GRAVELINES : PHILIPPE MARTINEZ DE LA CGT À LA CENTRALE NUCLÉAIRE

Ce mercredi 22 janvier, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, est attendu à la centrale nucléaire pour soutenir les agents en grève. Il pourrait être rejoint par le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier.

L’annonce de son arrivée, prévue ce mercredi 22 janvier, a ravivé la motivation des salariés de la centrale nucléaire en grève. Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, vient soutenir les agents en colère. Sa visite est prévue à l’heure du midi.

Depuis le jeudi 9 janvier, des centaines d’agents de la centrale nucléaire de Gravelines sont en grève.

On annonce également la venue du secrétaire générale de Force ouvrière.

Il devrait être accompagné, sans certitude pour l’instant, par Yves Veyrier, secrétaire général pour Force ouvrière.

Par Lephare@lepharedunkerquois.Fr, publié le 21/01/2020

Photo en titre : Philippe Martinez de la CGT est attendue pour l’heure du midi.

Yves Veyrier

 

https://www.lepharedunkerquois.fr/32635/article/2020-01-21/gravelines-philippe-martinez-de-la-cgt-la-centrale-nucleaire

LA CORÉE DU NORD ABANDONNE SA PROMESSE DE GEL NUCLÉAIRE ET ACCUSE LES SANCTIONS AMÉRICAINES « BRUTALES »

GENÈVE (Reuters) – La Corée du Nord a déclaré mardi qu’elle n’était plus tenue par des engagements de suspendre les essais nucléaires et de missiles, accusant les États-Unis de ne pas respecter un délai de fin d’année pour les pourparlers nucléaires et les sanctions américaines « brutales et inhumaines« .

Le leader nord-coréen Kim Jong Un a fixé une date butoir pour les pourparlers de dénucléarisation fin décembre avec les États-Unis et le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Robert O’Brien, a déclaré au moment où les États-Unis avaient ouvert des voies de communication.

O’Brien a ensuite déclaré qu’il espérait que Kim respecterait les engagements de dénucléarisation qu’il avait pris lors des sommets avec le président américain Donald Trump.

Ju Yong Chol, conseiller à la mission de la Corée du Nord auprès des Nations Unies à Genève, a déclaré qu’au cours des deux dernières années, son pays avait interrompu les essais nucléaires et les tirs d’essai de missiles balistiques intercontinentaux «afin de renforcer la confiance avec les États-Unis».

Mais les États-Unis ont réagi en menant des dizaines d’exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud sur la péninsule divisée et en imposant des sanctions, a-t-il déclaré.

« Comme il est devenu clair maintenant que les États-Unis restent inchangés dans leur ambition de bloquer le développement de la RPDC et d’étouffer son système politique, nous n’avons trouvé aucune raison d’être lié unilatéralement plus par l’engagement que l’autre partie ne respecte pas« , a déclaré Ju à la Conférence des Nations Unies sur le désarmement.

S’exprimant en tant qu’envoyé de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), nom officiel de la Corée du Nord, Ju a accusé les États-Unis d’appliquer «les sanctions les plus brutales et les plus inhumaines».

« Si les États-Unis persistent dans une politique aussi hostile envers la RPDC, il n’y aura jamais de dénucléarisation de la péninsule coréenne« , a-t-il déclaré.

«Si les États-Unis essaient de faire respecter des demandes unilatérales et persistent à imposer des sanctions, la Corée du Nord pourrait être obligée de chercher une nouvelle voie

Les commandants militaires américains ont déclaré que toute nouvelle voie pourrait inclure les essais d’un missile à longue portée, que la Corée du Nord suspend depuis 2017, ainsi que les essais d’ogives nucléaires.

« FAIRE LA BONNE CHOSE« 

L’ambassadeur des États-Unis pour le désarmement, Robert Wood, a exprimé sa préoccupation face aux propos de Pyongyang et a déclaré que Washington espérait que le Nord reviendrait à la table des négociations.

« Ce que nous espérons, c’est qu’ils feront la bonne chose et reviendront à la table et essaieront de trouver un arrangement par lequel nous pourrons remplir cet engagement pris par le président Trump et le président Kim de dénucléariser« , a-t-il déclaré.

L’ambassadeur de la Corée du Sud, Jang-keun Lee, a déclaré que la dénucléarisation doit faire des progrès substantiels pour «maintenir et poursuivre sur la lancée du dialogue durement acquise».

« Par conséquent, la reprise rapide des négociations entre les États-Unis et la RPDC est cruciale« , a-t-il déclaré.

Vesna Batistic Kos, représentante permanente de la Croatie au bureau des Nations Unies à Genève, s’exprimant au nom de l’Union européenne, a également appelé la Corée du Nord à s’en tenir aux pourparlers.

Pyongyang, giflé par plusieurs résolutions et sanctions du Conseil de sécurité, a rejeté le désarmement unilatéral et n’a donné aucune indication qu’il était disposé à aller au-delà des déclarations de large soutien au concept de dénucléarisation universelle.

La Corée du Nord a déclaré lors de précédents pourparlers ratés qu’elle pourrait envisager de renoncer à son arsenal si les États-Unis fournissaient des garanties de sécurité en retirant leurs troupes de Corée du Sud et retiraient leur soi-disant parapluie nucléaire de dissuasion de la Corée du Sud et du Japon.

La Corée du Nord appauvrie et le Sud riche et démocratique sont techniquement toujours en guerre parce que leur conflit de 1950-1953 s’est terminé par une trêve, pas un traité de paix.

Le Nord menaçait régulièrement de détruire le principal allié du Sud, les États-Unis, avant que le rapprochement ne commence après les Jeux olympiques d’hiver de 2018 en Corée du Sud.

Reportage de Stephanie Nebehay; montage par Jon Boyle et Nick Macfie

Nos normes: Les principes du Thomson Reuters Trust.

Par Sameh dans News, publié le 21 janvier 2020 à 4h43

Photo en titre: drapeau nord-coréen

https://news-24.fr/la-coree-du-nord-abandonne-sa-promesse-de-gel-nucleaire-et-accuse-les-sanctions-americaines-brutales/

NOUVELLE PPE : DES AJUSTEMENTS POUR LES ENR, DES PRÉCISIONS POUR LE NUCLÉAIRE

La nouvelle PPE proposée par le Gouvernement contient quelques ajustements dans les objectifs de déploiement des énergies renouvelables. La baisse de la production nucléaire et les réacteurs à fermer sont également précisés.

La procédure d’adoption de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) entre dans sa dernière ligne droite. Le Gouvernement soumet à consultation du public de nouveaux documents accompagnés de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). La PPE est en discussion depuis plusieurs années. Son adoption a été ralentie par les travaux de la loi énergie-climat, et le mouvement des gilets jaunes qui a provoqué l’abandon de la trajectoire de hausse de la fiscalité carbone. Une mise à jour était donc nécessaire. L’État en a profité pour ajuster et préciser certains éléments, en répondant notamment aux nombreux avis rendus sur le projet (autorité environnementale, CNTE, CESE, bilan du débat public, etc.).

Modifications générales

Ainsi, en conformité avec la loi énergie-climat, le projet de PPE a été modifié pour viser une réduction de 20 % de la consommation d’énergie finale en 2030 (par rapport à 2012) au lieu de 17 % ; une réduction de 40 % de la consommation d’énergie fossile primaire en 2030 (par rapport à 2012) au lieu de 30 % ; un niveau de 33 % de consommation d’énergie d’origine renouvelable en 2030 au lieu de 32 % ; un objectif de réduction de 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité en 2035.

Le projet de PPE intègre également plusieurs nouvelles mesures, notamment : le gel de la croissance de la composante carbone dans la taxation de l’énergie ; les mesures et objectifs de la loi énergie-climat concernant la rénovation des logements ; l’identification à venir de dispositifs de soutien aux actions de décarbonation ou d’efficacité énergétique dans l’industrie dans le cadre des travaux sur le Pacte productif 2025.

Mais il est aussi écrit que les mesures en place ou annoncées dans le document, « devront être complétées par des mesures additionnelles pour atteindre les objectifs fixés par la loi, notamment en matière de réduction de la consommation d’énergie finale. » Ces mesures additionnelles seront définies « à l’issue de concertations supplémentaires et en tenant compte des conclusions de la convention citoyenne pour le climat », explique le Gouvernement.

Ajustement des ENR

Le Gouvernement revoit ses ambitions légèrement à la baisse pour l’éolien terrestre et le photovoltaïque. Mais les professionnels du solaire restent positifs : « Nous sommes prêts à relever ce défi ambitieux mais atteignable, sous réserve que les mesures visant à débloquer les freins au déploiement de l’énergie solaire soient prises rapidement et que les appels d’offres soient adaptés en conséquence », prévient Daniel Bour, président d’Énerplan.

Les objectifs restent similaires pour l’hydroélectricité et la méthanisation. Pour cette dernière, la trajectoire du tarif d’injection du biométhane via des appels d’offres a été ajustée à la hausse, avec une cible de 75 €/MWh en 2023 (contre 65 €/MWh dans la version précédente). La cible du tarif d’achat pour 2028 n’a pas été modifiée et reste de 60 €/MWh. À la lecture de cette PPE, la filière biogaz se désole que les volumes injectés prévus pour la période 2019-2023 de 6 TWh/an n’aient pas été, a minima, maintenus à 8 TWh/an comme pour la PPE en vigueur (2016-2018). « Bien que le Gouvernement ait rehaussé l’enveloppe de soutien public à 9,7 milliards d’euros pour la période 2019-2028 (contre 7,9 milliards précédemment), il continue à conditionner fortement la production de biogaz pour la seconde période 2023-2028 à 14 ou 22 TWh à une trajectoire de baisse des coûts non atteignable », regrette France gaz renouvelables.

Par contre, l’éolien en mer est clairement favorisé. Les capacités allouées par appels d’offres ont été augmentées avec, notamment, le doublement de la capacité d’un projet d’éolien flottant en Méditerranée en 2022 (500 MW contre 250 MW) et un nouveau projet d’éolien posé à réaliser en 2021-2022 (pour une capacité de 500 à 1 000 MW). Dès l’année 2025, les projets (éolien posé ou flottant) seront de 1 000 MW (selon le gisement) contre 500 MW dans la précédente version. Ces différentes modifications portent alors la capacité installée en 2028 à 5,2 GW voire 5,5 GW (contre entre 4,7 GW et 5,2 GW).

Le soutien financier pour les premiers déploiements alloués à la filière hydrogène a été porté à 50 M€/an (contre 100 M€ sur la période 2019-2023 dans la version précédente), en complément des soutiens accordés dans le cadre du plan d’investissement d’avenir.

Enfin, la trajectoire du Fonds chaleur est maintenue à 350 M€/an à partir de 2020 (contre une trajectoire décroissante dès 2022 dans la version précédente). « Elle pourra être revue en fonction des autres mesures à définir visant la maîtrise de la demande en énergie », explique le Gouvernement.

Précisions sur le nucléaire

En conformité avec la loi énergie-climat, le projet de PPE a été modifié pour viser une réduction de 20 % de la consommation d’énergie finale en 2030.  

Pour atteindre l’objectif de 50 % de la production d’électricité d’ici 2035, il va falloir fermer 14 réacteurs nucléaires de 900 MW, dont les deux de la centrale de Fessenheim. Le Gouvernement pose le principe général que l’arrêt des réacteurs (hors Fessenheim) sera à l’échéance de leur 5e visite décennale, soit quand ils auront fonctionné 50 ans. Les arrêts s’échelonneront entre 2029 et 2035. Le Gouvernement estime que ces fermetures sont cohérentes avec la stratégie industrielle d’EDF, qui amortit comptablement les réacteurs de 900 MW sur une durée de 50 ans, et ne donneront donc pas lieu à indemnisation.

Mais ce principe conduirait à arrêter, en moyenne, deux réacteurs par an entre 2030 et 2035, ce qui pose la question de la maîtrise de cette programmation sur les plans social, technique, et en termes de capacité politique pour les gouvernements à cette période. Le Gouvernement préfère donc anticiper et demande à EDF de prévoir la fermeture de deux réacteurs en 2027 et en 2028, au titre de la politique énergétique.

Le Gouvernement pourrait également demander à EDF l’arrêt de deux réacteurs supplémentaires, en 2025-2026, sous certaines conditions. L’analyse de ces conditions fera l’objet d’un rapport remis par la Commission de régulation de l’énergie au Gouvernement avant le 1er décembre 2022, et s’appuyant sur l’expertise de RTE.

Second principe édicté par le Gouvernement : les fermetures ne doivent pas conduire à la fermeture complète d’un site. Elles doivent donc concerner des sites qui possèdent quatre ou six réacteurs. Sur la base de ces critères, EDF a proposé au Gouvernement d’étudier la mise à l’arrêt de paires de réacteurs sur les sites du Blayais (deux réacteurs arriveront à 50 ans en 2031 et 2033), de Bugey (2029-2030), Chinon (2034), Cruas (2034-2035), Dampierre (2030-2031), Gravelines (2030-2031) et Tricastin (2030).

Par Florence Roussel, journaliste, Rédactrice en Chef, publié le 21 janvier à 15h18

Photo en titre :  Programmation pluriannuelle de l’énergie : certaines énergies renouvelables sont revues à la baisse (© FotoIdee)

https://www.actu-environnement.com/ae/news/nouvelle-ppe-energie-renouvelable-nucleaire-34838.php4

PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DE L’ÉNERGIE : LA PROLONGATION DU RISQUE NUCLÉAIRE NOUS EMMÈNE DROIT DANS LE MUR !

Le texte de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), censé définir les grandes lignes de la politique énergétique française pour les années à venir, vient d’être mis en consultation. Déjà un an de perdu dans cette pseudo-programmation [1], à laquelle cette courte consultation servira de caution.

Avec le recul à 2035 de l’échéance pour atteindre 50% de nucléaire dans le mix électrique, il acte une dangereuse prolongation de la durée de fonctionnement du parc nucléaire… et prévoit déjà une relance absurde. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement cette fuite en avant.

Un recul irresponsable de la fermeture des plus anciens réacteurs

Face à la difficulté d’atteindre les 50% de nucléaire dans le mix électrique en 2025, le gouvernement a carrément repoussé cette échéance de 10 ans. L’argument climatique a bon dos, au vu du recul en ce domaine acté par ce texte [2]. Ce report ne relève pas du pragmatisme, mais d’attentisme pur et simple, et aura des conséquences lourdes sur la sûreté. 14 réacteurs seront fermés d’ici 2035, l’arrêt au moment de la 5ème visite décennale (soit plus de 50 ans de fonctionnement effectif !) devenant la norme [3].

Cela signifie qu’en 2035, 44 resteront en fonctionnement, sans que leur sort ultérieur n’ait été envisagé. Même en partant du principe que les plus anciens auront déjà été fermés, près de 20 auront alors atteint ou dépassé les 50 ans de fonctionnement effectifs.

Le gouvernement part ainsi du principe que ces réacteurs pourront continuer à fonctionner sans problème, une fermeture avant 50 ans étant considérée comme « anticipée » et ouvrant droit à compensation pour EDF. Ceci revient à ignorer totalement l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire, seule habilitée à décider de la poursuite ou non du fonctionnement d’un réacteur, ainsi que les enjeux liés au vieillissement. Rappelons que certaines pièces comme les cuves, ne sont ni réparables ni remplaçables. De nouveaux défauts de fabrication, résultant d’affaires de fraudes, sont régulièrement découverts sur des pièces équipant le parc nucléaire. Enfin, quid des doutes de l’ASN sur la capacité d’EDF à réaliser de gros travaux pour prolonger le fonctionnement de ses réacteurs ?

Le gouvernement a délibérément choisi d’ignorer cette question, au point de refuser, lors du vote de la loi énergie-climat, un amendement proposant que la PPE comporte des scénarios alternatifs si un ou plusieurs réacteurs devaient fermer pour raison de sûreté.

La relance du nucléaire à l’ordre du jour

On peut se réjouir qu’un scénario 100% renouvelable soit évoqué dans cette PPE. Toutefois, il ne s’agit que d’une option au milieu de nombreuses autres concourant à une fuite en avant dans le nucléaire. La construction de 6 nouveaux EPR, déjà évoquée dans une lettre du gouvernement à EDF, figure cette fois-ci noir sur blanc.

Des travaux sont également envisagés pour le développement de « Petits Réacteurs Modulaires » et pour accroître l’utilisation du combustible MOX. Les installations de fabrication du combustible, pourtant déjà atteintes par le vieillissement, verront leur fonctionnement prolongé jusqu’en 2040. Enfin, malgré l’abandon du prototype Astrid, est évoqué l’éventuel développement d’un parc de « réacteurs à neutrons rapides » dans la deuxième moitié du XXIème siècle.

Cette fuite en avant dans le nucléaire aura bien sûr des conséquences en termes de sûreté, mais aussi de production de déchets. Alors que le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs, imposé à la population du Grand Est, présente toujours des problèmes de sûreté importants, la PPE concède que « la question d’une extension ou de nouvelles capacités de stockage géologique pour accueillir les déchets générés par le nouveau parc se posera » !

Une politique énergétique court-termiste dictée par l’industrie nucléaire

Après de multiples étapes d’élaboration et « consultation » vaines, le constat reste le même : la PPE est dictée par EDF et ses choix court-termistes. L’application des décisions mises en œuvre aboutira à une situation absurde de surproduction, les énergies renouvelables venant s’ajouter au nucléaire au lieu de s’y substituer. Tous ces risques seront donc pris pour permettre à la France d’exporter une électricité nucléaire dont nos voisins ne voudront sûrement pas. Et quoi qu’en dise EDF, qui semble privilégier une approche low-cost au mépris de la sûreté et des personnes en charge des travaux [4], le vieillissement des réacteurs renchérira forcément le coût de production déjà élevé de cette électricité.

La consultation qui vient de commencer apparaît comme une étape de pure forme, qui vient confirmer le mépris pour l’avis des citoyennes et citoyens. Lors du débat public organisé en 2018 sur la PPE, les 400 personnes tirées au sort s’étaient exprimées massivement contre le report à 2035 des 50% de nucléaire, contre la prolongation de nombreux réacteurs à 50 ans et contre la construction de nombreux EPR. Dans ce document, il n’en reste aucune trace.

Que faut-il faire pour être enfin entendus ? Comme tant de citoyen.es le répètent, le nucléaire est une énergie du passé qu’il faut arrêter de toute urgence, plutôt que d’alourdir le fardeau pour les générations futures.

Notes :

[1] La PPE était censée être impérative sur la période déjà entamée de 2019-2023, puis révisable sur 2024-2028, et n’engage à rien du tout après.

[2]Comme le rappelle le Réseau Action Climat, la feuille de route proposée par le gouvernement, avec cette PPE couplée à la Stratégie Nationale Bas-Carbone, est insuffisante pour atteindre les objectifs de réduction d’émissions fixés par l’accord de Paris.

[3] Outre Fessenheim, de 2 à 4 réacteurs pourraient faire l’objet d’une fermeture « anticipée », dont 2 à des conditions dépendant de facteurs internationaux. Autant dire que le gouvernement ne s’engage pas.

[4] EDF a en effet revu à la baisse le coût du « Grand Carénage » et conteste le chiffrage effectué par la Cour des Comptes. Cette baisse traduit-elle une volonté d’EDF d’économiser sur la sûreté en n’effectuant pas certains travaux et en accroissant encore plus le dumping social ?

Contact presse : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Programmation-Pluriannuelle-de-l-Energie-la-56011

NUCLÉAIRE : UN VILLAGE À L’ASSAUT DU SECRET D’ÉTAT

Franchir les grillages du site militaire de Pontfaverger est passible de 6 mois de prison. Le site se trouve près de Reims, 500 hectares classés secret défense où furent testés, pendant des décennies, les détonateurs de la bombe atomique. 

Aujourd’hui, le site est désaffecté. Mais des caméras continuent de veiller sur ces terres qui inquiètent tout un village.   

La colline de Moronvilliers surplomble le village de Pontfaverger. Le mont appartient au CEA, Commissariat à l’Énergie Atomique. L’ancien terrain militaire fait tache, juste en face des vignes de Champagne. Des centaines de tirs y ont eu lieu jusqu’en 2013 et, au grand regret du maire de Pontfaverger, ils ont laissé des traces sur la colline. “Dans ces tirs, il y avait de l’uranium, du tritium et même des traces de plutonium”, regrette Damien Girard, maire de Pontfaverger.   

Des substances radioactives que le CEA reconnait avoir utilisées sur le site. Le maire craint qu’elles aient contaminé les lieux : “C’est hors de question que j’accepte qu’on laisse des déchets radioactifs dans le village. Pendant 50 ans, les élus ont fait confiance, aujourd’hui on s’aperçoit qu’on a été floués et ça c’est inacceptable”, s’insurge-t-il. 

2,7 tonnes d’uranium encore présentes à Pontfaverger 

Après des années de silence, le CEA a reconnu que 2,7 tonnes d’uranium sont encore présentes sur le terrain militaire. Mais, secret défense oblige, aucune expertise indépendante n’est possible sur le site. Nous avons recueilli le témoignage d’un employé qui dit avoir vu de l’uranium sur le terrain. Depuis, il craint une pollution à long terme : “Dans peu de temps plus personne n’en parlera, tout le monde se baladera sur le site, mais c’est dangereux. C’est un cadeau empoisonné pour les futures générations”.   

Quels risques pour les populations et l’environnement ?

Contacté, le CEA se veut rassurant sur ce qu’il appelle le marquage, soit la pollution radioactive de l’eauOn a marqué la nappe mais à des niveaux qui sont relativement faibles. Dans les eaux des rivières, il n’y a aucun marquage de notre part et ça, depuis toujours”. 

Le seul scientifique indépendant à avoir étudié la question est sceptique : “Cet uranium risque d’être relargué dans les eaux souterraines. C’est une substance qui est radioactive pendant des milliards d’années donc on ne peut pas banaliser la présence de 2,7 tonnes d’uranium dans le sol et les sous-sols de Moronvilliers”; s’inquiète Bruno Chareyrond, ingénieur à la Criirad.   

Face au secret défense, la petite commune a fait appel à l’avocate Corine Lepage. Ils attaquent l’État et le CEA au tribunal administratif et demandent, c’est une première, que le site soit remis en état.  « Il y a les règles de droits du secret défense, mais il y a aussi les règles de droits liées à la réparation du préjudice écologique, qui est une règle de droit communautaire qui s’applique au CEA comme aux autres. Donc je demande que le CEA répare ce préjudice en remettant le site en état« , demande Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement. 

Le CEA assure que des études vont être menées sur la dangerosité des quelques tonnes d’uranium toujours là.  Mais il faudra croire le CEA sur parole, aucune contre-expertise n’est pour l’instant autorisée sur le site

Par L’Oeil du 20 heures, France Télévisions, diffusé le 21/01/2020 à 10h49

Pour retrouver cet article et la vidéo (3mn06s), cliquer sur : https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/nucleaire-un-village-a-lassaut-du-secret-detat_3793969.html

NUCLÉAIRE : EDF DONNE LA LISTE DES CENTRALES QUI VONT ARRÊTER DES RÉACTEURS

Après les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim qui doivent s’arrêter cette année, EDF propose au gouvernement d’étudier la mise à l’arrêt de paires de réacteurs à Blayais, Bugey, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines et Tricastin. L’arrêt des réacteurs ne se traduira pas par la fermeture des centrales elles-mêmes.

Afin de « recueillir les observations du public », le gouvernement a ouvert lundi à la consultation son projet de  programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2019-2028. L’un des objectifs de cette feuille de route vise à réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité. Aujourd’hui supérieure à 70%, cette part doit atteindre 50% en 2035. Cela nécessitera de fermer 14 réacteurs avant cette date, dont ceux  de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) qui seront arrêtés dès cette année.

C’est EDF qui devait préciser la liste des sites appelés à procéder à des fermetures après la centrale alsacienne. C’est maintenant chose faite. « EDF a proposé au gouvernement d’étudier la mise à l’arrêt de paires de réacteurs sur les sites de Blayais, Bugey, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines et Tricastin ». Avec les deux réacteurs de Fessenheim, cette liste en compte seize, ce qui laisse une marge de manœuvre à EDF pour décider lesquels devront fermer en priorité. 

Les scénarios sur la table pour fermer des réacteurs nucléaires

Une liste sans surprise, puisqu’elle concerne les sites équipés de réacteurs de 900 MW, qui sont les plus anciens du parc. Tous ces sites comptent quatre réacteurs ou plus, si bien que l’arrêt de deux réacteurs ne se traduira pas par une fermeture de la centrale, conformément aux souhaits de l’exécutif.

Pas d’indemnisation pour EDF

Le calendrier de fermeture des 12 réacteurs (hors Fessenheim), respectera « les échéances de 5ème visite décennale des réacteurs concernés, à l’exception de deux réacteurs qui fermeront dans la deuxième période de la PPE en 2027 et en 2028, précise le texte, sous réserve du respect du critère de sécurité d’approvisionnement ». De plus, dans la mesure où EDF amortit les réacteurs de 900 MW sur une durée de 50 ans, « le gouvernement considère que ces arrêts ne donneront pas lieu à indemnisation ».

Cela revient à « prolonger presque tous les réacteurs français jusqu’à 50 ans, voire plus. Pourtant, certains équipements, comme les cuves, ont été conçus pour durer environ 40 ans. Aller au-delà revient à rogner sur les marges de sûreté», a réagi  sur Twitter l’ONG Sortir du nucléaire .

Esquissée fin 2018 par le président de la République, Emmanuel Macron, cette programmation pluriannuelle de l’énergie à l’horizon 2028 avait donné lieu à un premier projet présenté l’an dernier. Une nouvelle version, ainsi que la « Stratégie Nationale Bas-Carbone » (SNBC), qui décrit la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, est désormais ouverte  pour consultation publique jusqu’au 19 février.

La première mouture de cette PPE, qui table sur aussi une  montée en puissance des énergies renouvelables , avait été critiquée pour son manque d’ambition sur le développement des biogaz et de l’éolien en mer par les défenseurs de ces énergies.

Par Jean-Michel Gradt, publié le 21 janvier 2020 à 11h46, mis à jour le 21 janvier 2020 à 15h35

Photo en titre : La centrale du Blayais est l’une des centrales dont EDF a proposé au gouvernement d’arrêter les réacteurs par paire. (UGO AMEZ/SIPA)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/nucleaire-edf-donne-la-liste-des-centrales-qui-vont-arreter-des-reacteurs-1164755

ÉLECTRICITÉ : LA CRE PROPOSE UNE NOUVELLE HAUSSE DES TARIFS RÉGLEMENTÉS

L’autorité administrative indépendante propose une hausse de 2,4 % des tarifs réglementés, et ce, dès le mois de février.

Les consommateurs français risquent d’avoir à subir une nouvelle hausse des tarifs réglementés de l’électricité le mois prochain. Lundi 20 janvier, l’AFP a diffusé une brève dans les médias, dans laquelle elle rapporte la volonté de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) d’augmenter les tarifs de 2,4 % pour les particuliers et les petits professionnels. Il y a sept mois, les Français avaient connu une hausse de 5,9 %.

Une hausse des tarifs souhaitée dès le 1er février 2020

Comme à chaque début d’année, la Commission de régulation de l’énergie fait sa proposition. L’autorité administrative indépendante, qui veille au bon fonctionnement des marchés de l’électricité et du gaz naturel en France, bénéficie du pouvoir de fixer le montant de l’évolution des tarifs réglementés de l’électricité depuis le 8 décembre 2015. Pour l’anecdote, notons que les tarifs réglementés de vente (TVR) sont proposés par EDF et certains distributeurs locaux.

Lire aussi : Le Qatar va construire sa première centrale solaire en partenariat avec Total

Cette fois-ci, la CRE met sur la table une hausse de 2,4 % TTC des tarifs bleus résidentiels et des tarifs bleus applicables aux consommateurs professionnels qui seraient éligibles. Elle représenterait un montant annuel de 21 euros en moyenne sur la facture d’un particulier. Ce projet de décision a été soumis au Conseil supérieur de l’énergie (CSE) pour avis, ce second organisme n’ayant qu’un rôle global consultatif. La CRE souhaite que la hausse des tarifs entre en vigueur très rapidement, au 1er février 2020.

L’ultime pouvoir de décision est malgré tout placé dans les mains du gouvernement. Celui-ci dispose d’un délai de trois mois pour s’opposer au tarif proposé par la CRE.

La CRE en mission « rattrapage »

La Commission de régulation de l’énergie justifie sa décision par « l’augmentation du coût de l’approvisionnement » sur les marchés, ainsi que par « la prise en compte du rattrapage sur deux ans de l’écart entre coûts et tarifs au cours de l’exercice 2019 ». Il y a quelques mois, le gouvernement s’était opposé à une hausse de 1 % à appliquer à partir du 1er août 2019, toujours sur proposition de la CRE.

Lire aussi : En Irlande, deux entreprises vont investir 300 millions dans une ferme solaire de 500 MW

En revanche, le gouvernement avait fini par accepter une forte hausse de 5,9 % des tarifs l’hiver dernier, appliquée le 1er juin 2019 après avoir gelé les tarifs lors de l’hiver 2018-2019 à la suite de la crise des gilets jaunes.

Par Alexandre Boero, publié le 21 janvier 2020 à 08h30

Photo en titre : © Pixabay

Source : Capital / AFP

https://www.clubic.com/energie-renouvelable/actualite-883118-lectricite-commission-regulation-energie-hausse-tarifs-reglementes.html

NDLR : un fournisseur exclusivement 100% vert ne devrait pas être concerné par cette augmentation.

LE 21 JANVIER 1968 DANS LE CIEL : CATASTROPHE NUCLÉAIRE AU GROENLAND

Histoire de l’aviation – 21 janvier 1968. C’est à proximité de la base aérienne de Thulé, située au Groenland, qu’une catastrophe aérienne va avoir lieu, avec de très graves conséquences, tant au niveau sanitaire qu’écologique en ce dimanche 21 janvier 1968.

En effet, son cockpit en prise aux flammes, un Boeing B-52 va s’écraser en ce jour. Une tragédie d’autant plus grande quand on connaît la nature de la cargaison que l’appareil américain transportait.

Effectivement, ce Boeing B-52 est loin d’être un avion lambda, son chargement est extrêmement dangereux, se trouvent à l’intérieur pas moins de quatre bombes, mais pas n’importe lesquelles : des bombes atomiques ! On déplorera ainsi la destruction de trois d’entre elles, la dernière finissant dans les profondeurs de l’océan.

Ces bombes à hydrogène de 1,1 mégatonne vont être à l’origine d’un véritable désastre : plus de 3 kilogrammes de plutonium vont ainsi contaminer le lieu, occasionnant donc une pollution radioactive, qu’on a voulu cacher jusqu’en 1994, mais c’était sans compter les cancers et autres leucémies qui ont été diagnostiqués à la suite de cet accident, signes qu’il s’était passé quelque chose de grave. Plusieurs têtes nucléaires seront ainsi perdues par l’Amérique dans les années 60 !

Par Stéphanie Meyniel, publié le 21 janvier 2020 à 00h03 dans Histoire

https://www.air-journal.fr/2020-01-21-le-21-janvier-1968-dans-le-ciel-catastrophe-nucleaire-au-groenland-5217702.html

LE NUCLÉAIRE CIVIL, ENJEUX ET DÉBATS : LA FIN DE L’ÉLECTRONUCLÉAIRE – RÉCIT ANTICIPATIF (LIVRE)

En partant du constat du caractère militaro-industriel du développement de la production d’électricité d’origine nucléaire, nous présentons dans cet article l’évolution sur la période 1950-2018 de cette industrie, allant du succès au déclin, lequel est dû à la fois à l’occurrence des grands accidents nucléaires de Three Mile Island, de Tchernobyl et de Fukushima et à la perte de sa compétitivité économique du fait de l’augmentation de ses coûts de production et de la baisse spectaculaire (très rapide à partir des années 2010) du coût des productions concurrentes d’origine renouvelable – l’éolien et le photovoltaïque –, sans que l’argument des faibles émissions de CO2 de l’électronucléaire puisse faire pencher la balance en sa faveur.

À partir de ce constat, nous présentons les évolutions conduisant à la sortie du nucléaire dans les différents pays et régions du monde et tout particulièrement en France, à partir du « grand tournant » de la décennie 2020-2030, qui verra l’instauration d’une politique énergétique basée sur la sobriété et l’efficacité énergétiques au niveau de la demande et sur les énergies renouvelables au niveau de l’offre, pour aboutir, pour ce qui concerne la production d’électricité, à la fin de l’électronucléaire dans le monde sur la période 2040-2050.

Télécharger gratuitement l’article

http://www.annales.org/re/2020/resumes/janvier/19-re-resum-FR-AN-janvier-2020.html#19FR

GENÈVE NE VEUT PAS DES DEUX NOUVEAUX RÉACTEURS DE LA CENTRALE DU BUGEY

L’annonce de l’installation de deux nouveaux réacteurs dans la centrale du Bugey (Ain), à moins de 100 kilomètres de Genève, réveille un conflit latent entre le canton et la politique énergétique française.

Une lettre a mis le feu aux poudres

Le 12 septembre dernier, Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, s’adressaient à Jean-Bernard Lévy, président-directeur-général d’EDF, concernant un projet de construction de trois paires de réacteurs nucléaires, sur trois sites différents. L’un d’eux à la centrale du Bugey (Ain). Jean Deguerry, président du Département, y voit un « plus » pour la région et avait déclaré en décembre dernier : « Ce n’est nullement incompatible avec la promotion de l’énergie nucléaire qui est décarbonée et qui nous permet in fine, d’afficher un prix de l’électricité raisonnable en France. »

Dans le canton de Genève fleurissent des panneaux contre l’installation de deux nouveaux réacteurs dans le Bugey.

Autre son de cloche du côté genevois

Antonio Hodgers, président du gouvernement genevois, s’est dit très surpris par cette annonce, n’ayant reçu aucune communication de ses homologues, côté français. Or, depuis plusieurs années, persiste une crainte du canton en raison de la proximité avec la centrale du Bugey et des risques d’accidents. « Il existe une obligation constitutionnelle à s’opposer à la construction de ces deux nouveaux réacteurs », a prévenu Antonio Hodgers.

La pertinence économique du projet mise en doute

«  Il faut déjà que la France arrive à terminer un EPR avant de vouloir en mettre en route toute une série », a critiqué Christian vanSinger, porte-parole de l’association Sortir du nucléaire – Suisse romande. D’après une étude suisse, un accident nucléaire à la centrale du Bugey entraînerait plus de 100 000 victimes de radiations en Suisse et en France voisine. Il y a donc une mise en danger d’autrui et un risque de pollution des eaux. C’est pourquoi, il y a près de quatre ans, une plainte pénale avait déjà été déposée contre X par les autorités genevoises, représentées par l’avocate et ancienne ministre française Corinne Lepage. Mais elle n’a pas abouti. Le canton et la ville ne vont certainement pas tarder à entamer une nouvelle procédure contestant le lieu choisi pour la construction des deux réacteurs nouvelle génération.

Le conflit contre la centrale du Bugey en bref:

Situation géographique de la centrale du Bugey, Saint-Vulbas (Ain) : à 75 km de Genève, 35 km de Lyon, 79 km de Grenoble.

Réacteur européen à eau pressurisée EPR ( Evolutionar Power Reactor) : réacteur nucléaire de troisième génération (classification internationale 1990).

2012 : art. 169 de la nouvelle Constitution genevoise : « Les autorités cantonales doivent s’opposer par tous les moyens aux installations de centrales nucléaires ».

2016 : plainte pénale déposée par le canton et le Ville de Genève, classée en 2017 par le parquet du Tribunal de grande instance de Paris.

2018 : deuxième plainte pénale déposée.

Par Jacqueline Schmitz, publié le 20/01/2020 à 17:08

Photo en titre : Le réacteur 2 de la centrale du Bugey a été arrêté en juillet dernier suite à un problème de maintenance ©DRK

https://www.lemessager.fr/4122/article/2020-01-20/geneve-ne-veut-pas-des-deux-nouveaux-reacteurs-de-la-centrale-du-bugey

L’IRAN MENACE DE QUITTER LE TNP SI SON DOSSIER NUCLÉAIRE EST ENVOYÉ AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a déclaré lundi que la République islamique quitterait le Traité de non-prolifération (TNP) si son dossier nucléaire venait à être envoyé au Conseil de sécurité des Nations Unies.

« Si les Européens continuent leur comportement injustifiable ou envoient le dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité de l’ONU, l’Iran quittera le TNP« , a déclaré M. Zarif, cité par l’agence de presse officielle IRNA.

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Source: Agence de presse Xinhua

Par : french.china.org.cn, French.china.org.cn, publié le 20-01-2020

http://french.china.org.cn/foreign/txt/2020-01/20/content_75633645.htm

LE PARLEMENT FRANÇAIS, GRAND ABSENT DU DÉBAT SUR L’ÉNERGIE

L’Assemblée nationale et le Sénat n’ont pas leur mot à dire sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), l’un des principaux outils de politique énergétique du pays, dont la nouvelle version sera présentée ce lundi. Un vrai déficit démocratique. Pour y remédier, la France pourrait s’inspirer du Parlement européen.

La nouvelle version de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit être présentée ce lundi. Très attendue par tous les acteurs du secteur, celle-ci dresse un tableau détaillé de la politique énergétique française d’ici à 2028. Mais elle ne sera votée ni par l’Assemblée nationale ni par le Sénat. Et pour cause : il s’agit d’un décret, publié par le gouvernement après consultation des secteurs concernés et un débat public. Les députés et les sénateurs ne sont même pas consultés officiellement par le gouvernement.

En juin 2018, cent députés de La République En marche s’insurgeaient, dans une  tribune publiée dans « Le Monde », contre l’absence de rôle réservé au Parlement dans ce domaine. Un an et demi plus tard, la situation n’a guère changé. Certes, les députés se flattent d’avoir remporté une victoire en imposant, dans la loi énergie et climat de novembre dernier, un rendez-vous quinquennal qui leur permettra de fixer les grands objectifs de politique énergétique. Ces derniers seront ensuite déclinés par le gouvernement dans de nouvelles éditions de la PPE.

Léger progrès

Mais ce progrès ne change pas fondamentalement la situation. Une telle loi existe déjà, bien qu’il ne s’agisse pas encore d’un rendez-vous récurrent. La loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, adoptée en 2015, fixe des objectifs de politique énergétique pour 2030. Elle prévoit, par exemple, que la consommation d’énergie finale en France à cette date devra être inférieure de 20 % à son niveau de 1990 ou encore que les énergies renouvelables devront assurer 32 % de la consommation d’énergie. Mais c’est bien la PPE qui détermine combien d’économies d’énergie devront être réalisées dans le secteur des bâtiments ou des transports ainsi que les mesures à adopter pour y parvenir. C’est elle aussi qui fixe les volumes des appels d’offres éoliens et solaires, essentiels au développement de ces filières.

Les professionnels des affaires publiques ne s’y trompent pas : les décisions les plus importantes sont prises par le gouvernement, et non dans les travées de l’Assemblée nationale ou du Sénat. Plusieurs lobbyistes, effrayés par les prises de position antiéoliennes de quelques députés, s’en félicitent d’ailleurs à demi-mot.

Débats publics

La loi impose pourtant d’organiser plusieurs débats publics, aux résultats parfois contradictoires. À une première phase de consultation sur la PPE, de mars à juin 2018, succède une deuxième phase, qui démarre ces jours-ci et se poursuivra jusqu’à fin février. C’est sans compter le grand débat national, qui abordait les questions de fiscalité énergétique, ainsi que la Convention citoyenne pour le climat, qui se tient actuellement.

La technicité des sujets abordés, le manque de clarté des questions du gouvernement et les moyens limités consacrés au débat ont compliqué le débat sur la PPE. En outre, le gouvernement a parfois pris position, pendant le temps du débat, sur des sujets faisant encore l’objet de discussions. Résultat ? « Nos concitoyens considèrent que la participation est un leurre pour cautionner des décisions déjà prises »,  souligne la présidente de la Commission nationale du débat public, Chantal Jouanno, dans son compte rendu.

L’exemple européen

Souvent décrié pour son manque d’influence, le Parlement européen offre néanmoins des pistes pour améliorer le débat démocratique en France. La négociation du paquet « énergie propre » en est un bon exemple. Cet ensemble législatif de plusieurs milliers de pages vise à faciliter l’intégration des énergies renouvelables sur le réseau européen. Pendant plus de deux ans, il a fait l’objet d’intenses débats entre la Commission européenne, le Conseil et le Parlement. Ce dernier  est finalement parvenu à imposer des objectifs climatiques plus ambitieux, malgré les résistances initiales des États.

Pourquoi le Parlement a-t-il pu jouer ce rôle ? Les traités, tout d’abord, lui accordent un rôle égal à celui du Conseil en ce qui concerne la politique énergétique. L’expérience politique de certains députés, vieux habitués de la bulle bruxelloise, y a aussi contribué. Ces derniers bénéficient par ailleurs de moyens supérieurs à leurs homologues français : ils disposent ainsi de 25.000 euros par mois pour rémunérer leurs assistants, contre 10.600 euros seulement en France. Ce qui leur permet de recruter des assistants plus nombreux et plus expérimentés.

Le poids de l’histoire

Autre obstacle majeur à l’implication des députés français, le nucléaire a longtemps été considéré comme une chasse gardée de l’exécutif. « En France, il y a un vrai problème d’accès à l’information quand il s’agit du nucléaire », souligne le consultant indépendant Mycle Schneider. Lors d’une audition récente à l’Assemblée nationale, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a ainsi refusé de dévoiler le prix de l’électricité qui sera produite dans l’EPR de Flamanville, tout en admettant que celui-ci serait « beaucoup trop élevé ».

« Quand les députés veulent aller plus loin dans leurs recherches, ils se heurtent à la mauvaise volonté des acteurs, souligne la députée (LREM) Barbara Pompili, présidente de la commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire de l’Assemblée. Ces limites sont préjudiciables à la démocratie, car on nous demande de voter des budgets sans avoir tous les tenants et les aboutissants. »

La ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne,  a annoncé le 8 janvier que la décision de construire de nouvelles centrales nucléaires serait repoussée au prochain quinquennat. Une bonne occasion pour l’Assemblée et le Sénat de jouer, le moment venu, leur rôle de contrôle démocratique.

Par Hortense GOULARD, publié le 20 janvier 2020 à 9h42, mis à jour le 20 janvier 2020 à 9h57

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/le-parlement-francais-grand-absent-du-debat-sur-lenergie-1164304

EXTRAIT DU LIVRE « LE RETOUR DU RISQUE NUCLÉAIRE: LA FIN DU CONTRÔLE DES ARMEMENTS ? »

Depuis quelque temps, les armes nucléaires et la peur d’une confrontation entre grandes puissances sont de retour dans l’actualité, constate Michel Fortmann, fondateur du Centre d’études sur la paix et la sécurité internationale.

La maîtrise des armements a joué un rôle déterminant, autant dans la stabilisation des relations nucléaires entre grandes puissances que dans la mise sur pied du régime international de non-prolifération. Il n’y a strictement aucune raison pour que cette entreprise perde de sa pertinence dans le contexte du second âge nucléaire ; bien au contraire.

D’ailleurs, les politiques adoptées durant la présidence de Barack Obama, de 2009 à 2011, ont traduit une volonté de poursuivre la réduction des arsenaux russes et américains dans le sillage de START, mais aussi de relancer les efforts en matière de non-prolifération. La conclusion de l’accord nucléaire avec l’Iran en 2015 apparaît, à cet égard, comme un premier succès important pour empêcher la nucléarisation d’une puissance régionale dans une zone à risque. L’idée de rassembler ces efforts dans le cadre d’une politique de désarmement générale (Global Zero) a permis au président américain de donner à sa vision une cohérence et une finalité qui ont mobilisé l’opinion publique internationale, au moins durant la première partie de son mandat. Cet épisode, toutefois, devrait plutôt être perçu comme un « chant du cygne ». Le second âge nucléaire a surtout été témoin, en effet, de l’érosion progressive de l’entreprise du contrôle des armements depuis le milieu des années 1990. Un bref coup d’œil sur le tableau ci-dessous* permet de s’en convaincre.

Comme on peut le constater, peu d’éléments de l’édifice bâti depuis la fin des années 80 ont résisté aux retournements politiques des vingt-cinq dernières années.

Qu’il s’agisse des accords de contrôle des armements touchant l’Europe (FCE, FNI), des limites sur les arsenaux stratégiques (START) ou des composantes du régime de non-prolifération, on peut indiscutablement parler d’une crise profonde de la maîtrise des armements. À qui la faute ? Une lourde responsabilité revient sans doute à la politique américaine dans le cadre de deux présidences républicaines, très négatives à cet égard. Les conservateurs du Sénat et du Congrès semblent préférer, de ce point de vue, la supériorité militaire à la négociation. La grogne russe qui a suivi le retrait américain du traité ABM n’a sans doute pas, non plus, contribué à une relance des discussions bilatérales entre Washington et Moscou. La démobilisation des opinions publiques, en ce qui concerne le désarmement depuis la fin de la guerre froide, joue aussi un rôle important dans la passivité des gouvernements face au dossier nucléaire.

En cette fin de décennie, tout semble donc indiquer que les voies de la négociation et du dialogue entre grandes puissances sont bloquées, et le resteront probablement tant que l’occupant actuel de la Maison-Blanche sera là. Comme il l’a dit lui-même en 2016 : « Allons-y pour une course aux armements. Nous serons plus forts que nos adversaires, dans toutes les circonstances, et nous les aurons à l’usure. » M. Poutine, quant à lui, ne s’inspire certainement pas des politiques de M. Gorbatchev. Peu d’espoir que les choses bougent, donc, du côté du Kremlin.

Faudra-t-il attendre une crise comme celle de 1962 ou celle de 1983 pour ramener les grandes puissances à la raison ? On ne l’espère pas, compte tenu du caractère des acteurs en présence et de leur manque d’expérience en matière de crise internationale. Il nous faudra donc faire preuve de patience en espérant que la prochaine administration américaine se rappelle les leçons de la guerre froide.

* L’érosion des accords de contrôle des armements

1996 : Non-ratification du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) par le Sénat américain.

2002 : Retrait unilatéral du traité ABM décidé par le président Bush.

2007-2015 : Le Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE) n’est plus respecté par la Russie, puis par l’OTAN.

2013 : La Russie se retire de l’accord Nunn-Lugar qui visait à assurer le démantèlement de l’arsenal nucléaire de l’ex-URSS.

2015 : La conférence de suivi du Traité de non-prolifération se termine sans déclaration finale, faute de consensus.

2016 : La Russie se retire du Sommet mondial sur la sécurité nucléaire lancé par Obama en 2010.

2017 : Retrait unilatéral des États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran.

