CONTREFEU OU COÏNCIDENCE ? L’ANDRA LANCE UN PODCAST DU MÊME NOM QUE LA BÉDÉ CRITIQUE « CENT MILLE ANS »

C’est une bien étrange coïncidence. Le 14 octobre dernier, le réseau de podcast Binge audio a dévoilé une nouvelle série intitulée « 100.000 ans » décrite comme « une enquête sur le temps en six épisodes produite par Binge Audio en partenariat avec l’Andra. »

Cent mille ans,, c’est également le titre d’une bédé publiée le 15 octobre (mais annoncée publiquement, avec son titre, début juin 2020) par Pierre Bonneau, Gaspard d’Allens (par ailleurs journaliste à Reporterre) et Cécile Guillard, qui raconte le scandale des déchets nucléaires, dont l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, a donc la « gestion ».

Un bien curieux hasard relevé par plusieurs personnes, notamment la journaliste Inès Leraud, qui a publié un message sur Twitter :

Dans la bande-annonce du podcast, la journaliste annonce d’emblée la couleur, avouant ne pas être «  une grande adepte du nucléaire » tout en s’empressant de nous rassurer : « L’objet de l’Agence nationale des déchets radioactifs, à mon grand soulagement, ce n’est pas la promotion du nucléaire mais la gestion des déchets qu’elle doit mettre en sécurité pendant 100.000 ans. » Avant de conclure : « Au terme du voyage, il est possible que vous ne considériez plus le monde et la vie en général de la même façon. »

Binge Audio, comme la quasi majorité des médias, vit de la publicité intégrée dans ses podcast. Sur sa page « sponsoring », il propose de créer « des messages uniques et impactants, qui s’intègrent en pré/mid/post-roll auprès d’audiences attentives et engagées ». Le tout auprès d’un auditoire « jeune qualifié et attentif ». Ses partenaires sont nombreux : Orange, Google, Sonos, Pathé Gaumont, Quitoque, MAIF, Sony Pictures, Kawa, Horace, Caudalie, Le Petit Ballon, Fempo, Bumble, Edoki Academy…

Mais ce « publipodcasting » avec l’Andra pose question, comme l’explique, toujours sur Twitter, la journaliste Violette Voldoire. Elle rappelle que l’agence « est au cœur d’un conflit qui mêle répression et projet contesté d’enfouissement de déchets nucléaires : il n’en est fait mention nulle part. »

Un conflit d’intérêts ainsi qu’une bataille juridique que Reporterre a abondamment couvert avec une vaste enquête sur l’intense répression policière et judiciaire à l’encontre des militants antinucléaire à Bure.

Violette Voldoire poursuit : « Si c’est problématique de publier des contenus éditoriaux en partenariat avec cette agence, c’est parce que cela invisibilise des faits graves, et lui apporte crédibilité et image positive. Et participe d’une confusion des genres : si Binge s’y associe, l’Andra est donc respectable. »

Face à la polémique, le président-cofondateur de Binge Audio, Joël Ronez, s’est justifié, expliquant que le titre du podcast avait été choisi depuis an, dossier de presse à l’appui :

C’est loin d’être la première fois que l’Andra tente de séduire le grand public afin de rendre acceptable le projet d’enfouissement à Bure. L’agence déploie même des moyens considérables pour graver son projet dans les esprits. Elle a notamment travaillé avec le magazine Usbek & Rica pour créer son propre média en ligne, appelé Les Arpenteurs, « le média des générations futures ». Elle a également démarché trois youtubeurs spécialisés dans la vulgarisation scientifique pour visiter ses installations et véhiculer une image positive de la gestion des déchets radioactifs.

Le tout à grand renfort d’argent public : l’Andra étant un établissement public à caractère industriel et commercial (Épic).

  • Source : Reporterre
  • Photo : image du podcast de Binge Audio

Publié le 28 octobre 2020

https://m.reporterre.net/Contre-feu-ou-coincidence-L-Andra-lance-un-podcast-du-meme-nom-que-la-bede-critique-Cent-mille-ans

LES RÉACTEURS NUCLÉAIRES DU BUGEY EN SOUFFRANCE

2020 était une grosse année de travaux pour les réacteurs nucléaires du Bugey, avec dès janvier 2020 la première quatrième visite décennale (VD4) pour le réacteur Bugey 2 et qui devait être suivie en novembre par celle du réacteur Bugey 4. De son côté, le réacteur Bugey 5 a eu un arrêt de tranche du 25 février au 2 mai. C’était sans compter les aléas qui ont contraint à l’arrêt du réacteur Bugey 3 dès début mai 2020.

Pour sa VD4, EDF a fait savoir que Bugey 2 avait passé avec succès les différents tests, mais aucun résultat n’a pour le moment été communiqué. Cependant, sa remise en service prévue en juillet 2020 est maintenant reportée au 31 janvier 2021. Le réacteur Bugey 3, d’abord arrêté pour une intervention de maintenance dans sa partie nucléaire puis pour le remplacement d’une turbine du groupe turbo-alternateur. Cet arrêt se prolonge encore aujourd’hui car, en juin, un contrôle réglementaire sur un réservoir a mis en évidence des traces de corrosion. Ce réservoir est commun aux deux réacteurs Bugey 2 et Bugey 3.

EDF avait alors présenté à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) un dossier de requalification de ce réservoir avec des mesures compensatoires. Cette dernière avait donné son accord le 29 juin 2020, mais elle l’a abrogé en septembre 2020 suite à la découverte de traces de corrosion sous contrainte. Elle considérait alors que les déclarations sur l’état de cet équipement figurant dans le dossier de demande d’aménagement étaient inexactes. En plus EDF a déclaré le 29 septembre 2020 des déformations complémentaires.

Suite à sa visite de terrain effectuée le 1er octobre 2020, l’ASN a constaté que l’état de cet équipement était beaucoup plus problématique avec la présence de 12 défauts non circonscrits en profondeur en plus de ceux déjà identifiés et avec des déformations rémanentes sur le dôme et sur les viroles 2, 3 et 4. Par ailleurs, des manques sont constatés dans la rédaction des programmes des opérations d’entretien et de surveillance, des défauts et dégradations historiques disparaissent et des contrôles sont incohérents. Enfin l’ASN conclut que l’état du réservoir commun aux deux réacteurs Bugey 2 et 3 est impropre à sa remise en service en l’état.

Il reste donc à savoir si EDF va enfin se décider à remplacer ce vieux réservoir plutôt que d’essayer de le rafistoler ? Précisons que ce réservoir collecte les effluents radioactifs générés par l’exploitation de ces deux réacteurs. Sa fonction est donc vitale pour éviter une pollution radioactive l’environnement.

Outre ce problème, après l’arrêt automatique du réacteur Bugey 5 le 8 août dernier suite à une défaillance, c’est au tour du réacteur Bugey 4 de s’arrêter automatiquement ce mardi 20 octobre 2020.

Le réacteur Bugey 2 a aussi des défauts d’étanchéité de son futur récupérateur de corium (cœur fondu du réacteur après un accident).

L’association Sortir Du Nucléaire Bugey constate les nombreux problèmes qui affectent les vieux réacteurs nucléaires du Bugey avec des composants en mauvais état et une maintenance insuffisante. Elle renouvelle sa demande de fermer très rapidement ces quatre réacteurs, les plus vieux de France, avant qu’un accident grave se produise et nous contraigne à l’exil.

La lettre INSSN-DEP-2020-0313, ci-jointe, de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) montrant le mauvais état d’un réservoir et le comportement critiquable d’EDF

Par Sortir du nucléaire Bugey, publié le 26 octobre 2020

http://factuel.info/abonne/sortir-nucleaire-bugey/blog/reacteurs-nucleaires-bugey-souffrance-006999

L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES OUVRE UN NOUVEL AVENIR POUR L’HUMANITÉ

Madrid, Espagne – Le 24 octobre, grâce à l’incorporation du Honduras, le nombre de 50 pays qui ont ratifié le Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) promu par les Nations Unies a été atteint. Dans trois mois, le TIAN entrera en vigueur au niveau international lors d’un événement au siège des Nations Unies à New York.

  • 50 pays (11 % de la population mondiale) ont déclaré les armes nucléaires illégales.
  • Les armes nucléaires seront interdites tout comme les armes chimiques et biologiques.
  • Les Nations Unies activeront le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires en janvier 2021.

Ensuite, le TIAN continuera sur la voie d’une interdiction totale des armes nucléaires. Ces 50 pays seront rejoints par les 34 qui ont déjà signé le TIAN et attendent sa ratification ainsi que par les 38 autres qui ont travaillé et soutenu sa création à l’ONU. Il est possible que des tensions apparaissent dans les pays restants en raison de la pression exercée par les puissances nucléaires pour faire taire la volonté du peuple, mais dans tous les cas, ce sont les citoyens qui devront élever la voix et faire pression sur nos gouvernements pour qu’ils se joignent à la clameur générale contre les armes nucléaires. Nous devons faire en sorte que ce tollé continue de s’amplifier jusqu’à ce que les puissances nucléaires soient de plus en plus isolées, tandis que leurs propres citoyens exigent de se joindre à la dynamique de préservation de la paix afin de ne pas favoriser un désastre.

L’entrée en vigueur du TIAN est une étape importante qui ouvre des possibilités qui étaient inimaginables jusqu’à récemment. Nous considérons qu’il s’agit de la première brique retirée du mur qu’il faut démolir, et le fait d’y être parvenu est un signe que de nouveaux progrès peuvent être réalisés. C’est peut-être la nouvelle la plus importante de ces dernières décennies au niveau international. Bien qu’il n’y ait pas d’informations dans les médias officiels, nous prévoyons que cette dynamique va s’étendre, et plus rapidement lorsque ces actions, aujourd’hui ignorées et/ou déformées par les puissances dominantes, pourront être rendues visibles.

Le grand protagoniste de cette réalisation a été la Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes Nucléaires (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix en 2017, qui a souligné dans son compte-rendu sur Twitter l’importance de l’événement, avec l’entrée en vigueur du Traité à partir du 22 janvier 2021.

Lors de la récente Marche Mondiale, nous avons constaté que même dans les pays dont les gouvernements soutiennent le TIAN, la majorité des citoyens n’en sont pas conscients. Étant donnée la situation internationale de conflits et d’incertitudes sur l’avenir, au milieu de la pandémie qui nous touche, il y a une saturation de signaux négatifs et de « mauvaises nouvelles ». C’est pourquoi, afin de soutenir plus efficacement ce Traité, nous proposons de ne pas mettre l’accent sur la peur d’une catastrophe nucléaire comme facteur de mobilisation mais, au contraire, de souligner les raisons de célébrer l’interdiction.

Cyber-Célébration

Monde Sans Guerres et Sans Violence (MSGSV), membre d’ICAN se propose d’organiser une grande fête le 23 janvier 2021 pour célébrer cette étape historique. Cela aura le format virtuel d’un cyber-festival. Il s’agit d’une proposition ouverte à tous les collectifs, acteurs culturels et citoyens intéressés. Il y aura un parcours virtuel de toute l’histoire de la lutte contre les armes nucléaires : mobilisations, concerts, marches, forums, manifestations, déclarations, activités éducatives, colloques scientifiques, etc. De plus, pour cette journée de célébration planétaire, il y aura bien sûr diverses activités musicales, culturelles et artistiques avec une large participation citoyenne.

Nous informerons du déroulement de ce projet lors de nos prochaines communications et publications.

Aujourd’hui, nous nous joignons aux déclarations de Carlos Umaña, (coordinateur ICAN pour l’Amérique latine et les Caraïbes), qui a déclaré avec émotion : « Aujourd’hui est un jour historique, qui marque un jalon dans le droit international en faveur du désarmement nucléaire… Dans 3 mois, lorsque le TIAN sera officiel, l’interdiction sera du droit international. Ainsi commence une nouvelle ère… Aujourd’hui est un jour d’espoir ».

Nous saisissons également cette occasion pour remercier et féliciter les pays qui ont ratifié le TIAN et toutes les organisations, collectifs et militants qui ont travaillé et continuent de travailler pour que l’humanité et la planète puissent commencer à suivre le chemin qui mène à l’élimination totale des armes nucléaires. C’est quelque chose que nous réalisons ensemble. Nous voulons faire une mention spéciale à l’organisation Peace Boat qui, depuis le Japon, le jour de la célébration, a rappelé et reconnu le travail que MSGetSV avait réalisé pour la campagne ICAN durant tout le parcours de la 2ème Marche Mondiale.

Nous continuerons à travailler avec tous en faveur de la paix et la non-violence. Parmi les nouvelles actions prévues, MSGetSV organisera un webinar pour les étudiants et les professeurs de diverses universités dans le cadre d’une série d’activités que le secrétariat permanent du Sommet des Prix Nobel de la Paix a programmées dans les prochains mois. Le thème sera : « Les actions à la base sociale et leur projection à échelle internationale ».

Sous l’impulsion de ces actions et de nombreuses autres à venir, nous renforçons l’annonce faite le 2 octobre dernier de la réalisation de la 3ème Marche Mondiale pour la Paix et la Non-violence en 2024.

Par Rafael de la Rubia, Coordinateur de la Marche Mondiale pour la Paix et la Non-violence, publié le 27 octobre 2020

Image en titre : Crédit image : Monde sans guerres et sans violence

https://www.pressenza.com/fr/2020/10/linterdiction-des-armes-nucleaires-ouvre-un-nouvel-avenir-pour-lhumanite/

NEUTRALITÉ CARBONE EN 2050 : «CE N’EST PAS UNE LUBIE SOUDAINE DU PREMIER MINISTRE JAPONAIS

Cédric Philibert, de l’Institut français des relations internationales (Ifri), analyse la solidité des annonces du Japon pour se décarboner et ainsi limiter la casse climatique.

Alors qu’il visait la deuxième moitié du XXIe siècle pour y arriver, le Japon veut désormais être neutre en émissions carbone d’ici à 2050. Le Premier ministre nippon, Yoshihide Suga, l’a officiellement annoncé lundi. Or, la troisième économie du monde est aussi le sixième plus gros émetteur de gaz à effet de serre de la planète. Le chantier est ambitieux. Cédric Philibert, chercheur associé au Centre énergie & climat de l’Ifri, décrypte les enjeux et le chemin qu’il reste à parcourir pour le Japon.

L’objectif et le timing du Japon semblent-ils réalistes ? 

La neutralité carbone en 2050 n’est pas textuellement dans l’accord de Paris [pour contenir le réchauffement climatique sous la barre des +1,5°C, ndlr], mais cet objectif est en train de se répandre partout dans le monde. Il est inscrit dans la loi en France, au Royaume-Uni, en Suède, au Danemark, en Nouvelle-Zélande… Il est proposé au niveau européen, annoncé en Suisse, Norvège, Islande mais aussi en Afrique du Sud, qui est un pays en développement. Une centaine d’autres pays ont amorcé des discussions à ce sujet. Le Japon suit donc le mouvement. Mais attention, la neutralité carbone ne veut pas dire «zéro émission» mais «zéro émission nette», donc compensée par les captures de CO2, dans les forêts éventuellement. De plus, cette annonce n’est pas une lubie soudaine du Premier ministre japonais. Depuis l’accord de Paris, presque 160 municipalités ou régions ont déjà adopté cet objectif, dont Tokyo. De grandes entreprises comme Sony visent 100% d’énergies renouvelables. Plus récemment la compagnie Jera, le plus gros importateur de charbon par la mer et acheteur de gaz naturel liquéfié au monde, qui fait de l’électricité, a adopté un objectif de zéro émission en 2050. 

Quelle nouvelle politique énergétique cela nécessite-t-il ? Le pays est encore très dépendant du charbon…

Au court terme, le Japon compte sur les centrales à charbon, ce qui n’est en effet pas soutenable. Mais dans les prochaines années, cela va permettre d’arrêter plusieurs vieilles centrales à charbon inefficaces, ce qui devrait réduire de 20% les émissions du parc charbonnier : bien sûr, c’est très insuffisant pour atteindre l’objectif. Le pays s’efforce en parallèle de relancer le nucléaire, qui a fourni jusqu’à 25% de l’électricité au Japon avant Fukushima. Cela s’est ensuite effondré. Le chiffre est remonté à 7% actuellement et l’objectif est d’atteindre 20-22% de la production d’électricité au Japon via le nucléaire. Cela est difficilement réalisable à cause des obstacles juridiques et parce que la population n’en veut pas.

Que dire du volet qui repose sur les énergies renouvelables ?

Le Japon était le quatrième investisseur mondial dans ce domaine en 2018, ce n’est pas rien. Seulement, l’énergie solaire japonaise est la plus chère du monde. Car les installations et le raccordement sont coûteux, que le terrain plat manque et qu’il y a un défaut de mise en concurrence pour inciter à faire baisser les tarifs. Donc l’innovation ne doit pas être uniquement technique mais aussi politique. Enfin, le grand domaine d’avenir énergétique pour le Japon est l’éolien flottant. Or cela est nouveau, cela débute en Europe, pour le moment l’éolien maritime est posé sur les fonds marins. Les vents sont bien plus réguliers en mer que ceux à terre, cependant les installations devront être résistantes aux typhons. Le potentiel d’innovation sur l’éolien flottant est loin d’être épuisé.

«La clé est l’innovation», a justement déclaré le Premier ministre japonais en citant aussi l’hydrogène…

C’est un autre élément très important de leur politique. Chez nous, on relie cela aux voitures, et les Japonais ont effectivement des constructeurs automobiles tels que Honda et Toyota qui peuvent faire des voitures à piles à combustibles à l’hydrogène, mais cela est une toute petite fraction de l’hydrogène. Dans leur programme, l’essentiel de l’hydrogène sera consommé dans les centrales électriques. C’est un hydrogène bas carbone : soit «vert» produit avec des renouvelables par électrolyse de l’eau, soit «bleu» produit à partir de combustibles fossiles avec capture et stockage de CO2. Cet hydrogène est importé, car ils n’ont pas assez de ressources renouvelables peu chères pour le produire sur place. Pour faciliter le transport, l’hydrogène est transformé en ammoniac. Il est directement mis dans les centrales à charbon ou à gaz. Cela permet de réduire la quantité de charbon utilisée en la remplaçant par de l’ammoniac. C’est pour cela que la construction de centrales à charbon aujourd’hui n’enferme pas forcément le pays. L’idée est d’aller jusqu’à 100% d’ammoniac importé d’Australie et du Moyen-Orient dans les centrales à charbon. Car même si le nucléaire représente 10% de la production d’électricité en 2050, et les renouvelables 65%, il restera 25% à produire par des centrales thermiques. Il faudra aussi innover pour supprimer les émissions industrielles, un quart des émissions du CO2 du pays, dont la moitié viennent de la sidérurgie. L’hydrogène, pour traiter le minerai, et les fours électriques, pour fabriquer l’acier, devraient remplacer les hauts-fourneaux.

Le Japon mise-t-il aussi sur une politique de sobriété, de réduction de la consommation ?

Ils l’ont déjà fait. C’est peut-être l’économie la plus énergétiquement efficace au monde. Cela ne veut pas dire qu’il faut arrêter, mais ils n’ont plus beaucoup de marge de progression. Ils ont de très bons transports publics, mais ont encore trop de voitures par exemple.

Par Margaux Lacroux, publié le 28 octobre 2020

Photo en titre : © Bloomberg Une centrale au charbon et au gaz à Iwaki, dans la préfecture de Fukushima, en février.

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/neutralit%C3%A9-carbone-en-2050-%C2%ABce-nest-pas-une-lubie-soudaine-du-premier-ministre-japonais%C2%BB/ar-BB1asTsK

NDLR : pour mieux comprendre les possibilités de l’ammoniac, lire : https://technologiemedia.net/2018/07/13/lammoniac-un-carburant-fabrique-a-partir-du-soleil/

LE JAPON N’ENVISAGE PAS DE CONSTRUIRE DE NOUVEAUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES

TOKYO (Reuters) – Le Japon n’envisage pas de construire de nouveaux réacteurs nucléaires pour atteindre son objectif de neutralité carbone d’ici à 2050, a déclaré un porte-parole du gouvernement mercredi.

Le Japon est le cinquième pays émetteur de dioxyde de carbone, et lutter contre les émissions des fournisseurs publics jouera un rôle important pour atteindre l’échéance fixée par le Premier ministre Yoshihide Suga.

« Nous n’envisageons pas de construire de nouvelles centrales nucléaires« , a déclaré Katsunobu Kato, secrétaire en chef du cabinet japonais, lors d’une conférence de presse.

« Le gouvernement japonais réexamine sa politique énergétique et cherche à utiliser les énergies renouvelables et ses centrales nucléaires existantes fonctionnant correctement,  » a-t-il ajouté.

Yoshihide Suga a présenté les objectifs énergétiques japonais à 2050 après avoir déclaré vouloir atteindre la neutralité carbone dans la seconde moitié du siècle. Cet objectif s’aligne sur celui de l’Union européenne.

Par Tim Kelly; version française Camille Raynaud, publié le 28 octobre 2020

Photo en titre : © Reuters/KIM KYUNG-HOON le Japon n’envisage pas de construire de nouveaux réacteurs nucléaires

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/le-japon-nenvisage-pas-de-construire-de-nouveaux-r%C3%A9acteurs-nucl%C3%A9aires/ar-BB1asNB0

DÉFAUT DE RÉSISTANCE AU SÉISME D’ÉCHANGEURS DU SYSTÈME DE REFROIDISSEMENT INTERMÉDIAIRE DE 19 RÉACTEURS DE 900 MWE D’EDF

Le 29 septembre 2020, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à un défaut de résistance au séisme d’échangeurs du système de refroidissement intermédiaire des réacteurs des centrales nucléaires de Cruas, de Gravelines, de Saint-Laurent-des-Eaux ainsi que des réacteurs 1 et 4 de la centrale nucléaire de Chinon, 1, 2 et 3 de la centrale nucléaire de Dampierre et 3 et 4 de la centrale nucléaire du Tricastin.

Le système de refroidissement intermédiaire participe au refroidissement des matériels et fluides des systèmes auxiliaires et de sauvegarde du réacteur. Lors de revues de ce système, EDF a mis en évidence des défauts touchant les supportages d’échangeurs permettant le refroidissement des mécanismes de commande de grappes et des condensats et effluents du système de distribution de vapeur dans l’ilot nucléaire. Ces défauts pouvaient, en cas de séisme, remettre en cause le fonctionnement des matériels refroidis, et générer une fuite du circuit primaire et un échauffement de la piscine d’entreposage du combustible. L’isolement des tronçons affectés par les défauts aurait néanmoins permis de préserver le fonctionnement des systèmes de sauvegarde.

Les réacteurs concernés ont fait l’objet de travaux de remise en conformité. Des contrôles et des réparations éventuelles seront réalisées sur les autres réacteurs de 900 MWe de type CPY lors des prochains arrêts programmés pour rechargement de combustible.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Compte tenu de ses conséquences potentielles, cet événement est classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité) pour les 19 réacteurs concernés.

Publié le 27/10/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Defaut-de-resistance-au-seisme-d-echangeurs-du-systeme-de-refroidissement-intermediaire

ENTRÉE EN VIGUEUR DU TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES : UN PAS DE PLUS VERS LE DÉSARMEMENT ! LA FRANCE DOIT EN FINIR À SON TOUR AVEC LES ARMES ATOMIQUES

Le Réseau « Sortir du nucléaire » se félicite de l’entrée en vigueur à venir du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Adopté par l’ONU le 7 juillet 2017, le TIAN vient de passer la barre impérative de la ratification par 50 États, suite à celle du Honduras, survenue samedi. Il entrera donc en vigueur le 22 janvier 2021.

Il s’agit là d’une excellente nouvelle dans la voie du désarmement nucléaire mondial. Désormais, au même titre que les armes chimiques et bactériologiques, les armes atomiques sont illégales au regard du droit international. Une pression supplémentaire s’ajoute ainsi sur les États qui en sont dotés, comme la France, pour qu’ils y renoncent.

Comme l’a souligné ICAN, la campagne internationale pour abolir les armes nucléaires — dont le Réseau « Sortir du nucléaire » est membre — l’entrée en vigueur du TIAN n’est pas uniquement symbolique mais va avoir des effets politiques, diplomatiques, juridiques, stratégiques, éthiques et financiers. Déjà d’importantes institutions financières se refusent à investir dans le secteur de l’armement nucléaire…

Capables d’annihiler des millions de vies et de mettre la survie de l’humanité en péril, les armes nucléaires sont une aberration. Même lorsqu’elles ne sont pas utilisées, elles demeurent coûteuses — plus de 5 milliards d’euros en 2021 pour la France ! —, polluantes dangereuses (l’explosion accidentelle ne pouvant être exclue). Des populations — comme en Algérie et en Polynésie — souffrent aujourd’hui encore des conséquences des essais nucléaires réalisés par la France.

Le principe même de la « dissuasion nucléaire » est un bluff inadmissible : laisser supposer qu’un pays a besoin d’armes nucléaires pour sa sécurité, c’est inciter d’autres pays à s’en procurer à leur tour.

Dans la continuité de notre campagne lancée en 2018 pour que la France ratifie à son tour le TIAN, nous rappelons l’urgence d’en finir avec l’arme nucléaire. Comme l’a montré l’actualité récente, les menaces auxquelles la population française doit faire face sont climatiques, sanitaires, ou encore terroristes. Face à ces risques, ces engins de mort ne sont d’aucune utilité et engloutissent des deniers publics dont d’autres secteurs (santé, éducation, transition énergétique…) ont besoin en urgence. Sortons du nucléaire, civil et militaire !

Pour en savoir plus :

https://www.sortirdunucleaire.org/interdiction-des-armes-nucleaires

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Publié le 27 octobre 2020

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Entree-en-vigueur-du-Traite-sur-l-interdiction

BELGIQUE : LE GOUVERNEMENT MAINTIENT LA FERMETURE DE DOEL 1 ET 2 POUR 2025

Le nouveau gouvernement fédéral maintient les plans initiaux de fermeture des réacteurs nucléaires de Doel 1 et Doel 2 pour 2025, a confirmé mardi la ministre de l’Énergie Tinne Van der Straeten (Groen) en commission de la Chambre.

L’exploitant Engie Electrabel avait reçu il y a cinq ans l’autorisation du fédéral de maintenir les réacteurs nucléaires Doel 1 et Doel 2 en service pour dix années supplémentaires, soit jusqu’en 2025, sous réserve de travaux de modernisation. Inter-Environnement Wallonie et Bond Beter Leefmilieu avaient alors introduit un recours devant la Cour constitutionnelle, soulignant qu’aucune étude d’incidences environnementales qui inclut la participation de la population et une consultation transfrontalière n’avait été menée. 

La Cour a donné raison aux deux organisations de défense de l’environnement le 5 mars dernier, même si la décision maintient les effets de la loi jusqu’au 31 décembre 2022. D’ici là, un rapport d’incidence environnementale doit être produit avant de voter une nouvelle loi. Interrogée à ce sujet en commission de la Chambre, Tinne Van der Straeten a indiqué que « l’accord de gouvernement confirme la loi de sortie du nucléaire et respecte le calendrier qui y est fixé. » « Vous savez ce que ce calendrier implique: Doel 1 et Doel 2 fermeront en 2025. Je suis ici pour mettre en œuvre l’accord. »

Concrètement, le Parlement doit néanmoins amender cette loi sur la sortie du nucléaire, a souligné Mme Van der Straeten. L’étude d’impact environnemental devrait être achevée d’ici la fin de 2021. Les citoyens peuvent soumettre leurs commentaires dans le cadre de consultations nationales et transfrontalières dans un rayon de 1.000 kilomètres autour des réacteurs. Les travaux législatifs se dérouleront avant 2022, selon la ministre. Dans tous les cas, le ministre veut observer strictement toutes les directives européennes.

Par Belga, publié le 27-10-20 à 13h18, mis à jour le 27-10-20 à 13h18

Photo en titre : © BORTELS CHRISTOPHE

https://www.dhnet.be/actu/belgique/le-gouvernement-maintient-la-fermeture-de-doel-1-et-2-pour-2025-5f980fb6d8ad582705967dd1

CARTE BLANCHE SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES: «LA BELGIQUE PERSISTERA-T-ELLE À ÊTRE UN ÉTAT VOYOU?»

Alors que le traité des Nations unies interdisant les armes nucléaires vient d’être ratifié, la Belgique n’a toujours pas pris de dispositions pour bannir ces armes de son arsenal.

Voici une excellente nouvelle : ce 24 octobre est et restera une date historique, le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) a obtenu sa cinquantième ratification, du Honduras, celle requise pour son entrée en vigueur. Il prendra pleinement effet dans 90 jours à peine, une lueur en cette sombre période. Vous vous demandez comment l’approche d’une si bonne nouvelle a pu être si discrète ? La réponse est dans les bunkers de la base aérienne de Kleine-Brogel, en une vingtaine d’exemplaires.

Pour les pays qui ont ratifié le Traité, il est désormais interdit d’utiliser, de menacer d’utiliser, de mettre au point, d’essayer, de produire, d’acquérir, de posséder, de stocker et de transférer des armes nucléaires. Outre les 50 pays qui ont ratifié le Traité, 34 autres pays l’ont signé. Ils s’engagent de ce fait à en respecter les objectifs et principes.

La pression politique et morale va donc croissante sur les pays qui n’ont pas (encore) signé, dont la Belgique. Le fait que les armes nucléaires sont désormais officiellement illégales, renforce ainsi notre message adressé au nouveau gouvernement : « signez et ratifiez le traité interdiction des armes nucléaires dès à présent ! ». Un message que la Coalition belge contre les armes nucléaires est loin d’être seule à porter : la majorité de la population belge y est favorable, comme l’ont montré différents sondages. (voir aussi)

La pression des élus sur le gouvernement belge

C’est ainsi que le 21 septembre, journée internationale de la paix, 159 villes et communes belges ont hissé le drapeau de la paix pour appeler au désarmement nucléaire, dans le cadre de la campagne « nonukes.be » de la Coalition. 52 bourgmestres ont envoyé une lettre ouverte à l’ancienne Première ministre et à l’ancien Président de la Chambre pour proposer une première étape concrète vers la signature, en reconnaissant officiellement la présence d’armes nucléaires sur notre sol. Cette transparence est nécessaire pour que les parlementaires, nos représentants, puissent enfin débattre valablement de l’opportunité de maintenir cette présence, déjà vieille de plus de 60 ans. Car quand la Belgique signera le Traité, cela impliquera que les armes nucléaires états-uniennes déployées à Kleine-Brogel quittent notre territoire. Comme elles ont déjà quitté ceux d’autres pays membres de l’Otan.

À l’occasion de la journée de la paix, une lettre ouverte de 56 ex-ministres et présidents – dont 4 anciens ministres belges : Willy Claes, Erik Derycke, Yves Leterme et Guy Verhofstadt – fut publiée. Ils y appellent également à la signature du traité : « Il est temps de faire preuve de courage et de signer le traité (…) adopté en 2017 (il) pourrait mettre fin à des décennies de paralysie du désarmement. C’est un signe d’espoir dans ces temps sombres. Cela permet aux pays de rallier la norme multilatérale la plus élevée contre les armes nucléaires et de renforcer la pression internationale pour agir en ce sens. »

Il appartient maintenant à notre nouveau gouvernement de faire preuve de ce courage et à respecter concrètement ce à quoi il s’est engagé dans son accord de coalition. La Belgique doit se joindre à ce processus et affronter enfin les questions urgentes qu’il suscite. Est-il encore acceptable de mettre en œuvre la modernisation coûteuse et dangereuse des bombes nucléaires B-61 déployées Kleine-Brogel ?

Les mises à niveau, tout aussi coûteuses et dangereuses, des chasseurs-bombardier F-35 afin qu’ils puissent, transporter et, in fine, utiliser ces armes devenues illégales, est-elle encore justifiable ? Poser ces questions, c’est y répondre. Il faut donc, de toute urgence, que ces questions soient publiquement posées.

Rejoindre la dynamique internationale

Notre gouvernement doit adopter une position volontaire et rejoindre cette dynamique internationale essentielle pour l’avenir de notre planète et non de rester figé dans un passé mortifère qui avait pour horizon la fin la plus absurde, immédiate et définitive de l’aventure humaine. L’ère de l’armement nucléaire est révolue !

La Belgique, qui a déjà fait preuve d’avant-gardisme moral et politique par le passé, en interdisant les mines antipersonnel et les armes à sous-munitions, doit d’urgence changer de cap et signer, puis ratifier, le Traité d’interdiction des armes nucléaires. C’est maintenant à nous d’agir et d’en finir avec la terreur nucléaire.

Par Samuel Legros (CNAPD), Emmelien Lievens (Vrede), Merel Selleslach (Pax Christi V.) et Olivier Galand, pour la Coalition belge contre les armes nucléaires*

Publié le 26/10/2020 à 13h00

Photo en titre : Depuis de très nombreuses années, des militants manifestent pour le démantèlement des armes nucléaires présentes sur la base militaire de Kleine-Brogel. – Belga.

https://plus.lesoir.be/333921/article/2020-10-26/carte-blanche-sur-linterdiction-des-armes-nucleaires-la-belgique-persistera-t

EPR DE FLAMANVILLE : EDF TENTE UN NOUVEAU COUP DE BLUFF AVEC UNE PREMIÈRE LIVRAISON DE COMBUSTIBLE

Communiqué associatif (voir liste en fin d’article). Lundi matin, à 8h, un premier camion chargé d’acheminer de l’uranium enrichi jusqu’à l’EPR de Flamanville (Manche) est parti de l’usine Framatome de Romans-sur-Isère (Drôme). Durant quatre mois, deux camions par semaine devraient effectuer ce trajet, alors même que l’état du chantier de l’EPR ne justifie absolument pas ce transport. Nos associations dénoncent une énième manœuvre d’EDF pour faire oublier les nombreux défauts [1], retards et dérapages financiers de l’EPR et entretenir l’illusion d’un projet maitrisé et viable.

D’abord prévu pour fin 2011, le démarrage de l’EPR de Flamanville n’est aujourd’hui pas envisagé avant fin 2023. Cette date, annoncée par EDF, est susceptible de glisser au vu de la centaine de soudures toujours en réparation et des incertitudes sur la faisabilité des travaux destinés à les éliminer. Le couvercle de la cuve du réacteur, défectueux, devra être changé en 2024.

Rien ne garantit donc que l’EPR puisse fonctionner un jour. Y entreposer du combustible dès maintenant est donc une aberration.

Une fois livré à Flamanville, l’uranium enrichi sera retiré de son container pour être immergé dans une piscine d’entreposage, dont il contaminera la structure et l’eau. La présence de combustible sur le site de l’EPR le transforme donc de fait en déchet nucléaire, alors que son fonctionnement n’est pas assuré.

EDF veut ainsi rendre impossible toute remise en cause de ce projet, malgré l’explosion de son coût, aujourd’hui estimé à 19 milliards d’euros, presque six fois plus que ce qui avait été initialement annoncé [2].  Le gouvernement a d’ores et déjà prévu de faire payer la facture de ce dérapage, non pas à EDF qui en est responsable, mais à l’ensemble des consommateurs via la réforme de l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh).

L’arrivée du combustible à Flamanville interroge également sur la sécurisation du site. Déjà classé comme installation nucléaire de base (INB), il ne change pas de statut mais la présence de matières radioactives impose une sécurité sans failles, qu’EDF était jusque-là bien en peine d’assurer [3].

Devant le site de l’EPR à Flamanville, le 25 octobre 2020, des militant-es dénoncent l’arrivée imminente du combustible et le fiasco de ce projet. © Greenpeace France

Avec cette première livraison démarre un ballet de camions qui durera plusieurs mois. Plus de 30 camions transportant du combustible radioactif vont traverser la France sur plus de 1 000 kilomètres, de Romans-sur-Isère à Flamanville. Une attaque malveillante d’un des convois ne peut être complètement exclue. Prendre un tel risque ne se justifie pas au regard des retards répétés et des incertitudes autour du chantier de l’EPR. Nos associations appellent à l’arrêt de ces livraisons.

En mettant en service coûte que coûte l’EPR, EDF souhaite ouvrir la voie à une relance du nucléaire qui mettrait notre pays dans l’impasse, alors qu’Emmanuel Macron est attendu mardi au Creusot (NDLR : visite annulée) pour annoncer un soutien à la filière. Il est pourtant urgent d’en finir avec cette énergie dépassée.

Notes aux rédactions

[1] Le désastre du chantier de l’EPR de Flamanville en trois chiffres :

  • 12 ans de retard pour le chantier
  • 19 milliards d’euros de budget selon la Cour des comptes
  • 4 500 modifications par rapport à ce qui était prévu initialement sur le chantier

Les anomalies qui touchent l’EPR de Flamanville sont multiples :

  • Bétons fissurés
  • Multiples soudures défectueuses, dès le début du chantier jusqu’à récemment. Certaines attendent toujours d’être refaites et nécessitent des interventions extrêmement complexes et coûteuses.
  • Défaillance du système de contrôle-commande (le centre névralgique du réacteur)
  • Couvercle et fond de la cuve du réacteur déjà fragilisés avant même d’avoir servi, une anomalie que Pierre-Franck Chevet, alors président de l’Autorité de sûreté nucléaire, n’hésitait pas à qualifier en 2015 devant des parlementaires « de sérieuse, voire de très sérieuse ». L’ASN a finalement autorisé l’utilisation de la cuve, à condition que le couvercle défectueux soit changé en 2024.
  • 4 500 modifications par rapport à ce qui était prévu initialement, selon le rapport d’audit de la construction de l’EPR de Flamanville réalisé par Jean-Martin Folz (octobre 2019)
  • Nombreux manquements dans la fabrication et le contrôle de qualité des pièces forgées au Creusot
  • Dissimulation d’information sur des anomalies et défauts
  • Nombreux accidents de chantier non déclarés et infractions au droit du travail
  • Problèmes de sécurisation du site

[2] Cour des Comptes, La filière EPR, 2020

[3] En 2018, EDF avait constaté l’effraction des armoires contenant les matériels informatiques du système contrôle-commande (le centre névralgique du réacteur) et la disparition mystérieuse de 150 cadenas. EDF a depuis relevé le niveau de sécurité de « chantier » à « site en fonctionnement » et assure avoir amélioré ses procédures et contrôle de sécurité, mais le nombre de sous-traitants présents sur le site complique considérablement la tâche.

Publié le 26 octobre 2020

Photo en titre : Devant l’usine Framatome de Romans-sur-Isère, le 25 octobre 2020, des militant-es dénoncent le transport imminent de combustible vers l’EPR de Flamanville. © Greenpeace France

Signataires

Collectif Anti-Nucléaire Ouest – Collectif Anti-Nucléaire de Vaucluse – Collectif Halte Aux Nucléaires Gard – Collectif Stop EPR Ni à Penly Ni Ailleurs – Coordination Antinucléaire du Sud-Est – France Nature Environnement – France Nature Environnement Normandie – Frapna Drôme Nature Environnement – Greenpeace France – Réaction En Chaîne Humaine  – Réseau « Sortir du nucléaire » – Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye – Sortir du nucléaire Pays Nantais – Sortir du nucléaire Sarthe – Sortir du nucléaire Touraine – Stop Nucléaire Drôme-Ardèche – Stop Tricastin

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/epr-de-flamanville-edf-tente-un-nouveau-coup-de-bluff-avec-une-premiere-livraison-de-combustible/

POUTINE SE DIT PRÊT À NE PAS DÉPLOYER DE MISSILES 9M729 POUR ISKANDER EN RUSSIE EUROPÉENNE

Le Président Poutine s’est déclaré prêt à renoncer au déploiement en Russie européenne de missiles sol-air 9M729, créés dans le cadre de la modernisation du système Iskander-M, sous réserve de mesures réciproques de la part de l’Otan, selon le service de presse du Kremlin.

La Russie peut continuer de respecter son moratoire au déploiement de missiles 9M729 dans la partie européenne de son territoire, malgré le retrait des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), mais uniquement à condition que l’Otan fasse aussi des concessions, a déclaré lundi 26 octobre Vladimir Poutine.

«La Russie s’en tient avec cohérence à sa position selon laquelle le missile 9M729 est pleinement conforme aux modalités du traité FNI précédemment en vigueur. Toutefois elle se dit disposée à poursuivre sa politique de non-déploiement de missiles 9M729 dans la partie européenne du pays, mais uniquement à condition que les pays de l’Otan prennent des mesures réciproques excluant le déploiement en Europe d’armes auparavant interdites par le traité FNI», détaille le communiqué du service de presse du Kremlin.

Un missile russe, un prétexte pour abandonner le traité FNI?

En 2019, les États-Unis se sont retirés du traité FNI, accusant entre autres la Russie de l’avoir violé par la création du missile 9M729 pour les systèmes sol-air Iskander. Moscou juge que les accusations américaines sont infondées et souligne que le missile 9M729 n’a pas été conçu pour, ni testé à une distance supérieure aux limitations établies par le Traité FNI.

Le ministère russe des Affaires étrangères a pour sa part accusé les États-Unis de tester des systèmes interdits par le Traité FNI, ainsi que de déployer des systèmes de lancement Aegis sous la forme de l’ABM sur le territoire européen, lesquels peuvent en quelques heures se transformer d’un mécanisme défensif en un offensif.

La Russie était prête à présenter le missile 9M729 qui suscite des questions de la part de Washington, pour en discuter ensuite. Mais les États-Unis ont insisté sur leur retrait unilatéral du traité. En réponse, la Russie a suspendu, elle aussi, sa participation à l’accord.

Missile 9M729

Le 9M729 Novator (code Otan, SSC-X-80) est une version modernisée du missile de croisière 9M728 faisant partie du système Iskander-M.

Sa portée maximale est de 480 ou 490 km, ce qui ne viole pas les clauses du traité sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire.

Aux termes du traité FNI signé le 8 décembre 1987, les États-Unis et l’URSS s’engageaient à détruire en trois ans tous les vecteurs et missiles terrestres d’une portée comprise entre 500 et 5.500 km, y compris les missiles, aussi bien sur le territoire européen que sur l’asiatique de l’URSS.

Les médias qualifient parfois le missile 9М729 de version terrestre du missile de croisière naval 3M14 du système Kalibr-NK.

Par Irina Dmitrieva, publié le 26 octobre 2020 à 15h50

https://fr.sputniknews.com/international/202010261044634340-poutine-se-dit-pret-a-ne-pas-deployer-de-missiles-9m729-pour-iskander-en-russie-europeenne/

IRAN : EXPLOSION DANS UNE USINE LIÉE AU PROGRAMME NUCLÉAIRE

Une forte explosion suivie d’un incendie s’est produite vendredi dans l’une des plus importantes usines pétrochimiques en Iran, située à Bandar Mahshahr. Ce site a été lié au programme nucléaire iranien et avait été inclus dans la liste des sites visés par les sanctions imposées à l’Iran. De nombreuses équipes de pompiers ont réussi à circonscrire le gigantesque incendie qui s’est déclaré suite à l’explosion. Les médias iraniens n’ont donné aucune indication quant à la cause de l’explosion.

Par Shraga Blum, publié le 24 octobre 2020

Photo en titre : Photo Pixabay

https://lphinfo.com/iran-explosion-dans-une-usine-liee-au-programme-nucleaire/

Voir la vidéo (29s) sur : https://twitter.com/SVNewsAlerts/status/1319639338213429248

COMMENT LE VIRUS STUXNET A DÉTRUIT LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES IRANIENNES

Par une simple manipulation de leurs systèmes informatiques. C’était effrayant et c’est son anniversaire.

Cela fait déjà dix ans que le monde a découvert l’existence de la première arme cyber-physique de l’histoire : Stuxnet, un virus conçu par des hackers non-identifiés pour saboter le programme nucléaire iranien. La république islamique essayait de se doter de capacités nucléaires en toute opacité depuis presque cinquante ans quand le malware a pénétré l’une des usines dans laquelle elle faisait produire de l’uranium 235, du côté de la ville de Natanz. En agissant sur les systèmes informatiques de l’usine, Stuxnet est parvenu à causer des dégâts physiques sur ses installations. C’était en 2010. Voici l’histoire de cette effrayante première.

Tambouille nucléaire

L’usine de Natanz produisait de l’uranium faiblement enrichi, le combustible radioactif dont dépendent la plupart des réacteurs nucléaires du monde. Pour obtenir ce matériau contenant 3 à 5% d’uranium 235 (235U), elle utilisait la méthode de l’ultracentrifugation. Ce procédé commence par l’extraction de minerai d’uranium dans des mines. Ces cailloux d’apparence parfois banale, parfois douteuse contiennent plus de roches sans intérêt que d’uranium naturel. Ils subissent donc un traitement chimique au terme duquel les molécules radioactives sont isolées sous la forme d’une poudre jaune vif appelée yellowcake. Une nouvelle réaction chimique permettra de convertir le yellowcake en hexafluorure d’uranium (UF6), une substance aux propriétés physiques arrangeantes : il suffit en effet de légers changements de température et de pression pour la faire passer d’un état à l’autre.

L’UF6 est la matière première de la méthode d’ultracentrifugation. Transformé en gaz, ce produit hautement toxique et radioactif est injecté dans des cylindres de métal sous vide, les centrifugeuses, qui vont l’entraîner dans une rotation effrénée : plusieurs dizaines de milliers de tours par minute, aux limites et parfois au-delà de la vitesse du son. Sous l’effet de la force centrifuge, les différentes molécules qui composent l’hexafluorure d’uranium vont alors se séparer selon leur masse : l’uranium 235 tant recherché se concentre au cœur de la machine tandis que les molécules de moindre intérêt, plus lourdes, migrent vers les parois. Au terme du cycle de production, ces vapeurs respectivement désignées comme « enrichies » et « appauvries » en uranium sont extraites de la centrifugeuse.

