Jan 17

DES VOIX S’ÉLÈVENT CONTRE LE PROJET D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE AU MAROC

MarocPlusieurs associations de la société civile ont mis en place une pétition revendiquant la suspension de l’étude concernant la construction d’une centrale nucléaire entre Safi et Essaouira et plus précisément dans la région de Sidi Boulebra.

Elles entendent même présenter une requête au Roi Mohammed VI lui demandant d’user de son pouvoir afin de suspendre ce projet qui, selon eux, va à l’encontre des recommandations de la COP22 et nuit sérieusement à l’environnement, notamment à cause de l’utilisation excessive des ressources hydriques nécessaires au circuit de refroidissement des réacteurs.

Pour preuve, les ingénieurs, médecins, militants écologistes et autres indiquent que 40% de l’eau produite en France, par exemple, est utilisée par les centrales nucléaires. Or, le Maroc qui connaît un déficit structurel en eau, ne peut se permettre ce luxe. Ceci, sans parler, ajoutent les contestataires, des risques liés à l’irradiation nucléaire en cas d’accident, comme cela s’est produit dans beaucoup de régions dans le monde, comme l’Ukraine avec la station Tchernobyl ou le Japon avec l’accident de Fukushima.

Cette contestation de la société civile marocaine, intervient à la suite de la récente visite d’une délégation de l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Rabat, afin d’évaluer avec les responsables gouvernementaux marocains, l’avancement des études techniques de ce projet.

Article de Hicham Lamrani

http://www.lesiteinfo.com/maroc/des-voix-selevent-contre-le-projet-dune-centrale-nucleaire-au-maroc/

Jan 17

FACE À LA VAGUE DE FROID, LE NUCLÉAIRE SE RÉVÈLE INADAPTÉ

Vague de froidAlors que la vague de froid s’intensifie, le réseau électrique français est à la limite de sa capacité. En cause : trop de nucléaire, inadapté aux pointes de consommation, et trop de chauffage électrique. Les experts écologistes recommandent un autre mix énergétique.
Vous l’avez sans doute déjà senti lundi, mais c’est surtout à partir de ce mardi 17 janvier, et jusqu’à vendredi que la vague de grand froid s’installe sur la France. Météo France <http://www.meteofrance.com/previsions-meteo-france/metropole>  nous promet des « journées sans dégel », avec des températures négatives allant jusqu’à – 10 degrés, inférieures de quatre à huit degrés aux normales saisonnières.
Une vague de froid moins importante que celle de février 2012, mais qui arrive dans un contexte particulier. « On approche d’un pic de consommation d’électricité historique, alors que les moyens de production sont historiquement bas », note-t-on chez Réseau de transport d’électricité (RTE), en charge de la gestion du réseau électrique. Car cinq réacteurs nucléaires sont à l’arrêt cette semaine, contre un seul à la même période l’an dernier. Le parc nucléaire français en compte 58, fournissant les trois quart de l’électricité. Dès novembre <https://reporterre.net/EXCLUSIF-la-carte-des-reacteurs-nucleaires-a-l-arret-Des-coupures-de-courant-se> , RTE prévoyait un hiver difficile. Reporterre vous avait raconté <https://reporterre.net/Au-coeur-de-la-crise-nucleaire-des-dizaines-de-fraudes-et-d-irregularites-dans>  pourquoi la découverte d’irrégularités dans la conception de certaines pièces avait poussé l’Autorité de sûreté nucléaire à demander la mise à l’arrêt et le contrôle d’une douzaine de réacteurs.
Or, « un degré de moins à l’extérieur, c’est 2.400 mégawatts de consommation supplémentaire, soit celle de Marseille et Lyon réunis », rappelle RTE. Jeudi à 19h, la puissance électrique appelée pourrait dépasser 100.000 mégawatts, soit presque les 102.000 mégawatts enregistrés lors du pic  historique de 2012. « La situation est fragile, mais il n’y a pas de coupures d’électricité programmées pour l’instant », rassure-t-on chez RTE. Avant le black-out, une série de solutions ont été prévues pour diminuer la demande. Dans l’ordre, il est donc possible
. d’importer plus d’énergie de chez nos voisins
. d’interrompre l’approvisionnement de 21 sites industriels très consommateurs
. et enfin de baisser la tension (une ampoule électrique éclairera moins par exemple)
Aucune de ces solutions n’a jamais eu à être mise en place encore en France, et RTE prévoit d’éviter grâce à elles les coupures d’électricité. Sinon, il promet « de maintenir l’électricité au plus grand nombre de clients possibles » avec des coupures « momentanées » et « programmées » sur le réseau.

Risques dans le nucléaire

Mais l’hiver risque d’être long, même après cette semaine de grand froid. « En ce moment, pour faire face au pic, on sollicite beaucoup l’hydraulique. On va rapidement l’épuiser, alors que les réserves dans les barrages ne se reconstituent qu’au printemps, à la fonte des neiges », explique Benjamin Dessus, ingénieur et économiste spécialiste des énergies, président de l’association Global Chance. Côté importations, il est tout aussi dubitatif : « Il fait aussi froid en Allemagne ! On n’est pas sûrs de trouver de l’électricité sur le marché à chaque fois que l’on en a besoin, et en plus elle est très chère. »
Surtout, il s’inquiète des conséquences sur la sécurité nucléaire. EDF a obtenu le report <https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Apres-controle-l-ASN-a-autorise-neuf-reacteurs-a-redemarrer>  de l’arrêt du réacteur n°2 de la centrale du Tricastin, qui devait être lui aussi contrôlé. Finalement, il ne s’arrêtera de fonctionner que dans deux semaines, le 3 février. « On prend des risques, proteste Benjamin Dessus. C’est comme dire que l’embrayage de la voiture est trop usé, mais qu’on continue encore de rouler. Sauf que là, il s’agit d’un réacteur nucléaire… »

Le responsable de la crise, c’est le chauffage électrique
« On paye aujourd’hui des décisions irrationnelles », estime Marc Jedliczka, porte-parole de l’association d’experts en énergie Negawatt. La France a un mix énergétique très particulier. « Le problème est structurel : on a fait le choix du nucléaire, une énergie qui est faite pour fonctionner le plus longtemps possible dans l’année, et en même temps du chauffage électrique, qui crée une pointe de consommation en hiver. C’est aberrant ! », poursuit-il. Déjà en 2009, Negawatt faisait le constat que l’essentiel de la hausse de consommation d’électricité en hiver est dû au chauffage électrique, et montrait qu’entre 1996 et 2009, le nombre de logements équipés avait presque doublé, de même que la « sensibilité au froid », c’est à dire le lien entre température extérieure et hausse de la consommation d’électricité. « Résultat, quand il fait froid, c’est le bazar », résume-t-il…

Pour lire l’intégralité de l’article de Marie Astie :

https://reporterre.net/Face-a-la-vague-de-froid-le-nucleaire-se-revele-inadapte

Jan 17

FUKUSHIMA: RETOURS FORCÉS DÉNONCÉS

FukuDes personnes évacuées de la centrale nucléaire accidentée ont dénoncé, aux côtés de militants, la politique des autorités.

Partis il y a près de six ans par peur de la radioactivité, des évacués de Fukushima <http://www.tdg.ch/monde/asie-oceanie/contenu-2/fukushima/s.html>  ont dénoncé mardi à Tokyo, aux côtés de militants, la politique des autorités. Celle-ci les prive de soutien pour les forcer à rentrer chez eux.
«A cause des saignements de nez, diarrhée et vomissements de ma fille de 12 ans, en juin 2011 (trois mois après l’accident nucléaire), nous avons décidé que je devais partir avec les enfants, laissant mon mari continuer à tenir notre restaurant à Koriyama.
Nous avons fui dans la région de Kanagawa (banlieue de Tokyo), ce que nous n’aurions pas fait sans cette catastrophe atomique
», a raconté à des journalistes étrangers une ex-habitante de la province de Fukushima, Noriko Matsumoto.

31 mars, fin de l’aide
Comme elle, quelque 26.600 personnes parties «de leur propre initiative» (selon le vocabulaire officiel) n’auront bientôt plus d’aide financière au logement, les autorités cessant de les subventionner le 31 mars.
Le gouvernement avait ordonné des évacuations en fonction du niveau d’exposition aux radiations. Là où ce seuil n’était pas dépassé, fuir ou rester était laissé au libre arbitre des habitants. Ceux qui sont partis sans ordre ont depuis reçu des soutiens, mais pour une durée déterminée qui prend fin.
Critères dénoncés par les experts
«Nous voudrions rentrer s’il n’y avait pas eu l’accident, mais dans les conditions actuelles, nous ne le pouvons pas. Nous ne cessons de nous inquiéter pour notre santé», a poursuivi Mme Matsumoto, très émue, alors que des experts dénoncent les critères du gouvernement qui considère la région comme en grande partie saine.
«Les évacués dits volontaires tendent à être ignorés par les autorités» alors que dans quelques semaines plus de 26.600 personnes «ne savent pas où elles habiteront», a insisté l’essayiste Chia Yoshida, auteur d’un ouvrage sur le sujet.
«Ils ont le choix entre rentrer dans une zone dans laquelle ils ne veulent pas habiter, craignant d’être exposés aux radiations, ou devenir pauvres à cause de la charge financière d’un logement qu’ils devront payer eux-mêmes», a-t-elle déploré.
Familles séparées
Beaucoup de familles vivent en outre séparées, les femmes et enfants ayant quitté la région quand le père est resté pour travailler.
Il est désormais possible de «vivre normalement» dans les zones en question, a assuré de son côté un porte-parole de la préfecture de Fukushima. «Donc nous ne sommes plus en mesure de fournir un logement temporaire», a-t-il dit, tout en assurant que les évacués les plus démunis continueront à recevoir un petit apport financier.

http://www.tdg.ch/monde/asie-oceanie/Fukushima-retours-forces-denonces/story/30832239

Jan 17

COMMENT EXPLIQUER QU’EN 2017, EDF NE SOIT TOUJOURS PAS CAPABLE DE JUSTIFIER LES COUPURES D’ÉLECTRICITÉ?

HuffingtonDepuis quelques heures, EDF a communiqué abondamment sur les risques de pénurie d’électricité en raison du froid et des pointes de consommation que celui-ci risquait de générer. Comment expliquer que dans un pays théoriquement en surcapacité (puisque nous disposons environ de huit réacteurs de plus que ce dont nous avons besoin) nous en soyons arrivés à une telle situation?

Elle résulte d’une double conjonction. D’une part, une addiction au chauffage électrique, en particulier dans les logements sociaux, conduite à la demande de l’État et surtout d’EDF pour écouler l’électricité produite par les centrales nucléaires, et ce de manière constante. Rappelons que lorsqu’il y a une pointe de consommation électrique en Europe l’hiver, la moitié de la pointe est due à la France qui est une exception en Europe au très mauvais sens du terme. Cette addiction au chauffage électrique, constamment encouragée par le législateur, pour les mêmes raisons, a des conséquences sociales extrêmement lourdes puisqu’elle renforce la précarité énergétique et les charges des locataires. S’ajoute à cela un retard massif de la France en matière d’efficacité énergétique, sans même parler de sobriété énergétique. En effet, jusqu’à ces toutes récentes années, la France a refusé énergiquement de mettre en place une politique de maîtrise de l’énergie ce qui explique qu’un ménage français consomme aujourd’hui 35 % de plus d’électricité qu’un ménage allemand équivalent. Cette politique est bien entendue tout à fait volontaire c’est-à-dire destinée à permettre la consommation d’une électricité permanente qu’il était impossible de stocker. La mise en place au demeurant très discutable, car faite dans l’intérêt unique d’EDF et non des consommateurs, des compteurs Linky et les premières campagnes en faveur de la sobriété énergétique arrivent très tard.

Le second facteur explicatif est l’indisponibilité d’un nombre relativement important de réacteurs nucléaires à la suite de leur mise à l’arrêt à la demande de l’autorité de sûreté nucléaire. Les contrôles qui ont été exigés à juste titre trouvent leur source dans les malversations constatées au sein de l’entreprise Areva au Creusot à la suite des anomalies découvertes sur la cuve et le couvercle de l’EPR de Flamanville. En effet, les anomalies détectées ont conduit à craindre que des générateurs de vapeur voire des cuves de 21 réacteurs puissent comporter des défauts. On doit donc être reconnaissant à l’ASN d’avoir exercé ses pouvoirs et exiger de l’exploitant, particulièrement réticent, une mise à l’arrêt pour contrôle. Si les autorisations de redémarrage, avec des conditions dont il n’est pas certain qu’elles aient été respectées par l’exploitant, ont été données par l’ASN pour certains réacteurs -avec au passage un certain nombre d’adaptation concernant les règles– il n’en demeure pas moins que nombre de réacteurs restent encore aujourd’hui à l’arrêt.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que nous manquions d’électricité, d’autant plus que le manque de rentabilité des centrales au gaz a conduit à en fermer certaines réduisant d’autant les capacités de production électrique autre que nucléaire. En effet, notre extrême faiblesse dans le développement des énergies renouvelables (la biomasse et même le solaire qui peuvent être utilisés en période de froid) et l’absence de rentabilité d’un certain nombre de centrales à gaz rendent notre approche monomaniaque de l’énergie catastrophique. Reste bien évidemment l’approvisionnement sur le marché européen qui lui-même est très sollicité et bien évidemment coûteux, ce qui gêne EDF en des périodes de vaches très maigres.

Ainsi, la situation actuelle est totalement imputable à notre champion national qui, dans sa croisade permanente en faveur du nucléaire, qui a engendré une dépendance volontaire du chauffage à l’électricité, a cherché à détruire toutes les sources alternatives de production électrique depuis 20 ans, ce qui a été évidemment encouragé par des politiques dotés d’une clairvoyance redoutable.

Au-delà, la communication faite sur les risques de pénurie, voire de black-out, n’a pas seulement l’objectif de prévenir les Français d’une menace de manque d’électricité. Elle vise également à faire pression sur l’autorité de sûreté nucléaire pour que les autorisations de redémarrage soient données le plus rapidement possible et, de manière plus insidieuse, à essayer de faire porter sur l’autorité de contrôle la responsabilité d’une insuffisance des moyens de production. Or, s’il est un responsable de cette insuffisance c’est évidemment l’exploitant qui, malgré des procédés de contrôle interne, n’a jamais été capable lors des décennies passées de déceler les malfaçons dont ses réacteurs pouvaient être affectés. Autrement dit, derrière la communication sur la situation de tension sur le réseau se cache la partie de bras de fer qu’EDF a engagé contre l’autorité de sûreté nucléaire pour forcer cette dernière à donner des autorisations qui ne doivent pas l’être, dès lors que la sûreté et la sécurité ne sont pas complètement assurées.

Article de Corinne Lepage, avocate, ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l’Environnement.

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/comment-expliquer-quen-2017-edf-ne-soit-toujours-pas-capable-d/?ncid=fcbklnkfrhpmg00000001

Jan 17

INDE: MODI CONFIRME SON INTÉRÊT POUR SIX RÉACTEURS NUCLÉAIRES EPR

IndeLe Premier ministre indien Narendra Modi a confirmé sa volonté d’acquérir, au plus tard début 2019, six réacteurs nucléaires EPR à Jaitapur sur la côte ouest de l’Inde. Ce projet de centrale nucléaire, qui représente une capacité de 10.000 mégawatts, est en discussions depuis décembre 2010. La mobilisation des opposants a quant à elle repris, le site étant situé sur une zone sismique.
Le dirigeant nationaliste hindou, Narendra Modi, et le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, se sont entretenus, le 8 janvier 2016 à Bangalore, dans l’Etat du Karnataka, situé au sud de l’Inde. L’Inde «est un immense pays, qui a des besoins très importants pour assurer sa sécurité face à tous les défis qu’elle rencontre», a souligné le ministre français, quatre mois après la vente de 36 chasseurs Rafale français, en septembre 2016, pour environ huit milliards d’euros. 
Un an plutôt, François Hollande <http://www.lemonde.fr/international/article/2016/01/23/les-enjeux-de-la-visite-en-inde-de-francois-hollande_4852307_3210.html>  s’était rendu dans ce rare grand pays à afficher une croissance de 7%. Alors que l’Inde s’emploie à moderniser son arsenal, M.Ayrault a indiqué que M.Modi était «prêt à tout examiner», n’excluant pas de futurs contrats d’armements pour le premier pays importateur d’armes mondial. Le commerce bilatéral entre les deux pays s’élève à huit milliards d’euros, un chiffre en nette progression depuis 2000. 
Deux réacteurs signés en 2010
L’Inde cherche à développer sa production d’électricité afin d’approvisionner les 300 millions d’Indiens dépourvus de courant. Areva et l’électricien indien NPCIL ont ainsi conclu en décembre 2010 un accord cadre <http://www.challenges.fr/entreprise/20150410.CHA4825/areva-signe-deux-accords-dans-le-cadre-du-projet-d-epr-en-inde.html>  portant sur l’achat de deux premiers réacteurs, avec une option sur la fourniture de quatre autres supplémentaires. Un accord estimé alors à 7 milliards d’euros.
L’EPR de Jaitapur devrait s’étendre sur 968 hectares de terres <http://multinationales.org/Les-projets-nucleaires-d-Areva-a> , selon le site Observatoire des multinationales, et entrainerait la disparition de cinq villages (Madban, Niveli, Karel, Mithgavane et Varliwada), dont la population totale est estimée à 40.000 personnes. Les habitants de la région ont reçu les ordres officiels d’acquisition de terrains en 2007 et, l’acquisition de 938.026 hectares a été finalisée par le gouvernement du Maharashtra en janvier 2010.
Les opposants mobilisés le 25 janvier
Le choix du site de Jaitapur s’est fait 2003, avant même qu’Areva ait conçu l’EPR et que l’accord-cadre indo-français sur les importations de réacteurs n’ait été signé.

Ce projet de centrale est dénoncé localement par les riverains depuis 2011. Greenpeace a récemment mis en garde contre l’instabilité du terrain situé en zone sismique. Cultivateurs, pêcheurs, défenseurs de l’environnement et militants anti-nucléaire entendent manifester le 25 janvier, veille du Republic Day <http://www.francetvinfo.fr/monde/asie/defile-militaire-colore-en-inde-pour-le-republic-day_54987.html> , contre la construction de la centrale. Prévue pour être la plus puissante au monde, avec une capacité de 10.000 mégawatts, son coût, selon Le Monde <http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/01/12/relance-des-negociations-sur-la-vente-de-six-epr-a-l-inde_5061493_3234.html> , est estimé à 60 milliards de dollars (56,7 milliards d’euros).
Le nucléaire en Inde, lancé en 1948
Le programme nucléaire de l’Inde a été mis en place en 1948, avec l’introduction d’un projet de loi sur l’énergie atomique par le Premier ministre Nehru. Cette loi donne à l’État l’exclusivité des «responsabilités et droits exclusifs» sur les questions relatives à l’énergie atomique. En 1969, avec l’aide des États-Unis, l’Inde a lancé son premier réacteur à Tarapur, en bord de mer, dans l’État du Maharasthra.

Le pays compte 20 centrales nucléaires qui produisent moins de 2% de la production nationale d’électricité. Le gouvernement veut porter cette part à 25% en 2050. Les services du Premier ministre indien verraient bien les pelleteuses arriver sur le chantier de Jaitapur au plus tard début 2019, juste avant les élections générales, lors desquelles M.Modi pourrait briguer un second quinquennat.

http://geopolis.francetvinfo.fr/inde-modi-confirme-son-interet-pour-six-reacteurs-nucleaires-epr-131905

Jan 17

LA POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE DE LA FRANCE PASSÉE AU CRIBLE PAR L’AIE

AIELa France a une politique ambitieuse pour sa transition énergétique, mais elle doit encore mobiliser des « investissements significatifs » dans les énergies vertes, l’efficacité énergétique et l’évolution du parc nucléaire, a estimé mardi l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
La France « a mis en marche des réformes majeures » en faveur d’un modèle énergétique durable et d’une économie plus sobre, reconnait ainsi l’AIE, dans un rapport publié mardi, sept ans après la précédente édition.
Côté bons points, l’AIE souligne notamment un « cadre politique ambitieux » avec sa loi sur la transition énergétique votée en 2015, une stratégie bas carbone et une feuille de route énergétique jusqu’à 2023.
Elle salue aussi la fermeture de 3,3 gigawatts de centrales à charbon depuis 2012. En 2015, 47% de l’énergie française était issue des énergies fossiles et le nucléaire représentait 46% du mix énergétique et 78% de la production d’électricité.
Toutefois, l’AIE pointe aussi les lacunes de la politique française.
En matière d’énergies renouvelables il reste à la France « beaucoup de chemin à parcourir » pour qu’elles couvrent 23% de la consommation d’énergie en 2023, comme le prévoit la loi, pointant « un retard » dans l’éolien, notamment en mer, et l’hydraulique.
Si la consommation finale d’énergie a baissé de 13% depuis 2004, cette baisse « n’est pas assez soutenue » pour atteindre l’objectif fixé pour 2020, indique aussi l’AIE.
La France manque surtout « de visibilité à long terme » sur le financement des mesures annoncées, juge l’Agence, alors qu’elle « devra mobiliser des investissements significatifs afin d’augmenter la part des énergies renouvelables, d’améliorer l’efficacité énergétique, de fermer ou prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaires« .
Sur le nucléaire, l’AIE estime qu’il sera « difficile » de ramener la part du nucléaire à 50% du mix électrique, car cela « impliquerait la fermeture de nombreuses centrales » et plaide pour donner à cette filière des « perspectives sur le long terme » pour qu’elle puisse programmer ses investissements de sûreté.
Autre sujet sensible, l’Agence se dit favorable à l’ouverture à la concurrence des concessions pour les barrages hydrauliques, actuellement sujet de discorde entre le gouvernement et la Commission européenne.
Défenseur de la concurrence, l’AIE recommande aussi d' »envisager l’élimination des tarifs réglementés de vente » de l’électricité et du gaz pour les particuliers, au même titre que ce qui a été fait pour les entreprises et les industriels.

http://www.romandie.com/news/La-politique-energetique-de-la-France-passee-au-crible-par-lAIE/768522.rom

Jan 17

L’ÉCOLOGIE POINTE SON NEZ DANS LES PRIMAIRES DE LA GAUCHE

Primaires gaucheUne vingtaine de minutes ont été consacrées aux énergies renouvelables, au nucléaire et au diesel lors du débat. Deux camps se sont dessinés sur cette question, en fonction de la place accordée au nucléaire dans le mix énergétique.

Si les questions environnementales avaient été quasi-inexistantes lors des primaires de la droite, elles ont en revanche été débattues par les candidats de la primaire de la gauche lors de leur deuxième débat ce 15 janvier.

La discussion, d’une vingtaine de minutes, s’est polarisée sur le nucléaire, les énergies renouvelables et l’avenir du diesel. Avec des questions posées par des journalistes qui semblaient loin d’être convaincus par l’importance stratégique des questions environnementales.

« Le choix des EnR, le choix des économies pour les Français »

Le débat a tourné sur la place accordée aux énergies renouvelables (EnR) et au nucléaire dans le mix énergétique, avec deux camps qui se sont dessinés. Ceux qui veulent aller de façon volontariste vers les EnR et la fin du nucléaire (De Rugy, Benhamias, Hamon), Ceux, de l’autre, qui affirment aussi la nécessité de développer les EnR, mais qui optent pour un rythme moins rapide et ne veulent pas enterrer l’atome de sitôt (Montebourg, Valls, Peillon, Pinel).

François de Rugy apparaît le plus volontariste en la matière, affichant l’objectif de 100% d’électricité renouvelable en 2050, en se référant au scénario présenté par l’Ademe en avril 2015. Il fixe comme première priorité les économies d’énergie qui passent par la rénovation des passoires thermiques via des aides au diagnostic et aux travaux. « L’objectif est d’atteindre une baisse de 25% de la facture énergétique des ménages d’ici cinq ans », indique le député de Loire-Atlantique.

Benoît Hamon qualifie, quant à lui, de « grave erreur » l’assertion selon laquelle le mégawattheure nucléaire restera peu onéreux à l’avenir. L’ancien ministre estime que les coûts vont considérablement augmenter du fait des coûts de maintenance et de mise en sécurité des centrales nucléaires. Du même coup, il juge que « le choix des EnR est aussi le choix des économies pour les Français« . Se basant sur les rapports de l’OCDE, il rappelle par ailleurs qu’à niveau de production énergétique équivalent, les EnR créent six fois plus d’emplois que le nucléaire.

Une question sociale sur laquelle Jean-Luc Benhamias entend rassurer les salariés de la filière nucléaire, après avoir dénoncé la voie empruntée par EDF avec les EPR. « Tout ce qui se fait dans les EnR, ils sauront le faire« , estime le président du Front démocrate. Ajoutant, à l’attention des salariés de La Hague, que plusieurs générations travailleront encore sur le démantèlement des centrales et la gestion de déchets radioactifs.

« Besoin du nucléaire pour réduire notre addiction au carbone » ?

Les autres candidats sont plus circonspects sur l’évolution du mix énergétique. « On a besoin du nucléaire pour réduire notre addiction au carbone », estime Arnaud Montebourg. L’ancien ministre de l’Économie souhaite traiter les problèmes l’un après l’autre, tout en se disant d’accord avec les propositions du Gouvernement actuel sur le développement des EnR. Une position proche de Manuel Valls mais aussi de Vincent Peillon sur ce point. « Il faut y aller doucement« , estime l’ancien ministre de l’Éducation nationale. A défaut, ajoute-t-il en citant l’Allemagne, on risque de revenir aux énergies fossiles et d’augmenter nos émissions de gaz à effet de serre.

Encore moins défavorable au nucléaire, Sylvia Pinel juge que « les énergies renouvelables et le nucléaire sont complémentaires » et estime « très ambitieux » l’objectif de 50% de nucléaire dans la production électrique d’ici huit ans. L’ancienne ministre du Logement considère cette dernière énergie comme « un gage d’indépendance énergétique de la France« . Une assertion qui a fait bondir François de Rugy, qui a rappelé que le nucléaire dépendait à 100% d’uranium importé de pays « peu fréquentables » comme le Niger ou le Kazakhstan. « Il ne faut pas avoir la main qui tremble sur ces questions« , prévient Benoît Hamon car le lobbying de ceux qui veulent maintenir le parc nucléaire est puissant…

Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.actu-environnement.com/ae/news/primaires-gauche-debat-ecologie-energie-nucleaire-renouvelables-EnR-diesel-28276.php4

Jan 17

RUSSIE : LEVÉE DES SANCTIONS CONTRE RÉDUCTION DES ARSENAUX NUCLÉAIRES: UN ACCORD EST-IL POSSIBLE?

Levée des sanctionsLes États-Unis pourraient réviser le régime de sanctions décrété contre la Russie et lever certaines restrictions en échange de la réduction des arsenaux nucléaires, a déclaré le président élu américain Donald Trump dans une interview au journal britannique The Times. Selon les experts militaires, un accord semblable serait profitable à Moscou, mais ne pourrait être matérialisé qu’en cas de changement de la politique de l’Otan.

Le président élu américain Donald Trump veut s’entendre avec le dirigeant russe Vladimir Poutine sur la réduction des arsenaux nucléaires en échange d’une levée partielle ou complète des sanctions économiques. « Ils (les pays occidentaux) ont décrété des sanctions contre la Russie. Voyons si nous pouvons conclure des accords avec elle. Je crois qu’il faut commencer par les armes nucléaires qui doivent être sérieusement réduites », a indiqué Donald Trump. Cette nouvelle déclaration est contraire à celles que le futur hôte de la Maison Blanche avait faites à la fin de l’année dernière, quand il estimait nécessaire « de renforcer et d’accroître le potentiel nucléaire » des États-Unis.

La position du Kremlin

Moscou s’abstient pour l’instant de donner une évaluation aux nouvelles propositions du président élu. Le porte-parole du chef de l’État russe, Dmitri Peskov, a appelé les journalistes à « s’armer de patience ».  « Il faut s’armer de patience et attendre l’investiture de Monsieur Trump (prévue le 20 janvier, ndlr) avant d’évaluer telle ou telle initiative », a-t-il souligné.

Les « pour »

« La proposition de Donald Trump de réduire le potentiel nucléaire en échange de la levée des sanctions serait profitable à la Russie. Si cette proposition est faite, il faut l’accepter, a affirmé le général à la retraite Vladimir Dvorkine, de l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationales. Toutefois, Donald Trump est imprévisible : aujourd’hui il dit une chose et demain une autre. Il faut attendre qu’une proposition officielle soit faite à Vladimir Poutine ou au moins qu’un coup de fil soit passé au chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, par le nouveau secrétaire d’État américain ».

Selon Vladimir Dvorkine, il n’y a rien de nouveau dans la proposition sur la réduction des arsenaux nucléaires : Barack Obama relevait la nécessite de diminuer le nombre des ogives nucléaires opérationnelles d’un tiers depuis 2013. Rappelons qu’en conformité avec le Traité de Prague de 2010, les États-Unis et la Russie ont établi un plafond de 1 550 ogives nucléaires opérationnelles sur tous les vecteurs.

Dans ce contexte, Vladimir Dvorkine fait remarquer que la Russie s’est résolument opposée à la réduction du potentiel nucléaire : « On a cité des raisons infondées comme le système ABM en Europe ou une frappe stratégique conventionnelle, on déclarait que la réduction des arsenaux influencerait le potentiel de dissuasion nucléaire russe même lorsque nos experts disaient le contraire après avoir effectué des études », a-t-il indiqué.

Les « contre »

« Les Américains proposent de réduire le nombre d’ogives nucléaires opérationnelles jusqu’à 1 000 et celui des vecteurs jusqu’à 500. Mais il faut comprendre que pour la Russie et les États-Unis les armes nucléaires revêtent une importance différente. Pour Moscou, c’est un moyen de dissuasion, pour Washington c’est un poids qu’il est impossible d’employer sur le champ de bataille, tandis que son entretien revient cher », a expliqué à RBTH le colonel à la retraite Viktor Litovkine, expert militaire de l’agence TASS. À la place des armes nucléaires, les Américains mettent au point et s’arment de missiles de croisière à charges conventionnelles qui, d’après leur puissance, ne cèdent en rien aux ogives nucléaires.

« Dans une guerre moderne, nul besoin d’une arme de 300 kilotonnes et d’une dérivation de missile de dizaines de kilomètres de la cible. À la différence des systèmes d’il y a cinquante ans, les armes actuelles sont toutes de haute précision. Et une ogive de 100 kilotonnes qui ne contamine pas de radiation les alentours et qui ne fait pas de grand effet psychologique dans le monde est amplement suffisante », a-t-il noté.

Selon lui, pour assurer le succès des négociations avec la Russie sur le désarmement nucléaire, il ne suffit pas simplement de lever les sanctions, il faut détendre la situation géopolitique en Europe et dans le monde. « Il ne sera pas facile de mener des négociations sur la réduction du nombre d’ogives nucléaires avec Moscou quand de nouvelles brigades de l’Otan font leur apparition dans les pays baltes et quand la Pologne et la Roumanie accueillent un système de défense antimissile qui, d’arme défensive, peut à tout moment devenir offensive », a-t-il ajouté.

http://fr.rbth.com/international/2017/01/16/levee-des-sanctions-contre-reduction-des-arsenaux-nucleaires-un-accord-est-il-possible_682298

Jan 16

COMMUNIQUÉ DE L’OBSERVATOIRE DU NUCLÉAIRE

ObservatoireC’est au plus tard mercredi que le Conseil d’État, saisi par l’Observatoire du nucléaire, se prononcera sur la demande d’arrêt de 3 réacteurs nucléaires (Tricastin3, Gravelines2 et Dampierre3) dont l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a autorisé la remise en service alors qu’ils sont dotés de générateurs de vapeur défectueux.

Cette décision irresponsable a été prise sous la pression d’EDF qui est confrontée à une augmentation de la consommation d’électricité du fait de la baisse des températures. La question est donc clairement posée aujourd’hui : les règles de sûreté nucléaire sont-elles facultatives dès qu’il fait froid ? La baisse des températures est-elle un argument suffisant pour mettre, plus encore que d’habitude, la population sous la menace imminente d’une catastrophe nucléaire ?

Il faut en effet noter que l’acier des générateurs de vapeur concernés comporte des zones où la concentration en carbone monte jusqu’à 0,39%, un taux très largement supérieur à la limite maximale de 0,22% exigée, ce qui entraîne une importante fragilité de ces pièces.

Or, les documents officiels de sûreté nucléaire précisent que la rupture d’un générateur de vapeur est « exclue », ce qui signifie qu’elle ne doit sous aucun prétexte se produire : aucune parade n’est alors possible et la situation peut très vite évoluer vers une catastrophe équivalente à celle de Fukushima.

Lors de l’audience qui s’est tenue vendredi 13 janvier, l’Observatoire du nucléaire a demandé au Conseil d’État de contraindre EDF et l’ASN à respecter leurs propres préconisations et à rejeter le véritable « bricolage » avancé pour justifier la remise en service des réacteurs concernés : la mise en œuvre de « mesures compensatoires » et de « dispositions complémentaires » supposées éviter les situations au cours desquelles les générateurs de vapeur seraient amenés à rompre.

Cette situation est comparable à celle d’une voiture délabrée qui serait autorisée à rouler… en demandant au conducteur d’accélérer et décélérer le plus doucement possible, et en espérant qu’aucun obstacle n’oblige à freiner d’urgence…

Pour mémoire, l’industrie nucléaire française et l’ASN sont depuis plusieurs mois au cœur du pire scandale industriel de l’Histoire :

– les fournisseurs (principalement Areva et le japonais JCFC) ont fabriqué des pièces défectueuses dont un grand nombre a été couvert par des certificats de sûreté falsifiés.

– L’exploitant EDF n’a pas (ou pas correctement) effectué les contrôles obligatoires qui auraient permis de détecter ces défectuosités, ou bien a préféré ne rien dire pour éviter d’arrêter des réacteurs, aggravant le risque de causer une catastrophe.

– L’Autorité de sûreté nucléaire, prétendue « la plus compétente et la plus indépendante du monde » n’a rien vu… ou rien dit.

Face à cette situation, l’Observatoire du nucléaire a déposé une plainte en justice dès le 4 mai 2016, bien avant que l’ASN, en octobre, ne saisisse à son tour le procureur de la République dans l’idée de se disculper : pour l’Observatoire du nucléaire, l’ASN fait bel et bien partie des coupables et devra s’expliquer sur son incompétence… ou sa complicité.

Il est donc clair que les citoyens ne peuvent en aucun cas faire confiance aux dirigeants d’EDF et de l’ASN qui s’autorisent à relancer des réacteurs qui devraient rester arrêtés. Le Conseil d’État est aujourd’hui en mesure de faire cesser cette fuite en avant insensée : prendra-t-il ses responsabilités ou acceptera-t-il lui aussi de rendre facultatives les règles de sûreté sous prétexte qu’il fait froid ?

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

 

Jan 16

BURE : UNE NOUVELLE MOBILISATION ANTI-CIGEO ANNONCÉE AU BOIS LEJUC POUR LE 18 FÉVIER

Bois LejucQuoi qu’il advienne d’ici là, rendez-vous est donné le 18 février pour une nouvelle mobilisation au bois Lejuc. Si des opposants au projet Cigéo campent toujours sur place sans que l’hiver refroidisse leur motivation, « il y a un risque d’expulsion », avertit leur camarade « Sylvestre ». « On y sera donc soit pour reprendre la forêt, soit pour consolider une présence.»
Voilà une des informations livrées à l’occasion des assises que tenaient les antinucléaires, hier, à Bettancourt-la-Ferrée (Haute-Marne). Des militants des diverses luttes s’étaient rassemblés pour une journée co-organisée par toutes les associations parties prenantes afin de protester contre « la nucléarisation du territoire » dont « Cigéo est la base ». Michel Marie, du collectif Cedra 52 : « Ce sont plus d’une trentaine de verrues que l’on recense. » Sans effet positif, pour leurs détracteurs, ni en terme démographique ni au plan économique. « Parce qu’il n’y a pas de projet de territoire »
Comment agir, c’était l’autre but de cette réunion. Déjà en ne cédant pas au fatalisme : « Il faut complètement changer d’état d’esprit.
» Mais surtout par des actions aussi simples que concrètes. Comme la création d’un logo qui s’accompagnerait d’un slogan du style « J’aime mon territoire, non au nucléaire ». Que l’on retrouverait sur des autocollants, des flyers, des affiches, ou même sur des produits. « Afin de démontrer qu’il existe une prise de conscience forte » du danger dénoncé.

Le choix de s’implanter
L’autre décision majeure, c’est de donner la possibilité aux populations locales de participer à la promotion des énergies propres : en qualité de consommateur, en optant pour un fournisseur comme Énercoop, aussi de producteur. À la condition de le savoir, et c’est l’ambition d’une campagne d’information prévue en Haute-Marne avec des conférences publiques à Joinville, Saint-Dizier, Chaumont et Langres, à partir du 2 février. Elle devrait être reproduite en Meuse par la suite.
« Face à la colonisation, on se réapproprie le territoire en lançant des activités », plaide Sylvestre . « Depuis l’été dernier, une nouvelle dynamique se vit à Bure, avec ceux qui font le choix de s’implanter pour dynamiser le secteur. » Le projet de fabrication d’un four à pain, qui devrait favoriser l’ouverture d’un fournil, en témoigne. Un constat s’impose : « Cigéo fait venir des jeunes… pour l’empêcher. »
http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2017/01/16/bure-une-nouvelle-mobilisation-des-anti-cigeo-annoncee-au-bois-lejuc

Jan 16

JADOT: « REMETTRE DE L’HUILE DANS LES ROUAGES APRÈS DES ANNÉES D’AUSTÉRITÉ »

JadotCandidat d’EELV à l’élection présidentielle, Yannick Jadot souhaite investir lourdement dans la transition énergétique. Mais surtout sauver une Europe à la dérive. Entretien. 

L’un des piliers de votre programme repose sur un plan d’investissement européen de 600 milliards d’euros par an. Comment le financer?

Il pourra être financé par la Banque européenne d’investissement. De son côté, la Banque centrale européenne « crache » 60 à 70 milliards d’euros par mois pour racheter notamment de la dette publique. Mais cela alimente essentiellement l’activité des banques, qui se trouvent en situation de sur-liquidités. Je souhaite que la BCE garantisse ce prêt ou le rachète.

A quoi servira-t-il?

Une grande partie sera consacrée à la transition énergétique. La France, par exemple, dépense un milliard d’euros par jour pour importer des énergies fossiles. Avec, pour conséquence, une certaine complaisance vis-à-vis de pays comme la Russie, les pays du Golfe, le Gabon, ou encore le Niger pour l’uranium. En outre, et alors que l’État s’apprête à injecter une nouvelle fois des milliards dans Areva, certaines entreprises meurent de notre obsession pour le nucléaire

…Vous préconisez l’arrêt de la vente d’armes aux pays non-démocratiques. Avec le nucléaire, deux industries dans lesquelles la France excelle seront donc impactées. Comment comptez-vous accompagner les salariés de ces filières?

L’âge moyen dans le secteur nucléaire approche des 50 ans. Il faut développer les compétences, car la sortie se fera à l’horizon 2035. Et aujourd’hui, le manque de compétence pose le problème de la sécurité de nos centrales. D’ailleurs à ce stade, je suis pour que l’on recrute dans le nucléaire! Pour le reste, les chiffres parlent d’eux-mêmes: le nucléaire fait travailler 120.000 personnes en France. En Allemagne, 400.000 travaillent dans les énergies renouvelables…

Article de Yann Duvert

http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/jadot-remettre-de-l-huile-dans-les-rouages-apres-des-annees-d-austerite-1081310.html

Jan 16

LE FBI SAISI D’UNE ENQUÊTE SUR LE RACHAT D’URAMIN PAR AREVA

ArevaLe rachat de la société minière canadienne Uramin par Areva déclenche une enquête du FBI rapporte le Journal du Dimanche le 15 janvier.

La justice américaine a demandé au FBI d’enquêter sur le rachat de la société minière canadienne Uramin par Areva, une opération qui avait tourné au fiasco financier pour le spécialiste français du nucléaire, rapporte le Journal du dimanche.

Un porte-parole d’Areva a dit que l’entreprise n’avait pas connaissance d’une quelconque enquête en cours aux États-Unis. « Naturellement, s’il y avait une procédure, on se tiendrait à disposition pour donner toutes les informations nécessaires », a-t-il ajouté.

Selon le Journal du dimanche, qui ne cite pas ses sources, le département américain de la Justice a transmis à la fin de l’année dernière ce dossier déjà au cœur de procédures judiciaires en France.

L’opération, qui avait coûté 1,7 milliard d’euros à Areva en 2007, pourrait tomber sous le coup de la législation américaine contre la corruption internationale, écrit-il.

Une enquête indépendante à l’origine de l’affaire

Toujours selon le JDD, la procédure a été enclenchée aux États-Unis par un rapport rédigé par un enquêteur français indépendant, Marc Eichinger, et remis en fin d’année dernière aux autorités américaines.

Marc Eichinger avait écrit en 2010 un premier document dans lequel il évoquait une possible escroquerie, qui aurait pu avoir été facilitée par des complicités au sein du groupe d’énergie nucléaire.

En France, le dossier fait l’objet de deux enquêtes, l’une portant sur la valorisation financière d’Uramin, l’autre sur un possible délit d’initiés, ouvertes à la suite d’un signalement de la Cour des comptes, en 2014.

Dans le premier volet de l’affaire, l’ancienne présidente du directoire d’Areva, Anne Lauvergeon, a été mise en examen en mai 2016 pour présentation et publication de comptes inexacts et diffusion de fausses informations.

Les juges la soupçonnent d’avoir présenté des comptes inexacts pour masquer les dépréciations d’actifs liées à l’acquisition de mines, situées principalement en Namibie, en Centrafrique et en Afrique du Sud, qui se sont révélées peu rentables, voire inexploitables.

http://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/areva/le-fbi-saisi-d-une-enquete-sur-le-rachat-d-uramin-par-areva-4736949

Jan 15

LES BONS «COINS À CHAMPIGNONS» DU TOURISME RADIOACTIF

Les bons coinsCes sept sites de vestiges d’essais nucléaires sont toujours ouverts au public.

L’ère nucléaire a débuté le 16 juillet 1945, date à laquelle les scientifiques du projet Manhattan firent exploser, avec succès, la première bombe nucléaire dans le désert du Nouveau-Mexique. Moins d’un mois plus tard, des bombes nucléaires étaient lâchées sur Hiroshima et Nagasaki. À partir de ce moment-là et jusqu’à la signature du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (Ticen), en 1996, plus de 2 000 essais nucléaires furent réalisés sur des îles, sur des atolls et dans des déserts isolés du monde entier (la majorité aux États-Unis et en Union soviétique) afin de se préparer à une possible guerre nucléaire.

Bien que, fort heureusement, la Guerre froide ne se soit jamais transformée en guerre ouverte, des vestiges de ce chapitre tumultueux de notre histoire subsistent toujours aux États-Unis et dans les républiques de l’ancienne Union soviétique. Nous avons répertorié ci-dessous sept sites que vous pouvez toujours visiter aujourd’hui, vestiges de ce tournant historique dans l’évolution de l’art de la guerre

11. Trinity — Berceau de l’ère nucléaire Socorro, Nouveau-Mexique

C’est le 16 juillet 1945, en plein cœur du désert du Nouveau-Mexique, que l’ère atomique a vu le jour. «Trinity» était le nom de code de la première explosion nucléaire, celle du «Gadget», un engin nucléaire de conception similaire à son cousin, le dévastateur «Fat Man», tristement célèbre pour avoir été largué sur Nagasaki trois semaines plus tard.

S’il est possible que l’armée américaine n’ait pas pu prévoir l’étendue des dégâts à long terme d’un engin explosif au plutonium de près de 6 kilos, les responsables connaissaient les conséquences que pourrait avoir la bombe lors de l’explosion, car Trinity leur en avait donné un plutôt bon aperçu. La boule de feu de 182 mètres de diamètre détruisit les arbres, transforma le sable en verre et fit exploser les fenêtres jusqu’à 195 km de distance. En principe interdit aux civils, le site désolé de l’essai Trinity est ouvert au public tous les ans, le premier samedi d’avril.

22. Dôme de béton du cratère nucléaire, Iles Marshall

Durant la Guerre froide, les îles et les atolls du Pacifique Sud furent le théâtre de plus d’une centaine d’essais nucléaires atmosphériques menés par l’armée américaine. À la fin des années 1970, afin de se débarrasser des débris radioactifs laissés par ces explosions, le gouvernement américain fit ramasser 85.000 m3 de sol contaminé qui furent enfouis dans un cratère de plus de 100 mètres de diamètre laissé par un essai nucléaire conduit sur l’île de Runit (nom de code «Cactus»). Trois ans et 250 millions de dollars plus tard, le cratère et les déchets furent enfouis sous un énorme dôme de béton armé de 50 cm d’épaisseur sur près de 10.000 m2. En dépit des panneaux interdisant aux visiteurs de s’approcher, il est possible d’accoster sur Runit et de marcher sur le dôme Cactus.

33. Semipalatinsk — principal site d’essais nucléaires de l’Union soviétique, Semeï, Kazakhstan

Le polygone nucléaire, dans la ville interdite de Semipalatinsk (appelée aujourd’hui Semeï), en URSS, fut le principal site d’essais nucléaires de l’Union soviétique. Au total, 456 essais nucléaires y furent menés entre 1949 et 1989, dont 340 essais souterrains et 116 essais atmosphériques. En tout, le nombre d’explosions nucléaires à Semipalatinsk équivalent à plus de 2.500 bombes larguées sur Hiroshima. De très nombreux cratères, en partie remplis d’eau, témoignent de ces essais.

