversification de notre système électrique dont on parle depuis plus de dix ans et que le gouvernement peine à mettre en œuvre

Source : France Info Radio France, publié le 15/10/2019 à 22h51

Photo en titre : L’EPR de Flamanville, dans la Manche. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/nucleaire-la-construction-de-nouveaux-epr-serait-absurde-sur-le-plan-industriel-selon-l-association-negawatt_3660635.html

Oct 16

LE COUP DE SONDE NUCLÉAIRE DU GOUVERNEMENT

Le gouvernement demande à EDF de plancher sur un programme de construction de 6 réacteurs EPR 2. Un vrai coup de billard français.

Sonder: «mesurer la profondeur d’une cavité, de la mer, ou en explorer sommairement le fond au moyen d’une sonde». C’est un peu l’exercice auquel se livre le gouvernement en matière de politique énergétique. Dernier épisode en date: la fuite, hier lundi 14 octobre, dans Le Monde d’une lettre sur la programmation d’un prochain chantier nucléaire.

Signée par les ministres de l’économie et des finances et de la transition énergétique, la missive demande au P-DG d’EDF d’auditer la filière nucléaire tricolore (dont le groupe EDF détient désormais l’essentiel des composants), de réaliser un retour d’expérience de la construction des 6 premiers EPR (en Finlande, en France, en Chine et au Royaume-Uni). Objectif: que le gouvernement dispose de tous les éléments d’appréciation pour prendre «une décision éclairée sur l’engagement éventuel d’un programme de construction de réacteurs nucléaires neufs de type EPR2 en France.»

6 tranches EPR sur trois sites

Au ministère de la transition écologique, on jure que la décision «éclairée» n’est pas prise. Elle semble toutefois avoir été mûrement réfléchie. Les deux ministres évoquent un «programme de construction de trois paires de réacteurs sur trois sites distincts, chaque paire étant espacée de quatre ans et les tranches au sein d’une même paire de 18 mois.» Ces chiffres ne tombent pas du ciel. Ils figuraient déjà, en août 2018, dans le rapport d’Escatha-Collet-Billon; un document estampillé secret-défense mais qui s’était retrouvé dans les colonnes des Échos.

De plus, le rythme de construction devrait permettre de rester en dessous du plafond légal de 63,2 GWe; le démantèlement des tranches de 900 MW pourrait se poursuivre à un tempo deux fois plus rapide que celui de la construction des tranches nouvelles, notamment entre 2025 et 2035, période durant laquelle, EDF devra fermer une tranche par an.

Signaux contraires

Cette présentation du nouveau programme électronucléaire français tombe-t-elle à pic? Politiquement, c’est risqué. Le gouvernement ne cesse d’envoyer des messages contradictoires. La loi sur la transition énergétique pour la croissance verte de 2015 (LTECV) fixe pour 2025 à 50% de la production d’électricité la part produite par l’énergie nucléaire, contre 70% aujourd’hui. Échéance qui a été repoussée de 10 ans par la récente loi relative à l’énergie au climat.

La LTECV oblige aussi le gouvernement à publier, à la fin de cette année au plus tard, sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2019-2028. Encore dans les limbes, cette PPE reprend les objectifs des deux textes précédents. La messe semble donc dite: il faudra fermer une quinzaine de réacteurs d’ici à 2035. En aucun cas en construire 6 nouveaux.

Exploitation de gilets jaunes

C’était sans compter sur les Gilets jaunes. Ou plutôt l’exploitation que compte en faire l’administration d’Édouard Philippe. Ce mouvement social, rappelons-le, est né d’une franche opposition à l’augmentation annoncée (et votée par le parlement !) de la contribution climat énergie (CCE). Dans un souci d’apaisement, le premier ministre avait annoncé l’arrêt de l’augmentation de cette CCE. Or, sans alourdissement de cette taxe carbone frappant combustibles et carburants fossiles, point d’évolution des comportements des automobilistes. «Depuis que la CCE est gelée, les entreprises ne sont plus convaincues que les prix des produits pétroliers vont inexorablement monter. Ce qui mine leur appétit pour les énergies renouvelables», confirme Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables.

Pour tenter de relancer la fiscalité du carbone, le gouvernement a convoqué une énième convention citoyenne. Cet aréopage de 150 Français devra formuler des recommandations sur les mesures les plus pertinentes, en termes de lutte contre le réchauffement et d’acceptation sociale. La CCE sera, peut-être, dans le lot? L’atome? Rien n’interdit à l’agora d’évoquer le sujet et de proposer de déplafonner le parc nucléaire? D’où l’idée de montrer qu’un programme d’EPR 2 pourrait être lancé dès la mi-2021.

Projet Hercule

Il ne s’agit pas que de convaincre les Français avides de démocratie participative. Mais aussi le monde de la finance. Toujours à la demande du gouvernement, son principal actionnaire, EDF met la dernière main à un projet de réorganisation. À gros traits, le «projet Hercule» vise à scinder le groupe en deux pôles: les business units rentables (énergies renouvelables, commerce, distribution, les services à l’énergie) et les activités stratégiques: nucléaire, centrales hydroélectriques, réseau de transport. Cette dernière partie «bleue» serait nationalisée (100% étatique). La «verte» pourrait ouvrir son capital à des investisseurs extérieurs, sur le modèle de RTE.

Comment financer la «bleue», dont les coûts, avec la modernisation d’une partie du parc nucléaire (45 Md€ entre 2014 et 2025) et le démantèlement de 15 tranches, ne vont cesser de grimper? Le démantèlement est, en principe, payé via un prélèvement sur le montant de la facture d’électricité. Les investissements sont intégrés à la stratégie du groupe.

Contrat pour différence

Quid des nouveaux réacteurs? Les dirigeants d’EDF ne s’en cachent pas: ils souhaitent renouveler en France l’expérience britannique des «contrats pour différence», conclus pour construire les 2 réacteurs EPR de la centrale de Hinkley Point C.

Ses grandes lignes sont connues: le gouvernement britannique apporte sa garantie pour réduire les risques des investisseurs (EDF Energy et son confrère chinois CGNPC, en l’occurrence). Une fois construite, la centrale livrera, 35 années durant, un courant à un prix fixe couvrant les frais de construction, d’exploitation et de démantèlement : 92,5 £/MWh. Si les prix de gros du marché britannique sont inférieurs: EDF Energy recevra du Trésor britannique un complément de rémunération (comme l’éolien en France!). A contrario, si les prix de marché s’envolent: l’exploitant rembourse la différence à la Couronne.

Haro sur la loi énergie-climat.

L’association Notre Affaire à tous a soumis, ce mardi 15 octobre, une contribution extérieure pour indiquer au Conseil constitutionnel en quoi, selon elle, la loi énergie-climat est anticonstitutionnelle. Cet avis est donné à l’occasion de la saisine de la cour suprême française par 60 parlementaires le 10 octobre dernier. La décision des gardiens de la constitution est attendue pour le mois de novembre.

Simple et conforme aux règles communautaires encadrant les aides d’État ! De quoi singulièrement réduire les risques financiers d’un investissement dont le montant pourrait osciller (au vu des expériences récentes) entre 30 et beaucoup de dizaines de milliards d’euros ! En novembre 2016, Xavier Ursat, directeur exécutif chargé de l’ingénierie et des nouveaux projets nucléaires, indiquait viser un EPR de nouvelle génération à 5 milliards d’euros l’unité: 40% de moins que le prix du prototype français. Mais, au vu des dérives financières des chantiers en cours, ce montant peut, légitimement, être taxé d’optimiste.

Pas de certification en vue

Le programme des 6 EPR sera-t-il mis en œuvre? L’avenir le dira. Mais le calendrier fixé par le gouvernement semble très optimiste. Certes, en moins de deux ans, EDF peut auditer la filière nucléaire, tirer un bilan de la réalisation des premiers réacteurs et établir un programme industriel. Les inquiétudes portent plutôt sur l’EPR 2. Cette version light de l’EPR de Flamanville, plus simple et moins chère à construire, n’est pas certifiée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Or, cette procédure est longue et coûteuse. Initiée en 2016, elle n’est pas prête d’aboutir. En juillet dernier, le gendarme du nucléaire tricolore a demandé à l’industriel de revoir sensiblement le dossier d’options de sûreté pour les projets d’EPR 2 et d’EPR Nouveau Modèle (EPR NM). En avril 2018, l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) avait montré peu d’enthousiasme à l’idée caressée par EDF d’augmenter la puissance de l’EPR NM par rapport à celle de la tranche de Flamanville 3.

Par Valéry Laramée de Tannenberg, publié le 15 octobre 2019

Photo en titre : Chantier de la centrale de Hinkley Point C, au financement innovant. EDF Energy.

http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-coup-de-sonde-nucleaire-du-gouvernement,100246

Oct 16

UN EXERCICE DE GUERRE NUCLÉAIRE DANS L’ARCTIQUE

La Russie teste cette semaine ses missiles balistiques dans la zone.

Des opérations de grande envergure, avec 12 000 soldats, cinq sous-marins, plus d’une centaine d’avions, 200 lanceurs de missiles : Moscou montre les muscles et s’assurent que la Russie est toujours dans la course nucléaire. La Défense envoie des missiles balistiques entre la mer de Barents et la Kamchatka. La zone est interdite à tout navire civil.

Ces opérations interviennent alors que la Russie tente de négocier la prolongation du traité conclu avec les États-Unis pour limiter le nombre de lanceurs et d’ogives. La Russie veut le maintenir, les États-Unis laissent planer le doute pour l’instant.

Par Amélie Perrier, chroniqueuse, publié le mardi 15 octobre 2019

Photo en titre : Un soldat russe patrouille sur l’île de Kotelny, au-delà du cercle arctique, le 3 avril 2019. © AFP / Maxime POPOV

https://www.franceinter.fr/emissions/sous-les-radars/sous-les-radars-15-octobre-2019

Oct 16

LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ÉCONOMIE

Le 10 octobre 2019,

Monsieur le Ministre,

Je viens de prendre connaissance de votre annonce, du 29 septembre 2019, qu’un audit indépendant serait réalisé, sur la filière française du nucléaire, d’ici au 31 octobre.

Je me réjouis de cette annonce et de cette décision bien qu’elle soit fort tardive au regard des décisions déjà prises par le gouvernement dont vous faites partie et par tous les gouvernements précédents depuis que cette industrie a été créée. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire !

Un audit indépendant est évidemment indispensable compte-tenu des dangers extrêmes de cette filière industrielle.

Pour alimenter votre réflexion, et l’audit que vous avez décidé, je vous informe que des associations, scientifiques, experts, journalistes et citoyens indépendants, scrutent en permanence ce qu’il se passe dans et autour des installations nucléaires militaires et civiles. Certains salariés de l’industrie nucléaire exercent également leur devoir de vigilance à l’intérieur de leurs entreprises, car ils sont les premiers menacés, malgré la difficulté de la tâche et les risques pour leur carrière professionnelle.

L’examen des résultats de ces différentes observations, et mes propres observations, me conduisent à la conclusion qu’il faut arrêter sans attendre toutes les installations nucléaires de production d’armes, d’électricité et au final de déchets nucléaires.

C’est non seulement possible techniquement mais c’est indispensable au regard des morts prématurées, des maladies générées, des atteintes au génome humain, que cette industrie provoque et risque encore de provoquer en France, dans les pays qui lui fournissent la totalité de l’uranium utilisé, dans les pays riverains de nos installations nucléaires et dans ceux qui sont destinataires volontaires ou involontaires de nos déchets nucléaires.

Mais comme ces arguments ne sont sans doute pas suffisants pour vous convaincre de la nécessité d’arrêter définitivement cette industrie de destruction massive il vous suffit d’examiner ses conséquences économiques désastreuses pour prendre les décisions qui s’imposent. En effet aucun réacteur nucléaire dans le monde ne peut fonctionner sans subventions publiques conséquentes. Car tous les réacteurs nucléaires en fonctionnement détruisent de la valeur. C’est ce que vient de mettre en évidence une étude publiée par plusieurs chercheurs en économie allemands et dont vous pouvez consulter le résumé (en anglais ou en allemand) à l’adresse électronique suivante :

https://www.diw.de/documents/publikationen/73/diw_01.c.670578.de/dwr-19-30.pdf

https://www.diw.de/documents/publikationen/73/diw_01.c.670466.de/19-30-1.pdf

Selon cette étude la valeur actualisée nette d’un réacteur nucléaire de 1 000 MW, sur sa durée de vie, est comprise entre -1,5 et -8,9 milliards d’euros. Et cette destruction de valeur économique ne prend pas en compte le coût de gestion des déchets nucléaires et de démantèlement après arrêt définitif des installations.

Pour l’ensemble des 58 réacteurs nucléaires français la destruction de valeur économique, selon cette étude, serait donc comprise entre 87 et 516 milliards d’euros. Et il faudrait y ajouter le coût de l’arme atomique.

La mise à l’arrêt définitif et sans délai de ces installations permettrait donc à la France de faire des économies à court terme mais aussi à plus long terme (cancers et maladies diverses évités). Elle permettrait d’engager la France de manière déterminée dans la voie de la réduction de la dépendance aux industries de domination et de destruction auxquelles nous avons été trop longtemps soumis.

Pour votre complète information sur le sujet je vous joins une bibliographie sommaire de différentes publications récentes, ou plus anciennes, qui vous permettront de mieux comprendre pourquoi il est indispensable d’arrêter les dégâts.

Je reste évidemment à votre disposition pour plus de renseignements et vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma détermination à faire stopper la destruction atomique.

Par François VALLET, militant antinucléaire

Bibliographie sommaire

Nucléaire, climat et économie

High-priced and dangerous: nuclear power is not an option for the climate-friendly energy mix – DIW Weekly Report, bulletin from the German Institute for Economic Research – N°30 – 2019, https://www.diw.de/documents/publikationen/73/diw_01.c.670578.de/dwr-19-30.pdf

WNISR2019 Assesses Climate Change and the Nuclear Power Option,  https://www.worldnuclearreport.org/WNISR2019-Assesses-Climate-Change-and-the-Nuclear-Power-Option.html

Dégâts de l’industrie nucléaire sur la santé

Recommandations 2003 du Comité Européen sur le Risque de l’Irradiation – 2004 – CERI – Éditions Frison Roche,  https://www.editions-frison-roche.com/produit/175/9782876714496/ceri-2003

Jean Rostand : Un biologiste contre le nucléaire – 2012 – Textes choisis et commentés par Alain Dubois – Éditions Berg International, http://www.berg-international.fr/liste_ouvrage.php?recordID=532&cate=5

La comédie atomique : l’histoire occultée des radiations –  2016 – Yves LENOIR – Éditions La Découvert, http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_com__die_atomique-9782707188441.html

Dégâts de l’arme atomique

Les Irradiés de la République – Les victimes des essais nucléaires français prennent la parole – 2003 – Bruno Barrillot – Éditions complexe, http://www.obsarm.org/spip.php?article40

Arrêtez la bombe ! – 2013 – Paul Quilès, Bernard Norlain, Jean-Marie Collin – Cherche Midi, https://www.lisez.com/livre-grand-format/arretez-la-bombe/9782749129495

Mensonges et falsifications de l’industrie nucléaire

Les dossiers noirs du nucléaire français – 2013 – Dominique Leglu, Monique Sené, Raymond Sené – Presses de la cité, https://www.lisez.com/livre-grand-format/les-dossiers-noirs-du-nucleaire-francais/9782258094062

La farce cachée du nucléaire – 2017 – Nozomi Shihiro – Éditions Yasnost et Sortir du nucléaire, https://lafarcecacheedunucleaire.info/

Nucléaire, danger immédiat – 2018 – Thierry Gadault et Hugues Demeude – Flammarion, https://editions.flammarion.com/Catalogue/flammarion-enquete/nucleaire-danger-immediat

Nucléaire : une catastrophe française – 2018 – Erwan Benezet – Fayard, https://www.fayard.fr/documents-temoignages/nucleaire-une-catastrophe-francaise-9782213709536

Sous-traitance dans l’industrie nucléaire

Cahier d’acteur « Ma zone contrôlée » pour le débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie, https://ppe.debatpublic.fr/cahier-dacteur-ndeg26-ma-zone-controlee

 Déchets nucléaires

Déchets, le cauchemar du nucléaire – 2009 – Laure Noualhat – Seuil/Arte Éditions, https://boutique.arte.tv/detail/dechets_le_cauchemar_du_nucleaire_395726

Cas particulier de l’EPR

Le réacteur nucléaire EPR : un projet inutile et dangereux – Les cahiers de Global Chance, http://www.global-chance.org/Le-reacteur-nucleaire-EPR-un-projet-inutile-et-dangereux

Cas particulier de la centrale nucléaire du Bugey

Dossier destiné à la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires françaises, http://www.stop-bugey.org/dysfonctionnements-et-pollutions/2018-enquete-parlementaire-sur-la-surete-et-la-securite-nucleaire/

Modélisation d’un accident majeur dans cinq centrales nucléaires pour 365 situations météorologiques en Europe occidentale et analyse des impacts potentiels sur les populations, les sols et les pays touchés – 2019 – Institut Biosphère Genève, https://institutbiosphere.ch/eunupri_2019.html

Pourquoi et comment se passer de l’énergie nucléaire

Le nucléaire : peut-on et doit-on s’en passer ? – 2009 – Marie-Christine Gamberin, https://local.attac.org/finistere/IMG/pdf/gamberini-sepasserdunucleaire-toulouse-29-1-09.pdf

L’arrêt immédiat du nucléaire est techniquement possible à l’échelle européenne – 2019 – Élisabeth Brenière et François Vallet, http://collectif-adn.fr/2019/arret-immediat-europe.html

Oct 15

NUCLÉAIRE : DES EXPERTS BRITANNIQUES EN IRAN POUR MODERNISER LE RÉACTEUR D’ARAK

Des experts britanniques sont arrivés lundi en Iran pour mener des travaux visant à moderniser le réacteur à eau lourde d’Arak, dans le centre du pays, a annoncé lundi l’ambassade du Royaume-Uni à Téhéran.

L’Iran a démantelé le cœur de ce réacteur nucléaire de façon à le rendre inutilisable, comme le prévoit l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 entre Téhéran et le groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne).

Cet accord, dont se sont retirés unilatéralement les États-Unis en mai 2018, prévoit également la reconfiguration et la reconstruction du réacteur d’Arak (240 km au sud-ouest de Téhéran), avec l’aide d’experts étrangers afin de transformer l’installation en un réacteur de recherche incapable de produire du plutonium à usage militaire.

Des experts britanniques, assistés par une équipe d’experts chinois, sont « arrivés à Téhéran aujourd’hui pour mener les prochaines étapes de la modernisation du réacteur d’Arak« , a indiqué lundi l’ambassade du Royaume-Uni dans un communiqué.

Au cours de cette visite de trois jours, « les experts mèneront des consultations avec l’Organisation de l’énergie atomique de l’Iran sur l’aide technique internationale » apportée au projet, a-t-elle ajouté.
L’équipe sera menée par le professeur Robin Grimes, conseiller en chef pour les affaires scientifiques auprès du ministère britannique de la Défense, a précisé l’ambassade.

« Cette visite fait partie de l’engagement que nous avons pris pour assurer que le JCPOA (sigle donné à l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, NDLR) bénéficie à la fois à l’Iran et à la communauté internationale« , a expliqué l’ambassade.

« C’est pour cela que nous respectons notre engagement de coopérer avec l’Iran pour moderniser le réacteur d’Arak afin que l’Iran développe un programme civil nucléaire moderne« , a-t-elle affirmé, précisant que « d’importants progrès ont été réalisés l’année dernière » sur ce projet.

Depuis le retrait des États-Unis du JCPOA et le rétablissement de sanctions américaines contre l’Iran, les tensions entre Téhéran et Washington sont au plus haut. Londres et Paris ont tenté en septembre –en vain– une médiation en vue de permettre une rencontre entre les présidents iranien et américain, Hassan Rohani et Donald Trump.

Estimant que les Européens sont incapables d’aider l’Iran à contourner les sanctions américaines qui ont plongé l’économie iranienne en récession, Téhéran a commencé en mai à se désengager très progressivement de ses obligations prises dans le cadre de l’accord de 2015 et menace de s’affranchir d’autres obligations.

Le 26 septembre, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé que Téhéran avait lancé le processus d’enrichissement d’uranium dans ses centrifugeuses avancées.

Par AFP, publié le 14/10/2019

Photo en titre : vue générale du réacteur à eau lourde d’Arak, dans le centre de l’Iran, en 2011 / ISNA/AFP/Archives

https://www.lorientlejour.com/article/1190813/nucleaire-des-experts-britanniques-en-iran-pour-moderniser-le-reacteur-darak.html

Oct 15

LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE DOIT-ELLE PASSER PAR AUTANT DE DÉSINFORMATION ?

Depuis plusieurs semaines fleurissent dans différents supports des prises de position vantant le rôle que doit jouer l’électricité dans la transition énergétique et fustigeant le sort qui lui serait actuellement réservé.

Une stratégie de communication intensive qui s’apparente plus à un tir nourri d’artillerie qu’à une approche constructive du sujet.

Il est temps de rectifier certaines choses, l’affirmation sans preuves, voire la fausse information ayant pris le pas sur l’argumentation éclairante qui devrait prévaloir quand on aborde la politique énergétique de notre pays.

La transition énergétique, mais aussi sociétale, est un enjeu complexe et décisif pour notre avenir … il ne peut être abordé que par une approche fondée sur l’efficacité énergétique, la pluralité des énergies, le verdissement de chacune d’entre elles, la prise en compte de toutes les externalités, les efforts et la contribution de chaque filière à l’objectif commun.

Une même foi dans la décarbonation

C’est en tout cas la conviction de l’association Coénove que j’ai l’honneur de présider depuis sa création. Personne ne met en doute la place que jouera l’électricité dans cette transition ; la vraie question est : toute seule, dans la lignée de sa posture impérialiste historique ou en acceptant de faire la place à d’autres qui poursuivent le même objectif et sont animés de la même foi dans la décarbonation de l’économie … ?

Au premier rang des accusés, le Coefficient d’Énergie Primaire, accusé tout bonnement d’exclure l’électricité de la construction neuve et d’empêcher la France d’atteindre ses objectifs de lutte contre le dérèglement climatique…

Mieux même, dans une posture systématique de victimisation, « on » s’acharnerait sur l’électricité, puisque c’est la seule énergie à laquelle s’applique ce coefficient. Signalons tout de suite que ce coefficient appliqué dans la RT 2012 n’empêche nullement la pompe à chaleur de connaître un développement spectaculaire dans le secteur de la maison individuelle (plus de 60% du marché) !

Discrimination vous disiez ? Quant à la place du gaz dans le collectif, elle est avant tout à rechercher dans le coût et la mise en œuvre des PAC (individuelle ou collective) en immeuble.

La virulence des arguments n’est pas un gage de véracité. Rappelons quelques notions fondamentales : il est ahurissant d’écrire que l’énergie primaire n’a pas de signification intrinsèque, elle est le seul indicateur qui traduit les impacts sur notre planète des prélèvements de ressources naturelles et permet de comparer la responsabilité des énergies entre elles.

L’Europe ne s’y est d’ailleurs pas trompée et a confirmé l’énergie primaire comme seul mode d’expression des objectifs pour apprécier la performance énergétique des bâtiments.

Le problème est que l’électricité n’est pas une énergie primaire et, n’en déplaise aux adorateurs de la fée électricité, est obtenue en transformant des ressources extrêmement variées : charbon, pétrole, gaz, uranium, eau, soleil, vent … et que cette transformation se traduit par une chaine de rendements énergétiques pour passer de la ressource primaire, épuisable ou renouvelable à l’utilisation finale.

C’est le coefficient d’énergie primaire qui permet de remonter la quantité des prélèvements faits sur les ressources épuisables de la planète, car la notion clé du raisonnement est le caractère épuisable : l’énergie primaire ne concerne pas que les énergies fossiles, elle inclut également l’uranium utilisé pour l’industrie nucléaire, dont les réserves sont elles aussi limitées et posent les mêmes questions géopolitiques compte tenu des pays fournisseurs (Australie, mais aussi Russie et Kazakhstan) que les énergies fossiles. Ranger dans la même catégorie le nucléaire et les énergies renouvelables relève donc de la tromperie … l’uranium étant une ressource épuisable, il est tout à fait normal de l’intégrer dans le calcul du coefficient d’énergie primaire de l’électricité !

Quel coefficient ?

Et nous en arrivons maintenant à la valeur de ce coefficient, ce fameux 2,58 dont je concède qu’il repose sur des conventions et qu’il date quelque peu.

En fait, son mode de calcul (élaboré par l’Agence Internationale de l’Énergie) s’appuie sur une production électrique à partir de centrales thermiques à flamme (charbon, fioul, gaz) avec un rendement moyen conventionnel de 38,7%.

Cela conduit au coefficient de 2,58 à appliquer : 1/38,7% = 2,58 ! Or, le parc de production électrique est désormais, comme chacun sait, très majoritairement nucléaire et qu’une centrale nucléaire a un rendement inférieur à une centrale thermique à flamme (de l’ordre de 33%), car, pour des raisons bien compréhensibles de sécurité, les niveaux de température dans le circuit primaire sont moins élevés dans une centrale nucléaire, ce qui dégrade le rendement.

Quelle serait donc la « bonne » valeur de ce coefficient ? L’Administration a publié en avril 2019 le graphe édifiant ci-dessous qui retrace son évolution en France depuis plusieurs années …

Pour 2019, on arrive à … 2,74, après entre passé par 3 en 2010 et 2,8 en 2015, ce qui signifie que, contrairement aux cris d’orfraie de certains, le chiffre de 2,58 favorise l’électricité depuis plusieurs années et nécessiterait un rehaussement.

L’urgence climatique est un sujet trop sérieux pour qu’on le réduise…

Les faits allant à l’encontre d’une volonté d’électrification massive immédiate du logement neuf, on nous propose d’aller chercher un mix électrique hypothétique 2035… pour adopter un nouveau coefficient à 2,1 dès la RE2020 !

Du jamais vu quand on connait la capacité de la France à respecter ses engagements de réduction du nucléaire.

Revoir le coefficient d’énergie primaire pour tenir compte de la montée en puissance des énergies renouvelables dans le mix électrique, oui… mais en adoptant la méthodologie retenue par l’Europe : calculs effectués sur le mix 2020 et révision tous les quatre ans.

Il est ainsi regrettable que les échanges et les débats autour de la transition énergétique et la future réglementation dans le bâtiment neuf, la RE 2020, s’appuient sur de telles allégations et fausses informations : l’urgence climatique est un sujet trop sérieux pour nos concitoyens et notre planète pour qu’on la réduise à un simple argument politique visant à évincer ses concurrents au premier rang desquels le gaz dont le verdissement est une réalité chaque jour plus affirmée.

Par Bernard Aulagne, publié le 15.10.2019

https://www.lemondedelenergie.com/transition-energetique-desinformation/2019/10/15/

Oct 15

L’IRAN SE DIT PRÊT POUR DES DISCUSSIONS SUR LE NUCLÉAIRE SI LES ÉTATS-UNIS LÈVENT LEURS SANCTIONS

TÉHÉRAN 14 octobre (Xinhua)  Le président iranien, Hassan Rohani, a déclaré lundi que l’Iran était prêt à reprendre les discussions sur le nucléaire avec les six puissances si les États-Unis lèvent toutes les sanctions contre l’Iran, a rapporté Press TV.

« Si les sanctions sont levées sur la base de nos revendications, nous sommes prêts à prendre part aux discussions dans le cadre du groupe P5 + 1« , a affirmé M. Rohani, faisant référence aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies plus l’Allemagne, qui ont signé un accord sur le nucléaire avec l’Iran en 2015.

« Notre principale préoccupation est de savoir si nos intérêts peuvent être satisfaits par des négociations ou si les pourparlers ne sont que du spectacle« , a-t-il ajouté.

Le président américain Donald Trump a fait sortir les États-Unis de l’accord historique sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et a exigé la reprise des négociations nucléaires avec Téhéran en vue de renforcer les restrictions imposées à son programme nucléaire.

De son côté, l’Iran a rejeté les exigences américaines et, par la suite, Washington a imposé des sanctions sans précédent à l’économie iranienne, en particulier à ses exportations de pétrole.

Par, French.xinhuanet.com, publié le 15 octobre2019 à 04h24

http://french.xinhuanet.com/2019-10/15/c_138471790.htm

Oct 15

TYPHON HAGIBIS : DES SACS DE DÉCHETS CONTAMINÉS DE FUKUSHIMA EMPORTÉS DANS UNE RIVIÈRE

REUTERS- Ces sacs de déchets nucléaires contiennent notamment de la terre et des feuillages issus de la décontamination radioactive des sols situés aux alentours de Fukushima.

Le puissant typhon Hagibis, qui secoue le Japon depuis samedi, a déjà fait sur son passage près de 70 morts et des milliers de sinistrés. De nombreuses victimes ont passé plusieurs nuits dans des refuges, notamment dans les provinces de Miyagi et Fukushima, régions déjà dramatiquement touchées par le tsunami et l’accident nucléaire de mars 2011. Mais le typhon a également entraîné des crues impressionnantes, causées par des pluies torrentielles.  

Sacs remplis de déchets nucléaires

Près de Fukushima, les pluies ont emporté d’énormes sacs de déchets nucléaires remplis de terre et de feuillages issus de la décontamination radioactive des sols situés aux alentours de la centrale nucléaire. Dix des 2667 sacs qui étaient entreposés non loin d’un cours d’eau « ont été emportés par la rivière mais six ont pu être récupérés« , a indiqué à l’AFP Keisuke Takagi, un porte-parole du ministère de l’Environnement. 

LIRE AUSSI >> Typhon Hagibis : derrière les phénomènes météo extrêmes, l’ombre du réchauffement 

Il n’y a « pas d’informations selon lesquelles les sacs ont été déchirés« , a-t-il affirmé en concluant qu' »il n’y a rien à craindre« . Il existe toutefois des dépôts de ce type en plusieurs endroits de la région. Un journaliste japonais a publié sur Twitter des vidéos des sites de stockage inondés, contenant des piles de sacs renversés

Des sacs de déchets nucléaires de Fukushima ont été emportés dans une rivière après le passage du puissant typhon Hagibis au Japon. (illustration). Pour voir la vidéo, aller sur le site ci-dessous.

Selon des responsables de la municipalité de Tamura, dans la préfecture de Fukushima, un nombre inconnu de ces sacs de déchets ont été emportés dans la rivière Furumichi, indique LCI. Un « courant d’eau » serait passé sur un « site de stockage temporaire » en raison des pluies torrentielles causées par le typhon Hagibis, explique la chaîne publique NHK. La centrale de Fukushima Daiichi, où s’est produit l’accident nucléaire de 2011, n’a en revanche pas connu d’anomalie majeure, selon la NHK. 

Par LEXPRESS.fr, publié le 15/10/2019 à 07h39, mis à jour à 15h01

Photo en titre : Des sacs de déchets nucléaires de Fukushima ont été emportés dans une rivière après le passage du puissant typhon Hagibis au Japon. (illustration)

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/typhon-hagibis-des-sacs-de-dechets-contamines-de-fukushima-emportes-dans-une-riviere_2103421.html

Oct 15

NUCLÉAIRE : « QUI VA PAYER L’ARDOISE DE CES FUTURS EPR ? »

Pour l’expert critique du nucléaire Yves Marignac, le gouvernement privilégie la construction de nouveaux EPR sans se soucier de considérations économiques.

Yves Marignac, expert critique du nucléaire, est directeur de l’agence Wise-Paris et membre des groupes permanents d’experts de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Il réagit à la publication par Le Monde d’une lettre envoyée par Élisabeth Borne et Bruno Le Maire au président d’EDF qui lui demande d’étudier la construction de six nouveaux réacteurs EPR en France.

Que vous inspire ce courrier dans lequel le gouvernement détaille sa feuille de route pour la construction de nouveaux réacteurs au PDG d’EDF ?

Yves Marignac : Cette lettre exprime clairement le souhait du gouvernement de s’orienter vers la construction de nouveaux réacteurs EPR. Jusqu’ici, l’exécutif avait laissé cette option ouverte. Dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la feuille de route énergétique de la France pour les dix prochaines années, le gouvernement disait vouloir prendre la décision d’engager ou non ce nouveau programme. Aujourd’hui, on découvre qu’en réalité la question est déjà tranchée, sans prendre la peine de poursuivre l’instruction équilibrée de cette alternative.

Mais est-il raisonnable d’être en position d’attente sur un sujet comme celui-ci ? La filière nucléaire demande depuis longtemps une décision claire sur le sujet…

On était dans cette position pour de bonnes raisons : les difficultés sans fin du chantier de Flamanville 3, le projet Hercule de réorganisation complète d’EDF, l’évolution du système énergétique et le retard croissant de compétitivité du nucléaire vis-à-vis des énergies renouvelables, etc. Avec en toile de fond un sujet majeur : comment financer le coût très lourd de ces EPR ?

Une fois de plus, le nucléaire procède par fait accompli. Ce courrier ne vaut pas encore décision, mais il fait clairement pencher la balance, alors même que ces questions majeures restent en suspens.

Comment jugez-vous cette orientation ?

C’est évidemment contraire à l’esprit démocratique, puisque ce choix en faveur d’une option est posé sans aucune discussion ouverte sur le sujet.

Mais surtout, le courrier manifeste une confiance a priori dans la démonstration attendue que rien ne justifie au vu du retour d’expérience actuel. Les annonces désastreuses des dernières semaines concernant la dérive des chantiers de réacteurs EPR à Flamanville ou Hinkley Point, au Royaume-Uni, témoignent du peu de crédit que l’on peut encore accorder aux promesses d’EDF en termes de coûts et de délais.

Et même si EDF était en mesure de beaucoup mieux maîtriser industriellement et financièrement la construction de futurs EPR, ceux-ci auraient encore besoin d’un soutien public massif. Le gouvernement va devoir expliquer qui va payer l’ardoise de ces EPR.

Propos recueillis par Nabil Wakim, publié le 14 octobre à 22h20

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/14/nucleaire-qui-va-payer-l-ardoise-de-ces-futurs-epr_6015508_3234.html

Oct 14

LA CONSTRUCTION DE 6 RÉACTEURS EPR EST DEJA ACTÉE SANS AUCUNE DÉCISION DÉMOCRATIQUE !

Le gouvernement a donné à EDF une lettre de mission pour poursuivre sa fuite en avant !

Ce lundi 14 octobre, le Monde vient de rendre publique l’existence d’un courrier adressé à EDF par les ministres de la Transition écologique et solidaire et de l’Économie et des Finances.

Il en ressort que la décision du gouvernement concernant la construction de nouveaux réacteurs est déjà prise, et que les ministres demandent à EDF de fournir des gages en vue de la construction de six EPR ! Nous dénonçons cette fuite en avant absurde et suicidaire, qui met en danger à la fois l’environnement, les alternatives énergétiques et les finances publiques.

Construction de nouveaux réacteurs : pour le gouvernement, la messe est déjà dite !

Lors de la publication de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, en novembre 2018, Emmanuel Macron avait annoncé qu’aucune décision ne serait prise avant 2021 concernant la construction de nouveaux réacteurs. Au vu du retard sur le chantier de l’EPR de Flamanville, il semblait même évident que rien ne serait décidé avant que celui-là ne soit achevé.

Or, selon le courrier évoqué dans Le Monde, la décision gouvernementale serait déjà prise. Dans cette lettre datée du 12 septembre, le gouvernement demande à EDF de procéder à un état des lieux de la filière nucléaire, d’identifier ses manques et les actions à mener pour regagner en compétence, afin d’assurer la construction de trois paires d’EPR « Nouveau Modèle » sur trois sites différents.

Le gouvernement a donc suivi le scénario préconisé par le rapport Collet-Billon-Escatha, dont les grandes lignes ont été dévoilées juste après la démission de Nicolas Hulot et qui préconisait la construction de 6 EPR [1]. On comprend mieux les achats de terrain effectués par EDF autour des centrales [2], tout comme l’appel d’offre déposé par EDF pour la construction de deux EPR à partir de 2023 !

Il en ressort que les procédures réglementaires à prévoir (enquête publique, débat public), voire les débats sur le sujet avec les parlementaires, constituent un non-sujet pour le gouvernement, comme pour EDF. Peu importe qu’une écrasante majorité de citoyennes et citoyens ait exprimé son opposition à la construction de nouveaux EPR, y compris pendant le débat public sur la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie [3] : comme d’habitude, concernant le nucléaire, on ne s’embarrasse pas avec la démocratie !

Refusant de voir la réalité en face, le gouvernement acte une fuite en avant absurde

Cette décision de fait n’est pas seulement gravement antidémocratique, elle témoigne d’un aveuglement accablant. Il suffit d’ouvrir les yeux : le chantier de l’EPR de Flamanville n’en finit pas de s’enliser ; EDF est en quasi-faillite ; la perte de compétences est flagrante à tous les niveaux ; les affaires de malfaçons et de fraude organisée s’accumulent et l’Autorité de sûreté nucléaire elle-même doute des capacités de la filière à réaliser de gros travaux ! Qui peut sérieusement croire que celle-ci pourra se mettre rapidement en ordre de marche pour construire de nouveaux réacteurs ? Et comment attendre d’EDF un état des lieux honnête, au vu de sa tendance récurrente à dissimuler malfaçons et mauvaises pratiques ?

Il est gravissime que le gouvernement cautionne ainsi la fuite en avant d’EDF, incapable de penser la fin du nucléaire et d’envisager une transition vers le 100% renouvelable. « EDF doit continuer à construire des réacteurs, comme le cycliste doit pédaler pour ne pas tomber », avait déclaré le PDG d’EDF. Avec son soutien, EDF va donc pédaler droit dans le mur !

Sauver le nucléaire… en sacrifiant les services publics et le climat ?

Dans cette lettre, le gouvernement invite EDF à recenser les besoins de la filière en « contrats » et en « investissements ». Fidèle à la tradition, Bruno Le Maire ira donc faire le VRP pour décrocher des contrats ? Surtout, qui paiera ces « investissements » ? EDF accroîtra-t-elle encore les économies sur la maintenance des installations, quitte à accélérer le dumping social entre entreprises sous-traitantes et dégrader toujours plus la sûreté ? Les contribuables devront-ils encore renflouer les caisses d’EDF ? Dans quels postes budgétaires, quels services publics le gouvernement taillera-t-il pour financer ces nouveaux projets inutiles et imposés ?

Cette volonté de sauver le soldat nucléaire à tout prix en dit long sur les priorités du gouvernement. Les dizaines de milliards qui seraient gaspillés pour soutenir cette technologie dangereuse et dépassée sont autant de moyens qui feront défaut à la lutte contre le changement climatique. En préparant la production de nouveaux déchets radioactifs et en bloquant un nécessaire changement de système de production et de consommation de l’énergie, nos responsables politiques affichent leur mépris pour les générations futures.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle à faire front pour empêcher ces projets mortifères de voir le jour. En finir avec le nucléaire est une urgence !

Le nucléaire tue l’avenir, arrêtons-le !

Contacts presse :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Laura Hameaux – 06 85 23 05 11

Notes :

[1] Rédigé notamment par un ancien administrateur du CEA et conseiller d’EDF et un ancien délégué général à l’armement, ce rapport préconisait la construction de 6 EPR à partir de 2025 pour un démarrage en 2035 (lire notre réaction).

[2] Depuis quelques années, EDF est en train de procéder à l’achat de terrains à proximité des centrales de la vallée de la Loire, du Tricastin et de Cattenom, sans préciser explicitement leur destination.

[3] En 2018, 67% des 400 personnes tirées au sort à l’occasion du débat public sur la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie s’étaient prononcés contre la construction de nouveaux réacteurs avant 2028.

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/La-construction-de-6-EPR-est-deja-actee-Sans

Communiqué de presse publié le 14 octobre 2019

Oct 14

NUCLÉAIRE : UNE BONNE ET DEUX MAUVAISES NOUVELLES…

Pendant que les me (r) dias de grande diffusion s’enferraient et nous enfumaient avec les péripéties croquignolesques de Xavier de Ligochépakoi, trois nouvelles importantes – une bonne et deux mauvaises – sont passées inaperçues. Les trois concernent l’industrie nucléaire.

La bonne nouvelle : l’enterrement de la dénommée Astrid, joli nom pour une belle horreur. En fait le réacteur dit de « 4ème génération » n’était qu’une pure invention publicitaire de l’industrie nucléaire. La supposée « génération 4 » n’était en réalité que le recyclage de vieux projets qui avaient été auparavant écartés par l’industrie nucléaire. Le réacteur de 4ème génération c’était le retour des surgénérateurs de type Superphénix. Un bide retentissant s’il en est et un danger pour des milliers de générations. Superphénix, démarré en 1986, arrêté en 1997 après 53 mois de fonctionnement et de nombreux déboires graves, n’ayant même pas fourni l’électricité nécessaire à son fonctionnement ! Sa construction et son entretien avaient coûté 12 milliards d’euros et son démantèlement est actuellement un casse-tête. Au point que des têtes d’œufs envisageraient carrément une solution Tchernobyl : un sarcophage acier et béton au-dessus du monstre, le tout recouvert de terre. Avec des arbres et des petits oiseaux à trois becs et cinq ailes ! Ils seraient pittoresques nos nucléocrates s’ils n’étaient pas si nuisibles et dangereux…

De profondis Astrid…

La belle nous aura tout de même coûté plus de 700 millions engloutis en pure perte (c’est la tradition dans le nucléaire de jeter NOS sous par les fenêtres). Applaudissons tour de même chaleureusement les responsables qui ont enfin fermé ce robinet-là.

Mais logiquement l’abandon d’Astrid devrait s’accompagner de l’arrêt de la filière plutonium, puisque Astrid n’avait pour but que de « brûler » les tonnes de déchets qu’est le plutonium, l’horreur intégrale. Et donc d’arrêter de produire ce plutonium puisque la raison du développement civil du retraitement des combustibles REP avec la construction des usines du site de La Hague – usine hyperpolluante – ne se justifiait que par la filière « surrégénération », sa finalité étant de fabriquer du combustible pour les surrégénérateurs. Cet arrêt n’est pas prévu. Bonjour la cohérence !

La mauvaise nouvelle : mercredi matin (9 octobre 2019), EDF a annoncé par communiqué que l’addition du chantier EPR de Flamanville allait encore augmenter de 1,5 milliard d’euros pour atteindre les 12,4 milliards et que le réacteur entrerait – au mieux – en service à la fin de 2022 !

Malgré toutes leurs manœuvres contre l’ASN (autorité de sûreté nucléaire), tous leurs dénis, les responsables d’EDF savent depuis longtemps qu’il y a des problèmes de qualité de soudure. Et une soudure qui pète dans la cuve de confinement, bonjour les dégâts ! Saluons le courage et la résilience de l’ASN qui a su résister à toutes les pressions et ne pas transiger sur la sécurité nucléaire. Mais depuis des années, l’État et la haute fonction publique couvrent toutes les dérives de la toute-puissante mafia des nucléocrates. Tous se tiennent et se protègent.

Notons que ce fiasco tant technologique que financier a dix ans de retard (il devait être mis en service et 2012) et coûtera quatre fois plus que les 3,5 milliards initialement annoncés. Ils seraient pittoresques ces nucléocrates s’ils n’étaient pas si dépensiers…

Le gouvernement aura-t-il enfin le courage d’arrêter la sinistre plaisanterie de l’EPR. Qui lo sa ? On peut toujours espérer.

La deuxième mauvaise nouvelle. Il ne faudrait surtout pas croire que l’abandon raisonnablement progressif et calculé du nucléaire soit à l’ordre du jour : les nucléocrates vont sortir une nouvelle carte de leur manche : le réacteur Hualong ! Que saco ? Il s’agit d’un ersatz d’EPR mais… chinois ! Cette technologie est issue de la collaboration entre les deux grands groupes nucléaires chinois, la China National Nuclear Corporation (CNNC) et la China General Nuclear (CGN).

Également appelé réacteur ACP1000, il s’agira donc du premier réacteur nucléaire chinois de 3ème génération à voir le jour. Plus petit que son homologue français, l’EPR et ses 1.700 MW, le réacteur chinois de nouvelle génération affichera une puissance de 1.000 MW.

Alors qu’il était ministre de l’économie, Emmanuel Macron avait signé discrètement un accord avec le groupe chinois CGN afin que la filière nucléaire française puisse utiliser les technologies chinoises.

Ah ! Puisqu’on y est, cerise sur le yellow cake britiche, EDF a annoncé discrètement, il y a quelques semaines, que le « fabuleux » chantier d’Hinkley Point en Grande-Bretagne allait coûter plus cher que prévu, « entre 21,5 et 22 milliards de livres sterling » (24 et 24,5 milliards d’euros), en raison de l’allongement des délais sur le chantier… La routine quoi. Et qui qui va payer ?

La programmation raisonnable de l’abandon nucléaire ne passera donc pas par Macron. Celui-ci est un fervent adepte de cette filière de mort. Il a pesé tant qu’il a pu, lorsqu’il était en poste au secrétariat de l’Élysée puis au ministère de l’économie, sous François Hollande, pour trouver dans nos poches les 4,5 milliards de recapitalisation et autant dans les poches d’EDF pour sauver Areva de la faillite. N’a-t-il pas choisi comme Premier ministre Édouard Philippe qui a été directeur des affaires publiques du groupe Areva pendant sa pire époque, entre 2007 et 2010 ?

Bon. Pour se débarrasser du nucléaire, il faudra, d’abord, de débarrasser de Macron…

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

Par Victorayoli, publié le 14 octobre 2019, Blog : Le blog de victorayoli

https://blogs.mediapart.fr/victorayoli/blog/141019/nucleaire-une-bonne-et-deux-mauvaises-nouvelles

Oct 14

VUE AÉRIENNE DE LA NOUVELLE ARCHE DE TCHERNOBYL – VIDÉO

Ayant explosé en 1986, le réacteur nᵒ4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl se trouve désormais sous une nouvelle arche en métal. La vue aérienne de cette structure, construite par les groupes français Bouygues et Vinci, vient d’être rendue publique.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement a publié sur Facebook une vidéo filmée par un drone qui montre depuis les airs la nouvelle arche de Tchernobyl. Il s’agit d’un «dispositif de confinement» construit au-dessus du réacteur nᵒ4, dévasté en 1986.

Publié par European Bank for Reconstruction and Development (EBRD)

C’est la plus grande structure mobile terrestre actuelle. Elle permettra de confiner et sécuriser les restes de la catastrophe nucléaire pendant au moins une centaine d’années, est-il indiqué en légende. 

Le dôme de confinement, financé par la communauté internationale, a été conçu et réalisé par Novarka, coentreprise des groupes français Bouygues et Vinci.

Selon la Banque, le Project Management Institute a inclus cette arche dans la liste des 50 projets les plus influents de ces 50 dernières années.

Le 27 septembre, des journalistes ont visité la salle de contrôle du réacteur nᵒ4 de la centrale. Ruptly a rendu publiques des images de ce dernier.

La catastrophe de Tchernobyl

Après la diffusion de la minisérie américaine Tchernobyl, le taux de fréquentation touristique de la zone d’exclusion a considérablement augmenté, 74.671 de personnes l’ayant visité en huit mois.

© Sputnik . Ivan Rudnev

Tchernobyl en flammes: des feux de forêt ravagent la zone d’exclusion – images

Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl a explosé. 134 personnes, parmi lesquelles du personnel technique et des pompiers, ont été atteintes du syndrome d’irradiation aiguë. 28 d’entre elles sont décédées au cours des premiers mois. Un employé de la centrale a trouvé la mort au moment de l’explosion et un autre est décédé à l’hôpital de Pripiat peu après.

Au total, environ 46.500 kilomètres carrés ont été pollués par la radiation en Biélorussie (23% de la superficie du pays) et 50.000 kilomètres carrés en Ukraine.

19 régions russes peuplées par 2,6 millions d’habitants ont été également touchées sur une superficie de 60.000 kilomètres carrés.

Publié le 14 octobre 2019 à 9h48

Pour voir les images et vidéos, cliquer sur:

https://fr.sputniknews.com/international/201910141042259951-vue-aerienne-de-la-nouvelle-arche-de-tchernobyl–video–/

Oct 14

GREENPEACE : LA PLACE DE NOS MILITANT·ES N’EST PAS EN PRISON

Le 30 octobre, huit militant·es et un porte-parole de Greenpeace France seront jugé·es en appel à Metz. En première instance, deux d’entre eux ont été condamnés à de la prison ferme, les autres à cinq mois avec sursis. Leur crime ? Avoir dénoncé le risque nucléaire en allumant un feu d’artifice dans la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle. Ils et elles l’ont fait pour nous : leur place n’est pas en prison. Soyons à leur côté !

