Jan 15

SUISSE: LE RÊVE NUCLÉAIRE FONDAIT AVEC L’ACCIDENT DE LUCENS

La fusion partielle du cœur de réacteur expérimental de Lucens (VD) en 1969 avait provoqué un choc en Suisse et dans le monde.

Il y a 50 ans, l’accident nucléaire le plus grave de l’histoire suisse s’est produit à Lucens (VD). La fusion partielle du cœur de réacteur expérimental, l’un des accidents nucléaires les plus importants au monde, a mis fin au rêve nucléaire suisse.

Le responsable de la protection contre les radiations est tombé sous le choc lorsqu’il a fait sa tournée d’inspection peu après l’arrêt automatique inattendu de l’installation. À l’entrée de la caverne du réacteur, il y avait un badge d’un employé, ce qui indiquait que ce dernier se trouvait dans la zone concernée.

Derrière la porte, dans la caverne du réacteur, le gaz de refroidissement qui fuyait avait atteint une concentration mortelle. La radioactivité était à un tel niveau qu’elle dépassait la valeur maximum des instruments de mesure. Mais il y a eu un peu de chance dans le malheur: l’employé dont le badge se trouvait à l’entrée a été retrouvé sain et sauf, il n’était pas dans la salle concernée, il y avait simplement oublié son badge.

Caverne pas étanche

Mais la caverne du réacteur n’était pas complètement étanche: les radiations se sont propagées jusqu’à 100 mètres de la salle de contrôle. Dans la caverne la plus proche du réacteur, une équipe impliquée dans l’arrêt de la turbine a été irradiée. Comme les douches de décontamination étaient inutilisables, les travailleurs ont dû trouver une solution de remplacement et se sont douchés sans eau chaude.

L’installation n’était pas non plus complètement hermétique vis-à-vis de l’extérieur. La radioactivité a faiblement augmenté dans les villages voisins, sans toutefois atteindre des valeurs dangereuses, selon deux responsables de la radioprotection de la Commission fédérale pour la surveillance de la radioactivité.

La construction souterraine du réacteur a protégé la population du pire. Mais ce choix d’un réacteur enterré a probablement causé l’accident: l’eau pénétrant de l’extérieur s’est avérée problématique depuis le début.

Corrosion en cause

Ce fut le cas après la première phase d’exploitation de l’installation qui dura trois mois en 1968. Lorsque l’usine a été fermée pour révision, l’eau s’est infiltrée à l’insu du personnel. Elle a provoqué la corrosion du revêtement en magnésium des barres de combustible.

Des écailles de rouille se sont détachées et ont bloqué les tuyaux du gaz de refroidissement. Lorsque les opérations ont repris le matin du 21 janvier 1969, il a fallu 13 heures pour que le cœur fonde, prenne feu et explose.

Démantèlement

L’usine a été démantelée en 1973, les matières radioactives ont été en partie laissées sur le site et en partie transportées au centre d’entreposage temporaire des déchets nucléaires à faible radioactivité de Würenlingen (AG). Aujourd’hui, le canton de Vaud utilise les salles qui n’ont pas été comblées par du béton comme dépôts pour les musées.

La Suisse était passée à un cheveu d’un drame. Elle va en limiter l’impact sur l’opinion publique par une communication habile. Dix ans plus tard, un accident nucléaire de la même gravité à Three Mile Island aux États-Unis provoquait un tollé dans le monde entier. Ce ne fut pas le cas pour Lucens.

Intérêt militaire

À la fin des années 1960, la Suisse percevait encore l’énergie nucléaire comme une source d’énergie propre et inépuisable. Le fait que du plutonium de qualité militaire soit produit lors de la fission pour la production d’électricité se révélait également très pratique pour la Suisse pendant la guerre froide.

Ces dernières années, plusieurs critiques ont souligné que l’intérêt militaire était primordial dans le cas de Lucens et primait sur une utilisation civile. Lorsque le réacteur expérimental a alimenté pour la première fois le réseau public en électricité le 29 janvier 1968, l’énergie nucléaire était déjà bien établie en Suisse.

Les producteurs d’électricité suisses s’étaient lancés dans le nucléaire avec des réacteurs américains. Les travaux de construction de la centrale de Beznau I avaient commencé en 1965 et ceux de la centrale de Mühleberg deux ans plus tard. L’entreprise Sulzer s’était d’ailleurs retirée du projet de Lucens en 1967.

Si le projet de Lucens, dont les coûts budgétés ont presque doublé, a continué, c’est par intérêt pour la bombe atomique, selon deux auteurs de livres. Car l’événement fascine toujours, que ce soit le physicien et chimiste Peter Beutler dans son roman policier «Lucens» ou l’historien Michael Fischer dans son prochain livre «Atomfieber» («La fièvre de l’atome»). (ats/nxp)

Créé le 15.01.2019, 14h21

https://www.lematin.ch/suisse/reve-nucleaire-fondait-accident-lucens/story/18868122

Jan 15

UN INFOTOUR ET DES CONFÉRENCES-DÉBAT POUR DIRE STOP AU NUCLÉAIRE !

Communiqué commun des associations Réseau « Sortir du nucléaire« , France Nature Environnement, Amis de la Terre France, MIRABEL-Lorraine Nature Environnement, Meuse Nature Environnement, Bure Zone Libre, Burestop 55, EODRA, CEDRA – 15 janvier 2019

Ce 16 janvier, l’Atomik Tour partira de Bure pour parcourir la France pendant huit mois. Chacune des 50 étapes prévues de cette caravane sera l’occasion de diffuser une information indépendante sur le nucléaire civil et militaire, et d’organiser des discussions publiques pour questionner l’attachement de la France à cette énergie du passé.

Nos associations apportent leur soutien à ce projet ambitieux. Elles soutiennent également le cycle de conférences déjà en œuvre dans le Grand Est, qui partage la même démarche d’éducation populaire pour s’interroger sur le nucléaire, ses risques et ses déchets.

Ces initiatives sont salutaires pour réveiller les consciences, alors que les autorités, faisant fi des risques, des enjeux économiques et de l’avis des citoyens, continuent de s’entêter dans des projets mortifères :

  • La poursuite et la relance du nucléaire, avec une programmation pluriannuelle de l’énergie qui acte la prolongation d’une vingtaine de réacteurs à 50 ans de fonctionnement et plus, sans compter un appel du pied à EDF pour développer des projets de « nouveau nucléaire ». Dangereuse, ruineuse, contraire à toute transition énergétique, cette perspective enfermerait la France dans l’impasse atomique,
  • La poursuite du « retraitement » du combustible usé à La Hague et la production de combustible MOX. Loin de constituer un « recyclage », cette opération polluante et coûteuse génère de nouveaux déchets et rend notre pays encore plus vulnérable aux agressions extérieures,
  • La poursuite du projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs de moyenne et haute activité à vie longue à Bure, dont la Demande d’Autorisation de Création doit être déposée cette année malgré des failles avérées,
  • La fuite en avant avec le projet de construction d’une gigantesque piscine de stockage de combustible MOX usé, probablement en région Centre.

À cette impasse nucléaire, chaque jour plus risquée et coûteuse, nous disons STOP !

Nos associations dénoncent une politique énergétique suicidaire et une industrie qui, plutôt que de fermer le robinet de la production de déchets radioactifs, s’empresse de trouver de nouveaux exutoires, quitte à les imposer à la population.

Nous dénonçons également la répression qui s’abat sur de nombreuses personnes engagées contre le nucléaire et le projet Cigéo. C’est avec une grande inquiétude que nous constatons la criminalisation des luttes environnementales et des mouvements sociaux en général. Nous sommes tous des fichés « S » en puissance !

Nos associations souhaitent interpeller le gouvernement et les élus : nous exigeons l’arrêt du retraitement, l’abandon de tout nouveau projet d’entreposage ou d’enfouissement et un calendrier ferme de sortie du nucléaire.

Contacts presse :

Pour le Réseau « Sortir du nucléaire » – Angélique Huguin (06 88 27 16 06) et Catherine Fumé (06 62 84 13 88)

Pour le CEDRA : Juliette Geoffroy – 06 50 69 72 61

Pour France Nature Environnement : Arnaud Schwarz – 06 74 59 40 34

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Un-infotour-et-des-conferences-debats-pour-dire

Jan 15

CONFÉRENCE CRIIRAD LE 30 JANVIER À ANNEMASSE (74) : L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE, UNE ÉNERGIE VERTE ?

Conférence-débat animée par Roland Desbordes, administrateur de la CRIIRAD

Toute production d’énergie a des impacts sur notre environnement. Pour comparer, nous devons faire le bilan de chacune.

Lieu : Complexe Martin Luther King, Rue du Docteur Baud, salle 24-25. 74000 Annemasse.

Participation aux frais.

Retrouvez tout le programme des conférences de la CRIIRAD pour janvier et février sur : http://www.criirad.org/agenda/conferences.html

Jan 15

LE PLUTONIUM DE L’ESPACE

Les États-Unis s’apprêtent à reprendre la production industrielle de plutonium 238 pour subvenir aux « besoins de l’exploration spatiale ». Les bombes sales volantes reviendront ainsi abondantes à l’ordre du jour. La technocratie, imbue d’omnipotence et d’infaillibilité, se moque bien des risques colossaux que de tels engins comportent pour l’humanité.  Une dispersion accidentelle concentrée de plutonium pulvérisé serait en effet catastrophique pour des vastes portions de territoires et pour une santé physiologique et génétique déjà passablement radiologiquement malmenée. 

                                    **************************************

Un générateur thermoélectrique atomique (RTG) de 400 W contient 400 Watt/0,575 Watt par gr = 696 gr de Plutonium 238 délivrant 443,02 TBq (4,43E14 Bq soit 1,20E4 Ci). Une retombée parfaite d’une telle masse de 11,97 KCi à raison de 0,1 Ci/km2 serait susceptible de réduire à zone interdite un carré de 346 km de côté ou un cercle de 195,2 km de rayon. Compte tenu de ses facteurs de dose internes, cette masse détient un potentiel de 48,73 milliards de Sievert par inhalation et de 101,89 millions de Sievert par ingestion.

Craindre comme les Gaulois d’antan que le ciel ne nous tombe sur la tête n’a hélas rien d’anachronique.

Pu238 (Plutonium); n° at: 94; Période: 87,3 a; λ: 2,516E-10; 17,21 Ci/gr; 0,0581 gr/Ci; α; MeV α: 5,592; Range: 50 μ; MeV gamma: 0,04347; 19,84 gr/cm3; Bp: 640 °C; mp: 3228 °C; 0,575 Joule-Watt/gr; 1,74 gr/Watt; 9,029E-13 Watt/Bq. 5,635 MeV * 6,366E11 Bq/gr = 3,588E12 MeV/gr * 1,602E-13 Joule/MeV = 0,57482 Joule-Watt/gr;  0,6 KJ/kg; 1 Watt/0,57482 Watt par gr = 1,7397 gr/Watt

Publié par La terra non ha uscite di emergenza. à 8h58:00 PM

À retrouver sur : https://aipri.blogspot.com/2019/01/le-plutonium-de-lespace.html

Jan 14

TAHITI : LES CHAMPIGNONS DE PARIS DE RETOUR SUR LES PLANCHES

La pièce de la compagnie du Caméléon et du Théorème de Plank, Les Champignons de Paris, revient sur scène pour ouvrir la saison 2019 de la compagnie. Pour le grand public, deux représentations sont programmées au Petit théâtre et une troisième à Taravao.

Tepa Teuru, Tuarii Tracqui et Guillaume Gay reviennent une nouvelle fois sur les planches avec Les champignons de Paris. La pièce à succès de la Compagnie du caméléon et du Théorème de Plank raconte l’histoire des essais nucléaires à Moruroa et Fangataufa à travers des éléments d’archives audio et vidéo, des témoignages et des archives de l’époque. Elle met surtout en scène des épisodes de la vie quotidienne des travailleurs du nucléaire, qu’ils soient originaires de Polynésie ou de métropole, tous victimes du mensonge d’État.

La pièce sera jouée les 18 et 20 janvier au Petit Théâtre, et le 26 janvier à Taravao. À noter qu’une représentation aura lieu en milieu carcéral le 23 janvier à la prison de Papeari et que cinq représentations scolaires sont également prévues.

Pratique :

Billets en vente chez Radio 1 à Fare Ute, dans les magasins Carrefour ou sur notre billetterie en ligne.

https://www.google.com/search?client=firefox-b&q=Fare+Ute

Jan 14

GREENPEACE FILM FESTIVAL : NUCLÉAIRE, L’IMPASSE FRANÇAISE

Gratuit et disponible sur votre ordinateur en cliquant sur : https://greenpeacefilmfestival.org/film/nucleaire-limpasse-francaise/   (jusqu’au 28 janvier)

Réalisé par Patrick Benquet et produit par Compagnie des Phares et Balises, France, 2018 (français, anglais, allemand ‐ 68 mn).

Depuis 50 ans, la France satisfait 75 % de ses besoins en électricité grâce à la filière nucléaire. Un cas unique au monde. Cette dépendance mène aujourd’hui l’entreprise publique EDF tout droit à la faillite. Le nouveau réacteur français, l’EPR, accumule les retards de livraison, en France (à Flamanville), comme en Finlande. Les coûts continuent de grimper et c’est en dizaine de milliards que se chiffrent aujourd’hui les dépenses de la France pour tenter de maîtriser cette technologie trop complexe. Alors pourquoi la France a-t-elle donné le feu vert à la construction de deux autres EPR en Grande-Bretagne, à Hinkley Point ? Et ce malgré de violentes oppositions au sein même d’EDF ? Alors que de plus en plus de pays sortent du nucléaire, qu’on ne sait toujours pas comment démanteler les centrales en fin de vie ni que faire des déchets radioactifs, et que le coût des énergies renouvelables ne cesse de baisser, la France est de plus en plus isolée dans ses choix pro-nucléaires. Des choix qui pèsent très lourds sur le budget de l’État et qui font prendre à la France un retard colossal sur sa nécessaire transition énergétique. Qui paiera la facture du nucléaire ? Un film écrit et réalisé par Patrick Benquet.

Le mot du réalisateur

Ceux qui défendent le nucléaire perçoivent le monde à travers une industrie dont ils refusent de reconnaître le déclin. La révolution des renouvelables en marche dans nos sociétés est vue comme une agression. Ils s’entêtent : le nucléaire produirait une électricité plus sûre et moins chère que toutes les autres formes d’énergie… Notre film souhaite démontrer que cet argument est non seulement faux mais qu’en outre il cache une réalité financière catastrophique : la facture que les générations futures vont avoir à payer à cause du nucléaire est colossale.   Chaque catastrophe nucléaire (Tchernobyl, Fukushima) en augmentant l’obligation de nouvelles mesures de sécurité, fait exploser les coûts et aboutit à la construction de prototypes comme l’EPR, hors de prix et technologiquement tellement compliqués que nombre d’ingénieurs disent aujourd’hui qu’il ne fonctionnera jamais.

Patrick Benquet

Pourquoi ce choix ?

Cette enquête complète tournée en France, en Chine, en Allemagne, en Grande-Bretagne et au Japon explique les enjeux de l’industrie nucléaire et les raisons pour lesquelles le gouvernement français refuse d’abandonner cette technologie, malgré les mises en garde de spécialistes. Les interventions de salariés d’EDF, témoins de l’intérieur, mettent en lumière une situation plus qu’alarmante et nous invitent à nous interroger sur l’avenir de cette industrie française.

Tous les films du Festival sur : https://greenpeacefilmfestival.org/edition/2019/?utm_medium=190114_PushInfo_newsletter_ttebase&utm_source=email&utm_campaign=Instit-Festival

COMMENT AGIR? Un exemple:

Acheter de l’électricité verte

Il vous est peut-être possible, dans votre région, de vous procurer de l’électricité verte. (NDLR: en quittant EDF, vous ne financerez plus le nucléaire)
L’avantage pour l’environnement est important, car l’électricité produite en brûlant des énergies fossiles émet beaucoup de gaz à effet de serre.
D’autre part, l’électricité produite par fusion nucléaire produit des déchets hautement toxiques.
Par contre, pour produire des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques, les émissions en CO2 sont relativement faibles. Pour les panneaux photovoltaïques par exemple, les émissions en CO2 à la production sont comblées par la production d’électricité après trois ans.

Pour vous aider à trouver un fournisseur d’électricité vraiment verte, Greenpeace a réalisé un guide des fournisseurs et vous explique comment changer de fournisseur en deux clics ! Découvrez le classement des fournisseurs. (https://www.guide-electricite-verte.fr/)

Info: Savoie antinucléaire est alimenté en électricité verte fournie par Énercoop.

Jan 14

GILETS JAUNES : LES ANTINUCLÉAIRES AUSSI !

Le soulèvement populaire contre les politiques de paupérisation conduites par les gouvernements successifs ne faiblit pas. L’entrée en lutte de personnes qui jusqu’à présent se tenaient hors du champ de l’expression et de l’action en représente une donnée essentielle. Le symbole du gilet jaune est un des outils que les antinucléaires portent depuis des années contre l’ordre oppressif atomiste. Logique donc de les retrouver au sein de la contestation.

Samedi 12 janvier, neuvième temps forts du refus de l’asservissement du peuple et du mépris des castes dirigeantes, a été marqué par plusieurs regroupements et manifestations dans le Vaucluse. À Avignon en matinée et à Carpentras en après-midi les antinucléaires  étaient présent.es et porteur.es de l’exigence de l’arrêt immédiat du nucléaire.

Bien loin de la propagande d’État relayée par les médias aux ordres du capital visant à criminaliser le soulèvement pour mieux asseoir sa répression et empêcher toute perspectives d’émancipation, la diversité des manifestant.es – tant dans leur composition sociale qu’en terme d’expérience de luttes – a révélé une dynamique nouvelle. Loin des aprioris et des pensées toutes prêtes à calquer sur une réalité en effervescence, les échanges comme la détermination révèlent l’expérimentation d’un mouvement se construisant au présent, créant de nouvelles solidarités et fraternités, se construisant au jour le jour, s’expérimentant lui-même.

Mais la violence institutionnelle d’État, sociale et culturelle, se traduit aussi depuis plusieurs semaines par des rafles préventives d’opposants, des gardé.es à vue, des déféré.es devant l’appareil judiciaire, des interdits de territoires par milliers à travers tout le pays. Elle se couple aussi à des bastonnades policières, des tirs de grenades, des coups et blessures engendrant des mutilations sévères parmi les manifestants : mains et pieds arrachés, brûlures sur les corps, yeux crevés, morts. L’appareillage de propagande est décuplé aussi par les forces économiques dominantes. Il faut faire peur. À ceux et celles qui restent chez eux comme à ceux et celles qui résistent et luttent sur le terrain.

Ces derniers mois et depuis plusieurs années, le pouvoir avait eu l’occasion de se faire la main contre les opposants au projet délirant de poubelle nucléaire à Bure (notes 1, 2, 3) contre les porteurs de vie émancipée à Notre-Dame des Landes, contre le opposants au barrage fou de Sivens, contre les antinucléaires traînés en justice sans que grand monde ne réagisse, contre les syndicalistes rebelles. À présent c’est à toute la société que le pouvoir des banques, des actionnaires, des militaristes nucléocrates s’en prend. Il a déclaré la guerre à l’espoir et à l’avenir.

Que les bien-pensants, les apeurés, les conservateurs de tous poils, les petits possesseurs étriqués de biens, les spectateurs de salons et juges de la pensée, les puristes de la révolution pré-formatée, les adeptes névrosés du sur-consumérisme, les obscurantistes du nucléaire ou les antinucléaires bon teint, les écologistes institutionnalisés se libèrent de leurs schémas réducteurs pour saisir à bras le corps la vie qui bouillonne et viennent, enfin, se parer de la couleur du soleil. Le nucléaire nous tue : tuons le nucléaire.

La forge bruisse de mille échos, la pulsion de vie renverse l’ordre des choses. On n’arrête pas l’éruption de la faim ni l’aspiration à la Liberté et à la Dignité.

J.R

(1) Atteinte d’État aux libertés fondamentales : défendons-nous ! Aujourd’hui Bure demain : vous (2 mars 2018)

(2) Macron la matraque : le gouvernement envoie 500 militaires contre les opposants à la poubelle nucléaire de Bure (22 février 2018)

(3) Rafles et perquisitions contre les antinucléaires : l’État réprime et monte une nouvelle affaire « Tarnac » pour tenter de briser toute résistance (24 juin 2018)

Article publié le 13 janvier sur: http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/01/13/Gilets-jaunes-%3A-les-antinucl%C3%A9aires-aussi

Jan 14

CORÉE DU SUD : CHEONG WA DAE CONFIRME SA DÉCISION DE NE PAS CONSTRUIRE DE NOUVEAUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES

SÉOUL, 14 jan. (Yonhap) — Le bureau présidentiel Cheong Wa Dae a rejeté un récent appel d’un député du parti au pouvoir de revoir sa décision de ne pas construire de nouvelles centrales nucléaires, en soulignant que la décision a été prise via des discussions publiques.

«Nous pensons que la question des centrales nucléaires a été finalisée via des discussions au sein du comité du débat public. Nous pensons donc que ce n’est pas le moment d’avoir des discussions supplémentaires sur la question», a dit Kim Eui-kyeom, le porte-parole de Cheong Wa Dae, lors d’un point de presse journalier.

Les remarques sont intervenues trois jours après que le député Song Young-gil du Parti démocrate (PD) a exprimé le besoin d’examiner la construction d’au moins deux nouveaux réacteurs, à savoir Shin Hanwool-3 et 4, pour remplacer de vieux réacteurs et des centrales thermiques lors d’une réunion avec des officiels et travailleurs du secteur de l’énergie nucléaire. Song est le directeur du Comité de coopération économique Nord.

Les projets pour les réacteurs Shin Hanwool-3 et 4 ont été supprimés, ainsi que ceux pour d’autres réacteurs, quand le comité a conclu en octobre 2017 que le pays ne devrait construire plus de centrales nucléaires, à l’exception des deux réacteurs nucléaires déjà en construction à l’époque.

Le débat public a été lancé en juillet 2017, près de deux mois après que le président Moon Jae-in a pris ses fonctions avec l’engagement de transformer la Corée du Sud en un pays sans énergie nucléaire.

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20190114001700884

Jan 14

LE CAMBODGE EST LE 70e ÉTAT À SIGNER LE TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Le 9 janvier, le Cambodge a été le premier pays à signer le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires cette année, le 70e de l’histoire. Le Traité entrera en vigueur lorsqu’il aura été signé et ratifié par au moins 50 États. Les ratifications sont actuellement au nombre de 19.

Tous les détails de la situation sont continuellement mis à jour sur le site Web de l’ICAN.

Dans un message distribué par Tim Wright, la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) a célébré la signature du Cambodge.

Tous les pays d’Asie du Sud-Est, à l’exception de Singapour, sont maintenant signataires du traité. La Thaïlande et le Vietnam ont déjà ratifié le traité, tandis que d’autres pays de la région devraient le faire cette année. Au cours des négociations du traité, le Cambodge s’est déclaré profondément préoccupé par les importantes « conséquences humanitaires de l’emploi des armes nucléaires » et a déclaré que leur élimination est « la seule garantie contre le recours ou la menace d’emploi de ces armes nucléaires ».

Par Redazione Italia le 13.01.2019

https://www.pressenza.com/fr/2019/01/le-cambodge-est-le-70e-etat-a-signer-le-traite-sur-linterdiction-des-armes-nucleaires/

Jan 14

L’IRAN SE PRÉPARE À COMMENCER LA PRODUCTION D’URANIUM ENRICHI À 20 %

TÉHÉRAN, 13 janvier (TAP) – Le directeur du nucléaire iranien a annoncé dimanche que la République islamique d’Iran avait pris des mesures préliminaires visant à enrichir de l’uranium à 20 %, dans le but de produire du combustible pour son réacteur nucléaire.

« Les premières mesures visant à produire du combustible moderne enrichi à 20 % ont été prises », a indiqué Ali Akbar Salehi, directeur de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran (OEAI), selon l’agence de presse Tasnim.

« Nous avons fait de tels progrès dans les sciences et l’industrie nucléaires que nous pouvons maintenant produire par nous-mêmes du combustible moderne, au lieu de recourir à la rétro-ingénierie ou d’utiliser les techniques des autres. C’est un grand accomplissement pour notre pays », a-t-il déclaré.

Le réacteur nucléaire iranien consommait auparavant du combustible d’ancienne génération. L’usage de combustible moderne permettra d’améliorer son rendement, a ajouté M. Salehi.

Dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances mondiales, la République islamique avait accepté de suspendre ses activités d’enrichissement de l’uranium à 20 %, pour se limiter à de l’uranium enrichi à 3,5 %.

Au mois de mai dernier, les États-Unis se sont cependant retirés de cet accord phare, et ont remis en vigueur leurs sanctions contre l’Iran. Fin

INTER/X/ZIN

Publié le 13/01/2019 à 20h03

https://www.tap.info.tn/fr/portail-barre-news/11014580-l-iran-se-pr%C3%A9pare-%C3%A0

Jan 13

24 JANVIER À VALENCE : CONFÉRENCE DE PRESSE POUR L’ABROGATION DU TRAITÉ EURATOM

Conférence de presse avec Michèle Rivasi, Christine Hasse de « Réaction en chaine humaine » et Roland Desbordes de la « CRIIRAD » le jeudi 24 janvier à 19h30 à la Maison des syndicats à Valence

NOUS DEMANDONS L’ABOLITION DU TRAITÉ EURATOM

Pour en finir avec un régime d’exception, qui favorise l’énergie nucléaire et freine le développement des énergies renouvelable

La communauté EURopéenne de l’énergie ATOMique, dite EURATOM, a été institué par un traité signé en 1957 par les six pays membres de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA). Fixée à l’article 1, sa mission est très claire : promouvoir le développement de l’énergie nucléaire en Europe.

La CECA a été dissoute en 2002 et intégrée à la Communauté Européenne mais, 60 ans après sa création, le traité EURATOM continue d’exister en dehors de l’Union Européenne. Maintenir un tel passe-droit au profit de l’énergie nucléaire est aussi anachronique qu’anormal.

Alors qu’EURATOM est chargé de développer en Europe des industries nucléaires puissantes, c’est ce traité qui définit les normes de protection contre les dangers de la radioactivité. Le conflit d’intérêt est criant, au détriment de la protection des populations.

EURATOM constitue également un obstacle majeur au développement des énergies renouvelables : en drainant un volume considérable d’aides financières, son existence restreint les investissements nécessaires aux solutions d’avenir que les citoyens européens plébiscitent et qui préservent les générations futures.

Sur ce constat, nous vous demandons, Mr le Président de la République, d’intervenir en tant que membre de la Commission EURATOM, pour que cette instance se réunisse dès 2019 afin de préparer la résiliation du traité instituant la Communauté Européenne de l’Énergie Atomique EURATOM. 

SIGNEZ MAINTENANT LA PÉTITION SUR :

http://abrogationeuratom.wesign.it/fr

Plus d’informations:

http://chainehumaine.fr/communique-lancement-officiel-de-la-campagne-pour-labrogation-du-traite-euratom

Jan 13

L’IRAN DÉMENT SON RETRAIT DE L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE

TÉHÉRAN, 13 janvier (Xinhua) — Le ministère iranien des Affaires étrangères a démenti que son pays songeait à se retirer de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, a rapporté dimanche l’agence de presse Tasnim.

Bahram Qasemi, porte-parole du ministère, a démenti fermement les récentes « rumeurs » circulant dans son pays sur ce projet de retrait, le qualifiant de « faux« .

Il semble que certains groupes veulent « systématiquement » créer une confusion mentale dans la société et perturber les marchés en faveur des profiteurs, a-t-il dénoncé.

« Ils essaient de répandre des nouvelles biaisées et fausses afin de créer une atmosphère psychologique négative sur les marchés« , a poursuivi M. Qasemi, ajoutant que toute décision sur l’accord de Vienne sera prise dans le cadre des responsabilités du Conseil suprême de sécurité nationale.

Il a également nié tout désaccord existant entre Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères, et le président Hassan Rohani concernant des questions politiques.

Le porte-parole a écarté l’idée que M. Zarif allait démissionner ou qu’il était en désaccord avec le gouvernement, affirmant que « certains éléments à l’intérieur du pays répandent follement de fausses nouvelles pour affaiblir le ministère des Affaires étrangères et ses personnels qui travaillent dur« .

L’Iran a souligné plusieurs fois qu’il respecterait l’accord de Vienne aussi longtemps que celui-ci servira ses intérêts.

French.xinhuanet.com | Publié le 2019-01-13

http://french.xinhuanet.com/2019-01/13/c_137740766.htm

Jan 13

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY : SOMMES-NOUS EXPOSÉS?

Vieille de 40 ans, la centrale nucléaire du Bugey présente aujourd’hui un risque probable d’accidents sur ses réacteurs. Située à moins de 80km de nos territoires, quels seraient les risques pour nos populations en cas de problème

Un Tchernobyl numéro 2 en France ? On pourrait croire à un scénario de film catastrophe, pourtant l’accident nucléaire n’est pas impossible pour la centrale du Bugey. Depuis longtemps décriée par les partisans du sortir du nucléaire, la centrale du Bugey se fait vieille, très vieille… Après la fermeture de la centrale de Fessenheim, celle du Bugey deviendrait la plus vieille de France. En 2018, les réacteurs nucléaires Bugey 2 et 3 accumulent 40 ans de fonctionnement et en 2019, ce sera le tour des réacteurs Bugey 4 et 5. « Et alors que ces réacteurs présentent des signes de fatigue manifestes, EDF veut en prolonger le fonctionnement jusqu’à 50 ou 60 ans ! » dénonce l’association « Sortir du nucléaire Bugey ».

Un risque de plus en plus probable

« Les récentes fraudes sur la qualité des pièces forgées par Creusot Forges et le japonais JCFC, ont montré que la sûreté nucléaire n’était qu’un mythe. » Les réacteurs du Bugey totalisent un nombre impressionnant d’irrégularités (58, 94, 66, 46 pour les quatre réacteurs) et du tritium radioactif est régulièrement rejeté dans la nappe alluviale du Rhône à cause de dysfonctionnements… « Toutes ces malfaçons et anomalies sont tolérées par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui s’insurge de l’état des réacteurs mais autorise leur fonctionnement. À la vétusté des installations et aux défaillances internes à la centrale s’ajoutent des risques externes (séisme, inondation, crash d’avion, acte terroriste), qui pourraient provoquer une catastrophe aussi grave sinon pire que celle de Fukushima. »

Mais aujourd’hui quels sont les risques ? « Un accident sur un réacteur de la centrale nucléaire du Bugey est de plus en plus probable et serait une très grave catastrophe pour la région lyonnaise et même au-delà. La Suisse proche serait aussi touchée.» Une réalité qui a poussé le canton de Genève à réagir juridiquement (voir ci-dessous). Il faudrait alors être bien naïf pour croire que le Pays de Gex serait épargné…

Quelles conséquences dans le Pays de Gex ?

« S’il y a un accident grave, avec une perte de contrôle du réacteur, on peut imaginer que les habitants du Pays de Gex seraient suffisamment loin pour ne pas être évacués, anticipe Joël Guerry, membre de la coordination Stop Bugey. Mais selon les conditions météorologiques du jour de l’accident, le risque est de vivre dans un environnement touché par la radioactivité. Il est certain que les Gessiens subiront un impact. »

Dans ce contexte, la Coordination Stop Bugey a rédigé une lettre ouverte motivant la demande de mise à l’arrêt définitif des quatre réacteurs et l’a envoyée au ministre de la Transition Écologique et Solidaire. Une pétition est également en ligne. Pour le moment aucune de ces actions n’a été suivie de réponses de la part d’EDF ou du gouvernement…

Coralie Dhénein

La pétition :

– Les groupes de la Coordination Stop Bugey ont organisé une pétition, l’ont mise en ligne sur le site de Cyberacteurs et la proposent également à la signature en version papier.

Le 5 décembre 2018, ils ont remis au Ministre de la transition écologique et solidaire, un acompte de 10 221 signatures, dont 6 201 sur Cyberacteurs et 4 020 sur papier.

– Tant qu’aucune décision n’est prise pour la mise à l’arrêt définitif des quatre réacteurs du Bugey, ils invitent chacune et chacun à signer et faire signer la pétition en ligne sur le site Cyberacteurs : https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/enfiniraveclesreacteursnucleairesde-2054.html

Genève dépose une nouvelle plainte contre X concernant la centrale du Bugey

Au mois de décembre 2018, le Conseil d’État et la Ville de Genève ont déposé conjointement une nouvelle plainte pénale contre x avec constitution de partie civile concernant la centrale nucléaire du Bugey.

« Ces nouvelles démarches s’inscrivent à la suite des actions constantes menées par les autorités genevoises contre cette centrale nucléaire, située à 80 kilomètres du canton à vol d’oiseau, en application de l’article 169 de la constitution de la République et canton de Genève. » annonce le canton de Genève.

Cette plainte fait suite à une plainte pénale déposée le 2 mars 2016. En juillet 2017, le parquet du Tribunal de grande instance de Paris avait décidé de ne pas donner suite à cette première démarche pénale, considérant que les faits étaient insuffisamment caractérisés.

Depuis plusieurs années le Conseil d’État et la Ville de Genève estiment que la centrale du Bugey, l’une des plus anciennes du parc nucléaire français, représente un risque majeur pour la sécurité et la santé de la population ainsi que pour l’environnement.

Sur la base notamment d’une expertise, la plainte fait valoir les fragilités d’éléments essentiels de la centrale, ses faiblesses de conception, les risques liés à son site d’implantation (risques sismiques, d’inondation, proximité d’un aéroport), des fuites de tritium à répétition, ainsi que la multiplication d’incidents.

La Tribune Républicaine   (11/1/2019)

http://www.latribunerepublicaine.fr/a-la-une-la-tribune-republicaine/centrale-nucleaire-du-bugeysommes-nous-exposes-ia921b0n210161#*

Jan 12

LE PROJET DE BLANCHISSERIE NUCLÉAIRE À SUZANNECOURT SUSCITE ÉMOI ET INDIGNATION

En Haute-Marne, le projet d’implantation d’une laverie nucléaire à Suzannecourt fait polémique.

À Saint Dizier, une réunion publique a rassemblé les opposants au projet. De nombreuses questions restent en suspens et notamment les risques de contamination des eaux de la Marne et du Der.

Un terrain vague, à quelques centaines de mètres des habitations. C’est sur ce lieu que pourrait s’installer une blanchisserie nucléaire. Entendez par là, un immense bâtiment, servant à laver les combinaisons utilisées par les employés du nucléaire.

Principale inquiétude : le risque de pollution de la marne et du lac de la der, situés à quelques dizaines de kilomètres.

Une association de riverains s’est créée pour tenter de comprendre, poser toutes les questions. Pour l’heure, tous sont très inquiets de cette implantation à venir.
L’opposition au projet est grandissante.

À terme, près de 1500 tonnes de linge pourraient être décontaminées chaque année sur le site de Suzannecourt. Un projet soutenu par la commune et qui permettrait de créer 40 emplois.

À Saint-Dizier, ce vendredi 11 janvier, une conférence sur la place du nucléaire dans le département était organisée. 130 personnes sont venues y assister avec dans l’assistance plusieurs élus opposés au projet. Certains dénoncent un risque pour le tourisme au Lac du Der. Mais également, un manque de communication, voire « une omerta », disent-ils, autour de ce projet.

Contacté, le maire de Suzannecourt n’a pas souhaité répondre à nos questions, estimant qu’il était trop tôt pour communiquer sur le sujet.

Par I.F avec A. Hébert, p

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/projet-blanchisserie-nucleaire-suzannecourt-suscite-emoi-indignation-1605977.html

Jan 12

GRAND DÉBAT DE MACRON : SOUVENIRS D’UN DÉBAT CITOYEN DE LA CNDP…(CIGÉO 2013)

Le président Macron va donc lancer, sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public (mais pas de sa présidente) le « Grand Débat » qui va permettre aux  français de s’exprimer, et à n’en pas douter qui va changer la face de la France. Cela, c’est le discours. Je me souviens d’un grand débat citoyen de la CNDP, sur le projet CIGÉO, le centre d’enfouissement de déchets nucléaires à  Bure. C’était en 2013. Ce débat citoyen suivait un débat national avec réunions publiques ratées, débats sur internet (j’en faisais partie) de mai à  décembre 2013.

Il y a eu un comité de pilotage (j’en faisais aussi partie), avec, à parité, six scientifiques pro(s) et anti(s), ainsi que des sociologues. Et cela s’est passé au mieux : il a fallu commencer par définir un panel de 17 citoyens profanes,  parmi une soixantaine de volontaires, histoire de pouvoir éliminer les biais, les choix à priori… Et puis, ces citoyens ont eu droit à deux week-ends intenses de formation contradictoire, avec des intervenants choisis par le comité de pilotage. S’en est suivi un week-end d’auditions établi par le panel de citoyens lui-même. Inutile de préciser que le comité de pilotage n’a jamais rencontré le panel de citoyens.

De la première réunion du comité de pilotage au rendu de l’avis citoyen, il s’est écoulé environ cinq ou six mois. Il faut préciser que le débat sur CIGÉO , au total, aura duré de mai 2013 à février 2014…La conclusion principale du débat citoyen a été la suivante : « Nous considérons qu’il faut un temps supplémentaire et que le calendrier actuel des autorisations officielles prévu par l’Andra ne nous paraît pas réaliste sans une phase d’expérience grandeur nature ».

Les promoteurs du projet CIGÉO avaient deux mois pour répondre ce qu’ils n’ont évidemment pas fait. Et il faut bien reconnaître que les médias ont été bien silencieux sur cet avis citoyen.

Mais ce dont il faut se souvenir, c’est qu’en décembre 2014 est discutée ce qui deviendra en aout 2015 la « loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques« , autrement dit la loi Macron, du nom du ministre de l’économie de l’époque. Et qu’au détour des 308 articles se trouvait un cavalier législatif donnant son feu vert au projet CIGÉO. Cavalier heureusement retoqué par le Conseil Constitutionnel…

Alors, que peut–on réellement attendre du débat lancé dans la plus parfaite opacité par le Président? Que peut-on attendre d’un président qui lorsqu’il était ministre s’est aussi complaisamment assis sur les conclusions d’un débat citoyen ?

Rien. Tout simplement.

https://blogs.mediapart.fr/jean-marie-brom/blog/110119/grand-debat-de-macron-souvenirs-dun-debat-citoyen-de-la-cndp

Jan 12

POUR L’IRAN, L’UE A CAPITULÉ! SON RETRAIT DE L’ACCORD NUCLÉAIRE EST POSSIBLE

L’Europe a fini par plier, et lamentablement. Alors qu’elle promet depuis des mois de mettre en place un « mécanisme » censé assurer ses propres intérêts, quitte à contrer les sanctions extraterritoriales US, l’UE devient elle-même, comble d’ironie, adeptes des sanctions.

Sous prétexte infiniment ridicule d’un projet d’attentat contre un groupuscule (Organisation des Moudjahidine du peuple, OMK, NDLR), lui-même auteur des centaines de meurtres et d’assassinat de ressortissants iraniens et irakiens, l’UE sanctionne le ministère iranien du Renseignement.
C’est ce même ministère qui, rappelons-le, a joué un rôle de premier plan dans la guerre contre Daech et dont l’activité permet de contrer les tentatives d’infiltrations terroristes contre les frontières iraniennes.

Comment expliquer autant de contradictions dans la démarche de l’Europe? L’UE s’est une nouvelle fois alignée sur la politique américaine en sacrifiant ses propres intérêts. À Téhéran, on affirme désormais que l’Europe s’est trahie et qu’elle n’est plus digne de confiance. Le retrait iranien de l’accord nucléaire est désormais une option parfaitement tenable désormais.

Lors d’un point de presse, mercredi 9 janvier, à Paris, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a déclaré que les nouvelles sanctions imposées par l’Union Européenne (UE) à la République islamique d’Iran, « n’affectent pas le fonctionnement des représentations diplomatiques iraniennes » dans les pays de l’UE.

Interrogée par un journaliste sur les conséquences juridiques que ces sanctions pourraient avoir sur les flux financiers des ambassades iraniennes, Agnès von der Mühll a prétendu que les sanctions approuvées par le Conseil de l’Europe étaient constituées de « mesures ciblées et proportionnées » contre une entité étatique et deux ressortissants iraniens accusés d’être impliqués dans la « préparation d’un projet d’attentat » en France.

« Ces mesures n’affectent pas le fonctionnement des représentations diplomatiques iraniennes, dont les biens, y compris leurs comptes bancaires, bénéficient en vertu du droit international d’une immunité s’opposant en principe à ce qu’ils fassent l’objet de mesures d’exécution », a-t-elle précisé en essayant de temporiser.

Est-ce suffisant?

Sur la foi des documents fournis par le Mossad, la France a accusé l’Iran d’avoir projeté un projet d’attentat contre le rassemblement des terroristes de l’OMK à Villepinte en juin dernier et a décidé de rabaisser le niveau de ses relations diplomatiques avec l’Iran.

Sans présenter aucune preuve, le Danemark lui a emboîté le pas et a accusé, fin octobre, « de soi-disant éléments affiliés à l’Iran » d’implication dans un attentat contre un individu sur son territoire.

Cette vague anti-iranienne s’est abattue sur l’Europe alors que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a explicitement reconnu le rôle d’Israël dans ces accusations. Il a prétendu qu’Israël avait récemment révélé des efforts iraniens pour commettre des actes terroristes sur le territoire européen.

Réaction iranienne

Le ministre iranien des Affaires étrangères a réagi à l’adoption de nouvelles sanctions par l’UE contre l’Iran. C’est en ces termes que Mohammad Javad Zarif a répondu sur sa page Twitter :

« Les Européens, y compris le Danemark, les Pays-Bas et la France, accueillent sur leurs territoires les OMK [Moudjahidines du Peuple, connus en Iran sous le nom des Monaféghines, qui veut dire les hypocrites] qui ont tué 12.000 Iraniens et contribué aux crimes perpétrés par le régime de Saddam Hussein contre les Kurdes irakiens, ainsi que d’autres terroristes qui organisent le meurtre d’Iraniens innocents en Europe. En accusant l’Iran, l’Europe ne pourra pas se déresponsabiliser face aux terroristes à qui elle a octroyé le droit d’asile. »

Alors que la France et l’UE prennent fait et cause pour un groupuscule qu’elles avaient placé elles-mêmes sur leur liste noire jusqu’en 2009, le journal néerlandais De telegraaf vient de publier sur Twitter une vidéo de l’attaque du mercredi 9 janvier contre l’ambassade de la République islamique d’Iran à La Haye. Les images donnent la mesure du phénomène qu’est le soutien explicite de l’Europe à une milice, armée et déterminée à tuer. La vidéo montre un groupe d’une dizaine d’individus attaquer les locaux de l’ambassade. Plusieurs d’entre eux sont montés sur la clôture. D’autres ont jeté des objets sur le bâtiment. La police a arrêté quatre des manifestants, selon le journal.

La vidéo montre aussi les assaillants en train d’attaquer les agents de police. Les assaillants portaient un drapeau qui semblerait être celui du groupuscule terroriste Al-Ahwaziya soutenu par l’Arabie Saoudite.

Quelques heures plus tard, un journaliste de The Daily Telegraph, Raf Sanchez, a confirmé que les assaillants étaient membres de ce groupuscule terroriste, responsable d’un attentat meurtrier faisant 25 victimes à Ahwaz (sud-ouest de l’Iran) le 22 septembre 2018.

Source: Parstoday.

Publié le 11 janvier 2019

https://french.almanar.com.lb/1209914

Jan 12

L’INDE PORTE UN COUP INATTENDU À L’ÉCONOMIE AMÉRICAINE

L’Inde appliquera une taxe de 30% sur les produits agricoles US à compter du 31 janvier. La mesure portera sur 857 millions de dollars de produits, soit plus d’un tiers des importations agricoles en provenance des USA. Pourquoi les autorités indiennes ont-elles pris une telle décision et pourquoi les experts y perçoivent-ils une «trace chinoise»?

L’année des cheveux gris

Bien que la Chine reste le front principal de la guerre commerciale menée par Washington, Donald Trump a déjà réussi à irriter sérieusement le Premier ministre indien Narendra Modi.

Tout a commencé en mars 2018 quand Donald Trump a annoncé des taxes de 10% sur l’aluminium et de 25% sur l’acier, ce qui a affecté le secteur métallurgique de la Russie, de la Chine, de l’UE, du Japon et d’autres pays tels que l’Inde.

Cette dernière a également souffert à cause de sa coopération militaro-technique avec Moscou. En avril, la Maison-Blanche a inscrit l’agence russe Rosoboronexport sur la liste des sanctions dans le cadre de la loi «sur la lutte contre les adversaires de l’Amérique par les sanctions» (CAATSA), et les banques indiennes ont été contraintes de geler une tranche de 2 milliards de dollars prévue pour payer les réparations du sous-marin nucléaire Chakra (projet 971 Chtchouka-B) loué à la Russie. Dans le cas contraire, elles risquaient d’être privées de la possibilité d’effectuer des opérations en dollars.

Début mai, le chef de l’État américain a annoncé le retrait de l’accord nucléaire avec l’Iran et a promis de rétablir les sanctions contre Téhéran et tous ceux qui coopéreraient avec les autorités iraniennes. Cela s’adressait notamment à la Chine et à l’Inde — les deux principaux acheteurs de pétrole iranien.

Toutefois, le locataire de la Maison-Blanche a accordé à Pékin et à New Delhi un délai de 180 jours pour trouver de nouveaux fournisseurs. Selon le département d’État américain, les paiements devaient transiter par un compte fiduciaire spécial ouvert par le pays acheteur, et les fonds transférés ne pouvaient être utilisés par l’Iran que pour se procurer des produits humanitaires dont l’achat était autorisé par Washington.

Donald Trump n’a pas accepté d’accorder ce délai par bonté de cœur, mais après des négociations qui avaient duré six mois. C’est ce qu’a déclaré début novembre une source du ministère des Affaires étrangères de l’Inde.

La vengeance est un plat qui se mange froid

De par l’ampleur de son économie, l’Inde ne peut pas répondre symétriquement aux taxes américaines et entrer en confrontation ouverte avec Washington comme le fait la Chine (selon la Banque mondiale, le PIB de l’Inde s’élevait en 2017 à 2.600 milliards de dollars, et celui de la Chine à 12.200 milliards de dollars).

Mais face à l’agressivité de Washington, pour la première fois depuis longtemps, Pékin et New Delhi sont passés d’une confrontation économique aux mesures coordonnées contre la pression américaine — même si au fond l’Inde et la Chine sont des rivaux stratégiques en Asie-Pacifique.

Suivez les gestes

Pendant ce temps, New Delhi et Téhéran sont convenus de renoncer au dollar dans les achats de pétrole pour passer aux roupies à partir de janvier. C’est ce qu’a annoncé à l’agence Reuters le directeur exécutif de la banque publique indienne UCO Charan Singh.

Plus tôt, un accord similaire avait été conclu avec la Russie. Début novembre, le vice-premier ministre russe Iouri Borissov avait annoncé que l’Inde paierait les systèmes antimissiles russes S-400 en roubles. À terme, il est prévu d’élargir les échanges en monnaies nationales aux produits civils.

En pratique, cela signifie que l’Inde ne dépend plus de la monnaie américaine pour échanger les principaux produits de son commerce extérieur.

Le 21 décembre, les chefs de diplomatie de l’Inde et de la Chine Sushma Swaraj et Wang Yi se sont rencontrés à New Delhi. Les médias en ont peu parlé, mais ce n’est certainement pas une coïncidence si deux semaines plus tard l’Inde a annoncé de nouvelles taxes sur les pommes, les amandes, les noix, les lentilles et les pois chiches américains. Sachant que New Delhi a averti qu’à terme les restrictions pourraient s’étendre à plusieurs produits d’acier et de fer, l’acide borique, ainsi que les pièces pour les tuyaux et les motos.

L’automne dernier, Pékin avait également décrété des taxes de 25% sur des produits agricoles américains. Cela avait sérieusement affecté les fermiers fournissant du blé, du maïs, des produits laitiers et du porc à la Chine. Le plus touché a été le marché du soja, dont les exportations en Chine ont chuté de 98%, ce qui a provoqué une crise de surproduction (le soja représentait près de 60% de toutes les fournitures agricoles américaines en Chine).

Il n’y avait tout simplement pas de place pour le stocker. Même quand le prix de location des entrepôts a grimpé de 40% par rapport à l’année précédente, ils se sont tous remplis de soja dont personne n’avait besoin. Il ne restait plus aux fermiers qu’à détruire les récoltes en les enterrant.

À présent, la même perspective peu réjouissante se profile à cause des taxes indiennes, alors même que les États agricoles constituaient l’appui électoral principal de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016. En 2020, il ne pourra manifestement plus compter sur leur soutien.

Afin de remédier à la situation, la Maison-Blanche a mis en place un programme d’aide aux fermiers à hauteur de 15 milliards de dollars. Mais suite aux litiges avec le président au sujet de la construction du mur à la frontière mexicaine, les sénateurs ont refusé de valider le budget 2019 et à présent toutes les dépenses publiques sont gelées pour une durée indéterminée. Y compris le programme de soutien aux fermiers.

Il est évident que ce n’est pas par hasard que l’Inde et la Chine se sont rapprochées l’an dernier en organisant plusieurs réunions (hormis celle du 21 décembre à New Delhi) après de nombreuses années d’hostilité et de litiges territoriaux.

