Juil 21

L’IRAN DÉNONCE L' »UNILATÉRALISME » ET LE « TERRORISME ÉCONOMIQUE » DES ÉTATS-UNIS

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a dénoncé samedi l' »aventurisme unilatéral » et le « terrorisme économique » des États-Unis, lors d’une réunion ministérielle du Mouvement des non-alignés à Caracas, sans évoquer la saisie par son pays d’un pétrolier battant pavillon britannique.

« Le gouvernement américain, pour atteindre ses objectifs illégitimes, a recours à une forme de pression que nous appelons terrorisme économique« , a déclaré M. Zarif à la presse, selon la traduction simultanée officielle, en marge de la réunion.

Selon lui, Cuba, la Syrie, le Venezuela et l’Iran « souffrent » de ce « terrorisme économique » mis notamment en place au moyen de sanctions. Washington a ainsi rétabli ses sanctions à l’encontre de Téhéran après son retrait unilatéral de l’accord nucléaire en 2018.

Lors de son discours aux pays-membres du Mouvement des non-alignés, M. Zarif a également épinglé l' »aventurisme unilatéral extrême » de l’administration de Donald Trump qui « sape l’État de droit au plan international« .

« Mon pays (…) est à l’avant-poste de la résistance aux nouvelles tendances unilatérales des États-Unis« , a-t-il ajouté dans son discours, lors de cette réunion ministérielle du Mouvement qui compte 120 pays-membres.

Au cours de ces deux interventions, M. Zarif n’a pas évoqué le pétrolier battant pavillon britannique arraisonné par l’Iran dans le détroit d’Ormuz, une opération jugée « inacceptable » par Londres et qui suscite la crainte d’une nouvelle escalade.

Sur Twitter, M. Zarif avait assuré plus tôt dans la journée que cette « action dans le Golfe persique consiste à faire respecter le droit maritime international » tout en appelant la Grande-Bretagne à « cesser d’être un auxiliaire du terrorisme économique des États-Unis« .

Au cours de la réunion ministérielle du Mouvement des non-alignés, plusieurs pays, dont Cuba, le Nicaragua et l’Iran, ont exprimé leur soutien au président vénézuélien Nicolas Maduro, englué dans une crise politique depuis que l’opposant et président du Parlement Juan Guaido s’est auto-proclamé président par intérim en janvier, avec le soutien de Washington. 

« L’ingérence grossière des États-Unis dans les affaires internes du Venezuela (…) est un nouvel exemple » de leur « manque de respect évident du droit international« , a déclaré Mohammad Javad Zarif.

AFP, publié le dimanche 21 juillet 2019 à 08h47

https://actu.orange.fr/monde/l-iran-denonce-l-unilateralisme-et-le-terrorisme-economique-des-etats-unis-CNT000001hlLDd.html

Juil 21

MANCHE : LE GENDARME DU NUCLÉAIRE TOUJOURS PLUS VIGILANT SUR LE CAS FLAMANVILLE

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pointe du doigt plusieurs déficiences et défauts de maintenance concernant les unités de production de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche).

Le gendarme du nucléaire a les yeux braqués sur la centrale nucléaire de Flamanville (Manche). Le 4 juillet 2019, le directeur général de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a en effet convoqué le directeur de la centrale nucléaire de Flamanville « à la suite des difficultés rencontrées sur cette centrale depuis mi-2018 ».

« Après l’avoir auditionné, l’ASN a demandé au directeur de la centrale de transmettre d’ici la fin du mois d’août un plan d’action visant à renforcer la maîtrise et le contrôle des activités d’exploitation« , explique l’Autorité de sûreté nucléaire.

Les visites décennales dans le viseur

Dans le viseur du gendarme du nucléaire : les visites décennales successives des deux réacteurs actifs de la centrale. La visite décennale de la première unité de production s’est achevée en janvier 2019, avec plusieurs mois de retard.

La visite décennale de la deuxième unité de production est en cours. La reprise de son activité est estimée pour le mois d’octobre, soit avec cinq mois de retard.

« L’ASN constate des déficiences dans la maîtrise des gestes techniques associés à certaines activités d’exploitation, comme la réalisation de l’épreuve hydraulique du circuit primaire au cours de la visite décennale en cours du réacteur 2. Elle constate également un nombre élevé d’événements significatifs liés à des défauts de maintenance et de surveillance des prestataires. »

Mauvaise maîtrise de la maintenance

« L’ASN avait également fait part à EDF de la mauvaise maîtrise de certaines opérations de maintenance et de la qualité insuffisante des documents qui lui étaient transmis dans le cadre de la visite décennale du réacteur 1″, détaille le gendarme du nucléaire.

L’ASN souligne enfin la nécessité pour EDF de « pleinement maîtriser la préparation et la réalisation des activités pendant les arrêts de réacteur et le traitement des aléas, de renforcer le contrôle technique et la surveillance des prestataires, de veiller à la qualité des éléments transmis à l’ASN et de replacer au premier plan les enjeux de sûreté dans les processus de prise de décision ».

Si l’EPR, le troisième réacteur, n’était pas concerné par cette audition, pour rappel l’ASN a encore formulé, le 17 juillet 2019, de vertes critiques à l’encontre d’EDF concernant « la défaillance industrielle globale » qui aurait engendré les défauts de soudures qui empêchent encore la mise en service du réacteur.

Par Kevin Alix, publié le 21 juillet 2019 à 14h42

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-743391-manche-le-gendarme-du-nucleaire-toujours-plus-vigilant-sur-le-cas-flamanville

Juil 21

POLLUTION RADIOACTIVE EN TRITIUM DE L’EAU DU ROBINET DE PARIS ET D’ILE DE FRANCE

À Paris et en Ile de France, l’eau du robinet est radioactive. Presque deux millions de personnes alimentées par l’usine d’eau potable de Choisy-le-Roi consomment une eau polluée par un élément radioactif le tritium.

L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) a dénoncé cette contamination dans sa publication du 17 juillet 2019. La concentration moyenne de cette eau atteint les 10 Bq/L (becquerel par litre). https://www.acro.eu.org/wp-content/uploads/2019/07/CP-ACRO-du-170719.pdf

Ce n’est pas un cas isolé car, en France, 6,4 millions de personnes sont concernées par la présence de pollution au tritium dans l’eau du robinet. https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/07/18/une-association-alerte-sur-la-presence-de-composes-radioactifs-dans-l-eau_5490787_3244.html

Qu’est-ce que le tritium?

C’est un atome d’hydrogène radioactif et sa demi-vie est de 12,32 ans. Ce qui veut dire qu’après 12,32 ans, il en reste encore la moitié et ainsi de suite.

D’une manière générale, est-ce dangereux pour la santé de boire une eau contenant du tritium?

Le tritium a une radiotoxicité faible. Il émet des rayons radioactifs bêta sur une faible distance. Sa demi-vie de 12,32 ans, lui laisse largement le temps d’aller s’infiltrer là où il se trouve.
Aucune étude ne permet de savoir s’il peut causer le cancer chez l’homme. Toutefois, « certaines études ont … montré de façon très nette que, chez des animaux, l’exposition ou l’injection de tritium entraînait une importante augmentation des cancers. » https://www.senat.fr/rap/r97-179-2/r97-179-212.html
Ce que l’on sait scientifiquement c’est qu’il s’incorpore facilement à l’eau. Et sachant que 65% de notre corps est fait d’eau, il peut facilement s’y intégrer et passer dans le sang. https://www.senat.fr/rap/r97-179-2/r97-179-212.html.
« Le tritium peut poser un risque pour la santé s’il est ingéré par la consommation d’eau ou de nourriture, ou s’il est inhalé ou absorbé par la peau » (page 1 http://publications.gc.ca/collections/collection_2010/ccsn-cnsc/CC172-52-2009-fra.pdf) « L’eau tritiée (contenant du tritium) a été estimée être la première source de risque d’ exposition humaine au tritium » (https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Tritium_dans_l%27environnement).
Dans le Livre Blanc du Tritium de l’ASN, il est reconnu que les risques du tritium sont sous-évalués. En effet, un rapport d’experts a montré que le tritium peut s’intégrer à l’ADN. Alors, les rayons ionisants (rayons radioactifs) du tritium risquent d’endommager l’ADN.
(Page 268 https://www.asn.fr/sites/tritium/270/)
http://www.laradioactivite.com/site/pages/letritium.htm
http://www.laradioactivite.com/site/pages/RadioPDF/Tritium_SFRP.pdf
https://m.youtube.com/watch?v=3YoZDsDUOtA

Le danger du tritium provenant de l’industrie du nucléaire est si important que les sénateurs de notre Sénat (chambre haute du Parlement français) ont rédigé un texte sur le sujet.
Le site du Sénat écrit concernant les dangers de la contamination interne par le tritium que le résultat des expériences sur le tritium « nous imposent d’appliquer strictement le principe de précaution et de tout mettre en œuvre pour réduire au maximum l’exposition au tritium des travailleurs et des populations ».
«  Les rejets de tritium dans l’environnement risquent de devenir dans les années à venir un problème majeur et certainement un des principaux axes de la contestation antinucléaire. »
https://www.senat.fr/rap/r97-179-2/r97-179-212.html

Est-ce dangereux pour la santé de boire l’eau de Paris et d’Ile de France ayant une concentration moyenne de tritium de 10 Bq/L?

Déjà, l’idée de boire une eau radioactive est fortement déplaisante. D’autant plus, lorsqu’on sait qu’il s’agit d’une radioactivité artificielle provenant des rejets radioactifs liquides dans la Seine de la Centrale Nucléaire de Nogent située à environ 100 km en amont de Paris. Et oui, aussi aberrant que ce soit, une centrale nucléaire a été construite en amont de Paris alors que l’on savait qu’elle rejetterait de la pollution radioactive dans l’eau venant alimenter les réservoirs d’eau potable de Paris!

Revenons à notre question.
La Préfecture d’Ile-de-France se veut rassurante et dit qu’à Paris « l’eau du robinet peut être consommée ».
Le Parisien va jusqu’à parler de « rumeurs de pollution». Ceci est de la pure désinformation car l’ACRO est un organisme agrée avec qui Greenpeace a pour habitude de travailler. De plus, l’ACRO s’est basé sur les données fournies par le Ministère de la Santé pour faire cette étude. https://www.acro.eu.org/wp-content/uploads/2019/07/CP-ACRO-du-170719.pdf

Entre parenthèse, ne trouvez-vous pas choquant que ce soit l’ACRO qui sonne l’alerte alors que les services de l’État avaient les informations!

Selon Eau de Paris, entreprise publique qui gère l’eau potable à Paris, la pollution au tritium ne représente aucun risque car les mesures sont en dessous de la référence de qualité française. http://www.leparisien.fr/paris-75/pollution-au-tritium-a-paris-l-eau-du-robinet-peut-etre-consommee-20-07-2019-8120583.php

Cette remarque incite à se poser la question suivante.
À partir de quelle quantité est-il dangereux de boire de l’eau contenant du tritium ?

Pour le tritium, la référence de qualité de la réglementation française est de 100 Becquerels par litre (transposition d’une directive de l’Union Européenne). Sachant que la radioactivité naturelle des eaux de surface se situe entre 0,1 et 0,9 Bq/L (UNSCEAR), et que dans les nappes phréatiques anciennes, (qui n’ont pas été touchées par les retombées en tritium des essais nucléaires) les niveaux de tritium sont de l’ordre de 0,1 Becquerels par litre, cette référence de qualité correspond, donc, à plus de 100 fois la radioactivité naturelle.
(voir p 2 http://www.criirad.org/valduc/valduc-nov1995.pdf)

(voir p 5 http://www.irsn.fr/EN/Research/publications-documentation/radionuclides-sheets/Documents/Tritium_H3_v1.pdf)

Il y a un problème supplémentaire: il n’y a rien de contraignant pour faire respecter cette référence. Elle peut être dépassée, en toute impunité.

Pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la valeur de référence est de 10 000 Becquerels par litre. Soit 100 fois plus que la référence européenne et française. Les variations de ces valeurs de références interrogent sur leur crédibilité.

La CRIIRAD conteste ce chiffre de l’OMS car il est le résultat d’un calcul et non pas d’une expérience scientifique. Qui plus est, ce chiffre de 10 000 Bq/L a été arrondi, par l’OMS, largement au dessus du résultat du calcul initial qui était de 7 800 Becquerels par litre (voir tableau à partir minute 46:30 https://m.youtube.com/watch?v=oXtTrQDFZGI ).

Pourquoi, l’OMS donne une valeur de référence pour le tritium si contestable et arrondi « au-dessus » au détriment de la santé des populations?

C’est peut être car l’OMS est liée à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) qui est pronucléaire. C’est étonnant ce lien! En effet, Dr. Michel Fernex ancien médecin de l’OMS dénonce ce qu’il appelle les « liens malsains » entre l’OMS et l’AIEA comme l’accord référencé «WHA12-40», l’exigence de confidentialité dans certains domaines ou le fait que l’OMS répète les chiffres de l’AIEA. L’OMS ne fait pas ses propres mesures de la radioactivité. http://independentwho.org/media/Revue_de_presse_Autres/Rue89_O6avril2011_FR.pdf.

Il y a une seconde hypothèse, selon la CRIIRAD, c’est qu’il est difficile de garder le tritium dans un contenant. Comme il est difficilement confinable, il est difficile (voir impossible) pour l’industrie nucléaire de ne pas le laisser s’échapper dans l’eau ou dans l’air car il traverse le béton et le métal http://www.sortirdunucleaire.org/qu-est-ce-que-le-tritium

Alors, comme l’OMS est liée à l’AIEA et que le tritium est difficilement confinable, l’OMS a peut-être préféré choisir la référence douteuse et surévaluée de 10 000 Becquerels par litre.

En bref, même s’il existe des valeurs de références institutionnelles concernant le tritium, il n’y a pas d’études scientifiques permettant de dire la dangerosité de doses précises de tritium dans l’eau pour l’être humain. Sans compter, qu’il n’y a aucune norme pour les enfants ou les femmes enceintes alors qu’ils sont plus sensibles à la radioactivité que le reste de la population.

En somme, les valeurs de références institutionnelles du tritium ne nous protègent pas et correspondent à un risque que l’État accepte de nous faire prendre pour pouvoir avoir une industrie nucléaire. Ceci sans que notre avis ait été consulté.

Est-ce que cette quantité de tritium de 10 Bq/L dans l’eau de Paris et d’Ile de France est dangereuse pour la santé, selon des spécialistes de la santé et du nucléaire?

Docteur Françoise Boman, écrit: « aucune dose de radioactivité, si faible soit-elle, n’est anodine pour le corps humain. Or, le tritium n’a rien à faire dans l’eau et ne devrait pas y être. Pour ma part, je veux zéro radioélément artificiel dans l’eau que je bois. » (mail Dr. Boman, 6 avril 2018)

Roland Desbordes, de la CRIIRAD, pour répondre, utilise le Sievert qui est l’unité permettant d’évaluer l’impact des rayonnements de la radioactivité sur l’homme. Il explique que si une personne boit presque 2 litres d’eau de Paris à 10 Bq/l par jour soit environ 7OO litres par an, ça ferait environ 0,14 millisievert par an.
Roland Desbordes écrit à ce propos: « La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) et les directives Euratom, reprises dans le droit français (Code de la Santé Publique), estiment qu’à partir de 0,01 mSv le risque existe. Donc, avec de l’eau du robinet à 10 Bq/l, on est bien dans le champ de la radioprotection qui dit que:
-Les personnes concernées doivent être informées du risque.
-Le risque doit être justifié.
-Le risque doit être réduit au niveau le plus bas possible (principe ALARA)…mais personne ne dit qui définit ce qui est possible !!!
À partir du moment où les centrales nucléaires sont autorisées légalement à rejeter de la pollution radioactive (celle de Nogent-sur-Seine en l’occurrence), on est devant une pollution … légale …..que nous, la Criirad, nous estimons non légitime !
» (mail Roland Desbordes 20/07/2019)

L’ennui, c’est que cette dose de 0,01 mSv correspond à un niveau de risque jugé acceptable. Donc, le risque réel pour la santé n’est pas totalement écarté. De plus, la CRIIRAD sait, avec certitude, que cette norme de 1 millisievert par an est basée sur un risque sanitaire (nombre de malades et morts) sous-évalué, mais les scientifiques ne savent pas encore de combien. http://www.criirad.org/actualites/dossier2010/eau/eau_potable_radon.html
« 1 mSv infligé à 100 000 personnes va causer 5 morts par cancer (dont 17 cancers et 12 guérissables à court terme) et environ 3 anomalies génétiques graves. Ce n’est pas rien ! Cela ressort des études validées sur Hiroshima et Nagazaki.» (mail R. Desbordes, 7 avril 2018)

Sans compter que 10 Bq/l de tritium pour l’eau provenant de l’usine de Choisy-le-Roi est une moyenne. Les mesures en tritium provenant de cette usine peuvent être bien plus élevées. En effet, David Boilley de l’ACRO écrit: « Pour l’eau de l’usine de Choisy-le-Roi :
– En 2016, 20 mesures ont été réalisées avec une valeur moyenne de 5,75 Bq/litre.
En 2017, 20 mesures ont été réalisées avec une valeur moyenne de 14,25 Bq/litre.
» (mail David Boilley le 20 juillet 2019)

En bref, une fois encore, on constate que les valeurs ou dose de références institutionnelles concernant la radioactivité ne nous protègent pas.

Est-ce que l’exposition à une radioactivité de faible dose sur un temps prolongé est sans risques, selon les scientifiques ?

Ernest Sternglass, physicien, a joué un rôle pionnier, comme scientifique et lanceur d’alerte, dans l’étude des conséquences sanitaires des faibles doses de radioactivité.
De même, Alice Stewart, en 1955, épidémiologiste pionnière, a démontré pour la première fois que la radiographie des femmes enceintes provoque des leucémies infantiles. http://www.sortirdunucleaire.org/Ernest-Sternglass-grand-adversaire-du-nucléaire

John Gofman, chimiste nucléaire, médecin et professeur de biologie cellulaire et moléculaire, a, lui aussi, joué un rôle central dans des travaux ayant conduit la communauté scientifique à prendre en compte les risques de cancer dus aux faibles doses de radiation. 
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/John_Gofman
https://www.nytimes.com/2007/08/26/us/26gofman.html

Plus récemment, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a publié sur le site internet de la revue scientifique The Lancet Haematology, une étude validant, entre autre, le fait qu’il n’y a pas de dose radioactive sans risque.
http://www.sortirdunucleaire.org/La-radioactivite-peut-tuer-a-faibles-doses

De même, à la fin de la vidéo de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), il est écrit: « Toute dose présente un risque ». https://m.youtube.com/watch?v=3YoZDsDUOtA

Docteur F. Boman écrit: « La contamination interne par ingestion d’eau…contaminés par des radionucléides est nocive pour la santé et pour la vie, même à très faibles doses. Les contrôles de la radioactivité ou « qualité radiologique » de l’eau de boisson en France sont insuffisants. » http://poumm.fr/wp-content/uploads/2017/01/Fiche09-FBoman-Radioactivité-eau-18-mai-2016.pdf

En somme, il serait une erreur de considérer l’exposition à une faible dose de radioactivité sur un temps prolongé, comme anodine.

Donc, boire 2 litres de l’eau de Paris et d’Ile de France contenant du 10 Bq/L tritium tous les jours sur une longue période, ce n’est pas rien. Tous les risques et dangers que ça comportent ne sont pas connus.

Je remercie Roland Desbordes, de la CRIIRAD, pour les informations données et sa relecture. 

Par Candice Vacle, publié le 20 juil. 2019 (voir son Blog : Blog de Candice Vacle )

Pour écouter et voir la vidéo (2h06mn51s) de Roland Desbordes de la CRIIRAD sur ce sujet, cliquer sur : https://www.youtube.com/watch?v=oXtTrQDFZGI&app=desktop

Juil 21

LOT-ET-GARONNE : DU TRITIUM DANS L’EAU POTABLE, FAUT-IL S’INQUIÉTER ?

L’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) a dénoncé mercredi une « contamination » dans l’eau, normalement propre à la consommation, de près de 270 communes de l’Hexagone. Le Lot-et-Garonne est concerné à cause des rejets radioactifs de la centrale de Golfech…

Des millions de Français exposés à une contamination radioactive ? C’est ce qu’affirme l’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), selon laquelle « 6,4 millions de personnes sont alimentées par de l’eau contaminée au tritium » d’après « des données fournies par le ministère de la Santé« .

Carte interactive à l’appui, le laboratoire basé à Hérouville-Saint-Clair, dans l’agglomération de Caen, souligne « la présence régulière » de cette substance dans l’eau du robinet de plusieurs localités de France. 

15 becquerels par litre à Golfech selon EDF

Plusieurs communes du Lot-et-Garonne, situées en aval de la centrale qui évacue ses rejets dans la Garonne, sont concernées par la présence de tritium, une molécule radioactive, dans l’eau potable.

Selon l’exploitant de la centrale de Golfech, le niveau de tritium contenu dans l’eau du robinet « ne serait pas dangereux pour l’environnement ni pour la santé ».

Les analyses montrent qu’il y a 15 becquerels par litre, c’est sept fois moins que les limites réglementaires, affirme Nicolas Bronzeng, directeur de la centrale EDF de Golfech.

La centrale nucléaire de Golfech est implantée sur la commune de Golfech dans le département de Tarn-et-Garonne en région Occitanie, en bordure de la Garonne et en aval du confluent du Tarn entre Toulouse (75 km en amont), Agen (20 km en aval), Montauban (40 km à l’ouest) et Valence d’Agen (à 2,5 km du centre-ville). / © France 3 Aquitaine

« Une contamination par accumulation » 

L’association lot-et-garonnaise Stop Golfech s’inquiète depuis des années de cette contamination de l’eau potable dans les communes voisines de la centrale nucléaire de Golfech. Selon elle, la présence de tritium dans l’eau « a forcément un impact sur l’environnement et la santé des habitants ».

Si vous buvez de l’eau du robinet tous les jours, même si c’est faible, il y a accumulation de radioactivité dans votre corps au fil des ans. Cela ne sera sans doute pas anodin par rapport aux populations. Alors, soyons vigilant, explique André Crouzet de l’association Stop Golfech.

VIDÉO : voir sur le site (adresse ci-dessous) notre reportage sur la présence de tritium dans l’eau potable de plusieurs communes en Lot-et-Garonne : 

Lot-et-Garonne : du tritium dans l’eau potable, faut-il s’inquiéter ?

Par A.L avec Charlotte Boniteau, publié le 20/07/2019 à 11h29, mis à jour le 20/07/2019 à 11h38

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/lot-et-garonne/agen/lot-garonne-du-tritium-eau-potable-faut-il-s-inquieter-1701766.html

Juil 20

LA HAGUE : L’ASN ENVISAGE DE VALIDER UN NOUVEAU REPORT DE L’ÉVACUATION DE CERTAINS DÉCHETS HISTORIQUES

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) met en consultation, jusqu’au 16 septembre, un projet de décision concernant le nouveau calendrier de reprise et de conditionnement des déchets contenus dans un silo à La Hague (Manche). À la demande d’Orano, l’ASN s’apprête à valider un report de deux ans du dernier calendrier fixé.

Le projet de décision concerne le « silo 130« , une installation enterrée contenant 518 tonnes de déchets nucléaires (essentiellement de l’uranium, de l’aluminium, du graphite et du magnésium) issus des combustibles de la filière uranium naturel-graphite-gaz (UNGG). Le 6 janvier 1981, un incendie avait abouti au noyage partiel des déchets par l’eau d’extinction. « Le silo contient aujourd’hui des déchets solides (…), de l’eau et des boues », explique l’ASN.

En 2010, l’ASN avait fixé un premier calendrier de reprise de ces déchets historiques. Orano (Areva, à l’époque) devait débuter les opérations au plus tard le 1er juillet 2016 de sorte à achever l’opération à la fin de l’année 2023. Cette première décision fixait à 2020 la fin de l’évacuation des déchets solides et à 2022 la fin de l’évacuation de l’eau et des boues.

En 2017, l’ASN valide un premier report des travaux de près de deux ans, tout en conservant l’échéance finale de 2023. Les opérations de reprise des déchets devaient débuter au plus tard le 30 avril 2018 et l’évacuation des déchets solides être achevée au plus tard le 30 juin 2021. L’échéance pour l’évacuation des boues et de l’eau disparaissait, seule la fin des opérations de récupération et de reconditionnement devait intervenir avant le 31 décembre 2023.

Avec le projet de décision mis en consultation, l’ASN s’apprête à entériner un deuxième report de deux ans. Celui-ci est justifié par « un nombre conséquent d’aléas climatiques et de difficultés techniques et organisationnelles », explique l’Autorité. Les opérations de reprise devront débuter au plus tard le 31 décembre 2019. La fin de l’évacuation des déchets solides est fixée au 31 décembre 2022 et la fin des opérations de récupération et de reconditionnement des boues et de l’eau au 31 décembre 2025.

Par Philippe Collet, journaliste, rédacteur spécialisé, publié le 19 juillet 2019

https://www.actu-environnement.com/ae/news/la-hague-silo130-report-dechets-nucleaires-historiques-33825.php4

Juil 20

UNE GUERRE CONTRE L’IRAN N’ARRIVERA PAS PAR ACCIDENT

Les États-Unis étaient à 10 minutes de déclencher une guerre contre l’Iran, avec toutes les conséquences imaginables, lorsque Donald Trump s’est ravisé et a annulé l’opération militaire programmée en réponse à la perte d’un drone abattu par l’armée iranienne le 20 juin.

Sur les conseils de Tucker Carlson, de Fox News, le président a considéré qu’un bombardement qui pouvait faire 150 victimes chez les soldats iraniens était disproportionné.

Le risque de guerre est-il pour autant définitivement écarté ? Rien n’est moins sûr, même si depuis Washington on s’ingénie à envoyer toutes sortes de signaux de retenue.

Une riposte américaine était une exigence et Trump finira donc par imposer de nouvelles sanctions économiques contre l’ayatollah Khamenei et contre le ministre iranien des Affaires étrangères. En faisant le choix du harcèlement économique plutôt que de l’affrontement militaire, le président américain respecte un engagement électoral : ne pas entraîner son pays dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient.

Il espère ainsi aller vers une négociation en exerçant une pression maximale selon une méthode déjà éprouvée avec la Corée du Nord, explique même le ministre français des Affaires étrangères. D’ailleurs, n’a-t-il pas fait remettre, par l’intermédiaire du président suisse, son numéro de téléphone afin que les dirigeants iraniens puissent le contacter et discuter d’un nouvel accord après avoir retiré la signature des États-Unis au bas du précédent accord nucléaire ?

Gage de sincérité ? Trump s’est débarrassé des généraux qui l’entouraient : McMaster, Kelly et surtout Mattis, le plus viscéralement anti-iranien. Il dénonce maintenant les velléités de Bolton qui voudrait l’entraîner dans une guerre contre l’Iran. Alors qu’il était en visite au Royaume-Uni début juin, questionné sur la possibilité d’une guerre avec l’Iran, Donald Trump répondait : «Est-ce que je le souhaite ? Non. Mais il y a toujours une possibilité».

Les prises de position de Trump sont tellement déroutantes qu’à Washington on n’ose même plus parler de changement de régime à Téhéran. Un fonctionnaire anonyme du Conseil de sécurité nationale évoquera seulement la volonté «de changer le comportement du régime iranien».

L’évolution est considérable par rapport aux premiers jours du mandat présidentiel. L’establishment américain souhaitait tellement bloquer un président pouvant partir en guerre sur un tweet qu’en mai 2018 un amendement au National Defense Authorization Act a été voté par le Congrès.

Ce dernier précise qu’aucune loi n’existe donnant le pouvoir au président Trump de lancer une frappe contre l’Iran. Alors que des manifestations contre le régime agitaient l’Iran, qu’à Washington régnait un climat belliqueux et qu’on y faisait le procès permanent de l’Iran, un débat surréaliste éclata même autour de la possibilité pour les militaires de refuser d’appliquer un «ordre illégal» de lancer une frappe nucléaire venu du président des USA. Cette époque semble aujourd’hui lointaine.

Trump paraît dorénavant faire preuve de tact diplomatique face à son secrétaire d’État et à son conseiller à la Sécurité nationale. Et alors que Pompéo et Bolton menaçaient de tenir les Iraniens responsables de toute attaque contre les intérêts américains, Trump n’a pas surréagi face au sabotage de pétroliers dans le détroit d’Ormuz et aux bombardements qui visaient les infrastructures civiles et militaires américaines en Irak. Il semble même avoir refusé d’envoyer 120 000 hommes supplémentaires réclamés par le Pentagone pour assurer la liberté de navigation et la sécurité des bases américaines dans le Golfe. Le président Trump paraît ainsi refuser «le plan B», comme l’appellent les Iraniens, en évoquant les faucons Bolton, Benjamin Netanyahou, Ben Salmane et Ben Zayed. Et tandis que le secrétaire d’État américain renonçait aux douze conditions draconiennes émises pour entamer un dialogue avec Téhéran, presque penaud Bolton concédera que «les États-Unis ne cherchent pas la guerre avec le régime iranien». On aimerait y croire.

Le désormais décrié conseiller à la sécurité ne fera pas partie de la délégation emmenée par le président américain à la rencontre surprise avec le dirigeant nord-coréen. Il était à Oulan-Bator, en Mongolie, pour une réunion très urgente, semble-t-il, tandis que le décidément incontournable Tucker Carlson accompagnait Donald Trump qui accomplissait les premiers pas historiques d’un président américain sur le sol de la Corée du Nord.

En écartant Bolton, Trump répondait favorablement aux exigences du président nord-coréen qui lui-même aura accepté une rencontre provoquée avec un préavis d’un jour seulement. La démonstration paraît ainsi établie de la très grande disponibilité du président américain à nouer le dialogue sur la dénucléarisation.

Un défilé militaire exceptionnel à l’occasion de la Fête nationale américaine nous rappelle que Donald Trump vient de lancer sa campagne électorale, plutôt prématurément pour un président en exercice. Dans ce contexte, de nombreux analystes considèrent qu’une guerre constituerai une menace pour sa réélection et le Washington Post titre : «Une guerre avec l’Iran serait la mère de tous les bourbiers», ne voyant aucune option militaire décisive ou à faible coût.

En 2018 déjà, un sondage montrait que dans une proportion de deux contre un, les Américains s’opposaient à l’idée d’une guerre contre l’Iran. Et on imagine quelles conséquences électorales aurait un tel conflit s’il entraînait une hausse du coût de l’essence à la pompe aux États-Unis.

Au plan militaire aussi, beaucoup de choses disent que les USA ne semblent pas préparer une guerre. Il n’y a pas de ministre de la Défense aux USA actuellement, mais juste un intérim, Mark Esper qui a rencontré ses homologues de l’OTAN à Bruxelles. À cette occasion, la France l’aurait averti de «ne pas impliquer l’OTAN dans une mission militaire dans le Golfe» a rapporté Reuters, renforçant l’idée qu’il n’y aurait pas de scénario de guerre concertée… et donc pas de guerre planifiée.

Par ailleurs, dans la ville russe d’Oufa, les USA ont paru vouloir mettre en place un canal de discussion entre les services de renseignements américains et iraniens. Après avoir été absent, pendant quatre années, de la réunion internationale sur la sécurité qui y est organisée, un haut responsable du Conseil de sécurité américain a été envoyé au moment où s’y trouvait également le secrétaire du Conseil de sécurité national iranien.

Le Commandement central des armées américaines explique les réticences des militaires par le fait qu’une «guerre avec l’Iran n’est pas dans notre intérêt stratégique, ni même dans l’intérêt de la communauté internationale», tandis qu’un ex-analyste du Pentagone déclarait au micro de Sputnik : «Les USA voudraient éviter une guerre contre l’Iran qui ne peut être gagnée».

Mais alors que de nombreux dirigeants iraniens se disent convaincus qu’il n’y aura pas de guerre malgré toutes les tensions, le commandant des gardiens de la Révolution annonce que «nous sommes à l’aube d’une véritable confrontation avec l’ennemi». Il se montre plus lucide quant au sens des propos de Bolton qui, l’année dernière, lors d’un rassemblement de l’opposition iranienne à Paris déclarait qu’«en 2019, nous qui sommes ici feront la fête à Téhéran».

Tous les signaux d’apaisement envoyés depuis les USA ne constitueraient alors qu’un brouillard de guerre. Des raisons très sérieuses justifieraient en effet une guerre des États-Unis contre l’Iran, qui visent plusieurs objectifs avec une balle magique.

«Nous savons tous que l’Iran est méchant», a déclaré le représentant démocrate, Adam Smith, le 21 mai dernier, au cours d’une audition au Congrès à propos de la crise qui oppose Washington à Téhéran.

Ces propos consternants de naïveté ne sauraient masquer que l’exceptionnalisme américain a toujours poussé les États-Unis à promouvoir partout la démocratie et donc à rechercher un changement de régime en Iran, en décimant son armée idéologique, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique.

Les conceptions américaines ont maintes fois été exposées et le 22 juillet 2018, le secrétaire d’État américain, Mike Pompéo, les rappelait dans un discours prononcé à la bibliothèque présidentielle Ronald Reagan de Simi Valley en Californie. Cette intervention ostensiblement adressée à la communauté irano-américaine cherchait à faire un parallèle entre la chute du régime des mollahs et la chute du communisme.

En réalité, c’est tout le Moyen-Orient que souhaite refaçonner la Maison-Blanche qui voudrait imposer une solution au conflit israélo-palestinien. Il s’agit ainsi de liquider, en partie, l’héritage de la Seconde guerre mondiale afin d’instaurer un nouvel ordre mondial garanti par les USA.

«Le seul moyen de détendre les tensions et de réinitialiser le système est la guerre», explique le directeur général du Centre russe d’information politique. Une telle guerre devrait démontrer la volonté américaine de lutter contre la prolifération nucléaire, son désir de résoudre les vieux conflits et sa détermination à empêcher tout retour vers le multilatéralisme.

En effet, une guerre avec l’Iran constitue, pour les États-Unis, le moyen d’assurer le contrôle des ressources et des voies d’approvisionnement dans la région, de contrarier la mise en place de nouveaux corridors commerciaux par la Chine et la Russie, leurs challengers à l’échelle internationale.

Et face aux risques de crise économique mondiale, l’ampleur de la déstabilisation causée par une guerre régionale permettrait aux USA de s’affirmer comme l’une des rares oasis pour les investisseurs, redonnant au dollar des couleurs. Tout ceci accélérerait la reconversion de l’économie américaine en une économie de guerre pour se préparer à un conflit de plus grande ampleur face à ses véritables ennemis géostratégiques.

Les États-Unis envisagent, en fait, des scénarios de guerre avec l’Iran depuis des années. Durant une simulation, organisée pour tester les stratégies et tactiques américaines dans cette éventualité, le général des Marines Paul Van Riper qui s’était vu confier le rôle de commandant des forces armées iraniennes réussira à couler la majorité des navires de l’US Navy.

Est-ce pour cela que le commandant du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne, responsable de la force aérospatiale a déclaré : «Un porte-avions américain avec 6000 membres d’équipage et 40 à 50 avions à réaction à son bord dans les environs a déjà été perçu par nous comme une menace. Aujourd’hui, c’est devenu une cible.»

Par Yacine Teguia, publié le 20 juillet 2019 à 10 h 00 min

https://www.elwatan.com/edition/contributions/une-guerre-contre-liran-narrivera-pas-par-accident-20-07-2019

Juil 20

FLAMANVILLE : L’ARRÊT D’UN RÉACTEUR PROLONGÉ DE TROIS MOIS

EDF a déclaré vendredi que l’arrêt pour maintenance du réacteur 2 de la centrale de Flamanville dans la Manche était prolongé d’environ trois mois, jusqu’au 15 octobre.

L’arrêt pour maintenance depuis le 10 janvier du réacteur 2 de la centrale de Flamanville dans la Manche est prolongé d’environ trois mois, jusqu’au 15 octobre, a-t-on appris vendredi auprès d’EDF qui exploite la centrale récemment rappelée à l’ordre par le gendarme du nucléaire. « À date, le redémarrage est prévu pour le 15/10/19« , a indiqué le service de presse de l’entreprise.

Cette visite décennale du réacteur 2 mobilise 1.700 salariés d’entreprises sous-traitantes en plus des 780 salariés d’EDF et des 377 salariés de sous-traitants « présents en temps normal sur le site« , selon l’entreprise. En avril, EDF avait indiqué que l’arrêt devrait durer 130 jours ouvrables, soit six mois, pour un redémarrage début juillet.

Depuis le début de l’année, la centrale a annoncé quatre nouveaux événements significatifs, de niveau 1 

Terminée en janvier, la visite décennale de l’autre réacteur de Flamanville, le réacteur 1, a duré près de 10 mois (du 6 avril 2018 au 27 janvier 2019), alors qu’elle devait elle aussi durer six mois. « La centrale de Flamanville connaît une période de forte activité industrielle depuis mi 2018 avec la réalisation des troisièmes visites décennales de ses deux réacteurs, qui compte chacune plus de 20 000 activités de maintenance« , a souligné EDF vendredi. « Impacté par plusieurs aléas techniques complexes, le calendrier de réalisation de ce programme industriel a conduit à la superposition des deux visites décennales« , ajoute l’entreprise.

Jeudi l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé avoir convoqué le 4 juillet le directeur de la centrale pour lui demander de renforcer la maîtrise des activités d’exploitation. Depuis le début de l’année, la centrale a annoncé quatre nouveaux événements significatifs, de niveau 1 (sur l’échelle internationale des incidents nucléaires Ines, graduée de 0 à 7). Pour 2018, elle en affiche 5 de niveau 1 et 32 de niveau 0.

La centrale nucléaire de Flamanville est composée de deux réacteurs de 1300 MWe mis en service en 1985 et 1986. Le réacteur 3, de type EPR, en construction, n’est concerné ni par l’audition du 4 juillet ni pas les événements significatifs mentionnés.

Par Europe1 .fr avec AFP, publié le 19 juillet 2019 à 1h36

https://www.europe1.fr/societe/flamanville-larret-dun-reacteur-prolonge-de-trois-mois-3910522

Juil 20

DÉCHETS NUCLÉAIRES À BURE : DES OPPOSANTS AU PROJET D’ENFOUISSEMENT ÉVACUÉS DU BOIS LEJUC

Huit opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure ont été évacués vendredi 19 juillet 2019 d’un bois qu’ils avaient réinvesti la veille et ont été interpellés.

Huit opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) ont été délogés vendredi 19 juillet 2019 des arbres du bois Lejuc, réinvesti jeudi, où doivent être réalisés des travaux pour le futur site de stockage Cigéo, et ont été interpellés.

Les opérations pour faire descendre les huit antinucléaires, présents sur six plateformes installées dans des arbres, ont pris fin peu avant 20h, a annoncé la préfecture de la Meuse.

Ils ont été interpellés une fois au sol et, a précisé dans un communiqué la préfecture, « toutes les installations illégales ont été systématiquement démontées ».

Lors de la reprise du ratissage du bois vendredi matin, les gendarmes sont tombés sur « quelques installations en haut des arbres, en lisière du bois Lejuc, sur le côté jouxtant une autre forêt domaniale », avait détaillé le directeur de cabinet de la préfecture, Jean-Michel Radenac.

Dans la matinée, des pompiers du Groupe de recherches et d’intervention en milieu périlleux (Grimp) sont montés dans les arbres pour sécuriser les personnes. Des gendarmes spécialisés dans les interventions en hauteur sont allés à leur contact pour les faire descendre.

Interpellés avec des armes

Neuf autres personnes ont été interpellées depuis jeudi après-midi et quelques-unes ont été relâchées, avait précisé le directeur de cabinet.

Parmi elles, « cinq manifestants, certains détenteurs d’armes blanches et par destination, ont été interpellés alors qu’ils cherchaient à pénétrer dans le bois », selon le communiqué.

Jeudi, « une dizaine d’individus habillés en noir, cagoulés, casqués, armés de cocktails Molotov et de billes d’acier » avaient tendu « une embuscade » au peloton de gendarmes mobiles qui surveille en permanence le site en leur lançant des projectiles, avait relaté Michel Radenac.

Lire aussi : Bure : en immersion dans le futur site d’enfouissement des déchets nucléaires du projet Cigéo

Le groupe, rejoint par 20 à 30 opposants, était entré dans le bois Lejuc où des barricades avaient été dressées et enflammées pour ralentir la progression des gendarmes. Il s’était dispersé en début de soirée.

Les antinucléaires ont mené cette action « pour réaffirmer leur opposition au projet de centre d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo, au nucléaire et à son monde, industriel, colonial, militaire », avaient-ils expliqué dans un communiqué.

Occupé par des opposants depuis l’été 2016, le bois Lejuc avait été évacué par quelque 500 gendarmes le 22 février 2018.

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), qui mène le projet Cigéo – qui vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets les plus radioactifs ou à vie longue du parc nucléaire français -, doit réaliser des travaux dans ce site, situé sur la commune de Mandres-en-Barrois, près de Bure.

Par Rédaction Actu Lorraine Actu

Publié le 20 Juillet 2019 à 10h52, modifié le 20 Juillet 2019 à 10h56 (Source : © 2019 AFP)

Photo : Rassemblement contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) le 4 mars 2018, près du bois Lejuc, qui avait alors été évacué. (©AFP/Archives/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN)

https://actu.fr/societe/dechets-nucleaires-bure-opposants-projet-denfouissement-evacues-bois-lejuc_26022462.html

Juil 20

ENVIRONNEMENT CENTRALE NUCLÉAIRE : EDF TRICASTIN « TRICHE AVEC LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE », SELON MEDIAPART

Le réacteur n°1 du Tricastin (Drôme) a été arrêté le 1er  juin pour cinq mois de travaux. Objectif ? Prouver qu’il peut fonctionner dix ans de plus, au-delà des quarante ans requis. C’est une première en France, qui influencera les chantiers des autres réacteurs de 900 MW du parc français.

Des défaillances ?

EDF passe tous ses équipements à la loupe et renforce la sécurité des installations avec des prérogatives post-Fukushima. Elle rendra début 2020 un dossier à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui validera – ou non – la prolongation du réacteur. Et de tous les autres qui suivront. L’enjeu est donc de taille pour l’exploitant qui a investi 250 millions d’euros dans ce seul réacteur. EDF doit dans le même temps prouver aux gendarmes du nucléaire que la sûreté du Tricastin s’améliore : en 2017, 49 événements significatifs avaient été déclarés.

Dans une enquête publiée vendredi 19 juillet, Mediapart estime qu’EDF « triche avec la sûreté nucléaire ». L’exploitant minimiserait les incidents de la centrale nucléaire, ou les déclarerait bien plus tard. Inondation contamination externe, arrêts de travail… Mediapart s’appuie sur de nombreux témoignages anonymes. En 2018, 44 événements significatifs ont été déclarés, dont certains réévalués à la hausse par l’ASN.

Comme nous l’avions déjà évoqué dans nos colonnes, si l’Autorité de sûreté nucléaire considère que les performances globales du Tricastin « restent dans la moyenne générale » (sic), des défaillances ont été relevées en matière de radioprotection. L’ASN a d’ailleurs mené près de 70 visites entre l’automne 2018 et février 2019. Si Médiapart parle de « triche », c’est en jugeant que l’exploitant EDF « ruse avec les règles dans le but d’améliorer l’image de cette centrale si importante pour le devenir du parc nucléaire ».

Par Solène VIGNALI, publié le 20/07/2019 à 06h05

Photo archives Le DL/ Fabrice ANTERION

https://www.ledauphine.com/france-monde/2019/07/20/tricastin-edf-aurait-minimise-les-incidents

Juil 20

PERCER LES MYSTÈRES DE L’ARGILE POUR LUI CONFIER LES DÉCHETS RADIOACTIFS

Tournemire (France) – « Bienvenue au cœur de l’argile! » Au pied du causse du Larzac, des chercheurs tentent de percer les mystères de la roche, pour comprendre comment les hommes pourraient enfouir profondément dans le sol, à vie, leurs déchets les plus radioactifs.

Dans ce tunnel ferroviaire souterrain abandonné, les équipes de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) forent, sondent, simulent, avec déjà des résultats importants. 

Car derrière les voûtes s’étend un décor proche de celui de Bure (Meuse), site désigné pour accueillir, peut-être dès 2035, les déchets ultra-radioactifs et à vie longue de la France (80.000 m3, soit 20 piscines olympiques): une roche argileuse dure formée à l’ère jurassique, peu perméable et prise en sandwich entre deux aquifères. 

Objectif de ces lieux acquis par l’IRSN en 1992 : cerner — sans jamais faire venir aucun déchet nucléaire ! — les propriétés de confinement de l’argile, qui doit pouvoir isoler des matières radioactives pour des centaines de milliers d’années. 

La France mais aussi la Finlande, la Suède ou la Suisse, ont choisi d’enfouir leurs déchets, une option critiquée par les associations antinucléaires et certains scientifiques, qui la jugent incertaine. 

« Ce tunnel, c’est notre outil-clé de recherche. Notre expertise ne se fait pas que sur dessins!« , dit François Besnus, directeur de l’environnement de l’IRSN, chargé d’expertiser les risques globaux liés à la radioactivité. 

L’établissement public, qui consacre 40% de son budget à la recherche, doit assurer notamment la contre-expertise de l’Andra, l’agence nationale chargée de mener à bien le projet Cigéo de Bure. 

Corrosion de l’acier 

Des questions se posent en effet, par exemple sur l’étanchéité du scellement des galeries. 

Et déjà, à Tournemire, à 3 km de Roquefort et 200 m sous terre, la roche a commencé à parler.  

Au milieu du tunnel, les infiltrations d’eau ont disparu, fait remarquer un géologue de l’équipe: c’est « le cœur de l’argile! » Des départs de galeries ont été rajoutés, des expérimentations installées. 

Ont d’abord été testées les interactions entre la roche et les matériaux – béton et acier – qui viendront à Bure constituer galeries, alvéoles, surconteneurs etc. 

« Quand ces éléments sont en contact, il se passe pas mal de choses: entre l’eau de la roche et le béton, entre l’acier et l’oxygène dans les poches de vide, avec la température des colis…« , explique le géochimiste Alexandre Dauzères. 

Conclusion: l’oxygène corrode le chemisage en acier qui contiendra les colis de déchets. Il faudra donc un matériau pour colmater le vide entre roche et acier. 

Ce matériau, ce sera la bentonite, une argile gonflante utilisée par les pétroliers pour isoler les forages. 

Sauf que « sur 100 m de long, le remplissage risque de ne pas être parfait« , poursuit M. Dauzères. D’où cette expérience, avec des partenaires européens, pour mesurer les réactions entre roche, bentonite, chaleur des déchets… 

Il faut aussi étudier le vieillissement des bétons formant les alvéoles. Des essais avec trois formulations ont été menés, d’où il ressort qu’au contact de l’argile des bétons classiques semblent moins fragiles que d’autres formulés spécialement.

Et quid des énormes bouchons en bentonite pour sceller l’ouvrage? Le ciment doit gonfler, mais pas trop pour ne pas créer de fractures. 

Surtout au début

Les chercheurs étudient aussi les dispositifs de surveillance susceptibles d’être mis en place (capteurs, en filaire ou non — « on n’aime pas les trous!« ). Bien sûr ils tiendront difficilement 100 000 ans, mais ce qui compte d’abord c’est le début, la « phase d’exploitation« , ces quelque 100 ans au cours desquels le site ne sera pas encore bouché. 

« Quand on connaît la situation au début, ça donne une idée de ce vers quoi on va« , explique Delphine Pellegrini, chef du service déchets de l’IRSN. 

La phase d’exploitation, « c’est là que sont les principaux risques, incendie, explosion« , explique François Besnus. « Après, beaucoup de risques disparaissent. À long terme, le risque qui reste est celui d’un transfert de la radioactivité dans l’environnement« , via l’eau en particulier. D’où l’importance d’une roche saine. 

« On espère avoir abordé les grandes questions« , ajoute M. Besnus. « On pense avoir bien traité les questions à très long terme, aujourd’hui on développe la partie avant fermeture.« 

Par AFP, publié le 19/07/2019 à 09h12

Photo : Un technicien dans le tunnel expérimental de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le 10 juillet 2019 à Tournemire (Aveyron), afp.com/ERIC CABANIS

https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/percer-les-mysteres-de-l-argile-pour-lui-confier-les-dechets-radioactifs_2090496.html

Juil 19

ÎLES MARSHALL : DES NIVEAUX DE RADIATIONS PLUS ÉLEVÉS QU’À TCHERNOBYL ET FUKUSHIMA

Entre 1946 et 1958, les Américains ont mené plusieurs tests nucléaires dans le Pacifique, au niveau des Îles Marshall. Plus de 60 ans plus tard, le niveau de radioactivité reste encore très élevé dans la zone.