2017 : Les États-Unis refusent de participer aux discussions de l’ONU sur le Traité d’interdiction des armes nucléaires. Le Traité sera signé par plus de 120 États.

2018 : Retrait unilatéral des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI).

2021 : Le traité New START sera-t-il renouvelé pour cinq ans ?

Publié le 19 janvier 2020 à 16h00

LIVRE : Le retour du risque nucléaire, Michel Fortmann, Les Presses de l’Université de Montréal, 64 pages.

Image en titre : image fournie par les Presses de l’Université de Montréal

https://www.lapresse.ca/debats/opinions/202001/18/01-5257402-extrait-de-le-retour-du-risque-nucleaire-la-fin-du-controle-des-armements-.php

ÉNERGIE: « 72% DE NUCLÉAIRE DANS L’ÉLECTRICITÉ, C’EST TROP » TRANCHE LA SECRÉTAIRE D’ÉTAT EMMANUELLE WARGON

La Secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition énergétique, Emmanuelle Wargon, était invitée sur le plateau de Good Morning Business, sur BFM Business, ce lundi. L’occasion de revenir sur la politique énergétique de la France dans les années à venir.

Face au changement climatique, le nucléaire semble avoir de nouveau la cote. Le secteur rappelle régulièrement qu’il s’agit d’une énergie bas carbone et que sa disparition pourrait, paradoxalement, relancer les activités plus polluantes comme c’est le cas en Allemagne avec l’ouverture d’une nouvelle centrale de charbon.

Pour autant, pas question pour la France de tout miser sur le nucléaire. « 72% de nucléaire dans l’électricité, c’est trop » tranche ainsi, ce lundi, la Secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition énergétique, Emmanuelle Wargon, sur le plateau de Good Morning Business. Pour autant, pas question de fermer la porte à l’atome.

« Toutes les options sont sur la table pour l’après 2035« 

« On n’a pas dit qu’on sortait du nucléaire, on a dit qu’on réduisait la part du nucléaire » poursuit-elle. « Notre objectif, c’est 50% (de nucléaire dans l’électricité, ndlr) en 2035. Et la fermeture de Fessenheim, qui était un engagement politique français, vis-à-vis des Français eux-mêmes et aussi vis-à-vis de l’Allemagne, c’était un engagement pris il y a longtemps. Et c’est ce gouvernement qui le tient.« 

« On ferme définitivement le premier réacteur dans un mois, fin février (à Fessenheim, ndlr). « Ensuite, on douze fermetures de réacteurs prévues d’ici à 2035, qui nous amènera à 50%. Donc on ne dit pas, c’est fini. On dit simplement : il faut un équilibre plus diversifié« .

Et quel avenir pour l’EPR, dont le coût a explosé? La construction de ces centrales « nouvelle génération » ne sera décidée qu’après la prochaine présidentielle. « C’est un choix très scientifique et très technique, et très politique » reconnait Emmanuelle Wargon. « Et le président de la République l’a dit : ce choix sera aussi un des éléments de la campagne du débat de la présidentielle de 2022. Et donc on n’a pas besoin de décider plus tôt mais vous savez que Elisabeth Borne (ministre de la Transition énergétique, ndlr) a demandé à EDF un scénario 100% énergies renouvelables. Donc voilà, toutes les options sont sur la table pour l’après 2035. »

Par Thomas Leroy, publié le 20/01/2020 à 09h02

https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/energie-72percent-de-nucleaire-dans-l-electricite-c-est-trop-tranche-la-secretaire-d-etat-emmanuelle-wargon-1843901.html

NUCLÉAIRE: L’IRAN MET EN GARDE L’AIEA APRÈS LA PROCÉDURE DÉCLENCHÉE PAR LES EUROPÉENS

Le président du Parlement iranien a mis en garde dimanche l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) contre de «graves» répercussions après le déclenchement par les Européens du mécanisme de règlement des différends (MRD) contre l’Iran.

Les trois États européens (France, Allemagne, Grande-Bretagne) parties à l’accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015 ont annoncé mardi avoir déclenché le MRD pour tenter de contraindre Téhéran à revenir à l’application totale de ce texte contraignant pour son programme nucléaire.

Le pacte passé entre la République islamique et le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) menace de voler en éclats depuis que le président américain Donald Trump s’en est retiré unilatéralement en 2018, avant de rétablir de lourdes sanctions économiques contre l’Iran.

Berlin, Paris et Londres maintiennent qu’ils restent engagés dans l’accord, mais Téhéran les accuse d’inaction.

«Ce que ces trois pays européens ont fait sur le dossier du nucléaire iranien (…) est regrettable», a affirmé dimanche le président du Parlement, Ali Larijani, cité par l’agence officielle Irna. «Nous annonçons clairement que si l’Europe, pour quelque raison que ce soit, utilise l’article 37 de l’accord sur le nucléaire de manière injuste [dans la foulée du MRD, ndlr], alors l’Iran prendra une grave décision sur la coopération avec l’Agence», a-t-il ajouté, en référence à l’AIEA.

L’article 37 prévoit que si aucune solution n’est trouvée au contentieux, le Conseil de sécurité de l’ONU pourrait rétablir toutes les sanctions qui avaient été levées dans le cadre de l’accord.

Depuis mai 2019, Téhéran s’est affranchi d’engagements pris dans le cadre de l’accord de Vienne limitant drastiquement ses activités nucléaires, en riposte aux sanctions américaines et à l’incapacité des pays européens à les contourner.

En janvier, Téhéran s’est notamment affranchi de toute limite sur le nombre des centrifugeuses qu’elle s’autorise à faire tourner pour enrichir l’uranium.

L’Iran a toutefois dit que ces engagements mis à mal pouvaient être appliqués de nouveau en cas d’évolution positive.

Ces développements interviennent dans le sillage d’une flambée des tensions entre l’Iran et des pays occidentaux après l’assassinat le 3 janvier à Bagdad dans un tir de drone américain du général iranien Qassem Soleimani, et l’aveu de Téhéran quelques jours plus tard de sa responsabilité dans le crash d’un avion civil, atteint par erreur par un missile.

«Le problème, ce n’est pas le comportement de l’Iran», a encore affirmé dimanche M. Larijani. «Ce sont les menaces des États-Unis qui ont poussé un puissant pays européen vers une position humiliante et injuste».

L’Allemagne a indiqué la semaine dernière que les États-Unis avaient menacé d’imposer des droits de douane de 25% sur les automobiles européennes pour pousser les Européens à déclencher le MRD.

Publié le 19.01.2020 à 11h11

https://fr.sputniknews.com/international/202001191042929411-nucleaire-liran-met-en-garde-laiea-apres-la-procedure-declenchee-par-les-europeens/

QUAND UNE CENTRALE NUCLÉAIRE TOUTE NEUVE RÉVEILLE LA HANTISE DE TCHERNOBYL

La Lituanie proteste contre une nouvelle centrale nucléaire biélorusse, située à 50 km de sa capitale, Vilnius. Les nouveaux tests de résistance de sûreté, avant une mise en route de réacteur, n’auraient pas été respectés.

Le ton monte entre la Lituanie et la Biélorussie. Le pays balte assure que sa voisine a mis en route le premier réacteur de sa centrale nucléaire d’Astravets sans avoir respecté le nouveau test de résistance de sûreté, dit « stress test », en vigueur dans l’Union européenne depuis le drame de Fukushima, en 2011. Les leçons de Tchernobyl, données il y a trente ans, n’ont pas été apprises, a martelé Zygimantas Vaiciunas, le ministre lituanien de l’Énergie, au site Radio Free Europe.

La colère des Lituaniens s’explique. Trois ans avant la catastrophe de Tchernobyl, en Ukraine, l’Union soviétique avait inauguré une centrale nucléaire en Lituanie, à Ignalina, près de la frontière biélorusse. Elle était équipée des mêmes réacteurs, de types RBMK, que Tchernobyl. Elle a été mise hors service en 2009, comme condition de l’adhésion du pays balte à l’Union européenne en 2004. Ignalina a servi de décor à la série à succès d’HBO sur la catastrophe nucléaire, diffusée à l’automne.

La centrale nucléaire biélorusse est située à Astravets, à moins de 50 km de Vilnius, la capitale lituanienne. | OUEST-FRANCE

Vilnius se consolait plutôt bien de cette perte d’énergie. À cette époque, la Biélorussie semblait avoir fait une croix sur l’atome. Placé sous les vents de Tchernobyl, le territoire biélorusse a essuyé 70 % des retombées radioactives de l’accident, en 1986 ; 23 % de son sol a été contaminé. Mais la Russie, voulant conserver la mainmise sur le marché européen de l’énergie dans la région, a rapidement proposé une nouvelle génération de réacteurs plus sûrs à son ancienne république.

Des réacteurs de types VVER

L’affaire est signée en 2011. Le constructeur russe Rosatom livrera à Minsk quatre réacteurs de types VVER, à eau pressurisée, dotés d’une enceinte de confinement renforcée et d’un dispositif déclenchant automatiquement l’arrêt, en cas d’anomalie. Deux doivent être mis en service cette année ; les deux suivants en 2025. Des experts comme ceux de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont pu visiter le site dont l’exploitation a été confiée à la société russe Atomstroyexport. Ils ont confirmé une technologie supérieure aux réacteurs de Fukushima, au Japon.

La Lituanie ne conteste pas la technologie. Mais la sécurité dépend aussi du lieu d’implantation, assure le régulateur de la sécurité nucléaire lituanien. La capitale lituanienne, Vilnius, est située à moins de 50 km.

Or, depuis la catastrophe de Fukushima, en 2011, l’AIEA recommande qu’aucune centrale nucléaire ne soit construite à moins de 100 km d’un centre urbain. Astravets utilise aussi l’eau de la Nevis pour son circuit de refroidissement, la rivière qui arrose Vilnius en aval. Enfin, une activité sismique du secteur a été documentée dans cette région frontalière de l’Union européenne. La question clé est la sélection du site, qui s’est faite politiquement – géopolitiquement. Il s’agit d’une menace pour notre sécurité nationale, notre santé publique et notre environnement, assène le ministre Zygimantas Vaiciunas.

Comme pour Tchernobyl, un manque de transparence

Une menace sournoise. Les informations filtrent difficilement de la centrale d’Astravets. Il a fallu toute la pression de l’Union européenne pour que les autorités biélorusses reconnaissent en mai 2016, qu’un accident était survenu un mois plus tôt. La structure porteuse du confinement avait été partiellement détruite sur le site de construction. Sans conséquence.

C’est ce manque de transparence que dénoncent les Lituaniens. Il est jugé incompréhensible, après le silence coupable des autorités soviétiques sur l’ampleur de la catastrophe de Tchernobyl. De son côté, Rosatom assure qu’elle a toujours fourni les informations nécessaires à toutes les parties prenantes.

En Finlande, où le géant du nucléaire russe a aussi vendu des réacteurs de type VVER, le régulateur a réussi à imposer le stress test de sûreté, obligatoire de l’UE. Mais bien que située à 20 km seulement de la frontière européenne, la Biélorussie n’est pas dans l’Union et semble plus proche du giron russe.

Par Christelle GUIBERT, publié le 18/01/2020 à 16h50, modifié le 19/01/2020 à 05h36

Photo en titre : Dans la salle de contrôle de la centrale nucléaire d’Astravets, conçue par le géant russe Rosatom, en Biélorussie (ici, en 2018). | EPA-EFE/WOJCIECHPACEWICZ

Pour retrouver cet article et pour voir la vidéo (2mn30s) de la catastrophe de Tchernobyl, cliquer sur le site : https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/la-centrale-nucleaire-bielorusse-reveille-la-hantise-de-tchernobyl-en-lituanie-6696090

POUR LUTTER CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE, LA CGT TISSE DES ALLIANCES AVEC GREENPEACE ET ATTAC

La centrale syndicale a engagé des discussions pour un plan rouge et vert face aux enjeux environnementaux.

L’affiche est inédite, surtout en pleine mobilisation contre la réforme des retraites. Le secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT), Philippe Martinez, le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, et la porte-parole de l’association altermondialiste Attac, Aurélie Trouvé, étaient réunis, vendredi 17 janvier, à Saint-Denis, près de Paris, pour écouter l’une des inspiratrices du volet social du Green New Deal porté par la gauche américaine, l’économiste Pavlina Tcherneva.

Au moment où l’Union européenne se fixe à l’échelle continentale un objectif d’atteindre la « neutralité carbone » en 2050, la CGT, Attac et Greenpeace souhaitent porter ensemble une trajectoire alternative. Depuis le contre-G7 en août 2019 à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) et Irun (Espagne), les patrons des trois organisations ont multiplié les rencontres au siège de la centrale de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. L’objectif affiché : construire dans les mois qui viennent une proposition commune de pacte vert et rouge qui permette de lutter contre le changement climatique tout en assurant des emplois de qualité pour les salariés des secteurs concernés.

Éviter un bain de sang social

Le constat est partagé : l’urgence climatique impose une profonde transformation à l’économie française pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Renoncer aux énergies fossiles va atteindre fortement des secteurs entiers, des raffineries aux usines automobiles. Mais comment réaliser cette transition sans provoquer un bain de sang social ? « Si le choix pour sauver la planète, c’est de perdre son boulot, le discours syndical va être compliqué », euphémise le secrétaire général de la CGT, pour qui « il faut créer les conditions qui permettent de conjuguer créations d’emplois et industries et énergies propres ». « Il y a une évolution de la CGT sur ces questions », reconnaît Philippe Martinez, patron d’une centrale traditionnellement productiviste et dont d’importants bataillons syndicaux travaillent dans des secteurs susceptibles d’être durement touchés par la transition.

« Il y a des alliances à faire entre les forces sociales, les syndicats et les organisations environnementales, souligne la porte-parole d’Attac, Mme Trouvé. Cela nécessite une évolution au sein des syndicats, qui est en train de se faire. Et du côté des associations écologistes, cela veut dire intégrer les questions sociales. » Le directeur général de Greenpeace, M. Julliard, estime lui aussi ce travail en commun d’un genre nouveau nécessaire : « On appelle de nos vœux une transition écologique ambitieuse mais on veut éviter qu’on nous renvoie sans cesse cette question des pertes d’emplois. »

Ce rapprochement rappelle l’initiative commune prise par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, et Nicolas Hulot en mars 2019 — mais qui n’a pas réussi à se concrétiser par la suite.

Créer des emplois pour mettre en œuvre la transition

La CGT, Greenpeace et Attac regardent de près les débats qui agitent la gauche américaine. Le projet de Green New Deal, porté notamment par la représentante de New York, Alexandria Ocasio-Cortez, implique une très forte diminution des émissions de CO2, une sortie radicale du pétrole et du charbon, tout en promettant de créer des millions d’emplois pour mettre en œuvre la transition. « C’est un aspect central du projet : on ne peut pas opposer l’emploi et l’environnement », a expliqué vendredi l’économiste Pavlina Tcherneva, qui a participé à la rédaction du texte présenté au Sénat américain en mars 2019. Elle propose un plan industriel massif centré sur les énergies renouvelables et la rénovation énergétique, « de même ampleur que pour une économie de guerre ».

Dans le même temps, des emplois publics seraient garantis aux travailleurs issus de secteurs polluants. L’une de ses propositions-phares : un emploi public garanti pour tous au salaire minimum, qui permettrait aux salariés de se reconvertir avant de retrouver un autre travail. Comment financer un tel projet ? « C’est une mauvaise question », répond-elle, en montrant une image des incendies qui ravagent l’Australie. « La vraie question, c’est : “Comment allons-nous payer pour les conséquences du changement climatique ?” On peut soit payer très cher dans l’urgence pour tenter de faire face aux crises, soit anticiper », assure-t-elle.

« Cette discussion ouvre un chantier majeur », s’enthousiasme l’économiste Cédric Durand, l’un des organisateurs de la table ronde. Pour autant, certains ne cachent leurs inquiétudes devant les difficultés. « Si on est mineur de charbon, on ne va pas devenir du jour au lendemain rénovateur d’appartements. Il est difficile d’imaginer une solution miracle qui résout à la fois la transition écologique et la question de l’emploi ! », souligne l’économiste de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) Henri Sterdyniak, présent vendredi.

Philippe Martinez reconnaît que cette alliance avec les associations environnementales est une nouveauté pour la CGT et que les réponses communes sont encore à construire. Cette démarche pourrait aussi provoquer des interrogations au sein de la centrale syndicale, historiquement méfiante vis-à-vis des écologistes. « Si on reste chacun dans son coin, on n’a aucune chance d’y arriver », glisse le patron de la CGT avant de quitter la salle, en promettant d’autres initiatives communes dans les prochains mois.

Par Nabil Wakim, publié le 19 janvier à 02h44, mis à jour à 11h06

Image en titre : COLCANOPA

À retrouver sur le site du journal le Monde que nous vous invitons à consulter régulièrement.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/01/18/la-cgt-tisse-des-alliances-nouvelles-contre-le-changement-climatique_6026381_3234.html

LA JUSTICE JAPONAISE ORDONNE L’ARRÊT D’UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE AUTORISÉ PRÉCÉDEMMENT À FONCTIONNER

Au Japon la population comme les collectivités territoriales et la justice ont leur mot à dire dans l’existence d’une installation nucléaire. La nucléocratie nippone ne fait pas ce qu’elle veut sur la tête des habitants et de l’environnement comme en France. La Haute cour d’Hiroshima vient d’ordonner la mise à l’arrêt de la centrale atomique d’Ikata.

Ce 17 janvier 2020, un tribunal japonais a ordonné d’arrêter le réacteur nucléaire de la centrale d’Ikata (ouest du pays) pour des raisons de sécurité. Cette décision révoque une décision antérieure qui avait donné le feu vert à son fonctionnement. En effet, la Haute Cour d’Hiroshima a conclu que l’exploitant de la centrale, Shikoku Electric, et le régulateur nucléaire avaient sciemment sous-estimé le risque pour les habitants de la région d’une éventuelle éruption du volcan Aso, situé à environ 130 kilomètres de la centrale d’Ikata.

Suspendu de fonctionnement au lendemain de la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daïchi, le réacteur n°3 avait été remis en fonctionnement le 27 octobre 2018, après la validation de conformité aux nouvelles réglementations édictées en 2016.

La centrale d’Ikata (伊方発電所,) située dans le district de Nishiuwa de la Préfecture d’Ehime, sur l’île de Shikoku, comporte trois réacteurs atomiques à eau pressurisée (REP) construits par Mitsubishi : Ikata 1 de 538 MWe a été mis en service en 1977, Ikata 2 de 538 MWe a été mis en service en 1981. Dans la décennie suivante un troisième réacteur de 846 MWe (Ikata 3) a été construit et mis en service en 1984. Semblables aux réacteurs construits par Westinghouse soit à Prairie Island (2 boucles de refroidissement) soit à Surry, North Anna et Robinson (3 boucles de refroidissement). Ce réacteur n° 3 était, depuis mars 2010, gorgé des produits de fission MOX fournit par Areva et identique à ce Mox qui gorgeait aussi le réacteur n°3 de Fukushima-Daïchi qui a explosé.

Les deux premiers réacteurs sont en cours de « déconstruction » depuis 2016 (Ikata 1) et 2018 (Ikata 2 ).

Le Japon comptait 54 réacteurs nucléaires opérationnels avant l’accident nucléaire de Fukushima, à la suite duquel tous les réacteurs japonais étaient à l’arrêt en mai 2012. Le gouvernement japonais annonçant alors le 14 septembre 2012 l’abandon progressif du nucléaire sur 30 ans, en palliant par des mesures d’économie d’énergie, le développement de sources d’énergies renouvelables, l’utilisation des ressources maritimes et l’importation de gaz naturel. Mais dès son arrivée au pouvoir le 26 décembre 2012, le nouveau Premier ministre de droite issu des élections législatives, Shinzō Abe, décidait de faire redémarrer le parc nucléaire dès que les opérateurs se seraient adaptés aux nouvelles normes de sécurité édictées par l’autorité japonaise de régulation nucléaire, la NRA, institution créée après la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Cependant au 5 juillet 2018, seuls 9 réacteurs étaient en service (Genkai 3 et 4, Sendai 1 et 2 exploités par Kyushu Electric Power, Ikata 3 par Shikoku Electric, Takahama 3 et 4 et Ohi 3 et 4 par Kansai Electric). Tel n’est plus le cas aujourd’hui.

La nucléocratie nippone espérait que 6 autres réacteurs pourraient être redémarrés et que 24 autres réacteurs seraient potentiellement « opérationnels ». Mais sur les 42 réacteurs nucléaires théoriquement opérationnels en 2018 dans 16 centrales, seule une infime minorité a été relancée produisant à peine 3,6 % de l’électricité japonaise. Et pour cause, entre autre : les cuves de 13 de ces réacteurs nucléaires dont celles de deux unités en service, ont été en partie forgées par le même fabricant que pour Flamanville (France) où des anomalies de qualité de l’acier ont été détectées après des années de dissimulations et faux dossiers.

Source : chaîne japonaise d’État NHK.

Par Rédaction, publié le samedi 18 janvier 2020 à 15h35

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http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2020/01/18/La-justice-japonaise-ordonne-l%E2%80%99arr%C3%AAt-d%E2%80%99un-r%C3%A9acteur-nucl%C3%A9aire-autoris%C3%A9-pr%C3%A9c%C3%A9demment-%C3%A0-fonctionner

WASHINGTON POURSUIT SES PRÉPARATIFS DE GUERRE CONTRE L’IRAN

Avec une série de nouveaux déploiements militaires américains, Washington intensifie ses préparatifs en vue d’une guerre à grande échelle avec l’Iran. L’escalade se poursuit, malgré ce que les médias ont universellement décrit comme un apaisement des tensions à la suite de l’assassinat du général iranien Qassem Suleimani par un drone américain le 3 janvier. La riposte iranienne était largement symbolique sous la forme d’une frappe de missile sans victime contre deux bases occupées par les États-Unis en Irak.

Le Pentagone a envoyé un escadron d’avions de combat F15-E en Arabie Saoudite, a rapporté jeudi le journal Stars & Stripes, qui couvre l’armée américaine. Déployés sur la base aérienne du Prince Sultan, les avions de combat sont à une distance permettant facilement des frappes sur des cibles terrestres à l’intérieur de l’Iran. Leur déploiement fait suite à celui d’un autre escadron de F15-E à la base aérienne d’Al Dhafra aux Émirats arabes unis en octobre dernier. Le mois dernier, les forces aériennes américaines ont publié une déclaration. Elle annonçait que sa 378ème Escadre aérienne expéditionnaire avait ressuscité ce qui avait été une importante base aérienne américaine en Arabie saoudite il y a 15 ans et qu’elle «grandit chaque jour». Le chef du groupe d’opérations de l’unité, le colonel Robert Raymond, a dit, «Nous avons transformé ce qui n’était qu’un coin du désert en un lieu d’opérations complet

Le secrétaire d’État à l’armée de terre, Ryan McCarthy, a déclaré mercredi que le Pentagone se préparait à envoyer de nouveaux systèmes de défense antimissile et d’autres moyens au Moyen-Orient. Cette initiative était en vue d’un affrontement avec l’Iran. «C’est un ennemi très capable», a dit McCarthy. «Ils ont des capacités qui peuvent frapper et tuer des Américains

Il a ajouté: «Il pourrait y avoir une variété de moyens, comme la défense antimissile et d’autres, alors on regarde cela

Entre-temps, l’armée norvégienne a révélé que Washington a retiré quelque 3000 soldats des jeux de guerre appelés «Réponse au froid» qui sont prévus du 2 au 18 mars en invoquant la nécessité de déplacer les forces vers le conflit avec l’Iran. Cet exercice semestriel, auquel participent les forces norvégiennes, vise à préparer une guerre contre la Russie. Les autres participants sont le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Allemagne, la France, la Belgique, le Danemark, la Lettonie, la Finlande et la Suède.

Le Pentagone a déjà envoyé 4000 soldats de la 82ème division aéroportée dans la région et déployé dans le golfe Persique 2000 marines à bord du navire d’assaut amphibie USS Bataan. À cela s’ajoute le repositionnement d’une force de frappe composée de six bombardiers lourds B-52 sur la base militaire américaine de l’île de Diego Garcia dans l’océan Indien une possession coloniale britannique. Cette île est à une distance permettant des frappes contre l’Iran, mais hors de portée des missiles à plus longue portée de ce pays.

Le président Donald Trump a déclaré que les frappes de missiles iraniens le 8 janvier sur la base aérienne d’Ain al-Asad dans la province d’Anbar en Irak et sur une base à l’aéroport d’Erbil au Kurdistan irakien qui n’ont ni tué ni blessé un seul Américain, étaient un signe que Téhéran serait en train de «se retirer». Il a réagi en annonçant une nouvelle série de sanctions économiques draconiennes et en exigeant que les alliés de l’OTAN de Washington s’impliquent davantage dans la campagne contre l’Iran.

D’une part, cette approche était destinée à intensifier la campagne de «pression maximale» de l’impérialisme américain contre l’Iran — un blocus économique efficace qui équivaut à une guerre. De l’autre cela lui permet de mobiliser les anciens alliés de Washington en Europe pour augmenter la pression sur Téhéran.

Les gouvernements du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne se sont alignés cette semaine. Ils ont menacé de réimposer les sanctions des Nations Unies contre l’Iran. Sanctions qui ont été ostensiblement levées dans le cadre de l’accord de Téhéran de 2015 avec les grandes puissances pour accepter des limites sur son programme nucléaire civil en échange d’une normalisation des relations économiques. Washington avait bousculé ces trois pays, en menaçant d’actions militaires. Aussi, Washington les a fait chanter économiquement en les menaçant de droits de douane de 25 pour cent sur leurs exportations automobiles. Face à l’échec des trois puissances européennes à contrer le régime de sanctions imposé par Washington après l’abrogation unilatérale de l’accord nucléaire par Trump en mai 2018. Téhéran a répondu en réduisant progressivement ses engagements au titre de cet accord. Le président Hassan Rohani a déclaré jeudi que l’Iran enrichit désormais plus d’uranium qu’avant la signature de l’accord de 2015.

L’impérialisme américain cherche à exploiter ce rassemblement contre l’Iran pour contraindre le gouvernement nationaliste bourgeois du pays dirigé par des religieux chiites à capituler et à accepter un nouvel «accord Trump». Cela impliquerait non seulement de mettre effectivement fin au programme nucléaire de l’Iran, mais aussi de désarmer le pays en mettant au rebut ses missiles balistiques et en réduisant son influence dans tout le Moyen-Orient. Washington et ses alliés calculent qu’ils peuvent manipuler les divisions au sein de l’élite au pouvoir en Iran. Mais, surtout, ils comptent sur les craintes de la bourgeoisie iranienne d’une révolte sociale venue d’en bas pour forcer Téhéran à capituler.

En même temps, le Pentagone se prépare activement à l’escalade d’une guerre. Cette guerre a déjà été déclenchée par le meurtre de Souleimani avec neuf autres Iraniens et Irakiens à l’aéroport international de Bagdad. C’est une tuerie qui constitue à la fois un acte de guerre et un crime de guerre.

Depuis, les journaux américains ont relevé que le gouvernement Trump avait validé l’assassinat de Souleimani comme politique en juin dernier, à la suite de l’abattage par les iraniens d’un drone-espion américain au-dessus du détroit stratégique d’Ormuz. L’ordre de Trump d’exécuter cette politique après l’assaut de l’ambassade américaine à Bagdad par des manifestants irakiens a cependant pris l’armée américaine au dépourvu. Elle n’était pas prête à faire face à une spirale incontrôlée de représailles et de contre-représailles. Les derniers déploiements indiquent que les préparatifs en vue d’un conflit total sont maintenant en bonne voie.

Que ce soit par la «pression maximale» ou par une guerre totale, les objectifs de l’impérialisme américain sont les mêmes: l’imposition d’un régime fantoche aux ordres en Iran, qui est un pays d’une grande importance géostratégique. Ce pays relie l’Europe et l’Asie. Il commande le «point d’étranglement» crucial du détroit d’Ormuz par lequel transitent 20 pour cent du pétrole commercialisé dans le monde. Il possède les quatrièmes réserves prouvées de pétrole et les deuxièmes réserves de gaz naturel du monde. La conquête de l’Iran est considérée par Washington comme une préparation stratégique indispensable à un conflit direct avec ses rivaux parmi les «grandes puissances», la Chine et la Russie.

Un article glaçant de l’analyste militaire chevronné William Arkin, publié cette semaine par Newsweek, indique la mesure dans laquelle l’impérialisme américain est prêt à aller pour atteindre ce but. Il s’intitule: «Avec une nouvelle arme dans les mains de Donald Trump, la crise iranienne risque de devenir nucléaire.»

Arkin cite des informations précédemment confidentielles selon lesquelles en 2016, avant l’entrée en fonctions de Trump, l’armée américaine a effectué un exercice baptisé «Global Thunder 17». Il simulait une réponse nucléaire américaine contre l’Iran en représailles au torpillage d’un porte-avions américain et à l’utilisation d’armes chimiques contre les troupes américaines. Il cite un entrepreneur du gouvernement qui a aidé à écrire le scénario de guerre. L’entrepreneur a dit qu’on l’a choisi parce que le scénario: «permettait la plus grande intégration des armes nucléaires, des forces militaires conventionnelles, de la défense antimissile, de la cyberdéfense et de l’espace dans ce que les stratèges nucléaires appellent la « dissuasion du 21e siècle »

Depuis ces jeux de guerre, écrit Arkin, le Pentagone «a déployé une nouvelle arme nucléaire qui augmente les perspectives de guerre nucléaire. La nouvelle arme nucléaire, appelée W76-2, est une tête de missile à faible rendement destinée exactement au type de scénario iranien qui s’est déroulé dans les derniers jours du gouvernement Obama.»

Ces armes, emportées par des missiles Trident II tirés à partir de sous-marins, sont considérées comme une dissuasion plus «crédible» car elles sont plus «utilisables» que des ogives plus grosses.

«Suivant la rédaction des plans de guerre actuels», prévient Arkin, «l’utilisation d’une telle arme pourrait aussi être justifiée presque comme pour Hiroshima. C’est-à-dire: un coup de tonnerre choquant pour prévenir une guerre totale plus large et théoriquement plus destructrice

L’article d’Arkin cite quatre officiers supérieurs non nommés comme ayant exprimé leur inquiétude au sujet d’un facteur «Donald Trump». C’est-à-dire: «qu’il y ait quelque chose au sujet de ce président et des nouvelles armes, qui font qu’évaluer s’il faut franchir le seuil nucléaire devient un danger exceptionnel.»

En réalité, c’est le gouvernement Obama qui a façonné la doctrine qui prévoit une frappe nucléaire «préemptive» contre l’Iran et dont le gouvernement Trump a hérité. La criminalité de l’impérialisme américain est exprimée dans l’assassinat de Suleimani. Mais aussi, à une échelle bien plus large, dans la menace d’une frappe nucléaire «préventive» contre l’Iran. C’est la mesure de la crise de l’impérialisme américain. Ainsi, il se trouve entraîné par ses propres intérêts à compenser le déclin de son hégémonie mondiale par un recours à une force militaire dévastatrice.

(Article paru d’abord en anglais le 17 janvier 2020)

Par Bill Van Auken, publié le 18 janvier 2020

Photo en titreLe secrétaire d’État à l’armée de terre Ryan McCarthy

https://www.wsws.org/fr/articles/2020/01/18/iran-j18.html

CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH : UNE CAMPAGNE COMPLÉMENTAIRE DE DISTRIBUTION DE CACHETS D’IODE

Une nouvelle campagne pour sensibiliser les riverains aux risques potentiels liés à une installation nucléaire et aux moyens de s’en protéger. 

Les habitants ou les responsables d’établissement recevant du public (ERP) qui n’ont pas reçu de bons de retrait dans les communes situées entre 10 et 20 km autour de la centrale nucléaire peuvent retirer leurs boîtes de comprimés d’iode dans une pharmacie de la zone, en présentant une pièce d’identité ainsi qu’un justificatif de domicile.

En Lot-et-Garonne, sont concernées les personnes situées dans les communes suivantes : Agen, Dondas, Saint-Caprais-de-Lerm, Astaffort, Engayrac, Saint-Martin-de-Beauville, Aubiac, Fals, Saint-Maurin, Bajamont, Lafox, Saint-Pierre-de-Clairac, Beauville, Laroque-Timbaut, Saint-Robert, Blaymont, La Sauvetat-de-Savères, Sauvagnas, Boé, Layrac, Sauveterre-Saint-Denis, Bon-Encontre, Marmont-Pachas, Tayrac, Castelculier, Moirax, Cauzac, Le Passage-d’Agen, Cuq et Pont-du-Casse.

Par SudOuest.fr, publié le 17/01/2020 à 9h37

Photo en titre : Vue sur la centrale, Breton Thierry © / Breton Thierry

https://www.sudouest.fr/2020/01/17/-7071968-4583.php

VERNAS (ISÈRE): MANIFESTATION ANTI-NUCLÉAIRE

Sortir du Nucléaire  Bugey  (SDN Bugey) organisait sa première action contre le projet d’EPR (réacteurs nouvelle génération) ce samedi matin au rond-point de Vernas sur la départementale D 65.

Bravant le froid, ils étaient une douzaine de militants en combinaison blanche «  pour des alternatives au nucléaire stop EPR  » avec des banderoles rappelant que, en plus de la demande d’arrêt d’urgence des réacteurs vétustes, ils sont opposés à la construction de nouveaux réacteurs.

Cette manifestation est organisée alors que «  le conseil départemental de l’Ain s’est dit favorable en décembre dernier pour que la centrale du Bugey accueille dans le futur deux nouveaux réacteurs, une décision prise sans consulter les municipalités. Notre action est une action visuelle et médiatique pour alerter et informer la population que, pour nous, ce projet est une hérésie de plus pour toute la population de Rhône-Alpes  » estime Jean-Pierre Collet, secrétaire de SDN Bugey. Madeleine Chatard Lecullier, présidente de l’association annonce que d’autres actions comme celle-ci sont prévues dans un premier temps en février dans l’Ain et en mars dans le Rhône, ainsi que des cycles de conférences dont la première sera à Meximieux (Ain) le 23 janvier prochain.

Publié le 18 janvier 2020 à 12h20

Photo en titre : Le DL/Colette Cheize

https://www.ledauphine.com/environnement/2020/01/18/vernas-manifestation-anti-nucleaire

QUIMPER. LE COLLECTIF CONTRE L’ARME NUCLÉAIRE ALERTE LES FUTURS MAIRES

Le Collectif 29 pour l’Interdiction des armes nucléaires (Cian), lancé à Quimper (Finistère), a adressé un courrier aux listes candidates à l’élection municipale.

 « Nous allons envoyer un courrier aux futures listes candidates pour qu’elles s’engagent, si elles sont élues, à voter un vœu demandant au gouvernement de signer et ratifier le traité d’interdiction des armes nucléaires (Tian), explique Roland de Penanros, de L’Université européenne de la paix à Brest (Finistère). Les maires sont garants de la sécurité des citoyens. Nous allons envoyer le courrier dans une quinzaine de grosses communes. »

Le collectif Cian 29, créé en mars 2018, milite pour la défense de la paix au Moyen-Orient et pour le désarmement nucléaire de la France. « Le traité d’interdiction a été voté à l’Onu par 122 pays. Nous souhaitons que la France le signe aussi et que soient créées des Zones exemptes d’armes nucléaires (ZEAN) », poursuit Christian Colimard, du comité Sud-Cornouaille du Mouvement de la paix.

Après avoir distribué des tracts aux passants, place Terre-au-Duc, devant un missile factice, le collectif s’est rendu au jardin de la Paix à Quimper.

Par Véronique MOSSER (Ouest-France), publié le 18/01/2020 à 15h55

Photo en titre : Le Cian29 a distribué des tracts place Terre-au-Duc à Quimper (Finistère). | OUEST FRANCE ABONNEZ-VOUS

https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimper-29000/quimper-le-collectif-contre-l-arme-nucleaire-alerte-les-futurs-maires-6696065

NDLR: si cette démarche pouvait inspirer d’autres groupes, ce serait une bonne chose…

ENFIN LE NUCLÉAIRE NE PASSE PAS EN EUROPE!

Mercredi 15 janvier, le Parlement européen a adopté une résolution sur le Green Deal visant à définir les secteurs dans lesquels investir pour une production d’énergie propre et durable. Le nucléaire n’en fait pas partie. Une victoire: il est bel et bien une énergie du passé.

Le 15 janvier 2020, le Parlement européen a adopté une résolution sur le Green Deal sans donner aucun rôle à l’énergie nucléaire. Ce vote traduit une réussite: celle d’avoir laissé à l’écart les lobbyistes pro-nucléaires qui cherchent, à chaque résolution parlementaire sur le changement climatique, à afficher le nucléaire comme une solution d’avenir. Alors qu’il n’en est rien. 

Le Green Deal, pour les écologistes, se veut l’amorce d’un changement de paradigme, pas simplement la relance du vieux système teinté de vert. Le nucléaire et les énergies fossiles sont l’épine dorsale d’un système énergétique très centralisé et peu flexible, qui incite au gaspillage d’énergie… et qui accapare les ressources nécessaires à l’essor rapide des énergies renouvelables. 

L’industrie nucléaire, à l’aide de ses nombreux relais politiques, tente de s’infiltrer dans tous les textes de loi européens. Cette résolution sur le Green Deal a encore été la proie de tentatives d’amendements vantant le mérite des centrales. Autre exemple récent: l’insistance du gouvernement français pour inclure le nucléaire dans la définition européenne des investissements “verts” – en vain heureusement! Parfois, elle réussit, comme pour la résolution sur la COP25 de Madrid, votée en décembre dernier, qui reconnaît l’importance des centrales pour lutter contre le changement climatique. 

Au lieu de massivement investir dans les énergies renouvelables, les industriels font pression pour le statu quo, à grands coups de mensonges et de dissimulations.

Le nucléaire nous a toujours été vendu comme produisant l’électricité la moins chère. Mais on découvre petit à petit qu’elle est fortement subventionnée et que les coûts affichés ne prennent pas en compte le démantèlement des centrales ni le stockage des déchets [1]

Ce n’est donc pas pour rien qu’elle ne représente que 2% de l’énergie consommée dans le monde [2]… et la tendance n’est pas prête de s’inverser. Selon l’Agence Internationale de l’énergie, entre 2000 et 2013, 57% des investissements mondiaux se sont tournés vers les renouvelables, contre 3% seulement pour le nucléaire [3]

Le nucléaire reste très cher, sans être rentable. Le coût des centrales augmente  sans cesse alors que celui des renouvelables baisse. En France, Areva est en faillite et EDF traîne une dette financière brute de 70 milliards d’euros. Sans parler du projet ITER de fusion nucléaire, dont le budget, estimé à 5 milliards d’euros à son lancement, est maintenant neuf fois plus important.

En France, d’ici fin 2020, onze réacteurs dépasseront les 40 ans. La possibilité d’un accident nucléaire n’a jamais été aussi élevée.

300.000 tonnes de combustibles nucléaires usés et hautement radioactifs ont déjà été accumulées dans le monde pour des centaines de milliers d’années. Les États prévoient de les enterrer… mais les seuls sites d’enfouissement profond existants (Asse en Allemagne et le WIPP aux États-Unis) sont d’incroyables fiascos qui ont déjà contaminé leur environnement. 

En France, d’ici fin 2020, onze réacteurs dépasseront les 40 ans [4] . La possibilité d’un accident nucléaire n’a jamais été aussi élevée. En 2016, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, Pierre-Franck Chevet, avertissait: “Il faut imaginer qu’un accident de type Fukushima puisse survenir en Europe” [5], sachant qu’aujourd’hui encore, la gestion de cette catastrophe demeure problématique. En témoigne la volonté du gouvernement japonais de libérer progressivement les eaux stockées et contaminées dans l’océan, ce qui aurait des conséquences désastreuses pour les écosystèmes et la santé. 

Quelle est donc la solution, selon les pro-nucléaires? Une énergie qui émet peu de CO2 mais qui crée des no man’s land remplis de déchets radioactifs pour des milliers d’années. Une prolongation indéfinie de l’exploitation des réacteurs existants, donc une augmentation des risques dus à leur vieillissement. Et surtout le choix d’exposer la population à la menace d’une nouvelle catastrophe mondiale. 

Ces décisions empêchent la transition énergétique, créatrice de centaines de milliers d’emplois.

Ces décisions empêchent la transition énergétique, créatrice de centaines de milliers d’emplois. Les pays nucléarisés sont les plus grands émetteurs de CO2 au monde parce que les centrales de grande taille conduisent à des surcapacités de long terme, stimulant la consommation d’électricité au lieu de favoriser son utilisation rationnelle. La priorité aujourd’hui restent les économies d’énergies dans le bâtiment, l’industrie, le transport, l’informatique, etc.

Le scénario 100% renouvelable est le plus réaliste. En France, selon l’ADEME, y parvenir en 2050 coûterait à peine plus cher que de maintenir le nucléaire. Ne nous perdons pas dans de fausses solutions… laissons place aux énergies du futur!

[1] Une étude commandée par Greenpeace montre, à partir de données publiques, qu’EDF sous-provisionne les dépenses liées au démantèlement et à la gestion des déchets nucléaires, mais aussi que les investissements prévus par l’entreprise ne sont pas compatibles avec ses capacités financières.  

[2] La part du nucléaire dans la production d’électricité mondiale est marginale et n’a cessé de chuter. Entre 2000 et 2018, il a été installé 35 GW de nucléaire et 497 GW d’éoliennes. En 1996, le nucléaire représentait 17.6% de l’électricité mondiale, en 2017 ce n’est plus que 10.39%.          

[3] https://www.iea.org/publications/freepublications/publication/weio2014.pdf

[4] Les réacteurs de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), raccordés au réseau électrique en 1977 ont déjà atteint le seuil de 40 ans. Les réacteurs 2 et 3 de Bugey sont entrés en service en 1978. Sept autres, situés sur les sites de Gravelines, Dampierre-en-Burly ou encore au Tricastin franchiront le seuil cette année.

[5] https://www.liberation.fr/futurs/2016/03/03/il-faut-imaginer-qu-un-accident-de-type-fukushima-puisse-survenir-en-europe_1437315

Par Michèle Rivasi, Députée européenne EELV, co-fondatrice de la CRIIRAD, co-initiatrice de la Marche des cobayes contre la pollution et les crimes industriels  ET Damien Carême Député européen (EELV), ancien maire de Grande-Synthe (2001-2019), Président de l’Association Nationale Villes & Territoires Accueillants

Publié le 17/01/2020 à 12h18 CET

Photo en titre (commentaire) : Le paragraphe 24 de la résolution contient les éléments qui représentent une véritable avancée pour les écologistes: « Pour atteindre les objectifs de l’Union en matière de climat et de durabilité, tous les secteurs doivent avoir davantage recours aux sources d’énergie renouvelables et éliminer progressivement les combustibles fossiles. »( altmodern via Getty Images)

https://www.huffingtonpost.fr/entry/enfin-le-nucleaire-ne-passe-pas-en-europe_fr_5e217d1ac5b6321176118c1c

LE NUCLÉAIRE, BON POUR LE CLIMAT ? ORANO POURSUIVI POUR « PUBLICITÉ MENSONGÈRE »

Le réseau Sortir du nucléaire porte plainte contre une campagne publicitaire d’Orano, qui présente l’énergie nucléaire comme une solution contre le changement climatique. Une affirmation fausse destinée à relancer les investissements dans une filière en déclin, dénonce l’association.

« Nucléaire : eh non, on ne réchauffe pas la planète ! » « Pour faire du CO2 avec du nucléaire, il va falloir charbonner » « 95 % d’électricité décarbonée en France »… Pour sa dernière campagne publicitaire, diffusée dans la presse papier (telle que le supplément Femina du Télégramme) entre le 18 et le 24 novembre 2019 et sur sa page « idées reçues », le groupe spécialisé dans le cycle du combustible nucléaire Orano a frappé fort. Objectif, démontrer à « 69 % des Français [qui] pensent que le nucléaire produit du CO2 et contribue au dérèglement climatique » qu’ils ont tort et que « l’énergie nucléaire fait partie des solutions pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre ».

« Une campagne fallacieuse », réagit le réseau Sortir du nucléaire. Qui, en guise de riposte, porte plainte ce jeudi 16 janvier devant le Jury de déontologie publicitaire pour toute une série de manquements d’Orano : défaut de véracité des actions, défaut de proportionnalité du message, défaut d’explicitation, défaut de vocabulaire approprié, défaut de responsabilité sociale.

Car derrière les slogans d’Orano, la réalité est plus complexe. « Ce que nous reprochons à Orano, ce sont des termes comme décarboné car, même si le nucléaire émet moins de gaz à effet de serre qu’une centrale à charbon ou à gaz, elle en produit quand même », rappelle Mme Frachisse. Ainsi, le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) évalue les émissions de CO2 du nucléaire à 12 grammes par kilowattheure (g/kWh), contre 41 g/kWh pour le photovoltaïque, plus de 490 pour le gaz et 820 pour le charbon. « Effectivement, un réacteur nucléaire émet moins qu’une centrale à charbon. Mais, si l’on prend l’ensemble de la chaîne de production de l’énergie nucléaire de l’extraction minière à la gestion des déchets, ce bilan est beaucoup plus lourd », rappelle la juriste. Dans sa plainte, le réseau pointe du doigt les mauvais élèves du cycle du combustible : l’usine Orano Malvési de traitement de l’uranium et ses émissions de protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 265 fois plus réchauffant que le CO2, le site de transformation et d’enrichissement de l’uranium d’Orano Tricastin et ses 2.928 tonnes équivalent CO2 émises chaque année (plus 1.558 tonnes équivalent CO2 d’émissions indirectes), l’usine de retraitement du combustible usé de La Hague et ses 80.551 tonnes de CO2 émises en 2007. Ainsi, le total des émissions de gaz à effet de serre d’Orano s’établissaient à plus de 260.000 tonnes équivalent CO2 en 2018.

Au-delà de tous ces chiffres, la question est mal posée 

De la même manière, le message « grâce au nucléaire, la France a déjà atteint les objectifs fixés par le protocole de Kyoto en matière d’émissions de CO2 » reste en travers de la gorge du réseau Sortir du nucléaire. Ces objectifs étaient « très bas », puisqu’il « ne s’agissait que de stabiliser au niveau de 1990 ses émissions de gaz à effet de serre », rappelle l’association dans sa plainte. Et s’ils ont été atteints, c’est d’abord par « la désindustrialisation et délocalisation hors de France d’industries polluantes » : « Selon les données Citepa, les émissions du secteur manufacturier français sont ainsi passées de 144 à 80,9 millions de tonnes équivalent CO2 entre 1990 et 2017, une baisse bien plus importante que celle liée au secteur électrique. » D’ailleurs, le nucléaire a été explicitement exclu des mécanismes de Kyoto. Enfin, les objectifs du protocole de Kyoto ont été remplacés par d’autres, tels que la neutralité carbone en 2050, pour lesquels la France est déjà largement en retard.