Désormais, les deux plus grandes puissances économiques de l’Asie-Pacifique, qui représentent près de 20% des importations et 12% des exportations des USA, affrontent Washington en tandem. Cette année, il ne sera donc certainement pas plus facile pour Donald Trump d’améliorer la balance du commerce extérieur.

https://fr.sputniknews.com/international/201901111039603382-inde-usa-taxe-produits-agricoles/

Jan 12

NUCLÉAIRE IRANIEN: WASHINGTON «FRAPPÉ D’HYSTÉRIE», DIT TÉHÉRAN

L’Iran a estimé vendredi que les États-Unis étaient « frappés d’hystérie » en raison de leur incapacité à trouver une alternative à l’accord sur le nucléaire iranien dont Washington s’est retiré en 2018.

Washington « s’est retiré d’un accord complet et légitime obtenu grâce à la négociation, et est désormais frappé d’hystérie chronique parce qu’il ne parvient pas à trouver une alternative », a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi, sur son compte Telegram.

Sous l’impulsion du président américain Donald Trump, les États-Unis se sont retirés en mai 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et ont rétabli une série de sanctions économiques contre Téhéran.

Les propos de M. Ghassemi constituent la première réaction iranienne à un appel à l’unité contre Téhéran lancé jeudi aux alliés des États-Unis par le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, en tournée au Moyen-Orient.

Lors d’une visite en Égypte, le chef de la diplomatie américaine a plaidé en faveur d’une « Alliance stratégique du Moyen-Orient », sorte d’OTAN arabe que Washington veut créer pour contrer l’Iran, une de ses bêtes noires.

« Il est temps de dépasser les vieilles rivalités, pour le bien de la région », a dit le secrétaire d’État.

Il a également assuré que Washington continuerait d’œuvrer « par la diplomatie » pour « chasser » les Iraniens de Syrie, même après le retrait des soldats américains de ce pays, annoncé en décembre par M. Trump.

Selon M. Ghassemi, le projet de M. Pompeo est « une voie dans laquelle l’Amérique n’a rien à gagner » et prouve que l’actuelle administration américaine est l’ennemi de l’Iran et de son peuple.

Agence France-Presse Téhéran, publié le 11 janvier 2019 à 12h36

Photo Reuters Photographer, archives REUTERS : Des missiles ont été exposés devant un portrait du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le 27 septembre 2017 au square Baharestan de Téhéran.

https://www.lapresse.ca/international/dossiers/nucleaire-iranien/201901/11/01-5210727-nucleaire-iranien-washington-frappe-dhysterie-dit-teheran.php

Jan 12

L’ACCÈS RÉGULÉ À L’ÉLECTRICITÉ NUCLÉAIRE HISTORIQUE (ARENH) … ET SA SUITE

Comment introduire de la concurrence dans le nucléaire, un domaine stratégiquement et politiquement sensible? Une réponse est celle de l’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique (ARENH) mais elle soulève quelques problèmes.

Pour la première fois depuis sa création par la loi NOME en 2010, le dispositif donnant aux fournisseurs d’électricité un accès à l’énergie produite par les centrales nucléaires d’EDF atteint son plafond légal de 100 térawattheures annuels pour 2019. Cette demande record laisse augurer de fortes tensions sur les marchés de gros de l’électricité.

Accès aux capacités de production

Comment introduire de la concurrence dans une industrie dominée par un opérateur historique? La réponse radicale consiste à découper le dit opérateur en morceaux qui seront vendus à des exploitants indépendants. Deux exemples emblématiques en sont la Standard Oil (1911) pour l’industrie pétrolière et AT&T (1983) pour le téléphone. Mais lorsque l’opérateur historique utilise une technologie considérée comme sensible pour la sécurité nationale, la solution du découpage n’est pas politiquement acceptable. C’est le cas des centrales nucléaires détenues par EDF. Il est difficilement envisageable d’éparpiller la propriété de tels actifs. Mais on peut en partager le flux de production. Cette solution fut retenue par la Commission européenne en février 2001 quand elle autorisa la prise de contrôle par EDF de l’opérateur allemand EnBW, à condition que EDF mette en vente une partie de sa production d’électricité sur le marché de gros français pendant une durée minimale de 5 ans sous la forme de droits de tirage dont le prix d’exercice reflétait le coût variable de ses centrales.[1] Ce dispositif de mise à disposition d’électricité dans le but d’atténuer les effets de la concentration des marchés a été jugé encourageant par la Commission européenne.[2] Il est donc logique que la Commission Champsaur chargée par le gouvernement français en 2008 de proposer des solutions pour aller plus avant dans la libéralisation du marché de l’électricité ait avancé l’idée de l’Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique (ARENH), dispositif instauré par la loi NOME en 2010.[3]

Le mécanisme de l’ARENH

Aux termes de la loi, depuis le 1er juillet 2011 et jusqu’au 31 décembre 2025, les fournisseurs concurrents d’EDF peuvent acquérir de l’électricité produite par les centrales nucléaires d’EDF situées sur le territoire national et mises en service avant le 8 décembre 2010 (c’est le H de l’ARENH). Le total des volumes d’ARENH vendus annuellement ne doit pas excéder 100 TWh (hors fourniture des pertes aux gestionnaires de réseau), soit environ 25% de la production du parc nucléaire historique. Les quantités souscrites sont assises sur les prévisions, faites par les fournisseurs, de la consommation de leurs clients résidant en France pour l’année qui suit. Ce dispositif est aussi verrouillé du côté du prix puisque tous les souscripteurs paient leurs achats à un tarif régulé, aujourd’hui 42 euros/MWh. L’objectif est donc de mettre tous les fournisseurs sur un pied d’égalité avec EDF quand ils achètent de l’énergie électrique en gros pour la revendre au détail.

Risques d’arbitrage

Les règles communes qui régissent les échanges au sein de l’Union européenne donnent le droit d’y commercer librement. Il y a donc un risque de voir les volumes souscrits au titre de l’ARENH détournés vers d’autres usages que la vente aux consommateurs figurant dans le portefeuille des acquéreurs. Pour éviter les comportements opportunistes et limiter les erreurs de prévision, les textes dérogent au droit commun en instaurant des pénalités, deux compléments de prix calculés sur la base des prix observés sur les marchés de gros. Le premier complément régularise l’écart constaté par rapport au prix de marché en cas de revente de volumes d’ARENH sur le marché de gros. Il est restitué à EDF puisque ce détournement d’usage est contraire à l’esprit même du mécanisme de régulation. Le second constitue une pénalité contractuelle en cas de demande excessive d’un fournisseur. Il est ventilé entre les souscripteurs. Nous y revenons plus loin.

Ces deux compléments sont supposés neutraliser erreurs et opportunisme de la part des fournisseurs. Mais il reste de la place pour des choix stratégiques puisque pour la seconde pénalité une marge d’erreur de 10% est tolérée. Par ailleurs, il n’est pas impossible que le fournisseur pénalisé répercute le complément de prix sur la facture de certains de ses clients, une façon de partager les risques.

Évolution des souscriptions

Le tableau ci-dessous donne l’évolution des demandes d’ARENH (en TWh) depuis l’ouverture du dispositif.[4]

L’effondrement de 2015 et 2016 s’explique par la chute des prix sur les bourses de l’électricité où les fournisseurs ont pu faire leurs emplettes à un prix très inférieur à 42 euros. Depuis 2017, les souscriptions d’ARENH sont reparties à la hausse en même temps que la remontée des prix sur les marchés de gros. Pour l’année 2019, la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) dit avoir reçu un total de demande de 132,93 TWh (communiqué du 29 novembre 2018). Puisque le plafond législatif fixe à 100 TWh par an la quantité à céder, la CRE les a répartis au prorata des demandes de souscription.

Cette répartition de la pénurie est tout sauf efficace. En effet, on peut s’attendre à ce que les fournisseurs intègrent la règle de rationnement proportionnel dans leurs demandes futures et donc gonflent leurs souscriptions dès lors qu’ils anticipent des hausses de prix sur les autres sources d’approvisionnement. L’allocation des droits de tirage pourrait être améliorée en organisant un système à deux tours tel que :

  1. rien n’est changé si la demande totale n’atteint pas le plafond des 100 TWh, sinon
  2. la CRE organise une enchère permettant de révéler la disposition à payer des souscripteurs, l’excédent de recettes ainsi généré étant affecté au gré du législateur.

Considérons l’exemple suivant emprunté au rapport 2018 de la CRE: deux fournisseurs, A et B, ont un portefeuille de clients donnant à chacun un droit théorique de 60TWh. S’ils souscrivent « honnêtement » à l’ARENH, comme la somme de leurs demandes dépasse 100TWh, ils sont rationnés au prorata de leur demande et chacun reçoit donc 100*(60/(60+60))=50TWh. Mais si A anticipe ce rationnement alors que B s’en tient à sa politique de vérité, en annonçant un besoin de 90TWh le fournisseur A obtient 100*(90/(90+60))=60TWh, ce qui ne laisse que 40TWh à B. Comme la quantité reçue par A correspond bien à son droit théorique, il n’encourt aucune pénalité (pas de dépassement de 10%) et B se trouve lésé. Du moins, c’est le point de vue de la CRE qui cherche un mécanisme permettant de rétablir B dans ses droits. En fait, tant qu’on ignore combien sont prêts à payer les deux protagonistes, il est impossible de savoir si leur comportement est bon ou mauvais en termes d’efficacité économique. Si par exemple A compte vendre à ses clients à un prix de 44 euros/MWh (hors transport et taxes) et B au prix de 43 euros, il est efficace de rationner B et de satisfaire l’intégralité de la demande de A. Un tour d’enchère dans lequel les candidats annonceraient la quantité maximale qu’ils demandent et le prix qu’ils sont prêts à consentir mettrait ce mécanisme en œuvre. Le prix d’équilibre concurrentiel de l’ARENH s’établirait autour de 43 euros, à l’intersection de la demande agrégée décroissante par paliers et de l’offre fixe de 100TWh. Avec cette allocation, toute différence entre le prix d’équilibre et les 42 euros réglementaires constitue un bénéfice substantiel puisqu’il faut la multiplier par 100 millions de mégawattheures. Gageons que les pouvoirs publics ne manqueraient pas d’idées pour l’utiliser.

Un innovateur institutionnel attend toujours beaucoup de ses créations. En faisant de l’ARENH un dispositif limité et transitoire, le législateur pensait inciter les fournisseurs alternatifs à se procurer des moyens d’approvisionnement en complément de la production sortant des centrales nucléaires installées. Les faits montrent qu’il n’en est rien. De façon opportuniste, les fournisseurs profitent de cette manne sans qu’on observe de grands projets d’investissement en actifs de production, en dehors des énergies renouvelables subventionnées. Peut-être à l’approche de l’échéance de 2025 verra-t-on se développer cette forme douce d’investissement que sont les contrats d’approvisionnement liant EDF et les fournisseurs qui ne détiennent pas d’actifs de production.

[1] Ce système était identifié sous le terme de Virtual Power Plants (VPP); voir http://www.ausubel.com/auction-papers/ausubel-cramton-vpp-auctions.pdf. Aujourd’hui on parle plutôt de VPP pour désigner l’agrégation de petites centrales hétérogènes gérées par un opérateur unique.

[2] « Energy sector competition inquiry » (10 janvier 2007) http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-07-15_fr.htm?locale=en

[3] Loi n° 2010-1488 du 7 décembre 2010 portant nouvelle organisation du marché de l’électricité (dite loi « NOME »).

[4] source CRE  » Evaluation du dispositif ARENH entre 2011 et 2017″, https://www.cre.fr/Documents/Publications/Rapports-thematiques/Rapport-ARENH

Par Stefan Ambec et Claude Crampes 

Photos : Stefan Ambec et Claude Crampes, Toulouse School of Economics. (Crédits : DR)

Source : La Tribune   (11/1/2019) : https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/l-acces-regule-a-l-electricite-nucleaire-historique-arenh-et-sa-suite-803574.html

Jan 11

MOBILISATION POUR L’ABROGATION DU TRAITÉ EURATOM

Point de situation au 11 janvier 2019

Ce jour à 15h, plus de 5400 signatures en ligne et 600 sous forme papier ont été enregistrées, bientôt 6100 au total !

La période des fêtes a vu la quantité de signatures faire un bon significatif, grâce à votre action.

Mais l’objectif est encore lointain, il faut reprendre l’effort après l’interruption de Noël et du jour de l’An.

Il est vrai que le sujet peut paraître « abstrait » et certains ne voient pas directement en quoi ils sont affectés.

Les conférences de janvier, février et début mars ont pour objectif d’apporter une explication plus détaillée des enjeux.  Les dates de janvier sont maintenant fixées :

  • 16 janvier 2019 à Strasbourg (67), salle de presse du Parlement Européen à 10h (conférence de presse) et salle R 3.1 à 10h30 (conférence publique, rencontre avec les associations),
  • 17 janvier 2019 à Avignon (84) au Théâtre de l’Oulle, dans le cadre de la conférence « Les pesticides: notre santé en question ! » animée par Michèle Rivasi et l’association Bien vivre à Avignon, à patir de 19h30,
  • 18 janvier 2019 à Agen (47) salle Jean Terles à 20h30,
  • 24 janvier 2019 à Valence (26), à la Maison des Syndicats à 19h30,
  • 26 janvier 2019 à Epinal (88), au Café Associatif 3ème Rive, à 19h30,
  • De nouvelles conférences auront lieu en février à Marseille, Lannion, Rennes, Coutances, Kingershiem, Lyon, Grenoble, Belfort, Berlin, Bruxelles,Genève …. Les dates et détails seront bientôt communiqués !

Nous serons heureux de vous y rencontrer. N’hésitez pas à y invitez vos proches.  

Rappel :

Nous comptons sur vous pour faire connaître la mobilisation dans vos réseaux et obtenir de nombreuses signatures

Jan 11

DÉTECTION TARDIVE DE L’INDISPONIBILITÉ DES POMPES D’ALIMENTATION DE SECOURS EN EAU DES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR

Le 18 décembre 2018, l’exploitant de la centrale nucléaire de Gravelines a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité des pompes d’alimentation de secours en eau des générateurs de vapeur (ASG[1]) du réacteur 3.

Le 12 décembre 2018, dans le cadre d’une opération de maintenance programmée sur un réservoir d’air, une vanne du circuit d’alimentation en air a été fermée par l’exploitant. La fermeture de cette vanne a entrainé progressivement, au cours de la journée suivante, la fermeture d’un clapet de protection du système de ventilation des locaux contenant les pompes du système ASG, qui est un circuit de sauvegarde du réacteur. À l’issue de l’opération de maintenance, le clapet était complètement fermé et la vanne d’alimentation en air n’a pas été rouverte.

Le 15 décembre 2018, l’équipe de conduite du réacteur a détecté la fermeture du clapet. Le refroidissement par ventilation des pompes du circuit ASG n’étant plus assuré, elles ont été considérées comme étant indisponibles depuis deux jours. La vanne et le clapet ont immédiatement été rouverts. Toutefois les délais d’intervention prévus par les règles d’exploitation du réacteur pour ce type de situation étaient dépassés.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, sur l’environnement ou sur les travailleurs. Il a été classé au niveau 1 de l’échelle INES en raison du caractère tardif de la détection de l’indisponibilité des pompes d’alimentation de secours en eau des générateurs de vapeur.

[1] ASG : le circuit d’alimentation de secours en eau des générateurs de vapeur permet l’alimentation en eau des générateurs de vapeur (GV) lorsque leur circuit d’alimentation principale en eau n’est pas disponible. Le circuit ASG comprend un ensemble de vannes, deux motopompes alimentées électriquement et une turbopompe alimentée par la vapeur produite par les GV.

Publié le 11/01/2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-de-l-indisponibilite-des-pompes-d-alimentation-de-secours-en-eau-des-GV

Jan 11

REVOIR OU «COUVRIR»? LE MYSTÈRE DES DOSSIERS D’ESSAIS D’ARMES NUCLÉAIRES DE L’AUSTRALIE EST RETIRÉ

Cette décision non annoncée a été un choc pour de nombreux chercheurs et historiens, qui s’appuient sur les fichiers et militent pour dénouer le petit nombre de personnes qui restent classées.

« De nombreux documents britanniques pertinents sont restés secrets depuis les tests, bien au-delà des 30 années habituelles de non-divulgation des documents gouvernementaux », a déclaré l’expert Elizabeth Tynan, auteure de « Atomic Thunder: The Maralinga Story ».

« Le retrait de documents précédemment disponibles est extrêmement regrettable et laisse présager une tentative de dissimulation. »

Dark Legacy

Le Royaume-Uni a effectué 12 essais d’armes nucléaires en Australie dans les années 1950 et 1960, principalement dans l’Outback peu peuplé de l’Australie méridionale.

Les informations sur les tests sont restées un secret bien gardé pendant des décennies. Ce n’est qu’après la formation d’une commission royale en 1984 – à la suite de plusieurs rapports de presse accablants – que les dommages causés aux populations autochtones et aux militaires australiens qui travaillaient sur les lieux d’essais ont été largement connus.

Les peuples autochtones vivant à proximité se sont longtemps plaints des conséquences dont ils ont été victimes, notamment après qu’un « brouillard noir » se soit installé sur un camp près de Maralinga à la suite du test Totem I d’octobre 1953. Le brouillard provoquait des éruptions cutanées. D’autres ont vomi et ont souffert de diarrhée.

Ces affirmations ont été rejetées et ridiculisées par les autorités pendant des décennies – jusqu’à ce que, à la suite du rapport de la Commission royale, le Royaume-Uni accepte de payer le gouvernement australien et les propriétaires des terres de Maralinga ce qui représente environ 46 millions de dollars australiens (30 millions de dollars). Les autorités australiennes ont également versé un règlement de 13,5 millions de dollars australiens (9 millions de dollars) aux communautés autochtones de Maralinga.

Les dommages causés aux communautés autochtones ont été reconnus, mais le test Totem I et d’autres tests ont été largement reconnus – et d’autres tests à Maralinga et plus tard à Emu Field. – est resté secret même avant le récent retrait des documents d’archives.

« Les essais nucléaires britanniques en Australie ont causé des torts considérables aux populations autochtones, aux militaires et autres personnels, ainsi qu’à de grandes parties du territoire du pays. Ce pays a parfaitement le droit de savoir exactement ce que ces essais impliquent », a déclaré Tynan. « Des mystères demeurent au sujet des essais nucléaires britanniques en Australie et ces mystères sont devenus plus difficiles à mettre au jour avec la fermeture de dossiers par le gouvernement britannique. »

Alan Owen, président de la association britannique des anciens combattants des essais nucléaires qui milite pour le compte d’anciens soldats, a déclaré « que la suppression de ces documents affecte non seulement notre campagne, mais également les nombreuses organisations universitaires sur ce matériel. » 

« Nous sommes très inquiets que les documents ne soient pas republiés et que le (ministère de la Défense) nie à nouveau toute responsabilité pour les effets des tests sur nos membres » a déclaré Owen à CNN.

Des motifs peu clairs

En réponse à une demande de commentaire de CNN, une porte-parole des Archives nationales a déclaré que le retrait des dossiers d’essais nucléaires australiens avait été effectué à la demande de l’Autorité de déclassement nucléaire. (NDA), qui a la responsabilité ultime sur eux.

La NDA a déclaré qu’« une collection de documents a été temporairement retirée de l’accès général via les Archives nationales de Kew dans le cadre d’un processus de révision ».

« Il n’est pas clair pour le moment combien de temps durera cet examen, mais la NDA prévoit que bon nombre des documents seront restaurés dans les archives publiques en temps voulu », a déclaré une porte-parole.

Jon Agar, professeur de sciences et de technologie à l’University College London, a déclaré que le retrait « ne consiste pas seulement en plusieurs enregistrements, mais en deux catégories entières de fichiers, dont beaucoup étaient auparavant ouverts aux chercheurs des Archives nationales ».

« Ces fichiers sont essentiels pour tout historien des projets nucléaires britanniques, qui comprenait bien sûr des tests en Australie. Ils ont été fermés sans communication ni consultation appropriées », a-t-il ajouté.

Agar dans une correspondance partagée avec la NDA dans laquelle une porte-parole a annoncé que certains fichiers seraient transférés dans de nouvelles archives – Nucleus – situées dans l’extrême nord de l’Écosse. Cependant les archives de Nucleus se concentrent sur l’industrie nucléaire civile britannique et il est difficile de savoir pourquoi les fichiers d’essais militaires y seraient déplacés ou pourquoi il faudrait les retirer pour pouvoir le faire.

Nucleus également n’offre pas le type d’accès en ligne à ses documents comme le font les Archives nationales.

« Pourquoi ne pas simplement copier les fichiers si l’industrie nucléaire en a besoin chez Nucleus pour des raisons administratives? Pourquoi les retirer de la vue du public? » Agar a écrit sur Twitter .

Liberté d’information

Dans une correspondance avec CNN et Agar, la NDA a suggéré aux personnes intéressées par les fichiers de déposer des demandes d’accès à la liberté d’information (FOI).

En vertu de la loi de 2000 sur la liberté de l’information les citoyens britanniques et les parties concernées se voient accorder le « droit d’accès aux informations enregistrées détenues par les organisations du secteur public ».

Les demandes d’accès à l’information peuvent être refusées si le gouvernement juge les informations trop sensibles ou si les demandes sont trop onéreuses à traiter. En vertu d’une règle distincte le gouvernement britannique devrait également déclassifier les documents entre 20 et 30 ans après leur création.

Selon la BBC plusieurs auditeurs britanniques – dont le Home Office et le Cabinet Office – ont été condamnés à plusieurs reprises par des auditeurs pour leur traitement « médiocre », « décevant » et « inacceptable ».

Commentant les documents nucléaires, Maurice Frankel, directeur de la Campagne pour la liberté d’information, une ONG basée au Royaume-Uni, a déclaré qu’il était « inquiétant que des documents correctement communiqués puissent être soudainement retirés de l’accès du public sans préavis ni explication ».

« Cela suggère que les archives historiques sont fragiles, transitoires et susceptibles d’être enlevées à tout moment, avec ou sans motif valable », a-t-il ajouté.

Cet article est apparu en premier sur https://edition.cnn.com/2019/01/11/australia/uk-australia-nuclear-archives-intl/index.html

TELES RELAY le 11 janvier 2019

https://teles-relay.com/revoir-ou-couvrir-le-mystere-des-dossiers-dessais-darmes-nucleaires-de-laustralie-est-retire/

Jan 11

LE COMPLEXE NUCLÉAIRE DE YONGBYON EST BIEN ENTRETENU MAIS PEU ACTIF, D’APRÈS 38 NORTH

WASHINGTON, 10 jan. (Yonhap) — Le principal complexe nucléaire de la Corée du Nord semble bien entretenu mais à peine opérationnel, a analysé le site américain 38 North spécialisé dans les affaires du régime communiste, en s’appuyant sur des images satellite du mois dernier.

Les installations de Yongbyon sont essentielles au développement des armes nucléaires du Nord et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a déclaré en septembre dernier qu’il pourrait les fermer définitivement si les États-Unis prennent des «mesures correspondantes».

Les négociations sur la dénucléarisation sont cependant au point mort depuis que le président américain Donald Trump et Kim se sont rencontrés à Singapour en juin 2018.

«Bien que le site reste opérationnel et soit bien entretenu, les principales installations ne semblent pas fonctionner», a estimé 38 North, un projet du Stimson Center, dans un article daté du 9 janvier. «La seule exception possible est l’usine d’enrichissement d’uranium (UEP). Même si elle fonctionne, sa capacité reste incertaine

Aucune trace de neige n’a été vue sur les toits des deux salles de centrifugation gazeuse sur les images prises le 19 décembre. Cela peut être le résultat naturel de l’exposition au soleil, mais cela pourrait également indiquer des opérations en cours qui ont rendu les installations plus chaudes que les bâtiments voisins, selon l’article.

Pour étayer cette dernière conclusion, il existe «deux zones de vapeur d’eau gelée» à proximité des unités de refroidissement de l’UEP, ce qui pourrait entraîner une évacuation de chaleur depuis les unités.

«Si elles fonctionnent, les centrifugeuses à l’intérieur risquent au minimum d’être entretenues et en rotation», a précisé 38 North. «Il est impossible de déterminer si les centrifugeuses en rotation sont alimentées avec de l’uranium pour un traitement d’enrichissement en se basant uniquement sur l’imagerie

Les autres installations principales du complexe, notamment le réacteur de 5 MWe, le bâtiment de radiochimie et le réacteur expérimental à eau légère, sont recouvertes de neige, selon les images.

Parallèlement, après les faibles chutes de neige survenues juste avant le 19 décembre, les images montraient un déneigement récent «substantiel» ainsi que des déplacements de véhicules et personnel, «prouvant que l’ensemble du site reste actif et bien entretenu».

lp@yna.co.kr

Publié le 11.01.2019 à 10h02

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20190111000700884

Jan 11

HITACHI VA SUSPENDRE SON PROJET DE CONSTRUCTION DE RÉACTEURS EN GRANDE-BRETAGNE

Le géant industriel japonais Hitachi va décider la semaine prochaine la suspension de son projet de construction de réacteurs nucléaires en Grande-Bretagne, trop difficile à financer, rapporte vendredi le quotidien économique Nikkei.

L’action du groupe s’est envolée de 8,6% à 3.346 yens à la Bourse de Tokyo, bien qu’Hitachi n’ait pas confirmé cette information, les actionnaires se réjouissant apparemment qu’il soit sur le point de renoncer à s’aventurer dans un chantier jugé risqué.

Maintenir ce projet lui coûte en effet plusieurs milliards de yens (dizaines de millions d’euros) par mois et en le stoppant, le groupe espère arrêter cette hémorragie, même si cela l’obligera à enregistrer des dépréciations d’actifs sur les dépenses déjà engagées, explique le quotidien.

Dans un communiqué, Hitachi dément avoir pris une décision et dit continuer d’étudier le devenir de ce projet connu sous l’appellation Wylfa Newydd et situé au Pays de Galles.

Hitachi avait racheté en 2012 aux énergéticiens allemands E.ON et RWE, le britannique Horizon Nuclear Power, pour construire deux réacteurs.

Selon le Nikkei, l’État britannique avait accepté de financer aux deux tiers le projet de 3.000 milliards de yens (24 milliards d’euros), la part restante revenant au Japon.

Mais même si l’État nippon était prêt à aider, les autres entreprises japonaises sollicitées sont réticentes et Hitachi ne se voit pas assumer seul le risque financier, la Grande-Bretagne ayant aussi refusé d’élever sa part.

Le gouvernement japonais tente tant bien que mal de promouvoir les technologies nucléaires nippones à l’étranger. Mais les efforts du Japon en faveur de ses industriels n’ont guère porté leurs fruits pour le moment, en raison de répercussions fortes de l’accident atomique de Fukushima sur le coût de sûreté des autres installations. Ce drame a déjà réduit comme peau de chagrin leurs chances de construire à court terme de nouveaux réacteurs dans l’archipel.

À l’instar des autres entreprises du monde nucléaire, « nous voyons bien que les circonstances actuelles sont plus difficiles qu’auparavant, notamment du fait du développement des énergies renouvelables« , avait expliqué il y a quelques semaines un porte-parole d’Hitachi.

Toshiba et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) ont aussi ou vont renoncer à d’autres projets nucléaires à l’étranger. Toshiba a notamment liquidé NuGen, une société détenue en Grande-Bretagne et qui devait y construire trois tranches sur le site de Moorside, dans le comté de Cumbrie (nord-ouest de l’Angleterre)

Source : France Soir  / Afp (11/1/2019)

Photo : Le président du géant industriel japonais Hitachi, toshiaki Higashihara, lors d’une conférence de presse, le 17 décembre 2018 à Tokyo,  © Kazuhiro NOGI / AFP/Archives

http://www.francesoir.fr/actualites-economie-finances/hitachi-va-suspendre-son-projet-de-construction-de-reacteurs-en-grande

Jan 11

LE GUIDE SUPRÊME IRANIEN RECONNAÎT L’EFFICACITÉ DES SANCTIONS DE TRUMP

Dans un discours prononcé le 9 janvier, le dirigeant du régime islamique iranien a admis que les sanctions réimposées par l’administration de Donald Trump exercent sur son pays une pression sans précédent.

L’année dernière, Trump a renoncé à l’accord nucléaire iranien et a réimposé des sanctions afin de réduire les exportations de pétrole de Téhéran, de freiner son programme de missiles et de réduire son influence régionale.

« Les sanctions exercent une pression sur le pays et le peuple », a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, selon la transcription sur son site Internet de son discours prononcé à Téhéran.

« Les Américains sont contents de dire que ces sanctions sont sans précédent dans l’histoire. Oui, elles sont sans précédent », a précisé l’ayatollah avant de se lancer dans une attaque contre des responsables américains en déclarant « la défaite à laquelle les Américains feront face sera sans précédent ».

L’économie iranienne a été instable au cours des derniers mois, tandis que la fluctuation de la valeur du rial a rendu difficile pour les gens ordinaires la tâche de joindre les deux bouts.

Des camionneurs, des paysans, des ouvriers, des commerçants et des enseignants ont mené des actions de contestation sporadiques liées à la situation économique difficile, entraînant parfois de violents affrontements avec les forces de sécurité.

Le même jour où l’ayatollah Khamenei a prononcé son discours, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré en Jordanie que les États-Unis « redoublent non seulement leurs efforts diplomatiques, mais aussi leurs efforts commerciaux pour exercer une vraie pression sur l’Iran ».

« Le risque que l’Iran fait courir à la Jordanie et à d’autres pays de la région fait l’objet d’un très grand consensus », a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’État américain a également indiqué que le retrait de l’armée américaine de la Syrie ne compromettra pas la campagne de Washington visant à contrer les activités malveillantes de l’Iran dans la région.

La veille des propos de l’ayatollah Khamenei, l’Union européenne a imposé sur l’Iran sa première série de sanctions depuis la signature de l’accord nucléaire iranien. Les Pays-Bas ont indiqué qu’il y avait de fortes raisons de penser que l’Iran était responsable de l’assassinat de deux ressortissants néerlandais en 2015 et 2017. L’année dernière, le Danemark et la France ont déjoué deux attentats terroristes iraniens.

« L’Union européenne et les Pays-Bas prennent des mesures énergiques contre l’ingérence illégale de l’Iran en Europe. Des sanctions ciblées et notre message clair soulignent qu’un tel comportement est inacceptable et doit cesser immédiatement », a tweeté Stef Blok, le ministre néerlandais des Affaires étrangères.

L’Union européenne est l’un des signataires de l’accord nucléaire iranien, officiellement intitulé Plan d’action global conjoint. Les autres participants de cet accord sont la Chine, la France, l’Allemagne, l’Iran, la Russie et le Royaume-Uni.

Mike Pompeo a félicité l’Union européenne pour avoir imposé les sanctions. Les États-Unis considèrent l’Iran comme un régime hors-la-loi. Le département d’État accuse ses dirigeants d’être les plus grands commanditaires du terrorisme au monde, de faciliter les activités financières illégales, de menacer la sécurité maritime, de commettre des cyber-crimes, de violer les droits de l’homme et de nuire à l’environnement.

« L’Iran et le Hezbollah terrorisent l’Europe depuis 1979. En prenant des mesures aujourd’hui, les nations européennes ont envoyé à l’Iran un message clair que le terrorisme ne sera pas toléré », a tweeté M. Pompeo le 8 janvier. « Les États-Unis appuient fermement les nouvelles sanctions et soutiennent nos alliés européens dans la lutte contre cette menace commune. »

Le 3 janvier, Mike Pompeo a averti l’Iran au sujet de son intention de lancer trois véhicules spatiaux, dont la technologie est presque identique à celle des missiles balistiques intercontinentaux.

Ivan Pentchoukov, le 10 janvier 2019

Version originale

https://www.epochtimes.fr/guide-supreme-iranien-reconnait-lefficacite-sanctions-de-trump-662271.html

Jan 11

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH RELAXÉE APRÈS LES REJETS DANS L’ENVIRONNEMENT

Un problème au niveau du dégazeur de la centrale de Golfech avait entraîné des fuites

Le tribunal de police de Montauban (82) a rendu son délibéré ce jeudi, après l’incident du 19 octobre 2016. Sortir du nucléaire va faire appel de la décision.

Sous l’égide du réseau Sortir du nucléaire, six associations de défense de l’environnement avaient porté l’affaire jusqu’au tribunal, après le classement sans suite de leur plainte par le parquet de Montauban.

L’audience du 13 décembre dernier, devait déterminer si EDF, exploitant de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) avait une part de responsabilité dans l’incident survenu le 19 octobre dernier.

Pendant deux minutes, près de 136 milliards de becquerels avait été relâchés dans l’environnement, dépassant le seuil autorisé. L’Autorité de sûreté nucléaire, avisée deux jours plus tard, avait conclu à un « impact négligeable, sans aucune augmentation de la radioactivité » mesurée dans l’air. 

La rédaction vous conseille

Procès de la centrale de Golfech : des dysfonctionnements à l’origine des rejets radioactifs ?

« Incompréhension »

Un argument repris par l’avocat de la défense qui regrettait l’absence « d’éléments légaux et matériel » pouvant constituer la moindre infraction, sachant que les « rejets enregistrés n’étaient pas susceptibles d’être écotoxiques, ni pour l’homme, ni pour l’environnement.« 

Le conseil de Sortir du nucléaire avait de son côté développé une longue argumentation laissant apparaître une série de dysfonctionnements techniques et organisationnels, et avait pointé, les défauts de dispositions de la centrale pour éviter ce type de rejets radioactifs dans l’atmosphère, une étanchéité insuffisante pour assurer la collecte d’éventuelles fuites.

« Nos associations expriment leur incompréhension devant cette décision et se réservent la possibilité de faire appel. Dans un contexte où EDF souhaite prolonger le fonctionnement de ses réacteurs jusqu’à 60 ans et où ce type de dysfonctionnements en cascade risque de se reproduire, une telle décision envoie un message d’impunité exécrable« , a fait savoir Sortir du nucléaire, à l’annonce du délibéré.

Par Thierry David, le  10/01/2019 à 16h28 sur : https://www.sudouest.fr/2019/01/10/la-centrale-nucleaire-de-golfech-relaxee-apres-les-rejets-dans-l-environnement-5720912-3603.php

Jan 10

VERNOUILLET (28) : LE FESTIVAL ÉCOFILM EST DE RETOUR

Le festival Écofilm se tiendra à Vernouillet le mardi 22 janvier, à 19h30 avec la projection du film Terres nucléaires, une histoire du plutonium, suivie d’un débat avec le réalisateur Kenichi Watanabe.

Extrait :

Le festival Écofilm de Vernouillet propose une séance grand public, le 22 janvier, et des projections destinées aux seniors et aux scolaires. En 2018, Écofilm a réuni 1702 personnes (scolaires inclus).

La séance du 22 janvier abordera le sujet du plutonium. «Avec le plutonium, l’Homme a cru pouvoir maîtriser la matière… » confie le réalisateur Kenichi Watanabe qui s’est rendu dans trois lieux dominés par des sites nucléaires dans trois pays sur trois terres devenues interdites : La Hague en France, Hanford aux USA et Rokkasho au Japon. « Trois sites, trois visages, trois étapes dans l’espace et le temps. Mais curieusement des points communs existent entre eux : un paysage désolé de landes et de rochers, un climat dur pour l’Homme, une nature sauvage, un environnement austère et… d’immenses installations nucléaires destinées à la production de plutonium ».

Nourri d’archives, ce documentaire retrace l’aventure du plutonium et de ses usages, en révèle les enjeux scientifiques, industriels et géopolitiques et s’interroge sur le passage du nucléaire militaire au nucléaire civil.

Le réalisateur Kenichi Watanabe est né en 1951 au Japon. On lui doit La face cachée de Hiroshima (2011) documentaire de 90’’ (France 3) et Le monde après Fukushima (2012), un documentaire de 77’’ (Arte)…

…Toutes les séances sont gratuites.

Lieu : L’Agora, Esplanade du 8 mai 1945 – Maurice Legendre, 28509 Vernouillet

Horaire : (Mardi) 19 h 30

Renseignements tel : 02.37.62.80.79.

Publié le 10 janvier 2019 sur : http://www.mtaville.fr/festival-ecofilm-de-retour/

Jan 10

ARMES NUCLÉAIRES : LA BELGIQUE DOIT AGIR D’URGENCE À L’ONU

Le 20 octobre 2018, le Président Donald Trump, annonçait le retrait des États-Unis du Traité sur le Forces Nucléaires à Portée Intermédiaire (FNI).

Signé par Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan en 1987, le FNI impose « l’élimination de l’ensemble des missiles de croisières et missiles balistiques tirés depuis le sol d’une portée située entre 500 et 5.500 kilomètres » 1. La ratification de l’INF par l’URSS et les États-Unis avait permis la destruction de 2.692 missiles à portée intermédiaire ainsi que de leurs dispositifs de tir. Depuis, la Russie et les États-Unis se sont mutuellement accusés de violer le Traité.

D’une part, les États-Unis accusent la Russie d’avoir développé un nouveau type de missile nucléaire (dit 9M729) capable de toucher rapidement l’Europe occidentale. En décembre dernier, la Russie annonçait avoir testé avec succès un nouveau type de missile « hypersonique » 2. Ceux-ci seraient capables de transporter plusieurs ogives nucléaires et de se déplacer à plus de 20 fois la vitesse du son 3. Ces missiles hypersoniques entrent dans le cadre d’une nouvelle batterie d’armement russe que Vladimir Poutine qualifie d' »armes invincibles » 4.

D’autre part, les États-Unis ont annoncé se munir de missiles nucléaires à faible portée et destinés à être tirés depuis des sous-marins (missiles W76-2). Le développement de ces missiles à faible portée permettrait, d’après le Pentagone, de faire face à une attaque nucléaire sur un champ de bataille 5.

En octobre 2018, Donald Trump a annoncé que les États-Unis renforceraient leur arsenal nucléaire afin d’accentuer la pression à l’encontre de la Russie et de la Chine 6.

Si l’INF n’a, de toute évidence, pas permis l’élimination complète des armes nucléaires à portée intermédiaire, le Traité avait, au moins, le mérite de créer un espace de dialogue entre les USA et la Russie via la Commission de Vérification Spéciale 7.

En mai 2018 déjà, les États-Unis annonçaient unilatéralement leur retrait de l’Accord de Genève sur le Nucléaire iranien (PAGC) et imposaient de lourdes sanctions diplomatiques, politiques et économiques à l’Iran 8.

La volonté des États-Unis de se détourner des instruments et traités multilatéraux pourrait bien mettre en péril le faible équilibre et le peu d’espaces de dialogue qui subsistent entre les grandes puissances nucléaires.

Une politique agressive et isolationniste qui menace l’ensemble des traités internationaux sur le contrôle des armes nucléaires

Dans trois ans, le Traité de réduction des armes stratégiques nucléaires (dit Traité New START) arrive à son terme. Celui-ci limite le nombre de lanceurs nucléaires stratégiques à 700 unités et à 1.550 le nombre de têtes nucléaires affectées à ces lanceurs.

Il s’agit donc d’un instrument capital afin de lutter contre la prolifération des armes nucléaires. Cependant, à la lumière des récentes positions russes et états-uniennes, il est légitime de douter que le Traité soit reconduit. Or, la Russie et les États-Unis concentrent à, eux seuls, 92% du stock d’armes nucléaires existant 9.

Les relations entre les deux puissances nucléaires se sont, en effet, considérablement détériorées au cours de ces dernières années. Ce regain de tensions s’est cristallisé en Syrie et à l’est de l’Ukraine. La course à l’armement dans laquelle s’engagent les deux puissances signifie que des foyers d’affrontement risquent de se multiplier. Et il est tout à fait plausible que l’Union européenne devienne l’un d’entre eux, de par sa position géographique mais également, de par sa proximité géopolitique avec l’OTAN.

Depuis son investiture, Donald Trump presse l’ensemble des pays membres de l’Organisation pour que l’objectif de 2% du PNB alloué à la défense soit atteint. Dans le même temps, en octobre 2018, l’Organisation a réalisé en Norvège l’une de ses plus grandes manœuvres militaires depuis la Guerre Froide. 50.000 soldats ont participé à l’exercice.

En parallèle, les États-Unis et la Grand Bretagne augmentent leur présence militaire en Scandinavie afin d' »acclimater leurs troupes au grand froid«  9.

La Suède, pour sa part, a rétabli le service militaire et les autorités du pays ont distribué à l’ensemble des foyers suédois une brochure expliquant comment opérer une « défense totale » en temps de guerre 10.

Il est donc urgent que notre pays se positionne clairement en faveur du multilatéralisme, de la coopération pacifique entre les nations et appelle l’Union européenne à revoir sa politique extérieure et de défense. Mr Heiko Maas, Ministre allemand des Affaires étrangères a déjà déclaré que l’Allemagne s’opposerait fermement à tout déploiement de missiles nucléaires à portée intermédiaire sur le sol européen11.

La Belgique, tout comme l’Allemagne, vient d’être élue au Conseil de Sécurité de l’ONU. Il s’agit d’une excellente opportunité de travailler avec notre voisin afin de porter au Conseil de Sécurité une voix ferme et intransigeante à l’égard du respect et de la prolongation des traités de limitation et de démantèlement de l’arsenal nucléaire mondial.

Dans le même temps, il est, dès à présent, nécessaire d’ouvrir un débat de fond sur les objectifs et l’utilité de la Politique de Sécurité et Défense Commune de l’Union européenne. D’autant plus que le Conseil européen a adopté, le 19 novembre 2018, la création du Fonds Européen de la Défense.

Ce Fonds viserait « à stimuler l’innovation et à permettre la réalisation d’économies d’échelle dans la recherche en matière de défense et dans la phase de développement industriel en soutenant des projets collaboratifs  » 12 .

À terme, un tel instrument risque bien d’engager l’Union européenne dans cette nouvelle course à l’armement. Il est pourtant difficile de comprendre à qui une telle politique pourrait bénéficier si ce n’est aux marchands d’armes et à leurs gourmands actionnaires. D’autant plus que l’enveloppe proposée pour la création de ce Fonds s’élève à 13 milliards d’euros !

L’urgence climatique, l’épuisement des ressources naturelles et le désengagement des acteurs publics dans l’aide humanitaire internationale représentent pourtant des enjeux autrement prioritaires que l’accumulation et le développement d’un nouvel arsenal européen. Et cela est d’autant plus vrai que si ces questions ne sont pas traitées sérieusement, elles risquent d’être le déclencheur d’un conflit armé d’ampleur mondiale. Les « prophéties auto réalisatrices » ne sont pas la prérogative du secteur financier…

Pour rappel, la Belgique n’a toujours pas signé ni ratifié le Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires. Porté par la coalition d’ONG « Campagne pour l’abolition des armes nucléaires« , le Traité a pourtant été adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 7 juillet 2017.

Il s’agirait d’un premier pas important pour la Belgique afin de témoigner son attachement à la paix et plus fondamentalement, à la survie de l’humanité. Reconsidérons nos priorités politiques et budgétaires afin de désamorcer la bombe sur laquelle nous sommes assis. Il est minuit moins deux minutes.

1 U.S. Department of State, INF Treaty, https://www.state.gov/t/avc/trty/102360.htm

2 Euronews, le 26 décembre 2018, https://goo.gl/1faMd1

3 C’est-à-dire environ 24.500 km/h

4 La Tribune, le 11 mars 2018, https://goo.gl/ttUkzX

5 The Washington Post, le 13 juin 2018, https://goo.gl/TGk3X7

6 BBC, le 22 octobre 2018, https://goo.gl/5wcTYE

7 OTAN, le 15 décembre 2017, https://goo.gl/tWffpL

8 Le Vif, le 5 novembre 2018, https://goo.gl/mu2WRJ

9 RTBF, le 23 octobre 2018, https://goo.gl/7TBewR

10 The Paris Globalist, 12 novembre 2018, https://goo.gl/t3Uo42

11 Les Échos, le 17 janvier 2018, https://goo.gl/wyBBdT

12 Le Figaro, le 27 décembre 2018, https://goo.gl/Y9QYT8

13 Conseil européen, le 19 novembre 2018, https://goo.gl/4LCMu7

Rédigé par Pierre Galand (Président de l’Association Pour les Nations Unies (APNU) et ancien Sénateur) le 09/01/19 à 10h00

https://www.levif.be/actualite/international/armes-nucleaires-la-belgique-doit-agir-d-urgence-a-l-onu/article-opinion-1076221.html?cookie_check=1547115909

Jan 10

VŒUX DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE : DEBOUT ET DÉTERMINÉ À POURSUIVRE FERMEMENT SA POLITIQUE

Mercredi 9 janvier 2019, déclaration du Mouvement de la Paix suite aux vœux du Président de la République.

Le président de la République a présenté ses vœux à la Nation.

Debout et déterminé à poursuivre fermement sa politique.

Extraits :

…Par ailleurs, 76 % des Français sont favorables à ce que la France s’engage dans le processus de désarmement nucléaire en cours et 66 % sont favorables à ce que la France ratifie le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) adopté aux Nations Unies le 7 juillet 2017. Or, alors que le gel des programmes de modernisation des armes nucléaires libérerait de l’ordre de 20 milliards d’euros sur 7 ans, le président de la République persiste dans sa décision de doubler les crédits consacrés à l’arme atomique et d’augmenter les dépenses d’armement pour réponse aux exigences de l’OTAN portées par les USA et Trump.

Par ailleurs, la montée de l’extrême droite encouragée et soutenue par Trump est extrêmement inquiétante.

Les fondements de nos acquis et de nos valeurs sont remis en cause.

Cette situation nécessite une opposition résolue à cette politique qui tourne le dos aux conditions d’une politique de paix et appelle à l’émergence d’une mobilisation de très grande ampleur pour construire la paix, réduire les dépenses militaires, supprimer les crédits destinés à la « modernisation » des armes nucléaires.

Le temps est venu de proposer une alternative à cette politique de surarmement et de guerre. À cet égard, Le livre blanc pour la Paix réalisé par une quarantaine d’organisations est un outil dont le mouvement social pourrait s’emparer car il associe transition pacifiste, transition sociale et transition écologique.

Le Mouvement de la Paix mettra toutes ses forces dans le renforcement du mouvement pacifiste et l’avènement d’une politique de paix, de progrès social et écologique, seule issue à la crise actuelle.

À Paris, le 8 janvier 2019

Le Mouvement de la Paix

Publié le 10 janvier 2019 sur : http://7seizh.info/2019/01/10/voeux-du-president-de-la-republique-debout-et-determine-a-poursuivre-fermement-sa-politique/

Jan 10

À NANCY, PROCÈS DE DEUX OPPOSANTS À CIGÉO ACCUSÉS D’AVOIR FAIT TOMBER LE « MUR DE BURE »

Ce jeudi 10 janvier à 14 h, deux militants antinucléaires vont comparaître devant la Cour d’appel de Nancy. Ils sont accusés d’avoir fait tomber le mur que l’Agence nationale des déchets radioactifs (Andra) avait fait ériger en 2016 dans le bois Lejuc, près de Bure. En première instance, ils ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis et 3.000 € d’amende chacun. Ils ont fait appel de cette décision. Leur recours sera donc examiné ce jeudi par les juges.

En effet, si les deux opposants reconnaissent avoir pris part à la manifestation du 15 août 2016, au cours de laquelle l’enceinte de béton a été abattue, ils nient avoir participé directement à la destruction du mur. « Je ne suis pas coupable, je n’ai pas dégradé le mur. Oui, j’étais dans les bois. Je suis fier de cette action et je m’y associe, a expliqué l’un d’eux lors de son procès en février 2018 au tribunal de Bar-le-Duc. La Meuse n’a-t-elle pas assez de tombes qu’il lui faille en plus un tombeau radioactif ? »

Lors de ce premier procès, « le procureur a semblé prêt à tout pour fabriquer despreuvesgrossières, allant jusqu’à soutenir que l’un d’entre eux aurait été reconnu… sur une photo qui n’avait même pas été prise sur les lieux, écrit dans un communiqué le Réseau Sortir du nucléaire. En condamnant sur des preuves aussi bancales, le tribunal a finalement cherché à fabriquer des coupables, sanctionnant les prévenus sur la base de leur simple présence à cette manifestation et de leur solidarité avec une action collective. » Les militants parlent d’une erreur judiciaire.

L’audience qui se tiendra ce jeudi à Nancy sera précédée par un rassemblement devant le tribunal et par un repas organisé par la Confédération paysanne.

Source : Reporterre, publié le 10 janvier 2019

Photo : VMC

https://reporterre.net/A-Nancy-proces-de-deux-opposants-a-Cigeo-accuses-d-avoir-fait-tomber-le-mur-de

Jan 10

STRASBOURG : «NUCLÉAIRE : DU RISQUE À LA CATASTROPHE ?»

Rencontre autour du spectacle «20 mSv» de Bruno Meyssat au Théâtre National de Strasbourg du 8 au 18 janvier 2019.

Le nucléaire : du risque à la catastrophe ? Rencontre et échanges avec Bruno Meyssat, metteur en scène du spectacle 20 mSv et Erwan Benezet, journaliste et auteur du livre Nucléaire : une catastrophe française (aux éditions Fayard, novembre 2018).

Quand, Où ?

Le 12/01/2019 à 14h00, lieu : TNS, salle Gignoux :  avenue de la Marseillaise, Strasbourg

Voir le plan d’accès

Organisateur : Théâtre National de Strasbourg (TNS)  (tél : 03.88.24.88.00)

Informations complémentaires : Accès adapté aux personnes à mobilité réduite

Tarifs : Gratuit

https://www.dna.fr/pour-sortir/loisirs/Rencontre-conference/Autres-rencontres/Alsace/Bas-rhin/Strasbourg/2019/01/12/Nucleaire-du-risque-a-la-catastrophe

Jan 10

BUGEY : RÉUNION PUBLIQUE DE PRÉSENTATION DE L’EXERCICE NATIONAL NUCLÉAIRE

Description de l’évènement :

Un exercice national nucléaire impliquant la centrale nucléaire du Bugey sera organisé les 23 et 24 janvier 2019. Dans ce cadre, une réunion publique d’information présentera l’exercice et répondra aux interrogations du public à ce sujet.