Situé relativement près de grandes zones urbaines, ce site est aussi l’un des plus horribles vestiges de la Guerre froide, car l’Union soviétique y menait ses essais nucléaires sans se préoccuper des conséquences sur la santé des quelque 200.000 résidents de la région de Semipalatinsk. En effet, jamais les militaires n’évacuèrent la population ni n’avertirent les civils des explosions. Les habitants remarquèrent qu’ils avaient de gros problèmes de santé très rapidement après les premiers essais, et bien que le site ait finalement été fermé en 1989, les effets des essais nucléaires perdurent. Une zone de plus de 18.000 km2 est lourdement contaminée et on a diagnostiqué des problèmes de santé chez plus d’un million de personnes. Pourtant, aujourd’hui encore, la région du polygone nucléaire reste habitée.

44. Tsar Bomba — la plus puissante arme nucléaire jamais testée, Nouvelle-Zemble, Russie

À première vue, le paysage désolé de Nouvelle-Zemble (Novaïa Zemlia en russe, qui signifie «Nouvelle Terre») ne semble pas être le genre de lieu où il ait pu se produire quoi que ce soit d’intéressant. Mais en raison de son emplacement isolé et de sa faible population, l’archipel fut choisi pour être une zone d’essais nucléaires en 1954 et il accueillit, durant les années qui suivirent, 224 essais nucléaires, notamment celui de l’arme atomique la plus puissante au monde, la Tsar Bomba, lâchée par l’Union soviétique en 1961. La majeure partie de l’île demeure, à l’heure actuelle, une base militaire, mais des navires de croisière s’arrêtent fréquemment dans la partie méridionale de l’archipel.

55. Survival Town, Nevada

En 1955, une série de 14 essais nucléaires, appelée «Operation Teacup» (Opération tasse à thé), fut réalisée dans le désert du Nevada, à Yucca Flat. La partie la plus incroyable est qu’un ensemble de maisons et de bâtiments, surnommé «Survival Town », «Ville de la Survie» (ou de façon moins optimiste, «Doom Town», la «ville condamnée»), fut spécialement construit pour ces essais, à différentes distances du point zéro, afin de tester l’impact et les effets des explosions. Le plus perturbant dans cette fausse ville était ses résidents: les maisons étaient en effet «habitées» par des mannequins très réalistes des années 1950, faisant courageusement face à leur terrible destin, vaquant à leurs activités quotidiennes dans leurs beaux vêtements, pendant que des milliers de spectateurs regardaient les bombes nucléaires détruire leur ville témoin.

66. Atoll de Bikini — Le lieu de naissance de Godzilla, Iles Marshall

Situé à peu près à mi-chemin entre Hawaii et l’Australie, ce chapelet d’îles de Micronésie aurait pu être un petit coin de paradis sur Terre. Hélas, il n’en est rien. En 1946, la population fut évacuée de force et les Américains prirent possession de l’île. Durant les 12 années qui suivirent, l’armée américaine fit exploser 23 bombes, rendant cette région paradisiaque inhabitable jusqu’à aujourd’hui.

Lors du premier essai pratique d’une bombe à hydrogène, 23 membres d’un bateau de pêche japonais, qui se trouvait normalement à une distance de sécurité, furent contaminés par l’explosion. Le scandale qui secoua le pays fut énorme. Plus récemment, l’endroit a inspiré le film Godzilla, dans lequel un monstre radioactif naît d’un essai nucléaire américain et attaque le Japon. Jusqu’à présent, les îles de la région restent malheureusement un lieu d’une beauté époustouflante, mais où l’on ne peut se rendre en toute sécurité.

77. Tour BREN sur le site d’essais du Nevada Nye, Nevada

En 1962 fut construite à Yucca Flat une tour haubanée de 465 mètres de hauteur à l’objectif particulier: sa partie supérieure comportait un réacteur non enfermé et fixé sur une luge. La hauteur du mât était à peu près la même que la hauteur à laquelle explosa la bombe larguée sur Hiroshima. Le mât avait été conçu pour simuler les radiations de cette bombe.

Composée de 51 parties d’un peu plus de 9 mètres en acier haute résistance, la tour est plus haute que l’Empire State Building. Malgré sa taille immense, la Tour BREN (Bare Reactor Experiment, Nevada; Expérimentation d’un réacteur nu au Nevada) fut démontée puis reconstruite dans la Zone 25 du site d’essais du Nevada, où elle servit plus tard à une série de mesures de radiations. Ce transfert eut lieu après le traité d’interdiction complète des essais nucléaires, qui mit fin aux expérimentations nucléaires en plein air.

http://www.slate.fr/story/127796/tourisme-radioactif-nucleaire

Jan 15

TRUMP INVITÉ À PRÉSERVER L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

TrumpLa représentante permanente des États-Unis à l’Onu a invité vendredi Donald Trump à préserver l’accord international sur le programme nucléaire iranien qui, selon elle, porte ses fruits.

Le futur président des États-Unis, qui prendra ses fonctions dans une semaine, a promis de dénoncer ou de renégocier cet accord que Téhéran a conclu avec les membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne) et l’Allemagne.

« Nous qui voyons la menace que l’Iran fait peser par ses actes de déstabilisation dans la région et par son soutien au terrorisme serions très sages de préserver un accord qui le prive d’armes de destruction massive« , a déclaré Samatha Power, s’adressant à la presse.

« Nous avons réussi à faire en sorte que l’Iran ne puisse se doter d’un arsenal nucléaire (…) Cela fonctionne« , a-t-elle souligné, invitant en outre l’administration Trump à se montrer « très forte » dans la mise en œuvre de l’accord.

Article de Michelle Nichols et Jean-Philippe Lefief pour le service français

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Trump-invite-a-preserver-l-accord-sur-le-nucleaire-iranien–23692227/

Jan 15

NUCLÉAIRE : MANUEL VALLS DIT VOULOIR POURSUIVRE L’OBJECTIF DE RÉDUCTION À 50% EN 2025

VallsManuel Valls propose de poursuivre l’objectif fixé par François Hollande de ramener à 50% la part du nucléaire dans l’électricité en France d’ici 2025, a-t-il dit samedi soir dans l’émission « On n’est pas couché » sur France 2.

« Je vous confirme en effet que l’objectif c’est bien 2025 pour passer la part du nucléaire à 50% », a déclaré l’ex-Premier ministre, candidat à la primaire organisée par le Parti socialiste. « Sur ces questions-là, il faut du temps. Passer de 75 à 50% la part du nucléaire dans la production électrique (…) il faut du temps, de la stratégie (…) On ne ferme pas une centrale nucléaire en quelques semaines », a-t-il plaidé (NDLR : ni en 5 ans semble-t-il !).

Fessenheim toujours en activité

Le passage du niveau actuel d’environ 75% à la moitié d’électricité nucléaire dans huit ans implique la fermeture de plusieurs des 58 réacteurs d’EDF actuellement en service. Mais la centrale alsacienne de Fessenheim, la plus ancienne en activité, n’a toujours pas été arrêtée malgré l’engagement de François Hollande, et ne devrait l’être qu’au moment de la mise en service de l’EPR de Flamanville prévue en 2018. « Les choix concernant Fessenheim vont se faire dans les prochaines semaines », s’est défendu M. Valls, en référence à la réunion du conseil d’administration d’EDF le 24 janvier pour se prononcer sur le protocole d’indemnisation conclu avec l’État actionnaire.

Ambiguïté

Dans son programme présenté début janvier en vue du scrutin des 22 et 29 janvier, l’ancien Premier ministre était resté ambigu sur la question toujours sensible de l’énergie nucléaire, jugeant qu’elle avait « des avantages » mais « aussi un coût ».

« Il nous fait consolider un secteur nucléaire sécurisé, en fermant ou en prolongeant la vie des centrales selon un calcul économique clair », selon le programme du candidat. Dans son programme environnemental, M. Valls propose notamment de fusionner les ministères de l’Industrie et de l’Environnement, (NDLR : ce serait marier la carpe et le lapin, l’environnement passant sous la domination de l’industrie), de développer « l’agro-écologie », le transport électrique ou la rénovation thermique des bâtiments.

NDLR : Valls est le seul parmi les candidats de la gauche à avoir eu entre ses mains, pendant plus de 2 ans et demi, le pouvoir de commencer à fermer quelques réacteurs nucléaires lui permettant de s’engager sur la voie des 50 %. IL NE L’A PAS FAIT ! POURQUOI LE FERAIT-IL MAINTENANT ? Promesse…promesse…, lesquelles n’engagent que ceux (ou celles) qui y croient.

http://www.ouest-france.fr/politique/manuel-valls/nucleaire-manuel-valls-veut-poursuivre-l-objectif-de-50-en-2025-4736177

Jan 14

TOUS AUX ABRIS : VOICI À QUOI RESSEMBLERA LE MONDE EN 2022 SELON LE RENSEIGNEMENT AMÉRICAIN

2022Montée en puissance des nationalismes, affirmation de la puissance indienne, ou bien encore accroissement de la menace terroriste : voici à quoi vous préparer au cours des cinq prochaines années selon un groupe d’analystes du NIC (National Intelligence Council).

Tous les quatre ans, un groupe d’analystes du NIC (National Intelligence Council) établit un rapport prévisionnel sur l’état du monde dans cinq ans. Pour chacune des grandes prévisions relevées dans ce document, nous avons demandé à Philippe Fabry de les juger possibles ou non. 

La fin de la domination américaine, et avec elle de l’ordre mondial tel que nous le connaissons depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Philippe Fabry : Il est certain que l’on a observé, sous l’ère Obama, un relatif repli de l’hégémonie américaine qui a laissé le champ libre à l’émergence ou la réémergence de puissances régionales, dont certaines ont des ambitions mondiales : la Russie, la Chine, l’Iran sont les plus antagoniques à la puissance américaine.

Cependant, un tel repli n’est pas inédit et rien ne permet d’affirmer qu’il sera définitif, au contraire.

En effet, les États-Unis ont souffert durant la dernière décennie de deux traumatismes majeurs : d’une part un traumatisme psychologico-militaire, avec l’impasse de la politique américaine de « guerre contre la terreur » et de remodelage démocratique du Moyen Orient, en commençant par l’Irak, qui s’est soldée par un piteux retrait – lequel a gâché une victoire militaire authentique après le succès du surge – auquel a bien vite succédé le chaos terroriste islamiste; d’autre part un traumatisme économique, la crise de 2008 et ses conséquences. Tout ceci a provoqué une crise de conscience aux États-Unis, avec un doute important sur la légitimité et l’intérêt du pays à se projeter ainsi à travers le monde ; et aujourd’hui, hors des États-Unis, l’on se demande si le règne de l’Amérique ne touche pas à sa fin et s’il n’est pas temps d’envisager un monde « multipolaire » dans lequel il faudrait se repositionner, éventuellement en revoyant l’alliance américaine.

Mais à vrai dire, nous avons déjà connu la même chose il y a quarante ans : après la présidence de Nixon, dans les années 1970, le rêve américain semblait brisé par la guerre du Vietnam, qui avait coûté cher, économiquement et humainement, pour un résultat nul puisque le Sud-Vietnam fut envahi deux ans après le retrait américain et tout le pays bascula dans le communisme. La même année, en 1975, les accords d’Helsinki sont souvent considérés comme l’apogée de l’URSS et en 1979, l’Iran échappe à l’influence américaine. Nombreux à l’époque ont cru que c’en était fini de la puissance américaine et que les soviétiques, dont le stock d’armes nucléaires gonflait à grande vitesse, deviendraient le véritable hégémon mondial. En fait, la décennie s’achevait par l’élection de Ronald Reagan et America is back, et au cours des dix années suivantes, l’Union soviétique s’effondrait et l’Amérique triomphait.

Donc, s’il est certain que nous sommes actuellement dans une phase de repli de la puissance américaine, rien ne permet de dire qu’elle doit se prolonger. Au contraire, l’élection « surprise  » de Donald Trump, dont le slogan de campagne « Make America Great Again » était l’un des slogans de Reagan, m’apparaît comme un premier signe du retour du leadership américain, et je ne pense pas qu’il faudra attendre cinq ans pour le voir.

En revanche, il est certain que les puissances ennemies ou rivales des États-Unis, qui ont énormément profité du reflux américain, ont la volonté de l’exploiter plus avant, et que le retour d’une Amérique sûre d’elle-même ne sera pas pour leur plaire. Les réactions estomaquées qu’ont provoquées les premiers tweets de Donald Trump à propos de la Chine et de Taïwan ne sont qu’un aperçu de cette évolution.

L’affirmation de la puissance indienne.

Oui, l’Inde est le grand émergent d’aujourd’hui, d’un niveau comparable à ce qu’était la Chine au tournant du millénaire. Des usines commencent à quitter la Chine pour s’installer en Inde : la Chine perd des emplois au profit de l’Inde par délocalisation ! Des études démographiques, publiées il y a quelques mois, donnaient en outre une population indienne dépassant la population chinoise dès 2022. De plus, l’Inde peut espérer dans les années qui viennent une forme de soutien des États-Unis dans une sorte d’alliance de revers contre la Chine.

Par ailleurs, l’Inde commence à se comporter elle aussi en puissance régionale en se constituant un réseau d’alliances : elle vient ainsi de livrer des missiles au Vietnam, vieil ennemi de la Chine, en forme de représailles au soutien chinois au Pakistan, et surtout à la constitution du « corridor économique » sino-pakistanais dont le tracé passe par le Cachemire, territoire revendiqué par l’Inde.

La montée en puissance du rival indien, face à une Chine qui est encore elle-même une jeune puissance, est l’un des principaux défis à la stabilité de l’Asie dans les années qui viennent, car la Chine pourrait être tentée d’enrayer la menace indienne avant qu’elle ne soit trop imposante.

A ce propos, il faut voir que la Chine pourrait vouloir profiter de l’avantage démographique tant qu’il est de son côté pour tenter militairement sa chance. Il faut savoir que la population chinoise souffre d’un gros déséquilibre au plan des sexes : sur la population des 18-34 ans, la population masculine est supérieure de vingt millions à la population féminine. Cela signifie que la Chine peut perdre vingt millions d’hommes dans un conflit sans virtuellement aucune conséquence démographique à long terme, puisque ce sont des individus qui ne pourront pas, statistiquement, disposer d’un partenaire pour se reproduire. Pour des esprits froids comme ceux des dirigeants du Parti Communiste Chinois, cela peut sembler une fenêtre de tir intéressante.

L’accroissement de la menace terroriste.

C’est hélas très vraisemblable. Si l’État islamique ne devrait pas survivre longtemps comme entité territoriale, il a probablement de beaux jours devant lui comme réseau terroriste : son reflux territorial en Syrie et en Irak a été concomitant à un essaimage, en Libye notamment, et le réseau devrait se renforcer en Europe avec le retour des djihadistes ayant combattu au Moyen Orient.  

Un retour des nationalismes. 

A vrai dire, il s’agit ici plus d’un diagnostic que d’un pronostic : l’on a déjà commencé à observer ce retour des nationalismes en Europe avec le PiS en Pologne, la progression d’Alternative fur Deutschland en Allemagne, le Brexit… et bien sûr la montée du Front national en France. Parier sur la poursuite du mouvement en Europe dans les années qui viennent relève de l’évidence. La crise migratoire et l’expansion du terrorisme islamiste ont évidemment favorisé ce mouvement, de même que le manque de vision à l’échelle européenne et l’appel d’air désastreux d’Angela Merkel. Il faut ajouter à cela le fait que le fer de lance du populisme nationaliste sur le continent européen, la Russie de Poutine, finance et soutient le développement des discours les plus sommaires sur l’islam et l’immigration, bénéficiant certes du politiquement correct qui a empêché de débattre de certaines questions jusqu’à présent, mais également renforçant ce refus du débat de peur qu’il doive se faire dans les termes des populistes. Il en résulte une forme d’impasse intellectuelle et politique qui peut déboucher sur des formes de violence. Voilà pour l’Europe.

Par ailleurs, à l’échelle du monde, on observe également une montée des nationalismes : les ambitions des pays comme la Russie, la Chine, l’Iran, mais aussi la Turquie ou l’Inde en relèvent, évidemment.

On peut également parler, à propos de l’élection de Donald Trump, d’un retour d’une forme de nationalisme américain, et contrairement à ce qui a été beaucoup dit, la présidence de Trump ne sera certainement pas isolationniste : l’on assiste simplement à une mutation de l’impérialisme américain, qui risque de tourner le dos à l’idéalisme qui en était le fond depuis un siècle et la présidence de Woodrow Wilson, pour une forme plus pragmatique avec Trump et son souci de faire des « deals » avantageux. Deals qui peuvent impliquer, avant la négociation, d’imposer un rapport de force, comme il semble vouloir le faire avec la Chine – raison pour laquelle il cherche à ménager Poutine, afin de n’avoir pas à se soucier de l’Europe et d’avoir les mains libres en Asie.

Le changement de nature des conflits futurs. 

C’est sans doute le point que je juge le plus contestable de ces prévisions.

Après huit décennies de paix nucléaire, nous nous sommes imprégnés de l’idée, en Occident, que de grandes guerres entre États sont impossibles en raison du risque d’anéantissement nucléaire. Or, l’escalade actuelle entre Russie et États-Unis en Europe de l’Est, où chacun installe du matériel et des troupes , montre que les forces conventionnelles revêtent encore un aspect important.

Par ailleurs, il s’est produit un changement important lors de l’affaire de Crimée : Vladimir Poutine a dit qu’il était prêt, lors de l’annexion de ce territoire, à utiliser l’arme nucléaire si l’Occident se faisait trop menaçant. C’est un événement d’une importance historique qui n’a pratiquement pas été relevé par les commentateurs : Vladimir Poutine a énoncé une toute nouvelle doctrine nucléaire, très dangereuse : il s’agit non plus d’une arme de dissuasion défensive, mais de dissuasion offensive. L’arme nucléaire est désormais utilisée par la Russie pour couvrir des annexions, des opérations extérieures, un usage qui n’a jamais été fait auparavant. C’est tout simplement du chantage nucléaire. Après des décennies de terreur face à l’idée de « destruction mutuelle assurée« , le président russe a compris que l’effet paralysant de l’arme nucléaire pouvait être utilisé non seulement pour se défendre, mais pour attaquer, avec l’idée que les pays de l’Otan préfèreront n’importe quel recul au risque d’extermination atomique.

Et cela rend de nouveaux affrontements sur champs de bataille vraisemblables : après ne pas avoir osé, durant des décennies, s’affronter par crainte de l’anéantissement nucléaire, les grandes puissances pourraient être poussées à se battre uniquement de manière conventionnelle en raison des mêmes craintes. Cela peut paraître paradoxal mais est probable si Vladimir Poutine tente d’autres mouvements en agitant encore la menace nucléaire.

En revanche, le rôle éminent des cyberattaques me paraît incontestable, et si elles ne remplaceront pas la guerre conventionnelle, elles s’y surajouteront certainement.

Il faut voir, en effet, que généralement, les grandes guerres sont menées avec les armes qui ont terminé les guerres précédentes : les Prussiens ont gagné la guerre de 1870 grâce à leur forte supériorité d’artillerie, avec des canons chargés par la culasse alors que les canons français se chargeaient encore par la bouche ; la guerre de 1914-1918 fut d’abord une guerre d’artillerie, et donc de position et de tranchées, amenant un blocage qui ne fut surmonté que par le développement de l’aviation et des blindés. Aviations et blindés qui furent les armes principales de la Seconde Guerre mondiale débutée avec la Blitzkrieg allemande, et terminée par l’arme nucléaire.

A son tour, l’arme nucléaire a été l’arme principale de la Guerre froide : on dit, à tort, qu’elle n’a pas été utilisée, mais elle l’a, au contraire, été continuellement : par nature arme de dissuasion, elle servait en permanence à dissuader. De fait, elle a eu, à l’échelle mondiale, un rôle comparable à celui de l’artillerie en 1914 : la Guerre froide a été une guerre mondiale de tranchées, où les lignes ont peu bougé jusqu’à ce que les États-Unis surmontent le blocage en lançant l’Initiative de Défense Stratégique de Reagan, qui fit plier l’Union soviétique, incapable de suivre dans ce défi technologique et économique – tout comme l’Allemagne de 1918 avait été incapable de fabriquer des chars d’assaut dignes de ce nom.

Les armes principales du prochain conflit seront donc celles retombées de l’IDS : les missiles à très haute précision, notamment antisatellites, et celles reposant sur les technologies de guerre électronique en tous genres. L’on sait, depuis le virus Stuxnet, que les « cyber armes » peuvent causer d’importants dégâts physiques, comparable à des frappes classiques. En 2014, une aciérie allemande a vu l’un de ses hauts fourneaux détruit par une cyberattaque. Des cyberattaques massives peuvent servir à déstabiliser un pays, notamment en attaquant les infrastructures essentielles : distribution d’eau et d’électricité, mais aussi à préparer, tout simplement, une invasion militaire classique. Elles peuvent aussi provoquer de telles invasions en représailles : un pays harcelé par des cyberattaques pourrait être tenté d’intervenir militairement contre le pays qu’il soupçonne de l’attaquer ainsi.

Ainsi donc, si je ne pense pas que les guerres à venir pourraient vraiment se limiter à des cyberattaques, sans confrontation physique, il me paraît certain que ce sont bien avec des cyberattaques massives que s’ouvriront les hostilités.

http://www.atlantico.fr/decryptage/tous-aux-abris-voici-quoi-ressemblera-monde-2022-renseignement-americain-philippe-fabry-2934847.html

Jan 14

FESSENHEIM : FERMETURE RÉCLAMÉE DE L’AUTRE CÔTÉ DE LA FRONTIÈRE

Fessenheim…Commentaires de Peter Heusch du journal allemand « Sud Expresse » et Ariane Hasler de la radio-télévision suisse (RTS).
Vent de protestation en Allemagne et en Suisse
Les riverains allemands de la centrale alsacienne et les habitants de deux cantons suisses se mobilisent régulièrement sur cette fermeture. Ils demandent aussi à leurs gouvernements respectifs de faire pression sur la France.
« Cette centrale fait peur », selon Peter Heusch, car elle est la plus ancienne du parc nucléaire français, il s’y est produit des incidents et elle est installée dans une zone sismique. Pour le journaliste allemand, EDF n’a pas l’intention de la fermer car il faudrait aussi le faire pour les autres centrales françaises qui ont déjà atteint 40 ans. Le projet a été repoussé à 2018, dans l’attente du démarrage de l’EPR à Flamanville, mais les choses se passeront-elles vraiment comme cela ?
Inquiétudes après plusieurs incidents sérieux dans la centrale
En Suisse, les cantons de Bâle et du Jura ont de nouveau montré leur inquiétude en 2016, lorsqu’ils ont appris que l’incident de 2014 (des fuites d’eau dans la centrale) aurait été plus grave que prévu. Selon Ariane Hasler, un espoir de fermeture était apparu chez les habitants au moment où François Hollande lançait à Paris la COP 21 sur le climat, mais rien n’a évolué.
Les deux correspondants notent que la loi sur la transition énergétique ne mentionne pas la fermeture (loi du 17 août 2015). Et ils estiment que la centrale sera maintenue si François Fillon remporte l’élection présidentielle.

http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/micro-europeen/micro-europeen-fessenheim-une-fermeture-reclamee-de-l-autre-cote-de-la-frontiere_2006543.html

Jan 14

FACE À LA MENACE DE BLACK-OUT ET À UNE SÛRETÉ NUCLÉAIRE DÉGRADÉE, LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE EST UNE URGENCE

transitionAlors que l’arrivée d’une vague de froid provoque de nouvelles inquiétudes quant au risque de panne de courant et que plusieurs réacteurs doivent être relancés, le Réseau “Sortir du nucléaire“ rappelle la responsabilité d’EDF et des autorités qui ont fait le choix d’un programme nucléaire massif.

Communiqué de presse Réseau Sortir du nucléaire :
EDF et les autorités qui ont fait le choix du programme nucléaire portent la responsabilité des risques de black-out
C’est bien EDF qui, il y a plus de 40 ans, a poussé à la mise en place d’un programme démesuré de monoculture nucléaire, ainsi qu’au développement du chauffage électrique pour en écouler la surproduction. Un tiers des Français sont désormais équipés, le plus souvent de manière subie, de ce mode de chauffage extrêmement consommateur, coûteux et peu efficace… et en grande partie responsable d’une pointe de consommation électrique à laquelle EDF ne parvient plus à faire face.
Rappelons également que le développement du programme nucléaire français est allé de pair avec l’abandon des mesures de « chasse au gaspillage », faisant prendre à la France un retard important dans les mesures d’économies d’énergie dont elle fait actuellement les frais  <http://www.sortirdunucleaire.org/Face-a-la-menace-de-black-out-et-a-une-surete#nb1>
Cette surconsommation, accentuée en période de grand froid, place la France dans une situation de grande vulnérabilité où la panne de courant ne peut être évitée qu’au prix de coûteuses importations. Ce problème s’accentue avec le vieillissement des réacteurs et la multiplication des pannes, ainsi qu’avec le risque de découverte de nouveaux défauts génériques obligeant à arrêter un grand nombre de réacteurs, sur lequel l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) alerte depuis des années: <http://www.sortirdunucleaire.org/Face-a-la-menace-de-black-out-et-a-une-surete#nb2>
Des impasses sur la sûreté pour garantir l’approvisionnement électrique ?
Plusieurs réacteurs arrêtés pour contrôle ont déjà été relancés, ou doivent l’être prochainement, et deux arrêts sont différés. Pourtant, les réacteurs en question sont équipés de générateurs de vapeur suspects, qui ne satisfont pas aux meilleurs critères de sûreté. En tout état de cause, aucun test destructif n’a été réalisé pour vérifier si leur concentration élevée en carbone posait un risque. En outre, l’ASN n’a toujours pas dévoilé les autorisations de redémarrage et les justifications techniques qui les accompagnent, ni le détail des « mesures compensatoires » censées être mises en œuvre pour pallier la plus grande fragilité des pièces concernées. Le Réseau “Sortir du nucléaire“, opposé au redémarrage de réacteurs potentiellement dangereux, étudie actuellement des possibilités de recours juridiques.
Par ailleurs, pour ne pas arrêter de réacteurs supplémentaires, EDF a dissimulé à l’ASN des dysfonctionnements importants à la centrale de Dampierre (Loiret), où le réacteur n°2 fonctionne depuis un mois en mode dégradé et a provoqué des nuisances pour les riverains <http://www.sortirdunucleaire.org/Face-a-la-menace-de-black-out-et-a-une-surete#nb3>. Au mépris de la sûreté, EDF continue de repousser l’arrêt du réacteur concerné, pourtant nécessaire pour effectuer des réparations.
Le choix du nucléaire fait subir aux Français à la fois le risque du black-out et de l’accident ! Face à la fuite en avant impulsée par EDF et à l’inaction d’un gouvernement censé réduire la part du nucléaire, une véritable transition énergétique est, plus que jamais, urgente et incontournable !

http://7seizh.info/2017/01/14/face-a-menace-de-black-out-a-surete-nucleaire-degradee-transition-energetique-urgence/

Jan 14

ÉLECTRICITÉ: DES MESURES EXCEPTIONNELLES POSSIBLES DÈS MARDI 17

restrictionsVague de froid, réacteurs nucléaires à l’arrêt : les Français pourraient être appelés à la rescousse et incités à économiser l’électricité dès mardi prochain pour éviter une rupture d’approvisionnement.
« Les marges disponibles pour répondre aux besoins en électricité – à partir de mardi et jusqu’à vendredi (prochains) – seront réduites« , a alerté vendredi le gestionnaire du réseau de transport de courant RTE.

Cette tension s’explique par une consommation de courant attendue en hausse pour alimenter les chauffages (NDLR : vive le chauffage électrique !) à cause du froid et un parc de production diminué avec plusieurs réacteurs à l’arrêt pour des contrôles de sûreté ou d’autres motifs.
RTE avait anticipé dès le mois de novembre dernier que la France courait ce risque. « Concernant la journée de mardi, en fonction de l’évolution des températures (…), il est possible que RTE utilise une partie des solutions graduelles exceptionnelles que nous avions anticipées« , a-t-il précisé.
« A ce stade (…) il n’y a pas de coupures (d’électricité) programmées« , a toutefois voulu rassurer un porte-parole de RTE lors d’une conférence téléphonique.
Le gestionnaire du réseau va dans un premier temps en appeler à une mobilisation des Français.
Gestes simples

Une alerte devrait être diffusée, via les médias et les réseaux sociaux, la veille pour le lendemain, encourageant les Français à réduire leur consommation pendant les heures de pointe, entre 8H00 et 13H00, puis entre 18H00 et 20H00.
Eteindre la lumière dans les pièces vides, baisser la température d’un ou deux degrés dans le logement : ces « gestes simples » permettraient d' »avoir au minimum 2.000 à 3.000 MW de consommation d’électricité réduite », a assuré le porte-parole de RTE, soit l’équivalent de deux à trois réacteurs nucléaires. (NDLR : et si ces gestes simples devenaient une habitude plutôt que de rester exceptionnels ?)
« Plus la mobilisation est importante (…) et moins nous aurons à utiliser les solutions suivantes« , a-t-il ajouté.
En novembre, en alertant pour la première fois sur les risques pour l’approvisionnement en électricité cet hiver en cas de grand froid, RTE a hiérarchisé les « mesures exceptionnelles » à sa disposition.
Une prochaine étape consisterait à demander à 21 sites industriels volontaires d’arrêter leur activité, le temps de passer une pointe. Ils représentent une capacité d’environ 1.500 MW d’économie.
Si cela ne suffit pas, le gestionnaire pourrait réduire la tension sur le réseau de 5%, sans interrompre l’alimentation en électricité. Cela se traduirait par exemple par une moindre intensité de la lumière.
En dernier recours, il n’exclurait pas des coupures momentanées, une piste écartée pour l’instant.
« L’usage d’une partie seulement de ces solutions exceptionnelles devrait suffire », assure son porte-parole.
Équilibre délicat
Il reste aussi prudent sur la probabilité d’avoir à mettre en place ces mesures, car les prévisions météorologiques « sont encore évolutives« . « Les prévisions de consommation seront affinées quotidiennement » et le gestionnaire du réseau restera « très attentif à l’évolution de la situation« .
La sécurité de l’approvisionnement électrique, qui repose sur un équilibre permanent entre consommation et production, est en effet un calcul de précision.
Météo-France prévoit des températures entre 6 et 8 degrés inférieures aux normales saisonnières la semaine prochaine, et RTE anticipe une hausse de la consommation de courant pour le chauffage, avec une pointe estimée à 93.400 mégawatts (MW) mardi et qui pourrait atteindre 100.000 MW mercredi et jeudi, soit pas très loin du record historique de février 2012 (102.000 MW).
Tableau consommationsEn face, il table sur une capacité de production moyenne de 85.000 MW, sur un parc de production total de plus de 129.000 MW, à laquelle s’ajoutera une capacité d’importation de courant, venu de nos voisins, de 5.000 MW.
Cinq réacteurs seront en effet à l’arrêt la semaine prochaine, représentant une perte de capacité d’environ 5.500 MW. Il y aurait pu en avoir plus mais l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a autorisé jeudi soir EDF à reporter de deux semaines l’arrêt d’un réacteur de la centrale de Tricastin sur lequel elle doit faire des contrôles.

http://www.lepoint.fr/societe/vague-de-froid-l-approvisionnement-electrique-a-risque-en-france-13-01-2017-2096944_23.php

Jan 14

L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE DONNE UN AVIS FAVORABLE À L’ARRÊT PROLONGÉ DU RÉACTEUR N°2 DE LA CENTRALE DE PALUEL

PaluelAlors que le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime), près de Dieppe, a été mis à l’arrêt le vendredi 13 janvier suite au passage de la tempête Egon, le réacteur n°2 obtient un sursis.
L’arrêt du réacteur 2 de Paluel peut être prolongé au-delà du 15 mai 2017
. Ce réacteur est à l’arrêt depuis un incident majeur de maintenance survenu le 31 mars 2016 : le générateur de vapeur qui pèse plusieurs centaines de tonnes a chuté lourdement lors d’une opération de levage.

Voici des extraits de l’arrêté rendu le 12 janvier 2017 par l’ASN :
Vu la demande en date du 14 novembre 2016 d’Électricité de France – société anonyme (EDF-SA) ;
Saisie par la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, d’un projet d’arrêté prorogeant la durée d’arrêt de fonctionnement de l’installation nucléaire de base n° 104 exploitée par Électricité de France – société anonyme (EDF-SA) sur la commune de Paluel en Seine Maritime ;
Considérant que l’installation nucléaire de base no 104, constituée du réacteur no 2 de la centrale nucléaire de Paluel, est à l’arrêt pour maintenance programmée et renouvellement partiel du combustible depuis le 16 mai 2015 dans le cadre de sa troisième visite décennale ;
Considérant que la durée initialement prévue de cet arrêt n’a pu être respectée, notamment à cause de divers événements et en particulier de la chute d’un générateur de vapeur, lors d’opérations de manutention, survenue le 31 mars 2016 ;
Considérant que les contrôles et travaux à réaliser nécessiteront de maintenir le réacteur à l’arrêt pour une durée supérieure au délai de deux ans prévu à l’article L. 593-24 du code de l’environnement ;
Considérant qu’EDF-SA a demandé une prorogation de trois ans de la durée à l’issue de laquelle l’arrêt en cours du réacteur n° 2 de la centrale de Paluel serait considéré comme définitif ;
Considérant que la prorogation demandée relève de la procédure définie à l’article L. 593-24 du code de l’environnement ;

Considérant qu’EDF-SA continue de mettre en œuvre des actions visant à redémarrer le réacteur au plus tôt par la poursuite du programme de contrôle et de travaux prévus au titre de la visite décennale, d’une part, et sa remise en état à la suite des événements survenus au cours de l’arrêt, d’autre part ;
Considérant que l’intention d’EDF-SA de redémarrer son réacteur dès que cela sera techniquement possible est crédible ;
Considérant que le dossier transmis par EDF-SA apporte les éléments nécessaires à ce stade en ce qui concerne :
– le contrôle de la bonne conservation des structures, équipements, systèmes, matériels, composants, notamment des éléments importants pour la protection des intérêts mentionnés à l’article L. 593-1 du code de l’environnement,
– le maintien des compétences en nombre suffisant pour reprendre ultérieurement les opérations de fonctionnement normal,
– l’absence d’impact du délai supplémentaire de l’arrêt du réacteur no 2 de la centrale nucléaire de Paluel sur les intérêts mentionnés à l’article L. 593-1 du code de l’environnement ;
Considérant que le redémarrage du réacteur no 2 de la centrale nucléaire de Paluel est soumis à l’accord de l’ASN en application de la décision de l’ASN du 15 juillet 2014 susvisée et que cet accord ne sera donné que si EDF-SA apporte préalablement toutes les garanties nécessaires,
Rend un avis favorable au projet d’arrêté dans sa version figurant en annexe au présent avis.

http://www.paris-normandie.fr/breves/normandie/l-autorite-de-surete-nucleaire-donne-un-avis-favorable-a-l-arret-prolonge-du-reacteur-n2-de-la-centrale-de-paluel-BA8057311#.WHnrS1wj5Q9

Jan 13

FEU VERT DE L’ASN AU REDÉMARRAGE DE 9 RÉACTEURS NUCLÉAIRES D’EDF

feu vert redémarrageL’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné son accord au redémarrage de neuf des douze réacteurs d’EDF concernés par des vérifications de sécurité décidées à la suite d’une anomalie de concentration en carbone de l’acier utilisé dans les générateurs.

L’ASN, dans un communiqué diffusé jeudi soir, ajoute qu’elle a aussi accepté la demande d’EDF de reporter de deux semaines, jusqu’au 3 février, l’échéance des contrôles prescrits pour le réacteur 2 de la centrale nucléaire du Tricastin, en raison de risques de sécurité du réseau électrique liés à la vague de froid attendue la semaine prochaine.

L’ASN examine en outre la demande d’EDF de reporter à fin mars l’échéance des contrôles prescrits pour le réacteur 1 de la centrale de Civaux et va analyser les conditions de redémarrage du réacteur 2 de Civaux, sur lequel les contrôles ont été réalisés.

Les neuf réacteurs dont le redémarrage est autorisé sont: le réacteur 4 de la centrale du Bugey (Bugey 4), Dampierre 3, Fessenheim 1, Gravelines 2 et 4, Saint-Laurent-des-Eaux B1 et Tricastin 1, 3 et 4.

L’ASN avait demandé le 18 octobre à EDF de réaliser sous trois mois des contrôles complémentaires sur des générateurs de vapeur, fabriqués par le japonais JCFC (Japan Casting and Forging Corporation), après la mise en évidence d’un risque de rupture lié à une teneur anormalement élevée en carbone dans l’acier de leur fond.

Le communiqué de l’ASN : https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Apres-controle-l-ASN-a-autorise-neuf-reacteurs-a-redemarrer

Article de Pascale Denis et Dominique Rodriguez, édité par Bertrand Boucey)

http://investir.lesechos.fr/actions/actualites/feu-vert-de-l-asn-au-redemarrage-de-9-reacteurs-nucleaires-d-edf-1627593.php

Jan 13

BELGIQUE : ELECTRABEL ET EDF ENTERRENT LES RECOURS CONTRE LA TAXE NUCLÉAIRE

BelgiqueC’est officiel: les propriétaires des centrales nucléaires belges renoncent à toutes leurs procédures contre la taxe nucléaire. La fin d’un conflit entamé en 2008.

La ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem (MR) a reçu ce mardi – à 16 heures 24, précise-t-elle – une lettre d’Electrabel confirmant son désistement pour le recours encore pendant contre la taxe nucléaire devant la Cour constitutionnelle. « Nous demandons également le retrait de la plainte que nous avions introduite devant la Commission européenne. Et avec l’État belge, nous allons demander la mise au rôle général de l’affaire encore pendante devant la Cour d’appel. Nous retirons donc toutes nos procédures en la matière« , confirme Anne-Sophie Hugé, porte-parole d’Electrabel.

EDF Belgium et EDF Luminus ont confirmé la même démarche dans un courrier reçu par la ministre le 6 janvier: ils renoncent à tous les recours pendants et nouvellement introduits contre la taxe nucléaire.

La convention d’application

Avec le vote de la loi sur la taxe nucléaire nouvelle mouture le 22 décembre dernier et sa publication au Moniteur belge le 29 décembre, la convention conclue entre l’État belge et Electrabel est en effet enfin entrée en vigueur. Une convention signée le 30 novembre 2015 autour de la prolongation de Doel 1 et 2, et qui prévoit qu’une fois la convention d’application et aussi longtemps que l’État belge respecte ses engagements, Electrabel et sa maison-mère Engie s’engagent à suspendre leurs recours portant sur les taxes nucléaires pour les années 2008 à 2014, et à ne pas en introduire de nouveaux.

« C’est une situation complètement assainie et clôturée, ce qui est une bonne nouvelle.. » Marie-Christine Marghem, ministre fédérale de l’Énergie

EDF Luminus, qui détient une participation d’un peu plus de 10% dans les quatre réacteurs les plus récents, et EDF Belgium, qui détient 50% de Tihange 1, s’étaient engagés à faire de même, une fois les modalités de la convention d’application.
« Je tiens à dire que c’est une situation complètement assainie et clôturée, ce qui est quand même une bonne nouvelle« , a souligné Marie-Christine Marghem mardi en commission économie de la Chambre, où elle était interrogée par l’Ecolo Jean-Marc Nollet sur la question.

Procédures en pagaille

C’est la fin d’un long bras de fer judiciaire, qui avait été entamé en 2008. À l’époque, le ministre de l’Énergie Paul Magnette (PS) avait imposé une taxe de 250 millions aux producteurs d’électricité d’origine nucléaire. Fin 2011, Melchior Wathelet (cdH) l’avait fait passer à 550 millions d’euros, avec des ristournes en cas d’indisponibilité des réacteurs.
Une taxe contre laquelle Electrabel et EDF se sont battus avec toutes les armes possibles:
• Pas moins de quatre recours en annulation ont été introduits devant la Cour constitutionnelle concernant cette taxe par les propriétaires des réacteurs – respectivement pour les années 2008, 2012, 2013 et 2014. Les trois premiers ont été rejetés, la Cour donnant raison à l’État belge. Le quatrième était toujours pendant.
• Electrabel avait aussi réclamé le remboursement des sommes versées de 2008 à 2011 devant le tribunal de première instance de Bruxelles. Sa demande avait été rejetée, mais Electrabel avait interjeté appel – une procédure qui était elle aussi toujours en cours.
• Electrabel avait aussi introduit en septembre 2014 une plainte devant la DG Concurrence de la Commission européenne contre les taxes de 2008 à 2013, estimant que ne viser que les producteurs d’électricité nucléaire revenait à accorder une aide d’État illégale aux autres producteurs d’électricité.
• Courant 2016, EDF Luminus et EDF Belgium avaient introduit un nouveau recours devant la Cour constitutionnelle, visant cette fois la taxe de 2015 – mais sans Electrabel cette fois. Un recours introduit à titre conservatoire, expliquait alors EDF Luminus, toutes les lois nécessaires pour que la convention entre en vigueur n’ayant pas encore été effectivement votées.
C’est aujourd’hui chose faite. Pour rappel, trois systèmes se combinent désormais:

. une redevance variable sur Tihange 1,

. une redevance forfaitaire de 20 millions sur Doel 1 et 2, et

. une taxe variable sur les autres réacteurs, fixée à 38% de la marge de profitabilité, avec un minimum de 150 millions d’euros pour les trois premières années, 2017, 2018 et 2019.

C’est officiel: les propriétaires des centrales nucléaires belges renoncent à toutes leurs procédures contre la taxe nucléaire. La fin d’un conflit entamé en 2008.

http://www.lecho.be/entreprises/energie/Electrabel_et_EDF_enterrent_les_recours_contre_la_taxe_nucleaire.9850635-3020.art?ckc=1&ts=1484252159

Jan 13

MOSCOU RÉVÈLE CE QUI REMPLACERA LES ARMES NUCLÉAIRES COMME MOYEN DE DISSUASION

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou estime que la force de dissuasion non nucléaire devrait réduire les tensions internationales. Ainsi, la Russie compte augmenter vers 2021 de plus de quatre fois les capacités des forces non nucléaires stratégiques russes.
Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a déclaré ce jeudi que les armes de précision pourraient remplacer les armes nucléaires comme moyen de dissuasion. Cette transition permettrait de réduire le niveau de tension internationale et de consolider la confiance sur la scène mondiale, a indiqué le ministre. « En 2021, il est prévu d’augmenter de plus de quatre fois les capacités des forces non nucléaires stratégiques russes, ce qui donnera l’occasion de résoudre complètement le problème de la dissuasion non nucléaire », a annoncé ce jeudi Sergueï Choïgou. Selon le ministre, cet objectif sera atteint grâce aux armes de haute précision, notamment les navires et sous-marins équipés de missiles de croisière. « Pour le moment, la Marine russe se dote de navires et de sous-marins polyvalents modernes équipés de missiles de croisière. En 2021, les forces de la Marine constitueront la base du groupement de porteurs d’armes de précision», a indiqué le ministre. Le ministre russe de la Défense a également ajouté que l’efficacité des missiles de croisière serait augmentée grâce aux nouveaux avions des forces aérospatiales russes. « Le fait de rééquiper des forces aérospatiales russes avec des systèmes d’avions de combat dernier cri augmentera de 1,5 fois leurs capacités de tir contre les missiles de croisière ». La livraison d’un premier lot de chasseurs de cinquième génération T-50 (PAK FA) est déjà prévue en 2017.

https://fr.sputniknews.com/defense/201701121029551055-moscou-armes-nucleaires-dissuasion/

Jan 13

REDÉMARRAGE DES RÉACTEURS NUCLÉAIRES : QUAND LA RÉALITÉ DÉPASSE LA FISSION

1er redémarrage...fissionMalgré le feu vert de l’ASN début décembre, EDF ne cesse de reporter le redémarrage des réacteurs nucléaires à l’arrêt. Rien de plus normal, cependant, au vu de la procédure, qui nécessite plusieurs contrôles de sécurité et l’intervention de dizaines de personnes. 

Pour EDF, 2017 débute de la même manière que s’est achevée 2016. A savoir : par une actualité quasi exclusivement tournée vers le redémarrage des réacteurs nucléaires, et vivement commentée, à droite comme à gauche. Alors que début décembre 2016, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) donnait son feu vert au redémarrage des sept unités arrêtées – ceci à des fins de vérifications de certains composants de la cuve des réacteurs –, le groupe tricolore annonçait, mardi 20 décembre, la remise en service d’une première unité, qui devait être raccordée au réseau avant 2017.
Concernant « Tricastin 4 », en effet, le groupe avait fait le choix de « lisser le planning prévu pour assurer un redémarrage dans les meilleures conditions », d’après Dominique Minière, directeur exécutif chargé du parc nucléaire et thermique d’EDF. Un lissage finalement un peu plus long que prévu puisque le redémarrage du réacteur situé dans la Drôme n’interviendra que courant janvier, tout comme celui de « Bugey 4 » et de « Civaux 2 ». L’origine de ces retards ? Des précautions du groupe tricolore et de l’ASN ; EDF a par exemple choisi de reporter le redémarrage de « Tricastin 4 » pour le réaliser « dans les meilleures conditions ». Parfois, la réalité doit rattraper la fiction.
Rechargement du combustible
Bien que le feu vert du gendarme du nucléaire ait été donné il y a maintenant plus d’un mois, la remise en service des installations visées ne saurait être immédiate. Complexes mais également soumis à de lourdes – mais nécessaires – procédures de sécurité, les redémarrages de réacteurs peuvent mobiliser jusqu’à 200 personnes sur une durée moyenne de deux à trois semaines <http://www.lefigaro.fr/societes/2016/12/23/20005-20161223ARTFIG00005-nucleaire-les-cles-du-redemarrage-d-une-centrale.php> . Parmi elles, plusieurs corps de métiers : les opérateurs de conduite, qui pilotent le fonctionnement de la centrale, les automaticiens, chargés de procéder aux réglages des matériels, les essayeurs-testeurs, les chimistes et les personnels affectés au combustible. Et dans cette véritable « usine à gaz » – bien que le nucléaire soit une énergie très bas carbone –, impossible pour toutes les équipes de s’affairer en même temps. Le redémarrage d’un réacteur doit se faire par étapes successives et selon un ordre bien précis.