« Malheureusement pour les spécialistes du nucléaire locaux et heureusement pour les développeurs de Stuxnet, ce procédé souffrait de nombreuses faiblesses »

Pour obtenir de l’uranium suffisamment enrichi dans des délais intéressants, l’usine de Natanz utilisait un système de cascade : ses quelques 5 000 centrifugeuses étaient organisées en chaînes de quinze machines interconnectées par des valves. L’UF6 était injecté dans la centrifugeuse numéro dix, qui envoyait son gaz enrichi vers la machine suivante et son gaz appauvri vers la machine précédente, et ainsi de suite. Une extrémité de la chaîne rejetait donc un composé aux concentrations d’uranium 235 satisfaisantes, tandis que l’autre extrémité recrachait un composé fortement appauvri. L’usine produisait ainsi 350 kilogrammes de combustible à 3,5% de 235U par mois. Malheureusement pour les spécialistes du nucléaire locaux et heureusement pour les développeurs de Stuxnet, ce procédé souffrait de nombreuses faiblesses…

La suite de cet article (assez long) est en accès libre sur : https://www.vice.com/fr/article/v7mgeb/comment-le-virus-stuxnet-a-detruit-les-installations-nucleaires-iraniennes

Par Sébastien Wesolowski, publié le 26 octobre 2020 à 8h37

CLIMAT, NUCLÉAIRE : NOAM CHOMSKY SUR L’EXTINCTION DE LA VIE HUMAINE

AVANT-PARUTION – Comment les humains en sont-ils venus à développer la capacité funeste de s’annihiler ? Lorsque la bombe atomique est tombée sur Nagasaki le 6 août 1945, le monde entier a appris que l’intelligence humaine avait trouvé un moyen de mettre fin à une expérience vieille de 200 000 ans : la vie humaine.

Alors que l’humanité entrait dans l’ère nucléaire, il est rapidement devenu clair que cette capacité de destruction connaîtrait une escalade. Dès lors, tout espoir de maîtriser ce démon devrait passer par la coopération internationale, tout comme toute mesure permettant de contenir efficacement la menace de catastrophe environnementale doit être de portée mondiale. 

Noam Chomsky remonte l’histoire des menaces à l’existence humaine que représentent les armes nucléaires et le réchauffement planétaire en se demandant entre autres comme elles ont vu le jour, ont évolué et interagissent. La perspective d’une extinction de l’humanité est en effet apparue à l’aube d’une nouvelle époque géologique à laquelle des scientifiques ont donné le nom d’Anthropocène, c’est-à-dire l’époque où l’humanité et ses systèmes sociaux sont devenus de véritables forces naturelles en restructurant la planète sur le plan géomorphologique. 

L’avant-propos, les conférences et les interviews dont ce livre est constitué situent ces menaces dans un contexte caractérisé par la puissance sans précédent de grandes entreprises mondialisées qui ont privé les États de leur capacité de façonner l’avenir et de protéger la planète. Chomsky plaide l’urgence de conclure et de mettre en œuvre des traités internationaux sur le climat et l’armement nucléaire.

Partout dans le monde, des mouvements populaires se mobilisent pour contraindre les gouvernements à se montrer à la hauteur de ce défi sans précédent, qui met la civilisation en péril.

Considéré comme un des fondateurs de la linguistique moderne, Noam Chomsky est un des intellectuels les plus cités de l’histoire moderne et les plus influents du monde. Il est l’auteur de plus de cent livres, dont, en traduction française, Requiem pour le rêve américain (Climats, 2017), Qui mène le monde ? (Lux, 2018, trad. Julien Besse), L’Occident terroriste (Écosociété, 2015, trad. Nicolas Calvé) et Les dessous de la politique de l’Oncle Sam (Écosociété, 2016, trad. J-M Fémal). Avant d’être nommé professeur émérite de linguistique à l’Université de l’Arizona en 2017, Chomsky a enseigné pendant 50 ans au Massachusetts Institute of Technology. 

[À paraître 20/11] Noam Chomsky, trad. Nicolas Calvé – Danger d’extinction. Changements climatiques et menace nucléaire – Écosociété – 9782897196400 – 12

Par Nicolas Gary, publié le 26.10.2020

https://www.actualite.com/article/monde-edition/climat-nucleaire-noam-chomsky-sur-l-extinction-de-la-vie-humaine/103419

RENAISSANCE DE LA TRIADE NUCLÉAIRE CHINOISE

Contre-attaque nucléaire 

Les autorités chinoises seraient en train de réactiver leurs forces aériennes stratégiques, en sommeil depuis plus de 25 ans, pour mener des opérations de seconde frappe en cas de conflit nucléaire. Des opérations, qui grâce aux nouveaux bombardiers lourds H-6N et à une nouvelle génération de missile balistique, seraient prochainement capables de surpasser les capacités de frappe des SNLE chinois pour atteindre le sol américain.

Enquête exclusive

Grâce à la contribution de plusieurs experts dans le domaine des programmes d’armements, de la veille technologique, et de l’interprétation des images satellites, Air&Cosmos a enquêté pendant plusieurs semaines sur cette nouvelle rupture stratégique à même de bouleverser les équilibres dans la zone Asie-Pacifique. 

Vous en retrouverez tous les détails dans le numéro 2707 de notre magazine, en kiosque depuis le 23 octobre.

Par Air & Cosmos, publié le 26 octobre 2020

https://air-cosmos.com/article/renaissance-de-la-triade-nuclaire-chinoise-23785

UNE CINQUANTAINE D’ANTINUCLÉAIRES SUR LE BASTION DE LA HOLLANDE À SAINT-MALO

Interdit de déambuler dans l’Intra-muros, le collectif Sortir du Nucléaire du pays de Saint-Malo avait donné rendez-vous, bastion de la Hollande, samedi 24 octobre, pour une manifestation statique.

Adossés aux remparts pour se protéger d’un vent violent et de la pluie, les militants exhibaient quarante dessins sur le thème du nucléaire, signés d’illustrateurs et dessinateurs de bande dessinés ou de presse.

Dénigrement du danger nucléaire

Dans son intervention, Gilles Dupont, un des porte-parole du collectif a souligné qu’une campagne se développe en faveur du nucléaire, le rendant « vertueux » : « Qui parle des dangers du nucléaire civil et militaire ? Qui parle de la prolifération des armes nucléaires ? », a-t-il interrogé, devant un public entièrement acquis à sa cause.

Publié le 25 octobre 2020 à 09h48

Photo en titre : Manifestation statique sur les remparts du collectif Sortir du nucléaire.

https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/saint-malo/une-cinquantaine-d-antinucleaires-sur-le-bastion-de-la-hollande-a-saint-malo-25-10-2020-12645277.php

CHINE : L’ARMÉE PRÉSENTE UNE SORTE DE CANON À DRONES KAMIKAZES

Alors que la plupart des armées du monde développent des drones hyper sophistiqués, la Chine a récemment présenté un concept de drones suicides low cost. Ces drones peuvent être expédiés par un camion ou largués depuis un hélicoptère.

Un essaim de 48 drones suicides

C’est un fait : les armées du monde s’intéressent aux drones depuis longtemps. En 2019, la France a déclaré vouloir se doter de drones éclaireurs de poche. En mai 2020, Boeing a présenté un nouveau drone armé et quasi autonome équipé d’une IA. Plus récemment encore, le Royaume-Uni a dévoilé un drone de combat capable de voler en intérieur. Comme l’explique The Drive dans un article du 14 octobre 2020, la Chine a quant à elle présenté un système à l’opposé des drones actuels.

Dans une vidéo présente en fin d’article, l’Académie chinoise d’électronique et d’information technologique (CAEIT) a présenté son système de drones à bas coût. Plus précisément, il est question d’un essaim de 48 drones contenant une dose d’explosif, libéré soit par un camion, soit par un hélicoptère avec une étonnante rapidité d’exécution. Ces drones sont des CH-901 (voir ci-après) que la China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC) a développés dans les années 2000 afin d’effectuer des missions d’attaque suicide.

Crédits : China Military Drone Alliance

Aucune parade efficace pour l’instant

Ce type d’attaque par essaim de drones est particulièrement difficile à déjouer. En effet, les drones par dizaines sont capables de perturber les meilleurs systèmes de défense aérienne à courte portée grâce à leur dispositif de brouillage radar. Même en les éliminant un par un, ceux-ci resteraient assez nombreux pour accomplir avec succès leur mission suicide. En tout cas, ce genre d’attaque pourrait être particulièrement stressant pour les troupes humaines. En effet, il n’existe pour l’heure aucune parade réellement efficace. Le mieux à faire pour l’armée d’en face est de développer un système similaire. S’en suivrait alors une véritable bataille aérienne entre drones kamikazes.

Ce genre de dispositif pourrait également être utilisé par des terroristes. Il pourrait par exemple s’agir de cibler une personnalité ou un lieu en particulier. Récemment, les autorités étasuniennes ont surpris un essaim de drones voler au-dessus la centrale nucléaire de Palo Verde (Arizona), la plus puissante du pays.

Enfin, ce projet chinois rappelle un autre projet, cette fois porté par les États-Unis. Celui-ci consiste à envoyer des porte-containers dont les containers libéreraient des centaines de drones de combat en cas de besoin. Or, ce projet repose sur une possible guerre avec la Chine dans l’océan Pacifique !

Par Yohan Demeure,, rédacteur scientifique, publié le 26 octobre 2020 à 11 h 42

Photo en titre : Crédits : China Military Drone Alliance

https://sciencepost.fr/chine-larmee-presente-une-sorte-de-canon-a-drones-kamikazes/

LE JAPON NE REJOINDRA PAS LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES DE L’ONU: PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT

Le Japon ne rejoindra pas un traité de l’ONU interdisant les armes nucléaires, a déclaré lundi le principal porte-parole du gouvernement, une position qui le met en parallèle avec les États-Unis mais qui pourrait être considérée comme contredisant son credo anti-nucléaire.

« Nous pensons que, compte tenu de l’environnement sécuritaire de plus en plus difficile qui entoure le Japon, il est approprié de faire des progrès réguliers et réalistes vers le désarmement nucléaire tout en maintenant et en renforçant nos capacités de dissuasion pour faire face aux menaces », a déclaré le secrétaire général du Cabinet Katsunobu Kato lors d’une conférence de presse.

 « Le Japon partage l’objectif de ce traité, l’abolition des armes nucléaires … mais comme nous différons dans la façon d’aborder la question, nous ne deviendrons pas signataires », a-t-il déclaré en faisant référence au traité qui doit entrer en vigueur le janvier. 22.

En tant que seul pays à avoir subi une attaque nucléaire, le Japon a cherché à se présenter comme un chef de file dans les efforts internationaux de désarmement et de non-prolifération nucléaires.

Mais le Japon dépend également du parapluie nucléaire américain pour le protéger des menaces, notamment des missiles nord-coréens, l’empêchant d’approuver une interdiction totale de la production, de l’utilisation et du stockage des armes nucléaires.

Le Honduras est devenu samedi le 50ème pays ou région à ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, ouvrant la voie à son entrée en vigueur 90 jours plus tard. Aucune puissance nucléaire ne s’est jointe.

Interrogé sur la volonté du Japon de participer en tant qu’observateur, Kato a souligné la nécessité d’un « examen attentif basé sur la position du Japon ».

Les survivants des bombardements atomiques américains d’août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki, qui ont tué ensemble environ 214000 personnes à la fin de cette année, et d’autres militants anti-nucléaires ont exhorté l’administration du Premier ministre Yoshihide Suga à signer le traité sur le site historique mais largement symbolique.

À Nagasaki, une horloge numérique érigée devant l’hôtel de ville lundi a lancé le compte à rebours avant l’entrée en vigueur du traité.

« Il n’y a qu’un seul chemin que Nagasaki poursuit, et c’est celui qui mène à la réalisation d’un monde sans armes nucléaires », a déclaré le maire Tomihisa Taue lors d’une cérémonie de dévoilement.

Une cinquantaine de militants ont défilé dans le centre d’Hiroshima avec de grandes banderoles et des pancartes appelant le Japon à adhérer au traité, qui a été adopté en juillet 2017 avec le soutien de 122 pays et régions.

Kunihiko Sakuma, chef d’un groupe de soutien aux survivants et lui-même victime d’une bombe A, a déclaré qu’il était convaincu que le monde s’orientait vers l’abolition des armes nucléaires.

« Nous n’abandonnerons pas », a déclaré le militant de 76 ans.

Par SasukE, publié le 26 octobre 2020

Photo en titre : Le secrétaire en chef du cabinet japonais Katsunobu Kato prend la parole lors d’une conférence de presse à Tokyo le 26 octobre 2020 (Kyodo)

https://www.japanfm.fr/le-japon-ne-rejoindra-pas-le-traite-dinterdiction-des-armes-nucleaires-de-lonu-porte-parole-du-gouvernement/

NDLR: ce porte-parole du gouvernement japonais déclare « …il est approprié de faire des progrès réguliers et réalistes vers le désarmement nucléaire tout en maintenant et en renforçant nos capacités de dissuasion pour faire face aux menaces » mais il ne dit pas comment il compte faire! Évidemment puisque désarmer est le contraire de renforcer les capacités de dissuasion. Ce n’est que du bla bla politique.

SARTHE. UNE BANDEROLE AU-DESSUS DE L’A28 CONTRE LE TRANSPORT NUCLÉAIRE

Dimanche 25 octobre, à 18 h, à Saint-Saturnin, des militants ont déployé une banderole contre le transport de combustible nucléaire vers le futur EPR de Flamanville.

Une douzaine de militants ont répondu à l’appel de « Sortir du nucléaire 72 » et se sont retrouvés dimanche 25 octobre, à 18 h, sur le pont enjambant l’A28 à Saint-Saturnin. Ils ont déployé une banderole « Non au transport nucléaire » destinée aux automobilistes.

Ils voulaient ainsi protester contre le premier transport de combustible (de l’uranium enrichi) pour l’EPR de Flamanville qui doit avoir lieu ce lundi 26 octobre. Des rassemblements simultanés étaient prévus devant l’usine Framatome de Romans-sur-Isère qui le fabrique, à Flamanville, et en différents points des trois itinéraires possibles.

Selon l’association et Greenpeace, « deux camions par semaine devraient effectuer ce trajet, alors que l’état du chantier de l’EPR ne justifie absolument pas ce transport qui représente un véritable danger en cas d’accident ». D’abord prévu pour la fin 2011, le démarrage de l’EPR de Flamanville ne devrait pas intervenir avant fin 2023. « Y entreposer du combustible dès maintenant est une aberration. Nos associations appellent à l’arrêt de ces livraisons »

Par Ouest-France, publié le 25/10/2020 à 18h53

Photo en titre : Les militants de Sortir du nucléaire 72 ont étendu une banderole visible des automobilistes circulant sur l’A28. | OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/le-mans-72000/sarthe-une-banderole-au-dessus-de-l-a28-contre-le-transport-nucleaire-7028881

ROMANS-SUR-ISÈRE : GREENPEACE DÉNONCE UN PROCHAIN CONVOI DE COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE

Alors que l’ASN a autorisé l’arrivée de combustible nucléaire sur le site du réacteur EPR de Flamanville, Greenpeace dénonce la préparation d’un convoi depuis l’usine Framatome, à Romans-sur-Isère.

Le 8 octobre dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) autorisait l’arrivée de combustible nucléaire sur le site du réacteur EPR de Flamanville, dans la Manche.

Ce combustible sera entreposé dans la piscine du bâtiment prévu à cette fin”, indiquait l’ASN dans une publication, le 12 octobre.

Selon Greenpeace, les premiers camions chargés d’acheminer de l’uranium enrichi jusqu’à l’EPR de Flamanville pourraient partir dès ce lundi 26 octobre depuis l’usine Framatome, spécialisée dans la fabrication de combustibles nucléaires, et implantée à Romans-sur-Isère.

« L’état du chantier de l’EPR de Flamanville ne justifie absolument pas ce transport »

L’ONG dénonce la préparation d’un prochain « convoi de combustible nucléaire alors même que l’état du chantier de l’EPR de Flamanville, touché par de multiples anomalies, ne justifie absolument pas ce transport. Ce chantier n’avance pas. Rien ne garantit qu’il pourra fonctionner un jour. Il n’y a aucune nécessité d’avoir ce combustible sur ce site, dès maintenant. »

Avant de souligner : « Le convoi devra traverser la France sur plus de 1 000 kilomètres. Prendre un tel risque n’est pas justifié. »

Greenpeace organise, ce dimanche 25 octobre, à 18 heures, un rassemblement devant l’usine Framatome à Romans-sur-Isère.

Par Thomas ZIMMERMANN, publié le 24 octobre à 18h43

Photo en titre : Selon Greenpeace, un convoi de transport de combustible nucléaire pour l’EPR de Flamanville est en préparation à l’usine Framatome de Romans-sur-Isère. Photo Greenpeace France

ARIÈGE : UN LABORATOIRE DE MESURE DES FAIBLES RADIOACTIVITÉS UNIQUE EN FRANCE À 85 M SOUS TERRE

En France, deux laboratoires souterrains peuvent analyser les très faibles niveaux de radioactivité en toute sécurité, celui du tunnel du Fréjus… et celui du Lafara, près de Foix. Ce dernier a reçu l’agrément de l’Autorité de sûreté nucléaire cette année. Il est à ce jour le mieux pourvu en Europe sur le plan technologique. Visite d’un des endroits les plus mystérieux d’Ariège.

Clac clac ! Le claquement métallique des tours de clé résonne dans le tunnel d’accès au laboratoire de mesure des faibles radioactivités. La lourde grille vient de se refermer sur un des endroits les plus mystérieux d’Ariège, à quelques kilomètres à peine de Foix. Tout au fond de ce gros tube de béton, un panneau marqué Lafara précède les deux structures pilotées à distance par des chercheurs de l’université Paul-Sabatier, rattachés au laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales, à Toulouse. Il y a 30 ans, ce tunnel construit sous 85 mètres de roche servait à certifier la faible radioactivité naturelle et donc la pureté de l’aluminium produit par Péchiney.

L’industrie partie, le Lafara saute sur l’occasion et devient locataire à titre gracieux d’EDF, qui gère le site. Mais il faut attendre un sacré coup de pouce de l’Europe et de la Région, en 2016, pour que le laboratoire méconnu passe à la vitesse supérieure, à la plus grande joie de Pieter Van Beek, Marc Souhaut et Thomas Zambardi, dont les équipes analysent depuis 1 200 échantillons par an.

Le bond en avant technologique qui suit, le Lafara le doit à ses têtes pensantes, mais aussi à deux entreprises ariégeoises : le cabinet Géoconseil de Saint-Girons d’abord. Ses mesures sur le niveau de radon ambiant permettent la construction d’un extracteur d’air qui ramène aujourd’hui le taux de ce gaz radioactif, incolore et inodore de 100 à 20 becquerels par m3 dans le tunnel. À 2EI ensuite, une société de Tarascon qui a développé des passeurs automatiques d’échantillon sur-mesure qui n’ont pas d’équivalent, actuellement, en France et même en Europe.

Résultat, des analyses ultra-précises préservées des rayons cosmiques par les 85 mètres de roche au-dessus du labo, mais aussi par quatre « châteaux de plomb » de 2 tonnes chacun. Précises, les mesures l’étaient déjà avant. C’est ainsi que des prélèvements faits en 2011 au sommet du Pic du Midi avaient permis de retrouver des traces très diluées d’iode 131, traces prouvant que le nuage radioactif de Fukushima avait atteint les Pyrénées après la tragédie subie par le Japon. Mais les analyses gagnent encore en fiabilité après 2016. Car ainsi protégés, les échantillons étudiés par le Lafara permettent de connaître, par exemple la radioactivité naturelle des océans, l’âge des tourbières ariégeoises… mais aussi de détecter des polluants ou le niveau de radioactivité réel de matériaux utilisés dans l’industrie.

« La prochaine étape est d’installer la fibre pour faciliter le pilotage à distance« , confie Pieter en montrant les webcams qui permettent de superviser les opérations depuis Toulouse. Une chance, le labo avait été chargé en échantillons avant le confinement. La crise sanitaire n’a donc pas empêché les chercheurs de travailler, sachant qu’un échantillon demande un à six jours de travail selon les cas, après passage au spectromètre gamma construit par l’entreprise Mirion-Canberra. Entre les contrats de recherche et les partenariats public privé, le Lafara s’en sort plutôt bien. Comptez 90 € la mesure au tarif universitaire, 250 € l’analyse d’un échantillon pour une entreprise privée. C’est le prix du haut de gamme, avec des chercheurs qui en connaissent un rayon dans leur domaine.

Le projet Geotraces suivi à distance par les écoliers de Ferrières

Ingénieurs, chercheurs, océanographes… les piliers du laboratoire de mesure des faibles radioactivités sont aussi des pédagogues. Début 2021, ils partiront deux mois en mission, sur un bateau bardé d’outils technologiques dernier cri… avec les écoliers de Ferrières et Prayols dans un coin de la tête. Car des échanges réguliers par mail et au moins une visioconférence sont prévus pour permettre aux élèves ariégeois de suivre leurs aventures. Objectif: prélever des centaines de litres d’eau autour des Terres australes et antarctiques françaises, pour en extraire les sédiments, repérer les sources souterraines et cartographier l’océan. Une aventure extraordinaire pour la science… et les élèves de Zahia Ahfir.

Publié le 23/10/2020 , mis à jour

Photo en titre : Pieter Vaan Beek nous a ouvert les portes du mystérieux laboratoire. Photo DDM, B. D.

https://www.ladepeche.fr/2020/10/23/un-laboratoire-unique-en-france-a-85-m-sous-terre-9158046.php

JOURNÉE HISTORIQUE À L’OCCASION DE L’ENTRÉE EN VIGUEUR DU TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES TIAN

Ce 23 octobre, aux Nations unies et lors d’un événement en ligne organisé par les missions permanentes de l’Autriche, du Brésil, du Costa Rica, de l’Indonésie, de l’Irlande, du Mexique, de la Nouvelle-Zélande, du Nigeria, de l’Afrique du Sud et de la Thaïlande, en collaboration avec ICAN, la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, il a été annoncé que la Jamaïque et Nauru avaient ratifié le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), ce qui portait le nombre total de ratifications à 49. Ce samedi 24 octobre, le Honduras a également déposé son instrument de ratification, portant le nombre total de ratifications à 50, ce qui signifie que dans 90 jours, le 22 janvier 2021, le traité entrera en vigueur.

Les implications de ce Traité sont énormes car il introduit dans le droit international l’interdiction de l’arme la plus destructrice jamais inventée. Selon les termes du Traité, il sera illégal pour les États parties de « mettre au point, tester, produire, acquérir, posséder, stocker, utiliser ou menacer d’utiliser des armes nucléaires ». En outre, le traité oblige également les États parties à fournir une assistance appropriée aux personnes touchées par l’utilisation ou l’essai d’armes nucléaires, ainsi qu’à prendre les mesures nécessaires et appropriées pour la restauration de l’environnement résultant des activités liées à l’essai ou à l’utilisation d’armes nucléaires.

Ce nouvel élément du droit international comble effectivement un vide juridique qui existe depuis le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 1970. En vertu de ce traité, cinq États : les États-Unis, la Fédération de Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni, ont été reconnus comme des puissances nucléaires et tous les autres pays ont été contraints de renoncer à leurs programmes d’armes nucléaires en échange de la promesse d’une « utilisation pacifique de la technologie nucléaire ». Toutefois, l’article VI de ce traité stipule :

« Chaque partie au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, ainsi que sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace. »

Et depuis, des militants du monde entier font pression pour que les puissances nucléaires tiennent leur promesse.

Pendant ce temps, quatre autres nations, qui n’ont jamais signé le TNP (Inde, Pakistan, Israël) ou qui s’en sont retirées (Corée du Nord), ont développé leurs propres armes nucléaires, laissant le TNP dans une sorte de limbe perpétuelle, les cinq premiers États nucléaires refusant même de parler de désarmement tant que les quatre autres n’auront pas rejoint le TNP, ayant renoncé à leurs armes. Il est évident que cela ne se produira jamais, compte tenu de l’état actuel de la géopolitique mondiale, avec des tensions constantes entre l’Inde et le Pakistan au sujet de l’État du Cachemire, entre l’Inde et la Chine au sujet de leur différend frontalier, entre la Corée du Nord et les États-Unis dans un conflit qui remonte aux années 1950, et enfin, mais pas des moindres, entre Israël et de nombreux pays du monde arabe.

Malgré le fait que tous les cinq ans, les États parties au TNP se réunissent pour évaluer les progrès et planifier les développements futurs, le processus est complètement bloqué du fait que le traité n’a jamais atteint l’adhésion universelle qu’il exigeait.

La seule fois où la légalité des armes nucléaires a été contestée remonte à 1996, lorsqu’un groupe d’activistes a porté une affaire devant la Cour internationale de justice de La Haye. Les juges dans cette affaire ont établi que les armes nucléaires étaient illégales à moins que l’existence même d’un État ne soit menacée. Ce vide juridique permettait aux États dotés de l’arme nucléaire de conserver leurs armes.

Cependant, le TIAN change à jamais le paysage juridique et constitue une évolution radicale du droit international existant car il élimine cette lacune ; il interdit l’utilisation des armes nucléaires en toutes circonstances.

La crainte que suscite ce nouveau Traité est telle que, dans les jours qui ont précédé la 50ème ratification, les États-Unis ont pris la mesure sans précédent d’écrire à tous les États parties au TIAN pour leur demander de retirer leurs instruments de ratification. Ce sont peut-être les derniers râles de l’administration Trump ; cependant, Trump n’a pas inventé la dépendance des États-Unis aux armes nucléaires, mais suit la même ligne que celle suivie par toutes les administrations des États-Unis depuis qu’Harry Truman est devenu président.

Il est facile de prévoir qu’à mesure que de plus en plus de nations seront frustrées par l’intransigeance des puissances nucléaires, elles choisiront peut-être une à une d’abandonner le TNP et de placer leur confiance dans le TIAN, qui traite tous les États parties sur un pied d’égalité et offre à un État doté d’armes nucléaires la possibilité de ratifier le TIAN et de s’engager ensuite dans un processus de désarmement.

Le nouveau paysage juridique aura sans aucun doute un impact sur d’autres domaines, et de tels effets ont déjà été observés. Un certain nombre d’institutions financières, sensibles à l’opinion de leurs clients, se sont déjà débarrassées d’entreprises qui réalisent des profits grâce à la production d’armes nucléaires. La campagne « Don’t Bank on the Bomb » a connu plusieurs succès, les fonds de pension et les banques tournant le dos aux profits provenant de sources non éthiques. En outre, les campagnes menées dans les États dotés d’armes nucléaires et dans les États (tels que les membres non nucléaires de l’OTAN) qui cherchent à compter sur les armes nucléaires pour leur sécurité seront grandement encouragées, car la stigmatisation des armes nucléaires gagne du terrain du fait de leur illégalité, faisant pression sur les parlementaires pour qu’ils modifient les politiques de défense nationale.

Ce n’est peut-être pas le meilleur traité au monde ; mais comme de plus en plus de nations y adhèrent, il pourrait être amélioré, voire remplacé. Certes, le fait que le préambule consacre le droit d’exploiter l’énergie nucléaire même si elle est toxique, que cette énergie peut échapper au contrôle humain avec des conséquences insondables pour la planète – comme nous l’avons vu auparavant à Tchernobyl et à Fukushima – et que cette énergie est le précurseur nécessaire pour extraire le plutonium indispensable aux bombes nucléaires, reste problématique.

Mais aujourd’hui est un jour de réjouissance et de célébration alors que le monde fait un pas de plus vers un monde sans armes nucléaires. Comme l’a déclaré Setsuko Thurlow, survivante d’Hiroshima et infatigable défenseure de la cause, dans son discours lors de la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix en 2017, « Que ceci soit le début de la fin des armes nucléaires ».

Par Tony Robinson, publié le 25 octobre 2020

À propos de l’Auteur

Tony Robinson

Activiste du Mouvement Humaniste, membre du comité de coordination d’Abolition 2000 – Réseau mondial pour l’élimination des armes nucléaires, auteur du livre  » Café avec Silo et la quête du sens de la vie  » et producteur du film  » Le début de la fin des armes nucléaires. « 

Photo en titre : Crédit image : ICAN

https://www.pressenza.com/fr/2020/10/journee-historique-a-loccasion-de-lentree-en-vigueur-du-traite-sur-linterdiction-des-armes-nucleaires-tian/

LE TRAITÉ INTERDISANT LES ARMES NUCLÉAIRES VA ENTRER EN VIGUEUR

Le traité international interdisant les armes nucléaires a été ratifié par un 50ème pays, a annoncé samedi l’ONU, ce qui permet l’entrée en vigueur dans 90 jours de ce texte que ses promoteurs jugent historique.

Bien que le traité n’ait pas été signé par les principaux détenteurs de l’arme atomique, les militants pro-abolition espèrent que son entrée en vigueur sera plus que symbolique.

C’est le Honduras qui est devenu le 50ème pays à avoir ratifié le traité, nombre à partir duquel le texte entre en vigueur.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a célébré l’événement. C’est « la culmination d’un mouvement mondial pour attirer l’attention sur les conséquences humanitaires catastrophiques de tout usage des armes nucléaires », selon un communiqué de son porte-parole.

« Cela représente un engagement important vers l’élimination totale des armes nucléaires, qui reste la plus haute priorité des Nations unies en matière de désarmement », ajoute le communiqué

« Historique »

Des organisations non gouvernementales ont elles aussi salué l’événement, notamment la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN). Cette ONG qui a obtenu en 2017 le prix Nobel de la paix pour son rôle dans l’élaboration du traité a salué un progrès « historique ».

« Aujourd’hui, c’est une victoire pour l’humanité et la promesse d’un futur plus sûr », a déclaré dans un communiqué Peter Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires prohibe l’utilisation, le développement, la production, les essais, le stationnement, le stockage et la menace d’utilisation de telles armes. Il avait été approuvé par l’Assemblée générale des Nations unies en juillet 2017 avec le soutien de 122 pays. Et il a désormais été signé par 84 pays.

Parmi ceux qui l’ont ratifié récemment figurent le Nigeria, la Malaisie, l’Irlande, Malte, Tuvalu. Après la 50ème ratification, celle du Honduras, le traité doit entrer en vigueur le 22 janvier 2021, a annoncé l’ONU.

Mais les principaux pays possédant l’arme nucléaire, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie, ne l’ont pas signé.

Les militants pro-abolition espèrent que sa ratification aura le même impact que les traités internationaux précédents interdisant les mines terrestres et les armes à sous-munitions : stigmatiser la possession et l’utilisation des armes nucléaires, ce qui pourrait conduire à un changement de comportement, même de la part des pays non-signataires.

Dissuasion

Les États dotés d’armes nucléaires soutiennent pour leur part que leurs arsenaux servent de dissuasion et se disent attachés au Traité de non-prolifération, qui vise à empêcher la dissémination à d’autres pays des armes nucléaires.

« Trop de gens acceptent les armes nucléaires comme des composantes inévitables de l’architecture internationale de sécurité », a dit Peter Maurer.

« Le traité d’interdiction des armes nucléaires nous permet d’imaginer un monde libéré de ces armes inhumaines comme un but atteignable », a-t-il ajouté.

Selon l’ICAN, « nous pouvons nous attendre que les compagnies cessent de produire des armes nucléaires et que les institutions financières cessent d’investir dans les firmes qui produisent des armes nucléaires ».

La directrice exécutive de l’ICAN, Beatrice Fihn, a salué « un nouveau chapitre vers le désarmement nucléaire ». « Des décennies d’activisme ont réalisé ce que beaucoup estimaient impossible : les armes nucléaires sont interdites », a-t-elle déclaré.

« Avec ce succès, nous avons fait un pas important vers notre objectif d’un monde sans armes atomiques », a écrit sur Twitter le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz, rappelant le « rôle décisif » de son pays aux côtés d’autres nations pour défendre ce texte.

Symbolique

Cette étape, pour l’instant extrêmement symbolique, s’inscrit dans un contexte de fortes tensions sur la question du désarmement.

Le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI) signé en 1987 entre Washington et Moscou, qui avait entraîné la destruction d’environ 2.700 missiles d’une portée de 500 à 5.500 kilomètres, est de facto mort depuis 2019, au grand dam des Européens. Le président Donald Trump en avait retiré les États-Unis après avoir accusé la Russie de ne pas le respecter.

Depuis, le traité américano-russe New Start conclu en 2010, qui arrive à expiration début 2021, est considéré comme le dernier accord nucléaire encore en vigueur, contenant les arsenaux des deux pays en dessous de leurs sommets de la Guerre froide.

Les deux pays viennent de s’entendre sur le principe d’une prolongation d’un an, le temps de régler les questions de fond.

Publié le 25/10/2020 à 08h07

Photo en titre : Photo AFP

https://www.courrier-picard.fr/id135626/article/2020-10-25/le-traite-interdisant-les-armes-nucleaires-va-entrer-en-vigueur

BRUNO LE MAIRE VEUT UNE «GIGAFACTORY» FRANÇAISE DE PRODUCTION D’HYDROGÈNE

« D’ici à quelques années nous voulons avoir, en France, une gigafactory de production d’hydrogène qui sera la plus importante au monde » aurait déclaré Bruno Le Maire lors d’une récente séance au Sénat. Ce projet devrait s’inscrire dans la « Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné en France» présenté par le gouvernement le 8 septembre. De son côté, le Conseil des ministres européens présidé par l’Allemagne prépare un document qui vise à exclure l’électricité nucléaire pour la production d’hydrogène « propre ».

Après l’Allemagne et l’Europe, la France affiche donc des objectifs ambitieux d’investissements dans l’hydrogène. Doté d’un budget de 7,2 milliards d’euros sur 10 ans, son plan vise notamment à le produire par électrolyse de l’eau. « Un procédé qui apparaît comme le plus prometteur, et pour lequel la France dispose déjà d’industriels à fort potentiel » estime le gouvernement.

Beaucoup plus coûteuse que le vaporeformage de combustibles fossiles utilisé actuellement pour produire plus de 95% de l’hydrogène consommé dans le monde, le développement d’une filière compétitive d’électrolyse nécessitera donc de passer à l’échelle industrielle en construisant de grandes unités de production.

À l’instar des immenses usines de fabrication de cellules pour batteries qui poussent comme des champignons en Asie mais aussi en Europe, Bruno Le Maire appelle donc de ses vœux une « gigafactory » française de production d’hydrogène. « Giga », c’est en effet 1000 fois plus grand que « méga ». Dans la « stratégie » française, le gouvernement s’est fixé un objectif de 6,5 GW d’électrolyseurs installés en 2030.

Hydrogène « décarboné » ou « renouvelable » ?

Pour les alimenter il faudra aussi disposer de beaucoup d’électricité à bas coût. C’est sans doute la raison pour laquelle la France, championne mondiale de l’énergie atomique, évoque, dans son plan, le développement d’hydrogène « décarboné ». Un terme qui permet d’envisager l’utilisation de l’électricité produite par les 56 réacteurs nucléaires en activité dans l’Hexagone. C’est ce qu’on appelle de l’hydrogène « jaune ». Il est décarboné, certes, mais le « combustible » utilisé – l’uranium – n’est pas renouvelable. En outre, il s’accompagne de la production de déchets radioactifs et ne peut pas vraiment être qualifié de « propre ».

Les ambitions du gouvernement pourraient toutefois être contrariées par l’Europe. Un document que se sont procurés nos confrères de contexte.com dévoile en effet un projet de résolution du Conseil des ministres présenté par la présidence allemande. «La priorité doit être donnée à l’hydrogène renouvelable, seule solution durable à long terme» » y est-il écrit. Il s’agit donc d’hydrogène « vert », produit exclusivement à partir d’énergies d’origine renouvelable comme l’éolien, le solaire ou l’hydroélectricité. Cette formulation exclut d’office le recours à l’électricité d’origine nucléaire et la production d’hydrogène jaune.

Les experts des différents États membres débattront du projet de résolution lors d’une réunion de travail qui se tiendra le 27 octobre. Les échanges entre les partisans de l’hydrogène vert et les supporters de l’hydrogène jaune, représentés principalement par la France et quelques pays d’Europe de l’Est, risquent d’y être vifs.

Le vote final devrait intervenir au cours de la réunion du Conseil des ministres de l’Énergie qui est prévu le 14 décembre.

>>> Lire aussi : Suède : l’hydrogène vert remplacera le charbon pour produire de l’acier neutre en carbone

Par Bernard Deboyser*, publié le 230octobre 2020

* Bernard Deboyser est ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable. Passionné par les énergies renouvelables depuis plus de 30 ans il développe (bénévolement) des projets éoliens et photovoltaïques dans le cadre d’une coopérative citoyenne dont il est un des fondateurs et l’administrateur-délégué.

https://www.revolution-energetique.com/bruno-le-maire-veut-une-gigafactory-francaise-de-production-dhydrogene/

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT JANUS, PALAIS DE L’ÉLYSÉE : SOUS LE MASQUE, LE MENSONGE ET LA TERREUR D’ÉTAT

Monsieur le Président de la République, Palais de l’Élysée, 55 Rue du Faubourg Saint Honoré, 75 008 – Paris

Copie à :
Mme Florence Parly, ministre des armées,
M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères,
Mmes et MM. les députés et sénateurs, Agence France Presse, Presse et média,

Saintes, le 22 octobre 2020,

Objet : Terrorisme et terreur d’État

Monsieur le Président,

Hier soir j’étais, comme des millions de Français, devant mon poste de télévision, et j’ai été profondément ému par l’hommage national rendu à Samuel Paty. A la Sorbonne. Là même où j’ai fait mes études de philo, dans cette cour qui m’était si familière. Samuel Paty, mon collègue en « liberté de pensée », en « quête de vérités » et en « expression libre », mon frère jusque-là inconnu, tragiquement promu au destin de héros. Faut-il donc être assassiné pour être entendu, reconnu, écouté ?

Comme des millions de Français, j’ai ressenti avec horreur le crime commis par un fou islamiste. Et j’ai trouvé très bien, très digne, très convaincant le portrait posthume que vous avez fait de Samuel Paty, votre vibrant hommage, et l’hymne aux valeurs de la République qui l’accompagnait.

Sauf que peu à peu, j’ai perçu un immense décalage entre vos paroles et vos actes. Un gouffre, un abîme. Et j’ai eu la triste sensation que tous ces mots de générosité ne servaient qu’à masquer l’horreur de la politique atomique que vous menez silencieusement au nom de la France et avec nos subsides.

La politique qui vous fait maintenir et augmenter de plus de 50 % -passant de près de 4 milliards à plus de 6 milliards par an d’ici 2025 – le budget consacré à la seule modernisation de nos armes nucléaires. Sans parler des parts de budget caché consacrées à leur entretien et à leur exercice.

La politique qui vous fait dire que la France s’en tient à une « stricte suffisance » – sa capacité de faire un milliard de morts étant par conséquent indispensable à notre sécurité. Et pas n’importe quels morts. Des morts horribles, des souffrances indicibles, des survivants marqués à vie. Ignoreriez-vous les témoignages des hibakusha, les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki ? N’avez-vous donc pas lu celui que Setsuko Thurlow, récipiendaire du prix Nobel de la Paix, vous a envoyé en février dernier ?

Comment pouvez-vous persister dans une politique à ce point criminelle, et proclamer néanmoins que la France restera fidèle à ses valeurs fondamentales : Liberté, Égalité, Fraternité ? Elle ne pourra évidemment pas le rester, puisqu’elle ne l’est déjà plus depuis au moins 70 ans : depuis son premier essai atomique du 13 février 1960 en Algérie. Et même depuis la création du Commissariat à l’Énergie Atomique par le général de Gaulle, le 18 octobre 1945, puisque les recherches du CEA n’avaient d’autre but que d’aboutir à la bombe. But inavoué car déjà à l’époque, on s’avançait masqué. Et que dire de cette fraternité qui consiste à promettre et préparer le massacre de populations entières ?

L’hypocrisie de cette politique, que je dénonce pour ma part depuis des décennies, est proprement insoutenable. Je vous ai écrit plusieurs fois à ce sujet, y compris avant votre élection. Vous ne m’aviez encore jamais répondu – pas plus que votre prédécesseur. Mais voici que, il y a quelques semaines, vous m’avez remercié pour la lettre que j’avais adressée en juin 2020 à votre ministre des armées et vous la lui avez retransmise pour qu’elle me réponde. Et ceci, nonobstant le fait que je lui avais écrit :

« Vous êtes, Madame la ministre, un bel exemple du double langage, du double jeu, de la tartuferie et du cynisme français en matière de respect du droit international humanitaire comme en matière de désarmement, conventionnel ou nucléaire. Il n’y a pas là de quoi être fier. En tant que citoyens, nous avons honte de cette France-là.

« Dans le « monde d’après » où nous entrons, Madame, le gouvernement dont vous êtes doit changer en urgence de discours et de posture, ou plutôt, d’imposture : conformer la politique de défense de la France à ses engagements, à sa Constitution, aux valeurs de la République, et simplement à la raison. »

Justement parce que j’ai confiance en la raison de la plupart des êtres humains – du moins quand ils ne sont pas obsédés par le pouvoir ou l’argent – et même dans le bon sens éventuel d’un certain nombre de chefs d’État – « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée », disait Descartes –, je me suis dit que peut-être, finalement, vous étiez devenu sensible à nos arguments et n’excluiez plus tout à fait une conversion de votre politique et une reconversion de nos industries d’armement.

Hélas, la réponse que Madame Parly m’a fait tenir voici quelques jours par son directeur du cabinet civil et militaire m’a seulement prouvé que rien n’avait changé rue Saint-Dominique. Je réserve naturellement à l’intéressée ma propre réponse, sans manquer bien sûr de vous mettre en copie.

Mais revenons à la cérémonie d’hier. Juste après qu’elle ait eu lieu, je prenais connaissance d’un article de Ouest-France paru quelques heures plus tôt : « Tir de missile de croisière réussi depuis le Suffren, nouveau sous-marin nucléaire d’attaque ».

Son contenu avait de quoi faire frémir : « La France a effectué pour la première fois mardi 20 octobre un tir de missile de croisière depuis un sous-marin, a annoncé le ministère des Armées. Le Suffren, nouvelle génération de sous-marins nucléaires d’attaque de classe Barracuda a « réalisé avec succès » ce tir d’essai de Missile de croisière naval (MdCN) au large de Biscarosse (Sud-Ouest). »

De quelle nature, ce missile ? A priori, conventionnel. Les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) sont dits nucléaires en raison de leur propulsion, pas de la nature de leurs armes. Ils sont seulement faits pour traquer les sous-marins ennemis, recueillir du renseignement, protéger notre porte-avions et nos quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) dotés, eux, de missiles nucléaires : 6 têtes par missile, 16 missiles et donc 96 têtes par sous-marin, l’équivalent de 9,6 millions de tonnes de TNT et de 640 Hiroshima. (Je ne dis pas ça pour vous -vous le savez par cœur et j’aimerais même que cela vous empêche de dormir- mais pour mes concitoyens qui ne le sauraient pas déjà.) « Stricte suffisance« , donc…

Oui, mais l’euphorie exprimée dans un tweet par la ministre des armées laisse prévoir qu’on ne va pas en rester là : « Ce succès confère une nouvelle capacité stratégique à notre Marine et la place parmi les meilleures au monde », s’est-elle félicitée. « Les forces sous-marines françaises pouvaient jusqu’à présent frapper des sous-marins et des navires de surface. Elles peuvent désormais détruire des infrastructures terrestres lourdes, à longue distance ».

Briefé par les militaires, le journal, quant à lui, continuait : « La France rejoint ainsi le cercle fermé des États dotés de missiles de croisière navals, à l’image du Tomahawk américain, « popularisé » par la guerre du Golfe en 1991. Doté d’une portée de mille kilomètres, le MdCN est destiné à frapper des objectifs situés « dans la profondeur » du territoire adverse, tels des centres politiques, des PC antiaériens ou des radars. Il est complémentaire du missile de croisière aéroporté… »

La référence au Tomahawk américain est hautement suggestive. C’est un missile à double usage. Il peut porter une charge explosive conventionnelle. Mais il peut aussi emporter une charge nucléaire : une tête A80 d’une puissance modulable entre 5 et 150 kT (150 000 tonnes d’équivalent TNT, soit dix fois la puissance de la bombe d’Hiroshima qui réduisit en cendres le 6 août 1945 une ville de 350 000 habitants). Quant au « missile de croisière aéroporté » que notre missile français « MdCN » va venir « compléter », il s’agit apparemment du missile Air-Sol à Moyenne Portée – Amélioré (ASMP-A) qui équipe nos Rafale et emporte, lui, à coup sûr, une charge nucléaire de 300 kT.

Il faut donc supposer que le MdCN pourra lui aussi emporter quand on le décidera une charge atomique, auquel cas le « N » ne signifiera plus « Naval » mais « Nucléaire », et les 6 SNA de la classe Barracuda en service dans quelques années pourront s’ajouter à nos quatre SNLE comme autant de sous-marins bivalents, capables de frappes nucléaires à plus courte portée, vu que le « contexte stratégique » pourrait bien s’aggraver d’ici là et que le propre des stratèges, c’est d’être visionnaires et de prévoir le pire.

Voilà probablement où se situe la « véritable rupture stratégique » dont la perspective enthousiasme tant votre ministre, Monsieur le Président. Et vous aussi sans doute. Mais j’attends le démenti formel qui ne devrait pas manquer.

Car votre politique n’en est pas à une duplicité près. Comme quand vous vendez des armes à l’Arabie Saoudite et aux Émirats Arabes Unis, tout en sachant qu’elles seront utilisées contre la population yéménite. Ou quand vous invitez ces mêmes Émirats en guerre à votre « Forum de Paris sur la Paix » pour y sponsoriser… des « Peace Games », des « Jeux de paix » ! Ou quand le même avion militaire qui transporte des malades du COVID de Mulhouse à Brest -l’armée est la charité même- participe la semaine suivante à une frappe nucléaire simulée.

