Juil 21

NUCLÉAIRE IRANIEN: DES NÉGOCIATIONS AVEC WASHINGTON « INUTILES », JUGE KHAMENEI

Téhéran – Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a estimé samedi que des négociations avec les États-Unis sur l’accord nucléaire seraient « inutiles« , Washington ne respectant pas ses engagements selon lui.

« Comme je l’ai déjà dit, nous ne pouvons pas faire confiance aux États-Unis pour leurs propos et leur signature, donc des négociations avec les États-Unis sont inutiles« , a déclaré Khamenei lors d’une réunion de diplomates iraniens à Téhéran.

« L’idée que les problèmes peuvent être résolus par des négociations ou des relations avec les États-Unis est une erreur majeure« , a-t-il ajouté.

Après s’être retiré de l’accord historique de 2015, Washington est déterminé à accentuer la pression économique en réimposant des sanctions contre Téhéran à partir du mois d’août.

L’Union européenne, opposée à cette décision, a promis de trouver des moyens de maintenir ses liens commerciaux avec l’Iran, qui s’est engagé à ne pas se doter de l’arme atomique en échange de la levée des sanctions.

« Les négociations avec les Européens doivent continuer, mais nous ne devons pas attendre leur offre indéfiniment« , a déclaré Khamenei.

Le président américain Donald Trump s’est dit ouvert à un nouvel accord qui couvrirait non seulement les installations nucléaires iraniennes, mais aussi son programme de missiles et ses interventions régionales, considérées comme une menace pour son allié israélien.

« Les États-Unis cherchent à revenir à la situation et à leur statut d’avant la révolution » islamique de 1979, a déclaré Khamenei, date jusqu’à laquelle les deux pays étaient de proches alliés.

©AFP / 21 juillet 2018 12h30

https://www.romandie.com/news/Nucleaire-iranien-des-negociations-avec-Washington-inutiles-juge-Khamenei/938559.rom

Juil 21

LA CHINE MISERAIT SUR SON ARSENAL NUCLÉAIRE DANS SES RELATIONS AVEC LES USA

Les armes nucléaires chinoises peuvent devenir le principal atout de Pékin face à la politique agressive des États-Unis en Asie-Pacifique, estiment les journalistes de The Global Times. Selon eux, la Chine ne doit pas se laisser intimider.

La Chine devra renforcer son arsenal nucléaire sur fond de tensions avec les États-Unis dans la région Asie-Pacifique, écrit le journal chinois The Global Times. Selon le média, il peut jouer le rôle de «pierre angulaire dans la mise en place d’une dissuasion forte pour que les puissances étrangères n’osent pas intimider militairement la Chine».

 «Une partie de l’arrogance stratégique des États-Unis peut découler de son avantage nucléaire absolu», écrivent-ils.

C’est pourquoi Pékin doit accélérer le processus du développement de ses armes dont les missiles Dongfeng-41, estiment les auteurs.

Le journal indique également que c’est probablement l’arsenal nucléaire russe qui a dissuadé les États-Unis de s’engager dans un conflit ouvert en Syrie et en Ukraine.

https://fr.sputniknews.com/defense/201807211037293257-chine-arsenal-nucleaire-usa/

Juil 21

LA PRESSE AMÉRICAINE A COMPARÉ LES ARMES NUCLÉAIRES RUSSES À CELLES DES USA, ET…

Une étude comparative rédigée par des experts américains affirme la suprématie des armes nucléaires russes par rapport à celles des autres puissances.

Les armes nucléaires russes sont plus puissantes que celles des États-Unis, indique un rapport publié par le portail SofRep.

Le rapport rédigé par plusieurs experts compare la puissance de différentes bombes nucléaires. Ainsi, selon le portail, la puissance des bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki était égale à 15 et 21 kilotonnes respectivement.

Le missile américain Trident est quatre fois plus puissant (100 kilotonnes), selon le portail. La bombe la plus puissante de la Corée du Nord est de 250 kilotonnes, alors que le missile stratégique américain Minuteman III a une charge de 475 kilotonnes. La charge nucléaire portée par le missile chinois DF-31 est de 1.000 kilotonnes, Washington disposant toutefois de la bombe thermonucléaire B-53 qui est neuf fois plus puissante que la charge du missile chinois.

Selon le rapport, les armes nucléaires russes dernier cri sont considérablement supérieures à celles de leurs concurrents. Ainsi, le missile Sramat est doté d’ogives d’une puissance globale de 50.000 kilotonnes, alors que la super torpille nucléaire Status-6 Poseidon qui équipe certains sous-marins russes, porte une charge de 100.000 kilotonnes.

https://fr.sputniknews.com/defense/201807211037293833-armes-nuclaires-russie/

Juil 21

WASHINGTON FAIT PRESSION À L’ONU POUR MAINTENIR L’UNITÉ FACE A PYONGYANG

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a fait pression vendredi lors d’une réunion à New York avec les membres du Conseil de sécurité afin de maintenir l’unité de l’ONU face à l’exigence d’une dénucléarisation de la Corée du Nord.

Son message « a été de consolider l’unité et la fermeté du Conseil sur la mise en œuvre pleine et entière des sanctions, éviter tout signal prématuré de relâchement qui serait un contre-signal« , a indiqué un diplomate sous couvert de l’anonymat à l’issue des entretiens qui ont duré une heure à la mission diplomatique sud-coréenne près du siège de l’ONU.

Mike Pompeo a aussi informé ses interlocuteurs d’une probable visite du président sud-coréen à Pyongyang à l’automne, selon la même source.

L’objectif de cette réunion était principalement de garder la Chine et la Russie, soutiens de Pyongyang, dans le même bateau que les Occidentaux, après la triple série de sanctions économiques infligée en 2017 à la Corée du Nord pour la contraindre à suspendre, voire arrêter ses programmes d’armement nucléaire et conventionnel jugés dangereux.

Selon une source diplomatique, « les Chinois ont lancé des ballons d’essai » au cours des dernières semaines pour alléger les sanctions « mais à chaque fois Washington a dit non« .

Ces derniers mois, plusieurs membres du Conseil de sécurité avaient exprimé une certaine frustration de ne pas être informés par les États-Unis sur leurs relations avec les Nord-Coréens, passées de l’enceinte multilatérale des Nations unies à des échanges bilatéraux et des visites de Mike Pompeo à Pyongyang.

Sur l’application des sanctions, « à ce stade, il n’y a eu aucun constat » de relâchement, notamment de la Chine, depuis le sommet à la mi-juin à Singapour entre les présidents américain Donald Trump et nord-coréen Kim Jong Un, selon des diplomates.

– « Pas le moment » –

Au Conseil de sécurité, « il n’y a pas eu de discussion sérieuse jusqu’à présent pour lever bientôt les sanctions« , indique l’un d’entre eux. « Pour cela, il nous faut voir un mouvement sérieux sur le terrain » nord-coréen vers une dénucléarisation. En attendant, « il nous faut garder la pression et ce n’est pas le moment de lever les sanctions« .

Cette semaine, Donald Trump a affirmé qu’il n’y avait pas de date butoir pour la dénucléarisation de la Corée du Nord, après avoir estimé qu’elle allait débuter « très rapidement« . « Les discussions continuent et se déroulent très, très bien » et « les relations sont très bonnes« , a-t-il assuré.

La triple série de sanctions approuvées par l’ONU en 2017 interdit notamment aux États membres des Nations unies d’acheter à la Corée du Nord du charbon, du fer, du textile et des produits de la pêche. Les exportations de pétrole vers Pyongyang sont aussi limitées.

Jeudi, les États-Unis ont échoué à interdire complètement pour 2018 l’envoi de produits pétroliers raffinés vers la Corée du Nord. Se basant sur des images satellitaires de transbordement illicite de cargaisons en mer et d’accostages de pétroliers en Corée du Nord, Washington a fait des supputations sur le volume de pétrole acheminé et en a déduit que Pyongyang avait dépassé ses quotas autorisés par l’ONU pour cette année.

Moscou et Pékin ont demandé à Washington des informations complémentaires et des explications sur la méthodologie retenue afin de pouvoir se faire un avis sur la demande d’interdiction américaine, renvoyant toute décision à dans plusieurs mois.

Lors de la réunion vendredi, Mike Pompeo a « fait passer le message à la Russie et la Chine de lever leurs objections au Comité de sanctions sur la question des quotas de pétrole« , selon une source diplomatique.

Le secrétaire d’État, accompagné de l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley, a eu ensuite à la mi-journée un entretien avec le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.

afp, le 20/07/2018 à 18h36

https://www.la-croix.com/Monde/Washington-fait-pression-ONU-maintenir-unite-face-Pyongyang-2018-07-20-1300956639

Juil 21

NUCLÉAIRE IRANIEN : L’UE REJETTE LA DEMANDE AMÉRICAINE D’ISOLER L’IRAN

L’Union européenne (UE) a rejeté la demande des États-Unis d’isoler économiquement l’Iran et ont adopté un instrument juridique pour protéger les entreprises européennes présentes dans ce pays contre les sanctions américaines, a annoncé la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. « Nous avons approuvé l’actualisation du statut de blocage et nous prenons toutes les mesures pour permettre à l’Iran de bénéficier des retombées économiques de la levée des sanctions« , a expliqué Mme Mogherini à l’issue d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères des États membres de l’UE.

La loi de blocage européenne entrera en application le 6 août, date du premier volet des sanctions américaines. Le second volet entrera en vigueur le 4 novembre, pendant les élections à mi-mandat aux États-Unis. Ce règlement établi en 1996 doit permettre de contrer le fait que les sanctions américaines s’appliquent à toutes les entreprises et personnes physiques dans le monde, en vertu du principe de l’extraterritorialité du droit américain. Federica Mogherini a reconnu que « l’exercice est difficile« , car « le poids des États-Unis dans l’économie mondiale n’est pas négligeable« . « Je ne suis pas en mesure de dire si nos efforts vont suffire, mais nous faisons tout ce que nous pouvons pour éviter que l’accord sur le nucléaire avec l’Iran ne meure, car les conséquences seraient catastrophiques pour tous« , a-t-elle averti.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian a insisté pour sa part sur « la nécessité de permettre à l’Iran de continuer à vendre son pétrole« .

Téhéran dépose plainte devant la CIJ

L’Iran a déposé une plainte contre les États-Unis devant la Cour internationale de justice (CIJ) à cause de la réimposition des sanctions économiques américaines, a indiqué hier le ministère des Affaires étrangères iranien. « La plainte a été enregistrée le 16 juillet 2018 » (lundi) au greffe de cette instance qui siège à La Haye, écrit le ministère iranien sur son site internet. Le but de la plainte est de « faire rendre des comptes aux États-Unis pour leur réimposition illégale de sanctions unilatérales » contre l’Iran, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, sur son compte Twitter. « Face au mépris des États-Unis pour la diplomatie et leurs obligations légales, l’Iran est attaché à la primauté du droit« , ajoute M. Zarif, jugeant « impératif de contrer leur habitude de violer le droit international« .

Selon le ministère, la plainte vise les États-Unis pour « la violation de leurs obligations internationales, en particulier vis-à-vis du traité d’amitié » américano-iranien de 1955, un texte déjà invoqué à plusieurs reprises par le passé dans des différends entre Téhéran et Washington arbitrés par la CIJ.

R.I.

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/125699/?comopen

Juil 20

RAPPEL : RENCONTRES ANTINUCLÉAIRES POUR DE NOUVELLES FORMES DE LUTTES ET ACTIONS

Les 4 et 5 août 2018 (Parc des Libertés, Avignon, Vaucluse)

La préparation des Rencontres antinucléaires d’été « An1 de nouvelles formes de luttes antinucléaires » entre dans la dernière quinzaine. Les contributions reçues en donnent une première tonalité et chacun-e – toi –  peut apporter son expérience, son analyse, ses propositions,… Face à la violence institutionnelle et au noyautage de la société et des esprits par le lobby de la mort nucléaire : Quelle(s) nouvelles stratégie(s) les antinucléaires doivent-ils déployer et quelle(s) tactique(s) mettre en œuvre ?

Ouvert aux personnes comme aux collectifs et groupes de toutes les régions qui se reconnaissent et se positionnent sans tergiverser face au crime atomique.

. La philosophie des Rencontres c’est ici : http://mcca-ain.org/index.php/rencontres-convergence-antinucleaire-mcca

. Les contributions publiées sont consultables là : http://mcca-ain.org/index.php/rencontres-convergence-antinucleaire-mcca/12-forum/23-contributions

. Pour adresser une contribution c’est sur cette adresse courriel : contact@mcca-ain.org

. Pour venir aux Rencontres des 4 et 5 août 2018 c’est là : accès route, vélos, bus, gare

. Pour l’hébergement c’est par ici : tarif camping tente/camping-car/fourgon ou chalets

. Pour découvrir le lieu et les commodités : http://www.parcdeslibertes.fr/camping-avignon-parc-des-libertes.html

À bientôt, dans une pensée claire et la détermination,

Le collectif d’organisation

http://www.mcca-ain.org/index.php/rencontres-convergence-antinucleaire-mcca

Juil 20

SOMMET TRUMP/POUTINE : LE PRÉSIDENT AMÉRICAIN VEUT POURSUIVRE LE DIALOGUE

Après les polémiques à l’issue du sommet bilatéral à Helsinki, une deuxième rencontre serait en cours de discussion, cette fois-ci dans la capitale fédérale américaine.

Donald Trump a demandé à son conseiller à la sécurité nationale John Bolton « d’inviter le président Poutine à Washington à l’automne et ces discussions sont déjà en cours », a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche.

Le premier sommet a été « un succès »

Dans la matinée du jeudi 19 juillet, le président des États-Unis s’est dit impatient de retrouver Vladimir Poutine pour un deuxième sommet bilatéral. « Le sommet avec la Russie a été un grand succès, sauf pour le véritable ennemi du peuple, les médias Fake News« , a-t-il tweeté. Martelant sa conviction que bien s’entendre avec Vladimir Poutine était « une chose positive », Donald Trump a ajouté sur la chaîne CNBC : « Si cela ne fonctionne pas, je serai le pire ennemi qu’il ait jamais eu ».

« J’attends avec impatience notre deuxième rencontre pour que nous puissions commencer à mettre en place certaines des choses dont nous avons parlé » , a ajouté Donald Trump. Il a ensuite énuméré les dossiers concernés : lutte contre le terrorisme, sécurité d’Israël, paix au Moyen-Orient ou encore prolifération nucléaire.

Vladimir Poutine « prend la défense » de son homologue

Le même jour, le président russe a dénoncé les critiques visant Donald Trump désapprouvant les « forces » aux États-Unis « prêtes à sacrifier les relations russo-américaines à leurs ambitions ». Le maître du Kremlin plaide également un renforcement des contacts entre les deux grandes puissances nucléaires. Il a notamment rappelé que le traité de réduction du nombre des armes nucléaires entre la Russie et les États-Unis, le New START, devait expirer en 2021.

http://www.linfo.re/monde/amerique/sommet-trump-poutine-le-president-americain-veut-poursuivre-le-dialogue

Juil 20

NUCLÉAIRE : EDF A DÉCOUVERT 1.775 ANOMALIES ET 449 NON-CONFORMITÉS SUR 46 RÉACTEURS

EDF vient de mettre à jour le décompte des défauts affectant ses réacteurs. Au 17 juillet, l’entreprise dénombre 1.775 « anomalies » et 449 « non-conformités » sur les équipements de 46 de ses réacteurs nucléaires en fonctionnement.

Ces résultats sont issus des vérifications réalisées par l’entreprise sur l’ensemble des dossiers de fabrication des équipements installés sur ses réacteurs et réalisés à l’usine du Creusot (Saône-et-Loire). Interrogé par l’agence de presse Montel, un porte-parole de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) indique que 31 réacteurs ont obtenu l’approbation de l’ASN suite à l’étude de ces écarts.

Avec 94 anomalies et 19 non-conformités pour 34 pièces fabriquées au Creusot, le réacteur 3 du Bugey (Ain) semble être le plus affecté.

EDF précise que les anomalies correspondent à des constats de non-conformité avec une exigence contractuelle ou réglementaire. Les non-conformités traduisent le non-respect d’une exigence interne à l’usine du Creusot, le fabricant des équipements.

« Près de la moitié des constats relèvent du « traitement thermique », c’est-à-dire de la température de la pièce lors du processus de forgeage », explique EDF, précisant que « les essais réalisés sur ces pièces par la suite dans le processus de fabrication montrent que ces constats ne remettent pas en cause les propriétés attendues de la pièce et son aptitude à fonctionner en toute sûreté ». Les autres types de constats concernent des valeurs chimiques ou encore des écarts constatés lors des essais.

Philippe Collet, journaliste, Rédacteur spécialisé

https://www.actu-environnement.com/ae/news/nucleaire-edf-anomalies-non-conformites-reacteurs-creusot-31729.php4

Juil 19

OUBLIETTES DE «SATAN»: POURQUOI LA RUSSIE NE RENONCERA PAS AUX SILOS NUCLÉAIRES

Les missiles balistiques lourds R-36M Voevoda (code Otan SS-18 Satan) sont le principal argument de choc des Forces de missiles stratégiques russes (RVSN) depuis plus de 40 ans.

Cachés dans des silos souterrains renforcés, ces missiles intercontinentaux de 200 tonnes sont la principale épine dans le pied des spécialistes de la défense antimissile des États-Unis. En effet, il est impossible de les neutraliser, même par une frappe nucléaire préventive contre leur zone de stationnement. Quels sont les principaux avantages des silos à missiles?

Un géant nucléaire

Les RVSN sont prêtes à lancer simultanément plusieurs dizaines de missiles R-36M dotés de dix ogives séparables à guidage individuel chacun, et pouvant frapper le territoire ennemi avec une charge thermonucléaire d’une puissance comprise entre 5 et 8 mégatonnes. Outre les ogives réelles, le Satan embarque plusieurs leurres légers et lourds qui désinforment les systèmes antimissiles (ABM) de l’ennemi à l’approche des ogives.

Seule la puissance du Satan est capable de soulever une charge de presque 9 tonnes et de la transporter à plus de 10.000 km. Les missiles à combustible solide mobiles terrestres Topol et Iars en sont incapables. Pas étonnant, donc, qu’en signant le Traité de réduction des armes stratégiques (START-1) les USA aient mis l’accent précisément sur la réduction des missiles à combustible liquide en silo.

À cette époque, l’arsenal de l’URSS comptait plus de 300 missiles de classe Satan. Le traité exigeait d’en détruire la moitié.

Jusque dans les années 1960, l’armement stratégique de l’URSS était déployé sur des sites de lancement ouverts, c’est-à-dire que les installations n’étaient pratiquement pas masquées. Mais avec l’évolution des systèmes de reconnaissance et d’observation, les missiles et tous les équipements technologiques ont été littéralement cachés sous terre. Les premiers silos étaient destinés au stockage à long terme des missiles R-12U et R-14U. Les missiles à un étage de moyenne portée permettaient d’envoyer des «colis» nucléaire à 2.000 et 4.000 km respectivement.

Un silo à missile se présentait alors sous la forme d’un puits de 30 m de profondeur et de 6 m de diamètre. Une plateforme de lancement était installée au fond avec les structures porteuses et les systèmes de ventilation permettant de maintenir la température et l’humidité nécessaires. Le tout était recouvert par un couvercle de béton de plusieurs tonnes — un dispositif de protection qui, si besoin, se déplaçait sur des rails. Dans un tel bunker, les missiles pouvaient être stockés pendant des années en état opérationnel permanent.

Les silos ont été modernisés et perfectionnés pour chaque nouveau type de missiles, et leur niveau de protection a été amélioré. Par exemple, les plateformes de lancement plus modernes pour les missiles UR-100 étaient déjà dotées de systèmes pivotants à ouverture rapide — avant le lancement, le couvercle de plus de 100 tonnes était automatiquement rabattu en 30 secondes. Les missiles étaient approvisionnés en carburant à l’usine de fabrication et «emballés» dans des conteneurs de transport et de lancement spéciaux avant d’être descendus dans les silos. Ils y restaient jusqu’à l’expiration de leur durée d’exploitation.

Un coffre impénétrable

Le silo du missile stratégique Voevoda est une construction encore plus complexe. Pour la première fois au monde a été utilisé le principe de lancement du mortier: un générateur de gaz à combustible solide crée une pression accrue dans la partie inférieure du conteneur de transport et de lancement, qui propulse le missile de 200 tonnes à environ 20 mètres de haut. À cette altitude, le moteur du premier étage se met en route et le missile adopte alors la trajectoire qui lui a été donnée.

Selon le vétéran des RVSN et docteur ès sciences techniques Piotr Belov, les R-36M sont les plus dangereux pour la défense antimissile américaine, parce qu’il est pratiquement impossible de les détruire dans leurs silos. Le Voevoda est si bien protégé qu’il ne craint même pas une frappe nucléaire massive contre sa zone de stationnement.

«Il faut un impact extrêmement puissant pour détruire les silos. Nos silos ont été conçus pour une pression excessive jusqu’à 100 bars, explique Piotr Belov. À titre de comparaison: les fenêtres des maisons se brisent sous une pression de 0,05 bar, et un bâtiment est détruit à 0,2 bar. De plus, les spécialistes ont même envisagé un scénario où le dispositif de protection serait enseveli: un système spécial de déblayage avec des charges de poudre a été prévu, qui balaye tout ce qui se trouve sur le couvercle

Les silos pour les missiles nucléaires sont généralement creusés dans un sol dense. À l’intérieur du cylindre est accroché, sur des balanciers, un conteneur de transport et de lancement avec l’ogive et les systèmes de contrôle, pour qu’en cas de déformation du silo le missile ne soit pas endommagé et puisse en être extrait. Au moment du lancement, le système d’amortissement est fermement bloqué.

Le poste de commandement, qui contrôle tout un groupe de missiles installés à quelques kilomètres les uns des autres, possède une structure similaire. La liaison est assurée par des canaux filaires souterrains. Le conteneur habité de 3 mètres de diamètre est séparé à la verticale en 12 compartiments avec différents équipements, des groupes électrogènes, des systèmes de ventilation et de refroidissement. Le personnel se trouve dans les deux compartiments inférieurs. Le complexe est entièrement autonome: en cas de déclenchement des hostilités, il peut fonctionner en autonomie pendant trois jours.

Bien que l’emplacement de tous les silos soit aujourd’hui bien connu de l’ennemi potentiel, il n’est pas facile de détruire un tel dispositif en lançant une charge nucléaire isolée directement sur lui. «Les armements américains ont atteint une très grande précision. Mais cette précision est garantie en cas de lancement le long des parallèles de la Terre. En cas de vol par le pôle Nord, un missile balistique est affecté par la force de Coriolis. Et il est impossible d’évaluer leur impact parce que ni nous ni les Américains n’avons encore tiré de missiles balistiques l’un contre l’autre», explique l’expert.

Selon lui, il serait inutile d’orienter plusieurs ogives contre un seul silo: de toute manière elles ne s’approcheraient pas de l’objectif en même temps, et l’explosion de la première ogive détruirait celles qui la suivent.

En ce qui concerne les missiles de croisière conventionnels, leur vitesse est trop faible pour atteindre les silos situés dans le centre du pays: ils seront abattus par les systèmes antimissiles ou par des avions d’interception. Même si certains parvenaient à percer la barrière antiaérienne, jusqu’à dix missiles seraient nécessaires pour détruire un seul couvercle de silo.

Aucune alternative

Après la signature du traité START, la Russie a détruit des centaines de silos contenant des missiles lourds. Ils ont été inondés, ensevelis avec du béton, les missiles ont été recyclés. Actuellement, les RVSN disposent de près de 50 missiles R-36M Voevoda, de plusieurs dizaines de UR-100, et de versions à silo des Topol-M légers.

Ces dernières années, les RVSN misent sur les systèmes mobiles — ou «terrestres» — Iars. On estime que leur mobilité leur garantit une longue viabilité: les missiles sont camouflés et se déplacent constamment, et le fait qu’ils soient tout-terrain leur permet de se passer des routes.

Mais chaque médaille a son revers: si un silo stationnaire blindé pouvait être détruit uniquement par l’impact direct d’une munition brisante, un complexe mobile peut être neutralisé même par un groupe commando réduit muni de lance-roquettes. Ou encore par une puissante mine antichar posée sur son itinéraire. Ces véhicules sont modernisés parallèlement au renforcement des capacités des groupes commandos.

Nul n’a toutefois l’intention de renoncer aux silos à missiles: outre les missiles mobiles, les RVSN reçoivent également des versions à silo des Iars. Et dans les années à venir, le successeur du Voevoda entrera en service: il s’agit du missile lourd de nouvelle génération RS-28 Sarmat dont la portée dépasse 11.000 km, et qui peut embarquer jusqu’à 15 ogives séparées de 750 kt chacune. Les silos des nouveaux missiles seront extrêmement bien protégés physiquement: la destruction totale d’un silo nécessiterait au moins sept frappes nucléaires de haute précision.

https://fr.sputniknews.com/defense/201807181037257030-missiles-balistiques-russie-silos/

Juil 19

INCIDENT NUCLÉAIRE AU TRICASTIN DANS LA « PISCINE » D’ENTREPOSAGE DES PRODUITS DE FISSION

Un incident nucléaire, classé au niveau 1 sur 7 par l’ASN s’est produit sur le réacteur n°1 de la centrale atomique du Tricastin. Alors que cet incident est en cours depuis le 7 juin ce n’est que le 28 juin qu’il a été déclaré officiellement et discrètement à l’Autorité, EDF ne s’en étant aperçu que le 23 juin. Le public et les riverains, eux, n’en savent toujours rien.

Ce sont deux ventilateurs du système de ventilation du bâtiment d’entreposage des déchets de fission nucléaire en charge d’éviter les rejets radioactifs dans l’air qui sont en cause. Rejets ? Pas rejets ? La roulette russe du nucléaire se banalise et se poursuit jusqu’au grand « boum » final…

Centrale nucléaire du Tricastin – Réacteurs n°1 de 900 MWe – EDF.

Un nouvel incident nucléaire vient de se produire dans cette vieille centrale atomique française, l’une des plus vieilles et délabrées du pays. Ce n’est que maintenant que l’info fuite…

Deux ventilateurs du système de ventilation du bâtiment combustible du réacteur 1 sont restés inopérants pendant 13 jours. Et personne ne s’en est aperçu avant le 23 juin dernier. Et cela a commencé le 9 juin 2018 et même certainement avant.

Tu en reprendras bien une p’tite rasade

Ce n’est pas anodin : ces immenses systèmes sont chargés de pas moins filtrer et piéger les gaz radioactifs qui peuvent être relâchés dans l’atmosphère lors des manipulations des assemblages de « combustibles » usés (1) du réacteur vers la piscine d’entreposage et d’attente (2) de baisse partielle de la radioactivité. Autrement dit ça a intérêt à être opérationnel en permanence. Sinon les travailleurs et la population s’en prennent une bonne giclée. Et les terres agricoles provençales aussi.

Le 23 juin 2018 donc, une des équipes de pilotage du réacteur n°1 (il y a 4 réacteurs atomiques au Tricastin et des équipes qui se relaient jour et nuit) constate fortuitement qu’il se passe un truc bizarre dans le bâtiment combustible. Les cadrans et écrans signalent que deux ventilateurs de piégeage des gaz radioactifs sont en rideau. C’est grave car, dans le jargon des nucléocrates, il s’agit d’un  « événement significatif pour la sûreté« . Un problème sérieux. Dangereux. Mortel.

Un des systèmes fondamentaux de protection de la piscine d’entreposage bat donc de l’aile. Est-ce récent ? Est-ce que cela dure depuis quelques minutes ? Ou plus ? Des heures peut-être ? On ne sait pas, aucune certitude. C’est la merde. Et rien de mentionné par les équipes précédentes. On est dans le noir. Il faut aller voir sur le terrain, remonter et scruter tous les câbles, boitiers, armoires, pièces actives,… Une investigation de fourmi. Qui demande du temps alors que « ça urge« . Le mot d’ordre de la hiérarchie : « Pourvu que ça ne se sache pas à l’extérieur« . Mais d’abord il faut s’assurer que ce n’est pas l’informatique qui défaille. Un peu comme à Fukushima ou à Tchernobyl. Non, de ce côté-là ça a l’air d’être correct. C’est déjà ça!

Au pas lent du chamelier

Les investigations terrain démarrent… ça prend du temps et, comme c’est assez incompréhensible, ça dure. On relit les procédures, on épluche les travaux et interventions effectuées sur ce système dans les jours et les mois précédents. Sur cette vieille centrale atomique c’est à tout bout de champ qu’il faut intervenir. À certains endroits ça ne tient que par un bout de ficelle ou un vieux chiffon, on encore une cale de fortune sous la tuyauterie. L’imagination est de mise ici et tous ces bricolages ne sont pas forcément mentionnés noir sur blanc ni transmis au suivant. Et comme on fait appel de plus en plus à la sous-traitance et aux sous-traités maltraités, la tendance est à la perte de suivi, de compétence et à la dégradation du contrôle et de la sûreté.

On passe alors en revue tout ce qui peut l’être. Les jours passent, passent, passent. Et, miracle, le 23 juin l’exploitant constate que « les bornes d’un tableau électrique ont été inversées lors d’une intervention réalisée le… 7 juin 2018« . C’est bête hein, non ? À quoi tiennent la sûreté nucléaire et nos vies ! Pourtant le gars qui a fait le bouleau semble avoir respecté le mode opératoire originel lors de son intervention. Alors ? Quoi ? Une autre « couille dans le potage » ? On reprend la liste des procédures et des interventions antérieures. Et… banco ! En fait une modification sur les bornes électriques avait été réalisée l’année d’avant en mai 2017 et, c’est tout bête, mais la mise à jour du document n’avait pas été effectuée. Le montage était donc inversé et bloquait les ventilos. Fissa on a remis les bornes électriques en conformité et sous tension le tableau électrique. Fissa ? Une manière de dire car nous étions le 24 juin 2018. Quinze jours après le début de l’incident.

Petit souci supplémentaire : deux opérations de manutention d’assemblages de combustible usé ont été réalisées durant cette période, alors que les règles générales d’exploitation n’autorisent pas de telles manutentions lorsque le système de ventilation n’est pas disponible. Bof, pas grave, hein ? Au diable les procédures et la règlementation !

Fissa, fissa, fissures

Rapidement, c’est à dire pour la nucléocratie deux jours après avoir enfin compris ce qui se passait dans leur boutique depuis un mois, le 26 juin 2018, l’exploitant de la centrale nucléaire du Tricastin déclarait l’incident nucléaire à l’Autorité de sûreté nucléaire/ASN (3). Bonne fille, cette autorité pas très autoritaire et peu indépendante et sans existence légalisée, a classé l’incident nucléaire du Tricastin au deuxième niveau sur l’échelle Ines (niveaux 0-1-2-3-4-5-6-7) des incidents nucléaires. Comme officiellement cet « écart » n’a pas eu, selon les affirmations d’EDF, de conséquence sur le personnel ou sur l’environnement ce n’est uniquement que la déclaration tardive qui sera sanctionnée par ce 1.

La population, elle, n’a entendu parler ni de l’incident ni de ses impacts sanitaires. Elle le verra dans une dizaine d’années lorsque le petit ou son copain déclareront un cancer de la thyroïde ou des os. Voir des deux. La hiérarchie d’EDF et de l’ASN comme les politiciens auront, eux, passé la main à d’autres compères.

Notes :

(1) rappelons que le terme « combustible » est impropre et a été formalisé par le lobby international nucléaire afin de masquer aux yeux de tous, la réalité du processus de destruction atomique. Il n’y a pas de combustible nucléaire car il n’y a pas de combustion dans la réaction atomique mais un processus de fission (explosion et éparpillement) des atomes.

(2) Dans les réacteurs à eau sous pression, EDF est contrainte d’entreposer les assemblages de produits de fission nucléaire usés dans une piscine afin d’attendre une baisse de la radioactivité et de l’énorme chaleur atomique. Ces piscines sont situées dans un bâtiment ordinaire, en béton peu résistant aux tremblements de terre et impacts extérieurs, appelé « bâtiment combustible« .

(3) https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-partielle-du-systeme-de-ventilation-du-batiment-combustible-du-reacteur-1

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/07/18/Incident-nucl%C3%A9aire-au-Tricastin

Juil 19

LES IMPORTATIONS D’URANIUM, NOUVELLE CIBLE DE L’ADMINISTRATION TRUMP

Les États-Unis ont annoncé mercredi avoir lancé une enquête visant à déterminer si les importations d’uranium menacent la sécurité du pays, une procédure pouvant ouvrir la voie à de nouvelles taxes douanières.

Le secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross, a précisé dans un communiqué que cette investigation portait sur tout le secteur, depuis l’extraction de l’uranium jusqu’à son enrichissement, en passant par son utilisation par l’industrie de la défense. « Notre production d’uranium, un métal nécessaire à l’armée et à la génération d’électricité, ne représente plus que 5% de notre consommation contre 49% (en 1987)« , a justifié M. Ross en assurant vouloir mener une enquête « approfondie, juste et transparente« .

Washington a déjà utilisé l’argument de la sécurité nationale pour justifier les taxes douanières supplémentaires imposées aux importations d’aluminium et d’acier, une décision qui a déclenché toute une série de représailles de la part des principaux partenaires des États-Unis, dont le Canada, l’Union européenne et la Chine. Toujours au nom de la sécurité nationale, le département du Commerce a aussi lancé en mai une enquête sur les automobiles et pièces détachées importées chaque année dans le pays. Selon l’administration, les États-Unis ont importé en 2017 pour 1,4 milliard de dollars d’uranium enrichi, ainsi que 470 millions de dollars de minerai d’uranium et 1,8 milliard de dollars de composés et alliages d’uranium.

Le Canada et le Kazakhstan fournissent environ la moitié de l’uranium importé utilisé dans les centrales nucléaires. Les autres sources majeures d’approvisionnement sont l’Australie, la Russie et l’Ouzbékistan. L’enquête lancée par le département du Commerce fait suite à deux plaintes déposées en janvier auprès de ses services par les entreprises américaines Ur-Energy et Energy Fuels. Selon le département de l’Énergie, le secteur a été touché par la chute des prix de l’uranium entre 2009 et 2015 et les emplois liés à cette industrie ont diminué de 60% pour ne plus représenter que 600 postes.

Les centrales nucléaires produisent environ 20% de l’électricité du pays, utilisée pour éclairer les foyers mais aussi pour faire fonctionner les sous-marins et les porte-avions de l’armée américaine.

Le Figaro.fr avec AFP, publié le 18/07/2018 à 21:27

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/07/18/97002-20180718FILWWW00335-les-importations-d-uranium-nouvelle-cible-de-l-administration-trump.php

Juil 19

POINT DE VUE : INTERDIRE LES ARMES NUCLÉAIRES : QUE FAIT LA FRANCE ?

Le Traité d’interdiction sur les armes nucléaires devrait entrer en vigueur d’ici à fin 2019. Jean Marie Collin, porte-parole d’International Campaign to Abolish Nuclear Weapons France (l’ICAN est prix Nobel de la paix 2017), revient sur le cas français, alors que l’Etat soutient toujours le principe de la dissuasion nucléaire.

Le 7 juillet 2017 à l’ONU, une majorité écrasante d’États, soutenus par la société civile, a adopté le traité d’interdiction sur les armes nucléaires. Malgré les oppositions diplomatiques de la France et des autres puissances nucléaires, ce traité prend tout son essor au sein des relations internationales, comme instrument de lutte et d’élimination de ces armes.

Les armes nucléaires posent un problème incontestable d’insécurité mondiale. Toute détonation volontaire, par erreur ou accidentelle, provoquerait des conséquences humanitaires catastrophiques. Pourtant des États démocratiques ou non démocratiques conservent, modernisent et renouvellent leurs arsenaux. La France est un de ces acteurs.

Ces États continuent de croire en la politique de dissuasion nucléaire. Pourtant la conserver fait courir aux Français, comme au reste du monde, une insécurité constante. La dissuasion nucléaire implique, en cas d’attaque, d’infliger à la population civile de son adversaire des dommages inacceptables. Cette politique, qui va à l’encontre du droit international humanitaire (DIH), est étonnante. En France, le 22mars dernier, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, affirmait que le respect de ce droit « n’est pas une option : c’est une obligation »…

Les lignes bougent

Le Traité d’interdiction sur les armes nucléaires devrait entrer en vigueur d’ici à fin 2019. Il considérera alors les armes nucléaires comme totalement illégales. Ce traité reposant sur les fondements du DIH, nous encourageons la Croix-Rouge française à poursuivre ses efforts avec le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge pour faire appliquer le plan « Vers l’élimination des armes nucléaires : plan d’action 2018-2021 ». L’annonce d’une telle volonté, à l’occasion des prochaines commémorations d’Hiroshima et de Nagasaki, serait symboliquement très forte.

Déjà une soixante d’États (dont onze ratifications) ont signé ce traité et les premiers impacts deviennent aussi visibles du côté des acteurs privés. Des banques (belge KBC, allemande Deutsch bank) et des fonds d’investissement (aux Pays-Bas et en Norvège) ont annoncé ne plus financer des entreprises impliquées dans la production de systèmes d’armes nucléaires. Nous encourageons les banques françaises à intégrer cette nouvelle norme dans leur politique de responsabilité sociétale des entreprises.

Dire que ce traité est sans importance – puisque les États possédants des armes nucléaires et ceux membres d’une alliance soutenant la politique de dissuasion le refusent -, est faire preuve d’un manque d’analyse. C’est irrespectueux envers l’écrasante majorité du monde qui veut éliminer ces armes.

Les lignes bougent, au Parlement européen et aussi dans les parlements des États alliés de l’Otan ou des États-Unis (Islande, Espagne, Australie…). En France, le débat n’est pas absent, mais plus compliqué, principalement car le gouvernement ne veut pas donner la possibilité aux parlementaires de s’exprimer sur ce sujet. Aurait-il peur d’un débat avec des consultations équilibrées?

Il est grand temps que la France regarde en face, sans tabou, sa politique de dissuasion. Nous l’encourageons ainsi à devenir membre de ce traité et à rejoindre le mouvement en faveur du désarmement nucléaire pour renforcer notre sécurité à tous. »

(1) L’ICAN est prix Nobel de la paix 2017.

https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/point-de-vue-interdire-les-armes-nucleaires-que-fait-la-france-5887032

Juil 19

LES FRANÇAIS N’ONT PAS LE DROIT DE SAVOIR COMMENT EST ASSURÉE LEUR SÉCURITÉ

Tribune Libre – En lisant ces extraits de 4 documents, vous comprendrez comment le débat sur la dissuasion nucléaire -que le Président de la République présente comme « la clé de voûte de notre stratégie de défense »– est interdit.

Vous verrez que les Français n’ont pas le droit de savoir comment est assurée leur sécurité et de donner leur avis.

Vous apprendrez :

. que le Président a décidé pour eux ;
. que lancer un débat risquerait de « donner la parole à tous ceux qui souhaitent se manifester contre le nucléaire » ;
. que, de toute façon, « le débat a été tranché » !

Peut-on encore parler de démocratie en France ?

*****

1er document : lettre au Président de la République de Valérie RABAULT, Députée du Tarn-et-Garonne, Présidente du groupe Nouvelle gauche et de Paul QUILES, ancien Ministre de la Défense, Président d’IDN (5 juin 2018)

« …. la confiance aveugle dans l’efficacité de cette stratégie est en fait aussi illusoire que celle qui reposait sur la Ligne Maginot ou affirmait que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à nos frontières.

Les évolutions, tant doctrinales qu’en termes de choix technologiques, en cours chez les puissances nucléaires, dont la France, conduisent toutes à abaisser le seuil d’emploi des armes nucléaires et à faire peser sur la sécurité globale des risques considérables. Le recours à la défense anti-missile balistique questionne déjà sur l’efficacité de l’arsenal nucléaire pour dissuader une frappe nucléaire. Par ailleurs, afficher l’existence d’une force de dissuasion ne saurait exonérer le gouvernement de préparer les populations à des attaques nucléaires : refuser cette préparation constitue une grave responsabilité, que le Président de la République, garant de la sécurité de la nation, ne saurait envisager.

Il est grand temps qu’un débat authentique et informé soit enfin organisé dans notre pays entre toutes les parties prenantes, y compris la société civile. Nous vous lançons donc un appel pressant en vue de l’organisation d’un tel débat à brève échéance. »

2ème document : Réponse du Directeur de cabinet du Président de la République, Patrick STRZODA (2 juillet 2018)

« …Sur le nucléaire militaire, des débats existent dans notre pays. Ainsi, l’association IDN a eu l’occasion d’organiser une conférence internationale sur ce sujet à l’Assemblée nationale le 23 janvier 2017. Par ailleurs, députés et sénateurs se saisissent de ce sujet au travers d’auditions ou de missions d’information. »

3ème document : Ma réponse au Directeur de cabinet du Président de la République (12 juillet 2018)

« … Je me permets de souligner le caractère étrange de votre affirmation : « sur le nucléaire militaire nucléaire, des débats existent dans notre pays ». Vous vous appuyez pour cela sur l’organisation par IDN, l’association que je préside, d’une conférence internationale le 23 janvier 2017. S’il s’agit d’un hommage à l’action de cette association, croyez bien que j’y suis sensible. S’il s’agit de laisser entendre que de telles initiatives peuvent se substituer à un authentique débat public, contradictoire et informé entre toutes les parties prenantes, qui n’existe pas en France, c’est une façon d’éluder la question qui est loin de répondre à notre attente.

Quant au rôle des parlementaires, dont vous considérez qu’ils « se saisissent de ce sujet au travers d’auditions ou de missions d’information », dois-je vous rappeler qu’il n’est jamais allé au-delà de l’élaboration de comptes rendus ou de rapports qui n’ont pas permis d’aborder publiquement, directement et dans tous ses éléments l’ensemble de la problématique de la dissuasion ? C’est ainsi qu’au cours de la première année de cette législature, il n’a été question que de la modernisation de la dissuasion nucléaire et que, lorsqu’au Sénat un amendement de Mme Hélène Conway-Mouret à la Loi de programmation militaire a proposé la mise en place d’un grand débat national sur la thématique de la dissuasion nucléaire, le gouvernement a demandé le retrait de cet amendement»

4ème document : Intervention au Sénat de Christian Cambon, rapporteur de la Loi de programmation militaire, en réponse à l’amendement de Mme Hélène Conway-Mouret (23 mai 2018)

«  Sur le fond, un débat national, c’est quelque chose de très compliqué et de très lourd à organiser. Pour notre part, au sein de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, nous avons des rendez-vous qui nous attendent. Ils concernent la dissuasion nucléaire dans le cadre du lancement de la rénovation de la force nucléaire et de ses deux composantes. À cette occasion, nous pourrons, bien sûr, en débattre.

Par ailleurs, un an après la campagne pour l’élection présidentielle, au cours de laquelle ce sujet a été abordé, j’ai le sentiment que le débat a été tranché. Il ne me paraît pas forcément judicieux de le relancer, au risque de mettre ainsi à nouveau en lumière toutes les oppositions sur le sujet et de donner la parole à tous ceux qui souhaitent se manifester contre le nucléaire d’une manière générale. »

La ministre, Mme Geneviève Darrieusecq, a alors demandé, au nom du gouvernement, le retrait de l’amendement !

Paul Quilès

Par Rédaction 7seizh le 19 juillet 2018

https://7seizh.info/2018/07/19/les-francais-nont-pas-le-droit-de-savoir-comment-est-assuree-leur-securite/

Juil 19

DÉBAT PUBLIC : PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DE L’ÉNERGIE, 2 CAHIERS D’ACTEURS CONCERNANT LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY

Cahier d’acteur n°153 déposé par l’association Stop Bugey

POUR LA MISE À L’ARRÊT DÉFINITIF DES RÉACTEURS NUCLÉAIRES DU BUGEY

Le site nucléaire du Bugey : une menace que le gouvernement et EDF doivent décider de stopper

Habitant à proximité du site nucléaire du Bugey, nous sommes menacé-e-s par un accident nucléaire majeur qui occasionnerait de graves retombées radioactives, avec des conséquences sanitaires et létales et des répercussions économiques et sociales désastreuses.

L’état dégradé des installations vieillissantes, les risques propres à l’environnement du site, les risques d’erreurs humaines ou les risques grandissants d’attaque terroriste renforcent la probabilité d’un tel accident.

En bref, la sûreté nucléaire n’est absolument pas garantie.
La mise à l’arrêt dans les plus brefs délais, des réacteurs du Bugey, est donc indispensable. Cela peut se faire sans entraîner aucune pénurie d’électricité ni aucune crise économique ou sociale.
Il s’agit simplement de mettre en œuvre l’article 1 de la loi de « transition énergétique pour la croissance verte » qui indique : « La politique énergétique :…« 4° Préserve la santé humaine et l’environnement, en particulier en luttant contre l’aggravation de l’effet de serre et contre les risques industriels majeurs, en réduisant l’exposition des citoyens à la pollution de l’air et en garantissant la sûreté nucléaire. »
La programmation pluriannuelle de l’énergie, arrêtée en application de la loi, doit donc comporter une décision claire de mise à l’arrêt définitif des réacteurs nucléaires du Bugey avant leurs quatrièmes visites décennales, prévues en 2020 pour Bugey 2, 2021 pour Bugey 4 et Bugey 5 et 2023 pour Bugey 3.

Pour lire le cahier d’acteur complet, cliquer sur :

https://ppe.debatpublic.fr/node/5200

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Cahier d’acteur n°184 déposé par l’association Sortir Du Nucléaire Bugey

UN AUTRE VISAGE ÉNERGÉTIQUE DE LA FRANCE EST POSSIBLE

Un débat public confidentiel et orienté

Le débat public sur la nouvelle PPE était une bonne initiative, mais il est resté confidentiel. Des acteurs de l’énergie (ORANO, EDF, …) ont fortement incité leurs personnels à participer à ce débat, pour défendre l’énergie nucléaire.

Même si des citoyens ont participé, leur nombre reste très limité. Les médias, en particulier en province, n’ont pas été mobilisés et les réunions publiques organisées ont été peu nombreuses et n’ont que rarement abordées les sujets essentiels de cette PPE. Dans l’Ain, une seule réunion labellisée avec un sujet limité à 3 opérations d’énergie renouvelable.

