Sep 26

LA CORÉE A DÉJÀ ÉTÉ «TOTALEMENT DÉTRUITE»

CoréeAlors que Pyongyang accusent les États-Unis de lui avoir déclaré la guerre, les menaces de Donald Trump proférées à l’encontre du régime de Kim Jong-un rappellent les ravages du très meurtrier conflit entre 1950 et 1953.

C’est un passé en grande partie oublié. Une guerre qui a refait surface ces derniers jours et résonne avec l’actualité des dernières heures. Depuis que Donald Trump a dégainé la menace de «totalement détruire» la Corée du Nord, la guerre de Corée entre 1950 et 1953 est ressortie des archives avec son bilan très meurtrier bien qu’aujourd’hui toujours imprécis : entre 3 et 5 millions de civils et militaires ont été tués dans le pire des conflits de l’après Seconde Guerre mondiale.

À New York mardi, le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong-ho a d’ailleurs évoqué le spectre d’une nouvelle déflagration guerrière en Asie. «Toute la planète devrait se rappeler que les États-Unis sont les premiers à avoir déclaré la guerre à notre pays. […] Nous avons tous les droits de prendre des contre-mesures, y compris celui d’abattre des bombardiers stratégiques américains, même s’ils ne sont pas dans l’espace aérien de notre pays.»

Au début des années 50, les caméras n’étaient pas très répandues, les journalistes n’étaient ni très nombreux, ni embedded (NDLR : intégrés) au sein des troupes. La Guerre de Corée n’a pas été aussi couverte que le conflit vietnamien entre 1945 et 1975. On a donc un peu oublié que la péninsule avait déjà été «totalement détruite». Pendant trois ans, au gré d’intenses campagnes de bombardement et de violents combats, le front du conflit s’est déplacé à partir du 38e parallèle, allant de l’extrême sud jusqu’à la frontière chinoise. À chaque fois, l’avancée des uns se traduisait par une reculade des autres, laissant les civils à la merci des armées et des opérations de vengeance au sein même des communautés.

Divisions et déchirures

Certes la guerre du Vietnam a profondément divisé le Nord et le Sud, mais on ne dira jamais assez combien le conflit de Corée a ravagé le pays, divisé la péninsule et déchiré des familles entières.

Quand les Soviétiques et les Américains viennent à bout de l’occupant japonais en 1945, les premiers signes de division apparaissent. L’idée d’une indépendance de la Corée s’évanouit vite alors que les deux superpuissances victorieuses se partagent le terrain. Washington et Moscou craignent chacun qu’en accédant à l’indépendance, la péninsule unifiée tombe dans le camp adverse. Les Corée du nord et du sud sont d’abord victimes d’un affrontement idéologique est-ouest qui ne s’est jamais démenti depuis plus de soixante-dix ans. Les deux Corée sont d’abord des créatures créées par l’étranger.

À la reddition du Japon en août 1945, le 38e parallèle devient la frontière entre les zones d’occupation russe et américaine. Au nord, l’URSS installe Kim Il-sung et aide à la formation du régime du nord qui va prendre peu à peu ses distances avec le modèle soviétique. Au sud, les États-Unis procèdent également à une organisation manu militari du système politique en mettant en orbite Syngman Rhee, un homme politique corrompu qui a passé de très longues années en Amérique avant d’être bombardé comme le sauveur de la patrie sudiste.

Le 15 août 1948, la République de Corée est proclamée au sud. Le 9 septembre, c’est au tour de la République populaire de voir le jour au nord de la ligne de démarcation. Le sud connaît des mouvements de contestation, des affrontements entre les clans conservateurs et les sympathisants pro-communistes. Si le régime de Syngman Rhee parvient à mater les rébellions au sud, il peine à contrôler la situation près du 38e parallèle. Les opérations de reprises en main font plusieurs centaines de morts.

Menaces atomiques et napalm à gogo

La situation s’envenime le 25 juin 1950. Après une série d’escarmouches entre le nord et le sud, les hommes de Kim Il-sung passent à l’offensive et franchissent le 38e parallèle dans la nuit. Ils fondent sur Séoul qui tombe dans leur escarcelle trois jours plus tard et progressent jusqu’à Busan où s’est retranché Syngman Rhee. Avec son administration et ses hommes, ils réussissent à tenir jusqu’à l’arrivée des troupes des Nations unies commandées par les États-Unis à la tête d’une coalition d’une vingtaine d’États.

À partir du 15 septembre, elles débarquent à Incheon, le port installé aux portes de la capitale Séoul. Ils prennent à revers les soldats nord-coréens qui doivent rebrousser chemin jusqu’aux portes de la Chine. Kim Il-sung recule et finit par demander l’aide de Moscou qui refuse d’apporter son concours. Pékin, dirigé par les communistes depuis 1949, répond à l’appel: des dizaines de milliers de Chinois franchissent le Yalou, la rivière qui sépare la Chine de la Corée du nord. En février 1951, les troupes de l’ONU et de la Corée du sud refluent au sud de Séoul avant de récupérer du terrain. Au printemps, le front se stabilise autour du 38e parallèle. Il ne bougera quasiment plus jusqu’à la fin du conflit.

La guerre est presque sans limite. Cinq ans après le bombardement de Hiroshima et Nagasaki au Japon, le président américain Harry Truman évoque la possibilité d’une utilisation de la bombe atomique en décembre 1950. Le général MacArthur va jusqu’à projeter une trentaine d’attaques nucléaires en Mandchourie pour frapper des bases de soldats nord-coréens. En désaccord avec lui, Truman finit par le remplacer par le général Ridgway. Pendant ce temps, les États-Unis multiplient les offensives aériennes, lâchant des tapis de bombes sur les installations militaires et les villes et utilisant massivement le napalm, selon l’historien Bruce Cumings. Le 27 juillet 1953, l’armistice est signé sans aucun gain territorial pour l’un ou l’autre camp. Aucun traité de paix ne sera ratifié. Techniquement parlant, les deux Corée sont toujours en guerre. Et toujours sous la coupe des gendarmes chinois, russes et américains.

Article d’Arnaud Vaulerin

http://www.liberation.fr/planete/2017/09/25/la-coree-a-deja-ete-totalement-detruite_1598835

 

Sep 25

TERREUR NUCLÉAIRE: DES RETROUVAILLES EXPLOSIVES!

TerreurLes pires armes jamais créées, les bombes atomiques et nucléaires font un retour fracassant dans l’actualité. Les Nord-Coréens prétendent avoir fait exploser au début du mois leur première bombe à hydrogène. Le président Trump évoque la « destruction totale de la Corée du Nord », vraisemblablement à l’arme nucléaire. Et les Iraniens menacent de relancer leur programme militaire nucléaire si les États-Unis déchirent l’entente conclue sous Barack Obama.

Il régnait pourtant un si bel optimisme lors de l’effondrement du mur de Berlin et de la chute de l’URSS. L’armement atomique apparaissait, à cette époque, comme une excroissance monstrueuse de la guerre froide au cours de laquelle deux idéologies, deux systèmes, deux puissances se faisaient face pour convaincre et conquérir le reste du monde.

Nous en étions presque venus à les oublier, ces armes de « destruction mutuelle assurée », tant nous sommes devenus obsédés, à juste titre, par ces islamistes – en groupe ou isolés – qui, à coups de bombes artisanales et de camions-béliers, tuent ou mutilent des innocents tout en ébranlant les piliers de l’hospitalité et de la tolérance de nos sociétés démocratiques.

Kim Jong-un, le jeune leader nord-coréen, a remis tout le monde au pas. Sa marche accélérée vers un arsenal nucléaire proprement nord-coréen nous rappelle qu’il y a, dans le fait de posséder la plus terrifiante de toutes les armes, plus qu’une volonté de devenir une superpuissance.

TOUCHE PAS À MES BOMBES !

Ça ne saute pas aux yeux, à entendre le ton des échanges entre Russes et Américains, mais les deux géants réduisent lentement, très lentement leur arsenal nucléaire dans le respect du traité New START en vigueur depuis 2011. Le hic, c’est qu’il y a un peu moins d’ogives, mais toujours plus d’argent investi dans ces programmes nucléaires.

SIPRI, l’acronyme du très crédible Institut international de recherche pour la paix de Stockholm, a fait le calcul en début d’année. Les neuf pays membres du sinistre club des puissances nucléaires possèdent ensemble 14 935 ogives, 460 de moins qu’en 2016.

Une réduction que l’on doit essentiellement aux États-Unis et à la Russie qui, en passant, continuent de dominer les autres joueurs puisque détenant, entre eux deux, 93 % de toutes les armes nucléaires de la planète. Et ça ne risque pas de changer : Washington et Moscou investissent massivement sinon dans la multiplication des bombes, certainement dans leur modernisation et leur sophistication.

UN INVESTISSEMENT QUI RAPPORTE QUOI ?

Selon les experts de SIPRI, les Américains planifient d’investir 400 milliards de dollars entre 2017 et 2026 pour garder leur arsenal à jour. Les Chinois ont un vaste programme pour améliorer la qualité de leur armement nucléaire. Indiens et Pakistanais veulent, chacun de leur côté, augmenter autant le nombre d’ogives que de missiles pour les porter. Et puis, il y a la Corée du Nord.

À quoi bon mettre autant d’argent dans un arsenal que personne n’espère utiliser ? La puissance militaire, bien sûr, mais le prestige aussi : l’Iran, en devenant la première puissance nucléaire chiite, verrait son influence décupler dans le monde musulman.

La grande bombe, c’est aussi l’arme ultime de survie. Mouammar Kadhafi, en Libye, aurait-il été lâché aussi vite s’il n’avait pas cédé, quelque temps plus tôt, l’expertise nucléaire que ses scientifiques avaient développée ?

La Russie aurait-elle envahi aussi cavalièrement la Crimée si l’Ukraine avait conservé l’arsenal nucléaire qu’elle avait hérité de l’Union soviétique ? À Pyongyang comme à Téhéran, on a compris que les choses peuvent dégénérer vite quand on désarme.

Des leçons qui ne s’oublient pas.

RÉPARTITION DE L’ARMEMENT NUCLÉAIRE DANS LE MONDE

Pays                 1er test nucléaire    Ogives actives     Autres ogives   Total en 2017

États-Unis                       1945                      1800                   5000               6800
Russie                             1949                      1950                   5050               7000
Royaume-Uni                  1952                       120                        95                215
France                             1960                        280                        20                300
Chine                               1964                                                    270                270
Inde                                 1974                                               20-130         120-130
Pakistan                          1998                                             130-140         130-140
Israël                               1966                                                       80                  80
Corée du Nord                2006                                                  10-20            10-20
Total                                                                4150                 10 785          14 935

(SIPRI, Janvier 2017)

D’une explosion à l’autre

Août 1945               États-Unis              Little Boy (Hiroshima)      15 kilotonnes
Août 1945               États-Unis              Fat Man (Nagasaki)          21 kilotonnes
Mars 1954              États-Unis              Castle Bravo                         15 000 kT
Octobre 1961         Russie                     Tsar Bomba                          57 000 kT
Octobre 1967         Chine                        Test #6                                    3300 kT
Septembre 2017   Corée du Nord       (Bombe H ?)                             250 kT

http://www.journaldemontreal.com/2017/09/24/terreur-nucleaire-des-retrouvailles-explosives

Sep 24

«TRUMP SE LANCE DANS UNE MISSION SUICIDE» : LA CORÉE DU NORD S’EXPRIME DEVANT L’ONU (VIDÉO)

Corée du nord ONULe ministre nord-coréen des Affaires étrangères a pris la parole devant l’assemblée générale de l’ONU à New York alors que son pays avait été la cible de Donald Trump, lorsque ce dernier avait prononcé son discours.

Ri Yong Ho, ministre nord-coréen des Affaires étrangères, s’est exprimé ce 23 septembre devant l’assemblée générale de l’ONU à New York.

Le ministre a dénoncé le discours prononcé quatre jours plus tôt par le président américain, Donald Trump. À ses yeux, ce dernier a «entaché l’enceinte sacrée des Nations unies». Le représentant nord-coréen a également qualifié les États-Unis de «menace pour la paix et la sécurité» mondiales. «Trump se lance dans une mission suicide», a-t-il ajouté, précisant que «si des vies humaines américaines innocentes sont perdues» dans une éventuelle confrontation militaire entre les deux pays, ce serait «uniquement» de la faute du président américain». Ri Yong Ho n’a par ailleurs pas tari de qualificatifs condescendants à l’égard de Donald Trump, parlant de lui comme d’une «personne dérangée», un «mégalomane», un «gangster» ou un «roi menteur».

«Les États-Unis sont le premier pays à avoir produit des armes nucléaires et le seul à y avoir eu recours, massacrant des centaines de milliers de civils innocents», a ajouté Ri Yong Ho devant l’assemblée.

Il a en outre dénoncé l’adoption par l’ONU de sanctions à l’encontre de la Corée du Nord, sanctionnant son test nucléaire du 3 septembre, évoquant «des résolutions injustifiables qui rendent légale l’injustice».

Le ministre des Affaires étrangères nord-coréen a souligné que les armes nucléaires détenues par son pays étaient «dissuasives», précisant qu’il fallait, selon lui, répondre à la force par la force. Faisant état de l’arsenal militaire nord-coréen, le responsable a précisé : «L’objectif est d’empêcher l’invasion américaine

L’intervention de Ri Yong Ho devant l’ONU à New York survient alors que le ton ne cesse de monter entre Pyongyang et Washington, chaque pays multipliant les menaces envers l’autre. Lors de son discours devant l’assemblée générale, le 19 septembre, Donald Trump avait menacé de «détruire totalement la Corée du Nord».

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un avait rétorqué qu’il materait «par le feu le gâteux américain mentalement dérangé», accusant son Donald Trump de l’avoir insulté, lui et son pays, «sous les yeux du monde entier».

https://francais.rt.com/international/43664-pleine-escalade-representant-coree-nord-exprime-assemblee-generale-onu

Sep 24

UN BOMBARDIER NUCLÉAIRE AMÉRICAIN FRÔLE LA FRONTIÈRE NORD-CORÉENNE

BombardierQuelques instants avant la prise de parole du représentant de la Corée du Nord à l’Assemblée générale de l’ONU, un bombardier capable de larguer une charge nucléaire s’est aventuré à une distance historiquement proche de la frontière nord-coréenne.

Le 23 septembre, un bombardier supersonic Rockwell B-1B Lancer américain, capable de larguer une bombe nucléaire, escorté par des chasseurs F-15, s’est aventuré «à l’extrémité nord de la Zone démilitarisée» qui sépare les deux Corées, selon un porte-parole du Pentagone. Jamais au XXIe siècle un avion américain ne s’était approché aussi près de la frontière du pays. 

«C’est le point le plus au Nord de la Zone démilitarisée qu’aucun chasseur ou bombardier américain n’ait jamais survolé […] au XXIe siècle, montrant à quel point nous prenons au sérieux le comportement inconscient [de la Corée du Nord]», a expliqué Dana White, une porte-parole du Pentagone.

Cette manœuvre militaire assumée par les États-Unis comme une réponse à l’escalade verbale entre les deux pays, intervient le même jour que la très attendue prise de parole du représentant nord coréen devant l’assemblée générale de l’ONU. Le 22 septembre, Donald Trump avait affirmé sur le réseau social Twitter que le leader de la Corée du Nord, «clairement un fou», allait «être mis à l’épreuve comme jamais». Cette manœuvre militaire sous haute tension sonne donc comme un avertissement envoyé directement à Kim Jong-un.

https://francais.rt.com/international/43667-bombardier-nucleaire-americain-sapproche-plus-pres-frontiere-coree-du-nord

Sep 24

SÉISME EN CORÉE DU NORD : UNE RÉPLIQUE À L’ESSAI NUCLÉAIRE DU 3 SEPTEMBRE

SéismeUn séisme de magnitude 3,5 s’est produit en Corée du Nord, samedi. Dans le contexte de tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord, la nouvelle avait de quoi inquiéter. Selon plusieurs experts, le tremblement de terre serait bien naturel, mais serait tout de même la conséquence de l’essai nucléaire mené par Pyongyang le 3 septembre.

La province de Hamgyong du Nord, située au nord-est de la Corée du Nord, a été frappée par un séisme de magnitude 3,5, ce samedi 23 septembre, selon le Centre sismologique chinois (CENC).

L’épicentre du tremblement de terre se trouverait à moins de 5 km de l’endroit où a eu lieu l’essai nucléaire nord-coréen du 3 septembre dernier, d’après les données du Centre sismologique chinois. 

« Cet événement est survenu dans la zone des précédents essais nucléaires nord-coréens », confirment les services sismologiques américains, sans être en mesure d’en établir la « nature » de ces secousses, enregistrées à .16 h 29, heure de Pékin, (10 h 29 à Paris).

Une conséquence de l’essai

L’agence de presse sud-coréenne Yonhap se référant à l’agence météorologique de la Corée du Sud a rapidement évoqué une origine naturelle.

Le service sismique chinois CENC a lui évoqué la possibilité d’une « explosion », avant de conclure également à un événement d’origine « naturelle »

Ce séisme peu profond serait en fait une réplique de l’essai nucléaire du 3 septembre, qui concernait selon Pyongyang une bombe H susceptible d’être montée sur un missile et avait provoqué un séisme de magnitude 6,3. 

« L’hypothèse la plus probable à l’heure actuelle est qu’il s’agit d’une conséquence de l’événement précédent, qui a été d’une amplitude importante et qui peut encore avoir des répercussions dans une zone de fracture » tellurique, selon Lassina Zerbo, qui dirige l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (Otice), rattachée à l’Onu.

Escalade verbale

Le 3 septembre, une secousse d’une magnitude 4,6 due à « un affaissement » avait déjà secoué la Corée du Nord moins de dix minutes après un premier séisme imputé à une possible explosion, a indiqué le Centre chinois de surveillance sismologique.

Ce séisme survient alors que les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis à propos du programme nucléaire nord-coréen sont à leur comble, alimentées par une escalade verbale entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et le président américain Donald Trump.

« Kim Jong-Un de Corée du Nord, clairement un fou qui ne craint pas d’affamer et de tuer son peuple, va être mis à l’épreuve comme jamais! » avait lancé vendredi M. Trump dans un tweet, au lendemain de l’annonce par Washington d’un renforcement des sanctions contre Pyongyang. 

Quelques heures plus tôt, c’est le leader nord-coréen qui s’était livré une attaque très personnelle contre le locataire de la Maison Blanche.

Trump « m’a insulté, moi et mon pays, sous les yeux du monde entier, et a livré la plus féroce déclaration de guerre de l’histoire », a-t-il déclaré, selon une dépêche de l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

« Gâteux américain mentalement dérangé »

Kim Jong-Un a traité Trump de « gâteux américain mentalement dérangé« . | AFP.

« Je disciplinerai par le feu le gâteux américain mentalement dérangé », a-t-il ajouté, deux jours après les propos belliqueux du président américain qui avait menacé, à la tribune de l’ONU, la Corée du Nord de « destruction totale »

La dépêche de KCNA était accompagnée d’une photo montrant Kim Jong-Un assis derrière un bureau et tenant une feuille de papier. Le régime de Pyongyang a par ailleurs évoqué un possible essai de bombe H dans l’océan Pacifique.

Après avoir lancé deux missiles intercontinentaux en juillet, la Corée du Nord a réalisé le 3 septembre un sixième essai nucléaire, affirmant avoir testé une bombe H susceptible d’être montée sur un missile. Cet essai avait provoqué un séisme de magnitude 6,3 ressenti jusqu’en Chine.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait voté dans la foulée un huitième train de sanctions contre Pyongyang.

Le Kremlin a exprimé sa vive inquiétude face aux échanges de « menaces » entre Donald Trump et Kim Jong-Un et « l’escalade des tensions ». Sur une tonalité similaire, la Chine a demandé vendredi l’arrêt des provocations entre Américains et Nord-Coréens.

https://www.ouest-france.fr/monde/coree-du-nord/un-seisme-signale-en-coree-du-nord-peut-etre-lie-une-explosion-5266447

Sep 24

SORT DE SADDAM HUSSEIN ET KADHAFI, NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN: MOSCOU VOIT UN LIEN

Sort SaddamLe sort de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi explique en partie l’existence des programmes balistique et nucléaire de la Corée du Nord, sans toutefois les justifier, a déclaré le représentant permanent de la Russie auprès de l’Onu, Vassili Nebenzia.

Dans un discours tenu lors d’une session du Conseil de sécurité de l’Onu, le représentant permanent de la Russie auprès de l’Onu, Vassili Nebenzia, a évoqué les raisons qui poussent Pyongyang à développer son programme nucléaire.

«Tout le monde sait pertinemment où a mené l’instrumentalisation des mécanismes de non-prolifération afin de faire pression sur les régimes indésirables. Le destin de Saddam Hussein qui, comme on le sait, ne possédait pas d’armes de destruction massive mais était accusé d’en avoir, puis celui de Mouammar Kadhafi qui a refusé à titre volontaire d’en fabriquer, tout cela a servi pour certains de déclencheur au développement accéléré d’armes de destruction massive. Cela ne justifie nullement le programme balistique et nucléaire de la Corée du Nord, mais il faudrait être aveugle pour ne pas voir et ne pas comprendre les causes qui se cachent derrière», a-t-il ainsi déclaré.

En 2003, les États-Unis ont réalisé une intervention militaire en Irak pour renverser le Président du pays Saddam Hussein, l’accusant de posséder armes de destruction massive qui n’ont jamais été découvertes par la suite. Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été également renversé et exécuté en 2011 lorsque les États-Unis et leurs alliés ont réalisé des bombardements contre les positions de Kadhafi et de ses partisans lors du conflit civil en Libye.

https://fr.sputniknews.com/international/201709221033157014-hussein-kadhafi-nucleaire-moscou-pyongyang/

Sep 24

LES CRAINTES DE GUERRE NUCLÉAIRE S’ACCROISSENT APRÈS LA MENACE DE TRUMP D’ANÉANTIR LA CORÉE DU NORD

Crainte guerreLa tirade fasciste du président américain Donald Trump à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York mardi, dans laquelle il a déclaré que Washington était « prêt, disposé et capable » à « détruire totalement la Corée du Nord », a choqué et horrifié des gens autour du monde hier.

L’« Agence de presse centrale coréenne » du régime nord-coréen (KCNA) a averti qu’elle pourrait maintenant attaquer des objectifs américains si elle détecte que les forces américaines se préparent à la détruire. Le KCNA a déclaré que Pyongyang préparerait une « frappe résolue et préventive, si elles présentaient un léger signe de provocation. Au cas où les États-Unis opteraient pour l’affrontement et la guerre enfin […] ils rencontreront une horrible frappe nucléaire et une ruine misérable et définitive ».

Alors que les fonctionnaires de l’ONU et les autres grandes puissances mondiales réagissent au discours de Trump, il devient toujours plus clair que l’élite dirigeante à l’échelle internationale est politiquement en faillite, dans un état de perplexité, de terreur et de déni face au risque que Washington lance ou provoque une guerre nucléaire. Aucun d’entre eux n’a le moyen d’arrêter l’escalade militaire de cette puissance hégémonique impérialiste au centre du système capitaliste mondial. Ils se taisent sur la nature barbare des propos de Trump et sur le risque d’une guerre nucléaire qui pourrait détruire l’humanité.

À l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, où Trump avait livré ses menaces génocidaires contre le peuple nord-coréen, des dizaines de pays ont signé la veille un Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Le président brésilien Michel Temer a été le premier chef d’État à signer ce traité. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, l’a qualifié d’« une étape importante vers l’objectif universel d’un monde exempt d’armes nucléaires ».

En fait, le traité était une charade élaborée, mais impuissante. Il a été boycotté par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, tous dotés d’armes nucléaires. Étant donné que chacune de ces puissances peut opposer un veto à l’adoption du traité au Conseil de sécurité de l’ONU, le traité est mort à son arrivée. L’alliance de l’OTAN a également publié une déclaration silencieuse sur les menaces de Trump contre la Corée du Nord, mais qui dénonçait ce traité en disant qu’il « méconnaît les réalités de l’environnement de sécurité de plus en plus difficile ».

Dans l’un des rares commentaires abordant la portée de la guerre en cours de préparation, le Global Times de l’État chinois a averti que l’attaque américaine initiale contre la Corée du Nord pourrait coûter la vie à des centaines de millions des personnes dans des régions densément peuplées de l’Asie du Nord-Est. Cependant, il n’a rien dit sur ce qui se produirait après la frappe initiale des États-Unis, et a cherché à adoucir ses critiques de Trump en imputant la faute autant à Trump qu’à la Corée du Nord.

Il a écrit : « La destruction totale de la Corée du Nord entraînerait une catastrophe écologique insupportable pour l’Asie du Nord-Est. Le nord-est de la Chine, la péninsule du Shandong et la Corée du Sud seraient tous engloutis par les retombées nucléaires. Ainsi, le président des États-Unis, au lieu de se vanter de sa force militaire, devrait essayer d’éviter une telle guerre […] Si une guerre nucléaire éclatait, ce serait un crime contre les Chinois et les Sud-Coréens par Pyongyang et Washington. »

Alors que le Global Times n’a pas dit comment le régime chinois pourrait répondre à une telle attaque, il est bien connu que ses missiles nucléaires peuvent atteindre l’ensemble des États-Unis continentaux. Alors que la Chine et la Russie organisent des manœuvres maritimes communes entre Vladivostok et la mer d’Okhotsk, au nord de la péninsule coréenne, il est clair que Beijing et Moscou préparent des mesures de représailles qui pourraient rapidement se développer en une guerre mondiale avec les forces américaines en Asie, en Europe, au Moyen-Orient et dans le monde entier.

La Russie effectue actuellement un exercice militaire appelé Zapad et hier, l’agence de presse TASS a signalé que les forces russes avaient testé avec succès les missiles nucléaires stratégiques RS-24, qui ont atteint leurs objectifs dans la péninsule du Kamtchatka en Russie.

Les menaces de Trump ont également exposé la faille profonde entre les États-Unis et les puissances européennes, en particulier l’Allemagne et la France. Sans aborder ou condamner la menace de Trump d’une attaque génocidaire contre la Corée du Nord, les responsables et les médias européens ont clairement indiqué qu’ils s’opposaient ouvertement à la politique étrangère des États-Unis dans toute une série de problèmes et de conflits militaires dans le monde entier.

Le quotidien français Le Monde a commenté : « Pour le reste de la communauté internationale, le discours de [Trump] est un défi terrible. C’est particulièrement le cas pour l’Europe, le partenaire privilégié et l’allié des États-Unis, qui s’oppose à Washington sur de nombreuses questions comme le climat, l’Iran et le multilatéralisme. Le discours du président Emmanuel Macron deux heures plus tard était une contradiction frappante avec Trump. L’alliance atlantique perd son sens. »

La chancelière allemande Angela Merkel a prévenu qu’en Corée du Nord, « seule une solution pacifique et diplomatique à ce conflit est possible. Toute autre chose entraînerait une catastrophe, je suis profondément convaincu de cela ». Elle a ajouté qu’elle se battrait « avec toutes mes forces » pour une solution pacifique.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a qualifié les menaces génocidaires de Trump d’« inappropriées », ajoutant : « Cette rhétorique guerrière ne nous permet pas d’avancer d’un seul pas ».

Le président français, Emmanuel Macron, s’était déjà exprimé à l’ONU juste après le discours de Trump, auquel Macron n’avait manifestement pas assisté. Il a déclaré que la France « s’opposera à toute escalade » en Corée, ainsi que contre d’autres régimes à travers le monde menacé par Trump. Macron a déclaré qu’une tentative unilatérale de faire capoter le traité nucléaire de 2015 avec l’Iran, comme le menace Trump, serait « irresponsable » et a ajouté qu’il avait prévenu Téhéran et Washington qu’une « spirale mortelle » était possible.

Il ne fait aucun doute que les gouvernements européens répondront à la menace croissante de la guerre en accélérant leurs augmentations de dépenses de défense de plusieurs milliards d’euros, emmenés par l’Allemagne et sa campagne depuis trois ans maintenant pour militariser sa politique étrangère.

Comme le discours de l’ONU de Trump lui-même, la réaction des puissances européennes et internationales est le fruit d’une longue évolution. Depuis un quart de siècle, depuis que la bureaucratie stalinienne a dissous l’Union soviétique, enlevant ainsi le contrepoids militaire à Washington, l’impérialisme américain cherchait à compenser sa faiblesse économique croissante en recourant à des guerres de plus en plus agressives au Moyen-Orient et à travers le monde. Il a continué à servir de pivot financier et militaire du capitalisme mondial, cependant, et de modèle pour les politiques d’austérité et de plus en plus militaristes et de ses rivaux européens.

L’absence d’une condamnation internationale de la menace lancée par Trump d’assassiner 25 millions de Nord-Coréens est une mesure de la dégénération politique de la classe dirigeante dans le monde entier. Ils ne disent rien parce que, après un quart de siècle où les puissances européennes et d’autres alliés des Américains se sont joints aux guerres dirigées par les États-Unis en Afghanistan et en Irak, en Libye, en Syrie et en Ukraine, ils sont eux-mêmes prêts à recourir à la guerre et à des niveaux de violence abominables.

La faillite de l’élite dirigeante souligne que la seule force qui peut s’opposer à la guerre est la classe ouvrière internationale, agissant sur un programme socialiste et révolutionnaire. Cela souligne l’importance de la dénonciation au vitriol par Trump du socialisme dans son discours à l’ONU, que les politiciens et les médias ont passée sous un silence pratiquement total. Les représentants politiques d’une classe dirigeante corrompue et ultra-riche, bien conscients qu’ils sont au bord d’une horrible conflagration nucléaire, craignant qu’une telle crise ne puisse provoquer un changement politique rapide de la population et le discrédit complet du capitalisme mondial.

Les puissances européennes ainsi que la Chine et la Russie préfèrent entrer dans un conflit diplomatique et stratégique toujours plus net avec les États-Unis. Lors du Conseil de sécurité de l’ONU hier, le président ukrainien Petro Poroshenko a demandé d’envoyer les inspecteurs de l’OSCE dans la région disputée du Donbass Russophone, où Kiev a fait face à une opposition des milices soutenues par la Russie depuis le coup d’État de l’OTAN en 2014.

Il y a des appels continus à Washington pour armer le régime ukrainien contre Moscou – une politique qui a poussé l’Allemagne et la France à avertir du risque d’une « guerre totale » avec la Russie et à conclure un accord de paix séparée avec l’Ukraine et la Russie en 2015 à Minsk. Hier, Macron a annoncé que la France chercherait une nouvelle rencontre avec l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine pour « continuer, dans le cadre des accords de Minsk, la désescalade de la violence et les réformes en Ukraine ».

Article d’Alex Lantier

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 21 septembre 2017

https://www.mondialisation.ca/les-craintes-de-guerre-nucleaire-saccroissent-apres-la-menace-de-trump-daneantir-la-coree-du-nord/5610191

La source originale de cet article est wsws.org

Sep 23

L’ASN REJETTE 2 DEMANDES DE MODIFICATIONS DU TRANSPORT DE MATIÈRE D’HEXAFLORURE D’URANIUM AU SEIN DE L’INB 168

transportDans sa tentative de faire passer des vessies pour des lanternes, Areva vient d’être taclé par l’ASN. Sa demande de modification du transport de containers d’hexaflorure d’uranium au sein de ses installations nucléaires de base n°168 (Georges Besse II) et INB 93 (Eurodiff) n’est pas anodine et constitue bien « une modification notable des modalités d’exploitation autorisées de l’installation nucléaire ». Le contournement par le nucléariste de la réglementation est en échec, notamment en matière de sécurité.

Se croyant finaud et sûr de son pouvoir dominant, Areva a encore une fois tenté le coup de s’affranchir de ses obligations, notamment en matière de sécurité. Cette fois-ci c’est sa Société d’enrichissement du Tricastin (SET) qui a tenté de modifier de manière notable les modalités de transport interne de matières radioactives en les faisant passer pour de simples ajustements : des cylindres (30B et 48’’) remplis en partie d’hexafluorure d’uranium UF6 qui circulent au cœur même de son installation atomique Georges Besse-II (INB base n°168).

L’ASN ne s’est pas laissée duper et a recalé la demande du nucléariste estimant qu’elle contrevient à pas moins que le code de l’environnement, le code des relations entre le public et l’administration, au décret initial de création et de modification de l’installation nucléaire Georges Besse-II, au décret en matière de sûreté nucléaire et du transport de substances radioactives. Pas moins !

On découvre ainsi que, dans son dossier, Areva n’apporte aucune garantie sur la résistance des cylindres à la pression d’un incendie fut-il même de courte durée,  que le comportement des vannes et des bouchons équipant les cylindres lors du refroidissement consécutif à un incendie est incertain, que plusieurs hypothèses ont été tout simplement omises notamment l’épaisseur d’acier considérée ou encore le coefficient de sécurité sur la limite à la rupture de l’acier et occulte la possibilité d’extrapoler les résultats de certains essais.

Pour l’ASN – et c’est une première – la démonstration de la sûreté des transports d’UF6 par Areva n’est ni apportée ni démontrée. Plus encore : car même les dispositions compensatoires successibles de protéger les cylindres à taux de remplissage intermédiaire n’ont pas été reprises en totalité dans les règles générales d’exploitation de la demande d’autorisation.

Même sanction de l’ASN pour la demande par Areva de modifications déguisées se son installation de séparation des isotopes d’uranium Eurodif du Tricastin (INB n°93).

On bricole et on se dit que cela passera comme d’hab. D’ailleurs l’État ne vient-il pas d’être contraint par Areva à lui verser 4 milliards 500 millions d’euros pour le sauver de la faillite ?

Une fois encore, et ce n’est pas fini (voir les autres tentatives d’Areva), le lobby nucléaire agit de coup de force en coup de force et se considère au-dessus de la Loi et de la réglementation. La vigilance citoyenne est de mise.

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/09/20/Areva-Tricastin-%3A-l-ASN-rejette-la-demande-de-modifications-du-transport-de-mati%C3%A8re-d-hexaflorure-d-uranium-au-sein-de-l-INB-168-%28Georges-Besse-II%29

Sep 22

JAPON: TEPCO JUGE RESPONSABLE DE LA CATASTROPHE DE FUKUSHIMA, PAS L’ÉTAT

TEPCOLa compagnie d’électricité japonaise Tepco a été vendredi jugée responsable de l’accident nucléaire de Fukushima et condamnée à une amende par un tribunal local, lequel a en revanche blanchi l’État.

Le juge Masaru Sakamoto, qui présidait la séance à la cour de Chiba (banlieue de Tokyo), a en partie tranché en faveur des 42 citoyens plaignants, mais sans accéder à leur demande de prononcer aussi la culpabilité de l’État, qui, selon le verdict, n’aurait pas pu éviter l’accident.

Ces personnes, qui avaient dû quitter leur domicile en 2011 à cause du sinistre atomique provoqué par un puissant tsunami, avaient intenté une action en justice contre Tokyo Electric Power (Tepco) et l’État, réclamant 2,8 milliards de yens (21 millions d’euros) de dommages et intérêts pour préjudice moral.

Selon un porte-parole du tribunal, ce dernier a condamné Tepco à s’acquitter d’un montant très inférieur, de 376 millions de yens (2,8 millions d’euros).

Au niveau national, de nombreuses plaintes en nom collectif ont été déposées dans un total de 18 provinces du pays, émanant en tout de 12.000 citoyens.

La responsabilité de l’État dans le désastre de Fukushima a jusqu’à présent été reconnue une seule fois, en mars dernier, lors d’un verdict rendu par une autre cour, sur un dossier différent.

Le tribunal de Maebashi, au nord de Tokyo, avait alors jugé coupables de négligence le gouvernement et Tepco. Une étude interne à Tepco datant de 2008, révélée ultérieurement, évoquait l’hypothèse d’un tsunami d’environ 15,7 mètres, mais les dispositions face à cette menace n’avaient pas été prises.

Tepco et l’État ont été condamnés à verser un montant total de 38,6 millions de yens (292.000 euros au cours actuel).

Au total, plus de 450.000 habitants avaient fui juste après la triple catastrophe (le séisme et le tsunami où ont péri et disparu quelque 18.500 personnes, et l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima), sur ordre des autorités ou par peur de la radioactivité.

En juin a débuté à Tokyo le procès de trois ex-dirigeants de Tepco nommément renvoyés en justice pour leur responsabilité dans l’accident nucléaire. Ils sont accusés de ne pas avoir pris les dispositions qui auraient permis d’éviter les dégâts causés aux installations par le tsunami ainsi que les avaries en chaîne qui ont suivi. Le verdict n’a pas encore été rendu.

https://www.romandie.com/news/Japon-Tepco-juge-responsable-de-la-catastrophe-de-Fukushima-pas-l-Etat/835315.rom

Sep 22

L’IRAN DÉVOILE UN MISSILE BALISTIQUE D’UNE PORTÉE DE 2.000 KM

Iran 2L’Iran a dévoilé un missile balistique capable de porter plusieurs ogives, a annoncé la chaîne de télévision Press TV.

Cité par la chaîne de télévision Press TV, le général de brigade Amir Ali Hajizadeh a annoncé que l’Iran s’était doté d’un missile balistique d’une portée de 2.000 km capable de porter plusieurs ogives.

Le missile baptisé Khorramshahr a été dévoilé lors d’un défilé militaire à Téhéran en présence du président iranien Hassan Rohani et de hauts gradés de l’armée iranienne.

Hassan Rohani avait précédemment annoncé l’intention de l’Iran d’accroître son potentiel balistique. 

Ces derniers temps le ton ne cesse de monter entre les États-Unis et l’Iran. Washington a frappé Téhéran de nouvelles sanctions et envisage la sortie de l’accord sur le nucléaire iranien.

En réponse à l’«aventurisme» des Américains, le Parlement iranien a décidé d’allouer 520 millions de dollars à son programme balistique.

https://fr.sputniknews.com/international/201709221033157672-iran-missile-balistique/

Sep 22

CORÉE DU NORD : KIM JONG-UN QUALIFIE TRUMP DE «MENTALEMENT DÉRANGÉ»

KimLe ton monte encore. Le leader nord-coréen affirme vouloir faire payer cher au président américain ses propos appelant à la destruction totale de son pays. 

L’affrontement verbal entre Pyongyang et Washington monte encore d’un cran. Quelques jours après la déclaration de Donald Trump, à la tribune de l’ONU, promettant de «détruire totalement» la Corée du Nord en riposte à une éventuelle attaque, la réponse de Kim Jong-Un a été tout aussi violente. Dans une intervention publique jeudi, le dirigeant nord-coréen a dénoncé l’«attitude mentalement dérangée d’un président des États-Unis». Et d’affirmer : «Je ferai payer cher à l’homme à la tête du commandement suprême aux États-Unis son discours appelant à la destruction totale.» 

«Les remarques de Donald Trump, plutôt que de me faire peur ou de m’arrêter, renforcent mes convictions sur le fait que la voie que j’ai choisie est la bonne et que c’est celle que je dois continuer à suivre», a insisté le leader nord-coréen. Son ministre des Affaires étrangères, Ri Yong-Ho, a insisté en marge de l’assemblée générale des Nations Unies, déclarant que son pays pourrait envisager l’essai d’une bombe à hydrogène d’une puissance sans précédent dans l’océan Pacifique. Jusqu’à présent depuis 2006, la Corée du Nord a procédé à six essais nucléaires souterrains.

Isolée sur le plan international, la Corée du Nord qui vient de faire l’objet de nouvelles sanctions internationales, affirme avoir besoin de la force de dissuasion nucléaire pour se protéger de la politique agressive des États-Unis.

Pékin et Moscou pour un double moratoire.

Tout en condamnant les agissements de Pyonyang, la Russie et la Chine ont aussi mis en garde les États-Unis contre toute tentation militaire, lors d’allocutions devant l’Assemblée de l’ONU, sur laquelle plane cette année le spectre d’une guerre avec la Corée du Nord.

À la tribune de l’ONU, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a estimé que «la négociation» était «la seule solution» et appelé tous les acteurs, Américains et Nord-Coréens en tête, à «se réunir». Plus direct, son homologue russe Sergueï Lavrov a critiqué les menaces martiales américaines tout comme «l’aventurisme de Pyongyang». «L’hystérie militaire mène non seulement à l’impasse mais aussi à la catastrophe», a-t-il prévenu.

Le chef de la diplomatie russe a relancé la proposition de Moscou et Pékin pour un double moratoire: arrêt des expérimentations nord-coréennes mais aussi des exercices militaires américano-sud-coréens. Washington a jusqu’à présent rejeté cette idée. Les États-Unis sont plus favorables à la mise en œuvre de nouvelles sanctions économiques, notamment en fermant les robinets de pétrole et en bloquant les avoirs financiers de la Corée du Nord à l’étranger.

Trump veut de nouvelles sanctions 

Donald Trump a donné son feu vert à d’éventuelles sanctions contre des «personnes et sociétés qui financent et facilitent les échanges» avec la Corée du Nord dans plusieurs domaines dont la construction, l’énergie ou le textile. «Les institutions financières étrangères sont maintenant averties qu’elles doivent choisir entre faire des affaires avec les États-Unis ou avec la Corée du Nord», a précisé Steve Mnuchin, secrétaire américain au Trésor Steve Mnuchin.

À Bruxelles, l’Union européenne a trouvé un accord sur des sanctions supplémentaires interdisant aux entreprises européennes d’exporter du pétrole. «Nous avons quelques indications selon lesquelles il commence à y avoir des pénuries d’essence», mais il faut «du temps» pour que les sanctions marchent, a assuré Rex Tillerson, le secrétaire d’État des États-Unis.

Moon Jae-in, le Président de la Corée du sud, a pour sa part plaidé pour un apaisement des tensions afin d’éviter «un affrontement militaire accidentel». La Corée du Sud ne veut pas «l’effondrement de la Corée du Nord», a-t-il assuré, ajoutant que la communauté internationale doit «riposter de façon plus vigoureuse» en cas de «nouvelles provocations» nord-coréennes.

http://www.leparisien.fr/international/coree-du-nord-kim-jong-un-qualifie-trump-de-mentalement-derange-22-09-2017-7277589.php

 

Sep 21

FACE À LA CRISE NORD-CORÉENNE, UNE RÉFLEXION SUR LA DISSUASION NUCLÉAIRE S’IMPOSE

CoréeLa dissuasion d’aujourd’hui n’est plus seulement celle du fort doté de N têtes nucléaires, face à des acteurs inférieurs. Elle se décline sur au moins cinq modes. 

Dissuasion : le mot n’est plus synonyme systématique de possession de l’arme nucléaire (« force de dissuasion ») mais renvoie à tout un éventail de postures dont l’objectif est de décourager un tiers (adversaire potentiel ou déclaré) d’aller plus loin dans l’escalade, d’entreprendre une action contre ses intérêts, de se mêler de ce qui ne le regarde pas.

La crise coréenne actuelle, les tirades de Donald Trump, le non-dit de l’intimidation russe, les bras de fer récents avec l’Iran, et l’essor des puissances émergentes restent, en partie, liées à la problématique nucléaire. Mais, en réalité, ils la dépassent largement, pour inclure des registres d’action plus variés.

Feu la dissuasion

La dissuasion à l’ancienne, c’est-à-dire à la mode bipolaire, reposait sur la menace de l’apocalypse : la destruction mutuelle assurée (MAD) entre les plus grands, ou des pertes inacceptables au regard de l’objectif poursuivi, pour un grand qui voudrait s’en prendre à un plus petit – le plus petit atteignant ainsi un « seuil de suffisance » qui faisait de l’atome une arme égalisatrice en ce qu’elle devait constituer une assurance vie, y compris contre les adversaires supérieurs.

C’était, entre autres, l’idée des penseurs français de la doctrine nucléaire. Cette dissuasion pouvait soit exclure l’emploi du nucléaire en premier et n’être donc que défensive, soit ne s’adresser qu’aux autres puissances nucléaires (et donc facteur de statu quo), soit ne rien exclure du tout (et ainsi compenser une potentielle infériorité conventionnelle – par exemple Israël, à l’époque, face aux armées arabes voisines).

Les limites de cette dissuasion-là ont été largement commentées, notamment par Raymond Aron <http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Sciences-humaines/Penser-la-guerre-Clausewitz> . Les doctrines de la dissuasion, poussées à l’extrême de l’abstraction par des théories des jeux complexes, étaient peu applicables aux réalités politiques, humaines, sociales, d’une crise internationale grandeur nature. La crise des fusées de Cuba entre les États-Unis et l’URSS, en 1962, a montré – notamment au fil de l’étude magistrale de Graham Allison (Essence of Decision <http://www.oxfordhandbooks.com/view/10.1093/oxfordhb/9780199646135.001.0001/oxfordhb-9780199646135-e-38> , 1971) la subtilité des dynamiques à l’œuvre, le caractère hautement hasardeux des procédures opérationnelles, et la nature aléatoire des choix des acteurs.

Ensuite, à mesure que la prolifération agissait – en plus des cinq permanents du Conseil de Sécurité, l’Inde, le Pakistan, sans doute Israël et bien sûr la Corée du Nord, se sont dotés de l’arme atomique, d’autres ont été tentés ou ont tenté de le faire -, les règles se sont brouillées et l’accident devenait plus envisageable encore. Enfin, les agissements d’acteurs internationaux non étatiques (religieux, terroristes, mafieux…) ont posé la question de l’efficacité de la dissuasion nucléaire étatique face à des adversaires non étatiques, et celle de la crédibilité de l’usage de l’arme atomique par des démocraties contre des sociétés civiles.

Cinq nuances de bluff

Les puissances ont, sans le dire, tiré les leçons de ces évolutions. La dissuasion d’aujourd’hui n’est plus seulement celle du fort doté de n têtes nucléaires, face à des acteurs inférieurs. Elle se décline sur au moins cinq modes : celui du fou, celui du trublion, celui du déterminé, celui du nuisible, et celui du dissuadeur potentiel.

Le fou ne fait pas dans la nuance, et à ce titre reste le plus proche des doctrines anciennes de la riposte massive. Il est illustré aujourd’hui par Kim Jong Un <https://www.letemps.ch/opinions/2017/09/04/kim-jongun-estil-fou-monde-ulcere-bombe-h-1>  et son étrange régime nord-coréen. Promettant l’impensable à quiconque s’opposerait à lui, il dissuade d’abord en entretenant la perception d’une irrationalité totale, capable du pire, imperméable aux discussions raisonnables. Laissant le choix entre l’appeasement coupable et l’engrenage fatal, il crée habilement une sorte de syndrome de Munich permanent.

Il ne reste qu’à espérer qu’il revienne à la raison, ou à engager en premier une difficile guerre préventive.

 Bachar al-Assad <http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111208.OBS6259/syrie-le-president-bachar-al-assad-est-il-fou..html> , certes désormais sous double tutelle russo-iranienne, tente également de se rapprocher de ce profil : la destruction totale est préférable à la défaite, la vie humaine, ni le patrimoine, ni rien d’autre, n’ont aucune valeur, la discussion est vaine.

Le trublion peut se situer sur un registre voisin, mais, encadré par un système politique au pouvoir plus collectif, c’est davantage sa personnalité propre qui pose question. Il suscite à l’extérieur un doute subtil en plusieurs étapes. « Osera-t-il ? ». « S’il ose, quelle est sa réelle marge de manœuvre ? Le système le laissera-t-il faire ? ». « S’il déclenche une guerre – pas forcément nucléaire – son opinion suivra-t-elle ? Restera-t-il au pouvoir ? »

Donald Trump <http://www.liberation.fr/planete/2017/08/16/trump-incontrolable-les-republicains-sans-garde-fou_1590334> , promettant à la fois d’en finir avec Kim Jong Un, Nicolas Maduro et d’autres encore, sans jamais tenir compte de la fragilité des équilibres régionaux, incarne le trublion magnifique, peut-être pas fou, mais si ignorant qu’il en devient dangereux. Les trublions n’ont jamais manqué (de Chavez <http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20130306trib000752538/les-petites-phrases-et-grandes-provocations-du-tribun-hugo-chavez.html>  à Berlusconi), mais ils n’ont pas toujours été belliqueux, et ont rarement eu la puissance de feu des États-Unis.

Le déterminé joue la carte de la dissuasion par le cynisme implacable. Sa réputation n’est pas celle de l’incompétence psychiatrique ou politique, mais au contraire celle d’un esprit brillant (individuel ou collectif), développant une stratégie calculée, qui sera bien mise en œuvre jusqu’au bout, quelles que soient les réactions indignées, qui apparaîtront bien naïves. La Russie – surtout celle de Vladimir Poutine <http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/poutine-ou-la-strategie-du-coup-d-avance_1775572.html> , mais aussi la Chine <http://www.courrierinternational.com/article/strategie-comment-la-chine-etend-son-empire-maritime>  ou Israël <http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/313792/gaza-samedi>  ont montré, à plusieurs reprises, la maîtrise de cette carte.

Leur caractère dissuasif tient à leur capacité à maintenir sur la durée, en dépit des protestations, le fil d’une détermination implacable. Détermination à reconquérir, y compris par le fait accompli, l’influence dans leur voisinage régional (Russie en Ukraine et Géorgie ; Chine en mer de Chine du Sud ; Israël par la colonisation ou les frappes sur le Hezbollah ou le Hamas…). Ils font savoir qu’ils ne reculeront pas, et là réside leur caractère dissuasif. La France a eu ses moments de dissuasion par la détermination, incarnée par une personnalité forte, comme Charles de Gaulle ou François Mitterrand. Jacques Chirac est parti sur ce registre, avec la reprise des essais nucléaires en 1995, tout en tenant compte, finalement, de la contrainte globale à la fin du processus.

Le nuisible s’inscrit davantage dans la stratégie indirecte. Maîtrisant un grand nombre de paramètres régionaux, en grande partie non étatiques et transnationaux, il sait convaincre qu’une action contre lui provoquerait une onde de choc considérable. Comme le déterminé, il avance ses pions, mais en jouant davantage sur des mécanismes de solidarité par le bas (confessionnels, ethniques, linguistiques…), d’autant plus redoutables que chacun sait que s’ils sont aisément déclenchables, ils s’avéreront ensuite très difficile à calmer. L’Iran <http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/jean-francois-bayart-une-capacite-de-nuisance-considerable_482189.html>  incarne ce modèle de dissuasion, en entretenant savamment la conviction qu’une action d’envergure contre lui provoquerait des troubles graves au Liban, peut-être à Bahreïn et ailleurs, des conséquences Irak, au Yémen, en Syrie…

Enfin, le dissuadeur potentiel reste pour l’heure sur le registre du partenaire qui concerte ses partenaires et interlocuteurs, et s’inscrit dans une démarche de sécurité collective. Mais sa force économique, son niveau d’excellence technologique, la compétence de son personnel politique, militaire, diplomatique et autre, ne laissent aucun doute sur le fait qu’il est en mesure de réunir rapidement les conditions d’une véritable force de frappe, appuyée elle-même sur une centralité reconnue dans le système économique et commercial global.

L’Allemagne et le Japon entrent naturellement dans cette catégorie. États du « seuil » en matière nucléaire, disposant d’un budget militaire qui peut encore être augmenté et utilisé avec moins d’autocontrainte en cas de menace urgente, solides sur le plan financier, en pointe au niveau technologique, seule leur volonté politique de ne pas user de ces atouts à mauvais escient, les a jusqu’à présent éloignés d’une logique de dissuasion.

D’autres registres de dissuasion existent sans doute, et se développeront sûrement. Ils imposent une réflexion sur l’avenir de la dissuasion à l’ancienne, qui n’est pas à jeter aux oubliettes de l’histoire, mais doit très certainement être revue et adaptée.

Article de Frédéric Charillon, professeur de science politique, Université Clermont Auvergne

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/face-a-la-crise-nord-coreenne-une-reflexion-sur-la-dissuasion-nucleaire-s-impose-751018.html

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Sep 21

L’ALGÉRIE SIGNE AVEC 50 PAYS LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

AlgérieLe ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, a signé, mercredi à New York, le Traité d’interdiction des armes nucléaires, lors d’une cérémonie officielle organisée à cet effet par le Secrétaire général de l’ONU, en présence de plusieurs Chefs d’États, de  Gouvernements et de ministres des Affaires étrangères des pays membres de  l’ONU, indique un communiqué du ministère.