Publicité parue en fin d’année 2019 dans le supplément « Femina ».

Au-delà de tous ces chiffres, la question est mal posée, estime Mycle Schneider, consultant indépendant sur l’énergie et le nucléaire à l’initiative du rapport annuel « World Nuclear Industry Status Report », dont l’édition 2019 démonte méthodiquement l’argument selon lequel le nucléaire est une solution pour lutter contre la crise climatique. « Ce qu’il faut examiner, c’est la combinaison entre les gains d’émissions de gaz à effet de serre et les délais. Un euro ne peut être dépensé qu’une fois, et il doit servir à réduire les émissions le plus rapidement possible. Qu’importe la réduction des émissions de gaz à effet de serre, si elle n’a lieu que dans vingt ans voire cinquante ou au-delà — comme c’est envisagé pour les projets de fusion nucléaire. Et là, les chiffres sont éloquents : la durée moyenne de construction d’un parc éolien est peut-être de deux ans à trois ans, avec des records observés à moins d’un an ; et la durée moyenne de construction des 63 derniers réacteurs nucléaires bâtis dans le monde s’établit à dix ans, comptés à partir du cimentage des fondations du bâtiment réacteur. » Les délais sont encore plus longs pour le nouveau réacteur français : après une interminable accumulation de déboires, l’EPR de Flamanville ne devrait entrer en service que fin 2022, soit quinze ans après le début des travaux.

Sur le site internet d’Orano, partie « Idées reçues ».

Aux dires de Mycle Schneider, le maintien du nucléaire existant n’est guère plus intéressant : « En considérant qu’on fait abstraction de toutes les autres questions — sûreté, sécurité, déchets, prolifération… —, il faut se poser la même question : pour un euro dépensé, quelle baisse des émissions pourrais-je durablement obtenir ? La réponse à cette question entraînerait la fermeture d’une grande partie des réacteurs nucléaires en service dans le monde, car ils ne sont pas compétitifs face à d’autres moyens de production d’électricité, comme les énergies renouvelables, et d’autres solutions bénéfiques pour le climat, comme l’efficacité énergétique. » Mais en France, le problème n’est pas posé en ces termes, déplore le consultant : « EDF ne publie ses coûts de production qu’à travers une moyenne — contestable par ailleurs — sur l’ensemble du parc, et non réacteur par réacteur ; idem pour la Cour des Comptes. Or, il ne fait aucun doute que certains réacteurs ne sont plus du tout compétitifs par rapport à d’autres moyens de production. EDF a remporté l’appel d’offre pour le premier éolien offshore au large de Dunkerque, une des technologies renouvelables les plus chères, pour 44 euros par mégawattheure. En 2016, selon la Cour des Comptes, celui du nucléaire existant était déjà 50% plus cher !  »

« Ce qui est fou, c’est qu’Orano mène cette campagne publicitaire au grand public alors qu’elle n’a rien à lui vendre » 

La plupart des pays du monde ne s’y trompent pas et retirent leurs billes de l’industrie de l’atome. En 2019, la construction nucléaire était en déclin pour la cinquième année consécutive, avec 46 chantiers en cours à mi-2019, contre 68 tranches en 2013 et 234 en 1979, d’après le World Nuclear Industry Status Report de 2019. Le nombre de mises en construction est passé de 15 en 2010, année précédant Fukushima, à deux en 2019 (au 15 décembre). Le 5 décembre dernier, les négociateurs du Parlement européen se mettaient d’accord pour exclure le nucléaire de leur nouvelle classification des investissements en finance verte, malgré un intense lobbying français. Le Giec, mis en avant par Orano dans sa campagne publicitaire, propose effectivement des scénarios de baisse des émissions mondiales de gaz à effet de serre comprenant une part de production d’énergie nucléaire ; mais il considère aussi les nuisances environnementales liées à cette industrie — production de milliers de tonnes de déchets radioactifs chaque année, pollution des mines d’uranium, risque persistant d’accident de type Tchernobyl ou Fukushima — comme des effets négatifs au regard des « objectifs de développement durable » (ODD) [1] Pour le réseau Sortir du nucléaire, la campagne publicitaire d’Orano serait une tentative désespérée d’infléchir cette tendance. « Ce qui est fou, c’est qu’Orano mène cette campagne publicitaire au grand public alors qu’elle n’a rien à lui vendre, puisqu’elle ne vend ses activités qu’à l’industrie nucléaire ! observe Mme Frachisse. Il s’agit de rallier la cause du changement climatique pour obtenir le soutien de la population et relancer les investissements en France et dans le monde. » Et peut-être préparer le terrain avant l’annonce éventuelle d’un projet de construction de six nouveaux EPR en France, en cours d’examen par EDF et par le gouvernement.

Ce n’est pas la première fois que le réseau Sortir du nucléaire saisit le Jury de déontologie publicitaire pour dénoncer les campagnes publicitaires de l’industrie nucléaire. Habituellement, c’est plutôt EDF qui fait l’objet de ces plaintes. « À chaque fois, nous avons obtenu des sanctions, par exemple lorsqu’EDF se présentait comme partenaire d’un monde bas carboneau moment de la COP21. Maintenant, EDF parle moins d’émissions de CO2 », raconte la juriste de l’association. Même si les décisions du Jury ne sont pas contraignantes et qu’elles ne peuvent pas déboucher sur un retrait de la campagne, « elles ont un fort impact moral sur les industriels et peuvent nous servir à saisir la justice si elles n’étaient pas suivies d’effets », conclut Mme Frachisse.

Par Émilie Massemin (Reporterre), publié le 16 janvier 2020 /

https://reporterre.net/Le-nucleaire-bon-pour-le-climat-Orano-poursuivi-pour-publicite-mensongere

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ÉLECTRICITÉ : RÉVOLUTION EN VUE DANS LE NUCLÉAIRE

Le gouvernement souhaiterait que toute la production nucléaire d’EDF soit mise à la disposition des fournisseurs à un prix fixé à l’avance.

Du nucléaire pour tout le monde. Le gouvernement a dévoilé, jeudi 16 janvier, les grandes lignes de son projet de « nouvelle régulation économique du nucléaire existant », qui vise à donner à tous les fournisseurs européens disposant de clients en France la possibilité de se fournir en électricité d’origine nucléaire.

« Hercule », le projet de scission qui agite EDF

Dans ce schéma, EDF ne serait donc plus qu’un fournisseur parmi d’autres. C’est une petite révolution qui risque de provoquer beaucoup de remous dans l’entreprise. Le document doit faire maintenant l’objet d’une consultation auprès des professionnels, avant la transmission pour avis à Bruxelles. « L’objectif est d’aller vite », assure une source gouvernementale.

Pour comprendre le projet de réforme, il faut revenir au système actuel, appelé « Arenh », (pour « accès régulé à l’électricité nucléaire historique ») mis en place en 2010 dans le cadre de la libéralisation du secteur. EDF le trouve « injuste ». Aujourd’hui, l’entreprise doit mettre à la disposition de ses concurrents 100 térawattheures de nucléaire, soit environ un quart de sa production, à un prix fixe de 42 €/MWh.

Un partage de la rente

Le nouveau dispositif prévoit que l’électricité nucléaire soit mise à disposition de tout le monde. La production nucléaire du parc existant (y compris l’EPR de Flamanville) deviendrait ainsi « un service d’intérêt économique général portant sur la protection du consommateur et du climat » : un libellé dont il n’est pas sûr qu’il convienne aux écologistes.

« Puisqu’ils ont financé dans la durée le parc dans son ensemble, il paraît légitime que les consommateurs français puissent continuer à bénéficier de l’avantage compétitif qu’il peut continuer à procurer », fait valoir le document du gouvernement. Cela reviendrait à un partage de la rente nucléaire. « Le nucléaire est présenté pour la première fois comme une infrastructure essentielle, note Jacques Percebois, économiste. C’est un changement important ».

Un prix quasiment administré

Le prix serait fixé en fonction des coûts complets du nucléaire avec une marge pour l’entreprise, sur la base des recommandations qui seraient faites par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Dans la pratique, une fourchette serait mise en place, avec une variation de plus ou moins six euros.

L’objectif du nouveau système serait aussi de coller le plus possible au prix du marché. Si, sur une année, EDF a finalement vendu son électricité moins cher que le prix de marché, les fournisseurs seront obligés de lui compenser la différence, et inversement.

→ EXPLICATION. Électricité, pourquoi les tarifs réglementés augmentent de 5,9 %

Ces mécanismes suscitent néanmoins des réserves parmi les concurrents d’EDF. « Le but de cette réforme est d’abord de sauver le nucléaire en nationalisant sa production et en lui redonnant une rentabilité grâce à un prix garanti. Mais aujourd’hui on peut trouver de l’électricité d’origine renouvelable moins chère », juge Julien Tchernia, le président d’Ekwateur.

La réorganisation d’EDF

Une réforme peut en cacher une autre. Derrière cette refonte de l’Arenh se profile inéluctablement la réorganisation d’EDF, dont un avant-projet baptisé « Hercule » a déjà été présenté à l’été 2019. Un EDF « bleu » serait créé. Contrôlé à 100 % par l’État, il comprendrait la production nucléaire et l’hydraulique. Dans l’EDF « vert », dont 35 % du capital serait en bourse, on retrouverait la vente d’électricité et les services (Dalkia notamment), mais aussi les renouvelables.

Il est plus que probable, en effet, que la Commission européenne exige, en échange de son feu vert sur la réforme de l’Arenh, une plus grande « étanchéité » entre le producteur EDF et le fournisseur EDF, reconnaît-on à Bercy. Mais le sujet est socialement explosif, avec en germe la perspective du démantèlement de l’entreprise, font valoir les syndicats.

Par Jean-Claude Bourbon, publié le 16/01/2020 à 20h31

Photo en titre : Le nouveau dispositif prévoit que l’électricité nucléaire soit mise à disposition de tout le monde. JEROME BRULEY/PHOTOPQR/EST ECLAIR/MAXPPP

https://www.la-croix.com/Economie/France/Electricite-revolution-vue-nucleaire-2020-01-16-1201072320

RETOMBÉES NUCLÉAIRES EN POLYNÉSIE: LA PREUVE AUSTRALIENNE DU TAVINI

Tahiti, le 16 janvier 2020 – La propagation au-dessus du Pacifique Sud et au-delà de la fumée des incendies australiens sont pour le Tavini une « preuve concrète » de la dissémination en Polynésie des retombées radioactives lors des essais nucléaires atmosphériques français, de 1966 à 1974.

À quelques semaines des élections municipales, c’est sur la thématique des essais nucléaires atmosphériques français dans le Pacifique, de 1966 à 1974, et de leurs conséquences sanitaires en Polynésie française que le Tavini huiraatira s’est manifesté, jeudi lors d’une conférence de presse animée par Oscar Temaru. Le leader indépendantiste s’est intéressé aux retombées radioactives des essais nucléaires du Centre d’expérimentation du Pacifique, sur toute la Polynésie, à l’aune de la propagation des fumées produites par les méga-incendies australiens que l’on constate depuis quelques semaines dans l’hémisphère Sud.

Pour le Tavini huiraatira, ces fumées “sont la preuve concrète que la puissance des vents a pu transporter très loin les nuages radioactifs” : “Il y a toujours cette interrogation. Certains disent que les nuages radioactifs sont venus jusqu’ici. (…) Mais il n’y a rien de concret. Alors quand nous voyons ce qui se passe aujourd’hui avec la fumée d’Australie qui arrive jusqu’ici, en Nouvelle-Zélande et dans une grande partie du monde… C’est plus qu’une preuve concrète”, a insisté Oscar Temaru. “C’est l’occasion aussi pour nous de rappeler qu’il y a des tonnes de déchets radioactifs dans le ventre de notre mère nourricière. (…) Il est temps de rappeler tout cela. Je crois que c’est l’occasion.”

Municipales : “C’est la population qui décide« 

Concernant les élections municipales, même si sa candidature est très probable pour un nouveau mandat de maire dans la commune de Faa’a, qu’il administre depuis 36 ans (1983), questionné le leader indépendantiste opte encore pour une diversion : “Ce n’est pas encore décidé. Ça le sera très bientôt. Je fais le tour de ma commune. Je rencontre ma population. Je pense que d’ici 15 jours ce sera fait. C’est la population de Faa’a qui décide. J’ai toujours fait comme ça.”

Rédigé par Jean-Pierre Viatge, publié le jeudi 16 Janvier 2020 à 16h19

https://www.tahiti-infos.com/Retombees-nucleaires-la-preuve-australienne-du-Tavini_a188141.html

JOURNÉE MONDIALE D’ACTION CONTRE LA GUERRE AVEC L’IRAN LE 25/01

COMMUNIQUÉ DE PRESSE- Samedi 25 janvier 2020, Le Mouvement de la Paix appelle à contribuer au succès de la journée mondiale d’action contre la guerre avec l’Iran.

Dans sa déclaration du 9 janvier intitulée « Non à de nouvelles guerres au Moyen-Orient ! » le Mouvement de la paix déclarait « L’urgence est à la mobilisation des opinions publiques, au-delà des frontières géographiques, politiques et sociales pour éviter une extension de la guerre et pour construire une solution politique et un avenir de paix ».

Il « appelait solennellement tous les mouvements pacifistes du monde et toutes les organisations qui agissent pour la paix ainsi que les États et institutions internationales à prendre des initiatives dans ce sens » et « s’engageait à contribuer à la mise en œuvre de journées nationales et mondiales d’action contre de nouvelles guerres au Moyen-Orient et contre l’Otan.»

Sur ces éléments et vu que les actions illégales et/ou irresponsables des USA et de l’IRAN illustrent bien la spirale de guerre qui peut se mettre en place à tout moment, Le Mouvement de la paix a décidé de s’associer aux appels internationaux (1) en faveur d’une journée mondiale d’action contre la guerre avec l’Iran et contre les risques d’extension de la guerre au Moyen-Orient le samedi 25 Janvier.

Le Mouvement de la paix appelle en conséquence les citoyennes et citoyens, tous ses comités, et toutes les organisations qui partagent l’essentiel de cet appel à mettre en place les 24 et 25 janvier 2020 les actions qui leur paraîtront les plus appropriées et les plus adaptées (actions publiques de distribution de tracts, marches, conférences-débats, rassemblements unitaires, lettres de protestations aux ambassades des USA et de l’Iran à Paris, au Palais de l’Élysée, déclarations publiques, actions symboliques, délégations dans les préfectures et/ou auprès des élus, diffusion de tout matériel de sensibilisation (drapeaux paix, badges « quelle connerie la guerre …)».

Il appelle l’opinion à exiger du Président de la République française qu’il agisse pour que les Nations Unies relancent les discussions diplomatiques pour un règlement politique des conflits en cours au Moyen-Orient.

Cela n’est évidemment pas exclusif des exigences complémentaires pour la Paix dans le monde et au Moyen-Orient que le Mouvement de la Paix a formulées à maintes reprises à l’égard de la politique nationale et internationale du Président de la République (pour la préservation de l’accord sur le nucléaire iranien, pour l’arrêt des ventes d’armes à l’Arabie saoudite, pour la ratification du Traité d’interdiction des armes nucléaires, pour la reconnaissance de l’État de Palestine…)

À chacun de prendre les dispositions pour rassembler le maximum de citoyens et d’organisations afin de donner une visibilité maximale à cette mobilisation mondiale.

Le Mouvement de la Paix

1) Les initiateurs de cet appel sont une coalition initiée par le collectif ANSWER aux USA et par le réseau international « No to War-No to NATO ».

Publié le 16 janvier 2020

http://7seizh.info/2020/01/16/journee-mondiale-daction-contre-la-guerre-avec-liran-le-25-01/

INCIDENT NIVEAU 1 À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BELLEVILLE-SUR-LOIRE : INDISPONIBILITÉ DE LA FONCTION DE BORICATION SUR LE RÉACTEUR 2

Le 16 mai 2019, l’exploitant de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité de la fonction borication sur le réacteur 2.

Pour contrôler la réaction nucléaire dans le cœur du réacteur, l’exploitant dispose de deux moyens principaux :

– ajuster la concentration de bore dans l’eau du circuit primaire, le bore ayant la propriété d’absorber les neutrons produits par la réaction nucléaire ; le circuit permettant d’assurer cette fonction borication comporte deux voies redondantes ;

– introduire les grappes de commande dans le cœur ou les en retirer ; ces grappes de commande contiennent des matériaux absorbant les neutrons.

Dans le cas où l’un de ces moyens n’est pas disponible, les règles générales d’exploitation imposent à l’exploitant d’initier le repli du réacteur sous une heure.

Le 13 mai 2019, l’exploitant réalisait une opération de conduite sur le réacteur 2 en production. Lors de l’opération, un robinet du système permettant l’appoint en bore du circuit primaire est resté bloqué en position intermédiaire. Par mesure de précaution, le robinet a été considéré comme indisponible. La fonction borication restait néanmoins assurée par la deuxième voie redondante.

Le 14 mai 2019 à 10h24, lors de l’expertise du robinet de la première voie, une alarme signalant l’indisponibilité de la borication provoquée par la défaillance d’un robinet sur la deuxième voie redondante a rendu indisponible l’ajustement de la concentration en bore dans le circuit primaire, ce qui, selon les règles générales d’exploitation, exigeait d’engager la mise à l’arrêt du réacteur sous une heure.

Le 14 mai 2019 à 11h23, le repli de la tranche 2 a été engagé conformément aux règles générales d’exploitation.

Le 14 mai 2019 à 12h14, les moyens de borication ont été récupérés.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, l’événement a affecté la fonction de sûreté liée au contrôle de la réaction nucléaire dans le cœur du réacteur.

Initialement classé par l’exploitant au niveau 0 de de l’échelle internationale des évènements nucléaires INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité), cet évènement a été classé par l’ASN au niveau 1 à l’issue d’analyses complémentaires, en raison de l’indisponibilité de systèmes de sûreté associés.

Publié le 17 janvier 2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-de-la-fonction-de-borication-sur-le-reacteur-2

LE SAUVETAGE DU NUCLÉAIRE FRANÇAIS SE POURSUIT

Le gouvernement met à la consultation un projet de mécanisme de régulation économique du nucléaire français. Destiné à succéder à l’Arenh, il oblige EDF à séparer ses parties «production» et «commerce». Au grand dam des syndicats.

Il faut sauver le soldat nucléaire français. Et tous les moyens sont bons. Il y aura d’abord eu l‘absorption forcée d’Areva par EDF. Plombé par ses déboires miniers et son EPR impossible à construire, l’ex-leader du nucléaire était, il est vrai, au bord de la faillite. Nanti d’une nouvelle filiale, l’électricien est en meilleure forme. Pour combien de temps ?

Talonné par des concurrents toujours plus puissants, l’opérateur historique perd 100 000 clients par mois. Face à lui un mur d’investissements: modernisation de son parc de production, fermeture et démantèlement de 14 réacteurs d’ici à 2035, achèvement de l’EPR de Flamanville, arrêt des dernières tranches au charbon (avec le reclassement du site et des salariés qui vont avec), développement d’importants et coûteux parcs éoliens marins, participation au financement du site de stockage géologique de déchets nucléaires à vie longue, construction de la super piscine de combustibles usés, déconstruction des centrales UNGG. Sans oublier la poursuite de chantier de sa future centrale nucléaire britannique (dotée de 2 tranches EPR) Hinkley Point C (Somerset). En attendant celle de Sizewell C (Suffolk).

Ne pas heurter les autorités européennes

Pour tenter de redonner vie au cash-flow, le gouvernement table sur une nouvelle régulation du nucléaire existant. Ce vendredi 17 janvier, le ministère chargé de l’énergie lance une consultation sur un nouveau mécanisme sensé, tout à la fois, donner un peu plus de rentabilité à l’atome tricolore, préserver les tarifs régulés de vente destinés aux particuliers, sans heurter les autorités européennes en charge de la concurrence.

Destiné à succéder à l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), ce service d’intérêt économique général (Sieg) s’inspire directement du contrat pour différence, conclu entre EDF et le gouvernement britannique pour financer les deux EPR de Hinkley Point C, et du complément de rémunération mis en place en France pour financer certaines énergies renouvelables électriques.

Dans son principe, l’idée est simple. Sous le contrôle de la commission de régulation de l’énergie (CRE), le gouvernement établirait un corridor de prix de vente de l’électricité nucléaire produite par EDF. Étant entendu que la différence de prix ne devrait pas excéder 6/MWh entre le prix-plancher et le prix-plafond. EDF devrait vendre l’intégralité de sa production nucléaire (hors les 20 TWh/an de contrats à long terme) via ce système. Tous les fournisseurs d’électricité en ayant besoin achèteront les électrons nucléaires via ce mécanisme, EDF Commerce compris!

Le retour de l’unbundling

«Cela suppose que l’on trouve un moyen d’étancher les relations entre les parties production et commerce d’EDF», souligne-t-on dans l’entourage de la ministre chargée de l’énergie. Le plan stratégique, que Jean-Bernard Lévy, P-DG du groupe, présentera dans les prochains mois, devra proposer des scénarios d’unbundling (dégroupage). Une idée contre laquelle se dessine déjà un vaste front syndical.

Économiquement, l’affaire s’annonce profitable. En moyenne sur la durée, le gouvernement espère pouvoir vendre sur le marché les TWh d’EDF à un prix supérieur aux 42 euros fixés par l’Arenh. «Globalement, ce nouveau mécanisme devrait permettre de payer le coût de la production, de la maintenance et une juste rémunération de l’entreprise», estime-t-on dans les couloirs de Bercy. Ce qui n’est pas toujours le cas de l’Arenh.

Complément de rémunération

Sur le modèle du complément de rémunération de l’éolien, EDF s’engagerait à rétrocéder une partie de ses revenus pour le cas où les prix de marché dépasseraient le prix-plafond du Sieg. A contrario, si le prix spot du MWh tombait plus bas que le prix-plancher, ce serait alors aux fournisseurs de régler la différence à EDF. Un système jugé neutre dans la durée par le gouvernement.

L’administration d’Édouard Philippe entend boucler rapidement ce dossier. Élisabeth Borne, ministre en charge de l’énergie, doit prochainement rencontrer des responsables de la commission européenne pour s’assurer de la compatibilité de ce mécanisme avec les règles communautaires. Si les discussions aboutissent rapidement, la loi qui devra établir ce système pourrait être présentée d’ici à l’an prochain au Parlement. «Notre but, c’est de le mettre en œuvre au plus tard à l’échéance de l’Arenh, fin 2025», souligne un expert du gouvernement. Comprendre, ce serait mieux avant.

Par Valéry Laramée de Tannenberg, publié le 16 janvier 2020

http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-sauvetage-du-nucleaire-francais-se-poursuit,102561

L’INACTION CLIMATIQUE JUGÉE PLUS DÉVASTATRICE POUR LA PLANÈTE QUE LE RISQUE NUCLÉAIRE

Pour la première fois, le Rapport sur les risques mondiaux 2020, publié par le Forum économique mondial et Marsh & McLennan, place les menaces environnementales dans les cinq premiers risques probables pour la planète. L’impact de l’inaction climatique est aussi jugé plus risqué que la menace nucléaire, détaille notre éditorialiste Axel de Tarlé.

Le Rapport sur les risques mondiaux, publié par le Forum économique mondial avec le soutien de l’assureur Marsh & McLennan, offre une perspective sur ce qui menace la prospérité mondiale en 2020. 800 experts et décideurs du monde entier ont classé leurs préoccupations en fonction de leur probabilité et de leur impact. La 15ème édition du rapport montre que l’inaction climatique inquiète plus fortement que la menace nucléaire. Et pour la première fois, les cinq premiers risques mondiaux en termes de probabilité se focalisent autour de l’environnement. Notre éditorialiste Axel de Tarlé présente ce rapport. 

« Le risque climatique est jugé plus dévastateur pour la planète que le risque nucléaire. C’est la conclusion inquiétante d’un géant mondial de l’assurance, le géant américain Marsh. Vous savez que les compagnies d’assurance, elles même se réassurent, en cas d’énorme catastrophe, pour ne pas faire faillite. Et donc, ce rapport concocté par Marsh vise à imaginer les pires catastrophes qui pourraient arriver sur terre au cours des dix prochaines années.

>> Retrouvez toutes les chroniques économiques d’Axel de Tarlé en replay et en podcast ici

Et il y a du changement dans l’édition 2020. Dans la précédente édition, la chose la plus grave qui pouvait arriver sur terre, la plus dévastatrice en termes d’impact, c’était l' »arme de destruction massive« . En clair : une bombe nucléaire qui explose. Et bien désormais, l’événement qui aurait le plus d’impact sur terre… c’est le climat. Plus précisément : un échec de l’action sur le climat. Si cette année, par exemple, on actait que, finalement, on n’y arrive pas. Le renoncement et après le déluge. Cet événement serait selon le rapport plus dévastateur pour la planète qu’une bombe atomique.

Tout cela fait écho aux propos de ce ministre australien qui, face à la dévastation de son pays, avait dit, souvenez-vous : « Ce ne sont pas des feux de brousse. C’est une bombe atomique« .

Entendu sur europe1 :

« l’inaction climatique coche les deux cases : énorme impact, et probabilité assez forte« 

Chaque événement dramatique est évalué selon deux critères. Son impact, on vient d’en parler, et sa probabilité. Par exemple, la bombe atomique : impact très fort, mais probabilité très faible. Or malheureusement, un échec sur l’action climatique coche les deux cases : énorme impact, et probabilité assez forte.

Essayons quand même d’être positif en cette fin de semaine. Gageons justement que ces événements dramatiques en Australie nous pousseront tous à agir. Car s’il est un élément encourageant qui est apparu – selon tous les témoignages sur place – lors de ces feux épouvantable en Australie, c’est l’énorme solidarité humaine face à la catastrophe.

Par Axel de Tarlé, édité par Séverine Mermilliod, publié le 16 janvier 2020 à 12h32

Pour l’écouter en vidéo, cliquer sur:

https://www.europe1.fr/societe/linaction-climatique-jugee-plus-devastatrice-pour-la-planete-que-le-risque-nucleaire-3943388

NUCLÉAIRE IRANIEN : WASHINGTON A MENACÉ LES EUROPÉENS DE TAXER LEURS VOITURES

Les États-Unis ont menacé d’imposer des droits de douanes sur les automobiles européennes pour pousser les Européens à déclencher une procédure contre l’Iran pour violation de l’accord sur le nucléaire, a indiqué ce jeudi la ministre allemande de la Défense. « Cette menace existe », a déclaré la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, lors d’une conférence de presse à Londres.

https://www.letelegramme.fr/economie/nucleaire-iranien-washington-a-menace-les-europeens-de-taxer-leurs-voitures-16-01-2020-12479716.php

LES SALARIÉS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE EDF DU TRICASTIN APPELLENT À UNE JOURNÉE MASSIVE DE GRÈVE

Mobilisée depuis le 5 décembre devant le site nucléaire du Tricastin ou le pont de Bourg-Saint-Andéol, mais aussi aux manifestations de Montélimar, l’intersyndicale CFE, CGC, CGT et FO du site du Tricastin a organisé une assemblée générale, jeudi 16 janvier.

Dans un communiqué, elle déclare que « les agents du site ont démontré leur mécontentement : ils ne veulent pas d’une retraite par points ». Salariés et prestataires du site nucléaire appellent ainsi à « une journée massive de grève et de manifestation interprofessionnelle », vendredi 24 janvier, afin de défendre les retraites. Ils devraient être nombreux, ce jeudi 16 janvier, au cortège de Valence à 14 heures.

Publié le 16 janvier 2020 à 12h27, mis à jour à 12h30

https://www.ledauphine.com/social/2020/01/16/drome-saint-paul-trois-chateaux-les-salaries-de-la-centrale-nucleaire-edf-du-tricastin-appellent-a-une-journee-massive-de-greve

LES MILLENIALS CRAIGNENT UNE ATTAQUE NUCLÉAIRE AU COURS DE LA DÉCENNIE

FIN DU MONDE : 54 % des sondés pensent que les armes nucléaires devraient être interdites.

Quelque 54 % des millenials (génération née entre 1980 et la fin des années 1990) est convaincue qu’une attaque nucléaire se produira au cours de la décennie, selon une enquête du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) publiée jeudi.

Toutefois, 84 % des personnes interrogées considèrent que l’utilisation d’armes nucléaires n’est en aucun cas acceptable, et 54 % pensent que ces armes devraient être interdites. Dans cette enquête commandée par le CICR, 16.000 millenials (également appelés génération Y, 20 à 35 ans) de 16 pays différents – dont la moitié en situation de conflit -exposent leur point de vue sur les guerres et le droit international humanitaire.

La torture jugée acceptable pour 37 % des sondés

« Pour les membres de la génération Y, le risque qu’une guerre dévastatrice ait lieu de leur vivant est réel », constate le président du CICR, Peter Maurer, dans le rapport de synthèse de l’enquête. « Il est alarmant de constater que près de la moitié des personnes interrogées pensent qu’une troisième guerre mondiale éclatera au cours de leur existence, tandis qu’une majorité est convaincue qu’une attaque nucléaire se produira ces dix prochaines années », relève-t-il.

L’enquête révèle des « tendances inquiétantes, qui traduisent un manque de respect des valeurs humaines fondamentales consacrées par le droit international », selon le CICR. Ainsi, 37 % des personnes interrogées considèrent que la torture est acceptable dans certaines circonstances, et ce même après avoir reçu des explications sur la Convention des Nations unies contre la torture.

Et 15 % estiment que les combattants devraient employer tous les moyens pour atteindre leurs objectifs, quelles que soient les pertes civiles engendrées. Le CICR juge toutefois « encourageant » de constater que 74 % des millenials pensent que les guerres peuvent être évitées, et que 75 % estiment nécessaire d’imposer des limites aux méthodes et aux moyens de guerre.

Les jeunes adultes vivant dans les pays touchés par la guerre sont, pour leur part, plus susceptibles de croire qu’on observera moins de guerres, ou plus de guerres du tout, à l’avenir par rapport aux millenials dans les pays en paix (46 % contre 30 %).

Quant aux millenials en Ukraine et en Syrie, ce sont les plus optimistes selon le CICR : respectivement 69 % et 60 % d’entre eux sont convaincus que la guerre dans leur pays devrait prendre fin dans les cinq prochaines années.

Par 20 Minutes avec AFP, publié le 16/01/20 à 14h20, mis à jour le 16/01/20 à 14h35

Photo en titre : À l’intérieur de la chambre de contrôle de l’ancienne centrale de Tchernobyl. — PIERRE EMMANUEL DELETREE//SIPA

https://www.20minutes.fr/societe/2696663-20200116-millenials-craignent-attaque-nucleaire-cours-decennie

N’EN DÉPLAISE À ORANO, LE NUCLÉAIRE N’EST PAS L’AMI DU CLIMAT !

À la radio, au cinéma, dans les suppléments féminins de la presse régionale… ces derniers mois, Orano nous a bombardés de publicités vantant les mérites du nucléaire et notamment ses faibles émissions de CO2. Avec cette communication, l’entreprise cherche-t-elle à améliorer l’acceptabilité sociale d’une technologie dangereuse et polluante pour préparer le terrain pour de futurs nouveaux réacteurs ?

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ porte aujourd’hui plainte devant le Jury de déontologie publicitaire pour dénoncer cette campagne fallacieuse.

Une communication fallacieuse sur les émissions du nucléaire

« Hé non, on ne réchauffe pas la planète ! », « Pour faire du nucléaire avec du CO2, il va falloir charbonner »… voilà les messages diffusés par Orano à l’occasion d’une campagne de publicité massive et sur son site dénommé « idées reçues ». De nouveau, l’industrie nucléaire joue sur l’idée fausse d’un nucléaire « décarboné » et donc ami du climat.

Cette communication passe outre le fait que les installations nucléaires émettent bien des gaz à effet de serre – dont certains ont d’ailleurs un pouvoir de réchauffement bien supérieur à celui du CO2 [1].

Surtout, en focalisant sur ses émissions peu élevées de CO2, Orano tente de verdir son image, passant ainsi sous silence le risque d’accident, la pollution des mines d’uranium et la production de déchets (dont seule une infime partie est « recyclée », contrairement à ce qu’elle prétend dans une autre publicité [2]). Pour le Groupement Intergouvernemental d’Experts sur le Climat (GIEC), ces nuisances vont d’ailleurs à l’encontre des Objectifs de Développement Durable [3]

Orano n’a rien à vendre aux citoyen.es. Pourquoi ce greenwashing massif à destination du grand public, si ce n’est pour améliorer l’acceptabilité sociale du nucléaire en surfant sans complexe sur la légitime préoccupation pour le climat ? S’agit-il de préparer le terrain, alors que les projets pour 6 nouveaux réacteurs sont dans les cartons ?

Pour dénoncer cette communication fallacieuse, nous déposons plainte devant le Jury de déontologie publicitaire, qui a d’ailleurs condamné plusieurs fois EDF pour des publicités de même teneur [4].

Le nucléaire, une fausse solution pour le climat

Pour Orano, une industrie peu émettrice de gaz à effet de serre est forcément une alliée du climat. Pourtant, comme l’explique le World Nuclear Industry Status Report [5], cela ne suffit pas pour attester la pertinence d’une technologie pour réduire les émissions. Celle-ci doit aussi pouvoir être déployée rapidement et à des coûts non prohibitifs. Or, comme l’illustrent les retards et surcoûts de l’EPR de Flamanville, le nucléaire est hors délai face à l’urgence climatique et bien trop cher.

Investir dans de nouveaux réacteurs – voire dans des travaux hasardeux de prolongation du fonctionnement de centrales en fin de vie – revient à gaspiller des moyens financiers qui font défaut aux vraies solutions plébiscitées par le GIEC, à savoir les économies d’énergie et les énergies renouvelables.

En France, mettre en avant le nucléaire et ses émissions apparaît comme un alibi pour l’inaction, notre pays étant très en retard sur ses objectifs climatique. Mais encenser une option technologique, comme le font Orano et Emmanuel Macron, n’est-ce pas une façon d’esquiver la question du changement de système de production et de consommation requis pour une action climatique ambitieuse ?

Téléchargez notre plainte

Orano carbone – Plainte JDP 16/01/20

Notes

[1] Le raffinage du concentré de minerai d’uranium effectué à l’usine d’Orano Malvési émet d’importantes quantités de protoxyde d’azote (N2O), au pouvoir de réchauffement global 265 fois supérieur à celui du CO2. Par ailleurs, selon l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, les fuites de gaz frigorigènes, au pouvoir de réchauffement souvent important, représentent la première cause de déclarations d’événements significatifs en matière d’environnement pour EDF. Les fuites d’hexafluorure de souffre, utilisé comme isolant électrique, n’étaient quant à elles l’objet d’aucune déclaration d’évènement significatif pour l’environnement jusqu’à 2018, alors que le pouvoir de réchauffement global de ce gaz est 22 800 fois supérieur à celui du CO2

[2] Cette publicité a fait l’objet d’une autre plainte devant le Jury de déontologie publicitaire, déposée par Greenpeace et le Réseau « Sortir du nucléaire« 

[3] Voir le chapitre 5 du rapport spécial sur les 1,5°C de réchauffement. Voir notre analyse sur le rôle du nucléaire dans ce rapport.

[4] Condamnations pour une publicité sur une électricité « sans CO2 » en Alsace, pour la publicité d’EDF « The Race »

[5] Voir notamment le chapitre « Climate Change and Nuclear Power« 

C’est grâce à vos dons que nous les poursuivons !

Nous attaquons chaque fois que nécessaire les industriels du nucléaire, pollueurs et menteurs, afin de lutter contre l’impunité dont ils font l’objet et faire barrage à leurs grands projets inutiles et dangereux. Et nous obtenons des résultats ! Mais cette action nous demande évidemment d’engager des moyens humains et financiers.

Parce que nous souhaitons pouvoir continuer à mener cette guérilla juridique, nous avons besoin de votre soutien !

Publié le 16 janvier 2020

https://www.sortirdunucleaire.org/Orano-plainte-JDP-carbone

INTRUSION DANS UNE CENTRALE NUCLÉAIRE : DES PEINES ALLÉGÉES POUR LES MILITANTS MAIS ALOURDIES POUR GREENPEACE

La cour d’appel de Metz a condamné mercredi l’ONG à plus de 300 000 euros d’amende au titre du préjudice matériel après l’entrée d’activistes sur le site de Cattenom, en Moselle.

Cent quatre-vingts jours-amende s’échelonnant de quatre à onze euros, soit de 720 euros à 1 980 euros au total pour chacun. Ce sont les peines auxquelles la cour d’appel de Metz a condamné huit militants de Greenpeace, mercredi 15 janvier, pour s’être introduits, en octobre 2017, dans la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, afin, disent-ils, d’en « dénoncer les failles de sécurité ».

Ce jugement infirme celui du tribunal correctionnel de Thionville qui, en première instance, avait prononcé contre ces activistes des peines de prison ferme et avec sursis : une première. Il est également plus léger que les réquisitions prononcées lors de l’audience d’appel par l’avocat général, Julien Le Gallo, le 30 octobre 2019.

Qualifiant les peines d’emprisonnement de « contre-productives », le magistrat avait réclamé trois cents jours-amende à trois euros contre deux des prévenus – déjà condamnés pour s’être introduits dans un site nucléaire –, et cent cinquante jours-amende à trois euros à l’encontre des six autres prévenus et de Yannick Rousselet, directeur de campagne de Greenpeace France pour le nucléaire, soupçonné de complicité.

Reconnu coupable par la cour, M. Rousselet a, en revanche, vu sa peine alourdie puisqu’elle se monte à deux cent soixante-dix jours – amende à dix euros, soit un total de 2 700 euros. Dans un communiqué, Greenpeace France s’est ému de cette sanction « personnelle » à l’égard d’un de ses salariés et a dénoncé « un dossier vide à son encontre » et une « atteinte grave » à sa « liberté d’expression ».

Lire aussi: Intrusion à la centrale de Cattenom : Greenpeace plaide l’état de nécessité

Le caractère incitatif de l’infraction

Poursuivie en tant que personne morale et représentée par son directeur général, Jean-François Julliard, l’ONG a, elle, été durement frappée au porte-monnaie. Solidairement avec les huit militants et M. Rousselet, elle a été condamnée à verser à EDF la somme de 211 806 euros au titre du préjudice matériel et économique, et celle de 50 000 euros en réparation du préjudice moral. Elle doit, en outre, acquitter une peine d’amende de 25 000 euros, soit 5 000 euros de plus que les réquisitions.

Dans son arrêt, la cour écarte « l’état de nécessité pour risque industriel » soulevé par l’avocate de l’ONG, Me Marie Dosé. Celle-ci avait plaidé la relaxe, soutenant le caractère nécessaire de l’action de désobéissance civile menée à Cattenom.

Selon le document que Le Monde a pu consulter, les juges réfutent le caractère « imminent » du danger au nom duquel les militants ont expliqué agir. Ils soulignent aussi « la gravité » des faits, justifiant « une sévérité à l’égard de Greenpeace France déjà condamné à trois reprises pour des faits similaires ».

Ils insistent enfin sur le caractère potentiellement incitatif de l’infraction. « Ce type d’actions répétées peut ouvrir la porte à des actions efficaces menées par de personnes malveillantes n’appartenant pas à Greenpeace mais revêtues de son logo et qui pourraient tromper la vigilance des forces armées protégeant le site », détaillent-ils.

Une décision saluée par EDF

« Cette décision reconnaît implicitement le bien-fondé de nos motivations et la réalité du danger nucléaire, a positivé Jean-François Julliard dans le communiqué de Greenpeace France. En écartant les peines d’emprisonnement, les juges montrent qu’ils ont été sensibles à nos arguments et à la vague de soutien qui a accompagné ce procès. Nous regrettons néanmoins que nos militant·e·s, qui ont agi dans l’intérêt général pour dénoncer les risques liés aux défaillances des centrales nucléaires françaises, n’aient pas été purement et simplement relaxés. »

Pour son client, EDF, Me Thibault de Montbrial, s’est « réjoui que la cour d’appel ait confirmé le sens du jugement du tribunal correctionnel de Thionville et qu’elle ait apprécié, à sa juste valeur et dans le détail, le préjudice moral et économique causé à EDF par cette infraction ».

Saluant dans la décision de la Cour d’appel une « avancée significative vers une reconnaissance à moyen terme de l’état de nécessité dont doivent pouvoir bénéficier les activistes », Me Marie Dosé s’est étonnée que « les magistrats du second degré insinuent, en déclarant Greenpeace coupable de provocation à l’infraction, que les militants et activistes seraient finalement instrumentalisés et mis en danger par l’association. »

Selon l’avocate, qui a fait part de l’intention de ses clients de former un pourvoi en cassation, « la mise en danger est du côté d’EDF, pas de Greenpeace ».

Par  Patricia Jolly, publié le 15 janvier 2020 à 20h59, mis à jour le 16 janvier à 08h50

Photo en titre : Le responsable de Gree,npeace France antinucléaire Yannick Rousselet, son directeur général, Jean-François Julliard, l’avocate Marie Dosé et un militant de l’ONG, le 30 octobre 2019, au tribunal de Metz. JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/01/15/intrusion-dans-une-centrale-nucleaire-des-peines-allegees-pour-les-militants-mais-alourdies-pour-greenpeace_6026012_3244.html

L’ASIE ET SON INQUIÉTANTE COURSE AUX ARMES NUCLÉAIRES

Une étude publiée sur le site Georgetown University Press s’inquiète de la prolifération d’armes nucléaires en Asie. Ses deux auteurs soulignent que l’Inde, le Pakistan et la Chine se livrent à une dangereuse course à l’armement nucléaire qui fait de l’Asie une poudrière.

L’Asie, région la plus dangereuse de la planète? Ce n’est pas le constat fait par les chercheurs Yogesh Joshi et Frank O’Donnell dans leur étude «India and Nuclear Asia, Forces, Doctrine, and Dangers» publiée récemment sur le site Georgetown University Press. En revanche, les deux spécialistes dépeignent un continent qui fait office de poudrière nucléaire. Comme l’a remarqué Emmanuelle Maitre, chargée de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique chez nos confrères du Point, l’Inde, le Pakistan et la Chine continuent d’augmenter leur arsenal nucléaire.

Prenons le cas de l’Inde, qui se situe, selon Emmanuelle Maitre, «dans une situation paradoxale»:

«Politiquement, elle insiste sur le caractère responsable, purement défensif et minimal de sa dissuasion nucléaire. Pour autant, New Delhi poursuit l’extension de son arsenal, en construisant par exemple des missiles pouvant emporter plusieurs têtes nucléaires, des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins ou encore des missiles de courte portée pouvant également emporter des têtes nucléaires

Une situation d’autant plus dangereuse que l’Inde est en conflit avec son voisin pakistanais. Des escarmouches ont lieu régulièrement à la frontière entre les deux pays et dans des zones contestées. Un conflit est ainsi en cours depuis le mois de février 2019 dans la région du Jammu-et-Cachemire. Si les deux pays ne sont pas officiellement en guerre, ils mènent régulièrement des actions visant à se déstabiliser l’un l’autre.

Le nouveau missile supersonique russo-indien BrahMos lancé depuis un Su-30MKI – vidéo (© AFP 2019 RAVEENDRAN)

Le problème, c’est que du côté d’Islamabad, on continue également à développer des armes nucléaires. «Tout d’abord, les Nasr, armes tactiques nucléaires d’une portée de quelques dizaines de kilomètres, ont vocation à être utilisées sur un champ de bataille pour compenser l’infériorité de l’armée pakistanaise. Deuxièmement, Islamabad explore plusieurs options lui permettant d’embarquer des armes nucléaires en mer», précise Emmanuelle Maitre.

Dans un tel contexte, avec des arsenaux de ce type, l’escalade pourrait très vite déboucher sur l’utilisation d’armes nucléaires. Surtout que la Chine proche n’est pas en reste du côté du développement d’armes non conventionnelles. Pour rappel, selon le classement annuel établi par le site américain Global Fire Power, la Chine et l’Inde occupent respectivement les 3ème et 4ème place des armées les plus puissantes du globe, devant la France, et derrière les États-Unis et la Russie.

«Ainsi, l’artillerie chinoise a tendance à positionner à la frontière indienne des forces de missiles dont la nature (conventionnelle ou nucléaire) est ambiguë. En cas de conflit, l’Inde pourrait être tentée de cibler ces unités, or l’attaque de missiles nucléaires pourrait être perçue par la Chine comme une action justifiant une riposte nucléaire. Deuxièmement, la Chine est de plus en plus présente dans les eaux de l’océan Indien, et dispose désormais de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins performants. Là encore, un incident en mer pourrait entraîner une escalade des tensions incontrôlable. Par ailleurs, Pékin refuse d’engager un dialogue stratégique avec l’Inde, qu’elle ne considère pas comme une puissance nucléaire légitime», explique Emmanuelle Maitre en s’appuyant sur les travaux des deux chercheurs de l’université de Georgetown.

D’après l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), le continent asiatique est le seul sur lequel les dépenses militaires croissent de façon continue depuis trente ans. Dans son rapport publié le 29 avril 2019, le Sipri notait que Pékin comptait désormais pour la moitié des dépenses militaires de la région Asie-Océanie alors que dix ans plus tôt, c’était moins d’un tiers.

Premier tir de nuit du missile indien à capacité nucléaire Agni-III (© AFP 2019 Raveendran)

Inde, Pakistan et Chine, fortes de leurs arsenaux pourraient-ils être à l’origine d’une guerre nucléaire? Nous n’en sommes pas là. «Malgré certaines prédictions optimistes, le développement d’arsenaux nucléaires en Asie du Sud n’a pas permis de stabiliser les relations entre les États. Néanmoins, des mesures de confiance et une volonté de dialogue pourraient permettre de réduire les risques qu’une crise ne prenne une mauvaise tournure, un objectif primordial dans une des régions les plus volatiles du monde», analyse Emmanuelle Maitre.

Toujours d’après le Sipri, neufs puissances nucléaires détiennent environ 13.865 ogives nucléaires, dont 2.000 sont soit en état d’alerte, soit tout à fait prêtes à être utilisées. Alors que des pays comme les États-Unis, la Russie ou le Royaume-Uni ont vu leur arsenal baisser en 2019, la Chine et le Pakistan l’ont augmenté quand l’Inde est restée au même niveau. D’après le Sipri, la Chine possède 290 ogives, le Pakistan entre 150 et 160 et l’Inde entre 130 et 140. À titre de comparaison, les États-Unis disposent de 6.185 ogives et la Russie en possède… 6.500.