Pas d’ébauche du projet de PPE du gouvernement, celui-ci s’étant contenté de rédiger un dossier développant 6 thèmes de réflexion sans donner son positionnement et ses ambitions, avec des phrases très générales et vagues : « doit être fortement accéléré« , « doit également être renforcé« , … La seule orientation exprimée concerne la production électrique : « Le gouvernement sera à l’écoute des retours du public sur les variantes des scénarios « Volt » et « Ampère » permettant d’assurer qu’aucune nouvelle centrale thermique à combustibles fossiles ne soit construite et que les émissions de gaz à effet de serre de la production électrique française n’augmentent pas. » Celle-ci fige totalement le débat :

   – avec les 2 scénarios qui conservent le plus de réacteurs nucléaires en 2035,

   – en mettant trop en avant la production électrique par rapport aux autres énergies,

   – en imposant le postulat de non augmentation des émissions de CO2 du secteur électrique.

Notre association dénonce ce positionnement du gouvernement et l’orientation trop restrictive donnée au débat.

Le questionnaire du débat comporte des oublis : question 5, pas de chauffage solaire et question 6, le solaire thermique n’existe pas. La sous-question 8 à propos du prolongement des réacteurs au-delà de 50 ans saute l’étape de la prolongation au-delà de 40 ans et exclu de fait le scénario « Watt » de RTE.

Pour lire le cahier d’acteur complet, cliquer sur :

https://ppe.debatpublic.fr/node/5379

Juil 19

NUCLÉAIRE – SCANDALE DU CREUSOT : L’AFFAIRE EST LOIN D’ÊTRE TERMINÉE, LA JUSTICE EST SAISIE

Communiqué de l’Observatoire du Nucléaire du 18 juillet 2018

– La Justice a été saisie par l’Observatoire du nucléaire

– L’Autorité de sûreté nucléaire fait partie des mis en cause

Par le biais d’un communiqué de sa filiale Framatome (ex-Areva NP) (1), EDF tente ce jour d’enterrer le scandale des milliers de pièces défectueuses produites pendant des années dans les usines du Creusot, à commencer bien sûr par la fameuse cuve du réacteur EPR, sans oublier les nombreux documents de sûreté qui ont carrément été falsifiés.

L’Observatoire du nucléaire rappelle donc que cette affaire n’en est qu’à son début et qu’il reste encore à en tirer tous les enseignements, à savoir que :

– le principe d’autocontrôle par les entreprises du nucléaire a totalement failli

– l’Autorité de sûreté nucléaire a démontré son incapacité à opérer un contrôle efficace

– les mesures les plus radicales doivent être prises pour éviter un Fukushima français

Il est d’ailleurs nécessaire de rappeler que, contrairement à ce qui est écrit ici où là :

ce n’est PAS l’ASN qui a découvert et révélé le scandale, comme prouvé par le tout premier communiqué de l’ASN sur cette affaire, qui commence par la formule consacrée (mise en gras ici) : « L’ASN a été informée par AREVA d’une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville. » (2)

ce n’est PAS l’ASN qui a saisi la justice, ou plus exactement, elle l’a fait près de six mois APRÈS l’Observatoire du nucléaire qui a déposé plainte le 4 mai 2016. (3)

Concernant ce dernier point, la nuance est cruciale car l’ASN fait partie des coupables (4) : pendant des années, elle n’a rien vu ou rien dit et, pire, elle s’est rendue coupable de complicité active en autorisant fin 2013 l’installation de la cuve de l’EPR dont elle connaissait les défectuosités (ce qui a été confirmé par l’enquête de Sylvain Tronchet pour Radio-France)

En saisissant la justice après l’Observatoire du nucléaire, l’ASN a tenté de se placer dans le camp des accusateurs alors que, de toute évidence, elle relève de celui des mis en cause, pour ne pas dire d’ores et déjà de celui des coupables.

L’Observatoire du nucléaire attend de la Justice qu’elle condamne sévèrement les entreprises du nucléaire ET l’Autorité de sûreté nucléaire, non seulement parce que c’est justifié mais aussi pour que l’opinion publique soit pleinement informée de la faillite absolue de la prétendue « sûreté nucléaire«  : il est nécessaire que les décisions les plus radicales soient prises au plus vite AVANT un Fukushima français et du fait d’un tel drame qui menace plus que jamais la population…

(1) https://www.romandie.com/news/Nucleaire-Le-Creusot-Framatome-a-acheve-l-analyse-des-anomalies-liees-au-parc-francais/937602.rom

(2) https://www.asn.fr/Informer/Actualites/EPR-de-Flamanville-anomalies-de-fabrication-de-la-cuve

(3) https://www.romandie.com/news/Areva-lObservatoire-du-nucleaire-depose-plainte-pour-faux-et-mise-en-danger-/700617.rom

(4) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article336

Juil 18

MARSEILLE : 73ÈME COMMÉMORATION DES BOMBARDEMENTS D’HIROSHIMA ET DE NAGASAKI (LE MOUVEMENT DE LA PAIX)

Le Mouvement de la Paix vous invite à participer à la 73° commémoration des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki.
Elle se déroulera le lundi 6 août 2018 à 18h 00 sous l’Ombrière du Vieux Port.

Ces commémorations s’organisent cette année alors que les armes nucléaires sont enfin interdites par le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (le TIAN) que l’ONU a rédigé. Il est ouvert à la signature des États depuis le 21 septembre 2017.
Ce traité, indispensable à cause des conséquences humanitaires de l’utilisation de telles armes, interdit la possession, la fabrication, le stockage, le financement et la menace des armes nucléaires. Il entrera en vigueur dès que 50 pays l’auront ratifié. À ce jour douze l’ont déjà fait et la campagne ICAN (campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires), qui a reçu le prix Nobel de la Paix 2017, est très optimiste, pressentant que les 50 ratifications seront obtenues avant la fin 2019.

C’est le début de la fin des armes nucléaires françaises !

Comment pourrait-il en être autrement ? Ce traité va devenir la norme et comme pour les armes chimiques et bactériologiques déjà interdites, les pays qui ne rejoindraient pas l’initiative des Nations Unies se placeraient au ban des nations…

Par ailleurs, un sondage du 5 juillet 2018 commandé à l’IFOP par le Mouvement de la Paix et le journal la Croix indique que 76% des personnes interrogées se prononcent pour « que la France s’engage dans un processus international d’élimination totale et contrôlée des armes atomiques, tel que prévu par les Nations Unies ».
D’autre part un rapport de la mission parlementaire pour les 50 ans du Traité de Non-Prolifération (TNP), approuvé unanimement par les 40 députés présents (Modem, PCF, PS, LR et REM) de la commission des affaires étrangères, recommande que la France prenne soin d’agir sur le désarmement pour être efficace sur la non-prolifération.

Ainsi, il est temps pour le Président Macron, de prendre en compte les interrogations des français et qu’il entreprenne l’organisation de l’indispensable débat national sur le démantèlement de notre arsenal nucléaire et de rejoindre le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires.

Le Mouvement de la Paix, en souvenir de toutes les victimes des bombardements nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki, et afin que nul être humain n’ait à subir les indicibles souffrances que produisent les bombes atomiques, appelle à de grands rassemblements, partout en France ou se fourbit le feu nucléaire militaire, le dimanche 14 octobre 2018.

Pour la région PACA, un rassemblement est prévu devant la base aérienne 125, à Istres, où sont stockées, certaines prêtes à l’emploi, des bombes atomiques. Chacune d’entre elles ayant une puissance 20 fois supérieure à celle qui explosa sur Hiroshima.

P.-S.

Un car sera affrété au départ de Marseille
Inscrivez-vous à :

Mouvement de la Paix – 45 rue de Forbin – 13002 Marseille
Tél : 04 91 91 47 00

http://www.millebabords.org/spip.php?article31974

Juil 18

LE TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES DANS LE CONTEXTE DU DÉSARMEMENT

Emmanuelle Maitre, Chargée de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) répond aux questions de Pierre Verluise, fondateur du Diploweb.com. Elle dresse avec pédagogie et précision un vaste tableau d’ensemble d’un sujet majeur.

QUESTIONS :

. Quelles sont les idées fausses sur ce traité d’interdiction ?
. Quelles sont les idées à retenir sur le désarmement nucléaire ?
. Quels sont les signaux faibles à suivre prochainement sur le thème du
désarmement nucléaire ?

Vous pouvez retrouver cet article et la vidéo (14 mn 56 s)

https://www.diploweb.com/Video-E-Maitre-FRS-Le-traite-sur-l-interdiction-des-armes-nucleaires-dans-le-contexte-du.html

Résumé par Émilie Dael Causse pour Diploweb

Le 7 juillet 2017, 122 États de la communauté internationale ont adopté un traité interdisant la possession, la fabrication, la production et l’usage des armes nucléaires. Ce traité peut-il avoir un impact en termes de désarmement ? Peut-il abolir l’arme nucléaire ? Un an après, il est judicieux de faire un point.

Quelles sont les idées fausses sur ce traité d’interdiction ?

Deux idées fausses émergent à propos de ce traité d’interdiction. La première est celle selon laquelle il va conduire à l’abolition rapide de l’arme nucléaire. Cette croyance est celle des États qui ont impulsé sa signature et des ONG en faveur de la paix. Or si l’on compte 58 pays ratificateurs, il apparaît que ni les puissances dotées ni leurs alliés en Europe ou en Asie du Sud ne ratifieront le traité. Malgré une vaste mobilisation internationale, il apparaît donc que les États concernés ne participeront pas au mouvement, décrédibilisant ainsi l’idée d’une dynamique presque immédiate de désarmement.

À l’inverse, les pays dotés de l’arme nucléaire avancent que ce traité est absurde et qu’il n’aura aucun effet. Une idée elle aussi erronée car la signature témoigne d’une certaine fronde des États non dotés qui ne peuvent plus concevoir que leur propre sécurité soit guidée par les doctrines de neuf États seulement.

La dernière idée fausse en lien avec ce traité est que le processus de désarmement serait à l’arrêt. Pourtant, des baisses massives dans les arsenaux nucléaires sont observées ces dernières années. Par exemple, des traités d’interdiction d’essais nucléaires ont été ratifiés dans huit des neuf États dotés. Le processus de désarmement par réduction progressive a donc fonctionné. Toutefois, il est vrai que l’on constate des améliorations qualitatives de l’armement des pays dotés par une modernisation du stock d’armes et que certains pays comme la Chine, l’Inde ou le Pakistan continuent d’augmenter leurs stocks d’armes.

Quelles sont les idées à retenir sur le désarmement nucléaire ?

En premier lieu, il est primordial d’avoir à l’esprit qu’il ne peut y avoir de désarmement si les conditions de sécurité ne le permettent pas, c’est-à-dire si le pays concerné ne perçoit pas la menace extérieure diminuer. Ainsi, il n’est pas possible d’envisager un désarmement de la planète tant que les conflits ne seront pas résolus.

Par ailleurs, l’arme nucléaire n’est pas uniquement un outil sécuritaire mais elle constitue également un outil de prestige national. De fait, il serait erroné de penser que l’amélioration de la sécurité des pays conduirait de manière automatique à une politique de désarmement. Pour cause, les États perçoivent l’arme nucléaire comme de moyen de se prémunir des risques actuels mais aussi futurs. Pour aboutir à la dénucléarisation, il faudrait une dynamique collective forte. La possibilité d’une norme internationale allant dans ce sens pourrait avoir un sens dans le futur, c’est une piste encore peu probable mais qui pourrait le devenir.

La dernière idée phare portant sur l’arme nucléaire est que grâce à une forme de stigmatisation, il pourrait y avoir des pressions sur les États pour limiter son usage et conduire à son abolition. Ce processus s’est déjà déployé dans le passé contre d’autres armes de destruction massive comme les mines antipersonnel. Mais cette pression morale contre le nucléaire peine à émerger. L’arme nucléaire est au cœur des doctrines des États, il est donc difficile d’envisager ce processus aujourd’hui.

Quels sont les signaux faibles à suivre prochainement sur le thème du désarmement nucléaire ?

Le premier signal faible à suivre de près est celui du développement des pressions morales contre l’usage du nucléaire. Bien que cela soit fort douteux pour l’instant, le traité pourrait avoir des effets d’infléchissement des politiques des élus dans des pays à la population anti-nucléaire.

Aussi l’arme nucléaire est très coûteuse. Peut-être les élus pourraient-il estimer que son coût est disproportionné par rapport à l’avantage qu’elle procure. Des discussions et des débats autour du financement pourraient conduire à un processus de désarmement.

Enfin, le traité d’interdiction ne contraint que ceux qui le ratifient. En revanche, s’il y avait une procédure juridique au niveau de la Cour Internationale de Justice dans les années à venir, cela aurait des effets plus globaux. Si une procédure portant sur la licéité de l’arme nucléaire est peu probable, elle aurait toutefois des conséquences nombreuses et difficiles à anticiper aujourd’hui.

Par Émilie DAEL CAUSSE, Emmanuelle MAITRE, Fabien HERBERT, Jérémie ROCQUES, Pierre VERLUISE, le 17 juillet 2018 

https://www.diploweb.com/Video-E-Maitre-FRS-Le-traite-sur-l-interdiction-des-armes-nucleaires-dans-le-contexte-du.html

Juil 18

ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE : INCIDENT SANS CONSÉQUENCE SUR LE SITE NUCLÉAIRE DE CADARACHE

La volonté du site nucléaire de Cadarache est de jouer la transparence y compris pour les petits incidents. C’est ainsi que la direction du site d’étude nucléaire fait savoir qu’un incident a eu lieu le 25 octobre dernier. Il a été découvert lors d’un contrôle la semaine dernière.

Explications:

Lors de la manutention d’un colis de déchets solides de 500 litres dans l’installation de traitements des déchets solides (STD), celui-ci a subi une chute de 4 mètres dans son puits d’entreposage, le 25 octobre 2017, suite à une défaillance du moyen de préhension. Cet incident n’a eu aucune conséquence sur le personnel ni sur l’environnement.

Cet événement a été identifié lors d’un contrôle interne le 11 juillet 2018. Le non-respect des délais de déclaration de cet incident a conduit la Direction du centre à proposer à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) de classer cet événement au niveau 1 de l’échelle INES*, qui en compte 8.

Les déchets solides des programmes de recherche du CEA Cadarache sont compactés pour en réduire le volume, puis immobilisés dans du béton pour constituer des « colis » d’un volume standard de 500 litres. Ces colis sont ensuite manutentionnés et introduits dans un puits d’entreposage temporaire, en attente d’une autorisation de transfert vers l’installation d’entreposage des déchets de moyenne activité à vie longue (MAVL) CEDRA*.

Dans le cas présent, le colis manutentionné contenait des déchets compactables composés de métaux et de plastiques.

CEDRA : Installation d’Entreposage temporaire de Déchets Radioactifs de moyenne activité à vie longue (MAVL)

INES     : Échelle internationale de classement des évènements nucléaires. Elle compte 8 niveaux gradués de 0 à 7. Le niveau 1 correspond à une anomalie dans le fonctionnement de l’installation.

Publié par Jean EYMARD le mer, 18/07/2018 – 10:46

https://www.dici.fr/actu/2018/07/18/alpes-de-haute-provence-incident-consequence-site-nucleaire-de-cadarache-1158190

Juil 18

PERTE D’ALIMENTATION ÉLECTRIQUE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE NOGENT-SUR-SEINE : RETOUR À LA NORMALE

Sur une information de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’IRSN a activé son Centre Technique de Crise dans la nuit du 17 au 18 juillet 2018, suite à un incident survenu sur la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube).

Le 17 juillet 2018 au soir, vers 22 heures, un début d’incendie s’est déclaré sur un transformateur électrique alimentant les deux réacteurs du site nucléaire. La perte de source électrique a essentiellement affecté le réacteur n°2, alors à l’arrêt. Sur ce réacteur, le combustible était complètement déchargé dans la piscine de désactivation et des travaux de maintenance étaient en cours, limitant le nombre de sources électriques disponibles.

Le refroidissement de la piscine a toutefois été assuré pendant toute la durée de l’événement ne remettant pas en cause la sûreté de l’installation.

La source électrique en cause a été restaurée par Réseau Transport Electricité (RTE)  vers 5 heures du matin le 18 juillet 2018.

Le Centre Technique de Crise de l’IRSN a été désactivé le 18 juillet 2018 à 5h40 étant donné le retour de la situation à la normale.

IRSN le 18/07/2018

https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20180718_Perte-alimentation-electrique-centrale-nucleaire-Nogent-sur-seine.aspx

Juil 18

EPR DE FLAMANVILLE: DEUX ONG DÉPOSENT PLAINTE CONTRE EDF POUR «DIX INFRACTIONS»

Des ONG antinucléaire portent plainte contre EDF pour des infractions et délits contrevenant à la réglementation sur la sûreté des installations nucléaires…

Selon Libération, les ONG Sortir du nucléaire et Greenpeace doivent saisir la justice ce mercredi matin dans l’affaire des soudures défectueuses détectées sur les tuyauteries du futur réacteur EPR à Flamanville (Seine-Maritime). Partisanes de l’abandon de l’énergie nucléaire, les deux associations vont déposer auprès de la procureure du tribunal de grande instance de Cherbourg une plainte visant EDF et sa filiale industrielle Framatome (ex-Areva NP) « pour dix infractions au code de l’environnement et à la réglementation relative aux installations nucléaires de base ».

Ce réacteur de nouvelle génération devait être le fleuron du nucléaire français, mais il accumule les problèmes. Initialement prévue en 2012, sa mise en service a été plusieurs fois repoussée par EDF, et ne devrait pas avoir lieu avant 2020.

Problèmes de soudures

Début juillet, EDF a reconnu que les problèmes de soudures de l’EPR de Flamanville annoncés en avril denier auraient « un impact » sur la date de mise en service du réacteur nucléaire en construction. Le coût officiel de l’EPR a été réévalué en 2015 à 10,5 milliards d’euros, le triple de son budget initial.

La plainte que Libération a pu consulter liste « dix infractions » à la réglementation sur la sûreté des installations nucléaires, toutes susceptibles de poursuites pénales, dont « deux délits » violant le code de l’environnement. EDF s’expose donc à une enquête judiciaire et à des peines allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende. Interrogée par Libération, l’entreprise n’a pas souhaité commenter cette plainte.

https://www.20minutes.fr/societe/2309615-20180718-epr-flamanville-deux-ong-deposent-plainte-contre-edf-dix-infractions

Juil 18

CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH : UN PÉRIMÈTRE DE SÉCURITÉ BIENTÔT ÉTENDU

Le périmètre de sécurité autour de la centrale de Golfech dans le Tarn-et-Garonne, plus communément appelé PPI, devrait être étendu d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine, à 30 nouvelles communes tarn-et-garonnaises ainsi que plusieurs autres communes du Lot-et-Garonne et du Gers. Un plan d’intervention qui prévoit plusieurs mesures en cas d’incident nucléaire.

Déjà annoncée il y a deux ans de cela, l’extension du plan particulier d’intervention (PPI) autour de la centrale nucléaire de Golfech devrait entrer en vigueur d’ici la fin de l’année, début de l’année prochaine. De 10 kilomètres, son rayon d’action passera donc à 20 kilomètres. Il englobera ainsi 30 communes tarn-et-garonnaises supplémentaires (1). Parmi elles, Castelsarrasin et Moissac. « Cette extension s’inscrit dans le cadre d’une circulaire émise en 2016 par Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement et de l’Énergie, rappelle Hermine Durand, cheffe de division à l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), à Bordeaux. Cette décision vise à renforcer la sécurité autour des centrales nucléaires françaises après le drame de Fukushima. »

Mieux réagir face à un incident nucléaire

Concrètement, ce plan particulier d’intervention (PPI) prévoit trois mesures qui varient en fonction de l’importance de l’incident nucléaire. « La première prévoit le confinement des populations dans leurs habitations. La deuxième, à l’inverse, concerne l’évacuation des communes du PPI. Et la troisième prévoit la prise de comprimés d’iode, distribués au préalable à la population, indique Hermine Durand. Dans ces trois cas de figure, ces décisions interviennent sur ordre du préfet uniquement. » La préfecture souligne de son côté la mise en place d’une quatrième mesure : la restriction de consommation. Au-delà, il s’agit également d’établir des scénarios d’évacuation et de mise en sécurité des populations afin de réagir, au mieux, face à un éventuel incident nucléaire. « En principe, c’est la préfecture qui pilote les exercices de sécurité et qui écrit les scénarios. Toutefois, les communes peuvent aussi organiser des exercices autour de leur plan communal de sauvegarde sur les sujets qui les concerne (diffusion de l’alerte, prise en charge des populations…) », ajoute la préfecture. Dès l’approbation du PPI par les autorités préfectorales concernées, qui devrait donc intervenir à la fin de l’année, une procédure de consultation auprès des élus et des populations va débuter et durera deux mois. Elle prévoit notamment la distribution des comprimés d’iode.

20 km et au-delà…

Si le plan particulier d’intervention (PPI) est bel et bien un périmètre de sécurité, il est avant tout un périmètre de préparation seulement. Pas de gestion. Concrètement, cela signifie que si un important incident nucléaire survient, les mesures prévues dans ce plan pourraient bien évidemment s’appliquer bien au-delà de ces 20 kilomètres. (NDLR : un « important incident nucléaire », cela s’appelle très officiellement un accident nucléaire. Le mot accident serait-il devenu tabou ?)

Pour voir la liste des communes concernées dans le Tarn-et-Garonne, le Lot-et-Garonne et le Gers, cliquer sur :

https://www.ladepeche.fr/article/2018/07/17/2837446-centrale-nucleaire-de-golfech-un-perimetre-de-securite-bientot-etendu.html

Juil 18

LES STOCKS DE PLUTONIUM DU JAPON, UN PROBLÈME INTERNATIONAL

Le Japon et les États-Unis ont étendu mardi un accord nucléaire bilatéral mais l’archipel est désormais sommé de réduire les stocks de plutonium accumulés au fil des ans dans le cadre d’une politique qui trouve désormais ses limites, selon des experts.

L’accord initial, qui autorise le Japon à retraiter du combustible usé issu de ses centrales nucléaires, avait été validé en 1988 pour une durée de 30 ans.

La prolongation s’accompagne d’une clause qui autorise l’une ou l’autre partie à y mettre fin moyennant un préavis de six mois.

« Nous sommes désormais dans la situation où ce pacte peut être rompu de façon unilatérale. Or, ce texte étant la base de l’existence de l’industrie nucléaire japonaise, il est important que nous fassions des efforts pour effectivement réduire la grande quantité de plutonium que possède le Japon« , a déclaré mardi le ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Kono, selon les propos rapportés par ses services.

Dans son plus récent plan énergétique adopté il y a quelques jours, le Japon, sous la pression américaine, a fait part de sa volonté de diminuer les stocks de plutonium, ce qu’il n’avait jamais écrit auparavant, mais il n’a pas dressé de plan précis pour ce faire.

« Il faut fixer un objectif clair. Il est temps pour le Japon de revoir son programme de recyclage nucléaire« , estime Tatsujiro Suzuki, ex-président de la Commission japonaise de l’énergie atomique.

Pays pauvre en ressources, le Japon s’est donné il y a plus de 40 ans pour objectif de se doter des moyens techniques pour réutiliser du combustible usé.

Mais le programme a depuis l’origine du plomb dans l’aile. Les installations clefs prévues n’ont pas du tout fonctionné comme espéré: le surrégénérateur de Monju est désormais voué au démantèlement alors qu’il n’a jamais été réellement opérationnel et l’usine de retraitement de Rokkasho (nord), mise en chantier en 1993, n’a toujours pas démarré, après plus de 20 reports, en raison de problèmes techniques et du durcissement des normes de sûreté des installations nucléaires.

Or, les paramètres pris en compte à l’époque ne sont plus aussi pertinents aujourd’hui, selon Thomas Countryman, spécialiste américain de la non-prolifération.

« Aujourd’hui, il y a un approvisionnement largement suffisant en uranium et les technologies de recyclage sont extrêmement chères, le Japon doit en avoir conscience« , a-t-il insisté récemment dans les colonnes du quotidien Nikkei.

– 6.000 bombes –

Le Japon assure que, conformément aux engagements pris, tout le plutonium qu’il détient est destiné à une réutilisation dans des réacteurs nucléaires. Toutefois, compte tenu de la quantité en sa possession (47 tonnes, dont 10 tonnes sur le sol nippon, 20,8 en Grande-Bretagne et 16,2 en France, où est retraité le combustible japonais), des doutes existent sur les capacités des installations à absorber autant de combustible. Très peu de réacteurs ont été remis en service après l’arrêt total découlant des mesures prises après l’accident de Fukushima en 2011 et quand bien même certaines tranches utilisent du Mox (mélange d’oxydes de plutonium et uranium tiré de combustible retraité), c’est une infime part du total.

L’une des solutions serait de céder à la France et à la Grande-Bretagne le plutonium resté sur leur sol, mais « aucune proposition en ce sens ne nous est parvenue » explique une source française, ce que confirme un fonctionnaire du ministère japonais de l’Industrie cité dans le quotidien Nikkei.

D’aucuns s’inquiètent des risques que ce monceau, qui en théorie permettrait de produire 6.000 bombes atomiques, ne suscite l’intérêt de groupes terroristes ou ne serve de prétexte à la Corée du Nord pour traîner des pieds dans le processus de dénucléarisation sur lequel elle s’est engagée.

De surcroît, Washington aimerait que le Japon joue un rôle exemplaire pour éviter une escalade en Asie.

« Il n’est pas dans l’intérêt du Japon ou des États-Unis de voir la Chine ou la Corée du Sud se doter de moyens de retraitement« , a insisté M. Countryman devant des parlementaires japonais le mois dernier.

Pourtant, Pékin est déjà bien engagé dans cette voie puisque le groupe nucléaire français Orano (ex-Areva) a annoncé fin juin un accord pour les « travaux préparatoires » d’une usine de traitement et recyclage des combustibles usés en Chine, un projet évalué à plus de 20 milliards d’euros au total dont plus de la moitié pour Orano. Un protocole avait été signé lors de la visite du président français Emmanuel Macron en Chine en janvier. Les négociations durent depuis dix ans et Orano espère conclure le contrat cette année.

©AFP / 17 juillet 2018 10h49

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Les-stocks-de-plutonium-du-Japon-un-probl-me-international/937246.rom

Juil 17

DU PLUTONIUM VOLÉ AU TEXAS: LES AUTORITÉS US N’ONT TOUJOURS RIEN À DIRE

L’année dernière, deux experts du Département américain de l’Énergie avaient laissé du matériel nucléaire, notamment du plutonium et du césium, sur le siège-arrière d’une voiture à San Antonio, avant que celui-ci ne soit volé. L’enquête n’avait mené à rien et avait finalement été close, ont révélé des journalistes.

L’organisation de journalistes Center for Public Integrity a récemment publié un nouveau rapport révélant que plus d’un an plus tard, les autorités américaines n’avaient toujours pas récupéré le matériel nucléaire, du plutonium et du césium, perdu par deux experts du Département américain de l’Énergie après l’avoir laissé dans leur voiture à San Antonio, au Texas.

Selon le rapport, les deux experts du Département américain de l’Énergie s’étaient rendus au centre de recherche du laboratoire national de l’Idaho le 21 mars 2017, pour récupérer des matières nucléaires du laboratoire et s’assurer qu’elles ne tombent pas entre de mauvaises mains.

Il s’agissait notamment de plutonium et de césium contenus dans des disques en plastique utilisés pour l’étalonnage des instruments. Leur mission avait pris un tour dramatique quand le matériel nucléaire s’était retrouvé dans leur voiture dans un parking près d’un hôtel Marriott dans lequel ils s’étaient arrêtés pour la nuit. En effet, le lendemain matin, ils avaient trouvé la vitre de leur voiture brisée et le sac volé. Les enquêteurs n’ont jusqu’à présent aucune certitude quant aux motifs ou à l’identité des voleurs.

L’officier Carlos Ortiz, qui se trouvait sur les lieux à San Antonio, a déclaré à ABC News que l’affaire était un vol typique, sans empreintes, sans vidéo-surveillance ou témoins pour aider à retrouver le ou les suspects.

Ils «n’auraient jamais dû laisser quelque chose d’aussi sensible sans surveillance dans un véhicule», a déclaré M.Ortiz.

Alors que la quantité de matériel radioactif volé n’a pas été précisée, la porte-parole du laboratoire de l’Idaho, Sarah Neumann, a certifié qu’elle n’était pas suffisante pour fabriquer une bombe nucléaire, selon The Daily Beast. Selon Ortiz, la police a finalement clos l’enquête pour ne pas «chasser un fantôme».

Il faut un peu plus de trois kilogrammes de plutonium ou quatre d’uranium pour fabriquer une bombe nucléaire.

Ce vol ne représente qu’une partie de tous les matériaux nucléaires volés ou perdus aux États-Unis, écrit The Daily Beast. En raison de la mauvaise exploitation des matériaux radioactifs pendant la guerre froide, environ six tonnes de ces matériaux restent manquants. Toutefois, les spécialistes pensent qu’ils restent principalement coincés dans des tuyaux, des filtres et des machines dans les installations de production.

En 2009, l’inspecteur général du département de l’Énergie des États-Unis avait conclu qu’au moins 450 grammes de plutonium  et 20,4 kilos d’uranium hautement enrichi avaient été officiellement déclarées comme étant stockés en toute sécurité, ce qui n’était pas le cas.

https://fr.sputniknews.com/international/201807171037240833-plutonium-texas-enquete/

Juil 17

ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN: L’IRAN PORTE PLAINTE CONTRE WASHINGTON

L’Iran a déposé une plainte contre les États-Unis devant la Cour internationale de justice (CIJ) à cause de la réimposition des sanctions économiques américaines, indique mardi son ministère des Affaires étrangères.

« La plainte a été enregistrée le 16 juillet 2018 » (lundi) au greffe de cette instance qui siège à La Haye, écrit le ministère iranien sur son site internet.

Le but de la plainte est de « faire rendre des comptes aux États-Unis pour leur réimposition illégale de sanctions unilatérales » contre l’Iran, a écrit le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, sur son compte Twitter.

Un mépris de la diplomatie

« Face au mépris des États-Unis pour la diplomatie et leurs obligations légales, l’Iran est attaché à la primauté du droit« , ajoute M. Zarif, jugeant « impératif de contrer leur habitude de violer le droit international« .

Selon le ministère, la plainte vise les États-Unis pour « la violation de leurs obligations internationales, en particulier vis-à-vis du traité d’amitié » américano-iranien de 1955, un texte déjà invoqué à plusieurs reprises par le passé dans des différends entre Téhéran et Washington arbitrés par la CIJ.

L’Iran et les États-Unis n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980.

Le retrait des États-Unis

Le président américain Donald Trump a annoncé le 8 mai le retrait de son pays de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et un renforcement des sanctions américaines contre la République islamique.

Cet accord, conclu à Vienne, a permis de sortir l’Iran de son isolement grâce à la levée d’une partie des sanctions internationales visant Téhéran en échange d’une limitation drastique du programme nucléaire iranien et de l’engagement de l’Iran à ne jamais chercher à se doter de l’arme atomique.

Les sanctions américaines

Le retour des sanctions américaines qui avaient été suspendues en vertu de l’accord de Vienne doit se faire par étapes à compter du mois d’août.

https://www.7sur7.be/7s7/fr/1736/Iran/article/detail/3453463/2018/07/17/Accord-sur-le-nucleaire-iranien-l-Iran-porte-plainte-contre-Washington.dhtml

Juil 17

VLADIMIR POUTINE DOMINE LA RENCONTRE D’HELSINKI FACE À DONALD TRUMP

Lors d’une conférence de presse commune, lundi en fin d’après-midi, le président russe a surtout énuméré une longue liste de sujets sur lesquels il attendait une amélioration sensible des relations.

Extraits concernant le nucléaire

…Précis, le président de la fédération russe a surtout énuméré, au cours de cet exercice commun, une longue liste de sujets sur lesquels il attendait une amélioration sensible des relations entre deux superpuissances nucléaires, voire entre deux puissances dans le domaine de l’énergie, comme il l’a aussi rappelé, insistant, à sa manière, sur cette notion d’égalité. Il a plaidé à chaque fois pour une coopération approfondie dans la lutte contre le terrorisme, le contrôle des armes nucléaires, la situation en Syrie ou en Crimée…

…Comme l’ont montré les propos de Vladimir Poutine, la partie russe est attachée à trouver un terrain d’entente sur les armes, où les contentieux se sont accumulés. C’est l’un des sujets que le président russe a le plus travaillés avec son état-major avant de quitter Moscou. Les deux délégations devaient notamment aborder la question du renouvellement du New Start, un traité de réduction des armes nucléaires signé en 2010 par les deux pays, qui limite à 1 550 le nombre de têtes nucléaires chacun. Ce traité expire en 2021, mais il peut être prolongé pour une période de cinq ans. Autre sujet sur la table : le traité sur les forces nucléaires dissuasives à portée intermédiaire, signé en 1987...

Pour lire l’intégralité de l’article, cliquer sur :

https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/07/16/a-helsinki-donald-trump-en-quete-de-meilleures-relations-avec-la-russie_5332116_3214.html

Juil 16

LA RUSSIE VEUT «CIMENTER» L’ÉQUILIBRE NUCLÉAIRE, SELON LE KREMLIN

Les nouvelles armes russes sont destinées à pérenniser l’équilibre nucléaire afin de garantir la sécurité stratégique de la Russie, selon le porte-parole du Kremlin.

L’industrie militaire russe prend les mesures nécessaires pour contrer les menaces qui émanent de l’Otan, a déclaré le porte-parole de la Présidence russe, Dmitri Peskov.

«Vous êtes au courant du fait que la parité est assurée par de nouvelles inventions, de nouveaux systèmes de combat censés cimenter l’équilibre nucléaire qui […] garantit la sécurité nucléaire stratégique», a indiqué M.Peskov dans un entretien accordé à la chaîne RT.

Lors du dernier sommet de l’Otan à Bruxelles, le Président américain Donald Trump a demandé à ses membres d’augmenter leurs dépenses militaires jusqu’à 2% de leur PIB national avant la fin de l’année en cours.

Auparavant, les membres de l’Alliance atlantique s’étaient engagés à investir chaque année 2% de leur PIB dans les dépenses militaires jusqu’en 2024. Pourtant, certains pays, dont l’Allemagne et l’Espagne, ne devraient pas atteindre cet objectif.

La France envisage pour sa part d’augmenter ses dépenses militaires de plus d’un tiers entre 2017 et 2025 pour arriver à l’objectif fixé.

https://fr.sputniknews.com/defense/201807161037230845-russie-otan-equilibre-nucleaire/

Juil 16

ÉTIENNE AMBROSELLI, L’AVOCAT MALGRÉ LUI DES ANTINUCLÉAIRES

Spécialiste du droit des installations nucléaires, Étienne Ambroselli est un avocat atypique, aussi surnommé l’avocat des zadistes pour son engagement contre le projet d’enfouissement Cigéo à Bure (Meuse). Mis en cause dans une enquête, il a pu bénéficier de l’appui du barreau. Portrait.

La journée avait bien mal commencé avec une garde à vue, une perquisition à son domicile et la saisie de son matériel informatique. Ce mercredi 20 juin, l’avenir professionnel d’Étienne Ambroselli, l’avocat des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse), s’annonce sombre. Seul un message d’amour au mur de sa cellule le réconforte. Mais cet avocat de 42 ans, père d’un enfant, ne se fait pas d’illusions. Il risque une mise en examen. Et sans son téléphone et ses ordinateurs, impossible de continuer à exercer. Un potager, du violoncelle, son instrument de prédilection, ou encore de la peinture : l’avocat réfléchit sérieusement à sa reconversion.

Pourtant, vous n’avez sans doute pas fini d’entendre plaider dans les palais de justice ce grand échalas d’un mètre quatre-vingt-quinze aux cheveux clairsemés. Car l’arrestation de l’avocat va susciter la bronca des robes noires (v. Dalloz, 22 juin 2018, art. T. Coustet ; ibid., 25 juin 2018, art. M. Babonneau.

Le juge des libertés et de la détention donnera raison aux avocats, jugeant la saisie « indistincte » et portant une atteinte injustifiée et démesurée au libre exercice de la profession d’avocat. « J’ai été très touché par le fait que le barreau se mobilise, explique à Dalloz actualité Étienne Ambroselli, tout vêtu de noir, attablé dans un café à proximité de son cabinet, dans le IXe arrondissement de Paris. On voulait me couper la langue et m’empêcher de travailler. Cette décision courageuse trace une ligne rouge et met un coup d’arrêt à cette dérive. »

Un avocat atypique

Si ce soutien lui fait autant chaud au cœur, c’est peut-être qu’il n’en espérait pas tant. Étienne Ambroselli est un avocat atypique, en marge d’une profession qu’il pratique de manière non orthodoxe. « Il n’a pas eu la vocation dans sa forme traditionnelle, commente Me Charles Amson, un ami d’enfance. Pendant nos études à Assas, ce n’était pas un étudiant très conformiste. Il allait peu en cours, mais se débrouillait toujours pour obtenir ses examens sans trop de difficultés. » Pas accro au barreau, Étienne Ambroselli a déjà arrêté de plaider pendant deux ans pour se consacrer à la musique et à l’enseignement. Décroissant, il ne se soucie pas d’être payé. « Je ne suis pas attaché à ce métier sauf quand je constate que cette profession m’aide à penser, à communiquer avec d’autres personnes et à vivre des expériences extraordinaires », explique la robe noire.

Aujourd’hui, Étienne Ambroselli conseille le réseau Sortir du nucléaire et des « hiboux », le nom de ces militants opposés au projet Cigéo à Bure. Il bataille contre le projet immobilier EuropaCity en Île-de-France ou encore défend un « Anonymous », un pirate informatique soupçonné d’avoir mené une action en 2015 contre le site internet du ministère de la défense pour « venger » Rémi Fraisse, ce botaniste décédé sur le chantier controversé du barrage de Sivens (Tarn). Enfin, membre du syndicat des avocats de France, il travaille à la mise en place d’une commission « environnement-santé ».

Cette vocation pour la défense de l’environnement est venue en deux temps. D’abord, un grave accident de voiture, en 2000, puis la paternité, en 2002. Deux événements qui lui font prendre conscience de l’impérieuse nécessité d’agir. « Il faut perdre l’idée que l’on puisse être tranquille, c’est une course permanente », avertit-il. Un master en droit de l’environnement et un mémoire sur le droit des installations nucléaires de base dans sa poche, il devient l’un des spécialistes de ce thème défriché notamment par l’avocate Corinne Lepage.

Mais Étienne Ambroselli ne se contente pas d’éplucher le droit de l’eau ou le droit forestier. Il investit le droit pénal, pour défendre des militants ou pour attaquer, en citant à comparaître l’électricien EDF ou le CEA. En 2015, il rejoint les opposants au projet Cigéo à Bure. « Nous sommes une équipe juridique pléthorique, nous faisons des réunions et de nombreuses actions, au point que l’autre partie parle de guérilla juridique », commente-t-il.

Son expertise est aujourd’hui saluée. « Étienne Ambroselli a obtenu des décisions qui gênent l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs », précise à Dalloz actualité Me Guillaume Tumerelle, soutien de la première heure avec sa pétition dénonçant la garde à vue de son confrère. Mais n’allez pas croire que l’avocat a le nez en permanence dans ses codes. « Je pétris du pain et observe des oiseaux : cela nourrit ma plaidoirie, remarque Étienne Ambroselli. L’avocat ne peut pas être enfermé dans son bureau, il faut être sur place pour voir les dégâts et aimer défendre tout ce qui vit dans un bois. » À Bure, Étienne Ambroselli a lui aussi acheté un terrain. Une évidence pour ce juriste qui ne s’envisage pas avocat sans cause.

https://www.dalloz-actualite.fr/flash/etienne-ambroselli-l-avocat-malgre-lui-des-antinucleaires#.W0xMm7gyWUl

Juil 16

DÉCRET PRÉSIDENTIEL SCÉLÉRAT : DES DÉCHETS RADIOACTIFS DE PLUTONIUM ET D’URANIUM D’AUSTRALIE VONT VENIR ET ÊTRE STOCKÉS SUR LE SOL FRANÇAIS POUR PLUS DE 20 ANS

Un décret signé le 6 juillet, en catimini, par Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Jean-Yves Le Drian et l’ambassadeur de France en Australie vient d’autoriser l’importation en France de près de 4 tonnes de déchets radioactifs de plutonium et d’uranium australiens. Areva en fera du business en accointance avec la Australian Nuclear Science and Technology Organisation qui exploite à Lucas Heights un réacteur de recherche répondant au doux nom d’ « Opal ». En devenant propriétaire en titre de cette merde, Areva devenu Orano pour masquer sa faillite financière, impose au globe et aux français une nouvelle menace de transports mortels maritimes et terrestres, et quelques autres saloperies.

La Coupe du monde de football bat son plein. Il faut bien donner aux petits peuples leurs jeux du cirque pour pouvoir continuer à dominer la planète. Le monarque français fera ses risettes devant les télés et autres médias avides de glorifier son mentor. Les industriels de la mort nucléaire – les véritables patrons de la politique énergétique du pays – pourront ainsi à loisirs et en toute tranquillité poursuivre leur sale business. Grandeur et décadence…

C’est par un discret décret n° 2018-586 (1) signé le 6 juillet 2018 par les plus hautes autorités de la « République française » que la France légalise un sombre accord de trafic de déchets nucléaires de l’Australie vers la France. Au bas du document qui entérine le business entre Areva (devenu Orano depuis sa « faillite » et son renflouement de 9 milliards d’euros sur le dos des contribuables) figure les signatures du Président de la République – le banquier énarque Emmanuel Macron -, du 1er Ministre et ancien directeur chez Areva Édouard Philippe, du ministre des affaires étrangères – et ancien ministre des armées du précédent Président Hollande- Jean-Yves LeDrian.

L’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de l’Australie autorise ce qui est interdit par les accords internationaux en masquant le trafic sous le couvert de « retraitement (en France) de combustibles irradiés (étrangers)« . Ainsi « AREVA NC » achète officiellement à « Ansto » (Australian Nuclear Science and Technology Organisation) ses déchets rebaptisés « combustible nucléaire usé » issu de l’exploitation du réacteur atomique australien de recherche « Opal » implanté à 30km de Sydney.

Le contrat a été signé voici deux ans le 7 juillet 2016, lorsque F.Hollande présidait aux destinées du pays et que le jeune Macron était son ministre de l’économie dans le gouvernement Valls après avoir laissé ses fonctions de Secrétaire général adjoint du cabinet du président de la République française. Modifiée par un avenant du 10 octobre 2016, cette opération porte sur 3,6 tonnes de déchets radioactifs. Quantité éventuellement modifiable en fonction des besoins et intérêts des parties. Attention : ne pas considérer les populations et la planète comme faisant partie des parties.

« Euratom« , l’Agence européenne de promotion du nucléaire, a béni avec émotion et la larme à l’œil le 17 novembre 2016 cet accord de transfert de propriété de plutonium et d’uranium entre les nucléocrates australiens et français. La prolifération nucléaire serait-elle possible finalement mais uniquement pour un des rares pays qui possèdent la bombe atomique et en menacent la planète ?

Pour plus de 22 ans et peut-être même plus…

Avec l’imprimatur du pouvoir politique, l’introduction en France des déchets nucléaires australiens peut commencer dès à présent et s’étaler jusqu’au 31 décembre 2030. Il faut que toutes les générations, des grands-parents aux petits-enfants, goûtent au risque, non? D’autant que le retraitement par Areva/Orano de ces déchets atomiques est prévu entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2034. Seize années, une paille !

Mais le lobby nucléaire est grand seigneur, grand saigneur, car « les Parties feront tous leurs efforts pour minimiser le nombre de transports nécessaires au retour des déchets radioactifs » vers le pays vendeur de l’hémisphère sud en Océanie. L’émeu, oiseau national de l’Australie, en est tout ému et le kangourou, l’animal national, en saute de joie. Les français, drogués au nucléaire, restent muets et soumis.

D’autant qu’ils ignorent tout et que, si les accords fixent la date limite du 31 décembre 2034, ils prévoient dès à présent dans son article 3, signé des trois autorités qui ont fait acte d’allégeance, que la date ultime de retour en Australie des déchets radioactifs issus du retraitement pourrait courir jusqu’au 31 décembre 2035. Pas fous les nucléocrates et les politiciens.

Bon, évidemment, ça c’est pour le saucissonnage de cette opération glauque car…  » compte tenu du faible volume de déchets générés par le retraitement (bah voyons) il se pourrait que  » la prorogation du contrat n’ait été signée avant le 31 décembre 2028 pour la livraison de quantités supplémentaires de combustibles nucléaires usés provenant du réacteur OPAL au-delà du 31 décembre 2030. Si une prorogation est signée, la date ultime de retour est fixée au plus tard au 31 décembre 2040. » Donc 22 ans depuis 2018 ! Ils voient loin, très loin tandis que Mr Hulot n’en finit pas de valider ces coups de tordus.

Soyez raisonnables

Pensant se prémunir de tout risque de poursuite pénale, E.Macron et sa cour, valident un Article 7 aussi vague et irrationnel que l’énarchie est capable d’en produire :  » La France adopte les mesures raisonnablement nécessaires et relevant de sa compétence pour permettre l’exécution des dispositions du présent accord. L’Australie adopte les mesures raisonnablement nécessaires et relevant de sa compétence pour permettre l’exécution des dispositions du présent accord. » Raisonnablement nécessaires : ça c’est de la précision. Imaginer que cette phrase figure dans votre contrat de couverture d’assurance pour vos biens et votre personne, voir même sur les boîtes de denrées alimentaires… Les nucléocrates s’autorisent tout, s’affranchissent de tout.