Pour conclure, Monsieur le Président, dites-nous donc en quoi la menace de faire subir à des millions de personnes un horrible destin -en Russie, en Tchétchénie, au Pakistan ou ailleurs…- a réussi à dissuader l’assassin de Samuel Paty de commettre son crime et réussira à en dissuader d’autres.

En vérité, votre politique n’est pas seulement coûteuse et criminelle, elle est inefficace et insensée. J’irais même jusqu’à la dire absurde.

La seule façon de neutraliser la menace terroriste, c’est de cesser de brandir la terreur d’État, c’est de faire respecter nos valeurs républicaines en commençant par les respecter nous-mêmes. La France n’a qu’une sorte de têtes à décapiter : ses têtes nucléaires. Et pas seulement les siennes, mais celles des 9 États-voyous, dont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, qui ont pris l’humanité en otage et menacent à tout instant de l’anéantir.

Comment ne pas comprendre que la violence qui ravage notre monde ne fait que suivre l’exemple des États ?

Voilà pourquoi nous appelons les Français à exiger de vous que vous changiez radicalement de politique, que vous respectiez l’engagement de la France à négocier l’élimination de ses armes nucléaires en même temps que celles des autres.

Et comme vous ne le ferez probablement pas, nous les appelons à exiger, oui, je dis bien : exiger, de leurs élus au Parlement (députés, sénateurs) qu’ils signent la Proposition de Loi visant à organiser un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives.

Nous savons, et vous savez comme nous, que les Français sont 85 % à le vouloir. Le temps est venu pour les peuples de prendre leur destinée en main et pour le peuple français, de leur ouvrir la voie.

Comme l’écrivait Albert Camus dans Combat au surlendemain du massacre d’Hiroshima : « Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. »

Vous voudrez bien excuser la longueur de cette lettre : elle ne s’adresse pas seulement à vous, mais à tous nos concitoyens, qui entendent bien trop peu parler du sujet. Or, le « domaine réservé », c’est terminé. Qu’on le veuille ou non, le peuple français va s’en occuper.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Jean-Marie Matagne, président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)

contact@acdn.net www.acdn.net

Proposition de Loi : https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/proposition_de_loi_pour_un_referendum_sur_l_abolition_des_armes_nucleaires_et_radioactives-4.pdf

Formulaire de signature : https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/pour_signature_formulaire_ppl_referendum_abolition_des_a.n.r.pdf

Liste des signataires au 20 octobre 2020: https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/signataires_ppl_referendum_abolition_liste_au_20_octobre_2020.pdf

Comment trouver vos députés

Comment trouver vos sénateurs

Publié le 23 octobre 2020

L’argent est le nerf de la paix ! ACDN vous remercie de lui faire un DON

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1223&lang=fr

ÉNERGIES RENOUVELABLES : « CE SONT LES ÉTATS-UNIS QUI VONT PROBABLEMENT ENCORE GAGNER LA COURSE »

Dans une tribune au « Monde », le professeur de gestion Robert Bell met en garde les Européens sur la capacité des Américains à mobiliser technologies et investissements pour les devancer dans la course aux énergies renouvelables.

Tribune. « On peut toujours compter sur les Américains pour faire ce qu’il faut, quand ils ont épuisé toutes les autres possibilités. » Que Churchill ait ou non prononcé cette phrase, elle pourrait s’avérer prophétique si Biden gagne en novembre. Son plan pour les énergies renouvelables est si massif qu’il éclipsera le programme actuel de l’Union européenne.

Les États-Unis ont-ils épuisé toutes les autres possibilités ?

Sans aucun doute. Les présidents Bush ont lancé deux guerres contre l’Irak. La première était presque entièrement axée sur le pétrole. Quant à la seconde, Alan Greenspan, ancien président de la Fed, écrit dans ses Mémoires : « Il est politiquement peu commode de reconnaître ce que tout le monde sait… La guerre en Irak est en grande partie une affaire de pétrole. » Obama avait fait campagne sur le verdissement de l’économie, mais il a poussé le développement de la fracturation hydraulique. Trump a tenté de relancer le charbon et il a favorisé lui aussi l’industrie de la fracturation. Celle-ci a continué à opérer, en s’endettant massivement. Les cours du brut ont baissé. La Russie et l’Arabie saoudite se sont lancées dans une guerre des prix. Ajoutez à cela l’effondrement de la demande avec la pandémie ; couverts de dettes, la plupart des « frackers » sont en faillite.

Sous Biden, les États-Unis feraient enfin ce qu’il faut, avec un plan pour parvenir à la neutralité carbone du secteur électrique d’ici 2035. S’il est élu, il faudra s’attendre à une accélération sans précédent, qui verra les États-Unis récupérer les brevets, les marchés, et devenir le leader incontesté dans le domaine des énergies renouvelables, comme ils l’ont fait avec le numérique il y a trente ans.

L’Europe devrait pourtant, en principe, gagner la compétition. Elle possède le premier développeur d’éoliennes offshore pure player, Orsted. Le danois Vestas Wind Systems et le germano-espagnol Siemens Gamesa Renewable Energy dominent le marché mondial des éoliennes. À moins d’une percée scientifique – qui figure dans la stratégie de M. Biden –, la transmission de l’électricité sur longue distance passera par les lignes à haute tension en courant continu : dans ce domaine également, l’Europe dispose d’un avantage concurrentiel considérable, avec des leaders mondiaux comme le français Nexans, l’italien Prysmian, le danois NKT et le suédo-suisse ABB.

Berceau de l’esprit d’entreprise

Quelles grandes entreprises américaines pourraient leur faire concurrence ? Pour les éoliennes, GE. Pour les câbles, GE et quelques autres, dont General Cable qui appartient… à l’italien Prysmian. Mais GE n’est pas un pure player, son management est encombré par une large gamme de produits indépendants.

Les États-Unis sont entravés par leur industrie pétrolière. Contrairement à leurs rivaux européens Shell, BP ou Equinor (l’ancien Statoil), les américains ExxonMobil et Chevron ont annoncé qu’ils ne baisseraient pas leurs dividendes pour investir dans les renouvelables. Le contraste est cruel avec Total, dont la croissance dans la production d’électricité renouvelable est comparable à celle des pure players.

Pourtant, ce sont les États-Unis qui vont probablement encore gagner la course. Pourquoi ? Pas grâce à leurs géants. Mais parce qu’ils sont le berceau de l’esprit d’entreprise et du capital-risque dont il a besoin pour prospérer. Amazon, Google, Facebook, Netflix sont d’anciennes start-up, et non des divisions de monopoles existants. Dans une transformation, les entreprises pure players gagnent. Et même si la production d’énergie n’a pas la vitesse du numérique, des pure players propulsés par la puissance du capital-risque privé peuvent laisser sur place leurs concurrents.

Que doit faire l’Europe ? Tout d’abord, les pays de l’UE doivent encourager l’esprit d’entreprise, en utilisant la fiscalité. L’épargne privée est abondante. Les investissements dans les renouvelables devraient être totalement exonérés d’impôts pendant un certain nombre d’années. L’argent affluera alors comme jamais. Ensuite, les États membres devraient mettre en place un système d’assurance pour les investissements dans les renouvelables. Biden propose 2 000 milliards de dollars pour sa transformation énergétique. Si l’Europe pouvait engager un montant similaire, elle pourrait encourager des investissements privés dix à quinze fois plus importants. L’Europe pourrait ainsi s’assurer la pleine maîtrise de son avenir énergétique.

Par Robert Bell (Traduit par Richard Robert), publié le 23 octobre 2020 à 12h08

Robert Bell : professeur de management, a présidé le département de finance et de management au Brooklyn College (City University de New York). Son ouvrage le plus récent est La Bulle verte (Scali, 2007)

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/23/energies-renouvelables-ce-sont-les-États-unis-qui-vont-probablement-encore-gagner-la-course_6057105_3232.html

PENDANT 1 MOIS, MOBILISONS-NOUS POUR LA SIXIÈME BONNE RAISON DE CONSTRUIRE UN MONDE SANS NUCLÉAIRE

De la mine aux déchets, le nucléaire piétine les libertés. L’Histoire le montre : l’exploitation de l’énergie atomique par les industriels et l’État s’est toujours faite aux prix d’atteintes aux droits humains. 100% de l’uranium utilisé dans nos centrales nucléaires provient de l’étranger. En plus d’être très polluante, l’extraction minière est souvent synonyme de compromissions morales. L’État et les multinationales de l’uranium disposent d’un traitement de faveur dans des pays pauvres ou antidémocratiques. La plupart du temps, les contrats signés sont injustes et reconduisent les rapports de force de la colonisation. Lors de l’octroi de concessions minières, les populations autochtones sont mises à l’écart et dans les mines, les conditions de travail sont déplorables.

Et lorsqu’on parle de la gestion des déchets radioactifs, les acteurs de la filière nucléaire choisissent constamment le passage en force. Avec la complicité de l’État et de sa violente répression, l’industrie du nucléaire impose ses projets mortifères à des citoyens qui n’en veulent pas. Par la surveillance, l’achat des consciences et la propagande, la filière nucléaire tente de faire plier les habitant.es et modifie des territoires en profondeur, souvent pour le pire. Faire respecter les droits humains en France comme à l’étranger, voilà la deuxième bonne raison de construire un monde sans nucléaire et plus solidaire.

Informez vous

En consultant la rubrique « Droits humains » de notre site internet. Avec cette compilation d’articles, d’ouvrages et de documentaires, vous pourrez en apprendre davantage sur les méfaits des entreprises et des institutions du nucléaire et sur les conditions de vie de celles et ceux qui en sont victimes.

 Je consulte la rubrique

En regardant le film La colère dans le vent, qui documente de quelle façon Orano (ex-Areva) a (mal) traité les habitant·es d’Arlit et ses alentours au Niger pour implanter une mine, l’exploiter, et finalement la fermer et abandonner les locaux dans la misère et la maladie.

 Voir la présentation du film-documentaire (2mn07s)

Agissez

En rejoignant un comité de soutien aux opposant·es au projet de poubelle nucléaire en Meuse (Cigéo). Ces comités permettent de montrer aux personnes mises en difficulté à cause de leur engagement qu’ils·elles sont soutenu·es à travers toute la France. En rejoignant un de ces comités, vous démontrez aussi que nous ne nous laisserons pas intimider par la répression policière et judiciaire démesurée et illégitime.

 Je rejoins un comité existant ou j’en créé un nouveau

En interpellant sur les réseaux sociaux les industriels qui bafouent les droits humains, en France comme à l’étranger.

C’est le cas d’Orano (ex-Areva), qui exploite des mines d’uranium dans des pays comme le Khazakstan, la Mongolie ou le Niger.

Exemples de phrases à diffuser sur Twitter et sur Facebook :

@Orano quand et comment comptez-vous dépolluer l’ancienne mine d’Arlit au Niger ? #Criirad

@Orano quand allez-vous indemniser les victimes de la radioactivité de vos mines au Niger, en Mongolie et au Kazakhstan ?

@Orano, l’uranium nigérien permet d’allumer plus d’un quart des ampoules françaises, alors même que 70 % des nigérien·nes n’ont pas accès à l’électricité. Ça vous paraît normal ?

@Orano avez-vous vu le film La colère dans le vent ? #Criirad #Arlit

@Orano, est-ce vrai que vous organisez des voyages au Kazakhstan pour les habitant·es de la Mongolie pour les convaincre des bienfaits d’une mine d’uranium proche de chez eux ?

@Orano, les travailleurs de vos mines sont-ils mieux protégés qu’à l’époque d’Arlit ?

@Orano, 1,3 milliards d’euros de chiffre d’affaire en partie réalisé grâce aux mines du Niger, quand celui-ci est le sixième pays le plus pauvre du monde. Rien ne vous choque ?

En France, c’est le cas de l’Andra, l’agence publique qui pilote le projet d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure (Meuse), et qui bafoue les droits des personnes qui s’opposent à elle.

Comment expliquez-vous que lorsque l’Andra est arrivée sur le territoire dans les années 90, elle a assuré qu’il n’y aurait pas de centre d’enfouissement à Bure et qu’il s’agissait simplement d’un laboratoire de recherche ?

Est-il vrai qu’en 2016, l’Andra a débauché une milice privée qui patrouillait dans le Bois Lejuc et que ses agents étaient équipés de gants plombés et d’imposants gourdins en bois ? »

En 2017, un ingénieur travaillant pour l’Andra a versé une bouteille d’essence sur plusieurs opposant·es au projet Cigéo. Il fait ça souvent ?

@Andra, comment vivez-vous la présence policière massive dans la Meuse depuis que vous avez posé vos valises à Bure ?

@Andra, 85 000 conversations et messages interceptés, 16 ans de temps cumulés d’écoute téléphonique : que feriez-vous sans la répression de l’État ?

Le GIP auquel appartient l’Andra a versé plus d’un milliard d’euros aux départements de Meuse et de Haute-Marne depuis la création du labo : pas comme une impression d’acheter les élu·es et les habitant·es ?

Soutenez

En faisant un don à l’association Cacendr, qui fournit un soutien juridique et financier aux militant.es inquiété.es pour leur engagement contre le nucléaire ou qui font l’objet de répression de la part de l’État.

 En savoir plus

En achetant le livre Areva en Afrique, qui revient sur les différents scandales de la multinationale française Orano (ex-Areva), notamment au Niger.

 En savoir plus

Pour discuter des modalités d’action possibles ou rendre-compte de celles que vous aurez mené, vous pouvez écrire à :

mobilisations@sortirdunucleaire.fr

Message du Réseau Sortir du nucléaire, reçu le 23 octobre 2020

L’AVION À HYDROGÈNE, UNE VRAIE FAUSSE PROMESSE ÉCOLOGIQUE ?

C’est l’élément le plus abondant sur Terre : l’hydrogène. Pourrait-il alimenter des avions de ligne sans émissions de Co2 d’ici 2035 ? C’est la promesse faite par Airbus alors que le secteur de l’aviation est confronté à une crise sans précédent depuis la pandémie de Covid-19 et les appels à une relance verte. Mais l’hydrogène est un produit gourmand en énergie et volumineux à stocker. Est-ce donc une promesse viable ?

Airbus a fait la une des journaux en annonçant en septembre son projet d’avion zéro émission dans les quinze prochaines années. Trois « concept planes » ont été présentés, dont le plus prometteur est une « aile volante« . Tous seraient alimentés à l’hydrogène.

Jean-Brice Dumont, directeur de l’ingénierie d’Airbus, reconnaît que l’hydrogène utilisé doit être vert, « sinon on a perdu dans la production d’hydrogène qui émettra du dioxyde de carbone ce qu’on a gagné dans l’avion, donc c’est un peu hypocrite« .

Des chiffres vertigineux

La façon la plus propre de produire de l’hydrogène est via l’électrolyse de l’eau, qui sépare les atomes d’hydrogène et d’oxygène dans une molécule d’eau. Mais pour que l’hydrogène soit considéré comme vert, l’électricité utilisée dans le processus doit provenir de sources renouvelables.

Un collectif de chercheurs a fait les calculs pour estimer la quantité d’électricité nécessaire pour l’aéroport de Roissy, le plus gros de France. L’astrophysicien Mickael Coriat parle de chiffres vertigineux : « Il faudrait couvrir 5 000 km² d’éoliennes, ce qui correspond à la taille d’un département français entier. Converti en panneaux photovoltaïques, ça voudrait dire 1 000 km² de panneaux photovoltaïques. Et si on décide d’utiliser l’énergie nucléaire à la place, il faudrait utiliser 16 réacteurs nucléaires pour alimenter l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle« .

L’horizon 2035, trop tard ?

Selon les militants écologistes, la promesse d’avions à hydrogène est un leurre créé par l’industrie de l’aviation pour ne pas réduire immédiatement le trafic aérien. Pour eux, 2035 est une date bien trop éloignée pour un premier avion commercial à hydrogène. Il faudrait d’ailleurs rajouter de nombreuses années pour que des flottes entières et des infrastructures aéroportuaires du monde entier s’adaptent.

Ces derniers mois, des militants ont d’ailleurs déployé les grands moyens,  envahissant les tarmacs des aéroports du monde entier pour demander une réduction drastique du trafic aérien. À l’aéroport d’Orly, au sud de Paris, les manifestants ont franchi les clôtures de l’aéroport, rapidement arrêtés par la police.

La porte-parole de l’association Alternatiba, Pauline Boyer, n’est pas montée à bord d’un avion depuis sept ans. Elle affirme que c’est un sacrifice nécessaire pour protéger la planète. « Pour l’instant et à très court terme, il n’y a pas d’avion écologique qui permettrait de continuer sur la trajectoire actuelle d’augmentation du trafic aérien« , explique-t-elle. « Aujourd’hui, c’est l’usage de l’avion qu’il faut repenser en même temps que la réorganisation globale de la société.« 

Par Marina BERTSCH | Marie-Claire IDE | Clémence WALLER | Pierre COLLET, publié le 23/10/2020 à 17h36

https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/%C3%A9l%C3%A9ment-terre/20201023-l-avion-%C3%A0-hydrog%C3%A8ne-une-vraie-fausse-promesse-%C3%A9cologique

LE JAPON REPORTE SA DÉCISION DE REJETER L’EAU TRAITÉE DE FUKUSHIMA DANS LA MER

Le Japon a reporté la décision de rejeter dans la mer de l’eau radioactive traitée de la centrale nucléaire paralysée de Fukushima, ont déclaré vendredi des sources gouvernementales, après que les informations faisant état d’une décision formelle plus tard ce mois-ci aient déclenché une forte opposition de la part des pêcheurs.

Le ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, Hiroshi Kajiyama, a déclaré vendredi lors d’une conférence de presse que le gouvernement n’avait pas l’intention de prendre une décision sur ce qu’il faut faire avec plus de 1,2 million de tonnes d’eau traitée, comme indiqué.

Sa remarque est intervenue après que d’autres sources gouvernementales ont déclaré la semaine dernière qu’il déciderait de la libération de l’eau mardi. Le Premier ministre Yoshihide Suga a déclaré le mois dernier, lors d’une visite à l’usine de Fukushima Daiichi qui a subi des effondrements suite au tremblement de terre et au tsunami de mars 2011, que le gouvernement veut « prendre une décision le plus tôt possible » sur la manière de gérer l’eau.

« Nous ne sommes pas à un stade où nous pouvons annoncer le moment précis d’une décision » sur la façon de traiter l’eau stockée, a déclaré Kajiyama, ajoutant: « Nous voulons procéder avec précaution. »

L’eau utilisée pour refroidir les réacteurs endommagés a été traitée à l’aide d’un système avancé de traitement des liquides, ou ALPS, pour éliminer toutes les matières radioactives à l’exception du tritium et est stockée dans des réservoirs dans les locaux de l’usine.

Le complexe de Fukushima devrait manquer de capacité de stockage d’eau d’ici l’été 2022, l’eau contaminée augmentant d’environ 170 tonnes par jour.

Plusieurs participants à une réunion gouvernementale convoquée vendredi pour discuter de ce qu’il faut faire avec l’eau ont déclaré que des mesures approfondies sont nécessaires pour remédier aux dommages à la réputation du secteur de la pêche attendus en raison du rejet de l’eau dans l’environnement.

Kajiyama, qui a présidé la réunion, a déclaré: « Il est nécessaire d’approfondir davantage nos discussions » en répondant aux préoccupations exprimées par les citoyens locaux, les municipalités et les organisations apparentées.

Les participants d’autres ministères, y compris ceux qui supervisent la reconstruction après la catastrophe de 2011 et l’industrie de la pêche, ont appelé à des mesures approfondies pour faire face aux répercussions de la libération de l’eau stockée.

Le gouvernement a jusqu’à présent convoqué sept réunions sur la question depuis avril, écoutant les opinions des représentants de 29 organisations.

Il a également reçu 4 011 opinions publiques, dont environ 2 700 ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact de l’eau traitée sur la santé humaine et environ 1 400 ont mis en doute le processus de prise de décision.

La Corée du Sud, qui interdit actuellement les importations de fruits de mer de la région, a également exprimé à plusieurs reprises son inquiétude quant à l’impact environnemental.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a déclaré lors de sa visite à l’usine en février que le rejet de l’eau traitée dans la mer répondait aux normes mondiales de pratique de l’industrie.

C’est un moyen courant de rejeter de l’eau dans les centrales nucléaires du monde entier, même lorsqu’elles ne sont pas dans des situations d’urgence, avait-il déclaré à l’époque.

Par SasukE, publié le 23 octobre 2020

https://www.japanfm.fr/le-japon-reporte-sa-decision-de-rejeter-leau-traitee-de-fukushima-dans-la-mer/

ACTUALITÉS TRANSPORTS NUCLÉAIRES EPR FLAMANVILLE

Des militants du Can-Ouest ont assisté mercredi à une visio-conférence initiée par le RSDN. D’après Greenpeace, le premier transport serait programmé dans la première moitié de la semaine prochaine. Le départ de Romans tôt le matin et arrivée en soirée à Flamanville, se ferait probablement lundi 26 octobre mais c’est à confirmer vendredi. Trois trajets seraient possibles dont passage par Lyon.

Il a été proposé de se rassembler* simultanément devant l’usine framatome à Romans et devant le site de l’EPR de Flamanville dimanche 25 octobre à 18 h. Possibilité aussi que des rassemblements délocalisés soient mis en place à la même date comme à Rouen. Les militants présents pourront se concerter pour une action éventuelle le lendemain pour accueillir le convoi comme ceux qui seront présents lors de la déambulation-exposition à St Malo samedi 24 octobre pourront le faire. https://www.can-ouest.org/en-manque-de-bulles/

Le Can-Ouest a diffusé dès lundi 19 octobre l’appel à vigilance pour tous les citoyens opposés à cette livraison en France. https://www.can-ouest.org/transport-nucleaire-pour-lepr-de-flamanville-appel-a-vigilance/

D’autres convois sont prévus sans doute une trentaine jusqu’en janvier 2021.

Aussi face à l’entêtement des nucléocrates, parce que ce réacteur ne doit pas entrer en service, appelons-nous chacun à exprimer son opposition à la livraison de ce combustible n’importe où il se trouve en France en se déclarant point de vigilance EPR auprès du Collectif anti-nucléaire Ouest au 07 68 35 03 38 ou ( 06 45 30 74 66 / 06 08 71 79 61 / 06 84 14 58 87) ou par mail transports@can-ouest.org

* dans le respect des conditions sanitaires actuelles

Par Chantal CUISNIER, publié le  22 octobre 2020

https://www.can-ouest.org/actualites-transports-nucleaires-epr-flamanville/

À PARTIR DE FIN OCTOBRE, DEUX CAMIONS PAR SEMAINE PENDANT 16 SEMAINES VONT TRAVERSER TOUTE LA FRANCE EN DIAGONALE CHARGÉS DE PRODUITS RADIOACTIFS MORTELS POUR L’EPR DE FLAMANVILLE. LA RIPOSTE S’ORGANISE…

Le serviteur officiel du lobby nucléaire – l’Autorité de Sûreté Nucléaire –  vient de donner ce 8 octobre son feu vert à la réception et à l’entreposage en piscine sur le site de  l’EPR de Flamanville des produits de fission (combustible) fabriqués dans notre région (Tricastin, Marcoule, Romans/Isère). Alors que ce réacteur atomique n’a toujours pas reçu une autorisation de fonctionnement et accumule les malversations et défaillances dans sa construction : à partir de fin octobre au départ de Romans sur Isère, deux camions par semaine pendant quatre mois vont traverser toute la France en diagonale chargés de produits radioactifs mortels. Des actions pour empêcher ce crime organisé sont prévues tout au long du parcours par les antinucléaires.

L’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) a délivré à EDF le 8 octobre dernier une autorisation de mise en service partielle pour l’EPR de Flamanville (Manche) alors que la cuve de ce réacteur fabriquée par Framatome au Creusot a été reconnue non-conforme notamment par sa fragilité du à une mauvaise répartition du taux de carbone dans son acier, tout comme de nombreuses autres pièces, et que pas moins de huit soudures de traversée de l’enceinte réacteur sont défectueuses et impossibles à réparées ou à refaire en totalité (connue dès 2019 et réparables éventuellement en partie mais pas avant deux années en 2022).

Conséquence de cette précipitation du serviteur du lobby nucléaire à donner son autorisation : à partir du 26 octobre de premiers camions chargés de produits de fission fabriqués à Marcoule (Gard) et Tricastin (Vaucluse-Drôme) partiront de l’usine Framatome (filiale d’EDF) de Romans-sur-Isère dans la Drôme, où ils sont assemblés sous forme de tubes géants (crayons,) pour acheminer ce « combustible » radioactif jusqu’à Flamanville. Deux camions par semaine durant 16 semaines traverseront ainsi toute la France en diagonale avec leurs chargements de mort. Risques de dégagements contaminants et d’accidents de circulation sur routes et autoroutes à la clef.

Objectif de la nucléocratie en perdition et en faillite : entreposer dans des piscines le « combustible » sur le site de l’EPR pour pouvoir charger le réacteur atomique et lancer son fonctionnement hasardeux et mortel. La précipitation de l’ASN vise ainsi à faciliter la stratégie suicidaire et totalitaire de EDF d’imposer au pays et à la population la construction de pas moins de six réacteurs de type EPR disséminés un peu partout sur le territoire. L’annonce, l’an dernier, par le gouvernement Macron-Philippe qu’aucune décision ne serait prise à ce sujet tant que l’EPR de Flamanville ne fonctionnerait pas montre la rouerie de ce double langage du « en même temps » qui ne vise qu’à masquer les intérêts profonds que sert ce pouvoir économico-politicien.

La compromission des gouvernements successifs depuis cinquante ans avec les adorateurs fanatiques de la destruction atomique militaro-civile illustre la mystique qui imprègne les sphères décisionnaires de la politique française qui font peu cas de la santé, de la vie des gens et des territoires, de l’avenir de la planète et du pays.

Alors que la région Rhône-Durance – la plus nucléarisée d’Europe – est déjà atteinte depuis plus de quarante ans par les rejets radioactifs (liquides et gazeux) dans l’atmosphère et les eaux des rivières et menacée au quotidien par les risques de catastrophes atomiques des sites de Cadarache (Bouches-du-Rhône), Marcoule (Gard), Tricastin (Vaucluse-Drôme), Cruas (Ardèche), Romans (Drôme) – tous implantés sur des failles sismiques – c’est un nouveau risque majeur que l’ASN impose à la région et à sa population. Le nucléaire – technologie coûteuse, dangereuse, colonialiste, antidémocratique du siècle passé – participe depuis ses origines d’une stratégie du fait accompli et du passage en force. La seule solution d’avenir : la mise à l’arrêt immédiat de toutes les installations nucléaires du pays.

Arrêtons de produire et d’accumuler des déchets radioactifs mortels – certains pour des millénaires – sans solution de traitement. Stoppons cette fuite en avant de l’État nucléocratique qui n’agit qu’au mépris de la sécurité et de la santé des habitants. Refusons de subir un Fukushima en France.

Pour s’opposer à ces transports mortels à travers toute la France qui débuteront la semaine du 26 octobre et contre le démarrage de l’EPR, la riposte s’organise un peu partout en France. Un premier rassemblement est organisé ce dimanche 25 octobre à 18h devant l’usine Framatome de Romans-sur-Isère (54 avenue de la Déportation)

Photos et illustrations : DR et www.m-c-c-a.org

Partagez !

Par Rédaction, publié le jeudi 22 octobre 2020 à 20h05

Photo en titre : transport_nucléaire_EPR.png, oct. 2020

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2020/10/22/A-partir-de-fin-octobre%2C-deux-camions-par-semaine-pendant-16-semaines-vont-traverser-toute-la-France-en-diagonale-charg%C3%A9s-de-produits-radioactifs-mortels-pour-l-EPR-de-Flamanville.-La-riposte-s-organise

GREENPEACE CONDAMNE LES PROJETS JAPONAIS DE REJETER L’EAU DU RÉACTEUR DE FUKUSHIMA DANS LA MER, AFFIRMANT QUE CELA POURRAIT ENDOMMAGER L’ADN HUMAIN

Greenpeace a averti que l’eau radioactive de la centrale nucléaire paralysée de Fukushima au Japon contient des matières qui pourraient endommager l’ADN humain si elles étaient rejetées dans l’océan, comme prévu.

L’eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima, aujourd’hui disparue, contient une substance radioactive nocive pour l’ADN humain, selon un rapport de Greenpeace. Le document a été publié vendredi matin et traitait des informations selon lesquelles le Japon rejetterait 1,23 million de tonnes d’eau dans l’océan Pacifique.

La publication intitulée «  Endiguer la marée 2020: la réalité de la crise de l’eau radioactive de Fukushima  » affirme que l’eau prétendument traitée contient encore « niveaux dangereux de carbone-14 », une substance radioactive qui a le «potentiel d’endommager l’ADN humain».

Depuis le tremblement de terre, le tsunami et la catastrophe nucléaire qui en a résulté en 2011, Tokyo Electric Power (Tepco) a eu du mal à gérer l’accumulation de liquide contaminé sur le site de la catastrophe.

Aussi sur rt.com

Le Japon devrait déverser plus d’1 MILLION DE TONNES d’eau radioactive de Fukushima dans le Pacifique, les pêcheurs craignent un «  impact catastrophique  »

Des réservoirs de stockage ont été construits pour abriter l’eau contaminée, qui a été utilisée pour refroidir les cœurs des réacteurs nucléaires. Cependant, la tâche de nettoyage a été rendue plus difficile car il est apparu que des fissures dans les fondations des réacteurs avaient permis à d’énormes quantités d’eau de s’infiltrer dans la terre et de contaminer les eaux souterraines. Cela laissait aux autorités plus d’eau à traiter.

Greenpeace a également accusé le gouvernement de répandre des fausses vérités sur les conséquences de la catastrophe. Le rapport affirme que le gouvernement japonais a incorrectement décrit l’eau comme «traitée» et a donné l’impression que le tritium radioactif est le seul radionucléide dans l’eau.

L’espace pour stocker le liquide devrait s’épuiser d’ici 2022, obligeant les autorités à prendre une décision concernant son élimination.

Le Premier ministre japonais Yoshihide Suga a déclaré mercredi qu’une décision devait être prise rapidement. « Nous ne pouvons pas reporter le problème indéfiniment. Nous aimerions prendre une décision responsable dès que possible », il ajouta.

Bien que le gouvernement japonais n’ait pas encore fait d’annonce officielle, il a été signalé la semaine dernière que les autorités étaient favorables au rejet de l’eau sale dans la mer pendant de nombreuses années.

Le 11 mars 2011, la côte nord-est du Japon a été frappée par un séisme de magnitude 9,0 et un tsunami de 15 mètres. La centrale nucléaire de Fukushima a largement survécu au tremblement de terre mais a été gravement endommagée par le tsunami. L’effondrement qui a suivi a été la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl en 1986.

Vous aimez cet article? Partagez-le avec un ami!

Par Dacid Rolet dans News publié le 23 octobre 2020 à 3h55

https://news-24.fr/greenpeace-condamne-les-projets-japonais-de-rejeter-leau-du-reacteur-de-fukushima-dans-la-mer-affirmant-que-cela-pourrait-endommager-ladn-humain/

Mots

Greenpeace, condamne, projet, japonais, rejeter, eau, contaminée, réacteur, Fukushima, endommager, ADN, humain,

BIDEN DIT ÊTRE PRÊT À RENCONTRER LE DIRIGEANT NORD-CORÉEN S’IL ACCEPTE DE RÉDUIRE SA CAPACITÉ NUCLÉAIRE

WASHINGTON, 22 oct. (Yonhap) — Joe Biden, candidat démocrate à la présidence des États-Unis, a déclaré jeudi qu’il ne rencontrerait le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un qu’à la condition que ce dernier accepte de réduire les capacités nucléaires de son pays.

«À la condition que (Kim) consente à réduire sa capacité nucléaire. Pour obtenir cela», a répondu Biden à la question sur les conditions préalables pour qu’il rencontre le dirigeant nord-coréen.

«La péninsule coréenne doit être une zone sans nucléaire», a-t-il ajouté lors du deuxième et dernier débat télévisé de l’élection présidentielle américaine avec son rival républicain Donald Trump.

L’ancien vice-président a argué que Trump et ses trois rencontres avec Kim avaient légitimé davantage le dictateur nord-coréen.

«Qu’est-ce qu’il a fait ? Il a légitimé la Corée du Nord. Il a parlé de son bon ami qui est un voyou, un voyou, et il dit que nous sommes dans une meilleure position», a indiqué Biden.

Ses remarques sont survenues juste après que Trump a dit de nouveau qu’il a empêché une guerre nucléaire avec la Corée du Nord.

«Devinez quoi. Il y aurait une guerre nucléaire et (Kim) a plein de capacités nucléaires. Entre-temps, j’ai de très bonnes relations avec lui, un autre type d’homme, mais il pense probablement la même chose à propos de moi. Nous avons des relations différentes. Nous avons de très bonnes relations et il n’y a aucune guerre», a dit Trump durant le débat télévisé, le dernier avant le 3 novembre, le jour de l’élection présidentielle.

Trump a affirmé que la question nord-coréenne était un «désordre» quand il a pris ses fonctions après l’ancien président Barack Obama et le vice-président Biden, mais qu’il a renversé la situation.

«Ils m’ont laissé un désordre. La Corée du Nord était un désordre. Et, en fait, si vous vous souvenez des deux ou trois premiers mois, il y avait une période très dangereuse avant que nous l’ayons réglée un peu», a-t-il dit.

Biden a affirmé que Trump n’a rien fait que de permettre à la Corée du Nord de renforcer ses capacités nucléaires de longue portée.

«Il dit que nous sommes dans une meilleure position et ils ont beaucoup plus de missiles capables d’atteindre le territoire américain, beaucoup plus facilement qu’avant», a déclaré Biden.

La Corée du Nord maintient un moratoire sur les tests nucléaires et de missiles à longue portée depuis la fin de 2017, environ six mois avant que Kim ait tenu le tout premier sommet entre les avec Trump à Singapour en juin 2018.

Cependant, Kim a dit plus tard qu’il ne voyait aucune raison de s’en tenir aux restrictions qu’il avait imposées lui-même à son pays.

Le 10 octobre dernier, le pays communiste a dévoilé un nouveau missile balistique intercontinental (ICBM) d’une portée plus longue lors de la parade militaire du 75ème anniversaire de la fondation du Parti du travail au pouvoir.

Trump n’a pas dit s’il se sentait trahi par le fait que le Nord a dévoilé un nouvel ICBM. Il a déclaré qu’il savait que le Nord ne causerait aucun problème.

«Vous savez, il y a environ deux mois, il a franchi une certaine limite. Ils ont dit, « Oh, il va y avoir des problèmes ». J’ai dit non parce qu’il ne va pas le faire et j’avais raison», a dit le président américain.

Trump a tenu trois réunions avec le dirigeant nord-coréen, dont leur deuxième sommet bilatéral tenu à Hanoï en février 2019.

Leurs discussions ont été suspendues toutefois depuis que le sommet de Hanoï s’est terminé sans accord.

Trump s’est vanté de ses rencontres avec Kim en affirmant que Kim avait refusé de rencontrer son prédécesseur démocrate Barack Obama.

«Il n’aimait pas Obama. Il ne l’aimait pas. Il ne l’aurait pas fait. Ils ont essayé. Il ne l’aurait pas fait», a dit le président américain.

Biden a insisté sur le fait que Kim ne voulait pas rencontrer Obama parce que le président américain précédent a refusé de légitimer le dirigeant nord-coréen.

«La raison pour laquelle il n’a pas rencontré le président Obama, c’est parce que le président Obama a dit, « Nous allons parler de la dénucléarisation. Nous n’allons pas vous légitimer. Nous allons continuer de mettre en avant des sanctions plus fortes et plus fortes contre vous ». C’est pour cela qu’il ne nous a pas rencontrés», a expliqué Biden.

Trump a souligné une nouvelle fois que, s’il n’avait pas été là, ils auraient été en guerre avec la Corée du Nord et que «32 millions de personnes à Séoul, des millions de personnes seraient morts maintenant».

«Nous ne sommes pas en guerre, nous avons de bonnes relations. Avoir de bonnes relations avec les dirigeants de notre pays est une bonne chose», a-t-il déclaré lors du débat.

Séoul ne compte qu’environ 10 millions de personnes alors que le grand Séoul, qui englobe la province du Gyeonggi et la ville portuaire d’Incheon, dans l’ouest du pays, abrite 25 millions de personnes.

Biden a repris Trump en disant que les États-Unis avaient une «bonne relation avec (Adolf) Hitler avant qu’il n’envahisse le reste de l’Europe».

mjp@yna.co.kr

Dans Actualités, publié le 23.10.2020 à 16h36

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20201023002400884#none

CHERBOURG-EN-COTENTIN. UN DOCUMENTAIRE SUR LE NUCLÉAIRE, DE LA HAGUE AU JAPON

Le réalisateur Franck Sanson sera présent, vendredi 23 octobre, à l’Odéon, pour l’avant-première de son documentaire : Peur à fleur de peau : de la Hague à Fukushima. Il partage sa vie entre le Cotentin et Paris. Lui qui a vécu dans la Hague se souvient de la cohabitation tranquille avec l’usine, mais aussi de la peur qu’un « incident » avait suscitée chez lui. « J’ai souhaité faire le lien avec les gens qui habitaient près de Fukushima. Eux aussi sont des citoyens : ils se sont posé des questions et sont aujourd’hui en colère contre les non-dits et le mensonge. »

La peur du nucléaire en commun

Fukushima et la Hague en France ont un point commun : la peur du nucléaire. « Pour les uns, elle s’est muée en enfer, pour les autres elle demeure ce sentiment conscient ou inconscient qui s’invite au quotidien. » Mais le film de Franck Sanson n’est pas militant : « C’est un film d’auteur, ni pour ni contre le nucléaire. Je suis plutôt sur le registre de l’émotion. » Le réalisateur s’interroge en tant que citoyen, et il aimerait que le spectateur se questionne lui aussi

Vendredi 23 octobre, à 19 h 30, à l’Odéon, rue Mal-Foch, tarif habituel, réservation obligatoire à f.sanson@a2dock-film.com

Par Ouest-France, publié le 22/10/2020 à 17h42

Photo en titre : Route d’accès à l’usine Fukushima Daiichi. Franck Sanson s’est rendu au Japon pour interviewer les anciens riverains de la centrale. | DR

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/cherbourg-en-cotentin-un-documentaire-sur-le-nucleaire-de-la-hague-au-japon-7025554

POUTINE INVITE LA FRANCE À REJOINDRE LE TRAITÉ NEW START SUR LES ARMES NUCLÉAIRES

Le Président russe considère que si la sécurité et la nécessité que la Chine rejoigne le New Start sont évoquées, d’autres puissances nucléaires, tels le Royaume-Uni et la France, doivent être prises en compte. Et de rappeler que des pays n’étaient pas officiellement considérés comme tels, alors que tout le monde sait qu’ils ont l’arme nucléaire.

Les discussions sur l’inclusion de la Chine au Traité de réduction des armes stratégiques devraient impliquer d’autres puissances nucléaires, a estimé Vladimir Poutine intervenant lors d’une session du club de discussion Valdaï.

«Pourquoi seulement la Chine? Où sont les autres puissances nucléaires», a lancé le Président russe. «Où est la France qui vient d’annoncer qu’elle a testé un nouveau système de missile de croisière depuis un sous-marin. C’est aussi une puissance nucléaire. Le Royaume-Uni également». Voir : https://fr.sputniknews.com/international/202009181044454243-new-start-inclure-la-france-et-le-royaume-uni-dans-les-negociations-est-prioritaire-pour-la-russie/

D’autres puissances nucléaires existent même si elles ne sont pas reconnues en tant que telles, a ajouté Poutine, précisant que le monde entier savait que ces pays possédaient des armes nucléaires.

«Telle une autruche nous plongerons la tête dans le sable et ferons semblants de ne pas comprendre ce qui se passe?», s’est-il interrogé.

Traité New Start

Le traité de réduction des armements stratégiques New Start, signé par Moscou et Washington en 2010, est à présent le seul traité de limitation des armements nucléaires existant entre les deux pays. Entré en vigueur le 5 février 2011, il expire le 5 février 2021. Le Président russe a déjà proposé de le prolonger pour cinq ans sans condition préalable.

De son côté, Donald Trump a indiqué en novembre dernier que les États-Unis aimeraient conclure un nouvel accord de contrôle des armements avec la Russie et la Chine, voire éventuellement avec d’autres pays. Pékin rejette cette option.

Par Elena Semionova, publié le 22 octobre 2020 à 19h06, mis à jour à 19h 09

Photo en titre : © Sputnik . Aleksey Druzhinine

https://fr.sputniknews.com/international/202010221044618925-poutine-invitela-francea-rejoindre-le-traite-new-start-sur-les-armes-nucleaires/

NDLR: La France s’enorgueillirait d’abandonner ses armes nucléaires la première au lieu de les perfectionner comme c’est le cas actuellement.

PENLY : DÉTECTION TARDIVE DE L’INDISPONIBILITÉ D’UNE POMPE D’ALIMENTATION DE SECOURS DES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR

Le 15 octobre 2020, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive de l’indisponibilité d’une turbopompe du circuit d’alimentation de secours en eau des générateurs de vapeur (système ASG) du réacteur 1.

Le système ASG est constitué de deux voies indépendantes (voies A et B), chacune équipée d’une motopompe électrique et d’une turbopompe fonctionnant à la vapeur. Chacune des pompes de ces deux voies permet d’assurer la fonction d’alimentation de secours en eau des générateurs de vapeur.

Le 11 octobre 2020, alors que le réacteur était en arrêt pour maintenance programmée, EDF a détecté lors d’un essai des vibrations anomales sur la turbopompe de la voie A, conduisant l’exploitant à déclarer cet essai non satisfaisant et à considérer l’équipement comme indisponible.

L’analyse technique de cette anomalie a mis en cause le mauvais positionnement de bouchons de remplissage d’huile sur la pompe, datant d’une opération de maintenance antérieure. Cependant, le réacteur était depuis plusieurs jours dans un état nécessitant le bon fonctionnement de cette pompe pour assurer pleinement la fonction d’alimentation de secours en eau des générateurs de vapeur.

Cet écart n’a pas eu de conséquence sur le personnel ni sur l’environnement. Toutefois, en raison de la détection tardive de l’anomalie sur la turbopompe, il a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Le 13 octobre 2020 en fin d’après-midi, le matériel a été remis en conformité et l’essai périodique s’est cette fois-ci avéré satisfaisant. L’ASN sera attentive quant à l’analyse, par l’exploitant, des causes profondes de cet évènement, qui ont notamment conduit à l’installation de bouchons de remplissage d’huile non conformes sur la pompe.

Publié le 22/10/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-de-l-indisponibilite-d-une-pompe-d-alimentation-de-secours

À LA BASE D’AVORD (18), ET DANS LES ALENTOURS, DEUX JOURS D’EXERCICE POUR SIMULER UN ACCIDENT NUCLÉAIRE, LES 4 ET 5 NOVEMBRE

Les 4 et 5 novembre, un exercice nucléaire civilo-militaire sera organisé à la base aérienne 702 d’Avord et ses alentours. Il concernera Avord, Farges-en-Septaine et Savigny-en-Septaine.

La préfecture du Cher, la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, l’armée de l’air et de l’espace et l’autorité de sûreté nucléaire de la défense participeront conjointement à un scénario d’accident nucléaire sur la base d’Avord.

« L’objectif est de tester l’organisation de crises entre différentes autorités, note le préfet du Cher, Jean-Christophe Bouvier. L’autre spécificité, c’est que cet exercice va traiter d’une matière sensible (le nucléaire, N.D.L.R.), qui est très complexe, qu’elle soit civile ou militaire. »

Présence importante pendant deux jours

Ce type d’exercice, à grande échelle, est obligatoire tous les cinq ans, même si « ce risque radiologique est infime » à la base d’Avord.

Cet entraînement sera aussi l’occasion « d’expliquer aux nouveaux élus, aux associations et à la population résidant à proximité du site l’organisation mise en place » et « d’acquérir les attitudes réflexes », souligne la préfecture, qui informe que la présence de militaires, gendarmes et pompiers sera importante lors de cet exercice. 

Par Jordan Brest (jordan.brest@centrefrance.com)

Photo en titre : Jean-Christophe Bouvier, préfet du Cher et le général Louis Fontant, adjoint territoire national. © Jordan Brest

https://www.leberry.fr/bourges-18000/actualites/a-la-base-d-avord-et-dans-les-alentours-deux-jours-dexercice-pour-simuler-un-accident-nucleaire-les-4-et-5-novembre_13861093/

BURE : UNE BD RACONTE COMMENT LA FILIÈRE NUCLÉAIRE A « ACHETÉ LES CONSCIENCES »

Plongeant au cœur du projet d’enfouissement des déchets radioactifs, « Cent mille ans » est une BD qui dévoile notamment la stratégie de l’Andra pour convaincre les élus locaux : les inonder de subventions. Extraits à découvrir en exclusivité sur BibliObs.

Quel travail ! Et quel vertige à la lecture !

La BD documentaire est aujourd’hui un genre assez largement répandu, mais il est rare qu’un album provoque une impression aussi forte que « Cent mille ans ».

En 128 planches, accompagnées d’une vingtaine de pages de documents, le récit plonge au cœur du projet le plus titanesque jamais imaginé par la filière nucléaire en France : construire un réseau de galeries souterraines équivalent au métro de Paris pour y enfouir pendant cent mille ans les déchets radioactifs produits par les centrales françaises. Et pour y parvenir, visiblement, tous les moyens sont bons !…

… Par Eric Aeschimann, publié le 22 octobre 2020 à 12h41, mis à jour le 22 octobre 2020 à 12h46

NDLR : Pour lire la suite de l’article, il faut s’abonner. Voir les conditions sur le site :

https://www.nouvelobs.com/bd/20201022.OBS35077/bure-une-bd-raconte-comment-la-filiere-nucleaire-a-achete-les-consciences.html

…mais vous pouvez aussi acheter la BD…

LIVRE – » L’ARME NUCLÉAIRE : ÉLIMINONS-LA AVANT QU’ELLE NOUS ÉLIMINE »

Ce livre de Marc Finaud, membre du Bureau d’IDN, est publié aux éditions L’Harmattan, avec une préface de Paul Quilès, président d’IDN.

