Mar 24

NUCLÉAIRE : WESTINGHOUSE PROCHE DE LA FAILLITE

ToshibaToshiba ne trouve pas de repreneur pour sa filiale américaine confrontée à une série de déboires industriels.

Onze ans après avoir pris le contrôle du fabricant américain de centrales nucléaires Westinghouse, Toshiba cherche à s’en séparer pour redresser une situation financière catastrophique en grande partie liée à ses déboires dans la construction de quatre réacteurs aux États-Unis. La vente de sa filiale – voire sa mise en faillite – préfigure peut-être la recomposition d’un secteur qui, à l’échelle mondiale, est toujours ébranlé par la catastrophe de Fukushima en mars 2011 et la concurrence d’autres sources de production d’électricité de plus en plus compétitives (gaz, éolien, solaire…).

L’hypothèse n’est désormais plus taboue : Westinghouse peut être placée rapidement sous la protection du chapitre XI de la loi américaine sur les faillites, qui permettrait sa restructuration. « Toutes les hypothèses sont envisageables », indiquait mi-mars le PDG de Toshiba, Satoshi Tsunakawa.

Jeudi 23 mars, le groupe a fait un pas de plus en mettant la pression sur le « board » de sa filiale américaine : « C’est fondamentalement une décision du conseil d’administration de Westinghouse. » Le titre a immédiatement gagné 7,8 % à la Bourse de Tokyo.

Dépréciations d’actifs importantes

Cette opération est le seul moyen pour Toshiba, selon certains analystes financiers, d’éviter d’autres pertes dans ses activités nucléaires américaines, le conglomérat souhaitant rester sur le marché japonais et abandonner les grands projets à l’international. Ses chantiers nucléaires aux États-Unis accusent une dérive des coûts et du calendrier – tout comme en Chine. De plus, Toshiba a découvert, mi-mars, de graves irrégularités dans l’acquisition par Westinghouse, fin 2015, du constructeur de réacteurs américain CB & I Stone & Webster. Un nouveau coup dur qui survient après la mise à jour en 2015 de falsifications comptables durant sept ans, au Japon cette fois.

Pour ses activités nucléaires aux États-Unis, Toshiba va devoir inscrire d’importantes dépréciations d’actifs, qu’il chiffre aujourd’hui à 5,8 milliards d’euros en attendant l’audit final de ses commissaires aux comptes. Le groupe se prépare, avec des conseillers et des avocats, à la faillite de Westinghouse, même si 80 % de l’activité de la filiale américaine provient d’activités moins cycliques que la construction de nouveaux réacteurs (maintenance de centrales, équipements, gestion du combustible nucléaire…). De leur côté, Scana Corp et Southern Co, les deux clients de Westinghouse pour les centrales de Géorgie et de Caroline du Sud, ont recruté leurs propres task forces de juristes, selon l’agence Reuters.

Pour l’instant, on ne se précipite pas pour racheter Westinghouse, l’un des plus beaux fleurons du patrimoine industriel américain depuis sa création en 1886. Les dirigeants de Toshiba ont un temps caressé un espoir : Kepco. L’électricien public sud-coréen a de grandes ambitions internationales depuis qu’il a remporté un contrat aux Émirats arabes unis (20 milliards de dollars, soit 18,5 milliards d’euros), en 2009, à la barbe d’une « équipe de France » menée par Areva. Las, le patron de Kepco, Cho Hwan-eik, a déclaré, mercredi 22 mars, qu’il n’a « aucun projet d’acquisition de la part de Toshiba », qui détient 87 % de Westinghouse.

Défiance généralisée

Les deux autres géants nippons du secteur n’auraient pas non plus marqué de signes d’intérêt. Hitachi a créé une coentreprise avec l’américain General Electric et Mitsubishi Heavy Industries a un partenariat important avec la filière nucléaire française (Areva-EDF), notamment dans le développement de l’Atmea, un réacteur de 1 100 mégawatts (MW) concurrent de l’AP1000 de Toshiba-Westinghouse. Quant au russe Rosatom ou aux chinois CNNC et CGN, on voit mal l’administration Trump leur ouvrir un secteur aussi sensible que le nucléaire civil, même si Washington avait accepté en 2006 que Westinghouse transfert toute la technologie de l’AP1000 à Pékin.

Cette défiance généralisée n’est pas de bon augure pour le nucléaire civil, devenu une industrie à très haut risque. Puissamment soutenus par leurs gouvernements, Rosatom, CGN, CNNC et Kepco sont à l’offensive dans le monde, poussant leurs pions en Turquie, en Égypte, en Afrique du Sud ou en Arabie saoudite, mais aussi en Asie et en Amérique latine. Ces groupes publics veulent aussi pénétrer en Europe de l’Ouest. Leur porte d’entrée est le Royaume-Uni, où trois consortiums prévoient de mettre en service une dizaine de réacteurs (16 000 MW au total) dans les quinze prochaines années.

Le consortium nippo-français NuGen créé par Toshiba (60 %) et Engie (40 %) devait installer trois réacteurs AP1000 : le premier a jeté l’éponge, le second s’apprête à le faire. Kepco négocie activement la reprise de la part du conglomérat japonais dans ce projet de 3 800 MW, a reconnu son PDG.

Restent Horizon Nuclear Power, détenu par Hitachi, et le partenariat franco-chinois EDF-CGN, qui a débuté la construction de deux EPR sur le site de Hinkley Point, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Article de Jean-Michel Bezat

Mar 24

BELGIQUE : LE REDÉMARRAGE DE TIHANGE 1 REPORTÉ AU 31 MAI, ANNONCE ENGIE ELECTRABEL

TihangeLe redémarrage du réacteur nucléaire Tihange 1 a été reporté au 31 mai, indique Engie Electrabel vendredi dans un communiqué. 

L’engin est à l’arrêt depuis septembre et devait reprendre fin mars, mais l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), qui doit donner son approbation, a demandé des analyses complémentaires. « Suite aux différents contacts intervenus ces derniers jours avec Bel V, la filiale technique de l’AFCN, et pour répondre à leurs attentes, il a été décidé de procéder à des analyses supplémentaires. Electrabel procèdera également à des travaux de consolidation des sols« , explique Electrabel dans un communiqué.

La date de redémarrage est une estimation et est susceptible d’être revue en fonction des informations disponibles, souligne le communiqué.

Le réacteur Tihange 1 est à l’arrêt depuis le 7 septembre à la suite d’un « incident de génie civil », selon Electrabel.

http://www.lalibre.be/actu/belgique/le-redemarrage-de-tihange-1-reporte-au-31-mai-annonce-engie-electrabel-58d4f3e3cd708bad3cd6f247

Mar 24

L’OBSERVATOIRE DU NUCLÉAIRE CONTESTE LES 3 ANS SUPPLÉMENTAIRES ACCORDÉS À EDF POUR CONSTRUIRE LE RÉACTEUR EPR DE FLAMANVILLE

EPREn 2007, le 1er ministre De Villepin pensait avoir vu large en accordant à EDF 10 ans pour construire l’EPR…
C’est par le biais d’un arrêté particulièrement discret que le gouvernement a accordé aujourd’hui à EDF, sans aucune raison valable, un délai supplémentaire de 3 ans pour construire le réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche). Ce décret se contente de préciser qu’ « Au II de l’article 3 du décret du 10 avril 2007 susvisé, le mot : « dix » est remplacé par le mot : « treize« . »

En accordant à EDF dix ans pour construire un réacteur qui devait être achevé en quatre ans et demi, le premier ministre de l’époque, Dominique de Villepin, pensait avoir vu large. Mais c’était oublier l’incompétence généralisée de l’industrie nucléaire française, incapable de construire son propre réacteur.

En 2007, EDF ne se privait pas de railler Areva qui était déjà largement empêtrée dans son propre chantier EPR en Finlande : commencé en 2005, le réacteur devait entrer en service en 2009… mais il n’est toujours pas achevé à ce jour. Avec leur arrogance légendaire, les dirigeants d’EDF clamaient qu’ils allaient démontrer la « maestria » et la supériorité de leur entreprise, laquelle s’est en réalité tout autant ridiculisée qu’Areva.

C’est ainsi que la validité du décret de 2007 arrive à échéance sans que l’EPR de Flamanville ne soit achevé. Si la meilleure option serait incontestablement d’abandonner ce chantier (**), sa continuation devrait a minima faire l’objet d’une nouvelle procédure administrative, avec un nouveau débat national de la CNDP (***) et une nouvelle enquête publique, tant le contexte a changé en dix ans.

Mais EDF a pu compter sur un complice de poids, le premier ministre actuel Bernard Cazeneuve qui, faut-il le rappeler, était surnommé « le député du nucléaire » lorsqu’il était parlementaire. C’est une nouvelle démonstration de ce que les lobbyistes ne se content plus d’influencer les politiciens, ils prennent désormais carrément leur place et ce jusqu’à la tête du gouvernement.

Loin de demander des comptes à EDF qui gaspille pourtant par milliards l’argent des Français – annoncé à 2,8 milliards, le prix de l’EPR a déjà dépassé les 10 milliards… en attendant la facture finale – le premier ministre a donc accordé à EDF 3 ans de plus pour terminer son EPR.

En coopération avec d’autres organisations, l’Observatoire du nucléaire va contester en justice la légalité et la légitimité de ce délai.

Il est par ailleurs nécessaire de souligner la défaite totale du Président de la République François Hollande qui tenait avec l’EPR la possibilité de contraindre EDF à respecter la promesse présidentielle de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace) : il lui suffisait de dire à EDF « Vous fermez Fessenheim et je vous accorde le délai pour l’EPR ».

Au contraire, c’est EDF qui a dicté sa loi à M. Hollande en lui disant « Nous ne fermerons Fessenheim que si vous nous accordez d’abord le délai pour l’EPR ». Aussi incroyable que cela puisse paraitre, alors que c’est lui qui était en position de force, M. Hollande s’est soumis à EDF qui, de toute évidence, ne fermera pas la centrale de Fessenheim ou demandera sa réouverture immédiate dès le départ (imminent) de M Hollande…

(*) Journal officiel : http://bit.ly/2myLUKc

(**) Un réacteur qui n’est pas entré en service est immensément plus facile à démanteler

(***) Commission Nationale du Débat Public

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article325

NDLR : il s’agit du Décret n° 2017-379 du 23 mars 2017 publié au JORF n°0071 de ce jour 24 mars 2017

Mar 24

GRAVE ACCIDENT NUCLÉAIRE CACHÉ EN EUROPE QUI SÉVIT TOUJOURS ET SILENCE DES AUTORITÉS

accident NorvègeAlerte : Contamination de l’Europe à l’iode131 en cours, suite à l’accident nucléaire en Norvège. Le 12 mars 2017 on apprend que la Norvège contamine toute l’Europe avec de l’iode 131 radioactive depuis plusieurs semaines .on évoque même fin octobre. Les autorités norvégiennes comme françaises pratiquent la rétention d’informations. Le cœur de réacteur atomique, comme à Fukushima, hors de contrôle…

De l’hydrogène radioactif s’accumulerait dans l’enceinte du réacteur !
L’exploitant et l’équivalent de notre ASN procèdent à des rejets radioactifs dans l’atmosphère pour éviter l’explosion et la catastrophe atomique européenne. Il s’agirait du réacteur de Halden (1).
La Norvège exploite 4 réacteurs de recherche à Kjeller : NORA (activé en 1961, arrêté en 1967), JEEP I (activé en 1951, arrêté en 1967), JEEP II (activé en 1966) et à Halden : HBWR – Halden Boiling Water Reactor (activé en 1959) à la frontière suédoise
(une ville d’environ 30 000 habitants et de 640 km2).
C’est depuis janvier 2017 qu’a été détectée une présence anormale d’iode 131 dans l’air ambiant en Europe.
Ce radionucléide artificiel, émetteur de rayonnements bêta et gamma, de période dite courte de 8,02 jours (c’est à dire d’une durée de contamination effective d’au moins … une année) se fixe sur la thyroïde, une glande qui joue un rôle crucial dans la croissance.
C’est la raison pour laquelle, les nourrissons et très jeunes enfants ainsi que les adolescents y sont particulièrement sensibles.
C’est un des produits de fission les plus redoutés lorsqu’il est relâché dans l’environnement.
Très mobiles car volatils, les isotopes radioactifs de l’iode se dispersent puis se déposent un peu partout puis sont captés par les feuilles des végétaux, puis absorbés par les racines, puis ingérés par les animaux ou les humains qui consomment alors des aliments contaminés.
La teneur en iode-131 doit être surveillée dans la chaîne alimentaire durant plusieurs semaines, le temps que ce radioélément cesse d’irradier.

Des contrôles de radioactivité du lait et des végétaux sont primordiaux en particulier les légumes à grandes feuilles comme les épinards et les laitues.
L’eau doit être également surveillée
D’autant que très radioactif l’iode-131 va voir sa radioactivité divisée par 1000 tous les 80 jours seulement.
Autrement dit la quantité d’iode-131 est divisée par 2 tous les 8 jours, par 2500 tous les trimestres et il faut attendre une année pleine pour qu’il n’en reste plus trace dans les aliments.
Si l’alerte avait été lancée suffisamment tôt par les autorités, des irradiations inutiles auraient pu être évitées dans la population par la prise de mesures de protection.
Mais dès le début les autorités européennes sont restées dans une incapacité à identifier l’origine de cette contamination radioactive et, comme lors des catastrophes nucléaires de Tchernobyl et Fukushima, ont privilégié le mensonge par omission et la poursuite de l’activité économique et financière.
L’Est montré du doigt… à tort

Très vite les autorités européennes ont indiqué que ces rejets radioactifs anormaux pouvaient provenir d’un centre de recherche situé en Hongrie (l’institut de production de radio-isotopes de Budapest) qui s’était déjà rendu coupable du 8 septembre au 16 novembre 2011 de tels rejets.
Mais sans certitude aucune.

Cet « Izotop Intezet » disposerait selon l’Autorité à l’Énergie Atomique Hongroise d’une autorisation de rejets annuels de 1 600 GBq soit 1 600 milliards de Becquerels d’iode 131.
Autorisation dont bénéficient aussi les installations nucléaires françaises (2).

Puis le réacteur de la centrale nucléaire de Krško, en Slovénie, fut suspecté.
Un avion « renifleur » états-unien a été dépêché, pour survoler l’Europe.
Depuis son déploiement le 17 février à Mildenhall, en Angleterre, le Boeing WC-135 Constant Phoenix de l’US Air Force a été repéré en moins de deux semaines au-dessus de la France, de la Méditerranée, de la mer du Nord, du Danemark et de la mer Baltique.
L’État-major français des armées n’a pas, dans un premier temps, « retrouvé le vol » pour ensuite finalement confirmer le passage du « nuke sniffer » sur notre territoire le 27 février, sans vouloir en dire plus.
Mais les déploiements en Europe de WC-135 ne sont « pas fréquents » selon l’historien militaire suisse Daniel Fuhrer qui travaille pour le Département fédéral de la défense :
 » il a été conçu pour surveiller les essais atomiques soviétiques durant la Guerre froide et a surtout servi ces dernières années au large de la Corée du Nord »
.

Parmi les autres spéculations, a été aussi envisagé un supposé essai nucléaire russe dans l’Arctique qui, pour certains, serait à l’origine des traces de l’iode 131 délétère.
Mais cette théorie et cette piste n’a convaincu que ceux qui voulaient y croire car nombre de spécialistes l’ont rejeté du fait que d’autres isotopes radioactifs (toujours concomitants à un essai atomique) n’avaient pas été détectés.
Une autre piste pointant l’Est serait d’anciens bâtiments ou sous-marins russes à propulsions nucléaires, qui ne fonctionnent pas très bien. Mais là encore : pas de preuve tangible.
Mais l’avion-renifleur états-unien est apparu sur des relevés radar au-dessus de la Baltique, non loin de l’enclave russe de Kaliningrad, coincée entre la Pologne et les pays baltes.
Puis un autre appareil américain, destiné lui à la reconnaissance et dont les missions sont beaucoup plus fréquentes que celles du WC-135, ne s’est pas caché de voler à quelques dizaines de kilomètres de Kaliningrad. Il est vrai que l’enclave, de plus en plus militarisée, cristallise les tensions croissantes entre l’OTAN et la Russie.
Pour les États-Unis c’était peut-être l’occasion de faire d’une pierre deux coups.
Les hypothèses vers l’Est font pschitt, l’Europe du Nord pointée du doigt
Ce n’est que le 13 février 2017 que l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) français a confirmé que « De l’iode 131, radionucléide d’origine artificielle, a été détecté, courant janvier 2017… en Europedont la France. Déjà cette contamination radioactive avait été mesurée sous forme d’aérosol (gaz) en Norvège, Finlande et Pologne (5,92 µBq/m microBecquerels par mètre cube) du 9 au 16 janvier, puis du 17 au 23 janvier en Tchéquie, en Allemagne du 16 au 30 janvier, puis du 18 au 26 janvier en France (0,31 µBq/m par exemple dans le Puy-de- Dôme) et du 17 au 24 janvier en Espagne.
Comme bon nombre d’installations nucléaires européennes sont autorisées à rejeter dans l’atmosphère de l’iode radioactive au quotidien : les conditions météorologiques des semaines de début d’année, à l’origine d’une forte pollution par les particules fines et propices à la stagnation des poussières dans les couches inférieures de l’atmosphère, furent alors mises en accusation.
Tout serait dans la normalité mortifère, seule la météo serait coupable. Il n’y aurait pas d’augmentation des rejets radioactifs mais une diminution des possibilités de dilution !
Dilution légale de radioactivité au demeurant permettant que les concentrations en polluants radioactifs ne soient plus détectables … mais en augmentant le nombre de citoyens exposés et victimes.
Finalement c’est un physicien nucléaire proche de l’Autorité norvégienne de protection contre les rayonnements (NRPA) qui début mars (le 3 mars) indique qu’ont eu lieu des rejets d’iode radioactif au cœur du réacteur de Halden lorsque l’IFE [Institut de technologie de l’énergie] intervenait sur du combustible endommagé dans la salle du réacteur.
L’opération a généré la libération de substances radioactives au travers du système de ventilation
Et s’est poursuivie le jour suivant. Alors que le NRPA (équivalent de l’ASN française) effectuait une inspection inopinée, les rejets radioactifs se poursuivant, la décision a été prise de fermer le système de ventilation pour limiter les rejets dans l’environnement. Mais cette disposition a, à son tour, engendré des problèmes encore plus graves.
L’air pressurisé a bloqué les vannes du système de refroidissement du réacteur en position d’ouverture, ce qui a empêché la circulation de l’eau de refroidissement.
Les jours suivants la sécurité du réacteur était dans un état plus que préoccupant
En Norvège : situation identique à celle de Fukushima, la France impliquée
Le CEA fait partie des organismes associés à la gestion du réacteur Norvégien de Halden.
Fonctionnant à l’uranium moyennement enrichi, le « combustible » (produit de fission atomique) de Halden est du MOX enrichi à 6% (comme celui du réacteur nucléaire n° 3 en perdition de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi). Il est modéré à l’eau lourde ; il suffit donc de 9 assemblages fissiles pour obtenir sa divergence.

Toutes les autres positions dans le cœur sont libres pour accueillir des assemblages « expérimentaux ».
Contrepartie de cette structure « légère » : le pilotage du cœur est très délicat (tout comme les 28 réacteurs nucléaires français chargé en Mox).
Il arrive que le coefficient de vide devienne positif.

C’est probablement ce qui est arrivé : fusion d’au moins un assemblage du fait d’une caléfaction intempestive.
Des fluctuations de température dans le réacteur ont mis en évidence une augmentation du flux de neutrons dans le noyau et le danger de formation d’hydrogène.
C’est la même situation de formation d’hydrogène dans le noyau du réacteur qu’à Fukushima-Daïchi qui a engendré l’explosion et la catastrophe atomique.
Comme au Japon, il ne restait plus pour les techniciens qu’une solution désespérée : ouvrir à nouveau les vannes même si cela signifiait libérer la radioactivité sur le reste du pays et plus loin.
Tout comme à Fukushima les spécialistes de l’IFE n’ont pas compris la gravité de la situation.

Selon les responsables de cette unité atomique de recherche se serait une banale panne technique pendant la manutention du combustible qui a engendré l’accident nucléaire et la libération d’iode131 mais aussi d’iode132 radioactifs.
Une alarme a alors retenti et le personnel de la salle des machines a été évacué immédiatement après le début de l’incident.
Puis ils y sont revenus pour tenter d’identifier la cause et l’ampleur du volume de radioactivité.
Mais le mal était fait.
La NRPA fulmine.
Et impuissante, tout comme l’ASN l’est en France, de déclarer par la voix de son chef de la sécurité, Per Strand : « Nous allons étudier comment cela a pu se produire et pourquoi nous n’avons été avertis que le lendemain ».
Le traité de Non-prolifération nucléaire bafoué
L’IFE [Institut de technologie de l’énergie] aurait participé à un contournement illégal du TNP qui vise à empêcher/contrôler la prolifération nucléaire.
Il a reconnu, selon le Président de l’organisme citoyen « Bellona » Fredrik Hauge, avoir violé le contrôle des exportations de matières nucléaires en vendant son expertise au Brésil pour le développement d’armes nucléaires dont la finalité serait la mise au point d’un réacteur d’essai et de carburant pour des sous-marins.
Or un tel programme est soumis à déclaration et autorisation du Parlement et des instances internationales (souvenons-nous de l’Iran).
Si ces révélations étaient confirmées elles représenteraient une violation grave du TNP par un pays européen.
« Le fait que la Norvège contribue au premier sous-marin nucléaire d’attaque de l’Amérique latine est un scandale » a confirmé F.Hauge.

Et une autre interrogation sans réponse encore en découle : l’IFE norvégien pourrait-il être un des relais derrière lequel le Commissariat à l’Énergie Atomique agit ?
A ce jour la question nécessiterait investigations des médias et clarification des autorités.
Les rejets radioactifs continuent-ils ?
Les autorités sanitaires des pays concernés, dont la France, vont-elles encore garder un mutisme complice quitte à porter atteinte à la santé et à la vie de la population ?

Pour lire les notes (1) et (2) ainsi que les sources de cet article : https://blogs.mediapart.fr/cyril-graux/blog/220317/grave-accident-nucleaire-cache-en-europe-qui-sevit-toujours-et-silence-des-autorites

NDLR: cet article alarmiste doit être lu en considérant l’article de la CRIIRAD publié sur ce site hier 23 mars 2017

Mar 24

PRÉSIDENTIELLES : LE RÉSEAU « SORTIR DU NUCLÉAIRE » PASSE LES CANDIDATS AU COMPTEUR GEIGER !

candidats« Alors que la question très épineuse du nucléaire français semble trop souvent négligée par les programmes des candidats à la Présidentielle, nous avons remonté les dossiers de chacun d’entre eux afin de les passer sous la mesure attentive de notre compteur Geiger !

Présidentielles 2017 : épinglons les candidats pronucléaires !

La campagne présidentielle est officiellement lancée et nous vous proposons une plateforme de décryptage des positions de chaque candidat afin de vous permettre d’agir ! Interpellations sur les réseaux sociaux, collage d’autocollants sur les affiches des pro-nucléaires, diffusion de nos revendications… À vous de jouer ! »

Mode d’emploi : aller sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Passons-les-candidats-au-compteur-Geiger?origine_sujet=EL201703

Faire défiler les photos des candidat(e)s en cliquant sur la flèche noire dans le rond jaune puis sur la mention « cliquez pour tester le candidat » sous la photo. Apparaîtront alors en dessous :

. Un texte résumant ses positions sur le nucléaire civil et militaire.

. Ce qu’il (ou elle) a dit (extraits de ses déclarations)

. Ce qu’il (ou elle) propose

Mar 23

CIGÉO : POTENTIEL GÉOTHERMIQUE DISSIMULÉ, LES ASSOCIATIONS ENVISAGENT DE SAISIR LA COUR DE CASSATION

Cour d'Appel Versailles23 mars 2017 : communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire“, ASODEDRA, Bure Stop 55, CEDRA 52, Les Habitants Vigilants de Gondrecourt et MIRABEL-Lorraine Nature Environnement.

Pour pouvoir implanter CIGÉO, ce projet d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a, sciemment et au mépris de la sûreté, occulté le potentiel d’une importante ressource géothermique sous le village de Bure. En 2012, six associations ont assigné l’Andra en responsabilité pour faute afin de dénoncer ce mensonge. Alors que le Tribunal de grande instance de Nanterre ne s’était pas risqué à examiner le fond de l’affaire en déniant tout intérêt à agir aux associations, la Cour d’appel de Versailles, quant à elle, a refusé de prendre acte de la faute commise par l’Andra dans sa mission d’information. Mais la présence de la ressource géothermique est désormais indéniable. Un pourvoi en cassation est envisagé.

Une ressource géothermique dissimulée par l’Andra

Depuis 1976, des travaux du Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM, Service géologique de l’État) attestent de la présence d’un important potentiel géothermique sous le village de Bure, où l’Andra veut implanter CIGÉO. Peu avant l’arrivée de l’Andra, en 1989, un forage pétrolier proche avait confirmé la présence d’eau abondante au niveau géothermique. Or, les règles de sûreté interdisent d’enfouir des déchets radioactifs à l’aplomb d’une ressource géologique exploitable, afin de prévenir tout risque d’intrusion. En effet, si celle-ci venait à être exploitée dans plusieurs siècles, une fois le site construit et oublié, la perforation des alvéoles de stockage aurait des conséquences désastreuses.

Pour pouvoir implanter CIGÉO à Bure, l’Andra a donc cherché, au mépris des règles de sûreté, à minimiser cette ressource géothermique. En 2008, elle a procédé à un forage sans respecter les règles de l’art, avec des équipements obstrués et une pompe de capacité réduite, qui ne pouvaient que donner des résultats médiocres. Communiquant sur un débit insuffisant, laissant de côté certains paramètres essentiels pour évaluer l’exploitabilité de la ressource et misant sur une méconnaissance des aspects techniques [voir note1], l’Andra a décrété que le potentiel géothermique de Bure ne présentait pas d’intérêt.

Pourtant, en octobre 2013, le cabinet suisse Géowatt a publié une étude à la demande du Comité Local d’Information et de Suivi (CLIS) de Bure, qui concluait clairement que cette ressource était exploitable : « Les ressources géothermiques….peuvent aujourd’hui être exploitées de manière économique… » (page 16 du rapport). Géowatt estimait qu’il était possible d’obtenir des débits d’exploitation comparables à ceux de la région parisienne et présentant un intérêt d’un point de vue économique. Non seulement l’Andra passe outre les règles de sûreté, mais elle compte priver la région d’une source d’énergie renouvelable abondante !

La justice refuse de reconnaître les manipulations de l’Andra

En décembre 2012, s’appuyant sur un dossier élaboré par plusieurs géologues pointant des omissions et soulignant des incohérences techniques, les associations Réseau “Sortir du nucléaire“, ASODEDRA, Bure Stop 55, CEDRA 52, Les Habitants Vigilants de Gondrecourt et MIRABEL-Lorraine Nature Environnement ont mis en demeure l’Andra de s’expliquer sur la dissimulation de cette ressource. L’Andra a alors reconnu que ce qu’elle avait écrit « port[ait] en effet à confusion », que la ressource était « banale plutôt que faible », « pas exceptionnelle », mais qu’elle était donc bien présente. En dépit de ces aveux, elle n’entendait pas en tirer conséquence. Les associations l’ont donc assignée en justice le 3 mai 2013.

À l’issue d’une première audience, qui s’est tenue le 5 janvier 2015, le Tribunal de grande instance de Nanterre a tout simplement refusé d’examiner le dossier sur le fond, se contentant de dénier aux associations l’intérêt à agir ! Les associations ont donc fait appel. Suite à l’audience qui s’est tenue le 2 février 2017, l’affaire a été mise en délibéré et la décision a été rendue ce 23 mars 2017.

La Cour d’appel de Versailles a refusé de prendre acte de la faute commise par l’Andra. Les associations envisagent de saisir la Cour de cassation. Mais n’en déplaisent à la justice et à l’Andra, la ressource géothermique est bien là. Au regard des risques encourus, la présence de ce potentiel géothermique empêche la réalisation de tout projet d’enfouissement. Dans ces conditions, les associations exigent l’abandon du projet CIGÉO.
Retrouvez le dossier complet : http://www.sortirdunucleaire.org/Un-potentiel-geothermique-cache
Contacts presse :

  • Maître Etienne Ambroselli – 06 09 30 80 67
  • Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“ : Marie Frachisse – 07 62 58 01 23
  • Pour le CEDRA 52 : Michel Marie – 06 66 95 97 77
  • Pour la géologie : Antoine Godinot – 03 52 45 01 29

Chargée de communication ;

  • 06 64 66 01 23

Note 1 : L’Andra, qui affirmait qu’un débit de « 150 à 400 m3/h » aurait été nécessaire pour reconnaître un intérêt au potentiel géothermique de Bure, s’était bien gardée de dire que sa pompe ne pouvait dépasser 6m3/h… !!

http://www.sortirdunucleaire.org/Un-potentiel-geothermique-cache

Mar 23

L’ARRÊT DU RÉACTEUR 1 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FLAMANVILLE PROLONGÉ DE DEUX MOIS

FlamanvilleL’arrêt du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), dû à un incident le 9 février, est prolongé de deux mois, jusqu’au 31 mai, a-t-on appris jeudi auprès du gestionnaire de réseau à haute tension RTE. EDF avait annoncé le 17 février que le réacteur était arrêté jusqu’au 31 mars.

Ce report est dû à des « dégradations complémentaires » qui n’avaient « pas (été) identifiées immédiatement« , après l’incident, a précisé jeudi le directeur de la centrale nucléaire Stéphane Brasseur lors d’une commission locale d’information (CLI) aux Pieux, près de Flamanville.

Le réacteur avait été arrêté le 9 février à la suite d’une « détonation » et d’un « départ de feu » dans la salle des machines, une zone non nucléaire. L’incident a entraîné « des dégradations qui nécessitent des interventions qui sont quand même relativement conséquentes« , a admis M. Brasseur. Mais il n’y a eu « aucun blessé ni personnel incommodé par quelque fumée que ce soit« , a ajouté M. Brasseur. Une vingtaine de personnes se trouvait dans la salle des machines au moment de l’événement, a-t-il précisé. 30 véhicules de secours et 70 pompiers avaient été mobilisés, uniquement par précaution selon EDF.

Pour l’industriel, il ne s’est pas agi « d’une explosion » comme indiqué alors par la préfecture, car il n’y avait « pas d’explosif« . Il y a eu une « détonation« , comparable à celle d’un avion qui passe le mur du son, a résumé M. Brasseur. « Il y a eu combustion de deux joints en néoprène avec des flammèches d’une dizaine de centimètres. Les fumées étaient noires car les joints étaient en néoprène« , a ajouté le directeur de la centrale. L’événement n’a eu « aucun impact sur la sûreté« , selon EDF.

En revanche « il y a eu un déferlement médiatique décalé par rapport à la situation. On a eu des appels téléphoniques de la terre entière« , a dit M. Brasseur. « Vous n’avez pas vu la panique que ça a déclenché sur Cherbourg« , a souligné pendant la réunion Patrick Luce, de FO, redoutant que les consignes de sûreté ne soient pas audibles en cas d’accident nucléaire.

Le réacteur 2 de la centrale, arrêté depuis lundi pour un autre problème technique, devrait lui redémarrer dans la journée, selon EDF. Un troisième réacteur, de type EPR est en construction à Flamanville. L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) se prononcera « probablement dans le courant de l’été » sur sa cuve, sur laquelle des anomalies ont été détectées, a indiqué l’ASN à l’AFP jeudi.

http://www.connaissancedesenergies.org/afp/nucleaire-larret-du-reacteur-1-de-la-centrale-de-flamanville-prolonge-de-deux-mois-170323

Mar 23

CLARIFICATION DE LA CRIIRAD À PROPOS DES REJETS D’UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE EN NORVÈGE

CRIIRADConfusion
Depuis quelques jours, circulent sur les réseaux sociaux, des messages très inquiétants comme “Alerte en ce jour (12 mars 2017) on apprend que la Norvège contamine toute l’Europe avec de l’iode 131 radioactive depuis plusieurs semaines (on évoque même fin octobre)…”. Il s’agit d’une confusion entre deux évènements :
De l’iode 131 (isotope radioactif artificiel) a été détecté à de faibles niveaux dans l’air ambiant de plusieurs pays européens en janvier 2017. L’origine exacte de cet iode 131 n’est pas connue et plusieurs hypothèses sont envisageables.

Voir communiqué CRIIRAD du 14 février 2017. ( CP  CRIIRAD 170214  I131 Europe.pdf )

Il y a eu un incident sur un réacteur nucléaire en Norvège en octobre 2016, mais il n’y a pas à notre connaissance d’incident ou accident nucléaire actuellement en Norvège et les stations de mesure dont les résultats sont publiés sur le site du réseau Européen EURDEP ( http://eurdepweb.jrc.ec.europa.eu/EurdepMap/Disclaimer.aspx ) ne montrent pas actuellement de radioactivité anormale en Norvège ou sur les pays proches.

Rejets d’iode 131 d’un réacteur Norvégien en octobre 2016

Il y a bien eu, le 24 octobre 2016 à 13H45 un incident significatif sur le réacteur nucléaire de l’IET à Halden au sud-est d’Oslo en Norvège, lors de manipulation du combustible usé. L’autorité Norvégienne de Protection Radiologique a signalé cet incident dans un communiqué du 25 octobre 2016.( http://www.nrpa.no/en/news/93461/accidental-release-of-radioactivity-from-the-institute-for-energy-technology-ife-in-halden-norway )
Cet incident, qui a conduit à évacuer le personnel de la centrale, a entrainé des rejets radioactifs à l’atmosphère. Les autorités norvégiennes ( http://www.nrpa.no/en/news/93463/questions-and-answers-regarding-the-incident-at-institute-for-energy-technology-in-halden-norway ) ont estimé le rejet à 150 millions de becquerels pour l’iode 131 et 24 millions de becquerels pour l’iode 132. A noter que le communiqué ne précise pas comment ces estimations ont été effectuées, ni leur niveau de fiabilité.

On peut s’étonner d’ailleurs du fait que les autorités n’aient pas fait état des autres substances radioactives susceptibles d’avoir été rejetées (tritium, carbone 14, gaz rares radioactifs).
Heureusement, la situation a pu être maîtrisée. Cet « incident » d’octobre 2016 pose de nombreuses questions sur le plan de la sûreté (origine de l’incident), du défaut de transparence (l’exploitant n’a déclaré l’incident que 20 heures après), des insuffisances de la métrologie (pas d’évaluation de l’ensemble des rejets radioactifs). L’ONG Norvégienne Bellona, ( http://bellona.org/news/nuclear-issues/radwaste-storage-at-nuclear-fuel-cycle-plants-in-russia/2004-01-norwegian-radiation-authorities-issue-lightning-fast-permit-for-reactivation-of-a-leaking-reactor ) avait fait part en 2004 d’inquiétudes sur la sûreté et dénoncé des fuites d’eau lourde et des rejets élevés de tritium (isotope radioactif de l’hydrogène).

En ce qui concerne les rejets d’iode 131 du 24 octobre 2016, en Norvège, les stations de mesure de l’iode 131 sous forme particulaire situées à Osteras, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Halden et à Arland, à 500 kilomètres au nord, n’avaient pas mis en évidence d’impact mesurable (données consultables sur le site EURDEP).

De l’iode 131 particulaire avait bien été détecté sur les filtres à air du 17 au 24 octobre 2016 avec des valeurs de l’ordre de 0,37 à 0,45 μBq/m3, mais la période de mesure s’arrêtait vers 6H du matin soit avant l’heure officielle des rejets. Dans les deux semaines suivantes, les niveaux d’iode 131 publiés restaient inférieurs aux limites de détection comprises entre < 0,3 μBq/m3 et < 3,6 μBq/m3.

Ces résultats posent un certain nombre de questions.

On peut s’étonner par exemple de l’absence d’échantillonnage pour la station d’Osteras pendant la période des rejets supposés. En effet les analyses portent sur un premier filtre pour la période du 17 au 24 octobre à 6H34, puis un second du 25 octobre à 11H30 au 26 octobre à 10H49. Il n’y a donc pas de mesure du 24 octobre à 6H35 au 25 octobre à 11H29 ?
On peut également déplorer l’absence de mesure de l’iode 131 sous forme gazeuse qui est dans de nombreux cas prépondérante par rapport à la forme particulaire. Et bien entendu, il convient de souligner que les stations de mesure sont à grande distance de la centrale et ne renseignent pas sur la contamination de l’air dans un rayon de quelques kilomètres.

A ce jour, rien ne permet de faire le lien entre les rejets d’iode 131 du réacteur de Halden en Norvège en octobre 2016 et la détection d’iode 131 dans l’atmosphère de plusieurs pays européens en janvier 2017.
Rappelons que la période physique de l’iode 131 est de 8 jours, l’activité de l’iode 131 rejeté le 24 octobre 2016 serait donc divisée par un facteur 1 300 au 15 janvier 2017. Par ailleurs, les niveaux d’iode 131 particulaire les plus élevés détectés en Europe en janvier 2017 étaient en Pologne (5,9 μBq/m3).

Il serait par contre souhaitable que des analyses indépendantes soient effectuées au voisinage du réacteur de Halden afin d’évaluer les niveaux d’exposition des riverains (analyses d’air, sol, précipitations et chaîne alimentaire).

Rédaction : Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire, directeur du laboratoire de la CRIIRAD avec le support technique de Jérémie MOTTE, ingénieur environnement, responsable du service Balises de la CRIIRAD.

Contact : bruno.chareyron@criirad.org

Mar 23

LANNION : “ACTION-ABOLITION DES ARMES NUCLÉAIRES ” RASSEMBLEMENT LE 27 MARS

ONULundi prochain 27 mars, malgré l’opposition de la France, commenceront à l’ONU les discussions pour un traité international visant à interdire les armes nucléaires. Honte à la France, qui fait partie de la minorité de pays qui a voté CONTRE ce projet d’interdiction des armes nucléaires ! 

Heureusement, 121 Parlementaires français se sont prononcés favorablement à une Proposition de Loi visant à l’organisation d’un référendum sur la participation de la France à ce projet d’abolition des armes nucléaires à l’ONU : « Voulez-vous que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des États concernés un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

C’est pourquoi, LUNDI 27 MARS, plusieurs organisations appellent à une mobilisation :

1 – Pour appeler les candidats à l’élection présidentielle, futurs détenteurs du fameux bouton rouge, à se positionner pour un désarmement nucléaire de la France et pour soutenir cette initiative de traité international.

2 – Pour soutenir les 121 parlementaires français qui se sont déjà prononcés favorablement à la Proposition de Loi visant à l’organisation d’un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires

3 – Pour interpeller directement notre Député qui, à ce jour, ne fait pas partie des 121 parlementaires engagés sur cette proposition de Loi.

SDN-TREGOR participera à cette mobilisation :

Rendez-vous Lundi 27 Mars à 18H30, partie HAUTE de la place du Marc’hallac’h à LANNION

http://7seizh.info/2017/03/22/lannion-action-abolition-armes-nucleaires-rassemblement-27-mars/

Mar 23

LE DÉBAT VU PAR LES ÉCOLOS : « LA TRANSITION EST PASSÉE AU DIXIÈME PLAN »

CandidatsLes cinq principaux candidats à l’élection présidentielle ont débattu pendant trois heures et demie… et évacué les questions environnementales en moins de dix minutes. Au Tank, à Paris, la quinzaine d’associations écolos et citoyennes qui ont assisté à la retransmission sont restées sur leur faim.

« La transition écologique est passée au dixième plan… » Après trois heures et demie à suivre attentivement les discussions, Célia Gautier, du Réseau action climat, replie enfin son écran d’ordinateur, dépitée. Comme elle, plus de 80 personnes, simples curieux ou membres d’une quinzaine d’associations comme Greenpeace, Sherpa et Emmaüs, se sont réunies au Tank pour assister au débat entre François Fillon (Les Républicains), Benoît Hamon (Parti socialiste), Marine Le Pen (Front national), Emmanuel Macron (En marche) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise).

Damien Cahen, le directeur de cet espace de coworking du XIe arrondissement de Paris, s’attarde pour ranger les chaises et les bouteilles de bière vides : « Les débats étaient quand même très orientés sur la sécurité, peut-être parce qu’ils se sont déroulés sur TF1. Les candidats ont très peu parlé du numérique ou de la délinquance financière », regrette-t-il. Alexis Chailloux, de Greenpeace, partage sa déception. « Pendant le débat de la primaire de la droite, les candidats avaient consacré sept minutes à l’écologie. Là, c’était encore moins ! »

Seuls Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron ont parlé d’environnement dès l’introduction. « Je serai le président écologiste dont on a besoin pour relever les défis actuels : changement climatique, menace sur les écosystèmes », a annoncé le candidat de la France insoumise en préambule, avant de s’engager pour la transition vers 100 % d’énergies renouvelables, la sortie du nucléaire et la fin de « l’agriculture chimique ». Emmanuel Macron s’est contenté d’évoquer le « changement climatique et environnemental » parmi les « menaces » qui pèsent selon lui sur le pays. Quant à Benoît Hamon, il a appelé les Français à être un peuple « soucieux du monde qu’[il laissera] à [ses] enfants »

Environnement : dissensions sur la sortie du nucléaire

Le débat sur l’environnement s’est concentré sur la question de la sortie du nucléaire et de la transition énergétique. Benoît Hamon a confirmé vouloir fermer « les centrales en fin de vie » et amorcer la transition vers les énergies renouvelables. Même volonté chez Jean-Luc Mélenchon : « En 1999, il s’en est fallu de peu pour que la centrale nucléaire du Blayais connaisse un accident majeur, a-t-il rappelé. Dans le prochain mandat, 18 réacteurs vont arriver au bout de leur durée de vie. Les caréner pour les prolonger va coûter 100 milliards d’euros. Je préfère mettre 50 milliards d’euros dans la transition énergétique ! »…

Pour lire l’intégralité de l’article : https://reporterre.net/Le-debat-vu-par-les-ecolos-La-transition-est-passee-au-dixieme-plan

Mar 22

UN ACCIDENT NUCLÉAIRE MAJEUR EST POSSIBLE

accident majeurL’histoire du nucléaire de par le monde est ponctuée d’incidents plus ou moins graves : il n’existe pas d’énergie nucléaire 100% sûre. La France est-elle suffisamment préparée pour protéger ces citoyens en cas d’accident nucléaire ? Fermetacentrale s’interroge…

Juste quelques semaines après le 6e anniversaire de l’accident nucléaire de Fukushima, alors qu’un tribunal japonais vient de reconnaître vendredi 17 mars la culpabilité de l’État et de la société Tepco dans cette catastrophe, force est de constater que la note est salée, les taux de radiations restent simplement effrayants et la situation loin d’être sous contrôle(1). Impossible aussi de ne pas évoquer Tchernobyl, dont le nuage radioactif épargnait miraculeusement la France, il y a plus de 30 ans… Aujourd’hui encore, le site se dote d’un nouveau sarcophage pour couvrir le réacteur n°4, car la radioactivité s’en échappe toujours.

La France, prête à affronter un accident nucléaire grave ?

Car oui, un accident nucléaire majeur est possible, même en France ! Le 18 janvier 2017, Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) annonçait même : « concernant les installations nucléaires, il y a un an, le contexte était préoccupant à moyen terme. Si je devais résumer ma pensée aujourd’hui, je dirais que le contexte est préoccupant. J’enlève ‘à moyen terme’».

Au niveau national,  nombreux sont les réacteurs qui vont passer le cap des 40 ans et demander une prolongation de leur durée de vie. Or,  les réacteurs nucléaires français ont été pensés et conçus pour une durée limite de 30 ans. Leur fermeture est donc un enjeu majeur alors que toute la filière est en grande difficulté financière et que l’ASN réclame des fermetures depuis plusieurs mois.

Parallèlement, les chantiers de construction de grandes installations nucléaires sont confrontés à des difficultés ou des retards (RJH, ITER, EPR (European Pressurized Reactor), etc.), dont un problème majeur de sûreté concernant la cuve de l’EPR de Flamanville, où un départ de feu entraînant une détonation s’est produit dans la salle des machines du réacteur n°1 début février 2017, et sur laquelle l’ASN doit rendre un avis mi-2017.

Soutenons Fermetacentrale

Fermetacentrale est un mouvement citoyen qui veut interpeller la classe politique et les candidats à l’élection présidentielle pour revendiquer l’indépendance et l’autonomie énergétique sur l’ensemble du territoire français.

2016 année noire pour le nucléaire français

Des anomalies techniques ont été détectées sur certains générateurs de vapeur des réacteurs d’EDF, si bien que douze réacteurs ont été mis à l’arrêt. D’autre part, il est avéré qu’Areva a falsifié des documents au Creusot, des pratiques totalement inacceptables dans la filière nucléaire, puisque pouvant entraîner un risque majeur pour tout le pays.

