« RÉSISTANCE ET SABOTAGE » : À BURE, UN FESTIVAL CONTRE LA FUTURE POUBELLE NUCLÉAIRE

Débats, spectacles ou projections de films étaient au cœur du festival Les Bure’lesques, dans la Meuse, pour raviver la lutte contre Cigéo, le projet d’enfouissement de déchets nucléaires.

Hévilliers (Meuse), reportage

« Vous allez à la manifestation ? », demande le gendarme.
Quelle manifestation ?
– Les Bure’lesques.
– Il n’y a pas de manifestation.
– À la marche ?
– Non. Il n’y a pas de marche, il y a un festival.
– Donc, il y va
 », conclut le gendarme, s’adressant à son collègue.

Cet échange absurde avec la maréchaussée témoigne de la paranoïa qui saisit le pouvoir dès qu’il s’agit de déchets nucléaires. Car le procureur de la République de Bar-le-Duc avait enjoint à la gendarmerie de contrôler pendant trois jours les véhicules se rendant au festival Bure’lesques « contre le projet Cigéo/Bure ». Non contente de contrôler conducteurs, cyclistes et piétons, les forces de l’ordre avaient installé un Imsi-Catcher (capteur de communications mobiles) non loin du lieu de la fête. Des gendarmes ont même scrupuleusement filmé une balade naturaliste qui emmenait un groupe d’une cinquantaine de personnes découvrir la nature aux alentours de Bure, commune dans laquelle la filière nucléaire rêve d’enfouir ses déchets radioactifs pour des centaines de milliers d’années. Les amoureux des plantes et des papillons sont aux yeux des pandores des individus suspects.

Le site du festival Les Bure’lesques à Hévilliers compte cinq chapiteaux : l’espace associatif, les concerts, les spectacles, les conférences et les projections. © Carl Hocquard/Reporterre

Durant le week-end du 5 au 7 août, environ 2 000 personnes se sont retrouvées dans un grand champ jauni par le soleil brûlant parsemé de chapiteaux chatoyants. Conférences, spectacles, concerts ont marqué, dans une organisation impeccable et joyeuse, la bonne santé du mouvement de lutte contre le projet de poubelle nucléaire.

« On a souvent du mal à se relever des coups durs, reconnaît Juliette Geoffroy, du Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cedra), mais la joie de la lutte est là. » Car l’enjeu est crucial : « Ici, c’est la mère des luttes, le combat des combats ! affirme Christophe Bex, député Nupes-LFI, venu en enfant du pays meusien. Il n’y a pas plus mortifère que la radioactivité. »

Le retour de la randonnée naturaliste. © Carl Hocquard/Reporterre

Passage en force

Le dernier coup dur est venu de la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet Cigéo, le 8 juillet, accompagné du label opération d’intérêt national (OIN), qui permet à l’État de se saisir des pouvoirs d’aménagement normalement dévolus aux maires. Mais ce coup de force peut aussi s’interpréter comme un aveu de faiblesse : car les élus locaux sont de plus en plus sceptiques, voire hostiles, au projet Cigéo. En mai 2021, plusieurs communes s’y étaient déclarés défavorables. Et depuis, l’État n’a pas convaincu.

« Au conseil régional du Grand Est, même des conseillers En Marche ou Les Républicains se sont abstenus sur l’OIN, ils se sentent mal à l’aise parce que la population est réticente », a ainsi affirmé lors d’un débat Cécile Germain-Ecuer, conseillère régionale écologiste. « Aujourd’hui, nombre d’élus locaux ont l’impression d’avoir été floués », confirmait Benoit Dejaiffe, conseiller départemental socialiste de la Meuse. « On est loin du compte des promesses de développement. On est en fait sur un anti-développement du territoire », a-t-il poursuivi, soulignant que la population du département diminue de 200 habitants chaque année.

Le village associatif regorge de revues d’information sur les différents projets des acteurs du nucléaire en France et dans le monde. © Carl Hocquard/Reporterre

Le gouvernement ne sait donc que jouer le passage en force malgré les faiblesses du dossier. La DUP s’est appuyée sur une enquête d’utilité publique lacunaire, ignorant nombre de précisions sur les caractéristiques de Cigéo, qui sont renvoyées à un futur décret d’autorisation de création (DAC). On ne sait ainsi pas quel volume de déchets est censé accueillir Cigéo — un chiffre crucial pour le dimensionnement de ce chantier gigantesque.

Quant à l’avis conclusif des commissaires de l’enquête, il n’a pas tenu compte des remarques déposées par le public durant l’enquête, et a commis des erreurs grossières, a relevé Régine Millarakis, de Lorraine Nature Environnement, comme d’écrire que le coût du projet était de 5 milliards d’euros — alors qu’il a été posé en 2016 par la ministre de l’Écologie de l’époque, Ségolène Royal, au minimum de 25 milliards d’euros.

Les différents espaces du site du festival offrent un large éventail de possibilités aux militants et sympathisants. © Carl Hocquard/Reporterre

« Résistance et sabotage, Andra dégage »

D’un chapiteau à l’autre, applaudissements et exclamations se faisaient entendre au long des débats, des spectacles ou des projections de films. Une conférence phare a porté sur la question de l’eau dans le projet Cigéo. En principe, les déchets doivent reposer dans une formation géologique stable durant plusieurs centaines de milliers d’années. Elle doit être imperméable aux infiltrations qui pourraient entraîner la radioactivité dans les cours d’eau et dans les nappes phréatiques. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), maître d’ouvrage de l’éventuelle poubelle Cigéo, ne peut pas l’établir, a démontré Romain Virrion, hydrogéologue à Lorraine Nature Environnement.