Il est composé d’un recueil d’articles et de tribunes publiés afin d’informer le public sur les dangers existentiels que l’arme nucléaire fait peser sur l’humanité et la planète.

Contredisant la croyance que la dissuasion nucléaire garantit la paix, Marc Finaud souligne l’abaissement inquiétant du seuil d’emploi des armes nucléaires dû à des choix doctrinaux ou technologiques ainsi qu’à la menace d’escalade de conflits régionaux.

Il mentionne les efforts de la communauté internationale pour abolir cette arme désormais jugée illégale par nombre de pays. Il appelle de ses vœux une mobilisation de la jeunesse, dont l’avenir est rendu incertain par le dérèglement climatique, mais aussi par cette épée de Damoclès nucléaire.

Marc Finaud est un ancien diplomate de carrière. Il travaille désormais comme formateur pour jeunes diplomates et officiers au sein du Centre de Politique de Sécurité de Genève (GCSP) dans tous les domaines de la sécurité internationale. Au cours de sa carrière diplomatique, il a été affecté à plusieurs postes bilatéraux (URSS, Pologne, Israël, Australie) ainsi qu’à des missions multilatérales (CSCE, Conférence du Désarmement, ONU). Il est titulaire de Masters en Droit international et en Sciences politiques. Il a aussi été Collaborateur scientifique de l’Institut des Nations unies pour la Recherche sur le Désarmement (UNIDIR) (Programme sur les Armes de destruction massive).

  • Date de publication : 14 octobre 2020
  • Broché – format : 13,5 x 21,5 cm • 128 pages
  • ISBN : 978-2-343-21527-3
  • EAN13 : 9782343215273
  • EAN PDF : 9782140160554
  • (Imprimé en France)

IDN

L’association Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN) a pour but d’œuvrer à l’élimination progressive et équilibrée des armes nucléaires de la planète, pour contribuer à l’édification d’un monde plus sûr.

Par 7seizh.info, publié le 20 octobre 2020

https://7seizh.info/2020/10/20/larme-nucleaire-eliminons-la-avant-quelle-nous-elimine/

LES ANTI-NUCLÉAIRES NE LÂCHENT RIEN EN CÔTE D’OR

Une nouvelle manifestation était organisée ce mercredi à Moloy, à 30 Kms au nord de Dijon, non loin du CEA Valduc. Ci-dessous le communiqué du collectif « Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires ».

Ce 21 octobre 2020, 5 lanceurs d’alerte du ‘Collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ ont déployé des banderoles à Moloy, sous la surveillance et la protection bienveillantes des gendarmes, en attendant le passage des voitures et des bus ramenant le personnel du CEA-Valduc (Commissariat à l’énergie nucléaire et aux énergies alternatives) à la fin de la journée de travail.

Initiées en janvier 2020, c’est la 9ème vigie citoyenne mensuelle près du CEA-Valduc pour demander la reconversion du CEA Valduc à des applications utiles à l’humanité, et la signature du TIAN par la France.

La dissuasion nucléaire, ça ne marche pas !

Car une arme dont l’adversaire sait qu’elle ne sera pas utilisée n’a aucun effet dissuasif : L’Égypte a attaqué Israël en 1967 malgré l’arme nucléaire israélienne. L’Argentine n’a pas craint l’arme nucléaire britannique en 1982 quand elle a voulu annexer les îles Malouines. La Russie n’a pas eu peur des armes nucléaires de l’Occident quand elle a phagocyté une partie du Donbass ukrainien en 2014. Les armes nucléaires soviétiques et chinoises n’ont pas empêché la guerre russo-chinoise de 1969 au sujet d’une île du fleuve Oussouri, l’île Zhenbao. Les armes nucléaires indiennes et pakistanaises n’ont pas empêché les crises entre l’Inde et le Pakistan depuis 1999, dont celle de Kargil, (« guerre des glaciers« ) qui a causé plus de 1 000 morts.

La dissuasion, du bluff !

Un ancien ambassadeur de France a pu dire que l’arme nucléaire garantit la sécurité de la France comme une porte blindée garantit la sécurité d’un logement. En réalité, la dissuasion nucléaire n’est pas une porte blindée, c’est une porte grande ouverte avec, au-dessus, un panneau indiquant « Défense d’entrer, danger de mort ! ». Mais si un voleur ne croit pas à la menace de mort, il entre dans la maison…

« Il n’y a pas de plan B ! »

« Quel est le plan B en cas d’échec de la dissuasion ? » Question posé par un participant à Jean-Claude Mallet, conseiller spécial de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, lors d’un colloque en octobre 2017. La réponse de Jean-Claude Mallet est courte et a le mérite de la clarté : « Il n’y a pas de plan B ! ». Cela signifie en clair qu’en cas d’échec de la dissuasion nucléaire, la France serait soit sous la domination de l’adversaire qu’elle entendait dissuader et en tous cas ne serait pas en mesure de protéger ses « intérêts vitaux », soit victime d’une frappe nucléaire en réponse à la frappe française.

Nouvelle ratification du Traité d’interdiction des armes nucléaires : Les 50 ratifications seront atteintes avant la fin de 2020, et vont rendre les armes nucléaires interdites.

La norme du droit international. Le TIAN, voté à l’ONU en 2017 par 122 États, sera applicable quand 50 pays l’auront ratifié : nous en sommes à 47, la dernière ratification étant celle de Tuvalu, nation insulaire du Pacifique, le 13 octobre 2020. La reconversion des personnels du CEA affectés aux activités militaires va bientôt devoir s’imposer, et plus elle sera anticipée, moins elle sera difficile. Les actions menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre de la ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons – ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite de l’interdiction internationale des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).  

Par La rédaction, publié le 22 octobre 2020 à 07h55

https://www.k6fm.com/news/les-anti-nucleaires-ne-lachent-rien-en-cote-d-or-39143

RATIFICATION PROCHAINE DU TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES (ONG)

Un traité international interdisant les armes nucléaires est sur le point d’entrer en vigueur, ont assuré mercredi des militants anti-nucléaires, les dernières ratifications nécessaires étant attendues dans les semaines à venir. Les principaux pays possédant l’arme nucléaire, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie, ne l’ont pas signé.

Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires -qui prohibe l’utilisation, le développement, la production, les essais, le stationnement, le stockage et la menace d’utilisation de telles armes- a été adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies en juillet 2017 avec l’approbation de 122 pays.

Depuis, 84 États supplémentaires ont signé le traité, qui entrera en vigueur 90 jours après la ratification du document par 50 de ces signataires.

Plusieurs pays ont récemment ratifié le traité, dont le Nigeria, la Malaisie, l’Irlande, Malte. Le Tuvalu l’a ratifié le 12 octobre, portant le nombre de nouveaux signataires à 47. Une 48ème ratification est attendue dans les prochains jours, et d’autres devraient suivre rapidement.  

« C’est vraiment important que le traité soit sur le point d’entrer en vigueur », a déclaré Beatrice Fihn, directrice exécutive de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN).

L’ICAN, une coalition d’organisations non gouvernementales, s’est vu attribuer le prix Nobel de la paix 2017 pour son rôle dans l’élaboration de ce traité. 

« Le fait que ces pays aient fait cela, malgré la pandémie et l’énorme pression des États dotés de l’arme nucléaire, est vraiment assez impressionnant », a déclaré M. Fihn à la presse aux Nations Unies à Genève. « Ce serait une étape historique. Ce traité complétera l’interdiction des armes de destruction massive. Il s’ajoutera à l’interdiction des armes biologiques et chimiques », a-t-elle dit.

La Thaïlande, le Mexique, l’Afrique du Sud, le Bangladesh, la Nouvelle-Zélande, le Vietnam et le Vatican sont au nombre des pays qui ont déjà ratifié le traité.

Les principaux pays possédant l’arme nucléaire, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie, ne l’ont pas signé.

Les militants pro-abolition espèrent que sa ratification aura le même impact que les traités internationaux précédents interdisant les mines terrestres et les armes à sous-munitions : stigmatiser la possession et l’utilisation des armes nucléaires, ce qui pourrait conduire à un changement de comportement, même de la part des pays non-signataires.

Les États dotés d’armes nucléaires soutiennent pour leur part que leurs arsenaux servent de dissuasion et se disent attachés au Traité de non-prolifération, qui vise à empêcher la prolifération des armes nucléaires.

Par Robin MILLARD pour l’AFP, Rédaction web, publié le 21/10/2020 à 9h38, mis à jour le 21/10/2020 à 10h12

Photo en titre : Crédit : Pixabay @WikiImages

https://www.tntv.pf/tntvnews/monde/ratification-prochaine-du-traite-dinterdiction-des-armes-nucleaires-ong/

LE PENTAGONE ESTIME LE COÛT DE SES NOUVEAUX MISSILES NUCLÉAIRES À 95,8 MILLIARDS $ US

Le Pentagone estime maintenant à 95,8 milliards de dollars US le coût de la mise en service d’une nouvelle flotte de missiles nucléaires terrestres pour remplacer les Minuteman 3 en service depuis 50 ans, rapportent cette semaine les médias américains, une estimation supérieure d’environ 10 milliards de dollars par rapport à il y a quatre ans.

Les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) de la force nucléaire américaine devront être remplacés dans leur quasi-totalité au cours des prochaines décennies, à un coût total de plus de 1,2 milliards de dollars.

Le mois dernier, l’armée de l’air américaine a attribué à Northrop Grumman un contrat de 13,3 milliards $ US pour l’ingénierie et le développement de la fabrication des nouveaux missiles.

Le coût total du «cycle de vie», y compris l’exploitation et l’entretien des missiles pendant leur durée de vie prévue dans les années 2070, est estimé à 263,9 milliards $ US.

Certains, y compris l’ancien secrétaire à la Défense William J.Perry, cité par les médias américains, soutiennent que la sécurité nationale des États-Unis peut être assurée sans ICBM, mais le Pentagone affirme au contraire qu’ils sont vitaux pour dissuader. L’administration Trump s’est pour sa part engagée à déployer une nouvelle génération d’ICBM dans un examen de 2018 de la politique nucléaire.

«L’arsenal d’ICBM est hautement résistant à toute attaque nucléaire, sauf à une attaque nucléaire à grande échelle», conclut l’examen. «Pour détruire les ICBM américains sur le terrain, un adversaire devrait lancer une attaque précisément coordonnée avec des centaines d’ogives précises et à haut rendement. C’est un défi insurmontable pour tout adversaire potentiel aujourd’hui, à l’exception de la Russie

La flotte actuelle de 400 missiles Minuteman déployés, chacun armé d’une seule ogive nucléaire, est basée dans des silos souterrains au Montana, au Dakota du Nord, au Colorado, au Wyoming et au Nebraska. Leur nombre est régi en partie par le nouveau traité START de 2010 avec la Russie, qui doit expirer en février. La Russie veut prolonger le traité mais l’administration Trump a fixé des conditions non acceptées par Moscou.

Les États-Unis construisent également une nouvelle flotte de sous-marins lanceurs de missiles balistiques pour remplacer les sous-marins stratégiques actuels de classe Ohio, un nouveau bombardier nucléaire à longue portée pour remplacer l’avion furtif B-2, un missile de croisière nucléaire à lancement aérien de nouvelle génération et un nouveau système de commandement et de communication nucléaires. Ils travaillent également sur la mise à jour des ogives, y compris un remplacement d’ogives ICBM pour un montant estimé à 14,8 milliards de dollars.

Le programme de modernisation nucléaire a été lancé par l’administration Obama et a été poursuivi par le président Donald Trump. Le candidat démocrate à la présidentielle du 3 novembre, Joe Biden , a déclaré pour sa part que, s’il était élu, il envisagerait de trouver des moyens de réduire le programme.

L’estimation du coût de 95,8 milliards de dollars du Pentagone pour le remplacement des Minuteman a été rapportée pour la première fois par Bloomberg News. Le Pentagone avait fourni l’estimation au Congrès le mois dernier mais avait, jusqu’ici, refusé de la publier.

À lire aussi:

http://Washington prétend que la Russie a accepté d’étendre la portée du traité New Start, Moscou dément

Traité New Start: Poutine lance la balle dans le camp américain

Par La rédaction, publié le 20 octobre 2020 à 16 h 40

Photo en titre : Un missile balistique intercontinental Minuteman 3 non armé sort du silo lors d’un d’essai opérationnel le 25 février 2012 à la base aérienne de Vandenberg, en Californie (U.S. Air Force/30th Space Wing Public Affairs)

http://www.45enord.ca/2020/10/le-pentagone-estime-le-cout-des-nouveaux-missiles-nucleaires-a-958-milliards-us/

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FUKUSHIMA TOUJOURS HAUTEMENT RADIOACTIVE

Le Japon a récemment dévoilé des images de l’intérieur de la centrale nucléaire de Fukushima, neuf ans après son accident. Dans la vidéo, les employés de la Commission japonaise de réglementation de l’énergie nucléaire (NRA) entrent dans l’unité 3 où des murs et des plafonds se sont effondrés et des canalisations et des installations cassées sont entassées en désordre.

Alors que l’explosion d’hydrogène s’est produite au quatrième étage, rien qu’au sol du troisième, le dosimètre a affiché 104 millisieverts (mSv) par heure. Si on le converti sur un an, cette dose est 900 000 fois supérieure à celle autorisée pour des êtres humains. Même les appareils numériques ont été désactivés.

L’exploration a été faite également dans l’unité 2, pour la première fois depuis la catastrophe. Comme celle-ci n’a pas explosé, l’état de l’immeuble est mieux conservé, mais les matières radioactives sont restées enfermées. Cette recherche avait pour but de prélever des échantillons pour appréhender le niveau de pollution.

Tokyo prévoit de démanteler les réacteurs nucléaires d’ici 2051. Et s’il faut mettre au point des équipements nécessaires, il est impossible de construire des réservoirs de stockage pour eaux contaminées. L’archipel décidera ainsi, mardi prochain, le rejet ou non de celles-ci dans l’océan.

Publié le 21 octobre 2020 à 10h19, mis à jour le 21 octobre 2020 à 19h57

Photo en titre : YONHAP News

http://world.kbs.co.kr/service/news_view.htm?lang=f&Seq_Code=71514

LES ÉTATS-UNIS SE DISENT PRÊTS À RENCONTRER LA RUSSIE SUR LE CONTRÔLE DES ARMES NUCLÉAIRES

Washington, 20 octobre, (Xinhua) – Les États-Unis sont prêts à rencontrer immédiatement la Russie pour finaliser un accord vérifiable de contrôle des armements nucléaires, a annoncé mardi le département d’État dans un communiqué.

« Nous apprécions la volonté de la Fédération de Russie de progresser sur la question du contrôle des armements nucléaires« , a indiqué le communiqué, ajoutant que « Les États-Unis sont prêts pour une rencontre immédiate pour finaliser un accord vérifiable. Nous attendons de la Russie qu’elle donne à ses diplomates le pouvoir de faire de même« .

La déclaration de Washington est intervenue après une mise à jour de la position de Moscou sur la prolongation du nouveau traité bilatéral de réduction des armements stratégiques (New START), qui expirera le 5 février 2021.

Le ministère russe des Affaires étrangères avait précisé dans un communiqué plus tôt dans la journée que Moscou était prête à geler son nombre actuel d’ogives nucléaires avec Washington pour prolonger d’un an le traité New START.

« Cette position qui est la nôtre peut être mise en œuvre de manière stricte et exclusive à condition que le ‘gel’ des ogives ne s’accompagne d’aucune exigence supplémentaire de la part des États-Unis« , a précisé le communiqué russe.

Vendredi dernier, le président russe Vladimir Poutine avait proposé de prolonger le traité New START sans conditions pendant au moins un an, mais Washington avait immédiatement rejeté son offre.

« La réponse du président Poutine aujourd’hui pour prolonger le traité New START sans geler les ogives nucléaires n’est pas acceptable« , avait répondu le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, Robert O’Brien.

Par French.xinhuanet.com, publié le 20 octobre 2020 à 01h15

http://french.xinhuanet.com/2020-10/21/c_139454859.htm

TIR DE MISSILE DE CROISIÈRE RÉUSSI DEPUIS LE SUFFREN, NOUVEAU SOUS-MARIN NUCLÉAIRE D’ATTAQUE

La France a effectué pour la première fois mardi 20 octobre, un tir de missile de croisière depuis un sous-marin, a annoncé le ministère des Armées. Le Suffren nouvelle génération de sous-marins nucléaires d’attaque de classe Barracuda a « réalisé avec succès » ce tir d’essai de Missile de croisière naval (MdCN) au large de Biscarrosse (Sud-Ouest).

« Ce succès confère une nouvelle capacité stratégique à notre Marine et la place parmi les meilleures au monde », s’est félicité la ministre des Armées Florence Parly. « Les forces sous-marines françaises pouvaient jusqu’à présent frapper des sous-marins et des navires de surface. Elles peuvent désormais détruire des infrastructures terrestres lourdes, à longue distance », a-t-elle ajouté.

Le cercle fermé des États dotés de missiles de croisière navals.

La France rejoint ainsi le cercle fermé des États dotés de missiles de croisière navals, à l’image du Tomahawk américain, « popularisé » par la guerre du Golfe en 1991. Doté d’une portée de mille kilomètres, le MdCN est destiné à frapper des objectifs situés « dans la profondeur » du territoire adverse, tels des centres politiques, des PC antiaériens ou des radars. Il est complémentaire du missile de croisière aéroporté et équipait jusqu’alors les frégates multimissions FREMM. « Sa capacité de mise en œuvre depuis un sous-marin permet de faire peser sur l’adversaire la menace constante et indétectée d’une frappe depuis la mer », a souligné le ministère des Armées.

Lire aussi : Le nouveau sous-marin nucléaire « Suffren » a fait sa première plongée au large de Cherbourg

Plus discrets et plus lourdement armés.

Les Barracuda visent à remplacer les six sous-marins de classe Rubis entrés en service à partir du début des années 1980.

Le Suffren est le premier d’une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) c’est-à-dire à propulsion nucléaire plus discrète et plus lourdement armés. Sa livraison à la Marine nationale est prévue d’ici la fin de l’année 2020, avant son admission au service actif en 2021.

La mission du SNA consiste à protéger porte-avions et sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) porteurs de missiles nucléaires, à traquer les sous-marins ennemis et à recueillir du renseignement. S’y ajoutent la frappe de cibles terrestres et le déploiement de forces spéciales.

Par Ouest-France avec AFP., publié le 21/10/2020 à 12h20

Photo en titre : Un sous-marin nucléaire d’attaque français, de classe Barracuda, a réalisé pour la première fois un tir d’essai de missile de croisière naval d’une portée de mille kilomètres.

https://www.ouest-france.fr/politique/defense/tir-de-missile-de-croisiere-reussi-depuis-un-suffren-nouveau-sous-marin-nucleaire-d-attaque-7023842

NDLR : On n’arrête pas de nous répéter que nous devons être fiers d’être français. Ce genre d’information ne nous y incite pas vraiment !

AVEC L’URANIUM APPAUVRI, LE VOLUME DES DÉCHETS RADIOACTIFS FRANÇAIS GROSSIT ENCORE, ESTIME L’ASN

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a rendu un nouvel avis, le 8 octobre 2020, sur la gestion des matières radioactives et l’évaluation de leur caractère valorisable, pour contribuer aux orientations de la 5ème édition du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR).

Le constat du « gendarme du nucléaire » est étonnant : selon lui, il y a plus de déchets radioactifs en France que ce que prétend l’inventaire officiel.

En effet, actuellement, l’uranium appauvri [1] est considéré comme une matière radioactive, c’est-à-dire « une substance pour laquelle une utilisation ultérieure est prévue ou envisagée ».

Mais si ce n’est pas le cas, cette matière radioactive doit être considérée comme un déchet radioactif, et donc disposer d’une filière de gestion sûre. Dans cet avis du 8 octobre, l’ASN écrit qu’elle estime « indispensable qu’une quantité substantielle d’uranium appauvri soit requalifiée dès à présent en déchet ».

VOIR LA VIDÉO : Comprendre les déchets nucléaires en 5 minutes

« Pour la première fois, il y a un principe de réalité, a réagi auprès de Reporterre Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire. Peut-être que théoriquement parlant cette matière est réutilisable, mais dans les faits, elle ne l’est pas. Et les quantités sont telles que tout ne pourra pas être réutilisé de toute façon. »

Selon un rapport du Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire, « il convient de considérer un taux de recyclage [des combustibles usés] inférieur à 1 % correspondant au rapport 10,8 t (matières recyclées) / 1 200 t (matières totales chargées). »

Orano (ex-Areva), groupe industriel spécialisé dans l’énergie nucléaire, conteste cet avis. Il estime que l’uranium appauvri peut être enrichi une seconde fois, et donc avoir de la valeur.

La décision de requalifier (ou non) l’uranium appauvri en déchet radioactif reviendra au gouvernement.

Source : Reporterre

[1] L’uranium appauvri est un sous-produit de l’enrichissement de l’uranium et du traitement du combustible usé.

Lire aussi : CARTE EXCLUSIVE — Les déchets radioactifs s’entassent partout en France

Publié le 21 octobre 2020

https://reporterre.net/Avec-l-uranium-appauvri-le-volume-des-dechets-radioactifs-francais-grossit-encore-estime

LANCEMENT D’UNE CAMPAGNE DE MESURES DE TRITIUM DANS LA LOIRE

Note d’information – L’ASN a pris connaissance en juin 2019 d’un rapport concernant une campagne de mesures de tritium dans la Loire publié par l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro). Ce rapport faisait état, parmi une série de 86 mesures, d’une valeur anormalement élevée de 310 Bq/L relevée lors d’un prélèvement effectué à Saumur le 21 janvier 2019.

L’ASN a mené, en lien avec son appui technique, l’IRSN, diverses investigations afin de comprendre l’origine de cette concentration en tritium. Les résultats ont fait l’objet de notes d’information publiées sur le site Internet de l’ASN les 19 juin et 17 octobre 2019.

Ces investigations n’ayant pas permis de déterminer l’origine de cette valeur, l’ASN et l’IRSN ont décidé de réaliser une campagne de mesures complémentaires, afin d’étudier la reproductibilité éventuelle de mesures anormalement élevées en tritium dans la Loire à Saumur, dans des conditions les plus proches possibles de celles observées en janvier 2019 (situation de basses eaux en période hivernale).

L’ASN veille à ce que les modalités d’organisation de cette campagne garantissent l’indépendance, la fiabilité et la qualité des prélèvements et des analyses, qui seront assurés sous la supervision technique et scientifique de l’IRSN. Un rapport de synthèse sera établi à l’issue de cette campagne et l’ensemble des résultats de mesures sera mis à la disposition du public sur le site du réseau national de mesure de la radioactivité de l’environnement (RNM).

Le lancement de cette campagne a fait l’objet le 19 octobre 2020 d’une réunion d’information à destination de l’ensemble des parties prenantes intéressées (CLI, élus locaux, associations, exploitant).

Cette campagne vise à obtenir des éléments d’explications quant à la valeur anormalement élevée en tritium mesurée en janvier 2019 à Saumur. Elle doit également permettre d’améliorer la compréhension de la dynamique de la dispersion du tritium rejeté par les centrales nucléaires dans l’eau de la Loire. Enfin, cette campagne sera l’occasion de vérifier que l’encadrement réglementaire des rejets des installations et de la surveillance de l’environnement est adapté à l’objectif de limitation de l’impact des rejets sur l’environnement afin de le faire évoluer si nécessaire.

Publié le 20/10/2020 à 16:30

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Lancement-d-une-campagne-de-mesures-de-tritium-dans-la-Loire

MOSCOU PRÊT À UN GEL RUSSO-AMÉRICAIN DU NOMBRE DE TÊTES NUCLÉAIRES

La Russie s’est dite prête, ce mardi, à un « gel » conjoint avec les États-Unis du nombre de leurs têtes nucléaires, pour prolonger d’un an le traité de désarmement New Start, un accord qui risque d’expirer faute de compromis.

« La Russie propose de prolonger (le traité New Start) pour un an et est prête, conjointement avec les États-Unis, (…) à « geler », sur cette période, le nombre de têtes nucléaires que chacun possède », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, ce mardi. Ce gel ne doit s’accompagner « d’aucune autre exigence supplémentaire de la part des États-Unis » et permettrait de « gagner du temps » afin de poursuivre les consultations bilatérales sur le futur du contrôle des armements nucléaires, ajoute la diplomatie russe.

La prolongation d’un an du traité New Start avec « gel » des arsenaux nucléaires était l’une des propositions formulées par Washington, et qui avait été dans un premier temps rejetée comme « inacceptable » par Moscou. Vendredi, le président russe Vladimir Poutine avait proposé de prolonger l’accord actuel pendant au moins un an mais « sans condition », une offre qui avait été balayée par les États-Unis.

À lire sur le sujet:  Armement nucléaire : Trump joue l’escalade verbale

Crainte d’une résurgence de la course aux armements

Ce revirement de Moscou pourrait changer la donne, alors que les négociations sur le renouvellement de cet important traité de désarmement nucléaire sont dans l’impasse depuis de nombreux mois, le texte actuel expirant début 2021.

Le traité New Start, conclu en 2010, maintient les arsenaux des deux pays bien en deçà de leur niveau de la Guerre froide, limitant à 700 le nombre de lanceurs nucléaires stratégiques déployés et à 1 550 le nombre de têtes nucléaires. Une disparition de ce dernier grand accord bilatéral régissant une partie des arsenaux des deux adversaires géopolitiques, négocié à l’époque des présidents Barack Obama et Dmitri Medvedev, laisse craindre la résurgence d’une course aux armements.

Publié le 20 octobre 2020 à 13h18

https://www.letelegramme.fr/monde/moscou-pret-a-un-gel-russo-americain-du-nombre-de-tetes-nucleaires-20-10-2020-12642370.php

LE « BOUGÉ » ÉCOLOGISTE DE LA CGT CRÉÉ DES REMOUS EN INTERNE

Le rapprochement décidé par Philippe Martinez entre le syndicat à la culture industrialiste et des ONG comme Greenpeace passe mal auprès de certaines fédérations.

C’était leur premier déplacement en commun. À l’origine du collectif « Plus jamais ça », Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, Jean-François Julliard, numéro un de Greenpeace France, et Aurélie Trouvé, coprésidente d’Attac, accompagnés d’autres responsables associatifs, ont accordé leur agenda pour se retrouver, vendredi 16 octobre, dans une papeterie à l’arrêt, à Grand-Couronne (Seine-Maritime). Les portes de l’usine de Chapelle Darblay, la seule en France à produire du papier journal 100 % recyclé, se sont refermées en juillet, 218 salariés ont été licenciés et des équipes CGT se battent, depuis, pour faire revivre le site.

La centrale dirigée par M. Martinez a proposé ce lieu où ses troupes sont en force. « On est venus pour voir concrètement sur le terrain de quelle façon on peut matérialiser le jour d’après. Ici, c’est une très bonne illustration pour voir comment conjuguer urgences sociale et climatique », explique le leader de la CGT, avant de s’engouffrer dans les immenses hangars où le silence a remplacé le bruit des machines.

Lancée fin 2019, la démarche a débouché sur un texte commun, publié fin mars. Paraphé par une vingtaine d’organisations, le document appelle à apporter « une réponse démocratique, sociale et écologique à la crise », avec 34 mesures pour en sortir. « On a vu qu’il y avait plus de sujets qui nous rassemblent que de sujets qui nous divisent », assure M. Martinez.

Le nucléaire, pomme de discorde

Ce rapprochement inédit, notamment entre la CGT et Greenpeace, qui ont le nucléaire comme pomme de discorde, a déclenché un débat animé à l’intérieur du syndicat. En particulier début juin, lors d’une réunion du Comité confédéral national (CCN), le « parlement » de l’organisation. Si l’on se fie au compte rendu des interventions dans le magazine Le Peuple, « organe officiel de la CGT », ceux qui approuvent Plus jamais ça ne sont pas isolés. Se coaliser avec des ONG peut aider à établir le lien avec « des salariés qui ne se retrouvent pas dans le syndicalisme ou des jeunes plus sensibles aux enjeux » environnementaux, a argumenté Samantha Dumousseau, responsable de l’union départementale (UD) de Charente. C’est un point d’appui « sur lequel il faut que nous construisions le jour d’après », a renchéri Jean-Marc Canon (syndicats de l’État).

Mais ils sont aussi plusieurs à exprimer leur étonnement face à une initiative, à leurs yeux, insuffisamment débattue en interne : elle risque d’être vue comme « une démarche de sommet, coupée ou incomprise par les syndicats », a indiqué Cédric Caubère, le dirigeant de l’UD de Haute-Garonne. Depuis la loi de 2015 sur la transition énergétique, « nous n’avons pas rediscuté de façon concrète de ces enjeux, à l’échelon confédéral », confie au Monde Sébastien Ménesplier, secrétaire général de la fédération mines-énergie. « La CGT a donc besoin d’avoir une position, poursuit-il. Quand elle cosigne un texte avec Greenpeace, nos adhérents dans la filière du nucléaire se disent que les orientations du syndicat ont changé. Il faut que nous ayons une réflexion, pour déterminer ce que nous avons en commun avec cette ONG ou d’autres. » Au sein de sa fédération, M. Ménesplier ne voit « guère de raisons de travailler avec Greenpeace » sur la question de l’énergie atomique.

Régulièrement bousculé par son aile gauche, M. Martinez aurait-il été tenté de passer par-dessus ses instances sur un thème qu’il savait miné ? C’est le reproche que lui a adressé, lors du CCN de juin, Laurent Brun, le patron de la fédération des cheminots : « Nous sommes très en colère sur ce que nous interprétons comme des coups de force sur des virages politiques de la confédération », a dénoncé celui qui est parfois présenté comme un prétendant au poste de secrétaire général de la CGT.

Au-delà des critiques sur le manque de concertation en interne, dont certaines émanent d’opposants à M. Martinez, il y a surtout des interrogations de fond sur l’emploi. « Des démarches, comme celles qui ont été impulsées avec Greenpeace, sont intéressantes, déclare au Monde Mohammed Oussedik, le leader de la fédération verre-céramique. Le syndicalisme ne peut pas rester dans l’entre-soi, le social et l’environnement doivent être pensés ensemble. Mais on ne peut pas, comme ça, tirer un trait sur des industries qui ont un avenir. Il faut les laisser opérer des transitions. »

« Une contradiction »

Tous ces remous ne surprennent nullement Françoise Piotet, professeur émérite à Paris-I. « La CGT s’est longtemps vécue comme devant avoir le monopole du discours légitime sur la transformation sociale », rappelle-t-elle. Le fait que le syndicat noue des alliances avec des acteurs de la société civile ébranle, du même coup, les représentations de bon nombre de ses membres. En outre, l’irruption de la question écologique remet en cause des repères. « Depuis les origines, la culture dominante de cette organisation est ouvriériste, industrialiste et pour le progrès qui va libérer l’humanité de son asservissement à la nature, ajoute la sociologue. La relation à l’environnement telle qu’on en parle aujourd’hui est quelque chose qui ne va pas de soi, au moins au niveau confédéral. »

L’écologie est un thème délicat à aborder à la CGT, « car ce syndicat a vraiment pris de l’importance en augmentant fortement le nombre de ses adhérents dans la métallurgie, au moment du Front populaire puis après la Libération », enchaîne Jean-Marie Pernot, de l’Institut de recherches économiques et sociales. « Parler de décarbonation ou de verdissement de l’économie, ce n’est pas rien pour une organisation profondément marquée par le développement industriel : elle se retrouve face à une contradiction, compliquée à gérer, car des dizaines de milliers d’emplois sont en jeu », complète-t-il. En filigrane, il y a le souvenir des bastions ouvriers, « qui se sont effondrés à partir des années 1970 alors qu’ils constituaient une large partie du socle de la CGT ».

Martinez, lui, semble vouloir maintenir le cap. « Chez nous, c’est démocratique », plaide-t-il lors de la visite de la papeterie, en reconnaissant qu’« il y a des camarades qui ne sont pas d’accord ». « Les syndiqués, vous l’aurez remarqué, ne sont pas tous au CCN, signale-t-il. Je m’appuie sur mes expériences de terrain et partout où je vais, [l’initiative] est très appréciée. » Et de conclure : « C’est la CGT qui s’ouvre. Plus on s’ouvre, mieux on se porte. Quand on discute tout seul, on est sûr d’avoir raison.»

Bertrand Bissuel et Raphaëlle Besse Desmoulières(Grand-Couronne (Seine-Maritime), envoyée spéciale), publié le 19 octobre 2020 à 9h55

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/10/19/le-bouge-ecologiste-de-la-cgt-cree-des-remous-en-interne_6056552_823448.htm

APPEL À MOBILISATION : CONTRE LA RÉINTOXICATION DU NOVEMBRE MONDE, LE 17 NOVEMBRE 2020, DANS TOUTE LA FRANCE – ÉVÈNEMENT NATIONAL

Récemment, le Réseau « Sortir du nucléaire » et plusieurs associations et groupes locaux membres ont signé la tribune et l’appel à mobilisation « Contre la réintoxication du monde » (disponibles ici). L’objectif de cet appel lancé par un large front d’organisations et de collectifs en lutte est de faire de la journée du 17 novembre un temps d’actions décentralisées contre les industries polluantes qui nuisent à l’environnement et à la santé des Français·es. Pour que le monde d’après ne soit pas un copié-collé du monde d’avant, éternellement recommencé.

L’industrie nucléaire – civile et militaire – représente ce monde d’avant : polluantes, dangereuses, gourmandes en eau et en énergie, onéreuses et inutiles, les installations nucléaires doivent être dénoncées et laisser la place à des modes de production énergétique écologiques compatibles avec la sobriété et résilients face au dérèglement climatique.

C’est pourquoi le Réseau « Sortir du nucléaire » appelle les militant·es à se mobiliser le 17 novembre à proximité de l’installation nucléaire de leur choix, qu’elle soit déjà en activité, en chantier ou en projet. Vous pouvez consulter la carte des nouvelles installations nucléaires en projet ici. Vous pouvez consulter la carte des centrales nucléaires existantes .

À proximité d’une centrale nucléaire, d’une usine de fabrication ou d’enrichissement de combustible ou de retraitement, d’un centre de stockage de déchets radioactifs ou devant le lieu pressenti pour accueillir de futurs projets mortifères, nous appelons les militant·es à organiser des actions ou des rassemblements, dans le respect des règles sanitaires liées à la pandémie de covid-19.

Comment puis-je me mobiliser ?

. Vous pouvez organiser des petits rassemblements limités à un ou plusieurs groupes de 10 personnes aux alentours d’installations nucléaires. Vous pouvez aussi choisir de visibiliser les risques que font peser ces installations ou ces projets sur les riverain.es et plus généralement sur la population :

En rendant visibles les dangers et l’impact chimique et radioactif à proximité d’une installation nucléaire, avec de la rubalise (ruban de signalisation).

Récemment, le Réseau « Sortir du nucléaire » et plusieurs associations et groupes locaux membres ont signé la tribune et l’appel à mobilisation « Contre la réintoxication du monde » (disponibles ici). L’objectif de cet appel lancé par un large front d’organisations et de collectifs en lutte est de faire de la journée du 17 novembre un temps d’actions décentralisées contre les industries polluantes qui nuisent à l’environnement et à la santé des Français·es. Pour que le monde d’après ne soit pas un copié-collé du monde d’avant, éternellement recommencé.

Comment puis-je me mobiliser ?

Vous pouvez organiser des petits rassemblements limités à un ou plusieurs groupes de 10 personnes aux alentours d’installations nucléaires.

Vous pouvez aussi choisir de visibiliser les risques que font peser ces installations ou ces projets sur les riverain.es et plus généralement sur la population :

. En rendant visibles les dangers et l’impact chimique et radioactif à proximité d’une installation nucléaire, avec de la rubalise (ruban de signalisation).

. En informant les riverain.es avec des visuels des pictogrammes des dangers liés à une installation nucléaire : risques chimiques, risques d’explosions, risques de corrosion, risques pour l’environnement, risques pour la santé, risques radioactifs. Vous pouvez télécharger et imprimer ces symboles ici :

                     Danger de corrosion  
                          Danger d’explosion 
                           Danger d’incendie  
   Danger pour l’environnement 
                       Danger pour la santé
                                 Danger de mort 
                                Danger général  

                                    Danger radioactif   

S’il s’agit d’une zone déjà identifiée et censée accueillir un éventuel futur projet d’installation nucléaire (projet Cigéo à Bure dans la Meuse, nouveaux réacteurs EPR, blanchisserie Unitech à Suzannecourt en Haute-Marne), vous pouvez aussi agir autour du terrain pressenti, afin d’informer les riverain.es et la presse locale des risques qui pèseront sur la région si le projet voit le jour.

. En matérialisant les « zones à évacuer en cas d’accident nucléaire majeur« , qui incluent les communes situées dans un rayon de 20 kilomètres autour d’une centrale nucléaire ou d’une usine nucléaire type La Hague (Manche).

Consulter le kit pour cette action

. En organis ant des distributions de pastilles d’iode dans une ou plusieurs villes proches d’une installation nucléaire, afin de sensibiliser sur le risque d’accident et ses conséquences pour notre santé.

Consulter le kit pour cette action

Pour commander drapeaux et banderoles et rendre le combat antinucléaire visible, vous pouvez consulter notre boutique en ligne ici.

Pour rendre compte des actions entreprises le 17 novembre, n’hésitez pas à faire des lives Facebook, à prendre des photos et à rédiger des comptes-rendus d’action. Pour faire passer ces contenus ou obtenir de l’aide pour organiser ou financer une idée d’action, merci de contacter :

mobilisations@sortirdunucleaire.fr

https://www.sortirdunucleaire.org/APPEL-A-MOBILISATION-Contre-la-reintoxication-d

TRANSPORT NUCLÉAIRE POUR L’EPR DE FLAMANVILLE : APPEL À VIGILANCE

Comme prévisible ( voir notre communiqué du 2 septembre*), l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) a délivré à EDF ce 8 octobre une autorisation de mise en service partielle pour l’EPR de Flamanville comportant :

– la livraison du combustible dans l’enceinte du réacteur de l’EPR à Flamanville

– l’utilisation de gaz radioactifs.

Les 8 soudures de traversée de l’enceinte réacteur ont été annoncées en 2019 comme quasi impossibles à refaire, en tout cas pas avant l’horizon 2022, aussi cette précipitation est-elle aberrante. Elle va engager la contamination radioactive de tonnes de ferrailles et béton, alors que l’abandon de ce chantier désastreux apparaît de jour en jour la solution la plus sage.

Dans les prochaines semaines et pendant plusieurs mois, ce seront au moins 30 camions chargés de combustible nucléaire qui feront donc le chemin vers la centrale de Flamanville (Manche) depuis l’usine Orano de Romans-sur-Isère (Drôme), au rythme de deux par semaine minimum.

Aussi face à l’entêtement des nucléocrates, parce que ce réacteur ne doit pas entrer en service, appelons-nous chacun à exprimer son opposition à la livraison de ce combustible n’importe où il se trouve en France en se déclarant point de vigilance EPR auprès du Collectif anti-nucléaire Ouest au 07 68 35 03 38 ou ( 06 45 30 74 66 / 06 08 71 79 61 / 06 84 14 58 87) ou par mail transports@can-ouest.org

Et ce samedi 24 octobre nous vous donnons rendez-vous à 14h sur les remparts de St Malo au bastion de la Hollande pour une déambulation-exposition** de 40 dessins de 19 artistes afin de dire stop à la folie nucléaire

* https://www.can-ouest.org/epr-flamanville-consultation-mascarade-avant-mise-en-service-deguisee/

** https://www.can-ouest.org/en-manque-de-bulles/

Contact presse :

Didier Anger 06 80 23 39 45 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 / Sylvie Sauvage 06 08 71 79 61

Collectif Anti-Nucléaire Ouest

9 Bis sente des Grès, 76920 Amfreville-la-Mi-Voie

Tél : 07 68 35 03 38, contact@can-ouest.orgwww.can-ouest.org ainsi que https://www.facebook.com/can.ouest/  ou https://twitter.com/canouest

Par Chantal CUISNIER, publié le 19 octobre 2020

https://www.can-ouest.org/transport-nucleaire-pour-lepr-de-flamanville-appel-a-vigilance/

L’ÉNERGIE RENOUVELABLE A FAIT MIEUX QUE LE NUCLÉAIRE FACE À LA PANDÉMIE

La conception d’énergies renouvelables est partie fortement à la hausse en pleine crise du Coronavirus, faisant mieux face à la crise que le secteur du nucléaire qui a subi un net recul face à une diminution de la demande.

C’est un rapport annuel du World Nuclear Industry Status Report qui a révélé qu’au début de cette année, la conception et l’utilisation d’énergies renouvelables ont parfaitement fait face aux conséquences de la pandémie de Coronavirus. Sur cette période, la fabrication d’énergies renouvelables est partie à la hausse d’à peu près trois pour cent, tandis que leur proportion par rapport à la conception à travers le globe a subi une augmentation d’exactement 1,5 point de pourcentage.

Le Coronavirus est la première pandémie de cette importance pour l’énergie nucléaire

Si on se fie aux auteurs, cette augmentation se justifie surtout par une hausse à deux chiffres du taux d’énergie éolienne ainsi que d’une augmentation de la conception d’énergie solaire photovoltaïque provenant de projets installés lors de l’année 2019.

Par contre, la production par rapport au nucléaire a baissé quant à elle d’à peu près trois pourcents sur la période à cause d’une diminution de la demande mais également car moins de réacteurs étaient actifs dans les différentes régions françaises. Le coronavirus est la toute première pandémie d’une telle importance pour l’énergie nucléaire. En tout cas, c’est ce que dit le document du World Nuclear Industry Status Report.

Les conséquences à moyen terme du Covid-19 sur le mix énergétique sont néanmoins loin d’être extrêmement claires

Pour l’année dernière, le pourcentage de la conception d’électricité grâce aux énergies renouvelables (en mettant de côté l’hydroélectricité) dans le mix énergétique a même devancé pour la toute première fois celle de l’énergie nucléaire. Les différentes conséquences à moyen terme de la pandémie de Covid-19 sur le mix énergétique sont néanmoins loin d’être claires si on se fie au rapport.

Toujours par rapport à l’an dernier, la production annuelle d’électricité nucléaire est en hausse. Cette augmentation a été de 3,7% en comparaison à 2018, ce qui correspond à uniquement 3 TWh de moins que le pic historique d’il y a quatorze ans (en 2006 exactement). Près de la moitié de cette augmentation est en lien avec une hausse d’environ dix-neuf pour cent de la production nucléaire de la Chine.

Le nucléaire plus coûteux en comparaison aux énergies renouvelables

Si les réacteurs conçoivent plus d’énergie, c’est surtout via des coûts de production conséquents. En effet, dans le but d’être le plus rentable possible et afin d’offrir une énergie concurrentielle sur le marché, les centrales doivent marcher de façon presque continue.

En outre, les coûts en lien avec la conception d’énergie nucléaire profitent aux énergies renouvelables et à leur développement : en seulement cinq ans, la hausse du coût nivelé de l’énergie a été de plus de cinquante pour cent pour le nucléaire. Au contraire, les énergies solaires et photovoltaïques font partie des plus compétitives du secteur. Plus coûteux au niveau de la production, le nucléaire est moins intéressant pour les investisseurs : près de 10 % des investissements énergétiques sont dirigés en direction du nucléaire ; le reste concerne les énergies renouvelables (il s’agit de l’éolien et solaire en grande majorité).

Au final, le nucléaire est-il en train de décliner ? À l’heure actuelle, ce n’est pas vraiment le cas : le rapport signale que 52 sites sont en construction à travers le globe. Parmi eux, seize sont en retard dans les travaux, en majorité à cause de la pandémie de Coronavirus.

Publié par La Rédaction (dans Développement Durable, Économie, Énergie), publié le 17 octobre 2020

https://revue-passages.fr/2020/10/17/lenergie-renouvelable-a-fait-mieux-que-le-nucleaire-face-a-la-pandemie/

FACE À L’IRAN, LA « DÉFAITE » AMÉRICAINE SIGNE LA FIN D’UNE ÉPOQUE

Dans le bras de fer qui l’opposait à Washington, c’est finalement Téhéran qui l’a emporté, puisque le Conseil de Sécurité de l’ONU a refusé de prolonger l’embargo sur les armes imposé à la République islamique.

Bien qu’illégitimes à intervenir dans le dossier du nucléaire iranien depuis leur retrait unilatéral du Joint Comprehensive Plan of Action en mai 2018, les États-Unis ont imposé un nouveau régime de sanctions économiques à l’Iran depuis lors, et usé de toutes les manœuvres extra-judiciaires pour empêcher la levée de cet embargo, prévue au 18 octobre 2020 par l’accord nucléaire. Déjà en août dernier, le projet de résolution américaine en ce sens avait échoué à fédérer la communauté internationale, et particulièrement les signataires européens, de plus en plus défiants envers les prises de position de l’administration Trump. Cette ultime fin de non-recevoir émise par le Conseil de Sécurité met un terme définitif aux visées des Américains sur ce dossier. Elle signe surtout l’échec patent de la « pression maximale » mise en œuvre par Washington contre Téhéran, en dépit de la nouvelle sanction imposée mardi à 18 banques iraniennes pour les couper du circuit financier international.