Durant la Guerre Froide, les États-Unis ont conduit des tests nucléaires dans les Îles Marshall situées dans l’océan Pacifique. Près de 70 bombes ont été larguées entre 1946 et 1958. En 1954 avait lieu la plus importante de toutes les détonations dans l’atoll de Bikini. Nom de code : « Castel Bravo« . Elle était mille fois plus puissante que les bombes larguées sur les villes japonaises Hiroshima et Nagasaki. Des chercheurs de l’Université Columbia aux États-Unis ont voulu en savoir plus sur les conséquences de ces essais nucléaires. Les résultats de leurs travaux ont été présentés sous la forme de trois articles tous publiés le 15 juillet 2019 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA (PNAS).

Le cratère Castle Bravo se remplit peu à peu

Les chercheurs américains ont analysé des échantillons du sol, des sédiments mais aussi des fruits présents sur certaines des îles. Concernant l’analyse des sédiments au niveau du cratère de Castle Bravo, les dépôts radioactifs « sont étendus et le niveau de contamination reste élevé encore aujourd’hui« , soulignent les chercheurs dans l’une de leur étude publiée dans les PNAS. Autre constatation : le trou semble se remplir à une vitesse d’environ un mètre tous les trois ans, donc « la mesure de la radioactivité aujourd’hui est seulement une approximation grossière de ce qu’elle était au moment du test Bravo, il y a 65 ans« . Pourtant, et malgré la disparition du cratère, les contaminations par des isotopes radioactifs tels que le plutonium ou l’américium, pourraient encore durer des siècles. « Ces tests d’armes nucléaires ont engendré un changement dramatique dans la composition des sédiments. « Des études supplémentaires devraient déterminer l’impact sur la vie » dans la zone, notent les chercheurs.

Par Anne-Sophie Tassart, publié le 19.07.2019 à 11h25

Photo : Les États-Unis ont testés 67 armes nucléaires au niveau des îles Marshall entre 1946 et 1958. © World Future Council

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/les-niveaux-radiations-dans-une-partie-des-iles-marshall-sont-plus-eleves-qu-a-tchernobyl-et-fukushima_135662

Juil 19

GREENPEACE NE POURRA PLUS S’APPROCHER DES CONVOIS NUCLÉAIRES PENDANT PLUSIEURS SEMAINES

Saisi par Orano, la multinationale française spécialisée dans le secteur de l’énergie, nucléaire notamment, le tribunal de grande instance de Paris a rendu sa décision en référé. Greenpeace ne pourra pas s’approcher à moins de 250 mètres de convois qui transportent des matières radioactives.

L’audience qui opposait Orano (ex-Areva) à Greenpeace s’est déroulée ce lundi 15 juillet devant le tribunal de grande instance de Paris. Le groupe nucléaire avait assigné en référé Greenpeace pour faire cesser les actions que l’organisation écologiste mène régulièrement contre les transports de déchets nucléaires par le train notamment. Le tribunal a rendu sa décision ce vendredi 19 juillet 2019 : il est interdit aux militants antinucléaires de s’approcher à moins de 250 mètres de convois qui transportent des matières radioactives. 

La demande d’Orano faisait suite à l’action menée au mois de juin par des militants écologistes qui avaient repeint et tagué des cuves, deux convois partis de la Manche et transportant des déchets radioactifs. Ces militants voulaient dénoncer la dangerosité de ces transports. L’avocat de Greenpeace avait plaidé la relaxe. 

Orano obtient gain de cause

La multinationale Orano (autrefois Cogema, puis Areva) dont l’usine de retraitement est implantée à la Hague dans la Manche depuis 1966, a donc été entendue par la justice: Greenpeace ne pourra pas s’approcher des convois de transports de matière nucléaire à moins de 250 mètres. La mesure est en vigueur jusqu’au 25 septembre prochain.  Les militants de Greenpeace sont également enjoints à ne pas bloquer ou tenter de bloquer l’accès et la sortie de sites de départ et de destination ni gêner ou entraver d’une quelconque façon les opérations de chargement ou de déchargement des matières et déchets nucléaires et radioactifs« . 

Chaque contrevenant s’expose à 1500 euros d’amende. Pour Orano, cette décision de justice prouve que les actions menées par Greenpeace sont illégales. 

Greenpeace estime être bâillonné 

Pour  Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France : “Greenpeace France regrette  profondément cette décision de justice particulièrement sévère et prévoit de faire appel. Il est invraisemblable de vouloir bâillonner de la sorte Greenpeace France ses militant-e-s et ses salarié-e-s qui ont agi en toute non-violence pour dénoncer le manque de transparence sur les convois radioactifs qui circulent en permanence dans des lieux publics. »

Par Juliette Lemeunier, France Bleu Cotentin, France Bleu, France Bleu Normandie (Calvados – Orne)

Publié le Vendredi 19 juillet 2019 à 16h51 –

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/greenpeace-ne-pourra-plus-s-approcher-des-convois-nucleaires-decision-rendue-ce-vendredi-19-juillet-1563547417

Juil 19

EN SUISSE, UNE « CATHÉDRALE » DE DÉCHETS NUCLÉAIRES ATTENDENT L’ENFOUISSEMENT

De gigantesques cylindres couleur crème alignés dans un vaste hall: la Suisse entrepose ici ses déchets les plus radioactifs, des plus anciens aux plus récents, en attendant, comme la France ou la Suède, de les enfouir profondément dans le sol.

Le « Zwilag » (« dépôt intermédiaire« ), installé dans un vallon verdoyant à Würenlingen (nord), accueille les combustibles usés et produits de fission vitrifiés des cinq réacteurs du pays. À ce stade, 900 tonnes de matière de haute activité, confinée dans des conteneurs dix fois plus lourds que leur contenu.

« Le Zwilag a été fondé il y a 25 ans car on a compris qu’il fallait montrer au public qu’on avait des solutions pour les déchets des centrales« , dit Antonio Sommavilla, son porte-parole. Le site a été ouvert en 2001 après « des années de débat chargé en émotion » sur sa localisation.

Les exploitants de centrales, détenteurs du capital, ont ainsi fait le choix de regrouper leurs déchets en un dépôt centralisé, à sec, quand la France préfère l’autre option, les piscines.

Les lieux, qui accueillent chaque année plusieurs colis, vont encore voir leur activité s’accélérer avec la fermeture attendue fin 2019 de la centrale de Mühleberg.

La Suisse, qui tire environ 40% de son électricité du nucléaire, a choisi après l’accident de Fukushima de ne plus construire de nouveaux réacteurs. Elle prévoit in fine de faire reposer ses déchets -100.000 m3, dont 10% hautement radioactifs- en couche géologique profonde.

Mais le cas suisse témoigne aussi, comme ailleurs, d’un processus long et sensible pour mettre en œuvre un tel projet.

« On procède par étapes« , explique José Rodriguez, expert du dossier à l’Office fédéral de l’énergie. « On fait participer les gens dans les régions concernées; on doit leur donner du temps, ils craignent ce qu’ils ne connaissent pas. La communication est très importante« .

Il y a d’abord eu opposition dans un canton en 2002. Puis la recherche de sites s’est poursuivie, les zones de montagne ont été éliminées (« trop instables« ), et in fine trois zones argileuses, comme le projet français Cigéo à Bure, ont été placées sur une « short-list« , dans le nord, pour un ou deux sites.

Couvercle « anti-avion« 

Le choix est attendu d’ici 2023, à confirmer pour 2030. En attendant, tests en laboratoire souterrain, forages exploratoires et négociations avec les régions sont prévus. Le calendrier: descendre les colis entre 2050 et 2075, surveiller pendant 50 ans, puis boucher les accès en 2120-25.

Dans l’intervalle, le Zwilag abrite déjà 61 « châteaux » de matière de haute activité, et en comptera 200 d’ici le milieu du siècle.

Hauts de 5 à 6 m, ces conteneurs cylindriques, fermés en centrales, arrivent par train. Devant les caméras réglementaires de l’AIEA, ils rejoignent un grand hall aéré par convection naturelle, où ils dégagent encore une chaleur palpable quand on les approche.

Objets de haute technologie, ces emballages, fabriqués notamment par le Français Orano, sont censés résister à peu près à tout.

Faits d’acier, d’alliages absorbant les neutrons, anti-incendie, ils sont posés sur des fondations renforcées, cernés de spirales d’aluminium pour tirer la chaleur, et dotés d’un double couvercle « anti-avion« , capable de résister à un crash, explique-t-on au Zwilag. À l’intérieur, l’uranium dans sa gaine de zirconium mettra des centaines de milliers d’années à perdre sa radioactivité, et ne doit surtout pas monter en température.

Dans un hall voisin, les déchets moins radioactifs sont placés en fûts, dans des puits sous trois dalles de béton.

Partout, l’air est en sous-pression pour aspirer les poussières ionisantes.

La Suisse, adepte du « sec« , ne s’est pour autant pas détournée de la solution piscine: la centrale de Gösgen, non loin de là, à Däniken, s’est dotée en 2008 d’un grand bassin, réalisé par Siemens et Areva NP.

Y sont entreposés pour une vingtaine d’années les déchets de la centrale, pré-refroidis dans la piscine du réacteur, devenue trop petite.

Le bassin répond aux dernières normes, découplé de son bâtiment et monté sur ressorts anti-sismiques, couvert d’un bardage de béton et doté de tuyauteries pour tracer les éventuelles fuites… Avantage non négligeable: « vous évitez le transport« , souligne René Sarrafian, responsable du cycle du combustible.

Par AFP – Publié le vendredi 19 juillet 2019 à 07h31

https://www.lalibre.be/planete/environnement/en-suisse-une-cathedrale-de-dechets-nucleaires-attendent-l-enfouissement-5d3155a29978e254e24e54e1

Juil 19

EAU POTABLE: DOIT-ON S’INQUIÉTER DE LA CONTAMINATION RADIOACTIVE AU TRITIUM?

NUCLÉAIRE : D’après des relevés officiels, l’eau du robinet de 6,4 millions de personnes est contaminée par du tritium, un élément radioactif présent dans des quantités très faibles.

  • Le tritium est le dérivé radioactif de l’hydrogène, principal composant de l’eau. Il se retrouve dans les rivières et les nappes phréatiques principales à cause de l’activité des centrales nucléaires.
  • Si boire de l’eau contaminée au tritium n’est théoriquement pas dangereux, des associations contestent la pertinence des seuils de dangerosité officielle.
  • La Criirad, par exemple, critique l’opacité des contrôles et pointe un risque à long terme auprès des populations exposées.

Du tritium, un élément radioactif, issu de l’industrie nucléaire, présent dans l’eau potable de plus de 6 millions de personnes ? L’information, révélée par l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro), a de quoi, au minimum interroger. Selon l’association, 268 communes sont concernées, dont de « grandes agglomérations » comme Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes, et 122 communes d’Ile-de-France. Avant de se jeter sur les bouteilles d’eau minérale, 20 Minutes a tenté d’y voir plus clair.

C’est quoi, le tritium ?

Pour faire simple, il s’agit « de la forme radioactive de l’hydrogène », explique Corinne Castanier, de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité). L’hydrogène, on en trouve un peu partout dans les organismes vivants (humains y compris) et surtout dans l’eau : le H de H2O, c’est l’hydrogène. Le tritium, sa version radioactive donc, « se disperse facilement dans l’environnement », précise Jean-Christophe Gariel, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Et d’ailleurs, « on en trouve en permanence dans l’atmosphère », ajoute Corinne Castanier. 0,5 à 1 becquerel par litre d’air : « C’est notamment les résidus des essais nucléaires atmosphériques des années 1950 et 1960. Mais comme le tritium n’a qu’une durée de vie de douze ans, tous les douze ans sa présence dans l’atmosphère diminue de moitié ».

Pourquoi en trouve-t-on dans l’eau des rivières ?

S’il y a bien quelques cas de pollutions qui n’ont rien à voir avec la production nucléaire d’électricité, l’immense majorité du tritium que l’on retrouve dans les rivières vient de cette industrie. Les centrales nucléaires françaises sont toutes construites à côté de cours d’eau ou au bord de la mer. Car une centrale a besoin de quantités astronomiques d’eau pour refroidir ses réacteurs.

Quand les cuves sont nettoyées « des rejets massifs », selon les mots de la Criirad, sont effectués dans les rivières. C’est ainsi que le tritium se retrouve dans les rivières puis les nappes phréatiques. « Ce sont des rejets autorisés », dit tout de suite Jean-Christophe Gariel. Et Corinne Castanier, de la Criirad, ne dit pas autre chose… Bien qu’elle pointe aussi des fuites, moins contrôlées, dans les tuyauteries des centrales nucléaires.

Par prolongement, on trouve donc le tritium dans l’eau potable, quand l’eau des rivières ou des nappes est pompée pour les besoins de la consommation humaine. Et comme il n’est qu’un dérivé de l’hydrogène, principal composant de l’eau, le tritium n’est évidemment pas filtré. « On ne peut pas piéger le tritium », confirme le directeur adjoint de l’IRSN.

Est-ce dangereux ?

« Le tritium est cancérigène et mutagène », annonce Corinne Castanier. Mais « les niveaux rejetés sont faibles 10, à 15 becquerels par litre d’eau », rappelle Jean-Christophe Gariel. Et, effectivement, si on suit les seuils de référence, ces chiffres ou ceux de l’Acro (sensiblement les mêmes), on est loin du danger. Loin du seuil pour une enquête (100) et très très loin du seuil de potabilité de l’OMS : 10.000 becquerels par litre d’eau.

Circulez, y’a rien à voir ? Pour la Criirad, non. L’organisme conteste ce qu’elle considère être un « traitement de faveur » pour les éléments cancérigènes issus de l’industrie nucléaire. Pour Corinne Castanier, les critères de l’OMS sont beaucoup plus durs pour les cancérigènes issus de la chimie. « Si on s’aligne, il faudrait mettre une limite de potabilité à 30 becquerels par litre, voire 10 becquerels par litre. » Au contraire, à l’IRSN, on ne voit « pas de raison de remettre en cause les seuils [qui] correspondent à des hypothèses qui ont fait leurs preuves ».

« Mais à 100, ça serait déjà une victoire », pour Corinne Castanier. Car la Criirad ne se veut pas alarmiste. « On n’est pas sur un niveau de risque élevé. Et si on boit de l’eau avec du tritium seulement quelque temps, cela ne pose pas de problème. » C’est le long terme, qui inquiète plus. Corinne Castanier s’interroge ouvertement sur le cas de millions de personnes qui boivent potentiellement tous les jours de l’eau avec du tritium. « Puisqu’on parle là de rejets autorisés, du fonctionnement normal des centrales depuis des décennies. »

La Criirad critique là « l’opacité totale » des analyses d’eau, très difficilement accessibles, et, quand elles le sont, « incohérentes » et en tout cas parcellaires. « C’est une honte pour un pays comme la France. Ce ne sont pas des oublis, ce sont des failles et on se demande si c’est organisé. » Du côté de l’IRSN, on assure prendre le sujet au sérieux. « On mène aussi des programmes de recherches sur les effets du tritium à faible dose », dit Jean-Christophe Gariel. « Les résultats ne seront révélés que début 2020, mais je peux déjà vous dire qu’on n’a pas trouvé d’effets particuliers. »

Par Rachel Garrat-Valcarcel, publié le 18/07/19 à 18h28 — mis à jour le 18/07/19 à 18h29

Photo : La centrale nucléaire de Cruas est située au bord u Rhône. (Illustration) PHILIPPE DESMAZES / AFP

https://www.20minutes.fr/planete/2566843-20190718-eau-potable-doit-inquieter-contamination-radioactive-tritium

Note de facteur à l’article ci-dessous :

  • « Ce sont des rejets autorisés », dit tout de suite Jean-Christophe Gariel. (de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)

Rejets autorisés sur le plan légal est loin de vouloir dire sans effet sanitaire

Depuis Tchernobyl, l’IRSN est encore et toujours à défendre le lobby atomique au détriment de la vérité.

Le problème est que cet organisme emploi 1 777 salariés financés par le contribuable.

Mais c’est sans surprise puisqu’il s’affirme comme « appui technique aux pouvoirs publics et aux autorités«  pas comme défenseur des citoyens qui pourtant lui permettent d’exister !

Juil 19

RACHAT D’URAMIN PAR AREVA: LA PERSPECTIVE D’UN PROCÈS REPOUSSÉE

Paris – La tenue d’un éventuel procès dans le dossier du rachat controversé de la société minière Uramin par Areva est encore repoussée, après de nouvelles mises en examen d’ex-dirigeants, dont l’ex-patronne du géant nucléaire français Anne Lauvergeon, conséquence d’une bataille en coulisses entre juges et parquet.

En 2007, Areva, qui cherche à diversifier son approvisionnement en uranium, acquiert à prix d’or, 1,8 milliard d’euros, la société canadienne Uramin, propriétaire de trois gisements en Afrique. Mais, sur place, l’exploitation se révèle plus difficile que prévu et l’opération vire au fiasco. 

Après le départ de son emblématique patronne Anne Lauvergeon (2001-2011), le groupe (devenu Orano) divise par cinq la valeur d’Uramin et est contraint de passer fin 2011 de lourdes provisions de 1,5 milliard d’euros.  

Ce rachat controversé est au cœur de deux informations judiciaires depuis 2015. 

L’une, dans laquelle Mme Lauvergeon est témoin assisté, porte sur des soupçons d’escroquerie et de corruption lors de l’acquisition de la compagnie minière. 

L’autre sur les provisions inscrites en 2010 et 2011 par Areva, les magistrats soupçonnant d’anciens responsables de les avoir sous-évaluées dans les comptes pour masquer l’effondrement de la valeur d’Uramin. 

Depuis 2016, dans ce volet, ils ont mis en examen Anne Lauvergeon et Gérald Arbola (ex-numéro 2) pour « présentation de comptes inexacts » et « diffusion de fausses informations » ainsi qu’Alain-Pierre Raynaud (ex-directeur financier) pour « complicité« . L’ex-patron de la filiale des mines, Sébastien de Montessus et son directeur financier d’alors, Nicolas Nouveau, échappent à toute poursuite.  

En mars 2017, les magistrats Renaud Van Ruymbeke, Claire Thépaut et Charlotte Bilger annoncent la fin de leurs investigations dans ce volet. Mais à l’époque, en coulisses, une bataille oppose les juges au parquet national financier (PNF), qui réclame d’autres mises en examen.  

Face aux refus des juges, le PNF avait fait appel. Résultat: en octobre dernier, la cour d’appel de Paris fait « injonction » aux juges de reconvoquer les protagonistes, selon des sources proches du dossier.  

Au final, les juges se sont résolus depuis avril à procéder à ces nouvelles mises en examen, selon des sources concordantes. « Une situation ubuesque« , dénonce un avocat de la défense.  

Deux ans après la clôture des investigations, Sébastien de Montessus et Nicolas Nouveau sont donc à leur tour poursuivis pour « complicité« . 

Entrave ?

« Le comportement » de M. de Montessus « caractérise une pleine participation » aux infractions reprochées à Anne Lauvergeon, justifiait le PNF dans son réquisitoire du 5 mai 2017, écarté par les juges. 

Autre sujet de friction: le parquet soutenait la thèse que certains dirigeants d’Areva avaient caché des informations – notamment des notes de la division mines sollicitant de très lourdes dépréciations des actifs Uramin – aux commissaires aux comptes chargés de certifier les comptes du groupe.  

Anne Lauvergeon « a eu connaissance de ces entraves (…) et les a même encouragées« , estimait le ministère public, réclamant sa mise en examen pour « entrave » aux missions des commissaires aux comptes. Là encore, les juges s’y étaient opposés, considérant que les experts de l’audit « ont eu accès à tous les documents légaux« . 

Finalement mise en examen début juin, Anne Lauvergon a balayé les accusations, dans une déclaration dont a eu connaissance l’AFP. « Je n’ai jamais participé, ni ne suis intervenue (…), dans le processus de vérification et contrôle des commissaires aux comptes« , a-t-elle martelé devant les magistrats, contestant aussi avoir donné « la moindre instruction (…) de dissimuler » des informations.  

Quatre autres responsables ont été mis en examen du même chef: Sébastien de Montessus, Nicolas Nouveau, Gérard Arbola et Thierry Noircler, ancien responsable de l’audit du groupe. Alain-Pierre Raynaud doit encore être convoqué. 

« Nous prenons acte de l’opposition persistante entre le parquet et les juges d’instruction qui fait la démonstration de la très grande fragilité des accusations portées depuis cinq ans« , ont commenté auprès de l’AFP Jean-Pierre Versini-Campinchi et Fanny Colin, avocats d’Anne Lauvergeon. 

La décision sur un éventuel procès est en tout cas remise à plus tard: saisie par les protagonistes, la cour d’appel devra se prononcer sur la régularité de ces mises en examen. Une étape qui ne devrait pas se tenir avant des mois.

Par AFP, publié le 18/07/2019 à 11h12, mis à jour à 17h52

Photo : Anne Lauvergeon en février 2015 à Paris, afp.com/MARTIN BUREAU

https://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/rachat-d-uramin-par-areva-la-perspective-d-un-proces-repoussee-apres-de-nouvelles-mises-en-examen_2090314.html

Juil 19

RUSSIE : PANNE D’ÉLECTRICITÉ DANS UNE CENTRALE NUCLÉAIRE

La centrale de Kalinine, à 300 km de Moscou, a dû arrêter trois réacteurs. Il n’y a pas de hausse de radioactivité, selon les autorités russes.

Trois réacteurs de la centrale nucléaire russe de Kalinine, située 300 kilomètres au nord-ouest de Moscou, ont été arrêtés après une panne de courant, a annoncé jeudi Rosenergoatom, le producteur russe d’énergie nucléaire qui assure qu’aucune hausse de la radioactivité n’a été enregistrée.

«À 05h05 (4h05 en Suisse), en raison d’un court-circuit dans l’un des transformateurs de la centrale nucléaire de Kalinine, les lignes à haute tension ont été déconnectées. En conséquence, les réacteurs n°1, 2 et 4 sont déconnectés du réseau», a indiqué Rosenergoatom dans un communiqué. Rosenergoatom, qui fonctionne sous l’autorité de l’agence nucléaire russe Rosatom, ajoute qu’aucune hausse de la radioactivité n’a été enregistrée.

Cité par l’agence de presse Ria Novosti, un responsable de la centrale nucléaire a déclaré que les «causes de ce qui s’est passé sont en train d’être élucidées». Un responsable de Rosenergoatom a pour sa part assuré que le réacteur numéro 4 pourrait être remis en service dans la journée mais que les réacteurs numéro 1 et 2 resteraient arrêtés jusqu’à la découverte des causes de l’incident.

La centrale nucléaire de Kalinine, la plus proche de Moscou, est située dans la région de Tver. Elle dispose de quatre réacteurs à eau légère pressurisée, le dernier ayant été mis en service en 2012. (afp/nxp)

Créé le 18.07.2019 à 10h55

Photo : La centrale se situe dans la région de Tver. C’est la plus proche de Moscou. Image: Keystone

https://www.lematin.ch/monde/panne-d-electricite-dans-une-centrale-nucleaire/story/30078426

Juil 18

LE CHANGEMENT CLIMATIQUE NE FAIT PAS BON MÉNAGE AVEC L’ACTIVITÉ NUCLÉAIRE

Communiqué de presse : Sécheresse, canicule et des centrales en surchauffe

Le bouleversement climatique va accroitre les fortes chaleurs (comme celle connue fin juin/début juillet) et les épisodes de sécheresse (à ce jour et alors que nous sommes au début de l’été, 2/3 des départements français sont en état de sécheresse avec des restrictions d’eau).

La crise climatique entraîne mécaniquement une aggravation de la crise aquatique : niveau exceptionnellement bas des fleuves, température des eaux de rivières en forte hausse, prolifération d’algues génératrice de cyanobactéries, renforcement des mesures de restrictions de consommation d’eau. Cet été, la Garonne est très basse, le débit de la Loire est significativement inférieur à la moyenne, celui de la Vienne est très bas…

La dépendance du nucléaire à une ressource en eau abondante est de nature à sérieusement mettre en doute sa résilience dans le contexte du dérèglement climatique. Les centrales prélèvent de volumineuses quantités d’eau et rejettent dans les fleuves et rivières de l’eau plus chaudes chargée de substances chimiques et radioactives (tritium notamment). Lorsque la température augmente et que le débit des fleuves et rivières diminue, l’impact de ces nuisances est plus important en raison d’une moindre dilution des polluants et d’un rejet d’eau chaude plus impactant pour les milieux aquatiques. Depuis des années Alsace nature alerte sur le réchauffement du Rhin lié à Fessenheim.

En 2013, à l’échelle nationale, plus de 54 % des prélèvements dans les eaux de surface étaient destinés à la production d’énergie, essentiellement pour le refroidissement des centrales nucléaires. Par exemple, faut-il rappeler la nécessité que la Loire, qui alimente les centrales de Belleville, Dampierre, Saint-Laurent et Chinon ait un débit suffisant pour permettre ce refroidissement.

Durant la canicule de l’été 2003, 17 réacteurs nucléaires (un quart du parc français) avaient dû soit réduire leur production d’électricité, soit être mis à l’arrêt, et EDF avait dû acheter de l’électricité dans des pays voisins. Lors de l’été 2018, une demi-douzaine de réacteurs ont vu leur puissance être réduite du fait des problèmes de sécheresse et de canicule et 4 ont même dû être arrêtées. Or, le ministère de la Transition écologique prévoit une chute pouvant atteindre 40% d’ici 2050.

De surcroît, certains équipements nucléaires demeurent très vulnérables en cas de fortes températures. C’est le cas par exemple des diesels de secours en cas de défaillance du réseau électrique. Ceux-ci doivent être refroidis par l’air extérieur. L’IRSN a pointé ce risque estimant que « la démonstration de la capacité des installations à faire face à des situations de grande chaleur n’est pas pleinement apportée par EDF ».

Le nucléaire n’est donc pas la panacée ou le « mal nécessaire » au changement climatique. C’est même plutôt le contraire. Il est très vulnérable à l’augmentation des températures et à la baisse de débit des cours d’eau et il ne participe pas (ou très marginalement) à la baisse des émissions de GES (la France -pays européen le plus nucléarisé- ayant même vu l’an passé augmenté ces GES).

Le bouleversement climatique rend le nucléaire encore plus dangereux.

Il est temps d’en sortir !

Signé : Michèle RIVASI, Députée européenne EELV, co-fondatrice de la CRIIRAD

Publié par Le secrétariat lr 17 juillet 2019

https://lemouvement.info/2019/07/17/communique-de-presse-le-changement-climatique-ne-fait-pas-bon-menage-avec-lactivite-nucleaire/

Juil 18

DÉCHETS NUCLÉAIRES. DES OPPOSANTS AU PROJET D’ENFOUISSEMENT RÉOCCUPENT LE SITE DE BURE DANS LA MEUSE

Des opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) ont réinvesti, ce jeudi 18 juillet vers 14 h, le Bois Lejuc où doivent être réalisés des travaux en vue de l’installation du site de stockage. Le site avait précédemment été évacué en février 2018.

« Une dizaine d’individus habillés en noir, cagoulés, casqués, armés de projectiles, de cocktails Molotov et de billes d’acier ont lancé des projectiles sur les gendarmes » qui surveillent le site de Bure, a indiqué ce jeudi 18 juillet 2019 le directeur de cabinet de la préfecture de la Meuse, Jean-Michel Radenac.

Les opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires dans ce site ont réinvesti ce jeudi vers 14 h le Bois Lejuc – évacué en février 2018 -, où doivent être réalisés des travaux en vue de l’installation du site de stockage.

Ensuite, cette dizaine d’opposants a été rejointe par « entre 20 et 30 personnes », avant que le groupe ainsi formé ne pénètre « dans le Bois Lejuc où ils ont mis en place quelques barricades qu’ils enflamment », a-t-il ajouté, précisant qu’il n’y avait aucun blessé.

La police contrainte de quitter les lieux

« Des gaz lacrymo s’échappent de la forêt et des camions bâchés sont entrés par le sud de la forêt », indique le compte Twitter des opposants à Bure, @ZIRAdies.

« De nombreuses personnes ont réinvesti ce lieu, au sol comme dans les arbres, pour réaffirmer leur opposition au projet de centre d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo, au nucléaire et à son monde, industriel, colonial, militaire », ont annoncé les opposants dans un communiqué.

« Les forces policières qui occupaient jusque-là ce lieu stratégique et protégeaient les intérêts de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires) ont été contraintes de quitter les lieux », ont-ils précisé.

Des déchets enfouis à 500 mètres sous terre

Le Bois Lejuc, situé sur la commune de Mandres-en-Barrois, à quelques kilomètres de Bure, a été retenu par l’Andra pour y réaliser des forages exploratoires, dans le cadre du projet Cigéo.

Ce projet vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets les plus radioactifs ou à vie longue du parc nucléaire français.

Occupé depuis l’été 2016, le site avait été évacué par quelque 500 gendarmes, au petit matin, le 22 février 2018.

Dans leur communiqué, les antinucléaires ont lancé un appel à « converger dans le Bois Lejuc ainsi que dans les villages de Bure et Mandres-en-Barrois ».

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/dechets-nucleaires-reoccupation-du-site-de-bure-dans-la-meuse-6450357

Juil 18

NUCLÉAIRE IRANIEN : LE PATRON DE L’AIEA SUR LE DÉPART

Analyse : Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano devrait annoncer la semaine prochaine son départ anticipé pour raisons de santé. L’agence aura sans doute du mal à désigner son successeur.

La Russie plaide pour une extension du mécanisme européen de compensation aux exportations de pétrole

Le départ de Yukiya Amano pourrait susciter une bataille pour son remplacement et le contrôle de l’AIEA, en pleine crise sur le nucléaire iranien.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano, devrait annoncer, en début de semaine prochaine, son départ anticipé pour raisons de santé, sans doute dès le mois de mars 2020. À la tête de l’AIEA depuis 10 ans, le diplomate japonais accomplit actuellement son troisième mandat, censé expirer en novembre 2021.

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Yukiya Amano, 72 ans, n’avait pas assisté au conseil des gouverneurs extraordinaire du 10 juillet, convoqué, à la demande des États-Unis, pour examiner les derniers développements concernant le programme nucléaire iranien. En septembre 2018, il avait également manqué une réunion annuelle de l’AIEA à Vienne, siège de l’agence, en raison de soins. Élu une première fois en 2009 pour succéder à l’Égyptien Mohamed El-Baradei, Yukiya Amano avait été reconduit en novembre 2017 pour un nouveau mandat de quatre ans.

Une bataille en perspective pour le contrôle de l’AIEA

Son départ pourrait susciter une bataille pour son remplacement et le contrôle de l’AIEA, en pleine crise sur le nucléaire iranien. Cette dernière rassemble 171 États membres et il revient aux 35 États membres du conseil des gouverneurs de l’agence, comprenant notamment les pays les plus avancés en matière de technologie nucléaire, de nommer son directeur. L’AIEA joue un rôle central dans la lutte contre la prolifération nucléaire en permettant de vérifier les engagements pris par les pays signataires du Traité de non-prolifération (TNP). Ses experts contrôlent également le respect par Téhéran des engagements spécifiques pris dans le cadre de l’accord de 2015.

Washington pour un durcissement des inspections

Début juillet, l’AIEA a ainsi confirmé que Téhéran, en riposte au retrait américain de l’accord et au rétablissement des sanctions, a commencé à s’affranchir de certaines obligations pour son stock d’uranium enrichi et le taux d’enrichissement autorisé. Depuis son retrait de l’accord en mai 2018, l’administration américaine plaide pour étendre le champ des inspections de l’agence en Iran.

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De son côté, la Russie a réitéré son intérêt à rejoindre le mécanisme de compensation Instex mis en place par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, pour contourner les sanctions américaines en évitant d’utiliser le dollar. Moscou insiste toutefois pour que cet instrument soit utilisé pour les exportations de pétrole, et pas seulement réservé aux produits alimentaires et aux médicaments. Une telle extension reste peu probable car elle exposerait Instex à des sanctions américaines.

Quelques millions d’euros injectés dans Instex

Seulement quelques millions d’euros de crédit ont été injectés dans Instex, un montant très insuffisant pour parvenir à compenser les pertes de revenus de l’Iran. L’extraterritorialité des sanctions américaines a abouti au retrait des entreprises européennes et le commerce s’est effondré. Téhéran ne peut plus exporter son pétrole, et se voit privé ainsi de l’essentiel de ses revenus. Ses exportations de pétrole sont tombées de 1,5 million de barils par jour à 700 000 barils par jour.

Par François d’Alançon, publié le 18/07/2019 à 13h32, modifié le 18/07/2019 à 16h54

Photo: JOE KLAMAR/AFP

https://www.la-croix.com/Monde/Nucleaire-iranien-patron-lAIEA-depart-2019-07-18-1201036188

Juil 18

LA PÉNURIE D’EAU MENACE-T-ELLE L’ACTIVITÉ DES CENTRALES NUCLÉAIRES ?

ATOME- Ce mercredi, 64 départements sont concernés par des mesures de restrictions d’eau face à la sécheresse des sols et des cours d’eau. Parmi les usages de ce bien commun : le refroidissement de nos réacteurs nucléaires. LCI s’est donc interrogé sur les conséquences d’une pénurie sur les centrales.

Chaque jour, un nouveau nom s’ajoute à la liste. Celle des départements qui font face à une insuffisance des ressources en eau. Selon le site ministériel Propluvia, qui recense tous les arrêtés de restriction d’eau, ce mercredi 17 juillet, 64 départements ont dépassé le simple degré de vigilance en matière de sécheresse. Et bon nombre d’entre eux ont enclenché le niveau de crise, qui oblige un arrêt des prélèvements « non prioritaires » tels que ceux pour l’agriculture. Un souci de taille. Sauf qu’au-delà de son apport essentiel aux cultures, ce bien commun qu’est l’eau alimente également nos centrales nucléaires. Des centrales pour l’heure indispensables au fonctionnement du pays. 

Alors, faut-il s’inquiéter de l’impact de la sécheresse sur les réacteurs ? Quels risques la pénurie leur fait-elle courir ? Faut-il s’attendre à un « blackout » cet été ? LCI fait le point.

Des réacteurs en danger faute d’eau suffisante ?

Le 1er juillet 2019, le JDD tirait la sonnette d’alarme en estimant que « les centrales nucléaires sont menacées par la pénurie d’eau« . Une crainte de nouveau exprimée ce mercredi matin par un élu écologiste. Le vice-président du conseil régional Centre-Val-de-Loire, Charles Fournier, parle alors un « énorme problème« . « Vous avez un débit de la Loire qui descend et qui flirte avec la limite minimum pour pouvoir maintenir nos centrales en sécurité« , alerte-t-il sur France Inter. Il faut dire que pour refroidir ses quelque 58 réacteurs, une grande quantité d’eau est nécessaire à EDF.

L’entreprise peut cependant compter sur d’autres moyens pour soutenir sa production. Un attaché de presse au sein du groupe, nous explique ainsi qu’une centrale telle celle de Civaux, normalement dépendante de la Vienne, est en mesure d’anticiper « l’impossibilité de disposer de cette eau pour le refroidissement des installations« . Le cas échéant, « des réserves d’eau importantes sont prévues« , comme le lac de Vassivière, qui a profité de l’hiver pour reconstituer ses réserves. 

C’est l’État qui arbitre le partage de l’eau (Un attaché de presse chez EDF)

Une alternative qui peut toutefois mettre à mal les autres activités liées au lac directement ou non, du tourisme à l’agriculture en passant par la simple consommation d’eau potable. Comme le notait un reportage de France Bleu Creuse, il était devenu à « l’extrême limite du navigable » à l’automne 2018. Une critique qui agace un attaché de presse contacté par LCI, qui rappelle qu’en plus de travailler en « collaboration » avec l’ensemble des acteurs du territoire, « EDF ne décide pas de garder de l’eau« , « c’est l’État qui est prioritaire de ce bien, et c’est lui qui en arbitre le partage !« 

Des centrales fermées à cause de la hausse de la température ?

En réalité, la vraie question n’est pas tant celle du manque d’eau – Palo Verde, la plus grande centrale des États-Unis, est bien située en plein désert – que de son rejet dans les fleuves après avoir été utilisée. Car après avoir refroidit les infrastructures, l’eau évacuée est plus chaude qu’au moment du prélèvement. Et lorsque le fleuve n’est pas assez abondant, ce rejet entraîne une élévation de sa température, pouvant devenir un danger pour la faune et la flore. C’est pourquoi ils sont soumis à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui prévoit, au cas par cas, des seuils à ne pas dépasser. Dès lors que cette limite ne peut plus être garantie, EDF a donc l’obligation de baisser la puissance ou d’arrêter ses exploitations. C’est la raison qui explique la fermeture de certains réacteurs par le passé. 

Reste que ces arrêtés de prévention sont critiqués de façon virulente par les associations environnementales. Pour Stéphane Lhomme, ancien militant contre l’atome, (NDLR : ancien ? Faux, il milite toujours contre le nucléaire car il est toujours directeur  de l’Observatoire du Nucléaire,) les responsables d’EDF « s’arrangeront toujours » pour avoir des dérogations. Ce fut notamment le cas en 2003, avec une réglementation d’abord assouplie, puis par un décret en 2007 qui a permis d’aller au-delà des limites en cas de « situation exceptionnelle ».  

« La protection de l’environnement est bafouée », dénonce celui qui a créé l’Observatoire du nucléaire en 2010. « Ils émettent ce qu’ils veulent, même quand il y a des procédures lancées par des associations, la justice administrative donne raison au producteur d’électricité jouant la carte de l’intérêt national. À partir de là, on s’affranchit de toutes les règles. » Une accusation balayée d’un revers de main par le principal concerné. « Il y a une marge énorme entre l’arrêté de l’ANS et l’impact réel sur l’environnement« , souligne un attaché de presse contacté par LCI.

Une pénurie d’électricité envisageable ?

Dans un rapport publié en 2011, Stéphane Lhomme évoquait un « fort risque de black-out nucléaire » dû à d’éventuelles fermetures de sites lors d’épisodes de sécheresse. Une prophétie pas encore réalisée selon lui, car, depuis plusieurs étés, ironise-t-il, « les présidents d’EDF ont fait la danse de la pluie et ont été sauvés par des averses inespérées« . Mais, nous assure-t-il, des situations « très compliquées » comme celle connue actuellement pourraient advenir de plus en plus fréquemment. 

Sauf que si interrompre l’activité de réacteurs est souvent présenté comme « quelque-chose de significatif« , une source interne nous confie qu’en réalité ce genre de mesure n’a rien d’exceptionnel. En 2018, quatre réacteurs ont par exemple été fermés sans avoir d’impact sur l’approvisionnement de la France en électricité. 

« Ce sont des choses anticipées et non pas subies« , affirme également un attaché de presse contacté par LCI. « Nous avons un service météorologique, nous savons prédire l’arrivée d’un niveau critique plusieurs semaines en avance. » Quant à la production française, elle permet au pays d’avoir « de la marge« . « La consommation en été est sans commune mesure avec ce que le pays connait l’hiver. Nous sommes loin de la pénurie puisque nous continuons d’exporter. »

Et demain ?

La sécheresse, une « épée de Damoclès » au-dessus du nucléaire français ? C’est en tout cas l’inquiétude de Stéphane Lhomme. Et comme tous les chercheurs le montrent, le dérèglement climatique n’en est qu’à ses débuts. Selon un rapport de 2015 du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Energie, les débits moyens des eaux françaises devraient significativement diminuer – de 10 à 40% – d’ici à 2050. Des prévisions qui n’inquiètent pas EDF. « Le réchauffement climatique, ce n’est pas quelque-chose que l’on découvre« , note un attaché de presse contacté par LCI, indiquant que cette question est prise « très au sérieux » par EDF depuis la fin des années 90. « Nous avons un impact sur l’environnement et l’environnement a aussi un impact sur nous. » Alors, le fournisseur se « prépare » et « modifie » ses installations. « Les centrales peuvent paraître figées, sauf qu’en réalité à l’intérieur, elles évoluent énormément.« 

Une source interne se veut elle aussi rassurante. Auprès de LCI, elle certifie que le groupe « envisage avec sérieux les différents scénarios pour maintenir un bon refroidissement« . Mais ce technicien nous souffle aussi que si son entreprise a « encore la maîtrise de la situation » à court terme, ses responsables « sont inquiets pour les 30 à 40 prochaines années« .

Par Felicia Sideris, publié le 17 juillet 2019 à 21h49, modifié le 18 juillet 2019 à 10h57

https://www.lci.fr/planete/secheresse-la-penurie-d-eau-menace-t-elle-l-activite-des-centrales-nucleaires-doit-on-craindre-un-manque-d-electricite-edf-decryptage-2127282.html

Juil 18

TRITIUM DANS L’EAU POTABLE : PLUS DE 6 MILLIONS DE FRANÇAIS CONCERNÉS. QUELLE EAU POTABLE EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE GRAVE ?

L’ACRO publie, ce jour, une carte exclusive de la contamination radioactive de l’eau potable en France métropolitaine. Ces données, compilées par l’ACRO, ont été fournies par le Ministère de la Santé (ARS – SISE Eaux) et représentent la valeur moyenne sur les années 2016-2017.

Voir la version complète du communiqué en pdf (avec annexes).

Pour accéder à la carte, copiez-collez le lien : https://www.acro.eu.org/carteeaupotable/index.html#7/47.832/1.670 (sans s après http)

Carte interactive des communes où du tritium a été mesuré dans l’eau du robinet entre 2016 et 2017  Source : Ministère de la santé – ARS – SISE Eaux – Traitement : ACRO

L’analyse de ces données a permis de mettre en évidence :

  • que plus de 268 communes sont concernées par la présence de tritium (l’hydrogène radioactif rejeté par les installations nucléaires) dans l’eau potable en France métropolitaine,
  • que 6,4 millions de personnes sont alimentées par une eau contaminée au tritium,
  • qu’aucune valeur ne dépasse le critère de qualité fixé à 100 Bq/L instaurée par les autorités sanitaires.

La carte fait apparaître plusieurs zones avec une présence régulière de tritium dans l’eau du robinet :

  • Le long de la Seine, de la centrale nucléaire de Nogent sur Seine à l’Île de France, à cause des rejets radioactifs ;
  • Le long de la Vienne et de la Loire à cause des rejets radioactifs des installations nucléaires d’EDF (Belleville, Dampierre, St-Laurent, Chinon et Civaux) ;
  • Autour du centre du CEA de Valduc où le tritium est produit pour l’armement nucléaire ;
  • Autour du centre CEA de Saclay où il doit s’agir d’une pollution rémanente.

Le long de la Vienne : Châtellerault présente des niveaux parmi les plus importants relevés. La moyenne sur 2016 et 2017 est de 31 Bq/litre (18 prélèvements).

Le long de la Loire : du tritium est détecté dans l’eau potable de toutes les communes s’alimentant dans la Loire ou dans les nappes sédimentaires du fleuve. De grandes agglomérations sont concernées : Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes. À Nantes, les niveaux sont comparables à ceux observés à Saumur, villes séparées de plus d’une centaine de kilomètres.

Environ 1,9 million d’habitants sont concernés. Dans le Maine-et-Loire, 72 communes (soit 40% des communes du département) présentent des valeurs significatives en tritium dans les données fournies par la Direction Générale de la Santé.

Le Long de la Seine : 122 communes d’Ile de de France sont concernées par la contamination en tritium au robinet. Cela représente une population de 4 millions de personnes.

La seule usine de potabilisation de Choisy-le-Roi alimente en eau potable 56 communes de la banlieue Sud et Ouest de Paris, ce qui représente environ 1,9 million d’habitants. Elle produit environ 128 400 000 m3 par an d’eau potable. Avec une concentration moyenne de 10 Bq/litre, 1,3 TBq de tritium sont donc distribués chaque année par cette seule usine, soit 2,5% des rejets de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine.

Nos revendications :

    • Les rejets radioactifs ne sont pas soumis au principe pollueur-payeur alors qu’ils devraient entrer dans le périmètre des agences de l’eau, comme les autres polluants.
    • Le tritium est un « lanceur d’alerte » : en cas d’accident grave sur une des centrales nucléaires sur la Seine, la Vienne ou la Loire, il n’y aura pas que le tritium rejeté et ce sont des millions de personnes qui risquent d’être privées d’eau potable. Comment les autorités vont-elles faire pour assurer les besoins vitaux de ces personnes ? Aucun plan n’est disponible pour le moment. L’ACRO demande que la pollution radioactive soit prise en compte dans les plans « ORSEC eau potable » qui doivent être établis pour le 31 décembre 2020 au plus tard et qu’ils fassent l’objet d’une consultation du public.
    • La fréquence des contrôles des eaux de consommation par les Agences Régionales de Santé dépend du volume d’eau distribué. Ainsi, pour les petites communes, il n’y a qu’une mesure de tritium tous les cinq ans. L’ACRO demande que les mesures soient plus fréquentes quand des polluants sont détectés, avec au minimum une mesure par an, quel que soit le nombre de personnes desservies.

En attendant, l’association lance un observatoire citoyen de la radioactivité dans l’eau. Chacun est invité à y participer en faisant un don ou en participant aux prélèvements.

Publié le 17 juillet 2019

Voir la version complète du communiqué en pdf (avec annexes).

POUR EN SAVOIR PLUS…

En cas d’accident nucléaire grave, quelle alimentation en eau potable ? En cas d’accident nucléaire grave avec rejet dans un cours d’eau, l’eau potable peut être contaminée. La présence régulière, dans l’eau du robinet, de tritium rejeté par les centrales nucléaires met en évidence un risque de contamination par d’autres polluants radioactifs à des niveaux beaucoup plus élevés.

Niveaux maximum admissibles

L’Union européenne a fixé des niveaux maximum admissibles dans les denrées alimentaires suite à un accident nucléaire. Les niveaux du dernier règlement européen pour les liquides alimentaires sont donnés dans le tableau n°1. La commission précise que « les valeurs sont calculées compte tenu de la consommation d’eau courante, et les mêmes valeurs pourraient être appliquées à l’approvisionnement en eau potable suivant l’appréciation des autorités compétentes des États membres. »

Tableau n°1 : Extrait du règlement (Euratom) 2016/52 du conseil du 15 janvier 2016 fixant les niveaux maximaux admissibles de contamination radioactive pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux après un accident nucléaire ou dans toute autre situation d’urgence radiologique, et abrogeant le règlement (Euratom) no 3954/87 et les règlements (Euratom) no 944/89 et (Euratom) no 770/90 de la Commission.

 

 À noter que le tritium n’est pas pris en compte dans le groupe de la dernière colonne. L’Europe semble considérer que la limite de potabilité proposée par l’OMS de 10 000 Bq/L est suffisamment élevée pour qu’il ne soit pas nécessaire de fixer une limite spécifique en cas d’accident nucléaire grave.

Toutes ces valeurs sont très élevées et risquent de ne pas être acceptées, comme ce fût le cas au Japon pour l’alimentation après la catastrophe de Fukushima.

L’exemple de Tchernobyl

La catastrophe de Tchernobyl, le 26 avril 1986, a entraîné une forte contamination des eaux de la rivière Pripyat qui se jette dans le Dniepr à 15 km en aval. Les eaux du Dniepr servent à l’approvisionnement direct de 8 millions d’Ukrainiens et à l’irrigation. A la centrale de Tchernobyl, les eaux de refroidissement n’étaient pas directement rejetées dans la rivière, mais dans un bassin situé à quelques centaines de mètres du cours d’eau qui a fait office de tampon.

Nous n’avons pas trouvé de données concernant l’eau de consommation. Voici des données relatives aux eaux de surface

À l’époque, les autorités ont donc relevé les niveaux maximum admissibles dans les eaux de consommation

Ibidem

On trouve d’autres données dans la littérature scientifique. Dans le livre Chernobyl – What Have We Learned?, Edited by Yasuo Onishi, Oleg V. Voitsekhovich and Mark J. Zheleznyak Springer 2007, les valeurs maximales rapportées sont encore plus grandes :

À chaque fois, les valeurs relevées pour l’iode-131 dépassent largement les limites fixées par l’UE.

De nos jours, plus de 30 ans plus tard, les eaux du Dniepr sont toujours contaminées, à des niveaux beaucoup plus faibles, bien entendu. Le césium-137 a été largement stocké dans les sédiments du premier barrage, le réservoir de Kiev, alors que le strontium, particulièrement radiotoxique, s’écoule toujours jusqu’à la Mer Noire. On observe des pics de pollution suite à des inondations qui peuvent avoir lieu dans les zones les plus contaminées.

Que se passera-t-il en France en cas de dépassement des niveaux maximum dits admissibles ?