Par Fabien Buzzanca, publié le 14 janvier 2020 à 20h51, mis à jour à20h53

https://fr.sputniknews.com/international/202001141042904455-lasie-et-son-inquietante-course-aux-armes-nucleaires/

EN CAS D’HIVER NUCLÉAIRE, CES ALIMENTS AIDERONT L’HUMANITÉ À SURVIVRE

Un scientifique a dévoilé quels aliments pourraient aider à survivre dans un scénario imaginé d’hiver nucléaire, relate Business Insider. David Denkenberger a déclaré que les champignons et les algues seraient moins touchés par les conséquences d’une explosion nucléaire et pourraient nourrir l’Homme pour éviter son extinction totale.

En cas d’hiver nucléaire, les champignons, l’algue et même le sucre des feuilles pourraient être la base d’une alimentation durable, selon David Denkenberger qui dirige l’organisation à but non lucratif Alliance to Feed the Earth in Disasters (ALLFED), relate Business Insider.

Cette organisation a pour objectif de mener des recherches sur les moyens de protéger l’approvisionnement alimentaire du monde si une catastrophe globale se produit.

«L’algue est une vraiment bonne source de nourriture dans un scénario comme cela parce qu’elle peut pousser avec une lumière très faible. Elle croît également très rapidement. Lors d’un hiver nucléaire, la terre refroidira plus vite que les océans, donc les océans resteront un petit peu plus chauds. L’algue peut tolérer des températures relativement basses», a expliqué le scientifique.

En ce qui concerne les champignons, le scientifique a reconnu qu’une étude lui a fait penser qu’ils pourraient sauver l’humanité un jour. Il s’est référé à une recherche publiée en 2008 dont les conclusions ont porté sur comment les champignons pourraient survivre tant à un holocauste thermonucléaire qu’à l’hiver nucléaire qui suivrait, alors que l’humanité connaîtra son extinction.

«La conclusion de l’étude consistait dans le fait que quand l’humanité va disparaître, le monde sera de nouveau gouverné par les champignons en cas d’hiver nucléaire. J’ai dit alors, « Attendez une minute. Pourquoi ne mangeons-nous pas des champignons pour ne pas disparaître?« », a raconté David Denkenberger.

Pour nourrir l’humanité lors d’un hiver nucléaire, Denkenberger estime que le monde aura besoin d’environ 1,6 milliard de tonnes de nourriture sèche par an. Les humains pourraient cultiver potentiellement cette quantité d’algue en trois à six mois.

Publié le 15.01.2020 à 14h23, mis à jour à 14h59

https://fr.sputniknews.com/sci_tech/202001151042908051-en-cas-dhiver-nucleaire-ces-aliments-aideront-lhumanite-a-survivre/

NDLR: Mais les champignons concentrent la radioactivité!!! Bon appétit.

LE PREMIER RÉACTEUR NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM SERA ARRÊTÉ LE 22 FÉVRIER, CONFIRME ÉDOUARD PHILIPPE

Le calendrier de fermeture de la doyenne des centrales nucléaires françaises, à Fessenheim dans le Haut-Rhin, a été confirmé par Édouard Philippe le 15 janvier (écouter la vidéo de 48 secondes sur le site ci-dessous). EDF a signé avec l’État fin septembre 2019 un protocole d’indemnisation au titre de la fermeture anticipée, tandis que la reconversion se précise.

Dans le cadre d’un discours effectué depuis l’Élysée sur le plan climat, le Premier ministre, Édouard Philippe a détaillé le 15 janvier le calendrier de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). « Promise depuis huit ans, cette décision deviendra réalité dans un mois avec l’arrêt du premier réacteur le 22 février« , a-t-il annoncé. « Le premier semestre sera marqué par la mise en œuvre du plan Climat. C’est ce gouvernement qui prendra la décision de fermer la plus vieille centrale nucléaire en activité : Fessenheim. »

En visite à Colmar, la secrétaire d’État à la Transition écologique Emmanuelle Wargon avait déjà précisé le calendrier de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim le 26 septembre. Le premier réacteur s’arrêtera ainsi en février 2020 et le second en juin 2020.

Sur le même thème: Ce que va coûter la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim en 2020

60 salariés fin 2024

La centrale de Fessenheim a été pointée par l’autorité de sûreté nucléaire comme faisant partie des structures connaissant des soucis techniques. Elle emploie 850 salariés et environ 350 employés permanents d’entreprises prestataires.

Selon le gouvernement, le site passera à 60 salariés fin 2024, à l’arrêt du démantèlement de la centrale. « Pour réussir un démantèlement exemplaire, il faut réussir l’accompagnement des salariés, ceux des sous-traitants, environ 400, et des 800 emplois induits sur le territoire« , indiquait alors le gouvernement.

Des projets dans le photovoltaïque

Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, avait précisé fin septembre la liste de 12 projets lauréats pour des centrales de production d’électricité d’origine photovoltaïque. Cette première tranche permettra une production de 62,8 MW, deux nouveaux appels à projet seront ouverts en janvier et juillet 2020, pour un total de 300 MW. À ceux qui font remarquer que la centrale produisait 1,8 GW, le gouvernement fait observer que la démarche de transition de fait que commencer et que d’autres projets seront présentés.

« Nous restons extrêmement vigilants, au quotidien, sur l’avancée de chaque projet lié à la reconversion du site« , rappelle Brigitte Klinkert, présidente du conseil départemental du Haut-Rhin. Pour répondre à cette pression, Élisabeth Borne et Emmanuel Wargon, secrétaire d’État, font état de nombreuses avancées : la société d’économie mixte d’aménagement franco-allemande sera effective début 2020, l’aménagement de la future zone d’activité EcoRhéna doit commencer début 2021, après les études, l’extension du port de Colmar est entamée, avec notamment la mise en service en septembre d’un poste de manutention de colis lourds (jusqu’à 1 000 tonnes).

Quant à la liaison ferroviaire Colmar-Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), elle progresse aussi du point de vue administratif et du montage financier. Cette colonne vertébrale du réaménagement du secteur de Fessenheim est suivie comme un révélateur de la volonté franco-allemande de réussir cette transition énergétique et économique.

EDF a fait les démarches

Fin septembre, EDF confirmait avoir déposé à l’Autorité de Sûreté Nucléaire la demande d’abrogation d’exploiter la centrale ainsi que la déclaration de « mise à l’arrêt définitif des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim, prévoyant un arrêt du réacteur n° 1 le 22 février 2020 et du réacteur n° 2 le 30 juin de la même année« .

L’opérateur historique indiquait avoir signé avec l’État le 27 septembre 2019, un protocole d’indemnisation au titre de la fermeture anticipée de la centrale de Fessenheim, « résultant du plafonnement de la production d’électricité d’origine nucléaire fixé par la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte« . Ce protocole prévoit des versements s’échelonnant sur 4 ans suivront la fermeture de la centrale d’environ 400 millions d’euros correspondant à l’anticipation des dépenses liées à la fermeture de la centrale (dépenses de post-exploitation, taxe INB, coûts de démantèlement et de reconversion du personnel).

D’autres indemnités, au titre d’un éventuel « manque à gagner » sur la production de la centrale jusqu’en 2041, soit la base d’une prolongation de la centrale à 60 ans, alors qu’elles étaient prévues initialement pour ne fonctionner que 40 ans. Ces indemnités seront calculées « ex post à partir des prix de vente de la production nucléaire, et notamment des prix de marché observés« , indiquait alors EDF.

Par LA RÉDACTION, publié le 15/01/2020 à 16H03

Photo en titre : Fessenheim, dans le Haut-Rhin, est la doyenne des centrales nucléaires françaises. © L’Usine Nouvelle

https://www.usinenouvelle.com/article/le-premier-reacteur-nucleaire-de-fessenheim-sera-arrete-le-22-fevrier-confirme-edouard-philippe.N919969

RETRAITES. DES MANIFESTANTS BLOQUENT À NOUVEAU L’ACCÈS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GRAVELINES

La centrale nucléaire de Gravelines est bloquée ce mercredi matin par 300 personnes qui manifestent contre la réforme des retraites. Le blocage doit se poursuivre jusqu’à jeudi soir. 

Environ 300 manifestants bloquent à nouveau mercredi matin 15 janvier l’accès à la centrale nucléaire de Gravelines, sur le littoral du Nord, pour demander le retrait de la réforme des retraites à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO, a constaté une correspondante de l’AFP.

Le blocage, qui a débuté mardi, doit se poursuivre jusqu’à jeudi soir à 21 h, ont indiqué les manifestants, qui se relaient jour et nuit pour assurer une présence continue. Seules les équipes d’astreinte ont été autorisées sur le site de la centrale, dont l’activité est maintenue.

« La production de courant est assurée »

Pour l’instant, il n’y a pas de baisse de charge mais si ça dure, cela pourrait engendrer des arrêts de tranches de production, en toute sûreté, a déclaré à l’AFP Franck Redondo, délégué FO. Nous demandons à être reçus par le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy et que celui-ci se manifeste pour défendre nos statuts auprès du gouvernement.

La direction avait indiqué mardi que, dans le cadre légal de la grève, la production de courant est assurée, car d’autres moyens de production ont été anticipés, et toutes les fonctions de sécurité de la centrale sont garanties.

Plusieurs opérations de filtrage ont été menées depuis le début du mouvement national contre la réforme des retraites le 5 décembre.

Située au bord de la mer du Nord, à égale distance (20 km) de Dunkerque et de Calais, la centrale de Gravelines est la plus importante centrale nucléaire d’Europe de l’ouest, par sa capacité de production comme par le nombre de réacteurs.

Par Ouest-France avec AFP, publié le 15/01/2020 à 13h06

Photo en titre : La centrale nucléaire de Gravelines est la plus importante centrale nucléaire d’Europe de l’ouest. | ARCHIVES REUTERS

https://www.ouest-france.fr/economie/greve/retraites-des-manifestants-bloquent-nouveau-l-acces-la-centrale-nucleaire-de-gravelines-6691042

LE NUCLÉAIRE EST « EXCLU » DU NOUVEAU FONDS DE TRANSITION ÉQUITABLE DE L’UE

La commissaire européenne à la politique régionale, Élisa Ferreira, a révélé mardi (14 janvier) les détails du mécanisme de transition équitable de 100 milliards d’euros, un élément financier clé du Green Deal européen qui devrait rendre l’Union neutre sur le plan climatique d’ici 2050.

« L’énergie nucléaire est exclue du mécanisme de transition juste « , a déclaré Mme Ferreira à un petit groupe de journalistes avant la réunion du collège de la Commission européenne qui a approuvé la proposition de fonds visant à aider les régions les plus pauvres de l’UE à atteindre la neutralité climatique.

Les dirigeants de l’UE se sont mis d’accord en décembre sur un objectif à l’échelle de l’UE d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Afin de convaincre la Hongrie et la République tchèque d’y adhérer, ils ont également réaffirmé le droit des pays à décider de leur propre bouquet énergétique, y compris le nucléaire.

La Pologne a refusé de signer, affirmant qu’elle avait besoin de plus de fonds européens pour aider à l’élimination progressive du charbon. Le Fonds de transition juste est destiné à soutenir les régions qui seront particulièrement touchées par les changements apportés par l’écologisation de l’économie.

Ferreira a confirmé qu' »aucun pays ou région » ne sera exclu, mais l’objectif est de se concentrer sur les régions qui font face aux défis les plus dramatiques.

La Commission prendra donc en compte l’intensité des émissions de gaz à effet de serre du secteur industriel par rapport à la moyenne de l’UE et l’impact en termes d’emploi de la transition pour ces industries. La prospérité relative du pays sera également prise en compte.

 » Une chose est les besoins d’un pays et une autre est la capacité qu’a le pays, à la fois dans le passé mais aussi à l’heure actuelle, de résoudre son propre problème sans aide spécifique « , a-t-elle déclaré.

L’accès au fonds ne sera cependant pas automatique. « Les États membres devront faire un plan de transition pour ces régions qui soit cohérent avec le plan national « , a expliqué Mme Ferreira.

Le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki insiste sur le fait que la Pologne devrait se voir attribuer une  » part équitable  » du nouveau fonds. Cependant, étant donné que la Pologne n’a pas signé l’objectif de neutralité climatique, l’aide financière sera conditionnée à des engagements environnementaux.

 » Je pense que nous devrions nous concentrer sur la résolution des problèmes plutôt que sur des compromis très larges « , a déclaré Mme Ferreira aux journalistes.

« Nous sommes convaincus qu’avec les bons moyens et les bons plans, nous pouvons également faire des progrès par rapport à ces compromis individuels des différents États membres « , a-t-elle ajouté en référence au sommet de juin où les dirigeants européens devraient réévaluer l’engagement de 2050.

Les décisions sur les régions qui doivent être soutenues dépendront à la fois de l’évaluation de la situation par la Commission dans le contexte des recommandations spécifiques à chaque pays émises dans le cadre du Semestre européen et des priorités de chaque pays.

Les dirigeants de l’UE revendiquent la victoire sur l’objectif climatique de 2050, malgré le refus de la Pologne

Les dirigeants européens ont affirmé avoir conclu un accord sur un plan climatique ambitieux pour 2050 tôt vendredi matin (13 décembre) mais la Pologne a maintenu ses objections et a refusé d’approuver l’objectif de neutralité climatique.

Le fonds en détail

Le Fonds apportera une aide financière aux pays dans leurs efforts pour atteindre la neutralité climatique. Dans le cadre d’un mécanisme plus large, la Commission vise à fournir une assistance technique et à assouplir les règles en matière d’aides d’État pour les investissements verts.

Le fonds sera doté de 7,5 milliards d’euros d' »argent frais« , qui seront complétés par des financements du Fonds européen de développement régional et du Fonds social européen Plus, qui font tous deux partie de la politique de cohésion de l’UE, mais son utilisation sera limitée à 20 % de la dotation totale.

Ferreira a admis que l’argent n’est pas énorme, mais il espère qu’il pourra contribuer à mobiliser jusqu’à 100 milliards d’euros pour la période 2021-2027 en investissements grâce au soutien d’investisseurs privés.

Pour chaque euro que les États membres reçoivent de la FOI, ils devraient y ajouter 1,5 à 3 euros provenant des fonds de cohésion, et le taux de cofinancement correspondant qui dépendra de la catégorie de la région. Pour accéder à ce premier pilier, les régions ont besoin d’un plan de transition.

En outre, la Commission s’est engagée à veiller à ce qu’une grande partie des projets bénéficiant d’une aide au titre du programme invest EU soient axés sur la durabilité.  » Avec une dotation de 1,8 milliard d’euros (déjà prévue dans la proposition de budget de l’UE), nous sommes convaincus qu’environ 45 milliards d’euros d’investissements pourront être générés « , a expliqué un fonctionnaire de l’UE.

Troisièmement, la Banque européenne d’investissement donnera un  » accès prioritaire  » aux prêts pour les projets de transition, bien que les discussions avec le prêteur ne soient pas encore finalisées. Il s’agira d’un mécanisme de prêt au secteur public auquel la Commission contribuera à hauteur de 1,5 milliard d’euros.

Traduction automatique avec www.DeepL.com/Translator

Par Beatriz Rios,  en reportage depuis Strasbourg | EURACTIV.com, publié le 14 janv. 2020 à 15h11 (mise à jour à 17h44

Photo en titre : Élisa Ferreira, Commissaire européen en charge de la cohésion et des réformes, du Portugal, lors de son audition devant le Parlement européen à Bruxelles, Belgique. [Olivier Hoslet/EPA]

NDLR : avant de se réjouir, une confirmation officielle serait utile.

Pour accéder à la dépêche originale (en anglais), cliquer sur : https://www.euractiv.com/section/economy-jobs/news/nuclear-excluded-from-eus-new-just-transition-fund/

PALUEL. EN GRÈVE, LE PERSONNEL VA BLOQUER LA CENTRALE NUCLÉAIRE

Ils veulent durcir le mouvement, pour faire entendre leur opposition à la réforme des retraites. Les employés de la centrale nucléaire de Paluel ont voté, le mardi 14 janvier, un blocage du site pour la journée du mercredi 15 janvier. À partir de 5 h 30, un piquet de grève devrait empêcher l’accès au site et les responsables syndicaux appellent « à la baisse de puissance sur les réacteurs« .

Par Aurélien Delavaud, publié le 14 janvier 2020

Photo en titre : La centrale de Paluel devrait être impactée par un blocage ce mercredi 15 janvier. © Energivore

https://www.tendanceouest.com/actualite-348057-paluel-en-greve-le-personnel-va-bloquer-la-centrale-nucleaire.html

NUCLÉAIRE IRANIEN : JOHNSON PRÊT À REMPLACER L’ACCORD PAR UN AUTRE NÉGOCIÉ PAR TRUMP

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est dit mardi prêt à remplacer l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien par un nouveau texte voulu par Donald Trump, qualifiant le président américain d' »excellent négociateur« , et semblant contredire la position de sa diplomatie.

« Le président Trump est un excellent négociateur (…). Travaillons ensemble pour remplacer (l’accord signé en 2015) et le remplacer par l’accord de Trump« , a-t-il déclaré sur la BBC, estimant que cela serait « une bonne façon d’avancer« . Ces déclarations semblent entrer en contradiction avec les efforts entrepris par sa diplomatie, qui répète son attachement à l’accord.

Depuis que les États-Unis en sont sortis en 2018, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne – les trois pays européens signataires, aux côtés de la Chine et la Russie- tentent de sauver l’accord en vertu duquel l’Iran accepte de restreindre son programme nucléaire, contre un allègement des sanctions à son encontre. Mardi, Londres, Paris et Berlin ont déclenché le mécanisme de règlement des différends prévu dans le texte afin de contraindre Téhéran à revenir au respect de ses engagements. L’Iran s’est en effet graduellement affranchi de ses obligations, en riposte au retrait unilatéral des États-Unis de l’accord en 2018, et au rétablissement de sanctions américaines. Dans un communiqué commun, les trois pays ont aussi rappelé leur attachement à l’accord et se sont opposés à « la campagne visant à exercer une pression maximale contre l’Iran« , laissant entendre qu’ils ne voulaient pas se joindre à la politique de sanctions des États-Unis.

Donald Trump a récemment appelé les Européens à claquer à leur tour la porte de l’accord. Il leur demande de renforcer leur propre effort militaire au Moyen-Orient.

« Du point de vue américain, c’est un accord imparfait, il expire, et il a été négocié par (l’ancien) président Obama« , a estimé M. Johnson. « Si nous abandonnons ce traité, il nous faut un nouveau« , a jugé Boris Johnson. « Si nous devons nous en débarrasser, remplaçons-le par l’accord de Trump« , a-t-il insisté.

Interrogé par l’opposition à la Chambre des communes, le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab s’est efforcé d’éclaircir la position britannique en affirmant que Boris Johnson soutient « pleinement » l’accord sur le nucléaire iranien tout en étant ouvert à un accord plus large. « Ce n’est pas seulement le président Trump, mais aussi » le président français Emmanuel Macron qui « ont plaidé pour un accord plus large avec l’Iran« , a-t-il souligné. « Nous pensons, le Premier ministre et la totalité du gouvernement que l’accord » actuel est « le meilleur accord possible pour limiter les ambitions nucléaires de l’Iran et nous voulons que l’Iran s’y conforme de nouveau entièrement« , a déclaré le chef de la diplomatie britannique. Mais « comme nous en avons discuté l’année dernière à Biarritz » lors du G7, « le Premier ministre, les États-Unis et nos partenaires européens sont entièrement ouverts à une initiative plus large, qui répondrait non-seulement aux préoccupations sur le nucléaire mais aussi aux inquiétudes plus larges sur les activités de déstabilisation que nous avons vues récemment » de la part de Téhéran.

Deux jours après l’élimination du général iranien Kassem Soleimani le 3 janvier à Bagdad par les États-Unis, point culminant d’une montée des tensions entre Téhéran et Washington, l’Iran a affirmé ne plus se sentir tenu par aucune limite « sur le nombre de ses centrifugeuses » utilisées pour la production de combustible nucléaire

Publié le mardi 14 janvier 2020

Photo en titre ; Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, à Belfast, en Irlande du Nord, le 13 janvier 2020. Photo Liam McBurney/Pool via REUTERS

https://www.lorientlejour.com/article/1202291/nucleaire-johnson-suggere-de-remplacer-laccord-de-vienne-par-un-trump-deal.html

LA SUISSE POSSÈDE LES MOYENS TECHNIQUES POUR SORTIR DU NUCLÉAIRE

Énergie : une vaste recherche réunissant une centaine d’études se veut positive quant à l’avenir énergétique du pays.

Quel est l’avenir énergétique de la Suisse, en particulier après l’abandon du nucléaire? Le pays «présente des conditions idéales pour réussir la transition énergétique», selon les conclusions du très vaste programme mené par le Fonds national suisse (FNS), dont les résultats sont présentés mardi 14 janvier.

Plus de 300 scientifiques suisses ont été mobilisés sur une centaine d’études pour répondre à cette question. Selon leurs conclusions, il est ainsi possible, avec les moyens techniques et financiers connus à l’heure actuelle, de sortir du nucléaire et des énergies fossiles «dans des conditions socio-économiques acceptables».

Évidemment, certains éléments doivent être réunis pour y parvenir. Pour Frédéric Varone, délégué du Conseil national de la recherche, «le tournant énergétique n’est plus vraiment un enjeu technique, mais plutôt une question d’innovation sociale, dans la manière d’aborder la construction notamment».

Seule une maison sur cent par an fait l’objet d’un assainissement énergétique, soit moins de la moitié de ce qui serait nécessaire pour atteindre les objectifs de la Stratégie énergétique 2050. Or, la moitié de la consommation énergétique du pays relève de la construction. Un retard qui serait dû principalement à un manque d’information et à une question de mentalité.

«Nous donnons des solutions qui ont été éprouvées scientifiquement et testées sur des installations pilotes, ajoute Frédéric Varone. Dans le domaine du photovoltaïque, on peut imaginer, comme le fait déjà la Commune de la ville de Neuchâtel, de créer un fonds solaire destiné à subventionner les projets. Ou alors de recourir à la réglementation, en ne délivrant un permis de construire qu’en contrepartie d’installations exploitant des énergies renouvelables. L’usage des recommandations du PNR Énergie par le politique nous échappe, bien évidemment. Mais peut-être que la vague verte au parlement fédéral et l’effet Greta changeront l’accueil fait à nos travaux.»

Les importations toujours indispensables

La question des importations reste cependant brûlante. Si sortir du nucléaire en Suisse signifie partir s’approvisionner en énergie nucléaire en France ou en charbon d’Allemagne, l’opération a peu de sens – ou s’apparente à de l’hypocrisie. Une étude menée par les universités de Bâle et de Zurich a imaginé plusieurs scénarios. Dans la perspective où les énergies renouvelables ne font l’objet d’aucune mesure incitative ou subventions, la sortie du nucléaire en 2035 serait intégralement compensée par des importations d’électricité. Il faudrait alors attendre 2050 pour que l’énergie solaire soit compétitive.

Dans un scénario où les énergies renouvelables sont subventionnées par l’État, les importations augmentent elles aussi, mais moins. Le but sera surtout d’éviter que sur une année, les importations excèdent les exportations. Car il s’agit également d’assurer la stabilité de l’approvisionnement électrique. Les énergies renouvelables, dépendantes de facteurs extérieurs comme la météo, sont plus instables. Les importations doivent servir de solution de remplacement en cas de besoin.

Un accord vital avec l’Europe

C’est aussi pour cette raison que les scientifiques demandent donc aux politiques de légiférer afin de donner un coup de pouce aux énergies renouvelables. Et ce, d’autant plus que la Suisse risque d’être confrontée à un problème majeur: celui de nos relations avec l’Europe, plus précisément en l’absence d’un accord sur l’électricité entre la Suisse et l’UE. Celui-ci, visant à assurer le libre accès au marché européen de l’électricité, est actuellement bloqué: refroidie par l’initiative contre l’immigration de masse, l’UE, en l’absence d’accord-cadre institutionnel régissant ses relations avec la Suisse, ne souhaite pas conclure de nouveaux accords, ni sur l’électricité ni dans d’autres domaines.

On l’a vu plus haut, avec la baisse de la production domestique due à la sortie du nucléaire, la Suisse sera davantage tributaire des importations – du moins dans un premier temps. Or, l’Europe est en train de libéraliser et harmoniser ses marchés de l’électricité. Mais la Suisse est totalement exclue des négociations actuelles, ce qu’elle risque de payer au prix fort. Au départ, les prix devraient augmenter mais l’approvisionnement être assuré. À plus long terme, la Suisse risque carrément d’être contrainte, lors du débranchement des centrales nucléaires de Gösgen et Leibstadt, respectivement en 2029 et 2034, de se retourner vers des usines à gaz. Niveau CO2, on est loin des objectifs de la stratégie énergétique.

Pour toutes ces raisons, les scientifiques appellent à encourager au maximum les énergies renouvelables, de façon à pouvoir compenser ces effets. «Sinon, la Suisse risque de payer le prix fort», conclut Frédéric Varone.

Par Lucie Monnat, publié le 14.01.2020 à 10h00

Photo en titre : Pour les scientifiques, l’avenir énergétique repose beaucoup sur le photovoltaïque. À condition de faire évoluer les mentalités. Image: Keystone

https://www.24heures.ch/stichwort/autor/lucie-monnat/s.html

PARIS, BERLIN ET LONDRES DÉCLENCHENT UN MÉCANISME POUR CONTRAINDRE L’IRAN SUR LE NUCLÉAIRE

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé, mardi 14 janvier, leur décision de saisir la commission mise en place dans le cadre du mécanisme de résolution des différends créé par l’accord de Vienne, afin de contraindre l’Iran à respecter ses engagements.

Regrettant la décision de Téhéran de s’affranchir des limites importantes fixées par l’accord de Vienne jusqu’à renoncer à la dernière limitation concernant le nombre de centrifugeuses, les trois pays européens cosignataires de l’accord -la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne- ont déclenché le mécanisme de règlement des différends prévu dans le texte. Ceci afin d’obliger les autorités iraniennes à revenir au respect de leur engagements.

Pour la Chine, c’est la sortie des USA de l’accord sur le nucléaire qui a provoqué la crise autour de l’Iran (© Sputnik . Ilya Pitalev)

«Nous n’avons plus d’autre choix, étant donné les mesures prises par l’Iran, que de faire part aujourd’hui de nos préoccupations quant au fait que l’Iran ne respecte pas ses engagements au titre du JCPoA [accord de Vienne, ndlr] et de saisir la Commission conjointe dans le cadre du mécanisme de règlement des différends, conformément aux dispositions du paragraphe 36 du JCPoA», indique un communiqué commun des ministères français, allemand et britannique des Affaires étrangères.

Le communiqué souligne que, malgré cette décision, les pays «ne rejoignent pas la campagne visant à exercer une pression maximale contre l’Iran»:

«Nous agissons en toute bonne foi avec l’objectif primordial de préserver l’accord et dans l’espoir sincère de trouver une solution pour sortir de l’impasse par le biais d’un dialogue diplomatique constructif, tout en restant dans son cadre. Nous espérons ramener l’Iran au plein respect de ses engagements au titre du JCPoA».

La France et la Russie veulent préserver l’accord sur le nucléaire iranien, selon Macron (© Sputnik . Alexeï Nikolski)

Les trois pays soulignent leur attachement au JCPoA et leur détermination à œuvrer avec toutes les parties prenantes pour préserver l’accord, lequel sert les intérêts de sécurité communs et renforce l’ordre international fondé sur des règles. Ils se disent également reconnaissants à la Russie et à la Chine de se joindre à leurs efforts en ce sens.

L’Iran s’affranchit de toute limite sur ses centrifugeuses

Téhéran a affirmé le 5 janvier ne plus se sentir tenu par aucune limite «sur le nombre de ses centrifugeuses» utilisées pour la production de combustible nucléaire.

Cette annonce a été faite deux jours après l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani à Bagdad, par un tir de drone américain, évènement qui a entraîné une nouvelle montée des tensions entre Téhéran et Washington.

Publié le 14 janvier 2020 à 12h29, mis à jour à 13h58

https://fr.sputniknews.com/international/202001141042901242-paris-berlin-et-londres-declenchent-un-mecanisme-pour-contraindre-liran-sur-le-nucleaire/

L’ASN MET EN DEMEURE EDF DE TRANSMETTRE CERTAINES ANALYSES LIÉES À LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

Note d’information: Le 7 janvier 2020, l’ASN a mis EDF en demeure de transmettre certains éléments requis par sa décision du 16 juillet 2013 relative à la maîtrise des nuisances et de l’impact sur la santé et l’environnement des installations nucléaires de base pour les sites du Blayais, du Bugey, de Chinon, de Chooz, de Cruas, de Gravelines, et de Saint-Laurent.

La décision du 16 juillet 2013 requiert que l’exploitant d’une installation nucléaire de base joigne au rapport de réexamen périodique de chaque installation :

  • une analyse des performances des moyens de prévention et de réduction des effets et nuisances engendrés par l’installation au regard de l’efficacité des meilleures techniques disponibles ;
  • une analyse de l’état chimique et radiologique de l’environnement portant sur l’installation et son voisinage.

EDF n’a pas joint ces éléments aux rapports de réexamens périodiques de certaines de ses installations transmis entre décembre 2015 et novembre 2018, dans les premières années suivant l’entrée en vigueur de ces dispositions. Ces rapports concernent les réexamens périodiques de sept installations définitivement arrêtées ou en démantèlement ainsi que le troisième réexamen périodique de sept réacteurs en fonctionnement. EDF s’est engagée à établir et transmettre les éléments requis au plus tard en juin 2021.

S’agissant d’un manquement aux dispositions de la décision du 16 juillet 2013, l’ASN a encadré le calendrier de transmission de ces éléments par une mise en demeure.

Liste des installations concernées :

  • réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire du Blayais ;
  • réacteurs A1, A2 et B2 et atelier des matériaux irradiés de la centrale nucléaire de Chinon ;
  • réacteurs 1 et 4 de la centrale nucléaire de Cruas ;
  • réacteur 5 de la centrale nucléaire de Gravelines ;
  • réacteurs A1, A2 et B1 de la centrale nucléaire de Saint-Laurent ;
  • réacteur A de la centrale nucléaire de Chooz ;
  • réacteur 1 de la centrale nucléaire de Bugey.

Publié le 13 janvier 2020

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/L-ASN-met-en-demeure-EDF-de-transmettre-certaines-analyses-liees-a-la-protection-de-l-environnement

CONGO : LE CRISPAL ACCUSE MARIE NTUMBA NZEZA DE RETARDER LA RATIFICATION DU TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Le collectif « Cri de Secours contre la Prolifération des Armes légères en Afrique », CRISPAL-Afrique membre de la Campagne internationale pour Abolir les armes nucléaires (ICAN) appelle Félix Tshisekedi à ratifier le Traité sur l’interdiction des Armes Nucléaires au cours de cette année 2020. 

« Nous sommes effectivement à la présidence de la République au palais de la nation pour déposer un mémorandum plaidant en faveur de la ratification du traité sur l’interdiction des armes nucléaires ; nous demandons au président de la République, chef de l’État d’instruire Madame la ministre des affaires étrangères de transmettre au parlement sans délai le projet de loi portant ratification du traité sur l’interdiction des armes nucléaires enfin de permettre aux deux chambres du parlement d’examiner et d’adopter les dix projets », a dit Jean-Paul MATUK MUNAN, Directeur Exécutif de cette organisation.

Un mémo a été déposé à la présidence ce lundi. 

« C’est juste un appel à la cohérence, je rappelle ici que la République démocratique du Congo fait partie de 122 États qui ont soutenu l’adoption dudit traité au niveau des Nations Unies.  La République Démocratique du Congo a même signé officiellement ledit traité exactement le 20 septembre 2017 et en octobre 2018 le gouvernement de la République démocratique du Congo a promis de ratifier le traité. Nous sommes en 2020, c’est un dysfonctionnement total », a-t-il ajouté. 

CRISPAL accuse Ntumba Nzeza d’être derrière ce blocage.

« Madame la ministre s’illustre dans le blocage du bon fonctionnent des institutions. Nous avons encore espoir qu’après le dépôt de ce mémorandum, le parlement pourra recevoir le projet de loi portant autorisation de ratification du traité sur l’interdiction des armes nucléaires enfin que celui-ci autorise le gouvernement à pouvoir le ratifier », a-t-il déclaré avant d’ajouter. « Cette démarche trouve tout son sens dans l’inquiétude croissante de la communauté internationale face aux conséquences humanitaires, environnementales catastrophiques.  Cette activité s’inscrit dans le cadre des actions que nous sommes en train de mener en prévision du grand forum international de Paris pour le désarmement nucléaire ».

À ce jour, les 25 États africains suivants ont signé le Traité: Afrique du Sud, Algérie, Angola, Bénin, Botswana, Comores, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Lesotho, Libye, Madagascar, Malawi, Namibie, Nigeria, République du Congo, Seychelles, Tanzanie et Togo. L’Afrique du Sud et la Gambie l’ont ratifié, et les États susmentionnés ainsi que d’autres poursuivent maintenant la ratification. Le TIAN entrera en vigueur une fois que 50 États l’auront ratifié ; au 10 Janvier 2020, 34 États ont fait cette démarche au niveau mondial.  

Publié le lundi 13 janvier 2020 à 16h20

https://actualite.cd/2020/01/13/le-crispal-accuse-marie-ntumba-nzeza-de-retarder-la-ratification-du-traite-sur

IRENA : LA PART DU RENOUVELABLE DANS LE MIX ÉNERGÉTIQUE DOIT DOUBLER DÈS 2030 POUR L’ATTEINTE DES OBJECTIFS CLIMATIQUES

(Agence Écofin) – La part des énergies renouvelables dans le mix énergétique mondial devra doubler d’ici 2030 pour atteindre les objectifs climatiques. Le renouvelable devra fournir, à l’orée de la prochaine décennie, 57 % de l’énergie consommée contre 26 % actuellement.

C’est ce qui ressort de la nouvelle étude « 10 years : Progress to Action », publiée par l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA). La capacité des centrales à énergie renouvelable devra ainsi passer de 2,4 TW actuellement à 7,7 TW.

L’atteinte de cet objectif nécessitera de doubler également les investissements qui devront passer des 330 milliards $ annuels actuels à près de 740 milliards $. En termes de mobilisation de ces fonds, l’IRENA propose qu’une partie des 10 000 milliards $ prévus pour être injectés dans les énergies fossiles d’ici à 2030, soient redirigés vers le renouvelable.

Un changement de destination qui permettra aux investisseurs de réduire leur exposition au risque de perte de valeur encouru par les actifs basés sur les énergies fossiles. « Nous sommes entrés dans la décennie de l’action pour les énergies renouvelables, une période au cours de laquelle le système énergétique se transformera à une vitesse sans précédent », a affirmé Francesco La Camera, le directeur général de l’IRENA.

Ces investissements supplémentaires dans les énergies propres permettront également des économies externes conséquentes en termes de réduction des pertes causées par l’inaction. Ces économies se situeront entre 1 600 et 3 700 milliards $, soit trois à sept fois le coût des investissements nécessaires.

Par Gwladys Johnson Akinocho, publié le 13 janvier 2020

https://www.agenceecofin.com/energies-renouvelables/1301-72706-irena-la-part-du-renouvelable-dans-le-mix-energetique-doit-doubler-des-2030-pour-l-atteinte-des-objectifs-climatiques

Lire aussi:

31/05/2019 – Énergies renouvelables : une chute exceptionnelle des coûts en 2018 renforce et accroît leur rentabilité face au fossile

EMMANUEL MACRON CANCRE CLIMATIQUE, SELON LES ONG

Pour les ONG écologistes qui ont présenté vendredi 10 janvier leur analyse de la politique climatique de M.Macron, celle-ci est très insuffisante.

La conversion climatique du président de la République ? Les ONG du mouvement climatique et social en doutent. Vendredi 10 janvier, quelques heures avant l’audition de M. Macron, elles ont livré leur bilan – désastreux –, de l’action climatique du gouvernement. Ainsi, les budgets carbones de la France ont été dépassés chaque année entre 2015 et 2018, avec un dépassement de 4,8 % en 2018, en particulier dans les secteurs du transport et du bâtiment. Face à ces mauvais résultats, plutôt que d’accélérer l’adoption de mesures, le gouvernement a préféré baisser les objectifs pour 2023 de budget carbone et de baisse de consommation d’énergie dans la stratégie nationale bas carbone. En matière de transports, malgré quelques avancées inscrites dans la loi d’orientation des mobilités (zones à faibles émissions, plan vélo), les émissions liées aux véhicules neufs ont augmenté entre 2016 et 2018, ainsi que la part du fret routier dans le transport de marchandises et la consommation de kérosène. Le plan de rénovation énergétique des logements affiche un retard abyssal, le secteur du bâtiment dépassait de 14,5 % son objectif de réduction des émissions en 2018 et il est toujours possible pour les propriétaires de louer une passoire énergétique, en dépit des promesses de campagne de M. Macron. La France est également à la traîne dans le déploiement des énergies renouvelables, préférant investir dans le maintien coûte que coûte d’un parc nucléaire en fin de vie. Idem pour les projets d’infrastructures dévoreurs de terres agricoles : si le gouvernement a abandonné les projets d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et de méga-centre commercial Europacity, il ne renonce pas aux multiples projets de contournements routiers et d’extensions aéroportuaires, malgré l’objectif de « zéro artificialisation nette » inscrit dans le plan biodiversité.

Pour Véronique Andrieux, directrice du WWF, l’exemple de l’huile de palme illustre parfaitement le grand écart entre les discours et les actes du président de la République. « Depuis douze mois, on voit les forêts brûler partout dans le monde, notamment en Amazonie. Le gouvernement français pousse pour une réglementation européenne contre la déforestation importée et a adopté il y a un an une stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée. Mais dans le même temps, il fait son maximum pour maintenir l’avantage fiscal accordé à l’huile de palme, alors même que l’Assemblée nationale a rejeté cet avantage deux années de suite, en 2018 et 2019 ! » Et quand le Parlement lui ferme la porte, le gouvernement tente sa chance par la fenêtre. « Le 19 décembre 2019, on a découvert une note exonérant certains produits de l’huile de palme, les Palm Fatty Acid Distillate, de la suppression de l’avantage fiscal. Ce qui est à la fois contraire aux discours du gouvernement, à la stratégie nationale contre la déforestation importée et à la réglementation européenne », s’est-elle insurgée.

Les ONG accusent le gouvernement de se dissimuler derrière la Convention citoyenne pour le climat pour remettre à plus tard des décisions importantes en matière de climat et de biodiversité. Mais elles veulent néanmoins croire en cette assemblée tirée au sort. « Ce qui est intéressant, ce sont les inquiétudes formulées par le gouvernement sur une radicalisation de la convention, observe Cécile Duflot, directrice d’Oxfam. La convention respecte la composition sociale, géogaphique et politique de la France, et a compris la nécessité d’un changement de modèle. C’est encourageant ! »

Par Émilie Massemin (Reporterre),publié le 11 janvier 2020  

https://reporterre.net/Emmanuel-Macron-cancre-climatique-selon-les-ONG

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TRUMP AFFICHE SON SOUTIEN AU PEUPLE IRANIEN MAIS ACCEPTE UN DIALOGUE AVEC ROHANI

Donald Trump a mis en garde dimanche l’Iran contre la répression des manifestations. Son ministre de la Défense a assuré qu’il était néanmoins prêt à discuter avec Téhéran.

Une surprenante bienveillance. Dimanche, le président américain Donald Trump et son homologue iranien Hassan Rohani étaient tous deux prêts à dialoguer. Le contexte est pourtant explosif après l’assassinat le 3 janvier du général iranien Qassem Soleimani en Irak par un tir de drone américain. Téhéran avait répliqué en bombardant deux bases américaines en Irak. « Nous voulions (montrer) que nous pouvons frapper n’importe quel point choisi par nous », a déclaré dimanche le général de division Hossein Salami, ajoutant que le but n’était pas de « tuer des soldats ennemis ».

Donald Trump est prêt à discuter avec l’Iran « sans condition préalable », a déclaré dimanche le ministre américain de la Défense, Mark Esper. Les États-Unis sont prêts à évoquer « une nouvelle voie, une série de mesures qui feraient de l’Iran un pays plus normal », a expliqué le chef du Pentagone sur la chaîne CBS.

LIRE AUSSI > Iran : pataquès après la brève interpellation de l’ambassadeur britannique

L’Iran et le Qatar sont convenus dimanche lors d’une rencontre à Téhéran que la « désescalade » était la seule sortie possible aux graves tensions dans la région, a déclaré l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani. « Nous sommes convenus (…) que la seule solution à (la) crise passe par la désescalade et le dialogue », a déclaré l’émir après avoir rencontré Hassan Rohani. Le président iranien a rencontré également le ministre des Affaires étrangères pakistanais Shah Mehmood Qureshi, dont le pays a proposé ses bons offices pour tenter de rapprocher l’Iran et l’Arabie saoudite.

La situation demande « plus que jamais un renforcement des relations entre États » de la région, a jugé l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien.

Donald Trump a écrit au peuple iranien qu’il se tient « à ses côtés », alors que des manifestations ont eu lieu samedi à Téhéran, notamment devant la prestigieuse université Amir Kabir. La foule a lancé des slogans dénonçant « les menteurs » et réclamant des poursuites contre les responsables de la destruction du Boeing ukrainien, mercredi, abattu « par erreur » en faisant 176 morts.

« Nous suivons de près vos manifestations, et votre courage nous inspire », a-t-il ajouté le président américain. « Il ne peut pas y avoir un autre massacre de manifestants pacifiques, ni une coupure d’internet ». « Le monde regarde », a souligné le président américain.

Nucléaire : les Européens veulent le respect de l’accord

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont appelé ensemble dimanche l’Iran à revenir « au plein respect » de ses obligations au titre de l’accord sur le nucléaire iranien, que Téhéran a commencé à détricoter dans un contexte de tensions avec les États-Unis.

Par Le Parisien avec AFP, publié le 12 janvier 2020 à 17h32, modifié le 13 janvier 2020 à 06h27

Photo en titre : À Téhéran, devant la prestigieuse université Amir Kabi, la foule a réclamé des poursuites contre les responsables de la destruction du Boeing ukrainien. AFP/Atta KENARE.

http://www.leparisien.fr/international/trump-tweete-son-soutien-au-peuple-iranien-en-farsi-tout-en-acceptant-un-dialogue-avec-rohani-12-01-2020-8234469.php

NUCLÉAIRE IRANIEN : PARIS, LONDRES ET BERLIN EXHORTENT TÉHÉRAN À RESPECTER L’ACCORD

Ce dimanche, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont appelé l’Iran à revenir « au plein respect » de ses obligations au titre de l’accord sur le nucléaire iranien, que Téhéran a commencé à détricoter dans un contexte de tensions avec les États-Unis.

« Aujourd’hui, notre message est clair : nous restons attachés à l’accord sur le nucléaire et à sa préservation ; nous exhortons l’Iran à annuler toutes les mesures incompatibles avec l’accord ; nous appelons l’Iran à s’abstenir de toute nouvelle action violente ou de prolifération ; et nous restons prêts à engager le dialogue avec l’Iran sur cette base afin de préserver la stabilité de la région », indiquent les trois pays dans une déclaration commune qui réaffirme leur position sur le dossier.

À lire sur le sujet : Des signes ténus de désescalade entre l’Iran et les États-Unis

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont les trois pays européens qui ont signé en 2015, avec les États-Unis, la Chine et la Russie, l’accord avec l’Iran sur le nucléaire, dont Donald Trump a décidé de sortir en 2018. Le président américain a récemment appelé les Européens à claquer, à leur tour, la porte de l’accord et à renforcer leur propre effort militaire au Moyen-Orient.

« Profonde préoccupation »

Paris, Londres et Berlin préfèrent rappeler leur attachement à l’accord, tout en estimant « essentiel que l’Iran revienne au plein respect de ses obligations au titre de l’accord ».

« Nous avons exprimé notre profonde préoccupation face aux actions entreprises par l’Iran en violation de ses engagements depuis juillet 2019. Ces actions doivent être infirmées », ajoutent les trois capitales européennes.

Téhéran a affirmé, le 5 janvier, ne plus se sentir tenu par aucune limite « sur le nombre de ses centrifugeuses » utilisées pour la production de combustible nucléaire.

Répondre par la diplomatie

Cette annonce a été faite deux jours après l’élimination du général iranien Qassem Soleimani à Bagdad, par un tir de drone américain, point culminant d’une montée des tensions entre Téhéran et Washington.

Londres, Berlin et Paris soulignent, dans leur déclaration, leur « disposition » à œuvrer « en faveur de la désescalade et de la stabilité dans la région ». Ils réaffirment la nécessité de « répondre – par la diplomatie et de manière significative – aux préoccupations communes concernant les activités régionales déstabilisatrices de l’Iran, y compris celles liées à ses programmes de missiles ».

« Nous devrons également définir un cadre de long terme pour le programme nucléaire de l’Iran », soulignent-ils.

Dans leur communiqué, les Européens citent le rôle joué par les « corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et la force Al-Qods », chargée des opérations extérieures de Téhéran, dans les « événements récents » qui « ont mis en évidence le rôle déstabilisateur de l’Iran dans la région ».

Publié le 12 janvier 2020 à 20h49

https://www.letelegramme.fr/monde/nucleaire-iranien-paris-londres-et-berlin-exhortent-teheran-a-respecter-l-accord-12-01-2020-12476553.php

MOTZ EN SAVOIE : LE MAIRE ACHÈTE 500 PILULES D’IODES EN CAS D’INCIDENT NUCLÉAIRE

Olivier Berthet a pris la décision de munir sa commune de pastilles d’iode. En cas d’accident nucléaire, le maire estime que les mesures prévues par les pouvoirs publics sont insuffisantes alors que Motz est situé à une trentaine de kilomètres de la centrale du Bugey.

Par Émeline DEVAUCHELLE, publié le 13janvier 2020 à 06h05, mis à jour à 06h13

Pour retrouver cet article et écouter le maire de Motz (1mn48s), cliquer sur :

https://www.ledauphine.com/societe/2020/01/13/centrale-nucleaire-du-bugey-le-maire-de-motz-veut-alerter-les-pouvoirs-publics

L’UE MET EN GARDE CONTRE UNE FIN DE L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell a averti vendredi à Bruxelles que l’Iran devait se conformer à ses engagements pour éviter la fin de l’accord sur le nucléaire, qu’il n’a pas exclue.

« Nous sommes désireux de maintenir cet accord mais pour cela nous avons besoin que l’Iran remplisse ses engagements » et « revienne à un respect total de l’accord sans délai« , a souligné M. Borrell à l’issue d’une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères des 28.

« Nous croyons fermement qu’il est dans notre intérêt de préserver le JCPOA (sigle de cet accord signé en 2015) autant que possible« , a-t-il poursuivi au cours d’une conférence de presse. « Sans (cet accord), l’Iran serait une puissance nucléaire« .