L’évènement, salué comme une défaite « historique », voire une « humiliation » par la communication du régime iranien, confirme que nous vivons la fin d’une époque : celle de l’hyperpuissance américaine, leader du monde occidental, du multilatéralisme et de ses instances de représentation internationales depuis 1945. En quatre ans, la « stratégie iranienne » de Washington, et plus largement la diplomatie disruptive déployée par Donald Trump, ont exacerbé les tensions avec les adversaires des États-Unis et créé une rupture radicale avec leurs alliés traditionnels. Aujourd’hui, l’Amérique renvoie l’image d’une nation diplomatiquement isolée et décrédibilisée, mais aussi profondément affaiblie par une crise sanitaire, économique et sociale, ce qui constitue sans doute sa plus grande défaite.

La levée de cet embargo ouvre désormais un certain nombre de possibilités pour l’Iran en matière d’équipement militaire et de projection de puissance au Moyen-Orient. La Chine et la Russie, les deux membres du Conseil de Sécurité naturellement les plus réfractaires à la poursuite de cet embargo, pourront désormais lui exporter des armes en toute légitimité. Elles pourront notamment l’aider à affiner sa méthode d’identification des cibles, puisqu’en matière de précision des frappes, Téhéran a donné la preuve de sa maîtrise à maintes reprises, que ce soit en septembre 2019 contre les sites pétroliers saoudiens ou en janvier 2020 contre les bases américaines en Irak. Néanmoins, les sanctions économiques également imposées aux banques russes qui limitent leurs transactions avec l’Iran, nécessiteront sans doute la signature d’un accord de coopération militaire plus formel entre les deux pays, notamment dans le but pour Moscou de concurrencer le « Lion-Dragon Deal » de 25 ans signé entre Téhéran et Pékin.

Deux ans de désarroi économique ont aussi conforté Téhéran dans la nécessité de renforcer son autonomie économique et de développer sa production nationale, comme l’a souligné le Guide Suprême lundi dernier. Pour autant, le complexe militaro-industriel iranien, fort d’une auto-suffisance acquise de longue date, peut d’ores et déjà s’orienter vers l’exportation. Le Moyen-Orient, et plus récemment la Transcaucasie avec le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan au Haut-Karabakh, constituent à ce titre des marchés potentiels, d’autant plus pertinents en termes géostratégiques pour l’Iran qu’ils peuvent lui permettre de réaffirmer son influence face à l’expansionnisme turc dans la région. Téhéran accuse en effet un retard par rapport aux exportations militaires turques, qui s’élevaient à près de 2,74 milliards de dollars en 2019, mais à la différence d’Ankara, très dépendante de l’importation de composants occidentaux, son autonomie technologique constitue un atout considérable.

Le détroit d’Ormuz, où de nouveaux exercices de tir réel et navals ont été réalisés début octobre, offre également aux Gardiens de la Révolution une vitrine idéale pour faire la démonstration de leur maîtrise militaire. Forts de la capacité de dissuasion de l’Iran, désormais suffisamment crédible pour éviter tout embrasement dans la région, les Pasdarans devraient par ailleurs renforcer l’utilisation de drones de plus en plus performants pour surveiller les eaux du Golfe Persique et la mer d’Oman. Du point de vue de Téhéran, cette stratégie fait d’autant plus sens depuis les récents rapprochements diplomatiques entre certaines pétromonarchies locales et Israël contre la promesse d’un renforcement de leur arsenal technologique et sécuritaire. Ceux-ci sont en effet considérés par Téhéran comme une menace directe de la part des Israéliens contre sa « profondeur stratégique », qui s’étend jusqu’au Yémen.

Par ailleurs, le Golfe Persique concentrera encore l’expression des tensions persistantes entre l’Iran et les États-Unis, chacun réussissant pour l’heure, et en dépit de manœuvres agressives dans ces eaux, à éviter une irréversible escalade militaire particulièrement préjudiciable aux deux parties. Soucieux de ne pas s’impliquer dans un nouveau « conflit sans fin » au Moyen-Orient, les États-Unis se gardent bien de franchir le Rubicon avec Téhéran – en témoigne leur absence de représailles contre les tankers iraniens en direction du Venezuela. Certes, comme les États-Unis, l’Iran vit une situation domestique dramatique sur le plan économique et sanitaire. En revanche, contrairement à eux, il conserve un avantage certain au Moyen-Orient : la « pression maximale » n’a diminué en rien ni ses capacités militaires, ni son influence dans la région. Pour Washington, l’échec est donc total.

Publié le18 octobre 2020

https://www.atlantico.fr/decryptage/3593128/face-a-l-iran-la–defaite–americaine-signe-la-fin-d-une-epoque-ardavan-amir-aslani

NUCLÉAIRE : L’EURODEPUTÉE MICHÈLE RIVASI APPELLE L’ÉTAT À NE PAS PROLONGER LE TRICASTIN

L’État ne doit “pas renouveler le réacteur n° 1 de Tricastin” et doit “fermer rapidement les réacteurs qui ont fait leur temps dans la vallée du Rhône”, estime l’eurodéputée drômoise Europe écologie-Les Verts Michèle Rivasi, dans un communiqué daté du 16 octobre.

Cette réaction fait suite à la découverte d’un possible défaut de tenue en cas de séisme de certains matériels du circuit de refroidissement intermédiaire de toutes les centrales du même type que celle du Tricastin et de Cruas (celles de 900 Mégawatts électriques, soit 32 centrales en France). EDF a révélé ce défaut le 13 octobre dans un communiqué. Il a fait l’objet d’une déclaration d’anomalie de niveau 1 (sur 7) de l’électricien à l’Autorité de sûreté nucléaire le 29 septembre 2020.

Ce défaut de tenue […] sur le circuit de refroidissement montre que les mesures parasismiques mises en place tant à Cruas qu’à Tricastin ne tiennent pas la route”, estime l’eurodéputée. Un an après le séisme du Teil, qui avait engendré la fermeture de la centrale de Cruas car l’un des cinq réacteurs de surveillance sismique avait dépassé le seuil au-delà duquel les réacteurs doivent être arrêtés, Michèle Rivasi estime que “c’est un risque énorme qu’EDF ne devrait pas faire porter à la population”.

Elle appelle l’État à “tenir sa promesse de fermer 14 réacteurs nucléaires d’ici à 2025 pour entrer pleinement dans la transition énergétique”.

Pour rappel, l’Autorité de sûreté nucléaire doit donner son feu vert définitif à EDF d’ici à 2022 pour prolonger le réacteur n° 1 du Tricastin.

Par E.B., publié le 18 octobre 2020 à 06h05

Photo en titre : L’eurodéputée Europe écologie-Les Verts Michèle Rivasi. Archives Photo Le DL/Fabrice HÉBRARD

https://www.ledauphine.com/environnement/2020/10/17/nucleaire-l-eurodeputee-michele-rivasi-appelle-l-etat-a-ne-pas-prolonger-le-tricastin

REVERS SANS SURPRISE POUR TRUMP FACE À TÉHÉRAN

L’embargo de l’ONU sur les ventes d’armes à l’Iran ne sera pas prolongé ce vendredi, malgré les pressions de Donald Trump. Washington était isolé sur cette question face aux autres membres permanents du Conseil de sécurité. Ce revers n’aura toutefois pas de grandes conséquences concrètes.

Un revers, prévisible, pour l’administration Trump dans le dossier du nucléaire iranien. Les États-Unis n’ont pas réussi à convaincre les autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU de prolonger ce vendredi un embargo sur les ventes d’armes à l’Iran. L’accord dit JCPOA de juillet 2015 prévoyait que cet embargo tomberait automatiquement le 18 octobre 2020, mais le président américain voulait empêcher cette clause de jouer.

Les Européens sur la même ligne

Sans succès. Les États-Unis, peu légitimes pour s’exprimer dans ce dossier puisqu’ils se sont retirés du JCPOA en mai 2018, se sont vus signifier en août dernier par leurs alliés occidentaux signataires du traité, Paris, Berlin et Londres, qu’il n’était pas question d’y renoncer. Cet accord prévoyait en effet que Téhéran gèle son programme nucléaire en échange d’une levée progressive des sanctions internationales. Il ne tient toutefois plus qu’à un fil , puisque Téhéran s’est affranchi de certaines de ses contraintes en matière d’enrichissement d’uranium, en représailles à la décision de Donald Trump. 

Cette convergence entre Européens face à Trump n’allait pourtant pas de soi pour Londres, « en plein Brexit et qui entretient une relation spéciale, pour raisons historiques, avec Washington », souligne Sanam Vakil, du think tank Chatham House. Moscou et Pékin, quant à eux, sont impatients de reprendre leurs livraisons d’armes à leur allié perse dans le Golfe persique.

Pas de bouleversement

« Il ne s’agit pas d’une défaite historique pour Washington, comme le prétend Téhéran, mais de la conséquence du fait que sur ce dossier, les États-Unis se sont isolés tout seuls », souligne Denis Bauchard, spécialiste du Moyen-Orient à l’Institut français des relations internationales. Ce revers pour Donald Trump ne constitue pas pour autant un bouleversement, « puisqu’il était acquis depuis août que l’Iran achetait déjà des armes à la Russie et à la Chine du moment qu’elles étaient jugées défensives, mais on sait combien ce concept est élastique. Le seul véritable «game changer» serait que l’Iran puisse de nouveau exporter son pétrole ». 

Si la suspension de l’embargo représente un échec pour Donald Trump, l’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis le 4 novembre pourrait-elle changer la donne? Pas autant qu’on le dit, tempère Denis Bauchard, pas certain que le candidat démocrate « ramènerait rapidement son pays dans le JCPOA, qu’il veut ‘améliorer’ et dont il faut rappeler, au demeurant, que la mise en œuvre en 2016 était déjà laborieuse ». Même en admettant, ce qui serait optimiste, que Washington et Téhéran se rassoient à une table de négociations en 2021, le pays ne se rouvrirait pas de sitôt aux entreprises occidentales. 

Ces dernières avaient d’ailleurs commencé à perdre du terrain en Iran avant même les menaces américaines de punir celles qui continueraient à faire commerce avec Téhéran, souligne Azadeh Zamirirad, de l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité. Selon elle, « la question de la sécurité juridique en Iran est prioritaire pour les entreprises européennes. D’ailleurs, l’an passé, les principaux fournisseurs de l’Iran étaient la Chine, la Turquie et les Émirats arabes unis ».

Par Yves Bourdillon, publié le 16 oct. 2020 à 16h00

Photo en titre : Des techniciens s’activent pour la construction du réacteur nucléaire à eau lourde, à Arak, censé produire de l’électricité non loin de Téhéran. (Atomic Energy Organization of Iran via AP/SIPA)

https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/revers-sans-surprise-pour-trump-face-a-teheran-1256538

LES SPÉCULATIONS SUR LE NOMBRE D’ARMES NUCLÉAIRES DE LA CHINE SONT SANS FONDEMENT

Selon le site Internet du ministère des Affaires étrangères, Fu Cong, directeur du département du contrôle des armements du ministère des Affaires étrangères, a accordé le 15 octobre 2020 un entretien au journal russe « Kommersant », lors de laquelle il a notamment exposé la position de principe de Beijing sur des questions telles que la politique nucléaire de la Chine et le développement des forces nucléaires, ainsi que les négociations trilatérales sur le contrôle des armements entre la Chine, les États-Unis et la Russie.

Fu a souligné que la Chine a toujours respecté le principe de ne pas être la première à utiliser des armes nucléaires quel que soit le moment et quelles que soient les circonstances, et a toujours limité l’ampleur de sa puissance nucléaire au minimum requis pour maintenir la sécurité nationale. Cette politique ne changera pas. La Chine n’a nulle envie de devenir une superpuissance nucléaire, et ne suivra pas l’ancienne voie des États-Unis et de l’Union soviétique d’une course folle aux armements nucléaires pendant la guerre froide. La Chine n’a jamais participé et ne participera jamais à une course aux armements nucléaires.

Le porte-parole a également réfuté les accusations sans fondement des États-Unis sur la construction de la puissance nucléaire de la Chine et souligné que la stratégie de dissuasion nucléaire minimale de Beijing basée sur la légitime défense est un choix stratégique basé sur les besoins de sécurité de la Chine et la nature des armes nucléaires en tant que moyen de dissuasion ultime. Les spéculations mondiales sur le nombre d’armes nucléaires chinoises sont sans fondement. Le renforcement par la Chine de la construction de ses capacités stratégiques est un besoin objectif visant à garantir la sûreté et la fiabilité de ses arsenaux nucléaires dans la nouvelle situation, et elle espère que le monde extérieur traitera ce fait de manière objective et correcte. En fait, d’autres États dotés d’armes nucléaires modernisent également leurs arsenaux nucléaires. Les États-Unis prévoient même d’investir 1 200 milliards de dollars pour moderniser leur énorme arsenal nucléaire.

Selon M. Fu, la transparence nucléaire comprend deux aspects : la transparence des politiques et des intentions et la transparence des capacités et des quantités. La transparence en termes de capacités et de quantité n’entraîne pas nécessairement une confiance mutuelle. Quand un pays qui possède environ 6 000 ogives nucléaires insiste sur le recours en premier à l’arme nucléaire et divulgue publiquement sa puissance nucléaire, il fait moins preuve de transparence que de dissuasion, et cela ne fera jamais se sentir les autres pays plus en sécurité. Du point de vue du renforcement de la confiance mutuelle et de la manière d’éviter les erreurs de jugement, la transparence des politiques et des intentions nucléaires est plus réaliste. La Chine, elle, poursuit une politique nucléaire consistant à ne pas être le premier à utiliser des armes nucléaires et à ne pas utiliser ou menacer de les utiliser sans condition contre des États non dotés d’armes nucléaires. C’est la transparence la plus significative. À l’heure actuelle, les États-Unis améliorent continuellement leur énorme arsenal nucléaire, poursuivent une stratégie nucléaire offensive, élargissent le recours aux armes nucléaires, abaissent leur seuil d’utilisation, mettent au point de nouvelles ogives nucléaires « utilisables », développent vigoureusement des systèmes d’armes antimissiles et spatiaux, et menacent de déployer des missiles intermédiaires terrestres autour de la Chine, ce qui endommage gravement la stabilité stratégique mondiale et a un impact sur la capacité de survie des forces nucléaires chinoises. Dans ce contexte, chacun comprendra la Chine doit maintenir une ambiguïté modérée sur l’ampleur de ses forces nucléaires pour garantir l’efficacité de sa dissuasion nucléaire.

Par ailleurs, a souligné M. Fu, les États-Unis continuent de briser des traités, de se retirer d’institutions, tout en proposant de prétendues négociations trilatérales sur le contrôle des armements pour se créer un prétexte qui leur permettra de s’affranchir des restrictions et de rechercher un avantage stratégique absolu. Par rapport aux États-Unis et à la Russie, la puissance nucléaire de la Chine n’est pas du même ordre de grandeur. Il est injuste, déraisonnable et irréalisable d’exiger de la Chine qu’elle participe aux négociations dites trilatérales sur le contrôle des armements, et la Chine n’y participera pas. Si les États-Unis sont disposés à réduire leur puissance nucléaire au niveau de la Chine, alors la Chine sera prête à participer aux négociations internationales sur le désarmement nucléaire, mais il y a fort à parier que cela ne se produira pas dans un avenir prévisible.

Selon M. Fu, la non-participation de la Chine aux prétendues négociations trilatérales sur le contrôle des armements ne signifie pas pour autant qu’elle se soustrait à ses propres responsabilités en matière de désarmement nucléaire et refuse de participer aux efforts internationaux de désarmement nucléaire. En fait, la Chine participe même activement aux efforts internationaux de désarmement nucléaire, apportant une contribution importante à la conclusion du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, soutenant activement la mise en place du système de vérification du Traité et respectant toujours son engagement de « moratoire sur les essais ». Dans le même temps, la Chine a activement incité la Conférence du désarmement à parvenir à un instrument international juridiquement contraignant sur la prévention d’une course aux armements dans l’espace et la fourniture de garanties de sécurité aux États non dotés d’armes nucléaires le plus tôt possible, jouant un rôle clé dans l’activation du mécanisme de dialogue des cinq États dotés d’armes nucléaires. La Chine est disposée à discuter avec toutes les parties d’un large éventail de questions liées à la stabilité stratégique dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies, de la Conférence sur le désarmement et du mécanisme des cinq puissances nucléaires. Elle est également disposée à mener des dialogues bilatéraux avec toutes les parties sur des questions de sécurité stratégique sur la base du respect mutuel. Mais elle n’acceptera aucune contrainte et aucun chantage.

Par Yishuang Liu, le Quotidien du Peuple en ligne, publié le 16.10.2020 à 16h53

http://french.peopledaily.com.cn/Chine/n3/2020/1016/c31354-9770114.html

DÉCHETS NUCLÉAIRES À BURE : UNE ENQUÊTE, UNE BANDE DESSINÉE

Les journalistes Pierre Bonneau et Gaspard d’Allens font paraître « Cent mille ans. Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires« , un enquête édifiante en forme de bande dessinée qui paraît au Seuil.

Cent mille ans. Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires, c’est le titre d’une bande dessinée parue cette semaine, une BD issue de l’enquête de deux journalistes dans cette commune de la Meuse, qui fait l’objet d’une bataille politique virulente entre l’État et des habitants du village et de ses environs depuis de longues années. Quelle est la dangerosité des déchets nucléaires ? Quelle est la limite entre subjectivité et militantisme et pourquoi faire une enquête en BD ? Telles sont les questions que nous posons aux deux auteurs. 

Gaspard d’Allens – L’objectif du projet Cigéo est d’enfouir les déchets nucléaires à 500 mètres sous terre, dans les entrailles de la Meuse. Cigéo est indispensable pour boucler la fin du cycle de la filière nucléaire et pour prétendre être propre. C’est un enjeu civilisationnel et philosophique et c’est ce qu’on a voulu raconter : comment nous avons pu créer en soixante ans des déchets qui nous transcendent, qui nous dépassent ?

Pierre Bonneau – « Ce n’est pas une BD militante. Nous sommes opposants à ce projet mais sur la base de l’analyse et des faits. La simple analyse des risques colossaux que soulève ce projet d’enfouissement conduit nécessairement à adopter un parti-pris : celui de penser que c’est une aberration. »  

Gaspard d’Allens – « L’objectif d’utiliser la BD est d’élargir le débat. Nous avions déjà écrit en livre sur le sujet en 2017. La BD a le vent en poupe et on s’inscrit dans cette lignée de l’enquête qui associe le dessin à l’enquête journalistiques : les deux se marient très bien. » 

Pierre Bonneau – « Du côté de Cigéo et de l’Andra, il y a depuis 25 ans toute une logique d’acceptabilité sociale sur le territoire : des campagnes de communication sont menées, des visites scolaires sont organisées dans le laboratoire qui promeut le projet. Il y donc a aussi une pédagogie qui est tentée d’être faite en face, sur laquelle on peut mettre la lumière avec un outil comme la BD. »

Pour aller plus loin : 

Cent mille ans  – Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires est paru aux éditions du Seuil

Photo en titre : La ville de Bure, où 85 000 mètres cubes de déchets radioactifs doivent être enfouis à 500 mètres sous terre. Crédits : JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-mediatique/la-fabrique-mediatique-du-samedi-17-octobre-2020

TRAITÉ NEW START: POUTINE LANCE LA BALLE DANS LE CAMP AMÉRICAIN

Lançant la balle dans le camp américain, le président russe a dit vendredi souhaiter le prolongement sans conditions d’un an du traité de désarmement nucléaire russo-américain New Start, le temps de trouver un nouvel accord, trois jours après une offre conditionnelle jugée inacceptable des États-Unis de prolonger cet accord qui expire le 4 février 2021.

«J’ai une proposition, à savoir de prolonger l’accord actuel sans condition pendant au moins un an afin d’avoir la possibilité de mener des négociations nourries sur tous les paramètres», a indiqué Vladimir Poutine durant une réunion de son Conseil russe de Sécurité où les participants ont également échangé leurs points de vue sur la situation actuelle dans le conflit du Haut-Karabakh.

Le traité bilatéral New Start, conclu en 2010, maintient les arsenaux des deux pays bien en deçà de leur niveau de la Guerre froide, limitant à 700 le nombre de lanceurs nucléaires stratégiques déployés et à 1550 le nombre de têtes nucléaires.

Les diplomates américains et russes sont parvenus à un accord de principe pour prolonger et étendre le nouveau traité de réduction des armes stratégiques (NEW START) aux armes nucléaires tactiques également, avait même déclaré l’envoyé présidentiel américain pour le contrôle des armements, Marshall Billingslea, pour être aussitôt démenti par les responsables russes.

Mardi, le négociateur américain Marshall Billingslea a proposé à Moscou de prolonger le traité « pendant un certain temps » à condition que la Russie accepte « de geler » son arsenal nucléaire.

Un tel gel a été jugé «inacceptable» par le négociateur russe, le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, qui a déclaré que les conditions de gel demandées par les États-Unis étaient «inacceptables» et que la Russie n’accepterait qu’une simple prolongation du traité de 2010, qui limite les armes nucléaires stratégiques déployées par les États-Unis et la Russie et les systèmes de livraison et oblige la Russie et les États-Unis à autoriser les inspections de leurs stocks respectifs.

Faisant le point de la situation à la réunion du Conseil russe de sécurité, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré, selon le compte-rendu du Kremlin, qu’«une situation critique s’est développée, puisqu’en février, comme je l’ai dit, début février, le contrat expire. S’il n’y a pas d’accord des deux parties conformément aux procédures prévues par l’Accord sur sa prorogation, celui-ci expirera.»

Toujours selon la version du Kremlin, «En attendant», a ajouté le chef de la diplomatie russe, «nous confirmons que nous serons prêts à continuer à travailler sur de nouveaux accords, et nous avons fait, avec votre consentement, des propositions spécifiques pour l’élaboration d’une approche globale de la stabilité stratégique, qui ont été transférées du côté américain. »

Ce à quoi Vladimir Poutine a répondu, selon la présidence russe, qu’«Il serait extrêmement triste que le traité cesse d’exister et ne soit pas remplacé par un autre document fondamental de ce type. Au cours de toutes les années précédentes, le Traité START III a fonctionné, a fonctionné correctement, a rempli son rôle fondamental de limiter, de freiner la course aux armements et de contrôler les armements. Il est clair que nous avons de nouveaux systèmes d’armes que la partie américaine ne possède pas, du moins pas encore. Mais nous ne refusons pas de discuter de cet aspect du problème

Et Poutine de formuler alors une proposition: «À cet égard, j’ai une proposition, à savoir: proroger le traité existant sans aucune condition pendant au moins un an afin de pouvoir mener des négociations constructives sur tous les paramètres des problèmes qui sont régis par des accords de ce type, afin de ne pas laisser tomber nos pays et tous les États du monde qui souhaitent maintenir la stabilité stratégique, et de ne pas se retrouver sans un document aussi fondamental que le Traité sur les armes stratégiques offensives.»

Pour le président russe, qui a donné instruction à son ministre des Affaires étrangères de «formuler [cette] position aux partenaires américains et essayer d’obtenir au moins une réponse intelligible de leur part dans un très proche avenir.», la balle est donc maintenant dans le camp américain. En cette année électorale, où il a besoin de succès diplomatiques ou, du moins, de semblants de succès, Donald Trump pourrait bien saisir la perche que lui tend Poutine.

La Russie et les États-Unis détiennent toujours, à eux deux, plus de 90 % des armes nucléaires dans le monde, selon le dernier rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Washington dispose en 2020 de quelque 5800 ogives nucléaires et Moscou de 6375, contre 320 pour Pékin, 290 pour Paris et 215 pour Londres, selon l’institut suédois.  

Le NEW START est le dernier accord nucléaire encore en vigueur après que Donald Trump a renié trois accords: celui sur le nucléaire iranien, le traité INF sur les missiles terrestres de moyenne portée, et le traité Ciel ouvert, ou Open Skies, visant à vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des pays signataires.

Par La rédaction, publié le 16 octobre 2020 à 11h40

Photo en titre : Rencontre le 16 octobre par vidéoconférence de Vladimir Poutine avec les membres permanents du Conseil russe de sécurité (Service de presse du Kremlin).

FUITES, FISSURES… L’ASN TIRE À BOULETS ROUGES SUR LA CENTRALE NUCLÉAIRE EDF DE FLAMANVILLE

Le redémarrage de réacteurs de la centrale nucléaire de Flamanville d’EDF est repoussé, suite à des « non conformités » relevées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) égratigne à nouveau EDF, en dénonçant une nouvelle série de manquements à Flamanville. L’Autorité a relevé une longue série de « non conformités«  sur un réacteur de la centrale nucléaire, à l’arrêt, et dont le redémarrage est repoussé, a-t-on appris auprès du gendarme du nucléaire. Selon le site internet de RTE qui gère le réseau électrique, le redémarrage du réacteur 1 est repoussé au 15 décembre et celui du réacteur 2 au 8 novembre, alors qu’en avril ces redémarrages étaient annoncés pour le 31 octobre. Le réacteur 2 est en maintenance depuis le 10 janvier 2019. Le réacteur 1 est lui arrêté depuis le 18 septembre 2019 en raison de problèmes de corrosion. Leur redémarrage a été repoussé à plusieurs reprises.

Interrogé par l’AFP, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a indiqué que le report du redémarrage du réacteur 2 était en partie dû à des demandes de sa part. « Il s’agit de non conformités relevées par l’ASN notamment lors de ses inspections. Une autre partie concerne les justifications que l’ASN attend« , selon le service de presse du gendarme du nucléaire. Dans un courrier de 11 pages daté du 7 octobre disponible sur son site internet, l’ASN a ainsi formulé de nombreuses « demandes d’actions correctives » concernant notamment des « fuites d’huile » sur un moteur, des « joints intumescents de portes coupe-feu » à « remplacer« , la « vétusté » de compresseurs, des « fissures » sur béton armé, ou de la « corrosion » sur une vanne. Ce courrier fait suite à une « inspection annoncée » qui a eu lieu les 16 et 24 septembre, selon le document.

Interrogé par un correspondant de l’AFP, EDF a indiqué avoir envoyé des éléments de réponse à l’ASN. Concernant les causes du report du redémarrage du réacteur 1, l’ASN a renvoyé vers l’exploitant. EDF avait évoqué en septembre le report du redémarrage du réacteur 1 et sa volonté de « prioriser » celui du réacteur 2.

La centrale de Flamanville est placée sous surveillance renforcée de l’ASN depuis le 11 septembre 2019. À côté des réacteurs 1 et 2 de Flamanville, EDF construit l’EPR, qui connaît lui aussi de nombreux retards et surcoûts.

>> À lire aussi – EPR : pourquoi les Chinois y arrivent et pas nous ?

Publié le 16/10/2020 à 17h18, mis à jour le 17/10/2020 à 9h37

Photo en titre : Marlene Awaad/Bloomberg via Getty Images 

https://www.capital.fr/entreprises-marches/fuites-fissures-lasn-tire-a-boulets-rouges-sur-la-centrale-nucleaire-edf-de-flamanville-1383427

FUKUSHIMA : LE JAPON VA BIENTÔT DÉCIDER DE REJETER À LA MER DE L’EAU CONTAMINÉE

Plusieurs médias japonais rapportent vendredi que le gouvernement va décider de rejeter à la mer de l’eau contaminée issue de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima.

Le gouvernement japonais va prochainement officialiser sa décision de rejeter à la mer de l’eau contaminée issue de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, en dépit d’une forte opposition locale, ont rapporté vendredi plusieurs médias nippons. « Nous ne pouvons pas reporter une décision, afin d’éviter que les travaux de démantèlement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi soient retardés« , a réagi le porte-parole du gouvernement Katsunobu Kato lors de son point presse régulier.

Cette décision devrait être actée d’ici la fin d’octobre 2020, mais l’opération en elle-même ne devrait pas démarrer avant 2022 au plus tôt, selon plusieurs médias locaux. À proximité de la centrale nucléaire ravagée par le terrible tsunami du 11 mars 2011, environ 1,23 million de tonnes d’eau contaminée sont actuellement stockées dans plus d’un millier de citernes. Cette eau provient de la pluie, des nappes souterraines ou des injections nécessaires pour refroidir les cœurs des réacteurs nucléaires entrés en fusion après le tsunami.

L’eau a été filtrée à plusieurs reprises pour être débarrassée de la plupart de ses substances radioactives, mais pas du tritium, lequel ne peut pas être éliminé avec les techniques actuelles. Les capacités de stockage sur place devraient arriver à saturation mi-2022. Sur recommandation d’experts, les autorités japonaises vont donc privilégier la solution du rejet en mer, une pratique déjà existante au Japon et à l’étranger sur des installations nucléaires en activité.

Un impact sur l’environnement

Cette option privilégiée au détriment d’autres scénarios, comme une évaporation dans l’air ou un stockage durable, est notamment très contestée par les pêcheurs et les agriculteurs de Fukushima, redoutant que cela ne dégrade encore davantage l’image de leurs produits auprès des consommateurs.

Par William Vuillez et AFP, publié le 16/10/2020 à 12h41

Photo en titre : Une vue de la centrale de Fukushima prise le 12 novembre 2014 Crédit : AFP / Archives, Shizuo Kambayashi

https://www.rtl.fr/actu/international/fukushima-le-japon-va-bientot-decider-de-rejeter-a-la-mer-de-l-eau-contaminee-7800905295

RÉALISATION INCOMPLÈTE D’UN CONTRÔLE DE BON FONCTIONNEMENT DES GRAPPES DE COMMANDE DE 28 RÉACTEURS DE 900 MWE D’EDF

Le 2 septembre 2020, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à la réalisation incomplète d’un contrôle de bon fonctionnement d’un groupe de huit grappes de commande des réacteurs de 900 MWe des centrales nucléaires de Blayais, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines, Saint-Laurent et Tricastin.

Ce groupe de huit grappes[1] assure, en fonctionnement normal, par son insertion plus ou moins importante dans le cœur, la régulation de la température moyenne du circuit primaire du réacteur et participe au contrôle de la distribution de puissance dans le cœur.

Lors de certains scénarios accidentels, l’extraction de ce groupe de huit grappes doit pouvoir être bloquée. En cas de mauvais fonctionnement du dispositif de blocage, ces scénarios accidentels pourraient conduire à l’endommagement du combustible à la suite de l’augmentation de puissance qui en résulterait dans certaines parties du cœur.

À l’occasion de la réalisation d’un essai périodique du système de protection d’un réacteur de la centrale nucléaire de Gravelines en septembre 2019, EDF a constaté que l’essai ne permettait pas de vérifier complètement l’exigence associée au blocage de ces grappes. 

Après analyse, EDF a conclu que cette exigence de la démonstration de sureté n’a jamais été vérifiée sur les réacteurs des centrales nucléaires de Blayais, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines, Saint-Laurent et Tricastin depuis 2006. Le même écart avait déjà été relevé et corrigé pour la centrale nucléaire du Bugey en 2008.

EDF a réalisé en juillet et août 2020 un essai sur tous les réacteurs concernés, à l’exception du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Chinon actuellement à l’arrêt et pour lequel l’essai aura lieu avant son redémarrage. Les résultats des essais réalisés sont tous conformes à l’attendu.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Compte tenu de ses conséquences potentielles, de l’absence de prise en compte du retour d’expérience de l’évènement survenu à la centrale nucléaire du Bugey en 2008, et du délai important pour évaluer l’importance de l’écart détecté en 2019 à la centrale nucléaire de Gravelines, cet événement est classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité) pour les 28 réacteurs concernés.

[1] Les réacteurs nucléaires sont équipés de plus de 50 grappes de commandes qui sont réparties en groupes. Elles permettent de contrôler la réaction nucléaire dans le cœur du réacteur. Ces grappes de commande contiennent des matériaux absorbant les neutrons.

Cet article concerne les sites suivants :

Centrale nucléaire du Blayais – Réacteurs de 900 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Chinon B – Réacteurs de 900 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Cruas-Meysse – Réacteurs de 900 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly – Réacteurs de 900 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Gravelines – Réacteurs de 900 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux – Réacteurs de 900 MWe – EDF

Centrale nucléaire du Tricastin – Réacteurs de 900 MWe – EDF

Publié le 15 octobre 2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Realisation-incomplete-d-un-controle-de-bon-fonctionnement-des-grappes-de-commandes

ÉLECTRICITÉ DE FRANCE : EDF VEUT POUVOIR PRÉSENTER SON NOUVEAU MODÈLE D’EPR MI-2021

PARIS (Reuters) – EDF a annoncé jeudi une nouvelle série d’engagements dans le cadre de son plan d’amélioration des performances de la filière nucléaire française, le groupe souhaitant notamment être en mesure de présenter mi-2021 un nouveau modèle de réacteur EPR tirant les leçons des déboires des chantiers en cours.

Après avoir tracé les grandes lignes de ce plan « excell » fin 2019, EDF a précisé lors d’une conférence de presse que son offre d’EPR 2 – présenté comme plus simple et moins cher à construire – bénéficierait dans l’optique d’une paire de réacteurs d’une division par dix « a minima » des reprises d’études et de fabrications par rapport à l’unité en cours de construction à Flamanville (Manche).

Le groupe compte également, toujours pour la mi-2021, « sécuriser les gains prévus en termes de coûts et de délais » pour le projet de Sizewell C, qu’il envisage de construire dans l’est de l’Angleterre, par rapport à celui d’Hinkley Point C.

À la même échéance, EDF vise aussi un nouveau mode de contrôle des grands projets, un séquencement plus « robuste » des chantiers, des fabrications et constructions « garanties conformes du premier coup« , un mode de relations avec ses fournisseurs davantage basé sur les résultats ou encore un nouveau système d’habilitation des soudeurs sur les nouveaux contrats du parc existant et sur les projets « neufs« .

Le groupe a confié en début d’année le poste de délégué général à la qualité industrielle et aux compétences à Alain Tranzer, venu du groupe automobile PSA, pour mettre en œuvre le plan « excell » élaboré fin 2019 à la suite d’un rapport d’audit de Jean-Martin Folz analysant les dérapages successifs de coûts et de délais de l’EPR de Flamanville.

« Je ne crois pas au changement lent. Le changement est rapide ou il n’est pas (…). Il y a urgence à délivrer des résultats concrets, visibles, sur le terrain« , a-t-il dit lors d’une conférence presse.

« La standardisation et la réplication sont un levier majeur pour ‘dérisquer’ les projets en termes de coûts et de délais« , a ajouté Alain Tranzer, évoquant un gain de l’ordre de « 30% sur les délais d’ingénierie et de 30% sur les coûts« .

« PROUVER QU’ON A RAISON DE NOUS FAIRE CONFIANCE« 

« Mi-2021, c’est le moment où on a prévu de remettre l’offre engageante d’EPR 2 ; c’est le moment où on veut prouver qu’on a raison de nous faire confiance parce qu’on a obtenu déjà des résultats visibles sur notre capacité à délivrer – dans le respect des coûts et des délais annoncés – les futures centrales qu’on voudra bien nous commander« , a également dit le dirigeant.

Emmanuel Macron avait demandé à EDF en 2018 de travailler à un programme de nouveaux réacteurs nucléaires « en prenant des engagements fermes sur le prix pour qu’il soit compétitif« , afin d’être prêt en 2021 « pour que le choix (…) proposé aux Français puisse être un choix transparent et éclairé« .

Le gouvernement a cependant renvoyé sa décision sur la construction de nouveaux réacteurs après la mise en service de l’EPR de Flamanville 3, soit après un chargement du combustible programmé fin 2022 selon le dernier calendrier fourni par EDF. (voir NDLR en fin d’article)

Estimé à trois milliards d’euros lors de l’annonce du projet en 2004, l’EPR de Flamanville devait initialement entrer en service en 2012. Selon les dernières estimations en date, le coût de construction de cette « tête de série » est prévu à 12,4 milliards.

Xavier Ursat, directeur exécutif d’EDF en charge de la direction « ingénierie et projets nouveau nucléaire« , a pour sa part déclaré que l’impact de la crise du coronavirus sur le chantier de Flamanville était pour le moment vu comme « tout à fait modéré » et a indiqué que le groupe espérait obtenir d’ici à la fin du mois de novembre l’autorisation de réparer les soudures défectueuses les moins accessibles du réacteur.

Il a aussi confirmé que le groupe visait avec l’EPR 2 une réduction de coûts de l’ordre de 30% par rapport à la facture d’un chantier de Flamanville qui se serait déroulé dans des conditions normales.

Par Benjamin Mallet, édité par Jean-Stéphane Brosse et Jean-Michel Bélot, publié le 15/10/2020 à 13h09

https://m.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Electricite-de-France-EDF-veut-pouvoir-presenter-son-nouveau-modele-d-EPR-mi-2021-31544923/

NDLR : …Le gouvernement a cependant renvoyé sa décision sur la construction de nouveaux réacteurs après la mise en service de l’EPR de Flamanville 3…En réalité la décision est déjà prise, c’est évident, mais l’annoncer avant la présidentielle pourrait être préjudiciable au candidat Macron ! Ne soyez pas dupes !

NUCLÉAIRE : EMMANUEL MACRON EN VISITE AU CREUSOT POUR SOUTENIR UNE ÉNERGIE DÉPASSÉE

Communiqué du 16 octobre 2020 : Ce mardi 20 octobre, Emmanuel Macron est attendu à l’usine Framatome du Creusot (Saône-et-Loire) où il pourrait effectuer des annonces sur l’avenir de la filière. Le choix de ce lieu emblématique des scandales de l’industrie nucléaire en dit long sur le soutien inconditionnel du gouvernement à une énergie du passé, qu’il tente de repeindre en vert.

Les forges du Creusot, symbole des défaillances de l’industrie nucléaire

L’usine Framatome du Creusot, où des mauvaises pratiques se sont perpétuées pendant des années [1] et où des dossiers de fabrication ont été falsifiés pour couvrir des malfaçons, a été le théâtre de l’un des plus gros scandales touchant l’industrie nucléaire. Nos associations avaient déposé plainte et l’Autorité de sûreté nucléaire avait également saisi la justice. Une instruction est en cours.

En se rendant au Creusot, Emmanuel Macron veut-il faire croire que les phénomènes de fraude et de perte de compétence au sein de l’industrie nucléaire française appartiendraient au passé ? Au vu de la découverte récente d’anomalies sur des pièces provenant d’usines de Framatome et de la persistance au Creusot de certaines mauvaises pratiques évoquées pudiquement dans un récent rapport de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire [2], une telle mise en scène ne doit tromper personne !

Une nouvelle occasion de faire passer le nucléaire pour écologique

Il y a quelques semaines, Emmanuel Macron et son gouvernement ont choisi d’inclure le soutien au nucléaire dans le volet « transition écologique » du plan de relance. La sauvegarde du climat sert de prétexte infondé au sauvetage d’une industrie moribonde. Ce cliché est en décalage total avec la réalité des faits. Alors que l’urgence climatique se fait chaque jour plus pressante, notre pays ne peut pas se permettre de gaspiller des milliards dans une technologie aux retards proverbiaux et dont les coûts ne cessent d’augmenter. La priorité devrait aller aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables, bien plus efficaces pour réduire rapidement nos émissions [3], et à une transformation en profondeur de nos modes de production et de consommation.

N’en déplaise à Emmanuel Macron, si prompt à traiter d’ »Amish » les personnes qui osent critiquer l’hégémonie de certaines technologies, le nucléaire est une énergie du passé. Continuer de la soutenir à tout prix ne relève pas d’une vision d’avenir, mais d’une croyance aveugle qui enfonce encore plus la France dans l’impasse nucléaire.

En toile de fond, préparer le terrain pour une décision sur de nouveaux EPR

En multipliant les déclarations et les manœuvres autour du nucléaire « vert« , le gouvernement avance des pions pour rendre possible la construction de nouveaux EPR. Pourtant, la mise en service de l’EPR de Flamanville, avant laquelle aucune décision de nouvelle construction n’est officiellement censée advenir, n’aura pas lieu avant 2023 et n’est même pas garantie. Plus qu’un reniement des engagements du gouvernement, il s’agirait d’une insulte aux citoyen.nes, majoritairement opposé.es à la construction de nouvelles centrales [4].

Au regard de l’état de la filière nucléaire et de son niveau d’endettement, alors que l’EPR de Flamanville fournit la preuve flagrante d’une perte de compétence généralisée, relancer la construction de nouveaux réacteurs relèverait d’une fuite en avant aussi dangereuse que ruineuse. La Cour des comptes elle-même appelle à reconsidérer un tel choix, et les citoyen.nes n’ont pas à financer les caprices d’une industrie incapable de penser sa fin. Si, pour le patron d’EDF, l’entreprise doit continuer à construire des réacteurs, « comme le cycliste doit pédaler pour ne pas tomber », le rôle d’un chef d’État devrait être de lui apprendre à freiner plutôt que de l’encourager à nous emmener toutes et tous dans le mur !

Contacts presse :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Cécile Génot – 06 30 23 52 78

Notes

[1Voir ce dossier. À la fin 2018, outre la cuve de l’EPR, pas moins de 3861 « écarts« , dont 2982 constats d’anomalie, avaient été recensés sur des pièces équipant le parc nucléaire français et provenant de l’usine du Creusot.

[2] Dans un rapport, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire étudie les changements organisationnels mis en place par Framatome suite au scandale dévoilé en 2016. Malgré une approche très euphémisante et une appréciation positive de la plupart des évolutions mises en place, il en ressort qu’il serait bien présomptueux de prétendre que la page est définitivement tournée.

Le rapport mentionne la « récurrence d’écarts » ainsi que la persistance de certaines mauvaises pratiques. En cas de découverte d’ »écarts », l’usine peut ainsi « décider de prendre le risque industriel de poursuivre la fabrication d’une pièce. Dans ce cas, le client est préalablement prévenu et FLC prend la responsabilité d’assumer les coûts si le traitement de l’écart proposé n’est pas adéquat ». Malgré la faillite d’un système de contrôle basé sur le postulat de la bonne foi de l’exploitant, on continue de supposer qu’il déclarera de lui-même les problèmes et en informera ses clients !

[3] Comme l’indique le World Nuclear Industry Status Report, au niveau mondial, le coût actualisé de l’électricité des énergies renouvelables est désormais inférieur à celui du nucléaire. Par ailleurs, le nouveau nucléaire nécessite 5 à 17 ans de temps de construction en plus que le solaire ou l’éolien.

[4] En 2018, 67% des 400 personnes tirées au sort à l’occasion du débat public sur la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie s’étaient prononcés contre la construction de nouveaux réacteurs.

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Nucleaire-Emmanuel-Macron-en-visite-au-Creusot

SITE DU BUGEY: LA VILLE ET LE CANTON DE GENÈVE S’OPPOSENT À UNE DÉCISION DE L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE FRANÇAISE

Le 28 septembre 2020, la Ville de Genève, la République et Canton de Genève ainsi que 4 riverains du site du Bugey ont recouru contre la décision de l’Autorité de sûreté nucléaire du 28 juillet 2020 autorisant la mise en service d’une nouvelle installation de dépôt de déchets radioactifs.

La création d’une installation de conditionnement et d’entreposage des déchets activés (« Iceda« ) exploitée par EDF sur le site du Bugey a été autorisée par décret en 2010. Cette installation «a pour but de conditionner et d’entreposer des déchets radioactifs produits dans le cadre

– du programme EDF de démantèlement des centrales nucléaires de première génération et de Creys-Malville;

– de l’exploitation, de la maintenance et d’éventuelles modifications des centrales nucléaires à eau pressurisée».

L’installation est dimensionnée pour accueillir des déchets activés d’exploitation et des déchets issus de la déconstruction des centrales nucléaires. Elle accueillera également des déchets de faible et moyenne activité à vie courte, nécessitant une période d’entreposage avant de pouvoir être envoyés dans un centre de stockage à créer. Le 28 juillet 2020, l’Autorité de sûreté nucléaire française a autorisé la mise en service de cette installation nucléaire.

Rappelons qu’en 2016, face à la dangerosité avérée de la centrale nucléaire du Bugey, la Ville et le Canton avaient déposé plainte contre X, notamment pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux. En 2017, le Ministère public, à l’issue d’une enquête rapidement menée, avait décidé de ne pas engager de poursuites en prétendant que les faits n’étaient pas suffisamment caractérisés. Ce refus avait conduit la Ville et le Canton à déposer en 2019 une plainte avec constitution de partie civile afin que l’affaire soit prise en charge par un juge d’instruction et qu’une enquête soit effectivement ouverte.

Contacts

. Olivier G. Burri, Secrétaire général adjoint de la Ville de Genève, tél. + 41 22 418 29 40

. Antonio Hodgers, Conseiller d’État, Département du territoire, par l’intermédiaire de Mme Pauline de Salis-Soglio, Secrétaire générale adjointe, au + 41 76 304 20 66 ou pauline.desalis@etat.ge.ch

Article publié le 16.10.2020 à 10h59

https://www.geneve.ch/fr/actualites/site-bugey-ville-canton-opposent-decision-autorite-surete-nucleaire

MENACES ISRAÉLIENNES « D’ANÉANTISSEMENT NUCLÉAIRE » CONTRE L’IRAN

Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou s’est vanté publiquement des opérations terroristes de son pays en Iran. Il a publiquement menacé de saboter la vente de pétrole iranien et a menacé le Peuple iranien d’anéantissement nucléaire.

Les actes terroristes, le sabotage économique et la menace nucléaire violent tous trois la Charte des Nations Unies, mais Israël est le seul État membre de l’Onu à ne pas en respecter les règles, et cela depuis trois quart de siècle.