Il s’agira d’un exercice « cadre », c’est-à-dire que les mesures de confinement et d’évacuation de la population ne seront pas jouées. L’objectif est de parvenir à une bonne coordination des services dans la gestion d’une crise nucléaire entre les différents acteurs territoriaux et l’échelon national.  Cet exercice s’inscrit dans le projet de révision du plan particulier d’intervention (PPI) qui sera prochainement soumis à consultation des élus et du public.

Cette réunion se tiendra jeudi 17 janvier 2019 à 19h00 au centre international de rencontres (CIR) à Saint-Vulbas

Date de l’évènement : 17 janvier 2019 à 19h00

Lieu de l’évènement : Centre International de Rencontres, Rue Claires Fontaines, 01150 Saint-Vulbas, France

https://www.enviscope.com/evenement/reunion-publique-de-presentation-de-lexercice-national-nucleaire/

Jan 10

NUCLÉAIRE : FIN DE PARTIE POUR L’USINE AMÉRICAINE DE MOX D’ORANO

Les États-Unis et la Russie s’étaient entendus pour démanteler chacun 34 tonnes de plutonium issues de leur arsenal militaire. Une usine de MOX était en chantier sur le site de Savannah River (Caroline du Sud).

Le projet, qui avait vu le jour dans le cadre d’un accord entre les États-Unis et la Russie, a déjà coûté plus de 7 milliards de dollars.

Début d’année douloureux pour les salariés du chantier de l’usine de combustible MOX aux États-Unis. Quelque 600 personnes (soit un tiers des effectifs) ont commencé à quitter la co-entreprise détenue à 30 % par le groupe français Orano (ex-Areva) et à 70 % par l’américain CB & I, après la notification, par l’administration américaine en octobre, de la fin du projet.

Par un accord de 2000, les États-Unis et la Russie s’étaient entendus pour démanteler chacun 34 tonnes de plutonium issues de leur arsenal militaire. Pour y satisfaire, les États-Unis avaient opté pour la fabrication de MOX, un mélange d’uranium et de plutonium utilisable dans les réacteurs nucléaires civils. Le site nucléaire de Savannah River (Caroline du sud) avait été choisi pour héberger l’usine, sur le modèle de l’unité Melox d’Areva dans le Gard. L’utilisation du MOX avait été testée dans la centrale nucléaire de Catawba, également en Caroline du Sud.  

Un projet coûteux

Au moment de la signature du projet en 2008,  le budget était évalué à 2,7 milliards de dollars . Mais en 2014, Areva estimait que 4 milliards de dollars avaient été dépensés et que la même somme était encore nécessaire pour une mise en service alors prévue en 2020. Aujourd’hui, plus de 7 milliards de dollars auraient déjà été dépensés, pour un niveau d’achèvement du chantier d’environ 70 % et une mise en service repoussée « dans le courant de la prochaine décennie », selon un porte-parole d’Orano.

Une envolée des coûts qui a, ces cinq dernières années,  nourri débats et critiques à chaque exercice budgétaire aux États-Unis, au moment de voter les crédits annuels du projet. Proche de Donald Trump, le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham a toutefois qualifié la décision de terminer le programme d’« erreur colossale ».

Alternatives

L’abandon du projet n’aura pas de conséquence financière sur Orano, assure le groupe français, fournisseur de la technologie et des équipements (les « boîtes à gants », des enceintes étanches permettant de manipuler des matières dangereuses). « L’administration américaine a résilié le contrat pour « convenance », sans imputer de faute. Nous avions livré 90 % des boîtes à gants et nous étions payés sur une base « cost plus fee », c’est-à-dire que nos coûts étaient couverts et nous avions une marge », indique un porte-parole d’Orano, qui compte environ 200 salariés sur le site.

L’administration américaine propose en alternative la dilution chimique du plutonium et son stockage sur un site nucléaire au Nouveau Mexique. Sur le site de Savannah River, un projet de production de nouveaux composants (« plutonium pits ») pour des armes nucléaires a quant à lui été évoqué, sans être confirmé.

Véronique Le Billon, le 9 janvier 2019

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0600469619428-nucleaire-fin-de-partie-pour-lusine-americaine-de-mox-dorano-2234940.php

Jan 09

LES NOUVELLES CONDITIONS D’ACCÈS À L’EPR DE FLAMANVILLE PROVOQUENT DE GROS ENGORGEMENTS À L’ENTRÉE DU SITE

Le site de l’EPR de Flamanville renforce sa sécurité en vue d’accueillir le combustible nucléaire courant 2019. Le poste de sécurité d’EDF doit gérer les 4000 dossiers de demande d’accès du personnel du chantier et beaucoup d’employés ne peuvent pas entrer sur le site.

De mémoire de salariés, on n’avait jamais vu un engorgement d’une telle ampleur. À titre d’exemple, David devait reprendre le travail ce lundi sur le chantier de l’EPR, soumis aux nouvelles conditions de sûreté depuis fin décembre. Pour récupérer son nouveau badge, il a passé la journée de lundi à faire le pied de grue devant le site avec son ticket d’attente pour finir par abandonner le soir, sans avoir pu atteindre le guichet. Il a retenté sa chance le mardi dès 7h du matin. Après 5 heures à patienter, il y avait encore 200 personnes devant lui.

Chaque jour, ce sont environ 500 personnes qui doivent récupérer leur nouvelle carte d’accès. EDF doit en fait traiter des autorisations spécifiques pour les 4000 personnes sur le chantier et ce en quelques semaines seulement, d’où l’engorgement.

« L’EPR passe du niveau de sécurité « chantier » à « site en fonctionnement » et du coup EDF doit revalider les accès de l’ensemble des intervenants. De ce qu’on avait pu comprendre, c’est cette problématique-là qui n’a pas été suffisamment anticipée, et ils se retrouvent à revalider les accès au jour le jour des salariés. Il y a donc environ 4500 dossiers qui ont été traités depuis fin décembre ou qui sont en cours de traitement. », explique Yannick Tydou de la CGT « La direction n’a pas pu nous dire quand est-ce qu’il y aurait un retour à la normale. »

Ça n’entraînera pas de retard supplémentaire d’après EDF

Alors pourquoi il n’y a pas eu plus d’anticipation ?  EDF explique que certains sous-traitants du chantier n’ont pas envoyé les documents à temps pour compléter les dossiers d’accès, « tous n’ont pas encore la culture du nucléaire », explique-t-on du côté de la CGT de l’EPR. 

« Nous n’avons pas eu les numéros de commandes pour 2019 à temps de la part d’EDF, nous n’aurions donc pas pu envoyer les dossiers plus tôt », explique l’un des sous-traitants du chantier. Le même prestataire entend bien facturer à EDF ces jours où sa dizaine de salariés ont passé leur temps à attendre devant le site sans pouvoir entrer. Autant de jours pendant lesquels ils n’ont pas pu accomplir leurs missions. Du côté du service communication d’EDF on l’assure, « ça n’entraînera pas de difficultés sur le planning du chantier« .

EDF explique également cet embouteillage administratif par les visites décennales des réacteurs 1 et 2 de Flamanville. Ce sont 1700 personnes en plus à gérer pour le poste de sécurité de la centrale pour ces examens qui durent un mois.

Par Caroline Felix, France Bleu Cotentin, le mercredi 9 janvier 2019 à 12h07

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/les-nouvelles-conditions-d-acces-a-l-epr-de-flamanville-provoquent-de-gros-engorgements-a-l-entree-1547021729

Jan 09

CANADA : UNE VISITE NORD-CORÉENNE PASSÉE SOUS SILENCE À OTTAWA

Le Canada a accueilli discrètement des hauts fonctionnaires de la Corée du Nord l’automne dernier, un effort pour convaincre l’État policier de respecter les droits de la personne et d’abandonner sa quête d’un arsenal nucléaire.

Un texte de Katie Simpson

CBC News a confirmé qu’à la fin septembre, une délégation de cinq personnes de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est arrivée à Ottawa pour une série de rencontres avec des représentants canadiens.

Un haut fonctionnaire du gouvernement, qui s’est exprimé sur le contexte, a déclaré que le Canada a profité de ces deux jours de discussions « pour faire pression en faveur de la dénucléarisation et présenter directement, face à face, des préoccupations très réelles en matière de droits de la personne avec des interlocuteurs nord-coréens. »

Publié le mardi 8 janvier 2019 à 23 h 12

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1145669/visite-nord-coreenne-passee-sous-silence-ottawa

Jan 09

LA RUSSIE DÉVELOPPE UN MISSILE DE CROISIÈRE NUCLÉAIRE LONGUE PORTÉE

MOSCOU, 8 janvier (Xinhua) — La Russie développe actuellement le missile de croisière Kalibr-M d’une portée de plus de 4 500 km, capable de transporter une ogive conventionnelle ou nucléaire, a rapporté mardi l’agence de presse TASS.

Le nouveau missile, version actualisée du missile de croisière Kalibr en service, sera placé sur les navires à large surface et les sous-marins nucléaires d’ici à 2027, selon une source de l’industrie militaire citée par l’agence TASS.

Le ministère de la Défense a financé la création du missile, qui possédera une ogive plus grande près d’une tonne et est conçu pour détruire les cibles terrestres.

La portée du missile Kalibr actuel est d’environ 2 000 km et il peut voler à une vitesse subsonique. La marine russe en Méditerranée a utilisé ces missiles pour frapper les terroristes de l’État Islamique (EI) en Syrie.

French.xinhuanet.com | Publié le 2019-01-09 à 02h45

http://french.xinhuanet.com/2019-01/09/c_137729327.htm

Jan 09

NUCLÉAIRE: EDF ÉCARTE FRAMATOME ET CHOISIT LE JAPONAIS MHI POUR UNE IMPORTANTE COMMANDE

EDF a choisi le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) pour renouveler d’importants équipements de centrales nucléaires françaises au détriment de sa propre filiale Framatome (ex-Areva NP), a indiqué à l’AFP le groupe mardi, un choix critiqué par ses syndicats.

EDF « a contractualisé avec MHI » pour le remplacement de « trois triplettes de générateurs de vapeur pour le palier de (réacteurs de) 900 mégawatts« , la fourniture d’une quatrième triplette étant en option, a indiqué un porte-parole du groupe.

EDF avait lancé en octobre 2017 un appel d’offres pour renouveler douze générateurs de vapeur des centrales de Cruas et Chinon, a-t-il précisé, sans dévoiler le montant du contrat.

Les générateurs de vapeur sont de gros composants essentiels à un réacteur nucléaire, implantés au sein de l’enceinte de confinement. Une centrale en compte trois ou quatre en fonction de sa puissance.

En choisissant MHI, EDF écarte ainsi l’offre de Framatome, sa propre filiale, également candidate pour cet appel d’offres. MHI détient par ailleurs 19,5% du capital de Framatome.

Cette commande aurait notamment représenté une activité bienvenue pour l’usine Framatome du Creusot (Saône-et-Loire), selon les syndicats de l’entreprise.

C’est une « honte« , a estimé auprès de l’AFP Jean-Luc Mercier, représentant CGT à Creusot Forge, alors qu’EDF est actionnaire majoritaire et que l’entreprise a promis, lors de la reprise de l’ex-Areva NP, de « travailler main dans la main » avec Framatome.

« Ce sont des commandes dont on a besoin« , a dit M. Mercier, qui craint aussi du chômage partiel dans plusieurs entreprises de la « Nuclear Valley » (ex-Pôle Nucléaire Bourgogne), pôle de compétitivité spécialisé.

« On travaille avec MHI régulièrement sur d’autres commandes« , et d’habitude, c’est Framatome qui « sous-traitait une partie des commandes à MHI« , a-t-il encore ajouté.

En mai dernier, la CFDT Framatome alertait aussi dans un communiqué: « si EDF optait pour un autre fournisseur que Framatome, cela aurait une incidence directe pour nos établissements en impliquant une charge de travail largement insuffisante dès 2022« .

Le syndicat appelait l’État, actionnaire à environ 84% d’EDF, à « jouer pleinement son rôle » et à « être vigilant quant au maintien des activités sur nos territoires« .

Des discussions sont en cours sur les détails du contrat, mais MHI « nous a indiqué qu’ils veilleraient bien à ce qu’une partie significative des pièces soient fabriquées en France, même si l’assemblage final sera réalisé au Japon« , a indiqué le porte-parole d’EDF.

Cette commande est la dernière du processus de remplacement de tous les générateurs de vapeur du palier 900 MW, et jusqu’ici Framatome en a fourni 78 et MHI 24, a-t-il encore ajouté.

Framatome « prend acte » de cette décision, a indiqué le groupe à l’AFP, confirmant avoir « engagé des discussions » avec le groupe japonais pour « déterminer les conditions dans lesquelles MHI pourrait confier à Framatome une part significative des approvisionnements, notamment les (produits) forgés, ainsi que la fabrication de sous-ensembles« .

Par Le Figaro.fr avec AFP, publié le 08/01/2019 à 20:01

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2019/01/08/97002-20190108FILWWW00317-nucleaire-edf-ecarte-framatome-et-choisit-le-japonais-mhi-pour-une-importante-commande.php

Jan 09

L’UE VOTE POUR L’INSTALLATION DE NOUVEAUX MISSILES US EN EUROPE

Unanimement, les États membres de l’Union européenne se sont alignés sur la stratégie militaire de leur grand frère américain. Ils ont accepté que leur propre territoire se transforme en champ de bataille nucléaire en cas de conflit entre les États-Unis et la Russie.

Auprès du « Palais de verre » des Nations unies, à New York, se trouve une sculpture métallique intitulée Le Mal terrassé par le Bien, représentant Saint Georges qui transperce un dragon avec sa lance. Elle fut donnée par l’URSS en 1990 pour célébrer le Traité FNI (INF) stipulé avec les USA en 1987, qui éliminait les missiles nucléaires à courte et moyenne portée (entre 500 et 5 000 km) avec base à terre. Le corps du dragon est en effet réalisé, symboliquement, avec des morceaux de missiles balistiques états-uniens Pershing-2 (auparavant basés en Allemagne de l’Ouest) et de SS-20 soviétiques (auparavant basés en URSS).

Mais maintenant le dragon nucléaire, qui dans la sculpture est représenté à l’agonie, revient à la vie. Grâce aussi à l’Italie et aux autres pays de l’Union européenne qui, à l’Assemblée générale des Nations unies, ont voté contre la résolution présentée par la Russie sur la Préservation et la mise en œuvre du Traité FNI, rejetée avec 46 votes contre 43 et 78 abstentions.

L’Union européenne —dont 21 des 27 membres font partie de l’Otan (comme en fait partie la Grande-Bretagne sortant de l’UE)— s’est ainsi uniformisée à la position de l’Otan, qui à son tour s’est totalement uniformisée à celle des États-Unis. L’administration Obama d’abord, puis l’administration Trump ont accusé la Russie, sans aucune preuve, d’avoir expérimenté un missile de la catégorie interdite et ont annoncé leur intention de se retirer du Traité FNI. Ils ont en même temps lancé un programme visant l’installation à nouveau en Europe contre la Russie de missiles nucléaires, qui seraient basés aussi dans la région Asie-Pacifique contre la Chine.

Le représentant russe à l’Onu a prévenu que « cela constitue le début d’une course aux armements à part entière ». En d’autres termes il a prévenu que, si les États-Unis installaient à nouveau en Europe des missiles nucléaires pointés sur la Russie (comme l’étaient aussi les Cruise basés à Comiso dans les années 80), la Russie installerait à nouveau sur son propre territoire des missiles analogues pointés sur des objectifs en Europe (mais ne pouvant pas atteindre les États-Unis).

Faisant fi de tout cela, le représentant de l’UE à l’Onu a accusé la Russie de miner le Traité FNI et a annoncé le vote contraire de tous les pays de l’Union parce que « la résolution présentée par la Russie dévie de la question qui est en discussion ». En substance, donc, l’Union européenne a donné son feu vert à l’installation possible de nouveaux missiles nucléaires US en Europe, Italie comprise.

Sur une question de cette importance, le gouvernement de Giuseppe Conte, renonçant comme ses prédécesseurs à exercer la souveraineté nationale, s’est aligné sur l’UE qui à son tour s’est alignée sur l’Otan sous commandement US. Et de tout l’arc politique aucune voix ne s’est élevée pour demander que ce soit le Parlement qui décide comment voter à l’Onu. Et aucune voix non plus ne s’est élevée au Parlement pour demander que l’Italie observe le Traité de non-prolifération, imposant aux USA de retirer de notre territoire national les bombes nucléaires B61 et de ne pas y installer, à partir de la première moitié de 2020, les nouvelles et encore plus dangereuses B61-12.

Ainsi est à nouveau violé le principe constitutionnel fondamental que « la souveraineté appartient au peuple ». Et comme l’appareil politico-médiatique maintient les Italiens dans l’ignorance de ces questions d’importance vitale, est violé le droit à l’information, dans le sens non seulement de la liberté d’informer mais du droit d’être informés.

Ou bien on le fait maintenant ou demain il n’y aura pas de temps pour décider : un missile balistique à portée intermédiaire, pour atteindre et détruire son objectif avec sa tête nucléaire, met 6 à 11 minutes.

Par Manlio Dinucci, traduction Marie-Ange Patrizio

Source Il Manifesto (Italie)

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 8 janvier 2019

http://www.voltairenet.org/article204666.html

Jan 08

NUCLÉAIRE IRANIEN: WASHINGTON DEMANDE À NÉGOCIER AVEC TÉHÉRAN

Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Shamkhani, a affirmé hier que les États-Unis ont demandé officiellement l’ouverture de nouveaux pourparlers avec l’Iran au sujet de l’accord nucléaire de 2015 dénoncé et quitté en mai 2018 par Washington, ont rapporté des médias locaux.

Shamkhani, qui est également conseiller du guide suprême de la Révolution iranienne, l’ayatollah Ali Khamenei, a indiqué avoir été  contacté en décembre dernier en Afghanistan par des membres de  l’administration américaine en vue de nouvelles négociations bilatérales, a rapporté l’agence de presse iranienne Tasnim.  «Lors de ma visite à Kaboul, le mois dernier, les Américains (…) ont demandé l’ouverture de pourparlers», a déclaré Ali Shamkhani, sans donner plus de précisions à ce sujet.

Shamkhani s’était rendu à Kaboul pour y rencontrer des représentants des Talibans «dans le but de réduire les problèmes de sécurité en Afghanistan». Le gouvernement afghan a été informé de ses discussions avec les talibans, a-t-il ajouté. L’Iran avait déjà rejeté une offre de dialogue proposée par les États-Unis après la réintroduction des sanctions visant notamment son économie.

La République islamique a indiqué avoir décliné huit demandes d’entretien entre le président américain Donald Trump et son homologue iranien, Hassan Rohani, notamment à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations-unies, en septembre 2017. «Notre pays ne cédera jamais aux pressions cruelles des Etats-Unis. Nous ne nous plierons jamais aux exigences de ceux qui parlent la langue des  sanctions et construisent des murs plutôt que des passerelles», a souligné hier Bahram Qasemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

Publié mardi 8 janvier 2019 à 14h30, source de l’article : Lesoirdalgerie.com

https://www.algerie360.com/nucleaire-iranien-washington-demande-a-negocier-avec-teheran/

Jan 08

STRASBOURG/KEHL: FESTIVAL TRANSFRONTALIER POUR LE CLIMAT

Dans le cadre de la semaine franco-allemande de la transition énergétique, l’association Zéro Déchet Strasbourg et la Ville de Kehl organiseront un festival pour le climat le samedi 19 janvier.

L’événement Eco2 Rives – grün und grenzenlos se déroulera dans la salle municipale de Kehl (Stadthalle) et sera clôturé par une soirée festive au Molodoï à Strasbourg. Il s’inscrit dans la semaine franco-allemande de la transition énergétique (du 17 au 27 janvier prochains) qui vise à renforcer la coopération entre les villes de ces deux pays et à mobiliser autour de ce thème.

La Ville de Kehl et l’association Zéro Déchet Strasbourg ont souhaité s’associer à cette initiative afin de sensibiliser les riverains aux problématiques du changement climatique, transmettre quelques bonnes pratiques environnementales de chaque côté du Rhin, et inspirer un mode de vie plus durable.

Journée bilingue, conférences traduites

Tout au long de la journée, de 11 h à 18 h, différentes conférences autour du changement climatique et de la sobriété énergétique seront proposées à la salle municipale de Kehl, tenues soit en français ou en allemand et traduites simultanément dans la langue voisine. Parmi les conférences, on trouvera une intervention de l’initiative “Fossil Free” de l’université de Fribourg-en-Brisgau, qui vise à encourager les institutions à abandonner les investissements dans les énergies fossiles et le nucléaire.

Durant le festival, des projections de films entièrement alimentées à l’aide de vélos et avec l’énergie du public seront organisées. L’occasion de visionner Qu’est-ce qu’on attend (2016) qui raconte l’histoire de la commune alsacienne d’Ungersheim et sa démarche de transition vers l’après-pétrole par une réduction de son empreinte écologique.

Les familles avec enfants seront invitées à assister à un conte musical théâtralisé de sensibilisation au respect de l’environnement et au tri des déchets. Le spectacle sera proposé en français et en allemand par la compagnie “Paroles Balafons”. Les visiteurs pourront par ailleurs participer à de multiples ateliers : fabrication de produits cosmétiques ou d’entretien, de lingettes démaquillantes, de tawashi, beewrap… Des ateliers de cuisine anti-gaspillage et d’éco-couture seront également proposés ainsi que des ateliers pour les enfants et une exposition autour du changement climatique.

La journée sera clôturée par une soirée au Molodoï, à partir de 18 h. Au programme, un “apéro climatique” pour un moment de partage convivial et écoresponsable, suivi d’un concert. Le Molodoï accueillera Pang, un groupe franco-belge qui parle des alternatives durables de manière positive et décomplexée.

Zweierpasch, un duo de hip-hop, poétique et politique qui chante en allemand et en français sera également sur scène ainsi que Le Caribou Volant, un groupe parisien porteur d’une chanson francophone engagée dans la cause climatique et environnementale.

La programmation complète sera disponible sous peu et communiquée sur les réseaux sociaux ainsi que sur le site web de Zéro Déchet Strasbourg (www.zds.de) et de la Ville de Kehl (www.kehl.de).

La Semaine franco-allemande de la transition énergétique est coordonnée et mise en œuvre par Energy Cities et Climate Alliance et est financée par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et de la Sûreté nucléaire (de la République Fédérale Allemande) (BMU) dans le cadre du programme EUKI (European Climate Initiative).

https://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/2019/01/08/festival-transfrontalier-pour-le-climat

Jan 08

RÉACTEURS NUCLÉAIRES DE 900 MWE : ET SI L’ÉCHÉANCE DES 40 ANS N’ÉTAIT QUE POUDRE AUX YEUX ?

Communiqué CRIIRAD du 8/01/2019

Les réacteurs nucléaires de 900 MWe pourront-ils fonctionner au-delà des 40 ans définis lors de leur conception ? Trente-quatre réacteurs sont concernés sur les 58 du parc électronucléaire français. C’est dire si la question est d’importance

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) affirme que le réexamen de sûreté auquel chaque réacteur sera soumis permettra de « déterminer à quelles conditions ces réacteurs pourront fonctionner au-delà de 40 ans ».

Cette présentation rassurante est démentie par l’analyse du calendrier prévisionnel d’EDF et des délais d’instruction de l’ASN

Quand les réacteurs seront arrêtés pour procéder aux contrôles, mises en conformité et mises à niveau associés aux quatrièmes visites décennales, leur moyenne d’âge avoisinera les 43 ans et deux d’entre eux auront plus de 45 ans.

Et ce n’est que la première étape. EDF établira ensuite un rapport présentant l’ensemble des résultats ainsi que les travaux qu’elle se propose de réaliser pour remédier aux anomalies ou améliorer la sûreté. Après instruction du dossier et enquête publique, l’ASN se prononcera enfin sur la poursuite du fonctionnement de chaque réacteur et sur les travaux complémentaires à réaliser. EDF ayant indiqué que cette seconde phase de travaux débuterait 4 ans après la visite décennale, lorsque les réacteurs seront arrêtés pour procéder à cette dernière phase de travaux, leur moyenne d’âge dépassera 47 ans, Bugey 3 et Cruas 2 franchissant même le cap des 50 ans !

Les 34 réacteurs de 900 MWe ont été conçus pour durer 40 ans mais industriels et autorités de contrôle ont donc décidé depuis longtemps de passer outre cette échéance. Les débats sur la question ne sont qu’un jeu de dupes.

L’analyse des documents officiels permet d’estimer le temps de fonctionnement au-delà de 40 ans à 150 années.réacteurs avant démarrage des travaux des visites décennales (et 230 années.réacteurs avant réalisation des travaux de la seconde phase) ! Tout au long de ces phases, la probabilité d’un accident nucléaire majeur est évidemment augmentée… et des problèmes techniques ou organisationnels pourraient encore allonger les délais

La suite et plus d’information sur le site de la CRIIRAD :

1/ Et si l’échéance des 40 ans n’était que poudre aux yeux ?

2/ Tableau : âge des réacteurs nucléaires 900 MWe aux différentes étapes de la procédure de prolongation.

Jan 08

L’IRAN MET EN GARDE CONTRE LES « MENACES » AMÉRICAINES ET ISRAÉLIENNES À LA SÉCURITÉ RÉGIONALE

TÉHÉRAN, 7 janvier (Xinhua) — L’Iran ne restera pas silencieux face aux menaces américaines et israéliennes et à la poursuite de leurs hostilités contre la République islamique, a déclaré lundi le ministre iranien de la Défense, Amir Hatami.

L’Iran ne gardera jamais le silence sur les attaques d’Israël et de ses soutiens contre les cyber-infrastructures du pays, a averti lundi M. Hatami lors d’une conférence internationale intitulée « Défense et sécurité en Asie occidentale » organisée dans la capitale, Téhéran.

Le ministre iranien a également critiqué les États-Unis pour leur retrait de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, affirmant que Washington cherche à saper la souveraineté des pays indépendants.

De son côté, Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale d’Iran, a déclaré à la conférence le même jour que « les troupes américaines n’ont d’autre choix que de quitter la région« , ajoutant que « les crimes américains ont été gravés dans l’esprit des peuples de la région« .

Washington a subi une défaite stratégique en Syrie, a-t-il déclaré, soulignant aussi que les Américains n’avaient tenu aucune de leurs promesses en matière de sécurité en Afghanistan.

Les États-Unis n’ont pas d’autre choix que de quitter finalement toute la région, a dit ce responsable de la sécurité iranien. De même, « à l’avenir, les forces américaines seront forcées de quitter la région du Golfe« , a conclu M. Shamkhani.

Des hauts responsables militaires et de la sécurité iraniens ont assisté à la conférence sur la sécurité qui a eu lieu lundi à Téhéran, ainsi que des responsables de la sécurité de 40 pays, dont l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan, la Turquie, la Russie, la France, la Chine, l’Italie et le Venezuela.

French.xinhuanet.com, publié le 2019-01-08 à 01h25

http://french.xinhuanet.com/2019-01/08/c_137726848.htm

 

Mots

Jan 08

NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN : NOUVEAU SOMMET À PÉKIN ENTRE KIM JONG-UN ET XI JINPING

La visite surprise du dirigeant nord-coréen chez son allié chinois intervient quelques jours après sa menace de changer d’attitude envers les États-Unis s’ils maintiennent leurs sanctions.

C’est une visite surprise. Kim Jong-un est arrivé ce mardi à Pékin, où il doit rencontrer Xi Jinping, selon les agences de presse officielles nord-coréenne et chinoise. Le président chinois est à l’origine de cette visite en Chine, qui doit s’achever jeudi, selon l’agence sud-coréenne Yonhap.

Accompagné de son épouse Ri Sol Ju et de plusieurs hauts dignitaires, le jeune leader nord-coréen était parti lundi de Pyongyang à bord d’un train spécial, indique l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. Il est arrivé mardi en fin de matinée en gare de Pékin, selon Yonhap.

Kim Jong-un, qui fêterait mardi son 36ème anniversaire, s’est déjà rendu trois fois en Chine l’an dernier pour des entretiens avec Xi Jinping. Le dossier des programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord sera au centre de ce quatrième séjour, la Chine étant le principal soutien diplomatique et commercial du régime de Pyongyang.

Le leader nord-coréen pourrait chercher à coordonner sa stratégie avec le président chinois en vue d’une prochaine rencontre envisagée avec Donald Trump, après celle de juin 2018 organisée à Singapour. Selon le président américain, des négociations sont en cours pour déterminer le lieu de ce prochain sommet, dont on ignore la date.

Depuis le sommet de Singapour, le dialogue entre États-Unis et Corée du Nord est dans l’impasse. Washington exige toujours que Pyongyang démantèle son arsenal nucléaire. La Corée du Nord refuse toute concession si les États-Unis n’en font aucune, et veut notamment des garanties sur la sécurité de son régime.

Dans son discours du Nouvel An, Kim Jong-un a indiqué qu’il pourrait changer d’attitude si Washington maintenait, malgré le rapprochement diplomatique opéré depuis l’an dernier, ses sanctions économiques contre Pyongyang. La Chine et la Russie jugent que l’ONU devrait considérer une levée de ces sanctions. Mais Donald Trump a affirmé dimanche qu’elles resteraient en place tant qu’il n’y aurait pas de résultats « très positifs » sur la dénucléarisation.

Au fil des ans, Pyongyang a effectué six essais nucléaires et développé et testé des missiles balistiques qui, selon des experts, seraient désormais capables d’atteindre le territoire continental des États-Unis.

Ph.L. avec AFP le 08 janvier 2019 à 7h48

http://www.leparisien.fr/international/nucleaire-nord-coreen-nouveau-sommet-a-pekin-entre-kim-jong-un-et-xi-jinping-08-01-2019-7983042.php#xtor=AD-32280599

Jan 07

LA FRANCE INSOUMISE EN APPELLE AU PEUPLE… POURVU QU’IL SE SOUMETTE À ELLE ?

Le mouvement des Gilets Jaunes revendique l’instauration d’un Référendum d’Initiative Citoyenne. Bravo.

La France Insoumise a rédigé un projet de Proposition de Loi sur le RIC, qu’elle compte soumettre au débat et au vote de l’Assemblée nationale lors de sa prochaine « niche parlementaire », le 21 février prochain, et qu’elle a soumis aux contributions des citoyens jusqu’au 6 janvier à minuit. Bravo.

Oui, mais… Voici la contribution d’ACDN, que vous ne trouverez pas sur le site de la FI, car elle y a été CENSURÉE! (voir note 1)

La contribution d’ACDN (Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire) :

Très bien le RIC, mais en attendant qu’il existe, quid du référendum d’initiative partagée ?

En octobre 2011, l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) a organisé à Saintes, avec six autres associations (ATTAC, la Confédération Paysanne, la Ligue des Droits de l’Homme, la Ligue de l’Enseignement, le Réseau « Sortir du nucléaire », la Fondation pour une Terre Humaine) des « États Généraux pour un Monde Vivable » qui ont élaboré une « Charte pour un Monde Vivable ».

Cette Charte disponible sur le site d’ACDN www.acdn.net comprend 113 articles abordant à peu près tous les sujets essentiels et posant des exigences qui sont devenues aujourd’hui celles des Gilets Jaunes. Et, semble-t-il à première vue, celles de la France Insoumise.

En particulier, sur la démocratie (ch. 6.1.), la Charte faisait valoir les exigences suivantes :

NOUS VOULONS

  1. Des processus permettant d’associer à chaque niveau de décision, directement s’il se peut ou indirectement par voie de représentation, les personnes que la décision peut concerner.
  2. Dans les instances représentatives, la désignation de leurs représentants par les intéressés eux-mêmes selon une règle de proportionnalité garantissant la représentation des minorités, et l’adjonction aux membres élus d’une part de volontaires désignés par le tirage au sort.
  3. La restauration d’une stricte séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire.
  4. La transparence dans l’usage des impôts.
  5. La réaffirmation du principe de laïcité comme principe de tolérance et de convivialité dans le cadre d’une République à la fois une et plurielle.
  6. L’indépendance et la neutralité de l’État à l’égard de toutes les croyances religieuses ou philosophiques, pour autant qu’elles respectent les libertés publiques et l’autonomie de la personne.
  7. L’application et la transmission à l’école des valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, et l’association des familles à cette éducation civique et citoyenne.
  8. Dans tout vote, la prise en compte du vote blanc parmi les suffrages exprimés.
  9. L’instauration d’un Référendum d’Initiative Citoyenne effectif, distinct des dispositions prévues à l’article 11 de la Constitution Française par la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008.

ACDN se retrouve donc pleinement dans les revendications tant politiques que sociales des Gilets Jaunes, en particulier celle du RIC, et approuve dans son principe la Proposition de Loi déposée par la France Insoumise sur ce dernier sujet.

Cependant, nous nous posons deux questions essentielles.

La première : Comment la FI compte-t-elle faire aboutir cette proposition de loi, c’est-à-dire obtenir qu’elle soit adoptée par une majorité absolue de parlementaires à l’Assemblée et au Sénat ? Autrement dit, à quoi va bien pouvoir servir cette proposition de loi, hormis comme coup d’épée dans l’eau et simple faire-valoir de la FI ?

La seconde : Si la FI veut vraiment que le peuple exprime ses volontés, pourquoi refuse-t-elle de lui en offrir la possibilité, qui existe déjà dans la constitution par la voie du référendum d’initiative partagée, et qui nécessite seulement l’accord préalable de 20 % des Parlementaires, puis le soutien de 10 % des électeurs inscrits recueilli en 9 mois par voie électronique ou en mairie, sous l’égide du ministère de l’Intérieur ?

En effet, depuis mai 2018, les 17 députés de la France Insoumise ont tous été invités à plusieurs reprises, tout comme les autres députés et sénateurs (et même un peu plus souvent que les autres…) à signer une Proposition de Loi visant à organiser un référendum d’initiative partagée sur la question suivante :

« Approuvez-vous que la France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives et engage avec l’ensemble des États concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

Cette question est pleinement conforme au programme de « l’Avenir en commun », et conforme à l’engagement pris pendant sa campagne électorale par Jean-Luc Mélenchon, par la plume de Charlotte Girard (Cf. « Jean-Luc Mélenchon répond à ACDN et s’engage pour un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires », 7 avril 2017). Extrait :

« Comme Jean-Luc Mélenchon s’y était déjà engagé en 2012, il conduira une politique très active en faveur du désarmement multilatéral et proposera, ainsi que vous le demandez, au nom de la France, aux autres États nucléaires, signataires ou non du Traité de non-prolifération de 1968, d’ouvrir des négociations en vue d’éliminer toutes les armes nucléaires, sous un contrôle strict et efficace et dans le cadre d’un véritable système de sécurité internationale. »

« Vous nous proposez également de consulter dans les plus brefs délais le peuple français par référendum sur la question de l’élimination complète des armes nucléaires. Notre programme l’Avenir en commun précise comment nous comptons renforcer et amplifier la souveraineté directe du peuple : nous convoquerons notamment un référendum pour engager le processus constituant, instaurerons un référendum d’initiative citoyenne ainsi que le droit des citoyens de proposer une loi, et rendrons le recours au référendum obligatoire pour réviser la Constitution ou ratifier tout nouveau traité européen.

« Le recours au référendum est donc un instrument de l’implication populaire permanente auquel nous sommes très attachés. Dans ce cadre, un tel référendum, d’initiative citoyenne ou non, pourrait éventuellement permettre de légitimer et renforcer encore plus la démarche que nous proposons et que Jean-Luc Mélenchon s’est déjà engagé à porter. »

En conclusion, Charlotte Girard espérait « avoir pleinement répondu à (n)os interrogations ainsi qu’à (n)os attentes que nous partageons ».

C’est bien ce que nous espérions nous-mêmes, d’autant plus que, d’après un sondage IFOP-ACDN de mai 2018, 85 % des Français –et 89 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2017- répondraient OUI à cette question et que 82 % d’entre eux se disent prêts (dont 31 % « certainement », 51% « probablement ») à soutenir la Proposition de Loi Parlementaire dès lors que celle-ci aura recueilli la signature de 20 % des parlementaires.

Et pourtant, plus de huit mois après nos premières sollicitations, un seul député de la FI : Loïc Prud’homme, élu de la Gironde, a signé la proposition de loi d’ACDN, également remise en mains propres à Jean-Luc Mélenchon. Que vont faire les autres ? Ils ont jusqu’au 20 janvier 2019 (le 23 aura lieu une réunion publique à l’Assemblée nationale) pour prouver qu’ils sont des esprits libres et cohérents, pas des godillots.

À défaut, nous serions conduits à conclure à l’imposture.

Jean-Marie Matagne, président d’ACDN contact@acdn.net

NOTE:

(1) J’espère bien que ce « commentaire» ne disparaîtra pas et qu’il sera entendu. Il sera de toute façon largement diffusé. Il l’est dès maintenant sur le site d’ACDN.

Commentaire posté le 6 janvier à 22h 51

Publié le 7 janvier 2019 sur

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1154&lang=fr

SUITE :

Jean-Marie Matagne dit :
6 janvier 2019 à 23 h 59 min

Mesdames, Messieurs,
À 23h 58, je constate que le commentaire que j’ai déposé à 22h 51 n’est pas paru, ce qui laisse supposer que vous procédez à un contrôle préalable. J’ose espérer qu’il ne s’agit pas d’une censure. Permettez-moi un conseil amical : vous devriez le publier in extenso et immédiatement.
Cordialement.

Eh bien, non, ils ne l’ont pas publié. Et un nouvel envoi immédiat n’a pas eu plus de succès. Par contre l’envoi précédent s’est trouvé confirmé :
« Détection d’un doublon : il semble que vous avez déjà envoyé ce commentaire !« 
Envoyé, reçu, mais PAS PARU !. La liberté de parole a ses limites, le goût du référendum aussi.

(NDLR : dommage !)

Jan 07

«LA CLÉ DU MAINTIEN DU TRAITÉ FNI SE TROUVE À MOSCOU», SELON UN MINISTRE ALLEMAND

Berlin accorde une grande importance au Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) et estime qu’en ce qui concerne son maintien, la balle est dans le camp de la Russie, selon le chef de la diplomatie allemande.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a affirmé à Welt am Sonntag que la préservation du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) dépendait de la Russie.

«La clé du maintien du Traité FNI se trouve à Moscou», a-t-il déclaré.

Heiko Maas a noté que Berlin accordait une grande importance au document qui garantit depuis plusieurs décennies la sécurité des pays européens.

«Si la Russie souhaite maintenir le Traité, elle doit procéder à un désarmement qu’il sera possible de contrôler», a-t-il souligné.

Selon lui, suite au changement de situation dans le monde, il importe de définir de nouvelles règles de contrôle des armements et d’examiner le Traité abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 kilomètres avec la Chine et l’Inde.

L’intention de Washington de sortir du Traité FNI dans 60 jours a été annoncée mardi 4 décembre par le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo. Les États-Unis exhortent la Russie à renoncer au missile 9M729 (SSC-8 selon l’Otan) ou à modifier le système afin que sa portée, comme le déclare Washington, ne viole plus le Traité FNI, avait précédemment indiqué la sous-secrétaire d’État américaine, Andrea Thompson. Sergueï Lavrov avait indiqué que les accusations américaines sur le non-respect du Traité par la Russie étaient gratuites, le missile 9M729 ayant été testé à une portée autorisée.

Moscou a pour sa part déclaré à plusieurs reprises qu’il tenait les engagements pris dans le cadre du Traité FNI et qu’il avait des questions à poser à Washington sur le sujet, notamment sur le déploiement, sur une base militaire en Roumanie ainsi qu’en Pologne, d’installations capables de lancer des missiles de croisière de type Tomahawk, ce qui est interdit par le Traité.

Publié le 6 janvier 2019

https://fr.sputniknews.com/international/201901061039550813-allemagne-traite-fni-russie/

Jan 07

BELGIQUE : L’INDISPONIBILITÉ DES RÉACTEURS NUCLÉAIRES A FAIT EXPLOSER LES IMPORTATIONS D’ÉLECTRICITÉ EN 2018

L’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires en Belgique l’année dernière a eu des sérieuses conséquences sur les importations d’électricité. À un point tel que la Belgique n’a jamais été aussi dépendante de l’étranger pour son électricité. Quasiment un quart de l’électricité en 2018 venait d’autres pays.

Voici le bilan qui émane des chiffres du gestionnaire du réseau Elia. En 2017, nous n’en étions qu’à 8% d’importation. Mais 2018 aura donc été l’année du record surtout vers la fin de l’année.

Le nucléaire représentait encore la moitié de la production totale d’électricité en 2017, mais cette part a fondu à 34%, soit 27,3 TWh, en 2018 bien qu’il représente toujours la première source d’approvisionnement. Ainsi le 28 décembre, la Belgique a importé 5234 mégawatts soit quasi la capacité de tout le parc nucléaire belge.

Bien sûr, la paralysie de plusieurs réacteurs est la cause principale de ces achats mais pas seulement. Cependant, les prix sont moins élevés à l’étranger. Il est donc plus intéressant pour les fournisseurs d’aller voir ailleurs. 

La baisse de production génère l’importation

« La production nucléaire a atteint des niveaux historiquement bas en novembre (1 TWh, soit 15%) et décembre (1,1 TWh, soit 17%) » lorsque seul Doel 3 fonctionnait, détaille Elia. La part des importations et des centrales au gaz a donc fortement augmenté. En novembre, 43% du mix énergétique provenait du gaz (2,9 TWh), soit le plus haut pourcentage jamais enregistré.

Dans ce bilan 2018, nous pouvons aussi noter la production record des centrales au gaz remises au goût du jour. Sans oublier la part sans cesse croissante de l’énergie renouvelable. Sur l’année, la part du gaz est de 27%. L’import a lui atteint des sommets en septembre (33%) et en octobre (2,7 TWh). Sur l’année, 22% de l’électricité, soit 17,4 TWh, est venue de l’étranger. En 2017, 6,5 TWh (8%) avaient suffi.

L’année écoulée a été positive pour le solaire, qui a représenté 4% du mix (3,5 TWh), relève encore Elia. En y ajoutant l’éolien offshore et terrestre, la part du renouvelable a atteint 12% (9,8 TWh), contre 11% (9,3 TWh) l’année précédente. (NDLR : au rythme de 1% par an, il faudra 100 ans pour arriver à 100% de renouvelable ! Il faudrait peut-être envisager d’accélérer…)

Publié le 7 janvier 2019

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_l-indisponibilite-des-reacteurs-nucleaires-a-fait-exploser-les-importations-d-electricite-en-2018?id=10112011

Jan 06

L’OTAN DONNE UNE «DERNIÈRE CHANCE» À LA RUSSIE

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a donné une dernière chance à Moscou de se mettre en conformité avec le Traité FNI, d’après le journal autrichien Die Presse.

L’Otan fera face à un «problème sérieux» si la Russie ne montre pas son attachement au Traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (FNI), mais avant que l’Alliance réagisse, elle appelle pour la dernière fois Moscou à céder, a déclaré dimanche le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg cité par le quotidien autrichien Die Presse.

«La Russie a une dernière chance. Si elle n’en profite pas, nous devrons nous occuper spécifiquement de cet élément du réarmement russe», a indiqué M.Stoltenberg tout en refusant de préciser quelles mesures l’Alliance voulait prendre.

Il a affirmé qu’à l’heure actuelle, il n’y avait pas de nouveaux missiles de croisière américains en Europe, avant de réitérer les accusations contre Moscou portant sur le missile de croisière 9М729 (code Otan: SSC-8). Selon les États-Unis, ce missile violerait le Traité FNI, qui abolit l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 kilomètres.

Or, en 2017, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova avait commenté les accusations de Washington, notant que le missile de croisière 9M729 n’avait jamais été conçu et testé pour avoir une portée interdite par le Traité FNI. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov l’a encore rappelé en octobre 2018.

Début décembre, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a menacé de retrait des États-Unis du Traité FNI de 1987, si Moscou ne s’y conforme pas sous un délai de 60 jours. Donald Trump avait déjà annoncé l’intention de Washington de sortir du Traité FNI en octobre 2018.

Moscou avait déclaré à plusieurs reprises qu’il tenait les engagements pris dans le cadre du Traité FNI et qu’il avait des questions à poser à Washington. La Russie souligne que les États-Unis déploient sur terre, notamment sur une base militaire en Roumanie ainsi qu’en Pologne, des installations capables de lancer des missiles de croisière de type Tomahawk ce qui est interdit par le Traité. La Russie a également fait remarquer que Washington développait des drones d’attaque et finançait les recherches sur la création d’un missile de croisière basé au sol.

Publié le 6 janvier 2019 à 13h59,

https://fr.sputniknews.com/international/201901061039546011-otan-russie-traite-fni-derniere-chance/

Jan 06

AFRIQUE DU SUD ET FIGURES FÉMININES MARQUANTES DE 2018

Extraits : …Pour amorcer la nouvelle année, les Têtes d’affiche proposent un coup d’œil dans le rétroviseur sur des figures féminines marquantes de 2018.

D’abord, Makoma Lekalala et Liz Mc Daid, les deux activistes sud-africaines qui ont mis un coup d’arrêt à un projet d’achat par Pretoria à Moscou d’une dizaine de centrales nucléaires. Ce qui leur a valu le prix Goldman 2018 pour l’environnement. C’est avant tout la victoire de David contre Goliath car Makoma Lekalala et Liz Mc Daid ont osé durant cinq ans défier deux hommes puissants: Jacob Zuma et Vladimir Poutine, signataires d’un accord de 76 milliards de dollars pour doter le pays de centrales nucléaires. Mais c’est également l’histoire d’une belle amitié entre une noire et une blanche dans une Afrique du Sud où subsistent toujours des tensions entre communautés. Au-delà des ramifications politiques et des risques courus en affrontant tour à tour celui qui, à l’époque des faits, était le président de la République, la compagnie nationale d’électricité et une puissance étrangère. La démarche de Makoma Lekalala et Liz Mc Daid était également une revendication qui vise à élargir la participation du public et en particulier des femmes dans la prise de décision en matière d’énergie. Aguerries par le combat qu’elles ont mené dans les années 80, les deux lauréates n’ont reculé devant rien. La victoire des deux activistes n’est pas étrangère à la chute de Jacob Zuma…

Par Denise Epoté, diffusion : dimanche 6 janvier 2019

Pour lire l’intégralité de l’article, cliquer sur : http://www.rfi.fr/emission/20190106-makoma-lekalala-liz-mc-daid-arielle-ahouansou-seydou-badian-kouyate

Jan 06

LE NUCLÉAIRE EST-IL VRAIMENT L’ÉNERGIE SANS CO2 LA MOINS CHÈRE ?

En présentant son programme pour l’énergie des dix années à venir, le gouvernement a laissé la part belle au nucléaire afin de développer le renouvelable, avec le souhait de maintenir un coût raisonnable de l’électricité pour le contribuable. Sauf que c’est en réalité le nucléaire qui va alourdir la facture.

Qui le dit ?

Sur France Inter ce samedi, quelque jours après l’annonce de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) par le gouvernement, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, s’est félicité dans « On n’arrête pas l’éco » des orientations prises par Emmanuel Macron en matière de nucléaire.

Le projet esquissé mardi par le chef de l’État fixe la feuille de route énergétique de la France pour les dix prochaines années et prévoit notamment la fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici à 2035, sur les 58 exploités par EDF sur le territoire français. La part du nucléaire sera alors ramenée à 50 % dans la production d’électricité.

« Si on veut se débarrasser des énergies fossiles qui polluent, qui ont un temps de vie limitée, l’électricité c’est bien l’avenir » a insisté Jean-Bernard Lévy, qui plaide pour l’EPR et pour retarder l’arrêt des centrales nucléaires en France : « Notre recommandation c’est que tous les réacteurs aillent jusqu’à 50 ans, voire 60. Il ne faut pas les arrêter sur 15 ans parce que cela ferait des chocs que l’on ne saurait pas bien gérer sur le plan social ou sur le plan industriel. »

Pour étayer ses arguments, le PDG d’EDF pointe le coût très élevé du stockage qui, aujourd’hui, ne permet pas de moduler la distribution de l’énergie en fonction de la demande. « Quand on regarde les coûts, il faut regarder les coûts de l’électricité dont on a besoin, pas les coûts de l’électricité quand le vent souffle, quand le soleil brille. Les coûts du stockage sont aujourd’hui très élevés. »

Qu’en disent les spécialistes ?

Le ministre de la Transition écologique et solidaire l’a lui-même redit jeudi dernier, dans Le Parisien : « Les coûts de production de l’électricité augmentent car les centrales nucléaires sont vieillissantes et qu’on est obligés de faire des travaux. »

Auteur du livre Nucléaire, une catastrophe française, le journaliste Erwan Benezet s’est appuyé sur différents travaux de la Cour des Comptes, de l’Autorité de sûreté du nucléaire et de l’Ademe pour tenter d’appréhender le coût total de nos centrales. Il précise : « Aujourd’hui, EDF avance un chiffre de 33 euros du MWh » qui est faible parce que les coûts des centrales, prévues pour une durée d’utilisation de 40 ans, ont été amortis et qu’EDF ne tient pas compte des investissements à venir.

L’industrie nucléaire est l’une des rares économies à coûts croissants. « Plus vous avancez dans le temps, plus ça coûte cher » résume Erwan Benezet. « Quand EDF donne ces chiffres, il ne prend pas en compte, ou du moins pas suffisamment, l’après-nucléaire, c’est à dire le démantèlement des centrales, mais aussi la gestion des déchets, leur stockage avant retraitement puis leur enfouissement, sachant que les piscines où l’on entrepose des combustibles radioactifs arrivent elles-aussi à leur capacité maximale de stockage. »

Ni même d’ailleurs les investissements à venir pour renforcer la sûreté des réacteurs ou leur sécurité. « En 2011, après la catastrophe de Fukushima, on a refait des stress-tests qui ont abouti à toute une série de travaux à effectuer sur l’ensemble des centrales dans le monde, ce que l’on appelle le grand carénage et qui comporte à la fois le renforcement de la sûreté post-Fukushima, la maintenance et la prolongation de la durée de vie des centrales » précise l’auteur. 