En France, la fiche n°15 du plan national de réponse à un accident nucléaire majeur précise : « En cas de restriction partielle ou totale d’alimentation en eau potable issue du réseau d’adduction public, le Préfet met en œuvre le dispositif ORSEC, en lien avec les responsables de la production et de la distribution d’eau et les Agences Régionales de Santé, afin de fournir une alimentation en eau potable de substitution aux populations concernées (eau embouteillée, citernes d’alimentation en eau potable…)., jusqu’à ce que les niveaux de contamination soient revenus dans les normes de potabilité fixées par la réglementation en vigueur. »

Mais les plans ORSEC sont en cours de rédaction… L’instruction interministérielle n° DGS/VSS2/DGCS/DGSCGC/2017/138 du 19 juin 2017 relative à l’élaboration du dispositif de gestion des perturbations importantes de l’approvisionnement en eau potable (ORSEC-Eau potable) demande que « chaque préfet de département [mette] en place ou actualise son volet ORSEC Eau potable dans le cadre de l’ORSEC RETAP RESEAUX, en fonction des nécessités de la planification territoriale, et au plus tard pour le 31/12/2020 ». Elle rappelle que « ce plan ORSEC Eau potable devrait utilement être complété par des plans d’alerte aux pollutions accidentelles des ressources en eau, et des plans de secours en cas de rupture de la fourniture par les réseaux publics, élaborés à l’échelle des collectivités en charge de l’alimentation en eau. »

Le Guide associé pour l’élaboration de ces plans ORSEC eau potable propose, en premier lieu, d’utiliser l’interconnexion des réseaux d’eau potable. Cette option risque de ne pas être applicable partout en cas de contamination étendue, suite à un accident nucléaire.

Les alternatives sont la mise en place de restrictions afin de réduire la demande en eau potable et la mise en place de solutions de substitution :
– distribution d’eau embouteillée ou ensachée ;
– production d’eau à partir d’unités mobiles de traitement ;
– approvisionnement par camions citernes autorisés pour le transport de produits alimentaires.
Cela va être compliqué à mettre en œuvre pour des milliers, voire millions de personnes potentiellement affectées par une pénurie d’eau potable.

Selon le Guide : « Face à une pénurie prolongée d’eau destinée à la consommation humaine, et en l’absence de possibilités de mise en œuvre durable de mesure alternative (qu’elles relèvent de la sécurisation du réseau ou qu’il s’agisse de mesures de substitution en alimentation), il peut être envisagé de procéder à un déplacement de population vers une zone d’accueil. Cette solution ne doit être utilisée que si les circonstances l’exigent absolument et si la mise en œuvre de dispositifs d’alimentation de secours ne permet pas d’assurer la sécurité sanitaire des populations ou des autres usagers.
La décision d’évacuer relève du préfet de département ou du préfet de zone le cas échéant, qui mettra en œuvre les dispositions de l’Orsec correspondantes. » Ce sera impossible en Ile de France ou dans les villes sur la Loire.

Ce contenu a été publié dans Communiqués de presse, Français par ACRO, et marqué avec Observatoire Citoyen de la Radioactivité dans l’Environnement, Rejets dans l’environnement, Tritium. Mettez-le en favori avec son permalien.

https://www.acro.eu.org/tritium-dans-leau-potable-plus-de-6-millions-de-francais-concernes-quelle-eau-potable-en-cas-daccident-nucleaire-grave/

Juil 17

DES POLITICIENS BELGES EXIGENT LE RETRAIT DES ARMES NUCLÉAIRES US DE LEUR PAYS

Souhaitant un «débat transparent» pour mettre un terme au «mensonge» et à «l’hypocrisie», des hommes politiques belges réclament aux autorités le retrait des armes nucléaires américaines du territoire. En effet, un rapport de l’Assemblée parlementaire de l’Otan révèle plusieurs lieux de stockage en Europe.

Les partis écologistes belges Groen et Sp.a exhortent les autorités du pays à discuter du retrait des armes nucléaires américaines qui sont stockées sur la base aérienne de Kleine-Brogel, à seulement 90 km de Bruxelles, selon un rapport publié par l’Assemblée parlementaire de l’Otan. La note dévoile l’emplacement d’armes nucléaires en Belgique, mais aussi en Italie, aux Pays-Bas, en Turquie et en Allemagne.

«Un débat totalement transparent»

Samuel Cogolati, membre du parti belge Écolo, relève que ces révélations accidentelles ne font que confirmer le «secret de polichinelle» selon lequel l’allié de l’Union européenne de l’autre côté de l’Atlantique conserve des armes de destruction massive en Belgique. L’homme politique a insisté sur l’organisation de débats approfondis à ce sujet:

«Nous réclamons un débat en toute transparence, il faut arrêter de mentir […] cesser l’hypocrisie», a-t-il déclaré, interrogé par l’AFP.

«Trump aux commandes»

Au micro de Radio 1, un membre du parti Groen, Wouter De Vriendt, a indiqué que les risques étaient encore plus élevés sous le gouvernement actuel.

«Voulons-nous vraiment des armes de destruction massive sur notre territoire avec quelqu’un comme Donald Trump aux commandes?», s’est-il interrogé, cité par The Brussels Times.

Désarmement nucléaire?

Le président du parti sp.a, John Crombez, a également soutenu le besoin de discuter de cette question et de procéder, enfin, au désarmement nucléaire:

«La plus grande partie du monde est prête au désarmement nucléaire. La Belgique ne l’est pas et c’est l’une des raisons pour lesquelles les avions F-35 ont été achetés. Le temps des débats transparents à ce sujet est venu. Sp.a veut que la Belgique choisisse enfin le camp du désarmement», indique son message sur Twitter.

Dans le même temps, le quotidien belge De Morgen cite une source militaire anonyme qui affirme que la Belgique en tire profit et que retirer ces armes nucléaires coûterait plus cher que de les conserver. Il a également insisté sur la nécessité d’allouer des fonds supplémentaires à la Défense.

«La présence d’armes nucléaires dans notre pays ne coûtent rien à notre pays — et nous sommes à la même table avec les grands garçons», a annoncé la source.

Armes nucléaires américaines en Europe

Des sites secrets de dépôt d’armes nucléaires américaines situés en Europe ont accidentellement figuré dans un rapport de l’Assemblée parlementaire de l’Otan rédigé par un sénateur canadien. Ce rapport a été supprimé puis remplacé. Selon une copie publiée mardi 16 juillet par le quotidien belge De Morgen et relayée par le Washington Post, «ces bombes sont entreposées dans six bases: Kleine Brogel en Belgique, Büchel en Allemagne, Aviano et Ghedi-Torre en Italie, Volkel aux Pays-Bas et Incirlik en Turquie».

Des Allemands préoccupés par le possible déploiement d’armes nucléaires sur une base US, © AP Photo / Frank Augsteinstockées

En règle générale, ni les États-Unis ni leurs partenaires européens ne discutent de l’emplacement des armes nucléaires US sur le continent, précise le WP. «Ce n’est pas un  document officiel de l’Otan», a déclaré un responsable de l’Alliance sous couvert d’anonymat. Cependant, de nombreux médias européens considèrent ce rapport comme la confirmation d’un secret de polichinelle, note le Washington Post. L’article du Morgen du 16 juillet titrait: «Enfin noir sur blanc: il y a des armes nucléaires américaines en Belgique».

Selon le Brussels Times, ce sujet devrait être abordé lors d’une commission parlementaire de la Défense, le 17 juillet.

Publié le 17.07.2019 à 14h32, mis à jour à 14h44

https://fr.sputniknews.com/international/201907171041695117-des-politiciens-belges-exigent-le-retrait-des-armes-nucleaires-us-de-leur-pays/

Juil 17

LA COUR DES COMPTES RÉCLAME DE LA COHÉRENCE SUR LE CYCLE DU COMBUSTIBLE

Dans un rapport publié le 4 juillet dernier, la Cour des comptes adresse une série de recommandations au gouvernement et à l’administration en charge du cycle du combustible nucléaire. La Cour réclame notamment de faire et d’expliquer les choix en matière de gestion de l’aval du cycle du combustible.

Le rapport analyse l’ensemble de l’aval du cycle, à partir du moment où le combustible usé est sorti du réacteur jusqu’à sa mise en place dans un stockage, y compris l’entreposage intermédiaire et, le cas échéant, le retraitement. Il pose surtout la question de la doctrine française nucléaire, qui considère que toute matière fissile (combustible usé, combustible issu du retraitement, uranium appauvri issu de l’enrichissement) est valorisable et doit donc être stockée pour une utilisation future dans des réacteurs ad hoc (neutrons rapides ou réacteurs modulaires, etc.). C’est la conception du cycle du combustible dit « fermé », par opposition au cycle « ouvert » qui conduit au stockage des combustibles usés. Le concept de cycle fermé est cependant en réalité « semi-fermé », puisque le combustible usé n’est retraité qu’une fois pour produire du Mox (oxyde mixte d’uranium et de plutonium) qui, lui, n’est pas autorisé pour l’heure à être retraité après son passage en réacteur.

La Cour des comptes a adressé ses recommandations au ministère de l’Environnement, de l’Administration du climat et de l’énergie, de l’administration des finances et à l’Agence nationale française de gestion des déchets radioactifs, ou Andra.

Amont et aval du cycle liés

L’instance demande de revenir à plus de cohérence entre les décisions prises en amont du cycle nucléaire (telles que la fermeture de réacteurs, le renouvellement de réacteurs) et en aval du cycle. Le rapport rappelle en effet l’interdépendance entre amont et aval, dans la mesure où certaines décisions politiques prises, comme l’arrêt de certains réacteurs, vont avoir un impact sur la manière de gérer la fin du cycle.

La Cour souligne en outre qu’il faut des décisions sur la question de savoir quelles matières nucléaires seront envoyés à Cigéo, le stockage géologique en profondeur prévu par le pays pour les déchets de haute activité et de moyenne activité à vie longue à Bure.

Les commissaires demandent notamment des éclaircissements sur la question de savoir si tous les combustibles usés doivent être retraités à l’avenir, face à la fois à la montée en puissance des stocks de matière valorisable et la baisse des besoins à l’aune des choix faits en matière de production nucléaire. Mais ils se demandent aussi si les combustibles Mox devraient être retraités. Ces choix, indique la Cour des comptes, sont déterminant notamment pour connaître l’inventaire des matières qui seront stockées définitivement à Cigéo.

L’importance du débat

Le rapport soulève en effet plusieurs problématiques : le volume de matières et de déchets nucléaires est important et en constante augmentation, il est à craindre que les installations d’entreposage (intermédiaires donc) atteignent bientôt la pleine capacité, les perspectives de saturation à terme des centres des stockages existants (notamment pour les déchets de faible et moyenne activité à vie courte), les coûts associés à leur gestion et le projet de stockage final souterrain de Cigeo ou l’impact des décisions de politique énergétique sur la fin du cycle du combustible nucléaire.

Toutes ces questions sont adressées dans le débat public en cours sur la cinquième révision par le gouvernement français de son plan de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR), signale la Cour des comptes. Pour la première fois, une consultation publique sur le plan a débuté en avril et devrait se terminer en septembre. Le PNGMDR sera alors présenté et débattu auprès des parties prenantes sous l’autorité de l’administration chargée de l’énergie et ​​du climat (DGEC) et de l’autorité de sûreté nucléaire (ASN). Un décret gouvernemental doit ensuite être publié d’ici à la fin de 2020.

Pour le débat public, le maître d’ouvrage, c’est-à-dire le gouvernement, a soumis un « cahier d’acteurs » passant en revue la politique actuelle, et l’Andra a proposé plusieurs scénarios concernant l’avenir de la fin du cycle du combustible (fermeture de réacteurs, prolongement de la vie de réacteurs, nouvelles constructions de réacteurs). Cependant, la Cour des comptes signale qu’en parallèle, dans sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le gouvernement a d’ores et déjà fait des choix en faveur de la poursuite du retraitement, jusqu’en 2040. D’où une demande de la Cour des comptes pour plus de cohérence.

Selon le rapport de la Cour, les coûts d’exploitation des installations de stockage sont en moyenne de 137,7 millions d’euros par an. Les investissements cumulés dans ces installations entre 2014 et 2017 se sont élevés à 255 millions d’euros et pourraient atteindre près de 1,4 milliard d’euros entre 2018 et 2030 et augmenter de 1,5 milliard d’euros entre 2030 et 2050, indique la Cour. En outre, le coût du projet Cigéo a été fixé par décret à 25 milliards d’euros, mais ce coût doit être régulièrement révisé en fonction des choix qui seront faits en matière d’accueil des matières nucléaires (combustibles usés ou pas). Et le rapport de rappeler que tout changement de politique aura un impact financier qu’il est nécessaire de préciser.

Posté le 17 juillet 2019 par Joël Spaes dans Matériaux, Biotech & chimie

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/la-cour-des-comptes-reclame-de-la-coherence-sur-le-cycle-du-combustible-68341/

Juil 17

CENTRALE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN : LÉGÈRE CONTAMINATION SUR LES MAINS D’UN OUVRIER

Un ouvrier a été légèrement contaminé aux mains à la centrale nucléaire de Tricastin le 14 Juillet. Aucun risque pour sa santé assure la direction de la centrale EDF. L’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES qui en compte 7.

Un incident classé de niveau 1 à la centrale nucléaire du Tricastin, dimanche 14 juillet. Un salarié prestataire, chargé d’inventorier du matériel a touché une corde et une caisse contaminées. Elles étaient stockées dans la zone nucléaire des unités de production n°1 et 2.  

À sa sortie de la zone, cette radioactivité a été détectée sur ses mains. Les mesures indiquent que la contamination corporelle externe était supérieure au quart de la limite annuelle réglementaire ( 500 millisievert sur 1 cm²).

Aucun risque pour sa santé d’après EDF

Immédiatement les mains du salarié ont été nettoyées par le service médical, et le matériel décontaminé.  Il n’y a aucune conséquence pour la santé de l’employé assure la direction de la centrale.-

Par Nathalie De Keyzer, Florence Gotschaux, France Bleu Drôme Ardèche, publié mercredi 17 juillet 2019 à 15h20

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/centrale-nucleaire-du-tricastin-legere-contamination-sur-les-mains-d-un-ouvrier-1563369543

Juil 17

MISE EN GARDE DE PYONGYANG CONTRE LES PROCHAINES MANŒUVRES ENTRE SÉOUL ET WASHINGTON

La Corée du Nord a prévenu mardi que des exercices militaires imminents entre Washington et Séoul pourraient avoir des répercussions sur la reprise annoncée de ses pourparlers avec les États-Unis, laissant entendre qu’elle pourrait revoir son moratoire sur ses essais balistiques et nucléaires.

Il s’agit de la première déclaration nord-coréenne sur les manœuvres militaires depuis que Donald Trump et Kim Jong Un sont convenus le mois dernier, lors d’une rencontre impromptue dans la Zone démilitarisée qui divise la péninsule, de reprendre les discussions nucléaires après des mois de blocage.

Les États-Unis et la Corée du Sud organisent des exercices militaires conjoints depuis des années mais l’échelle en a été réduite pour faciliter le dialogue avec le Nord à la suite du premier sommet historique entre le président américain et le dirigeant nord-coréen à Singapour en juin 2018.

« Si l’exercice militaire se déroule vraiment, les discussions de travail entre la Corée du Nord et les États-Unis seraient affectées« , a déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères cité par l’agence KCNA.

Le département d’État américain a répondu par l’optimisme à cette mise en garde de Pyongyang.

« Nous aimerions que personne n’essaie de bloquer, au sein de leur gouvernement ou du nôtre, la capacité du président Trump et du président Kim à faire des progrès« , a dit la porte-parole de la diplomatie américaine Morgan Ortagus. « Nous attendons bien entendu avec impatience la reprise de ces négociations« , a-t-elle ajouté.

Le gouvernement sud-coréen a fait écho à cet optimisme des États-Unis. Il a déclaré mercredi qu’il s’attendait à ce que les discussions aient lieu et a souhaité qu’elles aboutissent à « des progrès concrets« .

Ces manœuvres prévues au mois d’août constitueraient une « violation claire » de la déclaration commune signée à Singapour par les deux dirigeants, a estimé le responsable nord-coréen, évoquant une possible reprise des essais d’armements.

Vue de Pyongyang le 15 juin 2019 / AFP/Archives

La pause observée par Pyongyang dans ses tirs de missiles balistiques de longue portée et ses essais nucléaires constitue un engagement à améliorer les relations bilatérales, « pas un document officiel écrit« , a-t-il prévenu.

« Avec le reniement unilatéral de leurs engagements par les États-Unis, nous perdons petit à petit nos justifications pour respecter les engagements que nous avons pris nous aussi avec les États-Unis« .

Le troisième sommet entre les deux dirigeants s’est tenu dans un contexte de blocage des négociations nucléaires entre Pyongyang et Washington, un processus houleux depuis qu’il a été enclenché début 2018 grâce à l’entremise de Séoul.

Pour ce troisième tête-à-tête, Donald Trump est passé en territoire nord-coréen dans le village frontalier de Panmunjom, où fut signée la trêve de la guerre (1950-53), devenant le premier président américain à fouler le sol nord-coréen.

Manœuvres « très provocatrices« 

Près de 30.000 soldats américains sont déployés en Corée du Sud et les exercices annuels qu’ils mènent avec des dizaines de milliers de soldats sud-coréens n’ont jamais manqué de courroucer Pyongyang. Le Nord les considère comme la répétition générale de l’invasion de son territoire.

Mais à Singapour, Donald Trump avait annoncé la suspension des manœuvres qualifiées de « très provocatrices« .

Washington exige officiellement une « dénucléarisation totale, définitive et vérifiée de la Corée du Nord » comme condition d’un allègement des sanctions qui pèsent sur Pyongyang en raison de ses programmes nucléaire et balistique interdits.

Des habitants lisent, à Pyongyang, une coupure de presse relatant la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong Un, le 1er juillet 2019 / AFP/Archives

À Singapour, les deux leaders avaient adopté un texte flou sur la « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne » et avaient convenu de nouer des relations bilatérales d’un genre « nouveau« .

Mais les deux parties ont échoué à s’accorder sur un allègement des sanctions et les concessions que pourrait faire le Nord en retour, provoquant l’échec du deuxième sommet entre États-Unis et Corée du Nord en février à Hanoï.

Pyongyang a mis en œuvre « des mesures humanitaires sans conditions« , a encore souligné mardi le porte-parole nord-coréen, en référence à la restitution des restes de soldats américains tués pendant la guerre de Corée.

En mai, la Corée du Nord a fait monter d’un cran la tension avec des tirs de missiles à courte portée pour la première fois depuis novembre 2017.

Par afp, publié le 16/07/2019 à 13h09, modifié le 17/07/2019 à 05h31

https://www.la-croix.com/Monde/Mise-garde-Pyongyang-contre-prochaines-manoeuvres-entre-Seoul-Washington-2019-07-16-1301035872

Juil 17

DE RUGY : DIX MOIS MINISTRE, DIX MOIS D’INACTION

François de Rugy a démissionné mardi 16 juillet, moins d’un an après avoir pris la tête du ministère de la Transition écologique. Climat, énergie, transport, biodiversité, droit de l’environnement… Reporterre dresse le bilan de son action au gouvernement.

François de Rugy a démissionné mardi 16 juillet, après les révélations de Mediapart et plusieurs jours de polémique sur ses dîners privés fastueux organisés à l’Assemblée nationale, la location d’un logement à tarif social près de Nantes et ses impôts. Il a été remplacé, dans la nuit de mardi à mercredi, par la ministre des Transports Élisabeth Borne.

Il avait été nommé ministre d’État de la Transition écologique et solidaire en septembre 2018. Pendant ses dix mois passés à l’hôtel de Roquelaure, il aura surtout poursuivi les chantiers initiés par son prédécesseur, Nicolas Hulot, sans jamais réellement s’opposer à Emmanuel Macron et Édouard Philippe. « Il a défendu une écologie pragmatique, efficace. Il y a très peu de dossiers sur lesquels il s’est battu. On est resté dans la politique des petits pas », observe Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement.

Climat

Sur la question climatique, François de Rugy n’a pas réellement apporté sa pierre à l’édifice. D’après le premier rapport du Haut Conseil pour le climat, « les actions engagées [par le gouvernement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre] restent insuffisantes ».

« Ce qui symbolise le mieux ces dix mois de mandat, c’était son absence quasi complète à la COP24 alors qu’il y avait de l’enjeu. C’était en Pologne, c’était le dernier jour, tout se jouait entre les ministres présents et lui recevait le lobby de l’automobile en France ! » dit Maxime Combes, porte-parole d’Attac. Qui ajoute : « Il est frappant que Nicolas Hulot parte en disant qu’il y a trop de lobbies, qu’on ne change pas de politique économique et que la mobilisation est insuffisante dans la société, alors que François de Rugy s’éloigne du mouvement climat et rencontre les lobbies. »

Pendant ses dix mois de mandat, François de Rugy a adopté une attitude effacée et changeante face au mouvement climat. Alors qu’il félicitait les jeunes collégiens et lycéens français pour leur grève scolaire en février 2019, il a depuis estimé qu’« on n’est plus au temps des manifestations », pour justifier l’évacuation au gaz lacrymogène des militants d’Extinction Rébellion au mois de juin. « François de Rugy n’aura jamais été un allié du mouvement climat. Il ne remet pas du tout en question le modèle économique actuel et de fait, ne peut pas se positionner en tant qu’allié, malgré ce qu’il a pu dire », déplore Martial Breton, du mouvement Youth for Climate France.

Vendredi 28 juin, des militants d’Extinction Rébellion ont bloqué le pont de Sully, à Paris, avant d’être gazés par la police.

François de Rugy avait réagi le 15 février aux plus de deux millions de signataires de « L’Affaire du siècle » en leur écrivant que « nous vivons aujourd’hui unÉtat d’urgence climatiqueque nul ne conteste. Mais les moyens à mettre en œuvre pour répondre à cette urgence sont loin de susciter une adhésion évidente et systématique de la part des citoyens ».

François de Rugy et ses deux secrétaires d’État recevant pour un débat des signataires de la pétition de l’Affaire du siècle, mercredi 27 février, au ministère de la Transition écologique et solidaire.

L’exécutif a annoncé le 25 avril le lancement d’une « Convention citoyenne pour le climat », composée de 150 Français tirés au sort. D’après le désormais ex-ministre de la Transition écologique et solidaire, ce comité pourra « répondre aux questions (…) posées en termes de conflits d’intérêts ».

Énergie

François de Rugy a contribué à affaiblir le projet de loi énergie-climat, adopté en première lecture par les députés le 28 juin. Il a rejeté les amendements réclamant l’inscription dans la loi de la fermeture des quatre dernières centrales à charbon françaises, défendant plutôt un plafond d’émissions de gaz à effet de serre. Il a également repoussé les amendements prévoyant l’interdiction de la location des passoires énergétiques.

« Le texte fixe la neutralité carbone comme cap de long terme à 2050, mais sur la rénovation thermique des logements, les arbitrages de Bercy et de Matignon ont coupé les ailes à une action vraiment efficace, analyse Anne Bringault, du Réseau Action Climat (RAC). Ces choix reflètent l’action du gouvernement en matière d’écologie : incantation avec de grands objectifs de long terme, mais incapacité ou absence de volonté pour ce qui est de la mise en œuvre de mesures concrètes à court terme. »

François de Rugy ne s’est pas non plus battu pour annuler le report à 2035 de la baisse de la part du nucléaire à 50 % du mix électrique, au lieu de 2025. « Quand il était candidat à la primaire citoyenne de 2017, il faisait campagne pour une sortie du nucléaire d’ici 2040. On n’en a plus entendu parler dès lors qu’il est devenu ministre, ironise Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire. Il s’est même montré zélé, en relayant l’argument d’EDF d’une énergie nucléaire décarbonée permettant de lutter contre l’effet de serre et en estimant qu’abandonner le chantier de l’EPR de Flamanville serait un gâchis monumental. »

Transports

À la suite du mouvement des Gilets jaunes, le gouvernement a choisi en décembre 2018 d’abandonner la hausse des taxes sur les carburants.

Pendant l’examen de la loi mobilités, portée par la ministre des Transports Élisabeth Borne et adoptée à l’Assemblée nationale le 18 juin, les associations avaient demandé la fin de la vente des véhicules thermiques le plus tôt possible. « De Rugy n’a pas saisi la proposition », regrette Jean-François Julliard. Finalement, la loi a entériné l’interdiction à la vente des voitures essence et diesel d’ici 2040, bien trop tard aux yeux des ONG.

Le gouvernement a également annoncé le 9 juillet la mise en place dès 2020 d’une écotaxe de 1,50 à 18 euros sur les billets d’avion pour tous les vols au départ de la France, à quelques exceptions près. Les aides au gazole pour les transporteurs routiers vont également être réduites de deux centimes par litre.

Grands projets

François de Rugy n’a rien fait pour enterrer EuropaCity, un projet de méga complexe commercial qui menace les terres fertiles du triangle de Gonesse, au nord de Paris. Les travaux de la gare Triangle-de-Gonesse, comprise dans le projet de la ligne 17 du futur métro du Grand Paris Express (GPE), ont démarré fin juin et font craindre aux opposants le début de la bétonisation du site. François de Rugy déclarait à Reporterre en janvier 2019 que « le triangle de Gonesse est un projet d’urbanisme, certes sur des terres agricoles, mais pas sur une forêt vierge non plus ! Ce sont des terres où l’on cultive des céréales, pas en agriculture biologique d’ailleurs ».

L’ex-ministre n’a pas lutté non plus contre le projet du « grand contournement ouest » (GCO) de Strasbourg. Les travaux de l’autoroute se poursuivent, malgré les multiples actions des militants, qui dénoncent des conséquences environnementales lourdes. « Le GCO n’est pas une infrastructure routière pour créer du trafic en plus, mais pour se substituer à une autre infrastructure routière, justifiait François de Rugy à Reporterre en janvier. Actuellement, l’autoroute A35 traverse Strasbourg, avec un très fort trafic au cœur de la ville, à l’origine des problèmes de qualité de l’air. »

François de Rugy n’a pas non plus empêché le démarrage de la nouvelle bioraffinerie Total de La Mède. Celle-ci, ouverte le 3 juillet, produit du biodiesel notamment d’huile de palme, responsable de la déforestation. « On avait réussi à arracher la fin de la niche fiscale pour l’insertion d’huile de palme dans les agrocarburants en 2020, dit Cécile Marchand, chargée de campagne des Amis de la Terre. Mais François de Rugy a refusé de mettre la pression à Total pour revoir le projet économique de la Mède en 2019. Résultat, Total va essayer de protéger cette niche fiscale. Le ministre a à la fois lâché les travailleurs du site et la lutte contre le changement climatique. »

Seul point positif : le projet minier de Montagne d’or, en Guyane, semble avoir été abandonné par le gouvernement. Le 23 mai dernier, à l’issue du premier Conseil de défense environnementale, François de Rugy parlait alors, dans des termes soigneusement choisis, de l’« incompatibilité du projet actuel avec les exigences de protection environnementale ». Il a ensuite fini par dire que le projet « ne se fera pas », même si les Guyanais restent méfiants.

Droit de l’environnement

Dans le Finistère, non loin de la pointe du Raz, un site classé.

« On a assisté à un ensemble de dispositifs de simplification, de régression du droit de l’environnement plutôt induits par Matignon mais auxquels François de Rugy ne s’est pas opposé », déplore Jean-David Abel, vice-président de France nature environnement. Ainsi, un projet de décret, dont le contenu a été révélé par Reporterre, pourrait faciliter grandement les travaux dans les « sites classés », les zones parmi les plus protégées et riches en biodiversité du territoire français. Le ministère de la Transition écologique avait réagi et assuré à Reporterre que « l’évolution visée par le décret mis en consultation ne porte absolument aucune régression dans la réglementation applicable et dans la politique de préservation des sites classés ». Le décret, soumis à consultation publique du 31 mai au 20 juin, n’a, à ce jour pas été publié.

Peut-on espérer mieux du ou de la ministre qui prendra sa suite ? « Oui, mais seulement si le président de la République et le Premier ministre donnent la priorité à ces sujets, répond Jean-François Julliard. Mais, tant que l’environnement restera une variable d’ajustement, quelque chose de secondaire dans les arbitrages, peu importe qui le remplacera — les difficultés seront les mêmes et le bilan sera catastrophique dans un an. »

Biodiversité

François de Rugy a poursuivi les travaux initiés par Nicolas Hulot dans le cadre de son plan biodiversité, se contentant d’y adjoindre la création d’un observatoire sur l’artificialisation des sols et un appel à projets pour les territoires littoraux face au changement climatique. Il n’a pas non plus imprimé sa marque dans la création de l’Office français de la biodiversité.

Nicolas Hulot avait dénoncé l’omniprésence des lobbies dans les cercles du pouvoir — c’est la présence du lobbyiste des chasseurs, Thierry Coste, lors d’une réunion à l’Élysée qui avait achevé de le convaincre de démissionner. Au contraire, et à l’instar d’Emmanuel Macron, François de Rugy s’est montré attentif aux desiderata du monde cynégétique. « Il ne s’est pas opposé au maintien de la chasse à courre dans le futur parc national des forêts de Champagne-Bourgogne, dénonce Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Il a signé des décrets ministériels autorisant la chasse à la glu et le tir de 30.000 tourterelles des bois, alors que les effectifs de cette espèce ont dégringolé de 80 %. On est aussi le dernier pays à autoriser la chasse au courlis cendré. » François de Rugy était présent au congrès de la Fédération nationale des chasseurs, aux côtés des ministres Didier Guillaume, Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu, mais « on ne l’a pas vu au congrès de la LPO et on n’a reçu aucune excuse, alors qu’il nous avait assuré qu’il viendrait », déplore M. Bougrain-Dubourg.

Seule décision un peu marquante, l’ex-ministre a organisé le lâcher de deux ourses slovènes dans les Pyrénées-Atlantiques, tenant tête au monde agricole défavorable à cette réintroduction.

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Par Justine Guitton-Boussion, Alexandre-Reza Kokabi et Émilie Massemin (Reporterre), publié le 17 juillet 2019

https://reporterre.net/De-Rugy-dix-mois-ministre-dix-mois-d-inaction

Juil 17

LA CRIIRAD A MIS EN LIGNE LA SÉQUENCE 4 « L’IMPOSSIBLE DÉCONTAMINATION » DU FILM «INVISIBLES RETOMBÉES »

La Criirad a mis en ligne la séquence 4 « L’impossible décontamination » du film «Invisibles Retombées » portant sur les retombées radioactives en cas de catastrophe nucléaire.

Séquence 4 : «L’impossible décontamination »

La décontamination totale n’est pas possible. Les populations vont donc être exposées pendant des décennies. En cohérence avec les recommandations internationales prises sous l’impulsion du lobby nucléaire français, les autorités Japonaises ont multiplié par 20 les normes de radioactivité acceptables en cas de retombées radioactives. Pour Naoto Kan, premier ministre du Japon au moment de la catastrophe de Fukushima, il faut tout mettre en œuvre pour sortir du nucléaire.

https://www.youtube.com/watch?v=Gmm4gA9aLsE&feature=youtu.be

Les catastrophes nucléaires comme celles de Tchernobyl et de Fukushima entrainent des rejets massifs de substances radioactives dans l’environnement et une contamination durable de vastes territoires. Elles s’accompagnent des mensonges sur la gravité des contaminations et sur l’ampleur des risques sanitaires. Les manipulations sont d’autant plus aisées que la radioactivité ne se voit pas. Compte tenu de son parc nucléaire vieillissant, la France, est particulièrement concernée par les risques nucléaires.
Produit par l’association CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la RADioactivité) et réalisé par Cris Ubermann, le film « Invisibles Retombées », s’appuie sur les missions conduites par le laboratoire de la CRIIRAD au Japon pour rendre palpable cette radioactivité invisible et les conséquences pour les populations touchées par les retombées. Il rend compte des rencontres avec les habitants des zones contaminées et des mesures des niveaux de radiation effectuées à leur côté.

Dans sa version sur Youtube, le film est découpé en 4 séquences d’une dizaine de minutes :

Bien amicalement,

L’équipe CRIIRAD

[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : balises.criirad.org

CRIIRAD, 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence

https://www.criirad.org/association/association.html

Juil 16

AFFAIRE RUGY : QUE VA DEVENIR LE PROJET DE LOI ÉNERGIE ET CLIMAT MAINTENANT QUE LE MINISTRE A DÉMISSIONNÉ ?

Le désormais ancien ministre devait défendre son texte devant les sénateurs mardi après-midi. C’est finalement Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, qui répondra aux questions des parlementaires.

La séance du jour ne s’est pas tout à fait déroulée comme prévu au Sénat. Alors que François de Rugy devait présenter le projet de loi énergie et climat devant les élus, le ministre de la Transition écologique a annoncé, mardi 16 juillet, en début d’après-midi, sur Facebook, sa démission.

« J’ai appris à 14h15 que c’était Emmanuelle Wargon [secrétaire d’État auprès du ministre] qui allait venir dans l’Hémicycle. Quelques minutes plus tard, j’apprenais que François de Rugy démissionnait », raconte à franceinfo le sénateur Les Républicains Daniel Gremillet, rapporteur du projet de loi.

>> Suivez les réactions à la démission de François de Rugy dans notre direct

Celui qui est aussi rapporteur de la commission des Affaires économiques voulait « surtout savoir » si l’examen du texte allait « quand même » avoir lieu. « C’est oui, explique, soulagé, Daniel Gremillet. La seule différence, c’est que c’est la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire qui nous fera face. »

« La continuité de l’État sera assurée« 

« Au ministère de la Transition écologique, vous avez d’ores et déjà Elisabeth Borne, ministre en charge des Transports, ainsi que deux autres secrétaires d’État, Brune Poirson et Emmanuelle Wargon. Il y a donc une continuité de l’État qui sera assurée » d’ici au remplacement du ministre, a confirmé la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, sur franceinfo.

Dans le détail, le départ de François de Rugy ne change donc rien au calendrier de ce projet de loi qui décrète « l’urgence écologique et climatique ». « Comme prévu initialement, l’examen devant le Sénat va durer jusqu’à demain soir », affirme à franceinfo Daniel Gremillet. Et son passage (obligatoire) devant la commission mixte paritaire (CMP) « est toujours prévu le 25 juillet ».

C’est un autre membre du gouvernement qui sera présent sur le banc pendant l’examen, mais le texte reste le même. Le sénateur Daniel Gremilletà franceinfo

À gauche, on n’en pense pas moins. « Le texte était faible à l’époque, il reste faible, s’agace auprès de franceinfo Fabien Gay, sénateur communiste. On est dans du vent, rien de plus. Alors qu’il faut un plan Marshall. »

« Ça reste un petit texte inadapté« 

Parmi les organisations environnementales, le départ de François de Rugy n’émeut pas grand-monde. « C’était un petit texte inadapté, ça reste un petit texte inadapté, grince-t-on des dents du côté du réseau Sortir du nucléaire. Le temps de son passage au gouvernement, il a allègrement piétiné les convictions qu’il affichait il y a quelques années quand il était au PS. On n’oubliera pas qu’il a été extrêmement coulant avec EDF sur la question du nucléaire. » 

Greenpeace ne dit pas autre chose : « On est très sévères avec son bilan. Comme prévu, il n’a rien fait de révolutionnaire. » Une autre association environnementale, contactée par franceinfo, estime qu’il est « déjà acquis que pour ce texte, c’est trop tard. Il ne peut désormais y avoir que des améliorations à la marge. » Avant d’ajouter : « On espère tellement que son successeur aura vraiment la fibre écolo. Malheureusement, on n’ose plus y croire avec ce gouvernement.« 

https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/affaire-de-rugy-que-va-devenir-le-projet-de-loi-energie-et-climat-maintenant-que-le-ministre-a-demissionne_3538417.html

Juil 16

DES ARMES NUCLÉAIRES AMÉRICAINES SONT BIEN PRÉSENTES SUR LE TERRITOIRE BELGE, SELON L’OTAN

Un document public de l’Otan découvert par deux partis écologiques belges révèle la présence d’armes nucléaires sur le sol belge, au sein de la base militaire de Kleine-Brogel, dans le Limbourg. Alors que le gouvernement belge niait cette information, le parti écologique Écolo appelle à « mettre fin à cette hypocrisie » pour « enfin mener un débat transparent sur cette question ».

Un rapport public de l’Otan a été dévoilé mardi 16 juillet 2019 par Écolo et Groen, deux partis écologiques de Belgique. Celui-ci révèle la présence d’armes nucléaires sur le sol belge, au sein de la base militaire de Kleine-Brogel, dans le Limbourg. Une information que refusait d’admettre le gouvernement belge, selon le parti écologique Écolo.

Le document, daté du 16 avril, « est un projet de rapport de la commission Défense et Sécurité de l’Otan qui s’était tenue lors de la session de printemps de l’Alliance, du 31 mai au 3 juin derniers, à Bratislava », indique le quotidien Le Soir.

150 armes nucléaires dans six bases en Europe

Le rapport, intitulé « Une nouvelle ère pour la dissuasion nucléaire ? Modernisation, maîtrise des armements et forces nucléaires alliées », révèle que « dans le contexte de l’OTAN, les États-Unis déploient à l’avant quelque 150 armes nucléaires, notamment des bombes à gravité de type B61, en Europe, pour une utilisation sur des avions à capacité duale des Américains comme des Alliés. Ces bombes sont stockées dans six bases américaines et européennes – Kleine-Brogel en Belgique, Büchel en Allemagne, Aviano et Ghedi-Torre en Italie, Volkel aux Pays-Bas et Inçirlik en Turquie ».

Une version révisée du rapport a été mise en ligne le 11 juillet 2019 sur le site de l’Otan. Dans celle-ci, le passage précisant explicitement la présence sur le territoire belge d’armes nucléaires a été modifié. On peut alors lire : « Dans le contexte de l’OTAN, selon certaines sources ouvertes, les États-Unis déploient à l’avant quelque 150 armes nucléaires, notamment des bombes à gravité de type B61, en Europe, pour une utilisation sur des avions à capacité duale des Américains comme des Alliés. Les Alliés européens fréquemment cités comme exploitant ce type d’avions sont la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Turquie ».

« Mettre fin à cette hypocrisie »

Après cette annonce relayée par plusieurs quotidiens belges, LaLibre.be note que « la réaction du gouvernement et de la Défense est toujours la même : on ne confirme pas et on n’infirme pas non plus… ».

Dans le communiqué révélant le rapport en question, Samuel Cogolati, député fédéral Écolo, estime qu’« il est temps de mettre fin à cette hypocrisie et d’enfin mener un débat transparent sur cette question ».

Écolo et Groen déposent à cette occasion une proposition de loi visant à interdire les armes nucléaires en Belgique. Elle devrait être prise en considération ce jeudi au cours de la séance plénière, selon Écolo.

Par Ouest-France, publié le 16/07/2019 à 17h26

https://www.ouest-france.fr/europe/belgique/des-armes-nucleaires-americaines-sont-bien-presentes-sur-le-territoire-belge-selon-l-otan-6447313

Juil 16

RISQUE INCENDIE: L’ASN POINTE DES INSUFFISANCES À LA CENTRALE DE FESSENHEIM

Le réservoir concerné par la simulation ne se situe pas dans la zone des réacteurs, mais à proximité de deux réservoirs, plus petits, assurant l’alimentation de groupes électrogènes de secours.

« Cette situation n’est pas acceptable« : dans un courrier daté du 4 juillet, l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) demande au directeur de la centrale de Fessenheim une « action rapide » afin d’améliorer les moyens de prévention incendie du site.

Moyens insuffisants

Cette préconisation fait suite à une inspection inopinée organisée le 20 juin. Ce jour-là, l’ASN a voulu éprouver la réaction des moyens de secours internes du Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) en déployant un scénario particulièrement exigeant : un incendie sur un réservoir de fuel de 500 m3.

Si la réactivité et la disponibilité du personnel ont été jugées « excellentes« , le gendarme du nucléaire signale que la simulation ne s’est pas passée comme prévu. 

« L’exploitant n’a pas été en mesure de déployer des moyens matériels suffisants« , résume la synthèse de l’inspection, pointant notamment l’absence de mousse, nécessaire pour garder le sinistre sous contrôle durant une heure jusqu’à l’arrivée de renforts extérieurs, alors que la réglementation l’exige.

« L’eau est à proscrire« 

Le personnel a pris, lors de la simulation, une décision prescrite par une « fiche d’action incendie« , à savoir l’utilisation d’eau sans mousse pour contenir l’incendie sur ce réservoir. Les prescriptions de cette fiche sont, selon l’ASN, « inappropriées » car contraires aux consignes d’autres notes dédiées à la gestion des incendies sur le site, qui stipulent que l’eau seule ne doit pas être utilisée pour temporiser un feu sur ce réservoir.

« L’eau est inefficace dans ce type de scénario et est au contraire à proscrire pour éviter l’extension de ce type de feu d’hydrocarbures« , s’inquiète l’ASN qui nous indique toutefois que « la mobilisation et les actions des agents lors de l’exercice se sont révélées conformes à la fiche d’intervention.« 

« Pas d’autre solution que de laisser l’incendie se développer« 

Ce qui est pire pour le gendarme du nucléaire, c’est que les documents d’EDF précisent bien que l’utilisation de mousse n’est en réalité pas possible en cas d’incendie sur le réservoir en question. Il est donc impossible pour l’exploitant de temporiser un feu qui s’y déclencherait. « Le site ne dispose pas d’autre solution que de laisser l’incendie se développer dans l’attente de l’intervention des secours extérieurs« , écrit l’ASN.

Rappelant que l’installation, installée hors zone nucléaire, « n’affecte pas directement la sûreté des réacteurs« , le chef de la division de Strasbourg de l’Autorité souligne néanmoins la présence à proximité d’autres réservoirs, destinés à l’alimentation de groupes électrogènes de secours, et pouvant être touchés par effet domino.

Il demande à EDF des actions immédiates et à moyen terme (sous 15 jours). Notamment la mise en œuvre des moyens nécessaires à la temporisation d’un feu sur le réservoir de 500 m3 (donc avec de la mousse), et la mise à jour des fiches d’action incendie à destination du personnel. « Vous veillerez à faire explicitement mention de l’interdiction d’arrosage à l’eau d’un feu d’hydrocarbures […]« , tacle l’ASN. 

Des moyens complémentaires mis en place « aussitôt« 

Dans sa lettre d’information datée du 11 juillet, EDF considère que cet événement est « sans conséquence pour la sûreté, la sécurité des intervenants et l’environnement« . L’exploitant signale avoir émis le 9 juillet un signalement classé « ‘au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7« , et avoir aussitôt procédé à la « mise en place de moyens complémentaires« .

Publié le 16 juillet à 12 h, actualisé à 17h03

https://www.lalsace.fr/actualite/2019/07/16/risque-incendie-l-asn-pointe-des-insuffisances-a-fessenheim

Juil 16

SELON UN OFFICIER DE LA MARINE RUSSE: L’INCENDIE SUR UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE RUSSE AURAIT PU MENER À UNE «CATASTROPHE PLANÉTAIRE»

De nouvelles informations sur l’incendie du 1er juillet du sous-marin nucléaire russe Losharik dans la mer de Barents, qui fait partie de l’Arctique russe, font la lumière sur les énormes dangers qui découlent des préparatifs d’une nouvelle guerre mondiale. L’incendie a coûté la vie à 14 officiers de haut rang de la marine russe.

Le président russe Vladimir Poutine a qualifié la catastrophe de «grande perte pour la marine et l’armée russes». Le Kremlin a classé les détails de la catastrophe comme un «secret d’État». Les officiers de marine à bord avaient tous été formés à Saint-Pétersbourg et étaient, selon le journal Izvestiia, «les meilleurs en Russie». Ils étaient directement subordonnés au ministère de la Défense. Le Losharik est déployé par la Direction principale de la recherche en haute mer, qui relève de l’organisme de renseignement militaire russe GRU.

Lors des funérailles des 14 officiers, dimanche, un assistant du commandant de la marine russe, le capitaine Sergei Pavlov, a suggéré qu’une catastrophe nucléaire avait été évitée de justesse par l’équipage: «Par leur sacrifice, ils ont sauvé la vie de leurs collègues, sauvé le vaisseau et évité une catastrophe planétaire.»

Le Kremlin a par la suite nié la gravité de la menace posée par l’incendie, le porte-parole Dmitry Peskov insistant sur le fait qu’il n’y avait «aucun problème» avec le réacteur nucléaire. Au départ, le Kremlins avait nié la présence d’un réacteur nucléaire à bord du sous-marin.

Cependant, un rapport d’enquête paru le 9 juillet dans le journal Fontanka de Saint-Pétersbourg confirme que la situation à bord du navire était beaucoup plus dangereuse qu’on ne le pensait. Le journal a rapporté que la cause de l’incendie était un court-circuit électrique qui s’est produit pendant que le Losharik amarrait avec son vaisseau mère, le Podmoskovye, ce qui a entraîné une dissipation de chaleur de la batterie lithium-ion, qui a ensuite explosé et s’est embrasée.

L’information a été soumise au journal par cinq sources anonymes, indépendantes les unes des autres. Le journal a écrit :

«L’incendie à grande échelle a été provoqué, selon nos informations, par la dispersion de la chaleur de la batterie, qui a été suivie d’une série d’explosions. Le personnel du compartiment avant est mort. L’onde de choc était si puissante qu’elle a même été ressentie sur le vaisseau mère. Au moment de l’explosion, l’appareil [sous-marin] était en train de s’y amarrer. Les survivants ont scellé le compartiment central, terminé l’amarrage, arrêté le réacteur nucléaire et évacué vers le BS-136 Orenburg. Craignant d’autres explosions et que l’incendie ne se propage au porte-avions, l’équipage du vaisseau mère a inondé le sous-marin, et c’est pourquoi le sous-marin était complètement immergé lorsqu’il est arrivé à sa base de Severomorsk

En raison de l’inondation du sous-marin, il a fallu plus de quatre jours pour récupérer 10 des 14 corps des officiers. Le rapport sur les explosions à bord du Losharik corroborerait également une déclaration de l’Autorité de protection de radioactivité norvégienne, selon laquelle les Russes leur auraient signalé une explosion de gaz à bord d’un navire dans la mer de Barents. Le rapport des autorités norvégiennes a été contredit par le Kremlin.

La lutte pour sauver le sous-marin par l’équipage a pris jusqu’à une heure et demie, selon un expert militaire russe qui s’est entretenu avec le Komsomolskaya Pravda: «L’équipement standard d’extinction d’incendie a fonctionné, mais il n’a pas pu éteindre complètement la source du brasier et l’équipage s’est battu pour la survie du navire

Des spécialistes ont dit à Fontanka que la hauteur des flammes lors de l’explosion d’une batterie lithium-ion pouvait atteindre plusieurs mètres et qu’il serait impossible d’éteindre l’incendie avec un extincteur à poudre chimique ou de l’eau, car la batterie elle-même libérerait des éléments inflammables et de l’oxygène. La seule façon de mettre fin à l’incendie était de refroidir la batterie.

L’appareil respiratoire d’urgence de l’équipage dans le compartiment fermé n’a fourni que 15 minutes d’air.

Des pêcheurs russes ont été témoins de la remontée d’urgence que l’équipage a réussi à amorcer. L’un d’eux a déclaré au site d’information de Mourmansk Severpost: «Nous nous dirigions vers Kildin, puis, vers 21h30, un sous-marin a fait surface. Soudainement et totalement. Je n’ai jamais rien vu de tel de ma vie. Sur le pont, les gens couraient partout.»

Bien que le Losharik soit alimenté par un réacteur nucléaire, il comprend également des hélices électriques qui sont alimentées par des batteries.

Dans le passé, la marine russe était connue pour utiliser des batteries argent-zinc pour alimenter les sous-marins, qui sont ininflammables mais coûteuses. Selon Fontanka, la marine russe a commencé à chercher des alternatives sous la forme de batteries lithium-ion, car elles sont nettement moins chères.

Les batteries au lithium-ion, qui sont couramment utilisées pour alimenter des appareils comme les ordinateurs portables et les téléphones intelligents, sont réputées pour exploser et provoquer des incendies. En 2016, la NASA a perdu le robot complexe RoboSimian, conçu pour extraire des personnes de situations dangereuses, lorsque les batteries lithium-ion du robot ont explosé et provoqué un énorme incendie.

On ne savait pas qu’un sous-marin russe avait déjà commencé à les déployer et le seul producteur russe de batteries au lithium-ion a dit à Fontanka que tous ses produits étaient encore en phase de test. En octobre 2018, le Japon, impliqué dans un renforcement militaire contre la Chine, a lancé le premier sous-marin connu de la classe Soryu équipé de batteries lithium-ion, qui ne possède pas de réacteur nucléaire. La Corée du Sud a également annoncé son intention d’utiliser des batteries lithium-ion sur ses sous-marins.

La catastrophe du 1er juillet à Losharik est un sérieux avertissement sur les énormes dangers liés à la course internationale aux armements et aux préparatifs de guerre mondiale.