  • Le 29 août 2018, il s’exprimait depuis Dimona, le site souterrain de développement d’armes nucléaires. Dans son discours, il a désigné l’Iran et affirmé que « sur le plan militaire, Israël fera la démonstration de toute sa force contre l’Iran», qu’il a explicitement menacé d’agression et d’« anéantissement» nucléaires.
  • Le 18 décembre 2018, il a admis la présence en Iran d’agents israéliens, qui sont impliqués dans des activités de terrorisme et d’espionnage, en indiquant qu’ils se rendaient régulièrement en Iran.
  • Le 6 mars 2019, prenant la parole à la base navale de Haïfa, il a déclaré que la marine jouerait un rôle plus important pour ce qui était de bloquer le transport de pétrole iranien par la mer et préconisé qu’il y soit mis un terme par tous les moyens.
  • Le 25 juin 2019, il a déclaré qu’Israël prendrait « toutes les mesures nécessaires » contre les installations nucléaires iraniennes.

Rappelons que le Conseil de sécurité a levé toutes les sanctions contre l’Iran et que l’Agence internationale de l’énergie atomique considère, après de très nombreuses vérifications, que le programme nucléaire iranien est purement civil.

Publié le 15 octobre 2020

https://www.voltairenet.org/article211213.html

IL Y A PLUS DE DÉCHETS RADIOACTIFS EN FRANCE QUE CE QUE DIT L’INVENTAIRE OFFICIEL, SELON L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE

Le gendarme du nucléaire affirme, dans un avis, que la filière ne pourra pas valoriser l’ensemble des 318 000 tonnes d’uranium appauvri entreposées.

Il y a davantage de déchets nucléaires en France que ceux qui figurent actuellement dans l’inventaire officiel. C’est en tout cas l’une des conclusions formulées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans un avis rendu public jeudi 8 octobre et passé relativement inaperçu. Elle y affirme qu’une part significative de ce qui était jusqu’à présent considéré comme de la matière radioactive destinée à être réutilisée pour produire de l’électricité correspond en réalité à des déchets radioactifs, qu’il va falloir gérer et stocker. Une orientation à contre-courant de la doctrine défendue depuis des années par la filière nucléaire française.

Cet avis fait suite au débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), dont la cinquième édition est en cours d’élaboration. Actuellement, la loi prévoit qu’un déchet radioactif est un résidu ultime qui ne peut plus être utilisé, tandis qu’une matière radioactive est potentiellement recyclable.

Dans ce document, le gendarme du nucléaire affirme qu’une matière peut être considérée comme valorisable à condition que l’existence d’une filière industrielle soit réaliste dans un horizon d’une trentaine d’années. « Si une substance est qualifiée de matière, les industriels ne vont pas travailler en vue de disposer d’une filière sûre de gestion en tant que déchet, ce qui va poser problème si in fine cette substance n’est pas utilisée », souligne Christophe Kassiotis, directeur des déchets, des installations de recherche et du cycle à l’ASN. 

« L’Autorité de sûreté apporte une réponse à ce questionnement autour de la classification en matière ou en déchet en précisant ce qu’il faut entendre par la notion de “réutilisation envisageable”, ajoute Igor Le Bars, directeur de l’expertise de sûreté à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Elle introduit une notion de capacité industrielle et de temporalité. »

318 000 tonnes de métaux lourds

C’est à propos de l’uranium appauvri, issu du processus d’enrichissement de l’uranium naturel nécessaire à la fabrication du combustible utilisé dans les réacteurs, que l’ASN est la plus catégorique. Fin 2018, les stocks s’élevaient à 318 000 tonnes de métal lourd, entreposées dans les installations d’Orano (ex-Areva), à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne), et au Tricastin (Drôme). Or la part de cet uranium appauvri utilisée pour la fabrication de nouveaux combustibles MOX (composés de plutonium et d’uranium appauvri) représente moins de 2 % de l’accroissement annuel des stocks.

Depuis 2019, la France a également discrètement mis fin aux recherches sur Astrid, un réacteur de quatrième génération qui aurait pu permettre d’utiliser une partie des matières radioactives, dont l’uranium appauvri, comme combustible.

Le gendarme du nucléaire juge donc que la consommation de l’ensemble des quantités existantes est « irréaliste » avec les filières de valorisation envisagées à l’échelle du siècle. « L’ASN estime indispensable qu’une quantité substantielle d’uranium appauvri soit requalifiée, dès à présent, en déchet radioactif », souligne-t-il. « Cet avis représente une brèche considérable dans la construction théorique qui prévaut en France depuis les années 1970, selon laquelle tout matériau contenant de l’uranium et du plutonium sera valorisable à terme dans le cycle du combustible », souligne l’expert critique du nucléaire Yves Marignac.

Orano affirme toutefois être en désaccord avec l’ASN et rejette une requalification en déchet de l’uranium appauvri. Le groupe assure que celui-ci peut être enrichi une seconde fois, ce qui lui confère de la valeur.

« Le choix de réenrichir de l’uranium appauvri se fait en fonction du coût de l’uranium naturel, explique Jean-Michel Romary, directeur maîtrise d’ouvrage démantèlement et déchets chez Orano. Pour l’instant celui-ci est assez bas, mais, si le cours continue à monter, il pourrait devenir rentable de réenrichir cet uranium à partir de 2025-2026. » L’entreprise insiste aussi sur le fait que ces stocks, qui représentent des « ressources naturelles exploitables en France », constituent une garantie d’approvisionnement pour les centrales d’EDF.

En dernier lieu, c’est le gouvernement qui peut décider de requalifier, ou non, l’uranium appauvri en déchet.

Alerte sur l’utilisation du plutonium

L’ASN s’est aussi penchée sur d’autres substances impliquées dans le cycle du combustible. La France est l’un des seuls pays au monde à retraiter ses combustibles usés : ce processus permet de séparer le plutonium (1 %) de l’uranium de retraitement (95 %) et des matières fissiles, considérées comme des déchets ultimes (4 %).

Fin 2018, les stocks d’uranium de retraitement étaient de 31 500 tonnes. Jusqu’à 2013, EDF en a récupéré une partie pour fabriquer du combustible neuf qui était utilisé dans les réacteurs de la centrale de Cruas (Ardèche). Aujourd’hui, l’électricien prévoit de reprendre le chargement de ces combustibles dans ses réacteurs de 900 mégawatts (MW) à partir de 2023 et de l’étendre à des réacteurs de 1 300 MW à partir de 2027.

« EDF nous a présenté une stratégie qui conduit à éliminer en une génération cet uranium de retraitement mais cela pose beaucoup de questions, notamment techniques, explique M. Kassiotis. Il va falloir que l’exploitant propose des jalons pour la mise en œuvre réelle de ce plan. » L’ASN souligne notamment que l’arrêt de réacteurs d’EDF d’ici à 2035, prévu par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), aura un impact sur la production et la consommation d’uranium de retraitement. Elle appelle EDF et Orano à mettre en place un échéancier concernant la réduction des stocks et envisage une « éventuelle requalification » d’une partie de l’uranium de retraitement en déchet.

À propos du plutonium, l’Autorité de sûreté pointe, là aussi, l’impact de la PPE. Le plutonium est utilisé pour fabriquer du combustible MOX, qui peut être chargé dans vingt-deux réacteurs de 900 MW. Or ces réacteurs, les plus anciens du parc, seront les premiers à être arrêtés. EDF prévoit de « moxer » des réacteurs de 1 300 MW mais seulement à l’horizon 2032. D’ici là, le stock de plutonium, une substance particulièrement sensible, risque d’augmenter.

Des dysfonctionnements récents de l’usine Melox (Gard) ont en outre déjà conduit à une hausse très importante de ce stock (10,5 %) entre 2018 et 2019, pour atteindre près de 75 tonnes. « On alerte sur le fait que retraiter les combustibles usés pour obtenir du plutonium n’a de sens que si ce plutonium est réellement utilisé dans les réacteurs », résume M. Kassiotis.

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) est appelée par l’ASN à poursuivre les études de faisabilité concernant le stockage de l’uranium appauvri et de retraitement. Selon des analyses lancées en 2017, ces deux substances, si elles étaient requalifiées, pourraient être considérées comme des déchets de « faible activité à vie longue » – c’est-à-dire peu radioactifs mais sur une période pouvant aller jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années – et pouvant relever d’un stockage à faible profondeur. La question de l’endroit où elles seraient stockées se poserait aussi. Fin 2018, 1,64 million de mètres cubes de déchets étaient gérés ou destinés à être pris en charge par l’Andra.

Par Perrine Mouterde, publié le 15 octobre 2020 à 01h11, mis à jour le 15 octobre 2020 à 13h35

Photo en titre : La centrale nucléaire de Cruas (Ardèche), en novembre 2019. Jusqu’à 2013, EDF a réutilisé des stocks d’uranium pour l’alimenter en combustible. JEFF PACHOUD / AFP

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/15/le-volume-des-dechets-radioactifs-est-revu-a-la-hausse-par-l-autorite-de-surete-nucleaire_6056058_3244.html

L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE AUTORISE EDF À AUGMENTER LES CONTAMINATIONS RADIOACTIVES ET LES TRANSPORTS EN TOUS SENS DE MATIÈRES ET DÉCHETS RADIOACTIFS

Le premier convoi routier de déchets hautement radioactifs, issus du « coeur » du réacteur en démantèlement de la centrale nucléaire de Chooz dans les Ardennes, en est parti le 22 septembre pour aller rejoindre l’Installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activités (ICEDA) sur le site de la centrale nucléaire du Bugey dans l’Ain.

De nombreux convois de déchets radioactifs sont prévus (une dizaine par mois pendant 15 ans) et  vont arriver de toute la France pour être déconfinés, coupés en morceaux, emballés et, pour certains d’entre eux, réexpédiés vers d’autres sites.

Le but de l’opération pour EDF est de retrouver des marges de manœuvre sur l’ensemble de ses centrales nucléaires encombrées par ces déchets et entreposés notamment dans les piscines des réacteurs qui arrivent à saturation.

La conséquence du fonctionnement de l’ICEDA, outre l’accroissement du nombre de transports de déchets radioactifs qui sillonnent la France avec les dangers que cela constitue, est l’accroissement des rejets de radioactivité dans l’environnement proche du Bugey. EDF est en effet autorisée à effectuer des rejets qui s’ajouteront à ceux déjà autorisés pour les quatre réacteurs de plus de 40 ans encore en fonctionnement sur le site du Bugey.

Par ailleurs, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), vient d’autoriser la mise en service partielle de l’EPR de Flamanville, c’est-à-dire la livraison du combustible (matière fissile radioactive) dans l’enceinte de confinement et des essais de celle-ci avec des gaz radioactifs. Cette autorisation est accordée à EDF alors que la cuve de l’EPR comporte de nombreuses malfaçons et non conformités, que des soudures sur des tuyauteries du circuit primaire sont défectueuses, que les soupapes de sécurité de ce même circuit sont fuyardes, etc…

Le but de l’opération pour EDF, dans une situation financière catastrophique, est sans doute de rassurer de potentiels souscripteurs d’emprunts dont elle va avoir urgemment besoin.

La conséquence de cette décision est de mettre sur les routes de nombreux convois de « combustibles » neufs qui vont partir de Romans sur Isère dans la Drôme pour rejoindre Flamanville dans la Manche.

Si vous n’êtes pas d’accord avec cette « fuite en avant » d’EDF vous pouvez, pour commencer, signer la lettre ouverte adressée à Madame Pompili, ministre de la « transition écologique et solidaire » : https://iceda.wesign.it/fr (cliquer sur: la pétition)

Vous pouvez aussi la faire connaître à vos contacts et à vos proches en les incitant à la signer.

Par François VALLET, message du 15 octobre 2020

FORMATION DE L’ARMÉE DE L’AIR ALLEMANDE POUR LA GUERRE NUCLÉAIRE DANS LE CADRE DES EXERCICES DE L’OTAN ‘STEADFAST NOON’

L’armée allemande participe à un exercice qui simule comment transporter et manipuler correctement les armes nucléaires américaines, dans le cadre d’un exercice de l’OTAN conçu pour préparer l’alliance à la guerre nucléaire.

 L’exercice de l’OTAN, nom de code «Noon inébranlable», se tient à la base aérienne de Norvenich en Rhénanie du Nord-Westphalie, ont rapporté les médias allemands. Dans le cadre de l’exercice, l’armée de l’air allemande pratique le transport d’armes nucléaires à partir des installations de stockage souterraines, ainsi que le montage des ogives mortelles sur les avions. Cependant, les vols d’entraînement organisés pendant l’exercice sont effectués sans armes nucléaires à bord. Les forces néerlandaises, belges et italiennes sont également impliquées dans l’exercice en cours.

On pense que l’armée américaine utilise la base aérienne de Norvenich comme site de stockage alternatif pour ses bombes à hydrogène B61.

Lire la suite : La Russie ne voit aucune perspective de prolonger le nouveau traité START avec les États-Unis, mais ne ferme pas la porte aux négociations – Ministre des Affaires étrangères Lavrov

La formation coïncide avec «Garde résiliente» exercices tenus à la base aérienne de Buchel, dans lesquels l’armée de l’air allemande s’exerce à défendre l’installation militaire contre une attaque à l’aide de « Patriote » systèmes anti-missiles.

Outre l’Allemagne, les États-Unis possèdent également des armes nucléaires dans plusieurs autres pays européens, notamment la Turquie.

Bien que les exercices aient lieu chaque année, ils surviennent dans un contexte de tensions croissantes entre l’OTAN et la Russie. Washington s’est retiré unilatéralement du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire avec Moscou il y a deux ans, et on ne sait pas si un autre accord important de non-prolifération, le nouveau traité de réduction des armements stratégiques, ou nouveau START, sera prolongé.

Il y a également eu une augmentation de l’activité militaire autour des frontières de la Russie et dans la Baltique. Le mois dernier, deux B-52 américains ont organisé une simulation d’attaque contre la ville Russe de Kaliningrad.

Vous aimez cet article? Partagez le avec un ami!

Par Dacid Rolet dans News, publié le 15 octobre 2020 à 12h53

https://news-24.fr/formation-de-larmee-de-lair-allemande-pour-la-guerre-nucleaire-dans-le-cadre-des-exercices-de-lotan-steadfast-noon/

COMMENT EN 1995 UNE GUERRE NUCLÉAIRE A-T-ELLE FAILLI ÉCLATER ENTRE LA RUSSIE ET LES ÉTATS-UNIS?

L’incident avec la fusée-sonde norvégienne reste le seul cas dans l’histoire où le président russe a activé sa valise nucléaire.

Le 25 janvier 1995 aurait pu être le jour du Jugement dernier dans le monde : la Fédération de Russie s’est préparée à lancer une frappe nucléaire contre les États-Unis. Comment se fait-il que ces pays, qui avaient quitté la confrontation de la guerre froide et venaient de normaliser leurs relations, se sont retrouvés au bord de la destruction mutuelle ?

Un début de guerre ?

Aurore boréale en Norvège. Legion Media; ZUMA Press/Global Look Press

La cause de la crise a été une fusée-sonde (une fusée permettant d’effectuer des expériences et des mesures dans la haute atmosphère) norvégienne ordinaire. Son lancement depuis la petite île d’Andøya à 7 heures du matin, heure locale (10 heures à Moscou), en direction de l’île de Spitzberg a suscité la panique en Russie.

Dotée d’un équipement scientifique pour l’étude des aurores boréales, la fusée Black Brant XII était de taille similaire au missile balistique américain Trident D5, conçu pour être lancé à partir de sous-marins. En outre, elle a suivi une trajectoire qui, selon le ministère russe de la Défense, aurait été celle des missiles américains en cas de guerre nucléaire.

En décembre 1994, la Norvège avait informé 28 États, dont la Russie, du lancement prévu, mais n’avait pas donné de date précise, se limitant à la période du 15 janvier au 10 février de l’année suivante. En raison de retards bureaucratiques, cette information n’est toutefois pas parvenue au système russe d’alerte des attaques de missiles, ce qui a donné lieu à ce tumulte.

Lire aussi : Comment un pilote américain a failli déclencher une guerre nucléaire avec l’URSS

Minutes décisives

Lieutenant senior Andreï Boussine au poste de commandement de la brigade de défense aérienne du district militaire de Transbaïkalie. Vladimir Saïapine/TASS

Une réunion d’urgence avec les plus hauts dirigeants politiques et militaires du pays a par conséquent été convoquée au Kremlin. Le ministre de la Défense Pavel Gratchev, le chef d’état-major général Pavel Kolesnikov et le président de la Fédération de Russie (en tant que commandant en chef suprême) Boris Eltsine ont dans ce cadre activé les trois terminaux de contrôle des forces de missiles stratégiques – ceux que l’on appelle communément « valises nucléaires ».

Les militaires pensaient que ce projectile unique avait pu être lancé pour créer une impulsion électromagnétique qui désactiverait les radars et les systèmes de communication russes. Suite à cela, l’on pouvait s’attendre à une frappe massive.

Pendant plusieurs minutes tendues, alors que les dirigeants observaient son vol, la question d’une frappe nucléaire contre les États-Unis a été traitée. « On sait peu de choses aujourd’hui sur ce qu’Eltsine a dit à l’époque, même si cela a pu être l’un des moments les plus dangereux de l’histoire de l’ère nucléaire, a écrit le journaliste du Washington Post David Hoffman trois ans après l’incident. Il montre clairement que le système d’alerte nucléaire de la guerre froide est toujours en place et combien ses conséquences pourraient être désastreuses, même si la querelle entre les grandes puissances est terminée ».

Boris Eltsine (à gauche) et Pavel Gratchev. Igor Mikhalev/Sputnik

La situation n’a été désamorcée que lorsqu’il est apparu évident que la fusée s’était dirigée vers le Spitzberg (non loin duquel elle est ensuite tombée dans l’océan). Les valises nucléaires ont alors été désactivées.

L’incident avec les forces nucléaires stratégiques russes en alerte a rapidement été connu de la communauté internationale, ce qui a semé la confusion parmi les dirigeants militaires américains. Lorsque, quatre ans plus tard, les Norvégiens ont organisé un nouveau lancement de Black Brant XII et l’ont signalé au ministère russe des Affaires étrangères, les Américains ont eux-mêmes averti tous les principaux organismes militaires russes par leurs propres canaux. Ainsi, cette fois-ci, il n’y a pas eu de mauvaises surprises.

Dans cet autre article, nous vous racontons comment la Chine et l’URSS ont failli se livrer une guerre nucléaire.

Par Boris Egorov , publié le 15 octobre 2020

Photo en titre : Getty Images; Russia Beyond

https://fr.rbth.com/histoire/85520-guerre-nucleaire-1995-russie-etats-unis-norvege-fusee

Russia Beyond désormais sur Telegram ! Pour recevoir nos articles directement sur votre appareil mobile, abonnez-vous gratuitement sur https://t.me/russiabeyond_fr

LE SECRÉTAIRE AMÉRICAIN À LA DÉFENSE AFFIRME QUE LE PROGRAMME NUCLÉAIRE ET BALISTIQUE DE PYONGYANG REPRÉSENTE UN « MENACE SÉRIEUSE »

WASHINGTON, 14 octobre (.) – Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a déclaré mercredi que les programmes nucléaires et de missiles de la Corée du Nord constituaient une menace mondiale, après que Pyongyang eut montré des ICBM inédits un défilé militaire à l’aube.

L’apparition d’un nouveau missile balistique intercontinental (ICBM) lors du défilé du week-end en Corée du Nord a surpris de nombreux analystes occidentaux. Ce qui a attiré l’attention de Séoul, cependant, ce sont les nouveaux systèmes de fusées à lancement multiple (MLRS) et les missiles rapides et manœuvrables à courte portée, idéaux pour frapper des cibles dans le sud.

Avant sa rencontre au Pentagone avec le ministre sud-coréen de la Défense Suh Wook, Esper a déclaré: «Nous convenons que les programmes de missiles nucléaires et balistiques de la Corée du Nord continuent de constituer une menace sérieuse pour la sécurité, la sûreté et la stabilité de la région et du monde “.

Les États-Unis restent attachés à la sécurité de la République de Corée”, a-t-il ajouté.

Esper a également indiqué que Séoul et Washington doivent trouver un moyen plus équitable de partager les coûts de défense afin qu’ils «ne tombent pas inégalement sur les contribuables américains».

Le président américain Donald Trump, qui a affirmé à plusieurs reprises sa relation avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, a déclaré à plusieurs reprises que Séoul devrait payer une part plus importante du coût des forces militaires américaines déployées en Corée.

Quelque 28 500 soldats américains sont déployés en Corée du Sud, ce qui est considéré comme un moyen de dissuasion à Pyongyang qui envoie également un message à la Chine sur l’influence et les capacités américaines en Asie.

(Informations de Idrees Ali; informations supplémentaires de David Brunnstrom à Washington et Josh Smith à Séoul; édité par Tom Brown et Michael Perry; traduit par Jorge Martínez)

Par Mon Livret, publié le 15 octobre 2020

Photo en titre : PHOTO DE FICHIER: Le secrétaire américain à la Défense Mark Esper à West Point, État de New York, États-Unis, le 10 octobre 2020. Danny Wild-USA TODAY Sports (Danny Wild /)

https://www.mon-livret.fr/actualite/internationnal/le-secretaire-americain-a-la-defense-affirme-que-le-programme-nucleaire-et-balistique-de-pyongyang-represente-un-menace-serieuse/

NUCLÉAIRE : LE RÉACTEUR N° 2 DE LA CENTRALE DE FLAMANVILLE NE REDÉMARRERA PAS À LA DATE PRÉVUE

Le redémarrage du réacteur n° 2 de la centrale de Flamanville (Manche) n’aura pas lieu le 31 octobre 2020 comme prévu. Il vient d’être repoussé d’une semaine par EDF.

Prévu le 31 octobre 2020, le redémarrage du réacteur n° 2 de la centrale de Flamanville (Manche) vient d’être repoussé.

EDF a annoncé qu’il aura lieu une semaine plus tard, le 8 novembre 2020.

Nous sommes effectivement toujours en phase de redémarrage. On remet le système en pression par palier afin de sécuriser les opérations. Le but est de faire les choses dans la sérénité. (Stéphanie Schnebelen, Chef de mission communication à EDF Flamanville)

À lire aussi : EDF autorisé à recevoir le combustible nucléaire pour l’EPR de Flamanville

Le redémarrage du réacteur n° 1 fixé au 15 décembre

Cela fait de nombreux mois que l’exploitant se bat pour relancer les réacteurs n° 1 et 2 de Flamanville.

Le réacteur numéro 1 est ainsi à l’arrêt depuis un an, après la découverte de corrosion sur les supports des diesels et au niveau des circuits de pompage d’eau de mer.

Le réacteur numéro 2, lui, est en visite décennale depuis le 10 janvier 2019.

Le 24 septembre 2020, lors d’une CLI (commission locale d’information), EDF avait déjà annoncé le report du couplage au réseau pour le réacteur n° 1 au 15 décembre de la même année, tout en conservant la date du 31 octobre pour le réacteur n° 2.

Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 15 Octobre 2020 à 11h15 

Photo en titre : Les deux réacteurs de la centrale de Flamanville (Manche) n’ont toujours pas redémarré. Le couplage au réseau du réacteur n° est désormais prévu au ??? novembre 2020. Celui du n° 1 au 15 décembre 2020. (©Jean-Paul BARBIER)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-le-reacteur-n-2-de-la-centrale-de-flamanville-ne-redemarrera-pas-a-la-date-prevue_36803870.html

CENTRALE DE CHINON : UNE ANOMALIE À L’ORIGINE DU REJET IMPORTANT D’EFFLUENTS RADIOACTIFS

Un lâcher trop important de liquides radioactifs a été détecté, pendant 48 heures, à la centrale nucléaire de Chinon. Les seuils sanitaires n’ont cependant pas été dépassés.

Le Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) de Chinon a révélé, le 1er octobre, qu’une anomalie dans le rejet de liquides radioactifs dans la Loire avait eu lieu du 19 au 21 septembre. Celle-ci n’a pas entraîné de conséquences sur la santé des employés ou des habitants, assure le CNPE.

Une « erreur d’analyse »

Pendant 48 heures, le contenu de cuves d’effluents radioactifs, c’est-à-dire des eaux radioactives contenant notamment du tritium (un isotope de l’hydrogène), ont été reversées dans la Loire à un débit supérieur à ce qu’il aurait dû être pour respecter la réglementation. Après investigation au sein de la centrale, « une erreur d’analyse du réservoir de collecte d’effluents liquides a été détectée, indique une publication sur le site d’EDF, ce qui a occasionné une sous-estimation de l’activité contenue dans le réservoir ». Sollicité, le CNPE n’apporte pas plus de commentaires.

Selon Michel Fiszbin, membre du Collectif Chinonais Environnement et à ce titre, membre de la Commission locale d’information (CLI, qui réunit différents acteurs institutionnels ou non autour de l’activité de la centrale nucléaire), l’activité des eaux rejetées dans la Loire a atteint 60 becquerels par litre et par heure, contre 20 attendus. Mesuré grâce aux moyens de contrôle de la centrale dans la Loire, le rejet a atteint 140 bq/l/h, au-delà des seuils réglementaires. Au-delà de 100 bq/l/h, les autorités déclenchent une enquête pour en déterminer les causes. 600 m3 d’effluents ont ainsi été rejetés. « Cela met en lumière que la centrale rejette continuellement ses déchets radioactifs dans la Loire », estime Michel Fiszbin.

Et si ce niveau de contamination n’est pas jugé inquiétant par les autorités (l’OMS estime que l’eau n’est plus potable à partir de 10.000 bq/l), les associations s’inquiètent d’une radioactivité sur le long terme : les eaux de la Loire sont captées en aval, dont à Saumur, pour approvisionner les réseaux d’eau potable. La présence de tritium, à des niveaux faibles, y est constamment mesurée, assure Michel Fiszbin.

 À suivre

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) doivent entamer des mesures quotidiennes des niveaux de tritium à partir de novembre, afin d’approfondir leurs modélisations concernant le rejet de cet élément radioactif dans les eaux fluviales. L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), qui a opéré des prélèvements à plusieurs niveaux du fleuve sur plusieurs mois, affirme que le mélange entre les eaux tritiées et les eaux classiques de la Loire n’est pas conforme aux modélisations de l’IRSN. L’IRSN et l’ASN n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Publié le 14/10/2020 à 11h40

Photo en titre : 600 m3 d’effluents radioactifs ont été rejetés à des débits jugés trop importants par la centrale. © (Photo archives NR)

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/ccentrale-nucleaire-de-chinon-une-anomalie-conduit-au-rejet-important-d-effluents-radioactifs

(NDLR : avec 10 000 Bq/litre, on peut reprendre le dicton : les parents boivent et les enfants trinqueront). Santé !

UN QUART DE L’ÉQUIPAGE D’UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE BRITANNIQUE CONTAMINÉ PAR LE COVID-19 APRÈS DES SORTIES DE NUITS

Au moins 35 marins servant à bord d’un sous-marin nucléaire britannique ont été contaminés par le Covid-19 après avoir violé les règles et être sortis dans des bars et des restaurants américains, indique The Sun qui se réfère à ses sources dans un article du 13 octobre.

Au moins un quart de l’équipage du sous-marin nucléaire lanceur d’engins HMS Vigilant (S30) de la Royal Navy a contracté le Covid-19 suite à des sorties dans des bars, ce qui leur était pourtant interdit, rapporte The Sun se référant à ses sources dans un article paru le 13 octobre. Au moment des faits, le vaisseau était stationné à la base navale américaine de Kings Bay, près de la ville de Saint-Marys dans l’État de Géorgie, et non loin de Jacksonville, en Floride.

Par conséquent, au moins 35 membres d’équipage ont été testés positifs, y compris le médecin et le commandant en second, l’une des deux seules personnes disposant des codes nécessaires pour lancer des armes nucléaires.

Un sous-marin nucléaire à la réputation scandaleuse

Ce sous-marin nucléaire britannique a déjà été baptisé HMS « Sex and Cocaine », suite à un scandale lié à la consommation de drogues en 2017. Cette fois-ci l’équipage a violé les règles qui lui ont été strictement imposées «lors de la maintenance des missiles Trident».

À en croire des sources du média, malgré le fait que les deux États américains en question soient parmi les plus touchés par la pandémie de Covid-19 aux États-Unis, les membres d’équipage «se sont laissés aller» en fréquentant des bars, des restaurants et des clubs de strip-tease locaux.

Un porte-parole de la Royal Navy a refusé de commenter les questions «liées aux opérations sous-marines».

Par Daria Petliaeva, publié le 14 octobre 2020 à 16h39

Photo en titre : © CC BY 2.0 / Michael Storey/MOD

https://fr.sputniknews.com/societe/202010141044575782-un-quart-de-lequipage-dun-sous-marin-nucleaire-britannique-contamine-par-le-covid-19-apres-des/

NDLR : dormez tranquilles braves gens, la force de dissuasion nucléaire alliée est entre de bonnes mains et vous protège !

LE NUCLÉAIRE NE PERMET PAS DE RÉDUIRE SUFFISAMMENT LES ÉMISSIONS DE CO2

L’énergie nucléaire est souvent présentée comme l’un des meilleurs moyens de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles pour produire l’électricité dont nous avons besoin. À ce titre, il contribuerait efficacement à lutter contre le dérèglement climatique.

Mais de nouvelles recherches portant sur 25 ans de comparaison entre nucléaire et renouvelables suggèrent qu’il serait plus judicieux de miser plus fortement sur les énergies telles que l’éolien et le solaire si l’on veut parvenir à réduire, dans des proportions suffisantes, les niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

Selon une analyse publiée ce 5 octobre portant sur 123 pays sur un quart de siècle, l’adoption de l’énergie nucléaire n’a pas permis de réduire les émissions nationales de carbone de manière aussi significative que les énergies renouvelableset dans certains pays en développement, les programmes nucléaires ont même fait augmenter les émissions de carbone.

L’étude révèle également que l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables ne font pas bon ménage lorsqu’elles sont essayées ensemble : elles ont tendance à s’évincer l’une de l’autre, en bloquant les infrastructures énergétiques propres à leur mode de production d’énergie.

Étant donné que le nucléaire n’est pas exactement un mode de production à zéro carbone, il risque de mettre les nations sur une trajectoire d’émissions relativement plus élevée que si elles passaient directement aux énergies renouvelables. Il est important de noter que l’étude s’est penchée spécifiquement sur les données de 1999-2014, elle exclut donc les innovations plus récentes dans le domaine de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables, et les scientifiques eux-mêmes disent avoir trouvé une corrélation, plutôt qu’une relation de cause à effet. Mais il s’agit d’une tendance intéressante qui doit être étudiée plus avant.

« Les preuves montrent clairement que le nucléaire est la moins efficace des deux grandes stratégies de réduction des émissions de carbone, et couplé à sa tendance à ne pas bien coexister avec son alternative renouvelable, cela soulève de sérieux doutes quant à la sagesse de donner la priorité aux investissements dans le nucléaire plutôt qu’aux énergies renouvelables », déclare Benjamin Sovacool, professeur de politique énergétique à l’université du Sussex au Royaume-Uni.

« Les pays qui prévoient des investissements à grande échelle dans la nouvelle énergie nucléaire, poursuit-il, risquent de supprimer les avantages climatiques plus importants des investissements dans les énergies renouvelables alternatives ».

Les chercheurs suggèrent que les réglementations plus strictes et les délais plus longs associés à l’énergie nucléaire sont responsables de certaines des statistiques examinées ici, alors que le développement à grande échelle que nécessite le nucléaire tend à laisser moins de place aux projets d’énergies renouvelables qui fonctionnent à plus petite échelle. Il faut également tenir compte de considérations plus générales : le nucléaire et les énergies renouvelables seront deux facteurs parmi d’autres dans les politiques mises en place par les gouvernements en matière de réduction des émissions de carbone.

De plus, étant donné le calendrier, il est probable que de nombreuses centrales nucléaires couvertes par cette étude arrivent en fin de vie, ce qui signifie qu’il faut plus d’énergie pour les entretenir.

Quels que soient les tenants et aboutissants des politiques nucléaires, l’étude montre un lien évident entre une plus grande adoption des projets d’énergie renouvelable et une réduction globale des émissions de carbone. Les auteurs de l’étude proposent qu’en supprimant complètement le nucléaire, ces gains renouvelables pourraient être encore plus importants.

L’irrationalité de la stratégie du « tout ou rien »

Le rapport d’analyse publié dans Nature Energy expose l’irrationalité des arguments en faveur des investissements nucléaires basés sur une logique du « tout ou rien », déclare Andrew Stirling, chercheur en politique technologique à l’université du Sussex. « Nos conclusions montrent non seulement que les investissements nucléaires dans le monde ont tendance, dans l’ensemble, à être moins efficaces que les investissements dans les énergies renouvelables en matière de réduction des émissions de carbone, mais aussi que les tensions entre ces deux stratégies peuvent éroder encore plus l’efficacité de la prévention du dérèglement climatique ».

Cette question fait depuis des années l’objet de controverses. De nombreux scientifiques affirment que l’énergie nucléaire est notre seule option pour l’instant, en maintenant l’idée qu’elle peut remplacer les combustibles fossiles avec des rendements que les énergies renouvelables ne peuvent pas égaler pour l’instant.

Une étude de 2018 a également conclu que l’énergie nucléaire doit être un élément essentiel si nous voulons réduire la température de la planète autant qu’il le faut – au moins jusqu’à ce que des options comme l’éolien et le solaire aient eu le temps de se développer.

Les travaux se poursuivent pour faire du nucléaire une source d’énergie plus légère et plus souple, capable de mieux fonctionner parallèlement aux projets d’énergies renouvelables, ce qui permettra d’améliorer les chiffres de cette étude. En attendant, les auteurs de l’étude demandent des rapports plus détaillés à l’industrie nucléaire, afin de mieux comprendre ses avantages. « S’il est important de reconnaître la nature corrélative de notre analyse de données, il est étonnant de constater à quel point les résultats sont clairs et cohérents sur des périodes et des ensembles de pays différents », déclare Patrick Schmid, de l’ISM International School of Management en Allemagne. « Dans certains grands échantillons de pays, la relation entre l’électricité renouvelable et les émissions de CO2 est jusqu’à sept fois plus forte que la relation correspondante pour le nucléaire ».

Par Rédaction UP’ Magazine, publié le 14 octobre 2020

https://up-magazine.info/planete/transition-energetique/69289-le-nucleaire-ne-permet-pas-de-reduire-suffisamment-les-emissions-de-co2/

Note d’UP’ : Pourquoi ne pas profiter d’une lecture illimitée de UP’ ? Abonnez-vous à partir de 1.90 € par semaine.

je choisis mon abonnement

LA HAGUE : EDF ENVISAGE UNE NOUVELLE PISCINE POUR COMBUSTIBLES USÉS EN 2034

L’électricien envisage une mise en service en 2034 de la vaste piscine de combustibles nucléaires usés qu’il projette de construire à la Hague. Les piscines actuelles risquent, elles, de saturer vers 2030.

« EDF prévoit de poursuivre son projet (…) pour être en mesure d’effectuer (…) la mise en service de l’installation en 2034« , selon un document d’EDF daté du vendredi 9 octobre, présenté lors d’une commission nationale sur les déchets. Le mercredi 14 octobre, interrogée par l’AFP, EDF affirme que « nous ne nous sommes pas engagés sur 2030, mais sur un horizon 2030, 2034 reste dans le créneau de temps envisagé« .

Mais dans un avis sur les déchets nucléaires publié le jeudi 8 octobre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) rappelle que « l’échéance de 2030 prévue par EDF pour la mise en service de la piscine d’entreposage centralisé » était déjà « proche de la date de saturation des capacités« . L’ASN demande d’ailleurs des « parades temporaires pour prévenir la saturation » et elle « estime nécessaire que les options techniques et de sûreté d’une solution d’entreposage à sec« , pratiqué couramment à l’étranger, lui « soient présentées« .

Deux bassins ?

Dans son document daté du 9 octobre, EDF rappelle qu’elle « privilégie aujourd’hui » une implantation à La Hague, à proximité du site Orano, où refroidissent tous les combustibles irradiés dans les centrales françaises, soit 10 000 tonnes environ. Selon le document, un « premier bassin » de 6 500 tonnes, au lieu de 5 000 envisagées jusqu’à présent, serait construit pour une mise en service en 2034, puis un second ultérieurement. Selon Greenpeace, le second aura « probablement une capacité équivalente« . « Construire une telle installation, ça va prendre dix ans. Donc c’est vraiment urgent« , avait déclaré en juin le président de l’ASN Bernard Doroszczuk.

Selon l’IRSN, une saturation des piscines de la Hague peut bloquer progressivement tous les réacteurs français. Au 1er janvier 2016, le pourcentage d’espace disponible dans les piscines de La Hague était de 7,4 %.

Par Linda Marteau, avec l’AFP, publié le 14 octobre 2020 à 19h13

Photo en titre : Au 1er janvier 2016, le pourcentage d’espace disponible dans les piscines de La Hague était de 7,4 %. EDF projette depuis longtemps la construction d’un nouveau bassin. –

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-913319-la-hague-edf-envisage-une-nouvelle-piscine-pour-combustibles-uses-en-2034

L’ACTIVITÉ NUCLÉAIRE DE GE VA-T-ELLE BIENTÔT REPASSER SOUS PAVILLON FRANÇAIS?

Le gouvernement suit de près la mise en vente de l’activité turbines pour centrale nucléaire rachetée par GE à Alstom en 2014. Selon Le Canard Enchaîné, les discussions permettraient à des capitaux français de remettre la main sur cette « pépite » technologique.

Arnaud Montebourg devrait être bientôt satisfait. La discrète cession en cours des activités de GE dans le nucléaire, issues du rachat de la branche énergie d’Alstom en 2014 et que l’ex-ministre avait combattu, devrait ramener sous pavillon tricolore, une technologie considérée comme stratégique pour la filière française.

Selon Le Canard Enchaîné, le gouvernement français suit de très près et discrètement, depuis plusieurs semaines, l’avancée de cette opération stratégique de rachat, évaluée à un milliard d’euros. Celle-ci, accélérée par GE qui a urgemment besoin d’argent frais, pourrait aboutir « à la fin de l’année« .

La co-entreprise Geast avait été créée en 2015

En cause, la conception et la fabrication de turbines et de générateurs de vapeur pour les centrales nucléaires française de type eau pressurisée. Ces équipements très imposants et sophistiqués, dont la turbine répondant au doux nom d’Arabelle, sont logés dans la co-entreprise Geast (80% GE-20% Alstom) créée en en 2015 dans la foulée du rachat de la branche Énergie d’Alstom.

En 2016, le site de Belfort qui les produit, avait même reçu la commande de turbines et générateurs de vapeurs pour deux réacteurs EPR de troisième génération destinée à la centrale nucléaire britannique d’Hinckley Point.

Selon l’hebdomadaire satirique, les acquéreurs potentiels seraient constitués du fonds Sénéva Capital associé à des investisseurs tels EDF, Framatome et/ou la Caisse des dépôts.

Ce rachat serait facilité par l’action préférentielle (golden share) que détient l’État français au capital de Geast et qui lui confère un droit de veto sur l’identité du futur repreneur…

Par Frédéric Bergé (Journaliste BFM Éco, https://twitter.com/BergeFrederic), publié le 14/10/2020 à 16h55

https://www.bfmtv.com/economie/l-activite-nucleaire-de-ge-va-t-elle-bientot-repasser-sous-pavillon-francais_AN-202010140248.html

NDLR : cet article indique bien que la France (enfin ceux qui la dirigent) n’est pas prête à sortir du nucléaire, bien au contraire !!

WASHINGTON ANNONCE UN « ACCORD DE PRINCIPE » SUR LE TRAITÉ DE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE NEW START, MOSCOU DÉMENT

La Russie juge « inacceptable » le gel des arsenaux nucléaires affirmé par les États-Unis. Le traité bilatéral New Start arrive à expiration début 2021.

L’annonce des États-Unis sur New Start est vite retombée. Washington a fait état, mardi 13 octobre, d’un « accord de principe » avec Moscou pour prolonger le traité de désarmement nucléaire. « Nous sommes en fait désireux de prolonger le traité New Start pendant un certain temps, à condition qu’ils acceptent en retour de limiter de geler leur arsenal nucléaire », a déclaré le négociateur américain Marshall Billingslea, qui dirige depuis juin les pourparlers avec Moscou sur le traité bilatéral New Start venant à expiration début 2021 – juste après la fin de l’actuel mandat de Donald Trump, candidat à sa réélection le 3 novembre.

« Nous pensons qu’il y a un accord de principe au plus haut niveau de nos deux gouvernements », a ajouté le diplomate américain lors d’une conférence en ligne organisée par le centre de réflexion Heritage Foundation.

Lire aussi : Les alliés des États-Unis regrettent leur nouveau geste unilatéral en matière de désarmement (Article réservé à nos abonnés)

La réponse, cinglante, de Moscou ne s’est pas fait attendre. « La Russie et les États-Unis ne se sont pas mis d’accord sur un gel de leurs arsenaux nucléaires », a tweeté la mission permanente de la Russie à Vienne. Un tel gel serait « inacceptable » pour Moscou, a déclaré aux agences russes le négociateur de Moscou, le vice-ministre des affaires étrangères Sergueï Riabkov.

Des divergences relevées par Moscou

Le traité bilatéral New Start, conclu en 2010, maintient les arsenaux des deux pays bien en deçà de leur niveau pendant la guerre froide, limitant à 700 le nombre de lanceurs nucléaires stratégiques déployés et à 1 550 le nombre de têtes nucléaires sur ces lanceurs.

« Si les Américains étaient d’accord avec les documents que nous leur avons remis, et les acceptaient, un tel accord pourrait être conclu même demain. Mais dans des conditions avec de telles divergences, je ne peux même pas imaginer sur quelle base nos collègues à Washington émettent de telles hypothèses », a précisé M. Riabkov à l’agence Ria Novosti. Selon lui, la Russie et les États-Unis ont encore « des points de vue différents sur la manière de renforcer le contrôle des armements à l’avenir ».

Pourtant, le négociateur américain avait écourté un voyage en Asie la semaine dernière pour rencontrer M. Riabkov à Helsinki. Mardi, il a expliqué qu’il avait alors senti que la Russie semblait prête à un compromis.

Billingslea a aussi noté que Moscou devait encore donner son aval définitif à l’accord verbal avec son homologue russe et lui donner l’autorité nécessaire pour définir les détails d’un accord plus formel. « Nous sommes prêts à conclure cet accord. Nous pouvons le conclure demain, en fait », a-t-il dit.

L’intégration de la Chine voulue par Washington

Il a souligné que les États-Unis souhaitaient toujours que la Chine se joigne aux futures négociations de désarmement nucléaire. « Tout accord que nous conclurons avec les Russes doit être formulé et formaté de façon à nous permettre d’étendre cet arrangement aux Chinois lorsqu’ils rejoindront la table des négociations », a-t-il expliqué.

Les États-Unis insistent depuis le début des négociations pour que la Chine se joigne aux discussions, soulignant que l’arsenal chinois se développe à grande vitesse. Mais Pékin, qui considère que son arsenal est encore bien inférieur à celui de Moscou ou Washington, refuse de participer à des négociations tripartites.

Lire aussi : Les États-Unis dominent toujours la production mondiale d’armes

La Russie et les États-Unis détiennent toujours, à eux deux, plus de 90 % des armes nucléaires dans le monde, selon le dernier rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Washington dispose en 2020 de quelque 5 800 ogives nucléaires et Moscou de 6 375, contre 320 pour Pékin, 290 pour Paris et 215 pour Londres, selon l’institut suédois.

C’est le dernier accord nucléaire encore en vigueur après que le président américain Donald Trump a renié trois accords : celui sur le nucléaire iranien, le traité INF sur les missiles terrestres de moyenne portée, et le traité Ciel ouvert, ou Open Skies, visant à vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des pays signataires.

Le Monde avec AFP, publié le 14 octobre 2020 à 05h18, mis à jour à 15h01

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/14/les-etats-unis-annoncent-un-accord-de-principe-sur-new-start-a-moscou-qui-dement_6055919_3210.html

LE SOLAIRE EST DÉSORMAIS L’ÉNERGIE LA MOINS CHÈRE DE L’HISTOIRE

Jamais produire de l’électricité n’avait coûté aussi peu. Dans la plupart des pays, l’énergie solaire est désormais moins chère que le gaz ou le charbon, selon un rapport publié ce mardi par l’Agence internationale de l’énergie (IEA).

Une tendance qui tend même à s’accélérer. Ainsi, l’énergie solaire est 20 à 50% moins chère en moyenne (le coût varie selon les régions) que ce qu’avançaient les estimations de l’IEA dans son rapport publié l’année dernière. 

Dans la plupart des régions de la planète, produire 1 Mégawatt / heure d’électricité grâce à l’énergie solaire revient désormais à moins de 20 dollars. «À ce niveau de prix, l’énergie solaire et l’une des sources d’énergie les moins chères ayant jamais existé», commente le rapport de l’IEA.

Celui-ci souligne en effet, chiffres à l’appui, que le gaz et le charbon coûtent désormais bien plus cher. 

Le coût de production des centrales solaires et panneaux photovoltaïques est en effet inférieur à celui de la construction de centrales à charbon ou à gaz. Une différence accentuée par les aides de l’État envers les énergies renouvelables. 

L’IEA prévoit ainsi que les énergies fossiles que sont le charbon et le gaz seront peu à peu délaissées, prévoyant que les renouvelables (le solaire mais également l’énergie éolienne ou hydroélectrique) représenteront pas moins de 80% du marché en 2030.

Une bonne nouvelle pour la planète, puisque l’abandon des énergies fossiles, responsables de l’immense majorité des émissions de CO2 et donc du réchauffement climatique, constitue un enjeu existentiel pour l’humanité.

Par Mattis Meichler, publié le 13/10/2020 à 13h37, mis à jour le 13/10/2020 à 16h09

Photo en titre : Une centrale à énergie solaire à New Delhi, en Inde. [MONEY SHARMA / AFP]

https://www.cnews.fr/monde/2020-10-13/le-solaire-est-desormais-lenergie-la-moins-chere-de-lhistoire-1007494

CENTRALE NUCLÉAIRE DE GRAVELINES. PLUSIEURS SOUS-TRAITANTS EN GRÈVE RECONDUCTIBLE !