« Par cette signature, l’Algérie réaffirme, encore une fois, son  attachement à faire du désarmement nucléaire une priorité absolue au plan international, et à l’objectif de l’édification d’un monde plus sûr pour  tous, pour instaurer la paix et la sécurité dans un monde exempt de ces  armes. Elle réaffirme également son attachement au Traité de Pelindaba, érigeant l’Afrique en zone exempte d’armes nucléaires, et à la création  d’une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient, conformément aux résolutions internationales pertinentes à ce sujet »,  précise la même source.

Ce Traité vise à renforcer le régime international actuel de désarmement  nucléaire par l’instauration, dans une première étape, d’une nouvelle norme  juridique internationale rendant les armes nucléaires interdites, et dans  une seconde étape, les éliminer complètement

Le ministère des Affaires étrangères rappelle que « l’Algérie a participé à  la négociation et à l’adoption de ce nouveau Traité », qui constitue la  contribution la plus importante dans l’histoire des efforts internationaux  sur le désarmement nucléaire, engagés depuis la première session  extraordinaire de l’Assemblée Générale de l’ONU de 1978, qui a été  consacrée au désarmement.

Ce Traité vise à renforcer le régime international actuel de désarmement  nucléaire par l’instauration, dans une première étape, d’une nouvelle norme  juridique internationale rendant les armes nucléaires interdites, et dans  une seconde étape, les éliminer complètement.

Ce Traité a été négocié lors de la Conférence des Nations Unies pour la  négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire  les armes nucléaires en vue de leur élimination complète. Cette Conférence  historique a été convoquée par une résolution onusienne adoptée en décembre  2016, sous la présidence algérienne de la première Commission de  l’Assemblée Générale, chargée du désarmement et de la sécurité internationale.

Plus de 50 pays, défiant les Grands, signent un traité interdisant l’arme nucléaire

Une cinquantaine de pays, ont lancé mercredi à l’ONU la signature d’un traité bannissant l’arme atomique, malgré le boycott des puissances nucléaires qui invoquent la menace nord-coréenne pour dénoncer la naïveté du texte.

Le traité, élaboré en quelques mois, a été adopté en juillet par 122 pays. Il entrera en vigueur dès lors qu’il aura été ratifié par 50 d’entre eux, ce qui pourrait prendre des mois.

Même s’il n’aura aucun impact sur les quelque 15.000 têtes nucléaires actuellement stockées dans le monde, le traité marque « une étape importante vers l’objectif universel d’un monde sans armes nucléaires », a affirmé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors de la cérémonie de signature en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, en soulignant « l’inquiétude croissante » face au risque posé par ces armes.

Mais il a reconnu que « la route serait difficile » pour arriver à leur élimination, et qu’elle nécessiterait « dialogue et construction de passerelles ».

Car si les défenseurs du traité qualifiaient mercredi la signature de « journée historique », les neuf puissances nucléaires – États-Unis, Russie, Chine, Inde, Pakistan, Israël, France, Royaume-Uni, Corée du Nord – ont refusé jusqu’ici d’entendre parler d’un texte dont la gestation a coïncidé avec la montée de la crise nord-coréenne.

Une crise qui a fait dire aux États-Unis, à la France et au Royaume-Uni, que les partisans du traité faisaient dans la naïveté face à la gravité de la menace venue de Pyongyang.

Les trois puissances nucléaires occidentales ont même catégoriquement rejeté l’idée de rejoindre a posteriori les signataires du texte, parmi lesquels figurent uniquement deux pays de l’Union européenne, l’Irlande et l’Autriche.

On est loin du discours de l’ex-président américain Barack Obama, qui laissait espérer en 2009 « un engagement de l’Amérique pour la paix et la sécurité d’un monde sans armes nucléaires ».

– Levée de boucliers –

Même le Japon, seul pays à avoir subi une attaque atomique en 1945, a boycotté les pourparlers d’élaboration du traité.

La menace venue de Corée du Nord a d’ailleurs contribué à rouvrir le débat sur le déploiement d’armes nucléaires américaines dans l’archipel nippon, qui a pourtant renoncé à tout déploiement nucléaire depuis 1971.

Mais malgré cette levée de boucliers, le texte pose pour la première fois l’interdiction de développer, stocker ou menacer d’utiliser l’arme nucléaire.

L’une des principales motivations des artisans de ce texte est en effet d’accentuer la pression sur les grandes puissances pour qu’elles reprennent les négociations sur le désarmement, en panne depuis des années.

Les défenseurs du texte font valoir notamment qu’en présentant l’arme atomique comme indispensable pour leur sécurité dans le contexte tendu actuel, les puissances nucléaires donnent du grain à moudre aux pays qui se sentent vulnérables faute de détenir cette arme. Affaiblissant d’autant le Traité de non-prolifération (TNP), qui vise depuis 1968 à empêcher la diffusion de ces armes.

L’autre grande motivation est de ne plus jamais avoir à faire face aux « conséquences humanitaires catastrophiques » d’une conflagration atomique, a expliqué Peter Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge.

Synthèse APS/AFP

https://dia-algerie.com/lalgerie-signe-50-pays-traite-dinterdiction-armes-nucleaires/

Sep 21

ONU : L’IRAN RESPECTE L’ACCORD NUCLÉAIRE MAIS RÉPLIQUERA EN CAS DE VIOLATION

IRANL’Iran respecte l’accord nucléaire de 2015 mais réagira avec « détermination » si ce texte vient à être dénoncé, a prévenu mercredi le président iranien Hassan Rohani devant l’ONU.

« Nous n’avons trompé personne, nous n’avons pas été malhonnêtes » dans l’application de l’accord, mais Téhéran « répliquera avec détermination » à toute violation du texte, a ajouté M. Rohani, alors que les États-Unis menacent de plus en plus de le dénoncer.

« Il serait dommage que l’accord soit détruit par des nouveaux voyous en politique internationale« , a estimé le président iranien, en visant implicitement Donald Trump.

« L’accord appartient à la communauté internationale et pas à un ou deux pays« , a-t-il ajouté.

Le président américain pourrait, mi-octobre, ne pas certifier que l’Iran respecte ses obligations, ce qui ouvrirait la voie à une réinstallation de sanctions pourtant déjà levées dans le cadre de l’accord.

« En violant ses engagements internationaux, la nouvelle administration américaine détruit sa propre crédibilité et sape la confiance internationale à son égard« , a lancé M. Rohani.

Le texte signé le 14 juillet 2015 à Vienne entre Téhéran et six grandes puissances (États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France, Allemagne) après une douzaine d’années d’âpres négociations, prévoit un caractère strictement civil pour le programme nucléaire iranien, en échange de la levée des sanctions.

L’Iran est un pays « qui prône la modération, le respect des droits de l’homme et un engagement constructif dans le monde« , a également affirmé M. Rohani devant l’Assemblée générale de l’ONU, répliquant point par point au président américain Donald Trump qui l’avait accusé la veille d’être un « État voyou« , une « dictature corrompue » semant « le chaos et la violence » dans la région.

Le discours du président Trump est une « rhétorique haineuse » qui « porte atteinte à la confiance internationale« , a riposté M. Rohani.

https://www.ladepeche.fr/article/2017/09/20/2649333-iran-respecte-accord-nucleaire-reagira-cas-violation.html

Sep 21

MORT DE STANISLAV PETROV, UN RUSSE QUI A ÉVITÉ UNE GUERRE NUCLÉAIRE

PétrovUn jour de 1983, ce lieutenant-colonel des forces aériennes soviétiques a pris une décision qui a évité une guerre nucléaire. Il est décédé dans la plus grande discrétion à l’âge de 77 ans.

Notre première histoire est l’occasion de se souvenir d’un homme, un Russe, dont on a appris la mort lundi. Pas grand monde ne le connait et pourtant, on lui doit sans doute beaucoup !

Il est bien possible qu’on soit là, vivants, grâce à ce Stanislav Petrov parce qu’un jour, il y a 34 ans, cet homme a décidé de ne rien faire. C’était le 26 septembre 1983. Nous sommes en pleine guerre froide, le lieutenant-colonel Petrov, des forces aériennes soviétiques, est dans un bunker près de Moscou chargé de surveiller un système d’alerte satellite. Un peu après minuit, soudainement, un écran signale le lancement de missiles depuis les États-Unis vers l’URSS ! Cinq missiles se dirigent sur eux ! Des sirènes retentissent et sur l’écran radar s’affichent en lettres rouge : « START », « lancement ». C’est un peu la panique dans le bureau, Petrov sait qu’il faut très vite évaluer la situation. Si réplique il doit y avoir, le Kremlin doit la lancer dans la demi-heure. Et qui dit réplique, dit guerre nucléaire. Stanislav Petrov racontera plus tard qu’il a eu l’impression, alors, d’être assis sur une poêle bouillante, ses jambes étaient flageolantes. Et ce jour-là, à ce moment-là, Petrov décide donc de ne pas donner l’alerte, de rien faire et d’attendre.

Il aurait dû prévenir ses supérieurs pourtant, c’était le protocole !

Oui mais Petrov a eu un pressentiment, et beaucoup de bon sens finalement. Il s’est dit que si l’Amérique attaquait, ce serait une attaque globale, pas juste cinq missiles. Après quelques minutes il a vu aussi que les radars au sol ne confirmaient pas la présence de ces missiles. Il a donc parié sur un bug technologique, et a prié pour avoir raison ! Et il avait raison. Ce que les satellites soviétiques avaient pris pour un lancement de missiles était juste un reflet sur les nuages.

Il a évité une guerre nucléaire ! C’est un héros qui vient de mourir !

Oui mais pendant très longtemps, personne n’a rien su de cet épisode, secret défense. Il y avait eu une grosse défaillance du système, donc pas question de reconnaître que quelqu’un, dans le lot, avait bien agi. Ce n’est que bien après la chute du Mur, en 1998, que l’histoire de cette nuit de tous les dangers a été racontée, d’abord dans la presse allemande. Stanislav Petrov vivait de sa retraite militaire dans un petit appartement près de Moscou. Il y a quelques jours, un de ses amis allemands l’a appelé pour lui fêter son anniversaire. C’est comme ça qu’on a su que l’homme qui a sauvé le monde était mort, en mai dernier, à 77 ans, dans la plus grande discrétion…

Article rédigé par Sophie LARMOYER

La suite de l’article ne concerne plus le nucléaire. Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.europe1.fr/emissions/le-journal-du-monde/mort-de-stanislav-petrov-un-russe-qui-a-evite-une-guerre-nucleaire-3441587

Sep 21

RÉACTEUR EPR DE FLAMANVILLE: PLUS DE 13.000 COMMENTAIRES PUBLICS

Cuve EPRLa cuve défectueuse du réacteur EPR de Flamanville (Manche) a fait l’objet de 13.833 commentaires lors d’une consultation publique, a annoncé mercredi l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

« On a des commentaires – un petit nombre – où les gens posent des questions sur les alliages, des questions techniques, ça peut donner lieu à des compléments d’informations ciblés« , a précisé Eric Zelnio responsable « réacteurs » de l’antenne normande de l’ASN, lors d’une conférence de presse à Caen.

Cette consultation, qui a eu lieu du 10 juillet au 12 septembre, portait sur le « projet d’avis » du gendarme du nucléaire sur cette pièce majeure de l’EPR sur laquelle des anomalies ont été annoncées en 2015, a ajouté Hélène Héron, cheffe de cette antenne.

Dans ce projet d’avis publié le 28 juin, l’ASN valide la cuve à condition qu’EDF, maître d’œuvre du chantier, change son couvercle d’ici à 2024. Le réacteur de 3e génération doit démarrer officiellement fin 2018 puis être raccordé au réseau au deuxième trimestre 2019.

L’avis définitif de l’ASN doit être rendu « d’ici à la fin 2017« , a précisé mercredi Mme Héron. « On avait annoncé octobre » mais « les retours de la consultation ont été peut-être plus nombreux que ce qui avait été envisagé », a-t-elle ajouté.

Le gendarme du nucléaire publiera alors « une note de synthèse expliquant la teneur de ce qu’elle a retiré des différentes consultations aussi bien du public que du conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT) ».

Selon un communiqué de l’association Robin des bois diffusé mercredi, une proposition de reporter à 2031 au lieu de 2024 le changement du couvercle de la cuve a été repoussée mardi lors d’une réunion du CSPRT, de l’ASN et des industriels.

Vendredi, le directeur exécutif d’EDF Xavier Ursat avait assuré que l’industriel travaillait à des propositions « de nature à permettre de revenir sur sa décision de remplacement du couvercle ».

« Actuellement on n’a pas énormément de connaissances précises sur des propositions fermes d’EDF », a toutefois indiqué mercredi M. Zelnio, « il est bien trop tôt pour dire quelle qualité et quelle confiance on peut accorder à ces propositions supplémentaires ».

Depuis son lancement en 2007, ce chantier, qu’EDF présente toujours comme une vitrine pour vendre des EPR à l’étranger, a connu de nombreux déboires. Son coût a plus que triplé, à 10,5 milliards d’euros. Il devait initialement démarrer en 2012.

https://www.romandie.com/news/Reacteur-EPR-de-Flamanville-plus-de-13-000-commentaires-publics/834695.rom

Sep 20

À BURE, SOUS UNE INSUPPORTABLE PRESSION POLICIÈRE, LES GENDARMES ONT PERQUISITIONNÉ

Bure 2Ce mercredi 20 septembre, la gendarmerie a perquisitionné plusieurs lieux à Bure (Meuse) et dans ses environs habités par des opposants au projet de poubelle nucléaire. Pour plusieurs habitants, cette opération est le « point d’orgue d’une pression policière diffuse et permanente ». Témoignages. Des rassemblements de soutien sont organisés dans toute la France.

La Maison de résistance à la poubelle nucléaire, à Bure (Meuse), lieu de rencontre et de réunion pour les opposants au projet Cigéo, a été perquisitionnée pour la première fois ce mercredi 20 septembre, de 6 h à 15 h environ. Achetée en 2005 par des antinucléaires de France et d’Allemagne regroupés au sein de l’association Bure Zone Libre (BZL), cette ancienne ferme accueille aujourd’hui des militants de tous horizons, de manière ponctuelle ou plus permanente. « Perquisitionner la Maison de résistance, c’est très symbolique : ils ont sorti le grand jeu », note Joël, habitant de Mandres et opposant au projet de poubelle nucléaire.

Pendant près de dix heures, les gendarmes ont ainsi fouillé toutes les pièces de la bâtisse, et saisi de très nombreux objets. « Ils n’avaient pas assez de pochettes pour la mise sous scellés, ils ont dû en faire venir d’autres, raconte Joël. Et ils sont venus avec l’équivalent d’un camion de déménagement, comme pour vider la Maison. »

C’est aux environs de 6 h 20 du matin que les gendarmes ont commencé les perquisitions de la Maison de résistance, à Bure, et le terrain de la gare de Luméville, ainsi qu’un domicile situé à Commercy. Ils se sont également rendus dans un appartement de Mandres-en-Barrois, et près de Verdun. Ces lieux sont habités par des personnes opposées à l’enfouissement de déchets nucléaires à Bure. Porté par l’Andra (l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), ce projet a été baptisé Cigéo, pour centre industriel de stockage géologique.

Les forces de l’ordre ont justifié leur entrée à la Maison de résistance par la commission rogatoire d’un juge d’instruction, dans le cadre de l’enquête relative à l’action menée contre l’hôtel-restaurant du laboratoire de l’Andra en juin dernier. D’après le site VMC.Camp, alimenté par des militants sur place, « les gendarmes étaient une quarantaine et leur intrusion s’est faite de façon violente : équipés d’un pied-de-biche, ils ont cassé la porte d’entrée et, semble-t-il, également des vitres de caravane ».

À la gare, une quinzaine de gendarmes étaient en action, accompagnés du procureur et de chiens antidrogue. Ils sont entrés avec un ordre de la commission rogatoire pour les stupéfiants. À Commercy, ils sont arrivés également vers 6 h et ont saisi un ordinateur, un disque dur et un téléphone portable. Pendant ce temps, des barrages et des contrôles étaient mis en place à Ribeaucourt et à Mandres.

« Les gens ici sont épuisés, ils ont peur » 

Pour le réseau Sortir du nucléaire, « cette perquisition fait suite à plusieurs mois de harcèlement policier permanent dans les villages autour de Bure, avec des rondes incessantes de véhicules de gendarmerie et d’hélicoptères et des contrôles d’identité plusieurs fois par jour visant aussi bien des militants que des agriculteurs ». Dans un communiqué, le réseau dénonce « ces méthodes inacceptables et cette escalade dans la stratégie de la tension » : « Il est honteux que l’État s’acharne sur les opposants plutôt que d’abandonner ce projet dangereux et imposé, qui met en danger les générations futures et actuelles. » Il appelle à des rassemblements de soutien devant les préfectures (voir plus bas la liste des rassemblements).

D’après un habitant de Mandres, opposant au projet Cigéo joint par Reporterre, « c’est la première fois qu’on voit une opération d’une telle ampleur à Bure ». Pour lui, c’est le « point d’orgue d’une pression policière diffuse et permanente » : « Les gendarmes circulent quotidiennement dans les rues des villages, filment, menacent, contrôlent de manière intempestive… ils font monter la tension pour décourager, faire peur ou pousser au débordement, mais tout ce qu’ils vont gagner, c’est un regain de la mobilisation ! »

Joint également par Reporterre, Michel Labat, habitant de Mandres, se dit révolté : « C’est incroyable, autant de flics partout. Aujourd’hui, il n’y a plus d’opposition : dès qu’on fait quelque chose, on nous envoie les gendarmes. Et puis, ils nous insultent régulièrement, nous menacent, c’est un tel manque de respect. Les gens ici sont épuisés, ils ont peur. »

Pour Jean-François Bodenreider, habitant à Bonnet et président de l’association les Habitants vigilants de Gondrecourt, « ces perquisitions sont un moyen de déstabiliser la lutte, de focaliser sur autre chose. Alors que nous pointons les dangers de Cigéo, eux mènent des opérations disciplinaires, présentent les opposants comme des drogués ou des criminels, pour que l’on ne parle pas du fond des problèmes. Ils ne savent pas quoi dire ni comment se défendre sur le nucléaire, donc ils parlent d’autre chose. »

« Ils nous poussent à bout pour qu’on commette des actes irréparables » 

Ce kiné, établi à Gondrecourt depuis 25 ans, a vécu dimanche 17 septembre, une de ces nombreuses provocations policières. Il était dans son jardin quand un 4×4 noir s’est garé devant sa maison. « Je me suis approché, le passager avant avait sorti son téléphone pour prendre des photos, raconte-t-il. Il m’a dit qu’il était à la recherche de maisons dans le coin pour acheter. Je lui ai demandé de partir, car notre maison n’est pas à vendre, et le ton a commencé à monter. Tout à coup, un des passagers arrière s’est exclamé : démarre, il a un marteau ! » Le fils de M. Bodenreider, Léonard, étudiant en médecine, qui rangeait des affaires de camping dans le garage familial, a — « par peur pour son père et sous le coup de la colère » — envoyé un marteau en caoutchouc vers le véhicule.

Quelques instants plus tard, la famille, choquée, a vu débarquer les passagers du 4×4, qui se sont révélés être des gendarmes mobiles. Ces derniers ont menotté et emmené Léonard. Les époux se sont ensuite rendus au poste de police à Gondrecourt, où ils ont patienté avant d’être entendus comme témoins. « Les gendarmes mobiles parlaient de tentative d’homicide involontaire, mais les gendarmes locaux, qui nous connaissent et ne cherchent pas l’escalade, ont finalement poussé pour que notre fils soit libéré le soir même », explique Jean-François Bodenreider. Léonard ne sera finalement que convoqué au tribunal pour atteinte aux biens, le marteau ayant légèrement rayé la voiture.

« Après coup, je me dis que si j’ai réagi comme ça, c’est que j’étais à cran, analyse le kiné. Je ne vis pas forcément les pressions au quotidien, pas comme les habitants de Mandres, qui sont contrôlés jusqu’à huit fois par jour, mais cette tension entretenue par les gendarmes mobiles nous atteint tous ». Lui, qui se qualifie comme un « modéré » dans la lutte, en est aujourd’hui certain : « Ils nous poussent à bout pour qu’on commette des actes irréparables. »

« Une fois qu’on a été identifié comme opposant, on fait l’objet d’une présomption de culpabilité » 

Joël, l’opposant au projet Cigéo, a quant à lui revécu ce mercredi matin le triste film de son assignation à résidence lors de la COP21. « Une dizaine de gendarmes ont sonné chez l’ami qui me logeait, à Commercy, à 6 h du matin, témoigne-t-il. Ils ont tout fouillé pendant une heure, l’un d’eux avait un taser à la main, et sont repartis avec des tracts, mon ordinateur et mon téléphone. » Question bonus, posée par les forces de l’ordre avant de partir : « Est-ce que vous avez par ailleurs quelque chose à déclarer à propos de Bure ? »

Comme dans les autres lieux perquisitionnés — dont l’appartement de Joël à Mandres —, les gendarmes ont indiqué qu’ils agissaient dans le cadre de l’enquête sur le saccage de l’hôtel-restaurant du laboratoire de l’Andra en juin dernier. Sauf que Joël était en vacances en Grèce à ce moment-là : « Une fois qu’on a été identifié comme opposant, pour ma part depuis la COP21, on fait l’objet d’une présomption de culpabilité », s’indigne-t-il.

Pour Joël, c’est la preuve que l’opération de ce mercredi ne visait pas uniquement à déterminer les responsabilités dans l’action menée cet été : « Ils créent une tension permanente, pour faire craquer les gens », observe-t-il.

DES RASSEMBLEMENTS DE SOUTIEN EN FRANCE CE MERCREDI

  • Rassemblement de soutien organisé à Paris à 18h, appel à rassemblement au marché aux fleurs, métro Cité, à 18h. En solidarité également avec les camarades en procès de la voiture brûlée.
  • Rassemblement de soutien organisé devant la Préfecture de Bar-le-Duc à 17h30
  • Rassemblement à Nantes, rdv 18h à Commerce dans le cadre du Front social.
  • Rassemblement à Grenoble, 17h30, au pied de la tour Perret, parc Paul Mistral, par le comité local de soutien contre les GPII. Assorti de ce message « Bon courage à vous, plein d’amour. Nik la BAC ».
  • Rassemblement à Nancy place Stanislas à 18h.
  • Rassemblement à Angers, 18h, devant la Préfecture d’Angers.
  • Rassemblement à Épinal, 18h, devant la Préfecture.
  • Rassemblement à Colmar, 18h, devant la Préfecture, Champ-de-Mars.
  • Rassemblement à Dijon, 18h, devant la Préfecture. Événement ici.
  • Rassemblement en cours d’organisation en Alsace, on vous tient au courant dès que possible.
  • Rassemblement en cours d’organisation à Reims, idem.
  • Une conférence de presse commune du mouvement de résistance se tiendra jeudi 21 septembre à 11h à la Maison de résistance à la poubelle nucléaire, à Bure.

https://reporterre.net/A-Bure-sous-insupportable-pression-policiere-les-gendarmes-ont-perquisitionne

Sep 20

TENSIONS À L’ONU AUTOUR DE L’ACCORD NUCLÉAIRE IRANIEN

IranHassan Rohani doit s’exprimer devant l’Assemblée générale des Nations unies, au lendemain d’un discours virulent de Donald Trump envers Téhéran.

Mercredi, l’Iran défend sa cause à l’ONU face aux États-Unis, tentés par une remise en cause de l’accord nucléaire conclu avec Téhéran sous l’ère Obama, au risque d’une nouvelle crise au moment où le monde tente d’empêcher la Corée du Nord d’acquérir l’arme atomique. Le bras de fer est au menu d’une réunion à New York des pays signataires du texte historique de 2015, qui donnera lieu à la première rencontre entre le secrétaire d’État américain Rex Tillerson et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif depuis le changement d’administration américaine en janvier. Quant au président iranien Hassan Rohani, il doit, lui, s’exprimer devant l’Assemblée générale des Nations unies, au lendemain d’un discours virulent de Donald Trump envers Téhéran. L’Iran est un « État voyou » qui déstabilise le Moyen-Orient en exportant « la violence, le bain de sang et le chaos », a fustigé le président américain. Un « discours haineux et ignorant », a répliqué le chef de la diplomatie iranienne. Au-delà des attaques verbales entre deux pays qui ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980, c’est le sort de l’accord conclu par les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne) avec Téhéran, au bout d’années de tractations difficiles, qui est en jeu.

Certification

Le président Trump doit en effet « certifier » d’ici à la mi-octobre auprès du Congrès que Téhéran respecte bien ses engagements censés garantir la nature exclusivement pacifique de son programme nucléaire. Une non-certification ouvrirait une période de flottement de deux mois au cours de laquelle les parlementaires américains pourraient réimposer des sanctions pourtant levées dans le cadre de l’accord. Or, son discours de mardi à l’ONU laisse penser qu’il est tenté de « déchirer » ce texte, comme il l’avait promis durant sa campagne pour la Maison-Blanche. L’accord est l’un des « pires » jamais conclus par Washington, c’est « un embarras », a-t-il lancé devant les dirigeants du monde entier. « Je ne pense pas que vous ayez fini d’en entendre parler », a-t-il ajouté, sibyllin. Les États-Unis ne resteront dans l’accord que si des « changements » sont « introduits », car le texte « doit vraiment être revisité », a même déclaré Rex Tillerson. Un retour des sanctions, casus belli pour Téhéran, risque de faire voler en éclats un pacte bâti sur leur levée progressive en échange de l’engagement iranien de ne pas se doter de l’arme atomique. Hormis le soutien d’Israël, les États-Unis sont isolés, d’autant que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargée de vérifier le respect des engagements iraniens, a sans cesse validé leur attitude depuis la conclusion de l’accord en juillet 2015. L’Iran défend bec et ongles ce texte et refuse toute renégociation. Il est soutenu en cela par les Européens et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. C’est « un accord utile, essentiel à la paix », a martelé mardi le président français Emmanuel Macron. Le dénoncer « serait une lourde erreur, ne pas le respecter serait irresponsable », a-t-il ajouté, résumant la position des autres capitales européennes.

Pyongyang « observe de près »

Pour tenter de le sauver, la France a mis sur la table la possibilité d’apporter un « complément » pour l’après-2025, date à laquelle tomberont certaines restrictions imposées par l’accord. Les Américains pensent en effet que « le défaut le plus flagrant » du texte est qu’il « ne fait que remettre le problème à plus tard », selon Rex Tillerson. Les Européens essayent aussi de convaincre Washington de ne pas mélanger la politique nucléaire iranienne avec ses autres griefs à l’égard de l’Iran, comme son programme balistique et la « déstabilisation » de la région (en Syrie, au Liban, au Yémen). Plusieurs diplomates s’inquiètent en outre des répercussions négatives d’une volte-face américaine sur l’Iran, alors que la communauté internationale espère encore faire revenir Pyongyang à la table des négociations. « Si les États-Unis ne respectent pas leurs engagements et bafouent cet accord, cela se traduira par une perte de confiance des États envers les États-Unis », a prédit le président iranien Hassan Rohani. Selon Stewart Patrick, chercheur au Council on Foreign Relations, « les Nord-Coréens observent de près comment est traité l’Iran », pour voir « quel serait leur propre sort s’ils devaient un jour accepter de renoncer à leurs armes nucléaires ». Behnam Ben Taleblu, du groupe de pression conservateur Foundation for Defense of Democracies, très critique envers l’accord iranien, pense au contraire qu’une « ligne dure contre Téhéran » renforcerait la « crédibilité des États-Unis » et les placerait en position de force lors d’éventuelles futures négociations avec la Corée du Nord. En plus de l’Iran, le Premier ministre japonais Shinzo Abe et la Britannique Theresa May prononceront aussi des discours mercredi lors de la deuxième journée de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU.

http://www.lepoint.fr/monde/l-iran-defend-sa-cause-a-l-onu-20-09-2017-2158332_24.php#section-commentaires

Sep 20

NUCLÉAIRE : EDF RENONCE À ÊTRE COMPÉTITIF FACE AUX ÉNERGIES VERTES

EDFLa chute des coûts dans le solaire et l’éolien amène le groupe public à revoir ses objectifs.

Dans quelle mesure les nouvelles centrales nucléaires peuvent-elles être compétitives ? EDF est en train de changer de discours sur le sujet. Sans le clamer officiellement, les dirigeants de l’entreprise estiment dorénavant difficile, voire impossible, que les futurs réacteurs nucléaires produisent des électrons à un coût plus faible que les nouvelles centrales éoliennes ou solaires. Ce qui n’empêche pas le groupe de défendre toujours bec et ongles l’intérêt d’investir dans le nucléaire, en particulier dans l’EPR, son nouveau modèle.

Pendant longtemps, l’entreprise publique, chef de file français de la filière atomique, affirmait que le nucléaire était et resterait durablement l’énergie la moins coûteuse. En janvier, Xavier Ursat, patron du nouveau nucléaire chez EDF, ­répétait encore ce mantra. Selon lui, l’« EPR nouveau modèle » en préparation chez EDF et Areva, optimisé par rapport aux réacteurs en chantier en Chine, en Finlande et à Flamanville (Manche), avait en la matière un objectif précis : « Qu’il coûte moins cher en euros par kilowattheure que la moins chère des énergies renouvelables installée au même ­endroit à cette époque-là. »

Revenant sur le sujet mardi 19 septembre à l’occasion d’une rencontre avec la presse, M. Ursat a refusé de répéter cette formule, et mis en avant un autre objectif, moins ambitieux. Le nouvel EPR, a-t-il expliqué, doit être « compétitif par rapport aux énergies fossiles », comme le charbon ou surtout le gaz. L’idée de produire une électricité meilleur marché que les énergies renouvelables a clairement disparu.

Changement de discours

Le groupe EDF a-t-il renoncé à ce que ses futures centrales nucléaires soient compétitives par rapport à l’ensemble des énergies possibles ? Interrogé, le PDG, Jean-Bernard Lévy, s’est refusé mardi à prononcer le mot « renoncer » ou « abandonner ». À ses yeux, le nucléaire et les énergies renouvelables ne doivent pas être opposés, car ils ne sont pas en concurrence directe : le nucléaire peut fournir du courant en permanence, nuit et jour, alors que le soleil ou le vent ne sont disponibles que de façon intermittente. Tant qu’il n’est pas possible de stocker l’électricité à un coût non-prohibitif, un pays ne peut pas se reposer uniquement sur les panneaux solaires ou les éoliennes. Il doit disposer d’autres sources d’énergie. Et en l’occurrence, « le choix est entre les fossiles et le nucléaire », souligne M. Lévy.

Ce changement de discours qu’EDF peine à assumer n’est pas illogique. Il s’explique par les évolutions contraires des coûts du nucléaire et des énergies « vertes ». Côté nucléaire, les nouvelles centrales sont soumises à des contraintes techniques de plus en plus lourdes, pour éviter de nouveaux accidents comme Tchernobyl ou Fukushima. Ce renforcement de la sûreté se traduit par des coûts de plus en plus élevés. Les énormes difficultés rencontrées sur les chantiers des premiers EPR en Finlande et en France, et les dérives financières qu’elles ont entraînées, ont aussi obligé EDF à relever ses estimations de coûts.

Le solaire et l’éolien reviennent de moins en moins cher

Côté solaire et éolien, le mouvement est inverse. Ces énergies reviennent de moins en moins cher au fur et à mesure que les technologies s’améliorent, et que les filières industrielles montent en puissance. La baisse des prix est spectaculaire. Le dernier appel d’offres lancé par la Grande-Bretagne pour installer des éoliennes en mer l’a montré de façon très nette, le 11 septembre. Deux des projets retenus affichent un prix de 57,5 livres par MWh, soit environ 63 euros, du jamais-vu en la matière.

Ces projets, qui commenceront à produire de l’électricité d’ici à 2023, « sont désormais 50 % moins chers que lors de la première enchère tenue en 2015 », a souligné le ministère britannique de l’énergie. À ce prix, les nouveaux champs éoliens britanniques nécessitent moins de subventions que l’énorme centrale nucléaire que doivent construire EDF et son partenaire chinois à Hinkley Point : le prix d’achat de l’électricité produite par la centrale, garanti à EDF par le gouvernement britannique pendant trente-cinq ans, s’élève à 92,5 livres par MWh (104 euros actuels).

Article rédigé par Denis Cosnard

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/09/19/nucleaire-edf-renonce-a-etre-competitif-face-aux-energies-vertes_5187897_3234.html

Sep 20

ALERTE – PERQUISITIONS EN COURS A LA MAISON DE BURE, LA GARE ET UN APPART !

BureDepuis environ 6h20 du matin les flics sont en train de perquisitionner la Maison de Résistance & le terrain de la Gare de Luméville, ainsi qu’un domicile situé à Commercy.

À la Maison de résistance, ils ont justifié leur entrée par la commission rogatoire d’un juge d’instruction, relativement à l’action visant l’hôtel-restaurant du laboratoire de l’Andra en juin dernier. Ils sont actuellement une quarantaine.

Ils sont rentrés dans la Maison au pied de biche, ont pété la porte d’entrée, et apparemment également des vitres de caravane. Ont relevé l’identité des gens présent. Ils sont en train de fouiller les placards avec un chien actuellement. Ils ont forcé les camions garés sur le terrain, ainsi que les caravanes.

À la Gare, il y a une quinzaine de gendarme, le procureur, une équipe avec des chiens anti-drogue. Ils sont en train de fouiller la Gare. Ils ont auditionné deux personnes pour la perquis’. Ils sont rentrés avec un ordre de la commission rogatoire pour les stupéfiants !! Pour l’instant ils auraient saisi, sur place, une paire de menottes cassées…

À Commercy, ils sont arrivés également à 6h et ont saisi un ordinateur, un disque dur et un téléphone portable.

À Mandres, ils ont perquisitionné un appartement et saisi des livres d’autodéfense juridique et le manuel « Face à la police, face à la justice »: de bien belles pièces à conviction pour justifier une opération foireuse.

Des barrages et des contrôles sont mis en place à Ribeaucourt, Mandres.

Nous actualisons l’information dès que nous pouvons en dire plus.

C’est un scandale absolu qui montre à quel point la Préf et l’État sont engagés dans une stratégie de la tension à Bure visant non seulement les militants mais toute la population. Il y a quelques jours, un jeune du coin, 18 ans, a été arrêté et menotté à Bonnet par une patrouille en civil du PSIG puis auditionné pour « violences volontaires » envers les forces de l’ordre, tout ça pour avoir réagi au harcèlement quotidien dont les gens sont victimes.

ACTUALISATION À 08H30

Plusieurs personnes auditionnées dans la rue autour de BZL, et dans la maison. Une personne a priori dans un camion de GM, soit auditionnée soit interpellée. Un gros camion blanc vient d’arriver près de la Maison. « On dirait qu’ils veulent vider toute la maison » témoigne une habitante. Les flics sont en ce moment dans l’atelier et dans le bureau et récupèrent tout ce qui les intéresse pour justifier leur opération absurde.

Un autre domicile privé a été perquisitionné à 6h du matin au nord de la Meuse, également au nom de l’affaire de l’hôtel-restaurant. Des téléphones portables et des ordinateurs ont été embarqués, des questions posées sur la vie personnelle et familiale de la personne.

Sur place à BZL, le commandant Bruno Dubois, le procureur de Bar-le-Duc…

ACTUALISATION À 10H30

Les opérations se poursuivent à la Maison de Résistance. Une personne a été interpellée et embarquée à Bure, a priori pour une vérification d’identité, car elle n’avait pas ses papiers.

La perquisition est sur le point de se terminer à la Gare de Luméville, elle est également terminée a priori dans les 3 domiciles ciblés dont nous avons été informé.

Lien vers le communiqué de soutien du réseau Sortir du Nucléaire.

Plus d’informations, d’analyses et de témoignages suivront dans la journée. Cette vague de perquisition est une provocation supplémentaire pour essayer de pousser à bout l’opposition à la poubelle nucléaire, diviser, isoler, comme d’habitude. La Préfecture, l’Andra, l’Etat tentent par tous les moyens, à grands renforts de répression et d’opérations massives, d’escamoter la faillite technique, économique, sociale du projet CIGEO, étrillé dans les mois derniers sur le terrain, dans les prétoires, et les rapports techniques. Encore une fois, gageons que son effet – même s’il est très difficile à vivre sur le moment, que cela nous fatigue et nous fait sentir fragiles – sera l’inverse : renforcer notre mouvement de vie et de lutte d’une solidarité qui tient chaud et dont tout le monde a bien besoin dans des moments comme ceux là ; et acculer toujours plus l’Andra à une fuite en avant éperdue et dérisoire, jusqu’à ce qu’elle s’enfouisse dans son propre trou.

==> Nous appelons dés aujourd’hui et dans les jours à venir, en fin de journée à partir de 17h30, à des rassemblements de soutien partout en France devant les Préfectures, de la part de toutes celles et ceux qui portent Bure en elles et eux, qui se sentent touché-e-s par ce qui se trame par chez nous !!

https://vmc.camp/

Sep 19

CINQ CHOSES À SAVOIR SUR LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

traitéCe traité, approuvé par 122 États le 7 juillet, est ouvert à ratification à partir de mercredi. Quelles sont ses caractéristiques ? Comment les États se positionnent-ils à son égard ? Quelle peut être sa portée ?
Le traité d’interdiction des armes nucléaires <http://data.grip.org/20170706_TIAN.pdf>  sera ouvert à ratification à compter de mercredi 20 septembre. La cérémonie de signature se déroulera pendant la 72ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. Le 7 juillet, 122 pays avaient signé ce traité, dont la mise en application interviendra après que 50 États l’auront ratifié. Quelles sont les caractéristiques de ce traité ? Comment les États se positionnent-ils à son égard ? Quelle peut être sa portée ? Réponse en cinq points

Qui est à l’origine de ce traité ?

L’initiative du traité a été portée par un consortium d’ONG rassemblées dans la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons, ICAN). Celle-ci a été lancée en 2007. Elle regroupait en 2015 : 424 organisations non gouvernementales partenaires dans 95 pays (dont 56 en France). La première session d’une conférence de négociation aux Nations unies s’est déroulée du 27 au 31 mars ; elle a été suivie d’une deuxième, du 15 juin au 7 juillet, aboutissant au traité.

Que dit ce traité et quelle est son importance ?

Contrairement aux armes biologiques et chimiques, les armes nucléaires n’étaient pas encore interdites.

Dans son article 1, le traité dit qu’il sera interdit « en toutes circonstances de développer, tester, produire, fabriquer, acquérir, posséder ou stocker des armes nucléaires ou d’autres dispositifs nucléaires explosifs ».

De plus, ce traité reconnaît que la menace d’employer ces armes – la politique de dissuasion – est aussi interdite.
« Le mot historique peut être utilisé pour expliquer l’importance de ce nouvel instrument de droit international », considère Jean-Marie Collin, vice-président d’Initiatives pour le désarmement nucléaire et membre d’ICAN France (http://icanfrance.org)

Pour les détracteurs du traité, en revanche, il a plutôt une portée symbolique, en raison de l’importance du stock mondial d’armes nucléaires et de la position des grandes puissances nucléaires.

Quelle est la position des États à propos de ce traité, et notamment de ceux qui sont dotés d’armes nucléaires ?

Parmi les États qui ont été en pointe pour défendre ce traité figurent l’Autriche, le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud, la Suède, l’Irlande et la Nouvelle-Zélande.

En revanche, tous les États détenant des armes nucléaires (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine, France, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël) ont adopté une position commune, rejetant les résultats des négociations concernant le traité.

Ces puissances nucléaires, qui n’ont pas participé à ce processus de négociation, le jugent irréaliste <http://abonnes.lemonde.fr/international/article/2017/07/07/l-onu-adopte-un-traite-bannissant-l-arme-atomique-boude-par-les-États-nucleaires_5157560_3210.html> , estimant qu’il n’aura aucun impact sur la réduction du stock mondial. La France, les États-Unis et le Royaume-Uni ont estimé, dans un communiqué commun, que ce texte « méprise clairement les réalités de l’environnement sécuritaire international ».

Pour mémoire, selon un rapport du Sénat, « début 2016, neuf États possédaient environ 15 395 armes nucléaires ».

Même le Japon, seul pays à avoir connu une attaque atomique en 1945, a boycotté les négociations, ainsi que la plupart des pays de l’OTAN.

Pourquoi la France s’oppose-t-elle à ce traité ?

Pour la diplomatie française, ce traité est « inadapté au contexte sécuritaire international, caractérisé par des tensions croissantes et la prolifération des armes de destruction massive, dont témoigne notamment la menace nucléaire nord-coréenne », rapporte le site Opex360 < http://www.opex360.com/2017/07/08/sans-surprise-la-france-ne-signera-pas-le-traite-interdisant-les-armes-nucleaires-adopte-aux-nations-unies/ > , spécialisé en questions militaires, citant le Quai d’Orsay.

Pour le gouvernement français, la France, « n’entend pas adhérer » à ce traité, qui « ne nous lie pas et ne crée pas de nouvelles obligations ». Pour Paris, la « politique de sécurité et de défense de la France […] repose sur la dissuasion nucléaire ». Et, ajoute le Quai d’Orsay, « le contexte international n’autorise aucune faiblesse »

Quelles sont les prochaines étapes en ce qui concerne ce traité ?

Le traité est ouvert à la signature à compter du 20 septembre. Les chefs d’État et de gouvernement présents à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) pourront ainsi signer ce document lors d’une cérémonie officielle.

Dans chaque pays, le traité devra ensuite être approuvé sous forme de loi par le Parlement, ce qui permettra le dépôt des instruments de ratification à l’ONU auprès du secrétaire général, dépositaire du texte.

Le traité entrera en vigueur quatre-vingt-dix jours après le dépôt du cinquantième instrument de ratification. Ce qui peut laisser augurer une entrée en vigueur au plus tard d’ici à mai 2018, selon Jean-Marie Collin.

Les puissances nucléaires font toutefois valoir que leur arsenal sert de dissuasion contre une éventuelle attaque nucléaire et rappellent qu’elles restent engagées par le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) de 1968. Celui-ci rend notamment les États responsables de la réduction de leurs stocks.

La Corée du Nord a, de son côté, accéléré son programme d’armement nucléaire et balistique en dépit du TNP. L’essai récent d’une bombe thermonucléaire ne va pas dans le bon sens. Les puissances nucléaires ne semblent pas prêtes à désarmer. 

Article rédigé par Édouard Pflimlin  

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/09/19/cinq-choses-a-savoir-sur-le-traite-d-interdiction-des-armes-nucleaires_5187829_4355770.html

Sep 19

ANOMALIES DU CREUSOT: L’ASN DEMANDE À EDF D’ÉTENDRE SES VÉRIFICATIONS

Anomalies creusotL’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé mardi à EDF d’étendre à de nouveaux composants ses vérifications liées aux anomalies dans les dossiers de fabrication de l’usine d’Areva au Creusot.

Les vérifications demandées à EDF sur l’ensemble des 58 réacteurs du parc nucléaire français devront s’étendre « sur le champ (…) aux composants moulés (et pas seulement forgés) ainsi qu’aux autres composants importants – mais non nucléaires – fabriqués sur les sites du Creusot et aujourd’hui installés sur des réacteurs en fonctionnement« , a indiqué l’ASN dans une note d’information publiée mardi sur son site internet.

Cette décision est « sans surprise pour nous« , a commenté Dominique Minière, directeur exécutif d’EDF en charge du parc nucléaire et thermique, lors d’une rencontre avec la presse. « Nous ne modifions pas nos fourchettes de production (d’électricité nucléaire) pour cette année« , a-t-il ajouté.

Jusqu’ici, EDF a déjà vérifié et transmis à l’ASN douze dossiers de synthèses sur les éléments forgés, chacun concernant un réacteur.

La semaine dernière, l’électricien a affirmé qu’aucun problème de sûreté n’avait été détecté, même si ces dossiers ont concerné 309 composants et ont mis en évidence « 471 fiches d’anomalies » (pièce non conforme à une exigence contractuelle ou réglementaire) et « 130 fiches de non-conformité » (non-respect d’une exigence interne du fabricant).

L’ASN « analyse les bilans transmis par EDF » sur ces douze réacteurs, précise-t-elle dans sa note, ajoutant attendre « le bilan de la revue des dossiers » concernant les autres réacteurs du parc « au plus tard deux mois avant (leur) redémarrage prévu à la suite de leur arrêt pour renouvellement du combustible« .

Cette longue procédure de l’ASN autour de l’usine Creusot Forge d’Areva a été déclenchée en 2014, après la détection d’une anomalie sur la cuve de l’EPR de Flamanville. Après un audit, Areva a mis en évidence des irrégularités dans certains dossiers de fabrication du site.

Outre une revue de tous les composants forgés et moulés venant du Creusot, ces anomalies documentaires, par ailleurs objet d’une enquête judiciaire, ont notamment conduit EDF à arrêter le réacteur 2 de la centrale de Fessenheim.

Le dossier concernant ce réacteur est en cours d’instruction auprès de l’ASN.

(©AFP / 19 septembre 2017 11h26)

https://www.romandie.com/news/Anomalies-du-Creusot-l-ASN-demande-a-EDF-d-etendre-ses-verifications/834240.rom

Sep 19

LOÏC ROCARD, NOUVELLE TÊTE NUCLÉAIRE

Loïc RoccardPassé par Matignon et Aéroports de Paris, cet ingénieur, fils de l’ancien Premier ministre, est le nouveau PDG de la Société technique pour l’énergie atomique, ex-Areva TA.

C’est l’un des derniers décrets signés par François Hollande président de la République: la nomination, au poste de « président-directeur général de la société technique pour l’énergie atomique », de Loïc Rocard. L’entreprise -TechnicAtome, ex-Areva TA- est née à peu près au même moment que lui, il y a 45 ans, pour développer les réacteurs nucléaires de recherche et ceux de propulsion navale -sous-marins et porte-avions. 

Loïc Rocard n’avait pas immédiatement imaginé succéder à Carolle Foissaud à la tête de cette ancienne filiale d’Areva au printemps dernier : en charge des dossiers Énergie, transports et logement à Matignon, il a vu de près le sauvetage financier de l’équipementier nucléaire. Mais la sortie totale d’Areva du capital de sa filiale, désormais détenue par l’État, DCNS, le CEA et EDF, a levé le sujet du conflit d’intérêt. Et avec des actionnaires veillant à l’équilibre des forces en présence, ne pas être un « nucléaire pratiquant » l’a finalement servi. 

«J’étais vacciné d’emblée »

De son passage à Matignon, le dossier de la SNCM a été le plus marquant. «Ce dossier a été le cauchemar de tous les gouvernements pendant quinze ans. Il a fallu de l’énergie et de la constance dans la tempête », défend ce coureur de fond (marathon), dont le choix de rejoindre un cabinet ministériel à 40 ans passés pourrait, compte tenu de son statut familial -fils de Michel Rocard-, interpeller. « J’avais jusque-là exclu de travailler en cabinet parce que j’étais vacciné d’emblée, je n’avais pas une image très positive du monde politico-médiatique et aucune naïveté par rapport à cet univers. Mais je me suis dit à ce moment de ma carrière qu’il pouvait être passionnant d’apporter une vision différente, notamment à des gens qui connaissent souvent mal l’entreprise », explique-t-il. 

D’ADP à Vinci

« Loïc Rocard a passé trois ans en cabinet mais c’est d’abord un ingénieur et un homme d’entreprise. C’est quelqu’un d’extrêmement fiable et posé, contrôlé », juge David Azéma, qui dirigeait Vinci Concessions quand il l’a recruté en 2007. C’était l’époque des partenariats publics-privés, Vinci voulait se développer dans le ferroviaire et l’aéroportuaire, et Loïc Rocard, diplômé de Polytechnique (où il a rencontré sa femme aujourd’hui magistrate à la Cour des comptes) et de l’École nationale de l’aviation civile (il a piloté des petits avions jusqu’à la fin des années 90) venait de passer plusieurs années chez Aéroports de Paris, sur les pistes et dans les terminaux – « vous êtes taulier d’une vaste tuyauterie qui dysfonctionne toujours plus ou moins »- puis sur le chantier de la navette de l’aéroport CDGVal. Chez Vinci, il travaille sur la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, avant de passer chez Cofiroute, comme directeur d’exploitation puis directeur général. 

«Sortir les projets »

Avec TechnicAtome, ce père de trois garçons de 9 à 15 ans, qui cite la vie de famille et le piano comme ses deux sources d’équilibre, n’a pas gagné une sinécure.

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030564599308-loic-rocard-nouvelle-tete-nucleaire-2115163.php

Sep 19

ISRAËL : L’ÉTAT VA INDEMNISER LES EMPLOYÉS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE DIMONA ATTEINTS D’UN CANCER

IsraelAprès des années de bataille juridique, le gouvernement va verser 78 millions de shekels à 168 anciens employés

Le gouvernement va indemniser à hauteur de plusieurs millions de shekels 168 personnes atteintes de cancer qui ont travaillé dans le centre de recherche nucléaire de Dimona, après que les deux parties ont trouvé un accord au tribunal lundi.

Le gouvernement va verser un total de 78 millions de shekels (18,5 millions d’euros) aux employés, qui affirment que leurs maladies sont imputables à leur travail dans la centrale nucléaire.

L’accord met fin à des années de batailles juridiques, après qu’une action collective a été lancée par les employés contre la Commission israélienne de l’Énergie atomique, et une enquête indépendante s’est penché sur les liens de causalité entre les maladies et les conditions de travail dans la centrale.

Chaque famille touchée va recevoir des centaines de milliers de shekels dans le cadre de cet accord.

En 2013, une commission a été créée, dirigée par le vice-président de la Cour suprême de l’époque, Eliezer Rivlin, pour déterminer si les cancers étaient causés par les travaux réalisés dans le centre de recherche.

La commission a rendu son verdict à la fin de l’année 2015. Bien qu’elle soit arrivée à la conclusion qu’on ne puisse pas établir de lien direct, elle a néanmoins recommandé que l’État indemnise les employés, pour éviter que le gouvernement n’ait à révéler des détails de l’usine top secrète de Dimona devant la Cour.

Cependant, les termes de l’accord proposé à cette époque n’avaient pas été acceptés par les employés, qui ont poursuivi leur action en justice pour obtenir davantage d’indemnisation.

Selon les gouvernements et les médias étrangers, Israël serait la seule puissance nucléaire du Moyen Orient, mais le pays a toujours refusé de confirmer ou d’infirmer l’existence de ces armes. L’usine de Dimona se concentre officiellement sur la recherche et l’approvisionnement en énergie.

http://fr.timesofisrael.com/letat-va-indemniser-les-employes-de-la-centrale-nucleaire-de-dimona-atteints-dun-cancer/

Sep 19

BELGIQUE : GROS COUP DE POMPE POUR LE RÉACTEUR DE TIHANGE 1

TihangeNouveau coup dur pour Tihange 1. Alors qu’aux dernières nouvelles, le réacteur hutois devait redémarrer cette nuit, son indisponibilité a été portée à la fin novembre par Engie Electrabel.

Pour rappel, Tihange 1 avait été arrêté manuellement par son exploitant mardi passé pour effectuer une opération de maintenance. La date du redémarrage avait été portée à mercredi, puis à jeudi, puis à ce lundi. Finalement, Tihange1 sera indisponible jusqu’à minimum fin novembre.

Engie Electrabel explique avoir décidé de combiner cette opération de maintenance avec une procédure d’entretien qui était initialement prévue du 28 octobre au 16 décembre.

Au total, Tihange 1 sera donc indisponible onze semaines, au lieu des sept prévues pour l’entretien.

Qu’est ce qui explique cet allongement ?

Selon une source interne au régulateur nucléaire, une pompe du circuit primaire est tombée en panne. Le circuit primaire transporte l’eau réchauffée par le réacteur nucléaire vers le générateur de vapeur. L’eau chaude du circuit primaire est nécessaire au processus d’évaporation dont le but est d’actionner l’alternateur qui produit l’électricité.

Il s’agit donc d’une pompe opérationnelle, située dans la partie nucléaire du site. « Normalement ce genre de pompe ne tombe pas en panne, explique cet observateur. Cela explique pourquoi Engie va devoir patienter avant de recevoir une nouvelle pièce ».