Qui refait du business avec les déchets de plutonium et d’uranium ? : C’est Areva-Orano

Le nucléaire ça rapporte, aux nucléocrates et actionnaires. Mais ça coûte « un pognon dingue » aux contribuables et des atteintes sanitaires et environnementales odieuses à la population et à la planète. Dans cette opération (comme le stipule l’article 9 du contrat) Areva-Orano va aussi récupérer au passage quelques miettes des dangereuses matières radioactives (1% environ), la plus dangereuse étant le plutonium. Histoire d’en faire une matière fissile encore plus dangereuse que les produits de fission « ordinaires » destinés aux réacteurs des centrales atomiques : le Mox (mélange d’oxydes de plutonium et d’oxydes d’uranium). Ça se fera sur le site de Marcoule dans le Gard, là où les deux premiers réacteurs nucléaires français conduisirent à produire la bombe atomique dans les années 50. Tout un symbole. Et pas que du symbole puisque c’est ce Mox qu’Areva avait fourni à Tepco au Japon et qui gorgeait le réacteur n°3 de la centrale de Fukushima-Daïchi dont les réacteurs ont explosé le 11 mars 2011.

Mais pour les entreprises du business de la mort nucléaire il n’y a pas de limite. C’est un peu comme aux manettes du pouvoir politique : les hommes passent, les mêmes agissements et politiques se perpétuent. L’article 11$3 du document officiel d’État donne ainsi carte blanche et mains-libres aux atomistes : « Les dispositions du présent accord peuvent être modifiées à tout moment par accord écrit entre les Parties. Ces modifications prennent effet conformément au paragraphe 1 du présent article, sauf accord contraire des Parties. » La rhétorique énarchique fourbit sa légitimité à la dictature, à l’irresponsabilité, à la dictature.

Jean Revest

Juil 15

CENTRALE NUCLÉAIRE DE BRENNILIS : LES ASSOCIATIONS CONTRE LE BILAN 2017 DE LA CLI

Brennilis, samedi 14 juillet 2018, communiqué des associations représentées à la CLI des Monts d’Arrée après la réunion du 5 juillet 2018. Bretagne Vivante – AE2D – CLCV 29 – Vivre dans les Monts d’Arrée – Groupe Mammalogique Breton – Eau et Rivières de Bretagne.

Les représentants.es des associations se sont exprimés.es contre l’approbation du bilan 2017 de la CLI des Monts d’Arrée en raison du refus de l’exploitant (EDF) de communiquer sur les coûts financiers du démantèlement de la centrale nucléaire EL4 dites de Brennilis et cela malgré les demandes constantes d’élus, des associations relayées par la présidente et même exprimées par le sous-préfet de Châteaulin,

Par ailleurs les associations ont demandé que la CLI étudie la possibilité que soit engagé un recours auprès du Conseil d’État contre la décision d’autorisation de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Cette décision du 25 avril 2018 autorise EDF à procéder aux opérations d’assainissement partiel du sous-sol sur 50 centimètres en dessous de la Station de Traitement des Effluents (STE) de la centrale nucléaire. La STE a une emprise au sol de 750m2, Le texte prévoir la possibilité pour les tiers d’un recours dans un délai de quatre ans.

L’autorisation de l’ASN de ne pas réclamer une décontamination plus poussée apparaît entachée de faiblesses et irresponsable pour les raisons suivantes :

1) Ce chantier est un précédent qui risque de déterminer les niveaux de décontamination partielle lors du démantèlement du bâtiment réacteur et au moment de l’abandon du site par EDF. En effet les fondations du bâtiment réacteur descendent à plus de 12m de profondeur.

2) La centrale nucléaire est situé sur une tête de bassin versant majeure, dont le réseau hydrologique est indispensable à l’alimentation en eau potable de la ville de Quimper et du sud Finistère.

3) Il est reconnu que la diffusion de la radioactivité résiduelle du sous-sol de la STE migrera vers l’Elez, puis l’Aulne (des spots diffus de radioéléments sont attestés par EDF).

4) L’exploitant a refusé des analyses en situation réelle après enlèvement du béton du radier, les analyses présentées datant de 2008. Nous avons appris en cours de réunion que c’est l’ASN qui sera chargée des analyses bilan après les travaux,

5) l’ASN admet l’argument d’EDF suivant lequel « l’assainissement complet n’est pas raisonnablement possible » sans que l’exploitant n’apporte d’éléments probants notamment économiques et financiers.

6) L’ASN affirme que l’arrêt du rabattement de la nappe phréatique aurait des « conséquences acceptables » alors que la demande d’arrêt du pompage (rabattement) de la nappe phréatique ne sera examinée qu’ultérieurement. L’ASN a reconnu publiquement que les demandes de décontamination du sous-sol et du rabattement auraient dues être examinées en même temps.

http://7seizh.info/2018/07/15/centrale-nucleaire-de-brennilis-les-associations-contre-le-bilan-2017-de-la-cli/

Juil 15

CHERBOURG. À VÉLO VERS BURE, POUR DÉNONCER LE NUCLÉAIRE

Un groupe de cyclistes, parti ce dimanche 15 juillet 2018, va relier Cherbourg à Bure à vélo, pour « dénoncer le non-traitement des déchets nucléaires et l’aveuglement français ».

Une quinzaine de cyclistes sont partis de Cherbourg dimanche 15 juillet 2018 au matin. Ils entreprennent un périple de plusieurs semaines « pour découvrir différentes alternatives », explique Geneviève, une des participantes.

Dénoncer l’aveuglement français

L’objectif du groupe, c’est d’aller jusqu’à Bure, où un site d’enfouissement de déchets nucléaires est en projet. « À partir de ce sujet sérieux qu’est le nucléaire non géré, on veut faire de «vrais-faux» convois de fûts nucléaires de Cherbourg à Bure pour dénoncer le non-traitement et l’aveuglement français face au nucléaire ».

Parés de leurs sacs aux couleurs des déchets nucléaires, les 15 cyclistes, originaires de toute la France mais aussi de Belgique et de Suisse, veulent susciter le débat sur la gestion du parc nucléaire en France et en Europe, pour « le repositionner au cœur de la société » .

Avant ça, ils comptent rejoindre le reste du groupe à Gonesse, en région parisienne, sur le site du projet EuropaCity, dans le cadre de l’Alter Tour : un parcours à vélo de six semaines, d’Amiens à Strasbourg. Différentes étapes sont prévues tout au long du périple, pour s’intéresser à des monnaies locales, des solutions alternatives plus écologiques… Et loger chez l’habitant contre quelques travaux à la ferme.

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/cherbourg-velo-vers-bure-pour-denoncer-le-nucleaire-5880768

Juil 15

AVIGNON 14 JUILLET 2018 : DÉFILÉ POUR LA PAIX ET LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

Le 14 juillet n’est pas la glorification de l’armée et des élites par le pouvoir mais la fête de la prise de la prison de la Bastille par le peuple se libérant par la Révolution, la fin de la monarchie et la naissance de la République. C’est pour contrebalancer la récupération et la dénaturation étatique de ce symbole que se sont déroulés à travers la France de nombreux défilés pour la Paix et le désarmement, la coopération et la solidarité, l’indispensable signature par la France du Traité d’interdiction des armes nucléaires. Non à la guerre et au bellicisme !

Au moment où, au sommet de l’État on militarise la fête nationale et que nous fêtons les 50 ans du TNP (Traité de Non-Prolifération nucléaire) et le premier anniversaire du Traité d’interdiction des armes nucléaires signé déjà par 122 pays mais que la France refuse toujours de signer, de nombreux défilés pour la Paix se sont déroulés à travers l’hexagone. À Avignon, à l’appel du Mouvement de la Paix, les pacifistes et antimilitaristes, les antinucléaires, rejoints par des festivaliers et comédien-nes, ont marché de la gare-centre jusqu’à la place du Palais des Papes .

Les orateurs qui se sont exprimés au terme de ce défilé ont rappelé que, selon un récent sondage, 76% des Français se prononcent en faveur de l’engagement de la France dans un processus d’élimination des armes nucléaires, et 67% des Français répondent favorablement à la question « Vous personnellement, pensez-vous que la France doive maintenant s’engager dans ce processus, c’est-à-dire signer et ratifier ce Traité d’interdiction des armes nucléaires ». Le pouvoir monarco-macroniste, qui s’aligne sur les exigences militaristes bellicistes des États-Unis et restaure l’ordre ancien, est en complet déphasage avec les aspirations de la population.

De nouvelles initiatives appelant la population à s’impliquer pour sauver la paix et gagner le désarmement atomique sont programmées pour la rentrée, notamment devant les sites militaires et nucléarisés. La bombe atomique, le nucléaire militaire et civil «nous coûtent un pognon dingue !». Il est temps de tourner la page pour un monde débarrassé de la terreur nucléaire, un monde de coopération et de fraternité.

« Et de l’union des libertés dans la fraternité des peuples naîtra la sympathie des âmes, germe de cet immense avenir où commencera pour le genre humain la vie universelle et que l’on appellera la paix de l’Europe. » (Victor Hugo, Artiste, écrivain, Poète, Romancier, 1802 – 1885)

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/07/14/Avignon-14-juillet-2018-%3A-d%C3%A9fil%C3%A9-pour-la-Paix-et-le-d%C3%A9sarmement-nucl%C3%A9aire

Juil 15

LE PRÉSIDENT IRANIEN PROMET DE RÉPONDRE AUX HOSTILITÉS AMÉRICAINES

TÉHÉRAN, 14 juillet (Xinhua) — Le président iranien Hassan Rohani a déclaré dimanche que les hostilités américaines envers la République islamique étaient vouées à l’échec.

Faisant référence aux « complots » américains contre l’Iran au cours des 40 dernières années, M. Rohani a déclaré que Washington était « plus haï que jamais dans les pays musulmans et ceux de la région« .

« Il ne fait aucun doute pour nous que les États-Unis ne peuvent pas continuer sur ce chemin ni poursuivre la politique entreprise envers le monde musulman« , a-t-il ajouté.

L’Iran continuera à interagir avec les gouvernements amicaux du monde entier, a promis le président iranien.

« Les complots des États-Unis sont voués à l’échec« , a-t-il assuré, en référence aux sanctions imminentes de Washington contre Téhéran.

Le 8 mai, le président américain Donald Trump avait décidé de quitter l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien et promis de restaurer des sanctions, notamment un embargo pétrolier, arguant que l’accord n’empêchait pas l’Iran de développer des armes nucléaires ou de soutenir le terrorisme dans la région

Le mois dernier, le département d’État américain avait déclaré que les alliés des États-Unis devaient arrêter d’importer du pétrole iranien d’ici le 4 novembre.

Trump a demandé à l’Arabie saoudite d’accroître ses exportations pétrolières pour palier l’éventualité d’une baisse des exportations de brut iranien.

http://french.xinhuanet.com/2018-07/14/c_137324265.htm

Juil 15

THÉÂTRES D’OUTRE-MER EN AVIGNON – « LES CHAMPIGNONS DE PARIS », ESSAIS (POLYNÉSIENS) TRANSFORMÉS !

Grâce à ce spectacle, « Les Champignons de Paris« , la compagnie polynésienne du Caméléon montre à quel point le théâtre citoyen est nécessaire dans les Outre-mer.

En racontant les conséquences individuelles, politiques et historiques des essais nucléaires qui se sont déroulés sur 30 ans dans l’archipel polynésien, la pièce livre à la fois les clés pour comprendre, une critique lucide d’un scandale d’État et un message fort.

Le spectacle « Les Champignons de Paris » pourrait se classer parmi ce que l’on appelle du théâtre documentaire. Ce genre, qui commence à faire florès sur les scènes de théâtre, en France et ailleurs, se veut un subtil mélange entre fiction et réalité montrée – la plupart du temps grâce à la diffusion d’éléments sonores ou à la projection d’archives ou de documents empruntés à l’actualité – tendant à expliquer, argumenter, dénoncer des faits historiques ou contemporains et se mêlant au récit… Un procédé qui unit plus ou moins habilement les faits et l’intime. À cet exercice, « Les Champignons de Paris » s’en sortent haut la main. C’est une réussite à la fois émouvante et édifiante, qui touche au cœur comme elle touche à l’esprit.

Plongée dans l’Histoire 

Très loin du contexte culinaire que pourrait évoquer leur titre, ces « Champignons… » donneraient plutôt la recette pour comprendre comment une nation, la République française, sous l’air de « si vis pacem, para bellum » (si tu veux la guerre, prépare la guerre), a volontairement exposé l’un de ses territoires, la Polynésie française, aux radiations entraînées par les tirs nécessaires aux perfectionnement de son arsenal nucléaire. De 1966 à 1996, dans le cadre de ce programme nucléaire militaire, 193 tirs aériens et souterrains ont été ainsi opérés à Moruroa et Fangataufa, près de Tahiti.

Sur scène, plongée dans l’Histoire : l’auteure Emilie Genaedig et le metteur en scène François Bourcier convoquent les fantômes du Général de Gaulle, des ministres et des protagonistes militaires de l’époque, jusqu’au président Jacques Chirac relançant les essais puis annonçant leur arrêt définitif ; une multitude de personnages-clés se succèdent non seulement en images d’archives mais également par le truchement des acteurs. Ils sont trois sur scène endossant tour à tour le rôle des décideurs mais aussi des victimes, d’abord consentantes devant les promesses de richesses et d’avantages que le gouvernement français leur octroient, puis de plus en plus rétives devant les conséquences sanitaires épouvantables dont la Polynésie paie encore le prix fort de nos jours.

Trois comédiens pleins de talent

Les trois comédiens sont d’une grande justesse dans tous ces rôles : Tepa Teuru, Tuarii Tracqui et Guillaume Gay, par leurs interprétations, sont d’admirables passeurs de ce pan de l’histoire de France, aussi touchants quand ils jouent de simples travailleurs dans ces unités œuvrant à l’élaboration des tirs (on apprend notamment, consternés, quelle différence était faite entre militaires, vivant dans des bunkers relativement protégés des radiations et civils locaux, logés dans de simples baraques en bois…) que convaincants dans les rôles de militaires décisionnaires à Paris et en Polynésie ou autorités locales dépassées par les exigences françaises ou encore, personnalités politiques polynésiennes qui ont osé à l’époque se dresser contre le scandale annoncé.

Le public d’Avignon ne s’y est pas trompé en se rendant nombreux voir ces « Champignons… » dès les premières représentations : un thème volontairement méconnu, un scandale en puissance, la certitude d’en apprendre davantage sur l’envers (l’enfer ?) de ce décor paradisiaque polynésien et il n’en fallait pas plus pour que ce spectacle en particulier attise la curiosité des spectateurs jusqu’à pousser les portes de la Chapelle du Verbe Incarné. Le TOMA serait bien inspiré de réitérer ce type de sélection pour peu que les auteurs et les compagnies poursuivent ce genre de théâtre documentaire et de travail salutaire. Car les Outre-mer, du chlordécone aux Antilles ou à certaines affaires politiques, en passant par les petits bégaiements et les grands travers de l’Histoire, ont matière à fournir pour voir pousser d’autres « Champignons de Paris » sur scène…

« Les Champignons de Paris » jusqu’au 28 juillet à 21h35 à la Chapelle du Verbe Incarné (http://www.verbeincarne.fr/fr/), Festival d’Avignon.
>>> Pour en savoir plus sur la compagnie du Caméléon :
www.caméleon.pf

https://la1ere.francetvinfo.fr/theatres-outre-mer-avignon-champignons-paris-essais-polynesiens-transformes-608855.html

Juil 14

FRONT MILITAIRE UNI RUSSIE/CHINE POUR CONTRER USA/OTAN

La Chine envoie des bombardiers stratégiques pour prendre part à des exercices militaires internationaux en Russie.

La Force aérienne chinoise enverra des bombardiers stratégiques, des avions de combat et des avions de transport en Russie pour prendre part à des exercices militaires internationaux, prévus d’ici la fin juillet, dans la conjoncture où Pékin entend développer ses relations militaires et défensives avec un certain nombre de pays dont et surtout la Russie.

Les bombardiers chinois du type Xian H-6K, qui patrouillent en mer de Chine méridionale et au détroit de Taïwan, participeront pour la première fois aux Jeux de l’Armée, qui se tiendront le 28 juillet dans le sud de la Russie et dans certaines régions du Caucase, selon un porte-parole de l’armée de l’air chinoise.

La Chine rejoindra la Russie, la Biélorussie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, l’Arménie et l’Iran dans les jeux de guerre.

Le colonel à la retraite Yue Gang a déclaré au quotidien South China Morning Post que l’objectif de la Chine était de détecter les points faibles et les points forts de ses bombardiers.

« Il est vraiment difficile de reconnaître les différences entre les avions chinois et ceux utilisés par les forces aériennes étrangères sans participer à des exercices », a déclaré Yue ajoutant que la Chine aurait ainsi l’occasion d’essayer ses bombardiers contre des bombardiers avancés russes.

Le bombardier Xian H-6K est équipé de missiles de croisière d’une portée de près de 1.000 miles, ayant une portée de combat de plus de 2.000 miles. Ce type de bombardier a été développé à partir d’un avion, produit à l’origine en Russie : le Tu-16 Badger.

Après le vol des bombardiers B-52 de l’US Air Force autour de la mer de Chine, fin avril, Pékin a effectué une série d’exercices de décollage et d’atterrissage avec ses H-6K dans la région, le mois suivant.

https://www.presstv.com/DetailFr/2018/07/14/568051/Chine-Xian-H6K-Russie-exercices-militaires-internationaux–Etats-Unis-mer-orientale

Juil 14

INVENTAIRE DE L’ANDRA : LA PAGNOLADE DES EXPERTS POUR ROULER LA POPULATION DANS LA FARINE RADIOACTIVE

Par la Coordination antinucléaire du Sud-Est

Tous les 3 ans, l’Agence gouvernementale des déchets radioactifs (Andra), dite indépendante du lobby atomiste, publie un inventaire de ce que la France génère comme ordures radioactives. Pour sa consommation électrique nucléaire et la bombe atomique, les français, vous, ont ainsi généré en 2016 plus 10 500 tonnes de déchets radioactifs mortels soit 28 330 m3 d’ordures radioactives chaque année. Et depuis 1959 : plus de 1 540 000 m3 de déchets, mortels pour des milliers d’années et dont nul ne sait quoi faire. Si on continu ce ne sera pas loin de 3 millions de m3. Chacun-e peut connaître les déchets radioactif produits et stockés par loin de son lieu de vie, de travail ou de villégiature. Revue du massacre…

L’Andra vient de présenter, ce 12 juillet, son trisannuel inventaire national des déchets et matières radioactifs, l’état des stocks, la provenance et la localisation des matières et déchets nucléaires (1). Au total, près de 1000 sites sur lesquels se trouvent des matières et déchets radioactifs à fin 2016 sont répertoriés dans l’édition 2018. Mais ne sont pas quantifiés dans les bilans les substances radioactives se trouvant sur des sites pollués ayant accueilli des activités manipulant la radioactivité, les déchets dit à vie très courte/VTC* dont les nucléocrates attendent la décroissance sur place avant leur intégration dans les « filières conventionnelles » ordinaires et non envoyés vers un stockage, et, par un tour de prestidigitateur, les résidus de traitement de conversion de l’uranium (RTCU) de l’usine d’Areva-Orano de Malvési (Aude). Et attention, autre tour de passe-passe, le volume ne correspond pas à ce qui est réellement généré comme ordures radioactives mais au « volume équivalent conditionné« , donc moindre.

Cette année s’ajoutent à cet inventaire des estimations de quantités de déchets produits selon trois scénarios de prolongement ou de renouvellement du parc nucléaire accompagné de démantèlement. Tous s’inscrivent dans la poursuite de la monstruosité, bien évidemment.

Agence Nécrophile Des Ravis Atomistes

L’Andra s’inscrit pleinement dans la poursuite forcenée du nucléaire et teste donc quatre scénarios de possible « politique gouvernementale énergétique« . Les deux premiers visent à satisfaire l’appétit des forcenés de la destruction atomique chez EDF avec la prolongation à 50 ans voire pourquoi pas 60 ans des délabrés réacteurs nucléaires actuels auxquels viendraient s’ajouter quelques EPR (que ni Areva ni EDF n’est capable de construire dans les délais et les budgets prévus). Un troisième scénario vise à prolonger le parc atomique déliquescent actuel et son renouvellement par des EPR (toujours pas plus opérationnel d’ailleurs). Le dernier scénario (SNR) envisage la fermeture sans renouvellement des réacteurs ayant atteint les 40 ans (ils devaient, dit-on, s’arrêter à 30 ans; « tiens c’est toujours 10 ans de gagnés pour le business » et sur le dos des contribuables).

De quelques omissions de l’Andra

Petit hic et sérieux oublis des experts et pseudo-spécialistes du déchet radioactif : l’Andra n’évalue pas la radioactivité totale des déchets associés à ces scénarios, autrement dit les millions de « becquerels » (Bq) de rayonnements destructeurs radioactifs que nous allons prendre dans le pif et dans notre corps (cerveau, poumons, cœur, peau, squelette, thyroïde, reins,…). Et nos enfants et arrière-petits-enfants aussi. N’allez pas croire qu’il s’agit là d’un dossier égaré ou de l’oubli fâcheux du remplaçant intérimaire du sous-chef de l’ingénieur en chef auprès du directeur principal près le délégué placé sous l’autorité du Président de l’Agence confirmé par l’Office parlementaire des Choix Scientifique et Techniques. Non pas. Nos spécialistes sont tout simplement des poètes. Des créatifs qui savent se mettre à la portée du tout-venant, du simple quidam sensible à l’imagerie du quotidien.

Ainsi pour l’Agence : foin du processus permanent implacable de destruction des atomes, de leur quantité, de leur masse, de leurs effets sur le vivant à court à moyen et long terme, très long terme. Leurs volumes s’évaluent dorénavant en « piscines« . Olympique ? Pas olympique ? De jardin ? Communale ou privée ? À combien de couloirs ? Et dans le petit bassin on a toujours pieds ou pas ? Ça c’est pour la colonne « total produit« .

Et comme il faut se montrer proche du peuple, rendre sa pensée complexe et visqueuse accessible aux manants, la merde radioactive produite chaque année par les français sera conceptualisée et imagée par des « briques de lait« . Fallait y penser ! Le lait qui d’ailleurs fut interdit de consommation dans la plupart des pays européens dès l’explosion du réacteur nucléaire de Tchernobyl en 1996. Mais pas interdit de boire en France car le nuage radioactif s’est, comme chacun sait, arrêté à la frontière. Des poètes on vous dit, ces experts en déchets radioactifs.

Et tiens pourquoi ne pas parler, pour la suite des autres déchets, de cuillère à café ou de cuillère à soupe ? Voire de dés à coudre ? C’est si mignon et si tangible, si banal en quelque sorte. Mais non ne raillons quand même pas à ce niveau les meilleurs spécialistes et scientifiques du monde. Ils méritent respects et attention.

Eh bien si, ils l’ont fait : la production annuelle des déchets les plus radioactifs sera évaluée en « cuillères à soupe« ! Eh oui ! Toujours pas en becquerels bien sûr, c’est si trivial et vulgaire.

Enfumages à toutes les profondeurs

Alors, dans cet enfumage digne de la guerre de tranchée des années 14-18, on peut penser que nos stratèges ont quand même concocté un mouvement d’évaluation des forces. Une évaluation de la dangerosité des déchets. Ce serait le moins qu’on puisse leur demander. Enfin ça dépend de qui demande évidemment. Les victimes potentielles et avérées ou les industriels de la mort nucléaire civilo-militaire et leur gouvernement postiche ? Vous sentez poindre ce qu’il en est ?… Oui, l’Andra l’avoue : elle n’a pas évalué non plus la dangerosité radioactive des scénarios pronucléaires. Un peu comme la dernière Commission d’enquête parlementaire. Et c’est sur ça, ce vide, que le gouvernement va décider de l’avenir du pays et de ses habitants ! Chapeau les artistes et les metteurs en scène.

Au diable les volumes de radioactivité globale auxquels chacun-e d’entre nous devra faire face. Un peu plus ou un peu moins… c’est toujours beaucoup plus que la mise à l’arrêt immédiat des installations nucléaires qui, à chaque seconde, produisent des déchets radioactifs et rejettent dans l’air et l’eau leur radioactivité. Pour sûr, un m3 de déchets  de moins de 100 Bq par gramme (nommé pudiquement de « faible activité » par les adeptes de la secte atomiste) vous zigouille la santé en quelques mois et vous fait passer de vie à trépas en quelques années. C’est donc bien « plus mieux » et moins mauvais qu’un m3 de déchets de plusieurs milliards de Bq par gramme (nommé pudiquement « à haute activité« ) qui vous zigouille la vie et fait passer de vie à trépas en quelques secondes ou minutes. Question de point de vue évidemment.

À la louche : charlots ou charlatans ?

Le point commun aux énarques et technicistes sont les schémas de pensée, l’esprit de boutique et la rhétorique : « Si nous n’avons pas de solution c’est qu’il n’y a pas de problème« . Et circulez y’a rien à voir. Ainsi comme les échéances et étapes de leurs propres (sales) scénarios ne sont pas connues – bien que l’on puisse les prévoir dans le cadre d’une prospective, basique mon cher Watson – les spécialistes de la chose toxique et mortelle se contentent d’une évaluation « à la louche« . « On » pense qu’il est judicieux d’évaluer les volumes de déchets tueurs, au final, à la fin du démantèlement des installations nucléaires uniquement autorisées à fin 2016. Avec l’assentiment du télé-évangéliste-écolo Hulot. Bah mon n’veu, et les actuels 58 réacteurs pourris que vous voulez faire tourner pour encore une décennie ? Vous verrez ça plus tard? Lorsque vous serez à la retraite et aurez enfanté dix ou cent générations ? Évidemment comme depuis l’origine ni EDF, ni Areva-Orano, ni le CEA, ni la DGA n’avaient envisagé le démantèlement et la fin de leurs installations de morts, convaincus qu’ils pourraient recycler indéfiniment leurs déchets… Foi d’experts et de sachants, « faites-nous confiance« !

L’Andra ne va quand même pas se fâcher avec ses amis nucléaristes. Ses clients même puisque tout cela c’est aussi du business, du PIB, des postes de direction et distinctions, des malades et des morts certes mais des médicaments et des chimios refourgués sur le dos de la sécu, de la pompe funèbre, de la métallurgie, du transport (dangereux ok, hyper dangereux ok mais du business quand même, de la start-up).

Donc, comme les scénarios élaborés selon les vœux des atomistes reposent sur des durées différentes et que l’Andra ne les a pas travaillées : pas de solution donc pas de problème. CQFD.

« Peau de lapin, peau des fesses » : pas d’évaluation non plus des coûts de gestion des déchets atomiques.

Pas de solution ? Pas de problème on vous dit. Donc dans leurs scénarios d’un avenir radieux radioactif nos grands spécialistes – habités d’une pudeur de vierge effarouchée ou d’un blocage de puceau ?- passent sous silence une autre épine dans le pied : ce que les nouveaux réacteurs atomiques espérés être mis en service vont à leur tour générer comme déchets. « Les matières et déchets générés par le fonctionnement de nouveaux réacteurs venant en remplacement des réacteurs du parc électronucléaire actuel ne sont pas comptabilisés« , indique l’Andra. Le nucléaire c’est simple et moderne on vous dit.

Un peu comme le calcul du coût du kw/h nucléaire : on nous assure qu’il n’est pas cher en ne prenant pas en compte les coûts de gestion réelle des déchets (rien que pour la poubelle Cigéo, la ministre socialiste S.Royal avait évalué à 25 milliards d’euros le stockage des déchets radioactifs actuels et il faudra en construite d’autres des poubelles si on continue), ni les nouveaux nécessaires sites d’entreposage de déchets radioactifs (le site de La Hague est saturé, EDF planche depuis plusieurs mois sur ce projet en toute discrétion et veut implanter de nouvelles méga-piscines d’entreposage dont une première à Belleville-sur-Loire dans le Cher mais aussi un centre de stockage « Iceda » au Bugey dans l’Ain et certainement ailleurs. Dans chaque département ?), ni les coûts des démantèlements et les transports de leurs déchets sur les routes et voies ferrées, ni les destructions de lieux, de territoires, d’emplois et de vies qu’une catastrophe annoncée par l’ASN elle-même va produire (ça c’est pour vos impôts), ni « le pognon dingue » du renflouement financier des entreprises du secteur nucléaire pour leur éviter la faillite (9 milliards d’euros, ça c’est aussi pour vos impôts), ni les coûts des atteintes sanitaires quotidiennes à la santé découlant des cancers et maladies radio-induites et supportés par la sécurité-sociale (ça c’est pour un plus sur le montant de vos cotisations avec, à la clef, quelques déremboursements d’actes et médicaments), ni les surcoûts de fabrication et de retards des EPR, des fraudes de fabrication, des coûts de mise en soit-disante protection des installations atomiques actuelles vulnérables au terrorisme,…

Une autre omission : la radioactivité et ses effets mortels

Omettant malencontreusement d’évoquer le fondement du déchet radioactif c’est à dire … la radioactivité, mortelle, les technocrates andramesques du lobby nucléaire nous servent les comparaisons entre mort et mort, atteinte sanitaire et atteinte sanitaire, toxicité et toxicité, durée d’atteinte à la vie et durée d’atteinte à la vie. Comme ces charmants apprentis-sorciers nourris au biberon de la mégalomanie et de la technique pourvoyeuse infinie de progrès humain, sont confrontés depuis les origines à l’ignominie de leurs agissements : ils ont inventé des échelles dans l’horreur. Histoire de faire croire qu’ils maîtrisent leur monstre. « Ines » pour les catastrophes nucléaires et, pour les déchets, tout un verbiage de distinctions entre les mortels, les très mortels, les très très mortels, les super mortels, les hyper mortels. Qui durent et qui ne durent pas, un jour, dix ans, un siècle, 10 000 ans, une ère géologique. Et dire que des pyramides d’Égypte qui n’ont que 5000 ans on ne connaît pas grand-chose. Eux, les nucléocrates affirment la main sur le cœur qu’ils savent ce que deviendra un fût toxique radioactif dans 100 ans (il y en aura des dizaines de milliers si on ne les arrête pas immédiatement). Des devins, des prêtres à respecter et à suivre sans nul doute… si on est fou et suicidaire.

Un verbiage et des sigles de manière à ce que ce qui est simple devienne compliqué, soit perçu comme une histoire de spécialistes et que le citoyen s’en désintéresse. Ainsi on pourra disserter, faire de la recherche, tenir des colloques, mener des études, monter des laboratoires y compris souterrains, financer des réserves foncières et détruire des espaces naturels, intégrer des associations contestataires à la réflexion sur les HA, MA-VL, FA-VL, FMA-VC, TFA, VTC (3) et autres mets des plus savoureux. Chacun, individu ou média, politicien ou expert, pourra s’étriper et contester le « comment » et ainsi le fond du problème sera, encore une fois, occulté. Dans le réel : tous les déchets radioactifs tuent. Dans le réel : la France en a produit à ce jour 1 500 000 m3 dont elle ne sait que faire et, si l’un des scénarios du lobby atomiste mis en scène par l’Andra visant à poursuivre le nucléaire était retenu ce sera entre 2 531 000 m3 et 2 942 000m3.

Chacun-e peut connaître les déchets radioactifs produits et stockés par loin de son lieu de vie, de travail ou de villégiature, à sa porte (2).

Bon appétit les enfants !

JR, par rédaction le vendredi 13 juillet 2018, 09:41 – Lien permanent

Notes :

(1) le secteur électronucléaire comprend principalement :

. les centrales et réacteurs nucléaires de EDF, les usines Areva-Orano de fabrication des produits uranifères de fission atomique (faussement nommé « combustible« ) par extraction puis traitement du minerai d’uranium et la transformation chimique (« conversion ») puis l’enrichissement des concentrés d’uranium, le retraitement des déchets mortels nucléaires usés et le recyclage d’à peine 1% de ces ordures pour en refabriquer du Mox à base d’oxyde de plutonium et d’uranium.

. le secteur de la recherche nucléaire civile du Commissariat à l’énergie atomique ainsi que le médical, la physique nucléaire et des particules, l’agronomie (engrais agricoles notamment), la chimie, la biologie,…

. le secteur de l’armement et la guerre (« Défense« ), de la force de dissuasion nucléaire (bombe atomique, armements à l’uranium dit « appauvri« ) des usines Areva-Orano, propulsion nucléaire de navires de guerre (porte-avions,…) et sous-marins lanceur d’engins du CEA et de la DAM (Applications militaires) et de la recherche dite « associée »

(2) https://inventaire.andra.fr/inventaire et https://inventaire.andra.fr/les-donnees/les-dechets-radioactifs/inventaire-geographique ou ici et

*(3) HA (Haute Activité radioactive de  plusieurs milliards de becquerels par gramme GBq/g), MA-VL (Moyenne Activité radioactive de Vie Longue), FA-VL (Faible Activité radioactive de Vie Longue compris entre quelques dizaines de becquerels par gramme et quelques centaines de milliers de becquerels par gramme), FMA-VC (Faible et Moyenne Activité radioactive de Vie Courte de un million à un milliard de becquerels par gramme  1 MBq/g à 1 GBq/g)), TFA (Très Faible Activité radioactive inférieure à cent becquerels par gramme qui est la radioactivité de la nature), VTC (Vie Très Courte = Activité radioactive mortelle de courte durée). Il y a sensiblement un facteur mille d’une catégorie à l’autre, suivant que l’activité se compte en kilobecquerels par gramme (FA), mégabecquerels par gramme (MA) ou gigabecquerels par gramme (HA). La « haute activité » n’a pas de limite supérieure, les plus actifs des déchets radioactifs, les produits de fission, peuvent avoir une activité d’une classe encore supérieure, se comptant en térabecquerels par gramme.

La classification se fait également sur la base de la « période radioactive » qui n’est pas la durée de génération de mort du radionucléïde mais sa « demie-vie » (un subterfuge techno-scientiste):

. déchets radioactifs à vie très courte : la période est inférieure à 100 jours ce qui veut dire que la décroissance radioactive se fait au terme de plusieurs années

. déchets radioactifs à vie courte (VC) : période de moins de 31 ans ce qui indique la disparition de leur radioactivité à une échelle historique de quelques siècles ;

. déchets radioactifs à vie longue (VL) : période qui dépasse 31 ans  indique la disparition de leur radioactivité à une échelle de temps géologiques.

D’une manière générale, au bout de dix fois la demi-vie d’un radionucléide, son activité a été divisée par 1024, ce qui le fait passer d’une catégorie d’activité à l’autre. Ainsi, au bout de 310 ans, des déchets « Moyenne activité-vie courte » sont classés en tant qu’une activité de type « Faible activité-vie courte » ; et trois siècles supplémentaires les feront passer dans la catégorie « très faible activité ». En revanche, pour des produits contenant du plutonium (demi-vie de 24 110 ans) le passage d’une catégorie à l’autre prend 241 000 ans, ce qui rend irréaliste toute gestion historique de tels déchets.

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/07/13/Inventaire-de-l-Andra-%3A

Juil 14

MOON APPELLE À FAIRE AVANCER LA DÉNUCLÉARISATION NORD-CORÉENNE

SINGAPOUR, 13 juil. (Yonhap) — Le président Moon Jae-in a appelé ce vendredi toutes les parties prenantes à faire avancer le processus de dénucléarisation nord-coréenne en soulignant que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un est déterminé à transformer son pays en un État normal.

«J’ai rencontré le président (de la Commission des affaires de l’État) Kim Jong-un deux fois jusqu’à présent. Le président Kim a un grand désir de rompre avec les confrontations idéologiques et développer la Corée du Nord en un pays normal», a déclaré Moon lors d’une conférence spéciale organisée par l’Institut d’études de l’Asie du Sud-Est à Singapour.

«Si le président Kim Jong-un tient ses promesses de dénucléarisation, il pourrait conduire son pays à la prospérité», a-t-il prévu. Moon et Kim ont tenu deux sommets inter-coréens le 27 avril et le 26 mai.

La conférence de ce vendredi a été la 42ème du genre donnée par un dirigeant étranger en visite dans cette cité-État, selon le bureau présidentiel Cheong Wa Dae. Moon est le seul chef d’État sud-coréen après le défunt ancien président Kim Dae-Jung à le faire.

Moon a prononcé ces propos sur fond de spéculations selon lesquelles la Corée du Nord et les États-Unis auraient rencontré des difficultés sur la manière dont la dénucléarisation doit procéder.

Après une visite de deux jours à Pyongyang la semaine dernière, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré avoir eu des discussions très productives avec ses homologues nord-coréens sur la manière de débarrasser le Nord de ses armes nucléaires.

La Corée du Nord a toutefois accusé les États-Unis d’avoir formulé des demandes «de gangster» sans faire aucune concession.

Moon a fait remarquer que le processus de dénucléarisation ne sera pas facile mais que les pays atteindront leur objectif si et seulement s’ils mettent en œuvre sincèrement ce qui a été convenu par leurs dirigeants.

«Si la Corée du Nord présente un plan plus détaillé pour sa dénucléarisation et la Corée du Sud et les États-Unis prennent rapidement des mesures correspondantes, la vitesse (de la dénucléarisation) s’accéléra», a-t-il estimé lors de la conférence qui a vu la présence de 400 officiels et leaders d’opinion de Singapour.

Le président a noté que les pays pourraient aussi avoir besoin de commencer à envisager des mesures destinées à empêcher la Corée du Nord de faire marche arrière après avoir abandonné son ambition nucléaire.

«La normalisation des relations inter-coréennes conduira à la normalisation des liens Corée du Nord-États-Unis et à la normalisation des relations Corée du Nord-Japon», a prévu le président. «La normalisation des liens Corée du Nord-Japon contribuera grandement à la paix et à la stabilité de la péninsule coréenne et de l’Asie du Nord-Est

Ces efforts demandent de ramener la Corée du Nord à la communauté internationale en tant que membre et partenaire économique, a-t-il noté.

«Il est important d’accueillir la Corée du Nord dans divers cadres de coopération et d’échanges entre la Corée du Sud et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) qui sont déjà établis», a-t-il souligné.

Le président a notamment mis l’accent sur l’importance du soutien de la part de l’Asean en notant que l’ensemble des 10 pays membres ont des relations diplomatiques avec la Corée du Nord.

«J’espère que l’Asean inclura la Corée du Nord dans ses diverses réunions et renforcera les échanges et la coopération bilatéraux des pays avec la Corée du Nord si celle-ci met en œuvre pleinement des mesures de dénucléarisation. Nous devons créer l’occasion pour la Corée du Nord de remplir son rôle en tant que membre responsable de la communauté internationale», a-t-il insisté.

En échange, la Corée du Nord pourrait être source de nouvelles opportunités non seulement pour la Corée du Sud et l’Asean mais aussi pour l’ensemble de la région Asie.

«Une fois que les sanctions contre la Corée du Nord auront été levées suite à sa dénucléarisation complète, la coopération économique entre la Corée du Nord et l’Asean qui était jadis solide retrouvera son dynamisme. Cela pourrait contribuer au développement économique à la fois de la Corée du Nord et de l’Asean», a-t-il estimé.

«L’établissement de la paix sur la péninsule coréenne ne s’arrêtera pas là mais créera un nouveau moteur de croissance pour tous les pays de la région incluant l’Asean en reliant les économies de l’Asean, de la Corée du Sud, de la Corée du Nord et de l’Eurasie», a-t-il ajouté.

«Lorsque la péninsule coréenne construira la paix, l’Asie, y compris Singapour et l’Asean, deviendra la région la plus prospère au monde. Elle constituera un espoir pour guider le futur de l’humanité.»

lsr@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2018/07/13/0200000000AFR20180713001100884.HTML

Juil 14

TÉHÉRAN VEUT « DÉJOUER LES COMPLOTS » AMÉRICAINS

Les autorités de Téhéran sont déterminées à « déjouer les complots » des États-Unis contre l’Iran et fourniront aux agents économiques nationaux « les devises nécessaires » aux importations et aux exportations, a assuré samedi le président iranien Hassan Rohani.

Face au renforcement des sanctions économiques américaines contre l’Iran ordonné en mai par la Maison-Blanche avec la sortie des États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, « la voie choisie par la République islamique d’Iran est la persévérance, la résistance« , a déclaré Rohani dans une allocution retransmise par la télévision d’État iranienne. « Chaque fois qu’on a pu déjouer les complots, le peuple et le gouvernement étaient côte à côte« , a-t-il ajouté, parlant d' »instaurer une coordination avec le peuple et [de] trouver une entente avec les États amis« .

« Les États-Unis sont de plus en plus isolés sur le sujet des sanctions« , a estimé M. Rohani, brocardant la « politique aventuriste » du président américain Donald Trump, qui ne concerne « pas seulement le peuple iranien, mais même [les] alliés les plus proches » des États-Unis. « La logique illégale des États-Unis n’est soutenue par aucune des organisations internationales« , a-t-il ajouté.

Sauver le compromis

Les Européens, la Russie et la Chine, signataires de l’accord de 2015, sont déterminés à sauver ce compromis historique limitant le programme iranien en échange de la levée des sanctions internationales malgré le retrait américain. Début juillet, ils ont conforté le droit de Téhéran à exporter du pétrole et rester un acteur du commerce international.

Le retour annoncé des sanctions américaines a toutefois fait fuir les grands groupes étrangers revenus s’implanter en Iran en 2016 après l’entrée en vigueur de l’accord. Il a aussi contribué à affaiblir considérablement la monnaie nationale, le rial iranien, qui a perdu environ 50% de sa valeur en neuf mois face au dollar sur le marché des changes.

Par  Le Figaro.fr avec AFP, publié le 14/07/2018 à 12:13

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/07/14/97001-20180714FILWWW00051-teheran-veut-dejouer-les-complots-americains.php

Juil 13

LES ÉTATS-UNIS REFUSENT DES EXEMPTIONS POUR LES ENTREPRISES EUROPÉENNES EN IRAN

Les États-Unis ont refusé de délivrer des exemptions dans l’application de leurs sanctions pour les entreprises européennes installées en Iran, révèle le ministre de l’Économie Bruno le Maire dans une interview parue vendredi dans le Figaro.

« J’ai écrit au printemps à Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor américain, pour lui demander des exemptions pour les entreprises européennes installées légalement en Iran ou des délais supplémentaires dans l’application des sanctions. Nous venons de recevoir sa réponse: elle est négative« , explique le ministre.

Cette réponse n’est pas vraiment une surprise, Bruno le Maire ayant lui-même répété à plusieurs reprises ces dernières semaines ne pas se faire « d’illusions » sur les demandes d’exemptions.

« L’Europe doit se doter d’instruments pour résister aux sanctions extraterritoriales et mettre en place des circuits de financement autonomes. Ce n’est pas aux Américains de décider avec quels pays nous avons le droit de faire du commerce!« , ajoute M. Le Maire.

La semaine dernière, les Européens, mais aussi la Russie et la Chine, avaient plaidé pour la poursuite des exportations de gaz et de pétrole iraniens alors que les États-Unis ont demandé à tous les pays d’arrêter complètement leurs importations de pétrole d’ici au 4 novembre.

En mai, Donald Trump avait annoncé le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire signé en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances internationales, et le rétablissement des sanctions contre toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique.

Plusieurs entreprises ont d’ores et déjà annoncé leur départ d’Iran, à l’image de Total qui va se retirer d’un vaste projet gazier faute d’exemption ou du groupe automobile PSA qui a lancé le processus de suspension de ses activités dans le pays.

L’armateur CMA-CGM a, quant à lui, annoncé qu’il mettait fin à sa desserte de l’Iran.

afp, le 13/07/2018 à 10h53

https://www.la-croix.com/Economie/Etats-Unis-refusent-exemptions-entreprises-europeennes-Iran-2018-07-13-1300954839

Juil 13

BELGIQUE : 500.000 PERSONNES DEMANDENT LA FERMETURE DE TIHANGE 2 ET DOEL 3

Une délégation de plusieurs groupes d’actions anti-nucléaires a remis une pétition signée par un demi-million de personnes, vendredi, à l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Les signataires – belges, néerlandais et allemands pour la plupart – réclament la fermeture sans délai des réacteurs Tihange 2 et Doel 3, dont les cuves présentent des milliers de fissures.

La pétition a été remise aux mains du nouveau directeur général de l’AFCN, Frank Hardeman, entré en fonctions au mois de mai. Cet expert en sûreté nucléaire et ancien directeur adjoint du Centre d’étude nucléaire de Mol pourrait se montrer « plus ouvert » que son prédécesseur Jan Bens, espèrent les associations qui comptent sur un « changement d’attitude » de l’AFCN.

La décision, jeudi, par le gendarme nucléaire de redémarrer à une date encore non précisée le réacteur Doel 3, à l’arrêt depuis le 22 septembre 2017, ne présage toutefois rien de bon. « C’est irresponsable« , a commenté Léo Tubbax, membre de la délégation et porte-parole du groupe d’action « Nucléaire Stop Kernenergie« , avant la rencontre.

« On joue à la roulette russe« 

Outre la remise des 506.003 signatures, qui confèrent un certain poids aux militants, la délégation a invité M. Hardeman à s’asseoir autour d’une table avec des experts critiques du Groupe international d’évaluation des risques nucléaires (INRAG). « L’AFCN a pris acte de notre demande, sans se prononcer clairement sur une réponse positive ou négative« , a ajouté M. Tubbax à l’issue de la réunion.

« On joue à la roulette russe« , a dénoncé, de son côté, le porte-parole du mouvement anversois du 11 mars (11 maart-beweging), Marc Alexander.

Les associations citoyennes à l’origine de la pétition estiment que les réacteurs fissurés Tihange 2 et Doel 3, âgés de plus de 30 ans, doivent être fermés immédiatement et non au plus tard en 2023 comme cela est prévu.

Les fissures qui strient leurs parois ont été mises au jour en 2012 et ont conduit à la fermeture temporaire des réacteurs, exploités par Engie Electrabel. Mais après enquête, l’AFCN a estimé qu’ils pouvaient continuer à produire de l’électricité.

Pour les groupes d’actions anti-nucléaires, il n’existe « aucune preuve que les réacteurs fissurés aient le même niveau de sûreté que les autres« . D’après eux, un accident nucléaire à Doel ou Tihange mettrait la vie de millions de personnes en péril, y compris dans les régions frontalières aux Pays-Bas et en Allemagne, où la mobilisation contre l’atome fédère un large front.

« Nous demandons des preuves formelles« 

Les militants s’inquiètent également de la structure des réacteurs, dont la porosité pourrait être plus importante que prévu. « Cette structure est le dernier rempart entre la radioactivité et la population. Elle doit être absolument robuste. Nous demandons des preuves formelles« , a encore dit Léo Tubbax.