On ne sait toujours pas quel était exactement le but du déploiement du Losharik, mais il ne fait aucun doute qu’il était lié aux efforts déployés par l’État russe pour se préparer à une attaque potentielle, impliquant des armes nucléaires, par les États-Unis et l’OTAN, qui sont engagés depuis des années dans un renforcement militaire ouvert et agressif contre la Russie. La montée en puissance américaine a récemment culminé avec un budget militaire de 750 milliards de dollars adopté par le Sénat en juin et a mis une pression énorme sur l’oligarchie russe, qui a récemment réduit ses dépenses militaires dans un contexte de crise économique prolongée.

Les sous-marins nucléaires jouent un rôle important dans les préparatifs de guerre, à la fois comme armes de dissuasion nucléaire et comme moyens militaires d’espionner les adversaires. Entre-temps, selon un ancien employé de l’état-major général russe, «les réacteurs des sous-marins et autres navires de haute mer ne sont généralement pas très bien protégés».

Les journaux russes ont qualifié le sous-marin Losharik, d’une valeur estimée à 1,5 milliard de dollars, du «pire scénario» militaire russe pour les États-Unis. Il est jugé capable de couper les câbles Internet et autres câbles de communication et peut également descendre plus bas dans la mer que tout autre sous-marin connu.

En 2012, le Losharik a effectué des missions sur les fonds marins de l’océan Arctique à des profondeurs comprises entre 2000 et 2500 mètres, alors que l’US Navy donne la profondeur maximale de fonctionnement de ses sous-marins d’attaque de classe Los Angeles, la plus grande flotte mondiale de sous-marins nucléaires, à 200 mètres. Le Losharik a joué un rôle important dans les efforts déployés par la Russie pour explorer et dominer des parties importantes de l’Arctique. La fonte rapide des glaces dans la région – conséquence des changements climatiques – a intensifié de façon spectaculaire la concurrence pour le contrôle militaire de l’Arctique et de ses ressources naturelles au cours des dernières années.

(Article paru en anglais le 12 juillet 2019)

Par Clara Weiss, publié le 16 juillet 2019

https://www.wsws.org/fr/articles/2019/07/16/subm-j16.html

Juil 16

CONTAMINATION DE L’EAU PAR LE TRITIUM : LA CRIIRAD INTERPELLE LES AUTORITÉS

La CRIIRAD vient d’adresser aux autorités une demande de révision drastique des normes applicables à la contamination radioactive de l’eau potable. Il faut mettre fin au régime de faveur dont bénéficient les activités nucléaires : il leur permet d’exposer la population à des niveaux de risque plus de 100 fois supérieurs à celui qui est toléré pour les cancérigènes chimiques.

 Lire la lettre ouverte adressée le 11/07/2019 en Recommandé avec AR à la ministre de la Santé, au ministre de la Transition Écologique et Solidaire et au président de l’ASN

La CRIIRAD demande également que toutes les communes dont l’eau potable est contaminée par le tritium soient recensées, que les situations soient évaluées et que les habitant.e.s soient informé.e.s. Un plan d’action doit permettre de traiter les situations par ordre de priorité, en tenant compte notamment de la durée et de l’intensité de la contamination.

Un grand merci à ceux et celles qui ont recherché les résultats de leur commune sur le site du ministère de la Santé !

Nous avons répondu à plus de 90% des personnes qui nous ont adressé leur constat d’anomalie mais quelques dossiers sont encore en cours de traitement. Nous avons pris du retard sur notre planning à cause du sous-effectif lié aux congés d’été mais surtout parce que les cas de figure se sont révélés plus complexes qu’attendu. Nous savions la consultation des bulletins très fastidieuse mais, sur la base de notre expérience, nous la pensions relativement simple. Plusieurs exemples qui nous ont été signalés (notamment sur l’Isère, les Hauts de Seine et le secteur de Nantes) ont révélé un nouveau type de dysfonctionnement qui transforme les recherches en véritable jeu de piste.

Les anomalies peuvent concerner de très grandes villes et pas seulement un petit village qui serait passé à la trappe. Nous avons des cas d’absence totale de contrôle (aucune analyse de radioactivité depuis 2005, date de l’entrée en vigueur de l’obligation de contrôle de la radioactivité de l’eau potable) ; des cas de fréquence d’analyse inférieure, voire très inférieure, à celle fixée par la réglementation ; des cas d’absence de résultats alors que des analyses ont pourtant été réalisées puisque nous les avons trouvées en effectuant la recherche à partir d’une autre commune ou en dehors du site du ministère de la Santé. Nous ignorons encore l’origine des problèmes : défaut de contrôle ? Défaut de transmission des résultats ? Défaut de conception de la base de données ? Quelle que soit l’explication, les faits sont là : contrairement à ce qu’affirme le site ministériel, des millions d’habitant∙e∙s n’ont pas accès aux résultats des analyses de radioactivité.

Nous publierons nos constats au cours des 10 prochains jours, avec mise à disposition des courriers adressés aux sociétés responsables de la production et de la distribution de l’eau et aux Agences Régionales de la Santé. Une foire aux questions et des modèles pour faciliter vos démarches sont en cours de rédaction.

Bon courage à tous ceux qui poursuivent les vérifications,

Merci à tous pour votre soutien à notre association,

Très cordialement

L’équipe de la CRIIRAD

PS : n’oubliez pas qu’un compte spécial a été créé pour le dossier « eau potable / tritium ». Envoyez vos constats à mobilisations@criirad.org

[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : balises.criirad.org

CRIIRAD, 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence 

Photo : Le réseau Sortir du nucléaire analyse régulièrement l’eau de la Loire et l’eau potable à Saumur. Archives CO – Mélanie MAROIS

Juil 16

MENACE NUCLÉAIRE : CHRONOLOGIE DEPUIS LA FIN DE LA SECONDE GUERRE

Alors que les États-Unis et la Russie sont tous deux sortis du traité de Washington (1987) – dont l’objectif était de supprimer les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) – et que l’accord sur le nucléaire iranien semble tombé à l’eau, les experts internationaux tirent la sonnette d’alarme face à des arsenaux atomiques en train d’échapper à tout contrôle. Une chronologie de Courrier international.

Cela fait presque soixante-quinze ans que l’humanité vit avec la menace nucléaire, depuis que l’armée américaine a largué deux bombes nucléaires sur le Japon les 6 et 9 août 1945, faisant des dizaines de milliers de victimes.

Bien que l’exemple d’Hiroshima et Nagasaki ait pu vacciner quelque temps l’humanité tout entière, les différentes crises de la guerre froide ont montré que le scénario d’une guerre atomique n’était pas fictionnel. Les États-Unis et la Russie ont alors compris la nécessité absolue de réguler, légiférer et contrôler l’arme nucléaire, ce qu’ils ont tenté de faire durant la guerre froide.

Mais depuis le milieu des années 2000, les tensions qui semblaient enterrées après la chute de l’URSS émergent à nouveau. Quand en 2006 la Corée du Nord annonce l’explosion de sa première bombe nucléaire, quelques mois après que l’Iran a repris ses activités liées à l’enrichissement d’uranium, la menace nucléaire plane de nouveau sur les relations internationales.

Source : Courrier International, publié le 15/7/2019 à 15h

Pour visualiser cette infographie très bien réalisée, cliquer sur:

https://www.courrierinternational.com/article/infographie-menace-nucleaire-chronologie-depuis-la-fin-de-la-seconde-guerre-mondiale

Juil 15

NUCLÉAIRE: L’IRAN MENACE L’EUROPE ET LES ÉTATS-UNIS D’UN SÉRIEUX RETOUR EN ARRIÈRE

L’Iran pourrait « revenir à la situation » qui prévalait avant la conclusion en juillet 2015 de l’accord international sur son programme nucléaire, a déclaré lundi le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA).

« Si les Européens et les Américains ne veulent pas agir conformément à leurs engagements, nous aussi, en réduisant nos engagements, nous contrebalancerons cela et reviendrons à la situation d’il y a quatre ans« , a indiqué Behrouz Kamalvandi, cité par l’agence officielle Irna

Par AFP, publié le lundi 15 juillet 2019 à 15h48 – Mis à jour le lundi 15 juillet 2019 à 15h49

https://www.lalibre.be/international/asie/nucleaire-l-iran-menace-l-europe-et-les-etats-unis-d-un-serieux-retour-en-arriere-5d2c83c7f20d5a58a82b7ec3

Juil 15

NUCLÉAIRE. NOUVEAU BRAS DE FER JUDICIAIRE ENTRE ORANO ET GREENPEACE

Le groupe français a assigné l’organisation environnementale pour demander l’interdiction, à toute personne « proche de Greenpeace », d’approcher ses convois. L’audience s’est tenue à Paris, ce lundi 15 juillet 2019.

« Environ 770 000 transports de substances radioactives ont lieu chaque année en France », essentiellement par la route, relève l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). La tenue, jusqu’au 25 septembre, du débat public autour du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) réactive le conflit entre Greenpeace, engagée depuis 1971 dans la lutte antinucléaire, et le groupe nucléaire Orano, anciennement Areva.

Pour nourrir les réunions publiques, Greenpeace a publié une carte qui recense les 70 principaux lieux de stockage et axes de transport des déchets radioactifs, en France. Les 12 et 17 juin, ses militants avaient repeint en orange cinq cuves de nitrate d’uranyle d’un convoi ferroviaire, parti du terminal d’Armanville, à Valognes (Manche), lors d’une courte halte à Vierzon (Cher), ainsi qu’un conteneur transporté par camion sur une aire d’autoroute près des Mureaux (Yvelines).

Une astreinte de 75 000 €

Orano a saisi ce motif pour assigner l’association en référé via ses filiales TN International et Lemaréchal-Celestin, de Valognes. L’audience s’est tenue, ce lundi 15 juillet 2019, au tribunal de grande instance de Paris. Devant le juge, l’avocat d’Orano a invoqué la dangerosité de ces deux incidents pour demander, sans limitation dans le temps et sur tout le territoire national, l’interdiction à toute personne proche de Greenpeace d’approcher un convoi, à moins de 100 mètres.

Une interdiction totalement démesurée et liberticide pour Me Alexandre Faro, l’avocat de Greenpeace, qui réfute le caractère d’urgence, de danger imminent, caractéristique des requêtes en référé. « Si cette interdiction, sous astreinte de 75 000 € par infraction, était adoptée, Orano reporterait la sécurité de ses transports sur les huissiers et la justice. » Soit un gain d’argent pour l’entreprise, selon l’avocat.

Orano a légèrement revu sa demande et proposé une distance de 300 mètres et une interdiction jusqu’au 25 septembre, date de la fin du débat. La décision du tribunal sera rendue vendredi 19 juillet.

Par Frédérique JOURDAA, publié le 15/07/2019 à 15h39

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/nucleaire-nouveau-bras-de-fer-judiciaire-entre-orano-et-greenpeace-6445719

Juil 15

L’ALGÉRIE AMBITIONNE DE PRODUIRE DE L’ÉLECTRICITÉ À PARTIR DE L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE

Le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab a affirmé dimanche que l’Algérie compte, à l’avenir, produire de l’électricité à partir de l’énergie nucléaire.

« L’Algérie œuvre actuellement à développer des compétences nationales pour réaliser, à l’avenir, la première station algérienne de production de l’électricité à partir de l’énergie nucléaire, et le développement des autres utilisations de cette énergie, notamment dans le domaine médical et pharmaceutique », a déclaré M. Arkab lors d’une visite de travail et d’inspection au Centre de recherche nucléaire de Draria (Alger).

Rappelant que la production de l’énergie électrique dans le monde dépend de 6 à 8% de l’énergie nucléaire, le ministre a souligné que l’Algérie qui possède quatre centres de recherche nucléaire à des fins pacifiques, aspire, à l’instar des autres pays du monde, à concrétiser cet objectif.

Les étapes de création d’une station de production électrique par énergie nucléaire requièrent une longue durée entre 15 et 20 ans, a fait savoir le ministre, soulignant qu’il y a possibilité de réduire cette période en Algérie puisque cette dernière possède de hautes qualifications dans ce domaine.

Évoquant la production de l’énergie électrique qui se fait actuellement par gaz naturel, le ministre a rappelé que la production de l’Algérie s’élève à 144 milliards de mètres cubes, dont 45 milliards de mètres cubes (gaz naturel) utilisés pour la production de l’énergie électrique au profit de la population.

Dans ce cadre, il a indiqué que la consommation de l’énergie électrique atteindra son pic entre le 15 juillet et le 15 août et pour faire face à cette situation, 15600 mégawatts ont été pourvus, ajoutant qu’en cas de surconsommation, un stock de 17000 mégawatts est disponible à cet effet.

Répondant à une question sur les éventuels dégâts des réacteurs nucléaires construits à proximité des zones d’habitation, M. Arkab a affirmé que ces réacteurs ne peuvent être source de nuisance pour les habitants, car ils réunissent toutes les conditions de sécurité et de sûreté conformément aux normes internationales.

Il a, dans ce contexte, rappelé que l’Algérie fait partie de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dont les membres effectuent périodiquement des visites en Algérie en vue de surveiller l’application des conditions de sécurité et de sûreté dans ces centres.

Pour ce qui est du stock d’uranium, le ministre a indiqué qu’ « il est actuellement de 26.000 tonnes ».

À propos du nouveau projet de loi des hydrocarbures, M. Arkab a fait savoir qu’il est « fin prêt et fera prochainement l’objet d’un examen devant le Conseil du gouvernement », sans donner de nouveaux détails, ajoutant que l’objectif principal de cette loi est d’attirer les investisseurs étrangers, soulignant que l’Algérie dispose de 26 partenaires étrangers (sociétés) de 18 nationalités, notamment dans le domaine d’exploration et de développement.

Arkab a indiqué, par ailleurs, que la réalisation du projet de Hassi R’mel sera lancée au cours des prochaines semaines et permettra d’accroître les capacités algériennes de production de gaz et d’intensifier le volume, outre d’autres projets qui entreront en exploitation à Hassi Messaoud.

Par Rédaction AE, publié le 15 juillet 2019 à 13h:21

https://www.algerie-eco.com/2019/07/15/lalgerie-ambitionne-de-produire-de-lelectricite-a-partir-de-lenergie-nucleaire/

Juil 15

TÉHÉRAN SE DIT PRÊT À DES NÉGOCIATIONS AVEC WASHINGTON SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Un an après la sortie des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, Téhéran se dit prêt à des négociations si Washington «lève ses sanctions», «met fin à la pression économique» et «revient à l’accord». Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo reste sceptique.

L’Iran est prêt à négocier avec les États-Unis s’ils lèvent leurs sanctions et redeviennent partie prenante de l’accord international sur le nucléaire conclu en 2015, a répété dimanche 14 juillet le Président Hassan Rohani, comme le rapporte Reuters.

«Nous avons toujours cru au dialogue […] S’ils lèvent les sanctions, mettent fin à la pression économique et reviennent à l’accord, nous sommes prêts à des pourparlers avec les États-Unis dès maintenant et n’importe où», a déclaré M.Rohani, cité par Reuters.

Dans un entretien accordé au Washington Post, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a écarté la proposition du Président iranien:

«Le Président Trump prendra évidemment la décision finale. Mais il s’agit d’une voie que l’ancienne administration a empruntée et elle a mené [à l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, ndlr.] que l’administration actuelle, le Président Trump et moi-même considérons comme un désastre», a annoncé Pompeo au journal. Le chef de la diplomatie américaine a par ailleurs confirmé avoir accordé à son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, un visa pour que celui-ci puisse prendre part à une réunion de l’Onu prévue cette semaine au siège de l’institution à New York.

Accord sur le nucléaire iranien

Les États-Unis ont quitté unilatéralement l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 (JCPoA) et rétabli les sanctions contre Téhéran. L’Iran a décidé de répliquer en s’affranchissant de plusieurs de ses obligations prévues par cet accord de plus en plus fragilisé. Téhéran a ainsi dépassé la limite des 3,67% pour l’enrichissement de son uranium, prévue par cet accord et produit désormais de l’uranium enrichi à au moins 4,5%, un niveau prohibé.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont appelé dans une déclaration commune à une désescalade des tensions au Proche-Orient entre les USA et l’Iran pour préserver l’accord signé à Vienne en juillet 2015.

Date de publication: 15 07 2019 à 12h02

https://fr.news-front.info/2019/07/15/teheran-se-dit-pret-a-des-negociations-avec-washington-sur-le-nucleaire-iranien/

Juil 15

LE CANDIDAT DE TRUMP AU PLUS HAUT POSTE MILITAIRE AMÉRICAIN APPELLE À RENFORCER LES CAPACITÉS NUCLÉAIRES POUR CONTRER LA CHINE

Lors d’une audition devant la commission des forces armées du Sénat américain jeudi, le général Mark Milley, candidat de Trump à la présidence de la conférence interarmées des Chefs d’état-major, a appelé à un renforcement majeur de l’arsenal nucléaire américain, tout en identifiant la Chine comme la principale cible de la machine de guerre de l’impérialisme américain.

Dans son discours d’ouverture, le général a clairement exprimé la volonté de Washington d’arrêter par la force militaire le déclin à long terme du capitalisme américain et de son hégémonie mondiale.

 «De l’Asie de l’Est à l’Europe de l’Est en passant par le Moyen-Orient, les acteurs autoritaires mettent à l’épreuve les limites du système international et cherchent à exercer une domination régionale tout en contestant les normes internationales et en minant les intérêts des États-Unis», a dit M. Milley. «Notre but devrait être de maintenir la paix entre les grandes puissances qui existe depuis la Seconde Guerre mondiale, et de traiter avec fermeté tous ceux qui pourraient nous défier

Interrogé par le président du comité sénatorial, le sénateur républicain de l’Oklahoma, James Inhofe, sur ce qui l’inquiétait le plus dans le face-à-face des États-Unis avec la Chine et la Russie, Milley a répondu: «Je pense que le numéro un pour moi et le numéro un pour le ministère de la défense est la modernisation et la recapitalisation de la triade nucléaire de la nation. Je pense que c’est essentiel. Deuxièmement, je dirais, c’est l’espace. C’est un nouveau domaine d’opérations militaires.»

«Je pense que la Chine est le principal défi pour la sécurité nationale des États-Unis au cours des 50 à 100 prochaines années», a déclaré le général Milley.

Interrogé par le sénateur républicain de l’État de Géorgie, David Perdue, sur l’ «expansion mondiale» de la Chine, Milley a donné un aperçu clair des préparatifs avancés de l’impérialisme américain pour la guerre avec la Chine.

Il a accusé la Chine d’«utiliser le commerce comme levier pour réaliser ses intérêts en matière de sécurité nationale et la Nouvelle route de la soie en fait partie». Il a déclaré que la Chine est «principalement en concurrence pour les ressources nécessaires au financement et à l’amélioration de son armée, ainsi qu’à la construction et à l’alimentation de son économie».

La réponse américaine à ces évolutions économiques est essentiellement militaire. Milley a décrit le renforcement de l’armée américaine dans ce que le Pentagone appelle la région «indo-pacifique» qui est le principal théâtre de la confrontation avec la Chine. Il s’agit, dit le général, de 370.000 soldats américains, 2000 avions de combat et 200 navires.

Lorsqu’on lui a demandé s’il pensait qu’il serait «utile» de placer dans la région indo-pacifique des missiles à portée intermédiaire à lanceur terrestre à armes classiques pour dissuader les intérêts chinois dans la région, Milley a répondu «oui».

Ces armes avaient été interdites en vertu du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) de 1987, que l’administration Trump a abrogé plus tôt cette année. Washington prétend agir en réponse aux violations présumées du traité par la Russie – une allégation que Moscou nie.

Les États-Unis ont avancé la théorie selon laquelle Moscou a adopté une stratégie aventuriste effrénée consistant à utiliser une arme nucléaire tactique à faible rendement contre les forces conventionnelles américaines et de l’OTAN qui encerclent son territoire, dans l’hypothèse où Washington ne réagirait pas par une attaque thermonucléaire totale. Aucun élément de preuve n’a été présenté à l’appui de cette affirmation.

En tout état de cause, la cible principale de l’abandon du traité FNI est la Chine. Pékin n’est pas signataire de l’accord et a développé ses propres missiles comme contrepoids au renforcement militaire américain dans la région.

Le témoignage discret de Milley est devenu très agité dans sa description des avancées militaires de la Chine. «La Chine améliore ses forces armées très, très rapidement», a-t-il dit. «Ce n’est pas du battage médiatique, pas un rouge sous le lit. […] Ils dépensent plus que nous dans la recherche et le développement et l’approvisionnement

Le général a dit qu’il considérait la Chine comme «un adversaire» et non comme un «ennemi», précisant ensuite que «un ennemi en langage militaire signifie qu’il est dans un conflit armé actif». Cette audition a fourni un avertissement sérieux du fait que le Pentagone se prépare activement à la transition d’«adversaire» en «ennemi».

Le général Milley a défendu le renforcement de la «triade» nucléaire de Washington de missiles balistiques intercontinentaux, de bombardiers stratégiques et de sous-marins dotés d’armes nucléaires contre toute suggestion selon laquelle l’arsenal extrêmement coûteux se caractérise par une «redondance inutile».

«Chaque élément de la triade vous donne une capacité différente, donc vous avez les bombardiers, les missiles et les sous-marins» a-t-il témoigné. «Les sous-marins vous donneront la seconde frappe assurée, les missiles vous donneront une réaction immédiate, et les bombardiers vous donneront un système d’attaque sous contrôle humain jusqu’au bout. Les trois présentent donc des problèmes différents posés par n’importe quel adversaire ou ennemi, et je pense qu’il est d’une importance critique de les garder tous les trois

Milley a également défendu la mise au point d’ogives de missiles nucléaires à faible puissance qui seront lancées à partir de sous-marins, décrivant ces armes comme « une capacité importante à avoir dans notre arsenal pour faire face à tout adversaire potentiel.»

Ces armes sont apparemment destinées à contrer l’utilisation potentielle par la Russie d’ogives similaires dans une guerre en Europe. Elles abaissent considérablement le seuil de déclenchement d’une guerre nucléaire, tout en augmentant la probabilité que le pays destinataire d’un tel missile – incapable de connaître la taille de sa tête nucléaire – puisse fournir une réponse nucléaire à grande échelle.

Le témoignage de Milley arrive à peine un mois après que le Pentagone a publié pendant un bref moment, et puis l’a retiré d’Internet, un document de 60 pages intitulé Joint Publication No. 3-72 Nuclear Operations. Le document, préparé à la demande de l’actuel président des Chefs d’état-major interarmées, le général des Marines Joseph Dunford, a depuis été classé confidentiel.

Le document explique comment le Pentagone est passé de la doctrine de la destruction mutuelle assurée (DMA, l’équilibre de la terreur) de l’époque de la guerre froide au concept d’un usage limité des armes nucléaires, ce qui aboutirait à une guerre gagnable.

La «doctrine commune» exposée dans le document affirme sans ambages que «les armes nucléaires pourraient créer les conditions propices à des résultats décisifs et au rétablissement de la stabilité stratégique. Plus précisément, l’utilisation des armes nucléaires modifiera fondamentalement la portée d’une bataille et créera des situations où les commandants sont appelés à gagner

Elle poursuit: «L’emploi d’armes nucléaires peut radicalement modifier ou accélérer le déroulement d’une campagne. L’intégration de l’emploi d’armes nucléaires dans les forces d’opérations classiques et spéciales est essentielle au succès de toute mission ou opération

Cette attitude va-t-en-guerre pour gagner au moyen d’armes nucléaires est quelque peu tempérée par la reconnaissance du fait que «le plus grand et le moins bien compris des défis auxquels font face les troupes dans un conflit nucléaire est de savoir comment opérer dans un environnement radiologique post-détonation nucléaire

Le document conseille: «La connaissance des dangers physiques et physiologiques particuliers et des effets psychologiques du champ de bataille nucléaire, ainsi que les conseils et l’entraînement pour contrer ces dangers et ces effets, améliorent grandement la capacité des forces terrestres à opérer avec succès

La façon dont les commandants militaires américains sont censés se préparer aux «effets spéciaux» d’un champ de bataille où les morts peuvent se compter par centaines de milliers, voire par millions, n’est pas expliquée.

Plus tôt ce mois-ci, l’Agence de défense pour la réduction des menaces, organisme du Pentagone, a sollicité des propositions des entreprises technologiques pour le développement de plates-formes de formation et d’essais en réalité virtuelle pour les forces de combat du Département de la défense opérant dans un environnement de champ de bataille dans une guerre nucléaire (BNW).

Dans un passage étrangement exprimé, le document indique clairement que toute utilisation d’une arme nucléaire tactique peut rapidement provoquer une guerre nucléaire généralisée. «Quel que soit le scénario d’emploi des armes nucléaires, la planification et les opérations ne doivent pas se faire isolément, mais doivent prévoir l’intégration des frappes dans le programme global des lancements», affirme-t-il.

Le témoignage glaçant livré par Milley jeudi dernier, qui expliquait les préparatifs de l’impérialisme américain pour la guerre avec la Chine et le virage croissant vers une doctrine de guerre nucléaire «gagnable», s’accompagnait de l’engagement des sénateurs démocrates et républicains à confirmer rapidement la nomination du général.

(Article paru en anglais le 13 juillet 2019)

Par Bill Van Auken, publié le 15 juillet 2019

Photo : Général. Mark Milley [Crédit: US Army]

https://www.wsws.org/fr/articles/2019/07/15/nucl-j15.html

Juil 15

MOTION DU CONSEIL MUNICIPAL DU 26 JUIN 2019 DE LA VILLE DES MUREAUX POUR L’INSTALLATION D’UNE BALISE INDÉPENDANTE DE MESURE DE LA RADIOACTIVITÉ DE L’AIR

Chacun de nous est concerné par la question de la radioactivité (consommateur ou non d’électricité nucléaire). Chacun le sera encore plus directement quand un accident se produira.

MOTION pour l’installation de balise(s) indépendante(s) de la mesure de la radioactivité de l’air (Présentée par Michel CARRIERE)

PRÉAMBULE : en avril 1986 suite à l’accident de TCHERNOBYL des masses d’air contaminé ont atteint le territoire français. Nous n’avons pas cru que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière française.

En raison de dysfonctions des dispositifs officiels de surveillance de la radioactivité de l’air, les autorités françaises de l’époque n’ont pas correctement informé la population sur l’impact de cette contamination, qui de fait n’a pas été correctement protégée.

Un peu d’histoire: des citoyens se sont mobilisés pour créer le 3 juin 1986 l’association CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité) dont l’objectif est d’améliorer l’information et la protection des citoyens. Pour ce faire la CRIIRAD s’est dotée d’un laboratoire de mesure de la radioactivité qui emploie huit salariés, techniciens et ingénieurs.

Cet outil lui permet de disposer d’informations à la fois fiables sur le plan scientifique et indépendantes des pouvoirs politiques et économiques. Le laboratoire de la CRIIRAD est agrée par l’ASN soit l’autorité de sureté nucléaire, il est mondialement connu pour la mesure de la radioactivité dans l’environnement.

Avec le soutien des collectivités locales et des citoyens la CRIIRAD a mis en place un réseau de surveillance de la radioactivité atmosphérique à proximité des installations nucléaires de la vallée du Rhône.

Ce réseau n’a pas vocation à se substituer à ceux qui sont gérés par les exploitants d’ installations nucléaires et des services de l’ état, mais l’expérience montre que des mesures indépendantes constituent un moyen de pression pour s’assurer de la pertinence des mesures et des interprétations officielles et à veiller à la qualité de l’information donnée au public, à la pertinence des mesures de protection mises en œuvre en cas de contamination
atmosphérique.

Pourquoi mesurer la radioactivité de l’air : En cas d’accident survenant d’installation dans une installation nucléaire le risque principal est le rejet dans l’atmosphère de substances radioactives. L’air constitue durant la 1ère phase de l’accident le paramètre clé de l’évaluation des risques. La nature et l’activité des radionucléides présents dans le nuage conditionnent :

-directement l’irradiation externe,

-directement la contamination par inhalation,

-indirectement suivant l’intensité des dépôts au sol, la contamination par ingestion d’aliments contaminés.

Ainsi une balise atmosphérique a pour mission de :

donner une information sur la qualité de l’air respiré par les populations,

assurer un contrôle en temps réel la radioactivité de l’air, la transmission régulière des données en fonctionnement normal et l’appel immédiat de la centrale de gestion informatique et du personnel d’astreinte 24H sur 24, 365 jours par an dès lors que les seuils de déclenchement paramétrés par l’opérateur sont atteints.

Objectifs de la motion: la présente motion n’engage pas un débat sur le sujet du nucléaire français qui n’a d’ailleurs jamais fait l’objet d’un débat lors de sa création à l’assemblée nationale.

Un accident majeur a bien failli se produire à la centrale de Blaye en 1999 lors de la tempête en décembre. « Un accident majeur est probable en Europe dans les années à venir» ; la volonté de l’état français est de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires de 10 voire de 20 ans. Le récent rapport POMPILI sur la sûreté et la sécurité du parc nucléaire est critique en la matière.

Autour de l’Île de France, cette région qui représente quasi 20 % de la population française se trouvent les centrales de PENLY, PALUEL, FLAMANVILLE, celles de la Loire, de NOGENT-SUR-SEINE, l’usine de retraitement de LA HAGUE, sans compter les passages de convois de matières radioactives par des trains traversant les villes.

Participer à la création d’une communauté ayant le souci du bien-être des citoyens et œuvrant à la mise en place de balise(s) indépendante(s) de la mesure de la radioactivité de l’air.

En connaissance de ces éléments il est demandé au Conseil municipal de la Ville :

-de soutenir la prise en charge de l’installation d’une balise indépendante mesurant la radioactivité de l’air encadrée par la CRIIRAD en Vallée de Seine,

-de proposer à la Métropole du Grand Paris et à la Région Île de France de participer à cette opération.

Le Conseil Municipal du 26 juin après en avoir délibéré, vote cette motion à L’UNANIMITÉ

Par nucléaire je balise, pétition mise en ligne le 14/07/2019 à 14h24.

Pour signer la pétition, cliquer sur : https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/commentaires.php?id=3123

Juil 14

LA PUISSANCE DE L’ESSAI NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN DE 2017 ESTIMÉE À 16 FOIS CELLE DE LA BOMBE D’HIROSHIMA

En 2003, la Corée du Nord s’est retirée du Traité de Non-prolifération des Armes Nucléaires qui a été établi en 1968. Trois ans plus tard, en 2006, le pays a commencé à tester des bombes nucléaires. À ce jour, six essais ont été effectués et à chaque fois, la puissance de l’explosion a été supérieure à celle de la précédente.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Journal of Geophysical Research : Solid Earth, la dernière explosion qui s’est produite le 3 septembre 2017 avait une puissance équivalant à 250 kilotonnes de TNT. Cette valeur est à peu près 16 fois supérieure à celle de la bombe larguée sur Hiroshima qui faisait 15 kilotonnes.

Ce dernier essai montre un accroissement significatif de la capacité nucléaire de la Corée du Nord. Le test précédant celui de 2017 avait en effet une puissance de 20 kilotonnes de TNT.

L’armement nucléaire nord-coréen

Selon Thorne Lay, un des auteurs de l’étude et sismologue à l’Université de Californie à Santa Cruz, la Corée du Nord a progressivement augmenté la puissance de ses bombes de 2006 à 2016. Le pays est passé de 1 kilotonne à 20 kilotonnes en dix ans.

D’après lui, ce passage à 250 kilotonnes en un an est assez effrayant puisqu’il s’agit d’une bombe significativement plus puissante.

Une étude réalisée en 2018 avait déjà estimé cette dernière explosion à 209 kilotonnes. Avec la marge d’erreur appliquée par les services de renseignement américains, on obtient un intervalle compris entre 120 et 304 kilotonnes. La nouvelle étude a pu affiner les mesures pour arriver à un intervalle compris entre 148 et 328 kilotonnes, soit en moyenne 250 kilotonnes de TNT. Cette dernière estimation n’est pas surprenante compte tenu du fait que l’explosion avait causé un séisme de magnitude  6,3 à l’époque.

La méthode utilisée par les scientifiques

Pour arriver à cette nouvelle estimation, les chercheurs ont pris en compte la géologie du site d’essai de Punggye-ri, et les environs du Mont Mantap où a été conduit le test. Ils ont analysé des données compilées précédemment sur la façon dont le son se déplaçait à travers les différents types de roche de la région.

Les scientifiques ont déterminé la taille relative des bombes en trouvant une combinaison de profondeur et de rendement qui compensait la réflexion du son à la surface. Les explosions souterraines rebondissent en effet à la surface comme un écho, et ce phénomène déforme les enregistrements sismiques pris à distance. Thorne Lay a également indiqué que l’arme utilisée lors du test devait être une bombe à fission renforcée ou une bombe à hydrogène modeste.

Grâce à cette nouvelle étude, on a pu avoir une meilleure estimation de la puissance nucléaire nord-coréenne. Pour l’instant, le pays de Kim Jong Un fait l’objet de sanctions internationales par rapport à son programme nucléaire. L’avenir nous dira si de nouvelles solutions seront proposées par la communauté internationale par rapport à cette situation.

Par Holy, publié le 14 juillet 2019 à 09h17

http://www.fredzone.org/la-puissance-de-lessai-nucleaire-nord-coreen-de-2017-estimee-a-16-fois-celle-de-la-bombe-dhiroshima-699

Juil 14

DÉSARMEMENT : L’UE APPELLE MOSCOU À DES MESURES « IMMÉDIATES » POUR RESPECTER LE TRAITE INF

L’Union européenne a appelé dimanche la Russie à prendre des mesures « immédiatement » pour assurer le respect du traité de désarmement nucléaire INF, auquel Moscou a formalisé début juillet la suspension de sa participation.

« Nous sommes profondément préoccupés par l’évolution de la situation concernant le traité INF, qui pourrait prendre fin le 2 août 2019« , a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, dans un communiqué au nom de l’UE.

Signé pendant le Guerre froide, cet accord sur les armes à portée intermédiaire avait été dénoncé par Donald Trump en février, puis par Moscou dans la foulée, les deux pays s’accusant mutuellement de le violer. Vladimir Poutine a ratifié le 3 juillet la suspension de la participation de la Russie. Faute d’évolution, le retrait des deux pays va provoquer la fin le 2 août de cet accord bilatéral conclu en 1987 pendant la Guerre froide, qui avait permis l’élimination des missiles balistiques et de croisière SS20 russes et Pershing américains déployés en Europe.

« Les prochains jours représentent la dernière occasion pour le dialogue et pour prendre les mesures nécessaires afin de préserver cette composante importante de l’architecture de sécurité européenne« , a dit Mme Mogherini au nom de l’UE. Elle a appelé la Russie « à répondre efficacement aux graves préoccupations » au sujet « du développement, des essais en vol et du déploiement de son système de missiles au sol 9M729 et aux graves préoccupations que cela a suscitées sur un non-respect du traité INF« . « Des mesures substantielles et transparentes doivent être prises immédiatement pour assurer le respect intégral et vérifiable des dispositions » du texte, a-t-elle exhorté.

Le traité INF, qui a interdit le déploiement de missiles terrestres d’une portée de 500 à 5500 kilomètres en Europe, est considéré comme la pierre angulaire de la maîtrise des armements. Sa disparition menace le nouveau traité Start négocié entre les États-Unis et la Russie pour réduire les plafonds fixés pour les têtes nucléaires stratégiques et fait craindre à l’UE le lancement d’une nouvelle course aux armements.

« S’il se révèle impossible de sauver le traité INF, alors la réaction de l’Otan sera coordonnée et défensive« , a mis en garde le 5 juillet Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, qui exige que la Russie détruise son nouveau système de missiles avant le 2 août.

Par AFP, publié le 14/07/2019

Photo : La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à Bagdad, le 13 juillet 2019. Photo REUTERS/Khalid Al-Mousily

https://www.lorientlejour.com/article/1178789/desarmement-lue-appelle-moscou-a-des-mesures-immediates-pour-respecter-le-traite-inf.html

Juil 14

POUR L’EX-AMBASSADEUR KIM DARROCH, TRUMP EST SORTI DE L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN POUR CONTRARIER OBAMA

Analyse : L’hebdomadaire conservateur Mail on Sunday a divulgué, dimanche 14 juillet, une deuxième série de rapports émis fin mai par l’ancien diplomate britannique aux États-Unis. Ce dernier reprochait alors à Donald Trump d’être sorti de l’accord sur le nucléaire iranien pour écorner le bilan politique de son prédécesseur.

Un « acte de vandalisme diplomatique », apparemment pour des « raisons idéologiques et de personnalité ». Dans un câble diplomatique envoyé en mai 2018 et divulgué dimanche 14 juillet par le tabloïd anglais Mail on Sunday, l’ancien ambassadeur britannique Kim Darroch – en poste à Washington de janvier 2016 jusqu’à sa démission contrainte, mercredi 10 juillet, dans le sillage d’une première vague de fuites dans la presse – épingle très violemment la stratégie du président américain Donald Trump sur le dossier iranien.

Boris Johnson a tenté de convaincre Trump

Retour sur la genèse de cette tempête qui ne cesse de troubler les relations bilatérales entre le Royaume-Uni et son plus proche allié. En mai 2018, Boris Johnson, à l’époque ministre britannique des affaires étrangères, s’était rendu à Washington pour convaincre le président républicain de ne pas sortir son pays de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, entérinant à l’époque la levée d’une partie des sanctions internationales contre Téhéran en échange de son engagement à renoncer à l’arme nucléaire. Une vaine tentative de médiation de Londres.

Dans une note confidentielle envoyée par la suite à Downing Street, Kim Darroch pointait des divisions dans l’équipe de Donald Trump sur la décision – le 8 mai 2018 – du retrait unilatéral américain du pacte et critiquait l’absence de stratégie, à long terme, de la Maison-Blanche. « Ils ne peuvent formuler aucune stratégie pour le “jour d’après” ; et des contacts avec le Département d’État ce matin ne suggèrent aucune sorte de plan pour tendre la main aux partenaires et aux alliés, que ce soit en Europe ou dans la région », écrivait l’ambassadeur.

À lire aussi : En termes diplomatiques

« Ambassadeur loufoque »

Il rapportait également que le secrétaire d’État Mike Pompeo « s’était subtilement distancié en parlant de “la décision du président” », lors de ses discussions avec Boris Johnson. Toujours selon lui, Mike Pompeo aurait laissé entendre qu’il avait essayé, sans succès, de « vendre » un texte révisé à Donald Trump, révèle encore le Mail on Sunday. Une semaine plus tôt, une première salve de fuites de ses communications diplomatiques secrètes avait déjà embrasé les sphères médiatiques des deux côtés de l’Atlantique.

L’ambassadeur britannique y décrivait déjà notamment la Maison-Blanche comme un « environnement exceptionnellement dysfonctionnel » et « maladroit et inepte sur le plan diplomatique », provoquant aussitôt la fureur de Donald Trump. La riposte du sulfureux milliardaire n’avait pas tardé à tomber, taxant Kim Darroch d’« imbécile prétentieux » avec lequel il n’aurait « plus de contact ».

« L’ambassadeur loufoque que le Royaume-Uni a envoyé aux États-Unis n’est pas une personne qui nous ravit, c’est quelqu’un de très stupide », enfonçait-il encore sur le réseau social Twitter, avant de stigmatiser la « pagaille » dont, à ses yeux, la première ministre britannique Theresa May serait responsable. L’escalade verbale entre les deux hommes a contraint Kim Darroch à présenter, mercredi 10 juillet, sa démission, en estimant qu’il lui était désormais « impossible » de faire son travail.

« Secret officiel »

Le gouvernement britannique a ordonné des investigations sur l’origine de ces révélations, et la police a ouvert une enquête sur une éventuelle violation de la loi sur les secrets officiels. Des procédures qui auraient d’ores et déjà permis d’identifier la source de la fuite, d’après une information divulguée dimanche 14 juillet par le Sunday Times : elle émanerait d’un fonctionnaire britannique ayant eu accès aux archives du Foreign Office.

Plus tôt dans la semaine, le secrétaire d’État britannique aux affaires étrangères, Alan Duncan, avait martelé qu’« une fuite à l’intérieur [de l’administration] » était « la première hypothèse ». Ouvrant outre-Manche un nouveau front de polémique samedi 13 juillet sur la liberté de la presse, la police britannique a lancé un avertissement contre les médias qui publieraient « des documents confidentiels ».

Par Malo Tresca, publié le 14/07/2019 à 13h35

Photo : Boris Johnson (G) et Kim Darroch, le 8 November 2017. MICHAEL REYNOLDS/EPA/MAXPPP

https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/lex-ambassadeur-Kim-Darroch-Trump-sorti-laccord-nucleaire-iranien-contrarier-Obama-2019-07-14-1201035306

Juil 13

TRICASTIN : EDF À NOUVEAU SERMONNÉ ET RAPPELÉ À L’ORDRE PAR L’ASN POUR LES DÉFAILLANCES DE LA DIGUE DE PROTECTION DE SA CENTRALE NUCLÉAIRE

Le 27 septembre 2017, l’ASN avait imposé la mise à l’arrêt provisoire des quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin du fait d’un risque de rupture d’une portion de 400 mètres de la digue du canal de Donzère-Mondragon en cas de séisme. Le canal mesure  24 km. L’inondation résultant de la rupture de la digue pouvait conduire à un accident de fusion du « combustible » nucléaire des quatre réacteurs tout en rendant particulièrement difficile la mise en œuvre des moyens de gestion d’urgence internes et externes. Deux ans plus tard, ce 10 juillet 2019, l’ASN tape à nouveau du point sur la table. Mais mezza voce. Que la digue soit réparée pour … 2020 voire 2022. Et les réacteurs atomiques peuvent continuer à fonctionner. Ils se foutent de vous…

Par décision du 25 juin 2019 (1), l’ASN a prescrit à EDF le renforcement complémentaire d’une portion de la digue du canal de Donzère-Mondragon protégeant la centrale nucléaire du Tricastin (INB 87 et 88) et la surveillance de cette portion de digue. Cette décision avait fait l’objet d’une consultation du public, uniquement par voie électronique, du 4 au 18 avril 2018 sur le site Internet de l’ASN. Résultat : deux commentaires seulement ! Le 06/04/2018 par un citoyen et le 09/04/2018 par une association (Frapna Drôme Nature Environnement). On a connu mieux comme consultation publique.

De nouveaux travaux exigés

Alors ce mercredi 10 juillet, dans le cadre des normes post-Fukushima, l’ASN demande, une nouvelle fois, à EDF de respecter ses engagements et d’entreprendre de nouveaux travaux de renforcement sur la rive droite de la digue du canal de dérivation du Rhône (2). En effet, cette digue est censée protéger les installations atomiques des inondations, notamment en cas de séisme dit « majoré« . C’est que les sachants-savants ont implanté leur joujou de mort sur une zone sismique et en contre-bas d’un canal important charriant des millions de mètres-cube d’eau (1 970 m3/s à hauteur du barrage de Bollène). Comme souvent, les ingénieurs technophiles d’EDF ont une conception très particulière du risque. Surtout s’il est imposé aux autres. Un classique de la techno-structure sûre de son savoir et de ses choix.

EDF sait pourtant depuis de nombreuses années, et même depuis sa construction après-guerre et le choix d’implanter du nucléaire dans cette zone en 1970, que la digue est perméable et peu résistante. Tout comme que les réacteurs reposeront sur des marnes instables qui obligeront à pomper en permanence dans les soubassements (espace géo-technique) l’eau d’infiltration. Depuis belle lurette l’ASN demande le renforcement de la digue. L’électricien atomique répond systématiquement qu’il va procéder aux travaux puis fait durer les délais sans jamais rien entreprendre ou si peu. Et l’Autorité de Sûreté Nucléaire accompagne gentiment ce petit manège sordide jouant avec la vie de millions d’habitants et de la Provence.

Déjà il y a deux ans

Il a fallu attendre le 27 septembre 2017, six ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, pour que l’Autorité de Sûreté Nucléaire en ait assez de se faire balader par le nucléariste et lui adresse une mise en demeure sévère avec l’obligation de mettre immédiatement à l’arrêt ses 4 vieux réacteurs en pleine période hivernale. EDF, enfin, s’exécute. Mais à minima. Mais qu’à cela ne tienne, l’ASN donne son feu vert au redémarrage de la centrale atomique le 5 décembre 2017. Le parapluie a été ouvert c’est suffisant, chacun pourra dire qu’il a fait ce qu’il pouvait. Pourtant à l’époque la pseudo-autorité écrivait noir sur blanc que demeurait  « un risque de rupture d’une portion de 400 mètres« . Car les travaux entrepris par EDF et ses amis de Vinci-Construction n’écartent toutefois pas « le risque de brèche de la digue en rive droite« . Pas moins.

À présent, deux ans plus tard, EDF devra justifier que les travaux complémentaires à réaliser le seront avant le… 31 décembre 2019. Encore six mois de gagnés pour le nucléariste et six mois de menaces supplémentaires pour la population. Mais tout est apparence car ces travaux ne seront réalisés que sur la partie situés entre les points kilométriques 183,80 et 183,90, la portion de 100 mètres qui est la plus proche de la centrale. C’est peu. Vraiment peu. Et l’ASN, magnanime, encore et toujours, n’impose pas l’arrêt immédiat des réacteurs mortifères. Elle fait plus fort encore et accorde un délai d’un an supplémentaire pour que l’ensemble des travaux permettent d’écarter le risque de brèche sur la rive droite avant le… 31 décembre 2020. Voir même, pourquoi se gêner, au plus tard fin 2022.

Mais, comble de la duplicité ou de l’incompétence, une autre partie de la digue n’est pas intégrée dans la restauration demandée, celle des points kilométrique 183.35 à 183.80. D’ici là, si ça casse,… le soi-disant « gendarme du nucléaire » veille : si un séisme survient il faut qu’EDF ai sur place le matériel (remblais, engins de chantier…) et les moyens humains permettant de réaliser les travaux nécessaires au traitement des dégradations. Non vous ne rêvez pas. Tout sera sans dessus-dessous, détruit, inatteignable, mais le matos détruit sera sur place. Du grand art technocratique et énarchique.

On ne va pas se fâcher entre gens de bonne compagnie

Alors l’ASN veut qu’EDF mette en place une surveillance « précise » des portions de digue par une inspection visuelle et de la piézométrie dans la digue. Mais tranquilou quand même : à raison d’un coup d’œil 2 fois par mois et d’un relevé de hauteur d’eau de la nappe phréatique à l’intérieur du corps de la digue 1 fois par mois. On a connu plus sérieux, plus sévère et plus rationnel comme mesure. Mais dans la nucléocratie on travaille en confiance et on ne va pas scier la branche sur laquelle on est assis et rejeter la gamelle qui nous nourrit. Un petit « rapport de surveillance annuel » reprendra les éléments précédents et c’est dans la poche. Ici l’expérience ne sert pas, les tendances lourdes d’EDF à reporter les échéances et à gagner du temps ne font ni chaud ni froid. Il est vrai que depuis 60 ans les pouvoirs successifs assurent que le nucléaire français c’est du sérieux et de la haute technologie.

Le bon sens voudrait, notamment au vu de l’importance des enjeux et de la mauvaise volonté récurrente d’EDF, que ces travaux soient réalisés en priorité absolue et qu’un organisme extérieur et indépendant effectue les contrôles. Le danger existant toujours et sans savoir si les digues résisteront tant que les calculs ne seront pas faits, il est impératif que les 4 réacteurs soient mis à l’arrêt.

Mais EDF ne veux rien savoir : Tricastin est actuellement en chantier pour une durée de six mois afin de tenter prolonger la durée de vie des vieilles casseroles, pour dix ans de plus, au-delà des 30 ans initialement prévus. EDF y investit des millions d’euros qu’elle ne possède pas forcément, plombée par ses 30 Milliards d’€ de dettes et sa valorisation en chute libre de 40 milliards d’euros aujourd’hui contre155 milliards en 2007 (3). Les trois autres réacteurs du Tricastin doivent ensuite tenter de passer, à leur tour, la visite de contrôle de prolongation à 50 ans  (visites décennales) en 2021, 2022 et 2024. Encore de l’argent venu du ciel. Ou plutôt de l’État (donc de la poche des contribuables), qui a alloué, voici peu, 2 milliards € à l’atomiste. Mais les cuves des réacteurs nucléaires qui sont bombardées par les réactions atomiques et se trouvent au bout du rouleau ne seront pas changées. Et pour cause : ce n’est pas possible techniquement où alors il faudrait détruire toute l’enceinte de béton et tous les autres systèmes. Autrement dit démanteler en plein tumulte radioactif. Suicidaire. Et pas du tout prévu lors de la conception. Voir même inenvisageable selon les règles des promoteurs du nucléaire.

Lorsque l’on sait que la destruction atomique  (si dangereuse et mortelle pour des dizaines de milliers d’années) à l’œuvre dans le cœur des réacteurs ne produit pas d’électricité mais génère une forte chaleur visant à chauffer de l’eau et à générer de la vapeur pour faire tourner une turbine : on baigne en plein délire techno-scientiste.

Il n’y a donc pas d’issue autre que l’arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire.