Le responsable européen a répété « regretter » la décision des États-Unis qui s’en sont retirés en 2018 et ont rétabli des sanctions. Le point de départ d’une nouvelle crise entre Washington et Téhéran qui a culminé avec l’élimination le 3 janvier à Bagdad, par un tir de drone américain, du général iranien Qassem Soleimani.

« Peut-être que nous ne pourrons pas éviter que le JCPOA soit finalement annulé, parce qu’il est possible que le mécanisme de règlement des différends soit activé, et je ne peux pas exclure que cela arrive« , a concédé Josep Borrell, tout en ajoutant qu' »aujourd’hui l’état d’esprit général était à éviter que cela n’arrive« .

L’Iran a aussi commencé à détricoter l’accord, affirmant dimanche dernier ne plus se sentir tenu par aucune limite « sur le nombre de ses centrifugeuses » utilisées pour la production de combustible nucléaire.

Transparence sur le crash

La France et l’Allemagne ont averti que si l’Iran ne revenait pas à un respect de ses engagements, elles pourraient décider de déclencher un mécanisme de règlement des différends prévu dans l’accord, pouvant mener à terme au rétablissement de sanctions par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Mais la décision d’entamer cette procédure n’a pas été discutée vendredi, a précisé M. Borrell. Les Européens attendent le résultat d’inspections de l’ONU sur le terrain.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a averti vendredi matin sur la radio RTL que si les Iraniens « poursuivent le détricotage de l’accord de Vienne, dans un délai assez proche, entre un an et deux ans, ils pourraient accéder à l’arme nucléaire« . « Ce qui n’est pas envisageable« , a-t-il poursuivi, insistant sur le nécessaire respect de l’accord.

Les ministres européens réunis à Bruxelles ont aussi appelé Téhéran à la transparence sur le crash du Boeing ukrainien mercredi en Iran.

Plusieurs pays occidentaux, notamment le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni, estiment que la catastrophe, qui a causé la mort de 176 personnes, a sans doute été provoquée par un missile iranien tiré par erreur, ce que l’Iran dément. (NDLR : confirmé par l’Iran depuis 24 h)

« Rien ne doit être mis sous le tapis, si c’était le cas ce serait un terrain propice de nouveau à la défiance« , a souligné le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a aussi jugé qu’il n’y avait « aucune raison de ne pas croire » à la piste du missile évoquée par plusieurs pays membres de l’Alliance.

À propos de la crise en Libye, autre sujet au menu de la réunion de vendredi, M. Borrell a exprimé la volonté des Européens de s’engager en vue d’une solution politique.

Il a relevé les risques créés par le conflit, en particulier avec la présence de plus en plus signalée de « combattants en provenance de Syrie et du Soudan« . Plus tôt dans la semaine, c’est « l’ingérence de la Turquie » qu’avait condamnée Josep Borrell.

Par AFP, publié le 10 janvier 2020

Photo en titre : Le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell. AFP / Kenzo TRIBOUILLARD

https://www.lorientlejour.com/article/1201886/lue-met-en-garde-contre-une-fin-de-laccord-sur-le-nucleaire-iranien.html

LA PERFORMANCE DU BON ÉLÈVE DANOIS : 75 % D’ÉLECTRICITÉ RENOUVELABLE EN 2019

En 2019 le Danemark a couvert 75 % de sa consommation d’électricité par les énergies renouvelables, dont 47% d’éolien, 3% de solaire et environ 25 % de biomasse. Le pays est donc sur la bonne route dans sa transition vers 100 % d’énergie décarbonée, sans recours au nucléaire. Il indique la voie à suivre aux autres États.

Comme chaque année, Energinet, le réseau danois de transport d’électricité a été le premier, ce 2 janvier, à publier les chiffres du mix électrique consommé par son pays en 2019. Un rapport chaque fois fort attendu puisque le Danemark est champion d’Europe en matière de production d’électricité par les parcs éoliens. Le record datait de 2017, le vent ayant cette année-là fourni 43% du courant électrique consommé par le petit royaume scandinave.
Après un léger recul à 41 % en 2018 – en raison d’une vitesse moyenne des vents historiquement faible – les éoliennes danoises ont atteint un nouveau sommet en 2019, fournissant environ 47 % de l’électricité consommée. Si l’on y ajoute les 3% injectés dans le réseau par les installations photovoltaïques, le pays est donc le premier, en Europe, et probablement au monde, à produire la moitié de son électricité par des sources d’énergie intermittentes.

La prouesse est d’autant plus épatante que, selon le Conseil européen des Régulateurs de l’Énergie (CEER), le Danemark figure à la 3e place du classement des États européens dont les réseaux électriques sont les plus stables. L’exemple danois oppose ainsi un démenti cinglant à tous ceux qui, aujourd’hui encore, affirment toujours l’impossibilité pour les réseaux électriques de supporter plus de 20 % d’énergie renouvelable dans le mix de production d’un pays.

La performance danoise est notamment rendue possible grâce à deux câbles sous-marins d’interconnexion qui relient le pays aux installations de pompage turbinage (STEP) situées en Norvège et en Suède. Celles-ci permettent de compenser la production irrégulière des éoliennes puisque le Danemark étant un pays plat, il ne dispose pas de capacité hydroélectrique.

Les centrales à biomasse qui ont produit environ 25 % de l’électricité consommée par les danois en 2019, participent aussi à ce rôle régulateur. En effet, leur puissance pilotable peut être réduite lorsque les éoliennes tournent à plein régime, et relancée dans le cas contraire. Une fonction remplie dans d’autres pays par des centrales au gaz ou au charbon quand il ne s’agit pas de nucléaire.

Les chiffres publiés par l’AIE (Agence Internationale de l’énergie) révèlent qu’en 2010 le charbon, le gaz et le pétrole produisaient encore 66,1 % de l’électricité de ce pays producteur d’hydrocarbures en Mer du Nord depuis les années 1970. Or, ces énergies fossiles n’intervenaient plus en 2018 qu’à raison de 28,4 % dans le mix électrique. Une chute de presque 40 % due essentiellement à l’essor des énergies renouvelables puisque les danois ont toujours renoncé au nucléaire.

Contrairement à ce qu’affirment les lobbies opposés aux énergies vertes, une proportion importante de sources intermittentes d’énergie renouvelable dans le mix électrique d’un pays n’engendre donc absolument pas la nécessité d’un recours accru aux énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre ou au nucléaire producteur de déchets radioactifs.

Production d’électricité au Danemark par source d’énergie. On observe la forte régression des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) et la montée concomitante des renouvelables (éolien et biomasse). Source : AIE (Agence internationale de l’énergie)

Le rôle essentiel de la biomasse

Visant la neutralité carbone et l’abandon complet des énergies fossiles d’ici 2050, le gouvernement danois a dévoilé en avril 2018 un nouveau programme intitulé « Energy for a green Denmark ». Objectif intermédiaire : 50 % d’énergie renouvelable et sortie du charbon d’ici 2030.

Outre le projet de doubler la capacité de production du parc éolien par la construction d’îles artificielles entourées d’éoliennes offshore, le plan gouvernemental table aussi sur la conversion à la biomasse des centrales au charbon.

Selon les données de l’Agence danoise de l’énergie, la consommation de biomasse solide pour la production d’électricité a fortement augmenté dans le royaume au cours des 5 dernières années, passant notamment de 27,84 GWh en 2014 à 37,12 GWh en 2017, ce qui correspond à une croissance de 33% en 3 ans. Cette augmentation résulte en grande partie du remplacement du charbon ou du gaz par des granulés et des plaquettes de bois dans plusieurs grandes centrales de cogénération du pays, comme celles de Studstrup 3 et Avedore 1 en 2016, et de Skoerboek 3 en 2017.

Parallèlement aux conversions massives de ces grosses unités, les petites cogénérations à base de paille et les installations de biométhanisation fleurissent dans les campagnes et les fermes danoises.

Située à Avedore, la plus grande centrale au charbon du Danemark a été convertie à la biomasse en 2016

Résultat : en 2018 les statistiques officielles annonçaient une part de 22% de la biomasse dans la couverture des consommations d’électricité du pays. Nous n’avons pas encore connaissance des chiffres pour 2019, mais la centrale au charbon d’Asnæs ayant été convertie à son tour à la biomasse, nous estimons qu’une croissance d’au moins 3 % s’est poursuivie l’année dernière, portant la proportion d’électricité produite par la biomasse à plus de 25 % de la consommation du pays.

Au total les danois ont donc produit en 2019 environ 75 % de leur électricité par des sources d’énergie renouvelable. Certains pays européens font certes encore mieux, mais la performance est néanmoins remarquable puisque le Danemark, contrairement à la Norvège ou la Suède, ne dispose pas d’un potentiel hydroélectrique important, ne peut pas compter sur la géothermie comme en Islande, ne possède pas de vastes forêts comme en Finlande et ne jouit pas d’un bon ensoleillement.

Entourée presque entièrement de mers, la péninsule danoise pourrait cependant compter sur un autre atout : celui des énergies marines. Selon EurObserv’ER, l’énergie des vagues et des courants marins pourrait répondre à 10 % des besoins électriques européens d’ici 2050. Bien placées pour les exploiter, plusieurs startups danoises comme WaveStar, Crestwing ou Wavepiston déploient actuellement des projets pilotes dont les résultats ne sont toutefois pas attendus avant quelques années.

En bonne voie pour réussir sa transition vers la neutralité carbone en 2050, sans nucléaire, le Danemark pourrait donc servir d’exemple à de nombreux autres États.

Par Bernard Deboyser, publié le 10 Janvier 2020

https://www.revolution-energetique.com/la-performance-du-bon-eleve-danois-75-delectricite-renouvelable-en-2019/

NDLR: Conclusion: quand on veut, on peut! Donc si on vous dit qu’en France on ne peut pas, c’est qu’en réalité on ne veut pas, religion du nucléaire oblige!

CENTRALE NUCLÉAIRE : EN 2019, 33 INCIDENTS ONT ÉTÉ DÉCLARÉS À GOLFECH

Lors d’une journée regroupant l’ensemble de ses employés, la centrale nucléaire a fait le point sur la sécurité et la sûreté. Deux domaines sensibles secoués l’an passé en raison de 33 incidents déclarés auprès de l’autorité de surveillance nucléaire.

Alors que le premier incident technique de l’année était signalé, hier matin, auprès de l’autorité de sûreté nucléaire (lire notre encadré), la centrale de Golfech organisait sa journée évènementielle consacrée à la sécurité et à la sûreté. Une concomitance quelque peu gênante alors que le directeur Nicolas Brouzeng n’a pas occulté les difficultés rencontrées au cours de l’année dernière. « En 2019, nous ne sommes pas satisfaits de nos performances de sûreté« , explique-t-il « les évènements que nous avons déclarés sont plus importants que d’habitude« . 33 pour être des plus précis. « Ce qui représente une hausse de 10-20 % par rapport à l’année précédente« , souligne le directeur « nos performances de sûreté sont dégradées« . Des incidents qui ont « un peu déstabilisé » la structure.

Toutefois, le responsable insiste que « ces incidents n’ont eu aucune incidence sur le plan de la santé ou de l’environnement« .

La technologie évolue, les risques aussi

Ce constat nécessite l’apport de « réponses vigoureuses« . Déjà, les causes ont été établies notamment en pointant « un renouvellement du personnel et l’érosion de l’expérience« . « Il est important de restaurer cette stabilité« , précise le directeur de Golfech.

La culture sûreté doit être renforcée « notamment avec des analyses approfondies« . « Les fondamentaux, l’organisation, le retour d’expérience et des managers plus professionnels dans le partage des exigences« , seront les autres axes de travail pour améliorer ce secteur.

Cette journée organisée à Agen a permis aussi de sensibiliser sur l’aspect sécuritaire. « Les choses évoluent aussi dans ce domaine« , renchérit le directeur. Une cinquantaine de gendarmes assure la protection permanente du site de Golfech. « Ils s’entraînent au quotidien pour déjouer tout ce qui pourrait toucher la centrale« . Un travail impressionnant notamment en matière de cybersécurité. « La technologie évolue, les risques également« , évoque Nicolas Brouzeng.

Ce dossier de la sécurité, en tout cas, est au cœur de toutes les attentions, comme du programme d’envergure en termes de travaux. « Golfech est plus sûr qu’à ces débuts« , conclut le directeur qui précise « de gros volumes de travaux au cours de la troisième décennale« .

Premier incident en 2020

Le premier incident de la nouvelle année a été signalé, hier matin, par la centrale nucléaire. Il concerne la position des grappes de commandes du second réacteur. Un évènement de type 1 a été mentionné auprès du gendarme du nucléaire. La direction du site a précisé que cet incident « n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, sur la sécurité du personnel, ni sur l’environnement ». Ce problème a été relevé le 3 janvier dernier. Des agents d’EDF se sont aperçus que les grappes permettant de réguler la puissance et la température du réacteur ne sont pas dans la position requise. « Elles sont légèrement trop basses », confirme-t-on à la direction de Golfech.

Par Christophe Cibola, publié le 11 janvier 2020 à 5h14, mis à jour à 10h34

Photo en titre : Une journée consacrée à la sécurité, à la sûreté, aux simplifications et aux suggestions a été organisée, hier, à Agen par la centrale nucléaire de Golfech. / Photo Jean-Michel Mazet

https://www.ladepeche.fr/2020/01/11/en-2019-33-incidents-ont-ete-declares-a-golfech,8654422.php

GENÈVE S’OPPOSE AUX DEUX NOUVEAUX RÉACTEURS FRANÇAIS

Le Canton et la Ville tenteront d’empêcher l’expansion de la centrale du Bugey, dans l’Ain. La partie s’annonce difficile.

Les autorités genevoises vont s’opposer au développement de la centrale nucléaire du Bugey, voulu par le département français de l’Ain. Ce dernier a fait acte de candidature pour l’accueil de deux réacteurs de troisième génération, comme nous le révélions dans «Le Matin Dimanche». Le site se trouve à une soixantaine de kilomètres de Genève. Ville et Canton ont donc décidé de monter au créneau. Le président du Conseil d’État, le Vert Antonio Hodgers, affirme avoir appris la nouvelle dans la presse «avec une certaine stupéfaction».

Le Gouvernement va prendre ses dispositions contre ce projet. «Le canton a une obligation constitutionnelle à s’opposer à la construction de ces deux nouveaux réacteurs et il va le faire» affirme le ministre. Les modalités de cette procédure restent encore à déterminer. L’État est en effet tenu d’agir par la nouvelle constitution. «Les autorités cantonales s’opposent par tous les moyens à leur disposition et dans la limite de leurs compétences aux installations de centrales nucléaires, de dépôts de déchets radioactifs et d’usines de retraitement sur le territoire et au voisinage du canton», prévoit ainsi l’article 169.

La Ville de Genève devrait emboîter le pas à l’État. Le conseiller administratif Rémy Pagani «va faire la proposition de s’opposer à la candidature du choix du site. C’est une procédure légale qui est utilisée régulièrement en France», rapporte sa porte-parole Anaïs Balabazan. L’élu d’Ensemble à Gauche regrette le manque de communication avec le département de l’Ain. «Bien que la Ville le souhaite, nous n’avons jamais pu obtenir un contact avec les autorités françaises, alors que nous avons été admis comme autorités cantonale et municipales au sein de la commission locale d’information au Bugey et que nous avons rencontré officiellement en son temps l’autorité de surveillance du nucléaire français (ASN)

Élus antinucléaires

Au-delà d’une volonté de respecter les obligations constitutionnelles, les deux élus font aussi part de leur position contre l’atome. «Voir qu’en 2020, à l’heure de la transition écologique, des alternatives au nucléaire ne sont pas sérieusement discutées est intriguant, estime ainsi Antonio Hodgers. De plus, on sait aujourd’hui que ce site est confronté à un risque sismique, à un risque d’inondation voire à une combinaison des deux

Rémy Pagani rappelle les difficultés rencontrées par les centrales de troisième génération puisque «les EPR sur les sols anglais comme français, ont accumulés des retards considérables». Ainsi, la France n’est toujours pas parvenue à terminer de bâtir une installation fonctionnelle. La construction de la première, à Flamanville (Normandie), a débuté en 2007. Maintes fois repoussée, la mise en service ne s’effectuera pas avant 2022. Entretemps, les coûts sont passés de 3 milliards à 12 milliards d’euros. «La technologie des EPR est une technologie non-maîtrisée et insécure, qui produira les mêmes impasses au niveau du traitement des déchets que la filière nucléaire actuelle», juge Rémy Pagani.

Peu de chance que la France écoute

Le département de l’Ain reconnaît ne pas avoir encore pu échanger sur ce sujet avec Genève. «Il a fallu décider cet acte de candidature commun avec la région Auvergne-Rhône-Alpes, les communes et la communauté de communes concernées en toute fin d’année. Le calendrier était court car fixé par EDF, qui doit faire remonter les propositions au gouvernement d’ici début 2020», explique François Genest, directeur de cabinet du président du Conseil départemental. L’État veut en effet construire six réacteurs EPR répartis en trois sites. Le processus sera long et impliquera une large consultation. L’opposition genevoise n’a toutefois que peu de chance d’être entendue par les Français. «Nous serons évidemment attentifs à la position de nos amis du canton de Genève, avec lequel nous échangeons régulièrement, mais il s’agit d’une décision qui relève de la souveraineté et de l’indépendance énergétique française», prévient François Genest.

Les deux gouvernements genevois, de la Ville et du Canton, sont déjà engagés dans une procédure visant la centrale du Bugey, mise en service en 1972. Ils sont représentés par l’avocate Me Corinne Lepage, ancienne ministre française de l’environnement. Une plainte pénale a en effet été déposée en France il y a un an pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux. La procédure, pour laquelle les autorités genevoises se sont constituées partie civile, est toujours en instruction. À noter qu’une première plainte, déposée en 2016, avait été classée par le parquet du Tribunal de grande instance de Paris.

Par Julien Culet, publié le 10.01.2020 à 18h18

Photo en titre : La centrale du Bugey a été mise en service en 1972. Image: AFP

https://www.24heures.ch/suisse/geneve-s-oppose-deux-nouveaux-reacteurs-francais/story/11047053

Sur le même site, complément à cet article :

Une centrale aux incidents réguliers

Âge : La centrale nucléaire du Bugey, qui pourrait accueillir deux réacteurs de troisième génération, est une des plus anciennes de France. Sa construction a débuté en 1965, pour une mise en service en 1972. Elle est située à Saint-Vulbas, dans l’Ain, à une soixantaine de kilomètres de Genève.

Importance : Le site comprenait à l’origine cinq réacteurs. Le démantèlement du numéro un a débuté en 1994. Il sera achevé à l’horizon 2025. Les quatre autres réacteurs fonctionnent depuis 40 ans. Ils assurent la production d’environ 40% de l’énergie consommée par la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Risques Le principal danger identifié est une rupture du barrage de Vouglans sur la rivière Ain. Celui-ci est vieillissant. S’il lâche, il pourrait entraîner une inondation au Bugey, laissant craindre une catastrophe de type Fukushima.

Incidents Le réacteur 2 a dû être arrêté en juillet dernier suite à un problème matériel rencontré au cours d’une maintenance. Il ne s’agit pas du premier incident. Une concentration anormale de radioactivité a ainsi été détectée fin 2017 dans les eaux souterraines à cause d’un problème technique. Enfin, la salle des machines du réacteur 5 a été victime d’un incendie en 2013 nécessitant un lourd déploiement de sécurité.

NUCLÉAIRE: LES DEMANDES NORD-CORÉENNES DOIVENT ÊTRE ACCEPTÉES

La Corée du Nord a averti samedi qu’elle ne reprendrait les négociations sur son programme nucléaire avec Washington que si les États-Unis donnent leur « accord total » à ses exigences. Malgré trois sommets, les pourparlers sont dans une impasse.

Le conseiller du ministère nord-coréen des affaires étrangères, cité par l’agence officielle KCNA, a confirmé que Pyongyang avait bien reçu la lettre du président américain Donald Trump souhaitant un bon anniversaire au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Mais il est « déraisonnable » d’espérer que Pyongyang reprenne les discussions uniquement parce que « les relations personnelles ne sont pas mauvaises » entre les deux dirigeants, a-t-il averti.

Les États-Unis doivent d’abord donner leur « accord total » sur les points soulevés par Pyongyang lors des précédentes discussions entre les deux pays, a-t-il affirmé.

Malgré trois sommets entre MM. Kim et Trump depuis juin 2018, dont le dernier en février 2019, les pourparlers entre les deux capitales sur la dénucléarisation sont dans une impasse.

Fin du moratoire

Et le conseiller nord-coréen s’est montré sceptique sur la possibilité d’une réponse positive de Washington, estimant que « nous savons bien que les États-Unis ne sont ni prêts ni en mesure de le faire« . « Nous savons quel chemin nous devons suivre et nous le suivrons« , a-t-il averti.

Kim Jong-un a annoncé le 1er janvier la fin du moratoire sur les essais nucléaires et de missiles balistiques intercontinentaux et promis une action « sidérante » contre les États-Unis.

Kim avait déclaré en 2018 que la Corée du Nord n’avait plus besoin d’essais nucléaires et d’essais de missiles balistiques intercontinentaux.

Dans les années précédentes, la Corée du Nord avait effectué six essais nucléaires et lancé des missiles capables d’atteindre l’intégralité du territoire continental des États-Unis.

Publié le 11 janvier 2020 à 12h41

Photo en titre : Donald Trump et Kim Jong-un se sont rencontrés trois fois, dont le 13 novembre dernier à Panmunjom (archives). KEYSTONE/AP/SUSAN WALSH

https://www.swissinfo.ch/fre/nucl%C3%A9aire–les-demandes-nord-cor%C3%A9ennes-doivent-%C3%AAtre-accept%C3%A9es/45486830

LES JEUX OLYMPIQUES 2020 NE DOIVENT PAS AVOIR LIEU AU JAPON : BOYCOTT !

Les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 sont un enjeu pour la nucléocratie internationale. Il s’agit de faire croire au monde, avec la complicité des Comités d’organisation sportifs des différents pays, que la catastrophe de Fukushima n’a pas existé ou au pire est définitivement réglée. Face à ce déni piloté par le gouvernement de Shinzo ABE qui met en scène ce grand spectacle sportif pour banaliser la radioactivité et « normaliser » la situation au nom de la reconstruction et de la finance : la mobilisation internationale des peuples est nécessaire. Elle s’organise.

Le JOC (comité japonais des JO) a prévu un budget astronomique de 1.800 milliards de yen (16 milliards d’euros) pour seulement deux semaines de Jeux. Pour les réfugiés de Fukushima, qui sont dans une situation matérielle extrêmement précaire (qu’ils soient partis volontairement ou pas), ce gaspillage d’argent public est une insulte insupportable ! Ces milliards devraient servir à la sécurisation de la centrale endommagée et à indemniser les personnes déplacées afin qu’elles puissent mener une vie décente.

La situation n’est pas sous contrôle, loin s’en faut

La décision d’accorder les JO à Tokyo a été prise sur la base de la déclaration-engagement du premier ministre Shinzo Abe devant l’assemblée générale du Comité international des JO (IOC) : à l’en croire, la situation de Fukushima serait totalement sous contrôle. Cette déclaration est tellement mensongère que l’on peut se demander si les membres du IOC ont été seulement manipulés ou s’ils ont été achetés par la filière mafieuse.

En réalité, le site de Fukushima-Daiichi est toujours dans une situation critique : 1573 lots de combustibles dorment encore dans les piscines installées au sommet des bâtiments des réacteurs 1, 2 et 3 dont les structures ont été sérieusement fragilisées par le séisme du 11 mars 2011.

Plus encore : selon les prévisions, Tokyo devrait être touché prochainement par un grand séisme vertical. Si, malheureusement, un tel autre séisme important devait se produire, les conséquences en seraient incommensurables : les piscines des centrales nucléaires se casseraient et, en l’absence d’eau de refroidissement, le processus de fusion s’amorcerait, sans qu’on ait les moyens de l’arrêter. Et il n’y a pas de plan d’évacuation !

Il n’y a qu’une seule explication possible pour le soutien irréfléchi à Tokyo de la majorité du CIO et c’est la corruption, comme cela avait été prouvé dans les précédentes offres olympiques de Sydney et de Salt Lake City. Il est bien connu au Japon que les caisses noires secrètes sont couramment utilisées pour gagner de tels événements à gros prix. Le Japon est à nouveau en train de corrompre la communauté internationale avec sa diplomatie habituelle de chéquier. En échange, les délégués du Comité olympique ont convenu d’ignorer les rejets incontrôlables de radiations dans l’océan Pacifique, le courant-jet et les nuages qui dérivent sur Tokyo. Comme le dit Yoichi Shimatsu, écrivain scientifique basé à Hong Kong et ancien rédacteur en chef du Japan Times Weekly à Tokyo :  » inviter les athlètes du futur, leurs familles et leurs spectateurs sur un territoire inondé de radiations, où un gouvernement corrompu a misérablement échoué à contenir une catastrophe en cours, est une action pénale équivalant à un homicide involontaire et même un meurtre prémédité. Le Comité olympique a trahi la confiance du public et devrait être complètement purgé et réorganisé ou les Jeux devraient cesser. »

Le sport et les sportifs ne doivent pas accepter de se prêter à cette sinistre mascarade

Shinzo Abe en digne représentant des intérêts des lobbies, notamment celui du nucléaire, voudrait absolument faire croire à un retour à la normale, sous prétexte que les JO sont des événements nationaux et internationaux d’un grand intérêt pour le pays. En occupant le devant de la scène, les images grandioses des JO lui permettraient de tirer le rideau sur la triste réalité de Fukushima. Et également de prétendre que le pays a achevé sa « reconstruction».

Il n’y a pas de spectacle plus efficace pour effacer des esprits les traces du désastre. Le monde entier croira que le Japon, tel le Phénix, se relève des cendres de la catastrophe. Dans cet esprit, le JOC est allé jusqu’à proposer au CIO de faire passer le porteur du feu sacré sur une route nationale de Fukushima, en zone contaminée. Et aussi d’organiser les matchs de baseball à Fukushima, ville contaminée mais qui devrait être considérée comme une zone de contrôle administrée acceptable. Une proposition finalement cyniquement validée.

Le Comité Français emboîte cyniquement et idiotement le pas de ce petit monde de criminels et prend la décision suicidaire d’envoyer de jeunes athlètes dans les retombées radioactives de Fukushima. Risquer la vie des jeunes et de leurs partisans est plus qu’une faute éthique, c’est un crime d’homicide coupable.

Le village olympique est contaminé

« J-Village » qui est le point de départ du relais de la flamme olympique de Tokyo 2020, est toujours contaminé avec notamment des « points chauds » dans le parking et les forêts voisines du complexe sportif de la préfecture de Fukushima. D’ailleurs, le 12 décembre 2019, le ministère japonais de l’environnement a annoncé que le hotspot radioactif de haut niveau identifié par Greenpeace un mois plus tôt et un hotspot nouvellement identifié auraient été supprimés par la Tokyo Electric Power Company (TEPCO). Malgré ces propos rassurants (mais mensongers) les nouvelles mesures réalisées dans les zones publiques dans et autour de J-Village les jours suivants (13 et 14 décembre) présentent toujours une contamination radioactive. 71 microSieverts par heure (µSv / h) près de la surface et 32µSv / h à 10 cm : tels sont les niveaux de  rayonnements extrêmement dangereux relevés le 26 octobre.

C’était écrit car les procédures standard de décontamination jusqu’à 20 mètres de la voie publique n’ont pas été respectées par TEPCO, seuls les points chauds spécifiques ont été supprimés sur une superficie d’environ 1 mètre carré. Pourtant l’environnement autour présentait aussi des niveaux de rayonnement élevés. « Cette radioactivité peut se propager et se reconcentrer lors de fortes pluies », comme l’a précisé  le physicien nucléaire et spécialiste des radiations, Heinz Smital, qui se trouve actuellement à Fukushima.

Le 13 décembre, une équipe d’enquête de Greenpeace a constaté que les niveaux de rayonnement du même endroit voisinaient les 1 µSv / h à 10 cm alors que juste au nord de ce hotspot, une parcelle de terrain adjacente au parking atteignaient 2,2 µSv / h à 10 cm et  près de l’entrée de ce même parking 2,6 µSv / h à 10 cm et 1 µSv / h à 1 mètre. À

l’orée de la forêt au nord du parking, des points chauds de rayonnement de 2,6 µSv / h à 10 cm ont aussi été identifiés tout comme dans une deuxième forêt située à 300 mètres au nord des niveaux constants de 0,6 μSv / h à 10 cm et de 0,4 µSv / h à 1 mètre étaient découverts. Presque le double de l’objectif de décontamination du gouvernement.

Comment des niveaux de rayonnement aussi élevés (71 µSv / h près de la surface) n’ont-ils pas été détectés lors de la décontamination antérieure par TEPCO? Pourquoi les points chauds les plus alarmants ont-ils été traités et non les zones plus larges? La capacité des autorités à identifier avec précision et cohérence les points chauds de rayonnement ne peuvent qu’être sérieusement mise en doute.

Si en 1964, le Japon avait pu montrer sa capacité de résilience en édifiant des stades et des enceintes sportives destinées à symboliser la « reconstruction nationale » après une longue période marquée par la défaite de la Seconde Guerre mondiale et les bombardements atomiques états-uniens, en 2020, ce ne sera pas la même chose. Que les sportifs et les téléspectateur-trices boycottent ces Jeux de la mort, ne se rendent pas sur place, refusent d’acheter les produits ou services de chaque entreprise commanditaire, à commencer par Toyota Motors, s’insurgent auprès de son Comité Olympique national et exigent le non-envoi des sportifs en zone contaminée.

CIO : https://www.olympic.org/the-ioc /,  

Olympic Museum of Lausanne : https://www.olympic.org/fr/musee

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Par Rédaction le vendredi 10 janvier 2020 à 13h17

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2020/01/10/Les-Jeux-Olypique-2020-ne-doivent-pas-avoir-lieu-au-Japon

DES LANCEURS D’ALERTE DU NUCLÉAIRE SE REGROUPENT À ORLÉANS

Décidés à informer et à sensibiliser le grand public orléanais, aux dangers du nucléaire en France et dans notre région, des associations qui militent dans ce domaine ont décidé en décembre d’unir leurs forces et de créer un collectif. Premières actions, la rédaction d’un livret numérique.

C’est une petite poignée de militants qui veut faire entendre son opposition au nucléaire dans la capitale régionale. Une spécificité française qui remonte au Général de Gaulle avec un discours officiel qui encore aujourd’hui présente cette énergie comme étant propre, écologique et incontournable. Ainsi, Emmanuel Macron, a réaffirmé en décembre à Bruxelles lors des discussions sur le futur Pacte vert européen : “Le nucléaire fait partie de la transition écologique” ajoutant Le GIEC l’a reconnu : le nucléaire fait partie de la transition”. Une affirmation contestée par les antinucléaires qui au contraire soulignent que le rapport de 2018 de ce groupe d’experts mondiaux du climat rappelle que « le nucléaire est une option marginale et dispensable. » 

L’exemple de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux

Pour faire la part du vrai et du faux sur ce sujet sensible sur lequel de nombreuses affirmations circulent ce collectif orléanais a décidé de rédiger un livret (disponible sur internet)  principalement axé sur la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux située dans le Loir-et-Cher mais à seulement 30 km d’Orléans. Un choix dicté par le fait que cette centrale a subi deux accidents importants en 1969 et 1980 (avec à chaque fois la fusion partielle d’un cœur de réacteur ) classés après coup au niveau 4 de l’échelle INES de l’IRSN, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire. Pour rappel, les terribles accidents de Tchernobyl et de Fukushima ont été classés au niveau 7). Des accidents inconnus du grand public et dont le collectif veut raviver la mémoire d’autant que d’autres incidents graves s’y sont produits en 1980, 1987 et 2004.

Par ailleurs souligne le collectif cette centrale pose le problème du démantèlement des réacteurs graphite-gaz arrêtés en 1990 et 1992 avec à la clé 8800 tonnes de déchets classés FA-VL (faible activité à vie longue) stockés sur place à Saint Laurent (voir Mag Centre la centrale ne s’étendra pas sur 116 hectares, mai 2019) mais pour lesquels il n’existe aucun lieu de stockage adapté en France. Pire, selon le livre d’Errant BenezetNucléaire, une catastrophe française” (Fayard 2018) le démantèlement des deux réacteurs graphite-gaz n’avance plus par manque de savoir-faire (sic) et selon Bernard Laponche, physicien nucléaire, ancien membre du Commissariat à l’énergie atomique, ce démantèlement pourrait durer jusqu’en 2100 !

Des centrales dont EDF veut prolonger la durée de vie

La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire.

Autre sujet d’inquiétude, la volonté d’EDF et de l’État de prolonger la durée de vie des centrales d’où l’annonce fin 2027 par Emmanuel Macron d’un recul de dix ans sur la réduction de 50% du parc nucléaire français de 2025 à 2035. Ainsi les deux réacteurs B1 et B2 de Saint-Laurent mis en service en 1983 et initialement prévus pour 40 ans pourraient être prolongés de 10 ans voire de 20 ans donc jusqu’en 2033 ou 2043. Idem pour les 10 autres réacteurs de la région à Dampierre en Burly, Belleville, et Chinon. Une décision irresponsable selon ce collectif qui rappelle que l’acier des cuves des réacteurs a été conçu pour durer 40 ans. D’ailleurs, l’IRSN avait conclu en 2010 que le risque de rupture brutale n’était pas exclu pour 5 réacteurs en France, dont 3 pour notre seule région Dampierre 4 (risque à partir de 2019), Saint Laurent B1 (risque à partir de 2020) et Chinon B2 (risque à partir de 2021).

Un accident nucléaire majeur reconnu probable en France

Des risques admis aujourd’hui officiellement. Après Fukushima, le discours des autorités a changé. Ainsi Le 18 janvier 2017, Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) annonçait même : « Si je devais résumer ma pensée aujourd’hui, je dirais que le contexte est préoccupant.» Autrement plus personne n’ose dire à présent qu’un accident nucléaire majeur est impossible en France. Une mise en garde que Bernard Laponche formulait juste après Fukushima juin 2011 dans Télérama en affirmant: “Il y a une forte probabilité d’un accident nucléaire majeur en Europe.”

S’adapter au risque nucléaire sans stress : le programme Ethos

Malgré cette forte probabilité, la promotion du nucléaire continue un peu partout dans le monde. Comme le rapporte le collectif orléanais dans son livret page 32  “après Tchernobyl les autorités nucléaires françaises mais aussi internationales, la banque européenne , l’OMS ( Organisation mondiale de la Santé ) et l’ONU participent au programme Ethos élaboré par force sociologues, psychologues et médecins du bureau d’études Mutadis. 

Un programme appliqué à Fukushima. En effet puisqu’il est impossible et trop cher de déplacer et d’assurer la sécurité des populations touchées, celles-ci sont priées de s’adapter, d’y vivre et de s’y nourrir, oui oui vous avez bien lu. De plus comme le rapporte Yves Lenoir dans son livre La comédie atomique Ethos doit amener les habitants à “considérer la radioactivité comme un  risque  naturel que l’on doit affronter de bon gré (sic) et de façon responsable comme tous les autres. Toujours plus fort, les psychologues de ce programme estiment que le stress des parents japonais serait responsable de la maladie de leurs enfants. 

Enfin, inutile de chercher sur votre police d’assurance une clause « accident nucléaire ». Elle n’existe tout simplement pas, sur aucun contrat.

Par Sophie Deschamps, publié le vendredi, 10 janvier 2020

Photo en titre : Les militants du collectif Orléanais Saint-Laurent Stop à l’acharnement nucléaire.© SD

http://www.magcentre.fr/187845-des-lanceurs-dalerte-du-nucleaire-se-regroupent-a-orleans/

NDLR : ce collectif avait déjà fait l’objet d’une première présentation en date du 15 décembre sur le site Savoie antinucléaire (s’inscrire à la lettre mensuelle gratuitement)

MOLOY (CÔTE D’OR) : UNE ACTION DE « VIGIE CITOYENNE » PRÈS DU CENTRE CEA. DE VALDUC

Jeudi 9 janvier, des militants ont tenu leur première « vigie citoyenne » à Moloy, près du centre CEA. de Valduc.

Par cette action, ils demandent le désarmement nucléaire et la signature par la France du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) voté à l’Onu en 2017 par 122 États.

Communiqué de presse du Collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires

« Ce 9 janvier 2020, un petit groupe de militant.e.s a tenu sa première « vigie citoyenne » à Moloy, près du centre C.E.A. de Valduc.

Ces personnes demandent le désarmement nucléaire et la signature par la France du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) voté à l’ONU en 2017 par 122 États de la planète.

En novembre 2018, 38 organisations de Bourgogne Franche-Comté (partis et mouvements politiques, associations, organisations culturelles et spirituelles) avaient demandé rendez-vous au directeur du site pour aborder avec lui trois sujets:

– Les finalités du site,

– Les dangers du tritium et des autres radioéléments pour le personnel, les habitants et l’environnement,

– La réflexion sur les perspectives de reconversion des départements et des personnels du site affectés au nucléaire militaire, après l’entrée en vigueur du TIAN.

Malgré diverses relances, interventions à la Préfecture de région et démarches de tiers en vue de faciliter cette rencontre, le C.E.A. n’a toujours pas donné suite à cette demande exprimée par la société civile.

Vigie citoyenne

Les buts de la vigie sont :

– de renouveler cette demande de rendez-vous,

– d’inciter les salariés du site à soutenir cette demande, dans l’intérêt de la pérennisation de leurs emplois vers des finalités utiles au bien commun, particulièrement dans les énergies alternatives, partie intégrante des objectifs du C.E.A.

– d’interpeller les habitants, l’opinion publique et les élus sur les dangers de l’armement nucléaire et sur les alternatives de défense de la liberté et de la démocratie.

Ces vigies se déroulent aussi à Paris depuis 14 ans le premier vendredi du mois, devant le ministère des Armées. (NDLR: et 10 ans à Genève devant l’OMS, 5 jours par semaine, mais sans succès)

Sous la protection bienveillante de la gendarmerie, les militants ont pu présenter des banderoles aux passagers des voitures et des bus après la journée de travail dans le site.

La vigie sera renouvelée durant l’année 2020.

Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr »

Par Édition Tille Vingeanne Dijonnaise, Moloy, publié le 10 janvier à 08h37, mis à jour à 10h21

https://www.bienpublic.com/edition-tille-vingeanne-dijonnaise/2020/01/10/moloy-une-action-de-vigie-citoyenne-pres-du-centre-cea-de-valduc

TARN-ET-GARONNE : NOUVEL INCIDENT DÉCLARÉ À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH

La direction de la centrale nucléaire a déclaré un nouvel événement à l’ASN ce vendredi matin.

C’est le premier de l’année, un incident technique sur la position des grappes de commandes du second réacteur de la centrale nucléaire de Golfech, a obligé la direction à signaler un événement de niveau 1 à l’autorité de sûreté nucléaire (ASN). Depuis plusieurs mois, le site nucléaire tarn-et-garonnais est dans le collimateur du gendarme du nucléaire, le nombre d’incidents techniques obligeant parfois à l’arrêt des réacteurs s’étant multipliés en 2018.

La direction de la centrale nucléaire de Golfech a signalé un nouvel incident technique à l’autorité de sûreté nucléaire (ASN), ce vendredi matin. « Cet évènement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, sur la sécurité du personnel, ni sur l’environnement« , assure-t-on du côté du site.

C’est lors du contrôle de position des grappes de commandes du réacteur n°2, le 3 janvier dernier, que les agents d’EDF auraient constaté que lesdites grappes (au nombre de 65 et permettant de réguler la puissance et la température du réacteur) ne sont pas dans la position requise. « Elles sont légèrement trop basses« , confirme-t-on du côté de la direction du site industriel.

Écart corrigé

« Dès sa détection, l’écart a été corrigé. Les grappes de commande sont toujours restées opérationnelles et les marges permettant de réguler la puissance et la température du réacteur ont toujours été suffisantes« , insiste la direction. Cet incident a été déclaré au niveau 1 de l’échelle INES, qui en compte 7.

En octobre dernier, l’ASN avait procédé à une visite approfondie du site suite à la multiplication d’incidents. Le rapport rendu public le mois dernier avait relevé de nombreuses anomalies notamment dues à des « manques de rigueur en exploitation  » à tous les niveaux. Le renouvellement des effectifs n’y serait pas non plus étranger. En 5 ans, un tiers du personnel a changé sur le site.

Par Max Lagarrigue, publié le 10/01/2020 à 12h58, mis à jour à 16h13

https://www.ladepeche.fr/2020/01/10/tarn-et-garonne-nouvel-incident-declare-a-la-centrale-nucleaire-de-golfech,8652664.php

L’IRAN POURRAIT ACCÉDER À L’ARME NUCLÉAIRE D’ICI UN OU DEUX ANS, DIT LE DRIAN

PARIS (Reuters) – L’Iran pourrait accéder à l’arme nucléaire d’ici un ou deux ans s’il continue de « détricoter » l’accord sur son programme nucléaire conclu en 2015 à Vienne, a estimé vendredi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

Aujourd’hui les Iraniens « ne sont pas en position de l’avoir mais s’ils poursuivent le détricotage de l’accord de Vienne, alors oui dans un délai assez proche, entre un et deux ans, ils pourraient accéder à l’arme nucléaire, ce qui n’est pas envisageable« , a-t-il déclaré sur RTL.

L’Iran est en crise ouverte avec les États-Unis depuis le choix du président américain Donald Trump, en mai 2018, de se retirer unilatéralement de l’accord de 2015 qui levait progressivement les sanctions contre la République islamique en échange d’une limitation de son programme nucléaire.

Téhéran a riposté en revenant depuis sur certains de ses engagements pris dans le cadre de cet accord signé par l’Allemagne, la Chine, la France, la Grande-Bretagne, la Russie et les États-Unis.

La crise entre Washington et la République islamique s’est envenimée début janvier avec l’assassinat du général iranien Qassam Soleimani, tué par une frappe américaine à Bagdad, qui a été suivi d’une série de tirs de missiles iraniens en réprésailles qui n’ont fait aucune victime américaine.

Cette escalade verbale et militaire a conduit l’Union européenne à organiser en urgence une réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères du bloc ce vendredi après-midi à Bruxelles.

« On a besoin de se coordonner entre nous pour maximaliser l’effort déployé pour éviter une escalade, que ce soit pour les Iraniens mais aussi pour les Américains« , explique une source diplomatique française. « Ce qui inquiète le plus c’est une ‘miscalculation‘ ». (NDLR : en français, une miscalculation est une erreur de calcul)

Par Nicolas Delame et Marine Pennetier, avec la contribution de John Irish, (source REUTERS), publié le 10 janvier 2020

https://fr.news.yahoo.com/liran-pourrait-acc%C3%A9der-%C3%A0-larme-075802015.html

ÉLISABETH BORNE ATTEND PLUS DU PLAN EXCEL D’EDF DE SAUVETAGE DU NUCLÉAIRE

Auditionnée le 8 janvier par les commissions des affaires économiques et du développement durable de l’Assemblée nationale, la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne n’a pas fait que confirmer que ce n’est pas ce gouvernement qui déciderait du nouveau nucléaire. Elle a aussi pointé des manques à certains projets d’EDF. 

Ce n’est pas ce gouvernement qui décidera ou non de la construction de six nouveaux EPR en France. Comme elle l’avait déjà indiqué, notamment lors de la remise du rapport Folz sur les causes des dérapages de délais et de coûts du catastrophique chantier de construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville (Manche), le 28 octobre 2019, le gouvernement ne prendra aucune décision avant que ledit EPR ne soit mis en service. Or, EDF prévoit maintenant au mieux un chargement du combustible fin 2022, soit après les prochaines élections présidentielles en France.

Calendrier de décision confirmé

Ce n’est pas pour cela qu’EDF a un délai pour remettre sa copie sur l’EPR 2 et les conditions techniques, industrielles et de financement pour lancer un programme du nouveau nucléaire en France. Le gouvernement attend toujours pour mi-2021 le dossier d’EDF, mais aussi celui qu’elle a commandé à l’Agence internationale de l’énergie et RTE sur un scénario 100 % renouvelable, « pour que le gouvernement ait tous les éléments économiques et techniques pour prendre sa décision ».

Demande d’indicateurs de suivi du plan Excel

En réponses aux questions des députés sur son avis sur le plan Excel d’EDF pour redonner confiance dans la filière nucléaire, présenté le 13 décembre dernier, Élisabeth Borne s’est montrée moyennement enthousiaste. Elle a précisé que la filière ne présenterait son propre plan qu’en mars prochain. Elle a aussi indiqué qu’elle attendait qu’EDF fournisse des « indicateurs de performance » qui permettent de « s’assurer de la bonne mise en œuvre de ces plans dans la durée ».

Interrogé sur ce sujet lors de la présentation de son plan, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy avait expliqué que ce serait au pilote du plan – un grand industriel non issu du sérail nucléaire qu’il devait encore recruter – de fixer ces indicateurs de suivis, ainsi que les jalons précis du déroulement du plan.

Pas de technocentre à Fessenheim

Élisabeth Borne a enfin douché les ambitions d’EDF de construire un technocentre qui traiterait à l’échelle européenne les déchets métalliques issus de la déconstruction des centrales à l’arrêt, sur le site de la centrale de Fessenheim dont les deux réacteurs seront arrêtés définitivement en février et juin prochain. Pour elle ce n’est pas une piste « facilement concrétisable », notamment à cause des Allemands.

« J’ai eu des échanges avec mes homologues allemands […]. Je ne peux pas vous dire qu’il y ait des grands signes d’ouverture de la part de nos voisins sur l’utilisation d’un technocentre qui supposerait pour eux de déplacer des déchets nucléaires au-delà de la frontière », a-t-elle expliqué, avant de préciser que pour EDF, le site de Fessenheim n’était qu’un possible parmi d’autres et que toute façon elle n’avait pas « la capacité de dire aux Allemands qu’ils doivent avoir une autre conception sur le nucléaire et les conditions de gestion de leurs déchets ».

Demande de moxage du palier 1300

C’est sur le sujet des déchets du nucléaire que la ministre s’est montrée la moins précise, se contentant d’annoncer que le gouvernement rendrait ses commentaires sur le débat public sur le PNGMDR en février prochain, et annoncerait le texte du plan pour 2021. Malgré les appels du pied des députés, pas un mot sur l’épineux problème des seuils de libération des déchets à très faible activité issus du démantèlement. Et elle a réduit le problème des déchets de longue vie et des combustibles à la demande du gouvernement à EDF de rendre « moxables » les réacteurs du palier 1300 MW, c’est-à-dire apte à utiliser du combustible recyclé, le mox, produit par Orano. Or ce mox ne permet de recycler qu’une infime partie (environ 1%) du combustible. À sa décharge, si l’énergie est bien dans son ministère, c’est Bercy qui a gardé la main sur le nucléaire.