Parmi les signataires de la pétition, les Allemands de Rhénanie sont les plus nombreux, suivis par les Néerlandais du Limbourg méridional. « Les Belges sont minoritaires, mais nous avons constaté un regain d’intérêt sous l’influence, entre autres, de la chaîne humaine de 50.000 personnes organisée en juin 2017 entre Tihange, en province de Liège, et la ville allemande d’Aix-la-Chapelle« , selon Léo Tubbax.

Les interpellations citoyennes dans les conseils communaux et la distribution des pilules d’iode ont également favorisé la prise de conscience, estime-t-il.

https://www.7sur7.be/7s7/fr/2765/Environnement/article/detail/3452132/2018/07/13/500-000-personnes-demandent-la-fermeture-de-Tihange-2-et-Doel-3.dhtml

Juil 13

IL EST URGENT D’ÉLIMINER LES ARMES NUCLÉAIRES TACTIQUES D’EUROPE !

Vendredi 13 juillet : appel de personnalités mondiales, issues de 12 pays (dont 8 membres de l’OTAN)

Les États-Unis ne manifestent à présent, sous la présidence de Donald Trump, aucune intention de retirer leurs quelque 150 armes dites non stratégiques déployées sur le sol de cinq pays européens de l’OTAN ; ils prévoient même de consacrer 11 milliards de dollars à leur modernisation. Inutile militairement, cette modernisation menacerait la sécurité et la stabilité du continent européen en transformant de simples bombes à gravité à valeur essentiellement politique en armes précises et modulables qui aggraveraient le risque d’une guerre nucléaire en Europe.

Pour remédier à l’obsolescence des armes tactiques actuelles, la solution n’est pas de les moderniser mais de les éliminer, en Europe comme en Russie. Or, l’indispensable dialogue avec la Russie sur ces armes fait cruellement défaut. En réponse au comportement de Moscou jugé agressif en Ukraine et à ses pressions sur les pays baltes, l’OTAN s’est contenté, dans le communiqué de Varsovie de 2016, de rappeler que « la posture de dissuasion nucléaire de l’OTAN repose (…), en partie, sur les armes nucléaires des États Unis déployées à l’avant en Europe, ainsi que sur les capacités et l’infrastructure mise à disposition par les Alliés concernés. »

Pourtant, l’objectif de l’OTAN, affiché dans son Concept stratégique de 2010 était plus ambitieux : « tenter d’obtenir de la Russie qu’elle accepte d’accroître la transparence sur ses armes nucléaires en Europe et de les redéployer à distance du territoire des pays membres de l’OTAN. Toute nouvelle mesure devra tenir compte de la disparité entre les stocks d’armes nucléaires de courte portée, plus importants du côté russe. »

Aujourd’hui, la Russie procède à de la gesticulation et de l’intimidation en modernisant un centre de stockage qui pourrait abriter des missiles à têtes nucléaires à Kaliningrad, à quelques dizaines de kilomètres de la Pologne, État membre de l’OTAN. De son côté, l’administration Trump a pris prétexte des évolutions de l’arsenal russe pour préconiser, dans la Nuclear Posture Review de février 2018, l’introduction de nouvelles armes nucléaires à « faible puissance » dans la panoplie des États-Unis.

Où l’escalade peut-elle conduire ? N’est-il pas temps de relancer une négociation qui permettrait d’éliminer un échelon jugé dangereux dans le prétendu équilibre de la terreur ? En effet, croire que le maintien d’armes nucléaires « tactiques » dans les pays européens garantira leur sécurité est illusoire : les pays qui les accueillent deviennent des cibles potentielles ; l’emploi de ces armes déclencherait forcément une riposte « stratégique » et la catastrophe ne pourrait être empêchée.

Le sommet de l’OTAN des 11 et 12 juillet 2018 offre une occasion unique pour les membres européens de l’Alliance de reprendre l’initiative et d’exiger des Américains une négociation qui devrait déboucher sur le retrait des armes tant américaines que russes du sol européen. Se contenter d’attendre que la Russie « crée les conditions du désarmement » n’est plus une option. Si la Russie exige de mettre sur la table non seulement les armes non stratégiques mais aussi les armes stratégiques déployées et non déployées, la défense anti-missile et les armes conventionnelles, cela offrira d’autant plus d’opportunités pour des compromis vers une réduction du risque nucléaire dans l’intérêt de tous.

Quelques chiffres :

L’arsenal de la Russie

Sur les 6.850 armes nucléaires possédées par la Russie, les estimations de son arsenal non-stratégique varient entre 1.830 et 6.000, aucun chiffre officiel n’étant fourni. À la différence des armes dites stratégiques, ces armes ne sont pas couvertes par le Traité New START ni par le Traité FNI de 1987 sur les missiles à portée moyenne et intermédiaire, mais par les Initiatives nucléaires présidentielles (PNI) de 1991 et 1992, qui ont abouti à l’élimination de milliers d’armes tactiques. La plupart de ces armes, aujourd’hui réparties entre l’armée de l’air et la marine, sont déclarées comme non déployées, c’est-à-dire stockées centralement, ce qui leur assure un niveau opérationnel relativement bas. La position diplomatique de la Russie consiste à n’accepter de négocier sur ses armes non stratégiques qu’une fois les armes américaines équivalentes rapatriées sur le sol américain.

L’arsenal des États-Unis

Au sein d’un stock officiel de 6.450 armes nucléaires, les États-Unis possèdent un arsenal d’environ 500 armes non stratégiques dont 150 déployées en Europe sur le sol de cinq pays membres de l’OTAN (Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas, Turquie). Les actuelles bombes à gravitation B61 sont en cours de modernisation (pour un coût de 11 milliards de dollars). Leur puissance peut varier entre 0,3 et 360 kilotonnes (soit 24 fois la bombe d’Hiroshima).

www.idn-france.org

Retrouvez cet article et la liste des signataires de l’appel sur :

http://7seizh.info/2018/07/13/il-est-urgent-deliminer-les-armes-nucleaires-tactiques-deurope/

Juil 13

LES ARMES NUCLÉAIRES DE LA FRANCE AU SERVICE DE L’OTAN ?

Communiqué de presse de IDN du vendredi 13 juillet 2018.

La déclaration publiée par l’OTAN à la suite du sommet de Bruxelles des 11 et 12 juillet interpelle fortement sur le rôle de la force nucléaire française au sein de cette Alliance.

Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN) s’étonne des termes qui sont employés au paragraphe 35 d’une déclaration qui comporte 79 paragraphes : « Les forces nucléaires stratégiques indépendantes du Royaume-Uni et de la France ont un rôle de dissuasion propre et contribuent de manière significative à la sécurité globale de l’Alliance.» Cette phrase, qui ne semble pas apporter de changement majeur à la déclaration du sommet de Varsovie en 2016 (« Les forces nucléaires stratégiques indépendantes du Royaume-Uni et de la France ont un rôle de dissuasion propre et contribuent à la sécurité globale de l’Alliance») recèle en réalité, avec l’expression « de manière significative », une ambiguïté lourde de conséquences.

La politique de dissuasion de la France et sa politique d’emploi des armes nucléaires auraient-elles changé au regard de la politique de l’Alliance ?

La France, qui n’est pas membre du « groupe des plans nucléaires », où est décidée la stratégie nucléaire de l’Alliance, va-elle en devenir membre prochainement ?

Pourquoi cette évolution de notre doctrine n’a-t-elle pas fait l’objet d’une déclaration officielle, voire d’un débat parlementaire ?

Que signifie l’intégration de fait de la force nucléaire française dans l’OTAN, affirmée dans le rôle des centres de décision nucléaires français et britannique, présentés comme « distincts » de celui de l’OTAN mais qui « contribuent à la dissuasion » de l’OTAN.

IDN souligne la cacophonie que ne manquera pas de provoquer cet échafaudage avec une formule qui prône la division dans l’unité, alors que, dans le domaine du nucléaire, la décision ne se partage pas. Ses conséquences éventuelles peuvent être dramatiques, car c’est bien le territoire européen qui est concerné.

Enfin, IDN constate que cette rhétorique vise à conforter la présence des armes nucléaires tactiques américaines en Europe, armes à la fois inutiles et dangereuses pour sa sécurité. Demain, de nouvelles bombes nucléaires américaines d’une portée et d’une précision accrues vont renforcer les capacités nucléaires de l’OTAN. Elles accroîtront la menace nucléaire sur l’Europe. Comme le demande IDN, ainsi que de nombreuses organisations européennes, ces armes doivent être retirées du sol européen.

Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN) a pour but d’œuvrer à l’élimination des armes nucléaires de la planète, pour contribuer à l’édification d’un monde plus sûr. Son action s’inscrit dans une réflexion plus générale sur les enjeux stratégiques de ce début de 21ème siècle et sur la capacité de la France à assurer sa sécurité territoriale tout en continuant à peser sur la marche du monde.

https://7seizh.info/2018/07/13/les-armes-nucleaires-de-la-france-au-service-de-lotan/

Juil 13

DE RUGY: « CE N’EST PLUS EDF QUI FAIT LA POLITIQUE DE L’ÉNERGIE EN FRANCE »

Le président de l’Assemblée nationale François de Rugy a assuré jeudi à l’adresse du patron d’EDF que « ce n’est plus aujourd’hui EDF qui fait la politique de l’énergie en France« , alors que le groupe public souhaite repousser la fermeture des centrales nucléaires.

Envisager la construction d’un deuxième EPR en France est « une fuite en avant« , a aussi estimé M. de Rugy, soulignant qu’aujourd’hui EDF « n’est pas capable de dire quand on pourrait mettre en service » le premier actuellement en construction à Flamanville (Manche).

Évoquant la « dérive sur les coûts » de ce chantier et « un problème de sécurité de la centrale neuve soulevé par l’Autorité de sûreté nucléaire« , il a estimé que « tout cela doit être réglé avant une mise en service« .

Concernant le parc de centrales existant, François de Rugy a estimé que « ce qui est sûr, c’est que si jamais on veut les prolonger, c’est l’Autorité de sûreté nucléaire, indépendante, qui doit dire si c’est possible ou pas d’un point de vue de la sécurité« . Les décisions sur l’avenir des centrales vieillissantes seront prises « en fonction des critères de sécurité« , a-t-il rappelé.

« En tout cas EDF doit savoir que ce n’est plus EDF qui fait la politique de l’énergie en France. C’est le Parlement qui a fixé les choses il y a trois ans (dans une loi), la majorité actuelle dit clairement +on ne la remet pas en cause+. S’il y a des gens qui veulent la remettre en cause, si le patron d’EDF (Jean-Bernard Lévy, NDLR) veut faire la loi à la place des députés, qu’il se présente aux élections législatives et ensuite on verra ce qu’il en est« , a lancé François de Rugy.

Mais « en l’occurrence il est à la tête d’une entreprise publique (…). Donc il est là pour mettre en œuvre la politique décidée par le Parlement« , a-t-il conclu.

Le président de l’Assemblée, un ex-écologiste, a redit la détermination du gouvernement à « mener le reste du chantier de la transformation de la production d’électricité« , avec en particulier la sortie des centrales thermiques et le développement des éoliennes.

En mai EDF avait considéré qu’un nouveau retard du démarrage de l’EPR de Flamanville pourrait repousser la fermeture de la centrale de Fessenheim à l’été 2019. L’entreprise avait également réitéré sa volonté de ne fermer aucun autre réacteur nucléaire avant 2029.

©AFP / 12 juillet 2018 10h51

https://www.romandie.com/news/Rugy-Ce-n-est-plus-EDF-qui-fait-la-politique-de-l-nergie-en-France/935812.rom

Juil 13

DONALD TRUMP PUBLIE UNE LETTRE QUE LUI A ADRESSÉE KIM JONG-UN

Par ce geste diplomatique inédit, le président américain souhaite marquer sa confiance sur l’épineux dossier nord-coréen.

Donald Trump ne cache pas son optimisme face au dossier nord-coréen. Pour convaincre les plus sceptiques, le président américain a effectué un geste diplomatique inédit en publiant une lettre que lui a adressée KIm Jong-un. Processus « important » ou « fructueux », « confiance inébranlable », « progrès historiques ». Les mots employés par le dirigeant nord-coréen dans ce texte daté du 6 juillet sont empreints de chaleur et de confiance et tranchent avec le revers enregistré par le secrétaire d’État Mike Pompeo lors de sa visite récente à Pyongyang . « On enregistre de grands progrès », a commenté de son côté Donald Trump sur Twitter, plateforme qu’il a choisie pour diffuser cette lettre.

Dans sa missive, le leader nord-coréen demande cependant à Donald Trump « des actions concrètes » pour renforcer leur confiance mutuelle. Cela devrait permettre, dit-il, une nouvelle rencontre après le sommet historique du 12 juin à Singapour.  « Je suis fermement convaincu qu’une volonté forte, des efforts sincères et l’approche unique que nous avons eue, moi-même et vous, Excellence, afin d’ouvrir de nouvelles perspectives entre la RPDC [République populaire démocratique de Corée, NDLR] et les États-Unis seront fructueux », écrit Kim Jong-un. Le leader nord-coréen y évoque « une mise en œuvre fidèle » de la déclaration commune adoptée le 12 juin àSingapour, mais n’aborde pas directement la question centrale du processus, la dénucléarisation de la péninsule coréenne et donc du régime de Pyongyang.

 « Méthodes de gangsters »

Ce communiqué conjoint de Singapour se prononçait pour une « dénucléarisation complète », mais ne disait rien des moyens qui seraient mis en œuvre pour la vérifier. En quête de garanties sur ce point, Mike Pompeo a dit avoir eu des entretiens « productifs », lors de sa visite à Pyongyang les 6 et 7 juillet, avec Kim Yong Chol, le bras droit de Kim Jong-un. Mais les Nord-Coréens ont répliqué de façon virulente à ces propos diplomatiques, dénonçant des « demandes unilatérales et avides » des États-Unis et leurs « méthodes de gangsters ».

La lettre de Kim Jong-un est datée du jour précédant la diffusion par les Nord-Coréens de ces commentaires particulièrement violents. Mais le président américain a tout de même choisi de la publier. Dans les jours qui avaient précédé la visite de Mike Pompeo, sa troisième dans la capitale nord-coréenne, plusieurs médias avaient révélé que, selon le renseignement américain, les Nord-Coréens cherchaient toujours à dissimuler une partie de leur arsenal nucléaire.

Les Américains se défendent de toute naïveté dans ce dossier et Mike Pompeo a réaffirmé dimanche dernier à Tokyo que les sanctions très sévères qui frappent la Corée du Nord resteraient en place jusqu’à « une dénucléarisation complète et totalement vérifiable ». Les États-Unis ont de fait demandé jeudi à l’ONU l’arrêt de toute nouvelle exportation de pétrole vers la Corée du Nord, se basant sur un rapport américain affirmant que ce pays a dépassé pour 2018 ses quotas d’importation fixés fin 2017 par des sanctions.

Signaux contradictoires

La nouvelle demande américaine liée au pétrole destiné à Pyongyang est formulée dans une lettre au président du Comité de sanctions des Nations unies chargé de la Corée du Nord, accompagnée d’un résumé d’un rapport des services de renseignements américains, deux documents obtenus jeudi par l’Agence France-Presse. « Nous demandons au Comité 1718 de publier une note verbale urgente à tous les États membres et un communiqué de presse pour les informer, ainsi que le grand public, que la Corée du Nord a violé les quotas d’importation de pétrole raffiné pour 2018 fixés par la résolution 2397 », souligne la lettre.

Ces signaux contradictoires montrent néanmoins la confiance personnelle que le président septuagénaire maintient dans ce processus et dans sa relation avec le jeune leader nord-coréen. Il insiste régulièrement sur le fait que cette ouverture diplomatique avait permis de faire cesser les essais nucléaires et balistiques nord-coréens, menace directe pour les États-Unis et leurs alliés asiatiques. Ils soulignent aussi à quel point le président américain semble rebattre les cartes de la diplomatie mondiale. Il vient de boucler un sommet de l’Otan au cours duquel il a sévèrement tancé ses alliés occidentaux, accusés de ne pas dépenser assez pour leur défense. Il enchaînera avec un premier sommet bilatéral avec le président russe Vladimir Poutine, qu’il décrit comme un « concurrent », pas comme un « ennemi ».

Publié le 12/07/2018 à 21:22 | Le Point.fr Modifié le 13/07/2018 à 06:48, source AFP

http://www.lepoint.fr/monde/donald-trump-publie-une-lettre-que-lui-adressee-kim-jong-un-12-07-2018-2235746_24.php

Juil 13

LA FRANCE A DÉJÀ UN STOCK DE 1,5 MILLION DE MÈTRES CUBES DE DÉCHETS RADIOACTIFS

L’inventaire publié par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs montre que, dans tous les scénarios sur l’avenir du nucléaire, de nouveaux sites de stockage seront nécessaires.

Chaque année, un Français produit, en volume de déchets radioactifs, l’équivalent d’une demi-brique de lait. Sur cette quantité, une cuillerée à café est composée de produits de haute activité ou à vie longue. C’est la métaphore alimentaire qu’a filée l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) en présentant, jeudi 12 juillet, son nouvel inventaire hexagonal, établi tous les trois ans. Une façon, peut-être, d’édulcorer la réalité.

Car les chiffres bruts ont peu à voir avec la préparation d’un café au lait. Fin 2016, la France était à la tête d’un stock de 1,54 million de mètres cubes de déchets radioactifs, soit 85 000 m3 de plus que fin 2015. Ils proviennent en majorité (près de 60 %) du parc nucléaire, mais aussi des activités de recherche (27 %) et de la défense nationale (9 %), le reste étant issu d’autres industries (comme l’électronique utilisatrice de terres rares), ainsi que du secteur médical.

Ces déchets n’ont toutefois pas tous le même niveau de dangerosité. À 90 %, il s’agit de produits de faible ou moyenne activité à vie courte, voire de très faible activité. Seuls 3 % sont de haute activité ou à vie longue (des dizaines ou des centaines de milliers d’années), cette fraction concentrant 99,8 % de la radioactivité totale.

Le volume des déchets va continuer de croître

L’Andra ne s’est pas contentée de dresser un état des lieux. Elle a envisagé, pour l’avenir, plusieurs scénarios. Dans l’un d’entre eux, les 58 réacteurs actuellement en exploitation sont arrêtés au bout de quarante ans de fonctionnement (et l’EPR de Flamanville, dans la Manche, qui doit entrer en service en 2019, au bout de soixante), sans renouvellement du parc nucléaire. Dans les autres scénarios, les réacteurs sont poussés jusqu’à cinquante ou soixante ans, comme le souhaite EDF, puis remplacés par des EPR ou des réacteurs à neutrons rapides – une filière pour l’instant à l’étude.

Dans tous les cas, le volume des déchets radioactifs va continuer de croître très fortement. Au terme du fonctionnement et du démantèlement du parc actuel, il aura été multiplié par trois ou par quatre, selon les scénarios, par rapport au stock déjà accumulé. Cela, sans même prendre en compte les « rebuts » des activités de recherche et de défense.

Cette augmentation s’explique notamment par l’afflux attendu des déchets de très faible activité qui seront générés par la déconstruction des centrales : béton, gravats, ferraille… Mais un autre facteur intervient. Fermer les réacteurs après quarante ans d’activité, et non cinquante ou soixante, mettrait fin plus rapidement à la réutilisation, qui est aujourd’hui pratiquée dans une partie du parc, de combustibles usés transformés, après retraitement, en combustibles MOx (mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium). Ce sont ainsi 57 000 assemblages de combustibles usés qui, non recyclés, s’ajouteraient aux autres déchets.

Saturation des sites de stockage

En toute hypothèse, de nouveaux sites de stockage seront nécessaires à court ou moyen terme. Les déchets de haute activité et à vie longue (résidus du retraitement, coques des assemblages de combustibles, effluents…) sont destinés au futur Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) qui doit être creusé dans le sous-sol de la commune de Bure, dans la Meuse. Une installation dont l’Andra prévoit de demander l’autorisation de création en 2019, pour une mise en service vers 2026, mais qui fait l’objet d’une vive contestation.

Les produits de faible ou moyenne activité à vie courte (vêtements, outils, filtres…), eux, rejoignent le site de Soulaines-Dhuys (Aube). D’une capacité de 1 million de mètres cubes, il a pris, depuis 1992, le relais du centre de la Manche, où ont été déposés par le passé un peu plus de 500 000 m3 de déchets, et qui est en cours de fermeture.

Les matières de très faible activité, pour leur part, sont centralisées depuis 2003 à Morvilliers (Aube). D’une capacité de 650 000 m3, cette installation sera saturée d’ici à 2025 ou à 2030, et, après une possible extension, l’Andra devra trouver un second site d’entreposage.

Restent les déchets de faible activité, mais à vie longue (plus de trois cents ans), qui seront notamment générés par le démantèlement des six anciens réacteurs à graphite-gaz de la première génération du parc français (Bugey 1, dans l’Ain, Chinon A1, A2 et A3, dans l’Indre-et-Loire, Saint-Laurent A1 et A2, dans le Loir-et-Cher). Il n’existe pas encore de stockage pour ces résidus, que l’Andra prévoit de regrouper un jour à Soulaines-Dhuys.

Ce nouvel inventaire va nourrir le débat public qui sera organisé, de septembre à décembre, sur le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs. Il pourrait aussi contribuer à éclairer les discussions en cours sur la programmation pluriannuelle de l’énergie. En rappelant, par exemple, que relancer un parc atomique en France serait aussi relancer la production de déchets nucléaires.

Par Pierre Le Hir , LE MONDE ÉCONOMIE | 12.07.2018 à 17h16 • Mis à jour le 13.07.2018 à 06h42

https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/07/12/la-france-a-deja-un-stock-de-1-5-million-de-metres-cubes-de-dechets-radioactifs_5330579_3244.html

Juil 12

BELGIQUE : PLANS DE SECOURS DE TIHANGE 3 PERDUS: ILS NE SONT PAS INDISPENSABLES, RÉPOND L’AGENCE FÉDÉRALE DE CONTRÔLE NUCLÉAIRE

Les plans des bâtiments d’ultime secours (bunker) de la centrale nucléaire de Tihange 3 ne sont pas indispensables pour la suite des opérations. C’est ce que répond l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) après nos révélations sur la perte de ces plans. La centrale est à l’arrêt depuis la découverte d’anomalies au niveau des armatures du béton armé.

Engie Electrabel avait confirmé début juillet la mise au jour des anomalies alors que la révision planifiée du réacteur était en cours. L’entreprise dispose des plans de conception et des plans «certified for construction» mais ceux «as built» (après construction) sont introuvables, écrivions-nous ce matin.

Ce n’est toutefois pas un problème insurmontable pour l’AFCN, déclare Erik Hulsbosch, directeur de la communication. Des recherches et des calculs supplémentaires seront néanmoins nécessaires pour contrôler l’éventuelle présence d’autres anomalies dans le bâtiment. Les opérations de réparation pourront ensuite commencer.

«La seule chose qui compte pour nous est de savoir si la résistance du bâtiment est suffisante», ajoute-t-il. «Nous ne donnerons notre feu vert au redémarrage que si l’intégrité structurelle du bunker est suffisamment prouvée. L’AFCN ne se sent pas liée à un timing

Engie Electrabel a fixé l’indisponibilité du réacteur nucléaire jusqu’au 30 septembre mais elle pourrait être prolongée si nécessaire.

http://www.sudinfo.be/id64550/article/2018-07-12/plans-de-secours-de-tihange-3-perdus-ils-ne-sont-pas-indispensables-repond

Juil 12

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE: LA FRANCE ET L’ALLEMAGNE VEULENT MIEUX SE COORDONNER

Paris – La France et l’Allemagne veulent mieux coordonner leur transition énergétique vers un développement des énergies renouvelables et une baisse respective du nucléaire et du charbon dans leur production d’énergie, ont déclaré jeudi leurs ministres chargés de l’énergie, Nicolas Hulot et Peter Altmaier.

« Nous avons des mix-énergétiques qui sont très différents mais, dans la prochaine décennie, ceux-ci vont se rapprocher en matière de nucléaire, de fermeture des centrales à charbon et en matière de développement des énergies renouvelables« , a déclaré le ministre français de la Transition écologique et solidaire, à l’issue d’une rencontre à Paris avec le ministre allemand de l’Économie.

La France consultera par exemple son voisin sur son projet de feuille de route énergétique 2019-2023 et à horizon 2028 « lorsque nous en aurons une visibilité plus précise à l’automne« , a indiqué M. Hulot.

Il a aussi confirmé à son interlocuteur l’intention de la France de respecter son engagement à réduire la part du nucléaire de 75% à 50% de la production d’électricité, même si le gouvernement a abandonné l’idée d’y parvenir d’ici à 2025.

Plusieurs responsables politiques allemands ont régulièrement fait part de leur crainte quant à la sécurité de certaines centrales françaises situées près de la frontière, en particulier celle de Fessenheim (Haut-Rhin), censée fermer prochainement, et de Cattenom (Moselle).

Les deux pays vont également poursuivre à l’automne leurs discussions sur la mise en place d’un prix plancher du carbone, qui manque encore d’une position commune, a reconnu M. Hulot.

Altmaier a notamment jugé nécessaire de prendre en compte l’important parc charbon de l’Allemagne, très émetteur de gaz à effet de serre, et qui sera donc pénalisé par un prix du carbone. « Cela explique (pourquoi) c’est difficile de se mettre d’accord là-dessus« , a estimé le ministre allemand.

Parmi les autres projets de collaboration, Français et Allemands réfléchissent à augmenter leur capacité d’interconnexion électrique, travaillent sur des projets transfrontaliers dans la valorisation de la chaleur, les réseaux intelligents et les énergies renouvelables et vont coopérer dans l’éolien offshore en mer du Nord, le stockage par batteries ou l’hydrogène.

Interrogé sur le projet controversé de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne, très critiqué en Europe mais aussi par le président américain, Donald Trump, M. Altmaier a estimé que les États-Unis défendaient leur secteur gazier dans ce dossier.

« Le président Trump a attaqué à plusieurs reprises le projet parce que, c’est du moins ce que j’ai compris, nos amis américains ont intérêt à vendre leur gaz de schiste en Europe« , a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs réitéré la volonté de l’Allemagne de « protéger les intérêts justifiés de l’Ukraine« , qui craint que le gazoduc qui passe par son territoire ne soit délaissé au profit du gaz russe.

©AFP / 12 juillet 2018 14h03

https://www.romandie.com/news/Transition-energetique-la-France-et-l-Allemagne-veulent-mieux-se-coordonner/935929.rom

Juil 12

LA JUSTICE EUROPÉENNE VALIDE LES AIDES ACCORDÉES AU PROJET D’EPR BRITANNIQUE

Bruxelles – Le Tribunal de l’Union européenne a validé jeudi les aides d’État accordées par le Royaume-Uni à la centrale nucléaire de Hinkley Point C, rejetant ainsi le recours déposé par l’Autriche et le Luxembourg.

L’Autriche, à la pointe de la cause antinucléaire en Europe, contestait les subventions accordées par Londres pour la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point par NNB Generation, une filiale d’EDF Energy.

Vienne était soutenu par le Luxembourg qui a dénoncé une « concurrence déloyale » entre énergies nucléaire et renouvelable lors de l’examen de la plainte.

Mais pour la justice européenne, un État membre a le droit de « définir son bouquet énergétique« , et donc de « définir le développement de l’énergie nucléaire comme l’objectif d’intérêt public poursuivi par les mesures d’aide« , est-il expliqué dans un communiqué. Et ce, même si cet objectif n’est pas partagé par tous les États membres.

Le Tribunal estime également que l’intervention de l’État était nécessaire dans ce cas précis car il n’y a pas d’instruments financiers ou de contrats permettant de « couvrir les risques substantiels » qui existent dans le domaine du nucléaire.

Les mesures prises étaient « destinées à permettre à NNB Generation de s’engager à investir dans la construction de Hinkley Point C« , souligne encore le Tribunal.

L’énorme chantier de Hinkley Point en Angleterre représente un investissement total de 19,6 milliards de livres (environ 22,2 milliards d’euros). EDF a déjà évoqué un « risque » de retard de 15 mois pour le premier réacteur censé entrer en service fin 2025, et de neuf mois pour le second attendu six mois plus tard.

mla/clp/mcj

https://www.romandie.com/news/La-justice-europeenne-valide-les-aides-accordees-au-projet-d-EPR-britannique/935801.rom

Juil 12

NUCLÉAIRE AU ROYAUME-UNI: EDF ÉTUDIE SES OPTIONS DANS L’OPTIQUE DU RETRAIT DE CENTRICA

Paris – EDF a indiqué mercredi qu’il étudiait diverses options quant à l’avenir de ses participations dans ses centrales nucléaires britanniques, alors que le groupe Centrica souhaite céder les 20% qu’il détient dans le parc d’EDF Energy, filiale du Français au Royaume-Uni.

« Après l’annonce de Centrica de son intention de céder d’ici 2020 sa participation de 20% dans le parc nucléaire opéré par EDF Energy, EDF prend actuellement des mesures pour soutenir ce processus et considère différentes options« , a affirmé le groupe dans une déclaration transmise à l’AFP.

EDF, via sa filiale EDF Energy, exploite et détient 80% de huit centrales nucléaires (pour une capacité d’environ 9 gigawatts) au Royaume-Uni.

Après la publication dans la presse britannique d’informations selon lesquelles il serait en discussions avec le chinois CGN pour qu’il rachète 49% de son parc britannique, EDF précise toutefois qu’il compte « conserver un contrôle et une participation majoritaire » dans ses actifs.

« Aucune décision concernant un éventuelle cession minoritaire n’a encore été prise« , ajoute le groupe français, engagé depuis 2015 dans un plan de cessions de 10 milliards d’euros, dont la quasi-totalité devrait être réalisé d’ici à la fin de cette année.

mhc/tq/pb

https://www.romandie.com/news/Nucl-aire-au-Royaume-Uni-EDF-tudie-ses-options-dans-l-optique-du-retrait-de-/935692.rom

Juil 12

FAILLES DU PARC NUCLÉAIRE : LES ÉLUS RÉGIONAUX ÉCOLOGISTES APPELLENT L’ÉTAT À “PROTÉGER” LES RHÔNALPINS

Les élus régionaux du Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire (RCES) dénoncent les failles du parc nucléaire français, dans la foulée d’un rapport parlementaire alarmant sur les questions de sûreté et de sécurité nucléaire. L’évacuation des populations serait en outre problématique, en particulier en cas d’accident sur le site du Bugey, situé près de Lyon.

C’est un texte qui pourrait bien faire date. Non que le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires révèle quantité de faits nouveaux, mais il dresse le portrait d’un parc nucléaire français fort vulnérable. Pourtant, comme l’indique son préambule, « le moindre incident peut avoir des conséquences catastrophiques pour des millions de personnes et pendant des dizaines de milliers d’années ».

Entendons-nous bien sur les termes : la sûreté et la sécurité nucléaire sont bien deux problèmes distincts, même s’ils sont souvent liés. La sûreté nucléaire renvoie au bon fonctionnement d’une centrale atomique dans le but de protéger la population et l’environnement de la radioactivité. La sécurité nucléaire, elle, recouvre la prévention du risque terroriste.

Or, aucune des deux n’est assurée sur le territoire français, selon les auteurs du document. « Le parc nucléaire français comporte plus de fragilités que je ne le pensais », a d’ailleurs avoué dans les colonnes du Monde Barbara Pompili, qui a piloté le travail de la commission d’enquête.

Un appel à « protéger les Auvergnats et les Rhônalpins » du risque nucléaire

La députée La République en Marche de la Somme pointe une série de lacunes potentiellement dangereuses : recours accru à la sous-traitance (source, dit-elle, de perte de compétences et de dilution de responsabilités), vieillissement des réacteurs, accès excessivement facile via Internet à des données sensibles concernant la localisation des centrales, prévisibilité des transports de matières radioactives…

Députée LREM de la Somme, Barbara Pompili a piloté le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires.

Les élus du Rassemblement citoyen écologique et solidaire (RCES) au conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes ont aussitôt réagi à la publication de ce rapport parlementaire. Le 6 juillet, ils ont publié un communiqué appelant à « prendre au sérieux » les préconisations du document pour « protéger les Auvergnats et les Rhônalpins ».

« C’est un rapport très complet, qui présente un certain nombre de propositions intéressantes pour la région », commente Florence Cerbaï, conseillère régionale de l’Ardèche, intervenue à plusieurs reprises à ce sujet. De concert avec les autres élus de son groupe politique, elle explique que les interrogations soulevées par la commission s’appliquent particulièrement à la région Auvergne-Rhône-Alpes. « Le rapport pointe nettement les problèmes liés à la vétusté »…

Pour lire la suite (réservée aux abonnés), cliquer sur :
Failles du parc nucléaire : les élus régionaux écologistes appellent l’État à “protéger” les Rhônalpins | Place Gre’net

Juil 12

DIJON : ILS FÊTENT LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Mercredi une dizaine de Côte-d’Oriens, membres du MAN (Mouvement pour une action non-violente), d’ATTAC, des Amis de la Terre, d’Ican (prix Nobel de la paix 2017), d’Abolition des armes nucléaires et de Sortir du nucléaire, ont fêté le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), et demandé aux députés et sénateurs de s’engager à pousser le gouvernement à ratifier ce traité historique. Pour cela, ils ont laissé le communiqué de presse national (lire par ailleurs) au député Didier Martin et au sénateur Alain Houpert, avec une demande de rendez-vous.

Ils ont en profité pour annoncer la cinquième édition du Jeûne-Action Dijon-Valduc, qui se déroulera du 6 au 9 août pendant les commémorations d’Hiroshima et de Nagasaki, et proposent à chaque citoyen de venir les rejoindre. Programme et inscription en cliquant ici.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE NATIONAL

« Samedi 7 juillet 2018, le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) fête le premier anniversaire de son adoption par une écrasante majorité de 122 États à l’ONU. Ce traité – qui prévoit l’interdiction d’employer, de fabriquer, de stocker et de menacer d’utiliser des armes nucléaires – est entré dans sa phase de ratification depuis le 20 septembre dernier.

Depuis son adoption par l’ONU à New York le 7 juillet 2017, une soixantaine d’États ont signé le texte et dix l’ont déjà ratifié. Dans une quarantaine de pays parmi lesquels l’Irlande, l’Algérie, l’Uruguay, la Nouvelle-Zélande et le Tchad, le processus de ratification est en bonne voie. Ainsi, ce traité entrera probablement en vigueur en fin d’année 2019, puisqu’il faut la ratification d’au moins 50 pays pour qu’il s’applique. Les armes nucléaires deviendront alors juridiquement illégales aux yeux du monde.

Plutôt que de souscrire au droit international, la France préfère s’y soustraire : en continuant de rejeter ce traité, la France s’entête dans une démarche de déni de la réalité.

Pourtant, 67% des Français (sondage IFOP 4 juillet 2018) se disent favorables à la ratification du TIAN et, plus que jamais, les tensions géopolitiques commandent une politique de désarmement international.

L’insécurité qu’elle produit, les dépenses publiques qu’elle engendre (37 milliards d’euros de budget pour les 7 prochaines années), les déchets radioactifs qui sont issus de la fabrication des bombes ainsi que l’absence de transparence : tout démontre que la politique de dissuasion est dangereuse, polluante, trop coûteuse, antidémocratique et inefficace.

Cette semaine, les contributeurs.trices de la campagne « pour que la France signe et ratifie le TIAN » organisent une journée d’interpellation des élu.e.s. Sur les réseaux sociaux, des militant.e.s mettent les parlementaires et le gouvernement face à leurs responsabilités. La France doit saisir cette opportunité historique d’un processus de désarmement international, récompensé en 2017 par le prix Nobel de la Paix pour la campagne ICAN. La France doit signer et ratifier le TIAN.« 

https://www.bienpublic.com/edition-dijon-ville/2018/07/12/dijon-ils-fetent-le-traite-d-interdiction-des-armes-nucleaires

Juil 12

BRUXELLES: QUELQUE 200 PERSONNES PROTESTENT DEVANT LE DȊNER DE GALA DE L’OTAN

Quelque 200 personnes se sont rassemblées, mercredi de 18h00 à 20h00, avenue de la Joyeuse Entrée, aux portes du parc du Cinquantenaire à Bruxelles, pour dénoncer la politique de l’Otan, en marge du dîner de travail des chefs d’État et des ministres de la Défense organisé dans les musées royaux d’Art et d’Histoire. Par ailleurs, une quinzaine d’arrestations administratives ont eu lieu dans la journée en lien avec des actions directes de protestation, selon l’estimation du CNAPD, qui a lancé un appel à la mobilisation avec les associations Agir pour la paix et Vrede.

Trois grandes banderoles ont été attachées entre les arbres afin que leurs messages en anglais, « NATO GAME OVER« , « Make art not war » et « You know exactly what you are doing, don’t you ?« , soient vus par les délégations. Alors que ces dernières approchaient pour se rendre au gala, les manifestants ont notamment scandé « War stop here« .

« Bombing for peace is like fucking for virginity »  (NDLR : « Bombarder pour (maintenir) la paix, c’est comme baiser pour (conserver) la virginité« )

« C’était particulièrement dur de s’exprimer aujourd’hui« , regrette Samuel Legros, chargé de recherche et de plaidoyer au CNAPD. D’après lui, de nombreuses personnes ont renoncé à prendre part à cette veillée aux portes du gala en raison de l’imposant dispositif policier déployé qui rendait difficile l’accès au lieu de rassemblement. De plus, les quelque 500 affiches portant le message « War stop here« , placardées durant la nuit, n’étaient plus visibles au matin.

Les quatre personnes qui ont déployé sur un pont de la petite ceinture la banderole arborant « Bombing for peace is like fucking for virginity » ont été arrêtées. Les policiers ont également interpellé des personnes qui lançaient de la peinture sur deux lobbies d’armement allemand et européen à proximité de la colonne du Congrès et rue Montoyer.

« L’Otan a déclaré vouloir rester une alliance nucléaire, ce qui est problématique pour nous car on considère que c’est le premier obstacle au désarmement nucléaire« , continue Samuel Legros. « Les États membres veulent allouer 2% de leur PIB (produit intérieur brut) aux dépenses militaires alors que les services de base à la population, qui procurent réellement la paix et la stabilité, se voient réduits à peau de chagrin.« 

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_bruxelles-quelque-200-personnes-protestent-devant-le-diner-de-gala-de-l-otan?id=9970366

Juil 11

NUCLÉAIRE : AU CŒUR DU BRAS DE FER ENTRE EDF ET NICOLAS HULOT

ENQUÊTE. Attendus ce mois-ci, les arbitrages d’Emmanuel Macron sur la politique énergétique pourraient être repoussés à la rentrée. En coulisses, EDF et Bercy bataillent contre le changement de modèle voulu par le ministre de l’Environnement. Récit.

Il aimerait faire le contraire de Ségolène Royal. Dans sa loi de transition énergétique votée en 2015, l’ancienne ministre de l’Écologie avait fait inscrire un objectif : ramener la part du nucléaire de 75 % à 50 % du mix électrique français « à l’horizon 2025 ». Les années ont passé, EDF a fait de la résistance, et l’on sait que l’objectif ne sera pas tenu.

Nicolas Hulot veut donc avoir la démarche inverse : être aussi précis que possible sur le moyen de parvenir aux fameux 50 %, c’est-à-dire produire un « échéancier » des réacteurs à fermer. « Ce qu’il faut, c’est faire », a insisté le ministre de la Transition écologique et solidaire le 29 juin. Et de prévenir : « Ce virage, on ne doit pas le manquer, et la fenêtre de tir est courte. »

Arbitrages ardus

L’État doit décider de manière imminente de sa politique énergétique pour les cinq prochaines années et formuler ses préférences pour les cinq suivantes. Le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) était attendu pour début juillet ; ce pourrait être finalement pour septembre. Avec, peut-être, de premières annonces ce mois-ci. Les arbitrages qui doivent être rendus par Emmanuel Macron ont pris du retard. Ils sont, il est vrai, particulièrement difficiles à rendre tant ils impliquent un changement culturel, des incertitudes économiques et scientifiques.

Changer de modèle

Alimentée depuis quarante ans par l’électricité nucléaire, la France va-t-elle changer de modèle dans la décennie à venir ? Sont déjà actées (mais pas encore réalisées) les fermetures, d’ici à 2022, des quatre centrales à charbon (pour répondre à nos engagements climatiques), et des deux réacteurs nucléaires de Fessenheim sur les 58 que compte EDF en France.

S’en tenir là, ce serait s’assurer de la réalisation de ces chantiers compliqués, mais cela renverrait la diversification de notre mix électrique aux calendes grecques. Aller plus loin et plus vite, comme le souhaite Nicolas Hulot, ce serait engager « une dynamique irréversible », mais dans un système où de multiples inconnues demeurent. « Ce 50 % de nucléaire est la condition pour donner enfin aux Français la liberté de choix », répète-t-il.

Le ministre le plus populaire du gouvernement a pour lui l’opinion publique et  la volonté d’Emmanuel Macron de le conserver dans son équipe . Il peut s’appuyer sur la prise de conscience post-Fukushima, le problème persistant des déchets nucléaires et les déboires de  l’EPR de Flamanville, le réacteur de nouvelle génération, toujours pas en activité.

220.000 emplois

EDF, de son côté, s’adosse à la priorité climatique d’Emmanuel Macron, rappelant à l’envi que le nucléaire est une énergie décarbonée. L’électricien a pour lui les 220.000 emplois revendiqués par le secteur nucléaire, les intérêts de l’État actionnaire incarné par Bercy et  l’inquiétude des territoires, peu désireux de voir fermer leurs centrales. Il compte des appuis dans l’appareil d’État, qu’il s’agisse du corps des Mines ou des nombreux hauts fonctionnaires qui ont un jour travaillé dans le nucléaire (le Premier ministre, qui fut lobbyiste chez Areva, est un exemple parmi d’autres).

Cette pression, je ne vais pas vous la dissimuler…

« Cette pression, je ne vais pas vous la dissimuler, mais si je suis ministre, j’espère que j’ai mon mot à dire », se raidit parfois Nicolas Hulot. S’il se refuse à mettre en scène un affrontement avec EDF, c’est bien un bras de fer qui se joue en coulisses depuis un an.

Le géant de l’électricité est, c’est un euphémisme, très organisé et toujours en veille. À peine le ministre évoque-t-il, en juillet 2017, la possibilité de fermer « peut-être jusqu’à 17 réacteurs », pour respecter l’objectif des 50 % en 2025, que les dirigeants d’EDF font chauffer les lignes téléphoniques de l’exécutif : « Nous n’avons pas bien compris… » s’enquièrent-ils d’un ton glacial. Durant l’été, le PDG, Jean-Bernard Lévy, fait la tournée des dirigeants de la nouvelle majorité. « À moi, il a expliqué qu’on pouvait ne pas appliquer une loi votée. Il prônait l’immobilisme en invoquant les risques sociaux »,  s’offusquait, il y a quelques mois, le président de l’Assemblée, François de Rugy .

Les rapports entre EDF et son autorité de tutelle ont ceci de particulier que les uns et les autres peuvent faire un récit radicalement différent d’un même événement. Ainsi en va-t-il d’un rendez-vous entre Nicolas Hulot, Jean-Bernard Lévy et leurs équipes, courant septembre. Chez EDF, on assure que le ministre convenait déjà – deux mois avant l’annonce – que les fameux 50 % en 2025 n’avaient « pas d’application concrète ». Au ministère, on répond qu’il a surtout incité EDF à développer les énergies renouvelables : « J’attends beaucoup plus de vous. » Quoi qu’il en soit, chacun a entendu le message de l’autre.

LE GOUVERNEMENT RENONCE AUX 50 % EN 2025

Abandon polémique

Nicolas Hulot fait le premier pas,  le 7 novembre , au sortir du Conseil des ministres : il renonce à la date butoir de 2025. Les ONG la savaient intenable, mais aucune n’imaginait que le gouvernement puisse repousser l’échéance sans contrepartie de la part d’EDF. Émotion, critiques… Le ministre a beau s’appuyer sur le bilan prévisionnel établi par le gestionnaire de réseau RTE, il essuie une volée de bois vert de ses anciens camarades. Ces derniers ménagent en revanche RTE, car ils ont repéré « une bonne nouvelle » dans le bilan prévisionnel : pour la première fois, les experts prévoient une stagnation, voire une diminution de la consommation d’électricité en France.

Chez EDF, on fulmine : ce diagnostic est contraire au credo de l’énergéticien, qui justifie le maintien de ses réacteurs par une progression de la consommation. C’est ainsi que l’entreprise a obtenu que la fermeture de Fessenheim soit conditionnée à l’ouverture de l’EPR de Flamanville. Une stagnation de la consommation ouvre la porte à un autre scénario : le remplacement du nucléaire par des énergies renouvelables. Nicolas Hulot tient un levier de pression… à condition que le renouvelable se développe.  Ce à quoi il s’est attelé jusqu’à récemment .

La France en retard

Le 11 décembre, c’est au tour de Jean-Bernard Lévy de donner des gages. Il annonce la construction de 30 gigawatts d’énergie solaire d’ici à 2035 : l’engagement est de taille, sachant que la France ne dispose actuellement que de 8 gigawatts. La conférence de presse a même été avancée pour précéder l’ouverture, à Paris, du One Planet Summit. Bonne manière politique et intérêt économique… Avec un coût de production en baisse rapide, l’énergie solaire devient de plus en plus compétitive. Déjà, Total se positionne sur le marché. Et EDF veut résister à cette concurrence.

EDF réclame une pause de dix ans avant d’entamer la décrue du nucléaire !

Est-ce à dire que l’électricien s’est converti ? Pas vraiment. Certes, il ne conteste plus la baisse de la production nucléaire, mais il fait tout pour la retarder. Le 30 janvier 2018, à l’heure du déjeuner dans la salle de presse du siège d’EDF, avenue de Wagram, le directeur du parc nucléaire, Philippe Sasseigne, lâche le morceau devant une vingtaine de journalistes : « On a clairement un objectif d’amener nos réacteurs à cinquante ans. Notre vision est d’en fermer à partir de 2029. » EDF ne demande rien de moins qu’une pause de dix ans avant d’entamer la décrue du nucléaire !