Par Rédaction (Jean Revest), publié le samedi 13 juillet 2019 à 11h10

PS : le site internet de BFMTV qu’on ne peut soupçonner d’être antinucléaire a titré dernièrement  « La sûreté des centrales nucléaires françaises à la traîne. Toutes les mesures décidées après l’accident de Fukushima, en 2011, ne sont pas encore mises en œuvre. Huit ans après Fukushima, EDF n’a toujours pas installé les diesels d’ultime secours. Ce dispositif vise à garantir une alimentation en eau et en électricité en cas de catastrophe. Sur les 58 réacteurs du parc nucléaire français, seuls deux sont équipés. Il reste moins d’un an et demi à EDF pour mettre toutes les centrales nucléaires aux normes post-Fukushima.

(1) https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Tricastin-renforcement-de-la-digue-protegeant-la-centrale-nucleaire (Date de la dernière mise à jour : 10/07/2019). Décision n°2019-DC-0674 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 25 juin 2019 fixant à Électricité de France (EDF) des prescriptions complémentaires applicables à la centrale nucléaire du Tricastin (INB 87 et 88) compte tenu des risques d’inondation externe à la suite d’un séisme.

(2) Le canal de Donzère-Mondragon a été construit dans le cadre du plan états-unien d’après-guerre, dit Plan Marshall, visant à assurer aux sociétés américaines du nord les marchés européens de reconstruction. Les réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin (comme de l’ensemble des réacteurs de 900MW) sont construit sous licence états-unienne Westinghouse. La centrale nucléaire de Tricastin, est l’une d’une plus ancienne de France mise en service en 1980 avec ses quatre réacteurs de 900 MW, installée sur les bords du Rhône, à cheval entre les départements du Rhône et du Vaucluse.

(3) Pour le magazine « Capital » : EDF – Les points à surveiller : Faible visibilité en raison de la dimension « politique » de la valeur : intervention de l’État, notamment sur la hausse des tarifs de l’électricité, débat sur la sûreté nucléaire, interrogations sur les impacts sur la rentabilité de l’ARENH (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) et impact incertain du plan de transition énergétique ; critiques sur les compteurs Linky – 4,5 Mds€ d’investissements sur la période de déploiement 2014-2021 ; bilan alourdi par les provisions pour l’aval du cycle nucléaire et pour la déconstruction nucléaire, d’où 30 Mds € de dettes ; recul de la production nucléaire au Royaume-Uni, recul des marges des activités italiennes et belges et pertes de production au Brésil ; nouveau report du démarrage de l’EPR de Flamanville, précédemment prévu pour 2018 ; forte disparité de marge entre les divisions, la France et les énergies nouvelles étant les plus rentables; Secteur des « utilities » (producteurs d’eau, de gaz et d’électricité), traditionnellement considéré comme défensif mais actuellement considéré à risque dans un environnement de pression fiscale accrue ; activité encadrée par la loi NOME (libre concurrence entre tous les acteurs du marché et revente du quart de la production d’électricité nucléaire d’EDF à ses concurrents) avec des prix de l’électricité administrés en France d’où des difficultés à faire passer le coût de maintien du réseau dans les tarifs ; spéculations sur une scission d’EDF, imposée par le gouvernement, en deux sociétés, l’une dédiée au nucléaire l’autre aux renouvelables ;  avancées de la centrale de Flamanville 3 et respect du coût de la construction, fixé à 10,5 Mds€, et de celle de Heckley Point, ainsi que le démarrage du chantier chinois Taishan 1 et 2 ; société détenue par l’État à 84,3 %, dont 13,3 % ont été transposés à la BPI comme garantie pour son fonds d’innovation; chiffre d’affaire de 69 Mds€ et capacité de production de l’ordre de 140 GW, à plus de 50 % dans le nucléaire, devant l’hydraulique, le gaz et les énergies nouvelles, le charbon et le fioul devant sortir du portefeuille d’activités ; groupe intégré depuis des actifs d’Areva (conception et fabrication de réacteurs nucléaires) par le biais d’une société, Framatome, détenue à 75 %, aux côtés de Mitsubishi (19,5 %) et réalisant 3,3 Mds E de chiffre d’affaires avec 3 Mds€ de prises de commandes ;  du fait de la présence de l’État dans le capital, endettement noté A et taux de distribution élevé autour de 50 %, soit 0,31€ au titre de 2018. La valeur boursière des grands utilities européens a fondu sur les dix dernières années. La capitalisation d’Engie (ex-GDF Suez) est tombée autour de 34 milliards après un plus haut de 98 milliards en 2008. Quant à EDF, sa valorisation avoisine les 40 milliards d’euros, contre un point haut à 155 milliards en 2007.

Par Rédaction le samedi 13 juillet 2019 à 11h10 – Tricastin

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/07/13/Tricastin-%3A-EDF-%C3%A0-nouveau-sermonn%C3%A9-par-l-ASN-pour-les-d%C3%A9faillances-de-sa-digue-de-protection-de-sa-centrale-nuc%C3%A9laire

Juil 13

NON-RESPECT DES SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 6 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GRAVELINES

Le 25 juin 2019, l’exploitant de la centrale nucléaire de Gravelines a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté, relatif au non-respect des spécifications techniques d’exploitation du réacteur 6 concernant le dépassement de la concentration maximale en bore du circuit primaire.

Le bore, présent dans l’eau du circuit primaire sous forme d’acide borique dissous, permet de modérer, par sa capacité à absorber les neutrons, la réaction en chaîne. La concentration en bore est ajustée pendant le cycle en fonction de l’épuisement progressif du combustible en matériau fissile. Sa concentration doit être suivie ; lorsque sa concentration est trop élevée, le bore atteint sa limite de solubilité et peut cristalliser autour des crayons de combustibles et des éléments internes de la cuve. En conséquence, le refroidissement du cœur ne serait alors plus correctement assuré.

Depuis le 1er juin 2019, le réacteur 6 est à l’arrêt pour maintenance et rechargement d’une partie du combustible. Le 23 juin 2019, le rechargement du combustible est achevé, le réacteur est en phase de redémarrage. Après un premier contrôle de la concentration en bore du circuit primaire (2975 ppm), les opérations d’éventage et de montée en pression du circuit, par injection d’eau contenant du bore, sont réalisées. Trois heures après le début des opérations, un opérateur, qui suit les paramètres chimiques du circuit primaire, constate que la concentration en bore est anormalement élevée (3120 ppm). Conformément aux spécifications techniques d’exploitation, la conduite à tenir est alors de retrouver une concentration en bore inférieure à 3075 ppm sous 8 heures.

Afin de la baisser la concentration en bore, l’appoint en eau du circuit primaire est réalisé à partir d’un réservoir dont la concentration en bore est plus faible. Ce n’est que 12 heures 30 plus tard que la concentration en bore mesurée redevient inférieure à 3075 ppm. La conduite à tenir prescrite par les spécifications techniques d’exploitation n’a donc pas pu être respectée.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois l’événement ayant affecté la fonction de sûreté liée au refroidissement du réacteur, l’ASN le classe au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Une première analyse montre que cet événement est dû à une incompatibilité entre l’activité d’éventage et de pressurisation du circuit primaire, nécessitant un volume conséquent d’apport en eau, et la concentration élevée en bore de l’eau utilisée pour cette opération.

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-des-STE-du-reacteur-6-de-la-centrale-nucleaire-de-Gravelines

Juil 13

LE HEZBOLLAH AFFIRME QUE L’IRAN A LA CAPACITÉ DE BOMBARDER ISRAËL EN CAS DE GUERRE

Donald Trump a autorisé en juin une frappe contre l’Iran après la destruction en vol d’un drone américain, mais il l’a annulée au dernier moment.

Le chef du Hezbollah chiite libanais, soutenu par Téhéran, a estimé vendredi 12 juillet qu’Israël ne resterait pas « neutre » en cas de conflit entre l’Iran et les États-Unis. « L’Iran a la capacité de bombarder Israël avec force et férocité« , a ajouté Hassan Nasrallah dans une interview diffusée par la chaîne de télévision du Hezbollah, Al-Manar.

« Lorsque les Américains comprendront qu’une telle guerre pourrait rayer Israël de la carte, ils changeront d’avis », a-t-il encore dit, après plusieurs semaines de tension entre les États-Unis et l’Iran. « Notre responsabilité collective dans la région est de travailler à prévenir une guerre américaine contre l’Iran », a-t-il dit, assurant que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis n’avaient aucun intérêt à ce qu’un conflit éclate.

Crainte d’une guerre entre l’Iran et les « États-Unis »

Vendredi, la Chambre des représentants américaine, contrôlée par les démocrates, a adopté une mesure restreignant la possibilité pour Donald Trump d’attaquer l’Iran, s’inquiétant du fait que le président républicain pourrait déclencher une guerre inutile. Mais une initiative similaire a échoué au Sénat, aux mains des républicains.

Donald Trump a retiré en 2018 les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, et a rétabli de rudes sanctions dans la foulée. Le président américain a autorisé en juin une frappe contre l’Iran après la destruction en vol d’un drone américain, mais il l’a annulée au dernier moment. Mardi, Washington a décidé de nouvelles sanctions anti-Hezbollah, une organisation considérée comme terroriste par les États-Unis.

Par France info avec AFP France Télévisions, publié le 13/07/2019 à 09h39

https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/nucleaire-iranien/le-hezbollah-affirme-que-l-iran-a-la-capacite-de-bombarder-israel-en-cas-de-guerre_3534317.html

Juil 13

TCHERNOBYL DÉCRÉTÉ « ATTRACTION TOURISTIQUE » PAR LE PRÉSIDENT UKRAINIEN

Explication : Le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky a signé un décret le mercredi 10 juillet pour faire de Tchernobyl un « site touristique ».

Les spécialistes craignent que la zone, qui a été le théâtre du pire accident nucléaire de l’histoire, ne devienne « une sorte de Disneyland morbide ».

C’est rendre officiel ce qui courait depuis déjà plusieurs mois. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a profité de la mise en service du nouveau sarcophage devant recouvrir le réacteur nucléaire éventré de Tchernobyl pour signer, mercredi 10 juillet, un décret pour transformer la zone en un lieu touristique. « Tchernobyl a été un point noir de l’image ukrainienne. Il est temps de changer cela », a déclaré le président nouvellement élu. « Nous devons montrer au monde cet endroit : aux scientifiques, écologistes, historiens et touristes. »

Une déclaration pour le moins incongrue alors que le site connaît déjà une hausse massive de la fréquentation touristique depuis le succès planétaire de la série télévisée Chernobyl, qui retrace les premiers temps de la catastrophe nucléaire du 26 avril 1986.

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« Symboliquement, avec l’ouverture médiatisée de cette zone (même si en réalité elle était déjà en partie accessible aux touristes), [Volodymyr Zelensky] marque encore une autre rupture avec l’époque soviétique où tout ce sujet était secret et mensonge », explique Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie/Nouveaux États indépendants de l’Institut français des relations internationales.

Un lieu de villégiature boisé et radioactif

Mais l’Ukraine, outre son passé soviétique, doit surtout composer avec une situation économique extrêmement dure. Et Tchernobyl s’est révélé ces derniers mois une véritable mine d’or pour l’économie locale. L’afflux de touristes et autres « instagrameurs » en mal de sensations fortes a fait bondir de 40 % les réservations de tours guidés à Tchernobyl depuis la diffusion de la série du même nom.

« (C’est) un lieu unique au monde, où la nature a repris ses droits après un désastre causé par les hommes », justifie également Volodymyr Zelensky. Le décret prévoit donc de développer la zone par la création d’un « corridor vert pour les touristes », en plus des trois hôtels déjà construits sur place.

« Le tourisme n’est pas dangereux si l’on respecte les règles de sécurité, assure de son côté Galia Ackerman, spécialiste de la Russie et de l’Ukraine, et auteure de Traverser Tchernobyl (Ed. Premier Parallèle, 2016). Par exemple, à Pripiat (ville hautement radioactive située à seulement 3 km de la centrale, NDLR), il ne faut pas manger, ne pas boire ou fumer, ou même marcher sur l’herbe ou entrer dans les bâtiments au risque d’ingérer une particule chaude, c’est-à-dire un grain de poussière auquel est agglutiné un atome de plutonium. »

La sécurité des touristes en question

Mais le succès grandissant de Tchernobyl auprès des touristes a amené avec lui son lot de dérives. « La zone d’exclusion est aussi un symbole de la corruption », s’est désolé Volodymyr Zelensky. Lors de ses nombreux voyages sur place, Galia Ackerman constatait entre autres le développement de « guides sauvages » emmenant les touristes dans des zones interdites extrêmement radioactives. Mais la corruption « inclut (aussi) les pots-de-vin que les forces de l’ordre perçoivent des touristes », note le président ukrainien. « Nous allons arrêter tout cela très bientôt. »

Pour encadrer le secteur, Volodymyr Zelensky a donc défini les plans pour les voies navigables et les points de contrôle dans la région. De même, un système de tickets électroniques pour les visiteurs doit voir le jour.

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Des mesures qui devraient jouer en faveur des tour-opérateurs, mais qui inquiètent aussi les spécialistes. « Je crains que cela ne se transforme en une sorte de Disneyland morbide si la tendance actuelle se confirme », confie Galia Ackerman. « Si vous visitez (Tchernobyl), rappelez-vous qu’une terrible tragédie s’est produite là-bas », suppliait déjà il y a quelques semaines le scénariste de la série Chernobyl, Craig Mazin. « Comportez-vous avec respect pour tous ceux qui ont souffert et qui se sont sacrifiés. »

Par Caroline Vinet, publié le 12/07/2019 à 18h55

Photo : Au centre, le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans la ville abandonnée de Pripiat, à trois kilomètres du site de Tchernobyl, le 10 juillet 2019.  (Ukrainian Presidential Press Office via AP)

https://www.la-croix.com/Monde/Europe/Tchernobyl-decrete-attraction-touristique-president-ukrainien-2019-07-12-1201035098

Juil 13

LES ÉCOLOGISTES DU CENTRE-VAL DE LOIRE POINTENT UNE « GRAVE SITUATION » RÉGIONALE LIÉE AU DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE

Jeudi 11 juillet, par voie de communiqué, le groupe écologiste du conseil régional Centre-Val de Loire s’est alarmé de l’épisode de sécheresse actuel, évoquant ses répercussions sur l’eau et les usages faits de cette richesse périssable.

« Niveau exceptionnellement bas de la Loire ou encore du Cher, température des eaux de rivières en forte hausse, prolifération d’algues génératrice de cyanobactéries, renforcement des mesures de restrictions de consommation d’eau »…

À dessein, l’énumération du groupe écologiste du conseil régional du Centre-Val de Loire est alarmante : « La grave situation hydrologique que connaît le territoire régional en ce début d’été 2019 nous permet de mesurer dans notre quotidien des conséquences concrètes du dérèglement climatique sur ce bien commun qu’est l’eau, source de toute vie sur Terre et condition de l’avenir de l’humanité. »

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Réduire la consommation pour tous les usages

« La crise climatique entraîne mécaniquement une aggravation de la crise aquatique« , poursuivent les élus. En plus de la réduction des températures, un changement profond de la gestion de l’eau est impératif à leurs yeux, passant par l’adoption d’une « nouvelle politique de sobriété« , afin de restaurer les milieux aquatiques et les capacités d’infiltration des sols : « La priorité est de réduire la consommation, et ce pour tous les usages. » Le groupe écologiste cite notamment l’irrigation (« en particulier celle du maïs en été ») qui « contribue très fortement à la diminution de la ressource en eau des bassins versants« .

La dépendance du nucléaire à une ressource en eau abondante est de nature à sérieusement mettre en doute sa résilience dans le contexte du dérèglement climatique.

Quant à la défense de la qualité de l’eau, « enjeu fondamental« , le groupe évoque la nécessité de s’attaquer à « la pression croissante des pollutions diffuses » et de redonner aux cours d’eau leurs tracés d’origine.

« La prolifération d’algues vertes filamenteuses du genre Cladophora, que nous pouvons constater dans la Loire et dans le Cher, doit nous alerter« , poursuit le texte : « Elle est le résultat de tous ces facteurs réunis, trop de nitrates, faiblesse des débits, température de l’eau élevée. » Le groupe pointe également « la dépendance du nucléaire à une ressource en eau abondante (…) de nature à sérieusement mettre en doute sa résilience dans le contexte du dérèglement climatique« .

Des algues vertes en Loire. Photo Christelle Gaujard

« En 2013, à l’échelle nationale, plus de 54 % des prélèvements dans les eaux de surface étaient destinés à la production d’énergie, essentiellement pour le refroidissement des centrales ! Par ailleurs, faut-il rappeler la nécessité que la Loire, qui alimente les centrales de Belleville, Dampierre, Saint-Laurent et Chinon ait un débit suffisant ?« 

Y aura-t-il un impact sur la production électrique ?

Les écologistes du Centre-Val de Loire relèvent qu’en France, durant la canicule de l’été 2003, « 17 réacteurs nucléaires avaient dû soit réduire leur production d’électricité, soit être mis à l’arrêt, et EDF avait dû acheter de l’électricité dans des pays voisins » : « À l’époque, pour soutenir l’étiage de la Loire, 70 millions de mètres cubes avaient dû être déstockés de la retenue de Villerest et 110 millions de mètres cubes de celle de Naussac, ce qui n’avait pas suffi pour garder un débit supérieur à 60 mètres cubes au niveau de Gien (…) : l’objectif avait alors été ramené à 45 mètres cubes. Le 3 juillet 2019, le débit y est descendu sous les 50 mètres cubes par seconde… »

À lire également : Venus du monde entier, une vingtaine de jeunes rédigent une charte de l’eau à Orléans

Publié le 13/07/2019 à 14h05

https://www.larep.fr/orleans-45000/actualites/les-ecologistes-du-centre-val-de-loire-pointe-une-grave-situation-regionale-liee-au-dereglement-climatique_13604990/#refresh

Juil 13

SOUS-MARIN NUCLÉAIRE FRANÇAIS : LE MONDE N’EST PAS PRÊT À SE DÉSARMER DE L’ATOME

La dénucléarisation de la planète semble une douce utopie. Les pays dotés de l’atome, même les moins importants, continuent d’investir des milliards dans l’innovation de leurs équipements. La France notamment, qui vient de dévoiler fièrement son nouveau sous-marin.

On dirait un gros suppositoire. Un long tube de 99 mètres de long et de neuf mètres de large, inauguré en grande pompe par le président Emmanuel Macron dans le chantier naval de Cherbourg ce midi. Le Suffren, du nom de l’ancien vice-amiral Pierre André de Suffren, premier outil d’une série de six sous-marins ultra perfectionnés, arrive avec trois ans de retard. Développés au travers du projet Barracuda, un programme de renouvellement de l’équipement nucléaire à neuf milliards d’euros, ces SNA (pour sous-marins nucléaires d’attaque) doivent remettre la France à la pointe de l’armement.

Seul pays européen avec la Grande-Bretagne à être doté de l’arme nucléaire, l’Hexagone n’est pas peu fier de ses nouveaux monstres d’acier discrets comme un banc de crevettes et dépourvus de périscope. Leurs missions : collecter des renseignements, chasser des sous-marins ennemis mais surtout protéger les sous-marins lanceurs d’engins (SNLE). Les SNA ne balancent donc pas de missiles atomiques et n’ont de nucléaire que leur moyen de propulsion. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne tireront pas, puisque, nouveauté pour des SNA, ils pourront balancer simultanément quatre missiles terrestres à une portée de 1.000 km.

Autre fait remarquable, le Suffren sera le premier à offrir une section dédiée à un équipage féminin, toléré depuis 2014 seulement. Bref, le Suffren et les cinq sous-marins qui arrivent sont vraiment supers. Mais les fanfaronnades du président Macron posent question dans un pays qui ne base pas sa défense sur l’atome et décide de consacrer près de dix milliards de son budget à un outil dont le but principal est de protéger son armement nucléaire.

Has-been le nucléaire

Pour les jeunes adultes d’aujourd’hui, nés après la guerre froide, l’investissement dans l’armement atomique parait anachronique et la notion de dissuasion nucléaire reste relativement abstraite. Ils ont grandi dans un monde qui se rêvait ouvertement dénucléarisé. Exprimée par la force nucléaire à l’époque de leurs parents, la puissance souveraine d’une nation semblait aujourd’hui davantage se révéler via le prisme de l’économie et du commerce international. Les positions de l’Amérique de Barack Obama, qui promettait au début de son mandat vouloir à terme délaisser l’arme nucléaire, l’investissement français et sa vision de la dissuasion nucléaire étonne quelque peu.

Comment les nations qui en sont dotées peuvent assurer vouloir lutter contre la prolifération nucléaire et les folies de grandeurs des pays émergents en continuant à favoriser son utilisation ? À l’origine cantonnée au duel américano-soviétique, clair et facilement analysable, elle s’est morcelée en une série de nations ayant mis la main sur l’arme atomique et brouillant totalement cette logique binaire. L’Inde, le Pakistan ou Israël ont multiplié leurs ogives, mais il est difficile de dire ce qu’ils comptent réellement en faire. Alors que l’Iran, dont la force nucléaire a toujours fait flipper la Terre entière, a vu ses ardeurs réchauffées par les provocations de Donald Trump.

Une « garantie de paix » 

La puissance de feu de l’atome fait craindre le pire, qu’elle soit entendue dans le cadre militaire ou énergétique, et tout le monde s’accorde à dire qu’il faudra tôt ou tard en sortir. On rit jaune dès lors devant l’hypocrisie des grandes puissances quand elles s’obstinent à justifier leur force nucléaire par la sacro-sainte dissuasion et promettent qu’elle n’est envisagée que dans le cadre d’une stratégie défensive. Elle l’annonce en plus comme un gage de stabilité, voir une garantie de paix. Selon elles, aucun pays ne prendra le risque d’en faire usage, sachant que le potentiel destructeur du retour de flammes. Plus que n’importe quel armement traditionnel, le nucléaire aurait largement participé à refroidir les derniers conflits mondiaux. Des arguments idéologiques qui rendent un éventuel abandon de l’arsenal atomique totalement illusoire. Pour la paix donc, parait-il.

Par Thomas Depicker, publié le 12/07/2019

https://www.moustique.be/24201/sous-marin-nucleaire-francais-le-monde-n-est-pas-pret-se-desarmer-de-atome

 

Juil 12

UNE FUITE RADIOACTIVE DÉTECTÉE SUR L’ÉPAVE D’UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE RUSSE

Des chercheurs norvégiens ont détecté une fuite radioactive provenant du « K-278 Komsomolets », qui gît au fond des mers depuis 30 ans. Les niveaux de radiation enregistrés sont inhabituellement élevés, mais les scientifiques affirment que ce n’est pas une menace pour la vie humaine ou marine, rapportait la BBC jeudi 11 juillet.

Dans un commu­niqué publié la veille, l’Insti­tute of Marine Research a constaté un niveau de radiation 800 000 fois supérieur à la normale sur l’épave d’un sous-marin nucléaire russe. Le 7 avril 1989, alors que le Komsomolets naviguait à une profondeur de 380 mètres dans l’Arctique, un incendie s’est déclaré à bord, dans la section arrière.

Sur les 69 membres d’équipage, 42 ont perdu la vie après avoir inhalé des fumées toxiques ou en se noyant dans les eaux glacées. Le sous-marin a coulé à environ 320 kilo­mètres des côtes norvé­giennes avec deux torpilles nucléaires à tête de plutonium. La pollution s’est rapidement diluée dans la mer, affirment les scientifiques.

Si des observations du K-278 sont effectuées chaque année depuis lors, la dernière expédition a donné lieu à l’enquête la plus approfondie. La fuite radioactive constatée cette semaine à l’aide d’un robot contrôlé à distance provient d’un tuyau situé près du réacteur.

« Les niveaux que nous avons détectés étaient clairement supérieurs à la normale dans les océans, mais ils n’étaient pas alarmants », a déclaré la chef de l’expédition, Hilde Elise Heldal. Près de 800 becquerels par litre ont été rele­vés, alors que le niveau normal dans la mer de Norvège est d’environ 0,001. À titre de comparaison, la quantité de radia­tion acceptable dans les aliments est de 600 becquerels par kilogramme.

Le 4 juillet 2019, un nouvel incendie dans un sous-marin russe a coûté la vie à 14 personnes. Cette fois, l’appareil a pu remonter à la surface.

Par   Suzanne Jovet , publié le 12 juillet 2019  

Pour voir la vidéo (2mn29s), cliquer sur :

https://www.ulyces.co/news/une-fuite-radioactive-detectee-sur-lepave-dun-sous-marin-nucleaire-russe/

Puis sur : https://www.youtube.com/watch?v=jsEtq5Pe5Yg

Juil 12

LONDRES ENVOIE UN DEUXIÈME NAVIRE DE GUERRE DANS LE GOLFE

Le Royaume-Uni a annoncé vendredi le déploiement d’un deuxième navire de guerre dans le Golfe, deux jours après un incident avec la marine iranienne qui avait tenté, selon Londres, d’empêcher le passage d’un pétrolier britannique dans le détroit d’Ormuz.

Le destroyer HMS Duncan se rend dans le Golfe pour relayer la frégate HMS Montrose, déjà sur place, afin de continuer à garantir la «liberté de navigation» pour «les navires transitant par cette voie de navigation cruciale», a indiqué un porte-parole de l’exécutif britannique.

Cette rotation, qui était programmée, a été avancée, a ajouté une source de défense, soulignant que les deux navires resteraient temporairement ensemble dans la région, mais sans préciser combien de temps.

Selon une source gouvernementale, l’exécutif a également relevé en début de semaine à son échelon maximal le niveau d’alerte dans les eaux territoriales iraniennes pour les navires britanniques, et adressé des recommandations de sécurité aux compagnies opérant dans la région.

La tension autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du pétrole brut mondial acheminé par voie maritime, a grimpé ces dernières semaines au fil d’une spirale d’événements, dont des attaques d’origine inconnue contre des pétroliers et la destruction d’un drone américain par l’Iran.

«L’Iran devrait faire attention. Ils s’engagent dans un territoire très dangereux.», a déclaré vendredi le président américain Donald Trump à des journalistes à Washington.

Téhéran, accusé par Washington d’être à l’origine des sabotages de tankers, a démenti toute responsabilité, dénonçant la volonté des États-Unis de «provoquer un choc» pétrolier en lui imposant des sanctions sévères et un embargo sur ses exportations de brut.

Arrestations à Gibraltar

Un nouvel incident est venu s’ajouter mercredi quand la marine militaire iranienne a tenté, selon le Royaume-Uni, «d’empêcher le passage» par Ormuz d’un pétrolier britannique. Le HMS Montrose, venu à sa rescousse, a dû «lancer des avertissements verbaux» aux vedettes iraniennes pour qu’elles battent en retraite.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du régime iranien, ont nié toute «confrontation» récente avec des navires étrangers.

Cet incident est intervenu après que le président iranien Hassan Rohani avait mis en garde mercredi le Royaume-Uni, évoquant des «conséquences» après l’arraisonnement par Londres d’un pétrolier iranien, le Grace 1, au large de Gibraltar.

Bâtiment de 330 mètres, ce pétrolier a été arraisonné le 4 juillet par la police et les douanes de Gibraltar, assistées d’un détachement de Royal Marines britanniques, au large de ce territoire britannique situé à l’extrême sud de l’Espagne.

Gibraltar le soupçonne d’avoir voulu livrer du pétrole à la Syrie en violation des sanctions européennes contre le régime de Bachar al-Assad. Ce que dément Téhéran, qui a dénoncé un acte de «piraterie».

Le navire contient 2,1 millions de barils de brut soit sa capacité maximale, a indiqué vendredi le chef du gouvernement du territoire britannique, Fabian Picardo.

Le capitaine du pétrolier et son second, de nationalité indienne, ont été arrêtés jeudi. Deux officiers ont en outre été arrêtés vendredi, a annoncé la police du territoire britannique, précisant qu’ils étaient également de nationalité indienne.

Coalition internationale

Les tensions dans la région du Golfe n’ont fait que s’intensifier depuis que les États-Unis se sont retirés en 2018 de l’accord nucléaire signé entre l’Iran et les grandes puissances en 2015 à Vienne.

Dans ce contexte, Washington a confirmé jeudi son intention de former une coalition internationale pour escorter les navires de commerce dans le Golfe.

Cette opération internationale devrait se mettre en place «dans les prochaines semaines», a déclaré le général Mark Milley devant une commission du Sénat américain.

Mais certains dirigeants européens semblent réticents à engager des moyens militaires dans cette région où la moindre escarmouche peut dégénérer en conflit ouvert.

«La France n’est jamais obligée de suivre un allié dans un conflit», a déclaré jeudi le général François Lecointre, chef d’état-major français des armées.

Paris «est dans une logique de désescalade» en tentant de sauver l’accord nucléaire, dont Téhéran s’est récemment partiellement affranchi, a indiqué à l’AFP une source gouvernementale.

Par AFP, publié le 12 juillet 2019 à 16h16 (mis à jour à 17h20)

https://www.liberation.fr/depeches/2019/07/12/londres-envoie-un-deuxieme-navire-de-guerre-dans-le-golfe_1739651

Juil 12

LA SUÈDE REFUSE DE SIGNER LE TRAITÉ DE L’ONU INTERDISANT L’ARME NUCLÉAIRE

La Suède ne signera pas le traité de l’ONU sur l’interdiction des armes nucléaires, a déclaré vendredi la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström, invoquant l’absence d’une définition claire des armes visées par le texte.

Le traité, approuvé en juillet 2017 par 122 pays, parmi lesquels la Suède, appelle à l’interdiction des « armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires« .

Mme Wallström a indiqué à l’occasion d’une conférence de presse vendredi que si la Suède avait approuvé le texte, elle s’était également à l’époque inquiétée de l’absence de clarté concernant les armes visées par le traité, ainsi que des liens entre ce traité et d’autres textes, tels que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), considéré comme la pierre angulaire de l’ordre nucléaire mondial. « J’aurais souhaité que nous ayons une convention qu’il soit possible de signer (…) mais il faut aussi être réaliste« , a-t-elle expliqué.

Plutôt que d’être signataire de ce texte, la Suède entend obtenir le statut d’observateur, a également indiqué la ministre, précisant que le pays scandinave restait attaché à un monde sans armes nucléaires.

À ce jour, 70 pays ont signé ce traité, tandis que 23 l’ont ratifié ou y ont adhéré d’une autre manière. Il entrera en vigueur dès lors qu’il aura été ratifié par 50 pays.

L’accord est considéré comme largement symbolique puisqu’aucune des neuf puissances nucléaires – États-Unis, Russie, Chine, Inde, Pakistan, Israël, France, Royaume-Uni, Corée du Nord – ne prévoit de s’y rallier. À l’époque, États-Unis, France et Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, avaient à plusieurs reprises critiqué l’initiative, citant la crise nord-coréenne en exemple d’un contexte sécuritaire qui rendrait l’arme atomique indispensable.

Un récent rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) a montré que si le nombre d’ogives nucléaires dans le monde a encore baissé début 2019, les pays détenant l’arme atomique lui donnent en revanche une « importance accrue » et modernisent leur arsenal.

Publié le 12 juillet 2019

https://www.lorientlejour.com/article/1178629/la-suede-refuse-de-signer-le-traite-de-lonu-interdisant-larme-nucleaire.html

Juil 12

L’ENCEINTE DE CONFINEMENT DE TCHERNOBYL A ÉTÉ LIVRÉE

SUPERSTRUCTURE. Ce 10 juillet 2019, Vinci Construction Grands Projets et Bouygues Travaux Publics ont officiellement remis la clé de l’enceinte de confinement du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) aux autorités locales. Un geste qui symbolise l’achèvement de ce chantier hors-normes qui aura duré 12 ans et mobilisé 10.000 personnes.

C’est une page qui se tourne. Ce mercredi 10 juillet 2019, les représentants de Vinci Construction Grands Projets et de Bouygues Travaux Publics ont symboliquement remis la clé de l’enceinte de confinement du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl aux autorités ukrainiennes. En présence du président Volodymyr Zelensky, les deux entreprises, réunies au sein du groupement Novarka, ont ainsi mis un terme à ce chantier d’envergure qui se sera étalé sur 12 ans. Plus de 10.000 ouvriers et techniciens se sont relayés pendant 33 millions d’heures pour parachever la construction de l’ancien réacteur accidenté, d’où était survenue l’explosion le 26 avril 1986. La catastrophe tristement célèbre fut classée au 7ème niveau – le plus élevé – de l’Échelle internationale des évènements nucléaires. Considérée comme l’incident atomique le plus grave du XXème siècle, l’explosion de Tchernobyl a eu des conséquences dramatiques sur les plans sanitaire et environnemental. Encore à l’heure actuelle, le nombre exact de victimes n’est pas connu, oscillant, suivant les différentes hypothèses, de plusieurs centaines à un peu moins d’un million. Afin d’isoler le réacteur détruit – mais dont le cœur est encore actif aujourd’hui, plus de 30 ans après l’évènement -, il avait été décidé à l’époque de bâtir une structure d’acier, dite sarcophage, pour recouvrir les ruines du bâtiment et ainsi limiter la radioactivité.

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« On ne fait pas deux chantiers comme celui-ci dans sa carrière », a déclaré à cette occasion le directeur général adjoint de Bouygues Travaux Publics, Marc Adler. « Chaque métier a pu vraiment s’exprimer et se surpasser : les ingénieurs, les responsables de la radioprotection, les collaborateurs en charge du contrat et les gestionnaires, sans oublier les responsables des ressources humaines qui ont recruté dans plus de 30 pays différents. Tchernobyl restera dans l’histoire du génie civil comme un concentré d’innovation et les ingénieurs qui y ont pris part transmettent déjà les enseignements de ce projet hors normes dans les écoles d’ingénieurs. »

« L’arche » de Tchernobyl assume la très lourde responsabilité de garantir la sûreté du site pendant une centaine d’années

Ce premier sarcophage a donc laissé sa place à un second à partir de 2007 : la nouvelle enceinte qui vient d’être finalisée, présentée par Novarka comme « la plus grande structure terrestre mobile jamais construite », affiche une portée de 257 mètres, une largeur de 162 mètres, une hauteur de 108 mètres et un poids total de 36.000 tonnes, en comptant ses différents équipements. « L’arche » de Tchernobyl assume la très lourde responsabilité de garantir la sûreté du site pendant une centaine d’années, de permettre le démantèlement du réacteur accidenté ainsi que de l’enceinte provisoire, et enfin d’assurer le traitement des déchets radioactifs. Pour rappel, ce projet titanesque et ambitieux a été financé par la Banque européenne de reconstruction et de développement, l’entreprise américaine Bechtel (spécialisée dans la construction et l’ingénierie) et le client final, l’organisation Chernobyl Nuclear Power Plant (CHNPP). Vinci précise qu’un essai grandeur nature d’opération de démantèlement des installations accidentées a été effectué « avec succès » le 25 avril 2019.

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« Nous avions une feuille blanche devant nous et un concours d’idées remporté. […] Les défis étaient de taille : concevoir un prototype unique dans un environnement extrêmement contraint, en repoussant sans cesse les limites du savoir, emporter avec nous l’adhésion de toutes les parties prenantes à l’échelle mondiale, inventer des matériaux qui n’existaient pas et des méthodes de construction atypiques », a pour sa part commenté Patrick Kadri, président de Vinci Construction Grands Projets. « Et nous sommes tous conscients du progrès environnemental que cet ouvrage représente pour l’Ukraine, ses pays voisins et tout le continent européen. »

Par C.P., publié le 11/07/2019 à 15h30

https://www.batiactu.com/edito/enceinte-confinement-tchernobyl-a-ete-livree-56951.php

Juil 12

EN MATIÈRE DE NUCLÉAIRE, TRANSPARENCE NE SIGNIFIE PAS VISIBILITÉ (TRIBUNE)

Un nouveau rapport public thématique, consacré à l’aval du cycle du combustible nucléaire, a été livré par la Cour des comptes ce mois de Juillet 2019. Au programme, deux grands sujets sous l’œil des comptables : les déchets nucléaires, et les interactions entre aval du cycle (traitement du combustible usé, recyclage, déchets) et amont (fabrication du combustible, réacteurs). Le bilan est en demi-teinte. Tribune et décryptage de Tristan Kamin.

Certes, tout n’est pas blanc dans ce rapport, mais les conclusions rendues ne sont pas notablement alarmantes, en témoignent les titres somme toute très mesurés d’une presse généraliste souvent généreuse en hyperboles en matière de nucléaire:

– « Bure : la Cour des comptes s’inquiète du coût du projet de stockage des déchets nucléaires », Le Monde
– « La Cour des comptes veut plus de méthode dans la gestion des déchets nucléaires », Le Figaro
– « Déchets nucléaires : la Cour des comptes s’inquiète », Le Point

La Cour des comptes n’étant pas une simple association militante, à ses reproches, elle adjoint des recommandations, reprises dans la synthèse du rapport :

La lecture que je propose de ces recommandations consiste à les scinder en deux catégories :

– Les incitations à affiner ou mettre à jour les estimations et les scénarios forts en répercussions sur les coûts actuels et futurs, qui sont presque des exigences génériques, dans le sens où il y a de toute façon toujours matière à faire mieux et à réactualiser.

– À l’inverse, les invitations à élargir le panorama, envisager davantage de scénarios d’évolutions futures de la filière nucléaire française.

Et il y a peut-être un message capital derrière ce second point.

Au risque de choquer le lecteur, je me dois de le dire haut et fort : le nucléaire, c’est lent. Plus proprement dit, l’industrie nucléaire s’étend sur le temps long. Ce fut le cas dès ces débuts, mais c’est d’autant plus vrai aujourd’hui.

Selon Bernard Doroszczuk, président de l’ASN devant l’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, “le nucléaire est le domaine du temps long. Ce qui n’est pas décidé, pas engagé, pas autorisé dans les 2 à 3 ans qui viennent ne sera pas disponible dans les 10 à 15 ans.”

Immanquablement, les marins qui manœuvrent ce navire doivent savoir gérer sa colossale inertie. Une vision à dix ans au moins n’est pas du luxe… Et cela représente le double de la constante de temps des décisions politiques.

Comment arriver à une vision à long terme sur le nucléaire ?

Comprenez : le cycle du combustible nucléaire a été construit, dès les années 70/80, avec un objectif : “fermer le cycle”. C’est-à-dire pousser à son maximum le recyclage du combustible nucléaire usagé, bien au-delà de ce que l’on pratique actuellement, qui n’est qu’une étape transitoire.

Hélas, bien audacieux celui qui prétendra estimer la durée de cette transition. L’engagement politique en ce sens est bien maigre, en raison du caractère électoralement incorrect du nucléaire, et du manque d’intérêt économique du recyclage sur un marché où l’uranium naturel ne vaut presque rien.

Dans un tel contexte, comment la filière nucléaire pourrait-elle faire preuve de la vision à long terme que lui demande la Cour des comptes ? Tous les possibles sont ouverts : de la fermeture du cycle d’ici le milieu du siècle à l’arrêt pur et simple du recyclage avant cette échéance, et tous les intermédiaires imaginables.

Recyclera-t-on un jour le MOx (le combustible recyclé fait à partir de plutonium) après usage ? Actuellement, on l’entrepose, temporairement, en piscines : combien de piscines pour combien de décennies d’attente faut-il prévoir ? Ou faudrait-il comptabiliser le MOx usé comme un déchet qu’il faudra stocker, en l’état, dans Cigéo ? Quel impact des piscines sur le coût du recyclage, ou du stockage sur celui de Cigéo ?

Si l’on ferme les réacteurs qui consomment aujourd’hui le MOx, que fait-on du plutonium ? Doit-on cesser le retraitement pour arrêter de produire du plutonium ? Mais que fait-on alors du combustible usé ? Où allons-nous l’entreposer, si on ne le retraite plus, en attendant qu’il soit assez froid pour Cigéo ? Quel impact, une fois encore, sur Cigéo si l’on doit y stocker du combustible entier et non plus seulement des déchets vitrifiés ?

Devrions-nous continuer malgré tout le retraitement ? Avec quelles usines (celles d’aujourd’hui ne seront pas éternelles, et leur remplacement ne se fera pas en une poignée d’années) ? Quel devenir pour le plutonium ? L’utiliser sous forme de MOx pour les autres réacteurs ? Ou simplement l’entreposer en attendant la prochaine génération de réacteurs qui en feront leur principale ressource ? Et si ces réacteurs ne voyaient pas le jour, faudrait-il stocker ce plutonium également dans Cigéo ?

Chaque perspective s’accompagne d’interrogations, chaque réponse apporte son lot de questions supplémentaires, comme ces quelques exemples l’illustrent.

On ne peut que comprendre la Cour des comptes qui s’inquiète devant la pluralité de ces scénarios et les incertitudes qui s’en écoulent. Mais je pense que l’on se fourvoierait à blâmer la filière nucléaire, à critiquer un manque de transparence ou de rigueur. Le mal est plus amont, il n’est pas question d’aveuglement, mais d’absence de visibilité sur le long terme, au-delà des calendriers politiques. Le message de la Cour des comptes s’adresse probablement avant tout à nos gouvernants : à eux de prévoir, d’oser décider, de ne plus se complaire dans la facilité du statu quo. Les enjeux relatifs au nucléaire civil sont immenses, ils doivent être étudiés avec sérieux, et les démarches doivent être engagées pour éclaircir l’horizon et limiter les possibles à un nombre raisonnablement restreint de trajectoires.

Par Tristan Kamin, publié le vendredi 12 Juillet 2019

(Tristan Kamin est ingénieur d’études en sûreté nucléaire. Retrouvez sa page Twitter sur https://twitter.com/TristanKamin)

https://lenergeek.com/2019/07/12/nucleaire-cour-des-comptes-cycle-combustible/

Juil 12

LA MÉFIANCE GRANDISSANTE VIS-À-VIS DU NUCLÉAIRE

La célèbre série télévisée Tchernobyl a ressuscité les craintes liées à l’exploitation de l’énergie nucléaire. C’est le constat dressé par le quotidien Lidové noviny dans son édition de mercredi suite à l’adoption par le gouvernement du plan d’investissement dans l’énergie nucléaire. À la base de cette décision, la réalisation de nouveaux réacteurs en République tchèque sera confiée à des filiales du groupe énergétique ČEZ, majoritairement contrôlé par l’État. Le journal rapporte à ce propos :

« Fin juin, la centrale nucléaire de Dukovany, installée dans la région de Vysočina, a eu un problème certes sans gravité mais qui a relancé les inquiétudes suscitées par l’atome. De même, il a fourni de l’eau au moulin des opposants au nucléaire. D’après ce que prétendent par exemple les militantes de l’association Les Mères de Bohême du Sud, les centrales nucléaires représentent un certain risque de par leur définition, car tout établissement, aussi rigoureusement sécurisé soit-il, peut connaître un accident, ce que les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima confirment clairement. Moins spectaculaires, de nombreux autres accidents ont été recensés ailleurs dans le monde. »

La République tchèque possède deux centrales nucléaires, à Dukovany et à Temelín, en Bohême du Sud. Il s’agit des établissements les plus strictement surveillés dans le pays. Le journal cite à ce propos le porte-parole de la centrale de Temelín :

« De l’extérieur, on ne voit qu’un système sophistiqué de clôtures, de barbelés, de caméras et de gardes. Ce qui reste caché en revanche, c’est le niveau des services sécuritaires de l’État, de la police et de l’armée. »

Sur la scène politique tchèque, le parti des Verts est naturellement celui qui s’oppose le plus au nucléaire. Bien que marginale sur la scène locale, son influence se fait quand même remarquée au niveau européen, remarque le quotidien Lidové noviny…

Note : la suite de cet article ne concerne plus le nucléaire.

Par Alena Gebertová, publié le 11-07-2019 (source : Radio Praha)

https://www.radio.cz/fr/rubrique/miroir/la-mefiance-grandissante-vis-a-vis-du-nucleaire

Juil 11

POINT DE VUE : ABOLIR LES ARMES NUCLÉAIRES EST UNE URGENCE

D’un tweet, Donald Trump nous apprend, le 20 juin, qu’il a ordonné le bombardement de trois sites iraniens, puis l’a annulé dix minutes avant que les avions, déjà en vol, n’atteignent leurs cibles et ne fassent, selon l’estimation d’un général US, 150 morts. Sans ce revirement de dernière minute, que se serait-il passé ? Un nouvel embrasement du Moyen-Orient ?

Quelle que soit l’issue de la crise opposant les États-Unis à l’Iran, une chose est sûre : cette situation n’est plus tolérable. Il n’y a aucune raison que les armes nucléaires soient interdites à certains et autorisées à d’autres. Il faut les éliminer toutes. C’est le seul moyen d’éviter leur prolifération.

Selon leurs partisans, elles auraient « préservé la paix par la dissuasion ». Pourtant, depuis 1945, elles n’ont pas empêché quantité de guerres, massacres organisés, attentats terroristes – dont le 11 septembre – de ravager le Proche et le Moyen-Orient, l’Asie, l’Afrique, les Amériques, sans épargner l’Europe, faisant au total plus de morts que la Première Guerre mondiale.

Négocier la fin des armes

L’arme nucléaire est elle-même un facteur de guerre. C’est principalement pour financer son acquisition que Saddam Hussein a envahi le Koweït en 1990, provoquant ainsi la première guerre du Golfe. Cette même volonté lui fut encore prêtée en 2003 pour justifier la deuxième « guerre du Golfe », dont les effets catastrophiques se font toujours sentir. C’est la recherche de « l’équilibre de la terreur » qui poussa Khrouchtchev à installer clandestinement des missiles nucléaires à Cuba et conduisit l’humanité « au bord du gouffre » en octobre 1962.

Surtout, les armes nucléaires pourrissent les relations internationales. Armes d’extermination, elles menacent l’existence même de l’Autre.

À l’inverse, renoncer aux armes nucléaires, ce serait changer d’ère. En décembre 1987, Gorbatchev et Reagan signaient le traité d’élimination des forces nucléaires intermédiaires. L’air du temps en était changé. « L’empire du mal » soviétique était devenu, aux yeux de Reagan, un partenaire fiable et pacifique. Et deux ans plus tard, Gorbatchev refusant de reproduire les interventions soviétiques de Berlin (1953), Budapest (1956) et Prague (1968), le mur de Berlin tombait sans un seul coup de feu et le partage de l’Europe en deux blocs ennemis cessait. Fin de la Guerre froide. Conséquences : détente et chute des dépenses militaires mondiales, à environ 1 000 milliards de dollars par an au milieu de la décennie 1990. Depuis, elles ont repris, jusqu’à leur apogée actuelle : plus de 1 820 milliards en 2018 (source : Sipri).

Mais comment faire disparaître les armes nucléaires ? C’est très simple : en négociant leur abolition. Les cinq États dotés d’armes nucléaires signataires du traité de non-prolifération (TNP) – dont la France depuis 1992 – y sont tenus par son article 6. Mais jamais ils ne se sont réunis pour négocier l’élimination de leurs armes. Ils ont juste passé plusieurs années à… établir un glossaire.

Ne leur demandons pas de désarmer chacun unilatéralement, ils s’y refuseront. Si la Russie et la Chine ne l’ont pas dit, la France, les États-Unis et le Royaume-Uni l’ont déjà fait savoir ensemble. Demandons-leur de tenir parole : de négocier entre eux, et bien sûr avec les quatre autres États nucléaires hors TNP (Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord) un désarmement multilatéral, intégral, universel et contrôlé. Et de négocier, avec les États non dotés, l’interdiction définitive de ces armes, pour cause de crime contre l’humanité.

La France peut et doit provoquer ces négociations. C’est en tout cas ce que réclament 85 % des Français, d’après un sondage Ifop de mai 2018. Et c’est la proposition que trente parlementaires d’une dizaine de groupes soutiennent depuis janvier, dans une loi qu’ils invitent leurs collègues à signer pour en faire l’objet d’un référendum d’initiative partagée.

Nous appelons tous les parlementaires et tous les citoyens à soutenir cette proposition de loi référendaire. Elle permettra au peuple français d’ouvrir la voie à un monde sans armes nucléaires et radioactives. On ne peut vivre indéfiniment sur une poudrière.

Jean-Marie Matagne et Jean-Michel Clément, modifié le 11/07/2019 à 16h47

Photo : Des missiles iraniens devant le portrait de l’ayatollah Khamenei, lors d’une parade à Téhéran en avril 2018. | PHOTO AFP / ATTA KENARE

https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue-abolir-les-armes-nucleaires-est-une-urgence-6426422

Juil 11

GREENPEACE FRANCE ASSIGNÉE EN JUSTICE SUITE À DES ACTIONS CONTRE LES TRANSPORTS RADIOACTIFS

Communiqué de presse – 11 juillet 2019 : le Réseau « Sortir du nucléaire » dénonce une attaque absurde et liberticide

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement les attaques en justice lancées par deux filiales d’Orano (ex-Areva), TN International et Lemarechal Célestin, à l’encontre de Greenpeace France. Pour visibiliser les transports nucléaires qui parcourent la France, l’ONG avait aspergé de peinture un train et un camion chargés de matières radioactives. En réponse, les deux entreprises l’ont assignée en référé et exigent que toute personne associée à Greenpeace soit désormais interdite d’approcher des convois !