Depuis plus d’une semaine, les travailleurs d’OMS sous-traitant au CNPE de Gravelines sont en grève reconductible, rejoint en fin de semaine dernière par ceux de Daher, salariés et intérimaires revendiquent de meilleures conditions de travail dans cette industrie à risque.

Au CNPE de Gravelines comme ailleurs, EDF, les donneurs d’ordre, veut toujours pressuriser la sous-traitance, pour dégager toujours plus profit quitte à mettre en danger, l’ensemble des salariés. Une véritable volonté de la part d’EDF de sous-traiter toutes les activités qui ne sont pas rentables, en précarisant les travailleurs pour payer au prix le plus bas, aujourd’hui c’est autour de 80 % des tâches de maintenances qui sont sous-traitées dans le secteur.

La situation des travailleurs d’OMS (prestataire de Daher) est typique ; en effet l’entreprise a récemment récupéré le marché en proposant donc à EDF un prix intéressant : les conséquences sont immédiates pour les travailleurs. C’est face à cette situation qu’une partie des salariés du nettoyage de la centrale nucléaire de Gravelines sont entrés en grève reconductible depuis le 30 septembre.

Concrètement, OMS a, dès son arrivée, remis en cause l’article 7 de la convention collective du nettoyage, en ne conservant aucun des quelques acquis des travailleurs. De nombreuses choses sont pointées, dont l’annualisation du temps de travail, qui engendre d’importante perte de salaires, entre 400 et 600 euros ! La situation était déjà dégradée avant l’arrivé d’OMS, où les travailleurs demandaient une augmentation de salaire ainsi que des embauches pour effectuer correctement leur travail. L’attachement à la convention collective du nettoyage est également problématique, sur un site nucléaire, ce ne sont pas seulement des bureaux qui sont entretenus, mais une zone industrielle qui est décontaminée, assainie, des qualifications qui ne sont pas prises en compte et contraint à des conditions de travail détérioré.

Pour Daher, la logique est la même, l’entreprise est positionnée sur le marché des PGAC (Prestation Globale d’Assistance Chantier), qui inclue des interventions dans les domaines de la radioprotection ou encore de la gestion de magasin. Pourtant, les travailleurs sont aujourd’hui rattachés à la convention collective des transports… Encore une fois, un écart entre les réalités de travail et les conventions censées les encadrer.

Les grévistes dénoncent donc ces conditions et revendiquent de sortir du nucléaire « low-cost » qui met en danger les travailleurs et la population. Il est inadmissible que les conditions de travail soient autant différentes, d’autant plus dans une industrie à risque comme celle-ci. Les multiples conventions collectives de la sous-traitance nucléaire précarisent les conditions de travail, une enfreinte totale aux textes censés structurer le travail dans le nucléaire et notamment l’article 4 de la convention collective des IEG (Industrie Électrique et Gazière) qui stipule que les sous-traitants doivent avoir les mêmes avantages et statuts qu’un travailleur EDF par exemple.

Grève reconductible et combative

C’est depuis le 30 septembre, dès 5 heures du matin que la grève a débuté pour les travailleurs d’OMS, avec depuis un piquet de grève quotidien devant la centrale. C’est avec une détermination importante que la grève se poursuit depuis, d’autant plus que les sous-traitants subissent des pressions supplémentaires de par leur localisation dans les chaînes de commandements. Cela n’empêche pas les travailleurs d’affirmer leur détermination à gagner cette bataille, avec notamment une quarantaine d’intérimaire qui participent également à la mobilisation. Pour eux, se rajoute un statut encore plus précaire, pour ne donner qu’un exemple certaines agences osent facturer les EPI aux travailleurs, en toute illégalité ! Ils ont donc été rejoints jeudi dernier par les travailleurs de Daher, également en grève reconductible.

Cette grève dans un secteur relégué en seconde zone est importante, sans eux les centrales ne pourraient évidemment pas tourner. Il s’agit de la sécurité des travailleurs, de la population, mais aussi de condition de travail digne pour celles et ceux qui entretiennent cette industrie. Concernant les conventions collectives, nous devons exiger que l’ensemble des travailleurs obtiennent à minima le statut des IEG et que celles et ceux qui le souhaitent sortent de l’intérim et soit embauchés !
Si la pression augmente avec Daher qui a rejoint la mobilisation, c’est une occasion importante de remettre en cause la politique de sous-traitance dans les centrales nucléaires. Il est central que cette bataille soit rejointe par d’autres secteurs et notamment par les travailleurs d’EDF, qui avait démontré leur combativité notamment durant la réforme des retraites.

Les rassemblements quotidiens devant la centrale sont des rendez-vous importants que les grévistes ont instaurés, qui doivent permettre à la fois de décider des suites de la mobilisation mais aussi de permettre des rencontres nécessaire avec les autres ouvriers en lutte, afin d’envisager des coordinations plus larges du monde du travail qui se voit aujourd’hui attaqué de toute part et doit se donner les moyens d’une riposte d’ensemble pour ne pas payer la crise qui ne fait que commencer. Ce lundi matin, les piquets de grève d’OMS et de Daher se sont rejoints et les travailleurs ont appelé à poursuivre la mobilisation, ils ont évidemment besoin de soutien.

Par Antoine Bordas, publié le mardi 13 octobre 2020

Photo en titre : Crédits photo : Ol. D. (Voix du Nord)

https://www.leetchi.com/c/solidarite-des-salaries-grevistes-oms
https://www.leetchi.com/c/solidarite-des-salaries-greviste-daher

CASSE-TÊTE : OÙ STOCKER LES DÉCHETS NUCLÉAIRES JAPONAIS ?

Difficile pour le gouvernement japonais de trouver un lieu idoine pour enfouir les déchets nucléaires ultimes. Si les communes japonaises sont séduites par le montant des subventions, les habitants, eux, se montrent très réticents. Exemple à Hokkaido avec cet article du Nihon Keizai Shimbun

Trois ans se sont écoulés depuis la publication par le gouvernement japonais d’une carte des caractéristiques géologiques et scientifiques en vue de sélectionner des emplacements propices au stockage définitif des déchets radioactifs des centrales nucléaires. Et les travaux de sélection continuent de stagner.

Les déchets à stocker sont les effluents liquides obtenus après élimination de l’uranium et autres substances dangereuses du combustible nucléaire usagé. En raison de leur haute radioactivité, ils sont enfouis à plus de 300 mètres de profondeur après avoir été vitrifiés. Actuellement, quelque 1 800 conteneurs de déchets vitrifiés, retraités en France et au Royaume-Uni, sont définitivement stockés dans la préfecture d’Aomori.

Avantages financiers

Sur la carte publiée le 28 juillet 2017, les emplacements propices au stockage des déchets hautement radioactifs sont indiqués en couleur. Depuis trois ans, la Société de gestion des déchets radioactifs (Numo), créée par le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie et des compagnies d’électricité, organise des réunions d’information dans tout le pays en attendant que des collectivités locales se portent candidates.

Le 13 août, la commune de Suttsu, à Hokkaido, s’est dite intéressée par une enquête documentaire, recherche qui consiste à établir l’historique des séismes dans la région, étape…(la suite de l’article est réservée aux abonnés.)

Par Kazuya SHIMA, publié le 13/10/2020 à 05h55

https://www.courrierinternational.com/article/casse-tete-ou-stocker-les-dechets-nucleaires-japonais

UNE ACTION ORIGINALE, LA GOLFÉZIENNE, LE 17 OCTOBRE 2020

Le Réseau Citoyen de Surveillance de la Radioactivité Golfech-Le Blayais vous invite à une balade à vélo autour de la centrale de Golfech, pour annoncer la réunion d’information du 6 novembre à Donzac (82340) avec Bruno Chareyron, directeur de la CRIIRAD

Balade à vélo de 25 km, RV le 17 octobre à 9h30 sur le parking devant le lavoir de Valence d’Agen.

. Distribution des tracts d’infos sur le marché de Valence.

. 11h Départ de la balade à vélo devant le lavoir

. 11h 15 Arrivée à Golfech,  distribution des tracts

. 11h45 Arrivée à Lamagistère, distribution des tracts. Repas de midi

. 14h 20 Arrivée à Donzac, distribution des tracts

. 15h Arrivée à St Loup,distribution des tracts

. 16h Arrivée à Auvillar, distribution des tracts

. 17h Arrivé à Espalais, distribution des tracts

. 18h Arrivée  à Valence d’Agen

Ne pas oublier un gilet jaune et un casque (sécurité ). Il y aura une voiture balai, pour signaler les cyclistes et porter leurs affaires. Contact : tél: 06 42 28 65 36

L’importance de la réunion débat du 6 novembre à Donzac

La centrale de Golfech a connu des incidents inquiétants en 2019/2020 au point que l’Autorité de Sureté du nucléaire parle de « Traçabilité très défaillante des informations, propreté douteuse des locaux potentiellement contaminés, rejets intempestifs dans la nature de substances. » Pour faire le point sur ces problèmes le 6 novembre à la salle des fêtes de Donzac sont organisées 2 réunions-débats gratuites  (18h plus particulièrement réservée aux élus et 20h30 ouverte à tous) avec Bruno Chareyron directeur de la Commission de Recherche et d’Informations Indépendantes  sur la Radioactivité »(CRIIRAD-note 1). Les sujets abordés :

. Quel est l’impact des rejets radioactifs de la centrale en fonctionnement normal (dont le tritium) ?

. Les dispositifs de surveillance sont-ils satisfaisants ?

. Quelles peuvent être les conséquences en cas d’accident grave ?

Note 1:  http://www.criirad.org/association/association.html .

Source : Réseau Citoyen de Surveillance de la Radioactivité Golfech-Le Blayais. Leur site : https://www.rcsrgb.fr/

Message du 13 octobre à 22h15

DERRIÈRE LE DÉPÔT DE LA DEMANDE DE DUP DE CIGÉO, DE NOUVELLES CONTESTATIONS ET LE RÉVEIL DE CELLES QUI SOMMEILLAIENT

Alors que la demande de DUP de l’ANDRA semblait avoir été déposée dans la presque indifférence générale, elle a en réalité ravivé certaines inquiétudes que l’ANDRA voudrait au maximum invisibiliser. C’est ce que révèle une dépêche AFP du 9/10/20 : https://www.connaissancedesenergies.org/afp/bure-dechets-nucleaires-demande-dutilite-publique-et-risques-dexpropriations-201009 

À l’heure où Cigéo revêt soudainement une allure plus concrète, les voix se libèrent… même si elles sont teintées de mauvaise foi.

Cet article dépeint « la douche froide » ressentie par les habitants et en particulier par les élus locaux et les propriétaires fonciers suite à cette annonce. Le maire de Bure proteste, n’ayant pas été informé de ce dépôt. Il rumine contre l’ANDRA qui abandonne les élus locaux. Il peste : « Aujourd’hui, si on interrogeait le conseil municipal, on voterait tous contre. On nous a roulés dans la farine« , dit-il. C’est vrai, en 1997 le conseil municipal avait voté pour le laboratoire, mais il n’avait pas voté pour un stockage définitif. La population et les élus n’ont finalement jamais été consultés sur l’acceptation du projet et en particulier sur le glissement du laboratoire actuel vers un centre de stockage géologique. Nuance ! Transformation du laboratoire en site d’enfouissement définitif, expropriations à venir…, ces menaces, nous les dénoncions déjà avant qu’elles ne deviennent réalité. Ces mensonges du présent laissent mal augurer des vérités du futur, il y a bien d’autres points sur lesquels l’ANDRA affabule : phase-pilote du site, réversibilité durant un fonctionnement normal ou en cas d’accident, développement de l’attractivité du territoire… Si certains élus locaux commencent à ouvrir les yeux, il va falloir les garder grand ouverts désormais et arrêter de regarder ailleurs comme ils le font depuis 20 ans. Naïveté ou cupidité ? Il est évident que les élus locaux ont eu la vue obstruée par l’impressionnante manne financière promise en échange du laboratoire – dont ils ont bien profité.

Pour autant, derrière la communication pompeuse de l’Andra et ses concertations où elle vante l’association des acteurs locaux, les élus du coin font entendre progressivement une voix dissonante : les relations entre l’agence et les acteurs du territoire se sont détériorées.

Les négociations « à l’amiable » n’auront pas suffi : malgré un harcèlement à peine voilé, certains résistent.

Fin des paysans, expropriations à venir, départ d’immenses travaux préparatoires liés au projet Cigéo et aux importantes infrastructures qu’il nécessiterait… L’intérêt général du projet serait déclaré au détriment d’un territoire et en particulier de ses habitants, qu’ils soient des opposants acharnés de la première heure, des élus locaux que l’ANDRA a su rendre dociles, ou qu’ils fassent partie de la population disciplinée jusqu’alors par les promesses de l’Andra.

C’est un échec pour l’ANDRA : entre habitants récalcitrants et tensions réveillées par l’annonce du dépôt de la demande de DUP, l’ANDRA n’aura pas réussi à acquérir tout le foncier dont elle a besoin malgré des procédures amiables pour acquérir terres agricoles et forêts, des échanges de terres et la réserve foncière qu’elle s’est constituée avec la complicité des SAFER de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne. Il y a longtemps que les SAFER, par le biais « d’accords privés » les liant à l’ANDRA ne facilitent plus l’implantation des agriculteurs dans le secteur mais accentuent l’exil des paysans. Achats massifs en Meuse/Haute-Marne (et plus loin encore) complètement disproportionnés face à l’emprise du projet, gonflement des prix des terres agricoles, détournement de l’objectif de la SAFER, harcèlement des propriétaires et des agriculteurs se seront avérés insuffisants. Si l’ANDRA a acquis un empire qui fait d’elle un des propriétaires terriens les plus importants du territoire, il lui manque des parcelles probablement plus ou moins stratégiques.

Après la fourberie des négociations, la violence de l’expropriation ?

Au nom d’un projet qui n’est pas autorisé et dont les risques liés à la sûreté nucléaire sont confirmés au plus haut niveau des instances en charge de son évaluation, la population est invitée à quitter ses terres et son histoire. Voilà ce qui se cache derrière l’utilité publique ! Nous glissons d’une expropriation déguisée vers une expropriation institutionnalisée. Mais cette procédure pourrait bien venir renflouer les rangs de la résistance à la poubelle nucléaire. Si l’ANDRA n’a pas annoncé en grandes pompes le dépôt de la demande de DUP, c’était pour mieux éviter un surcroît de mobilisation contre le projet. Un sursaut qu’elle a elle-même favorisé….

Publié le 13 octobre 2020

https://cedra52.jimdofree.com/2020/10/13/derri%C3%A8re-le-d%C3%A9p%C3%B4t-de-la-demande-de-dup-de-cig%C3%A9o-de-nouvelles-contestations-et-le-r%C3%A9veil-de-celles-qui-sommeillaient/

DEMANDER À LA CHINE DE PARTICIPER À DES « NÉGOCIATIONS TRILATÉRALES SUR LE CONTRÔLE DES ARMEMENTS » N’EST PAS RÉALISTE (DIPLOMATE CHINOIS)

NEW YORK (Nations unies), 12 octobre (Xinhua) – Un diplomate chinois a déclaré lundi que demander à la Chine de participer à des « négociations trilatérales sur le contrôle des armements » était à la fois injuste, déraisonnable et irréaliste.

Dans une déclaration prononcée au cours du débat général de la Première Commission de la 75ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, Geng Shuang, chef de la délégation chinoise et représentant permanent adjoint de Chine auprès de l’ONU, a rejeté les prétendues « négociations trilatérales sur le contrôle des armements » récemment suggérées par les États-Unis.

Les États-Unis ont récemment qualifié la Chine de « troisième plus grande puissance nucléaire du monde« , allant jusqu’à parler de « course aux armements nucléaires entre les États-Unis, la Russie et la Chine« , et proposant de prétendues « négociations trilatérales sur le contrôle des armements« .

« Ce n’est qu’un stratagème pour détourner l’attention de la communauté internationale. Le but des États-Unis est de trouver une excuse pour se soustraire à leurs propres responsabilités (…) en matière de désarmement nucléaire« , a-t-il affirmé.

La Chine a toujours poursuivi une stratégie nucléaire d’autodéfense, a toujours maintenu ses capacités nucléaires au niveau minimal requis pour sa sécurité nationale, et n’a jamais participé ni ne participera jamais à une course aux armements nucléaires avec d’autres pays, a déclaré M. Geng.

« Compte tenu de l’énorme écart entre les arsenaux nucléaires de la Chine, des États-Unis et de la Fédération de Russie, il est injuste, déraisonnable et irréaliste de s’attendre à ce que la Chine se joigne à une quelconque négociation trilatérale sur le contrôle des armements« , a-t-il ajouté.

L’ambassadeur a souligné que le rejet par la Chine de ces prétendues négociations trilatérales ne signifiait pas pour autant que la Chine cherchait à éluder ses responsabilités en matière de désarmement nucléaire.

« Depuis le premier jour où elle a possédé des armes nucléaires, la Chine a toujours préconisé l’interdiction complète et la destruction totale des armes nucléaires« , a-t-il affirmé.

La Chine s’est engagée ne jamais utiliser d’armes nucléaires en premier, quelles que soient les circonstances. Elle s’est également engagée de manière inconditionnelle à ne pas utiliser ou menacer d’utiliser des armes nucléaires contre des Etats non dotés d’armes nucléaires, a rappelé le diplomate.

« La Chine est le seul membre permanent du Conseil de sécurité à avoir pris de tels engagements« , a-t-il souligné.

La Première Commission, également appelée Commission du désarmement et de la sécurité internationale, est l’une des six principales commissions de l’Assemblée générale de l’ONU. Elle traite des questions de désarmement et de sécurité internationale.

Par French.xinhuanet.com, publié le 2020-10-13 à 05h53

http://french.xinhuanet.com/2020-10/13/c_139435466.htm

AUTORISATION DE MISE EN SERVICE PARTIELLE DE L’EPR DE FLAMANVILLE : UNE DÉCISION INCOMPRÉHENSIBLE QUI CONFORTE EDF DANS LE FAIT ACCOMPLI

Communiqué du 13 octobre 2020 du Réseau « Sortir du nucléaire »

Le 8 octobre, l’Autorité de sûreté nucléaire a délivré à EDF une autorisation de mise en service partielle pour l’EPR de Flamanville (Manche). Celle-ci l’autorise à commencer certains tests nécessitant le recours à des gaz radioactifs, ainsi qu’à réceptionner et entreposer le combustible destiné au réacteur. Dans les prochaines semaines et pendant plusieurs mois, au moins 30 camions chargés de combustible nucléaire feront donc le chemin vers la centrale depuis l’usine Orano de Romans-sur-Isère (Drôme), au rythme de deux par semaine minimum.

Cette décision est incompréhensible au vu de l’état du réacteur, criblé de malfaçons et qui doit déjà faire l’objet de lourdes réparations dont la faisabilité n’est d’ailleurs toujours pas confirmée. Alors que ce réacteur ne démarrerait pas avant plusieurs années (s’il démarre un jour !), pourquoi autoriser à y acheminer dès maintenant le combustible nucléaire, et à l’entreposer sur un site où les incidents sont légion ? Rappelons que la centrale de Flamanville est toujours placée sous surveillance renforcée. En accordant cette autorisation absurde, l’ASN a accepté de conforter EDF dans sa démarche de fait accompli, et lui a permis de présenter cette mise en service comme irrévocable et irréversible.

Aux côtés des associations du Grand Ouest, nous réaffirmons que l’EPR ne doit jamais entrer en service. Dangereux et inutile, il enfermerait la France dans l’impasse nucléaire pour des décennies supplémentaires, à rebours de toute transition digne de ce nom.

Nous appelons à arrêter de soutenir au plus vite une filière nucléaire dépassée qui, à l’image de l’EPR, constitue un gouffre financier et menace toute l’Europe.

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Autorisation-de-mise-en-service-partielle-de-l

EDF AUTORISÉ À RECEVOIR LE COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE POUR L’EPR DE FLAMANVILLE

Le gendarme du nucléaire a délivré le 8 octobre 2020 une autorisation pour l’arrivée sur Flamanville (Manche) du combustible du réacteur EPR.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé ce lundi 12 octobre 2020 avoir autorisé, le 8 octobre, l’arrivée de combustible nucléaire sur le site du réacteur EPR de Flamanville. Ce combustible sera entreposé dans la piscine du bâtiment prévu à cette fin.

L’ASN a réalisé une inspection sur le site de Flamanville, les 18 et 19 août, afin d’évaluer la préparation de l’exploitant pour les opérations de réception, de manutention et d’entreposage du combustible neuf.

Les vérifications effectuées lors de cette inspection ont montré un état de l’installation et un niveau de préparation de l’exploitant satisfaisants pour l’arrivée de combustible sur site.

À lire aussi: Centrale nucléaire de Flamanville : le centre de gestion de crise entre en service

Une étape préalable 

La réception et l’entreposage du combustible neuf présentent des risques de dispersion de substances radioactives en cas de chute d’un assemblage lors de sa manutention. L’ASN considère que les dispositions prises par EDF pour prévenir ce scénario accidentel et limiter ses conséquences sont satisfaisantes.

L’ASN a également autorisé l’utilisation de gaz radioactifs pour réaliser des essais d’efficacité de certains dispositifs de filtration.

Le projet de décision de l’ASN avait été soumis à la consultation du public du 31 août au 21 septembre dernier.

Cette autorisation est l’une des étapes préalables à la mise en service du réacteur EPR de Flamanville. La mise en service de l’installation, c’est-à-dire le chargement du combustible dans la cuve du réacteur, reste soumise à une autre autorisation de l’ASN. Elle fera également l’objet d’une consultation préalable du public.

Par Jean Lavalley, publié le 12 octobre 2020 à 15h23 

Photo en titre : Le réacteur EPR de Flamanville. Cette autorisation de l’ASN est une nouvelle étape dans la perspective du démarrage du réacteur. EDF vise un chargement du combustible fin 2022. (©Jean-Paul BARBIER)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/edf-autorise-a-recevoir-le-combustible-nucleaire-pour-l-epr-de-flamanville_36729184.html

LEVÉE DE L’EMBARGO SUR LES ARMES: «DÉFAITE HISTORIQUE » DE WASHINGTON SELON TÉHÉRAN

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a déclaré que l’expiration des sanctions de l’ONU contre son pays, qui expireront à minuit le 18 octobre, représente «défaite historique» pour les États-Unis, rapportent les agences iraniennes.

«L’embargo sur les armes énoncé dans la résolution 2231 expirera à 3 h 13 du matin du 18 octobre (dimanche prochain)», a déclaré Khatibzadeh aux journalistes lors d’une conférence de presse à Téhéran lundi.

Il a décrit la levée de l’embargo comme une défaite historique pour Washington, affirmant qu’«en dépit de toutes ses brimades, astuces et mesures illégales, les États-Unis n’ont pas atteint leur objectif d’étendre les embargos sur les armes de l’ONU contre l’Iran», affirmant que Washington a perdu son pouvoir.

En août, les États-Unis ont échoué dans une tentative visant à pousser le Conseil de sécurité à prolonger cet embargo et à rétablir les sanctions internationales contre l’Iran levées par la résolution 2231.

Plus tôt ce mois-ci, Khatibzadeh avait déclaré que son pays commencerait des accords d’armement avec d’autres pays une fois que les embargos de l’ONU expireraient le 18 octobre.

Moscou a pour sa part confirmé en septembre sa volonté de développer sa coopération en matière militaire avec l’Iran une fois l’embargo levé

L’ambassadeur de Russie à Téhéran, Levan Dzhagaryan, a déclaré que son pays reconnaissait l’expiration des sanctions de l’ONU contre l’Iran le 18 octobre et était prêt à fournir au pays son système de défense aérienne S-400.

« Nous avons dit depuis le tout premier jour qu’il n’y aura pas de problème pour vendre des armes à l’Iran à partir du 19 octobre », a déclaré Dzhagaryan dans une interview accordée samedi au journal en persan Resalat.

Il a souligné que la Russie ne craint pas les menaces américaines et restera attachée à ses engagements, ajoutant que Moscou est prête à étudier les propositions de la partie iranienne sur l’achat d’armes à la Russie après le 18 octobre.

«Comme vous le savez, nous avons fourni à l’Iran du S-300. La Russie n’a aucun problème pour livrer le S-400 à l’Iran et elle n’avait eu aucun problème avant non plus », a déclaré Dzhagaryan.

Après la suppression des sanctions pré-accord sur le nucléaire contre l’Iran, la Russie a livré des systèmes de défense aérienne S-300 au pays dans le cadre du contrat existant.

Et la Chine ne cache pas non plus son intention de vendre des armes à l’Iran après le 18 octobre.  

En mai 2018, le président américain Donald Trump a sorti unilatéralement les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 à Vienne, arguant, au contraire des autres États faisant partie à cet accord avec l’Iran (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie), que ‘accord n’offrait pas des garanties suffisantes pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique.

L’accord de Vienne offrait à l’Iran, qui a toujours démenti vouloir se doter de l’arme nucléaire, une levée des sanctions internationales qui étouffaient son économie en échange de garanties vérifiées par l’ONU destinées à attester la nature exclusivement civile de ses activités nucléaires.  

Mais, depuis que Donald Trump a dénoncé l’accord conclu par son prédécesseur, Washington a rétabli toutes les sanctions contre l’Iran que les États-Unis avaient accepté de lever à Vienne et les a même amplifiées au nom d’une politique de «pression maximale» privant la République islamique des bénéfices qu’elle escomptait de l’accord.

En riposte, l’Iran s’est affranchi depuis 2019 de la plupart des engagements-clés qu’il avait pris à Vienne, notamment concernant la limitation de ses activités d’enrichissement de l’uranium.

Par La rédaction, publié le 12 octobre 2020 à 12 h 03 min

Photo en titre : Un missile SAM S-300 de fabrication russe, lors d’un défilé militaire à Téhéran, le 18 avril 2019. (AFP)

http://www.45enord.ca/2020/10/levee-de-lembargo-sur-les-armes-defaite-historique-de-washington-selon-teheran/

L’EUROPE RÉCLAME LA DISLOCATION D’EDF !

Englué dans une montagne de dettes s’élevant à plus de 60 milliards d’euros, le groupe EDF, exploitant du parc nucléaire français et premier fournisseur d’électricité du pays, est virtuellement en faillite. Une situation qui nécessite un soutien rapide et massif de l’État, lequel détient 83,6 % du capital de ce géant de l’énergie. L’octroi d’une aide publique importante à l’entreprise nécessite toutefois l’accord de la Commission européenne. Or, un document rédigé par l’Agence des Participations de l’État (APE) révèle que Bruxelles conditionnerait son feu vert à un démantèlement du groupe.

Héritière d’une situation de monopole absolu, EDF a été contrainte d’ouvrir progressivement ses activités de production et de fourniture d’électricité à la concurrence. Une transformation qui s’est faite dans la douleur. En 2016 déjà, une étude réalisée par le cabinet indépendant d’analyse économique Alpha Value révélait que l’entreprise était en très mauvaise situation financière. « EDF est aujourd’hui nettement à la traîne de la transformation rapide du marché de l’énergie. L’augmentation des coûts de son parc nucléaire, combinée à l’obsession de vendre des réacteurs de nouvelles technologies complexes et chers, fragilisent considérablement l’entreprise », peut-on lire dans le rapport des analystes. Ceux-ci pointaient également une importante sous-estimation des provisions inscrites dans les comptes de l’entreprise pour les coûts futurs du démantèlement des réacteurs et de la gestion des déchets nucléaires.

Lire aussi : Des experts alertent sur la « crise mondiale » des déchets nucléaires

Déboires, surcoûts et fiasco

Depuis lors, la situation du groupe n’a fait qu’empirer. Confrontée à la nécessité de financer des dizaines de milliards d’investissements pour entretenir et moderniser son parc nucléaire vieillissant, EDF est empêtrée de surcroît dans le fiasco de l’EPR de Flamanville. Commencée en 2007, la construction de ce réacteur de 3e génération a été marquée par une série ahurissante de vices de construction, de surcoûts et de retards dont on ne voit toujours pas la fin aujourd’hui. Le prix du réacteur, établi initialement à 3 milliards d’euros, pourrait s’élever au final à plus de 19 milliards, estime la Cour des Comptes dans un rapport publié le 9 juillet dernier.

L’autre méga projet entamé par EDF en Angleterre pour la construction de 2 réacteurs EPR à Hinkley Point n’offre pas des perspectives plus réjouissantes. Il y a un an, l’électricien prévenait que le chantier devrait coûter 3,3 milliards d’euros plus cher que prévu, alors qu’en 2017 le groupe avait déjà annoncé s’attendre à un surcoût de 1,7 milliard d’euros. Quant au retard, évalué en 2017 à 15 mois pour le premier réacteur et 9 mois pour le second, Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, avouait déjà fin 2019 qu’il s’était accentué. « Il ne faut pas se voiler la face, notre filière nucléaire vit des moments difficiles parce que les problèmes dans la réalisation des chantiers s’accentuent » avait-t-il déjà admis à l’époque.

Lire aussi : Trop cher et trop lent, le nucléaire ne sauvera pas le climat

Chute des prix et ventes à perte

À tous ces déboires s’ajoute cette année la baisse brutale des prix de l’électricité provoquée par la crise sanitaire et ses conséquences. Cette « tuile » supplémentaire intervient dans un contexte économique qui oblige l’entreprise à vendre son électricité nucléaire à perte. Alors que devant le collège de la CRE (Commission de Régulation de l’énergie), EDF avouait le 9 avril dernier un coût de production de ses centrales nucléaires égal à 53 €/MWh, l’électricien public est obligé, dans le cadre de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) de vendre chaque année à ses concurrents jusqu’à 100 TWh à un tarif bloqué de 42 € par MWh. Ce dispositif réglemente, au nom de l’ouverture à la concurrence, le tarif d’accès à l’électricité nucléaire produite par EDF. Mais sur le marché européen de l’électricité, les prix au premier semestre 2020 ont dégringolé beaucoup plus bas : le contrat de base pour les livraisons en juin s’est négocié à 20,40 euros le MWh tandis qu’il s’échangeait à 26,20 euros le MWh pour le troisième trimestre.

Tout cela contribue à déglinguer encore plus vite la situation financière de la société, laquelle a déjà dû renoncer à ses objectifs financiers pour 2020 et 2021 en prévenant que la production nucléaire française devrait s’établir cette année à son niveau le plus bas depuis trente ans. Selon une analyse de l’entreprise de gestion d’actifs Morningstar, cette chute sur la période 2020-2022 pourrait se traduire par une augmentation de la dette du groupe de 10,6 milliards d’euros, en supposant qu’aucun dividende ne soit versé pendant cet intervalle.

Le constat est clair : l’État français, actionnaire majoritaire de l’entreprise doit la recapitaliser d’urgence car si à la fin de l’année, le ratio de la dette sur le bénéfice brut (ebitda) dépasse 2,7 les agences de notation risquent de dégrader le rating d’EDF, ce qui gonflera le coût de ses emprunts.

L’Europe réclame la dislocation du groupe

Problème : dans l’Union Européenne, tout soutien d’une entreprise avec des fonds publics est soumis à l’examen préalable et l’accord de l’autorité de concurrence, à savoir la DG COMP [1]. Vous l’avez compris, l’objectif est de vérifier que l’aide ne donne pas à son bénéficiaire un avantage déloyal par rapport aux autres entreprises actives sur le même marché. Autrement dit, qu’elle ne nuit pas à la saine concurrence et ne fausse pas les échanges commerciaux.

L’Agence des participations de l’État (APE), qui gère l’actionnariat public dans le capital d’EDF, négocie donc depuis plusieurs mois avec la Commission Européenne.
Dans un document daté du 6 mai que s’est procuré le site Reporterre, l’APE détaille les demandes de la DG COMP. Étant donné l’ampleur de l’aide qui serait octroyée à EDF, Bruxelles réclamerait la désintégration juridique, financière, comptable et opérationnelle du groupe afin d’éviter que le soutien au nucléaire régulé ne profite d’une quelconque manière aux autres entités, lesquelles sont soumises aux règles de la concurrence.

Isoler la production nucléaire

L’idée directrice serait d’isoler la production nucléaire et ses risques financiers du reste du groupe en transformant celui-ci en « une holding sans rôle opérationnel, n’exerçant ni contrôle ni influence sur ses filiales et ne percevant pas de dividendes (… ) ». Alors que dans le plan Hercule imaginé par le gouvernement français pour réorganiser EDF, les centrales hydroélectriques devaient faire partie de la même entité que le nucléaire dans le but d’échapper à la mise en concurrence des concessions échues des barrages, l’Europe s’y oppose. Car « l’hydro qui est une activité de marché, ne devrait pas pouvoir accéder à des financements à des taux plus bas liés à la stabilité du nucléaire régulé en faussant ainsi la concurrence » .

Parmi les autres restrictions envisagées par Bruxelles, « il n’y aurait pas de ‘cash-pooling’ (gestion centralisée de la trésorerie NDLR) entre les entités » et des séparations claires entre filiales seraient nécessaires, notamment en matière d’infrastructures informatiques et de circulation de l’information. « En d’autres termes, la holding n’entretiendrait que des liens capitalistiques avec ses filiales et celles-ci pourraient se faire concurrence, ceci étant surveillé par un mandataire qui rendrait compte à la Commission ». Selon l’auteur du document signé par l’APE, la position de l’Europe « entraînerait l’impossibilité de maintenir un groupe intégré ».

Il semble que le gouvernement français espère encore convaincre la Commission qu’un démantèlement d’EDF ne serait « dans l’intérêt de personne ». Une rencontre s’est d’ailleurs tenue fin septembre à Bruxelles entre Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique et Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence.

Quoi qu’il en soit, le destin de l’électricien public français devrait être connu avant la fin de l’année.

Par Bernard Deboyser, publié le 10 octobre 2020

https://www.revolution-energetique.com/leurope-reclame-la-dislocation-dedf/

À SAINT-MALO, LES ANTI-NUCLÉAIRES VONT FAIRE LEUR FESTIVAL DESSINÉ

Une expo déambulatoire composée de dessins ? C’est l’idée du collectif « Sortir du nucléaire du Pays de Saint-Malo ». Ce sera samedi 24 octobre prochain.

Faute de Quai des Bulles cette année, et de pouvoir proposer leur expo « pour dire stop au nucléaire », le collectif « Sortir du nucléaire du Pays de Saint-Malo » a eu l’idée d’organiser son propre festival.

« On manque de bulles, déambulons »

Samedi 24 octobre, la trentaine de militants et la cinquantaine de sympathisants donnent rendez-vous au bastion de la Hollande. Thème de la manifestation : « On manque de bulles, déambulons ». Traduction : un défilé partira du bastion jusqu’à l’esplanade Saint-Vincent, via la place Lamennais. Les membres du collectif porteront des pancartes représentant des dessins sur le thème du nucléaire et signés d’illustrateurs, de dessinateurs de BD ou de presse comme Nono, Goutal, Davodeau, Cosey, Nicoby, Cristina…

Une première

Le collectif a ainsi choisi 40 dessins parmi les 142 à leur disposition. Cette « expo en plein air » avec une déambulation est co-financée par le collectif anti-nucléaire Ouest. Les organisateurs comptent également sur la présence de quelques dessinateurs. Montrée pour la première fois à Saint-Malo, l’expo est ensuite destinée à voyager dans le Grand Ouest.

Publié le 11 octobre 2020 à 11h47

Photo en titre : Gilles Dupont, un des porte-parole du Collectif avec deux dessins signés Goutal et Cristina

https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/saint-malo/a-saint-malo-les-anti-nucleaires-vont-faire-leur-festival-dessine-11-10-2020-12635572.php

AU FIL DE L’EAU. LES CENTRALES NUCLÉAIRES VONT-ELLES DEVOIR S’ADAPTER AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ?

Avec la sécheresse et le réchauffement climatique, faut-il repenser le mode de fonctionnement des centrales nucléaires ? Est-ce possible ? 

Avec la sécheresse de l’été, le niveau des fleuves et des cours d’eau a baissé. De nombreuses centrales ont été obligées de réduire leur production et les deux réacteurs de la centrale de Chooz dans les Ardennes sont toujours à l’arrêt. Catherine Pottier reçoit Yves Marignac, expert indépendant auprès de l’ASN, responsable du pôle nucléaire et fossile à l’Institut négaWatt. 

Sans eau, impossible de faire fonctionner une centrale    

L’eau est indispensable au fonctionnement des réacteurs nucléaires. Après la fermeture de Fessenheim cette année en Alsace, il reste encore une quarantaine de centrales en France,  installées sur des fleuves et des rivières. Ces réacteurs représentent pratiquement la moitié des prélèvements d’eau douce effectués chaque année sur le territoire français. C’est quatre fois plus que l’agriculture, quatre fois plus que les besoins en eau potable, donc c’est considérable, et évidemment, on s’interroge sur la pérennité du système.  

Une menace pour l’écosystème ?  

Au niveau des cours d’eau, il y a effectivement un double enjeu sur le prélèvement en amont, qui n’est pas rejeté intégralement dans les cours d’eau, donc il y a un effet sur le débit, en aval des réacteurs, qui peut poser problème si il y a d’autres besoins en eau, mais aussi pour la faune et la flore.  Il y a aussi et surtout l’élévation de la température de l’eau rejetée. Comme elle sert à refroidir les réacteurs, l’eau rejetée est toujours plus chaude que l’eau prélevée. Ce problème de température est d’autant plus sensible lorsqu’on est en période de sécheresse, et que le débit du cours d’eau est moindre. Le rejet d’une eau trop chaude peut entraîner des perturbations sur les cycles de reproduction de certains poissons, c’est pourquoi les contraintes imposées au fonctionnement des centrales restent très strictes.  

Beaucoup de questions pour l’avenir

En ordre de grandeur, lorsque les réacteurs nucléaires fabriquent de l’électricité, il faut plusieurs dizaines de mètres cube d’eau par seconde pour les refroidir. Il n’y a pas d’échappatoire, pas d’alternative à ce besoin essentiel, ce qui interroge pour l’avenir.

Par Catherine Pottier, franceinfo Radio France, publié le 10 octobre 2020 à 16h03, mis à jour à 20h06

Photo en titre : Salle des commandes de la centrale nucléaire de Chooz dans les Ardennes, le 23 mai 2019 lors de la visite décennale (FRANCE-BLEU CHAMPAGNE / MAXPPP)

Pour écouter cet entretien (2mn46s), cliquer sur :

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/au-fil-de-l-eau/au-fil-de-l-eau-les-centrales-nucleaires-vont-elles-devoir-sadapter-au-rechauffement-climatique_4118749.html

IRAN ET NUCLÉAIRE : ENTRE QUÊTE DE GRANDEUR, VOLONTÉ D’INDÉPENDANCE ET SENTIMENT D’INJUSTICE

Cette fin de semaine a encore été marquée par des tensions entre l’Iran et les États-Unis. Washington a annoncé jeudi des sanctions contre les 18 « principales » banques iraniennes afin de « stopper l’accès illicite aux dollars américains« . Et le lendemain, Téhéran, par la voix du président iranien Hassan Rohani a dénoncé les nouvelles sanctions « cruelles et inhumaines » imposées à son pays. Les États-Unis espèrent ainsi faire plier l’Iran en achevant d’asphyxier son économie, alors que leur campagne de « pression maximale » n’a pas permis au président Donald Trump d’obtenir le « meilleur accord » sur le nucléaire qu’il espérait avec Téhéran. 

Donald Trump a retiré en 2018 les États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien, jugeant ce texte conclu trois ans plus tôt insuffisant pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique et pour mettre fin à son comportement « déstabilisateur » au Moyen-Orient.

Voici en cinq points de grandes clés d’explication du point de vue iranien.

La géographie

L’Iran se voit (à juste titre) comme un grand pays, une puissance régionale : trois fois la taille de la France et 82 millions d’habitants. Avec une situation géographique qui en fait une plaque tournante géopolitique : entre l’Orient et l’Occident.

Qui plus est, l’Iran se perçoit comme une forteresse assiégée, c’est un premier facteur explicatif dans sa quête du nucléaire : 5 000 kms de frontières et des voisins qui sont souvent perçus comme des ennemis ou des adversaires.  À l’Est, l’Afghanistan et le Pakistan. Au Nord, le Turkménistan, le Caucase, la Turquie. À l’Ouest, l’Irak, le grand ennemi des années 80. Au Sud, de l’autre côté du Golfe Persique, l’Arabie Saoudite, les Émirats.

Autant de pays, pour la plupart musulmans sunnites. Alors que l’Iran est chiite.

Et n’oublions pas, à seulement 2 000 kms de Téhéran : Jérusalem, Israël.

L’histoire

Là encore, l’Iran se voit, à juste titre, comme une puissance, une grande civilisation, qui entend traiter d’égale à égale avec les plus grands. Ce qui là aussi légitime la quête nucléaire.

L’Iran est d’abord l’héritier de l’empire Perse qui au 1er millénaire avant Jésus Christ, s’est étendu un temps de la Grèce jusqu’à l’actuel Pakistan en passant par le Nord de l’Égypte. Avec en héritage, une tradition culturelle très forte : littérature, architecture, plus récemment cinéma.

L’histoire moderne est celle de l’instauration de la République Islamique en 1979, et de la création de l’unique État chiite au monde. C’est aussi à partir de là que les relations avec les États-Unis sont devenues exécrables, suite à la crise des otages de l’ambassade américaine de Téhéran. Une cicatrice jamais refermée depuis.

Il s’en est suivi aussi une guerre épouvantable de 8 ans, entre 1980 et 1988 contre l’Irak de Saddam Hussein : près d’un million de morts au total.

Cette terre chiite se voit comme menacée par les régimes sunnites situées tout autour, sachant que le chiisme est une branche minoritaire de l’Islam, à peine 15% des croyants.

De nombreux dirigeants iraniens regardent aussi Israël comme l’ennemi absolu qu’il faut, « rayer de la carte« .

Enfin l’Iran se voit (à tort ou à raison) comme l’une des rares démocraties de la région au milieu de régimes arabes souvent monarchiques et absolutistes.

L’économie

La quête de l’énergie nucléaire relève aussi d’une volonté d’indépendance énergétique. C’est dans cet esprit que les premières recherches ont été lancées dans les années 1950, sous le régime du Shah, avec, paradoxe, l’appui américain à l’époque.

L’Iran dispose certes d’énormes réserves de pétrole, les quatrièmes au monde. Et avant la crise du nucléaire, le pays était le 5ème producteur mondial.

Les réserves de gaz sont encore plus importantes : les deuxièmes au monde.

Mais depuis plus d’un demi-siècle, les autorités iraniennes savent que ces ressources fossiles ne sont pas inépuisables, un siècle de réserves tout au plus. Et c’est dans ce but que l’Iran a initié son programme nucléaire civil : garantir son indépendance. Et aussi apparaître comme un État moderne, en quête d’avancées technologiques et industrielles.

Le droit

C’est le sujet le plus compliqué. Et il faut évidemment distinguer le nucléaire civil et le nucléaire militaire. Mais d’une certaine manière, dans les deux cas, l’Iran a un sentiment d’injustice.

Un accord fait tant débat : le JCPOA, Joint Comprehensive Plan of Action. En Iran, en langue farsi, on l’appelle BARJAM. Signé par toutes les grandes puissances en 2015, il autorise la poursuite du programme nucléaire civil iranien, à condition que certains seuils d’enrichissement ne soient pas franchis, car ils rendraient alors possible une utilisation militaire. L’Iran accepte les contrôles internationaux sur le sujet et en contrepartie, les sanctions économiques sont levées.

Sauf que trois ans plus tard, en 2018, Donald Trump retire la signature américaine. Considérant que l’accord est mauvais, et qu’il faut aussi examiner d’autres sujets : le programme de missiles balistiques traditionnels qui menace notamment Israël et l’influence iranienne dans la région, au Liban, en Irak, au Yémen. Les pressions économiques américaines sont telles que même les Européens doivent alors retirer leurs grandes entreprises d’Iran.

Les Iraniens y voient une injustice majeure : l’accord a été brisé à leurs dépens. Ils décident donc en représailles de progressivement ne plus respecter l’accord non plus. Et de dépasser les seuils d’enrichissement et les stocks d’eau lourde autorisés. Téhéran se rapproche donc de l’arme nucléaire militaire. Mais sur ce point-là aussi, le militaire, une partie des dirigeants iraniens considère que le pays a droit à y accéder. Tout simplement parce que de nombreux pays de la région possèdent l’arme atomique : le Pakistan, l’Inde à l’Est ; Israël, même si ce n’est pas officiel à l’Ouest. Sans oublier le grand rival sunnite, l’Arabie Saoudite qui voudrait s’en doter au Sud.

Aucun de ces pays ne respecte le traité international de non-prolifération. Pourquoi devrions-nous respecter le droit alors que nos voisins ne le font pas ? Voilà le point de vue des plus radicaux des dirigeants iraniens.

La psychologie et la sociologie

Le chaos engendré par le retrait américain de l’accord a plutôt profité aux durs du régime iranien, les Pasdarans, les Gardiens de la Révolution. Un État dans l’État, très idéologiques, très armés, très conservateurs, très anti israéliens.

À l’inverse, les plus modérés, dont le président Rohani, en ressortent affaiblis : leur stratégie de négociation a échoué. Les sanctions économiques sont revenues.

« Nous nous sommes fait rouler, alors à ce prix-là, disent les durs, autant avoir l’arme nucléaire.« 

Et comme la prochaine élection présidentielle est prévue au printemps 2021 en Iran la campagne électorale à venir ne va pas calmer les ardeurs.

Le droit à l’enrichissement de l’uranium est devenu une sorte de vache sacrée en Iran.