Article de Laurent lambrecht

http://www.lalibre.be/actu/belgique/gros-coup-de-pompe-pour-tihange-1-59bf7e38cd703b659265d4be

Sep 19

ONU : APPEL INTERNATIONAL DE FEMMES POUR LA RATIFICATION DU TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES (vidéo 4mn43s)

Femmes ONULe Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires sera ouvert aux signatures. Il est temps d’interdire l’arme nucléaire, les sanctions de l’ONU n’ont pas calmé la menace de la Corée du Nord et des USA qui mettent en péril une région du globe et toute la planète. Il faut amplifier la parole des peuples, les mouvements pacifistes internationaux ont leur rôle à jouer. La Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté/France appelle chacune et chacun à exiger la ratification du Traité, notamment par la France qui se défile ! Signez la pétition !

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République Française

Pour la Ratification du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires

                      Monsieur le Président,

                      Le 7 juillet 2017, 122 États membres de l’ONU sur 192 ont adopté un Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires. C’est un évènement politique et humain considérable car pour la première fois, les pays non dotés de l’arme nucléaire qui subissent le pouvoir exorbitant des pays qui en sont dotés ont osé affirmer collectivement la nécessité de sortir de la logique de la terreur nucléaire.

                      Ils ont osé affirmer que le monde serait beaucoup plus sûr si plus aucun pays dans le monde ne pouvait se réserver le privilège de tuer des millions d’humains et de rendre la planète inhabitable. Ils ont affirmé que la construction de la paix et de la sécurité planétaire serait bien plus facile si la puissance des États ne reposait pas sur leur capacité de meurtre à  grande échelle.

                      Ce Traité du 7 juillet 2017 est soutenu par la société civile dans de nombreux pays. Les mouvements pacifistes dans le monde entier ont mené un long combat pour obtenir cette interdiction. Il est soutenu par les mouvements féministes qui s’opposent à la violence nucléaire exercée contre les populations et qui savent que le surarmement renforce l’hégémonie des phallocrates. Nous ne pouvons accepter que ce soit le pouvoir de mort qui fonde la suprématie des États et qui leur permette de siéger au conseil de sécurité.

                      À notre grand regret, le gouvernement français ne semble pas disposé à ratifier ce Traité. Il veut garder son arsenal nucléaire dit de dissuasion, soi-disant pour nous protéger et en réalité pour rester une puissance internationale. Or, l’arme nucléaire en signe de prestige n’apporte aucune sécurité.

                       Il est évident que le traité de non-prolifération ne peut être respecté puisque les relations internationales sont prises dans une logique de surenchère de dangerosité pour impressionner les ennemis supposés.

                       Cette spirale nous rapproche de plus en plus de l’apocalypse nucléaire dont le risque est évalué par les spécialistes, en fonction des tensions géopolitiques actuelles, comme très élevé et même plus élevé que durant la Guerre Froide.

                       Comment peut-on affirmer que la course à l’armement assure la paix ? Ne serait-ce que sur le plan intérieur, le stockage des armes nucléaires nous rend vulnérables aux attaques terroristes et aux détournements de matières radioactives.

                       Monsieur le Président, vous vous êtes engagé fortement en faveur de l’Accord de Paris sur le climat en disant que l’avenir de la planète doit primer sur les intérêts particuliers des États. Cette priorité à l’avenir de la planète s’applique, ô combien, en matière de désarmement nucléaire !

                       Nous vous conjurons de ratifier l’interdiction des armes nucléaires pour stopper la surproduction absurde des machines de mort, pour stopper la logique qui nous mène à un désastre humanitaire et écologique immense.

                        Nous savons qu’il faut beaucoup de courage à un Chef d’État pour renoncer à son arsenal nucléaire mais c’est un acte fondateur pour construire un monde véritablement en paix et en sécurité.

                        C’est à la France, pays des Droits de l’Homme, de donner un nouvel élan à la Charte des Nations Unies qui invite les membres de l’ONU à régler leurs différends internationaux par les moyens pacifiques afin que la paix et la sécurité internationales ne soient pas mises en danger.

                         Dans l’espoir que vous entendrez la voix des peuples qui est aussi celle de la sagesse, nous vous prions d’agréer,  Monsieur le Président, nos salutations citoyennes et respectueuses. 

 La Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté ,  Section française

Pour signer la pétition :
https://www.change.org/p/monsieur-emmanuel-macron-pr%c3%a9sident-de-la-r%c3%a9publique-pour-la-ratification-du-trait%c3%a9-d-interdiction-des-armes-nucl%c3%a9aires

Sep 19

IRAN: L’ACCORD NUCLÉAIRE EST « ESSENTIEL » POUR ÉVITER LA PROLIFÉRATION (LE DRIAN)

Le DrianL’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 est « essentiel » pour éviter « une spirale de prolifération nucléaire« , a affirmé lundi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, tout en laissant la porte ouverte à des compléments après 2025.

« Il est essentiel de maintenir (l’accord) pour éviter une spirale de prolifération et encourager ainsi les parties les plus dures en Iran à se lancer dans l’acquisition de l’arme atomique. Il importe vraiment de garder cette ligne, la France essaiera de convaincre le président (Donald) Trump de la pertinence de ce choix, même si on peut le compléter par un travail après 2025« , a déclaré M. Le Drian à des journalistes en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU à New York.

Ces déclarations surviennent alors que le président américain semble de plus en plus enclin à renier cet accord conclu entre les grandes puissances et l’Iran afin de garantir l’usage civil par ce pays de l’énergie nucléaire, en échange d’une levée progressive de sanctions pesant sur Téhéran.

« Nous veillerons à l’application très stricte » de l’accord conclu, a promis le ministre français. « Il faut la vigilance sur sa mise en œuvre, il n’y a pas d’acte (de l’Iran) qui nous permette de penser qu’il n’est pas mis en œuvre« , a-t-il ajouté.

À défaut d’un maintien de l’accord nucléaire, « cela peut entrainer un processus de prolifération que nous endiguerons difficilement« . Si un pays « peut avoir un accès à des armes nucléaires, les voisins peuvent se sentir encouragés à aller dans la même direction, donc l’accord avec l’Iran est essentiel« , a-t-il dit.

Donald Trump doit décider d’ici mi-octobre s’il « certifie » ou non devant le Congrès que Téhéran respecte les termes de l’accord de 2015. Il doit renouveler cette démarche tous les 90 jours et, bien qu’il ait promis avant son élection de le « déchirer« , il a depuis validé à deux reprises l’accord nucléaire tout en dénonçant « des violations » de ses termes par l’Iran.

https://www.romandie.com/news/Iran-l-accord-nucleaire-est-essentiel-pour-eviter-la-proliferation-Le-Drian/833999.rom

Sep 19

BOURG-EN-BRESSE LE 10 OCTOBRE : CONFÉRENCE « LE DESSOUS DES CARTES DE L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE » PAR BERNARD LAPONCHE

ConférenceCette conférence,

« Le dessous des cartes de l’industrie nucléaire » vous est proposée par l’association Sortir du nucléaire Bugey dans le cadre de la Fête de la science dont le fil directeur est, cette année :

 « Idées reçues, esprit critique »

L’industrie nucléaire s’est développée en France depuis plus de 50 ans d’abord par le nucléaire militaire puis le nucléaire civil avec la construction des centrales, puis des centres de retraitement et de stockage des déchets radioactifs.

Elle est devenue un système nucléaire puissant très lié à l’appareil d’État avec EDF, Areva, le CEA…

Pendant très longtemps, très peu d’informations étaient données, c’était un monde très opaque. Depuis la loi sur la transparence de 2006 , une communication positive nous est donnée dans les médias par les industriels, les gouvernants sur la qualité, la sûreté des installations…la nécessité de l’industrie nucléaire pour la France …etc…

Bernard Laponche, physicien nucléaire au parcours atypique, nous apportera son éclairage et son analyse sur ces informations.

Cette conférence se tiendra à Bourg-en-Bresse dans les locaux de l’AGLC, 2, bd Joliot Curie (salle 23) à 20h30.

Il nous faut réunir un maximum d’auditeurs, aussi nous comptons sur chacun des destinataires de ce courriel pour diffuser le plus largement possible cette information et saluer sa venue par un nombreux public.

Bernard Laponche est ingénieur de l’École polytechnique de Paris, docteur en physique de l’énergie nucléaire. Il  participa à l’élaboration des premières centrales nucléaires au sein du commissariat à l’énergie atomique, le CEA. Son engagement syndical lui fit découvrir dans les années 70 les conditions de travail des salariés de l’usine de retraitement de la Hague. Il prit alors conscience des dangers de l’atome. Il fut ensuite directeur de l’ADEME , puis consultant international sur l’énergie et cofondateur de l’association Global Chance.

Contact: sdnbugey@orange.fr

Sep 18

CUVE DU RÉACTEUR EPR : L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE DEVANT LA JUSTICE À PARIS LE 10 OCTOBRE

anifCommuniqué du 18 septembre 2017 du Collectif Anti-Nucléaire Ouest (CAN Ouest)

Le Collectif anti-nucléaire Ouest l’avait mentionné dans son dernier communiqué du 4 septembre 2017 annonçant la manifestation Stop EPR du 30 septembre à Saint-Lô : la bataille juridique a commencé, 3 plaintes et 3 recours liés au chantier EPR ont été déposés.

L’Observatoire du nucléaire (1) vient d’annoncer ce 15 septembre 2017 l’audience d’un référé au TGI (Tribunal de Grande Instance) de Paris le 10 octobre à l’encontre de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, remettant en cause sa capacité à émettre un avis qualifié concernant la cuve défectueuse du réacteur nucléaire EPR de Flamanville.

Plusieurs voix scientifiques reconnues comme celles de Corinne Castanier pour la CRIIRAD (2), Bernard Laponche et Benjamin Dessus de Global Chance(3) se sont élevées en septembre pour dénoncer l’irresponsabilité d’accorder une dérogation d’utilisation de cette cuve qui est un élément-clé de sûreté et dont la rupture doit être exclue.

Plus de 38 000 personnes ont signé la pétition du Réseau Sortir du Nucléaire pour dire NON à l’acceptation de la cuve. Les articles de presse sont nombreux à pointer le désastre financier et industriel de ce chantier comme le reportage de Sylvain Tronchet sur France Inter.

Cela n’empêche pas Hervé Morin, président de la région Normandie de venir claironner à Flamanville ce samedi 15 septembre qu’il en veut un deuxième à Penly !

Oui, nous pouvons faire pencher la balance en faveur du bon sens et du principe élémentaire de précaution et contraindre les gouvernants à arrêter ce chantier scandaleux. Soyons nombreux à la manifestation STOP EPR à St-Lô (Manche) place de la mairie le samedi 30 septembre à 14h30. De nombreux départs en car dans tout l’Ouest sont prévus.

(1) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article340

(2) http://www.criirad.org/installations-nucl/EPR%20Flamanville/2017-09-06_cp-consults-asn.pdf

(3) https://blogs.mediapart.fr/bernard-laponche/blog/080917/la-perilleuse-affaire-de-la-cuve-de-l-epr-de-flamanville

(4) http://www.can-ouest.org/transports-en-car/

Contact presse : Didier Anger 06 80 23 39 45 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 / Sylvie Sauvage 06 08 71 79 61

Collectif Anti-Nucléaire Ouest, 10 Route d’Etang-Val, 50340 LES PIEUX

Tél : 07 68 35 03 38

Pour écrire : contact@can-ouest.orgwww.can-ouest.org

https://www.facebook.com/can.ouest/https://twitter.com/canouest

Sep 18

DES CHASSEURS ET BOMBARDIERS AMÉRICAINS SURVOLENT LA PÉNINSULE CORÉENNE (vidéo 24 sec)

avionsQuatre chasseurs furtifs et deux bombardiers américains ont survolé lundi la péninsule coréenne dans une démonstration de force après les derniers essais nucléaire et balistique nord-coréens, a annoncé le ministère sud-coréen de la Défense.

Quatre chasseurs F-35B et deux bombardiers B-1B ont volé au-dessus de la péninsule pour «démontrer les capacités de dissuasion de l’alliance américano-sud-coréenne contre les menaces nucléaire et balistique nord-coréennes», a précisé le ministère dans un communiqué.

Il s’agit des premiers vols américains dans cette zone depuis que le Nord a réalisé le 3 septembre son sixième essai nucléaire et envoyé un missile balistique au-dessus du Japon vendredi.

Les avions américains ont pris part avec quatre chasseurs sud-coréens F-15K à un «entraînement de routine», précise le ministère qui ajoute que les deux alliés réitéreront ce type d’exercice.

Les derniers vols de l’armée de l’air américaine dans le ciel coréen remontaient au 31 août.

L’administration de Donald Trump a martelé dimanche qu’elle profiterait de l’Assemblée générale des Nations unies cette semaine pour exiger la pleine application des sanctions internationales contre la Corée du Nord, menaçant celle-ci de «destruction» si elle continuait de provoquer Washington et ses alliés.

Les tensions ont augmenté au début du mois quand Pyongyang a revendiqué le test réussi d’une bombe à hydrogène, après avoir lancé en juillet deux missiles balistiques intercontinentaux.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté lundi dernier un huitième train de sanctions pour contraindre Pyongyang à renoncer à ses programmes balistique et nucléaire interdits.

Cela n’a pas dissuadé la Corée du Nord de tirer vendredi un missile au-dessus du territoire japonais.

http://www.tvanouvelles.ca/2017/09/18/des-chasseurs-et-bombardiers-americains-survolent-la-peninsule-coreenne-1

Sep 18

LE SAMEDI MATIN 30 SEPTEMBRE, UNE ACTION CONTRE L’EPR AURA LIEU À LYON (EN LIEN AVEC SAINT LÔ)

Manif LyonCette action menée par différentes associations antinucléaires régionales (dont RASN, SDN38, Actinuke, Greenpeace Lyon, SDN Bugey…) aura pour buts de dénoncer la folie que constitue ce projet, mais aussi de pointer la responsabilité de l’Autorité de Sûreté du Nucléaire qui permet officiellement la poursuite de ce chantier démentiel.

Localement, nous avons aussi d’importantes raisons d’être très inquiets avec l’état de plus en plus délabré de la centrale du Bugey, et parallèlement la décision de cette même ASN qui a permis en juillet le redémarrage de la tranche 5 (à l’arrêt depuis août 2015), dont l’enceinte de confinement pose de gros problèmes d’étanchéité).

Par ailleurs, il a été mis en évidence que la tranche 3 de Bugey présentait de nombreuses pièces défectueuses au niveau de son unité de production (suite « affaire forges du Creusot« ) …Les raisons de se mobiliser ne manquent donc pas, sans oublier la très prochaine mise en service de l’ICEDA

Pour participer, comment faire ?

LIEU DE L’ACTION : nous nous retrouverons devant l’agence EDF située au 16 rue de la République, à Lyon. Nous sommes en zone piétonne, très passante un samedi et devant un lieu symbolique de l’institution nucléaire.

QUAND ? De 9 h 30 à 11 h 30/midi (maxi).

TENUE + ACCESSOIRES : on vient de préférence ( !) en combinaison blanche de façon à créer un impact visuel dans la rue et une unité de message et de groupe (et pour être clairement identifiés par les passants).

Et on apporte aussi une passoire que l’on pourra décorer d’autocollants antinukes pour symboliser les fuites du nucléaire (cuve de l’EPR et des centrales en général…)

! RECOMMANDATIONS ! Même si cela nous démange (beaucoup c’est vrai), il est important de rappeler qu’il ne faudra coller aucun autocollant sur les vitrines de l’agence Edf … Certains militants parisiens s’en souviennent encore…et leurs finances aussi.

Si vous pensez déjà venir, merci éventuellement de vous faire connaître par mail (ou par tel).

Au 30 septembre donc !

CONTACTS : Philippe Lambersens 06 83 53 89 82

                       Patrick Monnet 04 72 35 97 23

                       Jean-Pierre Collet 06 81 09 75 87

Sep 18

L’ASSOCIATION « ENFANTS DE TCHERNOBYL » A BESOIN DE VOUS

Enfants imagePeu après la catastrophe du 26 avril 1986, une association, dont le nom fait référence aux victimes de cette explosion, est née en Alsace. Elle est reconnue d’utilité publique.
Elle a son siège à Pulversheim (Haut-Rhin) ; la majorité de ses quelques 500 membres sont haut-rhinois, d’autres originaires du Bas-Rhin ou des départements limitrophes ; quelques-uns habitent dans les autres départements français, voire à l’étranger.

Les actions

Les membres accueillent chaque année environ 200 enfants qui passent, pour la plupart, 3 semaines de vacances en Alsace et dans les départements limitrophes (25, 70, 88, 90).
Ces enfants sont issus de familles défavorisées et habitent les régions d’Ukraine et de Russie, touchées par les retombées de la catastrophe…

Plus de 30 ans plus tard, les habitants du nord de l’Ukraine, du sud de la Russie et du Bélarus sont contraints de vivre dans un environnement radioactif et parce que leur alimentation est contaminée, les radioéléments (et tout particulièrement le césium 137) s’accumulent, jour après jour, dans l’organisme des enfants.
Les principaux responsables sont les produits de la cueillette (baies, champignons,…), de la chasse et de la pêche qui constituent une partie notable de leur régime alimentaire quotidien.

L’irradiation permanente de leurs cellules, en particulier celles du cœur, de la thyroïde et du cerveau, provoque d’innombrables lésions qui sont à l’origine de pathologies très graves, liées notamment à l’atteinte des défenses immunitaires et des organes vitaux.
Les examens et travaux du professeur Youri Bandajevsky ont démontré une corrélation entre le taux de césium 137 accumulé dans l’organisme des enfants et les anomalies révélées par leurs électrocardiogrammes.

En complément de l’accueil d’enfants, un certain nombre d’actions humanitaires sont organisées vers ces familles, ainsi que vers des structures dans les zones concernées des 3 pays les plus touchées : Ukraine, Russie et Bélarus…

Les besoins

Pour faire face à ses engagements, l’association s’est endettée d’environ 30 000 € car elle a reçu quelques 400 dons de moins en 2017 qu’en 2016.

Informez-vous des actions que mène l’association sur son site :

http://enfants-tchernobyl-belarus.org

Contactez-la si vous le souhaitez : etb@enfants-tchernobyl-belarus.org

Elle espère votre soutien.

Sep 17

UNE BOMBE NUCLÉAIRE SUR NEW YORK PEUT TUER 6 MILLIONS DE PERSONNES EN UNE SEULE FOIS.

Une bombe sur New YorkC’EST LE MOMENT DE SIGNER LE TRAITÉ SUR LEUR INTERDICTION.

NOTE de Tony Robinson, auteur de l’article ci-dessous : La semaine dernière j’ai eu le grand plaisir de rencontrer Béatrice Fihn de la campagne Internationale pour l’abolition des armes nucléaires, et vers la fin de cette entrevue, Béatrice dit tout naturellement que personne n’apprécierait de bâtir des ponts vers le nazisme et créer un consensus dans lequel il est bon d’être un peu nazi, alors pourquoi est-ce que nous tenterions d’être solidaires de ceux qui maintiendraient le monde bardé d’armes nucléaires ?

Je pense que Béatrice a été très surprise par la façon dont sa déclaration directe et forte a frappé, étant donné son commentaire à posteriori sur twitter. (« Disclaimer: I don’t think people that object to the ban are nazis. I got a bit carried away there ». NDLR : Ce qui peut se traduire par : « Avertissement/démenti : je ne pense pas que les gens qui s’opposent à l’interdiction soient nazis. Là, je me suis un peu emportée ».

Dans notre monde actuel, dénoncer quelqu’un comme étant nazi c’est quasiment le pire qui se puisse dire, comparé à l’usage du mot « N » à l’encontre de quelqu’un de descendance noire africaine, un mot si fort qu’il ne peut même pas s’écrire. Cependant, si nous regardons plus profondément ce qu’elle veut dire, nous pouvons trouver que la comparaison est réellement correcte et peut se justifier.

L’accusation de nazisme s’accompagne de toutes les connotations du fait que les nazis ne furent pas seulement responsables de l’Holocauste, dont le préjudice et le degré sont inimaginables, mais aussi de la seconde guerre mondiale dans son ensemble qui, au total a entraîné la mort de 60 millions de personnes, soit environ 3% de la population mondiale.

Ce genre d’homicide de masse à l’échelle industrielle semble impensable aujourd’hui. Toutefois, ceux qui promeuvent les armes nucléaires comme instruments utiles à la paix et à la sécurité ne voient pas l’incohérence de leurs arguments.

Le travail le plus compétent réalisé sur les conséquences humanitaires des armes nucléaires fut réalisé par l’association Internationale des Médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, dans son rapport « La famine nucléaire : 2 milliards de personnes en danger », écrit par le Dr. Ira Hefland en novembre 2013.

Examinons encore une fois les faits saillants de cette étude.

Dans une guerre nucléaire limitée entre l’Inde et le Pakistan où chaque protagoniste lancerait 50 bombes, il y aurait une  émission suffisante de fumée et de poussière dans l’atmosphère pour déclencher un hiver nucléaire dans lequel :

  • La production étasunienne de maïs diminuerait de 10% en moyenne pendant une décade. Le soja serait également affecté.
  • La production de riz  de demi-saison en Chine diminuerait, en moyenne de 21% sur quatre ans puis passerait à 10% pendant six autres années.
  • La production chinoise de blé d’hiver chuterait de 31% en dix ans.
  • Le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde passerait à 215 millions ajoutés aux 870 millions de personnes déjà dénutries et qui vivent avec moins de 1.750 calories par jour.
  • De plus, un milliard millions de personnes en Chine seraient confrontées à la perspective  de la famine.

Ce total de plus de 2 milliards de personnes exposées au danger de la famine (environ 25% de la population mondiale pour faire une comparaison avec la seconde guerre mondiale) doit être ajouté au fait que le monde cessera de fonctionner tel qu’aujourd’hui. Le commerce mondial s’arrêterait pratiquement et la confiance n’existerait plus : personne n’achèterait des actions ou des titres. Nul n’achèterait de l’or. Les aliments et les médicaments seraient la nouvelle monnaie. Les guerres locales et la violence à grande échelle grandiraient. Les centrales nucléaires affectées par la guerre fondraient et exploseraient, expulsant leur poison radioactif dans l’atmosphère. La civilisation humaine telle que nous  l’entendons actuellement, s’interromprait.

Les données contenues dans ce rapport ont été présentées au cours de trois conférences durant ces cinq dernières années et, si je comprends bien, personne ne les a réfutées ni  tenté de les minimiser.

C’est cette information qui a conduit, cette année, à la création d’un Traité sur la prohibition des armes nucléaires, dont la signature sera ouverte le 20 septembre pendant les réunions de l’Assemblée Générale des nations Unies.

Même jusqu’au moment de son approbation, les diplomates des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni se sont précipités pour dire aux médias mondiaux: « Nous n’avons pas l’intention de signer, de ratifier ou d’en faire partie » .

Ils ajoutèrent que « l’adhésion au traité d’interdiction est incompatible avec la politique de dissuasion nucléaire, qui  a été prépondérante pour maintenir la paix en Europe et en Asie du Nord pendant plus d e70 ans ».

Alors, de quel argument de dissuasion nucléaire parlent-ils ? Nous allons voir cela.

L’argument le plus convaincant contre la dissuasion nucléaire fut écrit par l’auteur américain Ward Wilson dans son excellent ouvrage «  Cinq mythes sur les armes nucléaires ». Il y met en pièces, non seulement le mythe selon lequel les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki conduisirent le Japon à se rendre à la fin de la seconde guerre mondiale, mais il  bat en brèche les arguments utilisés pour appuyer la dissuasion nucléaire.

Demandez-vous seulement, comment la dissuasion a-t-elle fait cesser l’ emploi de bombes à Cuba par l’URSS? La guerre de Corée, la guerre du Vietnam, la guerre en Irak et celle des Falklands ; aucune de ces guerres n’a été empêchée par un camp ou par les deux détenteurs d’armes nucléaires.

La répétition dogmatique de la « dissuasion nucléaire » de la part des états détenteurs d’armes nucléaires a plus à voir avec leurs propres sentiments d’orgueil personnel quant à leur capacité de détruire la planète qu’avec une véritable considération pour la sécurité de leurs citoyens.

Par conséquent, à mesure que le Traité de Prohibition des armes nucléaires s’ouvre à la signature, il nous appartient à tous ceux qui s’opposent aux armes nucléaires de signaler ces faits, et quand nous rencontrons ceux qui conserveraient des armes nucléaires, nous devons  leur demander dans quel scénario ils les utiliseraient.

Parce qu’une  arme nucléaire lancée sur New York, Londres, Paris, Moscou, Pékin, Mumbai ou Karachi suffirait à tuer 6 millions de personnes. Et si ce type de statistiques ne justifie pas la comparaison avec le nazisme, alors rien n’y parviendra.

Traduit de l’espagnol par Ginette Baudelet

https://www.pressenza.com/fr/2017/09/bombe-nucleaire-new-york-tuer-6-millions-de-personnes-seule-cest-moment-de-signer-traite-interdiction/

Sep 17

TRUMP ET MOON VEULENT UNE «PRESSION PLUS FORTE» SUR PYONGYANG

Trump et MoonLe président américain Donald Trump et son homologue sud-coréen Moon Jae-In se sont engagés à exercer «une pression plus forte» sur Pyongyang, a annoncé dimanche Séoul au surlendemain d’un nouveau tir de missile balistique nord-coréen.

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté lundi à l’unanimité une nouvelle résolution de sanctions afin de pousser la Corée du Nord à renoncer à ses programmes balistique et nucléaire.

Cette résolution répondait au fait que, en dépit des sanctions déjà existantes, Pyongyang avait réalisé le 3 septembre un sixième essai nucléaire et tiré en juillet deux missiles intercontinentaux.

Dans un entretien téléphonique, MM. Moon et Trump ont «profondément condamné» le nouveau tir de missile réalisé vendredi par la Corée du Nord.

«Les deux dirigeants se sont mis d’accord pour exercer une pression plus forte et plus concrète pour que le régime nord-coréen réalise que davantage de provocations ne feront que renforcer l’isolement diplomatique et les pressions économiques menant à l’effondrement», a déclaré dans un communiqué la présidence sud-coréenne.

La Corée du Nord se dit contrainte au développement d’armes nucléaires susceptibles de menacer le territoire américain en raison de la menace que les États-Unis feraient planer sur sa propre existence.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a affirmé que le tir de vendredi permettait d’augmenter «la puissance de combat de l’arme nucléaire», a indiqué l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Il a indiqué que ce lancement faisait partie d’un plan pour atteindre «l’équilibre de la force réelle» avec les États-Unis.

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU se réuniront jeudi pour s’entretenir sur la prolifération des armes de destruction massive et sur la menace causée par la Corée du Nord.

http://www.tvanouvelles.ca/2017/09/17/trump-et-moon-veulent-une-pression-plus-forte-sur-pyongyang

Sep 17

3ÈME FORUM SOCIAL MONDIAL ANTINUCLÉAIRE À PARIS, DU 2 AU 4 NOVEMBRE 2017

ForumEn route vers un monde sans nucléaire, ni civil ni militaire

De nouvelles thématiques sont venues enrichir la dynamique du Forum Social Mondial (FSM) depuis la première session qui a eu lieu à Porto Alegre en 2001. Le premier Forum Social Anti-nucléaire s’est tenu au printemps 2016 à Tokyo, où un « Appel pour un réseau mondial vers un monde sans nucléaire » a été lancé. À Montréal, un second Forum Antinucléaire a eu lieu à l’occasion du FSM.

En 2017, c’est en France, pays le plus nucléarisé au monde, que se tiendra le troisième Forum Social Mondial antinucléaire.

Pour débattre de toutes les questions liées à la lutte contre le nucléaire civil et militaire, nous vous invitons à une rencontre internationale, où nous partagerons nos expériences et chercherons ensemble les moyens d’agir pour l’émergence d’un monde sans armes nucléaires et sans production d’énergie d’origine nucléaire.

APPEL À DONS :

Pour financer cet évènement, nous avons besoin de votre soutien. Vous pouvez faire un don ici, (https://www.helloasso.com/associations/attac-fsm-an/collectes/pour-un-forum-social-mondial-antinucleaire-en-2017) ou par virement bancaire:

Titulaire du compte : ATTAC FSM ANTI-NUCLEAIRE
Domiciliation : CREDITCOOP PARIS NATION
Code banque : 42559
Code guichet : 00008
Numéro de compte : 41020043304
Clé RIB : 65
IBAN : FR76 4255 9000 0841 0200 4330 465
Code BIC : CCOPFRPPXXX

Tracts à télécharger avec tous les détails :: en français (http://fsm-antinucleaire2017.nuclearfreeworld.net/wp-content/uploads/2017/07/Tract_FSMAN_2017.pdf )

Sep 17

CORÉE DU NORD : UNE AVENTURE NUCLÉAIRE QUE RIEN NE SEMBLE ARRÊTER

Corée bisEn dépit des sanctions internationales, Pyongyang poursuit avec succès son programme militaire

Une communauté internationale divisée

C’est à chaque fois le même cycle : un nouvel essai nucléaire nord-coréen – le 3 septembre, c’était le sixième – auquel les Occidentaux jugent qu’ils ne peuvent pas ne pas réagir. À leurs yeux, il faut renforcer l’isolement de la République populaire démocratique de Corée pour la contraindre à abandonner ses ambitions nucléaires. La Chine s’agace elle aussi de ce défi à l’ordre international et à ses propres injonctions, mais craint également d’affaiblir son voisin au point de le faire vaciller.

Elle juge que le dialogue est la seule solution et propose que la Corée du Nord cesse ses essais nucléaires et balistiques en échange d’un abandon des exercices militaires entre les armées américaine et sud-coréenne. Elle résiste, jusqu’à ce que Pékin et Washington trouvent un compromis sur le niveau de sévérité d’un nouveau train de sanctions.

LES PARTISANS DU DIALOGUE

Chine : un allié de plus en plus irrité

Soutien historique de Pyongyang, Pékin maintient la Corée du Nord à flot économiquement (85 % de son commerce extérieur), par crainte de voir le régime s’effondrer et les troupes américaines s’installer à sa frontière. Sous la pression des États-Unis, l’ONU souligne régulièrement le rôle central de la Chine comme porte d’accès de Pyongyang aux marchés internationaux. Les ambitions nucléaires nord-coréennes inquiètent néanmoins Pékin, qui craint un conflit dans la région.

Russie : un dilemme dont il est difficile de sortir

Frontalier de la Corée du Nord et parrain politique du temps de l’URSS, Moscou estime que les sanctions sont « inutiles et inefficaces », car Pyongyang n’abandonnera pas son programme nucléaire sans garanties de sécurité des États-Unis. « Il est impossible de leur faire peur », a déclaré le président Poutine. La Russie condamne les essais nucléaires à répétition de son voisin, tout en considérant qu’ils ne la menacent pas directement.

LES PARTISANS D’UNE LIGNE DURE

États-Unis : sanctions et menaces

Durant l’été, le président des États-Unis, Donald Trump, a multiplié les déclarations belliqueuses à l’égard de Pyongyang. Garants de la sécurité du Japon et de la Corée du Sud, les États-Unis sont désormais à portée des missiles nord-coréens. Ils organisent deux fois par an des exercices militaires en Corée du Sud, que la Corée du Nord considère comme la répétition d’une invasion. Washington exige que la Chine fasse pression sur son turbulent voisin.

Japon : une cible prête à se réarmer ?

Le 29 août, un missile balistique a survolé l’île d’Hokkaido, déclenchant une alerte. L’Archipel abrite les plus importantes bases américaines en Asie. Le premier ministre, Shinzo Abe, arguant de la montée en puissance chinoise, mais aussi de la menace nord-coréenne, veut réformer la Constitution pacifique de 1947.

Union européenne : la diplomatie plutôt que la confrontation

Membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, Paris et Londres votent en général avec Washington sur ce dossier. Après le sixième essai nucléaire, réalisé par Pyongyang le 3 septembre, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, a obtenu l’accord des Vingt-Huit sur un renforcement des sanctions.

Corée du Sud : les frères hésitants

Depuis la division de la péninsule à l’issue de la seconde guerre mondiale, puis de la guerre de Corée (1950-1953), les États-Unis sont les garants de la sécurité de la Corée du Sud, où 28 500 militaires américains sont déployés. La relation au frère ennemi du Nord est un point de clivage de la politique sud-coréenne. Élu en mai, le président progressiste sud-coréen, Moon Jae-in, répète sa détermination à reprendre le dialogue avec le Nord, tout en appuyant un renforcement des sanctions.

Malgré les sanctions, le programme nucléaire nord-coréen progresse

L’isolement diplomatique renforcé de la Corée du Nord convainc encore davantage Pyongyang de l’hostilité des États-Unis à son égard. Le régime considère que l’arme nucléaire est la clé de sa survie ; ses fonctionnaires citent régulièrement l’exemple de la chute de Saddam Hussein, en Irak, qui n’en était pas doté. Si Kim Jong-il a fait avancer le programme nucléaire, son fils Kim Jong-un peut revendiquer le succès du développement des missiles balistiques, après en avoir testé deux en juillet, qui ont atteint une altitude démontrant qu’ils ont la capacité d’atteindre les États-Unis. Ce « succès » rapproche un peu plus Pyongyang de l’acquisition d’une force de dissuasion crédible.

Le 15 août, moins d’une semaine après les dernières sanctions votées par le Conseil de sécurité de l’ONU, Pyongyang a répliqué en tirant un nouveau missile, qui a survolé le Japon.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/visuel/2017/09/16/coree-du-nord-une-aventure-nucleaire-que-rien-ne-semble-arreter_5186717_3216.html

Sep 17

UN BLOGUEUR AU TRIBUNAL: «LA STRATÉGIE D’AREVA CONSISTE À FAIRE TAIRE LES GENS QUI LA CRITIQUENT»

ProcèsLe blogueur de Mediapart JJMU est poursuivi en diffamation par Areva pour la reproduction d’un article du collectif antinucléaire CAN-SE, daté de 2014. Antoine Comte, son avocat, décrypte ce procès ubuesque du pot de fer contre le pot de terre qui s’est tenu mardi 12 septembre à Paris.

À l’entrée de la 17e chambre, ce mardi 12 septembre, Jean-Jacques Masot-Urpi, alias JJMU dans le Club de Mediapart, s’efforce de garder le sourire mais ses yeux brillent d’une sourde inquiétude. Ce jeune retraité, au casier judiciaire vierge, n’en revient pas d’être là. Et comme s’il voulait parfaire l’invraisemblance de la scène, il distribue des flyers du livre L’Impossible Procès, la seule pièce que son avocat a décidé de présenter au tribunal pour sa défense, à la vingtaine de militants chevelus et aux copines et copains du Club (Sophie Leleu, Juliette Keating, Gilles Walusinski, Pierre Carpentier) qui le soutiennent depuis le début de cette galère, en juillet 2014.

L’Impossible Procès est une pièce de théâtre, éditée en 2013 par sa petite maison d’édition, qui met en scène une fiction de procès du nucléaire français, à la suite de la chute d’un avion sur la centrale du Blayais. Un livre d’autant plus intéressant qu’il est un peu à l’origine de sa présence à la barre des prévenus. C’est à l’occasion d’un débat à Avignon que JJMU a rencontré des militants de la Coordination antinucléaire du Sud-Est (CAN-SE), un collectif informel qui milite pour l’abolition du nucléaire, établi dans la vallée du Rhône. Les militants l’avaient interpellé vivement sur sa pièce, jugée trop « molle », pas assez radicale. Ça l’avait d’autant plus secoué qu’il venait de passer l’année à soutenir EELV dans la bataille pour la mairie d’Avignon, redevenue socialiste en mars 2014. Ce jour-là, il défend son point de vue, trouve ces militants un tantinet excessifs, et passe à autre chose. Mais un an plus tard, il a « une révélation » en lisant un article sur le site de la CAN-SE, « Avignon : les élus EELV se couchent devant AREVA », où il est question de la « lâcheté » de trois élus écologistes qui, lors d’un conseil municipal où l’on délibérait d’une convention de mécénat entre la ville d’Avignon et la fondation Areva pour financer des « ateliers d’éveil » dans des écoles de la ville, sont allés « aux W.-C. » au moment du vote plutôt que de s’y opposer.

Dégoûté de s’être fait flouer par des élus écologistes « qui, dans le fond, ont intérêt à ce que le nucléaire continue à exister pour exister eux-mêmes », JJMU fait un copier-coller de leur article et le publie, le 27 juillet 2014, sur son blog dans le Club de Mediapart. Sans, bien entendu, penser une minute qu’il pourrait avoir à en endosser la responsabilité juridique. Quelques jours plus tard, le 31 juillet, Mediapart reçoit une mise en demeure d’un cabinet d’avocats mandaté par Areva réclamant de retirer cette page dans les 24 heures.

Extrait : « Dans cet article intitulé “Avignon : les élus EELV se couchent devant AREVA”, la société AREVA, qualifiée de “géant de la mort nucléaire”, est accusée de “contaminer et tuer ailleurs d’autres enfants comme à Fukushima”. Il ressort également de cet article que la société AREVA serait l’auteur de “crimes (…) un peu partout dans le monde et en vallée du Rhône (…)” La mise en ligne de ces propos manifestement illicites porte incontestablement atteinte à l’honneur et à la considération de la société AREVA qui est victime d’une diffamation au sens des dispositions des articles 29 et 32 de la loi du 29 juillet 1881. »

Mediapart n’étant qu’hébergeur, les billets publiés dans le Club par les abonnés le sont sous leur responsabilité. La rédaction entre alors en contact avec Jean-Jacques Masot-Urpi pour le tenir au courant de la demande d’Areva et l’informer de la dépublication du billet, qui comporte 44 commentaires. JJMU décide le jour même de publier un autre billet intitulé « Se coucher devant AREVA : pluies d’or et intimidations sont les deux mamelles du pouvoir », qui comporte notamment les 15 premières lignes de l’article dépublié, en faisant bien attention à mettre les signes “(…)” à la place de « géant de la mort nucléaire ». Il donne le lien vers le site de la CAN-SE, où se trouve l’article d’origine.

À la présidente de la 17e chambre correctionnelle de Paris qui s’étonnera de cette republication, il insistera sur sa motivation : « J’avais soutenu des gens qui nous trahissaient. Ils laissaient Areva dire aux enfants que le nucléaire, c’est bien. Cette trahison était tout juste insupportable pour moi. J’étais scandalisé, je voulais que mes copains l’entendent ! » Mais c’est Areva qui recevra le message… Et qui, le 5 août 2014, déposera plainte contre lui pour diffamation. Et aussi contre le supposé « directeur de la publication » du site de la CAN-SE.

Pour comprendre le contenu de ce procès quelque peu confus (plus de deux heures d’audience ont été consacrées à l’identification de l’auteur de l’article de la CAN-SE), les incohérences juridiques et le droit à la polémique des citoyens engagés, nous avons interrogé l’avocat spécialiste du droit de la presse Antoine Comte, qui défend JJMU.

Qu’est-il reproché exactement à Jean-Jacques Masot-Urpi ? Dans votre plaidoirie, vous avez souligné que c’était loin d’être clair.

Antoine Comte : Lorsque Areva a déposé plainte en août 2014, elle a focalisé sa plainte sur le billet publié le 27 juillet par Jean-Jacques Masot-Urpi et aussi sur le billet du 31, en considérant que de mettre le lien dans le second billet équivalait à reproduire l’article. Ce qui du point de vue de la jurisprudence n’est pas si évident que ça… Mais en réalité, une fois que JJMU a été entendu, le tribunal a décidé de poursuivre Jean-Jacques Masot-Urpi pour l’article du 27 juillet seulement. Et donc, quand la procureure Annabelle Philippe pendant l’audience dit « le 31 juillet, il a eu la volonté de diffamer… », on est hors sujet. L’article du 31 juillet n’est pas concerné, le tribunal n’est pas saisi pour ce billet, alors que toutes les demandes d’Areva portent sur lui !

Ensuite, la question est de savoir si le billet du 27 juillet comporte des éléments de diffamation, et ça ce n’est pas évident du tout. La diffamation porte sur l’allégation d’un fait très précis. La jurisprudence dit que l’auteur doit pouvoir faire immédiatement la preuve des faits précis qu’il avance. Or la jurisprudence donne des exemples de relaxe pour des allégations qui sont imprécises, et qui ne constituent pas une diffamation, mais qui sont pour autant violentes. En tout cas, pas moins accablantes que les termes utilisés dans le texte du 27 juillet. Dans les formules qui lui sont reprochées, rien n’est précis ! Areva serait l’auteur de « crimes un peu partout dans le monde et en vallée du Rhône ». Areva « contamine et tue ailleurs des enfants comme à Fukushima ». On ne peut pas dire que ce soit un débat précis. Mais au-delà de savoir si c’est diffamatoire ou pas, la question centrale aujourd’hui, et qui se pose depuis une bonne vingtaine d’années, c’est l’étendue du droit de critique.

Et puis, il y avait un autre élément, c’est l’existence du préjudice… N’y a-t-il pas quelque chose de surréaliste à considérer qu’un billet resté en ligne quelques jours seulement, avec 44 commentaires, puisse provoquer un quelconque préjudice à Areva ?

Tout à fait, d’autant plus qu’Areva demande que la condamnation soit publiée dans trois journaux !

Vous avez aussi évoqué la connivence du tribunal, qu’est-ce que vous vouliez dire exactement ?

Je trouve invraisemblable que pour une partie civile comme la société Areva, on demande seulement 2 000 euros de consignation ! C’est le montant que l’on demande à n’importe quelle personne physique qui porte plainte. Areva est une des plus grosses sociétés françaises, même si elle est en difficulté en ce moment. Je trouve cela invraisemblable, alors que si j’obtiens gain de cause, je ne peux pas me retourner contre Areva et demander des dommages et intérêts pour abus de procédure. C’est impossible, car la jurisprudence vous empêche de demander à une partie civile qui s’est constituée d’être condamnée à des dommages et intérêts pour procédure abusive.

Comment expliquez-vous que cette consignation soit si faible ?

Je la trouve grotesque et je ne me l’explique pas. Je pense qu’une fois de plus on est dans cette logique typique du fonctionnement étatique français, où de grandes sociétés qui sont profondément liées à l’État ont une espèce d’aura qui justifie qu’on admette leur plainte et fasse une consignation grotesque par rapport à ce qu’on fait d’habitude.

Quels sont les risques encourus par les blogueurs accusés dans cette affaire ?

Il n’y a que des risques financiers puisque, depuis la loi Guigou, il n’y a plus du tout de prison avec sursis pour la diffamation envers particulier. Donc là, il peut y avoir des frais et des amendes. Avec 1 200 euros de retraite, c’est déjà beaucoup pour Jean-Jacques Masot-Urpi, un homme au parcours éminemment sympathique : ouvrier cheminot, il est devenu professeur de philo, puis éditeur.

Que recherche Areva dans ce procès ? Peut-on y voir une volonté de museler la contestation ? Et pourquoi s’en prendre à la société civile (Stéphane Lhomme, Greenpeace) plutôt qu’à la presse ? 

C’est exactement ça, un acharnement contre les « petits » ! Et ce n’est pas une première. Areva avait attaqué en diffamation Frédéric Marillier, chargé de campagne antinucléaire pour Greenpeace France en 2002, pour avoir dénoncé sa stratégie « d’écoblanchiment »  lors de la Coupe de l’America. Marillier avait fait une déclaration au Monde où il disait qu’Areva rejetait quotidiennement en mer des matériaux dangereux, qu’elle était responsable des essais nucléaires dans le Pacifique, et indirectement du coulage du Rainbow Warrior en Nouvelle-Zélande…

Et c’est toujours la même chose. Quand les sociétés ont des moyens financiers très importants, elles n’attaquent pas la presse classique pour diffamation. Elles font comme Bolloré dans Le Monde, qui à travers Havas supprime la publicité pendant six mois. Par contre, quand elles ne peuvent pas utiliser ce moyen économique – qui est quand même très efficace ! –, eh bien elles attaquent des militants. Ces sociétés savent très bien qu’elles vont perdre ces procès, mais elles s’en moquent. Elles savent que pendant trois ans au moins, elles vont gêner des militants qui n’ont pas de moyens très importants pour se battre sur le plan judiciaire, qui vont passer une énergie folle à se défendre et qui, pendant ce temps-là, ne vont pas faire autre chose. C’est clairement de l’intimidation.

Dans votre plaidoirie, vous avez défendu l’idée que les propos n’étaient pas diffamatoires (pas de faits précis, pas de préjudice) et aussi que la qualité de blogueur permettait une certaine véhémence des propos. Sur ce deuxième point, où mettre la limite ? 

Je suis d’accord avec l’idée qu’il faut mettre des limites. Mais il faut bien reconnaître que c’est difficile de mettre le curseur à tel ou tel endroit. Je pense que cela dépend du sujet. On doit être plus tolérant sur les sujets qui sont d’intérêt général, la santé publique, la critique des institutions, policières ou autres éventuellement. Les juridictions accordent d’ailleurs un énorme droit à la critique là-dessus. Ce qui ne passe pas, ce sont les attaques personnelles. Là, il faut faire très attention.

Le jugement contre Jean-Jacques Masot-Urpi et le « responsable » de la CAN-SE est attendu le 11 octobre. Pensez-vous qu’ils ont des chances d’être relaxés ?

Je ne peux pas me prononcer avant le délibéré. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a une jurisprudence à la 17e chambre correctionnelle de Paris très consistante sur le droit à la critique. Si le tribunal suit le point de vue du ministère public et de la défense, ils seront relaxés. Mais que fera alors Areva ? Je pense que vu que sa stratégie qui consiste à faire taire les gens qui la critiquent, elle devrait probablement faire appel. Si Areva n’y va pas, cela voudra dire qu’elle accepte le principe que la polémique puisse aller assez loin. Ce qui serait intéressant. J’attends la suite.

https://www.mediapart.fr/journal/france/150917/un-blogueur-au-tribunal-la-strategie-d-areva-consiste-faire-taire-les-gens-qui-la-critiquent

Sep 16

RÉACTEUR EPR : RÉFÉRÉ LE 10 OCTOBRE À PARIS POUR EMPÊCHER L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE DE VALIDER LA CUVE

Cuve EPR comminquéCommuniqué du 15 septembre 2017 de l’Observatoire du nucléaire

Ayant saisi la justice dès mai 2016 (*) dans le cadre de l’affaire des pièces défectueuses sorties des usines Areva du Creusot, et désigné l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) parmi les responsables de cet incroyable scandale, l’Observatoire du nucléaire conteste logiquement à l’ASN le droit de valider la cuve du réacteur EPR de Flamanville, car cette cuve fait précisément partie des dites pièces défectueuses.

Contrairement à ce que veulent faire croire les promoteurs du nucléaire, qui tentent de réhabiliter l’ASN pour bénéficier de sa coupable indulgence, ce n’est pas l’ASN qui a saisi la justice : elle n’a fait que rejoindre la plainte de l’Observatoire du nucléaire, six mois après lui, de toute évidence pour essayer de se placer du bon côté de la barre.

Mais la ficelle est grossière et ne saurait exonérer l’ASN de ses fautes majeures. En effet, l’ASN est nécessairement coupable dans cette affaire car elle n’a au « mieux » rien vu, au pire rien dit pendant des années, et elle a aussi commis une lourde faute en décembre 2013 en autorisant EDF à installer la cuve dans le réacteur en construction.

Et, comme nous l’avons dénoncé depuis des années et comme cela a été récemment confirmé de façon incontestable par l’enquête menée pour Radio-France par Sylvain Tronchet, l’ASN savait bien avant 2013 que la cuve de l’EPR était probablement défectueuse.

L’Observatoire du nucléaire a donc déposé devant la justice un référé pour interdire à l’ASN de valider la cuve de l’EPR, au moins le temps que ses responsabilités soient établies et sanctionnées dans l’affaire du Creusot.

L’audience est fixée au mardi 10 octobre à 9h au Tribunal de Grande instance de Paris.

Il est très important de noter qu’il s’agit là probablement de la dernière chance d’éviter une irresponsable mise en service de l’EPR avec sa cuve défectueuse, et la perspective d’une catastrophe touchant l’Europe entière.

Alors que des voix s’élèventmême venues de chez les industriels – pour s’émouvoir de cette prise de risque insensée, il apparait que seule la justice est aujourd’hui en mesure de reprendre la situation en main.

Il ne s’agit d’ailleurs pas de prendre une position antinucléaire mais « seulement » de contraindre l’industrie de l’atome, et l’organisme sensé assurer la sûreté, à respecter… leurs propres préconisations.

Il est d’ailleurs probable que de nombreuses personnes, tant chez EDF et AREVA qu’à l’ASN, placées dans l’impossibilité de s’exprimer sous peine de perdre leurs emplois, espèrent que la justice saura prendre la décision qui s’impose, à savoir invalider l’utilisation de la cuve de l’EPR.

Rendez-vous est donc donné mardi 10 octobre à 9h au Tribunal de Grande instance de Paris. L’ASN, EDF et AREVA, impliqués à des degrés divers, sont tous trois convoqués.
(*) https://www.romandie.com/news/Areva-lObservatoire-du-nucleaire-depose-plainte-pour-faux-et-mise-en-danger-/700617.rom  

À retrouver sur : http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

Sep 16

POUR FERMER 25 RÉACTEURS NUCLÉAIRES, IL FAUDRA RÉDUIRE LA CONSOMMATION D’ÉLECTRICITÉ

Pour fermer 25Depuis 2014, l’État a admis la possibilité de fermer des réacteurs nucléaires, fermeture réaffirmée par le ministre Hulot, rappelle l’auteur de cette tribune. Un changement qui appelle une transformation profonde de la politique énergétique.

C’est en mars 2014 que, pour la première fois, l’État a levé le tabou sur la fermeture de réacteurs nucléaires. Ainsi, Laurent Michel, directeur général de la DGEC (Direction générale de l’énergie et du climat) au ministère de l’Énergie, a évoqué lors de son audition devant la commission d’enquête sur le nucléaire de l’Assemblée nationale <https://www.lesechos.fr/27/03/2014/LesEchos/21656-075-ECH_nucleaire—le-gouvernement-leve-le-tabou-de-la-fermeture-de-reacteurs.htm>  , un « “non-besoind’une vingtaine de réacteurs à l’horizon 2025 ». La Cour des comptes a ensuite écrit en février 2016 que, pour réduire de 50 % la part du nucléaire en 2025, il faudrait arrêter de « 17 à 20 réacteurs ». Enfin, le 10 juillet 2017, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a estimé qu’il faudrait « peut-être fermer jusqu’à 17 réacteurs nucléaires d’ici 2025 » puis, le 19 juillet, devant la Commission des affaires économiques du Sénat, il a déclaré <http://www.bfmtv.com/actualite/devant-le-senat-nicolas-hulot-evoque-la-fermeture-de-la-moitie-du-parc-nucleaire-1220674.html>  : « Si on veut réaliser cette loi, ce n’est pas 17 réacteurs qu’il faudra fermer, c’est probablement 25. »

Cette annonce de Nicolas Hulot est crédible, mais elle est hélas peu partagée dans le monde politique.

Le graphe ci-dessous, établi à partir d’hypothèses plausibles [1 <https://reporterre.net/Pour-fermer-25-reacteurs-nucleaires-il-faudra-reduire-la-consommation-d#nb2-1> ], chiffre les productions d’électricité en térawattheures (TWh) à travers cinq scénarios. Il permet d’y voir plus clair.

nouvelle version

Notre consommation d’électricité stagne depuis 2011 [2 <https://reporterre.net/Pour-fermer-25-reacteurs-nucleaires-il-faudra-reduire-la-consommation-d#nb2-2> ]. Dans l’hypothèse envisageable d’une production d’électricité stable (scénario 0 %), en visant l’objectif de 50 % d’électricité nucléaire en 2025, il faudrait fermer 19 réacteurs. On se situe là dans l’annonce de fermeture des 17 réacteurs.

Un manque profond de vision de l’avenir 

En revanche, le nombre de 25 réacteurs à fermer correspond sensiblement à l’hypothèse d’une réduction de 17 % de notre production d’électricité, soit une baisse notable de notre consommation. Cet objectif ne semble pas pour l’instant être une priorité gouvernementale.

On voit aussi que, dans l’hypothèse d’une production d’électricité stable avec une part du nucléaire à 50 % de la production électrique, il faudrait, pour respecter notre engagement de réduction d’émissions de gaz carbonique, doubler les productions éolienne et photovoltaïque. Le gouvernement aura-t-il la volonté et les moyens d’un développement aussi ambitieux ?