Par Aurélie Barbaux, publié le 09/01/2020 à 11H45

Photo en titre : Après Jean-Martin Floz pour son rapport sur Flamanville 3 et Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, c’était au tour de la ministre de la transition écologique, Élisabeth Borne d’être auditionnée au sujet de l’avenir de la filière nucléaire française, le 8 janvier. © capture

https://www.usinenouvelle.com/article/elisabeth-borne-attend-plus-du-plan-d-edf-pour-sauver-la-filiere-nucleaire.N918049

LE PROJET DE RÉORGANISATION D’EDF FINALISÉ VERS LA MI-2020

Le projet de réorganisation d’EDF, que la direction doit préparer à la demande du gouvernement, devrait être finalisé d’ici mi-2020, a indiqué jeudi 9 janvier un dirigeant du groupe.

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«Ce qu’on imagine aujourd’hui est d’avoir un dossier à peu près abouti vers l’été 2020», a indiqué lors d’un débat à l’Assemblée nationale Christophe Carval, directeur exécutif chargé des ressources humaines. Ce projet, baptisé «Hercule», devait être présenté fin 2019, mais il a été repoussé dans l’attente d’avancées à Bruxelles sur la régulation des prix de l’électricité du nucléaire historique. Ce plan prévoit de créer un «EDF bleu», public, comprenant le nucléaire, et un «EDF vert», coté en Bourse à 35%, incluant Enedis et EDF renouvelables, un schéma auquel les syndicats sont farouchement opposés, la FNME-CGT annonçant un «démembrement d’EDF à partir de considérations financières».

«La scission [de l’entreprise] en soi ne permet pas l’équilibre économique, c’est la régulation [des prix] qui le permet, donc pourquoi on mélange les deux alors que ce sont deux sujets éminemment distincts?», a demandé jeudi François Dos Santos, de la FNME-CGT, lors de ce débat à l’initiative du groupe parlementaire communiste.

«Nous considérons que ce projet doit continuer à être débattu et partagé avec nos représentants du personnel», et ce «avant de finaliser un document», a indiqué Christophe Carval, ajoutant que «la partie financière» était «travaillée avec les représentants de l’État et de l’APE», l’Agence des participations de l’État.

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Devant les députés, la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne a justifié ce choix par les «capacités d’investissement accrus dont aura besoin EDF» sur fond d’urgence climatique et de transition vers une électrification de l’énergie. «La réorganisation d’EDF, si elle doit avoir lieu, c’est pour répondre aux objectifs portés par la loi énergie-climat, afin de donner tous les moyens à l’entreprise de rester au cœur de notre politique énergétique», a-t-elle dit. «Dans ce contexte le gouvernement a demandé au président d’EDF de faire des propositions», a-t-elle ajouté, assurant qu’elles devront maintenir «une entreprise publique et intégrée».

Par Le Figaro avec AFP, publié le 9 janvier 2019

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/le-projet-de-reorganisation-d-edf-finalise-vers-la-mi-2020-20200109

QUELLE EST LA VRAIE MENACE NUCLÉAIRE AU MOYEN-ORIENT ?

L’Iran ne respecte pas les accords sur le nucléaire” (Il Tempo), “L’Iran se retire des accords nucléaires : un pas vers la bombe atomique” (Corriere della Sera), “L’Iran prépare les bombes atomiques : adieu à l’accord sur le nucléaire” (Libero) : ainsi est présentée par presque tous les médias la décision de l’Iran, après l’assassinat du général Soleimani ordonné par le président Trump, de ne plus accepter les limitations pour l’enrichissement de l’uranium prévus par l’accord stipulé en 2015 avec le Groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine) plus l’Allemagne. Ces organes d’”information” n’ont donc pas de doute sur quelle est la menace nucléaire au Moyen-Orient.

Ils oublient que c’est le président Trump, en 2018, qui a fait retirer les USA de l’accord, qu’Israël avait défini comme “la reddition de l’Occident à l’axe du mal guidé par l’Iran”. Ils ne disent mot sur le fait qu’il y a au Moyen-Orient une seule puissance nucléaire, Israël, qui n’est soumise à aucun contrôle parce qu’elle n’adhère pas au Traité de non-prolifération, souscrit par contre par l’Iran.

L’arsenal israélien, entouré d’une épaisse chape de secret et omertà, est estimé à 80-400 têtes nucléaires, plus assez de plutonium pour en construire d’autres centaines. Israël produit certainement aussi du tritium, gaz radioactif avec lequel il fabrique des armes nucléaires de nouvelle génération. Parmi lesquelles mini-nukes et bombes à neutron qui, provoquant une plus petite contamination radioactive, seraient plus adaptées contre des objectifs peu éloignés d’Israël. Les têtes nucléaires israéliennes sont prêtes au lancement sur des missiles balistiques qui, avec le Jericho 3, atteignent 8-9 mille km de portée. L’Allemagne a fourni à Israël (sous forme de don ou à prix réduits) quatre sous-marins Dolphin modifiés pour le lancement de missiles nucléaires Popeye Turbo, avec une portée d’environ 1.500 km. Silencieux et pouvant rester en immersion pendant une semaine, ils croisent en Méditerranée Orientale, Mer Rouge et Golfe Persique, prêts vingt-quatre heures sur vingt-quatre à l’attaque nucléaire.

Les États-Unis, qui ont déjà fourni à Israël plus de 350 chasseurs-bombardiers F-15 et F-16, sont en train de lui fournir au moins 75 chasseurs F-35, eux aussi à double capacité nucléaire et conventionnelle. Une première escadre de F-35 israéliens est devenue opérationnelle en décembre 2017. Les Israël Aerospace Industries produisent des composants des ailes qui rendent les F-35 invisibles aux radars. Grâce à cette technologie, qui sera appliquée aussi aux F-35 italiens, Israël potentialise les capacités d’attaque de ses forces nucléaires.

Israël -qui garde pointées contre l’Iran 200 armes nucléaires, comme l’a indiqué l’ex-secrétaire d’état USA Colin Powell en 2015- est décidé à garder le monopole de la Bombe au Moyen-Orient, en empêchant l’Iran de développer un programme nucléaire civil qui pourrait un jour lui permettre de fabriquer des armes nucléaires, capacité possédée aujourd’hui dans le monde par des dizaines de pays. Dans le cycle d’exploitation de l’uranium il n’existe pas une ligne nette de démarcation entre utilisation civile et utilisation militaire de la matière fissile. Pour bloquer le programme nucléaire iranien Israël est décidé à utiliser n’importe quel moyen. L’assassinat de quatre scientifiques nucléaires iraniens, entre 2010 et 2012, est selon toute probabilité l’œuvre du Mossad.

Les forces nucléaires israéliennes sont intégrées dans le système électronique OTAN, dans le cadre du “Programme de coopération individuel” avec Israël, pays qui, bien que n’étant pas membre de l’Alliance, a une mission permanente au quartier général de l’OTAN à Bruxelles. Selon le plan testé dans l’exercice USA-Israël Juniper Cobra 2018, des forces USA et OTAN arriveraient d’Europe (surtout des bases en Italie) pour soutenir Israël dans une guerre contre l’Iran. Guerre qui pourrait commencer par une attaque israélienne contre les sites nucléaires iraniens, comme celle effectuée contre le site irakien d’Osiraq. Le Jerusalem Post (3 janvier) confirme qu’Israël possède des bombes non-nucléaires anti-bunker, utilisables surtout avec les F-35, pouvant toucher le site nucléaire iranien de Fordow. Mais l’Iran, bien qu’étant dépourvu d’armes nucléaires, a une capacité militaire de riposte que ne possédaient pas la Yougoslavie, l’Irak ou la Libye au moment de l’attaque USA/OTAN. Dans ce cas, Israël pourrait utiliser une arme nucléaire en déclenchant une réaction en chaîne aux issues imprévisibles.

Publié le 9 janvier 2019

Source : il manifesto, (Édition de mardi 7 janvier 2020 de Il Manifesto, par Manlio Dinucci), traduction : Marie-Ange Patrizio

Photo en titre: « L’Iran veut la guerre. Regardez comme ils ont mis leur pays juste à côté de nos bases militaires » (Source : Cartographie numérique)

http://www.ism-france.org/analyses/Quelle-est-la-vraie-menace-nucleaire-au-Moyen-Orient-article-21032

FUKUSHIMA OSCILLE ENTRE LE VERT ET LE NUCLÉAIRE

Neuf ans après l’accident nucléaire de Fukushima, le Japon repense sa politique énergétique. Le premier ministre Shinzo Abe veut remettre en marche les centrales, mais beaucoup veulent abandonner pour de bon le nucléaire et se mettre à l’énergie renouvelable.

La préfecture de Fukushima, encore traumatisée par le désastre nucléaire de 2011, passera au 100 % renouvelable d’ici à 2040. Selon la Nikkei Asian Review, 11 parcs d’énergie solaire et 10 centrales éoliennes y seront construits, pour un coût de 2,5 milliards d’euros. La production d’électricité serait de 600 mégawatts, l’équivalent des deux tiers d’une centrale nucléaire. Dans l’archipel, cette transition énergétique est l’exception plutôt que la règle.

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Le nettoyage de la centrale nucléaire ne cesse d’être retardé. Initialement prévu en 2023, il a été repoussé jusqu’en 2028, notamment pour prévenir la propagation de poussière radioactive. Le démantèlement total de la centrale devrait quant à lui prendre encore trente à quarante ans.

Provoqué par un tsunami, l’accident nucléaire de Fukushima a été classé au même niveau de gravité que Tchernobyl, en raison de la masse de déchets radioactifs dont il est difficile de se débarrasser. Par exemple, plus d’un milliard de litres d’eau sont encore contaminés, qui pourraient être évaporés ou déversés dans l’océan.

Le Japon devenu le troisième importateur mondial de charbon

Dans la foulée de l’accident du 11 mars 2011, le gouvernement central a fermé la totalité des 54 centrales nucléaires du pays. Depuis, il en rouvre peu à peu. À ce jour, neuf sont en activité, après avoir passé des tests rigoureux. Des citoyens ou des gouvernements locaux ont porté plainte contre le gouvernement pour empêcher la réouverture des autres centrales, parfois avec succès.

Et ces neuf centrales ne suffisent pas à combler la demande énergétique. Pour pallier ce manque, le Japon est devenu le troisième importateur mondial – après l’Inde et la Chine – de charbon, une source d’énergie très polluante. Un « paradoxe » pour Daniel Aldrich, chercheur en rétablissement post-désastre, alors que la population veut abandonner le nucléaire et passer au vert.

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Ce que souhaite aussi le nouveau ministre de l’environnement, Shinjiro Koizumi. « Nous courrons à notre perte si nous laissons un autre accident se produire », avait-il déclaré lors de sa prise de fonction en septembre dernier. Mais le gouvernement ne devrait vraisemblablement pas s’inquiéter des sorties de Koizumi, fils d’un ancien premier ministre. « Dans la tradition politique japonaise, la dynastie est plus importante que les positions du ministre, qui ne devraient pas s’imposer au gouvernement, explique Daniel Aldrich. Si la population est largement antinucléaire, la mobilisation n’est pas assez forte pour pousser le gouvernement à agir. »

Le soutien rural au nucléaire

Ce dernier rouvre des centrales dans les zones rurales qui survivent grâce aux subventions de l’État. « Sans le nucléaire dans ces zones très peu peuplées et victimes de l’exode rural, il n’y a aucun revenu à part la pêche et l’agriculture, explique Aldrich. Les gens se disent aussi qu’après Fukushima, le risque qu’un accident se reproduise est faible car les standards de sécurité ont été revus à la hausse, ce qui est vrai. »

Le premier ministre Shinzo Abe, du Parti libéral-démocrate (PLD), veut accroître de 17,4 à 22 % la part des énergies renouvelables d’ici à 2030, une cible jugée insuffisante par plusieurs, et surtout, qui sera égale à celle du nucléaire. Dans un pays où le PLD est presque continuellement au pouvoir depuis 1955, le nucléaire devrait vraisemblablement reprendre du service.

Par Amin Guidara, publié le 09/01/2020 à 10h45

Photo en titre : Panneaux solaires installés dans une serre expérimentale à Minamisoma, dans la préfecture de Fukushima, au nord-est du Japon. Kyodo/MaxPPP

https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Environnement/A-Fukushima-decontamination-terres-irradiees-progresse-2019-12-12-1201066035

RETRAITES. GRÈVE DU 9 JANVIER : 400 PERSONNES FILTRENT L’ACCÈS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GRAVELINES

Alors que la grève est entrée, ce jeudi 9 janvier 2020, dans son 36ème jour, 400 manifestants organisent un barrage filtrant à l’entrée de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le Nord, pour protester contre la réforme des retraites.

Environ 400 manifestants filtrent, jeudi matin, l’accès à la centrale nucléaire de Gravelines, sur le littoral du Nord, pour demander le retrait de la réforme des retraites, a constaté l’AFP, la CGT affirmant que la production a baissé depuis mercredi soir. Ce jeudi 9 janvier, la grève est entrée dans son 36e jour.

« Ralentissement nucléaire »

La conséquence, c’est une baisse de charge importante sur cette journée d’action, moins 1 400 mégawatts (sur 5 600 mégawatts) de production depuis hier soir 21 h, donc EDF sera obligé de racheter du courant, et pas forcément à un prix avantageux. Ça va coûter cher à l’entreprise, ce ralentissement à la centrale nucléaire, a affirmé à l’AFP Nicolas Dessertenne, délégué CGT du site, près de Dunkerque.

À l’issue d’une AG dans la matinée, le mouvement a été reconduit à l’unanimité pour vendredi.

Il y a certes une baisse de charge, mais l’approvisionnement est assuré et garanti, il n’y a aucune inquiétude, a affirmé de son côté Stéphanie Schnebelen, responsable communication de la centrale, expliquant que le cadre légal de la grève permet justement d’anticiper en mettant en place d’autres moyens de production.

Dans le nucléaire « on n’est pas des privilégiés »

Le nucléaire, c’est pas un métier facile, on n’est pas des privilégiés, la précarité dans le nucléaire ça existe […] C’est un sujet sensible, on ne se voit pas travailler dans l’uranium à 64 ans, a ajouté Franck Redondo, de FO.

Vers 9 h 30, environ 50 personnes, non-grévistes, faisaient encore la queue pour pouvoir accéder au site. Les salariés grévistes, rejoints par des cheminots, personnels hospitaliers et des bus dunkerquois, avaient installé deux feux de camp. La direction de la centrale n’a pas donné suite pour l’heure aux sollicitations de l’AFP.

Par Ouest-France avec AFP, publié le 09/01/2020 à 10h11

Photo en titre : Archives Reuters

https://www.ouest-france.fr/economie/retraites/retraites-greve-du-9-janvier-400-personnes-filtrent-l-acces-la-centrale-nucleaire-de-gravelines-6682240

NUCLÉAIRE : L’EXÉCUTIF REPORTE LE CASSE-TÊTE DES NOUVELLES CENTRALES EPR AU PROCHAIN QUINQUENNAT

La décision de construire ou non de nouveaux réacteurs nucléaires EPR en France ne sera pas prise avant fin 2022, a confirmé ce mercredi la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne.

L’exécutif reporte le casse-tête. La décision de construire ou non de nouveaux réacteurs nucléaires EPR en France ne sera pas prise avant la fin 2022 – donc pas avant le prochain quinquennat -, a confirmé ce mercredi la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne.

« Que ce soit l’ensemble des éléments sur le nucléaire ou les scénarios 100 % renouvelables, c’est à mi-2021 que l’on souhaite avoir l’ensemble des éléments, techniques, économiques… », a-t-elle argué lors d’une audition de la commission du Développement durable et de celle des Affaires économiques à l’Assemblée nationale.

Nucléaire : le gouvernement face au casse-tête des nouvelles centrales EPR

Le tout « pour une décision […] qui n’interviendra pas avant la mise en service de Flamanville », alors que « le chargement du combustible de Flamanville est prévu fin 2022. Donc ça veut dire que c’est au-delà » de cette date, a ajouté la ministre.

Deux scénarios envisagés

Le gouvernement a demandé d’une part à EDF de plancher sur un projet pour la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires de nouvelle génération. Il envisage parallèlement un scénario dans lequel la France se reposerait à terme sur une électricité d’origine 100 % renouvelable. Ce scénario est élaboré avec l’aide de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et de RTE, le gestionnaire du réseau à haute tension, a indiqué Elisabeth Borne.

« Sur des sujets aussi importants, il faut que l’on prenne des décisions rationnelles, raisonnées, et c’est bien l’objectif des différentes études qui sont lancées », a-t-elle fait valoir. Je pense qu’on est dans la bonne démarche en examinant tous les scénarios, en se donnant le temps de les examiner avec rationalité et sans a priori, avec un objectif simple, qui est d’avoir une production d’électricité décarbonée à un coût abordable pour les citoyens comme pour les entreprises ».

Par Les Échos, publié le 8 janv. 2020 à 19h50

Photo en titre : La ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, et le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, gèrent cet épineux dossier de l’énergie et de l’environnement. ERIC PIERMONT/AFP

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/nucleaire-lexecutif-reporte-le-casse-tete-des-nouvelles-centrales-epr-au-prochain-quinquennat-1161333

VITRINE TECHNOLOGIQUE TRICOLORE : TRICASTIN 1, ÇA S’EN VA ET ÇA REVIENT…. ET ÇA S’EN VA. ALERTE !

Alerte ! Le réacteur n°1 de Tricastin qu’EDF et le gouvernement tentent de prolonger au-delà des 40 ans est en quasi perdition. Après son redémarrage poussif le 27 décembre dernier au terme de 5 mois de remises en état, les avaries et défaillances se multiplient et s’enchaînent. Rien n’est maîtrisé, seul l’entêtement à faire fonctionner une vieille casserole périmée préside. Le fanatisme des nucléocrates menace tout le pays.

Après son redémarrage le 27 décembre 2019 et un arrêt prolongé de plus de 5 mois de réfection au cours duquel le réacteur n°1 du Tricastin se préparait à une visite décennale (VD4) censée être la vitrine de la prolongation au-delà de 40 ans de tous les réacteurs nucléaires français : la presse institutionnelle et régionale relayait alors une fake-news d’EDF affirmant que le réacteur avait obtenu le feu vert de l’ASN pour sa prolongation alors que le contrôle ne doit intervenir que fin 2020.

Las! La fausse nouvelle est dévoilée. Moins de quinze jour plus tard, le 08/01/20 à 05:33, EDF/RTE annonce que la puissance disponible n’est plus que de 20MW (10 fois moins que cinq jour plus tôt le 3/01) pour une puissance normale de 915MW. Ca ne tourne pas rond. Toutefois l’électricien nucléaire affirme que la prochaine montée en puissance atteindra, après cette défaillance inavouable, les 440MW. Manque de pot, à 09h07 le réacteur n’en est qu’à 330MW (110MW de moins que prévu). Pourtant EDF, toujours aussi blagueur, annonce un prochain palier à hauteur de 900MW (presque le plein pot) et une fin de l’arrêt pour le 10/01/20 à 00h00. Ça bricole.

Mais pour connaître cette réalité il ne faut ni attendre ni s’en remettre à la communication-propagande officielle de EDF. Il faut s’informer par ailleurs et chercher d’autres sources et les recouper.

Ainsi cinq jours plus tôt, la situation n’était pas plus claire et toute aussi confuse : le 03/01/20 à 08h22 la puissance disponible était supérieure de 10 fois (200 MW) à celle du 8/12 et à celle de 12h17 de 375 MW. À l’époque EDF proclamait la fin de l’arrêt pour le 06/01/20 à 10h00. Donc, ça monte et ça descend sans arrêt et sans jamais atteindre ni les paliers de production prévue ni les dates programmées de « bon » fonctionnement.

Illustration : le 31/12/19 à 08h15 le réacteur était totalement à l’arrêt et sa puissance nulle à 0 MW. EDF hésite alors et espère pouvoir relancer son réacteur pour trois jours plus tard le 02/01/20 à 22h00. Mais 7 minutes après, l’électricien se ravise et annonce la fin de l’arrêt pour le 01/01/20 à 08h15.

Il est vrai que déjà le 29/12/19 à 19h38 alors que la puissance disponible n’était que de 10 MW, et que le prochain palier visé devait être de 375 MW, EDF prévoyait la fin de l’arrêt pour le 02/01/20 09h30. Des optimistes car neuf heures plus tôt à 10h52 la puissance disponible était nulle (0 MW). Tout comme elle l’était à 04h22. Ou encore le 28/12/19 à 11h02  avec une prévision de fin d’arrêt, elle, pour le 30/12/19 à 23h00.

Et ce n’est pas tout. Déjà le 27/12/19 à 12h07 une défaillance avait entraîné l’arrêt du réacteur, faisant tomber sa puissance à 0 MW. EDF espérait alors, en invoquant le dieu atome, la fin de l’arrêt pour le 29/12/19 à 23h00. Pourquoi pas, soyons fou, puisque, avec une puissance nulle sans perspective de remontée (pas de prochain palier prévu), ce 25/12 depuis 12h35 on prévoyait la fin de l’arrêt et le plein pot de 915MW pour le 30/12/19 à 23h00. Une heure plus tôt à 11h12 on avait annoncé la fin de l’arrêt pour le 28/12/19 à 23h00. Pas simple de suivre… d’autant qu’à 02h37 dans la même situation de défaillance et de puissance disponible nulle on prévoyait la fin de l’arrêt pour le 26/12/19 à 02h30.

Si EDF affirme dans sa publicité qu’elle nous doit plus que la lumière c’est certainement qu’elle nous concocte sa catastrophe nucléaire tricolore. Et ses défaillances ou SCRAM (arrêts d’urgences automatiques) chroniques ne cessent notamment de libérer dans l’environnement, via les cheminées de rejets des effluents gazeux radioactifs, principalement de l’iode 131.

Pas rassurant du tout donc ce yoyo permanent qui traduit pour le moins une grande difficulté à maîtriser la bête. Et des tentatives désespérées et sans grand succès d’y parvenir. On ne fait pas du neuf avec du vieux, du très vieux. Initialement le redémarrage du réacteur nucléaire n°1 de Tricastin était prévu pour le 25/12/19 à 18h30 avec une remonté en puissance dès le 23/12. A ce moment-là, la situation était telle que finalement le redémarrage était reporté deux jours plus tard au 27/12/19 à 23h00.

Pourtant la veille le 24/12/19 04h57 la puissance disponible était de 370 MW, certes au lieu des 380 MW prévus, et EDF avait programmé une montée à 800 MW puisqu’à 03h42 elle était à 250 MW. Normal sauf qu’à 02h22 la puissance disponible de 250 MW faisait envisager une fin de l’arrêt pour le 27/12/19 à 21h30. Dix heures plus tôt, la veille le 23/12/19 à 12h22, la puissance atteinte de 220 MW entraînait un peu d’euphorie dans le landerneau et EDF annonçait une fin de l’arrêt pour le 26/12/19 à 08h10. Pourtant le réacteur était en baisse puisqu’à 11h23 la puissance avait atteint les 250 MW et laissait présager une fin d’arrêt pour le 25/12/19 à 20h10. D’autant que deux jours plus tôt le 23/12/19 à 07h27 on avait atteint, poussivement, les 190 MW et annoncé la fin de l’arrêt pour le 25/12/19. Mais pour une heure et demie plus tôt à 18h30. À 04h02 le réacteur ne produisait cependant que 10 MW.

C’est dans cette situation de tests et de tentatives répétées de relance d’un réacteur, qu’à Tchernobyl en 1986, s’était produit l’explosion du réacteur atomique et la catastrophe nucléaire dispersant ses radionucléïdes mortels sur l’ensemble de l’Europe. Il parait qu’à l’époque, selon les autorités et les exploitants nucléaires tricolores, tout allait bien et la France avait été épargnée. Chacun-e sait que les nuages s’arrêtent à la frontière politique et administrative d’un pays ou d’un département.

Il faut en finir avec cette destruction de l’atome, notamment pour chauffer de l’eau.

Par Rédaction, publié le mercredi 8 janvier 2020 à 13h53

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2020/01/08/Vitrine-technologique-tricolore-%3A-Tricastin1%2C-%C3%A7a-s-en-va-et-%C3%A7a-revient….-et-%C3%A7a-s-en-va

PPE : LA CONSULTATION PUBLIQUE DÉMARRERA LE 20 JANVIER 2020

Le gouvernement annonce, ce mardi 7 janvier 2020, que la consultation publique sur la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) et la seconde Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) se tiendra du 20 janvier au 19 février 2020. Présentée début 2019 et discutée au sein de plusieurs instances au long de l’année 2019, cette PPE fixe la feuille de route énergétique de la France pour la période 2019-2028.

« D’ici la fin du mois, nous lancerons la consultation publique » sur la PPE et la SNBC

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) est entrée dans la dernière ligne droite avant son adoption définitive. Cette PPE fixe les objectifs de transition énergétique de la France, dans ses grandes lignes et filière par filière, pour la période 2019-2028. Le mardi 7 janvier 2020, le gouvernement a annoncé que les textes de la PPE et de la SNBC étaient rendus publics et seront discutés par les citoyens, entre le 20 janvier et le 19 février 2020.

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) est entrée dans la dernière ligne droite avant son adoption définitive. Cette PPE fixe les objectifs de transition énergétique de la France, dans ses grandes lignes et filière par filière, pour la période 2019-2028. Le mardi 7 janvier 2020, le gouvernement a annoncé que les textes de la PPE et de la SNBC étaient rendus publics et seront discutés par les citoyens, entre le 20 janvier et le 19 février 2020.

La consultation aura lieu du 20 janvier au 19 février sur le site: http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr  (voir l’annonce sur : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Avis%20de%20consultation%20PPE-SNBC-%20v.%20journaux.pdf …)

“D’ici la fin du mois, nous lancerons la consultation publique sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie et notre Stratégie nationale bas-carbone, qui sont notre feuille de route pour réduire au plus vite nos émissions de gaz à effet de serre et atteindre la neutralité carbone que vous avez désormais inscrit dans la loi”, a ainsi déclaré la ministre de la Transition Énergétique, Elizabeth Borne, devant l’Assemblée.

“Ces mesures seront renforcées par les propositions des 150 citoyens (de la Convention citoyenne pour le climat) qui travaillent d’arrache-pied et que le président de la République rencontrera vendredi”, a complété la ministre.

Le fruit d’un long processus, qui prendra prochainement force de loi

Cette nouvelle PPE est issue d’un processus d’élaboration lancé mi-2017 en collaboration avec les parties prenantes, puis d’un débat public en 2018, pour aboutir en novembre 2018 à un premier projet présenté par le président de la République Emmanuel Macron. En janvier 2019, une première version complète de cette PPE est dévoilée. Elle a été discutée tout au long de l’année 2019 par plusieurs instances, dont l’Autorité environnementale sur l’Évaluation Environnementale Stratégique, le Conseil supérieur de l’énergie ou le Comité du système de distribution publique d’électricité.

Plusieurs modifications d’importance ont été apportées au texte. Le plus emblématique concerne sans doute l’éolien en mer : sous la pression des acteurs de la filière, persuadés qu’elle pouvait apporter davantage à la transition énergétique française, les objectifs de puissance installée d’ici 2028 ont été relevé de 700 MW à 1 GW par an – soit une hausse conséquente de 43%. La filière biogaz était également montée au créneau.

En ce début 2020, les rapports sur la PPE et la SNBC, leurs synthèses et leurs projets de décret sont mis à la disposition du public. Les textes prévoient en tout entre 102 et 113 GW de puissance renouvelable installée en France en 2028, soit deux fois plus qu’en 2017. 14 réacteurs nucléaires devraient être fermés d’ici 2035 – sans exclure de devoir en construire de nouveaux pour garantir la fourniture d’électricité. Le texte prévoit également une baisse de la consommation primaire d’énergies fossiles de 35% en 2028 par rapport à 2012.

Rédigé par : La Rédaction, publié le mercredi 8 Janvier 2020

https://lenergeek.com/2020/01/08/ppe-consultation-publique-20-janvier-2020/

RÉFORME DES RETRAITES : LES AGENTS DE LA CENTRALE DE PENLY EN GRÈVE DÉS CE MERCREDI SOIR

Mercredi 8 janvier 2020, une partie des agents de la centrale nucléaire de Penly, située près de Dieppe (Seine-Maritime), se mettra en grève contre la réforme des retraites.

À la centrale nucléaire de Penly, près de Dieppe, (Seine-Maritime), les agents se mobilisent fortement contre la réforme des retraites prévue par le gouvernement d’Édouard Philippe.

Depuis le 5 décembre 2019, date du début de la contestation, ils multiplient les actions pour marquer leur opposition au projet de loi. Dès ce soir, mercredi 8 janvier 2020, une partie des agents de la centrale se mettront en grève.

Arriver en masse à la manifestation de demain

L’objectif est d’arriver en masse demain, jeudi 9 janvier 2020, à la grande manifestation prévue à Dieppe (Seine-Maritime) au départ de la gare. Le 5 décembre, ils étaient entre 80 et 100 agents à participer au cortège. Juste avant les fêtes, ce sont près de 150 agents qui se sont rendus à Rouen pour prendre part aux manifestations.

Jeudi 9 janvier 2020, ils espèrent une nouvelle fois faire nombre comme l’explique Nicolas Vincent, délégué syndical CGT à la centrale de Penly.

Nous ne voulons pas que les cheminots se sentent seuls.

Plusieurs actions annoncées

Vendredi 10 janvier 2020, une grande action est également prévue au niveau de la centrale. Cela pourrait prendre la forme d’une opération de filtrage sur le rond-point de Penly comme les agents en ont réalisé au début du mouvement.

Jeudi 9 janvier 2020, c’est la CGT Nestlé qui a d’ores et déjà annoncé qu’elle filtrerait l’accès au niveau du rond-point de Leclerc à l’entrée de la zone Delaporte de Rouxmesnil-Bouteilles (Seine-Maritime).

Par : Augustin Bouquet des Chaux, publié le 8 Janvier 2020 à 15h13

Photo en titre : Les agents de la centrale de Penly sont mobilisés en nombre depuis le début des grèves contre la réforme des retraites. (©Les Informations Dieppoises)

https://actu.fr/normandie/dieppe_76217/reforme-retraites-agents-la-centrale-penly-greve-ce-mercredi-soir_30634422.html

LE JAPON EXHORTE L’IRAN À NE PAS RENONCER À L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE

TOKYO, 7 janvier (Xinhua) — Le Japon a exprimé mardi sa préoccupation après l’annonce par l’Iran de sa décision de renoncer aux engagements pris dans le cadre de l’accord sur le nucléaire signé en 2015 avec les puissances mondiales, et a exhorté Téhéran à continuer à respecter ses engagements.

En 2018, le président américain Donald Trump a retiré les États-Unis de cet accord, et a imposé de lourdes sanctions contre l’Iran, attisant les tensions entre les deux pays. Ces tensions se sont récemment intensifiées après que les États-Unis ont tué un général iranien au moyen d’une frappe aérienne, ce à quoi Téhéran a promis de riposter.

Dans un contexte d’inquiétudes croissantes quant aux tensions qui déchirent le Moyen-Orient, le Japon et plusieurs autres puissances mondiales ont pour leur part exhorté l’Iran à continuer à respecter l’accord sur le nucléaire.

Le Japon, qui dépend largement du Moyen-Orient pour ses importations de pétrole brut, a déclaré qu’il continuerait à essayer de servir de médiateur entre son allié américain et l’Iran, un pays avec lequel il entretient des relations amicales dans le cadre de sa propre diplomatie.

Le mois dernier, le Japon a cependant donné le feu vert à un plan visant à déployer une partie de la Force maritime d’autodéfense japonaise au Moyen-Orient, et ce en dépit de l’opposition du public à cette décision, les activités militaires du Japon étant fortement encadrées par la constitution depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le Japon a en effet décidé de mener des opérations de sécurité et de « collecte d’information » dans la région – qui seront cependant indépendantes de celles de la coalition dirigée par les États-Unis – afin d’assurer la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz.

Le gouvernement japonais a néanmoins souligné que ses forces resteraient à l’écart des eaux iraniennes afin de préserver ses relations amicales avec Téhéran.

Par French.xinhuanet.com, publié le 2020-01-08 à 04:45

http://french.xinhuanet.com/2020-01/08/c_138686161.htm

650 TÉRAWATT-HEURES : C’EST LA CONSOMMATION PRÉVUE DES DATA CENTERS DU MONDE ENTIER EN 2020

650 térawatt-heures (TWh), un chiffre démesuré qui pourrait bien représenter la consommation électrique d’un pays entier ! (NDLR : exact, la France a consommé 474 TWh d’électricité en 2018 toutes activités confondues) Il s’agit pourtant du pic de consommation des data centers mondiaux, selon une estimation relayée par le média canadien CBC.

Regarder une série sur Netflix, partager vos photos de famille sur Facebook, ou simplement installer une nouvelle application sur votre smartphone : il s’agit là d’activités que bon nombre d’entre nous effectue chaque jour, sans apercevoir qu’elles requièrent des infrastructures bel et bien réelles, souvent gigantesques et bien sûr énergivores.

Environnement et technologies font-ils bon ménage ?

Ces infrastructures ne sont autres que les data centers, ou centres de données dans la langue de Molière. En France, on en compte un peu plus de 150 répartis sur l’ensemble du territoire, bien que la région parisienne en compte plus que partout ailleurs. Les data centers abritent les données invisibles auxquelles nous avons recours chaque jour et sont de plus en plus sollicités avec l’essor de services tels que le Cloud gaming, d’objets connectés dont on peine parfois à comprendre l’utilité, et bien entendu des plateformes de streaming et des réseaux sociaux.

Pour fonctionner, nos appareils connectés et services numériques utilisent des serveurs répartis au sein des data centers. Ces derniers sont comme toute machine et nécessitent de l’énergie pour fonctionner ; seulement, à l’instar de votre PC portable il est également nécessaire de les refroidir pour éviter la surchauffe. Leur refroidissement engendre une forte demande énergétique, si bien que pour 2020, la consommation prévue des data centers du monde entier pourrait bien atteindre 650 térawatt-heures, soit « presque autant que ce que produit le secteur énergétique canadien », ironise la CBC pour qui « ce n’est qu’un début ».

Cette valeur impressionnante – rappelons qu’un térawatt-heure équivaut à 1 000 milliards de watt-heures – a été obtenu grâce au calcul d’Anders Andrae, chercheur pour Huawei Technologies Sweden. Pour la faire courte, Andrae estime que les data centers devraient doubler leurs besoins en énergie d’ici la prochaine décennie pour au final engloutir 11 % de la production électrique mondiale en 2030. Avec l’avènement de la 5G, des véhicules autonomes, de l’intelligence artificielle et autres objets et services, il semble en effet logique que la demande devrait rester croissante, voir aller crescendo, un fait qui parait loin des préoccupations environnementales qui agitent les débats.

Greenwashing ou solutions concrètes ?

Face aux besoins croissant des data centers, de nombreuses entreprises ont pris le taureau par les cornes afin de réduire leur impact sur l’environnement, même s’il est pour le moment difficile d’en quantifier les bénéfices.

Parmi elles, on trouve notamment Amazon Web Services (AWS), qui n’est autre que le leader mondial sur le secteur du Cloud computing. AWS a déclaré s’être engagé sur le long terme à utiliser des sources d’énergies renouvelables. En 2018, l’entreprise se targuait déjà d’avoir atteint un objectif de 50 % d’énergie verte dans sa consommation.

Trouver des sources d’énergie renouvelable n’est pas le seul levier d’action dont peuvent profiter les entreprises concernées. CBC donne à titre d’exemple le data center de Digital Realty, installé dans la région de Toronto. Le climat frais de la région est propice à l’installation d’un système de refroidissement bien moins énergivore qui consiste à faire entrer l’air frais de l’extérieur vers les salles qui abritent les serveurs. Malgré tout, les pays qui ne disposent pas d’un climat frais restent contraints d’utiliser la climatisation, une solution coûteuse pour les entreprises, mais aussi pour l’environnement.

Enfin, certaines solutions innovantes pointent le bout de leur nez. La société Ranovus entend ainsi multiplier les capacités de transmissions de l’information dans les data centers à l’aide d’une technologie nommée « Quantum Dot Multi-Wavelength Laser ». Cette nouvelle approche promet 80 % de l’énergie requise pour les transferts de données en masse en ayant recours à « un laser à semi-conducteur qui utilise des points quantiques auto-assemblés pour générer simultanément plusieurs longueurs d’ondes à partir d’un seul appareil ».

Quoi qu’il en soit, seul l’avenir nous dira si les entreprises parviendront à déjouer cette inquiétante estimation. Un enjeu de taille si l’on en croit Anders Andrea, le chercheur estime en effet qu’au-delà de 2040 cette facture énergétique deviendra « insoutenable » pour la planète.

Par Matthieu Legouge, Expert Hardware, publié le 08 janvier 2020 à 09h30

https://www.clubic.com/mag/environnement-ecologie/actualite-881598-650-terawatts-heure-consommation-prevue-data-centers-monde-entier-2020.html

BELGIQUE : SORTIE DU NUCLÉAIRE (THIJS)

Ce ne serait pas un problème pour Engie Electrabel si le nouveau gouvernement fédéral confirmait la sortie du nucléaire, déclare le président du fournisseur d’énergie, Johnny Thijs, dans une interview à l’hebdomadaire Trends. Dans ce cas, de nouvelles centrales au gaz seraient nécessaires et Johnny Thijs souhaite qu’Engie Electrabel en construise « au moins la moitié« .

Alors que l’efficacité des centrales nucléaires et l’agenda de la prolongation de leur durée de vie font l’objet d’intenses débats, « je veux que nous publions chaque mois combien nos réacteurs ont tourné et je veux des compteurs sur les tours de refroidissement qui décomptent jusqu’au moment où les centrales fermeront. Car nous allons mettre en œuvre les décisions du gouvernement« , assure Johnny Thijs. « Nous ne plaidons donc pas pour la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires. Nous déposons le dossier complet sur la table du gouvernement: ‘selon nos experts, il serait préférable -car moins cher, plus écologique et plus réalisable- de garder ouverts deux, peut-être trois, réacteurs. Mais c’est vous qui décidez‘ », poursuit la président du premier producteur d’énergie du pays.

Johnny Thijs estime que la clarté sur une éventuelle prolongation de la durée de vie des centrales doit intervenir pour la mi-2020 mais les difficultés pour former un gouvernement compliquent la donne. Interrogé sur les conditions posées par Engie Electrabel à une telle prolongation, son président dit vouloir « un juste (‘fair’, NDLR) rendement qui tienne compte des risques d’exploitation » supportés par le producteur d’énergie. « La question est comment nous gérons une possible situation de prix de l’électricité structurellement bas, surtout si nous construisons de nouvelles centrales au gaz« , ajoute-t-il en substance.

De manière plus générale, le président d’Engie Electrabel (17.000 travailleurs en Belgique) entend donner une nouvelle dynamique à l’entreprise et renouer un contact qui s’est quelque peu distendu avec une série de parties prenantes en Belgique.

Par Belga, publié le 7/01/2020 à 16h09

Photo en titre : Jonas Roosens/Belga

https://www.lesoir.be/271300/article/2020-01-07/pas-de-probleme-si-le-nouveau-gouvernement-confirme-la-sortie-du-nucleaire-thijs

PYONGYANG NE SEMBLE PAS VOULOIR RENONCER À SON PROGRAMME NUCLÉAIRE

Pyongyang semble juger impossible l’abandon de son programme de développement atomique en échange de la levée des sanctions internationales à son encontre. C’est une conclusion rendue par les services de renseignement sud-coréens (NIS).

À en croire la députée Lee Eun-jae, de la commission du renseignement du Parlement, les services secrets ont fait part de cette analyse hier, après avoir disséqué les résultats de la dernière réunion plénière du Parti des travailleurs nord-coréen.

Toujours selon l’élue, le NIS scrute en particulier les annonces du régime communiste sur « la réelle action choquante » et la reprise possible de ses tests d’armes nucléaires et de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM).

À propos de la « nouvelle arme stratégique » que l’homme fort de Pyongyang a promis de présenter, le renseignement de Séoul estime que le Nord pourrait développer un missile balistique pouvant être tiré depuis un sous-marin (MSBS), ou bien un système de mirvage (MIRV) pour ICBM. Celui-ci consiste à pouvoir équiper ces missiles avec plusieurs têtes nucléaires ou conventionnelles, et leur permet de prendre des trajectoires indépendantes lors de leur entrée dans l’atmosphère.

Le NIS croit en même temps que le royaume ermite ne se lancera pas dans une provocation militaire au détriment des visites touristiques sud-coréennes aux monts Geumgang, situés sur son sol, qu’il souhaite reprendre au plus vite.

Publié le 7 janvier 2020 à 11h14, mis à jour à 19h24

Photo en titre : YONHAP News

http://world.kbs.co.kr/service/news_view.htm?lang=f&Seq_Code=68294

« L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN EST GELÉ»

Débat avec François Nicoullaud, analyste de politique internationale, ancien ambassadeur de France à Téhéran, recueilli par François d’Alançon.

L’Iran ne le dit pas explicitement mais s’est mis, de facto, en dehors de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, en affirmant qu’il ne respecte plus ses engagements, tout en disant qu’il pourrait les reprendre, en cas de levée des sanctions. Les Américains n’y sont pas prêts dans un délai proche et on peut donc considérer que les Iraniens sont sortis de l’accord.

Téhéran n’a pas choisi l’option maximale comme le renvoi des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ou le retrait du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) mais une voie médiane. Les Iraniens affirment qu’ils continueront à coopérer avec l’AIEA, chargée de contrôler les sites nucléaires iraniens. Autrement dit, ils continuent à appliquer le protocole additionnel de l’AIEA qui fournit des outils supplémentaires, protocole signé mais pas ratifié par l’Iran.

Les Iraniens pourraient produire de l’uranium à 20 %

Téhéran affirme, par ailleurs, retrouver sa liberté en matière de capacité à enrichir l’uranium, de niveau d’enrichissement et de quantité de matériau enrichi, sans dire explicitement s’il va enrichir de l’uranium à hauteur de 20 %. Les Iraniens pourraient produire de l’uranium à 20 % pour alimenter un petit réacteur de recherche à Téhéran. C’est une façon pour l’Iran de ne pas s’aliéner les quelques alliés qu’il lui reste : les Européens, les Russes et les Chinois. Même s’ils n’ont pas démontré une grande efficacité pour soutenir Téhéran, ces pays pourraient lui être utiles.

L’accord sur le nucléaire iranien est donc gelé, sine die. Pour le réactiver, même avec des modifications, il faudrait un renversement de situation comme le départ de Donald Trump. On voit mal aujourd’hui le président américain, de plus en plus préoccupé par sa réélection et voulant apparaître comme un homme fort, faire des concessions, lever des sanctions et entrer dans une négociation.

Dans ce contexte, les Européens pourront difficilement jouer un rôle, réduits à un rôle de spectateurs impuissants face à la montée de l’irrationnel. Les trois pays européens signataires de l’accord, -l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni-, avaient évoqué dans le passé la possibilité de déclencher le mécanisme de règlement des conflits prévu dans l’accord de 2015, sans, toutefois, aller jusqu’au Conseil de sécurité pour demander le rétablissement des sanctions de l’ONU.

La déclaration conjointe d’Emmanuel Macron, Angela Merkel et Boris Johnson, n’évoque pas, même à mots couverts, la responsabilité américaine dans la crise. Les Iraniens y verront une nouvelle preuve de la frilosité européenne et resteront sourds aux appels à la retenue. Si le gouvernement irakien met en œuvre la résolution non contraignante, votée par le parlement irakien, sur le retrait des troupes étrangères et donc américaines, ce serait pour eux une grande victoire.

Par François d’Alançon, publié le 07/01/2020 à 07h57

https://www.la-croix.com/Monde/Laccord-nucleaire-iranien-gele-2020-01-07-1201070158

DONALD TRUMP : « L’IRAN N’AURA JAMAIS D’ARME NUCLÉAIRE ! »

Nouvelle envolée enflammée sur Twitter du président américain qui s’oppose à l’acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran.

Le président américain Donald Trump a réaffirmé lundi 6 janvier qu’il ne laisserait pas l’Iran se doter de l’arme nucléaire, au lendemain de l’annonce par Téhéran de sa décision de s’affranchir de toute limite sur l’enrichissement d’uranium.

« L’Iran n’aura jamais d’arme nucléaire ! », a tweeté le président américain, qui a retiré en 2018 les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) plus l’Allemagne.

Escalade des tensions entre l’Iran et les États-Unis

Après un premier tweet publié plus tôt dans la matinée du lundi qui menace l’Iran « de représailles majeures en cas d’attaque iranienne », Trump récidive et affirme sa volonté de ne pas laisser l’Iran accéder à l’arme nucléaire.

Les Iraniens, quant à eux, ont lancé des appels à la vengeance lors des cérémonies d’hommage au général Qassem Soleimani. «  Voici notre message pour l’Amérique : nous vous frapperons, nous vous ferons payer pour le sang versé par votre faute », lance Mehdi Ghorbani, un fonctionnaire venu avec sa femme et son enfant à l’AFP.

Intervention de l’UNESCO

Lors d’une rencontre qui a eu lieu le lundi avec l’ambassadeur iranien Ahmad Jalali, la directrice générale de l’UNESCO Audrey Azoulay, a souligné que les États-Unis et l’Iran avaient « ratifié ces deux conventions » – de 1954 et 1972 – sur la protection des biens culturels et du patrimoine mondial.

Les ministères des Affaires étrangères des pays de l’Union européenne ont annoncé une réunion extraordinaire vendredi à Bruxelles afin d’évoquer la crise iranienne.

Par L’Obs avec AFP, publié le 06 janvier 2020 à 17h07

Photo en titre : Sur ses réseaux, le président Donald Trump a multiplié les provocations sur l’Iran. (JIM WATSON / AFP)

https://www.nouvelobs.com/monde/20200106.OBS23110/donald-trump-l-iran-n-aura-jamais-d-arme-nucleaire.html

MEUSE, TCHERNOBYL AU THÉÂTRE À NEUVES-MAISONS (54397) LE 21 JANVIER 2020 À 20H30

La pièce s’intitule : « L’HERBE DE L’OUBLI » car Tchernobyl, en russe, se traduit par absinthe, l’herbe de l’oubli. À partir des témoignages des survivants, un spectacle poignant et humain où la parole des comédiens croise des apparitions de marionnettes qui traversent la scène comme les échos des âmes atomisées.

Le 26 avril 1986, le cœur du réacteur numéro quatre de la centrale de Tchernobyl explose et prend feu, projetant un nuage de radioactivité qui a touché non seulement la Biélorussie, l’Ukraine et la Russie mais dont on a retrouvé des traces dans toute l’Europe. Aujourd’hui, le réacteur conserve toujours dans son ventre gainé de plomb et de béton armé près de vingt tonnes de combustible nucléaire. Trente ans après, quelles leçons retient-on de cette explosion ?