En procédant ainsi, ces entreprises tentent de faire oublier que le risque pour la population ne vient pas des lanceurs et lanceuses d’alerte, mais bien des transports radioactifs eux-mêmes et de l’ensemble de la filière nucléaire. Dénoncer ce risque est parfaitement légitime.

Par quels moyens compte-t-elle donc empêcher les 213 000 adhérent.es de Greenpeace France et l’ensemble de ses sympathisant.es de s’approcher de convois qui circulent en permanence sur nos routes et nos rails, et dont les allées et venues ne sont même pas connues du public ? Cette demande absurde ne fait que mettre en lumière une situation choquante : à l’inverse, rien n’interdit à ces convois de s’approcher de la population, de pénétrer au cœur d’agglomérations densément peuplées et de passer à proximité d’habitations et même d’écoles ! À l’heure actuelle, même les maires des communes françaises concernées ne sont pas avertis quand un train de déchets hautement radioactifs traverse leur ville, contrairement à leurs homologues belges.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » renouvelle son soutien à Greenpeace France en vue de l’audience, qui aura lieu le 15 juillet. Alors que la répression contre le mouvement social et écologique s’accroît de manière exponentielle, tant sur le plan d’un maintien de l’ordre musclé que sur le plan judiciaire, cette énième criminalisation de militant⋅es est une nouvelle attaque grave contre l’action associative. Il ne faut pas s’habituer à ces atteintes contre nos libertés fondamentales, mais, au contraire, sans cesse les dénoncer, comme l’a fait encore récemment la Ligue des Droits de l’Homme dans son rapport concernant la répression de la lutte contre le projet Cigéo à Bure.

Ce ne sont pas les militantes qu’il faut arrêter mais bien le nucléaire et ses trains de déchets atomiques !

Contact presse : Laura Hameaux – 06 85 23 05 11

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Greenpeace-France-assignee-en-justice-suite-a-des

Juil 11

POINT DE VUE. NUCLÉAIRE : LA SÉCURITÉ DES FRANÇAIS EN DANGER

Le risque de guerre et d’emploi d’arme nucléaire n’a jamais été aussi élevé. Les accords de contrôle des armes nucléaires s’érodent et perdent en crédibilité. Face à cette situation alarmante, la diplomatie française contribue avec les autres puissances nucléaires à déstabiliser la pierre angulaire du régime de non-prolifération nucléaire et, en même temps, les parlementaires sont aux abonnés absents !

Depuis 1945, les relations internationales sont fondées sur l’équilibre de la terreur. Autrement dit, sur le pari qu’aucun État ne va employer en premier l’arme nucléaire. Pendant combien de temps ce pari est-il tenable ?

Cet « ordre » nucléaire est principalement fondé sur le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qui vient de tenir son dernier comité préparatoire (28 avril-10 mai), avant la Conférence d’examen quinquennal de 2020. L’échec de ce comité, à se mettre d’accord sur le futur de ce traité, annonce la perte de crédibilité du régime de non-prolifération et donc d’une plus grande insécurité.

Alors à qui la faute ? Aux 186 États qui n’ont pas la bombe ou aux États qui ont adopté le Traité d’interdiction des armes nucléaires pour renforcer la norme internationale d’interdiction de cette arme de destruction massive ? Ces derniers estimant qu’il est de leur devoir d’agir contre le risque d’une utilisation — accidentelle, volontaire ou malveillante — de l’arme nucléaire aux conséquences catastrophiques pour l’ensemble de l’humanité. Évidemment non !

« Un petit gang »

L’ambassadeur sud-africain — dont l’État a volontairement éliminé son arsenal nucléaire — a apporté la réponse : « Certains États parties ne peuvent pas fonctionner comme un petit gang. » Ce « gang » est composé des États-Unis, de la Russie, du Royaume-Uni, de la France et de la Chine.

Ces cinq États, aux régimes politiques opposés, sont en effet dans une attitude des plus incohérentes qui risque d’entraîner le TNP vers sa fin. Tous ont refusé, avec des argumentaires communs, les recommandations exprimées par la majorité de ce comité qui constituaient pourtant un bon point de départ pour la conférence de 2020. Pire, ces cinq États renoncent à leurs obligations de désarmement (article 6 du TNP et multiples autres engagements acceptés en 1995, 2000, 2010) en poursuivant la modernisation et le renouvellement de leurs arsenaux nucléaires. La France, par exemple, augmente son budget nucléaire de 60 %, soit 37 milliards d’euros qui seront dépensés entre 2019 et 2025. Comme l’a clamé la ministre des Armées : « Nous affûtons nos armes, toutes nos armes ! »

Une menace constante

L’objectif du TNP est d’amener plus de sécurité. Or, par leur refus de mettre fin à leurs arsenaux nucléaires, ils renforcent l’insécurité mondiale. Le plus incompréhensible est qu’ils se menacent les uns les autres à travers des exercices simulant une frappe nucléaire !

Les parlementaires sont censés contrôler laction du gouvernement (article 24 de la Constitution), mais, dans ce domaine, nous observons tout le contraire. Il est inquiétant de voir que la réflexion engagée l’an dernier, avec la mission des députés Fanget et Lecoq, a disparu. Cela fait en effet près d’une année que nous attendons la création de la « délégation permanente à la dissuasion nucléaire, à la non-prolifération, à la maîtrise de l’armement et au désarmement », adoptée à l’unanimité par la commission des Affaires étrangères. Pourquoi n’est-elle pas encore en place ? Il est largement temps que les parlementaires prennent leur responsabilité.

La France, qui possède le troisième arsenal nucléaire au monde, doit arrêter de fuir ses engagements. Oui, il est possible de la complimenter pour ses efforts passés. Mais ils ne servent à rien, si son discours et ses actions restent figés dans une politique de défense datant du siècle dernier.

Les armes nucléaires représentent un problème de sécurité qui doit trouver une fin définitive autre que celles de la menace constante et du risque de leur utilisation. Croire que nous échapperons éternellement à une détonation nucléaire est une vision stratégique naïve et une erreur politique grossière !

Par Jean-Marie COLLIN, porte-parole de Ican France.

Source : Maville / Ouest France, publié le 11/7/2019 à 6h43

https://toulon.maville.com/actu/actudet_-point-de-vue.-nucleaire-la-securite-des-francais-en-danger_54135-3771746_actu.Htm

Juil 11

OPINION : DÉCONSTRUISONS LE MYTHE DU NUCLÉAIRE À BAS COÛT

Notre modèle énergétique est-il à la hauteur des enjeux de la transition écologique ? 

Le nucléaire, une énergie d’avant, mais pas d’avenir...

La hausse des tarifs de l’électricité de 6 % début juin qui sera suivie d’une nouvelle hausse en août bouscule les lignes de l’acceptation économique et sociale des Français. Au-delà des polémiques qui animent le débat public et de la légitimité de cette régulation, ce débat a le mérite de nous mettre face à nos propres contradictions et choix historiques en matière de politique énergétique.

À l’heure des comptes sur la responsabilité des parties prenantes de cette hausse contestée, certaines voix assènent que la hausse des tarifs réglementés serait en partie imputable à l’ouverture du marché de l’électricité aux concurrents d’EDF… sauf que la réalité est toute autre.

Comme dans bien d’autres domaines, le modèle énergétique français est bien singulier et présente trois caractéristiques uniques en leur genre :

1) Une situation de quasi-monopole d’EDF avec plus de 80 % de parts de marché, quand chez tous nos voisins européens le leader électrique n’a que 20 % à 30 % de parts de marché. 

2) Une part du nucléaire dans le mix énergétique qui est de loin la plus élevée au monde.

3) Une déréglementation hybride avec un secteur de l’énergie en théorie dérégulé depuis 2000, mais, en pratique, soumis à des règles du jeu largement contrôlées par les pouvoirs publics.

Jusqu’à récemment, une large frange de l’opinion était convaincue des vertus de ce système reposant sur une énergie nucléaire très largement présentée comme le Saint Graal de compétitivité du système énergétique français expliquant en partie des prix de l’électricité annoncés comme les moins chers d’Europe. Dès lors, pourquoi envisager un mix énergétique plus diversifié et quel intérêt d’introduire de la concurrence dans un système aussi efficace ?

Là où le bât blesse, c’est que ce constat ne correspond plus à une réalité tangible actuelle, mais repose sur trois mythes fondateurs à l’origine de notre méconnaissance du sujet :

La France est l’un des pays où l’électricité est la moins chère d’Europe

Si l’on se penche sur la cartographie d’Eurostats relative aux tarifs de l’électricité en Europe, la France se place à la 14ème position sur 28. Donc plutôt dans le milieu de la classe qu’en première position et la tendance est à la baisse du fait d’un nucléaire de moins en moins compétitif.

Le nucléaire, une énergie bon marché

C’est encore une fois une assertion qui, si elle a pu être véridique par le passé, n’est plus d’actualité : le coût du nucléaire a en effet été multiplié par 6 depuis plus de 60 ans alors que, dans le même temps, celui des énergies renouvelables a été divisé par 10 ! S’ajoutent à cela que notre parc nucléaire vieillissant doit être restauré et devra bénéficier d’investissements conséquents, et que les projets de construction de nouvelles centrales, comme l’EPR de Flamanville, ont engrangé beaucoup de retard, ce qui fera exploser les coûts encore un peu plus. Des facteurs qui tendent à montrer les limites de notre choix souverain pour le nucléaire et la nécessité d’agir pour que la France reste compétitive dans le marché électrique européen.

La libéralisation du marché de l’électricité est défavorable au consommateur

Un coup d’œil du côté du reste de l’Europe vient rapidement nuancer ce constat. Les pays de l’UE qui se sont mis en ordre de marche en ouvrant davantage leur marché aux opérateurs alternatifs ont au contraire contribué à alléger la facture énergétique des ménages. La compétition vient en fait compenser la hausse des TRV en offrant jusqu’à 30 % d’économies possibles en fonction des différentes offres des nouveaux fournisseurs.

Enfin, EDF, champion national et un temps valorisé comme la première entreprise européenne, ne fait désormais plus partie des 40 plus importantes capitalisations françaises. Un autre signe qui prouve qu’il est peut-être temps de faire évoluer le débat, ce qui passe d’abord par la déconstruction de ces 3 mythes et des freins qui le sous-tendent.

Aujourd’hui, nous sommes tributaires de notre exception française reposant sur le « presque » tout nucléaire. Demain, le changement de cap devra impliquer une plus grande compétition qui permettra l’émergence d’une pluralité d’acteurs qui se saisiront de la transition énergétique. L’impulsion des pouvoirs publics sera nécessaire pour permettre ce changement de paradigme. C’est la condition sine qua non de l’émergence d’une véritable diversification du mix énergétique français et d’une électricité à la fois plus écologique et plus économique..

Par François Joubert (directeur général chez Ohm Énergie), publié le 11 juillet à 08h49

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-deconstruisons-le-mythe-du-nucleaire-a-bas-cout-1037231

Juil 11

FAR WEST NUCLÉAIRE

L’Iran a annoncé la reprise de l’enrichissement de son uranium, à 4,5 %, au-delà du taux nécessaire pour un usage civil, plus d’un an après le retrait des Américains de l’accord de 2015. À n’en pas douter, cet accord, négocié pendant douze ans, jouait un rôle important dans la sauvegarde de la paix. Jusqu’ici, les Iraniens, signataires du traité de non-prolifération nucléaire, avaient tenu tous leurs engagements. C’est aujourd’hui un régime acculé, qui ne peut plus exporter son pétrole et dont la population subit de plein fouet d’importantes sanctions économiques, qui prend la décision de provoquer la communauté internationale. Même si les 4,5 % sont loin des 80 % d’enrichissement requis pour fabriquer la bombe, le régime affirme avoir la technologie nécessaire : à partir de là, il ne leur faudra que deux ou trois ans pour se doter d’une bombe. Mais pourquoi l’annoncer si ce n’est à des fins de pression diplomatique ? Il y a douze ans, c’est à l’époque du régime provocateur de Mahmoud Ahmadinejad que les Européens et les Américains avaient accepté de commencer à négocier.

Pendant ce temps, Trump fait ami-ami avec un dictateur nord-coréen qui compte plusieurs essais nucléaires à son actif et n’a ratifié aucun traité de contrôle des armes. Par ailleurs, le président américain ne voit pas d’un mauvais œil les prétentions nucléaires des Saoudiens. Quel est le message ? Que ce sont la provocation et le mépris des traités et des instances internationales qui sont la clé ? Les Iraniens semblent avoir tiré comme conclusion de la séquence diplomatique récente que la survie de leur régime ne peut dépendre que de l’obtention de la bombe, pour pouvoir parler d’égal à égal avec les Occidentaux. Les premiers responsables du discrédit des traités sont les membres du club nucléaire, qui s’en désengagent peu à peu et n’incitent pas les autres pays à s’y conformer, dans un Far West nucléaire de plus en plus dangereux.

Par Hamdam Mostafavi, publié le 10/07/2019 à 12h41

https://www.courrierinternational.com/article/edito-far-west-nucleaire

Juil 11

NUCLÉAIRE. UN « RENFORCEMENT COMPLÉMENTAIRE » DE LA CENTRALE DU TRICASTIN DEMANDÉ

Les travaux de la centrale nucléaire du Tricastin à Saint-Paul-Trois-Châteaux devraient s’achever avant le 31 décembre 2022.

L’Autorité de sûreté nucléaire demande à EDF d’effectuer « un renforcement complémentaire » sur une portion de la digue protégeant la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme). Objectif : rendre les installations résistantes aux séismes extrêmes.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) donne à EDF jusqu’au 31 décembre 2022 pour réaliser « un renforcement complémentaire » sur une portion de la digue protégeant la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), à la suite des travaux effectués sur le site fin 2017.

Le 27 septembre 2017, l’ASN avait imposé l’arrêt provisoire des quatre réacteurs de la centrale « du fait d’un risque de rupture d’une portion de 400 mètres de la digue du canal de Donzère-Mondragon en cas de séisme », rappelle le communiqué du gendarme du nucléaire publié ce mercredi 10 juillet.

Résister au séisme extrême défini après l’accident de Fukushima

Les quatre réacteurs ont ensuite été autorisés à redémarrer le 5 décembre 2017 après des travaux de renforcement menés par l’électricien français. Ces travaux n’écartent toutefois pas « le risque de brèche de la digue en rive droite entre les points kilométriques 183,35 et 183,90 », relève l’ASN dans sa décision du 25 juin 2019.

« EDF a prévu des travaux complémentaires sur cette digue afin qu’elle résiste au séisme extrême défini après l’accident de Fukushima. La décision adoptée par l’ASN le 25 juin 2019 impose la réalisation de ce renforcement au plus tard fin 2022 », exige donc l’ASN.

La réponse d’EDF

« Nous avions séquencé nos travaux en deux phases », a rappelé EDF. « La première vient de se terminer au printemps avec le renforcement de la digue sur la portion de 100 mètres qui est la plus proche de la centrale. La deuxième phase vient de commencer et s’achèvera en 2022 ».

« Des discussions techniques avaient été engagées il y a deux ans, l’ASN n’a fait que valider les propositions que nous lui avions formulées », a ajouté l’électricien.

L’une des centrales les plus anciennes de France

D’ici à 2022, EDF devra également renforcer la surveillance de la digue, réaliser des actions en cas de hausse de la piézométrie (la hauteur permettant de mesurer le niveau d’une nappe phréatique, NDLR) et maintenir des moyens humains et matériels permettant de réaliser les travaux nécessaires au traitement des dégradations qui résulteraient d’un séisme.

La centrale nucléaire du Tricastin est l’une des plus anciennes centrales de France. Elle compte quatre réacteurs de 900 MW. Le réacteur numéro un, mis en service en 1980, est actuellement en chantier pour une durée de six mois afin de prolonger sa durée de vie au-delà des 40 ans prévus.

Les trois autres réacteurs seront ensuite à leur tour contrôlés en 2021, 2022 et 2024, de façon à ce que l’ensemble du programme de visites décennales et de maintenance soit achevé en 2028, a encore précisé EDF.

Par BENJAMIN MALLET / REUTERS

Ouest-France avec AFP, publié le 10/07/2019 à 17h18

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-un-renforcement-complementaire-de-la-centrale-du-tricastin-demande-6439248

Commentaire du Réseau Sortir du nucléaire :

Extrait :  » EDF. « […] la deuxième phase vient de commencer et s’achèvera en 2022 ». »

Les travaux post Fukushima s’achèveront… 11 ans après la catastrophe  : EDF se moque ouvertement de l’Autorité !

Juil 11

RETROUVÉS CACHÉS DANS UN CAMION À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN: L’HISTOIRE DE DEUX MIGRANTS

Montés dans un camion à la frontière franco-italienne, deux Érythréens ont fini leur route dans la Drôme, à la centrale nucléaire du Tricastin. Pris en charge par les gendarmes, ils ont été par la suite relâchés, indique France Bleu.

Deux migrants érythréens, espérant gagner le territoire belge, ont été retrouvés cachés dans un camion près du site nucléaire du Tricastin, dans la Drôme.

Ils sont montés dans le véhicule visiblement en cachette lors d’une pause du chauffeur à proximité de la frontière entre la France et l’Italie, à Vintimille, et se sont cachés au milieu de l’équipement que le poids lourd transportait, précise France Bleu.

Le véhicule devait livrer les pièces mécaniques à la centrale nucléaire du Tricastin. S’étant retrouvés dans le camion sur le parking de la centrale dans la matinée, les migrants se sont mis à taper sur les parois du véhicule pour pouvoir sortir.

D’âge non déterminé précisément, les deux hommes ont été confiés aux gendarmes et laissés libres. Le majeur a reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF), l’autre, mineur, devrait avoir l’aide sociale à l’enfance du département.

Par Marianne Casamance, publié le 10 juillet 2019 à 17h54

(NDLR : heureusement, il ne s’agissait pas de terroristes. Mais cela prouve encore une fois que Greenpeace a raison lorsqu’il démontre que les centrales nucléaires sont insuffisamment sécurisées.)

https://fr.sputniknews.com/international/201907101041636727-retrouves-caches-dans-un-camion-a-la-centrale-nucleaire-du-tricastin-lhistoire-de-deux-migrants/

Juil 10

LA CRIIRAD A MIS EN LIGNE LA SÉQUENCE 3 « L’IRRADIATION PERMANENTE » DU FILM «INVISIBLES RETOMBÉES »

Ce film porte sur les retombées radioactives en cas de catastrophe nucléaire. La dernière séquence sera mise en ligne d’ici fin juillet (une par semaine)

Séquence 3 : « L’irradiation permanente »

Les rayonnements gamma émis par les substances radioactives déposées sur les surfaces traversent les murs et irradient les habitants même lorsqu’ils sont à l’intérieur des bâtiments. Les habitants sont confrontés à des choix dramatiques : rester sur un territoire contaminé ou prendre la décision de le quitter.

https://youtu.be/f0LP8Q40yWs  (12mn18s)

Les catastrophes nucléaires comme celles de Tchernobyl et de Fukushima entrainent des rejets massifs de substances radioactives dans l’environnement et une contamination durable de vastes territoires. Elles s’accompagnent des mensonges sur la gravité des contaminations et sur l’ampleur des risques sanitaires. Les manipulations sont d’autant plus aisées que la radioactivité ne se voit pas. Compte tenu de son parc nucléaire vieillissant, la France, est particulièrement concernée par les risques nucléaires.

Produit par l’association CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la RADioactivité) et réalisé par Cris Ubermann, le film « Invisibles Retombées », s’appuie sur les missions conduites par le laboratoire de la CRIIRAD au Japon pour rendre palpable cette radioactivité invisible et les conséquences pour les populations touchées par les retombées. Il rend compte des rencontres avec les habitants des zones contaminées et des mesures des niveaux de radiation effectuées à leur côté.

Dans sa version sur Youtube, le film est découpé en 4 séquences d’une dizaine de minutes.

[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : balises.criirad.org

CRIIRAD, – 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence

Juil 10

ÇA SURCHAUFFE DANS LES CENTRALES NUCLÉAIRES

Il y a trois semaines, on décelait une contamination radioactive de la Loire. « Légère » ont dit les responsables de centrales. Aujourd’hui, on s’inquiète du niveau et de la température de la Loire, on s’interroge sur la résistance à la chaleur des groupes électrogènes, on se demande si les réacteurs vont résister à la surchauffe de nouvelles canicules.  Les pouvoirs publics distribuent des capsules d’iode aux riverains de toutes les centrales ; « au cas où ». Le nucléaire est certes le système de production d’énergie le plus propre sur le plan des émissions des gaz à effet de serre. Il n’en demeure pas moins qu’en situations climatiques extrêmes, il semble dangereusement atteindre ses limites.

Tous ceux qui ont l’occasion de se promener en ce moment au bord de la Loire le constatent aisément : le niveau du fleuve a considérablement baissé, laissant affleurer bancs de sable et forêts de roseaux. La sécheresse commence à marquer les paysages en France, après une saison pluvieuse parcimonieuse et un début d’été caniculaire. 39 départements français sont d’ailleurs placés depuis le début de la semaine en « alerte sécheresse ». Or le long de la Loire il y n’y a pas que des jolis châteaux ; il y a aussi des centrales nucléaires et toutes utilisent le fleuve pour refroidir leurs installations.

De l’eau, beaucoup d’eau

Les prélèvements des centrales sont considérables car ils représentent plus de la moitié du volume d’eau prélevé en France. En fonctionnement normal, les installations rejettent ainsi dans les fleuves et rivières de l’eau plus chaude et des résidus de substances chimiques. Lorsque la température extérieure augmente comme c’est le cas lors des épisodes de chaleur ou de canicule, et que le débit du cours d’eau diminue du fait de la sécheresse, on imagine aisément que l’impact de ces rejets crée des nuisances. Les milieux aquatiques, déjà fragilisés, sont mis à rude épreuve par la moindre dilution des polluants et par les rejets d’eau chaude. Ceux-ci agissent comme une barrière qui réduit considérablement les chances de survie des poissons grands migrateurs, comme les saumons ou les truites des mers.

Certes, passé un certain seuil, des mesures sont mises en œuvre par EDF. Mais celles-ci connaissent aussi leurs limites. Ainsi, pour chaque site, la réglementation fixe une température maximale à ne pas dépasser en aval (26°C pour Bugey, 28°C pour Fessenheim…), faute de quoi la centrale est censée s’arrêter. Toutefois, EDF obtient bien souvent des dérogations. À la suite de la canicule de 2003, la réglementation site par site a été assouplie. Et si, en cas de « canicule extrême et nécessité publique« , les limitations habituelles ne peuvent être respectées, un décret de 2007 autorise à modifier encore les conditions de rejets thermiques ! Les poissons apprécieront…

Un débit d’eau suffisant est donc indispensable pour refroidir les réacteurs, faute de quoi ceux-ci doivent subir une baisse de puissance, voire s’arrêter. En outre, la température de l’eau ne doit pas dépasser un certain seuil, sans quoi le refroidissement n’est plus efficace. Or avec le réchauffement climatique, le débit moyen des cours d’eau devrait diminuer, de 10 à 40% à horizon 2050-2070 comparé à aujourd’hui, selon une étude commandée par le ministère de la Transition énergétique. Ce qui promet une multiplication des conflits d’usage : agricole, domestique, industriel, énergétique etc. Pour soutenir le débit des cours d’eau, EDF joue sur les barrages et retenues en amont… quitte à ce que le refroidissement des centrales passe avant d’autres usages. La question peut même prendre des proportions internationales : en avril 2015, François Hollande avait négocié avec la Suisse pour qu’en cas de sécheresse, le débit du Rhône à la sortie du Lac Léman reste suffisant pour refroidir les 14 réacteurs français situés au bord du fleuve.

Dès l’origine, des doutes ont été exprimés quant à la capacité de certains cours d’eau à assurer un refroidissement correct. Les commissaires-enquêteurs avaient ainsi émis un avis défavorable à la construction de la centrale nucléaire de Civaux, sur la Vienne. Cette problématique est devenue plus lourde ces dernières années. En 2003, un quart du parc a dû être arrêté. En 2018, une demi-douzaine de réacteurs ont dû voir leur puissance réduite et quatre autres ont été purement et simplement arrêtés. Une tendance qui devrait s’accentuer.

L’été 2019 devrait voir se reproduire de nouveaux arrêts ; en effet, fin juin déjà, la situation de nombreux cours d’eau était très inquiétante : la Garonne connaît un étiage critique, le débit de la Loire est significativement inférieur à la moyenne, celui de la Vienne est très bas… Quant à la retenue de Pierre-Percée, dont dépendent la Meuse et la Moselle (et donc les centrales de Chooz et Cattenom), elle n’est remplie qu’aux deux tiers.

Rejets radioactifs

Concernant les rejets de substances chimiques et radioactives, la réglementation impose, lorsque le niveau des cours d’eau devient trop bas, de les stocker dans des réservoirs, les « bâches ». Mais les capacités de stockage sont limitées, et ce alors même que la consommation de produits chimiques est plus importante en été pour éviter la prolifération des amibes. En outre, à la fin de la saison, ces polluants sont finalement rejetés et il n’est pas garanti que les différents sites nucléaires situés au bord du même fleuve (Loire ou Rhône) se concertent pour éviter d’effectuer ces rejets massifs en même temps. Or un grand nombre de communes prélèvent leur eau potable dans ces cours d’eau…

Il y a trois semaines, l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) révélait avoir mesuré « une contamination radioactive anormalement élevée » dans les eaux de la Loire. Les relevés avaient mis en évidence une concentration de tritium dans l’eau du fleuve équivalente à 310 becquerels par litre (Bq/L). L’Union européenne fixe une référence de qualité à 100 Bq/l, seuil inoffensif pour la santé humaine mais à partir duquel on peut commencer à se poser des questions. En effet, le tritium n’est pas en soi dangereux à faible dose, mais c’est un bon indicateur des rejets d’une centrale nucléaire. Après cette révélation de l’ACRO, l’Autorité de sûreté nucléaire a mené le 21 juin une « inspection inopinée » de la centrale de Chinon. Verdict : rien à signaler. Si ce n’est Chinon, c’est donc son frère – la centrale voisine de Civaux sur la Vienne — avance le directeur de Chinon. Opacité et grande camaraderie semble être de mise dans ce genre d’affaires.

En attendant, les pouvoirs publics prennent des précautions et fournissent à tous les riverains dans un rayon de 20 kilomètres des centrales françaises des comprimés d’iode pour intervenir immédiatement en cas de contamination radioactive. Tout cela est bien rassurant…

Des installations en surchauffe

Les fortes chaleurs ne font pas bon ménage avec la plupart des équipements technologiques. En période de canicule, nos ordinateurs surchauffent et tout le monde peut constater aisément une baisse de leurs performances. Quand ils ne tombent pas en panne. Cette fragilité à la chaleur toucherait aussi les équipements des centrales nucléaires, compromettant la sûreté des installations.

Lors de la conception des réacteurs, des températures maximales avaient été prises en compte pour dimensionner les systèmes d’aération en fonction. En 2003 et 2006, ces températures ont été dépassées. Il a même fallu arroser l’enceinte de confinement de la centrale de Fessenheim pour refroidir le bâtiment comme le montre ce reportage tourné à l’époque.

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Depuis, EDF a mis en place des matériels résistant mieux à la chaleur et rajouté de nouveaux dispositifs de refroidissement. Mais, comme l’explique l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), certains équipements restent vulnérables aux fortes chaleurs. C’est le cas notamment des diesels de secours, censés prendre le relais si l’alimentation électrique fait défaut – et qui, par ailleurs, sont dans un très mauvais état sur l’ensemble du parc… Ces diesels ont besoin d’être refroidis par l’air extérieur. Si la température devient trop élevée, ils ne peuvent plus fonctionner correctement et les réacteurs se retrouvent donc sans filet de sécurité.

Alors que les vagues de chaleur sont censées devenir plus fortes et plus fréquentes du fait du changement climatique, la poursuite du fonctionnement de centrales vieillissantes a de quoi inquiéter. EDF, qui souhaite prolonger le fonctionnement de quasiment tous ses réacteurs jusqu’à 50 ans au moins, a réalisé des études destinées à démontrer qu’ils pourraient résister à des phénomènes climatiques extrêmes, même à cet âge canonique. Mais l’IRSN estime que « la démonstration de la capacité des installations à faire face aux situations de « grands chauds » n’est pas pleinement apportée à ce stade et doit être complétée par EDF ». Dans une note publiée en février 2019, il souligne qu’EDF doit revoir sa méthodologie pour déterminer les températures exceptionnelles auxquelles sont censé résister les réacteurs, de sorte que les calculs doivent être refaits. Alors que des températures record ont été enregistrées fin juin, l’optimisme d’EDF pourrait s’avérer bien téméraire.

En outre, l’IRSN considère que, dans les calculs d’EDF, l’écart entre la température atteinte dans les locaux et la température maximale admissible pour certains équipements importants pour la sûreté est beaucoup trop faible. L’IRSN relève également qu’EDF n’a pas fourni d’information permettant d’évaluer la tenue à la température de certains équipements dont l’utilisation est requise pour gérer des situations qui n’avaient pas été étudiées lors de la conception des centrales. On ne sait donc pas, à l’heure actuelle, si les centrales pourraient faire face à ces situations dans des conditions de forte chaleur. Des études doivent être réalisées par EDF, mais elles ne seront pas achevées avant 2021.

Le nucléaire, c’est bon pour le climat ?

Ces inquiétudes se développent dans un contexte qui est celui du dérèglement climatique et de l’urgence absolue de réduire les émissions de gaz à effet de serre.  Sur ce plan, le nucléaire serait le moyen le plus compétitif pour fournir de l’énergie en dégageant le moins de CO2 possible dans l’atmosphère. Selon des chiffres du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) cités par la Société française d’énergie nucléaire qui regroupe les professionnels du secteur, les centrales à charbon émettent 820 g de CO2 par kw/h, celles à gaz 490, le photovoltaïque 41, l’hydraulique 24, le nucléaire 12 et l’éolien 11. Ces chiffres placent EDF dans une position très confortable au regard de son bilan carbone : la compagnie fournit son électricité à 87 % nucléaire et hydraulique, ce qui lui permet d’émettre six fois moins de gaz à effet de serre par habitant que la moyenne des pays européens.

Les partisans de l’énergie nucléaire mettent souvent en avant un autre argument de poids : par rapport aux énergies renouvelables, le nucléaire produit de l’énergie « à la demande ». Les énergies renouvelables du type éolien et photovoltaïque dépendent du vent et du soleil. « L’éolien terrestre ne fonctionne que 25% du temps alors que le nucléaire, lui, a un taux de charge de 75%, et même de 80% pour l’EPR, le réacteur de troisième génération », reconnaît à Franceinfo  Yves Marignac, porte-parole de l’association négaWatt, qui ne peut être suspecté d’être un défenseur acharné de l’atome.

Le Giec lui-même admet que le chemin vers le zéro carbone pour limiter le réchauffement climatique passe par le nucléaire. Dans son dernier rapport de 2018, le groupe d’experts notait que « l’énergie nucléaire augmente sa part dans la plupart des trajectoires correspondant à une stabilisation du réchauffement à 1,5 °C »

Ces arguments plaident sans contestation possible apparente pour le nucléaire. En revanche, d’autres arguments de poids font pencher le débat dans l’autre sens. L’argument économique n’est pas le moindre : en effet, 80 % de l’énergie nucléaire produite en Europe provient de centrales qui ont plus de trente ans. En France, d’ici 2028, 34 des 54 réacteurs vont fêter leur quarantième anniversaire. Un âge avancé qui impliquera la mise à la retraite voire au rencart. Mais le démantèlement d’une centrale s’avère être d’un prix exorbitant et la construction de nouvelles centrales comme l’EPR, une aventure industrielle et financière.

L’argument sécurité est celui qui a toujours été opposé depuis que l’industrie nucléaire existe. L’atome fait peur et depuis Tchernobyl et Fukushima, le seul mot « centrale nucléaire » fait frémir. C’est la raison pour laquelle des pays comme l’Allemagne ont décidé de sortir du nucléaire dans des délais très courts. Le débat n’épargne pas la France et les organisations écologistes comme Sortir du nucléaire ne désarment pas en multipliant les pièces de leurs dossiers instruits contre le nucléaire, ses dangers et ses déchets.

Un débat en forme de dilemme qui se fait de plus en plus vif. En France, les députés ont voté, fin juin, le report de dix ans de l’engagement de diminution de la part du nucléaire français. En bref : on verra plus tard. En attendant, l’Autorité de sûreté nucléaire est de plus en plus tatillonne sur les questions de sécurité, on le voit avec les retards accumulés dans la construction de l’EPR.

Des débats qui ne concernent pas du tout d’autres pays dans le monde. Ils ont déjà tranché pour le nucléaire. Les Russes l’embarquent même sur des barges flottantes pour alimenter en électricité leurs nouveaux territoires déglacés du Nord.  Les Coréens exportent leurs centrales aux Émirats arabes unis qui préparent l’après pétrole, les Chinois et les Américains font la course pour commercialiser leurs nouveaux petits réacteurs moins complexes et plus économiques qui devraient essaimer d’ici quelques années. Le nucléaire semble avoir encore de beaux jours devant lui, et ce, quelles que soient les conditions climatiques et les risques qui en découleront.

Par Alexandre AGET, journaliste UP Magazine, publié le 10 juillet 2019

Sources : AFP, Sortir du nucléaire, France Info

Image d’en-tête : photo François Mori

http://www.up-magazine.info/index.php/planete/transition-energetique/8805-ca-surchauffe-dans-les-centrales-nucleaires

Juil 10

CLIMAT : FAUT-IL SORTIR DU NUCLÉAIRE POUR SAUVER LA PLANÈTE ? SEPT ARGUMENTS POUR COMPRENDRE LE DÉBAT

Certains pays, comme l’Allemagne, sont en train de sortir du nucléaire. D’autres, comme la France, continuent de croire en cette filière. Franceinfo tente de savoir si on peut s’en passer pour produire de l’électricité dans une trajectoire « zéro carbone« . 

La diminution de la part du nucléaire en France ? Dans la torpeur de la canicule et l’indifférence générale, l’Assemblée a décidé, fin juin, de la reporter de dix ans. C’est donc en 2035 et non en 2025 que la part de l’atome dans la production d’électricité hexagonale sera ramenée de 70% à 50%, selon le projet de loi énergie et climat adopté le 28 juin par les députés. 

Le nucléaire est-il indispensable pour lutter rapidement contre les gaz à effet de serre ? Est-il une des armes nécessaires pour contenir le réchauffement climatique ? La question divise, alors que la catastrophe de Fukushima a poussé des pays comme l’Allemagne à en sortir tandis que, parallèlement, les énergies renouvelables prennent leur essor. Voici sept éléments pour tenter de comprendre ce débat complexe. (NDLR : 4 arguments pour le nucléaire mais  seulement 3 contre !)

1 Le nucléaire fournit une énergie peu carbonée

L’énergie nucléaire est produite par la fission d’atomes d’uranium et non par la combustion de charbon. Au regard des émissions de gaz à effet de serre, elle dégage donc peu de dioxyde de carbone (CO2) et se montre particulièrement compétitive. Selon des chiffres du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat)  cités par la Société française d’énergie nucléaire (SFEN, qui regroupe les professionnels du secteur) (NDLR : donc pas neutres du tout) les centrales à charbon émettent 820 g de CO2 par kw/h, celles à gaz 490, le photovoltaïque 41, l’hydraulique 24, le nucléaire 12 et l’éolien 11. 

Un argument en or pour EDF : l’électricien français se félicite de produire une électricité « à 87% nucléaire et hydraulique » qui « émet six fois moins de gaz à effet de serre par habitant que la moyenne des pays d’Europe ». Cela vaut à la France d’apparaître en vert sur cette carte, parmi les bons élèves de la production électrique « décarbonée » en Europe (en compagnie de la Norvège et de la Suède, où la production est majoritairement hydraulique).

Le nucléaire serait donc des plus vertueux au regard des émissions de gaz à effet de serre, même s’il ne peut être qualifié de décarboné si l’on prend en compte l’ensemble du cycle nucléaire (extraction du minerai d’uranium, transport vers les usines de transformation du minerai en combustible puis vers les centrales et, enfin, traitement ou enfouissement des déchets radioactifs).

Selon ce document de la SFEN, le nucléaire était en légère progression dans le monde en 2017, avec 455 réacteurs représentant 10,3% de la production d’électricité sur la planète. Au total, « 30 pays », selon le Giec, continuent d’utiliser « l’énergie nucléaire, dont 13 mettent en place de nouvelles capacités nucléaires, notamment en Chine, en Inde, aux États-Unis et au Royaume-Uni ». La bonne nouvelle, se félicite Valérie Faudon, déléguée générale de la SFEN, « c’est qu’il s’agit des pays les plus pollueurs. Ils limitent ainsi l’émission de gaz à effet de serre dans leur production d’électricité ».

2 C’est une énergie disponible à la demande

Les énergies renouvelables sont-elles substituables au nucléaire ? Non, répondent les défenseurs de l’atome, car les centrales nucléaires sont les seules, avec les centrales hydrauliques, à fournir une énergie à la fois abondante, décarbonée et « pilotable« . Un avantage non négligeable. « L’énergie ‘pilotable’, explique Valérie Faudon, est une énergie disponible à la demande. Comme l’énergie ne se stocke pas, on a besoin d’une capacité suffisante pour répondre à la demande, ce que permet le nucléaire. » (NDLR : tiens, elle ne sait pas que les énergies vertes peuvent se stocker et s’utiliser à la demande elles aussi !).

C’est son avantage décisif sur les énergies renouvelables du type éolien et photovoltaïque, dites « intermittentes » parce qu’elles dépendent du vent et du soleil. « L’éolien terrestre ne fonctionne que 25% du temps alors que le nucléaire, lui, a un taux de charge de 75%, et même de 80% pour l’EPR, le réacteur de troisième génération », reconnaît Yves Marignac, porte-parole de l’association négaWatt, qui prône la sobriété énergétique. Le nucléaire permet donc de lancer son chauffage électrique ou sa machine à laver à la demande, de façon immédiate.

3 Il semble difficile d’en sortir en gardant un cap zéro carbone

À priori, dans les pays industrialisés, difficile de se passer du nucléaire sans recourir à d’autres énergies « pilotables« , comme le charbon et le gaz. « Renoncer au nucléaire pourrait se traduire par des milliards de tonnes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère », avertit l’Agence internationale de l’énergie dans son rapport (en anglais) de mai 2019. Pour disposer d’énergie « pilotable« , trois Etats américains, la Californie, le Vermont et le New Jersey, qui ont fermé plusieurs centrales nucléaires, utilisent ainsi du « gaz de schiste, fortement émetteur de gaz à effet de serre », remarque la SFEN dans une note d’octobre 2018. « En Allemagne, ajoute-t-elle, malgré des investissements massifs (25  milliards d’euros par an), la part du charbon, l’énergie la plus polluante, est restée stable [il représente 40% de l’électricité produite] : le pays n’atteindra pas ses objectifs climatiques. »

« C’est plus complexe » que cela, nuance Henri Waisman, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) et participant au dernier rapport du Giec. « L’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire, mais aussi du charbon d’ici à 2038. Pour y parvenir, elle augmente fortement sa part des renouvelables : 30% de son électricité est aujourd’hui d’origine renouvelable, 65% à l’horizon 2030. » Il faut dire qu’une partie de son opinion la pousse. Vendredi 22 juin, 6 000 militants  ont envahi une mine de charbon pour protester contre la lenteur de la transition énergétique. (NDLR : ce n’est pas près d’arriver en France !Et pourtant, il faudrait bien !)

Aller sur le site pour visualiser la vidéo (3mn30 s) de la manifestation

4 Le Giec le retient dans la plupart des scénarios visant à contenir le réchauffement climatique

Le chemin vers le zéro carbone coche d’ailleurs la case du nucléaire dans la plupart des scénarios évoqués par le Giec pour limiter le réchauffement climatique. Dans son rapport daté de 2018, les experts notent en effet que « l’énergie nucléaire augmente sa part dans la plupart des trajectoires correspondant à une stabilisation du réchauffement à 1,5 °C ». Le groupe table sur « un coefficient d’évolution de la production électrique nucléaire mondiale entre 2020-2050 qui est en moyenne de 1,2″, à comparer toutefois « avec un facteur 5 pour les renouvelables ».

Mais attention, prévient la chercheuse au Commissariat à l’énergie atomique Valérie Masson-Delmotte, membre du groupement : « Le Giec ne fait pas de préconisation. Il a pour mandat d’être pertinent pour éclairer des choix politiques. « Aux gouvernements, donc, de jouer et de trancher sur la question du nucléaire, sachant que, parallèlement, les énergies renouvelables (biomasse, solaire, éolien…), de moins en moins chères, vont connaître une croissance exponentielle. » 

Pour le chercheur Henri Waisman, il reste dans tous les cas « trois conclusions robustes ». « Il faut se concerter pour réduire les besoins énergétiques, développer massivement des solutions renouvelables comme l’éolien et le solaire, et sortir du tout charbon. C’est valable dans tous les scénarios », expose-t-il. 

5 Le parc nucléaire existant est vieillissant, ce qui va coûter cher

D’autres défis attendent les pays qui veulent garder – ou rajeunir – un parc nucléaire vieillissant. Comme le souligne l’Agence internationale de l’énergie, si l’essentiel des réacteurs chinois a moins de 10 ans, les centrales américaines et européennes, elles, approchent dangereusement de la date de péremption. Plus de 80% de l’électricité nucléaire produite en Europe provient de centrales qui ont plus de 30 ans, note l’AIE. Dans les années qui viennent, les pionniers du nucléaire devront donc faire face à des investissements massifs. La France en premier lieu : « D’ici à 2028, 34 des 58 réacteurs vont fêter leur quarantième anniversaire, âge limite d’exploitation fixé lors de la construction du parc », assène le documentaire Nucléaire, la fin d’un mythe, diffusé par Public Sénat.

Cette date limite reste théorique puisque le fonctionnement peut être prolongé d’une ou deux décennies : « Mais il en coûtera 800 millions par réacteur pour les prolonger au-delà de 40 ans et obtenir de l’Autorité de sûreté nucléaire une autorisation d’exploitation pour dix années supplémentaires », expose Valérie Faudon à franceinfo. Mais il ne s’agirait que d’une (coûteuse) rustine temporaire.

Construites dans les années 1970 et 1980,  les centrales françaises vont toutes arriver à bout de souffle en même temps. C’est ce qu’on appelle « l’effet falaise ». Il faudra donc, d’ici 2021, prendre – ou non – la décision de renouveler tout ou partie du parc à partir de 2030. Mais le retard considérable pris par l’EPR de Flamanville a mis en évidence les défaillances de l’industrie nucléaire française. Ce réacteur de troisième génération « plus puissant, plus sûr et émettant moins de déchets » devait fonctionner en 2012. Â l’arrivée, il ne sera pas opérationnel avant 2022, pour un coût passé de 3 à plus de 11 milliards d’euros, rappelle France 3. 

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6 Le nucléaire pose la question de la sûreté 

Depuis les catastrophes écologiques de Tchernobyl (en 1986 en Ukraine) et surtout de Fukushima (en 2011 au Japon), le nucléaire fait figure de repoussoir dans plusieurs pays développés. Et son essor, notent les experts du Giec, y est désormais freiné par les « préoccupations sur les risques d’accidents et la gestion des déchets radioactifs ». Au point que plusieurs pays ont décidé de sortir du nucléaire, dont l’Allemagne d’ici 2022.  

En France aussi, le débat se fait plus vif, même si l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a montré ses exigences en matière de sûreté en imposant à EDF de coûteuses réparations sur l’EPR de Flamanville (Manche). Au printemps 2019, l’association écologiste Sortir du nucléaire a dénoncé l’organisation, à l’initiative du gouvernement, d’un débat sur la gestion des déchets radioactifs (le stock se monte déjà à 1,6 million de m3 en France, selon le gouvernement). Ce débat sert surtout, estime dans la vidéo ci-dessous la porte-parole Charlotte Mijeon, à cautionner la « construction de nouveaux réacteurs » déjà décidée.

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Et cette question va s’exporter puisque les apôtres de l’atome rivalisent à l’export pour équiper de nouveaux pays, en dépit des risques liés à cette technologie sensible. Un consortium coréen achève ainsi le chantier d’une centrale aux Emirats arabes unis, tandis que l’entreprise publique russe Rosatom en construit une en Turquie et une autre en Égypte. « Et il y a une nouvelle offensive en Chine et aux États-Unis pour développer de nouveaux réacteurs moins compliqués pour de nouveaux pays candidats », poursuit Valérie Faudon.

Reste que le nucléaire n’essaimera pas partout. « Dans les pays en développement, le nucléaire pose, plus encore qu’ailleurs, un problème de capital, de sûreté et de gestion des déchets, explique Henri Waisman. S’y ajoute la longueur du processus : il se passe entre dix et vingt ans entre le moment où on prend la décision de construire une centrale et la mise en fonctionnement. C’est trop lent pour les pays qui ont besoin d’un développement rapide. » Conclusion : beaucoup s’en passeront. « En Afrique, on devrait aller vers une combinaison entre centrales à gaz et énergies renouvelables », estime Valérie Faudon. 

7 Surtout, il ne favorise pas la sobriété énergétique

Aux yeux de ses opposants, le nucléaire présente enfin un défaut majeur : il entretient le mythe d’une énergie inépuisable. Et pousse ainsi à la consommation d’électricité alors qu’« il faudrait réduire fortement celle-ci », pointe Yves Marignac. Pour le porte-parole de négaWatt, les énergies renouvelables pourraient totalement remplacer le nucléaire en France d’ici 2050. À deux conditions : jouer à la fois sur la sobriété énergétique et « sur un pilotage qui permettrait de faire coïncider la demande avec la production d’énergie renouvelable ». « Les technologies le permettent, assure-t-il. Via une application, on dira à son fournisseur d’énergie : ‘Ma machine à laver doit tourner aujourd’hui’ et l’appareil se déclenchera au moment le plus optimal en fonction du vent ou du soleil. » 

Dans un domaine qui fourmille d’inventivité, des solutions émergent un peu partout. L’université catholique de Lille vise ainsi le « zéro carbone » en 2021, grâce à un système de stockage d’énergie, détaille Le Monde. Mais ces solutions seront-elles applicables à grande échelle d’ici une ou deux décennies ? Seront-elles acceptées par les consommateurs ? Pour les tenants du nucléaire, il s’agit d’un doux rêve : « Le scénario de négaWatt n’a pas de rapport avec la réalité », balaie Valérie Faudon.

Les espoirs de négaWatt renvoient en tout cas à une question cruciale : la demande électrique sera-t-elle maîtrisée ? Dans les pays occidentaux, elle devrait se réduire, grâce aux gains en efficacité énergétique et à la lutte contre les « passoires thermiques » (même si celle-ci prend du retard en France). Mais ne risque-t-elle pas d’être relancée par l’électrification du transport ?

Difficile à savoir, mais il faudra veiller, tout au long du processus (fabrication et utilisation) à ce que cette électrification soit « décarbonée », observe Henri Waisman. « Cette ‘décarbonation’ peut passer par de multiples moyens : le renouvelable, la capture et la séquestration de carbone [qui permet de produire de l’électricité avec du charbon sans CO2 envoyé dans l’atmosphère] ou encore le nucléaire. » Qui reste donc un levier possible, parmi d’autres : « Cela dépendra des hypothèses de coût comparées aux autres options. La transition énergétique est un choix à faire. Aucun n’est parfait, les renouvelables aussi ont des impacts. C’est essentiel de regarder le problème dans sa complexité. Il n’y aura pas de solutions simples. »

Par Anne Brigaudeau France Télévisions, publié le 09/07/2019 à 07h01, mis à jour le 09/07/2019 à 13h47

Photo titre : La centrale nucléaire du Tricastin, dans la Drôme, le 1er novembre 2017.   (TRIPELON-JARRY / ONLY FRANCE / AFP)

(NDLR : bizarre, bizarre, personne ne parle du lien fondamental entre énergie nucléaire et armes nucléaires. Un détail sans doute ! Pour mémoire et avec un seul réacteur nucléaire, Israël, la Corée du Nord, Le Liban et ceux qui suivront …Australie…)

https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/climat-faut-il-sortir-du-nucleaire-pour-sauver-la-planete-sept-arguments-pour-comprendre-le-debat_3504835.html

Juil 09

L’ACCÈS UNIVERSEL À L’ÉNERGIE PROPRE S’AMÉLIORE DANS LE MONDE, MAIS TOUT RESTE À FAIRE DANS LA CUISSON ET LES TRANSPORTS

(Écofin Hebdo) – L’accès à une énergie propre et durable pour tous, l’Objectif de développement durable n°7 des Nations unies, est toujours possible, mais il faudra fournir des efforts considérables pour l’atteindre, notamment dans les secteurs de la cuisson et des transports.