Dernièrement, la distribution de pastilles d’iode a été renforcée pour les citoyens résidant dans un rayon de 10 km autour des centrales du pays, ce qui laisse aussi à penser que des incidents non rapportés pourraient avoir lieu régulièrement dans nos centrales vieillissantes

Les propositions de Fermetacentrale

La sécurité des populations doit passer avant les enjeux financiers. Ainsi, il importe de ne pas prolonger la durée de vie des centrales nucléaires et de fermer les centrales en fin de vie, soit 19 réacteurs nucléaires sur les cinq prochaines années, et 14 autres sur les cinq suivantes.

Pallier à la perte de production électrique, le plan de démantèlement de ces réacteurs doit être accompagné d’un financement des énergies renouvelables sur cette même période.

http://www.consoglobe.com/un-accident-nucleaire-cg

Mar 22

LA CORÉE DU NORD RATE LE TEST D’UN MISSILE

CoréeLa Corée du Nord a raté, mercredi 22 mars, un nouvel essai de tir de missile, deux semaines après le lancement de quatre engins présenté par Pyongyang comme un exercice en vue d’une attaque contre les bases américaines au Japon, selon Séoul et Washington.

Le tir du missile a eu lieu à partir d’une base aérienne dans le port oriental de Wonsan, mais il « a vraisemblablement échoué », a affirmé le ministère de la défense sud-coréen dans un communiqué. « Nous sommes en train d’analyser le type de missile utilisé ». L’armée américaine a confirmé le ratage, déclarant que l’engin avait explosé peu après son lancement.

La Corée du Nord a tiré récemment une salve de quatre missiles balistiques dont trois ont fini leur course dangereusement près du Japon, Pyongyang expliquant qu’il s’agissait d’un exercice en vue d’une attaque contre les bases américaines dans l’archipel.

Dimanche, le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a supervisé en personne l’essai « réussi » de ce qui a été présenté par Pyongyang comme étant un nouveau moteur de fusée ; engin qui peut aisément être modifié afin d’être utilisé sur un missile. Séoul juge qu’il s’agit là du signe que la Corée du Nord fait des « progrès significatifs » dans le domaine balistique.

La Corée du Nord procède à ces tests divers au moment où Washington et Séoul mènent leurs exercices militaires annuels conjoints. Ces manœuvres ne manquent jamais d’irriter Pyongyang, qui les considère comme la répétition générale d’une invasion. L’émissaire des États-Unis pour le programme nucléaire nord-coréen, Joseph Yun, doit aussi rencontrer son homologue sud-coréen à Séoul pour discuter de la réponse à apporter au programme militaire de Pyongyang.

Changement de stratégie à Washington

Le test de moteur de dimanche était apparemment destiné à coïncider avec la tournée en Asie du nouveau secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, qui a prévenu que les tensions régionales avaient atteint « des niveaux dangereux ».

Constatant « l’échec » de la politique menée jusqu’à présent pour convaincre Pyongyang de renoncer à ses ambitions nucléaires, Washington a décidé de tourner la page de la politique de « patience stratégique » en cours sous l’administration Obama, a annoncé M. Tillerson. Une action militaire américaine est une « option sur la table » en cas d’escalade, a-t-il averti.

Pyongyang assure que son programme est purement défensif face à des « ennemis hostiles », y compris la Corée du Sud et les États-Unis. La Corée du Nord n’a pas testé pour l’instant d’ICBM (missile balistique intercontinental), capable de franchir l’océan Pacifique.

Son missile de longue portée Musudan a une portée théorique allant de 2 500 à 4 000 kilomètres, lui permettant d’atteindre la Corée du Sud ou le Japon, et dans la fourchette haute, les bases militaires américaines de l’île de Guam..

Cet engin a été testé huit fois en 2016, une seule fois avec succès. En juin, un Musudan tiré à partir de la côte orientale de la péninsule a parcouru 400 kilomètres et a été salué par Kim Jong-un comme la preuve que son pays pouvait frapper des bases américaines « sur le théâtre d’opérations du Pacifique ».

D’après le journal New York Times, le gouvernement américain de l’ancien président Barack Obama avait intensifié ses cyberattaques contre la Corée du Nord afin de saboter ses missiles avant ou juste après leur lancement.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/03/22/la-coree-du-nord-rate-le-test-d-un-missile_5098718_3216.html

Mar 21

TAIPEI COMPTE SORTIR TOTALEMENT DU NUCLÉ AIRE D’ICI 2025

TapeiLa présidente de la République de Chine, Tsai Ing-wen, a réitéré l’engagement du gouvernement d’arrêter d’ici 2025 l’utilisation de l’énergie nucléaire pour la production d’électricité dans l’île.

Cette dernière a réitéré son engagement le 11 mars, lors du 6ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon. A cette occasion près de 5 000 personnes ont défilé à Taipei pour demander au gouvernement d’accélérer la sortie du nucléaire.

« En 2025, Taiwan ne dépendra plus de l’énergie nucléaire et aura adopté des énergies propres et renouvelables » a indiqué la cheffe de l’État sur sa page Facebook.

Cette dernière a assuré que « des efforts sont accomplis pour développer les énergies renouvelables, a-t-elle ajouté, indiquant que leur production avait augmenté de 21,2% entre 2015 et 2016, totalisant un record de 12,69 milliards de kilowatts-heures ».

Le gouvernement a récemment amendé la loi sur l’électricité pour favoriser le développement des énergies vertes, avec l’objectif qu’elles représentent 20% de la production électrique en 2025.

Selon un communiqué publié sur le site du gouvernement, Tsai Ing-wen a évoqué « la vision d’un pays comptant des centaines d’éoliennes sur ses côtes et au large » , et équipé de « panneaux solaires qui couvriront les toits, les usines, les terres inutilisées et les retenues d’eau ».

Cette dernière a évoqué le développement de sources renouvelables comme la géothermie et le biogaz. Pour sa part, le porte-parole du gouvernement, Hsu Kuo-yung, a indiqué que le gouvernement allait détailler les mesures envisagées en mai.

http://www.chine-magazine.com/taipei-compte-sortir-totalement-nucleaire-dici-2025/

Mar 21

L’IRAN EST “COMPLÈTEMENT PRÊT” À RELANCER SON PROGRAMME NUCLÉAIRE

IranAccusant les États-Unis de violer l’accord de 2015, Zarif affirme que le nouveau programme serait plus sophistiqué que le précédent.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a prévenu lundi que Téhéran était « complètement prêt » à relancer son programme nucléaire si les États-Unis ne tiennent pas leurs engagements pris dans l’accord nucléaire de juillet 2015.

 « Si les États-Unis créent une situation où la poursuite de [l’accord nucléaire] nuirait aux intérêts nationaux de Téhéran, alors l’Iran est totalement prêt à revenir à la situation antérieure [à l’accord], encore plus puissamment qu’auparavant », a déclaré Zarif selon les médias iraniens.

Le ministre s’est adressé aux journalistes à Ispahan, dans le centre de l’Iran.

Pendant sa campagne électorale, le président américain Donald Trump et beaucoup d’élus américains ont promis de revenir sur l’accord une fois au pouvoir. Depuis l’élection, l’administration Trump a cependant signalé une approche plus douce, mais n’a pas donné de détails sur sa nouvelle politique.

Ce mois-ci, Yukiya Amano, le chef de l’AIEA, a déclaré que « la nouvelle administration américaine a juste commencé et ils étudient ce dossier », mais qu’il « est encore très prématuré pour eux de se prononcer. »

Lundi à Ispahan, Zarif a déclaré que l’Iran était « engagé par les promesses qu’il a faites » et que le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, avait stipulé que l’Iran « ne va pas les briser », selon l’agence de presse officielle de la République islamique.

Il a cependant prévenu qu’il pourrait le faire très rapidement si les accords échouaient, et que le programme nucléaire restauré serait plus sophistiqué que celui qui a été gelé par l’accord en 2015.

« Pendant les deux derniers mois, avec les efforts faits par des scientifiques et des experts iraniens compétents, nous avons réussi [à rendre] opérationnelles des centrifugeuses plus sophistiquées, qui n’étaient qu’une idée au moment de l’approbation » de l’accord nucléaire, a déclaré Zarif.

L’agence de presse Mehr l’a cité déclarant que les nouvelles centrifugeuses « enrichiront de l’uranium 20 fois plus vite et plus efficacement », et que « le savoir-faire technique a à présent été intégré ».

Il a accusé les États-Unis de n’avoir pas tenu leurs engagements à plusieurs reprises, mais a déclaré que « s’en tenir à l’accord est toujours justifiable pour l’Iran » pour des raisons économiques.

L’Iran a toujours démenti chercher à obtenir des armes nucléaires, affirmant que ses activités étaient purement pacifiques. La communauté internationale s’oppose vivement à cette notion, et a imposé des sanctions strictes à l’Iran pendant la majorité de la dernière décennie, jusqu’à ce que Téhéran accepte d’interrompre son programme par l’accord de 2015.

Les autres signataires de l’accord, le Royaume-Uni, la Chine, la France, la Russie et l’Allemagne, s’opposent à sa suspension.

L’AFP a contribué à cet article.

http://fr.timesofisrael.com/liran-est-completement-pret-a-relancer-son-programme-nucleaire/

Mar 21

ISRAËL : REPORT DU PRONONCÉ DE LA PEINE CONTRE MORDECHAI VANUNU

IsraëlLe lanceur d’alerte sur le nucléaire, libéré en 2004 après 18 ans de prison pour avoir divulgué des secrets nucléaires à un journal, attend une nouvelle peine

Le tribunal a reporté lundi sa décision sur la peine à infliger à Mordechai Vanunu, lanceur d’alerte sur le présumé programme nucléaire militaire de son pays, pour avoir violé les termes de sa liberté conditionnelle.

Condamné à 18 ans de prison pour trahison et espionnage en 1986, Vanunu, aujourd’hui âgé de 62 ans, avait été libéré en 2004 après avoir purgé la totalité de sa peine. Mais sa libération était assortie de restrictions.

En janvier, il avait été reconnu coupable d’avoir violé les termes de sa remise en liberté en rencontrant deux Américains à Jérusalem en 2013. Sa défense a assuré qu’il ne s’agissait que d’une conversation de « quelques minutes » dans un café avec des médecins en visite.

Il avait toutefois été blanchi de deux autres chefs d’accusation.

Lundi, le tribunal devait fixer la peine pour l’unique violation reconnue mais la cour ne s’est pas prononcée. Le juge Yaron Mientkavich a toutefois dit envisager des travaux d’intérêt général.

« Je savais que je ne retournerai pas en prison car je n’ai pas été reconnu coupable pour toutes les charges » retenues par l’accusation, a déclaré Vanunu à l’AFP en marge de l’audience.

Il a ajouté que 30 ans après avoir travaillé dans le domaine nucléaire, il n’avait plus aucun secret à dévoiler.

« Tous les secrets nucléaires ont été révélés, tout est sur internet », a-t-il affirmé.

Vanunu a déjà été emprisonné à deux reprises depuis sa libération pour avoir manqué aux termes de sa remise en liberté.

Il s’était fait connaître du grand public en 1986 en révélant au journal anglais The Sunday Times des détails sur le supposé programme nucléaire militaire israélien, dont des photographies prises à l’intérieur de la centrale nucléaire de Dimona dans le Néguev.

Il avait été enlevé par les services secrets israéliens à Rome, où il avait été attiré par une agente israélienne simulant une relation sentimentale, puis jugé en Israël.

Il lui est interdit d’émigrer parce qu’il est toujours considéré comme représentant une menace pour la sécurité nationale.

Israël est considéré comme le seul pays doté de l’arme nucléaire au Moyen Orient, mais entretient une politique dite d’ambiguïté nucléaire, en ne confirmant ni ne démentant l’existence de son arsenal.

http://fr.timesofisrael.com/report-du-prononce-de-la-peine-contre-mordechai-vanunu/

Mar 20

TRAVAIL AU NOIR SUR LE CHANTIER DE L’EPR DE FLAMANVILLE : BOUYGUES CONDAMNÉE À 29.950 EUROS D’AMENDE!

BouyguesLa société Bouygues a été condamnée lundi par la cour d’appel de Caen à 29 950 euros d’amende pour travail au dissimulé sur le chantier de l’EPR de Flamanville. Une amende plus lourde que lors du premier procès.

C’est tout juste en dessous de 30 000 euros, seuil au-delà duquel le géant du BTP n’aurait pu accéder à certains marchés publics.

Lors du premier procès, le groupe avait été condamné à 25.000 euros d’amende. C’est donc une amende plus lourde. Mais elle reste inférieure aux 50.000 euros d’amende que l’avocat général avait réclamé lors de l’audience de trois jours en novembre 2016. La cour d’appel de Caen a préféré une inscription au casier judiciaire, estimant que c’était une publicité suffisante.

Le groupe Bouygues est coupable d’avoir fait travailler sans les déclarer sur le chantier du réacteur nucléaire, 460 salariés polonais et roumains entre 2008 et 2012. Le manque à gagner pour l’URSSAF, en termes de cotisations sociales, est estimé entre 10 millions et 12 millions d’euros.

La société Quille (rebaptisée depuis Bouygues Bâtiment Grand Ouest), est relaxée par la cour alors qu’elle avait été condamnée à 5.000 euros d’amende lors du premier procès. Devant la cour d’appel de Caen, l’avocat général avait réclamé 10.000 euros d’amende.

Trois autres sociétés devant la justice

Trois autres sociétés étaient également visées dans ce dossier, à commencer par Elco, une entreprise roumaine, qui avait fourni 297 salariés pour le chantier de l’EPR de Flamanville. C’est cette dernière qui est la plus lourdement condamnée. Elle devra payer 60 000 euros d’amende.

La cour estime qu’elle n’a pas fait de déclaration préalable à l’embauche et auprès des organismes sociaux. L’avocate de cette société roumaine a déjà fait savoir qu’elle allait se pourvoir en cassation.

La société Quille (qui depuis a changé de nom) est relaxée. Elle avait été condamnée à 5.000 euros d’amende lors du premier procès. En appel, l’avocat général avait réclamé 10.000 euros. Enfin, la société nantaise Welbond voit sa peine confirmée par la cour d’appel de Caen. Elle devra payer 15.000 euros d’amende.

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/travail-au-noir-sur-le-chantier-de-l-epr-de-flamanville-bouygues-condamne-29-950-euros-d-amende-p-1490016282

NDLR : 29 950 € d’amende mais 12 millions d’économisés, n’est-ce pas encourager la fraude ?

« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir
. » (Les animaux malades de la peste de Jean de la Fontaine)

Mar 20

NUCLÉAIRE: ET SI ON PARLAIT INCERTITUDES?

MédiapartFaut-il réduire la part du nucléaire en France ? En plein campagne présidentielle, deux nouvelles études proposent des conclusions opposées, basées sur des chiffrages aussi précis que différents. Ces divergences révèlent surtout l’existence d’incertitudes majeures autour de l’atome. Nous proposons une analyse permettant de définir une stratégie nationale robuste face à ces incertitudes.

Une étude diffusée le 13 mars par l’Institut Montaigne présente le nucléaire comme la seule option « rationnelle », et évalue à 217 milliards d’ici 2035 le coût d’une sortie de l’atome[1]. Quatre jours plus tard, une réponse publiée sur le site « Décrypter l’énergie » estime au contraire que la sortie du nucléaire représenterait un bénéfice de 24 milliards[2]. Le grand écart dans cette bataille de chiffres est surtout révélateur des incertitudes considérables qui entourent la filière. C’est seulement en prenant pleinement acte des nombreuses inconnues qu’il sera possible de faire progresser le dialogue et d’établir une feuille de route pour l’industrie nucléaire française.

Rappelons que l’année a été riche en rebondissements pour la filière nucléaire. Après le démantèlement d’Areva, criblée de dettes, un audit interne à l’entreprise a mis à jour deux anomalies génériques. La première concerne des irrégularités qui « s’apparent à des falsifications »[3] constatées dans plus de 400 dossiers de fabrication de composants. La seconde a trait à des inquiétudes sur la résistance des cuves – élément central et impossible à remplacer – des réacteurs en fonctionnement. Plusieurs centrales nucléaires ont été arrêtées pour inspection cet hiver, allant jusqu’à faire planer le risque d’un possible black-out du système électrique français. Ces anomalies ont touché jusqu’à la cuve de l’EPR de Flamanville, faisant craindre de nouveaux reports pour un chantier qui devait initialement s’achever en 2012, mais ne cesse d’accumuler les retards et les surcoûts. Tous ces éléments ne peuvent que raviver la controverse sur les risques et les coûts réels de cette énergie. 

Or, les centrales nucléaires françaises atteignent aujourd’hui 40 ans, leur durée de vie initialement prévue. (NDLR : elles étaient prévues pour 30 ans et non 40 ! voir : http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/parc-nucleaire-francais)

La question du futur de l’atome est donc à nouveau sur la table, après quarante ans d’une histoire héritée du premier choc pétrolier. EDF estime pouvoir rénover les réacteurs actuels afin de les prolonger jusqu’à 60 ans, grâce à une opération dite de « Grand Carénage » estimée à 100 milliards d’euros. Faut-il rénover ces centrales ? Ou plutôt, combien de centrales faut-il rénover, et lesquelles ?

Trois sources d’incertitude

Avec un chiffre de 217 milliards d’euros, l’Institut Montaigne propose une réponse sans équivoque à ces questions : la rénovation complète serait la seule option économiquement sensée. Mais comment leur chiffre est-il élaboré ? En regardant en détail le rapport, on peut voir que plus de 80% de ce montant (179 milliards) provient de l’évaluation qui est faite du surcoût des renouvelables par rapport au nucléaire. Cette évaluation est fondée sur trois hypothèses principales : le coût de production de l’électricité nucléaire, le coût de production des énergies renouvelables et le niveau de la demande. Or, ces trois hypothèses nous paraissent critiquables car sujettes à de fortes incertitudes.

La première incertitude concerne le coût de production de l’électricité provenant des centrales nucléaires rénovées. EDF et l’Institut Montaigne l’évaluent à 40 euro/MWh. Notons que cette valeur est issue d’un audit interne d’EDF, qui est ainsi juge et partie (la Cour des Comptes, qui a communiqué sur le sujet, ne fait que reprendre les estimations d’EDF, et confirme elle-même ne pas avoir l’expertise technique pour vérifier ces dires). Que penser de cette estimation ? On ne peut que rappeler ici la dérive des coûts de l’EPR de Flamanville : évaluée initialement à 3,5 milliards d’euros, la facture a dépassé les 10,5 milliards, soit une multiplication par 3 – et le chantier n’est pas encore achevé. Autre cas d’étude, le coût de démantèlement du réacteur expérimental de Brennilis a été multiplié par un facteur 20 par rapport aux estimations initiales [4]. L’ampleur des écarts entre prévision et réalisation met en évidence l’incertitude majeure, voire l’incertitude radicale [5], à laquelle sont soumis les mégaprojets de construction d’une centrale nucléaire.
Cette incertitude est renforcée par la question du coût lié l’assurance face aux accidents nucléaires. Celui-ci devrait être égal à la criticité du nucléaire, c’est-à-dire à la probabilité d’un accident, multiplié par le dommage causé. Mais quel est la probabilité d’un accident pour des centrales vieillissantes, et dont certaines pièces (dont la cuve) ne peuvent être remplacées ? Difficile à dire. Dans tous les cas, le hiatus entre les estimations de risques avancées par les ingénieurs et le nombre d’accidents majeurs effectivement observés (Three Miles Island, Tchernobyl, Fukushima) permet de poser la question. Et comment quantifier le dommage ? Quel coût associer à une vie humaine, à l’environnement ? 

La deuxième incertitude concerne le coût des technologies renouvelables. Ceux des panneaux solaires photovoltaïques ont été divisés en quelques années de façon vertigineuse, et cette technologie vient même de remporter plusieurs appels d’offre face à des centrales à gaz ou au charbon. L’éolien sur mer et sur terre ont également progressé de façon bien plus rapide que ne le prévoyaient les experts. Il convient donc d’être prudent sur ces valeurs jusqu’à l’horizon 2035.
En outre, la différence de coût entre les énergies renouvelables et le nucléaire dépend beaucoup de la quantité de renouvelables installée. Pour simplifier, on peut dire que les premières éoliennes prennent les meilleurs emplacements – ceux avec un vent fort et constant –  et la variabilité de leur production peut être gérée par les barrages hydrauliques et autres sources de flexibilité déjà présentes dans le système. À l’inverse, les dernières éoliennes s’implantent sur de mauvais emplacements et sont peu productives, donc très coûteuses rapportées à l’énergie produite. (NDLR : l’effet de taille croissante des éoliennes est négligé dans cette étude alors qu’il fait plus que compenser les emplacements légèrement moins performants). Ce phénomène des « coûts croissants » est essentiel à comprendre car il permet de sortir d’une vision binaire (« faut-il du renouvelable ou bien du nucléaire ? ») pour passer à la question du juste dosage (« combien d’éoliennes et de panneaux solaires, en quelle proportion ? »).

Enfin, la troisième incertitude concerne le niveau de la demande d’électricité à satisfaire. Cette demande est très dépendante de l’activité économique, qui est extrêmement difficile à anticiper à moyen terme. La chute brutale et imprévue de la demande liée à la crise de 2008 en témoigne. Plusieurs facteurs contribuent cependant à une baisse tendancielle de cette demande : les améliorations continues en efficacité énergétique, la rénovation thermique des bâtiments ou encore la sortie du chauffage électrique dans le bâtiment neuf. À quoi bon, alors, prolonger tous les réacteurs dans un système électrique déjà en situation de surcapacité des moyens de production ? Mais il est également possible que l’électrification des usages et le développement du véhicule électrique offrent un relais de croissance aux producteurs d’électricité – autant d’incertitudes à l’horizon 2035.

Définir une stratégie robuste

Face à toutes ces incertitudes, choisir arbitrairement des valeurs précises et les combiner pour aboutir à un chiffrage de coût ne peut qu’aboutir à un rejet ou un dialogue de sourds. L’absence d’estimations fiables de coûts fait toucher ici aux limites de l’analyse coût-bénéfice standard.
Face à toutes ces incertitudes, le véritable enjeu consiste alors à définir une stratégie robuste, c’est-à-dire une stratégie offrant un coût le plus faible possible dans le plus grand nombre de futurs envisageables. Nous avons mené ce travail au laboratoire de recherche en économie du CIRED[6], en examinant tous les risques et les incertitudes liées aux coûts des technologies, à la demande et au prix du CO2.

Notre travail de recherche permet tout d’abord de montrer que toutes les stratégies présentes dans le débat actuel – allant d’une rénovation complète à une fermeture des centrales à 40 ans – peuvent trouver une justification sur la base d’hypothèses plausibles en termes de coûts et de risques. Il n’est donc pas question de tuer le débat et de considérer comme « irrationnel » tel ou tel programme. Mais, au vu des estimations actuelles, nous concluons qu’une stratégie robuste consisterait à fermer sept à quatorze réacteurs, les plus anciens – Fessenheim en tête[7]. Cette stratégie permet notamment de réduire le risque lié à une baisse de la demande ou à un éventuel dérapage des coûts de rénovation.
Il s’agit pour nous de la meilleure stratégie aujourd’hui, compte-tenu des informations disponibles. Définir une telle stratégie est crucial pour permettre à EDF de planifier et d’engager – ou non – les travaux de rénovation de son parc. Mais ce travail est amené à être actualisé fréquemment pour intégrer les nouvelles données.

Cette conclusion propose une nouvelle option par rapport aux programmes électoraux des candidats à l’élection présidentielle, qu’il s’agisse de la sortie progressive défendue par le candidat de la France Insoumise, du taux de 50% de nucléaire dans la production en 2025 soutenue par les candidats du PS et d’En Marche – ce qui reviendrait à fermer plus de 20 réacteurs -, ou de la rénovation de l’ensemble du parc proposée par les candidats du FN et des LR.

Raisonner au-delà des seuls coûts directs

Enfin, ce résultat s’inscrit dans un contexte plus général de facteurs qui convergent pour défendre l’idée qu’une rénovation complète n’est pas la seule option possible. Il est essentiel de sortir de la seule approche par les coûts directs et de prendre en compte ces éléments afin définir une stratégie nationale cohérente pour notre production d’électricité.

Tout d’abord, nous observons une surcapacité des moyens de production en France et en Europe, qui asphyxie les finances des opérateurs de centrales. Fermer quelques réacteurs permettrait de faire remonter les prix du marché, et ainsi donner un peu d’air à ces opérateurs.

Ensuite, EDF se heurte à un obstacle majeur : l’ampleur des investissements nécessaires pour mener de front l’opération de Grand Carénage et achever la construction de ses réacteurs EPR en France et au Royaume-Uni. La démission du directeur financier du groupe, en mai dernier[8], a souligné la difficulté de réunir ces fonds. Quelques fermetures permettraient de réduire et lisser dans le temps les montants à avancer pour la rénovation. Elles relâcheraient également les tensions autour de la main-d’œuvre qualifiée, dont la possible pénurie a été soulignée par la Cour des Comptes[9].

Enfin, la diversification de nos sources de production aurait le double effet de favoriser l’essor des énergies renouvelables et de réduire le risque systémique intrinsèque à l’utilisation d’un parc standardisé. 

On peut d’ailleurs noter qu’EDF semble ouvrir véritablement la porte à la fermeture des réacteurs de Fessenheim. Nous ne parlons pas ici de la déclaration du Conseil d’Administration d’EDF du 24 janvier, qui n’a en fait acté qu’un report du vote[10]. Nous nous appuyons plutôt sur le fait que le groupe EDF répartit les provisions pour démantèlement et gestion des déchets sur 60 ans de fonctionnement pour toutes les centrales ; sauf pour Fessenheim, où les provisions sont établies pour 40 ans[11]. Serait-ce un signe ?

Conclusion

Les batailles de chiffres sur le coût de la sortie du nucléaire sont en grande partie le reflet des incertitudes qui entourent cette filière, notamment concernant le coût de rénovation des centrales, la compétitivité croissante des énergies renouvelables et le spectre d’une situation de surcapacité prolongée.

Face aux possibles aléas, l’enjeu est alors de déterminer une stratégie nationale robuste, qui tienne compte des capacités financières et de la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée. Fermer une dizaine de réacteurs nous semble aujourd’hui l’option répondant le mieux à ces différents critères.

Mais autant que le résultat, c’est l’approche qui nous paraît ici primordiale. « La seule certitude que j’ai, c’est d’être dans le doute » : cette maxime d’humilité de Pierre Desproges invite à accepter la grande part d’incertain et à l’intégrer dans toute discussion et analyse. C’est la première étape indispensable pour reconnaitre qu’un débat sur le futur de l’atome est légitime, et ainsi sortir d’une vision binaire opposant nucléaire et renouvelables. Plutôt que de masquer ces incertitudes irréductibles par des chiffres toujours plus précis, il sera alors possible de nous en saisir à bras-le-corps pour réfléchir ensemble à une stratégie nationale pour notre production d’électricité.

Pour lire les notes : https://blogs.mediapart.fr/quentin-perrier/blog/190317/nucleaire-et-si-parlait-incertitudes

NDLR : cette étude est exclusivement économique. La pollution radioactive permanente (et autorisée) n’est même pas évoquée alors qu’elle devrait suffire à elle seule à prendre la décision d’abandonner au plus vite cette industrie nucléaire qui pollue chaque jour un peu plus notre terre pour des milliers d’années. Et je ne parle pas des déchets que nous ne savons pas gérer et dont le volume augmente de jour en jour !

Enfin, il y aura toujours du soleil et du vent mais de l’uranium, certainement pas !

La technologie nucléaire est donc condamnée à terme. Puisqu’il faudra changer un jour ou l’autre, pourquoi investir dans une technologie en fin de vie ?

Mar 19

DÉCOUVREZ LE SITE « FERME TA CENTRALE » ! MOUVEMENT POUR UNE FRANCE À L’ÉNERGIE PROPRE ET SÛRE

fermetacentraleNous avons décidé de lancer un mouvement… ferme ta centrale nucléaire (www.fermetacentrale.org). Alors que nous rentrons en période électorale en ce début d’année 2017, c’est le moment où jamais pour s’engager vers un nouveau modèle de société. Notre modèle énergétique, au bord de la faillite, doit évoluer rapidement si on ne veut pas en payer le prix. Le modèle électrique est aujourd’hui centralisé de toute part : un acteur prédominant que les contribuables renflouent régulièrement, un parc nucléaire vieillissant qui représente 75% de notre production d’électricité, les prix de l’électricité décidés dans un bureau feutré par une élite loin des réalités… Mener la transition énergétique, c’est décider que ce modèle n’est plus adapté aux besoins de la société d’aujourd’hui. Cette transition vers du 100% renouvelable est un enjeu scientifique, politique, électoral et financier. Le consommateur et le citoyen sont les grands oubliés de ce débat. Il est inacceptable qu’ils ne soient ni entendus, ni écoutés. La transition énergétique est un enjeu de société qui concerne les 67 millions de français ainsi que l’ensemble des générations qui nous suivront.

Nous souhaitons, aux côtés de nombreuses associations, groupements, producteurs d’énergie renouvelable, faire bouger les lignes pour entamer le grand chantier de la sortie du nucléaire. Notre ambition est aujourd’hui que ce mouvement permette aux citoyens de choisir de consommer une énergie locale issue des énergies renouvelables de sa région, et de dire non au nucléaire. Que vous soyez, en Ile de France, en Occitanie, en Nouvelle Aquitaine, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bourgogne-Franche-Comté, en Grand Est, en Centre-Val de Loire, en Normandie, en Hauts-de-France, en Pays de la Loire ou en Bretagne, vous êtes tous concernés par la présence d’une centrale trop proche de chez vous, qui risque un jour de mettre en péril votre territoire.

À travers notre démarche, nous voulons proposer un nouveau modèle, viable et durable qui remette au centre le citoyen. « Fermetacentrale » est un mouvement qui veut interpeller la classe politique et les candidats à l’élection présidentielle pour revendiquer l’indépendance et l’autonomie énergétique sur l’ensemble du territoire français.

8 propositions portées dans un manifeste et sur « fermetacentrale.org » pour

8 actions rapides à mettre en place dès l’arrivée du prochain Président de la
République.

8 pétitions dans les

8 régions de France qui sont concernées directement par la fermeture des centrales nucléaires sur « fermetacentrale.org ». L’ensemble des pétitions et des propositions seront présentées au bureau de campagne des candidats, toute étiquette politique confondue.

Pour lire la suite et en particulier les 8 propositions :

https://fermetacentrale.org/wp-content/uploads/2017/02/fermetacentrale-livre-blanc.pdf

Mar 19

ARMES NUCLÉAIRES POUR LE JAPON ET LA CORÉE DU SUD? PROPOS «IRRESPONSABLES», SELON MOSCOU

SputnikLe Conseil de la Fédération de Russie (Sénat russe) a qualifié d’«irresponsables» les allégations du secrétaire d’État américain Rex Tillerson sur la possibilité de voir des armes nucléaires tomber aux mains du Japon et de la Corée du Sud en vue de contrer la Corée du Nord.

Les allégations du secrétaire d’État américain Rex Tillerson portant sur la volonté de Washington d’installer de nouveaux dispositifs de défense antimissile au Japon et en Corée du Sud en dépit des réticences exprimées par Pékin sont irresponsables, a déclaré Viktor Ozerov, président du comité pour la défense du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe).

« De telles décisions sont irresponsables. Compte tenu de la menace terroriste actuelle, il est hors de question que des armes nucléaires soient disséminées sur le globe terrestre », a-t-il relevé.

Pour rappel, la Corée du Nord ambitionne de longue date de devenir une puissance nucléaire. Elle a mené son premier essai nucléaire souterrain en 2006, faisant fi de l’opposition de la communauté internationale. Depuis, elle a mené quatre autres essais, dont deux en 2016.

La Corée du Nord a essuyé plusieurs volées de sanctions de l’Onu qui n’ont rien fait pour la dissuader de poursuivre sur la voie militaire. Le 6 mars, elle a tiré une salve de missiles balistiques dont trois ont fini leur course en mer près de l’archipel nippon.

« Face à cette menace qui ne cesse de grandir, il est clair qu’une nouvelle approche est nécessaire », a plaidé M. Tillerson, réitérant la promesse de Washington de soutenir ses alliés japonais et sud-coréen en cas d’attaque.

Le président Donald Trump, alors en campagne, avait inquiété la région en laissant entendre que le Japon et la Corée du Sud devaient en faire plus pour leur propre défense.

https://fr.sputniknews.com/international/201703191030520235-armes-nucleaires-japon-coree-sud-critiques-moscou/

NDLR : Sputnik est un service d’information multi-média lancé officiellement par la Russie

Mar 19

EDF PROPOSE DE NOUVELLES SOLUTIONS POUR REDÉMARRER QUATRE RÉACTEURS NUCLÉAIRES

Générateur vapeurLe groupe EDF a proposé la semaine dernière de nouvelles solutions pour tenter de faire redémarrer quatre réacteurs nucléaires en France, leur inactivité coûtant à la compagnie près de 1,5 milliards d’euros par an.

EDF emploie de nouvelles techniques pour tenter de faire redémarrer quatre réacteurs nucléaires qui sont en arrêt depuis des mois à cause d’une série de problèmes, d’après ce qu’a déclaré un haut responsable de la compagnie.

EDF a dû fermer deux des réacteurs suite à la découverte de problèmes de production et de falsification de documents par une fonderie de son fournisseur Areva, tandis que les deux autres réacteurs ont été fermés suite à un problème de scellement et suite à un accident.

Les pénuries de production d’électricité ont fait augmenter le prix de l’électricité, nuisent à la sécurité d’approvisionnement de la France et coûtent à EDF une moyenne d’un million d’euros de revenus perdus par réacteur par jour, soit près de 1,5 milliards d’euros sur une base annuelle.

Nous pensons que nous allons obtenir l’approbation pour redémarrer les 4 centrales à la date prévue.

Philippe Sasseigne, le directeur des 58 centrales nucléaires françaises d’EDF, a déclaré que le groupe avait trouvé plusieurs nouvelles techniques et que les quatre centrales pourraient redémarrer cette année si ses propositions obtiennent le feu vert de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).

« Nous pensons que nous allons obtenir l’approbation pour redémarrer les quatre centrales à la date prévue » a déclaré Philippe Sasseigne. Le calendrier de redémarrage court entre Juin et Novembre.

L’un des problèmes les plus pressants d’EDF est la fermeture de Creusot Forge d’Areva, qui est sous le coup d’une enquête de l’ASN et qui ne devrait pas reprendre sa production avant l’été.

Creusot Forge est le principal fournisseur de générateurs de vapeur d’EDF, qui transforme la chaleur d’un réacteur en vapeur qui fait tourner ses turbines électriques. Chaque réacteur d’EDF est refroidi par trois à quatre générateurs de vapeur, et chaque année le groupe doit en remplacer un ou deux.

Ces grands récipients en acier ‘ qui ont une durée de vie de 30 ans à plus ‘ contiennent des milliers de tubes individuels qui développent progressivement des fuites et doivent être bouchés.

En octobre, un générateur de vapeur d’Areva devait être installé sur le réacteur Gravelines 5 d’EDF dans le nord de la France, mais son installation a été retardée car il présentait plusieurs anomalies. Il devrait pouvoir redémarrer le 30 Juin.

Philippe Sasseigne a déclaré que l’ASN avait autorisé le mois dernier EDF à réparer toute fuite dans les tubes en insérant de nouveaux tubes plus petits. Ce procédé est déjà pratiqué aux États-Unis, en Suède et en Belgique et peut rallonger la durée de vie de ces pièces de deux ans.

EDF ne prévoit pas d’utiliser cette procédure sur d’autres centrales, bien que cela serait envisageable si nécessaire.

Le réacteur n°2 de la centrale de Fessenheim dans le nord-est de la France a également été arrêté depuis le mois de Juin après qu’Areva ait découvert que l’un de ses générateurs de vapeur présentait des concentrations plus élevées que prévues de carbone, ce qui pouvait fragiliser son acier.

EDF ne prévoit pas de réparer ou de remplacer ce générateur de vapeur mais espère convaincre l’ASN que le réacteur Fessenheim 2 peut fonctionner sans danger.

http://www.actualites-news-environnement.com/36074-EDF-reacteurs-nucleaires.html

Note du Réseau Sortir du Nucléaire à l’article ci-dessus :

« Les pénuries de production d’électricité ont fait augmenter le prix de l’électricité, nuisent à la sécurité d’approvisionnement de la France et coûtent à EDF une moyenne d’un million d’euros de revenus perdus par réacteur par jour, soit près de 1,5 milliards d’euros sur une base annuelle.« 

Avant d’être électricien, le premier métier d’EDF est celui d’illusionniste professionnel : en effet les 4 réacteurs arrêtés correspondent, au mégawatt près, à la production qui a été rajoutée au réseau électrique français suite à l’arrêt, il y a presque cinq ans, de l’usine d’enrichissement de combustible Georges Besse 1. Tout le monde sait cela, en dehors de politiques qui ont fait semblant de croire à cette fable de menace sur la sécurité d’approvisionnement pour ne pas arrêter Fessenheim tant que Flamanville 3 n’aurait pas démarré.

« Nous pensons que nous allons obtenir l’approbation pour redémarrer les quatre centrales à la date prévue » a déclaré Philippe Sasseigne.

Monsieur Sasseigne s’imagine que l’ASN va poursuivre sa politique laxiste à l’égard d’EDF : il ignore que depuis le 11 mars 2017, les citoyens se sont hissés à bonne hauteur de la connaissance du gendarme du nucléaire grâce au livre de Nozomi Shihiro « la farce cachée du nucléaire« . La récréation est terminée…

Mar 19

LA CORÉE DU NORD A TESTÉ UN NOUVEAU MOTEUR DE FUSÉE

CoréeLa Corée du Nord a testé un nouveau moteur de fusée, en présence de son leader Kim Jong-Un, semblant ainsi saluer l’arrivée du secrétaire d’État américain Rex Tillerson à Pékin, où la Chine et les États-Unis ont largement évoqué le programme nucléaire de Pyongyang samedi. « Le monde va bientôt réaliser la signification de la victoire historique que nous avons signée aujourd’hui« , a souligné le chef du régime nord-coréen, cité dimanche par KCNA, l’agence de presse officielle nord-coréenne. Ce test avait visiblement été programmé pour coïncider avec l’arrivée à Pékin, samedi, du nouveau chef de la diplomatie américaine. A quelques heures de sa rencontre dimanche avec le président chinois Xi Jinping, Rex Tillerson a assuré que Pékin et Washington allaient « travailler ensemble pour voir si (ils pourraient) amener le gouvernement de Pyongyang à changer de position (…) et s’écarter du développement d’armes nucléaires« . Dans la capitale nord-coréenne, on se félicite en tout cas de ce test fructueux: « Le développement et la mise au point d’un moteur à haute poussée nouvelle génération va aider à consolider les bases scientifiques et technologiques qui nous permettront d’atteindre le niveau mondial en matière de lanceurs de satellites et d’intervention dans l’espace« , a ainsi souligné KCNA. « Le leader (Kim) a souligné que le succès de ce test est un événement d’une signification historique et il a déclaré qu’il s’agissait d’une renaissance pour le programme de fusées du pays« , a insisté l’agence.

Plus de patience

Ces moteurs pour fusées pouvant facilement être adaptés pour propulser des missiles, de nombreux observateurs pensent qu’en fait le programme nord-coréen en matière de lanceurs de satellites n’est qu’une feuille de vigne cachant la réalité, c’est-à-dire les tests dans le domaine militaire. Avant de mettre le pied en Chine, Rex Tillerson était passé par le Japon et la Corée du Sud. Dans le cadre de cette tournée en Asie, le chef de la diplomatie américaine a notamment insisté sur le fait que les États-Unis n’allaient plus suivre la politique de « patience stratégique » mise précédemment en œuvre par Washington envers le régime de Pyongyang, politique qui selon lui a échoué. A ce sujet, il a souligné qu’une opération militaire américaine était notamment « une option sur la table« . Ces déclarations de M. Tillerson répondaient notamment aux deux essais nucléaires de Pyongyang en 2016, ainsi qu’aux récents tirs de missiles effectués par le régime nord-coréen, tirs présentés comme des tests avant d’éventuelles frappes sur les bases américaines au Japon.

Satellites géostationnaires

Le dernier test d’une fusée lanceuse de satellites par la Corée du Nord avait eu lieu en septembre 2016, test là aussi réalisé en la présence de Kim Jong-Un. Le leader de Pyongyang avait alors plaidé pour que son pays « puisse disposer de satellites géostationnaires d’ici deux ans« . Pour qu’un satellite puisse être installé en orbite géostationnaire il lui faut être propulsé à une attitude de 36.000 km, et la Corée du Nord a démontré ses progrès dans ce secteur en développant des missiles balistiques intercontinentaux qui pourraient atteindre la côte est américaine, a souligné le professeur Yang Moo-Jin, de l’université des études nord-coréennes. « La Corée du Nord sous-entend clairement qu’elle va prochainement lancer une nouvelle fusée capable de transporter des satellites, depuis son site de Sohae« , a ajouté M. Yang auprès de l’AFP. Mais, selon lui, le régime de Pyongyang pourrait aussi tester en secret un missile balistique intercontinental, et ce depuis un lanceur mobile. « Ce test serait programmé pour coïncider avec la visite du président chinois Xi Jinping aux États-Unis« , ainsi qu’avec l’anniversaire de de la fondation de l’armée nord-coréenne, a précisé M. Yang, en évoquant la rencontre envisagée entre M. Xi et son homologue américain Donald Trump en avril, rencontre toujours en négociations. Ce sommet aurait lieu à Mar-a-Lago, en Floride, dans la luxueuse résidence de week-end du milliardaire républicain.

http://en.c4defence.com/AFP/Cor%C3%A9eNord-USA-Chine-d%C3%A9fense-nucl%C3%A9aire-diplomatiePREV/26444/3

Mar 18

LES MILITANTS ANTI-NUCLÉAIRES OCCUPENT LES PONTS DE LYON

LyonSix ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, les militants antinucléaires de la région se sont donné rendez-vous à Lyon ce samedi. Ils appellent les responsables politiques à entamer un processus de transition énergétique afin de sortir du nucléaire et de fermer les centrales. Celle du Bugey notamment

« Ici, nous sommes à 35 kilomètres de la centrale du Bugey ». Cet administrateur du réseau Sortir du nucléaire posté sur le pont de la Guillotière, côté berges, appelle à la fermeture de la centrale de l’Ain. « Comme d’autres en France, elle est vieillissante, elle a des fuites, des incontinences », dénonce-t-il. Réunis à l’appel du collectif Stop Bugey, les militants soulignent la proximité de l’agglomération en cas d’incident majeur au Bugey. Une centrale qui fait peur jusqu’en Suisse. Candidate EELV aux législatives dans la 3e circonscription du Rhône, Fanny Dubot tractait avec les militants de la Guillotière dans la grisaille de ce samedi après-midi. « Une partie de l’agglomération se situe dans le rayon des 30 kilomètres de la centrale du Bugey, ce qui a de quoi inquiéter« , glisse-t-elle.

Quid de l’emploi ?

Pour sensibiliser les passants les militants brandissent des pancartes rappelant les douloureuses expériences de Tchernobyl et Fukushima, il y a six ans presque jour pour jour. Et pour bien se faire remarquer ils se sont installés sur plusieurs ponts du Rhône, du pont Morand à celui de l’Université. Une manière de rappeler que le cours d’eau qui serpente entre quatre centrales en 200 kilomètres pourrait être gravement impacté en cas d’incident.

Les militants refusent « le chantage à l’emploi » de certains responsables lorsqu’on évoque la sortie du nucléaire. Ils s’inscrivent ainsi contre le discours récemment tenu par la maire de Pierrelatte Marie-Pierre Mouton (LR) sur France 2. « Rien que le démantèlement, cela produit des emplois« , sans parler « des métiers crées par les énergies renouvelables« , arguent les militants. 

La journée de mobilisation s’achèvera vers 17h30, place Louis Pradel avec la diffusion d’un film de sensibilisation centré sur Fukushima. Des victimes de la catastrophe japonaise prendront ensuite la parole.

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Environnement/Les-militants-anti-nucleaire-occupent-les-ponts-de-Lyon

Mar 18

LE SECRÉTAIRE D’ÉTAT AMÉRICAIN REX TILLERSON VEUT S’ALLIER AVEC LA CHINE SUR LE NUCLÉAIRE

Rex TillersonLe secrétaire d’État américain Rex Tillerson a prôné samedi un rapprochement de la coopération entre les États-Unis et la Chine pour intervenir relativement au programme nucléaire de la Corée du Nord, en marge de sa première rencontre avec des diplomates chinois.