Quant au scénario imaginant + 50 % de la production brute d’électricité en 2025, avec la conservation de notre niveau actuel de production nucléaire, conduit à une augmentation de 50 % de notre production totale d’électricité en 2025, ce qui est invraisemblable. Pour éviter le quasi-doublement de notre consommation, il faudrait exporter en masse notre électricité, à bas prix [3 <https://reporterre.net/Pour-fermer-25-reacteurs-nucleaires-il-faudra-reduire-la-consommation-d#nb2-3> ] . Plus grave, ce scénario impliquerait aussi la multiplication par cinq de la part du thermique fossile, donc des émissions de gaz carbonique, ce qui irait gravement à l’encontre des résolutions de l’accord de Paris sur le climat.

L’ambition de défendre un nucléaire moribond, en conservant notre parc au niveau actuel, avec ses risques environnementaux, sanitaires et financiers, relève d’un manque profond de vision de l’avenir.

À la réflexion, cet objectif de 50 % de nucléaire en 2025, qui risque par facilité de développer le recours temporaire au thermique fossile, fortement producteur de gaz carbonique, plus cher que l’éolien et que le photovoltaïque, ne devrait-il pas être le moteur pour aller plus rapidement vers les 100 % renouvelables comme le propose l’Ademe ?

Il faut réduire la consommation d’électricité et développer le solaire

Si l’on désire réduire rapidement notre consommation nationale d’électricité, il ne faudra pas être trop ambitieux. Ainsi, au Japon, à la suite de la catastrophe de Fukushima, l’arrêt des 54 réacteurs a conduit à d’importantes restrictions, qui n’ont réduit sa consommation que de 9,3 %.

En France, la consommation d’électricité par foyer, « normalisée » à 2.700 kWh/an, hors chauffage et eau chaude, est scandaleusement trop élevée.

La sobriété pourrait être une solution pour réduire la demande, par exemple en plébiscitant l’achat de biens peu gourmands en électricité. Hélas, le mode de vie dans les pays riches n’incite pas à la sobriété. L’on affiche bien souvent son rang social à travers la possession d’un énorme frigo américain, d’une imposante cave à vins, d’une télévision la plus grande possible, etc.

L’utilisation grandissante d’internet, souvent pour des usages pas franchement indispensables, induit en outre une consommation spécifique en très forte croissance. En France, avec le développement du stockage dans le cloud, le trafic des données internet a été multiplié par 4,5 entre 2011 et 2016 ; il y a plus de 130 stockeurs de données (pour plus de 100.000 serveurs informatiques) et ils consomment environ 9 % de notre production d’électricité.

Par exemple, un selfie Facebook peut consommer autant que quatre ampoules de 20 watts alimentées pendant une heure <http://information.tv5monde.com/info/energie-les-data-center-au-coeur-de-la-nouvelle-donne-mondiale-187014?amp> . Le stockage des photos, de films et de vidéos et le secteur en devenir des milliards d’objets connectés ne nous conduisent guère vers la sobriété.

Par contre, le domaine de l’efficacité énergétique deviendra source de très importantes économies d’électricité dans deux principaux secteurs. Les pompes à chaleur peuvent ainsi remplacer avantageusement le chauffage électrique direct. L’autre domaine, celui des isolants sous vide, quasiment encore inconnu en France, qui isolent jusqu’à 36 fois mieux que la laine de verre <http://business.panasonic.ca/fr/products-housing-vacuuminsulationpanels> , utilisables dans le bâtiment, mais aussi pour les chambres froides et le froid domestique, permettra des économies considérables d’électricité.

Par ailleurs, dans le domaine de la substitution énergétique, le solaire thermique, en régression dramatique depuis 2008, peut remplacer une part très importante d’électricité comme dans le chauffage de l’eau (on compte 12 millions de ballons électriques en service), et encore plus pour le chauffage de nos logements, comme on le constate en Allemagne.

Enfin, si l’on ne veut pas tuer le développement du photovoltaïque, composante majeure pour sortir du nucléaire, il faut éviter de succomber aux sollicitations d’EDF ENR, avec sa campagne « Mon soleil & moi » en faveur de l’autoconsommation, qui produit une électricité 2 à 4 fois plus chère que celle d’une installation standard, tout en produisant 2 à 7 fois moins d’électricité

[1] <https://reporterre.net/Pour-fermer-25-reacteurs-nucleaires-il-faudra-reduire-la-consommation-d#nh2-1> ] Pour les cinq hypothèses étudiées, les productions photovoltaïque (28 TWh) et éolienne (46 TWh) sont égales à celles de l’Allemagne en 2012 (niveaux supérieurs aux engagements du Grenelle pour 2020, a priori difficile à obtenir pour l’éolien), les productions d’hydraulique (67 TWh) et de biomasse (16 TWh) sont au niveau des engagements du Grenelle pour 2020, et le thermique classique est une variable d’ajustement permettant d’obtenir 50 % de nucléaire. Pour les productions d’électricité éolienne et photovoltaïque à l’échéance de 2025, les productions de l’Allemagne en 2012 ont été reprises car c’est évocateur d’une production importante, mais pas inatteignable, étant donné que notre ensoleillement et nos vents sont plus importants.

[2] <https://reporterre.net/Pour-fermer-25-reacteurs-nucleaires-il-faudra-reduire-la-consommation-d#nh2-2> ] La consommation de 2016 est inférieure de 3 térawattheures (TWh) à celle de 2012, les consommations supplémentaires étant compensées en partie par une plus grande efficacité énergétique.

[3] <https://reporterre.net/Pour-fermer-25-reacteurs-nucleaires-il-faudra-reduire-la-consommation-d#nh2-3> ] L’exportation en masse de l’électricité se ferait bien souvent au prix spot <http://fr.wikipedia.org/wiki/prix_spot>  de gros, c’est-à-dire souvent en dessous du tarif Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), conduisant ainsi une mévente, comme celle qui a entraîné pour EDF un manque à gagner d’environ un milliard d’euros en 2015.

Article de Jean-Louis Gaby <https://reporterre.net/goo.gl/7d1Vvm>  est ingénieur, ancien artisan solaire.

https://reporterre.net/Pour-fermer-25-reacteurs-nucleaires-il-faudra-reduire-la-consommation-d

Sep 16

PARIS S’INQUIÈTE DES MENACES AMÉRICAINES SUR L’ACCORD NUCLÉAIRE AVEC L’IRAN

ParisLes surenchères du président américain Donald Trump contre l’Iran, qu’il accuse de ne pas respecter l’accord sur le nucléaire, préoccupent les Européens à commencer par la France. « Nous avons été les plus déterminés pendant les négociations pour obtenir un accord robuste et ambitieux et nous continuons à être vigilants quant à sa mise en œuvre par l’Iran qui, jusqu’ici, l’a appliqué correctement », souligne-t-on à Paris.

« L’accord, qui a été passé il y a deux ans, permet à l’Iran de renoncer à l’arme nucléaire donc d’éviter la prolifération. Cette posture-là, il faut la garantir », expliquait le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d’une conférence à Sciences Po Paris, le 6 septembre, reconnaissant « être inquiet, en ce moment, de la position du président Trump qui pourrait remettre en cause cet accord. Et si on remet en cause cet accord, alors des voix s’élèveront en Iran pour dire : dotons-nous, nous aussi, de l’arme nucléaire ». Un point de vue partagé par Londres comme par Berlin, également signataires de l’accord de Vienne.

Lors de son discours aux ambassadeurs, le 29 août, fixant les grands axes de la politique étrangère française, Emmanuel Macron avait réaffirmé l’importance de l’accord du 14 juillet 2015 entre les 5 +1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) et l’Iran. Lors de son voyage à New York, la semaine prochaine, pour la 72e assemblée générale des Nations unies, le chef de l’État doit notamment rencontrer le président iranien Hassan Rohani.

« Ne pas tout mélanger »

Certes, à Paris, nul ne se fait d’illusion et on reconnaît volontiers que la République islamique reste un « partenaire problématique » en raison de sa politique de déstabilisation régionale en Syrie et au Liban, comme pour son soutien au terrorisme, ainsi que pour son programme balistique sans même parler des atteintes aux droits de l’homme. « Nous partageons les préoccupations des Américains, mais il ne faut surtout pas tout mélanger », explique une source proche du dossier, rappelant que « la menace existentielle c’est la bombe et que, pour d’hypothétiques progrès sur les autres dossiers, nous risquons de tout perdre ».

D’où l’insistance des autorités françaises pour que les États-Unis continuent à remplir leur part du contrat et la levée progressive des sanctions qui étouffaient et continuent en bonne part de handicaper l’économie iranienne. « C’est pour cela que les Iraniens ont signé et s’il ne leur reste que les contraintes et aucun des avantages, ils vont s’y soustraire plus ou moins rapidement », explique un diplomate d’autant plus irrité par l’attitude de l’administration américaine que l’accord prévoit, à l’initiative de Paris, un mécanisme de cliquet permettant de rétablir les sanctions si Téhéran ne joue pas le jeu.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/09/15/paris-s-inquiete-des-menaces-americaines-sur-l-accord-nucleaire-avec-l-iran_5186036_3222.html?h=11

Sep 16

COMMUNIQUÉ DE PRESSE COMMUN DU RÉSEAU “SORTIR DU NUCLÉAIRE » ET DE L’ASSOCIATION SORTIR DU NUCLÉAIRE BERRY-GIENNOIS-PUISAYE

CommuniquéGestion calamiteuse à la centrale nucléaire de Belleville : EDF devra rendre des comptes à l’ASN… et à la justice !

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a décidé de placer sous surveillance renforcée la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, dans le Cher. Une annonce des plus inquiétantes dans un contexte où les installations nucléaires vieillissent et où les scandales s’accumulent. Les associations Réseau “Sortir du nucléaire“ et SDN Berry-Giennois-Puisaye, qui avaient déjà porté plainte en 2015, envisagent d’agir en justice une nouvelle fois.

Centrale nucléaire de Belleville : l’ASN tire la sonnette d’alarme

L’ASN a décidé de placer sous surveillance renforcée la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, en raison de la dégradation du niveau de sûreté qu’elle constate depuis quelque temps sur ce site. En effet, en 2016, celle-ci a constaté une hausse importante du nombre d’incidents <http://www.sortirdunucleaire.org/Nucleaire-des-accidents-partout?recherche=Belleville%20-%20pagination_autres_articles> , en particulier ceux ayant pour origine un défaut de surveillance dans la conduite des réacteurs et a relevé plusieurs défaillances dans l’identification et l’analyse des conséquences des anomalies affectant certains équipements importants pour la sûreté. Elle fait également état d’une dégradation dans la qualité des réponses qui lui sont fournies, ainsi que d’une réactivité insuffisante de l’exploitant. En outre, en avril 2017, l’ASN a conduit une inspection renforcée  <https://www.asn.fr/content/download/110317/874661/version/1/file/INSSN-OLS-2017-0002.pdf> pendant deux jours afin d’évaluer l’organisation d’EDF pour la détection et le traitement des anomalies pouvant affecter les matériels importants pour la sûreté. Travaux expressément demandés et non réalisés, état déplorable de plusieurs systèmes d’alimentation électrique de secours, nombreuses fuites sur des vannes et équipements cruciaux, anomalies récurrentes ne donnant pas lieu à des réparations… les manquements à la surveillance et à l’entretien des installations relevés sont extrêmement inquiétants. Le 7 septembre 2017, le directeur de la centrale de Belleville a été convoqué par le directeur général de l’ASN et sommé de lui présenter son plan d’action en réponse à cette situation.

Depuis plusieurs années, des dysfonctionnements en cascade

Déjà, en 2013, l’ASN estimait que les performances de la centrale étaient « en retrait » et que « la prise en compte des enjeux environnementaux lors de la réalisation des activités d’exploitation ou de maintenance [n’était] pas encore satisfaisante ». Ces euphémismes en disaient long sur la gravité de la situation ! Suite à la publication du rapport d’une inspection renforcée de l’ASN en avril 2014 portant sur les enjeux environnementaux, le Réseau “Sortir du nucléaire“ avait porté plainte en 2015 contre EDF pour pas moins de 34 infractions à la réglementation nucléaire et environnementale à Belleville <http://www.sortirdunucleaire.org/Belleville-sur-Loire-Une-inspection-environnement> . Du jamais vu jusque-là ! Cette plainte a été classée par le Parquet, à la suite d’un simple « rappel à la loi » de l’exploitant… avec les résultats que l’on voit aujourd’hui ! Au vu des problèmes dont il est de nouveau fait état par l’ASN, les associations Réseau “Sortir du nucléaire“ et SDN Berry-Giennois-Puisaye envisagent de saisir une seconde fois la justice concernant cette centrale. Avant que ne survienne un accident ou une pollution nucléaire grave, scénario malheureusement réaliste au regard des dysfonctionnements constatés, il est urgent de mettre fin à cette situation. La centrale nucléaire de Belleville doit être mise à la retraite !

Contacts presse :

Pour le Réseau « Sortir du nucléaire » :
           Catherine Fumé – 06 62 84 13 88
           Marie Frachisse (juriste) – 07 62 58 01 23
Pour Sortir du nucléaire Berry-Puisaye
<sdn-berry-puisaye.webnode.fr>  :

           Françoise Pouzet – 06 64 33 91 29
Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Gestion-calamiteuse-a-la-centrale-nucleaire-de

Sep 16

L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE PASSE LES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR DES CENTRALES AU PEIGNE FIN

ASN générateursC’est la suite des scandales Areva, la découverte de défauts de fabrication sur la cuve de l’EPR de Flamanville puis sur 18 réacteurs en France. Leurs générateurs de vapeur présentaient des taux de carbone trop élevés. L’ASN reprend tous les dossiers de fabrication à zéro et reconnait « des doutes« .

À l’automne 2016 près d’un tiers du parc nucléaire français était à l’arrêt, avec consigne à EDF de soumettre 18 de ses réacteurs à des tests de pression poussés, et de transmettre à l’Autorité de Sûreté Nucléaire la preuve, dossiers à l’appui, que ses générateurs de vapeur ne présentaient pas de risque. Parmi eux trois réacteurs de Dampierre en Burly dans le Loiret, deux à Saint Laurent des Eaux dans le Loiret-Cher, et deux à Chinon, en Indre-et-Loire. La découverte de taux de carbone trop élevé dans l’acier utilisé pour les fabriquer posait un problème de sûreté que personne n’avait imaginé à l’époque de la construction des centrales françaises.

Des doutes sur tout et on vérifie tout

C’est au départ un défaut de fabrication détecté sur la cuve de l’EPR de Flamanville qui avait alerté l’ASN, le gendarme du nucléaire, chargé de contrôler la sûreté des installations. La découverte qu’Areva, le fabricant français, avait multiplié les irrégularités et les défauts de conception, dans son usine du Creusot. Une usine dans laquelle ont été fabriqués, aussi, les générateurs de vapeur des centrales françaises. Tout a donc été repris, et une trop forte concentration de carbone dans le forgeage des pièces a été mise au jour. Trop de carbone, c’est une fragilité accrue, sur ces pièces soumises à de très fortes pressions, à l’intérieur du circuit primaire du réacteur. Des éléments de sûreté majeurs, donc, qu’il a fallu vérifier, soumettre à des tests de pression, et passer au crible. C’est ce que l’Autorité de Sûreté Nucléaire a demandé à EDF, avant d’autoriser le redémarrage de tous les réacteurs concernés, à l’exception de celui de Fessenheim en Alsace.

Un sous-traitant japonais pour l’un des réacteurs de Dampierre en Burly

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Certes l’ASN considère que les éléments transmis par EDF ont permis d’autoriser le redémarrage, à condition de soumettre les générateurs de vapeur à une moindre pression. Mais elle a décidé de reprendre un par un et dans le détail tous les dossiers de fabrication. Une mission longue et délicate, qui doit aboutir fin septembre 2017 à la publication d’un premier rapport. L’enquête est lourde et mobilise les techniciens de l’ASN, d’autant qu’Areva a fait appel, pour certains de ses générateurs, à un sous-traitant japonais, JCFC (Japan Casting and Forging Corporation) qui a fabriqué une partie de ces générateurs trop chargés en carbone. Ceux qui semblent présenter le plus d’incertitudes en termes de sûreté. Ils équipent douze réacteurs en France, dont le numéro 3 à Dampierre en Burly. Celui-ci a été le dernier à obtenir l’autorisation de redémarrer, en décembre 2016.

Cet incident des générateurs de vapeur, incident dit « générique » parce qu’il concerne l’ensemble du parc nucléaire français, ces irrégularités, ont éveillé la méfiance de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, d’où cette reprise à zéro des dossiers de fabrication. « Avant d’autoriser le redémarrage on a vérifié l’état des grosses pièces sur ces générateurs de vapeur » explique Christian Ron, chef du pôle réacteurs à la division Orléans de l’Autorité de Sûreté Nucléaire. « On a été suffisamment rassurés pour autoriser le redémarrage, mais on s’est demandé et les autres pièces, et les petites pièces ? On a donc obligé Areva à faire une revue de tout son matériel. On va aussi travailler un peu plus sur la justesse des documents qui nous sont transmis, on demande à EDF de s’intéresser de très près au sujet« . Christian Ron qui reconnaît une forme de sidération devant l’ampleur du sujet : « En fait le problème de l’EPR nous a permis d’aller sur beaucoup de champs, on ne pouvait pas imaginer à l’époque, à la construction des centrales, que quelqu’un arriverait à faire défaut sur du nucléaire, les enjeux étaient trop importants. Maintenant on a des doutes sur tout… Et comme on a des doutes sur tout, on vérifie tout« . Un vocabulaire de défiance et de fermeté vis-à-vis d’EDF et d’Areva, qui marque sans doute un tournant dans le contrôle de la sûreté nucléaire.

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/l-autorite-de-surete-nucleaire-passe-les-generateurs-de-vapeur-des-centrales-au-peigne-fin-1505454067

Sep 15

LA CORÉE DU NORD TIRE UN NOUVEAU MISSILE AU-DESSUS DU JAPON

Corée missileTokyo condamne « dans les termes les plus forts » cette nouvelle provocation. Le Conseil de sécurité de l’ONU va se réunir en urgence vendredi.

Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait se réunir vendredi 15 septembre à huis clos pour aborder à nouveau la question nord-coréenne. Décidée dans l’urgence, la rencontre suit un nouveau tir de missile par Pyongyang. Parti à 6 h 57, heure de Corée du Sud, de Sunan, dans la banlieue de Pyongyang, l’engin a, comme le 29 août, survolé l’archipel pour aller s’abîmer dans l’océan Pacifique, à quelque 2 000 km à l’est du cap Erimo, dans le sud de l’île nippone d’Hokkaido.

Le tir intervient trois jours après l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité assortie de nouvelles sanctions, notamment une interdiction des livraisons de gaz à la Corée du Nord, un blocage de ses exportations de ses produits textiles et des limites à l’accueil de ses ressortissants pour travailler dans d’autres pays.

Votée après le sixième essai nucléaire mené le 3 septembre par Pyongyang, elle a été vivement critiquée par le régime, qui a menacé le 14 septembre par l’intermédiaire de la commission pour la paix en Asie-Pacifique de « couler » le Japon et de réduire les États-Unis « en cendres », et appelé à dissoudre le Conseil de sécurité, un « outil diabolique » réunissant des pays « corrompus » obéissant aux ordres des États-Unis.

Le nouveau missile serait un modèle balistique à portée intermédiaire selon les premières évaluations de l’armée sud-coréenne et du commandement américain du Pacifique (Pacom), qui a par ailleurs « établi qu’il ne représentait pas une menace directe pour Guam », une île américaine du Pacifique. Mais la distance parcourue, 3 700 km, montre que le régime nord-coréen aurait désormais les moyens de l’atteindre.

Guam se situe à 3 400 km de Pyongyang. Le territoire, qui abrite d’importants moyens militaires américains, a été au cœur d’un vif échange verbal entre Washington et Pyongyang en août. Le régime nord-coréen a menacé de tirer des missiles Hwasong-12 – identiques à celui lancé le 29 août – autour du territoire.

Le président américain Donald Trump ne s’est pas encore exprimé, mais Washington a immédiatement enjoint à la Chine, principal allié et soutien économique de Pyongyang, et à la Russie, de faire directement pression « de leur propre chef » sur le régime nord-coréen.

Maîtrise de la rentrée dans l’atmosphère des missiles

Pyongyang aurait également cherché, selon l’armée sud-coréenne, à affiner la maîtrise de la rentrée dans l’atmosphère des missiles, indispensable à la mise au point de missiles intercontinentaux dotés d’ogives nucléaires. Le dernier projectile tiré a atteint une altitude de 770 km.

Au Japon à nouveau survolé, le tir a provoqué le déclenchement du système J-Alert de la sécurité civile dans douze départements de l’est et du nord du pays. C’est au son des sirènes et des alertes sur téléphone portable que les habitants de la région se sont réveillés. La chaîne publique NHK a immédiatement interrompu ses programmes pour assurer la couverture des suites données au tir.

 « Il n’y a aucun dégât sur le sol nippon », a fait savoir le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga qui a qualifié le lancement d’« inacceptable ». « Notre pays ne peut plus tolérer les provocations répétées de la Corée du Nord, a-t-il déclaré alors que le premier ministre Shinzo Abe est revenu d’une visite officielle en Inde où il a abordé la question nord-coréenne avec son homologue Narendra Modi. Nous avons vivement protesté et nous transmettons la forte indignation du peuple japonais. » Et M. Suga de rappeler l’étroite coopération sur cette question avec les États-Unis et la Corée du Sud. Les Forces d’autodéfense n’ont pas cherché à abattre le missile.

En Corée du Sud, un nouveau missile air-sol

En Corée du Sud, outre une réunion du Conseil de sécurité nationale, la ministre des affaires étrangères Kang Kyung-wha s’est entretenue avec le secrétaire d’État américain Rex Tillerson.

L’armée aurait mené, selon l’agence Yonhap, des tirs de missiles balistiques en mer du Japon (Mer de l’Est). Elle l’a déjà fait après des tirs précédents et l’essai nucléaire du 3 septembre. Elle a également effectué le 13 septembre à partir d’un avion de combat F-15K un essai d’un nouveau missile air-sol d’une portée de 500 km et acheté auprès de la société allemande Taurus System. L’engin a des capacités furtives ce qui le rend théoriquement indétectable.

Par ailleurs la Banque de Corée devait se réunir dans l’urgence pour vérifier l’état de préparation des moyens pouvant être mobilisés pour faire face à toute déstabilisation des marchés. Le Kospi, le principal indice de la bourse sud-coréenne, a entamé la séance en recul de 0,4 %.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/09/15/la-coree-du-nord-tire-un-nouveau-missile_5185849_3216.html

Sep 15

ANOMALIES EN SÉRIE DANS LES CENTRALES NUCLÉAIRES

Belleville 2Malgré la publication d’une liste de 471 irrégularités sur des pièces de 12 centrales, EDF se veut rassurant.

Tout va très bien, madame la marquise. Jeudi, après la découverte de 471 anomalies sur des pièces forgées dans l’usine Areva du Creusot (Saône-et-Loire) et utilisées dans 12 des 19 centrales nucléaires françaises, EDF a assuré qu’il n’y avait pas de problème de sûreté.

Selon EDF, la moitié de ces 471 anomalies (qui ne respectent par la réglementation de la filière nucléaire), auxquelles il faut ajouter 130 fiches de non-conformité (qui ne respectent pas l’exigence de qualité requise par Areva), concernent des problèmes de température de la pièce métallique lors du processus de forgeage ; l’autre moitié, des problèmes dans la composition chimique. Pas de panique, assure EDF, pour qui ces anomalies ne sont pas de nature « à remettre en question l’aptitude au fonctionnement en toute sûreté des composants concernés ».

Cette annonce intervient alors que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a placé cette semaine la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) « sous surveillance renforcée », en raison de « la dégradation du niveau de sûreté ». Par ailleurs, après une visite inopinée de l’usine de retraitement de La Hague (Manche), le gendarme du nucléaire a estimé mardi insuffisante la protection contre un risque d’explosion. « Ça fait beaucoup, reconnaît une source proche du dossier. D’autant que même si EDF fait preuve de transparence, avec toute cette affaire, il y a beaucoup de suspicions. » Contactée, l’ASN n’était pas en mesure de déterminer la gravité de ces anomalies : « Les dossiers sont à l’instruction », indique un porte-parole.

Tests falsifiés au Creusot

Depuis 2016, l’électricien s’est engagé dans un vaste audit des 2 000 pièces fabriquées pour son compte par l’usine d’Areva (des éléments de circuit primaire, de générateur de vapeur ou encore de tuyauterie). À l’origine de cette gigantesque enquête, la révélation, en avril 2015, par l’ASN de la présence d’anomalies sur la cuve et le couvercle de l’EPR de Flamanville (Manche), la nouvelle génération de réacteur nucléaire en cours de construction. Leur taux de carbone est supérieur à la normale.

En avril 2016, nouveau coup de tonnerre. Dans les bureaux de l’usine de Saône-et-Loire, les enquêteurs découvrent des dossiers barrés de deux petits traits noirs, un code signalant que ces documents contiennent des informations qu’il ne faut pas divulguer à l’extérieur. L’analyse de ces 400 dossiers, dont une centaine concernent EDF, montrera notamment que des tests de qualité ont été falsifiés. Le rapport confidentiel sur la forge du Creusot commandé en juin 2016 par Emmanuel Macron lorsqu’il était ministre de l’Économie est cinglant : perte de compétence, sous-effectif, absence de culture de la performance ou encore pression du management pour « cacher les mauvaises nouvelles », dénonce son auteur Yves Bréchet, haut-commissaire à l’énergie atomique.

Depuis, l’ASN a signalé l’affaire à la justice tandis que plusieurs ONG, comme Greenpeace, ont porté plainte notamment pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui et usage de faux. « Quand Boeing ou Samsung ont un problème sur un appareil, ils le rappellent. Dans le nucléaire, on fait comme si ce n’était pas grave alors que nos centrales sont vieilles, s’inquiète Cyrille Cormier, en charge des questions d’énergie chez Greenpeace. Et que font nos politiques ? Personne ne réagit. » L’audit d’EDF sur les pièces forgées au Creusot doit se poursuivre jusqu’au 31 décembre 2018.

Le Parisien

http://www.leparisien.fr/economie/anomalies-en-serie-dans-les-centrales-nucleaires-15-09-2017-7261659.php

Sep 15

WASHINGTON PROLONGE LA SUSPENSION DE SANCTIONS CONTRE L’IRAN

Les États-Unis ont décidé jeudi de maintenir l’allègement des sanctions lié à l’accord nucléaire iranien, mais l’administration Trump a présenté ce geste comme « temporaire » et fait savoir qu’elle poursuivait sa réflexion sur sa politique vis-à-vis de Téhéran.

Parallèlement à cette annonce, le Trésor américain a pris des mesures ciblées contre près d’une douzaine d’individus et d’entités qui soutiennent les Gardiens de la Révolution en Iran ou qui ont mené des cyberattaques contre le système financier américain.

La prolongation de l’exemption des sanctions est « une décision temporaire« , a déclaré un responsable américain sous couvert d’anonymat, soulignant qu’aucune décision n’a été prise quant au devenir de l’accord sur le nucléaire.

« L’administration a approuvé cette suspension pour se donner plus de flexibilité« , a commenté la porte-parole du département d’État Heather Nauert.

Il s’agit de laisser « le temps au président et à son cabinet de prendre une décision finale sur la politique que suivront les États-Unis » quant à l’accord JCPOA de non-prolifération (Joint Comprehensive Plan of Action), signé en 2015 à Vienne par l’Iran et les grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).

Donald Trump doit décider d’ici mi-octobre s’il « certifie » ou non devant le Congrès que Téhéran respecte les termes de cet accord. Il doit renouveler cette démarche tous les 90 jours, et, bien qu’il ait promis avant son élection de « déchirer » l’accord nucléaire, il l’a depuis validé à deux reprises tout en dénonçant ces dernières semaines, les agissements de l’Iran.

« Vous connaitrez ma décision très prochainement en octobre« , a déclaré jeudi le président américain, à bord de Air Force One, estimant que « cet accord n’aurait jamais dû être passé« .

« Ils (les Iraniens) violent les différents termes (de l’accord) et ils violent l’esprit de l’accord« , a-t-il également estimé.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères iranien, Javad Zarif a indiqué que l’accord iranien n’était pas renégociable. « Un meilleur » accord est fantaisiste, a-t-il estimé sur son compte twitter.

L’accord sur le nucléaire iranien prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions en échange de garanties que Téhéran ne se dotera pas de l’arme atomique.

Depuis, de nombreuses sanctions internationales ont été levées, ouvrant notamment la porte aux investissements étrangers. Début juillet 2017, le groupe français Total, à la tête d’un consortium international, a ainsi signé un accord avec l’Iran.

L’Agence internationale de l’énergie atomique est, elle, chargée de contrôler régulièrement tous les sites nucléaires iraniens. Et dans son dernier rapport d’étape, publié fin août, elle estime que l’Iran respecte bien ses engagements.

Menaces iraniennes

« Il y a eu plusieurs discussions » et « aucune décision finale n’a été prise » pour le moment pour « certifier » ou « dé-certifier » la conformité de l’accord nucléaire, a pour sa part indiqué jeudi le secrétaire d’État américain Rex Tillerson, soulignant que l’administration Trump n’avait pas terminé l’analyse de sa politique en Iran.

« Le Président Trump a été clair avec ceux qui le conseillent sur cette politique: nous devons prendre en compte la totalité des menaces iraniennes, et pas seulement les capacités nucléaires de l’Iran« , a-t-il expliqué.

Tillerson a estimé que « la pleine mise en œuvre de l’accord nucléaire contribuerait de manière positive à la stabilité et à la paix dans la région et à l’échelle internationale: ce sont les attentes de l’accord« .

Il a jouté que de son point de vue, l’Iran ne contribuait pas à ces attentes, citant le développement de missiles balistiques et la déstabilisation régionale qui « menacent la sécurité« .

L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU Nikki Haley, a, elle déclaré récemment que si le président « devait décider de dé-certifier, il aurait de bonnes raisons pour le faire« .

« Les dirigeants iraniens veulent utiliser l’accord nucléaire pour prendre le monde en otage« , avait-elle estimé le 5 septembre devant le think tank American Enterprise Institute.

En attendant la décision, le Trésor américain a annoncé jeudi le gel de tous les biens et intérêts de 11 entités et personnes en lien avec l’Iran.

« Une entreprise iranienne fournissant du matériel de soutien au programme de missiles balistiques, des compagnies aériennes assurant le transport des combattants et des armes en Syrie ainsi que des hackers qui ont commis des cyber-attaques à l’encontre d’institutions financières américaines » figurent sur cette liste, a précisé le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

« Le Trésor continuera de prendre de sévères sanctions face aux provocations de l’Iran, dont le soutien au corps des Gardiens de la révolution (l’armée d’élite du régime iranien) et aux extrémistes terroristes« , a-t-il insisté.

Par Delphine TOUITOU© 2017 AFP

http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2017/09/14/Nucleaire-Washington-prolonge-la-suspension-de-sanctions-contre-l-Iran-3225609

Sep 15

MOON OPPOSÉ AUX ARMES NUCLÉAIRES EN CORÉE DU SUD

MoonLe président Moon Jae-in s’est opposé au déploiement en Corée du Sud d’armes nucléaires tactiques américaines ou à un armement nucléaire du pays, qui ne feraient qu’aboutir à une course à l’armement en Asie du Nord-Est, a rapporté ce jeudi la chaîne d’information américaine CNN.

Dans une interview accordée à CNN, Moon a également assuré que Séoul et Washington sont sur la même longueur d’onde en ce qui concerne la Corée du Nord, soulignant la «forte» coopération entre les deux alliés, fondée sur une alliance de longue date.

«Je suis de l’opinion que le Sud doit renforcer ses capacités de défense en réponse à la capacité nucléaire et balistique grandissante de la Corée du Nord, mais je ne partage pas l’idée d’un redéploiement d’armes nucléaires tactiques en Corée du Sud ou d’un armement nucléaire du pays», a déclaré le président.

«Il serait difficile de maintenir la paix entre la Corée du Sud et la Corée du Nord si nous adoptons pour position de contrer les armes nucléaires du Nord avec les nôtres. De plus, cela nuirait à la paix et à la stabilité de l’ensemble de la région de l’Asie du Nord-Est en provoquant une compétition nucléaire.»

Moon a dit que Pyongyang doit montrer sa volonté de prendre part à un dialogue.

«Notre politique nord-coréenne reste la même. Si la Corée du Nord opte pour le dialogue, nous disposons de beaucoup d’options pour discuter, bilatérales et multilatérales, et nous avons aussi des plans en place pour aider le Nord à développer son économie et à prospérer une fois qu’il aura repris le dialogue», a expliqué le chef de l’État.

«Mais cela n’est possible que s’il désire participer à un dialogue. Le Nord doit créer les conditions propices au dialogue», a ajouté Moon, qui a souligné que les sanctions internationales et la pression actuelles ont pour but d’éviter la guerre et de forcer Pyongyang à rejoindre la table des négociations.

Cette approche basée sur le dialogue va à l’encontre de la ligne dure préconisée par le président américain Donald Trump, qui a déclaré récemment qu’un «discours d’apaisement» avec le Nord ne marchera pas, laissant pointer une possible dissonance entre les deux alliés.

Moon a cherché à apaiser ces craintes. «Je pense que ce que le président Trump a voulu dire est que non seulement la Corée du Sud et les États-Unis, mais aussi la Chine et la Russie doivent tous ensemble répondre de manière très ferme aux provocations nucléaires de la Corée du Nord.»

Le président sud-coréen s’est dit «confiant» qu’il n’y aura plus jamais de conflit armé sur la péninsule coréenne et a réaffirmé que Séoul résoudra l’impasse sur le nucléaire «de façon pacifique grâce à la diplomatie.»

À propos de la dernière résolution contre la Corée du Nord au Conseil de sécurité des Nations unies, Moon a estimé que son adoption unanime et les promesses de mise en œuvre exhaustive de la part de la Chine et de la Russie reflètent la solidarité internationale face au programme nucléaire de Pyongyang.

«Bien qu’on ne sache pas encore si le Nord arrêtera ses provocations grâce à cette résolution, je pense que (la résolution) montre que le monde entier a fait un pas déterminant», selon le président.

«Si le Nord continue à provoquer, la communauté internationale élargira le champ des restrictions sur les exportations de pétrole et cela ne lui laissera d’autre choix que d’arrêter ses provocations.»

mathieu@yna.co.kr

Sep 14

SITUATION EXPLOSIVE À L’USINE AREVA DE LA HAGUE

La HagueCommuniqué de presse du Réseau “Sortir du nucléaire“ qui appelle à mettre fin au « retraitement » des combustibles nucléaires

Dans son édition du 13 septembre 2017, le Canard Enchaîné alerte sur d’inquiétants problèmes de sûreté à l’usine Areva de la Hague, dans le Cotentin, où est pratiqué le « retraitement » du combustible nucléaire usé. Ainsi, selon des rapports d’inspection de l’Autorité de sûreté nucléaire, Areva ne serait pas à même, en cas de panne du système de ventilation, de prévenir une explosion d’hydrogène dans l’installation où est traité le plutonium !

Ces informations sont rendues publiques sur fond de « non-respect des procédures » et d’ « état alarmant des équipements », selon les mots mêmes de l’ASN. Cette situation s’avère d’autant plus explosive que l’état financier catastrophique d’Areva laisse craindre des impasses sur la sûreté. Selon le Canard Enchaîné, l’ASN aurait d’ailleurs reçu une lettre de salariés dénonçant une maintenance réduite des installations, des formations bâclées et des procédures simplifiées à l’extrême en raison d’une « course effrénée aux économies » !

Cette alerte ne doit pas rester lettre morte : l’usine Areva de La Hague, dont les rejets radioactifs sont supérieurs à ceux cumulés de toutes les centrales françaises [1], constitue l’un des sites les plus dangereux au monde au vu du stock de matières fissiles et toxiques qui s’y accumule. Il est aberrant que la France continue à poursuivre une activité aussi risquée que le « retraitement » des combustibles nucléaires usés, présenté abusivement comme un « recyclage ». Coûteuse et polluante, cette opération ne réduit ni le volume, ni la dangerosité des déchets et s’avère parfaitement inutile… si ce n’est pour produire du plutonium pur qui sert à fabriquer le dangereux et coûteux combustible MOX [2] ou des armes nucléaires, elles-mêmes dangereuses et obsolètes.

Tous les autres pays nucléarisés ont déjà abandonné le retraitement. La France doit en faire de même avant qu’un accident ne se produise à La Hague.

Contact presse : Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Notes

[1] Voir les autorisations de rejets : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2016/1/11/DEVP1600108A/jo

[2] Ce combustible est utilisé dans 22 réacteurs français, parmi les plus anciens du parc.

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/Situation-explosive-a-l-usine-Areva-de-La-Hague

Sep 14

NUCLÉAIRE : SOLIDARITÉ NATIONALE À GÉOMÉTRIE VARIABLE POUR LE CONSEIL D’ÉTAT

Conseil d'étatLe Conseil d’État ne craint pas les contradictions. Après avoir rappelé en juillet dernier que « toutes les demandes d’indemnisation de victimes des essais nucléaires qui ont fait l’objet d’un refus doivent être réexaminées », la juridiction administrative suprême a hier laissé entendre que la solidarité nationale avait tout de même ses limites.

Le rapporteur public du Palais-Royal a recommandé aux juges du Conseil d’État de rejeter le pourvoi de la Caisse de prévoyance sociale de la Polynésie. Cette dernière conteste une décision de la cour administrative d’appel de Paris qui lui refuse le remboursement par l’État français de l’indemnisation d’une victime des essais nucléaires. Cette personne a reçu 91 205 791 francs CFP (NDLR : environ 764 300 Euros) de la part de la Caisse de prévoyance sociale de la Polynésie. Le préjudice qu’elle a subi n’est d’ailleurs pas remis en cause. Ce qui pose question, c’est le bien-fondé de la Caisse à être elle-même remboursée.

« Un tiers payeur ne peut demander le remboursement de l’indemnisation qu’il a fournie qu’en cas de preuve de la responsabilité directe de l’État », a déclaré à l’audience le rapporteur public. Avant de reconnaître que dans ce cas de figure précis, cette preuve sera « très difficile à apporter ». Il n’en demeure pas moins que, toujours selon le rapporteur public, la jurisprudence dans les grands scandales sanitaires français (sang contaminé, amiante…), montre que « les régimes de solidarité ne désignent pas l’État comme responsables mais plutôt comme porteur de la solidarité nationale. »
Et la loi de 2010 (dite Loi Morin) n’y change rien. Selon l’expert du droit public, « le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) doit réparer les préjudices mais ne reconnaît pas l’État comme responsable des préjudices ». Le rapporteur public a donc logiquement conclu à la non-admission du pourvoi. Les juges suivent ses recommandations dans l’écrasante majorité des cas. L’affaire a été mise en délibéré et la décision du Conseil d’État devrait être connue dans un mois.

Article rédigé par Julien Sartre

http://www.tahiti-infos.com/Nucleaire-solidarite-nationale-a-geometrie-variable-pour-le-Conseil-d-Etat_a164612.html

Sep 14

RÉUNIONS PUBLIQUES SUR L’IMPACT DES ACTIVITÉS D’AREVA AU NIGER AVEC ALMOUSTAPHA ALHACEN

CRIIRADÀ ARLIT, dans la région d’AGADEZ, dans le Nord du Niger, deux filiales d’AREVA (SOMAÏR et COMINAK) exploitent des gisements d’uranium depuis plusieurs décennies. La CRIIRAD s’est mobilisée à partir de 2002 pour apporter un soutien logistique et scientifique à l’ONG AGHIRIN’MAN qui se bat pour améliorer la protection de l’environnement et défendre les populations et les travailleurs.

Les études conduites entre 2003 et 2009 ont montré de nombreuses atteintes à l’environnement : contamination des eaux souterraines par l’uranium, vente de ferrailles et textiles radioactifs sur les marchés d’Arlit, rues remblayées avec des matériaux radioactifs, etc.. La dénonciation de ces situations par voie médiatique a permis quelques avancées concrètes pour les populations locales mais les atteintes à l’environnement restent préoccupantes.

Almoustapha ALHACEN, le fondateur et président d’AGHIRIN’MAN, a été choisi cette année, par le jury international du Nuclear-Free Future Award, qui lui a attribué le NFFAward 2017 dans la catégorie Résistance. Il recevra ce prix lors de la conférence internationale « Droits de l’Homme, Générations Futures et Crimes à l’âge Nucléaire“, organisée par l’IPPNW/PSR du 14 au 17 septembre 2017 à Bâle en Suisse. Le discours d’introduction sera prononcé par Bruno CHAREYRON, directeur du laboratoire de la CRIIRAD et membre de l’association « Les amis d’AGHIRIN’MAN ».

Celle-ci a organisé une tournée en France d’Almoustapha ALHACEN, du 18 au 28 septembre. 

Nous vous convions à le rencontrer lors des réunions publiques suivantes :

  • à Paris, le mercredi 20 septembre à 19h au café le « Lieu-Dit », 6 rue Sorbier, métro Ménilmontant ou Gambetta (réunion organisée par Survie-Paris). Interventions d’Almoustapha Alhacen et Bruno Chareyron,
  • à Valence, le jeudi 21 septembre à 20h à « La cave du 42« , 42 rue de la république, face à la Médiathèque de Saint-Peray (07130), avec (sous réserve) la participation de Michèle Rivasi, députée européenne, d’Almoustapha Alhacen et Bruno Chareyron,
  • à Vichy, le mercredi 27 septembre à 20h, salle des fêtes, place de l’hôtel de ville (réunion organisée par l’APROMER). Intervention d’Almoustapha Alhacen et Arlette Maussan (Collectif des Bois Noirs). Projection d’extraits du film de Dominique Hennequin : « Uranium, l’héritage empoisonné »,
  • à Villars (près de Saint-Etienne), le jeudi 28 septembre à 20h, salle Collange, Rue de l’Hôtel de Ville (réunion organisée par l’association SOS Villars). Intervention d’Almoustapha Alhacen et Arlette Maussan (Collectif des Bois Noirs). Projection d’extraits du film de Dominique Hennequin : « Uranium, l’héritage empoisonné ».

Contact CRIIRAD : contact@criirad.org

Sep 14

NUCLÉAIRE: LE FINLANDAIS TVO DÉPOSE UN RECOURS CONTRE AREVA

EPRAreva n’a pas fait de commentaire sur ce recours, confirmant que la mise en service de la centrale était prévue en décembre

En 2003, l’opérateur électrique finlandais TVO signait avec un consortium mené par Areva la construction d’une centrale nucléaire de type EPR sur le site d’Olkiluoto, à l’ouest du pays. La centrale, qui devait être livrée en 2009, ne fonctionnera pas avant fin 2018. Si les soucis techniques sont désormais réglés, les surcoûts sont colossaux (près de 2,6 milliards d’euros pour TVO) et font l’objet d’un arbitrage entre les parties prenantes.

Areva n’en a pas fini avec les prétoires. En effet, le groupe finlandais d’électricité Teollisuuden Voima (TVO) a annoncé mercredi 13 septembre avoir déposé un recours auprès du Tribunal de l’Union européenne portant sur les aides publiques françaises versées à la multinationale battant pavillon tricolore. Un différend oppose depuis plusieurs années TVO et Areva sur des retards et des dépassements de budget du chantier <http://www.lopinion..fr/edition/economie/nucleaire-finlandais-tvo-se-sent-l-enfant-abandonne-famille-epr-116673>  du réacteur nucléaire EPR Olkiluoto 3 (OL3), situé dans le sud-ouest de la Finlande.

Dans le cadre d’une procédure auprès de la Chambre de Commerce international, TVO réclame à la firme française et à son associé Siemens <http://www.lopinion.fr/mots-cles/siemens>  2,6 milliards d’euros tandis que ces derniers lui demandent en retour de payer 3,6 milliards de pénalités. L’arbitrage n’a pas encore été rendu par la CCI. TVO justifie son recours par le fait qu’il estime que le projet de restructuration et de recapitalisation d’Areva ne lui fournit pas suffisamment de garanties quant à la disponibilité des ressources nécessaires au projet OL3. « TVO considère également que ce projet ne garantit pas qu’Areva <http://www.lopinion.fr/mots-cles/areva>  sera capable d’assumer les responsabilités actuelles et futures au cours des dernières phases d’achèvement du chantier et jusqu’à la fin de la période de garantie », affirme le groupe finlandais dans un communiqué.

La Commission européenne a estimé le 10 janvier dernier que l’injection par l’État français de 4,5 milliards d’euros dans le capital d’Areva était conforme aux règles de l’Union européenne en matière d’aides d’État.

Après la cession de l’activité de réacteurs nucléaires (New NP) à EDF et la création de NewCo, où sont regroupées les mines et le traitement de l’uranium, Areva SA, entièrement contrôlé par l’État français, sera quasiment une coquille vide avec pour seule fonction de rembourser ses dettes et de gérer le contrat de construction de l’EPR OL3.

Source : L’Opinion  / Reuters

http://www.lopinion.fr/edition/economie/nucleaire-finlandais-tvo-depose-recours-contre-areva-133905

Sep 13

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BELLEVILLE-SUR-LOIRE PLACÉE SOUS SURVEILLANCE RENFORCÉE

Belleville 2L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé, ce mercredi 13 septembre, avoir placé la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) « sous surveillance renforcée ». La dégradation du niveau de sûreté constatée depuis 2016 et l’absence d’améliorations notables de la part d’EDF motivent cette décision.

Belleville-sur-Loire, dans le Cher, va voir sa centrale nucléaire placée sous surveillance renforcée. Cette centrale créée en 1980 et mise en service en 1987-1988 comporte deux réacteurs de 1300 mégawatts chacun. 771 salariés EDF et 217 salariés permanents d’entreprises prestataires y sont employés. En 2016, elle a produit plus de 16,7 milliards de kilowattheure (kWh), ce qui équivaut à 100% des besoins de la région centre et plus de 4% de la production nucléaire nationale. Ce mercredi, cette centrale est placée sous «surveillance renforcée» annonce l’autorité de sûreté nucléaire (ASN).

« Une hausse du nombre d’événements significatifs » (Autorité de sûreté nucléaire)

L’ASN précise avoir relevé en 2016 «plusieurs défaillances de l’exploitant (EDF, NDLR) dans l’identification et l’analyse des conséquences des anomalies affectant certains équipements importants pour la sûreté

Dans sa note d’information, le gendarme du nucléaire a également constaté une «hausse du nombre d’événements significatifs», dont huit étant classés au niveau 1 de l’échelle internationale de classement des événements nucléaires (INES: échelle allant de 0 à 7 ; 0 étant un écart, 7 un accident majeur). Lors de son communiqué de presse bilan de l’année 2016, la centrale avait en effet mentionné huit événements de niveau 1, et 34 de niveau 0, précisant tout de même qu’«aucun d’entre eux n’a eu d’impact sur le fonctionnement et la sûreté des installations».

En avril 2017 précise l’ASN, une inspection renforcée, avec l’appui de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), avait été menée. Des carences avaient déjà été révélées dans la «mise en œuvre de l’organisation définie par l’exploitant pour la surveillance et l’entretien de ses installations» et l’ANS avait déjà prévenu la centrale: «les inspecteurs ont notamment noté plusieurs dégradations significatives susceptibles d’affecter le fonctionnement du système d’alimentation».

Quel futur pour la centrale?

Le 7 septembre dernier, le directeur général de l’ASN, Olivier Gupta a présenté son plan d’actions au directeur de la centrale de Belleville-sur-Loire. Cette disposition impose des contrôles supplémentaires et une attention particulière. Une inspection de contrôle, pour faire le bilan des dispositions prises par la centrale, aura lieu en 2018. Entre 2013 et 2015, la centrale de Chinon avait été placée sous ce régime de «surveillance renforcée», tout comme celle de Dampierre en 2000. Ces deux centrales sont encore ouvertes aujourd’hui, et ont quitté le régime renforcé de surveillance.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/09/13/20002-20170913ARTFIG00197-la-centrale-nucleaire-de-belleville-sur-loire-placee-sous-surveillance-renforcee.php

Sep 13

LES SANCTIONS SONT LOIN DE CALMER LA CORÉE DU NORD

loin de calmerLa Corée du Nord a promis mercredi d’accélérer ses programmes militaires interdits en réponse aux sanctions « maléfiques » imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU à la suite de son sixième essai nucléaire.

« L’adoption d’une autre ‘résolution sur des sanctions’ illégales et maléfiques, pilotée par les États-Unis permet à la RPDC de vérifier que la route qu’elle a choisi de prendre est absolument la bonne« , a indiqué le ministère nord-coréen des Affaires étrangères dans un communiqué publié par l’agence officielle KCNA qui cite les initiales du nom officiel du régime, la République populaire et démocratique de Corée.

« La RPDC redoublera d’efforts pour augmenter sa force afin de protéger la souveraineté du pays et son droit à l’existence« , a ajouté le ministère.

Le Conseil de sécurité a voté à l’unanimité lundi un huitième train de sanctions pour pousser Pyongyang à renoncer à ses programmes balistique et nucléaire interdits. Le texte prévoit notamment un embargo sur les exportations de gaz vers la Corée du Nord, une limitation des exportations de pétrole et de produits raffinés ainsi que l’interdiction des exportations nord-coréennes de textile.

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a décrit la résolution comme « une provocation haineuse visant à priver la RPDC de ses droits légitimes à l’autodéfense et à étouffer son État et sa population au moyen d’un blocus économique total« .

Des experts se sont montrés sceptiques sur la portée de ce texte, relevant que les précédentes sanctions n’avaient pas empêché que les programmes nucléaire et balistique fassent de remarquables progrès.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1733/Coree-du-Nord/article/detail/3258409/2017/09/13/Les-sanctions-sont-loin-de-calmer-la-Coree-du-Nord.dhtml

Sep 13

NETANYAHU DEMANDE L’ANNULATION DE L’ACCORD NUCLÉAIRE AVEC L’IRAN

NetanyahuLe Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en tournée en Amérique latine, a appelé mardi les grandes puissances à « réviser ou annuler » l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 permettant de lever une partie des sanctions internationales contre l’Iran.

« Laissez-moi profiter de cette occasion pour éclaircir les choses. Je serai direct: c’est un mauvais accord, il peut être révisé ou annulé. C’est la position d’Israël« , a déclaré M. Netanyahu à Buenos Aires, où il rencontrait le président Mauricio Macri.

Conclu en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, cet accord prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions internationales contre l’Iran qui s’engage en échange à limiter son programme nucléaire à des usages civils et à ne pas se doter de l’arme atomique.

Ce texte est actuellement menacé par la dégradation des relations entre Téhéran et les États-Unis de Donald Trump.

Le chef du gouvernement israélien a assuré que dans le cas de l’Iran, c’est « la recherche d’armes nucléaires qui nous concerne et doit inquiéter l’ensemble de la communauté internationale. Nous comprenons le danger que représente le fait qu’une nation suspecte possède la bombe atomique« .

À l’issue d’un entretien, le président argentin a remis à M. Netanyahu quelque 140.000 documents et photos historiques de la Seconde Guerre mondiale numérisés pour permettre de nouvelles recherches sur l’Holocauste. Un matériel réuni par le ministère des Affaires étrangères argentin entre 1939 et 1950.

Les deux pays ont également signé des accords de coopération sur la sécurité publique, le crime organisé, le trafic de personnes, de drogues, le blanchiment d’argent et la cybercriminalité.

Dans ce pays où la communauté juive est estimée à 300.000 membres – la plus importante d’Amérique latine -, un accord commercial a aussi été conclu en vue de lancer une liaison aérienne de la compagnie israélienne El Al entre Buenos Aires et Tel Aviv.

Des organisations pro-palestiniennes et de partis de gauche devaient manifester contre cette visite mardi, dénonçant les « politiques belliqueuses et répressives » du Premier ministre israélien.

Israël cherche à élargir ses liens économiques et commerciaux avec de nouvelles régions et à se rapprocher de pays susceptibles de voter en sa faveur auprès des instances de l’ONU, où l’État hébreu est souvent condamné pour l’occupation des Territoires palestiniens.

Lors de cette tournée prévue jusqu’à vendredi, M. Netanyahu se rendra ensuite en Colombie et au Mexique, avant de participer à New York à l’Assemblée générale des Nations unies.