Quel est le véritable coût du parc nucléaire français ?

La construction de 19 centrales avec 58 réacteurs nucléaires a coûté, jusqu’en 2012, plus de 220 milliards d’euros, selon les calculs de la Cour des Comptes. S’il est à ce jour impossible de donner une estimation fiable sur le coût du démantèlement des centrales et du stockage de l’ensemble des combustibles usagers, la Cour des comptes a estimé, en dix ans, qu’il faut mobiliser 100 milliards d’euros rien que pour assumer le coût du grand carénage.

Mais un autre point est à préciser, celui de la sécurité des sites et de leur capacité d’accueil. Les piscines de stockage, dont on fait peu de cas, sont dimensionnées pour accueillir du combustible pendant 40 ans. Résultat, la rupture est proche. « Ce renforcement des cinquante-huit piscines pourrait coûter jusqu’à 1,5 milliard d’euros par piscine de réacteur » déplore Erwan Benezet. « Celui des quatre piscines principales de la Hague, autour de 17 milliards d’euros ». 

Et en ce qui concerne le renforcement des cinquante-huit réacteurs (hors piscines), il faut compter jusqu’à 2,5  milliards d’euros par unité. Au total, c’est peut-être donc plus de 200 milliards d’euros qu’il faudrait débourser pour mener à bien ce gigantesque chantier. Soit entre trois et cinq fois les dépenses prévues par EDF pour prolonger la durée de vie des centrales. « Sauf que », écrit l’auteur, « ne pas le faire peut nous coûter encore plus cher ».

Et l’EPR ?

Au micro d’Alexandra Bensaid, Jean-Bernard Lévy a également plaidé pour poursuivre les investissements dans l’EPR. 

Mais l’expérience de Flammanville démontre le coût très élevé du nucléaire nouvelle génération : 11 milliards d’euros. Le tout sous couvert d’un « mensonge » généralisé, rappelle Erwan Benezet : « Quand il a été lancé, en 2007, le projet était estimé à 3,3 milliards d’euros pour une mise en service en 2012, mais tout le monde savait que les montants et les délais seraient intenables. » 

Un coût également élevé pour les deux réacteurs de la centrale de Hinkley Point. EDF doit verser 16 des 23 milliards d’euros estimés pour le projet, la Chine s’acquittant du reste de la facture.

Oui mais les emplois ?

Parmi les arguments d’EDF pour temporiser la sortie du nucléaire figure celui de l’incapacité de gérer la transition, sur le plan social, en 15 ans. Pourtant, l’Ademe, l’Agence pour l’environnement et la maîtrise de l’énergie, affirme qu’un million d’euros investi dans le renouvelable, c’est 15 emplois créés. La même somme investie dans le nucléaire ou le charbon, c’est six emplois.

Aujourd’hui, ajoute Erwan Benezet, « le renouvelable représente 100 000 emplois en France, des emplois qui ne sont pas, à ce jour, délocalisables » : « D’ici 2030, c’est un demi-million d’emplois, presqu’un million en 2050. »

À titre de comparaison, aujourd’hui, le nucléaire permet l’emploi de 220 000 personnes en France pour un secteur qui produit 75 % de l’électricité en France.

Conclusion

Si aujourd’hui, la production de l’électricité en France reste bon marché, c’est sans compter sur les coûts à venir de l’allongement de la durée d’utilisation des centrales qui oblige des investissements lourds pour poursuivre la production d’électricité nucléaire dans des conditions de sûreté et de sécurité satisfaisantes.

Mais les sommes conséquentes qui vont être dépensées, pour assurer le maintien de la production nucléaire sur une durée plus longue que prévue, sont aujourd’hui largement sous-estimées de l’avis des experts. Ces montants vont forcément avoir une incidence sur notre facture d’électricité, de l’avis même de François de Rugy, incidence peut-être supérieure à celle d’une stratégie d’investissement d’envergure dans la production d’énergie renouvelable, en parallèle du démantèlement des centrales nucléaires ?

Publié le mercredi 5 décembre 2018 à 7h00

par Julie Guesdon@Guesdon

https://www.franceinter.fr/environnement/le-nucleaire-est-il-vraiment-l-energie-sans-co2-la-moins-chere

Jan 06

« JUSQU’À PRÉSENT, L’HUMANITÉ A ÉCHAPPÉ À UNE GUERRE NUCLÉAIRE PAR CHANCE »

L’arme atomique, condition de notre sécurité ? Paul Quilès, Michel Drain et Jean-Marie Collin déconstruisent dans leur ouvrage cette grave illusion promue par les dirigeants et le complexe militaro-industriel. Entretien.

Dissuasive, protectrice : l’arme nucléaire serait une garantie ultime de notre sécurité. Cette affirmation qui a survécu à la chute du mur de Berlin et à la fin de la guerre froide n’a jamais été remise en cause. Les craintes d’un affrontement nucléaire et de la bombe apparaissent bien éloignées de nos préoccupations. Cette arme relève pourtant d’un risque immédiat de catastrophe bien plus importante que celle d’une centrale nucléaire. Afin de faire renaître une prise de conscience et de relancer de véritables débats parlementaires, l’ancien ministre de la Défense Paul Quilès et ses coauteurs s’efforcent de démonter les « fausses certitudes » et de pointer les nombreuses omissions d’incidents majeurs auxquels nous avons échappé, comme la collision entre deux sous-marins nucléaires français et britannique en 2009. Finalement, ne vivons-nous pas dans « l’illusion nucléaire » ?

Vous pointez dans le livre les risques de plus en plus nombreux d’une guerre nucléaire par accident ?

À plusieurs reprises dans le passé, des accidents anodins, tels que le lancement d’un satellite météorologique ou une confusion lors d’un exercice de guerre, ont failli provoquer un affrontement nucléaire. Ces omissions volontaires visent à ne pas briser la perception positive de l’arme nucléaire et de la stratégie de dissuasion. Les militaires et les dirigeants politiques ont tout fait pour construire une pensée collective où la possession d’arsenal nucléaire est maîtrisée et fiable. Que l’énergie produite par une explosion nucléaire ne portera pas atteinte à la sécurité des personnes. Outre la volonté délibérée de cacher les conséquences réelles, le facteur chance a jusqu’à aujourd’hui joué un rôle majeur pour éviter une catastrophe.

La question désormais est de savoir combien de temps les États nucléaires vont laisser reposer leur sécurité et l’avenir de la civilisation sur le seul facteur chance : crise de Cuba, un bombardier américain B-52 en 1966 qui lâche quatre bombes thermonucléaires après s’être percuté avec son ravitailleur en Andalousie, un Mirage IV qui décolle avec une arme nucléaire en 1966, collision entre deux sous-marins nucléaires britannique et français en 2009, etc. En octobre 2011, un ancien contrôleur américain de lancement de missiles nucléaires balistiques, Bruce Blair, a écrit : « À plusieurs reprises dans le passé, des accidents anodins ont failli provoquer un affrontement nucléaire. »

Pourquoi le principe de dissuasion nucléaire est-il un mythe ?

Depuis cinquante ans, il est censé apporter une garantie ultime de sécurité à la France. Mais ces armes et le concept qui leur est associé sont inutiles et même lourds de risques pour l’avenir. L’arme atomique est inadaptée à la gestion des crises du monde de l’après-guerre froide. C’est un système qui repose sur l’équilibre de la terreur. Ce principe de dissuasion, les militaires l’appellent la DMA : destruction mutuelle assurée. Si je disparais, toi aussi. C’est un système absurde qui conduit au suicide collectif. Car, si on tire des missiles d’un côté, les autres répliquent immédiatement. En anglais, les abréviations donnent MAD : « fou ». C’est un système de fou où il n’y a aucun retour en arrière. À ce propos, le président Ronald Reagan écrivait : « Vous n’avez que six minutes pour décider comment réagir à un signal sur un écran radar et s’il faut ou non déclencher l’apocalypse ! Qui pourrait faire preuve de raison dans un moment pareil ? » Ce président, qui n’était pas véritablement une colombe de la paix, a également déclaré en 1985 : « Vous apprenez que des missiles soviétiques ont été lancés, vous savez que, désormais, plus rien ne peut les arrêter et qu’ils vont détruire une partie de votre pays, beaucoup plus grande que ce que vous pouvez imaginer. Et vous êtes assis là, sachant que tout ce que vous pouvez faire est d’appuyer sur le bouton pour que des Soviétiques meurent aussi, alors que nous serons déjà tous morts. » Ces mots montrent à quel point il est urgent de s’engager sur la voie d’une dénucléarisation au niveau international.

Pourquoi le principe de dissuasion nucléaire n’est-il plus d’actualité ?

Nous sommes entrés dans une nouvelle ère où la menace cyber, inconnue il y a une dizaine d’années, vient subitement poser de nombreuses interrogations sur la crédibilité des forces de dissuasion nucléaire. Comment faire si un hackeur détourne un système de communication d’un sous-marin ? Que faites-vous avec votre arme nucléaire ? À qui lancez-vous des représailles ? Ces risques font apparaître que la stratégie de la dissuasion est aussi inadaptée que la fameuse ligne Maginot. Elle correspond de plus en plus à la réalité et il est désolant de constater que les États nucléaires continuent à perfectionner leurs arsenaux et qu’ils mettent le monde à la merci d’une erreur d’appréciation ou d’une escalade incontrôlée. Il s’agit de millions de morts assurés et la destruction de l’humanité que l’on nomme l’hiver nucléaire. Les effets climatiques sont effroyables. L’explosion radioactive provoquerait un nuage de poussières radioactives qui assombrirait tout ou partie de la planète. Et ce, même en cas de conflit limité, tant les puissances aujourd’hui des armements sont considérables.

La France et son président devraient agir pour réduire les risques d’un conflit nucléaire. Au lieu de cela, nous venons de vendre des Rafale à l’Inde. Pourquoi ils ont choisi l’avion français au détriment de l’avion américain ? C’est parce qu’il peut porter l’armement nucléaire. Un pays qui n’a pas signé le TNP (traité de non-prolifération) et qui potentiellement connaît un risque élevé d’affrontement nucléaire avec le Pakistan…

Vous déplorez dans le livre qu’aucun véritable débat sur l’arme nucléaire n’ait finalement lieu ?

En effet. Il n’est pas question de plaider en faveur d’un désarmement nucléaire français unilatéral, total et immédiat. Mais le débat doit avoir lieu, au Parlement et dans l’opinion.

Je trouve dommage que les commémorations de 1918 n’aient pas été l’occasion de réfléchir sur les risques majeurs que sont les armes nucléaires. L’indifférence actuelle sur ce sujet doit être rompue. En tant qu’ancien ministre de la Défense et président de la commission de la Défense, je connais hélas les niveaux d’incompétence des dirigeants sur ces sujets-là. Car les prises de position, les déclarations restent exactement les mêmes que celles qu’on me préparait à l’époque. Je connais aussi l’importance du complexe militaro-industriel. Le président Dwight Eisenhower dénonçait déjà en 1961, lors de son discours de fin de mandat en quittant la Maison-Blanche, sa puissance et sa dangerosité. Il pointait le complexe militaro-industriel comme menace principale contre les libertés.

Comment réagissez-vous à la décision du président des États-Unis de sortir du traité des forces nucléaires de portée intermédiaire (FNI) ?

Cette décision met fin à un traité qui interdisait des armes nucléaires ayant une portée de 500 à 5 500 kilomètres que nous avions obtenu après la crise des euromissiles dans les années 1980. Cet accord « protégeait » principalement l’Europe. À l’époque, nous avons évité une guerre nucléaire de justesse grâce à l’intelligence du soldat Stanislav Petrov. Ce lieutenant-colonel des forces aériennes soviétiques, qui surveillait les missiles américains grâce à un système d’alerte satellite, entend l’alarme retentir. Les écrans de contrôle indiquent que cinq missiles américains foncent sur l’URSS, ce 26 septembre 1983. Plutôt que d’envoyer le rapport à ses supérieurs et de déclencher une guerre. D’un sang-froid admirable, il se dit qu’une véritable attaque des États-Unis ne peut se limiter à cinq missiles. Si on doit déclencher une guerre, on envoie au moins une vingtaine de missiles. Au bout d’une vingtaine de minutes, il ne se passe rien. Il comprend que c’est la réflexion des rayons du soleil sur les nuages, que le système a confondue avec le dégagement d’énergie des missiles au décollage. Heureusement qu’il n’a pas envoyé de rapport à ses supérieurs. Car, à l’époque, le colonel Andropov se trouvait à l’hôpital, donc la décision retombait sur on ne sait qui. Rien ne dit qu’une réplique n’aurait pas été prise. Et cela aurait été l’apocalypse nucléaire. Personne ne parle de ce type d’événements. Un film a été réalisé sur cet incident. Ce genre d’exemples, nous en avons recensé des dizaines dans le livre. Ces risques ont été évités à chaque fois de justesse. L’ancien ministre de la Défense des États-Unis Robert McNamara considérait que jusqu’à présent nous avons échappé à une guerre nucléaire « par chance ». On ne peut pas laisser l’avenir de l’humanité à la chance.

L’Europe en serait la principale victime, pourquoi ?

Cette décision unilatérale de Donald Trump est potentiellement dévastatrice pour les Européens, car ils sont par définition les principaux concernés par un conflit utilisant des armes nucléaires de moyenne portée. Comme du temps de la guerre froide, l’Europe redevient le potentiel champ de bataille nucléaire de puissances extérieures, sans même avoir cette fois-ci l’illusion d’être protégée par l’Otan. Devant cette folie, les Européens devraient davantage s’élever contre cette décision et exiger l’instauration d’un dialogue multilatéral pour garantir la sécurité du continent européen.

Malgré les commémorations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale et le forum pour la paix, les dirigeants n’ont guère évoqué le risque nucléaire ?

Lors des commémorations, le président de la République a parlé de ressemblances entre les événements que traverse actuellement le monde et les années 1930. C’est-à-dire l’entre-deux-guerres. Ce diagnostic apparaît complètement faux. Les deux périodes ne sont absolument pas les mêmes. De nouvelles puissances ont émergé, les relations économiques internationales se sont considérablement intensifiées, nous n’avons plus d’immenses empires coloniaux, pour prendre quelques exemples. Et si ce discours visait à dire nous nous dirigeons vers une nouvelle guerre, alors nous sommes en droit de lui demander comment vous comptez vous battre pour l’éviter et nous en protéger ?

Entre ce discours et la sortie du traité du FNI, il existe aujourd’hui une grande inconséquence de nos dirigeants politiques, des partis politiques, y compris la gauche, des parlementaires, la presse. Emmanuel Macron nous parle de multilatéralisme et de lutte pour la paix mais il refuse ce que 122 pays ont voté en juillet 2017 à l’ONU : un traité d’interdiction de l’armement nucléaire. La France et d’autres ne cessent de parler de multilatéralisme, pourtant elle ne respecte pas comme les quatre autres grands pays nucléaires le traité de non-prolifération (TNP). L’article 6 les autorise à avoir l’arme nucléaire à condition qu’ils s’engagent sur un traité de désarmement dans les plus brefs délais. Nous sommes pour le désarmement quand il s’agit des autres. Nous défendons notre puissance nucléaire pour notre protection totale, ce qui est totalement faux. Finalement, c’est ce que revendique le président nord-coréen. Mais on le lui refuse. On ne respecte pas non plus le TNP, qui nous oblige à ne pas participer à une course aux armements. Pourtant, dans le cadre de la nouvelle loi de programmation militaire (LPM), les dépenses destinées à l’arme atomique vont pratiquement doubler entre 2019 et 2025. Il est temps de dénoncer l’hypocrisie de leurs grands discours, contredits par leurs actes, qu’il s’agisse du choix du multilatéralisme, du respect des traités, de l’arrêt de la course aux armements. Il serait temps que la France défende une perspective nouvelle de paix.

Propos recueillis par Vadim Kamenka et publiés sur : https://www.humanite.fr/article-sans-titre-665753

Jan 05

BELGIQUE : LE NOUVEAU PROJET D’ELECTRABEL POUR STOCKER LES DÉCHETS NUCLÉAIRES

Gazette de Liège : Engie Electrabel veut construire un bâtiment pour l’entreposage des assemblages de combustible nucléaire usé.

Dans son magazine de décembre de Tihange contact, Engie Electrabel a annoncé aux Hutois qu’elle démarrait la préparation d’un nouveau bâtiment pour l’entreposage des assemblages de combustible nucléaire usé sur le site de Tihange.

Des bâtiments du même type devraient également être construits sur le site nucléaire de Doel.

Selon l’information diffusée, ce nouveau bâtiment sera construit sur l’actuel parking de Tihange 3. Pour l’instant, le projet de construction est en phase de conception. Les demandes de permis suivront en 2019 et la construction devrait débuter en 2020.

En fait, toujours selon Electrabel, cet espace d’entreposage supplémentaire est nécessaire pour le démantèlement des centrales nucléaires après 2025.

« Lors du processus de production d’énergie nucléaire, l’uranium présent dans l’assemblage de combustible nucléaire est fractionné. Cela dégage une énorme quantité de chaleur qui est convertie en électricité. Après trois à quatre ans dans le cœur du réacteur, un assemblage de combustible nucléaire est épuisé, ce qui signifie que toute énergie utilisable a été exploitée. Après avoir été refroidis pendant une période d’environ deux ans dans la piscine de désactivation de leur unité nucléaire, les assemblages de combustible usé sont transférés dans une piscine d’entreposage temporaire en attente d’une décision finale par rapport à leur stockage définitif ultérieur. » En clair, on ne sait pas trop, à l’heure actuelle, ce que l’on va en faire.

Reste que le bâtiment qui abrite ces piscines sera plein dès 2023. « C’est pourquoi nous avons besoin d’un nouveau bâtiment ».

Et Engie Electrabel, dans son magazine, de rassurer les Hutois : « Afin de garantir la sûreté nucléaire, des conteneurs à double usage seront utilisés dans ces nouveaux bâtiments. Cela signifie qu’ils peuvent être utilisés à la fois pour l’entreposage et le transport et qu’ils peuvent résister à des accidents externes tels qu’une chute d’avion ou un incendie majeur. En même temps, les nouveaux bâtiments d’entreposage où se trouvent ces conteneurs, seront résistants aux séismes et équipés d’un système de ventilation passive. »

Par Jean-Michel Crespin, publié le samedi 05 janvier 2019 à 09h34 – Mis à jour le samedi 05 janvier 2019 à 13h24

https://www.lalibre.be/regions/liege/le-nouveau-projet-d-electrabel-pour-stocker-les-dechets-nucleaires-5c30a17f9978e2710e873ed5

Jan 05

NUCLÉAIRE : LA FRANCE À L’HEURE DU CHOIX

Concurrence des renouvelables, maîtrise des risques, fin de vie des réacteurs… La filière nucléaire est en difficulté sur tous les fronts.

Quel avenir pour le nucléaire français ? « J’ai été élu sur une réduction à 50 % de sa part et je tiendrai cet engagement », a déclaré Emmanuel Macron le 27 novembre dernier en présentant la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Pour atteindre cet objectif – dont l’échéance est désormais 2035 -, le gouvernement prévoit la fermeture de quatorze réacteurs de 900 mégawatts : Fessenheim en 2020, le reste échelonné sur 2025-2035. Au regard de l’évolution des besoins en électricité, un tel scénario, s’il se réalisait, aboutirait à des excédents de production très élevés. Surtout si l’exécutif décidait en prime de lancer la construction de nouveaux réacteurs EPR, un choix qu’il veut arrêter en 2021 ou en 2022, dans un contexte où les sources renouvelables sont devenues très concurrentielles. Un tel excédent pourrait faire chuter les prix de l’électricité, dégrader encore plus les comptes d’EDF et fragiliser des investissements indispensables pour la sécurité des centrales ou le démantèlement des réacteurs arrivés en fin de vie.

1. Un scénario irréaliste

Dans l’hypothèse où quatorze réacteurs seraient fermés entre 2020 et 2035, où l’EPR de Flamanville serait en service et où la part du nucléaire serait ramenée de 72 % à 50 %, la production électrique française pourrait atteindre 650 térawattheures (TWh) en 2035. Dans le cas où quatre EPR supplémentaires seraient connectés au réseau entre 2030 et 2035, elle serait portée à 740 TWh (1). Or, la consommation intérieure (482 TWh en 2017) devrait rester stable, voire légèrement décliner sur les quinze prochaines années, selon le bilan prévisionnel de RTE, l’opérateur public de transport d’électricité. En effet, la hausse de la demande qu’induiraient, entre autres, l’évolution démographique, la forte progression des véhicules électriques et l’électrification de process industriels reste sur cet horizon de temps – au moins – compensée par les gains constants réalisés au niveau des usages finaux (l’isolation des logements, par exemple) et de l’efficacité des équipements électriques.

D’énormes excédents d’électricité en France plomberaient les prix sur le marché de gros, au détriment des producteurs

Dans l’hypothèse où la demande resterait stable et déduction faite des consommations liées à l’équilibrage du réseau, l’excédent de production exportable à l’horizon 2035 serait, sans construction de nouveaux EPR, d’environ 160 TWh par an, trois fois le niveau des exportations nettes de la France depuis une dizaine d’années. En cas de mise en service d’autres Flamanville, ce surplus serait encore plus important.

L’objectif des 50 %, combiné à l’arrêt de quatorze centrales seulement, envisage donc implicitement une explosion des exportations. Un tel scénario n’est pas crédible. Si l’Allemagne veut sortir du charbon, ce n’est pas pour importer de l’électricité, a fortiori si elle est d’origine nucléaire (le pays a décidé la sortie de l’atome), mais pour produire massivement sur son territoire de l’électricité renouvelable et donner ainsi de l’emploi à ses petites et grandes entreprises du secteur. Il en va de même pour les autres pays européens, à commencer par l’Espagne, qui vise désormais le 100 % d’électricité renouvelable en 2050. D’énormes excédents d’électricité en France ne pourront donc que plomber les prix sur le marché de gros, au détriment des producteurs. À commencer par EDF, qui a besoin de prix rémunérateurs sans lesquels il ne pourra ni financer ses investissements, ni assainir ses comptes.

L’incohérence du scénario proposé par le gouvernement traduit sa difficulté à assumer un choix clair. Car en réalité, on ne peut vouloir porter à 40 % en 2030 la part des énergies renouvelables dans le mix électrique et « en même temps » maintenir la puissance du parc nucléaire au niveau envisagé, au moins 52 GW (63 GW actuellement). Quel serait alors le meilleur choix ?

2. Penser le mix électrique de demain

Il est de plus en plus douteux que construire de nouvelles centrales nucléaires en France pour remplacer des anciennes unités arrivées en fin de vie soit un bon calcul économique. Il pourrait au contraire être moins cher de les remplacer par des renouvelables et par des gains d’efficacité énergétique. Autrement dit, d’abandonner peu à peu le nucléaire.

Un tel calcul doit prendre en compte les coûts complets du système électrique. On se contente parfois de comparer les coûts de production du nucléaire neuf, de l’ordre de 100 euros/MWh sur la base du contrat passé entre le Royaume-Uni et EDF pour la construction des deux EPR de Hinkley Point, à ceux du photovoltaïque ou de l’éolien, tombés en France autour de 55 et 65 euros/MWh et qui vont encore continuer à baisser.

La menace qui pèse sans doute aujourd’hui le plus sur la sûreté des réacteurs est d’ordre économique

Certes, cet écart grandissant est pour beaucoup dans l’effondrement des mises en chantier de réacteurs dans le monde et les évolutions respectives des filières renouvelables et nucléaire. En Europe, la production électronucléaire était en 2017 inférieure de 100 TWh à son niveau de 2000, tandis que les productions éolienne et photovoltaïque avaient progressé respectivement de 120 et 340 TWh (2). Ce n’est pas seulement la concurrence de l’Hualong, l’EPR chinois, qui balaye le rêve de la France d’exporter son nucléaire, c’est aussi l’orientation du marché.

Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que le boom de l’éolien et du photovoltaïque tient aussi à leur part encore limitée dans le mix électrique. Une forte pénétration de ces sources renouvelables mais intermittentes va entraîner des coûts conséquents de gestion de cette variabilité : stockage, conversion en gaz, capacités d’effacement de la consommation* lors des pointes de demande, etc. Inversement, EDF estime que la construction d’EPR en série pourrait conduire à une baisse de l’ordre de 25 % des coûts de production de l’électricité par rapport à Hinkley Point (ce qui reste au passage à vérifier, cet effet d’apprentissage n’ayant pas été observé pour la construction du parc actuel de 58 réacteurs).

Du coup, des systèmes avec très forte pénétration de renouvelables seront-ils compétitifs par rapport à des scénarios où le nucléaire conserverait une bonne place ? Oui, selon une nouvelle étude de l’Ademe portant sur le cas français (3). D’un point de vue économique, le mix optimal, pour des niveaux de demande compris entre 430 TWh et 600 TWh par an, se situerait à 85 % de renouvelables en 2050 et 95 % en 2060. Le coût total hors taxes de l’électricité facturée aux consommateurs serait même moins élevé qu’aujourd’hui, et ce, en intégrant les dépenses actuelles de soutien à la filière renouvelable : 90 euros/MWh, contre près de 100 euros/MWh aujourd’hui. En revanche, décider de la construction d’une quinzaine d’EPR à l’horizon 2060 se traduirait par un surcoût cumulé de 39 milliards d’euros pour le portefeuille des Français par rapport à un scénario d’extinction progressive du nucléaire, dans lequel un tiers du parc historique serait arrêté à 40 ans et un autre prolongé jusqu’à 60 ans. Des résultats qui confirment la nécessité d’un débat public sérieux sur des choix technologiques déterminants pour l’avenir.

3. Une sécurité et une sûreté à renforcer

Si la pertinence économique du nucléaire neuf est remise en cause, il va devenir compliqué de justifier les risques inhérents à ce moyen de produire de l’électricité décarbonée, infiniment plus élevés que ceux associés aux filières renouvelables. Outre le problème irrésolu de la gestion des déchets radioactifs s’ajoute celui de l’accident ou d’actions malveillantes. Pierre-Franck Chevet, patron de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) de 2012 à 2018, a déclaré à plusieurs reprises qu’un accident grave en France – dont le coût serait astronomique – est un événement qu’il ne faut jamais exclure. Certains points sont particulièrement fragiles ou exposés, comme les piscines de refroidissement des combustibles usés.

La menace qui pèse sans doute aujourd’hui le plus sur la sûreté des réacteurs est d’ordre économique. La situation financière dramatique d’EDF, liée entre autres à ses investissements hasardeux dans le nucléaire britannique et à la faiblesse récurrente des prix de l’électricité sur les marchés européens du fait de capacités de production excédentaires , réduit ses capacités d’investissement dans la sûreté, qu’il s’agisse de charges récurrentes liées à l’usure des équipements ou de dépenses nouvelles imposées par les normes post-Fukushima.

De la même façon, le recours massif d’EDF à la sous-traitance pour réduire les charges de personnel entraîne des pertes de savoir-faire dans la conduite des installations et nuit à la culture de sûreté. Ces dérives sous pression financière ont entre autres conduit à des fautes graves dans la réalisation de la cuve du réacteur de Flamanville, avec pour résultat que l’ASN, mise devant le fait accompli, a validé la mise en service d’une installation dont les marges de sécurité seront inférieures à ce qui avait été requis au départ. Si la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie devait aboutir à accroître les surcapacités électriques actuelles, à réduire le nombre d’heures de fonctionnement des réacteurs et donc à dégrader encore plus leur rentabilité, il est à craindre que cela se fasse aussi au détriment de la sécurité d’équipements dont on cherche parallèlement à prolonger la durée de vie.

4. Les inconnues du démantèlement

Enfin, la dégradation des conditions d’exploitation du parc nucléaire complique la conduite et le provisionnement des opérations de démantèlement actuelles et futures. Les opérations actuelles d’EDF concernent neuf réacteurs, qui affichent une dérive des délais et des coûts. Le démantèlement de la petite centrale bretonne de Brennilis, arrêtée en 1985, ne sera pas achevé avant 2038. La dernière évaluation du coût des travaux, 482 millions d’euros, date de 2005 et a été multipliée par 20 par rapport à celle de 1985. Plus spectaculaire, le démantèlement des six vieux réacteurs de la filière graphite-gaz (arrêtés entre 1973 et 1994), qui devait s’achever vers 2033, a été reporté à… 2100, au motif qu’EDF a changé d’option technologique pour mener les travaux.

Ces précédents suscitent des inquiétudes quant à la capacité d’EDF de réaliser le démantèlement de son parc actuel de 58 réacteurs à eau pressurisée (REP), sachant que les premières unités seront mises à l’arrêt à partir de 2020 (les réacteurs de Fessenheim). Dans son rapport sur le démantèlement des installations nucléaires (février 2017), la députée Barbara Romagnan soulignait que les sommes provisionnées par EDF, 350 millions d’euros par REP, étaient les plus basses de l’OCDE, les autres exploitants européens provisionnant entre 900 millions et 1,3 milliard par réacteur. L’électricien tricolore se justifie par le fait qu’il va faire des économies d’échelle. Il avance, d’une part, que son parc est homogène (en exagérant peut-être les économies que cela va générer) et, d’autre part, qu’il va optimiser ses coûts dans la mesure où, parallèlement aux travaux de déconstruction, se dérouleront sur le même site des chantiers de construction de nouveaux réacteurs (ce qui est tout sauf certain). Du berceau à la tombe, y a-t-il encore une bonne fée (électricité) pour le nucléaire ?

  • (1). Selon les énergéticiens de l’association négaWatt. Voir https://bit.ly/2U8pqNa
  • (2). Voir « Le nucléaire français, un problème européen », alternatives-econo miques.fr, 21 novembre 2018 (https://lc.cx/maVA).
  • (3). « Trajectoires d’évolution du mix électrique 2020-2060. Synthèse de l’étude », 10 décembre 2018 (https://bit.ly/2GlEbcT).

* Capacité d’effacement de la consommation

Capacité à réduire la consommation en période de pointe (par exemple, réduire le chauffage électrique d’un degré les soirs d’hiver à 18 heures) de manière à limiter les besoins en capacités de production faiblement utilisées.

Par Antoine de Ravignan

https://www.alternatives-economiques.fr/nucleaire-france-a-lheure-choix/00087747

Jan 04

MONTMORILLON (86) ET LE RISQUE NUCLÉAIRE : LA VILLE ENTRE DANS LE CERCLE

Le Plan particulier d’intervention de la centrale de Civaux passe bientôt de 10 à 20 km. Les Montmorillonnais devront eux aussi se munir de comprimés d’iode.

Les habitants de Montmorillon seront invités dans les prochains mois à se familiariser avec les consignes à suivre en cas d’accident nucléaire : le Plan particulier d’intervention (PPI) de la centrale de Civaux passe de 10 à 20 km, englobant 38 nouvelles communes (1).

Très concrètement, les habitants devront conserver chez eux des comprimés d’iode, comme le font déjà notamment les habitants du Lussacois. Une campagne de distribution sera organisée, avec des courriers permettant de retirer gratuitement les boîtes en pharmacie.

En cas de rejet de matières radioactives dans l’atmosphère, cet iode stable sature la glande thyroïde et l’empêche d’absorber l’iode contaminé. Ce traitement ne doit être pris que sur ordre des autorités, dans un délai précis. L’un des enjeux du PPI est de pouvoir informer toute la population menacée en temps réel. Outre les radios de service public, certaines communes disposent par exemple de véhicules équipés de haut-parleurs, pour diffuser des messages dans les rues.

C’est le cas de Montmorillon : « Même si nous n’étions pas dans le PPI, nous avions déjà anticipé cette extension dans notre Plan communal de sauvegarde (PCS), indique Sandrine Lainé, responsable du service juridique de la ville, en charge du PCS. Nous étions déjà commune relais pour la distribution d’iode. Pour l’information, nous pouvons aussi utiliser les réseaux sociaux. »

« Nous avons aussi la sirène mais peu d’habitants connaissent le sens des signaux sonores (2), poursuit le maire Ernest Colin. Il est important de communiquer pour expliquer ce qu’il faut faire. Il y aura peut-être lieu à organiser des réunions de quartier. »

Ces moyens d’alerte sont par ailleurs les mêmes, souligne Ernest Colin, que ceux mis en œuvre lors des crues de la Gartempe.

Le plan particulier d’intervention de Civaux prévoit les mesures à prendre en cas d’accident nucléaire : confinement des habitants, des écoles, évacuations dans des gymnases préalablement repérés, etc. Sa mise en œuvre avait donné lieu en septembre 2015 à un exercice dans le Lussacois.

(1) Dans la communauté de communes Vienne et Gartempe : Queaux, Moussac, Nérignac, Adriers, Moulismes, Saulgé, Montmorillon, Jouhet, Haims, Antigny, Saint-Germain, Saint-Savin, Paizay-le-Sec, Fleix, Lauthiers. Après la consultation publique fin 2018, l’arrêté préfectoral instaurant le nouveau PPI est attendu en ce début d’année.

(2) Le signal d’alerte se compose de trois coups d’une minute quarante et une seconde séparés d’intervalles de cinq secondes.

Publié le 04/01/2019 à 04h55

https://www.lanouvellerepublique.fr/montmorillon/risque-nucleaire-la-ville-entre-dans-le-cercle

Jan 04

L’OBSESSION NUCLÉAIRE DE POUTINE

Le chef du Kremlin ne cesse d’évoquer les risques d’une guerre nucléaire. Et profite du nouvel an pour se doter d’un nouveau missile hypersonique.

« Un magnifique cadeau du nouvel an à la nation. » Lorsque Vladimir Poutine s’exprime ainsi, il n’évoque pas une découverte médicale ou la mise au point d’une voiture électrique. Il salue le lancement d’un missile hypersonique « invincible ». Une arme testée avec succès le 26 décembre et capable d’assurer la sécurité du pays « pour des décennies ». Son nom ? Avangard. Sa caractéristique ? Voler avec une charge nucléaire ou conventionnelle à plus de vingt fois la vitesse du son dans les couches supérieures de l’atmosphère. Le tout en opérant des changements de trajectoire pour ne pas être intercepté. Tels sont du moins les atouts présentés par Moscou. « Ça a été beaucoup de travail et des percées technologiques dans plusieurs domaines » a déclaré le président russe. Un objet de fierté qui l’encourage à développer sa thématique militaire. Car Poutine a désormais une habitude : lorsqu’il intervient devant les caméras, il adore s’épancher sur les enjeux d’une confrontation nucléaire.

C’est le cas le 1er mars, lors de son discours annuel devant les parlementaires. Graphiques et vidéos à l’appui, il détaille durant une heure le nouvel arsenal dont se dote le pays pour parer aux menaces américaines. « Il y a vingt ans, personne ne nous prenait au sérieux. Personne ne nous écoutait. Eh bien, écoutez-nous maintenant ! » Quelques semaines plus tard dans un film intitulé Le Nouvel Ordre mondial, il échafaude l’hypothèse d’une catastrophe nucléaire et conclut par une remarque étrange. « En tant que citoyen russe et dirigeant de l’État russe, je me pose la question : à quoi bon ce monde s’il n’y a plus de Russie ? » Il récidive en octobre au cours d’une conférence du Club Valdaï organisée à Sotchi. Et, cette fois, il décrit les lendemains d’une conflagration. « L’agresseur doit comprendre que le châtiment est inévitable, qu’il sera détruit. Et nous, en tant que victimes d’une agression, en tant que martyrs, nous irons au paradis. Eux (les agresseurs), ils crèveront et n’auront même pas eu le temps de se repentir. »

Lire aussi Comment un missile russe relance la course aux armements

« Il frappe comme une météorite »

Enfin, le 20 décembre, lors de sa traditionnelle conférence de presse, il aborde à nouveau son sujet de prédilection. « Il y a des idées de créer des ogives nucléaires de faible puissance, lance-t-il devant 1 700 journalistes. La baisse du seuil d’utilisation de ces armes peut entraîner une catastrophe et la mort de notre civilisation. »

Une semaine plus tard, il est assis devant un écran géant aux côtés de son actuel ministre de la défense Sergueï Choïgou et un ancien titulaire du poste Sergueï Ivanov. L’Avangard est mis à feu depuis une base militaire située au sud de l’Oural. L’engin s’élance et vient toucher sa cible à 6 000 kilomètres de là, sur la péninsule du Kamtchatka. Le chef du Kremlin exulte. « Il frappe comme une météorite », avait-il prévenu. « On en possède des douzaines comme celui-ci, prêts à l’emploi », assure de son côté Sergueï Ivanov. Pourtant, l’affaire déclenche la paranoïa des autorités. Le FSB a ainsi arrêté deux responsables du projet accusés d’avoir eu un échange d’e-mails avec des Chinois et des Occidentaux. L’un des deux, Viktor Koudryavtsev, 75 ans, risque 20 ans de prison. Dix autres membres de l’équipe de développement font également l’objet d’une enquête. Mais, comme le dit Poutine : « Nous irons tous au paradis… »

Par Marc Nexon publié le 04/01/2019 à 15h59 | Le Point.fr

https://www.lepoint.fr/monde/l-obsession-nucleaire-de-poutine-04-01-2019-2283381_24.php

Jan 04

FILM/DÉBAT : « NUCLÉAIRE, LA FIN D’UN MYTHE », À ORLÉANS (LOIRET)

Le 12 janvier, Thierry Gadault, journaliste et auteur de « Nucléaire, danger immédiat« , sera à Orléans.

Après la projection du film « Nucléaire, la fin d’un mythe » auquel il a collaboré, il échangera avec le public sur la question des risques nucléaires en général et sur l’état des centrales atomiques de la région Centre-Val de Loire, notamment celle de St Laurent-des-Eaux.

Cette manifestation est soutenue par diverses associations : Acirad-Centre, Amis du Monde Diplomatique, Attac 45, MNLE 45, Réseau « L’EPR, ça suffit« , Sortir Du Nucléaire 41 et Sortir Du Nucléaire Berry-Giennois-Puisaye.

Cinéma des Carmes (Orléans) le samedi 12 janvier à 15h30, projection du film suivi d’une conférence-débat sur le risque nucléaire avec Thierry Gadault.

Contacts sur Orléans : 02 38 84 44 30 ou 07 69 45 27 19″

https://reporterre.net/Film-debat-Nucleaire-la-fin-d-un-mythe

Jan 03

UN MOTEUR DE SECOURS SE GRIPPE : LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM RÉAGIT

La centrale de Cattenom vient de déclarer « un événement significatif de niveau 1 » auprès de l’autorité de sûreté nucléaire. EDF rassure. L’incident s’est produit hors zone nucléaire.

L’échelle d’évaluation va de 1 à 7. Mercredi 2 janvier, la direction de la centrale nucléaire de Cattenom a déclaré un événement significatif de sûreté, niveau 1. « L’événement » remonte au 28 décembre 2018. Mais EDF a mené son enquête, puis rédigé le compte rendu de ses investigations avant de transmettre l’info à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

L’incident a été relevé sur l’unité de production numéro 3 lors d’un test sur un des deux moteurs diesel censés alimenter la tranche en cas de pépin électrique. Ces moteurs de secours, situés dans la partie non nucléaire de l’équipement, fonctionnent par l’ouverture d’une vanne provoquant une arrivée d’air puissante. Mais l’essai réalisé fin décembre n’a pas été probant car « un amas de graisse durci a laissé la vanne en position ouverte », explique EDF.

Éléments transmis pour avis

« Après un nettoyage et un graissage, le moteur diesel a été rapidement remis en conformité », poursuit l’entreprise exploitante. Les moteurs sont vérifiés tous les deux mois. Impossible de dater précisément le délai d’indisponibilité du moteur avant le dernier test. EDF se montre toutefois rassurante dans son communiqué : « L’alimentation électrique principale a toujours été opérationnelle durant cette période. Le deuxième moteur diesel de l’unité de production numéro 3 a également toujours été disponible. »

Désormais avisée, l’Autorité de sûreté nucléaire analysera à son tour les éléments transmis par la centrale.

F.T. le 03/01/2019 à 05h00 mis à jour à 07h55

https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-thionville-hayange/2019/01/03/un-moteur-de-secours-se-grippe-la-centrale-nucleaire-de-cattenom-reagit

Jan 03

CINQ ASSOCIATIONS EXIGENT L’ARRÊT IMMÉDIAT DE LA CENTRALE DE FESSENHEIM PAR MESURE DE SÉCURITÉ

Cinq associations alsaciennes viennent d’écrire à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour demander l’arrêt immédiat et définitif de la centrale de Fessenheim. Le Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin, Stop Transport-Halte au nucléaire, Stop Fessenheim, Les Citoyens vigilants des environs de Fessenheim et la Fédération Alsace Nature estiment, dans une lettre ouverte, « qu’il y a mise en danger délibéré de la vie d’autrui en situation d’extrême urgence du fait de l’absence de dispositifs d’ultime secours ».

Explication : la prescription adoptée le 26 juin 2012 à l’issue des évaluations complémentaires de sûreté qui ont suivi l’accident nucléaire de Fukushima imposait à EDF « en tout état de cause » la mise en place de moyens d’alimentation électrique supplémentaires, à savoir des groupes électrogènes diesels d’ultime secours, ou DUS. L’exploitant disposait d’un délai de plus de 6 ans, qui expirait le 31 décembre 2018, pour réaliser ces travaux. Or, constatent les associations, ils n’ont pas été menés à bien. « À ce jour, déplorent-elles, seuls des projets de nouvelle décision ont été formulés par l’ASN et ne sont toujours pas applicables ».

Les cinq associations, qui considèrent donc « qu’il y a carence fautive de l’ASN », lui demandent d’imposer immédiatement « et à titre conservatoire, d’imposer à EDF de mettre à l’arrêt les deux réacteurs de Fessenheim du fait que toutes les dispositions de sécurité n’ont pas été mises en place ». Elles attendent aussi du gendarme du nucléaire qu’il « intervienne auprès d’EDF pour que la procédure de mise en arrêt définitif des deux réacteurs s’ensuive immédiatement » et qu’il exige l’installation de DUS au plus vite « afin d’assurer l’ultime secours des installations subsistant après l’arrêt, y compris les piscines de désactivation ».

Les deux réacteurs doivent cesser définitivement leur activité à l’été 2020.

https://www.dna.fr/edition-de-guebwiller/2019/01/03/cinq-associations-exigent-l-arret-immediat-de-la-centrale-par-mesure-de-securite

Jan 03

« PYONGYANG SAIT QUE LES SANCTIONS SONT LÀ POUR RESTER »

Kim Jong-un, le leader de la Corée du Nord, a donné de nouveaux signes d’ouverture. L’éclairage du chercheur Antoine Bondaz.

Dans son allocution du Nouvel An, mardi, le leader nord-coréen Kim Jong-un s’est dit prêt à rencontrer « à tout moment » le président des États-Unis Donald Trump afin de « produire des résultats qui seront salués par la communauté internationale« . Interrogé par L’Express, Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la Recherche stratégique et spécialiste de la péninsule, nuance la volonté d’ouverture affichée par le régime de Pyongyang. 

L’Express : Kim Jong-un dit souhaiter un nouveau sommet avec Donald Trump, qui s’y est montré favorable dans un tweet. Quelle serait son utilité après celui de juin dernier à Singapour ? 

Antoine Bondaz : L’objectif principal du Président Donald Trump est de se démarquer de ses prédécesseurs et de montrer qu’il peut obtenir davantage de la Corée du Nord, notamment avancer sur la voie de la dénucléarisation. En termes de communication politique, le dossier nord-coréen est pour l’instant présenté à son électorat comme sa plus grande réussite. 

LIRE AUSSI >> Droits de l’homme: la Corée du Nord accablée par les ONG 

Du côté de Kim Jong-un, l’objectif est de gagner du temps et d’assurer la survie du régime en éloignant le spectre d’un conflit militaire, en normalisant les relations avec les États-Unis, et si possible en atténuant la pression sur le régime par le biais d’une levée partielle des sanctions. En prime, il cherche à affaiblir la raison d’être de l’alliance entre Washington et Séoul. 

Pourtant, la Corée du Sud a multiplié les gages de bonne volonté envers son voisin cette année… 

Pyongyang a toujours essayé de dissocier la Corée du Sud des États-Unis afin d’accroître sa sécurité et d’obtenir des concessions. Kim Jong-un exige dans son discours la fin des exercices militaires avec des puissances étrangères et l’arrêt de « l’introduction d’équipements militaires étrangers » en Corée du Sud, mais aussi la signature d’un traité de paix. Autrement dit : la fin de facto de l’alliance avec Washington. En parallèle, la stratégie du Président Moon est de plus en plus difficile à mettre en œuvre car pour entretenir la dynamique actuelle de réconciliation intercoréenne, il a besoin d’une levée partielle des sanctions ce que les États-Unis, mais aussi l’Union Européenne, refusent.  

Quelle différence entre cette adresse du Nouvel An et celle que Kim Jong-un a prononcée il y a un an concernant les États-Unis ? 

La déclaration de 2018 était une main tendue à la Corée du Sud mais restait critique envers les États-Unis – on se rappelle du « bouton nucléaire« . Cette année, la main tendue l’est en direction tant de la Corée du Sud que des États-Unis avec une volonté affichée de ne jamais critiquer le Président Trump, son interlocuteur privilégié. Cette stratégie de communication, critiquer parfois les États-Unis sans jamais s’en prendre au président, fonctionne. Le tweet du Président Trump le montre.  

Jusqu’à présent, la dénucléarisation de la Corée du Nord semble être un préalable à toute levée des sanctions par les États-Unis… 

Kim Jong-un affirme dans son discours que son pays ne produira ni ne testera d’armes nucléaires. C’est une affirmation nouvelle puisque de l’annonce du gel des essais, en avril 2018, on passe à l’annonce d’un gel des programmes. Or, tous les éléments disponibles montrent que cette affirmation est fausse et que l’arsenal nucléaire et balistique nord-coréen continue de croître. Cependant, en termes de communication, c’est une carotte supplémentaire pour le Président Trump. 

L’objectif est d’alimenter la rhétorique du président américain tout en présentant la Corée du Nord comme un partenaire normal et responsable. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si dans la forme Kim Jong-un a prononcé son adresse en costume cravate, dans une bibliothèque : ce sont des codes très occidentaux et aussi proche de ceux utilisés par le Secrétaire général Xi Jinping dans ses vœux. 

La Corée du Nord semble parier sur une dénucléarisation conjointe de la péninsule, avec l’accord des États-Unis. Est-ce réaliste ?  

Lorsque la Corée du Nord évoque la dénucléarisation de la péninsule, cela ne signifie évidemment pas seulement sa propre dénucléarisation – même si aucune définition officielle n’a été fournie. Si les avis divergent – un officiel nord-coréen m’ayant évoqué en octobre dernier à Pyongyang le retrait des troupes américaines -, la stratégie nord-coréenne à court terme vise à normaliser le pays à travers une évolution de sa rhétorique, mais aussi la signature d’un traité de paix ou encore l’établissement de relations diplomatiques avec Washington. 

Quant au démantèlement complet, vérifiable et irréversible des capacités nucléaires nord-coréennes, c’est un objectif à long terme de la communauté internationale. Pyongyang ne montre aucun signe concret de dénucléarisation et a conscience que les sanctions sont là pour rester. Tout l’indique dans son adresse.  

afp.com/SAUL LOEB

Propos recueillis par Clément Daniez, publié le 02/01/2019 à 17:38

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/pyongyang-sait-que-les-sanctions-sont-la-pour-rester_2055582.html

Jan 03

UN TSUNAMI A FRAPPÉ EN 1076 LE SUD DE LA CHINE, AUJOURD’HUI DENSÉMENT PEUPLÉ

Un tsunami majeur a frappé la côte méridionale de la Chine en 1076, ont annoncé des chercheurs chinois, mettant en garde contre les implications de cette étude pour une côte aujourd’hui densément peuplée et dotée de plusieurs centrales nucléaires.

Des preuves scientifiques de plus en plus nombreuses suggèrent qu’un tremblement de terre dans la fosse de Manille a créé un mur d’eau qui a déferlé il y a environ mille ans sur ce qui est maintenant la province chinoise du Guangdong.

Ce tsunami a provoqué un « déclin culturel radical« , selon les chercheurs.

Les scientifiques pensent être en mesure de déterminer l’année exacte: 1076. Selon eux, ces données nouvelles devraient inciter à vérifier si cette région est en mesure aujourd’hui de faire face au risque de tsunamis.

« Cette étude confirme le risque de tsunami en mer de Chine méridionale« , écrivent les chercheurs de l’Université des sciences et technologies et d’East China Normal University dans le numéro de janvier du Chinese Science Bulletin.

« Un tel risque devrait être pris en compte dans la planification et la construction futures de centrales nucléaires, de ports et de réserves de pétrole sur les côtes chinoises« , préviennent-ils.

Un certain nombre de centrales nucléaires sont déjà installées sur la côte méridionale de la Chine, notamment à Fuqing et dans la baie de Daya, alors qu’un réacteur devrait démarrer prochainement à Taishan.

Cette région, l’une des plus densément peuplées du monde, compte aussi d’importantes villes côtières comme Hong Kong, Macao, Xiamen et Quanzhou.

La vulnérabilité des centrales nucléaires aux événements sismiques est devenue un sujet d’inquiétude majeur depuis le tremblement de terre suivi d’un tsunami, qui a frappé la centrale japonaise de Fukushima en 2011, provoquant le pire accident nucléaire depuis Tchernobyl.

L’équipe de chercheurs chinois a découvert pour la première fois en 2013 des preuves d’une vague destructrice sur l’île de Dongdao, située au milieu de la mer de Chine méridionale.

Des roches et des coraux avaient été déplacés à 200 mètres du rivage, avaient observé les chercheurs qui ont conclu que seule une force d’eau importante avait pu le faire.