La visite de Rex Tillerson à Pékin survient au lendemain de l’avertissement qu’il a lancé, à partir de la Corée du Sud, d’une possible intervention militaire préventive des États-Unis contre la Corée du Nord. Il avait fait valoir qu’une telle mesure pourrait être mise de l’avant si la menace que comporte le programme nucléaire du pays asiatique atteint un niveau jugé suffisamment élevé pour nécessiter une prise d’action.

La Chine, qui est la source de soutien première de la Corée du Nord tant sur le plan diplomatique qu’économique, n’a pas directement répondu à l’appel lancé par M. Tillerson samedi.

Le secrétaire d’État américain a insisté sur la nécessité d’une relation avec la Chine «axée sur les résultats» après s’être entretenu avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

Tillerson a soutenu que son homologue et lui se sont mis d’accord sur l’importance de «corriger le cap» emprunté par Pyongyang avec son programme nucléaire, insistant du même coup sur le l’urgence qu’exige selon lui la situation.

De son côté, le ministre Wang a réitéré l’appel de la Chine pour un dialogue entre les États-Unis et la Corée du Nord. Il a par le fait même dit considérer la visite de M. Tillerson comme un pas important qui est franchi en vue de l’éventuelle rencontre entre le président chinois, Xi Jinping, et son homologue américain, Donald Trump, prévue pour plus tard ce mois-ci.

Plus tard dans la journée, M. Tillerson a rencontré Yang Jiechi, un haut conseiller du président Xi. Il doit également rencontrer le président lui-même dimanche matin avant son retour aux États-Unis.

http://journalmetro.com/monde/1104872/tillerson-veut-sallier-avec-la-chine-sur-le-nucleaire/

 

Mar 18

FRANÇOIS HOLLANDE SIGNE UN ACCORD DE DÉVELOPPEMENT DE LA POLYNÉSIE

FritchFrançois Hollande a signé vendredi avec le président de la Polynésie française Édouard Fritch un accord pour le développement de cette collectivité territoriale, qui contient des mesures sur les conséquences des essais nucléaires et le développement économique et social.

Les deux hommes ont signé un texte baptisé « accord de l’Élysée« , préalable au texte final, « l’accord de Papeete« , qui ne pourra être ratifié officiellement qu’après le passage du texte devant l’Assemblée territoriale de Polynésie, le Conseil économique, social et culturel (CESC) de Polynésie, et le Syndicat de Promotion des Communes de la Polynésie Française (SPCPF).

L’accord final ne sera donc pas ratifié par François Hollande mais par son successeur.

Cet accord fait suite à la visite du chef de l’État en Polynésie, en février 2016. Il avait invité le gouvernement local et les élus « à travailler ensemble à ce qu’on pourrait appeler l’accord de Papeete pour le développement de la Polynésie française dans la République« .

« C’est un accord d’abord politique« , a insisté vendredi François Hollande, « qui met la Polynésie pleinement dans la République. Cette place ne doit jamais être remise en cause« .

Le texte « s’ouvre très symboliquement sur la reconnaissance du fait nucléaire et de ses conséquences », a expliqué Edouard Fritch. De 1966 à 1996, les atolls de Mururoa et Fangataufa ont été le théâtre de 193 essais nucléaires, qui ont eu des effets sur la santé et l’environnement des populations.

L’accord prévoit l’amélioration de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, la sanctuarisation « au niveau de 2011 » de la Dotation Globale d’Autonomie (DGA), destinée à la reconversion économique de la Polynésie après la fin des essais nucléaires, ou encore l’appui financier au service d’oncologie du Centre Hospitalier de la Polynésie française.

La mesure de simplification des procédures d’indemnisation pour les victimes des essais a d’ailleurs été intégrée dans la loi égalité réelle outre-mer, adoptée en mars. « C’est un texte irréversible », parce qu’adopté à l’unanimité, a insisté François Hollande.

« Vous nous avez entendus« , a déclaré Édouard Fritch à François Hollande. « Les Polynésiens se rappelleront de votre mandature comme étant celle d’un président de la République qui a compris leurs aspirations et qui a été à leurs côtés. Il n’y en a pas eu beaucoup, je peux vous le dire« , a-t-il déclaré.

Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.connaissancedesenergies.org/afp/francois-hollande-signe-un-accord-de-developpement-de-la-polynesie-170317-0

Mar 18

LES GRANDES PUISSANCES MODERNISENT LEURS ARMES NUCLÉAIRES

moderniserWashington, Moscou, Londres, Paris et Pékin se sont lancés dans le renouvellement de leurs armements atomiques. Les pays dotés de capacités nucléaires non déclarées augmentent leurs arsenaux tactiques.

Des armes toujours capables de provoquer l’apocalypse, mais plus précises, plus petites, plus furtives : les arsenaux atomiques entrent dans une nouvelle ère. Les cinq pays qui en sont « dotés » au sens des traités internationaux – le « P5 », formé par les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni et la Chine – se lancent dans un renouvellement général de leurs forces nucléaires. Les autres – Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord – acquièrent des capacités diversifiées.

Tandis qu’aux Nations unies (ONU), de premières négociations s’ouvrent le 27 mars en vue d’un traité d’interdiction pure et simple des armements nucléaires, ces plans de modernisation visent, à l’horizon 2060-2080, la pérennité des arsenaux qui doivent rester « sûrs, sécurisés et fiables »…

Pour lire l’intégralité de l’article de Nathalie Guibert : http://www.lemonde.fr/international/article/2017/03/17/nucleaire-cure-de-jouvence-pour-les-arsenaux_5096180_3210.html

Mar 18

VISION D’APOCALYPSE : DES CENTAINES DE VIDÉOS D’ESSAIS NUCLÉAIRES ATMOSPHÉRIQUES DÉCLASSIFIÉES

BombePubliées par un laboratoire américain sur Youtube, les vidéos donnent un rare aperçu de la puissance dévastatrice de l’arme atomique. Elles montrent les tests nucléaires conduits dans l’atmosphère par les États-Unis, pendant la guerre froide.

Le gouvernement américain a déclassifié quelques 750 vidéos de 210 essais nucléaires atmosphériques qu’il a conduit en pleine guerre froide, entre 1945 et 1962, dans l’État du Nevada et dans les îles du Pacifique. Peu après la crise de Cuba, ce type d’essai a été interdit, ne laissant plus que la possibilité de faire des tests souterrains.

Les documents étaient jusqu’à présent classés secrets défense.

Après cinq ans de travail, c’est le laboratoire national de Lawrence Livermore (LLNL) dirigé par le physicien Greg Spriggs qui a restauré et digitalisé les films, dont certains étaient dans un très mauvais état. Le LLNL est lié au département américain de l’Énergie et a notamment pour mission d’élaborer des armes nucléaires.

«Le but est de préserver le contenu de ces films avant qu’il ne soit perdu pour toujours», explique Greg Spriggs dans un communiqué. Le physicien espère que les scientifiques pourront en tirer des données exploitables, et ainsi affiner la qualité des mesures réalisées par leurs prédécesseurs.

«Un des succès de ce projet est que nous obtenons des réponses», se réjouit Greg Springgs, expliquant avoir déjà fait de nouvelles découvertes sur les détonations.

Mais le scientifique espère surtout que montrer la puissance dévastatrice d’une telle arme aura un pouvoir dissuasif. «Nous espérons n’avoir jamais à utiliser encore une fois l’arme nucléaire», confie-t-il.

A l’heure actuelle, le LLNL a localisé 6 500 films et en a numérisé 4 200. Le laboratoire a publié sur YouTube un premier échantillon d’une soixantaine de films.

Pour visualiser quelques explosions :

https://francais.rt.com/international/35374-vision-apocalypse-centaines-videos-dessais-nucleaires-americains-declassifiees-video

Mar 17

LA COMMISSION EUROPÉENNE AUTORISE LA BELGIQUE À INDEMNISER ENGIE-ELECTRABEL

BelgiqueIl s’agit d’une indemnisation pour la prolongation des centrales nucléaires.

La Commission européenne a donné son feu vert vendredi au projet de la Belgique d’indemniser Engie-Electrabel et EDF Belgique pour les risques financiers potentiels liés à l’exploitation à long terme des réacteurs nucléaires de Tihange 1, Doel 1 et Doel 2, estimant que ce soutien n’était pas contraire aux règles européennes en matière d’aides d’État. La ministre de l’Energie, Marie Christine Marghem, s’en réjouit.
Les États membres sont laissés libres, par les traités européens, de définir comment ils s’approvisionnent en énergie, et donc de décider d’investir dans le nucléaire. La Belgique a décidé, en 2014 et 2015, de prolonger de dix ans l’exploitation des centrales nucléaires et a promis des compensations à Engie-Electrabel et EDF Belgique si ses plans changeaient dans les dix prochaines années. À l’issue de son appréciation, la Commission a jugé que « les garanties d’investissement procurent un avantage économique à Engie-Electrabel et à EDF, qui va au-delà de ce à quoi celles-ci auraient pu prétendre au titre de la législation belge en général« .
Les règles de l’UE disposent que de telles aides d’État doivent être limitées et proportionnées aux objectifs poursuivis. La Commission a cependant conclu que la Belgique avait démontré que les mesures évitaient toute distorsion injustifiée du marché énergétique belge. « J’accueille très positivement cette décision de la Commission européenne. Il est aujourd’hui démontré que le raisonnement suivi par le gouvernement belge ne conférait aucun cadeau à Electrabel« , a réagi Marie Christine Marghem vendredi après-midi. « Cette nouvelle étape franchie, nous poursuivons l’élaboration, avec mes collègues régionaux, du Pacte énergétique qui offrira à la Belgique un cadre énergétique pérenne« .

http://5minutes.rtl.lu/grande-region/laune/1016729.html

Mar 17

HAMON VEUT LANCER LA FERMETURE DE « PLUS D’UNE DIZAINE » DE CENTRALES NUCLÉAIRES

B HamonLe candidat socialiste Benoît Hamon a promis vendredi sur RTL d’engager, s’il est élu, la « fermeture de toutes les centrales (nucléaires) qui arrivent en fin de vie« , soit « plus d’une dizaine » sur le quinquennat.
« J’engagerai la fermeture de toutes les centrales qui arrivent en fin de vie. Je le ferai parce que ça coûte très cher de prolonger leur espérance de vie (…) Cela fait à peu près, sur le quinquennat, plus d’une dizaine« , a déclaré M. Hamon, qui veut porter à 50% la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique d’ici 2025 (avec un objectif de 100% en 2050).
Pour le candidat socialiste, « on n’a pas fermé Fessenheim parce qu’on a choisi de ne pas fermer Fessenheim » durant le quinquennat, contrairement à la promesse de François Hollande en 2012.
M. Hamon a souligné que le coût du « maintien ou (du) prolongement de l’espérance de vie de nos réacteurs nucléaires » est estimé à « 60 milliards d’euros qui renchérissent le coût de l’électricité produite par le nucléaire« , et « le rapprochent de facto du coût de l’électricité produite par des énergies renouvelables« .
EDF a estimé à 51 milliards d’euros les investissements nécessaires pour maintenir les 58 réacteurs français (« grand carénage« ).
Interrogé sur les disparitions d’emplois liées à ces décisions, M. Hamon a affirmé que ses inquiétudes ne portaient « pas sur celles et ceux qui travaillent dans les centrales nucléaires« , et qui auront fort à faire avec le démantèlement.
Elles consistent plutôt « à savoir si nous arriverons à former suffisamment de salariés pour opérer cette transition vers un modèle énergétique qui soit à la fois sobre en terme d’impact sur l’environnement mais aussi beaucoup plus sobre vis-à-vis des risques qui existent« .
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) publiée le 18 août 2015 prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 23% de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32% de la consommation finale brute d’énergie en 2030, et de porter la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% à l’horizon 2025.

http://www.romandie.com/news/Nucleaire-Hamon-veut-lancer-la-fermeture-de-plus-dune-dizaine-de-centrales/780990.rom

Mar 17

FUKUSHIMA : LE GOUVERNEMENT JAPONAIS RECONNU COUPABLE DE NÉGLIGENCE

FukushimaC’est la première fois qu’un tribunal reconnaît la responsabilité de l’État dans la catastrophe nucléaire. Le tribunal de Maebashi, au nord de Tokyo, a donné droit aux demandes formulées par 137 évacués qui réclamaient une indemnisation au titre de la détresse émotionnelle provoquée par leur évacuation.

Un jugement inédit. Une juridiction japonaise a jugé vendredi que Tokyo Electric Power (Tepco) et le gouvernement japonais s’étaient rendus coupables de négligence et que leur responsabilité dans le drame de Fukushima était engagée, rapporte le journal Mainichi.

C’est la première fois qu’un tribunal reconnaît ainsi la responsabilité de l’État dans la catastrophe nucléaire provoquée par l’entrée en fusion de plusieurs réacteurs de la centrale après un séisme de magnitude 9 et d’un tsunami qui ont dévasté le 11 mars 2011 la côte nord-est du Japon, faisant près de 20.000 morts.

160.000 avaient dû évacuer

Les fuites radioactives ont contraint 160.000 personnes à partir de chez elles et beaucoup ne sont jamais revenues après cette catastrophe nucléaire, la plus grave dans le monde depuis celle de Tchernobyl en 1986.

Le tribunal de Maebashi, au nord de Tokyo, a donné droit aux demandes formulées par 137 évacués qui réclamaient une indemnisation au titre de la détresse émotionnelle provoquée par leur évacuation. Si les juridictions japonaises ont à plusieurs reprises accordé des indemnités aux évacués, c’est la première fois que l’une d’entre elles admet la responsabilité du gouvernement, écrit le Mainichi.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/fukushima-le-gouvernement-japonais-reconnu-coupable-de-negligence-664345.html

>> Aller plus loin Accident nucléaire de Fukushima : une facture pharaonique

Mar 17

NUCLÉAIRE : DOUZE VÉTÉRANS OBTIENNENT LE DROIT À ÊTRE INDEMNISÉS

IndemnisatonC’est une information de nos confrères de France 3 Pays-de-la-Loire. Pour neuf anciens travailleurs, la cour administrative d’appel de Nantes a confirmé les jugements rendus en première instance (le ministère de la Défense avait fait appel). Pour les trois autres, les juges ont annulé la décision rendue en première instance et enjoint le ministère de présenter « des propositions d’indemnisations des préjudices subis » aux vétérans ou à leurs ayants-droits.
L’avocate des plaignants, Me Cécile Labrunie, a salué « des décisions très importantes« , tout en déplorant « sept ans de perdus« .
La Cour était saisie de quinze demandes d’indemnisations au total. Elle a débouté trois anciens travailleurs. Ils devront faire « une nouvelle demande auprès du CIVEN (Comité d’Indemnisation des Vétérans des Essais Nucléaires), au regard des nouvelles dispositions légales« , a expliqué Me Cécile Labrunie.
En effet, en février dernier, les parlementaires avaient supprimé la notion de « risque négligeable » de la loi Morin. Notion qui entraînait de nombreux rejets dans les demandes d’indemnisations.
A ce jour, seule une vingtaine de Polynésiens, atteints de cancers, ont obtenu une indemnisation par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen).
Les autres dossiers ont été rejetés car le risque lié au nucléaire était considéré « négligeable« , d’autres facteurs apparaissant prépondérants dans leurs maladies.
Les maladies reconnues comme étant dû aux essais nucléaires sont :

  •     Leucémies (sauf leucémie lymphoïde chronique car considérée comme non radio-induite), Myélodysplasies, Cancer du sein, Cancer du corps thyroïde pour une exposition pendant la période de croissance, Cancer cutané sauf mélanome malin, Cancer du poumon, Cancer du côlon Cancer des glandes salivaires, Cancer de l’œsophage, Cancer de l’estomac, Cancer du foie, Cancer de la vessie, Cancer de l’ovaire, Cancer du cerveau et système nerveux central, Cancer des os et du tissu conjonctif, Cancer de l’utérus, Cancer de l’intestin grêle, Cancer du rectum, Cancer du rein, Lymphomes non hodgkiniens, Myélomes.

http://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/nucleaire-douze-veterans-obtiennent-droit-etre-indemnises-454011.html

Mar 16

LA MODERNISATION DE L’ARSENAL NUCLÉAIRE AMÉRICAIN, «NOUVELLE COURSE AUX ARMEMENTS»

Sans titreLes États-Unis cherchent à détenir la supériorité nucléaire, y compris dans l’espace. Poussés à moderniser leur industrie militaire, ils pourraient provoquer une nouvelle course aux armements, selon l’expert militaire Bruce Gagnon.

Les États-Unis ont besoin de moderniser leur arsenal nucléaire pour maintenir une supériorité stratégique sur leurs rivaux, selon des officiers supérieurs de l’armée de l’air et de la marine.

«Notre capacité de dissuasion nucléaire s’approche d’un carrefour. Nous sommes au point où il nous faut recapitaliser simultanément chaque composante de notre dissuasion nucléaire : les armes nucléaires elles-mêmes, la triade des plates-formes, les systèmes de signalisation et d’avertissement pour soutenir nos prises de décision, les réseaux de commande et de contrôle qui assurent la connexion entre le président et les forces déployées, et nos avions tactiques à double capacité qui peuvent être équipés d’armes nucléaires non stratégiques», a expliqué Paul J. Selva, général de l’armée de l’air.

Le Pentagone prévoit de moderniser les trois parties de sa triade nucléaire (air, mer et sol) au cours des 30 prochaines années, pour un coût estimé à un billion de dollars.

Bruce Gagnon est membre du Réseau de lutte contre la militarisation et la nucléarisation de l’espace

RT : Les États-Unis cherchent à détenir la supériorité nucléaire sur la Russie, mais ne veulent pas d’une nouvelle guerre froide. Y voyez-vous une contradiction?

Bruce Gagnon (B. G.): Absolument. La supériorité nucléaire sur la Russie et la Chine et tous les autres pays de la planète que les États-Unis décident de voir comme des ennemis. L’économie américaine est dépendante des dépenses militaires : les armes constituent le premier produit d’exportation industrielle de ce pays. Dans de nombreuses communautés à travers le pays, c’est, comme on dit, le seul emploi en ville. L’Amérique se tourne de plus en plus vers de nouveaux systèmes d’armements pour rester dans cette dépendance au militarisme.

C’est aussi une escalade et une provocation visant la Russie et l’Europe. Surtout étant donné que l’OTAN s’élargit en Europe orientale, déplace les systèmes de défense antimissile en Roumanie et en Pologne, mettant en place des systèmes de défense antimissiles sur des destroyers en Méditerranée, en mer Baltique et en mer Noire. Nous assistons à un déploiement incroyable de systèmes d’armements de types variés. Ils sont déplacés vers l’Est, près de la Russie. Les États-Unis ne font pas que graisser les engrenages du complexe militaro-industriel, ils provoquent également la Russie.

RT : Pourquoi la supériorité nucléaire sur la Russie est-elle si importante alors que l’administration Trump dit vouloir un partenariat plus étroit avec la Russie ?

G. :Je pense qu’il y a en ce moment à Washington une guerre au sein de l’oligarchie au pouvoir en Amérique. J’appelle cela la foule contre la mafia. Ni les uns, ni les autres ne sont très recommandables. Beaucoup de militants pour la paix et de progressistes à travers notre pays se retrouvent dans une situation très confuse et pensent qu’ils doivent choisir leur camp et soutenir les démocrates qui diabolisent la Russie avec une sorte de chasse aux rouges actualisée. Mais ce qu’il faut vraiment faire, c’est être critique de cette folie militaire qui n’en finit pas de grandir et par laquelle ce pays est obsédé. Peu importe qui est au pouvoir. Je pense que Donald Trump pourrait bien vouloir avoir de bonnes relations avec la Russie. Il l’a dit à plusieurs reprises lors de sa campagne. Mais il y a une faction forte : ce qu’ils appellent «l’État profond» (le complexe militaro-industriel, Wall Street). La campagne de Clinton représentait réellement ce dernier…

RT : Après l’annonce par Donald Trump d’une augmentation des dépenses militaires de 10%, la Chine a suivi, disant qu’elle allait les augmenter de 7%. Assiste-t-on à une nouvelle course aux armements à plusieurs joueurs?

G. : Je pense que c’est tout à fait ça. C’est dû en grande partie aux technologies spatiales… Ils veulent être en mesure de faire la guerre depuis l’espace. La Russie et la Chine demandent depuis des années à l’ONU de faire un nouveau traité interdisant les armes dans l’espace. Les États-Unis refusent même de négocier une telle possibilité, parce qu’ils cherchent à dominer, et ce dans tous les domaines…

https://francais.rt.com/opinions/35218-modernisation-nucleaire-americaine-nouvelle-course-aux-armements

Mar 16

LES ÉVÊQUES DU JAPON : ABOLIR L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE DE NOTRE “MAISON COMMUNE”


Japon
La Conférence épiscopale des évêques japonais a publié, le 11 novembre 2016, un message-appel « À tous les hommes qui vivent sur la Terre, notre maison commune » pour l’abolition de l’énergie nucléaire. Une proposition faite cinq ans et demi après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima (11 mars 2011). « Il est rare qu’une Conférence épiscopale d’un pays adresse un message à l’ensemble de la population mondiale », écrivent les évêques japonais. Cependant, la situation étant ce qu’elle est au Japon des années après l’accident nucléaire – difficultés économiques, sociales et spirituelles des personnes victimes du désastre ; manque de solutions dans le retraitement des déchets radioactifs ; relance par les autorités de centrales atomiques dans un pays fortement sismique ou exportation de centrales à l’étranger –, « il fallait faire savoir au monde entier le danger que pose l’énergie nucléaire et appeler à son abolition ». De plus, soulignent les évêques japonais, « la question du danger du nucléaire se pose à l’échelle du globe » (pollution radioactive au-delà des frontières, risque de terrorisme…) Et, dans une perspective chrétienne, expliquent-ils encore, « nous devons réfléchir à la façon de revoir la consommation, valoriser la dignité humaine, approfondir le sens de nos relations avec Dieu, la société et la nature, reconsidérer notre façon de vivre ». C’est pourquoi, les évêques catholiques du Japon s’adressent plus particulièrement aux Conférences épiscopales qui se doivent « de comprendre le danger des centrales nucléaires et de débattre du point de vue de l’Évangile les enjeux en cause ».

Pour commencer
Le 8 novembre 2011, 8 mois après l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima No 1 (Tepco) dû au puissant séisme et tsunami de la côte est du pays, la Conférence épiscopale du Japon publiait un message pour donner le point de vue de l’Église catholique sur le danger de l’énergie nucléaire et appeler à son abolition. Ce message, intitulé « Pour l’abolition immédiate de l’énergie nucléaire <http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Archives/Documentation-catholique-n-2481/Un-appel-a-fermer-les-centrales-nucleaires-immediatement-2013-04-09-933744>  – Face au désastre tragique dû à l’accident de la centrale No 1 de Fukushima – » était adressé à tous les habitants qui vivent au Japon. Faisant face à la terrible catastrophe, les évêques avaient jugé qu’au Japon, pays où les séismes sont nombreux et où peuvent se produire des tsunamis géants, il fallait abolir immédiatement toutes les centrales nucléaires.

Les personnes victimes du désastre doivent encore faire face à des difficultés économiques, sociales et spirituelles et il n’y a guère de perspective de règlement. De plus, comme il a été remarqué, la question des moyens concernant le traitement des déchets radioactifs n’a pas encore trouvé de solution. Malgré cela, le gouvernement japonais commence à remettre en marche les 48 centrales qui avaient été arrêtées après le séisme, prétendant que leur sécurité avait été établie. Il y a également la relance d’un plan interrompu de construction de nouvelles centrales et la reprise accélérée de l’exportation de centrales nucléaires vers l’étranger.
Il est rare qu’une Conférence épiscopale d’un pays adresse un message à l’ensemble de la population mondiale. Cependant, la situation demeurant telle cinq ans et demi après l’accident de Fukushima, la Conférence épiscopale en est venue à penser qu’il fallait faire savoir au monde entier le danger que pose l’énergie nucléaire et appeler à son abolition.
1. Pourquoi la Conférence épiscopale du Japon fait-elle cet appel ?
Le Japon est un pays qui a fait l’expérience de différentes calamités causées par le nucléaire. En 1945 à Hiroshima et Nagasaki deux bombes atomiques ont été utilisées au combat pour la première fois sur les zones urbaines de ces deux villes, faisant sans discrimination de très nombreuses victimes civiles. Les survivants continuent même maintenant à souffrir des séquelles de l’irradiation. En 1954, neuf ans après le largage des deux bombes, de nombreux équipages de bateaux de pêche, dont le Daïgo-Fukuryûmaru, ont été exposés aux rayons atomiques lors des essais de bombes H sur les récifs des îles Bikini réalisés par les Américains. En 1999, pour la première fois sur le sol national, un accident de criticité (JCO) faisant plusieurs morts s’est produit à la centrale nucléaire de Tokaïmura. Enfin en 2011, l’accident s’est produit à la centrale nucléaire No 1 de Fukushima.

La Conférence épiscopale juge que le Japon qui a vécu de telles expériences, a plus spécialement la responsabilité de se solidariser avec les victimes du nucléaire de toutes les régions du globe, de prendre l’initiative d’appeler, en tant que seul pays à avoir été irradié, à une abolition totale des armes nucléaires et d’inviter le monde à une solution à toutes les questions touchant au nucléaire.
2. Ce que nous avons compris et appris durant ces 5 années et demie
La Conférence épiscopale dans son message de 2011 s’était préoccupée de la situation suscitée suite à l’accident de la centrale de Fukushima et avait comme ci-dessous énuméré les orientations à suivre :

♦ Assumer la responsabilité visant à préserver le vivant et la nature qui sont parties de la création ; laisser aux générations qui suivront un environnement sûr et rassurant ; déceler, grâce à un sage discernement des limites de l’homme, le vrai et le faux du mythe de la sécurité du nucléaire sans faire exagérément confiance à la science technologique.
♦ Tenir une position qui au lieu de privilégier un économisme visant au profit et au rendement, préserve la dignité de la vie humaine et la beauté de la création, tout en reconnaissant qu’il faut trouver une solution à la question de la réduction du CO2 (gaz carbonique).
♦ Reconsidérer le problème du rejet des déchets radioactifs issus du plutonium et autres éléments toxiques ainsi que le problème moral consistant à laisser aux générations futures la responsabilité de la charge que constitue le dépôt de ces déchets radioactifs dangereux.
♦ Continuer à encourager les recherches sur les énergies renouvelables et sur les moyens de réduire la consommation d’énergie ; encourager le choix d’un style de vie simple et sobre, basé sur l’esprit de l’Évangile et renouveler la recherche du style traditionnel de vie au Japon d’une « décente pauvreté ».
Après la publication du message ci-dessus et les 5 années et demie passées depuis, nous avons continué de réfléchir à ce que nous, membres de la Conférence épiscopale du Japon, avons appris de l’accident et à la manière dont s’est renouvelée notre perception concernant les points qui suivent :
♦ L’énergie nucléaire engendrée artificiellement grâce à la fission du noyau de l’atome, phénomène qui ne se trouve que rarement sur le globe, est d’une tout autre échelle que celle de la nature qui maintient en vie les corps vivants ou celle qui accompagne ordinairement les effets de combustion.
♦ Le noyau atomique généré par la fission de l’atome est instable et l’humanité n’a pas encore maitrisé la technique pour le stabiliser (Technique concernant le traitement des déchets radioactifs).
♦ Une fois survenu tel sérieux accident dans une centrale nucléaire, la vie civile se trouve détruite dans ses fondements. De plus, les dommages environnementaux causés par les radiations se propagent, dépassant frontières et différences entre générations.
Nous avons constaté également l’existence de forces importantes qui s’opposent à l’abolition des centrales nucléaires. Nous en sommes venus à réaliser à quel point cette force invisible et quasi magique, qui tend à faire croire que seul le développement économique apporte le bonheur à l’être humain, s’efforce d’orienter le monde dans le sens de cette croyance partiale, détruisant toute détermination de se séparer de l’énergie nucléaire…

Pour lire la suite de cet article publié le 16 mars 2017 dans La Croix : http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Documentation-catholique/Eglise-dans-le-monde/Les-eveques-du-Japon–abolir-lenergie-nucleaire-de-notre-maison-commune-2017-03-16-1200832301

Mar 16

FISSURES À CIVAUX : EDF BÉTONNE SES ARGUMENTS

EDF bétonneMembres des collectifs et responsables de la centrale de Civaux se retrouvaient hier à une réunion de la commission locale d’information (CLI).

La commission locale d’information (CLI) de la centrale de Civaux tenait assemblée générale hier au conseil départemental. Se retrouvaient réunis, représentants de l’État, élus, experts de l’autorité de sûreté du nucléaire (ASN), membre de collectifs ou réseau (Sortir du nucléaire, Vivons sans nucléaire…) et dirigeants de la centrale emmenés par le directeur Mickael Gevrey.

S’appuyant sur les bonnes feuilles de « La farce cachée du nucléaire », notre dossier publié samedi consacré aux fissures de l’enceinte du réacteur 1 (lire notre édition du 11 mars) s’est naturellement invité dans les débats souvent techniques parfois vifs mais toujours courtois.

EDF a bétonné ses arguments cimentant son propos de l’exposé détaillé des travaux passés et à venir.

Ainsi après un arrêt de 72 jours au printemps 2016 avec 5.000 activités de maintenance réalisées par 1.300 intervenants pour un coût de 16 millions d’euros, la tranche 1 sera de nouveau arrêtée du 20 mai au 17 juillet. Sont notamment au menu de l’imposant chantier de 38,5 M€ : le renouvellement du combustible et des travaux sur l’enceinte interne bâtiment réacteur.

Le béton « fissuré et de piètre qualité » selon « la Farce cachée du nucléaire » va se trouver ainsi réarmé. Pour Mickaël Gevrey « la sûreté n’est pas en cause et le problème (révélé dès 2001 NDLR) n’est pas nouveau. » Le directeur de la centrale a tenu à préciser : « ces fissures ne sont que des microfissures qui ne sont même pas visibles à l’œil nu. »
Pour Jacques Terracher du réseau « Sortir du nucléaire », « ce bâtiment n’a pas été dimensionné à l’origine pour faire face à un accident majeur. C’est depuis Fukushima que l’on a tenté de redimensionner des installations déjà construites. »

À Civaux, de nombreuses dispositions ont été mises en œuvre après la catastrophe japonaise. Ainsi a débuté en juillet 2016, la construction des diesels d’ultime secours (DUS), un dispositif post-Fukushima. C’est un moyen d’alimentation électrique prévu pour résister à des agressions (séisme, inondation, tornade)  bien plus importantes que celles prises en compte à la conception des installations. Il résiste par exemple à des rafales de 300 km/h avec une autonomie de carburant de 3 jours pour une durée de fonctionnement continu fixée à 15 jours sans maintenance. Les travaux prendront fin à l’été 2018.

«  S’en aller très vite de là  »

Au sortir de 4 heures d’exposés et de débats, Jacques Terracher n’était ni plus rassuré ni plus rassurant. « On a entendu ce matin qu’il n’y avait pas de soucis pour le réacteur 1. Pourtant il va demander des réparations inédites et colossales. Pour moi, c’est la cata. La sécurité n’est assurée qu’au quotidien. En cas d’accident grave, le bâtiment ne sera plus étanche. Il faudrait alors s’en aller très très vite de là. »

Article de Loïc Lejay

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Environnement/n/Contenus/Articles/2017/03/15/Fissures-a-Civaux-EDF-betonne-ses-arguments-3033629

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Note de facteur du Réseau Sortir du Nucléaire à l’article ci-dessus :

Pour Mickaël Gevrey « la sûreté n’est pas en cause et le problème (révélé dès 2001 NDLR) n’est pas nouveau. » Le directeur de la centrale a tenu à préciser « ces fissures ne sont que des microfissures qui ne sont même pas visibles à l’œil nu. »

Le directeur de Civaux à raison, « le problème » n’est pas nouveau puisqu’il est d’origine. Le médaillé d’or en matière de fissures avec ses 2 000 m de fissures sur l’enceinte extérieure  (p 88 de « La farce cachée du nucléaire » ), 940 m² de rustines sur le tampon d’accès au matériel, 1 160 m² posés en 2001 et 760 m² posés en 2011 sur l’enceinte (p 76 de « La farce cachée du nucléaire« ).

Et si l’accident arrive, les rustines n’ont plus aucune efficacité au bout de 48 heures, « on postule que l’efficacité du revêtement est nulle » selon EDF ! (p 124) et Civaux 1 fait bien évidemment partie des centrales dites « sensibles » (p 125).

Toujours chez le directeur qui ne voit pas les fissures à l’œil nu, « le taux de fuite serait quarante-cinq fois plus important que le taux légal des décrets d’autorisation et de création des tranches de Belleville, Flamanville et de Civaux 1. Après un pic à 7 bars et un taux de fuite estimé à « près de 70 %/j », les fuites extrêmement radioactives atteignent la bagatelle de « 9 000 kg/h » pour 6 bars de pression dans l’enceinte étanche : 216 tonnes par jour…« 

Et toujours pour l’accident sur Civaux 1 selon les notes cachées d’EDF (voir tableau 38 page 175 de « La farce cachée du Nucléaire), cela aboutit par exemple: à 7 bars, à 500 m de la centrale la dose serait de 9 200 mSv en 24 h soit 128 millions de fois supérieure à la dose autorisée aujourd’hui pour la population européenne en 1 an et, à 1 km, 46 millions de fois cette limite annuelle. 

Mais tout va bien pour Monsieur Mickaël Gevrey : alors, avant de «  S’en aller très vite de là  » en cas de problème sur Civaux, comme le propose sagement Monsieur Jacques Terracher, courrez vite acheter « la farce cachée du nucléaire » pour mesurer l’ampleur du mensonge de ce directeur droit dans ses bottes : tout ce qui est dans « la farce cachée du nucléaire » est indiscutable et fiable puisque cela provient de chez… EDF.

 

Mar 15

L’ÉNERGIE SOLAIRE ? DÉJÀ DEUX FOIS MOINS CHÈRE QUE LE FUTUR EPR !

Prix solaireLe nucléaire nouvelle génération n’est même pas encore exploité… qu’il est déjà complètement dépassé ! Une enquête, citée par lefigaro.fr, révèle en effet que l’énergie solaire est déjà deux fois moins chère que celle qui sera produite par la centrale EPR ! Explications.

Le dernier appel d’offres photovoltaïque lancé par la Commission de régulation de l’énergie s’est conclu jeudi par un rachat moyen de l’électricité à 62,50€ le mégawattheure. Or, la future centrale EPR de Flamanville devrait produire une électricité autour de 120€ le mégawattheure !

Pour les forcenés du nucléaire, c’est d’autant plus rageant que le chantier de Flamanville a déjà pris six ans de retard (il devrait enfin être achevé en 2018) et qu’il devrait, au final, coûter trois fois plus d’argent que prévu (il atteint désormais les 10 milliards d’euros) !

Rien ne semble plus pouvoir arrêter l’essor des énergies renouvelables en général et de l’énergie solaire en particulier. Xavier Barbaro, président de Neoen, l’une des entreprises lauréate de l’appel d’offres, cité par Le Figaro :

« Le fait de pouvoir s’appuyer sur des prix très compétitifs tient à la fois à la baisse du coût des composants, à des conditions de financement attractives et à des critères de rentabilité plutôt sobres de la part des investisseurs. »

Petit pied de nez amical à tous ceux qui disaient (et qui prétendent toujours) que « les énergies renouvelables, c’est bien joli mais ça coûte trop cher ! »

Article de Axel Leclercq

http://positivr.fr/energie-solaire-deux-fois-moins-chere-epr/

Mar 15

« IL (ELLE) AURA LE POUVOIR D’ENGAGER LES FORCES NUCLÉAIRES »

QuilèsPaul Quilès, ancien ministre de la défense, président d’IDN (« Initiatives pour le désarmement Nucléaire ») interroge de façon précise les candidats à la prochaine élection présidentielle quant à leur position en matière d’armement nucléaire.

Bien que le sujet n’occupe guère le débat public, je suppose que les candidats à la prochaine élection présidentielle connaissent l’étendue des attributions du président de la République en matière de défense et plus particulièrement de dissuasion nucléaire.

Il n’est peut-être pas inutile cependant de faire certains rappels et de formuler quelques interrogations.

Depuis 1964, la pratique institutionnelle confie au président de la République le pouvoir de donner l’ordre d’engagement des forces nucléaires. De cette prérogative découle, sous réserve des compétences budgétaires du Parlement, le pouvoir de prendre les principales décisions relatives à la composition des forces nucléaires et à leur doctrine d’emploi.

La dissuasion nucléaire, une discussion sans réel argument

Cette pratique a été instaurée dans un contexte géopolitique bien différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. Or, dans un climat international où l’on entend de plus en plus souvent parler de « nouvelle course aux armements » et de risque de « guerre nucléaire », force est de constater qu’en France, la dissuasion nucléaire est abordée, dans tous les débats publics sur la défense, de manière trop générale et globalisante. Des formules vagues, voire simplistes, comme celles de « l’assurance-vie de la nation » ou de la « suffisance » sont avancées pour défendre la nécessité des armements nucléaires existants ou en projet sans véritable argumentation de fond.

L’examen attentif et objectif de la dissuasion et de ses moyens est pourtant essentiel, puisque cette stratégie engage par nature la survie même de la nation.

J’ai donc soumis aux cinq principaux candidats quelques questions précises et concrètes, afin de permettre aux citoyens dont ils sollicitent les suffrages d’être éclairés sur la façon dont ils pourraient exercer cette terrible responsabilité.

Ces questions sont les suivantes :

1) Approuvez-vous l’attitude des autorités françaises, qui, le 23 décembre 2016, ont refusé de voter à l’Assemblée générale de l’ONU la résolution L41 (approuvée par une large majorité d’États, 113 contre 35) qui ouvre le processus de négociation d’un traité d’interdiction des armes nucléaires ?

2) Accepterez-vous que la France participe aux travaux de préparation de ce traité, qui vont se dérouler à l’ONU au cours du 1er semestre 2017 ?

3) Considérez-vous que la France, signataire du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), respecte son article VI, qui stipule : « Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace » ?

4) Entendez-vous mettre en œuvre les projets actuels de modernisation des deux composantes navales et aéroportées des forces nucléaires, malgré leurs conséquences financières (passage à 6 milliards d’euros par an des crédits de la dissuasion) et leur contradiction avec les engagements de l’article VI du TNP ?

5) Comment envisagez-vous un déblocage des négociations de désarmement nucléaire, en ce qui concerne tout particulièrement l’application du TNP, l’interdiction complète des essais, l’interdiction de la production de matières fissiles à usage militaire et l’institution d’une zone libre d’armes de destruction massive au Moyen-Orient ?

6) Considérez-vous l’accord international sur les activités nucléaires iraniennes comme une contribution positive à la lutte contre la prolifération nucléaire, qu’il importe donc de défendre ?

7) Souscrivez-vous à l’objectif à terme d’un monde sans armes nucléaires, tel que l’énoncent de nombreux textes adoptés tant par l’Assemblée générale que le Conseil de sécurité des Nations Unies ?

Je souhaite que les réponses des cinq candidats apportent les clarifications indispensables à une meilleure compréhension de leurs positions à l’égard de l’armement nucléaire.

http://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Il-elle-aura-pouvoir-dengager-forces-nucleaires-2017-03-15-1200832043

Mar 15

SORTIR DU NUCLÉAIRE IMPLIQUE D’ABANDONNER LA BOMBE

SDn abandonne la bombeLe nucléaire civil est une retombée des recherches militaires et les points de rencontre entre les deux secteurs sont nombreux, explique l’auteur de cette tribune, qui juge que s’affranchir du nucléaire sera impossible sans que l’armée en fasse de même.

Les dizaines de cathédrales nucléaires en béton qui meublent notre paysage n’auraient pas été édifiées sans la témérité des architectes de la force de frappe. D’ailleurs, si le nucléaire civil n’était pas une retombée du militaire, nul ne soupçonnerait les Iraniens d’avoir quelques arrière-pensées en se lançant dans l’aventure. Depuis Fukushima, les Japonais ont vécu une fausse sortie du nucléaire civil, pour des motifs à la fois économiques et stratégiques.

Le candidat à la présidentielle qui fixe un calendrier et des échéances pour fermer les 58 réacteurs français serait donc bien avisé d’évaluer la non-étanchéité de ces deux filières. Pour que « sortir du nucléaire » dépasse le simple slogan, encore faut-il démanteler. Mais démonter et démanteler renvoie au casse-tête des déchets qui pourraient déborder dans la foulée de cette sortie. Pourquoi ? Parce que, civil ou militaire, le matériel subit l’usure du temps. Comme l’affirme Robert Reisse, directeur du centre (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, CEA) de Valduc. « Une arme, ça vieillit. » Pire : ça vieillit mal. Comme avec les cuves de réacteurs en sursis, soins intensifs, maintenance et vigilance s’imposent, même au seuil de la sortie.

Certains déchets de centrales sont recyclés pour en faire des munitions 

L’absence de tri (y compris à l’Andra) entre déchets civils et militaires n’arrange rien. Sortir du nucléaire a du panache, sauf que cela ne permet pas de « sortir » (sans dégâts) du dilemme des déchets, un fardeau que les tunnels de Bure n’ont fait qu’empirer. L’entreposage présumé provisoire risque de s’éterniser, que ce soit sur les sites de la Hague, Soulaines, ceux administrés par le CEA, comme à Cadarache, qui gère – tiens tiens ! – les déchets civils et militaires du CEA contaminés au plutonium. Le mélange des genres est tel que certains déchets de centrales sont recyclés pour en faire des munitions, comme l’uranium appauvri, ou U238, sur le polygone de Bourges.

Pour ne pas encombrer les issues de secours, sans se détourner de la marche à suivre, il faut souligner le rôle des centrales tout à fait civiles pour faire « carburer » des submersibles. En effet, faire fonctionner des réacteurs navals constitua la première utilisation non militaire d’uranium hautement enrichi. Un réacteur de sous-marin ou de porte-avions (ou de brise-glaces) est une petite centrale électrique, et pour la petite histoire, l’amiral états-unien Hyman Rickover a bricolé la première dans les années 1950. Cette (mini) centrale assure à la fois la propulsion, les besoins en électricité et en eau douce à bord.

DCNS, leader européen du naval de défense, un fleuron du savoir-faire français, a intégré en quatre décennies 18 chaufferies nucléaires sur les bâtiments de la Marine nationale [1]. Avis au candidat à la présidentielle : ces chaufferies seront-elles épargnées d’un plan de « sortie » alors qu’elles vont subir le même sort que leurs cousines « terrestres » dans des hangars aménagés ? Alors qu’aucune provision n’a été faite pour leur démantèlement ? Au cas où la Marine s’inspirerait des méthodes d’EDF et d’Engie pour allonger la durée de fonctionnement de ses réacteurs en faisant fi du principe de protection, ses ingénieurs (avec la Direction générale de l’armement, DGA) s’efforceront d’enrichir davantage encore le combustible, quitte à susciter de nouvelles vocations parmi les candidats à la bombe [2].

Amorcer de concert la transition énergétique et la mutation stratégique du secteur militaire 

À l’heure de la confusion des genres, certaines entreprises militaires veulent « sortir »… des sentiers battus. Ils lorgnent le filon civil pour élargir leur marge bénéficiaire. Reconversion ? Non, diversification. La DCNS (toujours elle) a mobilisé ses ingénieurs pour travailler sur un prototype de petite centrale nucléaire sous l’eau, baptisé Flexblue, en association avec Areva. Le projet Flexblue est provisoirement gelé, mais pour combien de temps ?

Bref, s’affranchir du nucléaire civil via des énergies alternatives dont l’ultime atout réside dans l’impossibilité de les recycler en armes de destruction, c’est bon signe. Reste maintenant à titiller le secteur militaire, lui enjoindre d’amorcer de concert sa transition énergétique et sa mutation stratégique. Car, enfin, ce serait une triste ironie de l’histoire si les accros au nucléaire civil misaient sur la bombe, son infrastructure, ses débouchés pour ne pas rejoindre les poubelles de l’histoire ; à cause d’un candidat qui aurait omis de raccrocher les wagons… 

[1] Cf. les analyses du Centre d’études de sécurité internationale et de maîtrise des armements, le Cesim.

[2] François Hamon, le père de Benoît, est un ancien de la Direction des constructions navales (DCN), qui a commencé sa carrière comme ouvrier et terminé comme ingénieur.

https://reporterre.net/Sortir-du-nucleaire-implique-d-abandonner-la-bombe

Mar 15

EN FRANCE, SORTIR DU NUCLÉAIRE COÛTERAIT CHER, Y RESTER AUSSI

sortir nucléaire, cherPour l’Institut Montaigne, abandonner l’atome coûterait 217 milliards d’ici à 2035. Mais selon la Cour des comptes, la seule maintenance des réacteurs actuels coûterait 100 milliards.