La première d’entre elles : le rechargement du combustible. De la même manière qu’une « centrale à flamme » ne peut produire d’électricité sans brûler de combustible fossile – le gaz ou le charbon par exemple –, une centrale nucléaire ne peut fonctionner sans matière dite « fissile » – uranium ou plutonium. Comme le note le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), « le combustible peut prendre différentes formes : pastilles, boulets, particules. Ces éléments peuvent être rassemblés en crayons, aiguilles ou en plaques, eux-mêmes réunis en assemblages ». Le combustible, une fois la réaction en chaine produite – soit la répétition de fissions nucléaires –, produit de la chaleur qui permet, soit directement, soit au travers d’un « générateur de vapeur », de transformer de l’eau en vapeur, qui elle-même entraine une turbine produisant de l’électricité. Tous les ans, EDF change environ un tiers du combustible usé, en retirant les « assemblages » de la cuve du réacteur.
« L’ASN est systématiquement prévenue »
Une fois le combustible chargé, la cuve du réacteur est fermée et les différents circuits montent à la fois en pression et, donc, en température. La phase dite de « divergence » – ou le point de départ de la réaction en chaine de fissions nucléaires – ne peut intervenir qu’une fois les valeurs cibles de pression et température atteintes. Selon EDF, tandis que le réacteur fonctionne à très faible puissance durant cette phase, une dizaine de composants essentiels pour la protection du réacteur sont testés. Et ceci, qu’ils se trouvent à l’intérieur du circuit primaire – qui permet la transition des calories du combustible vers les générateurs de vapeurs – ou secondaire – qui produit la chaleur et, donc, l’électricité. « Le passage du circuit primaire à 110°C étant considéré comme une étape importante, l’ASN en est systématiquement prévenue » renseigne l’électricien.
La puissance du réacteur est ensuite progressivement augmentée jusqu’à atteindre une valeur maximale – on parle de « paliers » de puissance, équivalant à 50 %, 80 % et 100 %, lors desquels des contrôles sont également effectués. Et, tandis que l’ensemble du processus peut prendre jusqu’à trois semaines, la durée de redémarrage dépend en réalité du type d’arrêt et de la nature des opérations de maintenance effectuées. En l’espèce, il s’agissait de vérifier que la teneur en carbone des générateurs de vapeur – élément primordial d’une centrale nucléaire puisqu’il transmet la chaleur nécessaire à la production d’électricité – n’était pas trop élevée.
Non, a donc répondu l’ASN.

http://www.actu-economie.com/2017/01/12/redemarrage-des-reacteurs-nucleaires-quand-la-realite-depasse-la-fission/

Jan 12

TRICASTIN : FACE AU PROJET DÉMENTIEL DU LOBBY : NON AU DÉMANTÈLEMENT, OUI À L’ARRÊT IMMÉDIAT DU NUCLÉAIRE

Communiqué du Collectif antinucléaire de Vaucluse-CAN84 . collectifantinucleaire84@hotmail.fr

TricstinUne pseudo enquête publique limitée dans le temps et au territoire de quelques communes autour du site atomique du Tricastin (Vaucluse – Drôme) s’ouvre pour lancer le démantèlement opérationnel de l’ancienne usine d’enrichissement d’uranium militaire et civil « Eurodif – Georges Besse I » d’Areva. Le CAN84 et la CAN-SE s’opposent à ce projet pour des raisons de santé publique et refuse la contamination radioactive de la région : pas une tonne de plus de déchets nucléaires, pas de transports radioactifs sur nos routes et les voies ferrées, pas de nouveaux salariés exposé à la mort, pas une victime civile de plus des rejets de radioactivité dans l’air et l’eau.

Malgré sa faillite financière et technique, le lobby nucléaire continue sa marche forcée dans le mur entraînant la population et le pays dans une fuite en avant mortelle.  Après soixante années d’errements et de contamination radioactives du pays qui coûtent très cher à la population au niveau de sa santé (cancers et leucémies, malformations, atteintes neuronales et cardiaques, déstructuration de l’ADN,…) et de son portefeuille (des milliards d’euros à rembourser sur plusieurs générations pour des projets insensés et la faillite) les aficionados de la destruction atomique s’entêtent.
Loin de tirer la seule conclusion logique et humaine – l’arrêt immédiat du nucléaire – ils lancent un peu partout sur le territoire de nouveaux projets atomiques délirants : Trident (Tricastin),  ITER (Bouches du Rhône), Astrid (Gard), ICEDA (Ain), CIGEO (Bure en Champagne). Au Tricastin, Areva, veut imposer à la population le démantèlement de son ancienne usine « Georges Besse I » d’enrichissement de l’uranium dont une nouvelle entité a pris le relais. Il s’agit notamment de 1.300 kilomètres de tuyaux la plupart radioactifs (plus de deux fois la distance entre Valence et Paris), 160.000 tonnes d’acier dont certaines hautement radioactives (équivalent à 15 Tour Eiffel), des milliers de m3 de matériaux de bétons contaminés, des volumes immenses d’autres matières solides et liquides dangereuses.
Il faut s’y opposer par ce que démanteler une installation nucléaire c’est :
générer des milliers de tonnes de nouveaux déchets radioactifs mortels dont le lobby nucléaire ne sait que faire,
imposer la création d’immenses décharges et poubelles radioactives sous terre un peu partout sur le territoire (comme à Bure en Champagne actuellement),
refiler à nos enfants et petits-enfants ces déchets mortels (par sa consommation d’électricité nucléaire et la force de frappe atomique, chaque habitant génère plus de 50kg/an de déchets radioactifs),
multiplier jour et nuit les transports de ses déchets-tueurs sur les routes, autoroutes, voies ferrées (déjà à ce jour 500 trains de matières radioactives circulent chaque années en France),
exposer la population aux radiations délétères, fuites et à l’accident lors des transports,
exposer inutilement des salariés à la mort radioactive lors des opérations,
contaminer l’air et l’eau des territoires de vie et de productions agricoles
imposer le risque d’accident nucléaire

Derrière ce projet de démantèlement, Areva veut se redorer le blason après ses fiascos techniques et de gestion à répétition : retards à répétitions des EPR finlandais et EPR de Flamanville, pièces de centrales atomiques défectueuses, dissimulations d’erreur de fabrication, surcoûts astronomiques de construction, soupçon de malversation financière, mises en examen de dirigeants,…
Areva, veut expérimenter sur le dos de la population et des travailleurs ce qu’elle ne sait pas faire (personne au monde n’est parvenu à démanteler totalement et en toute sécurité une installation nucléaire). Areva en décrépitude joue au casino la vie de 60 millions de personnes et l’ensemble du territoire national et des pays limitrophes. Pour le business et le profit, le fanatisme technocratique.
Et derrière ce projet pourrait se cacher un autre loup : la création potentielle au Tricastin d’un centre permanent de traitement et d’entreposage de déchets nucléaires venant de toute la France.
Le démantèlement n’est pas la solution

Avec le nucléaire, le lobby atomiste a généré une monstruosité dont, malheureusement, on ne pourra jamais sortir du fait des centaines de milliers d’années de radioactivité mortelle des matériaux et déchets produits par les centrales nucléaires, l’extraction de l’uranium dans les mines, la fabrication des produits de fission atomique, les installations contaminées, le stockage et le conditionnement des crachats et fèces radioactifs.
Tout ce qu’il est rationnel et sensé de faire c’est de geler sur place les installations atomiques, les mettre à l’arrêt, créer un périmètre élargit de sécurité, assurer leur surveillance et sécurisation pour des milliers d’années en attendant que la radioactivité baisse suffisamment avant d’envisager quoi que ce soit. Toute autre option ne fait qu’amplifier le problème, les atteintes à la vie, les risques pour nous et nos descendants.
Et pas d’illusion : on ne remettra jamais au vert les zones d’activité nucléaires et radioactives. Et d’ailleurs tant mieux : refusons que sur ces lieux des margoulins et autres politiciens lancent la construction de logements et d’installations publiques, commerciales et économiques, crées des « parcours de santé », installent des parcs de loisirs.
Pour notre protection et la vie : Il faut arrêter le bras des criminels. Non au démantèlement, OUI à l’arrêt immédiat du nucléaire.

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/01/12/Tricastin-.-face-au-projet-d%C3%A9mentiel-du-lobby-%3A-Non-au-d%C3%A9mant%C3%A8lement%2C-Oui-%C3%A0-l-arr%C3%AAt-imm%C3%A9diat-du-nucl%C3%A9aire

Jan 12

AREVA PRÉCISE LES MODALITÉS DE SON RENFLOUEMENT

ArevaAreva a précisé mercredi les modalités de l’augmentation de capital de 5 milliards d’euros que le groupe nucléaire doit réaliser cette année dans le cadre de sa restructuration, et qui doit permettre à l’État de garder le contrôle sur l’ex-fleuron du nucléaire français.
En grande difficulté, Areva, détenu à plus de 86% par l’État français, s’est engagé dans un plan de sauvetage incluant cette recapitalisation mais aussi la cession de son activité réacteurs (Areva NP) à EDF, pour se recentrer sur le cycle du combustible en créant une nouvelle entité, baptisée Newco.
La recapitalisation comprend deux augmentations de capital: l’une de 2 milliards d’euros destinée à Areva SA, holding de tête du futur groupe et qui regroupera les actifs à risque et ceux destinés à être cédés, et l’autre de 3 milliards d’euros destinée à Newco.
Le conseil d’administration réuni mercredi a fixé le prix des actions nouvelles d’Areva SA à 4,5 euros par action, a annoncé le groupe dans un communiqué. L’augmentation de capital d’Areva SA sera « réservée à l’État français« .

Au total, l’État Français doit contribuer à hauteur de 4,5 milliards d’euros (2 milliards pour Areva SA et 2,5 milliards pour Newco).
Des investisseurs tiers — les deux groupes japonais MHI et JNFL selon une source proche du dossier — se sont engagés à apporter les 500 millions d’euros restant en échange de 10% du capital de Newco.
1 milliard d’euros de trésorerie
Deux assemblées générales des actionnaires d’Areva SA et de Newco se tiendront le 3 février pour valider cette opération.
Mais l’opération ne pourra pas avoir lieu dès février comme l’espérait Areva, car si Bruxelles a donné mardi son feu vert à cette restructuration, elle l’a assorti de deux conditions: l’autorisation par la Commission européenne du rachat d’Areva NP par EDF et la conclusion positive des analyses des anomalies observées sur la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche).
Par ailleurs Areva a dû s’engager à se retirer totalement d’Areva NP « d’ici la fin 2019 » , précise le groupe, alors qu’il devait initialement en conserver 15%.
« Les augmentations de capital elles-mêmes, le versement des fonds, seront possibles dès la levée des conditions préalables« , a reconnu le directeur général d’Areva, Philippe Knoche, lors d’une conférence téléphonique.
Mardi, le secrétaire d’État à l’Industrie, Christophe Sirugue, s’est dit confiant dans le fait que la cession de la division réacteurs sera réalisée « dès le mois d’avril« .
L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a, elle, prévu de rendre son avis sur la cuve de l’EPR vers la fin du premier semestre.
En attendant, alors qu’Areva fait face à plusieurs échéances sur le remboursement de ses dettes cette année, l’État accordera un prêt d’actionnaire de 3,3 milliards d’euros, sous la forme « d’avances en comptes courant d’actionnaire » et « à valoir sur la part des augmentations de capital« , détaille le groupe.

Ainsi, « la liquidité d’Areva SA et de Newco » sera « assurée« , ajoute-t-il.
Au 5 janvier, la trésorerie du groupe s’élève à 1 milliard d’euros, a précisé M. Knoche.
Porte de sortie pour les actionnaires minoritaires
L’ensemble de l’opération, complexe, a aussi un impératif: assurer que l’État garde le contrôle d’Areva (Areva SA et Newco), maillon majeur de la filière nucléaire française.
Pour cela, l’État « a l’intention (…) de déposer un projet d’offre publique de retrait » pour racheter aux autres actionnaires leurs titres Areva SA, qui pourrait « le cas échéant » être suivie d’un retrait obligatoire, a précisé Bercy dans un communiqué distinct.
Elle se ferait au même prix de 4,5 euros par action. Parmi les actionnaires minoritaires d’Areva, on compte notamment le fonds souverain du Koweït (KIA), EDF ou Total, qui auraient ainsi « la possibilité de sortir » du groupe nucléaire, selon M. Knoche.
Par ailleurs, des discussions sont « toujours en cours » avec d’autres investisseurs potentiels dans Newco, a-t-il ajouté.
Areva a demandé la désignation d’un mandataire ad hoc pour accompagner le groupe.
Ce mandataire devra « apporter son conseil« , dans le cadre de « décisions qui sont lourdes de conséquences (…) au plan juridique et financier« , a précisé M. Knoche.
(©AFP / 11 janvier 2017 22h40)

http://www.romandie.com/news/Areva-precise-les-modalites-de-son-renflouement/767719.rom

NDLR : je remarque que les actionnaires minoritaires sont particulièrement favorisés car ils vont revendre leurs actions plus cher que ce qu’elles valaient il y a 6 mois (3,26 € le 24 juin 2016) alors que sans la reprise de l’État (qui a fait remonter le cours), l’action d’une société en faillite ne vaut en général plus rien.

Jan 12

CHANTIER PHARAONIQUE EN PRÉPARATION SUR LE SITE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN

EurodifL’ancienne usine d’enrichissement d’uranium Eurodif doit être démantelée. Le chantier doit durer une trentaine d’années. Une enquête publique débute ce jeudi sur neuf communes autour du Tricastin.

L’usine Eurodif a fonctionné un peu plus de 30 ans, jusqu’en juin 2012, il faudra 30 ans pour la démanteler. 300 salariés en moyenne seront mobilisés.

1.300 kilomètres de tuyaux, 160.000 tonnes d’acier

C’est une vraie cathédrale industrielle. Il y a 1.300 kilomètres de tuyaux à l’intérieur, plus de deux fois la distance entre Valence et Paris; 160.000 tonnes d’acier, l’équivalent de 15 Tour Eiffel. Il va falloir démonter, découper, compacter ces déchets pour en réduire le volume, le tout avec des précautions particulières. L’usine a subi un grand nettoyage pour réduire la présence d’uranium mais les deux tiers des matériaux restent radioactifs. Ces déchets seront stockés sur un site spécialisé de l’ANDRA, dans l’Aube.

Les deux tours détruites dans une quinzaine d’années

Les deux tours aéroréfrigérantes, les deux tours de 120 mètres de haut devenues symbole du site Areva, seront aussi détruites. Deux techniques sont envisagées: soit les tours seront grignotées peu à peu en partant du haut, soit des explosifs les feront s’effondrer d’un coup, mais il faut s’assurer que cette méthode n’endommagerait pas la centrale nucléaire voisine, ni les autres usines Areva. L’industriel a le temps de trancher: dans le programme de démantèlement, la destruction des tours n’est pas prévue avant une quinzaine d’années.

Un chantier à 1 milliard d’euros

Ce vaste chantier coûtera un peu plus d’un milliard d’euros à Areva. L’industriel espère débuter les travaux en 2018, une fois toutes les démarches administratives accomplies. L’enquête publique qui débute ce jeudi court jusqu’au 10 février dans neuf communes drômoises, ardéchoises et vauclusiennes, autour du Tricastin.

Article rédigé par Nathalie Rodrigues France Bleu Drôme-Ardèche

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/chantier-pharaonique-en-preparation-sur-le-site-nucleaire-du-tricastin-1484160906

Jan 11

FERMETURE DE FESSENHEIM : AVIS NÉGATIF UNANIME DU COMITÉ CENTRAL D’ENTREPRISE D’EDF

fessenheimLe comité central d’entreprise d’EDF marque une nouvelle fois son opposition à la fermeture de la plus vieille centre nucléaire du parc français.

Le comité central d’entreprise (CCE) d’EDF a rendu mardi un avis négatif sur le projet de fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus ancienne du parc français. Cet avis, consultatif, « a été voté unanimement par les élus CGT, CFE-CGC, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines« , a annoncé le secrétaire du CCE Jean-Luc Magnaval (CGT).

Ce vote intervient à l’issue d’un délai supplémentaire de deux mois accordé au CCE par le tribunal de grande instance de Paris, le 10 novembre. Le tribunal avait aussi ordonné à l’entreprise de fournir au CCE les informations complémentaires sur le projet de fermeture qu’il demandait.

Résultats d’expertises à venir. « Les conclusions des expertises du CCE EDF seront présentées au personnel de la centrale, aux élus et à la presse, jeudi 12 janvier 2017 à Fessenheim« , précise le CCE dans un communiqué. Le personnel de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim avait cessé le travail pendant une heure mardi pour dénoncer le projet de fermeture du site.

Lors de la première réunion consacrée à la fermeture de la centrale, le 14 septembre, les élus du CCE avaient déjà voté à l’unanimité une résolution demandant à l’entreprise de leur transmettre des informations complémentaires. Ils avaient aussi décidé d’une expertise. Trois cabinets ont été mandatés pour la mener.

Horizon 2018. Tous les syndicats s’opposent à la fermeture anticipée de la centrale de Fessenheim, où travaillent 850 agents EDF et environ 250 salariés d’entreprises prestataires. Outre les répercussions en termes d’emploi, ils mettent en cause le montant de l’indemnisation proposée – 400 millions d’euros -, jugé « ridicule« , et les conséquences pour le réseau électrique.

L’arrêt définitif de Fessenheim, promesse de campagne de François Hollande en 2012, est fixé à l’horizon 2018, quand EDF prévoit de mettre en service l’EPR de Flamanville, dans la Manche. Afin de pouvoir lancer la fermeture anticipée du site alsacien, le conseil d’administration devra se prononcer le 24 janvier sur le protocole d’indemnisation conclu avec l’État français, son actionnaire à 85,6%.

Le protocole prévoit une indemnisation de 446 millions d’euros au moins, dont un premier versement d’environ 100 millions d’euros lors de l’arrêt de la centrale.

http://www.europe1.fr/economie/fermeture-de-fessenheim-avis-negatif-unanime-du-cce-dedf-2946956

Jan 11

PRIMAIRE ORGANISÉE PAR LE PS: LES POINTS DE DÉSACCORD SUR LE NUCLÉAIRE CIVIL OU MILITAIRE

primaire-psAu-delà d’un socle commun, les sept candidats à la primaire du Parti socialiste et de ses alliés divergent sur des thèmes emblématiques comme l’Europe, le nucléaire ou le revenu universel…

…Concernant le nucléaire civil ou militaire :

M. Hamon, qui ne sera « plus jamais socialiste sans être écologiste« , prône un plan « zéro déchet » et s’engage pour 50% d’énergie renouvelable en 2025 en réduisant la part du nucléaire.

M. Peillon promet aussi de réduire la part du nucléaire comme prévu dans la loi de transition énergétique, là où M. Valls décidera de la fermeture ou du prolongement des centrales selon « un calcul économique clair ».

M. Montebourg laisserait ce choix à l’autorité de sûreté nucléaire, ce qui lui vaut les attaques de François de Rugy, qui fermerait toutes les centrales.

M. Peillon multiplie les propositions de renforcement des armées: passer le budget de la Défense à 2% du PIB (comme Manuel Valls et Arnaud Montebourg), muscler la réserve opérationnelle (Sylvia Pinel et Benoît Hamon), renouveler la force de dissuasion nucléaire (Benoît Hamon), alors que Sylvia Pinel et François de Rugy veulent la réduire, et progresser en cyberdéfense et cyberattaque.

http://www.lejdc.fr/politique/2017/01/10/primaire-organisee-par-le-ps-les-points-de-desaccord_12236720.html

Jan 11

SORTONS DU NUCLÉAIRE, SES DÉCHETS SONT DANGEREUX !

Il faut stopper le nucléaire en urgence.

dechets-dangereuxAucune solution viable n’existe pour gérer les déchets dangereux pour la santé et l’environnement.

On vous vend régulièrement le nucléaire comme une énergie propre, recyclable à 96%. C’est tout simplement faux. On a un vrai gros problème de déchets nucléaires. On parle de milliers de tonnes. Depuis 70 ans et les débuts du nucléaire civil, on ne sait tout simplement pas gérer des déchets radioactifs qui peuvent avoir une activité radioactive de plusieurs dizaines de milliers d’années. La seule solution c’est de sortir du nucléaire pour arrêter d’en produire!

Aujourd’hui on construit des poubelles nucléaires

Avant, les déchets nucléaires étaient jetés dans la mer en face de la Somalie, ce qui a rendu malades les pêcheurs somaliens. Jusqu’en 2010, on emmenait l’uranium appauvri par bateau en Sibérie (link is external), pour le stocker à ciel ouvert, à la merci des vents. Évidemment, tout ça s’est fait dans le secret et le plus grand cynisme.

Actuellement, les déchets hautement radioactifs sont stockés dans les piscines de l’usine de la Hague. Mais elles arrivent à saturation. La dernière solution miracle de la filière nucléaire, c’est l’enfouissement géologique profond. Une dizaine de projets sont en préparation dans le monde, dont un gros en Finlande et un autre en France. Près du village de Bure, 96 habitants, dans la Meuse, ils veulent creuser 300 kms de galeries à 500 mètres sous terre, pour un budget prévisionnel de 31 milliards d’euros. Mais plusieurs centaines d’opposants sont déterminés à le faire échouer (link is external).

On ne connait pas les conséquences de ces enfouissements

À Bure et autour, on squatte des champs qu’on sème, on occupe des forêts pour en empêcher la destruction, on habite et recrée la vie sur place. La lutte se fait pied à pied, au jour le jour contre un projet inimaginable. D’abord, les expériences de ce type ont toutes été des catastrophes. En Allemagne, on a enfoui des déchets radioactifs dans une mine de sel. Les fûts ont été corrodés et on doit maintenant « désenfouir » sous peine de contaminer toute une région. Aux États-Unis, le projet Wipp du Nouveau Mexique a dû être scellé après l’incendie d’un colis mal conditionné. Une seule erreur humaine assez risible sur le papier (une histoire de litière pour chat (link is external)) a fait fermer un site qui a coûté plusieurs milliards de dollars ! On ne sait pas encore s’il pourra rouvrir. On construit des projets du même type partout dans le monde, alors qu’aucun n’est en activité et qu’on n’a aucun élément prouvant qu’il n’y a pas de danger.

« Les expériences de ce type ont toutes été des catastrophes »

En fait, les moyens techniques pour garantir l’enfouissement dans de bonnes conditions n’existent pas. On ne sait pas dans quelle mesure la protection de l’eau est garantie, sachant qu’on enfouit près des nappes phréatiques. Ou comment faire pour que l’aération ne tombe pas en panne pendant 150 ans, ce qui est nécessaire puisque les déchets enfouis sont hautement inflammables pour certains, avec des risques d’incendie catastrophiques à cette profondeur. Surtout, on ne sait pas comment ressortir les colis une fois enfouis : contrairement à ce que prévoit la loi, le projet n’est pas réversible. C’est un truc d’apprentis sorciers !

De l’argent contre un cancer

L’impact sur la région est désastreux. La Meuse est méprisée et achetée à coup de subventions et de chantage à l’emploi. On finance des salles des fêtes et des lampadaires aux gens d’ici et en échange, ils se résignent à laisser nucléariser leur région, à terme condamnée. C’est ce qui s’est passé à Flamanville, où plus aucune industrie ne veut s’implanter. Sans parler des risques pour la santé avec le nombre croissant de leucémies. L’air et l’eau sont pollués, et ici ce sera évidemment pareil. Les risques d’accidents et de fuites, avec des centaines de trains et de camions chargés en substances nucléaires qui traverseront la région pendant 150 ans sont immenses.

« La Meuse est méprisée et achetée à coup de subventions et de chantage à l’emploi. »

Aujourd’hui, Areva est en déclin et a vraiment besoin que ce projet marche. On a même promis à d’autres pays, auquel on vend nos centrales, qu’on récupérerait leurs déchets dans notre jolie poubelle. Et comme dans tous les projets qui touchent au nucléaire, c’est très difficile d’avoir des données et des études d’impact indépendantes. Les enjeux sont trop importants pour être transparent sur les risques. L’omerta règne sur cette filière, qui nous ment depuis des décennies (Tchernobyl n’est qu’un exemple parmi d’autres) et dissimule sa fuite en avant. Comment peut-on faire confiance à cette industrie quand elle nous assure que cette fois, c’est la bonne solution ?

Article de Joël D., 34 ans, activiste. Cet opposant au nucléaire habite à Bure, où il est engagé contre le projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires, CIGÉO. Dans le cadre de l’état d’urgence, il a été assigné à domicile pendant 17 jours à l’occasion de la COP21.

http://www.streetpress.com/sujet/1484072443-sortir-nucleaire-dechets-danger

Jan 11

BELGIQUE : LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE DOEL 4 À L’ARRÊT APRÈS UN INCIDENT QUI A FAIT UN BLESSÉ GRAVE

doelLe réacteur Doel 4 s’est arrêté mardi, a indiqué une porte-parole de son exploitant Engie Electrabel. Cet arrêt inattendu est survenu après un échappement de vapeur dans la salle des machines, qui a fait un blessé grave. 

L’incident s’est produit vers 13h30 dans la partie non-nucléaire du réacteur.

Il a eu lieu après une « irrégularité » entre la centrale et le réseau haute tension, ce qui a donné lieu à un dégagement de vapeur. Celui-ci a blessé une personne se trouvant dans la salle des machines et travaillant pour un sous-traitant. « Elle a été grièvement blessée mais ses jours ne sont pas en danger« , précise une porte-parole de l’énergéticien.

Le réacteur a été automatiquement mis à l’arrêt comme le prévoit la procédure. Selon les premières estimations, le redémarrage devrait intervenir mercredi.

http://www.dhnet.be/actu/faits/le-reacteur-nucleaire-doel-4-a-l-arret-apres-un-incident-qui-a-fait-un-blesse-grave-58753193cd70717f88effb1c

Jan 11

ENGIE (ex GDF SUEZ) : L’ÉTAT VA CÉDER 3,7% DU CAPITAL QUI FINANCERAIENT LE NUCLÉAIRE

engieL’État va descendre sous le seuil du tiers des droits de vote. Il prévoit de repasser au-dessus dans un délai de deux ans. La cession rapportera 1,07 milliard dans le meilleur des cas. Elle pourra servir au renflouement du secteur nucléaire.

L’État français a engagé mardi la cession de 3,7% du capital d’Engie, soit 90 millions d’actions, à travers un placement institutionnel accéléré..

Il restera l’actionnaire de référence de l’énergéticien avec 29,1% de son capital et 32,9% des droits de vote, ont précisé l’Agence des participations de l’État et le ministère de l’Économie dans un communiqué.

« L’État demeurera le premier actionnaire d’Engie et continuera à accompagner le groupe dans son plan de transformation stratégique« , ont-ils ajouté, précisant que L’État détiendrait de nouveau plus du tiers des droits de vote du groupe dans un délai de deux ans, conformément à la loi Florange de 2014.

En avril 2016, l’État français avait franchi en hausse le seuil du tiers des droits de vote d’Engie et en détenait 36,70% après l’attribution de droits de vote double dans le cadre de l’application de cette loi.

Société générale, co-chef de file de l’opération avec Goldman Sachs, a de son côté précisé que les titres Engie étaient proposés à un prix compris entre 11,37 euros et le prix de clôture de mardi (11,93 euros).

Au cours de clôture, ce placement représenterait donc un montant de 1,07 milliard d’euros.

Le produit de la cession, qui sera versé sur le compte d’affectation spéciale des participations financières de l’État, « pourra servir à financer des investissements de l’État actionnaire, notamment la refondation de la filière nucléaire« , selon le communiqué de l’APE et Bercy.

Cette refondation prévoit notamment une augmentation de capital d’Areva de 5 milliards d’euros, dont 4,5 milliards seraient versés par l’État, une opération à laquelle Bruxelles a donné son feu vert mardi sous conditions.

Elle prévoit aussi une augmentation de capital d’EDF de 4 milliards d’euros, dont 3 milliards assurés par l’État.

L’action Engie a perdu près de 34% depuis le 3 juin 2015, date de l’annonce du principe d’une recapitalisation d’Areva par l’État français. (graphique: http://bit.ly/2jf6Joz)

L’État a par ailleurs procédé ces derniers mois à la cession de titres Safran et, après avoir porté sa participation dans Renault à près de 20% en avril 2015, s’était engagé à la ramener à son niveau initial de 15,01% lorsque les conditions de marché le permettraient.

Après l’annonce de mardi, en vertu de la loi de 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, 10 millions de titres Engie supplémentaires (soit 0,4% du capital) seront aussi proposés ultérieurement aux salariés et anciens salariés éligibles du groupe.

http://investir.lesechos.fr/actions/actualites/engie-l-etat-va-ceder-3-7-du-capital-financerait-le-nucleaire-1626628.php

Jan 11

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY : LES FUITES CONTINUENT!

stop-bugeyCommuniqué de presse de l’Association Sortir du Nucléaire Bugey

Le réacteur Bugey 3 de la centrale nucléaire du Bugey a été arrêté dans la nuit du 9 au 10 décembre 2016 pour permettre aux équipes de remplacer un détecteur de fumée et de réaliser une intervention sur une tuyauterie située en partie nucléaire de l’installation selon la communication d’EDF sur son site internet. Il était aussi précisé que cette tuyauterie est utilisée pour vidanger le circuit primaire lors des arrêts de maintenance.

La communication d’EDF est relativement succincte et ne donne aucun détail sur l’objet et la nature de l’intervention.

Cependant un rapport de l’IRSN récemment publié précise « afin de pouvoir remplacer une portion de tuyauterie, comportant deux vannes et un indicateur de débit, située sur la ligne de charge du circuit de contrôle volumétrique et chimique (RCV)« . Ce rapport avait été demandé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) : Saisine ASN –

CODEP-LYO-2016-047546 du 5 décembre 2016 non publique. Il était nécessaire puisque pour réaliser l’intervention souhaitée par EDF il fallait modifier temporairement les spécifications techniques d’exploitation (STE).

Le rapport précise encore que, depuis début novembre 2016, une augmentation du débit de fuite primaire a été observée sur le réacteur n° 3 de la centrale du Bugey (jusqu’à 74 litres/heure soit plus de 53 000 litres/mois) et que, du fait l’humidité qu’elle a générée dans le bâtiment du réacteur (BR), cette fuite a en outre provoqué des défauts sur les détecteurs incendie situés dans le même local. Il n’est pas précisé la date de repérage de cette fuite, mais elle est sans doute bien antérieure à début novembre 2016. Ce qui préoccupait EDF étaient les dégâts causés et son évolution à la hausse, d’où la nécessité d’une intervention rapide. Du fait du contexte de novembre – décembre 2016 avec de nombreux réacteurs nucléaires arrêtés, EDF ne souhaitait pas un arrêt standard, trop long, d’où cette demande de modification des spécifications techniques d’exploitation, pour faire un arrêt de courte durée.

Le circuit de contrôle volumétrique et chimique (RCV) est un des circuits auxiliaires d’une centrale nucléaire à eau pressurisée. Il joue un rôle très important lors du fonctionnement du réacteur nucléaire en assurant simultanément cinq fonctions distinctes :

– l’appoint en eau, notamment au cours des phases de chauffage / refroidissement du
réacteur, de façon à compenser la dilatation ou contraction de l’eau du circuit primaire
avec la température ;

– le contrôle de la teneur en acide borique (nécessaire pour contrôler la réactivité de
la réaction nucléaire dans le cœur du réacteur
) ;

– la purification et le contrôle chimique de l’eau du circuit primaire ;

– l’aspersion auxiliaire au pressuriseur lorsque les pompes primaires sont à l’arrêt ;

– l’injection d’eau au circuit d’étanchéité des joints des pompes primaires.

En conséquence, cette fuite d’eau n’était pas bénigne puisqu’elle touchait à un organe vital de la sûreté du réacteur Bugey 3. S’agissant du circuit primaire du réacteur, l’eau de fuite était nécessairement chargée en radioactivité.

L’association Sortir Du Nucléaire Bugey dénonce la communication à minima d’EDF et la non information de la Commission Locale d’Information (CLI) de la centrale. Une fois de plus il s’agit d’un problème de fuite de tuyauterie ou de vanne lié à la vétusté de cette centrale. Pourtant ce réacteur avait été arrêté du 28 février au 4 avril 2015 pour renouvellement du tiers de son combustible et réaliser un programme de maintenance, de contrôles préventifs et d’essais réglementaires. Du 2 juin au 27 août 2016, ce réacteur était de nouveau arrêté pour procéder à une visite partielle lors de laquelle les équipes de la centrale ont réalisé d’importantes opérations de maintenance dont 21 500 heures de travail consacrées aux activités liées à la robinetterie et 14 500 heures consacrées aux examens et contrôles de différents matériels (vannes, moteurs, pompes, etc.). Malgré ces visites de maintenance et, seulement quelques semaines après la remise en service, une fuite importante apparait ce qui traduit bien le fait que cette centrale est à bout de souffle et met en danger les populations environnantes.

Compte tenu du peu de communication d’EDF Bugey, on peut imaginer que bien d’autres problèmes nous sont cachés et notre association demande l’arrêt immédiat des quatre réacteurs de cette centrale nucléaire, d’autant que cet hiver, on a bien vu qu’on pouvait se passer de plusieurs réacteurs nucléaires sans que les français soient privés d’électricité. Nous rappelons aussi que les réacteurs de Bugey comportent des pièces livrées et installées non conformes aux règles de la sûreté nucléaire, suite aux graves falsifications dans les usines d’AREVA et du japonais JCFC, dont 6 irrégularités sur le réacteur Bugey 3.

Association Sortir du Nucléaire Bugey, 28 impasse des Bonnes, 01360 Loyettes

Site internet : http://www.stop-bugey.org/

Jan 10

À AIX-LES-BAINS, FILM ET DÉBAT « LA COLÈRE DANS LE VENT »

film-bisEn partenariat avec l’association SURVIE Savoie et les Amis de la Terre Savoie, le cinéma LE VICTORIA présentera le vendredi 3 février à 20h le film « LA COLÈRE DANS LE VENT » (51 mn) suivi d’un débat avec la  réalisatrice AMINA WEIRA.

RÉSUMÉ de la réalisatrice :

Dans ma ville d’origine Arlit, au Nord du Niger, Areva exploite l’uranium depuis 1976. Aujourd’hui, une bonne partie de cette région, balayée par les vents de sable, est contaminée. La radioactivité ne se voit pas et la population n’est pas informée des risques qu’elle encourt. Cette exploitation a complètement désorganisé la vie de la population.

Une partie de l’année, de violents vents de sable enveloppent entièrement la ville. Ce vent de poussière propage des substances radioactives. Chacun cherche un abri. La ville devient calme, toutes les activités sont stoppées.

Mon père, travailleur de la mine d’uranium en retraite, est au cœur de ce film. Il va dépoussiérer ses souvenirs, les 35 années de son passage à la mine. Grâce à mon père, je vais à la rencontre d’autres anciens travailleurs qui ont certainement leur mot à dire.

http://www.paperblog.fr/8150687/la-colere-dans-le-vent-amina-weira/

Jan 10

UN BUDGET DE LA DÉFENSE (DONC DU NUCLÉAIRE) AUGMENTÉ… POUR QUOI FAIRE ? PAR PAUL QUILES

quikesC’est certainement la perspective de la future élection présidentielle qui a amené le chef d’état-major des armées à s’exprimer dans la presse pour réclamer une augmentation substantielle du budget de la défense.

Le caractère public de cette expression des besoins des armées par le plus haut responsable de la hiérarchie militaire a de quoi choquer, car elle est peu conforme aux règles qui définissent les relations politico-militaires de notre République fondées sur la fameuse formule « cedant arma togae » (3). Allons cependant au-delà et examinons le contenu de la déclaration du général de Villiers, qui a probablement reçu l’accord formel ou implicite du ministre de la défense.

Le constat est connu : nos armées sont aux limites de leurs capacités. Les personnels, les matériels sont épuisés par de nombreuses opérations sur des théâtres aussi divers que le territoire national, le Moyen-Orient ou l’Afrique, pour ne citer que les principaux. La vétusté des matériels et l’insuffisance des moyens attribués au « maintien en condition opérationnelle » entraînent un grave sous-équipement et un sous-entraînement des forces conventionnelles dédiées à ces opérations, exposant parfois de façon tragique la vie de nos soldats.

Le verdict est clair : les moyens alloués à ces forces sont insuffisants, eu égard aux missions qui leur sont confiées. Il y a une inadéquation, plus criante que jamais, entre les missions ordonnées par le gouvernement et les moyens attribués aux armées.

Dans les prochains mois, les candidats à la présidence de la République vont avoir à s’exprimer sur ce sujet. S’ils estiment que le budget de la défense doit être augmenté, ils devront dire à quoi sera utilisée cette éventuelle augmentation.

La répartition du budget militaire entre les différentes catégories de dépenses doit en effet répondre à une définition préalable des objectifs et des moyens de notre politique de défense. Cette répartition devrait être le résultat d’un processus démocratique, d’un débat parlementaire, et d’orientations stratégiques définies par l’exécutif puis approuvées par le Parlement. Une politique de défense ne peut être que le fruit d’une réflexion stratégique et reposer sur une vision claire de nos objectifs.

Parmi les choix budgétaires proposés, il est étonnant, par exemple, que le renouvellement de nos forces nucléaires soit considéré comme acquis alors qu’elles achèvent à peine leur dernière phase de modernisation. Est-il raisonnable de vouloir consacrer 15 % du budget de la défense et 25 % de son budget d’investissement à une arme dont on peut douter de l’utilité stratégique ? Cela se ferait inévitablement au détriment des forces engagées dans des combats bien réels, dont on ne voit pas l’issue à court et moyen terme, ou encore au détriment de nouvelles formes de combat comme le cyber-terrorisme. Ces questions nécessitent une véritable réflexion stratégique et un débat, au moment de la préparation d’un nouveau livre blanc qui présentera les missions prévisibles des armées, les moyens nécessaires à leur exécution et donc le budget qui en découlera.

Sans préjuger des conclusions de cet exercice indispensable, il est clair que les engagements actuels de nos forces conventionnelles constituent, d’ores et déjà, une contrainte forte dans la mesure où ils sont amenés à perdurer. L’effort devra donc porter en priorité sur ces forces et non sur une arme nucléaire non seulement inutile dans les conflits actuels et dans les scénarios de conflits imaginables, mais aussi dangereuse dans le contexte d’un monde qui voit la multiplication du nombre des États-puissances et l’apparition d’une tentation d’emploi de cette arme.

Dans la période qui vient, il faudra donc se garder de choix budgétaires désastreux qui auraient comme conséquence de scléroser et fossiliser la politique de défense française, à l’image des erreurs faites par la France à la fin des années vingt.

Il faudra aussi réaliser que, même avec un budget augmenté significativement, notre pays ne pourra pas maintenir ou obtenir une panoplie complète de systèmes d’armes lui permettant de faire face à l’ensemble des menaces. La réponse à cette nouvelle complexité stratégique et technologique passe par une coopération européenne d’abord capacitaire, mais aussi politique. Il est temps de donner un contenu à cette Europe de la défense, espérée depuis de longues années et qui va devenir plus indispensable encore avec le Brexit et les intentions du nouveau président américain à l’égard de l’Europe.

En définitive, la revendication de « plus de moyens pour le ministère de la défense » ne doit pas, en s’appuyant sur de fausses évidences, se limiter à une vision quantitative des besoins. La seule façon de faire des choix budgétaires réalistes et lucides consiste à définir une nouvelle politique de défense et de sécurité en adéquation avec les défis stratégiques du présent. Cette démarche doit s’inscrire dans un processus démocratique, à partir d’une réflexion stratégique dégagée de l’influence du complexe militaro-industriel et qui ne pourra pas faire l’impasse d’un débat autour de la pertinence de l’arme nucléaire.

Article de Paul Quilès, ancien ministre de la défense, président d’IDN  et Bernard Norlain, général (2S), ancien directeur de l’IHEDN (, vice-président d’IDN (2)

  • Initiatives pour le désarmement nucléaire. (2) Institut des hautes études de défense nationale. (3) « Que les armes cèdent à la toge », formule de Cicéron signifiant la supériorité du pouvoir civil sur le pouvoir militaire.

http://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Un-budget-defense-augmente-pour-quoi-faire-2017-01-09-1200815724

Jan 10

L’INÉLUCTABLE FAILLITE DU NUCLÉAIRE FRANÇAIS (VIDÉO)

faillite-edfLe communiqué alarmiste lancé par Greenpeace en novembre 2016 relance une nouvelle fois le débat sur la fiabilité du nucléaire. Au bord de la faillite, le groupe français EDF n’est plus crédible dans la conduite de sa politique nucléaire. La France se trouve engagée dans une impasse tant technologique que financière, qui menace à la fois notre sécurité et celle de notre environnement.

Faillibilité du système électrique français, EDF : un géant aux pieds d’argile
Avec 58 réacteurs en activité dans 19 centrales, la France est le pays le plus nucléarisé au monde. Après les États-Unis, son parc nucléaire est en effet le deuxième plus important au monde. « Ce monolithisme énergétique fait de la France un géant aux pieds d’argile« , alerte le communiqué d’Agir pour l’environnement.
Si la situation quasi-monopolistique de l’entreprise avait autrefois permis un essor économique, elle aboutit aujourd’hui à la création d’un « géant inefficace, surdimensionné, incapable de résister aux vents contraires provenant du marché de l’électricité » accuse l’association, c’est à dire incapable de s’affirmer face à la concurrence. Au final, la situation de crise dans laquelle se trouve actuellement EDF témoigne d’un manque évident de résilience : l’augmentation des coûts du parc nucléaire français, combinée à l’obsession de vendre des réacteurs de nouvelles technologies complexes et chers fragilisent considérablement l’entreprise. En clair : son modèle économique n’est plus du tout adapté aux règles de la concurrence, souligne Agir pour l’Environnement.
Selon une étude du cabinet AlphaValue, sortie le 17 novembre 2016 à la demande de Greenpeace, l’entreprise se révèle aujourd’hui non compétitive sur le marché de l’énergie et incapable de réagir efficacement aux variations des besoins en électricité, sans avoir recours à l’importation d’électricité des pays voisins comme en témoigne cette carte en temps réel.
En effet, l’énergie nucléaire est incapable de répondre rapidement à des pics de consommation Lorsque des vagues de froid (même légères) traversent le pays, EDF doit mettre en route des centrales thermiques polluantes (gaz ou charbon) pour répondre aux besoins croissants en électricité domestique comme en témoigne l’hiver 2012.
Rappelons que la France est une exception non seulement à cause du poids du nucléaire dans son mix électrique (entre 75 et 80 %), mais aussi à cause de l’importance des logements chauffés à l’électricité (30 %), ce qui explique l’appel de consommation électrique important en hiver.

Énergie nucléaire : une impasse technologique et financière

Les coûts opérationnels d’EDF ont considérablement augmenté ces dernières années, et ce pour plusieurs raisons :

  •     renforcement des mesures de sûreté liées à la catastrophe nucléaire de
    Fukushima ;
  •     vieillissement des installations nucléaires ;
  •     travaux de maintenance de plus en plus fréquents ;
  •     augmentation du montant des provisions.
    La Cour des comptes, dans son rapport public annuel de février 2016, note que le coût de production de l’électricité nucléaire a beaucoup augmenté entre 2010 et 2013 atteignant 59,8€/MWh (vs 49,6€/MWh).
    L’étude d’analyse financière d’Alphavalue enfonce le clou et montre clairement que le modèle nucléaire ne tient plus la route. Les comptes publiés par EDF ne reflètent pas la réalité de sa situation financière, plus fragile encore que ce que l’on imaginait. D’après l’étude, EDF sous-estime drastiquement les coûts liés au démantèlement de ses centrales et au traitement des déchets.
    « Sur ses investissements futurs, EDF n’a pas non plus les moyens de ses ambitions. Mis bout à bout, ces investissements représentent 165 milliards d’euros[1] sur les dix prochaines années. Une somme astronomique« , déplore Greenpeace.

L’Autorité de sûreté nucléaire s’inquiète de la sécurité des installations

Une dizaine de réacteurs nucléaires arrêtés pour cause de maintenance
Des travaux de rénovation et de modernisation sont désormais impératifs pour garantir la protection des installations du parc nucléaire français. EDF doit notamment envisager de remplacer certains réacteurs, vieux de plus de trente ans. C’est le cas des générateurs de vapeurs, transformateurs, alternateurs.
Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) Pierre-Franck Chevet a déclaré dans Le Figaro que la situation du parc français était « préoccupante ». Actuellement, plusieurs réacteurs sont à l’arrêt ou vont prochainement l’être après la découverte de concentrations de carbone susceptibles de les fragiliser. Il s’agirait d’une  anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve des réacteurs en question.
« Le risque est que cet acier résiste moins bien à des chocs thermiques« , explique Rémy Catteau, directeur des équipements sous pression nucléaires à l’Autorité de sûreté nucléaire. « Mais aussi à des séismes. »
RTE, le gestionnaire du réseau électrique à haute tension, a placé cet hiver sous « forte vigilance« , et a prévu des mesures exceptionnelles, pouvant aller jusqu’à des coupures momentanées de courant, en cas de températures particulièrement froides.
Pour la première fois depuis que le parc électronucléaire français a été construit, l’ASN a donc demandé à EDF, en novembre 2016, de mettre à l’arrêt près d’un tiers des tranches électronucléaires françaises, ce qui explique le recours massif aux importations électriques des pays voisins.
Au total, 12 réacteurs étaient à l’arrêt complet fin décembre 2016. D’ici la fin janvier 2017, trois réacteurs devraient être remis en état de fonctionnement, selon des données fournies par EDF et publiées sur le site web de RTE.
Pour Greenpeace, la conclusion est sans appel : « la stratégie industrielle de prolongation des réacteurs nucléaires en France est un échec« .