Auteur : AFP

http://www.francesoir.fr/actualites-monde/netanyahu-demande-lannulation-de-laccord-nucleaire-avec-liran

Sep 13

NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN : DES NOUVELLES SANCTIONS INEFFICACES ?

sactions CoréeUne semaine après le test d’une bombe H par Pyongyang, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté de nouvelles mesures de rétorsion économique contre le régime.

Une semaine après le sixième test nucléaire effectué par la Corée du Nord, le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé lundi d’imposer au régime une série de nouvelles sanctions économiques, dans l’espoir de stopper sa course à l’armement. Après le charbon, le fer, l’or, les terres rares, le plomb, les crustacés ou le poisson, les pays membres des Nations unies ont désormais interdiction d’acheter du textile nord-coréen. Par ailleurs, le volume de pétrole livré au pays ne devra pas dépasser la quantité vendue ces douze derniers mois.

C’est la huitième série de sanctions imposée par la communauté internationale au régime de Pyongyang depuis 2006, et la troisième pour l’année 2017. Un rythme qui s’accélère à mesure que le régime de Kim Jong-un multiplie les réussites dans son programme balistique et nucléaire, déjouant tous les pronostics. Le but des sanctions est d’une part d’étrangler financièrement le pays pour l’empêcher de poursuivre sa recherche militaire, et de l’autre de l’empêcher de se fournir en produits et matériaux utiles à l’armement, comme le carburant d’avion. Toutes ces interdictions ne s’appliquent pas «en cas de besoins humanitaires essentiels», la Corée du Nord devant prouver que le fruit de ces échanges est destiné à la population.

Même si ces dernières sanctions sont forcément une mauvaise nouvelle pour Pyongyang, on peut, une fois de plus, douter de leur efficacité. Elles pourraient même pousser le régime à accélérer son programme nucléaire et balistique avant que leurs effets ne s’en ressentent, et servir de prétexte à de nouvelles démonstrations de force. Jusque-là, les mesures de rétorsion économique n’ont pas détourné les dirigeants nord-coréens de leur priorité absolue, le développement d’un armement de dissuasion nucléaire. Le pays montre même des signes de développement économique, alors que, selon des témoignages recueillis sur place, la population a d’énormes besoins en termes d’alimentation, de santé, d’hygiène ou de formation.

Et l’application des sanctions décidées par l’ONU est problématique. La Chine partisane du statu quo envers sa voisine nord-coréenne et qui s’est opposée, lundi, à la demande américaine d’embargo pétrolier, est le principal partenaire commercial de Kim Jong-un. Or Pékin ne publie aucun chiffre sur ses exportations vers la Corée du Nord, et les échanges commerciaux transfrontaliers sont très nombreux. Beaucoup d’entreprises chinoises faisant fabriquer les vêtements dans des usines nord-coréennes pour profiter de la main-d’œuvre bon marché, l’application des contrôles restera liée au bon vouloir des autorités chinoises.

La nouvelle résolution interdit aussi de délivrer de nouveaux permis de travail aux dizaines de milliers de Nord-Coréens employés à l’étranger, notamment dans les forêts russes et les chantiers de la péninsule arabique, mais le contrôle va s’avérer difficile. Et, par définition, les sanctions n’auront aucun effet sur les sources de devises que sont les nombreuses activités criminelles et de contrebande développées depuis des années par Pyongyang.

Article de Laurence Defranoux

http://www.liberation.fr/planete/2017/09/12/nucleaire-nord-coreen-des-nouvelles-sanctions-inefficaces_1595739

Sep 13

BELGIQUE : DES SCIENTIFIQUES DE LA KUL DEMANDENT L’ARRÊT DE DOEL 3 ET TIHANGE 2

KULTrois professeurs de la KUL (Katholieke Universiteit Leuven) ont transmis une note à l’AFCN (Agence fédérale de contrôle nucléaire) recommandant l’arrêt de Doel 3 et Tihange 2, rapporte la RTBF. Les scientifiques estiment que les deux réacteurs ont des cuves trop fragiles.

Pro-nucléaires, René Boonen, Jan Peirs et Walter Bogaerts tirent la sonnette d’alarme sur l’état de Doel 3 et Tihange 2. Selon eux, la grande quantité de microfissures détectées lors des derniers contrôles ne peut s’expliquer par l’argument du défaut de fabrication avancé par l’AFCN et Electrabel.

Ce défaut est apparu à cause de bulles d’hydrogène restées coincées au moment de l’usinage.

Une erreur qui peut selon René Boonen avoir provoqué de 1 000 à 1 500 microfissures, mais non 13 000. Ce nombre élevé de microfissures serait en réalité dû à l’hydrogène qui continue à être produit avec l’eau présente dans les cuves.

L’AFCN n’est pas « en mesure d’assurer la stabilité des microfissures présentes dans les parois des cuves des réacteurs », affirme dès lors Walter Bogaerts.

L’AFCN répond avoir « l’avis d’autres experts qui disent le contraire. Il y a des indications dans ces cuves. On les a analysées. Il n’y a aucun élément pour nous amener à arrêter les centrales », a assuré à la RTBF Jan Bens, directeur de l’AFCN.

Tihange 1 à l’arrêt

Le réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Tihange a été mis à l’arrêt mardi après-midi afin d’effectuer une opération de maintenance, peut-on par ailleurs lire sur le site « Transparency » d’Engie, la maison-mère d’Engie Electrabel.

Cet arrêt, non-programmé, s’est fait de manière manuelle et non de manière automatique. « Il a été décidé de procéder à un arrêt manuel pour réaliser une intervention de maintenance », explique une porte-parole d’Engie Electrabel.

L’arrêt s’est fait en deux phases, à 16h45 et 17h, et devrait se prolonger jusqu’à ce mercredi, 12h.

Tihange 1 offre une capacité de 962 MW.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/2765/Environnement/article/detail/3257839/2017/09/12/Des-scientifiques-de-la-KUL-demandent-l-arret-de-Doel-3-et-Tihange-2.dhtml

Sep 13

AVIS DE L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE SUR L’EPR : DE LA TIMIDITÉ À LA CULPABILITÉ

Cuve EPRUne consultation publique était ouverte jusqu’à mardi 12 septembre 2017 sur le projet d’avis de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) relatif à l’anomalie de la composition de l’acier du fond et du couvercle de la cuve du réacteur EPR de la centrale nucléaire de Flamanville. Ma contribution, communiquée à l’ASN en tant que juriste et citoyen, est la suivante :

L’ASN constate que l’anomalie dans la composition chimique de l’acier conduit à une diminution des marges de sécurité. Sa position invitant à des contrôles périodiques supplémentaires, réalisables sur le fond de la cuve, semble justifiée. De même pour le changement de couvercle à échéance brève. Cependant, quid du cylindre lui-même et de ses liaisons avec le fond de cuve et avec le couvercle ?

Le principe de précaution, formulé à l’article 5 de la Charte de l’environnement, a valeur constitutionnelle. Cette loi fondamentale pose l’exigence de « mesures proportionnées ». L’avis de l’ASN n’exige pas des mesures proportionnées à l’extrême importance du risque. Ce qui serait proportionné au risque de destruction définitive d’une région entière, ce serait le remplacement de cette cuve par une cuve conforme, quel qu’en soit le coût économique. Le coût environnemental et humain, qui serait celui de l’accident grave, impose de dire la vérité : on est en train de prendre et de laisser se développer un risque majeur.

Ce risque étant clairement identifié, l’article 3 de la Charte de l’environnement formule une obligation de prévenir les atteintes environnementales qui existeraient dramatiquement en cas de concrétisation du risque. De ce principe de prévention du risque identifié, on ne peut que déduire, là aussi, la nécessité pour l’ASN d’exiger le remplacement de cette cuve par une cuve conforme, quel qu’en soit le coût économique. À défaut, seul l’abandon du projet répondrait à nos exigences constitutionnelles. En visant l’article L557-4 du code de l’environnement, l’ASN ose le suggérer. En effet, ce texte précise que les équipements (tel cet EPR) ne peuvent être mis en service que s’ils sont « conformes à des exigences essentielles de sécurité relatives à leurs performance, conception, composition, fabrication et fonctionnement » … Il serait utile, dans cet avis, que l’ASN vise aussi, et avant tout, les deux textes précités à valeur juridique supérieure, pour oser en déduire la nécessité absolue de remplacer la cuve.

En cas de rupture franche de la cuve en fonctionnement, timidité rimerait avec culpabilité.

https://blogs.mediapart.fr/marcel-bayle/blog/120917/avis-de-l-autorite-de-surete-nucleaire-sur-lepr-de-la-timidite-la-culpabilite

Sep 13

AREVA LA HAGUE : MESURES ANTI-EXPLOSIONS « INSUFFISANTES », SELON L’ASN

La hagueLa « protection » de l’usine Areva de la Hague contre « le risque d’explosion apparaît insuffisante« , estime l’Autorité de sûreté nucléaire(ASN).

C’est ce qu’a constaté le gendarme du nucléaire lors d’une inspection « inopinée » sur ce site qui concentre le plus de matière radioactive en Europe. L’ASN en fait le compte rendu dans un document daté du 31 juillet qui était disponible mardi sur son site internet.

Dans un atelier dit T4, un système d’alimentation en air est prévu pour diluer les quantités d’hydrogène produites et éviter que leur augmentation n’entraîne une explosion. Or les inspecteurs ont constaté que « Areva n’a pas été en mesure de mettre en œuvre l’air de balayage de sauvegarde« , prévu en cas d’indisponibilité du système principal, « dans le temps (maximum) prévu dans les documents de sûreté« . Ce temps est de 01H36, précise l’ASN.

Le risque d’explosion est encouru si la concentration en hydrogène atteint 4% dans le « dôme de cuves contenant des solutions nucléaires« , indique aussi le gendarme du nucléaire.

Une série de défaillances explique l’échec d’Areva à mettre en œuvre à temps le système de secours. « Les outillages nécessaires » n’ont par exemple pas été disponibles dans le temps imparti « alors qu’il s’agissait d’outils mécaniques d’usage courants« , tancent les inspecteurs. « Le camion prestataire en charge des opérations, venant de l’extérieur du site« , a en outre été « bloqué pour les contrôles de sécurité » à l’entrée du site, explique encore l’ASN.

L’industriel n’a en outre « pas préétabli de consigne » pour que le système de secours soit opérationnel en 01H36.

L’insuffisante protection contre le risque d’explosion est également due, selon l’ASN, à « l’état du parc à gaz » d’un autre atelier, dit T3, qui n’est « pas satisfaisant« . Des « ballons sous pression, nécessaires à la manœuvre des vannes du parc à gaz, ont » par exemple « été constatés dans un état de corrosion généralisée« . Des « supports de la tuyauterie d’alimentation en hydrogène vers l’atelier T3 » présentent en outre une « corrosion (..) susceptible de contribuer à la dégradation de la tuyauterie d’hydrogène« , selon l’ASN qui demande à Areva de se mettre en conformité.

Interrogée par l’AFP, l’entreprise en pleine restructuration, face à de grandes difficultés financières, a expliqué qu' »une analyse a été lancée en vue de mettre en œuvre des actions d’amélioration« .

Le site Areva de Beaumont-Hague est un site de « retraitement » de tous les combustibles irradiés dans les centrales françaises. Environ 2.900 personnes y travaillent, hors sous-traitants.

http://www.france24.com/fr/20170912-areva-hague-mesures-antiexplosions-insuffisantes-selon-lasn

Sep 12

PÉTITION : DÉCHETS NUCLÉAIRES : STOP À LA RÉPRESSION, STOP A CIGÉO/BURE !

BureDes associations opposées à l’enfouissement des déchets nucléaires appellent en urgence le gouvernement à prendre en compte la gravité des tensions locales, à rétablir le dialogue avec la société civile et à abandonner Cigéo, projet en cours à Bure, Meuse/Haute-Marne.

La journée de rassemblement du 15 août 2017 a marqué un tournant dans l’escalade de la répression à Bure, avec un déploiement démesuré de forces publiques et l’usage d’armes offensives. La foule présente comptait des familles et des enfants. Elle s’est soldée par un bilan alarmant : une trentaine de blessés, dont deux graves du côté des manifestants, ainsi Robin qui pourrait perdre l’usage de ses orteils.

Pour rappel : le stockage nucléaire géologique fait l’objet de très fortes oppositions depuis trente ans en France, dont la constance et la justesse pèsent lourd dans le dossier. A deux ans de la demande de feu vert du chantier, la dangerosité du projet décrié par les opposants n’est pourtant plus à démontrer. C’est la conception même du stockage qui est remise en cause par l’IRSN et l’ASN, les deux organismes officiels ou « gendarmes » du nucléaire.

Texte de la pétition

En signant cette pétition :
• Je manifeste mon soutien et ma solidarité à Robin et tou-tes les blessé-e-s du 15 août et des dernières manifestations à Bure, ainsi qu’aux interpellé.es et/ou convoqué.es des derniers temps,
• Je demande l’arrêt de la répression dans la région de Bure, et l’interdiction de l’usage des grenades offensives par les forces de l’ordre, potentiellement responsables de mutilation et de mort dans les manifestations,
• Je soutiens l’opposition et demande l’arrêt des travaux du laboratoire de Bure, des investigations et travaux préparatoires de Cigéo ainsi que l’abandon total de tout projet d’enfouissement des déchets radioactifs.

Pour signer la pétition, aller sur : https://is.gd/WjNIe2

Sep 12

COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF ARRÊT DU NUCLÉAIRE

ADNLe Collectif Arrêt du nucléaire (ADN) s’est retrouvé les 9 et 10 septembre au Cun du Larzac pour ses 4° Journées d’études, avec une cinquantaine de participants représentants 23 groupes antinucléaires venus de la France entière.

À l’issue de ces Journées, le Collectif ADN :

– appelle à participer à la manifestation qui se tiendra Place de la Mairie à Saint-Lô le 30 septembre à 14 h 30 pour protester contre la validation de la cuve de l’EPR par l’ASN ;

– encourage à manifester ce même jour pour l’abandon de ce projet désastreux devant les sièges des différentes divisions de l’ASN en France ;

– apporte son soutien aux citoyen-nes dans leur lutte contre le projet d’enfouissement des déchets hautement radioactif sur le plateau de Bure ;

– apporte son soutien aux deux militants, Jean Revest et Jean-Jacques Mu, poursuivis par Areva devant la 17° chambre correctionnelle de Paris ce mardi 12 septembre.

Le Collectif ADN, le 10 septembre 2017 au Cun du Larzac

contact@collectif-adn.fr

http://collectif-adn.fr/entree.html

 

Sep 12

LE NUCLÉAIRE NE SE RENOUVELLE PLUS

ERLe nucléaire produit toujours 10,5 % de l’électricité dans le monde, mais ses capacités de production sont plus faibles qu’il y a dix ans, explique la nouvelle édition du World nuclear industry status report. Les acteurs historiques de l’atome connaissent de graves difficultés.

Un graphique bicolore résume à lui seul l’épaisse nouvelle édition du World nuclear industry status report : on y voit le nombre de nouveaux réacteurs nucléaires mis en chantier chaque année dans le monde depuis 1951. En 2017, il n’y en a qu’un. L’année précédente, il y en a eu deux. En 2015, six en Chine et deux dans le reste du monde. Le nucléaire n’a pas disparu de la production d’énergie dans le monde, mais il ne se renouvelle plus. Aujourd’hui, il représente 10,5 % de l’offre d’électricité. Mais dans dix ans, ce sera nécessairement moins puisque le nombre de nouveaux projets effectivement initiés se réduit, alors que le temps moyen de construction s’allonge. Partout où le marché de l’électricité est concurrentiel, aucun nouveau réacteur nucléaire n’a été lancé. En 2016, 10 réacteurs ont démarré, dont cinq en Chine, et deux ont fermé. « Le nucléaire n’est envisagé que là où le gouvernement ou le consommateur prend le risque d’assumer des dépassements de coûts et de délais », écrivent les auteurs du rapport.

Initié en 1992, puis relancé en 2004, le World nuclear industry status report est un document à part dans le paysage de l’expertise énergétique. Il est financé depuis plusieurs années par les Verts européens qui voulaient au départ soutenir une expertise alternative aux discours des industries de l’atome. Coordonné par Mycle Schneider, un expert indépendant qui conseille gouvernements et institutions internationales (le gouvernement métropolitain de Séoul, l’exécutif allemand, le Parlement européen…) et Anthony Froggatt, consultant et chercheur auprès de Chatham House en Grande-Bretagne, il offre une vision mondiale et rétrospective de l’activité industrielle civile de l’atome. Contrairement aux rapports annuels de l’Agence internationale de l’énergie, il est indépendant des États et ne produit pas de scénarios prospectifs. C’est ce qui fait sa force : comptabiliser les décisions effectivement prises par les gouvernements et en proposer une synthèse. Sa vision critique du nucléaire s’appuie sur des faits constitués.

Résumé en français de l’édition 2017 du World nuclear industry status report. (pdf, 4.8 MB)

Le déclin du nucléaire devient irréversible : c’est ce que documente l’édition 2017 du rapport, que ses coordinateurs ont souhaité présenter en France, deuxième plus gros producteur d’électricité atomique dans le monde après les États-Unis – ils sont suivis par la Chine, la Russie et la Corée du Sud. En tout, 31 pays font tourner des centrales pour produire du courant, et le nombre total de réacteurs dans le monde est de 403.

En 2016, la production d’électricité par le nucléaire a augmenté dans 15 pays, baissé dans 12 et est restée stable dans 4. À l’échelle mondiale, elle a légèrement augmenté en 2016 (+1,4 %), du fait de la Chine. Mais la capacité installée est nettement plus faible qu’en 2006 : 351 gigawatts (GW) aujourd’hui, contre 368 alors. Au 1er juillet 2017, 53 réacteurs étaient en cours de construction, soit cinq de moins que l’année précédente, et 15 de moins qu’en 2013. Sur ces 53 tranches, 20 se trouvent en Chine. C’est dire l’importance de Pékin dans la nouvelle géopolitique de l’atome.

La comparaison avec l’essor exponentiel des énergies renouvelables est cruelle : en 2016, les capacités de production du nucléaire se sont accrues de 9 GW par rapport à 2015. Mais elles ont bondi de 75 GW pour le solaire et de 55 GW pour l’éolien. Au total, les énergies renouvelables représentent 62 % des nouvelles capacités installées en 2016. La Chine, plus gros investisseur mondial, a dépensé 78 milliards de dollars en 2016 pour doubler sa puissance installée de solaire, qui atteint 78 GW, et augmenté son offre d’éolien, à 150 GW. À elle seule, elle peut produire plus d’électricité renouvelable que tous les pays d’Europe réunis. En comparaison, elle n’a ajouté que 4,6 GW à son offre de nucléaire, qui atteint 32 GW. Dans le monde depuis 20 ans, les renouvelables ont sorti quatre fois plus de nouveaux kilowattheures d’électricité que l’atome.

Face à cette révolution énergétique en cours, David Freeman, ancien responsable d’agences administratives aux États-Unis, écrit en préambule du rapport que « l’enjeu n’est plus de savoir si votre priorité est de lutter contre le pouvoir nucléaire ou le dérèglement du climat, la réponse est la même. Les nouveaux Edison ont appris à exploiter économiquement les sources infinies d’énergie fournies gratuitement par Mère Nature ».

Le rapport revient longuement sur les failles de l’économie et de la finance du nucléaire (l’analyste financier Juan C. Rodriguez, co-auteur du rapport, les explique en détail dans notre entretien vidéo à voir ici). En France, la débâcle financière d’Areva et les difficultés d’EDF avec son projet britannique d’EPR ont été beaucoup commentées. Mais un autre géant historique du secteur, Westinghouse-Toshiba, a fait faillite. Les difficultés sont structurelles : des prix trop bas sur le marché de gros de l’électricité, une base de clientèle en voie de réduction, une consommation en baisse, des coûts de production en hausse pour les réacteurs vieillissants et la concurrence des renouvelables. En dix ans, les majors de l’énergie ont perdu l’essentiel de leur valeur boursière : −82 % pour RWE, −87 % pour EON, −89 % pour EDF, −75 % pour ENGIE. En juillet 2017, le cours des actions du japonais Tepco était 89 % plus bas que son cours de février 2017.

Dans ce contexte, l’objectif français d’atteindre 50 % de nucléaire dans la production d’électricité en 2025, contre 75 % aujourd’hui, est-il économiquement viable ? Pour Mycle Schneider, « la question risque plutôt d’être : combien de réacteurs la France peut-elle se permettre de maintenir en fonctionnement ? ».

Article rédigé par Jade Lindgaard

https://www.mediapart.fr/journal/international/120917/le-nucleaire-ne-se-renouvelle-plus

Sep 12

L’INDUSTRIE DU NUCLÉAIRE EN DÉCLIN EST DÉPASSÉE PAR LES RENOUVELABLES

Nucléaire déclinEncore importante, l’industrie nucléaire est en déclin, constate le « Rapport mondial sur l’industrie nucléaire » : il n’y a qu’en Chine qu’elle se développe encore, quoique lentement. Les énergies renouvelables pèsent maintenant plus lourd en investissement et deviennent le secteur énergétique de l’avenir.

L’industrie mondiale du nucléaire a clairement entamé son déclin, constate le rapport World nuclear industry status report 2017, publié mardi 12 septembre. Faillite des géants historiques, retard dans la construction des futures centrales, vieillissement des infrastructures… L’atome se fait progressivement distancer par les énergies renouvelables.

Porté par 403 réacteurs en activité dans le monde, le secteur du nucléaire est devenu un géant aux pieds d’argiles, miné par des problèmes économiques, de renouvellement des centrales, et dont la rentabilité s’essouffle face aux énergies renouvelables. Le rapport dresse le panorama exhaustif du parc nucléaire mondial, et fournit des données relatives à son exploitation, sa production et aux constructions de réacteurs.

Télécharger le rapport en anglais :
<https://reporterre.net/IMG/pdf/rapport_nucle_aire_mondial-sept_2017-wnisr.pdf> World nuclear industry status report 2017

Depuis son maximum historique en 1997 de 17,5%, la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité s’est stabilisée depuis cinq ans aux alentours de 10,5 %. Dans le peloton de tête des producteurs mondiaux, on retrouve dans l’ordre les États-Unis, la France, la Chine – qui est remontée d’une place par rapport à l’année précédente – la Russie et la Corée du Sud. Ils ont ensemble produit 70 % de l’électricité nucléaire mondiale, dont 48 % pour les États-Unis et la France à eux seuls.

Au cours de l’année 2016, 10 réacteurs ont été mis en service à travers le monde : cinq en Chine, et cinq autres respectivement par l’Inde, la Russie, la Corée du Sud, le Pakistan et les États-Unis. Lors du premier semestre de 2017, deux réacteurs ont été mis en service en Chine et au Pakistan. Sur cette période, quatre réacteurs ont été arrêtés par la Russie, les États-Unis, la Corée du Sud et la Suède. Actuellement, 31 pays exploitent des réacteurs nucléaires pour satisfaire leurs besoins énergétiques et revendre le surplus à leurs voisins, portant à 403 le nombre total de centrales en activité.

Les géants de l’industrie en déroute financière

Les temps ont été durs pour les magnats de l’atome : le plus grand constructeur de l’histoire du nucléaire, Toshiba-Westinghouse, a déposé le bilan en mars 2017. La compagnie française Areva s’est elle aussi retrouvée en faillite technique avec une perte cumulé de 12,3 milliards de dollars sur six ans. L’État français a été obligé de le renflouer à hauteur de 5,3 milliards de dollars – couverts, donc, par les contribuables – et d’organiser un plan de sauvetage comprenant la reprise par EDF de la branche de construction et services Areva NP. Cerise sur le pain d’uranium, l’entreprise s’est également empêtrée dans un scandale de contrôle-qualité <https://reporterre.net/Enquete-au-coeur-des-deboires-du-nucleaire-francais>  qui a entraîné l’arrêt provisoire d’une douzaine de réacteurs en France. Cette affaire a miné la réputation et la valeur d’Areva.

Ces exemples parmi d’autres dévoilent une industrie financièrement fragile. « On assiste à l’effondrement du cours des actions des grandes compagnies nucléaires, et à la dégradation de leurs notes par les agences de notation », résume l’étude.

Le vieillissement des centrales nucléaires accroît les risques

Faute d’un programme suffisant de renouvellement, le parc nucléaire mondial subit – exception faite de la Chine – un vieillissement inquiétant. En 2017, plus de la moitié des réacteurs en activités le sont depuis au minimum 31 ans. Si la prolongation de la durée d’exploitation au-delà de la durée autorisée est à géométrie variable selon les pays concernés, 84 réacteurs américains sur 99 ont obtenu une autorisation de fonctionner jusqu’à 60 ans, soit bien au-delà des 30 à 40 ans prévus à l’origine.

En France, « on procède par extension de dix ans, indique le rapport. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a clairement indiqué qu’il n’y avait aucune garantie pour que l’ensemble du parc passe l’évaluation en profondeur de la visite des quarante ans. » Mais cette prolongation généralisée « serait en contradiction avec l’objectif de réduction à 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025 (contre 75 % actuellement) fixé par la loi ».

Les énergies renouvelables distancent le nucléaire

La comparaison entre le nucléaire et les énergies renouvelables a longtemps été un duel entre la première considérée comme « trop importante pour échouer » et la seconde « trop négligeable pour compter ». Or depuis 1997, les énergies renouvelables ont « produit quatre fois le nombre de kilowatts-heure d’électricité de plus que l’atome » indique le rapport. Ce changement de donne s’affirme plus fortement chaque année. En 2016, le taux de croissance de la production mondiale était de 30 % pour l’énergie solaire et de 16 % pour l’éolien. En comparaison, l’énergie nucléaire n’a augmenté que de 1,4 %, du fait essentiellement de la Chine.

Les énergies renouvelables se révèlent moins coûteuses sur le marché que le nucléaire. « Des enchères d’énergies renouvelables ont enregistré les prix les plus bas – 30 dollars/mégawattheure et moins – au Chili, Mexique, Maroc, Émirats Arabes, et aux Etats-Unis » indiquent les chercheurs, alors que « les coûts moyens de production dans des centrales nucléaires amorties aux USA étaient de 35,5 dollars » pour la même quantité d’énergie produite.

Source : Moran Kerinec pour Reporterre

Pour voir les graphiques les plus importants, cliquer sur :

https://reporterre.net/L-industrie-du-nucleaire-en-declin-est-depassee-par-les-renouvelables

Sep 12

LES EURODÉPUTÉS REDOUTENT L’ARRIVÉE DE «FUKUSUSHIS» DANS LES ASSIETTES DES EUROPÉENS

FukuSix ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, la Commission compte affaiblir les contrôles sur la radioactivité des aliments provenant du Japon. Au grand dam des parlementaires européens.

La Commission européenne projette de modifier les règles sur l’importation de produits d’alimentation humaine ou animale du Japon. Selon ce projet de modification, les produits provenant de régions où les niveaux de radiation ne sont pas considérés comme dangereux ne seraient plus soumis à des vérifications avant d’être vendus sur le marché européen.

L’exécutif européen estime en effet que les données récoltées lors des deux dernières saisons agricoles indiquent que les aliments de certaines parties du Japon ne posent plus aucun risque pour la santé humaine ou animale, et que les normes de sécurité alimentaire élevées au Japon rendent les vérifications européennes redondantes.

La commission parlementaire dédiée à l’environnement (ENVI) a cependant estimé que cette décision était « hautement contestable », six ans seulement après la catastrophe.

Selon la résolution adoptée par la commission ENVI, présentée par l’eurodéputée française Michèle Rivasi (Verts), la modification réglementaire dépasse les compétences d’exécution de l’exécutif, qui n’en fait peut-être pas assez pour protéger la santé des citoyens.

« C’est une question sérieuse pour les citoyens européens et notre santé », souligne l’eurodéputé luxembourgeois Claude Turmes. « Il est surprenant qu’au moment de l’annonce de l’accord de libre-échange par [le Premier ministre japonais] Shinzo Abe et Jean-Claude Juncker, ce dernier ait promis la fin des mesures instaurées après Fukushima sans consulter le Conseil ou le Parlement. »

Christel Schaldemose, social-démocrate danoise, ajoute que cette décision pourrait miner la confiance des Européens dans les normes de sécurité alimentaire. « Les citoyens de l’UE doivent pouvoir avoir confiance dans l’innocuité des aliments qu’ils consomment », estime-t-elle.

Les dangers de l’eau contaminée

Les millions de litres d’eau utilisée par les autorités japonaises pour refroidir les réacteurs nucléaires de Fukushima après l’accident de 2011 ont été stockée dans des réservoirs, afin d’éviter toute pollution de l’océan.

Le Japon envisage cependant de relâcher cette eau dans la mer. Il ne devrait donc pas être question de baisser la garde, insiste Claude Turmes. « Cela signifie qu’un volume énorme de radioactivité sera relâché le long de la côte pacifique, et les poissons et crustacés qui y sont pêchés seront exportés vers le monde entier », rappelle-t-il.

https://www.euractiv.fr/section/commerce-industrie/news/meps-fear-exposure-to-radioactive-fukusushi-if-eu-relaxes-japan-import-controls/

Sep 12

LA CORÉE DU NORD FRAPPÉE PAR UNE NOUVELLE SÉRIE DE SANCTIONS

Corée sanctionsLe Conseil de sécurité de l’ONU a adopté lundi à l’unanimité et à l’initiative des États-Unis une nouvelle batterie de sanctions contre la Corée du Nord, interdisant ses exportations de textile et réduisant ses approvisionnements en pétrole et en gaz.

Cette huitième série de mesures, soutenue par la Chine et la Russie, les plus proches soutiens de la Corée du Nord, vise à punir ce pays pour son essai nucléaire du 3 septembre. Par ses sanctions, chaque fois plus sévères, l’ONU veut pousser Pyongyang à négocier ses programmes d’armement nucléaire et conventionnel, jugés menaçants pour la stabilité mondiale.

Pour les États-Unis, le Royaume-Uni, la France ou l’Italie, la résolution adoptée lundi est « très solide« , « équilibrée » et permet à l’ONU d’affirmer « unité » et « détermination« .

« Nous ne cherchons pas la guerre« , a assuré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, qui avait la semaine dernière assuré que Pyongyang « ne demandait que ça« . Lundi, elle a admis que la Corée du Nord n’avait « pas franchi un point de non-retour« .

Séoul a salué l’adoption de cette résolution, la qualifiant « d’avertissement sévère » pour Pyongyang.

« La Corée du Nord doit comprendre que la dénucléarisation est la seule voie lui garantissant sécurité et développement économique« , ajoute le gouvernement sud-coréen dans un communiqué.

À Tokyo, le Premier ministre Shinzo Abe a « hautement apprécié » la résolution « rapide » et « forte » qui démontre que « la communauté internationale doit accentuer la pression sur la Corée du nord à un niveau nouveau et sans précédent » pour qu’elle « change sa politique« , selon un communiqué.

Le premier projet de texte américain, rendu public mercredi, était « maximal » sur « absolument tout« , selon les termes d’un diplomate. Il prévoyait un embargo total sur le pétrole, les produits pétroliers et le gaz, le renvoi en Corée du Nord de ses expatriés (environ 93.000 selon Washington), le gel des avoirs de Kim Jong-Un, l’interdiction d’importer du textile nord-coréen et des inspections par la force de navires en haute mer suspectés de violer les résolutions de l’ONU.

– Prétentions à la baisse –

Pour s’assurer du soutien de la Russie et de la Chine lors du vote, Washington a dû cependant revoir à la baisse ses prétentions et renforcer les paragraphes liés à la recherche d’une solution « pacifique » à la crise.

Après plusieurs jours de négociations intensives, l’embargo sur le gaz naturel a été gardé mais pour le pétrole, les ventes seront limitées à 500.000 barils pendant trois mois à partir du 1er octobre pour passer à 2 millions de barils à partir du 1er janvier pour une période de 12 mois.

Cela représente une réduction de 10% des produits pétroliers, selon le département américain de l’Énergie, qui estime à 2,2 millions de barils les importations nord-coréennes. Pyongyang importe essentiellement de l’essence et du diesel de Chine, selon les États-Unis.

« C’est un pied dans la porte« , a fait valoir un diplomate sous couvert d’anonymat, pour qui, même avec des concessions, le texte adopté reste très fort.

Lors des discussions, le gel des avoirs du dirigeant nord-coréen, dont Moscou ne voulait pas, a été retiré du texte. Les États-Unis ayant assuré ne pas vouloir de changement de régime, il est difficile de viser directement Kim Jong-Un, a plaidé Moscou, selon une source diplomatique.

L’interdiction concernant le textile n’a pas posé de problème.

Les mesures concernant les expatriés nord-coréens et les inspections de navires suspects sont moins strictes que dans le texte initial, surtout à la demande de Moscou, selon des diplomates. La Russie ferait travailler quelque 35.000 expatriés nord-coréens.

Lors de la dernière résolution de sanctions, adoptée le 5 août, le nombre de travailleurs expatriés nord-coréens avait été plafonné. La nouvelle résolution prévoit une information sur l’échéance des contrats de travail de ces expatriés.

La nouvelle résolution ajoute Pak Yong Sik, un des responsables du programme de missiles, sur une liste noire en même temps que trois agences nord-coréennes, dont celle responsable de la propagande du régime.

– ‘Contournements nombreux’ –

Précédant l’adoption du texte, la Corée du Nord avait exprimé haut et fort son opposition aux nouvelles mesures. Elle a averti les États-Unis qu’elle leur infligerait « la plus grande des souffrances et des douleurs » s’ils persistaient à vouloir que l’ONU durcisse les sanctions à son encontre. La Corée du Nord « fera en sorte d’être absolument sûre que les États-Unis en payeront le prix« , a précisé Pyongyang.

Le dernier train de sanctions internationales, le 5 août, faisait suite à deux tirs de missiles intercontinentaux nord-coréens. Il interdit les importations de charbon, de fer et de la pêche venant de Corée du Nord, et vise à priver ce pays d’un milliard de dollars de recettes par an.

Les effets de sanctions ne peuvent se mesurer que sur le très long terme. À titre d’exemple, il a fallu plus de dix ans de sanctions pour amener l’Iran à négocier son programme nucléaire.

Dans un rapport publié ce week-end, des experts de l’ONU notent que « plus le régime de sanctions est étendu » pour la Corée du Nord, « et plus les contournements sont nombreux » venant de ce pays, que ce soit pour « l’embargo sur les armes« , « les sanctions financières » ou « sectorielles sévères« .

Après le Mexique, le Pérou a annoncé lundi l’expulsion de l’ambassadeur nord-coréen pour protester contre les essais nucléaires de Pyongyang.

https://www.afp.com/fr/infos/335/la-coree-du-nord-frappee-par-une-nouvelle-serie-de-sanctions

Sep 12

GRANDE-BRETAGNE: NET RECUL DU PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ ÉOLIENNE

EoliennesLe prix de l’électricité éolienne a drastiquement baissé au Royaume-Uni, d’après le résultat d’enchères publié par les autorités, au point de passer désormais sous le prix garanti par Londres aux constructeurs de la centrale nucléaire de Hinkley Point.

Le ministère de l’Énergie a détaillé lundi les prix garantis à trois nouveaux projets de production d’électricité par éoliennes implantées au large des côtes britanniques.

Ce tarif est de quelque 75 livres/mégawattheure pour le projet Triton Knoll au large du Lincolnshire (est de l’Angleterre) qui doit commencer à fonctionner d’ici à 2022. Deux autres projets, prévus pour entrer en fonction d’ici 2023, fourniront du courant pour un peu moins de 58 livres/MWh: Hornsea au large du Yorkshire (nord-est de l’Angleterre) – le plus important projet d’éolien au monde porté par le danois Dong Energy – et Moray, dans les eaux du nord-est de l’Écosse – au sein duquel le français Engie est partie prenante à 23%.

« Le coût des nouveaux projets éoliens offshore qui commenceront à générer de l’électricité d’ici à 2023 sont désormais 50% moins chers que lors de la première enchère tenue en 2015« , s’est félicité le ministère dans un communiqué.

Au total, ces projets affichent une capacité de production cumulée de 3.200 mégawatts, apte à fournir l’électricité à 3,3 millions de foyers.

« Le prix de l’éolien offshore annoncé aujourd’hui est moins cher que les contrats garantis au nucléaire pour 92,5 livres/MWh, et moins cher que les coûts du gaz« , a souligné RenewableUK, l’association professionnelle des producteurs d’électricité par vent, vagues et marées.

L’association fait référence au projet nucléaire Hinkley Point C, conduit par EDF et auquel le gouvernement britannique a garanti ce tarif pendant 35 ans, rehaussé chaque année de l’inflation.

Signé en septembre 2016, Hinkley Point C prévoit l’édification de deux réacteurs de type EPR dans le sud-ouest de l’Angleterre, pour une mise en service initialement prévue fin 2025 mais qui pourrait prendre du retard. La capacité totale de la centrale sera de 3.200 MW, suffisamment pour alimenter en courant 6 millions de foyers, d’après son maître d’œuvre EDF.

À capacité comparable, l’énergie nucléaire peut fournir davantage d’énergie que l’éolienne car sa production est moins soumise aux aléas climatiques.

(NDLR : cette remarque techniquement exacte cherche à jeter un doute et tente de redorer le blason de l’énergie nucléaire devenue non compétitive. Malheureusement, les chiffres indiqués concernent bien des mégawattheures et n’ont donc rien à voir avec la capacité qui correspond à la puissance maximum de l’installation en mégawatts. La comparaison n’a donc aucun sens ! Ce sont des mégawattheures que les clients consomment et non des mégawatts !)

« Une technologie à elle seule ne peut résoudre le problème d’approvisionnement en électricité du Royaume-Uni« , a souligné pour sa part Tom Greatrex, le directeur général de l’Association de l’Industrie nucléaire au Royaume-Uni.

« Les deux-tiers de la capacité de génération distribuable doivent être mis à l’arrêt d’ici à 2030, dont toutes les installations nucléaires sauf une. Le Royaume-Uni a donc besoin d’un large éventail de technologies à faible émission de carbone pour fournir de l’électricité de façon pérenne« , a-t-il ajouté pour défendre Hinkley Point.

https://www.romandie.com/news/GB-net-recul-du-prix-de-l-electricite-eolienne/831678.rom

Sep 12

LES USA ENVISAGENT LE DÉVELOPPEMENT DE NOUVELLES ARMES NUCLÉAIRES

Etats-Unis maison blancheLa Maison-Blanche réfléchit au développement de nouvelles armes nucléaires tactiques, aux effets plus limités que les bombes thermonucléaires traditionnelles. Selon des experts, cela aura une importance particulière pour les États-Unis, dans un contexte de dissuasion de rivaux nucléaires éventuels, tels que la Russie et la Corée du Nord.

Donald Trump envisage de déployer des «mini-nukes», a annoncé le quotidien US Politico. Selon lui, l’administration du Président américain étudie l’opportunité de mettre en service de petites armes nucléaires tactiques, moins dévastatrices que les bombes nucléaires classiques. Le média a également souligné que cela donnerait aux commandants américains plus de capacités stratégiques et diplomatiques, mais rendrait l’utilisation de l’arme nucléaire plus probable.

Des sources informées ont fait savoir que Donald Trump a mis sur pied un groupe d’étude, chargé d’examiner l’arsenal nucléaire. Il étudie différentes options visant à doter les USA de bombe de puissance réduite afin de décourager la Russie, la Corée du Nord et d’autres rivaux nucléaires éventuels.

Macron, Trump et Abe: il faut réagir fermement aux provocations de la Corée du Nord

Le média ajoute que l’élaboration et l’adoption de cette arme marqueraient un revirement important par rapport à la politique de l’ex-Président américain Barack Obama, qui a tenté de limiter l’arsenal nucléaire et a interdit le développement de nouvelles armes ou moyens militaires dans le domaine.

De plus, selon Politico, un tel revirement trouverait sur sa route le Sénat, qui devrait approuver son financement et poserait des questions délicates, tant sur le plan interne qu’externe. Le développement de nouvelles armes nécessiterait-il le recours à des essais nucléaires, sous moratoire aux USA depuis 25 ans? Au moment où les enjeux internationaux autour de la non-prolifération sont de première importance, quel signal les États-Unis enverraient-ils au monde en se lançant dans le développement de nouveaux vecteurs nucléaires?

Enfin, le fait qu’un belligérant puisse employer des «mini-nukes» dans un conflit conventionnel afin de limiter ses pertes ou maximiser ses gains constitue une source d’inquiétude croissante, soulignent les experts.

https://fr.sputniknews.com/international/201709111032994838-usa-developpement-nouvelles-armes-nucleaires/

Sep 11

LES BANQUES ONT INVESTI 498 MILLIARDS DE DOLLARS DANS LES ARMES NUCLÉAIRES

banquesPrès de 500 milliards de dollars investis en 3 ans dans l’industrie de l’armement nucléaire donne une idée de la dangerosité de ces gens, de leur pathologie mentale. Il n’y rien d’autre à ajouter : ils ont détruit économiquement le monde, ils veulent le finir à coups de champignons atomiques…

KBC, BNP Paribas Fortis, ING et Deutsche Bank figurent sur la liste des banques qui ont investi dans cette industrie.  

Un rapport intitulé « Don’t Bank on the Bomb » révèle que des banques du monde entier ont investi plus de 498 milliards de dollars entre janvier 2013 et août 2016 dans l’industrie des armes nucléaires, et ce par le biais de prêts ou d’émissions d’actions et d’obligations.

La banque belge KBC a indirectement investi 117 millions d’euros dans le développement des armes nucléaires entre janvier 2013 et août 2016, selon un rapport publié jeudi par l’organisation visant à promouvoir la paix PAX. La banque a investi cet argent durant ces trois dernières années dans le prestataire de services britannique Serco, qui détient deux tiers des parts de AWE-ML. Cette dernière est chargée de produire et maintenir l’arsenal britannique nucléaire. […]

Le Soir [Belgique]

http://www.lelibrepenseur.org/les-banques-ont-investi-498-milliards-de-dollars-dans-les-armes-nucleaires/

Source : http://plus.lesoir.be/72350/article/2016-12-08/les-banques-ont-investi-498-milliards-de-dollars-dans-les-armes-nucleaires

Sep 11

LÉVOTHYROX NOUVELLE FORMULE : PLAINTE COLLECTIVE POUR CEUX QUI VEULENT LA PORTER

LévothyroxAttention : ce document est un exemple il faut que vous le fassiez sur papier libre de façon manuscrite ou dactylographiée avec toutes les étapes que vous jugez nécessaires, ceci est un exemple, ce n’est pas une pétition. Merci.

Je demande de déposer ma plainte auprès de la plainte collective concernant l’affaire de la nouvelle formule du Lévothyrox auprès du cabinet de Maître Bertella Geffroy

Renseignements nécessaires :

Nom

Prénom

Date de naissance

Adresse :

Téléphone fixe et/ou portable

E-mail

Profession

No de sécurité sociale et adresse de la CPAM

Renseignements médicaux, soit :

Date du début de la prise de Lévothyrox ancien : raisons médicales (facultatif)  et existence ou non de symptômes pendant la prise de ce médicament .

S’il y a lieu : date ou début de prise du générique : symptômes ou non

Date de prise du nouveau Lévothyrox : symptômes à préciser ou autres conséquences de santé

État de santé actuel par rapport à l’état de santé antérieur.

Date et conditions de délivrance et de prise éventuelle de L-Thyroxine( ou de l’ancien médicament  ) : conséquences sur les symptômes

Renseignements concernant la plainte

Les-plaintes peuvent être manuscrites ou dactylographiées, signées et envoyées (avec signature), avec tous documents utiles par mail, ou par poste à l’adresse suivante : cabinet d’avocats Bertella-Geffroy , 36 rue Salvador Allende à Nanterre

Les plaintes seront individuelles en raison du secret médical et jointes à une plainte générale pour atteinte à l’intégrité d’autrui, tromperie aggravée par une atteinte à la santé, non -assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d’autrui. Les plaignants peuvent citer dans leur lettre-plainte les 4 infractions ou faire un choix parmi celles-ci.

Il est nécessaire de joindre photocopie d’une pièce d’identité (passeport ou carte d’identité).

En cas de protection juridique par assurance, nom de celle-ci et numéro d’assurance.

IL est utile de joindre tous documents médicaux notamment les ordonnances en particulier récentes concernant ce médicament et tous autres documents en possession du plaignant ayant trait aux conséquences sur sa santé des médicaments cités.

Les frais de constitution du dossier de plainte sont de 20 € et sont gratuits pour les personnes qui pourraient bénéficier de l’aide juridictionnelle (de 1000 € à 1500 € de revenus par mois environ pour une famille).

Adresse :

Cabinet d’avocat Bertella-Geffroy ,

36 rue Salvador Allende

Nanterre   92000

Mail : bertellageffroyavocat@gmail.com

Faites un copié collé on va essayer d’avoir un lien pour télécharger

http://www.asso-malades-thyroide.fr/wordpress/index.php/2017/09/11/voici-la-plainte-collective-pour-ceux-qui-veulent-la-porter/

Sep 11

BELGIQUE : AUGMENTATION DE 8% DES CAS DE CANCERS DE LA THYROÏDE AUTOUR DU SITE NUCLÉAIRE DE L’IRE À FLEURUS (VIDÉO)

BelgiqueLe chiffre est interpellant : une augmentation de 8% des cas de cancers de la thyroïde a été constatée autour du site nucléaire de l’IRE à Fleurus.

Ce sont les résultats d’une étude épidémiologique communiqués il y a quelques jours par l’Institut de Santé Publique. Suite au rejet accidentel dans l’atmosphère de gaz radioactif en 2008 sur le site de l’IRE, Écolo a obtenu le principe d’un suivi de la santé des riverains des sites nucléaires. Écolo qui réclame (une nouvelle fois) des mesures de précaution supplémentaires. Pour en parler le député fédéral des mesures de précaution supplémentaires. Pour en parler le député fédéral Jean-Marc Nollet.

Pour voir et écouter la vidéo (les 6 premières minutes)

http://www.telesambre.be/-invite-du-jt-jean-marc-nollet_d_23356.html?qp=1843&lim_un=22104&pn=1843

Sep 11

PYONGYANG MENACE WASHINGTON DE « LA PLUS GRANDE DES SOUFFRANCES »

CoréeLa Corée du Nord a averti lundi les États-Unis qu’elle leur infligerait « la plus grande des souffrances et des douleurs » s’ils persistaient à vouloir que l’ONU durcisse les sanctions à son encontre, après son sixième essai nucléaire.

Dans un communiqué reproduit par l’agence de presse officielle KCNA, le ministère des Affaires étrangères avertit que si Washington « met en place cette +résolution+ illégale sur un durcissement des sanctions, la Corée du Nord fera en sorte d’être absolument sûre que les États-Unis en payeront le prix« . « Les mesures qui seront prises causeront aux États-Unis la plus grande des souffrances et des douleurs de toute leur histoire« , poursuit le ministère. « Le monde sera témoin de la façon dont la Corée du Nord dompte les gangsters américains en lançant une série d’actions qui seront plus dures qu’ils ne l’ont jamais imaginé« , ajoute-t-il.

Le Conseil de sécurité de l’ONU est appelé par Washington à se prononcer lundi sur de nouvelles sanctions sévères contre la Corée du Nord, accusée de menacer la paix avec ses programmes d’armement nucléaire et conventionnel.

Le régime nord-coréen a procédé le 3 septembre à son sixième essai nucléaire. Il a déclaré qu’il s’agissait d’une bombe à hydrogène ou bombe H miniaturisée, apte à être placée sur un missile balistique intercontinental (ICBM). En juillet, il a aussi effectué deux tirs d’ICBM. Ces activités nucléaires et balistiques contreviennent aux résolutions de l’ONU, qui a déjà infligé sept trains de sanctions à Pyongyang.

https://www.lorientlejour.com/article/1071834/pyongyang-menace-washington-de-la-plus-grande-des-souffrances.html

Sep 10

EPR : L’AUTORISATION COUPABLE DE L’ASN. UN COMMENTAIRE DÉTAILLE LES MANQUEMENTS DES TESTS ET DE LA CONSULTATION PUBLIQUE

EPRAlors que mardi prochain 12 septembre, notre compagnon Jean Revest comparaîtra devant la 17ème chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris (rappel : rassemblement à 11h30), l’ASN a lancé une consultation du public sur son projet d’avis visant à autoriser l’usage du couvercle défectueux de l’EPR de Flamanville en cours de construction. Une consultation qui se termine, étonnamment, ce même mardi 12 septembre. Voici le contenu d’un commentaire implacable publié sur le site de l’ASN qui justifie que l’autorisation du couvercle et de la cuve de l’EPR ne doit en aucun cas être délivrée.

Une mise en danger délibérée de la vie d’autrui

L’ASN a choisi cette procédure de « commentaires » pour … accréditer son rapport de 185 pages conduisant à un projet d’avis d’autorisation !  Ce choix de permettre aux citoyens de s’exprimer sur le rapport et le projet de publication de l’avis d’autorisation pourrait paraître étrange, mais à la réflexion, il est évident.

Jamais EDF, AREVA, CEA, … ne pourront admettre un avis de l’ASN n’autorisant pas le couvercle de l’EPR. Jamais, jamais. La cuve est en place, et l’ASN n’a rien fait pour l’empêcher (peut-être rien pu faire). Le président de l’ASN le sait, et son indépendance ne pèse manifestement rien face à la puissance du lobby en France. Tout le monde est bien conscient que, face à la déconfiture totale du fleuron de notre industrie liée à un possible avis défavorable, l’ASN est soumise à des pressions colossales. Des milliards sont en jeu, et rien n’arrêtera le lobby.

Monsieur Chevet, par ailleurs, connaît sa propre fragilité, ayant été récemment directement interpellé par de nombreux citoyens sur le danger inacceptable de l’atome, les morts au quotidien du seul fait de l’exploitation dite « ordinaire » des installations nucléaires, et de la survenue de plus en plus probable, dans un temps court, du Fukushima sur Rhône, Seine, Loire… Et la justice pourrait être saisie par ces mêmes citoyens, qui le lui ont fait savoir, pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ».

Le choix, donc, de laisser des citoyens s’exprimer sur le rapport semble une fort habile manière de se dédouaner, d’esquiver la charge prévisible. De ce fait, face à la pression du lobby (dont elle fait partie, mais ne veut pas assumer les conséquences), l’ASN pourrait ( ?) retirer son avis d’autorisation face au déferlement des commentaires négatifs (seuls quelques rares commentateurs se présentant comme experts face à la masse des opposants considérés comme incultes représentent la face masquée du lobby : « syrius », « phil57 », « GSQ »).

La chose la plus probable est que l’ASN tiendra compte des avis exprimés dans les commentaires en rajoutant telle ou telle contrainte et/ou délai supplémentaire, pour faire bonne figure, et autorisera in fine couvercle et cuve. Dont acte. Bonne stratégie, donc.

À propos du Rapport sur lequel est basé le projet d’Avis

Contrairement à ce que certains commentateurs nucléolâtres prétendent, ce rapport est très lisible par tout un chacun qui y consacre un peu d’énergie et fait quelques recherches. Il faut mettre fin à la « république des experts », et les innombrables commentaires souvent très pertinents en témoignent.

À propos de la méthode

   I) Sur l’indépendance des laboratoires

page 43 : « Areva NP a eu recours à trois laboratoires accrédités selon la norme NF EN ISO/CEI 17025, dont deux indépendants du groupe

– Areva NP, pour réaliser les essais de caractérisation des propriétés mécaniques : le centre technique Areva GmbH à Erlangen en Allemagne ;

– le SCK.CEN à Mol en Belgique ;

– le laboratoire AMEC au Royaume-Uni. « 

Or :

SCK-CEN est un pilier de la promotion du nucléaire en Belgique (https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_d’étude_de_l’énergie_nucléaire )

AMEC est un « Partenaire de la filière nucléaire française ! » ( https://www.lesechos.fr/12/04/2006/LesEchos/19646-139-ECH_maintenance-nucleaire—amec-monte-a-100—dans-le-francais-atm.htm)

Donc sur les 3 laboratoires, l’un fait partie du groupe AREVA et les deux autres sont partie prenante de la nucléocratie européenne, avec, certainement des conflits d’intérêt à la clef.

Côté expertises métallographiques, ce n’est pas mieux, on retrouve 3 laboratoires d’AREVA, puis :

Filab qui a étonnement pour partenaire « PNB Le pôle de l’industrie nucléaire » ( http://filab.fr/partenaires ) qui se présente comme « Le PNB est le pôle de compétitivité dédié au nucléaire civil. Ses 160 membres sont tous comme FILAB, acteurs de la filière nucléaire française. »

Quant au Bureau Veritas, tentaculaire, la mise en place de laboratoires dédiés au nucléaire ne verrait certes pas s’accroître son chiffre d’affaire si la filière nucléaire française venait à s’écrouler.