C’est ce qui ressort de rapport Tracking SDG7 : The Energy Progress Report publié par un pool d’experts de l’Agence internationale de l’énergie, l’Agence internationale des énergies renouvelables, la division de statistiques de l’ONU, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale pour la santé.

Le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’énergie est passé de 1,2 milliard en 2010 à 1 milliard en 2016 et à 840 millions en 2017. Les champions nationaux de cette avancée sont le Bangladesh, l’Inde, le Kenya et le Myannar. 

L’accès à l’électricité s’est ainsi accéléré au cours des dernières années, ce qui a permis de faire passer le taux d’électrification mondial de 83% en 2010 à 89% en 2017. Cette accélération s’est particulièrement fait remarquer à partir de 2015 où le taux d’électrification mondial gagnait 1% chaque année. Si ce taux se maintient au cours des prochaines années, il est possible d’atteindre l’accès universel à l’énergie. Cependant, la tâche promet d’être ardue puisque les dernières personnes touchées seront celles qui habitent dans les régions les plus éloignées.  

Reste essentiellement l’Afrique subsaharienne…

L’électrification des villes situées à l’intérieur des pays s’est faite plus lentement à travers des réseaux électriques fragiles. Le taux d’électrification rurale (79%) est également inférieur à celui des villes (97%).

Plus de 500 millions d’Africains n’ont pas encore accès à l’électricité. 

Pour l’atteinte des localités rurales souvent éloignées, les solutions hors réseaux incluant les installations solaires domestiques et les mini-réseaux jouent un rôle prépondérant. Des progrès ont particulièrement été enregistrés dans les régions de l’Asie centrale et du Sud où 91% de la population a désormais accès à l’électricité.

Les régions de l’Amérique Latine et des Caraïbes, de l’Asie de l’Est et du Sud-est ont également connu une croissance de leur accès à l’électricité, avec un taux d’électrification de 98% en 2017. 

Cependant dans certaines régions, en Afrique subsaharienne notamment, des efforts considérables restent à faire. En effet, 573 millions de personnes n’avaient pas accès à l’électricité dans la région en 2017. Elle abritait également les 20 pays au taux d’électrification les plus faibles au monde.  « Je suis particulièrement préoccupé par le déficit d’accès à une énergie fiable, moderne et durable dans certaines régions du monde, notamment en Afrique subsaharienne, où nous devons vraiment concentrer nos efforts. L’AIE poursuivra sa coopération avec les pays et les organisations pour veiller au déploiement de solutions efficaces et faire en sorte que la révolution des énergies durables ne laisse personne sur le bord du chemin. », a affirmé Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).  

L’accès des moyens de cuisson moins polluants 

Le taux d’accès à des combustibles de cuisson propre dans le monde est passé de 57% en 2010 à 61% en 2017.

Environ 3 milliards de personnes cuisinent toujours avec des combustibles toxiques pour leur santé et pour l’environnement. La principale cause en est que la croissance démographique est plus rapide que la croissance de l’accès à des combustibles propres, surtout en Afrique subsaharienne. 

Les principales avancées ont été constatées en Asie centrale et du Sud avec une croissance annuelle de 1,2%. Cette région est suivie par celle de l’Asie de l’Est et du Sud-Est avec une croissance annuelle de 0,9%. L’Inde et la Chine ont été les championnes de cette transition avec des taux de croissance respectifs de 25% et de 20% sur la période considérée. 

L’investissement dans les solutions de cuisson durables est très profitable pour la santé publique, pour la productivité et pour le climat.

L’Afrique subsaharienne est la région du monde où l’accès à des moyens de cuisson propre a le moins évolué. La région abrite 6 des 20 pays avec le plus grand déficit en la matière.

Dans ces pays que sont la RDC, l’Éthiopie, Madagascar, le Mozambique, l’Ouganda et la Tanzanie, moins de 5% de la population cuisine avec des combustibles propres selon le rapport.  

Si la situation demeure la même, 2,2 milliards de personnes n’auront toujours pas accès à une énergie de cuisson propre selon l’Agence internationale de l’énergie. La majorité de ces personnes sera en Afrique subsaharienne et en Asie. 

Pour que l’ensemble des populations du monde ait accès à des moyens de cuisson propre, il faudrait que le taux de croissance de cet accès passe du 0,5% annuel observé entre 2010 et 2017 à 3%. Le gaz liquide sera approprié pour les populations vivant en milieu urbain tandis que les foyers utilisant des combustibles à biomasse se profilent comme la meilleure option pour les populations rurales.  

L’accès à ces combustibles propres aura des bénéfices immédiats, notamment sur la santé en réduisant les 3,8 millions de décès prématurés enregistrés chaque année à cause de l’utilisation des combustibles toxiques. Le temps consacré au ramassage du bois et des autres combustibles pourrait être investi dans d’autres activités économiques ou sociales. En outre, ces combustibles propres permettraient la réduction de la déforestation et des émissions de gaz à effet de serre. 

Énergies renouvelables 

En 2016, la croissance des énergies renouvelables dans la consommation énergétique s’est significativement accrue, atteignant près de 17,5% en moyenne dans les trois principaux usages que sont l’électricité, le transport et le chauffage. 

Dans les transports, seulement 3,3% de l’énergie consommée est renouvelable. 

En 2016, la part de ces énergies dans le secteur électrique était de 24%. En cette année particulière, la croissance du renouvelable dans le secteur électrique a littéralement doublé par rapport à 2015. Cette croissance a été principalement portée par l’importance des centrales de renouvelable entrées en service en Chine, l’expansion rapide du solaire en Chine et aux États-Unis et la fin de la sécheresse en Amérique Latine, ce qui a permis d’accroître la production des barrages.  

Dans le domaine du chauffage, la part du renouvelable a atteint en 2016, 24% principalement constitué par la biomasse traditionnelle. Exemption faite de la biomasse, cet apport du renouvelable au chauffage passe à 9%.  

Le transport est le domaine où l’apport du renouvelable est le plus faible, s’élevant à 3,3%. La principale forme de renouvelable utilisée dans ce secteur est le biocarburant, principalement utilisé aux Etats-Unis, au Brésil et dans l’Union européenne.  

Malgré les avancées significatives, les renouvelables font toujours face à des difficultés persistantes en termes de financement, de régulation et de barrières technologiques. En outre, la majorité des politiques concernant le renouvelable se focalisent sur le secteur électrique, négligeant le chauffage et le transport.  

Par Gwladys Johnson, publié le mardi, 09 juillet 2019 à 11h22

https://www.agenceecofin.com/hebdop1/0907-67685-l-acces-universel-a-l-energie-propre-s-ameliore-dans-le-monde-mais-tout-reste-a-faire-dans-la-cuisson-et-les-transports

Juil 09

SUISSE : L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE NE SERAIT PAS LA SOLUTION IDÉALE POUR L’ENVIRONNEMENT

Rouler ou se chauffer entièrement à l’électricité en Suisse ne serait pas une solution idéale pour l’impact environnemental. La trop grande demande d’énergie importée en hiver nuirait aux efforts de protection en faveur du climat.

Les chercheurs de l’EMPA, le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux, sont parvenus à cette conclusion après avoir mené une étude. Ils ont pris comme point de départ les objectifs de la stratégie énergétique 2050 de la Confédération, avec en ligne de mire la réduction de pollution de l’environnement liée à la consommation d’énergie en Suisse.

Un des éléments consiste à remplacer à terme les voitures roulant à l’essence ou au diesel par des véhicules électriques -ainsi que les chauffages fonctionnant au mazout et au gaz – par des pompes à chaleur. Problème relevé, un déficit d’électricité durant les pics de grand froid hivernal.

Stocker de l’énergie

« Il faut vraiment regarder quelles sont les options de stockage de l’énergie pour transmettre les excès de production de l’été à l’hiver, et pas seulement pour l’électricité« , explique Martin Rüdisüli, collaborateur scientifique au département des systèmes d’énergie à l’EMPA. Pour lui, on pourrait « même stocker de la chaleur en été et la récupérer en hiver, afin de pouvoir réduire la grande demande de chaleur en hiver en Suisse« .

Selon l’EMPA, il serait préférable de ne pas remplacer toutes les voitures à carburant fossiles par des véhicules électriques, mais en partie par des véhicules fonctionnant au gaz, ou avec des énergies renouvelables et, comme pour le chauffage, de combiner les différentes sources d’électricité.

Par Pierre-Étienne Joye/ebz, publié le 9 juillet 2019 à 9h32, modifié à 12h17

https://www.rts.ch/info/suisse/10562589-l-energie-electrique-ne-serait-pas-la-solution-ideale-pour-l-environnement.html

Juil 09

AUSTRALIE. LE PAYS RÉFLÉCHIT À SE DOTER DE L’ARME NUCLÉAIRE

Pendant longtemps, les forces armées de l’Australie n’ont pas eu beaucoup de soucis à se faire.

Leur alliance centenaire avec les États-Unis était synonyme de garanties de sécurité en béton. Et grâce à ses exportations de matières premières vers la Chine, l’Australie a connu 28 années sans récession.

Mais le peu de considération de Donald Trump pour les alliances et la quête de Xi Jinping pour la suprématie dans le Pacifique fait vaciller ces deux piliers de la sécurité du pays.

Pour l’instant, Canberra se montre prudent, tentant de préserver son alliance avec les États-Unis tout en poursuivant ses échanges avec la deuxième économie mondiale. Mais des stratèges militaires australiens se demandent s’il ne faudrait pas que l’immense pays-continent se pose la question d’acquérir une force de dissuasion nucléaire. Le sujet est désormais inévitable.

Publié le 08 juillet 2019 à 20h53, modifié le 08 juillet 2019 à 21h39

Photo : Trois navires de guerre chinois amarrés à la base navale de Garden Island, à Sydney. (Photo AFP)

Pour retrouver cet article et voir les commentaires

https://www.letelegramme.fr/monde/australie-le-pays-reflechit-a-se-doter-de-l-arme-nucleaire-08-07-2019-12334079.php

Juil 09

«EPR: LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE N’EST PAS UNE AFFAIRE DE CONFIANCE». LA TRIBUNE DE BRUNO ALOMAR

« L’analyse de la situation présentée par l’IRSN s’est à plusieurs reprises fondée sur la notion de « confiance », cette dernière, au vu des analyses réalisées, n’étant pas pleinement établie, et justifiant les recommandations opératoires visant à diligenter la réparation des soudures défectueuses »

L’EPR de Flamanville, fer de lance de la troisième génération de réacteurs nucléaires, est confronté des difficultés techniques nouvelles. Le 20 juin, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), au vu des conclusions de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) a estimé qu’EDF devrait réparer huit soudures dont la rupture « ne peut plus être considérée comme improbable ». Le sujet relève désormais d’EDF. D’ores et déjà, il est certain que le traitement de cette difficulté technique retardera l’entrée en service de l’EPR. Il se traduira, s’il est confirmé, par des coûts supplémentaires, ces soudures étant très peu accessibles, situées dans l’enceinte de confinement du réacteur.

Disons-le : personne de sérieux ne songe à badiner avec la sécurité en matière d’énergie nucléaire. En l’espèce, il est nécessaire que chacun soit bien dans son rôle. L’IRSN a fourni une analyse technique. L’ASN a statué sur le fondement cette analyse. EDF s’assurera que les normes de sécurité en vigueur – les plus élevées au monde – sont dûment respectées. Est-ce à dire que tout soit pour le mieux ? La réalité est plus nuancée.

En effet, l’analyse de la situation présentée par l’IRSN s’est à plusieurs reprises fondée sur la notion de « confiance », cette dernière, au vu des analyses réalisées, n’étant pas pleinement établie, et justifiant les recommandations opératoires visant à diligenter la réparation des soudures défectueuses. Convoquer la notion de confiance, qui relève d’une appréciation subjective, d’un ressenti, pour traiter de la sûreté nucléaire, est problématique.

Cette affaire pose une question sensible, qui n’est pas limitée au secteur énergétique : celle des relations entre le régulateur d’une part, l’entreprise objet du contrôle d’autre part

Subjectivisme. Certes, il est des domaines où un tel subjectivisme a fini par s’immiscer et rétroagi sur le réel. C’est le cas dans le domaine de la justice. En 1923, un arrêt britannique célèbre portant sur une affaire mettant en cause l’impartialité d’un juge, avait vu l’apparition de cette idée selon laquelle il ne suffit pas à la justice d’être juste : elle doit aussi en donner l’apparence. La Cour européenne des Droits de l’Homme a repris cette analyse qui innerve donc notre droit positif.

À l’inverse, le sujet – grave – qui concerne l’EPR, et plus largement la sûreté nucléaire, ne nous semble pas devoir tolérer un tel subjectivisme. La sûreté nucléaire doit être appréciée en pleine rigueur scientifique, laquelle ne saurait fonder des décisions sur un concept tel que la confiance, qui appartient au champ des perceptions.

Cette affaire pose une question sensible, qui n’est pas limitée au secteur énergétique : celle des relations entre le régulateur d’une part, l’entreprise objet du contrôle d’autre part. En matière de concurrence, il est clair que le régulateur et les entreprises visées doivent trouver les voies d’une bonne coopération. De la même manière, il est indispensable qu’en dépit des frictions inéluctables qui existent entre le régulateur et le régulé dans le domaine énergétique, tous deux parviennent à travailler en bonne intelligence.

En définitive, la question de la sûreté nucléaire nous rappelle que beaucoup de domaines, celui-ci en est un, sont bien ceux d’une expertise extrêmement pointue, ou une forme de subjectivisme n’a pas sa place. Il est urgent de s’en souvenir.

Par Bruno Alomar, publié le 08 Juillet 2019 à 12h45 (Source : L’Opinion)

Note: Bruno Alomar, économiste, ancien membre du Cabinet du Commissaire européen à l’énergie.

https://www.lopinion.fr/edition/economie/epr-surete-nucleaire-n-est-pas-affaire-confiance-tribune-bruno-alomar-192131

Juil 08

LA DYNAMIQUE EN MARCHE DU TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES !

Le 7 juillet 2017, présent à l’ONU, comme membre de la Campagne Internationale pour Abolir les Armes Nucléaires (ICAN), 122 États ont adopté le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Le TIAN comble un vide juridique et renforce le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en interdisant les armes nucléaires, de la même façon que la communauté internationale a banni les autres armes de destruction massive, à savoir les armes biologiques et chimiques. Deux années plus tard « La Dynamique est En Marche !« 

La dynamique de l’initiative humanitaire lancée en 2010 a permis l’arrivée d’une nouvelle norme – Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires – dans la mosaïque de traités (TNP, TICE, …) qui codifie les armes nucléaires. Déjà 23 États ont ratifié ce traité. La Bolivie, l’Équateur, le Kazakhstan viennent d’adopter au niveau national ce traité et ils vont donc déposer leur instrument de ratification dans les prochaines semaines ; ce qui fera passer ce chiffre à 26 États. Soit déjà plus de 50% du minimum du nombre d’État requis pour son entrée en vigueur !

Mais, à ce chiffre (de 26), Exactement 24 autres États (dont l’Irlande, l’Algérie, les Philippines…) ont entamé leur procédure législative pour ratifier ce traité, ce qui permettra d’atteindre le nombre minimum de 50 pour son entrée en vigueur. Enfin, nous savons que d’autres États sont dans la balance et s’interrogent pour aller dans le bon sens de l’Histoire… L’entrée en vigueur du traité est donc bien envisagée pour fin 2019 / début 2020.

Le TIAN est la conséquence du non-respect par les États dotés de l’arme nucléaire de leur obligation de désarmement nucléaire. Son arrivée a fait l’objet de très nombreuses critiques de la part des États disposant d’armes nucléaires ou soutenant une politique de dissuasion nucléaire. Comme toute nouvelle norme de droit, celle-ci dérange et est décriée. Pourtant, cette norme, qui vient combler un vide juridique, s’intègre non seulement aux traités existants (TNP, TICE) et futur (TIPMF) mais vient surtout assurer la sécurité internationale en renforçant le droit international humanitaire et en mettant en œuvre ce processus de désarmement nucléaire.

Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, qui est un traité dit « de désarmement humanitaire« , offre une opportunité de faire travailler les États ensemble pour parvenir à ce monde sans armes nucléaires. Poursuivre une politique de refus et d’ignorance de son existence serait tout simplement un non-sens et une porte ouverte à la remise en cause de toute l’architecture internationale de sécurité. 

Comme je l’ai indiqué via la communication de ICAN France : « La France doit être en cohérence avec sa politique du multilatéralisme et sa responsabilité de membre permanent du Conseil de sécurité. En s’opposant au TIAN, la France renforce l’instabilité mondiale et se comporte comme les États-Unis en s’isolant de la dynamique internationale de désarmement. Le Président doit prendre des initiatives en faisant de la France un membre observateur de la première conférence du TIAN et en ouvrant le débat en Europe et dans le monde sur le désarmement nucléaire. Les parlementaires ont aussi leur responsabilité, notamment en mettant en place la délégation permanente à la dissuasion nucléaire, à la non-prolifération, à la maîtrise de l’armement et au désarmement adoptée en juillet 2018 par la commission des Affaires étrangères. »

Pour aller plus loin : 

Par Jean-Marie Collin, publié le 07/07/2019

https://blogs.alternatives-economiques.fr/collin/2019/07/07/la-dynamique-en-marche-du-traite-sur-l-interdiction-des-armes-nucleaires

Note : Jean-Marie Collin est depuis 2009 chercheur associé au Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité (GRIP) et expert/porte-parole de ICAN France, relais national de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires, prix Nobel de la Paix 2017. Il travaille sur les questions de défense et de sécurité internationale avec une expertise plus particulière sur les thématiques du contrôle des armements, de la dissuasion nucléaire, de la non-prolifération et du désarmement nucléaire, ce qui lui a permis de participer à l’ensemble du processus (2010/2017) dit de « l’initiative humanitaire » … Voir plus

Juil 08

NUCLÉAIRE : WASHINGTON PEUT PARTICIPER À UNE NOUVELLE SÉRIE DE NÉGOCIATIONS, SELON TÉHÉRAN

TÉHÉRAN, 7 juillet (Xinhua) — Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a annoncé dimanche que les États-Unis pouvaient participer à la nouvelle série de pourparlers auxquels l’Iran et les autres pays signataires de l’accord de juillet 2015 sur le programme nucléaire iranien prévoient de mener.

Il a néanmoins demandé en préalable à ce que les États-Unis lèvent leurs sanctions frappant les secteurs bancaire et pétrolier iraniens avant de participer éventuellement à ces discussions.

« Il n’existe aucun obstacle à la présence des États-Unis aux discussions entre l’Iran et le groupe P4+1« , a-t-il dit à la télévision en référence au groupe réunissant aujourd’hui la France, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie et l’Allemagne.

Pour l’Iran, le P5+1, qui incluait les États-Unis avant qu’ils ne dénoncent l’accord de Vienne en mai 2018, « n’existe plus, les États-Unis étant sortis de l’accord connu sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA)« , a rappelé M. Araqchi.

Pour celui qui fait partie de l’équipe des négociateurs iraniens, « le JCPOA est un accord conclu, ce qui signifie qu’il n’est pas négociable« .

Araqchi a précisé que les nouveaux pourparlers porteraient sur les mécanismes de mise en œuvre de l’accord de 2015. L’Iran insiste depuis des semaines auprès des signataires européens pour qu’ils aident à amortir l’impact économique des sanctions américaines le visant.

French.xinhuanet.com, publié le 2019-07-07 à 20h06

http://french.xinhuanet.com/2019-07/07/c_138206526.htm

Juil 08

NUCLÉAIRE : ORANO VEUT EMPÊCHER GREENPEACE D’APPROCHER DES CONVOIS

Le groupe Orano assigne Greenpeace en justice afin que ses militants n’entravent plus la bonne circulation des convois de déchets nucléaires.

Orano veut éviter que se reproduisent des manifestations telles que celle du 12 juin en gare de Vierzon.

En plein débat sur le plan national de gestion des matières et déchets radioactifs, Orano assigne Greenpeace devant la justice.

Le groupe nucléaire a été par deux reprises ces dernières semaines la cible de l’association écologiste. Le 12 juin, cinq cuves contenant du nitrate d’uranyle avaient été repeintes alors que le train qui les transportait, parti du terminal d’Armanville à Valognes (Manche), faisait une courte halte à Vierzon.

Lire aussi : Cotentin : Greenpeace « relooke » un convoi d’Orano La Hague

Cinq jours plus tard, c’est un transport routier parti de l’usine de la Hague que les militants de Greenpeace ont tagué, sur une aire d’autoroute près des Mureaux, en Île de France.

Une politique « absurde et dangereuse »

Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires pour Greenpeace, justifie ces actions :

« Les transports liés au retraitement sont inutiles et nous pourrions très bien nous en passer. En multipliant les types de déchets et les transports de substances radioactives, le retraitement multiplie aussi les risques. Il est prouvé que l’industrie ne recycle pas ses déchets. La France doit mettre un terme à cette politique absurde et dangereuse. »

Lire aussi : VIDÉO. Des drones sur Orano : Greenpeace diffuse sa vidéo

Interdit d’approcher à moins de 100 m

De son côté, le groupe Orano répète que ces transports (trois mille par an) sont « légaux et très réglementés ».

« Nous ne voulons pas empêcher une manifestation d’opinion, mais on ne peut pas bloquer un transport et dégrader des biens comme le fait Greenpeace. C’est la sécurité de ces transports qui est ainsi compromise. » 

Il a donc saisi la justice, demandant qu’elle interdise à toute personne proche de Greenpeace d’approcher à moins de 100 mètres d’un convoi.

« C’est un référé sans limitation de temps, et couvrant tout le territoire national. »

L’audience aura lieu lundi 15 juillet devant le tribunal de grande instance de Paris.

Lire aussi : Nucléaire : Orano veut augmenter ses capacités de stockage de déchets dans la Hague

Par la Rédaction de La Presse de la Manche, publié le 8 Juillet 2019 à 9h00

https://actu.fr/societe/nucleaire-orano-veut-empecher-greenpeace-dapprocher-convois_25714847.html

Juil 07

VENTES D’ARMES ET DISSUASION NUCLÉAIRE, MÊME COMBAT ?

OPINION. Accepter que l’avenir de la dissuasion nucléaire dépende des carnets de commande de pays tiers, au surplus présentant un risque géopolitique ou susceptibles d’utiliser les armes françaises au mépris du droit international, c’est à la fois renoncer au principe de l’indépendance stratégique, mettre en doute la volonté de la France de respecter le droit international, et faire perdre sa crédibilité à la défense de la France.

À la veille de l’audition de la ministre des Armées relative au rapport au Parlement sur les exportations d’armement de la France, il est opportun de revenir sur les propos qu’elle a tenus devant l’Assemblée nationale le 7 mai dernier. Florence Parly y a justifié les ventes d’armes classiques françaises, y compris à des régimes autoritaires qui les utilisent contre des civils, en invoquant de manière traditionnelle leurs retombées positives pour l’emploi en France. Mais de façon inhabituelle, elle a aussi souligné qu’elles favorisaient l’indépendance de notre défense, y compris de la dissuasion nucléaire. De quoi inquiéter, et en tout cas renforcer l’opposition à celle-ci.

Le 7 mai 2019, en vue de calmer le début d’inquiétude de certains parlementaires quant aux exportations d’armements vers l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis face au risque avéré qu’ils les utilisent contre des civils au Yémen, la ministre des Armées, Florence Parly, a sorti la grosse artillerie devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale. Elle a entendu répondre aux préoccupations soulevées par le média Disclose en introduisant la question : «  (…) au fond, pourquoi vend-on des armes ? » Et de répondre avec insistance : « Pour disposer des équipements militaires qui nous permettent d’intervenir pour assurer notre mission fondamentale de protection de notre territoire et de nos ressortissants ainsi que la dissuasion nucléaire, nous devons maintenir la viabilité et l’indépendance de notre industrie de défense pour les prochaines décennies. (…) Nous n’avons donc pas le choix : il nous faut exporter. Ceux de nos partenaires qui ont fait le choix de cesser de vendre des armes à tel ou tel pays non-européen n’ont pas la responsabilité particulière de la dissuasion nucléaire, ni une stratégie de présence militaire active en dehors de leurs frontières. »

Au-delà des arguments bien connus sur l’importance économique du secteur de l’armement en France et sur l’insuffisance du marché national pour permettre l’amortissement des lourds investissements rendant les exportations nécessaires, il est incompréhensible que la ministre des Armées ait pu déclarer que « nous n’avons pas [d’autre] choix » que d’exporter si nous voulons assurer la dissuasion nucléaire et lier ainsi l’existence de la dissuasion nucléaire à la vente d’armements à des pays étrangers. En effet, jusqu’ici, selon la doctrine officielle, la dissuasion nucléaire française était présentée comme la garante de l’autonomie stratégique et de l’indépendance de la France.

La crédibilité de la défense de la France en question

Accepter que l’avenir de la dissuasion nucléaire dépende des carnets de commande de pays tiers, au surplus présentant un risque géopolitique ou susceptibles d’utiliser les armes françaises au mépris du droit international, c’est à la fois renoncer au principe de l’indépendance stratégique, mettre en doute la volonté de la France de respecter le droit international, et faire perdre sa crédibilité à la défense de la France. En effet, que se passerait-il si ces ventes diminuaient notamment en raison de la concurrence des autres exportateurs ? Les pays qui ont accepté ou accepteront les obligations du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (adopté par 122 États le 7 juillet 2017) pourraient renoncer à l’achat de systèmes français pour respecter leur engagement de ne pas contribuer à la fabrication des armes nucléaires. Le Traité de Non-Prolifération oblige la France, comme tous les pays non dotés d’armes nucléaires, à négocier en vue du désarmement nucléaire ; or, faire subventionner ses armes nucléaires par des pays non nucléaires serait évidemment contraire à cette obligation.

La France s’est donc enfermée dans un piège paradoxal : c’est au nom de l’indépendance nationale (principalement à l’égard des États-Unis) qu’elle a lourdement investi dans son industrie d’armement. Or aujourd’hui, comme l’a admis la ministre, la France s’est rendue dépendante sinon prisonnière de ses clients à l’exportation. Une dépendance qui en remplace une autre, mais qui surtout est peu regardante sur le choix du client pourvu qu’il soit solvable. La ministre le souligne elle-même puisque, sur le long terme requis par la durée des programmes d’armement, « des pays amis peuvent le devenir moins, à la faveur d’une élection chez eux ou chez nous. Des pays pacifiques peuvent devenir plus belliqueux ou se trouver tout simplement confrontés à de nouvelles menaces. Des gouvernements stables peuvent être renversés par des populistes, des autocrates ou des fanatiques. »

Terribles conséquences sur les populations civiles

Ces propos illustrent indéniablement qu’il n’y a pas de garanties possibles sur les utilisateurs finaux de ces armes, et que face aux conséquences terribles qu’elles ont sur les populations civiles, la seule solution est l’arrêt de leur exportation. Quant aux armes nucléaires qui ne peuvent que viser des civils de manière indiscriminée, leur abolition s’impose, comme nous y invite le Traité d’interdiction des armes nucléaires auquel la France devrait adhérer.

Aux opposants à la dissuasion nucléaire dont nous sommes, pour des raisons principalement humanitaires, la ministre vient donc de fournir un nouvel argument : menacer d’exterminer des millions d’innocents en croyant ainsi assurer notre sécurité est déjà en soi inacceptable et illusoire ; prétendre maintenir nos capacités nucléaires en exportant des armes avec le risque indéniable qu’elles puissent servir à commettre des crimes de guerre contre des populations civiles et d’autres exactions l’est encore davantage. Ou comment se tirer une grosse balle dans le pied.

Par Sylvie Brigot-Vilain, Jean-Marie Collin, Marc Finaud et Annick Suzor-Weiner, publié le 07/07/2019 à 9h12

LES AUTEURS

Sylvie Brigot-Vilain est directrice générale d’Amnesty International France

Jean-Marie Collin est porte-parole d’ICAN France et Chercheur associé au GRIP

Marc Finaud, ancien diplomate français et membre du Bureau d’Initiatives pour le Désarmement nucléaire (IDN), enseigne au Centre de Politique de Sécurité de Genève (GCSP)

Annick Suzor-Weiner, physicienne, est professeure émérite à l’Université Paris-Sud, Vice-Présidente de Pugwash-France et membre du Bureau d’IDN

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/ventes-d-armes-et-dissuasion-nucleaire-meme-combat-822821.html

Juil 07

L’IMAM D’IRAN MENACE DE FAIRE TIRER DES MISSILES SUR LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE ISRAÉLIEN

Dans un sermon du vendredi 5 juillet, l’ayatollah Mohammad Ali Mubahedi Karamani, plus connu sous le nom de « Mubahadi », a menacé les États-Unis et Israël. « Si l’Iran décide de vous confronter, les attaques au missile contre le réacteur de Dimona seront suffisantes»

Mawahidi a mis en garde les États-Unis et Israël contre leur vulnérabilité: « Vous vivez dans une maison de verre, vous feriez mieux de faire attention! »

Il a également mis en garde les États-Unis contre une attaque militaire contre l’Iran: « Ne pensez à une attaque que si vous voulez changer la couleur de l’eau du golfe Persique du bleu au rouge. »

Dans une autre partie de son sermon, Mowahadi a répété la menace posée par le président iranien Hassan Rohani aux pays européens qui ont signé l’accord sur le nucléaire de 2015 et a menacé « à partir du 7 juillet, l’uranium sera enrichi à tous les niveaux et dans la quantité que nous jugeons nécessaire », ce qui signifie une violation de l’accord nucléaire.

Nous avons vu par le passé que de hauts responsables iraniens ont fait des déclarations menaçantes…

« L’Iran continuera d’enrichir, de produire de l’électricité et de la recherche scientifique, mais ce n’est pas pour acquérir des armes nucléaires, une bombe qu’il considère comme illégitime et superflue », a déclaré Movadi, ancien représentant de l’ayatollah Khomeiny.

Dans sa référence directe au président américain Trump, le religieux iranien a déclaré que Trump ne « comparerait pas l’autorité américaine avec celle de l’Iran » et a affirmé que « l’autorité de l’Iran est empreinte d’intelligence, de créativité et d’humanité, tandis que l’autorité des États-Unis est l’incarnation de la violence, la cruauté et le mal.  »

Movadi a affirmé que Trump, après avoir vu l’atterrissage du drone américain il y a deux semaines, avait également vu les corps des soldats américains sous ses yeux et s’était dit que l’Iran avait intercepté un drone volant à 65 000 pieds au-dessus de la mer. Que ferait l’Iran au navire qui le précédait ?

Publié le 7 juillet 2019

https://infos-israel.news/%F0%9F%94%B4-limam-diran-menace-de-faire-tirer-des-missiles-sur-le-reacteur-nucleaire-israelien/

Juil 07

LA PHASE FINALE DES TESTS DU PUISSANT MISSILE BALISTIQUE INTERCONTINENTAL RUSSE SARMAT DÉVOILÉE

Les derniers tests du puissant missile balistique intercontinental russe Sarmat débuteront en 2020, selon le directeur général de Roscosmos, Dmitri Rogozine. Il a expliqué que les tirs d’essai étaient déjà en cours et que les tests ultimes seraient des essais en vol.

Le directeur général de Roscosmos, Dmitri Rogozine, a annoncé que l’étape finale des tests du missile balistique intercontinental Sarmat (RS-28) commencera en 2020. Il est actuellement en déplacement à l’usine russe Krasmash produisant des missiles balistiques, notamment les RS-28 Sarmat et R-29RMU Sineva.

   Lever de rideau sur des caractéristiques du missile balistique russe Sarmat       © Photo. Ministère russe de la Défense

«Nous menons déjà les tirs d’essais. À la fin de l’année, nous en terminerons la partie considérable. Nous planifions qu’à la fin de l’année prochaine nous démarrerons le stade ultime des essais en vol», a-t-il précisé.

Toujours selon ses déclarations faites aux journalistes, tous les travaux concernant le missile balistique intercontinental Sarmat se déroulent suivant le calendrier prévu.

Le développement du projet Sarmat

Le nouveau missile balistique intercontinental Sarmat (RS-28) remplacera le plus lourd missile balistique au monde, le RS-20V Voïevoda (code Otan: Satan). Le développement du projet Sarmat a débuté en 2011. Le missile doit être mis en dotation dans l’armée en 2020.

En avril 2019, le Président russe a déclaré, lors d’une cérémonie de promotion des officiers de haut rang et des procureurs, que le missile Sarmat passait la phase finale des tests. Selon lui, le planeur hypersonique Avangard, lancé au moyen d’un missile balistique intercontinental, renforcera considérablement la puissance des Forces de missiles stratégiques (la composante terre de la dissuasion nucléaire russe).

Publié le 6 juillet à 15h42

https://fr.sputniknews.com/russie/201907061041606730-la-phase-finale-des-tests-du-puissant-missile-balistique-intercontinental-russe-sarmat-devoilee-/

Juil 07

UN ÉLÉMENT RADIOACTIF UTILISÉ POUR LES ARMES NUCLÉAIRES SAISI DANS UNE VOITURE EN TURQUIE

Lors d’une opération menée dans la province de Bolu, la police turque a mis la main sur 18 grammes de californium, matériau radioactif destiné au nucléaire dont la valeur est estimée à 72 millions de dollar, soit l’équivalent d’environ 64 millions d’euros.

La police turque a saisi 18 grammes de californium, un matériau radioactif utilisé dans les têtes nucléaires et les centrales nucléaires, ont annoncé les autorités de la province de Bolu, dans l’ouest du pays, où s’est déroulée l’opération.

L’élément a été retrouvé dans une voiture arrêtée au niveau du parc Atatürk Orman par la police chargée de la lutte contre la contrebande et le crime organisé.

«18,01 grammes de californium, utilisé dans les têtes nucléaires et les centrales nucléaires, ont été saisis lors d’une perquisition», indique l’administration dans un communiqué. Avant de poursuivre: «Cet élément dont la valeur est estimée à 72 millions de dollars (environ 64 millions d’euros) et dont l’entrée, le transport et le stock exigent une autorisation spéciale, a été transmis au Conseil turc de l’énergie nucléaire pour une étude».

Les autorités précisent qu’une enquête a été ouverte, ajoutant que cinq personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire.

Publié le 06.07.2019 à 15h54, mis à jour à 16h23

https://fr.sputniknews.com/international/201907061041606745-un-element-radioactif-utilise-pour-les-armes-nucleaires-saisi-dans-une-voiture-en-turquie/

Juil 06

POUTINE VEUT LIBÉRER SON ARSENAL NUCLÉAIRE

Le président russe menace de laisser expirer en 2021 l’important traité de contrôle des armements nucléaires stratégiques avec les États-Unis.

Si personne ne souhaite prolonger l’accord Start, alors nous ne le ferons pas […] Nous avons dit cent fois que nous y étions prêts, a déclaré Vladimir Poutine en marge du Forum économique de Saint-Pétersbourg.

« Jusqu’à présent, personne ne négocie avec nous. Le processus de pourparlers formels n’est toujours pas lancé, bien que tout expire en 2021 », a ajouté Vladimir Poutine.
Ce traité bilatéral de réduction des armes stratégiques, dont le dernier volet baptisé New Start, a été signé en 2010, maintient les arsenaux nucléaires russe et américain bien en deçà du niveau de la guerre froide. Il arrive à échéance en 2021, dans une période de fortes tensions entre les deux plus grandes puissances nucléaires.

Si le traité expire sans l’adoption d’une nouvelle version, « il n’y aura plus aucun instrument limitant la course aux armements, avec par exemple l’envoi d’armes dans l’espace », a poursuivi le président russe, avertissant que « au-dessus de la tête de chacun de nous se tiendront des armes nucléaires ».

« Nous avons de nouveaux systèmes capables de garantir la sécurité de la Russie sur une période assez longue », a affirmé Vladimir Poutine, assurant que son pays a « dépassé ses concurrents en termes de création de systèmes hypersoniques ».

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait estimé en avril que la Chine devrait se joindre au prochain traité Start, auquel ne sont pour le moment astreints que Moscou et Washington.

La Russie et les États-Unis avaient déjà suspendu cette année leur participation au traité de désarmement nucléaire INF (sur les armes à portée intermédiaire) signé pendant la guerre froide, s’accusant mutuellement de le violer.

Dans ce contexte, Vladimir Poutine a donné l’ordre de mettre au point de nouveaux types de missiles terrestres dans les deux ans et a menacé fin février de déployer les nouvelles armes « invincibles » mises au point par son pays pour viser les « centres de décision » dans les pays occidentaux.

En savoir plus

Confronté à un essoufflement économique et une baisse de popularité, Vladimir Poutine a assuré jeudi que la Russie avait besoin des investisseurs étrangers, échaudés par plusieurs arrestations. Surnommé le Davos russe en temps de boom économique, le Forum économique international de Saint-Pétersbourg a été assombri ces dernières années par les sanctions occidentales, auxquelles s’ajoute cette année l’affaire Baring Vostok, fonds d’investissement majeur dont des dirigeants sont poursuivis par la justice. L’invité d’honneur du forum est le président chinois Xi Jinping qui doit s’y exprimer ce vendredi avec Vladimir Poutine et le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Publié le 07/06/2019 à 04h56 (heure locale)

https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/poutine-veut-liberer-son-arsenal-nucleaire

Juil 06

MOSCOU REFUSE DE DÉTRUIRE SES NOUVEAUX MISSILES DÉPLOYÉS EN EUROPE, AFFIRME L’OTAN

La Russie a une nouvelle fois refusé de détruire ses nouveaux missiles déployés en Europe, en violation selon l’OTAN d’un traité conclu en 1987, a affirmé vendredi le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg, à l’issue d’une réunion du conseil Otan-Russie.

«Nous n’avons pas vu une quelconque indication de la volonté de la Russie de se mettre en conformité avec le Traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) en détruisant ces missiles avant le 2 août (…) et les conséquences sont gravissimes pour la maîtrise des armements», a-t-il déclaré au cours d’un point de presse.

«S’il se révèle impossible de sauver le traité, alors la réaction de l’OTAN sera coordonnée et défensive», a-t-il assuré. «Nous serons obligés de réagir», a-t-il averti.

Les ministres de la Défense de l’Alliance ont approuvé le 26 juin une gamme de mesures militaires et politiques, dont la plus notable est le renforcement de la défense antimissile.

Jens Stoltenberg a reconnu que «les défenses actuelles ne sont pas en mesure d’abattre un missile de croisière tiré depuis la Russie». Mais il a affirmé que «l’Europe n’a pas l’intention de déployer de nouveaux missiles armés de têtes nucléaires en Europe».

L’OTAN exige que la Russie détruise son nouveau système de missiles SSC-8 avant le 2 août, fin effective du Traité INF avec le retrait des États-Unis qui entendent ainsi dénoncer sa violation par Moscou.

Ces engins sont capables de transporter des têtes nucléaires et de frapper des villes européennes «en quelques minutes», a rappelé M. Stoltenberg. «Ils sont difficiles à déceler», a-t-il ajouté.

«Notre objectif est de sauver le traité. Il reste 4 semaines avant le 2 août», a-t-il insisté. «En 1987, la Russie a détruit des missiles de croisière en quelques semaines. Il suffit d’en avoir la volonté politique», a-t-il rappelé.

«Les tentatives de rejeter la faute sur la Russie pour la disparition du traité INF sont injustifiées», a affirmé la représentation de la Russie auprès de l’OTAN dans un communiqué.

«Nous avons attiré l’attention sur les risques réels d’aggravation de la situation militaire et politique en Europe», a-t-elle ajouté.

Si les États-Unis se retirent du traité, «nous avons confirmé ne pas avoir l’intention de déployer des systèmes de missiles correspondants en Europe et dans d’autres régions, à moins que des missiles américains à portée intermédiaire et à courte portée ne soient déployés», a-t-elle déclaré. «Nous avons demandé aux pays de l’OTAN de faire la même déclaration», a-t-elle précisé.

L’accord bilatéral conclu par Washington et Moscou en 1987 avait permis l’élimination des missiles balistiques et de croisière SS20 russes et Pershing américains déployés en Europe.

Le traité a interdit le déploiement de missiles terrestres d’une portée de 500 à 5500 kilomètres en Europe. Il est considéré comme la pierre angulaire de la maîtrise des armements et sa disparition menace le nouveau traité Start négocié entre les États-Unis et la Russie pour réduire les plafonds fixés pour les têtes nucléaires stratégiques.

Le conseil Otan-Russie est l’instance de consultation créée en 2002 entre les deux blocs. Ses réunions se tiennent au niveau des ambassadeurs. Jens Stoltenberg n’a pas annoncé de nouvelle réunion avant le 2 août.

Agence France-Presse, publié le 5 juillet 2019 à 09h50, mis à jour le 5 juillet 2019 à 09h57

https://www.tvanouvelles.ca/2019/07/05/moscou-refuse-de-detruire-ses-nouveaux-missiles-deployes-en-europe-affirme-lotan

Juil 06

APRÈS LA SAISIE D’UN PÉTROLIER, L’IRAN MENACE DIRECTEMENT LA GRANDE-BRETAGNE

La Grande-Bretagne a toutes les raisons de redouter d’éventuelles représailles de Téhéran après la saisie, jeudi, d’un navire pétrolier iranien, a déclaré samedi un dignitaire religieux cité par l’agence Fars

 « Je dis sans ambiguïté que la Grande-Bretagne devrait craindre les mesures de rétorsion iraniennes après la saisie illégale du navire pétrolier iranien », a déclaré Mohammad Ali Mousavi Jazayeri, membre de l’Assemblée des experts, une puissante instance religieuse iranienne. Une menace réelle et inquiétante, à en croire les déclarations qui ont suivi. « Nous avons montré que nous ne resterons jamais inactifs face à l’intimidation (…). De la même manière que nous avons réagi face au drone américain, une réponse adéquate sera apportée par l’Iran à cette saisie illégale », a ajouté Mohammad Ali Mousavi Jazayeri.

Soupçons de pétrole acheminé.

Les Royal Marines britanniques ont saisi jeudi 4 juillet le supertanker Grace 1 alors qu’ils le soupçonnaient de vouloir acheminer du pétrole en Syrie en violation des sanctions imposées par l’Union européenne depuis 2011, au début de la guerre. Les autorités de Gibraltar ont annoncé le lendemain que le bateau resterait immobilisé pendant quatorze jours supplémentaires. En représailles, l’Iran a immédiatement menacé de saisir à son tour un navire britannique.

Dans le même temps, l’Iran, par l’intermédiaire d’un conseiller du guide suprême iranien, a fait savoir qu’il pourrait enrichir son uranium à hauteur de 5% à des fins « pacifiques ». Dès le 8 mai dernier, Téhéran avait annoncé vouloir ne plus respecter deux engagements pris aux termes de l’accord nucléaire, limitant ses réserves d’uranium enrichi et d’eau lourde, un an après le retrait de Washington du pacte. Ainsi, comme le rapporte 20 Minutes, une réunion extraordinaire de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a été demandée par les États-Unis pour parler de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Elle devrait se tenir le 10 juillet prochain. Le conseil des gouverneurs de l’AIEA, dont le siège se trouve à Vienne, en Autriche, se réunira « à partir de 14h30 », a annoncé le porte-parole de l’agence. Pour les États-Unis, « la communauté internationale doit demander des comptes au régime iranien« .

Avec Reuters, l’Opinion, publié le 06 Juillet 2019 à 14h39

Photo : Un portrait du guide Suprême iranien Ali Khamenei, porté par des soldats. © © MORTEZA NIKOUBAZL/SIPA

https://www.lopinion.fr/edition/international/apres-saisie-d-petrolier-l-iran-menace-directement-grande-bretagne-192050

Juil 06

UN AUDIT SUR L’EPR COMMANDÉ APRÈS LES DÉBOIRES DU CHANTIER DE FLAMANVILLE (BRUNO LE MAIRE)

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a indiqué vendredi avoir demandé un audit sur la filière EPR après les déboires à répétition rencontrés par le chantier de l’EPR d’EDF à Flamanville (Manche), disant vouloir « la transparence » sur ce sujet.

« Je crois que ces incidents à répétition ne sont pas acceptables, ils ne sont pas compréhensibles. Ils ne sont pas acceptables de la part d’une filière nucléaire qui est un fleuron français », a déclaré M. Le Maire, interrogé sur BFMTV en marge des rencontres économiques d’Aix-en-Provence.

« Moi je souhaite savoir ce qui s’est passé. Je souhaite savoir pourquoi on a retenu cette technologie EPR, pourquoi on rencontre tellement de difficultés, pourquoi est-ce qu’il y a eu malfaçons, pourquoi ces fameuses soudures n’ont pas bien été réalisées« , a-t-il poursuivi.

Pour cette raison, « j’ai demandé un audit totalement indépendant sur cette filière EPR, pour comprendre pourquoi certains choix techniques n’ont pas forcément été les bons, comment nous en sommes arrivés là (…) de façon à ce que EDF puisse y remédier dans les meilleurs délais », a-t-il ajouté. (NDLR : donc quel que soit le résultat de l’audit, l’EPR sera mis en marche…un jour ! Si vous avez un gros problème, il a toujours été conseillé de créer une commission ou un audit, ça fait sérieux et on finit par penser que tout va bien).

L’Autorité de sûreté nucléaire a demandé le 20 juin à EDF de réparer huit soudures difficilement accessibles sur l’EPR de Flamanville (Manche), occasionnant de nouveaux retards pour ce chantier qui ne pourra pas être terminé avant fin 2022, et dont le calendrier et les coûts ont déjà dérapé à de multiples reprises.

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy, suite à ce nouveau déboire, avait fait part de son doute sur la rentabilité de la filière nucléaire par rapport aux énergies renouvelables.

vab-boc/tq/cam

AFP, parue le 05 juill. 2019 à 22h07

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/un-audit-sur-lepr-commande-apres-les-deboires-du-chantier-de-flamanville-le-maire-190705

Juil 05

CLIMAT : RESTER SOUS LA BARRE DE 1,5 °C IMPOSE DES CHOIX RADICAUX SUR LA CONSOMMATION

Le Giec estime qu’il faut limiter à 1,5 °C l’augmentation de la température terrestre par rapport à l’ère préindustrielle si l’humanité ne veut pas affronter un emballement climatique. Le cabinet d’étude B&L évolution a fait la liste des actions à mener pour y parvenir. Nous en sommes loin.

Ce jeudi 4 juillet, le Jiec — Journalistes d’investigation sur l’écologie et le climat — publie simultanément une troisième série d’articles, que vous pourrez lire sur Reporterre et les sites de nos partenaires : Basta, Mediapart, Politis et la revue Projet. Les liens vers les travaux sont à retrouver à la fin de cet article.

Que faudrait-il faire pour rester sous les 1,5 °C et éviter ainsi l’emballement climatique ? C’est à cette épineuse question que s’est attelé le cabinet d’étude B&L évolution. Les ingénieurs Charles-Adrien Louis et Guillaume Martin ont patiemment traduit en mesures concrètes le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Limiter le chauffage des bâtiments à 17 °C après 22 h, interdire la vente de véhicules consommant plus de 2 l/100 km en 2027, interdire tout vol hors d’Europe non justifié, limiter l’achat de vêtements neufs à 1 kg par personne et par an… À l’arrivée, leur constat est sans appel : « Une trajectoire compatible avec un réchauffement climatique limité à 1,5 °C est très improbable ».

« En lisant le rapport du Giec en octobre 2018, j’ai compris que les scientifiques nous expliquaient que, en gros, c’était mort pour les 1,5 °C, se rappelle Charles-Adrien Louis. Pourtant, les associations écolos restaient sur une ligne “c’est encore faisable”. » Ainsi, lors de l’arrivée du tour Alternatiba à Bayonne, les activistes du climat ont planché sur des mesures à revendiquer pour rester sous les 1,5 °C. Sauf que, « d’après moi, elles permettaient tout juste de rester sous les 3 °C, raconte l’ingénieur. Je leur ai dit, et c’était la première fois que je sentais qu’ils percutaient le gros décalage entre leur discours et leurs propositions. Ils restaient en quelque sorte dans une logique des petits pas. » Deux mois — et quelques week-ends de travail acharné — plus tard, paraissait le rapport « Comment s’aligner sur une trajectoire compatible avec les 1,5 °C ? », 36 pages étayées de graphiques afin d’« aider à comprendre l’ampleur des efforts à réaliser afin que chacun puisse juger de leur faisabilité ou de leur réalisme dans le contexte actuel ».