RDV le 30 octobre 2019 à partir de midi et tout l’après-midi devant la Cour d’appel de Metz, 3 Rue Haute Pierre

Rappel des faits :

Octobre 2017, des militant·es de Greenpeace s’introduisent dans la centrale nucléaire de Cattenom et déclenchent un feu d’artifice au pied de la piscine d’entreposage de combustibles radioactifs. Cette action non violente a permis de démontrer les failles de sécurité dans cette centrale située à une trentaine de kilomètres de Metz.

Pour avoir lancé l’alerte, huit militant·e·s et un salarié ont été condamné·es dont deux à de la prison ferme le 27 février 2018. C’est la première fois dans l’histoire de Greenpeace France.

Ces lourdes sanctions ne sont pas acceptables ! Leur action s’est faite au nom de l’intérêt général, pour dénoncer l’irresponsabilité d’EDF. Ils et elles l’ont fait pour nous !

Les 9 de Cattenom ont décidé de faire appel de la décision : leur procès se tiendra à Metz le 30 octobre prochain.

Alors que la répression sévit à Bure et ailleurs à l’encontre du mouvement climat, Greenpeace lance un appel à se mobiliser lors de l’audience pour soutenir les militant·es écologistes et rappeler que leur place n’est pas en prison.

Face au risque nucléaire ou à l’urgence climatique, on ne se taira pas.

Nous avons besoin de montrer au gouvernement que la désobéissance civile ne doit pas être réprimée quand c’est l’intérêt général qui est défendu. Notre présence à toutes et tous est indispensable !

https://www.greenpeace.fr/proces-metz/

Oct 14

POUTINE EXHORTE LES ÉTATS-UNIS À SOUTENIR LA PROLONGATION DU TRAITÉ DE RÉDUCTION DES ARMES NUCLÉAIRES

MOSCOU, 13 octobre (Xinhua) — Le président russe Vladimir Poutine a averti les États-Unis que le refus de prolonger le Nouveau traité de réduction des armes stratégiques (New START) serait synonyme de plus grands risques et incertitudes pour la sécurité mondiale, a déclaré le Kremlin ce dimanche.

« Le traité New START est actuellement le seul traité dont nous disposons pour nous empêcher de retomber dans une course aux armements de grande envergure« , a affirmé M. Poutine dans une interview accordée à RT arabe, Sky News Arabia et Al-Arabiya, selon une transcription du Kremlin.

Selon M. Poutine, le traité, qui expire en 2021, vise à davantage réduire et limiter le nombre de toutes les armes stratégiques offensives, y compris les lanceurs de missiles balistiques intercontinentaux actionnés depuis le sol, la mer ou les airs.

« Pour nous assurer qu’il soit prolongé, nous devons travailler dessus dès maintenant« , a préconisé M. Poutine.

Il a indiqué que la Russie avait déjà présenté ses propositions à l’administration américaine mais qu’elle n’avait pas encore reçu la réponse de cette dernière.

Il a exprimé sa préoccupation sur le fait que Washington n’a peut-être pas encore décidé de son besoin ou non de reconduire le traité, ce qui n’est pas un signe encourageant pour l’avenir du pacte.

« Si ce traité n’est pas reconduit, le monde n’aura aucun moyen de limiter le nombre d’armes offensives, et c’est une mauvaise nouvelle« , a déclaré M. Poutine, ajoutant que « le monde sera moins sûr et l’avenir sera bien moins prévisible« .

Moscou et Washington ont signé le traité en 2010. Celui-ci stipule les limites imposées au nombre de diverses armes stratégiques dont disposent les deux parties. L’accord peut être prolongé de cinq ans au maximum avec le consentement des deux pays.

Par French.xinhuanet.com|, publié le 14 octobre 2019 à 02h44

http://french.xinhuanet.com/europe/2019-10/14/c_138469069.htm

Oct 14

DES PHOTOS COULEUR INCROYABLES D’ARMES AMÉRICAINES DE LA GUERRE FROIDE SONT DÉVOILÉES

Des photos incroyables mettent en lumière la complexité saisissante de l’équipement nucléaire créé par les États-Unis pendant la guerre froide.

Les images, capturées par le photographe et auteur Martin Miller, mettent en évidence le côté technologique de la longue confrontation du pays avec la Russie, qui s’est déroulée après la Seconde Guerre mondiale jusqu’au début des années 1990.

Au cours de cette longue période, les deux nations concurrentes ont été engagées dans une course aux armements, construisant et stockant un arsenal sophistiqué conçu pour infliger le maximum de catastrophes.

Miller – qui a récemment publié deux livres répertoriant les armes nucléaires conçues par les États-Unis – écrit sur son site internet que « les énormes obstacles techniques à la production de matériaux et de conceptions nucléaires ont progressivement cédé, permettant des armes pratiquement illimitées et une puissance explosive …. Au cours de la dernière moitié du 20ème siècle, une concurrence technologique et technologique frénétique nous a laissé avec la panoplie effrayante de machines catastrophiques ».

Le système de guidage AIRS (Advanced Inertial Reference Sphere), conçu pour faciliter la navigation dans un missile balistique connu sous le nom de MX Peacekeeper, figurait au nombre des créations les plus sophistiquées. Le développement de ce missile a commencé en 1971 et s’appuie sur les avancées technologiques déjà réalisées au cours des 25 premières années de la guerre froide. Alors que le système de guidage AIRS peut sembler maladroit et daté, le dispositif de rodage est composé de 19 000 pièces individuelles et a contribué à réduire la précision de sa précision à seulement 130 pieds. (NDLR : 40 mètres)

Une série de photos montre les subtilités du système de guidage AIRS, extrêmement coûteux et fastidieux dans sa construction. Cela a ralenti le déploiement des missiles MX Peacekeeper jusqu’à la fin de la guerre froide. Alors qu’il existait à l’origine des plans pour 100 missiles MX Peacekeeper, le Congrès a plafonné ce nombre à 50 en 1984. Ils n’ont été mis en service qu’en 1986.

Le système de navigation AIRS s’appuie sur la technologie du système de guidage installé dans le missile balistique Minuteman II, entré en service pour la première fois en 1965. Une incroyable photo couleur capturée par Miller montre toutes les parties mobiles de ce système de navigation, connues des ingénieurs comme Jeu de guidage inertiel ‘. Alors que le système AIRS était capable de réduire la précision à 130 pieds, le jeu de guidage inertiel avait une précision de frappe moins impressionnante d’environ 1 mile

Miller a non seulement photographié les armes nucléaires construites par les États-Unis pendant la guerre froide, mais également les consoles de contrôle nécessaires à leur lancement. Une image montre la console du missile Titan II, dévoilée en 1963, un an après la crise des missiles cubains. Le missile Titan II devait être lancé à partir d’une capsule de contrôle souterraine reliée au silo dans lequel il était stocké. Deux opérateurs de missiles devraient recevoir un ordre du président pour pouvoir lancer le Titan II. Une fois l’ordre de lancement donné, une transmission audio d’un code de sept lettres serait diffusée à chacun des opérateurs se trouvant sur le pupitre de commande. Tous les deux devraient entrer le code correct pour le lancement réussi de l’arme nucléaire.

L’ogive du missile Titan II est représentée. Les armes étaient stockées dans des silos souterrains spécialement conçus pour résister aux attaques nucléaires. C’est ainsi que l’on pourrait contre-lancer avec succès si les Russes avaient déjà détruit la terre située en haut. Le missile avait une portée maximale de 9 300 miles, (NDLR : 15 000 km) ce qui signifie qu’il pourrait facilement viser Moscou si les États-Unis avaient lancé une attaque nucléaire contre ses ennemis. La capitale russe est située à 6 000 km de la côte ouest de l’Amérique

Le missile balistique Titan II est décrit dans toute sa splendeur. L’arme nucléaire a été mise en service pour la première fois en 1963 et était prête à être utilisée pendant 24 ans. Il y avait à l’origine 63 missiles Titan II, dont 18 en alerte continue 24 heures sur 24 dans une base aérienne située à Tucson, en Arizona. Le missile a finalement été retiré de sa capacité de lancement en 1987. Chaque lancement du Titan II a coûté plus de 3 millions de dollars au pays.

Les armes nucléaires fabriquées par les États-Unis ont été transférées à travers le pays dans un train blindé appelé « Le train blanc« . Le train était en service de 1951 à 1987. Malgré son nom, l’Office of Secure Transportation du ministère de l’Énergie avait changé les couleurs des wagons à plusieurs reprises au cours des années afin de ne pas attirer l’attention. Les manifestants ont souvent tenté de bloquer le passage du train après son départ de l’usine Pantex au Texas, où la plupart des armes nucléaires ont été construites. Après 1987, le gouvernement a décidé de transporter des armes nucléaires via des camions blindés

Ci-dessus, une des photographies de Miller du Stanley R. Mickelsen Safeguard Comple, situé à Nekoma, dans le Dakota du Nord. Les installations militaires ont été conçues pour permettre le lancement et le contrôle de 100 missiles anti-balistiques, qui devaient tous être gardés dans des silos souterrains. Mais si le complexe a atteint sa capacité opérationnelle en avril 1975, il a été désactivé moins d’un an après que le Congrès l’ait jugée «inefficace». L’image ci-dessus montre le site désolé et abandonné

Miller a également photographié du matériel utilisé au début de la guerre froide, alors que la technologie nucléaire en était encore à ses balbutiements. Une image sur son site Web montre le USS George Washington – le premier sous-marin opérationnel de missiles balistiques des États-Unis. Le sous-marin nucléaire a été mis en service pour la première fois en 1959 et a effectué 55 patrouilles de dissuasion dans les océans Atlantique et Pacifique au cours des 25 prochaines années. En comparaison avec les images détaillées des systèmes de navigation, le sous-marin semble relativement peu sophistiqué – ce qui contribue à mettre en évidence les incroyables progrès technologiques réalisés par les États-Unis au cours de la guerre froide.

La bombe thermonucléaire Mark 17 a été photographiée par Miller dans les moindres détails. Cinq des bombes ont été ajoutées à l’arsenal nucléaire des États-Unis entre avril et octobre 1954. Toutefois, en mai 1957, l’une des armes les plus volumineuses est tombée accidentellement d’un avion alors qu’il était transporté au-dessus d’une base aérienne au Nouveau-Mexique. L’arme est tombée accidentellement par les portes fermées d’un bombardier B-36 alors qu’il était en train d’atterrir. Les fosses de plutonium ont été stockées séparément dans l’avion par mesure de sécurité, ce qui signifie qu’une catastrophe nucléaire a été évitée. Toutefois, l’incident a propagé une contamination radioactive sur plus de deux kilomètres autour de sa zone d’impact. Les Mark 17 ont par la suite été mis hors service plus tard dans l’année.

Le bombardier stratégique B-52 est décrit sur une photo en noir et blanc de Miller. Conçu et construit par Boeing, le premier bombardier a été achevé en 1955 et pouvait transporter jusqu’à 70 000 livres d’armes. Jusqu’en 1962, 744 bombardiers B-52 ont été produits. Chaque avion a coûté 14,43 millions de dollars. Dans la devise d’aujourd’hui, cela équivaut à 104 millions de dollars par avion, ou 77,3 milliards de dollars collectivement. Malgré la fin de la guerre froide, de nombreux avions continuent d’être utilisés par l’armée de l’air. En décembre 2015, 58 des bombardiers B-52 étaient toujours en service actif et 18 autres étaient en réserve.

Par Delmar Laforge, le 13 octobre 2019 à 2h17

Pour voir les photos et vidéos, cliquer sur Source

https://news-24.fr/des-photos-couleur-incroyables-darmes-americaines-de-la-guerre-froide-sont-devoilees/

Oct 13

FORUM DES 50 ANS DU 1ER ACCIDENT NUCLÉAIRE FRANÇAIS À ST-LAURENT-DES-EAUX THÉÂTRE D’ORLÉANS À ORLEANS

Un forum commémoratif du cinquantenaire du premier accident nucléaire français survenu à la centrale de St Laurent-des-Eaux le 17 octobre 1969, se déroulera au théâtre d’Orléans les samedi 19 et dimanche 20 octobre 2019. Cet accident, et celui de 1980 plus grave [le point.fr le-jour-ou-la-france-a-frole-le-pire] ( https://www.lepoint.fr/societe/le-jour-ou-la-france-a-frole-le-pire-22-03-2011-1316269_23.php ), équivalent à celui de Three Mile Island, ont été recouvert d’une chape de silence, et n’ont, à notre connaissance, jamais fait l’objet d’un colloque ou même d’une conférence. Et c’est pourquoi un tel forum est nécessaire si l’on veut parvenir à soulever la chape de plomb médiatique entourant ces accidents graves dont au moins l’un d’entre eux a abouti à un rejet notable de plutonium dans la Loire. Entrée avec participation libre

Commémoratif au Théâtre d’Orléans, les 19 et 20 octobre 2019

Théâtre d’Orléans Boulevard Pierre Segelle 45000 Orléans Orléans Loiret

Dates et horaires de début et de fin (année – mois – jour – heure) :

2019-10-19T09:15:00 2019-10-19T13:00:00; 2019-10-19T14:15:00 2019-10-19T17:30:00;2019-10-19T20:00:00 2019-10-19T00:00:00;2019-10-20T10:00:00 2019-10-20T13:00:00;2019-10-20T14:15:00 2019-10-20T17:30:00

Photo en titre : Forum des 50 ans du 1er accident nucléaire français à St Laurent des Eaux

https://www.unidivers.fr/rennes/forum-des-50-ans-du-1er-accident-nucleaire-francais-a-st-laurent-des-eaux-theatre-dorleans-2019-10-19-2/

Oct 13

BELGIQUE : CE PIRATE INFORMATIQUE AFFIRME AVOIR TROUVÉ UNE FAILLE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE TIHANGE: ENGIE DÉMENT

RTL INFO a rencontré un pirate informatique qui s’est intéressé à la centrale nucléaire de Tihange. D’après lui, elle est vulnérable aux virus. Le problème? Des employés ont accès sur leurs ordinateurs professionnels à des messageries de type Messenger. Celles-ci seraient utilisées dans un cadre privé. Pour le lanceur d’alerte, ça représente une faille. De son côté, Engie dément tout danger.

L’homme que nous avons rencontré se définit comme un lanceur d’alerte spécialisé dans les questions de sécurité des réseaux. Il affirme s’être introduit dans les messageries d’un homme qui travaille à la centrale nucléaire de Tihange comme site superviser, c’est-à-dire surveillant de chantier.

Le hacker a constaté que l’employé a transféré des centaines de pièces, du texte, des photos ou des vidéos à caractère privé via des messageries instantanées à partir de son poste de travail de la centrale. Selon notre témoin, chaque élément est une porte d’entrée pour d’éventuels virus.

On pourrait faire arrêter le bon fonctionnement du domaine

« Il reçoit également des fichiers potentiellement dangereux, des images animées, des fichiers non contrôlables. Et ça rentre au niveau du domaine informatique de la société Engie Electrabel, au niveau de Tihange« , explique le pirate informatique sous couvert de l’anonymat.

Il redoute des vols de donnés ou encore la prise de possession des ordinateurs par un virus. « Si la personne n’est peut-être pas dans les serveurs stratégiques de fonctionnement de la centrale, ça n’empêche qu’on pourrait faire arrêter le bon fonctionnement du domaine en tant que tel« , estime notre témoin.

Que dit Engie Electrabel?

Contactée par nos soins, l’entreprise Engie Electrabel, gestionnaire de la centrale, précise qu’aucune donnée sensible ne se trouve sur le serveur en question. Selon elle, le pilotage des activités du site n’y est pas lié. « Nous procédons à des contrôles et un monitoring constant. Il y a plusieurs équipes dont c’est le travail, qui travaillent quotidiennement à la sécurité des systèmes. J’ai envie de dire que c’est comme pour toute entreprise« , confie Anne-Sophie Huge, porte-parole d’Electrabel.

« On ne peut jamais être sûr, parce que c’est évolutif. Donc il n’y a aucune limite au virus« , estime quant à lui le lanceur d’alerte que nous avons rencontré. D’après lui, la seule manière de garantir une sécurité totale est de ne pas laisser ouverte la porte d’internet.

Par Benjamin Samyn et Thomas Decupere, publié le 13 octobre 2019 à 13h54

Retrouvez cet article et la vidéo sur le site: https://www.rtl.be/info/belgique/societe/ce-pirate-informatique-affirme-avoir-trouve-une-faille-a-la-centrale-nucleaire-de-tihange-engie-dement-1165166.aspx que nous vous invitons à consulter régulièrement

Oct 13

LAVAL : UNE ACTION DE SORTIR DU NUCLÉAIRE LE VENDREDI 18 OCTOBRE 2019

Le groupe local Sortir du nucléaire prépare une action symbolique afin d’attirer l’attention sur les économies d’énergie possibles. Une action aura lieu le vendredi 18 octobre 2019, dès 18 h 30, à Laval (Mayenne).

Une action symbolique du groupe local Sortir du nucléaire aura lieu le vendredi 18 octobre 2019, à Laval (Mayenne). L’objectif est d’attirer l’attention sur les économies d’énergie possibles. Pour Sortir du nucléaire : il faut le remplacer.

Le groupe local écrit :  À l’heure où tout le monde s’alarme sur le dérèglement climatique, la question du gaspillage énergétique s’impose. L’énergie électrique de notre pays provient majoritairement du nucléaire.  Le groupe souhaite « sensibiliser le public à une alternative au nucléaire ».

« Supprimer les panneaux publicitaires lumineux »

Sortir du nucléaire détaille : Pour sortir du nucléaire, il faut d’abord réduire la consommation électrique, en commençant, par exemple, par supprimer les panneaux publicitaires lumineux. Ces géants de 8 m², allumés nuit et jour, ont récemment fait leur apparition à Laval. Pour les militants antinucléaires que nous sommes, ils représentent une consommation inutile (même si elle est minime) et provoque un dérèglement de l’écosystème de la ville (entre autres pour les oiseaux).

« Les panneaux seront occultés »

Le groupe Sortons du nucléaire Mayenne a donc décidé de mener une action symbolique et non-violente, le vendredi 18 octobre 2019, dès 18 h 30.  Ces panneaux seront occultés par un drap, porteur d’un message, manière de montrer que l’on peut se passer de ces panneaux publicitaires sans créer de manque. 

Par Ouest-France, publié le 13/10/2019 à 14h25

Photo en titre : À La Roche-sur-Yon (Vendée), une campagne du même style que celle souhaitée par Sortir du nucléaire a déjà été réalisée avec des panneaux publicitaires recouverts. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/laval-53000/laval-une-action-de-sortir-du-nucleaire-le-vendredi-18-octobre-2019-6562532

Oct 12

QUÉBEC : BECANCOUR ET LA DÉRIVE NUCLÉAIRE CANADIENNE: UNE POLITIQUE S’IMPOSE!

LETTRE OUVERTE. Un sérieux dossier environnemental dont on ne parle pas en ce temps d’élections, c’est la gestion des déchets nucléaires au pays. Le Canada n’a pas de politique de gestion à long terme des déchets radioactifs autres que le combustible irradié. Pourtant cela devrait être une question de débat.

Cette absence de politique à ouvert la voie à trois projets  aberrants, d’abandon de déchets radioactifs à proximité de cours d’eau importants.

À Chalk River, à cent mètres en bordure  de la rivière Outaouais, il est projeté de créer un gigantesque monticule  où on va confiner « ad vitam æternam » et pêle-mêle, un million de mètres cubes de déchets nucléaires radioactifs.

S’ajoutent, deux endroits où seront abandonnés les restes radioactifs de deux réacteurs dont un à Rolphton, sur l’Outaouais et à  Pinawa sur la rivière Winnipeg. Ces déchets sont pourtant sous la responsabilité exclusive du Canada . Encore plus étonnant, ces projets ont été confiés à un consortium d’entreprises privées, lesquelles en l’absence de politique, agissent sans balises, comme bon leur semble, sous l’œil complaisant de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).

Ce mois-ci (sept 2019) un rapport de l’Agence International de l’énergie atomique (AIEA) sous l’égide de l’ONU, met en lumière les lacunes du gouvernement canadien en ce qui concerne sa stratégie de gestion des déchets radioactifs ainsi que la nécessité pour la CCSN d’ajuster ses exigences aux normes internationales en matière de radioprotection. L’AIEA lève le drapeau rouge en affirmant que ce comportement devrait inquiéter les canadiens.

Des inquiétudes se posent aussi pour les centrales nucléaires de Gentllly 1 et 2. Sans politique claire, ces sites pourraient devenir des dépotoirs semblables à Chalk River, Rolphton et Pinawa. Ce qui est aberrant. Bécancour va-t-elle devenir une poubelle nucléaire? Faut se poser la question.

Dans ce contexte, il est impératif que le prochain gouvernement dote le pays d’une politique et stratégie de gestion permanente de ses déchets nucléaires et aussi exiger que la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) ajuste ses exigences aux normes internationales en matière de radioprotection avant de procéder à quelque travaux que ce soit sur les sites lui appartenant. Il est aussi impératif que nos élu-e-s s’engagent à promouvoir un moratoire sur tous les projets englobant le secteur nucléaire et les contrats liant le gouvernement et le consortium ainsi que la tenue d’audience publique fédérale -provinciale permettant la participation des canadien(ne)s concerné(e)s par ce danger environnemental qui plane sur les générations présentes et futures. Le temps est venu d’agir. Une politique s’impose.

Par Jean-François Gaudette, Trois-Rivières (Québec)

Publié le 11 octobre 2019 à 9 h 55 min

https://www.lecourriersud.com/becancour-et-la-derive-nucleaire-canadienne-une-politique-simpose/

Oct 12

LE MOT DE L’ÉCO : EPR, RÉACTEURS NUCLÉAIRES DE TROISIÈME GÉNÉRATION

Les retards en cascade des EPR menacent-ils EDF ? EPR, ces réacteurs de troisième génération sont censés incarner l’avenir du nucléaire français et donc d’EDF.  Mais les chantiers accumulent les déboires et fragilisent financièrement EDF.  

Des déboires, des retards et des coûts qui dérapent. Il y a deux semaines, EDF annonce que le chantier de l’EPR (European Pressurized Water Reactor, puis Evolutionary Power Reactor) d’Hinkley Point en Grande Bretagne a pris du retard en raison de problèmes de terrassement notamment. Résultat : ce projet titanesque, dont le coût a déjà été réévalué, va coûter au moins 5 milliards de plus qu’initialement prévu.

Cette semaine, nouvelle annonce d’EDF, nouveau revers. Cette fois, à Flamanville, en Normandie. Là, ce sont des soudures qu’il faut réparer. Montant de la facture : au moins 1 milliard et demi. Et un chantier qui accumule d’ores et déjà 10 ans de retard. Entamé en 2007, l’EPR devait entrer en service en 2012, ce sera au mieux en 2022. Le coût des travaux a lui été multiplié par 4 pour atteindre les 12 milliards. (NDLR : et probablement les dépasser)   

Une dette de 37 milliards  

Ces retards qui se chiffrent en milliards fragilisent financièrement EDF, déjà encombré par une dette de 37 milliards d’euros. Or, l’électricien doit aussi faire face au coût colossal du grand carénage, la rénovation des centrales nucléaires françaises qui pourrait coûter jusqu’à 100 milliards d’ici 2030.

EDF a donc besoin de vendre de nouvelles centrales, ces fameux EPR, sauf que les déboires en cascade, ne plaident pas vraiment pour l’électricien français. À quel point cela fragilise-t-il EDF ? La question est en suspens depuis plusieurs années. En 2016, le directeur financier du groupe avait démissionné avec fracas pour s’opposer au projet Hinkley Point, trop risqué à ses yeux en raison des interrogations sur l’EPR. EDF, disait-il, court le risque de finir comme Areva, autrement dit, en faillite.    

Bercy a demandé un rapport  

La technologie EPR n’est pas nécessairement en cause. Deux EPR fonctionnent bel et bien à Taishan, en Chine. Ils sont même entrés en service avec un peu d’avance sur le calendrier. Alors est-ce le savoir-faire d’EDF qui est en cause ?

À Bercy, en tout cas, le ministre de l’Économie a tapé du poing sur la table, dénonçant sur un ton tout à fait inhabituel, des « dérives inacceptables (…) pas à la hauteur de ce qu’EDF représente« . Bruno Le Maire a demandé un rapport sur la filière nucléaire et sur le choix de l’EPR. Ce rapport sera rendu à la fin du mois.   

Par Isabelle Chaillou, franceinfo Radio France, publié le 12/10/2019 à 09h27

Photo en titre : L’EPR de Flamanville dans la Manche, le 30 mars 2016.  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-mot-de-l-eco/le-mot-de-l-eco-epr-reacteurs-nucleaires-de-troisieme-generation_3635759.html

Oct 12

CINQ RÉACTEURS NUCLÉAIRES EN FRANCE PRÉSENTENT DES DÉFAUTS DE FABRICATION

Les défauts potentiels de composants nucléaires concernent cinq réacteurs « au minimum » sur le parc français, indique le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans Le Figaro, rappelant qu’il peut décider leur fermeture si nécessaire.

EDF avait annoncé cette semaine que les procédures prévues n’avaient pas été respectées par sa filiale Framatome lors d’opérations réalisées « sur certaines soudures de générateurs de vapeur », de gros composants des centrales, lors de leur fabrication.

« Une vingtaine de générateurs de vapeur sont potentiellement concernés, cela veut dire une petite partie du parc nucléaire français. Mais à ce stade, l’inventaire des équipements de Framatome qui sont touchés n’est pas encore établi, rappelle le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk. […] au minimum, cinq réacteurs nucléaires sont concernés par ce problème. » L’ASN prévoit de statuer dans moins d’un mois, avec la possibilité de « prendre des mesures conservatoires qui pourront aller jusqu’à l’arrêt des réacteurs si nécessaire ».

Par Futura avec l’AFP-Relaxnews, publié le 12/09/2019 à 14h10

Photo en titre : Au minimum, cinq réacteurs nucléaires français sont concernés par des défauts sur des soudures. Le nombre de réacteurs touchés sera très certainement revu à la hausse. © Mossot, Wikimedia Commons, CC By-SA 3.0 

https://www.futura-sciences.com/planete/breves/environnement-cinq-reacteurs-nucleaires-france-presentent-defauts-fabrication-1166/

Oct 12

CE N’EST PAS L’ARENH MAIS L’EPR, LE VRAI BOULET POUR EDF

Analyse- Ce n’est pas tant la régulation du nucléaire qui bouche l’horizon d’EDF et empêche de fixer les bases d’une réorganisation, que son incapacité à mener un chantier EPR à terme sans dérapage de délais et de coûts, que ce soit en France à Flamanville, ou au Royaume-Uni à Hinkley Point.

Le projet Hercule de refonte du groupe EDF, voulu par le gouvernement, attendra. Non pas parce que les syndicats sont vent debout contre toute scission du groupe entre un « EDF bleu » nationalisé comprenant le nucléaire, l’hydroélectrique et le transport de l’électricité de RTE et un « EDF vert » avec les activités soumises à la concurrence, dont Enedis et les renouvelables.

Derrière le problème de l’Arenh

Si Jean-Bernard Lévy a gelé le projet, ce serait pour attendre le résultat de discussions avec Bruxelles sur la régulation du nucléaire, c’est-à-dire principalement l’évolution de l’Arenh. Ce mécanisme oblige EDF à vendre un quart de sa production nucléaire historique à 42 euros par MW à ses concurrents fournisseurs alternatifs (Engie, Total, direct Énergie…) qui le demandent. Lorsque les cours remontent, il empêche EDF de tirer tout le profit possible de sa production. La loi énergie climat, qui vient d’être votée, pourrait empirer les choses et réduire encore la visibilité du groupe sur ses rentrées financières. 

Les premiers dérapages à Hinkley Point

Pour autant, le vrai problème d’EDF n’est pas là. Ce qui oblige le groupe à repenser sa structure c’est autant sa dette de plus de 30 milliards d’euros, le mur d’investissements devant lui et son incapacité à financer le nouveau nucléaire. Rien de nouveau néanmoins. Mais ce qui bouche actuellement l’horizon d’EDF ce sont les chantiers d’EPR. En Angleterre, pour celui de Hinkley Point C, EDF vient d’annoncer un dérapage des coûts de 2,15 à 3,3 milliards d’euros et 9 à 15 mois de retard.

Et un chantier maudit à Flamanville

Pour des problèmes de soudures à refaire, l’EPR de Flamanville (Manche) ne sera lui pas en exploitation avant 2023, au lieu de 2020 aux dernières promesses. Sa facture gonfle encore de 1,5 milliard d’euros pour atteindre 12,4 milliards, plombant à la fois les comptes d’EDF pour encore trois ans sans apporter le moindre revenu… et obérant l’avenir du parc nucléaire français.

Par Aurélie Barbaux, publié le 11/10/2019 à 17H18

Photo en titre : Outre Flamanville, EDF a aussi annoncé un dérapage des coûts et du calendrier pour l’EPR d’Hinkley Point, au Royaume-Uni. © EDF

https://www.usinenouvelle.com/article/ce-n-est-pas-l-arenh-mais-l-epr-le-vrai-boulet-pour-edf.N893624

Oct 12

UN INCIDENT SUR LE RÉACTEUR À L’ARRÊT DE LA CENTRALE DE GOLFECH

Tarn-et-Garonne. L’incident a été classé 1 sur l’échelle INES. Un événement qui arrive à quelques jours de l’inspection renforcée de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

Mardi dernier, un incident s’est produit sur l’unité n°2 actuellement à l’arrêt de la centrale nucléaire de Golfech. L’événement s’est produit lors des opérations de vidange du circuit primaire pour renouveler le combustible. Selon un communiqué de la centrale, cela serait dû à une défaillance humaine. Un salarié de la centrale n’a pas manœuvré une vanne située sur un évent du pressuriseur.

« Les opérations de vidange du pressuriseur ont été engagées sans l’ouverture de l’évent, et donc dans une phase inappropriée de l’arrêt. Conformément aux procédures, un contrôle a été réalisé. Il a permis d’identifier que la vanne de l’évent était fermée. » La centrale a classé cet incident au niveau 1 sur l’échelle INES qui en compte 7.

L’ASN et l’IRSN débutent une inspection renforcée ce lundi

Cet épisode survient à quelques jours d’une inspection renforcée de l’ASN, l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de l’IRSN, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire. Du 14 au 18 octobre, une vingtaine d’inspecteurs vont passer en revue l’ensemble des installations. Depuis son ouverture en 1990, la centrale nucléaire de Golfech n’avait jamais eu de contrôle de cette ampleur. Les premières conclusions et observations seront rendues dès vendredi à l’exploitant. Plusieurs semaines après cette inspection, la centrale recevra un courrier avec des demandes d’actions correctives en cas de dysfonctionnements relevés durant l’inspection. Ce rapport public sera consultable sur le site internet de l’ASN.

Les performances de la centrale « en retrait » selon l’ASN

Le 25 septembre dernier, l’ASN rendait son rapport sur les activités de la centrale de Golfech pour 2018. L’an dernier, le site tarn-et-garonnais a connu un nombre importants d’écarts. Bien plus que les années précédentes, souligne le rapport. Sur le fond, l’Autorité considère même que les performances en matière de sûreté nucléaire sont en « retrait ». Elle cite en exemple des salariés qui accèdent en zone de contrôle sans porter de dosimètre. L’ASN constate que le site de Golfech doit progresser, « en matière de gestion des substances dangereuses ».

Écrit par Johan Gesrel, publié le 11 Octobre 2019.

https://www.radiototem.fr/tarn-et-garonne/6176-info-totem-un-incident-sur-le-reacteur-a-l-arret-de-la-centrale-de-golfech

Oct 11

GRAVELINES : UNE ENTREPRISE EST ACCUSÉE D’UNE FRAUDE À 2,8 MILLIONS

Le gérant d’une entreprise de tuyauterie à Gravelines a été jugé. Il est soupçonné d’avoir fraudé l’Ursaaf. Il se défend.

LES FAITS

📍 Le 18 septembre, l’entreprise Cive, spécialisée dans la tuyauterie industrielle et intervenant en site de production nucléaire, et son dirigeant étaient renvoyés devant le tribunal.

📍 À la suite d’un contrôle Urssaf, l’organisme a relevé des irrégularités qu’il estime être de la fraude.

📍 L’entreprise et son dirigeant réfutent les accusations.

📍 Le tribunal tranchera le 20 novembre.

Alors que le délibéré n’est pas encore tombé, le patron de la société Cive, à Gravelines, accuse le coup.

« La nouvelle s’est très vite répandue. Mais je suis déterminé à me battre », assure-t-il.

Pourtant, les charges qui pèsent sur ses épaules sont lourdes : travail dissimulé, fraude et production de faux documents.

En septembre 2016, à la suite d’un signalement par un employé de la société, l’entreprise Cive est visée par un contrôle Ursaaf qui va éplucher ses documents pendant près de neuf mois.

En juin 2017, le couperet tombe : l’Ursaaf réclame 2,8 millions d’euros à la société et transmet la procédure au procureur de Dunkerque.

L’organisme de recouvrement a considéré qu’il y avait une fraude dans les pratiques de l’entreprise.

« Pour qu’il y ait un jugement, encore faut-il que les investigations qui ont été menées soient complètes. » maître Laurent Cruciani

En substance, des employés étaient payés en indemnités de grand déplacement (et donc exemptées de charge) alors qu’ils ne l’étaient pas forcément selon l’Ursaaf.

Des éléments manquants selon la défense

De son côté, le chef d’entreprise nie toute volonté de frauder.

Son conseil, maître Laurent Cruciani, explique : « On ne remet pas en cause l’instruction du dossier. Mais pour qu’il y ait un jugement, encore faut-il que les investigations qui ont été menées soient complètes. »

Dans le viseur de l’avocat, des éléments qui manquent au dossier de l’Ursaaf et qui ne permettent pas d’établir que les employés, qui étaient considérés en grand déplacement dans des sites nucléaires partout en France, ne l’étaient pas vraiment.

« Toutes les entreprises du secteur fonctionnent comme ça ! » 

« Toutes les centrales nucléaires interrogées n’ont pas répondu », soulève notamment l’avocat à ce sujet.

« Le deuxième élément qu’il faut prendre en compte, c’est que lorsque les employés étaient en grand déplacement et que, une fois sur le chantier, on leur disait que les travaux ne pouvaient pas démarrer et bien ils étaient affectés à d’autres tâches. Mais leurs indemnités grand déplacement étaient conservées au cas où ils auraient dû, du jour au lendemain, repartir sur le chantier prévu. Toutes les entreprises du secteur fonctionnent comme ça ! »

L’Ursaaf considère que la manœuvre servait surtout à l’entreprise pour payer moins de charges. Selon l’enquête, le système aurait été utilisé pour 88 salariés pendant cinq ans (du 1er janvier 2012 à fin 2016).

Le tribunal se prononcera en novembre

Un chiffre que la défense conteste également. Après avoir étudié l’affaire sur une demi-journée, le tribunal correctionnel s’est donné jusqu’au 20 novembre pour prononcer son délibéré.

Une autre audience devrait avoir lieu au pôle social du tribunal de Lille.

« En attendant, on répond aux coups de fils et on rassure tout le monde », confie le patron de la société.

Prison et lourde amende

Du côté des parties civiles, l’Ursaaf réclame la restitution des 2,8 millions d’euros.

Des anciens collaborateurs de la société, s’estimant lésés, demandent également réparation.

Le procureur de la République a quant à lui requis six mois de prison avec sursis, 45 000 euros d’amende contre le prévenu, et 90 000 euros d’amende contre l’entreprise Cive.

Par Lucas GelléLgelle@lepharedunkerquois.Fr, publié le 10/10/201

Photo en titre : L’entreprise Cive de Gravelines (Google Maps).

https://www.lepharedunkerquois.fr/25842/article/2019-10-10/gravelines-une-entreprise-est-accusee-d-une-fraude-2-8-millions

Oct 11

VIDÉO. EPR DE FLAMANVILLE : « AU POINT OÙ ON EST, IL FAUT SANS DOUTE CONTINUER », ESTIME MATTHIEU ORPHELIN

« Au point où on est, il faut sans doute continuer à mener » ce projet explique sur franceinfo vendredi 11 octobre Matthieu Orphelin, ex-député La République en marche du Maine-et-Loire, proche de Nicolas Hulot, à propos de l’EPR de Flamanville dont le coût s’élève désormais à 12,4 milliards d’euros. Le coût prévu de l’EPR de Flamanville était en effet annoncé jusqu’à présent de 10,9 milliards, déjà trois fois plus que l’estimation initiale. (NDLR: plus près de 4 fois que de 3)

« C’est un désastre économique« 

« L’EPR à Flamanville, c’est un désastre économique, cela doit nous inciter à réfléchir », a continué Matthieu Orphelin. « L’expérience de Flamanville, estime le député, montre que l’argent à investir dans l’énergie, la transition énergétique sera bien mieux investie dans d’autres types d’énergies, les énergies renouvelables, le stockage de l’énergie, que dans des moyens de production comme l’EPR nucléaire. »

Il faut que le gouvernement en tire des leçons et ne pas relancer très clairement une nouvelle série d’EPR.

Matthieu Orphelin à franceinfo

EDF prévoyait ces dernières années de démarrer l’EPR de Flamanville fin 2019, pour une mise en service commerciale en 2020, quand le calendrier initial tablait sur 2012. Mais EDF avait déjà prévenu cet été que sa mise en service n’aurait finalement pas lieu avant fin 2022. 

Au point où on est, il faut sans doute continuer à le mener, mais en espérant qu’on ne va pas aller, de mois en mois, d’augmentation de délais, de coûts.

Matthieu Orphelin à franceinfo

Peut-on lutter contre le réchauffement climatique et sortir du nucléaire ? « Oui, on peut le faire« , répond le député. « Il faut investir beaucoup plus qu’aujourd’hui dans la maîtrise de l’énergie, dans l’efficacité énergétique et la rénovation énergétique des logements, estime Matthieu Orphelin. Dans le même temps, il faut développer les énergies renouvelables et le stockage de l’énergie. » « La France et l’Europe pourraient faire beaucoup plus« , estime-t-il, alors que la France vient de de repousser l’objectif de 50% de nucléaire à 2035 au lieu de 2025.

Par franceinfo Radio France, publié le 11/10/2019 à 10h23, mis à jour le 11/10/2019 à 12h50

Pour retrouver la vidéo de cet entretien, cliquer sur :

https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/video-epr-de-flamanville-au-point-ou-on-est-il-faut-sans-doute-continuer-a-mener-ce-projet-estime-matthieu-orphelin_3654373.html

Oct 11

COMMENT LA RUSSIE ET LES USA VEILLENT-ILS MUTUELLEMENT AU DÉMANTÈLEMENT DE LEURS ARMES NUCLÉAIRES?

Jusqu’à présent, les Russes et les Américains suivent de près tout changement dans l’arsenal nucléaire de l’autre et comptent scrupuleusement leurs ogives.

Jusqu’en 2021, la Russie et les États-Unis ne peuvent posséder plus de 1 550 ogives et 700 vecteurs d’armes nucléaires, conformément au traité New Start, entré en vigueur en 2011.

Toutefois, les deux parties mettent constamment à jour leurs arsenaux nucléaires, et doivent donc détruire les armes précédentes afin de rester dans les limites fixées. Par exemple, l’année dernière, la Russie a intégré à son système d’armement le missile balistique intercontinental Sarmat, capable d’atteindre des cibles à une distance de 17 000 km. Les États-Unis, pour leur part, se contentent de travailler à un programme de modernisation et d’amélioration de leurs forces nucléaires, et se satisfont pour le moment de leurs missiles déjà existants.

Il est alors naturel de se demander comment les parties se débarrassent des armes retirées et se contrôlent mutuellement.

Lire aussi : Comment la Russie a récupéré toutes les armes nucléaires de l’URSS

Vérifications mutuelles

Essai d’un nouveau missile balistique Sarmat. Capture d’écran d’une vidéo diffusée par le ministère russe de la Défense. (Sputnik)

En réalité, des équipes d’experts visitent les sites où sont basés les monstres atomiques et peuvent vérifier toutes les installations de leur choix.

« La commission arrive dans la base militaire, enlève les carénages des missiles intercontinentaux et examine le nombre de têtes nucléaires à l’intérieur. Un missile peut transporter jusqu’à 8 ogives », a déclaré à Russia Beyond Alekseï Arbatov, directeur du Centre pour la sécurité internationale de l’Institut d’économie mondiale et des relations internationales à Moscou. 

L’expert a par ailleurs décrit comment est contrôlé le nombre de missiles à bord des sous-marins américains, tels que le Trident. L’U.S. Navy dispose actuellement de 14 sous-marins de cette classe, sur lesquels jusqu’à 24 missiles étaient installés avant le traité, chacun avec 8 têtes nucléaires (soit 192 charges nucléaires sur chaque sous-marin). Après avoir signé cet accord sur la réduction des armes atomiques, les Américains ont donc retiré manuellement plusieurs ogives de chaque missile afin qu’il n’en reste que 3.

« Cela peut être facilement vérifié sur place. La Commission sélectionne un sous-marin. Un missile en est retiré et envoyé en salle de réparation. Là, le carénage est retiré du dernier étage du missile (ceci dit, les ogives sont recouvertes d’un étui afin que leur construction ne soit pas visible), et l’inspecteur calcule le nombre de charges nucléaires sur chaque missile », précise-t-il. 

La situation avec les bombardiers nucléaires est légèrement différente. Certains d’entre eux sont conservés dans les rangs des forces militaires, mais sont réorientés à des fins non nucléaires. À cet effet, les pylônes conçus pour les missiles de croisière lourds sont retirés. Le matériel nécessaire au stockage et à l’utilisation des armes nucléaires est lui aussi ôté. Après toutes ces procédures, l’avion est radié de la liste des aéronefs nucléaires pour rejoindre celle des conventionnels.

Grigori Syssoïev/TASS

 Les ogives sont quant à elles envoyées directement dans une installation de stockage où chacune des parties les traite conformément à sa décision. Il n’y a pas de procédure d’élimination pour les ogives et les charges nucléaires. Seuls les étages des missiles et les lanceurs sont supprimés.

« Huit fois par an, la Fédération de Russie et les États-Unis se transmettent les informations et les rapports complets sur les progrès du démantèlement des missiles nucléaires : les dates exactes du retrait de tel ou tel missile, la zone où il est basé et le trajet exact jusqu’à la base d’élimination. De plus, l’ensemble du processus est surveillé depuis l’espace à l’aide de satellites », souligne à Russia Beyond Viktor Litovkine, analyste militaire pour l’agence de presse TASS.

Selon lui, chaque étape est par ailleurs enregistrée sur photo et vidéo. Ces données sont ainsi suffisantes pour déterminer exactement de quel type d’objet il s’agit et pour obtenir toutes les caractéristiques tactico-techniques du missile.

Dans les sites de recyclage, les missiles sont ensuite sciés en morceaux et exposés devant l’usine. « Il faut montrer les débris au partenaire ».

Cependant, la situation est un peu plus compliquée en ce qui concerne les ogives nucléaires retirées des missiles avant leur démantèlement.

Lire aussi : Comment l’épopée des sous-marins nucléaires russes a commencé

Qu’advient-il de ces ogives ?

 

Des techniciens de l’U.S. Air Force réalisent un contrôle électrique d’un missile balistique intercontinentale dans son silo, au sein de la Whiteman Air Force Base, dans le Missouri. Reuters

Une partie des ogives et des missiles sont détruits de la manière la plus simple et la plus triviale, en les lançant sur un champ de tir sans charge nucléaire à l’intérieur.

Si, pour une raison ou une autre, cela ne peut être fait (par exemple, si l’électronique et le moteur ne fonctionnent plus), les missiles sont détruits dans des installations spéciales. Là, ils sont « sciés » en débris ne pouvant plus être utilisés pour créer de nouveaux missiles. Aussi, les lanceurs à l’intérieur sont comprimés, découpés et finalement fondus. 

C’est ici que s’achève la partie la plus simple du travail.

Au stade final, l’on se débarrasse des armes nucléaires par enfouissement, l’humanité n’ayant pas encore trouvé de solution plus efficace à ce problème (pour la fabrication de têtes nucléaires est utilisé le combustible nucléaire irradié des réacteurs). À cet égard, la tâche principale des spécialistes est d’assurer la radioprotection à tous les cycles de travail avec ces matériaux. Pour cela, la Russie et les États-Unis ont créé des capsules scellées spéciales empêchant l’interaction des déchets nucléaires avec le monde extérieur.

À l’heure actuelle, le meilleur endroit pour enterrer les armes nucléaires est le fond de l’océan. (NDLR: étanchéité garantie pour combien de temps? La pollution des océans continue donc…importante révélation!!!). Des drones sont envoyés dans des zones spécialement désignées pour stocker les conteneurs sur le plancher océanique. Les zones d’enfouissement sont choisies parmi les moins dangereuses du point de vue sismique afin de s’assurer de l’intégrité des capsules même en cas de catastrophe naturelle. 

Par Nikolaï Litovkine, publié le 11 octobre 2019

Photo en titre : Un lanceur de missile balistique intercontinental Topol-M sur la place Rouge (AP)

https://fr.rbth.com/tech/83658-armes-nucleaires-russie-etats-unis-traite-demantelement

Oct 11

COMMERCY (MEUSE) : CONFÉRENCE «SORTIR DU NUCLÉAIRE EN MOINS DE 10 ANS, C’EST POSSIBLE !»

Quand ? le 19/10/2019 à 20h00

Où ? Là Qu’on Vive ! 17 rue de la Paroisse, Commercy (Meuse), Voir le plan d’accès

Organisateur : Là qu’on vive ! Tél : 06.33.67.13.15

Tarif : Gratuit

Conférence proposée par l’association Là qu’on vive !. Auberge espagnole à partir de 19h.

Aujourd’hui, nous sommes tous et toutes d’accord pour dire que le nucléaire conduit inévitablement à une impasse. Mais alors, est-il possible d’en sortir, et sans que cela implique de revenir à la petite bougie ? Notre réponse est oui, et on va vous expliquer pourquoi !

Publié le 11 octobre 2019

https://www.estrepublicain.fr/pour-sortir/loisirs/Rencontre-conference/Conferences/Lorraine/Meuse/Commercy/2019/10/19/Sortir-du-nucleaire-en-moins-de-10-ans-c-est-possible

Oct 11

EDF: S&P REVOIT À LA BAISSE LA PERSPECTIVE DE LA NOTE À « NÉGATIVE »

Paris (awp/afp) – L’agence de notation S&P Global Ratings a baissé jeudi la perspective de la note d’EDF à « négative« , soulignant des « problèmes dans la gestion des projets » du groupe français, notamment les surcoûts dans les chantiers EPR en France et en Angleterre.

En donnant une perspective « négative » à la note d’EDF, S&P indique qu’elle pourrait l’abaisser à court ou moyen terme. Cette note est actuellement « A-« , une notation attribuée aux émetteurs a priori solides mais susceptibles d’être affectés par des changements de la situation économique. Elle est la septième meilleure sur l’échelle à 22 rangs de S&P.

Cette révision reflète les « risques opérationnels accrus liés à une mauvaise gestion de nouveaux projets nucléaires complexes et la réduction potentielle de la marge de manœuvre financière si d’autres risques se matérialisent« , a justifié l’agence de notation dans un communiqué.

« Nous estimons que les nouvelles constructions nucléaires complexes en cours contribuent au cash-flow (capacité d’autofinancement, ndlr) libre d’exploitation très négatif du groupe et que les dépassements de coûts associés exacerbent la trajectoire d’endettement croissante de l’entreprise », a-t-elle complété.

S&P Global Ratings émet également des « incertitudes » sur leur capacité à créer de la valeur si d’autres problèmes survenaient pendant leur « durée de vie« .

EDF a annoncé récemment que son énorme chantier de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point C en Angleterre devrait coûter jusqu’à 3,3 milliards d’euros plus cher que prévu.

Ce montant s’ajoute à une facture alourdie de 1,5 milliard d’euros pour le chantier du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche), qui multiplie les retards, à la suite des problèmes de soudures.