Dans l’Hexagone, où la fission de l’atome fournit les trois quarts de l’électricité, une sortie complète du nucléaire, prônée par les candidats de gauche à l’élection présidentielle Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, coûterait 217 milliards d’euros d’ici à 2035. C’est le chiffre choc avancé, lundi 13 mars, par l’Institut Montaigne.

Le think tank libéral, créé par Claude Bébéar, président d’honneur du groupe d’assurances Axa, évalue à 179 milliards l’investissement nécessaire dans des capacités de production alternatives (renouvelables ou gaz), à 13 milliards l’adaptation du réseau et à 25 milliards l’indemnisation d’EDF. Un tel choix, ajoute-t-il, aurait « un coût politique (…) en raison du non-respect des engagements [de réduction des émissions de gaz à effet de serre] pris lors de l’accord de Paris », sans compter « un coût» et « un risque sur la sécurité d’approvisionnement ».

L’institut n’a toutefois fait le travail qu’à moitié, en ne chiffrant pas le coût de la poursuite du nucléaire. En février 2016, la Cour des comptes a estimé à 100 milliards d’euros le « grand carénage » destiné à prolonger l’exploitation des 58 réacteurs actuels au-delà de 40 ans et leur maintenance jusqu’en 2030 (voir le Rapport de la Cour des comptes sur la maintenance du parc nucléaire français par Le Monde sur :

https://fr.scribd.com/document/341944871/Rapport-de-la-Cour-des-comptes-sur-la-maintenance-du-parc-nucleaire-francais#from_embed

Il faudrait ensuite construire un nouveau parc : le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, prévoit la mise en service de « trente à quarante » EPR entre 2030 et 2050. Même en divisant par deux – en vertu d’un effet de série – le prix de l’EPR en chantier à Flamanville (Manche), qui coûte 10,5 milliards, la facture d’un tel programme se monte entre 150 et 200 milliards.

S’ajouterait aux frais le démantèlement des futurs réacteurs (EDF chiffre à 60 milliards la déconstruction du parc actuel) et la gestion de leurs déchets radioactifs (25 milliards pour l’enfouissement dans la Meuse de ceux du parc actuel).

Au total, persévérer dans le nucléaire coûterait de 335 à 385 milliards d’euros.

Certes, en cas d’abandon de l’atome, il faudrait renouveler les parcs alternatifs. Mais le bilan économique de la sortie ou non du nucléaire reste à dresser.

http://www.lemonde.fr/energies/article/2017/03/15/en-france-sortir-du-nucleaire-couterait-cher-y-rester-aussi_5094659_1653054.html

Mar 14

BRUXELLES PROLONGERA-T-IL LA STRATÉGIE NUCLÉAIRE DU PENTAGONE ?

B61 12Par le Réseau Voltaire Rome (Italie)

Dans le cas où l’administration Trump respecterait le Traité de non-prolifération, elle retirerait ses missiles nucléaires illégalement stationnés en Europe et mettrait fin à l’affrontement avec la Russie. Or, les membres de l’Union européenne préférant poursuivre la politique antérieure, qu’ils connaissent déjà, se sont ralliés au « gouvernement de continuité » US lors de la conférence sur la sécurité de Munich. Ils envisagent donc sérieusement, pour « se protéger », de subventionner la bombe atomique française.

italiano <http://www.voltairenet.org/article195612.html>  

English <http://www.voltairenet.org/article195613.html>  

La torpille lancée à travers le New York Times —l’accusation contre Moscou de violer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI)— a touché son objectif : celui de rendre encore plus tendus les rapports entre les États-Unis et la Russie, en ralentissant ou empêchant l’ouverture de cette négociation annoncée par Trump dès sa campagne électorale. La torpille porte la signature d’Obama, qui en juillet 2014 (immédiatement après le putsch de Place Maïdan et la crise consécutive avec la Russie) accusait Poutine d’avoir testé un missile nucléaire de croisière, dénommé SSC-X-8, violant le Traité FNI de 1987 qui interdit le déploiement de missiles avec base à terre et portée comprise entre 500 et 5 500 km.
D’après ce que déclarent des fonctionnaires anonymes du renseignement étasunien, deux bataillons russes en sont déjà armés, chacun doté de 4 lanceurs mobiles et de 24 missiles à tête nucléaire.
Avant de quitter l’an dernier sa charge de Commandant suprême allié en Europe, le général Philip Breedlove prévenait que le déploiement de ce nouveau missile russe « ne peut rester sans réponse ». Il taisait par contre le fait que l’Otan garde déployées en Europe contre la Russie environ 700 têtes nucléaires étasuniennes, françaises et britanniques, presque toutes prêtes au lancement vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et au fur et à mesure qu’elle s’est étendue à l’Est jusqu’à l’intérieur de l’ex URSS, l’Otan a de plus en plus rapproché ses forces nucléaires de la Russie.
C’est dans la cadre de cette stratégie que s’insère la décision, prise par l’administration Obama, de remplacer les 180 bombes nucléaires B-61 —installées en Italie (50 à Aviano et 20 à Ghedi Torre), Allemagne, Belgique, Hollande et Turquie— par les B61-12 : nouvelles armes nucléaires, chacune à quatre options de puissance sélectionnables selon l’objectif à frapper, capables de pénétrer dans le terrain pour détruire les bunkers des centres de commandement. Un programme de 10 milliards de dollars, par lequel chaque B61-12 coûtera plus que son poids en or.
En même temps les USA ont réalisé en Roumanie la première batterie de missiles terrestre de la « défense anti-missile », qui sera suivie d’une autre en Pologne, composée de missiles Aegis, déjà installés à bord de 4 navires de guerre étasuniens déployés en Méditerranée et en mer Noire. C’est le soi-disant « bouclier » dont la fonction est en réalité offensive : s’ils arrivaient à le réaliser, les USA et l’Otan tiendraient la Russie sous la menace d’une première frappe nucléaire, en se fiant à la capacité du « bouclier » de neutraliser les représailles. De plus, le système de lancement vertical Mk 41 de Lockheed Martin, installé sur les navires et dans la base en Roumanie, est en mesure de lancer, selon les techniques spécifiques fournies par le même constructeur, « des missiles pour toutes les missions », y compris celles d’ « attaque contre des objectifs terrestres avec missiles de croisière Tomahawk », armables aussi de têtes nucléaires.
Moscou a averti que ces batteries, étant en mesure de lancer aussi des missiles nucléaires, constituent une violation du Traité FNI.

Que fait l’Union européenne dans cette situation ? Alors qu’elle déclame son engagement pour le désarmement nucléaire, elle est en train de concevoir dans ses cercles politiques ce que le New York Times définit comme « une idée auparavant impensable : un programme d’armements nucléaires UE ». Selon ce plan, l’arsenal nucléaire français serait « reprogrammé pour protéger le reste de l’Europe et placé sous un commun commandement européen », qui le financerait par un fonds commun. Cela adviendrait « si l’Europe ne pouvait plus compter sur la protection américaine ». En d’autres termes : dans le cas où Trump, se mettant d’accord avec Poutine, ne déploierait plus les B61-12 en Europe, c’est l’UE qui penserait à poursuivre la confrontation nucléaire avec la Russie.

Source : Il Manifesto (Italie) <http://www.voltairenet.org/auteur122722.html?lang=fr>

Traduction : Marie-Ange Patrizio <http://www.voltairenet.org/auteur123533.html?lang=fr>

Article de  Manlio Dinucci <http://www.voltairenet.org/auteur124610.html?lang=fr>

http://www.voltairenet.org/article195611.html#nb1

Mar 14

TOSHIBA PRÊT À LÂCHER LE BOULET NUCLÉAIRE WESTINGHOUSE

WestighouseToshiba, empêtré dans une débâcle financière, a obtenu mardi un nouveau délai exceptionnel jusqu’au 11 avril pour publier ses comptes, s’avouant « incapable » de clarifier des égarements nucléaires de Westinghouse qui risque l’exclusion du groupe.
« La crise de la filiale Westinghouse atteint son apogée« , tranche le Nikkei, bible des milieux d’affaires japonais, qui ne sortent pas grandis par ce nouveau scandale, le deuxième en moins de deux ans pour le géant centenaire.
Alors qu’il s’espérait extirpé d’une fâcheuse histoire de maquillage de comptes qui a décimé la précédente direction en 2015, le conglomérat industriel rechute, et lourdement.
Il avait déjà, mi-février, réclamé et obtenu un report pour faire état de ses comptes, dérogation dont l’échéance était fixée à ce mardi.
Las, cette première extension s’est avérée insuffisante pour mettre tout à plat. « Nous pensons que quatre semaines environ sont encore requises« , a expliqué Toshiba tout en s’excusant auprès de ses actionnaires et investisseurs. Les autorités boursières ont donné leur accord.
Il y a un mois, sans crier gare, la direction de Toshiba n’avait pas été en mesure de donner plus que des « estimations de résultats« , ce après des heures de cafouillage.
Le groupe avait alors indiqué qu’il devrait enregistrer une dépréciation qui atteindra au total 712,5 milliards de yens (5,8 milliards d’euros) sur ses activités nucléaires aux États-Unis en raison des mauvais calculs de Westinghouse. Il a aussi dit redouter pour l’exercice 2016/17 une perte nette de 390 milliards de yens (3,2 milliards d’euros).
Il s’agissait là de données non validées par les commissaires aux comptes, qui ne le sont toujours pas mais que le groupe a redonnées mardi, en expliquant que, dans l’immédiat, même si elles restaient provisoires, il n’y avait pas de modifications à y apporter.
Dans un autre communiqué, Toshiba confirme que des cadres de Westinghouse ont poussé des subordonnés à travestir les modalités financières relatives à l’opération de rachat de la société CB&I, transaction à l’origine des malheurs actuels et exigeant une poursuite de l’enquête interne.
Faillite Westinghouse non exclue
Le groupe a par ailleurs indiqué étudier désormais activement la cession de la majorité de l’activité nucléaire étrangère.
« C’est le mot clef à l’ordre du jour« , a déclaré le PDG, Satoshi Tsunakawa, lors d’une conférence de presse, insistant sur « la révision à la baisse de la place de Westinghouse au sein du groupe, dont sa possible exclusion des filiales consolidées« .
« Nous avons fait dans le passé des opérations de fusions/acquisitions, nous avons échoué, nous devons nous en repentir« , a admis le patron en dessinant la silhouette à venir d’un nouveau Toshiba.
Westinghouse avait été racheté au prix fort, plus de 4 milliards de dollars, il y a dix ans.
Désormais, il s’agit « d’en finir avec les risques » relatifs à cette entité qui voit ses coûts exploser en raison des contraintes plus strictes de sécurité pesant sur les constructions de centrales atomiques depuis l’accident de Fukushima. Westinghouse a plusieurs projets en cours affectés par ces durcissements réglementaires et accentués par l’acquisition fin 2015 d’une société du même secteur.
Interrogé sur la possibilité d’un dépôt de bilan de cette entité, le PDG a dit que « toutes les hypothèses étaient envisageables« , mais a affirmé que « rien n’était encore décidé« .
En dépit des égarements financiers de Westinghouse, « hormis la construction de centrales, cette société intègre des activités très bien portantes, et sa situation actuelle ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’acheteur« , a insisté M. Tsunakawa.
Toshiba est contraint de donner des gages à ses investisseurs. Il a de nouveau confirmé mardi son intention de vendre « une part pouvant dépasser la majorité » dans son activité de puces-mémoires, la vache à lait du groupe, ainsi que d’autres orientations déjà évoquées pour tenter de restaurer la confiance.
A la Bourse de Tokyo, les acteurs du marché ont réagi positivement à l’approbation d’un nouveau délai. L’action, qui plongeait de près de 9% à la mi-journée, a fini sur un gain de 0,46%, bien que le Tokyo Stock Exchange ait placé le titre « sous contrôle« , accentuant la menace d’une radiation si Toshiba ne se conformait pas à ses engagements le mois prochain.
« Nous œuvrons dans le but d’éviter une radiation« , a promis son patron.

www.romandie.com/news/Toshiba-pret-a-lacher-le-boulet-nucleaire-Westinghouse/779920.rom

NDLR : je trouve « cocasse » qu’un industriel du nucléaire cherche à éviter une radiation !!

 

Mar 14

LANNION: LE SITE CONTAMINÉ DE BUHULIEN VA ÊTRE SÉCURISÉ

LannionDans un rapport récent, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) reconnaît qu’une partie du site de Traou Ru est contaminé au radium et à l’arsenic.
L’association lannionnaise Sortir du nucléaire avait tiré la sonnette d’alarme dès 2014, pour signaler une pollution à l’uranium à l’emplacement d’anciens sites miniers au lieudit Traou Ru, en Buhulien. Grâce à des mesures régulières, Sortir du nucléaire estime que des niveaux de radioactivité sont trop élevés par endroits.
L’IRSN a ausculté 6 des 11 sites miniers répertoriés dans les Côtes-d’Armor. Pour la mine de Buhulien, les conclusions montrent que le collectif Sortir du nucléaire ne s’est pas inquiété à tort. En aval du site minier, « au niveau des terres de la zone humide et dans l’eau de la buse l’alimentant, le taux de radium 226 peut être considéré comme inquiétant », indique Jean-Jacques Lohéac, de Sortir du nucléaire.
Le rapport de l’IRSN parle d’un marquage de plus de vingt fois le bruit de fond (radioactivité ordinaire liée au lieu). À la demande de Sortir du nucléaire, l’IRSN a aussi fait des analyses sur la teneur en arsenic dans les sols au niveau d’une mare et de la zone humide. « Les terres et les sols prélevés présentent des teneurs supérieures aux valeurs définies par l’inventaire minier. Concernant l’eau et les sédiments, les valeurs sont en dessous. »
Le GR34 passe par là!
La proximité du GR 34 inquiète également l’association et plus encore la municipalité. « Le chemin vient du Moulin du Duc, il est très fréquenté et un petit ruisseau passe en dessous au niveau du site de Buhulien. » Sans pour autant verser dans l’affolement, la Ville a pris le compte rendu de l’IRSN très au sérieux. « Le maire veut même aller au-delà des recommandations qui préconisent seulement de limiter l’accès à la zone », informe Yves Bellec, membre de l’association Sortir du Trégor.
Ces travaux incombent normalement à Areva : « Nous n’allons pas attendre que la procédure aboutisse, atteste Paul Le Bihan. Quelques mesures de précautions s’imposent. » La zone contaminée a donc déjà été délimitée par la responsable des espaces verts de la ville et des barrières empêchant l’accès vont être posées. Un panneau pour signaler que l’eau de la source n’est pas potable sera installé.
http://www.ouest-france.fr/bretagne/lannion-22300/lannion-le-site-contamine-de-buhulien-va-etre-securise-4855104

Mar 14

SELON L’IRSN, UN ACCIDENT NUCLÉAIRE MAJEUR POURRAIT COÛTER DE 760 À 5 800 MILLIARDS D’EUROS !

coût accidentDe 760 milliards d’euros pour un « cas de base » à 5 800 milliards d’euros. Voilà ce que pourrait coûter un accident nucléaire majeur dans l’Hexagone, selon un rapport confidentiel de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) publié dimanche 10 mars par le Journal du dimanche

A l’approche du deuxième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, au Japon, la question du coût et de la préparation à un éventuel accident a suscité la polémique. 

Le JDD publie une estimation du coût 

Dans une étude rendue publique il y a un mois, l’IRSN avait évalué le coût d’un accident nucléaire similaire à celui survenu en mars 2011 à Fukushima à environ 430 milliards d’euros. L’estimation de 760 milliards correspondrait en revanche plus au modèle de la catastrophe de Tchernobyl, où les rejets avaient été plus nombreux, explique au JDD l’économiste Patrick Momal, qui a travaillé sur les deux rapports.

Selon l’hebdomadaire, la facture pourrait même s’élever jusqu’à 5 800 milliards d’euros, soit trois années de PIB, dans le pire des scénarios nécessitant l’évacuation de 5 millions de personnes. Le rapport confidentiel, réalisé en 2007, est en cours de réévaluation et pourrait être rendu public cette année. Il est basé sur l’évaluation de plusieurs scénarios catastrophes sur la centrale de Dampierre, dans le Loiret.

Le plus lourd tribut découlerait dans ce cas de l’impact économique sur la zone contaminée au césium où habitent 90 millions de personnes, avec des coûts environnementaux et de santé explosant à 4 400 milliards d’euros

Les experts nuancent les résultats de leurs travaux

Dans un communiqué publié dimanche, l’IRSN affirme que le chiffre de 5 800 milliards d’euros est « fort peu réaliste ». L’objectif principal de ce rapport « était d’établir une analyse de sensibilité des conséquences économiques par rapport à différentes situations analysées, et non d’obtenir un coût réaliste d’un accident nucléaire majeur », explique l’IRSN. Le chiffre de 5800 milliards d’euros correspond à une analyse « à la fois majorante et rudimentaire », s’appuyant sur des « hypothèses et des outils très simplifiés pour le transfert des rejets dans l’atmosphère« , poursuit l’institut.

« Nous avions à l’époque utilisé un code rudimentaire ne prévoyant qu’une seule météo, celle prévalant au site de l’accident », a précisé à l’AFP l’économiste Patrick Momal, auteur du rapport qui n’a jamais été publié. « La météo extrême prévue dans l’étude de 2007 n’est pas réaliste », a-t-il ajouté.

Les députés EELV demandent un fonds en cas d’accident

Les députés écologistes ont fait savoir dans un communiqué distinct qu’ils déposeront mardi une proposition de résolution (PPR) à l’Assemblée nationale demandant la « transparence sur ces études, un complément des audits de sûreté des installations nucléaires prenant en compte les risques sous-estimés sous les gouvernements Sarkozy-Fillon et la mise en place d’une obligation d’assurance (ou de constitution d’un fonds provisionnant le coût d’un accident majeur) pour l’industrie nucléaire, et l’imputation de ce coût dans l’évaluation du coût réel du kWh nucléaire« .

De son côté, le secrétaire national d’Europe Écologie – Les Verts, Pascal Durand, a réclamé « qu’un audit complémentaire indépendant et pluraliste soit réalisé au plus vite afin d’évaluer ces risques et les prévenir ». « La France ne se relèverait pas d’un accident nucléaire. Nous demandons la constitution immédiate d’un fonds de provisionnement correspondant au coût d’un accident majeur, alimenté par l’industrie nucléaire », a-t-il réclamé.

Les anti-nucléaires se mobilisent

Quelque 600 personnes, dont une majorité d’Allemands, ont manifesté dimanche après-midi à Chalampé (Haut-Rhin), à la frontière franco-allemande, pour demander la fermeture immédiate de la centrale nucléaire toute proche de Fessenheim. La veille, des rassemblements ont été organisés en France et à l’étranger, notamment à l’initiative du réseau Sortir du nucléaire, à l’occasion du deuxième anniversaire de la catastrophe de Fukushima. 

http://www.francetvinfo.fr/societe/un-accident-nucleaire-pourrait-couter-jusqu-a-5-800-milliards-d-euros_277815.html

Mar 13

DÉCHETS NUCLÉAIRES : UN RAPPORT PARLEMENTAIRE (TROP?) FAVORABLE AUX INDUSTRIELS

déchetsUn rapport publié par l’OPECST, office chargé d’informer le Parlement, préconise le stockage géologique profond, la valorisation et le recyclage des déchets radioactifs. Un rapport très favorable aux grands acteurs industriels du secteur. Les ONG qui militent contre l’utilisation de l’atome dénoncent la partialité des deux députés ayant piloté sa rédaction. Explications.
« La probité de nos élus est en question« , s’insurge Corinne François du collectif Bure Stop 55. En cause ? Un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques présenté jeudi matin à la presse. 
L’OPECST, dont la mission est d’informer le Parlement « des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin, notamment, d’éclairer ses décisions« , s’est chargé d’évaluer le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs. 
Diligenté par deux parlementaires, le député PS Christian Bataille et le sénateur UDI Christian Namy, le rapport met en exergue plusieurs solutions de traitement des déchets radioactifs. Des propositions pour le moins controversées.
L’OPECST estime que « le stockage géologique profond est la meilleure option pour les déchets ultimes de haute et moyenne activité à vie longue » et que « le projet Cigéo est la seule option pour assurer la sûreté à long terme. » 
Nucléocrate
Autrement dit, l’enfouissement à 500 mètres sous terre des déchets nucléaires les plus radioactifs à Bure, malgré la décision d’annulation par la justice <http://www.novethic.fr/breves/details/bure-le-centre-denfouissement-des-dechets-radioactifs-gele-par-la-justice.html> , serait la seule voie à suivre. Elle constituerait même un « exemple » pour les autres pays, estime Christian Namy..
« Ils présentent l’enfouissement comme une solution. Leur approche n’est pas fondée sur le danger ou le risque. Ce n’est pas surprenant de la part de Mr Bataille« , commente Corinne François. Le député PS, en désaccord avec Benoit Hamon <http://www.novethic.fr/supply-chain/presidentielle-2017/candidats/benoit-hamon.html>  sur l’abandon du nucléaire d’ici 25 ans, vient de rejoindre le camp d’Emmanuel Macron.
Estampillé « nucléocrate » par l’ONG Sortir du nucléaire, il est à l’origine de la loi de 1991, une nouvelle fois votée en 2006, sur les déchets radioactifs. Il est notamment cité dans le livre « Députés sous influences« , des journalistes Hélène Constanty et Vincent Nouzille, pour avoir organisé des colloques à l’Assemblée sponsorisés par… Areva, le spécialiste du combustible et du retraitement des déchets nucléaires, BNFL, son concurrent britannique, ou encore l’ANDRA, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. 
« L’OPESCT n’est que la chambre de résonance des auditions que vous voulez bien y effectuer, et non un organisme scientifique en tant que tel, producteur d’études soumises à la critique de ses pairs scientifiques« , écrivait le président de France nature environnement, Pierre Delacroix, dans une lettre ouverte adressée à Christian Bataille.
Le député venait de s’opposer à la ministre de l’environnement <https://www.legrandsoir.info/nucleaire-christian-bataille-depute-ps-part-en-guerre-contre-segolene-royal-pierre-delacroix.html> , Ségolène Royal, sur la fermeture de Fessenheim et le développement des énergies renouvelables.
Développement durable atomique ? 
Dans le fond, le nouveau rapport de l’OPECST propose de « récupérer les matières énergétiques présentes dans les combustibles usés » pour les réutiliser, à court terme, dans les ERP, les réacteurs à eau pressurisée, dont le parc naturel actuel est doté. Ou, à long terme, de les recycler dans de nouveaux types de réacteur dits « à neutrons rapides« .
Exit, donc, une possible sortie du nucléaire. C’est de « l’économie circulaire« , du « développement durable« , estime Christian Bataille. « Il est difficile de se faire à l’idée, alors que l’humanité est confrontée à des défis climatiques et énergétiques majeurs, qu’une telle ressource puisse être volontairement et froidement abandonnée, à tout jamais« , ajoute le député. Un argument environnemental pour prolonger le nucléaire… de quoi faire hurler les associations. 
« Sortir de la politique de l’autruche« 
« C’est invraisemblable ! On abuse des mots. C’est un détournement sémantique !« , réagit Corinne François. Même si Christian Bataille se défend de toute provocation, la pilule a du mal à passer. Car, autant sur le fond que sur la forme, les arguments  de l’OPESCT sont contestables.
« Bure, c’est une usine à hydrogène. Tout est réuni pour avoir un incendie« , explique Bertrand Thuillier. L’ingénieur agronome s’est penché sur les 4000 pages de l’Andra concernant le projet Cigéo. « Pour créer un incendie, il faut d’abord un combustible. Ici, ce sont l’hydrogène et le bitume. Ensuite, un comburant : l’oxygène. Et enfin, une étincelle : les batteries haute puissance qui tournent en permanence. » 
Le scientifique en est persuadé : « ça va mal se passer« . Pour Corinne François, il y a urgence : « Il faut sortir de la politique de l’autruche. Le nucléaire n’est pas une ressource propre.  Arrêtons de charger le barque. » 

http://www.novethic.fr/lapres-petrole/energie-nucleaire/isr-rse/dechets-nucleaires-un-rapport-parlementaire-sous-influence-144321.html

Mar 13

HIER, DES CENTAINES DE MILITANTS POUR QUE FERME FESSENHEIM

FessenheimAprès Strasbourg samedi, sous la bannière « Nucléaire, pour nos enfants, nous n’en voulons plus », une nouvelle manifestation anti-nucléaire était organisée hier devant la centrale de Fessenheim.

« Tchernobyl, c’était en 1986, Fukushima, dont c’est aujourd’hui l’anniversaire, en 2011 » : plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblées hier à Fessenheim pour réclamer la fermeture de la plus ancienne centrale nucléaire de France.
Cette manifestation était initiée par le réseau Sortir du nucléaire, Stop Fessenheim, Alsace nature et d’autres associations anti-nucléaires.
Pour ces militants, souvent présents en famille, pas question de laisser le nucléaire en héritage à leurs enfants. Ils sont venus de toute la région, mais aussi d’Allemagne pour réclamer « Fessenheim, c’est maintenant », histoire de rappeler la promesse de fermeture de François Hollande pendant sa campagne de 2012, toujours pas effective.
« Son mandat se termine dans deux mois et toujours pas de décision », relève Gilles Barthe, de l’association CSFR. Une analyse reprise notamment par Gustav Rosa de l’association écologique allemande de Breisach.
Des discours qui ont motivé les participants qui se sont bruyamment fait entendre, en marchant de l’esplanade en face de la Maison des énergies EDF jusqu’à la centrale nucléaire, protégée par un cordon de gendarmes. Les interventions ont été suivies d’une marche retour vers la Maison des énergies pour la suite du programme de la journée avec un concert, des tables rondes et des stands divers.

http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2017/03/13/des-centaines-de-militants-pour-que-ferme-fessenheim

Mar 12

POUR LA SORTIE DU NUCLÉAIRE

PezetPour le groupe local d’EELV Aveyron, Guy Pezet, candidat aux législatives dans la seconde circonscription, communique :

«Le 11 mars, c’est le triste anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima, une catastrophe dont les conséquences ne peuvent toujours pas être évaluées, vu que la situation sur le site n’est toujours pas sous contrôle. Ce que l’on connaît, c’est son coût colossal et les difficultés économiques de la zone impactée. Cette catastrophe environnementale a eu un écho important en France, pays du tout nucléaire. Des voix de plus en plus nombreuses ont rejoint celles des antinucléaires et des Verts pour dénoncer la politique énergétique des gouvernements successifs, mettant au centre des débats politiques la fermeture des centrales les plus vieilles et les scénarios de sortie du nucléaire. Le groupe local d’EELV se réjouit de cette évolution et de la prise de conscience du PS, qui avec Benoît Hamon a inclus cette question dans l’accord signé avec Yannick Jadot.

La sortie du nucléaire programmée au cœur d’une loi de véritable transition écologique, l’arrêt de Bure et du projet CIGEO d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux, voilà des avancées décisives pour la gauche française ! Chacun sait combien nous sommes sensibles à cette question des sites d’enfouissement depuis la lutte menée à Sanvensa à partir de l’année 2000, autour de l’association Serènes sereines. Ce combat est donc toujours d’actualité et EELV appellera à se rassembler à Villefranche pour l’anniversaire de Tchernobyl, le 26 avril, quelques jours après l’élection.»

http://www.ladepeche.fr/article/2017/03/12/2534228-pour-la-sortie-du-nucleaire.html

Mar 12

DRÔME : UNE CENTAINE DE MILITANTS ANTINUCLÉAIRES ONT DÉPLOYÉ DES BANDEROLES POUR LES 6 ANS DE FUKUSHIMA

DrômePlusieurs actions des militants antinucléaires avaient lieu partout en France ce samedi, pour commémorer le sixième anniversaire de la catastrophe de Fukushima. À Valence, dans la Drôme, les associations ont alerté une fois de plus sur le risque d’accident nucléaire en France.

Les militants antinucléaires ont manifesté ce samedi à Valence. Un rassemblement organisé par les collectifs Réaction en chaîne humaine et Stop Nucléaire Drôme-Ardèche. Ils étaient une centaine à déployer des banderoles sur les escaliers du Parc Jouvet, pour commémorer les 6 ans de la catastrophe de Fukushima. Ils ont ensuite réalisé une chaîne humaine et sont allés sur le Pont Mistral pour être visibles depuis l’autoroute A7.

Le nucléaire, thème de campagne de l’élection présidentielle pour plusieurs candidats

candidats

À 44 jours de l’élection présidentielle, les militants demandent une nouvelle fois aux candidats de tout mettre en œuvre pour sortir du nucléaire. Mais ils sont plutôt satisfaits : la question du nucléaire en France s’est imposée comme un thème de campagne.

Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon veulent tous les deux abandonner le nucléaire d’ici 25 ans, et même Emmanuel Macron veut en réduire la part. Marine Le Pen et François Fillon, quant à eux, souhaitent le maintien de la filière nucléaire en France.

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/drome-une-centaine-de-militants-anti-nucleaire-ont-deploye-des-banderoles-pour-les-6-ans-de-fukushima-1489267561

Mar 12

 » IL FAUT FERMER LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CIVAUX « 

CivauxLes révélations inquiétantes sur la qualité du béton du réacteur n°1de la centrale de Civaux tombaient à pic alors que Greenpeace organisait, hier, dans dix-neuf villes de France, la commémoration de l’accident nucléaire de Fukushima au Japon. « Le nucléaire représente 1,5 % de la production d’électricité dans le monde, en France, c’est 75 %, c’est une exception et c’est aberrant, note l’ex-conseillère régionale verte, Hélène Shemwell. Il faut consacrer cet argent à autre chose, au démantèlement des centrales et à une transition vers d’autres sources d’énergie. Les deux centrales à fermer en priorité sont Fessenheim et Civaux. Avec son niveau de dette actuel, EDF n’est pas en mesure d’assurer la sûreté de ses installations nucléaires. » Après avoir déployé une banderole sur le viaduc de la gare, hier matin, les militants sont allés au contact des Poitevins.

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Environnement/n/Contenus/Articles/2017/03/12/Il-faut-fermer-la-centrale-nucleaire-de-Civaux-3030202

Mar 12

LES ANTINUCLÉAIRES SUR LE(S) PONT(S)

Tours pontsUne trentaine de personnes sur le pont Wilson à Tours, hier. Autant sur le pont Aliénor-d’Aquitaine à Chinon. Le funeste anniversaire de la catastrophe de Fukushima (six ans déjà) a réuni les militants du collectif Sortir du Nucléaire Loire & Vienne et de Greenpeace (du moins à Tours). L’occasion pour les groupes locaux pour l’information et l’action autour de la sortie du nucléaire, de se mobiliser au fil de la Loire. Une cohérence de territoire qui va de pair avec celle des idées. « Le bassin de la Loire a été forcément sollicité, entre les centrales nucléaires, les anciennes carrières. On récupère cet héritage. Il y a une dispersion de la radioactivité… et une banalisation généralisée », souligne Dominique, militant rencontré hier midi sur le pont tourangeau.

Lit souillé de la Loire et Fukushima même combat ? Pour Simon et Amandine, militants à Greenpeace, c’est une évidence : « Nous sommes là pour soutenir les gens qui vivent près des zones contaminées. Ils sont obligés de rentrer chez eux sinon les aides perçues sont supprimées. Nous sommes également là pour rappeler qu’en France la sûreté nucléaire est extrêmement préoccupante ». Une thématique dont ils estimaient tous, hier, que les candidats à l’élection présidentielle ne se sont pas suffisamment emparés. Un regret. Sans rien lâcher cependant.
Samedi 8 avril, le collectif Sortir du nucléaire Loire & Vienne organise « La Loire à zéro… nucléaire », de Saint-Laurent-des-Eaux à Blois.

Article de Vanina Le Gall

http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/Environnement/n/Contenus/Articles/2017/03/12/Les-anti-nucleaires-sur-le-s-pont-s-3030242

Mar 12

BORDEAUX : PHILIPPE POUTOU AVEC GREENPEACE CONTRE LE NUCLÉAIRE

PoutouCe samedi, à l’occasion du sixième anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima, les militants de l’association Greenpeace se sont donné rendez-vous place de la Comédie. Ils ont été rejoints par Philippe Poutou, ouvertement antinucléaire, et des militants du NPA.

Sur les marches du Grand Théâtre, ils étaient une cinquantaine ce samedi 11 mars à montrer leur opposition au nucléaire et au gaspillage d’énergie. Au départ une petite dizaine à 14 heures, le groupe s’est petit à petit élargi avec l’arrivée des membres de l’association Tchernoblaye, puis avec les soutiens du NPA.

« Le NPA est le seul parti à vouloir totalement sortir du nucléaire »

Les slogans sur les pancartes étaient directement adressés à EDF et fustigeaient le danger du nucléaire : « EDF, la faillite est notre avenir« , « crise nucléaire, EDF à terre« . Nathalie Makowski, salariée de Greenpeace, explique que la dette de 74 milliards d’euros d’EDF met en danger le pays, qui n’aurait plus les moyens de garantir la sécurité de ses usines. « On est tous radioactifs. Il faut mener une vraie campagne pour économiser l’énergie, en éteignant par exemple les magasins et les rues la nuit.« 

Résignés « selon les jours« , les membres présents regrettent que le sujet ne soit pas davantage abordé dans les discours des candidats à la présidentielle. Philippe Poutou, lui, a rappelé son engagement anti-nucléaire de longue date : « le NPA est le seul parti à vouloir totalement sortir du nucléaire, plus que les écologistes« . Le candidat est venu au rassemblement pour la symbolique des 6 ans de Fukushima. Il pense qu’une sortie du nucléaire est possible, et qu’il est nécessaire de sensibiliser sur le gaspillage. « Il faudrait une nouvelle alerte« , explique-t-il. « Avec la proximité de la centrale du Blayais, les gens devraient s’y intéresser. »  

http://www.sudouest.fr/2017/03/11/philippe-poutou-avec-greenpeace-contre-le-nucleaire-3269451-706.php

Mar 12

NOMBREUSES MANIFESTATIONS CONTRE LE NUCLÉAIRE CE SAMEDI

ManfestationsPlusieurs manifestations ont eu lieu samedi à Paris et en province pour commémorer la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon et « alerter sur les risques d’un accident en France« . « On est dans une situation en France où l’accident n’est vraiment plus à exclure« , a indiqué à l’AFP Cyrille Cormier, chargé du dossier Énergie au sein de Greenpeace.

À Strasbourg, entre 400 et 500 personnes selon la police et les organisateurs, ont notamment réclamé la fermeture définitive de la centrale de Fessenheim. Chasubles jaunes ou tenues blanches d’agent de maintenance du nucléaire, les manifestants venus de tout le Grand Est, d’Allemagne, et de Suisse, ont défilé avec des dizaines de poussettes, tractant des fûts jaunes de déchets nucléaires factices.

« Nucléaire ? Pour nos enfants nous n’en voulons plus !« 

Au son de tambours, percussions, et clarinettes, ils scandaient des slogans en français et en allemand (« Abschalten jetzt! », fermeture immédiate). Ils entendaient « ramener ces fûts à Fessenheim« , où une nouvelle manifestation et un rassemblement sont prévus dimanche, a indiqué Mélysandre Seyzériat, du « Réseau sortir du nucléaire« .

Les manifestants, venus pour certains en famille, ont observé une minute de silence. Ils ont déposé à mi-parcours une gerbe de fleurs en hommage aux victimes de Fukushima, le 11 mars 2011, sur la place de la République. « Nucléaire ? Pour nos enfants nous n’en voulons plus !« , « Bure, poubelle nucléaire jamais ! » pouvait-on lire sur des banderoles et sur une pancarte en alsacien, « l’Alsace ne veut pas de « Fukushiheim« , contraction de Fukushima et des terminaisons en « heim » des noms des communes alsaciennes.

Paris, Bordeaux, Lille….

« Il y a encore trop de centrales atomiques branchées au réseau, il faut simplement les fermer, et continuer absolument à développer les énergies renouvelables« , a déclaré Sabine Madou, une Allemande de Breisach (sud-ouest de l’Allemagne) venue avec ses deux enfants.

À Paris, 400 personnes selon les organisateurs, ont défilé sous des pancartes barrés de slogans comme « Arrêt du nucléaire, n’attendons pas la catastrophe« , « Solidarité avec la population du Japon » ou encore « Boycott Tokyo » faisant référence à la tenue des jeux Olympiques de 2020 dans la capitale japonaise.

Une Marianne portant l’écharpe bleu-blanc-rouge était menottée à un jeune homme en combinaison anti-contamination. « On a décidé de se réunir dans 19 villes en France pour commémorer cet accident et envoyer un message de soutien aux milliers de déplacés« , a indiqué Cyrille Cormier. « Greenpeace a effectué des mesures à Iitate, situé à environ 35 kilomètres de Fukushima, le taux de radioactivité est 5 fois plus élevé que la limite maximale recommandée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)« , indique le militant.

À Valence, une centaine de personnes ont constitué, une chaîne humaine déambulant calmement dans les rues du centre-ville, selon la police. À Lyon, une dizaine de militants de Greenpeace se sont regroupés à partir de 15H00 devant une agence EDF où ils ont mené une action de sensibilisation auprès des passants.

« Énergie: ce sera mieux à vent »

« Le message d’aujourd’hui est très clair: EDF n’a plus les moyens de prendre en charge la sûreté de son parc nucléaire« , a déclaré à l’AFP Bertrand Nouvelot de Greenpeace Lyon, avançant une dette du producteur public d’électricité de « 74 milliards d’euros ». « Nous sommes aux portes de l’accident« , a-t-il ajouté.

Déguisés dans des combinaisons orange siglées EDF ou blanches antiradiation, les manifestants avaient scotché une pancarte en carton sur les portes d’entrée de l’agence indiquant « EDF s’écroule – Fukushima en France » et déposé devant l’établissement une large carte sur laquelle était indiqué l’emplacement de la centrale nucléaire du Bugey (Ain), « la deuxième plus vieille centrale en France après celle de Fessenheim« .

Sur la Grand’Place à Lille, une vingtaine de manifestants ont organisé en milieu d’après-midi un happening en brandissant des panneaux « Tchernobyl, Fukushima… Gravelines?« , « Énergie: ce sera mieux à vent » ou encore « EDF s’écroule, notre sécurité avec« . Ces rassemblements, qui selon Greenpeace ont notamment réunis 300 personnes à Lyon ou encore 100 personnes à Bordeaux, sont l’occasion pour l’ONG d' »alerter les citoyens sur la responsabilité d’EDF à fermer les réacteurs nucléaires très endommagés pour éviter qu’un accident du type Fukushima survienne en France« .

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/03/11/97001-20170311FILWWW00139-manifestations-contre-le-nucleaire-ce-samedi.php

Mar 11

UN SALARIÉ D’EDF PUBLIE DES NOTES INTERNES DANS UN LIVRE

salarié EDFLe réseau « Sortir du nucléaire » dénonce l’étanchéité des centrales de France, preuves à l’appui. Un point a été fait hier, concernant celles de la région.  
La farce cachée du nucléaire. Tel est le titre d’un livre, qui risque de faire l’effet d’une bombe. Écrit par un employé d’EDF, il dévoile plusieurs notes internes qui remettent en cause la sécurité des centrales françaises. Le réseau « Sortir du nucléaire » (SDN), qui a édité et publié l’ouvrage le jeudi 9 mars, organisait une conférence de presse régionale, le lendemain, à Orléans.
Le constat`
L’information principale concerne l’étanchéité des infrastructures. « Les enceintes de confinement de toutes les centrales de France sont fuyardes », explique, schéma à l’appui, Martial Chateau (photo), administrateur du collectif. « Donc dès qu’il y a une fuite, il y a des rejets radioactifs ».
Le cas de Dampierre   
S’agissant de la centrale nucléaire loirétaine de Dampierre-en-Burly, l’expert est là aussi catégorique : les dégagements de vapeur d’eau, responsables des nuisances sonores constatées en décembre dernier, « contenaient des éléments radioactifs, qui ont donc contaminé l’atmosphère en s’échappant ». Dans son rapport publié sur internet, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) assurait, de son côté que, « la sûreté nucléaire de l’installation » n’était pas « en jeu ».
Ces fuites sont-elles dangereuses ?
Difficile de savoir. « Pour cela, il faudrait connaître la quantité de vapeur rejetée et son taux de radioactivité », indique Martial Chateau. Et de conclure : « Les centrales de la région Centre-Val de Loire ne sont pas pires qu’ailleurs en France ».

Manifestation. Pour commémorer les six ans de la catastrophe nucléaire de Fukushima (Japon), le réseau SDN local organise un rassemblement, ce samedi 11 mars, à Gien. Rendez-vous est donné à 12 h 30, sur le pont de Gien. Un drapeau du Japon sera déployé sur l’édifice et des bougies allumées.

http://www.larep.fr/orleans/environnement/2017/03/11/un-salarie-dedf-publie-des-notes-internes-dans-un-livre_12316157.html

Mar 11

SIX ANS APRÈS FUKUSHIMA, LA GESTION DE L’EAU CONTAMINÉE RESTE UN DÉFI

eauSix ans après l’accident nucléaire de Fukushima, une visite organisée sur le gigantesque site de la centrale par Tepco, son opérateur, pour une dizaine de correspondants étrangers à Tokyo permet de constater que la radioactivité a beaucoup baissé. Sauf à proximité des trois réacteurs les plus abîmés. La gestion des eaux contaminées reste l’un des principaux défis pour les 6 000 ouvriers qui se relaient en permanence  sur ce chantier. Tepco cherche toujours à empêcher les fuites d’eau radioactives vers l’océan Pacifique.
Avec notre envoyé spécial à Fukushima,  Frédéric Charles
Sur le site de la centrale de Fukushima, un responsable de Tepco, son opérateur, dit être parvenu à réduire d’un quart les eaux souterraines qui s’infiltrent chaque jour dans les bâtiments  des réacteurs. (NDLR : donc problème très loin d’être résolu) Cela grâce à la construction d’un mur de glace souterrain lequel fait écran entre la nappe phréatique et les bâtiments des réacteurs.
La centrale reste une véritable passoire. Chaque jour, plus de 300 tonnes d’eau douce sont injectées dans trois des six réacteurs qui étaient en fonctionnement au moment de l’accident, pour les refroidir. Cette eau devient radioactive au contact du combustible fondu. Elle se répand dans les parties basses des  bâtiments  des réacteurs où s’infiltrent aussi d’énormes quantités d’eaux souterraines.
Tepco parvient aujourd’hui à nettoyer cette  eau radioactive, à la réinjecter en partie dans les réacteurs. Et à limiter les rejets dans le Pacifique grâce à une barrière d’étanchéité.
Mais les eaux continuent de s’accumuler sur le site. Plus de 800 000 tonnes d’eau en partie épurées sont stockées dans un millier de réservoirs. Tôt ou tard, cette eau devra être déversée dans le Pacifique. Car l’activité sismique reste intense dans la région de Fukushima et constitue une menace permanente <http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20160415-le-japon-nouveau-frappe-seisme>  pour le site nucléaire et les réservoirs.

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20170311-six-ans-apres-fukushima-gestion-eau-contaminee-reste-problematique

Mar 11

APRÈS L’ACIER, DES DOUTES SUR LE BÉTON D’UN RÉACTEUR

doutes bétonSelon des documents dévoilés par Sortir du nucléaire, le béton de l’enceinte du réacteur n° 1 de Civaux serait parmi les plus fissurés du parc des centrales
Alors que l’affaire des générateurs de vapeur en acier défectueux se referme, c’est le béton qui suscite des questions à la centrale nucléaire de Civaux. Dans un ouvrage publié jeudi, « La farce cachée du nucléaire » (1), le réseau Sortir du Nucléaire affirme en effet que l’enceinte du réacteur n° 1 souffre de graves défauts de construction, jamais corrigés de façon satisfaisante ni définitive.