   II) Sur l’indépendance du « Rapporteur »

Le rapport est émaillé de « position du rapporteur ». Comme cela est expliqué page 18 : « Le présent rapport a été rédigé conjointement par l’IRSN et la direction des équipements sous pression nucléaires (DEP) de l’ASN. Ainsi le terme « rapporteur » utilisé dans le présent rapport désigne indifféremment les spécialistes de l’IRSN et de l’ASN ayant analysé le dossier d’Areva NP en vue d’une présentation devant le GP ESPN les 26 et 27 juin 2017. Il ne retranscrit pas la position qu’adoptera in fine l’ASN. »

Comme c’est peu dire que l’avenir professionnel des centaines de techniciens de l’ASN et l’IRSN dépendent de la poursuite, à terme, des activités du nucléaire civil dont ils sont spécialistes : sans obérer leur objectivité, il peut sembler évident que ce seul fait pèse dans leurs avis. Ainsi la république des experts est intrinsèquement construite autour de conflits d’intérêts inévitables.

   III) Le couvercle et la cuve

Tout est dans le « potentiellement », le « improbable » ou la supposition. Des termes éminemment rationnels comme chacun sait.

Pour exemple, page 31 : « En ce qui concerne la calotte supérieure, toute la surface n’a pas pu être contrôlée. La zone contrôlée correspond à 92 % du revêtement de la calotte. Les 8 % restants correspondent aux zones non accessibles définies sur la Figure 7. Tout le centre de la calotte, sur un diamètre supérieur à 1,2 m, a ainsi été contrôlé, ce qui couvre la zone potentiellement ségrégée. »

S’il y a des zones non accessibles, eh bien elles sont « potentiellement » non ségrégées ! CQFD. Il y a toute une théorie sur la coulée et la solidification de l’acier depuis le lingot (pages 20 & 21) où, donc, on suppose, chose liée au refroidissement du dit lingot que c’est la partie accessible au contrôle qui est la plus « ségrégée ». Ça tombe vraiment bien.

Plus loin, page 33 : « Areva NP conclut que la méthode par ultrasons TOFD permet, lorsque la méthode CPA a détecté des indications, de les dimensionner lorsqu’elles sont supérieures ou égales à 1,5 mm x 3 mm. ». Ainsi seuls les défauts dits « débouchants » sont considérés. Les défauts internes à l’épaisseur de l’acier, donc, ça ne compte pas, ce n’est pas la peine d’en parler. Tant mieux car on ne sait pas les débusquer. Pas plus que les défauts « débouchants » inférieurs à 1 ,5 x 3 mm.

Page 34 : « Le rapporteur considère que la présence de défauts « débouchants » remplis d’oxydes en surface externe des calottes reste improbable pour les calottes supérieure et inférieure. » Et donc pour ce qu’on peut chercher, en matière de défaut, on n’a pas de certitude mais une … improbabilité !

   IV) Sur la représentativité des calottes « sacrificielles »

Les calottes étudiées ont montré des différences notables de défauts entre elles (les sacrificielles des États Unis, de Hinkley point, celle de l’EPR). Ce qui démontre d’évidence la variabilité du forgeage de l’usine du Creusot. Subodorer l’état du couvercle de l’EPR à partir de tests sur d’autres forgeages paraît tout à fait irresponsable. Cela revient à supposer une continuité et une régularité dans le défaut !

Le discours d’AREVA sur le calcul d’incertitudes à partir des données de fabrication est tout sauf convaincant. Cela apparaît dans le rapport, page 67 : « Finalement, même si le rapporteur considère que les garanties apportées sur la représentativité sont satisfaisantes, le travail réalisé par Areva NP met néanmoins en évidence certaines différences entre les calottes étudiées, difficiles à juger au plan quantitatif. » Qu’en termes galants ces choses-là sont dites !

   V) Sur les positions du Rapporteur

page 126 : « Le rapporteur souligne toutefois que les analyses de résistance mécanique présentées dans le chapitre 6 du présent rapport montrent que la présence d’une zone de ségrégation majeure du carbone réduit sensiblement les marges existantes par rapport à des calottes exemptes d’anomalie (voir Tableau 49 et Tableau 50). » En français dans le texte : les calottes sont défectueuses et ont moins de résistance que si elles ne l’étaient pas !

Et enfin, page 132 : « Aussi le rapporteur considère que l’utilisation du couvercle actuel de la cuve du réacteur EPR de Flamanville ne saurait être envisagée au-delà de quelques années de fonctionnement sans que les contrôles nécessaires au renforcement du deuxième niveau de défense en profondeur n’aient été mis en œuvre. » En français dans le texte : Puisque les calottes sont défectueuses, et risquent de lâcher à tout moment, il convient de mettre en place des contrôles… qui n’existent pas encore (« deuxième niveau »), pour vérifier au jour le jour, le moment où l’accident va survenir.

   VI) Sur le Groupe Permanent

Le groupe permanent GP ESPN n’a pas rendu un avis unanime, loin s’en faut puisque 2 de ses membres ont publié un texte critique sur la possible décision.

EN CONCLUSION

Dans ces conditions d’approximations et d’incertitudes jamais l’ASN n’aurait dû autoriser l’installation du fond de cuve de l’EPR. Il faut espérer, que forte de la marée de commentaires lui demandant de ne pas autoriser la pose du couvercle, et même de la cuve, celle-ci saura opposer la résistance au lobby que son statut est censé lui fournir, et de ne pas autoriser le démarrage d’un EPR avec des aciers non conformes. L’ASN sait maintenant que, si elle publie cet avis honteux, les citoyens sauront saisir la justice contre elle pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ».

NDLR : Ce commentaire est de Gilbert Tallent et est daté du 20 août. À noter qu’à ce jour, 1220 commentaires ont été déposés dont certains très bien argumentés (comme celui ci-dessus)

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/09/09/EPR-/-ASN%2C-l-autorisation-coupable%2C-consultation-sur-le-site-de-l-ASN%2C-commentaire-publie-%3A-Non-%C3%A0-l-autorisation-du-couvercle-ET-de-la-cuve-de-l-EPR-%21

Sep 10

GUERRE NUCLÉAIRE: ET SI VOUS SAUVIEZ VOTRE PEAU GRÂCE AUX NOUVELLES TECHNOLOGIES?

Sauvez peauSans tomber dans le catastrophisme, le récent essai nucléaire de la Corée du Nord ravive la crainte d’une escalade des tensions. Quelques heures après l’annonce de l’essai réussi d’une bombe à hydrogène « d’une puissance sans précédent », les États-Unis se sont dit prêts à utiliser leurs capacités nucléaires au cas où la Pyongyang continuerait à les menacer ou à menacer leurs alliés. Et si une guerre nucléaire éclatait, les nouvelles technologies seraient-elles d’une aide quelconque ? On explore les scénarios – plus ou moins réalistes – pour vous aider à sortir de ce pétrin.

Scénario 1 : Une bombe nucléaire explose sur Séoul

Un accident est si vite arrivé… « Il y a peu de chance que volontairement les Nord-coréens ou les Américains décident d’employer une arme nucléaire l’un contre l’autre. Par contre, on ne peut pas exclure l’idée que, du fait des tensions, de la multiplication des exercices militaires, l’un pense que l’autre va l’attaquer et enclenche quelque chose d’inévitable », explique Jean-Marie Collin, vice-président IDN – Initiatives pour le Désarmement Nucléaire et membre de ICAN France (Campagne internationale pour l’Abolition des Armes nucléaires).

Concrètement, si une bombe nucléaire est larguée à Séoul, la ville est rasée, le bilan humain très lourd, mais la capitale sud-coréenne pourrait se reconstruire. « Hiroshima et Nagasaki existent toujours, elles ont des habitants, l’armement nucléaire n’est pas aussi définitif qu’on le dit », précise Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l’Iris. En France, on ne serait pas plus affectés qu’en 1986, au moment de la catastrophe de Tchernobyl. Notre « confort technologique », par contre, en prendrait coup (et l’économie aussi). N’oublions pas que la Corée du Sud abrite Samsung, l’un des leaders de l’industrie mobile, et que la plupart des produits électroniques viennent du continent asiatique. Imaginez un monde où vous êtes obligés d’acheter Apple ? Pas de panique, on n’y est pas encore.

Vous autres, hypocondriaques, que les pastilles d’iode ne rassurent pas , il y a un moyen de connaître le degré de radiation avec les compteurs Geiger. Il en existe même pour smartphone. Mieux, le boîtier Rium, développé par les Français Icohup pour le grand public (présenté au dernier CES), donne l’origine de la radioactivité. On peut savoir si l’on est en présence de césium, d’uranium, de tritium…. Ça pourrait vous sauver la vie.

Niveau d’angoisse : 30 %

Scénario 2 : Une bombe explose en France

On ne va pas se mentir, c’est la panique. On vous la fait courte : la bombe crée une boule de feu de quelques dizaines de millions de degrés qui se transforme, en une seconde, en une boule de feu qui mesure environ 5 kilomètres de diamètre. Résultat : tout ce qui est inflammable est vaporisé, la plupart des immeubles s’effondrent dans une zone de plus de 2 km. Si vous êtes dans cette zone, vous êtes morts, sauf si vous êtes prévenus par SMS comme à Taïwan ou au Japon au moment d’un séisme et que vous avez juste le temps de trouver un abri. Et encore, si la bombe a déjà explosé, c’est cuit (sans mauvais jeu de mot).

Sous terre, dans le métro, il vous reste une petite chance de vous en sortir, surtout si vous ne remontez pas à la surface. Vous seriez tué par les incendies. Sans compter que le système routier de la ville serait paralysé, comme l’explique l’étude de l’Observatoire des armements*. Un smart citizen kit, développé par le Fablab Barcelona, pourrait bien être utile pour connaître la qualité de l’air, mesurer le bruit, la luminosité, la température, le taux d’humidité, les particules fines. Les données sont publiées sur une plateforme Web en open source. Encore faut-il avoir accès à la 4G ou à un réseau Wifi (ce qui est assez peu probable, les moyens de communication ont toutes les chances d’être interrompues, selon la même étude).

« Dès qu’on parle de radioactivité, on est sur des protections physiques », pointe Jean-Vincent Brisset. Les sociétés américaines Atlas Survival, Rising S Company proposent des bunkers, mais il faut sortir le portefeuille. En Allemagne, Vivos Europa One propose une installation grand luxe. Mais ça risque de déplacer le problème car vous manquerez de vivres et d’eau assez vite et il n’est pas question de sortir tout de suite de votre « grotte ».

Et si vous n’avez rien vu venir (il n’y a quasiment pas de bunkers en France, à la différence de la Suisse où une loi oblige chaque habitation de posséder son propre abri-, que vous êtes à sec), vous ne sauverez pas votre peau, mais un bunker de l’apocalypse a été construit en Norvège pour protéger les données de l’humanité. Tout n’est pas perdu.

Niveau d’angoisse : 90 %

Scénario 3 : Une guerre nucléaire éclate entre l’Inde et le Pakistan

Vous êtes plus que jamais concernés. Sur un simple échange nucléaire entre deux pays tels que l’Inde et le Pakistan (qui ne disposent pas d’un arsenal très important), l’ensemble de la planète en subirait les conséquences. « Concrètement, ces échanges vont créer des milliers de tonnes de poussières qui vont aller dans la stratosphère et empêcher le soleil d’atteindre notre atmosphère. Certaines parties du monde seront plongées dans une nuit plus ou moins permanente », décrit Jean-Marie Collin. Des zones de la planète se refroidiraient, les cultures dépériraient. Plus de deux milliards de personnes seraient menacées de famine, selon un rapport de 2013. Vous voyez « La route » de Cormac McCarthy ? (si non, mettez-le sur votre kindle de l’apocalypse). Ca y ressemblerait.

Même si vous êtes un magnat de la Silicon Valley – et que vous possédez une île flottante artificielle en Polynésie, des munitions et un hélicoptère prêt à décoller le jour de l’apocalypse -, vous n’y arriveriez pas. « On ne peut pas vivre dans des zones où la radioactivité est trop importante. On perdra des morceaux de territoires entiers », reprend Jean-Marie Collin. Sans oublier l’émergence de nouveaux conflits liés à la famine.

À ce stade, votre meilleure chance, c’est Elon Musk. Quittez la Terre en direction de Mars, pour 200.000 dollars (commencez à économiser dès maintenant). Colonisez la Planète rouge avec le programme Space X du milliardaire. Et s’il n’y a plus de place dans la navette, espérons que la cryogénisation existe d’ici là ( une première expérience avec une femme morte a été menée en août en Chine). Vous vous réveillerez quand ça ira mieux. Ce n’est la peine de s’infliger l’enfer sur Terre.

Niveau d’angoisse : 100 %

http://www.20minutes.fr/high-tech/2128091-20170907-guerre-nucleaire-si-sauviez-peau-grace-nouvelles-technologies

Sep 10

LA CORÉE DU NORD APPELLE LA FRANCE À ABANDONNER SON PROGRAMME NUCLÉAIRE

Corée FranceLe régime de Pyongyang répond ironiquement aux critiques de la France contre les ambitions nucléaires nord-coréennes.

Alors que le Conseil de sécurité des Nations Unies doit examiner la semaine prochaine un projet de résolution pour de nouvelles sanctions à l’encontre de Pyongyang après son sixième essai nucléaire, un haut responsable nord-coréen vient de critiquer sérieusement la France pour avoir estimé que les ambitions nucléaires nord-coréennes pouvaient être une menace pour l’Europe.

«Récemment, de hauts dirigeants politiques français ont alarmé les gens en affirmant des faits absurdes concernant l’explosion réussie d’une bombe H pour missiles balistiques intercontinentaux de la Corée du Nord», a expliqué Ri Tok-Son, directeur adjoint du département européen du ministère des Affaires étrangères nord-coréen en ajoutant: «Ils se sont occupés à formuler des remarques comme « le missile de la Corée du Nord peut frapper l’Europe ».» 

«Si les armes nucléaires sont si mauvaises, la France devrait alors les abandonner»

Et d’enfoncer le clou: «Si les armes nucléaires sont si mauvaises, la France devrait alors d’abord abandonner ses armes nucléaires puisqu’elle n’est sous la menace nucléaire de personne», a ajouté. 

La semaine dernière, Emmanuel Macron avait demandé aux Nations Unies à «réagir rapidement» aux actions de Pyongyang et sommé l’UE d’y apporter une réponse «claire et unie».

La France et la Grande Bretagne devraient soutenir le projet de résolution pour alourdir les sanctions à l’encontre de la Corée du nord. Sanctions qui prévoient un embargo sur le pétrole, l’interdiction d’importer du textile nord-coréen, un gel des avoirs du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, le renvoi dans leur pays des expatriés nord-coréens et la possibilité d’inspecter par la force des navires suspects en haute mer.

Macron, Trump et Abe veulent renforcer les sanctions

Le dossier nord-coréen a été au menu samedi d’une conversation téléphonique entre Emmanuel Macron, son homologue américain, Donald Trump, et le Premier ministre japonais, Shinzo Abe. Selon l’Élysée, citée par Reuters, les trois dirigeants ont évoqué le besoin d’une réaction «unie et ferme face aux provocations répétées» de la Corée du Nord. Ces «provocations» constituent «une menace pour la paix et la sécurité internationale», souligne l’Élysée. Emmanuel Macron a évoqué avec Donald Trump et Shinzo Abe «la priorité d’accentuer la pression sur Pyongyang par le renforcement des sanctions», ajoute-t-on de même source. Le chef de l’État français a en outre assuré le Premier ministre japonais de la solidarité de la France dans ce contexte, précise la présidence française.

http://www.leparisien.fr/international/la-coree-du-nord-appelle-la-france-a-abandonner-son-programme-nucleaire-09-09-2017-7247661.php

Sep 09

NUCLÉAIRE IRANIEN: «NOS PARTENAIRES ONT PLUS À PERDRE QUE NOUS», SELON TÉHÉRAN

IranL’Iran continuera à honorer l’accord sur le nucléaire, même dans le cas où les États-Unis le quitteraient. Mais si l’accord est totalement annulé, cela provoquera une course aux armements nucléaires, estime le chef de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne.

Ali Akbar Salehi, chef de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne, a affirmé dans une interview au journal allemand Der Spiegel que l’Iran avait l’intention de respecter l’accord sur le nucléaire même si les États-Unis le quittent.

«Si les États-Unis sortent de l’accord, mais que les autres signataires maintiennent leur engagement, donc le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, la Chine et la Russie, alors il est plus que probable que l’Iran respectera cet accord, même sans les USA. Mais, dans le cas où les États-Unis sortent de l’accord et que l’Europe les suit, cette affaire sera un fiasco et l’Iran retournera à ce qu’il faisait auparavant, techniquement parlant, à un niveau beaucoup plus élevé», a-t-il souligné.

Selon lui, les partenaires de l’Iran dans cet accord ont «plus à perdre» que Téhéran.

«Dans le cas où l’accord sur le nucléaire (iranien, Ndlr) tomberait à l’eau, il y n’aura aucune chance de régler la question du nucléaire nord-coréen. Pyongyang se dirait « bon, ils ont ruiné l’accord avec Téhéran, comment pouvons-nous les croire? »», a indiqué M. Salehi.

Le chef de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne a fait savoir que ce scénario remettrait en cause le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

«Il y aura un tsunami d’indignation de la part de tous les pays souhaitant développer la technologie nucléaire civile

Le test récent d’un nouveau missile balistique effectué par l’Iran a également été à l’agenda de cet entretien.

«L’accord sur le nucléaire ne prévoit pas que l’Iran ne puisse développer ses missiles. Nous exerçons nos droits, et c’est l’autre partie (les USA, Ndlr) qui essaie d’interpréter cela comme une provocation», a répondu Ali Akbar Salehi à la question de savoir si c’était le bon moment de tester ce missile vu la montée actuelle des tensions.

En vertu de l’accord historique sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet 2015 entre l’Iran et les grandes puissances (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne), Téhéran a accepté de réduire drastiquement ses activités d’enrichissement d’uranium et a consenti à des contrôles encore plus poussés de ses sites nucléaires par les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) afin d’en garantir l’usage civil.

Donald Trump a menacé à maintes reprises de quitter l’accord nucléaire au cours de sa campagne. Le ton est monté entre Washington et Téhéran en particulier après les tests de missiles iraniens et les sanctions américaines consécutives.

https://fr.sputniknews.com/international/201709091032976534-nucleaire-iran-accord-usa/

Sep 09

CORÉE DU NORD/NUCLÉAIRE : L’UE PRÉPARE DES SANCTIONS « AUTONOMES »

UEUE prépare de nouvelles sanctions en réponse au dernier essai nucléaire de la Corée du Nord, qui pourraient compléter les sanctions envisagées à l’ONU, a annoncé jeudi le chef de la diplomatie Federica Mogherini.

 « Le travail pour préparer de nouvelles sanctions de l’UE va commencer », a déclaré Mme Mogherini après avoir consulté les ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l’Union réunis à Tallinn.

Les Européens ont également réitéré leur « soutien au Conseil de sécurité de l’ONU » pour qu’il « prenne de nouvelles mesures de restriction économique » contre Pyongyang, a-t-elle ajouté.

Les États-Unis ont présenté mercredi un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU imposant un embargo pétrolier et le gel des avoirs du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

Le président russe Vladimir Poutine juge de telles mesures « inefficaces » mais la Chine, principale alliée de Pyongyang, a cependant dit jeudi son accord à des « mesures nécessaires » des Nations Unies.

« Toute cette pression (…) vise à ouvrir des canaux de dialogue diplomatique », a assuré Mme Mogherini.

« L’UE est prête à accompagner un dialogue crédible au niveau politique pour arriver à une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ».

« Notre ligne européenne est très claire à ce propos: davantage de pression économique, plus de pression diplomatique et unité avec nos partenaires régionaux et internationaux », avait-elle expliqué jeudi matin.

« Lorsqu’il y aura des missiles balistiques nucléaires » en Corée du Nord, « et ça va se passer bientôt, c’est la sécurité de l’Europe aussi qui sera en jeu », a averti le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Au-delà de la « pression nécessaire », l’UE espère aussi que la Corée du Nord acceptera d’engager un « dialogue » et envoie à ce propos « un message de disponibilité », a fait savoir son homologue belge Didier Reynders à l’issue de la réunion.

L’Union avait présidé les pourparlers qui ont permis à l’Iran et aux grandes puissances de conclure un accord nucléaire en juillet 2015, que M. Reynders a décrit comme « l’un des rares succès diplomatiques de ces dernières années ».

L’UE a déjà en place un large arsenal de sanctions, à la fois onusiennes et autonomes, contre la Corée du Nord.

« On est prêt à aller encore plus loin » que ce qu’envisage l’ONU, a assuré M. Reynders.

Son collègue allemand Sigmar Gabriel a notamment évoqué l’interdiction d’amarrer dans les ports de l’UE pour les navires nord-coréens, même ceux battant un autre pavillon.

L’UE pourrait aussi « renvoyer chez eux ceux qui viennent de Corée du Nord pour travailler ici, car l’argent qu’ils gagnent ici a pour seul objectif d’être injecté dans le programme nucléaire », a expliqué M. Gabriel.

Quelque 300 Nord-Coréens détachés travaillent en Europe, notamment en Pologne, selon des diplomates.

Enfin, les Européens veulent débusquer « les fournisseurs » du matériel utilisé par la Corée du Nord pour développer des armes et missiles nucléaires, dans l’UE ou en dehors, a précisé M. Reynders.

Si aucun accord n’est trouvé à l’ONU à ce propos, l’UE pourrait également placer Kim Jong-Un sur sa liste noire, ce qui provoquerait un gel de ses avoirs dans l’Union et lui interdirait de voyager ou transiter par son territoire, selon une source diplomatique.

http://fr.timesofisrael.com/coree-du-nordnucleaire-lue-prepare-des-sanctions-autonomes/

Sep 09

BRAS DE FER ENTRE LA RUSSIE ET LES OCCIDENTAUX

bras de ferLes Américains souhaitent de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, mais Vladimir Poutine s’y oppose farouchement.

C’est un bras de fer de plus entre la Russie et les Occidentaux, États-Unis en tête: Vladimir Poutine s’est imposé ces derniers jours comme l’un des plus farouches opposants à de nouvelles sanctions contre les ambitions nucléaires de la Corée du Nord.

Depuis un essai nucléaire nord-coréen d’une puissance sans précédent dimanche dernier, les États-Unis, la Corée du Sud, le Japon et l’Union européenne appellent à accentuer la pression sur le régime de Pyongyang. Lundi, le Conseil de sécurité des Nations Unies doit se prononcer sur l’adoption d’une résolution présentée par Washington imposant un embargo pétrolier contre la Corée du Nord et le gel des avoirs de son dirigeant Kim Jong-Un.

Alors que la Chine, principale alliée de Pyongyang, a laissé entendre qu’elle pourrait approuver de nouvelles sanctions, Vladimir Poutine, dont le pays est doté du droit de veto au Conseil de sécurité, a passé la semaine à en critiquer le principe, sans se prononcer explicitement sur le texte américain. Les Coréens du Nord «mangeront de l’herbe mais n’abandonneront pas ce programme (nucléaire) s’ils ne se sentent pas en sécurité», a-t-il lancé mardi, appelant au dialogue avec le régime de Pyongyang, lors d’un sommet à Xiamen, en Chine, tout en condamnant le dernier essai nord-coréen.

Pour Andreï Lankov, professeur à l’Université Kookmin, à Séoul, et directeur du think-tank Korearisk.com, les motivations du Kremlin sont «complètement géopolitiques et cyniques». Aux yeux de Moscou, protéger Pyongyang permet de maintenir un statu quo préférable à une résolution de l’ONU pouvant provoquer la colère de la Corée du Nord, estime cet expert qui a vécu en Corée du Nord.

Russes et Chinois sont contre

Si des sanctions mènent à des frappes punitives, la Russie, qui partage une frontière avec la Corée du Nord, se retrouverait avec un voisin en plein chaos. Et en cas de changement de régime, le Kremlin devrait traiter avec un allié pro-américain sur son flanc oriental alors qu’il dénonce déjà la présence de l’Otan à ses frontières occidentales «Ce scénario ne plaît ni à la Chine, ni à la Russie», résume Andreï Lankov.

Une autre conséquence potentielle d’une escalade militaire, toute aussi inquiétante pour Moscou, serait une crise humanitaire, relève Alexandre Jébine, directeur du Centre des études coréennes, à l’Académie russe des Sciences.

«Un conflit militaire dans la péninsule aurait des conséquences désastreuses pour les Coréens et la région entière», notamment la Corée du Sud, relève l’expert. «Où iront vivre ces 70 millions d’habitants?» s’interroge-t-il en référence à la population des deux Corées, soulignant qu’en cas d’utilisation de l’arme nucléaire, la radioactivité affecterait aussi «gravement la Russie et la Chine».

Ces scénarios apocalyptiques sont considérés comme peu probables, mais pour certains experts, Vladimir Poutine peaufine avec cette crise son image de négociateur hors-pair et de rempart contre les ambitions belliqueuses de Washington, à quelques mois de l’élection présidentielle de mars 2018.

Poutine joue l’arbitre

Au cours des derniers jours, Vladimir Poutine a rencontré le président sud-coréen Moon Jae-In et le Premier ministre japonais Shinzo Abe, et il a eu des entretiens lors du sommet des Brics qui a réuni à Xiamen les puissances émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

En se plaçant comme arbitre entre un Donald Trump va-t-en-guerre et un Kim inflexible, il se présente en voix de la raison. «Il ne faut pas céder aux émotions et acculer la Corée du Nord», a-t-il insisté, appelant au «sang-froid».

De nombreux pays considèrent ainsi la Russie comme «un moyen de communication» avec Pyongyang, explique Andreï Baklitskï, du centre de réflexion indépendant PIR. Un atout que Moscou pourrait utiliser comme «joker», affirme-t-il.

Le président russe, qui refuse toute reconnaissance du statut nucléaire de la Corée du Nord, préconise le dialogue, sur la base de la feuille de route définie par Moscou et Pékin. Cette dernière implique l’arrêt simultané des essais nucléaires et balistiques nord-coréens d’une part, et celui des manœuvres militaires conjointes des États-Unis et de la Corée du Sud d’autre part.

Pour Fiodor Loukianov, analyste politique proche du Kremlin, l’enjeu est principal pour la Russie: le pays qui réussira à résoudre cette crise politique et forcera Pyongyang à faire quelques pas en arrière deviendra «le plus influent» en Asie.

https://www.tdg.ch/monde/asie-oceanie/Trop-tot-pour-les-sanctions-selon-la-Russie/story/21327719

Sep 09

LA CORÉE DU NORD ÉVOQUE LE RENFORCEMENT DE SON POTENTIEL NUCLÉAIRE

Corée du NordLa Corée du Nord a célébré ce samedi l’anniversaire de la fondation de la nation avec des appels à renforcer son potentiel militaire nucléaire, défiant les menaces de nouvelles sanctions internationales.

Dans un éditorial, le quotidien Rodong Sinmun, organe du parti unique nord-coréen, s’est prononcé en ce sens en se référant à la politique dite Byungjin, qui consiste à développer simultanément l’économie du pays et son potentiel nucléaire, et à la philosophie nationale du Juché, ou auto-suffisante.

« Le secteur de la défense, en harmonie avec la politique Byungjin du parti, doit produire en plus grandes quantités des armes de pointe conformes au Juché« , a déclaré le Rodong Sinmun.

Le journal a souhaité qu’il y ait davantage d' »événements miraculeux » comme les deux essais de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) récemment réussis par la Corée du Nord. Ces tests, souligne le quotidien, étaient destinés à dissuader les États-Unis de leur intention supposée de « décapiter » la direction nord-coréenne.

« Quel que soit le boucan que feront les États-Unis et leurs marionnettes« , la Corée du Nord « restera une citadelle éternelle et à toute épreuve« , a proclamé l’organe du parti, à l’occasion de l’anniversaire de la fondation en 1948 de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), appellation officielle de la Corée du Nord.

Lors du même anniversaire l’année dernière, le 9 septembre 2016, Pyongyang avait procédé à son cinquième essai nucléaire.

Le régime nord-coréen a mené son sixième essai nucléaire il y a une semaine. Il a déclaré qu’il s’agissait d’une bombe à hydrogène ou bombe H miniaturisée et apte à être placée sur un ICBM. En juillet, il a aussi effectué deux tirs d’ICBM.

Ces activités nucléaires et balistiques contreviennent aux résolutions de l’ONU, qui a infligé sept trains de sanctions à Pyongyang.

Le ministère sud-coréen de la Défense a déclaré samedi qu’il n’y avait pas de signe que la Corée du Nord prépare un essai nucléaire ou un lancement de missile dans la journée.

« L’armée (sud-coréenne) maintient sa posture de défense maximale et surveille de près le Nord. Mais il n’y a rien qui sorte de l’ordinaire » samedi, a indiqué un porte-parole du ministère.

Depuis le sixième essai nucléaire nord-coréen, les États-Unis réclament de nouvelles sanctions contre Pyongyang. Ils veulent que le Conseil de sécurité vote sur cette question lundi, malgré l’opposition de la Chine et de la Russie sur un premier texte.

Lors d’une réunion d’experts des 15 membres du Conseil, la Russie et la Chine se sont opposées vendredi à l’ensemble des mesures voulues par les États-Unis, sauf sur le textile, selon des sources diplomatiques.

http://www.francesoir.fr/actualites-monde/la-coree-du-nord-evoque-le-renforcement-de-son-potentiel-nucleaire

Sep 09

DOSSIER INTERNATIONAL : DOCTRINES NUCLÉAIRES DES ÉTATS

doctrine nucléaireConsidérée comme une arme stratégique et de dissuasion par excellence en raison de son pouvoir égalisateur, l’arme nucléaire tend à faire respecter son détenteur et à empêcher son agression par un adversaire, même puissant. Car rien ne pouvant protéger efficacement cet adversaire contre une riposte militaire nucléaire, celui-ci aura raisonnablement tendance à éviter d’être le premier à attaquer un État doté d’armes nucléaires. Dans ces conditions une des caractéristiques principales de l’arme nucléaire est la prévention de la guerre.

Mais certains États n’excluent pas son utilisation lorsque certaines menaces graves affectant leur indépendance ou leur survie justifient une telle démarche. Cette hypothèse n’est pas fictive comme l’illustre l’attaque nucléaire par l’armée américaine de deux villes japonaises Hiroshima et Nagasaki, au cours de la deuxième guerre mondiale. En effet, la doctrine nucléaire des États dotés d’armes nucléaires s’est forgée à partir du dosage qu’ils opèrent entre la dissuasion et la possibilité d’utiliser effectivement ces armes au cours d’un conflit armé.

À ce titre, les USA sous l’ère du Président Bush se réservaient selon le « National Strategy to Combat Weapons of Mass Destruction » publié en décembre 2002, le droit de riposter par tous les moyens appropriés, y compris par armes nucléaires contre un adversaire qui utiliserait les armes chimiques et biologiques contre leurs intérêts ou un de leurs alliés. Toutefois dans leur stratégie, les États Unis ne se rangent pas dans la catégorie d’États qui entendent utiliser cette arme en dernier lieu. Ils s’octroient potentiellement le droit de l’utiliser en premier contre certains de leurs ennemis comme l’Iran et la Corée du nord qui veulent acquérir les armes de destruction massive ou les utiliser. Avec l’arrivée de Barack Obama, la nouvelle doctrine nucléaire rendue publique le 6 avril 2010 dans la « Nuclear Posture review » introduit quelques innovations qui visaient à réduire «substantiellement les circonstances dans lesquelles l’arme atomique peut être utilisée». On peut considérer que cette doctrine est en lien avec le contenu du discours prononcé par le Président Obama à Prague en 2009 pour l’avènement d’un monde débarrassé de l’arme nucléaire. En vertu de cette nouvelle doctrine, les USA, malgré une vive critique des opposants au Président Obama, s’interdisent l’usage de l’arme nucléaire contre un pays qui en est dépourvu et qui ne viole pas le Traité sur la non-prolifération nucléaire. Cependant en cas d’attaque bactériologique dévastatrice, les USA se réservent le droit de faire usage de l’arme nucléaire contre les auteurs de telles attaques. Avec l’arrivée de Donald Trump à la maison blanche, la doctrine nucléaire américaine devient de plus en plus insaisissable. Pendant la campagne qui l’a conduit au bureau ovale, Trump promettait que l’Amérique ne jouera pas le rôle de gendarme dans le monde. Mais depuis qu’il est en poste, la tension monte entre les États Unis et l’Iran et surtout la Corée du Nord contre laquelle il a promis un déluge de feu et de fureur si elle n’arrête pas de provoquer le Japon et la Corée du sud, alliés des américains. On ne sait pas avec exactitude si le Président américain dans sa menace contre la Corée du nord fait référence à l’usage éventuel, en premier, de l’arme nucléaire. La tension avec la Corée du nord est d’autant plus inquiétante que cette dernière à son tour ne cesse de développer une doctrine nucléaire qui oscille entre le refus de l’utiliser en premier et la possibilité de l’utiliser lorsque sa survie est en jeu.

La doctrine nucléaire Russe a été quant à elle fondamentalement révisée en 2000. Auparavant la Russie n’envisageait l’utilisation de l’arme nucléaire que dans le seul cas où elle était victime d’agression. Dorénavant pour la sauvegarde de sa sécurité nationale, elle n’exclut l’usage d’aucune arme à sa disposition, y compris l’arme nucléaire. Elle considère également que cette arme jouera en matière de dissuasion un rôle déterminant face à la stratégie américaine de déployer le système antimissile dans certains pays qui l’entourent. Cette doctrine a connu une certaine évolution à partir de 2010. Désormais, « La Russie se réserve le droit d’utiliser des armes nucléaires en cas d’attaque aux armes nucléaires ou autres armes de destruction massive contre elle et/ou ses alliés, ainsi qu’en cas d’agression avec des armes conventionnelles mettant en danger l’existence même de l’État».

Le Royaume-Uni estime que l’arme nucléaire joue un rôle dissuasif et constitue un élément fondamental pour sa sécurité et permet d’éviter la guerre. Il considère également que la non-prolifération des armes nucléaires est une des priorités de sa politique de défense et admet à ce titre, que tant que persisteront les incertitudes induites par la prolifération des arsenaux nucléaires, le nucléaire demeurera un élément essentiel de son indépendance. Le Royaume-Uni se réserve ultimement le droit d’utiliser l’arme nucléaire contre un État qui menace ses intérêts vitaux, peu importe que cet État soit détenteur ou non de l’arme nucléaire. Toutefois « depuis le démantèlement de la composante aérienne, en 1998, la dissuasion nucléaire britannique repose sur la seule composante maritime : trois SLNE, équipés de missiles Trident, de conception américaine. (…). Londres a renoncé à maîtriser l’ensemble de la filière technologique nucléaire, notamment les lanceurs, ce qui crée de facto une dépendance technologique (donc politique) à l’égard des États-Unis, et intégré l’usage de ses forces à la réponse qu’apporterait l’OTAN en cas d’agression».

La doctrine chinoise consiste à n’utiliser l’arme nucléaire que contre un adversaire qui le ferait à son encontre. Bien qu’elle ne dispose que d’une quantité réduite de ces armes, la Chine estime que sa force de contre-attaque nucléaire est efficace. Cependant elle s’interdit de faire usage de cette arme ou de proférer des menaces de son utilisation contre les États qui n’en sont pas dotés.

La France considère l’arme nucléaire comme une arme de dissuasion lui permettant d’assurer son indépendance vis-à-vis de tout adversaire aussi puissant soit-il et s’engage en même temps à ne pas être la première à l’utiliser. Au regard de sa capacité d’infliger des pertes irréversibles, l’arme nucléaire constitue pour la France un énorme gage de sécurité. Cependant tenant compte de la limitation de ses capacités de défense classique, la France prévoit la possibilité d’être la première à utiliser cette arme contre un adversaire redoutable sur le plan militaire.

Depuis 1998, date à laquelle, elle a procédé à des essais nucléaires, il est désormais établit que l’Inde a fait son entrée dans le cercle réduit d’États dotés de l’arme nucléaire. L’Inde a donc définit une doctrine nucléaire fondée essentiellement sur deux éléments. Le premier consiste à ne pas augmenter sa capacité nucléaire ou à la diversifier dès lors que son stock est jugé suffisant pour dissuader. Le second élément consiste à ne pas être la première à faire usage de cette arme et de ne l’utiliser qu’à titre de contre-attaque contre un adversaire qui l’attaquera par des armes nucléaires ou qui la menacera d’une telle attaque.

La dissuasion nucléaire du Pakistan vise en particulier son voisin, l’Inde, pays auquel il est opposé depuis 1947 à propos du Cachemire. Le Pakistan a effectué des essais nucléaires à la même année que l’Inde, mais à la différence de celle-ci, elle n’a pas officiellement exposée sa doctrine nucléaire. Toutefois, il ressort des déclarations de ses responsables gouvernementaux que l’arme nucléaire joue avant tout un rôle dissuasif. Ensuite, le Pakistan s’engage à ne pas être le premier à faire usage de cette arme sauf dans deux cas : s’il est attaqué par les mêmes armes et si son indépendance est menacée.

Enfin, soupçonné par de nombreux États de détenir l’arme nucléaire, Israël n’a ni infirmé ni confirmé cette information et pour maintenir l’ambigüité à son sujet elle n’a défini aucune doctrine concernant l’utilisation de cette arme. Si la politique d’ambigüité nucléaire entretenue par l’Israël lui permet de bénéficier de l’appui des USA en particulier, cette politique représente aussi « un facteur contribuant à l’instabilité de la région et pourrait constituer un obstacle à la création du climat de confiance indispensable pour parvenir à un règlement politique global du conflit israélo-arabe. Par l’incertitude qu’elle crée, elle est porteuse de risques pour les intérêts de sécurité des États-Unis et pour la pérennité du régime de non-prolifération». Toutefois, certaines voix commencent à s’élever pour que cette ambigüité soit levée en demandant à Israël de s’affirmer en tant que puissance nucléaire et à définir en particulier vis-à-vis du danger que représente l’Iran pour la sécurité de l’État hébreu, une doctrine nucléaire basée sur la dissuasion nucléaire et sur une défense conventionnelle.

Au total, le risque d’utilisation des armes nucléaires sur le théâtre des conflits persistera aussi longtemps que les tensions entre États prendront de l’importance. Un autre risque d’utilisation vient aussi non pas des États mais des groupes terroristes, si jamais ils ont accès à ce type d’armes. Comme pour dire que le monde n’est pas encore sûr.

Article de Youssouf Sylla, analyste-juriste à Conakry.

https://guineenews.org/dossier-international-doctrines-nucleaires-des-etats/

Sep 09

PAUL QUILÈS : « LES GRANDES PUISSANCES NUCLÉAIRES ONT LE DEVOIR D’ORGANISER LE DÉSARMEMENT »

QuilèsPaul Quilès, ancien ministre de la défense de François Mitterrand, plaide pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Tirs de missiles balistiques et intercontinentaux nord-coréens, manœuvres militaires entre les États-Unis et la Corée du Sud, déclarations belliqueuses… Les tensions entre Pyongyang et ses voisins du Pacifique n’ont cessé de rythmer l’été, avec, en point d’orgue, dimanche 3 septembre, le sixième essai nucléaire de l’histoire du pays.

Derrière ces essais se cache le principe de dissuasion nucléaire. Le régime de Kim Jong-un cherche à tout prix à disposer de l’arme atomique afin d’assurer sa sécurité : une fois en sa possession, la Corée du Nord pourrait ainsi menacer de l’utiliser en cas d’attaque (préventive) américaine.

Ministre de la défense de septembre 1985 à mars 1986 dans le gouvernement de Laurent Fabius, Paul Quilès a cofondé en mai 2016 l’association Initiatives pour le désarmement nucléaire, dont il est aujourd’hui le président. Il est l’auteur de Nucléaire, un mensonge français (Charles Léopold Mayer, 2012) et d’Arrêtez la bombe ! (2013, Cherche Midi).

Le désarmement nucléaire est-il toujours un objectif atteignable au vu des récentes tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis ?

Il doit le rester. Essayer de faire disparaître l’armement nucléaire n’est pas risqué, mais dire que la détention de l’armement nucléaire assure la sécurité l’est beaucoup plus. C’est pourtant le discours des cinq grandes puissances nucléaires (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine et Russie) et c’est ce qui pousse les pays qui ne le sont pas à le devenir. Le Traité de non-prolifération (TNP) dit que nous, les cinq grands, avons le devoir d’organiser le désarmement nucléaire. Si on commençait par respecter le TNP, on serait déjà plus crédibles pour dire à la Corée du Nord de se désarmer. C’est l’une des possibilités de dialogue, et il faut bien en commencer une pour espérer résoudre cette crise.

Comment convaincre Kim Jong-un, mais aussi Donald Trump, d’accepter un format de discussion élargi ?

Comme dans les années 2000 avec l’Iran, personne n’a intérêt à un affrontement. On peut reprendre l’idée d’une zone exempte d’armement nucléaire (ZEAN), qui mènerait à une dénucléarisation de la péninsule coréenne. En 2005, cette perspective avait été envisagée lors de négociations à six entre la Chine, la Russie, les deux Corées, les États-Unis et le Japon. Il faudrait évidemment des garanties de sécurité pour Pyongyang et des engagements mutuels et vérifiés d’absence de fabrication, de test et de stockage d’armes nucléaires dans la péninsule.

Par ailleurs, Kim Jong-un n’est certes pas obsédé par le bien-être de sa population, mais il pense certainement au développement de son pays. Il serait donc sensible à la levée des sanctions, qui, seules, ne servent à rien. Mais tant qu’au Conseil de sécurité de l’ONU, la représentante américaine [Nikki Haley] le traite de voyou, la voie du dialogue ne pourra pas être ouverte.

À propos de l’Iran, comment le convaincre de n’avoir qu’une utilisation civile de ses capacités nucléaires ?

L’accord de 2015 prévoit des examens stricts de l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique] pour vérifier que les Iraniens n’enrichissent pas leur uranium : c’est dans ce cadre qu’on les empêchera d’accéder au nucléaire militaire. Il faut respecter scrupuleusement cet accord et, pour l’instant, malgré les provocations de Trump, l’Iran le respecte tout à fait. À plus long terme, remettre sur la table l’idée d’une ZEAN au Moyen-Orient me semble pertinent. En 2012, une conférence à ce propos dans le cadre du Traité de non-prolifération devait avoir lieu, mais elle a été annulée par les États-Unis. Remettre ce sujet au goût du jour serait une bonne chose.

Le 7 juillet, 122 pays sur 192 ont adopté à l’ONU un traité interdisant purement et simplement les armes nucléaires. Est-ce avant tout un texte symbolique ou ces pays peuvent-ils réellement exercer une pression sur les puissances nucléaires – qui n’ont pas voté le texte ?

C’est loin d’être symbolique, la pression va être multiforme. Morale, sur les banques qui financent l’industrie du nucléaire, sur les pays signataires dont le territoire est traversé par du matériel qui sert au nucléaire. Juridique, car le texte entre en vigueur dès que 50 pays l’auront signé [il sera ouvert à la signature lors de l’Assemblée générale de l’ONU, le 20 septembre]. Alors, bien sûr, il ne sera pas appliqué, mais c’est une avancée considérable, qui offre l’occasion de discuter avec les pays qui ont l’arme nucléaire. Il y aura une réprobation internationale de l’arme nucléaire.

Il y a toujours eu un militantisme de la société civile contre la prolifération nucléaire. De plus en plus de parlementaires, anciens ministres ou secrétaires d’État font de même. Est-ce le signe d’une prise de conscience globale ?

Que ceux qui ont été aux affaires, comme William Perry [secrétaire à la défense de Bill Clinton] ou Henry Kissinger [secrétaire d’État de Richard Nixon], soutiennent désormais le désarmement nucléaire, c’est quand même révélateur. Mais cette prise de conscience de l’absurdité de la dissuasion nucléaire, même chez les responsables politiques, n’est pas si récente. Ronald Reagan a écrit dans ses mémoires : « Vous n’avez que six minutes pour décider comment réagir à un signal sur un écran radar et s’il faut ou non déclencher l’apocalypse. Qui pourrait faire preuve de raison dans un moment pareil ? » C’est l’homme qui a relancé la course aux armements qui écrit cela !

N’est-il pas facile d’appeler au désarmement une fois qu’on n’est plus aux responsabilités ?

J’ai été ministre, j’ai appris la dissuasion nucléaire, j’ai pu me rendre compte de la force du complexe militaro-industriel. On m’a eu avec une théorie dont je n’ai pu constater l’inanité qu’a posteriori. J’ai évolué dans les années 1990, quand Jacques Chirac a relancé les essais nucléaires en 1995. Rendez-vous compte, au moment du quarantième anniversaire d’Hiroshima !

Par ailleurs, j’ai été quatorze ans député de la circonscription de Jaurès [dans le Tarn], j’ai compris ce qu’était la voie de la paix, ce n’est pas du pacifisme béat. Avec l’association Initiatives pour le désarmement nucléaire, nous faisons des propositions et nous souhaitons que les Français se saisissent de ce débat.

Propos recueillis par Théo Blain

http://www.lemonde.fr/international/article/2017/09/08/les-grandes-puissances-nucleaires-ont-le-devoir-d-organiser-le-desarmement_5182765_3210.html

Sep 09

IRMA FILE DROIT SUR DEUX CENTRALES NUCLÉAIRES

IrmaAprès avoir dévasté les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, inondé la République Dominicaine, l’ouragan Irma s’approche des États-Unis. Rétrogradé en catégorie 4, il devrait toucher dès ce week-end la Floride. Deux centrales nucléaires se trouvent près des côtes. Elles vont être mises à l’arrêt. Qu’est-ce que cela signifie ?

« C’est un ouragan extrêmement dangereux », a indiqué Rob Gould, chargé de la communication de la compagnie Florida Power and Light (FPL), qui gère les centrales de Turkey Point et Ste Lucie, en Floride. Ces deux centrales sont piles dans la trajectoire que suit pour le moment l’ouragan Irma, particulièrement dévastateur jusqu’à maintenant. Par précaution, elles vont être mises à l’arrêt.

Un long procédé ? Normalement non, indique en France, EDF. Comme il s’agit de centrales équipées de réacteurs à eau pressurisée (REP), cela peut se faire très vite, « en moins de deux secondes ». Car, en réalité, à aucun moment le réacteur ne va être arrêté totalement.

Mode « îloté »

Turkey Point et Ste Lucie vont fonctionner en mode « îloté » c’est-à-dire en mode isolé afin de se mettre en sécurité. La quantité et la puissance d’électricité produite vont seulement être diminuées pour ne servir qu’à faire fonctionner les centrales (autrement dit alimenter les pompes qui servent à refroidir le réacteur), et non plus à envoyer de l’électricité vers l’extérieur.

Surtout que les lignes à haute tension qui partent des centrales vont être balayées par des vents pouvant souffler entre 211 à 251 km/h (correspondant à la catégorie 4 de l’échelle de Saffir-Simpson, l’outil de classification de l’intensité des cyclones), et pourront être endommagées.

Le procédé n’a rien d’exceptionnel, il a lieu régulièrement en France. Certaines centrales nucléaires fonctionnent ainsi durant les week-ends et notamment lorsqu’il faut changer le combustible du réacteur.

La mise à l’arrêt de Turkey Point interviendra vendredi, dans la nuit. Ste Lucie devrait subir le même sort douze heures après, si l’ouragan Irma n’a pas changé de direction. Les centrales ne devraient pas être totalement désertées malgré cette mise à l’arrêt. Il restera toujours des salariés dans des unités bunkerisées.

Les deux centrales sont les deux seules à être exploitées dans l’État de Floride. Elles fournissent de l’électricité à près de 2 millions de foyers. Les deux sites font partie des plus solides du pays, « voire du monde », assure le responsable de la communication interrogé par le quotidien américain The Miami Herald. Mais même les meilleures des installations ne sont pas complètement à l’épreuve des ouragans, ajoute la compagnie FPL qui prévoit déjà d’importantes coupures de courant pour ses clients.

Andrew, Frances, Wilma…

Irma n’est pas le premier cyclone qu’affrontent ces centrales nucléaires situées au bord de l’océan, à des endroits peu protégés des vents. Turkey Point, au sud de Miami, a résisté à l’ouragan Andrew, en 1992.

Si aucun accident n’avait été à déplorer, les dégâts avaient été importants. Une route d’accès avait été bloquée par les débris et certaines installations n’avaient pas tenu face à la puissance des vents. Une cheminée de 120 mètres s’était fendue en deux, la centrale avait dû utiliser des générateurs de secours pour refroidir les réacteurs et éviter l’accident nucléaire. Les travaux pour la remettre en état avaient duré six mois et se chiffraient à 90 millions de dollars. Ste Lucie, elle, a tenu bon face aux ouragans Frances et Jeanne en 2005 et face à Wilma en 2006.

Les deux centrales nucléaires sont conçues pour résister à des vents très forts et à des ouragans. Les réacteurs de Turkey Point sont enfermés dans une enceinte de confinement contenue dans un bâtiment « en béton armé de 1,80 m d’épaisseur et située à 6 m au-dessus de la mer », précise Rob Gould. Après le passage d’Andrew et l’accident de Fukushima en 2011, la sécurité des installations a encore été renforcée. L’entreprise FPL a investi 3 milliards de dollars depuis les ouragans de 2005.

Face à Irma, Turkey Point dispose de générateurs de secours, de diesel pour les faire fonctionner et de pièces de rechange prêtes à être acheminées depuis le Tennessee en cas de besoin.

« Mais cet ouragan pourrait surpasser Andrew », prévient Rob Gould. Le risque d’inondation est en effet beaucoup plus important avec Irma. En 1992, le niveau de l’eau s’était élevé de 8,3 cm le long des côtes de Floride. Cette fois-ci, le Centre national des ouragans (Hurricane National Center), indique qu’il pourrait monter entre 3 et 4,5 m.

En France, depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, la sécurité des centrales nucléaires est en train d’être renforcée. « On a imaginé l’inimaginable », assure EDF. En cas de graves incidents, une Force d’action rapide nucléaire (Farn), peut intervenir en moins de 24 heures. Hélicoptères, barges, moyens de franchissement, 4×4 et camions pour déblayer les débris peuvent être mobilisés pour tous les sites nucléaires français. De gros groupes électrogènes, des pompes, des compresseurs peuvent prendre le relais pour amener continuellement de l’électricité, de l’eau et de l’air afin de refroidir les réacteurs.

http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/7782/reader/reader.html#!preferred/1/package/7782/pub/10729/page/5

Sep 09

PYONGYANG S’AMUSE

PyongyangÀ l’occasion des annuelles manœuvres militaires « ennemies » à ses frontières, la Corée du Nord annonce la réalisation d’un nouvel essai atomique souterrain en concomitance avec un tremblement de terre de surface de 6,1 sur l’échelle de Richter dans une « zone d’essais » supposée qu’aucun Geiger du CTBTO n’a du reste jamais approché. L’entière communauté internationale (des marchands d’armes) mord à nouveau illico à l’hameçon sans toutefois ni disposer, ni attendre et ni réclamer d’obligatoires preuves radiologiques qui corroborent ces belliqueuses et inquiétantes déclarations. 

Or force est de constater qu’absolument aucun effluent radioactif n’a été détecté dans l’atmosphère cette fois-ci non plus, ce qui est tout de même inexplicable tant les fuites radioactives sont hélas inéluctables lors des tirs atomiques souterrains. Que devons-nous alors penser ?
Marionnettes de Pyongyang, que les instances nationales et internationales de radioprotection censurent à l’unisson les relevés actuels et dissimulent les graves dangers radiologiques en cours qu’elles-mêmes respirent ?
Ou bien au contraire que ces instances accomplissent correctement leur travail et, logique oblige, qu’il n’y a aucune remontée radioactive parce qu’il n’y a eu aucune explosion atomique d’aucune sorte en Corée du Nord ? 
Pourquoi Pyongyang pourtant assoiffée de reconnaissance n’invite-t-elle pas le CTBTO dans ses cavernes de tir afin de certifier une bonne fois pour toute de sa superpuissance effective ?