Ce n’est pas une entreprise qui fixe la politique énergétique

Or l’entreprise ne peut ignorer ce que Nicolas Hulot répète depuis novembre : des fermetures seront programmées dans la PPE qui couvre la période… 2019-2028. La sortie d’EDF est perçue comme un bras d’honneur par les ONG membres du Réseau Action Climat. « C’est inacceptable ! » peste également le député LREM Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot. Le secrétaire d’État auprès du ministre Sébastien Lecornu doit monter au front : « La politique énergétique est une prérogative du gouvernement, par définition. Ce n’est pas une entreprise qui la fixe. »

Nicolas Hulot éprouve alors les limites de sa méthode. Davantage porté sur la persuasion que sur le rapport de force, il voulait «ouvrir un dialogue » avec EDF, afin de l’amener à faire des propositions. L’électricien l’a pris au mot et a mis sur la table une position maximaliste.

Ce faisant, le débat se déplace. Longtemps polarisé sur la date butoir pour atteindre les 50 %, il fait désormais rage sur la date de démarrage des fermetures (hors Fessenheim). « Pendant ce quinquennat », demandent les ONG, qui craignent la remise en cause des promesses applicables après 2022. Nicolas Hulot ne se prononce pas aussi précisément, mais son entourage confirme qu’il veut « commencer plus tôt » qu’en 2029. Chez ses proches, un scénario circule : démarrer en 2022 ou 2023 et s’engager à accélérer ensuite pour arriver à 50 % « entre 2030 et 2035 ».

Le piège de l’indemnisation

S’y mettre rapidement pourrait être une évidence, vu le nombre de centrales à fermer et leur âge (elles ont toutes été construites dans les années 1970 et 1980). Mais ce n’est pas si simple. Car EDF a envoyé un message clair : le conseil d’administration de l’entreprise ayant acté par deux fois (en 2015 et 2016) le passage de 40 à 50 ans de la durée d’exploitation de ses réacteurs, toute fermeture avant 2029 devra être indemnisée par l’État. À raison de 500 millions d’euros par centrale (c’est le prix de Fessenheim), l’exécutif voit se refermer sur lui un piège dont il n’est pas encore sorti.

En mai, EDF persiste dans sa contribution écrite au débat public organisé sur la programmation de l’énergie. Elle ajoute même une seconde demande : le lancement prochain d’un deuxième EPR en France. Ce document a été approuvé en conseil d’administration par les représentants de l’État« Nous sommes attentifs aux intérêts de nos opérateurs », explique-t-on à Bercy.

Désaccords entre Hulot et Le Maire

Dans l’administration comme au sein du cabinet de Bruno Le Maire, le discours est strictement conforme à la position d’EDF « l’optimum économique est la prolongation des réacteurs existants », « personne ne comprendrait qu’il y ait un black-out »… L’État actionnaire doit préserver son capital, alors que l’État stratège doit penser la transition, d’où une certaine schizophrénie. Et des tiraillements entre Bruno Le Maire et Nicolas Hulot. « Ils n’ont pas eu une seule réunion bilatérale sur le sujet », assure un membre du gouvernement.

Le nucléaire restera essentiel à long terme.

La prudence de Bruno Le Maire a des fondements très concrets. Scientifiques d’abord : le stockage des énergies renouvelables n’en est qu’à ses prémices. Et puis, l’électricien est en mauvaise forme économique : déjà endetté à hauteur de 33 milliards d’euros, l’entreprise publique est sortie du CAC 40 et ne parvient pas à dégager de cash-flow positif, alourdissant chaque année sa dette. Tout signal négatif la fragilise sur les marchés. Emmanuel Macron a lui-même résumé le problème, le 6 mai 2017, sur Mediapart : « EDF est le plus grand émetteur obligataire d’Europe. À la seconde où quelqu’un en responsabilité dit ‘Mon objectif, c’est la mort de son business’, c’est fini, plus personne ne prête. » 

Ce qui fait dire à un industriel du secteur : « Tant qu’EDF est une entreprise cotée, elle ne peut pas travailler sur une évolution du nucléaire. » Malgré les démentis, il y a bien une réflexion au sein de l’État sur un changement de gouvernance d’EDF. Mais « ce n’est pas mûr », dit-on.

Yves Marignac, expert critique du nucléaire, en convient : « Il y a tellement de mutations à opérer à EDF qu’il y a un vrai risque que la décision soit reportée après 2022. » La raison pour laquelle les ONG mettent désormais l’accent sur le risque économique de « la dépendance de la France à l’égard du nucléaire ». À savoir les arrêts de réacteurs dus à des problèmes industriels, le coût des travaux de rénovation des centrales, le retard de la France sur ses voisins dans le développement d’alternatives, ou encore la baisse des tarifs de l’électricité, qui a fragilisé les finances d’EDF…

Nicolas Hulot aussi a développé cet argument récemment : « Une des raisons pour lesquelles EDF se retrouve en difficulté, c’est que la filière nucléaire nous emmène dans une dérive. » Depuis un mois, les partisans du changement sont repartis à l’offensive : tribune de soutien au ministre et commission d’enquête parlementaire questionnant la sureté nucléaire sur les sites français… Avec, en tête, cet espoir formulé par Pascal Canfin, ancien ministre et directeur général du WWF France : « Macron est idéologiquement pro-nucléaire, mais il n’est pas convaincu que ce soit le bon deal économique pour EDF. » Réponse sous peu.

Elsa Freyssenet  et Véronique Le Billon le 11/07/2018

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301953035880-nucleaire-au-coeur-du-bras-de-fer-entre-edf-et-nicolas-hulot-2191461.php

Juil 11

MOSELLE: 10 MOIS DE PRISON FERME POUR L’HOMME QUI VOULAIT, EN 2016, FAIRE SAUTER LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM AU NOM D’AL-QAÏDA

En octobre 2016, le Mosellan de 45 ans avait appelé à deux reprises le standard du site EDF pour annoncer une attaque terroriste.

Un habitant de Piblange (Moselle) a été condamné mardi 10 juillet par le tribunal correctionnel de Thionville à 10 mois de prison ferme pour avoir voulu, en 2016, faire sauter la centrale nucléaire de Cattenom au nom d’Al-Qaïda, rapporte mardi France Bleu Lorraine Nord.

Le 10 octobre 2016 à 23 heures, le Mosellan de 45 ans avait appelé à deux reprises le standard du site EDF pour annoncer une attaque terroriste. Il s’était présenté comme envoyé par Al-Qaïda et avait annoncé un attentat avant Noël. L’homme avait alors ajouté qu’une centaine d’hommes venus de Moselle, Meurthe-et-Moselle et Meuse étaient prêts à frapper le site EDF.

La direction avait alors porté plainte. Des mesures de sécurité très importantes avaient été prises. La France, à ce moment, venait d’être touchée par l’assassinat du père Jacques Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime).

Déjà condamné pour avoir tiré sur des voitures et un bus scolaire

L’homme avait été rapidement identifié car il avait appelé de chez lui, sans masquer son numéro. À son domicile, les enquêteurs avaient découvert dans son ordinateur un fichier « lieux à attaquer » avec des photos de la gare de l’Est à Paris, la gare de Thionville (Moselle) et la centrale de Cattenom. L’homme avait reconnu les appels. Mais au moment de son procès, il a précisé qu’à l’époque il était sous médicaments qui « lui faisaient faire n’importe quoi » et qu’il avait appelé la centrale nucléaire « par hasard. »

Le Mosellan est déjà connu de la justice puisqu’en 1995 il avait été condamné à deux ans de prison dont un an ferme, après avoir tiré à huit reprises sur des voitures et un bus scolaire (une jeune fille avait été blessée). Il voulait alors venger son frère qu’il n’avait pas pu sauver d’un incendie.

L’homme – aujourd’hui père de quatre enfants tous placés par les services sociaux – est libre et sous contrôle judiciaire. Il devrait bénéficier d’un aménagement de peine malgré sa condamnation à 10 mois de prison ferme. Le directeur de la centrale nucléaire – qui a écrit au président du tribunal – ne réclamait qu’un euro de dommages et intérêts.

https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/moselle-10-mois-de-prison-ferme-pour-l-homme-qui-voulait-en-2016-faire-sauter-la-centrale-nucleaire-de-cattenom-au-nom-d-al-qaida_2844849.html

Mots

Juil 10

«POUR OU CONTRE LA GUERRE NUCLÉAIRE?»: IL Y A 35 ANS SAMANTHA SMITH VISITAIT L’URSS

Le 7 juin 1983 la fillette américaine Samantha Smith est venue en Russie. Iouri Andropov, alors secrétaire général du Parti communiste de l’URSS, l’a invité avec ses parents après avoir lu la lettre dans laquelle la fillette demandait avec inquiétude s’il était pour ou contre la guerre nucléaire.

«Je m’inquiète d’une éventuelle guerre nucléaire entre la Russie et les États-Unis. Est-ce que vous allez voter pour avoir une guerre ou pas? Si vous ne le voulez pas, dites-moi, s’il vous plaît, comment vous allez faire pour qu’il n’y ait pas de guerre», a écrit l’Américaine de 10 ans au dirigeant de l’URSS en novembre 1982, écrit lundi le site d’information Gazeta.ru.

Samantha a décidé d’envoyer une lettre à Iouri Andropov quand elle a vu la couverture du magazine Time avec le dirigeant soviétique à la une.

Malgré la naïveté de la lettre, elle saisissait avec précision le fond de la situation: à l’époque, les USA et l’URSS accéléraient activement la course aux armements.

Toute personnalité publique reçoit de nombreuses lettres, mais les conseillers de Iouri Andropov se sont accrochés à la lettre de Samantha et ont rapporté son contenu au chef de l’État.

En avril 1983, Samantha a reçu la réponse du dirigeant soviétique. Ce dernier y comparait la jeune Américaine à l’héroïne du roman populaire de Mark Twain, Tom Sawyer: «Tu es une fille courageuse et honnête, semblable à Becky, l’amie de Tom Sawyer dans le célèbre livre de ton compatriote Mark Twain

L’Union soviétique ne veut pas de guerre, n’a pas l’intention d’attaquer qui que ce soit et propose de «mettre un terme à la production» des armes nucléaires, écrivait Iouri Andropov. La majeure partie de sa réponse n’était même pas adressée à Samantha, mais à l’establishment américain. Il précisait que l’URSS et les USA étaient des alliés dans la lutte contre le nazisme et que l’URSS voulait vivre en paix «avec un aussi grand pays que les États-Unis».

Iouri Andropov a également invité Samantha et ses parents à visiter l’URSS et à se rendre au centre de jeunesse Artek, en Crimée.

Quand l’histoire de cette lettre a été rendue publique, Samantha est devenue une véritable star dans son pays.

L’invitation d’Andropov a été acceptée et, début juillet 1983, Samantha est arrivée avec ses parents en URSS.

L’URSS est réellement tombée amoureuse d’elle. Tout le monde appréciait la jeune fille — des vendeurs aux fonctionnaires râleurs en passant par les policiers et les garçons.

Avec ses parents, Samantha a visité Moscou et Leningrad (Saint-Pétersbourg), le Mausolée de Lénine et le théâtre Bolchoï. Elle a également été reçue par la cosmonaute Valentina Terechkova.

Chaque jour de son séjour en Union soviétique était suivi par les journalistes américains. Le magazine Smithsonian l’a baptisée ensuite «la fillette qui a réussi à percer le Rideau de fer».

Samantha Smith ne pouvait certainement pas stopper la course aux armements et réduire la tension, mais ses propos soulignant que les «enfants soviétiques sont les mêmes que nous» ont été accueillis par des applaudissements.

Samantha est morte tragiquement le 25 août 1985 dans un crash d’avion à cause des conditions météorologiques.

En 1986, Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan entamaient les négociations sur le désarmement nucléaire à Reykjavik.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

https://fr.sputniknews.com/presse/201807091037135712-guerre-nucleair-urss/

Juil 10

TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES : RÉMI FILLIAU RELAXÉ DES ACCUSATIONS DE « VIOLENCE » PORTÉES CONTRE LUI PAR UN POLICIER

Rémi Filliau, militant non-violent du collectif des Désobéissants, a été relaxé ce jour par le Tribunal correctionnel de Paris. Il était poursuivi pour de supposées « violences » imaginées par un policier véreux souhaitant récupérer quelques dommages et intérêts au détriment du militant pacifiste. 

Lors du procès qui s’est tenu le 15 juin au tribunal de Grande Instance de Paris, la démonstration a été faite, vidéo à l’appui, que Rémi n’avait pu faire le moindre mal à ce policier.

Rémi, adepte de la désobéissance civile non violente, était poursuivi après une action non violente menée avec des clowns au siège des Républicains en Marche, destinée à demander à la France de signer le Traité d’interdiction des armes nucléaires. Ce traité est porté par l’ICAN (Campagne Internationale pour l’interdiction des armes nucléaires), organisation qui a obtenu le dernier Prix Nobel de la Paix en 2017.

Alors que l’action s’était passée de manière bon enfant, et que Rémi n’avait opposé aucune résistance, ne s’était même pas débattu lorsqu’il avait été plaqué au sol par un policier, ce dernier —absent au procès— prétendait qu’il lui avait administré des coups, entrainant une blessure au genou. Me Dominique Cochain a facilement démontré que si le policier s’était peut-être blessé, Rémi n’y était pour rien. Même la Procureure de la République peinait à croire aux allégations mensongères du policier.

Ce jugement est donc une victoire pour le militant et pour la Justice! Les plaintes abusives et le harcèlement policier doivent cesser, tout particulièrement lorsque cet acharnement vise des militant(e)s non-violents se battant pour la sauvegarde du bien-commun!

Cette décision vient donc renforcer notre détermination pour les luttes à venir.

ON LÂCHE RIEN!

www.desobeir.net

http://www.desobeir.net/2018/07/10/remi-filliau-relaxe-des-accusations-de-violence-portee-contre-lui-par-un-policier/

Juil 09

LA CORÉE DU NORD RENVOIE POMPEO ET MENACE DE CLAQUER LA PORTE DES POURPARLERS

C’est faux de dire que le sort réservé par les États-Unis à l’accord nucléaire signé en 2015 avec l’Iran n’inquiète pas le Leader nord-coréen. Après l’avoir reçu à deux reprises, Kim Jung-un vient de refouler le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo qui rentre à Washington la queue entre les jambes. Qu’est-ce qui a pu mettre en colère le dirigeant Kim.

C’est que les Américains voient le monde d’entier à travers leur lunette étriquée. Menaçant de bloquer les exportations pétrolières iraniennes, ils veulent que Téhéran reste les bras croisés à observer les alliés arabes de Washington exporter librement le pétrole via le détroit d’Hormuz tout comme ils s’attendent à ce que Kim se désarme puis se soumette à un régime politique version occidentale. Mais le monde ne fonctionne pas comme l’entendent les Américains. 

Le ministre nippon des Affaires étrangères Taro Kono a déclaré que Tokyo, Washington et Séoul étaient prêts à donner des « garanties » à Pyongyang pour rassurer ce dernier de la pérennité du système politique en vigueur, ce qui veut dire qu’outre le désarmement nucléaire les Américains auraient formulé sinon des exigences du moins des remarques sur la nature de l’État qu’est la République populaire démocratique de Corée.

« Aujourd’hui, nous avons convenu de donner des gages à la Corée du Nord en vertu desquels le régime nord-coréen ne changerait pas. La dénucléarisation complète et totalement vérifiable est la condition préalable de cette garantie », a affirmé le chef de la diplomatie japonaise à l’issue d’une réunion tripartite avec ses homologues américain et sud-coréen.

Or ces déclarations n’ont pas suffi à rassurer Pyongyang qui accuse les Américains de trahison. Le chef de la Diplomatie japonaise a aussi déclaré que Séoul et Tokyo soutenaient entièrement la politique nord-coréenne de Washington.

« Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères et moi, nous appuyons totalement la politique américaine envers la dénucléarisation complète et totalement vérifiable de Pyongyang. Le Japon et la Corée du Sud continueront leur coopération étroite pour résoudre les problèmes liés à la Corée du Nord », a-t-il précisé. 

Quant à la ministre sud-coréenne des Affaires étrangères, elle veut encore y croire : elle a qualifié de « positives » les négociations entre Washington et Pyongyang bien qu’après la visite vendredi du secrétaire d’État américain Mike Pompeo à Pyongyang, la Corée du Nord ait annoncé que les pourparlers de haut niveau avec la délégation américaine étaient « regrettables » et qu’elle ait même accusé les États-Unis d’avoir fait pression sur son pays pour qu’il abandonne son programme nucléaire.

Colère US

Cette fermeté, l’ex agent de la CIA, Pompeo a du mal à la comprendre : visiblement dépité, il a affirmé, juste après la rencontre avec ses homologues japonais et sud-coréenne, que les sanctions resteraient en vigueur jusqu’à la dénucléarisation complète de Pyongyang. 

Le communiqué d’un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères samedi est intervenu quelques heures après deux jours de pourparlers entre Pompeo et des responsables nord-coréens dirigés par Kim Yong-chol, vice-président du Comité central du Parti des travailleurs de Corée et bras droit de Kim Jong-un.

Le communiqué indique que les États-Unis ont trahi l’esprit du sommet du mois dernier entre le président Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en demandant unilatéralement une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la Corée du Nord.

Le texte déclare que le résultat des pourparlers est « très préoccupant » parce qu’il a conduit à une « phase dangereuse qui pourrait remettre en question notre volonté de dénucléariser la péninsule, qui était pourtant très ferme ». 

Les analystes affirment qu’au stade actuel des choses, l’administration Trump vient de perdre de gros points: la Corée du Nord est loin d’être une république bananière susceptible d’être manipulée et de céder au premier vent. 

https://www.presstv.com/DetailFr/2018/07/08/567435/Core-du-Nord-nuclaire-USA-Japon-Soul

Mots

Juil 09

NUCLÉAIRE – LEVÉE DE DRAPEAUX

En août prochain, les villes japonaises de Hiroshima et Nagasaki commémoreront la 73ème année depuis leurs bombardements. Souvenir douloureux de l’Histoire mondiale, ces bombes ont fait 100 000 victimes immédiates et 130 000 suite aux conséquences.

Ainsi, de nombreuses villes membres de l’organisation internationale « Maire pour la paix » dont la ville de Darmstadt ont hissé, ce weekend, des drapeaux pour défendre un monde sans armes nucléaires. Les participants ont ensuite pris part à une balade à vélo. Le circuit n’a pas été tracé au hasard, car il représente le rayon de l’onde de détonation si une bombe atomique de 100 tonnes avait été lâchée à Darmstadt. En plus de Darmstadt, 19 villes et municipalités de Hesse ont fait campagne pour le désarmement nucléaire ce week-end.

Agathe Bossard, lundi 09 juillet 2018

https://lepetitjournal.com/francfort/nucleaire-levee-de-drapeaux-235259

Juil 09

BELLEVILLE-SUR-LOIRE : UN RÉACTEUR DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE A ÉTÉ ARRÊTÉ

Ce n’était pas prévu. Le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire a dû être arrêté, dans la nuit de vendredi à samedi, selon EDF, qui gère le site du nord-est du Cher.

D’après un communiqué diffusé par EDF, « un défaut de signal de position d’une vanne […] est apparu en salle de commande lors de la réalisation d’un essai planifié ». La vanne, qui permet d’envoyer de la vapeur dans la turbine du réacteur « était bien dans la position requise » lors du test, mais le signal reçu en salle de commande n’était pas le bon.

La date de remise en service n’a pas encore été décidée

« Conformément aux règles d’exploitation, les équipes EDF ont découplé l’unité de production n°2 et engagé les expertises pour analyser l’origine de ce défaut, avant de réaliser les opérations de maintenance », précise la communication du site. Qui ajoute que cet « événement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, ni sur l’environnement » et que « l’Autorité de sûreté nucléaire et les pouvoirs publics ont été informés ».

https://www.leberry.fr/belleville-sur-loire/environnement/2018/07/08/un-reacteur-de-la-centrale-nucleaire-a-ete-arrete_12917151.html

Juil 09

INTERDIRE ET ÉLIMINER LES ARMES NUCLÉAIRES : LA SEULE ATTITUDE RESPONSABLE

Les armes nucléaires sont les armes les plus destructrices et inhumaines jamais créées, frappant sans aucune discrimination civils et combattants.

À cause de l’importance des dévastations et des retombées radioactives persistantes, contaminant les générations futures, elles ne ressemblent à aucune autre arme. Il existe près de 15 000 armes nucléaires possédées par 9 États (États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine, Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord) !

Une seule bombe nucléaire qui exploserait sur une grande ville pourrait tuer des millions de personnes. L’utilisation de dizaines ou d’une centaine de ces bombes bouleverserait radicalement le climat mondial, entraînant un « hiver nucléaire » et une famine généralisée. La civilisation telle que nous la connaissons disparaitrait à jamais. Pourquoi maintenant ? Dans son « message d’alerte, une alerte rouge » (décembre 2017) le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a indiqué que « partout dans le monde, les craintes suscitées par les armes nucléaires n’ont jamais été aussi fortes depuis la fin de la guerre froide».

De nombreuses études montrent que seule la chance a permis à l’humanité d’échapper jusqu’ici à une catastrophe nucléaire militaire accidentelle. Mais les tensions impliquant aujourd’hui des États nucléaires sont quotidiennes. Jamais les risques d’un déclenchement accidentel ou volontaire d’une catastrophe nucléaire n’ont été aussi élevés. Quelle solution ? Le Traité d’interdiction sur les armes nucléaires (TIAN), adopté par l’ONU et ouvert à la signature depuis le 20 septembre 2017, est une feuille de route vers l’interdiction et l’élimination totale de ses armes. La pression, pour que la France et les 8 autres États nucléaires rejoignent ce traité, se construit avec un nombre toujours croissant de pays non nucléaires, de grandes organisations humanitaires comme la Croix-Rouge internationale et des milliers de personnes à travers le monde.

Pour lire le dossier presse complet, cliquer sur : http://icanfrance.org/wp-content/uploads/2018/07/Dossier-Presse-7-Juillet-2018-1an.pdf

ICAN France, 187 montée de Choulans, 69005 Lyon, France • tél. 04 78 36 93 03

Contacts presse

Juil 08

« DES FICHÉS S ONT EU ACCÈS AUX CENTRALES NUCLÉAIRES »

Après 83 auditions, sept visites de centrales, la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires a rendu public son rapport hier. Hervé Saulignac (PS), député de la première circonscription de l’Ardèche, avait demandé la création de l’instance après l’intrusion de 22 militants de Greenpeace en novembre dernier dans la centrale EDF de Cruas/Meysse. Il en a été l’un des trois vice-présidents.

La centrale nucléaire de Cruas/Meysse est enfin floutée sur Google map. « C’est le cas depuis 48 heures ». Hervé Saulignac rit jaune. Jusque-là, les internautes, bien ou mal intentionnés, pouvaient explorer la configuration des centrales en vue aérienne sans difficulté.

« Les experts entendus ne croient pas à une attaque comme celle-ci. Ils pensent que le danger pourrait venir de l’intérieur. » Sur ce point, les conclusions du rapport sont alarmantes. « Les enquêtes sur les agents d’EDF sont bien faites, sur les sous-traitants français, assez bien faites mais sur les sous-traitants étrangers, elles sont très contestables. »

Autrement dit, le député finit par lâcher : « À l’évidence, il y a eu des fichés S qui ont eu accès aux centrales via des entreprises sous-traitantes. »

Plutôt inquiétant car le taux de sous-traitance dans les centrales nucléaires françaises avoisinerait 80 à 90 %.

https://www.ledauphine.com/drome/2018/07/06/des-fiches-s-ont-eu-acces-aux-centrales-nucleaires

Juil 08

ÉLIMINATION TOTALE DES ARMES NUCLÉAIRES : UNE « PRIORITÉ ABSOLUE » DE L’ONU

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a salué samedi le premier anniversaire de l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Il y a un an, près des deux tiers des États membres de l’ONU ont approuvé à New York le premier instrument multilatéral juridiquement contraignant de désarmement nucléaire qui ait été négocié en 20 ans.

« L’adoption du Traité le 7 juillet 2017 par 122 États a démontré le soutien international fort et légitime qui existe pour une cessation permanente de la menace posée par les armes nucléaires », a rappelé Farhan Haq, le porte-parole adjoint du Secrétaire général dans une déclaration de presse publiée à l’occasion du premier anniversaire du traité.

À ce jour, 59 États ont signé le traité et 11 l’ont ratifié. Une fois que 50 États auront ratifié le TPNW, il entrera en vigueur et deviendra un élément important du régime de désarmement et de non-prolifération, a rappelé M. Haq.

Par la voix de son porte-parole adjoint, M. Guterres a souligné que « l’Organisation des Nations Unies reste attachée à l’élimination totale des armes nucléaires en tant que priorité absolue en matière de désarmement ».

https://www.toulouse7.com/2018/07/08/elimination-totale-des-armes-nucleaires-une-priorite-absolue-de-lonu-2/

Juil 08

CORÉE DU NORD : PAS DE LEVÉE DES SANCTIONS AVANT UNE « DÉNUCLÉARISATION COMPLÈTE »

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a affirmé dimanche qu’« il y aura une vérification liée à la dénucléarisation complète ». Pyongyang a dénoncé des méthodes de « gangster ».

Les sanctions resteront en place jusqu’à une « dénucléarisation complète et totalement vérifiable », a assuré le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, dimanche 8 juillet, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion avec ses homologues japonais et sud-coréen à Tokyo.

« Bien que nous soyons encouragés par les progrès de ces pourparlers, ces avancées ne sauraient à elles seules justifier l’assouplissement du régime de sanctions existant », a-t-il précisé. M. Pompeo, qui fait escale dans la capitale japonaise après une visite de deux jours à Pyongyang, a insisté sur l’importance du contrôle de l’achèvement du processus.

Pour le secrétaire d’État, il s’agit d’une « dénucléarisation au sens large », englobant toute la gamme d’armes, et « les Nord-Coréens comprennent cela, ils ne l’ont pas contesté ».

« Il y aura une vérification liée à la dénucléarisation complète, c’est ce que le président [Donald] Trump et le président Kim [Jong-un] ont tous deux accepté. »

Des pourparlers « très productifs »

Arrivé vendredi à Pyongyang pour sa troisième visite en Corée du Nord, le secrétaire d’État américain a eu plus de huit heures de pourparlers avec Kim Yong-chol, le bras droit du numéro un nord-coréen Kim Jong-un. L’objectif : développer une feuille de route détaillée vers la « dénucléarisation complète » de la péninsule coréenne. C’est ce qui était convenu lors de la rencontre historique de Singapour, le 12 juin, entre le président américain Donald Trump et Kim Jong-un.

Avant de décoller pour Tokyo, M. Pompeo avait jugé les pourparlers avec Pyongyang « très productifs ». « Ce sont des questions complexes mais nous avons réalisé des progrès sur presque toutes les questions centrales, sur certaines beaucoup de progrès, sur d’autres il y a encore du travail à faire », a-t-il dit aux journalistes.

Les « demandes avides » de Washington

Prenant alors le contre-pied du secrétaire d’État, le régime nord-coréen a exprimé sa déception par la voie de l’agence officielle nord-coréenne KCNA : « Les États-Unis commettent une erreur fatale s’ils considèrent que la République populaire démocratique de Corée se doit d’accepter (…) des demandes qui reflètent leur état d’esprit de gangster. »

Selon le régime, la partie américaine a violé l’esprit de l’accord conclu le 12 juin à Singapour entre les dirigeants américain Donald Trump et nord-coréen Kim Jong-un. Le ministère a dénoncé des « demandes unilatérales et avides » et une attitude « extrêmement regrettable » des Américains pendant les discussions.

Selon les propos d’un porte-parole du ministère des affaires étrangères cité par l’agence de presse officielle KCNA, les résultats des pourparlers avec la délégation américaine sont « très préoccupants », la Corée du Nord accusant Washington d’insister sur une dénucléarisation, complète, vérifiable et irréversible (DCVI) unilatérale.

 « Nous étions partis du principe que la partie américaine allait venir avec une idée constructive, en pensant que nous pourrions en tirer quelque chose en retour, a dit le porte-parole. Mais, après ces discussions à haut niveau, la confiance entre la République populaire démocratique de Corée et les États-Unis est confrontée à une situation dangereuse, où notre volonté d’arriver à une dénucléarisation, qui a été ferme et solide, pourrait s’émousser. » La « manière la plus rapide » d’aboutir à une péninsule coréenne dénucléarisée est d’avoir recours à une approche progressive, au cours de laquelle les deux parties avancent en même temps, a poursuivi le porte-parole.

https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/07/07/coup-de-froid-entre-washington-et-pyongyang-sur-le-dossier-nucleaire-nord-coreen_5327841_3216.html

Juil 08

BARBARA POMPILI: «SUR LE NUCLÉAIRE, IL Y A DE QUOI RÉAGIR» (INTERVIEW)

La députée de la Somme est rapporteure de l’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, présentée jeudi. L’ex-secrétaire d’État à la Biodiversité sous Hollande revient sur ce travail parlementaire.

Un tel rapport sur le nucléaire est-ce une première ?

Oui et c’était confirmé jeudi par le scientifique Bernard Laponche qui s’occupe du nucléaire depuis quarante-cinq ans. Le rapport dit un certain nombre de choses sur la sûreté et la sécurité du nucléaire qui méritent d’être regardées. Nous sortons des problèmes de l’ombre. L’autre mérite est de regarder enfin les choses en face sur le nucléaire, un sujet un peu tabou sur lequel on ne peut plus se contenter de la réponse invariable du « tout va bien ». On n’a pas lancé cette commission d’enquête par hasard, mais après plusieurs alertes : les intrusions de Greenpeace mais aussi des malfaçons et des fraudes dans des centrales et sur le réacteur EPR. L’idée n’est pas de dire seulement qu’il y a des failles mais aussi ce que nous préconisons.

Avez-vous été confrontée au secret-défense ?

Ça a été un gros problème. Normalement, une enquête parlementaire a toute légitimité. Certes, il est normal que des documents soient classés secret-défense sur des questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Mais en tant que députée, c’est anormal qu’on ne puisse pas simplement aller vérifier tel sujet. Un exemple : les murs des piscines dans les centrales nucléaires sont-ils capables de résister à des attaques ? On a demandé les plans des piscines à EDF, qui nous a opposé le secret-défense. On a aussi posé la question des tests sur la résistance des murs et on nous a dit oui, qu’ils étaient « rassurants », mais nous n’avons pas les preuves. En tant que représentant du peuple, on ne doit pas faire confiance dans une démocratie, on doit pouvoir vérifier. Parmi nos propositions, nous souhaitons créer au Parlement une délégation à la sûreté nucléaire dont les membres seraient habilités secret-défense.

Ne craignez-vous pas, au nom de la transparence, d’informer les terroristes ?

Des éléments doivent être gardés secrets, mais les terroristes en général, ont une longueur d’avance sur nous. Tout le travail des services de sécurité consiste d’ailleurs à anticiper.

Le drone « Superman » de Greenpeace qui s’incruste dans une centrale nucléaire a frappé les esprits, la veille de la publication du rapport…

Évidemment, ils l’ont fait exprès en sachant que le rapport allait sortir. Leur démonstration est éclatante sur la question des drones. Oui la filière du nucléaire travaille sur cette problématique mais cela demande encore du temps. De ce point de vue-là, je préfère qu’on dise la vérité.

Les incidents dans les centrales existent ?

Par exemple, sur le site de Paluel, proche de Penly, il y a eu un générateur de vapeur de 450 tonnes qui est tombé pendant une opération de maintenance en mars 2016. C’est au cœur du réacteur, ça ne doit jamais tomber et le 3e générateur est tombé. C’était la première fois qu’on faisait ce genre de maintenance industrielle. Nous avons eu accès au rapport du CHSCT et il y a de quoi réagir. Je ne suis pas là pour faire peur, mais pour regarder les problèmes en face, et non pas faire semblant qu’il n’y en a pas. Il y a énormément de sous-traitance et on voit ce que ça veut dire sur cet exemple précis. Quand le générateur de vapeur est tombé, il n’y avait aucun agent EDF et tout le monde s’est enfui. Comme c’est supposé ne pas être possible et que ça arrive, il n’y a pas eu d’alarme, pas de procédure, et ils ont géré ça comme un problème d’incendie. Il y a quelques semaines, un sous-traitant à Paluel a fait un malaise dans son bureau et il est resté seul pendant soixante-douze heures. Quand on nous dit que tout va bien et que la sécurité est totale, on se rend compte que non. Dans la sous-traitance, il y a des entreprises étrangères et leurs personnels ne peuvent pas être criblés. Plutôt que de critiquer et de dire que c’est un rapport antinucléaire, je préférerais qu’EDF essaie d’apporter des solutions aux différentes failles soulevées et nous dise même « merci pour cette contribution ».

Que dites-vous de la centrale de Gravelines des Hauts-de-France visitée ?

C’est l’une des plus anciennes et la plus grosse concentration de réacteurs, six au total. C’est toujours très intéressant et une sacrée technologie. Nous avons assisté le même jour à une restitution d’une visite de l’Autorité de sûreté nucléaire avec, globalement, des remarques positives mais qui a repéré des petits problèmes, notamment sur la culture de sûreté et l’autocontrôle tout le temps. Certains salariés nous ont dit que c’était dû à la sous-traitance.

Et vous êtes allée à Fukushima…

La commission d’enquête s’est en effet déplacée une fois à l’étranger, pour aller au Japon, rencontrer ceux qui ont affronté la catastrophe de Fukushima. On n’en revient pas indemne. C’est arrivé il y a 7 ans. Autour de la centrale à 15 km, c’est toujours le désert. Et la catastrophe n’est pas finie, elle continue dans un environnement post-apocalyptique. Tous nous ont dit, quelles que soient les responsabilités et les opinions : « Jamais on n’aurait pu penser que ça nous arrive ». La grande leçon, penser que ce qu’on croit impossible est possible. Ne faites pas l’erreur de penser le contraire. Je crois qu’il faut être humble face au risque nucléaire et qu’on prenne toutes les précautions possibles.

Parmi les 33 mesures préconisées, la toute première à mettre en place ?

C’est un ensemble. La question de la sous-traitance est essentielle, il faut réinternaliser chez EDF. Et il faut donner plus de moyens à l’Autorité de sûreté nucléaire pour travailler, pour les moyens légaux (injonctions et astreintes) au regard des fraudes sur la conformité des pièces. On ne badine pas avec la sécurité autour du nucléaire. Une affaire de silo incendié à La Hague a traîné trente-cinq ans. EDF doit s’emparer du rapport comme outil pour être encore meilleur. Toutes les questions sont sur la table, sans tabou, et on demande des débats. Par exemple, pour le retraitement, l’idée des silos secs. Dans notre démocratie, il n’y a pas d’évidences.

Xavier Bertrand a déclaré la région des Hauts-de-France candidate à un nouvel EPR, réaliste ?

C’est une déclaration d’en haut sans débat et je trouve que ça correspond à l’ancien monde politique. Un nouvel EPR ? Quand je constate ce qui se passe sur le chantier EPR à Flamanville (Manche), ça ne me rassure pas. Avec le cumul des malfaçons, on va prendre 1 à 2 ans de retard supplémentaire et en termes de coût, on a dépassé les 10 milliards et demi d’euros. Ça mérite qu’on y réfléchisse.

Cette enquête vous conforte-t-elle dans vos convictions d’écologiste ?

D’autres moyens de produire de l’électricité sont moins chers et moins risqués. Maintenant, qu’on soit pour ou contre le nucléaire, on en a encore pour des dizaines d’années. L’important est d’avoir la meilleure sûreté et sécurité pour les personnels et la population. C’est le but de notre rapport.

« On pense à moi, c’est gentil »

Premier vice-président du Conseil départemental de la Somme, Hubert de Jenlis a quitté l’UDI cette semaine pour rejoindre la République en marche. D’aucuns imaginent déjà un possible ticket de Genlis-Pompili pour les prochaines élections municipales à Amiens. «  Beaucoup de personnes pensent à moi, c’est bien gentil. Moi, là, je suis à fond dans mon travail ! Je considère qu’un élu ne doit pas passer son temps à penser à l’élection d’après. C’est la seule réponse que j’aie à vous apporter  », esquive Barbara Pompili.

Propos recueillis par Nicolas TOTET

http://www.courrier-picard.fr/122326/article/2018-07-07/barbara-pompilisur-le-nucleaire-il-y-de-quoi-reagir

Juil 08

LE LOURD HÉRITAGE DES DÉCHETS DU NUCLÉAIRE

Chaque année, 2 kg de déchets par Français viennent s’ajouter au 1,5 million de mètres cubes déjà recensés en 2015. Pour 91% de leur volume, une solution a été trouvée. Mais les 9% restant, qui concentrent 99,8% de la radioactivité, restent un casse-tête.

Qu’elle continue de générer de l’énergie au rythme actuel, réduise sa production ou disparaisse un jour, l’activité nucléaire aura néanmoins produit des déchets, inévitablement à traiter. En 2015, dans l’Hexagone, ils représentaient déjà 1,5 million de mètres cubes, dont 58% directement imputables à l’industrie électronucléaire, 29% à la recherche et 9% à la défense. Et ils augmentent au rythme de 2 kg par an et par habitant.

Depuis 1979, en France, la responsabilité de les gérer est ainsi conférée à un organisme dédié, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), indépendante du CEA depuis 1991. Placée sous la triple tutelle des ministères chargés de la Recherche, de l’Industrie et de l’Environnement, comptant aujourd’hui quelque 650 salariés, elle est essentiellement financée par les producteurs de déchets. Cette gouvernance a déjà permis de développer des centres de stockage pour deux types de déchets radioactifs, représentant 91% du volume total. D’une part ceux de très faible activité (TFA) : déchets inertes ou métalliques issus du fonctionnement et du démantèlement d’installations nucléaires, ou de l’assainissement d’anciens sites pollués, qui sont stockés, à quelques mètres de profondeur, dans l’Aube, au Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage (Cires) ouvert en 2003. D’autre part des déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC) : vêtements et outils utilisés pour la maintenance ou le fonctionnement d’installations nucléaires, mais aussi issus de laboratoires ou d’hôpitaux.

Entre 1969 et 1994, ils ont été réunis dans le Centre de stockage de la Manche, à côté du site de La Hague d’Orano, aujourd’hui fermé et surveillé. Depuis 1992, ils se trouvent dans le Centre de stockage de l’Aube (CSA).

Le problème des déchets en haute activité

Le flou persiste en revanche pour les 9% de déchets restant, pour lesquels l’Andra a justement la mission de trouver des solutions. Un premier groupe, représentant 5,8% du volume total, est constitué des déchets de faible activité à vie longue (FAVL) : produits contenant du radium provenant de l’industrie métallurgique ou automobile, du graphite issue de l’exploitation et du démantèlement des réacteurs nucléaires de première génération aujourd’hui arrêtés, ainsi que des têtes de paratonnerres, des détecteurs d’incendie, d’anciennes peintures luminescentes… Ils sont aujourd’hui entreposés sur les sites de leurs producteurs, dans l’attente que l’Andra propose des solutions.

Mais ce qui concentre l’attention de l’agence comme de l’opinion publique, ce sont surtout les déchets de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL) qui représentent 3,3% du volume de l’ensemble des déchets radioactifs, mais en concentrent 99,8% de la radioactivité. Il s’agit de produits de fission ou de coques et embouts métalliques issus du traitement des combustibles usés effectué par Orano. Après avoir été respectivement vitrifiés et compactés, ils sont aujourd’hui entreposés à La Hague, à Marcoule et à Cadarache, dans des conteneurs censés en garantir la stabilité pendant plusieurs dizaines de milliers d’années. Le site de La Hague, qui continue d’en accumuler environ 1.500 par an, doit régulièrement augmenter ses capacités d’entreposage.

200 kilomètres de tunnels

Afin d’assurer une solution « pérenne » évitant de léguer la charge de ces déchets aux générations futures, comme établi dans la loi Bataille du 30 décembre 1991, l’Andra étudie donc depuis plus de 20 ans plusieurs solutions : notamment la transmutation, l’entreposage en surface et l’enfouissement.

Dès 2000, elle a toutefois commencé les travaux pour installer un laboratoire d’études sur le stockage souterrain à Bure, à la limite des départements de la Meuse et la Haute-Marne, site retenu après un appel d’offres. L’option du « stockage réversible en couche géologique profonde » a ensuite été retenue par la loi en 2006, et la poursuite du projet, appelé Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), a été autorisée par le Parlement en 2016, avec des précisions concernant la possibilité de retraiter différemment les déchets enfouis si de nouvelles technologies devaient le permettre dans le futur (« réversibilité »).

Aujourd’hui, l’Andra considère en effet le stockage à 500 mètres de profondeur étudié à Bure comme la seule solution responsable, susceptible, grâce aux caractéristiques de la roche argileuse locale, de contenir la contamination des lieux en dessous des seuils autorisés pendant le million d’années nécessaires à ce que la radioactivité s’estompe, et compatible avec tous les risques scientifiquement possibles (perte de contrôle institutionnel, météorite, inondation, etc.). Elle compte déposer sa demande d’autorisation de construction (initialement prévue en 2018) en 2019, pour un possible début des travaux en 2022 et du véritable stockage en 2035.

Officiellement évalué à 25 milliards d’euros par un arrêté signé en 2016 par Ségolène Royal – somme couvrant toute la durée de vie du projet, et que les producteurs de déchets doivent provisionner -, le site devrait avoir une emprise au sol de 15 kilomètres carrés et 200 kilomètres de galeries. Exploité pendant 150 ans, il devrait permettre d’accueillir l’ensemble des 85.000 mètres cubes de déchets issus de combustibles produits à cet horizon par le parc nucléaire français, avant d’être définitivement scellé.

Des incertitudes sur toutes les solutions

Malgré l’assurance de l’Andra, le débat fait toutefois rage, soulignant comment, concernant ce genre de déchets, aucune solution ne peut faire consensus. Des incertitudes, que le laboratoire s’emploie justement à lever, perdurent encore dans le projet Cigéo : effet du croisement des tunnels et des alvéoles contenant les déchets sur les propriétés de confinement de la roche, risques liés à la formation possible d’hydrogène, modalités de conditionnement et de scellement, processus industriels, transmission de l’information aux êtres humains du futur…

Dans un avis globalement positif rendu en février sur les options de sûreté, l’ASN a même émis une réserve sur le risque d’incendie d’une partie des déchets, ceux bitumineux, qui impose à l’Andra des études supplémentaires. Aucune expérience étrangère ne peut d’ailleurs servir d’exemple : les projets de stockage les plus avancés, initiés par la Finlande et la Suède, qui ont aussi fait le choix de l’enfouissement des déchets les plus dangereux en profondeur, portent sur des déchets non prétraités et comportent aussi encore beaucoup d’inconnues.

Quant aux autres solutions, les points de vue divergent aussi. Alors que le CEA et l’Andra soulignent les risques géopolitiques pesant sur l’entreposage en surface (comment savoir notamment sous quels régimes politiques les générations futures vivront dans des milliers d’années ?), Greenpeace voit dans le stockage en « subsurface » une solution préférable à Bure, car plus facilement monitorable et réversible. La « transmutation », qui, grâce à des réacteurs de quatrième génération en phase d’étude devrait permettre de réduire la radioactivité de la matière, est certes scientifiquement possible. Mais elle présente aussi d’importants inconvénients : échelle de temps longue, nécessité de construire d’autres générateurs non exempts de risques, impossibilité de traiter les déchets déjà en fûts, nouveaux déchets à l’issue du processus.

La décision appartiendra finalement à l’État, une fois la demande d’autorisation présentée par l’Andra, puis une instruction menée par l’ASN, qui dispose de cinq ans. Entre-temps, dans le cadre de l’élaboration tous les trois ans du plan national de gestion des déchets radioactifs, un nouveau débat national sur la question est prévu entre septembre et décembre, incluant la question de Bure – déjà discuté lors d’autres débats nationaux en 2005 et 2013. « À projet hors norme, il est normal que la concertation soit hors norme », a souligné le secrétaire d’État à la Transition écologique, Sébastien Lecornu.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/le-lourd-heritage-des-dechets-du-nucleaire-784334.html


Juil 08

ESSAIS NUCLÉAIRES: « LA FRANCE A UNE DETTE ENVERS LES IRRADIÉS DU SAHARA »

Ancien appelé d’un contingent français et témoin de l’accident de Béryl, Louis Bulidon a affirmé que “la France a une dette envers les descendants des irradiés de Béryl ”.

Le 1er mai 1962, la France a réalisé son second essai nucléaire souterrain à In Ecket, au nord de Tamanrasset ayant pour code Béryl. Louis Bulidon, en tant qu’appelé à cette époque-là, a assisté à cet essai. Il est l’auteur en 2011 de l’ouvrage “Les irradiés de Béryl: l’essai nucléaire français non contrôlé”.

L’essai Béryl par la propagation accidentelle de son nuage radioactif a durablement irradié les populations Sahariennes, au premier rang desquelles les touaregs du Hoggar mais aussi les populations locales des oasis du sud algérien, du Mali, du Niger et à l’est jusqu’au Tchad”, a-t-il affirmé.

Il a souligné que les enfants et les petits enfants de ces populations “portent dans leurs gènes les séquelles de cette contamination radioactive comme tentent à le démontrer les études scientifiques récentes en France et en Angleterre”.

Pour lui, après les accords d’Évian sur l’indépendance de l’Algérie, la France a “totalement” abandonné les victimes de son programme nucléaire à leur sort d’irradiés “vivant sur des sols durablement radioactifs comme ont pu le démontrer les prélèvements sur la végétation que nous avons effectué mes camarades et moi à l’époque après Béryl en nous déplaçant jusqu’aux frontières du territoire algérien”.

La France a une dette envers ces hommes et ces femmes, leurs enfants auxquels nous avons apporté aucune attention sur leur sort de descendants des irradiés de béryl. Comment oublier que nous avons ignoré totalement dans le passé la situation sanitaire de leurs parents exposés aux retombées de Béryl”, a-t-il écrit dans un blog sur MédiaPart, appelant le président Emmanuel Macron à assumer “cet héritage”.

Notre jeune président de la République se doit d’assumer cet héritage de l’époque gaullienne et de notre présence en Algérie  en accueillant dignement cette classe d’immigrés et en leur octroyant sans réserve le statut de réfugiés.