Cette « accumulation de problèmes » pourrait, selon l’agence de notation, « être préjudiciable à l’avenir du plan stratégique du groupe en matière d’énergie nucléaire », notamment en ce qui concerne d’éventuels projets nationaux ou internationaux supplémentaires.

Le PDG d’EDF a annoncé début octobre des « décisions concrètes » à venir sur la filière nucléaire qui vit « des moments difficiles« .

Les problèmes plus particulièrement à Flamanville ont conduit le gouvernement à commander à l’ancien PDG de PSA Jean-Martin Folz un audit, qui doit être remis le 31 octobre.

Par afp/rp, publié le 10/10/2019 à 21h17

https://www.zonebourse.com/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/EDF-S-P-revoit-a-la-baisse-la-perspective-de-la-note-a-negative-29363190/

Oct 11

QUI EST ALAIN MORVAN, LE NOUVEAU PATRON CHOISI PAR EDF POUR RATTRAPER LE RETARD DE L’EPR DE FLAMANVILLE?

PORTRAIT : Alors que la facture et le calendrier de l’EPR de Flamanville ont encore dû être considérablement revus, EDF a annoncé remplacer le directeur du projet pour placer Alain Morvan, un excellent connaisseur du groupe et du site de Flamanville, aux manettes.

Un nouvel homme fort permettra-t-il à EDF de mener à bien le projet de réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche)? Ce dernier a vu son calendrier rallongé de trois ans et une facture enflant encore de 1,5 milliard d’euros, a annoncé l’énergéticien le 9 octobre. Le lendemain, EDF a pris la décision de remplacer au 1er janvier 2020 Laurent Thieffry par Alain Morvan au poste de directeur du projet Flamanville 3.

Le premier est nommé « directeur de la Direction Industrielle au sein de la Direction Ingénierie et projets Nouveau Nucléaire« , qui « porte l’expertise de la filière nucléaire au sein d’EDF dans les domaines des matériaux, de la chimie et des géosciences« , et couvre également le contrôle et la surveillance des fournisseurs pour l’ensemble des activités nucléaires du groupe, a indiqué EDF dans un communiqué le 10 octobre.

Un ancien directeur du site de Flamanville

Alain Morvan, pour sa part, connaît bien EDF pour y avoir passé 22 années passées dans l’industrie de la production d’électricité d’origine nucléaire, dans diverses fonctions techniques et managériales. Entre 2011 et 2014, il avait même dirigé le site de Flamanville. « En charge des deux réacteurs en production, j’ai construit et mené avec mon équipe un projet de site qui avait pour ambition d’améliorer significativement nos performances d’exploitation et de préparer le site à accueillir les phases de grands travaux de maintenance et de modernisation« , relate-t-il sur son profil LinkedIn.

Passage chez Naval Group

Il avait ensuite pris la direction du site de Paluel, en Seine-Maritime, doté de 4 réacteurs de 1300MW, à quelques mois du « grand carénage » (visite décennale importante pour réaliser des activités de maintenance et de modernisation du site), avant de rejoindre DCNS. Chez Naval Group, de 2015 à 2019, il était devenu le responsable du site de Cherbourg (Manche), spécialisé dans la construction navale de défense, des phases d’avant-projet jusqu’à la construction de navire, en France et à l’étranger.

Depuis septembre, il était revenu chez EDF, en tant que Directeur des Opérations au sein du parc nucléaire. « Je suis engagé auprès de la direction du parc nucléaire d’EDF pour apporter le fruit de mon expérience acquise à Naval Group, pour contribuer à la définition des orientations de progrès nécessaires à l’amélioration des performances du parc nucléaire d’EDF, et pour les porter sur le terrain sur les différents sites de production« , indique-t-il.

Les enjeux de Flamanville 3

À Flamanville 3, les enjeux à résoudre sont gigantesques. EDF a choisi la solution robotisée pour refaire des soudures de traversées du circuit secondaire principal de l’EPR de Flamanville en construction et dévoilé un nouveau calendrier pour sa mise en service. Il reste toutefois dépendant de plusieurs validations par l’Autorité de sûreté nucléaire. Les problèmes survenus sur le chantier ont d’ailleurs conduit le gouvernement à commander à l’ancien PDG de PSA, Jean-Martin Folz un audit, attendu pour le 31 octobre.

Par la rédaction, publié le 11/10/2019 À 08H21

Photo en titre : Alain Morvan est chargé de rattraper le retard et les surcoûts pris par le projet de réacteur nucléaire EPR de Flamanville. © Ludovic Dupin

https://www.usinenouvelle.com/article/qui-est-alain-morvan-le-nouveau-patron-choisi-par-edf-pour-rattraper-le-retard-de-l-epr-de-flamanville.N893319

Oct 11

BERNARD DEBOYSER : “DE TOUTES LES ÉNERGIES, L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DES RENOUVELABLES EST LE PLUS FAIBLE”

L’impact environnemental des énergies renouvelables fait l’objet de vifs débats. On leur reproche tour à tour d’augmenter les émissions de gaz à effet de serre, de ne pas être recyclables ou encore d’occasionner l‘exploitation de ressources stratégiques. Qu’en est-il ? L’énergie éolienne nécessite-elle l’utilisation de terres rares ? Bernard Deboyser, ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable, a répondu à nos questions. Rencontre…

L’impact environnemental des énergies renouvelables est-il plus lourd que celui d’autres sources énergétiques ?

Bien sûr que non. De toutes les énergies, l’impact environnemental des renouvelables est le plus faible. Sinon il n’y aurait aucun intérêt à les développer puisque ce faible impact est justement leur principal atout. Ceci dit, il faut bien comprendre que les énergies renouvelables sont une famille d’énergies diversifiées dont les impacts ne sont pas homogènes. L’impact d’un barrage hydroélectrique dans les Alpes n’est pas le même que celui d’une usine marémotrice dans l’estuaire d’un fleuve, d’un forage géothermique à proximité d’une ville, d’un parc éolien en mer ou de panneaux photovoltaïques installés sur le toit d’une maison.

Mais si on tient compte avant tout de l’impact sur les changements climatiques, puisqu’il s’agit d’une urgence et que l’avenir de l’humanité en dépend, il n’y a pas photo : les émissions de gaz à effet de serre des énergies renouvelables, calculées sur l’ensemble de leur cycle de vie et en tenant compte de leur fabrication, sont dans tous les cas largement inférieures à celles des énergies fossiles (pétrole gaz et charbon). 

Quant à l’énergie nucléaire, son impact sur les changements climatiques est légèrement supérieur à celui de la plupart des renouvelables … mais on va dire : du même ordre de grandeur. Par contre, le nucléaire est responsable d’autres impacts tout aussi inacceptables pour l’avenir des générations futures, je pense notamment aux montagnes de déchets radioactifs de haute activité et longue durée de vie et pour lesquels aucune solution satisfaisante n’a encore été trouvée.

Que fait-on des éoliennes démantelées ? Leur recyclage est-il possible ?

Oui, évidemment. De nombreuses anciennes éoliennes ont déjà été démantelées et recyclées puisque les premières grandes éoliennes, on va dire « modernes », datent de la fin des années ‘70, début ’80. 90 % du poids d’une éolienne est constitué de métaux qui se recyclent sans problème dans les filières existantes de recyclage des métaux. Leur valeur marchande fait d’ailleurs souvent du recyclage d’une éolienne une opération rentable. Le béton armé des fondations peut aussi être facilement valorisé : trié, concassé et déferraillé, il est réutilisé sous la forme de granulats dans le secteur de la construction.

Restent les pales qui sont constituées de matériaux composites à base de fibres de verre ou de carbone. Le problème est d’ailleurs plus vaste que celui du recyclage des éoliennes puisque ces mêmes matériaux sont utilisés pour de nombreuses autres applications, comme par exemple les coques de bateaux et de kayaks, les planches à voiles, des réservoirs de toutes sortes, des éléments de carrosserie dans la construction automobile, des pièces pour l’aéronautique, etc.

Différentes solutions existent déjà mais des recherches sont en cours pour les optimiser. La solution la plus simple, mais pas nécessairement la plus écologique, consiste à scier les pales puis broyer les morceaux et les valoriser comme combustible dans les cimenteries, en remplacement des carburants fossiles traditionnellement utilisés. Les cendres servent ensuite de matière première dans la fabrication du ciment. Cette technologie évite donc la production de déchets. Une autre possibilité consiste à utiliser le broyat de pales pour fabriquer de nouveaux matériaux composites. C’est notamment la solution mise au point par l’Université de Washington en collaboration avec General Electrics. Enfin, une solution innovante et ludique, appliquée notamment aux Pays-Bas consiste à utiliser des morceaux de pales pour en faire des éléments de plaines de jeu pour enfants, des bancs publics ou d’autres mobiliers urbains comme des abribus. Avec un peu d’imagination on pourrait trouver à ces pales en fin de vie plein d’autres utilisations intéressantes.

L’énergie éolienne nécessite-elle l’utilisation de terres rares ?

Bonne question. En un mot, je répondrais : non. L’énergie éolienne peut très bien se développer sans terres rares. Je m’explique. C’est vrai que les génératrices de certaines éoliennes utilisent des aimants permanents qui contiennent des terres rares, principalement le néodyme, comme d’ailleurs les moteurs de votre aspirateur, de votre frigo ou de votre lessiveuse et de bien d’autres applications électriques.

Mais plusieurs constructeurs d’éoliennes comme par exemple Enercon – le 3ème au monde en termes de part de marché – Senvion ou Nordex – deux des plus importants fabricants d’éoliennes en Europe – n’utilisent pas d’aimants permanents dans leurs génératrices et donc pas de terres rares. Des enquêtes menées en France et dans d’autres pays comme la Belgique ont montré qu’à peine 10 % des éoliennes en service sur le territoire contiennent des terres rares. Cela montre bien qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser des terres rares dans les éoliennes. Les constructeurs peuvent très bien s’en passer, ce n’est qu’une question de choix technologique.

Il faut savoir que plus de la moitié des terres rares produites dans le monde est utilisée comme catalyseur dans le raffinage du pétrole ou les pots catalytiques des voitures à moteur thermique. Une autre proportion importante des terres rares est utilisée dans l’industrie du verre, celle des céramiques et la métallurgie. Bizarrement, on montre du doigt les éoliennes pour leur utilisation de terres rares alors que seulement 10 % d’entre elles en contiennent, et on passe sous silence toutes les autres industries, dont l’industrie du pétrole, qui, elle, ne peut pas s’en passer. 

Et puis surtout, la bonne question est : quel est le problème avec les terres rares ? Savez-vous que les terres rares ne sont en fait pas du tout rares ? Beaucoup moins rares que d’autres métaux fort utilisés comme le cuivre, le zinc ou le nickel. C’est en fait le nom scientifique d’une famille d’éléments chimiques du tableau de Mendeleïev. Au moment de leur découverte, elles ont reçu ce nom parce qu’à l’époque il était difficile de les séparer chimiquement des autres éléments qui constituent les minéraux dans lesquels on les trouve à l’état naturel dans l’écorce terrestre. Mais aujourd’hui, on sait que les réserves mondiales de terres rares sont importantes, bien réparties dans les 5 continents et aucune pénurie n’est à craindre avant plusieurs centaines d’années. Si la Chine détient une part majoritaire de la production mondiale, c’est uniquement parce qu’elle pratique un dumping des prix.

En réalité, le procès que l’on fait aux éoliennes, comme aux voitures électriques d‘ailleurs, en les accusant d’utiliser des terres rares (ma voiture électrique n’en contient pas du tout) est un faux procès. Il a été lancé par certains lobbies industriels puissants, dont les intérêts sont fort menacés par le développement des énergies renouvelables et par l’électromobilité, dans le seul but de ternir leur image dans l’opinion publique. Ils utilisent le nom des terres rares pour tromper l’opinion publique en faisant l’amalgame avec les métaux rares. Or les terres rares sont des métaux mais ils ne sont pas rares. Il est dommage que de nombreux médias et même certains mouvement écologistes tombent dans le piège de ces lobbies et propagent ces fausses rumeurs sans se donner la peine de vérifier un tant soit peu leur véracité.

Qu’en est-il du recyclage des panneaux solaires ?

La réponse est simple : le recyclage des panneaux solaires est tout simplement une obligation légale imposée par la directive européenne relative aux déchets d’équipements électriques et électroniques. Elle impose aux fabricants ou importateurs d’assurer leur collecte et recyclage en fin de vie. Techniquement, le recyclage des panneaux ne pose aucun problème.  Le verre constitue environ 80% du poids d’un panneau solaire et il est très facilement recyclable dans les filières existantes. Idem pour l’aluminium et le cuivre qui représentent 10% du poids. Les matériaux semi-conducteurs, comme le silicium, c’est 2% du poids total et ils sont facilement recyclables eux aussi. Le silicium, c’est tout simplement le constituant principal du sable. Il n’y a que quelques constituants en plastique qui sont plus difficilement recyclables.

Au niveau européen, la collecte et le recyclage des panneaux sont organisés par l’association PV Cycle, qui est représentée localement dans chaque pays. Et l’industrie est prête pour le recyclage. En France, par exemple, la société Veolia a investi un million d’euros dans une usine de recyclage de panneaux à Rousset, dans les Bouches-du-Rhône. Mais les quantités sont encore faibles, tout simplement parce que les premiers panneaux ont été installés au début des années ’90. Or ils ont une durée de vie d’au moins 30 ans. Très peu sont donc arrivés en fin de vie. Dans les prochaines années, par contre il faut s’attendre à ce que la filière voit arriver de plus en plus de panneaux.

Rédigé par Bernard Deboyser (Ingénieur polytechnicien et chargé d’enseignement à l’université de Mons en Belgique, Bernard Deboyser est aussi expert en énergie. Il conseille plusieurs grandes entreprises industrielles et participe au développement de parcs éoliens et projets hydroélectriques.)

Publié le jeudi 10 Octobre 2019

https://lenergeek.com/2019/10/10/impact-environnemental-energies-renouvelables-bernard-deboyser/

NDLR: bravo pour cette mise au point salutaire!

Oct 10

DERNIÈRES DONNÉES RELATIVES AU DÉPISTAGE DU CANCER DE LA THYROÏDE À FUKUSHIMA : 13 NOUVEAUX CAS

Les autorités régionales de Fukushima ont mis en ligne les derniers résultats à la date du 31 mars 2019 de leur campagne de dépistage du cancer de la thyroïde chez les jeunes de la province. Il s’agit du 36ième rapport. Les résultats détaillés sont ici en japonais. Une traduction officielle en anglais des principales données devrait être bientôt disponible et le blog Fukushima voices devrait aussi proposer son propre résumé en anglais.

Les données publiées lors du 35ième rapport sont ici, à titre de comparaison.

Avec un dépistage tous les deux ans par échographie, les jeunes de moins de 18 ans qui participent en sont déjà à leur 4ième examen médical. Après 18 ans, le dépistage suivant se fait à l’âge de 25 ans. Les autorités de la province de Fukushima n’ont pas publié de nouveau rapport relatif à la première campagne de dépistage. Les données du tableau ci-dessous reprennent donc les valeurs de la fiche de synthèse.

Les autorités n’ont pas publié de nouvelles données relatives à la deuxième campagne de dépistage, mais un court texte avec leurs conclusions. Elles expliquent que le taux de cancer de la thyroïde détecté lors de la première campagne est beaucoup plus élevé que ce qui est enregistré dans les autres provinces où il n’y a pas de dépistage. Ce taux est légèrement inférieur lors de la deuxième campagne, mais reste 10 fois plus élevé que la prévalence observée ailleurs, sans dépistage. Cependant, les autorités se refusent à faire un lien avec l’exposition à la radioactivité. Pour cela, elles se basent sur les calculs de dose provisoires effectués par le Comité scientifique des Nations Unies, l’UNSCEAR, pour affirmer qu’il n’y a pas de lien clair entre les deux.

Pour ce qui est de la troisième campagne de dépistage, qui a commencé le 1er mai 2016, les dernières données en japonais, qui vont jusqu’au 30 juin 2019, font apparaître que 217 879 personnes sur 336 669 ont été examinées (65%). Des examens supplémentaires complets ont été effectués chez 1 038 enfants sur 1 499. Il y a eu 72 cytoponctions et 29 cancers ont été détectés (12 garçons et 17 filles). C’est 5 cancers de plus que la dernière fois. Sur ces 29 enfants, 19 ont subi une intervention chirurgicale qui a confirmé le cancer.

Les données relatives à la quatrième campagne, font apparaître qu’à la date du 30 juin 2019, 105 927 personnes ont été examinées et ont reçu leurs résultats. 346 enfants ont subi des examens supplémentaires qui sont terminés. Il y a eu 23 cytoponctions et 13 cancers (6 garçons et 7 filles). C’est 8 cancers de plus que la dernière fois. Sur ces 13 enfants, un seul a subi une intervention chirurgicale qui a confirmé le cancer.

Pour les jeunes qui ont eu 25 ans, aucune nouvelle donnée n’a été publiée. Les chiffres du tableau ci-dessous sont ceux de la dernière fois.

On arrive donc à un total de 231 cas de cancer de la thyroïde suspectés chez les jeunes de Fukushima, dont 174 confirmé par une intervention chirurgicale.

Rappelons que, selon le fond de soutien des enfants ayant un cancer de la thyroïde, créé en 2016, il y aurait au moins 17 cas supplémentaires, non pris en compte dans les données officielles : 16 d’entre eux auraient été diagnostiqués lors de contrôles effectués par les parents en dehors de la province de Fukushima, et un cas avait déjà oublié par le passé. Évidemment, il y a probablement d’autres cas non recensés.

À ces chiffres, on peut ajouter les 4 cas découverts à Marumori, au Sud de la province voisine de Miyagi.

Publié dans ACROnique de Fukushima le 8 octobre 2019

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

Oct 10

KHAMENEI EXPLIQUE PAR LA RELIGION POURQUOI L’IRAN NE CHERCHE PAS À SE DOTER DE L’ARME NUCLÉAIRE

Que ce soit la fabrication ou le stockage d’arsenaux nucléaires, tout cela est prohibé par l’islam, a fait savoir le guide suprême iranien.

L’Iran ne s’est pas engagé dans le développement d’armes nucléaires car c’est interdit du point de vue de la religion, a ainsi déclaré Ali Khamenei.

«Nous aurions pu emprunter cette voie, mais nous avons dit que, selon l’islam, c’est prohibé», a-t-il déclaré, cité par l’agence de presse iranienne Isna.

Et de clarifier que cette interdiction couvrait aussi bien la fabrication des armes nucléaires que leur stockage.

Il estime en outre que ce type d’arme représente une menace pour le monde et l’humanité tout entière.

Les propos du guide suprême vont dans le même sens que la déclaration faite par le Président Hassan Rohani, lequel a fait savoir le 27 septembre dernier que son pays n’aspirait pas à détenir l’arme nucléaire.

Publié le 09/10/2019 à 17h57

https://fr.sputniknews.com/international/201910091042235249-khamenei-explique-par-la-religion-pourquoi-liran-ne-cherche-pas-a-se-doter-de-larme-nucleaire/

Oct 10

BUGEY : MODIFICATION D’UNE VENTILATION AYANT CONDUIT À DEUX DÉPASSEMENTS DES SEUILS DE REJETS RADIOACTIFS GAZEUX AUTORISÉS PAR L’ASN

Le 1er octobre 2019, EDF a déclaré un événement significatif relatif à la détection de deux dépassements des seuils relatifs au cobalt 60[1], fixés par l’ASN pour les rejets de la centrale nucléaire du Bugey.

Les relevés hebdomadaires des filtres de surveillance des rejets de la ventilation de la zone dite de « stockage des déchets faiblement contaminés » (SFC), située dans le bâtiment des auxiliaires nucléaires généraux (BANG), ont mis en évidence le dépassement des seuils relatifs au cobalt 60, durant la première et la troisième semaine du mois de septembre 2019. Or, la décision de l’ASN n° 2014-DC-0443 dispose que « les circuits d’extraction de la ventilation [du BANG] ne mettent pas en évidence d’activité volumique bêta globale d’origine artificielle supérieure à celle naturellement présente dans l’air ambiant ».

L’ASN a conduit une inspection réactive le 3 octobre 2019 portant sur l’origine de ces dépassements.

Dans le courant de l’été 2019, EDF a modifié la zone SFC pour améliorer les opérations de réception, de traitement et de conditionnement des déchets. Cette modification a été réalisée sans mise en place de système de filtration de la ventilation d’ambiance de la zone concernée alors que certaines activités potentiellement contaminantes y étaient menées. La décision de l’ASN n° 2014-DC-0442 prévoit pourtant que les effluents gazeux provenant du BANG, susceptibles d’être radioactifs, doivent être filtrés avant leur rejet. Cette absence de filtration serait à l’origine de l’événement. L’atelier concerné a été mis à l’arrêt dès la découverte de l’événement.

En outre, la mise en évidence de la présence de cobalt 60 par la surveillance hebdomadaire, lors de la première semaine de septembre, n’a pas fait l’objet d’un traitement suffisant. Elle n’a pas conduit EDF à mener les investigations nécessaires à la recherche de son origine, ce qui aurait permis d’éviter l’occurrence du second rejet la troisième semaine de septembre.

L’activité radiologique rejetée est restée très faible. Les appareils de surveillance de l’environnement implantés sur et autour du site n’ont détecté aucune élévation de la radioactivité. Les prélèvements d’eau et de végétaux réalisés mensuellement autour du site sont en cours d’analyse. L’atelier concerné sera maintenu à l’arrêt jusqu’à la mise en place d’un système de filtration conforme.

Néanmoins, en raison du dépassement, à deux reprises, d’un seuil fixé par la décision de l’ASN encadrant les rejets du site, et de la mise en évidence de plusieurs défaillances organisationnelles, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 10/10/2019

Note [1] Le cobalt 60 est un produit d’activation neutronique notamment formé à partir des matériaux de structure des réacteurs nucléaires. Sa période radioactive est de 5,27 ans.

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Modification-d-une-ventilation-ayant-conduit-a-deux-depassements-des-seuils-de-rejets

Oct 10

POURQUOI LE NOMBRE D’INCIDENTS EST EN HAUSSE DANS LES CENTRALES DE CIVAUX ET DU BLAYAIS

L’Autorité de sûreté nucléaire vient de rendre son rapport annuel 2018. Globalement le bilan est plutôt satisfaisant même si le nombre d’incidents est en hausse pour les deux centrales de la région Nouvelle-Aquitaine, Civaux et le Blayais. Toutes deux ont fait l’objet de cinq déclarations d’incident de niveau 1 sur l’échelle Ines (qui en compte 7, zéro étant le plus faible). 

Comment expliquer l’augmentation du nombre d’incidents de niveau 1 dans les centrales nucléaires du Blayais (Gironde) et de Civaux (Vienne) entre 2017 et 2018 ? Par des erreurs de maintenance qui ont été détectées sur des chantiers menés par des sous-traitants.

« EDF les a identifiées immédiatement ou de manière plus tardive, explique Hermine Durand, cheffe de la division de Bordeaux de l’Autorité de sûreté. Ces erreurs présentent un impact sur des matériels important pour la sûreté de la centrale. Une vigilance accrue a donc été demandée à EDF dans le domaine de la maintenance. »

Des chiffons coincés dans les turbopompes

À Civaux où 21 contrôles ont été effectués, cinq incidents de niveau 1 ont été relevés.

« L’exploitant a, par exemple, détecté des bouts de chiffon coincés dans des turbopompes. Il a également été repéré un défaut de serrage d’un connecteur électrique d’une vanne sur le circuit d’un réacteur. Ce même défaut de serrage a été repéré à plusieurs reprises », relève Hermine Durand.

Au Blayais, l’ASN a mené 24 contrôles et relevé cinq incidents.

Parmi ceux-ci, il a été découvert que la nappe d’eau captive située en dessous de la centrale était polluée au tritium en raison d’un défaut d’étanchéité du plancher qui présente une fissure. « Reste encore à déterminer d’où vient le tritium qui s’écoule par la fuite. »

141 inspections ont été menées dans les centrales de Civaux et du Blayais dont deux inspections renforcées “environnement” en 2018 :  80 dans le domaine du nucléaire de proximité, 6 en matière de transport de substances radioactives et 10 dans des laboratoires agréés.

Aucun incident lié à la canicule et à la baisse du niveau de la Vienne n’a été observé à Civaux en cet été 2019.
« Le débit de la Vienne a été maintenu à 13 m/s. Les 10 m/s ont été respectés, indique Hermine Durand.
En revanche, à Golfech, (Tarn-et-Garonne) les deux réacteurs de la centrale ont dû être arrêtés en raison de la température trop élevée de la Garonne (plus de 28 °). »

Par Olivier Chapperon, publié le 10/10/2019 à 07h55

Photo en titre : La centrale de Civaux © Magazine Rédaction

https://www.lepopulaire.fr/bordeaux-33000/actualites/pourquoi-le-nombre-d-incidents-est-en-hausse-dans-les-centrales-de-civaux-et-du-blayais_13656277/#refresh

Oct 10

GIRONDE : UN CÈPE GÉANT DÉCOUVERT PRÈS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BLAYAIS

Un ramasseur de champignons a fait une énorme découverte, samedi dernier, en Gironde. Il a ramassé un cèpe de 3,550 kilos à côté de la centrale nucléaire du Blayais. 

Un champignon presque de l’ordre de la science-fiction. Michel Auché, un Girondin, a ramassé fin de semaine dernière un cèpe de 3,550 kilos. Mensurations du monstre : 42 centimètres de diamètre, 133 centimètres de circonférence, 8 centimètres d’épaisseur. « Samedi matin, j’ai ramassé un cèpe de 3,550 kg ! C’est le plus gros champignon que j’ai trouvé de toute ma vie« , témoigne le Girondin auprès de nos confrères de Sud Ouest. Tellement surpris par sa trouvaille, le promeneur a montré son trésor à tous ses proches. 

« Il était tellement gros que pour le mettre dans le panier, c’était un problème. Il a cassé sous son poids. Quand je l’ai coupé pour le cuisiner, ça m’a fait mal au cœur », témoigne le chercheur à succès.

Plus improbable encore, c’est le lieu où Michel a cueilli son champignon « extraterrestre ». De son aveu, c’est à côté de la centrale nucléaire du Blayais que le cèpe a été ramassé. 

Publié le 09/10/2019 à 09:40 , mis à jour à 10:02

https://www.ladepeche.fr/2019/10/09/en-gironde-un-promeneur-ramasse-un-cepe-de-plus-de-35-kilos-a-cote-de-la-centrale-nucleaire,8468351.php

Note extraite de: http://Source : http://www.criirad.org/tchernobyl/fiche-champignons.pdf

Oct 09

DISPARITION : BENJAMIN DESSUS, L’ÉNERGIE DU CITOYEN

Ingénieur et économiste, Benjamin Dessus est décédé le 6 octobre. Politis perd avec lui un compagnon de route. Hommage.

Benjamin Dessus nous a quittés dimanche 6 octobre à l’âge de 80 ans, et nous perdons avec lui un compagnon de route de grande valeur, citoyenne, professionnelle et humaine.

Notre première rencontre, à la fin des années 1980, fixe quelques impressions fortes qui ne se démentiront jamais. Chevelure et barbe foisonnantes, il règne en « baba » sur un bureau vieillot aux allures de placard : il anime, au CNRS, un programme interdisciplinaire sur les problèmes d’énergie et d’environnement. ­Benjamin Dessus n’aura pas dragué les voies royales pour faire mousser sa carrière… Pourtant, l’approche qu’il défend est exactement celle que réclame l’histoire de la crise écologique planétaire naissante. Il acceptera avec enthousiasme de chroniquer dans nos pages.

Ingénieur et économiste, Benjamin Dessus réfutait l’épithète de « militant » : rejetant toute argumentation idéologique, il défendra toute sa vie une position d’expert indépendant, exigeant qu’on vienne l’affronter sur le terrain des chiffres et des faits. Posture salutaire, car les publications de Global Chance, association qu’il cofonde en 1992, démontent le consensus nucléaire, délitent les calculs officiels, déstabilisent les dogmes en matière d’énergie. Et s’il signe en 2005 l’ouvrage So watt ? L’énergie, une affaire de citoyens (L’Aube), avec Hélène Gassin, chargée de campagne à Greenpeace, il s’affiche dans la lignée naissante de ces scientifiques qui estiment de leur responsabilité de contribuer aux débats publics cruciaux de l’époque.

Esprit en alerte permanente, Benjamin Dessus savait nous « emmerder » avec ses trouvailles sur le prix de l’électricité ou la menace escamotée du méthane, puissant gaz à effet de serre. Le 18 juin 2009, il cosigne dans Politis une tribune accusant de « dérives dangereuses » un Claude Allègre alors en plein militantisme climatosceptique. L’ex-ministre déposera plainte pour diffamation. Pendant des mois, Benjamin Dessus rassemblera des kilos de documents étayant ses dires. Allègre retirera sa plainte trois jours avant l’audience.

Éminemment attachant, Benjamin Dessus nous parlait aussi de sa peinture et de ses engagements citoyens (habitat collectif, solidarité internationale, etc.). Il restait très pudique sur les épreuves personnelles qui l’ont usé à la fin de sa vie, continuant à se battre avec ses armes de toujours. Le 13 septembre, il faisait encore circuler une tribune dézinguant l’irrationalité du débat économique sur les déchets nucléaires. Nous assurons sa femme, Catherine, et sa famille de nos pensées émues et très amicales.

Par  Patrick Piro, publié le 9 octobre 2019

Retrouvez cet article sur le site https://www.politis.fr/articles/2019/10/disparition-benjamin-dessus-lenergie-du-citoyen-40909/ que nous vous conseillons de consulter régulièrement.

NDLR : Savoie anticucléaire se joint à cet hommage posthume.

Oct 09

LA CORÉE DU NORD POURRAIT RÉUTILISER LE SITE NUCLÉAIRE DE PUNGGYE-RI APRÈS TRAVAUX, SELON LE JCS

SÉOUL le 08 oct. (Yonhap) — La Corée du Nord serait en mesure de réutiliser son site d’essais nucléaires de Punggye-ri, aujourd’hui disparu, après des semaines ou des mois de travaux de restauration, bien qu’aucun mouvement de ce type n’ait été détecté, a déclaré ce mardi le Comité des chefs d’état-major interarmées (JCS) de la Corée du Sud.

Pyongyang a démoli le site en mai dernier, qui comprenait quatre tunnels, pour montrer son engagement en faveur de la dénucléarisation.

«Deux des quatre tunnels, les tunnels 3 et 4, pourraient être réutilisés après réparation», a déclaré le général Park Han-ki, chef d’état-major interarmées, lors d’un audit parlementaire, soulignant que «des semaines ou des mois au minimum seraient nécessaires à leur restauration».

Un haut responsable du JCS a ajouté qu’aucun mouvement de restauration n’avait été détecté.

Déclarant l’échec de ses pourparlers de travail avec les États-Unis la semaine dernière en Suède, Kim Myong-gil, le principal négociateur nucléaire nord-coréen, a déclaré que «la suspension des essais nucléaires et d’ICBM ou leur reprise dépendra entièrement de la position des États-Unis

Interrogé au sujet du missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) récemment testé par la Corée du Nord, le Pukguksong-3, le chef du JCS a déclaré que l’arme ne semble pas en être au stade du déploiement opérationnel.

Park a également indiqué que l’armée surveille de près la situation pour détecter d’autres tirs et a promis de renforcer les capacités d’interception de l’armée afin de contrer de telles menaces.

Il a également dit que le MSBS nord-coréen serait un missile à combustible solide à deux étages et à portée étendue. Certains médias ont rapporté auparavant que le missile semblait être composé de trois étages.

Des experts ont estimé la portée de la dernière version du missile Pukguksong à 2.000 km ou plus. Le MSBS Pukguksong-1 et le missile terrestre Pukguksong-2 ont une portée d’environ 1.300 km.

Soulignant les menaces potentielles posées par les bombes à impulsions électromagnétiques (IEM) de la Corée du Nord, le JCS a également promis d’accélérer la mise en place d’installations de protection.

Une bombe à impulsions électromagnétiques est une arme nucléaire conçue pour exploser à haute altitude afin de générer de puissantes impulsions électromagnétiques qui peuvent détruire les dispositifs électroniques et électriques au sol. La Corée du Nord mettrait au point de telles armes.

«(Le JCS) a désigné 55 emplacements comme installations de commandement en réponse aux menaces IEM, et 18 emplacements possèdent déjà ces capacités ou sont en passe de les posséder», a déclaré le JCS, ajoutant qu’il s’efforcera d’avancer la date d’achèvement de ce processus de 2051 à 2039.

Par mathieu@yna.co.kr, publié le 08.10.2019 à 19h58

Photo en titre : le Portail Nord, également connu sous le nom de tunnel 2, du seul site d’essais nucléaires nord-coréen connu, Punggye-ri, a été détruit le 24 mai 2018.

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20191008003000884

Oct 09

TROP CHER ET TROP LENT, LE NUCLÉAIRE EST EXCLU DES SOLUTIONS DE LA LUTTE CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE (AIEA)

Agence Ecofin – L’énergie nucléaire risque ne pas prendre une part active à la lutte contre le réchauffement climatique dans l’état actuel des choses. C’est le message principal qui ressort de la première conférence organisée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour voir dans quelle proportion, ce type d’énergie sera mis à contribution dans la lutte contre ce phénomène.

« Vous devez régler le problème lié au coût de capital élevé, à la longue durée de construction, aux risques d’accident et de prolifération, à la conservation à long  terme des déchets nucléaires et à l’opposition sociale », a affirmé à cette occasion, Patricia Espinosa, l’envoyé des Nations unies pour le climat lors de la conférence.

Bien que regroupant le tiers des centrales propres (1) installées dans le monde, le nucléaire est en chute ces dernières années à cause de ces barrières citées par la représentante. Dans le même temps, les autres énergies propres, le solaire et l’éolien, principalement, voient leur coût se réduire de manière drastique et sont plus rapides à mettre en place ; quelques mois contre au moins une décennie pour le nucléaire. En outre, les incertitudes liées au démantèlement des centrales en fin de cycle et les différents risques sanitaires et environnementaux rendent le nucléaire de moins en moins populaire.

« Le nucléaire regorge d’autant de potentiel que d’incertitude. Le défi pour lui aujourd’hui est d’être rentable face aux autres sources d’énergie propre et de pouvoir être déployé plus rapidement que dans le passé », a affirmé Hoesung Lee, le directeur du Panel intergouvernemental sur le changement climatique.

Il est appuyé dans ses propos par Liu Zhenmin, le membre de la délégation des affaires économiques des Nations unies qui affirme : « La compétitivité des coûts demeure un défi que doit relever le nucléaire face à la chute croissante des coûts du renouvelable. Très peu d’investisseurs privés empruntent encore ce chemin à cause des coûts élevés. Il faudra également que le nouveau nucléaire obtienne l’acceptation des gouvernements et du public.»

Par Gwladys Johnson Akinocho, publié le 08 octobre 2019 à 16h53

https://agenceecofin.com/nucleaire/0810-69909-trop-cher-et-trop-lent-le-nucleaire-est-exclu-des-solutions-de-la-lutte-contre-le-rechauffement-climatique-iaea

Note :

(1) NDLR : depuis quand le nucléaire est-il une industrie propre ?

Oct 09

DES PIÈCES D’OR CACHÉES DANS DES SACS DE BONBONS TÉTANISENT LE NUCLÉAIRE JAPONAIS

Le président de Kansai Electric Power, l’un des plus grands électriciens japonais, s’apprête à démissionner après s’être retrouvé impliqué dans une vaste affaire de corruption liée à une centrale nucléaire.

Après avoir longtemps refusé de quitter son poste, le président de la grande compagnie d’électricité Kansai Electric Power (Kepco), qui dessert l’ouest du Japon, pourrait finalement annoncer dès mercredi soir sa démission. Selon les médias japonais, Makoto Yagi, qui fut autrefois le directeur général de l’électricien, pourrait dévoiler sa décision à l’occasion de la réunion d’urgence d’un conseil d’administration.

Depuis la fin septembre, le dirigeant refusait d’assumer pleinement la mise à jour au sein de son entreprise d’un vaste réseau de pots-de-vin orchestré par Eiji Moriyama, l’adjoint au maire d’une petite ville hébergeant l’une des grandes centrales nucléaires de Kepco. Son nom apparaissait pourtant sur la liste de la vingtaine de cadres ayant profité, au moins depuis 2006, de généreux « cadeaux » de l’élu de la commune de Takahama dans la préfecture de Fukui.

Vaste réseau de corruption

Au total, le responsable politique aurait distribué l’équivalent de 320 millions de yens (2,7 millions d’euros) en enveloppes de liquide, en bons pour des costumes de luxe et autres pièces d’or cachées dans des sacs de bonbons. Pour arroser les décideurs de Kansai Electric, Eiji Moriyama se faisait payer par des PME locales soucieuses de sécuriser de juteux contrats avec l’électricien au sein de la centrale nucléaire. Au moins, une société de BTP a déjà reconnu les versements. Un aveu qui a provoqué une enquête des autorités fiscales et la mise à jour de ce vaste réseau de corruption.

Espérant étouffer l’affaire, la direction de Kepco a d’abord expliqué qu’elle avait tenté, à plusieurs reprises, de rendre les « cadeaux » à l’élu corrupteur, qui est décédé en mars dernier à l’âge de 90 ans. Mais ce dernier, connu pour son tempérament impulsif, se serait bruyamment offusqué de ces mauvaises manières et aurait refusé, à plusieurs reprises, au fil des ans, de récupérer ses « dons ».

« Nous avons accepté ces cadeaux car nous craignions qu’un refus ne détériore nos relations avec l’administration », a justifié la semaine dernière Shigeki Iwane, le PDG du groupe, qui a lui aussi été « récompensé » et se retrouve également sur la sellette. « Nous avions en tête de les rendre au moment opportun. Nous savions que c’étaient des présents coûteux et qu’il faudrait les restituer un jour », a-t-il expliqué, avant d’indiquer qu’il avait lui-même placé « les cadeaux » dans un coffre car il avait conscience qu’il posait « un problème de gouvernance ». Ce n’est toutefois qu’après le récent lancement d’un contrôle fiscal que ces « retours » se sont accélérés.

Mauvaise réputation de l’industrie nucléaire

Ce scandale ulcère le gouvernement conservateur du Premier ministre Shinzo Abe qui s’efforce, huit ans après la catastrophe de Fukushima , de relancer l’industrie du nucléaire dans le pays. Il craint que l’affaire ne sape encore plus la réputation des opérateurs de centrales nucléaires du pays auprès d’une opinion publique toujours très méfiante vis-à-vis de cette énergie et de ses promoteurs. « Il est honteux » que Kansai Electric ait accepté ces cadeaux de manière si « louche », s’est agacé Yoshihide Suga, le porte-parole de l’exécutif.

Kepco est l’un des rares électriciens à avoir obtenu le feu vert pour redémarrer certains de ses réacteurs. L’électricien en opère actuellement quatre sur les neuf en activité dans tout le pays, qui en exploitait au total 54 avec la catastrophe de 2011. Et deux de ces tranches actives sont situées dans la centrale de Takahama.

Par Yann Rousseau, publié le 9 oct. 2019 à 7h01

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/des-pieces-dor-cachees-dans-des-sacs-de-bonbons-tetanisent-le-nucleaire-japonais-1138432

Oct 09

EDF: LE COÛT DE L’EPR DE FLAMANVILLE S’ENVOLE ENCORE

Pour réparer des soudures défectueuses sur le prototype de son nouveau réacteur nucléaire, l’électricien va devoir dépenser 1,5 milliard d’euros. Ce qui porte à 12,4 milliards le budget complet de son chantier. Le gouvernement «attend des explications».

1,5 milliard d’euros supplémentaire: telle est la facture qu’EDF va devoir acquitter pour réparer les huit soudures défectueuses de l’EPR de Flamanville (Manche), le chantier du prototype de réacteur de nouvelle génération. Ce surcoût porte à plus à 12,4 milliards le montant global de l’ardoise, soit plus du triple du budget initial (3,3 milliards), a indiqué mercredi matin l’électricien.

Pour réparer ces soudures problématiques, l’électricien, qui avait planché sur 3 scénarios, a retenu un schéma prioritaire qui fait intervenir quatre «robots télé-opérés, conçus pour mener des opérations de grande précision à l’intérieur des tuyauteries concernées», souligne EDF. Cette proposition technique, qui a l’avantage d’éviter de démonter des éléments de l’enceinte de confinement du bâtiment réacteur, doit cependant être validée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’ici à l’automne 2020. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’EDF pourra engager les travaux. Au cas où l’ASN rejetterait cette méthode, un scénario de repli, qui entraînerait un surcoût additionnel de 400 millions et un nouveau report d’un an, a aussi été présenté. Mais la probabilité que ce plan B soit déployé est «faible», estime Xavier Hursat, directeur de l’ingénierie et des nouveaux projets nucléaires chez EDF.

À lire aussi : Les ratés de l’EPR menacent le renouveau du nucléaire

Alors que l’ASN avait demandé en juin à EDF de réparer ces soudures non-conformes, le groupe avait averti que la mise en service de l’EPR était une nouvelle fois repoussée, à fin 2022, avec 10 ans de retard sur le calendrier initial. Le projet de restauration entériné par le conseil d’administration vise toujours un chargement du combustible à cet horizon.

L’annonce de ce énième dérapage financier intervient dans un contexte délicat pour la filière nucléaire française, en proie à de nombreux déboires. En Grande-Bretagne, EDF a averti que son projet d’EPR à Hinkley Point pourrait être retardé jusqu’à 15 mois et qu’il enregistrait un nouveau surcoût pouvant aller jusqu’à 3,3 milliards d’euros.

Le gouvernement a réagi ce mercredi à l’annonce d’EDF. Il «ne peut se satisfaire de cette situation et attend des explications», a commenté le ministère de la Transition écologique, avant d’ajouter que l’audit «devrait faire toute la lumière sur les causes des retards et écarts de coûts». Bruno Le Maire, de son côté, a prévenu qu’il en tirerait «toutes les conséquences à tous les étages».

Le contexte est particulièrement sensible au sein de l’entreprise, qui étudie un projet de vaste réorganisation, dont la présentation, prévue pour cette fin d’année, a été décalée de plusieurs mois la semaine passée.

Par Frédéric de Monicault et Cyrille Pluyette, publié le 8 octobre 2019 à 20h28, mis à jour le 9 octobre à 15h30

Pour voir la vidéo explicative (7mn50s), cliquer sur :

http://www.lefigaro.fr/societes/edf-le-cout-de-l-epr-de-flamanville-s-envole-encore-20191008

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Oct 08

MYCLE SCHNEIDER : DANS L’URGENCE CLIMATIQUE, LE NUCLÉAIRE N’EST PAS UNE SOLUTION EFFICACE

Il est stupéfiant de parler de nouveaux réacteurs en France et en Slovaquie, alors que les chantiers existants ne sont même pas terminés, déplore Mycle Schneider, auteur du Rapport sur l’État des Lieux de l’Industrie Nucléaire.

Mycle Schneider est consultant indépendant de l’énergie et du nucléaire basé à Paris. Avec son équipe, il publie tous les ans le Rapport sur l’État des Lieux de l’Industrie Nucléaire. L’édition de 2019 a été présentée fin septembre à la Central European University à Budapest.

Selon le Rapport sur l’État des Lieux de l’Industrie Nucléaire de 2019 que vous venez de publier, le nucléaire n’est pas une bonne solution pour une réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre. Pourquoi insistez-vous autant sur la notion de temps ?

La perception du changement climatique a été beaucoup modifiée par la notion d’urgence. Le terme « urgence climatique » est très récent. Depuis un an et demi, il y a tout un mouvement des unités administratives – villes, régions, États – qui ont déclaré un état d’urgence climatique. La notion de temps est capitale et le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) y insiste grandement. Le GIEC a aussi clarifié que l’urgence augmente : on réduit toujours le temps qui nous reste. C’est d’autant plus qu’il faudra faire en moins de temps. Si aujourd’hui on veut faire une politique climatique responsable, il faut la combinaison de l’efficacité économique et du temps qui est essentielle pour le choix politique de stratégie de protection du climat.

Le problème des émissions croissantes ne se retrouve pas en Europe, mais en Chine, peut-être aux États-Unis, sûrement en Inde et la Russie. En plus, dans les pays comme l’Inde il y a toujours beaucoup de gens sans électricité. Pour électrifier le pays, il faut des grandes capacités de production. Est-ce que le nucléaire n’est pas la bonne solution dans ces pays où il faut commencer de zéro et ou les renouvelables comme le solaire et l’éolien ne peuvent pas livrer autant d’énergie ?

La Chine et l’Inde en sont le contre-exemple. Ils produisent déjà plus d’électricité avec des éoliennes toutes seules qu’avec le nucléaire. Le fait qu’il faut beaucoup de capacités dans ces pays-là ne veut pas dire que ces capacités doivent être centralisées. L’Inde a une très faible production nucléaire, mais les deux dernières années elle a vécu une explosion de l’industrie solaire centralisée et décentralisée. Le nucléaire y a presque été rattrapé par le solaire qui a un délai de réalisation très court. L’Inde a beaucoup de problèmes à aboutir avec son programme nucléaire. Quand les sept réacteurs en construction vont-ils commencer à produire ? Entre temps, on a fait du solaire qui produit déjà. On voit aussi un phénomène absolument fascinant du point de vue économique. Le nouveau solaire en Inde est compétitif avec le charbon existant.

Vous avez constaté que la durée moyenne de construction d’un réacteur s’élève à dix ans. En même temps, 29 des 46 réacteurs en construction sont en retard. Est-ce que vous avez comparé de manière complexe la durée chez le nucléaire d’un côté et l’éolien et le solaire de l’autre côté ?

Nous ne l’avons pas fait pour une raison très simple : pour le nucléaire il s’agit de 46 unités, pour le solaire et l’éolien il s’agit de milliers d’unités. Or, on peut dire qu’un site important d’éolien ou de solaire – des centaines des mégawatts installés – compte une durée de construction d’un à deux ans. La comparaison serait complexe, mais les ordres de grandeur sont clairs.

Même si un nouveau réacteur dispose d’une capacité d’au moins mille mégawatts ?

In fine, ce n’est pas la capacité, mais la production qui compte. On peut dire – à juste titre – que par mégawatt installé le nucléaire va produire plus d’électricité qu’un mégawatt éolien ou solaire. Même si on tient compte de ce facteur-là, on voit la vitesse folle avec laquelle la production solaire et l’éolienne augmente en Inde et Chine, nettement plus vite que le nucléaire.

« Il n’y a aucune possibilité d’investir de l’argent privé dans le nucléaire ».

L’industrie nucléaire dit que même si le nucléaire est, certes, cher, beaucoup de renouvelables impliquent beaucoup d’investissements dans le réseau. Est-ce que vous en tenez compte ?

Beaucoup d’arguments de cette nature sont avancés. Mais quand on regarde de plus près, on peut faire l’argumentation exactement inverse : les grandes centrales nucléaires, ou celles alimentées par le gaz ou charbon demandent une complexité de réseau qui n’est pas nécessaire pour les renouvelables décentralisées. Je produis de l’électricité solaire depuis plus de 30 ans au Canada, au fin fond de la forêt, hors réseau. Évidemment, au début ça valait déjà le coup parce que construire une ligne électrique sur cinq kilomètres était plus cher que de mettre des panneaux solaires sur le toit. On a calculé la rentabilité du solaire par rapport à la distance au réseau. Aujourd’hui, ça se calcule en centimètres plutôt qu’en mètres. Il est plus cher d’ouvrir le béton sur le trottoir que de mettre un panneau solaire sur un parcmètre.

J’utilise la logique économique de « bottom-up ». La première chose à faire est d’optimiser la mise à disposition de services énergétiques au niveau local par des moyens passifs – améliorer l’isolation pour chauffer les gens ou la lumière naturelle pour l’éclairage d’usines, d’écoles et des résidences. Puis, on met les panneaux solaires sur le toit. Les nouveaux bâtiments peuvent et devraient avoir un bilan énergétique positif. Le problème, ce sont les bâtiments existants et les infrastructures d’industrie et de transport existantes. Si on ne s’attaque pas à l’existant, on ne réglera pas le problème climatique.

Par le passé, on a construit quelques grandes centrales, puis on a créé le réseau et on a arrosé le consommateur. Mais on n’est plus dans ce schéma-là. Il faut changer de mentalité. Aujourd’hui on est dans le monde des « prosumers ».