AFP le 03/01/2019 à 14h03

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/un-tsunami-a-frappe-en-1076-le-sud-de-la-chine-aujourd-hui-densement-peuple-d9975ecf926dd54bf3c9d03aeac9ce2f

Jan 03

DE MAI 68 AU RAINBOW WARRIOR, EN PASSANT PAR CREYS-MALVILLE : PLONGÉE AUX RACINES DU MOUVEMENT ANTI-NUCLÉAIRE

Le gouvernement a confirmé le report à 2035 de la réduction de la part du nucléaire dans la production électrique nationale. Le projet de construire de nouveaux EPR demeure, pour l’instant, en suspens, alors que se pose la question du remplacement des centrales vieillissantes et du mode de production d’électricité qui leur succédera. Dans ce contexte, où en est le mouvement anti-nucléaire français ? Basta ! revient sur l’histoire de cette lutte aussi singulière que l’histoire de l’atome français, du combat des origines contre l’arme atomique à l’actuelle opposition – durement réprimée – contre l’enfouissement de déchets radioactifs à Bure. Le mouvement anti-nucléaire pose une question non seulement technique, sanitaire et écologique, mais aussi profondément démocratique.

Au royaume de la production énergétique française, son trône vacille, mais le nucléaire est toujours roi. Initialement prévue pour 2025, la réduction à 50% (au lieu de 72%) de la part d’électricité issue de l’atome a été reportée par le gouvernement à 2035. Lors de la présentation de sa Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) le 27 novembre, l’exécutif a annoncé la fermeture d’ici cette date de 14 des 58 réacteurs du pays, qui compte le plus important parc nucléaire du monde au regard de sa population [1]. Les deux réacteurs de Fessenheim fermeront en 2020, mais il faudra ensuite attendre, au plus tôt, 2025 pour voir l’arrêt de tranches supplémentaires. Potentiellement, deux quinquennats successifs pourraient s’écouler sans mises à l’arrêt autres que Fessenheim, souligne le Réseau action climat (RAC), qui regroupe en France les ONG investies sur la question climatique.

Le calendrier pose aussi la question du devenir des 44 autres réacteurs, qui auront en 2035 près de 50 années d’âge moyen… Le gouvernement entend-t-il les remplacer par de nouveaux réacteurs EPR, malgré des coûts qui explosent – près de 11 milliards d’euros pour la construction de l’EPR de Flamanville et des déboires techniques qui s’accumulent [2] ? La question reste en suspens… Pour le mouvement anti-nucléaire, l’objectif de réduction à 50% constituait un pas en avant dans la mise en cause de la toute-puissance de l’atome français, empêtré dans une série de difficultés, telles le vieillissement et la sureté des centrales, les retards et surcoûts liés à l’EPR, ou encore l’épineuse et décisive question des déchets. Les derniers reculs montrent néanmoins que leur lutte, qui plonge ses racines au cœur des bouillonnantes années 60 et 70, est loin d’être achevée.

Les opposants au nucléaire sont habitués à devoir vider l’océan à la petite cuillère. « Le nucléaire a été un rouleau-compresseur en France, on a été écrasé militairement, à Creys-Malville comme à bien d’autres endroits » se souvient Jean-Luc Thierry, un historique du mouvement antinucléaire, animateur du Comité contre Superphénix devenu par la suite animateur de campagnes chez Greenpeace. De là à compter plus de défaites que de victoires ? « Dans les grandes lignes, le combat initial est plutôt un échec. Le plan Messmer, par lequel les choses ont démarré, avait une dimension massive qui était difficile à combattre. Mais il ne faut pas oublier que d’autres centrales étaient prévues, dans les Pyrénées, en Bourgogne ou en Bretagne… On est parvenu à limiter la casse, tout de même » [3].

À l’origine, une critique qui est d’abord l’affaire de spécialistes

Le 6 mars 1974, le contexte est bien différent lorsque Pierre Messmer, alors Premier ministre de Georges Pompidou, annonce officiellement la construction de 13 centrales de 1000 MW chacune. Sous le coup du choc pétrolier, la France, encore bercée par l’idéal gaulliste, croit dur comme fer à la possibilité de l’indépendance énergétique avec l’atome [4]. En sus, le gouvernement envisage la création de quatre à six réacteurs supplémentaires par an d’ici 1985 – soit un objectif total de près de 80 unités. Le plan Messmer consacre une véritable révolution : « Jusque-là, on n’avait jamais travaillé sur l’énergie nucléaire de manière industrielle », se souvient Monique Sené, physicienne du nucléaire qui signe alors « l’Appel des 400 », du nom de ces 400 scientifiques s’inquiétant publiquement de cette orientation majeure.

L’année suivante, elle fonde, en compagnie de son mari Raymond Sené, professeur au Collège de France, le Groupement de scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire (GSIEN), qu’elle préside toujours. À l’époque, la critique est essentiellement une affaire de spécialistes. C’est que la production d’électricité issue de l’atome reste encore marginale : à peine plus de 10 TW en 1973 – pour 400 TW environ de nos jours. « Le 1er kWh d’électricité nucléaire date de 1963, à la centrale de Chinon, la première à vocation de production d’énergie civile », resitue Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire (SDN).

Des opposants à « la monoculture nucléaire »

Certes, les intentions ne sont pas nouvelles : la commission Péon (Commission pour la production d’électricité d’origine nucléaire) est lancée dès 1955, année qui voit aussi la création du site de Marcoule, où seront menées les premières recherches sur le cycle du combustible et sur les projets de réacteurs. Mais c’est bien le plan Messmer qui marque l’accélération de ce qui deviendra « la monoculture nucléaire ». Avec l’avènement du programme civil naît sa propre force d’opposition, composée de celles et ceux qu’on appelle toujours aujourd’hui les « antinucléaires ».

Pourtant, dans sa thèse de sociologie consacrée à l’essor du mouvement en France [5], Mikaël Chambru fait remonter sa genèse plus tôt dans le temps, en 1962 précisément : « Un mouvement social ne naît jamais de rien ni de nulle part : pour comprendre le mouvement anti-nucléaire, il faut prendre en compte les premières formes d’organisation et de réflexion qui l’ont nourries » explique l’auteur, qui évoque par exemple la manifestation organisée en 1960 par le commandant Cousteau, aux côtés du Prince Rainier de Monaco, pour dénoncer l’immersion de déchets radioactifs en pleine Méditerranée. « Cela peut être considérée comme l’une des premières mobilisations dans l’espace publique contre l’énergie nucléaire en France ».

« On n’imaginait absolument pas le développement du nucléaire à d’autres fins que militaires »

Ce sont deux autres structures aux combats bien différents qui vont élever en premier la voix contre le nucléaire dans l’hexagone. En 1962, Jean Pignero fonde l’Association de protection contre les rayonnements ionisants (Apri), qui, comme son nom l’indique, s’inquiète d’abord de la radioactivité : « En tant qu’enseignant, on devait effectuer une radioscopie pour prouver que nous n’avions pas la tuberculose. Or, cet examen nous irradiait 50 à 60 fois plus qu’une radiographie ! Mais à cette époque, c’était considéré comme un crime de s’opposer à la radioscopie… », témoigne Jean-Jacques Rettig, qui s’engage dans ce combat en 1967 en Alsace, avant de devenir, quelques années plus tard, l’un des principaux animateurs de la lutte contre la centrale de Fessenheim. « Bien qu’elle soit restée assez isolée, l’Apri est la première structure organisée à s’opposer à l’énergie électronucléaire, la première à fournir une base de critique à partir de connaissances techniques », atteste de son côté Mikaël Chambru.

À cette préoccupation d’ordre sanitaire s’ajoute la lutte contre l’arme nucléaire, incarnée notamment par le Mouvement contre l’armement atomique (MCAA), créé l’année suivante, en 1963, sous l’égide notamment du biologiste Jean Rostand. « On est très loin des enjeux énergétiques, cela reste surtout une question de géopolitique internationale, notamment portée par le Parti communiste, très investi dans le mouvement contre la bombe atomique », décrypte Mikaël Chambru.

Sur fond de guerre du Vietnam, plusieurs personnalités s’opposent publiquement à l’utilisation du plutonium comme arme de guerre, à l’image de Lanza del Vasto. De fait, dans les années 60, nucléaire rime presque exclusivement avec militaire : « On n’imaginait absolument pas le développement du nucléaire à d’autres fins que militaires ! » admet aujourd’hui Didier Anger, opposant historique à l’usine de retraitement La Hague. Une usine qui symbolise parfaitement cette transformation : lorsque sa construction est lancée par le Commissariat pour l’énergie atomique (CEA), en 1962, La Hague n’a vocation à extraire du plutonium qu’à des fins militaires.

Mai 68, parent oublié des anti-nucléaires

C’est d’ailleurs dans cette période de contestation, notamment antimilitariste, que germent les « événements » de 68. Or, si l’événement est rarement associé dans l’Histoire à la lutte anti-nucléaire – et pour cause, cette source d’énergie étant alors elle-même marginale – Mai 68 constitue pourtant un « virage », selon les mots de Bernard Laponche. Figure scientifique de la critique du nucléaire en France, cet ancien polytechnicien travaillait alors au CEA, qui vit pleinement la mobilisation générale. Il détaille son propre cheminement personnel : « Jusque-là, j’étais syndiqué, mais de façon assez passive. Mais en 1968, le mouvement est très puissant à Saclay, tout est en grève au CEA. Il y a des élections de conseil partout, à tous les échelons. J’étais très impliqué. Mai 68, c’était des questions à caractère social, les droits des travailleurs, la différence entre cadres et non-cadres, etc. Mais il n’a pas été question de nucléaire, ça n’a pas été un sujet : à cette époque, cette question était peu relayée en France… »

Bernard Laponche poursuit : « C’est avec Mai 68 que je suis devenu militant. Et les premières interrogations sur le nucléaire sont arrivées peu de temps après, avec le changement de technologie : la fin du graphite gaz et le choix des réacteurs à eau ordinaire. C’est ainsi que je découvre les risques du nucléaire pour les travailleurs et les populations » [6]. C’est à la suite de cela qu’il rédige, aux côtés de son collègue à la CFDT Jean-Claude Zerbib, la première grande somme sur l’atome : L’électronucléaire en France, signé par le syndicat et édité au Seuil en 1975. Une référence : « Ce fut la Bible du mouvement antinucléaire, et elle reste toujours d’actualité » assure Monique Sené.

Critique scientifique, contestation démocratique

De fait, Mai 68 a joué un rôle, indirect et discret mais néanmoins fondamental, dans la constitution d’un mouvement de réflexion et d’opposition au nucléaire : « On ne peut pas établir une filiation directe, mais Mai 68 a une influence culturelle considérable sur toute une génération de militants. S’il n’est pas le déclic, il le prépare en toile de fond », résume Mikaël Chambru. Une influence que détaille elle-même cette fameuse génération : « Mai 68 est une critique irrévérente de l’autorité, y compris scientifique : il y a cette idée que la science ne peut plus être un « absolu » incontesté, se souvient Jean-Luc Thierry, alors étudiant au lycée. C’est un véritable choc intellectuel : on ébranle toutes les certitudes, tout devient questionnable. C’est de ce doute instillé que naît véritablement le mouvement nucléaire ».

Quelques mois plus tard, ce dernier deviendra objecteur de conscience et assumera son insoumission à l’armée. Même son de cloche chez Didier Anger, qui voit dans cette émotion collective un déclencheur plus profond : « Mai 68 convertit en quelques sortes la contestation marginale du nucléaire, essentiellement réduite à son utilisation militaire, en un sujet beaucoup plus global. En tant qu’énergie centralisée, dans laquelle le citoyen est tenu très loin des circuits de décision, le nucléaire entre en contradiction avec les revendications montantes d’autogestion et de démocratie participative. La critique d’abord scientifique du nucléaire, rencontre un bruit de fond plus général, une atmosphère propice à la défense d’un autre type de société ».

En 1971, une grande marche devant la centrale du Bugey

De ce terreau fertile, plusieurs penseurs émergent pour questionner le modèle de société soumis par l’industrie nucléaire. Jean-Luc Thierry cite par exemple Herbert Marcuse [7] – « penseur fétiche de Mai 68 dont la critique de la société de consommation va insuffler un état d’esprit qui s’est propagé à tous les secteurs de la société » – mais également Alain Touraine, sociologue qui co-écrit en 1980 le livre La prophétie antinucléaire. Ce sont deux autres figures qui aident considérablement à la visibilité et à l’engagement dans la lutte contre le développement de l’énergie nucléaire. Alexandre Grothendieck d’abord. Le célèbre mathématicien sera, par le biais de son association « Vivre et survivre », l’un des premiers grands lanceurs d’alerte sur le sujet.

« À Saclay, la section syndicale CFDT a organisé une assemblée générale à laquelle Grothendieck fut invité, au début des années 1970. La salle était pleine. Grothendieck a fait un discours expliquant que les déchets, c’était dangereux, qu’il y en avait à côté de Saclay qui étaient mal gérés, qu’il y avait des fuites radioactives… Un discours très alarmiste, et très antinucléaire. La hiérarchie était venue – parce que c’était M. Grothendieck, un grand mathématicien – et ils étaient fous de rage, se remémore Bernard Laponche. C’était la première fois qu’il y avait, in situ, dans le temple du nucléaire, une AG avec un scientifique très respecté qui en expliquait les dangers. Cela a fait scandale ».

Ensuite, Pierre Fournier, journaliste et dessinateur passé notamment par Hara-kiri et Charlie hebdo, où il fait entrer ce sujet dans le paysage médiatique. Considéré comme un précurseur du mouvement écologiste [8], il fonde La Gueule ouverte en 1972, et en fait un porte-voix actif de la lutte naissante contre le nucléaire. « Il était à nos côtés à la toute première manifestation contre la centrale de Fessenheim, au printemps 1971, se rappelle ainsi Jean-Jacques Rettig. Puis il fut à l’initiative de la grande manifestation à Bugey, quelques semaines plus tard ». Avec 15 000 à 20 000 personnes réunies le 10 juillet 1971, la grande marche devant la centrale de Bugey fait définitivement entrer le sujet à l’agenda politique. « Pierre Fournier est un personnage central, menant à la fois un gros travail de vulgarisation scientifique et en même temps, un vrai plaidoyer pour médiatiser les enjeux », analyse Mikaël Chambru.

Plogoff, une victoire en trompe-l’œil

C’est dans cette dynamique « post-soixante-huitarde » que le mouvement anti-nucléaire s’amplifie, simultanément à l’avènement du nucléaire civil. Les années 70 voient fleurir d’autres penseurs, tel Ivan Illich, qui prennent le relais. D’autres lieux de luttes émergent également, qui enracinent l’existence du mouvement, mais avec des fortunes diverses : en 1977, Vital Michalon, 31 ans, est tué lors de la tragique manifestation de Creys-Malville, tandis qu’en 1981, François Mitterrand offre une victoire symbolique au mouvement en abandonnant le projet de centrale nucléaire de Plogoff. Une décision politique en trompe-l’œil, rappelle au passage Charlotte Mijeon : « L’emblème de Plogoff ne doit pas faire oublier que le programme nucléaire a connu une accélération sans précédent sous le quinquennat de Mitterrand : plusieurs réacteurs ont ouvert, à un rythme très soutenu, dans les années 80 ».

Sans compter le drame du Rainbow warrior, le navire de Greenpeace coulé en juillet 1985 le long des côtes de Nouvelle-Zélande par les services secrets français, alors qu’il protestait contre les essais nucléaires menés par Paris dans le Pacifique… Bien qu’il s’agisse là d’un enjeu lié au nucléaire militaire, les conséquences sont lourdes pour le mouvement : « Cet événement a marqué un véritable coup d’arrêt. On a semé le doute et jeté l’opprobre avec des rumeurs en tous genres. Pendant plusieurs années, un mouvement comme Greenpeace n’a plus souhaité communiquer sur le nucléaire », rappelle Jean-Luc Thierry.

Bure, nouvel épicentre de la lutte anti-nucléaire ?

À la différence de l’industrie qu’elle combat, le mouvement antinucléaire est resté longtemps décentralisé – d’aucuns diraient désorganisé – sans grande articulation principale au niveau national : le réseau national Sortir du nucléaire n’est créé qu’en 1997. « Le mouvement antinucléaire n’a jamais été quelque chose d’unifié. Il a toujours été constitué de différentes poches de résistance au niveau local, agrégeant différentes cultures politiques », observe Charlotte Mijeon. La conséquence logique d’une certaine vision du monde, qui sous-tend la lutte contre l’industrie de l’atome, souligne Jean-Jacques Rettig : « Mai 68 a appris à déconstruire l’État pyramidal, ultra-centralisé et centraliste, et on y a opposé une certaine idée du régionalisme. Il faut croire que cette critique des structures paternalistes établies garde toute sa pertinence à l’heure de Macron-Jupiter… ».

Qu’en est-il de ce vaste mouvement, un demi-siècle plus tard ? L’inventaire est forcément périlleux. Le mouvement est fatigué, miné par le manque de victoires, des conflits en interne et un renouvellement des forces vives qui n’est pas toujours assuré [9]. « Ce n’est pas tout à fait la même chose de lutter contre l’ouverture d’une centrale, que contre sa prolongation… », remet en perspective Mikaël Chambru.

D’autres luttes, à l’image de l’opposition au projet de centre d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo, à Bure, ont pris le relais et continuent de porter le flambeau de la lutte antinucléaire. Peut-être faut-il chercher l’héritage du mouvement un peu plus loin, hors du seul cadre nucléaire ? « Le nucléaire a servi d’ouvre-boîte à d’autres luttes, par exemple à celle contre les OGM. Toutes les questions de risque global ont été fondamentalement influencées par le mouvement anti-nucléaire, analyse Jean-Luc Thierry. Et quand je vois l’opposition aux « grands projets inutiles et imposés » aujourd’hui, qui mobilise différents acteurs autour d’un même territoire, je me dis que la convergence des luttes a encore du sens… ». Ce sont aussi des employés et techniciens d’EDF au sein des centrales, ou des cheminots impliqués dans le transport de matières radioactives, qui n’hésitent pas à alerter sur les défaillances et les risques (lire nos enquêtes sur le sujet, notamment : « C’est incroyable qu’on n’ait pas encore fondu un cœur de réacteur » : des techniciens EDF s’inquiètent). Reste à prendre la mesure d’un nouveau contexte politique, marqué par la criminalisation sans précédent du mouvement d’opposition à Bure.

Publié par Barnabé Binctin 3 janvier 2019

Photo : Manifestante française lors d’une action contre un transport de déchets radioactifs en Allemagne en 2011 / CC Oliver Hallmann

Sur le même sujet ;
Lire notre enquête la plus récente : Centrales nucléaires : les failles du dispositif d’urgence prévu par EDF en cas de scénario catastrophe
Notre dossier sur le risque nucléaire

Notes

[1] Estimation issue de la Sfen (Société française d’énergie nucléaire), lobby scientifique pro-nucléaire : lire ici.

[2] Voir les révélations du Journal du Dimanche en date du 28 octobre 2018, consultables ici

[3] Voir la bataille contre le projet de centrale nucléaire à Port-Vendres, que raconte cet ancien article du Monde datant de 1980.

[4] Revoir les images de l’époque dans ces archives de l’INA.

[5« Communication, délibération et mouvements sociaux : l’espace public à l’épreuve du phénomène antinucléaire en France (1962-2012) » par Mikaël Chambru, à découvrir ici.

[6] Pour approfondir, lire le grand entretien biographique accordé à la revue Mouvements dont ce témoignage est extrait dans une forme aménagée

[7] Relire à ce sujet une interview accordée au Nouvel Observateur en 1972, dans le cadre d’un dossier intitulé « Écologie et Révolution », et dont l’archive est disponible ici.

[8] Lire le livre qui lui est consacré à ce sujet : Fournier, précurseur de l’écologie.

[9] A ce sujet, on peut lire la tribune de Gaspard d’Allens et la réponse qu’elle a suscité, publiées sur Reporterre].

Retrouvez cet article sur : https://www.bastamag.net/De-mai-68-au-Rainbow-warrior-en-passant-par-Creys-Malville-plongee-aux-racines

Jan 02

LA MARCHE VERS LA 3ÈME GUERRE MONDIALE

Nous lisons dans un article du toujours bien informé Avia News (1):

« Le Bureau du budget du Congrès (Congressionnal Budget Office ou CBO ) a présenté au gouvernement fédéral américain un certain nombre d’idées permettant de réduire les coûts, notamment la réduction du nombre d’achats supplémentaires de Lockheed-Martin F-35 « Lightning II », le retrait des flottes de bombardiers Rockwell B-1B Lancer et reporter le développement du bombardier furtif Northrop Grumman B-21.

L’analyse de l’agence a été faite à la lumière d’un déficit fédéral qui devrait atteindre en moyenne 5,1% du PIB entre 2022 et 2025, pertes qui entraîneraient la dette du gouvernement fédéral à des niveaux supérieurs à ceux de la Seconde Guerre mondiale ».

Aussi utiles que soient ces réductions de dépense pour le budget américain de la défense, elles seront manifestement très insuffisantes par rapport aux sommes bien plus considérables que coûtera, si elle est décidée, la réalisation d’armes hypersoniques. Celles-ci qui seraient indispensables pour faire face aux armes de ce type que la Russie a développées depuis quelques années et que Vladimir Poutine a fait connaître dans son allocution du 1er mars 2018. Elles devraient être opérationnelles à grande échelle dès cette année ou dans les mois suivants. Rappelons que la Chine est de son côté en train de mettre au point de telles armes.

Il faut s’étonner, comme nous l’observions précédemment (2) que le Pentagone n’ait découvert l’existence de telles armes que très récemment. Il découvre également qu’il lui faudra plusieurs années avant de se doter d’armes équivalentes, ceci pour des raisons tant industrielles que budgétaires. C’est ce que montre un texte (3) de Fox News (defense News) intitulé US unable to defend against Russian and Chinese hypersonic weapons, report warns

Rappelons que le missile planeur hypersonique russe Avangard  a été testé avec succès le 26 décembre 2018. Il a effectué des manœuvres verticales et horizontales en vol et a atteint la cible prévue, selon le ministère de la Défense russe. La vitesse réelle du missile, qui entrera en service en 2019, est située autour de 30 000 km / h.  Cela signifie qu’aucune défense antimissile existante ou prévue ne serait capable de l’intercepter.

Il est évident que si un Avanguard était doté d’une tête nucléaire même de faible capacité, il serait presque aussi difficile à abattre qu’un missile intercontinental nucléaire (ICBM) et pourrait faire des dégâts presque équivalents. C’est la raison pour laquelle, comme nous l’indiquions dans l’article référencé, que le complexe militaro-stratégique américain propose désormais dans certains rapports au DOD et à la Présidence (Donald Trump) de lancer une guerre nucléaire préventive contre la Russie avant qu’elle n’ait eu le temps de déployer ses armes hypersoniques.

Références

  1. http://psk.blog.24heures.ch/
  2. http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=3331&r_id=
  3. https://www.foxnews.com/tech/us-unable-to-defend-against-russian-and-chinese-hypersonic-weapons-report-warns

Sur l’Avanguard, voir aussi: https://fr.sputniknews.com/international/201901011039506193-missile-avangard-defense-occident-chercheur/

Publié le 1er janvier par  Jean-Paul Baquiast

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

https://blogs.mediapart.fr/jean-paul-baquiast/blog/010119/la-marche-vers-la-3e-guerre-mondiale

Jan 02

L’ASSOCIATION « LES ENFANTS DE TCHERNOBYL » RECHERCHE DES FAMILLES D’ACCUEIL

Nous avons reçu ce communiqué de l’association Les enfants de Tchernobyl :

« L’association humanitaire Les Enfants de Tchernobyl recherche des familles d’accueil pour des enfants ukrainiens et russes invités dans notre région durant l’été 2019.

Plus de 32 ans après l’explosion du réacteur de Tchernobyl, l’association humanitaire Les Enfants de Tchernobyl continue de présenter les preuves de la poursuite de la catastrophe et de l’intérêt des séjours en France des enfants de Tchernobyl.

Le 26 avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl explose. Près de 33 ans plus tard, les habitants du nord de l’Ukraine, du sud de la Russie et du Bélarus sont contraints de vivre dans un environnement radioactif et, en raison d’une alimentation contaminée, les radioéléments (et tout particulièrement le césium 137) s’accumulent, jour après jour, dans l’organisme des enfants.

Une alimentation « propre » durant quelques semaines permet à ces enfants d’éliminer plus rapidement le césium radioactif contenu dans leurs organismes et donc de réduire les risques sanitaires. Pour cette raison, l’association française invite chaque année depuis 1993 des enfants qui continuent d’habiter sur des territoires contaminés par les retombées radioactives de Tchernobyl à séjourner en été dans notre pays.

Près de 33 ans après l’explosion, la catastrophe de Tchernobyl se poursuit. L’association Les Enfants de Tchernobyl lance un appel aux familles d’accueil bénévoles de 6 départements de l’est de la France : 25, 67, 68, 70, 88 et 90. Elle organise en juillet et août 2019 l’accueil en France d’enfants ukrainiens et russes originaires des régions qui restent fortement contaminées par Tchernobyl, pour des séjours de 3 semaines. Les enfants sont issus de milieux défavorisés et sont sélectionnés par les soins de l’association en ce sens. »

Renseignements : Association « Les Enfants de Tchernobyl »
14 rue des Dahlias 68740 Roggenhouse (France)
Céline Weiss : 06 73 15 15 81
lesenfantsdetchernobyl@gmail.com

Source : https://reporterre.net/L-association-Les-Enfants-de-Tchernobyl-recherche-des-familles-d-accueil

Jan 02

JEAN-LUC LACHAUME, DIRECTEUR DÉLÉGUÉ À LA CRISE AUPRÈS DU DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’IRSN, EST NOMMÉ COMMISSAIRE À L’ASN

Par décret du Président de la République en date du 21 décembre 2018, Jean-Luc Lachaume a été nommé commissaire du collège de l’Autorité de sûreté nucléaire* pour 6 ans. Il remplace à ce titre Margot Tirmarche, dont le mandat a pris fin le 12 novembre 2018.

Depuis septembre 2017, Jean-Luc Lachaume était directeur délégué à la crise auprès du directeur général de l’IRSN. Il a eu pour missions de coordonner les activités de crise, et de renforcer la représentation de la gestion de crise de l’Institut auprès des institutions nationales et internationales.

De 2006 à 2017, Jean-Luc Lachaume était directeur général adjoint de l’Autorité de sûreté nucléaire en charge de la réglementation et du contrôle des installations du cycle du combustible, des réacteurs de recherche, des sources radioactives médicales et industrielles et des déchets radioactifs. Spécifiquement chargé de la supervision des activités de préparation aux situations d’urgence, Jean-Luc Lachaume était également très impliqué dans les questions internationales liées aux activités de l’AIEA et de l’AEN et aux relations bilatérales de l’ASN. 

Jean-Christophe Niel, directeur général de l’IRSN, se félicite de la nomination de Jean-Luc Lachaume au poste de commissaire à l’ASN. « Cette nomination constitue une reconnaissance du rôle fondamental et incontournable de l’IRSN en France. Je tiens à saluer l’engagement de Jean-Luc Lachaume, directeur délégué à la crise, au sein de l’Institut. Durant ces derniers mois, il a mis toute son expertise au service de notre capacité à gérer une crise nucléaire, sa connaissance et son expérience de la sureté nucléaire et de la radioprotection seront des atouts forts dans ses nouvelles fonctions ».

*  Le collège de l’ASN est composé de cinq commissaires, dont le président de l’ASN, nommés pour six ans. Au titre de la loi, les commissaires exercent leurs fonctions en toute impartialité sans recevoir d’instruction du Gouvernement ni d’aucune autre personne ou institution. Ils exercent leurs fonctions à plein temps et leur mandat n’est pas renouvelable.

Le collège élabore la stratégie et la doctrine de l’ASN pour le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection. Il prend les décisions les plus importantes. Le collège prend publiquement position sur les sujets majeurs qui relèvent de la compétence de l’ASN. Il rend compte au Parlement.

https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Communiques_et_dossiers_de_presse/Pages/20190102_Jean-Luc-Lachaume-directeur-delegue-Crise-de-l-IRSN-est-nomme-commissaire-a-l-ASN.aspx#.XCy6mc1CfVI

Jan 02

BELGIQUE : UNE LÉGISLATURE CHAOTIQUE DANS L’ÉNERGIE

Certes, le gouvernement Michel est tombé prématurément. N’empêche: il n’a guère chômé en quatre ans et des poussières. Durant deux semaines, L’Écho dresse le bilan de la coalition suédoise. Aujourd’hui, le volet énergie. 

La prolongation de Doel 1 et 2

Marie Christine Marghem (MR) a reçu un des portefeuilles les plus dangereux du Fédéral: celui de l’énergie. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son bilan est mitigé.

Le premier dossier auquel la ministre Marghem s’attaque va donner lieu à une véritable saga et l’occuper plus de la moitié de la législature. À l’époque, le redémarrage de Doel 3 et Tihange 2, touchés par des microfissures, est incertain. Et Doel 4, saboté, est toujours à l’arrêt. Marie Christine Marghem décide dès lors de prolonger Doel 1 et 2, pour assurer la sécurité d’approvisionnement de la Belgique en électricité. Mi-décembre 2014, le gouvernement fédéral donne son feu vert à cette prolongation. Mais la ministre doit en négocier les modalités avec Electrabel. Le souhait de voir des investisseurs participer au capital ou aux investissements de mise à niveau de ces deux unités restera lettre morte, faute de candidat. La ministre doit aussi régler la question de la taxe nucléaire, contestée depuis toujours par les propriétaires des réacteurs.

Le feuilleton, au cours duquel Marghem va être durement malmenée par l’opposition, qui l’accuse de faire le jeu d’Electrabel, va durer deux ans. Et la ministre va, avec ses bourdes et ses approximations, régulièrement donner les armes pour se faire battre.

Parmi les épisodes saillants: cette note juridique écrite à la main distribuée aux députés, qui omet les conclusions de juristes consultés par la ministre. Ou le mépris de Marie Christine Marghem vis-à-vis du Conseil d’État, qui estime que cette prolongation nécessite une étude d’incidence avec enquête publique – un point de vue confirmé fin novembre par l’avocate générale de la Cour de justice de l’Union européenne. « L’avis du Conseil d’État n’est qu’un avis parmi d’autres », assène à l’époque la ministre. La Commission européenne, qui finira par donner son feu vert à l’opération, lui compliquera aussi la tâche, estimant que cette prolongation pourrait constituer une aide d’État. Marie Christine Marghem va aussi se faire incendier pour avoir omis d’activer la procédure qui aurait pu rapporter quelques millions d’euros supplémentaires sur Tihange 1. Elle ne le fera qu’une fois poussée dans le dos.

Même dans les rangs du MR, certains finissent par s’agacer. Lors d’un bureau politique, Louis Michel monte dans les tours et reproche à la ministre la façon dont elle gère le dossier énergétique, sur le fond comme sur la forme.

Le premier texte, celui qui revoit le calendrier de sortie du nucléaire, est adopté en juin 2015. Mais le chemin de croix de Marghem est loin d’être terminé. Elle travaille à une redevance forfaitaire sur ces deux réacteurs, et une taxe nucléaire variable et fortement revue à la baisse sur les autres – à l’exception de Tihange 1, qui a fait l’objet d’un accord spécifique avec le gouvernement précédent. Selon la Creg, le nucléaire a rapporté moins d’un demi-milliard en 2014, quatre fois moins qu’en 2007. La taxe nucléaire de 550 millions d’euros devient difficile à défendre.

Mais ses partenaires de gouvernement s’inquiètent de la baisse des rentrées pour l’État. Et pour ne rien arranger, le gendarme du nucléaire donne son feu vert au redémarrage de Doel 3 et Tihange 2, semant le doute dans la coalition sur la nécessité de prolonger Doel 1 et 2. Le Premier ministre reprend le dossier et discute en direct avec le PDG d’Engie. Un accord est finalement signé in extremis, le 30 novembre 2015, un peu avant minuit.

Ce n’est qu’en juin 2016 que la ministre parvient à faire voter le texte qui consacre la redevance sur Doel 1 et 2, et le 22 décembre 2016 pour qu’elle fasse adopter celui qui revoit la taxe nucléaire à la baisse. Beaucoup de temps et d’énergie perdus.

La baisse du soutien aux parcs éoliens en mer

Là aussi, il faudra des mois à la ministre, épaulée et même poussée dans le dos par l’Open VLD, traumatisé par la Turteltaks et la sursubsidiation des renouvelables, pour arriver à ses fins. Mais dans ce dossier, la victoire est nette. En deux temps, si pas en trois mouvements, elle va réduire le soutien aux parcs éoliens en mer, malgré un lobbying très intense des propriétaires de concessions. Pour Norther et Rentel, d’abord – de quoi alléger la facture totale d’1,1 milliard d’euros. Pour les trois parcs suivants, ensuite, ce qui représente près de 3 milliards d’économies supplémentaires. Et cela, sans empêcher le développement de l’éolien en mer, puisque la totalité des parcs ont aujourd’hui bouclé leur financement.

Le pacte énergétique

Sur ce dossier, le bilan de Marie Christine Marghem est beaucoup plus mitigé. L’accord de gouvernement prévoyait un pacte énergétique entre le Fédéral et les Régions, pour dégager une vision à long terme qui réponde à des questions essentielles: va-t-on vraiment fermer les centrales nucléaires? Par quoi va-t-on les remplacer? Comment s’assurer que l’énergie devienne plus verte tout en restant abordable?

Le processus va rapidement se révéler chaotique. La tentative de confier la tâche à des experts échoue. Sous pression de la Flandre, chacun décide d’avancer de son côté. Puis la ministre reprend le dossier en main, mais va devoir repousser plusieurs fois les échéances.

Le document auquel elle finira par aboutir avec ses trois collègues régionaux est bien en deçà des ambitions initiales. Mais la N-VA, qui renâcle à signer un document qui prévoit une sortie complète du nucléaire en 2025, fait diversion et empêche que l’on s’intéresse de trop près au contenu.

Le 30 mars dernier, le gouvernement fédéral a fini par approuver le texte, moyennant la mise en place d’un comité de monitoring chargé de vérifier, entre autres, la sécurité d’approvisionnement et le maintien de prix abordables. De quoi ouvrir la porte à un nouveau revirement sur la sortie du nucléaire. Tout, sauf la clarté voulue.

Le soutien aux centrales au gaz

Quelques mois après son arrivée, la ministre de l’énergie met fin à l’appel d’offres lancé par son prédécesseur pour obtenir de nouvelles capacités de production électriques, sur lequel la Commission européenne a des questions. Mais près de quatre ans plus tard, le mécanisme de rémunération des capacités qu’elle a promis pour permettre l’investissement dans de nouvelles centrales au gaz n’est toujours pas adopté. Et la ministre le reconnaît elle-même: si l’on perd trop de temps dans ce dossier, la sortie du nucléaire en 2025 pourrait être remise en cause. Sauf qu’elle se veut optimiste, et espère, même en affaires courantes, réunir une majorité alternative pour faire passer ce dossier crucial.

Les provisions nucléaires

C’est l’autre dossier majeur en rade dans l’énergie. L’enjeu? S’assurer que les milliards d’euros nécessaires au démantèlement des réacteurs et à l’enfouissement des déchets nucléaires seront apportés par les exploitants nucléaires, et que le citoyen ne devra pas passer à la caisse.

L’impact d’un délestage électrique serait désastreux pour le gouvernement Michel.

Le montant final de la facture est très incertain, notamment parce que la suédoise n’a pas décidé du sort des déchets les plus radioactifs. Et les tentatives d’Engie pour diminuer son risque nucléaire ont avivé les inquiétudes quant à la disponibilité future de ces provisions.

La Commission des provisions nucléaires (CPN) a remis à la ministre une proposition de modification de la loi pour mieux garantir l’existence, la suffisance et la disponibilité de ces provisions. Mais le texte, passé en première lecture au gouvernement, a été mis au frigo. Avec le Premier ministre Charles Michel, la ministre a poursuivi les discussions avec Engie. Et elle a rédigé un autre texte, qu’elle a envoyé à la CPN pour avis. Depuis, on est sans nouvelles. Et il est loin d’être sûr que Marie Christine Marghem réussira à rassembler une majorité alternative autour de ce second texte.

Le risque de délestages

Reste, à court terme, le dossier qui pourrait s’avérer le plus explosif pour le gouvernement Michel, à quelques encablures des élections: celui du risque de délestages électriques. Ironie, les deux réacteurs prolongés par la ministre de l’énergie seront à l’arrêt tout l’hiver, et le spectre de black-out revient hanter la fin de son mandat.

Marie Christine Marghem a beau s’en prendre haut et fort à Electrabel, c’est au gouvernement qu’il incombe d’assurer la sécurité d’approvisionnement en électricité. Alors certes, la ministre a mené, avec un certain succès, la chasse aux mégawatts supplémentaires. Et l’autorisation donnée par le gendarme nucléaire de redémarrer Tihange 3 devrait aider. Mais le risque de délestage subsiste en cas de météo défavorable ou d’incident important. Son impact serait désastreux pour le gouvernement Michel.

Par Christine Scharff, Journaliste, le 01 janvier 2019 à 17h43

https://www.lecho.be/entreprises/energie/une-legislature-chaotique-dans-l-energie/10083363.html

Jan 01

POUR LA NOUVELLE ANNÉE, L’ARMÉE AMÉRICAINE SE FEND D’UN TWEET EXPLOSIF ET «DE MAUVAIS GOÛT »

Le commandement américain des forces stratégiques a publié une vidéo polémique.

Tradition oblige : sur Times Square, à New York, une boule de cristal d’un diamètre de 3,7 mètres descend lentement d’un poteau de 43 mètres et termine sa course pour marquer symboliquement la nouvelle année. Une sphère imposante et qui fait l’image de marque de ce réveillon de la Saint-Sylvestre passé à Manhattan avec des centaines de milliers de personnes. Mais cette boule est au centre d’une polémique outre-Atlantique

Ce lundi 31 décembre, le commandement américain des forces stratégiques s’est fendu d’un tweet qui passe relativement mal. Cette branche de l’armée des États-Unis se disait « prête » à lâcher quelque chose de « bien plus gros » que la boule de cristal de la nouvelle année, vidéo à l’appui comme le note l’AFP. Sur les images, on voyait alors un avion larguer deux bombes. La vidéo était légendée comme suit :

« La tradition de #Times Square pour la #NouvelleAnnée, le lâcher de la grande boule… en cas de besoin, on est #prêt à lâcher quelque chose de bien, bien plus gros ».

« La paix est notre métier »

Le tweet a rapidement été relayé par les médias américains, comme l’épingle l’AFP, et commenté par de très nombreux internautes. « Qui gagne le titre du pire tweet de la Saint-Sylvestre ? », souligne une Américaine sur le réseau social aux 280 caractères. Toujours est-il que, très vite, le message posté sur le compte Twitter officiel de l’US Strategic Command a disparu des écrans radar, remplacé par des excuses :

« Notre précédent tweet pour la nouvelle année était de mauvais goût et ne reflète pas nos valeurs. Nous nous excusons. Nous nous consacrons à la sécurité de l’Amérique et de ses alliés »

Le porte-parole de l’US Strategic Command a néanmoins tenu à souligner, interviewé par NBC News, que les bombes qui apparaissaient dans la vidéo n’étaient nullement nucléaires. On pouvait en douter puisque c’est cette branche de l’armée américaine qui « contrôle notamment l’arsenal nucléaire des États-Unis », note l’AFP. Et qui a aussi pour slogan : « La paix est notre métier »

Photo : Un U.S. Air Force B-1B Lancer bomber, capable donc de larguer des bombes. – Photo d’illustration – Zumapress

https://soirmag.lesoir.be/198237/article/2019-01-01/pour-la-nouvelle-annee-larmee-americaine-se-fend-dun-tweet-explosif-et-de

Jan 01

NUCLÉAIRE: KIM JONG-UN INTERPELLE LES ÉTATS-UNIS

Corée du Nord : Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un veut que les États-Unis lèvent leurs sanctions pour continuer la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a déclaré mardi être toujours déterminé à œuvrer à la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Mais Pyongyang pourrait envisager de changer d’attitude si les États-Unis maintiennent leurs sanctions liées à son dossier nucléaire.

Son avertissement intervient après douze mois de rapprochement diplomatique entre Pyongyang et Washington. «Si les États-Unis ne tiennent pas la promesse qu’ils ont faite devant le monde entier, nous pourrions ne pas avoir d’autre choix que d’envisager une nouvelle manière de sauvegarder notre souveraineté et nos intérêts», a averti M. Kim dans son discours de Nouvel An.

Lors de son allocution retransmise par la télévision nord-coréenne Kim Jong-un a ainsi affirmé qu’il y aurait une plus grande avancée sur la question de la dénucléarisation si les États-Unis prenaient les mesures «appropriées».

Prêt pour un nouveau sommet

À l’occasion de ses vœux pour la nouvelle année, Kim Jong-un a aussi assuré être disposé à rencontrer le président américain Donald Trump à tout moment pour la tenue d’un second sommet bilatéral.

Washington et Pyongyang ont engagé des discussions pour organiser cette rencontre depuis le sommet inédit de Singapour entre les deux dirigeants organisé en juin dernier. Donald Trump a déclaré en décembre qu’un second sommet avec Kim Jong-un aurait probablement lieu en janvier ou février 2019. (ats/nxp)

Créé le 01.01.2019, 07h44

https://www.24heures.ch/monde/Nucleaire-Kim-Jongun-interpelle-les-EtatsUnis/story/11349025

Jan 01

VOUS AVEZ DIT VIOLENCE…

NOËL 2019, J’AI FAIT UN RÊVE…

Au coin du feu, un soir de décembre 2019, quelque part en Bretagne…

C’était le dimanche 29 septembre dernier. La rentrée scolaire était déjà loin derrière nous. Les clubs sportifs avaient relancé leur saison. Les terrains et les salles de sport bruissaient, chaque fin de semaine, depuis un mois, des cris et manifestations auditives relatives aux exploits plus ou moins hasardeux de la masse de sportifs amateurs du pays.

Les habitudes de chacun, dans sa spécialité, écolier, collégien, lycéen, employé, artisan, acteur de la santé, des loisirs, libéraux, artistes… tous avaient repris la routine du « job » depuis la fin août.

Les trains, avions et navires trimballent leurs cargaisons diverses et variées à travers le monde et par-dessus les océans.

Les dépressions atlantiques se précipitent sur la face ouest de l’Europe, l’une après l’autre, dans un flux qui annonce l’automne et les frimas iodés de l’hiver.

En fin de semaine, avant le lundi 30 septembre, deux dépressions ont tracé la route, comme une coulée pour avalanche, entre les anticyclones des Açores et de l’Arctique.

Ce dimanche 29, c’est la troisième dépression qui arrive. Les anciens marins la surnommaient « la fille ». C’était toujours la plus furibonde des cinq dépressions traditionnelles : le père, la mère, la fille, la grand-mère et le grand-père, dans l’ordre, selon les vieux pêcheurs de Douarnenez.

Ce dimanche soir, centrée sur l’entrée de la Loire, « la fille » s’engouffrait plein Sud-Ouest-Nord et, sur toute la façade atlantique du pays, particulièrement dans la Gironde.

Les riverains de toute cette côte maritime qui passaient leur soirée en famille avaient entendu, entre deux émissions, la météo annoncer un coup de vent et colorer les côtes ouest de la couleur rouge attribuée à la vigilance la plus nécessaire. Et les familles allaient se calfeutrer dans les rêves de lendemain mouillé. Les images de surfeurs, sur la côte basque, faisaient toujours leur effet sur les derniers veilleurs aux dernières infos. Le vent forcissait et la nuit était annoncée très très agitée.

Quelques derniers cinéphiles des bourgades de la Gironde se cramponnaient les uns aux autres en rejoignant leur voiture. La gendarmerie de Royan se configura en mode tempête. Plusieurs voitures avaient subi des rafales définitives. Déjà plusieurs blessés avaient été hospitalisés. Les pompiers étaient en alerte maximale, dès 23 h.

Les premiers coups de boutoir de la tempête se fracassaient sur le cap de Saint Georges de Didonne. Les autorités maritimes avaient signalé un monstrueux tanker, en fuite, dans l’embouchure de la Gironde. Il était attendu à Bordeaux le dimanche matin, avec sa cargaison de containers venus de Chine. Le « Schifonia » ne répondait pas, il était soupçonné d’être en perdition.

Le lundi 30 septembre commençait, vers minuit et demi, par des rafales atteignant 200 k/h et la pluie noyait les villes et villages du bord de l’estuaire, dans la nuit noire.

La préfecture de Bordeaux avait lancé une alerte météo générale, vers 2h, ainsi que le plan ORSEC. La circulation était de plus en plus périlleuse sur les axes secondaires. Les chutes d’arbres ne se comptaient plus. Toutes les mairies du front de mer étaient mobilisées, les équipes d’agents municipaux activaient les tronçonneuses et les groupes électrogènes. Toute la côte d’Aquitaine était en alerte rouge !

Le Médoc était déjà sous l’eau, lundi 30, vers 3h. La marée montante et son coef de 116, pulsait un flot de plus en plus monstrueux, appuyé par le vent qui continuait son implacable bal destructeur.

La Gironde faisait marche arrière ! Elle remontait vers Bordeaux.

Un peu plus tard, il est 4h50, peu avant la plus grande hauteur d’eau. Le flux maximum de la marée montante ne se calme pas.

Boosté par un vent d’enfer, le « Schifonia » vient s’empaler sur le plateau technique de la centrale nucléaire du Blayais, directement dans les deux réacteurs ouest. Le monstre emporté par son inertie et ses milliers de tonnes, s’enfonce dans la centrale comme un couteau dans du beurre.

La centrale, transpercée, submergée par un mascaret géant encombré de déchets de toutes sortes, dont des véhicules désarticulés, des arbres enchevêtrés, des cadavres d’animaux et d’humains, vient d’échapper complètement à tout contrôle.

La succession de vagues a noyé la centrale.

Les circuits de refroidissement, crépines d’alimentation complètement obstruées par le déluge de matériaux, ont lâché tous ensembles. Les circuits de secours, gavés de déchets de toute sorte, sont, eux aussi, en rade, dégradés sous l’effet de l’inondation. Les lignes haute tension qui alimentaient toute la logistique sont déjà par terre depuis plusieurs heures, balayées par la tempête et les chutes d’arbres, quand ce n’était pas des camions fous qui avaient percuté tel ou tel pylône.

L’antenne météo de l’aéroport de Mérignac annonce des rafales… record à 290 k/m.

Il est 6 h du matin.

Le flot avec l’appui du vent établi à près de 200 k/h, a complètement submergé la centrale, noyé les conduites et court-circuité tous les équipements électriques. Les réacteurs est ne sont plus refroidis depuis le lever du jour. Les tours des deux réacteurs ouest, éventrées, ont déjà des allures de vestiges, de bateaux en perdition.

Un énorme nuage noir, au-dessus du complexe d’EDF, est balayé par le vent en furie qui pousse le panache, vers Angoulême. De nombreuses explosions ont été perçues par la population.

Les informations d’alerte se succèdent en boucle sur les chaines d’info et les radios. Le premier ministre a rassuré le peuple dès 8 h. « Nos techniciens sont mobilisés, la centrale est en phase d’arrêt d’urgence. Depuis le 28 décembre 1999, nous savons comment faire face ! »

Les réseaux sociaux pullulent de vidéos montrant le panache de fumée, couché par le vent, balayé vers le nord-est. Quelques-unes ont filmé des séries d’explosions rougeoyantes dans la fournaise, au-dessus de la centrale en perdition. Les réseaux étalent à l’envie l’inanité des discours lénifiants des autorités. L’heure n’était visiblement pas à la langue de bois : les smartphones crachent l’info, sans contrôle des « autorités »

La population a déjà compris. Ce n’est pas une fake news !

La centrale est en catastrophe !

1 er Octobre 2019, organisation de la survie. Chacun pour soi. Les autorités du pays ont délimité une zone de sécurité de 50 km, en demi-cercle vers le N/Est que la population doit évacuer.

Autant la mer et son mascaret géant, poussé par le vent, a envahi toute la plaine alluvionnaire des rives de la Gironde en balayant, au passage, la centrale du Blayais, autant la population a entamé sa transhumance vers la Vendée et Nantes. Les écoles sont vides… les bords de la Gironde désertés par le mascaret de fuyards, d’émigrés du nucléaire.

La côte des Landes et le bassin d’Arcachon sont submergés, le cordon de dunes a cédé en brèches destructrices.

Il ne reste que les pompiers et les hélicos de l’armée et de la marine qui cerclent autour du monstre, entré en fusion bien avant les onze heures de délais proclamées par les autorités. Un hélico d’une chaîne tv a été refoulé dès le lever du jour. Aucun accès à la zone de cinquante Km de rayon n’est autorisé.

Toute la rive droite de la Gironde est bouclée sur une largeur bien supérieure aux 5 km préconisés par les plans d’urgence d’origine, réaffirmés depuis décembre 1999.

Les images, en boucle, défilent sur les écrans de tv, et surtout des tablettes et des smartphones. Filmées depuis la rive sud, zoomées à l’envie, elles montrent l’apocalypse, à portée de main. Les opérateurs amateurs sont aux premières loges, sans contrôle possible. Devant eux, depuis Saint Estèphe ou Pauillac, à moins de 7 km au nord, sur la rive d’en face, le spectacle final de l’industrie du nucléaire entre dans sa dernière phase. Le Shifonia, à marée basse, épave fumante et désarticulée, comme un poignard, enfoncé entre les deux réacteurs en fusion. L’apocalypse.