L’ouvrage de Louis Bulidon (83 ans), un ingénieur chimiste affecté en décembre 1961 au Service Technique des Armées arme atomique, dans une base militaire dans le Hoggar, se veut un témoignage pour faire toute la lumière sur l’accident de l’essai nucléaire Béryl.

La France a réalisé plusieurs essais nucléaires dans le sud algérien, notamment à Reggane et à Tamanrasset. Une équipe de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a inspecté en 1999 les champs de tirs, demandant la fermeture de quatre zones interdites d’accès.

Le dossier des conséquences des essais nucléaires français et de l’indemnisation des victimes se trouve actuellement sur la table de négociations d’une commission algéro-française chargée de régler les questions liées à la mémoire.

https://www.huffpostmaghreb.com/entry/essais-nucleaires-la-france-a-une-dette-envers-les-irradies-du-sahara_mg_5b40b544e4b09e4a8b2d5dd5

Juil 07

LES CINQ PROPOSITIONS DE LA CHINE SUR L’ACCORD NUCLÉAIRE IRANIEN

La Chine s’engage à maintenir et à mettre en œuvre l’accord nucléaire iranien, a déclaré vendredi le ministre des Affaires étrangères et conseiller d’État chinois Wang Yi.

Wang Yi a fait cette remarque lors d’une conférence de presse juste après une première réunion ministérielle sur l’accord nucléaire, qui a réuni les chefs de la diplomatie des pays signataires, sauf les États-Unis, ce vendredi 6 juillet à Vienne, capitale autrichienne.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de la Chine, de la France, de l’Iran, du Royaume-Uni et de la Russie se sont rencontrés vendredi à Vienne pour discuter des moyens de sauver l’accord sur le programme nucléaire iranien suite au retrait unilatéral des États-Unis.

Wang a également énoncé les cinq principes que la Chine défend au sujet de l’accord nucléaire :

  1. Tout d’abord, les réglementations internationales doivent être respectées.
  2. L’accord nucléaire iranien, connu sous le nom de Plan global d’action conjoint (PGAC) conclu en 2015, doit être mis en œuvre, car il a été approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies.
  3. La stabilité de la région du Moyen-Orient doit être préservée.
  4. Les sanctions unilatérales doivent être levées.
  5. Enfin, le dialogue et la consultation doivent se poursuivre.

Wang a souligné l’engagement ferme de la Chine à respecter les dispositions et les obligations de l’accord. Il a appelé toutes les parties à travailler ensemble et à poursuivre l’exécution de l’accord.

https://www.presstv.com/DetailFr/2018/07/07/567348/PGAC-Pkin-dicte-ses-principes

Juil 07

NÉGOCIATIONS SUR LE NUCLÉAIRE : PYONGYANG DÉNONCE LES « DEMANDES AVIDES » DES ÉTATS-UNIS

La Corée du Nord a dénoncé samedi les « demandes avides » des États-Unis, après deux jours de négociations sur le nucléaire à Pyongyang, que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait pourtant jugé « très productifs« .

Après le départ de M. Pompeo vers Tokyo, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a jugé que l’attitude « extrêmement regrettable » des États-Unis pendant les discussions avait violé l’esprit de l’accord conclu le 12 juin à Singapour entre les dirigeants américain Donald Trump et nord-coréen Kim Jong Un.

« L’attitude américaine et les positions prises lors des discussions à haut niveau vendredi et samedi étaient extrêmement regrettables« , a déclaré le ministère nord-coréen des Affaires étrangères, dans un communiqué cité par l’agence de presse sud-coréenne Yonhap.

Il a dénoncé des « demandes unilatérales et avides de dénucléarisation« .

Quelques heures plus tôt, le chef de la diplomatie américaine, avant de décoller pour Tokyo, avait pourtant jugé les pourparlers « très productifs« , sans fournir de précisions.

« Ce sont des questions complexes mais nous avons réalisé des progrès sur presque toutes les questions centrales, sur certaines beaucoup de progrès, sur d’autres il y a encore du travail à faire », a-t-il dit aux journalistes.

À Tokyo, il devait informer ses homologues japonais et sud-coréen de l’avancée des pourparlers.

Le secrétaire d’État américain et Kim Yong Chol, le bras droit du numéro un nord-coréen Kim Jong Un, ont eu vendredi et samedi plus de huit heures de pourparlers dans une résidence pour hôtes officiels de Pyongyang.

L’objectif était de développer une feuille de route détaillée vers la « dénucléarisation complète » de la péninsule coréenne, comme convenu lors de la rencontre historique de Singapour entre M. Trump et M. Kim.

« Nous avons parlé de ce que les Nord-Coréens continuent de faire et comment nous pouvons parvenir à ce sur quoi M. Kim et le président Trump se sont mis d’accord, à savoir la dénucléarisation complète de la Corée du Nord« , a déclaré M. Pompeo.

« Personne ne s’est écarté (de cet objectif), cela reste leur engagement. Le président Kim est toujours convaincu, j’ai parlé avec le président Trump ce matin. (…) Nous avons des négociations productives, basées sur la bonne foi« , a-t-il dit.

Pompeo a indiqué que des responsables des deux parties se rencontreraient dans un groupe de travail le 12 juillet pour parler du rapatriement de dépouilles de soldats américains tués pendant la guerre de Corée (1950-53).

Il a mentionné que des progrès avaient été faits sur les « modalités » de la destruction par la Corée du Nord d’un site de missiles.

Des responsables nord-coréens ont transmis à M. Pompeo une lettre personnelle à Donald Trump espérant que « les relations formidables et le sentiment de confiance » entre les deux dirigeants seraient renforcés par les discussions, indique le ministère nord-coréen des Affaires étrangères dans son communiqué.

Pyongyang « fait la distinction entre les bureaucrates américains et le président Trump, en exprimant sa confiance dans ce dernier« , analyse le Pr Yang Moo-Jin, de l’université des études nord-coréennes à Séoul.

« Il ne s’agit pas de rompre les pourparlers. Le Nord essaie de prendre le dessus dans les négociations à venir« , explique-t-il à l’AFP.

« La Corée du Nord attendait de Pompeo qu’il apporte une proposition concrète de garantie de sécurité, mais a été déçu que les Américains réitèrent leur vieille demande de dénucléariser d’abord, avant que les États-Unis donne quoi que ce soit en échange« , a-t-il estimé.

Samedi matin, M. Pompeo avait quitté la résidence pour se rendre dans un lieu où il a pu passer un appel sécurisé à Donald Trump, loin d’une potentielle surveillance nord-coréenne, avant de reprendre vers 09h00 (00h00 GMT) les pourparlers qui ont duré six heures, incluant un déjeuner de travail.

Dans la soirée de vendredi, accompagné de hauts fonctionnaires du département d’État et de la CIA, il avait échangé pendant plusieurs heures avec ses hôtes nord-coréens, avant d’avoir un dîner de travail avec Kim Yong Chol.

– Troisième visite –

Il s’agissait de la troisième visite en Corée du Nord du responsable américain.

Pompeo a commencé ses démarches diplomatiques en Corée du Nord alors qu’il était directeur de la CIA. Nommé secrétaire d’État, il est resté l’interlocuteur clé des négociations.

Depuis le sommet du 12 juin, Donald Trump s’est montré optimiste sur les chances de paix dans la péninsule divisée depuis la guerre de Corée, estimant que la menace d’une guerre nucléaire était écartée.

Le communiqué signé par MM. Kim et Trump à l’issue de leur sommet comportait peu de détails. M. Kim réaffirmait dans ce document « son engagement ferme et inébranlable envers la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne« .

Le secrétaire d’État est maintenant chargé de négocier un projet qui, espère Washington, verrait M. Kim déclarer clairement l’étendue et la nature de ses programmes nucléaire et balistique et accepter un calendrier pour le démantèlement de son arsenal

Mais beaucoup d’experts et de détracteurs du président Trump considèrent que le processus pourrait prendre des années.

afp, le 07/07/2018 à 16h53

https://www.la-croix.com/Monde/Negociations-nucleaire-Pyongyang-denonce-demandes-avides-Etats-Unis-2018-07-07-1300953264?from_univers=lacroix

Juil 07

UN AN APRÈS L’ADOPTION DU TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES PAR L’ONU, LA FRANCE DOIT SIGNER LE TEXTE !

Ce samedi 7 juillet 2018, le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) fête le premier anniversaire de son adoption par une écrasante majorité de 122 États à l’ONU. Ce traité – qui prévoit l’interdiction d’employer, de fabriquer, de stocker et de menacer d’utiliser des armes nucléaires – est entré dans sa phase de ratification depuis le 20 septembre dernier.

Depuis son adoption par l’ONU à New York le 7 juillet 2017, une soixantaine d’États ont signé le texte et dix l’ont déjà ratifié. Dans une quarantaine de pays parmi lesquels l’Irlande, l’Algérie, l’Uruguay, la Nouvelle-Zélande et le Tchad, le processus de ratification est en bonne voie. Ainsi, ce traité entrera probablement en vigueur en fin d’année 2019, puisqu’il faut la ratification d’au moins 50 pays pour qu’il s’applique. Les armes nucléaires deviendront alors juridiquement illégales aux yeux du monde.

Plutôt que de souscrire au droit international, la France préfère s’y soustraire : en continuant de rejeter ce traité, la France s’entête dans une démarche de déni de la réalité. Pourtant, 67% des Français (sondage IFOP du 4 juillet 2018) se disent favorables à la ratification du TIAN et, plus que jamais, les tensions géopolitiques commandent une politique de désarmement international.

L’insécurité qu’elle produit, les dépenses publiques qu’elle engendre (37 milliards d’euros de budget pour les 7 prochaines années), les déchets radioactifs qui sont issus de la fabrication des bombes ainsi que l’absence de transparence : tout démontre que la politique de dissuasion est dangereuse, polluante, trop coûteuse, antidémocratique et inefficace.

Ce week-end, les contributeurs.trices de la campagne « pour que la France signe et ratifie le TIAN » organisent une journée d’interpellation des élu.e.s. Sur les réseaux sociaux, des militant.e.s mettent les parlementaires et le gouvernement face à leurs responsabilités. La France doit saisir cette opportunité historique d’un processus de désarmement international, récompensé en 2017 par le prix Nobel de la Paix pour la campagne ICAN. La France doit signer et ratifier le TIAN.

Pétition pour que la France signe et ratifie le TIAN Contact presse :

Serge Perrin : 06 03 80 39 95

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Un-an-apres-l-adoption-du-Traite-d-interdiction

Juil 07

RAPPORT SUR LA SÛRETÉ ET LA SÉCURITÉ NUCLÉAIRE : PIPEAUTAGE, CARTES BIAISÉES ET INCOHÉRENCES AFIN DE MAINTENIR L’ORDRE ATOMIQUE

La montagne accouche d’une souris, mieux elle entérine la poursuite du nucléaire et permet aux élu-es de se donner bonne conscience. Sur le dos de la santé et de la vie de la population, en entérinant la contamination durable de la planète et la production de déchets mortels refilés aux générations futures. La « Commission », composée à 90% de macronistes et d’élu-es liés au nucléaire, réinvente les Shadock. Voici une analyse-critique du « rapport de la Commission d’Enquête Parlementaire ».

Cette commission d’élu-es de l’Assemblée Nationale et du Sénat (1), créée le 31 janvier 2018 a débuté ses auditions le 15 février. Pendant cinq mois au cours de 48 réunions elle a entendu 83 personnes qui se sont exprimées sous serment au long de 43 auditions dont 8 à huis clos pour raison de « défense nationale ». Tiens, tiens le nucléaire serait-il aussi et avant tout militaire ? Les masques tomberaient-ils alors que depuis plus de cinquante ans on nous assure du contraire ?…

D’ailleurs des membres de la commission se sont rendus également auprès des autorités militaires du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) où l’accueil et la collaboration des galonnés ne furent pas très chaleureux. La Commission des « élu-es du peuple » se plaignant de se voir opposer fréquemment le « secret défense » et le « circulez y’a rien à voir« . Aveux de taille prouvant que c’est bien l’armée et le lobby nucléaire qui orientent et décident de la politique du pays et non le gouvernement ou les élu-es.

NDLR : cet article étant particulièrement détaillé, nous n’en reproduirons que les titres et vous incitons à le lire intégralement directement sur le site indiqué ci-dessous.

Sacs d’embrouilles et écran de fumée : difficile d’approcher la réalité et la vérité

Confrontation des élu-es à la mainmise des théistes de l’atomisme et au lobby nucléaire de la terreur

Sur la route et dans le train, la mort radioactive vous guette

Tricastin, au tableau du déshonneur et du désastre, rivalise dans les tendances suicidaires des autres sites atomiques et du nucléaire dans son ensemble

La Commission reprend à son compte les mensonges et la propagande de la nucléocratie

Et il y a aussi ces enquiquinants terroristes et ces accidents nucléaires enquiquinants

Pas touche au nucléaire militaire et « civil« , la manipulation des esprits continue

La Commission réinvente les Shadock et…

Les regrets hypocrites de la Commission

Schizophrénie française

Au terme de ces cinq mois : 33 préconisations pour maintenir le nucléaire… et quelques états d’âme

Les 33 préconisations de cette commission (2) restent donc pleinement dans le cadre imposé par les pro-nucléaires, leur lobby et leurs hommes de mains, et ceux qui jouent le jeu du « fou du Roi ». Certains pourront dire qu’il vaut mieux ça que rien. Erreur gravissime car d’une part, cela légitime la dictature nucléariste sur nos vies, notre présent, notre avenir et ceux de nos descendants et, d’autre part -ignoble- c’est oser passer en « perte et profit » les millions de morts qui forment le passif (60 millions de morts dus au nucléaire depuis 1945).

Si, se rendre complice d’un écocide, d’un crime contre l’humanité ne semble pas troubler certain-es, la conscience de l’odieux renvoie chacun-e à sa conscience, à sa soumission volontaire, à sa capacité à quitter les ondes enchanteresses du confort pour oser le pas de côté émancipateur et libérateur.

Jean Revest

Rapport intégral de la Commission d’enquête ici

Retrouvez l’article complet sur :

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/07/06/Rapport-de-la-Commission-d-Enqu%C3%AAte-Parlementaire-sur-la-s%C3%BBret%C3%A9-et-la-s%C3%A9curit%C3%A9-nucl%C3%A9aire-%3A-pipeautage%2C-cartes-biais%C3%A9es-et-incoh%C3%A9rences-afin-de-maintenir-l-Ordre-atomique

Juil 07

RÉPRESSION BURE : APPEL À UNE SOLIDARITÉ FINANCIÈRE LARGE ET URGENTE

Besoin de financement pour rachat matériel militant et frais d’avocat.es

Bonjour à toutes et tous,

Comme vous le savez la répression judiciaire s’abat sur nous une fois de plus : perquisitions, auditions, garde-à-vue, mises en examen…

En ciblant des personnes très diverses, le gouvernement cherche à transformer la lutte à Bure en « association de malfaiteurs », en « bande organisée » criminelle à écraser au plus vite (http://www.sortirdunucleaire.org/Texte-commun-Nous-ne-laisserons-pas-Bure-devenir).  

Nous savons bien ce qui est réellement visé : notre activisme militant contre le projet Cigéo et donc l’industrie du nucléaire. 

Depuis plusieurs années, et malgré l’expulsion du bois Lejuc en février 2018, la résistance à la poubelle nucléaire continue de grandir – près d’une cinquantaine de comités de soutien se sont créés en France. Le 16 juin 2018, 3000 personnes battaient le pavé de Bar-le-Duc, emmenés par des chars-hiboux géants, pour affirmer leur opposition toujours aussi déterminée – plus grosse manif du genre depuis 13 ans. 

À peine quelques jours plus tard, le 20 juin, une opération policière et judiciaire de grande envergure avait lieu à notre encontre : perquisitions de domiciles, de lieux de vie, arrestations, pour finir par la mise en examen de 5 militant-es après plus de 55 heures de garde-à-vue.

Depuis une semaine, les soutiens qui affluent de partout et de milles manières nous donnent une énergie incroyable : nous nous sentons réellement porté-es et encore plus déterminé-es que jamais auparavant.

Cependant, du côté matériel, la situation se complique car, encore une fois, on nous a privé de nos moyens de communication : téléphones portables, ordinateurs, appareils photos et vidéos, clés USB et même nos box de connexion internet ont été embarquées !

Après la première perquisition, le 20 septembre 2017, nous avions fait un appel à dons auquel vous aviez répondu très rapidement. Nous vous en remercions encore une fois de tout cœur. Nous avions récolté 5 000 euros qui ont été utilisés pour racheter des ordinateurs, du matériel photographique et vidéo. 

Comme vous pouvez vous en douter, une grande partie de ce matériel a été une nouvelle fois embarquée…

Et le temps d’une instruction judiciaire et des procès peut prendre plusieurs années. Ce matériel nous est précieux pour lutter et nous organiser, et nous devons à tout prix nous en procurer de nouveau.

De même, du côté judiciaire, nos avocat.es, de plus en plus nombreu.ses à nous rejoindre, ont répondu présent.es à chaque fois : dernièrement lors de la vague répressive qui a suivi l’expulsion du Bois Lejuc, et cette fois-ci encore, malgré la répression qui touche également notre avocat habituel, ils-elles s’engagent et se sont relayé.es aussitôt pour venir assister les personnes mises en garde-à-vue et ont lâché l’activité de leur cabinet des journées entières.

Avec cette instruction, vous comprendrez que ce sont des heures et des heures de travail qui les attendent encore pour les 5 personnes mises en examen et 2 sous statut de témoin assisté. Une dizaine d’avocat-es prennent en charge ces dossiers.

De mars à juin, notre association aura eu 7 000 € de frais d’avocat-es.

C’est pourquoi, nous lançons à nouveau un grand appel à dons pour :

    – racheter ce matériel sans lequel il nous est difficile de lutter (mais pas impossible car on est obstiné-e à ne pas se taire, ni se laisser écraser quoiqu’il en soit !)

    – payer les honoraires et les frais de transports de nos avocat-es (qui ne sont pas exigeant.es et qui acceptent bien souvent de loger chez l’habitant.e pour réduire les coûts)

    – aider les personnes concernées à payer également leur frais de déplacement (nos avocat-es viennent de Paris, Lille, Strasbourg, où il faut se rendre pour consulter les dossiers)

Votre aide financière nous est indispensable pour assumer tous ces frais.

Promis, on ne lâche rien ! Plus déterminé-es que jamais !

MERCI, MERCI, MERCI ! À bientôt !

Pour soutenir financièrement cet appel, cliquer sur :

https://www.helloasso.com/associations/cacendr/collectes/repression-bure-appel-a-une-solidarite-financiere-large-et-urgente

Autre forme de solidarité, la pétition et la tribune ci-dessous à signer :

– Pétition à signer sur Change.org:

https://www.change.org/p/mouvement-de-lutte-de-bure-avec-bure-nous-sommes-toutes-et-tous-des-malfaiteurs

– Tribune « Avec Bure, nous sommes toutes et tous des malfaiteurs« , signée par 200 intellectuels : 

https://reporterre.net/Avec-Bure-nous-sommes-toutes-et-tous-des-malfaiteurs

http://www.liberation.fr/debats/2018/06/24/bure-repression-de-la-solidarite-juridique-et-entrave-aux-droits-de-la-defense_1661524

Juil 06

BELGIQUE : UN VICE DE CONSTRUCTION À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE TIHANGE

Engie Electrabel a découvert un vice de construction au sein du réacteur nucléaire Tihange 3, à l’arrêt depuis le 30 mars, révèle jeudi Le Soir. Des anomalies au niveau des armatures du béton armé, présentes depuis la construction du bâtiment, auraient ainsi été mises au jour. Ce qui pourrait potentiellement mettre à mal la résistance de la structure.

Mi-juin, Engie avait revu son agenda pour les révisions programmées des unités nucléaires de Tihange 2 et Doel 4 et a adapté la date de fin de la révision en cours de Tihange 3. Cela afin de permettre l’inspection des plafonds en béton du bâtiment annexé au bâtiment du réacteur pour chacune de ces unités.

Doel 1 et 2 ainsi que Tihange 1 ont une autre architecture et n’étaient en revanche pas concernées par ces problèmes.

Béton dégradé

À Tihange 3, l’entreprise a décidé de pousser les analyses d’une dalle de béton dans le plafond d’un bunker, un bâtiment blindé de cinq étages qui abrite notamment des systèmes de secours. Engie Electrabel y a découvert que l’état du béton était dégradé.

Mais, en le décapant et en faisant des tests approfondis, le fournisseur d’énergie a observé « des anomalies au niveau des armatures du béton armé présentes depuis la construction du bâtiment« , à en croire Le Soir.

Anomalies depuis la construction

Une partie de ces armatures n’ont pas été disposées comme le plan le prévoyait. Ce qui pourrait potentiellement mettre à mal la résistance de la structure, écrit le quotidien.

L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) s’est mêlée de l’affaire. « Le réacteur ne pourra redémarrer que lorsque les analyses auront démontré que cette résistance est bien garantie« , prévient-elle.

Le réacteur restera à l’arrêt au moins jusqu’à septembre 2018, voire davantage en fonction de l’importance des travaux à réaliser.

Une situation inacceptable

Le député Jean-Marc Nollet (Écolo) évoque une situation « inacceptable« . Il souligne que des anomalies de construction ont été découvertes pour les trois réacteurs de Tihange, de même qu’à Doel 3. « Comment a-t-on osé faire fonctionner la centrale alors qu’aucun des trois réacteurs n’était en état d’être lancé sur le marché? Il ne s’agit pas d’une entreprise de pinces à linge; il s’agit de nucléaire, le secteur industriel le plus dangereux qui soit sur notre territoire! « , indique-t-il.

« On est en train de sortir du nucléaire par le chaos »

Concernant les problèmes liés à l’armature du béton, le député écologiste demande que le ministre de la sécurité nucléaire Jan Jambon diligente une enquête en profondeur de Doel 4 et Tihange 2. « Aujourd’hui, 4 réacteurs sur 7 sont à l’arrêt, soit plus que si la loi de 2003 avait été respectée à la lettre (il n’y en aurait que 3 de fermés). On est en train de sortir du nucléaire par le chaos plutôt que par la loi« , constate M. Nollet qui s’inquiète également de la capacité d’Engie à financer les investissements et entretiens nécessaires au vu de sa situation économique.

https://www.7sur7.be/7s7/fr/2765/Environnement/article/detail/3448663/2018/07/05/Un-vice-de-construction-a-la-centrale-nucleaire-de-Tihange.dhtml

Juil 06

FESTIVAL D’AVIGNON : « PARADE DU OFF » 3HEURES, FESTIVAL 3 SEMAINES, RADIOACTIVITÉ 10 000 ANS

La « Parade du Off » du Festival d’Avignon 2018 s’est déroulée cette année de la place Pie au Village du Off, avec la présence active des militants du Collectif antinucléaire de Vaucluse (CAN84), Mouvement Contre le Crime Atomique (MCCA) et Coordination antinucléaire du sud-est (CAN-SE). Une occasion de rappeler que ce prestigieux Festival se déroule dans la région la plus nucléarisée d’Europe et qu’il est grand temps d’arrêter en France l’industrie de mort nucléaire.

De nombreuses personnes dans le public ont applaudi et pris en photo la banderole des antinucléaires (que l’on retrouvera certainement sur les réseaux sociaux) tandis que plusieurs troupes de théâtre applaudissaient les militants, certaines poings levés et scandant « ils nous mentent, ils nous tuent« .

Une pièce théâtrale à ne pas manquer à 17h au Théâtre des Doms d’Avignon (au dos du Palais des papes et de « Utopia ») : « l’Herbe et l’Oubli«  par la Cie du Point Zéro. Composé à partir de la parole d’habitants proches de la zone d’exclusion en Biélorussie, de scientifiques actifs dans le dépistage de césium 137, de personnes ressources partisanes – ou non – du nucléaire qu’a rencontrés la compagnie Point Zéro ; L’Herbe de l’Oubli, s’inspire de la démarche de récolte de témoignages réalisés par  Svetlana Alexievitch (prix Nobel de Littérature 2015 – La Supplication, éditions JC Lattès). Les comédiens et marionnettes de Point Zéro offrent là une magnifique tribune aux témoins et héritiers de la catastrophe de Tchernobyl rencontrés sur place. Du théâtre qui dépasse le documentaire et dont l’étrange poésie visuelle renforce un propos d’une terrifiante actualité.

Jeudi 19 juillet, vers 18h à l’issue de la représentation, le CAN84 animera une rencontre-débat.

Par rédaction le vendredi 6 juillet 2018

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/07/06/Festival-d-Avignon-%3A-parade-du-Off-3heures%2C-radioactivit%C3%A9-10-000-ans et https://youtu.be/YYhdnPXgoKk

Juil 06

ÉDOUARD PHILIPPE ET EMMANUEL MACRON, VICTIMES DU SYNDROME HULOT 2011

Dans le long calvaire de Nicolas Hulot le nucléaire est certainement la station la plus dure. Le ministre avait dû annoncer lui-même que la promesse présidentielle de passer la part du nucléaire dans la production d’électricité de son état actuel (plus de 75%) à 50% en 2025, ne serait pas tenue. Hulot ne peut pas encore donner de date précise pour ce report. Le cap sera fixé prochainement, dans le cadre du Plan Pluriannuel de l’Énergie. Mais ça rechigne à EDF et à la tête de l’Etat ! Il faudrait fermer une vingtaine de réacteurs alors que depuis que l’objectif de 50% de nucléaire a été fixé (par François Hollande en 2012) aucun n’a encore été mis au rancard. Il y a, (contrairement à beaucoup d’autres sujets ayant trait à l’écologie) une mauvaise volonté de la part des chefs de l’exécutif sur le nucléaire ! Il faut dire que la France en est accroc depuis les années 70. En 1973  (choc pétrolier) Georges Pompidou accélère le plan de nucléarisation pour assurer une meilleure autonomie énergétique. L’idée, c’était d’atteindre 66%, pas plus, pour ne pas mettre non plus tous nos œufs dans le même panier… C’est pourtant ce qui s’est passé et nous sommes bien au-delà, shootés à l’uranium. C’est à se demander si Emmanuel Macron et Édouard Philippe veulent vraiment baisser la part du nucléaire ! Ils sont sans doute victime du syndrome Hulot 2011.

Le syndrome Hulot 2011 ?!

Oui, avant 2011, date où il a changé d’avis, Nicolas Hulot était très préoccupé par le dérèglement climatique, pensait que le nucléaire, (énergie non fossile) était une bonne idée puisqu’il ne participait pas au réchauffement… et même contribuait à lutter contre, en prenant la place de centrales à charbon. D’ailleurs en arrêtant le nucléaire, les allemands n’ont-ils pas maintenu, outre mesure, l’utilisation du charbon pour faire de l’électricité? Beaucoup de nouveaux convertis à l’écologie, sensibles à l’urgence environnementale, passent par ce stade pro nucléaire. Seulement le nucléaire n’est pas une énergie renouvelable, c’est une énergie qui pose d’autres problèmes environnementaux et de sécurité mais surtout qui engouffre de considérables crédits d’investissements et de maintien pour un parc vieillissant comme le nôtre. Autant d’argent qui n’ira pas dans la recherche et le développement du renouvelable qui, lui seul, peut assurer une vraie indépendance énergétique, et pour lequel il y a une compétition mondiale ou nous sommes un peu largués ! La puissance d’EDF, ses logiques industrielles, l’organisation des réseaux de distribution d’électricité sur le territoire, interdisent à nos dirigeants, issus des partis productivistes, d’envisager la vie avec moins de nucléaire. Le nucléaire maintenu à un tel niveau (unique au monde !) empêche de bien réfléchir à de nouvelles formes de croissance et d’économie d’énergie. C’est un peu comme si l’on s’était accroché au Minitel sous prétexte  que nous en étions les champions ! Nicolas Hulot a fait ce chemin et est devenu anti-nucléaire quand il a eu une vision globale de l’impératif écologique. Visiblement les 2 têtes de l’exécutif sont encore loin de cette épiphanie ! 

Par Thomas Legrand, jeudi 5 juillet 2018

https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-05-juillet-2018

Juil 06

CORÉE DU NORD: POMPEO À PYONGYANG POUR DEMANDER DES « PRÉCISIONS » SUR LE NUCLÉAIRE

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo est arrivé à Pyongyang vendredi où il compte obtenir de Kim Jong Un des engagements plus précis sur la dénucléarisation après le sommet historique entre le dirigeant nord-coréen et le président américain Donald Trump.

Le chef de la diplomatie américaine a été accueilli par son homologue Ri Yong Ho ainsi que par le bras droit du numéro un nord-coréen Kim Yong Chol, selon un pool de journalistes qui l’accompagne.

Depuis sa rencontre le 12 juin à Singapour avec Kim Jong Un, Donald Trump s’est montré optimiste sur les chances de paix dans la péninsule divisée depuis la guerre de Corée (1950-53), se vantant que la menace d’une guerre nucléaire était écartée.

Mais le communiqué signé par MM. Kim et Trump à l’issue de la rencontre était avare de détails.

Kim a « réaffirmé son engagement ferme et inébranlable envers la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne« .

Une formulation vague qui a déçu les attentes des experts, d’autant qu’elle ne fait pas mention de la nécessité que ce processus soit aussi « vérifiable et irréversible« , comme le réclamaient les États-Unis.

– « Amitié profonde » –

Pyongyang ne s’est pas engagé publiquement à renoncer à son arsenal nucléaire qui lui a valu de multiples trains de sanctions de l’ONU. Des images satellite ont montré fin juin que des travaux d’amélioration se poursuivaient dans le centre de recherche nucléaire du site de Yongbyon.

Le secrétaire d’État est chargé de négocier un projet qui, espère Washington, verrait M. Kim déclarer clairement l’étendue et la nature de ses programmes nucléaire et balistique et accepter un calendrier pour le démantèlement de son arsenal.

« Nos leaders ont pris des engagements lors du sommet de Singapour sur une dénucléarisation complète de la Corée du Nord« , avait déclaré M. Pompeo lors d’une escale sur la base américaine de Yokota au Japon.

« Le but de mon déplacement est d’obtenir des détails sur ces engagements et de poursuivre la mise en œuvre de ce que les deux leaders ont convenu. J’attends la même chose de la République populaire démocratique de Corée (RDPC)« , le nom officiel de la Corée du Nord, a ajouté le chef de la diplomatie américaine.

Kim Yong Chol a salué l’Américain en relevant qu’il s’agissait de sa troisième visite dans le pays.

« Plus nous nous rencontrons, plus j’espère que notre amitié sera profonde« , a-t-il dit. « Plus vous viendrez, plus nous pourrons établir de confiance réciproque« .

– Elton John –

Dans un tweet avant d’arriver en Corée du Nord, le secrétaire d’État a dit que son objectif était « de continuer notre travail jusqu’à une dénucléarisation complète et vérifiée de la RDPC, comme s’y est engagé le président Kim« .

Washington espère que le processus sera enclenché dans l’année, mais beaucoup d’experts et de détracteurs du président Trump estiment que la promesse faite par le dirigeant nord-coréen lors du sommet ne vaut pas le papier sur lequel elle a été écrite et que le processus, même s’il débute, pourrait prendre des années.

Dans l’intervalle, l’administration américaine entend bien maintenir en place les sanctions économiques internationales qui, à ses yeux, ont poussé le Nord à la table des négociations.

Le secrétaire d’État américain a balayé en riant les informations de la presse sud-coréenne selon lesquelles il était venu en Corée du Nord avec en poche un CD du « Rocket man » d’Elton John.

Selon le quotidien Chosun Ilblo, citant des sources anonymes à Washington, le disque est un cadeau pour Kim Jong Un, une référence au « petit homme fusée (rocket man) » lancé par le président américain à l’endroit du numéro un nord-coréen, pendant leur combat rhétorique l’année dernière.

Pompeo va passer pour la première fois la nuit à Pyongyang. Après ses discussions vendredi et samedi, il se rendra à Tokyo où il informera les responsables japonais et sud-coréens.

Le secrétaire d’État américain ira ensuite au Vietnam, puis à Abou Dhabi avant de rejoindre M. Trump à Bruxelles pour le sommet de l’Otan les 11 et 12 juillet.

afp

https://www.la-croix.com/Monde/Coree-Nord-Pompeo-Pyongyang-demander-precisions-nucleaire-2018-07-06-1300952978

Juil 06

ACCORD NUCLÉAIRE: LES GRANDES PUISSANCES FONT UNE OFFRE À L’IRAN

Les Européens, la Russie et la Chine, pressés de faire des propositions concrètes pour garantir la survie de l’accord sur le nucléaire, rencontrent vendredi à Vienne les responsables iraniens avec une « offre » qu’ils estiment suffisamment « attractive » pour que Téhéran reste engagé dans le pacte.

« Nous formulons une offre que nous trouvons attractive » pour que l’Iran puisse continuer à commercer avec les entreprises européennes en dépit du retour annoncé des sanctions américaines, a déclaré à la presse le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Mass, avant le début de la réunion dans la capitale autrichienne qui a commencé vers 09h00 GMT.

Mais le président iranien Hassan Rohani a tempéré les attentes et fait monter la pression dès la veille de la rencontre des chefs de la diplomatie des cinq puissances restant partie à l’accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) avec leur homologue iranien Mohammad Javad Zarif.

Le paquet de mesures « ne répond pas à toutes les exigences de la République islamique« , a indiqué M. Rohani au président français Emmanuel Macron lors d’un échange téléphonique, selon l’agence de presse officielle iranienne Irna.

« Ce ne sera pas la dernière discussion » sur ce sujet entre l’Iran et ses partenaires, a reconnu M. Mass, admettant également que les Européens « ne pourraient pas tout compenser« .

Mais ils veulent « montrer à l’Iran qu’un retrait aurait plus de désavantages qu’un maintien » dans le pacte, a-t-il ajouté.

L’Iran tente d’obtenir des pays européens des compensations économiques au désengagement fracassant des États-Unis qui ont dénoncé l’accord début mai, le jugeant trop laxiste. Téhéran a menacé à plusieurs reprises de reprendre l’enrichissement d’uranium.

Le pacte historique de 2015 soumet l’Iran à un strict contrôle de ses activités nucléaires visant à empêcher le pays d’accéder à l’arme atomique. La contrepartie de l’accord pour l’Iran fut la levée des sanctions économiques internationales avec la perspective de nouveaux investissements.

Or depuis que le gouvernement américain de Donald Trump a dénoncé le texte, la perspective du retour des sanctions américaines a commencé à faire fuir les investisseurs étrangers. Le constructeur automobile français Peugeot, l’armateur danois de navires pétroliers Maersk Tankers se préparent à quitter le pays. Le Français Total risque de retirer d’un projet de développement du vaste champ gazier iranien Pars Sud.

La rencontre de vendredi doit donner « une impulsion » en vue de protéger les intérêts des acteurs économiques, avait annoncé le vice-ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Riabkov.

– Compte à rebours –

Téhéran ne cache pas son impatience. « Le temps des négociations arrive à son terme« , avait prévenu début juin le président du Parlement iranien, Ali Larijani.

Dans sa liste de conditions présentées fin mai, le guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, a notamment demandé une garantie sur les ventes iraniennes de pétrole et sur les transactions commerciales.

L’Europe se retrouve ainsi sous une double pression, celle de Téhéran qui a besoin d’investissements étrangers pour remettre à flots son économie, et celle de Washington qui pourrait s’en prendre à ses entreprises et les priver d’accès au marché américain.

Le chef de la diplomatie allemande n’a pas détaillé le contenu de l’offre européenne, citant des propositions déjà connues: une loi dite « de blocage« , dont les effets sont incertains, visant à contrer les effets des sanctions américaines sur les entreprises européennes voulant investir en Iran; un mandat élargi de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour soutenir les investissements européens en Iran.

« Nous essayons maintenant de voir les possibilités de maintenir ouverts les canaux de paiement avec l’Iran« , a ajouté M. Mass.

Signe de l’urgence, alors que les premières sanctions américaines doivent être réimposées début août, le président iranien Hassan Rohani était à Genève et à Vienne cette semaine où il a plaidé pour la sauvegarde de l’accord.

« Tant que c’est possible pour l’Iran, nous resterons partie à l’accord, nous ne quitterons pas le JCPOA (le sigle officiel de l’accord, ndlr), à la condition que nous puissions aussi en profiter« , a dit ce conservateur modéré réélu en 2017.

afp

https://www.boursedirect.fr/fr/actualites/categorie/a-la-une/accord-nucleaire-les-grandes-puissances-presentent-leur-copie-a-l-iran-afp-4a96c061a77ab61bf6097d494db63f8c5f7b6879

Juil 06

«URANIUMGATE» SUR LÉMAN

Après une perquisition en France, l’enquête sur «l’Uraniumgate» pourrait rebondir. La vente d’uranium entre le Niger, des filiales offshore d’Areva et des sociétés-écran est passée par un intermédiaire basé à Genève.

Géant du nucléaire, le groupe Areva est dans la tourmente depuis quelques années. La justice française s’était déjà penchée sur les conditions désastreuses de rachat à perte d’UraMin, une compagnie minière sud-africaine surévaluée. Le 28 novembre 2017, coup de théâtre: le parquet national financier (PNF) du Tribunal de grande instance de Paris ordonne des perquisitions au siège de la multinationale. Cette fois, il s’agit d’avancer sur un second dossier qui intéresse les autorités depuis juillet 2015, et la juge d’instruction Claire Thépaut en particulier: l’affaire dite de «l’Uraniumgate».

Cette affaire porte sur les conditions opaques d’une «vente circulaire» de 2500 tonnes d’U308, concentré d’uranium destiné à être transformé en combustible pour centrales nucléaires. Cette transaction en boucle, effectuée sur quelques jours et pour laquelle la multinationale française a fini par racheter sa propre production à un prix supérieur à la mise en vente initiale, aurait fait perdre entre 18 et 101 millions de dollars au groupe nucléaire fin 2011, selon différentes versions. Où est passée la différence ? Dans des commissions et rétro-commissions? Des financements politiques?

Transaction embarrassante

Il faut attendre début 2017 pour que cette transaction embarrassante soit exposée dans les médias, après une fuite dans un journal nigérien, Le Courrier. Cet hebdomadaire résume le litige: «Areva UG, la branche négoce du groupe français, a vendu pour 220 millions de dollars un stock de 5,5 millions de livres d’uranium U308 à une société russe inconnue, Energo Alyans. Celle-ci l’a immédiatement revendu à un groupe suisso-libanais actif au Nigeria, Optima Energy, pour un prix légèrement supérieur, 302,2 millions. Le stock, qui n’a jamais quitté le Niger, a été cédé pour 319,8 millions par Optima à la société nationale nigérienne Sopamin, qui l’a rétrocédé à Areva UG pour 320,65 millions.»

«Difficile d’avoir accès à tout ce qui concerne les activités et les contrats d’exploitation d’uranium.» Ali Idrissa

L’hebdomadaire a publié des documents originaux de cette transaction ubuesque. Non seulement elle a impliqué des acteurs étrangers au commerce de l’uranium – Energo Alyans, Optima Energy, actifs dans le pétrole – mais on y découvre des signataires peu orthodoxes: le directeur de cabinet de la Présidence du Niger «s’invitant» à parapher des lettres de débit et de crédit à l’en-tête de différentes sociétés, dont la Sopamin. C’est bien lui qui a signé à la place du ministre des Mines, pour un virement de 319 millions de dollars, effectué via BNP Paribas vers Emirates NBD, une banque de Dubaï.

À Niamey, une commission parlementaire d’enquête a été ouverte en mars 2017. Puis une «plainte contre X» a été déposée par des organisations de la société civile, en avril. Mais ONG et partis d’opposition se sont vite retrouvés écartés des travaux et rapports d’enquête. Contacté au plus fort de la polémique, Ali Idrissa, coordinateur du ROTAB (Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire), ne s’étonne guère: «Il est difficile d’avoir accès à tout ce qui concerne les activités et les contrats d’exploitation d’uranium au Niger, compte tenu de l’opacité qui caractérise la gestion de la Sopamin, et d’Areva.»

Centre décisionnel en Suisse

Réclamant la transparence dans le secteur des mines, Ali Idrissa a, depuis, été arrêté (lire ci-dessous). Scandale de grande ampleur au Niger, l’Uraniumgate touche le premier cercle du président Issoufou. Au vu de la situation sur place, on ne s’attend à aucune avancée concrète de l’enquête de ce côté.

Et en France? Les perquisitions et interrogatoires ont permis d’entendre Jean-Michel Guiheux, directeur commercial de la branche mines d’Areva, et les signataires de certains documents de la «vente circulaire». Selon eux, cette opération aurait été liée à une promesse d’investissement dans le nucléaire, compensant à court terme la «perte» enregistrée. Le lien entre les deux sera toutefois difficile à expliquer, pour la défense.

Joint, le pôle financier du Tribunal de grande instance à Paris «refuse par principe» de communiquer sur des dossiers en cours. De son côté, Marc Endelweld, journaliste chez Marianne, a été l’un des premiers à pointer le rôle opaque joué par un intermédiaire «qui devrait plus particulièrement intéresser la justice: Jean-Claude Meyer, dont la société Optima Energy Off-Shore SAL, située au Liban, aurait empoché dans un premier temps l’essentiel de ces commissions». Optima Energy au Liban ne serait qu’une filiale du groupe éponyme, établi en Suisse. Certains soupçonnent la filiale libanaise de n’être qu’un artifice, une simple boîte aux lettres. «En réalité, le siège décisionnel d’Optima Energy se situe bien à Genève», nous a confirmé un habitué du milieu du trading en Suisse romande.

Des enquêtes complexes et sous pression

S’il est difficile d’enquêter sur les mouvements physiques de l’uranium, investiguer sur les transactions au niveau du marché mondial représente un vrai casse-tête. Le scandale autour de l’Uraniumgate l’illustre parfaitement. Dans cette opération qui réunit tous les ingrédients d’une transaction frauduleuse, des acteurs tels que la multinationale Areva ou la société d’État du Niger n’ont pas hésité à mettre dans la boucle de faux signataires, des sociétés fictives ou sans rapport avec le secteur nucléaire. Ils n’ont même pas estimé nécessaire de masquer leur accord derrière un dispositif d’apparence crédible.

Un tel contexte d’opacité et d’impunité laisse songeur: les opérations autour de matières radioactives entrent dans le processus de fabrication d’armes atomiques. Au Niger, les tentatives de contrôle se heurtent au régime militarisé du président Issoufou – ancien cadre local d’Areva, accusé par l’opposition de hold-up électoral permanent. Ali Idrissa, coordinateur au Niger de la campagne internationale Publiez Ce Que Vous Payez (Publish What You Pay-PWYP, qui œuvre pour plus de transparence dans l’industrie minière), est emprisonné depuis le 25 mars avec une vingtaine de militants, mais aussi des journalistes. Ali Idrissa est inculpé d’«organisation et participation à une manifestation interdite», «complicité de violences», et «destruction de biens», en relation avec une manifestation pacifique… à laquelle ils n’ont pas participé. Le premier jour de leur procès s’est tenu mercredi. «Ces militants ont déjà passé trois mois derrière les barreaux, dans des prisons éloignées de 60 à 180 kilomètres de leurs proches. Ils sont détenus uniquement en raison de leur travail pacifique en faveur des droits humains», dénonce Kiné Fatim Diop, chargée de campagne à Amnesty International. L’ONG réclame «leur libération immédiate et sans condition».

Signe de ce climat délétère, le Niger a été suspendu de l’Initiative pour la transparence des industries extractives-ITIE en 2017, après dix ans de vaines incitations à se mettre en règle. En France, la justice peine à étayer ses soupçons sur cette transaction et à faire le lien avec d’éventuels intermédiaires. L’enquête s’est un temps dirigée vers «la partie russe de l’affaire», aiguillée par le fait que la société Energo Alyans s’est volatilisée peu de temps après la revente. Autre piste: le cabinet d’avocats Steering Legal, qui dispose de bureaux à Paris, mais aussi à Niamey et à Dubaï. Deux avocats fiscalistes du cabinet, Laurent Moury et Florian Guais, auraient «structuré la transaction qui intéresse les juges». Leurs bureaux ont été perquisitionnés à deux reprises en décembre 2017. GLE.

Du fast-food à la négociation d’uranium

Aux États-Unis, plusieurs actionnaires s’estiment floués. Ils ont entamé des démarches pour interpeller les autorités à Washington et obtenir justice. En Suisse, des rebondissements sont aussi possibles: les documents qui ont fuité dans la presse nigérienne laissent apparaître le nom de Jean-Claude Meyer sur les lettres de confirmation de crédit et de débit adressées par Jean-Michel Guilheux, vice-président à la division Uranium Sourcing and Supply Contracts d’Areva.

De fait, le siège décisionnel d’Optima Energy renvoie au n°7, rue du Commerce, à Genève. Or, au moment de cette mystérieuse «vente circulaire» d’uranium, Jean-Claude Meyer, «originaire de France, domicilié à Lagos» (Nigeria), en est l’administrateur-président, avec signature individuelle. Peu après le scandale de l’Uraniumgate, il a été radié de ses fonctions de dirigeant. Mais il existe toujours trois sociétés du même groupe à cette adresse genevoise (Optima Energy SA, Optima Energy Services Sàrl, et Optima Energy Investments SA, en liquidation). Aujourd’hui encore, le siège décisionnel est à Genève, et il n’y aucune antenne au Liban, comme indiqué sur le site internet de la compagnie.

Rien ne permet de confirmer que la justice française travaille actuellement sur cette piste. À Berne, le Ministère public de la Confédération informe n’avoir reçu aucune demande d’entraide de la France sur ce dossier, et renvoie au Ministère public genevois. Ce dernier confirme avoir déjà travaillé sur des dossiers concernant Areva, mais pas sur l’Uraniumgate. «À première vue», aucune procédure ne serait en cours à Genève concernant Optima Energy «ou autour de cette affaire», nous informe Henri Della Casa, chargé de relations médias pour le pouvoir judiciaire cantonal.