Des erreurs qui s’accumulent sur la gestion des réacteurs
L’EPR de Flamanville, initialement prévu pour 2012, entrera finalement en service fin 2018, en raison des erreurs accumulées par EDF.  L’entreprise en estime le coût à 10 milliards d’euros, soit trois fois plus que l’évaluation d’origine.
L’Autorité de sûreté nucléaire sera responsable des tests de conformité qui commenceront début 2017. Elle devra se montrer vigilante, car des concentrations excessives de carbone ont aussi été décelées sur le chantier de Flamanville en 2014.

L’impérieuse nécessité d’une transition énergétique
« EDF doit changer de cap industriel tant qu’il est encore temps. Ce changement doit être rapide et passer par l’abandon définitif du programme nucléaire d’EDF« , affirme Greenpeace.
Avec le vieillissement des réacteurs [2] – qui ont pour la plupart été́ construits dans les années 80 – et le développement de nouvelles sources d’énergie, la question de leur démantèlement devient de plus en plus pressante.
Sortir de notre dépendance au nucléaire pour la production d’électricité implique en effet principalement d’arrêter les centrales nucléaires. Il est donc urgent que les exploitants nucléaires mettent de côté́ des sommes suffisamment importantes pour y faire face.
D’un autre côté,  Areva – multinationale française de l’énergie et principalement du nucléaire – indique que le nucléaire permet à la France d’économiser chaque année 20 milliards d’euro d’importations de gaz et de charbon… Une considération non négligeable mais qui ne suffit plus face au déclin mondial de l’énergie nucléaire.
La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) pose que la politique énergétique nationale a notamment pour objectif de « réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025 » (article L.100-4 du code de l’énergie).
Certains candidats aux élections présidentielles de 2017 soutiennent d’ailleurs ce projet de sortie du nucléaire. C’est le cas notamment du candidat écologiste Yannick Jadot, mais également de Jean-Luc Mélenchon, créateur du mouvement politique la France insoumise.

Privilégier les  énergies renouvelables
L’efficacité croissante des énergies renouvelables les rend aujourd’hui de plus en plus compétitives et attractives, contrairement à nos préjugés. Un rapport de Bloomberg New Energy Finance (BENF) de 2015 révélait que l’éolien était devenu l’énergie la moins chère à produire en Allemagne et en Grande-Bretagne (basé sur le Levelized Cost of Electricity (LCOE) model ou CCE). Et ceci, sans subvention.
« L’Allemagne a même réussi le 15 mai dernier, à servir 100% de la demande en électricité avec des énergies renouvelables. Certes c’était un dimanche, jour où la demande est traditionnellement la plus faible, mais cet événement montre à quel point ce qui pouvait paraître comme une utopie il y a quelques années, est aujourd’hui devenu une réalité« , explique t-on dans l’étude commandée par Greenpeace.
De moins de 5 GW en 2010 en France, la capacité disponible assurée par le solaire et l’éolien représente aujourd’hui plus de 16 GW. Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) prévoit que ce chiffre atteindra plus de 28 GW en 2021.
« Il est urgent de remettre la France sur les rails de la transition énergétique, transition passant par un soutien massif aux énergies renouvelables, à la sobriété et l’efficacité énergétique« , conclut l’étude d’AlphaValue.
Il apparaît aujourd’hui que le coût de l’électricité nucléaire est désormais plus élevé que celui de certaines énergies renouvelables, notamment l’énergie hydraulique. D’après les chiffres fournis par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) et la Cour des Comptes en 2013, l’énergie dont le coût de production en France est le plus faible est, de loin, l’énergie hydraulique

Conclusion
La France dépend des 58 réacteurs français d’EDF pour 75 % de ses besoins en électricité. « De fait, l’apparition d’un défaut générique sur l’un des réacteurs entraîne notre pays dans une menace bien réelle« , explique Agir pour l’Environnement.
« Nous refusons que les décideurs politiques et économiques continuent à faire peser sur nous et nos voisins européens la menace d’un nouvel accident. Le nucléaire est une impasse écologique et économique, qui détourne des sommes colossales de la transition énergétique nécessaire pour freiner la dégradation du climat (…) Au bord de la faillite, EDF n’est plus crédible sur sa politique nucléaire et doit d’urgence sortir du déni. La France continue de s’embourber dans l’impasse nucléaire et doit maintenant se réveiller pour faire face à un triple défi écologique, de sûreté et économique. », conclut Greenpeace.
Le coût et la fiabilité du nucléaire sont donc aujourd’hui sérieusement remis en question, corroborant ainsi les critiques formulées par les écologistes depuis des décennies.
A noter pour finir que les centrales nucléaires s’avèrent particulièrement vulnérables, au regard des tensions géopolitiques actuelles et du risque croissant d’attentat terroriste. Christophe Magdelaine souligne à ce titre le cas des étranges survols de drones au-dessus des centrales, au cours des années 2014 et 2015… Toujours sans aucune explication.
Notes
    1. Soit près de 11 fois le budget investi en 2017 en faveur de l’emploi en France, qui s’élève à 15,3 milliards d’euros
    2. Les réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire française en service, datent de 1978.

http://www.notre-planete.info/actualites/4568-energie-nucleaire-faillite-EDF

Jan 10

LA RUSSIE VA LIVRER 130 TONNES D’URANIUM NATUREL À L’IRAN

russieSelon des sources diplomatiques, les pays qui ont négocié l’accord sur le nucléaire iranien ont validé la livraison de 130 tonnes d’uranium naturel à Téhéran par Moscou.

La Russie va livrer 130 tonnes d’uranium naturel à l’Iran, en échange des 44 tonnes d’eau lourde – nécessaires pour refroidir le cœur des réacteurs nucléaires – qu’elle a reçu de la part de Téhéran, selon un diplomate cité par Associated Press.

Cette décision a été validée par le groupe des 5+1 (Russie, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni) et l’Allemagne, qui avait négocié l’accord sur le nucléaire iranien en 2015. 

Elle doit cependant encore être approuvée par le Conseil de sécurité des Nations-Unies, ce qui devrait être une formalité puisque les cinq pays qui ont entériné la décision sont les membres permanents du Conseil. L’Iran aura ainsi la possibilité de stocker l’uranium ou de le transformer en uranium faiblement enrichi pour l’exporter.

Les pays du groupe des 5+1 et l’Iran se rencontrent par ailleurs à Vienne le 10 janvier pour discuter de la mise en œuvre de l’accord sur le nucléaire iranien. La République islamique reproche notamment aux États-Unis de ne pas avoir levé toutes les sanctions qui la touchaient, contrairement aux dispositions de l’accord.

De plus, l’élection de Donald Trump a fait naître des doutes sur la viabilité de cet accord, le milliardaire l’ayant qualifié de «désastre» et de «plus mauvais accord jamais négocié». Il a également déclaré lors d’une conférence en mai dernier, qu’une fois élu, «sa priorité numéro un» serait d’obtenir son annulation.

https://francais.rt.com/economie/32031-iran-va-recevoir-130-tonnes-uranium-naturel-part-p5-1

Jan 10

SAUVETAGE D’AREVA : VERS UN FEU VERT SOUS CONDITIONS DE BRUXELLES

arevaEXCLUSIF – Une décision de la Commission européenne sur le plan de sauvetage du groupe nucléaire public devrait intervenir dans l’après-midi. Selon nos informations, Areva devrait dans un premier temps faire appel à un prêt d’actionnaire de l’État.

Le cours de l’action d’Areva a été suspendu ce midi à la demande du groupe, dans la perspective de la publication d’un communiqué, a indiqué Euronext. Selon nos informations, la Commission européenne s’apprête à rendre une décision sur le plan de restructuration présenté par le groupe et son premier actionnaire, l’État.

Selon deux sources, la Commission européenne autoriserait le plan de sauvetage sous conditions. Celles-ci, liées au rachat des actifs d’Areva NP (la branche Réacteurs) par EDF, obligeraient le groupe nucléaire public à solliciter dans un premier temps un prêt d’actionnaire auprès de l’État.

Dans ses plans initiaux, Areva prévoyait une augmentation de capital de 5 milliards d’euros dès le mois de février. Pour autoriser une aide d’État massive (4,5 milliards d’euros sur les 5 milliards de recapitalisation), les services de la commissaire européenne à la Concurrence souhaiteraient d’abord étudier le dossier de rachat des actifs d’Areva NP par EDF, selon ces sources.

L’électricien public a déposé mi-novembre une offre ferme valorisant ces actifs 2,5 milliards d’euros. Mais cette offre est soumise à plusieurs conditions suspensives, notamment l’examen par l’Autorité de sûreté nucléaire de la conformité de la cuve de l’EPR en construction à Flamanville (Manche). Bruxelles souhaite également vérifier que cette acquisition par EDF soit bien conforme aux règles en matière de concentration et de concurrence.

Mi-décembre, Areva et son premier actionnaire l’État (à 86%) avaient transmis aux services de la commissaire européenne à la Concurrence les derniers éléments du plan de sauvetage. Outre l’offre ferme d’EDF pour reprendre les actifs de la division Réacteurs, Areva avait présenté l’offre d’investisseurs -les japonais MHI et JNFL, pour 10 % du capital de NewCo soit 500 millions d’euros.

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211676457111-sauvetage-dareva-vers-un-feu-vert-sous-conditions-de-bruxelles-2055963.php

Jan 10

DOCUMENTAIRE : LA RÉBELLION ÉNERGÉTIQUE, FACTEUR DE PAIX

filmLe film allemand « Power to change », en salles ce mercredi, considère la transition vers les énergies renouvelables comme un facteur de paix universelle. Exemple ukrainien à l’appui.

GAZ. Le premier sujet du film de Carl Fechner « Power to change » –au cinéma ce mercredi– n’est pas l’énergie, mais la paix. Pour le cinéaste allemand, s’appuyer sur le vent et le soleil pour s’éclairer et se chauffer est un moyen de faire reculer les conflits. C’est pourquoi son film passe par l’Ukraine. Sa caméra revisite une zone d’un conflit oublié mais pas réglé. Les barrages militaires cernent le Donbass. Des soldats ukrainiens sont morts dans des accrochages ces dernières semaines. Cette guerre n’est pas seulement la conséquence d’un pays écartelé entre l’Europe et la Russie. C’est aussi un ballet mortel autour de la distribution du gaz russe.

C’est en tout cas le cœur du plaidoyer d’un des personnages de ce documentaire, Roman Zinchenko. Ce dirigeant de Greencubator, une ONG ukrainienne spécialisée dans les questions d’énergie, plaide avec vigueur pour l’indépendance énergétique de son pays grâce aux énergies renouvelables. Il déplore que l’Ukraine n’ait pas encore réussi à sortir du schéma soviétique où la ressource est gaspillée et la mainmise des énergies fossiles totale. Il plaide pour une autonomie de production décentralisée d’éolien et de solaire contre un système énergétique fauteur de guerre qui n’enrichit que quelques oligarques. Le soleil et le vent profitent au monde entier quand le pétrole, le charbon et le gaz n’appartiennent qu’à quelques-uns.

Une énergie universelle et inépuisable

PAIX. Comment lui donner tort tant la question gazière sous-tend un conflit qui dure depuis avril 2014 et a fait 10 000 morts? La force du film de Fechner c’est ainsi de relier deux questions qu’en France on pense –à tort– sans relations aucunes. Le témoignage de Ganna Gladkykh, conseillère en développement durable au ministère de l’Environnement ukrainien, personnage central de ce film, prend d’autant plus de force qu’elle est originaire du Donbass. «On pense toujours que la guerre, ça se passe ailleurs, qu’elle n’est pas possible chez soi », note-t-elle. 

Autre personnage de ce documentaire : Amir Roughani, Iranien exilé en Allemagne à l’âge de neuf ans du fait de la guerre des années 1980 entre Iran et Irak. Longtemps sceptique sur les éoliennes et panneaux solaires, ce financier a changé d’avis et est aujourd’hui à la tête d’une société d’ingénierie engagée dans la planification de centrales d’énergies renouvelables. C’est lui qui recueille la plupart des récits d’entrepreneurs lancés dans l’exploitation de la biomasse, de chercheurs sur les nouveaux modes de déplacement, d’ingénieurs lancés dans le stockage de l’électricité, d’employés municipaux élaborant un réseau local de distribution. Ces petites mains de l’énergie renouvelable d’outre-Rhin ne sont guère différentes de celles qui œuvrent ici en France. A la différence près que l’Allemagne est en avance dans la diffusion de ces technologies et qu’elle a renoncé au nucléaire.

En Allemagne, le lien entre énergie et paix mondiale est profond et explique en grande partie l’opposition très forte de la population au nucléaire. Amir Roughani est un concentré de cet état d’esprit. Il a construit sur un site militaire de l’ex-RDA la plus grande centrale solaire d’Allemagne.

Une revanche. Dans les années 1980, on fabriquait à cet endroit des roquettes qui servaient sur le front de la guerre Iran-Irak.

http://www.sciencesetavenir.fr/decouvrir/tele-cinema/power-to-change-un-film-qui-relie-energies-renouvelables-et-paix_109551

Jan 10

LE PAKISTAN TIRE UN MISSILE À CAPACITÉ NUCLÉAIRE DEPUIS UN SOUS-MARIN, UNE PREMIÈRE

pakistan-bisL’armée pakistanaise a effectué son premier tir d’un missile de croisière capable de porter une ogive nucléaire depuis un sous-marin en plongée.
Le lancement d’un missile Babur-3 a été réalisé depuis une zone non précisée de l’océan Indien. « Le missile est capable de porter différentes charges et donne au Pakistan la possibilité de deuxième frappe après une attaque, renforçant le potentiel de dissuasion du pays », a annoncé l’armée pakistanaise.
Ce missile à capacité nucléaire Babur-3, d’une portée de 450 km, est la version maritime du missile de croisière terrestre Babur-2 testé avec succès en décembre dernier.

https://fr.sputniknews.com/international/201701091029503967-missile-capacite-nucleaire-tire-sous-marin-pakistan/

Jan 09

PROGRAMMATION DE L’ÉNERGIE : L’ÉTAT SE DONNE-T-IL LES MOYENS DE SES AMBITIONS ? (VIDÉO)

videoVIDÉO. La programmation pluriannuelle de l’énergie nous permet-elle de remplir les grands objectifs de la loi sur la transition énergétique ? Non, répondent associations et députés qui dénoncent notamment le flou sur le volet nucléaire. Explications sur notre dernier plateau-TV Actu-Environnement.

Publiée via un décret le 28 octobre dernier, la programmation pluriannuelle de l’énergie est la feuille de route censée amener la France à réaliser les grands objectifs de la loi sur la transition énergétique que sont notamment : la division par deux de la consommation énergétique d’ici 2050, le développement des énergies renouvelables avec une capacité totale installée de 78 GW en 2023 ainsi que la réduction de moitié de la part d’électricité d’origine nucléaire d’ici 2025.

A en croire le ministère de l’Environnement cette programmation trace, à travers une liste d’objectifs chiffrés pour 2018 et 2023, « les orientations et les actions concrètes pour décarboner et diversifier le mix énergétique en favorisant la croissance verte ». Si la PPE fait la part belle aux énergies renouvelables, son silence sur l’évolution du parc nucléaire et ses mesures peu ambitieuses dans les secteurs de la mobilité et du bâtiment a laissé députés et associations de marbre, dénonçant une absence de trajectoire pour atteindre les objectifs fixés par la loi sur la transition énergétique. Pour en débattre, Marie Jo Sader reçoit dans ce nouveau plateau-TV : (vidéo de 21mn41s)

anneAnne Bringault
Coordonnatrice sur la transition énergétique auprès du Cler et du Réseau Action Climat (RAC France)

.

bertrandBertrand Pancher
Député UDI de la Meuse, membre de la Commission développement durable de l’Assemblée nationale

 

http://www.actu-environnement.com/ae/news/programmation-pluriannuelle-energie-ppe-bertrand-pancher-anne-bringault-objectifs-ambitions-28222.php4


Jan 09

LA CORÉE DU NORD PRÊTE À TIRER À TOUT MOMENT UN MISSILE INTERCONTINENTAL

coreeLa Corée du Nord a affirmé ce dimanche être prête à tirer un missile balistique intercontinental «à tout moment et à tout endroit désigné par le dirigeant Kim Jong-un ». Cette nouvelle menace intervient trois jours après les défilés grandioses où des milliers de Nord-Coréens ont chanté la gloire de leur dirigeant. Dans son discours de Nouvel an, Kim Jong-Un avait vanté l’imminence d’un test de missile balistique intercontinental.

« Le missile sera lancé à tout moment et tout endroit déterminé par le quartier général suprême de la Corée du Nord », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse officielle KCNA.

Kim Jong-un a annoncé le 1er janvier que la Corée du Nord était en passe de procéder à un tir expérimental de missile balistique intercontinental.

Un saut « qualitatif »

Le pays est sous le coup de sanctions des Nations unies depuis 2006, en raison de ses essais nucléaires et de missiles balistiques. Les sanctions ont été renforcées en décembre, dans la foulée du cinquième et plus important essai nucléaire nord-coréen, qui remonte au 9 septembre.

Les États-Unis ont constaté jeudi un saut « qualitatif » des capacités nucléaires et de missiles de la Corée du Nord, après une année marquée par un nombre d’essais sans précédent.

Les experts estiment toutefois que même si le pays est près de tester un missile intercontinental (ICBM selon l’acronyme anglais), il lui faudra encore des années pour perfectionner son arme.

Une « menace grave » pour les États-Unis

Une fois mis au point, un tel missile pourrait menacer le continent nord-américain, qui est à 9 000 km de la Corée du Nord. Les ICBM ont une portée moyenne d’environ 5 500 km mais certains sont capables de parcourir 10 000 km ou plus.

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a estimé que le programme nucléaire nord-coréen constituait une « menace grave » pour la sécurité des États-Unis.

La défense anti-aérienne américaine est prête, a-t-il ajouté, à abattre tout missile nord-coréen « s’il s’approche de notre territoire ou du territoire de nos amis et alliés ».

« Ça n’arrivera pas ! »

Le président américain élu Donald Trump a réagi aux propos du dirigeant nord-coréen en déclarant que la Corée du Nord ne se doterait jamais d’une arme nucléaire menaçant les États-Unis. « Ça n’arrivera pas ! », a-t-il lancé lundi sur son compte Twitter.

« Les États-Unis sont les seuls à blâmer pour avoir poussé la Corée du Nord à développer ses ICBM en s’accrochant de manière désespérée à une politique hostile anachronique vis-à-vis de la Corée du Nord », a commenté le porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères cité par l’agence KCNA.

« Quiconque veut négocier avec la Corée du Nord serait bien avisé de changer sa manière de penser », a ajouté le porte-parole.

http://www.ouest-france.fr/monde/coree-du-nord/la-coree-du-nord-prete-tirer-tout-moment-un-missile-intercontinental-4722996

Jan 08

QUE SE PASSERAIT-IL SI LA BOMBE NUCLÉAIRE NORD-CORÉENNE TOMBAIT SUR PARIS ?

parisLa Corée du Nord a affirmé mercredi 6 janvier 2016 avoir mené un nouvel essai nucléaire, plus précisément, un test de bombe à hydrogène (ou thermonucléaire, dite « bombe H« ) « miniaturisée« . Impossible pour l’heure de savoir s’il s’agit effectivement d’une bombe H, comme le clame le dirigeant Kim Jong-Un.

Les experts analysent l’ampleur du séisme afin de déduire l’énergie dégagée pour en tirer les premières conclusions sur la nature de l’essai. D’après l’institut américain de géologie, la magnitude est évaluée à 5,1, plusieurs experts cités par le « DailyMail » affirment qu’il ne s’agissait pas d’une bombe H, mais de sa petite sœur la bombe A.

La différence entre les différentes armes nucléaires tient à leur fonctionnement : la bombe A provoque une explosion nucléaire par une fission d’atome (d’uranium 235 ou de plutonium 239), tandis que la bombe H crée une explosion en cumulant une bombe A et une fusion d’isotopes (de deutérium ou de tritium).

De fait, la bombe H a un potentiel de déflagration bien plus important que la bombe A, dont les puissances sont calculées en équivalent de milliers de tonnes de TNT (dits « kilotonnes »). La bombe H la plus puissance jamais testée – la Tsar Bomba soviétique – a affiché une puissance de 50.000 kilotonnes, soit plus de 3.000 fois plus que la bombe A larguée par les États-Unis sur Hiroshima en août 1945, qui a fait 140.000 morts et a provoqué un séisme de magnitude 6.

Jusqu’à présent, la Corée du Nord a conduit plusieurs tests de bombe A, dont la plus la puissante est estimée entre 6 à 7 kilotonnes.

Scénario catastrophe

Si l’on ne connait pas encore précisément la puissance de l’arme nucléaire testée ce mercredi, le tabloïd britannique « DailyStar » illustre déjà l’effet dévastateur qu’aurait une telle bombe sur Londres, à l’aide de l’outil Nuke Map.

Avec l’aide du même outil qui évalue le nombre potentiel de victimes, « L’Obs » a imaginé les dégâts que pourrait causer l’explosion de la bombe nord-coréenne sur différentes grandes villes du monde. Il convient toutefois de rappeler que la Corée du Nord ne dispose pas (encore ?) de missiles d’une portée suffisante pour toucher des villes européennes.

Pyongyang dispose de missiles sol-sol avec une portée jusqu’à 160 km, menaçant essentiellement la Corée du Sud. Toutefois, certains observateurs estiment que le pays dispose aussi de missiles de moyenne portée (entre 2.500 et 4.000 km), capables de menacer le Japon, la Chine, l’Inde ou les bases américaines situées sur l’île de Guam dans le Pacifique. 

Si une bombe de 10 kilotonnes tombait au niveau de :

Paris : 161.550 morts

Marseille : 42.420 morts

Lyon : 34.370 morts

Berlin : 44.420 morts

Londres : 59.500 morts

Séoul : 110.850 morts

Tokyo : 109.400 morts

New York : 239.680 morts

Los Angeles : 95.420 morts

Pékin : 87.670 morts

Moscou : 74.270 morts

New Delhi : 185.750 morts

À ces chiffres, il convient d’ajouter entre 2 et 4 fois plus de blessés selon les villes.

Tous les détails sur : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160107.OBS2393/que-se-passerait-il-si-la-bombe-nucleaire-nord-coreenne-tombait-sur-paris.html

Jan 08

CORÉE DU NORD : UN SÉISME ? NON, UN TEST DE BOMBE ATOMIQUE

cree-bombe-hLa Corée du Nord affirme avoir mené son premier essai réussi de bombe à hydrogène « miniaturisée« . Cette annonce – si elle est vérifiée – vient décupler les enjeux autour du programme nucléaire interdit de cet État hermétique.

Il s’agirait du quatrième test nucléaire mené par Pyongyang depuis 2006, mais le premier pour ce type de bombe. Une bombe à hydrogène, ou bombe thermonucléaire, utilise la technique de la fusion nucléaire et produit une explosion beaucoup plus puissante qu’une déflagration due à la fission, générée par les seuls uranium ou plutonium.

Cet essai aurait été ordonné personnellement par le leader nord-coréen Kim Jong-Un, qui fête son anniversaire dans deux jours.

Un séisme détecté cette nuit

Dans la nuit de mardi à mercredi, un tremblement de terre d’une magnitude de 4,9 et d’une profondeur de « 0 mètre » avait été détecté par le Bureau chinois de sismologie.

L’Institut américain de géologie (USGS) avait pour sa part annoncé une magnitude de 5,1 et expliqué que l’épicentre du séisme se situait dans le nord-est de la Corée du Nord, tout près du site d’essais nucléaires de Kilju. 

Dans la nuit, le Japon a rapidement évoqué un « possible essai nucléaire » avant que les autorités du régime de Pyongyang ne confirment la nouvelle à la télévision officielle nord-coréenne :

Le premier essai de bombe à hydrogène de la République a été mené avec succès […] « Avec le succès parfait de notre bombe H historique, nous rejoignons les rangs des États nucléaires avancés« 

Condamnation immédiate des voisins 

A l’annonce de ce nouvel essai (après 2006, 2009 et 2013), les réactions des voisins de la Corée du Nord n’ont pas tardé. A commencer par la Corée du Sud qui a « fortement » et immédiatement condamné le test nucléaire.

« Nous prendrons toutes les mesures nécessaires, y compris des sanctions additionnelles du Conseil de sécurité de l’ONU (…) pour que le Nord paie le prix de cet essai nucléaire« , indique le gouvernement sud-coréen dans un communiqué.

De son côté, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe « condamne fermement » cet essai, le qualifiant de « grave défi » et de « menace sérieuse« .

« L’essai nucléaire mené par la Corée du Nord est une sérieuse menace contre la sécurité de notre pays et nous ne pouvons absolument pas le tolérer« , a-t-il ajouté, disant y voir « un grave défi aux efforts internationaux de non-prolifération« .

Les États-Unis fustigent les « provocations » de la Corée du Nord, tout en se disant incapables de confirmer si le pays a bien effectué un essai de bombe à hydrogène comme il le prétend.

« Nous ne pouvons pas confirmer ces affirmations pour le moment (mais) nous condamnons toute violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et appelons à nouveau la Corée du Nord à respecter ses obligations et ses engagements internationaux« , a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, Ned Price.

La réaction de la Chine, principal allié de Pyongyang – et à la manœuvre pour une reprise des pourparlers à six (Corée du Nord, Corée du Sud, États-Unis, Russie, Chine, Japon) – sera observée de près.

Pékin a fait pression par le passé pour limiter la portée des sanctions contre la Corée du Nord, mais semblait s’impatienter ces derniers temps du refus de Pyongyang d’abandonner son programme nucléaire.

Déjà quatre tests en moins de dix ans

Pyongyang a déjà testé trois fois la bombe A, qui utilise la seule fission nucléaire, en 2006, 2009 et 2013, ce qui lui a valu plusieurs volées de sanctions internationales.

L’annonce du test d’une bombe H est une surprise. La plupart des spécialistes estimaient que Pyongyang était à des années de pouvoir développer une bombe thermonucléaire, mais étaient divisés quant à ses capacités de miniaturiser l’arme atomique, étape décisive dans la production d’ogives nucléaires.

Cette arme avait probablement la taille de la bombe américaine d’Hiroshima mais ce n’était pas une bombe à hydrogène. On a affaire à de la fission, a assuré à la BBC Bruce Bennett, analyste spécialiste de la défense chez la Rand Corporation. Le ‘bang‘ qu’ils auraient obtenu aurait été 10 fois supérieur à ce qu’ils ont obtenu [cette nuit] »

Bombe H ou pas, ce quatrième essai nucléaire nord-coréen constitue un affront flagrant envers les ennemis comme les alliés de Pyongyang. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir dans la journée.

L.B. avec AFP

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160106.OBS2297/la-coree-du-nord-annonce-avoir-teste-une-bombe-h.html

Jan 08

LE NUCLÉAIRE DIVISE LES CANDIDATS

7-candidats

François Fillon expliquait dans son programme pour la primaire vouloir « consolider la filière nucléaire française qui représente 200.000 emplois directs ». Pour le candidat de la droite, il faut « prolonger l’exploitation des centrales de quarante à soixante ans sous réserve de l’accord explicite de l’Autorité de sûreté nucléaire ». Il entend ainsi stopper la fermeture de la centrale de Fessenheim. Il appelle à moderniser la filière d’une énergie qu’il estime « nécessaire car elle fournit à bas prix 75% de notre électricité et émet très peu » de gaz à effets de serre.
Parmi ses souhaits: « Renforcer les études sur les réacteurs de 4ème génération » et « développer une gamme de petits et moyens réacteurs nucléaires (SMR) pour satisfaire les besoins des grandes villes mondiales ou des régions à faible densité démographique ».

À l’inverse, pour Jean-Luc Mélenchon, il faut sortir du nucléaire. Il estime que ce mode de production d’énergie n’est pas sûr et qu’en cas d’incident, ce serait « toute la France » qui serait irradiée. « Plus on tarde à prendre la décision de sortir du nucléaire plus ça coûte cher en risques et en argent » milite Jean-Luc Mélenchon qui appelle à une planification « d’ici la fermeture du dernier réacteur nucléaire » – qu’il estime à au moins vingt ans – pour passer au tout renouvelable. Il en croit la France capable sur le plan technique et financier, tout en garantissant un emploi équivalent à tous ceux qui travaillent aujourd’hui dans la filière nucléaire.

Le candidat EELV, Yannick Jadot prône aussi la sortie totale du nucléaire estimant même que « la compétitivité des énergies renouvelables est déjà acquise ».

Dans le débat de la primaire à gauche, Benoit Hamon, qui a fait sa mue écologique, a fixé son objectif à 50% d’énergie renouvelable dès 2025. Il entend que cette transition se fasse avec l’aide des citoyens puisqu’il entend proposer une aide pour « de s’équiper en matériel de production d’énergie renouvelable domestique ».

Pour Arnaud Montebourg, « ce sont les autorités de sûreté qui devront prendre les décisions de fermeture des centrales. Je pense que la question sécuritaire est fondamentale et les décisions que cette autorité aura à prendre, dicteront la politique de remplacement ».

Vincent Peillon veut aussi réduire la part du nucléaire à 50%.

Quant à Manuel Valls, il entend « consolider un secteur nucléaire sécurisé » en fermant ou en prolongeant la vie des centrales « selon un calcul économique clair ».

http://www.centre-presse.fr/article-502288-bull-bull-bull-le-nucleaire-divise-les-candidats.html

 

 

Jan 08

BUGEY : FUITE DANS LE CIRCUIT PRIMAIRE (DONC RADIOACTIF) DU RÉACTEUR 3

bugeyLe 9 décembre 2016 l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), a publié une série de modifications d’exploitation des réacteurs de Bugey. Il semble bien que ces demandes résultent d’incidents à réparer sur Bugey 3 et St Alban.
En ce qui concerne Bugey 3, le rapport de l’IRSN, nous apprend que, début novembre, il y a eu une fuite sur le circuit primaire, fuite qui a pris de l’importance et qui nécessitait une intervention d’où la demande de modification des conditions d’exploitation. Cette fuite a mis de l’humidité dans le bâtiment réacteur, mais pas un mot sur le niveau de la radioactivité, car lorsqu’on parle circuit primaire c’est de l’eau radioactive. Jusqu’à ce jour ni EDF ni l’ASN n’ont communiqué sur cette fuite.

Pour lire l’avis de l’IRSN concernant Bugey: http://www.irsn.fr/FR/expertise/avis/2016/Documents/decembre/Avis-IRSN-2016-00384.pdf

Jan 07

MAIS QUE SE PASSE-T-IL À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE DAMPIERRE-EN-BURLY (LOIRET) ?

damLe 5 janvier le Journal de Gien sortait une simple brève, non pas un article en première page, une brève dans un coin de page !, intitulée anecdotiquement, sans préciser qu’il s’agissait de la centrale et le bruit évoqué dans le titre pouvant tout à fait donner le sentiment qu’il provenait d’une maison avoisinante : « Dampierre-en-Burly. Des bruits de vapeur d’eau incommodants pour le voisinage ».

Mais un titre qui faisait découvrir ce qui suit pour qui voulait bien s’y attarder :

« C’est l’équivalent d’un train qui passe au pied de ma fenêtre », confie Dominique Girault, un habitant de la zone horticole des Noues, juste en face de la centrale de Dampierre, en évoquant le bruit sourd émanant de la centrale depuis un mois. « On l’entend même avec la télé allumée », précise-t-il. « Ce vacarme assourdissant transforme nos nuits en enfer, nous sommes épuisés par les nuisances sonores dues aux lâchers de vapeur de la centrale 24 heures sur 24, EDF n’a pas de solution à priori pour faire cesser ces bruits », se plaint ce riverain qui habite là depuis 35 ans : « on est plusieurs riverains et on n’a jamais connu cela auparavant ».

Interrogée, Aurélie Follenfant, responsable de la communication à la centrale, confirme que depuis « début décembre, de la vapeur d’eau a été extraite du circuit situé dans la salle des machines (partie non nucléaire) de la tranche 2 en production, et la mise en service de l’éjecteur de vapeur a également généré des bruits ». Le problème se situerait au niveau du condensateur qui ne transformerait pas toute la vapeur en eau, obligeant à délester le surplus comme le fait un sifflet de cocotte-minute, sans rapport avec les habituels « tirs » de soupapes de temps à autres.

« Les équipes de la centrale ont mis tout en œuvre afin de réduire les nuisances sonores, tout en permettant de conserver l’unité en fonctionnement, pour répondre aux besoins du réseau électrique national », ajoute-t-elle. Une opération de maintenance est d’ailleurs programmée sur le condensateur, mais la forte demande en électricité actuellement conjuguée à l’arrêt de nombreux réacteurs en France [pour une banale histoire d’acier de cuve et de condensateur frelaté et bien entendu dissimulée, et récemment divulguée – ndr -], n’a pas permis semble-t-il de trouver un créneau [pour la réaliser].

« C’est vraiment de la vapeur d’eau qui sort ? On a fait des analyses ? », s’interroge le riverain qui n’hésite pas à téléphoner la nuit à la centrale pour faire part de son désagrément, se plaignant d’un manque de communication auprès des riverains.

Du côté de la centrale, on confirme qu’il s’agit bien uniquement de vapeur d’eau et qu’il « n’y a aucun impact sur la sureté et la sécurité des installations », l’information étant diffusée sur son site internet et auprès des mairies. 

Rémi Bichon (Le Journal de Gien)

Commentaires d’Agora Vox:

C’est donc, en termes de bruit, « l’équivalent d’un train qui passe au pied de la fenêtre » des riverains, 24h sur 24 depuis un mois rendant la vie impossible à ces riverains immédiats, et ce n’est qu’au bout d’un mois – un mois ! – que le sujet fait enfin l’objet de la curiosité du journal local, et encore, un sujet bien inquiétant qu’il va traiter sous la forme d’une simple brêve ! Sommes-nous en plein cauchemar, ou est-ce bien la réalité ? Mais dans quel pays vivons-nous ?!! Quel est donc ce pays où EDF informe, ah oui !, elle informe, par le biais « de son site et auprès des mairies », et de quelle façon ? Il reste encore à le déterminer, et personne pour s’inquiéter outre mesure de cet évènement pour le moins inhabituel ! Pays de fous où EDF est parvenue, sans chirurgie et à force de communication efficace, à lobotomiser l’ensemble des citoyens d’une commune grassement rémunérée, mais aussi les journalistes (de média tout aussi grassement rémunérés) dont le métier a pourtant pour objet d’informer. France 3 Centre n’était toujours pas au courant le lendemain soir du jour de la parution de la brève dans ce journal du Loiret. Elle était bien sûr passée totalement inaperçue à l’ensemble des médias du département ! C’est une fichue antinucléaire qui a eu sa vigilance alertée par ce titre apparemment anecdotique, mais forcément un peu curieux pour qui demeure sur le qui-vive à proximité d’une centrale.

Bien, mais alors que se passe-t-il réellement à la centrale de Dampierre en Burly ? L’évènement est-il si anodin que veut bien le dire la chargée de communication ?

On devrait, il faut l’espérer, le savoir dans les jours à venir.

Si du moins un accident grave n’est pas inélégamment survenu dans l’intervalle…

Mais en attendant, dites… c’est où la sortie ?

PS : selon des sources mal intentionnées, ce genre de grave dysfonctionnement exigerait l’arrêt du réacteur. Mais à priori la préoccupation financière, dans un contexte de grave turbulence économique au sein d’EDF, aurait prévalu sur la sécurité des hommes. Comment peut-on avoir l’esprit aussi perverti pour émettre une telle hypothèse ?

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/mais-que-se-passe-t-il-a-la-188287

Jan 07

NUCLÉAIRE. SELON UN SÉNATEUR, TRUMP APPLIQUERA L’ACCORD AVEC L’IRAN

trumpSelon Bob Corker, le président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat américain, Donald Trump ne devrait pas revenir sur l’accord concernant le nucléaire iranien. Par cet accord, l’Iran verra un assouplissement de ses sanctions en échange d’une réduction de son programme nucléaire. Il avait été conclu entre le gouvernement iranien et le groupe P5 + 1.

Une remise en cause de l’accord conclu sur le programme nucléaire iranien provoquerait une « crise », a estimé vendredi le président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat américain, estimant que Donald Trump ne reviendrait pas sur les engagements pris par l’administration Obama à ce sujet.

« À mon avis, il n’y aura pas une remise en cause d’emblée », a déclaré le sénateur Bob Corker.

Selon lui, la prochaine administration sous l’autorité de Donald Trump mettra pleinement en œuvre cet accord international conclu entre le gouvernement iranien et le groupe P5 + 1, les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne.

Selon cet accord, l’Iran accepte de réduire son programme nucléaire en échange d’un assouplissement des sanctions prises à son encontre par la communauté internationale.

http://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/donald-trump/nucleaire-selon-un-senateur-trump-appliquera-l-accord-ave-l-iran-4719969

Jan 07

BREXIT : QUELLES CONSÉQUENCES POUR LE SECTEUR DE L’ÉNERGIE ?

brexit… la sortie de l’UE privera le Royaume-Uni des financements de la Banque Européenne d’Investissement (7 milliards d’euros injectés dans l’économie britannique en 2014, dont la moitié dans le secteur de l’énergie). En cas de non-adhésion à l’Espace économique européen, le soutien aux projets d’intérêt commun <http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-13-880_fr.htm>  serait également perdu.
Le Brexit va donc avoir pour effet immédiat de renchérir le coût du parc électrique et les filières les plus demandeuses de capitaux, comme le nucléaire ou l’éolien off-shore, seront probablement les plus défavorisées. De plus, la sortie de l’UE a entrainé une dévaluation de la Livre sterling et pourrait conduire à l’établissement de droits de douane sur de nombreux produits <http://energie-developpement.blogspot.fr/2016/06/brexit-droit-douane-energie-UE-UK.html>…

… Le Brexit est donc une mauvaise nouvelle de plus pour les grands énergéticiens européens. A titre d’exemple, avec la dévaluation de la Livre, le tarif garanti à EDF pour le projet de centrale nucléaire Hinkley Point <http://energie-developpement.blogspot.fr/2016/07/CfD-contract-for-difference-EDF-Hinkley-nucleaire.html>  est passé de 121€/MWh à la veille du referendum à 108€/MWh aujourd’hui.

Enfin, le départ de la Grande Bretagne modifiera les équilibres politiques au sein de l’Union européenne. La libéralisation des marchés de l’énergie, l’exploitation des hydrocarbures non-conventionnels ou l’ambition climatique, des positions dont Londres s’est depuis longtemps fait l’avocat, en sortiront affaiblies. La France perdra également un allié de poids face à la position anti-nucléaire de l’Allemagne.
Les conséquences exactes de la sortie de l’Union européenne dépendent largement d’accords qui seront trouvés après activation de l’article 50 du traité de Lisbonne. Une chose est certaine : il ouvre une période de forte incertitude pour les énergéticiens européens qui ont dès lors tout intérêt à s’y préparer et à s’impliquer dans les négociations qui commenceront au printemps.
Article de Thibault Laconde, ingénieur Supelec, dirigeant du cabinet Énergie et Développement
Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.lemondedelenergie.com/brexit-quelles-consequences-pour-le-secteur-de-lenergie/2017/01/06/

Jan 07

NEW YORK: ACCORD SUR LA FERMETURE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE D’INDIAN POINT D’ICI 2021

new-yorkL’État de New York (nord-est des États-Unis) a trouvé un accord avec le propriétaire de la centrale nucléaire d’Indian Point, située à 50 km de la métropole américaine, qui prévoit sa fermeture totale d’ici 2021, selon plusieurs médias américains.
Interrogé par l’AFP au sujet de l’information dévoilée initialement par le New York Times, Entergy, propriétaire et opérateur de la centrale, s’est refusé à tout commentaire.
Sollicités par l’AFP, les services du gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, n’ont pas donné suite.
Si l’accord était confirmé, ce serait une victoire pour le gouverneur, qui milite depuis plusieurs années pour obtenir la fermeture du site, jugé trop proche de New York.
Selon les termes de l’accord, mentionnés par le New York Times, Entergy bénéficierait d’un nouveau permis d’exploitation pour les deux réacteurs encore en service, qui n’en bénéficiaient plus depuis 2013 et 2015 respectivement. Les nouvelles autorisations courraient jusqu’en 2020 et 2021.
En cas de difficultés à compenser l’apport de la centrale par d’autres sources d’énergie, les échéances pourraient être repoussées à 2024 et 2025.
L’accord prévoit également qu’Entergy réalise des travaux de rénovation et de sécurisation, et autorise, dès cette année, des visites de contrôle régulières dans les installations, situées à Buchanan, au bord de la rivière Hudson.
En contrepartie le procureur de l’État de New York, Eric Schneiderman, et l’association de protection de l’environnement Riverkeeper ont accepté l’abandon des poursuites engagées contre Entergy devant les autorités de régulation.
Un accord mettrait fin à plusieurs procédures qui empêchaient jusqu’ici Entergy d’obtenir de nouveaux permis d’exploitation pour les deux réacteurs à eau pressurisée de la centrale, mis en service respectivement en 1974 et 1976.
Fin novembre, la cour d’appel de New York avait donné raison à l’État de New York, qui faisait valoir que la compagnie d’électricité devait recevoir son accord pour poursuivre l’exploitation du site.
La décision menaçait de mener Entergy dans une impasse.
Les appels à la fermeture, émanant du gouverneur et de plusieurs associations de défense de l’environnement, avaient été relancés récemment par une série de déficiences techniques.
Les défenseurs de la centrale soulignaient eux le fait qu’elle fournissait le quart de la consommation d’électricité de la ville de New York – et l’importance de cette source d’énergie non génératrice de gaz à effet de serre.

http://www.romandie.com/news/New-York-accord-sur-la-fermeture-de-la-centrale-nucleaire-dIndian-Point-dici-2021/766686.rom

Jan 07

ATTAC SAVOIE SOUTIENT LE COLLECTIF ANTINUCLÉAIRE STOP BUGEY (AIN)

attac-terAu cours de sa réunion du 16 décembre 2016, l’association ATTAC Savoie a décidé d’apporter son soutien moral, voire ponctuel selon ses possibilités, au collectif STOP BUGEY qui lutte pour la fermeture de la centrale nucléaire du Bugey et le projet d’entreposage et conditionnement de déchets radioactifs ICEDA sur le même site. Elle rejoint ainsi les 24 associations (dont ATTAC Macon) qui soutiennent le collectif.

Le comité local d’ATTAC Savoie s’engage dans toutes les campagnes d’Attac France : lutte contre l’évasion fiscale, et le pouvoir de nuisance sur la planète des multinationales (dénonciations des enfers fiscaux, soutien actif aux lanceurs d’alerte, campagne « faucheurs de chaises »), campagne contre les traités de libre échange (TAFTA, CETA, TISA…). Il participe aussi activement à divers collectifs locaux pour un mieux vivre social et écologique.

Pour contacter ATTAC SAVOIE : savoie@attac.org

Jan 06

EDF : « IL Y A UN PROBLÈME DE FOLIE DES GRANDEURS »

edfEn début de semaine, des foyers ont été privés d’électricité par manque d’approvisionnement. Raphaël Homayoun Boroumand, auteur de 20 idées reçues sur l’énergie, était l’invité de Jean-Jacques Bourdin, ce jeudi matin pour critiquer la gestion hasardeuse d’EDF.

Un risque de pénurie électrique est-il envisageable en France? C’est la question posée dans Bourdin Direct au docteur en économie Raphaël Homayoun Boroumand.

Pour l’économiste, il ne fait aucun doute que la France a mal géré son investissement dans le nucléaire et se retrouve maintenant dos au mur: La France va consommer autant que les années précédentes mais va disposer de 10 à 15% de capacité de production en moins en raison de l’arrêt de 9 à 10 réacteurs nucléaires (pour raison de maintenance).  La réalité c’est qu’il ne faut pas avoir une vision trop optimiste de notre système électrique. EDF est face à un mur d’investissement.

La firme s’est lancée dans des projets qui sont davantage des paris industriels. Il y a un problème de folie des grandeurs. Pour preuve, son directeur financier a démissionné récemment, justifiant un risque qui est réel. Ils se sont lancés dans une fuite en avant et devraient peut-être décaler le projet d’EPR (réacteur nucléaire de troisième génération, ndlr) en Grande-Bretagne pour maîtriser les risques.

« Il faudrait couper l’électricité dans plusieurs zones sur 2 ou 3 heures »

La France est traditionnellement un pays exportateur d’électricité, mais cet hiver c’est plutôt une importation d’électricité en provenance d’Allemagne et d’Espagne qui s’est observée.

La France est le pays le plus nucléarisé au monde, donc quand on a un problème sur le nucléaire, on doit importer à cause de l’absence de diversité de production d’électricité. Quand on importe, c’est parce qu’on a des pointes de consommation et c’est à ce moment que les prix explosent.