«  Piètre qualité du béton  »
L’auteur, qui signe sous le pseudonyme de Nozomi Shihiro, appuie ses affirmations sur plusieurs documents internes à EDF. La centrale poitevine n’est pas la seule concernée par les problèmes d’étanchéité : « Le béton des enceintes, autant interne qu’externe, est fissuré. C’est un fait avéré. » Reconnu d’ailleurs par EDF à Civaux dès 2001 (lire ci-dessous).Mais « le béton de la cadette de nos centrales [Civaux] est encore plus [fissuré] que celui des autres tranches. » En cause, « la piètre qualité du béton » mis en œuvre lors de la construction, selon une note d’études, « et notamment son retrait important. »
Conséquences  : des fissures qui font l’objet de réparations successives depuis le premier test de mise en pression, échoué en juin 2001. Des corrections avaient alors été apportées, permettant d’atteindre en novembre 2001 l’étanchéité attendue aux gaz radioactifs (collectés entre les deux parois). « L’honneur est sauf. Cependant, un relevé des défauts dans le béton de l’enceinte interne, avant et après l’épreuve de novembre, vient tempérer l’enthousiasme, poursuit Nozomi Shihiro. L’expertise révèle que quelques fissures «  s’ouvrent  » au niveau du fût de l’enceinte : l’ouverture de ces fissures est supérieure à la valeur mesurée avant l’épreuve. Avec ce suivi rapproché des parois, on comprend que chaque test en pression abîme un peu plus l’enceinte de confinement. »
Rebouchages successifs
En 2005, « les relevés font état d’environ 2 km de fissures sur l’enceinte externe. Comme les mesures du taux de fuite sont au-dessus de 1 %, hiver comme été, des travaux de bouchage sont lancés : «  environ 1.400 m de fissures [sont] injectés en 2006  ». Ce qui laisse tout de même 600 m de fissures ouvertes ».
Ces réparations vieillissent plus ou moins bien. Fin 2011, le réacteur n° 1 passe avec succès un nouvel essai de tenue à la surpression, mais c’est grâce au remplacement et à l’ajout préalable de revêtements d’étanchéité.
Le verdict de Nozomi Shihiro est sans appel : « À cause de leurs enceintes dites sensibles, certains réacteurs doivent être stoppés sans délai : Belleville 1 et 2, Flamanville 1 et 2 et bien sûr Civaux 1 qui a probablement l’enceinte la plus délabrée du parc ».
«  Ce sujet est connu  »
À la direction de la centrale de Civaux, on juge évidemment cette affirmation très excessive. Le problème du béton ? « Ce sujet est connu par EDF et l’Autorité de sûreté nucléaire. Nous présenterons d’ailleurs mardi à la Commission locale d’information le programme des travaux qui seront réalisés lors du prochain arrêt du réacteur n° 1, entre mai et juillet. Il y aura effectivement des travaux de renforcement de l’étanchéité de l’enceinte. L’évolution du béton est suivie sur la durée pour garantir que l’enceinte répond aux attentes. L’enceinte de confinement était bien conforme aux prescriptions lors de la dernière visite décennale en 2011, elle a été testée à 5 bars ».

(1) Éditions Yasnost.
Article de Sébastien Kerouanton

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2017/03/11/Apres-l-acier-des-doutes-sur-le-beton-d-un-reacteur-3029302

Mar 11

« REVENIR À FUKUSHIMA » SERA DIFFUSÉ JEUDI 16 MARS À 15H45 SUR FRANCE 5 (PUIS REPLAY)

revenir à FukuDevant la gare, une enfant trébuche et se râpe le genou sur le sol. La maman à ses côtés se penche et le frotte doucement de sa main : « Partez, les radiations, partez ! » Dans un coin de l’écran, on peut distinguer un appareil de mesure de radioactivité affichant 0,143 microS/h. Nous sommes au Japon et Mme Akiko Morimatsu n’a pas voulu continuer à habiter près de la centrale de Fukushima. Elle a préféré s’enfuir avec ses deux jeunes enfants à 500 km de là et s’exiler à Osaka. Le papa Akeshi, médecin, est resté dans la région, lui : « Je ne peux pas abandonner mes patients » dit-il. Et voilà comment il se retrouve séparé de sa femme, qui ne supporte pas les radiations mais vient le revoir de temps en temps, avec sa fille et son fils qui trébuche.

100.000 personnes ont quitté la région de Fukushima après la catastrophe

Campés dans le documentaire  » Revenir à Fukushima  » (1), les Morimatsu sont l’une des trois familles japonaises suivies par Marie Linton, l’auteur et réalisatrice avec son chef opérateur Guillaume Bression, tous deux bien connus des lecteurs de Sciences et Avenir (2). Partir ? Rester ? Revenir ? Tel est le dilemme, à l’heure où le gouvernement japonais prône  » la politique du retour « . Avec l’assentiment de certains maires, se rouvrent des villes, villages et régions rurales de la zone interdite, d’où plus de 100.000 personnes ont fui ou dû être évacuées pour éviter de vivre en des lieux contaminés.

Nous sommes déjà six ans après le 11 mars 2011, son séisme majeur suivi d’un terrible tsunami et de la catastrophe nucléaire de Fukushima, sur la côte est du Japon, au nord de Tokyo. Que le spectateur français comprenne les choix difficiles de ces familles japonaises, c’est bien. Qu’il puisse ressentir avec empathie ce que c’est pour elles de vivre à l’heure d’une catastrophe qui dure, c’est mieux. Le pari des documentaristes est réussi. En un clin d’œil, ces Morimatsu, Idogawa et Takahashi se muent en sympathiques voisins, avec qui on discuterait volontiers sur le palier ou assis sur un tatami de leurs décisions. Une proximité et une simplicité parfaitement traduites par un montage fluide.

« Nulle part ailleurs où aller »

« Ce 1er avril prochain, ce doit être la prochaine vague des retours », nous a précisé Marie Linton, qui réside au Japon et venue présenter son film en avant-première à Paris, lundi 6 mars 2017. « Avec ce film, on voit très bien qu’il y a une vraie brisure humaine. Que ça ne s’arrête pas. Qu’il y a à apprendre à vivre avec la radioactivité », a souligné à cette occasion Hervé Guérin, de France 5, dont il faut souligner le courage de diffuseur, sur un sujet que nombre de chaînes télé aimeraient évacuer (3).

L’un des experts invités dans le film, Mycle Schneider, consultant international sur l’énergie et le nucléaire décrypte parfaitement ce « débat de l’acceptabilité » de la situation. Et se fait critique : ce qui devrait être un « débat de société devient un choix individuel ».

Le choix de revenir, c’est celui de Makiko Idogawa, qui dit avoir « toujours eu envie l’intention de rentrer ». Mais elle fait, dans le même temps, un aveu touchant : nous n’avons « nulle part ailleurs où aller ». Son mari Mitsuo constate que « les indemnités n’auraient pas suffi » s’ils avaient dû rester vivre comme réfugiés avec leurs deux grandes filles. Reste que leur maison de Minamisoma n’est qu’à 19 km de la centrale et que le collège où allaient les enfants n’a pas rouvert. D’ailleurs, la plupart des magasins, échoppes, stations-essence, casinos et tout ce qui fait la vraie vie d’une ville ou d’un village n’ont pas rouvert non plus. La vision de longues avenues vides qui jadis furent très animées n’a rien de réjouissant. Tout aussi sinistre, l’entassement de « 20 ou 30 millions de m3 de déchets – que va-t-on en faire ? », s’interroge d’ailleurs Jean-Christophe Gariel, de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). Une marée de sacs entreposés est ici filmée de façon spectaculaire depuis le ciel.

Dans la salle de classe, les élèves face au « professeur de radioactivité »

« Il y a deux fois plus de suicides à Fukushima que dans les autres régions touchées par le tsunami » constate le psychiatre Masaharu Maeda (4). Un grave problème de dépression, à prendre en compte à sa juste mesure, que nous avions aussi évoqué pour la zone de Tchernobyl avec le Pr Kimura, en octobre 2016.

Les plus jeunes dans ces zones, bien plus insouciants, se fichent un peu de savoir que la décontamination des sols ne fait baisser en moyenne la radioactivité que de 50% (chiffre cité par Jean-Christophe Gariel). Le documentaire nous le révèle dans une étonnante séquence, filmée dans une salle de classe, lors d’un cours distillé par un  » professeur de radioactivité « , M. Shun Kurayagi. Histoire qu’ils fassent quand même un peu attention, eux aussi, il leur montre les courbes de césium 137 : « Pour qu’il redescende de moitié, il faut 30 ans. C’est un problème qui durera 90 ans. Cela concernera vos enfants et vos petits-enfants ». Pas sûr qu’ils écoutent vraiment.

Pour ce qui est de la troisième famille, le couple Yuji et Tetsuko Takahashi, relogés dans une grande tour tokyoïte, on ne saurait trop dire s’ils sont heureux ou malheureux. Pudiques, certainement. Car ils ne pourront plus vivre, jamais, dans leur maison située à 5 km de la centrale. Ils y reviennent ponctuellement, après avoir pris le car avec d’autres évacués-réfugiés, et la caméra les suit dans ce retour au bercail impossible. Une végétation luxuriante envahit le jardin. Un magnifique appareil photo que Yuji n’a pas pu emporter lors de l’évacuation trône toujours sur la table de la cuisine. É l’étage, des souris ont envahi la couette du grand lit.

Pendant que madame Idogawa la revenante s’« inquiète surtout des préjugés – [on dit] que les filles vont avoir des enfants cancéreux ou malformés », pendant que madame Morimatsu l’exilée et activiste proteste « avec 12.000 plaignants contre l’opérateur TEPCO », monsieur Takahashi le fataliste se fait photographier avec des personnages déguisés devant un centre commercial qui rouvre. Il regrette de n’avoir vu que dans un clin d’œil les splendides cerisiers en fleur, derrière les vitres du car. Et précise qu’avec son épouse, il ne reviendra définitivement près de Fukushima que pour y rejoindre sa dernière demeure, dans le cimetière où il est allé se recueillir quelques instants. C’est humain.

1) À voir sur France 5, jeudi 16 mars à 15h45 puis en replay.

2) Les lecteurs de Sciences et Avenir et internautes sur le site sciencesetavenir.fr connaissent bien Marie Linton et Guillaume Bression, qui ont réalisé plusieurs reportages (textes et photos) pour notre magazine. En 2011, ils ont reçu le prix Varenne pour leur reportage sur les réfugiés de Fukushima, publié en juin 2011 dans notre magazine.

3) Il est à noter que, sollicitée, la grande chaîne japonaise NHK, n’a pas souhaité diffuser le film, selon la productrice Christine Watanabe.

4) Du groupe de surveillance et de la gestion de la santé publique dans la région de Fukushima, il a notamment co-publié dans le British Medical Journal.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/documentaire-revenir-a-fukushima-le-film-de-marie-linton-sur-france-5_111196

Mar 11

POUR L’ÉCRIVAIN AKIRA MIZUBAYASHI ,«LE POUVOIR VEUT QUE NOUS VIVIONS L’APRÈS-FUKUSHIMA DANS LE DÉNI»

Ecivain 2Partagé entre son Japon natal et la France, dont il a fait sa terre d’accueil, l’écrivain s’interroge sur l’évolution de l’archipel depuis la catastrophe du 11 mars 2011. Au sentiment d’effroi semble avoir succédé une reprise en main politique et un retour aux valeurs traditionnelles d’effacement de l’individu au profit d’un État fort.
Écrivain, traducteur, Akira Mizubayashi est également un curieux voyageur, un errant exigeant. Ni étranger au Japon où il est né en 1951, ni étranger en France, pays dans lequel il a choisi d’habiter la langue avec passion, cet essayiste et romancier mélomane a vécu la catastrophe de Fukushima comme un tournant aux allures de déchirure. En 2011, «grâce à l’incitation amicale de Jean-Bertrand Pontalis», dit-il, Akira Mizubayashi a raconté en français sa découverte du «continent de l’expérience» dans Une langue venue d’ailleurs (1), juste autobiographie d’un «presque Français et plus tout à fait Japonais» selon Daniel Pennac. En disciple des Lumières nourri «d’étrangéité» et soucieux d’exactitude critique, Akira Mizubayashi revisite aujourd’hui les six ans qui se sont écoulés depuis la catastrophe du 11 mars 2011, au moment où il publie Un amour de Mille-Ans (2), son nouveau roman mettant en scène un personnage japonais qui «a fui le Japon de l’après-Fukushima liberticide».
Six ans après la catastrophe, que représente à vos yeux le 11 mars 2011 au Japon et comment qualifiez-vous ce qui s’est passé alors
Le 11 mars marque un tournant dans mon existence. Fukushima a révélé à la face du monde entier le visage du monstre nucléaire en mettant en pleine lumière la démesure de sa puissance destructrice et surtout son caractère proprement immaîtrisable. Six ans après, la monstruosité n’a pas diminué d’un iota, bien que Tepco [qui gère la centrale de Fukushima-Daiichi, ndlr] et les autorités tentent de la minimiser, voire de la dissimuler. Le 11 Mars est aussi une date charnière pour moi, dans la mesure où je ne vis pas, je ne pense pas de la même manière après ce désastre et les réactions qui l’ont suivi : je ne vois plus du même œil mon pays et la manière dont il fonctionne. Plus concrètement, le changement s’est traduit par la mise en suspens de mon rapport à la langue japonaise. 2011, c’est l’année où j’ai publié mon premier livre en français, Une langue venue d’ailleurs. Le 11 mars, c’est le jour même où je suis arrivé à Paris pour des rencontres organisées autour de ce livre. Je me rappelle l’image terrifiante du tsunami que j’ai découverte à l’aéroport de Paris, ces houles qui envahissent la terre, engloutissant tout sur leur passage. Après ce choc, une force obscure m’a poussé à sortir de la langue japonaise pour m’investir dans l’exploration de la langue française. Je suis passé, au niveau de l’écriture, du japonais au français.
Le Japon est-il en train de tourner la page de ce «désastre créé par l’homme», selon l’expression utilisée dans une enquête parlementaire japonaise en juillet 2012 ?
Le séisme le plus meurtrier de l’histoire et l’accident nucléaire qu’il a provoqué se sont produits quand le Parti démocrate (centre gauche) était au pouvoir. Le Premier ministre Naoto Kan a compris qu’il fallait sortir du nucléaire et opter pour les énergies renouvelables. En décembre 2012, le Parti libéral démocrate (droite), dirigé par l’actuel Premier ministre, Shinzo Abe, est revenu au pouvoir en remportant une victoire écrasante aux législatives. Or c’est un parti pro-atome, qui a inondé le Japon de centrales nucléaires au mépris des souffrances innommables causées par les champignons surgis dans le ciel de Hiroshima et de Nagasaki. Les Japonais ont accordé leur confiance à une formation qui ne tire pas les leçons de la catastrophe. Au contraire, tout est fait pour gommer de la mémoire collective la trace traumatique de Fukushima. Certes, il y a des journaux, comme Tokyo Shimbun ou Shukan Kinyoubi, qui font un vrai travail d’information, mais leur influence reste marginale, comparée aux effets dévastateurs de la manipulation des esprits par les moyens médiatiques de masse qui détournent l’attention de la réalité alarmante de Fukushima. Le pouvoir en place veut que nous vivions l’après-Fukushima dans le déni, alors qu’en réalité, on ne peut même pas avoir une vision claire du démantèlement de la centrale et que, par ailleurs, il y a toujours près de 100 000 personnes déplacées vivant dans des conditions précaires. Le plus significatif, ce sont les mensonges du pouvoir pour faire venir coûte que coûte les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo. Le site de la centrale sinistrée est «sous le contrôle absolu» des autorités compétentes, selon les mots du Premier ministre en 2013. Sous l’unanimité affichée, la préparation des Jeux avance, tandis que la politique de retour – la levée des consignes d’évacuation des zones radioactives – se met en place. Celui qui tiendrait un discours contre la tenue des JO dénonçant leur fonction délétère et fallacieuse risquerait d’être considéré comme un traître à la nation, quelqu’un qui n’est pas digne d’être japonais.
L’écrivain Michaël Ferrier s’interrogeait dans Penser avec Fukushima (3) sur «l’impression vague mais tenace que la catastrophe n’a pas changé grand-chose ni en France ni au Japon». La signification de cette catastrophe nucléaire et le risque de l’anéantissement ont-ils été oubliés, minorés, négligés ?
Oui, Fukushima s’éloigne, s’estompe, s’efface. Le risque d’anéantissement d’une partie du pays – envisagé avec effroi à un moment donné par Naoto Kan – est en train de tomber dans l’oubli. Michaël Ferrier a raison de dire que «la catastrophe n’a pas changé grand-chose». Le Japon est un pays que même un désastre de l’ampleur de Fukushima n’ébranle pas. Bien sûr, il y a eu des manifestations, des mobilisations. Mais le pays s’avère incapable d’ouvrir un débat national sur le nucléaire. Il s’est engagé plutôt dans une voie opposée, celle de la militarisation qui mettra tôt ou tard à l’ordre du jour la question de la possession de l’arme nucléaire, sous l’emprise du chef du gouvernement qui a instauré depuis 2012 un régime autoritaire, envisageant de procéder à une révision constitutionnelle afin de se doter d’une véritable armée nationale au lieu du simple corps d’autodéfense actuel. On sait que la technologie du nucléaire civil est directement liée à celle du nucléaire militaire. C’est sans doute la raison pour laquelle le Parti libéral démocrate n’a jamais voulu abandonner le nucléaire civil. Celui-ci permet de maintenir le rêve de devenir un jour une puissance nucléaire.
Le peuple japonais a plébiscité à deux reprises Shinzo Abe, qui ne cesse de répéter son slogan favori : «Sortir du régime de l’après-guerre.» Cela signifie enterrer la Constitution de 1947, héritière de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et fondement de la démocratie japonaise de l’après-guerre. C’est revenir au temps liberticide de l’empire du Grand Japon, voire à l’époque shogunale d’Edo (entre 1600 et 1868) où les gouvernés n’avaient d’autre choix que celui d’obéir aux ordres émanant du roi-shogun, le chef guerrier. L’indifférence du peuple, son conformisme inné, sa propension à la soumission, tout cela fait que le Japon s’apprête à en finir avec l’expérience démocratique. Pourquoi en est-on arrivé là ? On peut poser la même question à propos de Fukushima. Pour moi, Fukushima est comme le point d’enclenchement de la dégradation de la politique. Son oubli manœuvré, son effacement programmé font partie de la politique d’ensemble qui a opéré depuis lors.
«L’indifférence du peuple, son conformisme inné, sa propension à la soumission» sont des mots durs et proches de ceux que vous écriviez dans Petit Éloge de l’errance (4). La société japonaise reste-t-elle animée par un «collectivisme communautaire» qui empêche l’émergence d’individus critiques et responsables ?
A l’origine de Petit Éloge de l’errance se trouve mon interrogation sur Fukushima. Et je ne vois, aujourd’hui, aucune nécessité de changer quoi que ce soit dans ce que j’ai écrit. La dégradation de la politique était déjà à l’œuvre. Nous avons devant nos yeux la preuve irréfragable qu’au bout de soixante-dix ans d’expérience «démocratique», rien n’a changé en profondeur : les Japonais soutiennent un gouvernement qui propose dans son projet constitutionnel une vision de la société dans laquelle les libertés fondamentales sont sacrifiées au profit des intérêts supérieurs de l’État. Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, j’ai essayé jusqu’ici d’éviter les mots «peuple» ou «citoyens». Parce que ces termes issus de la tradition de philosophie politique du XVIIe et du XVIIIe siècle européens sont inadéquats en ce qui concerne le Japon. Au fondement de la conception européenne du corps politique se trouve la théorie du pacte social (l’expression est de Rousseau), qui voit dans le peuple le résultat d’une décision commune, d’un acte d’association consistant à faire passer les individus de l’état de multitude (un tas de je, dirait Régis Debray) à celui de peuple (un nous). Or la conception japonaise du politique, c’est-à-dire de la manière dont les hommes sont rassemblés en société, n’a rien de semblable. Si la conception européenne est volontariste, la conception japonaise est naturaliste, si vous voulez. Ce ne sont pas les hommes qui créent, par leur propre volonté d’association, leur société ; c’est la nature immuable, avec ses montagnes et ses rivières, qui est toujours déjà là en tant que pays et qui précède l’intervention des hommes. Bien sûr, il ne faut pas sous-estimer l’impact considérable de diversion exercé par le capitalisme mondialisé, qui propose toutes sortes de divertissements. Mais j’ai tendance à penser que l’indifférence des Japonais trouve ses origines dans cette manière d’appréhender la société non pas comme une association politique, mais comme une donnée naturelle sur laquelle on n’a pas prise. Il n’y a pas de peuple, ni par conséquent de citoyen au Japon. C’est peut-être là qu’il faut voir la racine du malaise.
Et pourtant, des groupes d’habitants, de militants, d’élus se mobilisent contre la relance des réacteurs nucléaires. Est-ce l’une des conséquences de Fukushima et le signe d’un réveil citoyen au Japon ?
Je ne le pense pas. Depuis toujours, il y a eu dans l’histoire des révoltes, des soulèvements, des mouvements de contestation. Il suffit de penser à ce qui se passe actuellement à Okinawa autour de la construction d’une base militaire américaine. Mais les efforts de ces personnes ne parviennent pas à former une opinion publique capable de renverser les décisions des gouvernants. On est prisonniers de la société verticalement structurée ; on ne se sent pas concerné par les problèmes des autres, avec qui on a du mal à s’associer librement. Les gens sont plongés dans l’indifférence. C’est ce que j’appellerais l’indifférence structurelle. Il faudrait que tout un chacun se sente partie intégrante du peuple souverain, que tout un chacun se fasse citoyen. Mais il y a un obstacle majeur pour l’avènement d’une telle prise de conscience. C’est la langue japonaise. Dans sa structure même, il y a quelque chose qui empêche les êtres de s’unir horizontalement. La structure verticale de la société n’existe en tant que telle qu’à travers les pratiques langagières qu’impose la langue. Pour ma part, je ressens la nécessité de descendre jusqu’au fondement même de ce qui constitue l’être humain en tant que tel, c’est-à-dire en tant qu’être parlant, en tant qu’être-politique-par-la-parole. Du japonais, je suis donc passé au français. Ecrire en français, c’est fuir le japonais certes, mais c’est surtout échapper au monde construit par le japonais, qui impose à ses sujets parlants des contraintes productrices d’un mode d’être ensemble rendant infiniment difficile l’émergence du peuple et du citoyen.

(1) Une langue venue d’ailleurs, Gallimard, collection Folio, 272 pp., 7,20 euros.
(2) Un amour de Mille-Ans, Gallimard, collection NRF, 272 pp., 20 euros.
(3) Penser avec Fukushima, Editions Cécile Defaut. 304 pp., 24 euros.
(4) Petit Éloge de l’errance, Gallimard, collection Folio, 144 pp., 2 euros.

http://www.liberation.fr/debats/2017/03/10/akira-mizubayashi-le-pouvoir-veut-que-nous-vivions-l-apres-fukushima-dans-le-deni_1554809

Mar 11

LE RETOUR CONTRAINT ET FORCÉ DES RÉFUGIÉS DE FUKUSHIMA

FUKU retourSix ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daiichi, les réfugiés de la radioactivité se voient contraints de rentrer dans leurs villages contaminés. Une aberration dénoncée par le chercheur indépendant japonais Shinzô Kimura.
« Les habitants du département de Fukushima ne sont que des pions dans la politique du gouvernement, qui souhaite remobiliser au plus vite la population en faveur du nucléaire. » Cette conclusion amère, le professeur Shinzô Kimura, associé à l’université de médecine Dokkyô, l’a tirée de six années à arpenter le département de Fukushima. Après le tremblement de terre et le tsunami qui ont provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daiichi, le 11 mars 2011, ce fonctionnaire spécialiste de la radioprotection a démissionné de son poste au ministère de la Santé et du Travail après qu’on lui a refusé d’enquêter dans les communes situées à proximité de la centrale ravagée. De passage à Paris, mardi 7 mars, il a alerté les étudiants de l’Inalco (l’Institut national des langues et civilisations orientales) sur le sort des réfugiés de Fukushima.
Le professeur Shinzô Kimura, à Paris, le 7 mars.
Au prétexte que le programme de décontamination a bien avancé, le gouvernement a fixé au 31 mars 2017 la fin des aides financières au logement (http://www.liberation.fr/direct/element/des-evacues-de-fukushima-denoncent-une-politique-de-retour-force_55993/) pour quelque 26.600 personnes parties « de leur propre initiative », selon la nomenclature officielle. Après l’accident, plus de 160.000 personnes avaient été évacuées <https://reporterre.net/Fukushima-cinq-ans-apres-une-plaie-toujours-ouverte> . Les autorités avaient ordonné les évacuations en fonction des niveaux de radioactivité relevés. Là où le seuil n’était pas atteint, les habitants avaient le choix entre rester ou partir, celles et ceux préférant fuir les radiations bénéficiant de soutiens financiers.
La situation d’Iitate par rapport à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
Pour M. Kimura, cette politique de retour est une aberration, comme l’illustre la situation de la commune d’Iitate. Avant la catastrophe, 6.200 personnes habitaient cette paisible bourgade ceinturée de montagnes et de forêts, à une quarantaine de kilomètres de la centrale. Aujourd’hui, « seuls 10 % souhaitent revenir ». Idem dans la commune de Kawauchi : sur 2.734 habitants, seuls 703 auraient définitivement réintégré leurs foyers, contre 1.870 selon les chiffres officiels. Si les réfugiés de Fukushima rechignent autant à regagner leurs pénates, en particulier les jeunes, c’est qu’ils redoutent la radioactivité et « ont pris goût à la vie en ville », remarque M. Kimura. Mais la fin des aides au logement va lourdement pénaliser ces partisans de l’exil. « Ces personnes qui ne touchent plus d’indemnités et doivent quitter les logements temporaires vont se transformer en une population qui n’a plus d’argent, ne peut plus se nourrir », s’inquiète le professeur.
Les seuils d’exposition « acceptable » à la radioactivité ont été relevés
Quant à celles et ceux qui choisiront, contraints et forcés, de regagner leur commune d’origine, ils devront vivre avec la menace sourde de radiations potentiellement mortelles. Pour gérer la crise, le gouvernement a fortement augmenté le seuil de radioactivité acceptable : entre 20 et 100 millisieverts par an. Or, « ce seuil correspond aux doses recommandées par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) en cas d’urgence, dans une situation post-accidentelle, souligne M. Kimura. Aujourd’hui, six années après, la situation ne relève plus d’un cas d’urgence ! » Les niveaux d’exposition maximum préconisés par le CIPR pour la vie courante en zone contaminée sont plus faibles : entre 1 et 20 millisieverts par an.
La mairie d’Iitate, en 2008.
Les niveaux de contamination dans les communes concernées par les retours restent importants. À Iitate, M. Kimura a mesuré le rayonnement à 0,66 microsievert par heure, contre 0,04 microsievert avant l’accident. Là où le dosimètre installé par le gouvernement, planté dans du béton et de la terre décontaminée, n’affiche « que » 0,53 microsievert…
Que risquent les habitants exposés, jour après jour, à de tels niveaux de radiation ? Le professeur se montre prudent : « Il faut dix à vingt ans pour mesurer les conséquences d’une telle exposition, mais on assistera sans doute à une augmentation du nombre de cancers », sachant que « plus de soixante ans après l’explosion des bombes de Hiroshima et Nagasaki, on découvre encore de nouvelles maladies ». Pour l’heure, le gouvernement japonais a lancé un suivi médical du cancer de la thyroïde chez les moins de 18 ans résidant dans le département de Fukushima. Selon les chiffres publiés le 27 décembre 2016, 144 cas ont été officiellement confirmés <http://lemonde.fr/planete/article/2017/02/07/a-fukushima-entre-reve-de-normalite-et-complexite-nucleaire_5075655_3244.html>  depuis la catastrophe.
Des territoires désertés, une agriculture détruite
Outre la radioactivité, d’autres difficultés attendent les revenants. Les hôpitaux sont vides — le magnifique établissement à 9 millions d’euros construit à Iitate pour encourager les candidats au retour ne compte qu’un seul médecin. L’agriculture locale a particulièrement souffert. À Shidamyo, « le territoire a été façonné par la culture traditionnelle du satoyama, des rizières entourées de montagnes et de forêts. L’herbe des pâturages nourrit le bétail, qui fertilise les rizières dont la paille nourrit les animaux l’hiver. Mais tout ce cycle a été détruit par la radioactivité », se désole M. Kimura. En effet, si l’agriculture est autorisée, sauf dans les zones classées inhabitables, les paysans peinent à vendre leur production contaminée. « À Kawauchi, un jeune agriculteur ambitieux a travaillé très dur pour améliorer ses rendements, mais il n’a pu vendre son riz ni en 2013 ni en 2014, à cause de la contamination, raconte le professeur. Il a mis fin à ses jours en 2015. Il avait 35 ans. » Son cas est loin d’être isolé : depuis la catastrophe, le nombre de suicides a explosé <http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20120310-japon-suicide-fukushima-ishinomaki-accident-nucleaire>  chez les habitants et les réfugiés de Fukushima.

Pourtant, le gouvernement japonais s’entête à vouloir sauver les apparences. « Son objectif est de généraliser sa politique de retour à l’ensemble des communes, y compris celles qui sont encore très contaminées, d’ici à 2021, explique Shinzô Kimura. L’idée, c’est qu’il faut absolument éviter l’image de Tchernobyl à Fukushima. » Mais pour le scientifique, qui arpente depuis six ans les terres dévastées de Fukushima, c’est clair : « Le retour à une vie normale est illusoire. »

https://reporterre.net/Le-retour-contraint-et-force-des-refugies-de-Fukushima

Mar 11

DÉMANTELER FUKUSHIMA, UNE FACTURE À 187 MILLIARDS

Démanteler FukushimaIl y a 6 ans, le 11 mars 2011, le Japon vivait la catastrophe de Fukushima. Au total, plus de 160 000 habitants ont quitté le secteur de la centrale nucléaire endommagée par un tsunami après un tremblement de terre, soit sur ordre des autorités, soit par peur des radiations. Mais il reste encore beaucoup de monde pour s’occuper du site contaminé. En effet, plus de 6 000 personnes travaillent à démanteler la centrale, rapporte vendredi le Tages-Anzeiger <http://www.tagesanzeiger.ch/wissen/technik/die-wahrheit-unter-truemmern/story/28944708> qui s’est rendu sur les lieux.
Et les travaux gigantesques vont occuper ces travailleurs jusqu’en 2050 au moins. Pour des coûts pharaoniques puisqu’ils sont désormais estimés à 187 milliards de francs (175 milliards d’euros), selon le Tagi. Un montant qui est  encore appelé à grimper.
Car Tepco, l’opérateur de la centrale, ne sait toujours pas réellement dans quel état se trouvent les réacteurs qui ont fondu. L’intérieur de la centrale est en effet jonché de gravats contaminés et bloque le chemin aux robots. Des robots qui n’arrivent de plus pas à supporter le rayonnement extrêmement élevé au-delà d’une période courte. En effet, le degré de radioactivité est énorme, au point qu’un humain mourrait en quelques minutes, selon un responsable.
Causes du drame toujours pas claires
Six ans après, le mystère demeure sur ce qu’il s’est réellement passé au moment du drame. Selon un ingénieur nucléaire cité par le Tages-Anzeiger, le tsunami et le tremblement de terre ne seraient pas les seuls en cause. Ils ont été sans doute les éléments déclencheurs de l’accident, mais celui-ci se serait produit même sans cela, affirme l’expert qui fait partie d’une commission parlementaire chargée du cas. Selon lui, l’origine de la panne n’a pas encore été clairement établie et les lacunes de sécurité étaient nombreuses dans la centrale.
Un autre ingénieur nucléaire cité par le Tagi abonde dans son sens. Le gouvernement affirme que le Japon applique les mesures les plus strictes du monde en matière de nucléaire. «Mais le concept de sécurité de l’industrie atomique nippone souffre toujours de déficiences», estime-t-il. Dans ces conditions, on ne devrait plus faire tourner une centrale nucléaire, selon lui.

http://www.tdg.ch/monde/asie-oceanie/Demanteler-Fukushima-une-facture-a-187-milliards/story/16538294

Mar 11

PÉTITION POUR ARRÊTER LA COURSE À LA TERREUR ATOMIQUE

QuilèsDes voix de plus en plus nombreuses suggèrent que le monde est entré dans une nouvelle ère de course aux armements, y compris nucléaires.
Toutes les puissances disposant d’armes nucléaires ont lancé de vastes programmes de modernisation de leurs arsenaux. Certains proposent même que les armes nucléaires de la France soient partagées dans le cadre d’une Europe de la défense : un non-sens ! (voir article New York Times ci-dessous)
Est-il possible d’arrêter cette course à la terreur atomique ? Oui, parce que dans un peu plus de 15 jours, les représentants de la majorité du monde vont entamer à l’ONU des négociations pour rédiger un traité d’interdiction des armes nucléaires.
Ensemble, demandons à la France d’être partie prenante à ces négociations, en faisant signer cette pétition !
http://www.idn-france.org/2017/03/la-france-doit-participer-a-lonu-au-processus-dinterdiction-des-armes-nucleaires/

Mar 10

LA CRIIRAD PEUT-ÊTRE PRÈS DE CHEZ VOUS : VOICI SON AGENDA

CRIIRADConférences :

. 21 mars 2017, à 20h à Villars (42), Centre Social Villars : Conférence  » Les déchets radioactifs et leur dangerosité – L’exemple de St Priest-la-Prugne », animée par Arlette Maussan, administratrice de la CRIIRAD et Roland Desbordes, président de la CRIIRAD.

. 2 avril 2017, à Saint Affrique (12), Salle des Fêtes de Saint Affrique : Conférence « Où en est le nucléaire en France ?« , animée par Roland Desbordes, président de la CRIIRAD

Salons :

. 18 et 19 mars 2017, à Chazey d’Azergues (69), venez-nous rencontrer sur le stand CRIIRAD à la Foire au Miel et Produits Bio, en présence de Bertrand Nouvelot, administrateur de la CRIIRAD.

. 31 mars au 2 avril 2017, à La Rochelle (17), retrouvez-nous sur le stand CRIIRAD du salon Respire la Vie, en présence de Fabien Desbordes, bénévole.

. 2 avril 2017, à St Affrique (12), Roland Desbordes, président de la CRIIRAD, sera heureux de vous rencontrer sur notre stand CRIIRAD dans le cadre du salon Alternabio.

Retrouvez ces informations sur le site internet : http://www.criirad.org/agenda/salons.html

Mar 10

LES ÉTATS-UNIS EN CYBERGUERRE CONTRE LE PROGRAMME NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN

CyberguerreAlors que la Corée du Nord multiplie les tirs de missiles interdits par l’ONU, une enquête du New York Times nous apprend que les États-Unis ont tenté de saboter le programme balistique nord-coréen à l’aide de virus informatiques et de cyber-attaques. Une « cyberguerre secrète » qui aurait réussi à provoquer l’échec de plusieurs tirs…

De notre correspondant à Séoul,

Les États-Unis ont mis au point des techniques de sabotage électronique qui sont destinées à frapper un missile ennemi avant même qu’il ne soit tiré, ou dans les secondes qui suivent son lancement. Par exemple, en introduisant des erreurs dans les logiciels de ses systèmes de guidage et de navigation. Ou en brouillant les signaux GPS.

Une approche initiée par Obama

Selon le quotidien américain New York Times, c’est début 2014 que le président Barack Obama a décidé d’utiliser cette cyber-approche pour frapper le programme balistique nord-coréen. A l’époque, ce programme affiche des progrès plus rapides que prévu qui inquiètent Washington. Les systèmes traditionnels d’interception de missile (à l’aide d’autres missiles) sont en effet souvent inefficaces, en plus d’être très coûteux. Les attaques électroniques peuvent réussir : on se souvient du fameux virus « Stuxnet », conçu pour infecter les logiciels contrôlant les infrastructures nucléaires iraniennes. Ce virus avait réussi à ralentir considérablement le programme d’enrichissement d’uranium de Téhéran.

Une cyberguerre efficace selon le New York Times

Dans le cas de la Corée du Nord, les résultats des hackers américains sont difficiles à évaluer mais ce qui est certain, c’est que récemment un nombre remarquable de tirs de missiles nord-coréens se sont conclus par des explosions, quelques secondes après leur lancement. Ces explosions peuvent bien sûr s’expliquer par les problèmes de fabrication et de réglages habituellement rencontrés lors de la mise au point d’un nouveau missile. Mais selon les sources du New York Times, les efforts américains ont permis d’augmenter le nombre de ces échecs. C’est notamment le cas du nouveau missile à moyenne portée, le Musudan : 88% de ses tirs ont échoué. Les défenseurs de cette approche électronique assurent qu’elle aurait permis de retarder de plusieurs années le programme balistique nord-coréen.

Pour certains, cela semble difficile d’imaginer la possibilité de mener des attaques informatiques dans un pays aussi hermétique à Internet que la Corée du Nord. En Corée du Nord, très peu d’individus et d’organisations ont accès à internet. Et le pays est si contrôlé qu’on voit mal comment des espions américains auraient pu prendre contact avec des ingénieurs nord-coréens pour leur glisser une clé USB contenant un virus.

Piratage informatique et diplomatie

Le New York Times a pris soin de ne pas révéler les détails trop confidentiels. Mais ce qui est sûr, ce que ces cyberattaques ne sont pas une solution à long terme : dans le meilleur des cas, elles n’ont fait que retarder un programme d’armement considéré par le dirigeant Kim Jong-un comme sa meilleure chance de survie. Ce programme continue de se développer vite ; et pour l’arrêter, le piratage informatique ne pourra pas se substituer à la diplomatie.

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20170309-coree-nord-Étatss-unis-missiles-virus-informatique

Mar 10

AU JAPON, ON EST PASSÉ DE 80% D’OPINIONS FAVORABLES À 80% OPPOSÉS À L’ATOME

JaponSix ans après l’accident de Fukushima, une nouvelle donne énergétique émerge au Japon malgré les freins politiques. La part des énergies renouvelables progresse et le nucléaire n’est pas prêt de retrouver sa place dans le mix du pays où les citoyens se mobilisent en faveur d’alternatives.

Interview par Actu Environnement (AE) de Tetsunari Iida (TI), ancien ingénieur nucléaire, directeur de l’Institut pour des politiques énergétiques soutenables au Japon.

Actu-Environnement : L’accident de Fukushima-Daiichi a-t-il modifié la politique énergétique du Japon ? De quelle manière ?
Tetsunari Iida : Le gouvernement du premier ministre Abe, élu en décembre 2012, a confirmé en 2014 un nouveau Plan stratégique pour l’énergie. Celui-ci est revenu sur la position du gouvernement précédent, annoncée en septembre 2012, qui en appelait à zéro énergie nucléaire d’ici à 2030. En avril 2015, une vision à long terme de l’offre et de la demande énergétique était proposée, qui établissait les différentes sources de production d’énergie à l’horizon 2030 : 20-22% pour le nucléaire et 22-24% pour les énergies renouvelables, 56% pour les énergies fossiles. A comparer avec les projections d’avant Fukushima <https://www.actu-environnement.com/ae/news/demantelement-fukushima-centrale-nucleaire-radioactivite-corium-28420.php4> , qui fixaient un objectif de 50% pour le nucléaire à l’horizon 2030.. La part du nucléaire dans le mix énergétique était de 29% en 2011. Cependant pour atteindre cet objectif, il faudrait que tous les réacteurs soient autorisés à redémarrer par l’Autorité de sûreté nucléaire japonaise, ainsi que la plupart de ceux qui restent à inspecter, ce qui rend cette perspective peu atteignable.
Il y a eu un renversement dans la perception qu’a le public de l’énergie nucléaire. On est passé de 80% d’opinions favorables à 80% opposées à l’atome. Cependant, l’administration actuelle de M. Abe entretient des liens étroits avec l’industrie nucléaire, ce qui crée une importante polarisation. Mon sentiment est que l’administration Abe est un retour de bâton contre une véritable transition énergétique, mais tôt ou tard il devra se produire un changement.

AE : Quelle est la situation de la production nucléaire <https://www.actu-environnement.com/media/pdf/rapport-nucleaire-monde-2016.pdf>  actuellement au Japon ? Combien de réacteurs sont en fonctionnement ? Pour combien de temps ?
TI : Seuls deux réacteurs sont en fonctionnement, Sendai-1 <https://www.actu-environnement.com/ae/news/japon-reacteur-nucleaire-sendai-relance-25246.php4>  et Ikata-3, et un troisième devrait être mis en service. Les six réacteurs de Fukushima ont été définitivement mis à l’arrêt en 2011, cinq autres réacteurs (Mihama-1 et 2, Genkai-1, Tsuruga-1 et Shimane-1) ont été définitivement mis à l’arrêt en 2015. Actuellement, 24 réacteurs sont en cours d’examen pour redémarrage, parmi les 44 réacteurs. Cependant, peu d’entre eux devraient redémarrer.
En ce qui concerne la production de combustible nucléaire enrichi au plutonium, le Mox, elle a été reconduite par le Plan stratégique de l’énergie de 2014. Cependant, l’usine de retraitement de Mox de Rokkasho-mura, qui devait entrer en fonctionnement en 1997, ne fonctionne toujours pas.


AE : Quelle est la part des énergies renouvelables ? A-t-elle augmenté substantiellement depuis 2011 ? Y’a-t-il de nouveaux investissements dans ce domaine ? Sont-ils suffisants ?

TI : Nous avons introduit avec succès une loi sur les tarifs régulés en 2011, entrée en vigueur en 2012. A partir de là, les énergies renouvelables ont rapidement décollé, passant de 10% en 2012 à 15% de la production électrique fin 2016, 90% étant issus du solaire photovoltaïque.
Les gens se demandent souvent comment le Japon a pu faire face à la perte soudaine de 30% de capacité énergétique à la suite des événements du 11 mars 2011 sans coupures de courant majeures. Deux facteurs ont joué : les économies d’énergie et l’efficacité énergétique, et une utilisation accrue des énergies fossiles. Un aspect notable est que la consommation n’a pas augmenté depuis, au contraire, elle a continué à baisser. En 2015, la consommation d’énergie nationale était de 12% inférieure à celle de 2010. Cette évolution se traduit par une hausse de 5% de la consommation du gaz <https://www.actu-environnement.com/ae/news/interview-bernard-laponche-fukushima-nucleaire-energies-renouvelables-20403.php4>  et du charbon, tandis que la consommation du pétrole, après une brève reprise, s’est tassée à son niveau d’avant mars 2011.
Les énergies renouvelables <https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-28603-rapport-renouvelables-japon.pdf>  augmentent doucement et contribuent aujourd’hui à environ 5% du mix d’énergie finale, à comparer au 1% de 2010. Localement, les initiatives se multiplient. La préfecture de Fukushima promeut un objectif de 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2040. La ville de Takarazuka, dans la préfecture de Hyogo, s’oriente vers une fourniture de 50% d’énergies renouvelables pour la chaleur et l’électricité à l’horizon 2050, et parviendra à 100% grâce à une fourniture provenant de l’extérieur de la ville. D’ores et déjà, dans quatre préfectures, Oita, Akita, Toyama et Aomori, la part des renouvelables fournit plus de 20% de la demande.

AE : Est-ce qu’il y a une démocratie de l’énergie au Japon ? De quelle manière les citoyens peuvent-ils s’impliquer ?
TI : Il y a eu beaucoup de discussions sur la démocratie de l’énergie. L’administration de M. Abe s’oppose à cette approche. Cependant, beaucoup de Japonais travaillent à mettre en œuvre des collectifs de citoyens pour produire leur propre énergie. Le Japon compte maintenant 200 collectifs énergétiques <http://www.energy-democracy.jp/category/english/communitypower>  de petite et grande taille.
Propos recueillis par Agnès Sinaï,

https://www.actu-environnement.com/ae/news/tetsunari-iida-japon-fukushima-nucleaire-mix-energetique-renouvelables-28603.php4

Mar 09

6 ANS DE FUKUSHIMA : DES RÉVÉLATIONS EXCLUSIVES ET DES RASSEMBLEMENTS PARTOUT EN FRANCE

FukuAlors que six ans après l’accident nucléaire de Fukushima, la catastrophe est toujours en cours, en France, la situation du parc nucléaire ne cesse de se dégrader. À l’occasion de ce triste anniversaire, le Réseau « Sortir du nucléaire » rend publiques des informations inédites sur l’état réel des centrales nucléaires françaises et sur les défaillances des équipements censés prévenir les fuites radioactives dans l’environnement.  Des rassemblements sont organisés partout en France le 11 mars et les jours suivants, pour exiger une sortie en urgence du nucléaire, avant que ne survienne une nouvelle catastrophe.
 
Fukushima : six ans de catastrophe ingérable
Six ans après l’accident, sur le site de la centrale accidentée, la situation n’est toujours pas sous contrôle. Des niveaux de radioactivité insoutenables (650 sieverts/heure) ont été relevés à l’intérieur du réacteur n°2, empêchant toute intervention, qu’elle soit robotisée ou humaine. Dans les zones évacuées, la décontamination est illusoire et les sacs contenant la terre contaminée s’entassent à l’air libre. Dans certains villages, le niveau de radioactivité ambiant reste dix fois supérieur à celui de 2011. Craignant à juste titre pour leur santé, les habitants déplacés, dans leur grande majorité, ne souhaitent pas revenir chez eux. Mais le gouvernement et la préfecture de Fukushima, au mépris de la protection des citoyens, cherchent à donner l’illusion d’un retour à la normale et poussent les habitants au retour. Tout en supprimant les aides au logement pour les personnes déplacés, ils dépensent des sommes colossales pour construire de nouvelles infrastructures dans les zones contaminées !  Parmi les 300 000 enfants de la préfecture de Fukushima, 184 cas de cancer de la thyroïde (seule pathologie à faire l’objet d’une étude épidémiologique) ont déjà été diagnostiqués [1]. Il y avait 116 cas en 2015 ; le taux actuel serait environ 20 fois plus élevé que la moyenne.