Prévue depuis longtemps, annoncée par des « prophètes de malheur », démentie par les thuriféraires d’Edf et de Polytechnique, vilipendée par les perroquets de la politique, suggérée par quelques écologistes has been, présente dans l’inconscient collectif depuis Fukushima et Tchernobyl, la fin est, là, devant eux, « d’inévitable » le monstre emballé, tel un attelage en furie, devient « tétanisant ». Le mox des réacteurs, corium en fusion descend dans les entrailles de la plaine. La radioactivité se répand sous le vent et sous la rive du fleuve… Jusqu’où ?

Les deux réacteurs est ne sont plus refroidis, ils ont échappé à tout contrôle.

Dans la foulée de cette catastrophe annoncée, d’une apparence presque « naturelle », sous son ciel délavé où les nuages de pluie commencent à se déchirer, le flot d’images et de reportages audio décrivent maintenant les inondations multiples qui s’enchainent depuis le bassin d’Arcachon jusqu’à l’embouchure de la Loire. Toute la côte ouest a morflé.

Reproduisant les conséquences néfastes d’une urbanisation foutoir sur le front de mer, continuée après une récente catastrophe à La Faute Sur Mer, en 2010, on ne compte plus les « nouveaux » quartiers inondés, les routes de bord de mer coupées par la conjugaison de la grande marée et de la tempête.

La façade atlantique est figée, incrédule, blessée à cœur. La population hébétée, tétanisée, voit des errances de désespoir surgir aux quatre coins des bourgades désarticulées.

Dès le 1er octobre, il était temps de se retrousser les manches et de se taire.

Au boulot !

Comme toujours la réaction du peuple commençait à s’organiser. Convois de bénévoles vers les points névralgiques de la destruction générale. Les hôpitaux saturés embauchaient à tour de bras, les services de voirie, la SNCF constituait des brigades de nettoyage des routes, des voies. Les radios appelaient au rassemblement des énergies.

Pendant ce temps, la bourse s’était absentée. Les grosses fortunes s’étaient évanouies dans les mers du sud, on n’entendait plus du tout les pontes d’EDF ou du nucléaire. La place était à la sauvegarde générale. Comme à Tchernobyl, le béton allait couler. Les techniciens allaient colmater, les polytechniciens allaient expliquer…et les politiques, récupérer.

Le triangle délimitant la zone contaminée, depuis la pointe sud ou gisait la centrale de Blaye, les côtés remontaient jusqu’à Nantes, à l’ouest, et jusqu’à Nevers au nord-est était sous contrôle de l’armée. Les populations furent munies, jusqu’à épuisement des stocks, de pastilles d’iode. Les enfants évacués, dès que possible, dans les familles ou bien accueillis dans les villes hors périmètre. Seuls restaient les habitants irréductibles, souvent les plus vieux, pour éviter le pillage qui se répandait comme un cancer supplémentaire, dans les villes et villages à l’abandon.

La France venait de se doter d’un « phare ouest » linguistiquement sur mesure où le « chacun pour soi » allait peu à peu s’ériger en ultime manifestation de survie pour ceux qui décidaient de rester !

Noël 2019, tristesse d’une fin du monde, de la fin d’un monde.

Le nombre des victimes du 30 septembre reste inconnu. Sur les 59 centrales encore debout, une quinzaine sont en arrêt… définitif ? Le confinement du cratère radioactif de Blaye est en cours. Les bétonneurs sont à la fête. Les enfants et ados ont repris le chemin de l’école, des lycées, des facs, dans le désordre général de l’improvisation et de la bonne volonté des enseignants.

Les activités du pays sont au ralenti. L’électricité est coupée chaque jour, de 22 h à 4 h, sauf pour les hôpitaux. Chacun transforme son mode de vie, on revient au bois, les panneaux solaires sont en rupture de stock, même en plein hiver ! Les citoyens se vêtent au plus chaud, se couchent tôt. Le contrecoup festif n’a pas eu lieu. Un tiers du pays est quasiment no man’s land, comme une enclave qui le traverse du sud-ouest au nord-est, un triangle depuis Blaye jusqu’à Nantes et Nevers et même au-delà.

La gestion de l’enclave a été dévolue à l’armée. Les populations d’animaux domestiques ont été évacuées. On dit que des loups vont revenir en Auvergne avec des ours, comme à Tchernobyl.

Le pays est groggy, un peu comme après les « Lips » ou pendant le « Larzac ». La montée des contestations est perceptible même dans les ateliers et les bureaux, sans parler des lycées et des facs. C’est « Plogoff », en VRAI.

Il n’y a plus d’injonctions ni de dogmes dans la bouche des médiateurs ou des élus locaux. Les citoyens de ce pays se regardent dans les yeux. Les pro-nucléaires baissent le regard en premier. La marine nationale a mis le pavillon en berne. Les sous-marins nucléaires font faux mac, au fond de leurs bases.

Il y a comme un souffle de désespoir bientôt dissimulé par la routine du quotidien, il faut survivre.. En attendant le retour des banquiers, des « banksters »

Les assurances se défilent devant la destruction d’un territoire immense qui se vide. Les comptables se battent comme des chiffonniers pour séparer les dommages de la tempête et ceux de l’évacuation due au nucléaire en java… Les nettoyeurs sont noyés dans l’indifférence de la population qui ne pense qu’à oublier, survivre…

Çà et là, peu à peu, malgré l’hiver, les expulsés du nucléaire retrouvent accueil et secours auprès de connaissances, de famille plus ou moins proche, au gré du hasard et des réseaux.

Le printemps 2020 s’annonce avec un grosse gueule de bois. Cette fois ci, EDF va devoir se convertir au « sans nucléaire »… Il aura fallu presque cent ans pour que la certitude fallacieuse des grosses têtes bien pleines soient démenties par l’inévitable…

Devant la cheminée, toute la petite famille bretonne se souvient des manifs de Plogoff, racontées cent mille fois par Papy… Il ne commente pas les événements. Son silence en dit lourd sur ses pensées. Liza, 21 ans, vient le prendre dans ses petits bras et le serre très fort contre elle. « Papy, joyeux Noël ».

Et d’un air mystérieux, paupière plissées, un peu inquiète :

« Papy raconte-moi… encore… Torey Canyon, Olympique Bravery, Erica, Gino, Tanio, Boehlen, Amoco, Plogoff… »

Elle laisse sa tête reposer sur l’épaule dans les cheveux blancs…

Par jobmoro, lundi 31 décembre 2018

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/vous-avez-dit-violence-211201

Déc 31

LE PENTAGONE CONTEMPLE AVANGARD

31 décembre 2018 – Dix mois après la révélation de l’avance russe dans le domaine de nouveaux systèmes d’armes avancés caractérisés notamment par l’évolution en vitesse hypersonique (plus de Mach 5), le Pentagone produit un premier document de posture stratégique prenant en compte cette nouvelle réalité stratégique. (Il s’agit d’un rapport de l’US Navy : “Un concept pour maintenir la supériorité maritime, version 2.0.”)

Cela est détaillé au lendemain de l’essai réussi en Russie du système planant d’attaque nucléaire hypersonique Avangard, l’une des armes les plus impressionnantes dans cette nouvelle panoplie, évoluant à autour de 30 000 km/h, suivant des trajectoires zigzagantes dont il est impossible de calculer l’objectif, ayant une capacité stratégique longue, etc. Avangard est l’arme stratégique absolue par excellence, contre laquelle il est aujourd’hui absolument impossible de disposer d’une parade.

Ci-dessous, un texte court et factuel de RT-USA présente cette situation du point de vue officiel du document US mentionné, traduisant en termes très retenus ce qui est qualifié de “panique au Pentagone” par le journal allemand Die Welt, et reconnu comme une situation extrêmement dangereuse par un rapport du GAO du 18 décembre. L’essentiel du point de vue factuel est évidemment que le document présenté ici annonce que les USA espèrent disposer de systèmes hypersoniques en 2025 au plus tôt alors qu’Avangard, dont les essais ont semble-t-il donné toute satisfaction, devrait entrer en service opérationnel dans les six premiers mois de 2019, – là aussi en avance sur les chronomètres prospectifs US, puisqu’on l’annonçait pour 2020 il y a six mois, et pour 2025 encore six mois avant… (Un autre système hypersonique, de portée stratégique intermédiaire, autour de 2 000 et 4 000 kilomètres avec l’autonomie de l’avion-lanceur, le Kinzal, est d’ores et déjà en service à une dizaine d’exemplaires sur MiG-31.)

« Inquiets des avancées technologiques de la Russie et de la Chine, les États-Unis espèrent disposer d’une arme hypersonique d’ici 2025, a annoncé la marine américaine dans un rapport diffusé courant décembre. Quinze jours plus tard, Vladimir Poutine assistait au lancement du nouveau missile hypersonique russe.

« Le planeur hypersonique Avangard, à la pointe de la technologie, a été testé avec succès le 26 décembre. Il a effectué des manœuvres verticales et horizontales en vol et a atteint la cible prévue, selon le ministère de la Défense. La vitesse réelle du missile, qui entrera en service en 2019, est située autour de 30 000 km / h. Le lancement du test a été suivi sur place par le président russe Vladimir Poutine, qui l’a qualifié de “grand événement pour les forces armées, et probablement pour l’ensemble du pays.”

« À peine une semaine avant le test d’Avangard, le Chef des Opérations Navales (chef d’état-major de la Navy), l’amiral John Richardson, a fait diffuser un rapport intitulé “Un concept pour maintenir la supériorité maritime, version 2.0.” Il apparaît dans ce document que l’une des priorités impératives Pentagone pour les années à venir est de développer et de déployer une arme hypersonique offensive d’ici 2025”. [Dans le document, le] Pentagone accuse vigoureusement la Russie et la Chine de “chercher à renforcer leur puissance aux dépens de l’Amérique” en déployant “tous les éléments de leur puissance nationale pour réaliser leurs ambitions mondiales”.

« Reconnaissant qu’ils n’ont aucune “contre-mesure existante” contre de telles armes, les États-Unis [cherchent à développer] des programmes pour établir leurs propres capacités de frappe hypersonique et de dissuasion. En avril, l’Air Force a attribué à Lockheed Martin un contrat portant sur le développement d’un prototype d’arme hypersonique, tandis que la DARPA annonçait ce mois-ci qu’elle explore de “nouveaux programmes” en même temps que de nouveaux matériaux pour permettre à de futurs véhicules d’évoluer dans l’atmosphère à des vitesses hypersoniques sans risquer un échauffement qui les détruirait.

« Un autre projet américain, désigné “Glide Breaker”, visant à développer un intercepteur capable de neutraliser les planeurs hypersoniques offensifs ennemis, serait également dans les programmes en développement de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency).

« Dans le trio (Russie, Chine et États-Unis) des pays considérés comme disposant des technologies permettant de développer des engins hypersoniques, la Russie semble avoir pris la tête de la compétition avec le test réussi d’Avangard. »

C’est à la lumière de l’essai de l’Avangard que le document de l’US Navy est mis en évidence dans ce texte. (De même est-ce, assez curieusement au vu de la chronologie, en fonction du retrait US du traité FNI que Die Welt s’alarme de l’avance russe démontré par le même essai : bien que l’annonce de l’existence et des essais de l’Avangard par Poutine date du 1ermars, donc bien avant l’annonce du retrait US, « le journal affirme que [cet essai] est la preuve que les grandes puissances ont commencé la course aux armements au lendemain de l’annonce en octobre, par le président américain Donald Trump, du retrait de son pays du traité FNI de 1987 ».)

Lors de la publication du document 2.0 le 17 décembre, il en avait été rendu compte dans quelques médias en termes généraux, sans trop d’insistance spécifique sur l’aspect de l’hypersonique qui est pourtant absolument vital. Néanmoins, la position générale des forces armées US, notamment dans son retard accumulé en général, et dans ce domaine par conséquent, avait été évoqué d’une façon assez sobre mais avec des termes qui témoignent largement de ce qui devrait être l’intense préoccupation du Pentagone pour la situation stratégique générale, notamment par rapport à 2007 qui est l’année de la précédente évaluation stratégique dite-1.0 (avec “mise à jour” déjà très significative en 2015). On citera ce passage du rapport qu’en fit Defense News le 17 décembre :

« Bien que le document soit très détaillé, le changement de ton général de la conception de l’amiral Richardson par rapport aux documents publiés il y a une décennie est frappant, selon James Holmes, professeur de stratégie au Naval War College. “Le changement de ton par rapport à le document sur la Stratégie Maritime de 2007, le premier document de cette sorte depuis les années 1980, est stupéfiant”, a déclaré Holmes dans un courrier électronique. “La document de 2007 décrivait vaguement un monde qui pourrait devenir concurrentiel ou pourrait rester coopératif. Le nom de la Chine n’apparaissait nulle part, et encore moins en tant qu’ennemi potentiel, et le document était semé d’un bon nombre de vagues généralités et platitudes.

« “Vous pouvez déjà discerner le changement de ton, entre le document de 2007 et sa version mise à jour en 2015 et publié en 2016 comme la Stratégie Maritime, Design 1.0. Cette évolution conceptuelle vous dit combien le monde a changé autour de nous et combien nous essayons de changer avec lui, – ou de rattraper notre retard dans les domaines les plus affectés.” »

Il est évidemment très succulent, comme à l’habitude lorsqu’il s’agit de la “logique” américaniste, ou disons de sa “cohérence logique”, de lire cette phrase citée dans le texte de RT … « [Le] Pentagone accuse vigoureusement la Russie et la Chine de “chercher à renforcer leur puissance aux dépens de l’Amérique” en déployant “tous les éléments de leur puissance nationale pour réaliser leurs ambitions mondiales”. » Cela est écrit par une bureaucratie qui ne cesse d’affirmer, auparavant et parallèlement (malgré cet effondrement des moyens) sa position de supériorité stratégique pour verrouiller l’hégémonie militaire des USA, et dans tous les cas d’assurer le reste du monde qu’elle en a le pouvoir, le droit, sinon l’obligation à la fois vertueuse et impérative par mission divine : ce qui est de droit divin donné aux USA, – qui en font la bouillie pour les chats dont on renifle la puanteur sanglante depuis des décennies, – ne peut être accordé à nul autre.

La meilleure référence à cet égard est le fameux “document Wolfowitz” qui affirmait en 1992 que les USA disposaient d’une formidable supériorité stratégique et militaire dans tous les domaines, et qu’ils devaient tout faire pour empêcher quiconque de tenter de réduire cette supériorité, et qu’ils le feraient avec le brio caractérisant l’exceptionnalité de cet “empire” postmoderne. On peut retrouver des traces intelligentes d’une appréciation critique de ce document absolument grotesque de prétention et de totalitarisme intellectuel, dans l’article repris sur ce site« To Finish in a Burlesque of Empire? », de William Pfaff, datant du 12 mars 1992.

Le titre même ridiculisait la démarche d’une façon visionnaire et mettait à nu sa totale hypocrisie, – et sa grotesquerie quand l’on constate aujourd’hui ce qu’il est advenu de cette ambition au regard des réalisations russes (et chinoises), après que le Pentagone ait dépensé sur la période des trillions de $ par dizaine, – trente ou quarante fois plus, peut-être cent fois plus que la Russie qui était quasiment désintégrée au terme de la décennie des années 1990.

L’aventure du Pentagone est exemplaire. Ce monstre a inventé le concept d’“usine à gaz cosmiquedans son déchaînement de gaspillage, de corruption, de redondances à l’infini, de comptabilité faussaire réduite à un trou noir gigantesque. Qu’il soit soudainement “pris de panique” comme l’écrit Die Welt devant les réalisations sur lesquelles la Russie de l’infâme Poutine travaille au moindre prix et avec un brio technologique exceptionnel depuis 2002 (excellence des services de renseignement US dans la prévision de l’évolution des autres) fait du “burlesque” identifié par Pfaff un caractère également cosmique… La tragédie-bouffe poussée aux limites de l’univers, sorte de Big Bang de la sottise maléfique.

Le “Pentagon gap” de la grotesquerie cosmique

Le plus incroyable dans la séquence actuelle est de constater la lenteur avec laquelle le Pentagone réalise la gravité de la situation stratégique, l’absence de la capacité de lancer des initiatives d’urgence pour y remédier, bref tout ce qui impliquerait une vision claire, une capacité d’adaptation et un brio dans la réalisation. Il s’agit d’un véritable effondrement des capacités mobilisatrices et de la dynamique du sentiment de l’urgence. Si le Pentagone était déjà un monstre dans les années 1950 et 1960, il était au moins capable de réaliser des programmes d’urgence quand cela était nécessaire, que ce soit les sous-marins nucléaires lanceurs de missiles et les missiles terrestres ICBM (conçus, produits et déployés en un peu plus de 5 ans), que ce soit de nouveaux avions de combat du plus haut niveau sinon révolutionnaires comme le F-15 et le F-16 conçus, produits et déployés sur des laps de temps de 5 à 7 ans, etc.

Aujourd’hui, le Pentagone est devenu incapable de telles performances industrielles et technologiques, sinon à produire avec des dépassements de coûts et de délais des “monstres” culs-de-jatte marchant avec deux béquilles et trois cannes, comme le F-35 ou le porte-avions de la classe Gerald R. Ford. On attend avec intérêt de voir comment le Pentagone réussira à tenir son délai de 2025 pour disposer de systèmes hypersoniques, – si nous existons toujours, d’ici là, en tant que “civilisation”.

Nous avons déjà apprécié cette posture grotesque du Pentagone devant une menace qu’il n’a pas vue venir alors qu’il avait tous les moyens même de la voir naître et de prendre les mesures adéquats pour la contenir, sinon la détourner. (C’est à l’aune de cette situation qu’il faut comprendre après en avoir constaté les effets catastrophiques, ce que valaient les grands projets hégémoniques de Wolfowitz.) Il s’agit d’un Faits & Commentaires du 7 mai 2018, – soit deux mois après les annonces de Poutine concernant les nouvelles armes russes, – dans lequel nous nous appuyions sur un texte de l’expert appointé du CMI Daniel Gouré, constatant avec inquiétude l’avance prise par les Russes. Les remarques que nous en tirions valent aujourd’hui plus que jamais, pour saluer le document “2.0” sur la nouvelle posture stratégique du système de l’américanisme…

«…• Il est certain que Russes et Chinois possèdent une avance considérable dans le domaine de l’hypersonique, avec l’entrée en service de modèles considérés comme opérationnels, de nombreux programmes en cours dont certains en tests finaux avec l’entrée en service très proche, enfin une base industrielle de première importance pour développer l’hypersonique. Dans ce domaine, le temps est très court et cette avance de quelques années des Russes et des Chinois est décisive ; le danger n’est pas prospectif ni hypothétique, il est réel, il existe d’ores et déjà.

  • La “riposte” US est lénifiante… Après avoir cité les sempiternels avions stealth dont le sublime F-35 qui saura certainement réduire à néant les répercussions de l’emploi des hypersoniques, on annonce [Gouré] qu’on commence à s’organiser. Les dates avancées pour des projets ou, au mieux, des développements qu’on espère à leur terme (sans qu’il soit question d’une date précise d’entrée en service opérationnel) sont 2020, 2022, 2025, 2030, selon les projets. Nulle part, il n’est question d’urgence, d’un programme accéléré (“crash program”), etc., comme les USA ont fait dans des cas spécifiques (bombe atomique, satellites et vol dans l’espace, etc.)
  • La conclusion [de Gouré] déclare que les USA ont perdu leur avance (ont été dépassés) dans diverses technologies, mais “qu’ils ne sont pas hors-course”. L’hypersonique “doit devenir une priorité” pour l’administration en place et les administrations à venir… Gouré ne risque pas de mobiliser les esprits ni les bureaucraties avec de telles banalités qui sont répétées d’une façon récurrente pour toutes sortes de circonstances et de programmes depuis des décennies. Or, l’hypersonique est quelque chose qui sort complètement de l’ordinaire, qui représente pour les USA, vu le degré ce développement et d’opérationnalité de ces systèmes des côtés russe et chinois, une menace considérable sinon une menace existentielle si des solutions et des moyens de riposte ne sont pas très vite mis en place. Contrairement à ce qu’on a affirmé souvent depuis quelques semaines, et comme Poutine lui-même l’a observé, les Russo-Chinois ne “rétablissent pas l’équilibre” avec les forces stratégiques US, avec l’entrée en service de leurs systèmes hypersoniques, ils font basculer en leur faveur le déséquilibre stratégique jusque-là en leur défaveur depuis la fin de la Guerre froide, et plus encore depuis 9/11 suivi presque immédiatement du retrait US du traité de limitation des ABM. (En effet, les circonstances depuis la fin de la Guerre froide, 9/11, le retrait du traité ABM, l’affirmation hégémonique US, ont complètement pulvérisé la notion d’“équilibre stratégique” qui implique un certain accord de parité entre les “partenaires“ : il s’agit désormais d’une course de facto à la supériorité.)».

Un peu plus loin, nous énoncions des remarques que nous jugions et continuons bien sûr à juger fondamentales, concernant la perception et la psychologie américanistes en général, et en particulier pour ce cas de l’hypersonique. Nous faisions une comparaison entre le “missile gap”- bidon de 1958-1960 (simulacre complet d’une supériorité soviétique complètement inventée pour les besoins d’augmentation du budget du Pentagone) et le véritable et dramatique (pour les USA) “missile gap” d’aujourd’hui. Puis nous enchaînions sur ce que nous considérons plus que jamais comme étant la source de toutes les erreurs, fausses manœuvres, déroutes de la puissance de l’américanisme : la psychologie si particulière de cette idéologie (l’américanisme) qui serait mieux à sa place dans la catégorie des pathologies.

« A côté de ces remarques concernant la réalité faussaire de ce premier “missile gap” et des réactions des uns et des autres, il y a la vérité-de-situation incontestable de ce second véritable “missile gap”, infiniment plus dangereux pour les USA que le simulacre de 1958 et toujours avec les mêmes perceptions prévalant (la Russie “démonisée” à la place de l’URSS, les USA toujours surarmés et toujours angéliques). Dans ce contexte, ce qui nous étonne et nous paraît très caractéristique, c’est la tiédeur des réactions d’alarme comme on a pu le lire dans le texte de Gouré.

« Ce point retient particulièrement notre attention et mérite, selon nous une explication approfondie, ou plutôt l’une et l’autre hypothèses comme tentative d’explication de cette réaction si surprenante. Après tout, même un homme comme Gouré, relais bien connu de l’industrie de l’armement, ne propose aucun programme nouveau ni l’accélération des recherches en cours, plaidant simplement cette évidence déjà énoncée par plusieurs officiels du Pentagone, et que même un journaliste spécialisé dans les faits divers et pourtant bon patriote américaniste énoncerait, que “L’hypersonique est un domaine qui doit devenir une priorité de modernisation pour l’administration Trump et celles qui suivent”.

« Nous voyons une première cause dans l’incapacité absolue des USA de se débarrasser de leur sentiment d’exceptionnalité, et de supériorité militaire globale et universelle qui l’habite comme une véritable pathologie de la psychologie depuis1990-1991 et 9/11. (Auparavant ce n’était encore qu’un grave complexe de supériorité.) Il s’agit des traits de la psychologie américaniste que nous avons rappelés encore récemment, dans un passage qui expliquait, de la même façon, comment les USA avaient laissé se développer une puissance électronique supérieure chez les Russes. Ce sentiment, expliqué dans le paragraphe cité ci-dessous, explique aussi bien la lenteur US dans le développement des engins hypersoniques que l’absence de réactions d’alarme, voire de panique au niveau public, mis à part quelques spécialistes qui affrontent directement le problème…

«“Nous avons toujours suivi avec le plus grand intérêt, sur ce site, les caractéristiques de la psychologie de l’américanisme, que nous tenons comme spécifique, “exceptionnelle” dans le sens de n’être radicalement pas comme les autres (ce qui ne signifie nullement dans notre interprétation “supérieure” aux autres types psychologiques, cela va de soi). Il existe aux USA dès les origines un tel usage intensif de la communication pour formater le sentiment du citoyen vis-à-vis de son pays, dans un pays bâti sur la communication et nullement sur la vérité historique, qu’il y a effectivement une véritable création permanente d’une psychologie américaniste typique. Au cours de nos recherches, nous avons isolé deux traits spécifiques de cette psychologie, qui constituent non pas des capacités spécifiques de perception, mais des perceptions imposées à la psychologie américaniste à la différence des autres. Outre le trait de l’inculpabilité qui est le sentiment de l’absence à terme et décisivement de culpabilité de l’américanisme quelle que soit son action, il y a également le caractère de l’indéfectibilité, complément du précédent, qui est la certitude de ne pouvoir être battu dans tout ce qui figure conflit et affrontement.”

« Une autre cause pourrait être un certain désintérêt de l’industrie d’armement (Gouré parle d’abord pour elle) pour des programmes à haut risque de hautes technologies. L’industrie d’armement US est de plus en plus confrontée à des problèmes d’inefficacité, de complexité et de corruption des processus dans l’intégration de hautes technologies pour des tâches opérationnelles, et elle se débat dans des marasmes technologiques tels que le F-35 ou des programmes naval comme le porte-avions classe Gerald Ford et la corvette classe Zumwalt. Il n’est pas assuré que la plongée dans le développement des programmes hypersoniques porteurs d’un tel enjeu l’enthousiasme et sans doute préfère-t-elle laisser la DARPA (l’Agence officielle de recherches du Pentagone) porter le plus loin possible cette charge. Elle y participera et y participe déjà bien entendu, mais en traînant des pieds : la fabrication et la modernisation à la chaîne de missiles de croisière et autres sont beaucoup plus aisés et beaucoup plus lucratifs.

« En attendant que les USA se décident à bouger au-delà de leurs prévisions de programmes, et considérant leur difficulté considérable à ne pas trop se laisser distancer, sans parler de rattraper leur retard, Russes et Chinois vont se retrouver non seulement avec une supériorité stratégique, mais aussi et surtout avec une capacité de chantage stratégique… En un sens, les engins hypersonique donnent aux USA vis-à-vis d’eux-mêmes la place inconfortable que les Européens occupaient lorsque de Gaulle décida de construire la force nucléaire indépendante française. »

http://www.dedefensa.org/article/le-pentagone-contempleavangard

Déc 31

LA RUSSIE PROMET DES REPRÉSAILLES SI LES ÉTATS-UNIS DÉPLOIENT DES MISSILES EN EUROPE

La Russie prendra des mesures de représailles si les États-Unis déploient des modèles de missiles interdits par le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), a déclaré dimanche le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

« La Russie subit une pression constante de la part de ceux qui la perçoivent comme une sorte de concurrent dans la quête d’une position dominante dans les affaires mondiales. Les mesures américaines en sont un exemple« , a indiqué M. Lavrov dans une interview accordée à la chaîne russe Rossiya-1.

Il a déploré que les pays européens continuent à suivre la politique américaine même lorsque celle-ci va à l’encontre de leurs propres intérêts, citant pour exemple leur vote contre la résolution proposée par la Russie en vue de préserver le traité FNI.

« C’est en Europe que nous avons entendu le plus d’inquiétudes quant à la décision des États-Unis de se retirer unilatéralement de ce traité, mais l’Union européenne (UE) tout entière a pourtant voté contre notre proposition« , a ajouté M. Lavrov.

Le 21 décembre, l’Assemblée générale des Nations unies a voté contre une résolution proposée par la Russie en vue de préserver le traité FNI, à la grande déception de Moscou.

Lavrov a souligné que la position des pays de l’UE ne pouvait être expliquée que par une « solidarité mal comprise« , ajoutant que leur vote revenait en substance à s’opposer au traité FNI, et à soutenir la menace continuelle que représente le déploiement de missiles américains jadis interdits par ce traité en Europe.

« La prochaine étape logique sera une réponse de la part de la Fédération de Russie. Ce n’est pas ce que nous voulons – mais les capitales de l’UE ne peuvent sans doute pas comprendre la menace qui pèse sur la sécurité des Européens eux-mêmes« , a-t-il affirmé.

Le traité FNI a été signé en 1987 entre l’Union soviétique et les États-Unis afin d’éliminer les missiles de courte et moyenne portée. Cet accord, le premier conclu entre Washington et Moscou en matière de désarmement nucléaire, a représenté un grand pas en avant pour mettre fin à la course aux armements.

En octobre, le président américain Donald Trump a indiqué que Washington allait se retirer du traité FNI, arguant d’une prétendue violation de l’accord par la Russie, ce que Moscou a toujours nié.

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Source: Agence de presse Xinhua

Par : French.china.org.cn mis à jour le 31-12-2018

http://french.china.org.cn/foreign/txt/2018-12/31/content_74328041.htm

Déc 30

MOSCOU ANNONCE LE DÉPLOIEMENT DE MISSILES DE NOUVELLE GÉNÉRATION EN 2019

MOSCOU (Reuters) – Les missiles sol-air russes de courte à moyenne portée S-350 Vityaz, appelés à remplacer le système S-300, seront déployés dans le courant de l’année prochaine, a annoncé dimanche le ministère de la Défense.

Il ajoute que des missiles Pantsir-S et S-400 ont été acheminés cette année en Crimée, péninsule ukrainienne que Moscou a annexée en 2014, ainsi que dans la zone arctique de Russie, dans l’enclave de Kaliningrad et dans la région extrême-orientale de Khabarovsk.

Donald Trump a menacé fin octobre de dénoncer le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) conclu en 1987 en accusant Moscou d’en violer les termes avec son nouveau missile de croisière Novator 9M729.

Vladimir Soldatkin, Jean-Philippe Lefief pour le service français

Par Reuters le 30.12.2018 à 13h31

Photo : Les missiles sol-air russes de courte à moyenne portée S-350 Vityaz, appelés à remplacer le système S-300 (photo), seront déployés dans le courant de l’année prochaine. /Photo d’archives/REUTERS/Maxim Shemetov

Publié par Challenges sur le site : https://www.challenges.fr/monde/moscou-annonce-le-deploiement-de-missiles-de-nouvelle-generation-en-2019_634086 que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Déc 30

CORÉE DU NORD: KIM JONG UN PROMET PLUS DE RENCONTRES AVEC LA CORÉE DU SUD EN 2019

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a promis dans une lettre inhabituelle adressée au gouvernement sud-coréen de rencontrer « souvent » en 2019 son homologue Moon Jae-in pour débattre de la dénucléarisation de la péninsule, a révélé dimanche le bureau du président Moon. 

Dans une lettre adressée à la présidence sud-coréenne pour marquer la fin d’année, Kim Jong Un a « exprimé son intention de rencontrer souvent M. Moon en 2019« , afin de promouvoir la paix et de « régler ensemble le problème de la dénuclarisation de la péninsule« , a indiqué un porte-parole de la présidence sud-coréenne. 

Le leader nord-coréen a rencontré son homologue sud-coréen trois fois en 2018: deux fois à Panmunjom, village frontalier entre les deux pays, et une fois à Pyongyang, la capitale nord-coréenne. 

Lors de cette dernière visite en septembre, Kim Jong Un avait promis de venir lui aussi visiter la capitale sud-coréenne, Séoul, « le plus vite possible« , lançant des rumeurs selon lesquelles il s’y rendrait avait la fin de l’année. 

Mais le voyage n’a toujours pas eu lieu, ce que le dirigeant nord-coréen dit « beaucoup regretter » dans sa lettre, a indiqué le porte-parole du président sud-coréen, ajoutant qu’il avait « exprimé une volonté ferme de venir visiter Séoul pour parler du futur« . 

Les deux pays voisins sont, sur le papier, toujours en guerre, puisque la guerre de Corée (1950-1953) s’était achevée avec un cessez-le-feu et non un traité de paix. 

L’année 2018 a vu naître une détente spectaculaire entre les deux pays de la péninsule, qui avait débouché sur un sommet historique entre le président américain Donald Trump et M. Kim en juin à Singapour.

Trump et Kim s’étaient alors engagés sur la « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne« , formule vague sujette à toutes les interprétations. 

Depuis, les deux pays s’écharpent sur sa signification et s’accusent mutuellement de mauvaise foi et de traîner les pieds. 

Certains accusent Pyongyang de n’avoir pris aucun engagement concret envers la dénucléarisation et considèrent qu’il est hautement improbable qu’il abandonnera ses armes nucléaires.

https://actu.orange.fr/monde/coree-du-nord-kim-jong-un-promet-plus-de-rencontres-avec-la-coree-du-sud-en-2019-CNT000001bwfL4.html

Déc 30

INDE: ‘MANN KI BAAT’ (satisfaction) DU PREMIER MINISTRE MODI (citation)

Extrait du discours du premier ministre Indien MODI :

…« C’est au cours de cette même année que notre pays a réussi la Triade nucléaire, ce qui signifie que nous sommes maintenant dotés de capacités nucléaires – dans l’eau, sur terre et dans le ciel également »…

Cet article est apparu en premier (en Anglais) sur THE TIMES OF INDIA

Inde Nouvelles, TELES RELAY, le 30 décembre 2018

À retrouver en français sur : https://teles-relay.com/inde-mann-ki-baat-du-pm-modi-top-quotes-inde-nouvelles/

Déc 30

LES SURPRISES DE L’INDUSTRIE DE L’ARMEMENT RUSSE EN 2018

L’année 2018 a été riche en nouvelles armes russes: du laser stratégique Peresvet aux ogives hypersoniques manœuvrables des missiles balistiques en passant par des chars et des systèmes antiaériens modernisés, écrit le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

La Russie a annoncé en 2018 qu’elle disposait d’armes de types principalement nouveaux: de lasers de combat, de plusieurs missiles hypersoniques ou d’un sous-marin stratégique sans-pilote à propulsion nucléaire, comme le fait remarquer Rossiïskaïa gazeta.

Ainsi, le bloc de combat hypersonique manœuvrable Avangard, destiné aux missiles balistiques intercontinentaux, remettrait en question l’existence de l’ABM américain. 

Le missile aérien hypersonique Kinjal a un objectif différent: détruire des navires de grande taille, notamment des porte-avions.

On n’a pas beaucoup d’informations sur le laser de combat Peresvet et le drone sous-marin Poséidon. Quant au Poséidon, on a annoncé des essais réussis de ses équipements nucléaires et le lancement de tests en mer.

On a constaté beaucoup de nouveautés chez les armes plus traditionnelles. Ainsi, Ouralvagonzavod, producteur principal de chars russes, a dévoilé les secrets de la nouvelle modification du T-72 qui avait été munie d’un nouveau canon de 125 mm, du système de protection dynamique Relikt et d’écrans grillés protégeant le char contre des charges creuses.

Les militaires russes reçoivent également les chars modernisés T-80BVM suscitant des réactions très positives. Les producteurs ont livré le premier lot des systèmes de missiles Tor-M2, modernisés pour les conditions arctiques: les blocs de tir ont été installés sur le châssis tout-terrain DT-30PM.

Une autre nouveauté dans ce domaine a été le système antiaérien mobile Derivatsia, capable non seulement de combattre les aéronefs, mais aussi d’intercepter des missiles tactiques et de croisière.

Il faut également mentionner le système antiaérien mobile Sosna, dont l’objectif est de protéger des convois militaires contre une attaque aérienne. Ce véhicule créé sur la base du VTT MT-LB, dispose de 12 missiles antiaériens de nouvelle génération à guidage laser.

La Flotte du Nord a reçu le grand bâtiment de débarquement de nouvelle génération Ivan Gren. Ce dernier peut déployer deux compagnies motorisées d’infanterie de marine ou 13 chars sur un littoral non-aménagé.

Le bureau de construction Malakhit, l’un des concepteurs principaux de sous-marins russes, a publié une image d’un sous-marin inconnu. Il s’agit probablement du sous-marin à propulsion nucléaire de cinquième génération, que les médias russes appellent officieusement Khaski.

Ce bâtiment sera muni d’un rouf de forme inhabituelle — probablement, pour assurer sa furtivité sur la surface — et de deux batteries de missiles. Ses systèmes de lancement universels peuvent porter environs 50 missiles anti-navires de plusieurs types: les Oniks supersoniques, les Kalibr à longue portée et les Tsirkon hypersoniques.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Photo. Ministry of Defense of the Russian Federation : Armes hypersoniques: l’Avangard capable de voler à une vitesse de Mach 27

Retrouvez cet article sur : https://fr.sputniknews.com/presse/201812291039480556-industrie-armement-russe-2018/

Déc 29

L’«HIVER NUCLÉAIRE», UN SCÉNARIO DE LA FIN DU MONDE

Dans les années 1980, c’est-à-dire à l’époque de la détente, les médias soviétiques évoquaient activement les conséquences horribles de la guerre nucléaire. La formation de la politique de détente a été favorisée non seulement par les politiciens, mais aussi par les scientifiques.

Des études menées de manière indépendante par plusieurs centres de recherche (notamment par le Centre informatique de l’Académie des sciences d’URSS) ont montré que l’utilisation des arsenaux nucléaires accumulés pourrait tuer non seulement l’humanité, mais aussi toute la planète, même les écosystèmes océaniques. Autrement dit, un tel événement pousserait l’évolution de la vie sur la Terre à des centaines de millions d’années en arrière, écrit Nezavissimaïa gazeta

Ce scénario apocalyptique a été baptisé «nuit nucléaire» (ou «hiver nucléaire»). De qui s’agit-il?

La «nuit nucléaire» arrive en hiver

Les armes nucléaires ciblent notamment de grands centres urbains qui contiennent beaucoup plus de substances combustibles que les zones naturelles. Des tornades de feu ont été enregistrées au cours de la Seconde Guerre mondiale après les bombardements des villes allemandes et le bombardement nucléaire du Japon. Selon les témoins, des flots d’air captaient ceux qui tentaient de fuir et les jetaient dans le feu. Mais ce n’est pas l’aspect le plus terrifiant.

Des particules fines de cendre et de suie reflètent plus activement les rayons du soleil que la poussière ordinaire et se déposent plus lentement. La circulation atmosphérique distribuera la suie au-dessus de toute la planète en créant une couverture noire. Les particules de suie se réchaufferont sous les rayons du soleil ce qui augmentera la température de l’air entourant et les poussera vers le haut. En résultat, le processus de déposition de la suie et d’épuration de l’atmosphère par les pluies sera très lent.

Tout cela créera pour longtemps non seulement l’hiver nucléaire, mais aussi la nuit nucléaire. Selon les calculs, les effets cumulatifs de la contamination radioactive, du froid et de l’arrêt de la photosynthèse provoqueront la mort de toute l’infrastructure terrestre.

Des études récentes ont confirmé le risque de l’hiver nucléaire en cas d’utilisation des arsenaux de la Russie et des États-Unis (malgré le fait que ces derniers ont été réduits de 60.000 à 13.000 ogives de 1972 à 2012). Un conflit nucléaire entre l’Inde et le Pakistan pourrait également se solder par des conséquences très dures malgré le fait que ces pays ne disposent que de 0,03% de l’arsenal nucléaire mondial. Le refroidissement du climat provoqué par les incendies causés par les frappes nucléaires, se traduira par une chute de la production agriculturale de 20% pendant 5 ans et de 10% une décennie ans après.

Le modèle de nuit nucléaire a naturellement provoqué des critiques. Certains affirmaient même qu’il s’agissait d’un mythe, gonflé afin d’assurer la victoire des États-Unis dans la guerre froide. Ils estimaient que les belligérants épargneraient les grandes villes en se limitant par des frappes sur les bases militaires et les positions des missiles. On dit également que la suie ne s’élèvera pas à une telle attitude et se déposera rapidement.

Dans tous les cas, un calcul précis des scénarios de l’hiver nucléaire exige des données exactes, qu’on ne peut obtenir que grâce à une expérience grandeur nature, c’est-à-dire à un bombardement nucléaire d’une mégapole moderne. Nous espérons qu’une telle expérience n’aura jamais lieu. Il existe pourtant d’autres expériences, moins convaincantes, qui confirment certains éléments du scénario. Ainsi, on sait que des tempêtes de sable sur Mars refroidissent le climat.

Une apocalypse par erreur

Est-ce qu’un tel événement suicidaire est en effet possible? Personne ne veut naturellement une guerre nucléaire de grande envergure ou l’hiver nucléaire qui garantit pratiquement la mort de l’humanité, même dans les régions les plus éloignées. Mais…
Premièrement, on n’exclut pas que les perdants veuillent «faire claquer la porte». Deuxièmement, une ingérence terroriste est également possible. Troisièmement, il existe des scénarios d’une «apocalypse par erreur». Cela concerne notamment le «cas du lieutenant-colonel Petrov», rendu public à l’époque de la pérestroïka.

Stanislav Petrov a raconté qu’en 1983, il avait reçu — en tant qu’opérateur du poste de commandement du système d’alerte nucléaire — un message sur le lancement de cinq missiles balistiques intercontinentaux américains Minuteman portant dix ogives nucléaire chacun. Il a pourtant rapporté une fausse alerte aux dirigeants du pays (l’investigation a confirmé plus tard ses conclusions, mais il ne pouvait pas le savoir au juste à l’époque).

Un incident encore plus dramatique s’est déroulé dans une base militaire américaine à Okinawa en 1962. Tous les quatre sites de lancement ont reçu un jour un message indiquant qu’ils recevraient bientôt des ordres spéciaux. Ces derniers sont en effet arrivés. Après avoir écouté ces ordres, l’officier de contrôle des lancements devait ouvrir un portefeuille secret pour y trouver un code spécial. Si ce dernier était équivalent à la troisième partie du message radio, il serait nécessaire d’ouvrir l’enveloppe contenant la liste des cibles et les clés de lancement.

Les codes ont confirmé l’ordre de tir. William Bassett, officier supérieur de l’équipe ne s’est pourtant pas dépêché de lancer les missiles, mais a souligné que la situation était assez étrange: l’ordre aurait dû être précédé par le niveau d’alerte maximal, ce qui n’était pas le cas. Il était probable que ce signal avait été brouillé par l’ennemi et que le Russes lançaient déjà leurs frappes. Mais dans ce cas-là les missiles soviétiques auraient déjà atteint Okinawa, alors que les militaires américains étaient sains et saufs et n’avaient entendu aucune explosion ni ressenti aucun tremblement. (On peut très bien imaginer ce qui aurait pu se passer si l’on avait enregistré en ce moment un séisme, phénomène récurrent au Japon). Le capitaine William Bassett a donc suspendu le tir.

Le commandant d’une unité a cependant refusé de suivre cet ordre. William Bassett a donc envoyé un groupe armé qui devrait l’exécuter s’il poursuivait les préparatifs du lancement sans l’ordre personnel du capitaine. William Bassett a en même temps téléphone à l’état-major — ce qui a été une violation majeure de régime de sécurité — et a exigé soit d’ordonner l’alerte maximale, soit d’annuler le lancement. On lui a répondu par un silence, alors que quelques minutes après ses supérieurs ont annulé le tir. Les messages se sont avérés erronés, alors que l’incident a été classifié.

La réanimation de Dead Hand

La possibilité d’une frappe préventive relativement anodine, mais désarmante — visant à éliminer les moyens de commandement de troupes — et le cas du lieutenant-colonel Petrov ont soulevé la question de la fiabilité du système de riposte. Le système Perimetr (connu comme Dead Hand en Occident), mis en service à l’époque de la première guerre froide, assurait l’utilisation de tout l’arsenal nucléaire soviétique en cas d’incapacité des états-majors et d’existence d’indices d’une attaque nucléaire contre l’URSS. Les États-Unis ont créé un système similaire: Emergency Rocket Communications System. Les deux systèmes ont été désactivés au début des années 1990, mais sont actuellement de nouveau en service.

Ainsi, la possibilité d’autodestruction par erreur de la civilisation terrestre est beaucoup plus importante que cette d’une catastrophe spatiale.

La logique d’avalanche

L’auteur du livre «Les catastrophes et les civilisations» a calculé le risque d’autodestruction par erreur de l’humanité sur la base du nombre connu d’incidents dangereux entre les forces armées des puissances nucléaires et les estimations d’experts de la transformation d’un incident dangereux en guerre à part entière (1%). Ainsi le ministère britannique de la Défense a enregistré quatre situations de ce genre en 2015.

Cela signifie que la possibilité d’éviter la dernière guerre de l’histoire de l’humanité pendant un siècle se chiffre à 1,8%. D’autres auteurs ont présenté des estimations similaires de la probabilité d’apparition du conflit global (60% au cours de 100 ans). Le même calcul sur la base des données des années 1990 — la période la plus sécurisée — évalue la probabilité d’un siècle pacifique à 90%, ce qui est de 50 fois meilleur que nos estimations actuelles. 

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Publié le 27 décembre 2018 à 19h31

https://fr.sputniknews.com/presse/201812271039460112-hiver-nucleaire-apocalyse-fin-monde/

Déc 28

AVIS D’INCIDENT À BUGEY : INDISPONIBILITÉ PARTIELLE DU SYSTÈME DE VENTILATION DE L’ENCEINTE DE CONFINEMENT DU RÉACTEUR 2

Le 24 décembre 2018, EDF a déclaré un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité partielle du système de ventilation de l’enceinte de confinement du réacteur 2 de la centrale nucléaire du Bugey.

L’enceinte de confinement du réacteur, à l’intérieur de laquelle se trouve notamment la cuve qui contient le combustible nucléaire, est équipée de deux sas d’accès et d’une ouverture de grande dimension appelée « tampon matériel ». Ces accès peuvent être ouverts lors de certaines phases d’arrêt pour maintenance afin de permettre l’entrée de personnes et de matériel. Lorsque ces accès sont ouverts alors que le combustible est encore présent dans la cuve, par exemple en début d’arrêt pour maintenance, les règles générales d’exploitation imposent que les deux voies redondantes du système de ventilation (ETY), qui font passer l’air extrait du bâtiment réacteur sur des pièges à iode, soient disponibles pour pouvoir assurer un confinement dynamique en cas de relâchement de radioactivité dans le bâtiment réacteur.

En juillet 2018, à la suite de difficultés de mise en service d’un des ventilateurs du système ETY, l’exploitant a formalisé à l’attention des services de maintenance une demande de travaux. Le 8 octobre 2018, alors que le réacteur 2 de la centrale nucléaire du Bugey était en phase de mise à l’arrêt pour maintenance et renouvellement partiel de son combustible, l’exploitant a constaté que cette demande n’avait pas été traitée et s’est interrogé sur la disponibilité du système de ventilation. Le capteur à l’origine de ces difficultés de mise en service a été identifié puis réparé.

Le 20 décembre 2018, dans le cadre d’une analyse à froid de deuxième niveau, EDF a considéré, au vu de l’intervention réalisée en octobre, que la ventilation ETY avait de fait été seulement partiellement disponible durant les premières phases de mise à l’arrêt du réacteur 2, qui a débuté le 29 septembre 2018.

Cet événement, qui n’a pas eu de conséquence sur les installations, sur l’environnement ou sur les travailleurs, a été classé au niveau 1 de l’échelle INES par l’exploitant en raison du non-respect des règles d’exploitation du réacteur.

Classement INES de l’incident : 1

Avis publié par l’ASN le 28 décembre 2018

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-partielle-du-systeme-de-ventilation-de-l-enceinte-de-confinement-du-reacteur-2

Déc 28

ET SI LES LASERS RÉDUISAIENT LA RADIOACTIVITÉ À SEULEMENT QUELQUES MINUTES…

C’est un projet hors-norme, voire un rêve qui apparaît inaccessible. Il demandera beaucoup de temps, de financements et de volonté. Mais il vaut le coup. Le prix Nobel de physique, Gérard Mourou, travaille sur un projet permettant de réduire la radioactivité des déchets nucléaires.

C’est un projet secret aussi dingue que magnifique, qui pourrait révolutionner la filière nucléaire mondiale. De quoi parle-t-on ? De réduire la radioactivité des déchets nucléaires d’un million d’années à seulement quelques minutes une fois qu’ils aient été bombardés de neutrons par un laser d’une puissance d’au moins 100 térawatts pour fissionner les éléments lourds comme le plutonium. « Le rêve serait de transmuter tous les déchets nucléaires. Il y a une volonté de travailler sur ce sujet, c’est bien l’idée », a confirmé à La Tribune en marge du forum innovation défense Gérard Mourou, qui s’est vu attribuer le 9 décembre prix Nobel de Physique pour ses travaux sur les lasers avec la Canadienne Donna Strickland. Un savant fou ? Oui mais non. « Gérard Mourou va plus vite que tout le monde et surtout va de l’avant », précise son ami, Benoit Deveaud, directeur adjoint de l’enseignement et de la recherche à l’école Polytechnique, qui finance les travaux du prix Nobel.

« La lumière extrême (lasers ultras intenses, ndlr) est capable de fournir les plus grandes accélérations, les plus grandes pressions et les plus grandes températures et peut donc également fournir les plus grands espoirs à la science et à la société », a souligné le prix Nobel dans le cadre de sa présentation au Forum Innovation Défense. Derrière ce projet incroyable de transmutation des déchets nucléaires, se cache un objectif très noble, qui devrait séduire tous les esprits portés vers la sauvegarde de la planète. « L’Homme a produit ces déchets, maintenant il faut faire le ménage », a expliqué Gérard Mourou, qui nage tous les jours 30 minutes à la piscine de Polytechnique. C’est ce qu’appelle Benoit Deveaud, la « junk science« . Très clairement, la science se met aujourd’hui au service de l’environnement pour réparer les dégâts de l’homme, avec des projets scientifiques comme capturer le CO2, réduire les déchets nucléaires ou encore nettoyer l’espace.

Pas de faux espoirs

Comment est né ce projet ? Des « brainstorming » réguliers entre Gérard Mourou et son ami Toshiki Tajima, le physicien japonais et professeur d’université à l’Université de Californie, à Irvine. Ce dernier a mis au point une application laser pour l’accélération des particules, Laser Wakefield Acceleration (LWFA). Après avoir envisagé d’utiliser des électrons, qui sont plus simples à manipuler, les deux chercheurs se sont progressivement tournés sur l’utilisation de neutrons compacts et plus fiables en vue de réduire la radioactivité des déchets nucléaires. Dans ce cadre, « on pourrait utiliser la transmutation, qui marche bien pour des atomes simples, explique le prix Nobel de Physique. On peut réduire par exemple le temps de vie du technétium (élément atomique radioactif artificiel, nndlr) de 200.000 ans à 16 secondes et, même, rendre les atomes stables après« .