Le nucléaire dans le monde compte pour 13% d’électricité, contre 76% en France. De plus, le nucléaire de deuxième génération qu’on pensait rentable ne tenait pas compte du coût complet du nucléaire. Or, si on inclut le démantèlement, le nucléaire est caractérisé par des coûts croissants et on a un vrai problème de compétitivité.

Si on connaissait des périodes de froid plus intense, il faudrait couper l’électricité dans plusieurs zones sur 2 ou 3 heures.  

Bourdin Direct avec A. Benyahia

Retrouvez cet article et la vidéo de BFM (2mn49s) sur :

http://rmc.bfmtv.com/emission/edf-il-y-a-un-probleme-de-folie-des-grandeurs-1078333.html

Jan 06

À SUIVRE EN 2017 : LE SAUVETAGE D’AREVA

sauvetage-arevaLe groupe nucléaire public attend le feu vert de la Commission européenne pour sa recapitalisation de 5 milliards d’euros.
On en a parlé en 2015, on en a reparlé en 2016, et on en parlera encore en 2017 : « On entre dans la phase finale de la restructuration », a indiqué mi-décembre le directeur général d’Areva, Philippe Knoche. Le groupe nucléaire, détenu à 87% par l’État, est en crise profonde depuis plus de deux ans, sous le coup du ralentissement post-Fukushima et d’investissements surcapacitaires, mais surtout de l’acquisition de l’entreprise minière UraMin et des retards accumulés pour l’EPR en construction à Olkiluoto, en Finlande.
Un nouvel Areva deux fois moins gros
Areva a engagé dès le printemps 2015 un plan social pour supprimer 6.000 postes (sur 44.000) dans le monde, dont 4.000 en France. Mais avec une dette qui dépasse désormais 7 milliards d’euros, il n’a pas d’autre choix qu’une recapitalisation massive – 5 milliards d’euros – pour éviter la faillite : à défaut, « on ne pourra pas faire face à l’ensemble des échéances [financières, NDLR] de 2017 », a prévenu Philippe Knoche.
Le groupe a déjà engagé, mi-2015, la cession à EDF de sa division Réacteurs et vendu une série d’actifs (sa filiale de métrologie Canberra, ses réacteurs de recherche et sa propulsion navale militaire logés chez Areva TA,  son activité d’éoliennes en mer, etc.). A terme, le nouvel Areva sera deux fois moins gros et recentré sur la gestion du combustible nucléaire (extraction d’uranium, fabrication du fuel, services à la base installée et retraitement des combustibles usés).
Dernière étape
La  dernière étape à franchir pour Areva, en ce début 2017, est dans les mains de la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager : il s’agit d’obtenir le feu vert de Bruxelles à sa recapitalisation, qui passe par une aide d’État massive. Pour convaincre les autorités européennes, Areva leur a transmis mi-décembre l’offre des japonais MHI et JNFL d’investir chacun 5% dans le nouvel Areva, pour un montant cumulé de 500 millions d’euros.
Si Bruxelles ne se prononce pas d’ici à fin janvier, ou émet des réserves sur le plan proposé, Areva devra solliciter auprès de l’État un prêt d’actionnaire pour assurer son financement ces prochains mois. Cette « aide au sauvetage » sera d’ailleurs elle aussi soumise à l’approbation de la Commission européenne, qui avait émis des interrogations l’été dernier sur le «« business-plan »   » d’Areva. La conjoncture du secteur nucléaire reste de fait difficile, avec  un marché de l’uranium et de ses dérivés  (conversion, enrichissement…) au plus bas.
Des dossiers en suspens
En 2017, Areva va aussi poursuivre  l’audit des 6.000 dossiers de pièces nucléaires fabriquées dans son usine du Creusot (Saône-et-Loire), qui pourrait mettre au jour de nouvelles falsifications. Un dossier qui fait encore peser des risques sur la cession de ces actifs de production à EDF ainsi que sur la capacité industrielle d’Areva à honorer le contrat de construction de l’îlot nucléaire pour les deux EPR d’Hinkley Point (Royaume-Uni).
L’Autorité de sûreté nucléaire se prononcera aussi, en théorie à la fin du premier semestre, sur la conformité de la cuve de l’EPR en construction à Flamanville (Manche). Enfin, le contentieux croisé avec son client finlandais TVO  est toujours sous la menace d’un arbitrage international, qui pourrait trouver son issue en 2017… ou en 2018. Un autre sujet à plusieurs milliards d’euros pour Areva.

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211636633727-a-suivre-en-2017-le-sauvetage-dareva-2055111.php

Jan 06

COMMUNIQUÉ DE LA CRIIRAD CONCERNANT LES DATES DES PROCHAINS STAGES

criiradInformations CRIIRAD –  Vendredi 06 janvier

 

Veuillez trouver les dates des stages CRIIRAD pour l’année 2017 :

Compteurs Geiger à Valence

Tarif : 35 euros

Vendredi 10 février 2017  de 14h à 18h

Vendredi 12 mai 2017 de 14h à 18h

Vendredi 29 septembre 2017 de 14h à 18h

Samedi 18 novembre 2017 de 9h à 13h

Radioactivité et radioprotection à Valence

Tarif : 45 euros

Samedi 11 février 2017 de 9h/13h – 14h/18h

Samedi 13 mai 2017 de 9h/13h – 14h/18h

Samedi 30 septembre 2017 de 9h/13h – 14h/18h

Samedi 25 novembre 2017 de 9h/13h – 14h/18h

Pour plus d’information et inscription :

Contacter Stéphane MONCHATRE : 04.75.41.82.50 – stephane.monchatre@criirad.org

. Sur le site www.criirad.org en complétant en ligne le bulletin d’inscription à imprimer et nous renvoyer avec le règlement, ou

. En envoyant sur papier libre vos coordonnées complètes (nom, prénom, adresse, tél et mail) et le stage choisi, avec le règlement. 

Nous vous remercions infiniment pour le soutien que vous nous apportez et restons à votre disposition pour tout renseignement.

Bien cordialement,

La CRIIRAD, 29 Cours Manuel de Falla, 26000 VALENCE, (tél : 04 75 41 82 50)

Jan 06

SUÈDE : RENFORCEMENT DE LA SÉCURITÉ DANS LES CENTRALES NUCLÉAIRES APRÈS LES ATTENTATS TERRORISTES

suedeL’entreprise en charge des installations nucléaires suédoises va armer les gardes qui veillent sur ses centrales. En octobre 2016, l’AIEA avait déjà appelé à prendre au sérieux les risques d’attentats pesant sur les infrastructures nucléaires.  
«Jetez un coup d’œil à toutes les attaques terroristes, par exemple [celle qui a frappé] Istanbul récemment. Nous devons maintenir et protéger nos opérations de la meilleure manière que nous pouvons», a déclaré le 5 janvier Anders Österberg à Sveriges Radio <http://sverigesradio.se/sida/artikel.aspx?programid=86&artikel=6601072> , la station de radio publique suédoise. Andres Österberg est le porte-parole de OKG AB, une entreprise suédoise propriétaire de la centrale nucléaire d’Oskarshamn. 
Le porte-parole de l’entreprise a précisé  <http://www.sydsvenskan.se/2017-01-05/snart-bevapnas-vakterna-vid-karnkraftverken> à l’agence de presse TT que les gardiens de trois centrales nucléaires suédoises – à Ringhals, Oskarshamn et Forsmark – allaient être équipés d’armes à feu à partir du 4 février. Jusqu’à présent, ces agents de sécurité ne pouvaient porter que des matraques.
Par ailleurs, en vertu de la nouvelle réglementation, les gardiens des installations nucléaires seront aussi tenus d’emmener des chiens de garde avec eux lors de leurs patrouilles.  
«Nous renforçons la protection de la zone à la lumière de l’évolution de la situation dans le monde. Il est donc tout à fait naturel de durcir nos exigences», a expliqué le porte-parole tout en indiquant qu’aucune menace n’était spécifiquement dirigée contre les centrales nucléaires suédoises.
Anders Österberg a par ailleurs précisé que la nouvelle réglementation mise en place répondait à une décision prise en février 2016 par l’Autorité suédoise de sûreté radiologique afin de renforcer la sécurité dans les centrales nucléaires
Le territoire suédois abrite dix réacteurs nucléaires, à Oskarshamn, Ringhals et Forsmark, qui fournissent environ la moitié de la production d’électricité du pays. Située à 200 kilomètres au sud de Stockholm sur la côte de la mer Baltique, la centrale d’Oskarshamn compte trois réacteurs.
Les centrales nucléaires, des cibles potentielles pour les terroristes ?
Au début du mois de décembre, la publication par le Centre européen antiterroriste d’Europol <https://francais.rt.com/international/30077-europol-daesh-pourrait-frapper-europe-voitures-piegees-armes-chimiques>  d’un rapport intitulé Changement dans les modus operandi de l’État islamique a indiqué que les attaques contre des infrastructures vitales comme les centrales nucléaires ne figuraient pas, pour le moment, parmi les priorités des djihadistes de l’État islamique.
Néanmoins, le rapport de l’organisme de coordination des polices européennes a insisté sur la mainmise par Daesh sur du personnel ayant participé au projet irakien d’armement, ainsi que sur des entrepôts irakiens et libyens d’armes chimiques. 
En octobre 2016, c’est le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, qui a personnellement tiré la sonnette d’alarme en indiquant que les risques d’attentats terroristes contre des centrales nucléaires n’étaient pas «imaginaires» et que ces menaces devaient être considérées avec le plus grand des sérieux. Yukiya Amano a également pointé du doigt les menaces de cyberattaques contre les installations nucléaires et le risque de fabrication par les terroristes de «bombes sales».
Ces propos ont d’ailleurs été confirmés par l’ancien directeur de l’AIEA, Hans Blix, qui avait également confié à RT, en octobre 2016, sa crainte de voir des terroristes cibler des installations nucléaires. Il avait notamment déclaré : «Une centrale nucléaire est un objet très séduisant pour [les terroristes].»
La menace pesant sur les installations nucléaires a par ailleurs été dévoilée par des médias belges après le double-attentat qui a meurtri Bruxelles en mars 2016. Selon ces médias, les frères kamikazes Ibrahim et Khalid El-Bakraoui, à l’origine des attaques qui ont frappé le métro et l’aéroport bruxellois, auraient d’abord ciblé des centrales nucléaires belges avant de changer d’objectif.

https://francais.rt.com/international/31838-suede-renforcement-securite-dans-centrales-nucleaires-apres-attentats-terroristes

Jan 06

AREVA : LES ÉTATS-UNIS VONT DIVULGUER LES RÉACTEURS DOTÉS DE PIÈCES AREVA DU CREUSOT

etats-unisLa Commission de réglementation nucléaire des États-Unis (NRC) a annoncé à Areva qu’elle publierait dès la semaine prochaine les noms des réacteurs américains contenant des pièces forgées à l’usine du Creusot (Saône-et-Loire), où des anomalies ont été détectées.
Cette annonce, formulée dans une lettre datée du 30 décembre et consultée jeudi par Reuters, souligne les tensions croissantes entre l’autorité nucléaire américaine et Areva.

En décembre, le parquet de Paris a ouvert une enquête portant sur des irrégularités dans le contrôle de pièces produites depuis 1965 au Creusot, voire des soupçons de falsifications.
L’autorité américaine a ouvert une enquête pour déterminer les risques éventuels pour les centrales utilisant ces pièces mais a conclu pour le moment à une absence de danger.
« Pour l’instant, il n’y a aucune indication de problèmes spécifiques de sécurité pour les réacteurs américains« , a annoncé jeudi le porte-parole de la NRC David McIntyre.
Les associations antinucléaires et notamment Greenpeace ont exhorté les autorités nucléaires à publier la liste des centrales équipées de composants fabriqués par Areva  au Creusot.
Areva a envoyé les noms d’au moins neuf réacteurs américains équipés des pièces concernées le 15 décembre, tout en demandant à l’agence de ne pas divulguer cette liste pour des raisons de secret commercial.
Dans sa lettre, la NRC estime que l’information n’a pas de valeur concurrentielle et annonce qu’elle divulguera le nom des réacteurs concernés dans les dix jours suivant réception de la lettre, sauf contestation d’Areva .
« La NRC ne dispose pas pour le moment des informations suffisantes pour déterminer le dommage à la concurrence qui pourrait résulter de la publication de cette information« , explique l’agence.

Selon une source au sein du gouvernement américain, le groupe français a indiqué qu’il ne ferait pas appel de cette décision, et la liste de réacteurs pourrait être publiée dès mardi.
Reuters a pu vérifier l’usage de pièces forgées au Creusot dans quatre réacteurs américains. Un cinquième est susceptible d’en contenir et un sixième d’en tenir à disposition pour de futures installations.
Tous les propriétaires des réacteurs concernés, dont NextEra Energy, Xcel Energy et Dominion Resources  assurent que leurs installations sont sûres et qu’aucune pièce ne fait défaut aux normes de qualité et de sécurité.
Les États-Unis comptent 99 réacteurs nucléaires, qui produisent environ 20% de l’énergie du pays.
Article de Timothy Gardner et Scott DiSavino (Julie Carriat pour le service français)

http://www.tradingsat.com/areva-FR0011027143/actualites/areva-les-etats-unis-vont-divulguer-les-reacteurs-dotes-de-pieces-areva-du-creusot-716249.html

Jan 06

AREVA : LE NUCLÉAIRE RESTE, L’ÉOLIEN FOUT LE CAMP !

areva-gamesaLe groupe français Areva a annoncé lundi avoir réalisé la cession à l’espagnol Gamesa de sa participation dans leur co-entreprise Adwen (spécialiste de l’éolien), à la suite de leur accord en juin dernier.
Les activités dans l’éolien en mer d’Areva sont reprises par Gamesa, indique le groupe français dans un communiqué, en soulignant que cette cession s’inscrit dans le cadre de son plan de transformation visant à se recentrer sur les activités du combustible nucléaire.
Gamesa avait précisé en septembre qu’il rachèterait pour 60 millions d’euros les 50% du capital d’Adwen détenus par Areva.
Le groupe français précise que les engagements pris dans le cadre des appels d’offres pour des installations de production d’électricité éolienne en mer en France resteront portés par Adwen.

http://www.romandie.com/news/Eolien-Areva-a-finalise-la-cession-a-Gamesa-de-sa-participation-dans-Adwen/766496.rom

Jan 05

NUCLÉAIRE: UNE VIE DE SANS ABRI

sans-abriDans les années 60, en pleine guerre froide, les journaux affichaient des plans d’abri nucléaire pour… la famille. Poches de sable, nourriture, eau, piles, etc…Sans oublier la femme… Il fallait s’asseoir et attendre peut-être des centaines d’années que l’effet des radiations   s’estompe.

J’avais alors une sorte de cahier dans lequel je collais les articles et les plans. Le plus simple était constitué de sacs de sable superposés. Abri pour pauvres… Suffisant pour filtrer les radiations, du moins pour un temps. C’est ce qu’on prétendait.  Je croyais à l’abri comme certains croient en « dieu »… Quant à l’emmagasinage de nourriture, je me heurtais à un mur: nous mangions à notre faim, mais avec un menu à une variante de trois ou quatre « thèmes » : pommes de terre, pâtes, et fèves au lard. Le triptyque parfait toutefois  pénible après des mois… Néanmoins, je croyais en la science qui, elle, était fascinante. À commencer par gagner suffisamment d’argent  pour mieux nous nourrir. J’avais eu la foi catholique – élevé par des sœurs   et des frères – (des soutanés précédant l’ère des cravatés)  et celle  laïque : l’HOMME, cette créature divine. Je vivais une période extraordinaire, j’avais 16 ans. J’avais un cerveau buvard… Comme plusieurs en ont aujourd’hui, mais tardivement. J’aurais pu vendre de l’espoir sur Ebay… Mais Ebay n’existait pas. Je passais mes soirées avec un récepteur radio à galène, écoutant les postes américains, me gavant de  sirupeuses chansons des années 50. Et je l’avais fabriqué de mes mains et du savoir légué par des humains. Je me disais que l’HOMME était un peu éméché, mais qu’il savait tout de même  se tenir debout.

Eh! ben non!… En prenant un peu d’âge – voire à peine trois ou quatre ans – j’ai commencé à déchanter. Notre créature divine avait tendance à se prendre pour « dieu », parfois en version satanique.  Même si elle  ignorait qui ou ce  qu’était « dieu ». Elle  était maintenant intoxiquée à la science, aux diverses formes de sciences, entre autres celle qui permettait d’anéantir ses semblables. Après tout, il y avait eu Mozart, Shakespeare et Monsieur Einstein. Le génie humain était indéniable… Ce qui toutefois semblait trouer cette montée vers le « progrès » apparut en une forme bizarre et bigame: l’argent et les armes.

Le lait en poudre 

Nous n’étions par riches… Ma mère achetait du lait en poudre. C’était sans goût,   nourrissant, mais nous rêvions de celui  du pis des vaches. Un jour nous aurions du vrai lait. Un jour… Le progrès amènerait le lait, le vrai. Sous le pis de milliers de vaches heureuses et broutant dans l’herbe caressée de soleil. Snif!

Bébé… Boum! Bébé boumeur… 

Le progrès arriva. Le monde était rempli de méchants qu’il fallait anéantir pour le bien de tous.

Mais aujourd’hui, c’est bien mieux qu’en début des années 60: les journaux n’en parlent plus. Pourtant, on a engraissé le pouvoir nucléaire au point de rendre une planète en cendres.

À regarder le tableau, en 2016, alors que ma foi en a pris un coup, j’ai pu constater avec stupeur que Saint-François- d’Assise était probablement supérieur à ces génies qui nous gouvernent. Il devait boire du vrai lait de vache, et savourer  le délestage de ses avoirs, en épousant DAME PAUVRETÉ.  Ce qui ne me tentait pas,  puisque je l’avais épousé au moins trois ou quatre fois.

J’avais lu de grands livres, au point de devenir philosophe sans diplôme, tentant de comprendre comment une créature ayant survécu aux grands traumatismes de l’ère du paléolithique  , incapable de produire sa propre nourriture, en était arrivée à vendre des boîtes de conserve en tous formats , toutes couleurs dans des allées si longues qu’on se perdait  en lisant la recette sur la boîte (recette falsifiée, il va de soi).  La  même qui avait trouvé le « moyen » de se prémunir contre une bombe atomique par des sacs de sable.  La débilité humaine est enrubannée de diplômes…

Malgré mes « longues vies », je n’ai pu comprendre comment on a pu procéder  à la création du politicien (cette paillasse parlante) et à quoi il pouvait servir s’il ne pouvait pas nous nourrir alors qu’il dépensait nos avoirs pour tuer. Un génie  incroyable  dans le domaine des outils de tueries. À voir toutes ses armes, en plus des autres qui tuent à petits vœux, je me suis dit qu’il faudrait au moins avertir les enfants de par les écoles que les politiciens sont aussi inutiles que les sacs de sable.  Personne n’a déjà vu un politicien saigner à coups de X… On vote en dévots.

 La peau du revenu 

J’ai tout de même fini par comprendre comment un politicien trouve des fonds pour fabriquer des armes et des bombes d’une puissance égale à sa mégalomanie: les fonds de poches des citoyens. De gré ou de force. Ou par le sempiternel moyen de la propagande. Les serpents n’ont jamais la langue suffisamment longue… Gloup!

Chacun, dans sa vie, se doit de mourir une fois… Ne serait-ce que pour échapper à Windows 10, mais après s’être gavé de la beauté du monde et de son mystère.  Vers la fin. Et la plus lointaine possible, et avec une certaine lucidité.  Hélas! Il n’en est pas toujours  ainsi, et cela  depuis le commencement des temps. Comment en vient-t-on à accepter de se faire réduire en poudre par un champignon qui peut grimper à des milliers de kilomètres dans le ciel?  À qui avons-nous donc donné nos salaires pour soi-disant nous protéger? Quand on ne peut mourir qu’une fois (et sans avoir droit à une pratique), comment penser que l’on peut tuer plusieurs fois?

Le coq et la hache 

Mon père, pour vivre, avait décidé d’acheter 25 petits poussins. Ils arrivèrent un bon soir, beaux parleurs, tout mignons. C’étaient des coqs. Les premiers jours furent une torture: ils se levaient tôt, plus tôt que les gens de Wall Street,  pour quémander leur nourriture.

Comme les citoyens, on les engraissa. Ils bouffirent et furent prêts à être mangés.  Ma mère, le dimanche matin, me disait: « Va tuer un coq pour le dîner » (1). J’avais une hache mal aiguisée – ce qui nécessitait plusieurs coups-,  et le summum  du sport consistait à attraper la bête qui courait dans le poulailler, affolée, sentant sans doute sa fin venir.

Bang!  Huit bons coups de hache! C’était fini. Comme tout bon politicien, même sans tête, le coq continuait de sautiller dans un grand déni de sa fin, en peignant une toile sur l’herbe verte un peu comme Bush se peignant dans son bain.

La dynastie  des aspirateurs à sueurs 

Après des milliers d’années sous toutes formes d’esclavage, nous en sommes à l’étape finale.  Nos esprits, enlisés dans une sorte d’Alzheimer  de l’Histoire, finiront-ils un jour par comprendre que nous n’avons nullement besoin de ces aspirateurs à sueurs pour dicter nos conduites?   Nos esprits sont comme la hache de mon enfance : bien mal aiguisés. Et les coqs ne meurent pas d’un seul coup. En fait, nous sommes au stade des machines à coudre des fortunes pour quelques milliardaires qui, pour la plupart, non pas de nom.

Gaëtan Pelletier

Note 1- Au Québec, on dîne le midi. Nous avons été élevés dans la tradition anglaise. Celle des vainqueurs. Comme les films français, mêmes norvégiens,  truffés de chansons de langue anglaise. Un demi-siècle d’américanisation globalisée. Maybe more…

« Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre,   ça finit par la bombe atomique. » 
Marcel Pagnol

http://www.centpapiers.com/nucleaire-une-vie-de-sans-abri/

Jan 05

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BLAYAIS : POUR 7 ASSOCIATIONS ÉCOLOGISTES, « LES RÉACTEURS NE DOIVENT PAS DÉPASSER LEURS 35 ANS »

le-blayaisGreenpeace, Sepanso, Estuaire pour tous, Nature Environnement 17, Association de défense des sites et habitants de Haute Gironde, Saintonge Boisée Vivante et CLCV (Association nationale de défense des consommateurs et usagers) : sept associations locales de protection de l’environnement se mobilisent sur les deux rives de l’estuaire de la Gironde et interpellent les autorités, après la présentation, le 9 décembre dernier, par lAutorité de sûreté du nucléaire (ASN) à la Commission Locale d’Information Nucléaire (CLIN) du Blayais, des écarts de fabrication sur certains réacteurs, dont le réacteur 1 de la centrale du Blayais, en Gironde. Selon elles, les réacteurs de la centrale de Braud-et-Saint-Louis « ne doivent pas dépasser leur 35e anniversaire« . Ce qui pose la question de leur arrêt.

L’affaire des anomalies de la cuve de l’EPR de Flamanville

« Le pot aux roses a été découvert après l’audit demandé par l’ASN à Areva, dans le cadre de l’affaire des anomalies sérieuses sur la cuve de l’EPR de Flamanville dans la Manche« , rappelle le collectif dans un communiqué publié le 3 janvier 2017. Lancé fin 2015 par le gendarme du nucléaire, l’audit avait révélé des incohérences dans les dossiers des contrôles de fabrication des composants nucléaires au sein de l’usine d’Areva Creusot-Forge (Saône-et-Loire), où l’acier du couvercle et du fond de cuve défaillante du réacteur nucléaire de l’EPR a été forgé. Une affaire qui touche notamment les générateurs de vapeur, cylindres en acier de 20 mètres de haut et de 300 tonnes à raison de 3 par réacteur, un échangeur thermique entre l’eau du circuit primaire, portée à haute température (320 °C) et à pression élevée (155 bars) dans le cœur du réacteur, et l’eau du circuit secondaire qui se transforme en vapeur et alimente la turbine.

Défauts de fabrication

« La question des défauts de fabrication est grave« , soulignent les associations, « car certaines zones de ces générateurs ont un taux de concentration en carbone de 0,32 % alors que le taux normal est de 0,22 %. Or comme le dit l’ASN cette zone présente potentiellement des propriétés mécaniques, en particulier de résistance à la propagation de fissures, plus faibles qu’attendues« , précisent-elles.

Réacteurs 1 et 2 du Blayais

Le réacteur 1 du Blayais est concerné, puisque « ses générateurs de vapeur ne comportaient pas moins de 11 défauts », expliquent-elles. S’il  a obtenu, après contrôle, l’accord de l’ASN pour son redémarrage, en contrepartie de mesures compensatoires prises par EDF pour éviter les chocs thermiques, la décision du gendarme du nucléaire n’éteint toutefois pas les inquiétudes des écologistes. Ces derniers notent aussi « la révélation, depuis plusieurs années, d’une fissure, appelée défaut de sous revêtement, dans la zone du cœur du réacteur 2 qui, même si elle est surveillée par EDF, témoigne bien d’une insuffisante prise en compte des conditions de fabrication des cuves.« 

Les sept associations qui dénoncent « le caractère inacceptable« , selon elles, « des pratiques d’EDF et d’Areva révélées par le dossier des anomalies », estiment que les réacteurs du Blayais sont atteints par la limite d’âge. En clair, précise Patrick Maupin, le représentant de Greenpeace à la CLIN du Blayais, « compte tenu du vieillissement du parc et des mesures compensatoires imposées par l’ASN pour le redémarrage du réacteur 1, la question de l’arrêt des réacteurs au-delà de 35 ans de fonctionnement se pose« .

Article de Cathy Lafon

http://maplanete.blogs.sudouest.fr/archive/2017/01/04/centrale-nucleaire-du-blayais-7-associations-alertent-sur-1055103.html

Jan 05

JAPON: OPPOSITION AU REDÉMARRAGE D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE TEPCO

kashiwazaki-kariwaLe gouverneur de la préfecture de Niigata au Japon a réitéré jeudi son opposition au redémarrage de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande du monde, exploitée par Tepco. Lors d’une rencontre avec des dirigeants de l’électricien japonais, Ryuichi Yoneyama, élu en octobre sur un programme hostile à l’énergie nucléaire, a répété sa promesse de maintenir cette centrale fermée tant que ne serait pas fournie une explication plus détaillée des causes de la catastrophe en 2011 à la centrale de Fukushima, elle aussi exploitée par Tepco.

Il a aussi déclaré que les plans d’évacuation et les conséquences sanitaires devaient être réévalués. Le redémarrage de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa est essentiel au redressement de Tepco (Tokyo Electric Power) après la catastrophe de Fukushima, où des réacteurs sont entrés en fusion à la suite d’un séisme et d’un tsunami.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/01/05/97002-20170105FILWWW00067-japon-opposition-au-redemarrage-d-une-centrale-nucleaire-tepco.php

 

Jan 05

L’ALLEMAGNE EST TENTÉE PAR LA BOMBE NUCLÉAIRE FRANÇAISE

allemagneLes propos de Donald Trump jugeant l’Otan « obsolète » ont rouvert en Allemagne le débat sur la validité de la dissuasion nucléaire. L’auteur de cette tribune raconte que les dirigeants allemands sont tentés de se ranger sous le parapluie nucléaire français et de relancer l’Union européenne par la voie militaire.

Selon les proches de Merkel, dont les pro­pos sont relayés par Der Spiegel ce mois-ci, le moment est venu de revis­iter l’Europe. Pre­mière étape ? Con­va­in­cre les voisins et parte­naires de l’Allemagne que le sauve­tage de l’UE ne passe plus par l’union moné­taire. Arrê­tons de faire marcher les essuie-glaces à la même vitesse, selon les direc­tives de la Com­mis­sion de Brux­elles, arrê­tons de faire marcher la planche à bil­lets selon les direc­tives de la Banque cen­trale européenne et essayons plutôt de propulser des mis­siles à la même cadence. Voici la recette pré­con­isée pour remet­tre l’UE sur les rails : en empruntant le sillon mil­i­taire, on reprend le flam­beau d’une Com­mu­nauté européenne de défense (CED).

Séduisant, non ? L’Allemagne est de retour et le tim­ing est par­fait, car le pays n’est plus un nain mil­i­taire et les clichés d’un peu­ple de paci­fistes bêlants qui rêvent de fin­lan­di­s­a­tion sont dépassés. N’en déplaise à Chevène­ment ou à Mélen­chon, Berlin sait con­cur­rencer Paris pour fig­urer au hit-parade des marchands de canons et de sous-marins. Merkel va relancer son bud­get de la défense et réin­tro­duire le ser­vice mil­i­taire oblig­a­toire. Reste une étape à franchir : négocier l’européanisation de la dis­sua­sion française.

Comme l’écrit le rédac­teur en chef de la FAZ (le Frankfurter Allgemeine Zeitung), il va fal­loir penser à ce qui relève de l’impensable : un flirt alle­mand avec la bombe. Est-ce pos­si­ble ? L’histoire nous donne des pistes : dans les années 1950, l’un des gourous de la dis­sua­sion française, le général Pierre-Marie Gal­lois, ren­con­tre le min­istre de la Défense allemand Franz Jozef Strauss, pour ten­ter de « dealer » avec ce Bavarois nos­tal­gique d’Adolf… les con­di­tions d’une con­cer­ta­tion nucléaire en échange de pré­cieux marks pour l’usine d’enrichissement de l’uranium de Tri­c­as­tin. En 1975, l’Allemagne rat­i­fie à contrecœur le Traité de non-pro­liféra­tion (TNP), l’équivalent à ses yeux du traité de Ver­sailles.

Les élites à l’est du Rhin jalousent l’aventure nucléaire française

Pour retomber sur ses pieds, elle négo­cie avec la société Ure­nco, qui est le con­cur­rent d’Eurodif, signe des con­trats avec les Brésiliens et les Sud-Africains et ajoute au bas de sa sig­na­ture (du TNP) que l’existence d’un programme nucléaire n’est pas con­traire à ses engage­ments s’il s’inscrit dans le cadre d’une entité européenne plus ou moins fédérale. Bref, les élites à l’est du Rhin jalousent l’aventure nucléaire française. On l’avait oublié. En juin 1984, lorsque les mis­siles Plu­ton et Hadès ciblent l’Allemagne de l’Est (RDA), Hel­mut Schmidt pro­pose une forme de cogestion pour le recours à la bombi­nette. Mais Mit­ter­rand, coincé par son aligne­ment sur l’Otan, fait la sourde oreille en esti­mant que les fameux « intérêts vitaux » de la France ne se parta­gent pas. À par­tir de 1990, les mil­i­taires de l’US Air Force expliquent aux Russes qu’une Alle­magne unifiée non bridée par l’Otan et sans la base de Buechel où sont entre­posées les bombes B-61 serait un feu vert pour l’avènement d’un nou­vel acteur nucléaire sur le théâtre européen.

Le passé nous rat­trape. Le « poids lourd » du con­ti­nent est prêt à jouer une nou­velle par­ti­tion européenne en mari­ant sa puis­sance économique avec la bombe « made in France ». Impens­able, mais plau­si­ble : grâce à Trump, une dis­sua­sion « éten­due », évo­quée jadis par Juppé, pour­rait devenir une bouée de sauve­tage pour notre arse­nal de 300 ogives nucléaires. Une occa­sion inespérée de sat­is­faire les ambi­tions de moins en moins cachées de l’Allemagne et, du même coup, redonner à la « force de frappe » une légitim­ité qui lui fait défaut depuis l’effondrement du Mur de Berlin. On com­prend mieux pourquoi le 6 sep­tem­bre, à l’Université d’été de la Défense, le ministre Le Drian et ses com­parses ont décidé de dou­bler les crédits pour l’armement nucléaire, sans con­sul­ter le moin­dre des députés, au risque de faire hurler des per­son­nal­ités comme Paul Quilès, l’ancien min­istre de la Défense.

Et pen­dant ce temps-là, Japon­ais et Sud-Coréens, bien con­scients que leur para­pluie nucléaire améri­cain est un peu troué envis­agent de plus en plus de boucher les trous par leurs pro­pres moyens, quitte à élargir le club des adeptes de la bombe. Quant au com­mun des mor­tels, rien ne dit qu’il sera motivé, mobil­isé et sac­ri­fié pour une Europe-puissance-nucléaire-décomplexée.

https://reporterre.net/L-Allemagne-est-tentee-par-la-bombe-nucleaire-francaise

Jan 05

ONU : DÉTAIL DES VOTES DES MEMBRES DE L’OTAN ET DES ÉTATS BÉNÉFICIANT D’UNE DISSUASION NUCLÉAIRE ÉLARGIE

onuSur les 38 États ayant voté « Non », nous trouvons, 27 des 28 membres de l’OTAN, plus l’Australie, la Corée du Sud et le Japon, qui bénéficie d’une dissuasion nucléaire dans le cadre d’une alliance militaire avec les États-Unis. Ces 30 sur 38 États représentent donc l’écrasante majorité des opposants à ce traité.

Pour les membres de l’OTAN, adhérer à cette résolution remettrait en cause la politique de dissuasion, qui est la garantie principale de sécurité de l’Alliance. Les Pays-Bas sont le seul État à ne pas avoir suivi cette ligne politique, en se prononçant par une abstention. Ce vote est certes ultra minoritaire (1 sur 28), mais il vient déconstruire la solidité politique de l’OTAN, car il montre qu’un de ses membres (sur le territoire duquel sont stationnées des armes nucléaires) peut avoir une position différente : « Les Pays-Bas continueront de faire de leur mieux pour jeter un pont entre ceux qui soutiennent le concept de négociations précoces sur une interdiction des armes nucléaires et ceux qui s’y opposent ». Ce vote est le résultat d’une forte pression des ONG de ce pays, ainsi que d’une volonté du Parlement de soutenir ce futur instrument juridique. En effet, ce Parlement a adopté en avril 201647 une motion à la majorité qui demandait au gouvernement de soutenir les négociations sur un traité international interdisant les armes nucléaires.

Relevons une nouvelle fois cette attitude schizophrénique adoptée par les Pays-Bas et la Norvège dans une intervention commune : « un monde exempt d’armes nucléaires exigera l’adoption d’un instrument juridiquement contraignant » mais il « existe des désaccords sur le calendrier, le séquençage et les modalités nécessaires pour que ce cadre juridiquement contraignant48» puisse se mettre en place. Ces 2 États de l’OTAN sont donc d’accord pour un traité, mais plus tard…

La Belgique a une position claire sur cet instrument juridique : « Nous engager dans des négociations sur un traité interdisant les armes nucléaires ne peut venir que comme un élément constitutif final permettant de garantir un monde libre d’armes nucléaires » soit à un moment ou « nous aurons atteint le point de minimisation où le nombre d’armes sera réduit à un nombre très faible »49. Bruxelles qui veut que tout soit établi sur la base du consensus et d’une sécurité commune (mais ne semble pas vouloir entendre l’insécurité ressentie par les États de « l’Initiative humanitaire ») accepte donc un traité, futur, quand les arsenaux seront au plus bas. Encore faut-il savoir ce que signifie ce « point de minimisation » ? Il est sans doute différent pour la France (qui dit être à un niveau de stricte suffisance avec un arsenal de 300 ogives), de celui des États-Unis ou de la Chine. Enfin, vouloir attendre, ne signifie rien d’autre que de repousser une mesure, à laquelle cet État semble souscrire…

Autre enseignement de ce vote : un « Non » ne signifie pas forcément une absence de participation aux négociations de 2017. C’est ce que l’on peut observer avec le Japon. Son ministre des Affaires étrangères, F. Kishida, a indiqué que ce vote était dû à l’absence de consensus sur cette résolution. Pour autant, il mentionna par la suite : « à l’heure actuelle, j’espère participer activement aux négociations et présenter fermement notre position »50. Cette posture laisse donc entendre que certains États, même sous le régime de la dissuasion élargie, pourraient donc bien être présents et participer à ces négociations en 2017.

  1. Lettre du PNND/OBSARM n° 18, « Le Parlement fait trembler la posture nucléaire du gouvernement ! », avril 2016.
  2. Première commission, ONU, Intervention commune, 17 octobre 2016.
  3. Intervention à l’OEWG, 24 février 2016.
  4. « U.S, Japan oppose and China abstains as U.N. votes to launch talks on nuclear arms ban », Japan Times, 28 octobre 2016.

.

(*) Le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP) est un centre de recherche indépendant fondé à Bruxelles en 1979.

Composé de vingt membres permanents et d’un vaste réseau de chercheurs associés, en Belgique et à l’étranger, le GRIP dispose d’une expertise reconnue sur les questions d’armement et de désarmement (production, législation, contrôle des transferts, non-prolifération), la prévention et la gestion des conflits (en particulier sur le continent africain), l’intégration européenne en matière de défense et de sécurité, et les enjeux stratégiques asiatiques.
En tant qu’éditeur, ses nombreuses publications renforcent cette démarche de diffusion de l’information.

En 1990, le GRIP a été désigné « Messager de la Paix » par le Secrétaire général de l’ONU, Javier Pérez de Cuéllar, en reconnaissance de « Sa contribution précieuse à l’action menée en faveur de la paix ».

 http://www.pressenza.com/fr/2017/01/en-2017-lonu-va-interdire-les-armes-nucleaires-6-les-votes-des-membres-de-lotan-et-des-etats-beneficiant-dune-dissuasion-nucleaire-elargie/

Complément d’information :

Pressenza présente en 8 parties la publication « L’Assemblée générale de l’ONU ouvre la porte à un traité d’interdiction des armes nucléaires ». Le texte ci-dessus est la sixième partie. Le but est de comprendre :

  • Pourquoi 123 États sont arrivés à obtenir la tenue en 2017, d’une conférence ayant pour objectif la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète.
  • Comment la majorité des États, réunit derrière « l’initiative humanitaire », est arrivée à faire voter la résolution L41.
  • Les objectifs de ce futur traité : redynamiser le processus multilatéral sur le désarmement nucléaire ; combler le vide juridique qui entoure les armes nucléaires ; renforcer les normes de non-prolifération.
  • Les conséquences sont nombreuses – outre l’interdiction de l’arme nucléaire – les industriels et les banques seront impactés par cette norme, tout comme les États non signataires. 

Par Jean-Marie Collin, Chercheur associé GRIP – Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la sécurité.

Cette publication a été réalisée avec le GRIP.

Liens aux parties déjà publiées :

  1. L’initiative humanitaire, une approche « étape par étape »
  2. La résolution L.41
  3. Les objectifs d’un futur traité
  4. Les conséquences
  5. Les votes des puissances nucléaires
  6. Les votes des membres de l’OTAN et des États bénéficiant d’une dissuasion nucléaire élargie

Parties 7 et 8 en cours de publication.

Jan 05

LOI MORIN : LES ANTINUCLÉAIRES DOUTENT DE FRITCH

tatouTrois semaines après les réserves émises par le gouvernement sur le projet de modification du décret d’application de la loi Morin, les associations réagissent avec méfiance au vœu que « soit supprimée la notion de risque négligeable » du texte.  Moruroa e Tatou espère qu’il ne s’agit pas là d’une annonce électoraliste. Pour l’association 193 le gouvernement a réagi « trop tard ».

Le 14 décembre dernier, dans une communication émanant du conseil des ministres

(https://www.radio1.pf/fritch-demande-la-suppression-du-risque-negligeable/), on apprenait que le gouvernement Fritch avait finalement émis « des réserves » sur le projet de modification du décret d’application de la Loi Morin d’indemnisation des victimes des essais nucléaires. Le gouvernement indiquait alors avoir également émis le « vœu » que « soit supprimée la notion de risque négligeable inscrite à l’article IV ». Une nouvelle position en tous points commune avec celle des associations de défense des victimes du nucléaire qui dénoncent cette notion de risque négligeable d’irradiation responsable du rejet des dossiers d’indemnisation des victimes qu’elles défendent. On pouvait donc s’attendre à ce qu’elles soient satisfaites. Le président de Moruroa e Tatou, Roland Oldham, « se réjouit » d’ailleurs de cette évolution. Il affirme que « c’est bien que nos hommes politiques (…) soient des porte-paroles de ce que les associations souhaitent». Le leader de Moruroa e Tatou veut croire en ce changement et espère tout simplement que cette annonce n’est pas électoraliste.

Le ton est plus dur avec le président de l’association 193. Le père Auguste Uebe-Carlson ne prend pas de gants et affirme que ce vœu du gouvernement est pris «trop tard ». Père Auguste estime que cette demande aurait dû être faite par le président du Pays à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, lors de leur rencontre en juillet dernier (https://www.radio1.pf/loi-morin-entre-optimisme-et-defiance/). Pour l’ecclésiastique, Édouard Fritch  « vient de se rendre compte qu’il s’est fait avoir par le gouvernement central ».
Le projet de décret doit encore être examiné par le Conseil d’État en vue d’une publication attendue pour le début de cette année.

https://www.radio1.pf/loi-morin-les-anti-nucleaires-doutent-de-fritch/

Jan 04

LA FRANCE PRÉSENTE LES CONTOURS DE SA PREMIÈRE OBLIGATION VERTE QUI EXCLUT LE NUCLÉAIRE ET LES ACTIVITÉS MILITAIRES

obligations-vertesLa France est pressée d’émettre son obligation verte <http://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_obligation-verte.html#xtor=SEC-3168> . Après s’être fait griller la politesse par la Pologne, qui est devenue le premier État à lancer un « greenbond », Paris espère être prêt dans quelques semaines, ont indiqué Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, et Michel Sapin, ministre de l’Économie et des Finances ce mardi.

Salué par WWF France, le programme est ambitieux. Au total, les besoins de financement « vert » identifiés pour 2017 s’élèvent à 10 milliards d’euros. Figurent ainsi des dépenses de fonctionnement ou des investissements directs de l’État, de ses agences et des collectivités publiques. Il pourra s’agir de projets d’innovation dans les transports et les énergies renouvelables, ou de préservation de la biodiversité. Les crédits d’impôt permettant d’inciter les contribuables à investir dans des équipements plus efficaces énergétiquement seront également dans la liste. Seront, en revanche, exclus toutes les dépenses liées au nucléaire, les activités militaires, et, pour le secteur des transports, les projets ayant recours <http://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_recours.html#xtor=SEC-3168>  aux énergies fossiles. Certaines activités, qui bénéficient déjà d’un financement par le biais d’une taxe spécifique, n’en bénéficieront pas non plus. Pour assurer les investisseurs du sérieux de la démarche française, deux types de contrôles seront appliqués. Le premier sera effectué avant l’émission de dette.  « C’est une agence indépendante spécialisée, Vigeo Eiris, qui se chargera de cette mission, en appliquant les plus hauts standards du marché », a précisé Ségolène Royal. Le deuxième contrôle se fera ex post, afin de mesurer le réel impact sur le climat ou sur l’environnement des investissements réalisés. Une tâche qui sera confiée à un « conseil d’experts internationaux », qui devraient bientôt être sélectionnés. Une marge de manœuvre a été prévue pour pouvoir substituer un projet à un autre si besoin.
Six banques mandatées
Les instruments utilisés par l’Agence France Trésor (AFT) seront des obligations classiques libellées « vertes », avec des maturités comprises entre 15 et 25 ans pour couvrir au mieux la durée de vie des projets. Par ailleurs, l’idée est de créer un marché suffisamment profond et liquide pour que ces « greenbonds » ne coûtent pas plus cher que des OAT ordinaires… <http://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_obligation-assimilable-du-tresor.html#xtor=SEC-3168>

Pour lire l’article complet : http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0211654988924-la-france-presente-les-contours-de-sa-premiere-obligation-verte-2054270.php

NDLR : plutôt que de dire en quelques vagues mots ce qui sera exclu, il serait préférable de lister de manière exhaustive ce qui sera inclus car avec la définition actuelle, on pourrait financer des projets comme la voiture électrique, de nouvelles lignes TGV etc…pour le plus grand bonheur des fervents du nucléaire. Quant à financer des dépenses de fonctionnement, c’est la porte ouverte à bien des dérives !

Jan 04

HAMON ET JADOT FONT ASSAUT D’AMABILITÉS ET SONT D’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE

jadothamonLe candidat à la primaire à gauche et le leader EELV à la présidentielle se renvoient des déclarations flatteuses et multiplient les mains tendues…
…Mardi 3 janvier, Benoît Hamon a en effet affirmé n’avoir « jamais été aussi proche », « sur le fond » du candidat Europe Écologie­ Les Verts (EELV) à la présidentielle, dans une interview au site Reporterre <https://reporterre.net/Benoit-Hamon-On-aura-Marine-Le-Pen-si-la-gauche-ne-projette-pas-un-imaginaire> , réaffirmant qu’il ne sera « plus socialiste sans être écologiste ». « Aujourd’hui, la gauche se recompose. Et elle se recompose, fort heureusement, sur du fond. Sur certaines questions, j’ai des proximités évidentes avec [Jean-Luc] Mélenchon ou [Yannick] Jadot. Sur d’autres, moins », a-t-il déclaré.

La veille, Yannick Jadot, interrogé par Le Talk- « Le Figaro », avait jugé que M. Hamon était « le plus écolo-compatible » des quatre grands candidats à la primaire des 22 et 29 janvier. « Les autres [Manuel Valls, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg] sont d’accord sur le nucléaire, le diesel, Notre-Dame-des-Landes, donc ils sont quand même terriblement dans le vieux monde, ce monde qui veut plutôt défendre et financer l’économie du passé, plutôt que d’investir dans le nouveau monde », avait déclaré le candidat écologiste.