Des informations inédites sur le risque nucléaire en France
Depuis plusieurs années, l’Autorité de sûreté nucléaire reconnaît qu’un accident semblable à Fukushima est possible en France. Cette année, son président a même déclaré que la situation du parc nucléaire français était devenue « préoccupante », au regard du vieillissement des installations et des difficultés financières des exploitants. À ces problèmes déjà connus, il faut désormais ajouter d’autres éléments. Le Réseau « Sortir du nucléaire » publie aujourd’hui La farce cachée du nucléaire <http://www.sortirdunucleaire.org/La-farce-cachee-du-nucleaire> , (Disponible sur notre boutique en ligne au prix de 12€) un ouvrage rédigé par une personne issue du sérail d’EDF qui met en exergue des informations inédites sur des failles qui affectent nos centrales y compris en fonctionnement « régulier ». Documents internes à l’appui, cette publication démontre que les barrières de confinement censées prévenir les rejets imprévus de radioactivité dans l’environnement (gaines de combustible, circuit primaire, enceinte de confinement) présentent toutes des défaillances. Sur certains réacteurs, celles-ci s’avèrent particulièrement graves. En cas d’accident, les rejets radioactifs dans l’environnement seraient donc bien supérieurs à ceux affichés dans les scénarios rassurants présentés au public, avec des risques particulièrement élevés pour les enfants, plus vulnérables à la radioactivité.

Des rassemblements partout en France pour exiger la sortie du nucléaire
Alors que s’ouvre la campagne présidentielle,
la protection des citoyens contre l’éventualité d’un accident nucléaire ingérable devrait être une priorité pour les candidats. Devant l’évidence de la crise technique, économique, sociale du nucléaire, il est temps de dire haut et fort « Arrêtons les frais ! » Pour exiger une sortie du nucléaire, de nombreux rassemblements se tiendront partout en France le 11 mars, jour anniversaire de l’accident de Fukushima, et les jours suivants :

À Paris, un rassemblement suivi d’une déambulation aura lieu place de la République samedi à partir de 14h30, avec prise de parole de représentants associatifs, français et japonais (en savoir plus <http://www.sortirdunucleaire.org/Manifestation-le-samedi-11-mars-2017-a%CC%80-14h30> ).

À Strasbourg, les habitants du Grand Est sont appelés à manifester sous le mot d’ordre « Nucléaire, pour nos enfants nous n’en voulons pas ! ». Pour symboliser ce fardeau pour les générations futures, les militants défileront avec des poussettes chargées de fûts de déchets factices. Le lendemain, un rassemblement se tiendra à Fessenheim (en savoir plus sur ces deux rassemblements <http://www.sortirdunucleaire.org/Rassemblement-anti-nucleaire-les-11-et-12-mars> ).

Le long de la Loire et de la Vienne, cours d’eau parsemés en tout de 14 réacteurs en fonctionnement, des rassemblements seront organisés sur des ponts le 11 mars (plus d’informations <http://www.sortirdunucleaire.org/Action-regionale-Tous-sur-le-pont-pour-l-arret-du> ). Des actions sur les ponts du Rhône sont également prévues à Lyon le 18 mars (en savoir plus <http://sortirdunucleaire.org/Grande-action-contre-le-nucleaire-sur-les-ponts> ).

Partout en France, les militants sont appelés à « faire fleurir les actions contre le nucléaire » : constitution d’un réseau citoyen de lanceurs d’alerte autour de la centrale de Golfech (en savoir plus <http://sortirdunucleaire..org/stage-FORMATION-de-militants-de-surveillance-de> ), organisation de conférence-débats, happenings…
 En savoir plus :

Contacts :

  • Contacts presse : Martial Chateau – 06 45 30 74 66,                                Laura
    Hameaux – 06 85 23 05 11
  • Pour plus d’informations sur les rassemblements :
    Mélisande Seyzériat – 07 60 15 01 23
  • Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

 

Mar 09

RÉVÉLATIONS SUR LA FAUSSE TRANSPARENCE D’EDF

six ansLe réseau Sortir du nucléaire publie un livre choc, La Farce cachée du nucléaire, qui met à mal la stratégie de communication d’EDF.
Incendie à Flamanville (Manche), rejets radioactifs à Golfech (Tarn-et-Garonne), incidents en série à la centrale de Paluel (Seine-Maritime)… Malgré les nombreuses défaillances de la filière nucléaire française depuis quelques mois, le rapport de l’inspecteur général pour la sûreté nucléaire d’EDF fait état d’un bilan « encourageant ». Dans ce contexte, le réseau Sortir du nucléaire publie un livre choc, La Farce cachée du nucléaire, qui met à mal la stratégie de communication d’EDF.
L’auteur, un ancien salarié du géant de l’énergie qui souhaite garder l’anonymat, a compilé des dizaines de documents internes et publics (notes, graphiques, photos…) pour dévoiler le manque de transparence du groupe. Premier constat : « Les centrales nucléaires sont de véritables passoires. » Il met en évidence les défauts d’étanchéité des trois barrières disposées entre la radioactivité et l’environnement : au niveau des gaines, du circuit primaire et même des enceintes de confinement. Selon ses observations, ces dernières présentent des fuites liées au béton fissuré, poreux et rafistolé à coups de rustines pour réussir les tests tous les dix ans. Contrairement à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui semble plus réaliste, EDF n’évoque que des « incidents », sous-évaluant les risques de contamination, minimisant les risques d’accidents graves, et ne sélectionnant que des scénarios rassurants. Dans leurs prévisions, le combustible en fusion mettrait plusieurs jours avant de transpercer la cuve, laissant le temps d’évacuer tranquillement les populations. Les témoins directs de Tchernobyl ou Fukushima attestent que rien ne se passe jamais de la sorte…

https://www.politis.fr/articles/2017/03/revelations-sur-la-fausse-transparence-dedf-36465/

 

Mar 09

SORTIE DU NUCLÉAIRE, LA FIN D’UN TABOU

Fin tabou,La question de la sortie du nucléaire est à nouveau au menu de la campagne présidentielle. Les contraintes financières, techniques et environnementales rendent ce dossier très compliqué.

À l’approche de l’élection présidentielle, le nucléaire est de nouveau sur la sellette. En 2012, le candidat François Hollande avait promis la fermeture de la centrale de Fessenheim avant la fin de son mandat, ce qui ne sera finalement pas le cas.
Il s’était engagé aussi à ramener de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025. La loi de transition énergétique a été votée en ce sens en 2015. Elle plafonne également la capacité de production nucléaire à son niveau actuel (63,2 gigawatts).
Cette fois, les candidats de gauche frappent encore plus fort. Le socialiste Benoît Hamon, allié au vert Yannick Jadot, s’engage sur une sortie intégrale du nucléaire en 2040. Jean-Luc Mélenchon parle, lui, de 2050. Au grand dam des syndicalistes CGT d’EDF, pas loin d’y voir une trahison de la part d’un candidat soutenu par les communistes.

Emmanuel Macron reprend pour sa part les promesses de François Hollande. À Bercy, l’ancien ministre de l’économie s’affichait pourtant comme un ardent partisan de l’atome, en soutenant notamment le projet Hinkley Point de construction par EDF de deux réacteurs EPR en Grande-Bretagne.
« C’est la fin d’un consensus historique en faveur du nucléaire, fondé sur l’indépendance énergétique de la France et des prix bas de l’électricité, souligne l’économiste Jacques Percebois, ancien président de la commission Énergies 2050. L’accident de Fukushima en mars 2011 a marqué les esprits. Tout le monde se rend compte que le nucléaire va coûter plus cher pour répondre aux nouvelles exigences de sûreté, alors même que les énergies renouvelables se développent. »
L’ancien fleuron Areva accumule aussi les pertes sans discontinuer depuis 2011. Quinze milliards d’euros au total ! Et l’an dernier, EDF a dû procéder à des vérifications sur 18 réacteurs après la découverte d’anomalies dans la fabrication de pièces à l’usine du Creusot. Fortement endetté et en grandes difficultés financières, l’électricien vient de lancer une augmentation de capital).
Objectif 2025, la difficile fermeture d’un tiers du parc
Si l’on s’en tient à la loi de la transition énergétique, la diminution d’un tiers de la part du nucléaire conduira à la fermeture de 17 à 20 réacteurs, à l’horizon 2025. Mais aucune étude d’impact n’a été réalisée, déplorait l’an dernier la Cour des comptes.
C’est beaucoup, surtout quand on voit les difficultés rencontrées par le gouvernement pour fermer simplement les deux plus vieux réacteurs français de Fessenheim. Le Conseil constitutionnel l’a même obligé à indemniser EDF, qui devrait recevoir 500 millions d’euros plus une part variable. Pour arrêter une vingtaine de réacteurs, l’État devrait donc verser au minimum dix milliards d’euros à EDF, soit, peu ou prou, le prix de l’EPR de Flamanville.
Au total, en 2025, 37 réacteurs auront atteint ou dépassé les quarante ans, c’est-à-dire la durée de vie initialement retenue lors de leur conception. (NDLR : FAUX, c’était 30 ans). « Fermer des réacteurs en fonctionnement et qui sont amortis, c’est absurde au plan économique, juge Bertrand Barré, ancien directeur des réacteurs nucléaires au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). La solution la plus intelligente serait de laisser l’Autorité de sûreté prolonger leur durée de vie, ce qui donnerait un peu de temps pour trouver des alternatives. » C’est le projet d’EDF baptisé le « grand carénage ».
La question n’est pas de savoir comment on ferme une vingtaine de réacteurs, mais comment on peut les maintenir en activité. Nous avons déjà recensé une trentaine souffrant d’anomalies », affirme Cyrille Cormier, chargé de campagne énergie et climat chez Greenpeace, en mettant l’accent sur la mauvaise santé d’EDF, qui « n’a plus les moyens techniques et financiers d’assurer la prolongation de la durée de vie de son parc ».
Début février, un rapport parlementaire estimait d’ailleurs que l’électricien avait passé des provisions insuffisantes pour les charges futures de démantèlement…

Reste à voir par quoi on remplacera le nucléaire. Ses opposants sont persuadés que la montée en puissance des renouvelables suffira. Julien Chardon, qui vient de lancer le mouvement et le site fermetacentrale.org, a fait le calcul.
Selon lui, pour compenser l’arrêt d’ici à 2022 des 19 réacteurs ayant atteint les quarante ans, il faudrait construire 34 GW d’éolien (soit multiplier par trois le parc actuel), 14 GW de solaire (deux fois plus qu’aujourd’hui), 6 GW de barrages (un quart de capacité supplémentaire) et 1 GW de biomasse. Pas impossible, mais très compliqué. Il faut au minimum cinq ou six ans pour développer un projet de renouvelables.
À défaut, la France pourra toujours importer d’Allemagne de l’électricité produite à partir des centrales charbon, qui tournent aujourd’hui à plein régime, ce qui est en contradiction avec les engagements pris dans le cadre de la COP21.
Mais dans tous les cas, transformer le parc de production électrique coûtera cher, qu’il s’agisse de prolonger la vie des réacteurs (EDF évoque 55 milliards d’euros pour le grand carénage) ou de construire de nouvelles installations. L’an dernier, le soutien public aux énergies vertes s’est élevé à 5,1 milliards d’euros, selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Objectif 2040, le saut dans l’inconnu
Personne n’est capable de dire quelle sera l’énergie dominante en 2040. Aucun expert n’avait prédit la révolution des gaz et pétrole de schiste aux États-Unis au milieu des années 2000, ni prévu qu’en dix ans le prix des panneaux solaires serait divisé par six.
L’idéal, évidemment, est d’arriver à stocker l’électricité. « Beaucoup de progrès ont été faits, notamment avec les batteries, mais c’est long. À petite échelle tout est possible, mais pas pour l’ensemble d’un pays, même s’il n’est pas exclu qu’une technologie nouvelle apparaisse d’ici à 2040 », juge Bertrand Barré.
« Pour l’industrie lourde, qui a besoin d’une puissance électrique importante, on a également du mal à entrevoir un approvisionnement 100 % renouvelable dans l’état actuel des connaissances », ajoute Jacques Percebois…
Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.la-croix.com/Sciences/Environnement/Sortie-nucleaire-tabou-2017-03-08-1200830372

Mar 09

AUGMENTATION DE CAPITAL D’EDF : LE COÛTEUX SAUVETAGE DU NUCLÉAIRE FRANÇAIS

Sauvetage EDFL’augmentation de capital annoncée ce 7 mars par EDF s’inscrit dans une dynamique de renflouement par l’État des acteurs du nucléaire, qui pèse lourdement sur les finances publiques.

C’est ce 7 mars que EDF a lancé son augmentation de capital « d’environ 4 milliards d’euros« , annoncée en avril 2016. Il s’agit à l’époque de faire face à un «mur d’investissement » dans lequel le projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point dans le sud de l’Angleterre (18 milliards) et les charges de maintenance de son parc nucléaire (grand carénage, estimé par l’opérateur à 50 milliards, par la Cour des Comptes à 100 milliards) pèsent particulièrement lourd. Sans compter le rachat en novembre dernier d’Areva NP, imposé par l’État pour un montant de 2,5 milliards d’euros.

Le secteur énergétique fragilisé par l’effondrement des prix de gros

Cette opération, à laquelle l’État actionnaire s’est engagé à participer à hauteur de 3 milliards, fait suite à la recapitalisation par l’État d’Areva entérinée en janvier dernier pour un montant de 5 milliards d’euros.

Ces démarches sont menées dans le cadre «d’une réorganisation et un redéploiement», d’aucuns diraient d’une tentative de sauvetage, de la filière nucléaire française.

Le secteur de l’énergie dans son ensemble traverse une mauvaise passe, notamment en Europe, où les prix de gros connaissent une baisse brutale. Pour EDF, celle-ci coïncide de surcroît avec l’ouverture à la concurrence du marché des particuliers. Les résultats présentés en février par l’opérateur historique font état d’un chiffre d’affaires en recul de 5,1% et de 6,7% pour l’excédent d’exploitation brut (EBITDA).

La filière nucléaire française dans la tourmente

Dans ce secteur énergétique en plein bouleversement, le nucléaire est tout particulièrement fragilisé. Il subit le contrecoup de l’accident de Fukushima, qui a tout à la fois incité certains pays à abandonner progressivement cette énergie, et entraîné une hausse des coûts liée à de nouvelles exigences en matière de sécurité. Et se trouve de plus en plus fréquemment en concurrence avec des énergies renouvelables qui ont vu ces dernières années leurs coûts s’effondrer.

Dans ce contexte, la filière française présente un visage à part. Areva n’a échappé à la faillite qu’au prix d’un démantèlement de ses activités. Après avoir cédé sa division NP (conception, fabrication et maintenance des réacteurs) à EDF, et engagé celle de la branche Areva TA (propulsion nucléaire navale) auprès de l’État, le CEA et DCNS, elles sont aujourd’hui restreintes au cycle du combustible, depuis l’extraction du minerai d’uranium jusqu’au traitement  des combustibles usés. Un flou subsiste au sujet de l’EPR en construction à Olkiluoto en Finlande et qui accuse déjà plusieurs années de retards et un dépassement de budget de plusieurs milliards. EDF a en effet refusé de le reprendre bien qu’il soit initialement logé dans la division NP.

EDF bientôt scindé en deux ?

Quant à EDF, malgré un renforcement de ses fonds propres avoisinant les 8 milliards, incluant l’augmentation de capital et la prise de dividendes de l’État actionnaire sous forme d’actions plutôt que de cash sur les exercices  2015, 2016 et 2017 ses perspectives à court terme restent sombres comme l’a précisé son PDG, annonçant pour 2017 une année encore difficile avant un rebond.

Il lui faut d’ailleurs encore séduire d’autres investisseurs que l’État pour un milliard d’euros. L’opérateur historique va solliciter ses 800 000 actionnaires individuels (parmi lesquels ses salariés), mais table essentiellement sur des investisseurs institutionnels, comme l’a précisé son PDG Jean-Bernard Lévy dans un entretien aux Echos. Mais, outre un endettement qui demeure élevé à 37,4 milliards d’euros, le refus constant de toute hausse des prix par le gouvernement (la Commission de régulation de l’énergie à qui revient désormais de les encadrer pourrait se montrer plus compréhensive), ou encore la menace européenne qui plane sur les tarifs réglementés, pourrait freiner leurs ardeurs. Sans compter les incertitudes sur les chantiers de l’EPR ou le coût du démantèlement sur lequel subsiste un certain flou, dénoncé notamment par un récent rapport parlementaire.

L’opérateur historique pourrait-il être amené à scinder ses activités comme l’ont fait les allemands RWE et E.ON ? Certains observateurs le pensent, mais la direction a jusqu’à présent toujours démenti.

La valeur des participations de l’État en chute libre

Outre leur renflouement, le poids de l’État dans ces entreprises grève les finances publiques en faisant chuter la valeur du portefeuille de l’agence des participations de l’État (APE) avec la dégringolade de leurs cours de Bourse. Ce mercredi, l’action EDF a perdu près de 8%, terminant à 7,91 euros, son plus bas historique depuis son introduction en Bourse il y a 11 ans. Le secteur de l’énergie, qui représentait 81% du portefeuille de l’APE en 2008, n’en pèse aujourd’hui plus que 46%.

L’agence a d’ailleurs choisi le plus mauvais moment pour vendre ses actions Engie (dans l’objectif affiché de soutenir la filière nucléaire), au plus bas avant de remonter à peine quelques semaines plus tard après la publication ses résultats médiocres mais attendus, et des perspectives rassurantes présentées par l’entreprise.

Et cette litanie de cession de participations n’est sans doute pas terminée, puisque l’État doit encore prendre une décision d’ici à la fin 2017 concernant les 20% qu’il détient dans Alstom…

De quoi apporter de l’eau au moulin de la Cour des Comptes, qui lui a recommandé à récemment de réduire son taux de participation dans certaines entreprises publiques.

Article de Dominique Pialot

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/augmentation-de-capital-de-edf-le-couteux-sauvetage-du-nucleaire-francais-655787.html

Mar 08

FUITE MASSIVE À LA CENTRALE DE FESSENHEIM : EDF ENFIN CONDAMNÉE !

FessenheimDébut 2015, la centrale de Fessenheim avait dissimulé l’ampleur d’une fuite de 100 m3 d’eau sur le réacteur n° 1, qui avait endommagé des équipements et imposé un arrêt d’urgence. Pour le relancer au plus vite, EDF s’était contentée de réparations effectuées à la va-vite qui avaient débouché sur une nouvelle fuite.

Suite à la plainte déposée par 5 associations, le Tribunal de police de Guebwiller vient enfin de sanctionner EDF. Les associations se félicitent de cette condamnation.

Une fuite massive camouflée en « défaut d’étanchéité »

Le 28 février 2015, le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim a été arrêté, officiellement suite à un « défaut d’étanchéité »… Dans les faits, la rupture d’une tuyauterie avait déclenché une fuite de 100m3 d’eau, qui avait projeté des éclaboussures en salle des machines jusqu’à 10 mètres de haut et provoqué des courts-circuits sur des équipements électriques. Par ailleurs, cette fuite avait fait dangereusement baisser le niveau d’un réservoir destiné au refroidissement du réacteur, imposant son arrêt en urgence.

Suite à cette fuite, EDF s’était engagée auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à ne remettre la tuyauterie en eau qu’une fois les causes et les conséquences du problème analysées. Or EDF s’était contentée de réparations rapides, ne remplaçant qu’un mètre de canalisation. Le 5 mars, sans attendre le retour d’analyse, la tuyauterie a été remise en eau, en pleine visite des inspecteurs de l’ASN… avant de se rompre à nouveau sous leurs yeux, à un mètre de la précédente cassure !

Les magouilles d’EDF épinglées par la justice

Suite à cette fuite, EDF avait gardé le silence, ne fournissant qu’une information incomplète à la Commission Locale d’Information et de Surveillance de Fessenheim. Le président de l’ASN avait lui-même fustigé cette attitude, jugeant cette communication « décalée »..

Le 21 avril 2015, une plainte commune contre EDF a été déposée par le Réseau “Sortir du nucléaire“, Alsace Nature, le Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la Plaine du Rhin, Stop Fessenheim et Stop Transports-Halte au Nucléaire.

Lors de l’audience, le 5 octobre 2016, EDF s’était surpassée dans la mauvaise foi, niant l’existence d’une inondation interne et prétendant apprendre au représentant de l’ASN ce qui constituait ou non une infraction !

La justice ne s’y est pas trompée : ce 8 mars 2017, EDF a été condamnée à plusieurs amendes par le Tribunal de police de Guebwiller et, en dépit de sa demande, cette décision sera inscrite à son casier judiciaire. Les associations se félicitent de cette condamnation de l’exploitant délinquant.

Fessenheim doit fermer immédiatement !

Ces fuites en série étaient la conséquence directe du vieillissement et du mauvais entretien des installations. Pour éviter qu’EDF ne récidive et ne dissimule à nouveau d’autres incidents après des réparations effectuées à la va-vite, il n’existe qu’une solution : arrêter définitivement et dès maintenant cette centrale en fin de vie !

Cette fermeture est urgente et va de soi. Cette centrale en fin de vie, située en zone sismique et inondable, menace toute une région européenne. En outre, elle cumule les pannes et son réacteur n° 2, arrêté depuis huit mois en raison d’un générateur de vapeur suspect, n’est toujours pas autorisé à redémarrer. Du point de vue de la production d’électricité, l’année 2016 aura été la pire pour elle depuis plus de 25 ans.

Malgré cela, en dépit de concessions inacceptables du gouvernement à EDF, le décret abrogeant l’autorisation d’exploitation de Fessenheim n’est toujours pas signé. Repoussé à 2018, son arrêt reste absurdement tributaire de la mise en service de l’EPR de Flamanville.

Les 11 et 12 mars 2017, les associations appellent à se rassembler à Strasbourg puis à Fessenheim pour dire non au nucléaire et exiger la fermeture immédiate de cette centrale !

Retrouvez le dossier juridique : http://www.sortirdunucleaire.org/Fessenheim-fuites-en-serie

Contacts presse :

Maître Benoist Busson – 06 72 12 72 47

Pour Stop Fessenheim : André Hatz – 06 82 01 69 79

Pour Stop Transports-Halte au Nucléaire : Jean-Marie Brom – 06 08 09 79 40

Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“ :

Philippe Lambersens – 06 83 53 89 82

Marie Frachisse (juriste) – 07 62 58 01 23

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site du Réseau : http://www.sortirdunucleaire.org/Fuite-massive-a-la-centrale-de-Fessenheim-EDF-50723

Mar 08

L’ÉCOLOGIE VERSION MACRON : LES CONTRADICTIONS PERMANENTES DE L’ANCIEN MINISTRE DEVENU CANDIDAT

MacronEmmanuel Macron a enfin dévoilé son programme. Généreux en mots grandiloquents supposés incarner le changement, Emmanuel Macron affirme vouloir « changer de logiciel » et opérer une « transformation radicale », notamment en matière de transition écologique. Son « nouveau modèle de croissance » ressemble pourtant à ce qui se pratique depuis plusieurs décennies. Un modèle saupoudré de quelques apparentes mesures écologiques, sur la pollution atmosphérique ou les gaz de schiste, qui contredisent les politiques menées par le candidat lorsqu’il était ministre, à peine quelques mois plus tôt. Une analyse pour ouvrir le débat…(extraits)

…La transition écologique conditionnée à la croissance

Si le candidat affirme que « le changement climatique nous oblige à repenser notre organisation et nos modes de vie », la transition écologique reste subordonnée à « la modernisation de l’économie », qu’il faudrait libérer « des carcans et des blocages » pour enclencher un « nouveau modèle de croissance ». La double page de mesures consacrée à ce nouveau modèle de croissance est éclairante : aux « dégâts que nous faisons collectivement au climat et à la biodiversité » et à la mise en question de « notre modèle de développement et de production » correspondent une série de mesures qui visent d’abord à améliorer la compétitivité des entreprises, soutenir l’investissement privé, lancer des plans d’investissement et un fonds pour l’industrie et l’innovation.

Sans même être qualifié de « soutenable », « durable » ou « climato-compatible », ce « modèle de croissance » doit simplement être « nouveau ». Les secteurs économiques existants, qu’ils soient innovants ou nocifs, doivent croître, sans que cette croissance ne soit conditionnée à aucun objectif climatique, écologique ou même sanitaire. On retrouve la philosophie de la commission Attali, « pour la libération de la croissance », installée en 2008 par Nicolas Sarkozy dont Emmanuel Macron était rapporteur général adjoint, ou encore celle de la Loi Macron, votée en juillet 2015, qui visait déjà à « accélérer les grands projets » ou « simplifier le droit de l’environnement »

Le nucléaire, un horizon indépassable ?

À ces deux mesures chiffrées s’ajoute bien la volonté de consacrer 30 % du « grand Plan d’investissement de 50 milliards d’euros » à la transition écologique. Mais aucune précision n’est apportée sur ce qui doit être financé, et comment. Aucune des cent mesures du programme « grand public » n’explicite d’ailleurs comment le candidat souhaiterait donner plus d’ambition aux insuffisants objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre au niveau européen et mettre en œuvre la transition énergétique à l’échelon national. L’avenir du secteur énergétique français, qu’il soit nucléaire, fossile ou renouvelable, n’apparait pas être un des éléments structurants du programme quinquennal d’Emmanuel Macron.

Sur le nucléaire, l’ancien locataire de Bercy, qui a toujours soutenu l’EPR d’Hinckley Point (http://video-streaming.orange.fr/actu-politique/loi-el-khomri-manuel-valls-peine-a-defendre-le-projet-VID00000023WPt.html?pid=SIl2WFC2AZWzJ7qSByljitF90Oyhq%2FuTijjNVTqW8eXHvld9E8Rs64WH95P3DwrNX6Is5MghgA4%3D#plmAnchor ) et les stratégies ruineuses d’EDF et Areva en mobilisant 6 milliards d’euros d’argent public pour les recapitaliser, manie d’ailleurs l’ambiguïté. « Je n’ai jamais considéré que le nucléaire était une maladie », vient-il de déclarer lors d’un meeting à Caen, refusant d’envisager une sortie progressive de l’atome ( http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/04/macron-appelle-les-electeurs-de-la-droite-et-du-centre-a-le-rejoindre_5089434_4854003.html). Le site du candidat reprend pourtant l’objectif fixé par la loi de transition énergétique (LTE) d’un maximum de 50 % de nucléaire dans le mix électrique à l’horizon 2025, contre 75 % aujourd’hui.

Selon Greenpeace, un tel objectif impliquerait de fermer 21 à 23 réacteurs d’ici à 2023. Hormis la fermeture de Fessenheim qui doit être « confirmée », le programme – papier et web – du candidat ne donne aucun échéancier. Comme s’il était possible d’atteindre l’objectif d’un maximum de 50 % de nucléaire sans fermer de réacteurs. Et comme si fermer de si nombreux réacteurs, et les emplois qui les accompagnent, n’impliquait pas un vaste plan de reconversion industrielle, des financements adéquats et quelques précisions d’un candidat à la plus haute fonction de l’État…

Pour lire l’intégralité de l’article : https://www.bastamag.net/L-ecologie-version-Macron-les-contradictions-permanentes-de-l-ancien-ministre

 

Mar 08

«L’UTILISATION D’ARMES NUCLÉAIRES TACTIQUES MÈNERAIT À UNE VÉRITABLE GUERRE NUCLÉAIRE»

L'utilisationL’humanité fait face à une menace existentielle, car le dialogue de sourds américano-russe, les conflits régionaux et le terrorisme nucléaire peuvent avoir des conséquences désastreuses, estime William Perry, ex-secrétaire à la Défense américain.

William Perry est un homme politique américain. Il a été secrétaire à la Défense sous Bill Clinton de 1994 à 1997. 

Avec la politique mondiale devenant de plus en plus instable, les armes nucléaires jouent-elles un rôle dissuasif contre une potentielle guerre mondiale, ou au contraire sont-elles une menace pour la sécurité du monde ? Avec un nouveau président à la Maison-Blanche, comment la position américaine sur les armes nucléaires va-t-elle évoluer ?

RT : Le président Donald Trump s’est prononcé pour l’expansion des capacités nucléaires des États-Unis d’un côté, et a appelé de l’autre côté à réduire «considérablement» les armes nucléaires… Où se situe la vérité ?

William Perry (W. P.) : Sur les armes nucléaires, Donald Trump a déclaré qu’il allait maintenir une armée forte, mais que beaucoup dépendait de ce qu’allait faire la Russie concernant les armes nucléaires. Il est fort probable que la Russie et les États-Unis vont accroître leurs dépenses en armes nucléaires – il semble que c’est dans cette direction que nous nous dirigeons maintenant. Non seulement cela sera très coûteux pour les deux pays, mais également dangereux.

Il existe néanmoins une réelle possibilité que les présidents russe et américain décident, dans l’intérêt de nos deux pays, de diminuer les dépenses et de réduire le stock d’armes nucléaires. Cela nous permettrait non seulement d’améliorer nos économies, mais, ce qui est encore plus important, de diminuer les risques.

Il existe le danger d’un début de guerre fortuit – si, par exemple, un système d’alerte russe ou américain commettait une erreur, en indiquant le lancement d’une fausse attaque

RT : Selon un rapport de l’agence Associated Press, le personnel qui gère les armes nucléaires des États-Unis comprend du personnel mal formé qui utilise des technologies dépassées pour exploiter ses systèmes – y compris d’antiques disquettes informatiques. Pourquoi de tels manquements ?

P. : Je pense que ces histoires sont exagérées, mais je suis préoccupé par le fait qu’aux États-Unis et en Russie, les gens qui étaient en charge des sites nucléaires pendant des années, n’ont pas la volonté aujourd’hui, ou peut-être même les compétences, de le faire correctement. C’est donc une des raisons pour lesquelles il faut trouver un moyen de réduire les risques. En particulier, j’ai fortement mis l’accent sur le fait que nos missiles balistiques intercontinentaux représentaient une menace, parce qu’il existe le danger d’un début de guerre fortuit si, par exemple, un système d’alerte russe ou américain commettait une erreur, en indiquant le lancement d’une fausse attaque.

Après, c’est la responsabilité de l’un ou l’autre président de prendre la décision rapide de lancer ses missiles balistiques intercontinentaux avant l’arrivée de missiles similaires de l’autre côté ; et bien sûr, si son système d’alerte n’est pas fiable, si une alerte se révèle fausse – ce président aura accidentellement débuté une guerre nucléaire. Aujourd’hui ce n’est pas juste une possibilité théorique ; je sais qu’il y a eu au moins deux fausses alertes en Russie et au moins trois fausses alertes aux États-Unis. C’est très sérieux. Le risque est faible, mais c’est le risque faible d’un événement véritablement catastrophique.

Le danger c’est qu’un groupe terroriste puisse mettre la main sur des matières fissiles – du combustible, de l’uranium fortement enrichi. Ils pourraient ensuite créer une bombe nucléaire artisanale

RT : Parlons maintenant du terrorisme nucléaire. Après les attentats terroristes à Bruxelles, on a signalé des tentatives d’intrusion terroriste dans des installations nucléaires en Belgique. C’est également en Belgique que sont stockées des armes nucléaires tactiques américaines. Les armes nucléaires américaines sont-elles suffisamment en sécurité ?

P. : Selon moi, le danger d’attaque terroriste nucléaire ne provient pas d’un groupe terroriste qui s’emparerait d’armes nucléaires américaines ou russes, parce que, dans les deux cas, elles sont très bien sécurisées. Le danger c’est qu’un groupe terroriste mette la main sur des matières fissiles – du combustible, de l’uranium fortement enrichi. Et s’ils pouvaient en obtenir, s’ils pouvaient en acheter ou en voler – et ceci n’est pas aussi bien protégé que les armes – ils pourraient ensuite créer une bombe nucléaire artisanale. Artisanale, mais toujours très efficace et qui pourrait être montée sur un missile, ou transportée dans un camion. Et s’ils arrivaient à le faire, il y aurait un risque d’engin nucléaire lancé sur Moscou ou sur Washington. Cela présente donc un danger commun pour les États-Unis et la Russie, et nous devons travailler ensemble pour faire tout notre possible afin de minimiser la probabilité qu’un groupe terroriste ne se munisse d’une bombe ou même de la matière fissile nécessaire à sa fabrication.

RT : Vous estimez impossible qu’un groupe de terroristes puisse s’infiltrer dans une centrale nucléaire ?

P. : Je ne pourrai jamais dire que c’est impossible, mais je dirai que c’est un risque inférieur par rapport à celui de l’obtention de matière fissile par des terroristes. Nous devrions nous concentrer sur une menace plus grande, qui représente en même temps le pire danger provenant des organisations terroristes.

Pour la Russie, aussi bien que pour les États-Unis, l’idée que si sa puissance est réduite, le risque d’une guerre nucléaire devienne moindre ne me semble pas valide

RT : Le Conseil consultatif du Pentagone propose de produire des armes nucléaires pour une «utilisation limitée», une puissance réduite et un ciblage plus précis – ne rendent-ils pas l’usage des armes nucléaires plus tentant ? Même dans le cas d’une attaque, et non seulement d’une rétorsion ?

P. : Je suis totalement opposé à la promotion de ce qu’on appelle les «armes nucléaires tactiques», je pense que c’est très dangereux. Pour la Russie, aussi bien que pour les États-Unis, l’idée que si sa puissance est réduite, le risque d’une guerre nucléaire devienne moindre ne me semble pas valide. Une fois qu’un belligérant utilise une arme nucléaire, même s’il s’agit d’une arme nucléaire «tactique» comme on dit, il n’y a aucune garantie que cela ne se transforme pas en une guerre nucléaire globale. Donc, pour moi, c’est une présomption très dangereuse de croire que vous pouvez utiliser des armes nucléaires à la puissance réduite sans provoquer une guerre nucléaire mondiale. Par ailleurs, quand on parle d’une arme nucléaire à la puissance réduite, il s’agit toujours de plusieurs kilotonnes – on parle alors d’une explosion aux conséquences dévastatrices. Donc, en somme, je suis contre les armes nucléaires tactiques. Il est très discutable que l’utilisation d’armes nucléaires tactiques ne se transforme pas, dans les faits, en une guerre nucléaire globale.

RT : L’administration de Donald Trump a imposé de nouvelles sanctions économiques contre l’Iran, et le nouveau président estime que l’accord nucléaire avec l’Iran devrait être renégocié. Cela vous semble-t-il possible ? Quelles seraient les conséquences si les États-Unis décidaient d’annuler cet accord ?

P. : Je ne crois pas qu’une telle chose soit une bonne idée. Nous ne pouvons pas renégocier l’accord avec l’Iran. Il s’agit de négociations multilatérales, il a fallu la collaboration de nombreux pays, notamment les États-Unis, la Russie, les pays d’Europe et la Chine, pour aboutir à cet accord. Il est donc tout à fait irréaliste de renégocier tout cela. Annuler cet accord, selon moi, serait une très grave erreur. J’espère que le président Trump, après avoir étudié ce problème, prendra une décision plus mesurée sur sa façon de voir les choses. Le général James Mattis lui a conseillé de ne pas y toucher, et j’espère qu’il suivra cette recommandation.

https://francais.rt.com/opinions/34921-utilisation-armes-nucleaires-tactiques-veritable-guerre-nucleaire

Mar 07

11 MARS 2011 – 11 MARS 2017 : LA QUADRUPLE CATASTROPHE NUCLÉAIRE DE FUKUSHIMA CONTINUE

FukuLe 11 mars 2017, date anniversaire du début de la catastrophe nucléaire mondiale de Fukushima,  s’élèvera sur l’ensemble de la planète le cri de refus du nucléaire, l’exigence de mettre un terme définitivement à cette ignominie sanitaire et totalitaire. Dans la zone de la quadruple catastrophe atomique de Fukushima-Daïchi, jusqu’à 15 500 salariés s’activent quotidiennement, dans la sueur et la mort, en des travaux interminables et désespérés de décontamination. Les enfants pissent de la radioactivité dans leurs urines, la mort rôde.
Dans la zone de la quadruple catastrophe atomique de Fukushima-Daïchi, dans laquelle le lobby nucléaire français est pleinement impliqué car Areva a fourni le « mox » du réacteur n°3 dont le corium mortellement radioactif est on ne sait où, jusqu’à 15 500 salariés s’activent quotidiennement, dans la sueur et la mort, en des travaux interminables et désespérés de décontamination.  La mort embauche.
Les déchets radioactifs, en énormes quantités seront incinérés pour tenter dans réduire les volumes, selon la stratégie adoptée par le lobby atomique nippon;  puis entreposés là où il y de la place en fonction des lieux et du niveau de contamination. Les autorités japonaises en envisagent un stockage définitif. Mais où et sous quelle forme et pour combien de milliers d’années ? Mystère et boule de gomme comme en France et dans les autres pays nucléarisés.

Ici et là, les sacs de déblais recouverts de bâches parsèment le paysage : le sol gorgé de césium137 est raclé sur 10 cm et stocké dans ces sacs dont la durée de vie n’excède pas trois ans et qu’il faudra enterrer quelque part avant qu’ils ne cèdent. La Terre est une poubelle pour les nucléaristes.

La décontamination consiste à racler les sols contaminés, couper les herbes, ramasser les végétaux morts, émonder les arbres et arbustes, et mettre le tout dans des sacs qui s’entassent un peu partout et un peu plus loin et  toujours plus haut chaque jour qui passe.(1)

Pour lire la suite de l’article : http://www.coordination-antinucleaire-sudest.org/

(1) plus de 1 100 énormes réservoirs contenant plus de 961 000 m3 d’eau contaminée (soit un volume dépassant la capacité de 380 piscines olympiques) ont avalé des hectares d’espaces boisés. Tepco a remplacé ceux qui fuyaient par des conteneurs soudés et plus seulement vissés. En effet, chaque jour, entre 200 et 400 m3 d’eau souterraine et de pluie s’infiltrent dans les bâtiments de Fukushima-Daiichi : Tepco pompe quotidiennement environ 300 m3 dans le sous-sol de la centrale qui enfermerait près de 60 000 m3 de liquide très radioactif. Et pour le refroidissement du corium, 286 m3 d’eau fraîche sont injectés quotidiennement dans les trois réacteurs.

Mar 07

BURE, PREUVE DE L’IMPUISSANCE DES POLITIQUES SUR LE NUCLÉAIRE ?

BureEmpêtrée dans les affaires, la campagne présidentielle n’accorde que peu de place au fond, a fortiori à la question du nucléaire, dont 77% des Français estiment qu’elle n’est pas suffisamment évoquée par les candidats. Mais comme l’illustre le cas du projet Cigéo à Bure, pas sûr que les politiques aient la solution aux enjeux…
L’image aurait été symbolique. Yannick Jadot et Benoît Hamon main dans la main à Bure, dans la Meuse, pour manifester leur opposition au projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires. Un programme qui prévoit de stocker à 500 mètres sous terre les déchets les plus dangereux produits par l’industrie nucléaire française. La visite commune, prévue le 20 février, aurait constitué un signe fort de l’engagement du candidat socialiste sur ce dossier, quelques jours avant le ralliement officiel des écologistes. Mais après quelques hésitations, elle n’a finalement pas eu lieu, les deux alliés se contentant d’une discussion à Paris. Un renoncement qui montre la difficulté de plus en plus importante des politiques à faire entendre une voix forte, et crédible, au sujet de l’atome…

Le nucléaire, pas un sujet de campagne
Les élus ont également pris l’habitude de modifier à leur guise les lois autour du nucléaire, y ajoutant sans cesse des décrets, comme pour la loi Bataille. Un bricolage perpétuel qui a atteint leur crédibilité sur ce sujet. Et le maintien ou non de la filière ne passera peut-être pas par eux. « On peut sortir du nucléaire sans intervention des politiques, c’est parfaitement possible », affirme Bernard Laponche, qui n’accorde guère d’importance aux prétentions des candidats dans ce domaine. Yannick Jadot, envisageait une sortie en 2035, se basant sur les prévisions de l’association Négawatt. Un objectif qui a reculé de 15 ans depuis qu’il fait cause commune avec Benoît Hamon, seul candidat avec Jean-Luc Mélenchon à avoir annoncé son intention de sortir du nucléaire dans un avenir proche.
Les Français semblent désorientés par les propositions des candidats dans ce domaine. Alors que les Français sont de moins en moins favorables au nucléaire (seulement 40 % selon un sondage <https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=2&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwiK2afQssLSAhWLPxoKHRt0DrkQFgglMAE&url=http%3A%2F%2Fwww.qualit-enr.org%2Fckfinder%2Fuserfiles%2Ffiles%2FCP%2FSondage-OpinionWay-pour-Qualit%27ENR-Les-Fran%25C3%25A7ais-et-les-%25C3%25A9nergies-renouvelables-vague-7-Janvier-2017_VersionPresse.pdf&usg=AFQjCNFhtWgqwNOk7ArS0-CYvo9HV9nLHA&sig2=Tq7Ty-xVzhx8Z6uD2YdN5Q>  OpinionWay en janvier), le candidat en qui ils ont « le plus confiance pour développer les énergies renouvelables » est Emmanuel Macron. L’ancien ministre de l’Economie ne souhaite pourtant que réduire la part du nucléaire dans la production de l’électricité française. Benoît Hamon et Yannick Jadot – qui était encore candidat au moment de la consultation – arrivent quant à eux derrière François Fillon et Marine Le Pen, deux candidats pro-nucléaires. Jean-Luc Mélenchon, deuxième de ce sondage et converti à la transition énergétique, propose lui la tenue d’un référendum sur la question s’il est élu. Reste à voir s’il sera suivi par la part de son électorat issue du Parti communiste, lequel est traditionnellement très attaché à la filière nucléaire.
Y a-t-il donc un candidat en 2017 capable  d’en initier la sortie ? Peu importe, estime Bernard Laponche : « Qu’ils annoncent 2030, 2035 ou 2050 ne change rien. Ce n’est pas au niveau politique mais au niveau économique que cela va se jouer. Le milieu industriel n’a plus vraiment confiance dans le nucléaire. Siemens a renoncé définitivement, WestingHouse, l’un des deux leaders mondiaux, est en grande difficulté… Le nucléaire n’est pas rentable et on commence tout simplement à se rendre compte que les énergies renouvelables sont moins chères« . Promu en grande partie pour des raisons économiques, le modèle nucléaire pourrait finalement bien mourir pour les mêmes raisons. Mais quelle que soit la part qu’y prendront nos politiques, il leur restera de toute façon un héritage à assumer : celui de déchets, toxiques, nombreux et très difficiles à gérer.

La totalité de l’article sur : https://www.marianne.net/societe/bure-preuve-de-l-impuissance-des-politiques

Mar 07

11 MARS À CHAMBÉRY : COMMÉMORATION FUKUSHIMA ET MARCHE ANTINUCLÉAIRE

ChambéryDépart place des Eléphants, 9h30. Déambulation en centre-ville jusqu’à 12h

Il y six ans, un tsunami frappait les côtes japonaises et déclenchait un accident nucléaire, avec la fusion de trois réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi. En commémoration de cette catastrophe nucléaire aux conséquences dramatiques, des rassemblements auront lieu le samedi 11 mars aux quatre coins de la France.

L’occasion de rappeler qu’un accident comme celui-ci peut aussi survenir chez nous, en France. À l’heure actuelle, 30 des réacteurs nucléaires français sont touchés par plus de 100 anomalies (irrégularités sur des pièces essentielles au fonctionnement des réacteurs). À mesure que l’ASN continue d’enquêter, d’autres irrégularités devraient être découvertes…

La centrale nucléaire du Bugey située près de Lyon est seulement à 50 km de Chambéry. Elle a presque 40 ans d’âge, alors qu’elle avait été prévue pour fonctionner 30 ans. Les incidents se succèdent : fuites radioactives à répétition, des vannes qui dysfonctionnent, des appareils de mesure défectueux, etc. Le réacteur 5 avec une enceinte de confinement non étanche ne satisfait plus aux normes de sûreté nucléaire : il est à l’arrêt depuis 1 an et demi. Les réacteurs 2, 3 et 4 comportent des pièces non conformes à la sûreté, suite aux falsifications des fabricants (Creusot Forges et Japan Casting and Forging Corporation).

Alors qu’EDF et Areva sont embourbés dans ce scandale des anomalies, les résultats financiers d’EDF sont plus alarmants que jamais. L’entreprise, surendettée, n’a pas les moyens d’assurer un haut niveau de sûreté sur le parc nucléaire français.

En bref : EDF s’écroule et nous met en danger.

Venez participer au rassemblement de Chambéry, qui rejoint de nombreuses initiatives dans d’autres villes en France.