… des gens qui veulent produire eux-mêmes de l’électricité…

…qu’ils consomment ensuite. Des papetiers en Scandinavie qui sont des grands consommateurs d’électricité font leurs propres centrales offshore ou semi-offshore, où ils produisent massivement pour leur propre consommation. Ils injectent le reste au réseau. Les solutions hybrides sont particulièrement prometteuses. En France, un data center, Qarnot Computing, installe ses processeurs gratuitement dans des habitations comme chauffage. Le « radiateur intelligent » permet aussi le wifi, le chargement sans fil de portable, la supervision de chaleur et d’humidité, ainsi que de la sécurité. Le tout gratuit. Ça vaut le coup pour l’entreprise, car elle baisse le coût du refroidissement des processeurs qui représente souvent 70 % des frais d’un data center.

À l’échelle mondiale, c’est la Chine qui construit le plus de nouveaux réacteurs. En Europe, il y a des chantiers en France et Finlande, mais les nouveaux projets apparaissent surtout à l’Est : en Slovaquie, en République tchèque, en Hongrie, en Pologne. Est-ce qu’il est là, l’avenir du nucléaire ?

La réalité est que 95 % de la capacité connectée au réseau dans l’UE en 2018 étaient des renouvelables. Il n’y avait pas de nucléaire. En Europe centrale, il y deux réacteurs en construction depuis quelques années – pour ne pas dire depuis 1985.

Vous parlez de la Slovaquie.

Oui, des Mochovce 3 et 4. Il est tout à fait stupéfiant qu’on puisse parler de nouveaux réacteurs alors qu’on n’a pas terminé les chantiers existants. En France aussi, on n’arrive pas à terminer Flamanville 3 et aujourd’hui-même (le 25 septembre) l’EDF lance un appel d’offres pour un second EPR.

Il n’y a aucune possibilité d’investir de l’argent privé dans le nucléaire. Point. Ce n’est pas mon opinion, c’est comme ça. Ce sont les banques et l’industrie nucléaire elle-même qui le pensent. Pour la centrale construite en Angleterre, l’industrie française a demandé un tarif de rachat de l’électricité garanti de 92,5 livres par mégawattheure. À l’époque c’était deux fois plus que le prix de l’électricité sur le marché du gros. Étant donné l’indexation du tarif, ça sera sans doute trois fois plus que le prix de marché – s’il devait jamais produire du courant. S’il existe une façon de réduire les émissions qui représente favorablement la combinaison des facteurs du temps et du coût, ce n’est certainement pas le nucléaire. Un État peut dire qu’il s’en moque et qu’il voudrait quand même dépenser de l’argent dans le nucléaire. Mais dans ce cas-là, la motivation est très différente de la recherche d’une option efficace pour réduire les émissions à court terme. Et je trouve capitale qu’on discute alors de l’autre motivation.

Quelle est l’autre motivation ?

Elle peut être d’ordre géopolitique, militaire, ou une combinaison des deux. Elle peut être une question d’image, de fierté. Un projet nucléaire peut aussi faire l’objet d’un « package deal » entre deux gouvernements.

Les Allemands sont en train d’arrêter leurs centrales nucléaires dont une partie est remplacée par le charbon. On voit apparaître aussi des projets de gaz comme le nouveau gazoduc Nord Stream 2. Les émissions allemandes ne décroissent pas. Est-ce que l’Allemagne est le bon élève ?

Non, il n’y a pas de substitution par le charbon. L’Allemagne n’est pas un modèle. Mais les chiffres disent que l’Allemagne réduit les émissions de CO2 et, logiquement, l’utilisation des énergies fossiles non seulement dans la production de l’électricité, mais aussi dans la production de chaleur. La substitution du nucléaire se fait non par le charbon, mais par les renouvelables. Depuis 2010, la production nucléaire a baissé de 64,5 TWh, alors que les renouvelables ont produit 121 TWh de plus. En plus, la consommation a baissé et les exportations nettes ont augmenté.

Pourquoi donc l’Allemagne n’est pas un bon élève ? Un, les avancées sur l’efficacité énergétique sont très largement insuffisantes. Deux, la politique du gouvernement actuel sur les renouvelables est catastrophique. Mais pendant un certain nombre d’années, le bilan était extrêmement positif et le monde entier en a profité. C’est l’Allemagne qui l’a payé.

Et l’Allemagne ne va pas atteindre ses propres objectifs en termes d’émissions.

Exactement. Dans le secteur électrique le problème est essentiellement le lignite – le charbon particulièrement sale.

Et la sortie n’est programmée que pour les années 2030.

Exactement. En plus, la taxe carbone, fixée par le gouvernement il y a quelques jours à 10 euros par tonne, est sans doute une gifle à toute politique climatique. En Suède, le prix est dix fois plus élevé.

À terme, le prix allemand devrait atteindre 35 euros.

Ce n’est pas suffisant. Le point de départ et le point d’arrivée sont insuffisants. Une politique qui ne peut pas atteindre ses propres objectifs n’est pas une politique modèle. Les émissions baissent beaucoup trop lentement. Et l’Allemagne a les moyens d’adresser ces problématiques-là de façon totalement différente et autrement plus efficace.

Publié le 8 octobre 2019 par Pavol Szalai (Journaliste, Pavol Szalai est journaliste spécialisé dans l’énergie, l’environnement et la politique française chez EURACTIV Slovaquie. Il a obtenu un Master Affaires européennes à Sciences Po en 2012 et dispose de plusieurs années d’expériences dans le journalisme, le secteur de l’énergie et l’administration slovaque.)

Photo en titre : par Nina Schneider.

https://courrierdeuropecentrale.fr/mycle-schneider-dans-lurgence-climatique-le-nucleaire-nest-pas-une-solution-efficace/

Oct 08

UN BILAN DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE EN ÎLE-DE-FRANCE BON SAUF POUR CIS BIO ET LE CEA

Bien que contrasté, le bilan de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en Île-de-France est jugé globalement satisfaisant par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en Île-de-France était, en 2018, globalement satisfaisant selon le bilan des actions de contrôle menées par les deux divisions de Paris et d’Orléans de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et présenté le 8 octobre à Vincennes (Val-de-Marne).

À l’occasion de son activité de contrôle en Île-de-France (202 inspections ont été réalisées l’an dernier), le Gendarme du nucléaire a enregistré quatre événements significatifs relatifs à la sûreté de niveau 1 sur une échelle qui compte huit niveaux, ainsi que trois événements concernant la radioprotection, eux aussi, de niveau 1. Dix événements concernant des patients en radiothérapie ont également été classés au niveau 1, sur une échelle ASN qui compte également huit échelons. (NDLR : soit un total de 17 évènements de niveau 1. Vous avez dit « bilan satisfaisant » ?)

Des démantèlements qui prennent du retard

En charge de surveiller les installations nucléaires de base (INB), la division d’Orléans (Loiret) a procédé à 44 inspections dans les trois établissements dont elle a la responsabilité : le centre CEA de Saclay (Essonne), le centre historique du CEA à Fontenay-aux-Roses (Val-de-Marne) et, enfin, l’usine de production de radioéléments artificiels du laboratoire CIS bio, toujours à Saclay.

Les résultats sont contrastés. Saclay reçoit un satisfecit d’ensemble. Pour autant l’ASN dénonce le retard pris dans le démantèlement de certaines installations alors que se profile celui des réacteurs d’expérimentation Osiris (suspendu en 2015) et Orphée, qui sera arrêté à la fin de cette année.

Le centre de Fontenay-aux-Roses, dont les activités de recherche sont désormais orientées vers les sciences du vivant, essuie, pour sa part, quelques critiques en raison, selon l’ASN, « des nombreuses difficultés à respecter les échéances des projets structurants pour la sûreté« . Pour mémoire les deux INB de Fontenay-aux-Roses font partie des dix installations prioritaires identifiées par le CEA pour le démantèlement.

CIS bio dans le collimateur de l’ASN

C’est surtout sur l’entreprise CIS bio, qui fabrique des médicaments pour le diagnostic et la radiothérapie métabolique nucléaire, que se concentrent les observations. « Même si des améliorations ont été notées en 2019, le niveau de sûreté de CIS bio doit encore significativement progresser et c’est un des sites sur lequel l’ASN use de ses pouvoirs de coercition » a souligné Alexandre Houle, chef de la division d’Orléans.

De son côté, la division de Paris, qui a notamment en charge le contrôle du secteur industriel, relève « une prise en compte contrastée des risques suivant les entreprises et des procédures internes mal respectées » au sein des activités de radiographie industrielle et gammagraphie.

Enfin dans le domaine médical, l’ASN juge que « l’état de la radioprotection est resté stable en 2018 » et son bilan satisfaisant à l’exception des pratiques interventionnelles radioguidées notamment pour les actes pratiqués en bloc opératoire.

Par Patrick Désavie, publié le 08/10/2019 à 16h58

Photo en titre : L’IRM du projet Iseult, mené notamment par le CEA

https://www.usinenouvelle.com/article/le-bilan-de-la-surete-nucleaire-en-ile-de-france-globalement-satisfaisant-selon-l-asn.N892394

Oct 08

L’ARMÉE CHINOISE PRÉSENTE UN NOUVEAU MISSILE NUCLÉAIRE BALISTIQUE HYPERSONIQUE,

« L’armée chinoise présente un nouveau missile nucléaire balistique hypersonique conçu pour se déplacer très rapidement, même pour un missile balistique. Il approche sa cible à une altitude inférieure. Et cela peut entraîner de brusques changements de direction qui rendent difficile le suivi ou l’interception d’un intercepteur. Ce missile est capable de violer tous les boucliers antimissiles déployés par les États-Unis et ses alliés », a indiqué l’AP.

L’AP n’a pas tort. Le Dongfeng-17, décrit comme un « planeur hypersonique », est spécialement conçu pour être plus difficile que d’habitude à arrêter, selon de nombreuses informations. Mais les Américains n’ont pas besoin de s’inquiéter du fait que la Chine est soudainement en mesure de violer la sécurité des défenses antimissiles américaines. En effet, les systèmes de défense antimissiles américains ne sont absolument pas sécuritaires, ont déclaré les experts.

Comme l’a écrit Laura Grego, une scientifique chevronnée et experte en matière nucléaire à l’Union of Concerned Scientists en 2017, le seul bouclier dont disposent les États-Unis est la défense basée au sol (GMD). Mais le GMD ne fonctionne pas fondamentalement. Ce n’est pas bien testé, a déclaré Grego. Lors d’essais menés dans des conditions idéales – pas de mauvais temps, pas de contre-mesures -, le GMD n’a pu assommer un missile que quatre fois sur dix. Dans le monde réel, a-t-elle écrit, nous devrions nous attendre à ce qu’ils travaillent encore moins souvent. Il est très difficile de frapper un missile avec un missile dans l’espace.

Mais il y a un problème plus fondamental. Même en mettant de côté que la plupart des plans de défense antimissiles impliquent d’essayer de frapper un missile avec environ quatre missiles intercepteurs, les États-Unis n’ont tout simplement pas assez d’intercepteurs pour arrêter une attaque nucléaire d’un pays comme la Chine dans les meilleures conditions, selon la presse.

Écrit par Alpha Amadou DIALLO,

Publié par Camille Legaré (RRNEW) le 8 octobre 2019

http://www.ramatoulaye.com/index.php/business-2/1486-l-armee-chinoise-presente-un-nouveau-missile-nucleaire-balistique-hypersonique

Oct 08

DIJON : LES ANTI-NUCLÉAIRES CRITIQUENT LA PRÉSENCE DU CEA DE VALDUC À LA FÊTE DE LA SCIENCE

Communiqué des Amis de la Terre Côte-d’Or du 7 octobre 2019 : Des associations membres de l’ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires) protestent face à une «Fête de la Science noyautée par un stand du CEA Valduc».

La Fête de la Science noyautée par un stand du CEA Valduc : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ! »

Ces 5 et 6 octobre, des personnes co-dépositaires du Nobel de la Paix 2017, au titre de l’association internationale ICAN, ont distribué devant le lycée Carnot des ballons aux enfants et des tracts aux parents, appelant à la reconversion du CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), présent à la Fête de la Science au lycée Carnot à Dijon.

Ils ont également couvert d’affiches d’information la colonne d’affichage à l’entrée du lycée.

Activités illégales du CEA

Les activités nucléaires militaires du CEA sont illégales, la France ayant signé le Traité de non-prolifération (TNP de 1968) en 1992, qui stipule l’objectif de l’élimination des armes nucléaires … mais la FRANCE modernise son arsenal, notamment au CEA de Valduc !

« Raconter la science, imaginer l’avenir ! »

C’est le slogan de la Fête de la Science, quel avenir le CEA a-t-il annoncé au public ???

Celui de sa reconversion à des activités utiles à l’humanité, à la paix, à la lutte contre la dérive climatique ? À la fin de ses émissions radioactives de tritium et d’autres polluants ?

Celui d’un avenir enfin débarrassé des 14 000 bombes nucléaires en service dans le monde en 2019 – dont 300 bombes françaises, grâce à l’application prochaine du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN de 2017), qui interdit la possession ET la menace d’armes nucléaires. La « dissuasion nucléaire » sera donc interdite.

Le TIAN sera applicable dès que 50 pays l’auront ratifié, ce qui devrait être le cas dès 2020 : Une très belle avancée de l’humanité pour fêter dignement les 75 ans des commémorations d’Hiroshima et Nagasaki ?!

Rejoignez-nous ! 67 % des citoyens français, (sondage Mouvement de la Paix, La Croix, revue Planète Paix) demandent que la France signe le Traité d’Interdiction des armes nucléaires !

Signez la pétition pour que la France signe et ratifie le TIAN : www.sortirdunucleaire.org/Petition-TIAN

Action des associations : ICAN France / Abolition des armes nucléaires – Maison de Vigilance / Amis de la Terre Côte d’Or / ATTAC 21 / MAN / Mouvement de la Paix / Sortir du nucléaire Côte d’Or

Par Infos Dijon, publié le 07/10/2019 à 16h05

Photo en titre : Amis de la Terre Côte-d’Or

http://www.infos-dijon.com/news/dijon/dijon/dijon-les-anti-nucleaires-critiquent-la-presence-du-cea-de-valduc-a-la-fete-de-la-science.html

Oct 07

INDISPONIBILITÉ PARTIELLE DU CIRCUIT D’INJECTION DE SÉCURITÉ DU RÉACTEUR 3 DE LA CENTRALE DE CATTENOM

Le 2 octobre 2019, l’exploitant de la centrale nucléaire de Cattenom a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à la dégradation d’un puisard du circuit d’injection de sécurité dans le bâtiment réacteur.

Le circuit d’injection de sécurité (RIS) permet, en cas de fuite importante du circuit primaire, d’injecter de l’eau borée dans le réacteur afin de stopper la réaction nucléaire et de maintenir le volume d’eau nécessaire au refroidissement du cœur.

Afin de maximiser le volume d’eau disponible, un système de recirculation permet de réutiliser l’eau injectée. Ce système dispose de deux voies redondantes. Pour chaque voie, l’eau est récupérée dans un puisard situé au bas du bâtiment réacteur.

Le 29 septembre 2019, alors que le réacteur 3 était à l’arrêt pour maintenance et rechargement du combustible, l’exploitant a découvert l’endommagement d’un joint d’étanchéité d’un des deux puisards du circuit d’injection de sécurité, rendant indisponible une voie de ce système. Cette situation n’était pas conforme aux règles générales d’exploitation, qui imposent que les deux voies du circuit soient disponibles.

Dès la détection de l’écart, l’exploitant a lancé la remise en conformité de ce puisard.

Cet événement n’a pas eu de conséquence directe sur la sûreté des installations. Cependant, il a conduit à la défiabilisation d’une des deux voies du circuit d’injection de sécurité utilisé en cas d’accident. En raison du caractère tardif de la détection de l’écart aux règles d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 07/10/2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-partielle-du-circuit-d-injection-de-securite-du-reacteur-3

Oct 07

JAPON : KANSAÏ ELECTRIC : LE SCANDALE DE CORRUPTION ENFLE !

La semaine dernière, le directeur de Kansaï Electric (KEPCo) avait, lors d’une conférence de presse, reconnu que 20 cadres de sa compagnie, dont lui-même, avaient reçu des dons et des cadeaux de la part de l’ancien maire adjoint de Takahama où la compagnie exploite une centrale nucléaire. Le total atteindrait 320 millions de yens (2,7 millions d’euros), mais une partie aurait été retournée, celle qui dépassait le niveau maximum jugé acceptable par le bon sens… Depuis, le scandale ne cesse d’enfler.

Cette somme, estimée à partir des souvenirs des cadres, est très approximative. Il est probable qu’ils aient oubliés des cadeaux. Ils ont donc dû recevoir plus… Il n’y a aucun enregistrement des sommes reçues et des renvois. Bref, tout cela reste très flou et basé sur les témoignages des personnes mises en cause. Ces renvois n’auraient eu lieu qu’après le début des investigations des services fiscaux, en janvier dernier.

Inversement, si Eiji Moriyama, l’ancien maire de Takahama, décédé en mars dernier, a été généreux avec les cadres de KEPCo, cette dernière a aussi été généreuse avec lui. La compagnie aurait notamment organisé des fêtes en son honneur, lors de la floraison des cerisiers par exemple ou lors de son anniversaire. Elle lui fournissait aussi des informations confidentielles qu’il pouvait monnayer auprès de compagnies locales, dont Yoshida Kaihatsu, basée à Takahama.

La compagnie Yoshida Kaihatsu, qui serait à l’origine d’une partie des fonds distribués par l’ancien adjoint au maire, est devenue très dépendante de KEPCo : en 2018, 60% de ses recettes seraient liés à des contrats avec l’exploitant nucléaire : sur un chiffre d’affaire de 2,2 milliards de yens, 250 millions de yens venaient de contrats directs avec KEPCo, et 1,06 milliard de contrats indirects. En 2014, Yoshida Kaihatsu n’avait eu que pour un total de 700 millions de yens de contrats avec l’exploitant nucléaire. C’est en 2017 que ces contrats ont été les plus élevés, avec 2,1 milliards de yen en contrats indirects.

Le directeur de KEPCo prétend que Yoshida Kaihatsu a été sélectionnée suivant les procédures internes à la compagnie. Bref, il n’y aurait aucun lien avec les cadeaux.

Les premières investigations ont aussi permis de révéler que deux compagnies de BTP, dont la désormais célèbre Yoshida Kaihatsu, ont directement versé pour environ 4 millions de yens à trois cadres de KEPCo sous forme de cash et de cadeaux. Il s’agit de l’ancien président et deux cadres exécutifs : Shigéki Otsuka aurait reçu un million de yens en cash et pour 400 000 yens de cadeaux de Yoshida Kaihatsu ; Toyomatsu et Suzuki auraient reçu pour 2,5 millions de yens de bons d’achat de l’autre compagnie pour s’acheter des costumes sur mesure. Suzuki aurait utilisé les 2 millions de yens de bons d’achat. Les deux autres auraient rendu les cadeaux. Le nom de la deuxième compagnie n’a pas été révélé.

La corruption ne touche pas que la branche nucléaire de KEPCo. Trois cadres de la branche transport et distribution auraient reçu pour 2,5 millions de yens de dons et cadeaux de la part de l’ancien maire adjoint de Takahama, Eiji Moriyama, décédé en mars dernier. Ces cadres auraient fourni, en échange, des informations sur trois projets. Et, une compagnie de BTP, proche de Moriyama, aurait remporté un lot sur un projet de ferme solaire. Les investigations internes chez KEPCo ont montré que Moriyama aurait reçu des informations pour 70% des 113 contrats remportés par Yoshida Kaihatsu. Ainsi, des informations relatives à 83 projets dans le nucléaire auraient été fournies entre septembre 2014 et décembre 2017.

Les commissaires de KEPCo savaient que des cadres de KEPCo avaient reçu des dons et des cadeaux, mais ils n’auraient pas alerté les autorités. Ils se sont donc rendus complices des faits. À quoi servent-ils ?

Le maire d’Ôsaka a demandé aux dirigeants de démissionner. La ville est l’un des principaux actionnaires de KEPCo.

Publié dans ACROnique de Fukushima, publié le 6 octobre 2019

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

Oct 07

BELGIQUE : PROLONGATION DE LA SORTIE DU NUCLÉAIRE: LE MONDE POLITIQUE RÉAGIT

Le calendrier de sortie du nucléaire doit être respecté, a réagi samedi le groupe Écolo-Groen à l’annonce de Johnny Thijs dans Le Soir et De Standaard. Le nouveau président d’Electrabel a en effet fait part de sa volonté de prolonger pour 20 ans trois réacteurs nucléaires.

« Johnny Thys pense sans doute qu’on peut gérer Electrabel comme la Poste et que son identité belge lui permettra de faire passer la pilule auprès du monde politique. La ficelle est trop grosse. La sortie du nucléaire est inscrite dans la Loi: son calendrier doit être respecté« , rétorque le parti des verts samedi par communiqué de presse.

Pour le groupe Ecolo-Groen, il s’agit « évidemment d’une hypothèse irresponsable, dangereuse, coûteuse, en contradiction avec les objectifs énergétiques que la Belgique doit se fixer pour réussir la transition« . « Ce que nous attendons du nouveau président d’Electrabel, c’est qu’il contribue à ce que l’entreprise assume ses responsabilités quant à l’approvisionnement électrique, à la gestion du passé via des provisions nucléaires, mais aussi et surtout quant à la sécurité des installations nucléaires« , a pour sa part souligné Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo à la Chambre.

La ministre Marghem plaide pour la stabilité

La ministre fédérale de l’Énergie, Marie Christine Marghem, a quant à elle plaidé pour un minimum de stabilité dans les directions politiques par rapport à la sortie programmée du nucléaire.

« Dans tous les cas, la ministre de l’Énergie plaide pour un minimum de stabilité dans les directions politiques que l’on donne afin de favoriser les investissements dans le secteur énergétique particulièrement dans le cadre de la transition. Toute décision doit être mesurée à l’aune de la sécurité d’approvisionnement du pays, du coût pour le consommateur, de l’impact environnemental et du respect des accords internationaux« , détaille le communiqué.

La ministre a également répété que la loi de 2003 prévoit une sortie du nucléaire en 2025 et que ce seront au prochain gouvernement et à la prochaine majorité de prendre position sur cette question. « Une grande partie de son travail a été et reste consacrée au respect du calendrier de sortie du nucléaire et au développement de sources alternatives d’énergie comme le déploiement du parc éolien offshore en mer du Nord à l’horizon 2030 ou la construction de centrales à gaz d’ici 2025« , est-il encore écrit.

Par Belga, publié le samedi 05 octobre 2019, mis à jour le samedi 05 octobre 2019 à 14h01

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_ecolo-insiste-pour-que-le-calendrier-de-sortie-du-nucleaire-soit-respecte?id=10333551

Oct 07

LE REPRÉSENTANT SUD-CORÉEN POUR LE NUCLÉAIRE ATTENDU A WASHINGTON

SÉOUL le 7 octobre 2019 (Xinhua) – Le représentant sud-coréen pour le nucléaire doit s’envoler ce lundi pour Washington où il aura des discussions consacrées à la situation dans la péninsule coréenne, a annoncé le ministère des Affaires étrangères à Séoul.

Lee Do-hoon, représentant spécial sud-coréen pour la paix dans la péninsule coréenne et les affaires de sécurité, effectuera une visite de quatre jours où il sera reçu par son homologue américain, Stephen Biegun.

À cette occasion, ils discuteront de la coopération entre Séoul et Washington en vue d’une dénucléarisation complète et d’une solution de paix permanente dans la péninsule coréenne, a précisé le ministère.

Lee rencontrera aussi sur place Takizaki Shigeki, directeur général du bureau des affaires asiatiques et océaniennes au ministère japonais des Affaires étrangères, avant un entretien trilatéral avec M. Biegun.

Ces rencontres surviennent après que les dernières discussions samedi près de Stockholm entre la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et les États-Unis ont pris fin sans accord.

Kim Myong Gil, le négociateur en chef de la délégation de la RPDC, a déclaré que ces discussions de travail avaient échoué « entièrement parce que les États-Unis n’ont pas abandonné leurs anciennes positions« , venant à la table des négociations « les mains vides« .

Quelques heures après ces propos, le Département d’État américain a pourtant assuré que les responsables des deux parties avaient eu de « bonnes discussions« , s’attendant même à ce qu’elles reprennent dans deux semaines.

Les pourparlers sont dans une impasse depuis que le deuxième sommet entre le dirigeant suprême de la RPDC Kim Jong Un et le président américain Donald Trump fin février à Hanoï a pris fin sans résultat. Ils s’étaient rencontrés pour la première fois à Singapour en juin 2018.

Par French.xinhuanet.com, publié le 2019-10-07 à 12h44

http://french.xinhuanet.com/2019-10/07/c_138453000.htm

Oct 07

POURQUOI JEAN-BERNARD LÉVY RECULE LE PROJET HERCULE DE REFONTE D’EDF

ANALYSE: Jean-Bernard Lévy a annoncé le 4 octobre qu’il ne présenterait pas comme prévu le plan de refonte d’EDF « Hercule » à la fin de l’année 2019. Le PDG invoque les négociations avec l’Europe sur la régulation du nucléaire. Une fausse bonne raison.

Ce n’était pas initialement dans les plans du gouvernement.

Mais, pour tenter de limiter l’augmentation des tarifs de l’électricité en misant sur la concurrence, les parlementaires ont ajouté à la loi énergie climat adoptée le 26 septembre un article portant de 100 MW à 150 MW le volume d’électricité d’origine nucléaire qu’EDF doit vendre aux fournisseurs alternatifs qui le demandent au prix Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique), soit 42 euros du mégawattheure.

Négocier une nouvelle régulation du nucléaire

Ce mécanisme a été installé en 2010 par la loi Nome (organisation du marché de l’électricité), au moment de l’ouverture à la concurrence des marchés de l’énergie, pour faire accepter à l’Europe le fait qu’EDF reste à la fois producteur et fournisseur d’énergie. Il est applicable pendant 15 ans à partir du 1er juillet 2011, soit jusqu’au 1er juillet 2026. Il donnait ainsi accès aux nouveaux entrants à un avantage concurrentiel et cassait le monopole de fait d’EDF.

Tant que le prix de l’électricité était bas, notamment après la chute du cours du pétrole en 2014, EDF n’avait que peu souffert de cette obligation. Mais maintenant que les prix remontent, EDF dit pâtir de l’Arenh, d’autant plus que ses concurrents, comme Engie ou Total Direct Énergie, n’ont pas eux d’obligation à lui acheter son électricité nucléaire et se fournissent, tout comme EDF d’ailleurs, sur le marché aux meilleurs prix.

Gagner du temps sur la refonte

Jean-Bernard Lévy demandait déjà depuis quelque temps une révision de ce mécanisme, lui imputant une partie des difficultés financières que rencontre le groupe. Et il savait déjà, lorsque qu’il a promis de dévoiler le plan de refonte du groupe EDF, baptisé Hercule, à fin 2019, qu’il faudrait passer par une renégociation de la régulation du nucléaire français avec l’Europe.

Ce plan Hercule, dont les grandes lignes ont été dévoilées aux syndicats d’EDF au printemps, va conserver l’intégrité du groupe (pas question de scission immédiate), a promis Jean-Bernard Lévy. Il prévoit néanmoins de casser la structure actuelle, avec EDF SA (production et vente) et des filiales (EDF Renouvelables, Enedis, RTE, Framatome et à l’internationale), en créant d’un côté un « EDF bleu » renationalisé comprenant le nucléaire, l’hydroélectrique et le transport de l’électricité de RTE (dont EDF ne détient plus que 49,9%), et de l’autre un « EDF vert » avec les activités soumises à la concurrence, soit la distribution d’électricité (Enedis n’a pas de monopole), les renouvelables et les activités commerciales, notamment de fournitures d’électricité et de gaz. Environ 35% du capital de cet EDF Vert pourraient être introduits en Bourse, sachant que 16,5 % du capital d’EDF est déjà ouvert.

Détourner l’attention 

Jean-Bernard Lévy explique aujourd’hui que la régulation du nucléaire est sa priorité et que c’est elle qui justifie une refonte d’EDF, oubliant que la dette de plus de 30 milliards d’euros, le mur d’investissements pour prolonger le parc français actuel, l’incapacité d’EDF à financer de nouveaux gros projets, sans parler des problèmes de retard sur les chantiers actuels en France et maintenant aussi au Royaume-Uni qui plombe leur rentabilité, n’y sont pas liés, ou si peu.

Invoquer désormais un décalage du calendrier de la réforme de la régulation nucléaire et la mise en place d’une nouvelle Commission européenne qui ne pourrait donner son avis que d’ici quelques mois pour repousser la présentation de son plan Hercule au gouvernement ressemble donc beaucoup à un nouveau bras de fer qu’entamerait Jean-Bernard Lévy avec l’État, actionnaire majoritaire d’EDF. Le 29 septembre, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, avait déclaré que le nucléaire ne devait pas être « un état dans l’État ». Suite aux surcoûts et retards sur les chantiers des nucléaires d’EDF, il a commandé un audit indépendant qui doit lui être remis le 31 décembre. Jean-Bernard Lévy a promis des « décisions concrètes » pour la filière nucléaire. On ne pensait pas qu’il parlait de geler le projet Hercule.

Par Aurélie Barbaux, publié le 07/10/2019 à 06H58

Photo en titre: Jean-Bernard Lévy fait de la réforme des règles de ventes du nucléaire historique (Arenh) une priorité, voire un préalable, à toute refonte d’EDF.

https://www.usinenouvelle.com/article/pourquoi-jean-bernard-Lévy-recule-le-projet-hercule-de-refonte-d-edf.N891514

(NDLR : quelques raisons électorales n’expliqueraient-elles pas aussi ce report ?)

Oct 07

IMPORTANT REJET DE GAZ RADIOACTIFS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH : EDF DEVANT LA COUR D’APPEL DE TOULOUSE

Le 19 octobre 2016, suite à une succession de dysfonctionnements, la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a rejeté en quelques minutes une quantité très importante de radioactivité dans l’environnement. Suite à une relaxe incompréhensible d’EDF en première instance, la cour d’appel de Toulouse examinera cette affaire le 7 octobre 2019, à 14h. Les associations appellent à un rassemblement devant la cour d’appel à partir de 13h30.

Cette audience sera l’occasion de rappeler que la situation à la centrale de Golfech n’a cessé de se dégrader, laissant craindre d’autres « incidents » graves.

Un important rejet radioactif dans l’environnement

Le 19 octobre 2016 au soir, la centrale nucléaire de Golfech a laissé s’échapper un important rejet radioactif gazeux. La radioactivité rejetée est montée en flèche, au point de dépasser pendant 2 minutes le seuil d’alarme à la cheminée. Au total, 136 milliards de becquerels ont été relâchés dans la nature, dont 78 milliards sur cette seule séquence de 2 minutes !

Ce dépassement n’est pas à prendre à la légère : les seuils de rejets, taillés « sur mesure » selon les propositions de l’exploitant, sont fixés très haut, en fonction d’un optimum économique et technique, et non de normes sanitaires. Par ailleurs, selon certains chercheurs, de tels pics de rejets sont susceptibles d’entraîner des impacts sanitaires chez les riverains [1].

Malgré l’importance de ce rejet accidentel, la direction de la centrale avait mis deux jours à le déclarer dans les formes à l’Autorité de sûreté nucléaire et à prévenir la Commission Locale d’Information… et presque une semaine pour informer les médias ! Voilà la « transparence » vantée par EDF !

Une pollution révélatrice d’inquiétants dysfonctionnements

Cette pollution était le résultat d’une série de dysfonctionnements aussi bien techniques qu’organisationnels, révélateurs d’une sûreté défaillante. Les gaines contenant le combustible nucléaire du réacteur 1, censées être parfaitement étanches, laissaient fuir la radioactivité. Ce problème était connu de l’exploitant depuis juin 2016.

En outre, le dégazeur, qui permet de séparer les gaz radioactifs des effluents liquides afin que ceux-ci puissent être stockés pendant 30 jours minimum afin de permettre la décroissance de la radioactivité, avait été mal utilisé et avait mal fonctionné. En conséquence, ces gaz avaient été rejetés directement dans l’environnement. Le non-respect de cette procédure n’était pas anodin, sachant que certains gaz nécessitent plus de 50 jours pour voir leur radioactivité divisée par 1000. Un tel rejet n’avait donc rien d’ « évanescent », pour reprendre l’expression de l’avocat d’EDF en première instance !

Rappelons que la situation à la centrale nucléaire de Golfech ne s’est pas améliorée depuis ce rejet. Au contraire : le 25 septembre 2019, l’Autorité de sûreté nucléaire a pointé une détérioration de la sûreté : « multiplication des incidents » témoignant de « problèmes de compétences et de comportement », « des défauts dans la préparation et réalisation des activités à fort enjeu de radioprotection »… En cinq ans, la centrale a renouvelé la moitié de ses effectifs. EDF semble avoir fait passer la rentabilité avant la sûreté, en se dispensant d’apporter une formation suffisante aux personnes censées intervenir !

Cette situation accroît les risques de nouveaux rejets radioactifs dans l’environnement. Elle est d’autant plus inquiétante que la seule balise IRSN censée mesurer en continu la radioactivité dans l’eau de la Garonne au niveau d’un important captage d’eau potable est en panne depuis six mois maintenant (voir la lettre des associations à ce sujet)…

Un dangereux signal d’impunité pour EDF

Nos associations refusaient qu’une telle pollution reste impunie. Après un dépôt de plainte le 28 novembre 2016, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a fait citer directement EDF devant le tribunal le 17 octobre 2017. L’Association Française des Malades de la Thyroïde, les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, France Nature Environnement Midi-Pyrénées, France Nature Environnement 82, la SEPANLOG et Stop-Golfech-VSDNG se sont constitués partie civile.

Lors de l’audience de première instance, qui a eu lieu le 13 décembre 2018, la représentante d’EDF a été incapable de préciser si le problème des fuites sur les gaines de combustible persistait. Belle illustration du désintérêt de l’entreprise pour d’éventuelles nouvelles pollutions qui pourraient résulter de ce défaut !

Le 10 janvier 2019, malgré ces faits accablants, le tribunal de police de Montauban a finalement relaxé EDF. Face à une décision aussi incompréhensible, les associations ont décidé de faire appel. L’audience aura lieu à la cour d’appel de Toulouse, le lundi 7 octobre à 14h. Un rassemblement se tiendra devant la cour d’appel, à partir de 13h30.

Ce rassemblement sera aussi l’occasion de rappeler l’urgence d’une sortie du nucléaire, pour mettre fin à la fuite en avant d’une industrie qui met en danger aussi bien les personnes qui travaillent pour elle que les populations.

Note :

[1] Pour ces chercheurs, ces pics de rejets pourraient expliquer le surcroît de leucémie aux alentours des installations nucléaires (voir notamment les travaux d’Ian Fairlie et Alfred Körblein sur le sujet). Plusieurs études font en effet état d’une telle corrélation (voir l’étude allemande KiKK en 2007 et l’étude de l’INSERM parue en 2012.)

Photo en titre : La centrale nucléaire de Golfech ©ladepeche.fr

Par le Réseau « Sortir du nucléaire », 9 rue Dumenge, 69317 Lyon cedex 04, www.sortirdunucleaire.org

NDLR: pour info, la cour d’appel tranchera le lundi 13 janvier 2020 à 14h.

Pour en savoir plus : https://www.sortirdunucleaire.org/Important-rejet-radioactif-a-la-centrale-49838

Oct 06

FUKUSHIMA : « QUOI QUE JE FASSE, TOUT PLAISIR A DISPARU DE MA VIE. »

Au procès de Tepco au Tribunal régional de Tokyo, une habitante de la ville de Date a fait ce témoignage poignant. On sait depuis le 19 septembre que les trois anciens dirigeants de Tepco, Tsunéhisa Katsumata, Ichirô Takékuro et Sakae Mutô, n’ont pas été reconnus coupables de négligences ayant entraîné la mort et des blessures. Les procureurs désignés ont fait appel.

Déclaration d’opinion d’une habitante de la ville de Date, présentée au Tribunal régional de Tokyo

« Nous avions le désir d’élever nos enfants dans un environnement proche de la nature et enrichissant. C’est pourquoi nous avons déménagé de la ville de Fukushima pour acheter un terrain dans la ville de Date, là où nous vivons actuellement, pour y construire une maison.

Les remboursements des prêts étaient lourds et nous vivions simplement, mais nous étions heureux.

Huit ans après la construction de notre maison, le 11 mars 2011, l’accident de la centrale s’est produit, et notre vie de famille a été bouleversée. Mon mari et moi avions 42 ans, mon fils était en CM2 et ma fille en CE2.

À cette époque, je n’avais aucune connaissance sur le nucléaire ou sur les substances radioactives. Si j’avais eu quelques notions dans ce domaine, en nous sauvant, nous aurions sans doute pu éviter d’être irradiés. Je suis étreinte par ce regret.

Sans aucune marge financière, je ne pouvais, en pensant à mes enfants qui souffrent de maladie et à mes parents qui sont ici, me résoudre à m’éloigner de chez moi.

Dès le 11 mars, nous n’avions ni eau, ni électricité, ni gaz et je devais me rendre jusqu’aux stations d’eau où j’emmenais les enfants ; pour trouver de quoi manger, nous marchions dehors parfois trempés par la pluie.

Après plusieurs jours, comme nous n’avions toujours pas d’eau, nous avons dû aller jusqu’à la mairie pour utiliser les toilettes. C’est à ce moment-là que j’ai vu un groupe de personnes vêtues de combinaisons de protections blanches entrer dans la mairie. Nous avons pensé qu’ils venaient sans doute aider les victimes du tsunami. Mais maintenant, je comprends que la pollution radioactive était telle que des protections étaient nécessaires, et nous, sans nous douter de rien, nous étions exposés.

Peu après, au moment des cérémonies de remises de diplômes, nous nous sommes rendus à pied à l’école primaire. Je pense que les informations qu’on nous donnait étaient fausses et qu’à cause de cela nous avons été irradiés. A l’époque, j’étais persuadée que, si nous encourions réellement un danger, l’État nous avertirait. 

J’ai appris plus tard que les doses de radioactivité de l’air après l’accident étaient de 27 à 32 microsieverts par heure. Il n’y a eu aucune consigne sur la restriction des sorties en extérieur et c’est extrêmement grave. En juin 2011, je me suis rendue aux funérailles de la grand-mère de mon mari dans sa famille. J’ai emmené mes enfants avec moi. Sur le trajet nous avons remarqué que le taux de radiations était très élevé et dans la voiture le dosimètre affichait à certains endroits 1,5 microsievert par heure. Les représentants de cette zone, avaient demandé aux riverains de ne pas faire de vagues même si la radioactivité était élevée. D’après ce que j’ai entendu, il fallait que les véhicules de reconstruction puissent continuer à emprunter cette route. De même que le Shinkansen (TGV) et l’autoroute du Tohoku devaient à tout prix fonctionner comme si de rien n’était, pour ces mêmes raisons.

En dépit d’un niveau dépassant les limites de doses admissibles, au lieu de nous alerter sur les dangers, on nous assurait être en sécurité. Le risque de cette exposition ne nous a pas été communiqué. En juin 2011, mon fils a été pris de saignements de nez abondants, au point que ses draps étaient tout rouge. Les enfants présentant les mêmes symptômes étaient si nombreux, que nous avons reçu une notice par la « Lettre de santé » de l’école avec des recommandations. Au cours d’un examen médical de l’école, on a découvert une anomalie cardiaque à mon fils et il a dû être surveillé par holter. Mon fils, qui avait 12 ans au moment de l’accident, souffrait alors de dermatite atopique. Après, les symptômes ont empirés au point de devoir être hospitalisé pendant les vacances de printemps en seconde. Aujourd’hui on n’arrive toujours pas à identifier les symptômes qui le font souffrir.

Un an après l’accident, ma fille s’est plainte de douleurs à la jambe droite. À l’hôpital, un ostéome extra-osseux a été diagnostiqué et elle a dû subir une excision osseuse l’année suivante. En première année de collège à partir de l’hiver elle n’arrivait plus à se lever le matin. Elle était atteinte d’un dysfonctionnement orthostatique. En accord avec elle, nous avons décidé de la scolariser 3 fois par semaine dans un système à horaires modulables.

Le passe-temps favori de mon mari était la pêche, mais depuis l’accident nucléaire, il n’est plus question d’aller à la mer ou à la rivière. Avant l’accident, dans le jardin, nous faisions pousser des fleurs et nous avions un potager. L’été, nous y faisions des barbecues en famille et nous mettions une tente pour que les enfants puissent dormir dehors. Maintenant c’est absolument impossible.

Dans cet environnement gravement contaminé aujourd’hui, l’ADN des cellules serait gravement endommagé. Il faut ajouter que les séquelles liées à l’exposition que nous avons déjà subie sont indélébiles, même si nous déménagions maintenant.

Quand je songe que les enfants sont particulièrement vulnérables à l’irradiation, mon cœur se déchire. En tant que parent, en tant qu’adulte, c’est déchirant et insupportable. Je suis également préoccupée par la situation actuelle de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Ma routine quotidienne consiste à guetter les catastrophes naturelles telles que les tremblements de terre et à vérifier l’état de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Parce qu’aujourd’hui je n’hésiterai pas à évacuer. J’ai changé de travail pour être en mesure de me rendre rapidement auprès de mes enfants s’il le faut. 

J’ai dû abandonner un travail à plein temps et c’est financièrement difficile, mais la priorité est de pouvoir partir vite à tout moment. Car après avoir vérifié toutes sortes d’informations, j’ai compris que les annonces du gouvernement divergeaient de la réalité.

Vivre dans un environnement radioactif vous oblige à être vigilant sans relâche, que ce soit pour vos courses, pour manger, ou pour boire de l’eau, et à évaluer vous-même la situation pour faire des choix. Nous avons dû nous résoudre à accepter un mode de vie anormal pour arriver à continuer à vivre au jour le jour. 

Quoi que je fasse, tout plaisir a disparu de ma vie. 

J’ai découvert qu’il y avait à côté de chez moi sur le chemin de l’école de mes enfants des spots de plus de 10 microsieverts par heure. Je l’ai signalé à la mairie, mais ils n’ont rien fait. La raison invoquée est qu’il n’y a pas de stockage temporaire pour entreposer les déchets. J’ai dû retirer moi-même la terre contaminée et je l’ai stockée dans mon jardin.

La ville de Date a décidé de sa propre politique de décontamination et a instauré également fin 2011, une norme de 5 mSv / an. En ce qui me concerne, je voulais réduire la pollution radioactive le plus tôt possible et j’ai décontaminé mon jardin moi-même. La ville encourageait les gens à décontaminer par leurs propres moyens. Je l’ai fait aussi. Et cela représentait 144 sacs. L’année suivante j’ai recommencé. Les sacs de débris radioactifs résultant de la décontamination jusqu’en mars 2014 sont restés entreposés dans mon jardin pendant 2 ans, et ont ensuite été emmenés dans une zone de stockage temporaire enfin mise en place. Mais depuis, les autres sacs de nettoyage n’ont pas été accepté et sont toujours dans mon jardin. A cause de cela nous n’y mettons plus les pieds. 

La contamination de notre abri de voiture s’élevait à 520 000 becquerels il y a 5 ans, avec 5 microsieverts par heure, mais elle n’entrait pas dans les critères requis pour être nettoyée. La « décontamination officielle » n’inclut que le terrain de résidence, mais ni le toit, ni les gouttières ne sont pris en charge. De ce fait nous ne pouvons plus laisser nos velux ouverts.

La ville de Daté, prétendant se soucier de la santé des habitants, a fourni à tous les résidents des dosimètres. Nous avons ensuite été invités à subir des examens, pendant lesquels nos données ont été collectées. Sans l’autorisation des résidents, ces données ont été confiées à des chercheurs externes qui ont rédigé des rapports. Ces rapports ont été élaborés sur la base d’informations personnelles obtenues illégalement, et de surcroit une falsification des données est suspectée. Sur la base de données inexactes, le rapport a conclu que même à des doses de 0,6 à 1 microsievert par heure dans l’air, la dose individuelle reçue serait inférieure à 1 millisievert par an et que, par conséquent, il n’était pas utile de décontaminer. Il s’agit d’une sous-estimation de l’exposition, et clairement d’une violation des droits de l’homme à l’encontre de la population. Cette affaire est toujours en cours.

Dans cette même région, on voit apparaitre des leucémies et des cancers rares des voies biliaires. Je ne peux m’empêcher de penser qu’avant l’accident cela n’existait pas. Aujourd’hui encore, alors que l’état d’urgence nucléaire est toujours officiel, cette situation anormale est devenue notre quotidien. 

Je crains que la « reconstruction » prônée par l’État ne bafoue les droits fondamentaux des résidents et que cette vie inacceptable ne soit désormais considérée comme normale. Nos vies sont au point mort.

Cette souffrance va continuer.

Mon désir le plus profond est qu’à travers ce procès, la responsabilité de l’État et de Tepco qui a causé l’accident soit reconnue.« 

Auteure : anonyme, traduction française : Anne Uemura

Par Pierre Fetet dans Témoignages du Japon, publié le 5 octobre 2019

http://www.fukushima-blog.com/

Oct 06

JAPON: KYUSHU ELECTRIC VA ARRÊTER DEUX RÉACTEURS L’AN PROCHAIN À CAUSE DE SON RETARD DANS LA MISE EN PLACE DE MESURES ANTI-TERRORISTES

En avril dernier, l’Autorité de régulation nucléaire, la NRA, avait refusé un report de l’échéance pour la mise en place de mesures anti-terroristes dans les centrales nucléaires. Elle avait confirmé cette décision en juin dernier. La liste des réacteurs concernés est dans le premier billet.

Les nouvelles règles de sûreté introduites en 2013 laissent 5 ans après l’autorisation de remise en service d’un réacteur pour mettre en place une installation bunkérisée qui permettrait de maintenir le refroidissement en cas d’attaque comme un crash d’avion. Cette installation, située à plus de 100 m des réacteurs, inclut une salle de contrôle, des générateurs de secours, des pompes et d’autres équipements. Aucune centrale n’en est dotée à ce jour. Les trois compagnies qui ont remis en service des réacteurs nucléaires ne seront pas prêtes dans les temps et ont demandé un report, en vain.

Kyûshû Electric est la première compagnie à avoir à arrêter des réacteurs remis en service il y a bientôt 5 ans. Elle vient de le confirmer. Les réacteurs 1 et 2 de Sendaï, dans la province de Kagoshima, seront arrêtés avant le 17 mars et le 21 mai 2020, respectivement. La compagnie espère les remettre en service en décembre 2020 et janvier 2021. Pendant l’arrêt, Kyûshû Electric estime le manque à gagner à 8 milliards de yens par mois (68 millions d’euros).

Puis, arrivera le tour de Genkaï 3 et 4, situés dans la province Saga. Ils seront arrêtés en août et décembre 2020. Ainsi, entre août et décembre 2020, Kyûshû Electric n’aura qu’un seul réacteur nucléaire en service. En cas de retard dans les travaux, elle pourrait repasser à zéro réacteur en activité…

Sendaï 1 est actuellement à l’arrêt et devrait être remis en service en novembre pour s’arrêter à nouveau 4 mois plus tard.

Publié le 4 octobre 2019

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

Oct 06

CONSEIL EUROPÉEN DE L’ENVIRONNEMENT : LE NUCLÉAIRE ET LES FINANCES DURABLES NE VONT PAS ENSEMBLE

Extrait du communiqué :

…Les délégations allemande, autrichienne et luxembourgeoise avaient fait inscrire à l’ordre du jour une discussion concernant le règlement relatif à une taxonomie en matière de finance durable. Les mêmes délégations désiraient tirer l’attention des ministres de l’Environnement sur l’état d’avancement de ce dossier et aux implications potentielles pour l’environnement.

En effet, le Luxembourg, l’Allemagne et l’Autriche ont récemment rompu une procédure d’adoption de position commune au Conseil, à cause du texte de compromis permettant notamment l’ultérieure classification comme durable des investissements dans le secteur nucléaire. Ceci était d’autant plus étonnant que le groupe d’experts techniques conseillant la Commission européenne dans le cadre de l’élaboration de ce dossier avait publié un rapport en juin pour lequel ni ce groupe d’experts, ni ses membres, n’avaient voulu inclure la chaîne de valeur de l’énergie nucléaire dans la taxonomie, par souci des risques posés pour l’économie circulaire et la gestion des déchets, la biodiversité, les systèmes hydrologiques ou la pollution.