« Logiciel écologiste »

Premier à s’être lancé, en août, dans la course à la primaire, M. Hamon a eu le temps d’installer dans l’opinion de gauche ses thèmes de campagne, et notamment ses propositions écologiques. Regroupées dans un paquet de douze mesures, elles incluent notamment la sortie du diesel et l’objectif de 50 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2025, la lutte contre les perturbateurs endocriniens ou encore l’obsolescence programmée des appareils électroniques…

…Si, pour Benoît Hamon, « il n’y a pas que du négatif » dans le bilan du gouvernement en matière environnementale – « il y a eu une impulsion sur la COP21 et une vraie impulsion sur la loi de transition énergétique », estime-t-il mardi –, il prend soin de s’en démarquer en matière nucléaire. Il y a eu « des objectifs fixés politiquement et validés par le suffrage universel qui n’ont pas été tenus ». Le candidat socialiste à la primaire à gauche accuse « la formidable efficacité de lobbying de l’industrie nucléaire dans ce pays ». Ajoutant : « Ce qui va rester de ce quinquennat, c’est qu’on n’aura rien fermé du tout. » Des propos que n’aurait sûrement pas désavoués Yannick Jadot.

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/01/04/hamon-et-jadot-font-assaut-d-amabilites_5057613_4854003.html

Jan 04

L’AVENIR INCERTAIN DE L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

iranLa commission conjointe chargée de superviser son application se réunit le 10 janvier à Vienne. Sous la pression du Congrès, Donald Trump pourrait durcir le ton avec l’Iran.

Où en est l’application de l’accord sur le programme nucléaire iranien ?

Depuis son entrée en vigueur le 16 janvier 2016, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) basée à Vienne, vérifie et contrôle la mise en œuvre par l’Iran des engagements pris dans le cadre du Plan d’action global commun (PAGC) conclu, le 14 juillet 2015, avec les puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).

► Consulter notre chronologie interactive

Yukiya Amano, directeur général de l’AIEA, en rend compte au Conseil des gouverneurs de l’agence et au Conseil de sécurité de l’ONU dans ses rapports trimestriels, le dernier, en date du 10 novembre 2016.

Au cours d’une visite à Téhéran, en décembre 2016, Yukiya Amano s’est déclaré « satisfait de l’application de l’accord ». De son côté, le président iranien Hassan Rohani a affirmé le 1er janvier que Téhéran remplirait la dernière partie de ses engagements concernant l’installation de Fordou, d’ici à la date anniversaire de l’entrée en vigueur de l’accord.

Quel est l’objectif de la réunion du 10 janvier ?

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a réclamé la réunion de la commission conjointe chargée de superviser l’application de l’accord, en raison du renouvellement pour dix ans par le Congrès américain de l’Iran Sanctions Act (ISA), qualifié par lui de « violation ».

En réalité, le renouvellement de cette législation promulguée le 14 décembre, sans être signée par Barack Obama, n’a pas affecté la levée des sanctions anti-iraniennes liées au nucléaire prévues par l’accord et qui restent suspendues par l’administration Obama. En revanche, d’autres sanctions, liées au terrorisme, aux droits de l’Homme et au programme balistique iranien, restent en place.

Selon Téhéran, le maintien de ce régime de sanctions, même si elles sont suspendues, pénalise ses relations économiques avec le reste du monde, les banques hésitant à travailler avec l’Iran. Fin décembre, le président Rohani a agité la menace d’entamer « la conception et la production de moteurs à propulsion nucléaire pour le transport maritime ».

Que fera Donald Trump ?

Le président-élu a fustigé « le pire accord » jamais conclu par les États-Unis mais il semble hésiter à le dénoncer, ce qui provoquerait une crise, non seulement avec l’Iran mais aussi avec les Européens, la Russie et la Chine, favorables à son maintien.

Son équipe apparaît divisée sur la question, avec un secrétaire à la Défense, James Mattis, plutôt favorable à l’accord, et un conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, très hostile. Sous la pression d’un Congrès viscéralement hostile à l’Iran, Donald Trump risque de le fragiliser en s’abstenant de mettre son veto ou d’utiliser son pouvoir de suspension à l’égard de nouvelles sanctions votées par les parlementaires. Sous prétexte de contrer les activités déstabilisatrices de l’Iran au Moyen-Orient, une escalade entre Washington et Téhéran mettrait l’accord en péril.

Article de François d’Alançon

http://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/Lavenir-incertain-de-laccord-sur-le-nucleaire-iranien-2017-01-04-1200814592

Jan 03

LE MONDE EN 2017 : LA MENACE NUCLÉAIRE PLUS RÉELLE QUE JAMAIS

monde-2017Entre la politique agressive de la Russie, les démonstrations de force de la Corée du Nord et la folie meurtrière de Daech, les armes nucléaires sont une menace plus réelle aujourd’hui qu’à la fin de la guerre froide.

La probabilité qu’un pays fasse usage de l’arme nucléaire sous le coup de la colère – ce qui serait une première depuis 1945 – reste, Dieu merci, extrêmement faible. Pour autant, en 2017, les chances que cela se produise ne sont pas réduites au point de les tenir pour nulles. La vérité (qui dérange), c’est que les armes nucléaires sont une menace plus réelle aujourd’hui qu’elles ne l’ont jamais été depuis la fin de la guerre froide. Les risques – une erreur de calcul géopolitique, l’acte d’un État paria ou d’un groupe terroriste – sont supérieurs à l’heure actuelle à ce qu’ils étaient à la fin du XXe siècle.

Adieu téléphone rouge

Pendant la guerre froide, l’équilibre de la terreur se caractérisait dans les deux blocs par une nette aversion au risque. Après plusieurs frayeurs, dont la crise des missiles cubains et des fausses alertes qui auraient pu dégénérer accidentellement en apocalypse nucléaire, les procédures de gestion des crises ou des accidents nucléaires potentiels, dont le fameux téléphone rouge entre Washington et Moscou, ont joué, plutôt efficacement, le rôle de garde-fous. Ce n’est plus le cas aujourd’hui […]

http://www.courrierinternational.com/article/le-monde-en-2017-la-menace-nucleaire-plus-reelle-que-jamais

Jan 03

NOUVELLE CHARGE DE TRUMP CONTRE PÉKIN

trump-pekinLe président élu américain a, sur Twitter, de nouveau provoqué le régime chinois, suite à des menaces de la Corée du Nord envers les États-Unis.

Donald Trump ne semble pas vouloir calmer le jeu face à la Chine. Lundi, il a encore utilisé son compte Twitter comme tribune politique, affirmant :

«La Chine a récupéré des quantités énormes d’argent et de richesses américains dans une relation commerciale à sens unique, mais elle ne veut pas aider pour la Corée du Nord. Sympa!» — Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 2 janvier

http://www.liberation.fr/planete/2017/01/03/nouvelle-charge-de-trump-contre-pekin_1538798

NDLR: l’image représente une sculpture de coq à la mèche blonde évocatrice dans la ville chinoise de Taiyuan, le 30 décembre. Trump a certainement apprécié ! (Photo Jon Woo. Reuters)

Jan 03

FESSENHEIM : HOLLANDE RAPPELÉ À SA PROMESSE DE FERMETURE

fessenheimFrançois Hollande reçoit le PDG d’EDF ce mardi. La convention d’indemnisation sera présentée en conseil d’administration fin janvier.

Ces derniers jours, les anti-nucléaire se sont rappelés au bon souvenir du gouvernement sur les réseaux sociaux pour critiquer le non-respect de la promesse présidentielle d’engager la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) au plus tard fin 2016. Alors que les deux réacteurs de la centrale étaient à l’arrêt ces dernières semaines (l’un pour falsification de dossier, l’autre dans le cadre de contrôles de résistance de l’acier), EDF a redémarré l’un deux le 30 décembre. À moins de quatre mois de l’échéance présidentielle, le sujet de la fermeture de la plus ancienne centrale du parc français sera sûrement évoqué, ce mardi matin à l’Élysée, à l’occasion d’une réunion entre François Hollande et le PDG <http://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_president-directeur-general.html#xtor=SEC-3168>  d’EDF Jean-Bernard Lévy. Alors que l’électricien public a été accusé par Ségolène Royal de faire traîner le dossier, il n’y a « pas de changement à attendre de notre côté », indique-t-on à l’Élysée.

Trois expertises

Saisi pour avis, le comité central d’entreprise d’EDF, qui a mandaté trois expertises, se prononcera le 10 janvier – sauf énorme surprise, l’avis sera négatif. Passée cette étape, le conseil d’administration <http://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_conseil-dadministration-ou-de-surveillance-et-direction.html#xtor=SEC-3168>  d’EDF sera convoqué fin janvier pour autoriser Jean-Bernard Lévy à signer la convention d’indemnisation entre l’État et EDF. Le montant, âprement discuté, a été fixé pour l’instant à 446 millions d’euros, inscrits sous forme d’autorisations d’engagements dans la loi de finances rectificative de 2016 – EDF réclamait 2 milliards d’euros d’indemnisation. Les administrateurs d’EDF proposés par l’État ne devraient pas prendre part au vote, selon une source au fait du dossier.

Si la convention d’indemnisation est bien signée, EDF devra ensuite déposer une demande d’abrogation de l’autorisation d’exploiter Fessenheim. Ce sera alors au gouvernement de publier un décret d’abrogation, pour un arrêt effectif de la centrale prévu au démarrage de l’EPR de Flamanville, fin 2018. Pour l’avocat spécialiste de l’environnement Arnaud Gossement, la procédure est bancale. « Il serait plus cohérent de prendre une décision de mise à l’arrêt et d’abroger l’autorisation d’exploitation une fois la production arrêtée », estime-t-il.

Certains spéculent déjà sur la réversibilité juridique et politique du texte. A droite, François Fillon a proposé de « stopper la fermeture de Fessenheim ». Cela supposerait de revenir sur la loi de transition énergétique, qui plafonne les capacités nucléaires au niveau actuel. « La centrale de Fessenheim fermera un jour. Même si on gagne la bataille aujourd’hui, le débat reviendra dans dix ans. On vient de perdre cinq ans pour avancer sur le débat du démantèlement et de la reconversion », estime désormais Jean-Luc Magnaval, secrétaire du comité central d’entreprise d’EDF SA.

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211652429894-fessenheim-hollande-rappele-a-sa-promesse-de-fermeture-2054140.php

Jan 03

PROCHAINES ACTIONS DE L’ASSOCIATION «ARRÊT DU NUCLÉAIRE SAVOIE»

rond-pointTrois des quatre réacteurs « actifs » de la centrale nucléaire du Bugey sont actuellement à l’arrêt. Aucun des quatre réacteurs n’est exempt d’anomalies : générateurs de vapeur avec « des anomalies génériques sérieuses » pour l’un, composants avec d’autres anomalies pour deux autres et enceinte de confinement insuffisamment étanche à l’air pour le dernier.

Dans ce contexte et dans le cadre de la coordination Stop Bugey nous avons prévu,

Au 1er trimestre 2017, de faire pression pour l’arrêt définitif de la centrale nucléaire du Bugey :

  • Samedi 28 janvier, action rond-point et une distribution de tracts au marché de Chambéry.
  • Samedi 18 février, nouvelle action rond-point et distribution de tracts au marché de Chambéry.
  • Samedi 18 mars, action commune à l’ensemble des groupes de la coordination Stop-Bugey (en préparation).

Pour contacter l’association : sdn73@no-log.org

https://arretdunucleaire-savoie.fr/

 

Jan 02

BURE, UNE ANNÉE DÉTERMINANTE CONTRE LE PROJET CIGÉO !

bureÀ Bure, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on a connu une année exceptionnelle de mobilisation contre le projet d’aménagement de la plus grande poubelle nucléaire européenne. Ce sont des milliers de personnes qui, tout au long de l’année ont découvert cette lutte, ont semé avec nous au printemps, ont partagé les durs et beaux moments d’un été particulièrement intense d’occupation et défense du Bois Lejuc, se sont installées sur place pour certains et reviennent fidèlement nous voir depuis, pour d’autres.

Imposer l’inéluctable

Un grand concept sociologique de l’aménagement du territoire par les grandes entreprises, c’est l’acceptabilité, ou comment faire en sorte de faire accepter l’inacceptable à la population qu’on envahit. Comme pour les soins palliatifs, on fait accepter progressivement au malade sa disparition prochaine. Après une première phase de rejet violente dans les années 90, lorsque 10000 personnes défilaient dans les rues de Bar-le-Duc et que deux tiers des habitant-es de la Meuse signaient une pétition contre l’implantation d’un « simple laboratoire d’étude » de l’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA), ou que des agriculteurs en colère enflammaient des bottes de pailles contre les grilles du chantier, la résignation est arrivée, suivie par le fatalisme.

Durant 15 années, l’ANDRA a bénéficié d’un fort appui financier du Groupement d’Intérêt Public (GIP) Meuse, une officine chargée d’arroser abondamment le territoire, d’acheter la bienveillance des élus locaux par un « accompagnement économique » difficile à contourner pour une région appauvrie et désertifiée après la désindustrialisation. Certains qui ont essayé de s’opposer ont perdu leur mairie, ou ont vu leurs conseillers municipaux se retourner contre eux.

En parallèle, les paysans et habitant-es de Bure et de ses environs, parfois jusqu’à quelques dizaines de kilomètres, se sont vus proposer des sommes coquettes pour le rachat de leurs terres. Et au fur et à mesure que l’ANDRA s’est constitué une réserve foncière suffisante, un troc de terres est venu accompagner les rachats : « si tu me cèdes ta terre à Bure, tu récupères un lopin plus loin à 2km et on te rajoute 30% au prix de ton ancien terrain qu’on te rachète ». Au final, ce sont 1000 hectares de terres agricoles et 2000 hectares de forêts et autres terrains non-agricoles que l’ANDRA a récupéré dans son escarcelle, alors que le projet CIGEO ne nécessiterait à ce jour que 300 hectares de surface. Cette politique d’acquisition agressive, assortie d’une menace d’expropriation future en cas de refus, ont eu raison de bien des gens et de leurs illusions.

Un faux débat public, fortement chahuté en 2013, doublé d’une propagande intensive dans les journaux locaux, auprès des écoliers et des commerçants, ont suffi à imposer l’image de l’inéluctabilité du projet dans les consciences en quelques années seulement. Entretemps, le projet de laboratoire est devenu un projet de stockage en profondeur de déchets hautement radioactifs puis un stockage de surface de déchets faiblement et moyennement radioactifs. Bref, la pilule est amère pour la Meuse qui, depuis longtemps, est déjà l’enfant pauvre, méprisé et désertifié de la Lorraine. Si on ajoute à cela les à priori à l’encontre de la région, considérée comme un terrain argileux, caillouteux de champs à perte de vue, quelconque et sans charme, il n’en faut pas plus pour qu’une entreprise comme l’ANDRA puisse creuser son nid paisiblement dans une indifférence générale.

Seulement aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement d’enterrer les déchets gênants de plusieurs décennies d’incurie de la filière nucléaire, d’abord massivement jetés dans les eaux internationales au large de la Somalie, puis stockés dans le permafrost sibérien ou dans des piscines saturées à la Hague. Avec la faillite récente d’Areva, son incompétence avérée dans les projets de centrales EPR à Flamanville et en Finlande, ou encore dans la dépollution de Tchernobyl, avec l’arrivée en fin de vie de 17 centrales nucléaires en France, c’est toute la filière nucléaire qui a du plomb dans l’aile.

Quoi de plus opportun qu’un territoire peu peuplé et dévalorisé comme la Meuse, qu’on pourrait transformer en vitrine de l’industrie nucléaire en y implantant un « pôle de compétence », une sorte de Silicon Valley nucléarisée ? Un projet de retraitement de déchets nucléaires à Gudmont-Villiers porté par le groupe Derichebourg, une blanchisserie d’habits du nucléaire à Joinville, une usine de montage de pièces de centrales à St Dizier, une autre à Velaines : la colonisation nucléaire du territoire est en marche, à l’insu de ses habitant-es, bien entendu ! La consultation publique n’est généralement qu’un moment de présentation de décisions et projets déjà bien ficelés et actés dans les coulisses parisiens.

Acceptabilité rime avec inéluctabilité : comme à Sivens, on mise sur le mal déjà fait pour atteindre le point de non-retour, celui des dégâts déjà irréversibles. Ironique, quand on pense que CIGÉO s’appuie entièrement sur une loi votée par 20 députés le 11 juillet 2016 au Parlement, qui stipule que l’enfouissement est réalisable à condition qu’on puisse l’interrompre, rendre réversible le processus n’importe quand durant les 140 années qu’est censée durer l’exploitation. Mais réversible ne veut pas dire récupérable : en Allemagne, la mine d’Asse peut en témoigner : les fûts gisent dans le sel des mines, corrodés, et libèrent leur radiations sans qu’on sache comment y remédier. La stratégie de l’ANDRA et de ses collègues atomisés est de bâtir le plus vite possible, le plus possible, pour que surtout on ne se rende pas compte assez tôt qu’au-delà des coûts faramineux, les moyens techniques et scientifiques d’assurer le principe de précaution le plus élémentaire ne sont pas assurés.

Enraciner la résistance

C’est ainsi qu’on s’affranchit de la légalité pour ratiboiser une forêt bien mal acquise, en 2015 lors d’un conseil municipal organisé à 6h du matin, à l’insu des habitant-es du village de Mandres. 84 forages dans le Bois Lejuc justifient qu’en juin 2016 on défriche 8 hectares, on érige une clôture sur 3 km, sous surveillance de vigiles armés de manches de pioches, boucliers et casques.

Pour un projet qui doit encore obtenir son autorisation de création en 2018 et ne dispose par conséquent pas encore du label magique de l’utilité publique (le droit de dénaturer un territoire en profondeur sous prétexte de nécessité publique), CIGÉO est déjà bien implanté. Ce ne sont pas des « travaux préliminaires », bien entendu, ce ne sont que des sondages géologiques destinés à établir la faisabilité du projet. En attendant, la forêt est rasée sur 11 hectares, un remblai de 30 cm est déposé sur un chemin de ronde de 3 km et de 10 à 15 mètres de large et l’ANDRA affirme que tout est amovible.

Que reste-t-il comme recours quand une forêt disparaît à vue d’oeil, excepté celui de se placer entre la machine et ce qu’elle prétend détruire ? Mi-juin le Bois Lejuc est occupé par 250 personnes, une soixantaine restent durant 3 semaines avant qu’une expulsion violente menée par les forces de l’ordre ne permette à l’ANDRA de revenir en force. Un mur de 2 mètres en béton et prévu sur 3km est érigé en « protection » contre les hordes violentes d’empêcheurs de déboiser en rond. Il faudra attendre le 1er août et une destruction importante de la forêt, malgré une réoccupation partielle de celle-ci mi-juillet, pour qu’une décision de justice ne déclare le défrichement illégal et ne suspende les travaux. Ce n’est que deux semaines plus tard, après moult actions menées contre les sous-traitants, en lisière de forêt, devant le laboratoire, entre humour et offensivité, rires et colère, légalité et clandestinité, projectiles et farces, que les gendarmes mobiles et vigiles se retireront, livrant le bois à notre joyeuse détermination.

Près de 400 personnes détruisent le mur, le couvrent de centaines de slogans drôles, puissants, beaux et révolutionnaires. « Le mur de Bure est tombé« , le mot circule partout en France, les vidéos et images fusent sur les réseaux sociaux, par sms et sur les sites internet. La presse nationale elle-même est momentanément captée, se déplaçant jusqu’à Bure pour assister à la joyeuse « débourrade » du mur. Libération titre « La faillite du nucléaire » pour un dossier de quatre page qui dresse un sévère bilan de la débâcle de l’industrie nucléaire, d’autres médias suivent. Bure sort de son anonymat comme jamais en 20 ans : 1,6 millions d’euros de sabotage ça ne passe pas inaperçu !

L’été d’urgence décrété à Bure en juin a porté ses fruits : des centaines de personnes sont venues tout au long des deux mois qui ont suivi. La forêt, la Maison de la Résistance et le terrain de la gare de Luméville, lieux d’organisation et d’accueil de la lutte, n’ont pas désempli, habités par une furieuse et joyeuse détermination, un puissant et contagieux vent de résistance. Une forte solidarité financière et une belle autogestion, parfois un peu chaotique, ont fait des merveilles : dépassés par une mobilisation au-delà de nos espérances, nous avons en revanche grandement amélioré les possibilités offertes à la lutte sur place.

Habiter sans s’imposer

Depuis plusieurs années, les volontaires de la Maison de la Résistance ont vu certains d’entre eux s’installer aux environs et drainer à Bure des solidarités qui ont peu à peu contribué à tisser un réseau de soutiens militants, agricoles, artistiques, logistiques à 10, 30 ou 60 kilomètres. Ces soutiens précieux permettent depuis plusieurs années d’organiser des festivals, des manifestations qui rassemblent régulièrement jusqu’à un millier de personnes.

Ce réseau et ceux qui sont venus s’ajouter suite au campement anti-autoritaire d’août 2015, ont grandement contribué au succès des mobilisations de cet été : une alchimie précieuse entre des mois et années de travail de terrain et une forte proximité avec de nombreux réseaux de lutte sociales, antinucléaires, environnementales, de territoires, en villes comme ailleurs.

Une dynamique agricole s’est engagée dès l’été 2015, avec des rencontres entre paysans de Notre-Dame-des-Landes et Bure, qui s’est poursuivie à l’automne avec des semis de pommes de terre dans les champs laissés en friche par l’ANDRA. Cet automne, deux nouveaux hectares ont été labourés avec la complicité de nos amis paysans locaux, une rencontre et formation nationale du réseau européen Reclaim The Fields s’est tenue à la maison de la Résistance en novembre, et d’autres projets fleurissent déjà pour ne pas seulement occuper mais également habiter Bure et ses environs.
Face à un projet qui s’impose par la force, qui peu à peu supprime à un territoire son histoire pour réécrire la sienne, nous voulons au contraire l’habiter, nous laisser habiter par lui et par ceux qui y vivent et vivaient avant nous. Nous avons entrepris d’en recueillir les mémoires à travers les récits de ses grands-mères et grands-pères. Un journal que nous éditons, le Couarail, tire son appellation de l’histoire de la Lorraine : une rencontre sur le seuil, pour discuter de tout mais surtout pas de rien. Comme le Presidio du No Tav (ligne entre Lyon et Turin) le Couarail est le lien social que l’ANDRA brise savamment en dressant les habitant-es les un-es contre les autres. Nous ne prétendons pas le reconstruire, mais simplement le faire exister entre nous et celles et ceux qui nous acceptent et nous apportent autant que nous espérons leur apporter en luttant non pas pour eux mais avec eux.

Bientôt, deux nouvelles maisons permettront d’accueillir celles et ceux parmi nous qui se sont installé-es à Bure à la fin de l’été et depuis quelques mois. Des projets de bibliothèque, d’université populaire, de chorale, de four à pain et bien d’autres choses émergent déjà à travers des commissions qui se multiplient. Un groupement d’achats se prépare pour acheter collectivement et localement légumes que nous finançons déjà avec une partie de nos revenus mis en commun. Entre forêt, maison et terrain de la gare, une assemblée dite « des gravitant-es », celles et ceux qui vivent, vont, viennent et gravitent autour de Bure, détermine chaque semaine agenda, dépenses, aspects de la vie collective, projets, etc. Une commission juridique porte nos attaques contre le projet, une autre anti-répression nous défend des attaques pénales que nous subissons en réponse à nos actions. L’automédia répartit les responsabilités de la parole publique, de la communication écrite, orale, radio, vidéo, photo entre nous tout-es, selon les jours et les sensibilités. Des chantiers publics et collectifs de travaux nombreux se préparent et s’échelonneront tout au long de l’année à venir.

Si l’année passée était placée sous le signe de la spontanéité, celle à venir le sera, nous l’espérons, sous celui de la construction et de la résistance : vivre et lutter dans un même élan !

https://gazettedebout.fr/2017/01/02/bure-annee-deter-contre-projet-cigeo/

Jan 02

AREVA NARBONNE : DÉPOLLUTION DES EFFLUENTS DU TRAITEMENT DE L’URANIUM, QUEL RISQUE ?

malvesiDans le cadre d’un processus de réduction ou d’élimination des déchets de la conversion de l’uranium, Areva NC (Narbonne) a demandé une autorisation d’exploiter pour son projet TDN, qui vise le traitement des effluents liquides. Les associations locales qualifient ce procédé d' »usine à gaz » et s’inquiètent des retombées possibles pour la santé et l’environnement.

L’enquête publique pour autorisation d’exploiter du projet TDN (traitement des nitrates) de l’usine Areva NC, à Malvési (Narbonne) a eu lieu du 5 septembre au 5 octobre 2016 et s’est conclue par un avis favorable du commissaire enquêteur. La procédure pourrait donc aboutir prochainement à une autorisation d’exploiter. Ce projet suscite néanmoins de fortes réticences de la société civile, en particulier de l’association Rubresus (1), qui souligne ce qu’elle considère comme un risque élevé de pollution à partir de la future installation. Eccla (2) conteste également la méthode utilisée et demande une tierce expertise. Le réseau Sortir du Nucléaire est aussi mobilisé contre ce projet.

TDN vise à éliminer les effluents liquides issus de l’activité de conversion de l’uranium depuis 58 ans.

Areva NC (anciennement Comurhex), filiale d’Areva, traite en effet, depuis 1958, sur son site narbonnais de Malvési (route de Moussan), tout l’uranium qui rentre en France pour, d’une part, alimenter les centrales nucléaires françaises, d’autre part servir des clients à l’exportation (environ 40 % du total). A Malvési, le minerai d’uranium, qui arrive sous forme de concentré d’uranium (yellow cake), est transformé en UF4 (tétra-fluorure d’uranium) au moyen d’opérations chimiques qui mettent en œuvre notamment de l’acide nitrique et de l’acide fluorhydrique.

Cette activité de traitement génère des déchets, sous formes de boues et d’effluents liquides qui jusqu’à présent n’ont pas été retraités et ont simplement été stockés dans des bassins de décantation et des bassins d’évaporation. Cet « entreposage », selon Areva, ressemblait jusqu’à présent à un choix de longue durée et souligne le fait que l’élimination des déchets de la filière nucléaire reste un problème non résolu. TDN pourrait être un début de solution, en tout cas pour les 350 000 m³ d’effluents liquides. Mais il ne concerne pas les déchets solides, pour lesquels il n’y a pas à ce jour d’autre solution que le stockage.

Des déchets pas seulement chimiques

Les déchets solides de la conversion de l’uranium à Malvési étaient pendant longtemps présentés comme étant constitués essentiellement de « boues nitratées », or la rupture, en 2004 suite à de fortes pluies, d’une digue des bassins B1 et B2 a provoqué le déversement, dans la plaine voisine, de 30 000 m³ de boues et liquides. Les analyses de la Criirad (3), en 2006, ont révélé que ce qui était présenté comme des « boues nitratées » contenait aussi du plutonium et autres descendants de l’uranium : thorium 230, radium 226, plomb 210, américium 241, cela à des doses très concentrées. Ce qui s’explique par le fait que Malvési a traité, de 1960 à 1984, des déchets de combustibles usés, issus du cœur de réacteurs nucléaires.

L’absence d’élimination des déchets, liée à l’absence de solution technique, a été pendant longtemps occultée par le fait que Malvési était classé site Seveso « seuil haut » (risque chimique) alors qu’il aurait dû être classé INB (Installation nucléaire de base).

L’État et l’ASN (l’autorité de sûreté nucléaire) ont demandé récemment (2013) le classement en INB des seuls bassins B1 et B2. Ce classement est réalisé depuis 2015 (INB Écrin : « Entreposage Confiné des Résidus Issus de la Conversion » ). La Criirad, Sortir du Nucléaire et Eccla demandaient le classement en INB du site de Malvési dans son intégralité afin que les normes réglementaires de la radioprotection soient appliquées à tout le site avec donc une meilleure sécurisation, notamment au niveau du confinement de l’ensemble des bassins de boues.

Dans le cadre de la création en 2015 de l’INB Écrin, l’ASN autorise Areva NC à entreposer pendant 30 ans des déchets radioactifs, cela pour un volume limité à 400 000 m³. A l’issue de cette période, l’entreprise « devra avoir initié la reprise (de ces déchets) en vue de leur gestion définitive selon des modalités qui doivent d’ores-et-déjà être envisagées par Areva NC.« 

Les déchets radioactifs pouvant être entreposés dans l’installation Écrin sont « les résidus solides et les produits issus de leur traitement déjà contenus dans l’installation antérieure » ainsi que « les résidus solides issus de la vidange des bassins B5 et B6 » (bassins de décantation des effluents qui ont remplacé les bassins B1 et B2). Les boues issues des bassins B5 et B6 seront donc entreposées dans une alvéole étanche aménagée dans l’ancien bassin B2

Areva NC prévoit par ailleurs de « modifier le procédé de l’usine pour réduire les volumes des boues à venir (l’information du public aura lieu lorsque le projet sera plus avancé)« , nous précise le service communication. Pour en savoir plus, voir le dossier « Gestion à long terme des déchets à produire du procédé de conversion », diffusé dans le cadre de l’enquête publique de TDN : (pdf, 633.5 kB)

TDN : quel impact ?

La gestion des déchets solides et celle des déchets liquides participent d’une même démarche d’Areva NC, incitée par l’ASN, qui vise à éliminer les déchets lorsque les techniques le permettent et, à défaut, à réduire leur volume pour les acheminer vers la filière TFA (déchets radioactifs de très faible activité, traités par le centre Cires de l’Andra – voir note 4) ou, s’ils ne sont pas acceptés par cette filière, pour pouvoir continuer à les stocker sur place.

Le projet Comurhex II, en cours de mise en œuvre, prévoit en effet d’augmenter la capacité du site de Malvési, qui passerait de 14 000 t d’uranium par an à 15 000 puis 21 000 t. Ce qui augmentera le volume de déchets.

C’est dans ce contexte que se situe le projet TDN de traitement des effluents liquides provenant des bassins B7 à B12, qui permettrait de réduire le volume de ces déchets au rythme d’environ 20 000 m³ d’effluents traités par an. Mais ce traitement produirait 12 000 t de déchets solides par an, qui, en tant que TFA, seraient acheminés vers le Cires, ce qui semble nécessiter à terme une extension de ce centre. Le traitement rejetterait par ailleurs 40 000 m³ de fumées par heure, soit un ratio de 16 000 m³ de fumée pour 1 tonne de déchets traités.

De plus, selon Rubresus, si l’on prend en compte la capacité de traitement de l’installation TDN et la production en cours des effluents, le déstockage effectif des bassins prendrait 30 à 35 années.

Le projet TDN présenté par Areva NC à l’enquête publique s’appuie sur le procédé THOR (THermal Organic Reduction, réduction organique thermique) mis au point par la société américaine Studsvik. Le choix de ce procédé, souligne Areva NC, est issu de plusieurs années de recherche et développement (depuis le début des années 1990).

Il consiste « en un traitement thermique et chimique de l’effluent en milieu réducteur » qui vise « trois objectifs : la destruction des nitrates (par transformation en azote), la vaporisation de l’eau contenue et la fixation des métaux et des traces de radionucléides dans une matrice minérale.« 

Rubresus, qui est rentrée dans la partie technique du dossier, émet un certain nombre de griefs.

. Incinérateur ou pas ?

Contrairement à Areva NC, l’association Rubresus estime que le procédé THOR s’apparente au fonctionnement d’un incinérateur et que les rejets atmosphériques du traitement sous forme de fumées présentent un profil en constituants analogue à celui d’incinérateurs. Elle s’appuie sur la définition de l’arrêté du 20 septembre 2002 pour considérer que TDN est un incinérateur. « Or, dans la demande d’autorisation d’exploitation, l’installation TDN n’est pas classée comme incinérateur mais se réfère à une réglementation générale des ICPE de 1998. » Problème : « Les valeurs limites des rejets atmosphériques des incinérateurs sont bien plus contraignantes que celles des ICPE.

. Test pilote et test grandeur nature ?

Rubresus note que « l’installation TDN a été définie à partir de données expérimentales obtenues en test pilote réalisé aux USA par la société Studsvik à partir d’une solution synthétique et non d’un effluent industriel de bassin d’évaporation de Malvési. Un test sur effluent industriel n’a été réalisé qu’à petite échelle (bench scale laboratoire) non équipé pour mesurer des gaz.« 

Areva NC dit pour sa part que : « Les essais réalisés entre 2008 et 2012 dans les locaux de la société Studsvik ont été réalisés à plusieurs échelles : la première campagne de pilotage à l’échelle 1/16e réalisée en 2008 a concerné 43 m³ d’effluents synthétiques et avait pour but de vérifier l’adéquation du procédé avec le besoin ; elle a été suivie en 2011 d’un essai à plus petite échelle sur des effluents réels provenant de Malvési, puis en 2012 par une deuxième campagne pilote sur effluents synthétiques qui a permis de qualifier l’ensemble des paramètres de fonctionnement de l’installation TDN.« 

Areva NC poursuit : « Le retour d’expérience de Studsvik sur deux autres installations existantes : traitement d’effluents nitratés contenant du sodium à Idaho Falls (USA) et destruction de résines échangeuses d’ions à Erwin (Tennessee, USA) ne rendait en effet pas nécessaire le pilotage complet du procédé sur des effluents réels de Malvési.

. Émission de NOx : quel niveau ?

Rubresus pointe ensuite l’émission, par la cheminée des installations TDN, d’importantes quantités de rejets atmosphériques toxiques, notamment d’oxydes d’azote (NOx) et de dioxines mais aussi de SO2 (dioxyde de soufre), COV (composés organiques volatils), acides, métaux, radionucléides, furanes, hydrocarbures aromatiques polycycliques…

Pour ce qui est des NOx, selon Areva NC, l’installation TDN fait appel « à un système de traitement des NOx par un catalyseur à l’ammoniaque (DeNOx catalytique), procédé largement répandu et référencé parmi les meilleures technologies disponibles (MTD). La concentration en sortie de cheminée sera comprise entre 250 et 500 mg/Nm³, donc inférieure aux seuils réglementaires (500 mg/Nm³), et la valeur de 400 mg/Nm³ a été retenue pour l’étude des impacts potentiels dans le dossier soumis à enquête publique.« 

Rubresus souligne que la norme de rejet des incinérateurs donne la limite de 200 à 350 mg/m³, bien moins que la prévision pour TDN. L’association note aussi que le rejet d’un m³ de NOx équivaut à l’émission d’un véhicule diesel parcourant un kilomètre ; TDN rejetterait donc, à raison de 12 000 m³/heure, l’équivalent de la pollution émise chaque jour par 48 000 véhicules diesel effectuant chacun 6 km, ou l’équivalent d’un tronçon du périphérique parisien.

. Émissions de dioxines ?

Selon Areva NC, TDN n’émettra pas de dioxines parce-qu’elles seront piégées par de l’argile et/ou des charbons activés. Selon Rubresus, « le charbon utilisé pour brûler le nitrate à 850°C est totalement transformé en composés gazeux (CO2, H2, CO) et ne donne pas du charbon actif. Les chlorures sont présents dans les gaz de combustion et le gaz rejeté (50 mg/m³). Cette concentration en chlore est très largement suffisante pour la formation des dioxines en postcombustion. Donc l’argile ne supprime pas la formation de dioxines. Les dioxines sont stables à ces températures et ne sont pas dégradées.« 

Pour Areva NC, « Les dioxines et furanes sont générés à haute température par la combustion ou l’incinération en milieu oxydant de produits chlorés. Or le procédé THOR n’est pas une combustion oxydante ou une incinération classique, mais un traitement thermique en milieu réducteur, faisant appel à la réaction de reformage à la vapeur (dite réaction du gaz à l’eau) qui génère de l’hydrogène naissant (d’où le milieu très réducteur), non susceptible de conduire à la formation de ces composés chimiques. »

« L’absence effective de dioxines ou furanes a été vérifiée dans les gaz rejetés lors des essais pilotes réalisés entre 2008 et 2012. Ces résultats, confirmés par le retour d’expérience du bailleur de procédé Studsvik, s’expliquent également par le fait que les éléments chlorés (et les métaux) sont intégrés à la matrice minérale formée à haute température (par réaction de l’argile ajoutée avec les composés du calcium).« 

Pour Rubresus, « l’argile fixe une partie des chlorures des effluents mais pas en totalité. Pour preuve, les gaz en sortie cheminée contiennent 50 mg de chlorure d’hydrogène/m³. Les gaz contiennent donc des vapeurs chlorées susceptibles de réagir avec les produits de combustion du charbon pour former des dioxines. Ces taux de chlore sont suffisamment élevés pour la formation des dioxines à des teneurs de l’ordre d’une fraction de nanogramme/m³. »

« Les dioxines se forment en aval du foyer lors du traitement des fumées par réaction des produits de combustion (hydrocarbures aromatiques, …) et cendres carbonées (Ineris). »

« L’EPA (agence américaine de protection de l’environnement) précise dans son rapport AP-42 les taux d’émissions en dioxines et furanes par combustion de charbon bitumineux. »

« Le charbon bitumineux est totalement consumé par le traitement TDN et Areva NC ne mentionne pas de résidus de charbon parmi les déchets. Les dioxines se forment en post-combustion. Elles ne peuvent être piégées par le charbon dans le four DMR (denitration mineralizating reformer, ou four à charbon), première étape du traitement TDN, charbon qui de toute façon est brûlé. »

« Parmi les méthodes de traitement des dioxines, il y a l’adsorption par charbon actif qui s’effectue sur les gaz avant rejet atmosphérique avec des colonnes remplies de charbon actif. Le traitement TDN n’a pas ce type de traitement de dioxines, alors que des incinérateurs en sont équipés. »

. Pire que l’incinérateur de Lunel-Viel ?

Rubresus a réalisé une comparaison des émissions atmosphériques de TDN, « qui traitera 20 000 m3 d’effluents nitratés dans un four en brûlant 5 700 t de charbon« , à celles de l’incinérateur de Lunel-Viel, au nord de Montpellier, traitant 120 000 t d’ordures ménagères provenant de plus de 200 000 habitants

Il en ressort, dit Rubresus, que « les rejets atmosphériques de l’installation TDN seront quantitativement supérieurs en flux et en concentration « à ceux de l’incinérateur de Lunel-Viel : en effet, « les quantités annuelles d’oxydes d’azote et de dioxyde de soufre rejetées par l’installation TDN seront supérieures à celles de l’incinérateur, respectivement de 33 % et 470 % ; les rejets d’acide fluorhydrique et poussières seront également 4,7 et 7,7 fois plus élevés pour l’installation TDN. » Quant aux concentrations en éléments polluants, celles des rejets TDN « seront de 5 à 10 fois supérieures à celles de l’incinérateur, par exemple 500 mg NOx/m³ gaz pour TDN contre moins de 71 mg/m³ pour l’incinérateur.« 

L’usine TDN produirait donc des rejets bien plus importants et bien plus polluants que ceux de l’incinérateur de Lunel-Viel qui traite les ordures ménagères de plus de 200 000 habitants « et dont les impacts sanitaires font l’objet des plus grandes craintes » : dans la région de Lunel, le rapport du Registre des tumeurs de l’Hérault rendu en octobre 2016 constate une sur-incidence de cancers dans la population de la commune de Lansargues, qui se situe dans le vent de l’incinérateur.

« C’est comme si l’on installait à la place de TDN un incinérateur traitant les ordures ménagères du département de l’Aude« , conclut Rubresus.

. Rejets d’éléments radioactifs ?

On peut aussi se poser la question de l’éventuel rejet, dans les fumées d’une part, dans les déchets solides d’autre part, d’éléments radioactifs puisque les effluents des bassins d’évaporation en contiennent.

Areva NC dit à ce sujet : « Les éléments radioactifs présents dans les boues des bassins de décantation n’entrent pas dans le procédé THOR. Les seuls radionucléides présents dans les effluents liquides qui sont traités par le procédé THOR sont le radium, des traces d’uranium et le technétium. Ces radionucléides sont piégés dans le déchet solide qui sort du four TDN et sont envoyés dans la filière de stockage ultime de déchets très faiblement actifs (TFA) gérée par l’Andra. Une des raisons du choix du procédé THOR est son retour d’expérience sur la rétention des traces de radionucléides dont le technétium dans la matrice solide d’alumino-silicates générée par le procédé.« 

. Une consommation importante de ressources naturelles :

Rubresus et Eccla mettent en évidence le haut niveau de consommation annuelle, par le projet TDN, de ressources naturelles : 80 000 m³ d’eau (la consommation d’une commune de 1 500 habitants), 5 700 t de charbon, 2 000 t de gaz naturel, 10 000 Mwh d’électricité… Et par ailleurs l’émission de gaz à effet de serre qui aggraverait de 40 % l’empreinte environnementale de Malvési.

Chercher d’autres solutions ?

Autant de raisons, selon Rubresus, pour rechercher un procédé de traitement plus respectueux de l’environnement. Eccla, pour sa part, a donné un avis favorable au projet, mettant en avant l’intérêt de commencer à réduire les déchets, mais conteste aussi le procédé choisi, en raison de sa forte consommation de ressources et de l’importance des rejets et demande également que soient étudiées d’autres méthodes.

Dans le dossier d’enquête publique, Areva NC signale que « de nombreuses voies de traitement ont été examinées, soit sous forme de recherche bibliographique, soit sur la base d’essais. Parmi les diverses voies examinées on peut citer : »

« La destruction thermique par atomisation du type isoflash (dénitration thermique) mais ce procédé s’est révélé difficilement applicable compte tenu de la présence de nitrates d’ammonium et de sodium ; »

« Un procédé d’électrolyse à membrane conduisant à une récupération d’acide nitrique. Ce procédé a été abandonné à cause de la présence de calcium et de l’impossibilité de recycler l’acide (présence de Tc) ; »

« Un procédé de traitement biologique dont les performances étaient limitées par la présence de calcium et des concentrations élevées en nitrates ; »

« Un procédé de cimentation (mélange des effluents avec un liant) mais qui conduisait à des volumes très importants de résidus solidifiés ; »

« L’extraction liquide-liquide qui conduisait à l’obtention d’un résidu solide en grande quantité et d’un rejet liquide et posait le problème de l’acceptabilité de ce rejet au milieu environnant ; »

« La valorisation des solutions en tant qu’engrais mais nécessitant d’extraire le technétium est abandonnée compte tenu de l’impossibilité légale et du risque médiatique.« 

Le procédé THOR de reformage à la vapeur, poursuit Areva NC, « présentait par rapport aux autres procédés examinés certains avantages : Pas d’effluent liquide de procédé, Quantité de déchet limitée, Déchet solide, peu lixiviable, Peu de production d’oxydes d’azote, Procédé déjà utilisé sur d’autres installations et essais réalisés prometteurs.« 

Pour Rubresus et Eccla, Areva NC ne fournit pas d’analyse réelle des alternatives, ce qui est pourtant exigé dans toute étude d’impact. Eccla demande aussi une tierce expertise et « que le dossier ne soit pas soumis au Coderst sans ces éléments d’information indispensables pour se forger une opinion en toute connaissance de cause.« 

Compte-tenu de l’histoire du nucléaire en France, l’opinion publique n’est pas encline à faire aveuglément confiance à la filière nucléaire et aux pouvoirs publics. Dans ce dossier très technique, l’intervention d’une tierce expertise qui évaluerait le projet de façon neutre permettrait d’y voir plus clair.

Par Felip Cazal.C.

Notes :

1) Rubresus : association de protection et sauvegarde de l’environnement des Basses Plaines de l’Aude.

2) Eccla : Écologie du Carcassonnais, des Corbières et du Littoral Audois.

3) Criirad : Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité.

4) Les déchets radioactifs TFA (de très faible activité) sont traités par un centre de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), le Cires (Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage), à Morvilliers (Aube).

5) ICPE : Installation classée pour la protection de l’environnement.

https://blogs.mediapart.fr/felip-cazal/blog/020117/areva-narbonne-depollution-des-effluents-du-traitement-de-luranium-quel-risque

 Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction

Jan 02

MESURES POST-FUKUSHIMA : UN GROS CHANTIER À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE DAMPIERRE (45)

dampierreAprès la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, les centrales nucléaires de France ont dû revoir les procédures et les équipements, pour faire face en cas d’accident. Parmi les mesures prévues, l’installation de groupes électrogènes « d’ultime secours« . Les travaux débutent à Dampierre.

C’est sans doute l’un des chantiers les plus spectaculaires de ces dernières années, à la centrale nucléaire de Dampierre en Burly. Les travaux ont débuté en septembre et déjà commencent à s’élever les fondations de ce qui ressemblera à un énorme bunker, construit avec un béton spécial et prévu pour résister à des événements climatiques exceptionnels. « Le bâtiment doit pouvoir résister à un tremblement de terre, il repose sur 8 appuis para-sismiques » explique Loïc Tardif, l’ingénieur en charge des mesures post-Fukushima à la centrale de Dampierre. « Il est aussi surélevé pour faire face au risque d’inondation. Il faut imaginer une immense vague qui arriverait de la Loire et qui viendrait submerger le site et donc les alimentations électriques existantes« . Dans ce cas les diesels d’ultime secours qu’à Dampierre on appelle déjà les DUS, entreraient en action, du haut de ce bâtiment conçu pour être insubmersible et qui fera, une fois terminé, plus de 25 mètres de haut.

Toutes les mesures de référence pour construire nos installations et nos équipements de secours étaient déjà bien au-dessus d’une crue centennale de la Loire, par exemple. Depuis Fukushima on est encore au-delà, on se base notamment sur un risque de séisme qui ne s’est jamais produit en France

Si l’Autorité de Sûreté Nucléaire a demandé à EDF de prévoir ces installations d’ultime secours, c’est parce qu’à Fukushima, les installations électriques et les pompes assurant l’alimentation en eau pour arroser les réacteurs et les piscines de refroidissement, ont cédé sous la vague du tsunami qui s’est abattu sur la région. A Dampierre, des groupes électrogènes sont déjà prévus pour prendre le relais de l’alimentation électrique existante. Ils ont été conçus en fonction, déjà, de ces risques majeurs. Mais depuis Fukushima les mesures de référence ont été revues à la hausse. « Là où on se basait déjà sur des hypothèses supérieures à une crue centennale de la Loire, et à un tremblement de terre millénaire, tout a été réévalué, on imagine maintenant un séisme jamais rencontré en France » explique Loïc Tardif.