Pour bien des observateurs, le rôle de Jean-Claude Meyer dans cette opération reste à éclaircir. Comment expliquer que ce jeune Français d’à peine 30 ans au moment des faits, à ses débuts dans le commerce en Afrique de l’Ouest mais «dirigeant» une société de trading à Genève, se retrouve au centre d’une vente aussi stratégique d’uranium? Une transaction à hauteur de plusieurs centaines de millions de dollars, impliquant directement le géant du nucléaire Areva, et la Sopamin, société d’État chargée de la commercialisation de l’uranium au Niger? Certains ont cherché du côté de son parcours professionnel. En vain: son CV est plutôt mince. Il aurait fait des études d’informatique au Texas, puis dirigé un fast-food au Nigeria, avant de monter sa première boîte de négoce de pétrole dans ce même pays. Pas une ligne de plus sur le profil qu’il affiche comme dirigeant de Novignis, un autre groupe de courtage, de conseils et services en tout genre qu’il a ensuite créé dans le paradis fiscal de Dubaï.

Au siège genevois d’Optima Energy, on nous répond «ne pas être au courant» de ce dossier, ni savoir ce qu’il en est de la «filiale libanaise» d’Optima Energy ni de l’endroit où travaille aujourd’hui Jean-Claude Meyer, ou de ses fonctions actuelles. Mais on nous propose de faire suivre le message.

Par Gilles Labarthe le jeudi 5 juillet 2018  

https://lecourrier.ch/2018/07/05/uraniumgate-sur-leman/

Juil 05

CONCERNANT L’ENQUÊTE SUR LA SÛRETÉ ET LA SÉCURITÉ DES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES : DES CONCLUSIONS URGENTES DOIVENT ÊTRE TIRÉES !

Communiqué du 5 juillet 2018 du Réseau Sortir du Nucléaire

La Commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires publie aujourd’hui son rapport définitif. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ (qui a été auditionné dans ce cadre) salue le travail effectué. Toutefois, il est temps d’en tirer les conclusions qui s’imposent : au vu de l’état des risques, des mesures d’accompagnement ne suffiront jamais à garantir la sûreté et la sécurité. La seule protection possible réside dans un arrêt le plus rapide possible des installations nucléaires.

Un travail sérieux qui n’élude quasiment aucune question

La commission d’enquête a mené un travail approfondi qui mérite d’être salué, en prenant le parti d’auditionner un grand nombre de voix critiques (ONG, experts indépendants, journalistes…) ainsi que d’autres acteurs qui n’ont d’habitude pas voix au chapitre, comme des sous-traitants de l’industrie nucléaire.

Sort des sous-traitants, non-conformité de nombreux équipements, impossibilité d’évacuer un grand nombre de personnes en cas d’accident, vulnérabilité des installations et des transports aux agressions externes, failles de sûreté du projet Cigéo, impasse du retraitement, défaillances du système de contrôle de la sûreté, situation financière périlleuse des industriels de la filière : peu de sujets ont été oubliés. On peut se féliciter de cette volonté d’exhaustivité.

On peut malheureusement supposer que les informations récoltées ne constituent que la partie émergée de l’iceberg. La Commission déplore ainsi « le caractère plus que succinct » des documents remis par EDF. Surtout, comme cela est noté à plusieurs reprises, le travail de la Commission a été entravé par le classement « secret défense » de nombreuses informations, notamment sur la question cruciale de la vulnérabilité des piscines de combustible usé aux agressions externes. Il est louable que plusieurs parlementaires souhaitent continuer ce travail en demandant l’agrément secret défense, mais leur sera-t-il possible de jouer un rôle d’alerte s’ils sont soumis au secret ?

Une remise en question bienvenue de l’ensemble de la politique de gestion des déchets radioactifs

Les lacunes du projet Cigéo sont clairement exposées, ainsi que les expériences malheureuses connues par d’autres sites d’enfouissement. Selon la rapporteuse, la Commission d’enquête, suite à sa visite à Bure, serait « dubitative » quant à la réversibilité du processus d’enfouissement. Elle préconise ainsi de poursuivre la recherche de manière à laisser ouverte la possibilité de trouver une solution alternative au stockage géologique profond.

De même, la politique de « retraitement » du combustible usé à La Hague est enfin remise en question. Le stockage en piscine des combustibles est questionné et l’opportunité du projet de piscine de stockage de combustible usé à Belleville-sur-Loire est clairement mise en doute. Ces questionnements seront-ils entendus ?

La seule réponse politique acceptable doit être la sortie du nucléaire

Les parlementaires ont fait le choix de formuler 33 propositions pour améliorer la sûreté et la sécurité. Ces préconisations restent cependant bien en-deçà de ce qui serait nécessaire. Au vu de l’étendue des risques, des défaillances du système de contrôle et des moyens limités pour faire face à des menaces démesurées, prétendre garantir la sûreté et la sécurité des installations nucléaires est un leurre. La seule option pour réduire réellement le risque nucléaire actif reste la mise à l’arrêt des installations.

Le rapport reconnaît par ailleurs (sans malheureusement en faire une préconisation) que « la prolongation de l’exploitation du parc actuel n’est pas certaine, malgré la volonté affichée d’EDF. Il semblerait donc prudent, pour assurer la continuité de la fourniture d’électricité, d’établir un calendrier prévisionnel de fermeture des réacteurs, assis sur les seuls critères de sûreté – liés notamment au vieillissement des INB – et de sécurité des installations concernées. ».

La seule question manquante dans ce rapport semble finalement être la suivante : qui décide de la politique énergétique, les élus et le gouvernement, ou bien l’industrie nucléaire ?

Cité dans le rapport, Nicolas Hulot déclare ainsi : « on peut poser la question autrement : si l’on n’a pas les moyens économiques d’assurer la sûreté et la sécurité et de limiter le risque, nous devons évidemment en tirer des conséquences pour nos choix énergétiques« . Averti de tout cela, qu’attend le gouvernement pour en tirer les conclusions qui s’imposent, en termes d’intransigeance vis-à-vis d’EDF et de fermeture rapide d’un grand nombre de réacteurs ? Le texte de la PPE, qui doit être publié prochainement, tiendra-t-il compte de ces informations ?

Contacts presse : Laura Hameaux – 06 85 23 05 11

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Enquete-sur-la-surete-et-la-securite-des

Juil 05

LE NUCLÉAIRE FRANÇAIS N’INSPIRE PAS VRAIMENT CONFIANCE AUX PARLEMENTAIRES

Dans un rapport que France Inter a pu consulter, la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires s’alarme de plusieurs dysfonctionnements. Mais aussi, plus largement, de la culture du secret qui entoure le nucléaire français, y compris pour les représentants élus.

Les 19 centrales nucléaires françaises sont-elles suffisamment à l’abri du risque ? Après cinq mois de travail, 48 réunions dont 43 auditions, et 83 personnes entendues, les parlementaires ont de sérieux doutes.

D’abord parce qu’ils ont l’impression de ne pas avoir appris suffisamment de choses. Sur les questions de sécurité par exemple, essentielles à l’heure où « les installations nucléaires pourraient être des cibles de choix à l’époque où le spectaculaire figure parmi les priorités des organisations terroristes », députés et sénateurs se sont souvent heurtés à un refus tout net de les informer.

Le rapport indique ainsi que « le secret-défense a été presque systématiquement opposé aux membres de la commission, tant par les pouvoirs publics que par le principal exploitant d’installations nucléaires ». Et la commission s’inquiète que « dans de nombreux cas, elle [ait] dû se contenter de bonnes paroles, sans qu’aucun élément tangible ne lui soit produit […]. Le propos qui consiste à demander à la représentation nationale de ‘faire confiance’ est difficilement acceptable.« 

Des mesures de sécurité trop opaques

Difficile aussi pour les parlementaires de se contenter d’une promesse que « tout va bien« , alors par exemple que Greenpeace a réussi il y deux jours à faire voler un drone au-dessus d’une centrale nucléaire française. Ils expliquent avoir identifié plusieurs risques (chute d’avion, incursion de drones, sabotage interne, menace externe, et menace informatique), pour lesquels les mesures de prévention et les suites restent floues.

« Les installations nucléaires françaises n’ont pas été conçues pour résister à une agression terroriste », assurent-ils. De plus, il est difficile « d’identifier l’autorité prescriptrice en matière de sécurité », entre les différents ministères concernés, les forces de sécurité, les hauts fonctionnaires défense, etc. D’où un risque de désorganisation en cas d’incident. Les parlementaires recommandent de lier davantage sécurité (prévention des attaques) et sûreté (prévention des accidents), puisque dans les deux situations, « les conséquences sont les mêmes ».

Une sûreté qui offre « des failles« 

La sûreté, justement, est un autre motif d’inquiétude, surtout après l’accident de Fukushima, qui a « démontré qu’une sûreté absolue n’est jamais acquise«  et que même si « certains évènements semblent ‘impossibles’, il est apparu indispensable de ‘concevoir l’inconcevable’. »

Les parlementaires dénoncent ainsi un problème avec le facteur humain, notamment sur la question de la sous-traitance. Ils estiment que « 80 % des tâches sont de nos jours confiées à des entreprises sous-traitantes ». Ce qui pose plusieurs problèmes majeurs, comme « une perte de compétences des exploitants » et « leur dépendance vis-à-vis des entreprises prestataires ». Or selon l’ancien directeur de la centrale de Fukushima, ce fonctionnement est dangereux : il raconte que lors de la catastrophe, « les sous-traitants sont partis très rapidement, considérant que la tournure prise par les évènements n’était pas prévue par leur contrat », ce qui a retardé la stabilisation. De son côté, EDF assure pouvoir agir seule en cas d’accident, sans l’aide de ses sous-traitants.

Des pièces pas si irréprochables

La qualité des pièces des centrales inquiète aussi la commission d’enquête. Ils évoquent « le vieillissement des installations nucléaires françaises », « la corrosion, l’altération de certaines pièces ou tuyauteries », « les effets du changement climatique ». Et se disent frappés par l’utilisation abusive d’un principe, « l’exclusion de rupture », qui est censée être garante de la fabrication de pièces irréprochables.

Un principe appliqué au départ uniquement aux pièces essentielles, mais étendu à d’autres domaines : or, le rapport rappelle que « cela a pour conséquence l’absence de procédures de secours, certains types d’accident étant réputés impossibles ». Pas si impossibles que ça : la commission a découvert qu’à Flamanville, des pièces censées être irréprochables « n’avaient pas été usinées de manière correcte. Des fraudes relatives à la conformité des pièces ont également été mises en évidence ».

Publié le jeudi 5 juillet 2018 à 7h07 par Olivier Bénis ( @OlivierBenis )

Pour réécouter l’interview (10 minutes) de Barbara Pompili (rapporteure de la Commission) invitée de Léa Salamé à 7h50 (NDLR : très instructive, à ne pas rater), cliquer sur:

http://www2.assemblee-nationale.fr/15/autres-commissions/commissions-d-enquete/commission-d-enquete-sur-la-surete-et-la-securite-des-installations-nucleaires

Juil 05

EN AUTRICHE, ROHANI PLAIDE POUR LA SAUVEGARDE DE L’ACCORD NUCLÉAIRE

La mise en cause d’un représentant officiel iranien dans un projet d’attentat en Europe tombe au plus mauvais moment pour Téhéran.

Le président iranien Hassan Rohani, en visite en Europe pour s’assurer des partenariats permettant de contrer le retour des sanctions américaines, a insisté hier à Vienne sur sa volonté de sauvegarder l’accord historique sur le programme nucléaire de son pays, aujourd’hui gravement menacé.
Cette visite, jugée « d’une importance capitale » par Téhéran pour la coopération entre la République islamique et l’Europe après le retrait américain de l’accord, est assombrie par la récente arrestation d’un diplomate de l’ambassade d’Iran en poste dans la capitale autrichienne suspecté d’être impliqué dans un projet d’attentat.
Quelques heures avant d’accueillir M. Rohani, Vienne a convoqué en urgence l’ambassadeur d’Iran dans le pays et annoncé que l’Autriche allait retirer son statut de diplomate à l’agent mis en cause. « Nous attendons des éclaircissements complets » sur cette affaire, a prévenu hier le chancelier Sebastian Kurz lors d’un point presse aux côtés du président iranien, ajoutant que ce dernier lui avait « assuré soutenir » cette démarche. Avec le chef d’État autrichien Alexander Van der Bellen, M. Rohani a insisté sur sa volonté de maintenir l’accord obtenu de haute lutte en 2015, signé à Vienne, et supposé empêcher l’Iran d’accéder à l’arme atomique en échange d’une levée des sanctions qui l’isolaient et étranglaient son économie.

« Équilibrer » contraintes et bénéfices

« Tant que c’est possible pour l’Iran, nous resterons partie à l’accord, nous ne quitterons pas le JCPOA (le sigle officiel de l’accord, NDLR), à la condition que nous puissions aussi en profiter », a déclaré M. Rohani. « Si les autres signataires, hors États-Unis, peuvent garantir les intérêts de l’Iran, l’Iran restera dans le JCPOA », a-t-il insisté. En clôture de sa visite à Vienne, M. Rohani doit rencontrer les milieux d’affaires autrichiens, alors que « plusieurs centaines d’entreprises autrichiennes », selon M. Van der Bellen, sont présentes en Iran. Depuis que le gouvernement américain de Donald Trump a dénoncé l’accord nucléaire en mai, il fait planer de lourdes menaces de sanctions sur tous ceux qui voudraient avoir des échanges économiques avec Téhéran. Or, l’Iran a besoin de retirer des bénéfices économiques de l’accord, sous la forme d’investissements étrangers, pour garder son économie à flot.
 « Nous avons besoin d’un équilibre entre nos devoirs et l’hypothèse de restrictions (…) nous espérons des actions décisives en ce qui concerne le commerce et l’économie », a insisté M. Rohani qui, avant l’Autriche, avait eu des entretiens bilatéraux en Suisse. Un message qui était directement adressé aux cinq autres États signataires de l’accord nucléaire (Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), dont les ministres des Affaires étrangères doivent se réunir demain à Vienne pour la première fois depuis que Donald Trump a décidé de s’affranchir du pacte ratifié par l’ONU.

Pour Téhéran et ces signataires, la mise en cause d’un représentant officiel iranien dans un projet d’attentat en Europe tombe donc au plus mauvais moment. Le diplomate en poste à Vienne, arrêté samedi en Allemagne, pourrait être extradé prochainement vers la Belgique, où sont coordonnées les investigations sur le projet d’attentat, a indiqué le parquet de Bamberg, dans le sud de l’Allemagne, cité par l’agence DPA. En raison de la commission présumée d’une infraction dans un autre pays que celui où il est en poste, son immunité diplomatique ne peut être invoquée, ont indiqué plusieurs sources à l’AFP.

Kurz défend Israël

Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), entité proche des Moujahidine du peuple, accuse cet homme, troisième conseiller à l’ambassade d’Iran, d’avoir été le « commanditaire » et « principal planificateur » du projet d’attentat. Il est soupçonné d’avoir été en contact avec un couple de Belges d’origine iranienne arrêté à Bruxelles en possession de 500 grammes d’explosifs devant servir à attaquer, samedi dernier près de Paris, un rassemblement organisé par les Moudjahidine du peuple iranien (MEK), un parti d’opposition interdit par les autorités iraniennes depuis 1981. Des personnalités politiques américaines de premier plan ont participé à ce rassemblement, comme l’ancien maire de New York, aujourd’hui avocat personnel du président américain Donald Trump, Rudy Giuliani. Ulcéré, Téhéran a dit voir dans ces mises en cause une machination destinée à nuire à l’Iran. Hier, le ministère iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a même affirmé que les suspects interpellés en Belgique sont membres des Moujahidine du peuple.

Devant M. Rohani, le chancelier autrichien a par ailleurs jugé « absolument inacceptables la remise en cause du droit d’Israël à exister ou les appels à détruire Israël ». « La sécurité d’Israël n’est pas négociable pour nous », a-t-il insisté.
Source : AFP

https://www.lorientlejour.com/article/1124050/en-autriche-rohani-plaide-pour-la-sauvegarde-de-laccord-nucleaire.html

Juil 05

LA DISSUASION NUCLÉAIRE, SUJET CHAUD ENTRE LA FRANCE ET LE VATICAN

Alors que le pape François a fait évoluer la position de l’Église catholique en faveur de l’interdiction de l’arme atomique, la France défend sa position en vue d’un désarmement progressif.

Lorsque Emmanuel Macron est venu au Vatican, il y a une dizaine de jours, le sujet de la dissuasion nucléaire a été évoqué avec ses interlocuteurs. « Ont été abordées les questions globales d’intérêt commun dont (…) la résolution des conflits, spécialement en relation avec le désarmement », notait le communiqué final publié par le Saint-Siège. En clair : Paris et Rome ont confronté leurs points de vue divergents sur l’usage de l’arme atomique.

Car la position du Vatican, qui a pris fait et cause en faveur de l’interdiction de l’arme nucléaire inquiète à Paris. Il y a tout juste un an, le 7 juillet 2017, le Saint-Siège, dans un de ses premiers votes aux Nations unies, a ainsi approuvé le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires négocié dans l’enceinte onusienne. Un traité que, en septembre dernier, il a également été un des tout premiers à ratifier.

Cette position diplomatique va dans la droite ligne des prises de parole du pape François en faveur de la proscription de l’arme nucléaire. À la suite de son prédécesseur Benoît XVI, le pape argentin a en effet infléchi la position vaticane qui, sous Jean-Paul II, en pleine guerre froide, estimait « moralement acceptable » la dissuasion nucléaire en tant qu’« étape sur la voie d’un désarmement progressif ».

« Les relations internationales ne peuvent pas être dominées par la force militaire »

Rien de tel pour François pour qui, comme il l’expliquait dans un message à la convention des Nations unies chargée de négocier le traité d’interdiction, « la paix et la stabilité internationale ne peuvent être fondées sur un faux-sens de la sécurité, sur la menace d’une destruction réciproque d’un anéantissement total, sur le simple maintien d’un équilibre des puissances ».

« Les relations internationales ne peuvent pas être dominées par la force militaire, les intimidations réciproques, l’exhibition des arsenaux belliqueux », a-t-il répété en novembre dernier lors d’un symposium au Vatican auquel participaient les responsables de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (Ican), tout justes nobélisés.

« Les armes de destructions massives, en particulier atomiques, ne génèrent qu’un sentiment trompeur de sécurité et ne peuvent constituer la base d’une coexistence pacifique entre les membres de la famille humaine », insistait-il alors.

L’inquiétude de la France

Connaissant l’influence du Saint-Siège auprès de nombre de pays, en Afrique ou en Amérique latine, la France regarde avec une certaine inquiétude cette évolution à l’encontre de ses efforts en vue d’une dénucléarisation plus appuyée sur les traités de non-prolifération.

« L’objectif est identique, c’est évident ; tout le monde espère un jour un monde sans armes nucléaires. Les voies pour l’atteindre méritent d’être discutées », expliquait ainsi au site eglise.catholique.fr l’ambassadeur français près le Saint-Siège Philippe Zeller, juste avant le voyage d’Emmanuel Macron.

Des échanges constructifs

Cette année, le directeur des affaires stratégiques du Quai-d’Orsay est donc discrètement venu au Vatican rencontrer les diplomates du Saint-Siège et leur exposer le point de vue français. Et, en mars, les étudiants de l’Institut des hautes études de défense nationale en visite à Rome n’ont pas manqué d’interroger les responsables du Dicastère pour le développement humain intégral qui suit la question au Vatican.

« Des échanges techniques ont eu lieu ces derniers mois pour bien comprendre quelles étaient les positions de part et d’autre », confirme Philippe Zeller qui voit là quelque chose de « très constructif » :

« C’est-à-dire qu’on est capable de présenter de part et d’autre les différents arguments. Et je crois que la France, de ce point de vue, est, parmi les États qui possèdent l’arme nucléaire, l’un de ceux qui ont les premiers réagi pour dire : Écoutez, nous sommes là pour discuter ; travaillons ensemble, comprenons-nous bien et voyons ensemble quels sont les défis qui sont au fond les mêmes. »

Nicolas Senèze, envoyé spécial permanent à Rome, le 04/07/2018 à 17h32

https://www.la-croix.com/France/Securite/dissuasion-nucleaire-sujet-chaud-entre-France-Vatican-2018-07-04-1200952568

 

Juil 05

LES FRANÇAIS CONTRE LE NUCLÉAIRE MILITAIRE

SONDAGE – Si la majorité des Français souhaite la ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires, ce n’est pas par antimilitarisme puisque, dans le contexte de la menace terroriste, seule une minorité réclame parallèlement une réduction des dépenses militaires.

Le rapport des Français au nucléaire est mis en perspective en introduction d’un récent ouvrage de l’association pacifiste Initiatives pour désarmement nucléaire, présidée par l’ancien ministre de la défense PS Paul Quilès (1).

« La chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide ont, semble-t-il, totalement fait oublier aux Français les peurs que l’arme nucléaire a suscitées par le passé, est-il analysé. Les nombreuses manifestations antinucléaires des années 1980 et les craintes d’un affrontement nucléaire militaire ont été enterrées. Il y a bien eu quelques soubresauts comme les réactions à la reprise des essais nucléaires décidée par Jacques Chirac en 1995, mais, globalement, la question de la dissuasion nucléaire semble aujourd’hui moins intéresser les Français ».

Le Mouvement de la paix et La Croix ont donc demandé à l’Ifop de sonder nos concitoyens sur cette thématique. Une majorité (67 %) souhaite que la France s’engage dans la ratification du traité d’« interdiction » des armes nucléaires.

« Une majorité de français souhaite que la France s’engage dans le traité d’interdiction des armes nucléaires »

Cette position est majoritaire au sein de tous les électorats : 79 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, 73 % de ceux d’Emmanuel Macron, 58-59 % de ceux de François Fillon et Marine Le Pen.

« Il ressort de manière éclatante qu’une majorité de français souhaite que la France s’engage dans le traité d’interdiction des armes nucléaires actuellement en voie de ratification par les pays », se félicite le Mouvement de la paix.

Comme tous les autres États détenteurs d’armes nucléaires, la France s’y refuse néanmoins, préférant réitérer son attachement au traité de « non-prolifération ». C’est pourquoi le Mouvement de la paix organisera, le 14 octobre prochain, une journée de mobilisation « sur « les lieux du crime », là où l’État français modernise et renouvelle l’arsenal atomique meurtrier ».

Plus d’antinucléaires auprès de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron

De fait, 56 % des Français sont également défavorables à ce que la France renouvelle et modernise ses armes atomiques. Mais une opposition politique se dessine ; les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (70 %) y sont fortement défavorables. À l’inverse, y sont nettement favorables ceux de François Fillon (59 %).

En croisant ces deux questions, nous avons dressé une typologie du rapport des Français au nucléaire militaire. Un groupe se dégage clairement : 44 % sont à la fois favorables à ce que la France s’engage dans la ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires et défavorables à ce qu’elle renouvelle et modernise les siennes. Ces « antinucléaires » sont majoritaires dans l’électorat de Jean-Luc Mélenchon (59 %) et Emmanuel Macron (43 %).

À l’opposé, les « pro-nucléaires », représentent seulement 21 % des sondés. Ils sont surreprésentés chez les électeurs de François Fillon (35 % contre 34 % d’« antinucléaires »). Entre les deux, 23 % attendent en même temps que la France s’engage dans la ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires et qu’elle renouvelle et modernise les siennes.

Pas de réticence vis-à-vis des dépenses militaires

En apparence incohérente, cette position « réaliste » peut s’interpréter comme le souhait de l’interdiction du nucléaire militaire dans l’absolu, mais la volonté, en attendant que toutes les autres puissances nucléaires s’y engagent, que la France conserve à jour son propre arsenal. C’est notamment le cas de 32 % des personnes âgées de plus de 65 ans.

Il s’agit de la tranche d’âge ayant pu vivre le paroxysme de la guerre froide (crise des missiles à Cuba en 1962). Enfin, 12 % des Français, « attentistes », veulent conserver les choses en l’état : ni ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires ni renouvellement et modernisation des nôtres.

Cette position majoritairement hostile au nucléaire ne s’accompagne toutefois pas d’une réticence vis-à-vis des dépenses militaires. Bien au contraire. Interrogés sur les secteurs devant faire l’objet de restrictions budgétaires en cas de réduction des dépenses, seuls 18 % citent « la défense, l’armée ».

Un contexte de menace terroriste

Alors que dans les précédentes enquêtes, ce secteur venait largement en tête : 45 % en janvier 2010, 37 % en mars 2012. Désormais, ce sont « les aides sociales, dont celles versées aux chômeurs », qui sont les plus citées comme sources d’économies.

« Nous avons changé d’époque depuis les attaques terroristes sur le sol français, décrypte Romain Bendavid de l’Ifop. Il existe une demande d’autorité et d’augmentation des dépenses régaliennes liées à la sécurité intérieure, avec un rôle visible de l’armée dans l’opération Sentinelle. Or, on ne combat pas le terrorisme avec l’arme nucléaire. »

Alors que le ministère de la défense a rendu public, mercredi 4 juillet, son bilan annuel au Parlement sur le sujet, 61 % des Français se déclarent défavorables à ce que la France « exporte des armements et sa technologie ».

70 % des Français favorables à la participation au maintien de la paix à l’étranger

Un clivage politique et générationnel se dégage. Les 18-24 ans (75 %) et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (78 %) sont les plus défavorables ; les plus de 65 ans (53 %) et les électeurs d’Emmanuel Macron (52 %) les moins défavorables, ceux de François Fillon étant même carrément pour à 63 %. Intuitivement, ce clivage recoupe celui sur le libéralisme économique.

Une encore plus large majorité de Français (70 %) est favorable à ce que la France participe sous l’égide de l’ONU à des opérations de maintien de la paix à l’étranger. Avec un clivage politique marqué entre le centre (85 % de l’électorat d’Emmanuel Macron) et l’extrême droite (51 % seulement de celui de Marine Le Pen).

Sans doute faut-il y voir un rapport différencié à la souveraineté nationale lorsque ces opérations se font au nom d’un « droit » d’ingérence dans les affaires intérieures des États.

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Le nucléaire militaire

6 août 1945. Bombe américaine sur Hiroshima, au Japon.

9 août 1945. Bombe américaine sur Nagasaki.

1er juillet 1968. Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, dont le monopole est accordé aux États-Unis d’Amérique, à la Russie (URSS), au Royaume-Uni, à la Chine et à la France.

8 novembre 1983. Déclaration « Gagner la paix » de la Conférence des évêques de France : « Une dissuasion est encore légitime. C’est pourquoi les nations peuvent légitimement préparer leur défense pour dissuader les agresseurs, même par une contre-menace nucléaire. »

7 juillet 2017. Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Il n’est ratifié à ce jour que par dix pays, dont le Saint-Siège (dès le 20 septembre 2017), l’Autriche, le Venezuela, Cuba, le Mexique, la Thaïlande, le Vietnam et l’État de Palestine.

Article de Laurent de Boissieu , le 04/07/2018 à 17h31

  • Paul Quilès, Michel Drain, Jean-Marie Collin, L’illusion nucléaire. La face cachée de la bombe atomique, Éditions Charles Léopold Mayer, 2018.

https://www.la-croix.com/France/Securite/Francais-contre-nucleaire-militaire-2018-07-04-1200952564

Juil 05

UNE TRENTAINE DE PRÉCONISATIONS PARLEMENTAIRES POUR AMÉLIORER LA SURVEILLANCE DES CENTRALES NUCLÉAIRES

Après cinq mois de travaux, d’audition et de visite de terrain, la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité publie, jeudi, son rapport sur la sécurité des centrales nucléaires françaises.

Nos centrales nucléaires sont-elles suffisamment protégées d’actes malveillants ? Après cinq mois de travaux, une quarantaine d’auditions et une dizaine de visites de sites, la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité publie son rapport jeudi 5 juillet 2018. Les parlementaires font une trentaine de préconisations pour améliorer la surveillance de nos sites nucléaires dans un contexte terroriste particulier et des intrusions régulières de Greenpeace.

Facteur humain et sous-traitance

Les parlementaires alertent aussi sur un certain nombre de situations. Par exemple, au moment de l’accident de Fukushima, la plupart des sous-traitants qui travaillaient sur le site japonais sont partis très rapidement parce qu’il n’était pas stipulé dans leur contrat qu’ils devaient rester en cas d’accident.

En France, EDF sous-traite 80% de la maintenance sur le gros matériel. Ce qui inquiète les parlementaires, c’est principalement le facteur humain. Au-delà des tremblements de terre et des tsunamis, les parlementaires redoutent que les sites nucléaires soient mis à mal par une attaque terroriste, qu’elle vienne d’une cyberattaque, des airs avec un crash d’avion gros porteur, d’un commando armé extérieur, ou encore de complice à l’intérieur du personnel de la centrale. Le 19 juin 2018 un salarié a été retrouvé dans son bureau à la centrale de Paluel, victime d’un malaise. Il était resté 72 heures sur place alors que le contrôle des allers et venues sur une centrale nucléaire aurait dû signaler qu’il n’était pas ressorti du site.

Du côté des autorités et des opérateurs on se veut rassurant, notamment pour contrôler les personnes qui viennent sur leur site. Avant de pouvoir rentrer dans une centrale, une enquête est réalisée par le commandement spécialisé sur la sécurité nucléaire, qui vérifie si vous êtes recherché, radicalisé. Sur 125 000 enquêtes, 753 ont fait l’objet d’avis défavorables, principalement pour des problèmes de consommation de drogue. Quinze étaient liés à des phénomènes de radicalisation, selon le ministre de l’Intérieur, auditionné pendant cette enquête parlementaire.

Ce que préconise le rapport parlementaire

Le rapport parlementaire préconise un exercice difficile, entre transparence démocratique d’un côté et besoin de protéger les installations sensibles de l’autre. Il préconise par exemple que Google Earth floute nos installations nucléaires pour ne pas les voir depuis nos ordinateurs. Il préconise aussi de rendre moins prévisibles nos convois de déchets nucléaires par la route ou le rail, ou encore qu’il y ait davantage de gendarmes dédiés aux centrales. Et comme les demandes d’information des parlementaires ont parfois été refusées au nom du secret défense, ce qui ne les satisfait pas totalement, ils préconisent donc que l’Autorité de sureté nucléaire (ASN), une autorité indépendante, prenne aussi en charge cette question de la sécurité de nos installations, comme cela se passe en Belgique ou aux États-Unis.

https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/une-trentaine-de-preconisations-parlementaires-pour-ameliorer-la-surveillance-des-centrales-nucleaires_2834431.html

Juil 05

RÉACTEUR EPR DE FLAMANVILLE: EDF RECONNAIT UN RETARD SUPPLÉMENTAIRE

Les problèmes de soudures de l’EPR de Flamanville annoncés en avril auront « un impact » sur la date de mise en service du réacteur nucléaire en construction, a indiqué mercredi EDF qui jusqu’alors ne parlait que d’un « éventuel » retard supplémentaire.

« Ce qu’on sait, c’est qu’il y aura un impact sur le planning du projet. En revanche c’est beaucoup trop tôt pour le caractériser« , a déclaré le directeur des aménagements de ce chantier Bertrand Michoud, faisant le point sur les problèmes de soudures, lors d’une commission locale d’information réunissant industriels, Autorité de sûreté nucléaire (ASN), élus locaux, syndicats et associations, aux Pieux, à côté de Flamanville.

« L’ordre de grandeur, c’est quelques mois« , a-t-il ajouté, face au chargé des questions nucléaires de Greenpeace France Yannick Rousselet, ce dernier affirmant que dans les couloirs de l’IRSN, bras technique de l’ASN, il était question d’un retard supplémentaire de « deux ans« . « Pas avant 2021« , a ajouté M. Rousselet devant des journalistes.

Le coût officiel de l’EPR a été réévalué en 2015 à 10,5 milliards d’euros, le triple de son budget initial.

Fin mai, EDF avait dit envisager quelques mois de retard. L’industriel assure ne pouvoir en dire plus tant que les discussions avec l’ASN sur la façon dont doivent être réparées les soudures ne sont pas closes.

Une porte-parole du groupe à Paris a précisé mercredi qu’il n’y avait « aucune information nouvelle concernant l’EPR de Flamanville 3 » par rapport à ce qui avait été annoncé fin mai.

« Les échanges avec l’Autorité de sûreté nucléaire relatifs aux écarts de qualité sur certaines soudures du circuit secondaire se poursuivent« , a-t-elle ajouté.

Depuis septembre 2015, EDF affichait un planning de démarrage à la fin de l’année 2018 pour une mise en service commerciale en 2019, soit avec sept ans de retard.

« Quelques mois » de retard supplémentaire, « oui, ça paraît crédible« , a estimé le chef du pôle EPR à l’ASN de Normandie, Eric Zelnio, interrogé par l’AFP après la réunion.

Selon l’ASN, la livraison du combustible, qui devait avoir lieu cet été, est repoussée, mais pourrait avoir lieu avant la fin de l’année.

Revenant sur le vol en mai de 150 cadenas posés sur des armoires contenant les matériels informatiques des systèmes de pilotage du réacteur, M. Michoud a indiqué qu’EDF n’avait « détecté aucune interférence avec la base de données du contrôle-commande« .

Le contrôle-commande est constitué de l’ensemble des systèmes qui permettent de piloter une installation nucléaire. L’enquête de gendarmerie est toujours en cours, selon EDF.

Vendredi, un EPR a été raccordé avec succès au réseau électrique, à Taishan, en Chine, selon EDF et le chinois CGN, une première pour cette technologie française. Il doit encore monter en puissance progressivement avant la mise en service commerciale prévue avant 2019, selon CGN.

(©AFP / 04 juillet 2018 18h15)

https://www.romandie.com/news/R-acteur-EPR-de-Flamanville-EDF-reconna-t-un-retard-suppl-mentaire/933557.rom

Juil 04

JAPON: LA JUSTICE REJETTE UNE DEMANDE D’ARRÊT DE DEUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES

Tokyo – Un tribunal japonais a rejeté mercredi en deuxième instance une demande d’arrêt de deux réacteurs nucléaires de l’ouest du Japon, renversant un jugement antérieur et déboutant ainsi un groupe de citoyens.

Une cour de Kanazawa, dépendant d’un tribunal de Nagoya, a jugé qu’il n’y avait pas de raison rationnelle d’interdire à la compagnie Kansai Electric Power de faire fonctionner ses unités 3 et 4 de la centrale d’Oi (ou Ohi), remises en service dernièrement après avoir obtenu les feux verts techniques et politiques nécessaires.

Cette décision de justice a provoqué la déception des anti-nucléaires qui considèrent que les leçons de la catastrophe de Fukushima n’ont pas été tirées et que les installations d’Oi sont vulnérables en cas de tremblement de terre majeur.

Actuellement six réacteurs nucléaires fonctionnent au Japon.

(©AFP / 04 juillet 2018, 08h24)

https://www.romandie.com/news/Japon-la-justice-rejette-une-demande-d-arr-t-de-deux-r-acteurs-nucl-aires/933359.rom

Juil 04

ROHANI APPELLE LES PAYS EUROPÉENS À FUSTIGER L’UNILATÉRALISME AMÉRICAIN

En visite d’État en Suisse, le président iranien Hassan Rohani dénonce l’unilatéralisme états-unien, « point de clivage », à ses yeux, entre Américains et Européens. 

« Il revient à tous les pays européens de fustiger manifestement la politique unilatérale des États-Unis dans le monde et d’insister sur l’impératif du respect des engagements internationaux », a insisté Rohani à l’occasion de la réunion des hautes délégations iranienne et suisse à Berne.

S’exprimant à cette occasion, le président Rohani et son homologue suisse, Alain Berset, se sont réjouis de la relation amicale qu’entretiennent de longue date les deux pays, avant d’insister sur le développement des relations et des coopérations bilatérales qui est « dans l’intérêt de nos deux pays et de la paix mondiale ».

Les deux hommes ont également souligné l’importance du respect des accords et des engagements internationaux, tout en fustigeant l’unilatéralisme et la loi du plus fort, qui ne sauraient que produire des effets contre-productifs.

Qualifiant d’« importante » cette réunion entre les hauts responsables suisses et iraniens, tenue ce mardi à midi dans la capitale suisse, le président Rohani a espéré voir les discussions aboutir à la décision d’approfondir les relations bilatérales.

Revenant sur l’accord nucléaire historique signé entre Téhéran et les 5+1, dont les États-Unis de Trump se sont retirés unilatéralement, Rohani a qualifié de « vital » ce document international qui a ouvert de nouvelles portes dans les relations entre l’Iran et les pays amis et qui a engendré un réel progrès en faveur de la paix, de la sécurité et de la confiance mutuelle dans la région et le monde. 

Rohani a également insisté sur le fait que l’Iran avait respecté strictement les engagements qu’il avait contractés dans l’accord de juillet 2015.

Le président Rohani a fustigé le fait que les États-Unis, non contents de s’être retirés illégalement de l’accord, exhortent à présent les autres parties signataires à le violer.

S’exprimant aux côtés de son homologue suisse à l’occasion d’une conférence de presse ce mardi, le président Rohani a réagi aux menaces et aux pressions américaines.

Rohani a qualifié de « fanfaronnade » et de « pure imagination » les déclarations des États-Unis selon lesquelles ils allaient empêcher l’Iran d’exporter son pétrole et a dénoncé les « sanctions aveugles » des Américains comme la pire violation des droits de l’homme.

Alors qu’on lui demandait si l’Iran fermerait le détroit d’Hormuz en représailles aux menaces américaines de suspendre les exportations iraniennes de pétrole, Rohani a déclaré qu’« il s’agit de propos exagérés qui ne pourront jamais prendre effet ».

« Un tel scénario signifierait d’imposer une politique unilatérale et impérialiste en violation flagrante des lois et règlements internationaux dans les domaines énergétique et commercial », a ajouté M. Rohani, avant de qualifier de « pure chimère, de stupidité et d’injustice, le fait de s’imaginer qu’un jour tous les producteurs de pétrole seront autorisés à exporter leur pétrole, sauf l’Iran ».

« Nous resterons dans cet accord tant que nos intérêts seront respectés, » a-t-il encore prévenu.

Interrogé sur les coopérations économiques irano-suisses et les activités du comité mixte économique bilatéral, Rohani a déclaré qu’après le déplacement officiel du président suisse en 2016 à Téhéran, une feuille de route a été tracée et plusieurs réunions ont été organisées entre les deux pays.

« Aujourd’hui nous sommes arrivés à cette conclusion que pour résoudre certains problèmes dans les relations économiques, il est nécessaire de créer un comité technique afin de résoudre les crises et d’ouvrir la voie à plus de coopérations », a-t-il précisé.

Pour sa part le président de la Confédération helvète a réaffirmé le plein soutien de la Suisse à l’accord sur le programme nucléaire iranien.

« Cet accord doit continuer à être appliqué et la Suisse va faire tout ce qu’elle peut pour que cela soit le cas », a-t-il déclaré, avant de déplorer le retrait unilatéral et contre-productif des États-Unis de l’accord.

https://www.presstv.com/DetailFr/2018/07/03/566921/Iran-Suisse-accord-nuclaire-EtatsUnis-retrait-coopration-conomique-ptrole-sanctions-pression-Turmp

Juil 04

LES BOMBES NUCLÉAIRES US MODIFIÉES POUSSERONT-ELLES COMME DES CHAMPIGNONS EN EUROPE?

Les États-Unis pourraient proposer à leurs alliés de l’OTAN de déployer sur leurs bases militaires européennes des bombes nucléaires perfectionnées, a fait savoir à Sputnik une source diplomatique.

Lors du sommet de Bruxelles des 11 et 12 juillet, Washington pourrait avancer l’idée de positionner ses bombes nucléaires sur des bases militaires situées dans les pays européens, a déclaré à Sputnik une source diplomatique.

«On s’attend à ce que cette question soit soulevée dans le cadre du prochain sommet de l’Otan à Bruxelles», a notamment souligné l’interlocuteur de Sputnik.

Il pourrait toutefois s’agir de la B61-12 que les États-Unis continuent de tester. Les derniers essais de cette bombe nucléaire gravitationnelle ont été menés au mois de mai dernier, puis le 9 juin sur le polygone de Tonopah, dans le Nevada, à partir d’un bombardier stratégique Northrop B-2 Spirit, annonce Military.com.

D’une puissance de 50 kilotonnes, la bombe thermonucléaire B61-12 est la 12e version de la bombe B61. Son premier test remonte à 2015. Cette arme devrait être trois fois plus précise que les précédentes. Elle pourra être larguée par les B-2 Spirit, les chasseurs F-35 Lightning II et les futurs bombardiers à long rayon d’action B-21 Raider. Ces bombes devraient être mises en service d’ici à 2020.

Selon Hans M. Kristensen, directeur du projet d’information nucléaire à la Federation of American Scientists, les bombes B61 se trouvent actuellement déployées sur dix bases militaires américaines, dont 4 aux États-Unis et 6 dans 5 pays en Europe.

Publié le 3 juillet à 21h24

https://fr.sputniknews.com/international/201807031037054456-bombes-nuclaires-us-modifiees-pousseront-champignons-europe/

Juil 04

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CRUAS-MEYSSE A POLLUÉ LES EAUX SOUTERRAINES ! TROIS ASSOCIATIONS PORTENT PLAINTE CONTRE EDF

Communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire“, SDN Sud Ardèche et FRAPNA Ardèche – 4 juillet 2018

En mai 2018, une concentration en tritium (substance radioactive provenant de la réaction nucléaire) 20 fois supérieure à la normale a été détectée dans le captage d’eau potable de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche). Le Réseau “Sortir du nucléaire“ et les associations SDN Sud Ardèche et FRAPNA Ardèche portent aujourd’hui plainte contre EDF, qui a tenté de minimiser cette pollution radioactive.

Cette pollution ne fait que s’ajouter à une multitude de dysfonctionnements sur le site de Cruas-Meysse, qui mettent en danger les travailleurs, les riverains et l’environnement.

Une pollution radioactive minimisée par EDF

La centrale nucléaire de Cruas-Meysse a pollué les eaux souterraines pendant plusieurs semaines ! À la mi-mai 2018, des prélèvements réalisés par EDF dans le point de captage d’eau potable du site et deux points de prélèvement situés hors de son périmètre ont révélé une concentration anormale en tritium. Cette substance radioactive, qui peut provoquer des dommages à l’ADN, présentait une concentration près de 20 fois supérieure au taux habituel (190 Becquerels/litre contre 10 Becquerels/litre) !

Malgré ces résultats inquiétants, EDF a cherché à minimiser cette pollution et s’est bien gardée de communiquer auprès du public à ce sujet. Alors même que des prélèvements réalisés les 4 et 7 mai témoignaient déjà d’une concentration anormale en tritium dans les eaux et qu’un tel problème doit être déclaré dans les meilleurs délais, elle n’a informé l’Autorité de sûreté nucléaire que le 22 mai 2018.

Il est aussi surprenant que les membres de la Commission Locale d’Information n’aient pas été informés de cette pollution, comme cela aurait dû se faire.

Une interdiction de consommer l’eau aurait été donnée sur le site de la centrale. Mais quelles conséquences sanitaires pour les travailleurs qui auraient pu boire de cette eau tritiée avant que l’interdiction ne soit rendue publique, ainsi que pour les riverains ?

À l’origine de la pollution, des défaillances multiples

Cette pollution des eaux est également révélatrice de dysfonctionnements matériels et organisationnels inquiétants. Selon EDF, elle pourrait être liée à un incident d’exploitation survenu dans la nuit du 1er au 2 avril 2018. Un puisard de collecte d’effluents radioactifs avait alors débordé dans un local dont le sol n’est pas étanche. Les deux pompes censées éviter le débordement du réservoir étaient en panne (l’une d’elle, hors service depuis novembre 2017, devait faire l’objet d’une réparation en février 2018 mais cette dernière n’a jamais été faite). Une pompe de secours a alors été mise en place… mais ne correspondant pas au modèle approprié, elle est tombée en panne après 3h de fonctionnement. Enfin, les modalités de surveillance mises en place n’ont pas permis d’éviter le débordement.

Ces dysfonctionnements ne sont malheureusement pas surprenants au regard de la longue liste d’avaries que rencontre la centrale nucléaire de Cruas depuis plusieurs années (voir annexe ci-dessous). Équipements défaillants car mal entretenus, réglages inappropriés, laisser-aller dans la surveillance : ces faits ne sauraient être minimisés et pourraient mener un jour à un accident grave.

C’est pourquoi le Réseau “Sortir du nucléaire“ et les associations SDN Sud Ardèche et FRAPNA Ardèche déposent aujourd’hui plainte contre EDF devant le procureur de la République de Privas. Les associations relèvent 10 infractions et souhaitent qu’une enquête soit ouverte. Toute la lumière doit être faite sur les causes et les conséquences de cette inquiétante pollution et le laisser-aller qui règne à la centrale nucléaire de Cruas doit être sévèrement sanctionné !

Pour en savoir plus sur cette pollution

Retrouver le dossier juridique

Contacts presse :

  • Pour le Réseau « Sortir du nucléaire » : Marie Frachisse (juriste) – 07 62 58 01 23
  • Pour Sortir du nucléaire Sud Ardèche : Alain Joffre – 06 75 50 29 86

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Pour retrouver ce communiqué et lire son annexe, cliquer sur : http://www.sortirdunucleaire.org/La-centrale-nucleaire-de-Cruas-Meysse-a-pollue

Juil 04

NORD: LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GRAVELINES REÇOIT SA MAUVAISE NOTE ANNUELLE

. L’Autorité de sûreté nucléaire a passé au crible la centrale EDF de Gravelines.

. L’ASN a noté la dégradation des performances de sûreté nucléaire.

. La multiplication des « incidents » inquiète l’Autorité.

Au contraire du vin, les centrales nucléaires ne se bonifient pas avec l’âge. Ce mardi, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a livré son état des lieux de l’unité de production EDF de Gravelines, dans le Nord, plus importante centrale nucléaire d’Europe. Si l’ASN relève chaque année des points à améliorer, l’institution a noté cette fois des dégradations dans des domaines auparavant fiables.

Pour l’ASN, Gravelines est l’un des mauvais élèves des équipements d’EDF : « Les résultats en matière de sûreté nucléaire la placent en retrait par rapport » à l’appréciation générale portée sur EDF. La faute à pas de chance ? Oui et non. Le fait est que la centrale nordiste a connu plusieurs arrêts, pour maintenance ou pour rechargement en combustible, et que « des événements significatifs » ont alors été observés.