Le Luxembourg a dit: « Il s’agit d’une proposition législative très importante du point de vue de la transparence envers nos citoyens et investisseurs qui veulent placer leur argent dans des projets « véritablement durables ». Nous devons ancrer cette taxonomie solidement dans les sciences de l’environnement et climatiques, nous devons en exclure les énergies fossiles et l’incinération des déchets et nous ne devons sous aucun prétexte y permettre l’inclusion du nucléaire. Le nucléaire et les finances durables ne vont pas ensemble. Son inclusion impliquerait la décrédibilisation de cette taxonomie dès le départ, risquerait de détruire la confiance des investisseurs et, dans l’ensemble, nuirait à la viabilité des marchés financiers« .

Communiqué par le ministère de l’Environnement, du Climat et du Développement durable du Luxembourg.

Communiqué du 05.10.2019

https://gouvernement.lu/fr/actualites/toutes_actualites/communiques/2019/10-octobre/05-dieschbourg-conseil-environnement.html

Oct 06

NUCLÉAIRE: LES DISCUSSIONS EN SUÈDE ENTRE WASHINGTON ET PYONGYANG DANS L’IMPASSE

Les discussions engagées samedi en Suède sur le programme nucléaire nord-coréen se sont terminées sur une impasse, Pyongyang accusant Washington d’avoir fait échouer les consultations tandis que les États-Unis affirmaient au contraire qu’elles avaient été « bonnes« .

Ces pourparlers constituaient la première tentative de renouer le dialogue entre les deux pays depuis l’échec du sommet de Hanoï en février entre le président Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

À Stockholm, les émissaires nord-coréen Kim Myong Gil et américain Stephen Biegun se sont rencontrés sous médiation de l’envoyé spécial de la Suède Kent Härstedt, artisan de la libération cet été d’un étudiant australien, Alek Sigley, brièvement détenu par Pyongyang.

À l’issue de la journée, Kim Myong Gil a constaté leur échec.

« Les négociations n’ont pas satisfait nos attentes et ont finalement échoué (…). L’échec des négociations, qui n’ont débouché sur aucune avancée, est uniquement dû aux États-Unis qui n’ont pas renoncé à leur attitude habituelle« , a-t-il déclaré à des journalistes devant l’ambassade nord-coréenne à Stockholm.

« Les États-Unis ont nourri des attentes en faisant des propositions d’approche flexible, de méthodes nouvelles et de solutions créatives. Mais ils nous ont énormément déçus et ont douché notre enthousiasme à discuter en n’apportant rien à la table des négociations« , a-t-il ajouté.

Le son de cloche était tout autre côté américain, et la porte-parole de la diplomatie américaine, Morgan Ortagus, a parlé de « bonnes discussions« .

Les déclarations nord-coréennes « ne reflètent pas le contenu ni l’esprit de la discussion d’aujourd’hui, qui a duré huit heures et demie« , a-t-elle dit dans un communiqué.

Et les États-Unis ont accepté l’invitation faite par les Suédois « à revenir à Stockholm pour nous revoir dans deux semaines, afin de poursuivre les consultations sur tous les sujets« , a-t-elle ajouté.

Les sessions de travail se sont tenues dans une propriété située sur une île de la capitale suédoise dont l’accès était gardé par des policiers, à quelques centaines de mètres de l’ambassade nord-coréenne.

Lors d’une étape à Pékin avant son départ pour la Suède, Kim Myong Gil avait dit fonder « de grandes attentes » sur ces discussions.

Test de missile

Mais 24 heures après avoir annoncé la reprise du dialogue, la Corée du Nord a effectué mercredi un test de missile balistique mer-sol, après avoir multiplié les essais de missiles de courte portée ces derniers mois.

Jeudi, l’agence officielle nord-coréenne a expliqué que ce « nouveau type de missile balistique« , présenté comme un Pukguksong-3, avait été lancé depuis un sous-marin « dans les eaux au large de la Baie de Wonsan » et annonçait « une nouvelle phase dans l’endiguement de la menace posée par les forces extérieures« .

Le Pentagone a estimé que ce « missile balistique de courte à moyenne portée » avait plutôt été tiré depuis une plate-forme marine.

En visite à Athènes, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a indiqué samedi que la délégation américaine était à Stockholm « avec plusieurs idées (…) pour mettre en œuvre les engagements » pris par Donald Trump et Kim Jong Un à Singapour en 2018.

Des rencontres de même niveau sur le désarmement nucléaire nord-coréen se sont déjà tenues à Stockholm en mars 2018 puis en janvier 2019, avant l’échec du sommet de Hanoï, fin février, entre les deux hommes.

Conseil de sécurité saisi

Malgré le tir de missile nord-coréen, Donald Trump, en quête d’un succès diplomatique alors qu’il est englué dans le scandale lié à une conversation controversée avec le président ukrainien, avait décidé de répondre positivement aux Nord-Coréens.

« Ils veulent discuter et nous allons prochainement discuter avec eux« , avait affirmé le président américain.

Washington avait toutefois réaffirmé jeudi que ces tests « étaient inutilement provocateurs » et « ne préparaient pas le terrain à la diplomatie« , appelant la Corée du Nord à y mettre fin.

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont de leur côté demandé une réunion à huis clos du Conseil de sécurité, qui devrait se tenir au début de la semaine, pour maintenir la pression sur Pyongyang après ce qui s’apparente selon eux à « une violation grave » des résolutions de l’ONU.

La Corée du Nord est soumise à notamment trois régimes de sanctions économiques adoptés en 2017 par l’ONU pour lui faire arrêter ses programmes d’armements nucléaire et balistique. Ils concernent des limitations d’importations de pétrole et des interdictions liées aux exportations nord-coréennes de charbon, pêche ou textile.

Par AFP (Stockholm), publié le 05/10/2019 à 11h12, modifié le 06/10/2019 à 07h56

https://www.lepoint.fr/monde/nucleaire-etats-unis-et-coree-du-nord-tentent-de-renouer-la-dialogue-en-suede-05-10-2019-2339489_24.php

Oct 05

NUCLÉAIRE: «DÉSARMEMENT ET LUTTE CONTRE LA PROLIFÉRATION, LES DEUX FACES D’UNE MÊME PIÈCE»

INTERVIEW – Faut-il faire une croix sur la bombe atomique? De plus en plus de pays ratifient le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, porté depuis 2016 sur la scène internationale par plusieurs centaines d’ONG.

Objectif déclaré des Nations unies, l’élimination des armes nucléaires est encore loin d’être réalité, à l’heure où la bombe atomique demeure un élément capital dans la politique de défense des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Cependant, cette option connaît un regain d’intérêt depuis 2017, et le vote à l’Assemblée générale des nations unies du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

LIRE AUSSI: Doit-on craindre une prolifération nucléaire dans le monde?

Porté par plusieurs centaines d’ONG, ratifié par 32 États, ce traité non-contraignant n’est pas en vigueur pour le moment, mais pourrait l’être d’ici 2020, selon Jean-Marie Collin, porte-parole en France de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires. De quoi dynamiser encore plus le débat sur le désarmement nucléaire, stimulé ces derniers mois par les progrès nucléaires de la Corée du Nord, et par le retrait américain du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.

LE FIGARO. – Pourquoi défendez-vous l’interdiction totale des armes nucléaires?

Jean-Marie COLLIN. – Il est nécessaire de lutter contre la prolifération des armes nucléaires, mais ça n’est pas suffisant si ça n’est pas suivi par des efforts de désarmement. Ce sont les deux faces d’une même pièce. On ne peut pas faire l’un sans l’autre: le fait pour un État possédant la bombe de continuer à investir dans ce qui est de facto une course à l’armement est une incitation pour tous les autres États à se doter de l’arme nucléaire. Les arguments en faveur de l’interdiction des armes nucléaires sont nombreux. Bien sûr, il y a l’argument moral: comment peut-on fonder sa politique de défense sur l’extermination potentielle de populations civiles entières. Mais même si on ne se soucie pas de la morale, on doit constater que le désarmement est une obligation juridique du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui certes, fixe le désarmement comme objectif, même s’il le fait sans cadre. Par ailleurs, la bombe atomique est inconciliable avec le droit humanitaire international, le hiatus est évident. Madame Parly, ministre de la Défense, a annoncé en avril un comité d’éthique sur l’intelligence artificielle. Imagineriez-vous deux secondes un comité sur l’emploi «éthique» des armes de destruction massive? N’en déplaise à Jean-Yves le Drian, qui prétend que pour la France, le respect du droit international humanitaire «n’est pas une option, c’est une obligation». Il y a une incompatibilité fondamentale.

Que répondez-vous à ceux qui affirment que la dissuasion nucléaire est la raison pour laquelle nous n’avons pas connu de conflit de haute intensité entre grandes puissances depuis la Seconde Guerre mondiale?

Il y a des contre-exemples. La dissuasion n’a pas empêché l’Argentine d’attaquer le Royaume-Uni pendant la guerre des Malouines. On constate effectivement qu’il n’y a plus eu de conflit de l’ampleur de la Seconde Guerre mondiale, mais cela n’est pas une preuve: il y a toujours eu un facteur chance. Et le facteur chance a toujours été présent lorsque l’on a évité une conflagration nucléaire. Ça a été le cas pendant la crise des missiles de Cuba, ou encore avec la fausse alerte du 26 septembre 1983, la date que nous célébrons en cette journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires. Ce jour-là, les radars soviétiques ont indiqué par erreur plusieurs tirs de missiles en provenance des États-Unis, mais l’officier de garde a jugé que c’était impossible et n’a pas suivi la procédure, sauvant certainement le monde d’un conflit nucléaire. Et le risque technique est d’autant plus haut, avec l’apparition des cyber menaces. Il y a donc des angles morts dans ce système de défense. Qu’il ait pu jouer un rôle, sans doute, mais ça n’est pas démontrable. Cependant, il est inconcevable que ce système échoue, ne serait-ce qu’une fois.

L’armement nucléaire joue un rôle crucial dans le système de défense actuel, jugé en France comme l’assurance de notre souveraineté. Peut-il être remplacé?

Ça n’est pas la bonne question. Nous postulons que ce système de défense n’est pas optimal. À ce titre, pourquoi chercher à remplacer un système qui vous protège mal? Une forme acceptable de dissuasion peut être atteinte avec les sous-marins nucléaires d’attaque dotés des systèmes d’armes conventionnelles dits «stratégiques». Avec les armes nucléaires, le facteur chance joue toujours, c’est un risque constant. Ces armes ne sont pas dans des bunkers, mais dans l’eau, dans les airs, et ce, en permanence, et le problème de l’équilibre de la terreur, c’est qu’il n’autorise aucune erreur. Enfin, le fait que les puissances signataires du TNP trahissent leurs engagements juridiques en ne faisant aucun pas vers le désarmement sape le multilatéralisme, qui nécessite le respect des engagements internationaux. Pour toutes ces raisons, les armes nucléaires sont un problème de sécurité internationale. À ce titre, il faut les éliminer.

Comment espérez-vous voir disparaître les armes nucléaires, sachant qu’aucune des puissances dotées de la bombe n’entend s’en séparer, et que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU en sont dotés?

Il y a une absence totale de volonté politique, c’est certain. Au niveau de la France, on voit même que cette question fait l’objet d’encore plus de crispations qu’il y a dix ans. Le débat est impossible, la réflexion est gelée. Je le vois dans les discussions avec les parlementaires. Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) est le résultat de négociation complexe, qui peut faire l’objet d’amélioration, mais toutes les puissances nucléaires n’ont même pas daigné participer aux négociations. La situation ne pourra évoluer que lorsque le débat sera de nouveau envisageable, quand on cessera de nous traiter de «Bisounours», comme l’a fait Hubert Védrine par exemple. Et alors on pourra se demander quel camp est véritablement celui des réalistes. Tant que l’on continuera de considérer la dissuasion nucléaire comme la «clef de voûte» de notre système de défense, cette discussion n’aura pas lieu.

LIRE AUSSI: Moins d’armes nucléaires dans le monde, mais plus modernes

À ce titre, que pensez-vous de l’argument «réaliste» selon lequel on ne peut pas désinventer la bombe et qu’il est toujours possible d’en reconstruire?

C’est bien plus compliqué que cela de construire une bombe atomique. Cela demande un savoir-faire qui peut très vite se perdre sans des équipes mobilisées en permanence sur ces sujets. La perte du savoir-faire serait déjà une sécurité. Mais, plus simplement, à partir du moment où vous comprenez que ce n’est pas un bon système de défense, pourquoi souhaiteriez-vous le réadopter? Nous affirmons que renoncer à l’arme nucléaire ne revient pas à se priver de moyens d’assurer notre défense, c’est le contraire.

Le TIAN a été signé par 79 pays membres de l’ONU, mais ratifié par seulement 32. Cinquante ratifications sont nécessaires pour son entrée en vigueur. Pensez-vous les obtenir, et qu’est-ce que cela changera pour la suite?

Nous pensons les obtenir d’ici l’an prochain. Même si ce traité ne concernera en premier lieu que les pays signataires, dont aucun n’est une puissance nucléaire, son entrée en vigueur en fera un élément normatif qui sera pris en compte, et nous l’espérons, provoquera une prise de conscience et le retour du débat sur la question de l’interdiction. Après cela, les mentalités évolueront peut-être. Quand le TNP a été signé en 1968, Maurice Couve de Murville, alors ministre des affaires étrangères du général de Gaulle, affirmait que jamais la France ne signerait ce traité. Ce qu’elle a fini par faire en 1992. C’est un cheminement à long terme, qui doit passer par la mise en place d’une réflexion. On sait que cela ne se fera pas en quelques semaines, mais le plus vite sera le mieux, car le risque d’usage des armes nucléaires reste constant. Or, si nous utilisons les armes nucléaires, la conséquence est simple: nous changeons de société. La seule vraie question avec les armes nucléaires c’est «combien de temps resteront-elles inutilisées?»

Par Pierre Sautreuil, publié le 05/10/2019 à 06:00

http://www.lefigaro.fr/international/nucleaire-desarmement-et-lutte-contre-la-proliferation-les-deux-faces-d-une-meme-piece-20191005

Oct 05

BELGIQUE : PROLONGER TROIS CENTRALES NUCLÉAIRES DE 20 ANS: MARGHEM PLAIDE POUR “UN MINIMUM DE STABILITÉ”

La ministre fédérale de l’Énergie, Marie Christine Marghem, a plaidé samedi pour un minimum de stabilité dans les directions politiques par rapport à la sortie programmée du nucléaire alors que le nouveau président d’Électrabel Johnny Thijs a fait part de sa volonté, dans Le Soir et De Standaard, de prolonger pour 20 ans trois réacteurs nucléaires. “On va mettre le dossier sur la table, et c’est aux responsables politiques de décider”, dit l’ex-patron de bpost.

Dans tous les cas, la ministre de l’Énergie plaide pour un minimum de stabilité dans les directions politiques que l’on donne afin de favoriser les investissements dans le secteur énergétique particulièrement dans le cadre de la transition. Toute décision doit être mesurée à l’aune de la sécurité d’approvisionnement du pays, du coût pour le consommateur, de l’impact environnemental et du respect des accords internationaux”, détaille le communiqué.

La ministre a également répété que la loi de 2003 prévoit une sortie du nucléaire en 2025 et que ce seront au prochain gouvernement et à la prochaine majorité de prendre position sur cette question.

Une grande partie de son travail a été et reste consacré au respect du calendrier de sortie du nucléaire et au développement de sources alternatives d’énergie comme le déploiement du parc éolien offshore en mer du Nord à l’horizon 2030 ou la construction de centrales à gaz d’ici 2025« , est-il encore écrit.

Le président d’Électrabel évoque la prolongation du nucléaire

On fera de notre mieux pour que (le gouvernement) ait tous les éléments en main pour prendre une décision. Et quand je regarde l’impact d’une prolongation sur la sécurité d’approvisionnement, sur les émissions de CO2, et sur les prix, je me dis que mon dossier n’est pas trop mal”, a déclaré le nouveau président du conseil d’administration d’Électrabel. “Mais il faut que tout le monde soit vraiment convaincu que sortir du nucléaire n’est peut-être pas une bonne chose”, ajoute Johnny Thijs, se disant lui-même convaincu.

L’homme estime qu’il y a “de la place ”pour prolonger trois réacteurs, et plutôt pour 20 ans que pour 10. “Si on le fait, il faut investir 1,3 milliard pour les mettre à niveau, car les normes de sécurité évoluent. Alors autant bénéficier de cet investissement pendant 20 ans. Mais si les responsables politiques disent que deux centrales suffisent pendant dix ans, il faudra discuter. Ça ne me paraît pas logique, mais on verra...”

Interrogée dans L’Écho, la directrice générale d’Engie – la maison-mère d’Électrabel – souligne que Johnny Thijs jouera un rôle très important dans ce dossier. “Ce n’est pas notre rôle de déterminer la stratégie énergétique du pays. Nous sommes un acteur industriel au service d’une politique énergétique. Mais nous avons besoin de clarté le plus rapidement possible”, estime Isabelle Kocher.

Johnny Thijs, Isabelle Kocher et Étienne Denoel. © BELGA

Écolo réagit

Johnny Thys pense sans doute qu’on peut gérer Électrabel comme la Poste et que son identité belge lui permettra de faire passer la pilule auprès du monde politique. La ficelle est trop grosse. La sortie du nucléaire est inscrite dans la Loi: son calendrier doit être respecté”, rétorque le parti des verts samedi par communiqué de presse.

Pour le groupe Écolo-Groen, il s’agit “évidemment d’une hypothèse irresponsable, dangereuse, coûteuse, en contradiction avec les objectifs énergétiques que la Belgique doit se fixer pour réussir la transition”.

Ce que nous attendons du nouveau président d’Électrabel, c’est qu’il contribue à ce que l’entreprise assume ses responsabilités quant à l’approvisionnement électrique, à la gestion du passé via des provisions nucléaires, mais aussi et surtout quant à la sécurité des installations nucléaires”, a pour sa part souligné Georges Gilkinet, chef de groupe Écolo à la Chambre

Par la Rédaction, publié le 05-10-19 à 07h40, dernière mise à jour à 13h56, (Source: Belga)

https://www.7sur7.be/belgique/prolonger-trois-centrales-nucleaires-de-20-ans-marghem-plaide-pour-un-minimum-de-stabilite~a96c6dfc/?referrer=https://www.google.fr/

Oct 05

BELGIQUE : INCIDENT NUCLÉAIRE À MOL, PIETER DE CREM RÉAGIT : « C’EST INACCEPTABLE ! »

Un incident nucléaire s’est produit au Centre d’étude de l’énergie nucléaire à Mol (SCK-CEN) en mai 2019. Le centre n’avait alors pas respecté les procédures de notification en cas d’incident nucléaire : il a averti les autorités en retard. « Inacceptable« , selon le ministre compétent Pieter De Crem (CD & V). Le SCK-CEN explique que les procédures ont été adaptées.

Dans le centre de Mol, des centaines de collaborateurs se consacrent au développement d’applications pacifiques de la radioactivité. Lors de la production de radio-isotopes Sélénium-75, une quantité très limitée de cette substance a été rejetée le 15 mai 2019 dans une cellule dite « chaude » (hot cell en anglais). Cela a conduit au développement de fumée dans la cellule chaude. Le lendemain, le centre SCK-CEN a communiqué qu’il n’y avait aucun impact sur la population, le personnel ou l’environnement.

D’après la procédure de notification des incidents nucléaires mineurs, l’exploitant d’une installation nucléaire doit informer l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (FANC) ainsi que BEL V, une entité de la FANC, dans un délai maximum de deux heures. Or dans le cas de mai à Mol, cela a pris quatre heures.

Pour Peter Baeten, directeur adjoint de SCK-CEN, l’incident avec Selenium-75 doit être relativisé : un rejet de 0,1 microsievert a été observé le 15 mai. « C’est 1/10 000e de l’exposition annuelle que les gens subissent de causes naturelles. C’est la même chose que quand on mange une banane« , raconte-t-il à la Gazet Van Antwerpen. La dose équivalente en banane est par ailleurs une mesure utilisée par le monde scientifique pour représenter les rayonnements ionisants.

Procédure adaptée

« Les autorités locales n’ont pas été informées par le SCK-CEN. Les modalités prévues n’ayant pas été respectées, une réunion de consultation a été organisée. Les procédures ont été adaptées« , répond le ministre De Crem à une question parlementaire du député fédéral Samuel Cogolati (Ecolo).

Dans sa réponse, Pieter De Crem explique également que douze incidents mineurs en matière de sûreté se sont produits dans les différentes installations nucléaires en Belgique au cours des derniers mois. Deux d’entre eux (l’un au SCK-CEN de Mol le 15 mai et l’autre à l’IRE de Fleurus le 30 novembre 2018) n’ont pas été communiqués aux autorités compétentes conformément aux accords et à la législation

Source: RTBF, publié le 5/10/2019

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_incident-nucleaire-a-mol-pieter-de-crem-reagit-c-est-inacceptable?id=10333465

Oct 05

ORANO : 6 NOUVEAUX ÉVAPORATEURS À 700 MILLIONS D’EUROS, EN PLEINE TRANSITION ÉCOLOGIQUE

Le site de retraitement des déchets nucléaires dans le Cotentin vient de présenter 3 de ses 6 nouveaux évaporateurs. Mais la question de leur légitimité se pose pour les associations anti-nucléaires, alors que la part du nucléaire dans la production d’électricité va diminuer à l’avenir.

Le chantier a débuté en 2016, son coût de 700 millions d’euros est pharaonique. Mais il est essentiel à l’entreprise pour ce qui est de la vitrification. Vitrifier, c’est – très schématiquement- enfermer dans du verre des produits de fission ou déchets, qui sont destinés à rejoindre le futur site d’enfouissement de Bure. 

C’est ce qu’explique René Charbonnier, directeur de l’usine Orano.

Les nouveaux évaporateurs ont été construits à Valognes, et une fois en fonctionnement, aucun ouvrier ne sera habilité à s’en approcher. La maintenance sera faite par des robots.

Pourquoi investir autant dans un contexte de sortie du nucléaire?

Ce que dénoncent les associations comme Greenpeace ou l’Acro, c’est un investissement si lourd, dans un contexte de déprise du nucléaire pour les années à venir.

Pour Yannick Rousselet, il n’y a plus de justification à cette usine, chargée de fabriquer du mox – un combustible issu du retraitement du plutonium.

Le projet de loi sur le climat, adopté jeudi 25 septembre par le sénat, prévoit un passage de 75% à 50 % d’électricité produite par l’énergie nucléaire d’ici 2035 et la fermeture de 14 réacteurs nucléaires sur 58.

Des réacteurs qui fonctionnent notamment avec le mox, l’un des produits fabriqués par Orano.

Risque de saturation des piscines de refroidissement ?

Sur le site de la Hague sont entreposés dans des piscines les combustibles usés en phase de refroidissement. Moins de besoins en mox pourrait signifier plus de stockage sur le site, dans les piscines.
Et donc un risque de saturation de ces piscines, actuellement pleines à 70% environ. 

 

Actuellement en France 10% de l’électricité nucléaire produite viendrait du recyclage du plutonium.

La mise en service définitive des évaporateurs est prévue pour 2023, pour une durée de vie d’une trentaine d’années.

Par SL, publié le 04/10/2019 à 14h54, mis à jour le 04/10/2019 à 14h57

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/orano-6-nouveaux-evaporateurs-700-millions-euros-pleine-transition-ecologique-1731731.html

Oct 05

MEUSE/HAUTE MARNE, CIGÉO ET PROJET DE TERRITOIRE : UN CONTE DE FÉES POUR « GOGOS » !

Communiqué BURESTOP 55

Vendredi 4 octobre 2019, les deux départements Meuse et Haute-Marne signent avec E. Wargon, secrétaire d’État à la Transition écologique, le « contrat » du siècle et bétonnent l’arnaque au mirage financier : des millions d’euros et du bonheur à tous les étages.

Pas un mot on imagine sur les risques gigantesques de la poubelle atomique, la mort inévitable du territoire, la désertification qui se prépare… Champagne !

64 actions pour faire de notre territoire un paradis enviable partout ailleurs ?

Routes, voies ferrées, réseau d’eau potable et d’électricité, tout sera renforcé, oui, mais bien au service du chantier Cigéo. Pas pour simplifier la vie des meusiens et haut-marnais appelés, entre autre, à partager les voies de transports avec les convois atomiques. Et il se peut que dans un esprit de « mutualisation » et de partage des équipements, le contribuable mette la main à la poche, via les conseils départementaux. À quelle hauteur ? Où cela se décide-t-il ?

La pérennisation de « l’excellence environnementale » ne fera qu’entériner un peu plus le « green-washing » entrepris dès 2006, pour créer un monde idyllique en surface (éoliennes, économies d’énergie, covoiturage, etc…) certes, mais tellement dérisoire face à l’empoisonnement radioactif du territoire qui se prépare en profondeur.

Et le saupoudrage d’aides dans tous les secteurs de vie (habitat, agriculture, santé, scolaire, loisirs…) entrepris depuis un bon nombre d’années ne fera que renforcer l’assujettissement de la population à la mutation forcée qui les menace.

Résumé : ce projet de développement du territoire est au service unique de l’annexion nucléaire de tout un bassin de vie. Seul compte l’ancrage physique de Cigéo pour un État qui a toujours imposé ce projet en méprisant totalement l’avis de la population.

Agiter le hochet des illusions, taire l’essentiel

Pendant ce temps, on ne parle pas :

  • de l’incohérence politique du futur chantier des infrastructures lourdes de Cigéo (maquillé en projet de territoire) alors même que le projet Cigéo n’est toujours pas autorisé (DAC sans cesse repoussée), (NDLR : DAC = demande d’autorisation de construction)
  • des inconnues technologiques majeures que l’Andra n’arrive pas à résoudre,
  • de l’impossible anticipation du financement du projet dans sa globalité,
  • des risques insensés caractérisant Cigéo (incendie, explosion, rejets contaminants dans l’air et l’eau potable…).

La population est ainsi maintenue dans l’ignorance la plus totale sur le fond –la mortelle radioactivité et ses effets-, et sur le véritable impact socio-économique de la poubelle atomique. La toute récente catastrophe survenue à Rouen (incendie chimique) préfigure malheureusement ce qui pourrait survenir à Bure : la gestion des situations de telles crises majeures est impossible.

Les milliers de personnes qui se sont mobilisées cette année contre le projet Cigéo ne sont pas dupes.
Il faut stopper le projet Cigéo, chantier titanesque ou naufrage financier et environnemental anticipé !

Voir le communiqué collectif du 20/09/2019 :
CIGEO/BURE : Un projet de développement qui enterre l’avenir de nos territoires, à notre insu !

REVUE MEDIAS : OUEST FRANCE (avec AFP) 04/10/2019
Projet Cigéo à Bure : le projet de territoire autour du centre du stockage de déchets nucléaires signé

Publié le 4 octobre 2019

http://burestop.free.fr/spip/spip.php?article957

Oct 05

LUNDI 7 OCTOBRE 2019 : AUDIENCE À LA COUR D’APPEL DE TOULOUSE SUR LES REJETS RADIOACTIFS DE GOLFECH

Communiqué : Le 7 octobre 2019, sera examinée à 14h par la cour d’appel de Toulouse l’affaire du rejet radioactif accidentel à la centrale nucléaire de Golfech.

Nous vous invitons à assister à l’audience et vous donnons rendez-vous à la cour d’appel, à partir de 13h30, 10 place du Salin à Toulouse.

RAPPEL DES FAITS :

Golfech – Important rejet radioactif à la centrale nucléaire

Le 19 octobre 2016, la centrale nucléaire de Golfech a laissé s’échapper un important rejet radioactif gazeux. Pendant 2 minutes, le seuil d’alarme à la cheminée a été dépassé.

Cette pollution ne saurait être prise à la légère car elle est la conséquence d’une série de problèmes révélateurs d’une mauvaise gestion de la centrale :

. problème d’étanchéité des assemblages combustibles du réacteur 1 qui laissent fuir la radioactivité 

. dysfonctionnement du mode automatique de l’appareil censé contenir les rejets 

. surveillance insuffisante par les opérateurs…

Le 28 novembre 2016, les associations Réseau “Sortir du nucléaire“, France Nature Environnement, Association Française des Malades de la Thyroïde, les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, FNE 82, FNE Midi-Pyrénées, SEPANLOG, Stop Golfech-VSDNG, Sortir du nucléaire 82 ont déposé plainte, auprès du Parquet de Montauban. Cette plainte a finalement été classée sans suite.

Refusant l’impunité d’EDF, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a déposé, le 17 octobre 2017, une citation directe à l’encontre d’EDF. Les associations FNE 82, FNE Midi-Pyrénées, ATMP, SEPANLOG, Stop Golfech et AFMT se sont constituées partie civile. Le tribunal de police de Montauban a examiné l’affaire le 13 décembre 2018. Le 10 janvier 2019, EDF a été relaxée de toutes les infractions. Les associations ont fait appel.

L’affaire sera examinée par la cour d’appel de Toulouse, troisième chambre des appels correctionnels, le 7 octobre 2019, à 14h.

Publié le vendredi 4 octobre 2019.

http://amisdelaterremp.fr/spip.php?article802

Oct 04

BUGEY : INDISPONIBILITÉ D’UN GROUPE ÉLECTROGÈNE DE SECOURS À MOTEUR DIESEL

Le 19 septembre 2019, EDF a déclaré un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité d’un groupe électrogène de secours à moteur diesel du réacteur 4, en raison d’une fréquence du courant produit inférieur à la valeur spécifiée par les règles générales d’exploitation de la centrale nucléaire du Bugey.

Chaque réacteur à eau sous pression exploité par EDF est équipé de deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel qui assurent de façon redondante l’alimentation électrique de certains systèmes de sûreté en cas de défaillance des alimentations électriques externes.

Les règles générales d’exploitation fixent plusieurs critères qui sont vérifiés périodiquement et qui permettent de s’assurer du bon fonctionnement de ces groupes électrogènes de secours en cas de besoin. Parmi ces critères figure une fréquence minimale du courant produit, afin d’assurer le bon fonctionnement des matériels secourus par le groupe électrogène.

Le 20 août 2019, le réacteur 4 de la centrale nucléaire du Bugey est à l’arrêt pour maintenance programmée et renouvellement partiel de son combustible. Dans ce cadre, le détecteur de survitesse  d’un des deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel est remplacé. À la suite de cette opération, EDF procède à des essais de requalification du groupe électrogène, en utilisant pour cela une procédure de contrôle spécialement adaptée.

Le 17 septembre 2019, les équipes d’EDF découvrent, au cours d’un essai périodique mensuel du groupe électrogène de secours, que le critère de fréquence minimale n’est pas respecté. Les investigations menées par EDF ont mis en évidence un mauvais réglage de la vitesse du diesel lors de la maintenance pendant l’arrêt pour rechargement. Cette anomalie n’a pas été détectée le 20 août 2019 en raison de l’une des adaptations faites sur la procédure de contrôle du groupe électrogène.

EDF a immédiatement procédé aux corrections de réglage nécessaires.

Les règles générales d’exploitation prévoient que les groupes électrogènes de secours à moteur diesel soient disponibles pendant les phases de rechargement du combustible et de redémarrage du réacteur. Dans le cas présent, ces matériels devaient être disponibles depuis le 21 août 2019. L’indisponibilité du groupe électrogène de secours à moteur diesel pendant ces phases de rechargement et redémarrage du réacteur 4 constitue donc un écart aux règles générales d’exploitation

Cet écart n’a donc pas eu de conséquence sur le personnel ni sur l’environnement.

Toutefois, en raison de la durée de cet écart, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 02/10/2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-d-un-groupe-electrogene-de-secours-a-moteur-diesel

Oct 04

LA GUERRE INFORMATIONNELLE SUR LA TRANSPARENCE DES ESSAIS NUCLÉAIRES RUSSES

Le Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires «TICE » ouvert à la signature depuis septembre 1996, stipule dans son article 1 que « chaque État s’engage à ne pas effectuer d’explosion expérimentale d’arme nucléaire ou d’autre explosion nucléaire et à interdire et empêcher toute explosion de cette nature en tout lieu placé sous sa juridiction ou son contrôle. » Parmi les pays disposant de forces nucléaires, seuls le Royaume-Uni, la France et la Russie ont signé et ratifié ce texte. Les États-Unis l’ont signé en 1996 mais le Congrès a refusé de le ratifier depuis. Dans le cadre de ce traité, un Système de surveillance international (SSI) a été mis en place, sous l’égide de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires OTICE/CTBTO, afin de détecter, localiser et confirmer tout essai nucléaire dont la puissance serait supérieure à 1 kilotonne. Ce SSI est en réalité un réseau comprenant 321 stations de détection réparties sur l’ensemble du globe ainsi que 16 laboratoires d’analyses de radionucléides.

Ainsi, un essai nucléaire passe difficilement inaperçu, sauf si sa puissance est très limitée. Mais le 8 août, vers 6 h du matin (heure proposée par le journal The Moscow Times), dans le cadre d’un essai d’engin balistique dans la mer Blanche, le moteur de l’engin a soudain accidentellement pris feu et a explosé, projetant les opérateurs du test à la mer. Après l’explosion, on a enregistré une augmentation du bruit de fond dû au rayonnement, une section de la mer Blanche a été fermée pour expédition. Selon Rosatom, les tests étaient terminés. Les autorités russes évoquent d’abord une explosion de propergol liquide, mais rapidement Jeffrey Lewis, expert sur les questions de contrôle des armements à l’Institut d’études internationales Middlebury Institute à Monterey, doute de cette explication et suggère que l’accident présentait une composante inhabituelle. Une explosion, suivie d’un long silence. Déjà  le 29 mai 2019, le Wall Street Journal a fait sensation en évoquant les interrogations de certains responsables américains sur le respect russe du TICE.

Le jeu informationnel américain

Selon le WallStreet Journal, qui cite des responsables américains, la Russie est effectivement soupçonnée d’avoir effectué en secret un certain nombre d’essais nucléaires à très faible rendement sur le site de Nova Zemlya, dans l’Arctique. Le lendemain de l’explosion, le directeur de la Defense Intelligence Agency (DIA), le Lt. Gen. Robert Ashley a exprimé ces soupçons en public lors d’une conférence donnée au think-tank Hudson Institute. Dans ses remarques préparées, Robert Ashley a ainsi indiqué que les États-Unis « croient que la Russie n’adhère probablement pas à l’obligation du moratorium sur les essais nucléaires qui consiste à ne pratiquer aucune explosion dégageant de l’énergie nucléaire ». Il a ensuite ajouté qu’il jugeait que ce type d’expérience était dans l’intérêt de la Russie pour le développement de ses capacités nucléaires. Afin de gérer le contrôle de la communication, la première réaction russe est de démentir les accusations américaines comme une « provocation » et « une nouvelle tentative pour ternir l’image de la Russie ». L’ambassadeur de Russie en poste à Washington, Anatoly Antonov, a « réfuté catégoriquement » les soupçons américains. « Ils n’ont pas mis cela en avant lors des consultations mais l’ont fait par le biais des médias. Cela ressemble à une attaque bien planifiée et orchestrée, non seulement contre la Russie, mais aussi contre le régime de contrôle des armements dans son ensemble », a-t-il ajouté. Président du comité de la Défense de la chambre basse du Parlement russe, Douma, le général Vladimir Chamanov, s’en est pris ouvertement au général Ashley. « Il serait impossible de faire une déclaration plus irresponsable. […] Ces mots d’un responsable du renseignement américain indiquent qu’il n’est qu’une personne accidentelle dans cette profession et qu’il occupe le mauvais travail », a-t-il dit.

Les justifications tardives de la Russie

L’explosion survenue jeudi sur une base de tir de missiles dans le Grand Nord avait bien un caractère nucléaire, a reconnu samedi la Russie après deux jours de mutisme. Elle a également revu à la hausse le bilan des victimes. Alors que les images qui ont filtré de l’accident sont spectaculaires, l’événement fait forcément penser à l’explosion en 1986 de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, les autorités soviétiques ayant été accusées d’avoir cherché plusieurs semaines à cacher l’ampleur du désastre.  Dans un communiqué, l’agence nucléaire russe Rosatom a annoncé que cinq membres de son personnel avaient été tués dans cette explosion, ajoutant que trois autres personnes, victimes de brûlures, avaient été blessées. Rosatom a précisé que les membres de son personnel fournissaient de l’ingénierie et du support technique pour « la source d’énergie isotopique » du moteur du missile, alors que l’armée n’avait pas décrit l’accident comme impliquant du combustible nucléaire. L’accident a touché une base du village de Nionoksa, ouverte en 1954 et spécialisée dans les essais de missiles de la flotte russe, notamment des missiles balistiques.  Le 13 août 2019, la presse russe Medusa s’interroge Donald Trump a déclaré qu’en Russie, sur la mer Blanche, avait explosé « Petrel » – le dernier missile à réacteur nucléaire. Cela pourrait-il être vrai?

Dans le communiqué cité par les médias russes, l’agence a plus tard donné davantage de détails sur le drame, précisant qu’il s’est déroulé sur une « plate-forme maritime » et que l’explosion a jeté plusieurs employés de Rosatom à la mer. « Les recherches ont continué tant qu’il restait de l’espoir de les retrouver vivants. Seulement après ça, nous avons fait état de la mort des cinq collaborateurs de Rosatom », selon ce communiqué.  Immédiatement après l’accident, le ministère de la Défense avait seulement déclaré que les faits s’étaient produits au cours de l’essai d’un « moteur-fusée à ergols liquides » et fait état de deux « spécialistes morts des suites de leurs blessures » et de six autres blessés. On ignorait samedi si les cinq morts évoqués par Rosatom incluaient aussi les deux « spécialistes » dont la mort a été annoncée par l’armée. Selon le chef du département de la protection civile de l’administration de Severodvinsk, Valentin Magomedov, les niveaux de rayonnement ont diminué de 11h50 à 12h30et à partir de 14h00, les débits de dose ne dépassaient pas 0,11 microsievert par heure (un bruit de fond ambiant normal). Aucune précision n’a été donnée sur les valeurs maximales relevées lors du pic de 11h50. Le communiqué récupéré par l’association CRIIRAD, le 8 août vers 17h sur le site Internet de la municipalité de Severodvinsk avait été retiré quelques heures plus tard.

« Notre hypothèse de travail est que cet événement était lié au Bourevestnik », un missile à propulsion nucléaire dévoilé en grande pompe par Vladimir Poutine en février, a indiqué sur Twitter Jeffrey Lewis, un expert à l’Institut d’études internationales de Middlebury à Monterey. Il se fonde notamment sur des images satellites montrant que la Russie a récemment réaménagé un pas de tir de la base de Nionoksa et sur la présence au large du Serebrianka, un bateau de la marine russe déjà utilisé pour récupérer des missiles nucléaires après des essais.   Ce missile, pas encore au point selon les spécialistes, « contient une sorte de réacteur miniaturisé dans ses unités de propulsion. Un crash provoquerait probablement une dispersion significative » d’éléments radioactifs, précise sur Twitter Ankit Panda, de la Fédération des scientifiques américains.  Un expert de l’Institut pour la recherche nucléaire de Moscou, Boris Jouïkov a déclaré au quotidien RBK que les sources d’énergie isotopiques servaient principalement dans l’industrie spatiale et ne présentaient habituellement pas de danger pour les utilisateurs. Les niveaux de radioactivité impliqués n’ont « absolument rien de comparable avec ceux d’accidents sérieux dans des réacteurs », a-t-il assuré.

Le dessous des cartes de la polémique

Les déclarations américaines mettent en question la capacité du système international de surveillance de l’OTICE à détecter des essais de très faible puissance. En effet, l’organisation internationale a clairement indiqué qu’elle n’avait « pas détecté d’événement inhabituel ». Ne pouvant s’appuyer sur les données du système international de surveillance, ni sur celles d’autres États dotés, une accusation de ce type serait par nature invérifiable. Les accusations américaines montrent également l’impossibilité de vérifier la réalité d’expériences de très faibles puissances, malgré toute l’importance du système de surveillance international. En conséquence, plusieurs propositions ont été faites pour prévoir des mesures de confiance et de transparence, et notamment l’ouverture des sites à des visites, qui seraient seules à même de clarifier la nature des expériences réalisées. Ce type de projet a peu de chances d’être considéré dans le contexte actuel, notamment en raison de la politisation du sujet au Congrès américain.

Les accusations américaines ont la conviction que le site de Novaya Zemlya a été utilisé pour réaliser des essais nucléaires prohibés. Jeffrey Lewis et son équipe du CNS estiment que ces accusations américaines pourraient se fonder sur la construction de nouveaux bâtiments et les mouvements enregistrés à proximité des tunnels historiques de Novaya Zemlya. Néanmoins, ces éléments pourraient être justifiés par le programme d’essais sous-critiques légal de Moscou. Selon lui, la conclusion de la DIA illustre le risque de « préjugé de confirmation ». Convaincus que la Russie pourrait avoir besoin de ce type d’expériences, et persuadés qu’elles pourraient également avoir une utilité pour les États-Unis, les services de renseignement américains interpréteraient les preuves dont ils disposent selon un effet de miroir. Ces conclusions sont également liées aux doutes qu’ils peuvent entretenir sur la capacité des Russes et des Chinois à mettre en place un programme de simulation performant.

Dans ce contexte, on peut penser que l’administration souhaite semer le doute sur le respect et la vérification d’un Traité pour lequel elle n’a pas caché son manque d’affection. Les appels de quelques Sénateurs républicains à sortir du Traité, tout comme le positionnement bien connu de John Bolton envers le TICE, sont autant de signes qui pourraient pointer à la volonté de l’administration d’affaiblir ce régime multilatéral, avant même son entrée en vigueur. Alors que certains craignent que le débat relancé par la DIA fracture le moratorium que respectent désormais tous les États dotés sur les essais nucléaires, il pourrait également remettre sur la table la question de la légitimité des essais sous-critiques, qui restent critiqués par certains États et experts comme contraires à l’esprit du TICE. Si elle est déployée avec succès, une telle arme constituerait une menace stratégique pour les États-Unis, car elle serait capable de contourner les défenses antimissiles américaines actuelles. Cependant, rien n’indique actuellement que les Russes ont réussi.

Sources

Par Marine Jaluzot, publié le 2 octobre 2019

https://infoguerre.fr/2019/10/guerre-informationnelle-transparence-essais-nucleaires-russes/

Oct 04

EDF : L’ÉVENTUELLE SCISSION RETARDÉE

(AOF) – Point de Némée et encore moins de Lerne à l’horizon pour EDF. La mise en œuvre du projet « Hercule« , soit la scission de l’électricien public, ne serait pas pour cette année. Selon Europe 1, EDF présentera son projet controversé au printemps 2020 et non au mois de décembre comme le groupe le prévoyait initialement. En Bourse, la déception l’emporte : le titre cède 1,5% à 9,868 euros.

« Aujourd’hui, les conditions ne sont pas réunies sur la régulation : la mise en place de la nouvelle Commission européenne, avec laquelle l’État doit mener des discussions, devrait permettre d’éclaircir la situation d’ici quelques mois« , a écrit le PDG Jean-Bernard Lévy.

Hostiles à ce projet, les syndicats CGT, CFE CGC, CFDT et FO mettent en demeure la direction et le gouvernement, à l’initiative de la restructuration, de le retirer définitivement d’ici au 10 octobre, sans quoi des grèves seront organisées, rappelle de son côté Reuters.

Le projet Hercule prévoit que les activités dans le nucléaire, et peut-être les barrages hydrauliques, soient nationalisées. Cette société publique détiendrait entre 65% et 70% d’un groupe constitué des activités dans les énergies renouvelables, les services, la fourniture d’électricité aux particuliers, et la distribution (Enedis).

Ce scénario circule depuis fin 2017 et la scission par le concurrent allemand d’EDF, RWE de ses activités traditionnelles d’énergie avec celles plus prometteuses dans les énergies vertes et les services.

Selon UBS qui a été le premier broker à miser sur un tel découpage d’EDF, cette scission apportera de la valeur aux actionnaires qui deviendraient propriétaires d’un groupe aux perspectives plus visibles et plus performante sur le plan opérationnel.

À charge à l’État de soutenir un EDF « historique » malmené par la concurrence croissante des opérateurs privés et pris en tenaille entre une dette colossale (plus de 33 milliards d’euros) et des investissements programmés massifs. Rien que la mise à niveau des centrales et la mise aux normes post-Fukushima coûtera entre 55 et 75 milliards d’euros au cours des prochaines années.

À cette somme s’ajoute l’interminable chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche) et le financement d’éventuelles nouvelles centrales.

EDF – Les points à retenir

– Premier opérateur français d’électricité et un des leaders européens de l’énergie, diversifié dans le gaz et les énergies renouvelables ;

– Forts besoins énergétiques dans le monde et réforme positive du marché européen des quotas d’émissions carbone ;

– Chiffre d’affaire de 69 Mds€ et capacité de production élevée, de l’ordre de 140 GW, à plus de 50 % dans le nucléaire, devant l’hydraulique, le gaz et les énergies nouvelles, le charbon et le fioul devant sortir du portefeuille d’activités ;

– Stratégie du « mix génération » avec la filiale EDF Énergies nouvelles

–photovoltaïque et éoliennes, activités en forte croissance ;

– Prolongement à 50 ans de la durée de vie des centrales, hors Fessenheim, et autorisation de mise en service de la cuve de l’EPR de Flamanville ;

– Groupe intégré depuis des actifs d’Areva (conception et fabrication de réacteurs nucléaires) par le biais d’une société, Framatome, détenue à 75 %, aux côtés de Mitsubishi (19,5 %) et réalisant 3,3 Mds € de chiffre d’affaires avec 3 Mds€ de prises de commandes ;

– Position d’acteur de référence dans le démantèlement des centrales nucléaires, renforcée par des partenariats – Veolia pour les déchets radio-actifs, Orano au Japon, Nuclear Decommissioning Authority au Royaume-Uni, Sogin en Italie… ;

– Trois dispositions structurantes en France : le renforcement du cadre réglementaire, l’optimisation industrielle, EDF restant un groupe intégré, et la construction de nouvelles centrales nucléaires ;

– Du fait de la présence de l’Etat dans le capital, endettement noté A et taux de distribution élevé autour de 50 %, soit 0,31€ au titre de 2018.

EDF – Les points à surveiller

– Faible visibilité en raison de la dimension « politique » de la valeur : intervention de l’État, notamment sur la hausse des tarifs de l’électricité, débat sur la sûreté nucléaire, interrogations sur les impacts sur la rentabilité de l’ARENH (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) et impact incertain du plan de transition énergétique ;

– Critiques sur les compteurs Linky – 4,5 Mds € d’investissements sur la période de déploiement 2014-2021 ;

– Bilan alourdi par les provisions pour l’aval du cycle nucléaire et pour la déconstruction nucléaire, d’où 30 Mds € de dettes ;

– Recul de la production nucléaire au Royaume-Uni, recul des marges des activités italiennes et belges et pertes de production au Brésil ;

– Nouveau report du démarrage de l’EPR de Flamanville, précédemment prévu pour 2018 ;

– Forte disparité de marge entre les divisions, la France et les énergies nouvelles étant les plus rentables;

– Secteur des « utilities » (producteurs d’eau, de gaz et d’électricité), traditionnellement considéré comme défensif mais actuellement considéré à risque dans un environnement de pression fiscale accrue ;

– Activité encadrée par la loi NOME (libre concurrence entre tous les acteurs du marché et revente du quart de la production d’électricité nucléaire d’EDF à ses concurrents) avec des prix de l’électricité administrés en France d’où des difficultés à faire passer le coût de maintien du réseau dans les tarifs ;

– Spéculations sur une scission d’EDF, imposée par le gouvernement, en deux sociétés, l’une dédiée au nucléaire l’autre aux renouvelables ;

– Avancées de la centrale de Flamanville 3 et respect du coût de la construction, fixé à 10,5 Mds€, et de celle de Heckley Point, ainsi que le démarrage du chantier chinois Taishan 1 et 2 ;

– Objectifs 2019 : excédent brut d’exploitation compris entre 15,3 et 16 Mds€, autofinancement positif et réduction des charges opérationnelles de 1,1 Md€ ;

– Société détenue par l’État à 84,3 %, dont 13,3 % ont été transposés à la BPI comme garantie pour son fonds d’innovation.