Ne pas dépasser 3,7 tonnes de CO2 par habitant et par an en 2030

Le duo de B&L évolution n’en était pas à son coup d’essai. Depuis la création du bureau d’études, en 2010, les deux comparses ont eu à cœur, en parallèle de leur métier de consultant en développement durable, « d’interpeller le grand public » sur des problématiques écologiques. Avec leur regard et leurs outils d’ingénieurs. En 2012, ils ont par exemple réalisé le bilan carbone de l’élection présidentielle ; quelques années plus tard, ils ont examiné les effets de la loi de transition énergétique. « Dès le départ, dans notre ADN, on était engagés », souligne Charles-Adrien Louis, longtemps investi au sein de l’association Avenir climatique, avant de rejoindre Alternatiba et ANV-COP21. Il se définit comme une interface entre les chercheurs et la société civile : « Notre objectif est de comprendre le discours des scientifiques, de le synthétiser et de le rendre plus compréhensible pour le grand public », explique-t-il.

L’empreinte carbone des Français en 2019 et celle qu’elle devrait être en 2030 pour conserver la trajectoire de 1,5 °C d’augmentation.

Afin de traduire les centaines de pages rédigées par les experts du Giec en une liste d’actions, les ingénieurs sont partis du budget carbone que les Français peuvent encore « dépenser » avant que les émissions de gaz à effet de serre ne nous emmènent au-delà des 1,5 °C. « Le Giec estime que l’humanité ne doit pas émettre plus de 500 milliards de tonnes de CO2 d’ici la fin du siècle, dit Charles-Adrien Louis. Mais, comment répartition cegâteauentre les pays les plus pollueurs et ceux qui émettent bien moins aujourd’hui ? » Autrement dit, divise-t-on l’ensemble de ce budget carbone par le nombre d’êtres humains ? Prend-on en compte les différences de consommation entre pays ? Ou encore fait-on « payer » la dette climatique aux pays industrialisés, largement responsables du changement climatique ? Les ingénieurs ont fait une sorte de moyenne, et sont parvenus au chiffre de 3,7 tonnes de CO2 par habitant et par an en 2030, soit le tiers de ce qu’elle est aujourd’hui. « Si tout le monde était à égalité, ce serait 3 tonnes par habitant, et si on maintenait les inégalités, ce serait 4,5 tonnes », précise le consultant. Autre difficulté : prendre en compte les émissions importées, liées à la fabrication de biens de consommation à l’étranger, peu documentées. En 2017, les émissions de gaz à effet de serre territoriales étaient de l’ordre de 6,6 tonnes de CO2 par habitant, mais de 10,5 tonnes de CO2 en intégrant ces émissions importées.

Ensuite, en s’appuyant sur la stratégie nationale bas carbone, les ingénieurs ont réparti le budget par activité. Le secteur des transports, qui émet aujourd’hui plus de 130 millions de tonnes de CO2, ne devra plus en relâcher que 31 en 2030, soit une diminution de 76 %. Des réductions similaires sont à effectuer dans le résidentiel, le tertiaire, les biens de consommation (vêtements, informatique, gros électroménager). Une fois ces différentes trajectoires posées, il ne restait plus qu’à mettre en face des mesures permettant d’atteindre l’objectif fixé.

« Ça devient compliqué quand on dit aux gens qu’on va moins prendre sa voiture, ou ne plus prendre l’avion » 

Ainsi, afin de diminuer de 38 millions de tonnes de CO2 les émissions des logements d’ici à 2030, il faudrait :

  • Créer 50.000 emplois par an dans le bâtiment pendant dix ans, afin d’augmenter rapidement le nombre de logements rénovés, et rendre obligatoires les travaux à très haute performance environnementale ;
  • Passer de 200.000 à 1.000.000 de rénovations par an d’ici 2027 puis maintenir ce taux ;
  • Passer de 400.000 à 1.200.000 équipements de chauffage renouvelés par an d’ici 2026, puis maintenir ce taux. Les renouvellements ne peuvent se faire qu’en chauffage solaire, géothermique, pompe à chaleur air/eau, bois ou alimenté au biogaz. En 2026, interdire le chauffage au fioul ;
  • Proscrire l’utilisation en saison froide des résidences secondaires ;
  • Interdire la construction de maisons individuelles, sauf habitat léger. Les constructions neuves sont exclusivement de l’habitat collectif. Favoriser la cohabitation, l’intergénérationnel, et limiter l’espace par habitant à 32 m².
  • Passer la température moyenne de 21 °C à 19 °C dans les logements. En 2025, couper les chauffages non décarbonés entre 22 h et 6 h pour atteindre une température moyenne de 17 °C dans les logements ;
  • Passer progressivement de 4 à 2 kWh d’électricité par jour et par personne. Instaurer une taxation progressive pour garantir à tous l’accès au premier kWh et décourager de consommer plus de 3-4 kWh d’électricité par jour.

« Pour chaque secteur, nous avons regardé ce qui était faisable au maximum de l’efficacité, par exemple, la rénovation énergétique. Puis, tout le reste, il faudra le faire avec la sobriété, donc que les gens chauffent moins, qu’ils habitent à plus nombreux par maison, dit Charles Adrien Louis. Ces mesures comportementales sont nécessaires, et c’est elles qui font le plus réagir. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut rénover, mais ça devient compliqué quand on dit aux gens qu’on va moins prendre sa voiture, ou ne plus prendre l’avion. »

De fait, à sa sortie, le rapport a d’abord été critiqué pour son approche centrée sur le consommateur plutôt que sur les industriels ou les politiques. Charles-Adrien Louis assume ce parti-pris : « C’est ce qui nous semblait le plus percutant, dit-il. Mais quand on dit aux gens qu’il faudra qu’ils achètent dix fois moins de vêtements, ça veut dire que les producteurs vont devoir en produire dix fois moins. » Leur étude n’entend d’ailleurs pas se substituer à un programme politique, elle n’est pas budgétée et ne comporte aucune analyse sociale ou économique. « Le but n’était pas de produire quelque chose d’acceptable ou de souhaitable socialement, mais de voir ce qui était possible, et de proposer un ensemble de mesures réalistes et cohérentes pour rester sous les 1,5 °C, explique-t-il. Reste aux associations et aux partis de s’en emparer et d’en faire un discours politique. » Malgré ces mises en garde, nombre de groupes écolos ont fait du rapport le socle de leurs revendications.

« Les mesures ne sont restrictives que si notre conception de la liberté est de consommer toujours plus » 

En bons ingénieurs, les co-auteurs ont en revanche pris en compte les contraintes techniques. La rénovation, le renouvellement du parc automobile, la conversion en agriculture bio… tout cela prendra du temps et doit donc « commencer dès à présent ». « Chaque année de retard rendra l’atteinte de ces objectifs encore plus complexe », insiste Charles-Adrien Louis. Ils ont également tenté de lever quelques freins sociaux : plutôt que de préconiser l’interdiction des voitures thermiques — « impossible car les gens conduisent non par choix mais par nécessité, parce qu’ils ont besoin d’accéder à des services, pour travailler » —, ils ont ainsi réfléchi à des propositions pour réduire notre dépendance au véhicule, telle l’obligation du télétravail deux jours par semaine « pour toute personne habitant à plus de 10 km de son lieu de travail ».

En France.

À sa sortie, le rapport n’a pas fait d’émules, demeurant dans la confidentialité des pages « Nos publications » du site de B&L évolution. Le buzz n’est venu qu’avec la reprise en infographie de l’étude par Novethic. Et avec la notoriété, les critiques. « On nous a accusés de prôner une dictature verte, parce que nos mesures seraient liberticides », se rappelle Charles-Adrien Louis. Les auteurs ont répondu à ces attaques dans une tribune publiée sur Reporterre, estimant que « les mesures ne sont restrictives que si notre conception de la liberté est de consommer toujours plus ». Une question de point de vue également : où est la liberté des milliards d’êtres humains qui ne prennent jamais l’avion mais souffrent des conséquences climatiques de ce mode de transport ?

« Que ce soit maintenant pour rester sous les 1,5 °C, ou dans quelques années, pour rester sous les 2 °C voire les 3 °C, nous devrons en passer par de telles mesures », estime Charles-Adrien Louis. Il s’agit donc de réfléchir à leur mise en place, afin qu’elles soient le moins injustes possible. « La problématique écologique, mais également la décroissance, constituent un cadre dans lequel on doit s’inscrire impérativement, puisque de toute façon nous allons toucher aux limites du système actuel, pense l’ingénieur. Il faut penser un système démocratique et social dans ce cadre écologique déterminé. » Et non l’inverse. Dans cette optique, le cabinet B&L évolution espère se pencher prochainement sur un rapport similaire à propos de l’adaptation au changement climatique. On en devine déjà le titre : « Comment (sur)vivre dans un monde à +3 °C ? »

Le Jiec — Journalistes d’investigation sur l’écologie et le climat — s’est donné pour mission de documenter les conséquences du changement climatique en France, et publie simultanément des séries d’articles. Voici ceux publiés ce jeudi 4 juillet :

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Par Lorène Lavocat (Reporterre), publié le 4 juillet 2019

https://reporterre.net/Climat-rester-sous-la-barre-de-1-5-oC-impose-des-choix-radicaux-sur-la

Juil 05

REPRISE DU RETRAIT DES COMBUSTIBLES DE LA PISCINE DU RÉACTEUR N°3 DE FUKUSHIMA DAÏ-ICHI

En avril dernier, TEPCo avait retiré 7 assemblages neufs de la piscine de combustibles du réacteur n°3 pour les mettre dans la piscine centrale, au niveau du sol. Depuis, il ne se passait plus rien. La page avec l’avancement restait comme figée dans le temps, sans explication :

La compagnie vient d’annoncer la reprise du retrait. La suspension des travaux serait due à une inspection des procédures et des équipements. À suivre…

Publié le

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

Juil 05

POLYNÉSIE : LETTRE À LA FRANCE

Je me dois de rendre compte.

Je suis à Tahiti à l’heure où j’entame ces lignes. Plus particulièrement dans la ville de FAA’A dont le Maire est l’ancien Président de la Polynésie Française, Oscar TEMARU. Homme politique parfaitement intègre et ayant dévolu sa vie entière au service des plus déshérités et plus largement, de son Peuple. Je témoigne de la simplicité dans laquelle il vit, je témoigne de son engagement.

Au-delà de sa vision politique plus largement entendue, Oscar TEMARU, dont je suis l’avocat, est adepte de l’accession à la souveraineté de son pays et l’un des premiers, il y a plus de quarante ans, à avoir alerté sur les dangers des essais nucléaires français dans le Pacifique.

Depuis lors, il n’a cessé d’en dénoncer les effets.

Le Président Oscar TEMARU a obtenu la réinscription de la Polynésie Française sur la liste des pays à décoloniser et la France ne joue pas le jeu de ce processus international.

Oscar TEMARU a également déposé plainte pour crime contre l’humanité du fait des 193 essais nucléaires et de leurs conséquences dramatiques sur la population polynésienne et sur l’environnement. Ce sont deux actions politiques très gênantes pour le gouvernement français, alors même que le précédent Président de la république a reconnu sans contredit possible les conséquences néfastes desdits essais.

Dans la même ligne, l’actuel Président de la Polynésie Française, Édouard FRITCH vient de reconnaître courageusement que cela fait 30 ans qu’il a menti, avec d’autres, s’agissant des essais nucléaires qui -on le sait aujourd’hui-, n’étaient pas « propres ». Ses propos sont tout à fait clairs : « Notre propre leader a vu une bombe péter : lorsqu’on voit une bombe atomique péter, je pense qu’on se rend compte que ça ne peut pas ne pas faire de mal ». Il ajoutait donc : « Je ne m’étonne pas qu’on me traite de menteur alors que pendant 30 ans, nous avons menti à cette population, que les essais étaient propres : nous avons menti, j’ai fait partie de cette bande ».

La France a montré ce dont elle était capable lorsqu’il s’est agi de réduire au silence le Député Polynésien Pouvana’a a O’opa accusé à tort et fabriquant ainsi un martyr. Entendra-t-elle faire de même avec ceux qui combattent aujourd’hui aux côtés de Tavana Oscar ?

J’ai vu ici des enfants, des femmes, des hommes souffrant des pires maux. Des cancers, des leucémies, des malformations, le nombre de cancers, appelé « la prévalence », et le nombre de nouveaux cas annuels, que l’on appelle « l’incidence » explose. Pour le cancer de la thyroïde par exemple, les polynésiens sont sept fois plus touchés que le reste du monde, dans l’indifférence générale.

Ceux dont la peau part littéralement en lambeaux, dont la vie dès la naissance, de la naissance à la mort, est vouée à la souffrance, marquent à tout jamais mon esprit.

Pour le Français que je suis, le débat n’est pas simple : aimer la France impose de regarder cette réalité en face, telle qu’elle est et non telle que nous aimerions la raconter, que l’on dirige ce pays ou que l’on en soit citoyens. Les impératifs d’indépendance français au sortir de la guerre ayant motivés les essais nucléaires et la main mise gardée sur les cinq archipels pour des raisons géostratégiques, n’existent plus aujourd’hui de la même manière. Et notre devoir, en tant que français, nous dont les plus grands textes constitutionnels consacrent l’autodétermination comme un droit suprême de chaque peuple à disposer de lui-même, nous commande de ne plus mentir aux polynésiens et, avant toute chose, de ne plus nous masquer la réalité en payant sur l’autel du réel tribu de l’honnêteté.

Alors que les essais débutèrent le 2 juillet 1966, ce n’est qu’en 1976 que furent placés aux abords de Mururoa d’insignifiants panneaux blancs, marqués de rouge à l’adresse des polynésiens, « NE PAS BOIRE L’EAU DE COCO – NE PAS PÊCHER LES POISSONS DU LAGON ». Ces deux illusoires injonctions à destination d’un Peuple millénaire furent la seule précaution bien tardive qui leur fut adressée.

Lorsque Le Président TEMARU que rien ne destinait à la lutte menée inlassablement depuis plus de quarante ans a, parmi les premiers, compris ce qui se jouait ici, il fut traité de « terroriste », il était décrit tel « l’antéchrist », « agent de Cuba », « à la solde des puissances de l’Est » qui ne voulaient rien de moins que trahir la France en l’affaiblissant sur la scène internationale. 

Il s’agit de ce même Peuple qui, sur la base du volontariat deux décennies plus tôt, envoyait ses jeunes s’enrôler pour combattre au sein de l’armée de la France Libre, tel le père de mon Confrère, Stanley CROSS, quittant Tahiti à 17 ans, pour se rendre en Nouvelle Zélande, rejoindre ensuite le Canada puis, finalement l’Angleterre, pour voler sous la bannière des Forces Françaises Aériennes Libres, intégrées ensuite dans la ROYAL AIR FORCE, aux côtés de Romain GARY où il fréquenta Pierre MENDÈS FRANCE, Jacques CHABAN DELMAS et tant d’autres. Il revint suite à un crash le visage et les mains brulées pour la France et pour les valeurs qu’elle portait fièrement et qu’elle trahit depuis.

La différence majeure, notable, entre le fier Peuple Maohi et les autres peuples aujourd’hui décolonisés est qu’ici la violence n’est pas de mise, que la tradition de respect et d’accueil de « l’étranger » est une valeur cardinale de l’organisation de cette société. Le président TEMARU incarne ces valeurs et s’est posé en pacificateur pendant les fameuses émeutes de 1995, alors que le Président CHIRAC annonçait la reprise des essais nucléaires.

Le Président Oscar TEMARU, à l’inverse du message qu’il porte, n’est pas éternel. Au nom de l’amour que je porte aux Maohi et à mon pays, la France, j’espère que seule la violence ne sera pas la solution pour que leur combat légitime soit entendu.

La France se doit de reconnaître les conséquences de ses actes passés et doit les réparer. Cette reconnaissance est aujourd’hui implorée pacifiquement par ce Peuple entamé dans sa chair et dans son âme.

Et demain ?

Monsieur le Président de la République, Emmanuel MACRON, Monsieur le Premier Ministre Édouard PHILIPPE, Cher Édouard, Madame la Ministre des Outre-mer Annick GIRARDIN, entrerez-vous dans l’histoire française pour avoir réparé cette injustice ou pour l’avoir couverte ?

 Par David Koubbi, Avocat à la Cour

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Par Davidkoubbi, publié le 4 juillet 2019 (Blog : Le blog de davidkoubbi)

https://blogs.mediapart.fr/davidkoubbi/blog/040719/lettre-france

Juil 05

LE SACRIFICE DE QUATORZE “HÉROS” POUR ÉVITER UN ACCIDENT NUCLÉAIRE

Le 4 juillet ont eu lieu à Saint-Pétersbourg les obsèques religieuses des quatorze sous-mariniers russes morts le 1er juillet lors de l’incendie de leur appareil en mer de Barents. 

“Des héros”, titre sobrement le tabloïd populaire Komsomolskaïa Pravda, qui publie, aux côtés de leurs titres et de leurs médailles, la photographie de ces officiers qui se sont sacrifiés pour sauver leurs camarades de bord, ainsi que le sous-marin, “unique au monde”.

Mais surtout, pour éviter une catastrophe de grande ampleur, car l’appareil fonctionnait à l’énergie nucléaire. Selon le rapport du ministre des Situations d’urgence, l’incendie s’est déclenché au niveau du compartiment de l’accumulateur. Le système nucléaire n’a pas été touché, et l’AS-31, sous-marin de petite taille destiné à l’exploration des grandes profondeurs, a pu rentrer à Severomorsk. Il pourra être entièrement remis en état. Severomorsk est une ville fermée située à 25 kilomètres de Mourmansk, au-delà du cercle polaire. Son port militaire se trouve dans la baie de Kola, où l’eau ne gèle pas.

Un sous-marin destiné à des missions secrètes

Concernant les causes de l’incendie, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que le commandement en chef de la flotte du Nord disposait “désormais de toutes les informations sur le sujet”, mais qu’elles n’étaient pas “de nature à être rendues publiques”. Le spécialiste des questions militaires du journal explique que les AS-31 sont destinés à des missions secrètes pouvant avoir un rapport avec des “interventions”, des opérations spéciales […] sur les câbles de communication reliant les continents qui tapissent le fond des mers.

L’une des dimensions tragiques de cet accident réside dans le fait qu’un groupe d’officiers supérieurs particulièrement gradés se trouvaient réunis ce jour-là et que, parmi les quatorze victimes, on compte deux “Héros de la nation” et sept capitaines de premier rang. Une occasion particulière devait être à l’origine de cette réunion inhabituelle. L’“expérimentation d’un matériel nouveau”, une “mission spéciale”… l’expert ne peut que spéculer.

On ne sait pas encore si les quatorze “héros” auront des funérailles régionales ou nationales, ni s’ils seront inhumés en même temps. En effet, dix corps se trouvent encore dans le sous-marin, et leur extraction devrait se révéler délicate.

Source : Komsomolskaïa Pravda, Moscou www.kp.ru

Publié le 05/07/2019 à 14h07

https://www.courrierinternational.com/une/russie-le-sacrifice-de-quatorze-heros-pour-eviter-un-accident-nucleaire

Juil 05

NUCLÉAIRE : « L’IRAN ENRICHIRA L’URANIUM « AUTANT QUE NÉCESSAIRE »

Hassan Rohani a annoncé ce mercredi son intention de produire, à partir du 7 juillet, de l’uranium enrichi à un degré supérieur au seuil maximum de 3,67% fixé par l’accord sur le nucléaire iranien de 2015.

L’Iran a annoncé mercredi qu’il mettrait à exécution dès dimanche sa menace d’enrichir l’uranium à un degré supérieur à la limite fixée par l’accord international sur son programme nucléaire.

Le président Hassan Rohani a indiqué que cette décision était liée au fait que les autres états parties à l’accord ne respectent pas selon lui l’intégralité de leurs engagements vis-à-vis de l’Iran. « Le 7 juillet, notre degré d’enrichissement ne sera plus de 3,67%« , la limite fixée par cet accord conclu à Vienne en juillet 2015, a déclaré Hassan Rohani lors d’une réunion du conseil des ministres. « Nous mettrons cet engagement de côté. Autant que nous le voudrons, autant que nécessaire, autant que nos besoins l’imposent, nous porterons cela au-dessus de 3,67%« , a ajouté Hassan Rohani, selon une vidéo diffusée par la télévision d’État. 

Vers un redémarrage du réacteur à eau lourde d’Arak ? 

Il a également prévenu qu’à partir du 7 juillet, l’Iran pourrait reprendre son projet initial de réacteur à eau lourde à Arak, dans le centre du pays, mis en sommeil en vertu de l’accord. L’accord de Vienne est menacé depuis que les États-Unis s’en sont retirés unilatéralement en mai 2018, réimposant par là même des sanctions économiques et financières punitives contre la République islamique, privant l’Iran des bénéfices qu’il attendait de ce pacte. À Vienne, l’Iran s’est engagé à ne jamais acquérir l’arme atomique et à brider son programme nucléaire en échange de la levée d’une partie des sanctions internationales qui asphyxiaient alors son économie. 

S’adressant aux autres États encore parties à l’accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie), Hassan Rohani a déclaré : « Si vous voulez exprimer des regrets, il est trop tard, et si vous devez publier un communiqué, faites-le maintenant« . « Nous resterons tenus par [l’accord de Vienne] tant que les autres parties y resteront tenues. Nous appliquerons 100% [de l’accord] le jour où les autres parties agiront à 100% » selon ses termes, a ajouté le président iranien.

Le 8 mai, un an jour pour jour après le retrait américain, Téhéran avait adressé un ultimatum aux autres États parties à l’accord, leur donnant « 60 jours » pour l’aider à contourner les sanctions américaines, qui ont fait plonger le pays en récession. Faute de quoi avait prévenu Téhéran, la République islamique reprendra des activités d’enrichissement d’uranium à un taux supérieur au degré maximal fixé par l’accord (3,67%) et son projet de réacteur à Arak.

Publié le 3 juillet à 10h31, modifié à 11h19

https://www.europe1.fr/international/nucleaire-liran-enrichira-luranium-autant-que-necessaire-3907859

Juil 05

«LE SEUIL DE LA GUERRE NUCLÉAIRE EN EUROPE SERA DANGEREUSEMENT ABAISSÉ»

La disparition du Traité sur les missiles à portée intermédiaire placerait l’Europe au seuil d’une guerre nucléaire, puisque les pays où ces missiles peuvent être déployés et qui seront visés par de tels missiles sont tous en Europe, a expliqué à Sputnik Marc Finaud, spécialiste en prolifération au Centre de politique de sécurité de Genève.

Le seuil de guerre nucléaire en Europe sera abaissé à un niveau critique si les États-Unis et la Russie ne parviennent pas à sauver le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) ou à conclure de nouveaux accords sur le contrôle de ces armes et d’autres types d’armements, a déclaré à Sputnik International Marc Finaud, spécialiste des questions de prolifération au Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP) et ancien diplomate français.

«Si le FNI n’est pas prorogé où remplacé par un accord similaire ou encore plus ambitieux et surtout si on redéploie des missiles à portée intermédiaire, le seuil de la guerre nucléaire en Europe sera dangereusement abaissé», a indiqué M.Finaud.

En quoi l’Europe est-elle concernée?

    La Russie et la Chine estiment en quoi résultera le retrait des USA du Traité FNI  © Sputnik . Aleksei Druzhinin

Selon l’expert, même si l’accord de 1987 a été signé par l’Union soviétique et les États-Unis, «les pays où ces missiles ont été déployés ou qui seraient visés par de tels missiles se trouvent en Europe». Cet accord contribuait donc à la stabilité stratégique entre deux grandes puissances nucléaires, mais aussi à la sécurité des Européens, a-t-il relevé.

Le fait que ce traité historique qui élimine toute une gamme de missiles soit actuellement sur le point de disparaître est «extrêmement regrettable», selon M.Finaud, parce qu’il existe «un risque sérieux» que des missiles interdits par cet accord puissent réapparaître.

Un autre facteur dangereux

Le risque sera encore plus grand si le Traité de réduction des arsenaux nucléaires stratégiques (New START), expirant en 2021, n’est pas prolongé ou remplacé: le contrôle des armements cédera la place à une nouvelle course aux armements, à son avis.

 

 Le retrait des USA du traité FNI enfin expliqué (© Sputnik . Антон Денисов)

L’expert a émis des doutes quant à la disposition des pays européens membres de l’Otan d’accueillir de nouveaux missiles américains et de devenir ainsi des cibles désignées. Selon M.Finaud, les pays européens ont intérêt à jouer un rôle actif et constructif pour faire avancer les négociations américano-russes sur tous les aspects du contrôle des armements.

Le Traité FNI sur le point de disparaître

Le 2 juillet, Vladimir Poutine a signé une loi suspendant la participation de la Russie au Traité FNI, cinq mois après l’annonce par Washington de son retrait unilatéral de cet accord. Washington avait annoncé son retrait unilatéral du Traité le 1er février 2019, affirmant que Moscou violait cet accord.

Fin du traité FNI: «mauvaise nouvelle» pour la sécurité de l’Europe, dit un diplomate français (© Sputnik . Ekaterina Chesnokova)

Le ministère russe des Affaires étrangères a alors accusé les États-Unis de tester des systèmes interdits par le traité en question, ainsi que de déployer des systèmes de lancement Aegis sous la forme de l’ABM sur le territoire européen, qui peuvent en quelques heures se transformer d’un mécanisme défensif en arme d’attaque.

Signé en 1987 à Washington par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI/INF) est entré en vigueur le 1er juin 1988, sans limitation de durée. Le traité concerne l’élimination de tous les missiles de croisière et missiles balistiques américains et soviétiques lancés depuis le sol et ayant une portée se situant entre 500 et 5.500 km. Il est le premier traité à avoir éliminé totalement une catégorie d’armement.

Publié le 4 juillet 2019 à 17h20, mis à jour à 20h28

https://fr.sputniknews.com/international/201907041041593705-le-seuil-de-la-guerre-nucleaire-en-europe-sera-dangereusement-abaisse/

Juil 04

LE RETOUR DE L’ARENH, L’ACCÈS RÉGULÉ À L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE HISTORIQUE

L’adoption de la « petite loi » sur l’énergie la semaine dernière a remis sur le tapis la question de l’accès régulé à l’énergie nucléaire historique, ou Arenh. La loi porte en effet à 150 TWh, contre 100 TWh auparavant, cet accès à prix fixé pour les concurrents d’EDF.

Depuis la loi Nome (Nouvelle organisation du marché de l’électricité) de 2010, le dispositif, transitoire il est important de la rappeler, permet aux concurrents d’EDF de se procurer du courant nucléaire à un prix supposé ne pas léser EDF tout en leur donnant, à efficacité égale, la possibilité de concurrencer l’opérateur historique ; prix fixé à 42 euros/MWh depuis plusieurs années. À l’époque, il s’agissait clairement de s’écarter des règles habituelles de concurrence afin d’aider l’apparition et le développement des nouveaux fournisseurs d’électricité et complaire à l’ouverture du marché européen de l’énergie.

L’Arenh a également un lien direct avec les tarifs réglementés de vente (TRV), qui viennent d’augmenter. Le calcul de ce TRV doit répondre à la fois au principe de couvrir les différents coûts relatifs à la fourniture d’électricité, sans vente à perte et avec un bénéfice (autour de 2%). En outre, le calcul prévoit la « contestabilité » de ces coûts, c’est-à-dire que les TRV doivent être calculés afin que les autres fournisseurs aussi efficaces qu’EDF puissent les pratiquer et concurrencer l’opérateur historique.

Dans son dossier de presse rendu public à l’issue du vote en première lecture de la loi énergie-climat à l’Assemblée nationale, la semaine dernière, le gouvernement peut ainsi signaler que le mécanisme de l’Arenh « permet (aux consommateurs) d’être en partie protégés des variations de prix de marché de gros européens en bénéficiant d’une énergie à un prix régulé et stable. »

Les TRV sont en revanche aujourd’hui uniquement proposés par EDF et les entreprises locales de distribution (ELD, ou régies locales) aux clients particuliers ou petits professionnels (compteurs de puissance inférieure à 36 kVA). Des TRV dont le volume représente environ 150 TWh (oui, le même chiffre que le nouveau niveau d’Arenh fixé par la loi actuellement au Parlement).

Depuis 2010, les fournisseurs alternatifs (à l’opérateur historique) peuvent ainsi bénéficier de l’Arenh. Une électricité (dont le volume avait été fixé à l’origine à 100 TWh par an, c’est-à-dire environ un quart de la production nucléaire) livrée dans des conditions de coûts équivalentes à celles de l’opérateur historique EDF, et devant permettre à l’ensemble des consommateurs, quel que soit leur fournisseur, de continuer à bénéficier de la compétitivité du parc nucléaire historique. L’Arenh est donc une option pour les fournisseurs alternatifs, qui peuvent également choisir de s’approvisionner sur le marché de gros.

Néanmoins, lors de la mise en œuvre de l’Arenh, l’Autorité de la concurrence avait souligné que le dispositif devait favoriser la concurrence sur le marché de la production d’électricité. Le gendarme de la concurrence ajoutait, face au caractère transitoire du dispositif, qu’il « est important [de prévoir] une sortie progressive du mécanisme… L’objectif est d’obliger les fournisseurs à se préparer à l’échéance du 31 décembre 2025 », date de fin prévue dudit mécanisme. Une sortie qui devait se fonder sur la construction de capacités de production.

Las, après des années de fonctionnement « satisfaisant » pour les fournisseurs, les prix de marchés étant inférieurs à ceux de l’Arenh (mais pas trop au cas où il faudrait s’approvisionner ailleurs que sur le marché), depuis l’an dernier, ces prix de marché ont rebondi sur un marché désormais européen. En outre, depuis début 2018, les prix du carbone sur le marché européen des échanges de CO2 sont remontés, en même temps que le coût des combustibles fossiles utilisés dans les centrales thermiques (il en reste beaucoup en Europe). Le tout a créé un afflux de demandes d’Arenh… D’où les voix qui ont été entendues par le gouvernement puisque ce dernier a décidé d’en augmenter le volume accessible à la concurrence.

Mais alors, où sont les capacités nouvelles de production ? Force est de constater que s’il y a bien eu augmentation des capacités de production depuis le lancement de l’Arenh, elles se sont concentrées sur les énergies renouvelables, totalement hors marché de l’électricité, bénéficiant de tarifs d’achats fixés. Sans oublier une baisse substantielle des capacités fossiles retirées du marché pour cause d’engagements climatiques. Au final, les investissements dans la production n’ont pas eu le rôle voulu lors de la loi Nome, et la concurrence à la production est quasi inexistante (quelques centrales au gaz). Ainsi, pas vraiment d’effet prix pour les consommateurs.

Les concurrents les plus sérieux de l’opérateur historique sur le marché sont désormais Total, Engie et le finlandais Fortum (qui a racheté les centrales au gaz d’Uniper), plus une trentaine de « petits » fournisseurs souvent sur des offres vertes. EDF a de son côté objecté que relever le plafond de l’Arenh devrait s’accompagner d’une hausse du tarif de vente pratiqué, dans la mesure où l’entreprise doit couvrir ses coûts.

Ainsi, l’article 8 de la « petite » loi porte sur le relèvement du plafond Arenh à 150 TWh mais aussi sur la possibilité, pour le gouvernement, d’en revoir le prix. Le ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) a estimé, à l’issue du vote de la loi à l’Assemblée nationale, qu’un plafond à 150 TWh devrait être suffisant pour couvrir les besoins de la concurrence en 2020 et 2021. Sur le prix, il a indiqué ne viser « qu’une légère progression ». Mais attention, cette évolution ne pourra se faire que dans le cadre d’un accord avec la Commission européenne, avec laquelle des « échanges techniques » sont déjà en cours « notamment dans le cadre d’une réforme à plus long terme de l’Arenh »

Posté le 4 juillet 2019 par Joël Spaes dans Énergie

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/le-retour-de-larenh-lacces-regule-a-lenergie-nucleaire-historique-68022/

Juil 04

LA SÛRETÉ DES CENTRALES NUCLÉAIRES FRANÇAISES À LA TRAÎNE

Toutes les mesures décidées après l’accident de Fukushima, en 2011, ne sont pas encore mises en œuvre. 

Nos centrales nucléaires sont-elles vraiment sûres? Une catastrophe telle que Fukushima peut-elle se produire en France? Après la catastrophe japonaise de 2011, l’autorité de sûreté nucléaire a imposé à EDF une série de nouvelles normes. Le fournisseur d’électricité les a-t-il prises en compte? 

« J’ai pris toutes les infos, donc je vais faire le briefing, à tout à l’heure« , lâche au téléphone Thierry Queverdo. Cet agent EDF, que BFMTV a suivi dans son travail, est un peu spécial: il est membre de la FARN, la Force d’action rapide nucléaire.

300 agents EDF entraînés aux situations d’urgence

« On a été déclenchés cet après-midi à 13h pour une alerte sur le site du Blayais« , explique-t-il à ses collègues après son coup de téléphone. Expert de l’urgence, il conduit des simulations d’intervention à risque. Ce jour-là, dans l’exercice, la centrale du Blayais en Gironde est touchée par une forte tempête. « Le site est isolé, les routes d’accès sont sous 50 cm d’eau« , lit-il à ses coéquipiers. Une simulation pas si fictive: en 1999, la centrale a été inondée lors de la tempête Martin.

L’objectif de la FARN: éviter l’accident nucléaire. Créée en 2012, la structure est unique au monde. Elle regroupe 300 agents EDF qui, comme Thierry, s’entraînent toute l’année.

« Le scénario peut être un séisme, une inondation, une tempête; son objectif est de pouvoir porter assistance à un site en moins de 24h et maintenir le refroidissement des réacteurs de façon à ce que la sûreté soit garantie en toutes circonstances« , développe sur notre antenne Pierre Eymond, directeur de la FARN. 

Le retard des diesels d’ultime secours

Pourtant, c’est insuffisant pour l’Autorité de sûreté nucléaire. Huit ans après Fukushima, EDF n’a toujours pas installé les diesels d’ultime secours. Ce dispositif vise à garantir une alimentation en eau et en électricité en cas de catastrophe. Sur les 58 réacteurs du parc nucléaire français, seuls deux sont équipés

Une situation à risque qui inquiète les associations de protection de l’environnement.

« Les exploitants, globalement, retardent systématiquement leurs travaux, avant tout pour des raisons financières. Ce n’est pas nous qui le disons, c’est l’autorité de sûreté nucléaire: un accident type Fukushima est possible demain en France« , assure au micro de BFMTV Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France.

Il reste moins d’un an et demi à EDF pour mettre toutes les centrales nucléaires aux normes post-Fukushima.

Par Amélie Rosique, Benoît Durand-Kriegel et François Pitrel avec Liv Audigane, publié le 04/07/2019 à 10h25

Photo: installation des diesels de secours à le centrale nucléaire du Bugey

https://www.bfmtv.com/planete/la-surete-des-centrales-nucleaires-francaises-a-la-traine-1725225.html

Juil 04

NUCLÉAIRE : LA COUR DES COMPTES VEUT PLUS DE MÉTHODE DANS LA GESTION DES DÉCHETS

Toutes les options ne sont pas suffisamment prises en compte dans la politique de gestion des déchets nucléaires, dont il convient d’anticiper davantage les capacités de stockage en fonction des quantités de matières attendues, estime la Cour des comptes dans un rapport publié jeudi.

Rappelant que 72% de l’électricité produite en France en 2018 était d’origine nucléaire – fournie par 58 réacteurs vieillissants -, la Cour relève que des « investissements importants » devront être consentis sur la prochaine décennie dans les centrales comme dans les installations d’entreposage de matières et déchets.

« Il est nécessaire de tenir compte des effets de rétroaction entre l’amont et l’aval du cycle« , d’autant que « les échelles de temps des projets nucléaires sont très longues« .

« Les décisions qui sont prises aujourd’hui dans le domaine du nucléaire emportent ainsi des conséquences pour de nombreuses générations à venir« , pointent les sages de la rue Cambon, regrettant que ces questions aient été largement absentes du débat public.

Il s’agit de gérer tant les espaces d’entreposage provisoire des déchets avant leur valorisation ou leur enterrement que le stockage en profondeur, et aussi de retraiter des déchets déjà anciens.

« Plusieurs alternatives possibles »

À cet égard, « la fermeture d’un nombre important de réacteurs de 900 MW moxés (utilisant du MOX, combustible utilisant des combustibles usés retraités, ndlr) conduirait à la baisse de la quantité de combustibles usés retraités et donc à la saturation des piscines d’entreposage. Pour éviter ce risque, plusieurs alternatives sont possibles, dont celle retenue par la programmation pluriannuelle de l’énergie, qui consiste à ‘moxer’ les réacteurs 1.300 MW. Si la faisabilité technique de cette solution était confirmée, elle nécessiterait la mise en oeuvre d’investissements significatifs« , note la Cour.

« Afin d’éclairer de manière complète et objective les décisions de politique publique, la comparaison économique et environnementale des alternatives est nécessaire mais les données et études manquent sur ce sujet« , regrette-t-elle.

La comparaison économique des différents scénarios possibles (maintien du cycle actuel, abandon du retraitement, développement des réacteurs à neutrons, etc.) « n’a pas été réalisée de façon exhaustive pour la situation française« , indique-t-elle, jugeant ces données « indispensables« .

Or, la gestion des déchets compte pour environ 10% du coût de production de l’électricité nucléaire, et les dates de prises de décisions relatives au renouvellement des installations de retraitement des combustibles usés à La Hague (Manche) approchent.

En outre, le financement des dépenses futures – un devis de 69 milliards d’euros à la fin 2017 – doit, selon la Cour, être « mieux contrôlé », et les exploitants (EDF, Orano, CEA) doivent « constituer des provisions comptables pour être en mesure de faire face à leurs charges futures« .

« Il importe que les capacités d’évaluation du ministère de la Transition écologique et solidaire soient renforcées afin d’apprécier de façon plus précise et complète les aspects techniques, économiques, financiers et environnementaux des enjeux de gestion des matières et déchets radioactifs« , plaide la Cour des Comptes.

Par AFP, publié le 04/07/2019 à 10h30

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-la-cour-des-comptes-veut-plus-de-methode-dans-la-gestion-des-dechets-822560.html

Juil 04

NUCLÉAIRE : RICHARD TUHEIAVA SE RÉJOUIT DU RETOUR DE LA POLYNÉSIE “SOUS LA PROTECTION DIPLOMATIQUE DE L’ONU”

Richard Tuheiava, représentant Tavini huiraatira à l’Assemblée de la Polynésie française, invité de notre journal, est revenu sur son déplacement à l’ONU, le suivi des conséquences des essais nucléaires, mais aussi l’exploitation des ressources naturelles.

Une délégation composée de membres du Tavini et des membres de l’Église protestante ma’ohi s’est rendue à l’ONU la semaine dernière pour rencontrer le comité spécial de décolonisation et connaître la suite donnée à la réinscription de la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser. Une rencontre qui s’est soldée par une victoire pour les indépendantistes. L’ONU assurera un suivi des conséquences des essais nucléaires. Pour en parler, nous accueillons Richard Tuheiava.

Expliquez-nous, c’est un paragraphe qui existait déjà dans la résolution. Il avait été supprimé puis finalement rétabli. De quoi s’agit-il exactement ?

“C’est un paragraphe que nous avions réussi à intégrer depuis 2014, c’est-à-dire l’année suivant la réinscription. L’ONU faisait appel à son secrétaire général, c’est-à-dire le chef de l’administration onusienne, d’établir un rapport périodique sur la façon dont l’État français dirigeait les opérations en terme de gestion des conséquences sanitaires, environnementales, économiques, et sociales de ces essais nucléaires. C’était important puisque c’était l’une des raisons pour lesquelles la réinscription a eu lieu. En 2018, ce paragraphe a été supprimé sous les efforts de l’État français, et cela a permis malheureusement quelques dérives à notre sens, puisque des amendements ont été adoptés au Parlement pour au final conduire à un espèce de noyautage du système d’indemnisation -c’est ce que nous rencontrons aujourd’hui-même, quoiqu’en en dise. Et aussi, un toilettage statutaire qui, finalement, ni plus ni moins dans son premier article, a tenté de faire reconnaître que la Polynésie était d’accord dans le processus d’installation des essais nucléaires en Polynésie.”

 On parlait donc de contribution et non de mise à contribution ?
“C’est ça.”

Mais en quoi est-ce que ce paragraphe pourrait gêner la France à faire ça ?

“Ce paragraphe, jusqu’à samedi, a énormément gêné la France puisque jusqu’à la dernière minute il y a eu des interventions diplomatiques de la part de l’Autorité administrante, pour que ce paragraphe ne soit pas rétabli. En tout cas, c’est le cas, et on est vraiment très content pour l’intérêt général des Polynésiens, pour les malades, mais aussi pour les victimes transgénérationnelles -celles qui suivront dans les prochaines années, de replacer la Polynésie, le contexte des essais nucléaires, sous les hospices de l’ONU.”

Comment cela va s’organiser ? Qui va assurer ce suivi et de quelles façons ? Ce seront des Polynésiens, des Français, des gens mandatés par l’ONU ?
“C’est l’ONU qui, directement, établit un rapport. Elle collecte l’ensemble des dispositions et des efforts éventuels. C’est d’ailleurs ce qui a été décidé la semaine dernière : de prendre note des efforts qu’aura réalisé le Parlement, la France. Mais également de l’encourager à faire des choses plus concrètes encore pour les Polynésiens. Donc c’est vraiment un retour d’un paragraphe qui manquait cruellement et qui replace finalement la Polynésie, et les Polynésiens surtout, sous la protection -si je puis dire- diplomatique de l’ONU sur la question des essais nucléaires.”

Les ressources naturelles : enjeux du déplacement à l’ONU

Un autre sujet a été débattu lors de cette session du 27 juin, celui des ressources de la Polynésie et de la liberté pour les Polynésiens d’en disposer librement. Pour appuyer votre propos, vous avez présenté à l’ONU un rapport rédigé par un cabinet d’avocats du Pacifique et qui dénonce une mainmise de l’État français sur les ressources naturelles de Polynésie française. Les ressources naturelles, c’était au cœur de ce que vous avez demandé à l’ONU. Il n’y pas de paragraphe là-dessus pourtant. Quelle a été la réponse qu’on vous a donnée à New York ?

“Si, justement. Il y a eu un paragraphe dans la mouture de 2016 qui est d’ailleurs maintenu jusqu’à aujourd’hui…”

… mais qui ne vous satisfait pas pleinement ?

“Si si, complètement. Il n’y a pas eu de débat sur la remise en question de ce paragraphe qui exhortait la France à garantir la souveraineté permanente du peuple polynésien sur ces ressources. C’est juste que l’ONU n’est pas allée jusqu’au bout de la logique, encore, jusqu’à la semaine dernière, puisqu’elle ne considérait pas que cette difficulté de propriété des ressources pouvait être source d’entrave à l’exercice du droit à l’autodétermination pour le peuple polynésien. Aujourd’hui, ce rapport, qui n’est pas du tout un rapport du Tavini huiraatira, est extrêmement intéressant puisque c’est le regard de juristes qui n’ont même pas réellement été influencés par le jeu politique local et qui, aujourd’hui, viennent finalement conclure peu ou prou la même chose. C’est-à-dire pour qu’un jour notre peuple puisse décider en tout éclairage du bien-fondé ou non de notre avenir institutionnel, il faudrait au moins que nous ayons connaissance de l’importance de nos ressources et de qui en est propriétaire.”

Cela fait des années que la Polynésie est réinscrite, mais cette réinscription ne semble pas faire bouger la France. Des sanctions peuvent-elles être appliquées ? Va-t-on rester sur cette liste indéfiniment ?

“On ne souhaiterait pas, notre délégation en tout cas, faire sanctionner la France à l’ONU sur la partie décolonisation parce qu’on souhaite établir un dialogue. C’est un dialogue tripartite, qui n’a rien à voir avec les essais nucléaires où là nous considérons qu’il y a eu des crimes contre l’humanité. Sur la partie décolonisation, c’est essentiel qu’il y ait un dialogue, et donc ce dialogue on l’attend depuis 6 ans. Et pour la première fois, vendredi dernier, le Comité des 24 a fait une avancée en ce sens puisqu’il a répondu favorablement à l’invitation du président Édouard Fritch. (…) Ça serait l’un des premiers actes positifs, concrets, de mise en place de cette réinscription en Polynésie (…). Ce sont des choses qui ne parlent pas beaucoup aux Polynésiens, mais si les Polynésiens voient l’ONU venir en Polynésie, c’est autre chose.”

Publié le 02/07/2019 à 10h11 – Mise à jour le 02/07/2019 à 19h49

Pour retrouver cet article et voir la vidéo (8mn22s) de l’interview de Richard Tuheiava, cliquer sur :

https://www.tntv.pf/tntvnews/polynesie/politique/nucleaire-richard-tuheiava-se-rejouit-du-retour-de-la-polynesie-sous-la-protection-diplomatique-de-lonu/

Juil 04

« LE MONDE DES LECTEURS » – NUCLÉAIRE : JUSQU’OÙ ALLER ?

« Ses dernières péripéties [EPR de Flamanville] grèveront encore un peu plus le budget astronomique et inflationniste de ce réacteur maudit, qui dépassera désormais allègrement les 11 milliards d’euros et les, au minimum, 10 ans de retard pour son hypothétique mise en service dans des conditions de sécurité… acceptables (?). » estime Jean-Louis Renou.

L’annonce, par l’autorité de sûreté nucléaire de la réparation imposée aux soudures déficientes sur l’EPR de Flamanville a dû faire l’effet d’une douche froide aux dirigeants d’EDF, plus habitués à imposer leurs vues et intérêts au gouvernement qu’à céder aux préconisations de cet organisme d’État, supposé indépendant. Il était temps que ce dernier réagisse enfin, ce qui lui évitera peut-être d’être totalement discrédité à force « d’avaler les couleuvres » des technocrates de cette industrie si cachottière !

Ces dernières péripéties grèveront encore un peu plus le budget astronomique et inflationniste de ce réacteur maudit, qui dépassera désormais allègrement les 11 milliards d’euros et les, au minimum, 10 ans de retard pour son hypothétique mise en service dans des conditions de sécurité… acceptables (?).

Jusqu’à quand nos gouvernements successifs soutiendront-ils à bout de bras cette « corne d’abondance corrompue », filière industrielle qui contribue jour après jour à ruiner les derniers usagers d’EDF (les dernières 5,9 % d’augmentation n’étant qu’un aimable préambule), mais également bientôt, tous les contribuables qui devront au final… « cracher au bassinet » pour payer la facture !

Jean-Louis Renou, Quibou (Manche)

Publié le 3 juillet 2019 à 09h37, mis à jour à 09h39

Photo site de l’EPR de Flamanville DPA / Photononstop

https://www.lemonde.fr/blog-mediateur/article/2019/07/03/le-monde-des-lecteurs-nucleaire-jusqu-ou-aller_5484738_5334984.html

Juil 03

C’EST L’ÉTÉ ET LA PÉRIODE DES FESTIVALS : PROFITONS-EN POUR DIFFUSER L’AFFICHE DE VENT DE BURE !

C’est l’été, la saison des festivals et des rendez-vous en tout genre ! C’est le moment parfait pour diffuser partout dans vos villes, événements et stands infos, l’affiche de Vent de Bure !

Après une année blanche, 2020 s’annonce comme l’année de la reprise de l’offensive sur le territoire. Les travaux dits « préparatoires » à Cigéo pourraient reprendre progressivement. L’Andra va poursuivre sa « concertation » et envoie des enquêteurs faire du porte à porte pour prendre la température dans les villages. Les autorités publiques continuent de se livrer à un harcèlement judiciaire envers les opposant-es et à verrouiller le territoire.

Bref, la machine de Cigéo poursuivait son chemin en sourdine mais sûrement. Autant de raisons de se retrouver le 28 septembre à Nancy pour notre mobilisation : nous allons avoir besoin de souder nos rangs pour faire face aux échéances futures !

Diffusez cette belle affiche, elle est téléchargeable sur le site ventdebure.com ainsi que le flyer, et nous pouvons aussi vous en envoyer : écrivez à ventdebure@riseup.net !

https://cedra52.jimdo.com/2019/07/01/c-est-l-%C3%A9t%C3%A9-et-la-p%C3%A9riode-des-festivals-profitons-en-pour-diffuser-l-affiche-de-vent-de-bure/

 

Juil 03

BERNARD LAPONCHE, PHYSICIEN NUCLÉAIRE QUESTIONNE SUR « NOTRE AVENIR NUCLÉAIRE? »

Stéphane Dépinoy : l’éco, reçoit Bernard Laponche, physicien nucléaire et ancien membre du Commissariat à l’énergie atomique. Suite au feuilleton de l’EPR de Flamanville, quelles sont les perspectives d’avenir?

Publié le 01/07/2019

Pour écouter cet entretien (6mn48s), cliquer sur :

https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/bernard-laponche-physicien-nucleaire-questionne-sur-notre-avenir-nucleaire_3516439.html

Juil 03

POUTINE SUSPEND LA PARTICIPATION RUSSE AU TRAITÉ SUR LES FORCES NUCLÉAIRES À PORTÉE INTERMÉDIAIRE