Durée : 1h – À partir de 14 ans

15€ – 12€ – 8€  (billetterie_ccjlh@orange.fr)

https://www.unidivers.fr/rennes/lherbe-de-loubli-2020-01-21/

AVEC ITER, LA LUTTE CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ATTENDRA

Isabelle Bourboulon, dans « Soleil trompeur, Iter ou le fantasme de l’énergie illimitée », raconte l’histoire de ce projet industriel international, et explique comment ce programme nucléaire de très long terme (opérationnel en 2035 au mieux) entre en contradiction avec les défis du réchauffement climatique.

Présentation du livre par son éditeur :

« Mettre le Soleil en boîte » ! Tel est le rêve aux résonances prométhéennes des promoteurs d’Iter, un réacteur nucléaire expérimental situé à Cadarache, en Provence. Un projet inédit de fusion (réaction libérant de l’énergie, à l’image de ce que fait naturellement le Soleil), et non plus de fission (éclatement de noyaux d’atomes d’uranium), auquel participent les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l’Inde, la Corée du Sud et l’Union européenne. Pour ses défenseurs, rien de moins que la promesse d’« une source d’énergie propre et quasiment inépuisable ». Pour ses détracteurs, une chimère scientifique doublée d’un gouffre financier : au minimum 40 milliards d’euros, dont près de la moitié à la charge des contribuables européens.

Dans une enquête très documentée, l’auteure raconte les origines politico-diplomatiques du projet sur fond de détente américano-soviétique, met au jour les mensonges des lobbys industriels, relaye les doutes d’éminents scientifiques quant à la faisabilité et à l’utilité d’Iter, alerte sur ses dangers, dévoile des pratiques de sous-traitance contraires au droit du travail… Elle souligne enfin que ce programme de très long terme (opérationnel en 2035 au mieux) entre en contradiction avec les défis du réchauffement climatique, et propose un scénario de réaffectation des crédits vers l’efficacité énergétique et les renouvelables.

Le livre : Soleil trompeur, Iter ou le fantasme de l’énergie illimitée, d’Isabelle Bourboulon, éditions Les Petits Matins, janvier 2020, 160 p., 15 €.

Par Isabelle Bourboulon, publié le 6 janvier 2020

https://reporterre.net/Avec-Iter-la-lutte-contre-le-rechauffement-climatique-attendra

NUCLÉAIRE : LE CALENDRIER DU DÉMANTÈLEMENT DE FUKUSHIMA REVU, LE REJET D’EAU ENVISAGÉ DANS LA MER

Près de neuf ans après la catastrophe du 11 mars 2011 au Japon, les opérations de décontamination de la centrale nippone sont encore en cours. Des experts français décryptent ce chantier titanesque.

Il a fallu douze ans, entre 1967 et 1979, pour construire les six réacteurs de la centrale de Fukushima. Le chantier de décontamination et de déconstruction du site, ravagé par la plus grosse catastrophe nucléaire de ce début de XXIe siècle, sera autrement plus long : près d’un demi-siècle.

Presque neuf ans après le passage du tsunami qui a ravagé les installations et provoqué la fusion des cœurs de trois réacteurs, le 11 mars 2011, les opérations de nettoyage sont devenues un inextricable casse-tête pour les autorités nippones, qui viennent d’annoncer que le calendrier de démantèlement serait décalé, et que l’eau contaminée serait sans doute rejetée… en mer. Tout en confirmant que les forêts alentour ne seront, elles, jamais nettoyées.

Des montagnes de terres contaminées

Au lendemain de la catastrophe, les autorités nippones ont mené un gigantesque chantier de décontamination des sols des zones touchées par le panache de fumées radioactives. Onze municipalités avaient été évacuées et quarante autres touchées par des niveaux de pollution plus faibles. Une région de 9000 km2 où il a fallu décaper les sols pour éliminer notamment les traces de césium, qui peut subsister trois siècles dans l’environnement !

« C’est la première fois qu’un tel effort d’assainissement est fait à la suite d’un accident nucléaire, relève Olivier Evrard, 16 000 ouvriers y ont participé ». Ce chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement a rassemblé les résultats d’une soixantaine d’études publiées sur le sujet, en collaboration avec deux collègues canadien et japonais. Pour assainir les terres cultivées, les autorités ont décapé la couche superficielle du sol sur une épaisseur de 5 cm. « Ce qui a permis de réduire les concentrations en césium d’environ 80% dans les zones traitées » souligne l’étude.

Mais cette opération a coûté très cher (24 milliards d’euros) et généré des montagnes de déchets : 20 millions de m3 soit… 8000 piscines olympiques ! Ils seront stockés pendant plusieurs décennies à proximité de la centrale avant d’être envoyés dans des sites de stockage définitif en dehors de la préfecture de Fukushima à l’horizon 2050.

Les forêts n’ont pas été assainies

Dans les zones plus éloignées de la centrale, Tokyo n’a pas procédé au décapage des terres, mais répandu sur le sol des substances connues pour fixer le radiocésium ou pour s’y substituer. « Concernant les zones boisées, seules celles qui se trouvaient dans un rayon de 20 mètres autour des habitations ont été traitées », explique l’étude française coordonnée par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

Les branches ont été coupées et les décontaminateurs ont ramassé la litière des feuilles mortes. Les zones résidentielles ont également été passées au tamis : curage des fossés, nettoyage des toitures et des gouttières, assainissement des jardins et potagers. « Les activités de décontamination ont ciblé principalement les paysages agricoles et les zones résidentielles, mais les forêts n’ont pas été assainies à cause de la difficulté et des coûts très importants que représenteraient ces opérations », relèvent les chercheurs.

Or ces forêts couvrent 75% des surfaces situées au cœur du panache radioactif. « Elles constituent donc un réservoir potentiel à long terme de radiocésium qui peut être redistribué à travers les paysages suite à l’érosion des sols et aux crues, prévient Olivier Evrard. En octobre dernier, deux typhons très violents ont traversé la région provoquant des débordements de cours d’eau et des glissements de terrain ».

La « mauvaise réputation » de  Fukushima

Malgré ce colossal chantier de décontamination, certains villages, comme Litaté, qui comptait 7000 habitants avant la catastrophe, n’ont retrouvé que 10 à 15% de ses habitants. Essentiellement des personnes âgées.

LIRE AUSSI > Retour forcé à Fukushima

« La plupart des gens évacués en 2011 ont refait leur vie ailleurs et tout l’enjeu des autorités est de faire repartir la vie dans cette grosse région agricole, en attirant les jeunes, mais il y a désormais une mauvaise réputation accolée au nom de Fukushima, souligne Olivier Evrard. Pour les prochains Jeux olympiques, les épreuves de base-ball auront lieu dans la préfecture, mais la délégation sud-coréenne a peur que l’on nourrisse ses athlètes avec des produits venant de la région alors qu’ils subissent un contrôle radiologique très strict ». Pour l’heure, la pêche est toujours interdite dans les rivières de la région.

L’eau contaminée sera rejetée dans le Pacifique

La veille de Noël, les autorités japonaises ont affirmé que le rejet en mer ou dans l’air (par évaporation) de l’eau contaminée qui souille le site de la centrale était l’unique option restante, les experts excluant désormais son stockage à long terme sur le site nucléaire.

Une immense quantité d’eau souillée est présente sur place, stockée dans un millier de réservoirs qui seront pleins d’ici deux ans. À l’heure actuelle, ces citernes contiennent 1 100 000 m3 d’eau contaminée, soit l’équivalent de 366 piscines olympiques ! Ces liquides contaminés proviennent des ruissellements de pluie, des nappes souterraines qui remontent dans les sous-sols des bâtiments et des injections d’eau nécessaires au refroidissement des cœurs des réacteurs entrés en fusion. « L’option d’un simple stockage à long terme n’est plus envisagée », reconnaît un fonctionnaire d’État.

« L’entreprise a étudié plusieurs solutions, comme d’injecter ces eaux dans le sol entre deux couches imperméables ou de l’emprisonner dans des blocs de béton, mais la rejeter dans l’océan après l’avoir traitée au maximum en étalant les rejets sur une dizaine d’années est la solution techniquement la plus raisonnable », explique le directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) Thierry Charles. Cela reste infaisable pour l’heure, tant l’eau est encore chargée d’éléments radioactifs dangereux pour la chaîne alimentaire. Les pêcheurs et défenseurs de l’environnement y sont catégoriquement opposés. De même que la Corée du Sud.

Cinq ans de plus pour retirer le combustible usé

Imaginez un jeu de mikado géant mais où les bâtons imbriqués les uns dans les autres seraient des barres de combustible hautement radioactives. Eh bien, c’est à peu près le casse-tête auquel est confronté Tokyo Electric Power (Tepco), qui gère le démantèlement.

L’opération est tellement périlleuse que le gouvernement japonais et l’entreprise ont décidé de différer de quatre à cinq ans le retrait du combustible usé toujours présent dans la piscine de stockage du réacteur numéro 1. Initialement prévue début 2023, cette séquence ne démarrera pas avant 2027 au plus tôt. Même choix pour le réacteur numéro 2. « Le retrait du combustible usé est en cours dans la piscine du réacteur 3 et c’est une succession de problèmes », a reconnu peu avant le passage à 2020 un porte-parole de Tepco, mettant en avant une priorité : la sécurité des travailleurs.

Thierry Charles s’est plusieurs fois rendu sur le site industriel, qu’il compare à une « ruche » où se croisent plusieurs milliers d’ouvriers. Le fameux bâtiment 3 est celui qui a subi l’explosion la plus forte lors de la catastrophe. « Il a fallu nettoyer les abords à distance, avec des grues et des robots, car il y a trop de rayonnements et la superstructure du bâtiment était couverte d’un tas de gravats », explique-t-il. Sur les images de l’intérieur diffusées par l’autorité japonaise de sûreté nucléaire, on aperçoit des portes fracassées, des décombres partout, des tuyauteries déchiquetées et les niveaux de radiation sont si élevés qu’aucune intervention humaine n’y a été possible depuis 2011.

Par Frédéric Mouchon, le 6 janvier 2020 à 08h19

Photo en titre : Le site de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, vu d’hélicoptère le 23 avril 2019.  MAXPPP/Kyodo

http://www.leparisien.fr/societe/nucleaire-le-calendrier-du-demantelement-de-fukushima-revu-le-rejet-d-eau-envisage-dans-la-mer-06-01-2020-8229561.php

TÉHÉRAN S’AFFRANCHIT DE L’ACCORD DE VIENNE, LES AMÉRICAINS CIBLÉS EN IRAK

L’Iran a annoncé ne plus respecter les limites à ses activités nucléaires. Dans la capitale, une foule s’est rassemblée pour rendre hommage au général Ghassem Soleimani.

L’Iran a annoncé, dimanche 5 janvier, qu’il s’affranchissait davantage de l’accord de 2015 sur son programme nucléaire, en ne s’imposant plus de limites pour l’enrichissement d’uranium. Si cette annonce était attendue, elle coïncide avec la forte aggravation des tensions entre Téhéran et Washington, après la frappe américaine en Irak qui a tué dans la nuit de jeudi à vendredi le général iranien Soleimani, fer de lance de l’influence militaire de la République islamique au Moyen-Orient. Lundi matin, une foule compacte rendait hommage au général dans les rues de Téhéran.

L’Iran ne s’impose plus de limite à l’enrichissement d’uranium…

D’après la télévision d’État iranienne citant un communiqué du gouvernement, Téhéran ne va plus respecter les limites à ses activités nucléaires fixées dans l’accord de Vienne : qu’il s’agisse du nombre de centrifugeuses pour ses capacités d’enrichissement d’uranium, du degré d’enrichissement de l’uranium ou de ses activités de recherche et développement. Toutes ces activités dépendront désormais des besoins techniques du pays.

Lire l’éditorial du « Monde » : L’accord sur le nucléaire iranien, victime collatérale des raids américains

        … sauf en cas de levée des sanctions américaines

Toutefois, Téhéran continue de se soumettre aux inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), « comme avant ». La République islamique pourrait ainsi revenir sur sa décision si les États-Unis lèvent leurs sanctions à son encontre.

L’accord de Vienne, signé en 2015 avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies – États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni – et l’Allemagne, prévoit une limitation des capacités nucléaires du pays en échange de la levée des sanctions internationales qui le visaient.

En assassinant le général iranien Ghassem Soleimani, le 3 janvier, les États-Unis ont sans doute donné le coup de grâce à ce traité, que Donald Trump avait déjà dénoncé en 2018, mais qui servait encore de cadre à un dialogue avec les Européens.

Lire aussi Après l’assassinat du général Soleimani par les Etats-Unis, l’Iran s’interroge sur ses représailles (Article réservé à nos abonnés)

En Irak, les intérêts américains pris pour cibles

Parallèlement, dans la soirée de dimanche, au moins deux roquettes se sont abattues près de l’ambassade des États-Unis dans la zone verte de Bagdad.

Depuis la fin d’octobre, 14 attaques à la roquette ont visé des intérêts américains en Irak. Jamais revendiquées, plusieurs ont été attribuées par Washington aux brigades du Hezbollah, une faction pro-Iran qui avait appelé, samedi, les forces de sécurité irakiennes à s’éloigner des troupes américaines avant dimanche 17 heures locales (15 heures à Paris), laissant présager des attaques.

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a estimé qu’il y avait de « grandes chances » que l’Iran s’en prenne aux forces américaines en Irak ou en Syrie. Les États-Unis comptent 5 200 soldats déployés en Irak.

Donald Trump menace l’Iran, qui menace Israël

Le président des États-Unis, Donald Trump, avait, lui, annoncé samedi avoir sélectionné 52 sites en Iran et que ses forces armées les frapperaient « très rapidement et très durement » si la République islamique attaquait du personnel ou des sites américains. Il a ensuite menacé dimanche l’Irak de « très fortes » sanctions si les troupes américaines devaient quitter le pays, après le vote dimanche du Parlement irakien pour réclamer leur expulsion.

« S’ils nous demandent effectivement de partir, si nous ne le faisons pas sur une base très amicale, nous leur imposerons des sanctions comme ils n’en ont jamais vu auparavant », a déclaré le président américain à bord de son avion Air Force One. « Elles feront apparaître les sanctions contre l’Iran comme presque faibles », a-t-il ajouté. Il a aussi maintenu, dimanche, sa menace de détruire des sites culturels iraniens. « Ils ont le droit de tuer nos ressortissants (…) et nous n’avons pas le droit de toucher leurs sites culturels ? Cela ne marche pas comme ça », a-t-il lancé.

Un haut responsable iranien a, lui, menacé de s’en prendre à Israël et de réduire « en poussière » Tel-Aviv et Haïfa si les États-Unis mettaient à exécution ce projet.

À Téhéran, une foule pour rendre hommage au général Soleimani

Dans le centre de Téhéran, des Iraniens rendent hommage lundi 6 janvier au général Ghassem Soleimani, assassiné vendredi en Irak par une frappe américaine. EBRAHIM NOROOZI / AP

Au petit matin lundi, sous un soleil glacial, une foule compacte s’est rassemblée aux abords de l’université de Téhéran, dans le centre de la capitale iranienne, pour rendre hommage au général Ghassem Soleimani tué vendredi. Des Iraniens défilent aussi sur plusieurs kilomètres le long des avenues Enghelab (« révolution » en persan) et Azadi (« Liberté »), les rues résonnant de slogans « mort à l’Amérique ! » ou « mort à Israël ! » sur fond de mélopée funèbre. Certains portent le portrait du général, d’autres agitent des drapeaux rouges (couleur du sang des « martyrs »), iraniens, libanais ou irakiens.

Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a présidé une courte prière aux côtés du président iranien, Hassan Rohani, et d’autres hauts responsables devant le cercueil du général, à l’université de Téhéran.

Cette photo, publiée par le bureau du Guide suprême iranien, montre l’ayatollah Ali Khamenei, avancé, devant le cercueil du général tué vendredi, lundi 6 janvier à l’université de Téhéran. À côté du Guide suprême, le président en exercice, Hassan Rohani, porte un turban blanc. Bureau du Guide suprême iranien / AP

« Une désescalade est désormais urgente », estiment les dirigeants européens

Les responsables allemand, français et britannique ont convenu d’œuvrer ensemble pour un apaisement de la situation au Moyen-Orient. La chancelière Merkel, le président Macron et le premier ministre Johnson se sont entretenus dans la journée de dimanche par téléphone. « Nous appelons l’Iran à retirer toutes les mesures qui ne sont pas conformes à l’accord nucléaire », ont-ils déclaré dans un communiqué commun.

Les trois dirigeants « sont d’accord pour estimer qu’une désescalade est désormais urgente », a détaillé le porte-parole de Mme Merkel. « L’Iran en particulier est instamment invité à faire preuve de retenue dans les circonstances actuelles. » Emmanuel Macron a appelé Téhéran à s’abstenir « de toute mesure d’escalade militaire susceptible d’aggraver encore l’instabilité régionale ».

Par ailleurs, alors que le Parlement irakien a exhorté le gouvernement à expulser les soldats de la coalition internationale, Londres a demandé à Bagdad à les autoriser à rester : « Nous exhortons le gouvernement irakien à veiller à ce que la coalition soit en mesure de poursuivre notre travail essentiel pour contrer cette menace commune. » Les Britanniques font partie des forces invitées par le gouvernement irakien en 2014 pour aider à lutter contre le groupe djihadiste État islamique (EI) et toujours stationnées dans le pays.

La France a aussi rappelé dimanche soir à l’Irak l’importance de la lutte contre le groupe État islamique (EI). Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a eu un entretien téléphonique avec le premier ministre irakien, Adel Abdel-Mahdi. « Il a souligné l’importance de la poursuite de la lutte contre Daech [acronyme arabe de l’EI] en Irak et en Syrie dans le cadre de la Coalition internationale contre Daech, dans le plein respect de la souveraineté irakienne », a dit le ministère dans un communiqué.

Lundi matin, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a annoncé qu’une réunion des ambassadeurs de ses pays membres aurait lieu dans la journée.

Par Le Monde avec AFP et Reuters, publié le 5 janvier 2020 à 19h38, mis à jour le 6 janvier 2020 à 08h52

Photo en titre : Une foule d’Iraniens rend hommage au général Ghassem Soleimani tué par une frappe américaine, le 6 janvier 2020 dans le centre de Téhéran. Ebrahim Noroozi / AP

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/05/nucleaire-teheran-s-affranchit-des-limites-a-l-enrichissement-d-uranium_6024866_3210.html

NETANYAHU BRISE L’AMBIGUÏTÉ NUCLÉAIRE ISRAÉLIENNE, UNE BÉVUE MOMENTANÉE

Saluant la conclusion d’un accord de gazoduc, le Premier ministre qualifie l’État juif de « puissance nucléaire » avant de se reprendre, évoquant une « puissance énergétique« 

Ces propos ont été tenus par le Premier ministre au cours de la réunion hebdomadaire de cabinet, alors qu’il informait les ministres de l’accord signé par Israël, la Grèce et Chypre, jeudi, portant sur un projet de gazoduc important permettant de transporter du gaz de l’est de la méditerranée à l’Europe.

« Nous transformons Israël en puissance nucléaire… en puissance énergétique », a dit Netanyahu.

L’État juif n’a jamais reconnu posséder des armes nucléaires, maintenant plutôt une politique « d’ambiguïté stratégique ».

Des rapports établis à l’étranger ont estimé que l’arsenal nucléaire israélien était constitué de dizaines, voire de centaines d’armes.

Sous les termes de l’accord qui a été signé la semaine dernière, le gazoduc EastMed sera en mesure de transporter entre neuf et 12 milliards de mètres-cubes de gaz par an depuis les réserves offshore d’Israël et de Chypre vers la Grèce, puis, de là, en Italie et dans d’autres pays européens du sud-est de la Méditerranée.

La découverte de réserves d’hydrocarbures a attisé la convoitise des pays de la zone et provoqué des tensions entre Chypre et la Turquie, qui occupe le nord de l’île méditerranéenne.

Netanyahu, son homologue grec Kyriakos Mitsotakis et le président chypriote Nicos Anastasiades ont participé à la cérémonie au cours de laquelle les ministres de l’Énergie des trois pays ont signé l’accord.

« C’est un grand jour pour Israël, qui devient une puissance énergétique. Nous avons signé des accords d’approvisionnement avec de nombreux pays voisins, ce qui renforce l’économie israélienne », aurait dit Netanyahu après la signature, la semaine dernière – des propos rapportés par le réseau Kan.

Par Times of Israel Staff, publié le 5 janvier 20120 à 15h48

Photo en titre : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu durant la cérémonie pour renommer le réacteur nucléaire de Dimona d’après l’ancien président Shimon Peres, le 29 août 2018. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

https://fr.timesofisrael.com/netanyahu-brise-lambiguite-nucleaire-israelienne-une-bevue-momentanee/

L’IRAN PRÊT À RÉDUIRE SES ENGAGEMENTS NUCLÉAIRES, L’UE VEUT « ÉVITER UNE NOUVELLE ESCALADE »

L’Iran doit décider, dans la nuit de dimanche à lundi, comment poursuivre son plan de réduction de ses engagements internationaux en matière nucléaire. Pour « préserver l’accord de Vienne » de 2015, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell invite son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, à Bruxelles.

L’Iran devrait arrêter, dans la nuit de dimanche 5 à lundi 6 janvier, sa décision concernant la nouvelle étape attendue de son plan de réduction de ses engagements internationaux en matière nucléaire, selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Moussavi.

Selon ce dernier, la décision avait été prise avant la mort, vendredi en Irak, du général iranien Qassem Soleimani dans une frappe américaine. Mais « compte tenu de la situation« , « certains changements seront apportés à la décision prise » concernant la « cinquième étape » de ce plan de réduction des engagements nucléaires, a ajouté Abbas Moussavi.

Ces changements seront décidés « lors d’une importante réunion ce soir« , a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, sans donner plus de précisions.

Téhéran a commencé en mai à réduire ses engagements nucléaires en riposte à la sortie unilatérale, un an auparavant, des États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

Les décisions relatives à la suspension, par l’Iran, de certains de ses engagements pris au titre de cet accord conclu à Vienne entre la République islamique et le Groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) sont du ressort du Conseil suprême de la sécurité nationale.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne n’a donné aucune indication sur le contenu de la décision « déjà prise » ni sur la date à laquelle la décision finale pourrait être annoncée officiellement.

Invitation de l’UE pour « préserver l’accord de Vienne« 

Plus tôt dimanche, l’Union européenne a indiqué que Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, avait invité à Bruxelles le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

Le haut représentant de l’UE pour la politique étrangère a fait part de cette invitation sans donner de date précise, dans un communiqué détaillant l’entretien téléphonique qu’il a eu ce week-end avec Mohammad Javad Zarif, et dont il s’était déjà fait l’écho samedi soir dans un tweet.

« Je me suis entretenu avec le ministre iranien des Affaires étrangères à propos des développements récents. Nous avons souligné la nécessité de désamorcer les tensions, de faire preuve de retenue et d’éviter une nouvelle escalade« , a écrit le chef de la diplomatie européenne. « Nous avons également discuté de l’importance de préserver le JCPOA (l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, NDLR) qui reste crucial pour la sécurité mondiale. Je m’engage à jouer le rôle de coordinateur.« 

Dans son communiqué, Josep Borrell a insisté sur le fait qu’il était « résolu à continuer à jouer pleinement son rôle de coordonnateur et à maintenir l’unité des participants restants pour appuyer l’accord et sa pleine application par toutes les parties« .

L’accord de Vienne risque de voler en éclat depuis le retrait des États-Unis en 2018, suivi du rétablissement des sanctions américaines contre la République islamique, qui ont plongé l’économie iranienne dans une sévère récession.

Samedi, Paris a appelé l’Iran à préserver l’accord de Vienne malgré l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani. Assassinat qui, de l’avis de nombreux experts, a quasiment torpillé toutes les chances de sauver l’accord nucléaire.

Texte par : FRANCE 24, avec AFP, publié le 05/01/2020 à 15h36

Photo en titre : Abbas Moussavi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse à Téhéran le 28 mai 2019. Atta Kenare, AFP

https://www.france24.com/fr/20200105-l-iran-pr%C3%AAt-%C3%A0-r%C3%A9duire-ses-engagements-nucl%C3%A9aires-l-ue-veut-%C3%A9viter-une-nouvelle-escalade

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY : DEUX NOUVEAUX RÉACTEURS À VENIR ?

Lors de la session de l’Assemblée départementale de l’Ain à la mi-décembre, Jean Deguerry, président du département, a posé sur la table la possibilité pour la centrale nucléaire du Bugey d’accueillir une nouvelle paire de réacteurs.

Tout du moins, c’est le vœu qu’il a prononcé. « Ne passons pas à côté de l’histoire : parvenir au mix énergétique décarbonné d’ici à 2035 est un enjeu majeur pour la nation dans son ensemble. C’est aussi un enjeu pour le Bugey et l’Ain » a exprimé Jean Deguerry lors de cette session.

L’Élysée sollicite EDF

Pour rappel, en septembre, nos confrères du Monde portaient au public une lettre envoyée par le gouvernement (plus précisément Élisabeth Borne ministre de la Transition écologique et solidaire et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie) à Jean-Bernard Lévy, président-directeur-général d’EDF. À l’intérieur, une feuille de route et un calendrier pour « être en mesure de répondre à l’exécution d’un programme de construction de trois paires de réacteurs sur trois sites distincts ». La mise en place de ces réacteurs EPR (voir ci-contre) devrait se faire sur les quinze prochaines années.

Candidat volontaire !

Six réacteurs devraient voir le jour. Trois fois deux paires, en réalité. Donc sur trois sites différents. Jean Deguerry souhaite positionner la région sur l’un d’eux : « Une est déjà fléchée en Normandie, une est déjà fléchée dans les Hauts-de-France, la troisième serait pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. Alors plutôt que de laisser le site de Tricastin prendre l’avantage, je veux que nous défendions notre territoire. »

Plusieurs « enjeux »

Le président de l’Ain sait que le sujet fait grincer des dents (voir ci-dessous) et a donc choisi d’anticiper, au moment de cette annonce, sur le sujet : « Ne nous trompons pas de sujet, il ne s’agit pas d’implanter ex nihilo une centrale nucléaire dans l’Ain, cela serait probablement inenvisageable. (…) Il s’agit d’un enjeu de sécurité, un enjeu industriel et économique, un enjeu énergétique majeur mais aussi, et surtout, un enjeu de pouvoir d’achat. Je me revendique tout aussi convaincu par la nécessité de nous inscrire pleinement dans la transition écologique que la plupart d’entre vous ici. Et pour moi, ce n’est nullement incompatible avec la promotion de l’énergie nucléaire qui est décarbonée et qui nous permet in fine d’afficher un prix de l’électricité raisonnable en France. »

Le vœu a été adopté par le conseil.

La réaction de l’association « Sortir du nucléaire Bugey » est à lire dans les colonnes de notre édition papier du 2 janvier 2020.

Un réacteur EPR c’est quoi ?

– Le terme EPR signifie «European Pressurized Reactor» ou « réacteur européen à eau pressurisée » en français.

– Les réacteurs EPR sont des réacteurs de troisième génération, c’est-à-dire conçus à partir des années 1990 et qui prendraient donc en compte les expériences passées (le drame de Tchernobyl, par exemple) en apportant plus de sécurité.

– Les EPR sont plus puissants, avec une puissance électrique qui atteint les 1600 mégawatts, alors que les anciens tournaient autour de 1000 MW. Puissance est-elle synonyme de danger ? Plusieurs associations en France estiment que OUI !

Par Estelle Lautrou, mis en ligne le 5/01/2020 à 13h02

Photo en titre : Le site nucléaire du Bugey se situe dans une région très peuplée, avec 1 255 000 habitants dans les 30km et 4 408 000 habitants dans les 80km.

https://www.latribunerepublicaine.fr/3400/article/2020-01-05/centrale-nucleaire-du-bugey-deux-nouveaux-reacteurs-venir

COMMENT UNE PETITE FILLE AMÉRICAINE A TENTÉ DE METTRE FIN À LA GUERRE FROIDE

Samantha Smith n’était pas en mesure à elle seule de réconcilier les deux superpuissances en lutte au cours de la guerre froide, mais elle a incontestablement joué un rôle dans la prévention d’une possible apocalypse nucléaire.

En juillet 1983, le monde entier était le témoin d’un événement extraordinaire : une petite fille américaine ordinaire, âgée de 11 ans, était invitée à se rendre en Union soviétique après avoir écrit une lettre au Kremlin. Elle s’appelait Samantha Smith, et est devenue la plus jeune ambassadrice de bonne volonté des États-Unis.

Samantha et ses parents, Jane et Arthur Smith. AP

Au début des années 80, Samantha vivait avec ses parents dans la petite ville de Manchester, dans le Maine, en Nouvelle-Angleterre. Comme cela a souvent été le cas pendant la guerre froide, le monde était à nouveau au bord d’un conflit nucléaire mondial opposant les États-Unis et l’Union soviétique. Et tandis que les politiciens se livraient à leurs jeux, les gens ordinaires vivaient dans une atmosphère de peur et d’anxiété.

Le 8 juillet 1983, Samantha et sa mère en route pour leur hôtel moscovite. AP

Un jour, sur une couverture de magazine, Samantha a vu la photo du dirigeant soviétique Iouri Andropov, que les médias américains désignaient comme le responsable de cette situation géopolitique tendue. Samantha a demandé à sa mère : « Si les gens ont si peur de lui, pourquoi personne ne lui écrit pour lui demander s’il veut une guerre ou non ? ». « Pourquoi ne le fais-tu pas ? », a répondu sa mère.

Samantha tient la lettre que lui avait adressée Andropov. AP

>>> Que sont devenus les enfants de la nomenklatura soviétique?

Sa mère a vite oublié la conversation, mais pas Samantha. Elle a pris le conseil au sérieux et a envoyé quelques jours plus tard à Andropov une lettre dans laquelle elle lui demandait s’il voulait vraiment déclencher une guerre et conquérir le monde entier, ou au moins les États-Unis. La lettre se terminait ainsi : « Dieu a créé le monde pour qu’on y vive ensemble en paix et pas pour que l’on se combatte ».

Yuriy Abramochkin/Sputnik

Fait surprenant, le principal journal soviétique, la Pravda, a publié un extrait de sa lettre. N’importe quelle autre petite fille s’en serait contentée, mais pas Samantha. Elle ne comprenait pas pourquoi personne n’avait répondu à ses questions et a écrit une seconde lettre.

Nikolai Malyshev et Alexander Yakovlev/TASS

Cette fois, Iouri Andropov lui-même a répondu en exposant la position de l’URSS : « Nous voulons la paix pour nous-mêmes et pour tous les peuples de la planète. Pour nos enfants et pour toi, Samantha », a-t-il écrit, l’invitant à se rendre en URSS et à constater par elle-même qu’« en Union soviétique, tout le monde est pour la paix et l’amitié entre les peuples ».

Avec Valentina Terechkova, première femme cosmonaute. Alexander Yakovlev et Vladimir Yatsina/TASS

Le 7 juillet, Samantha est arrivée en Union soviétique avec ses parents pour une visite de deux semaines. Se voyant dérouler le tapis rouge, elle a visité tous les principaux sites touristiques de Moscou et de Leningrad (Saint-Pétersbourg).

Alexander Yakovlev et Vladimir Yatsina/TASS

Samantha a également passé plusieurs jours dans le camp des Pionniers, grande organisation de jeunesse soviétique, à Artek en Crimée, où elle a rencontré des jeunes de toute l’Union soviétique, a pris part à des festivités, à des spectacles et à diverses activités. On lui a même offert un uniforme des Jeunes pionniers – mais sans la cravate rouge habituelle pour éviter toute connotation politique.

À Artek. Valery Zufarov et Alexander Obukhovsky/TASS

>>> «L’ami des enfants»: la sombre histoire derrière la photo de Staline avec une petite fille

Chaque pas de Samantha était scruté par des journalistes américains et soviétiques. Manipulés de la propagande, les habitants des deux pays ont enfin pu se rendre compte que les personnes des deux côtés du rideau de fer ne différaient pas beaucoup les unes des autres.

Alexander Yakovlev et Vladimir Yatsina/TASS

Malheureusement, Samantha a été incapable de rencontrer Andropov en personne – il était déjà très malade à l’époque, et est mort moins d’un an après sa visite.

Vladimir Zavyalov et Alexander Yakovlev/TASS

De retour aux États-Unis, Samantha Smith a déclaré : « Maintenant, je suis certaine que les Russes, comme les Américains, ne veulent pas de guerre ». Les Russes sont « absolument comme nous », a-t-elle ajouté.

Yuriy Abramochkin/Sputnik

Le voyage soviétique de Samantha en a fait une vraie célébrité. En tant que jeune ambassadrice de bonne volonté, elle a visité le Japon, a été invitée à des émissions-débats aux États-Unis  et apparaissait régulièrement à la télévision. Malheureusement, sa vie prometteuse a pris fin de manière abrupte et prématurée le 25 août 1985 : elle est décédée dans un accident d’avion. Sa mort a choqué le monde et a été pleurée tant aux États-Unis qu’en URSS.

AP

>>> Comment une élève soviétique est devenue une brillante artiste, avant de disparaître à 17 ans

En 1986, l’Union soviétique a décidé d’organiser une visite du même genre aux États-Unis. Cependant, bien que la visite de Katia Lytcheva, âgée de 12 ans, ait été largement couverte par les médias américains – elle a même rencontré le président Ronald Reagan – elle ne possédait ni le charisme, ni le charme de Samantha et n’est jamais devenue aussi populaire que la jeune activiste américaine de la paix.

Jane Smith, mère de Samantha, et la Russe Katia Lytcheva (deuxième à droite) lors de l’ouverture de la première édition des Goodwill Games, à Moscou

Yury Abramochkin/Sputnik

Retrouvez cet article sur: file:///G:/NUCLEAIRE/Samantha.html

Dans cet autre article, nous vous expliquons pourquoi l’Union soviétique et les États-Unis voulaient mener une frappe nucléaire sur la Lune.

[L’ANNÉE 2019 EN TECHNOS] LES ÉNERGIES RENOUVELABLES MONTENT EN PUISSANCE

Alors que General Electric érigeait l’éolienne la plus puissante du monde sur le port de Rotterdam cette année, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a montré le fort potentiel de l’éolien en mer.

Les renouvelables d’une manière générale, et le photovoltaïque (PV) en particulier ne sont pas en reste : l’AIE leur prévoit une forte croissance. De quoi nourrir les espoirs de la filière européenne du PV qui compte bien se faire une place dans les technologies de nouvelle génération.

Peu après avoir été présentée en juillet, la turbine de l’Haliade-X de 12 MW de General Electric produisait déjà ses premiers kWh sur le port de Rotterdam en novembre. L’éolienne la plus puissante du monde pourrait à terme rejoindre les projets éoliens en mer en cours de développement et dont le potentiel est énorme, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Dans un rapport publié le 25 octobre, l’AIE estime que cette technologie pourrait alimenter la planète en électricité.

Dans un autre rapport publié une semaine plus tôt, l’AIE prévoyait également une forte hausse des renouvelables tirée par la croissance du photovoltaïque (PV). De quoi ravir les industriels européens de la filière qui affichaient déjà leur optimisme en septembre lors de l’European PV Solar Energy Conference and Exhibition (EU PVSEC). Notamment avec les progrès dans les technologies de photovoltaïque de nouvelle génération, comme l’hétérojonction de silicium de l’italien Enel et du CEA Liten ou le PV multi-jonction à concentration d’Insolight.

L’éolienne la plus puissante du monde prend forme

Les représentants de la division énergie renouvelable de General Electric (GE) ont présenté le 22 juillet, près de Saint-Nazaire, la nacelle du prototype de l’Haliade-X, sa future éolienne offshore de 12 MW, « la plus puissante du marché ». Quelques mois plus tard, le premier prototype a produit ses premiers kWh à Rotterdam. GE Renewable Energy a également annoncé qu’une deuxième nacelle était arrivée au Royaume-Uni pour une campagne de tests alors que deux pales subissent en parallèle des tests de fatigue en Angleterre et aux États-Unis.

L’AIE estime que l’éolien en mer a un fort potentiel…

Dans un rapport publié le 25 octobre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) détaille le potentiel technique de l’éolien en mer. Les vents marins situés dans des zones à moins de 60 km des côtes et où le fond ne descend pas en dessous de 60 mètres pourraient produire 36 000 TWh chaque année, alors que la consommation mondiale actuelle est de 23 000 TWh.

…et que le photovoltaïque va croître de manière « spectaculaire »

Un autre rapport de l’AIE, publié ce 21 octobre, prévoit une forte hausse des capacités de production d’électricité d’origine renouvelable, avec 1 200 gigawatts supplémentaires d’ici à 2024. Une tendance tirée par la croissance du photovoltaïque, à travers notamment les installations distribuées sur les bâtiments commerciaux et industriels.

L’Europe du photovoltaïque voit son « grand moment » arriver…

Avec un marché du photovoltaïque en expansion accélérée, l’optimisme était de mise début septembre à Marseille lors de la 36ème édition de l’European PV Solar Energy Conference and Exhibition (EU PVSEC). L’industrie européenne pourrait en prendre sa part avec les technologies solaires émergentes.

…et dope le rendement de ses cellules

Grâce à une amélioration du procédé de fabrication, le CEA Liten a porté le rendement de ses cellules photovoltaïques à hétérojonction de silicium à 24 %. Une progression par rapport à la technologie précédemment transférée à l’italien Enel. Annoncée le 5 décembre, cette avancée constitue un pas de plus vers l’industrialisation du procédé et vers l’émergence d’une filière européenne du photovoltaïque de nouvelle génération. En septembre, le projet Hiperion a également reçu un financement de 10,6 millions d’euros de la part de l’Union européenne. Objectif d’ici 4 ans : développer une ligne d’assemblage pilote à Neuchâtel (Suisse) pour mettre sur le marché les panneaux de la start-up suisse Insolight. Composés de cellules triple-jonction avec des dispositifs à concentration, ils atteignent des rendements de 29 %.

Par Xavier Boivinet, publié dans Industrie & Technologies le 4/1/2020 à 14h00

Photo en titre : L’Haliade-X 12 MW de General Electric a produit ses premiers kWh en novembre. © GE Renewable Energy

https://www.industrie-techno.com/article/l-annee-2019-en-technos-les-energies-renouvelables-montent-en-puissance.58529

Sur le même sujet, vous pouvez lire également :

Le DOE mise sur les supraconducteurs pour des éoliennes sans terres rares

Le département de l’énergie américain (DOE) va financer quatre projets de développements d’éoliennes de plus de 10 MW qui visent à alléger les machines et, surtout, réduire le recours aux terres rares. Notamment en utilisant des aimants supraconducteurs.

Comment le SER veut accélérer le développement des EnR en France

En attendant la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le Syndicat des énergies renouvelables (SER) s’est exprimé le 15 octobre pour définir comment accélérer leur développement en France. Trois grandes priorités sont mises en avant : accélérer dans la chaleur renouvelable, accompagner l’essor des filières électriques et consolider l’éolien en mer.

COMPRENDRE L’ESCALADE DE LA VIOLENCE ENTRE L’IRAN ET LES ÉTATS-UNIS DEPUIS 2018, EN SIX POINTS

Au fil des mois, les relations entre Téhéran et Washington n’ont cessé de se dégrader, jusqu’à la frappe ciblée qui a coûté la vie à Ghassem Soleimani, le chef de l’unité d’élite des gardiens de la révolution iraniens.

La tension entre Washington et Téhéran n’a cessé de monter depuis le retrait américain de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien et le rétablissement des sanctions économiques. Au fil des mois, leur bras de fer diplomatique et économique s’est mué en épisodes de plus en plus violents, jusqu’à l’assassinat, ordonné par Donald Trump, du chef des forces spéciales des gardiens de la révolution iraniens, Ghassem Soleimani, jeudi 2 janvier. Retour sur un an et demi d’escalade.

1. Les États-Unis se retirent de l’accord

Alors que son prédécesseur, Barack Obama, avait tout fait pour améliorer les relations entre Washington et Téhéran, Donald Trump a sorti les États-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, le 8 mai 2018. Ce compromis, signé difficilement trois ans plus tôt par l’Iran, la Russie, la Chine, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, visait à limiter le programme nucléaire de Téhéran, alors qu’ils soupçonnaient de vouloir développer la bombe atomique, en échange de la levée de sanctions économiques. Rendu possible par l’arrivée d’un président modéré en Iran, Hassan Rohani, l’accord était respecté par Téhéran, d’après l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)

2. Les sanctions économiques frappent l’Iran

Malgré les rapports réguliers et positifs du gendarme du nucléaire, Donald Trump a rétabli de lourdes sanctions économiques à l’encontre de l’Iran. Passé une période transitoire de quatre-vingt-dix jours après le retrait de l’accord, un premier volet de sanctions économiques s’abat, en août 2018, sur les secteurs bancaires, des matières premières, de l’automobile et de l’aéronautique civil. En novembre de la même année, elles se sont étendues aux secteurs pétrolier et gazier ainsi qu’à la banque centrale iranienne. La valeur du rial, la monnaie nationale, a été divisée par trois, voire par quatre en quelques mois. Les mains tendues des Européens, soucieux de conserver l’accord, ne sont pas parvenues à compenser le désarroi du pays, au bord de l’asphyxie.

3. L’Iran viole l’accord de Vienne

Acculé, l’Iran a annoncé qu’il ne respecterait plus l’accord de Vienne. Progressivement, le pays commence à ne plus respecter les dispositions de l’accord – sans pour autant le dénoncer officiellement. Un mois après le retrait des États-Unis, Téhéran annonce d’abord son plan pour accroître le nombre de ses centrifugeuses – permettant d’augmenter son stock d’uranium enrichi. En juillet 2019, les autorités iraniennes ont annoncé reprendre l’enrichissement d’uranium au-delà du taux autorisé de 3,67 % – jusqu’à 4,5 %, un niveau cependant loin des 90 % nécessaires pour envisager la fabrication d’une bombe atomique.

Décryptage : Nucléaire iranien : pourquoi l’accord prévoit-il un seuil maximal d’enrichissement de l’uranium ?

Puis, elles ont reconnu que leur stock d’uranium faiblement enrichi dépassait les 300 kg autorisés. Ces violations mineures, mais répétées, de l’accord ne sont pas analysées par les experts comme une réelle reprise d’un programme nucléaire militaire, mais comme un « appel au secours à ses partenaires ».

Analyse : La stratégie du dérapage contrôlé de l’Iran sur le nucléaire

4. Le pétrole, au cœur de la guerre économique

Afin de survivre économiquement, l’Iran a aussi entrepris de contourner le blocus imposé par Washington sur ses exportations de pétrole – des sanctions encore durcies en mai 2019 par Donald Trump. Les transporteurs iraniens ont immatriculé leurs navires à l’étranger et dès octobre 2018, ses navires-citernes ont coupé leurs balises GPS afin de masquer leurs mouvements.

Puis les incidents de navires pétroliers se sont multipliés. En juin, deux navires norvégien et japonais ont été la cible d’une attaque indéterminée que les Etats-Unis ont imputée à l’Iran. Au début de juillet, les autorités britanniques ont saisi le pétrolier iranien Grace 1 au large de Gibraltar, accusé de vouloir livrer la Syrie, soumise à un embargo. En réponse, les gardiens de la révolution islamique ont arraisonné un pétrolier suédois, puis saisi un navire sous pavillon britannique.

5. Été 2019 : la guerre des drones

Durant l’été, le climat s’est tendu dans l’espace maritime, mais aussi aérien. Le 20 juin, les autorités iraniennes ont abattu un drone américain qui, selon elles, violait leur espace aérien. En représailles, le président américain a ordonné des tirs ciblés, avant de se raviser « dix minutes avant la frappe ». Un mois plus tard, les États-Unis ont assuré avoir abattu un drone iranien qui se serait trop approché d’un navire américain dans le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran affirmait que tous ses drones étaient rentrés.

La tension est encore montée d’un cran à la mi-septembre à la suite de l’attaque de deux infrastructures du secteur pétrolier saoudien, l’usine d’Abqaïq et le champ de Khouraïs. La capacité de production d’Aramco, la société du royaume saoudien, allié des États-Unis, avait été divisée par deux à cause de cet événement. Les États-Unis ont rapidement accusé Téhéran, suivis quelques jours plus tard par Paris, Berlin et Londres.

6. Les frappes aériennes

Après cette attaque, les événements violents se sont accélérés. En novembre, Israël a bombardé des sites iraniens en Syrie. Puis, à la fin de décembre, les États-Unis ont lancé des raids aériens, tuant vingt-cinq personnes du mouvement proche du Hezbollah pro-iranien en Irak et en Syrie. Deux jours plus tard, des milliers de partisans du Hachd Al-Chaabi, une coalition de milices chiites pro-iraniennes, ont forcé l’entrée de l’ambassade américaine en Irak. Jusqu’au 2 janvier, où Donald Trump a ordonné la frappe qui a coûté la vie au chef des Forces Al-Qods, Ghassem Soleimani, renforçant encore les craintes que cette escalade ne se transforme en confrontation militaire directe entre les deux pays ennemis.

Par Diane Regny, publié le 3 janvier 2020 à 17h53, mis à jour le 3 janvier 2020 à 18h18

Photo en titre : Manifestation, vendredi 3 janvier, à Téhéran, contre la frappe américaine qui a tué Ghassem Soleimani la veille. ATTA KENARE / AFP

 Pour écouter l’explication sur les failles de l’accord iranien (4mn10s) cliquer sur : https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/03/comprendre-l-escalade-de-la-violence-entre-l-iran-et-les-etats-unis-depuis-2018-en-six-points_6024741_3210.html

LE RISQUE D’UNE GUERRE NUCLÉAIRE PLANE TOUJOURS

Le retour de tensions militaires au Moyen-Orient et ailleurs dans le monde augmente le risque de confrontation nucléaire entre les grandes puissances.

Michel Fortmann, professeur honoraire en sciences politiques à l’Université de Montréal, explique qu’au-delà des ambitions nucléaires des pays comme l’Iran et la Corée du Nord, l’arrivée de nouveaux acteurs intéressés par cette technologie est encore plus inquiétante.

« L’Iran n’est qu’un des points chauds de ce qu’on pourrait appeler la prolifération, c’est-à-dire les efforts par certains États de s’équiper d’un programme nucléaire », soutient Michel Fortmann. L’auteur du livre Le retour du risque nucléaire s’inquiète notamment des ambitions de l’Arabie saoudite ou encore de la Turquie.

« Nous avons vu cet automne le président Erdogan dire : pourquoi la Turquie ne se doterait-elle pas de l’arme nucléaire? C’est une chose unique dans l’histoire récente qui s’est produite », affirme Michel Fortmann.