Un séisme de magnitude 6,1 sur l’échelle de Richter correspond à une explosion atomique de 21,3 kt (89,13 TJ). Cette puissance équivaut à 1,58 bombe d’Hiroshima (13,5 kt) et à 1,12 bombe de Nagasaki (19 kt). [10^((1,5 * 6,1 Richter)+4,8) = 8,913E13 Joule, 8,913E13 Joule * 2,39E-13 kt/J = 21,30 kt ou bien 8,913E13 Joule/4,18E12 J/kt = 21,30 kt. Vérification: LOG((21,30 Kt * 4,1840E12 J/Kt )-4,8)/1,5 = 6,10 Richter.]

https://aipri.blogspot.fr/2017/09/pyongyang-samuse.html

Sep 08

SOUTIEN À JEAN-PIERRE SIMON, AGRICULTEUR POURSUIVI EN JUSTICE POUR AVOIR AIDÉ LES OPPOSANT.E.S À L’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS RADIOACTIFS À BURE

Jean pierre SimonCommuniqué du Réseau Sortir du Nucléaire

Jean-Pierre Simon, agriculteur à Cirfontaines (Meuse), est convoqué le 12 septembre au tribunal de Bar-le-Duc. Son crime ? Avoir mis son matériel agricole à disposition des personnes qui, en juin et juillet 2016, ont occupé le Bois Lejuc, près de Bure, où l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) avait commencé des travaux illégaux, préalables à la construction du site d’enfouissement.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ et la Confédération paysanne réaffirment leur soutien à Jean-Pierre et appellent à rejoindre le rassemblement de soutien organisé le 12 septembre à 9h devant le tribunal de Bar-le-Duc.

En juin et juillet 2016, de nombreuses personnes ont occupé le Bois Lejuc, près de Bure, en réponse aux travaux de défrichement non-autorisés débutés par l’Andra concernant la construction de la poubelle nucléaire CIGÉO. Risques démesurés de l’enfouissement (désormais confirmés par des organismes officiels), projet imposé, travaux illégaux : cette occupation était légitime et avait reçu le soutien de nombreux agriculteurs et habitant.e.s des villages voisins.

Parmi eux, Jean-Pierre avait mis à disposition son tracteur et sa bétaillère, qui ont été saisis lors de l’évacuation du bois alors qu’ils ne se trouvaient pas sur la zone contestée. En raison de ce soutien, il est maintenant convoqué au tribunal. Depuis maintenant 15 mois, son matériel agricole est gardé sous séquestre comme pièce à conviction ! Cette privation de ses outils de travail constitue pour Jean-Pierre une entrave importante et inacceptable.

En ciblant Jean-Pierre, les autorités et l’Andra tentent d’isoler quelqu’un qui a osé dire non, pour dissuader d’autres personnes – et en particulier les agriculteurs, victimes du prix élevé des terres et tenus par les baux agricoles précaires délivrés par l’Andra – de prendre position contre le projet.

Cette stratégie d’intimidation s’inscrit dans un contexte d’escalade dans la répression et les atteintes aux libertés. Violences policières graves, contrôles policiers à répétition, surveillance des opposant.e.s, quadrillage du territoire par les rondes incessantes des hélicoptères et fourgons de gendarmerie : voilà les méthodes pour imposer ce projet d’enfouissement pourtant dangereux et impossible à financer. Comme le demandent les associations dans une pétition, le projet CIGÉO doit être abandonné et la répression à l’encontre des opposant.e.s doit cesser !

Nous appelons à venir soutenir massivement Jean-Pierre le mardi 12 septembre à partir de 9h devant le tribunal de Bar-le-Duc.

Contacts presse :

Jean-Pierre Simon : 06 70 92 07 43

Confédération paysanne : Thierry Jacquot (secrétaire national) – 06 14 99 36 35

Réseau « Sortir du nucléaire » : Charlotte Mijeon – 06 75 36 20 20

Retrouvez ce communiqué sur notre site : http://www.sortirdunucleaire.org/Soutien-a-Jean-Pierre-Simon-agriculteur-poursuivi

 

Sep 08

NUCLÉAIRE ET PÉTROLE : LE COCKTAIL LOMONOSOV

centrale flottanteLa Russie est en train de travailler sur une dangereuse expérience… Tablant sur le fait que le réchauffement climatique aura bientôt fait disparaître la glace des ports sibériens, et que l’extraction pétrolière et l’économie de la région arctique seront bientôt ainsi dynamisées, Moscou est en train de construire une centrale nucléaire flottante.

La centrale flottante Akademik Lomonosov, actuellement en construction dans le port de Saint-Pétersbourg, sera déplacée à Mourmansk, en Sibérie, pour y être chargée en combustible et mise en route. Pour les habitants de Saint-Pétersbourg, c’est un soulagement que cette centrale ne soit finalement pas démarrée dans leur ville, la deuxième plus peuplée de Russie, d’autant qu’aucune évaluation appropriée des risques n’a été effectuée…

La barge, pourvue de deux réacteurs nucléaires, se trouve pour le moment encore sur le fleuve Néva, dans un des bassins portuaires de Saint-Pétersbourg, à proximité d’églises, de jardins d’enfants et de promeneurs.

Le démarrage d’un réacteur nucléaire – surtout lorsqu’il s’agit d’un prototype flottant dépourvu d’enceinte en béton – constitue toujours une phase dangereuse dans le cycle de fonctionnement d’une centrale nucléaire. Tous les tubes sont-ils étanches ? Chaque soudure résistera-t-elle aux contraintes et à la pression ? L’arrêt d’urgence fonctionne-t-il ?

En Russie, des centrales nucléaires comparables sur des brise-glaces et des bateaux de guerre ont déjà provoqué des accidents, totalisant 29 décès.

Manifestations contre la centrale nucléaire flottante.

Plus de 11 000 habitants de Saint-Pétersbourg ont signé une pétition contre le chargement des deux réacteurs nucléaires. « Cette opposition semble faible en comparaison de ce qui se fait en Europe occidentale, explique Jan Haverkamp, spécialiste du nucléaire pour Greenpeace Europe centrale et orientale, mais ça demande beaucoup de courage dans la Russie de Poutine. Cette résistance montre l’ampleur de la peur dans la population ».

Les États riverains de la Baltique (l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie) sont également soulagés par la décision de Moscou. Il est bien moins risqué qu’une centrale nucléaire qui n’a pas encore été démarrée, sans combustible et donc non radioactive, longe leurs côtes. C’est la raison pour laquelle Greenpeace avait appelé tous ces États à se prononcer contre cette centrale nucléaire flottante.

Le gouvernement finlandais s’en était par exemple tellement inquiété qu’il a envoyé son directeur de la sécurité nucléaire à Saint-Pétersbourg pour évaluer la situation sur place. Le gouvernement norvégien a également fait part de son inquiétude à ce sujet. D’autres pays ne devraient pas tarder à demander une évaluation de l’impact environnemental de ce projet.

« L’impact de cette centrale sur l’environnement n’a pour le moment pas été évalué », critique Jan Haverkamp. Le spécialiste de Greenpeace étudie actuellement dans quelle mesure les États concernés peuvent influencer les décisions de Moscou, notamment par la voie judiciaire, en s’appuyant sur la Convention d’Espoo. Cet accord européen sur l’environnement datant de 1997 et a été ratifié par 40 États. Il permet aux États parties de participer aux études d’impact environnemental des projets industriels qui les concerneraient. La Russie n’a pas ratifié cette convention, mais elle l’a signée et a annoncé vouloir la respecter.

Actuellement, l’instance russe chargée de la sécurité nucléaire, censée être indépendante, ne dispose que de prérogatives de surveillance très limitées. Les centrales nucléaires embarquées, comme les installations militaires, ne sont pas de sa compétence – même si leur usage est civil.

Une centrale nucléaire dangereuse pour une exploitation pétrolière à risque

Il est prévu que la construction de l’Akademik Lomonosov se termine l’année prochaine à Saint-Pétersbourg. L’installation sera ensuite remorquée jusqu’à Mourmansk. Pour finir, le combustible nucléaire sera chargé dans les réacteurs qui seront testés avant d’être remorqués en 2019 sur le site où ils entreront en service, à Pewek, une commune de 5000 habitants du nord-est de la Russie. Le choix de cette ville paraît totalement incohérent puisque cette centrale peut générer le courant nécessaire à 100 000 personnes !

Mais la Russie suit une logique perverse. Elle semble déjà prévoir l’époque à laquelle le réchauffement climatique aura fait disparaître la glace des ports sibériens, dynamisant ainsi  l’extraction de pétrole et l’économie de l’Arctique… Même si cela doit s’avérer désastreux pour le climat et l’environnement.

Jan Haverkamp explique que l’approvisionnement en électricité de localités comme Pewek pourrait pourtant être moins cher, moins dangereux et plus durable : « Dans des régions reculées, il serait plus sensé de miser sur une production d’électricité basée sur ce que la nature met à disposition ». En Sibérie, aucune source d’énergie renouvelable n’a toutefois le potentiel à elle seule de fournir toute l’électricité nécessaire aux projets de forages…

Anticiper la fonte des glaces liée au pétrole et parsemer l’océan de centrales nucléaires flottantes : le couple toxique nucléaire-pétrole continue d’empoisonner la planète. Si la logique cynique qui se cache derrière le projet a de quoi dégoûter, la mise en service de centrales flottantes à proximité immédiate de zones peuplées a également de quoi inquiéter. Tout comme la question du démantèlement des installations contaminées et des déchets radioactifs ; des défis qu’aucun pays ne sait encore comment relever à ce jour.

https://www.greenpeace.fr/nucleaire-petrole-cocktail-lomonosov/

Sep 08

SOUTIEN À RÉMI, CONVOQUÉ AU COMMISSARIAT POUR UNE ACTION PACIFIQUE CONTRE MACRON

RémiLe 8 août dernier, à l’occasion de la commémoration des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, des militants antinucléaires et des clowns s’invitèrent au siège d’En Marche à Paris, pour interpeller le Président de la République quant à la non-signature par la France du traité d’interdiction des armes nucléaires, signé par 122 États en juillet. Le Président Macron refuse d’engager la France sur la voie du désarmement nucléaire, sa responsabilité est historique !

Suite à cette action non-violente et humoristique, sa majesté Macron s’est employé à faire convoquer par la police un militant participant à l’action… La police a même été jusqu’à téléphoner aux parents du militant pour être certain que celui-ci n’était pas parti en vacances!

Rémi a donc été convoqué au commissariat du 13ème arrondissement de Paris le jeudi 7 septembre à 14h.
Un rassemblement pacifique et non-violent, en hommage aux victimes du nucléaire, a été organisé devant le commissariat à 13h30 le 7 septembre à l’adresse suivante: 144 boulevard de l’hôpital, 75013 Paris (Métro Place d’Italie).

Voir le communiqué et surtout la vidéo des « clowns en marche arrière ». ou http://www.desobeir.net/2017/08/08/les-clowns-en-marche-arriere-sinvitent-au-siege-de-la-republique-en-marche/

Cette action a eu lieu à l’occasion du jeûne-action contre l’arme nucléaire, organisé comme chaque année par le collectif « Armes nucléaires stop » et soutenu par le Réseau Sortir du nucléaire, le Mouvement de la Paix, le collectif des Désobéissants, le Mouvement pour une Alternative Non-violente et la Maison de vigilance.

NDLR : Question : L’action n’ayant causé aucun dommage ni aucune dégradation, que reproche-t-on à Rémi ?

Pour aider Rémi à payer ses frais d’avocat. (NDLR : je vous incite fortement à participer, même modestement. Le droit de manifester pacifiquement doit rester un droit fondamental. Il risque fort de disparaître si on ne réagit pas à chacune de ses violations)

Contact: Rémi 06 30 13 35 30

Sep 07

PAUL QUILÈS : « L’ARME NUCLÉAIRE POUSSE À LA PROLIFÉRATION »

QuilèsLa doctrine de la dissuasion nucléaire est-elle encore pertinente ? L’avis de Paul Quilès, président d’Initiatives pour le désarmement nucléaire, ancien ministre de la défense (1985-1986), ex-président de la commission de la défense de l’Assemblée nationale.

La dissuasion nucléaire, disait récemment un haut responsable français de la défense, est un concept solide mais flexible. À vrai dire, je n’ai pas bien saisi ce que voulait dire cette formulation. Peut-être s’agissait-il de rappeler que ce concept a changé au moins une dizaine de fois de définition ! Lorsque j’étais ministre de la défense sous François Mitterrand, on parlait d’armes nucléaires stratégiques, préstratégiques et tactiques (armes de champ de bataille). Ni le président ni moi ne comprenions en quoi une arme préstratégique avait vocation à être dissuasive ou offensive. Aujourd’hui, on parle même de recherches sur des missiles hypersoniques furtifs, dont la vocation n’a rien de défensive.

L’histoire démontre que l’arme nucléaire pousse à la prolifération. Il suffit de regarder l’accroissement des stocks d’ogives entre les années 1950 et les années 1980 ou encore le nombre de pays possesseurs qui n’a cessé d’augmenter. Durant la guerre froide, la bombe n’a pas empêché de nombreuses guerres par procuration au Moyen-Orient, en Afrique, en Extrême-Orient… Le monde a frôlé la catastrophe lors de la crise des missiles de Cuba en 1962. Sans oublier les dizaines d’accidents recensés ou les possibles erreurs d’interprétation. Pour mémoire, en 1983, un satellite soviétique avait confondu la chaleur des rayons du soleil avec celle d’un missile américain, manquant de peu de déclencher un tir de riposte aux conséquences incalculables !

Les partisans de la dissuasion évoquent l’absence de Troisième Guerre mondiale entre l’URSS et les États-Unis, mais il est impossible de savoir ce qui se serait passé sans l’existence des armes atomiques. Ils parlent aussi de la bombe comme d’une sorte « d’assurance-vie » qui offrirait une sécurité en inspirant la terreur à l’ennemi. Or, Israël a été attaqué en 1973 alors que le pays avait rejoint le cercle des États détenteurs. Même chose pour la Grande-Bretagne qui a dû faire face à une offensive de l’Argentine dans l’archipel des Malouines en 1982.

Les cinq pays officiellement détenteurs de l’arme s’offusquent aujourd’hui de ce que la Corée du Nord développe son programme, en brandissant le traité de non-prolifération nucléaire (TNP), rédigé en réalité pour conserver leur monopole. Ces mêmes pays oublient au passage que l’article 6 dudit traité – qu’ils ne respectent pas ! – les engage au désarmement nucléaire dans de brefs délais.

Il serait souhaitable de relire les propos de Ronald Reagan, devenu sur le tard un partisan du désarmement. L’ancien président américain avouait dans ses Mémoires : « En tant que commandant en chef des forces armées américaines, vous n’avez que six minutes pour décider comment réagir à un signal sur un écran radar et s’il faut ou non déclencher l’apocalypse. Qui pourrait faire preuve de raison dans un moment pareil ? »

Recueilli par Olivier Tallès

https://blogs.mediapart.fr/morvan56/blog/070917/l-arme-nucleaire-pousse-la-

proliferation

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Sep 07

LA CORÉE DU NORD DANS LE GRAND JEU NUCLÉAIRE

Manlio DinucciPour Manlio Dinucci (NDLR : du Réseau Voltaire), la crise nord-coréenne nous fait perdre de vue le fond du problème : ce n’est pas que Pyongyang ait la bombe atomique, mais que les grandes puissances en aient d’invraisemblables stocks, que 35 autres États soient sur le point de l’acquérir, et que face à la stratégie US, ceux qui la détiennent sont mieux protégés que les autres.

Les projecteurs politico-médiatiques, focalisés sur les tests nucléaires et de missiles nord-coréens, laissent dans l’ombre le cadre général dans lequel ils s’insèrent : celui d’une croissante course aux armements qui, tandis qu’elle conserve un arsenal nucléaire en mesure d’effacer l’espèce humaine de la Terre, mise sur des têtes et vecteurs high tech de plus en plus sophistiqués.

La Fédération des scientifiques américains (Fas) estime, en 2017, que la Corée du Nord a « du matériel fissible pour produire potentiellement 10-20 têtes nucléaires, mais il n’y a pas de preuves disponibles qu’elle ait rendu opérationnelles des têtes nucléaires transportables par des missiles balistiques ». Toujours selon la Fas, les USA possèdent 6 800 têtes nucléaires, dont 1 650 stratégiques et 150 non-stratégiques prêtes à tout moment à être lancées. En comptant les françaises et les britanniques (respectivement 300 et 215), les forces nucléaires de l’Otan disposent de 7 315 têtes nucléaires, dont 2 200 prêtes au lancement, face aux 7 000 russes dont 1 950 prêtes au lancement. Selon les estimations de la Fas, environ 550 têtes nucléaires états-uniennes, françaises et britanniques, prêtes au lancement, sont déployées en Europe à proximité du territoire russe. C’est comme si la Russie avait installé au Mexique des centaines de têtes nucléaires pointées sur les États-Unis.

En ajoutant les chinoises (270), pakistanaises (120-130), indiennes (110-120) et israéliennes (80), le nombre total des têtes nucléaires est estimé à environ 15 000. Ces estimations sont approximatives, presque certainement par défaut. Et la course aux armements nucléaires se poursuit avec la modernisation continue des têtes et des vecteurs nucléaires.

En tête se trouvent les États-Unis, qui effectuent de continuels tests des missiles balistiques intercontinentaux Minuteman III et se préparent à les remplacer par de nouveaux missiles (coût estimé à 85 milliards de dollars). Le Congrès a approuvé en 2015 un plan (coût estimé à environ 1 000 milliards) pour potentialiser les forces nucléaires avec 12 sous-marins d’attaque de plus (7 milliards pièce), armé chacun de 20 têtes nucléaires. Entre dans le même cadre le remplacement des bombes nucléaires USA B61, présentes en Italie et dans d’autres pays européens, par les nouvelles B61-12, armes de première frappe. La potentialisation des forces nucléaires comprend aussi le prétendu « bouclier anti-missiles » pour neutraliser les représailles ennemies, comme celui installé par les USA en Europe contre la Russie et en Corée du Sud, non pas contre la Corée du Nord mais en réalité contre la Chine.

Russie et Chine sont en train d’accélérer la modernisation de leurs forces nucléaires, pour ne pas se faire distancer. En 2018, la Russie déploiera un nouveau missile balistique intercontinental, le Sarmat, avec une portée allant jusqu’à 18 000 km, capable de transporter 10 à 15 têtes nucléaires qui, en rentrant dans l’atmosphère à une vitesse hypersonique (plus de 10 fois celle du son), manœuvrent pour échapper aux missiles intercepteurs en perçant le « bouclier ».

Dans une telle situation, où un cercle restreint d’États conserve l’oligopole des armes nucléaires, où celui qui les possède menace celui qui ne les a pas, il est de plus en plus probable que d’autres cherchent à se les procurer et y arrivent. En plus des neuf pays qui possèdent déjà des armes nucléaires, il y en environ 35 autres en mesure de les construire.

Tout cela est ignoré par les journaux papier et télévisés, alors qu’ils lancent l’alarme sur la Corée du Nord, dénoncée comme unique source de menace nucléaire. On ignore aussi la leçon qu’à Pyongyang on dit avoir appris : Kadhafi —rappellent-ils— avait renoncé totalement à tout programme nucléaire et autorisé des inspections de la CIA en territoire libyen. Cela pourtant ne sauva pas la Libye quand les USA et l’Otan décidèrent de la détruire. S’il avait eu des armes nucléaires, pense-t-on à Pyongyang, personne, n’aurait eu le courage de l’attaquer. Ce raisonnement peut être fait aussi par d’autres : dans la situation mondiale actuelle il vaut mieux avoir les armes nucléaires que ne pas les avoir.

Pendant que sur la base de cette logique dangereuse la probabilité de prolifération nucléaire augmente, le Traité sur la prohibition des armes nucléaires, adopté à une grande majorité par les Nations Unies en juillet dernier, est ignoré par toutes les puissances nucléaires, par les membres de l’Otan (Italie comprise) et par ses principaux partenaires (Arabie Saoudite, Ukraine, Japon, Australie). Une large mobilisation est fondamentale pour imposer que notre pays (NDLR : l’Italie) aussi adhère au Traité sur la prohibition des armes nucléaires et donc évacue de son territoire les bombes nucléaires US, dont la présence viole l’autre Traité, celui de non-prolifération, déjà ratifié par l’Italie. Si la conscience politique fait défaut, l’instinct de survie au moins devrait se déclencher.

Article de Manlio Dinucci (Géographe et géopolitologue)

Traduction: Marie-Ange Patrizio

Source: Il Manifesto (Italie)

via: http://www.voltairenet.org/article197746.html

Sep 07

SÛRETÉ NUCLÉAIRE: L’HEURE N’EST PAS AUX DÉROGATIONS!

L'heure n'est pas EPRL’Autorité de Sûreté Nucléaire s’apprête à déclarer la cuve de l’EPR apte au service en dépit des défauts de fabrication de ses calottes. Une décision particulière choquante dans le contexte actuel. Il faut déterminer d’urgence l’état réel des réacteurs en exploitation et refonder, en préalable absolu, le système de contrôle des installations nucléaires. La CRIIRAD appelle à se mobiliser.

http://www.criirad.org/installations-nucl/EPR%20Flamanville/2017-09-05_note-info_consult-asn.pdf

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) s’apprête à clôturer deux consultations sur des projets qui mettent en jeu la sûreté des installations nucléaires :

La première se termine le 10/09 et concerne un projet de décision laissant à Areva NP (New Areva) jusqu’à fin 2018 pour terminer la vérification des dossiers de fabrication d’équipements sous pression nucléaires forgés par l’usine Creusot Forge ;

La seconde consultation, qui se termine le 12/09, concerne le projet d’avis dans lequel l’ASN juge que la ténacité de l’acier des calottes reste suffisante, malgré la dégradation de ses propriétés mécaniques, et que la cuve de l’EPR est donc apte au service, sous réserve de contrôles complémentaires anticipés pour le fond et d’une utilisation limitée à 2024 pour le couvercle.

CREUSOT FORGE : TROP TARD, TROP PEU !

La CRIIRAD considère que l’identification et le traitement des anomalies affectant les équipements des réacteurs en exploitation (ou les pièces utilisées pour leur qualification technique)  doit être prioritaire : plus d’un an s’est déjà écoulé depuis qu’il s’est avéré que les irrégularités des dossiers de fabrication ne concernaient pas seulement 438 dossiers barrés (c.à.d. signalés par une ou deux barres transversales) mais pouvaient affecter n’importe lequel des quelques 6 000 dossiers de fabrication recensés. Tant que le travail d’analyse n’est pas terminé, personne ne sait combien de composants sont concernés ni quelle est la gravité des éventuelles anomalies. Et nul n’ose aborder la question taboue des irrégularités non documentées : des défauts de qualité qui ont été constatés mais qui n’ont pas été consignés, ni dans les dossiers barrés, ni dans les dossiers sans marque spécifique ! 

Il est choquant de constater que les ressources des exploitants, de l’ASN et de l’IRSN ont été mobilisées sur le dossier de l’EPR, un réacteur qui n’est pas en service, au lieu de servir à lever (ou confirmer) les doutes sur les équipements critiques des réacteurs en exploitation. Le projet de décision de l’ASN et la consultation du public associée arrivent ainsi avec un an de retard et accordent encore 16 mois de délai pour les contrôles. La décision est d’autant plus critiquable que le projet de l’ASN ne comporte aucune analyse des risques associés aux délais de vérification et ne définit aucune mesure conservatoire vis-à-vis des éventuels défauts des pièces concernées. De plus, aucune prescription ne vient garantir la fiabilité des vérifications alors que les inspections de l’ASN ont révélé des anomalies étonnantes dans le dispositif AREVA/EDF.

LA FAILLITE DU SYSTÈME DE CONTRÔLE

Les différents audits conduits à Creusot Forge depuis 2015  ont mis en lumière ce que l’ASN qualifie de « dysfonctionnements techniques et organisationnels majeurs qui ont perduré pendant plusieurs décennies ». La falsification de documents pour dissimuler des défauts de fabrication remet en cause les fondements mêmes du système de contrôle des activités nucléaires, largement basés sur l’autocontrôle, la déclaration des anomalies et la sincérité des documents soumis à l’ASN.

Par ailleurs, en passant au crible les 10 dernières années, on constate que les fabrications de Creusot Forge ont fait l’objet de milliers de contrôles, de l’assurance qualité interne aux inspections de l’ASN et des organismes habilités qu’elle missionne, en passant par la surveillance des services spécialisés d’Areva NP et d’EDF. De plus, à compter de 2005, tout le monde savait (sauf la population !) que l’installation posait problème, aussi avait-elle été placée sous surveillance renforcée d’EDF et de l’ASN. Dans un tel contexte, comment expliquer le nombre des écarts et la gravité des irrégularités constatés après coup ? Comment expliquer qu’aucun des maillons de la chaîne de contrôle n’ait détecté les manquements ? Le système tourne-t-il à vide ? En tout cas, des failles béantes ont été constatées et on ignore à ce jour la cause des défaillances.

Tant que des réponses précises n’auront pas été apportées, que des actions correctives n’auront pas été définies et mises en œuvre, que leur efficacité n’aura pas été vérifiée, les autorités devraient se demander s’il est possible, et à quelles conditions, de laisser en exploitation les 58 réacteurs du parc électronucléaire français. L’heure n’est pas aux dérogations permettant de mettre en service une cuve dont les composants ne satisfont pas aux exigences essentielles de sûreté fixées par la réglementation.

CUVE DE L’EPR : TROP DE ZONES D’OMBRE EN REGARD DES ENJEUX !

La CRIIRAD considère :

1/ que faute d’accès au dossier, toute véritable contre-expertise est impossible ; que, de plus, les documents à disposition émanent d’organismes impliqués dans les dysfonctionnements qui ont conduit à l’installation des composants défectueux et qu’il manque en conséquence le rapport d’experts qui ne soient pas en situation de conflit d’intérêt, ni soumis aux énormes pressions qui s’exercent ;

2/ qu’en regard d’une installation susceptible de bouleverser la vie de dizaines de millions de personnes, on ne peut accepter ni la réduction des marges de sécurité, ni la remise en cause du principe fondamental de défense en profondeur, ni les incertitudes résiduelles du dossier, notamment sur la représentativité des pièces utilisées pour les analyses ; qu’en outre la réalité des situations accidentelles est bien plus complexe que ce que les modélisations des experts peuvent scénariser ;  

3/ que les conditions posées par l’ASN pour autoriser la mise en service de la cuve (contrôle anticipé pour le fond et limitation à 2024 de l’utilisation pour le couvercle) ne sont pas de nature à compenser la dégradation des performances de l’acier ; que le délai de 7 ans est défini en fonction du temps nécessaire à la fabrication d’un autre couvercle sans qu’il soit démontrer qu’aucun défaut dangereux n’est susceptible de se développer avant cette échéance ;

4/ que l’analyse de la période 2005-2015 montre que les industriels ont fait fi de leurs engagements, des prescriptions règlementaires et des mises en garde de l’ASN ; qu’ils devraient donc être sanctionnés plutôt que bénéficier d’une dérogation leur permettant de passer outre les exigences essentielles de sûreté.  

En conséquence, la CRIIRAD appelle le public à dire massivement son opposition à l’autorisation de mise en service de la cuve et à exiger sans délai des garanties, tant sur l’état réel des réacteurs en service que sur le système de contrôle des installations.  Bien que sans illusion sur les dispositifs de « participation du public », elle considère que toutes les possibilités doivent être utilisées pour faire obstacle à une décision potentiellement catastrophique.

Après la catastrophe de Fukushima, un haut responsable de l’IRSN avait déclaré qu’il fallait désormais « imaginer l’inimaginable ». Il n’avait certainement pas prévu que l’inimaginable serait d’installer le réacteur de l’EPR dans une cuve dont les calottes présentent des défauts de fabrication !  Et pourtant nous en sommes bel et bien là !

https://blogs.mediapart.fr/association-criirad/blog/060917/surete-nucleaire-lheure-nest-pas-aux-derogations

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Sep 07

BELGIQUE : « TIREZ UN TRAIT SUR LES CENTRALES NUCLÉAIRES »

Tirez un traitPrenez le plus rapidement possible une décision sur la durée de vie des centrales nucléaires, afin de libérer la voie pour les investissements dans de nouvelles centrales énergétiques. Tel est l’avis du rédacteur en chef du Trends néerlandophone, Daan Killemaes.

Les centrales nucléaires belges sont vieilles et fragilisées, mais elles permettent d’obtenir un résultat. Notre approvisionnement énergétique dépend de ces vieux combattants. C’est bien à court terme, car les centrales nucléaires fournissent une électricité bon marché, fiable et respectueuse du climat. Mais à long terme, elles sont un grand handicap. Si nous voulons disposer d’un mix d’énergie renouvelable et de centrales au gaz après 2025, nous devons prendre des décisions maintenant. Soit nous décidons de définitivement fermer les centrales nucléaires à l’horizon 2025, soit nous continuons avec l’énergie nucléaire jusqu’en 2045. Mais décidez, sinon nous n’arriverons nulle part.

Investissements

Tant que la durée de vie des centrales nucléaires restera aux prises du flou de la politique belge, les producteurs d’électricité n’investiront pas dans de nouvelles capacités de production, excepté dans une énergie verte suffisamment subsidiée. Ce n’est pas avec cela qu’on y arrivera. En conséquence, prenez le plus rapidement possible une décision sur la durée de vie des centrales nucléaires, afin de libérer la voie pour les investissements dans de nouvelles centrales énergétiques. La Belgique a investi considérablement dans des lignes à haute tension supplémentaires pour importer de l’électricité bon marché de l’étranger. Dans des périodes de pénurie sur le marché européen, nous courons un important risque d’approvisionnement.

Hélas, la Belgique a pour l’instant décidé de ne pas décider sur la durée de fonctionnement des centrales nucléaires. Officiellement, nous avons décidé en 2003 de la sortie définitive de l’énergie nucléaire à l’horizon 2025, mais nous avons fait cela sans vision réfléchie ou plan détaillé pour préparer le remplacement. C’est la raison pour laquelle la politique – ou le manque de politique – doit officieusement soutenir la prolongation systématique de la durée de vie des centrales nucléaires. L’organisation des employeurs FEB opte pour le scénario d’une prolongation de la durée de vie et exprime de cette manière le point de vue d’Engie, un de ses membres les plus importants. Engie, en tant que plus important propriétaire des centrales nucléaires belges, se frotte bien sûr les mains à la perspective de la prolongation de leur durée de vie. Pour le géant énergétique français, il est évident que la Belgique a encore besoin des centrales nucléaires jusqu’en 2045. C’est l’analyse d’Engie dans son dernier rapport annuel. « Étant donné que la durée de fonctionnement de Tihange1, Doel1 et Doel2 a été prolongée de plus de 40 ans, étant donnée l’importance de l’énergie nucléaire dans l’approvisionnement énergétique belge, étant donné le manque de plan clair pour stimuler les entreprises énergétiques à investir dans de nouvelles centrales thermiques et étant donné l’objectif de limitation de l’émission de gaz à effet de serre, l’énergie nucléaire sera également nécessaire après 2025. Le groupe se fonde sur une prolongation de fonctionnement de 20 ans de la moitié des centrales de la deuxième génération (Doel 3 et 4 et Tihange 2 et 4)« . Cela rapporterait énormément d’argent à Engie. Sur papier, le parc de production belge est évalué à 4,2 milliards d’euros. Si toutes les centrales nucléaires fermaient en 2025, Engie devrait en amortir 2,8 milliards d’euros. Une prolongation de seulement dix ans coûterait 1,3 milliard d’euros à Engie.

Sortie du nucléaire

Pouvons-nous faire sans centrales nucléaires ? Probablement. L’Allemagne s’en tient à sa sortie du nucléaire, bien que celle-ci implique une plus grande dépendance au charbon et un solide coût pour le consommateur. La clarté d’une sortie belge du nucléaire suscitera de nouveaux investissements de la part d’acteurs privés. Les autorités peuvent accompagner la transition par une subvention intelligente de l’électricité verte qui suivrait de très près la diminution des coûts. En complément, on pourrait aussi envisager un subside pour les investissements dans les capacités de base. Mais surtout : décidez, et le marché pourra ensuite faire son travail. Les experts estiment que ce choix ne poussera pas les prix de l’électricité vers le haut. Vous pouvez dès lors tout aussi bien immédiatement tirer un trait sur nos centrales nucléaires.

Ou décidez dès à présent de tout de même continuer avec l’énergie nucléaire après 2025. Les investisseurs sauront dans ce cas où ils en sont et ils pourront faire des plans à long terme. Aujourd’hui, cela est impossible. Les investissements ne sont rentables que s’il y a suffisamment de flambées de prix en perspective. Une pénurie structurelle est donc nécessaire pour investir, mais ces investissements auraient pour effet d’éliminer à nouveau la pénurie. Personne ne veut de flambée de prix, de pénurie d’électricité et de black-out permanents.

Entre-temps, le compteur tourne. La surcapacité européenne masque le lent accroissement de la pénurie des capacités de base à l’intérieur des frontières. L’importation est limitée et en dehors des frontières, la surcapacité faiblit. Le géant électrique allemand RWE signale que la surcapacité disparaît sur le marché allemand. La date de péremption de notre politique du laisser-faire est en vue.

http://trends.levif.be/economie/politique-economique/tirez-un-trait-sur-les-centrales-nucleaires/article-opinion-717965.html

Sep 07

EPR DE FLAMANVILLE : CALENDRIER « TENDU » SELON UN RESPONSABLE DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE

EPRL’EPR de Flamanville (Manche) devait initialement démarrer en 2012. Ce ne sera finalement pas avant la fin 2018. Et encore, le calendrier serait « tendu » selon un responsable de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)

« Au vu du planning d’EDF et de ce qui reste à faire, c’est tendu » : ce sont les mots de Thierry Charles, directeur général adjoint en charge de la sûreté à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, l’IRSN, à propos du calendrier du chantier de l’EPR de Flamanville, en construction dans la Manche. EDF prévoit un démarrage du réacteur, c’est-à-dire le premier chargement en combustible, pour la fin 2018. L’EPR ne devrait être connecté au réseau électrique que courant 2019.

Déjà six ans de retard

« Ce n’est jamais un long fleuve tranquille de faire démarrer un nouveau réacteur qui est un peu le premier de son genre, a déclaré le responsable de l’IRSN devant des journalistes, on peut s’attendre à des difficultés pendant les essais« .

En construction depuis 2007, l’EPR de Flamanville devait initialement démarrer en 2012. La facture est aujourd’hui estimée à 10,5 milliards d’euros, soit plus de trois fois le montant annoncé au départ.

Article de Célia Caradec

http://www.tendanceouest.com/actualite-242143-epr-de-flamanville-calendrier-tendu-selon-un-responsable-de-la-surete-nucleaire.html

Sep 07

NUCLÉAIRE: MACRON OFFENSIF DEVANT LES ONG

MacronLe chef de l’État « a confirmé, sans dire combien, que des centrales allaient être fermées, qu’il n’y aurait pas de procrastination, qu’on allait entrer dans le dur, mais qu’il fallait le faire de manière ordonnée« , a indiqué Jean-François Julliard de Greenpeace. 

Confirmant ses déclarations de campagne, Emmanuel Macron a dit attendre « les recommandations de l’ASN » sur la sûreté des centrales, attendues au plus tard fin 2018.

Emmanuel Macron a reçu mardi à l’Élysée les représentants de 14 ONG actives dans les domaines de l’environnement et du développement, et s’est engagé à les revoir régulièrement. Avec Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Jean-Yves Le Drian, chef de la diplomatie, M. Macron a débattu pendant environ deux heures, notamment du plan Climat, avec les responsables du WWF, Pascal Canfin de Greenpeace, Jean-François Julliard ou d’Oxfam France, Claire Fehrenbach.

« Ces échanges nous ont permis de croiser nos inquiétudes, nos espoirs et nos attentes, et, pour nous, de faire de la pédagogie sur notre propre stratégie« , a déclaré M. Hulot à l’issue de la rencontre. « C’est un format que nous allons essayer de reproduire au minimum tous les trimestres« . « C’est de bonne augure » car « les discussions ont été riches et productives« , s’est félicitée Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la Nature et l’Homme.

Cette réunion s’est tenue la veille de la présentation par M. Hulot en Conseil des ministres du projet de loi sur « l’interdiction de l’exploitation des hydrocarbures » sur le territoire français à l’horizon 2040. Cette décision est « plus que symbolique« , a affirmé M. Hulot. La France deviendra « le premier grand pays industriel à oser prendre unilatéralement cet engagement« .

« Retard de la France dans les énergies renouvelables« 

Interrogé par Greenpeace sur la transition énergétique du pays, le président « a eu une réponse offensive, au moins dans les mots », a rapporté le directeur de l’ONG, qui lors de cette réunion a déploré « le retard de la France dans le développement des énergies renouvelables et l’incapacité du pays à enclencher une vraie transition sur le nucléaire« .

Emmanuel Macron « a confirmé, sans dire combien, que des centrales allaient être fermées, qu’il n’y aurait pas de +procrastination+, qu’on allait +entrer dans le dur+, mais qu’il fallait le faire de manière ordonnée », a indiqué à l’AFP M. Julliard.

Confirmant ses déclarations de campagne, M. Macron a dit, toujours selon cette source, attendre « les recommandations de l’ASN » sur la sûreté des centrales, attendues au plus tard fin 2018. « Cela nous inquiète, car la sûreté est un critère parmi d’autres », a commenté le directeur de Greenpeace. « Il y a un choix politique à faire au-delà de la sûreté ».

Concernant les États généraux de l’alimentation…

NDLR : Pour lire la fin de l’article qui ne concerne plus le nucléaire, cliquer sur :

https://www.challenges.fr/entreprise/energie/nucleaire-macron-offensif-devant-les-ong_497661

Sep 06

CORÉE DU NORD: LA PUISSANCE DE L’ESSAI NUCLÉAIRE ESTIMÉE À LA HAUSSE (JAPON)

Ministre japonnaisLe dernier essai nucléaire nord-coréen était d’une puissance estimée de 120 kilotonnes, soit huit fois supérieure à celle de la bombe américaine qui a dévasté Hiroshima, a déclaré aujourd’hui à des journalistes le ministre japonais de la Défense Itsunori Onodera.

Le Japon avait dans un premier temps évalué à 70 kilotonnes l’énergie produite par l’explosion de dimanche attribuée par la Corée du Nord à une bombe à hydrogène. Pyongyang pourrait avoir désormais la capacité de mettre une bombe atomique sur un missile pouvant atteindre les États-Unis, mais les Occidentaux n’en ont pas pour le moment la certitude absolue.

Selon le ministre japonais, la révision à la hausse de la puissance de cet essai se fonde sur une nouvelle estimation de la magnitude du séisme qui a suivi l’explosion faite par l’organisation responsable de l’application du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBTO).

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/09/05/97001-20170905FILWWW00260–coree-du-nord-la-puissance-de-l-essai-nucleaire-estimee-a-la-hausse-japon.php

Sep 06

SUR LA CORÉE DU NORD ET LA GUERRE NUCLÉAIRE QUI VIENT…

CoréeMesdames, messieurs, vous avez peur de l’embrasement final qu’on sent sourdre à petit feu et vous avez raison, mais sachez-le, le capitalisme qui s’est implanté mondialement presque partout est le véritable responsable de toutes les guerres, passées, présentes et à venir.

Ce billet reprend et modifie, en partie, deux de mes commentaires dans un article de Bonnet.

Bon OK, c’est pas bien quand la Corée du Nord fait voler des missiles au-dessus de ces voisins (il est bien sûr le seul pays à le faire) et pas bien non plus quand il développe une arme de dissuasion nucléaire comme ont fait et continuent de le faire, les USA (1700 têtes) , la Russie (1500), la France (300), la Grande Bretagne (160), l’Inde (30 à 150 ?), le Pakistan (100 ?), Israël (80 à 200 ?), la Chine (240).

Mais cela pourrait être pire, ce pays (qui a un PIB de 29 soit 530 fois moins que les USA), fait peur à Trump (?), car il pourrait attaquer et détruire d’autres pays sous des prétextes sérieux et incontestables tels, la possession d’armes de destructions massives en fioles de 5 centilitres, des destructions de couveuses en milieu hospitalier, la lutte contre les terroristes venus d’Arabie Saoudite, etc. On tremble à la simple idée que la Corée du Nord pourrait décider d’envahir le Vietnam, l’Irak, la Lybie ou le Venezuela.

Trump et ses affidés auraient-ils raison ? Il faut remettre au pas cette Corée du Nord. Trois méthodes ont déjà été testées ailleurs et ont donné une satisfaction toute relative, façon CIA comme en Ukraine et en Syrie on aide les gentils opposants à prendre le pouvoir, ou bien façon Lybie, on décrète une zone d’exclusion aérienne et on bombarde tout ce qui bouge, et la troisième comme en Irak, on bombarde tout ce qui bouge, on débarque avec quelques centaines de milliers de boys et on tue tout ce qui bouge encore.

Les résultats de ces trois méthodes : en Ukraine c’est la guerre civile, des milliers de morts civils, des millions de réfugiés et pas d’espoir à court terme. En Syrie, pareil et le dictateur qu’on voulait éliminer est toujours là. En Lybie c’est aussi des milliers de morts civils et de réfugiés, la civilisation qui retourne en arrière d’un siècle avec des guerres tribales pour la possession des ressources, et la distribution des armes de l’ancienne armée de Kadhafi à tous les terroristes des pays environnants. En Irak ce n’est pas mieux, morts civils par milliers, déplacés par millions, guerres civiles tribales et installation du califat d’EI.

On sait ce qu’il ne faut pas faire mais y a-t-il une autre méthode ? Difficile à dire, il faut la chercher et la tester. Mais on peut essayer quelques idées.

D’abord cesser d’attaquer d’autres pays pour renverser le pouvoir en place, car c’est la raison principale qui motive les dictateurs à se doter de l’arme atomique, seul moyen de contrebalancer la supériorité militaire américaine et d’assurer leur survie.

Pour la même raison annuler toutes les « sanctions économiques » qui ne sont en réalité que des guerres économiques préparant celles militaires, qui ne fonctionnent pas la plupart du temps, et qui quand elles fonctionnent ne font des victimes que chez les plus pauvres. Quand on empêche le développement économique et culturel d’un pays on retarde encore plus l’accès de ce pays à la démocratie.  

Une autre idée c’est de tenter d’aider au développement scientifique, technique et technologique en acceptant sans arrière-pensée le système politique en place. Une amélioration des conditions de vie des peuples ferait beaucoup plus pour leurs libertés politiques que toutes les bombes du monde.

Évidemment cela prendra une, deux ou trois générations, mais nous-mêmes, combien de temps avons-nous mis pour sortir du servage politique et de l’obscurantisme culturel ?   Puis pour faire sortir la Corée du Nord du nucléaire militaire il nous faut relancer le Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires et y inclure tous ceux qui possèdent réellement l’arme nucléaire, pour diminuer progressivement la quantité de têtes en commençant bien sûr par ceux qui en ont le plus.  

On estime qu’il y a à peu près 15.600 bombes nucléaires dans le monde.

Le 6 avril 2017, sans accord de l’ONU, donc illégalement, Trump a fait tirer 59 missiles Tomahawk sur la Syrie, pays avec lequel les USA ne sont pas en guerre, tuant ainsi quelques dizaines de soldats syriens. Le 13 avril 2017, sans accord de l’ONU, Trump a fait larguer la plus puissante de ses bombes, une  GBU-43/B (de plus de 10 tonnes, coût 17 millions de dollars et d’une puissance équivalente à une vingtaine de tomahawk), sur l’Afghanistan pays avec lequel les USA ne sont pas en guerre, une première en matière guerrière par la puissance de cette bombe (Trump en a encore 16 en stock).

Qui est dangereux pour la paix internationale ? Le dictateur sauvage et sanglant pour son peuple qui tente de s’équiper de la dissuasion nucléaire pour s’éviter le sort de Kadhafi, ou le président du pays le plus riche de la planète, le chef de l’armée la plus puissante au monde et qui porte la guerre dans de nombreux autre pays sans même la leur déclarer, faisant des milliers de victimes militaires mais encore plus de victimes civiles.

Bien sûr le fait que tous les présidents du pays roi pour le capitalisme les États-Unis d’Amérique, ont été élus avec l’argent des grands complexes pétroliers et militaro industriels n’a aucune influence sur leur politique internationale va-t-en-guerre depuis plus d’un siècle.

Mesdames, messieurs, vous avez peur de l’embrasement final qu’on sent sourdre à petit feu et vous avez raison, mais sachez-le, le capitalisme qui s’est implanté mondialement presque partout est le véritable responsable de toutes les guerres, y compris de la prochaine mondiale. Ce n’est pas un hasard si Trump et quelques-uns de ses vassaux d’Europe nous y poussent tranquillement. En choisissant Obama puis Trump aux USA, en choisissant Sarkozy puis Hollande et maintenant Macron en France, nos deux peuples ont choisi la guerre.

Jean Jaurès sur le capitalisme et la guerre.  

« Tant que, dans chaque nation, une classe restreinte d’hommes possédera les grands moyens de production et d’échange, tant qu’elle possédera ainsi et gouvernera les autres hommes, tant que cette classe pourra imposer aux sociétés qu’elle domine sa propre loi, qui est la concurrence illimitée, la lutte incessante pour la vie, le combat quotidien pour la fortune et pour le pouvoir ; tant que cette classe privilégiée, pour se préserver contre tous les sursauts possibles de la masse, s’appuiera ou sur les grandes dynasties militaires ou sur certaines armées de métier des républiques oligarchiques ; tant que le césarisme pourra profiter de cette rivalité profonde des classes pour les duper et les dominer l’une par l’autre, écrasant au moyen du peuple aigri les libertés parlementaires de la bourgeoisie, écrasant ensuite, au moyen de la bourgeoisie gorgée d’affaires, le réveil républicain du peuple ; tant que cela sera, toujours cette guerre politique, économique et sociale des classes entre elles, des individus entre eux, dans chaque nation, suscitera les guerres armées entre les peuples. »

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

https://blogs.mediapart.fr/danivance/blog/050917/sur-la-coree-du-nord-et-la-guerre-nucleaire-qui-vient

Sep 05

MANIFESTATION À BREISACH POUR LA FERMETURE IMMÉDIATE DE FESSENHEIM LE 17 SEPTEMBRE

Manif BreisachDimanche 17 septembre 2017 à 12 heures 30 rendez-vous avant le Pont du Rhin à Breisach , parking à l’ancienne douane.

12 heures 50 défilé/cortège en direction de Breisach (DE), passage du Rhin et rencontre avec les manifestants venus de l’autre côté du Rhin.

Marche conjointe dans la ville de Breisach et rassemblement sur la place de la cathédrale. Nombreuses prises de paroles en allemand et français.

Les deux réacteurs de Fessenheim sont à l’arrêt et doivent le rester définitivement. http://www.fessenheimstop.org/pages/posts/demo-breisach-am-17.09.17-1091.php

Kontakt@fessenheimstop.org

Sep 05

VOICI L’IMPACT QUE POURRAIT AVOIR SUR PARIS UNE BOMBE NUCLÉAIRE AUSSI PUISSANTE QUE CELLE TESTÉE PAR PYONGYANG

Bombe ParisLe sixième essai nucléaire mené par la Corée du Nord, qui assure avoir testé avec succès une bombe H, était d’une puissance estimée à 50 kilotonnes, ont déclaré ce lundi 4 septembre des responsables du ministère sud-coréen de la Défense devant le Parlement.

Cette quantité d’énergie signifierait que l’essai était cinq fois plus puissant que le cinquième test nucléaire mené par le régime de Kim Jong-un en septembre 2016, et surtout, plus de trois fois plus puissant que la bombe américaine qui a ravagé Hiroshima en 1945 (dont la puissance était estimée entre 12 et 18 kilotonnes).

Pour avoir une idée plus précise de ce que représentent ces chiffres, Le HuffPost vous propose de comparer l’étendue des dégâts potentiels causés par les bombes nucléaires les plus connues de l’histoire, si elles touchaient un territoire comme Paris.

Sur les cartes ci-dessous, réalisées grâce au site Nuke Maps, chaque couleur correspond à un rayon d’action et un degré de radioactivité différents:

– en vert: la zone où les radiations dépassent les 5 Sv (le Sievert étant l’unité de mesures des radiations). L’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire estime qu’à partir de 1 mSv (soit 0,001 Sv), la population doit être évacuée. Exposée à une radiation de 5 Sv, le taux de mortalité approche des 90%.

– en rouge: la zone touchée par un souffle de puissance suffisante pour détruire la plupart des bâtiments en béton

– en gris: la zone touchée par un souffle de puissance suffisante pour causer l’effondrement de la plupart des bâtiments résidentiels

– en orange: la taille maximum de la boule de feu créée par l’explosion de la bombe

La nature de la bombe lancée dimanche 3 septembre par la Corée du Nord n’a cependant toujours pas été confirmée par les autorités sud-coréennes, qui ont seulement indiqué « qu’une variété de matériel nucléaire » semblait avoir été employée.

Elles ont en revanche confirmé que la Corée du Nord avait bien réussi à miniaturiser une arme nucléaire, de façon à la placer sur un missile. « Nous pensons qu’elle pourrait être installée sur un missile balistique intercontinental« , a déclaré Song Young-Moo, ministère de la Défense, au Parlement.

La confirmation de cette avancée n’est pas négligeable: en juillet dernier, Pyongyang a réussi le lancement de ses missiles à longue portée (ICBM), et affirmé que la Corée du Nord pouvait désormais « frapper tout endroit au monde« . La miniaturisation de la bombe restait alors l’un des derniers défis à relever pour le régime nord-coréen, et c’est désormais chose faite.

Les avancées incontestables du programme nucléaire nord-coréen ont été à l’origine de l’escalade des tensions entre Pyongyang et les autres puissances mondiales. Après le sixième essai nucléaire, la Maison Blanche s’est dite prête à « une réponse militaire massive« , en cas de nouvelles menaces.

Ce lundi, le ministre de la défense sud-coréen a de son côté annoncé le renforcement du bouclier antimissile américain Thaad, déployé dans le pays depuis mars 2017. Des signes que la Corée du Nord « prépare un nouveau tir de missile balistique sont détectés avec constance depuis le test de dimanche« , a aussi averti le ministère de la Défense, sans donner davantage de précisions.

NDLR: pour voir les différentes cartes, cliquer sur:

http://www.huffingtonpost.fr/2017/09/04/coree-du-nord-voici-limpact-que-pourrait-avoir-sur-paris-une-bombe-nucleaire-aussi-puissante-que-celle-testee-par-pyongyang_a_23195790/

Sep 05

WASHINGTON SE PRÉPARE À UNE GUERRE NUCLÉAIRE EN EUROPE

WashingtonAu milieu des tensions militaires et diplomatiques entre les États-Unis et la Russie, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung a rapporté vendredi que le Congrès américain a fait les premiers pas vers l’annulation par Washington du Traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire (FNI).

Le traité FNI, ou le Traité de Washington sur les systèmes nucléaires de portée moyenne, est un accord bilatéral entre les États-Unis et l’Union soviétique sur le déclassement de missiles de courte et moyenne portée (avec une fourchette comprise entre 500 et 5500 miles, soit 805 et 8130 km) et l’interdiction de leur production.

Le traité, signé le 8 décembre 1987 par le président américain Ronald Reagan et le dirigeant soviétique Mikhail Gorbatchev, a entraîné une réduction notable des armes nucléaires américaines en Europe. Il avait retiré les missiles nucléaires Pershing II à portée moyenne, dont le stationnement en Europe occidentale cinq ans plus tôt avait déclenché les plus grandes manifestations pacifistes à ce point dans l’histoire.

Le danger maintenant est que « Les États-Unis vont construire de nouveaux missiles et les stationner en Europe », a averti le Süddeutsche Zeitung. Un changement majeur serait mis en « mouvement » et l’Europe serait « au bord d’une nouvelle ère nucléaire […] les missiles nucléaires de portée moyenne étaient l’horreur de la guerre froide […] trente ans après, le spectre est revenu. »

La raison de la fin potentielle du traité, selon le journal, est le « gel profond » des relations américano-russes et les annonces des deux côtés des intentions de « moderniser de manière exhaustive leurs arsenaux nucléaires ».

De manière caractéristique, ces informations explosives de la presse allemande ont été totalement ignorées par les journaux et les émissions télévisées américaines.