Nous vous invitons à venir avec vos pancartes : « EDF s’écroule : les centrales aussi », « EDF s’écroule : vers un Fukushima en France ? », « EDF s’écroule : notre sûreté avec », « Fukushima, 6 ans déjà », « Stop nucléaire », « Stop Bugey »… etc

Pour plus d’info, contacter : antenne.chambery@greenpeace.fr

Mar 07

LIVRE : L’ÉPOPÉE ALSACIENNE DU DREYECKLAND

livreLivre d’histoire populaire, passionnante immersion dans les réalités politiques et sociales des années 1970-1980, radiographie des luttes citoyennes contre l’implantation en Alsace d’installations jugées nocives pour l’environnement, ou encore guide pratique pour ceux qui aujourd’hui mènent avec leur cœur et leurs tripes des combats militants : ce livre est tout cela à la fois, et bien plus encore.

Jocelyn Peyret emmène les lectrices(eurs) à la rencontre de ceux qui, dans cette région, ont choisi de lever la tête pour dire « non » aux centrales nucléaires et autres usines chimiques. Il montre ces associatifs, paysans ou militants politiques qui ont de toutes leurs forces réussi à conquérir une part de liberté dans l’atmosphère étouffante de la France des années 1970.

Il nous fait revivre les camps d’occupation illégaux mais véritables lieux de vie riches de rencontres et d’expériences démocratiques nouvelles que furent Marckolsheim (1974) ou Wyhl (1975).

Il nous décrit la folle aventure des radios libres, au nez et à la barbe des gendarmes, et à travers l’exemple de la pionnière Radio Verte Fessenheim.

Le tout remplacé avec justesse dans le contexte national, marqué par le développement intensif de l’énergie nucléaire et les constructions galopantes d’énormes infrastructures.

L’auteur, grâce à un impressionnant travail de documentation et d’enquête sur le terrain, mais aussi grâce à des dizaines d’entretiens dont il nourrit ses lignes, les rendant humaines et poignantes, nous présente ces décennies phares pour les luttes écologistes.

Un ouvrage à faire lire d’urgence aux générations futures, vers qui il a le regard tourné, et aux générations actuelles qui n’ont pas encore lu La Désobéissance civile d’Henry David Thoreau.

Sébastien Bonetti, journaliste et réalisateur

Le livre : format 16 x 24 cm, 192 pages Broché, à paraître en Mai, 21,00 €

Plus sur : http://editions-la-question.blogspot.fr/2017/03/lepopee-alsacienne-du-dreyeckland.html

Pour le commander : https://www.editeur-livres.com/catalogue/article-catalogue-p-s/p-s/#cc-m-product-11399254512

Mar 07

FUKUSHIMA : L’OBSTINATION DE LA RECONQUÊTE

FukushimaMasahiro Imamura, le ministre japonais de la reconstruction, a récemment comparé à un marathon la reconquête des territoires contaminés par l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima daï-ichi en mars 2011, en précisant que « la reconstruction en est au trentième kilomètre ». Cela a provoqué l’ire des personnes concernées et des élus locaux qui ne voient pas le bout du tunnel. Le gouverneur de la province a tenu à rappeler que certaines zones évacuées n’ont même pas franchi la ligne de départ (source).

Cet épisode montre le fossé existant entre la perception du gouvernement central, qui voudrait tourner rapidement la page, et la réalité sur place.

A Tchernobyl, les autorités soviétiques ont abandonné de vastes territoires et le réacteur accidenté. L’Europe vient de terminer la construction d’une arche gigantesque destinée à limiter l’impact d’un effondrement dans le bâtiment réacteur pendant au moins un siècle. A l’inverse, les autorités japonaises se sont lancées dans une politique de reconquête totale : les réacteurs accidentés vont être démantelés et les territoires contaminés rendus à leurs habitants. Six ans plus tard, alors que les autorités s’apprêtent à lever les ordres d’évacuer partout, sauf dans les zones les plus contaminées classées en « zones de retour difficile », il est évident que le volontarisme affiché ne parviendra pas cacher les limites de cette politique.

A la centrale, les progrès sont impressionnants, mais les trois réacteurs où il y a eu fusion du cœur sont encore menaçants. Pourraient-ils supporter un nouveau séisme majeur ou un tsunami ? Les piscines avec des combustibles usés sont toujours pleines et pourraient entraîner une catastrophe encore plus grande en cas de rupture. Mais les débits de dose sont tels qu’il est impossible de travailler dans les bâtiments réacteur. Les travaux de déblaiement des débris et de reconstruction prennent du retard.

Quant au corium, ce magma de combustible fondu mélangé à des débris, excessivement radioactif, TEPCo ne sait toujours pas exactement où il est. Les robots envoyés dans l’enceinte de confinement pour le localiser n’ont tenu que quelques heures, sans succès. Les robots qui pourront aller rechercher ce corium n’existent pas encore.

En attendant, il faut continuer à le refroidir continuellement pour éviter une montée en température qui provoquerait des rejets radioactifs significatifs. L’eau qui y est versée se contamine avant de se mélanger à l’eau de la nappe phréatique dans les sous-sols des réacteurs. Toutes les mesures mises en place pour juguler les infiltrations et les fuites, allant de la construction de barrières souterraines au gel du sol tout autour des réacteurs accidentés, n’ont pas eu les effets escomptés. L’eau contaminée continue donc de s’accumuler dans des cuves à perte de vue.

Dans de telles conditions, qui accepterait de retourner vivre près de la centrale accidentée ? De facto, le taux de retour dans les territoires où l’ordre d’évacuer a été levé est seulement de 13%, soit 2 500 personnes. Outre les craintes que suscitent les réacteurs, il y a aussi un manque de services, commerces… et, surtout, un risque d’exposition aux retombées radioactives car les autorités japonaises s’accrochent à la limite la moins contraignante des normes internationales.

Le Japon a beau avoir engagé un chantier pharaonique de décontamination, il ne vient pas à bout de la radioactivité. Alors, les autorités s’obstinent. Même dans les communes les plus contaminées, classées en zone de retour difficile, un petit centre devrait être installé pour que l’on ne puisse pas dire qu’elles ont été rayées de la carte. Le programme de décontamination à venir ne concerne que 5% de la surface. L’idéologie de la reconquête a même poussé les autorités à inscrire dans la loi que les 16 km2 de terrains tout autour de la centrale de Fukushima Daï-ichi, qui vont recevoir 22 millions de mètres cubes de déchets radioactifs issus de la décontamination, seront rendus après 30 ans. Outre la folie de déplacer une nouvelle fois un tel volume, il n’y a aucun autre site d’accueil. Alors, qui peut croire que ces terrains seront rendus ?

Pas les populations qui, quand elles le peuvent, ont refait leur vie ailleurs. La fin des aides au logement pour les personnes qui sont parties d’elles-mêmes et la levée des ordres d’évacuer les plongent dans le désarroi. Le gouvernement pousse au retour, passant outre les directives de l’ONU sur les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays qui leur garantissent protection, le droit de choisir entre le retour et une réinstallation, ainsi que leur pleine participation aux décisions.

C’est l’idéologie qui gouverne les tentatives de reconquête totale des territoires contaminés par la catastrophe de Fukushima, teintée de nationalisme et de foi en le nucléaire. Il y a aussi beaucoup d’argent en jeu. In fine, c’est la démocratie et les populations exposées qui en font les frais.

Entre l’abandon de vastes territoires et une politique de reconquête à tout prix, il y a un besoin impératif de rechercher une autre politique à l’écoute et au service des populations affectées. Qu’en serait-il en Europe après un accident grave ayant entraîné l’évacuation de territoires contaminés ?

Le rapport rédigé pour les cinq ans de la catastrophe, Fukushima cinq ans après, retour à l’anormale, disponible en anglais, reste d’actualité. Les données ont été mises à jour dans l’article sur les chiffres clé.

http://fukushima.eu.org/fukushima-lobstination-de-la-reconquete/

Mar 07

L’EUROPE EXAMINE SON PROPRE POTENTIEL DE DISSUASION NUCLÉAIRE, SANS LES USA

L'EuropeL’idée, qui paraissait jadis incroyable, attire aujourd’hui de plus en plus d’attention au sein des milieux politiques européens: le projet de mise en place d’un programme nucléaire de l’UE est examiné pour garantir la sécurité du continent européen au cas où ce dernier ne pourrait pas compter sur l’aide des États-Unis, écrit le New York Times.

Si l’Europe met en place son programme nucléaire, les arsenaux français seront réorientés pour protéger le reste du continent et se retrouveront sous le commandement, le financement et la doctrine militaire européens communs, est-il indiqué dans une publication parue dans le New York Times.

Des experts soulignent que le projet en question, même au cas où il ne verrait jamais le jour, traduit le sentiment grandissant de la nécessité d’entreprendre des démarches radicales en Europe pour défendre l’ordre établi depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et ce dans le contexte de « la présidence de Trump et du redressement de la Russie ».

Toutefois, même les partisans du soi-disant Eurodeterrent (projet de dissuasion européenne), aujourd’hui encore minoritaires, reconnaissent l’existence d’énormes obstacles à sa réalisation. En même temps, les discussions autour de ce plan sont d’ores et déjà répandues, notamment en Allemagne, pays qui occupera la place centrale dans n’importe quel projet européen et où en même temps les convictions antinucléaires sont fréquentes, est-il indiqué dans l’article.

Jana Puglierin, analyste au sein du Conseil allemand en charge des relations internationales a déclaré à l’édition que des fonctionnaires européens haut placés « avaient initié des débats publics sur ce sujet si bien qu’il s’est retrouvé dans les journaux et les magazines, et devient le sujet de documentaires… Je suis vraiment étonnée qu’on en discute ». Entretemps, l’ex-premier ministre polonais et chef du parti au pouvoir Jaroslaw Kaczynski a indiqué en février dernier dans une interview à un journal allemand que l’appel à la mise en place d’un programme nucléaire de l’UE devrait être discuté au plus haut niveau.

Mais le projet est surtout soutenu par Roderich Kiesewetter (CDU), membre du Bundestag, qui a commencé à prôner la mise en place de l’Eurodeterrent tout de suite après l’élection de Donald Trump. « Mon idée est de construire le programme nucléaire sur la base des potentiels français et britannique existant », déclare-t-il avec précaution. Toutefois, il reconnaît que la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE pourrait entraver le projet.

Des dizaines d’ogives nucléaires américaines sont déployées en Allemagne, en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas en tant que force de réaction rapide et de symbole de garantie de la protection du continent, rappelle le journal. M. Kiesewetter souligne que son projet se substituera à l’état des choses actuelles. Selon lui, le projet reposera sur quatre composantes : l’engagement de la France de transférer ses armes pour une défense européenne commune, le financement de l’Allemagne pour démontrer le caractère collectif du programme, ainsi que le commandement unifié et le déploiement des ogives françaises dans d’autres pays européens.

https://fr.sputniknews.com/international/201703061030347904-dissuasion-nucleaire-europe/

Mar 06

À PARIS, RASSEMBLEMENT NATIONAL STOP-LINKY, LE 22 MARS 2017 DE 11H30 À 15H

LinkyPlus de 180 Associations et Collectifs appellent à un Rassemblement national Stop-Linky devant la maison de la Radio à Paris (116 av du Pdt Kennedy) le 22 mars.

Mercredi 22 mars 2017, l’Association des Maires de France (AMF) organise avec Radio-France et Public-Sénat une journée entièrement consacrée aux communes dans le cadre de la campagne présidentielle, et tous les candidats à l’élection présidentielle ayant déposé les fameux 500 parrainages seront reçus.

Cf : http://www.amf.asso.fr/document/index.asp?DOC_N_ID=24303&TYPE_ACTU=1

C’est l’occasion de faire entendre pour le mouvement Stop-Linky (Collectifs, associations, particuliers, élus municipaux, etc). En effet, une colère de plus en plus puissante gronde dans toute la France face aux passages en force d’Enedis et de ses sous-traitants qui tentent d’imposer leurs compteurs par la désinformation, les menaces, intimidations, etc.

D’autre part, l’entreprise Enedis (appuyée par les Préfets, qui ne sont donc pas au service des citoyens mais des intérêts industriels) attaque devant la justice administrative les municipalités qui prennent des délibérations pour protéger leurs administrés en interdisant le déploiement des compteurs communicants.

Or, au lieu de soutenir les maires et les conseils municipaux, les dirigeants de l’Association des maires de France prennent fait et cause pour les industriels et pour les compteurs Linky et cie. C’est inacceptable.

D’innombrables citoyens et élus ne veulent pas de ces compteurs communicants qui :

mettent en cause les libertés publiques (captation d’innombrables informations sur la vie privée)
Cf : http://www.ldh-france.org/linky-compteur-communicant-en-dit-beaucoup-notre-vie-privee

mettent en danger la santé des habitants (émissions permanentes d’ondes électromagnétiques), alors que les études officielles sont contestables et contestées
Cf : Criirem http://bit.ly/2m7ohVb et Robin des Toits http://bit.ly/2l2NW0t

nuisent à l’environnement (destruction de 81 millions de compteurs en parfait état de marche)
Cf : http://rmc.bfmtv.com/emission/compteurs-linky-de-veritables-big-brother-a-notre-domicile-962684.html

détournent l’argent des citoyens (qui devrait servir à renforcer le réseau électrique ou à lutter contre la précarité énergétique et non à payer des compteurs communicants chers, fragiles, piratables, etc)
Cf https://blogs.mediapart.fr/ben-lefetey/blog/050516/et-si-les-milliards-du-linky-servaient-lutter-contre-la-precarite-energetique

font augmenter les factures et les abonnements (sauf à s’habituer à vivre en disjonctant vingt fois par jour)
Cf : http://bit.ly/2kDrFtR ou http://bit.ly/1TjMweA

font disfonctionner les appareils de votre logement
Cf : http://bit.ly/2gMUCjS ou http://bit.ly/2lZK4kW

Mais cette colère est à ce jour ignorée par les « autorités » et par la plupart des candidats à l’élection présidentielle. Alors faisons-nous entendre ! Nous demandons le droit pour chaque commune d’interdire le déploiement des compteurs communicants sur son territoire et, lorsque la commune ne prend pas une telle décision, le droit pour les particuliers de refuser ces compteurs…

Pour voir la liste des associations qui soutiennent cet appel : http://refus.linky.gazpar.free.fr/rassemblement-stop-linky-paris.htm

Pour en savoir plus sur le sujet et suivre en direct le nombre de communes ayant refusé le Linky (328 à ce jour) : http://refus.linky.gazpar.free.fr/

Mar 06

LA BOMBE ET NOUS – LE FILM, FINANCER CE PROJET DÉJÀ BIEN AVANCÉ

filmEn une heure et quart, ce film se propose de porter la réflexion sur l’actualité et l’avenir du nucléaire militaire. Dépasser les pensées toutes faites, le prêt-à-porter intellectuel comme les formules lapidaires. Proposer du sens et de la complexité, en somme.

Sommes-nous pris au piège de l’arme nucléaire ? Peut-on vivre sans elle ?

Peut-on penser le monde autrement que par un équilibre de la terreur ?

Est-elle, au contraire, un gage de paix et de stabilité ?

Ces questions autour de l’arme atomique existent depuis la naissance même de l’engin, alimentant les peurs les plus terribles et les discours les plus dangereux. Ceux qui la créèrent manifestèrent très tôt leur hostilité vis-à-vis de la bombe qu’ils avaient mise au point… Paradoxe de cette arme pas comme les autres…

ATTENTION: DATE LIMITE POUR LE FINANCEMENT: 24 MARS 2017 !

À quoi servira votre financement?

Cinquante mille euros ont déjà été investis dans ce film. Ils ont servi à financer les voyages et les tournages de l’équipe de réalisation en France, en Suisse, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas pour interviewer d’anciens généraux qui ont tous eu à faire avec la bombe, d’anciens ministres, des militants pacifistes et d’autres hauts responsables qui ont été impliqués dans le nucléaire militaire ou l’action humanitaire.

Mais on ne peut pas expliquer la bombe sans un retour sur le passé : les circonstances de sa naissance, de son utilisation, la guerre froide et la folle course aux armements qui s’en est suivi. Cela, entre autres, a nécessité des recherches dans les archives cinématographiques d’où nous avons tiré certains passages saisissants, parfois inédits. Nous ne pouvons pas les inclure dans le film et les projeter sans nous acquitter de leurs droits de projection. Ceux-ci se montent à 15.000 euros, c’est le premier palier de notre souscription.

Il nous faut ensuite « polir notre ouvrage« , harmoniser le son, la musique, la voix, les images. En termes techniques le mixage et l’étalonnage auxquels il faut ajouter le générique de fin. Nous avons besoin, pour les financer, de 5.000 euros supplémentaires. Notre deuxième palier se situe donc à 20.000 euros.

Il ne suffit pas qu’un film soit bon, très bon ou même excellent pour qu’il rencontre son public. Il faut assurer sa promotion et sa diffusion, d’autant plus que notre objectif est bien de briser un tabou, celui du nucléaire militaire et de faire en sorte que les citoyens se mêlent enfin de ce qui les regarde. Avant-premières, présentation dans les festivals, dossiers de presse, dépliants, affiches et de nombreux déplacements sont à prévoir.

Notre expérience nous fait estimer ces frais de distribution à 20.000 euros.

Nous avons donc besoin, au total de 40000 euros.

Merci à tous les contributeurs qui nous aideront à mener à bien ce projet

Pour en savoir plus sur les principaux acteurs de ce projet (Jean-Claude Bauduret, Daniel Hofnung, la coopérative « DHR » et le réalisateur : Xavier-Marie Bonnot) et pour participer financièrement, cliquez sur : https://www.zeste.coop/fr/decouvrez-les-projets/detail/la-bombe-et-nous-le-film

Mar 06

LE CAN84 INTERPELLE LA COMMUNAUTÉ SCOLAIRE* : REFUSEZ DE BANALISER LE MAL ET LA VIOLENCE NUCLÉAIRE

CAD’ici quelques jours, les Conseils d’Établissements scolaires sont appelés à organiser un « exercice de crise » et de « confinement » (PPMS) afin de préparer les enfants à s’adapter à une situation de très grand danger pour leur sécurité et leur vie. Le Collectif antinucléaire de Vaucluse (CAN84) interpelle à cette occasion les différents acteurs de la communauté scolaire par un courrier prochainement transmis à chaque partie prenante.

Les établissements scolaires de Vaucluse qui regroupent plusieurs milliers de jeunes et d’enfants se trouvent dans la zone la plus nucléarisée d’Europe. Quelques dizaines de kilomètres à vol d’oiseau les en séparent alors que 56 des 58 réacteurs atomiques de France ont dépassé leur durée initiale d’existence (30 ans) et se trouvent dans un état de déliquescence avancée. Obsolète.
Le nucléaire est le risque majeur artificiel de notre région. Les établissements scolaires et les enfants qui y séjournant se trouvent en première ligne de l’indicible. Et comme en Ukraine et au Japon rien ne peut venir les en préserver sauf à mettre à l’arrêt immédiat et définitif les installations nucléaires.
Dans ces conditions, le rôle de la Communauté Scolaire et des parents est-il ? :

. d’habituer les enfants à accepter l’inacceptable et la terreur ?

. à banaliser le mal et la violence ?

. à faire croire contre toute vérité qu’un bout de scotch autour des fenêtres et rester à l’intérieur d’un local protège de la radioactivité ?

. de faire admettre que les parents devront abandonner leurs enfants à l’école, confinés dans un local unique (et pendant combien de jours et avec quelles denrées de survie) comme le prévoient les plans des autorités ?

. de porter autour du cou – tels les enfants des régions de Fukushima et Tchernobyl – des dosimètres pour mesurer le degré de radioactivité dont leur corps aura été atteint ?

. de mentir en prétendant qu’une pastille d’iode protège de la radioactivité alors qu’elle ne protège que la thyroïde mais aucun autre organe ou tissu et qu’elle doit être absorbée 2 heures avant l’accident ?
Le CAN84 invite la communauté scolaire :
. à intégrer ces terribles éléments dans la réflexion et la préparation de l’exercice dont elle a la charge,
. à refuser d’exposer les enfants aux atteintes radioactives de la destruction atomique artificielle.
. à ne pas concourir à banaliser le mal et la violence
Le CAN84 propose à la Communauté scolaire :

. un « QCM pour béotien » relatif au nucléaire téléchargeable qui peut être utilisé tel quel ou adapté en fonction de l’âge des enfants. (à télécharger sur : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?pages/QCM)

. sa disponibilité pour de plus amples renseignements et/ou animation de réunion d’information
. à répondre au mieux à toute autre interrogation et besoin qu’elle pourrait avoir en la matière

* les Chefs d’Établissement et Enseignants de maternelle, primaire et secondaire et leurs syndicats, les Parents d’élèves et leurs associations, les Psychologues scolaire, les Personnels municipaux de la communauté éducative, et leurs syndicats

http://www.coordination-antinucleaire-sudest.org/

Mar 06

L’UE AUTORISE LE PROJET NUCLÉAIRE « PAKS II » EN HONGRIE

Ue paksLa Commission européenne a approuvé ce lundi l’investissement de la Hongrie, avec le soutien de la Russie, dans la construction de deux réacteurs nucléaires à Paks, près de Budapest, les « distorsions de concurrence » engendrées étant « limitées« .

Cet investissement de 12,5 milliards d’euros, financé à 80% par un prêt russe, est considéré comme « une aide d’État » mais le gouvernement hongrois « a pris des engagements substantiels » pour « limiter les distorsions potentielles de la concurrence« , explique l’exécutif européen dans un communiqué. La Commission européenne avait ouvert fin 2015 une enquête approfondie afin de voir si ce projet, attribué sans appel d’offres et contesté par l’opposition, était viable économiquement et conforme aux règles européennes existantes en matière de concurrence.

Le Kremlin a récemment qualifié cette enquête de « tracasseries gratuites« . Début février, le président russe Vladimir Poutine s’était même dit « prêt à financer » la construction de ces deux réacteurs « à 100%« , à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre Viktor Orban à Budapest.

Le chantier doit en principe commencer en 2018 et le premier réacteur entrer en service en 2023. Ces deux réacteurs sont destinés à remplacer les quatre réacteurs actuellement en fonction sur le site de Paks, construits dans les années 1980 et qui assurent la moitié de la production d’électricité en Hongrie.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/03/06/97002-20170306FILWWW00111-l-ue-autorise-le-projet-nucleaire-paks-ii.php

Mar 06

PRÉSIDENTIELLE : CE QU’ILS PENSENT DU NUCLÉAIRE MILITAIRE ?

présidentielleCommençons par Benoît Hamon interrogé par « Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN) » présidée par Paul Quilès (devenu partisan du désarmement nucléaire après avoir été ministre de la Défense de François Mitterrand en 1985-86). Voici ce que nous apprend son blog : « [Benoît Hamon] a répondu OUI, comme Theresa May devant le Parlement britannique, à la question qui lui était posée : « êtes- vous prêt à donner votre feu vert à une attaque nucléaire capable de tuer des centaines de milliers de personnes, si cela garantissait la sécurité de votre pays ? ».

Dans le même temps, il a rappelé que le concept de dissuasion impliquait que les armes nucléaires ne devaient pas être utilisées en premier. Il a également approuvé la modernisation des deux composantes nucléaires (sous-marins lance engins et forces aériennes), alors que ces opérations coûteuses contredisent l’engagement de la France, qui, en ratifiant le TNP (traité de Non-Prolifération) en 1992, s’est engagée « à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire… »

Il n’a pas évoqué la nécessité d’œuvrer au désarmement pour améliorer la sécurité du monde et n’a pas mentionné les travaux en cours à l’ONU pour aboutir à un traité d’interdiction des armes nucléaires, auquel la France s’est opposée lors d’un récent vote à l’Assemblée générale des nations-Unies.

Outre que ces réponses sont parfois contradictoires, elles témoignent d’une volonté de poursuivre la politique de défense actuelle, qui repose sur un système de dissuasion nucléaire datant du XXème siècle, lourd, dangereux, coûteux et loin d’être crédible. »

La position de Jean-Luc Mélenchon n’a rien à envier à celle de son principal concurrent de gauche : « Le 27 janvier 2012, nous dit Médiapart, Jean-Luc Mélenchon a répondu à un questionnaire soumis par l’Action des citoyens pour le désarmement nucléaire. Il conclut sa lettre par cette affirmation saisissante : « je ne peux m’engager à ne jamais utiliser d’arme nucléaire contre quelque peuple que ce soit ». A-t-on jamais lu ou entendu un représentant de la « gauche de la gauche » parler ainsi ?

La réponse de Jean-Luc Mélenchon à ce questionnaire a été soigneusement pesée. Elle s’inscrit dans une orientation d’ensemble qui exalte « l’amour de la France », qui valorise le rôle de l’État français sur le plan international et prône le renforcement de ses « capacités militaires souveraines ».

Une position qui n’a rien d’étonnant de la part d’un candidat qui se proclame sur une grande chaîne « républicain jacobin ».

« Cette orientation d’ensemble, reprend Médiapart, est totalement étrangère à tout l’éventail des traditions de la « gauche militante », de rupture avec l’ordre établi – qui va de l’antimilitarisme révolutionnaire au pacifisme. Elle est étrangère à toute la tradition anti-impérialiste et anticolonialiste […]. Si Jean-Luc Mélenchon dénonce virulemment l’impérialisme étasunien, il considère en revanche que l’État français n’est pas impérialiste et ne menace aucun peuple.

[…] Il est assez inquiétant de voir avec quelle facilité le chantre de la VIe République endosse l’habit présidentiel de la Ve République. Cette posture a en effet bien des implications : se projeter en chef des armées et héraut de la nation, notamment. »

Du côté d’Emmanuel Macron, pas beaucoup de prises de position pour l’instant, sinon très récentes, comme nous le fait savoir « Zone militaire » :

« M. Macron s’engage à moderniser ses deux composantes (océanique et aéroportées). Or, les travaux allant dans ce sens sont déjà engagés. Au plus peut-on en déduire qu’il n’a pas l’intention de réduire le format des forces stratégiques, contrairement à d’autres responsables politiques (dont certains soutiennent sa candidature), qui proposent de supprimer la composante aéroportée. » Quand à son nouvel allié François Bayrou, le réseau « Sortir du nucléaire » nous indique qu’il est « favorable au maintien de la « dissuasion nucléaire », comme l’indique sa visite à la base de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de l’Île Longue ce 23 janvier. »

Et c’est de nouveau Médiapart qui nous donne la position de Marine Le Pen et de François Fillon dont les postions pour le nucléaire militaire sont en adéquation avec leur engagement droitier : « Tous [les candidats] ou presque entendent conserver et embellir la force de frappe française. Pour Marine Le Pen, « notre concept de dissuasion nucléaire sera réaffirmé et précisé. Il doit demeurer le fondement de notre stratégie de défense et la garantie ultime de la sécurité et de l’indépendance nationale. » Même chose pour François Fillon : il faut « maintenir la force de dissuasion nucléaire et préparer sa modernisation » »…

…Enfin, dans notre précédent article sur les positions des candidats sur le nucléaire civil, nous avions laissé la parole finale à Christian Troadec. Là nous la laisserons à Oscar Temaru, emblématique opposant aux essais nucléaires (la Polynésie française a subi 193 essais nucléaires entre 1966 et 1996) qui salue la décision historique de l’Église protestante maohi qui a décidé de porter plainte contre l’État français au tribunal de La Haye vis-à-vis des essais. « C’est un crime contre l’humanité parce que les essais nucléaires français nous ont été imposés, il y a eu des morts, et il y aura encore les générations futures qui vont souffrir de ces essais nucléaires » (France-Info août 2016).

Article de Christian Pierre

Pour lire la totalité de l’article : https://lepeuplebreton.bzh/2017/03/06/presidentielle-nucleaire-militaire/

Mar 06

LE RETOUR DE LA COURSE À LA DESTRUCTION NUCLÉAIRE

TPDonald Trump va demander au Congrès une augmentation de 54 milliards de dollars des dépenses de défense (19 milliards de plus, en fait, que ce qui était prévu par Obama) sur un budget total avoisinant les 600 milliards. Cette augmentation, note « The Economist », ne permettra ni de financer les 350 navires de guerre supplémentaires, ni les avions de combat, ni l’augmentation des effectifs des armées annoncés par le président américain. Mais, surtout, elle ne permettra pas de moderniser l’arsenal nucléaire, alors que Trump a laissé entendre qu’il était prêt à relancer la course à la destruction atomique.  
Lors d’une conversation téléphonique avec Trump, Vladimir Poutine lui avait proposé de prolonger de cinq ans après son expiration, en 2021, le « nouveau traité de réduction des armes stratégiques » (New Start). Ce que n’a pas compris son homologue américain. Pour lui, c’était un mauvais accord à la Obama : le traité vise à réduire, pour chaque pays, à un maximum de 1.550 le nombre de têtes de missiles nucléaires stratégiques sur 700 lanceurs déployés.  
« Ce traité, affirme le magazine,  est clairement dans l’intérêt des États-Unis, et pas seulement de la Russie ». Si Trump confirme le retrait des négociations Start, les Russes auront des années d’avance sur les Américains, car ils ont déjà largement modernisé leurs forces nucléaires. Or le financement pour les États-Unis d’une modernisation (400 milliards de dollars d’ici à 2026) est loin d’être assuré. Sans oublier qu’en cas de retrait américain de Start, il sera difficile de faire revenir les Russes dans l’autre grand traité (INF) visant à l’élimination des missiles de croisière et balistiques lancés à partir du sol. Encore une fausse bonne idée à la Trump.   

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0211848394430-le-retour-de-la-course-a-la-destruction-nucleaire-2069843.php

Mar 05

EXEMPLES PARMI LES NOMBREUSES ACTIONS EN FRANCE DANS LES PROCHAINS JOURS

ManifsMardi 7 mars 2017 à 10h

INALCO 65, rue des Grands Moulins 75013 PARIS Amphi 1, 10h-12h.

Conférence par Shinzo KIMURA, spécialiste de la santé publique sur les radiations sur la situation des réfugiés de l’accident de Fukushima.

Mercredi 8 mars 2017 à 20h00

Maison des Associations 6, cours des Alliés (derrière le 4bis) Métro Charles de Gaulle, RENNES

Pourquoi et comment soutenir une transition énergétique citoyenne sur L’ÎLE DE SEIN en faisant face au monopole d’EDF ?

Soirée-débat avec Patrick Saultier, directeur de la société Île De Sein Énergies.

Vendredi 10 mars 2017 à 18h

Devant la sous-préfecture de Montargis (45) le 10 mars 2017 à 18h.

Une bougie pour les victimes d’hier et de demain.

Allumer des bougies, lecture de textes et dépôt de fleurs.

Organisé par EELV du Gâtinais et SDN bgp.

Vendredi 10 mars 2017, à 19h30

Scène Nationale d’Aubusson Avenue des Lissiers, AUBUSSON (23).

Tchernobyl, si loin si proche (Cinéma Documentaire).

Spectacle filmique à propos de la chronique de vie de deux paysans, habitants de la région de Tchernobyl.

Samedi 11 mars 2017 à 14h30

Manifestation, départ à 14 h30 place de la République, PARIS.

Manifestation commençant par 5mn de recueillement en soutien à la population de Fukushima puis manifestation jusqu’à Beaubourg avec des banderoles et tracts, prises de parole sur les thèmes :

. contre le retour forcé des populations en zone contaminée.

. contre les Jeux Olympiques de Tokyo de 2020.

. pour l’arrêt du nucléaire en France.

Samedi 11 mars 2017 à 11h

GIEN (45) – Centre, de 11h à 13h.

Tous sur le pont pour l’arrêt du nucléaire

Tractage, banderoles, commémoration de la catastrophe de Fukushima, appel à mobilisation régionale pour l’arrêt du nucléaire. Le tract détaillé est sur le site de notre groupe. L’événement concerne les départements suivants : 18, 45, 89 et 59.

Samedi 11 mars 2017 à 20h

À 20h au cinéma l’Odyssée 3, rue des Francs Bourgeois, STRASBOURG (67).

Film  » La Supplication  » suivi d’un débat.

La Supplication (Voices from Chernobyl) de Pol Cruchten.

D’après le livre de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015 Synopsis : « Ce film ne parle pas de Tchernobyl, mais du monde de Tchernobyl dont nous ne connaissons presque rien ».

Samedi 11 mars 2017 à 9h

Salle des fêtes de 9h à 14h, POMEVIC (82).

Stage/FORMATION de militants de surveillance de la radioactivité.

Stage avec Roland Desbordes de la CRIIRAD en vue de créer un réseau de militants de surveillance autour de Golfech, suivi de 15h à 18h30 d’une coordination.

Samedi 11 mars 2017 à 20h

Salle des fêtes 20h, POMMEVIC (82)

Soirée débat crise du nucléaire en France et Fukushima.

Projection et débat autour de la crise du nucléaire en France, de la suite des incidents de Golfech, des problèmes de Fukushima. Avec des militants de la coordination.

Samedi 11 mars 2017 à 14h30

14h30 en haut du tunnel (place des Jacobins), Le Mans (72).

Commémoration de Fukushima, annonce de la mobilisation du 8/04 à St laurent des Eaux.

Déploiement de banderoles sur la passerelle au-dessus du tunnel et autour du rond-point.

Distribution de tracts annonçant et invitant à la mobilisation du 8 avril à Saint-Laurent-des-Eaux « .

Samedi 11 mars 2017 à 10h

Cours Foch, Aubagne (13)  10h – 12h.

Nucléaire : cancer et ruine.

Des panneaux qui écrivent « les centrales nucléaires » et qui donnent ensuite « les cancers et la ruine » sont brandis pour animer un stand (brochures, tracts).

Samedi 11 mars 2017 à 14h

14h : Rassemblement devant la Maison de la Région Grand Est (Place Adrien Zeller), STRASBOURG.

Bus depuis Luxembourg pour la manifestation de Strasbourg (Luxembourg, Metz, Thionville pour Strasbourg).

Nous vous invitons toutes et tous à nous rejoindre le 11 mars à Strasbourg pour une grande manifestation régionale, puis le 12 mars à Fessenheim, pour dire stop au nucléaire et exiger une vraie transition énergétique !

Venez nombreux dire NON à la nucléarisation du grand Est et OUI à la fermeture de Fessenheim.

Plus de détails sur : http://www.sortirdunucleaire.org/Rasemblement-europeen-a-Strasbourg

Cette mobilisation se poursuivra devant la centrale de Fessenheim le dimanche 12 mars, à Fessenheim.

Samedi 11 mars 201 à 16h

Parvis SUD de la ZAC Coty Le Havre à 16h.

Rassemblement et conférence

Le 11 mars 2011 marque le début de la catastrophe nucléaire de FUKUSHIMA.

En France, les pouvoirs publics persistent à promouvoir et prolonger cette filière sans qu’aucune solution n’apparaisse quant au démantèlement des vieilles centrales et à la gestion des déchets radioactifs.

Tous les détails sur : http://www.sortirdunucleaire.org/Rassemblement-et-conference

Samedi 11 mars 2017

TOUS SUR LE PONT POUR L’ARRÊT DU NUCLÉAIRE !

Par le groupe régional Sortir du nucléaire Loire et Vienne.

À l’occasion de la commémoration de la catastrophe de Fukushima.

Les groupes locaux pour l’information et l’action autour de la sortie du nucléaire se mobilisent au fil de la Loire.

Entre Belleville sur Loire (18) et Dampierre (45) :

http://sdn-berry-puisaye.webnode.fr/

À Blois (41) :

http://sdn41.fr/

À Tours et Chinon (37) :

À Angers (49) :

http://sdn49.hautetfort.com/

Au Mans (72) :

http://www.sdn72.org/event/tout-le-monde-sur-le-pont/

À Poitiers (86) :

À Nantes (44) :

https://sdn44.wordpress.com/

Plus de détails sur ces sites ainsi que sur : http://www.sortirdunucleaire.org/Action-regionale-Tous-sur-le-pont-pour-l-arret-du

Et plein d’autres manifestations après le 11 mars, à voir sur :

http://www.sortirdunucleaire.org/Agenda

Mar 05

PRINTEMPS 2017 : FAITES FLEURIR LES ACTIONS !

Fleuris actionsEn 2016, l’état désastreux de l’industrie nucléaire a été révélé au grand jour : malfaçons et falsifications scandaleuses à l’usine Areva du Creusot, endettement et investissements hasardeux… Même l’Autorité de sûreté nucléaire a qualifié la situation de « très préoccupante » !

À l’heure où il devient urgent d’investir dans les économies d’énergie et les renouvelables, l’industrie nucléaire nous menace et gaspille des milliards d’argent public !

Il est grand temps d’arrêter les frais !

Alors que la campagne pour les présidentielles battra son plein, le printemps 2017 sera le moment propice pour ramener le nucléaire au cœur du débat.

Profitons-en : portons haut et fort nos revendications pour l’arrêt des vieux réacteurs et du chantier de l’EPR, l’abandon de l’enfouissement des déchets radioactifs et pour l’abolition de l’arme nucléaire !

Pendant cette période, multiplions les actions, en particulier lors des anniversaires de Fukushima et Tchernobyl ! Rappelons-le de toutes les façons possibles : pour éviter une nouvelle catastrophe, il faut arrêter de foncer droit dans le mur et changer de cap !

http://www.sortirdunucleaire.org/Printemps-2017-faites-fleurir-les-actions

Mar 05

LIVRE : UNE AFFAIRE ATOMIQUE DE VINCENT CROUZET

Une affaire atomiqueUn appel téléphonique propulse le romancier Vincent Crouzet au cœur d’un extraordinaire scandale d’État : l’affaire UraMin, soit l’acquisition par Areva en juin 2007 de trois gisements inexploitables d’uranium pour l’extravagant prix de 1,8 milliard d’euros.
Dix ans après, Areva est en cours de démantèlement et le dossier UraMin dans les mains de la justice. Vincent Crouzet a décidé de raconter ce qu’il sait vraiment de ce coup de maître exceptionnel, unique par la hauteur des montants détournés, par la qualité des personnalités mises en cause, par son caractère emblématique : un acte de piraterie de la finance internationale sur un vaisseau amiral français dans un domaine stratégique, celui de l’énergie.
C’est un voyage sur des terres lointaines et dangereuses, là où l’on extrait de l’uranium, c’est un cheminement sur le territoire opaque de l’atome, c’est aussi une fascinante histoire d’espionnage et de pouvoir.
Bienvenue dans un monde radioactif.
Un témoignage unique, un document explosif qui se dévore comme un thriller.

Vincent Crouzet : Diplômé de Sciences-Po Grenoble, après une école d’officiers de réserve, Vincent Crouzet a pris des chemins de traverse dans la brousse africaine auprès de mouvements de guérillas. De ces expériences de terrain, il est devenu un expert des zones de crise, proche des services de renseignement. Aujourd’hui écrivain, il a publié cinq romans d’espionnage et des nouvelles pour adolescents. Il signe avec Une affaire atomique son premier livre de narrative non-fiction.

Parution : 19 Janvier 2017, Format : 153 x 240 mm, Nombre de pages : 464
Prix : 21,50 € chez votre libraire préféré

http://www.laffont.fr/site/une_affaire_atomique_&100&9782221197738.html

Mar 05

AREVA/GRÈVE: 35 CONTRATS DE TRAVAIL SUSPENDUS

Mavési grèvePlusieurs contrats de travail de salariés ont été suspendus sur le site de production d’Areva NC Malvési à Narbonne, où un conflit social est en cours depuis quelques semaines, a-t-on appris samedi auprès de la direction et de la CGT. Pour expliquer « la suspension de 35 personnes« , le directeur du site Stephan Jolivet a invoqué « la sécurité ».
Il a parlé à l’AFP du risque de débordement des cuves en raison de la grève observée une à quatre heures par jour.

Areva NC Malvési (Aude) transforme du concentré minier en UF4, la première étape du combustible nucléaire.

Selon Stephan Jolivet, les contrats de 30 autres salariés de production n’ont en revanche pas été suspendus car ils ont « été requis pour la surveillance des installations« .
Enfin, toujours selon Stephan Jolivet, les représentants syndicaux, dont les contrats sont suspendus, « ont librement accès aux installations et toucheront leurs salaires« .
Cette version est contestée par la CGT. D’abord, le syndicat nie tout problème de sécurité. Ensuite, si elle admet que quelques personnes ont bien été maintenues pour des raisons de sécurité, la CGT affirme que la majeure partie des 95 salariés de la production sont suspendus, y compris les représentants du personnel.

Vincent Morgan de Rivery, responsable CGT, a adressé à l’AFP une copie de sa lettre de suspension qui précise qu’il ne pourra « prétendre à aucune rémunération ni à aucune indemnité de quelque nature que ce soit« . Un référé devait être déposé devant le tribunal de Narbonne en milieu de semaine, a indiqué Vincent Morgan de Rivery.
L’origine du conflit est aussi l’objet d’un désaccord. Pour la direction, il porte sur la revendication d’une prime devant compenser un intéressement inférieur aux autres sites.
À Narbonne, les salariés n’ont reçu pour 2016 que 3,7% d’intéressement, soit « 1.500 à 2.000 euros par salarié », l’année n’ayant « pas été bonne en terme de sécurité et de productivité« , a précisé le directeur. « En raison de la situation du groupe qui doit être recapitalisé par l’État à hauteur de 4 milliards, l’idée d’une prime paraît disproportionnée« , a ajouté M. Jolivet, qui se dit prêt à discuter d’objectifs moins élevés pour 2017 afin de garantir un meilleur intéressement.

La CGT affirme de son côté revendiquer « un engagement fort sur l’emploi avec le maintien de l’activité sur le site pendant toute la période de transition« . Le syndicat s’inquiète de la période « 2018-2020 » pendant laquelle le site de Pierrelatte (Drôme), « seul client » de l’usine de Narbonne, risque de ne pas avoir les capacités pour accueillir la production audoise en raison de retards de construction.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/03/04/97002-20170304FILWWW00072-arevagreve-35-contrats-de-travail-suspendus.php

Mar 05

DÉCHETS NUCLÉAIRES : ALERTE AUX REMBLAIS RADIOACTIFS !

remblaisDes taux supérieurs à la normale ont été relevés près d’anciennes mines dans toute la France. 

Avant que la dernière ne ferme en 2001, la France comptait jusqu’à 200 mines d’uranium réparties dans 25 départements. L’Hexagone en subit encore aujourd’hui les conséquences. «Des sites théoriquement décontaminés par Areva présentent une radioactivité 10 à 50 fois supérieure à la normale», a accusé vendredi la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), qui a effectué des contrôles radiamétriques autour de plusieurs anciens lieux d’extraction.

D’après cette association écologiste, (NDLR du Réseau SDN : la CRIIRAD n’est pas une association écologiste MAIS une « association à but non lucratif qui défend le droit à l’information sur la radioactivité et le nucléaire, et à la protection contre les dangers des rayonnements ionisants.« ),180 millions de tonnes de roches faiblement radioactives ont été déblayées lors des opérations d’extraction de l’uranium, ce minerai utilisé dans les centrales nucléaires. Les déblais ont été disséminés dans le passé sur des centaines de sites dans l’Hexagone.

Les déblais ont été utilisés pour construire chemins ou parkings

 «Bien que radioactifs, ils ont été réutilisés pour la construction de plates-formes, chemins, routes, parkings […], exposant le grand public à des doses de radiations significatives», affirme la Criirad, qui a mené une enquête de terrain avec des membres du collectif Mines d’uranium. Les militants ont ciblé des sites où Areva était censé avoir mené des travaux d’assainissement. Exemple en bordure de zones décapées par Areva en décembre sur des chantiers situés en Loire-Atlantique : «Le taux de radiation en contact du sol reste 30 fois supérieur à la normale sur un chemin de la commune de Guérande qui conduit à un gîte et 50 fois sur un parking de la commune de Piriac-sur-Mer», affirment les associations. Dans la Loire, c’est «un centre de loisirs qui n’a pas été assaini correctement» d’après la Criirad. Et dans le Puy-de-Dôme, les contrôles des militants associatifs ont montré une «radioactivité 20 fois supérieure à la normale» devant une grange.

Areva ne voit pourtant rien d’alarmant à ces résultats. «Il n’y a aucun risque pour la santé car nous respectons les règles de nettoyages que nous fixe l’Autorité de sûreté nucléaire et prenons en compte l’impact dosimétrique du site, une fois traité, en fonction de scénarios d’exposition réalistes de la population, explique un porte-parole de l’entreprise. On sait très bien qu’une personne ne vit pas 24 heures sur 24 sur un parking ou sur un chemin.»