Pour autant, Gérard Mourou se veut très prudent sur la réussite de ce projet scientifique de très long terme. « La transmutation des déchets nucléaires est un sujet important mais il ne faut pas donner de faux espoirs« , a-t-il confirmé à La Tribune. Et d’avertir que « ce sera une autre paire de manche » de réaliser la transmutation des déchets nucléaires. Le prix Nobel de physique a déjà payé dans le passé pour savoir que les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances. Le scientifique avait notamment fondé beaucoup d’espoirs sur la protonthérapie, une technique de radiothérapie visant à détruire les tumeurs cancéreuses en les irradiant avec un faisceau de particules. Elle n’a pas totalement répondu aux espoirs.

Lancer des travaux

« On a, là, un sujet qui n’a jamais été traité, ce sont des travaux qui n’ont jamais été faits, rappelle Benoit Deveaud. On n’a jamais développé un laser avec de telles fréquences, on n’a jamais obtenu une telle intensité pour un laser et on n’a jamais eu besoin d’autant de neutrons pour réaliser ce projet ». En dépit de tous les sommets technologiques et techniques qui restent à gravir, voire du scepticisme ambiant, Gérard Mourou n’a pas l’intention de lâcher l’affaire. Pour l’heure, les travaux restent encore confidentiels, les brevets n’ayant pas été encore déposés. Mais ce projet exigera du temps, beaucoup de temps. « Nous allons travailler pour voir ce qu’il est possible de faire mais déterminer une échéance pour parvenir à un projet mature, on ne sait pas aujourd’hui », a-t-il précisé. « On travaille sur un projet de réduction des déchets qui ont 200.000 ans de durée de vie, alors si on met 30 ans pour y parvenir, ce n’est pas très grave et ce sera toujours utile », fait valoir Benoît Deveaud.

Pour gagner son pari, Gérard Mourou est notamment en discussions avec le CEA pour une éventuelle collaboration. Il a déjà fait une première présentation de son projet en septembre, et devait revenir en faire une seconde en décembre. En revanche, le prix Nobel de physique profite déjà des installations de l’X où il est professeur au Collège de l’École polytechnique, pour travailler sur ce projet. Gérard Mourou souhaite faire des essais de transmutation des éléments radioactifs les plus lourds pour voir comment cela peut fonctionner grâce au laser Apollon. Le développement de ce laser, auquel a participé le prix Nobel de physique, a pour ambition de fournir un faisceau laser multi-pétawatt (jusqu’à 10 PW) pour réaliser des expériences en condition extrêmes. Si Apollon est l’un des lasers les plus puissants au monde, sinon le plus puissant actuellement, Gérard Mourou a besoin pour réussir d’un laser ayant une fréquence de répétition beaucoup plus élevé que ce laser (une impulsion toutes les minutes).

C’est pour cela que le prix Nobel de physique suit les travaux XCAN de Polytechnique, qui sont financés par la direction générale de l’armement (DGA) et menés en coopération avec Thalès. Objectif, développer des amplificateurs à fibres, puis de coupler ensemble 100, 200, 300, 1.000 amplificateurs de façon à avoir la puissance qui est beaucoup mieux répartie que dans un seul amplificateur comme celui d’Apollon. La révolution de l’atome est à nouveau en marche…

Par Michel Cabirol

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/et-si-les-lasers-reduisaient-la-radioactivite-a-seulement-quelques-minutes-801278.html

NDLR: d’où l’intérêt de ne pas enfouir définitivement les déchets nucléaires comme l’État veut l’imposer à Bure.

Déc 28

LES FORCES NUCLÉAIRES RUSSES SONT PLUS MODERNES QUE CELLES DES ÉTATS-UNIS, SELON UN CONCEPTEUR DE MISSILES

MOSCOU, 27 décembre (Xinhua) — Les forces nucléaires russes sont en avance de 10 à 15 ans par rapport à celles des États-Unis, a déclaré jeudi le concepteur général de l’Institut de génie thermique de Moscou (MITT), Iouri Solomonov.

« Ils ne seront pas en mesure d’assimiler rapidement des concepts que nous avons déjà mis en œuvre, pourtant, il n’est pas difficile, dans un monde moderne, de les mettre en oeuvre et de commencer la production, » a dit M. Solomonov dans une interview qu’il a accordée au journal russe Les Arguments de la semaine.

« Cela ne veut pas dire qu’ils ne seront pas en mesure de faire la même chose. Mais s’ils commencent aujourd’hui, ils ne pourront nous rattraper que dans 10 ou 15 ans, » a-t-il dit.

Le MITT est le concepteur des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) russes Yars, Topol et Bulava.

Solomonov a dit que le potentiel nucléaire américain demeure très puissant, mais que leur système de modernisation des armes est fondamentalement différent du système russe.

Par exemple, l’ICBM américain Minuteman, créé dans les années 1960, n’a pas été remplacé par de nouveaux missiles, mais simplement mis à jour de façon à augmenter sa durée de vie jusqu’en 2030, a-t-il dit.

La Russie, en revanche, a créé une nouvelle génération de forces nucléaires stratégiques basées au sol et en mer en minimisant les coûts, a-t-il dit.

S’exprimant sur le système américain de défense antimissile déployé en Alaska et en Europe, M. Solomonov a dit que la Russie ne doit pas en avoir peur car son « efficacité est extrêmement faible.« 

Cependant, le danger de ce système est que ses composants peuvent être aisément transformés en armes offensives, a-t-il reconnu.

Publié en français le 28 décembre 2018 à 12h28

http://french.xinhuanet.com/2018-12/28/c_137703061.htm

 

Déc 27

L’ALLEMAGNE CONTRE DE NOUVEAUX MISSILES NUCLÉAIRES EN EUROPE

Challenges: BERLIN (Reuters) – L’Allemagne s’opposerait fermement à l’installation de nouveaux missiles nucléaires à moyenne portée en Europe si le traité de démantèlement FNI conclu pendant la Guerre froide devenait caduc, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères à l’agence de presse DPA.

« L’Europe ne doit en aucun cas devenir le théâtre d’un débat sur le réarmement« , a déclaré Heiko Maas à l’agence de presse allemande dans une interview publiée mercredi.

« Le stationnement de nouveaux missiles à moyenne portée se heurterait à une grande résistance en Allemagne« , a ajouté le chef de la diplomatie allemande.

Les États-Unis ont menacé de se retirer du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), signé en 1987 par le président américain Ronald Reagan et le numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev dans le cadre du démantèlement de leurs arsenaux.

Le FNI interdit à Moscou et Washington de déployer des missiles terrestres à courte et moyenne portée en Europe.

La Russie a annoncé son intention de déployer de nouveaux missiles nucléaires en Europe après l’annonce par les États-Unis de leur intention de dénoncer le traité.

« Le réarmement nucléaire est très certainement la mauvaise réponse« , a déclaré Heiko Maas à la DPA.

(Maria Sheahan; Danielle Rouquié pour le service français)

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Publié le 27 décembre 2018

http://news-24.fr/news/20917/LAllemagne-contre-de-nouveaux-missiles-nucl%C3%A9aires-en-Europe.html

Déc 27

LOIR-ET-CHER : SORTIR DU NUCLÉAIRE TIENT LA CENTRALE DE SAINT-LAURENT SOUS HAUTE SURVEILLANCE

Projets fonciers, état des réacteurs, gestion des déchets… L’association Sortir du nucléaire ne quitte pas la centrale de Saint-Laurent des yeux.

Notre mission, c’est informer, informer, informer ! Les risques, les coûts, les achats de terres agricoles, les projets de “ nouveau nucléaire ”, le démantèlement, la piscine de stockage de déchets… La liste des sujets auxquels s’intéresse l’association Sortir du nucléaire Loir-et-Cher (SDN 41) est aussi variée que fournie. Créée il y a une douzaine d’années, SDN 41 est coprésidée depuis un an par Jean Coly, un ancien ingénieur sanitaire habitant à Mer, et Didier Narbeburu, ancien salarié d’une organisation non gouvernementale demeurant à Blois.

L’abandon du nucléaire au profit des énergies renouvelables est l’objectif ultime de l’association, mais sa vingtaine de membres actifs scrutent avec attention tout ce qui concerne le nucléaire en général, la centrale de Saint-Laurent en particulier. Deux de ses membres siègent d’ailleurs au sein de la CLI (Commission locale d’information). Aussi, quand il a été question au conseil municipal de Mer des velléités d’achat de terres agricoles par EDF, a-t-elle réagi au quart de tour. « On s’est rapproché très vite des agriculteurs les plus concernés, raconte Jean Coly, et on a pris connaissance de la lettre qu’EDF leur avait envoyée, mi-septembre. » Des informations que l’association fait remonter aussitôt au sein de son réseau, notamment celui du collectif Loire et Vienne auquel elle appartient, et qui contribuent à mettre au jour des opérations foncières similaires autour des autres sites de la région (140 ha à Belleville, 90 à 100 ha à Dampierre, 120 ha à Chinon, à ajouter aux 116 ha à Saint-Laurent) et ailleurs en France (*).
« On n’a toujours aucune réponse d’EDF quant à la destination de ces terres, même si nous avons posé directement la question au directeur de la centrale de Saint-Laurent, rappelle Didier Narbeburu, mais nous, on y voit bien de futures implantations de ce qu’Emmanuel Macron a appelé “ le nouveau nucléaire ” : soit un EPR classique, avec une puissance de 1650 MW, même si c’est un fiasco technologique et financier avéré, soit des SMR, de petits réacteurs de 300 à 350 MW. »

La consultation tout juste lancée pour une prolongation de 10 ans du fonctionnement des deux réacteurs actuels (lire la NR du 15 décembre) à l’issue de leur 4ème visite décennale (2024 pour le réacteur B2, 2025 pour le réacteur B1), ne fait que renforcer leur conviction.

“ Faire durer les vieux réacteurs ”

« Il faut faire durer ces vieux réacteurs, pour lesquels aucun investissement lourd n’a été fait depuis leur mise en service, jusqu’à pouvoir faire la jonction avec ce fameux “ nouveau nucléaire ”, tout est là ! »

SDN 41 a relevé d’autres indices de la volonté de poursuivre cette politique de l’énergie nucléaire, « jusque dans les propos de la CGT Énergie, qui évoque régulièrement l’obligation de nouvelles centrales en s’appuyant sur la politique de développement des véhicules électriques, détaille Didier Narbeburu, mais c’est nous refaire le coup des radiateurs électriques ! »

Rien ne justifie la poursuite d’activité du nucléaire pour ces militants, pas même le poids économique d’une centrale comme celle de Saint-Laurent. « Le démantèlement des réacteurs et le développement des énergies renouvelables apporteront autant d’emplois sur le territoire », affirment les deux coprésidents, concédant cependant qu’« il faudra une volonté politique forte » pour s’engager dans cette transition.
SDN 41 voit cependant depuis 3 ou 4 ans des signes encourageants, « des gens qui écoutent, même s’ils ne sont pas forcément d’accord, et qui posent des questions, alors qu’avant, le nucléaire était tabou localement », témoigne Jean Coly. On peut compter sur SDN 41 pour continuer à aborder le sujet sous tous ses angles.

Contact : sortirdunucleaire41@gmail.com

Le site internet : http://sdn41.fr  (*)

Une pétition : https://www.cyberacteurs.org a été lancée pour demander au gouvernement et aux élus locaux de s’opposer à l’extension des sites nucléaires.

Publié le 27/12/2018 à 04:55 | Mis à jour le 27/12/2018 à 07:54

https://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/commune/saint-laurent-nouan/loir-et-cher-sortir-du-nucleaire-tient-la-centrale-de-saint-laurent-sous-haute-surveillance

Lire aussi : https://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/commune/saint-laurent-nouan/c-est-la-fuite-en-avant

Déc 27

LE CONCURRENT DE L’EPR EN FINLANDE LUI AUSSI CONFRONTÉ À DES RETARDS

Le consortium russo-finlandais Fennovoima a du mal à obtenir l’aval du régulateur local pour commencer la construction.

L’argument était régulièrement mis en avant par Fennovoima : le projet de réacteur nucléaire du consortium russo-finlandais sur la péninsule de Hanhikivi, dans l’ouest de la Finlande, ne souffrait d’aucun retard, contrairement à l’EPR construit par Orano à Olkiluoto. Las, il ne pourra désormais plus l’utiliser.

Alors qu’il affirmait encore en juin pouvoir assurer la mise en service en 2024, Fennovoima a annoncé que celle-ci n’interviendrait pas avant 2028. Un retard mis sur le compte de difficultés pour obtenir le permis de construire : si le projet a reçu l’aval du gouvernement finlandais dès 2010, il doit maintenant recevoir l’aval de l’autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection STUK.

Des difficultés à convaincre l’autorité locale de sûreté nucléaire

En septembre 2017, le consortium avait déjà annoncé que celui-ci n’arriverait pas avant 2019 – alors qu’il était attendu pour 2018. Désormais, « l’objectif est de l’obtenir et de commencer la construction en 2021 », a-t-il précisé  dans un communiqué.

Selon le « Financial Times », l’agence russe Rosatom,  qui fournit le réacteur nucléaire à eau pressurisée de 1.200 MW/h, a du mal à remplir les nombreuses exigences de la STUK. Un camouflet pour le projet, qui se targuait d’utiliser une technologie déjà éprouvée – avec une première mise en service d’un réacteur de ce type, en Russie, en 2016 – pour assurer sa ponctualité. « Fennovoima fournit actuellement à la STUK les plans du réacteur pour obtenir son approbation », poursuit le communiqué.

Dix ans de retard pour l’EPR

Orano n’est donc plus seul à subir d’importants retards sur un projet de réacteur nucléaire en Finlande. En juin, le calendrier du constructeur français – qui est partenaire de l’Allemand Siemens sur ce projet –  avait une nouvelle fois subi des modifications. Alors que la mise en service était prévue pour mai 2019, elle est désormais programmée pour le mois de septembre de la même année. De quoi porter à dix ans le retard total du projet.

L’électricien finlandais TVO a précisé que ce nouveau glissement de calendrier était dû à un problème de « vibrations détectées sur certains tuyaux » lors d’essais « à chaud » – qui permettent de tester les réactions de la chaudière en conditions de température et de pression réelles. Et le temps presse pour le consortium franco-allemand : si la mise en service du réacteur devait être repoussée au-delà de janvier 2020, il devrait payer 20 millions d’euros de pénalité par mois de retard.

Florian Maussion

Cet article a été publié sur: https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0600412516699-le-concurrent-de-lepr-en-finlande-lui-aussi-confronte-a-des-retards-2232564.php que nous vous invitons à consulter régulièrement.

 

Déc 27

IMPRIMER SES PROPRES PANNEAUX SOLAIRES SERA PEUT-ÊTRE BIENTÔT POSSIBLE!

Un nouveau type d’énergie solaire bon marché vient d’être lancé en Australie et pourrait marquer le début d’un nouveau marché révolutionnaire pour les énergies renouvelables.

Le professeur Paul Dastoor a créé des panneaux solaires organiques pouvant être imprimés à l’aide d’imprimantes classiques.

En utilisant des encres électroniques imprimées sur des feuilles de plastique de moins d’un millimètre, les panneaux peuvent être produits à moins de 10 dollars (8,85 euros) par mètre carré et installés rapidement par une petite équipe en une journée.

Développé depuis mai 2017 par Paul Dastoor, professeur de l’Université de Newcastle, les panneaux solaires sont actuellement testés pour une période de 6 mois dans le cadre d’une installation pilote sur un site de réparation de palettes en Australie.

Un dispositif unique au monde, facilement duplicable

L’installation de 200 mètres carrés est la première application commerciale de la technologie dans le monde. S’il s’avère que l’efficacité du projet pilote est efficace, la technologie solaire du professeur Dastoor pourrait se répandre plus largement dans les prochaines années.

« Il s’agit du premier exemple d’énergie solaire imprimée en Australie, et probablement dans le monde. C’est une étape historique dans l’évolution de cette technologie » a déclaré Paul Dastoor.

« Ceux qui travaillent dans le développement technologique utilisent un système d’évaluation de préparation technologique ou « TRL » (Technology Readiness Level) développé par la NASA pour déterminer l’évolution des solutions technologiques ; 1 étant la note la plus basse et 9 la plus élevée. Nous sommes notés TRL 8 ».

Les panneaux solaires sont fabriqués en polytéréphtalate d’éthylène (PET) qui a l’avantage d’être entièrement recyclable. Leur épaisseur de 0,1 millimètre permet une utilisation facilitée car leur poids est considérablement réduit et leur maniabilité accrue.

Par la Rédaction le 26/12/2018

http://www.enviro2b.com/2018/12/26/imprimer-ses-propres-panneaux-solaires-sera-peut-etre-bientot-possible/

NDLR : vous avez dit « rien ne remplacera le nucléaire » ?

Déc 26

ACCIDENT DE FUKUSHIMA: PEINE DE PRISON REQUISE POUR TROIS EX-DIRIGEANTS DE TEPCO

Tokyo – Une peine de cinq ans de prison a été requise contre trois anciens dirigeants de la compagnie japonaise exploitant la centrale nucléaire de Fukushima, dévastée en 2011 par un tsunami, ont indiqué mercredi les médias.

Celui qui présidait le conseil d’administration du groupe Tokyo Electric Power (Tepco) au moment du drame, Tsunehisa Katsumata (77 ans), ainsi que deux ex-vice-PDG, Sakae Muto (66 ans) et Ichiro Takekuro (71 ans), sont jugés pour « négligence ayant entraîné la mort« . Ces prévenus, les seuls à être jugés dans le cadre de cette catastrophe, ont plaidé non coupable.

Il s’agit du pire accident nucléaire après celui de la centrale soviétique Tchernobyl (Ukraine) en 1986, un drame qualifié par une commission d’enquête japonaise de « désastre créé par l’homme« .

Principal grief adressé aux trois hommes: de n’avoir pas suffisamment pris en compte le risque de tsunami qui a fait suite au séisme de magnitude 9. Les procureurs ont reproché notamment aux accusés d’avoir eu en leur possession des données indiquant que la centrale nucléaire risquait d’être frappée par un tsunami, avec des vagues dépassant les 15 mètres et assez puissantes pour entraîner une panne de courant et une série d’accidents graves.

« Ils auraient dû suspendre l’activité de la centrale nucléaire » jusqu’à la mise en place de mesures anti-tsunami, y compris la construction d’une digue, ont indiqué les procureurs au tribunal de Tokyo, selon Jiji Press.

Katsumata a déclaré durant le procès qu’il n’aurait pas pu prévoir la déferlante qui a ravagé la côte nord-est du Japon et submergé les réacteurs en mars 2011.

La catastrophe a forcé des dizaines de milliers d’habitants à abandonner leur maison proche de la centrale. Un grand nombre d’entre eux sont encore installés dans d’autres régions du pays, ne pouvant pas ou préférant ne pas rentrer chez eux par peur des radiations.

Les poursuites engagées contre ces ex-dirigeants s’appuient essentiellement sur le décès de 44 patients de l’hôpital de Futaba, à quelques kilomètres du site, lors de leur évacuation d’urgence de la zone.

Les procureurs ont refusé à deux reprises d’engager des poursuites, arguant que les éléments du dossier étaient insuffisants. Mais un réexamen de l’affaire en 2015 a tranché pour un procès au pénal.

si/tom/rma/nas/evs

AFP le 26 décembre 2018 à 12h32

https://www.romandie.com/news/Accident-de-Fukushima-peine-de-prison-requise-pour-trois-ex-dirigeants-de-Tepco/982983.rom

Déc 26

CES NOUVELLES ARMES QUI VONT DONNER UNE AVANCÉE MILITAIRE CONSIDÉRABLE À LA RUSSIE

La Russie a réussi un test du nouveau système de missile hypersonique russe Avangard, capable de transporter des ogives nucléaires et conventionnelles.

La Russie développe des armes de rupture stratégique comme les missiles hypersoniques (Kinjal et Avangard) qui pourront lui conférer à terme une avancée technologique et militaire. C’est le cas des vecteurs hyper-véloces dont le développement pourrait conférer une avance militaire considérable à un club restreint d’États détenteurs, estime le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Dans ce cadre, Vladimir Poutine a supervisé le test réussi du nouveau système de missile hypersonique russe Avangard, capable de transporter des ogives nucléaires et conventionnelles, a annoncé mercredi le Kremlin selon l’agence de presse RIA.

De telles armes grâce à leur vitesse supérieure à Mach 5, à la condition qu’elles soient associées à des manœuvres, disqualifie les capacités actuelles d’interception des défenses adverses (déni d’accès). Du coup, ces armements peuvent faire peser à tout moment et à toute distance une menace instantanée de frappe conventionnelle, voire nucléaire.

Poutine à la manœuvre

Le président russe a observé l’essai à distance, d’un bâtiment du ministère de la Défense à Moscou. Le test a eu lieu dans l’Extrême-Orient russe. Le maître du Kremlin a annoncé en mars une série de nouveautés dans le domaine de l’armement, parmi lesquelles l’Avangard, à l’occasion d’un discours au ton particulièrement belliqueux. Il a affirmé qu’elles pourraient frapper presque n’importe quel point du globe et échapper à un bouclier antimissile construit par les États-Unis.

En mars, la Russie avait testé avec succès le nouveau missile hypersonique Kinjal (poignard) qualifié par le président Vladimir Poutine d’« arme invincible ». Lors d’un discours au Parlement le 1er mars, le président russe avait assuré que les missiles Kinjal allaient dix fois plus vite que la vitesse du son et pouvaient déjouer les systèmes antimissiles existants.

Par Michel Cabirol le 26/12/2018 à 12h47

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/ces-nouvelles-armes-qui-vont-donner-une-avancee-militaire-considerable-a-la-russie-802234.html

Déc 26

« L’AFFAIRE DU SIÈCLE » : CES ENGAGEMENTS CLIMATIQUES QUE LA FRANCE NE TIENT PAS

La pétition « l’affaire du siècle », qui soutient l’idée d’un recours judiciaire contre l’État pour inaction climatique, a déjà réuni plus d’1,68 million de signataires. Émission de gaz à effet de serre, énergies renouvelables, consommation énergétique… passage en revue des engagements environnementaux que la France ne tient pas.

Nom de code : « l’affaire du siècle ».

L’opération sonne comme un le titre d’un succès hollywoodien mais elle est très sérieuse. Il s’agit d’attaquer l’État français en justice, pour inaction face au réchauffement climatique. À l’origine de cette campagne, quatre ONG environnementales : la Fondation pour la Nature et pour l’Homme, Greenpeace France, Oxfam France et Notre affaire à tous. Pour les soutenir, elles comptent sur l’opinion publique. Déjà, leur pétition bat tous les records. Plus d’un million de signatures en 48 heures, plus d’1,68 millions en une semaine… En France, jamais une pétition n’avait frappé si fort, si vite.

Le 17 décembre dernier, ces quatre associations ont adressé aux autorités une lettre préalable à une action en justice. L’État a deux mois pour répondre. Si la réponse est jugée insuffisante par les ONG, elles pourront, au printemps prochain, déposer un recours devant le tribunal administratif. La procédure pourrait durer des années et s’achever devant le Conseil d’État. Pour ces associations, la France manque à ses engagements internationaux, européens et nationaux en matière climatique. « L’action défaillante de l’État en matière de lutte contre le changement climatique traduit une carence fautive de l’État à respecter son obligation de protection de l’environnement, de la santé et de la sécurité humaine », soutiennent les ONG dans leur document préalable.

Alors, qu’en est-il vraiment?

Charte de l’environnement (inscrite dans la Constitution), paquet climat-énergie de l’Union européenne, accord de Paris sur le climat… La France réaffirme régulièrement sa volonté de lutter contre le changement climatique. Et pourtant, plusieurs chiffres montrent que l’Hexagone ne respecte pas ses engagements.

ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE : UN DÉPASSEMENT DE 4% DES OBJECTIFS

Ce que la France avait promis

Décembre 2015, la France, pays-hôte de la COP 21, se pose en championne de l’environnement et arrache la signature de l’Accord de Paris sur le climat. Dans ce texte, les signataires promettent de contenir la hausse de la température terrestre « bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels ». Mieux, ils entendent « poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5°C ». Pour cela, la France promet de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030.

Auparavant, en août 2015, le gouvernement avait adopté un autre texte ambitieux : la loi sur la transition énergétique. Elle vise une réduction de 75% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 d’ici 2050. La loi décline différents objectifs à plus ou moins long terme. Pour la période 2015-2050, elle prévoit une réduction des émissions d’environ 20% par rapport à 1990.

Ce que la France a fait

À peine paraphés, ces engagements semblent avoir été oubliés. Pour le moment, la France n’a pas atteint ses objectifs. Pire, les émissions de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse en 2016 et en 2017. Résultat : en 2016, le plafond d’émissions prévu a été dépassé de 3,6%, selon le ministère de la Transition énergétique. En 2017, rebelote. Le volume maximal d’émissions a été dépassé de 3,7%. La faute, explique le document de suivi, à des facteurs structurels pour l’essentiel. Le secteur du bâtiment a particulièrement dérapé, avec un écart de 22,7% par rapport à son objectif. Seuls les secteurs de l’industrie, de la production d’énergie et des déchets remplissent, voire dépassent, leurs missions.

Au final, le seuil maximal d’émissions fixé par le premier « budget carbone », pour la période 2015-2018, a été dépassé de 4%. Retards après retards, le ministère a renoncé à la trajectoire qu’il s’était fixé pour la période 2019-2023. Début décembre, une version remaniée de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) a été présentée. Désormais, l’Éat vise la neutralité carbone d’ici 2050 mais en prenant une route moins rapide.

ÉNERGIES RENOUVELABLES : LA CONSOMMATION D’ÉNERGIES FOSSILES CONTINUE D’AUGMENTER

Ce que la France avait promis

La loi sur la transition énergétique prévoit d’augmenter la part des énergies renouvelables, en la portant à 23% de la consommation finale d’énergie d’ici 2020, et à 32% d’ici 2030. Un objectif déjà posé par une directive européenne en 2009. Elle compte aussi réduire la consommation d’énergies fossiles de 30% d’ici 2030 par rapport à 2012.

Ce que la France a fait

Selon l’Observatoire climat énergie, un outil développé par l’ONG Réseau Action Climat et qui compile les données environnementales, les énergies renouvelables représentaient 16,3% de la consommation française d’énergie en 2017. Pourtant, le gouvernement s’était fixé un objectif de 19,5%. Traduction : le chiffre de 23% s’éloigne dangereusement.

Côté énergies fossiles, ce n’est pas mieux. En 2017, la consommation de pétrole, charbon et gaz naturel a augmenté. Résultat : elle est supérieure de 4,5% par rapport à l’objectif fixé.

EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE : LA FRANCE QUATRE FOIS TROP LENTE

Ce que la France avait promis

Pour contrer la hausse de la température mondiale, l’État français s’est aussi engagé à réduire et maximiser sa consommation d’énergie. La loi de transition énergétique prévoit de réduire la consommation énergétique finale de 20% en 2030 et de 50% en 2050 par rapport à 2012.

Ce que la France a fait

Pour le moment, on en est loin. La consommation d’énergie a même augmenté en 2017. L’écart par rapport à l’objectif est de 4,2%. Selon l’IDDRI, un think tank environnemental, il faudrait aller quatre fois plus vite dans l’amélioration de l’efficacité énergétique pour atteindre l’objectif de la loi de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Par ailleurs, la loi sur la transition énergétique tablait sur 500.000 rénovations énergétiques annuelles à partir de 2017. A la traîne, la France a dû corriger sa copie. Désormais, elle vise 300.000 bâtiments rénovés par an jusqu’en 2030.

Au total, sur les neuf engagements qu’évalue l’Observatoire climat énergie, un seul a été tenu en 2017 (l’objectif de réduction des émissions industrielles). Pourquoi ces sorties de route? Pour l’Institute for Climate Economics (I4CE), c’est une question d’argent. Dans une étude, parrainée par le ministère de la Transition énergétique et l’Agence de l’environnement (Ademe), l’institut indique que 41,2 milliards d’euros ont été investis pour faire face au changement climatique en 2017, dont 20 milliards par les pouvoirs publics. Or, pour atteindre ses objectifs, il faudrait 10 à 30 milliards d’euros supplémentaires annuels.

Par agetimesedit, le 26 décembre 2018

http://www.agetimeseconomie.com/2018/12/26/laffaire-du-siecle-ces-engagements-climatiques-que-la-france-ne-tient-pas.html

Déc 25

« LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ »

Communiqué de presse du 24 décembre 2018

L’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) partage les revendications du mouvement des Gilets Jaunes inspirées par la volonté de justice sociale, fiscale et environnementale, par l’exigence d’une authentique démocratie, et par la devise républicaine : « Liberté, Égalité, Fraternité ». (1)

Cette devise exige notamment d’abolir un privilège exorbitant qui passe pourtant inaperçu : le pouvoir que les armes atomiques confèrent à une poignée de chefs d’État, dont le nôtre, de massacrer d’un seul geste des millions d’êtres humains. À cette fin, ACDN réclame depuis 1996 un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires. Nous savons aujourd’hui que plus de 8 Français sur 10 souhaitent ce référendum et répondraient oui à la question posée. (2)

Pour l’obtenir, ACDN s’est d’abord adressée – en vain – à tous les présidents de la République qui se sont succédé, puis s’est engagée sur la voie, ouverte en 2008, du référendum d’initiative partagée (parlementaire et citoyenne) qui multiplie malheureusement les obstacles à l’expression de la volonté populaire. ACDN revendique aussi depuis longtemps, comme le font aujourd’hui les Gilets Jaunes, l’instauration d’un véritable Référendum d’Initiative Citoyenne. (3)

ACDN appelle donc les députés et sénateurs :

1°) à signer sans délai la Proposition de Loi visant à organiser un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives, qu’ACDN leur a soumise ;

2°) à incorporer le R.I.C. dans la réforme constitutionnelle en gestation.

Mais la devise républicaine exige aussi d’exclure de notre société les idées et les comportements racistes, antisémites, haineux et xénophobes, que certains extrémistes porteurs de gilets jaunes ont mis en scène notamment à Paris ce samedi 22 décembre.

C’est pourquoi nous appelons à la fois l’ensemble des Gilets Jaunes à désavouer les personnes qui se livrent à de tels agissements, les convaincre de cesser ou les exclure de leurs rangs, et les dirigeants dont la politique injuste et antisociale entretient de telles idées, à changer de politique ou à se retirer.

À tous nos concitoyens, en cette veille de Noël, nous disons : « Assez d’injustices ! Assez de violences ! Assez des haines ! Paix, justice et fraternité. »

***
(1) Cf. Les gilets jaunes, le Président, le Parlement et la Bombe

(2) Cf. 85% des Français veulent abolir les armes nucléaires et radioactives

(3) Cf. Charte pour un Monde Vivable, Chapitre 6.1 : Démocratie, et RIC : les carabistouilles du Premier ministre

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1153&lang=fr

Déc 24

UNE FUITE RADIOACTIVE SOUS UNE CENTRALE NUCLÉAIRE EN ARDÈCHE INQUIÈTE

Sept mois après la polémique autour de la pollution des eaux souterraines du site nucléaire en Ardèche, des experts demandent à EDF de faire toute la lumière sur cette affaire.

Le 15 mai dernier, des fuites radioactives sont détectées dans la nappe phréatique, située juste en dessous des quatre réacteurs de 900 mégawatts (MW) du site nucléaire en Ardèche. Un phénomène qui a particulièrement agacé la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité), spécialisée dans la surveillance de l’activité nucléaire en France. Ainsi, le 10 décembre, elle a claqué la porte de la Commission locale d’information (CLI) de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse. « Les réunions au sein de la CLI sont une mascarade, s’insurge dans Le Parisien, Sylviane Poulenard, l’administratrice de la Criirad. C’est plus de la communication que de l’information« . Pourtant, elle estime que ces nouveaux incidents pourraient avoir des conséquences importantes et dangereuses sur la santé des riverains ainsi que sur l’environnement.

Des concentrations 20 fois supérieures à la normale

« Les résultats font mention de concentrations vingt fois supérieures à la normale !, s’alarme Roland Desbordes, physicien de formation, président de la Criirad de 1997 à 2017. Soit 190 becquerels (NDLR : l’unité de radioactivité) par litre, au lieu des 10 habituellement constatés« . Selon l’association, la contamination aurait touché l’eau qui alimente la cantine des salariés alors que normalement le circuit d’eau destinée à la consommation doit être indépendant. « Cela explique pourquoi EDF a traîné des pieds avant d’informer l’Autorité de sûreté nucléaire du problème« , dénonce encore l’ancien président de la Criirad.

>> Lire aussi : Les dérives d’EDF dans le nucléaire vont faire exploser notre facture

Ce n’est qu’une semaine après l’observation de la fuite, soit le 22 mai, qu’EDF a prévenu l’ASN qui de son côté, a réalisé sa première inspection le 30 mai. « La légère augmentation de la présence de tritium dans les eaux souterraines de la centrale est sans conséquence environnementale ni sanitaire, explique la direction d’EDF qui tente de minimiser la situation. Les mesures relevées sont très largement inférieures au seuil de potabilité défini par l’Organisation mondiale de la santé, qui est de 7.800 becquerels par litre« . Néanmoins, le groupe admet que la consommation d’eau a été suspendue dès le 17 mai. « Il faudrait boire 200 litres d’eau du robinet chaque jour pendant un an, assure toutefois EDF, pour ingérer l’équivalent de l’exposition d’une radio thoracique. Ou encore de dix trajets Paris-New York en avion« . Des explications qui ne rassurent pas la Criirad.

« Des explications fumeuses »

Selon EDF, la fuite serait la conséquence d’une « défaillance de pompes chargées d’évacuer des effluents, ainsi qu’une mauvaise étanchéité d’un puits« . Un simple problème de plomberie qui une fois encore est loin de satisfaire l’ancien président de l’association. « Ces explications sont fumeuses. On peut comprendre que des pompes tombent en panne. Mais pas que cela contamine une nappe d’eau souterraine reliée de surcroît à un fleuve« , a-t-il encore lancé au quotidien.

Par Marine Thoron, publié le 24/12/2018 à 9h06, mis à jour le 24/12/2018 à 11h35

https://www.capital.fr/entreprises-marches/une-fuite-radioactive-sous-une-centrale-nucleaire-en-ardeche-inquiete-1321118

Déc 24

FUITES RADIOACTIVES : DES PLAINTES CONTRE PLUSIEURS CENTRALES EDF

«Les fuites radioactives sont malheureusement légion car les contrôles sont largement insuffisants», alerte Marie Frachisse, coordinatrice des questions juridiques à l’association Réseau sortir du nucléaire.

Les condamnations à l’encontre d’EDF pour pollution radioactive se multiplient depuis plusieurs années, souvent à l’initiative d’associations. À l’instar de celle dont a fait l’objet la Centrale de Golfech, située en bordure de la Garonne.

En janvier 2010, 450 litres d’effluents radioactifs ont été déversés en dans la nature. Deux ans plus tard à Penly, ce sont des quantités importantes de tritium qui sont détectées dans une nappe d’eau souterraine.

LIRE AUSSI >A Cruas, l’enquête EDF traîne en longueur

D’autres plaintes sont en cours. Outre Cruas, une procédure de justice, là aussi pour une pollution au tritium en 2012, est également en cours à Civaux. Idem à Tricastin, suite à un incident en 2013, Golfech en 2016 ou encore Bugey en 2017.

« Ces affaires ne sont que la partie visible de l’iceberg, alerte Marie Frachisse, coordinatrice des questions juridiques à l’association Réseau sortir du nucléaire. Les fuites, voire les rejets intempestifs, sont malheureusement légion car les contrôles sont largement insuffisants. »

Cette spécialiste des questions nucléaires dénonce également le fait que même dans le cadre de rejets autorisés, la population vivant autour des 19 centrales n’est pas tenue au courant. EDF peut en toute légalité rejeter de la radioactivité dans l’atmosphère, comme dans l’eau des rivières, des fleuves ou de la mer. « Ces rejets sont extrêmement encadrés, assure l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Ils peuvent être permanents, par le biais des systèmes de ventilation des bâtiments réacteurs par exemple. Ou intermittents, sous la forme d’effluents résultant du traitement des circuits des réacteurs. »

À l’ASN de contrôler le respect de ces normes

Il existe néanmoins des seuils de rejets à ne pas dépasser. Comment les détermine-t-on ? « Chaque site nucléaire fait l’objet d’études d’impact environnemental, reprend l’ASN. Ce sont elles qui permettent ensuite de déterminer les seuils pour chaque site. » « Les décisions sont ensuite homologuées par un arrêté signé des ministres chargés de la sûreté nucléaire, et en premier lieu le ministre de la Transition écologique et solidaire », précise de son côté EDF.

L’usine de la Hague, par exemple, ne peut pas rejeter plus de 30 g (1 016 Bq) de tritium par an, pour 1 600 t de matière nucléaire traitée. À l’ASN de contrôler le respect de ces normes. Soit par l’analyse des données régulièrement fournies par l’exploitant. Soit en réalisant des visites inopinées.

Ce qui, au vu du nombre de condamnation dont EDF a fait l’objet, n’empêche pas les négligences, voire les abus.

Par Erwan Benezet avec Vincent Verier, publié le 23 décembre 2018 à 19h53

http://www.leparisien.fr/economie/fuites-radioactives-des-plaintes-contre-plusieurs-centrales-edf-23-12-2018-7975605.php

Déc 24

VIDÉO. DÉCHETS NUCLÉAIRES : LES MILLIONS D’EUROS QUI IRRADIENT LES VILLES PRÈS DE BURE

Pour préparer la liste des cadeaux de Noël, certains élus locaux ont un catalogue un peu spécial où tout ce qu’ils voient en rêve devient réalité. Nouvelle cantine, rénovation des trottoirs, dans la Meuse et la Haute Marne, le père Noël du nucléaire n’est pas une ordure. Mais ces millions de subventions seraient-ils là pour faire accepter un projet controversé ?

Le centre d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure est loin de faire l’unanimité. À cheval entre les départements de la Meuse et de la Haute-Marne, les galeries à 500 mètres de profondeur devraient accueillir les déchets radioactifs les plus dangereux du pays.

Juste au-dessus, la ville de Gondrecourt-le-Château avec ses 1 100 habitants, fait peau neuve. Cette année, au pied du sapin, des trottoirs flambant neuf. Des travaux impossibles à réaliser sans les subventions du GIP, groupement d’intérêt public, une caisse financée par une taxe sur les réacteurs nucléaires. Une sorte de père Noël local, auquel le maire croit dur comme fer.

Stéphane Martin, maire de Gondrecourt-le-Château, le confirme : quasiment tous les travaux sont aidés. « On est sur 20 millions d’euros de travaux au cours de la dernière décennie”, explique-t-il. La rénovation des trottoirs ? 1 160 000 euros de subventions. Le parc et son lavoir ? 740 000 euros. Quant à la salle des fêtes : 480 000 euros.

Des subventions versées aux communes, mais aussi aux entreprises locales, comme ce fabricant d’engrenages, qui a reçu 1,8 million d’euros en 10 ans. En contrepartie, Dominique Perinel, président de CORDM, a dû coller sur les machines subventionnées un autocollant du GIP. « On a une obligation de publicité pour les machines qui ont été financées. » Ce chef d’entreprise est loin d’ignorer que ces subventions sont liées au projet d’enfouissement. « Bien sûr, on va pas cracher dans la soupe”, reconnaît-il.

Nous avons épluché des milliers de subventions sur 20 ans, et fait le calcul. Depuis le lancement du projet à Bure, environ 659 millions ont irradié les communes de la Meuse et de la Haute-Marne. La commune de Bettancourt-la-Ferrée n’a rien touché depuis 2010. Son maire est un des rares élus opposés au projet d’enfouissement. Il refuse ces subventions qu’il juge toxiques. « Là on distribue de l’argent avant qu’il y ait le moindre préjudice, le moindre dommage, déplore Dominique Laurent, maire de Bettancourt-la-Ferrée. Ça signifie que c’est vraiment de l’argent pour acheter les consciences.”

Cet argent sert-il à rendre le projet acceptable pour les populations locales ? Le président du GIP Meuse s’en défend. Il parle d’aménagement du territoire et d’amélioration du cadre de vie des futurs employés du site. “À partir du moment où vous offrez des équipements publics qui puissent leur permettre de s’installer correctement en Meuse vous avez aménagé le territoire de façon cohérente”, estime Claude Léonard, président du GIP Meuse.

Une cinquantaine de millions d’euros versés chaque année alors que les premiers déchets ne sont pas arrivés. La hotte des subventions n’est pas près de se vider, le stockage est prévu pour des milliers d’années.

https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/video-dechets-nucleaires-les-millions-d-euros-qui-irradient-les-villes-pres-de-bure_3110105.html#xtor=AL-67-

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Déc 23

DÉTROIT D’ORMUZ: EXERCICES MILITAIRES IRANIENS APRÈS L’ENTRÉE D’UN PORTE-AVIONS AMÉRICAIN

L’Iran a lancé de nouvelles manœuvres militaires dans et autour du détroit stratégique d’Ormuz reliant le golfe Persique au golfe d’Oman, au lendemain de l’entrée du porte-avions américain USS John C. Stennis dans la zone, a rapporté samedi la télévision d’État iranienne. 

Selon cette source, des hélicoptères de combat ainsi que des drones participeront autour de l’île Qeshm à ces exercices.

Vendredi, un porte-avions américain a pénétré dans le golfe Persique pour la première fois depuis le retrait en mai des États-Unis de l’accord nucléaire iranien.

L’arrivée de l’USS John C. Stennis intervient alors que les autorités iraniennes ont de nouveau menacé de fermer le détroit d’Ormuz, par lequel passe un tiers de la totalité des échanges pétroliers.

Une trentaine de navires appartenant au corps des Gardiens de la révolution islamique ont poursuivi le porte-avions américain, et procédé à des tirs de missiles à proximité.

Un drone iranien a également été lancé afin d’observer les manœuvres américaines.

L’USS John C.Stennis devrait rester dans la région pendant près de deux mois, afin d’effectuer différentes missions dans le Golfe, a rapporté l’Associated Press.

Début août, la République islamique avait effectué un exercice naval dans le Golfe, peu avant le retour des sanctions américaines à une date inhabituelle, l’Iran conduisant régulièrement des opérations de cette nature et de cette échelle plus tard dans l’année, à l’automne.

Un mois plus tôt, le président iranien Hassan Rohani avait par ailleurs averti que l’Iran pourrait fermer le détroit d’Ormuz.

« Nous sommes le garant de la sécurité de ce détroit depuis toujours, ne jouez pas avec la queue du lion, vous le regretterez« , avait-il prévenu.

« Il est assez clair qu’ils essayaient d’utiliser cet exercice pour nous envoyer un message« , avait alors réagi le général Joseph Votel, commandant des forces américaines au Moyen-Orient.

« Nous, nous sommes extraordinairement vigilants et nous surveillons tout changement » dans la région, avait-il ajouté.

Publié le 22/12/2018 à 12h10:

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/191498-181222-detroit-d-ormuz-exercices-militaires-iraniens-apres-l-entree-d-un-porte-avions-americain

Déc 23

NOUVELLE GUERRE FROIDE ET MENACES IMMINENTES

John Pilger, journaliste d’investigation et documentariste, parle de l’agression américaine dans la région Asie-Pacifique et du déclin de sa domination mondiale et affirme qu’une « nouvelle guerre froide entraîne l’isolement des États-Unis et représente un danger pour nous tous »…

Extraits :

…Votre récent documentaire, The Coming War on China, montre comment les États-Unis sont en guerre contre la Chine. Pouvez-vous expliquer le mécanisme de cette guerre secrète ? Pensez-vous que l’Asie-Pacifique sera la prochaine région d’intervention impérialiste ? Comment se déroulera cette intervention et quelles en seront les retombées ?

C’est une « guerre secrète » uniquement parce que notre perception est façonnée pour ignorer la réalité. En 2010, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton s’est rendue à Manille et a chargé le président philippin Benigno Aquino, récemment inauguré, de prendre position contre la Chine pour son occupation des îles Spratly et d’accepter la présence de cinq bases marines américaines. Manille s’entendait bien avec Beijing, ayant négocié des prêts bonifiés pour l’infrastructure dont elle avait grand besoin. Aquino a fait ce qu’on lui a dit et a accepté qu’une équipe juridique dirigée par les États-Unis conteste les revendications territoriales de la Chine devant la Cour d’arbitrage de l’ONU à La Haye. Le tribunal a conclu que la Chine n’avait aucune juridiction sur les îles ; un jugement que la Chine a rejeté catégoriquement. Il s’agissait d’une petite victoire dans une campagne de propagande américaine visant à dépeindre la Chine comme rapace plutôt que défensive dans sa propre région. Le motif en était l’insécurité croissante de l’élite de la sécurité nationale/militaire/médiatique américaine, qui n’était plus la puissance dominante du monde.

L’année suivante, en 2011, le président Obama a déclaré un « pivot à la Chine ». Cela a marqué le transfert de la majorité des forces navales et aériennes américaines dans la région Asie-Pacifique, le plus grand mouvement de matériel militaire depuis la Seconde Guerre mondiale. Le nouvel ennemi de Washington – ou plutôt, un ennemi de nouveau – était la Chine, qui avait atteint des sommets économiques extraordinaires en moins d’une génération.

Les États-Unis ont depuis longtemps une série de bases autour de la Chine, de l’Australie aux îles du Pacifique, en passant par le Japon, la Corée et l’Eurasie. Celles-ci sont en cours de renforcement et de modernisation. Près de la moitié du réseau mondial des États-Unis, qui compte plus de 800 bases, a encerclé la Chine, « comme le nœud coulant parfait », a déclaré un responsable du département d’État. Sous couvert du « droit à la liberté de navigation », des navires américains à faible tirant d’eau pénètrent dans les eaux chinoises. Les drones américains survolent le territoire chinois. L’île japonaise d’Okinawa est une vaste base américaine, avec ses contingents préparés à une attaque contre la Chine. Sur l’île coréenne de Jeju, des missiles de classe Aegis visent Shanghai, à 640 kilomètres de là. La provocation est constante.

Le 3 octobre, pour la première fois depuis la guerre froide, les États-Unis ont menacé ouvertement d’attaquer le plus proche allié de la Chine, la Russie, avec laquelle la Chine a un pacte de défense mutuelle. Les médias s’y sont peu intéressés. La Chine s’arme rapidement ; selon la littérature spécialisée, Pékin a changé sa posture nucléaire, passant d’une alerte basse à une alerte haute.

Des gens comme Noam Chomsky disent que l’empire américain est en déclin. Vous le pensez vraiment ? Ces derniers temps, nous avons vu les États-Unis tenter de parvenir à un accord avec la Corée du Nord ; plus tôt, ils avaient tenté de rétablir des relations diplomatiques avec Cuba. Qu’indiquent ces épisodes ? Pensez-vous que le monde se diversifie ?

L’empire américain en tant qu’idée est peut-être en déclin, l’idée d’une seule puissance dominante et la dollarisation de l’économie mondiale, mais la puissance militaire américaine n’a jamais été aussi menaçante. Une nouvelle guerre froide entraîne l’isolement des États-Unis et représente un danger pour nous tous. Au début du XXIe siècle, [le journaliste et romancier américain] Norman Mailer écrivait que le pouvoir américain était entré dans une ère « pré-fasciste ». D’autres ont suggéré que nous y sommes déjà.

Vous avez dit que l’un des triomphes du XXIe siècle en matière de relations publiques était le slogan d’Obama « le changement auquel nous croyons ». Vous avez également dit que la campagne mondiale d’assassinats d’Obama était sans doute la campagne de terrorisme la plus coûteuse depuis le 11 septembre 2001. Pourquoi avez-vous été si dur envers Obama, qui a gagné le prix Nobel de la paix ? Que pensez-vous de Donald Trump et de sa présidence ?

Je n’ai pas été « dur » envers Obama. C’est Obama qui a été dur envers une grande partie de l’humanité, contrairement à son image médiatique souvent absurde. Obama était l’un des présidents américains les plus violents. Il a lancé ou soutenu sept guerres et a quitté le pouvoir sans qu’aucune ne soit résolue : un record. Au cours de sa dernière année à la présidence, en 2016, selon le Conseil des relations extérieures, il a largué 26 171 bombes. C’est une statistique intéressante ; il s’agit de trois bombes toutes les heures, 24 heures par jour, sur des civils pour la plupart. La technique de bombardement qu’Obama a fait sienne a été l’assassinat par drone. Tous les mardis, rapportait le New York Times, il choisissait les noms de ceux qui allaient mourir dans un « programme » d’assassinats extrajudiciaires. Tous les hommes d’âge militaire au Yémen et aux frontières du Pakistan étaient considérés comme des animaux à part entière. Il a multiplié les opérations des forces spéciales américaines dans le monde, notamment en Afrique. Avec la France et la Grande-Bretagne, lui et sa secrétaire d’État Hillary Clinton ont détruit la Libye en tant qu’État moderne sous le prétexte faux et familier que son dirigeant était sur le point de commettre un massacre d’’innocents. Cela a conduit directement à la croissance des médiévistes de Daech [ou État islamique] et à une vague d’immigration de l’Afrique vers l’Europe. Il a renversé le président démocratiquement élu de l’Ukraine et a installé un régime ouvertement soutenu par le fascisme – comme une provocation délibérée à la Russie.