Services aux collectivités

La valeur boursière des grands utilities européens a fondu sur les dix dernières années. La capitalisation d’Engie (ex-GDF Suez) est tombée autour de 34 milliards après un plus haut de 98 milliards en 2008. Quant à EDF, sa valorisation avoisine les 40 milliards d’euros, contre un point haut à 155 milliards en 2007. Plusieurs facteurs pénalisent les valorisations : d’abord l’intervention des pouvoirs publics, qui n’est pas un gage de stabilité pour les investisseurs car les politiques peuvent varier. De plus, les décisions gouvernementales sont différentes d’un pays à l’autre : si la Pologne subventionne ses centrales à charbon, l’Allemagne au contraire va accompagner à hauteur de 40 milliards d’euros les collectivités et les acteurs pour une sortie progressive du charbon d’ici à 2038. Toutefois les énergéticiens positionnés sur les énergies renouvelables s’en tirent bien. C’est le cas de l’espagnol Iberdrola ou de l’italien Enel.

Publié le 04/10/2019 à 16h15

(NDLR : les contribuables français ont du souci à se faire si le projet Hercule voit le jour)

https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-leventuelle-scission-retardee-1352030

Oct 04

NUCLÉAIRE : L’USINE DE TRAITEMENT DE LA HAGUE RÉORGANISE LES SERVICES DE RADIOPROTECTION

Lors de la Commission locale d’information Orano, ce jeudi 3 octobre 2019, élus, syndicats et associations antinucléaires étaient réunis autour de l’exploitant de l’usine de traitement de combustibles usés de La Hague et l’Autorité de sûreté nucléaire. La réorganisation sociale du service de radioprotection a marqué les débats. Trente postes sont sur la sellette.

Depuis le mois de juin, des négociations ont débuté entre la direction d’Orano et les syndicats de l’usine de traitement de combustibles usés de La Hague. Au cœur des discussions, la réorganisation du service de radioprotection, dont la mise en œuvre sera progressive à partir de 2020.

Pour la direction, il s’agit « d’une stratégie d’entreprise pour passer plus de compétences vers Orano Démantèlement et services », en sous-traitant certaines tâches à faible valeur ajoutée.

Pour les syndicats (CFDT, CFE-CGC, Sud et Unsa-Spaen), « la justification est purement économique. Le gain espéré, de l’ordre du million d’euros, est obtenu par la suppression de 30 postes de radioprotectionnistes ». Des chiffres qui ne sont pas du tout confirmés, côté direction.

« Mal-être des sous-traitants »

L’intersyndicale a présenté un contre-projet mercredi, qui sera étudié par la direction. Les syndicats ont également sollicité un cabinet d’expertise, qui rendra ses conclusions mi-octobre, un mois tout juste avant l’avis du Comité social et économique, attendu le 16 novembre.

Caroline Amiel, conseillère régionale écologiste, a également demandé à en avoir connaissance. « La sûreté nucléaire dépend beaucoup du bien-être des salariés au travail. Tous les accidents nucléaires viennent d’erreurs humaines. Et il y a un mal-être en ce moment au niveau des sous-traitants qu’il ne faut pas négliger. Je demande une grande vigilance. »

Par Liza MARIE-MAGDELEINE (Ouest-France), publié le 03/10/2019 à 19h37

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/nucleaire-l-usine-de-traitement-de-la-hague-reorganise-les-services-de-radioprotection-6548957

 

Oct 04

L’EAU RADIOACTIVE DE FUKUSHIMA, UN CASSE-TÊTE POUR LE MONDE NUCLÉAIRE

Un champ de gigantesques citernes, des hangars pleins de cuves et tuyauteries où bruissent des machines assourdissantes, des hommes en combinaisons de protection, casqués, masqués: cette image illustre le calvaire de la gestion de l’eau contaminée dont on ne sait que faire à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi.

Plus d’un million de tonnes d’eau est stockée dans l’enceinte de ce site ravagé par le tsunami de mars 2011.

Pomper, pomper, filtrer, filtrer et filtrer encore pour enlever autant que possible les éléments radioactifs de cette eau qui descend en permanence des montagnes ou provient du système de refroidissement, c’est le quotidien des travailleurs de « ichi-efu » (1F), surnom de la centrale.

Un mur d’enceinte souterrain en glace et d’autres techniques un peu folles ont permis de réduire de plus de moitié, à 150 tonnes, les quantités d’eau nouvellement contaminées chaque jour.

Dans le hangar-usine où tourne le système de décontamination ALPS, c’est « zone Y« , synonyme de danger: « les filtres de la machinerie contiennent les radionucléides, donc il faut être très protégé ici, tout comme dans les bâtiments des réacteurs« , explique Katsutoshi Oyama, chargé de la gestion du risque chez Tepco.

L’eau, c’est un cauchemar: il y a déjà sur place un millier de fûts d’une capacité unitaire allant jusqu’à 1.200 tonnes: ils ont pris la place de cerisiers qui égayaient le printemps.

« Nous allons en construire d’autres également sur le site jusqu’à fin 2020 et nous pensons que toutes les citernes seront pleines vers l’été 2022« , indique Junichi Matsumoto, un responsable de l’entité de Tepco chargée du démantèlement.

« Sous contrôle »

Que faire ensuite de cette eau?

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pousse pour la dilution en mer, mais pour le moment, ce n’est pas faisable car, comme l’a reconnu Tepco, une grande partie est encore lourdement chargée en éléments radioactifs dangereux pour la chaîne alimentaire, dont du strontium 90.

« Les premières générations du système ALPS n’étaient pas assez performantes« , précise un porte-parole de Tepco.

Des enfants jouent dans les vagues lors de la réouverture de la plage de Kita Izumi, le 20 juillet 2019 à Minami Soma city, dans la région de Fukushima, au Japon (JIJI PRESS/AFP/Archives – JIJI PRESS)

Et même si au bout de plusieurs passages prévus dans les filtres d’ALPS une soixantaine de radionucléides finissent par être supprimés, il en restera toujours un, le tritium.

Présent naturellement dans l’environnement, il l’est aussi sous forme artificielle depuis des décennies, car « l’industrie nucléaire (réacteurs, usines de traitement de combustibles irradiés) en rejette de façon localisée« , selon l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

À la crainte de l’absence de transparence, s’ajoute à Fukushima le problème de la quantité énorme d’eau traitée.

Comme l’a rappelé à Tepco un journaliste sud-coréen lors de la visite du site, de l’eau radioactive avait été lâchée en mer juste après l’accident « sans demander l’avis des pays voisins« .

« C’est exact: en avril 2011, dans l’urgence, nous avions évacué des eaux accumulées dans les installations sans en référer à la Corée du Sud ni aux autres, mais cette fois, l’État a l’intention de demander leur avis aux régions et pays concernés« , a répondu M. Matsumoto.

Un vrai débat

La décision n’est cependant pas pour demain, notamment en raison du risque politique très important à moins d’un an des jeux Olympiques de Tokyo, obtenus entre autre grâce à la l’affirmation du Premier ministre Shinzo Abe faite au Comité international olympique et restée dans les annales à propos de la pollution radioactive marine: « la situation est sous contrôle« .

« Nous voulons étudier la manière de minimiser les dégâts dus à la mauvaise réputation de la région et des produits de Fukushima« , précise un responsable du ministère de l’Industrie.

Pour les écologistes, la réponse est en revanche claire: le rejet dans l’océan, c’est « non« .

« Tepco doit investir dans les meilleures technologies capables d’extraire de cette eau les radionucléides dangereux comme le strontium 90 et développer des moyens face au tritium« , juge Shaun Burnie, spécialiste de l’énergie nucléaire au sein de l’organisme Greenpeace.

Tepco avait fait des propositions techniques pour supprimer le tritium mais elles ont été abandonnées pour des raisons financières.

« Rejet dans l’océan ? Je suis absolument contre« , dit également Kyoichi Kamiyama, directeur du département radioactivité du Centre de recherche de la pêche et des milieux marins de la préfecture de Fukushima.

« Nous sommes peut-être à l’orée d’un vrai débat sur la meilleure option face à cette crise de l’eau« , veut croire M. Burnie pour qui la solution est un stockage de long terme accompagné d’un traitement de purification renforcé.

Par AFP le 04.10.2019 à 11h41

Photo en titre : Un employé de la compagnie d’électricité mesure les taux de radiation autour des citernes contenant de l’eau contaminée par la radioactivité à la centrale nucléaire de Fukushima, le 27 juillet 2018 à Okuma, au Japon. POOL/AFP/Archives – KIMIMASA MAYAMA

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/l-eau-radioactive-de-fukushima-un-casse-tete-pour-le-monde-nucleaire_137950

Oct 04

CONTRAVENTIONS EN MATIÈRE NUCLÉAIRE : D’INTÉRESSANTES PRÉCISIONS

L’intérêt majeur de cet arrêt est de souligner que les infractions, correctionnelles ou de police, au code de l’environnement, auquel ne font pas exception les règles particulières applicables aux installations nucléaires, peuvent être prouvées par tous moyens.

Suite à plusieurs visites d’un réacteur de la centrale nucléaire de Chinon entre le 1er juin et le 8 novembre 2013, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) publiait sur son site internet une « lettre de suites » comportant plusieurs demandes d’intervention à la société EDF, gestionnaire du site. Suite à une plainte adressée par une association de protection de l’environnement, le parquet demandait un avis circonstancié à l’ASN. À l’issue d’une enquête de gendarmerie, menée avec l’appui technique de l’ASN, EDF et son directeur étaient cités devant le tribunal de police notamment pour stockage en commun de produits, acides et bases, incompatibles, pour omission de lever les points d’arrêt-surveillance au niveau d’une vanne, omission de traitement approprié d’un écart relatif à la présence de bore sur la tuyauterie d’une autre vanne.

La cour d’appel confirmait la condamnation des prévenus pour infractions au code de l’environnement. Dans ce contexte, les intéressés formaient un pourvoi en cassation.

Dans le premier moyen, ils reprochaient aux juges du fond de les avoir déclarés coupables de contraventions d’exploitation d’une installation nucléaire en méconnaissant les règles applicables à la preuve en matière contraventionnelle. En effet, ils estimaient qu’en ce domaine, les infractions doivent être prouvées soit par procès-verbaux ou rapports, soit par témoins. Or, en l’espèce, les juges du fond avaient considéré que les contraventions aux règles générales relatives aux installations nucléaires de base pouvaient être prouvées par tous moyens. Ils estimaient en effet que les procès-verbaux établis par l’ASN constituaient des éléments de preuve qui, soumis au débat et n’étant pas le fruit de procédés déloyaux, étaient parfaitement admissibles. La Cour de cassation approuve ce raisonnement en énonçant que « les infractions, correctionnelles ou de police, au code de l’environnement, auquel ne font pas exception sur ce point les règles particulières applicables aux installations nucléaires, peuvent être prouvées par tous moyens » (Crim. 10 juill. 1996, n° 95-85.785, Bull. crim. n° 289 ; D. 1996. 226  ; 18 mars 2014, n° 13-81.921, Dalloz actualité, 4 avr. 2014, obs. L. Priou-Alibert ; D. 2014. 781 ; RSC 2014. 349, obs. J.-H. Robert  ; 13 mai 2014, n° 13-83.910, Dalloz actualité, 30 mai 2014, obs. S. Fucini ; D. 2014. 1153 ; RSC 2014. 349, obs. J.-H. Robert ; RTD com. 2014. 712, obs. B. Bouloc ).

Dans les deuxième et troisième moyens, les requérants mettent en avant le principe selon lequel nul ne peut être condamné sur le fondement d’une contravention qui n’est pas définie en des termes suffisamment clairs et précis par la loi ou le règlement pour exclure l’arbitraire. Or, pour entrer en voie de condamnation, les juges du fond avaient pris le soin de préciser que les dispositions légales et réglementaires fondant les poursuites étaient clairement énumérées dans les citations et avaient été discutées par les parties. En outre, ils reconnaissaient la complexité de ces dispositions et justifiaient cette situation par la particulière technicité de cette matière. Toutefois, ils ajoutaient qu’en leur qualité d’exploitant historique des installations nucléaires et de cadre dirigeant, les prévenus comprenaient nécessairement la législation en vigueur, comme en atteste d’ailleurs la précision des arguments développés au soutien de leur défense. La Cour de cassation partage cette position et, en conséquence, confirme que l’article 6.2 de l’arrêté du 7 février 2012 fixant les règles générales relatives aux installations nucléaires de base prohibe tout mélange entre matières incompatibles, sans restriction aux seuls déchets.

Le réseau Sortir du nucléaire a, dans un communiqué, salué cette décision perçue comme une « une avancée considérable pour le droit nucléaire et les associations ». Il est certain que, tant en ce qui concerne le mode de preuve des contraventions en matière nucléaire que la question de la clarté des textes répressifs dans ce domaine, cet arrêt revêt, notamment pour les associations, une portée significative.

Par Dorothée Goetzle, publié le 4/10/2019

Source : Dalloz,

https://www.dalloz-actualite.fr/flash/contraventions-en-matiere-nucleaire-d-interessantes-precisions#.XZbiRGY6-Uk

Oct 03

LE RETOUR DES FUSÉES NUCLÉAIRES À LA NASA

Préparant ses futures conquêtes spatiales, la Nasa pourrait bien utiliser dans ses navettes lancées à destination de la Lune, voire la planète Mars, des moteurs à fission nucléaire.

À quelques pas du site sur lequel étaient testées les fusées nucléaires du programme Redstone à la fin des années 1950 aux États-Unis, dans l’enceinte du Marshall Space Flight Center, les ingénieurs de la Nasa travaillent sur des moteurs de fusées à fission nucléaire. Un procédé qui permettrait de doubler l’efficacité des moteurs à combustibles chimiques utilisés de nos jours. Toutefois, même si leur fonctionnement est décrit comme particulièrement simple par l’agence gouvernementale, il ne faut pas oublier que les petits réacteurs nucléaires présentent des risques, notamment de par les déchets toxiques qu’ils génèrent ou la très haute température à laquelle ils doivent être opérés (plus de 2 000 C°).

Des risques que sont apparemment prêts à prendre les Étasuniens, la Nasa devant tout faire pour respecter les engagements du programme Artemis qui doit ramener l’homo sapiens sapiens sur la Lune à l’horizon 2024 (et même viser Mars en 2040). Bill Emrich, auteur d’ouvrages de référence sur la propulsion nucléaire, est en charge de ce programme. Et bien qu’il reconnaisse que “la propulsion chimique jusqu’à Mars est possible”, il considère cela comme un défi “très difficile à relever”, estimant que “dès que l’on vise plus loin que la Lune, c’est beaucoup plus simple à envisager avec la propulsion nucléaire”.

Des moteurs nucléaires allumés en orbite

La Nasa pourrait alors un jour décider d’opérer des missions en direction de la Lune grâce à des navettes à propulsion nucléaire, en vue de peaufiner la technologie pour son ultérieure utilisation vers Mars. Précision importante à ce stade, il n’est pas envisagé de mettre en orbite une navette spatiale grâce à la propulsion nucléaire. Cela présenterait trop de risques et, en cas de souci majeur, pourrait aboutir à une catastrophe nucléaire sur le pas de tir. L’idée est de placer en orbite une navette avec des moteurs traditionnels, avant de mettre en route son moteur à fission nucléaire pour la propulser dans l’espace profond.

Pour ce projet, la Nasa a confié à un prestataire (BWX Technologies, une entreprise dirigée par un ancien administrateur associé de l’agence, Rex Geveden) des travaux préparatoires sur la conception de ce moteur nucléaire. Jim Bridenstine, le directeur de la Nasa, a invité le vice-président Mike Pence (en charge de la politique spatiale à la Maison-Blanche) à considérer la propulsion nucléaire comme un élément clé du programme spatial US, tandis que Geveden indique qu’un nombre incalculable de problèmes pouvant avoir lieu dans l’espace nécessitent une puissance de propulsion disponible à tout moment. “Pour la plupart d’entre eux, la propulsion nucléaire est la meilleure réponse, si ce n’est la seule”, ajoute-t-il.

Bien sûr, la Nasa ne part pas de zéro sur ce projet et on découvre (en ce qui nous concerne) que depuis une dizaine d’années, un programme peu documenté (NTREES, pour Nuclear Thermal Rocket Element Environmental Simulator) permettait à des ingénieurs de travailler sur de tels moteurs (cf. cet article de 2014). D’ailleurs, le contrat offert à BWX Technologies ne date pas d’hier et avait été signé dès 2017. En 2018, ce sont 100 millions de dollars que le Congrès a accordés à la recherche sur la propulsion nucléaire. Cette année, 125 millions de plus ont été alloués au projet.

Alors que la super-fusée Space Launch System (SLS) que la Nasa met au point pour son retour sur la Lune est en développement et que les moteurs nucléaires qui pourraient l’équiper doivent obtenir de nombreuses certifications et l’approbation des régulateurs, le sujet est clairement exposé par la Nasa qui envisage de propulser sa première navette spatiale grâce à des moteurs nucléaires en… 2024, date à laquelle les Américains prévoient de reposer le pied sur notre satellite.

Par Mathieu Chartier (@chartier_mat), publié le 03/10/19 à 18h01

https://www.lesnumeriques.com/spatial/le-retour-des-fusees-nucleaires-a-la-nasa-n141649.html

Oct 03

NUCLÉAIRE. WASHINGTON CONFIRME UNE RENCONTRE AVEC PYONGYANG « AU COURS DE LA SEMAINE PROCHAINE »

Washington a confirmé mardi 1er octobre la reprise imminente de pourparlers sur le nucléaire avec la Corée du Nord. Sans donner davantage de détails, une porte-parole du département d’État américain a confirmé l’intention des représentants des États-Unis et de la Corée du Nord de se rencontrer.

Le département d’État américain a confirmé mardi 1er octobre la reprise imminente de pourparlers sur le nucléaire avec la Corée du Nord, annonçant que des responsables américains et nord-coréens allaient se rencontrer « au cours de la semaine qui vient ».

« Je peux confirmer que les représentants des États-Unis et de la RPDC (nom officiel de la Corée du Nord) ont l’intention de se rencontrer la semaine prochaine », a déclaré la porte-parole du département d’État, Morgan Ortagus, ajoutant qu’elle n’avait pas d’autres détails à fournir sur cette réunion.

Plus tôt mardi 1er octobre, la Corée du Nord a annoncé qu’elle tiendrait samedi des discussions de travail sur le nucléaire avec les États-Unis, relançant les efforts diplomatiques huit mois après l’échec du sommet de Hanoï. Les deux parties ont accepté d’avoir des « contacts préliminaires » le 4 octobre et des discussions de travail le lendemain, a annoncé le vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères Choe Son Hui dans un communiqué diffusé par l’agence officielle KCNA.

Par Ouest-France avec AFP, publié le 01/10/2019 à 14h16

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-washington-confirme-une-rencontre-avec-pyongyang-au-cours-de-la-semaine-prochaine-6545072

Oct 03

VU DE LITUANIE : VILNIUS REDOUTE UN ACCIDENT NUCLÉAIRE VENANT DE LA BIÉLORUSSIE

Pendant quatre jours, Vilnius organise un grand exercice de protection civile. La future mise en service de la centrale nucléaire biélorusse d’Ostrovets, située à 50 kilomètres de la capitale lituanienne, inquiète.

Messages d’alerte sur les téléphones portables, instructions pour évacuer à la télévision publique : “La journée de mardi en Lituanie a commencé par le hurlement des sirènes qui signale l’exercice de protection civile pour se préparer à réagir en cas d’incident nucléaire”, relève le site d’information 15min. Au menu, des “exercices d’Ostrovets”. Car si la Biélorussie passe sous silence le moindre incident nucléaire, les systèmes de détection lituaniens relèvent des taux de pollution de l’air et de l’eau en hausse. Les autorités lituaniennes ont donc décidé de préparer la population des zones limitrophes à évacuer en cas de catastrophe, à distribuer des comprimés d’iode et à organiser la décontamination.

Comme le relève le site d’information, “la centrale d’Ostrovets a été bâtie à proximité de la frontière sans tenir compte des exigences de sécurité et des normes environnementales”. Cette construction, émaillée d’incidents techniques, inquiète depuis une dizaine d’années en Lituanie. Les diplomates lituaniens n’ont eu de cesse d’alerter sur le sujet, parfois en vain, notamment auprès des voisins baltes également concernés. Début 2019, une organisation internationale, la convention d’Espoo, a reconnu que le choix du site par la Biélorussie était en violation de normes environnementales. Pour se protéger, les parlementaires lituaniens ont même voté une loi interdisant aux compagnies électriques d’acheter des kilowatts en provenance du voisin.

Publié le 01/10/2019 à 15h47

https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-lituanie-vilnius-redoute-un-accident-nucleaire-venant-de-la-bielorussie

Oct 03

MENACE MONDIALE POUR UN CONFLIT NUCLÉAIRE INDE/PAKISTAN

Alors que les tensions s’accumulent entre Inde et Pakistan, quels seraient les dégâts d’un conflit nucléaire entre les deux puissances ? Une question dont l’acuité est soulignée par la menace nucléaire agitée par le premier ministre Pakistanais Imran Khan récemment à l’ONU.

C’est l’objet d’une recherche publiée hier dans Science Advances. Calculs faits, les scientifiques concluent qu’un conflit où les deux pays ne mettraient en jeu ne serait-ce qu’un tiers de leurs arsenaux nucléaires provoquerait une dévastation régionale, avec entre 50 et 125 millions de morts immédiates. Mais également un mini-hiver nucléaire planétaire d’environ dix ans, accompagné d’une chute des précipitations, aux conséquences dramatiques sur les productions agricoles. Un rappel de la menace que fait peser sur toute l’Humanité les stocks gigantesques d’armes nucléaires des États-Unis et de la Russie.

Parue le 2 octobre dans Science Advances, cette étude met en évidence les conséquences dramatiques d’un conflit nucléaire entre Inde et Pakistan : un nombre de morts immédiats supérieur au bilan de la seconde guerre mondiale et un hiver planétaire dévastateur.

13 900 armes nucléaires

Si les deux géants de l’arme nucléaire ont des milliers d’armes (93% des 13.900 existantes), six pays ont en chacun entre 100 et 300, rappellent les auteurs. Le Royaume-Uni, la France, la Chine, Israël, l’Inde et le Pakistan. Les mauvaises relations entre les deux derniers pays, qui s’accusent mutuellement d’occuper une partie de leurs territoires, sont notoires. Le Pakistan  est soupçonné d’armer et soutenir des mouvements terroristes agissant au Cachemire voire sur des cibles ailleurs en Inde (1). Des raisons suffisantes, pour une équipe de physiciens et spécialistes de l’atmosphère, d’explorer les conséquences d’un conflit entre deux ennemis qui augmentent leurs arsenaux nucléaires.

Les arsenaux nucléaires britannique (bleu), français (traits rouges), chinois (traits jaunes), indien (pourpre), pakistanais (vert) et israélien (orange). Au regard de son poids démographique, géopolitique et économique, la Chine adopte un profil « modeste » particulièrement malin (la « garantie » nucléaire pour un coût modeste au regard des arsenaux américains et russes).

L’Inde et le Pakistan n’ont pas seulement les armes nucléaires mais aussi les « vecteurs » sans lesquels elles ne servent à rien : missiles et avions (plus navires pour l’Inde). Ces armes affichent des puissances entre 5 et 12 kt pour le Pakistan, et entre 12 et 40 kt pour l’Inde (la bombe d’Hiroshima faisait environ 15 kt). Des niveaux de puissance qui pourraient augmenter jusqu’à 200 kt d’ici 2030.  Ce sont de « simples » bombes à l’uranium enrichi, utilisables soit sur un champ de bataille contre une armée ennemie… soit pour bombarder une ville.

Déjà quatre conflits conventionnels

Bien sûr, les dirigeants des deux pays ont toujours dit qu’ils n’utiliseraient pas en premier l’arme nucléaire… sauf s’ils subissaient une attaque chimique ou biologique. Comme ces deux pays se sont déjà affrontés avec des armes conventionnelles à quatre reprises (1947, 1965, 1971 et 1999), l’idée d’un conflit entre eux n’a rien de théorique.

Les scientifiques passent en revue quelques scénarios possibles de conflits entre les deux puissances, mais l’intérêt de leur recherche est ailleurs : dans l’étude des conséquences de l’usage, même limité aux tiers des arsenaux nucléaires à l’horizon 2025.

Entre 50 et 125 millions de morts

Le scénario étudié est simplifié et n’explore que les conséquences de l’usage « stratégique » – la destruction des plus grandes cités adverses – des armes. Ainsi, l’Inde est censée tirer 150 armes, mais 15% d’entre elles ne vont pas fonctionner (un scientifique met toujours une barre d’erreur à ses calculs…) et les 25 utilisées pour cibler des sites militaires ne sont pas incluses dans le calcul des dégâts. Toujours sérieux, les auteurs montent à 20% le taux d’échecs des armes « tactiques », utilisées contre l’armée indienne, par le Pakistan. Et ne considèrent pour leurs calculs des dégâts que ses 200 armes stratégiques tirées soit contre des sites militaires et industriels soit vers des villes indiennes (150 armes dont 15% ne vont pas fonctionner).

Résultats ? Des dizaines de millions de morts – entre 50 et 125 millions en fonction des puissances des armes nucléaires utilisées, entre 15 et 100 kt – qui surviennent lors des tirs et de la dévastation totale des zones ciblées. Les Indiens sont plus nombreux à mourir… parce qu’ils sont plus nombreux. Mais le Pakistan perd une part plus grande de sa population.

Tempêtes incendiaires

Mais l’horreur ne s’arrêterait pas là. Si des physiciens de l’atmosphère, spécialistes des modèles numériques utilisés pour la météo et la climatologie sont impliqués dans l’étude, c’est que ces dévastations provoqueraient l’émission massive de particules de suie. Ces scientifiques ont déjà alerté en simulant une guerre nucléaire généralisée entre les États-Unis, la Russie, l’Europe et la Chine. Un tel conflit pourrait propulser dans la stratosphère 180 millions de tonnes de particules de suie. De quoi provoquer un hiver nucléaire planétaire, destructeur de la plupart des productions agricoles. Mais que se passerait-il pour un « petit conflit régional » ?

Les scientifiques se sont lancés dans des calculs savants pour estimer la quantité de fumée et de particules de suie qu’impliquerait leur scénario, en particulier les incendies massifs – des « tempêtes incendiaires » – dans les villes.  Ils parviennent à une fourchette entre 16 et 36 millions de tonnes injectées dans l’atmosphère où elles se dispersent (les unes montent dans la stratosphère et vont très loin, d’autres redescendent au sol sous l’effet des pluies). Enfin, un modèle numérique de climat mis au point pour simuler les conséquences du choc avec l’astéroïde qui a déclenché l’extinction de masse d’il y a 66 millions d’années a été utilisé pour simuler l’effet climatique de ces injections massives.

Hiver nucléaire

Les effets sont moins spectaculaires en terme de sévérité de l’hiver nucléaire – le refroidissement planétaire qui découle de l’interruption du flux solaire par les suies – que pour le choc avec un astéroïde ou une guerre nucléaire totale. Mais ils demeurent énormes, notamment par la durée nécessaire au retour à la « normale » pour l’éclairement de la Terre. L’un des résultats les plus importants est qu’il faut environ dix ans pour ce retour à la normale, quel que soit l’ampleur du choc initial.

1

Si la sévérité de l’hiver nucléaire dépend de l’intensité du choc initial, sa durée pour retrouver un éclairement normal est presque la même, une bonne dizaine d’années, quel que soit l’intensité initiale. Le scénario 46,8 millions de tonnes suppose que tout l’arsenal indo-pakistanais est utilisé. Le scénario 150 millions de tonnes est pour un conflit USA/Russie.

Avec la diminution de l’énergie solaire arrivant sur le sol et les océans, la température de l’air chute, l’évaporation et les pluies également. Un phénomène planétaire mais fortement hétérogène géographiquement.

La température moyenne de la planète peut diminuer de 1°C à 4 ou 5°C pour un conflit régional Inde/Pakistan. Le cas le plus sévère correspond à la température moyenne du dernier maximum glaciaire il y a 20 000 ans. Les précipitations chutent également.

Si le scénario « optimiste », avec une émission limitée à 5 millions de tonnes, se traduit par des effets majeurs mais gérables, ce n’est pas le cas dès les scénarios où plus de 16 millions de tonnes sont émises et dont le choc climatique semble sans parade possible. Les effets sont régionalisés : l’hémisphère nord est beaucoup plus touché que l’hémisphère sud. L’Amérique du Nord ou l’Europe voient leurs températures moyennes chuter jusqu’à 10°C de moins dans le scénario 27,3 millions de tonnes. Quant aux précipitations, elles diminuent drastiquement en Inde et en Chine, de moitié en Amérique du nord-est. Effet secondaire contre-intuitif : la stratosphère se réchauffe (l’inverse de la situation actuelle due au réchauffement des basses couches de l’atmosphère par l’injection de CO2), ce qui entraîne une destruction de l’ozone stratosphérique nous protégeant des ultraviolets solaires.

«toutes les autres nations de la Terre…»

Ce choc climatique se traduit avant tout par un affaiblissement de la production végétale sur les continents et les océans (phytoplancton), le premier maillon de la chaîne alimentaire. Ce qui déclenche une réaction en chaîne dévastatrice, tant pour les flores et faunes sauvages que pour l’agriculture, l’élevage et la pêche. Dans les régions les plus impactées, Inde, Chine, Asie du Sud-est, les récoltes sont quasi nulles les deux années qui suivent le choc, ce qui correspondrait à un collapse cataclysmique de ces sociétés, avec des effets planétaires. Comme l’écrivent les auteurs en conclusion : si les leaders Indiens et Pakistanais prenaient la décision «d’utiliser les armes nucléaires toutes les autres nations sur Terre seraient sérieusement affectées». La conclusion logique : que font ces autres nations pour éviter un tel conflit ? Pour l’instant… elles leur vendent des armes (parfois avec des rétrocommissions, voir l’affaire Balladur/Léotard).

Sylvestre Huet

(1) voir La maison Golden de Salman Rushdie pour la perception littéraire des attentats de Bombay en 1993.

https://www.lemonde.fr/blog/huet/2019/10/03/menace-mondiale-pour-un-conflit-nucleaire-inde-pakistan/

Oct 03

LES FRANÇAIS ONT PLEINEMENT CONSCIENCE DES RISQUES CHIMIQUES ET NUCLÉAIRES

Selon le baromètre 2019 de l’IRSN réalisé avant l’incendie de l’usine Lubrizol, plus de la moitié des sondés considèrent les risques liés aux installations chimiques et nucléaires comme «élevés». Et ils ne font pas confiance aux autorités.

Quelle perception avons-nous des risques chimiques et nucléaires, entre toutes les menaces sécuritaires, sociales, économiques et environnementales qui planent potentiellement sur nos têtes ? Cela fait plus de trente ans que l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) passe au crible les petites et grandes peurs des Français vis-à-vis de ces «situations de risques». Mais alors que l’inquiétude des habitants de l’agglomération rouennaise est à son comble quant aux retombées potentiellement toxiques de l’incendie de l’usine Lubrizol, les résultats du Baromètre IRSN 2019 rendus publics ce mercredi matin auront sans doute une résonance particulière.

Menée il y a près d’un an en face à face par l’institut de sondages CSA auprès d’un échantillon représentatif de 1 039 personnes, cette enquête d’opinion pointait déjà à l’époque une forte perception du risque lié aux installations chimiques : l’un des plus «élevés» pour 55 % des répondants, au même niveau que celui inhérent aux centrales nucléaires (54 %). L’inquiétude était encore plus forte vis-à-vis des déchets chimiques et radioactifs, qui présentent un risque élevé ou très élevé pour respectivement 60 % et 59 % des sondés. «Il y a fort à parier que dans la prochaine édition de notre baromètre, l’an prochain, le risque lié aux sites Seveso sera en forte progression dans les réponses qui nous seront faites. La perception est évidemment fortement liée à l’actualité», rappelle Ludivine Gilli, qui a coordonné cette enquête d’opinion au sein de la direction de la prospective de l’IRSN.

Un Tchernobyl possible pour 1 Français sur 2

De la même manière, en ce qui concerne le nucléaire, gros morceau de ce baromètre, Tchernobyl devrait encore prendre des points comme «l’événement catastrophique le plus effrayant» dans l’esprit des Français, devant Fukushima. La catastrophe de Tchernobyl (1986) avait été supplantée ces dernières années par celle de Fukushima (2011) car elle «était plus proche dans la mémoire des gens». Mais la diffusion de la série télé Chernobyl est passée par là.

À lire aussi : Lubrizol : une catastrophe écologique et quatre questions

Et quid de la possibilité d’une catastrophe nucléaire en France ? L’IRSN, dont la mission est d’apporter une expertise technique pour prévenir le risque atomique auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), se félicite du fait que «la perception de la possibilité d’un accident en France a baissé de manière sensible [-17 points, ndlr] pour atteindre 49 %», contre 69 % en 2011. Mais les sondés sont assez nombreux à penser qu’un accident nucléaire pourrait se produire dans un futur proche : 8,8 % le voient survenir «au cours de l’année prochaine» et plus de 27 % dans les dix prochaines années.

Pour Jean-Christophe Niel, le directeur général de l’IRSN, ce baromètre «nous aide à mieux comprendre et améliorer les actions à mener au sein de l’Institut pour prévenir et gérer les risques, mais aussi à apporter des outils de mesure fiables aux autorités sur l’état de l’opinion vis-à-vis de ces risques». Au vu de la communication de crise pour le moins chaotique qui a suivi le gigantesque panache noir provoqué par l’incendie du site Seveso de Rouen, les autorités en question, du préfet de région au sommet du gouvernement, ont semble-t-il bien besoin de reprendre la température de l’opinion.

La vérité est ailleurs

Cela tombe bien, l’institut de sondage a posé une question sur «la confiance» accordée aux autorités françaises «pour leurs actions de protection des personnes» dans différentes situations de risque. D’après ce baromètre IRSN réalisé bien avant l’incendie de Lubrizol, la défiance de la population est palpable : 35 % des personnes interrogées ne font pas confiance aux pouvoirs publics pour les protéger du risque lié aux installations chimiques, 32 % «plus ou moins», et 30 % seulement répondent par l’affirmative (3 % ne se prononcent pas). L’explosion de l’usine meurtrière de l’usine AZF en 2001 est encore dans toutes les mémoires. Même punition pour les centrales nucléaires : 37 % des sondés ne font pas confiance aux autorités pour les protéger d’un possible accident et 32 % «plus ou moins», contre 29 % répondant positivement.

Dans le même ordre d’idées, à l’heure des infox et du complotisme sur tous les réseaux, les Français sont nombreux à penser qu’on ne leur dit pas «la vérité» sur les dangers environnementaux et sanitaires : ils sont plus de 21 % à ne pas croire «du tout» ce qu’on leur dit du risque lié aux installations chimiques et 26,4 % à ne pas y croire «vraiment». Le camp de la confiance l’emporte d’une courte tête entre ceux qui estiment qu’on leur dit «tout à fait», «assez» ou «plus ou moins» la vérité. Mais ça, c’était avant les incendies de Notre-Dame et Lubrizol, et leurs retombées chargées en plomb, métaux lourds et autres substances réputées toxiques… Les résultats sont quasi similaires en ce qui concerne la vérité sur le risque nucléaire. Personne n’a oublié le nuage radioactif de Tchernobyl qui s’était prétendument arrêté à nos frontières.

Conclusion sans surprise de cette enquête de l’IRSN, personne n’a envie de côtoyer ce risque au quotidien. Seuls 9 % des sondés se disent prêts à vivre près d’une centrale nucléaire, alors qu’ils étaient 37 % à répondre par l’affirmative en 1982. Et la proportion de réponses positives tombe carrément à 4 % pour les installations chimiques et à 2 % pour les sites de stockage de déchets radioactifs.

Par Jean-Christophe Féraud, publié le 2octobre 2019

Photo en titre : vue de l’incendie, jeudi à Rouen.Photo Jocelyn Moras. AFP

https://www.liberation.fr/france/2019/10/02/les-francais-ont-pleinement-conscience-des-risques-chimiques-et-nucleaires_1754783

Oct 03

TROP CHER ET TROP LENT, LE NUCLÉAIRE NE SAUVERA PAS LE CLIMAT

« Le nucléaire ne répond à aucun besoin technique ou opérationnel que ses concurrents sobres en carbone ne puissent satisfaire mieux, moins cher et plus rapidement ». Voilà la conclusion sans appel dressée par l’édition 2019 du World Nuclear Industry Status Report (WNISR). Plus coûteuse que les énergies renouvelables, la construction d’un nouveau réacteur dure en moyenne 10 ans : trop long pour sauver le climat !

Aujourd’hui la production d’électricité par les installations solaires et les parcs éoliens concurrence efficacement les centrales nucléaires existantes, y compris en termes de coûts, et leur capacité de production augmente plus rapidement que celles de toutes les autres filières, peut-on lire dans les 323 pages de l’édition 2019 du World Nuclear Industry Status. Cette étude indépendante menée par 8 experts interdisciplinaires de 6 pays, dont 4 professeurs d’université, a été coordonnée par Mycle Schneider, un consultant français spécialisé dans les domaines de l’énergie et de la politique nucléaire. Entre 1998 et 2010, il a conseillé le ministère de l’Environnement allemand, le cabinet du ministre français de l’Environnement et celui du ministre belge de l’Énergie et du Développement Durable.

Il y a aujourd’hui 417 réacteurs nucléaires dans le monde. Bien que leur nombre ait légèrement augmenté au cours des dernières années, il est significativement inférieur au pic de 438 enregistré en 2002.

Mais les réacteurs entrés récemment en service étant plus puissants, la capacité nucléaire installée sur la planète n’a jamais été aussi élevée qu’aujourd’hui : 370 GWe, une puissance légèrement supérieure au maximum précédent de 367 en 2006.
Toutefois la construction de nouvelles centrales s’essouffle visiblement. Alors qu’en 2010 (l’année précédant Fukushima), 15 chantiers étaient lancés, il n’y en a eu que 5 en 2018 et, jusqu’à aujourd’hui, un seul en 2019.
Actuellement 46 réacteurs sont en construction dans le monde, mais ils étaient 68 en 2013 et 234 en 1979. Même en Chine, pays qui investit le plus dans le nucléaire, aucun nouveau projet n’a vu le jour depuis 2016.
Conséquence de tout cela : l’âge moyen du parc mondial de réacteurs nucléaires dépasse maintenant pour la première fois les 30 ans.

Heurs et malheur de l’EPR français

Problème : les chantiers de construction de nouveaux réacteurs sont de plus en plus long, 10 ans en moyenne selon le WNISR, et leur coût s’envole. L’exemple du seul réacteur actuellement en construction en France, celui de l’EPR de Flamanville [1] est significatif. Commencé en 2007, le chantier n’est toujours pas terminé, 12 ans plus tard. De retards en déboires nombreux et divers, sa mise en service prévue au départ en 2012, est actuellement programmée à fin 2022, soit après 10 ans de retard, au moins. Son coût, établi initialement à 3 milliards d’euros a déjà plus que triplé, la dernière estimation étant de 10,5 milliards. Mais le prix pour EDF pourrait s’élever au final à 15 milliards selon certains experts.

Un autre EPR de fabrication française se construit à Olkiluoto, en Finlande, et cela ne se passe pas beaucoup mieux. Débuté en septembre 2005 pour une mise en service initialement prévue à mi-2009, les travaux, s’éternisent aussi. Aujourd’hui, l’exploitant TVO estime ne pas pouvoir disposer de l’installation avant mi-2020. Vous comptez bien : plus de 10 ans de retard également. Côté coût, le montant forfaitaire de 3 milliards d’euros initialement convenu par contrat a explosé lui aussi suite aux indemnités de retard exigées par TVO. Le constructeur, Areva, étant une entreprise détenue majoritairement par l’État et par le Commissariat à l’énergie atomique (un établissement public), une grande partie des surcoûts liés à ces retards sera donc à la charge du contribuable français.

Enfin, EDF a prévenu récemment que son énorme chantier de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point en Angleterre devrait coûter 3,3 milliards d’euros plus cher que prévu, alors qu’en 2017 le groupe français avait déjà annoncé s’attendre à un surcoût de 1,7 milliard d’euros. Quant au retard, évalué en 2017 à 15 mois pour le premier réacteur et 9 mois pour le second, Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, avoue aujourd’hui qu’il « s’est accentué ». « Il ne faut pas se voiler la face, la filière nucléaire française vit des moments difficiles parce que les problèmes dans la réalisation des chantiers s’accentuent » a-t-il encore admis ce 24 septembre.

Des dérapages en termes de coût et de durée jugés inacceptables par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. « Le nucléaire ne doit pas être un État dans l’État » s’est-il exclamé lors d’une récente intervention sur RTL. Révélant avoir demandé un audit «totalement indépendant », il a prévenu que les conclusions du rapport pourront avoir des conséquences « à tous les étages », y compris chez EDF.

L’électricité verte se développe 25 fois plus vite que le nucléaire

Pendant ce temps, les nouvelles installations solaires et éoliennes accroissent leurs capacités de production plus rapidement que tout autre type d’énergie. Au cours de la dernière décennie, les coûts actualisés d’une unité de production électrique ont baissé de 88% pour le solaire et de 69% pour l’éolien, alors qu’ils ont augmenté, en moyenne de 23% pour le nucléaire, révèle le rapport du WNISR. Ces dernières années, la poussée des coûts de sécurité dans le nucléaire a contribué à creuser l’écart. Par MWh produit sur la durée de vie d’une installation, le coût total (construction + exploitation) du solaire photovoltaïque varie entre 33 et 40 €/MWh et celui de l’éolien entre 26 et 51 €. Pour le nucléaire, la fourchette est de 102 à 172 € soit, en moyenne, 3 à 4 fois plus cher que les renouvelables. Désormais, dans de nombreuses régions de la planète, le coût de celles-ci passe même sous celui du charbon et du gaz naturel, affirme le rapport.

Les investissements reflètent cette évolution. Aux États-Unis, la capacité de production d’énergie verte augmentera de 45 GW au cours des trois prochaines années, tandis que le nucléaire et le charbon perdront 24 GW. En 2018, la Chine qui reste le constructeur nucléaire le plus actif au monde,  a investi 91 milliards de dollars dans les énergies renouvelables, mais seulement 6,5 milliards dans l’atome. Pékin, a étoffé son parc nucléaire de près de 40 réacteurs au cours de la dernière décennie, mais sa production nucléaire est inférieure d’un tiers à sa production éolienne. Bien que plusieurs nouvelles centrales soient en construction, aucun nouveau projet n’a vu le jour dans l’empire du milieu depuis 2016.

En conséquence, depuis 2000, les capacités de production d’électricité verte se développent 25 fois plus vite que le nucléaire. Sur cette période, elles se sont accrues de 547 gigawatts pour l’éolien et de 487 GW pour le solaire contre seulement 41 GW pour le nucléaire.

Les capacités de production d’électricité verte se développent 25 fois plus vite que le nucléaire

Rien qu’en 2018 un record de 165 gigawatts de nouvelles capacités renouvelables ont été connectées au réseau électrique mondial, pour seulement 9 gigawatts de puissance nucléaire supplémentaire. En termes de quantité d’électricité générée, celle de l’éolien s’est accru de 29% en 2018, du solaire de 13%, et celle du nucléaire de … 2.4%. En comparaison de la situation au début de la décennie, les renouvelables (hydroélectricité non comprise) génèrent un supplément mondial annuel de 1.900 TWh (térawattheures), dépassant le charbon et le gaz, alors que le nucléaire produit moins malgré l’augmentation de la puissance installée. La faute à la vétusté grandissante du parc de centrales dont les pannes sont plus fréquentes et les périodes d’entretien ou de rénovation plus longues. En Belgique, par exemple, le taux de disponibilité du parc nucléaire n’a pas dépassé les 50 % en 2018 et pendant toute une période, un seul réacteur sur les 7 était opérationnel.

L’énergie nucléaire s’avère la plus chère et la plus lente

Tous ces chiffres sont extraits de l’édition 2019 du World Nuclear Industry Status Report dont son coordinateur, Mycle Schneider, a déclaré lors de la présentation du rapport aux médias il y a quelques jours à Budapest : « Il n’y a aucun doute : le taux de renouvellement des centrales nucléaires est trop lent pour garantir la survie de la technologie. Le monde assiste à l’agonie lente de l’industrie de l’atome ». Pour le climat, le prolongement de la durée de vie des vieux réacteurs en service n’est pas une option non plus, estime-t-il. Leurs coûts opérationnels excèdent celui des installations de production d’ énergie renouvelable dont l’intermittence peut être compensée par des solutions de stockage ou de production pilotables comme l’hydraulique, la géothermie ou les centrales à biomasse. Et dont les coûts baissent eux aussi, constamment.

Le constat de Mycle Schneider est sans appel : « Vous ne pouvez dépenser un dollar, un euro, un yuan ou un rouble qu’une seule fois. L’urgence climatique est telle que les investissements doivent être consacrés aux solutions énergétiques les plus efficaces, les plus économiques et les plus rapides ». La durée moyenne de construction des réacteurs à l’échelle mondiale est d’un peu moins de dix ans, rappelle Schneider. Un délai trop long qui a des conséquences majeures en termes de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, dans la mesure où il implique une prolongation de la durée de vie des centrales thermiques. « L’énergie nucléaire s’avère la plus chère et la plus lente », conclut-il. « Elle ne pourra pas sauver le climat ».

L’Ademe aussi condamne le nucléaire pour raison économique

Les conclusions du WNISR confortent celles d’une autre étude révélée fin 2018 en France par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Souhaitant éclairer le gouvernement au moment où s’ouvrait la consultation sur la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), cet institut scientifique publique établit dans son étude que « le développement d’une filière EPR ne serait pas compétitif pour le système électrique français d’un point de vue économique ». Selon le rapport de l’Ademe intitulé « Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050 », la construction d’un seul réacteur supplémentaire de nouvelle génération en 2030 nécessiterait 4 à 6 milliards d’euros de soutien public en raison de ses coûts trop élevés. En revanche, atteindre 95% d’électricité renouvelable en 2060 est soutenable pour le réseau et permettrait de réduire les coûts de l’électricité pour le contribuable.

Le rapport du WNISR
L’étude de l’Ademe

[1] EPR : European Pressurized water Reactor ou Réacteur Européen à eau Pressurisée. Conçu par Framatome (une filiale d’EDF) et Siemens, ce réacteur de 3e génération (la technologie la plus récente de réacteurs nucléaires) est censé offrir une puissance et une sûreté améliorées.

Bernard Deboyser

Bernard est ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable. Passionné par les énergies renouvelables depuis plus de 30 ans il développe des projets éoliens et photovoltaïques dans le cadre d’une coopérative citoyenne dont il est un des fondateurs et l’administrateur-délégué : www.hesbenergie.be

Source : Révolution Énergétique     (2/10/2019)

Par Bernard Deboyser, publié le 2 octobre 2019

https://www.revolution-energetique.com/trop-cher-et-trop-lent-le-nucleaire-ne-sauvera-pas-le-climat/

Oct 02

ÉLECTRICITÉ VERTE : COMMENT DÉMÊLER LE VRAI DU FAUX

Face à l’attention croissante portée par certains consommateurs à leur impact environnemental, les fournisseurs multiplient les offres d’électricité verte, à des prix parfois très contrastés. Mais toutes ne se valent pas, loin de là, en la matière. Explications.

L’électricité verte est partout ! Rares désormais sont les fournisseurs – y compris l’historique EDF (Électricité de France) – qui ne déclinent pas leur offre en version « écolo ». Ce faisant, ils répondent à une demande croissante des usagers : celle de diminuer l’impact environnemental de leur consommation électrique, en s’approvisionnant à des sources d’énergie renouvelable (EnR). Quitte à payer leur électricité un peu plus cher.

Selon le comparateur officiel énergie-info, mis en place par le médiateur national de l’énergie, le coût annuel des offres d’électricité verte à prix variable, pour un client parisien en option Heures Pleines/Heures Creuses (HP/HC) consommant 8 500 kilowattsheures (KWh), allait au 30 juin 2019 de 1 290 euros (soit 13% de moins que le tarif bleu d’EDF, c’est-à-dire le tarif réglementé fixé par l’État) à 1 737 euros (+18%). Avec une offre traditionnelle sur le même profil, la facture annuelle s’étale, selon les fournisseurs de 1 311 euros (-9%) à 1 447 euros, donc au niveau du tarif réglementé.