 «En matière d’exposition, plus on augmente les doses de rayonnement reçues par l’organisme, plus on accroît les risques sanitaires, souligne Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la Criirad et ingénieur en physique nucléaire. Ces remblais resteront radioactifs pendant des milliards d’années et rien ne justifie que l’on en laisse traîner derrière nous, devant des maisons ou dans la cour d’un restaurant

http://www.criirad.org/actualites/dossier2012/mines/declaration_commune_cmu.pdf

Source : http://www.leparisien.fr/environnement/dechets-nucleaires-alerte-aux-remblais-radioactifs-04-03-2017-6731340.php

Mar 04

À FUKUSHIMA, MÊME LES ROBOTS NE SURVIVENT PAS A L’INTENSITÉ DES RADIATIONS

Fuku robotsLes robots envoyés sur le site nucléaire de Fukushima par la société Tepco ne sont pas assez résistants face à l’intensité des radiations : quatre appareils nettoyeurs n’ont pas réussi à aller au bout de leur mission.
Six ans après la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011, le démantèlement du site de Fukushima se profile pour 2021. Mais pour l’heure, la priorité est à la collecte de données, rendue possible grâce à des robots. Spécialement conçus pour se déplacer sous l’eau et chercher des barres de combustibles fondues dans les enceintes de confinement des réacteurs, les robots sont censés pouvoir résister aux radiations pendant plusieurs heures. Mais la tâche s’avère compliquée : tous les robots envoyés sont morts en cours de route, avant même d’avoir achevé leurs investigations. 
Abandons à répétition
Ainsi, le 10 février dernier, un appareil n’a tenu que deux heures avant de tomber en panne, rapporte le Japan Times <http://www.japantimes.co.jp/news/2017/02/17/national/fukushima-fuel-removal-quest-leaves-trail-dead-robots/#.WLmfyW_hBaQ> . Une semaine plus tard, c’est le robot Scorpion, envoyé dans le réacteur numéro 2, qui a été bloqué par des débris. Les scientifiques ont fini par sectionner le câble auquel il était relié. Avant Scorpion, deux autres robots ont, eux aussi, été abandonnés. En cause : des radiations trop intenses. « Dès qu’ils s’approchent des réacteurs, les radiations détruisent leurs câbles électriques et les rendent ainsi inutilisables« , explique à l’agence Reuters <http://europe.newsweek.com/robots-sent-fukushima-have-died-435332?rm=eu> , Naohiro Masuda, responsable du démantèlement de Fukushima chez Tepco, opérateur de la centrale de Fukushima. Voir en image, à quoi ressemblait l’expédition du robot Scorpion : http://mashable.france24.com/monde/20170303-fukushima-robots-nucleaire-radiations
Des records de radioactivité
Malgré ces échecs, les robots ont pu révéler plusieurs observations. Un trou d’un mètre de côté a par exemple été découvert dans l’enceinte de la cuve qui contient le cœur du réacteur numéro 2. Des niveaux records de radiations y ont également été enregistrés : dans certains endroits de l’enceinte de confinement, les taux de radiations s’élèvent à 530 sieverts par heure <http://www.france24.com/fr/20170202-japon-nucleaire-fukushima-centrale-niveau-record-radiation-mort-instantanee> . Exposé à une telle radioactivité, un homme mourrait quasi instantanément. Naohiro Masuda explique vouloir encore envoyer un autre robot dans deux mois, au sein du réacteur numéro 1.
Dans ce contexte encore très incertain, l’Autorité de régulation nucléaire japonaise entend suivre sa feuille de route, et débuter le démantèlement dans quatre ans. Un processus qui durera une quarantaine d’années et coûtera des dizaines de milliards de dollars. Sans oublier l’enjeu de la décontamination.

La compagnie aérienne low-coast sud-coréenne Jeju Air a annoncé mardi 28 février qu’elle n’emprunterait pas l’aéroport de Fukushima par crainte des radiations. (http://www.japantimes.co.jp/news/2017/03/01/national/south-koreas-jeju-airlines-forgoes-fukushima-airport-due-radiation-fears/#.WLjVwRJ97OQ)

Source : http://mashable.france24.com/monde/20170303-fukushima-robots-nucleaire-radiations

Mar 04

FUKUSHIMA : 6 ANS APRÈS, PAS DE RETOUR À LA NORMALE

FuLa catastrophe nucléaire de Fukushima, c’était il y a six ans déjà. Et la catastrophe est toujours en cours : les fuites radioactives se poursuivent et des milliers de personnes ont été déplacées. Le gouvernement japonais veut les contraindre à rentrer chez elles alors que beaucoup de zones sont encore contaminées. C’est le cas des habitants de la région d’Iitate.

En novembre 2016, Greenpeace a mené une campagne de mesure de niveaux de radiation à Iitate, village situé à environ 35 km de Fukushima, et dans ses environs.
Les chiffres de cette enquête ont été révélés la semaine dernière par Greenpeace, dans son rapport « No return to normal ».

Les résultats sont très inquiétants : des valeurs relativement élevées de rayonnements, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des maisons d’Iitate, montrent un risque inacceptable d’exposition pour les citoyens s’ils y retournent. Dans certaines maisons, les doses de radiation mesurées sont cinq fois supérieures aux doses internationales maximales recommandées.

Or, le gouvernement japonais entend lever l’ordre d’évacuation de la région d’Iitate à la fin du mois de mars et supprimer les compensations financières un an plus tard. Cela signifie que les habitants de la région seront financièrement contraints de retourner vivre dans une zone qui est pourtant toujours dangereuse pour leur santé.

Rappelons que l’impact radiologique de l’accident de Fukushima s’étendait sur un périmètre de 100 km. En ce qui concerne la catastrophe de Tchernobyl, le périmètre était de 300 km.

Pourtant en France, aucune leçon ne semble avoir été tirée de ces accidents nucléaires. En effet, il existe un véritable vide juridique sur les plans particuliers d’intervention (PPI), qui sont aujourd’hui délimités de façon arbitraire et systématique par les autorités préfectorales à 10 kilomètres alors qu’aucun texte ne prévoit de seuil.

Si la ministre Ségolène Royal avait annoncé, en avril dernier, vouloir étendre le PPI de 10 à 20 km, il n’y a pour le moment qu’une circulaire adoptée et pas de décret d’application publié. Le calendrier reste inconnu et Greenpeace tient à souligner qu’un PPI, même élargi à 20 km, reste trop restreint.

Et pourtant, un accident du type Fukushima peut survenir en France : le parc nucléaire français est vieillissant et dangereux, d’autant plus que 30 réacteurs sont vérolés par une centaine d’anomalies graves. Et EDF n’a plus les moyens d’investir dans la sûreté nucléaire

Greenpeace continue d’exiger une extension des PPI à au moins 80 km autour des centrales et une extension de la zone de prédistribution des comprimés d’iode à au moins 100 km.

Consultez la carte de France pour visualiser les zones PPI en comparaison avec les zones de Fukushima et de Tchernobyl.

http://energie-climat.greenpeace.fr/fukushima-6-ans-apres-pas-de-retour-a-la-normale

Mar 03

POURQUOI LE REDÉMARRAGE DE FESSENHEIM 2 EST-IL REPOUSSÉ À FIN JUILLET ?

Fessenheim repousséLe réacteur n°2 de Fessenheim (Haut-Rhin) est arrêté depuis mi-juin 2016 en raison d’un défaut sur un générateur de vapeur. Son redémarrage est repoussé de quatre mois à fin juillet pour permettre la poursuite de l’instruction technique, a indiqué EDF vendredi 3 mars 2017.
Fessenheim 2 a été stoppé en raison d’une anomalie sur la virole basse d’un générateur de vapeur, décelée à la suite d’un audit mené à la forge du groupe nucléaire Areva au Creusot, en Saône-et-Loire. En effet, des irrégularités ont été constatées dans des dossiers de suivi de fabrication de grands composants nucléaires.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a soumis à EDF des questions complémentaires dans le cadre de l’instruction destinée à démontrer la sûreté du réacteur.
Conséquence : « La préparation des éléments de réponse et leur instruction par l’autorité de sûreté nous conduisent à envisager le redémarrage de l’unité n°2 de Fessenheim au 31 juillet« , a indiqué un porte-parole de l’électricien public à l’AFP. La remise en service était jusqu’ici fixée à fin mars.
« Cette date est susceptible d’évoluer« , a poursuivi le porte-parole, en précisant que « les analyses consistent surtout à réaliser des calculs très poussés en prenant en compte les propriétés de matériaux et divers scenarii de fonctionnement« .
« Nous sommes confiants dans notre capacité à apporter la démonstration nécessaire au redémarrage de l’unité de production n°2« , a-t-il assuré.
http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/saone-et-loire/le-creusot/nucleaire-pourquoi-redemarrage-fessenheim-2-est-il-repousse-fin-juillet-1206929.html

Mar 03

RASSEMBLEMENTS ANTINUCLÉAIRES À STRASBOURG LE 11 MARS ET À FESSENHEIM LE 12 MARS 2017

StrasbourgStrasbourg le 11 mars à 14h : Maison de la Région Grand Est (Place Adrien Zeller) Si vous avez une poussette, apportez-la !

Fessenheim le 12 mars à 10h30 : rassemblement devant la centrale nucléaire

Toutes et tous contre la nucléarisation du Grand Est et pour la fermeture de Fessenheim !

Six ans après l’accident de Fukushima, le gouvernement français n’a toujours pas enclenché la transition énergétique qu’il promettait.

Celle-ci devait commencer par la fermeture de Fessenheim, la doyenne des centrales nucléaires françaises, qui menace toute une région européenne. Pourtant, cette promesse de campagne de François Hollande n’a pas été tenue et la fermeture est loin d’être acquise, le gouvernement ayant refusé de tenir tête à EDF !

En parallèle, l’industrie nucléaire, telle une pieuvre, a étendu ses tentacules sur la région Grand Est. Aux sites de stockage de déchets déjà construits se rajoutent de nombreux projets, dont le projet Cigéo d’enfouissement en profondeur des déchets les plus radioactifs, à Bure dans la Meuse.

Qu’allons-nous laisser à nos enfants ? De la radioactivité en héritage ?

C’est pourquoi nous vous invitons toutes et tous à nous rejoindre le 11 mars à Strasbourg pour une grande manifestation régionale, puis le 12 mars à Fessenheim, pour dire stop au nucléaire et exiger une vraie transition énergétique !

Au programme :

Samedi 11 mars, à Strasbourg

14h : Rassemblement devant la Maison de la Région Grand Est (Place Adrien Zeller)

14h30 : Manifestation – Départ du cortège

15h15 : Passage sur la Place de la République (dépôt de gerbe, minute de silence pour les victimes du nucléaire et prises de parole)

16h30 : Arrivée Place Kléber (musique, fresque, prises de parole, stand, animations…)

19h : Autour de bougies, Place Kléber, nous nous inclinerons à la mémoire des victimes de Fukushima, de Tchernobyl et du nucléaire.

En soirée à 20h : Projection-débat au cinéma Star – Saint Exupéry de Strasbourg, film « Déchets radioactifs – 100.000 ans sous nos pieds » et témoins de la lutte contre CIGÉO

Cette mobilisation se poursuivra devant la centrale de Fessenheim :

Dimanche 12 mars, à Fessenheim

10h30 : rassemblement devant la centrale nucléaire

11h : manifestation, départ du cortège

13h – 16h : retour devant la centrale pour des animations, stands, repas…

Contacts : stopfessenheim@gmail.com

andre.hatz@wanadoo.fr

tél. +33 3 88 08 00 27

gsm +33 6 82 02 69 79

http://sortirdunucleaire.org/Rassemblement-anti-nucleaire-les-11-et-12-mars

Mar 03

ACTION ANTI-NUCLÉAIRE À LYON LE 18 MARS

18 mars LyonLYON : à l’appel de la coordination Stop Bugey, une grande action contre le nucléaire de 13h à 17h sur les ponts lyonnais, et à 17h30 Place Pradel.

La centrale nucléaire du Bugey aux portes de Lyon a presque 40 ans d’âge comme celle de Fessenheim. Cette centrale est vieille, elle était prévue pour un fonctionnement pendant 30 ans.

4 vieux réacteurs sont encore en fonctionnement et le centre ICEDA « plaque tournante » de déchets nucléaires sera bientôt en service.

Un danger permanent pour toute la région lyonnaise.

Les incidents se succèdent : fuites radioactives à répétition, des vannes qui dysfonctionnent, des appareils de mesure défectueux, etc. Le réacteur 5 avec une enceinte de confinement non étanche ne satisfait plus aux normes de sûreté nucléaire : il est à l’arrêt depuis 1 an et demi. Les réacteurs 2, 3 et 4 comportent des pièces non conformes à la sûreté, suite aux falsifications des fabricants (Creusot Forges et Japan Casting and Forging Corporation). La sûreté nucléaire n’est qu’un mythe.

Cette centrale comme toutes les autres rejette en permanence des produits radioactifs et chimiques qui contaminent notre environnement.

Les conditions d’un accident grave sont réunies …

Le nucléaire nous menace et nous ruinera.

Comme toute l’industrie nucléaire, EDF est en grande difficulté financière. L’arrêt d’un réacteur pour maintenance, c’est une perte de plus d’un million d’euros par jour.

EDF privilégie de plus en plus la production au détriment de la sûreté.

En janvier, l’Autorité de Sureté Nucléaire en acceptant le redémarrage du réacteur 4 comportant de graves malfaçons, a renié son rôle et a cédé à la pression d’EDF.

En cas d’accident au Bugey, le nuage radioactif sera sur Lyon en quelques minutes, les rejets radioactifs arrivés dans le Rhône pollueront les réserves d’alimentation en eau potable pour Lyon en quelques heures !!! On ne pourra pas évacuer les millions de Lyonnais touchés ; la plupart devront vivre en zone contaminée, les enfants avec des dosimètres comme à Fukushima.

Sommes-nous prêts à l’accepter ? NON

Nous exigeons l’arrêt immédiat de la centrale du Bugey et nous vous appelons à agir pour éviter une catastrophe nucléaire.

https://rebellyon.info/Action-anti-nucleaire-a-Lyon-le-18-mars-17529

Mar 03

VERS UNE COOPÉRATION NUCLÉAIRE ENTRE LA RUSSIE ET LE JAPON?

RussieTokyo compte sur un dialogue efficace entre la Russie et le Japon pour éliminer les conséquences de l’accident nucléaire de la centrale Fukushima-1.

D’après le représentant de l’Agence japonaise pour les ressources naturelles et l’énergie Satoru Toemoto, cité par des médias russes, le gouvernement japonais serait très intéressé par une coopération avec des spécialistes russes afin d’éliminer les conséquences de l’accident nucléaire de la centrale Fukushima-Daiichi endommagée le 11 mars 2011.

Poutine salue le rôle d’Abe dans les relations russo-japonaises

Selon lui, les Russes disposent d’une riche expérience dans ce domaine.

Satoru Toemoto a ajouté que, lors des négociations entre Vladimir Poutine et Shinzo Abe au Japon les 15 et 16 décembre derniers, les leaders des deux pays avaient discuté de la possibilité d’élaborer des solutions technologiques pour surmonter les conséquences de cet accident.

D’après le groupe nucléaire public russe Rosatom, au cours de ces pourparlers, les parties ont signé un mémorandum sur la coopération concernant l’usage pacifique de l’énergie nucléaire.

https://fr.sputniknews.com/international/201703021030303391-cooperation-nucleaire-la-russie-le-japon/

Mar 03

NUCLÉAIRE : LES BONS ET MAUVAIS POINTS DE L’INSPECTION D’EDF

EDFAu chapitre des faiblesses d’EDF, l’inspecteur général pointe une nouvelle fois les non-qualités de maintenance, dont le nombre croît même si leur gravité se réduit. « Je suis troublé par le décalage entre l’ampleur des efforts et la persistance de trop nombreuses non-qualités de maintenance. Manifestement, un seuil doit être franchi », écrit François de Lastic. Après de mauvaises performances opérationnelles en 2012 et 2013, EDF avait engagé un plan de redressement, qui n’a que partiellement atteint sa cible.

Vers une simplification du fonctionnement d’EDF ?

François de Lastic appelle aussi à un chantier de simplification du fonctionnement d’EDF. « Dans les sites ou les centres d’ingénierie, les personnes rencontrées se plaignent de l’excès de procédures et des prescriptions, de la complexité des instances décisionnelles qui nuisent à la qualité de leurs tâches », pointe le rapport, qui suggère de « prioriser » les actions. Des critiques là aussi récurrentes.

Le message est également adressé à l’Autorité de sûreté nucléaire, l’inspecteur général se plaçant comme un quasi-médiateur pour améliorer les relations entre l’exploitant et le régulateur. « Ne voir la sûreté qu’à travers les textes, c’est courir à l’échec », plaide-t-il dans un appel à « échanger ». Un vœu que les arrêts pour contrôle sur les réacteurs cet hiver ont déjà mis à l’épreuve.

Pour lire la totalité de l’article :
https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211846280856-nucleaire-les-bons-et-mauvais-points-de-linspection-dedf-2069485.php#FjmJk8hpooHA7Rt7.99

Mar 02

CENTRALE DE GOLFECH : UN RÉSEAU MILITANT RELÈVERA « QUOTIDIENNEMENT LE TAUX DE RADIOACTIVITÉ »

GolfechL’association agenaise Stop Golfech organise, les 10 et 11 mars, une soirée d’information et un stage de formation pratique. Certains citoyens pourront mesurer, eux-mêmes, la radioactivité à proximité de l’installation

L’incident du 19 octobre dernier n’y est pas étranger. A cette date, la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a rejeté des substances radioactives dans l’air, conduisant au dépôt de plainte de neuf associations contre le manque d’information au public.

Vendredi 10 mars, l’association Stop Golfech organise une grande soirée de projection, information et débat, de 18 h 30 à 23 heures, salle Picasso à Agen, en présence de Roland Desbordes président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD).

Le lendemain, un stage de formation pratique afin de créer un réseau de surveillance militant se déroulera à la salle des fêtes de Pommevic (82). Monique Guittenit et André Crouzet, de Stop Golfech expliquent :

« L’objectif est d’équiper des citoyens avec des radex (…) pour relever quotidiennement le taux de radioactivité dans l’air. En cas d’anomalie, les résultats seront directement transmis à la CRIIRAD qui pourra se déplacer pour effectuer des analyses plus pointues sur place. »

Ce réseau militant de surveillance autour de Golfech serait une première en France.

http://www.sudouest.fr/2017/03/02/centrale-de-golfech-un-reseau-militant-relevera-quotidiennement-le-taux-de-radioactivite-3241861-3603.php

Mar 02

PYONGYANG AGITE SON « SABRE NUCLÉAIRE DE JUSTICE »

manoeuvresLes exercices militaires américano-sud-coréennes organisées chaque année en mars déclenchent l’ire de Pyongyang, qui menace de « mesures de rétorsion les plus sévères ».

Dans les médias d’État, le régime de Pyongyang menace, ce jeudi, Séoul et Washington de « mesures de rétorsion les plus sévères » après l’enclenchement, cette semaine, non loin des frontières nord-coréennes de gigantesques exercices militaires conjoints associant les armées sud-coréenne et américaine. « Tant que l’impérialiste américain et la marionnette sud-coréenne lanceront des exercices de guerre d’invasion sous notre nez, nous ferons face avec des contre-mesures les plus sévères, comme on l’a promis », a martelé, dans un communiqué, l’état-major général de l’Armée populaire de Corée (APC). Le texte diffusé par les médias d’État promet encore « d’écraser la chienlit de la guerre atomique des envahisseurs par notre sabre nucléaire de justice ».

Chaque année, depuis des décennies, l’organisation de ces manœuvres baptisées « Foal Eagle », qui impliquent, sur deux mois, plus de 300.000 militaires, fait monter la tension dans la région. Régulièrement, Pyongyang réagit à ces exercices, qui vont jusqu’à simuler une attaque de la capitale nord-coréenne, en enclenchant, à son tour, une série de manœuvres militaires susceptibles d’agacer ses « ennemis ». Les experts s’attendent ainsi à de nouveaux tirs de missiles nord-coréens dans les prochaines semaines.

Refusant de voir dans leurs exercices une « provocation », les gouvernements américain et sud-coréen assurent qu’ils n’entraînent leurs troupes qu’à des opérations défensives, rendues nécessaires par la menace nord-coréenne. Dans le cadre de cet effort de défense, Séoul doit déployer dans les prochaines semaines sur son territoire un système de défense antimissiles américain THAAD (Terminal High Altitude Area Defense). Le conglomérat sud-coréen Lotte a accepté, mercredi, de céder à l’armée un terrain de golf isolé, près de Seongju, pour déployer ce dispositif. Une initiative qui a provoqué le courroux de Pékin, convaincu que le système Thaad a la capacité d’espionner ses propres systèmes de défense. La presse d’État chinoise a d’ailleurs indiqué que Lotte, très implanté en Chine, allait être puni par le pouvoir et les consommateurs. Plusieurs embargos sont ainsi déjà mis en place sur les différentes activités du sud-coréen.

Daech promet de « verser des rivières de sang » en Chine…

Pour lire la suite de l’article :

https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/0211843796922-cette-nuit-en-asie-pyongyang-agite-son-sabre-nucleaire-de-justice-2069086.php

Mar 02

POLLUTION PRÈS DE L’USINE AREVA DE LA HAGUE: IL Y A AUSSI DU PLUTONIUM

Contamination plutoniumLes terres polluées à l’américium 241 à côté de l’usine Areva de Beaumont-Hague (Manche) le sont aussi au plutonium, autre substance radioactive  extrêmement toxique, a indiqué jeudi Areva.
En janvier, le groupe nucléaire français Areva avait annoncé que l’entreprise allait « ramasser » des terres contaminées à l’américium 241 près de son usine de retraitement des déchets nucléaires, confirmant une pollution dénoncée en octobre par l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO).
Cette fois, Areva confirme la présence dans ces terres « d’un marquage en plutonium 239 – 240, avec une valeur moyenne de l’ordre de 200 becquerels (Bq) par kilo de terre sèche« .
Un peu plus tôt jeudi matin, l’association avait annoncé dans un communiqué avoir trouvé jusqu’à 492 Bq par kilo de matière sèche de ces plutonium.
L’ACRO a fait analyser les échantillons où elle avait trouvé de l’américium par un laboratoire en capacité de détecter le plutonium, l’Institut de radiophysique du centre hospitalier universitaire de Lausanne.
Il faut 24.130 ans pour que l’activité du plutonium 239 diminue de moitié. Pour le plutonium 240 c’est 6.527 ans et pour l’américium 241, il faut 432 ans.
Selon Areva, la valeur de 200 Bq par kg sec « ne présente pas de risque sanitaire pour l’homme« . « Le plutonium est fixé dans un environnement de terre humide, peu propice à l’exposition par ingestion ou inhalation. Enfin, les analyses réalisées dans l’eau du ruisseau des Landes« , proche de la zone contaminée, « ne révèlent pas de marquage en plutonium« .

L’ACRO de son côté affirme que la quantité de plutonium trouvée est « 350 fois plus élevée » que « la concentration la plus élevée répertoriée en France dans les sols et sédiments pour ces isotopes du plutonium (1,4 Bq/kg sec)« .
En janvier, avant de confier ses échantillons au laboratoire suisse, l’ACRO avait indiqué que la quantité d’américium détectée laissait « supposer la présence de jusqu’à 300 Bq/kg sec de plutonium« .
L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de son côté avait indiqué ne « pas (avoir) d’inquiétude particulière quant à l’impact sanitaire » de la « pollution » à l’américium qui est liée « un événement passé« .
Ces terres sont extérieures au site nucléaire mais appartiennent à Areva, selon l’industriel. Selon l’ACRO, c’est une zone de pâture.
L’ACRO évoque en outre jeudi une pollution de ces terres au strontium 90 avec des valeurs 200 fois plus élevées que la valeur moyenne trouvée dans les sols français.
Le plutonium est le radioélément de base pour la fabrication des bombes.

http://www.romandie.com/news/Pollution-pres-de-lusine-Areva-de-la-Hague-il-y-a-aussi-du-plutonium/777458.rom

Mar 02

AREVA ET EDF EN PASSE DE RAPPROCHER LEUR INGENIERIE SUR LES GRANDS PROJETS

reva et EDFLa création d’une coentreprise est prévue pour avril et le lancement opérationnel pour juin. L’objectif est de réduire les interfaces pour livrer les prochains EPR ou développer un futur réacteur.
Avant même qu’EDF finalise le rachat de la division réacteurs et services d’Areva (ex-Areva NP), prévu au second semestre, les deux groupes vont bientôt loger dans une coentreprise les projets de réalisation des « îlots nucléaires » – la partie nucléaire d’une centrale. Elle aura ainsi pour mission, parmi ses premiers chantiers, de travailler sur le projet des deux EPR de Hinkley Point en Grande-Bretagne ou sur le futur EPR (lire ci-dessous). Le processus d’information-consultation des comités d’entreprise a démarré en janvier et la création de Nice (Nuclear Island Common Engineering)  « pourrait être envisagée en avril 2017 », indiquent des documents d’EDF et d’Areva.  « Le lancement opérationnel de Nice serait, lui, prévu en juin 2017 », précisent-ils.
L’électricien, actionnaire très majoritaire
Si le projet avait été annoncé par l’Elysée dès l’annonce de la  « refondation » de la filière nucléaire mi-2015, il a pris du retard, mais EDF entend néanmoins le mettre en œuvre avant l’acquisition des usines de fabrication d’équipements (générateurs de vapeur, assemblages de combustibles…) d’Areva et de ses services de maintenance.  « Nous avons obtenu de Bruxelles fin octobre que la création de Nice soit considérée comme une opération indépendante de l’acquisition d’Areva NP. Ils ont considéré que ce n’était pas une anticipation illégale d’opération », indique une source au fait du dossier à EDF. L’objectif de la mise en commun est de  « réduire les interfaces et les itérations ».  « Ce sera le bureau de l’ingénierie des réacteurs, on ne passera plus commande à Areva et donc on gagnera un niveau. Cela nous fera gagner du temps et de l’argent mais surtout, ce sera plus efficace », explique-t-on au sein d’EDF. L’électricien public en sera l’actionnaire très majoritaire, avec 80 % des parts en direct. Nice, qui ne portera pas les risques de construction, devrait compter 2.050 salariés, dont la moitié venue de prestataires extérieurs, 200 venus d’Areva, 650 d’EDF et des personnels en support, via des mises à disposition.
Les effectifs pourraient ensuite monter en puissance, en fonction du plan de charge. Dans les hypothèses présentées aux élus, la coentreprise table sur des décisions d’investissement pour 12 réacteurs EPR à l’horizon 2025, incluant  « l’hypothèse de la construction en France d’un palier EPR NM à partir de 2020 […] sur la base d’une tranche tous les dix-huit mois ». Des chiffres auxquels  « il ne faut pas trop s’attacher », notent toutefois plusieurs sources.
Inquiétudes
Si les deux groupes attendent de Nice des synergies,  « par exemple en n’ayant qu’une seule maquette numérique, en standardisant les matériels, en unifiant les processus de qualification des matériels, le management des contrats et la surveillance », certains doutent de leur ampleur.  « Il y aura quelques coûts de frottement évités, mais c’est tout », estime un consultant. « Nice sera une société avec son propre management, il va donc rester une interface, regrette de son côté un bon connaisseur du dossier.  Il aurait mieux valu intégrer directement l’ingénierie d’Areva à EDF. »
Côté Areva, certains syndicats s’inquiètent de la chronologie du projet.  « Nice ne répond qu’aux intérêts actuels d’EDF », estime Eric Devy, délégué syndical central FO à Areva NP, qui redoute par ailleurs un transfert de propriété intellectuelle vers Nice.  « La valeur d’Areva NP, ce sont ses codes et ses méthodes, c’est-à-dire la propriété intellectuelle de la chaudière nucléaire [la cuve, les générateurs de vapeur et le pilotage de la centrale, NDLR].  Si elle allait dans la coentreprise, EDF pourrait ensuite prendre n’importe quel fournisseur pour sa maintenance », redoute un autre élu. Des craintes infondées, estime-t-on chez EDF.

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211748663567-areva-et-edf-en-passe-de-rapprocher-leur-ingenierie-sur-les-grands-projets-2069012.php

Mar 02

«DES ACCIDENTS NUCLÉAIRES SONT INÉVITABLES ET LES GENS SONT TOUJOURS EN PÉRIL»

accidentsChaque fois que des armes nucléaires sont déployées, l’humanité est en danger, car les accidents sont inévitables quand il s’agit de systèmes sophistiqués aux divers éléments qui doivent interagir parfaitement, estime Paul Ingram, membre du BASIC.

Paul Ingram est un expert américain en désarmement nucléaire. Il est également membre du BASIC (British American Security Information Council).

Mercredi 22 février, le NIS (Nuclear Information Service ou Le service de renseignement nucléaire), un organisme de surveillance nucléaire indépendant, a révélé dans un rapport que plus d’une centaine d’accidents avaient eu lieu dans le cadre du programme nucléaire du Royaume-Uni au long de ses 65 ans d’existence, ce qui montre à quel point le monde est proche d’une catastrophe. Le rapport indique également que 116 travailleurs nucléaires britanniques sont morts dans des accidents ou du cancer causé par la contamination radioactive.

En réponse, le ministère britannique de la Défense a déclaré qu’il n’y avait pas eu d’accident présentant une menace d’exposition aux rayonnements pour les hommes ou pour l’environnement depuis plus de 50 ans. Toutefois, les auteurs du rapport accusent le ministère de la Défense d’essayer de minimiser la gravité de ces incidents.

RT : Tout cela semble très inquiétant. A quel point est-ce dangereux ? Est-il questions de morts en masse et de destruction potentielles ou plutôt des erreurs techniques ?

Paul Ingram (P. I.) : Franchement, on parle plutôt de fautes techniques. Une ou deux situations ont présenté de graves risques. D’habitude, il y des petits risques partout, mais ils sont importants, car il s’agit de l’exposition du grand public à des radiations.

Les accidents sont inévitables quand vous travaillez avec des systèmes aussi complexes impliquant un certain nombre d’éléments divers qui doivent fonctionner parfaitement afin de produire un résultat final parfait

RT : Est-il suffisant de lancer un avertissement pour souligner qu’un accident pourrait arriver ?

  1. I. : Oui, un accident peut arriver à tout moment. En fait, les auteurs du rapport ont conclu – et je suis d’accord avec eux – que les accidents sont inévitables quand vous travaillez avec des systèmes aussi complexes impliquant en tout cas un certain nombre d’éléments divers qui doivent fonctionner parfaitement afin de produire un résultat final parfait. S’il y a des problèmes, il y aura alors une réaction en chaîne. Ils peuvent être soit humains soit techniques. En fin de compte, cela signifie que les gens sont inévitablement en danger chaque fois que des armes nucléaires sont déployées.

RT : Les gens ordinaires et les travailleurs dans le secteur du nucléaire seront-ils toujours menacés ? Il y a beaucoup de morts, par exemple, dans l’industrie de la construction, n’est-ce pas ?

  1. I. : C’est vrai. Chaque fois qu’il y a une échelle de risque, il y aura sans doute des accidents. Il faut préciser : il n’y a jamais eu d’accidents avec des armes nucléaires britanniques aussi graves que tous ceux, documentés, qui ont eu lieu avec des missiles nucléaires américains et soviétiques.

Un débat public est essentiel pour prendre une décision éclairée sur ces questions. 

RT : Est-il vrai que le système britannique dépend des satellites américains et qu’on utilise beaucoup de technologies américaines dans l’ensemble du système anglais ?

  1. I. : Tout à fait. Nous ne le savons pas exactement parce que le gouvernement protège ces informations, mais nous pensons que le raté de missile dont on a parlé cet été, était quasi-certainement un problème américain. Un missile américain a été lancé et les données télémétriques de ce missile ont connu un problème lié aux composants américains et à la technologie américaine.

RT : De tels rapports sont-ils utiles ? La Grande-Bretagne ne semble-t-elle pas vulnérable à cause de cela, pas aussi sécurisée qu’elle devrait être, en ce qui concerne les armes nucléaires ?

  1. I. :Ce type de rapports est utile parce que, si nous voulons avoir un débat public ouvert, nous aurons besoin des informations accessibles. Un débat public est essentiel pour prendre une décision éclairée sur ces questions. Nous avons besoin de débats publics en Russie, aux États-Unis, au Royaume-Uni parce que, en fin de compte, ces systèmes sont très dangereux. Si on le passe sous silence, les politiciens vont aborder le sujet et dire toutes sortes de bêtises.

https://francais.rt.com/opinions/34658-accidents-nucleaires-inevitables-gens-toujours-peril

Mar 01

LA CHINE DURCIT LE TON FACE À LA CORÉE DU NORD

ChineTir de missile, assassinat de Kim Jong-nam : Pékin marque le coup en suspendant ses importations de charbon.

La Corée du Nord devait figurer en bonne place des dossiers abordés les 27 et 28 février, à Washington, avec la nouvelle administration américaine par le conseiller d’État Yang Jiechi, plus haut représentant de la diplomatie chinoise, qui a été reçu par Donald Trump. En annonçant le 18 février la suspension de ses importations de charbon de Corée du Nord, Pékin a voulu marquer le coup, après la crise suscitée par un nouveau tir de missile le 12 février par Pyongyang – en violation des résolutions onusiennes. Et bien sûr après l’assassinat, probablement commandité par des agents nord-coréens, de Kim Jong-nam, le demi-frère du dirigeant Kim Jong-un, en plein aéroport de Kuala Lumpur (Malaisie) au moyen d’un agent neurotoxique.

« Le charbon est la source la plus importante de devises étrangères pour la Corée du Nord, et la plus grande partie est exportée vers la Chine. L’impact sur la Corée du Nord va donc être majeur, dit Lu Chao, spécialiste de la péninsule coréenne à l’Académie des Sciences sociales du Liaoning, une province chinoise frontalière de la Corée du Nord. Cela va conduire à une détérioration des relations entre la Chine et la Corée du Nord. »

Cela a indigné la Corée du Nord, qui a dénoncé dans une dépêche de l’agence officielle KCNA le 23 février un « pays qui se présente comme une grande puissance mais danse au pas des États-Unis ». La Chine, poursuit cette dépêche sans la nommer, « défend son comportement mesquin en prétendant qu’il n’a pas pour but d’avoir un impact négatif sur le niveau de vie de la population, mais vise à contrôler son programme nucléaire ». Pyongyang a dépêché son vice-ministre des affaires étrangères, Ri Kil-song, à Pékin mardi 28 février.

Table des pourparlers

Pékin s’est déclaré « imperturbable face aux critiques nord-coréennes », comme le dit un éditorial du Global Times du 24 février, le seul média chinois habilité à commenter la politique étrangère du régime. La Chine y rappelle son credo : « Rester ferme dans la stricte application des sanctions. » Pékin entend maintenir son opposition « au programme nucléaire du Nord, tout en maintenant des relations bilatérales normales » et veut éviter que la Corée du Nord prenne en otage ses obligations et ambitions globales.

Cette vision, précisée sous le gouvernement de Xi Jinping, avait motivé une première brouille entre Pékin et Pyongyang après le troisième essai nucléaire…

http://www.lemonde.fr/international/article/2017/02/28/la-chine-durcit-le-ton-face-a-la-coree-du-nord_5086809_3210.html  (réservé aux abonnés du Monde)

Mar 01

QUE FAIRE EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE À LA HAGUE ?

Accident Si toutes les dispositions sont prises pour éviter un accident nucléaire, ce risque ne doit pas être écarté. Toute installation nucléaire est soumise à un Plan Particulier d’Intervention (PPI), qui peut être mis en œuvre par le Préfet de la Manche en cas d’accident.

En cas d’accident, le Préfet est le directeur des opérations de secours. Le Maire, premier responsable de la sécurité civile dans sa commune, agit alors sous sa direction.

Comment est-on prévenu ?

En cas d’accident, les habitants sont prévenus :

  1. par téléphone : un appel automatisé pour les habitants de la zone des 2 km autour des centrales, les informe des consignes à suivre. Les Maires assurent également le relais de l’information auprès de leurs administrés (porte-à-porte, klaxons, cloches de l’église).
  2. par les sirènes
  3. par les médias : radios, tv, internet…
  4. par des véhicules sonorisés, le cas échéant

Quels types d’accidents ?

  1. En cas d’accident dit à cinétique rapide (risque de rejet limité, en moins de 6h), l’alerte serait donnée sur la zone des 2km.
  2. En cas d’accident dit à cinétique lente (risque de rejet plus important entre 24 et 48h), l’alerte serait donnée sur 5km (pour une évacuation) et 10km (pour une mise à l’abri).
  3. En cas d’alerte, le premier réflexe est de se mettre à l’abri.

Quelles consignes à respecter ?

  1. Mettez-vous à l’abri dans un bâtiment fermé (maison, école, commerce, entreprise, lieu public…) Ne restez pas dehors ou dans un véhicule.
  2. Fermez portes et fenêtres et interrompez les ventilations mécaniques.
  3. Suivez les instructions du Préfet, relayées par les médias, concernant :
    – La mise à l’abri,
    – Une évacuation,
    – La prise éventuelle d’iode,
    – L’écoute des messages d’alerte à la radio.

La fin de l’alerte, est ordonnée uniquement par le Préfet. Elle est signifiée par un seul signal sonore et relayée par les médias.

Plus d’infos : Consulter la plaquette d’information

http://www.lahague.com/?ThemeID=1&CatID=1&SousCatID=680

Mar 01

NUCLÉAIRE, SMIC, VIème RÉPUBLIQUE… LES PROPOSITIONS DE JEAN-LUC MÉLENCHON À L’ÉPREUVE DU TERRAIN

Mélenchon100% d’énergie renouvelable en 2050. Jean-Luc Mélenchon prône la sortie du nucléaire, estimant le risque d’accident trop grand. Il s’agit d’un sujet de débat fort avec la CGT, très représentée à EDF, une entreprise que le candidat veut renationaliser. Son programme prévoit aussi la fermeture de la centrale de Fessenheim, l’abandon des EPR de Flamanville et d’Hinkley Point. Son programme stoppe aussi le projet d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure dans la Meuse pour les gérer en surface. Il s’appuie sur les scénarios de l’Agence de l’environnement et de l’association négaWatt pour sortir du nucléaire et atteindre 100% d’énergie renouvelable en 2050. Jean-Luc Mélenchon estime qu’il faut en deux ans remplacer entre deux et cinq réacteurs par autant de solaire, d’éolien, de géothermie en fonction des potentiels des territoires.

Ces scénarios se basent aussi sur de fortes économies d’énergie dans le bâtiment, pour lequel il promet d’assurer l’isolation de 700 000 logements par an, alors que nous sommes à moins de 300 000 aujourd’hui. Dans le secteur des transports, le candidat de la France insoumise estime qu’il faut repenser les villes pour moins les étaler, et ainsi, moins dépendre de la voiture et de ses carburants…

Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.francetvinfo.fr/politique/melenchon/dossier-de-candidature-nucleaire-smic-vierepublique-les-propositions-de-jean-luc-melenchon-a-l-epreuve-du-terrain_2070179.html

Mar 01

AREVA, CHRONIQUE D’UN SAUVETAGE AU LONG COURS

ArevaL’ex-fleuron du nucléaire, aujourd’hui en difficulté, doit lancer une recapitalisation de 5 milliards d’euros. Mais plusieurs nuages menacent encore l’avenir de l’entreprise.
Areva franchit l’une après l’autre les étapes qui doivent lui éviter la faillite. Le groupe nucléaire est en crise profonde depuis plus de deux ans, sous le coup du ralentissement post-Fukushima et d’investissements surcapacitaires, mais surtout de l’acquisition de l’entreprise minière UraMin et des retards accumulés pour l’EPR en construction à Olkiluoto, en Finlande. Radiographie en cinq points de la situation de l’ex-fleuron du nucléaire français, qui a connu en 2016 sa sixième année d’affilée en perte.
1. Une augmentation de capital et de nouveaux investisseurs

Début février, les actionnaires d’Areva (dont l’État à près de 87 %) ont approuvé les modalités de l’augmentation de capital à 5 milliards d’euros. Si tout se passe comme prévu, la France va d’abord prêter 3,3 milliards d’euros à Areva,  en plusieurs versements à partir de fin mars, en attendant que les deux conditions suspensives imposées par Bruxelles à l’aide d’État soient levées. La Commission européenne doit donner son quitus au projet d’acquisition par EDF de la division Réacteurs et services d’Areva. Et elle veut s’assurer que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) valide bien la qualité de la cuve de l’EPR en construction à Flamanville (Manche).
Si ces conditions sont levées, l’État souscrira en totalité à une première augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros pour le nouvel Areva (baptisé « NewCo »), qui sera recentré sur le cycle du combustible. Il participera aussi à celle de 2 milliards d’euros pour le holding Areva SA, qui sera la structure de défaisance des actifs risqués du groupe : le contrat de l’EPR en Finlande et ses contentieux, et les risques liés aux anomalies sur les dossiers de l’usine du Creusot.
Les deux investisseurs japonais, MHI et JNFL, souscriront normalement à hauteur de 500 millions d’euros à une deuxième augmentation de capital de NewCo, pour détenir 10 % du capital.
2. Un nouvel Areva deux fois moins gros
En 2015, Areva a lancé un plan social qui prévoit 6.000 suppressions de postes dans le monde. – AFP

« On entre dans la phase finale de la restructuration », indiquait mi-décembre le directeur général d’Areva, Philippe Knoche. Le groupe a lancé dès le printemps 2015 un plan social pour supprimer 6.000 postes (sur 44.000) dans le monde, dont 4.000 en France. Mais avec une dette qui dépasse désormais 7 milliards d’euros, il n’a pas d’autre choix qu’une recapitalisation massive pour éviter la faillite : à défaut, « on ne pourra pas faire face à l’ensemble des échéances [financières, NDLR] de 2017 », a prévenu Philippe Knoche.
Le groupe a déjà engagé, mi-2015, la cession à EDF de sa division Réacteurs et a vendu une série d’actifs (sa filiale de métrologie Canberra, ses réacteurs de recherche et sa propulsion navale militaire logés chez Areva TA, son activité d’éoliennes en mer, etc.). À terme, le nouvel Areva sera deux fois moins gros et recentré sur la gestion du combustible nucléaire : extraction d’uranium, fabrication du fuel, services à la base installée et retraitement des combustibles usés.
Ce plan s’inscrit dans la refondation de la filière lancé par François Hollande : Areva laisse ainsi son rôle de chef de file du nucléaire français à EDF, qui aura pour missions de vendre, construire et exploiter des centrales, en France et à l’étranger.
3. L’EPR de Flamanville ausculté
La mise en service de l’EPR de Flamanville est prévue pour fin 2018. – Pierre GLEIZES/REA

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit se prononcer d’ici à la fin du premier semestre sur le dossier de la qualité de la cuve et du couvercle de l’EPR en construction à Flamanville (Manche), où a été décelée une concentration excessive de carbone fin 2014. Comme Areva, EDF (l’exploitant de la centrale) affiche sa confiance. À partir de trois pièces représentatives de la cuve, les deux groupes ont mené des essais. « Nous avons déjà près de 90 % des résultats et tous sont conformes aux requis de l’Autorité de sûreté nucléaire, indiquait en novembre Laurent Thieffry, directeur du projet Flamanville 3. Et les 10 % restants sont dans des zones où la concentration de carbone est beaucoup plus faible ». « Donc nous avons une très grande confiance dans le fait que la cuve sera déclarée apte au service », insistait-il.
Depuis son lancement en 2007, cet EPR a accumulé les retards : initialement planifiée pour 2012, sa mise en service est désormais prévue pour fin 2018.
4. L’inconnue de l’usine du Creusot
L’usine Areva du Creusot, en Saône-et-Loire, forge certaines grandes pièces destinées à la construction des réacteurs nucléaires. En remontant à l’origine du problème découvert sur la cuve de Flamanville, Areva a découvert que des centaines de dossiers de fabrication de pièces nucléaires fabriquées dans son usine du Creusot (Saône-et-Loire) présentaient des « irrégularités ». Un  audit est en cours sur 6.000 dossiers,  avec le risque de mettre au jour de nouvelles falsifications. Et d’ouvrir la voie à de possibles contentieux avec les clients d’Areva, un risque qu’EDF refuse d’assumer – et qui fait douter de la capacité d’Areva à se remettre en ordre de marche rapidement pour assumer le contrat de construction de l’îlot nucléaire prévu pour les deux EPR d’Hinkley Point (Royaume-Uni). Or, si EDF venait à suspendre son offre de rachat de l’activité Réacteurs d’Areva, c’est tout l’échafaudage du plan de sauvetage qui serait menacé…
5. Les autres nuages menaçants
L’EPR d’Olkiluoto, en Finlande, est l’objet d’un contentieux entre Areva et l’opérateur finlandais TVO. – Kari Suni/SK/MVphotos-REA

Comme si les nuages n’étaient pas assez menaçants, la conjoncture du secteur nucléaire reste encore difficile, avec un marché de l’uranium et de ses dérivés  (conversion, enrichissement…) au plus bas. Enfin, le contentieux croisé avec son client finlandais TVO  sur l’EPR d’Olkiluoto est toujours sous la menace d’un arbitrage international, qui pourrait trouver son issue en 2017…. ou en 2018. Un autre sujet à plusieurs milliards d’euros.

https://www.lesechos.fr/industrie-services/dossiers/0211824416320/0211824416320-areva-chronique-dun-sauvetage-au-long-cours-2068758.php

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