Prochaine étape : l’installation d’un point d’eau d’ultime secours

Ces diesels d’ultime secours, opérationnels fin 2018 et construits un peu à l’écart des quatre réacteurs, ne seront activés que si les autres sont inutilisables, ils auront une autonomie de 72 heures, et seront associés à un point d’eau d’ultime secours, qui lui aussi est imposé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire. C’est le prochain gros chantier à venir, avec également un nouveau centre de crise, qui lui aussi sera construit dans un bâtiment protégé. Le but c’est bien de s’assurer que les équipes de la centrale nucléaire ne perdront pas le contrôle des réacteurs. Tout cela s’ajoute à d’autres mesures déjà en place : Dampierre accueille l’un des quatre escadrons de la Farn, la Force d’Action Rapide du Nucléaire, des spécialistes des interventions à risque.

Article d’Anne Oger, France Bleu Orléans

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/mesures-post-fukushima-un-gros-chantier-la-centrale-nucleaire-de-dampierre-1482935433

NDLR : améliorer une centrale nucléaire par un investissement massif, c’est bien pour la sécurité, mais la fermer et investir dans la transition énergétique serait mieux ! Or, on ne peut pas faire les deux à la fois : les politiques ont choisi le nucléaire. Nous resterons ainsi 1er dans le nucléaire européen et bientôt dernier dans la nécessaire et impérieuse transition énergétique européenne.

Jan 02

EDF TENTE D’AMÉLIORER SA SITUATION FINANCIÈRE

edfL’électricien français EDF a cédé une partie de ses créances ainsi qu’un portefeuille de bureaux, des opérations destinées à améliorer la situation financière du groupe.                     
 EDF a cédé pour 1,542 milliard d’euros une quote-part de 26,40% de sa créance CSPE (Charges de service public de l’énergie) détenue sur l’État français, son principal actionnaire à environ 85%
 Ce dernier doit s’acquitter des impayés des pouvoirs publics liés à cette taxe prélevée sur la facture d’électricité pour financer les énergies renouvelables notamment
   Une partie du produit de la cession, réalisée auprès d’un pool d’investisseurs (un établissement bancaire et un fonds commun de titrisation), permettra d’améliorer à hauteur de 645 millions d’euros l’endettement financier net d’EDF, qui s’élevait à 36,2 milliards d’euros à fin juin.
Couvrir les charges du démantèlement du parc nucléaire

 Le solde sera affecté au portefeuille d’actifs dédiés d’EDF, qui doivent servir à couvrir les charges de démantèlement du parc nucléaire français. EDF a aussi annoncé la vente, via sa filiale foncière Sofilo, d’un portefeuille d’environ 130 actifs de bureaux et d’activités à Tikehau Investment Management, filiale de la société d’investissement Tikehau.
   Ce portefeuille, dont les actifs sont localisés en Ile-de-France et dans le reste de la France, représente une surface d’environ 300.000 m2. Le montant de la transaction n’a pas été précisé. « Cette transaction constitue pour EDF une nouvelle avancée dans la réalisation du plan de cessions du groupe sur la période 2015-2020« , a-t-il indiqué.
Renforcer l’équilibre financier du groupe
Ce programme de 10 milliards d’euros avait été annoncé en avril entre autres mesures pour renforcer l’équilibre financier du groupe. A la suite de cette opération, Tikehau IM gère désormais un portefeuille de plus de 1,7 milliard en valeur d’actifs.

   Le groupe Tikehau a été créé en 2004 pour investir et gérer des fonds institutionnels et privés dans différentes classes d’actifs (participations cotées et non cotées, crédit et immobilier). Il est détenu majoritairement par ses dirigeants, aux côtés notamment de Crédit Mutuel Arkéa, d’Amundi et de la banque italienne Unicredit.

http://www.batirama.com/article/13971-edf-tente-d-ameliorer-sa-situation-financiere.html

Jan 01

CORÉE DU NORD : « DERNIÈRES ÉTAPES AVANT LE TEST D’UN MISSILE BALISTIQUE INTERCONTINENTAL »

coree-du-nordLe leader nord-coréen Kim Jong-Un a affirmé, dans un message de 30 minutes diffusé à la télévision, que Pyongyang « a acquis le statut de puissance nucléaire » en 2016.

La Corée du Nord en est aux « dernières étapes avant le test d’un missile balistique intercontinental », a affirmé, dimanche 1er janvier, le leader nord-coréen, Kim Jong-Un, dans son discours de Nouvel An.

« Nous en sommes aux dernières étapes avant le lancement test d’un missile balistique intercontinental », a insisté le chef de l’État nord-coréen dans un message de 30 minutes diffusé à la télévision, affirmant que Pyongyang « a acquis le statut de puissance nucléaire » en 2016.

La Corée du Nord est désormais « une puissance militaire que même le plus puissant des ennemis ne pourra toucher », a insisté Kim Jong-Un.

Courant 2016, Pyongyang a effectué deux essais nucléaires et lancé plusieurs missiles, dans le cadre de sa quête permanente visant à pouvoir frapper le sol américain avec une arme à tête nucléaire.

Analystes divisés

Les analystes sont divisés quant à la capacité réelle de la Corée du Nord à se doter d’une arme nucléaire, précisément parce qu’elle n’a jamais réussi à lancer avec succès un missile balistique intercontinental.

Mais tous sont d’accord pour dire que Pyongyang a réalisé d’énormes progrès dans cette direction depuis que Kim a succédé à son père, Jim Jong-il, mort en décembre 2011.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/01/01/coree-du-nord-dernieres-etapes-avant-le-test-d-un-missile-balistique-intercontinental_5056137_3216.html

Déc 31

NUCLÉAIRE : LE PORTUGAL ACCUSE L’ESPAGNE DE VIOLER LES RÈGLES EUROPÉENNES

espgne-portugalLe Portugal a accusé vendredi l’Espagne d’avoir autorisé la construction d’un site de stockage de déchets nucléaires à Almaraz, à 100 km de sa frontière, sans en avoir évalué auparavant l’impact environnemental sur son voisin ibérique, violant ainsi les directives européennes.

« C’est une décision illégale », a déclaré aux médias le ministre portugais de l’Environnement Joao Matos Fernandes, ajoutant que Lisbonne « n’a d’autre alternative » que de présenter un recours auprès de Bruxelles « pour que la Commission européenne puisse agir ». Après la publication mercredi par Madrid d’un décret entérinant la construction du site controversé, le ministère portugais des Affaires étrangères a convoqué jeudi le chargé d’affaires espagnol pour « manifester sa surprise » face à cette décision. Selon un communiqué publié vendredi, le Portugal a « sollicité des éclaircissements aux autorités espagnoles », rappelant que Joao Matos Fernandes avait adressé une lettre à Madrid demandant de surseoir au projet tant que l’impact environnemental n’aura pas été étudié.

Sept incidents mineurs

Une directive européenne datant de 2014 oblige les États membres à « entamer des consultations » sur « les incidences transfrontalières potentielles » sur l’environnement de leurs projets publics. En octobre, le conseil de sécurité nucléaire espagnol avait donné son feu vert à la construction du dépôt de déchets nucléaires sur le site de la centrale d’Almaraz. Lisbonne avait alors demandé à Madrid de réaliser une étude de son impact transfrontalier. « Cette évaluation a été faite du côté espagnol, sans impliquer le Portugal. Les règles européennes n’ont pas été respectées », a fait valoir le ministre portugais de l’Environnement. Ces derniers mois, sept incidents mineurs ont été enregistrés à la centrale nucléaire d’Almaraz, une centrale « en fin de vie » selon Joao Matos Fernandes, qui a regretté « l’absence de transparence et de loyauté » du gouvernement espagnol.

Ces accusations ont été réfutées par Madrid : « l’évaluation environnementale » du projet d’Almaraz « a été menée conformément à la loi », a rétorqué une porte-parole du ministère espagnol de l’Énergie, ajoutant maintenir « un dialogue permanent et transparent avec les autorités portugaises ».

http://www.7sur7.be/7s7/fr/2765/Environnement/article/detail/3043503/2016/12/30/Une-centrale-nucleaire-seme-la-zizanie-entre-le-Portugal-et-l-Espagne.dhtml

Déc 31

BUDGET DE L’ARMÉE: LE POIDS DU NUCLÉAIRE EN FORTE AUGMENTATION

nouveau-missile…L’effort consenti en matière de Défense par la France s’élève à 3.8 milliards d’euros, répartis sur la période de 2015 — 2019. Pour l’année 2017, ce sont donc 600 millions d’euros d’augmentation factuelle (hors pensions) qui seront alloués au budget de Ballard, soient 32,7 milliards d’euros auxquels s’ajoutent 8,15 milliards au titre des pensions, analysent nos confrères de La Tribune. Un budget qui s’établit à 1,77 % du PIB national, contre les 2 % minimum imposés par l’OTAN.
Un budget, en hausse, sur lequel pèse le poids de la modernisation de la force de dissuasion nucléaire. Un programme au budget pharaonique de 50 milliards d’euros répartis sur 20 ans, soit 2.5 milliards d’euros par an qui s’ajoutent aux 3,3 à 3,5 milliards annuels que coûtent déjà l’équipement de la dissuasion nucléaire française (soit un peu moins de 10 % du budget de la Défense).
Des dépenses supplémentaires qui « imprègnent une grosse partie du budget » souligne Jean-Vincent Brisset:
« C’est un débat qui paraît difficile à régler, dans la mesure où il y a quand même un consensus au niveau des politiques sur la nécessité du nucléaire même si au niveau des stratèges, et des gens qui sont compétents sur le fait militaire, il y a beaucoup plus de doutes. »

Le nucléaire ponctionne les crédits des OPEX, ou du moins ceux qui pourraient être alloués au renouvellement du matériel, désuet. Une anecdote des soldats, souvent reprise par les médias, étant que certains véhicules ont plus du double de l’âge de ceux qui les opèrent…

Article de Maxime Perrotin
Pour lire l’intégralité de l’article :

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201612301029423225-france-tchad-bernard-cazeneuve-visite/

Déc 31

FIN 2016… ET FESSENHEIM N’EST PAS FERMÉE !

fessenheimAu début de son mandat, le président de la République François Hollande annonçait que la centrale nucléaire haut-rhinoise de Fessenheim serait fermée à la fin 2016. Nous voilà à l’échéance, et la centrale est toujours en fonctionnement.

C’était l’un de ses 60 engagements de campagne. Le 14 septembre 2012, en ouverture de la conférence environnementale de Paris, le Président François Hollande annonçait sa volonté de fermer la centrale de Fessenheim, cette mesure s’inscrivant dans sa décision de réduire la part du nucléaire dans la production énergétique française de 75% à 50% d’ici à 2025.
Mais très vite, les atermoiements vont commencer.
Alors que cette fermeture devait – selon l’annonce même de Matignon – être inscrite dans la loi de transition énergétique <http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/2013/05/31/le-premier-ministre-inscrit-la-fermeture-de-fessenheim-dans-le-projet-de-loi-de-transition-energetique-261191.html>  adoptée par l’Assemblée au printemps 2014, il n’y est finalement fait aucune mention de la fermeture de Fessenheim. Le délégué interministériel en charge de la fermeture de Fessenheim à l’époque, Francis Rol-Tanguy, explique alors que la centrale haut-rhinoise n’était pas explicitement citée dans la loi car « il n’est pas sûr qu’un article de loi imposant la fermeture d’une centrale aurait été conforme à la Constitution ». Le gouvernement avait préféré l’option d’un plafonnement de la capacité de production nucléaire qui forcera à fermer Fessenheim  » si EDF veut l’autorisation d’exploiter l’EPR de Flamanville comme prévu en 2016″.
Ségolène Royal sème le trouble
A quelques heures du vote de cette loi de transition énergétique par les députés, c’est cette fois la ministre de l’Écologie Ségolène Royal qui sème le trouble. Sur l’antenne de RTL, elle déclare qu’il n’était pas certain que le gouvernement décide de fermer Fessenheim plutôt qu’une autre centrale, s’en remettant aux propositions d’EDF, car « Fessenheim est certes la plus ancienne centrale de France, mais elle ne serait pas nécessairement la plus dangereuse ni la plus coûteuse » (avancer la vidéo jusqu’à 2’45 pour entendre les propos de la ministre sur Fessenheim).
Ordres et contre-ordres
Le 5 janvier 2015, François Hollande persiste et signe et réitère son engagement de fermer Fessenheim dans le cadre du plafonnement du nucléaire, précisant que des « procédures sont en cours et les études sont lancées« , mais sans préciser de date, fermeture qu’il évoque à nouveau deux mois plus tard <http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/2015/03/02/hollande-reaffirme-que-fessenheim-sera-ferme-l-horizon-de-la-fin-du-quinquennat-666637.html> , annonçant l’horizon de la fin de son quinquennat comme calendrier pour engager cette fermeture.
Dans le même temps, Ségolène Royal se veut moins catégorique et conditionne la fermeture de Fessenheim à l’ouverture de l’EPR de Flamanville. Mais EDF annonce que la construction de celui-ci a pris du retard, qu’il ne pourra pas ouvrir avant 2018. La fermeture de Fessenheim est donc de facto reportée, information que confirme François Hollande <http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/francois-hollande-fessenheim-ne-fermera-pas-en-2016-815065.html> .
L’épineuse question de l’indemnisation
Alors que le gouvernement ne semble pas sur la même longueur d’ondes concernant la fermeture – ou pas – de Fessenheim et un éventuel calendrier de démantèlement, le dossier de l’indemnisation proposée à EDF en cas d’arrêt de la centrale vient attiser encore les braises de ce dossier sensible.
Le 4 mai 2015, Ségolène Royal notifie par courrier au PDG d’EDF Jean-Bernard Levy son estimation de l’indemnisation que recevrait l’entreprise exploitant la centrale : « 80 à 100 millions d’euros » d’après des documents qu’a pu se procurer l’AFP. Cette offre est bien en deçà des attentes du groupe <http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/fermeture-de-la-centrale-nucleaire-de-fessenheim-l-indemnisation-de-l-etat-est-jugee-ridicule-par-edf-1001615.html> , qui tablerait selon des informations de presse sur un dédommagement d’au moins deux milliards d’euros.
EDF refuse de fermer Fessenheim
Ministère de l’Energie et EDF vont donc devoir négocier. Le ministère de l’Économie Emmanuel Macron annonce que le montant de cette indemnisation sera définie par des experts indépendants <http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/fessenheim-le-niveau-d-indemnisation-sera-fixe-par-des-experts-independants-1006399.html> , et non par l’État ou par le groupe.

Fin août 2016, le gouvernement  <http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/fessenheim-accord-trouve-entre-edf-et-l-etat-sur-l-indemnisation-du-groupe-1071069.html> montait sa proposition d’indemnisation à 400 millions d’euros <http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/fermeture-de-la-centrale-nucleaire-de-fessenheim-une-indemnisation-jugee-insuffisante-1071979.html>  devant être versés à EDF en 2019 et 2020, ainsi qu’une part variable, en fonction de l’évolution des prix de l’électricité et du coût de production de l’énergie nucléaire. Une somme sur laquelle doit maintenant s’exprimer le CCE.
Un calendrier bien flou
EDF, par la voix de son PDG Jean Bernard Lévy, s’engage finalement dans une lettre à étudier « l’unique hypothèse » de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim <http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/fessenheim-edf-s-engage-etudier-la-fermeture-de-la-centrale-comme-unique-hypothese-833913.html>  comme scénario afin de limiter la part du nucléaire dans la production énergétique en France. Mais l’électricien demande dans le même temps au ministère de l’Énergie d’étendre de 36 mois, soit jusqu’au 11 avril 2020, le délai de mise en service de l’EPR de Flamanville et donc l’arrêt de Fessenheim conditionné par le lancement de ce dernier. L’entreprise devait déposer à la fin du mois de juin 2016 sa demande d’abrogation de l’exploitation de la centrale de Fessenheim. Mais elle est passée outre, réclamant la négociation préalable d’un accord sur son indemnisation
Avril 2016. François Hollande entame sa dernière année de mandat. Et réaffirme que Fessenheim fermera. Et se veut cette fois appuyé par sa ministre de l’Écologie. Le 16 juin 2016, Ségolène Royal reste ferme vis-à-vis d’EDF : « Je ne lui accorderai pas de nouveau délai. Les échéances doivent être tenues. Le décret d’arrêt de fonctionnement de Fessenheim doit être pris avant la fin de l’année 2016. Et, je n’ai aucune raison de mettre en doute la parole du PDG d’EDF qui, quand il a eu son mandat, m’a assuré que ce serait fait« .
Ségolène Royal avait d’ailleurs déjà envisagé la future reconversion de la centrale, en proposant à Elon Musk, le patron de la marque américaine de voitures électriques Tesla <http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/fessenheim-segolene-royal-suggere-la-mutation-de-la-centrale-en-usine-de-voitures-electriques-tesla-968709.html> , de reprendre le site.
Les salariés opposés à la fermeture
<http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/sites/regions_france3/files/assets/images/2016/12/29/manifestation_salaries_fessenheim.jpg>   
Dans le même temps, dans le Haut-Rhin, ce sont les syndicats qui se sont emparés du dossier. Ils ont observé une journée de grève le 14 septembre dernier <http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/fermeture-de-fessenheim-les-salaries-d-edf-appeles-faire-greve-1084947.html> . Tous les syndicats s’opposent à la fermeture anticipée de la centrale de Fessenheim, où travaillent 850 agents EDF et environ 250 salariés d’entreprises prestataires. Outre les répercussions en termes d’emplois, ils mettent en cause le montant de l’indemnisation proposée – 400 millions d’euros -, jugé « ridicule« , et les conséquences pour le réseau électrique. Le tribunal de grande instance de Paris leur a prolongé jusqu’au 10 janvier 2017 la période de consultation qui permettra aux représentants des salariés d’avoir « à leur disposition » les éléments pour rendre un avis sur la fermeture anticipée de la centrale. Le conseil d’administration d’EDF doit se réunir le 24 janvier pour se prononcer sur ce protocole d’indemnisation et la demande d’abrogation de l’autorisation d’exploiter. Le décret correspondant devrait être pris dans les quatre mois suivants.
En cette fin 2016, les deux réacteurs de la centrale nucléaire alsacienne sont bien à l’arrêt, mais en raison d’avaries techniques et de contrôles de sûreté. Pas en raison de sa fermeture anticipée appelée de ses vœux par François Hollande. 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/fin-2016-fessenheim-n-est-pas-fermee-1163301.html

Déc 31

LE RETOUR DE LA COURSE MONDIALE AUX ARMEMENTS

course-armementsLa multiplication des cyberattaques en provenance de la Russie (lire page 2) laisse à penser que la guerre des nerfs se jouera sur internet. Mais elle pourrait renouer avec une nouvelle course aux armements que l’on pensait terminée depuis l’ère Reagan-Gorbatchev.
Tour à tour, le président russe Vladimir Poutine et le président élu américain Donald Trump se sont, en effet, exprimés, jeudi 22 décembre dernier, sur les questions d’armement nucléaire, indiquant que leurs pays respectifs – qui ont signé trois Traités de réduction des armes stratégiques offensives (START) en 1991, en 1993 et en 2010 – devaient renforcer leurs arsenaux.

Lors d’une réunion avec les hauts gradés des armées russes, Vladimir Poutine a «tiré» le premier en ordonnant le renforcement en 2017 de la force de frappe nucléaire de la Russie, afin de la rendre capable de percer tout bouclier antimissile. Par exemple celui que Washington et l’OTAN entendent déployer en Europe orientale. «Il faut faire attention à n’importe quel changement dans l’équilibre des forces et de situation politico-militaire dans le monde et surtout aux frontières russes. Et corriger à temps nos plans », a expliqué Vladimir Poutine.
La réponse de Donald Trump ne s’est pas fait attendre. Comme souvent, c’est sur Twitter que le président-élu a réagi. «Les États-Unis doivent grandement renforcer et accroître leur capacité nucléaire tant que le monde n’aura pas retrouvé la raison dans le domaine des armes nucléaires». Un discours à l’opposé de celui tenu par Barack Obama depuis 2009, qui souhaitait un monde sans armes nucléaires. Donald Trump «fera ce qu’il faudra pour protéger le pays et si un autre pays ou des pays veulent menacer notre sécurité, notre souveraineté, il fera le nécessaire», a renchéri le 23 décembre dernier le futur porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer.
Poutine et Trump ont ensuite atténué leur propos. Mais les deux pays, qui concentrent 93 % des armes nucléaires (7 300 ogives russes, 6 970 américaines) envisagent d’augmenter leurs dépenses militaires. Elles pourraient atteindre 21 % du PIB en Russie quand le Pentagone prévoit de consacrer 1 000 milliards de dollars à la modernisation de l’arsenal américain !
La hausse des dépenses militaires est d’ailleurs générale. Pour la première fois depuis 2011, elles ont augmenté en 2015, observe l’institut international de recherche sur la paix à Stockholm. Même le Japon a décidé d’orienter son budget vers une remilitarisation.
Article de Philippe Rioux

http://www.ladepeche.fr/article/2016/12/30/2487974-le-retour-de-la-course-mondiale-aux-armements.html

Déc 30

ENGIE RELÈVE SES PROVISIONS SUR SON PARC NUCLÉAIRE EN BELGIQUE

engieNouvelle tuile pour Engie. Pour tenir compte de la faiblesse des taux d’intérêt, les autorités belges obligent le producteur d’électricité à réduire le taux d’actualisation utilisé pour le calcul de ses provisions nucléaires.

L’énergéticien va augmenter de 1,8 milliard d’euros ses provisions pour couvrir le financement du démantèlement futur de ses installations nucléaires en Belgique et la gestion de l’aval du cycle du combustible.

Judith Hartmann, directrice financière d’Engie avait mis en garde les investisseurs sur ce point en novembre dernier lors de la publication des comptes trimestriels du groupe.

Elle avait alors rappelé que la révision triennale des provisions pour le nucléaire, prévue par la loi belge du 11 avril 2003, aurait lieu en fin d’année. Compte tenu de la faiblesse des taux d’intérêt, il était donc raisonnable d’anticiper une révision en baisse du taux d’actualisation, conduisant ainsi à une augmentation du montant de la provision. Selon la dirigeante, il faut ajouter environ 110 millions d’euros aux provisions chaque fois que le taux d’actualisation baisse de 10 points de base. Quant à l’impact sur le bénéfice net courant part du groupe pour 2017, il s’élève à environ 10 millions d’euros là aussi pour une variation de 10 points de base.

Dans son avis rendu le 12 décembre, la Commission des Provisions Nucléaires (CPN) a effectivement abaissé le taux d’actualisation qui passe de 4,80% (à fin 2015) à 3,50% (à fin 2016) avec un taux d’inflation inchangé de 2%.

Ainsi pour 130 points de base de baisse, l’effet est de 1,4 milliard d’euros sur les provisions et de 130 millions sur le résultat net courant 2017.

Au final, le montant total des provisions communiqué par Engie, 1,8 milliard d’euros, intègrerait selon nous une modification du scénario industriel pour environ 400 millions d’euros.

Par l’intermédiaire de sa filiale Electrabel, Engie détient et fait fonctionner sept réacteurs nucléaires en Belgique pour une capacité totale de 5,9 gigawatts, soit 8% environ des capacités totales du groupe.

En réaction à cette annonce, plusieurs analystes ont ajusté leurs anticipations de bénéfice net par action pour les deux prochains exercices. L’augmentation des provisions pour démantèlement n’aura pas d’impact sur le résultat 2016. Ainsi l’anticipation médiane de bénéfice net par action recule à 0,98 euro pour 2017 et à 1,02 euro pour 2018.

De son coté, Moody’s n’a pas modifié son rating. L’agence de notation financière maintient sa note de dette à long terme à A2 avec une perspective stable. Néanmoins, elle juge que l’augmentation des provisions nucléaires affaiblira les ratios d’endettement du groupe dont la dette nette ajustée s’élevait à 44,9 milliards d’euros à fin 2015. Ce montant calculé par Moody’s intègre la dette financière nette de 29,9 milliards et les autres engagements du groupe.

http://www.lerevenu.com/bourse/engie-releve-ses-provisions-sur-son-parc-nucleaire-en-belgique

Déc 30

UN DÉCRET BAISSE LA TAXE DE RECHERCHE DUE PAR LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE BASE

decretUn décret, publié le 27 décembre au Journal officiel, apporte deux modifications au dispositif de taxation des installations nucléaires de base (INB).

La première conduit à une baisse de la taxe additionnelle dite « de recherche » due par ces installations. Le texte diminue en effet le coefficient multiplicateur de cette taxe. Ce coefficient est désormais fixé à 2,88 (contre 3,75 en 2016) pour les réacteurs nucléaires de production d’énergie autres que ceux consacrés à la recherche, 3,67 (contre 4,8 en 2016) pour ceux consacrés à la recherche, 3,67 (contre 4,81 en 2016) pour les autres réacteurs nucléaires et 2,91 (contre 3,78 en 2016) pour les usines de traitement de combustibles usés.

Le montant de la taxe est égal au produit de ce coefficient multiplicateur et d’une somme forfaitaire. Cette dernière est fixée à 280.000 euros pour les réacteurs nucléaires de production d’énergie non consacrés à la recherche et pour les usines de traitement de combustibles nucléaires usés, et à 250.000 euros pour les deux autres catégories d’installations.

Le texte précise également les dates d’exigibilité de cette taxe : elle doit être payée au plus tard le 31 mars ou, en cas de création d’une INB, à la fin du deuxième mois suivant la date de publication du décret d’autorisation de création. Le texte prévoit toujours une majoration de 10% en cas de retard de paiement supérieur à 15 jours.

Modification des modalités de versement de la contribution « conception »

Le décret modifie par ailleurs les modalités de versement de la contribution spéciale, dite « conception« . Il prévoit un versement en deux fois : une première part au plus tard le 31 mars, une seconde au plus tard le 30 novembre. La fraction correspondant à chaque part sera fixée par arrêté interministériel ou, à défaut, fixée à 50% du montant total de la contribution.

Cette contribution, au profit de l’Andra, est due par les exploitants d’INB jusqu’à la date d’autorisation de création du centre de stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde (Cigéo). Son montant est égal au produit d’une somme forfaitaire, fixée à 1 million d’euros par la loi, et d’un coefficient multiplicateur égal à 1,26 pour les réacteurs nucléaires de production d’énergie non consacrés à la recherche, 1,28 pour les usines de traitement de combustibles nucléaires usés, et 1,57 pour les deux autres catégories d’installations.

Article de Laurent Radisson, journaliste, rédacteur en chef délégué aux marchés HSE

http://www.actu-environnement.com/ae/news/decret-baisse-taxe-recherche-installations-nucleaires-base-28169.php4

Déc 30

BELGIQUE : UN EX-DIRECTEUR ACCUSE L’AGENCE DE CONTRÔLE NUCLÉAIRE DE MANQUER D’INDÉPENDANCE

belgiqueYvan Pouleur, ancien directeur au sein de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), met en cause son ex-employeur. Il affirme que le gendarme du nucléaire s’est « écrasé » face à la ministre Marghem dans le dossier de la prolongation de Doel 1 et 2. L’AFCN dément toute influence politique.

Le fonctionnement des centrales de Doel 1 et Doel 2 a été prolongé jusqu’en 2025. La majorité fédérale a fait passer le texte législatif entérinant cette décision le 28 juin 2015. En septembre de la même année, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a approuvé le plan d’action présenté par Electrabel dans le cadre de cette prolongation d’activité.

Fait étrange : le gendarme du nucléaire en Belgique estimait quelques semaines auparavant que le projet de loi concocté par le cabinet de la ministre de l’Énergie, Marie-Christine Marghem (MR), devait être amendé, à tout le moins si l’intention était d’éviter de devoir passer par une longue procédure consultative.

En effet, depuis le départ, la question d’une étude d’incidence environnementale et d’une consultation publique à l’égard de cette prolongation se pose. Pour le gouvernement, cette étape n’était pas nécessaire. Mais plusieurs acteurs – dont le cabinet international d’avocats Stibbe – ont estimé que le texte légal prolongeant la durée de vie de Doel 1 et 2 aurait dû être amendé pour être en mesure de contourner la nécessité d’une étude d’incidence et d’une consultation publique.

http://www.lalibre.be/actu/belgique/un-ex-directeur-accuse-l-agence-de-controle-nucleaire-de-manquer-d-independance-58640ea5cd703e2f14bad4f0

Déc 29

TOSHIBA ÉBRANLÉ PAR SON ACTIVITÉ NUCLÉAIRE AUX ÉTATS-UNIS

toshibaLe conglomérat japonais, dont la filiale américaine Westinghouse Electric est menacée de plus de 2 milliards de dollars de pénalités, a un besoin urgent d’argent frais.

Déjà fragilisé par les révélations sur une surestimation de ses profits de 1,2 milliard d’euros et par une restructuration sévère dans plusieurs secteurs (PC, semi-conducteurs, électroménager, médical…), Toshiba affronte une nouvelle crise, dans le nucléaire cette fois.
Le conglomérat industriel japonais a annoncé, mardi 27 décembre, qu’il devra sans doute inscrire « plusieurs milliards de dollars » de dépréciations d’actifs sur son activité nucléaire américaine – ce qui aura un effet très négatif sur ses résultats 2016-2017.
L’annonce a entraîné une chute de 20,42 % de son action à la Bourse de Tokyo mercredi, après un recul de 12 % la veille. Menacé par une crise de liquidités dans les prochains mois, le groupe nippon a été une nouvelle fois dégradé par les agences de notation Standard & Poor’s, Moody’s et la japonaise R&I, qui l’ont placé sous surveillance.
Des équipements très coûteux
Nommé en juin PDG d’une entreprise en pleine crise, Satoshi Tsunakawa a reconnu que sa filiale Westinghouse Electric avait sous-estimé les risques lors de l’acquisition de la société de services CB&I Stone & Webster, active sur les chantiers des centrales nucléaires (ingénierie, gestion de projets, environnement…). « Nous avions jugé à l’époque que les avantages du rachat étaient supérieurs aux risques », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. Après une étude approfondie de ces derniers, Toshiba a constaté sa méprise. « Cette réévaluation a été trop tardive », a déploré le patron.
En fait, Westinghouse, et donc sa maison mère Toshiba, pourraient avoir à payer plus de 2 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros) de pénalités pour des retards de plusieurs années et des surcoûts de plusieurs milliards sur les chantiers de quatre réacteurs de troisième génération AP1000 construits dans les États de Caroline du Sud et de Géorgie.
Ces équipements sont très coûteux dans un environnement où la surproduction de gaz de schiste, une ressource bon marché de plus en plus utilisée pour produire du courant, a fait chuter le prix de l’électricité. Le coût du nucléaire a aussi augmenté avec le renforcement de la sûreté des installations après la catastrophe de Fukushima en mars 2011.
Une forte concurrence frontale
La crise est si grave que M. Tsunakawa n’exclut pas de revoir la place de l’activité nucléaire :

« A l’heure actuelle, nous n’avons pas pris de décision, mais, à l’avenir, c’est une possibilité. Je dis cela sans plan concret. »

Toshiba-Westinghouse est en concurrence frontale avec EDF-Areva, le russe Rosatom, le consortium General Electric-Hitachi et son compatriote Mitsubishi Heavy Industries. Sans oublier les chinois CGN et CNNC, de plus en plus entreprenants sur le marché des centrales et du cycle du combustible nucléaire.
Toshiba reste un groupe diversifié (semi-conducteurs, mémoires flash, robots, ascenseurs…) et pourrait tirer bénéfice du renchérissement du dollar par rapport au yen. Mais il a dû licencier 10 % de ses effectifs depuis 2015 et pourrait aller jusqu’à céder une partie de son activité dans les mémoires flash.
« Une perte de plusieurs milliards de dollars, même partiellement compensée par des meilleurs résultats dans d’autres activités, va susciter des craintes sur le capital du groupe », préviennent Yutaka Ban et Kentaro Harada, analystes de SMBC Nikko, en n’excluant pas « un risque pour la trésorerie à court terme ». Cette vénérable entreprise, née à la fin du XIXe siècle, va devoir regagner la confiance d’investisseurs rendus méfiants par les révélations sur les manipulations comptables découvertes en 2015.

http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2016/12/29/toshiba-ebranle-par-son-activite-nucleaire-aux-etats-unis_5055168_1656994.html

Déc 29

PIRATAGE INFORMATIQUE, GUERRE GÉNÉTIQUE, TERRORISME OU… BON VIEUX CONFLIT NUCLÉAIRE : QUEL GRAND CONFLIT RISQUONS-NOUS AU 21E SIÈCLE ?

pirateAlors que le piratage informatique dont a été victime l’OSCE (NDLR : Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) a été attribué à la Russie, de plus en plus de cyber attaques auront lieu dans les prochaines années. Moins coûteuses que les attaques conventionnelles et nécessitant avant tout des moyens techniques et intellectuels, ces offensives informatiques permettent à des petits groupes de déstabiliser en profondeur les États, les organisations et les entreprises.
Atlantico interroge François-Bernard Huyghe et Frédéric Mouffle

Atlantico

Alors que l’OSCE a été victime d’un piratage informatique de grande ampleur attribué à la Russie, quelle importance prendront les attaques informatiques au cours du 21ème siècle ? Entre le piratage informatique, la génétique, la technologie, le terrorisme ou le réarmement nucléaire… Quelles seront les armes et la nature du prochain grand conflit ? (conflit non conventionnel, guerre asymétrique)
François-Bernard Huyghe : Tout d’abord, ce type d’attaque est toujours anonyme par définition. Dans le cas de cette opération contre l’OSCE qui aurait été commise en octobre et dont on ne parle que maintenant, un groupe de hackers russes qui s’appellerait APT28 est désigné.
Nous n’avons ni la preuve qu’APT28 est coupable de cette attaque, ni que ce groupe est manipulé par des services d’État ou agit pour le compte de services d’État. 
Ces réserves faites, il ne me parait pas invraisemblable que la Russie cherche à espionner l’OSCE, qui est notamment responsable du contrôle des accords de Minsk, dans la mesure où Moscou y voit une organisation sous influence occidentale.

En ce qui concerne les conflits du futur, trois remarques s’imposent. Premièrement, on continuera à faire énormément d’espionnage informatique dans tous les sens, soit pour acquérir des technologies, soit pour prévoir les plans de l’adversaire, soit pour révéler au public des correspondances scandaleuses qui pourraient l’indigner.

Deuxièmement, le piratage informatique, en particulier des virus, pourront être utilisés pour saboter des systèmes, par exemple pour empêcher des avions de décoller, des missiles d’atteindre leurs cibles, des radars de donner les bonnes informations. Dans l’hypothèse de l’éclatement d’un conflit militaire ouvert, personne ne s’en privera. Il y aura forcément du cyber dans toutes formes de guerre classique à titre d’aide et d’accessoire.

Troisièmement, une guerre cyber pourrait-elle remplacer une « vraie » guerre ? C’est, à mon sens, la question la plus importante. Pour le moment, des opérations de sabotage ont fonctionné, en privant une région d’électricité, en empêchant le fonctionnement d’un système. Récemment, de nombreux sites de la côte ouest américaine n’étaient pas accessibles pendant quelques heures à la suite d’une attaque informatique sur le routeur. Ces actions énervent les citoyens, coûtent beaucoup d’argent aux entreprises, font beaucoup de bruit dans les médias, mais ça ne remplace pas une rafale de missile, une division de tanks ou la bombe atomique. Jusqu’à présent, aucun dommage monstrueux n’a été provoqué par une attaque de sabotage informatique. Le record étant à ce jour la façon dont les États-Unis ont retardé la nucléarisation de l’Iran de quelques mois – peut-être davantage – avec le virus Stuxnet. Pour le moment ces outils de sabotage ont gardé un rôle secondaire : des pays et des services les testent, ces tests sont peut-être accompagnés de messages politiques de menace, mais on n’a pas assisté à une vraie cyber guerre et il est encore difficile d’envisager qu’une guerre menée par ordinateur remplace une guerre classique.

Frédéric Mouffle : Ce piratage est imputé à la Russie, mais aucune preuve formelle n’existe même si on peut penser que Moscou est derrière cette attaque.

L’arme du cyber est prise très au sérieux par tous les gouvernements. En effet, tous les pays se livrent une véritable « course à l’armement » et développent des armes que l’on appellera plus tard « armes non conventionnelles » mais qui sont pour le moment utilisées à des fins d’espionnage et de collecte d’information.

Ces dernières années, certaines attaques informatiques de grande ampleur ont eu des conséquences lourdes (Sony, TV5 Monde etc.). Les armes informatiques permettent d’attaquer des satellites et de bloquer tous les systèmes de téléphone, GPS, Internet, télévision etc. Le fait que l’on puisse s’attaquer aux satellites représente selon moi la principale menace des prochains conflits. Par ailleurs, l’Internet des objets sera également visé : des attaques ont déjà été menées en piratant des webcams par exemple. Ces attaques pourront être mises en œuvre, si ce n’est facilement, avec des moyens ridicules pour un État.

Atlantico

Dans un monde interconnecté et où les attaques informatiques peuvent être commises de n’importe où et cibler n’importe qui, développer la puissance nucléaire et militaire a-t-il le même intérêt stratégique qu’au 20ème siècle pour un État ? Comment les États pourraient-ils repenser les moyens et les attributs de la puissance ?

François-Bernard Huyghe : Oui, le fait de développer la puissance militaire et nucléaire a toujours un intérêt pour les États car guerre classique et cyber guerre ne sont pas inconciliables. Les budgets militaires des États ne vont pas diminuer au profit du cyber. En revanche, tous les États ayant une certaine politique de puissance portent la plus grande attention à leur cyberdéfense et à la protection de leurs grands opérateurs, leurs grandes banques, leurs grands systèmes énergétiques qui pourraient subir des attaques informatiques. Aux États-Unis, il est question que le « cyber command » soit retiré à la NSA pour devenir une organisation militaire plus autonome. La France a un cyber officier, une Agence nationale pour la sécurité des systèmes informatiques. Par ailleurs, le cyber est considéré comme le cinquième champ de bataille et on parle d’une nouvelle armée, la « cyber armée« . Cette dimension a donc pleinement été intégrée par les militaires. Chaque État va forcément développer ses moyens d’attaque et de défense cyber.

Un paradoxe se dessine : les États les plus informatisés, les plus développés économiquement ont automatiquement des faiblesses car le fait qu’ils soient informatisés les rend vulnérables à l’espionnage et aux opérations de sabotage qui créent du désordre voire du chaos dans les sociétés. Les États qui aspirent à la puissance doivent  s’assurer une bonne défense cyber des organisations publiques et privées. La capacité de dissuader l’autre, de le contraindre, avec des moyens offensifs cybers est un nouvel attribut de la puissance. A l’inverse des tanks qui peuvent servir dans n’importe quelle guerre, les attaques informatiques sont ciblées, préparées à l’avance et entourées de secrets.

Frédéric Mouffle : L’arme atomique est à la fois l’arme ultime et un gage de stabilité. En revanche, si on peut prévoir les dégâts causés par une bombe atomique, les attaques informatiques, en provoquant des réactions en chaîne imprévisibles peuvent causer des dégâts bien plus dramatiques. Suite à l’attaque de l’OSCE attribuée aux Russes, Obama a dit qu’il allait apporter une réponse. Il sera intéressant de voir comment cette réponse sera mesurée, cela permettra d’avoir une idée précise des futurs conflits de type cyber entre les États, et nous permettra de faire des prévisions sur les prochaines attaques (est-ce que ça va monter en puissance, comment cela va-t-il se passer ? etc.).

Les États repensent déjà la notion de puissance. Les armes cyber se développent de manière exponentielle, et d’énormes moyens sont mis de part et d’autre. Les Américains font cela depuis des décennies et ont un temps d’avance sur les autres nations (Russie, Chine). Tous ces pays ont déjà basculé vers un armement cyber et des départements, des divisions, du personnel sont consacrés aux problématiques du cyber.

Atlantico

Alors que la guérilla et le terrorisme étaient au 20ème siècle la réponse des faibles aux forts, quel(s) moyens d’action les « faibles » plébisciteront ils au 21ème siècle pour nuire aux « puissants » ? Comment Les États, les grandes entreprises, les administrations, envisagent-ils de se prémunir de ces attaques d’un nouveau genre ?

François-Bernard Huyghe : Il est évident qu’avoir des moyens offensifs informatiques, notamment un virus, faire des opérations de propagande ou de déstabilisation, répandre de l’intoxication sur les réseaux sociaux ne demande pas d’avoir un budget militaire en milliards de dollars ni des milliers de soldats. Les attaques informatiques sont une arme qui demande de l’esprit, de l’intelligence et de la technique et sont donc plus accessibles aux faibles. Dès les années 1990, des stratèges américains ou russes pensaient déjà que des États voyous, des groupes terroristes, des organisations à motivations idéologiques auraient grâce aux attaques cyber une forte capacité de nuisance.

L’accessibilité des attaques informatiques ouvre considérablement le jeu. Néanmoins, si des actions menées par des ONG ou des groupes privés peuvent faire beaucoup de bruit, comme c’est le cas d’Anonymous ou de Wikileaks, les dégâts, en termes de spectacularité ou de réaction de la population sont inférieurs à ceux d’une guérilla ou du terrorisme classique.

Est-ce qu’une action cyber vraiment effroyable qui paralyserait un pays, provoquerait le chaos ne s’est jamais produite parce que personne n’en a les moyens techniquement ou parce que personne ne veut aller jusque-là ? Par exemple, quelles motivations pourraient pousser un groupe privé à saboter le système bancaire mondial ? Comment des groupes qui auraient un but nihiliste (provoquer l’effondrement du système) pourraient ensuite remplir des objectifs politiques, prendre le pouvoir ou amener un gouvernement favorable ? Le problème n’est pas de causer des dégâts mais de penser l’après.

Frédéric Mouffle : De petits groupes de personnes peuvent fortement nuire aux entreprises, aux organisations, aux administrations et à tout autre type d’organisation susceptible d’être la cible d’attaquants. Mais les attaques informatiques lourdes nécessitent des moyens intellectuels, financiers, et techniques qui ne sont pas à la portée de tout le monde : les « petits » ne pourront pas si facilement que cela bloquer un État. En revanche, avec des moyens techniques et intellectuels, il n’y a quasiment aucune limite à ce qu’il est possible de faire. 

http://www.atlantico.fr/decryptage/piratage-informatique-guerre-genetique-terrorisme-ou-bon-vieux-conflit-nucleaire-quel-grand-conflit-risquons-au-21e-siecle-2920466.html

François-Bernard Huyghe est Directeur de recherches à l’Iris.

Frédéric Mouffle est Directeur du pôle investigations et sûreté informatique chez Ker-Meur.

Déc 29

ANKARA NE CONTRÔLE PAS L’ARME NUCLÉAIRE US STOCKÉE SUR SA BASE D’INCIRLIK

ankaraEn cas de conflit entre les États-Unis et la Russie, la Turquie risque sans doute plus que beaucoup d’autres pays, 50 à 90 bombes atomiques B-61 sur les 200 engins déployés par l’Otan en Europe étant stockées sur la base turque d’Incirlik, préviennent des experts.
Les récentes déclarations du président américain élu Donald Trump sur la nécessité de renforcer le potentiel nucléaire des États-Unis et celles du président russe Vladimir Poutine au sujet du remplacement des armes nucléaires tactiques américaines en Turquie, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas ont relancé les débats sur l’arsenal nucléaire de l’Otan stocké sur la base turque d’Incirlik.

« On assiste à présent à la modernisation de l’arme nucléaire au lieu de son retrait de la base militaire turque d’Incirlik », a déclaré à Sputnik le directeur du Centre d’études économiques et de politique extérieure de Turquie, Sinan Ulgen, auteur de plusieurs articles sur les armements nucléaires.
Et d’ajouter que si même cette arme nucléaire devait être sortie du territoire turc, cela demanderait une année voire deux. L’expert a rappelé que l’arme nucléaire se trouvait en Turquie depuis la fin de la guerre froide conformément à la doctrine américaine de dissuasion.

« Le retrait de l’arme nucléaire du territoire turc ne sera possible qu’à la conclusion d’un large accord de désarmement nucléaire entre Washington et Moscou. Pourtant, après la récente déclaration de Donald Trump, une telle évolution des événements est très peu probable dans un avenir proche », a estimé l’interlocuteur de l’agence.
L’amiral à la retraite Turker Erturk, ancien chef de l’École navale militaire de Turquie, a déclaré à Sputnik que, de toute évidence, Donald Trump allait poursuivre la politique américaine d’un monde unipolaire.

« Aussi, sa déclaration sur l’extension du potentiel nucléaire des États-Unis n’a-t-elle surpris personne », a indiqué M. Erturk.
Et de rappeler qu’Ankara ne contrôlait pas l’arme nucléaire américaine stockée sur sa base d’Incirlik.

« La Turquie ne peut pas s’en servir pour se défendre, mais peut bien, en revanche, se transformer en cible d’une attaque en cas de confrontation entre les États-Unis et la Russie. Par conséquent, la menace que représente cette arme nucléaire tactique pour la Turquie est bien supérieure à son utilité pour notre pays », a relevé l’interlocuteur de Sputnik.
Selon ce dernier, les États-Unis ne cachent pas que, dans le cadre de leur nouvelle conception, là où des armes conventionnelles étaient utilisées par le passé, une arme nucléaire tactique le sera désormais.