Il souligne également que l’Arabie saoudite a laissé entendre qu’elle tenterait d’obtenir des armes nucléaires si l’Iran visait le même objectif.

Il y a une diversification du risque nucléaire.

Par Christian Buchet, publié le 3 janvier 2020 à 21h04

Photo en titre : Le professeur Michel Fortmann, photo : Radio-Canada / Francis Dufresne

Pour écouter l’entrevue avec Michel Fortmann (12mn27s), cliquer sur :

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/bien-entendu/segments/entrevue/149586/arme-nucleaire-iran-coree-nord-turquie-arabie-saoudite

IRAN : L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE, VICTIME COLLATÉRALE DES RAIDS AMÉRICAINS

Éditorial. En assassinant le général iranien Ghassem Soleimani, les États-Unis ont sans doute donné le coup de grâce à l’accord de 2015, que Donald Trump avait déjà dénoncé en 2018 mais qui servait encore de cadre à un dialogue avec les Européens.

Éditorial du « Monde ». Les conséquences de l’assassinat du plus important général iranien, Ghassem Soleimani, par une frappe militaire américaine, vendredi 3 janvier, à Bagdad, relèvent, pour l’instant, de la spéculation, mais on peut parier sans risque de se tromper qu’elles seront profondes et multiples. La plus probable d’entre elles concerne au premier chef les Européens, pourtant tenus à l’écart de l’opération américaine : leurs efforts pour sauver l’accord multilatéral de 2015 sur le nucléaire iranien sont désormais voués à un échec quasi certain.

Toute escalade a une origine. Il serait simpliste d’attribuer toute la responsabilité de celle-ci au président Donald Trump, même s’il a crânement tenu à revendiquer personnellement la décision de la frappe ciblée qui a tué le dirigeant iranien. La capacité de nuisance du général Soleimani n’est plus à démontrer : chef de la Force Al-Qods, corps d’élite des tout-puissants gardiens de la révolution, architecte de l’expansion iranienne au Moyen-Orient, stratège de la déstabilisation, il avait sur la conscience plus de morts dans la région qu’il ne s’est soucié d’en compter.

Lire aussi : Après l’assassinat du général Soleimani par les États-Unis, l’Iran s’interroge sur ses représailles (Article réservé à nos abonnés)

Lorsqu’il a été tué à Bagdad, Ghassem Soleimani arrivait de Beyrouth, où il a contribué à bâtir l’une des organisations politiques et paramilitaires les plus efficaces de la zone, le Hezbollah. Il a reproduit ce modèle dans les pays environnants en y multipliant les milices chiites. En Syrie, il a dirigé les forces qui ont tenu à bout de bras le régime Assad. Et, finalement, il a franchi la ligne rouge en visant directement des vies américaines.

Équilibre précaire

Aucun des leaders européens qui ont signé, en 2015, avec l’Iran, les États-Unis, la Russie et la Chine l’accord visant à empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire (JCPOA) n’ignorait la vraie nature du général Soleimani. Barack Obama lui-même, alors président, ne la connaissait que trop. Mais, avec cet accord, les Occidentaux avaient instauré un modus vivendi avec le régime iranien assurant une sorte d’équilibre, certes précaire, mais qui permettait d’éviter la prolifération dans une région hautement instable. Le gouvernement a joué sa partie du jeu, obtenant la levée des sanctions qui l’étranglaient en échange du gel d’un programme nucléaire placé sous le contrôle international.

Lire aussi : Crise iranienne : Donald Trump se justifie sans dissiper les doutes sur sa stratégie (Article réservé à nos abonnés)

Cet équilibre précaire a été rompu en 2018, lorsque, malgré l’insistance des Européens, Donald Trump a dénoncé le JCPOA, dont il jugeait qu’il « n’aurait jamais dû être signé ». Il l’a remplacé par une stratégie de « pression maximale » sur l’Iran. Les Européens – Français, Britanniques et Allemands – ont alors entrepris, en lien avec la faction du régime iranien prête à dialoguer, de tenter de maintenir cet accord en vie au moins jusqu’à l’élection présidentielle américaine de novembre 2020.

Téhéran doit, dans les jours qui viennent, se prononcer sur la reprise ou non des activités d’enrichissement d’uranium interdites par l’accord. On voit mal comment les interlocuteurs iraniens des Européens pourraient encore aujourd’hui imposer la voie diplomatique aux durs du régime, qui verront plus que jamais l’arme nucléaire comme une chance de survie.

Lire aussi : Israël s’attend à une riposte après la mort de Ghassem Soleimani (Article réservé à nos abonnés)

Cet accord imparfait avait au moins le mérite d’exister et, avec lui, un espace pour la négociation. Cet espace s’est refermé, vendredi, sur la carcasse fumante de la voiture qui transportait le chef de guerre iranien à Bagdad. Il n’y a plus ni diplomatie ni stratégie de pression ou de sanctions. Seulement l’affrontement.

Par Le Monde, publié le 4 janvier 2020 à 10h35

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/04/iran-l-accord-sur-le-nucleaire-victime-collaterale-des-raids-americains_6024782_3232.html

MAUVAIS FEUILLETON POLITICO-JUDICIAIRE À BURE : MULTIPLICATIONS DES ATTEINTES AUX LIBERTÉS, AUX DROITS CITOYENS ET À LA DÉMOCRATIE

Ce n’est ni en Turquie ni au Brésil ou en Russie mais en France : 10 militants antinucléaires poursuivi-es pour « association de malfaiteurs« , 20 perquisitions, des gardes à vue et des auditions multiples durant parfois jusqu’à 60 heures, des  expertises ADN et informatiques et chimiques, des cabinets d’experts et la police scientifique mobilisés, 30 ordinateurs et téléphones portables saisis, cinquante disques durs  décortiqués, des centaines de scellés, 104 000 communications écoutées/lues intégralement sur 26 lignes téléphoniques interceptées des mois durant, multiples filatures et surveillances policières, des milliers d’heures d’investigations de trente officiers de gendarmerie, des centaines de procès-verbaux fleuves, 2 balises GPS implantées sous des véhicules personnels, une tentative d’intrusion pour pose de micros-espion dans des locaux associatifs, plusieurs centaines de réquisitions téléphoniques auprès des opérateurs pour connaître les identités de téléphones bornant sur les antennes-relais proches de manifestations antinucléaires contre la poubelle atomique Cigéo, voiture de gendarmerie banalisée avec antenne IMSI-Catcher pour capturer pendant des mois tous les numéros de téléphones sur une aire située dans un rayon de 5km autour de… Bure, 15 000 pages de dossiers et 2 000 pages supplémentaires tous les trois mois, 55 000 euros de frais divers et 100 000 euros engagés…

(les inter-titres sont de notre rédaction)

Et de dix! Décidément Bure serait devenu pour l’État, sa police et son appareil judiciaire, le rendez-vous national de malfaiteurs-ses…

De cinq en juin 2018, on est passé à sept en septembre, à huit en août 2019, neuf en octobre puis dix en novembre. Dix malfaiteurs.ses mis.es en examen et placé.e.s sous contrôle judiciaire d’interdiction d’entrer en contact et de territoire, pour 15 000 pages d’un dossier qui s’épaissit de 2000 pages tous les 3 mois.

À l’origine : le projet délirant de la poubelle nucléaire Cigéo à Bure

Tout part de l’intrusion d’un peu moins d’une dizaine d’opposant.e.s dans les locaux de l’Hôtel-restaurant situés dans l’enceinte du laboratoire de l’Andra à Bure. Des pierres brisent des vitres, du mobilier est chahuté dans le réfectoire et un départ de feu sur une flaque d’essence est maîtrisé par le cuistot tandis que les intrus quittent les lieux. Le départ de feu devient un incendie dans la presse, la présence de clients dans l’hôtel une mise en danger de la vie d’autrui pour le procureur : les critères sont réunis pour caractériser le crime en bande organisée. Et s’il y a crime organisé, il y a organisation, il n’en faut pas plus pour que toute la lutte et ses opposant.e.s deviennent suspects et ouvrent ainsi le champ à une instruction sans limites.

Un délire de procédures et de haine contre les opposant-es

En quelques mois une vingtaine de perquisitions et de nombreuses auditions puis gardes à vue vont suivre. Les expertises d’ADN, informatiques, chimiques s’accumulent et multiplient les cabinets d’experts et les divisions de police scientifique chargés de décortiquer les m³ de saisies provenant d’une vingtaine de perquisitions. Ainsi ce sont au moins 55 000 euros de frais qui sont déjà déboursés et sans doute plus près de 100 000 euros engagés en réalité. Pour une trentaine d’ordinateurs et de téléphones et une cinquantaine de disques durs, on compte ainsi, par exemple, 30 000 euros de frais d’expertise informatique ; et 1 400 euros pour l’ADN d’un t-shirt et un pantalon.

C’est sans compter le salaire de la trentaine d’officiers de gendarmerie de la section de recherche de Nancy et des brigades de recherche locales qui les épaulent et ont consacré des milliers d’heures à dépiler et compiler les données extraites de centaines de scellés, de dizaines d’heures d’auditions, écoutes téléphoniques et perquisitions pour pondre des procès-verbaux fleuves.

Des centaines de milliers d’euros qui égaleront, sinon dépasseront, au final les frais des dégâts occasionnés aux infrastructures de l’Andra, à l’origine de cette gargantuesque instruction. Celle-ci ne semble pouvoir parvenir à satiété que lorsqu’elle aura avalé jusqu’aux derniers des opposant.e.s ayant lutté contre le projet Cigéo entre l’été 2016 et le printemps 2018.

Espionnage et atteintes permanentes aux libertés

104 000 communications écoutées/lues intégralement sur 26 lignes téléphoniques interceptées des mois durant. Parmi celles-ci des responsables et locaux associatifs, des journalistes, des avocats. Une voiture de gendarmerie banalisée surmontée d’une antenne IMSI Catcher qui s’est baladée durant un mois pour capturer tous les numéros de téléphones sur une aire située dans un rayon de 5 km autour de Bure et même ponctuellement aux abords du Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc. Des géolocalisations d’une vingtaine de lignes de téléphones portables en temps réel durant trois semaines. Deux balises GPS implantées sous des véhicules personnels, et une tentative d’intrusion avortée de micros-espion dans les locaux associatifs de la Maison de Résistance durant un week-end de mobilisation. Et enfin, des centaines de réquisitions téléphoniques auprès des opérateurs pour connaître les identités reliées à l’ensemble des téléphones bornant sur les antennes-relais à proximité des manifestations autour de Bure durant plus d’un an.

La criminalisation des luttes sociales, idéologiques, écologiques, humanistes

Et à la fin, pour parfaire le tableau dystopique, on injecte toute cette matière obtenue dans un super logiciel, ANACRIM, qui génère des cartes mentales reliant des individus à des lieux, à des dates, à des numéros de téléphone, à des responsabilités associatives, à des implications supposément délictueuses. On obtient des frises arachnéennes où les acteurs principaux sont affublés de photographies, glanées ici et là dans des coupures de presse, ou des photos floues de filatures et surveillance policière, tandis que les seconds rôles ne sont désignés pour la plupart que par un pseudo ou un numéro de téléphone. Le décor d’un mauvais feuilleton policier futuriste est planté : on a notre association de malfaiteurs sous la main, il ne reste plus qu’à broder le réseau organisé autour du crime. En l’occurrence, une pseudo tentative d’incendie d’un hôtel-restaurant dans l’enceinte du laboratoire de l’Andra en juin 2017 et des tirs de fusées et jets de pierre sur des gendarmes qui bloquaient l’avancée de manifestations en février et août 2017.

On trouve des textes radicaux sur des clés usb et des disques durs, de l’ADN et des empreintes sur des fusées, des pétards et bouteilles d’essence dans des placards, des milliers d’euros qui rentrent et qui sortent de comptes en banque associatifs, des allusions, des confidences et des mea culpa dans des conversations téléphoniques et des textes qui traînent. On a notre faisceau d’indices concordants qui, collés bout à bout dans des procès-verbaux policiers, extrapolent les contours du complot, devinent une intentionnalité et complicité collective tapie au cœur d’une entreprise malfaisante.

Tous-tes complices pour les valets de l’ordre dominant

Comment pourrait-il en être autrement quand on part du « crime » pour confondre l’ensemble de celles et ceux dont on veut persuader de la culpabilité ? Et si la lutte ne veut pas faire le tri en son sein, alors tout le monde est complice, tout le monde sera sur le banc des accusé.e.s au jour du « jugement dernier ». À défaut de contre-version et de démenti de la part des accusé.e.s, ce feuilleton juridico-policier aura valeur de vérité au regard de la Cour qui jugera, et sans doute au regard de l’Histoire elle-même. Cette version lissée par la méthodologie policière, destinée à rentrer dans le moule judiciaire de la criminalité organisée, se substituera dans les annales à la réalité tellement plus complexe d’un terrain de lutte hétéroclite et ses inter-individualités hétérogènes. Fi des amitiés, fi des complicités intimes, fi des différences et divergences, fi de la détermination que forge le sentiment d’injustice, fi encore des trajectoires abîmées par une répression brutale et aveugle, fi aussi du désespoir de voir l’avenir hypothéqué alors qu’il nous reste des décennies d’existence à y projeter. Après tout, ce n’est que subjectivité en regard de l’impératif de paix sociale, même fictive, de force qui doit rester à la loi, à l’État nucléocrate, souverain dans la décision politique d’entériner un projet soi-disant d’utilité publique.

L’humain en butte à la sauvagerie institutionnelle

Justice et police agissent comme l’ignorant face à un parterre d’orties : elles arrachent et coupent sauvagement à ras, comme si sous la surface la lutte n’était pas un vaste réseau de racines entremêlées. Juge et enquêteurs tirent, tirent sur quelques plants, semblant penser qu’à la fin ils éradiqueront ou dissuaderont la mauvaise herbe de repousser. Mais qui a déjà tiré sur des orties, sait qu’il faut déraciner l’ensemble du réseau de racines pour les dissuader de repousser et en venir à bout. Ici nous sommes des dizaines et dizaines de subjectivités et d’individualités entremêlées dans un réseau inextricable de racines accumulées sur des années de lutte, des mois de co-existence qui ne se cantonnent pas à des frontières géographiques d’un territoire ou à des ensembles définis d’individus. Et même en nous tenant à l’écart les un.e.s des autres, nous restons lié.e.s par des amitiés et des complicités profondes : nous sommes constamment en contact par l’intuition, par l’empathie, par le reste du réseau étendu de nos ami.e.s de lutte et de cœur, et malgré la désorientation initiale des coups frénétiques de bêche, nous tendons constamment à faire collectif, à continuer d’agir collectivement. Chaque jour, semaine et mois qui passent comblent les sillons que la répression à creusés entre nous, et la solidarité retisse entre nous les liens invisibles du collectif large d’une communauté de lutte.

La lutte pour la planète et le vivant et, en face, la violence étatique bête et imbécile

Le jeu du gendarme et du voleur, du juge et du prisonnier doit cesser : nous sommes tous et toutes des malfaiteur-se.s, il n’y aura pas assez d’arbres à couper dans le Bois Lejuc pour imprimer les procès-verbaux pour nous tout.e.s, coupables d’avoir participé à 500 à abattre un kilomètre de mur érigé par l’Andra à l’été 2016, ni pour avoir participé à 700 à la manifestation qui a renversé toutes les grilles du versant nord de l’écothèque à Bure en février 2017, ni encore avoir à autant de monde participé à une manifestation champêtre non déclarée qui a conduit à une confrontation physique avec les gendarmes mobiles qui les bloquaient dès la sortie du village de Bure le 15 août de la même année.

La mascarade répressive politico-policière

La mascarade doit cesser : nous sommes tous et toutes complices, et il n’y aura jamais assez de contrôles judiciaires et de gendarmes pour perquisitionner les centaines de domiciles de tout.e.s celles et ceux qui ont délibérément choisi de se mobiliser à Bure dans un contexte croissant de répression policière et judiciaire. Si cette instruction vise à faire exemple et dissuasion en extrayant des coupables parmi les centaines que nous sommes, alors elle ne s’appelle pas Justice, elle porte le nom de Police Politique. Et à ce jeu là, même s’il faut que 5, 7, 8, 9 ou 10 personnes en payent chèrement le prix, tôt ou tard la révolte finit par avoir le dernier mot et le nom des tyrans et des petits bourreaux exécutants finit gravé en lettres de sang et de honte dans le marbre de l’histoire.

La rage face à l’injustice

L’omerta doit cesser : avec ou sans nous, la lutte se nourrira de notre rage, de nos sentiments d’injustice, les couvera patiemment avant de raviver violemment et soudainement la tempête qui emportera avec elle tous ces hommes et femmes de paille qui se dissimulent derrière les habits grandiloquents de leurs fonctions pour distribuer les coups, au nom d’une paix sociale qui empeste la mauvaise foi en l’argent. Cigéo n’est pas une œuvre humaniste, c’est une fosse d’immondices sur le couvercle de laquelle sont assis une pyramide d’ingénieurs, de fonctionnaires, de scientifiques, d’entrepreneurs, d’ouvriers, avec comme clé de voûte des politiciens, des procureurs, des préfets et des juges. Et tous ensemble ils tiennent les muselières financières et coercitives de la Meuse, de la Haute-Marne et progressivement de tout le Grand Est. Tous unis dans la construction et la compromission honteuse d’un projet mégalomane dont la plupart des habitant.e.s ne veulent pas et n’ont jamais voulu.

La peur des coups sur la porte du logement

Pour ceux et celles qui ont été marqués dans leurs chairs et leurs esprits par la répression, pour ceux et celles qui garderont pour toujours la peur des coups à leur porte et sur leur peau dans leurs mémoires, pour celui et celle qui se sont ôté.e.s la vie en perdant de vue l’horizon de la lutte, pour ceux et celles qui ont été et sont toujours privé.e.s de liberté, puni.e.s pour l’ivresse fulgurante de leurs rages, pour ceux et celles innombrables qui se sont vus mépriser et humilier par des gendarmes et des magistrats davantage pour ce qu’ils et elles étaient que pour ce qu’ils et elles défendaient, pour ceux et celles qui se sont vu.e.s défendre de vivre leurs amitiés là où elles s’étaient enracinées, pour ceux et celles qui s’aiment et n’ont plus le droit de se toucher autrement que par des regards distants et complices, pour ceux et celles qui se sentent plus seul⋅es et désespéré⋅es chaque jour d’être les riverain.e.s d’un futur cimetière d’atomes, pour trop de nos rêves et espoirs piétinés par le bruit des bottes, il n’y aura ni oubli ni pardon !

Par Rédaction, le vendredi 3 janvier 2020 à 15h18

Pour voir la vidéo (35mn et 5 s) Bure été 2016-automne 2017 , cliquer sur: http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2020/01/03/Bure-%3A-atteintes-permanentes-aux-libert%C3%A9s%2C-aux-droits-citoyens-et-%C3%A0-la-d%C3%A9mocratie

MORT DE SOLEIMANI : PARIS APPELLE L’IRAN À ÉVITER « UNE GRAVE CRISE DE PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE »

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a appelé aujourd’hui l’Iran à éviter toute réaction à la mort du général Soleimani, tué dans une frappe américaine en Irak, qui conduirait à « une grave crise de prolifération nucléaire »,selon un communiqué du ministère.

« La France appelle chacun à la retenue et l’Iran à éviter toute mesure susceptible d’aggraver l’instabilité régionale, ou de conduire à une grave crise de prolifération nucléaire. Les parties à l’accord de Vienne (sur le nucléaire iranien de 2015, NDLR) doivent en particulier rester étroitement coordonnées pour appeler l’Iran à revenir rapidement au plein respect de ses obligations nucléaires et à s’abstenir de toute nouvelle action contraire », a déclaré le ministre. 

Par La Provence (avec AFP), publié le vendredi 03/01/2020 à 17h30

Photo en titre : Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères français, lors d’une réunion avec ses homologues du G7 à Dinard, le 6 avril 2019, Photo – POOL/AFP – STEPHANE MAHE

https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5829625/mort-de-soleimani-paris-appelle-liran-a-eviter-une-grave-crise-de-proliferation-nucleaire.html

GUERRE NUCLÉAIRE : QUELLES SERAIENT LES CONSÉQUENCES D’UNE ATTAQUE AUX ÉTATS-UNIS ?

Attaque de l’ambassade américaine à Bagdad (Irak). Tirs de roquettes. Un général tué. Des dirigeants qui se rejettent mutuellement la faute. Depuis quelques jours, les relations entre l’Iran et les États-Unis se sont encore tendues. Et c’est dans cette ambiance que des experts de la question exposent aujourd’hui ce qu’il adviendrait des États-Unis s’ils devaient être la cible d’une attaque nucléaire.

« Pas une seule ville aux États-Unis ne dispose de ce que l’on pourrait appeler un plan adéquat pour faire face à une attaque nucléaire », affirme Irwin Redlener, un expert en catastrophes de l’université de Columbia (États-Unis). « Restez à l’intérieur et restez à l’écoute. » Les simples recommandations de l’Agence fédérale de gestion des urgences semblent en effet bien légères.

Les États-Unis travaillent à trouver la parade à une explosion nucléaire à très haute altitude. Car celle-ci pourrait endommager les satellites essentiels à la communication, à la navigation et à la surveillance. De nouvelles expériences seront lancées en 2021 afin de trouver une solution pour drainer les électrons de haute énergie pris au piège du champ magnétique de la Terre dans les ceintures de rayonnement encerclant notre Planète. Par un processus baptisé radiation belt remediation (RBR), comprenez remédiation de la ceinture de radiation. Un processus qui se produit naturellement mais qu’il faudrait doper — par diffusion d’ondes radio — pour contrer une attaque nucléaire. 

Un autre expert, historien des armes nucléaires, Alex Wellerstein, a mis au point un outil interactif – un outil baptisé NukeMap – qui permet de simuler les conséquences d’une explosion nucléaire. Il peut prédire le nombre de victimes et de blessés en un endroit donné. Et donne ainsi une « image réaliste » de l’ampleur des dégâts occasionnés. Même s’il présente quelques limites. Il ne tient par exemple pas compte des conditions météorologiques qui peuvent influer notamment sur l’altitude qu’atteindra le nuage atomique.

Selon Irwin Redlener, les premières villes qui seraient visées aux États-Unis seraient New York, Chicago, Houston, Los Angeles, San Francisco et Washington D.C. Les plus grandes villes du pays. Les plus denses aussi. Et celles qui abritent des infrastructures essentielles : centrales énergétiques, centres financiers, installations gouvernementales, systèmes de transmission sans fil, etc.

Sur cette simulation, en jaune, la limite de la boule de feu qui survient moins d’un millionième de seconde après l’explosion. En vert, la limite atteinte par les retombées radioactives dans un délai de 15 minutes après l’explosion. En rouge puis en gris, les limites du souffle de l’explosion qui peut encore, loin du point d’impact, provoquer des morts. Et en orange, celle du rayonnement thermique susceptible de brûler les populations. © Nukemap 2.65, Alex Wellerstein, Google Maps

New York, une ville en grand danger

Voici donc un aperçu des conséquences d’une attaque nucléaire sur ces six villes sensibles. Une attaque au moyen d’une bombe atomique de 15 kilotonnes, semblable à celle qui a explosé sur Hiroshima (Japon), il y a près de 75 ans, faisant probablement au total, des centaines de milliers de victimes.

C’est à San Francisco que le nombre de morts serait le plus faible : 64.000 tout de même. Mais la ville pourrait aussi avoir à déplorer plus de 170.000 blessés. De ce côté-là, c’est Houston qui s’en sortirait le mieux avec « seulement » 65.000 personnes blessées. Les plus en danger seraient les habitants de New York. La ville pourrait en effet avoir à dénombrer plus de 264.000 morts et 512.000 blessés !

Si une bombe devait être larguée sur le centre de Washington D.C., la capitale du pays, le Pentagone et l’aéroport Ronald Reagan pourraient échapper aux rayonnements thermiques. Mais la Maison-Blanche pourrait être endommagée par le souffle de l’explosion.

Par Nathalie Mayer, Journaliste, publié le 03/01/2020

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-guerre-nucleaire-seraient-consequences-attaque-etats-unis-79020/

NUCLÉAIRE : EXTRÊMEMENT VULNÉRABLE AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Avec le dérèglement du climat, la fréquence et l’intensité des sécheresses, des canicules et des inondations ont tendance à s’intensifier. Une situation qui constitue une menace grandissante tant pour le fonctionnement de nos centrales nucléaires qu’en matière de sécurité.

Il y a tout juste 20 ans, le 27 décembre 1999, la tempête Martin provoqua une inondation à la centrale de Blayais (Gironde), avec comme conséquence l’arrêt de deux des quatre réacteurs. En 2003, pendant la sécheresse, un quart du parc nucléaire français a été arrêté ou a vu sa puissance réduite. En mai 2011, la presse révélait que 44 réacteurs sur 58 risquaient d’être à l’arrêt si la sécheresse se prolongeait.

La fréquence de ces incidents a tendance à augmenter : en juillet dernier, 7 réacteurs ont connu une réduction de puissance « pour causes externes liées aux conditions climatiques ». Plus récemment, le réacteur n°2 de Chooz B a été mis à l’arrêt entre le 11 septembre et le 1er octobre de cette année, pour cause de débit de la Meuse insuffisant. Enfin, en Lorraine, le réacteur 4 de Cattenom a été interrompu pendant 3 jours à la fin septembre du fait du niveau critique du lac Pierre-Piercée.

Ces quelques exemples, dont la liste est loin d’être exhaustive si l’on s’intéresse aux centrales fonctionnant dans d’autres pays, illustrent à quel point l’énergie nucléaire est sensible aux aléas climatiques.

Une soif insatiable

L’électricité fournie par un réacteur nucléaire est engendrée dans une turbine activée par de la vapeur à 330°C et pressurisée à 150 bars. L’eau est elle-même chauffée par la réaction nucléaire qui se produit au cœur du réacteur. À la sortie de la turbine, un circuit d’eau de refroidissement permet de condenser et refroidir cette vapeur.

Pour son fonctionnement, une centrale nucléaire a donc besoin d’énormes quantités d’eau : généralement de 2 à 3 m³ d’eau par seconde lorsqu’elle est équipée d’une tour de refroidissement (dont environ 0,5 m³ se seront évaporés, le reste étant rejeté).

Mais lorsque la centrale est implantée en bord de mer ou sur la rive d’un fleuve à grand débit, sans tour de refroidissement, c’est de l’ordre de 50 m³ d’eau par seconde qu’un réacteur a besoin !

(©wikipedia.org)

Sécheresse et canicule

Le niveau d’eau des cours d’eau qui refroidissent les réacteurs nucléaires revêt donc une extrême importance. On comprend dès lors pourquoi les activités de loisirs sur certains lacs font carrément l’objet d’une interdiction en période de sécheresse : le refroidissement des centrales en aval doit être assuré à tout prix.

Le Ministère de la Transition énergétique met en garde contre un risque de baisse de 10% à 40% du débit moyen des cours d’eau à l’horizon 2050-2070. Ces chiffres semblent toutefois sous-évalués : selon le projet Explore2070, l’étiage[1] des cours d’eau va baisser de 20% en 2045-2065 (par rapport à 1990), mais cette baisse sera supérieure à 50% dans certaines zones (Chooz, Nogent, Golfech).

Plus insolite

Le réchauffement climatique n’entraîne pas qu’un risque de sécheresse. La prolifération des méduses, stimulée également par la surpêche, ou celle de certaines algues, donnent également du fil à retordre à EDF et Engie (qui exploite les centrales nucléaires belges). Les méduses sont régulièrement la cause de mises à l’arrêt de centrales suite à l’obstruction des arrivées d’eau de refroidissement.

Parallèlement, le réchauffement des fleuves entraîne la prolifération de l’élodée du Canada, une plante aquatique invasive dénommée peste d’eau, dont les longues tiges peuvent également boucher les canalisations.

Des agents d’EDF sont obligés de collecter les algues qui, malgré la filtration, arrivent dans les bassins de secours de la centrale de Flamanville. (©EDF)

Inondations et montée du niveau des océans

Les fortes pluies ou la hausse du niveau des océans constituent une autre menace pour les réacteurs nucléaires. Une soudaine montée du niveau des fleuves ou une tempête en mer peuvent inonder les installations, bloquer les systèmes de refroidissement, voire anéantir les groupes électrogènes de secours comme cela s’est produit à Fukushima il y a bientôt neuf ans.

Or, selon l’IRSN (Institut de Radiologie et de Sûreté Nucléaire), une vingtaine de réacteurs sur 58 sont exposés à un risque d’inondation. Fort heureusement, des leçons ont été tirées de l’inondation du Blayais en 1999, et ensuite du tsunami japonais en 2011 : les murets bordant le canal d’amenée de plusieurs centrales ont été rehaussés. Mais cette mesure suffira-t-elle au vu de la violence croissante des phénomènes météorologiques et de la rapidité des changements climatiques ?

Le nucléaire apparaît donc comme extrêmement sensible à l’augmentation des températures et aux aléas climatiques. D’onéreux travaux devront être réalisés dans un futur proche pour réduire les risques de submersion ou d’échauffement excessif des réacteurs.

Envisager la construction de nouveaux réacteurs au bord de fleuves fragilisés ou de littoraux menacés d’être submergés relève véritablement de l’inconscience.

Sans parler de son coût croissant, le faible impact carbone de l’énergie atomique semble un argument de plus en plus controversé face aux risques grandissants d’accident nucléaire que le dérèglement climatique fait peser sur l’Hexagone.

[1] Niveau le plus bas d’un cours d’eau au cours de l’année, généralement en été.

Par Bruno CLAESSENS, publié le 2 janvier 2020

À propos de l’auteur Bruno CLAESSENS

Bruno Claessens est spécialiste en énergies renouvelables depuis 2008. Après avoir été conseiller éolien pendant 8 ans auprès du gouvernement wallon, il développe à présent des projets éoliens terrestres pour une société privée en Wallonie. Il est également président de l’association www.amperes.be qui vise à promouvoir la mobilité électrique, propre et responsable.

À retrouver sur : https://www.revolution-energetique.com/nucleaire-extremement-vulnerable-au-rechauffement-climatique/

RUSSIE : PRENDRE L’AVANTAGE DANS LA COURSE AUX ARMEMENTS

EXTRAIT: La période a été choisie par la Russie pour concrétiser plusieurs projets d’armement annoncés en mars 2018 par le président russe. En particulier, elle a largement exposé la mise au point du complexe Avangard, système aérien sans pilote capable de voler à une vitesse de 27 fois celle du son, de changer de cap à l’approche de sa cible et donc de transpercer les systèmes actuels de défense anti-aérienne. Comme le retrait du traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI), cela remet en cause les équilibres stratégiques en Europe issus des Accords d’Helsinki en 1975.

Là encore, l’annonce pour 2020 est limpide: la Russie ne renoncera pas à son statut de leader dans le domaine des armements stratégiques, pour son propre usage comme dans le commerce international. Et elle poussera son avantage si elle le peut afin de rattraper le retard pris durant la période d’humiliation des années 1990-2000.

Par Cyrille Bret, publié le 1er janvier 2020 à 10h02

Ce texte est un extrait d’un article publié sous le titre ; « Ces derniers jours, Moscou a adressé plusieurs messages à la communauté internationale sur ses intentions stratégiques pour les mois à venir. » que vous pouvez retrouver en intégralité sur le site : http://www.slate.fr/story/185861/avertissements-russie-communaute-internationale-voeux-2020

LE NUCLÉAIRE IRANIEN ET LES RELATIONS BILATÉRALES AU CŒUR DE LA RENCONTRE SINO-IRANIENNE DE LA FIN D’ANNÉE

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, en visite à Pékin, s’est entretenu mardi avec son homologue chinois Wang Yi de l’accord nucléaire iranien, des relations bilatérales ainsi que des questions régionales et internationales.

Arrivé à Pékin mardi, le 30 décembre, M. Zarif a rencontré Wang Yi, conseiller d’État et ministre chinois des Affaires étrangères. La Chine voudrait travailler avec l’Iran pour assurer le développement régulier du partenariat stratégique global Chine-Iran, sauver le JCPOA et maintenir la paix et la stabilité de la région du Golfe [persique] au Moyen-Orient, a déclaré plus tôt le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang. Avant son déplacement en Chine, Zarif était en visite officielle d’une journée, 30 décembre, en Russie où il s’est entretenu avec son homologue russe Sergei Lavrov. Zarif a déclaré depuis Moscou que les relations entre l’Iran et la Russie étaient dans leur meilleure période historique. Contrairement à ceux qui promeuvent le bellicisme dans la région, l’Iran et la Russie ont présenté des initiatives similaires visant à maintenir la paix dans la région, a déclaré Zarif, ajoutant que la feuille de route proposée met en évidence le rôle des pourparlers russes dans le golfe Persique et Hormuz Peace Endeavour (HOPE).

Publié le 31.12.2019 à 13h22

https://fr.news-front.info/2019/12/31/le-nucleaire-iranien-et-les-relations-bilaterales-au-coeur-de-la-rencontre-sino-iranienne-de-la-fin-dannee/

L’ONU S’INQUIÈTE DE L’ANNONCE DE LA REPRISE DES ESSAIS NUCLÉAIRES PAR LA CORÉE DU NORD

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit profondément préoccupé mercredi par la déclaration de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), qui a indiqué la fin d’un moratoire sur les essais nucléaires et de missiles.

« Le Secrétaire général espère vivement que les essais ne reprendront pas, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. La non-prolifération reste un pilier fondamental de la sécurité nucléaire mondiale et doit être préservée », a dit son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration à la presse.

« Il exprime à nouveau son soutien à la reprise d’un dialogue qui conduira à une dénucléarisation complète et vérifiable de la péninsule coréenne. L’engagement diplomatique est la seule voie vers une paix durable », a-t-il ajouté.

Selon la presse, le leader nord-coréen Kim Jong-un a annoncé la fin d’un moratoire sur les essais nucléaires et sur les essais de missiles balistiques intercontinentaux, faute de reprise des négociations avec les États-Unis.

Il a annoncé que le monde allait découvrir dans un proche avenir une nouvelle arme stratégique que détient la Corée du Nord.

Publié le 1er janvier 2020

Photo en titre : Photo Maison Blanche/Shealah Craighead : le Président américain Donald Trump serre la main du Président nord-coréen Kim Jong-un dans la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées le 30 juin 2019.

https://news.un.org/fr/story/2020/01/1059171

BELGIQUE : SIX ANOMALIES NUCLÉAIRES ONT ÉTÉ RECENSÉES EN 2019

En 2018, 13 anomalies avaient été notées mais aucun incident.

Six «anomalies» nucléaires sont survenues en Belgique en 2019, mais il n’y a pas eu d’incident, ressort-il mercredi des statistiques de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN).

L’AFCN a pour mission de contrôler l’ensemble des installations nucléaires du pays. Outre les centrales de Tihange et Doel, cela comprend également les centres de recherche.

Les événements sont classés, selon leur gravité, sur la base de l’échelle internationale INES qui compte sept niveaux, allant de «l’anomalie» (niveau 1) à «l’accident majeur» (niveau 7).

L’an dernier, six «anomalies» ont été recensées, dont deux au centre de recherche JRC Geel (conduite de gaz endommagée et câble électrique sectionné lors de travaux), une a Tihange 2 (problème au système d’aspersion), une à Doel 3 (problème d’appareil de chauffage), une chez Belgoprocess (ventilation) et enfin une au Centre d’étude de l’énergie nucléaire (CEN), à Mol, où une capsule de Sélénium-75 a été endommagée. «Une petite partie du Sélénium radioactif s’est ensuite retrouvée dans l’atmosphère via la ventilation», précise l’AFCN sur son site. Le rejet radioactif étant resté «très limité», «des mesures visant à protéger la population et la chaîne alimentaire n’étaient pas nécessaires».

En 2018, 13 anomalies avaient été notées mais aucun incident, ce qui était également le cas en 2019. Contrairement à 2017, qui avait connu un incident de niveau 2. Un colis radioactif mal protégé avait en effet transité, dans un vol de passagers, entre Le Caire et Bruxelles via Zurich.

Par Belga, mis en ligne le 1/01/2020 à 13h18

https://www.lesoir.be/270177/article/2020-01-01/six-anomalies-nucleaires-ont-ete-recensees-en-2019

CORÉE DU NORD : KIM JONG-UN ANNONCE LA FIN DU MORATOIRE SUR LES ESSAIS NUCLÉAIRES

Les faits : Le dictateur nord-coréen a promis une action « sidérante » à l’encontre des États-Unis. Un discours guerrier qui vient contredire la diplomatie conciliante voulue par Donald Trump.

C’est un nouveau camouflet pour la diplomatie américaine. Le leader nord-coréen Kim Jong-un a annoncé le 1er janvier la fin du moratoire sur les essais nucléaires et sur les essais de missiles balistiques intercontinentaux et promis une action « sidérante » contre les États-Unis. « Nous n’avons aucune raison de continuer à être liés unilatéralement par cet engagement », a indiqué mercredi 1er janvier l’agence d’État nord-coréenne KCNA, rapportant des propos de Kim Jong-un aux dignitaires de son parti au pouvoir. « Le monde va découvrir dans un proche avenir une nouvelle arme stratégique que détient la Corée du Nord. » Ces déclarations semblent infirmer la diplomatie nucléaire des deux dernières années, le président américain Donald Trump évoquant régulièrement la « promesse » que lui aurait faite le leader nord-coréen. « Nous avons bien signé un contrat qui parle de dénucléarisation. C’était la phrase numéro un, cela a été fait à Singapour. Je pense que c’est un homme de parole », a de nouveau affirmé mardi 31 décembre Donald Trump, en faisant référence au premier sommet historique entre les deux dirigeants à Singapour en 2018. Mais les pourparlers entre les deux capitales semblent dans une impasse depuis l’échec d’un nouveau sommet Kim-Trump à Hanoï en février 2019.

« Faire payer le prix de la douleur subie par notre peuple »

Depuis des mois, Pyongyang réclame un assouplissement des sanctions internationales qui lui sont imposées en raison de ses programmes d’armement nucléaire et de missiles balistiques, alors que l’administration Trump estime que la Corée du Nord doit faire davantage de gestes concrets avant d’obtenir cet assouplissement. Devant le comité central de son Parti des travailleurs, Kim Jong-un a indiqué clairement que la Corée du Nord était prête à continuer à vivre sous un régime de sanctions internationales pour préserver sa capacité nucléaire.

« Les États-Unis formulent des exigences contraires aux intérêts fondamentaux de notre État et adoptent un comportement de voyou », a-t-il dénoncé, cité par KCNA, promettant une action « sidérante pour faire payer (aux États-Unis) le prix de la douleur subie par notre peuple ».

« Nous voulons la paix »

À l’instar de Donald Trump, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a réagi avec modération. « Nous voulons la paix, pas l’affrontement », a déclaré Mike Pompeo dans une interview à la chaîne CBS. « Nous voulons continuer à laisser ouverte la possibilité que le dirigeant de la Corée du Nord fasse le choix qui est le meilleur, à la fois pour lui-même et pour son peuple », a-t-il ajouté.

La réunion plénière du comité central du Parti des travailleurs et l’annonce de l’agence de presse officielle interviennent avant le discours de Nouvel An de Kim Jong-un, moment clé du calendrier politique de la Corée du Nord.

Pae La Croix (avec AFP), publié le 01/01/2020 à 01h13, modifié le 01/01/2020 à 11h27

https://www.la-croix.com/Monde/Kim-annonce-fin-moratoire-nord-coreen-essais-nucleaires-2020-01-01-1301069233

MICROSOFT DÉMANTÈLE UN RÉSEAU DE HACKERS NORD-CORÉENS

La justice américaine a autorisé Microsoft à procéder au démantèlement d’un réseau de hackers nord-coréens, qui utilisait 50 domaines Internet pour envoyer de faux mails en reprenant son identité visuelle. Baptisé Thallium, celui-ci ciblait en priorité les défenseurs des droits humains et les experts du nucléaire pour soutirer des informations stratégiques.

Il ciblait des défenseurs des droits humains, des universités, des fonctionnaires et des spécialistes de la prolifération nucléaire. Un réseau de hackers nord-coréens a été démantelé par Microsoft après avoir obtenu l’autorisation de la justice américaine vendredi 27 décembre 2019. Baptisé Thallium, ce groupe malveillant utilisait une cinquantaine de domaines Internet pour envoyer des « phishing » (hameçonnage), de faux mails estampillés Microsoft, pour récupérer les identifiants, mots de passe et coordonnées de ses victimes.

Obtenir des informations stratégiques

« Ce réseau infectait les ordinateurs de ses victimes, compromettait leur sécurité en ligne et leur volait des informations sensibles, a détaillé Tom Burt, vice-président de Microsoft en charge de la sécurité des clients, dans une note de blog. Les personnes ciblées vivent aux États-Unis, au Japon et en Corée du Nord. » Dans les faits, les hackers collectaient suffisamment de données au sujet de leurs cibles pour pouvoir envoyer des mails personnalisés en usurpant l’identité visuelle du géant américain. De quoi réduire leur vigilance… et les inciter à dévoiler des informations de connexion hautement sensibles.

Échanges de mails, contacts, rendez-vous… Les pirates obtenaient ainsi l’accès à toute une série d’éléments confidentiels ou stratégiques. Très bien organisés, ils utilisaient également des malwares pour récupérer les données stockées sur les appareils. Avec l’aval de la justice, Microsoft a pu prendre le contrôle des domaines Internet incriminés pour qu’ils « ne puissent plus être utilisés pour mener des attaques ». La firme de Redmond souligne qu’il s’agit de la quatrième fois qu’elle prend des mesures contre un groupe lié à un État. Des réseaux similaires ont, en effet, déjà œuvré en Chine, Russie et Iran – et respectivement appelés Barium, Strontium et Phosphorus, sur le modèle du tableau périodique des éléments chimiques.

Par Arthur Le Denn, publié le 31 décembre 2019 à 10H53

https://www.usine-digitale.fr/article/microsoft-demantele-un-reseau-de-hackers-nord-coreens.N916339

LES MENSONGES NUCLÉAIRES DU GOUVERNEMENT TURC

La campagne publicitaire pour l’énergie nucléaire commence à l’aéroport d’Istanbul. En attendant nos valises, nous regardons une affiche publicitaire « Türkiye nükleer » qui montre trois jeunes garçons rieurs : « Une Turquie forte produira une nouvelle énergie propre – l’énergie de la centrale nucléaire d’Akkuyu« .

Les mêmes slogans pour la centrale nucléaire d’Akkuyu apparaissent également sur le chemin de l’hôtel, sur les ponts, dans le tramway. L’énergie nucléaire est louée comme étant une énergie propre, sûre et durable sur la voie de l’indépendance de la Turquie.  Le Premier ministre Erdogan et le ministre de l’énergie Taner Yildiz montrent qu’ils sont déterminés à obtenir deux centrales nucléaires à tout prix. Ironiquement, les centrales nucléaires seront construites par les entreprises des pays responsables des plus grandes catastrophes nucléaires qui ont eu lieu dans l’histoire récente : la société d’État russe ROSATOM construira la centrale à Akkuyu, près de la ville de Mersin, et un consortium de la société japonaise Mitsubishi en collaboration avec le français GDF Suez, construira la centrale à Sinop sur la mer Noire.

Le but de notre voyage en Turquie est de soutenir le mouvement antinucléaire turc. Nous avons été invités à donner des conférences à Sinop, Samsun et Istanbul, où une large résistance contre la construction de centrales nucléaires en Turquie a émergé. Mais le gouvernement turc est déterminé à faire respecter les projets nucléaires contre toute résistance de la population. Cependant, on ne sait toujours pas comment l’État turc veut garantir un organisme de régulation nucléaire indépendant dans le contrat entre la Turquie et la Russie, qui attribue la responsabilité financière et opérationnelle à l’opérateur russe ROSATOM. Ce point a également été critiqué par les experts de l’autorité de contrôle de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique).

Depuis la visite du Président Poutine en Turquie début décembre 2014 et la publication du rapport sur l’impact environnemental, les protestations se poursuivent contre le projet de centrale nucléaire à Akkuyu-Mersin, sur la côte sud-est de la Méditerranée. Cependant, les objections de nombreuses initiatives citoyennes contre la centrale nucléaire ont été complètement ignorées par les autorités turques.

Peu après, en janvier 2015, les médias turcs ont rapporté que la société qui avait préparé le rapport sur l’impact environnemental n’avait aucune expérience professionnelle dans le domaine de l’environnement. Les signatures des ingénieurs experts avaient été falsifiées. De plus, le physicien nucléaire turc Hayrettin Kilic a souligné que le calcul de la contamination radioactive de l’environnement est extrêmement erroné et ne répond pas aux normes internationales. L’Association médicale turque a critiqué le fait que les effets sur la santé des rayonnements de faible intensité à proximité du réacteur n’ont pas été pris en compte et qu’il n’existe pas de plan d’urgence efficace. De nombreux citoyens, dont le célèbre avocat spécialiste de l’environnement Arif Ali Cangi, d’Izmir, ont déposé une plainte auprès du tribunal administratif en raison d’erreurs de calcul dans l’évaluation environnementale.

Le risque actuel de tremblements de terre dû aux lignes de faille actives situées près de la région de Mersin-Akkuyu est l’un des principaux arguments des membres antinucléaires de l’initiative citoyenne. Le 27 juin 1998, un tremblement de terre d’une magnitude de 6,3 a secoué la région de la ville d’Adana, près de Mersin et d’Akkuyu. À cette époque, 145 personnes sont mortes et environ 1500 personnes ont été blessées.

La construction de la centrale nucléaire de Sinop, sur la côte de la mer Noire, est également très controversée. En 2013, deux ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le gouvernement d’Erdogan a conclu un accord avec le gouvernement japonais. En outre, le traité avec le Japon a spécifié que la Turquie est autorisée à accéder à la technologie d’enrichissement de l’uranium, ce qui offre une possibilité de prolifération. Le contrat a maintenant été ratifié par une majorité au Parlement japonais.

Des protestations pacifiques et persistantes ont également eu lieu à Sinop. Le 25 avril, jour du 29ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, 40 000 militants antinucléaires ont protesté contre la construction de centrales nucléaires en Turquie et ont appelé le gouvernement à fixer enfin le cap d’une révolution énergétique, pour l’énergie solaire et éolienne en Turquie par la loi.

Le  » réseau pour une Méditerranée sans nucléaire  » se réunira à Nicosie, Chypre, pour renforcer la résistance contre la centrale nucléaire d’Akkuyu.

Par Alper Öktem, Angelika Claussen

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

https://www.ippnw.eu/en/nuclear-energy-and-security/artikel/c81b41adff3201088feaf99aebe2bf05/the-nuclear-lies-of-the-turkish-gove.html