Trop d’événements significatifs

Le dernier remonte au 24 juin et concerne l’unité de production 5. Une motopompe de secours des générateurs de vapeur s’est déclenchée de manière imprévue. Un « écart » répertorié au niveau zéro de l’échelle internationale des événements nucléaires (INES). Et des événements de ce type, il y en a (presque) tous les mois : « Des progrès sont attendus en matière de détection des écarts », insiste l’ASN.

En termes de protection de l’environnement, l’ASN assure que les réservoirs d’entreposage des effluents liquides des réacteurs ont été mis en conformité, fin 2017. Le défaut avait été relevé lors d’une inspection et, depuis, l’Autorité garde un œil sur ce point. Un point crucial pour EDF, puisqu’il est partie prenante du cahier des charges imposé par l’ASN pour délivrer les autorisations d’exploitation.

L’Autorité souligne aussi les améliorations à apporter sur la gestion du risque incendie, la gestion des risques d’exposition radiologique et la sécurité des personnels. Sur ce dernier aspect, l’ASN déplore la survenue de « deux accidents graves » et de « trois presqu’accidents ».

Dans son rapport national, l’ASN pointe du doigt « les difficultés d’EDF pour s’assurer de la conformité de ses installations et la maintenir dans le temps ». Est-ce pour cette raison que le périmètre du Plan particulier d’intervention (PPI) autour des centrales nucléaires a été doublé, début juin ? Ce sont « les autorités européennes de sûreté et de radioprotection qui avaient recommandé d’étendre les périmètres des PPI » a rappelé, en 2016, la ministre de l’Environnement de l’époque, Ségolène Royal. Pas de panique donc.

https://www.20minutes.fr/planete/2300951-20180703-nord-centrale-nucleaire-gravelines-recoit-mauvaise-note-annuelle

Juil 03

EPR : LE NUCLÉAIRE FRANÇAIS À QUITTE OU DOUBLE

Le chantier de Flamanville 3 (Manche), entamé en 2007, a été interrompu à plusieurs reprises par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), et ce, dès 2008. Détection de nombreux défauts sur le pont polaire, suspension du bétonnage et remplacement de 46 consoles en acier en 2012, découverte régulière de soudures défectueuses assurant différentes fonctions… Mais les déboires les plus importants sont liés aux concentrations de carbone trop élevées détectées sur le fond et le couvercle de la cuve. (Crédits : Benoit Tessier)

Olkiluoto, Flamanville, Hinkley Point… Autant de synonymes de dérapages de calendriers et de budgets. Le tout récent démarrage de l’EPR de Taishan en Chine permettra-t-il de rompre la malédiction ou est-il annonciateur de nouvelles menaces?

Enfin ! Un réacteur EPR (European Pressurized Reactor) a effectué sa première réaction en chaîne au début de ce mois de juin 2018. C’est à Taishan, en Chine, à 60 km au sud-ouest de Hong Kong, que ce réacteur européen à eau sous pression a été construit par EDF et son partenaire chinois CGN (China General Nuclear Power Corporation), qui en détient 70 %.

Le raccordement au réseau serait imminent même s’il ne s’agit pas encore de l’entrée en service commerciale. Mais cela n’en demeure pas moins une étape majeure. Lancée en 1992, cette technologie de troisième génération a été codéveloppée par Areva et Siemens au sein de leur filiale commune Areva NP. Conçu pour répondre aux exigences de sûreté et de sécurité post-Fukushima, l’EPR bénéficie d’une multiplication des systèmes de sauvegarde pour refroidir le cœur du réacteur en cas de défaillance, d’une coque de protection en béton et acier, et d’un récupérateur de corium censé réduire les conséquences en cas d’accident grave.

Après le retrait de Siemens, EDF a pris le contrôle de cette activité dans le cadre de la réorganisation de la filière nucléaire française orchestrée par l’État. L’histoire de ce modèle, présenté comme le fleuron de la filière nucléaire française, se résumait jusqu’à présent à une longue litanie de défauts – dont certains dus à des fraudes -, de retards, de surcoûts, et même de procès.

Outre Taishan, où un deuxième réacteur est en construction, il en existe deux autres dans le monde. Celui construit par Siemens et Areva – dont cela a précipité la faillite – à Olkiluoto en Finlande a vu son budget passer de 3 à 10 milliards d’euros et sa mise en service, initialement prévue en 2009, vient d’être une nouvelle fois reportée de mai à septembre 2019.

Areva et son client TVO avaient porté le litige né de ce retard devant un tribunal d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (ICC) à Paris ; les deux parties se réclamaient mutuellement plusieurs milliards d’euros. Il s’est finalement soldé par un accord amiable par lequel le Français s’est engagé à verser à l’électricien finlandais 450.000 euros de dédommagement.

Démarrage de Flamanville autorisé sous conditions

Le chantier de Flamanville 3 (Manche), entamé en 2007, a été interrompu à plusieurs reprises par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), et ce, dès 2008. Détection de nombreux défauts sur le pont polaire, suspension du bétonnage et remplacement de 46 consoles en acier en 2012, découverte régulière de soudures défectueuses assurant différentes fonctions…

Mais les déboires les plus importants qu’ait connus le chantier sont liés aux concentrations de carbone trop élevées détectées sur le fond et le couvercle de la cuve, un phénomène dit « de ségrégation », susceptible d’augmenter le risque de fissuration. Cet élément de 14 mètres de haut sur 6 mètres de diamètre et de 550 tonnes contient les assemblages de combustible produisant la fission nucléaire et l’eau à haute pression, et sa rupture doit impérativement être exclue.

« La cuve de l’EPR est une question que nous avons posée dès 2005, rappelle le gendarme du nucléaire. Il a fallu insister auprès de Framatome pour qu’ils s’en occupent. » Malgré ces défauts, en juin 2017, l’ASN autorisait le démarrage sous conditions de Flamanville 3. S’il est possible de contrôler l’état de la cuve lors des visites décennales, cela n’est pas le cas du couvercle. D’où la demande faite par l’ASN de le remplacer en 2024 au plus tard, une date correspondant au délai de fabrication incompressible de cette pièce.

Mais EDF est toujours à la recherche de solutions permettant de le vérifier sans le démonter, et a même lancé à cet effet un appel à projets international. Après s’être officiellement donné deux ans pour y parvenir, l’opérateur laisse désormais entendre qu’il pourrait jusqu’au dernier moment renoncer à le changer. En attendant, une pièce d’acier destinée à la fabrication d’un nouveau couvercle a bien été commandée en Chine.

Mais le plus inquiétant, c’est que ces défauts ont été découverts dans un contexte de tentatives de dissimulation de la part de l’usine du Creusot. « De potentielles fraudes ont été repérées à l’usine du Creusot lors d’une revue de qualité menée à la demande de l’ASN, détaille son président, Pierre-Franck Chevet. Elles ont conduit à demander la vérification de toutes les pages de tous les dossiers. Nous en sommes un peu plus qu’à mi-chemin de cette vérification qui devrait être terminée d’ici à la fin de l’année. »

Taishan, vraie ou fausse bonne nouvelle ?

Ce sont encore une fois à des soudures que l’EPR doit son dernier retard en date. Des anomalies sur le circuit secondaire détectées en avril dernier nécessitent la vérification de toutes les soudures effectuées par les mêmes sous-traitants, une opération qui nécessitera plusieurs mois, tant et si bien que le démarrage de Flamanville 3, calé depuis trois ans à la fin de l’année 2018, ne pourra se faire avant mi-2019, au mieux.

Ce nouveau retard repousse d’autant la fermeture de Fessenheim. Mais il commence surtout à inquiéter le gouvernement. Alors ministre de l’Économie, Emmanuel Macron avait soutenu de tout son poids la vente de deux EPR à l’Angleterre. Avec succès, puisque cette dernière s’est engagée à racheter l’électricité produite par Hinkley Point C au tarif de 92 livres sterling, soit 110 euros/MWh. Mais ce projet à 24 milliards d’euros est contesté jusqu’au sein d’EDF. La perspective d’un tel investissement alors que l’entreprise est lourdement endettée (30 milliards d’euros nets fin 2017) avait entraîné la démission du directeur financier, Thomas Piquemal. Mais la direction de l’entreprise était malgré tout parvenue à faire voter le projet lors d’un conseil d’administration en juillet 2016. EDF espère également en vendre six unités à l’Inde.

Dans ce contexte, « Le démarrage de Taishan est très important pour EDF (et CGN), car cela signifie que nous sommes parvenus au bout du projet, et cela valide la technologie de l’EPR », se réjouit Xavier Ursat, directeur exécutif du groupe chargé de la direction Ingénierie et Projets nouveau nucléaire d’EDF. Nicolas Goldberg, manager Énergie et Environnement chez Colombus Consulting, y voit également « une nouvelle positive, qui valide la technologie ».

Pour Yves Marignac, directeur de Wise-Paris, c’est au contraire une « fausse bonne nouvelle » pour l’industrie nucléaire française, qui ne transforme pas en succès un programme industriel qui échoue partout ailleurs qu’en Chine. Surtout, « c’est une chose que la technologie fonctionne, mais ça n’en fait pas une technologie attractive et compétitive », souligne-t-il, ajoutant qu’« EDF a déjà reconnu que l’EPR n’était pas un modèle d’avenir puisqu’ils évoquent un EPR optimisé, de 30 % moins cher ».

Quel est le secret de la réussite de l’EPR de Taishan ?

À quoi les Chinois doivent-ils d’avoir réussi, là où les Français échouent pour le moment, en dépit de problèmes similaires sur la cuve et le couvercle, pour lesquels l’autorité de sûreté chinoise a d’ailleurs adopté des mesures semblables à celles prises par l’ASN ? « Notamment du fait du poids croissant de l’acceptabilité locale des projets en Chine, il n’y a aucune raison de penser que l’autorité de sûreté nucléaire chinoise soit moins exigeante que l’ASN française », reconnaît Yves Marignac. En revanche, pour Nicolas Goldberg, le succès chinois reflète le rôle du facteur « effet d’échelle ». Pas moins de 20 réacteurs sont actuellement en construction en Chine, ce qui a une incidence sur le degré de qualification des sous-traitants.

« C’est probablement parce qu’elle reste une économie de construction, comparable de ce point de vue à la France des Trente Glorieuses, que la Chine maîtrise mieux les projets comme la construction de réacteurs que nous ne le faisons aujourd’hui », observe Yves Marignac.

Flamanville a essuyé les plâtres – y compris pour Taishan, qui, selon Xavier Ursat, a bénéficié du retour d’expérience de l’EPR normand.

« L’enjeu pour EDF est maintenant de restructurer une filière », insiste le consultant.

Bientôt des réacteurs chinois en Europe ?

Mais le succès chinois est à double tranchant. « À travers l’expérience de l’EPR, les Chinois ont acquis les compétences nécessaires pour construire leur propre réacteur », alerte Yves Marignac. Au cours des quinze ans de développement de l’EPR, on a assisté à une accélération du transfert de compétences technologiques et de la maîtrise technique de l’Europe vers la Chine.

« Aujourd’hui la question n’est plus tant celle de l’exportation européenne vers la Chine mais plutôt de mesurer la possibilité beaucoup plus forte qu’a aujourd’hui la Chine d’exporter des réacteurs vers l’Europe », assène-t-il. « Les Chinois ont montré les atouts tirés de l’échelle de leur filière, mais pas encore la capacité de construire, relativise Nicolas Goldberg. Il leur faut un démonstrateur sur leur territoire. »

C’est précisément ce qu’ils s’emploient à faire avec le Hualong One. General Nuclear Services (GNS), la coentreprise conçue par EDF et China General Nuclear Power Corporation (CGNPC), espère en bâtir deux exemplaires en Angleterre, qui en a engagé la certification en janvier 2017. Ce serait une première en Europe, qui pourrait bien sonner le glas de l’EPR.

Dominique Pialot @PIALOT1

Juil 03

NICOLAS HULOT MONTE AU FRONT SUR LE NUCLÉAIRE

LA POLITIQUE – Le ministre vert revient de loin et remonte sur l’échiquier politique pour imposer sa vision écologique sur le nucléaire.

Le ministre de la transition écologique fait son retour après un passage difficile tant privé que politique. On se rappelle encore des accusations de violences sexuelles qu’il a dû faire face et les actions gouvernementales non-écologiques qu’il a dû accepter, voire défendre. Actuellement, il se prépare pour gagner quelques combats écolos, mais avant cela, il va présenter en Conseil des ministres un grand plan sur la biodiversité, vendredi. Toutefois, c’est le dossier nucléaire qui est le plus attendu et ce sera un test pour Nicolas Hulot. Réussira-t-il à convaincre le gouvernement à donner une date précise sur la fermeture de certaines centrales nucléaires ?

Ce mardi 3 juillet 2018, Cyril Adriaens-Allemand, dans sa chronique « La politique« , nous parle du retour de Nicolas Hulot . Cette chronique a été diffusée dans La Matinale du 03/07/2018 présentée par Pascale de La Tour du Pin sur LCI. Du lundi au vendredi, dès 5h45, Pascale de La Tour du Pin vous présente la Matinale entourée de ses chroniqueurs.

Pour écouter cette chronique (2mn26s), cliquer sur :

https://www.lci.fr/politique/nicolas-hulot-monte-au-front-sur-le-nucleaire-2092164.html

Juil 03

ACCORD NUCLÉAIRE : L’IRAN ANNONCE UNE RÉUNION DES ÉTATS PARTIES VENDREDI À VIENNE

Pour la première fois depuis le retrait des États-Unis, les ministres des Affaires étrangères des États signataires de l’accord sur le nucléaire iranien vont se retrouver vendredi à Vienne.

Les ministres des Affaires étrangères des cinq États membres de l’accord sur le nucléaire iranien se réuniront vendredi à Vienne pour la première fois depuis le retrait des États-Unis de ce pacte en mai, a rapporté mardi l’agence officielle Iranienne Irna. « Lors de cette réunion seront discutés l’ensemble de propositions de l’Union européenne (pour répondre aux garanties demandées par l’Iran) et les moyens de préserver (l’accord) après le retrait des États-Unis« , a ajouté Irna.

Accord conclu par le groupe G5+1 en juillet 2015.

L’accord international sur le nucléaire avait été conclu à Vienne en juillet 2015 entre l’Iran et le Groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), puis validé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Selon Irna, la réunion de vendredi doit se tenir sous l’égide de la Commission conjointe de l’accord sur le nucléaire iranien. Présidée par l’UE, cette instance est chargée d’assurer le suivi de l’application de l’accord. Sa dernière réunion, au niveau des ministres délégués, s’était tenue le 25 mai à Vienne.

Retrait de l’accord de l’administration américaine.

L’administration de Donald Trump a annoncé le 8 mai le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord conclu sous son prédécesseur Barack Obama. Ce retrait a ouvert la voie à un renforcement des sanctions américaines contre la République islamique d’Iran. Les autres partenaires de l’Iran au sein de cet accord proclament leur volonté d’aller de l’avant sans les États-Unis et de maintenir l’adhésion de Téhéran à ce pacte.

L’Iran demande des garanties économiques.

Mais l’Iran a demandé aux Européens de lui fournir un ensemble de garanties économiques qui lui permettraient de continuer à observer l’accord. L’accord de Vienne a permis de sortir l’Iran de son isolement en levant temporairement une partie des sanctions économiques internationales le visant. En échange, il a accepté de brider drastiquement son programme nucléaire et s’est engagé solennellement à ne jamais chercher à acquérir la bombe atomique. L’Iran a menacé de reprendre une partie des activités nucléaires qu’il a mises en sommeil si ses demandes ne sont pas satisfaites.

http://www.europe1.fr/international/accord-nucleaire-liran-annonce-une-reunion-des-etats-parties-vendredi-a-vienne-3700304

Juil 03

GREENPEACE ENVOIE UN DRONE S’ÉCRASER CONTRE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY (VIDÉO

Des militants de Greenpeace ont fait s’écrasé un drone, déguisé en Superman, contre un bâtiment de la centrale nucléaire du Bugey, dans l’Ain ce mardi 3 au matin. L’ONG de défense de l’environnement souhaitait par ce coup d’éclat alerter sur la vulnérabilité de ce type de bâtiment.

Selon le communiqué de Greenpeace, « Superman a survolé ce matin la centrale nucléaire du Bugey, à une trentaine de kilomètres de Lyon, avant de venir s’écraser contre le mur de la piscine d’entreposage de combustible usé, accolée au réacteur 2« .

Et d’ajouter: « Il s’agissait en réalité d’un drone à l’effigie du super héros, piloté par des militant-e-s de Greenpeace France qui l’ont volontairement conduit dans le mur. Si l’honneur de Superman est sauf, la situation reste très inquiétante: cette action symbolique a démontré une nouvelle fois l’extrême vulnérabilité de bâtiments lourdement chargés en radioactivité« . L’appareil a traversé sans être arrêté une zone théoriquement interdite de survol pour des raisons de sécurité évidentes. Selon l’organisation, « les piscines d’entreposage de combustible usé n’ont pas été dotées d’une enceinte de confinement robuste« .

La centrale nucléaire du Bugey a été mise en service en 1972 et dispose de quatre réacteurs en fonctionnement. En juin 2017, un incendie sans gravité s’était déclaré sur la toiture d’un bâtiment de la zone nucléaire de l’unité de production n°5.

Huit militants de Greenpeace ont été condamnés fin février dernier à des peines de prison avec sursis ou de la prison ferme pour s’être introduits sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) en octobre.

Ses militants s’étaient également introduits sur le site nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en novembre, pour mettre en évidence, selon eux, des failles dans la sécurité des piscines d’entreposage du combustible usé. Ils avaient notamment laissé des empreintes de mains sur un des bâtiments pour démontrer leur « accessibilité« . Lors du procès en appel, aucune peine de prison ferme n’avait été prononcée contre les militants de l’ONG.

Retrouvez l’article et la vidéo sur :

http://www.francesoir.fr/societe-environnement/greenpeace-envoie-un-drone-ecraser-contre-la-centrale-nucleaire-du-bugey

Juil 03

NUCLÉAIRE : UN CONVOI DE DÉCHETS BELGES QUITTE LA MANCHE

Un convoi de déchets nucléaires recyclés au sein de l’usine Orano de La Hague (Manche) a quitté mardi 3 juillet 2018 le terminal ferroviaire de Valognes, direction la Belgique, pays d’origine des combustibles.

Le train a quitté le terminal ferroviaire de Valognes (Manche), au petit matin, mardi 3 juillet 2018. Orano a renvoyé vers la Belgique des déchets nucléaires vitrifiés, issus du traitement de combustibles usés de la société Synatom.

Au total, le convoi comprend 19 conteneurs de déchets, traités et recyclés au sein de l’usine Orano La Hague. Il a pour destination un site d’entreposage dans le plat pays.

Dernier transport vers la Belgique

« Le transport satisfait aux réglementations nationales et internationales en vigueur en matière de sûreté et de sécurité » indique Orano. Ce retour de déchets est le dernier transport de déchets vitrifiés de moyenne activité vers la Belgique. Les déchets vitrifiés de haute activité et les déchets compactés concernés par le contrat avec Synatom avaient déjà été intégralement renvoyés à la fin de l’année 2013.

Publié le 3 juillet 2018 à 11h18 par Célia Caradec

https://www.tendanceouest.com/actualite-282583-nucleaire-un-convoi-de-dechets-belges-quitte-la-manche.html
Mots

Juil 03

POMPEO EN CORÉE DU NORD LE 5 JUILLET POUR DISCUTER DE LA DÉNUCLÉARISATION

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo se rendra de nouveau en Corée du Nord le 5 juillet afin de poursuivre les consultations sur la dénucléarisation de la péninsule, dans la foulée du sommet historique entre Donald Trump et Kim Jong Un.

Le chef de la diplomatie américaine doit rencontrer « le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et son équipe » afin « de poursuivre l’important travail en cours de dénucléarisation de la péninsule coréenne« , a annoncé la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, lors d’un point de presse.

Le département d’État a précisé dans un communiqué que M. Pompeo serait en Corée du Nord du 5 au 7 juillet « pour poursuivre les consultations et mettre en œuvre les progrès réalisés par le président Trump et le dirigeant Kim à Singapour » le 12 juin.

« Je pense qu’un certain nombre de choses se sont produites. Premièrement, nous n’avons pas assisté à un lancement de missiles au cours des huit derniers mois« , a relevé Sarah Sanders, faisant référence à l’ancienne attitude nord-coréenne qui consistait à faire des tests de missiles balistiques provocateurs.

« Vous n’avez pas vu d’explosions nucléaires. Et, encore une fois, ces conversations peuvent continuer à évoluer« , a-t-elle poursuivi. « Je ne vais pas entrer dans les détails mais je peux vous dire que des progrès continuent à être enregistrés« 

Mike Pompeo se rendra ensuite, les 7 et 8 juillet, à Tokyo où il s’entretiendra avec les responsables japonais et sud-coréens « de notre engagement commun à une dénucléarisation définitive et entièrement vérifiée de la DPRK (acronyme officiel de la Corée du Nord, NDLR), ainsi que d’autres questions régionales et bilatérales« , selon le département d’État.

Le secrétaire d’État américain ira ensuite à Hanoï et à Abou Dhabi avant de se rendre à Bruxelles pour le sommet de l’Otan.

Le sommet de Singapour a fait baisser les tensions entre Washington et Pyongyang. Mais la poignée de main historique entre MM. Kim et Trump n’a débouché ni sur un calendrier ni sur des modalités précises pour le démantèlement de l’arsenal nucléaire nord-coréen.

Citant de multiples sources anonymes, des médias américains ont rapporté ces derniers jours que les services de renseignements américains disposaient d’informations selon lesquelles la Corée du Nord tenterait de cacher une partie de son arsenal nucléaire.

Ce que la porte-parole de la Maison Blanche a refusé lundi de confirmer ou d’infirmer.

afp , le 02/07/2018 à 23h38

https://www.la-croix.com/Monde/Pompeo-Coree-Nord-5-juillet-discuter-denuclearisation-2018-07-02-1300952025

Juil 02

ESPAGNE, PEDRO ARROJO : « NOUS DEVONS DÉLÉGITIMER CEUX QUI POSSÈDENT DES ARMES NUCLÉAIRES »

Ce sont les mots de Pedro Arrojo Agudo, député du groupe parlementaire Unidos Podemos au Congrès des Députés, qui invite dans cet entretien les institutions et les mouvements sociaux à faire pression pour que le gouvernement espagnol ratifie le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (2017), ce qu’il considère comme possible.

Plusieurs membres d’ICAN – Prix Nobel de la paix 2017 pour la promotion de ce Traité – avec Beatrice Fihn en tête, ont visité Madrid et participé à diverses manifestations au Congrès des Députés, à l’Université Complutense et à la Mairie de Madrid pour faire connaître le Traité et le soutenir, afin que le Gouvernement espagnol puisse le ratifier.

Pedro Arrojo coordonne la collecte de soutien parmi les parlementaires et les élus espagnols qui se sont engagés à promouvoir ce traité et a promu ces actes institutionnels, avec l’organisation humaniste Monde sans Guerres.

Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires a été approuvé par les Nations Unies en juillet 2017, 122 pays ayant voté pour, sans compter l’Espagne. Pour que ce traité devienne effectif, il doit être ratifié par les différents États et l’Espagne peut jouer un rôle très important à cet égard si elle cesse d’accepter la « pression » de l’OTAN.

Ces derniers jours, Beatrice Fihn, porte-parole et directrice exécutive de l’ICAN, a insisté sur le détachement de l’adhésion à l’OTAN. À cette fin, il a rappelé au Congrès des Députés que le gouvernement espagnol devra choisir entre Trump et le peuple espagnol, qui a voté pour adhérer à l’OTAN en se désengageant des armes nucléaires.

02.07.2018 – Madrid-Espagne – Gabriela Amaya

https://www.pressenza.com/fr/2018/07/pedro-arrojo-nous-devons-delegitimer-ceux-qui-possedent-des-armes-nucleaires/

Juil 02

ACCORD NUCLÉAIRE: VISITE « CAPITALE » DU PRÉSIDENT IRANIEN EN EUROPE

Le président iranien Hassan Rohani entame lundi un voyage en Suisse et en Autriche jugé « d’une importance capitale » à Téhéran pour la coopération entre la République islamique et l’Europe après le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien.

Attendu à Zurich, M. Rohani s’est envolé de Téhéran en début d’après-midi à la tête d’une importante délégation, selon la télévision d’État iranienne.

La visite en Suisse doit se prolonger mardi, et, selon les autorités autrichiennes, M. Rohani sera mercredi à Vienne, où a été scellé en juillet 2015 l’accord international sur le nucléaire.

Ce voyage sera « l’occasion de parler de l’avenir de l’accord« , a dit M. Rohani avant de monter à bord de son avion.

« Dans le contexte actuel du retrait des États-Unis (…) et des négociations intenses entre l’Iran et l’Europe pour trouver les moyens de préserver cet accord« , ce voyage « est d’une importance capitale en ce qu’il pourra fournir un tableau plus précis de la coopération entre l’Iran et l’Europe« , a indiqué samedi l’agence semi-officielle Isna, en citant le porte-parole des Affaires étrangères iranien, Bahram Ghassemi.

L’Autriche a pris dimanche pour six mois la présidence tournante de l’Union européenne (UE), et la Suisse représente les intérêts des États-Unis en Iran, en l’absence de relations diplomatiques entre ces deux pays.

Avec son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, M. Rohani, conservateur modéré réélu en 2017 avec l’appui des réformateurs, a été le principal artisan iranien de l’accord de Vienne, dont il a fait la pierre angulaire de sa politique d’ouverture vers l’Occident, qui lui vaut d’être sévèrement critiqué par le camp ultraconservateur iranien.

Le président américain Donald Trump a sorti unilatéralement son pays en mai de l’accord, s’attirant les critiques des autres parties (Iran, Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) à ce pacte validé par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

Berlin, Pékin, Paris, Londres, Moscou, et l’UE (associée au suivi de l’accord) ne cessent de proclamer leur attachement au texte, qu’ils présentent comme une victoire diplomatique en matière de la lutte contre la prolifération nucléaire.

Mais la République islamique répète qu’elle ne s’y maintiendra pas contre ses intérêts.

– Garanties économiques –

Le retrait de Washington ouvre la voie à de nouvelles sanctions américaines contre Téhéran et les entreprises de pays tiers qui commercent avec l’Iran ou y investissent.

Alors que Téhéran se plaint de ne pas avoir récolté les promesses d’investissements auxquels il s’attendait après l’accord de Vienne, plusieurs grands groupes étrangers ont annoncé en juin leur intention de cesser toute activité en ou avec l’Iran par peur des sanctions à venir.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a enjoint l’Europe de fournir des « garanties » de nature économique qui permettraient à l’Iran de rester partie à l’accord.

Faisant monter la pression, il a ordonné des préparatifs en vue d’une reprise rapide des activités nucléaires suspendues par l’Iran en vertu de l’accord de Vienne en cas d’échec des négociations avec l’UE.

Zarif a lui mis en garde le 24 juin contre un « échec » de l’accord de Vienne, affirmant qu’un tel scénario serait « très dangereux pour l’Iran » et que ce n’était « certainement pas la solution choisie par le système » politique iranien.

Début juin, M. Rohani s’était rendu en Chine pour des discussions sur l’avenir du texte avec ses homologues russe et chinois en marge d’un sommet international.

En Suisse, le dirigeant iranien doit rencontrer le président de la Confédération helvétique, Alain Berset. Pendant sa visite doit se tenir un forum économique irano-suisse sur l’alimentation et la santé.

Selon l’agence officielle Irna, le voyage devrait également être l’occasion de signer des accords de coopération économique.

À Vienne, M. Rohani doit rencontrer son homologue autrichien Alexander Van der Bellen et le chef du gouvernement Sebastian Kurz. Selon la presse autrichienne, plusieurs mémorandums de coopération économique doivent être signés dans l’idée d’apporter des gages à la préservation de l’accord de 2015.

Les États-Unis et certains pays européens comme la France accusent l’Iran de jouer un rôle déstabilisateur au Moyen-Orient (en Syrie, en Irak, au Liban ou encore au Yémen), ce dont Téhéran se défend farouchement.

Kurz, cité dimanche par l’agence autrichienne APA, a déclaré qu’il comptait parler « clairement » à M. Rohani « du rôle de l’Iran dans la région » et qu’il trouverait « des mots clairs sur la situation des droits de l’Homme » dans ce pays.

burx-neg-mj/cmk/gk, afp , le 02/07/2018 à 12h02

https://www.la-croix.com/Monde/Accord-nucleaire-visite-capitale-president-iranien-Europe-2018-07-02-1300951785

Juil 02

LES GROUPES ARRÊT DU NUCLÉAIRE (ADN) OCCUPENT L’ASN DE CAEN

Lundi 2 juillet 2018 : communiqué de l’Observatoire du Nucléaire

Ce matin lundi 2 juillet 2018, les groupes Arrêt du nucléaire (ADN) ont décidé d’occuper l’ASN (NDLR : Autorité de Sûreté Nucléaire) de Caen pour dénoncer les communications divergentes de la sécurité nucléaire de l’EPR de Flamanville, en particulier concernant la cuve (défectueuse) de ce réacteur, les soudures incorrectement réalisées, etc.
Après un échange avec les dirigeants de l’ASN, rendez-vous est pris le 12 juillet pour avoir les éléments qui motivent leurs décisions et le refus d’arrêter ce chantier catastrophique.

http://collectif-adn.fr/entree.html

Juil 02

LES ÉTATS-UNIS POURSUIVENT LES ESSAIS DE LA BOMBE NUCLÉAIRE GRAVITATIONNELLE B61-12

Washington continue de tester la bombe nucléaire gravitationnelle B61-12. Les derniers essais ont été menés le 9 juin sur le polygone de Tonopah, dans le Nevada, à partir d’un bombardier stratégique Northrop B-2 Spirit, annonce Military.com

De nouveaux détails sur les tests US de la bombe nucléaire B61 filtrent dans les médias

Le 9 juin, l’US Air Force a utilisé un bombardier stratégique Northrop B-2 Spirit pour procéder à de nouveaux essais de la bombe nucléaire gravitationnelle B61-12, indique le portail Military.com.

«Ces essais de qualification en vol montre que la conception de la B61-12 répond aux exigences fixées et illustrent les progrès du programme de prolongation de la durée de vie de la B61-12 conformément aux exigences de la sécurité nationale», a indiqué le brigadier général Michael Lutton de l’Administration nationale de la sécurité nucléaire (NNSA) des États-Unis.

La bombe a été testée sur le polygone de Tonopah dans le Nevada. L’essai a été effectué par le 419ème escadron d’essai en vol de la base aérienne d’Edwards en Californie.

Nouvelle bombe nucléaire américaine: qui est menacé?

Le test précédent de la série d’essais de la B61-12 a eu lieu en mai 2018.

Washington entend déployer des B61-12 sur ses bases dans des pays européens, y compris Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas, et en Turquie.

D’une puissance de 50 kilotonnes, la bombe thermonucléaire B61-12 est la 12e version de la bombe B61. Son premier test remonte à 2015. Cette arme devrait être trois fois plus précise que les précédentes.

La bombe B61-12 pourra être larguée par les B-2 Spirit, les chasseurs F-35 Lightning II et les futurs bombardiers à long rayon d’action B-21 Raider. Ces bombes devraient être mises en service d’ici à 2020.

https://fr.sputniknews.com/international/201807011037028335-etats-unis-bombe-nucleaire/

Juil 01

CINQUANTE ANS APRÈS LE TRAITÉ DE NON-PROLIFÉRATION, LE RISQUE NUCLÉAIRE A-T-IL DIMINUÉ ?

DÉCRYPTAGE – L’accord international qui encadre le droit de posséder des armes nucléaires a été signé en 1968. Depuis, son bilan s’avère positif selon une majorité d’experts qui s’inquiètent néanmoins de la conjugaison des crises en Corée du Nord et en Iran.

C’était il y a tout juste cinquante ans, en pleine Guerre froide. Le 1er juillet 1968, six ans après la crise des missiles de Cuba, les deux superpuissances -les États-Unis et l’URSS- et une quarantaine d’États signaient le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui entra en vigueur deux ans plus tard. La communauté internationale s’alarmait alors des «dévastations qu’une guerre nucléaire ferait subir à l’humanité entière», selon le préambule du texte dans lequel les signataires s’engageaient à «ne ménager aucun effort pour écarter le risque d’une telle guerre». Qu’en est-il, un demi-siècle après sa signature?

  • États dotés contre États non dotés

Le TNP vise à lutter contre la prolifération des armes nucléaires, mais ne les interdit pas en bloc. Pendant la Guerre froide, le système de sécurité internationale reposait sur «l’équilibre de la terreur» né de la dissuasion nucléaire. Face au risque de représailles, chaque bloc s’abstenait d’attaquer l’autre, ce que les géostratèges nomment «la destruction mutuelle assurée».

Le TNP ne déroge pas à ce cadre et distingue les États dotés de l’arme nucléaire (EDAN), qui doivent avoir fait exploser une bombe atomique avant le 1er janvier 1967, de ceux qui n’en sont pas dotés (ENDAN). Les cinq EDAN sont aussi les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, URSS, Chine, Royaume-Uni, France). Le TNP interdit aux EDAN de fournir des armes nucléaires ou le moyen d’en fabriquer aux ENDAN qui, en retour, n’ont pas le droit d’en fabriquer ou d’en acquérir. Les ENDAN doivent en revanche encourager le développement du nucléaire civil auprès des ENDAN.

L’article VI évoque enfin l’objectif d’un désarmement nucléaire «général et complet» pour lequel l’ensemble des signataires doivent mener des négociations de «bonne foi» qui doivent aboutir à une date «rapprochée» à un traité sur le sujet. Aucun traité de la sorte n’a encore vu le jour, même si des négociations de limitation des armements ont lieu régulièrement, notamment ente les Etats-Unis et la Russie.

  • Plus d’États nucléaires qu’en 1968, mais…

Malgré la signature du TNP par 189 États sur les 200 que reconnaît l’ONU, plusieurs pays se sont dotés de l’arme nucléaire depuis 1968, ce qui porte le nombre total à neuf. En plus des cinq EDAN, trois États non-signataires -Israël, Inde, Pakistan– ont acquis la bombe tandis que la Corée du Nord a signé le TNP avant d’en sortir en 2003 et de réaliser son premier essai nucléaire en 2006. «C’est une première, qui crée un précédent car le TNP ne peut pas être un club dont on peut entrer et sortir», déplore Barthélémy Courmont, maître de conférences à l’Institut catholique de Lille et directeur de recherche à l’IRIS.

Comme la majorité de ses collègues, le chercheur reconnaît néanmoins que le TNP a été efficace. «Si on prend les prévisions à l’époque du président Kennedy, on pensait que 25 à 30 pays allaient se doter de l’arme nucléaire», note Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Trois pays qui avaient un programme nucléaire -Afrique du Sud, Argentine, Brésil- l’ont par ailleurs abandonné et adhéré au TNP.

 Corée, Iran: la grande inquiétude

Mais l’anniversaire n’est pas non plus à la fête. «L’actualité ne pousse pas à l’optimisme», confie Barthélémy Courmont, citant la situation en Corée du Nord et en Iran, ou plutôt la conjugaison des deux. «Donald Trump et Kim Jong-un sont arrivés à un accord -on ne peut que s’en réjouir- mais il ne s’agit que de déclarations d’intention, pas d’un texte contraignant, ce qu’est en revanche l’accord iranien, dont sont pourtant sortis les États-Unis. À Téhéran, on pourrait interpréter la rencontre américano-nord-coréenne comme une incitation à proliférer… pour mieux négocier», décrypte-t-il, évoquant l’accord de juillet 2015 dans lequel Téhéran acceptait de renoncer à son programme nucléaire en échange d’une levée des sanctions. «Le retrait américain est une erreur majeure dont les effets se paieront sur la longue durée», confirme Corentin Brustlein, directeur du programme «Dissuasion et prolifération» de l’IFRI.

  • Le TNP face à la crise du multilatéralisme

Pour Barthélémy Courmont, les cas de la Corée du Nord et de l’Iran sont révélateurs de la crise plus générale du multilatéralisme. «La force du TNP pendant la Guerre froide venait du fait qu’il avait le soutien des deux grandes puissances. Mais depuis les 1990, les États-Unis, tout en conservant sur le fond le message du TNP, se sont engagés dans un processus unilatéral qui précède largement Donald Trump». Le chercheur cite le cas de l’Irak, de l’Iran ou de la Corée du Nord, qualifiés d’«États voyou». «C’est une désignation propre à Washington et non au conseil de sécurité de l’ONU», explique-t-il, avant de poursuivre: «Le précédent irakien a été un très mauvais exemple. Bagdad avait accepté le jeu du désarmement, mais Saddam Hussein a été renversé en 2003. Cela rappelle à tous les régimes autoritaires que la bombe atomique est leur meilleure assurance vie. Dans le programme nucléaire nord-coréen, il y a une responsabilité américaine très lourde».

Antoine Bondaz évoque un autre risque, celui que des pays alliés des États-Unis, comme l’Arabie Saoudite, le Japon ou la Corée du Sud, ne se suffisent plus des garanties de sécurité offertes par Washington, notamment pour certains d’entre eux de la «dissuasion élargie» américaine, plus souvent surnommée «parapluie nucléaire». «Au Japon, l’opinion publique est contre le passage au nucléaire militaire, mais, fin 2017, elle était pour en Corée du Sud. La gageure pour les Américains, c’est de les convaincre de ne pas se doter de la bombe. Pensons même à plus long terme à l’Allemagne. Que fera-t-elle si la crise se prolonge au sein de la communauté euroatlantique?», s’interroge le chercheur, évoquant le prochain sommet de l’OTAN, en juillet, qui risque de «très mal se passer».

  • Et la prolifération verticale?

Deux sortes de prolifération sont généralement distinguées. La première, dite «horizontale», se caractérise par un nombre croissant d’acteurs nucléaires, celle dite «verticale» par des États déjà nucléaires qui acquièrent davantage d’armes. Pour cette dernière, le désarmement a plutôt fonctionné si l’on observe les près de 15.000 ogives possédées ensemble par la Russie et les États-Unis, soit plus de 92% du total des têtes nucléaires dans le monde. Si ce chiffre est colossal, il correspond néanmoins à une baisse vertigineuse par rapport au pic de 1986 (69368 ogives). Depuis quarante ans, les deux grands ont signé plusieurs accords bilatéraux avec les traités SALT (1972), START (1991), SORT (2002) puis NEW START (2011).

Mais, encore faut-il distinguer à l’intérieur des armes nucléaires celles dites «stratégiques», chargées d’assurer, en dernier ressort, la dissuasion nucléaire, des armes dites «tactiques». Ces dernières, moins puissantes, sont destinées à être employées sur des champs de bataille. «Il n’y a pas que la Tsar Bomba [plus puissante bombe atomique du monde], il y a aussi des mines nucléaires, chargées de faire sauter des ponts», explique Antoine Bondaz. En février, les États-Unis ont publié leur Nuclear Posture Review , un document fixant leur doctrine nucléaire et dont la dernière version évoque le développement de ces armements tactiques. Quant au président russe, Vladimir Poutine, il a aussi présenté, en mai, plusieurs de ces armes lors de son discours annuel. «Tout cela néanmoins n’a rien de sans précédent. Le principal changement, c’est la réintroduction du nucléaire dans le discours politique», modère Antoine Bondaz. «On ne peut pas parler de développement accéléré de ces armes», confirme de son côté Corentin Brustlein, qui cite néanmoins le cas du Pakistan.

  • Inquiétudes autour du bouclier antimissiles

Les armements offensifs ne sont pas le seul sujet d’inquiétude. Barthélémy Courmont évoque le projet de «bouclier antimissiles» lancé par les États-Unis dans les années 1990 et progressivement mis en place, en Europe de l’Est, mais aussi en Asie. «Le THAAD [nom du système d’interception] est un autre exemple d’unilatéralisme», lance le chercheur, qui rappelle que Washington est sorti en 2003 du traité ABM (pour Anti-Ballistic Missile) signé en 1972, qui encadrait très sévèrement cette technologie. Car si un pays peut arrêter d’éventuelles frappes ennemies, c’est toute la stratégie de «dissuasion mutuelle assurée» qui s’écroule. «Dès lors qu’un pays se lance dans cette stratégie, il ne peut pas empêcher les autres acteurs de le suivre. Pour la Chine ou la Russie qui voient un bouclier se dresser devant eux, c’est extrêmement inquiétant. Ces nouvelles technologies réduisent la force de la dissuasion. C’est toute la sécurité internationale qui est mise en danger», confie-t-il, inquiet. «Ce bouclier ne fonctionne pas encore bien. Les États-Unis ne sont pas capables d’arrêter des missiles intercontinentaux russes, mais il est vrai que, pour Moscou et Pékin, il faut préparer une parade si la situation change d’ici 20 ou 30 ans», tempère Antoine Bondaz.

  • Faut-il en finir avec le TNP?

En 2017, le prix Nobel de la paix a été accordé à la campagne ICAN, une initiative associative promue également par des États qui ont voté à l’assemblée générale de l’ONU un nouveau traité, surtout symbolique, d’interdiction pure et simple des armes nucléaires. «Ils rappellent que le TNP est discriminant puisqu’il autorise cinq États à être dotés», note Antoine Bondaz, tandis que Barthélémy Courmont note que la partie «désarmement» du TNP n’est pas réellement respectée. «Je suis néanmoins sceptique quant à un désarmement complet. On ne peut pas désinventer la bombe», lance-t-il. «Ce nouveau traité n’est pas une alternative. Il pourrait au contraire affaiblir le régime établi par le TNP. Les partisans du traité d’interdiction visent les opinions publiques des États sous ‘parapluie nucléaire’ américain, au risque de mettre en danger la sécurité d’États confrontés à des voisins aux ambitions expansionnistes», craint de son côté Corentin Brustlein, imaginant ainsi qu’un désarmement affaiblisse ainsi le Japon ou la Corée du Sud face à la Corée du Nord.

 Par  Alexis Feertchak, le 01/07/2018 à 16:46

http://www.lefigaro.fr/international/2018/07/01/01003-20180701ARTFIG00075-cinquante-ans-apres-le-traite-de-non-proliferation-le-risque-nucleaire-a-t-il-diminue.php

Juil 01

PYONGYANG TENTE DE CACHER SON ACTIVITÉ NUCLÉAIRE À WASHINGTON

Alors que le dictateur Kim Jong Un s’est engagé mi-juin sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, Pyongyang chercherait à dissimuler ses activités nucléaires aux États-Unis, selon le Washington Post.

La Corée du Nord, qui s’est engagée lors d’un sommet historique à aller vers sa dénucléarisation, chercherait actuellement à cacher des activités nucléaires aux États-Unis, selon des informations publiées samedi par le Washington Post. Des indices obtenus depuis le sommet du 12 juin entre le président américain Donald Trump et le numéro un nord-coréen Kim Jong Un tendent à montrer l’existence de sites secrets de production et le développement de méthodes destinées à dissimuler la fabrication d’armes nucléaires, écrit le quotidien, citant des responsables américains parlant sous le couvert de l’anonymat.

Selon ces sources citées par le Washington Post, la Corée du Nord a l’intention de conserver une partie de son stock de matériel nucléaire et de ses sites de production en les cachant aux États-Unis. Cela impliquerait que Pyongyang vise à poursuivre son programme nucléaire alors qu’il s’est engagé auprès de Washington à aller vers la dénucléarisation. Lors du sommet du 12 juin à Singapour, M. Kim s’est engagé à « travailler vers » la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Mais les modalités d’une telle dénucléarisation n’ont pas été clairement définies. Le sommet n’a pas non plus débouché sur un calendrier précis pour le démantèlement de l’arsenal nucléaire nord-coréen. Au cours du week-end, la chaîne de télévision américaine NBC a affirmé que Pyongyang augmentait sa production de combustible nucléaire destiné à des armes atomiques, et cela sur plusieurs sites cachés.

Citant des responsables anonymes du renseignement, NBC a déclaré que la Corée du Nord avait l’intention de « soutirer toute concession » possible aux États-Unis plutôt que d’abandonner réellement ses armes nucléaires.

« Tromper les États-Unis »

« Il n’y a pas de preuve que (les Nord-Coréens) réduisent leurs stocks ou qu’ils aient arrêté leur production » nucléaire, a déclaré un responsable américain cité par NBC. « Il y a des preuves absolument sans équivoque qu’ils essaient de tromper les États-Unis« , a affirmé ce responsable, bien que la Corée du Nord ait cessé depuis plusieurs mois ses essais nucléaires et ses tests de missiles balistiques.

Le principal centre nucléaire nord-coréen est celui de Yongbyon. Le site de référence sur l’étude de la Corée du Nord, 38 North, a annoncé mercredi dernier, sur la base d’images de satellites, que Pyongyang poursuivait les opérations dans son usine d’enrichissement et était en train d’améliorer le centre de recherches.

Cependant, prévient 38 North, ces travaux « ne doivent pas être vus » en relation « avec la promesse nord-coréenne de dénucléarisation« . On peut s’attendre, selon ce site spécialisé, à ce que les équipes chargées du nucléaire « fassent comme d’habitude en attendant des ordres spécifiques de Pyongyang« .

Le mois dernier, la Corée du Nord a fait exploser Punggye-ri, son seul site d’essais nucléaires, où elle a mené ses six tests atomiques, un geste de bonne volonté avant le sommet avec les États-Unis.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, qui s’est déjà entretenu par deux fois avec M. Kim à Pyongyang, a déclaré récemment qu’il comptait le rencontrer de nouveau pour définir les détails du désarmement auquel la Corée du Nord s’est engagée. Il a affirmé que M. Kim était sérieux quant à cet objectif de dénucléarisation.

« Il y a beaucoup de travail entre ici et là-bas. Mon équipe y travaille déjà. Je retournerai (à Pyongyang) avant longtemps« , a dit Mike Pompeo. « Nous devons encore définir toutes les choses qui sous-tendent les engagements qui ont été pris à Singapour« , a expliqué le chef de la diplomatie américaine.

Par Challenges.fr le 01.07.2018 à 10h27 (avec AFP)

https://www.challenges.fr/monde/coree-du-nord-pyongyang-tente-de-cacher-son-activite-nucleaire-a-washington_598177