Par Jean-Marc Four, publié le 11/10/2020, mis à jour à 08h03

https://www.franceculture.fr/geopolitique/iran-et-nucleaire-entre-quete-de-grandeur-volonte-dindependance-et-sentiment-dinjustice

À lire aussi :

Entre Trump et l’Iran, la guerre à distance continue

En Iran, les institutions aux mains d’un seul homme

Nucléaire iranien : l’accord historique de Vienne

À réécouter :

L’Iran reconnaît une attaque majeure sur son programme nucléaire

L’Iran raille « l’isolement maximal » de Washington (Avec la collaboration d’Éric Chaverou. Vidéo réalisée par Franck Ballanger)

DONALD TRUMP LAISSE TOMBER UNE BOMBE F DANS L’ÉMISSION DE RADIO DE RUSH LIMBAUGH

Vendredi, le président Donald Trump a passé deux heures à «animer» l’émission de radio de Rush Limbaugh, à un moment donné lâchant un mot maudit en parlant des sanctions de l’Iran. Le président a semblé impliquer une menace contre le pays et n’a pas reconnu son utilisation d’un mot maudit lors d’une interview diffusée à l’échelle nationale. Cela a alimenté la perception de certains critiques selon laquelle l’état de santé de Trump et les médicaments qu’il prend ont faussé son jugement.

Trump a déclaré à Limbaugh que le programme nucléaire de l’armée américaine “est tout à fait top maintenant”, puis s’est tourné vers les sanctions iraniennes. Il a dit: «Ils ont été avertis. Si vous êtes avec nous, si vous nous faites quelque chose de mal, nous allons vous faire des choses qui n’ont jamais été faites auparavant. Et ils le comprennent. “La version légèrement retardée de l’émission de Limbaugh a réussi à censurer le mot de malédiction, mais les images de la caméra en studio de Limbaugh l’ont gardé intact.

«Si vous jouez avec nous, si vous nous faites quelque chose de mal, nous allons vous faire des choses qui n’ont jamais été faites auparavant.» – le président des États-Unis, pic.twitter.com/RfDKchaw7i (Par Aaron Rupar (@atrupar) le 9 octobre 2020)

Trump discutait d’un accord nucléaire que son prédécesseur, le président Barack Obama, avait négocié avec l’Iran. Trump s’est depuis retiré de cet accord et expliquait à Limbaugh pourquoi il pensait que c’était la bonne décision. Il a dit: “Vous ne voyez pas la terreur comme vous aviez l’habitude de voir la terreur.”

Pourtant, Trump a reconnu que son administration avait tenté d’imposer de nouvelles sanctions à l’Iran, et il a dit à Limbaugh avec confiance qu’il pensait qu’ils le feraient s’il était réélu. Il a affirmé que l’Iran «meurt d’envie de me faire perdre».

Trump a passé deux heures sur l’émission de Limbaugh vendredi, et a eu plus tard sa première interview à la caméra depuis qu’il a été diagnostiqué avec COVID-19, lors d’une apparition sur Tucker Carlson Tonight de Fox News. Il a longuement parlé de la pandémie dans les deux cas et de son expérience personnelle avec le virus. Les deux entretiens étaient pleins d’informations fausses ou contradictoires et d’affirmations trompeuses sur la propre maladie du président.

Trump a affirmé avoir «négocié» avec ses médecins les conditions de son hospitalisation, plutôt que de suivre leurs conseils pour récupérer rapidement et éviter d’infecter les autres. “J’avais vraiment tendance à écouter mais en général peut-être que je ne le ferais pas, mais j’avais tendance à écouter ce groupe”, a déclaré le président.

Pourtant, Trump a refusé de spécifier s’il avait encore été testé négatif pour le coronavirus et si ses médecins avaient signé son rassemblement en personne samedi. Le président a également continué à faire des déclarations alarmantes et mensongères sur les bulletins de vote par correspondance et d’autres aspects du processus électoral, à moins d’un mois de l’élection présidentielle de 2020.

Par Marseille News .net, publié le 10 octobre 2020

https://www.marseillenews.net/news/donald-trump-laisse-tomber-une-bombe-f-dans-lemission-de-radio-de-rush-limbaugh-2904.html

PYONGYANG DÉVOILE UN MISSILE BALISTIQUE INTERCONTINENTAL GÉANT LORS D’UN DÉFILÉ

La Corée du Nord a dévoilé samedi un missile balistique intercontinental géant lors d’un imposant défilé militaire, démonstration de force du régime face au Covid-19 également, le président Kim Jong Un assurant à une foule non masquée qu’aucun cas n’était recensé dans le pays.

Le missile balistique intercontinental (ICBM), posé sur un tracteur-érecteur-lanceur, qui ne comptait pas moins de 11 essieux, a paradé sur la place Kim Il Sung – du nom du fondateur du régime-, que surplombait la tribune du dirigeant nord-coréen, selon la chaîne de télévision d’État KCTV.

Il s’agit du « plus gros missile mobile à combustion liquide jamais vu à ce jour« , a tweeté Akit Panda, de la Federation of American Scientists, une ONG scrutant les risques liés au nucléaire.

Voir la VIDÉO sur le site d’origine (29s)

Le défilé était organisé à l’occasion du 75ème anniversaire de la fondation du Parti des travailleurs, au pouvoir dans le pays doté de l’arme nucléaire.

« Nous continuerons à renforcer notre armée, à des fins d’autodéfense et de dissuasion« , a lancé à la foule le leader nord-coréen en costume gris, dans un discours retransmis en différé par la télévision d’État.

« Si vous n’avez pas la force, vous devrez essuyer les larmes et le sang qui couleront de vos deux poings serrés« , a-t-il ajouté.

L’ICBM a été précédé d’un Pukguksong-4a, nouveau missile mer-sol lancé par sous-marin qui confèrerait une nouvelle dimension à l’arsenal militaire du régime nord-coréen.

Selon l’état-major sud-coréen, le défilé militaire s’est déroulé tôt samedi matin, plusieurs heures avant sa diffusion à la télévision, et a été « attentivement » suivi par les services de renseignement sud-coréens et américains.

Fin décembre, le leader nord-coréen avait menacé de présenter une « nouvelle arme stratégique » mais certains experts pensent que Pyongyang n’a pas l’intention d’irriter la Maison Blanche avant la présidentielle américaine.

Pour Leif-Eric Easley, professeur à l’université Ewha de Séoul, il n’est pas possible de savoir dans quelle mesure l’équipement présenté « fonctionne vraiment« .

Mais « l’armement présenté lors du défilé est un rappel sérieux qu’il ne faut pas ignorer la Corée du Nord« , ajoute-t-il.

Les experts sont convaincus que la Corée du Nord a poursuivi ses programmes nucléaire et balistique, qu’elle justifie par la menace américaine, y compris pendant les négociations avec les États-Unis, dans une impasse depuis plus d’un an.

Sans masque, ni distance

Contrairement à de précédents défilés, aucun média étranger n’avait été invité cette année. Nombre d’ambassades sont fermées du fait des restrictions liées au coronavirus, ce qui fait que le nombre d’observateurs étrangers est limité.

Un Sud-Coréen regarde sur un écran de télévision les images d’un défilé militaire en Corée du Nord, le 10 octobre 2020 dans une gare de Séoul (Jung Yeon-je / AFP )

Lors de la parade, les diverses unités militaires se sont succédé sur la place sous les yeux d’un Kim Jong Un parfois souriant et plaisantant avec ses généraux.

Des escadrons d’avions de combat ont volé au-dessus de la ville en larguant des fusées éclairantes, puis des véhicules blindés et missiles ont défilé dans les rues.

Aucun des participants ni personne dans le public ne portait de masque.

De fait, Kim Jong Un a assuré qu’il n’y avait « pas une seule personne » atteinte de coronavirus dans son pays alors que la pandémie a touché le monde entier. Visiblement ému, il a remercié à plusieurs reprises ses concitoyens pour leurs efforts.

Un défilé militaire le 9 septembre 2018 à Pyongyang ( Ed JONES / AFP/Archives )

À la tête d’un pays dont le système de santé est très défaillant, Kim Jong Un a décidé de fermer en janvier les frontières de la Corée du Nord afin d’empêcher une propagation de l’épidémie apparue chez le voisin chinois.

Le dirigeant nord-coréen a également souhaité « une bonne santé à tous les gens à travers le monde qui combattent les maux du virus maléfique« , alors que le président américain Donald Trump, testé positif, a récemment été hospitalisé.

Harry Kazianis, du Center for National Interest, un centre de recherche, note que la distanciation sociale n’était pas non plus à l’ordre du jour lors durant le défilé militaire.

« Certains diront qu’il s’agit d’une démonstration de force, mais une telle démagogie est pure folie« , juge-t-il. « Le régime joue avec la vie de son peuple« .

Par AFP, publié le 10/10/2020  à 17h03

Photo en titre : Une image tirée d’une vidéo diffusée le 10 octobre 2020 par l’agence KCNA du leader nord-coréen Kim Jong prononçant un discours à Pyongyang ( – / KCNA VIA KNS/AFP )

https://www.boursedirect.fr/fr/actualites/categorie/a-la-une/la-coree-du-nord-semble-avoir-organise-un-defile-militaire-geant-selon-seoul-afp-1f14ef58e79becccebf3b9e9fbef7167d6b787eb

POUR L’AIE, IL FAUT ACCÉLÉRER DANS LES TECHNOLOGIES PROPRES ET LE MARCHÉ NE FERA PAS TOUT !

L’Agence internationale de l’énergie a rendu public le 10 septembre son dernier rapport complet sur les nouvelles technologies de l’énergie (NTE 2020, en initiales anglaises). Le message est basique : il faut accélérer et le marché ne fera pas tout seul. Pour cela, une implication des gouvernements est nécessaire.

« Aujourd’hui, je suis de plus en plus optimiste quant à l’avenir de l’énergie propre dans le monde, malgré les graves défis auxquels nous sommes confrontés. La PTE-2020 montre que nous savons ce qu’il faut faire pour développer et déployer les technologies qui peuvent placer les émissions sur une voie durable », indique Fatih Birol, le directeur général de l’AIE dans l’introduction du rapport.

Le rapport de l’AIE sur les nouvelles technologies de l’énergie insiste : « Pour parvenir à des émissions nettes nulles, il faut transformer radicalement la manière dont nous fournissons, transformons et utilisons l’énergie. La croissance rapide de l’éolien, du solaire et des véhicules électriques a montré le potentiel des nouvelles technologies d’énergie propre pour réduire les émissions ».

Néanmoins, « l’objectif d’émissions nettes zéro nécessitera le déploiement de ces technologies à une bien plus grande échelle, parallèlement au développement et au déploiement massif de nombreuses autres solutions d’énergie propre qui en sont actuellement à un stade de développement plus précoce, telles que les nombreuses applications de l’hydrogène et du captage du carbone. »

L’AIE présente un scénario « développement durable » qui permet d’atteindre ces objectifs pour le système énergétique à l’horizon 2070, soit 20 ans après les objectifs 2050 visés par l’accord de Paris. Mais elle passe également en revue quelque 800 options technologiques afin de voir ce qu’il faudrait faire pour atteindre cet objectif dès 2050.

L’électricité à la rescousse

« L’extension de l’utilisation de l’électricité à un plus grand nombre de secteurs de l’économie est le facteur qui contribue le plus à l’obtention d’émissions nettes nulles », rapporte l’AIE. Cependant, la transformation du seul secteur de l’électricité ne permettrait au monde de parcourir qu’un tiers du chemin vers des émissions nettes zéro.

Ce n’est pas sans enjeux, puisque dans le scénario de développement durable, « la demande finale d’électricité fait plus que doubler » pour répondre aux usages : alimenter les voitures, les bus et les camions, produire des métaux recyclés et fournir de la chaleur à l’industrie, et fournir l’énergie nécessaire au chauffage, à la cuisson et aux autres appareils dans les bâtiments, insiste le rapport.

En outre, pour atteindre des émissions nettes nulles en 2050, il faudrait déployer beaucoup plus rapidement la production d’électricité à faible teneur en carbone. Dans le scénario « d’innovation accélérée », la production d’électricité serait environ 2,5 fois plus élevée en 2050 qu’aujourd’hui, soit un taux de croissance équivalent à l’ajout de l’ensemble du secteur électrique américain tous les trois ans. Les ajouts annuels de capacité d’électricité renouvelable, quant à eux, devraient être, en moyenne, quatre fois supérieurs au record actuel, qui a été atteint en 2019.

Mais l’électricité ne peut tout seule

L’électricité seule ne pourra cependant pas répondre à tous les enjeux. Ainsi, l’AIE juge que l’hydrogène doit permettre d’étendre la portée de l’électricité. Là encore, avec une montée en puissance des besoins. « Une grande quantité de production supplémentaire est nécessaire pour l’hydrogène à faible teneur en carbone. La capacité mondiale des électrolyseurs, qui produisent de l’hydrogène à partir de l’eau et de l’électricité, passe de 0,2 GW aujourd’hui à 3 300 GW dans le scénario de développement durable ». Et pour atteindre le niveau nécessaire pour aboutir à des émissions nettes nulles, ces électrolyseurs consommeraient deux fois la quantité d’électricité que la République populaire de Chine produit aujourd’hui…

Développer le CCS et les bioénergies

L’AIE revient ainsi à la charge sur le captage et stockage du carbone (CCS) et les bioénergies qui doivent pouvoir jouer des rôles multiples. « Le captage des émissions de CO2 en vue de les utiliser de manière durable ou de les stocker est une technologie cruciale pour atteindre des émissions nettes nulles », insiste l’agence de l’OCDE.

« Dans le scénario de développement durable, le CCS est utilisé pour la production de carburants synthétiques à faible teneur en carbone et pour éliminer le CO2 de l’atmosphère. Elle est également essentielle pour produire une partie de l’hydrogène à faible teneur en carbone nécessaire pour atteindre des émissions nettes nulles, principalement dans les régions disposant de ressources en gaz naturel à faible coût et d’un stockage de CO2 disponible. », rappelle le rapport.

En outre, il faut dans le même temps multiplier par trois par rapport aux niveaux actuels le recours aux bioénergies modernes, à la fois pour remplacer directement les combustibles fossiles (biocarburants pour le transport) ou pour compenser indirectement les émissions par son utilisation combinée avec le CCS.

In fine, indique l’AIE, alors que « la sécurité du système énergétique mondial actuel repose en grande partie sur la maturité des marchés mondiaux des trois principaux combustibles – charbon, pétrole et gaz naturel – qui représentent ensemble environ 70 % de la demande énergétique finale mondiale », demain « l’électricité, l’hydrogène, les combustibles synthétiques et la bioénergie » doivent représenter une part de la demande similaire à celle des combustibles fossiles dans le scénario de développement durable.

Rôle des gouvernements

« Le succès spectaculaire de l’énergie solaire photovoltaïque, qui est devenue la source d’énergie la moins chère dans de nombreuses économies, et l’essor impressionnant de l’éolien en mer démontrent la capacité des technologies énergétiques propres à percer si les gouvernements mettent en place les politiques adéquates pour soutenir leur expansion », insiste le directeur générale de l’agence de l’OCDE.

Si les marchés sont essentiels pour mobiliser des capitaux et catalyser l’innovation, ils ne permettront pas à eux seuls d’atteindre un niveau d’émissions nettes zéro, martèle le rapport NTE 2020. Les gouvernements ont un rôle énorme à jouer dans le soutien des transitions vers des émissions nettes zéro. Et l’AIE d’estimer que « pour être efficaces, les outils politiques doivent porter sur cinq domaines essentiels : s’attaquer aux émissions des actifs existants ; renforcer les marchés des technologies à un stade précoce de leur adoption ; développer et mettre à niveau les infrastructures qui permettent le déploiement des technologies ; renforcer le soutien à la recherche, au développement et à la démonstration et enfin développer la collaboration technologique internationale ».

Optimiste, Fatih Birol signale que « de plus en plus de gouvernements dans le monde entier soutiennent les technologies énergétiques propres dans le cadre de leurs plans de relance économique en réponse à la crise Covid-19, comme l’ont clairement indiqué les 40 ministres qui ont participé au sommet de l’AIE sur les transitions en matière d’énergie propre le 9 juillet 2020. »

Par Joël Spaes (dans Énergie), publié le 9 octobre 2020

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/pour-laie-il-faut-accelerer-dans-les-technologies-propres-et-le-marche-ne-fera-pas-tout-84477/

NDLR : cette étude de l’AIE se base sur une poursuite de la croissance mondiale et non sur une meilleure répartition des richesses produites. D’où les besoins croissants en énergie !

LE CACHEMIRE, DÉTONATEUR NUCLÉAIRE POTENTIEL, ENTRE LE PAKISTAN ET L’INDE

La covid-19 oblige à une trêve. Pour combien de temps ? L’analyse d’Hubert de Beaufort

Le Cachemire est un ancien État princier vassal de l’Empire britannique. Après avoir été vendu par les Anglais à un maharaja hindou, l’État du Cachemire, peuplé surtout de musulmans et une minorité d’hindous, devint, lors de l’accession de l’Inde à l’indépendance, l’enjeu de convoitises. Cela entraîna plusieurs guerres territoriales que se sont livrées le Pakistan, l’Inde et la Chine.

Le Cachemire occupe une position stratégique entre le Pakistan, l’Inde et la Chine, avec des frontières qui ne sont acceptées par aucun des trois États. Il compte dix millions d’habitants. Aujourd’hui, l’Inde revendique la partie du Cachemire occupée par le Pakistan et celle occupée par la Chine. De son côté, le Pakistan revendique le Cachemire détenu par l’Inde (l’État de Jammu-et-Cachemire). Quant à la Chine, elle revendique la partie du Ladakh indien qui prolonge le plateau tibétain.

L’Inde bouddhiste et le Pakistan musulman se disputent depuis 70 ans ce territoire stratégique. Une crise sans fin qui a franchi un nouveau palier cet été avec la révocation brutale de la semi autonomie de la partie indienne de cette région : une des pires poudrières de la planète.

Rappelons les données géopolitiques des deux pays :

L’Inde. Avec un milliard et demi d’habitant, c’est la première démographie du monde, mais avec un PIB équivalent à celui de la France, le revenu individuel est 25 fois inférieur au nôtre, ce qui ne l’empêche pas de conforter une industrie nucléaire disposant de plus de 150 missiles atomiques.

Ses points forts :

1- Main-d’œuvre importante (50 % de la population est âgée de moins de 25 ans).

2- Secteur privé efficace, en particulier celui de l’informatique.

3- Contribution positive à la balance des paiements : fonds envoyés par les expatriés, exportation de médicaments, recettes du tourisme.

4- Dette extérieure modérée et réserves de change.

L’épidémie de coronavirus change les priorités nationales, car elle continue de progresser à vitesse accélérée chez notre géant indien. Avec 4,2 millions de personnes infectées, le pays compte désormais le plus de cas recensés après les États-Unis. Chaque jour, environ 80 000 nouveaux tests positifs sont diagnostiqués, soit le taux de croissance le plus élevé au monde. Des résultats qui s’expliquent en partie par le nombre de tests réalisés : 10 millions par jour.

Le Pakistan.  C’est un nain démographique par rapport au géant indien avec 200 millions d’habitants. Le pays prône un islam rigoriste anti bouddhiste et persécutant la minorité catholique. Son PIB de 320 milliards de dollars n’est que le huitième de celui de l’Inde, alors, que son arsenal nucléaire se veut équivalent à celui de son rival.

Le Cachemire. ne représente pas seulement un danger géopolitique, c’est aussi un conflit de fanatisme religieux. Concernant le Pakistan rappelons la condamnation à mort d’Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour un verre d’eau donnée à une musulmane !    Ce fanatisme religieux va en s’amplifiant : il est capable selon certains experts d’engager le premier conflit nucléaire de l’après-guerre.

Déstabilisés socialement et économiquement par la covid-19, l’Europe et les États Unis ne sont pas en mesure d’intervenir. Reste la Chine, mais peut-elle se faire entendre ?

Agissons pour convaincre Pékin d’arbitrer et militons pour un monde apaisé avec l’O.N.U. et le Conseil de Sécurité trop souvent oubliés.

Par Hubert de Beaufort, publié le 9 octobre 2020 à 9h16

https://radionotredame.net/2020/geopolitique/le-cachemire-detonateur-nucleaire-potentiel-entre-le-pakistan-et-linde-288791/

LES SITES DE STOCKAGE DE DÉCHETS NUCLÉAIRES EN COUCHE GÉOLOGIQUE PROFONDE

Le stockage définitif de déchets nucléaires hautement radioactifs en couche géologique profonde est une solution envisagée par plusieurs pays. Quelques projets ont déjà été concrétisés, tandis que d’autres sont à l’étude. Tour d’horizon.

En France:

Deux lois votées en 1991 et 2006 prévoient que des recherches soient menées afin de « choisir un site et de concevoir un centre » de « stockage réversible en couche géologique profonde« . Ces recherches sont menées par le laboratoire de l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) à Bure (Meuse), qui développe le projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) et étudie la possibilité d’un stockage sous une épaisse couche d’argile.

La loi de 2006 prévoyait qu’un tel centre fasse l’objet d’une demande d’autorisation en 2015, pour une mise en exploitation en 2025. Aucune demande d’autorisation n’a pour l’heure été déposée. Selon l’Andra, cette demande devrait intervenir en 2021.

En Finlande :

Deux sites de stockage dans des formations granitiques, à 70 et 100 mètres de profondeur, sont en service depuis 1992 et 1997, à proximité de centrales nucléaires d’Olkiluoto et de Loviisa.

En 2015, les autorités ont donné le feu vert à la construction d’un site de stockage creusé dans le granit à 400-450 mètres de profondeur, sur le site d’Olkiluoto.

Aux États-Unis:

Depuis 1999, le WIPP ((Waste Isolation Pilot Plant), dans l’État américain du Nouveau-Mexique, stocke des déchets radioactifs d’origine militaire dans des installations creusées dans une couche de sel, à environ 660 mètres de profondeur.

En 2014, un incendie s’est déclaré sur un véhicule de transport de sel, dans le sous-sol. Huit jours plus tard, des radiations ont été détectées dans l’air du site. Treize jours plus tard, des tests ont révélé que 13 employés avaient été exposés à des radiations.

En Allemagne:

Le premier site de stockage de déchets nucléaires avait été implanté dans une ancienne mine de sel à Asse, en Basse-Saxe, dans les années 1960, à 700 mètres de profondeur. Des fuites radioactives ont été constatées, laissant craindre la contamination de nappes phréatiques. En 2008, les autorités allemandes ont décidé de démanteler le site.

Un autre site de stockage, dans la mine de potasse et de sel de Morsleben (Saxe-Anhalt), a été ouvert en 1971, à 500 mètres de profondeur. En 2001, un rapport du service d’inspection des mines révélé dans la presse pointait un risque d’effondrement.

En 2002, un nouveau site de stockage définitif de déchets nucléaires a été autorisé dans l’ancienne mine de fer de Konrad (Basse-Saxe).

D’autres projets sont actuellement à l’étude, dans une quinzaine de pays, selon l’Andra, dont la Suède, le Canada, le Royaume-Uni ou la Chine.

Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, des laboratoires de recherche géologique visant à explorer le principe d’un stockage en profondeur dans le granit ont été créés au Canada (en cours de démantèlement), en Suède, en Suisse, en Corée du Sud et au Japon. D’autres laboratoires poursuivent le même objectif mais dans des formations argileuses en Belgique, en Suisse et au Japon.

Enfin, des laboratoires visant à étudier la possibilité d’enfouir des déchets sur les lieux mêmes de leurs recherches ont été déployés à Yucca Mountain, aux États-Unis, à Onkalo, en Finlande, et en Suède, à Östhammar.

Par AFP, publié le 09 oct. 2020 à 18h58

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/les-sites-de-stockage-de-dechets-nucleaires-en-couche-geologique-profonde-201009-0

NDLR : argile, granit, couche ou mine de sel, mine de potasse et de sel, mine de fer…on essaye un peu tout et rien ne convient vraiment. Mais on s’en moque, nous avons eu l’électricité, nos enfants et leurs descendants auront les déchets… Sympa le partage, non ?

CHINONAIS : UN DÉMONSTRATEUR UNIQUE AU MONDE POUR PRÉPARER LE DÉMANTÈLEMENT NUCLÉAIRE

La première pierre du centre d’essai pour planifier le démantèlement de trois réacteurs de la centrale nucléaire a été posée mardi, dans la zone Belliparc.

« Ce jour, on l’attendait. C’est une étape importante dans l’histoire de la centrale. » Antoine Ménager, directeur du CNPE de Chinon, avait du mal à cacher son excitation, mardi dernier, au moment de poser la première pierre du démonstrateur industriel, censé préparer au démantèlement de six réacteurs à Uranium Naturel Graphite Gaz en France, dont trois à Chinon.

“ Dans un réacteur comme Chinon A2, il y a autant de ferraille que dans la Tour Eiffel ” Le but : tester tous les outils avant de démarrer le premier démantèlement, prévu à l’horizon 2030.

Pour Estelle Desroches, directrice du projet Graphite chez EDF, « c’est un chantier capital qui débute. Des travaux ont déjà été effectués et ont permis d’évacuer 99 % de la radioactivité qui restait. Là, on s’attaque au cœur des réacteurs ».

Retenu comme site pilote début 2019, Chinon franchit donc une nouvelle étape vers le démantèlement de ces réacteurs première génération, à l’arrêt depuis les années 1990. « Ça pose de vraies questions et de vrais challenges techniques car, jusqu’à présent, seuls deux réacteurs de ce type ont été démantelés dans le monde et ils étaient de petite taille, précise Estelle Desroches. L’idée est de nettoyer les outils avec des bras téléopérés mais sur de très grandes hauteurs (jusqu’à 30 mètres). Pour donner un ordre d’idée, dans un réacteur comme Chinon A2, il y a autant de ferraille que dans la Tour Eiffel et des milliers de briques graphites qu’il va falloir retirer, trier et conditionner, tout ça sans se rapprocher du réacteur. »

Un potentiel centre de collaboration international EDF s’est engagé auprès de l’Autorité de sûreté nationale à mettre en service ce centre d’essai en 2022. S’ensuivra alors une phase de test longue de huit ans, jusqu’au début du démantèlement de Chinon A2, premier réacteur à être déconstruit. « Avec ce démonstrateur industriel, le pôle excellence du nucléaire prend toute sa dimension », se réjouit de son côté Jean-Luc Dupont, président de la communauté de communes Chinon Vienne et Loire, à qui appartenait le terrain sur lequel est érigé ce démonstrateur unique au monde.

Si le projet coûtera pas moins de 15 millions d’euros à EDF (*), ses acteurs se félicitent du rayonnement international qu’il génère pour le Chinonais. « On vient de lancer un projet européen subventionné par l’Union européenne pour développer des solutions pour les réacteurs graphites français, mais aussi anglais, italiens, lituaniens, confie Estelle Desroches. On espère que ça puisse devenir un centre de collaboration international, au-delà des besoins d’EDF. »

(*) Pour ce qui est de la structure et des aménagements intérieurs. EDF a également 2,5 milliards d’euros de provisions pour les réacteurs graphites.

En chiffres

> 2.500. C’est, en mètres carrés, la surface que fera le démonstrateur industriel. Ce dernier fera également 70 mètres de long, 35 de large et 20 de haut.

> 10. C’est le nombre d’entreprises à l’ouvrage sur le chantier. « 80 % des activités de construction sont confiées à des entreprises locales », précise Estelle Desroches.

> 20. Comme le nombre d’employés en permanence sur site. Pour autant d’emplois qualifiés à terme.

> 80. Comme le nombre de réacteurs graphite à démanteler dans le monde, dont la moitié en Angleterre. La France, elle, en compte six, dont trois à Chinon. Les autres sont situés à Bugey (Ain) et Saint-Laurent (Loir-et-Cher).

Publié le 09/10/2020 à 06h25, mis à jour le 09/10/2020 à 07h57

Photo en titre ; Représentants d’EDF et élus locaux ont symboliquement posé la première pierre du démonstrateur industriel. © Photo NR

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/avoine/chinonais-un-demonstrateur-unique-au-monde-pour-preparer-le-demantelement-nucleaire

QUEL AVENIR POUR L’HYDRAULIQUE CHEZ EDF APRÈS L’INAUGURATION DE LA CENTRALE ROMANCHE GAVET

Inaugurée et mise officiellement en service le 9 octobre par le président d’EDF, Jean-Bernard Levy, la centrale hydroélectrique Romanche Gavet est le dernier des grands projets hydro d’EDF en France. Un contentieux avec l’Europe bloque tout nouveau développement.

Cinq barrages et six centrales remplacés par un seul ouvrage, dix ans de travaux, 400 millions d’euros d’investissement, une conduite d’eau de 10 kilomètres creusée dans la montagne, 40 % d’électricité supplémentaire, 650 entreprises impliquées sur le chantier… La centrale hydroélectrique Romanche Gavet (Isère) de 97 mégawatts, inaugurée par EDF le 9 octobre, est une réalisation autant exemplaire qu’unique. Elle doit produire 560 GWh par an en fonctionnant environ 5 000 heures, soit la consommation de 230 000 foyers, l’équivalent des habitants de Grenoble et Chambéry réunis.

Mais lors de l’inauguration, c’est l’avenir du développement de l’hydroélectricité en France par EDF qui était dans tous les esprits. À commencer par celui de Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, qui a commencé son discours en évoquant un contexte particulier où le parc hydraulique est dans l’actualité et que « peut-être se dessine une nouvelle organisation pour ce formidable patrimoine énergétique et écologique français ».

Contentieux avec l’Europe

Le problème du contentieux entre la Commission européenne et la France sur la mise en concurrence des concessions hydroélectriques suite à une directive de 2014 et deux mises en demeure en 2015 et 2019 pourrait aller jusqu’à se solder par une nouvelle organisation d’EDF, où l’hydraulique serait aussi séparée du nucléaire au sein du groupe, obligeant Jean-Bernard Levy à revoir son projet Hercule, en EDF bleu (nucléaire et hydro, et RTE) et un EDF vert (commerce, renouvelable, services…). Pour mémoire, sur les 300 concessions hydroélectriques d’EDF, 16 seront échues à fin 2020.

Et alors que l’électricien français annonce développer 4GW supplémentaires d’hydraulique dans le monde d’ici à 2030 dont 1,5 GW net (part du groupe), en France, la situation reste bloquée. Pourtant, la nouvelle feuille de route énergie, la PPE, adoptée par décret en avril 2020, prévoit l’ajout de 0,7 à 1 gigawatt supplémentaire de capacité hydroélectrique en France d’ici à 2028 et de 1,5 GW de station de transfert d’énergie par pompage (STEP) à l’horizon 2030-2035.

Un fort potentiel bloqué

Or le contentieux avec Bruxelles sur les concessions donne une « incertitude juridique » qui empêcherait à EDF la mise en œuvre de « l’important potentiel » hydroélectrique en France, et de « lancer de nouveaux projets », a expliqué Yves Giraud, le directeur hydraulique d’EDF. Dans la Vallée de la Truyère, EDF a un projet qui « pourrait aller jusqu’à 1GW avec des investissements de près d’un milliard d’euros », mais contre un renouvellement de la concession et sans mise en concurrence.

Aux incertitudes juridiques s’ajoutent des problèmes de financement récurrents chez EDF. Jean-Bernard Levy a dû préciser que 75 % des 400 millions d’euros de projets Romanche Gavet avaient été financés par des obligations vertes, alors que le groupe vient encore d’emprunter 4 milliards d’euros sur les marchés. Il n’a d’ailleurs pas hésité à regretter dans son discours d’inauguration de la centrale que le soutien au développement de l’hydraulique ne soit pas prévu dans le plan de relance de 100 milliards d’euros présenté par le gouvernement début septembre, assurant qu’EDF allait tout faire pour réparer « ce qui était sûrement un oubli ». Présent, le secrétaire d’État à la Ruralité, Joël Giraud, a néanmoins assuré qu’il irait défendre sa cause à Bercy.

Un marché déprimé

Pour EDF, il est important de débloquer la situation. À l’exception de cinq projets de petite hydro gagnés en 2017 par sa filiale Shema, la centrale de Romanche Gavet est le dernier chantier d’EDF en hydroélectrique. EDF aurait pourtant dans ses cartons 250 MW de projet sur des concessions existantes. Et « le potentiel inexploité est de plusieurs gigawatts« , avance le PDG d’EDF, sans plus de précisions.

Mais pour financer de nouveaux projets, dans un contexte de marché déprimé où les prix de l’électricité stagnent autour de 45 euros le MWh sur la place européenne et que « plus aucune capacité de production n’est construite sans garantie de prix comme pour l’éolien ou le solaire », Jean-Bernard Levy demande un nouveau cadre réglementaire pour l’hydroélectrique. Elle doit bénéficier « de mécanismes de ce type ». Alors que le soutien aux renouvelables va encore coûter près de 7 milliards d’euros au budget de l’État en 2021, il y a peu de chances qu’il soit entendu.

Par Aurélie Barbaux , publié le 09/10/2020 à 16h39

Photo en titre : Le 9 octobre, EDF a inauguré la centrale hydroélectrique Romanche Gavet de 97 MW. Elle remplace cinq barrages et six centrales sur la rivière Romanche en Isère.

https://www.usinenouvelle.com/article/quel-avenir-pour-l-hydraulique-chez-edf-apres-l-inauguration-de-la-centrale-romanche-gavet.N1014714

LES ÉTATS-UNIS PRENNENT DES SANCTIONS CONTRE LES PRINCIPALES BANQUES IRANIENNES

Cette mesure est censée couper définitivement le secteur financier iranien du reste du monde. De nombreux observateurs redoutent qu’elle réduise encore la possibilité pour l’Iran d’acquérir des biens jugés humanitaires.

« Nos sanctions vont se poursuivre jusqu’à ce que l’Iran cesse de soutenir les activités terroristes et mette fin à ses programmes nucléaires. » Les États-Unis ont annoncé, jeudi 8 octobre, des sanctions contre les 18 principales banques iraniennes, a annoncé dans un communiqué le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin.

Cette mesure est censée couper définitivement le secteur financier iranien du reste du monde. Elle a été poussée par les personnalités anti-Iran au sein du gouvernement de Donald Trump pour afficher jusqu’au bout sa fermeté à moins d’un mois de l’élection présidentielle américaine.

De nombreux observateurs, ainsi que des diplomates européens, redoutent qu’elle réduise encore la possibilité pour l’Iran d’acquérir des biens jugés humanitaires (médicaments, denrées alimentaires), même si le Trésor américain assure qu’ils font l’objet d’exemptions.

Lire aussi : Isolés à l’ONU, les États-Unis annoncent de nouvelles sanctions contre l’Iran (Article réservé à nos abonnés)

Étrangler l’économie

Le président Trump a retiré en 2018 les États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu trois ans auparavant, jugeant ce texte insuffisant pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique et pour mettre fin à son comportement « déstabilisateur » au Moyen-Orient. Il a, dans la foulée, rétabli, puis durci toutes les sanctions américaines levées en 2015.

Ces mesures punitives étranglent l’économie iranienne, puisqu’elles s’accompagnent de sanctions dites « secondaires » : tout pays ou entreprise qui continuerait à échanger avec l’Iran risque de se voir barrer l’accès aux vastes marché et secteur financier américains.

Lire aussi : Le ton monte entre les États-Unis et l’Europe au sujet d’un retour des sanctions contre l’Iran (Article réservé à nos abonnés)

L’administration Trump avait affiché comme objectif de faire plier la République islamique pour qu’elle « change d’attitude » dans la région et négocie « un meilleur accord ». Mais à l’approche de la fin du premier mandat du milliardaire républicain, elle n’a obtenu aucune avancée sur ces deux fronts.

Par Le Monde avec AFP, publié le 8 octobre 2020 à 20h27

Photo en titre : Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a annoncé, jeudi 8 octobre, ces nouvelles sanctions contre l’Iran. Manuel Balce Ceneta / AP

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/08/les-etats-unis-prennent-des-sanctions-contre-les-principales-banques-iraniennes_6055318_3210.html

À BURE, UNE « SEMAINE ANTINUCLÉAIRE » FESTIVE ET MILITANTE REVIGORE LES LUTTES

Armes nucléaires, Cigéo, mines d’uranium ou questions de genre… Depuis le 5 octobre, à Bure dans le sud de la Meuse, une centaine de militants réfléchissent, partagent leurs luttes et font la fête à l’occasion d’une « semaine antinucléaire ».

Bure (Meuse), reportage

Le temps est lourd, ce lundi 5 octobre, dans le sud meusien. La tempête Alex, qui a ravagé le sud de la France, lance ses dernières salves de pluie et de vent glacés. Dans les rues désertes du village de Bure, seules quelques voix rompent le silence. « C’est là ? — Oui, regarde, y’a une banderole ! » Ces personnes, venues de l’autre bout de la France, se trouvent devant la Maison de résistance, un hangar acheté par des associations antinucléaires — la commune est le lieu central du projet Cigéo d’enfouissement, à 500 mètres sous terre, des déchets radioactifs de l’industrie nucléaire [1]. Le bâtiment, transformé en lieu de rencontres, accueille du 5 au 11 octobre la « semaine antinucléaire », sous-titrée « pratiques et histoires des luttes antinucléaires ». Très vite, les visiteurs rejoignent le seuil et s’engouffrent dans le bâtiment.

À l’intérieur, changement d’ambiance : une atmosphère festive emplit la Maison, portée par un enfant tout juste en âge de courir. Une centaine de personnes se bousculent autour de lui, faisant place ou barrage en fonction de sa direction, le tout au rythme de quelques airs de guitare. « La fourmilière se réveille ! » dit une personne dans la foule. Ici, beaucoup se connaissent. « On se suit dans nos luttes respectives », explique Geneviève, venue de Notre-Dame-des-Landes pour l’occasion. « Tout ce monde… c’est un véritable bonheur, et quel accueil ! » lance-t-elle, sourire jusqu’aux oreilles. Sous les guirlandes lumineuses, certains distribuent du thé pendant que d’autres préparent les ateliers qui se tiendront toute la semaine.

La Maison de résistance, octobre 2020.

« On est ici pour se faire du bien »

« Cet évènement est l’occasion de se retrouver, avec les autres, mais aussi avec soi-même, pour faire une pause dans notre lutte » explique Charlotte [2], une militante. « On est aussi ici pour se faire du bien », complète-elle. L’ambiance est certes conviviale, mais le moteur des discussions, lui, est des plus sérieux : comment se portent les luttes antinucléaires, ici et ailleurs ?

Dans un coin du hangar, un premier rendez-vous met les nouveaux arrivants au parfum. « À Bure, les gendarmes font fréquemment des contrôles d’identités. S’ils présentent une réquisition qui leur en donne le droit, ils peuvent également fouiller votre sac ou votre véhicule », explique Mathieu [3], un militant habitué de la lutte contre le projet Cigéo. Les indications sont données dans un silence de cathédrale. « La meilleure stratégie à adopter si vous êtes contrôlé est d’en dire le moins possible. Moins on en dit, mieux on se porte. » Passé ce rappel, les conférences et ateliers débutent [4].

Un dessin réalisé dans la Maison de résistance — par sécurité, les photos étaient interdites.

Abolition des armes nucléaires, travaux de Cigéo, lutte contre les mines d’uranium… Une quinzaine de sujets sont au programme de la semaine. Pour les présenter, des militants ont convergé de la France entière et des pays limitrophes. « Beaucoup de gens ici ne sont pas de la région », explique Charlotte, elle-même originaire de l’Isère. Bertrand [5] habite en Loire-Atlantique, où il suit attentivement la lutte du Carnet. Fin août, une zad y a été créée pour lutter contre le projet du Grand port maritime Nantes-Saint-Nazaire d’artificialisation de 110 hectares de zone naturelle pour y développer des activités industrielles. « On vient découvrir comment les gens agissent ailleurs, souligne-t-il, voir ce qui a fonctionné pour essayer de reproduire des schémas de lutte qui ont fait leurs preuves ».

Beaucoup de militants ont en tête la récente victoire à Gorleben, en Allemagne, où un site de stockage de déchets radioactifs devait être construit. « Il faut quand même préciser que le projet n’est pas annulé, mais que le site de Gorleben n’est plus retenu pour sa réalisation », précise un militant à l’assemblée. Le projet Cigéo est également au cœur des discussions. Une trentaine de personnes ont participé à une promenade explicative sous la pluie, suivies de loin par une camionnette de gendarmes. D’actualité, la déclaration d’utilité publique nourrit les discussions des militantes et militants : à terme, si l’État reconnaît l’utilité publique de Cigéo, l’Andra pourra procéder à des expropriations et accroître son emprise foncière, qui est déjà très grande. « Le Covid a un peu mis tout le monde à plat, on n’a pas encore vraiment eu le temps de se pencher sur ce qu’implique cette nouvelle », explique un militant. « Le moteur de nos actions, c’est davantage l’envie des gens que l’actualité », complète Charlotte.

Sexisme, racisme, combat antinucléaire… « Aucune lutte ne passe avant l’autre »

L’engagement antinucléaire n’est pas séparée des autres mobilisations. « On se rend compte que les luttes convergent en de nombreux points, explique Charlotte. Par exemple, avec le collectif des Bombes atomiques, on fait le lien entre le féminisme et la lutte antinucléaire. »

Rassemblement antinucléaire et féministe, en non-mixité, en septembre 2019, à Montiers-sur-Saulx (Meuse).

En effet, lors de son intervention, le collectif l’a exprimé très clairement : « Aucune lutte ne passe avant l’autre. » Car le défi pour le milieu militant aujourd’hui est de ne pas répéter les erreurs de la société : « On ne veut pas reproduire dans nos luttes les schémas de dominations que sont le sexisme, le racisme ou le validisme, et les laisser au second plan », expliquent les femmes du collectif. « L’État sacrifie des territoires et des peuples, ne faisons pas la même erreur en excluant de la lutte des personnes. » Des paroles applaudies par le public, venu en nombre. La lutte contre toutes les formes de discrimination est également un mot d’ordre de l’évènement, qui prévoit par exemple plusieurs ateliers autour des questions de genre. « On ne lutte pas par sacrifice, par désespoir ou par colère : on lutte pour vivre en cohérence avec nos pensées », conclut Charlotte.

Notes

[1] Le projet Cigéo est porté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, l’Andra.

[2] Les noms de certains militants ont été changés afin de protéger leur identité.

[3] Le prénom a été modifié.

[4] Le programme de la semaine est disponible en ligne.

[5] Le prénom a été modifié.

Par Quentin Zinzius (Reporterre), publié le 9 octobre 2020

https://reporterre.net/A-Bure-une-semaine-antinucleaire-festive-et-militante-revigore-les-luttes?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La catastrophe environnementale s’accélère et s’aggrave, les citoyens sont de plus en plus concernés, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale dans l’information.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Le journal n’appartient à aucun milliardaire ou entreprise ; Reporterre est géré par une association à but non lucratif. Nous pensons que l’information ne doit pas être un levier d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
  • celui de l’ouverture : tous nos articles sont en libre consultation, sans aucune restriction. Nous considérons que l’accès à information est essentiel à la compréhension du monde et de ses enjeux, et ne doit pas être dépendant des ressources financières de chacun.
  • celui de la cohérence : Reporterre traite des bouleversements environnementaux, causés entre autres par la surconsommation. C’est pourquoi le journal n’affiche strictement aucune publicité. De même, sans publicité, nous ne nous soucions pas de l’opinion que pourrait avoir un annonceur de la teneur des informations publiées.

Pour ces raisons, Reporterre est un modèle rare dans le paysage médiatique. Des dizaines de milliers de personnes viennent chaque jour s’informer sur Reporterre. Le journal est composé d’une équipe de journalistes professionnels, qui produisent quotidiennement des articles, enquêtes et reportages sur les enjeux environnementaux et sociaux. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable, indépendante et transparente sur ces enjeux est une partie de la solution.

Vous comprenez donc pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, le journal sera renforcé. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

HAUTE-MARNE: NOUVEAU RECOURS DÉPOSÉ CONTRE UNITECH

Le collectif contre Unitech poursuit son combat contre le projet de laverie nucléaire.

Mercredi 7 octobre, le collectif contre Unitech, assisté du cabinet Huglo-Lepage, a déposé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne son recours contre l’autorisation d’exploitation du projet Unitech à Suzannecourt. Le collectif contre Unitech poursuit ainsi sur le terrain des tribunaux son combat pour remettre en cause et faire annuler la décision préfectorale du 8 juin 2020 autorisant l’ouverture de cette laverie nucléaire.

Ce recours intervient après l’avis défavorable voté par le conseil départemental de Haute-Marne

Ce recours fait suite à deux recours précédents déjà déposés par les organisations nationales telles que Greenpeace et Réseau Sortir du Nucléaire et par des élus locaux, portant, d’une part sur les irrégularités du permis de construire déposé par la mairie de Suzannecourt, et d’autre part contre l’autorisation d’exploitation déposée par la préfecture de Haute-Marne. Une ordonnance du 15 juillet 2020 du même tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté le recours en référé contre l’autorisation donnée par la préfecture.

Selon les avocats, Maître Corinne Lepage, avocate du Collectif, « la légalité de l’autorisation environnementale est contestable sur de nombreux points, et en particulier compte tenu des nombreuses irrégularités affectant l’enquête publique, de l’insuffisance des capacités techniques et financières du pétitionnaire, et de la méconnaissance de la réglementation relative à l’eau et aux milieux aquatiques ».

Le dépôt de ce recours intervient également après l’avis défavorable voté à l’unanimité le 25 septembre dernier par le conseil départemental de Haute-Marne.

Par Pierre Rival, publié le 8/10/2020 à 16h36

Photo en titre : Le collectif contre Unitech, lors d’une action menée à l’écluse de Joinville, le 23 juillet dernier.

https://abonne.lunion.fr/id196853/article/2020-10-08/nouveau-recours-depose-contre-unitech