Cet article intervient au milieu d’une campagne hystérique menée par les États-Unis et l’OTAN à propos des exercices militaires prévus par l’armée russe dans l’ouest de la Russie, la Biélorussie et l’enclave russe de Kaliningrad plus tard ce mois-ci. Washington et ses alliés ont suggéré qu’ils pourraient être utilisés comme « Cheval de Troie » pour prépositionner des stocks d’armes et préparer une invasion des États baltes.

Le Pentagone a déployé sept chasseurs F-15C américains sur une base en Lituanie et 600 soldats d’une unité aéroportée américaine dans les Pays baltes en anticipation de ces manœuvres.

Ce renforcement militaire a été mené conjointement à une importante provocation diplomatique aux États-Unis : l’administration Trump a réagi contre l’expulsion par la Russie du personnel de l’ambassade des États-Unis en Russie (qui était elle-même une riposte aux expulsions précédentes de Russes par les États-Unis) en ordonnant la fermeture de trois locaux diplomatiques russes à Washington, à New York et à San Francisco. Selon Moscou, l’action, accompagnée de fouilles du consulat de San Francisco et des résidences du personnel diplomatique russe, constituait une violation du droit international.

La friction de plus en plus dangereuse entre les deux plus grandes puissances nucléaires du monde se déroule dans le contexte de risques de guerre croissants à l’échelle internationale, en particulier dans la péninsule coréenne. Le président russe Vladimir Poutine a averti vendredi que le face à face de plus en plus belliqueux entre les États-Unis et la Corée du Nord faisait que la région « est au bord d’un conflit à grande échelle ».

C’est dans ce contexte que les menaces d’une escalade de la stratégie de la corde raide nucléaire sur le continent européen dont il est fait état constituent un danger aussi imminent.

Un document de l’OTAN classé secret qui a été obtenu par un groupe de recherche regroupant le Süddeutsche Zeitung et des radios régionales publiques, NDR et WDR, contient 39 propositions sur la façon dont l’OTAN peut agir contre la Russie. Selon les diplomates, des « consultations officielles au sein de l’OTAN » pourraient avoir lieu à l’automne à l’initiative des États-Unis. Le document était « un compendium de toutes les options disponibles » soigneusement « divisé en les catégories “concevable”, “actuellement à éviter” et “non recommandé” ».

Même les plus d’une douzaine d’options « concevables », que l’OTAN estime compatibles avec l’accord FNI, « exacerberaient les relations déjà tendues », selon le Süddeutsche Zeitung. Les propositions incluent « une rotation accrue des bombardiers B-2 et B-52 des États-Unis vers l’Europe », une « expansion des systèmes d’alerte précoce et de la défense de missiles ou de sous-marins » et le renforcement des « infrastructures militaires et civiles contre les attaques ». La préparation et la capacité d’une frappe de représailles nucléaire, la « signalisation nucléaire » est perçue comme « concevable ».

Deux propositions sont particulièrement provocantes : « étendre la planification dite de ciblage nucléaire – c’est-à-dire identifier et confirmer les cibles pour les armes nucléaires » et « accroître la préparation opérationnelle de ces bases aériennes qui largueraient ces bombes en cas de guerre ». Sur ce point, « l’OTAN conseille également la prudence », a souligné le Süddeutsche. La confirmation des cibles, c’est-à-dire la préparation concrète d’une agression nucléaire, pourrait rapidement provoquer une guerre nucléaire avec la Russie, ce qui pourrait être la fin de l’humanité.

Selon le Süddeutsche Zeitung, si les États-Unis abandonnent le traité FNI, « des mesures qui se trouvent actuellement dans la catégorie « pas souhaitable » [seraient] concevables : la construction, les essais et le stationnement d’une nouvelle classe de missiles – une nouvelle étape dans une nouvelle Guerre froide. »

La classe dirigeante allemande est extrêmement préoccupée par la marche à la guerre de plus en plus agressive de Washington contre la Russie. Le ministre des affaires étrangères, Sigmar Gabriel, (social-démocrates, SPD) a mis en garde lors d’un entretien jeudi contre « la répétition des pires erreurs de la guerre froide. Nous sommes en route pour une guerre froide 2.0. Tous les bons traités sur le désarmement et le contrôle des armes entre Gorbatchev et Reagan sont en grand danger. L’Europe est de nouveau menacée de devenir un terrain militaire d’entraînement pour les armes nucléaires. »

Il a poursuivi : « Le fait que Mme Merkel garde le silence à ce sujet est une faute. L’Allemagne, de tous les pays, doit élever sa voix contre cela. Nous devons rester une puissance pour la paix et nous opposer à une course incontrôlée à l’armement. Dans ce contexte, j’ai trouvé correcte la déclaration de Martin Schulz [candidat chancelier du SPD] selon laquelle nous devons nous concentrer sur la libération de notre pays des armes nucléaires. »

Schulz et Gabriel sont au milieu d’une campagne électorale et savent bien que la grande majorité de la population allemande – comme celle du reste de la planète – s’oppose au réarmement et à la guerre et approuverait le retrait des armes nucléaires américaines encore stationnées en Allemagne.

Ces deux politiciens sociaux-démocrates ne sont en aucun cas attachés à la paix, ce sont des représentants de premier plan de l’impérialisme allemand. Ils s’opposent aux plans américains de réarmement nucléaire parce qu’un retour aux conditions de la guerre froide mettrait en danger les plans de l’Allemagne de devenir une puissance mondiale et augmenterait la dépendance de Berlin à l’égard des États-Unis. Cela compromettrait les intérêts économiques et géopolitiques de l’Allemagne, qui sont toujours plus en contradiction avec ceux de Washington.

En juillet, Gabriel a fortement critiqué les dernières sanctions américaines contre la Russie. Bien que l’Europe et les États-Unis aient « conjointement et en étroite consultation répondu à l’annexion illégale de la Crimée par la Russie et aux actions de la Russie dans l’est de l’Ukraine », il n’était pas possible d’accepter la menace de sanctions extraterritoriales illégales contre les entreprises européennes participant à l’expansion des approvisionnements énergétiques européens ! » L’approvisionnement en énergie en Europe était « une affaire européenne et non une [affaire] des États-Unis d’Amérique ! »

À la suite des dernières menaces des États-Unis, les sociaux-démocrates ont ouvert la voie pour tenter de transformer en soutien au militarisme allemand l’opposition généralisée à la politique de droite et militariste de Donald Trump. Quand on lui a demandé s’il pensait que « la peur de beaucoup d’Allemands selon laquelle Trump pourrait réagir de manière excessive et inciter à une guerre est justifiée », Gabriel a déclaré : « Je crains que les États-Unis ne soient perdus à jamais pour l’Ouest. Certaines personnes autour de Donald Trump veulent remplacer l’État de droit par la loi du plus fort. Nous devons nous affirmer contre cela. »

Des documents publiés par des groupes de réflexion et les principaux partis politiques donnent une idée des méthodes que l’impérialisme allemand entend utiliser pour « affirmer » ses intérêts. Dans les « Principes pour une politique de sécurité et de défense social-démocrate », le SPD écrit : « Pour être à la hauteur de la demande accrue de déploiements internationaux pour intervenir dans les crises, la cyberdéfense et la défense de notre propre population, nous avons besoin d’une armée moderne capable d’action. Nous avons besoin d’une armée dans laquelle […] les troupes capables de se déployer soient prêtes pour des situations de crise. Pour cela, nous devons mieux équiper l’armée avec du personnel et du matériel. »

Le Sozialistische Gleichheitspartei (SGP) est le seul parti participant à la campagne électorale fédérale allemande qui s’oppose à l’accumulation américaine d’armes nucléaires du point de vue de la classe ouvrière internationale et qui se batte pour une stratégie socialiste pour lutter contre les inégalités sociales, le militarisme et la guerre. Aux bellicistes capitalistes des deux côtés de l’Atlantique, nous opposons l’unité de la classe ouvrière internationale. Dans des conditions de danger croissant de guerre nucléaire, cette perspective prend une énorme urgence.

Article de Johannes Stern

https://www.wsws.org/fr/articles/2017/sep2017/guer-s04.shtml

Sep 05

ARMEMENT NUCLÉAIRE : LE RETOUR DE LA MENACE

Retour menaceEn pleine guerre froide, le docteur Folamour (du film de Stanley Kubrick, 1964) ouvrait la boîte de Pandore et la porte de l’inimaginable : l’holocauste nucléaire. Une succession de champignons atomiques, un mirage de cinéma. Pourtant, jamais depuis 1945, et les bombes A lancées par les États-Unis sur Hiroshima et Nagasaki, ou 1962, avec la crise des missiles à Cuba, la possibilité réelle d’un conflit nucléaire n’a semblé être aussi proche. Aux provocations du dictateur de Pyongyang, Kim Jong-Un, ont répondu les sommations du président américain Donald Trump.

La menace n’a en réalité cessé de croître alimentée essentiellement par la radicalisation de l’autocratie nord-coréenne. Mais l’Iran ou les frères ennemis Inde et Pakistan, qui ont rejoint le cercle (autrefois) fermé des puissances nucléaires, ont aussi brandi épisodiquement cette arme de la peur. Sans compter les moyens techniques et financiers qu’ont acquis certains groupes terroristes, susceptibles de s’approprier des éléments pour confectionner LA bombe. L’arrivée inattendue à la Maison Blanche d’un Président peu rodé aux rouages de la diplomatie suscite évidemment un regain d’inquiétude.

Plus que son père (Kim Jong-il) et son grand-père (Kim il-Sung), Kim Jong-Un agite l’arme nucléaire comme une démonstration de son pouvoir vis-à-vis de la communauté internationale. Le pays le plus fermé au monde en use également pour mieux mobiliser (et effrayer) ses habitants autour du régime. Alors que les États-Unis, le Japon et la France ont réclamé hier à l’ONU une nouvelle salve de sanctions plus dures, Séoul a révélé qu’un nouveau tir de missile balistique était en préparation au nord du 38e parallèle qui sépare les deux Corées. Pour les Coréens du Sud, premières victimes potentielles d’un conflit, il ne fait aucun doute que le frère ennemi a réussi à « miniaturiser » la bombe.

Une « arme de survie » pour Kim Jong-Un

Les demandes de sanctions des Occidentaux interviennent au moment où se déroule à Pékin le sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Les présidents russe et chinois Vladimir Poutine et Xi Jinping. via leurs représentants aux Nations Unies, ont appelé la Corée du Nord « au dialogue ». À ce jour, Pyongyang reste insensible aux sirènes de ces « alliés ». « La Corée du Nord ne renoncera jamais à l’arme nucléaire car Kim Jong-Un ne veut pas finir comme Saddam Hussein ou Kadhafi. C’est son arme de survie », expliquait hier le géopolitologue Pascal Boniface. Moscou et Pékin proposent « une dénucléarisation de la péninsule coréenne », réitérant dans le même temps un gel des manœuvres américano-sud-coréennes contre une suspension des programmes d’armement nord-coréens. Hypothèse rejetée par Washington. Comme si la crise avec la Corée du Nord rejaillissait également sur les relations internationales et ravivait de vieux fantômes de la guerre froide. 

http://www.bienpublic.com/actualite/2017/09/05/armement-nucleaire-le-retour-de-la-menace

Sep 05

CORÉE DU SUD : DES TIRS DE MISSILES APRÈS L’ESSAI NUCLÉAIRE DU NORD

Coré SudEn réponse au nouvel essai nucléaire de la Corée du Nord, et alors que la communauté internationale s’inquiète encore des volontés guerrières du régime de Pyongyang, la Corée du Sud a procédé à des manœuvres militaires d’importance.

Séoul ne pouvait rester les bras ballants. L’armée de Corée du Sud, sœur ennemie de la Corée du Nord, a effectué ce lundi matin des manœuvres impliquant des missiles balistiques en réponse à l’essai nucléaire effectué par Pyongyang.

Trois fois Hiroshima.

Si la Chine et le Japon n’ont pas détecté dans leur environnement de traces de radioactivité, la communauté internationale prend très au sérieux la menace nord-coréenne de posséder la bombe H. Le régime autocratique le plus fermé au monde a réalisé dimanche son sixième essai nucléaire, le plus puissant jamais réalisé à la demande de son dirigeant Kim Jong-un. 

Selon le ministère sud-coréen de la Défense, la puissance de cet essai est estimée à 50 kilotonnes. Cette quantité d’énergie signifierait que l’essai était cinq fois plus puissant que le cinquième test nucléaire mené par la Corée du Nord en septembre 2016, et plus de trois fois plus puissant que la bombe américaine qui a ravagé Hiroshima en 1945.

Le ministre sud-coréen de la Défense, Song Young-Moo, a affirmé lundi, devant le Parlement, que Pyongyang avait réussi à miniaturiser l’arme nucléaire. «Nous pensons qu’elle pourrait être installée sur un missile balistique intercontinental», a-t-il souligné. 

QUESTION DU JOUR. Craignez-vous les menaces de la Corée du Nord ?

Réplique sud-coréenne.

Selon l’état-major interarmées, cité par l’agence de presse Yonhap, l’armée sud-coréenne a conduit dès lundi matin un exercice à munition réelle simulant une attaque sur le polygone de tir nucléaire nord-coréen, touchant « des cibles choisies dans la mer du Japon », qui sépare les deux Corées et la Russie de l’archipel nipon. « L’exercice est intervenu en réponse au sixième tir nucléaire du Nord (…) et a impliqué le missile balistique sud-coréen Hyunmoo et des chasseurs F-15K », selon l’agence. Sept heures de décalage horaire séparent Séoul de Paris.

Les cibles choisies seraient à une distance équivalente à celle du polygone de tir nucléaire nord-coréen de Punggye-ri, dans le nord-est du pays, une façon pour Séoul de montrer à Pyongyang qu’elle dispose de la même puissance de feu.

Menace américaine.

Dimanche en fin de journée, les États-Unis ont évoqué la possibilité d’une « réponse militaire » qui pourrait conduire à l’escalade dans cette région d’Asie. La Maison Blanche a indiqué, dans son compte rendu d’un entretien de Donald Trump avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, que les États-Unis n’excluaient pas d’utiliser leurs capacités nucléaires en cas de menace nord-coréenne. 

Peu après le test de l’engin nord-coréen, le président américain a dénoncé une action «hostile», et le secrétaire américain à la Défense, le général Jim Mattis, a adressé une mise en garde solennelle au régime de Kim Jong-Un.

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit lundi après-midi pour évoquer cet essai qui a provoqué un séisme de magnitude de 6,3 et dont les vibrations ont été ressenties en Chine et en Russie. 

NDLR : pour voir l’article ainsi qu’une vidéo (53 s) et un récapitulatif des 6 essais nord-coréens, cliquer sur :

http://www.leparisien.fr/international/coree-du-sud-des-manoeuvres-a-munitions-reelles-apres-l-essai-nucleaire-du-nord-04-09-2017-7233567.php

Sep 04

LE DÉFI NUCLÉAIRE DE LA CORÉE DU NORD INQUIÈTE LE MONDE

CoréePyongyang a effectué dimanche son sixième essai nucléaire, un affront pour la Chine et une menace pour les États-Unis.

En Corée du Nord, la présentatrice Ri Chun-hee, officiellement à la retraite, ne revient plus à l’écran que pour les grandes occasions : dimanche 3 septembre, elle est apparue à la télévision pour lire un communiqué de l’Institut d’armement nucléaire annonçant le « succès parfait » du sixième essai nucléaire de son pays, réalisé à midi pile, fruit des efforts des scientifiques « fidèles au plan du Parti des travailleurs de Corée de bâtir une force nucléaire stratégique ».

Aboutissement technique

Pyongyang affirme avoir testé une « bombe à hydrogène pouvant équiper un missile balistique intercontinental ICBM ». Difficile à confirmer, même si la puissance serait, d’après les experts de différents pays, cinq à six fois supérieure à celle du précédent essai, réalisé le 9 septembre 2016. Quelques heures plus tôt, la presse officielle avait publié des photos du dirigeant Kim Jong-un inspectant ce qui est présenté comme une bombe H miniaturisée, une étape cruciale afin de monter l’arme sur les missiles.

L’institut indépendant norvégien Norsar évalue à 120 kilotonnes la puissance de la bombe testée ce week-end. Le dernier essai pourrait, selon le site spécialisé 38 North, de l’université américaine Johns Hopkins, « impliquer une forme de réaction mêlant fission et fusion, mais pas nécessairement un engin à deux étages », comme c’est normalement le cas pour une bombe H thermonucléaire.

Le test témoigne de progrès indéniables par un pays engagé dans des activités nucléaires depuis la création en 1952 par le dirigeant d’alors, Kim Il-sung (1912-1994), d’un institut spécialisé. En 1959, Pyongyang a signé un accord de coopération avec l’URSS qui prévoyait la construction d’un réacteur expérimental à Yongbyon, à mi-chemin entre Pyongyang et la frontière chinoise, et la formation de scientifiques.

Au fil de travaux sur le nucléaire civil comme militaire, du plutonium est produit. Il aurait été utilisé lors des deux premiers tests nucléaires de 2006 et 2009. Pyongyang en aurait 33 kilos, selon l’institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS), et posséderait jusqu’à 30 armes nucléaires. Pour maîtriser l’enrichissement de l’uranium, la Corée du Nord aurait également coopéré avec le Pakistan. Des techniciens nord-coréens auraient été formés à cette technologie dans les laboratoires d’Abdul Qadeer Khan, le « père » de la bombe pakistanaise.

« Pour les dirigeants nord-coréens, le programme d’armement nucléaire n’est pas une fin en soi mais plutôt l’une des multiples stratégies pour réaliser leur objectif majeur, qui est la survie du régime », écrit Andreï Lankov, de l’université Kookmin de Séoul, dans The Real North Korea (Oxford University Press, 2013, non traduit).

Les tirs successifs en cloche, les 4 et 28 juillet, de deux missiles à une altitude démontrant qu’à un angle aplani ils ont la capacité d’atteindre les États-Unis, constituaient déjà un aboutissement technologique. L’étape de la miniaturisation, si elle est confirmée, et la puissance de l’arme, rapprochent Pyongyang d’une force de dissuasion effective.

Ces essais sont autant des étapes techniques nécessaires que des démonstrations de puissance diplomatique et intérieure, les dirigeants à Pyongyang expliquant à leur population que si elle doit subir les sanctions, c’est pour construire la défense nationale face à l’hostilité américaine. Les succès sont ainsi présentés comme des victoires directes de Kim Jong-un, 33 ans, qui a succédé à son père après son décès en 2011.

Impasse diplomatique

Unanimement condamné par la communauté internationale, ce nouvel essai a été jugé « profondément déstabilisant » par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Il met en relief l’impuissance onusienne. Le Conseil de sécurité devait se réunir en urgence lundi. « Il est nécessaire de réagir rapidement à cette nouvelle violation du droit international, du régime de non-prolifération et des résolutions du Conseil de sécurité », a affirmé Emmanuel Macron dans un communiqué.

L’objectif est d’augmenter la pression sur Pyongyang pour contraindre le régime à revoir le rapport coût-bénéfice de ses ambitions nucléaires et, comme on le rappelle à Paris, Berlin et dans les autres capitales occidentales, « à reprendre sans condition la voie du dialogue et à procéder au démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaires et balistiques ». Nombre d’observateurs considèrent cet objectif, auquel s’accrochent les Occidentaux pour sauver le Traité de non-prolifération, irréaliste puisque le régime juge qu’une force de dissuasion crédible est la clé de sa survie. Washington prépare aussi un nouveau durcissement des mesures visant la Corée du Nord.

La fuite en avant de Kim Jong-un inquiète désormais aussi les protecteurs traditionnels de Pyongyang, aussi bien Pékin que Moscou. Vladimir Poutine a appelé « à ne pas céder aux émotions » tout en soulignant que l’essai nord-coréen « torpille » toutes les résolutions internationales et « crée une menace réelle pour la paix et la stabilité régionale ». Le 5 août, Moscou tout comme Pékin avaient voté la résolution 2371 renforçant encore les sanctions économiques contre Pyongyang.

Par sept fois depuis 2006 et le premier essai nucléaire nord-coréen, le Conseil de sécurité a voté des résolutions prévoyant des sanctions toujours plus sévères. Cette politique n’a pourtant pas réussi à faire plier un régime décidé à se doter à tout prix de l’arme atomique. Largement sous-estimé ces dix dernières années, le programme nucléaire nord-coréen n’était pas une priorité pour la communauté internationale.

Les sanctions votées par l’ONU début août sont les plus sévères jamais imposées à ce pays et visent à le priver de revenus cruciaux tirés de ses exportations de plomb, de fer et d’autres minerais, ainsi que de sa pêche. Elles pourraient, selon les experts américains, priver le régime d’un milliard de dollars de recette annuelle. A condition toutefois qu’elles soient réellement appliquées. La Corée du nord a gardé des réseaux commerciaux en Asie du Sud-Est comme en Afrique ou en Amérique Latine.

Alors que le programme nucléaire représente une priorité existentielle pour le régime, leur durcissement ne changerait pas la donne. À moins qu’elles s’appliquent aux approvisionnements pétroliers. Mais jusqu’à présent Pékin s’y est toujours opposé, craignant que cela entraîne un effondrement du régime.

Un casse-tête pour Trump

Le président des États-Unis a réagi avec virulence sur son compte Twitter <https://twitter.com/realDonaldTrump/status/904309527381716992> , dimanche, en trois messages par lesquels il a dénoncé les « mots » et les « actions » d’un « État voyou », qui « continuent d’être très hostiles et dangereux pour les États-Unis ».

Il a également commenté sans ménagement le jeu de la Chine, allié à Pyongyang, « qui essaie d’aider mais avec peu de succès ». « Ils ne comprennent qu’une chose ! », a ajouté M. Trump à l’intention des responsables nord-coréens, dans une évocation à peine voilée d’une option militaire.

Plus tard dans la journée, le président américain a affirmé qu’il envisageait d’arrêter « tous les échanges commerciaux » avec les pays faisant des affaires avec Pyongyang, sans citer directement la Chine, destinataire de quelque 90 % des exportations nord-coréennes mais aussi premier partenaire commercial des États-Unis.

La Corée du Nord est devenue un casse-tête pour M. Trump. La rupture avec la « patience stratégique » vainement employée par Barack Obama pendant ses deux mandats s’est certes accompagnée d’un durcissement du ton de Washington. Mais il n’a pas produit plus de résultats, comme l’ont prouvé les 21 tests de missiles réalisés par la Corée du Nord depuis le début de l’année.

Le 8 août, M. Trump s’était lancé dans une escalade rhétorique en promettant « le feu et la fureur » au régime de Kim Jong-un. « Des solutions militaires sont en place, verrouillées et chargées, au cas où la Corée du Nord agisse imprudemment. Espérons que Kim Jong-un s’engage sur une autre voie ! », avait-il ajouté le 11 août, avant de mettre en garde le responsable nord-coréen qui avait évoqué des tirs de missiles balistiques à proximité de l’île américaine de Guam. M. Trump avait estimé le 28 août que « parler n’est pas la solution », avant que le secrétaire à la défense, James Mattis, tempère : « Nous ne sommes jamais à court de solutions diplomatiques. »

Avant son départ de la Maison Blanche, le 18 août, le conseiller stratégique du président, l’ultranationaliste Stephen Bannon, avait jugé qu’« il n’y a pas de solution militaire » pour la Corée du Nord : « Laissons tomber. Tant que quelqu’un n’aura pas résolu l’équation qui me démontrerait que dix millions de Sud-Coréens ne mourront pas dans les trente minutes suivantes, tués par des armes conventionnelles, je ne vois pas de quoi on parle, il n’y a pas de solution militaire, ils nous tiennent. »

Frustration chinoise

Ce sixième essai est aussi une insulte personnelle au président chinois car il est intervenu dimanche, peu avant que Xi Jinping entame son discours d’accueil du sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à Xiamen, grande ville sur la côte sud-est. Ce voisin embarrassant avait déjà tiré trois missiles en septembre 2016 durant le sommet du G20, à Hangzhou (est). Les deux pays restent liés par un traité « d’amitié », qui implique une défense mutuelle mais la Corée du Nord semble prendre un malin plaisir à exaspérer son seul « allié ».

Le président chinois a évité de mentionner le tir dimanche, mais le ministère des affaires étrangères a déploré le choix de la Corée du Nord, qui « a ignoré l’opposition générale de la communauté internationale en se livrant de nouveau à un essai nucléaire » et réitéré, comme à chaque nouvelle montée des tensions sur la péninsule, son appel à « résoudre le problème par le dialogue ».

En un geste envers les États-Unis, la Chine avait voté sans grande conviction, le 5 août, de nouvelles sanctions aux Nations unies contre la Corée du Nord. Pour Pékin, c’est un fardeau de politique étrangère mais aussi intérieure : les essais nucléaires attisent, en raison du risque éventuel de radiations, la colère des populations qui vivent dans les régions frontalières, déjà pénalisées par le manque d’opportunités économiques et les sanctions.

La détonation souterraine a provoqué une secousse de magnitude 6,3 selon le Centre sismique chinois. Les habitants ont dû sortir de chez eux pour rejoindre des aires de sécurité. Elle a été ressentie jusqu’à Changchun et Shenyang, grandes villes du nord-est chinois.

La grande crainte dans cette région où vivent plus de cent millions de personnes, est celle de fuites radioactives, crainte encore amplifiée par les doutes des Chinois sur la franchise de leur propre gouvernement. Le ministère de l’environnement chinois s’est empressé dès midi dimanche de mener des opérations de surveillance des radiations le long de la frontière.

Le nouvel essai nucléaire nord-coréen expose de nouveau Pékin à des pressions de la part des États-Unis et des autres pays de la région pour recourir à des sanctions encore plus mordantes – par exemple en privant de pétrole son turbulent voisin. Pékin a déjà stoppé ses importations de charbon, de plusieurs minerais mais aussi de fruits de mer en conformité avec les dernières résolutions.

Pour le chercheur chinois Lu Chao, spécialiste de la péninsule coréenne à l’Académie des sciences sociales du Liaoning à Shenyang, « la Chine va désormais encourager Washington et Séoul à ne pas exercer encore davantage de pression sur Pyongyang, pour éviter que la Corée du Nord réponde de manière plus excessive encore ». La Corée du Nord est selon lui passée à l’acte du fait des tensions avec Washington et des manœuvres conjointes entre États-Unis et Corée du Sud, une analyse qui reflète la position officielle chinoise. Du reste, même s’il coupait complètement les approvisionnements de pétrole, ou scellait la frontière, Pékin n’est pas assuré de dissuader Pyongyang.

Fermeté à Tokyo et Séoul

Ce nouvel essai inquiète encore un peu plus le Japon et la Corée du Sud, deux alliés des États-Unis quelque peu démunis au-delà de l’activisme diplomatique. Un missile nord-coréen a survolé le territoire japonais le 28 août et le premier ministre Shinzo Abe a appelé dimanche la communauté internationale à « montrer sa ferme volonté de protéger la paix mondiale ». Ce contexte tendu, et les doutes que le président américain Donald Trump a laissé planer au début de son mandat sur son engagement à défendre les alliés des États-Unis, nourrit au passage la rhétorique de M. Abe sur la nécessité de modifier la Constitution pacifique de 1947.

En Corée du Sud, le président Moon Jae-in, partisan du dialogue, se trouve acculé à une ligne plus dure que celle qu’il avait prônée en campagne. Il a évoqué une résolution onusienne pouvant « isoler complètement la Corée du Nord » et annoncé lundi un renforcement du bouclier antimissile américain Thaad sur son sol. L’armée a mené des exercices de tirs de missiles à partir d’avions F-15K selon un scénario de frappes sur le site des essais nord-coréens de Punggye-ri.

Dans le même temps et malgré les critiques de la presse conservatrice, Séoul rappelé le 4 septembre que « les destructions à cause de la guerre ne doivent pas se répéter sur cette terre ». Malgré ce contexte défavorable, Séoul réaffirme sa détermination en faveur d’une « dénucléarisation de la péninsule coréenne par des moyens pacifiques, en collaboration avec ses alliés ». Une réponse au Tweet de Donald Trump, qui, après ce nouveau défi nord-coréen, s’en est pris directement à l’allié sud-coréen, jugeant que le « discours d’apaisement avec la Corée du Nord ne fonctionnera pas ».

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/09/04/le-defi-nucleaire-de-la-coree-du-nord-inquiete-le-monde_5180649_3216.html

Sep 04

TRUMP: UNE POLITIQUE « D’APAISEMENT » ENVERS LA CORÉE DU NORD « NE FONCTIONNERA PAS »

CoréeCorée du Sud, Russie, France, Japon, sans oublier les États-Unis et l’AIEA. Challenges fait le point sur les principales secousses diplomatiques après l’essai nucléaire nord-coréen d’une bombe H ce dimanche.

Le président américain Donald Trump a réagi dimanche au dernier essai nucléaire nord-coréen en dénonçant sur Twitter les actions « très hostiles et dangereuses pour les États-Unis » du régime de Pyongyang. Il a également estimé que la Corée du Nord était un « État voyou qui est devenu une grande menace et une source d’embarras pour la Chine, qui essaie d’aider mais avec peu de succès« .

Le président américain Donald Trump a affirmé dimanche qu’une politique d' »apaisement » envers la Corée du Nord « ne fonctionnera pas » après l’annonce d’un nouveau test nucléaire par le régime de Pyongyang.

« La Corée du Sud s’aperçoit, comme je le leur ai dit, que leur discours d’apaisement avec la Corée du Nord ne fonctionnera pas, ils ne comprennent qu’une chose !« , a-t-il déclaré sur son compte Twitter.

Les États-Unis vont préparer de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, après l’annonce d’un nouveau test nucléaire par le régime de Pyongyang, a déclaré dimanche le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin. « Je vais préparer une série de sanctions, que je vais présenter au président« , a-t-il annoncé sur la chaîne Fox News, ajoutant: « ceux qui font des affaires avec eux (la Corée du Nord) ne pourront pas faire des affaires avec nous. Nous travaillerons avec nos alliés. Nous travaillerons avec la Chine« .

Le président américain Donald Trump réunira dimanche son équipe de sécurité nationale après l’annonce d’un nouveau test nucléaire mené par la Corée du Nord, a annoncé la Maison Blanche. 

Merkel et Macron pour des sanctions renforcées de l’UE

La chancelière Angela Merkel et le président Emmanuel Macron sont favorables à « un durcissement » des sanctions de l’Union européenne contre la Corée du Nord après son essai d’une bombe à hydrogène, a indiqué dimanche le gouvernement allemand. Lors d’une conversation téléphonique, les deux dirigeants allemand et français ont jugé que « la dernière provocation en date du dirigeant à Pyongyang a atteint une nouvelle dimension« , affirme-t-il dans un communiqué.

Compte tenu de cette « escalade » de la Corée du Nord qui « foule le droit international aux pieds« , « en parallèle au Conseil de sécurité des Nations Unies, l’Union européenne doit également agir« , indique le texte. « La chancelière et le président (Macron) se sont prononcés en faveur d’un renforcement des sanctions de l’UE contre la Corée du Nord« , souligne-t-il.

Ces sanctions ont été appliquées depuis 2006 pour accompagner les efforts de la communauté internationale visant à faire cesser les essais nucléaire du régime nord-coréen et à respecter les résolutions de l’ONU. Ces sanctions européennes portent principalement sur des gels d’avoirs et des restrictions de déplacements de personnalités proches du régime à Pyongyang.

Le président sud-coréen demande de nouvelles sanctions contre le Nord

Le président sud-coréen Moon Jae-In a demandé dimanche « la punition la plus forte » contre la Corée du Nord, y compris de nouvelles sanctions de l’ONU, après que Pyongyang a revendiqué l’essai réussi d’une bombe à hydrogène. M. Moon a demandé « toutes les mesures diplomatiques, et notamment des sanctions au Conseil de sécurité de l’ONU pour isoler complètement la Corée du Nord« , a déclaré le conseiller du président Chung Eui-Yong après une réunion d’urgence du Conseil de sécurité nationale.

« Le président a ordonné de travailler avec la communauté internationale pour trouver la punition la plus forte » après l’essai nord-coréen, a déclaré M. Chung. Le Sud discutera du déploiement des « actifs stratégiques les plus forts de l’armée américaine« , a-t-il ajouté en citant M. Moon, dans une référence potentielle à l’arsenal nucléaire tactique qui avait été retiré de la péninsule par Washington en 1991.

Les États-Unis réaffirment leur promesse de défense du Japon

Le conseiller américain à la sécurité nationale, le général H.R. McMaster, a informé son homologue japonais que les États-Unis restaient pleinement déterminés à assurer la défense du Japon, y compris au moyen de la dissuasion stratégique, après l’essai nucléaire auquel a procédé la Corée du Nord. McMaster a fait cette déclaration lors d’un entretien téléphonique avec le directeur général du conseil national de sécurité japonais Shotarou Taniuchi, indique un communiqué du gouvernement nippon.

L’alliance militaire qui unit le Japon et les États-Unis prévoit une assistance militaire de Washington en plaçant son allié sous la protection de son parapluie nucléaire.

Le Japon juge « absolument inacceptable » l’essai nord-coréen

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a qualifié dimanche d' »absolument inacceptable » le nouvel essai nucléaire de Pyongyang dont les programmes nucléaire et balistique menacent son pays de manière de plus en plus « grave et urgente« . La Corée du Nord, qui a affirmé avoir testé une bombe H, « a ignoré les avertissements répétés de la communauté internationale » et mené un essai nucléaire « absolument inacceptable« , a déclaré M. Abe aux journalistes.

« Savoir si nous pouvons faire cesser les entreprises dangereuses de la Corée du Nord qui menacent la paix mondiale dépend de la coopération et de la solidarité de la communauté internationale« , a-t-il poursuivi. M. Abe avait auparavant estimé dans un communiqué que les programmes nucléaire et balistique nord-coréens représentaient une menace de plus en plus « grave et urgente » pour la sécurité du Japon.

« Notre pays émet une sévère protestation contre la Corée du Nord et la condamne dans les termes les plus forts« , selon ce communiqué. Le nouvel essai nord-coréen –le sixième et le plus puissant à ce jour– est intervenu quelques heures après un entretien téléphonique entre M. Abe et le président américain Donald Trump sur les programmes d’armements nord-coréens. Parallèlement, Pyongyang avait affirmé avant d’annoncer son essai avoir développé une bombe H miniaturisée pouvant être montée sur un missile.

Le gouvernement japonais a confirmé que la Corée du Nord avait effectué un essai nucléaire « après avoir étudié les informations de l’agence météorologique et d’autres informations« . Le ministre de la Défense Itsunori Onodera a indiqué que son ministère avait envoyé des « avions renifleurs » capables de détecter des retombées radioactives.

Pékin « condamne vigoureusement » l’essai nucléaire nord-coréen 

Pékin, principal allié de la Corée du Nord, a « condamné vigoureusement » le nouvel essai nucléaire effectué dimanche par Pyongyang, tout en exhortant le régime de Kim Jong-Un à « cesser d’aggraver la situation » avec des « actions (qui) ne servent pas ses intérêts« . La Corée du Nord « a ignoré l’opposition générale de la communauté internationale et effectué un nouveau test nucléaire; le gouvernement chinois exprime son opposition résolue et condamne vigoureusement » cette action, a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué au ton cinglant.

Principal soutien diplomatique et économique de Pyongyang, Pékin enjoint à son voisin de « considérer la ferme résolution de la communauté internationale (en faveur de) la dénucléarisation de la péninsule coréenne« . « Nous exhortons vigoureusement la Corée du Nord (…) à cesser de commettre des actions erronées qui aggravent la situation et qui en même temps ne servent pas ses propres intérêts« , a averti la diplomatie chinoise.

Le régime de Kim Jong-Un a annoncé dimanche avoir testé une bombe H après avoir effectué son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour. L’explosion a été à l’origine d’une secousse tellurique ressentie jusque dans les régions frontalières du nord-est de la Chine. Ce nouveau test nord-coréen intervient alors que s’ouvre à Xiamen (est de la Chine) un vaste sommet réunissant les dirigeants des puissances émergentes des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Dans un discours de quarante minutes prononcé dimanche devant un forum économique lié aux Brics, le président chinois Xi Jinping n’a pas évoqué le test mené par Pyongyang –susceptible pourtant d’éclipser la rencontre diplomatique de Xiamen. Déjà, mi-mai, le premier sommet international des « Nouvelles routes de la Soie« , grande initiative économique lancée par Pékin, avait été largement perturbé par un tir de missile nord-coréen.

Pékin « continuera de travailler avec la communauté internationale et d’appliquer de façon complète les sanctions décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU » pour faire pression sur Pyongyang, observait de son côté le ministère chinois des Affaires étrangères. La Chine, destinataire de quelque 90% des exportations nord-coréennes, avait approuvé début août une septième salve de sanctions économiques internationales adoptées dans le cadre onusien, et avait dans la foulée restreint ses achats de minerais de fer et de plomb et de fruits de mer. Pékin continue néanmoins de plaider pour une solution « pacifique » et pour une reprise des pourparlers avec Pyongyang.

Moscou condamne l’essai nucléaire nord-coréen et appelle au calme

La Russie a estimé dimanche que le nouvel essai nucléaire nord-coréen « mérite la plus forte condamnation » tout en lançant un appel au calme. « Cette dernière manifestation par Pyongyang de mépris pour les exigences des résolutions en la matière du Conseil de sécurité de l’ONU et les normes du droit international mérite la plus forte condamnation« , selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères. Le texte ajoute qu' »il est impératif de rester calme et s’abstenir de toute action qui conduirait à une nouvelle escalade« .

La France veut une réaction rapide de l’Onu

Le président français Emmanuel Macron a appelé dimanche le Conseil de sécurité de l’Onu à réagir « rapidement » à l’essai nucléaire annoncé par la Corée du Nord, qu’il condamne « avec la plus grande vigueur« . Dans un communiqué publié par l’Élysée, le chef de l’État a dit également souhaiter « une réaction unie et claire de l’Union européenne. » « Le président de la République, Emmanuel Macron, condamne avec la plus grande vigueur le nouvel essai nucléaire effectué cette nuit par la Corée du Nord, qui fait suite à une série d’essais de missiles balistiques confirmant la volonté répétée de Pyongyang de porter atteinte à la paix et la sécurité internationales« , lit-on dans le communiqué.

Il « appelle les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à réagir rapidement à cette nouvelle violation par la Corée du Nord du droit international, du régime de non-prolifération nucléaire et des résolutions du Conseil, dont la résolution 2371 adoptée le 5 août 2017 à l’unanimité. Il souhaite également une réaction unie et claire de l’Union européenne. »

Pour Emmanuel Macron, « la communauté internationale doit traiter cette nouvelle provocation avec la plus grande fermeté, afin d’amener la Corée du Nord à reprendre sans condition la voie du dialogue et à procéder au démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaires et balistiques. »

Pour l’AIEA, l’essai nucléaire nord-coréen « extrêmement regrettable« 

L’essai nucléaire auquel la Corée du Nord a procédé dimanche est un acte « extrêmement regrettable » effectué « au mépris complet » des exigences internationales, a déclaré le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « L’essai nucléaire de la République démocratique populaire de Corée (RPDC) est un acte extrêmement regrettable » a déclaré Yukiya Amano dans un communiqué.

Ce sixième essai nucléaire nord-coréen a été effectué « au mépris complet des demandes répétées de la communauté internationale« , ajoute le chef de l’agence onusienne installée à Vienne.

« Provocation majeure » pour l’UE

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a de son côté dénoncé « une provocation majeure » et « inacceptable« , appelant le régime de Kim Jong-Un à « s’engager dans un dialogue crédible et significatif« .

Elle a cependant insisté: « Le message de l’UE est clair. La Corée du Nord doit abandonner de façon complète, vérifiable et irréversible ses programmes nucléaire, balistique et (de développement) d’armes de destruction massive« . Selon elle, le Conseil de sécurité de l’ONU doit « adopter une position ferme et efficace« .

« Caractère déstabilisant » pour l’Otan

L’Otan, par la voix de son secrétaire général Jens Stoltenberg, s’est dite « inquiète du caractère déstabilisant de l’attitude de Pyongyang, qui menace la sécurité régionale et internationale« .

https://www.challenges.fr/monde/asie-pacifique/trump-une-politique-d-apaisement-envers-la-coree-du-nord-ne-fonctionnera-pas_496941

Sep 03

NOUVEL ESSAI NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN, TRUMP PRÉPARE SA RÉPONSE

Essai TrumpLe président américain Donald Trump a prévenu dimanche que toute politique d’apaisement était vouée à l’échec après l’annonce par la Corée du Nord d’un sixième essai nucléaire, l’explosion souterraine d’une bombe à hydrogène d’une puissance sans précédent.

Ce test, nouveau défi à la communauté internationale, a été « une réussite parfaite« , a annoncé la télévision publique nord-coréenne.

Quelques heures auparavant, le régime nord-coréen avait publié des photos montrant son dirigeant Kim Jong-Un en train d’inspecter ce qui était présenté comme une bombe H (bombe à hydrogène ou thermonucléaire) pouvant être installée sur le nouveau missile balistique intercontinental dont dispose le régime nord-coréen.

Celui-ci est en théorie capable d’atteindre le territoire des États-Unis.

Le président américain, qui avait promis « le feu et la colère » si Pyongyang continuait à proférer des menaces contre Washington et ses alliés, a dénoncé « des actions très hostiles et dangereuses pour les États-Unis« .

« La Corée du Sud s’aperçoit, comme je le leur ai dit, que leur discours d’apaisement avec la Corée du Nord ne fonctionnera pas, ils ne comprennent qu’une chose!« , a-t-il lancé sur Twitter à l’intention de son homologue sud-coréen Moon Jae-In, partisan d’un dialogue avec le régime de Kim Jong-Un.

Séoul a demandé « la punition la plus forte » y compris par des sanctions de l’ONU après cet essai.

–  La Chine condamne  –

Donald Trump va réunir dimanche son équipe de sécurité nationale, a annoncé la Maison Blanche, tandis que le Trésor américain préparait de nouvelles sanctions.

« Ceux qui font des affaires avec eux (la Corée du Nord) ne pourront pas faire des affaires avec nous« , a mis en garde le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, précisant que les États-Unis entendaient travailler avec leurs alliés et avec la Chine.

Le chef de la diplomatie Rex Tillerson américaine multipliait dimanche les contacts avec les pays alliés, a précisé sa porte-parole.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont également prôné des sanctions bilatérales de l’Union européenne en plus de celles qui pourraient être décidées à l’ONU.

Principal allié de Pyongyang, la Chine a « condamné vigoureusement » la nouvelle provocation de Pyongyang. Elle a également entrepris des contrôles de radiations nucléaires à sa frontière avec la Corée du Nord.

La communauté internationale s’attendait en même temps qu’elle redoutait que la Corée du Nord procède à un nouvel essai.

Les experts estiment que l’option militaire contre le régime de Kim Jong-Un est extrêmement risquée, car elle pourrait provoquer une réaction en chaîne et un grave conflit régional. Et la politique de sanctions s’est jusqu’ici révélée un échec.

Les agences géologiques étrangères ont d’abord détecté dimanche une secousse sismique d’une magnitude de 6,3 près du principal site nord-coréen d’essais nucléaires, à Punggye-Ri dans le nord-est.

La bombe « d’une puissance sans précédent« , marque « une occasion très importante, le fait d’atteindre le but final qui est de parachever la force nucléaire de l’État« , a déclaré la télévision d’État nord-coréenne.

– Menace sur les États-Unis –

Pyongyang n’a jamais caché que ses programmes interdits avaient pour but de mettre au point des missiles balistiques intercontinentaux susceptibles de porter le feu nucléaire sur le continent américain.

La télévision d’État nord-coréenne a diffusé une image de l’ordre manuscrit de Kim Jong-Un demandant que l’essai soit conduit ce 3 septembre à midi.

Kim a souligné que « tous les composants de cette bombe H ont été fabriqués à 100% nationalement« , selon l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Selon des spécialistes sud-coréens, la puissance de la nouvelle secousse était cinq à six fois supérieure à celle du précédent essai de septembre 2016, d’une puissance de 10 kilotonnes.

Quelle que soit la puissance de la déflagration, Jeffrey Lewis, du site http://www.armscontrolwonk.com/, a estimé qu’il s’agissait d’une arme thermonucléaire, ce qui constitue un progrès notoire dans les programmes nucléaire et balistique nord-coréens pourtant interdits.

Un séisme d’une magnitude de 4,6 a également secoué la Corée du Nord moins de dix minutes après la première secousse, a indiqué le Centre chinois de surveillance sismologique. Il a avancé l’hypothèse d’un « affaissement« , ce qui suggère que la déflagration pourrait avoir entraîné un effondrement de la roche située au-dessus du lieu de l’explosion.

Cet essai va aggraver des tensions déjà très fortes sur la péninsule.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a dénoncé l’essai, mené « au mépris complet des demandes répétées de la communauté internationale« .

Le Conseil de sécurité de l’ONU a d’ores et déjà infligé sept trains de sanctions au Nord pour tenter de le contraindre à renoncer à ses programmes interdits.

Les États-Unis ont également commencé à frapper de sanctions des entités chinoises et russes, qui ont des relations d’affaires avec la Corée du Nord. Mais l’exercice est politiquement délicat vis-à-vis de Pékin.

La situation sur la péninsule s’était déjà tendue en juillet quand Pyongyang avait procédé à deux essais réussis d’un missile balistique intercontinental ou ICBM, le Hwasong-14, censé mettre le territoire américain à portée de frappes nord-coréennes.

Pour Koo Kab-Woo, spécialiste de la Corée du Nord à l’Université de Seoul, « la Corée du Nord continuera avec son programme d’armes nucléaires à moins que les États-Unis proposent des discussions« .

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Nouvel-essai-nucleaire-nord-coreen-Trump-prepare-sa-reponse/829153.rom

Sep 03

ALLEMAGNE : PROCÈS CONTRE UNE ACTIVISTE POUR LE BLOCAGE-ESCALADE D’UN TRAIN ATOMIQUE À DESTINATION DE… AREVA-MALVÉSI-FRANCE

AllemagneCécile Lecomte, une militante antinucléaire qui vit en Allemagne, est traînée le 6 septembre prochain devant le tribunal de Potsdam (Allemagne) à la suite d’une action à Buchholz contre un train atomique qui acheminait le 8 avril 2016 des matières atomiques à destination de … Areva Malvési-Narbonne (Aude). Où l’on retrouve là encore le nucléariste français en déconfiture s’en prendre aux citoyens.  Avant son procès Cécile réaffirme sa détermination : “Je sais pourquoi je m’engage et ce n’est pas la répression qui me fera aimer le nucléaire !

Cécile Lecomte, est une militante antinucléaire d’une quarantaine d’année qui vit en Allemagne. Elle est traînée devant le tribunal de Potsdam (Allemagne) à la suite d’une action contre un train nucléaire, initiée à Buchholz par « Robin Wood« . Ce convoi ferroviaire transportait des matières atomiques à destination d’Areva Malvési-Narbonne (Aude). L’audience est fixée au 6 septembre 2017 à 11h au tribunal salle 21 de Potsdam (Allemagne)

Dans la nuit du 7 au 8 avril 2016, une vingtaine d’activistes de l’association d’action pour l’environnement « Robin Wood » manifestent à la gare de Buchholz en Basse-Saxe dans le nord de l’Allemagne contre le passage d’un train chargé d’uranium sous forme de « Yellow Cake » en provenance de Namibie. Le train, parti quelques heures plus tôt du port de Hambourg, a comme destination l’usine d’uranium d’Areva-Comurhex à Narbonne-Malvési dans le sud de la France. Ce train avait été affrété avec un bateau de la compagnie Hambourgeoise MACS au passé colonial peu glorieux.

Alors que vers minuit le train est stoppé à « Buchholz in der Nordheide« , deux femmes activistes descendent en rappel d’un pont pour dérouler une banderole « Don’t nuke the climate ». Les pompiers de Hambourg appelés par les autorités les délogent trois heures plus tard. La police fédérale allemande, profitant de l’occasion, arrête alors les deux militantes qui passent plusieurs heures en garde à vue.

Cécile est condamnée sans procès à une amende de 500€ pour avoir enfreint la loi garantissant… le bon fonctionnement du trafic ferroviaire. (En France l’affaire relèverait du simple tribunal de police tel mal se garer ou empiéter sur une voie ferrée). Problème : si cette loi interdit d’entraver la circulation des trains en allant sur les rails, Cécile, elle, ne se trouvait pas « sur » mais au-dessus des rails. Elle est effectivement une accrobranchiste praticienne d’escalade.

Privation illégale de liberté

« L’écureuil » a donc porté plainte contre sa garde à vue devant le tribunal de Tostedt qui a déclaré cette garde à vue illégale, car non nécessaire. Tout comme les traitements dégradants subis aussi lors de cette restriction arbitraire de liberté qui ont été également considérés comme illégaux.

Dans la foulée Cécile a fait opposition de la condamnation à 500€ d’amende. Dans ce cadre-là les autorités allemandes sont contraintes à programmer un procès contradictoire où des témoignages à décharge pourront enfin être présentés face aux affirmations de la police, des policiers et du directeur de la police qui a ordonné cette garde à vue illégale.

Mais pour entraver le mouvement de solidarité envers l’activiste et les autres militants, les autorités allemandes font se dérouler ce procès non pas devant le tribunal du lieu de l’action près de Hambourg mais loin du côté de Potsdam près de Berlin où la police fédérale à son siège. Ainsi si pour les autorités et les policiers responsables de la privation de liberté illégale aucune conséquence ou contrainte ne pèse sur leur activité, leur carrière et leur vie, tel n’est pas le cas pour les militantes qui se voient poursuivies avec d’autres activistes devant les tribunaux à des centaines de kilomètres de leurs lieux de résidence.

Ce premier procès en annonce d’autres malheureusement. Cécile doit recevoir le soutien de tous. Pour ce faire, on peut  venir au procès (il se peut que ce soit un peu loin ?!), adresser un courriel ou un fax au tribunal au 0049 33120171009 ou sur poststelle@agp.brandenburg.de (on peut écrire en français) en précisant le numéro de dossier : 76 OWi 496 Js 36871/16 (202/16) et profiter de l’occasion pour mener une action contre les transports atomiques ou contre l’État répressif (envoyer son communiqué et ses photos d’action à kontakt@atomtransporte-hamburg-stoppen.de)

Pourquoi cette action en Allemagne contre les convois d’uranium ?

Les transports d’uranium sont le début de la spirale infernale atomique en Allemagne. Ils permettent l’approvisionnement des réacteurs en produits de fission (combustible) nucléaire. Mais pour les citoyens allemands, ces transports ne font pas partie du présent et de l’avenir du pays et vont à l’encontre de la sortie du nucléaire programmée par le gouvernement allemand.

Depuis la Namibie (et d’autres pays où Areva exploite des mines dans lesquelles des centaines de tonnes de roche sont détruites pour extraire quelques dérisoires grammes d’uranium) la poudre extraite après traitement chimique, le « yellow cake« , arrive au port de Hambourg. Il est ensuite acheminé vers la Comurhex-Areva en France dans l’Aude près de Narbonne à Malvési. Là il est transformé à nouveau chimiquement, subit plusieurs transformations, puis est encore une fois « enrichi » à plusieurs centaines de kilomètres de là à l’usine Areva du Tricastin (Drôme-Vaucluse), puis acheminé à 100km de là pour être assemblé à Romans en Isère à l’usine FBFC-Areva, puis livré et utilisé dans les 58 réacteurs atomiques des vieilles et défectueuses centrales nucléaires françaises réparties aux quatre coins du territoire ainsi que livré dans les quelques autres pays nucléarisés de la planète (ou bien intégré, sous une autre variante, dans une bombe nucléaire).

 » Le nucléaire fait de nombreuses victimes. Et ce, pas seulement en cas d’accident majeur ! Il fait des victimes au quotidien dans les mines d’uranium et les différentes installations nucléaires telles celle de Narbonne Malvési ou Tricastin où de nombreux travailleurs luttent contre leucémies et autres cancers. Plusieurs en sont morts » précise une citoyenne-activiste.

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/09/03/Allemagne-%3A-un-proc%C3%A8s-contre-une-antinucl%C3%A9aire-%C3%A0-la-suite-du-blocage-escalade-d-un-train-atomique-%C3%A0-destination-de…-Areva-Malv%C3%A9si-France

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