« Si cela se produit, la Turquie pourrait souffrir des résidus radioactifs, et les conséquences pourraient en être des plus imprévisibles. Malheureusement, ce danger et l’envergure effective de la menace pesant sur la Turquie ne préoccupent visiblement personne », a déploré l’expert.

https://fr.sputniknews.com/international/201612281029395776-turquie-arme-nucleaire-incirlik-usa-otan/

Déc 28

PIERRE-FRANCK CHEVET : LE CONTEXTE FINANCIER EST « PRÉOCCUPANT » POUR LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE EN FRANCE

chevetLe président de l’Autorité de sûreté nucléaire est revenu ce mercredi sur la situation du parc nucléaire français. Au micro d’Alexandra Bensaid, Pierre-Franck Chevet a reconnu l’existence de pressions sur l’ASN, une autorité pourtant indépendante, notamment en vue du futur examen, l’an prochain, de la cuve de l’EPR de Flamanville.

Le parc nucléaire français est aujourd’hui dans un état « plutôt bon« , a expliqué Pierre-Franck Chevet, mais plusieurs éléments l’inquiètent pour l’avenir. Le premier provient des pièces non conformes usinées, comme celles, chinoises, qui ont obligé la mise à l’arrêt de douze réacteurs nucléaires afin de les contrôler, mais aussi celles de l’usine d’Areva au Creusot, dont les anomalies représentent un an de contrôles.

L’autre problématique vient de la santé financière des entreprises du nucléaire. Une situation financière qui peut s’avérer problématique en cas d’incident nucléaire, a expliqué le président de l’ASN en prenant pour exemple le Japon : après Fukushima, les Japonais ont dû réviser plusieurs fois, et à) la hausse, les budgets alloués à la gestion de l’incident nucléaire.

Pour écouter l’interview complète (8mn13s) de Pierre-Frank Chevet par alexandra Bensaid:

https://www.dailymotion.com/video/x56k4d2_pierre-franck-chevet-repond-aux-questions-d-alexandra-bensaid_news 

Résumé sur: https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-28-decembre-2016

Déc 28

LE GÉANT DU NUCLÉAIRE RUSSE ROSATOM ESPÈRE UNE COOPÉRATION AVEC LE FRANÇAIS AREVA

rosatomLe groupe nucléaire russe Rosatom serait intéressé par une participation au capital d’Areva si le gouvernement français donnait son accord, selon un haut responsable de Rosatom, ajoutant qu’il attend la levée des sanctions anti-russes.

Dans le cadre d’une restructuration dirigée par le gouvernement, la société Areva, détenue à 87% par l’État, va se scinder en plusieurs filiales. Son unité dédiée aux réacteurs sera ainsi vendue à EDF, tandis que son unité de combustible nucléaire deviendra une unité distincte nommée provisoirement NewCo. 

Par ailleurs Areva a indiqué que des investisseurs tiers avaient fait une offre de 500 millions d’euros pour une participation combinée de 10% dans NewCo et que des pourparlers étaient en cours avec le japonais Mitsubishi Heavy Industries pour la prise d’une participation dans NewCo.

Mais le géant russe du nucléaire Rosatom serait, lui aussi, intéressé par les opportunités offertes par cette restructuration. Interrogé à ce sujet, le directeur de Rosatom pour l’Europe de l’Ouest, Andreï Rojdestvine a déclaré qu’il serait prêt à envisager une participation dans le capital d’Areva NP et dans NewCo.

«L’entrée dans le capital d’Areva n’est pas exclue, mais l’État français n’est pas vraiment partant», a-t-il indiqué dans une conférence de presse. «A ce jour, il n’y a pas de négociations [entre Rosatom et Areva]. Mais l’arrivée des Japonais et des Chinois dans leur capital nous inquiète car Areva est notre partenaire.», a-t-il poursuivi.

En avril 2016, un accord de coopération scientifique et technique a été conclu entre Rosatom et EDF pour améliorer la sûreté des centrales russes. Le conglomérat s’est aussi associé à Engie (autrefois GDF Suez –  troisième plus grand groupe mondial dans le secteur de l’énergie hors pétrole et dont l’État français détient un tiers du capital) dans les services nucléaires et même dans l’éolien. «C’est une nouvelle activité pour nous, explique Andreï Rojdestvine. Nous venons de remporter un appel d’offre pour un parc de 600 mégawatts en Russie.»

Rosatom s’est également rapproché de Véolia (gestion du cycle de l’eau, gestion et valorisation des déchets et gestion de l’énergie) avec lequel il a conclu un marché dans le traitement de l’eau. Face à la pénurie d’ingénieurs nucléaires en France, le groupe propose ses services, via une coopération avec son institut de formation «Mephi».

Attendre la fin des sanctions

Pour que Rosatom puisse mettre en marche son projet, les relations franco-russes, plutôt tendues à cause du conflit en Ukraine et en Syrie, doivent d’abord s’améliorer. A ce propos, François Fillon, l’un des principaux candidats à l’élection présidentielle de mai 2017, a déclaré vouloir rétablir les liens avec la Russie.

Interrogé si une éventuelle victoire de François Fillon à la présidentielle faciliterait l’achat de parts de Areva par Rosatom, Rojdestvine a déclaré qu’après l’élection Rosatom travaillerait avec le nouveau gouvernement français.

Il rappelle également qu’avant la création d’Areva en 2001, Rosatom travaillait avec les ancêtres d’Areva : Framatome et la Cogema. «Il y a des commandes de contrôle d’Areva dans les réacteurs des centrales russes et nous aimerions maintenant élargir notre coopération avec le groupe.»

«Nous avons discuté de ces sujets, mais ils n’ont pas été bien accueillis par le gouvernement français actuel … Nous attendons la fin des sanctions, après quoi nous pourrons peut-être discuter», a déclaré Andreï Rojdestvine.

Rosatom est conseillé par l’ancien directeur général d’EDF, Henri Proglio, qui est membre du conseil d’administration d’Akkuyu Nuclear JSC, une joint-venture à laquelle participe Rosatom pour la construction d’une centrale nucléaire en Turquie.

Andreï Rojdestvine a déclaré que Rosatom discutait avec Areva NewCo de la mise en place d’un projet conjoint de vente de services de combustible nucléaire (tels que le retraitement notamment) vers des pays tiers, éventuellement à partir de 2017.

«Areva NC est à la pointe dans la sphère du combustible nucléaire. Certains pays ont besoin de son expertise et Areva et Rosatom pourraient travailler ensemble pour offrir certains services dont ils ont besoin», a-t-il déclaré.

Areva et Rosatom se placent parmi les meilleurs constructeurs de réacteurs nucléaires au monde, mais Areva, accablée par les problèmes de construction et les dépréciations d’un projet d’extraction d’uranium en Afrique, a dû être sauvée de la faillite par le gouvernement.

Depuis 2007, Areva n’a remporté qu’un contrat majeur – pour le projet Hinkley Point en Grande-Bretagne – alors que Rosatom a signé une série d’accords ces dernières années, principalement dans les pays en développement.

https://francais.rt.com/economie/31424-geant-nucleaire-russe-rosatom-espere-cooperation-avec-areva

Déc 28

ACTIONS, DÉBOIRES FINANCIERS ET JURIDIQUES : LE NUCLÉAIRE FRANÇAIS SUR LA SELLETTE

courbe-edfLa semaine dernière a été marquée par trois journées d’actions consécutives de Greenpeace au siège d’EDF à Paris. Les militant-e-s de Greenpeace ont dénoncé la faillite financière et technique de l’entreprise, qui concerne tous les Français. La même semaine, EDF abaissait à nouveau ses perspectives de rentabilité pour l’année 2017, et le parquet national financier ouvrait une enquête après une plainte de Greenpeace accusant EDF de délits boursiers…
Trois jours d’actions pour alerter sur un scandale industriel et financier français
Le mois dernier sortait une étude sur les comptes d’EDF, réalisée par le cabinet d’analyse financière AlphaValue et commandée par Greenpeace, qui faisait la lumière sur une entreprise surendettée et en situation de faillite.
Mercredi 14 décembre, une vingtaine de militants de Greenpeace ont bloqué le siège du groupe, avenue de Wagram à Paris, pour dénoncer ce scandale financier, mais aussi le scandale technique dû à l’affaire des anomalies et des falsifications.
En l’absence d’une réponse à la hauteur des enjeux de la part des dirigeants d’EDF, les militants ont décidé de revenir jeudi 15 décembre, pour occuper cette fois-ci le siège du groupe et, à nouveau, dénoncer pacifiquement le naufrage de l’entreprise, emportée par la stratégie nucléaire suicidaire de ses dirigeants. Les militants, équipés d’un radeau de survie et de gilets de sauvetage sur lesquels il était écrit : « EDF coule » ont demandé au PDG, Jean-Bernard Lévy, qu’il annonce sans attendre un revirement stratégique qui redonne un avenir à l’entreprise.
Un PDG qui s’obstine à mettre en œuvre une stratégie de prolongation des réacteurs français alors que 30 de ces 58 réacteurs sont touchés par des anomalies est-il vraiment responsable ? Devant le silence de la direction d’EDF, les militants ont interpellé Jean-Bernard Lévy pour un troisième jour consécutif, vendredi 16 décembre. Sur l’intégralité de la façade du siège du groupe, ils ont projeté une image exhortant le PDG de l’entreprise à prendre ses responsabilités et à sortir du nucléaire.
Nous saluons à nouveau le courage et la détermination de nos activistes. Certains d’entre eux ont été durement malmenés par la police lors du premier jour d’action, alors que les derniers ont été libérés samedi 19 décembre, après 45 heures de garde à vue. Comme les militants qui ont dénoncé le mois dernier le scandale des anomalies du nucléaire dans 15 villes de France, ils ont contribué avec force à dénoncer la fuite en avant du nucléaire.
EDF coule : plongée en bourse d’un colosse aux pieds d’argile

Même le monde de la finance ne s’y trompe plus : EDF est en difficulté et son avenir semble compromis. Jeudi 17 décembre, alors que nos activistes occupaient le siège d’EDF, le Conseil d’administration d’EDF s’est réuni et a partagé avec ses actionnaires et investisseurs des prévisions pessimistes pour l’année 2017.
Les marchés financiers ont foudroyé EDF en bourse dans les heures qui ont suivi ces prévisions décevantes : une baisse de plus de 12% pour le géant français de l’énergie, qui apparaît de plus en plus comme un colosse aux pieds d’argile. Cette chute en bourse a aussi fait perdre 2,5 milliards d’euros à l’État, et donc aux contribuables.
Seul un changement de cap allant dans le sens d’une sortie du nucléaire permettrait de redonner un avenir au groupe et à ses salariés. Il constituerait également une marque de respect à l’égard des citoyens français, dont la sécurité est menacée par les problèmes de sûreté du parc et qui pourraient ressentir très durement le coût financier de l’obstination en matière de nucléaire.
Une enquête ouverte après la plainte de Greenpeace
En masquant sa situation, EDF et son PDG induisent en erreur les actionnaires, les investisseurs mais aussi et surtout les citoyens français. Le mois dernier, Greenpeace décidait de porter plainte contre l’entreprise EDF et son PDG Jean-Bernard Lévy pour délits boursiers. Plus que jamais, les risques qui pèsent sur la sûreté nucléaire et la sécurité des Français doivent amener l’entreprise à en finir avec l’opacité qui la caractérise. A la fin de la semaine dernière, le parquet national financier annonçait l’ouverture d’une enquête…sale temps pour EDF.
Le constat d’un nucléaire français en crise est de plus en plus largement partagé : l’atome est aujourd’hui sur la sellette. C’est à Jean-Bernard Lévy, en tant que PDG d’EDF, de rétablir la vérité sur la situation financière réelle de l’entreprise et de présenter un projet industriel de sortie du nucléaire, seule solution pour redresser son bilan financier et cesser de mettre les Français en danger.

Greenpeace – 28/12/2016 15:00:00

http://www.newspress.fr/Communique_FR_300326_183.aspx

Déc 28

CENTRALES NUCLÉAIRES VIEILLARDES : ELLES REDÉMARRENT… AVEC UN DÉAMBULATEUR !

vieillardesPierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire française  (ASN) s’entretenait ce mercredi matin avec une journaliste de France Inter. Il s’agissait de faire le point sur l’état des réacteurs du parc générateur d’électricité nucléaire du pays. Avec en arrière-plan le risque de manque d’électricité pour les périodes critiques cet hiver…

Rappelons que 21 réacteurs sur les 58 que comporte le parc ont été récemment mis à l’arrêt Sur ces 21 réacteurs, 15 ont été en maintenance technique « planifiée », donc normale, 7 ont dû subir des tests sur leurs générateurs de vapeur, potentiellement défectueux. Suite à la détection d’anomalies sur ces générateurs de vapeur, l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) a imposé à EDF des inspections poussées sur 18 réacteurs présentant des risques sur des équipements sous pression (cuves, générateurs de vapeur et tuyauteries du circuit primaire principal) ainsi que sur des emballages de transport de substances radioactives.
À l’heure actuelle, selon l’ASN, décisionnaire en la matière, sept réacteurs parmi les huit actuellement à l’arrêt pour des contrôles sur leurs générateurs de vapeur pourront redémarrer d’ici la fin du mois de décembre. Un générateur de vapeur est un échangeur thermique qui permet de refroidir le circuit primaire qui est porté à haute température (320°C) dans le cœur du réacteur. Le fond primaire est un composant en acier qui a la forme d’une portion de sphère située à la base du générateur de vapeur. Il permet de confiner l’eau du circuit primaire. C’est une pièce essentielle, impossible à changer une fois le réacteur en service.
À la demande de l’ASN, EDF a lancé en 2015 des analyses pour recenser les équipements de ses réacteurs en exploitation qui pourraient être affectés par une anomalie de la concentration en carbone de leur acier. Ces analyses ont conclu que les fonds primaires de certains générateurs de vapeur sont concernés par cette anomalie. Celle-ci peut conduire à des propriétés mécaniques de l’acier plus faibles qu’attendu, et remettre en cause la sûreté des réacteurs, qui repose sur l’exclusion de la rupture de ces composants.
EDF a transmis à l’ASN, par courriers des 7 octobre et 15 novembre 2016, un dossier générique destiné à justifier l’aptitude au service des fonds primaires de générateur de vapeur. Ces pièces essentielles ont été fabriquées non pas en France, mais au Japon, par l’entreprise JCFC (Japan Casting & Forging Corporation. Elles équipent des réacteurs de 900 MWe. Il a fait l’objet d’une instruction par l’ASN et l’IRSN, qui ont vérifié que les hypothèses et la méthode utilisées sont acceptables. Les hypothèses du dossier d’EDF devront toutefois être confirmées par un programme d’essais sur des pièces sacrificielles représentatives.
À la suite de cette instruction, l’ASN a formulé des demandes à EDF portant sur des contrôles complémentaires à réaliser, des mesures compensatoires d’exploitation à mettre en place ou renforcer et des compléments d’essais ou d’études à apporter à moyen terme. Chaque redémarrage de réacteur reste par ailleurs soumis à l’accord de l’ASN au vu d’un dossier spécifique.
L’ASN a rendu public le 7 avril 2015 une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR <https://www.asn.fr/lexique/mot/%28lettre%29/95315/%28mot%29/EPR>  de Flamanville. La détection de cette anomalie a conduit l’ASN à demander à Areva <https://www.asn.fr/lexique/mot/%28lettre%29/95097/%28mot%29/AREVA>  NP et EDF de tirer l’ensemble du retour d’expérience de cet évènement. Trois processus sont en cours :
la recherche, sur d’autres composants des réacteurs d’EDF, d’anomalies techniques similaires à celle détectée sur la cuve de l’EPR de Flamanville. Cette recherche a conduit EDF à identifier des anomalies similaires sur les fonds primaires de certains générateurs de vapeur ;
– des revues de la qualité de la fabrication des pièces dans les usines de fabrication d’Areva NP qui ont permis à Areva NP de détecter des irrégularités dans les dossiers de fabrication de Creusot Forge ;
– le lancement de réflexions sur la surveillance réalisée par les exploitants d’installations nucléaires de base sur leurs prestataires et sous-traitants, le contrôle effectué par l’ASN et les mécanismes d’alerte.
Le patron de l’ASN a donné aussi une information qui va rendre caduque une promesse de plus du président Hollande, celle d’arrêter la centrale doyenne du parc français, celle de Fessenheim. Celle-ci a reçu le feu vert de l’ASN pour fonctionner… encore dix années ! Tremblez, Alsaciens, Allemands et autres voisins de cette vieillerie…
Et la France continue de s’enferrer dans cette industrie du passé. Il faudra entre 50 et 60 milliards d’euros pour permettre aux réacteurs français de rempiler pour 10 ans. Comment peut-on être aussi ringard ?
Pendant ce temps, l’industrie, la recherche, la technologie allemandes ont œuvré, et de belle manière. Ils sont très avancés en matière d’éoliennes, de photovoltaïque, de géothermie, d’économie d’énergie, de bâtiments à bilan énergétique neutre, etc. Toutes matières neuves, d’avenir, pourvoyeuses d’emplois et de devises à l’exportation.
Pendant ce temps, nous construisons à coups de milliards toujours plus nombreux un EPR ringard puisque n’étant que le prolongement technologique des centrales existantes. Et menacé d’arrêt avant même sa mise en route… Pendant ce temps, nous imposons à nos voisins Allemands, Belges, Luxembourgeois, Suisses le danger d’une centrale de Fessenheim à bout de souffle.
De plus, l’arrêt de toutes les centrales allemandes en implique le démantèlement. Opération particulièrement délicate (les Français n’ont pas encore réussi, depuis vingt ans, à démanteler leur petite et vieille centrale de Brennilis !) et pour laquelle les Allemands vont acquérir – on peut leur faire confiance – une maîtrise, un savoir-faire et donc des marchés mondiaux juteux qui auraient dû, logiquement, nous revenir, nous qui sommes les champions mondiaux des technologies nucléaires ! Cocus et battus les Français…
Enfin, l’avance allemande en matière d’énergies renouvelables et d’économie d’énergie va se transformer en suprématie. L’Allemagne aura un train économique d’avance sur la France et caracolera à la tête de l’Europe.
Il faudra s’en rappeler au printemps prochain, dans l’isoloir : pas de bulletin pour les candidats ne mettant pas explicitement dans leur programme la sortie programmée et définie dans un temps raisonnable (20 ans) non pas seulement du « tout nucléaire » mais DU NUCLÉAIRE.
Source : le site de Victor : http://lantifadas.midiblogs.com/

Publié par : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/centrales-nucleaires-vieillardes-187994

Déc 28

TCHERNOBYL DAY AND NIGHT (VIDÉO) : LE NUCLÉAIRE EST DANGEREUX, CHER ET DÉPASSÉ

gueritePour commémorer le triste anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl du 26 avril 1986, l‘Association la Qualité de Vie a organisé une Conférence événementielle, sur le thème : Le nucléaire est dangereux, cher et dépassé. Il est urgent d’en sortir.

Cette Conférence a bien eu lieu, le samedi 23 avril, de 9 heures du matin à minuit, dans les salles des mariages et des expositions de la Mairie de Paris 2éme, ainsi que sous un chapiteau installé dans la courette de la mairie. Ces lieux ont été mis à disposition gracieusement par le maire Jacques BOUTAULT, bien connu pour son engagement en faveur de l’écologie.

En direct sur internet YouTube

15 heures de conférence ont été retransmises en direct sur internet YouTube. L’intégralité du contenu est visible aujourd’hui, en replay. Il a été découpé en 28 modules sur cette playlist :

https://www.youtube.com/playlist?list=PLJGHY7xxjPoO2DPZlTErGpQDbhPtZAa0v

Après avoir visionné la totalité ou un court extrait d’un module, merci de nous faire part de votre analyse. Que vous soyez en accord ou en désaccord avec le contenu, merci de le faire savoir à : tcherno23conference@gmail.com

APPEL A SOUTIEN FINANCIER
Merci enfin de considérer que vous venez de voir une vidéo ou un film, et que vous pouvez concevoir que la réalisation de la Conférence événementielle #tcherno23 représente un certain budget. Vous avez donc le droit, peut-être le devoir, voire la citoyenneté d’adresser l’équivalent du prix d’un billet de cinéma à l’Association la Qualité de la Vie :

http://www.villesurterre.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=23&Itemid=112

Si cela vous « barbe » de remplir encore un formulaire, de payer via Paypal… vous pouvez adresser directement un chèque à :

Association la Qualité de Vie  – 8 route de Soulaines – 10200 VILLE-SUR-TERRE

Nous avons pu organiser cette conférence grâce à un crédit sur dons à venir…

Merci de répondre à cet appel.

Déc 27

LOURDE PERTE EN VUE POUR TOSHIBA DANS LE NUCLÉAIRE

toshibaToshiba devrait annoncer une perte nette extraordinaire de 100 milliards de yens (815 millions d’euros) liées ses activités dans le nucléaire aux États-Unis, rapporte lundi le quotidien financier Nikkei.

Toshiba n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire adressée par Reuters.

Le Nikkei précise que la perte extraordinaire désormais prévue est liée à l’acquisition l’an dernier par Westinghouse Electric, filiale nucléaire de Toshiba, d’un fournisseur américain de services.

A la suite de cette acquisition, Westinghouse et le vendeur, Chicago Bridge & Iron, ont fait appel à une expertise indépendante pour résoudre un différend sur la valorisation des actifs concernés.

Toshiba a annoncé en avril avoir déprécié la valeur de Westinghouse de 260 milliards de yens (2,1 milliards d’euros) sur l’année écoulée, une mesure destinée à aider le groupe industriel japonais à tourner la page d’un important scandale comptable.

Le groupe a déclaré prévoir pour l’ensemble de l’exercice en cours un bénéfice annuel d’environ 145 milliards de yens.

Rédaction de Bangalore; Patrick Vignal pour le service français, édité par Marc Angrand –

http://investir.lesechos.fr/actions/actualites/lourde-perte-en-vue-pour-toshiba-dans-le-nucleaire-presse-1621222.php

Vous pouvez également lire l’article :

« Toshiba dévisse en Bourse après l’annonce d’une perte exceptionnelle »

sur le site : https://www.rts.ch/info/economie/8268754-toshiba-devisse-en-bourse-apres-l-annonce-d-une-perte-exceptionnelle.html

Déc 26

RISQUE NUCLÉAIRE : LES RETRAITS DE COMPRIMÉS D’IODE SONT EN HAUSSE

iode390.000 boîtes de comprimés d’iode  ont été retirées en pharmacie depuis le lancement de la campagne de distribution <http://www.distribution-iode.com>  en février 2016, selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Soit 22% de plus qu’au cours de la précédente campagne en 2009. Ces comprimés sont distribués dans un rayon de 10 kilomètres autour des 19 centrales nucléaires. En cas de rejets radioactifs, ils permettent de saturer la thyroïde d’iode saine et d’empêcher l’absorption d’iode radioactive responsable à terme de cancer.
La catastrophe de Fukushima  aurait-elle sensibilisé les riverains de centrales nucléaires ? « Par rapport à 2009, le nombre total de retraits en pharmacie a crû de 8% (190.000 retraits en 2016 ; 175.000 en 2009) pour les particuliers et a été multiplié par plus de trois (20.000 retraits en 2016 ; 6.250 en 2009) pour les établissements recevant du public (ERP) et entreprises », précise l’ASN.
Au 20 décembre, 51% des particuliers concernés, 36% des entreprises et ERP et 85% des établissements scolaires avaient retirés leurs comprimés. « La mobilisation des ERP a été particulièrement positive en 2016 puisque seuls 20% d’entre eux avaient retiré leurs comprimés en 2009 et que le nombre de boîtes distribuées a augmenté de près de 85% entre 2009 et 2016 », souligne l’ASN.
Les particuliers n’ayant pas retiré leurs boîtes les recevront par courrier au cours du mois de janvier. Les entreprises et établissements scolaires vont être relancés, afin notamment « d’assurer une couverture proche de 100 % en milieu scolaire« . L’ASN rappelle également les six réflexes à adopter en cas d’alerte nucléaire : se mettre à l’abri rapidement dans un bâtiment en dur – se tenir informé(e) à l’aide des médias – ne pas aller chercher ses enfants à l’école – limiter ses communications téléphoniques – ingérer le(s) comprimé(s) d’iode sur instruction du préfet – se préparer à une éventuelle évacuation.
Article de Sophie Fabrégat,

http://www.actu-environnement.com/ae/news/accident-nucleaire-rejets-radioactif-distribution-comprimes-iode-28157.php4

Déc 26

L’ONU OUVRE LA PORTE À UN TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES : LES CONSÉQUENCES

onu-terLe but est de comprendre :

  • Pourquoi 123 États sont arrivés à obtenir la tenue en 2017, d’une conférence ayant pour objectif la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète.
  • Comment la majorité des Etats, réunit derrière « l’initiative humanitaire », est arrivée à faire voter la résolution L41.
  • Les objectifs de ce futur traité : redynamiser le processus multilatéral sur le désarmement nucléaire ; combler le vide juridique qui entoure les armes nucléaires ; renforcer les normes de non-prolifération.
  • Les conséquences sont nombreuses – outre l’interdiction de l’arme nucléaire – les industriels et les banques seront impactés par cette norme, tout comme les États non signataires. 

S’il aboutit, ce processus de désarmement multilatéral aura comme première conséquence de renforcer le TNP et non de le diminuer comme le pensent ses détracteurs. Le TNP fournit un cadre dans lequel le P5 est maître du jeu et interprète comme il l’entend sa possession quasi indéfinie de l’arme nucléaire. Dès lors on comprend la posture de la France, qui « s’oppose à l’interdiction des armes nucléaires, qui ne lui permettrait plus d’arguer de la légitimité prétendument conférée à ces armes par le TNP 35». Il est intéressant de noter aussi le débat qui existe entre les partisans et les opposants de ce futur instrument juridique à l’égard du TNP. La France s’exprimant au nom des États-Unis et du Royaume-Uni, a réitéré « qu’une interdiction des armes nucléaires risque d’affaiblir le processus d’examen du TNP en rendant le consensus impossible, créant ainsi un monde beaucoup moins sûr ». Or, il faut remarquer que le consensus – donc l’adoption d’un document final – n’a été atteint que lors des RevCon de 1995, 2000, 2015 ; celles de 2005 et 2015 étant des échecs. Mais, même quand il y a « succès », on peut s’interroger sur celui-ci, car les mesures acceptées ne sont pas respectées.
Le rapport de l’OEWG est précis concernant le lien entre le futur traité d’interdiction et le TNP : « Le OEWG a en outre estimé que la recherche de telles mesures, dispositions et normes devait compléter et renforcer le régime du désarmement nucléaire et de la non-prolifération, y compris les trois piliers du Traité. » La L.41 reprend cette assertion « réaffirme l’importance du TNP » et « par conséquent, les arguments et les craintes que le processus mine le TNP sont injustifiés et infondés », a pris soin d’indiquer l’ambassadeur de Malaisie37.
Mais on notera surtout les conséquences que ce traité aura sur l’Alliance atlantique (OTAN). L’impact sera réel sur la politique de dissuasion nucléaire menée par l’OTAN. Ce n’est pas l’existence de cette organisation qui est visée, mais bien sa politique nucléaire, comme en atteste un document diffusé par les États-Unis. Washington prouve ainsi bien l’efficience de ce traité en indiquant que 9 des 21 éléments proposés (du rapport de l’OEWG) « pourraient avoir un impact direct sur la capacité des États-Unis à respecter leur engagement de dissuasion élargie sur les membres de l’OTAN (comme d’Asie et du pacifique) » comme « sur celles [France et Royaume-Uni] des autres États dotés d’armes nucléaires ». Autre effet, cela « pourrait rendre impossible la planification nucléaire, la formation nucléaire, le transit lié aux armes nucléaires dans l’espace aérien comme sur les mers territoriales ». Ainsi, la question se posera pour les États-Unis de savoir comment transporter les futures B61-12 qui sont destinées à être stockées en Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie et Turquie ! Ce document note que ce traité impactera à la fois les signataires et non-signataires. Ce futur instrument juridique semble donc bien cohérent – contrairement aux dires des opposants – avec le TNP, dont l’article VI demande à ses membres de s’engager « à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces » !
Cette législation enfin, concernera également les institutions bancaires et les industriels de l’armement :
Avec cette nouvelle norme, les institutions financières devront adapter leur politique d’investissement du secteur de la défense. C’est une obligation pour ces institutions si elles veulent respecter leur politique de responsabilité sociétale des entreprises ; un argument aujourd’hui majeur en terme d’image et de création de business.
Des législations nationales pourraient naître pour interdire les investissements dans les entreprises d’armement nucléaire. L’exemple norvégien pourrait ainsi être suivi. Depuis 2004, l’adoption de directives déontologiques à l’intention du Fonds de pension de l’État norvégien39 fait que dix sociétés internationales ont été exclues en raison de leur implication dans la fabrication de composants d’armes nucléaires.
Comment les industriels de défense trouveront-ils des prêts bancaires, si les banques prennent en compte cette norme ? Par exemple, le groupe Safran qui est impliqué dans la production du système propulsif du missile intercontinental français M51, s’est vu accorder des prêts par des banques allemandes (Deutsche Bank Allianz, Commerzbank), hollandaises (ABP, ING Group) et suisse (UBS) situées dans des États susceptibles d’adhérer à cette future norme. Même si les principaux flux d’argent viennent de banques américaines et françaises pour Safran, il est évident que cet industriel sera confronté à des difficultés nouvelles.
L’interdiction des armes nucléaires rendra incontestablement ce marché plus compliqué pour les industriels et donc par effet domino le maintien ou le développement des arsenaux plus difficiles pour les États.

http://www.pressenza.com/fr/2016/12/en-2017-lonu-va-interdire-les-armes-nucleaires-4-les-consequences/

Déc 26

OBAMA ET ABE VONT SE RETROUVER POUR L’HISTOIRE

obama-abeDeux lieux de mémoire douloureux, deux visites historiques chargées en symboles: sept mois après le déplacement de Barack Obama à Hiroshima, Shinzo Abe se rend ce lundi à Pearl Harbor pour louer la force de l’alliance Tokyo-Washington…

Haro sur le nucléaire
En mai, lors d’un discours prononcé dans un impressionnant silence, Barack Obama avait lancé un vibrant plaidoyer pour un monde sans arme nucléaire. « Nous connaissons la douleur de la guerre. Ayons le courage, ensemble, de répandre la paix« , avait-il écrit sur le livre d’or en partant.
Plus de 16 millions d’Américains ont servi sous l’uniforme de 1941 à 1945. Plus de 400’000 ont été tués.
Pearl Harbor et Hiroshima, qui marquèrent le début et la fin de l’affrontement entre les États-Unis et le Japon impérial, sont deux événements très différents par nature. Impossible de comparer l’attaque d’une base navale avec l’utilisation du feu nucléaire par lequel périrent des dizaines de milliers de civils.
Mais ils ont, respectivement, dans chacun des deux anciens pays rivaux, marqué durablement les esprits, et sont devenus des lieux de souvenir à part.
Message pour Trump
La rencontre Obama-Abe prendra un relief particulier, à moins de quatre semaines de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui envoie depuis des mois des signaux confus et parfois contradictoires sur l’orientation qu’il souhaite donner à la diplomatie américaine en Asie.
Pour Mireya Solis, de la Brookings Institution à Washington, Barack Obama et Shinzo Abe entendent, avec cette rencontre dans un lieu chargé d’Histoire, envoyer au prochain locataire de la Maison Blanche « un message fort sur la solidité de l’alliance USA-Japon« .
Durant la campagne, le républicain avait promis de renégocier le financement des quelque 50’000 soldats américains stationnés sur l’archipel. Il s’était également prononcé contre l’accord de libre-échange transpacifique (TPP), dont Shinzo Abe est un fervent défenseur et qui a été conçu pour éviter que Pékin ne fixe, seul, les règles du jeu économique dans la région.
Il avait enfin laissé entendre qu’il avait peu goûté le déplacement historique de Barack Obama à Hiroshima. « Lorsqu’il est au Japon, le président Obama évoque-t-il l’attaque sournoise de Pearl Harbor ? Des milliers de vies américaines perdues« , avait-il tweeté au moment de la visite.

http://www.swissinfo.ch/fre/obama-et-abe-vont-se-retrouver-pour-l-histoire/42791600

Déc 26

RÉUNION LE 10 JANVIER À VIENNE SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

iranL’Iran considère que le renouvellement des sanctions américaines est une violation de l’accord nucléaire signé l’année dernière.

Une commission conjointe chargée de superviser l’application de l’accord nucléaire entre l’Iran et les grandes puissances va se réunir à Vienne le 10 janvier à la demande de Téhéran, qui dénonce le renouvellement des sanctions américaines, a annoncé samedi l’Union européenne.

La chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, a fixé la date de cette réunion. Elle est chargée des contacts entre l’Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), signataires de l’accord sur le nucléaire.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif lui avait officiellement demandé dans une lettre la tenue d’une réunion de la « commission conjointe » à cause du renouvellement des sanctions américaines, dénoncé par l’Iran comme une « violation » de l’accord nucléaire conclu en juillet 2015.

« La réunion passera en revue l’application de l’accord [sur le nucléaire] et discutera des questions posées dans la lettre adressée par le ministre des Affaires étrangères Zarif à Mme Mogherini le 16 décembre », a indiqué un communiqué de l’UE.

Elle se tiendra dix jours avant l’investiture du président américain élu Donald Trump, qui avait promis pendant sa campagne de « déchirer » cet accord qui vise à empêcher la République islamique de se doter de la bombe nucléaire.

Début décembre, le Congrès américain a renouvelé pour dix ans l’Iran Sanction Act (ISA). Le président sortant Barack Obama, très impliqué dans la conclusion de l’accord sur le nucléaire, a autorisé cette prolongation mais s’est abstenu de signer la loi.

Entré en vigueur en janvier 2016, cet accord a permis la levée d’une partie des sanctions internationales contre la République islamique. Mais Téhéran, qui a respecté selon les Nations unies tous ses engagements pour limiter son programme nucléaire, accuse les États-Unis d’empêcher une normalisation de ses relations économiques notamment bancaires avec le reste du monde.

Les États-Unis ont suspendu les sanctions anti-iraniennes liées au nucléaire, mais en imposent d’autres liées au non-respect des droits de l’Homme par Téhéran, à son soutien au terrorisme au Moyen Orient et à son programme de missiles balistiques.

Les sanctions américaines pénalisent le secteur bancaire iranien ainsi que les industries de l’énergie et de la défense. De ce fait, les retombées économiques de l’accord nucléaire ont été beaucoup moins prometteuses qu’espéré par l’Iran.

L’accord nucléaire prévoit que l’Iran ou l’un des pays du groupe 5+1 puisse demander la réunion d’une « commission conjointe » pour examiner une éventuelle violation de cet accord.

Zarif pourrait souligner au cours de la réunion que, même si des centaines de compagnies européennes sont impatientes de reprendre le commerce avec l’Iran, les banques hésitent à travailler avec l’Iran en raison des sanctions américaines.

http://fr.timesofisrael.com/reunion-le-10-janvier-a-vienne-sur-le-nucleaire-iranien/

Déc 25

NOAM CHOMSKY SE DIT «EFFRAYÉ» PAR L’ANNONCE DE DONALD TRUMP DE RELANCER L’ARMEMENT NUCLÉAIRE

chomskyNoam Chomsky, professeur émérite du MIT, a exprimé ses inquiétudes après l’annonce par Donald Trump de sa volonté de relancer le programme d’armement nucléaire des États-Unis.

Alors que l’arsenal nucléaire américain est en voie de vieillissement, Donald Trump a annoncé sa volonté de le moderniser et de le développer : une annonce qui préoccupe le philosophe.

«C’est l’une des choses les plus effrayantes que j’aie vues ces derniers temps», a déclaré le philosophe américain Noam Chomsky lors d’une conférence, réagissant à l’annonce par Donald Trump du renforcement et de l’expansion du programme nucléaire des Etats-Unis. «Les États-Unis doivent renforcer et étendre leurs capacités nucléaires de manière importante», avait annoncé Donald Trump dans un tweet le 22 décembre dernier. 

Réputé pour ses analyses critiques de la société américaine et du capitalisme en général, l’universitaire avait déjà attaqué la campagne de Donald Trump, qu’il a comparée à la rhétorique employée par le parti nazi dans les années 1920 et 1930. Il avait porté le même jugement sur les intentions nucléaires du président russe Vladimir Poutine.

Le programme de développement nucléaire américain devrait coûter environ 1 trillion de dollars (NDLR : 1 milliard de milliards de dollars) sur les 30 ans à venir selon plusieurs experts. Il s’agit principalement de remplacer et de moderniser l’arsenal existant, dont l’obsolescence est prévue pour la fin de la décennie.

https://francais.rt.com/international/31194-noam-chomsky-se-dit-effraye-annonce-donald-trump-relancer-armement-nucleaire-usa

Déc 25

UN MINISTRE PAKISTANAIS MENACE ISRAËL D’ATTAQUE NUCLÉAIRE A CAUSE D’UN ARTICLE BIDON

menace-pakistanaiseSelon la presse israélienne, la diffusion sur Internet d’un article complétement faux aurait poussé le ministre de l’Intérieur pakistanais à menacer l’État hébreu de représailles nucléaires.

Le ministre d’une des plus grandes puissances nucléaires au monde ne devrait pas dire ça, qui plus est sur Twitter. Le site d’information israélien The Times of Israel révèle que le ministre de la Défense du Pakistan a publié un message sur Twitter vendredi, dans lequel il menace indirectement l’État hébreu de représailles nucléaires: « Israël oublie que le Pakistan est aussi une puissance nucléaire« .  

Les raisons du courroux de Khawaja Muhammad Asif? Le dignitaire pakistanais aurait réagi à la diffusion d’un article diffusé sur Internet prêtant à son homologue israélien l’intention de menacer le Pakistan en cas d’envoi de troupes par Islamabad en Syrie pour combattre l’organisation État islamique.  

Mais l’article en question serait complément bidon.  

Une fausse information à l’origine de la menace

C’est un billet non signé publié mardi sur le site AWDnews.com qui a mis le feu aux poudres, détaille le site d’informations israélien. Le texte prête à Moshe Yaalon la citation suivante: « Si par malheur, ils [les troupes pakistanaises, NDLR] arrivent en Syrie, nous saurons quoi faire et les détruiront avec une attaque nucléaire« . 

Problème, le ministre israélien n’a jamais prononcé cette phrase. D’abord parce que Israël n’a jamais confirmé disposer d’un arsenal nucléaire, ensuite car Moshe Yaalon… n’est plus le ministre de la Défense israélien, depuis la nomination du dernier gouvernement du Premier ministre Bejamin Netanhyaou et son remplacement par Avigdor Liberman en mai dernier. Le site israélien rappelle également que cette déclaration, si elle avait bien été faite, aurait fait « les gros titres dans le monde entier« . 

« La déclaration attribuée à l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon n’a jamais été faite […] L’article auquel a réagi le ministre de la Défense pakistanais est complètement faux« , ont répondu ce samedi les autorités israéliennes, via un compte Twitter présenté comme celui du ministère de la Défense israélien par le Jerusalem Post

Reste que Khawaja Muhammad Asif semble être coutumier des déclarations à l’emporte-pièce. En septembre dernier, suite aux frappes chirurgicales menées par l’Inde dans la région disputée du Cachemire, il avait déjà menacé d' »écraser l’Inde » et d' »user de son arme nucléaire« , comme le rappelle Le Monde.  

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/un-ministre-pakistanais-menace-israel-d-attaque-nucleaire-a-cause-d-un-article-bidon_1863453.html

Déc 25

HIER SOIR, UN VOTE HISTORIQUE AUX NATIONS-UNIES!

onuBonne nouvelle en forme de cadeau de Noël, en ce 24 décembre ! Cette nuit, l’Assemblée générale des Nations-Unies a voté à une majorité de plus 70% des votants, la résolution qui prévoit de « faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire« , en préparant la négociation d’un Traité d’interdiction des armes nucléaires en 2017.
C’est un vote historique. En effet, il relance la perspective du désarmement nucléaire multilatéral, actuellement en pause depuis une vingtaine d’années, au moment même où le futur Président des États-Unis et le Président russe annoncent clairement leur volonté de relancer la course aux armements nucléaires.
Voici le détail du vote :
– 113 pays ont voté pour, dont l’Autriche, la Suède, le Mexique, le Brésil, l’Afrique du Sud, la Nouvelle Zélande.
– 35 pays ont voté contre, dont la France, les États-Unis, la Russie, la Grande Bretagne, tous les autres membres de l’OTAN (sauf les Pays-Bas), Israël, la Corée du Sud, le Japon, l’Australie.
– 13 pays se sont abstenus, dont la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Finlande, les Pays-Bas, la Suisse.
Comme on le voit, parmi les pays disposant d’armes nucléaires, 5 d’entre eux (France, États-Unis, Russie, Grande Bretagne, Israël) ont voté contre et 3 d’entre eux (Chine, Inde, Pakistan) se sont abstenus.
Il est regrettable que la France n’ait pas rejoint ces derniers, pour manifester qu’elle ne s’opposait pas à la rédaction d’un traité d’interdiction des armes nucléaires. C’est ce qu’avaient demandé plus de 25 000 personnes (25 430 exactement) qui ont signé notre « appel au Président de la République » et c’est ce que souhaitaient 68% des personnes sondées à ce sujet (voir http://www.idn-france.org/wp-content/uploads/2016/12/Opinionway-pour-IDN-Les-Francais-et-la-resolution-de-l-ONU-BADF.pdf)
Et maintenant ? Le vote historique de cette nuit à l’Assemblée générale des Nations-Unies va se traduire par des réunions dans le cadre de l’ONU, du 27 au 31 mars et du 15 juin au 7 juillet 2017, au cours desquelles doit être « négocié un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires, en vue de leur élimination complète« .
Le Président de la République, François Hollande, qui a pris connaissance de notre appel, a maintenu son opposition à la démarche de rédaction d’un traité d’interdiction. Il a cependant indiqué, en rappelant les actions engagées par la France dans le domaine du désarmement, qu’il souhaitait « une approche par étapes dans laquelle tous les États concernés doivent prendre leur part » et que soient prises en compte « toutes les garanties s’agissant de la préservation de nos intérêts nationaux« .
On imagine mal que la France ne participe pas à ces travaux et pratique la politique de la chaise vide, envoyant alors un message négatif à la communauté internationale sur sa volonté d’arriver à un monde sans armes nucléaires. En participant, elle montrerait sa bonne foi quant à sa volonté de respecter le Traité de Non-Prolifération (TNP) dont elle est signataire et notamment son article VI, qui précise que « chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace.« 
Le 23 janvier 2017, « Initiatives pour le Désarmement Nucléaire  » (IDN) http://www.idn-france.org./ organise à Paris une conférence internationale sur le thème de la course aux armements, en présence de nombreuses personnalités françaises et étrangères. La question du traité d’interdiction des armes nucléaires sera abordée notamment par Béatrice Fihn, directrice de « la campagne internationale pour abolir les armes nucléaires » (ICAN) http://www.icanw.org/
Si vous souhaitez assister à cette conférence, vous pouvez vous inscrire ici: http://www.idn-france.org/2016/12/2412/

Retrouvez cet article sur : https://www.change.org/p/fran%c3%a7ois-hollande-monsieur-le-pr%c3%a9sident-la-france-doit-voter-%c3%a0-l-onu-l-interdiction-des-armes-nucl%c3%a9aires/u/18872576?utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=petition_update

Déc 24

MALGRÉ LES MAUVAISES NOUVELLES DU NUCLÉAIRE, BONNES FÊTES À TOUS !

bonne-fetes

Déc 24

REDÉMARRAGE D’UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE : UN PROCESSUS LONG ET COMPLEXE

redemarrageAprès les différentes péripéties que l’électricien français a connues à l’approche de l’hiver, celui-ci obtenait début décembre l’autorisation de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour remettre en fonction sept réacteurs nucléaires. Le processus de redémarrage pouvait alors débuter selon le planning prévisionnel disponible sur le site de Réseau de transport d’électricité (RTE). Planning qui a depuis fait l’objet de plusieurs petits changements. Changements qui semblent avoir suscité quelques interrogations. Néanmoins, s’agissant d’un processus particulièrement complexe, ces quelques modifications de planning sont loin d’être anormales.

Le processus de redémarrage d’un réacteur nucléaire n’est pas chose facile. Tout commence avec le rechargement du combustible suivi par la fermeture de la cuve du réacteur. Une fois ces premières étapes terminées, place à la montée progressive des circuits en pression et en température. Cette étape étant considérée comme très importante, l’ASN est systématiquement prévenue.

Une fois les valeurs cibles de pression et de température atteintes, les équipes procèdent à la divergence, c’est-à-dire qu’elles initient la réaction en chaine. Ici aussi, l’ASN vient jouer un rôle. En effet, la divergence du réacteur ne peut se faire sans son autorisation. Une fois l’autorisation obtenue, une dizaine de composants, essentiels pour la protection du réacteur, va subir toute une batterie de tests de fonctionnement. Si les tests sont concluants, la puissance du réacteur est augmentée progressivement, par palier, jusqu’à atteindre sa pleine puissance.

L’ensemble du processus peut prendre jusqu’à 3 semaines. Le type de matériel à tester n’étant pas le même selon le type d’arrêt, il ne peut y avoir de durée « standard ». C’est bien le type d’arrêt et la nature des opérations de maintenance qui définiront la durée totale du processus.

En plus d’être long et complexe, le redémarrage d’un seul réacteur peut mobiliser jusqu’à 200 personnes (automaticiens, essayeurs/testeurs, chimistes, etc.). Les étapes se succédant obligatoirement dans un ordre précis, les équipes ne peuvent jamais travailler en même temps. Une équipe commence que lorsque celle qui la précède à terminer son activité.

http://lenergeek.com/2016/12/23/redemarrage-dun-reacteur-nucleaire-processus-long-complexe/

Articles plus anciens «