L’attribution du prix Nobel de la paix à Obama fut une imposture. En 2009, il s’est tenu au centre de Prague et a promis d’aider à créer un monde « exempt d’armes nucléaires ». En vérité, il a augmenté le nombre d’ogives nucléaires américaines et autorisé un programme de construction nucléaire à long terme d’un montant d’un billion de dollars. Il a poursuivi plus de lanceurs d’alerte, de révélateurs de la vérité, que tous les présidents américains réunis. Sa principale réussite, pourrait-on dire, fut de mettre fin au mouvement anti-guerre américain. Les manifestants sont rentrés chez eux en croyant aux messages d’« espoir » et de « paix » d’Obama, et ils se sont mis à croire. La seule distinction d’Obama était d’avoir été le premier président noir au pays de l’esclavage. Dans presque tous les autres aspects, il n’était qu’un autre président américain dont l’affirmation constante était que les États-Unis étaient « la seule nation indispensable », qui présumait que les autres nations étaient dispensables….

Publié le 23 décembre 2018

Pour lire l’intégralité de l’article, cliquer sur : https://www.legrandsoir.info/nouvelle-guerre-froide-et-menaces-imminentes-frontline.html

Déc 23

BRÉSIL : PÉTITION POUR UN AUDIT DU PROJET DE CENTRALE NUCLÉAIRE ANGRA 3

Introduction: L’actuel gouvernement brésilien ainsi que celui qui prendra sa place en 2019 sont décidés à reprendre la construction de Angra 3, la troisième centrale nucléaire brésilienne, interrompue deux fois, en 1983 et en 2016. Mais ils veulent le faire avec le même projet obsolète, daté des années 70. Pour empêcher a poursuite de cette absurdité, des organisations de la société civile brésilienne viennent de lancer une pétition pour un audit de ce projet. Signez cette pétition pour appuyer la lutte des brésiliens pour éviter au Brésil des catastrophes comme celles de Tchernobyl et Fukushima. Et proposez à vos amis et camarades de travail et d’action citoyenne ce même acte de solidarité. 

Texte de la pétition adressé au Ministère Publique Fédéral du Brésil :

Aucun pays au monde ne construirait une centrale nucléaire avec un projet dépassé comme celui de la centrale nucléaire Angra 3. Nous courons des risques graves d’une catastrophe dans le futur.

Pour nous, citoyens et citoyennes qui souscrivons à cette pétition, le principal problème d’Angra 3 est sa sécurité, si cette centrale est terminée avec son projet obsolète, des années 70.

En 1979, l’accident de Three Mile Island aux États-Unis a prouvé qu’un accident avec fusion du réacteur nucléaire n’était pas impossible, comme on l’a cru jusqu´à alors. L’Agence internationale de l’énergie atomique a établi de nouvelles normes. En 1986 et en 2011 il y a eu le même type d’accident à Tchernobyl et à Fukushima, avec des centrales non adaptées aux nouvelles normes, et des explosions ont provoqué des catastrophes sociales et environnementales.

Un audit international indépendant sur le projet d’Angra 3 est urgent. Le Ministère Publique peut le décider, dans l’intérêt de la société.

Pour la protection des habitants de la région d’Angra dos Reis, Rio et Sao Paulo, le nouveau Ministre des Mines et de l’Énergie a le devoir de soutenir cet audit.

Il faut à tout prix empêcher que des catastrophes comme celles de Tchernobyl et de Fukushima ne se produisent au Brésil, avec des milliers de personnes évacuées de leurs villes dans un rayon de 30 kilomètres, qui resteront contaminés pendant  300 ans.

Le nuage radioactif de Tchernobyl a couvert l’ensemble de l’Europe. Des centaines de milliers de personnes sont mortes avec la dissémination de la radioactivité. Après l’accident de Fukushima, l’Allemagne a arrêté son programme nucléaire et d’ici 2022, toutes ses centrales seront désactivées.

La compagnie Exelon, le plus grand propriétaire de centrales nucléaires aux États-Unis, est en train de décider de ne plus construire de centrales parce que les nouvelles exigences de sécurité les rendent moins rentables.

L’Agence nationale de sécurité nucléaire en France – qui dépend à 75 % de l’énergie produite dans ses usines – a averti : des accidents avec fusion du réacteur peuvent toujours arriver, par erreur humaine ou d’équipement ou par des catastrophes naturelles. Et son gouvernement vient juste de décider la fermeture de 14 de ses 58 centrales.

Toutes les centrales nucléaires âgées peuvent exploser lorsque nous nous y attendons le moins !

Bloquons cette menace brutale !

Exigeons cet audit en signant cette pétition ! Et invitons beaucoup d’autres à le faire aussi. Avant qu’il ne soit trop tard !

——————————

Ndlr : cette pétition nous a été transmise par un des nombreux lecteurs de Savoie antinucléaire (qui sera en Europe en janvier prochain). Notre solidarité ne doit pas s’arrêter à la simple lecture de cet article. Je vous encourage donc à signer la pétition en vous rendant sur le site :

https://www.change.org/p/minist%C3%A9rio-p%C3%BAblico-federal-auditoria-no-projeto-da-usina-nuclear-de-angra-3

… et à en parler autour de vous! Vous pouvez laisser des messages sur notre site et nous les lui transmettrons.

Note : La pétition est en 3 langues dont le français.

Déc 22

BAGNOLS : UNE EXPLOSION DE BOÎTE À GANTS DANS UN SITE NUCLÉAIRE

L’opératrice ne manipulait pas un flacon mais collait des étiquettes. L’onde de choc de la déflagration l’a éjectée en arrière.

Une opératrice de l’installation Atalante du CEA de Marcoule, qui réalisait le rangement d’une boîte à gants, a été victime dans la matinée de mercredi d’une coupure à la main et d’une contamination cutanée, « suite à l’éclatement d’un flacon manipulé« , faisait savoir aussitôt la communication de Marcoule.

Une version rapportée de bonne foi par une collègue de travail.

Mais selon la victime, l’incident ne s’est pas déroulé de cette façon.  Alors qu’elle collait des étiquettes à l’intérieur de la boîte à gants, une forte déflagration s’est soudain produite faisant exploser le gant, l’onde de choc l’éjectant en arrière. Ses collègues de travail n’ont pas été touchés.

Traitement de cheval

Le service médical du centre nucléaire a immédiatement pris en charge l’opératrice réussissant à maîtriser la contamination des plaies un peu saignantes de sa main blessée par les éclats de plastiques. Durant trois jours, la jeune Bagnolaise de 37 ans a été perfusée à titre préventif pour empêcher l’éventuelle présence de plutonium de se fixer sur ses os ou son foie ce qui pourrait déclencher ultérieurement un cancer. Ce traitement de cheval, imposé par un protocole de soins, très rigoureux doit être renouvelé toutes les 72 heures. Ses urines et ses selles, recueillies en permanence seront aussi analysées et les résultats définitifs connus à la fin du mois de janvier. Bien entourée, la jeune femme a aussi vu un psychologue.

Réunion de crise

Ce vendredi 21 décembre, les représentants de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), de la direction du centre et de l’inspection du travail tenaient une réunion de crise pour chercher à savoir ce qui s’est passé dans ce laboratoire qui n’a subi aucune contamination. Le gant impacté est parti au spectro.

Si l’opératrice qui faisait de la recherche pure pour Areva songeait à changer de voie, cette sérieuse mésaventure l’a personnellement convaincue : les boîtes à gants, c’est désormais pour elle, une histoire ancienne.

Publié le 21/12/2018 à 20:34 / Modifié le 21/12/2018 à 20:51

https://www.midilibre.fr/2018/12/21/bagnols-une-explosion-de-boite-a-gant-dans-un-site-nucleaire,5991598.php

Déc 22

BELGIQUE, RÉACTEURS NUCLÉAIRES INDISPONIBLES: LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE DE DOEL 4 MIS À L’ARRÊT

Le réacteur nucléaire de Doel 4 (1,039 MW) est progressivement mis à l’arrêt depuis vendredi 13 h 00, indique Anne-Sophie Hugé, porte-parole d’Engie Electrabel.

«Nous avons constaté qu’un filtre au niveau du circuit secondaire dans la partie non-nucléaire de la centrale était bouché. Nous procédons dès lors à la mise à l’arrêt contrôlée et progressive du réacteur afin de voir ce qu’il en est.»

La durée des travaux de maintenance est estimée à 48 heures. La remise en route du réacteur est donc pour le moment prévue dimanche à 13 h 00.

Selon l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), cette mise à l’arrêt est effectuée «pour des raisons opérationnelles». «Il ne s’agit pas d’un problème de sûreté», précise-t-elle sur son compte Twitter.

Doel 4 avait pu être relancé le 13 décembre dernier avec deux jours d’avance sur le planning. L’AFCN avait donné son feu vert à ce redémarrage et Engie Electrabel avait directement lancé les opérations dans ce but.

«Le fait que le problème ne soit mis au jour qu’une semaine seulement après le redémarrage n’est pas anormal», ajoute Engie. «Le réacteur est à pleine puissance depuis quelques jours et est donc exposé à des pressions et des températures élevées, ce qui n’était pas le cas lors de l’arrêt. Il n’est donc pas inhabituel que des problèmes se manifestent peu après un redémarrage

Doel 4 avait été fermé l’été dernier après que des dégradations au niveau du béton ont été repérées dans le plafond du bâtiment bunker du réacteur.

Pour le moment, seuls les réacteurs de Doel 3 et Tihange 1 sont opérationnels.

Doel 1 est hors-service jusqu’au 15 mars alors que Doel 2 devrait redémarrer après le 28 janvier. Le redémarrage de Tihange 3 est prévu pour le 7 janvier au plus tôt et Tihange 2 est indisponible jusqu’au 1er juin.

Publié le 21 décembre à 15h09

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20181221_01274046/reacteurs-nucleaires-indisponibles-le-reacteur-nucleaire-de-doel-4-mis-a-l-arret

Déc 22

DES GARANTIES D’ORIGINE NUCLÉAIRE À L’ÉTUDE POUR L’HYDROGÈNE DÉCARBONÉ

Encouragés par le nouveau plan de soutien public à l’hydrogène (H2) d’origine renouvelable, les industriels, les transporteurs, les énergéticiens qui feront l’effort, technologique et financier, d’adopter ce vecteur énergétique voudront avoir des certitudes sur son origine. L’association professionnelle Afhypac avait anticipé là-dessus en 2016, en créant un groupe de travail sur les garanties d’origine (GO). Elle l’a suspendu, car le relais a été pris à l’échelle européenne par le projet CertifHy, conduit par le groupement d’industriels FCH JU* et financé par la Commission européenne.

Green hydrogen ou low carbon hydrogen ?

CertifHy vise à fournir un référentiel consensuel pour les futurs certificats et accélérer l’arrivée d’un registre. L’une des grandes questions, vite posée par les industriels français, a porté sur le périmètre de ce référentiel : green hydrogen ou low carbon hydrogen ? Leur réponse : les deux, avec deux catégories de GO si possible. Leur argument est simple : pour être compétitive par rapport à l’H2 fossile, la production des futurs électrolyseurs de puissance doit utiliser en grande quantité une électricité bon marché. «  L’électricité représente 75% des coûts de production de l’hydrogène décarboné. La clé est le prix de l’électricité », affirmait ainsi Régis Saadi, directeur général du pôle analyse d’Air Liquide, lors de l’assemblée générale de l’Afhypac le 12 décembre dernier.

Du bleu et du vert

Ce n’est pas un hasard si ce professionnel fait ici référence à l’H2 décarboné et non à l’hydrogène vert. Pour avoir accès à une ressource abondante et régulière, favorisant la conversion rapide vers 10% d’hydrogène non fossile dans la consommation totale française dès 2023, les industriels vont se tourner spontanément vers l’H2 produit par l’électricité nucléaire. En tout cas, ils souhaitent avoir au moins le choix entre l’H2 issu d’électricité vraiment renouvelable et l’H2 d’origine décarboné. Cette attente a été traduite de façon transparente  dans les travaux de CertifHy, qui prépare donc deux labels : un « vert » pour le renouvelable, un « bleu »pour la version bas carbone. « Nous allons peut-être faire évoluer de ce fait la notion de garantie d’origine. Le sujet est avant tout la lutte contre les émissions de CO2, me semble-t-il », confirme Philippe Boucly, président de l’Afhypac.

Des garanties d’origine pour l’électricité nucléaire du futur hydrogène ? Ce serait en effet une première, qui pourrait faire réagir certaines ONG environnementales anti-nucléaires. On n’en est pas encore là. Pour deux raisons. D’une part, le contexte législatif et réglementaire de l’hydrogène non fossile reste dans les limbes et la nouvelle directive européenne sur les énergies renouvelables est muette sur le sujet. Or, les futurs certificats et leur registre ne peuvent exister hors cadre régulatoire.

Le captage de CO2 inclus lui aussi

D’autre part, le projet CertifHy a encore du travail. Pour l’instant, il a surtout mis ses membres (dont EDF, qui a investi dans McPhy) d’accord sur le niveau d’exigence du label décarboné par rapport à l’H2 issu du vaporeformage. En l’espèce, il devra être 60% moins émissif que les technologies de vaporeformage les plus avancées, ce qui situe le niveau autour de 36g/C02 /mégajoule.  À noter que ce seuil n’intègre pas seulement le nucléaire mais accepte aussi l’hydrogène 100% fossile, à condition qu’il provienne d’usines captant la quasi-totalité du CO2 émis. C’est d’ailleurs le sens de l’expérimentation que mène en ce moment la raffinerie d’Air Liquide à Port Jérôme (Seine-Maritime) avec sa technologie Cryocap, en parallèle d’autres tests menés par d’autres acteurs en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique.

Le tout présage-t-il d’une sorte d’exception pour les futures garanties d’origine étiquetées sur l’hydrogène non fossile, avec donc un label bleu et un label vert ? À l’inverse, ce précédent pourrait-il influencer l’électricité en général, avec une garantie d’origine « climat », bas carbone, mobilisable à grande échelle par EDF par exemple ? Nul doute que si l’hydrogène alternatif monte comme prévu en puissance dans les années qui viennent et s’il privilégie comme c’est probable un approvisionnement peu carboné, ces questions ne resteront pas subsidiaires.
*Fuel Cells and Hydrogen Joint Undertaking

Par Jean-Philippe Pié, le 21 décembre 2018

NDLR : que ne ferait-on pas pour poursuivre  le nucléaire, voire le développer par de nouveaux EPR. Le climat sera la nouvelle mauvaise excuse.

https://www.greenunivers.com/2018/12/des-garanties-dorigine-nucleaire-a-letude-pour-lhydrogene-decarbone-194552/

Déc 22

CHINON : À L’ASN DE TRANCHER SUR LE DÉMANTÈLEMENT

À l’arrêt total depuis 1990, les trois réacteurs de Chinon A attendent toujours d’être démantelés.

La première centrale nucléaire civile de France – dont la « Boule » transformée depuis en musée a été débranchée dès 1973 – a laissé place à partir de 1984 à Chinon B et ses réacteurs à eau pressurisée.

En octobre 2016, EDF annonçait son choix de porter la déconstruction des trois unités de type « uranium naturel graphite-gaz » en exemple national. Le géant mondial de l’électricité continue de voir en Chinon A2, arrêté en 1985, un cas d’étude « assez représentatif du parc nucléaire de première génération ».

Le nouveau plan présenté par EDF devait être visé par l’Autorité de sûreté nucléaire courant 2017, prévoyait-on alors à Avoine. Il scelle l’abandon d’une découpe des caissons sous l’eau, réputée constituer un rempart naturel contre la radioactivité, à la faveur d’un travail réalisé sous air par des robots téléopérés.

Le 5 décembre, Antoine Ménager, directeur de Chinon, assurait attendre une décision « imminente » du gendarme du nucléaire. Selon lui, « A2 a de fortes chances d’être confirmée comme tête de série de la déconstruction de ce type d’unité ».

Si la feuille de route de l’électricien est validée, les premiers signes de démantèlement ne poindront qu’à l’horizon 2030 à Chinon. Une réponse aux doutes formulés quant à la capacité d’EDF de déconstruire ? « EDF sait faire, nous en faisons la démonstration sur le réacteur de Chooz (Ardennes) », avance Antoine Ménager.

Plus compliqué donc plus coûteux, le démantèlement des caissons des unités graphite-gaz a pris du retard. Près d’une décennie. « Le chantier concernant les échangeurs de chaleur de A3 est complètement réalisé sur le premier demi-échangeur sud et en cours sur l’autre demi-échangeur nord », nuance toutefois Ariane Bousquet, chargée de la communication « Énergies ».

Une campagne d’ampleur telle qu’annoncée à Chinon est prévue pour se conclure d’ici à 2055. Dans le meilleur des cas.

Publié le 22/12/2018 à 04:55 | Mis à jour le 22/12/2018 à 05:10

https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/a-l-asn-de-trancher-sur-le-demantelement

Déc 22

FERMETURE DE RÉACTEURS : PAS AVANT 2043 À CHINON ?

Concernée par les annonces de la PPE, la centrale nucléaire pense pérennité, malgré les menaces qui pèsent sur elle. Elle prévoit même de s’étendre.

Le 27 novembre, le président Emmanuel Macron dévoilait la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Un document qui acte la montée en puissance des énergies renouvelables. Quelles répercussions sur la centrale nucléaire de Chinon ? Réponses.

> Pourquoi acheter des terrains ?

« Pour se préparer à faire face aux enjeux d’exploitation de notre centrale. » La réponse adressée par Antoine Ménager, directeur du Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) d’Avoine, laisse ouvertes les perspectives. A Chinon, l’achat « d’une centaine » d’hectares de terrains est évoqué. « Nous avons besoin de place pour organiser et abriter les travaux [NDLR, consistant à porter à un demi-siècle la durée de vie des réacteurs], aménager des lieux de stockage de gros matériel, de préparation et de pré-fabrication », détaille le patron du CNPE.

Jusqu’à 5.000 personnes seraient attendues lors des pics d’activité. Le double d’un arrêt de tranche moyen.

> Préparer la place aux EPR ?

Ces réserves foncières accueilleront des réacteurs de nouvelle génération, « le cas échéant », reconnaît Antoine Ménager, renvoyant « aux décisions qui seront prises en 2021 ». L’objectif de réduire d’ici à 2035 la part du nucléaire à 50 % du mix énergétique devrait être précisé à ce moment-là par EDF via son programme de déploiement des EPR notamment. « Rien n’est décidé et cela s’inscrit dans un délai long. Quoi qu’il en soit, nous devons nous préparer », tranche le directeur.

> Pas de négociations en cours.

Aucun nouveau terrain n’a pour le moment été acheté. Où se trouvent les parcelles visées par EDF ? « Pas de complément d’information », répond-on à la centrale de Chinon. D’après ce que nous savons, le géant de l’électricité disposerait d’une réserve foncière de 90 hectares acquise dans les années 1990. Quarante supplémentaires pourraient intéresser l’opérateur, côté Néman à Avoine.

> Annonces de Macron : fermer un réacteur à Chinon ?

Âgés en moyenne de 30 ans, les réacteurs 900 MW de Chinon comptent parmi les plus jeunes du parc nucléaire français. Ils n’échapperont pas à une fermeture, dont les arbitrages se discuteront plus tard. C’est du moins le discours en lequel veut croire la direction de la centrale d’Avoine. « Je suis convaincu que la performance des sites sera prise en compte », défend Antoine Ménager. En termes de production et de sûreté. Dans un premier temps.

Pas de fermeture de centrale, dit la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Un cap qui milite « plutôt pour un panachage » des réacteurs à débrancher. EDF devra proposer une liste de 14 réacteurs 900 MW à fermer, conformément aux annonces d’Emmanuel Macron.

À Chinon, le réacteur B1 sera le premier à atteindre 50 ans de production, en 2033. Si la décision d’amener les installations à 60 ans était prise – le 1,7 milliard d’euros investis en Touraine dans le Grand Carénage milite en ce sens –, B4 serait concerné en… 2049. « Chinon, c’est encore vingt ou trente ans avant de se poser la question » d’une fermeture, insiste Antoine Ménager.

> Le cap des 40 ans.

Les visites de 2013 et 2016 ont validé l’extension de la durée d’exploitation à 40 ans pour les réacteurs B1 et B2. B3 sera inspecté en avril 2019 et B4 en 2020, avec un examen de sûreté. La grande étape reste celle des 40 ans, fixée à 2023 pour B1. Un programme annoncé par EDF comme étant « sans commune mesure ».

Repères

Une concertation publique est prévue en février 2019 à Avoine pour le passage des réacteurs à quarante années d’exploitation. Une discussion prévue par la loi.

Publié le 22/12/2018 à 04h55 | Mis à jour le 22/12/2018 à 08h49

https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/fermeture-de-reacteurs-pas-avant-2043-a-chinon

Déc 22

MOBILISATION POUR L’ABROGATION DU TRAITÉ EURATOM

Pour en finir avec un régime d’exception, qui freine le développement des énergies renouvelables

La CRIIRAD et l’association RECH ont lancé une campagne de mobilisation pour demander l’abrogation du traité EURATOM.  

Plus de 60 ans après sa création, ce traité maintient l’énergie nucléaire en dehors du fonctionnement normal des institutions européennes. Pour la CRIIRAD, ce régime d’exception est aussi anachronique qu’anormal.

Alors qu’il a pour mission essentielle de promouvoir les industries nucléaires, c’est dans le cadre de ce traité que sont définies également les normes de protection contre les dangers de la radioactivité ! Le conflit d’intérêt est criant et agit au détriment d’une protection efficace des populations.

À de nombreuses reprises, notre association a mis en évidence les problèmes posés par EURATOM, comme lors des dossiers et mobilisations que nous avons consacrés aux normes de radioactivité dans l’eau ou celui des niveaux d’exposition et des niveaux autorisés de contamination des aliments en cas de catastrophe nucléaire. Par le passé, nous avons également mené des actions sur un sujet similaire : l’accord OMS-AIEA.

À l’origine de la campagne, les ONG autrichiennes Global 2000 et Atom-Stopp ont rédigé un projet de résolution appelant à la révision/résiliation d’EURATOM. Ce document faisait suite à la conférence NEC de Linz en 2017, à laquelle participaient plusieurs ONG mais aussi des représentants d’EURATOM.

L’association RECH, connue par ses initiatives de chaînes humaines, a repris en 2018 la diffusion de ce projet en France et certains pays voisins (Belgique, Suisse). Cette campagne rejoignant les préoccupations de notre association, nous avons décidé de nous y associer.

Le support de notre action est une pétition qui peut être signée sous deux formes : la plus simple, en termes de gestion et de rapidité, est d’inviter à signer en ligne http://abrogationeuratom.wesign.it/fr . Une version anglaise est en place sur ce même site (onglet « EN ») pour les signataires qui ne sont pas de langue française. Une version « papier » est également disponible et téléchargeable depuis notre site.

Le Royaume-Uni se prépare à dénoncer le traité de l’Union Européenne (Brexit), mais aussi le traité EURATOM, ce qui devrait entraîner la révision de ce traité. Des actions des gouvernements d’Autriche, d’Allemagne et plus récemment du Luxembourg vont également dans le sens de l’abrogation ou de la révision. Cette mobilisation intervient donc dans un contexte favorable aux remises en question.

La mobilisation se terminera le 7 mars, l’objectif étant de déposer les signatures recueillies au Palais de l’Élysée, avant le 29 mars, date prévue du Brexit. Entre ces deux dates, nous procéderons à la centralisation et au comptage des pétitions. 

Des conférences sur ce sujet sont en cours d’organisation dans plusieurs villes, entre janvier en mars 2019. Les premières dates commencent à être fixées :

  • 17 janvier 2019 à Avignon (heure et lieu à confirmer), à l’occasion d’une intervention de Michèle Rivasi,
  • 24 janvier 2019 à Valence, à la Maison des Syndicats de 20h à 22h,
  • 21 février 2019 à Colmar (heure et lieu à confirmer),
  • 23 ou 24 février 2019 (date, heure et lieu exacts encore à confirmer) à Lyon – Chassieu, dans le cadre du Salon Primevère.

Nous serons heureux de vous y rencontrer ; n’hésitez pas à y invitez vos proches.

Nous comptons sur vous pour faire connaître la mobilisation dans vos réseaux et obtenir de nombreuses signatures, sur http://abrogationeuratom.wesign.it/fr !

[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site RECH : http://chainehumaine.fr/

Le 21 déc. 2018 par Association CRIIRAD (Blog : Le blog de Association CRIIRAD)

Vous pouvez retrouver cet article sur : https://blogs.mediapart.fr/association-criirad/blog/211218/mobilisation-pour-l-abrogation-du-traite-euratom

Déc 21

LE RETOUR DU DOCTEUR FOLAMOUR

Alors que les États-Unis ont lancé un ultimatum à la Russie pour qu’elle se conforme aux règles du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), signé par les deux pays en 1987 et visant à éliminer tous les missiles de croisière et balistiques lancés depuis le sol (d’une portée de 500 à 5 000 kilomètres), Vladimir Poutine vient d’annoncer que son pays pourrait rapidement se doter de cette catégorie d’armes si les Américains décidaient de se retirer du traité.

Un dialogue de sourds qui, selon Andreï Kortounov, directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales, l’un des plus importants think-tanks russes, pourrait déboucher sur une nouvelle course aux armements, avant tout technologique, dont les espaces et les dimensions ne connaissent pratiquement aucune règle.

Le Courrier de Russie : l’OTAN vient d’adresser un ultimatum de soixante jours à la Russie pour qu’elle se conforme aux obligations qu’elle a contractées en signant, en 1987, le traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (FNI). Comment Moscou va-t-elle répondre à cette mise en demeure ?

Andreï Kortounov : Les ultimatums ne constituent pas le meilleur moyen de résoudre les grands problèmes politiques internationaux. Si vous vous adressez à une grande puissance en lui adressant un ultimatum, il y a toutes les chances pour qu’il soit rejeté, parce qu’il est humiliant pour elle de s’y conformer.

Ensuite, la raison de l’implication de l’OTAN dans cette question n’est pas claire. Le traité de 1987 n’a pas été conclu entre l’Alliance atlantique et la Russie, mais entre les États-Unis et l’URSS. C’est donc un traité bilatéral. En cas de litige, ce dernier doit être réglé entre Washington et Moscou, et non entre l’OTAN et Moscou.

Je pense que le pouvoir politique russe a intérêt à ce que le traité soit maintenu, et ce pour des raisons plus politiques que stratégiques. C’est, avant tout, une question de statut, car cela donne une certaine dimension aux relations russo-américaines. Ensuite, si ce traité tombe à l’eau, il sera difficile d’étendre la durée du traité New Start de réduction des armes stratégiques [qui arrive à échéance en 2021, ndlr]. Et si ce traité disparaît aussi, il ne restera plus rien en matière de contrôle bilatéral des armes. Cela entraînera automatiquement des problèmes de prolifération, que ne pourra pas endiguer à lui seul le traité TNP [de non-prolifération des armes nucléaires, ndlr]. L’abandon du traité FNI reviendrait à ouvrir la boîte de Pandore.

« Washington est avant tout préoccupée par le potentiel militaire de la Chine. C’est pour cette raison que les États-Unis sont prêts à se retirer du traité. »

Du point de vue politique, la Russie veut sauver ce traité, mais pas à n’importe quel prix. Des questions de statut, d’estime, de respect, entrent notamment en ligne de compte. Lancer un ultimatum à la Russie n’est pas très intelligent du point de vue diplomatique. Une approche plus discrète aurait été plus efficace. En réalité, nombre de commentateurs russes sont enclins à penser que les déclarations de Mike Pompeo [le secrétaire d’État américain, ndlr] avaient moins pour but de sauver le traité FNI que de sauver l’OTAN, comme si Washington avait surtout voulu montrer à ses alliés qu’elle ne les oubliait pas et que les États-Unis partageaient les inquiétudes des autres membres de l’Alliance sur la question du traité FNI. D’où l’argument visant à rendre la Russie et Poutine responsables d’un éventuel retrait américain : ce seraient le comportement des Russes, leur incapacité à respecter les règles, qui obligeraient Washington à se retirer.

J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec John Bolton [conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, ndlr] lors de sa visite à Moscou, en octobre dernier. Il m’a dit clairement que les prétendues violations du traité par les Russes ne constituaient pas le cœur du problème. Le vrai problème, pour les Américains, réside dans l’augmentation des capacités stratégiques de la Chine. Pékin développe précisément le type d’armements intermédiaires interdits par le traité FNI. En d’autres termes, même si la Russie rentre dans le rang, cela ne changera rien : Washington est avant tout préoccupée par le potentiel militaire de la Chine. C’est pour cette raison que les États-Unis sont prêts à se retirer du traité.

LCDR : La Russie a-t-elle, selon vous, violé les règles du traité FNI, comme l’en accusent les Américains et l’OTAN ?

K. : N’étant pas un expert technique, je me garderai de me prononcer sur des points de détail. Toutefois, je remarque que le traité inclut des procédures de contrôle et de vérification. Si l’un des signataires soupçonne l’autre partie de violation, il doit lui adresser un certain nombre de questions très spécifiques, prévues par le texte, et permettant d’en vérifier l’application. Si la partie accusée ne répond pas aux questions, cela signifie qu’elle a quelque chose à cacher et qu’il y a probablement eu violation du traité.

Dans le cas qui nous occupe, la position russe officielle est claire : les États-Unis ne suivent pas la procédure de vérification prévue. Washington ne fournit même pas de preuves pour étayer ses accusations, et se contente d’affirmer, lorsque Moscou lui demande d’en fournir : « Vous avez violé le traité et vous le savez pertinemment ». Il est très difficile de dialoguer dans ces conditions.

LCDR : On parle d’un nouveau système, le Novator 9M729, capable de frapper toutes les grandes villes d’Europe en quelques minutes à peine. De quoi s’agit-il ?

K. : La Russie assure que ses nouveaux missiles ont une portée de 500 kilomètres, ce qui est autorisé par le traité. Si les Américains en doutent, ils doivent demander à venir visiter les sites de production, afin d’examiner ces systèmes et d’assister aux tests. Alors, si ces missiles ont effectivement une portée supérieure à ce qu’annonce la partie russe, ils devront être détruits.

Toutefois, il importe de souligner que la Russie se pose aussi un certain nombre de questions concernant le déploiement de lanceurs de missiles américains en Pologne et en Roumanie. Ces systèmes de défense de courte portée (BMD, Ballistic Missile Defense), prévus pour intercepter des missiles balistiques, sont également capables de lancer des missiles de croisière Tomahawk [pouvant être équipés d’une tête nucléaire, ndlr]. Les Tomahawks ne sont pas en eux-mêmes concernés par le traité, à moins d’être montés sur des lanceurs terrestres, ce qui constituerait une violation de celui-ci. C’est ce problème qui est pointé du doigt par la Russie.

Les Américains balaient ces soupçons en prétendant que ces systèmes sont incompatibles entre eux. C’est sans doute vrai en l’état, mais il est aussi vrai qu’on peut toujours modifier un équipement afin de le rendre compatible, changer de software ne prend pas beaucoup de temps.

Quoi qu’il en soit, les inquiétudes russes devraient être prises en considération par les Américains. Or, autant que je sache, les États-Unis n’ont jamais manifesté la moindre intention d’écouter les griefs de la Russie. Nous sommes donc dans une situation où les deux parties sont inquiètes et ont des reproches à se faire mutuellement. Si une volonté politique existait en ce sens, ces reproches pourraient être formulés et les préoccupations de chacun considérées… Hélas, il semble qu’il n’y ait pas de volonté politique de sauver le traité.

LCDR : Le déploiement de ces nouveaux missiles russes serait donc une réponse au déploiement de systèmes anti-missiles américains en Europe, Moscou considérant que Washington a violé le traité FNI en premier ?

K. : C’est exact. Le grand problème tient à l’absence de confiance entre les deux pays, au climat de suspicion mutuelle et de tension qui règne entre eux. Il est d’ailleurs possible que chacun ait effectivement violé le traité d’une manière ou d’une autre. C’est difficile à affirmer avec certitude, mais on peut l’imaginer. Cela ne signifie pourtant pas que le problème ne puisse pas être surmonté, notamment au nom de l’engagement pris au moment de la signature du texte.

Toutefois, si, aujourd’hui, certains considèrent que le traité FNI doit être abandonné en raison de la montée en puissance de la Chine, alors il est difficile de sauver ce texte.

LCDR : Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg a déclaré : « Il faut nous préparer à un monde sans traité. » À quoi cela peut-il ressembler, un monde « sans traité » ?

K. : Cela signifie, avant tout, que nous ne disposerons plus de l’infrastructure juridique de contrôle des armes. Les contacts entre les ministères de la Défense des différents pays vont aussi se réduire : chaque pays se retrouvera isolé. Un pays comme la France devra ainsi faire face à toutes sortes de menaces, sans pouvoir s’appuyer sur aucune référence juridique commune. En réalité, la voie que nous semblons adopter est très dangereuse. Des accords bilatéraux resteront possibles à établir, quoique difficilement. En revanche, des relations multilatérales seront quasi impossibles à mettre en place. C’est pourquoi je pense que nous allons nous acheminer vers une course à l’armement tous azimuts.

« L’espace, le cyberespace et l’intelligence artificielle seront les terrains d’expression de la nouvelle course aux armements. »

On ne va pas construire de nouvelles armes comme dans les années 1960-1970, cela n’aurait aucun sens. La course aux armements sera technologique. Nous allons assister à une augmentation de la précision des équipements. La frontière entre armes conventionnelles et nucléaires va s’estomper. L’espace, le cyberespace, l’intelligence artificielle seront les nouveaux terrains d’expression de cette course. Le problème est que nous ne savons pas comment réguler les relations internationales à l’heure de l’intelligence artificielle, ni comment contrôler le cyberespace. Il est probable que les États-Unis vont s’efforcer de creuser l’écart technologique qui les sépare des autres, et de rendre obsolète l’arsenal nucléaire russe. De son côté, la Russie voudra rattraper son retard et s’adapter. Et les autres pays vont suivre, en particulier la Chine.

Ensuite, il est probable que nous assisterons à une prolifération des armes nucléaires. Comment pourrions-nous empêcher les autres pays de s’armer si nous-mêmes, puissances nucléaires « historiques », ne sommes pas prêts à respecter nos propres traités ? Je suis donc très préoccupé par la situation. Je ne pense pas que la conférence sur le traité de non-prolifération, prévue en 2020, soit un succès. La situation est encore plus inquiétante depuis l’annonce du retrait américain de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, en mai dernier.

Même si les États-Unis revenaient sur cette décision, par la voix d’un nouveau président par exemple, réussirait-on, pour autant, à empêcher d’autres pays de développer un arsenal nucléaire ? Je suis convaincu, notamment, que les Nord-Coréens observent avec un grand intérêt l’évolution de la situation, et qu’ils se disent qu’ils feraient mieux de garder leurs armes : l’adhésion à la doctrine de non-prolifération n’est plus aujourd’hui un gage de sécurité, bien au contraire ! Pour le dire cyniquement : Sadam Hussein, Mouammar Kadhafi ont tous deux sacrifié leur potentiel nucléaire ; résultat : ils ne sont plus là, et leurs pays sont livrés au chaos.

LCDR : Certains experts évoquent un retour à la situation des années 1960, où l’absence de régulation avait abouti à la crise des missiles de Cuba en 1962. Est-ce vraisemblable ?

K. : Ce genre de scénario n’est pas à exclure. Aujourd’hui, il n’existe plus de ligne rouge infranchissable. Si l’on compare la situation actuelle à la « guerre froide », alors il faut parler de celle des années 1950, non de celle des années 1970. C’est pourquoi certains pensent que la communauté internationale a besoin d’un choc majeur, tel que la crise des missiles, afin que tous prennent conscience du niveau d’insécurité et d’instabilité qui est le nôtre, et de la nécessité impérieuse de surmonter toutes nos dissensions pour renouer avec un contrôle commun des armes.

Reste qu’un tel choc comporte de graves risques. Au fond, nous avons eu de la chance avec la crise de 1962 : cela aurait pu tourner bien plus mal. Nous étions au bord d’une guerre nucléaire. Peut-on prendre le risque de laisser la situation s’envenimer dans le but de ramener, peut-être, tout le monde à la table des négociations ?

« Désormais, dans les manifestations, les pancartes appelant à l’abandon des armes nucléaires sont très rares. Il n’y a donc pas de pression populaire sur les responsables politiques. »

Il faudrait trouver un moyen d’y parvenir sans mettre la planète en danger. Hélas, aujourd’hui, le danger nucléaire reste peu perceptible pour la plupart des gens. À Moscou, par exemple, la population n’a aucune idée de ce qui se joue actuellement à l’échelle internationale. C’est la même chose à Paris : les gens ont d’autres préoccupations, que ce soit l’immigration, la protection sociale, le chômage, l’environnement… Désormais, dans les manifestations, les banderoles appelant à l’abandon des armes nucléaires sont très rares. Il n’y a donc pas de pression populaire sur les responsables politiques. Donald Trump peut sortir des traités sans en payer le prix fort au niveau national. C’était bien différent dans les années 1980. Les gens sortaient dans la rue par milliers pour manifester contre la prolifération nucléaire, et les politiques étaient obligés de prendre en compte leurs revendications. Faut-il donc que nous nous retrouvions dans une situation de tension pour que les gens aient peur et qu’ils fassent à nouveau pression sur la classe politique ? La question est ouverte.

LCDR : La Russie pourrait-elle adopter une doctrine de la riposte nucléaire automatique, comme certains experts semblent le penser ?

K. : Le système dit de la « main morte » pourrait être envisagé si les autorités russes craignaient une avancée technologique décisive de la part des Américains, en d’autres termes si elles pensaient que les États-Unis étaient en mesure de frapper de façon décisive l’état-major politique et militaire russe, en quelque sorte de « décapiter » la Russie. L’idée d’une réponse automatique signifie au fond ceci : l’ennemi de la Russie qui réussira à la toucher en son sommet, ne pourra pas profiter de sa victoire, car il sera détruit automatiquement, même s’il ne reste plus un être vivant à Moscou. Il est désolant que nous soyons à nouveau contraints d’évoquer ce genre de scénario, mais c’est effectivement envisageable.

LCDR : Dans le contexte que vous décrivez, que reste-t-il de l’architecture de sécurité en Europe ? l’OTAN parle désormais d’architecture « euro-atlantique »…

K. : Je pense que, d’une certaine manière, le système de sécurité européen a fait la preuve de sa résilience. Oui, l’OTAN a déployé quatre bataillons sur la frontière orientale de l’Europe. Oui, la Russie a développé ses capacités défensives dans ses régions occidentales. Mais regardons les choses en face : depuis le début de la crise ukrainienne, il n’y a pas eu un seul incident sérieux entre l’OTAN et la Russie. Aucun accrochage majeur, aérien ou maritime, n’a été recensé. Cela signifie que, des deux côtés, les exercices militaires sont effectués avec les plus grandes précautions, en dépit des déclarations martiales qu’on entend de part et d’autre. Il reste des traités internationaux, tels « Ciel ouvert » ou le document de Vienne, qui sont globalement respectés par leurs signataires. On peut même dire que l’Acte fondateur des relations entre l’OTAN et la Russie, signé en 1997, est respecté, et que les deux parties évitent de créer des situations susceptibles d’être interprétées comme des violations de ce texte. La profonde résilience du système de sécurité mis en place par l’OTAN et la Russie a permis d’éviter une confrontation de grande ampleur au cours des cinq dernières années. La question est aujourd’hui de savoir combien de temps cela tiendra.

Comme personne ne peut affirmer avec certitude que les cinq prochaines années seront aussi « paisibles », il faut à tout prix prendre des mesures. Il faut rétablir le contact entre les états-majors ; chercher des solutions afin de ne pas laisser s’envenimer la situation dans la mer Baltique et dans la mer Noire ; restaurer la confiance entre les deux parties. Tout cela est nécessaire si l’on veut assurer un certain niveau de stabilité en Europe, mais cela ne créera pas un système de sécurité unifié sur le continent.

« La mer Noire est actuellement une des régions les plus explosives de la zone de contact entre la Russie et l’OTAN. »

Actuellement, nous sommes confrontés à des problèmes nés de la guerre froide – et non après la guerre froide. L’Europe est divisée. Cela devrait durer encore quelque temps, et nous devons accepter cet état de fait. Il faudra en outre déployer de nombreux efforts pour restaurer un niveau minimal de sécurité et de confiance sur le continent. Prenons, par exemple, le conseil Otan-Russie. En théorie, il est toujours en activité ; dans les faits, ses réalisations sont peu de choses. Il y a plusieurs raisons à cela, mais je retiendrai la principale : l’OTAN a décidé qu’elle ne collaborerait pas avec la Russie sur le terrain militaire à cause de la crise ukrainienne. Si l’Alliance ne veut pas d’une collaboration, que pouvons-nous faire ? Communiquer ? Bien sûr, il serait souhaitable d’avoir voir plus de communication, à défaut de collaboration. Toutefois, certains États membres de l’OTAN considèrent que le dialogue avec Poutine n’est pas souhaitable, voire qu’il est impossible. Une position de ce genre peut-elle être infléchie par la nécessité de maintenir le contact avec Moscou ? Encore une question ouverte…

LCDR : Le détroit de Kertch, la mer d’Azov, la mer Noire peuvent-ils devenir des terrains de confrontation ouverte, malgré la retenue dont font preuve la Russie et l’OTAN depuis quelques années ?

K. : Il faut distinguer la situation générale en mer Noire de l’incident spécifique qui a eu lieu dans le détroit de Kertch en novembre. La mer Noire est actuellement une des régions les plus explosives de la zone de contact entre la Russie et l’OTAN. Bien plus, par exemple, que la Baltique. Les risques de collision y sont très élevés, et quelque chose doit être fait pour que la tension retombe. La situation est assez paradoxale, puisque, en dehors de la Russie, la flotte la plus puissante de la mer Noire est celle de la Turquie, un partenaire de Moscou. Voyez la Syrie et Idlib : Poutine et Erdogan sont en bons termes. Et malgré tout, les tensions existent en mer Noire.

Concernant l’incident du détroit de Kertch [le 25 novembre, les garde-côtes russes ont arraisonné trois navires de guerre ukrainiens qui tentaient de franchir le détroit sans autorisation, ndlr], je ne pense pas que ce soit prémédité de la part de Moscou. Je ne vois pas l’intérêt de la Russie à provoquer un accrochage de ce genre, surtout à la veille du sommet du G20. C’est pourquoi, en l’occurrence, je suis enclin à penser que l’incident est à mettre sur le compte de l’Ukraine. Ce qui ne m’empêche pas de juger la réponse de la Russie disproportionnée. Les conséquences de l’incident vont maintenant dépendre de la volonté des deux parties de faire profil bas et de laisser retomber la pression. Or, d’un côté, Moscou veut se montrer ferme ; et, de l’autre, Petro Porochenko est en pleine campagne électorale, il veut gagner en popularité et pourrait être tenté de souffler sur les braises.

LCDR : Les accusations de Moscou concernant les arrière-pensées électoralistes de Porochenko vous semblent donc fondées ?

K. : Tout ce que fait Porochenko doit être considéré dans le contexte pré-électoral. C’est évident : l’élection présidentielle aura lieu dans trois mois, le 31 mars. Quoi que fasse le président actuel, il ne peut pas ne pas avoir en tête le prochain scrutin.

En matière de politique étrangère, Petro Porochenko a deux options. La première consisterait à se poser en homme de paix et à capitaliser là-dessus. Cette option était envisageable il y a un an. À ce moment-là, Vladimir Poutine avait accepté, pour la première fois, l’envoi de casques bleus dans l’est de l’Ukraine. Il y avait alors une opportunité que les deux parties n’ont pas vraiment su saisir. Aujourd’hui, il est trop tard, et Porochenko ne peut plus que se poser en chef d’un pays en guerre. Il doit se montrer fort et déterminé, d’où sa volonté d’instaurer la loi martiale pendant deux mois. Certains pensent que son objectif est de repousser l’élection. Quoi qu’il en soit, le parlement a voté la loi martiale pour trente jours seulement. Quant à l’incident de Kertch, il n’a pas pris l’ampleur internationale que le président ukrainien aurait pu espérer. De ce double point de vue, il n’est pas certain qu’il ait atteint son but initial.

« Quelle que soit l’issue en Ukraine, la Russie sera préoccupée par la présence de troupes de l’OTAN à ses frontières. »

Maintenant, Petro Porochenko doit prendre une décision. Soit il fait un pas en arrière, et la tension se dissipe petit à petit ; soit il fait le choix de l’escalade. En tout cas, s’il fallait donner un conseil au président Poutine, ce serait de relâcher immédiatement les marins ukrainiens. Après tout, ils n’ont fait qu’obéir à des ordres, ce ne sont pas des criminels. En outre, ce serait un signe positif envoyé, sinon à l’Ukraine, du moins à la communauté internationale. Cela témoignerait de la souplesse de la Russie dans une affaire qu’elle considère comme un banal incident. La réalité est toute autre. Les marins sont toujours détenus sur le sol russe, et leur retour en Ukraine n’est pas prévu de sitôt. Ce n’est sans doute pas le meilleur moyen de gérer une situation aussi délicate.

LCDR : Le président Macron a appelé récemment à organiser une conférence sur la sécurité en Europe…

K. : L’idée est plutôt bonne, notamment parce que nous ne saurions nous en tenir à la situation actuelle ; il faut aussi regarder vers l’avenir. Ici comme en Occident, de nombreux spécialistes se déclarent favorables à une approche séquentielle : on règle la crise ukrainienne, puis on pourra se concentrer sur la sécurité en Europe de manière générale. Je ne pense pas que cela fonctionne. Je ne pense pas que l’on puisse sortir de la crise ukrainienne sans avancer sur les problèmes évoqués par le président Macron. Quelle que soit l’issue en Ukraine, la Russie sera préoccupée par la présence de troupes de l’OTAN à ses frontières. De même, l’Ukraine considérera que, tant qu’elle ne sera pas protégée par l’article 5 du traité de l’OTAN, elle représentera une proie potentielle pour la Russie. Par conséquent, ces différents problèmes doivent être réglés ensemble, en parallèle : il faut normaliser la situation en Ukraine tout en trouvant un accord de sécurité à l’échelle du continent. Cela peut sembler irréaliste, pour l’heure, et cela prendra peut-être cinq ou dix ans, mais il faut travailler avec ces objectifs en tête. Il faut se fixer pour but le modèle d’une Europe unie et sûre pour tous les citoyens du continent. Cela pourrait passer par un renforcement de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), par une révision de la Charte de Paris pour une nouvelle Europe de 1990 ou par la création de nouvelles institutions. Il ne faut pas s’attendre à des résultats immédiats, mais ce serait le meilleur moyen d’arriver à quelque chose de satisfaisant. Tout le monde aimerait qu’il suffise d’organiser une conférence pour que tous les problèmes disparaissent. Hélas, ce n’est pas possible.

LCDR : L’appel à l’organisation d’une conférence sur la sécurité en Europe n’est-il pas l’aveu de l’échec du processus de Minsk ?

K. : J’espère que ce genre de conférence contribuera à relancer le processus de Minsk, qui a atteint un palier : aucun progrès n’est actuellement observé. Quand on ne parvient pas à résoudre un problème, il est souvent bon de le réexaminer sous un angle plus large. Le problème du processus de Minsk est qu’il n’est pas acceptable en l’état pour la partie ukrainienne. Et la Russie ne se résoudra à amender le texte que dans le cadre d’un accord plus large sur la sécurité en Europe. Donc, pour relancer le processus de Minsk, il faut travailler sur un projet de sécurité plus global.

International Propos recueillis par Jean-Claude Galli, Boris Iounanov | 20 décembre 2018

https://www.lecourrierderussie.com/international/2018/12/le-retour-du-docteur-folamour/

Déc 21

DÉNUCLÉARISATION DE LA CORÉE DU NORD : LES ÉTATS-UNIS MANIFESTENT LEUR VOLONTÉ DE REVITALISER LES POURPARLERS NUCLÉAIRES GRÂCE À L’AIDE HUMANITAIRE

SÉOUL, 20 déc. (Yonhap) — La volonté des États-Unis d’autoriser les citoyens américains à se rendre en Corée du Nord pour fournir une aide humanitaire est perçue comme un effort conjoint avec la Corée du Sud visant à trouver une issue à l’impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers de dénucléarisation avec Pyongyang.

Stephen Biegun, l’émissaire spécial américain pour les discussions nucléaires de la Corée du Nord, a déclaré hier à son arrivée en Corée du Sud qu’il souhaitait s’entretenir avec son homologue sud-coréen, affirmant que Washington allait réévaluer l’interdiction des voyages de groupes d’aide privés et religieux dans ce pays appauvri.

«Nous accordons toujours la priorité à la sécurité des Américains quand nous examinons les demandes de voyage, et nous continuerons à attendre des organisations humanitaires qu’elles respectent les normes internationales en matière de surveillance de leurs programmes», a-t-il déclaré à la presse dès son arrivée à l’aéroport international d’Incheon, à l’ouest de Séoul.

«Cependant, nous pensons également que les conditions sont réunies pour que nous puissions réévaluer la manière dont ces politiques sont mises en œuvre, et nous prévoyons de le faire au début de l’année prochaine», a-t-il précisé en lisant une déclaration.

Biegun a ajouté qu’il discuterait avec des groupes humanitaires américains au début de l’année prochaine de la manière de «mieux assurer la fourniture de l’aide appropriée», ajoutant que le secrétaire d’État Mike Pompeo lui avait ordonné de revoir la politique correspondante.

Ses remarques ont été perçues comme un message soigneusement conçu à l’intention de la Corée du Nord dans le cadre des efforts destinés à trouver un compromis dans la demande d’allègement des sanctions de Pyongyang et l’insistance de Washington sur leur maintien jusqu’à ce que le Nord prenne de nouvelles mesures de dénucléarisation.

Il est clair que l’allocution de Biegun avait été préparée bien avant son départ de Washington, l’envoyé l’ayant pris pour la lire. Jusque-là, Biegun, qui a pris ses fonctions en août, s’était rarement adressé aux journalistes dans les aéroports à son arrivée en Corée du Sud.