On le constate : les offres vertes ne sont pas forcément plus chères que les traditionnelles. Leur éventail de prix, en revanche, est beaucoup plus important : 447 euros dans cet exemple. Une différence qui reflète une autre réalité : toutes ces offres, loin de là, ne se valent pas en matière de contribution réelle au développement des EnR, et donc à la transition énergétique. Voici pourquoi.

Un « pot commun » d’électricité

Un rappel pour commencer : souscrire une offre d’électricité présentée comme « verte » ne signifie pas que chaque électron qui sortira de vos prises aura été produit par une source d’énergie renouvelable. Comme tous les foyers français, le vôtre est en effet raccordé au réseau électrique national, géré par Enedis et alimenté par une sorte de « pot commun », qui mélange sans distinction des électrons issus d’une centrale nucléaire ou à charbon, et d’autres produits grâce à un panneau solaire, une éolienne ou un barrage hydroélectrique

Selon EDF, ce « mix énergétique » servi aux foyers français était, en 2017, le suivant :

Source : EDF

Des garanties d’origine pour tracer l’électricité verte

Toutefois, pour assurer une traçabilité de l’électricité verte injectée dans le réseau, les institutions européennes ont trouvé une parade : la garantie d’origine renouvelable (GO). Soit un document électronique qui, comme son nom l’indique, garantit que l’électricité injectée dans le réseau par un producteur a bien été produite par une installation bénéficiant d’un certificat vert. « C’est le seul moyen de confirmer qu’on propose de l’énergie d’origine renouvelable », confirme Antoine Garcier, directeur général d’Énergie d’Ici, une union de producteurs d’hydroélectricité. « Tous les autres labels sont du marketing ».

Les sources d’énergie suivantes sont éligibles aux garanties d’origine :

  • l’éolien ;
  • le solaire ;
  • l’hydraulique ;
  • la biomasse et le biogaz ;
  • le géothermique…

En sont en revanche exclues :

  • le nucléaire ;
  • le gaz naturel ;
  • le charbon ;
  • le fioul ;
  • le pétrole et le gaz de schiste.

Un complément de rémunération pour le producteur

Quel est l’intérêt de ces garanties d’origine ? Pour le producteur d’EnR, c’est assez simple : elles représentent un complément de rémunération. Elles ont en effet une valeur en soi, négociable sur le marché. Pour donner un ordre d’idées, cette valeur peut représenter 50 centimes d’euros sur un mégawattheure (MWh) vendu au prix de gros autour de 50 euros, soit environ 1% du prix de l’électricité verte.

Là où ça se complique, c’est que ces GO peuvent être vendues indépendamment de l’électricité dont elles sont censées tracer la provenance. Un producteur, qui possède par exemple un barrage hydroélectrique ou un parc éolien, peut ainsi, d’un côté, céder tout ou partie de son électricité sur le marché de gros, et de l’autre ses garanties d’origine. Et il y a des acheteurs. Ces GO sont notamment très recherchées… par les fournisseurs d’électricité. Pour une raison simple : elles leur permettent de « verdir » leurs offres.

De la « peinture verte » pour repeindre de l’électricité grise

En effet, tous les fournisseurs d’électricité, loin de là, n’achètent pas leur électricité verte directement à la source, chez les producteurs. Certains n’en achètent même pas du tout : ils se fournissent sur le marché de gros, en veillant à payer le moins cher possible. En France, cela signifie généralement acheter de l’électricité nucléaire.

C’est là qu’intervient le tour de passe-passe : pour transformer cette électricité « grise » en électricité « verte » – la métaphore est d’Antoine Garcier – il existe une solution assez simple : acheter de la peinture verte. Ou, en l’occurrence, des garanties d’origine, éventuellement venues de l’étranger. La seule contrainte est de trouver un équilibre, sur une année (1), entre la quantité d’électricité vendue dans le cadre des offres vertes, et son équivalent en garantie d’origine.

La manœuvre est parfaitement légale. Pour autant, elle est très critiquée. « Un fournisseur peut d’un côté acheter de l’électricité nucléaire à très bas coût, et de l’autre des garanties d’origine scandinaves, également à bas coût », résume Julien Courtel, porte-parole du fournisseur alternatif Enercoop. « Il ne contribue à aucun moment au développement des EnR en France, mais peut afficher une offre verte ».

Quelques offres vertes « premium »

Comment, dans ce contexte, être sûr que l’argent versé pour payer sa facture d’électricité est utile à la planète ? Ce n’est pas simple… « C’est un marché très peu transparent », déplore Brice Arnaud, ingénieur au sein de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe), qui a cherché à apporter un peu de clarté en publiant en décembre 2018 un avis sur le sujet. Verdict : aucune offre actuelle ne contribue, directement et à grande échelle, au développement de nouvelles sources d’énergie renouvelables en France.

L’Ademe, toutefois, distingue parmi les offres existantes celles de 3 fournisseurs dits « premium ». Les mêmes que ceux classés en 2018 comme « vraiment verts » par l’ONG Greenpeace dans son guide de l’électricité verte, qui fait référence sur le sujet. Leurs noms : Enercoop, Energie d’Ici et Ilek.

Trois acteurs aux modèles différents, mais qui ont aussi des points communs. Le premier : ils couvrent 100% de la consommation de leurs clients, en injectant dans le réseau électrique la même quantité d’électricité d’origine renouvelable. Mais ils vont plus loin. « Ils s’engagent à acheter l’électricité et les garanties d’origine aux mêmes producteurs », explique Brice Arnaud. Et ce en direct, sans passer par les marchés de gros. Un « circuit court » qui, parce qu’il permet de faire l’économie des commissions versées aux intermédiaires, améliore les conditions de rémunération du producteur d’énergie renouvelable et l’aide à pérenniser son activité.

Enercoop va même un peu plus loin. Le fournisseur fait en effet le choix d’acheter l’électricité à un prix supérieur à celui de marché, de l’ordre de 4 euros supplémentaires en moyenne par mégawattheure. Un coup de pouce qui représentait 1,3 million d’euros en 2018. Organisé en réseau de coopératives, il travaille aussi avec près de 250 producteurs différents, y compris des très petites unités, impulsées localement par des collectivités ou des collectifs citoyens. Une démarche qui a un impact sur le prix de vente – « 7 à 8 euros de plus par mois sur la facture pour un foyer classique », détaille Julien Courtel – sans freiner la croissance du modèle : encore assez confidentiel (80 000 clients, sur les 32,8 millions de foyers raccordés à l’électricité), le fond de commerce d’Enercoop progresse néanmoins de 30% par an.

En résumé

Si vous souhaitez souscrire une offre d’électricité verte, voici quelques points de vigilance pour reconnaître celles qui contribuent le plus efficacement au développement des sources d’énergie renouvelables.

Veillez ainsi à privilégier les offres des fournisseurs :

  • qui utilisent des garanties d’origine françaises ;
  • qui s’engagent à compenser 100% de votre consommation en injectant dans le réseau électrique la même quantité d’électricité issue de sources renouvelables ;
  • qui achètent, en direct et au même producteur, l’électricité verte et les garanties d’origine ;
  • qui s’engagent à encourager l’installation de nouvelles sources d’énergie renouvelables.

Lire aussi : Ce que cache votre facture d’électricité

(1) À compter de 2021, cet équilibrage devra s’effectuer au mois, ce qui pourrait contribuer à augmenter les prix des garanties d’origine et donc les revenus des sources renouvelables.

Par Vincent MIGNOT, publié le mercredi 2 octobre 2019 à 07h00

Photo en titre : © magneticmcc – stock.adobe.com

https://www.cbanque.com/actu/76068/electricite-verte-comment-demeler-le-vrai-du-faux

NDLR : pour ceux qui ne le savent pas encore, je rappelle que l’ordinateur de l’administrateur du site Savoie Antinucléaire est alimenté en électricité verte achetée chez Enercoop. Acheter son électricité chez un fournisseur qui ne vend pas exclusivement que de l’électricité d’origine verte, c’est accepter que tout ou partie du paiement de votre facture lui serve à financer le nucléaire.

Oct 02

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CIVAUX ÉPINGLÉE SUR LA MAINTENANCE

L’Autorité de sûreté nucléaire épingle la centrale de Civaux sur la baisse de qualité de maintenance des deux réacteurs, qui dégrade leur niveau de sûreté.

L’Autorité de sûreté nucléaire a dévoilé hier ses appréciations concernant les deux centrales (le Blayais et Civaux) qui dépendent de la division de Bordeaux. Le bilan 2018 n’est pas élogieux pour Civaux. Ses performances « en matière de radioprotection et de protection de l’environnement rejoignent globalement l’appréciation générale que l’ASN porte sur EDF, mais […] ses performances en matière de sûreté nucléaire sont en retrait par rapport à cette appréciation générale ».

“ La qualité de la maintenance s’est dégradée par rapport aux années précédentes ”

L’ASN pointe en particulier la maintenance des installations : « Au cours des arrêts pour maintenance des réacteurs 1 et 2, l’exploitant a mis en évidence de nombreuses lacunes dans la préparation, la planification et la réalisation d’activités de maintenance sur des matériels importants pour la sûreté. Ces difficultés ont conduit à des non-qualités de maintenance, que le site a depuis corrigées. […] La qualité de la maintenance s’est dégradée par rapport aux années précédentes. EDF n’a pas suffisamment tiré les enseignements de l’arrêt pour maintenance de 2017. »
Cette évaluation repose sur les déclarations de dysfonctionnement et sur les 21 inspections réalisées en 2018 « qui donnent lieu à des actions correctives », précise Bertrand Frémaux, chef du pôle réacteurs à eau sous pression de l’ASN. Le recours à la sous-traitance n’est pas directement en cause estime-t-il : « L’exploitant doit assurer le niveau de qualité de la sous-traitance et cette surveillance a été satisfaisante en 2018. Il n’y a pas de lien direct entre cette surveillance et la qualité du geste technique. Les raisons sont multiples. »

Les opérations de conduite des réacteurs, qui avaient valu un carton jaune à la centrale en 2013, sont désormais « globalement menées avec rigueur, indique l’ASN, mais le site doit encore faire des efforts dans ce domaine ».

Des travaux ont aussi été réalisés, à la demande de l’ASN, sur le réseau d’écoulement des eaux de pluie, afin de protéger la rivière Vienne d’une éventuelle pollution. L’efficacité de ces modifications sera évaluée en 2020 lors d’un exercice.

Tritium dans la Loire.

L’ASN n’a pas identifié l’origine du tritium détecté à des concentrations anormales (310 Bq/litre) dans la Loire, à Saumur, en janvier dernier. Des associations avaient révélé les résultats et alerté : « Nous avons enquêté sur les rejets des centrales en amont, mais les investigations n’aboutissent à rien, il n’y a pas de fuite connue, indique Bertrand Frémaux. Cette teneur reste inexpliquée, ce qui ne nous convient pas. Nous allons faire de nouvelles mesures. » « La teneur reste très loin de la limite des 10.000 Bq/l recommandée par l’Organisation mondiale pour la santé, a précisé Hermine Durand, cheffe de la division de Bordeaux de l’ASN, il n’y a pas d’impact sanitaire. »

L’incident du 25 août classé niveau 1

L’arrêt accidentel du réacteur n° 1, le 25 août, devrait être déclaré en événement de niveau 1, a annoncé l’ASN, qui attend d’ici un mois les conclusions d’EDF sur cet incident, dans lequel un salarié est mis en cause : « Cet opérateur a pris l’initiative, en transgressant les règles, de réaliser un test sur l’alimentation électrique d’un système défaillant [alors que le réacteur était en fonctionnement], a précisé hier Bertrand Frémaux, chef du pôle réacteurs à eau sous pression de l’ASN. Il s’est malheureusement trompé de relais et a déclenché un système de sauvegarde, entraînant la fermeture d’une vanne entre le générateur de vapeur et la turbine. Il y a eu un coup de bélier, sans dommage heureusement pour l’installation, et l’arrêt automatique du réacteur. Ce sont des conséquences lourdes. En sûreté nucléaire, on n’en reste pas aux actes individuels. Il y a eu un contexte, des causes d’organisation qu’on ne connaît pas encore, qui ont amené cette personne, pourtant soumise à des règles strictes, à faire cet acte. »

Par Sébastien KEROUANTON, (@la_nr_sebastien ),  Journaliste, rédaction de Montmorillon, publié le 02/10/2019 à 04h55, mis à jour le 02/10/2019 à 13h56

Photo en titre : La qualité de la maintenance s’est dégradée entre 2017 et 2018, a constaté l’ASN. Ci-dessus, lors de l’arrêt du réacteur n° 2 en avril 2018.
© (Photo d’archives NRCP)

https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/commune/civaux/la-centrale-de-civaux-epinglee-sur-la-maintenance

Oct 02

LE RÉSEAU SORTIR DU NUCLÉAIRE DÉNONCE LA MAUVAISE GESTION DES DÉCHETS RADIOACTIFS D’ORANO, SUR LE SITE DU TRICASTIN

Le recours déposé par l’association a été examiné ce mardi matin par le Tribunal de Police de Valence. Sortir du Nucléaire demande la condamnation d’Orano Cycle pour plusieurs manquements à la réglementation.

Pierrelatte – France

Le réseau Sortir du Nucléaire veut faire condamner Orano (anciennement Areva). Une audience avait lieu au tribunal de police de Valence, ce mardi matin.

L’association dénonce la mauvaise gestion des déchets dans plusieurs usines d’Orano Cycle, sur le site du Tricastin. Il s’agit d’installations qui traitent des substances radioactives produites par les opérations d’enrichissement de l’uranium et de retraitement du combustible usé. 

Pour déposer son recours, Sortir du nucléaire s’est basé sur le rapport de l’ASN, l’Autorité de Sûreté Nucléaire, suite à une inspection de mars 2018 et à la « découverte de problèmes flagrants de mauvaise gestion des déchets« , sur les usines TU5 et W. Dans un communiqué, l’association précise : « Dans ce rapport, on apprend ainsi, entre autres, que les agents n’étaient pas avertis de la présence sur le site de certains déchets présentant des risques cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques. Certains registres n’indiquent pas certaines informations essentielles sur les déchets stockés, qu’il s’agisse de leur localisation, de leur quantité ou de leur nature (radioactifs ou conventionnels). À certains endroits, les pictogrammes indiquant le danger n’étaient pas apposés« .  

Sortir du nucléaire parle de « gestion lamentable« , qui met en danger les travailleurs du site.

Orano conteste

Orano, de son côté, parle d’écarts réglementaires qui n’ont pas d’impact sur la sûreté, la sécurité ni l’environnement. La direction du site précise que l’ASN a tout pouvoir pour arrêter l’activité d’une installation en cas de danger, ce qu’elle n’a pas fait. L’Autorité de Sûreté Nucléaire n’a pas non plus délivré de PV après cette inspection. Orano a déclaré cet incident au niveau 1 de l’échelle INES qui en compte 7 et a notifié cette anomalie à la CLIGET (la Commission locale d’information auprès des grands équipements énergétiques du Tricastin).

La décision a été mise en délibéré au 5 novembre prochain. Sortir du nucléaire dit avoir relevé huit infractions passibles, chacune, d’une amende de 1 500 euros. 

Par Florence Gotschaux, France Bleu Drôme Ardèche, publié le mardi 1 octobre 2019 à 18h08

Photo en titre : Le site nucléaire du Tricastin. © Radio France – Victor Vasseur

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/le-reseau-sortir-du-nucleaire-denonce-la-mauvaise-gestion-des-dechets-radioactifs-d-orano-sur-le-1569941851

Oct 02

UNE CENTRALE NUCLÉAIRE INACHEVÉE MISE EN VENTE EN RUSSIE

Avis aux amateurs de grands espaces et d’ambiance industrielle, une nouvelle annonce publiée en Russie pourrait être l’affaire du moment!

En effet, en périphérie de Nijni Novgorod (402 kilomètres à l’est de Moscou), est proposée à l’achat, sur le site de la Maison de ventes aux enchères de Russie, une usine nucléaire d’approvisionnement thermique inachevée.

Son heureux acquéreur jouira d’un bâtiment de sept étages d’une superficie de 14 000m², d’une cheminée de ventilation haute de 100 mètres, ainsi que d’une parcelle de quelque 32 600m². Le tout, pour un prix de départ fixé à 85,2 millions de roubles (1,199 million d’euros), dans le cadre d’enchères qui s’achèveront quant à elles début novembre.

Ce chantier ayant débuté dans les années 80 devait en réalité voir l’avènement d’un complexe en mesure de fournir de la chaleur à deux arrondissements de Nijni Novgorod, néanmoins, en raison de la catastrophe de Tchernobyl, tous les projets portant sur le chauffage alimenté par énergie atomique ont été mis à l’arrêt à travers le pays, une décision également motivée ici par les protestations des locaux. C’est ainsi qu’en 1991, achevé à 85%, le site est devenu propriété privée.

Par Erwann Pensec, publié le 1er octobre 2019

Photo en titre : Evgueni Katychev / CC BY 3.0

NDLR : et si on en faisait autant pour l’EPR de Flamanville par exemple?

https://fr.rbth.com/lifestyle/83605-centrale-nuclaire-vente-russie

Oct 02

NUCLÉAIRE: POURQUOI EPR RIME-T-IL AVEC RETARD

Après des années de débats, le groupe français EDF a enfin annoncé la fin d’un long feuilleton. La mise à l’arrêt pour 2020 de la doyenne des centrales atomiques françaises, celle de Fessenheim dans le Haut-Rhin. Pendant ce temps, les « EPR », les réacteurs de nouvelle génération qui sont censés prendre le relai des vieux modèles, accumulent les retards. L’EPR de Flamanville en Normandie pourrait ne démarrer au mieux qu’en 2022 soit 10 ans après la date prévue initialement !

Flamanville et Hinkley Point, deux chantiers cauchemardesques dont EDF est le maître d’œuvre. Ils devaient être une vitrine du savoir-faire français en matière nucléaire, tant du point de vue de la technologie que de la sécurité, huit ans après la catastrophe de Fukushima.

Au lieu de ça, les ennuis s’accumulent. La semaine dernière, EDF a annoncé pour les réacteurs britanniques, un « risque de report de livraison » de quinze mois. Quinze mois de retard pour le démarrage de la production électrique. En cause, selon le groupe français, des travaux de terrassement plus compliqués que prévu et un cadre réglementaire local plus contraignant. Le surcoût est estimé à plus de 3 milliards d’euros. Il sera à la charge d’EDF et son partenaire chinois sur le projet. Ce qui n’a pas manqué de faire réagir à Paris où les déboires de l’EPR font perdre sa patience au gouvernement.

Des dérives à la mise en route

L’État, principal actionnaire d’EDF, ne peut pas accepter les dérives « année après année » de la filière nucléaire. Voilà ce qu’a dit Bruno Le Maire le week-end dernier.

Car pendant ce temps, à Flamanville, dans la Manche, l’EPR français, en chantier depuis 2007, lui, ne devrait pas être mis en route avant 2022. Les problèmes s’y accumulent depuis des années. Après les anomalies détectées dans la composition de l’acier de la centrale, ce sont les soudures qui ralentissent désormais le chantier. EDF essaie en ce moment d’y remédier sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le gendarme du secteur qui doit valider chaque étape. La procédure pourrait prendre deux ans. Adieu donc la mise en service prévue en 2020 et bonjour la facture salée qui dépasse les 10 milliards d’euros, trois fois plus que prévu.

Des chantiers qui ne rentrent ni dans les temps, ni dans les budgets

Le gouvernement français veut des réponses. Il a diligenté un audit « indépendant » qui doit être mené d’ici la fin du mois pour savoir ce qui est imputable à la mauvaise gestion par EDF.

La question se pose d’autant plus que pendant ce temps, en Chine, le même EPR est déjà opérationnel. En effet, Taishan 2 vient de démarrer, sur la mer de Chine, un an après Taishan 1. Le chantier a pourtant été lancé après Flamanville. Des experts de la filière estiment que côté français, le tissu industriel, sous-traitant compris, a perdu la main. Voilà vingt ans, que la dernière centrale fut construite en France. Alors qu’en Chine, ce savoir-faire est relativement neuf et se pratique à plein-régime.

En France, surtout, le débat fait rage sur l’avenir du nucléaire et sa place future dans le mix énergétique. Les retards accumulés donnent raison aux partisans des énergies renouvelables pour qui l’atome est non seulement dangereux mais aussi dispendieux. Il faut arrêter les frais clament le camp écologiste.

Le gouvernement français devait initialement trancher d’ici 2021 sur la construction ou non de nouveaux réacteurs pour prendre le relais des anciens qui fournissent les trois quarts de l’électricité nationale. C’est aussi, bien-sûr, de l’avenir d’EDF qu’il s’agit. Le groupe a été chargé de réaliser un dossier sur le paysage futur du nucléaire. Mais l’exécutif devait surtout se décider en fonction du sort de Flamanville. Vu le retard pris, ce sera pour 2022. La décision devrait donc être prise par le prochain gouvernement.

Par Aabla Jounaïdi, publié le mardi 1er octobre 2019

Photo en titre : L’EPR de Flamanville en construction. ®REUTERS/Benoit Tessier/File photo

http://www.rfi.fr/emission/20191001-nucleaire-pourquoi-epr-rime-il-retard

Oct 02

FERMETURE DE FESSENHEIM EN 2020 : COMMENT DÉMANTÈLE-T-ON UNE CENTRALE NUCLÉAIRE ?

Les réacteurs de la doyenne des centrales nucléaires de France seront définitivement arrêtés en 2020, mais le processus de démantèlement durera plusieurs décennies.

C’est officiel. La plus ancienne centrale nucléaire de France vit ses derniers mois d’activité. EDF a confirmé dans un communiqué, lundi 30 septembre, que la fermeture définitive de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) interviendrait en 2020. Le premier réacteur sera arrêté le 22 février et le second cessera de fonctionner le 30 juin. Mais au fait, comment ferme-t-on une centrale nucléaire ? Explications.

EDF dépose une demande de démantèlement

EDF, qui exploite la centrale, doit déposer un dossier de demande de démantèlement auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Il ne s’agit pas de quelques feuilles vite expédiées. « D’expérience, l’exploitant a besoin de deux ou trois ans pour préparer un dossier sérieux », avait expliqué en mars 2016 le président de l’ASN Pierre-Franck Chevet, lors d’une audition à l’Assemblée nationale. Ce dossier « présente notamment l’analyse des risques associés aux opérations de démantèlement », explique l’ASN.

L’Autorité de sûreté nucléaire confirme à franceinfo avoir bien reçu « la déclaration d’arrêt définitif des réacteurs de Fessenheim et le plan de démantèlement ». En revanche, « le dossier de demande de démantèlement n’est pas encore transmis à l’ASN », précise l’Autorité. L’exploitant dispose de deux ans, à partir de la déclaration d’arrêt définitif, pour le transmettre.

Une fois qu’elle a reçu ce dossier, l’ASN peut réclamer d’éventuelles pièces manquantes. Elle va aussi saisir l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) pour « évaluer les dispositions de sûreté proposées par l’exploitant ». Puis elle informe l’exploitant « de ses conclusions en lui faisant part, le cas échéant, des demandes à prendre en compte », précise l’institution dans son guide intitulé « Arrêt définitif, démantèlement et déclassement des installations nucléaires de base ».

Un décret de démantèlement est publié

Le démantèlement d’une centrale est ensuite prescrit par décret. Ce texte fixe les principales étapes, la date de fin prévue et l’état final à atteindre. Il détaille un processus précis, qui peut durer plusieurs décennies, des « travaux préparatoires » à la « démolition des bâtiments ». Le décret prévoit aussi le devenir des substances radioactives ou toxiques et les modalités pour éviter leur dispersion dans la nature.

Lundi 30 septembre 2019, EDF a annoncé avoir adressé au ministre de la Transition écologique et à l’ASN « la déclaration de mise à l’arrêt définitif des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim, prévoyant un arrêt du réacteur n° 1 le 22 février 2020 et du réacteur n° 2 le 30 juin de la même année ». EDF ne sera plus autorisée à faire fonctionner ses installations à compter de ces dates.

Les substances dangereuses sont évacuées

Après l’arrêt de l’exploitation, la première étape consiste à préparer le démantèlement, en évacuant les substances dangereuses et radioactives. Le combustible nucléaire est évacué et toutes les parties non nucléaires, comme la salle des machines, sont démontées. « D’une durée totale de cinq ans, cette première étape doit permettre le retrait total du combustible au bout de trois ans », expliquent Les Èchos.

« Les combustibles sont déchargés, les circuits vidangés, 99,9% de la radioactivité présente est normalement éliminée », selon cette vidéo de l’AFP mise en ligne sur YouTube. « Les installations sont mises hors service, mais restent en l’état, et sont placées sous surveillance pendant une certaine durée ».

Les équipements sont démontés

Le démantèlement à proprement parler intervient dans un deuxième temps. Pendant cette phase, qui s’étale sur 10 à 15 ans, sont démontés l’ensemble des équipements en contact avec les substances radioactives. « Ce démantèlement doit être fait avec précaution, en procédant au nettoyage, à la découpe et au traitement approprié des déchets », souligne la vidéo de l’AFP.

À Fessenheim, les bâtiments abritant les deux réacteurs de 900 MW resteront confinés et surveillés, avant d’être démontés en dernier. C’est l’opération la plus délicate, car « il faut rompre le confinement du réacteur en prenant soin de ne pas contaminer l’environnement et le personnel ». La cuve du réacteur, très irradiante, sera découpée par des robots télécommandés à distance. 

À l’arrivée, combien de déchets radioactifs sont produits par cette opération de démantèlement ? « Pour un réacteur à eau pressurisée [comme à Fessenheim] de 900 MWe, les déchets radioactifs bruts sont évalués par EDF entre 7 000 et 8 000 tonnes pour une masse totale de structures et matériels d’environ 320 000 tonnes », écrit l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

L’assainissement achève le démantèlement

La phase d’assainissement vient clore le dispositif. Il peut y avoir eu des contaminations des surfaces par des fuites de liquide pendant l’exploitation, et il faut aller gratter les murs pour enlever une éventuelle radioactivité. Cette phase dure environ cinq ans. À l’arrivée, il faudra donc au minimum deux décennies, selon Les Échos, « pour rendre à nouveau le site ‘praticable’ pour toute autre activité, officialisée par le déclassement du site ». Et peut-être bien davantage. Pour l’instant, il n’existe pas de référence : aucune centrale n’a jamais été démantelée en France.

Que deviendront les déchets ? Ils sont « ensuite évacués bruts, partiellement traités (décontaminés, découpés, compactés…) ou prêts à être stockés », explique l’IRSN. Ils peuvent ensuite être transférés dans une autre installation d’EDF ou confiés à « un opérateur spécialisé », en France ou à l’étranger. Enfin, dans un dernier temps, ils sont « évacués vers les centres de stockage en surface exploités par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs » (Andra).

Pour les déchets à vie longue, « il n’existe pas encore de solution opérationnelle », souligne l’IRSN. Le stockage « réversible en couche géologique profonde d’argile » est l’option retenue depuis une loi votée en 2006 et confirmée en 2016. Il s’agit d’enfouir une installation à 500 mètres de profondeur, dans une couche d’argile. Il a été « évalué dans le cadre du projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) à Bure (Meuse/Haute-Marne) ». Un projet d’enfouissement vivement contesté par les antinucléaires.

Par franceinfo (France Télévisions), publié le 01/10/2019 à 14h46, mis à jour le 01/10/2019 à 15h08

Photo en titre : La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), le 27 février 2018. (VIOLETTA KUHN / DPA-ZENTRALBILD / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/fermeture-de-fessenheim-en-2020-comment-demantele-t-on-une-centralenucleaire_3638459.html

Oct 01

ÉLECTRICITÉ: LE GOUVERNEMENT NE RELÈVE PAS LE PLAFOND D’ACHAT DU NUCLÉAIRE, RISQUE DE HAUSSE DES PRIX

Le gouvernement ne relèvera pas dans l’immédiat le plafond d’accès des concurrents d’EDF à une électricité nucléaire à bon marché, a-t-il annoncé mardi, une décision qui risque d’entraîner une hausse des factures de courant.

Ce relèvement “fait l’objet de discussions avec la Commission européenne, mais qui ne pourront aboutir à court terme”, indique le ministère de la Transition écologique, pour expliquer cette décision.

La loi énergie-climat, votée au Sénat jeudi, prévoit que le gouvernement puisse, par arrêté, relever à 150 térawattheures (TWh) le plafond de production nucléaire disponible à prix fixe pour les concurrents d’EDF (dispositif “ARENH”), aujourd’hui limité à 100 TWh.)

Mais “il s’agit d’une possibilité”, insiste le ministère. “Pour l’année 2020, le gouvernement ne prévoit pas de modifier ni le prix ni le plafond de l’ARENH”.

Car “toute évolution des paramètres de l’ARENH nécessite des échanges approfondis avec la Commission européenne, qui a considéré qu’un relèvement du volume à 150 TWh, même sans modification du prix, nécessitait une modification de sa décision de 2012 approuvant le dispositif ARENH. En pratique, il nous est impossible d’obtenir cette validation avant le (prochain) guichet ARENH de novembre”, explique-t-on.

Les fournisseurs alternatifs d’électricité – comme Total Direct Énergie, Eni ou Vattenfall – comptaient sur ce relèvement pour se fournir plus abondamment à des prix actuellement bien inférieurs à ceux du marché. Faute de quoi, ils devront aller acheter ce qui leur manque à prix élevés sur le marché de gros.

Les associations de consommateurs expriment ainsi leurs craintes de voir les factures enfler, du côté des alternatifs mais aussi des “TRV”, les tarifs réglementés de vente commercialisés par EDF.

Ces tarifs réglementés avaient déjà crû de 5,9% en juin, puis de 1,23% en août, sujet politique explosif.

S’agissant des tarifs réglementés de vente d’électricité, il appartiendra à la Commission de régulation de l’énergie (CRE), autorité indépendante, de déterminer leur évolution”, indique le ministère, admettant qu’il devrait “y avoir une légère évolution” pour rattraper le report des hausses décidé par le gouvernement lors du mouvement des “gilets jaunes”.

Mais “la CRE nous a indiqué travailler à des pistes pour modérer cette évolution. Son niveau dépendra des prix de marché en décembre, mais il est clair qu’il est impossible que ce soit au même niveau ou du même ordre de grandeur que la dernière fois”, assure-t-on de même source.

cho/tq/mcj, publié le 01.10.2019 par AFP

https://www.lemondedelenergie.com/electricite-gouvernement-plafond-achat-nucleaire-prix/2019/10/01/

Oct 01

LES DIFFICULTÉS DU NUCLÉAIRE AGACENT LE GOUVERNEMENT

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire parle du nucléaire comme d’un « État dans l’État », alors que les retards de l’EPR de Flamanville virent à la catastrophe industrielle.

Chez EDF, les exégètes du langage de Bercy s’arrachent les cheveux pour mesurer la portée des propos du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, dimanche 29 septembre sur RTL, expliquant que le nucléaire « ne doit pas être un État dans l’État ». L’entreprise publique attend également avec impatience l’audit commandé par le gouvernement en juillet sur la situation de la filière nucléaire, qui accumule les déboires. Conduit dans la plus grande discrétion par l’ancien patron de PSA, Jean-Martin Folz, il devrait être rendu fin octobre.

Son contenu pourrait bien s’avérer explosif. « Jean-Martin Folz est un X-Mines et ne dira pas de mal du nucléaire, mais il n’a pas sans langue dans sa poche. Il va pointer du doigt les dysfonctionnements du secteur et tout le monde en prendra pour son grade : EDF, les anciens d’Areva et l’État actionnaire qui n’a pas fait son boulot », explique un familier du dossier, en rappelant que le choix de cet industriel reconnu a été fait par le président actuel d’EDF, Jean-Bernard Lévy.

EPR chantiers maudits

C’est peu dire, en effet, que la filière va mal. En Finlande, les problèmes rencontrés par Areva pour construire le premier EPR (dix ans de retard au moins sur le calendrier initial, une facture multipliée par trois à 8,5 milliards d’euros) ont conduit à l’éclatement de l’entreprise, dont la branche réacteurs est devenue une filiale d’EDF, reprenant son nom de Framatome.

À Flamanville, le chantier de l’EPR réalisé par EDF tourne également à la catastrophe industrielle. Lancé en 2004, il devait être terminé en 2012, mais sa date de mise en service ne cesse d’être repoussée. En juin, EDF a annoncé que son EPR ne sera pas terminé avant fin 2022, après que l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) lui a imposé de refaire huit soudures.

Là aussi, le budget prévu a triplé, pour avoisiner maintenant les 11 milliards d’euros. Une estimation basse, car dès 2024, EDF devra remplacer le couvercle de la cuve du réacteur, après la découverte de concentrations de carbone.

Même en Grande-Bretagne, la construction de deux EPR sur le site d’Hinkley Point, qui a démarré en 2016, part sur de mauvais rails. EDF a annoncé, mercredi 25 septembre, que la facture pourrait coûter jusqu’à 3,3 milliards d’euros de plus que le devis de départ.

Des responsabilités multiples

Aujourd’hui, chacun se renvoie la balle sur la responsabilité de ces difficultés, même si personne n’est dupe sur la perte de compétence du nucléaire français, qui n’a pas construit de réacteur en quinze ans. « À chaque fois que nous posons des questions, on nous dit que cela va aller, avant que nous découvrions que cela ne va pas », explique-t-on à Bercy.

Chez EDF, on insiste plutôt sur les « événements passés liés à des problèmes métallurgiques », avec toutes les anomalies détectées en 2016 dans les dossiers de fabrication de pièces nucléaires forgées à l’usine du Creusot d’Areva.

Un dossier politiquement sensible

Les syndicats du groupe sont, quant à eux, enclins à dénoncer l’absence de politique industrielle de la part de l’État, qui contrôle pourtant près de 85 % du capital. « Pendant que les directions d’Areva et EDF se bagarraient entre elles, l’État s’est contenté de prendre le maximum de dividendes : plus de 20 milliards d’euros chez EDF entre 2004 et 2014, entre 3 et 4 milliards d’euros chez Areva », souligne Alexandre Grillat, ­le secrétaire national de la fédération CFE-CGC-Énergie.

Politiquement, le dossier EDF est sensible. Pour Emmanuel Macron et le gouvernement, qui n’ont jamais caché leur soutien à la filière nucléaire française, ces problèmes et ces retards à répétition risquent de plomber le débat longtemps, en particulier au moment des élections présidentielles de 202. Car même s’il ne produit pas de CO2, l’atome civil reste honni des écologistes et d’une partie de la population, qui s’inquiètent des risques.

Hercule inquiète EDF

Reste l’avenir d’EDF, plombée par 33 milliards d’euros de dettes et qui doit faire face à plus de 50 milliards d’euros d’investissement d’ici à 2025 pour prolonger la durée de vie de son parc de réacteurs, et à une concurrence de plus en plus forte.

Face à cette situation, le gouvernement n’écarte pas l’idée de séparer l’entreprise en deux, avec un pôle nucléaire 100 % public et un pôle comprenant la distribution et les renouvelables qui serait coté en Bourse. C’est le projet « Hercule », source d’inquiétude chez les agents. « Bruno Le Maire parle du nucléaire comme d’un “État dans État”, alors que le projet du gouvernement est justement de le nationaliser. C’est curieux… », remarque Jean-Luc Magnaval, élu CGT et secrétaire du comité central d’entreprise d’EDF.

En attendant, la direction a annoncé, jeudi 26 octobre le lancement d’un appel d’offres pour le génie civil de deux EPR de deuxième génération en France, afin d’améliorer la conception du réacteur.

Fessenheim fermera en 2020

EDF a annoncé, lundi 30 septembre, que le réacteur 1 de Fessenheim s’arrêtera définitivement le 22 février 2020 et le réacteur 2 le 30 juin. Les prolonger aurait obligé à réaliser d’importants travaux. EDF a par ailleurs signé avec l’État le « protocole d’indemnisation » pour cette fermeture anticipée. Elle touchera 400 millions d’euros de dédommagement d’ici à 2025, puis des « versements ultérieurs correspondant à l’éventuel manque à gagner», jusqu’en 2041.

Par Jean-Claude Bourbon, publié le 30/09/2019 à 18h40

Photo en titre : La centrale de Fessenheim fermera en 2020. Markus Gann/Stock.adobe

https://www.la-croix.com/Economie/Entreprises/difficultes-nucleaire-agacent-gouvernement-2019-09-30-1201051053

Oct 01

ARRÊT DÉFINITIF OFFICIEL DE FESSENHEIM : COMMUNIQUÉ COMMUN CSFR ET STOP FESSENHEIM

EDF vient de transmettre enfin au Ministre chargé de la transition écologique et solidaire, ainsi qu’à l’Autorité de Sûreté Nucléaire, la demande officielle de mise à l’arrêt définitif des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim, que chacun sait désormais grabataire.

Si les associations Stop Fessenheim et le CSFR s’en réjouissent, elles tiennent aussi à exprimer leurs interrogations, voire leur colère, quant aux conditions de cette fermeture.

En effet, une lecture attentive du communiqué de presse d’EDF permet de comprendre que l’exploitant est en voie de réussir un coup de maître : faire payer par le contribuable l’électricité non produite par Fessenheim… et ce jusqu’en 2041. C’est à dire jusqu’à ce que la vieille centrale, construite pour durer 30 ans, ait atteint l’âge de 64 ans ! Le Grand Électricien aurait-il réussi à flouer à ce point l’État Français ?

Depuis 1977 pour le premier, 1978 pour le second, ces deux réacteurs PWR prototypes ont fonctionné cahin caha, avec de nombreuses périodes d’arrêt dues à des incidents, dont certains fort inquiétants. Dans la nuit du 26 au 27 décembre 2009, l’Alsace a même frôlé l’accident majeur lors de la perte de contrôle du refroidissement d’un réacteur.

En 2012, François Hollande avait annoncé la fermeture de ces réacteurs en raison de leur dangerosité, liée à leur grand âge, et Ségolène Royal avait même tenté de lier le sort de cette centrale grabataire à celui de l’EPR, toujours mort-né. Depuis, la date n’a cessé d’être repoussée, en dépit de problèmes graves.

À l’heure actuelle,

1) La centrale de Fessenheim ne remplit pas les conditions de passage d’une 4ème visite décennale. Ceci signifie qu’en aucun cas l’ASN ne pourrait valider une exploitation au-delà de 2020 pour le réacteur 1 et de 2022 pour le réacteur 2.

2) EDF a décidé de ne pas respecter les critères post-Fukushima et a mis l’ASN devant le fait accompli de son renoncement à installer les DUS (diesels d’ultime secours) pourtant exigés depuis 2012. Il s’ensuit que depuis le 31 décembre 2018, Fessenheim aurait dû être mise à l’arrêt par l’ASN si celle-ci n’avait pas, entretemps, cédé à l’exploitant.

3) Les trois générateurs de vapeur du réacteur n°2 présentent d’importants défauts de soudure, et ceci est particulièrement grave sur le GV n°335 : des soudures de mauvaise qualité sur des aciers trop carbonés, ça peut mener à la catastrophe !

4) Et bien d’autres problèmes subsistent : voir à ce sujet https://stop-fessenheim.org/?page_id=8

Malgré tous ces faits, EDF veut faire croire à une fermeture « anticipée » qui lui serait imposée « pour des raisons politiques » ! Et après avoir réussi à faire gober la pilule à nos politiciens, elle voudrait en convaincre l’opinion publique.

Ne nous laissons pas faire ! Les associations s’insurgent contre le fait de faire payer au contribuable la facture des errements d’EDF et ce, répétons-le, jusqu’en 2041, alors que les sommes promises à l’électricien pourraient être utilement employées pour financer l’isolation des logements, le développement des énergies renouvelables et la transition énergétique.

Rappelons que c’est grâce à leur lutte transfrontalière que les citoyens des deux côtés du Rhin avaient réussi à empêcher la construction de 12 réacteurs sur les 14 qui étaient alors prévus entre Bâle et Lauterbourg. Ont ainsi été évités les 2 réacteurs de Kayserhaugst, les 4 réacteurs de Breisach puis de Wyhl, les 4 de Gertstheim, et aussi 2 autres à Gambsheim ainsi que 2 à Lauterbourg (pour lesquels les zones de lignes THT existent toujours) et bien sûr les réacteurs n° 3 et 4 qui étaient déjà programmés à Fessenheim.

Plusieurs années encore les citoyens devront poursuivre leur lutte contre la centrale de Fessenheim : car, après la mise à l’arrêt définitif des deux réacteurs, le combustible (toujours radioactif !) restera stocké dans les deux piscines. Or, celles-ci ne sont protégées ni contre le risque terroriste, ni contre une chute d’aéronef… et ceci bien que l’aérodrome de Bremgarten se situe juste en face, à 3 Km ! Le risque nucléaire ne sera écarté que lorsque, enfin, tout élément et toute installation nucléaires auront été définitivement retirés.

Le 30 septembre 2019,

  • Jean-Jacques RETTIG, président du CSFR – tél. +33 3 88 97 07 07
  • André HATZ, président de Stop Fessenheim – tél. +33 6 82 02 69 79

Publié le 30 septembre 2019 par admingen

https://stop-fessenheim.org/?p=713

Oct 01

BRETAGNE : À BRENNILIS, LE DÉMANTÈLEMENT COMPLET DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE N’EST PAS POUR DEMAIN

NUCLÉAIRE: Dans l’attente du feu vert des autorités, EDF table sur au moins 17 années de travaux

À l’arrêt depuis 1985, la centrale nucléaire de Brennilis dans le Finistère attend toujours d’être démantelée.

L’Autorité de sûreté nucléaire a demandé à EDF de revoir sa copie sur le démantèlement du bloc réacteur.

L’opérateur prévoit une durée totale des travaux de 17 ans.

Le démantèlement d’une centrale nucléaire est une opération complexe qui demande du temps. Beaucoup de temps même. Le site de Brennilis dans le Finistère en est le parfait exemplaire. À l’arrêt depuis 1985, la doyenne des centrales françaises fait toujours figure de verrue dans le paysage sauvage des Monts d’Arrée. Un temps annoncé pour 2030, son démantèlement complet n’interviendra finalement pas avant 2039, soit près de 55 ans après l’arrêt de toute production d’électricité sur le site.

Le chantier n’est pas pour autant à l’arrêt. L’an dernier, EDF a ainsi achevé le démantèlement des échangeurs de chaleur et la démolition de la station de traitement des effluents. Pour dépolluer les sols, l’opérateur a également dû procéder à l’excavation de terre sur une profondeur de 50 centimètres et mener des analyses. « Les résultats sont conformes aux normes », assure Jean Cucciniello, le directeur de la centrale. Cela n’a pas empêché l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de mener ses propres contrôles cet été avec des résultats attendus début 2020.

Un réacteur à eau lourde unique au monde

Fin juillet 2018, EDF a également déposé auprès des autorités son dossier de démantèlement de la centrale. Un gros dossier de près de 3.000 pages dans lequel l’opérateur explique comment il compte démonter le bloc réacteur du site. Après un premier examen, l’ASN a demandé à EDF de revoir sa copie. « Le dossier est incomplet, souligne Laurent Palix, qui suit le dossier à la division de Caen de l’ASN. Ils doivent encore affiner leur scénario de démantèlement et il leur a donc été demandé de sérieux compléments techniques ».

Il faut dire qu’EDF s’aventure un peu dans l’inconnu avec le réacteur à eau lourde de Brennilis qui est unique en son genre. « Il n’en existe pas d’autre dans le monde », souligne Jean Cucciniello. Dans le scénario retenu, l’opérateur a choisi la carte de la prudence en prévoyant une durée totale des travaux de 17 ans, et non plus une dizaine d’années comme cela était prévu.

Mais avant que les robots ne s’attaquent à la découpe de la cuve, il faudra encore attendre le feu vert de l’ASN qui ne devrait pas intervenir avant un an ou un an et demi. Une enquête publique devra également être ouverte avant qu’un décret ministériel ne soit rendu. Autant d’étapes qui pourraient encore retarder un chantier qui ne compte plus les années perdues.

Par Jérôme Gicquel, publié le 30/09/19 à 15h32 — Mis à jour le 30/09/19 à 16h32l

Photo en titre : Située dans les Monts d’Arrée (Finistère), la centrale nucléaire de Brennilis est à l’arrêt depuis 1985. — M.ASTAR/SIPA

https://www.20minutes.fr/societe/2616595-20190930-bretagne-brennilis-demantelement-complet-centrale-nucleaire-demain?xtor=RSS-176

Sep 30

EPR FLAMANVILLE : ESSAIS EN CATIMINI À CHAUD ET À RISQUES

L’État nucléaire continue de passer en force

COMMUNIQUÉ du 27 septembre 2019 

L’État Nucléaire a pour habitude de déroger à ses propres lois concernant la sûreté nucléaire et de passer en force à propos du réacteur EPR de Flamanville, comme on l’a constaté à propos de la cuve défectueuse, révélée en 2015. Depuis sur ce chantier calamiteux (et le mot est faible, il vaut mieux parler de désastre), de nouvelles annonces se succèdent : problèmes de soudure pour lesquels l’ASN exige réparation avant l’hypothétique mise en service en 2022, anomalie de fabrication sur les 4 générateurs de vapeur et le pressuriseur de l’EPR, c’est-à-dire sur des pièces vitales.

Sans vergogne, EDF choisit cet environnement pour le moins fragile, pour démarrer les essais à chaud, samedi 21 septembre au matin dans la plus grande discrétion, ne rendant publics ses exploits que le 25…De plus, en juillet 2018, EDF a obtenu l’autorisation d’utiliser de la vapeur tritiée (donc radioactive) des deux autres réacteurs de Flamanville pour réaliser ces essais . Or ces réacteurs sont actuellement arrêtés pour un temps indéterminé car placés sous surveillance renforcée de l’ASN.

Il est inacceptable qu’EDF transgresse, contourne ainsi les décisions prises, par le biais des essais. Au vu des derniers épisodes, la soi-disant Autorité de Sûreté Nucléaire aurait dû retirer cette autorisation et démontrer ses capacités à faire stopper un chantier que tout conduit à l’abandon. Même le décret d’autorisation de création devient caduque en avril 2020.

Populations et travailleurs concernés, rassurez-vous, l’État pense à vous et vous prépare une nouvelle distribution de pastilles d’iode dans un rayon élargi à 20 km en cas d’accident. Le principe de précaution, inscrit dans la Constitution doit s’applique avant l’accident et non dans sa gestion post-accidentelle.

Le Collectif anti-nucléaire Ouest appelle à arrêter les apprentis sorciers qui veulent coûte que coûte exporter cette technologie dangereuse et mortifère. 6 EPR ont été promis à l’Inde. L’industrie atomique française (EDF, CEA, Naval Group, TechnicAtome) vient de conclure à Vienne un accord avec Westinghouse * pour développer des mini réacteurs avançant la raison hypocrite et mensongère d’être au service du climat.

*industriel américain dont la faillite a été déclarée en 2017 pour plusieurs milliards d’euros.

Par Chantal CUISNIER, publié le 27 septembre 2019

Contact presse :

Didier Anger 06 80 23 39 45 /  Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 /  Martial Château 06 45 30 74 66 /  Sylvie Sauvage 06 08 71 79 61

Collectif Anti-Nucléaire Ouest

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http://www.can-ouest.org/epr-flamanville-essais-en-catimini-a-chaud-et-a-risques/

Sep 30

LA NASA VEUT UNE FUSÉE NUCLÉAIRE POUR UN VOYAGE VERS MARS DEUX FOIS PLUS COURT

La NASA réactive son programme de propulsion thermique nucléaire poussée par l’objectif mis en place par Donald Trump d’envoyer à nouveau des astronautes sur la Lune en 2024 et sur Mars d’ici 2030.

Dans l’imaginaire collectif, conquête spatiale et énergie nucléaire ne font pas bon ménage. Comment ne pas penser à Tchernobyl si la fusée explose au décollage ? Pourtant la NASA voit en la fission nucléaire la voie vers le succès de l’exploration spatiale et dépense des centaines de millions de dollars à son développement.

L’histoire spatiale américaine est corrélée à celle de l’énergie nucléaire. Ainsi, dès les années 50, les scientifiques américains ont mis au point le PGM-11 Redstone, un missile balistique sol-sol conçu pour embarquer une ogive nucléaire. Ce missile a par la suite été modifié pour être intégré au programme spatial. Il a été à l’origine des fusées Jupiter-C, Juno-1 et Mercury-Redstone. Saturn-I a aussi bénéficié des avancées de Redstone. L’idée de fusée propulsée par des réacteurs nucléaires n’est pas nouvelle. Dès les années 60, la NASA y pense avec pour objectif l’établissement d’une colonie sur Mars prévue pour le milieu des années 80.

SpaceX : Elon Musk dévoile sa fusée qui va sur Mars et en revient

Si tous ces projets ont été abandonnés, ils n’ont pas pour autant été oubliés. Lors du Conseil National de l’Espace, Jim Brindestine, l’administrateur de la NASA, a indiqué le potentiel de la propulsion thermique nucléaire dans le voyage spatial. D’après Rex Geveden, PDG de BWX Technologies, des engins équipés de moteurs de ce type pourraient atteindre Mars en deux fois moins de temps qu’il n’en faudrait à des engins traditionnels, soit 3 à 4 mois seulement. Accélérer la vitesse de déplacement permet de réduire le temps, mais limite grandement la dose de rayonnements absorbée par les astronautes. La question de la santé des astronautes est centrale.

La Lune en 2024, Mars en 2030

Des programmes sont donc en cours de développement, notamment par BWX Technologies qui a remporté en 2017 un contrat de 19 millions de dollars sur 3 ans pour mettre au point un carburant et son réacteur nucléaire. En 2018 et 2019, le Congrès américain a attribué respectivement 100 et 125 millions de dollars à l’agence spatiale américaine pour travailler sur ces sujets. Ces sommes vont être nécessaires pour garder les objectifs d’envoyer des hommes sur la Lune en 2024 et sur Mars en 2030.

La NASA fabrique des « Transformers » pour ses futures missions spatiales

La technologie nucléaire est déjà utilisée dans l’exploration spatiale, mais il s’agit de la génération thermoélectrique à radio-isotopes dont le but est la production d’électricité pour les instruments, comme sur Voyager, Cassini ou le rover Curiosity. Un point est également primordial, la technologie de propulsion thermique nucléaire n’est pas destinée à mettre en orbite des engins spatiaux. Si un accident se produisait alors que le réacteur à fission nucléaire était actif, une catastrophe de l’ampleur de Tchernobyl pourrait alors survenir.

 Par Guillaume,  publié le 30 septembre 2019 08h30

Photo en titre : Mars à 3 mois seulement de la Terre

https://www.tomsguide.fr/la-nasa-veut-une-fusee-nucleaire-pour-un-voyage-vers-mars-deux-fois-plus-court/

Sep 30

ACCIDENT NUCLÉAIRE DE FUKUSHIMA : LE JAPON PUBLIE LES TAUX DE RADIATIONS

La Corée du Sud voisine s’est récemment inquiétée des conséquences de la catastrophe de 2011.

L’ambassade du Japon à Séoul a commencé à publier les niveaux quotidiens de radiations dans la région de Fukushima. Cette décision intervient dans la foulée d’un regain d’inquiétudes en Corée du Sud sur les effets de la catastrophe nucléaire de 2011.

Le site de l’ambassade japonaise montre les niveaux de radiations quotidiennement enregistrés dans deux villes de la région de Fukushima, ainsi qu’à Tokyo, la capitale, et Séoul, en Corée, comme base de comparaison. «L’intérêt pour les niveaux de radiations au Japon a augmenté récemment, en particulier en Corée du Sud», justifie l’ambassade.Une radioactivité qui serait plus basse à 30 km de la centrale qu’à Séoul.

Selon le dernier bulletin publié qui compile des données provenant d’autorités de contrôle des deux pays, le niveau de radiations enregistré dans la ville de Fukushima (à 70 km de la centrale) est de 0,135 microsievert par heure, quasiment comme à Séoul (0,120). À Tokyo, le taux est encore plus faible qu’à Séoul (0,036 microsievert), tout comme celui de la ville d’Iwaki (0,060), située à 30 kilomètres seulement du site nucléaire Fukushima Daiichi, ravagé par le tsunami du 11 mars 2011.Pour le grand public, la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) fixe à 1 millisievert la limite de dose annuelle, en dehors des expositions médicales et naturelles, sachant que la moyenne annuelle de radiation d’origine naturelle dans le monde est de 2,4 millisieverts. Par dérogation, dans la zone évacuée, le gouvernement japonais a autorisé le retour des habitants dans des zones où la dose annuelle peut atteindre les 20 millisieverts.Contrôle renforcé sur les importations japonaises«Le gouvernement japonais espère que la compréhension par les Sud-Coréens des niveaux de radiations au Japon va s’améliorer, comme nous continuons de fournir des informations précises, basées sur des preuves scientifiques et clairement expliquées», ajoute la représentation diplomatique dans un texte publié à la fois en japonais et en coréen.Les relations entre les deux pays voisins sont brouillées en raison d’un profond différend historique sur les travailleurs coréens enrôlés de force par des entreprises nippones durant l’occupation de la péninsule coréenne par le Japon (1910-1945). Les deux pays se sont mutuellement imposés des restrictions commerciales depuis cet été.

La Corée du Sud a aussi renforcé ses contrôles de radiations sur ses importations de produits alimentaires nippons. Certains députés sud-coréens ont aussi plaidé pour une interdiction de voyager dans certaines régions du Japon et pour un boycott des Jeux olympiques de Tokyo l’an prochain, en invoquant les risques supposés de radioactivité.

Par Le Parisien avec AFP, publié le 30 septembre 2019 à 09h44

Photo en titre : Le site de l’ancienne centrale nucléaire de Fukushima, au Japon. Reuters/Issei Kato

http://www.leparisien.fr/environnement/accident-nucleaire-de-fukushima-le-japon-publie-les-taux-de-radiations-30-09-2019-8162853.php

Sep 30

À NANCY, LE SECOND SOUFFLE DE LA LUTTE CONTRE LA « POUBELLE NUCLÉAIRE »

En dépit d’un dispositif policier d’ampleur, de nombreux contrôles et des déclarations dissuasives du préfet de Meurthe-et-Moselle, près de 3.000 citoyens ont manifesté à Nancy, samedi. Sans incident notoire, ils ont dit non à la démesure du projet Cigéo à Bure, où 99 % de la radioactivité produite en France pourrait être enfouie à 500 mètres sous terre.

Nancy (Meurthe-et-Moselle), reportage­

« Nancy en état de siège. »

La Une de L’Est Républicain est on ne peut plus explicite, le samedi 28 septembre. Pour éviter la grande mobilisation antinucléaire baptisée Vent de Bure, « banques et commerces se barricadent », annonce le quotidien lorrain appartenant au Crédit Mutuel. Cinq double pages consacrées à la mort de Jacques Chirac plus loin, et le préfet de Meurthe-et-Moselle, Éric Freysselinard, annonce avoir « mis le paquet », soit 500 fonctionnaires de police et militaires mobilisés, pour contenir les « débordements d’extrémistes », de « black blocs aguerris » et autres « éléments perturbateurs, agressifs et violents ».

500 fonctionnaires de police et militaires ont été mobilisés pour cette manifestation. « On a mis le paquet », avait annoncé, dans la presse, le préfet de Meurthe-et-Moselle.

Sur place, toutefois, l’ambiance est à la fête. « Oh que voilà une belle manifestation colorée, pacifiste, pleine d’espoir et de vie ! » Au micro, Claude Kaiser, opposant depuis 25 ans au projet de poubelle nucléaire qui tente d’atterrir en Meuse, s’égosille et fait trembler les enceintes de la camionnette qui fend la foule de manifestants. De nombreux curieux observent ce cortège festif, où les Gilets jaunes côtoient les masques de hiboux, depuis le balcon de leur HLM ou de leur maison Art Nouveau — emblème de l’architecture nancéienne. L’ancien adjoint au maire de Menil-le-Horgne (près de Bure) les interpelle au micro : « Vous, à vos fenêtres, c’est vous qui allez recevoir le nuage radioactif quand les premiers déchets nucléaires vont arriver à Bure ! C’est même pas nous, en Meuse ! Nancéiens, Nancéiennes, on est là pour vous sauver ! » Et la foule de reprendre en chœur : « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! » Ou encore : « On est plus chaud, plus chaud que Cigéo ! »

 Les hiboux de Bure côtoient les nombreux Gilets jaunes venus de toute la région et de toute la France.

« Ah bon ! Les gens manifestent à Nancy contre l’arrivée de déchets nucléaires qui seront stockés… en Meuse et… pas avant 15 ans ! »

Adeline [1] passait là par hasard avec son copain. Cette étudiante en deuxième année de Science et technologie des aliments d’un lycée agricole, légèrement paniquée, surtout paumée au milieu des manifestants, « parce que toute la ville est bloquée », nous demande l’objet de tout ce remue-ménage. Pédagogues, nous tentons un bref résumé de la démesure du projet Cigéo : 99 % de la radioactivité produite en France qui pourrait être concentrée dans 265 kilomètres de galeries — plus grandes que le métro parisien — creusées dans l’argile à 500 mètres sous terre pour les milliers d’années à venir dans un village meusien de 84 habitants. Ses yeux s’écarquillent. « Ah bon ! digère-t-elle. Les gens manifestent à Nancy contre l’arrivée de déchets nucléaires qui seront stockés… en Meuse et… pas avant 15 ans ! »

« Si l’objectif de la préfecture, derrière cette débauche sécuritaire, était de nous mettre à dos la population et de faire passer notre message au second plan, c’est réussi ! » constate amèrement un militant écologiste local. « Tout un territoire, lorrain et même national, est concerné par Cigéo. On comprend que les gens ne s’approprient pas toujours le sujet. L’industrie du nucléaire est opaque, la radioactivité invisible. C’est pourquoi on a voulu la rendre visible, palpable », dit Juliette Geoffroy. Le Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cedra), dont elle est la porte-parole, est à l’origine de ce Vent de Bure, aux côtés de nombreux habitants de Nancy et de dizaines d’organisations, associations et personnalités publiques. Plus tôt dans la journée, quelques dizaines de personnes ont symbolisé une catastrophe nucléaire en s’allongeant par terre au même moment en plein milieu d’un rond-point en vieille-ville.

En vieille ville, quelques dizaines de personnes ont symbolisé une catastrophe nucléaire en tombant par terre au même moment en plein milieu d’un rond-point.

« L’Andra doit répondre aux questions autour desquelles elle entretient le flou depuis des années »

Manière de rappeler que la métropole la plus proche de Bure — 60 kilomètres à vol d’oiseau — ne serait pas épargnée par les risques d’explosions, incendies, contaminations radioactives si les premiers colis de déchets radioactifs de moyenne et de haute activité à vie longue étaient stockés en 2035 comme le prévoit l’Agence nationale des déchets radioactifs (Andra). Pour tenir ce calendrier, il faudrait que le creusement des galeries commence d’ici 2022 et que l’Andra dépose, dans les mois prochains, son dossier de déclaration d’utilité publique ainsi que sa demande d’autorisation de création (DAC) du centre de stockage. L’Autorité de sureté nucléaire lui a demandé de revoir sa copie après avoir émis une « réserve » concernant les déchets bitumineux, particulièrement inflammables.

« Cette DAC, c’est le document support de Cigéo, analyse Laure Barthélémy, salariée du Réseau Sortir du nucléaire. Ce seront certainement des milliers de pages à décortiquer. L’Andra doit clairement répondre aux questions autour desquelles elle entretient le flou depuis des années. Si de l’eau s’infiltre dans les galeries et qu’elle ressort contaminée, que va-t-elle en faire ? Par où va passer la voie ferrée qui va servir au transport des colis de déchets radioactifs ? Etc. L’instruction de la DAC pourrait prendre jusqu’à trois ans, mais il va se passer plein de choses entre temps… »

Entre 1 300 personnes (selon le préfet) et 3 000 personnes (selon les militants) ont participé à la manifestation à Nancy (Meurthe-et-Moselle), temps fort du mouvement Vent de Bure.

Raccordements au réseau énergétique, construction des routes et des accès au site, installation de trois transformateurs électriques « gros comme un terrain de foot chacun »… Certains des aménagements préalables à Cigéo ont commencé. Les travaux de réhabilitation de la voie de chemin de fer située dans une décharge de Gondrecourt-le-Château, par exemple, se sont terminés en juillet. Une plateforme multimodale, où seront acheminés matériel et colis radioactifs, devrait s’implanter là. Lors d’une conférence, la veille de la manif, animée par Laure Barthélémy et deux autres membres du groupe de travail « Bure juridique » qui se tenait à la faculté de Lettres de Nancy [2], une participante résumera la situation en une phrase : « En ce moment, l’Andra réalise des travaux pour préparer les travaux de construction de Cigéo qui ne sont pas autorisés. »

« Pour que le préfet ait l’air bête ! »

Retour à la manifestation. Un hélicoptère de la gendarmerie nationale survole le cortège. Nous peinons à trouver les « débordements d’extrémistes » tant redoutés par le préfet. Louis, 7 ans, y va fort, cependant, avec sa corne de brume. « Tu fais plus de bruit que les adultes ! », le félicite une manifestante. Louis est venu manifester en famille « pour le nucléaire, euh… contre le nucléaire ! »

« On a fait deux Marches pour le climat avant ça à Nancy et il y avait beaucoup plus d’enfants. Je pense que la com’ du préfet n’y est pas pour rien. Je comprends que ça ait pu rebuter des gens à l’idée de venir en famille », remarque Vincent, le papa, qui travaille dans le secteur médico-psychologique. Comme lui, Virginie, la maman, est touchée par la « casse du service public », dans l’Éducation nationale pour sa part. « Les enfants savent que ça peut dégénérer, reconnait-elle. On en a discuté avant, ils sont prévenus. Au moindre problème, on se met sur le côté et on se retire. » Mais les cinq membres de la petite famille n’espèrent qu’une chose : que la manif reste pacifique jusqu’au bout. « Pour que le préfet ait l’air bête ! »

 Louis, 7 ans, sa sœur, 9 ans, son frère, 14 ans, et ses parents en sont à leur troisième manifestation à Nancy. « Et notre première antinucléaire ! »

Gagné ! Hormis la vitrine d’un cabinet d’assurance brisée, aucun incident ne sera à déplorer. Le préfet en tirera un communiqué de presse victorieux : « Ce dispositif dissuasif a permis que la manifestation se déroule dans le calme, en dépit de la présence d’une cinquantaine de Black blocs ayant tenté d’attaquer des commerces lors du passage du cortège. » Le préfet évoquera la présence de 1.300 participants. Mais dans le cortège, Claude Kaiser s’époumone et annonce au micro que, « malgré le dispositif policier gigantesque et les nombreux copains bloqués à l’entrée de la ville, nous sommes plus de 3.000 ! »

 « Oh que voilà une belle manifestation colorée, pacifiste, pleine d’espoir et de vie ! » s’égosille Claude Kaiser, de l’Eodra, au micro.

Des contrôles de gendarmes mobiles armés de mitraillettes 70 km avant le point de rassemblement

« Ce matin, à Ligny-en-Barrois, à 70 kilomètres d’ici, il y avait déjà des gendarmes mobiles armés de mitraillettes, prêts à contrôler les voitures. Et sur la Nationale 4, il y avait des contrôles de police à chaque bretelle d’accès ! », témoigne Jean-Marc Fleury, « frère de lutte » de Claude Keiser au sein de l’association des élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs (EODRA). Aucun des huit bus mis à disposition par les comités locaux de lutte contre l’Andra n’a été épargné par les contrôles d’identité des passagers. Passagers qui pouvaient être « fouillés par la police avant Nancy et pris en photo individuellement », comme le dénoncent les ZIRAdiéEs sur leur compte Twitter.

« Au café, ce matin, un client nous a prévenus de faire attention aux violents antinucléaires. Il lisait le Figaro ! » rigole Stéphane avec ses trois camarades venus de Grenoble, la veille, exprès pour vivre pleinement les temps forts de ce weekend d’ateliers, de fêtes et conférences. « Les commerçants m’avouent, quand je tracte dans leur boutique, que la préfecture leur a téléphoné pour leur conseiller de fermer pendant la manif. Le préfet brandit l’alliance entre les “radicaux de Bure” et les Gilets jaunes pour leur faire peur. En réalité, c’est lui qui semble avoir le plus peur de la convergence qui naît entre nos différentes luttes », dit Juliette Geoffroy, du Cedra.

Juliette et Marie du Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cedra).

« On a préféré venir là où ça craignait le plus en termes de répression pour faire masse »

« C’est le même système qui impose le nucléaire et qui fabrique des crève-la-faim. » Ida, 67 ans, fait partie de la quinzaine de Gilets jaunes de Commercy qui se réunissent encore trois fois par semaine. Elle a beaucoup hésité avant de venir à Nancy. « Au même moment, il y a une mobilisation régionale des Gilets jaunes à Forbach, dit-elle. Mais on a préféré venir là où ça craignait le plus en termes de répression pour faire masse. » D’autant que c’est à Nancy que, deux semaines plus tôt, avait lieu le rassemblement des Gilets jaunes du Grand-Est. La manifestation avait dégénéré. Les CRS avaient chargé. Une amie d’Ida, venue de Commercy également, « 70 kilos tout mouillés, s’était prise un coup de matraque en pleine tête sur le parcours autorisé ».

Ida, 67 ans, fait partie de la quinzaine de Gilets jaunes de Commercy, d’où est parti l’appel de l’Assemblée des assemblées, qui se réunissent encore trois fois par semaine.

Après avoir défilé trois bonnes heures dans les rues de Nancy -– en évitant soigneusement la Place Stanislas et quelques hauts lieux touristiques sous peine d’écoper d’une amende de 135 euros -–, nous revoilà au cours Léopold, point de départ et d’arrivée de la manifestation. Alors que le procureur de la République adjoint avait pris soin d’annoncer, en avance, dans L’Est Républicain toujours, la couleur des peines encourues par les hordes de casseurs imaginaires -– « de la prison ferme assortie d’un mandat de dépôt » -–, l’« audience spéciale » qu’il avait prévue au tribunal ce lundi ne va pas avoir lieu : personne n’a été arrêté. Marie du Cedra en tire une conclusion politique : « On sait que les consignes prises contre notre mouvement émanent de l’État, puisque Cigéo est un appareil d’État indissociable de l’industrie nucléaire. »

Le défilé durera trois bonnes heures. La place Stanislas et quelques hauts lieux touristiques seront interdits d’accès, sous peine pour les manifestants d’écoper d’une amende de 135 euros.

À la suite des dégradations de l’hôtel-restaurant de l’Andra en juin 2017, une vague de répression judiciaire s’est abattue sur les opposants au projet de poubelle nucléaire et à son monde. Neuf personnes sont mises en examen pour association de malfaiteurs et n’ont pas le droit d’entrer en contact les unes avec les autres. Des dizaines de procès pour dégradations, outrages à agents, entrave aux travaux publics ont suivi. Sans parler des interdictions de sortie, perquisitions, réquisitions, mises sur écoute, contrôles d’identité quotidiens à Bure. Ce harcèlement auquel se livrent les autorités publiques – et dénoncé par la LDH -– a essoufflé, fragilisé le mouvement ces deux dernières années. Un des « malfaiteurs » de Bure a récemment été arrêté et placé quatre mois en détention provisoire au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville pour non-respect de son contrôle judiciaire. Il avait participé, en juillet dernier, à la dernière brève réoccupation du bois Lejuc, cette parcelle de forêt située entre Bure et Mandres-en-Barrois que l’Andra voudrait défricher en vue des travaux de construction de Cigéo.

Ce Vent de Bure avait donc également pour objectif de souffler sur les braises d’une lutte qui ne demande qu’à être ravivée. « D’autant que les travaux préparatoires de l’Andra ont commencé un peu partout sur le territoire, rappelle Laure Barthélémy, du Réseau Sortir du Nucléaire. Ils sont encore invisibles pour l’instant. Pour les bloquer, il faut poursuivre l’articulation entre un travail de veille juridique citoyenne pour rechercher tout ce qui pourrait s’avérer illégal dans la procédure et une présence sur le terrain très forte. »

 Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

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Par Franck Dépretz (Reporterre), publié le 30 septembre 2019

https://reporterre.net/A-Nancy-le-second-souffle-de-la-lutte-contre-la-poubelle-nucleaire

Sep 30

FERMETURE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM

EDF a adressé au Ministre chargé de la transition écologique et solidaire et à l’Autorité de Sûreté Nucléaire la demande d’abrogation d’exploiter ainsi que la déclaration de mise à l’arrêt définitif des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim, prévoyant un arrêt du réacteur n° 1 le 22 février 2020 et du réacteur n° 2 le 30 juin de la même année.

Cet envoi fait suite à la signature, le 27 septembre 2019, par l’État et par EDF, du protocole d’indemnisation d’EDF par l’État au titre de la fermeture anticipée de la centrale de Fessenheim, résultant du plafonnement de la production d’électricité d’origine nucléaire fixé par la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte.

Aux termes du Protocole, l’indemnisation prend la forme :

  • De versements initiaux correspondant à l’anticipation des dépenses liées à la fermeture de la centrale (dépenses de post exploitation, taxe INB, coûts de démantèlement et de reconversion du personnel), qui seront effectués sur une période de quatre ans suivant la fermeture de la centrale. Le total de ces versements devrait être proche de 400 M euros.
  • De versements ultérieurs correspondant à l’éventuel manque à gagner, c’est-à-dire les bénéfices qu’auraient apportés les volumes de production futurs, fixés en référence à la production passée de la centrale de Fessenheim, jusqu’en 2041, calculés ex post à partir des prix de vente de la production nucléaire, et notamment des prix de marché observés.

Ces dispositions permettent à EDF de gérer au mieux les modalités de redéploiement professionnel des salariés du site, dans le cadre de l’accord signé le 17 mai 2018 entre les organisations syndicales et l’entreprise. 

Jean-Bernard Lévy, Président Directeur-Général d’EDF a déclaré : « Je tiens à saluer le travail des salariés et des prestataires de Fessenheim qui poursuivent l’exploitation de notre outil industriel en toute sûreté et avec d’excellentes performances. Je les assure à nouveau de la considération qu’ils inspirent et de l’attention  que l’entreprise apportera à leur reconversion. »

Acteur majeur de la transition énergétique, le groupe EDF est un énergéticien intégré, présent sur l’ensemble des métiers : la production, le transport, la distribution, le négoce, la vente d’énergies et les services énergétiques. Leader des énergies bas carbone dans le monde, le Groupe a développé un mix de production diversifié basé sur l’énergie nucléaire, l’hydraulique, les énergies nouvelles renouvelables et le thermique. Le Groupe participe à la fourniture d’énergies et de services à environ 39,8 millions de clients (1), dont 29,7 millions en France. Il a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires consolidé de 69 milliards d’euros. EDF est une entreprise cotée à la Bourse de Paris.

Note (1) : Les clients sont décomptés fin 2018 par site de livraison ; un client peut avoir deux points de livraison : un pour l’électricité et un autre pour le gaz.

Communiqué de presse publié le 30 septembre 2019 à 8h31

https://www.zonebourse.com/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Electricite-de-France-FERMETURE-DE-LA-CENTRALE-NUCLEAIRE-DE-FESSENHEIM-29310626/

Sep 30

NUCLÉAIRE: LE MAIRE JUGE « INACCEPTABLES » LES SURCOÛTS ET RETARDS DES CHANTIERS EPR

Le ministre de l’Économie a dit attendre un audit « indépendant » sur la filière nucléaire et le choix de l’EPR. Il assure qu’il en tirera « toutes les conséquences à tous les étages » de la filière. 

Le nucléaire ne doit pas être « un État dans l’État« , a prévenu Bruno Le Maire, invité ce dimanche du Grand jury sur LCI et RTL, en réaction aux retards et surcoûts des chantiers EPR en France, en Angleterre et en Finlande.

« Le gouvernement a lancé des avertissements depuis plusieurs mois. J’ai demandé à ce qu’un audit totalement indépendant sur la filière nucléaire et sur le choix de l’EPR. Il me sera remis le 31 octobre prochain« , a précisé Bruno le Maire qui a annoncé qu’il en tirera « toutes les conséquences à tous les étages« , y compris chez EDF.

Des retards en accumulés

L’EPR est un réacteur nucléaire de troisième génération conçu pour offrir une puissance et une sûreté améliorées. Le premier chantier EPR à Olkiluoto (Finlande) a connu de multiples déboires, entraînant au moins 10 ans de retard sur le calendrier initial de construction.

Le deuxième chantier de l’EPR, conduit par EDF à Flamanville (Manche), ne devrait pas aboutir pour sa part avant la fin 2022, soit au moins dix ans après la date prévue au départ, après à la découverte d’anomalies. 

Enfin, EDF a prévenu mercredi que son énorme chantier de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point C en Angleterre devrait coûter jusqu’à 3,3 milliards d’euros plus cher que prévu, alors que le coût avait déjà été réévalué à la hausse en 2017. « Toutes ces dérives sont inacceptables« , a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances. « Elles ne sont pas à la hauteur de ce que EDF représente et de l’expertise française en la matière« , a-t-il ajouté.s

« Ce ne sont pas les Français qui vont payer ces retards »

« Je peux comprendre qu’il puisse y avoir une difficulté technique, un défaut de réalisation à un moment ou à un autre, mais quand les retards s’accumulent, quand les défauts s’accumulent, il faut faire le point, le faire de manière indépendante et surtout en tirer toutes les conclusions« , a dit Bruno Le Maire.

« Ce ne sont pas les Français qui vont payer ces retards« , a-t-il par ailleurs avancé, alors que le gouvernement britannique s’était empressé de rappeler mercredi qu’en vertu du contrat négocié avec EDF, le contribuable du Royaume-Uni n’aurait rien à payer de plus. « L’énergie nucléaire est indispensable pour réussir la transition énergétique« , a néanmoins répondu Bruno Le Maire aux interrogations des journalistes sur la viabilité économique de la filière. (NDLR: ou on fait en sorte qu’elle « ait l’air » d’être indispensable?)

Par P.L avec AFP, publié le 29/09/2019 à 15h07

NDLR : question : simples gesticulation ou réelle volonté de tout arrêter et d’abandonner la filière EPR? Je parie pour la première solution…quelques têtes qui tombent tout au plus…

https://www.bfmtv.com/economie/nucleaire-le-maire-juge-inacceptables-les-surcouts-et-retards-des-chantiers-epr-1777062.html

Sep 29

JAPON : SCANDALE DE CORRUPTION CHEZ KANSAÏ ELECTRIC

Lors d’une conférence de presse, le directeur de Kansaï Electric (KEPCo) a reconnu que 20 personnes de sa compagnie, dont lui-même et le président, ont reçu pour 320 millions de yens (2,7 millions d’euros) sous forme de dons et de cadeaux de la part d’Eiji Moriyama, ancien maire adjoint de Takahama. Les trois principaux dirigeants de la compagnie (Makoto Yagi, Shigéki Iwané et Hidéki Toyomatsu) auraient reçu, à eux seuls, 180 millions de yens (1,5 million d’euros). KEPCo y exploite une centrale nucléaire. Les dons auraient duré pendant 7 années, entre 2011 et 2018.

Moriyama a été maire adjoint de Takahama de 1977 à 1987 et aurait gardé une forte influence sur la vie politique locale jusqu’à sa mort en mars 2019. Il aurait notamment permis de faire taire les oppositions locales au nucléaire. Car, à la même époque, de 1974 à 1985, KEPCo a mis en service quatre réacteurs nucléaires dans cette commune.

Ce sont les inspecteurs des impôts qui auraient découvert les malversations, en contrôlant une grande compagnie de construction qui a travaillé pour KEPCo. Elle aurait eu pour 2,5 milliards de yens de contrats entre 2015 et 2018 (21 millions d’euros). M. Moriyama aurait reçu environ 300 millions de yens de cette compagnie en échange de son aide pour être sélectionnée, sans les déclarer aux impôts. Il aurait aussi subi un contrôle fiscal juste avant sa mort. M. Moriyama aurait alors déclaré au fisc avoir donné l’argent à des cadres de KEPCo pour les remercier d’avoir aidé la ville en y installant une centrale nucléaire. Mais le directeur de KEPCo a démenti que cette compagnie de construction était la source.

Le directeur de KEPCo, Shigéki Iwané, a déclaré lors de la conférence de presse, que les membres de sa compagnie ont payé des impôts sur ces dons… Et d’ajouter, sans vergogne : “nous avons essayé de refuser l’argent ou demandé à le rendre, mais c’est devenu difficile parce qu’il a fermement rejeté de telles tentatives. Nous avons temporairement gardé l’argent sous le contrôle de chaque individu en attendant l’occasion de le rendre.” Les dirigeants ont retourné la partie de l’argent et des biens qui dépassait le niveau maximum jugé acceptable par le bon sens, après les avoir gardés temporairement, a dit M. IwanéLe directeur de KEPCo a aussi affirmé vouloir garder son poste pour lutter contre ce genre de pratiques.

Les réacteurs 3 et 4 de Takahama sont actuellement en service et sont autorisés à consommer du MOx.

Depuis ce scandale, il est apparu que la compagnie de construction, Yoshida Kaihatsu, basée à Takahama, avait pour 350 millions de yens (3 millions d’euros) de contrats dans le nucléaire en 2013, pour 2,1 milliards de yens (18 millions d’euros) en 2018, soit 6 fois plus ! Quant au Président de la compagnie, Makoto Yagi, il a reconnu avoir aussi reçu des cadeaux et de l’argent entre 2006 et 2010, quand il n’était alors que dans la division nucléaire. Il n’aurait rien reçu depuis qu’il est devenu président, en juin 2010.

Publié dans ACROnique de Fukushima le 28 septembre 2019

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

Sep 29

LA RUSSIE SOUMET À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU UN PROJET DE RÉSOLUTION SUR LE CONTRÔLE DES ARMEMENTS

Le ministre russe des Affaires étrangères a invité «tout le monde à des négociations constructives» après avoir soumis à l’Assemblée générale de l’Onu un projet de résolution en vue de renforcer et développer le «système d’ententes sur le contrôle des armements, le désarmement et la non-prolifération».

La Russie a proposé à l’Assemblée générale des Nations unies de se pencher sur un projet de résolution prévoyant de consolider le système de contrôle des armements, a déclaré Sergueï Lavrov.

«Je voudrais annoncer aujourd’hui que nous soumettons à l’actuelle Assemblée générale le projet de résolution intitulé « Renforcement et développement du système d’ententes sur le contrôle des armements, le désarmement et la non-prolifération« . Nous invitons tout le monde à des négociations constructives», a indiqué le chef de la diplomatie russe en prenant la parole à l’Assemblée générale.

Il a ajouté que «l’approbation de cette résolution serait une importante contribution à la mise en place de conditions pour l’organisation, l’année prochaine, d’une conférence d’examen sur l’application du TNP [Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, ndlr]».

Le TNP

Ce Traité constitue la base du régime international de non-prolifération et prévoit le droit de tous les pays membres à des études, à la production et à l’usage de l’énergie nucléaire à des fins civiles. Des conférences d’examen sont tenues une fois tous les cinq ans.

Depuis l’entrée en vigueur du document, le 5 mars 1970, tous les pays indépendants membres de l’Onu en sont devenus signataires, exception faite pour Israël, l’Inde et le Pakistan.

La Corée du Nord a annoncé son retrait du Traité. Toutefois, la communauté internationale ne reconnaît pas ce retrait, tout comme elle ne reconnaît pas à la Corée du Nord le statut nucléaire. Cette année, Israël est présent pour la première fois à la conférence en qualité d’observateur.

Dossier: 74ème session de l’Assemblée générale de l’Onu, article publié le 27 septembre 2019 à 22h54, mis à jour le 28 septembre 2019 à 16h21

Photo en titre : Erdogan sur l’arme nucléaire: «soit l’interdire, soit la rendre accessible à tout le monde», © Sputnik . Maxim Blinov

https://fr.sputniknews.com/international/201909271042173125-la-russie-soumet-a-lassemblee-generale-de-lonu-un-projet-de-resolution-sur-le-controle-des/

Sep 29

LA 1ère UNIVERSITÉ CITOYENNE OUVRE LE DÉBAT ET LA RÉFLEXION À AVIGNON ENTRE GILETS JAUNES, ORGANISATIONS SYNDICALES, TRAVAILLEURS EN LUTTE, ÉCOLOGISTES, ASSOCIATIONS ENVIRONNEMENTALISTES ET ANTINUCLÉAIRES

Ce week-end des 28 et 29 Septembre 2019, Avignon accueille au Parc des Libertés de l’île de la Barthelasse, la 1ère Université Citoyenne initiée par les Gilets Jaunes de Vaucluse/Paca. Son objectif : penser, concevoir et organiser l’action citoyenne, unir les forces et les énergies pour défendre les causes communes, faire valoir le droit universel de Liberté d’expression et reprendre le pouvoir de décision à une gouvernance illégitime. Parmi les axes de réflexion et d’actions : l’Écologie, la Justice Sociale et l’Humain. Au sein des centaines de participant-es : les militants du Collectif antinucléaire de Vaucluse.

Les groupes de Gilets Jaunes PACA qui s’activent au service de l’intérêt général, ont organisé une « Université citoyenne »  de réflexion et d’actions consacrée à l’Écologie, la Justice Sociale et l’Humain. Objectif : comment unir les forces et les énergies citoyennes pour défendre les causes communes, faire valoir notre droit universel de Liberté d’expression et reprendre notre Pouvoir de décision à une gouvernance illégitime.
Intervention du CAN84 lors du débat « organisation citoyenne pour la lutte écologique« .

Cet événement se veut comme le point de départ de la mise en commun de l’intelligence collective après ces mois de lutte au cours desquels le pouvoir a vacillé sans pour autant céder malgré le soutien élevé de l’opinion publique.  Comment, face à une propagande rageuse et systématique des milieux politiciens et médiatiques institutionnels, mieux informer et sensibiliser les citoyens qui se sentent concernés mais qui ne savent pas forcément et précisément comment participer et contribuer à changer en mieux notre façon de vivre.

De nombreux ateliers, stands (associations, syndicats, collectifs) et conférences ont regroupé près de 600 personnes sur une variété de thèmes de réflexions et de projets d’actions tels la défense collective face à la répression et les violences d’État, l’initiative citoyenne – RIC, la désobéissance civile, le devenir du mouvement des gilets jaunes, l’organisation de la lutte citoyenne pour l’écologie face extinction de la biodiversité et l’urgence climatique, le ralliement des diverses luttes conduites par les associations et syndicats, l’évasion fiscale et la corruption des institutions, les réformes-casses contre les retraites et autres acquis sociaux et biens communs, le Municipalisme,…

Parmi les organisations présentes: postiers du 92, SUD Éduc, Scopti 1336 à Gémenos, Collectif ADP, Salariés Mac DO, Intermittents du Spectacle, L’Assemblée des Assemblées, AMAP, Extinction Rébellion, CAN84, Adrac pour la fermeture de l’aéroport d’Avignon, Défense de la Barthelasse,…  Plusieurs médias indépendants étaient présent tels Fakir, le Monde Diplomatique, Vécu (Gabin).

Les interventions du CAN84 lors du débat  » organisation citoyenne pour la lutte écologique « . (Reportage : Gabin/Vécu)

(L’intégralité  du débat et des autres rencontres-débats est à retrouver sur https://www.facebook.com/Vecu.giletjaune/ (Gabin)

Cet article a été publié par la coordination antinucléaire du Sud-Est le 29 septembre 2019 à 00h46 sur son site :

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/09/29/La-1%C3%A8re-Universit%C3%A9-Citoyenne-ouvre-le-d%C3%A9bat-et-la-r%C3%A9flexion-%C3%A0-Avignon-entre-Gilets-jaunes%2C-organisations-syndicales%2C-travailleurs-en-lutte%2C-%C3%A9cologistes%2C-associations-environnementalistes-et-antinucl%C3%A9aires

Note : pour voir les images en grandes dimensions, aller sur le site ci-dessus et cliquer sur les images.

Sep 29

UN ORDRE DU JOUR CHARGÉ POUR LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BLAYAIS

Le 18 septembre, EDF a annoncé que six de ses réacteurs en exploitation présentaient des « problèmes de fabrication » de composants. Parmi eux, deux se trouvent à la CNPE du Blayais.

L’actualité s’enchaîne autour de la centrale nucléaire du Blayais. D’abord une information donnée par EDF le 18 septembre évoquant des problèmes de fabrication de certaines pièces des réacteurs 3 et 4. Ensuite le lancement officiel d’un comité de pilotage associant une cinquantaine de structures (dont la Région et l’Éducation Nationale) pour assurer les besoins en emplois d’EDF dans la mise en place de son « grand carénage« , des travaux à l’investissement d’un milliard d’euros censés assurer à la centrale une durée de vie de dix ans supplémentaires. Enfin la tenue de réunions publiques en octobre sur l’extension du périmètre de sécurité autour de la centrale. On fait le point avant l’avis très attendu de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

Beaucoup diront que c’est un hasard du calendrier, mais les choses semblent en tout cas sérieusement s’accélérer du côté de la centrale nucléaire du Blayais. Le 18 septembre dernier, EDF a annoncé que six de ses réacteurs en exploitation présentaient des « problèmes de fabrication » au niveau de certains composants, en l’occurrence les générateurs de vapeur, des pièces en acier qui font le lien entre la circulation d’eau chauffée par le combustible nucléaire (le circuit primaire) et la vapeur faisant tourner les turbines nécessaires à la production d’électricité (le circuit secondaire). Parmi eux, les réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire du Blayais. Une semaine plus tôt, EDF avait signalé que les procédures prévues n’avaient pas été respectées dans le cadre d’opérations de certaines soudures de ces générateurs par sa filiale, Framatome.

Toutefois, l’entreprise estime « que les écarts constatés ne remettent pas en cause l’aptitude au service des matériels et ne nécessitent pas de traitement immédiat« . L’autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) doit encore rendre sa décision (impliquant une possible fermeture des réacteurs concernés). Deux jours après ces informations communiquées par EDF, la Commission locale d’information nucléaire a saisi à son tour l’ASN « afin de connaître son expertise sur le sujet« . Interrogé, le Président délégué de la CLIN déclare avoir posé plusieurs questions. « J’ai saisi l’ASN parce que sur ce problème de réponse des soudures par rapport à la norme, six réacteurs sont concernés. La démarche est aussi liée au fait que ces réacteurs ont été identifiés et installés pour avoir une durée de fonctionnement de trente ans, or on est à une perspective de quarante ans avec le projet de grand carénage. La CLIN pose aussi des questions sur la présence d’EDF au capital de Westinghouse et d’Alstom et sur les garanties d’indépendance par rapport à la relation commerciale entre EDF commanditaire pour la construction d’outils et le fournisseur. Ce qui est sûr, c’est que ce qu’il se passe en ce moment ne va pas dans le sens d’EDF« . 

« Pas de raison technique »

Ce n’est en effet pas la première fois que des dysfonctionnements de générateurs de vapeurs alertent l’ASN. En 2016, l’un d’entre eux avait chuté à l’intérieur du deuxième réacteur de la centrale de Paluel (également concernés par les récents problèmes remontés par EDF). À Blaye, ils ont déjà été changés une fois dans le cadre des visites décennales, entre 2014 et 2015 pour un investissement de 122 millions d’euros. Ces pièces ont une durée de vie de trente ans en moyenne. En 2016, l’ASN avait déjà révélé des « défaillances inacceptables«  au niveau de certaines pièces et dossiers de fabrication falsifiés. En juin 2015, lors de travaux de maintenance, 118 personnes ont été évacuées pour cause de taux de radioactivité trop élevés (dépassant les 500 Becquerels par m3). Une semaine après, 125 autres ont aussi eu droit à une évacuation, dont onze contaminées « à très faible dose » selon EDF. En janvier de la même année, l’ASN soulignait que malgré le renforcement des règles de fabrication de ces équipements, « les justifications et démonstrations apportées par les fabricants d’équipements sous pression nucléaires sont encore régulièrement insatisfaisantes« . En attendant l’avis de l’ASN, EDF ne chôme pas. Le mardi 24 septembre dernier, la préfecture de Gironde a officiellement lancé le « comité de grand carénage » de la centrale du blayais. L’objectif de ce comité de pilotage : s’assurer de la présence de tous les partenaires pour assurer les 1000 emplois supplémentaires nécessaires à EDF durant la période de ce grand chantier prévu jusqu’en 2029.

Jean Pascal Riché, directeur gestion et politique industrielle chez EDF (et directement rattaché à la centrale), donne quelques précisions. « Il s’agit d’un programme industriel visant à poursuivre l’exploitation pour les dix prochaines années. On parle de plus d’une centaine de modifications pour améliorer le niveau de sûreté de l’installation. On peut citer par exemple un rehaussement de la digue pour limiter le risque. On prévoit également d’ajouter d’autres alimentations d’électricité notamment via un diesel d’ultime secours (mesure instaurée par EDF au niveau national après l’accident de Fukushima) pour chaque réacteur conçu pour résister à des séismes importants, des grands vents, de fortes chaleurs ou de grands froids. Il y a aussi un renforcement du radier (sorte de cendrier sous le réacteur) pour que même en cas d’accident, l’ensemble des produits radioactifs restent à l’intérieur de l’enceinte. Enfin, le projet prévoit une alimentation d’eau supplémentaire pour la piscine combustible (zone de stockage de l’uranium). Toutes ces modifications font qu’il y aura beaucoup de contrats avec des entreprises locales et plus de 3500 personnes intervenantes sur les pics d’activité« . 

Le responsable poursuit : « en 2014, on a changé les générateurs de vapeur et de la turbine mais ce n’était pas causé par un problème particulier, ça faisait partie de l’amélioration habituelle de nos installations« . Elle a cela dit imposé des préalables au redémarrage du réacteur. Au sujet des soudures problématiques, Jean-Pascal Riché parle plutôt d’un « écart de performance. sur les soudures qui ont été effectuées, la procédure n’a pas été strictement respectée mais les soudures sont bonnes, les générateurs de vapeur sont conformes aux objectifs de sécurité, il n’est pas prévu d’intervenir dessus. Les experts d’EDF et de Framatome ont fait des analyses, c’est là-dessus que l’ASN doit se prononcer. C’est une opération très lourde qui se prépare des années à l’avance, mais elle est réalisable. Ces générateurs sont changés au bout de trente ans pour en mettre des neufs et permettre l’exploitation sur trente ans de plus« . Quid alors de la fréquence de remplacement des générateurs de vapeur ? Les sources divergent. Alors que certaines parlent de remplacement unique, l’ASN, dont l’enquête est toujours en cours, a lapidairement précisé qu’il n’y avait pas « de raison technique limitant a priori le remplacement des générateurs de vapeur à une seule fois« .

L’art et la pastille

Évidemment, les explications d’EDF font un peu rager les anti-nucléaires, qui y voient une grosse pancarte indiquant « circulez, y’a rien à voir« . Stéphane Lomme, président de l’association Tchernoblaye, se désole. « Le discours d’EDF est toujours le même. Pendant un certain temps, l’ASN a été coupablement indulgente par rapport à leurs errances mais la situation est devenue tellement ridicule qu’on a de nouvelles révélations régulièrement. Avec l’enchaînement de malfaçons, de pièces défectueuses, en particulier depuis Fukushima, la CLIN demande aussi à l’ASN de faire son boulot. Ce qui est assez intéressant, c’est que le nouveau président de l’ASN est un spécialiste des soudures. Pour Flamanville, il a décidé qu’elles devaient être réparées alors qu’EDF estimait qu’on pouvait continuer à faire tourner. En tout cas, cette situation accolée au lancement du comité de grand carénage permet de souligner la période cruciale dans laquelle se trouve l’énergie nucléaire française. EDF est déjà dans une situation catastrophique (et concernée par un éventuel plan Hercule qui divise déjà), les chantiers EPR sont en train de les ruiner complètement. EDF avoue régulièrement que les travaux vont être beaucoup plus chers que prévu. Pour Blaye, ce serait bien la première fois qu’un chantier nucléaire de cette ampleur ne dépasse pas le montant annoncé au départ« , a notamment ajouté le porte-parole.

Le dernier volet concernant la centrale de Blaye doit donner lieu à des rendez-vous ouverts aux habitants jusqu’au 16 octobre. Il s’agit de réunions publiques visant à informer la population de l’extension du périmètre de sécurité de dix à vingt kilomètres autour de la centrale actée depuis l’adoption d’un nouveau PPI (Plan Particulier d’Intervention) en mai dernier par les préfectures de Gironde et de Charente-Maritime. Il concerne 80 communes des deux départements (environ 86 000 personnes) et inclut la préparation d’une « évacuation immédiate » sur un périmètre de cinq kilomètres avec des mesures de mise à l’abri, d’évacuation, d’interdiction de consommation de denrées alimentaires et d’ingestion de comprimés d’iode stable, censés saturer la thyroïde pour protéger les habitants de l’iode radioactif rejeté en cas d’accident nucléaire. Ce PPI doit d’ailleurs être examiné une fois tous les trois ans au moins. Plusieurs réunions sont donc programmées dans le courant du mois d’octobre : le 1er à Saint-Martin-Lacaussade, le 11 à Lesparre, le 15 à Saint Thomas de Conac et le 16 à Cussac-Fort-Médoc. 60 000 personnes sont concernées par cette distribution complémentaire de pastilles d’iodes stable, déjà effectuée en 2016 dans le périmètre précédent. Comme il ne faut pas demander à un militant anti-nucléaire ce qu’il pense des mesures de prévention adoptée par les pouvoirs publics, on lui a posé la question. « Dans un nuage radioactif comme à Tchernobyl et Fukushima, il y a énormément de produits radioactifs, pas seulement de l’iode. À la limite, il faudrait distribuer des pastilles d’iodes aux gens qui sont très loin des réacteurs. Quand un nuage se propage, il dépose au fur et à mesure les produits radioactifs les plus lourds comme le plutonium, c’est très loin de la centrale qu’il reste principalement de l’iode. C’est vraiment faire croire aux gens qu’on a une solution en cas de catastrophe« . De son côté, la préfecture précise que les pastilles peuvent être retirées gratuitement dans les pharmacies participant à l’opération. Pour l’heure, ces quatre dates (en y ajoutant une réunion qui s’est déjà déroulée le 24 septembre) sont les seules réunions publiques prévues sur le sujet. L’avis de l’ASN sur la question des réacteurs 3 et 4 du Blayais doit être connu dans les prochaines semaines.

Par Romain Béteille, publié le 27/09/2019

Photo en titre : Crédit Photo : aqui.fr

http://www.aqui.fr/societes/un-ordre-du-jour-charge-pour-la-centrale-nucleaire-du-blayais,19120.html

Sep 29

ROHANI: L’IRAN ACCEPTE LES INSPECTIONS, PREUVE QU’IL NE DÉVELOPPE PAS L’ARME NUCLÉAIRE

Le fait que l’Iran accepte des inspections internationales prouve que le pays ne cherche pas à développer l’arme nucléaire, a déclaré vendredi 27 septembre le président iranien Hassan Rohani.

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«Certains ont dit:  »vous voulez mettre en place des centrifugeuses modernes, cela signifie que vous vous dirigez vers l’arme nucléaire »», a affirmé Rohani à la télévision publique. «Nous avons expliqué que quelqu’un qui veut l’arme nucléaire limite les inspections internationales. Nous n’avons pas limité les inspections», a-t-il ajouté. Depuis mai, Téhéran a réduit ses engagements pris dans le cadre de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, en représailles au retrait unilatéral des États-Unis un an plus tôt, suivi du rétablissement de dures sanctions économiques contre Téhéran. L’accord avait permis la levée d’une partie des sanctions contre Téhéran en échange de l’engagement iranien à ne pas se doter de l’arme nucléaire.

Le 7 septembre, l’Iran a annoncé avoir mis en route des centrifugeuses avancées devant augmenter son stock d’uranium enrichi. Téhéran avait augmenté auparavant ses stocks d’uranium enrichi au-delà de la limite fixée par l’accord, et enrichit ce minerai à 4,5%, niveau supérieur au plafond fixé (3,67%), mais très loin du seuil requis pour une utilisation militaire. Rohani a indiqué que toutes les activités nucléaires de l’Iran continueraient d’être surveillées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à son arrivée à l’aéroport de Téhéran, au retour de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. En réduisant ses engagements, l’Iran -qui a toujours nié vouloir la bombe nucléaire- entend faire pression sur les États toujours parties à l’accord, notamment l’Allemagne, France et Grande-Bretagne, pour qu’ils l’aident à contourner les sanctions américaines.

Par Le Figaro avec AFP, publié le 27/09/2019 à 16h41

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/rohani-l-iran-accepte-les-inspections-preuve-qu-il-ne-developpe-pas-l-arme-nucleaire-20190927

Sep 29