Un problème majeur est que l’installation d’une « descenderie » — couloir incliné de 5 km de long pour descendre les déchets à 500 m de profondeur — va traverser un aquifère, ce qui va générer un volume important d’eaux d’exhaure [1]. La couche de calcaire dit « oxfordien » traversée est beaucoup plus perméable que ne le pensait l’Andra, comme l’a révélé une étude de l’université de Reims. « Or, l’eau des écoulements de l’oxfordien se fait vers le bassin parisien, dit Romain Virrion, si Cigéo se faisait, celui-ci serait concerné », l’enjeu étant la possible contamination de la nappe qui alimente la région parisienne. Les réponses de l’Andra sont une fois de plus évasives sur cette question, qui concerne pourtant des millions de personnes de la région.

Des militants antinucléaires déterminés et convaincus. © Carl Hocquard/Reporterre

Mais plutôt que de répondre aux multiples questions que pose un dossier énorme et pourtant extrêmement imprécis, l’Andra envisage de réaliser rapidement des travaux incrustant le projet sur le territoire, avant même l’autorisation de création de Cigéo : sont ainsi envisagés un terminal ferroviaire et une ligne de chemin de fer, un transformateur électrique, des déviations routières. C’est sur ces chantiers que pourraient se focaliser les luttes, et notamment autour de l’ancienne gare de Luméville, un des lieux habités par les opposants à Cigéo. « Mais tout le long de la voie ferrée, la lutte pourra se faire », a observé une activiste.

Le lourd inventaire des menaces qui pèsent sur le territoire ne semble pas entamer la détermination des opposants. Malgré les contrôles policiers dissuasifs, de nombreux habitants des alentours sont venus assister aux concerts ou aux spectacles, et parfois aux conférences. Les organisateurs voulaient aussi souligner que des alternatives commencent à émerger partout alentour, des Semeuses aux associations culturelles ou aux projets d’agroforesterie : le paradoxe est que ce sont les opposants — qui s’installent dans les communes alentour de Bure — qui font vivre ce territoire en déshérence, où l’Andra ne promet que le béton.

Le site du festival Les Bure’lesques à Hévilliers. © Carl Hocquard/Reporterre

« Dans mon enfance, a déclaré Christophe Bex, il y avait ici des services publics, des paysans, des bistros. » Le député affirme que la lutte « doit se massifier », passer à un autre stade. Une autre députée, Lisa Belluco, Nupes-EELV, était aussi venue : « Nous allons refaire notre argumentaire et reprendre le dossier nucléaire. » La forte présence des groupes Nupes à l’Assemblée devrait pouvoir faire changer les choses sur le plan politique.

Dimanche, la projection d’extraits du film Notre Terre mourra proprement, relatant les nombreuses luttes victorieuses menées dans le passé contre les déchets nucléaires, a donné de l’espoir : car dans les années 1980 et 1990, aux quatre coins de la France, dans la Loire, la Vienne, la Haute-Marne, le Gard, l’Anjou, la Mayenne, des projets d’implantation avaient été repoussés par une population unie. Bure a finalement été choisie, non pour ses qualités géologiques, mais parce que les autorités jugeaient que la résistance serait moins forte. Ce que d’autres ont fait, celles et ceux d’aujourd’hui peuvent le refaire. Et le public de conclure à pleine voix : « Résistance et sabotage, Andra dégage. »

                                            Christophe Bex, député Nupes-LFI.

Par Hervé Kempf et Carl Hocquard (photographies)

Publié le 8 août 2022 à 10h22 mis à jour le 8 août 2022 à 13h36

Photo en titre : Le festival Les Bure’lesques, du 5 au 7 août 2022. – © Carl Hocquard/Reporterre

https://reporterre.net/Resistance-et-sabotage-a-Bure-un-festival-contre-la-future-poubelle-nucleaire

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NOUVELLES ALERTES À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA (UKRAINE)

En Ukraine, le site de la centrale nucléaire de Zaporijjia a été bombardé le vendredi 5 août, puis à nouveau dans la nuit de samedi à dimanche.

D’après les informations ukrainiennes relayées par l’AIEA, il n’y a pas eu de fuite radioactive et les réacteurs eux-mêmes n’ont pas été endommagés.

Cependant :

  • Le dispositif de protection d’urgence de l’un des réacteurs s’est déclenché et il a dû être déconnecté du réseau.
  • L’une des lignes à haute tension a été endommagée mais la centrale n’a pas été privée d’électricité externe, deux lignes électriques restant opérationnelles.
  • Divers équipements ont été endommagés, notamment une station d’alimentation en azote-oxygène (dont l’incendie a rapidement été maîtrisé) et un bâtiment auxiliaire.
  • Des bâtiments administratifs auraient été endommagés.
  • Un employé aurait été blessé et hospitalisé.
  • Trois des capteurs du système de surveillance des niveaux de radiations sur le site et ses abords auraient également été endommagés.

Aucune source d’information ne fait état de rejets radioactifs incontrôlés mais nous ignorons si le personnel de la centrale a encore accès aux données des autres capteurs (le dispositif de surveillance est constitué de 38 capteurs situés dans le périmètre de la centrale et à proximité).

Le service d’astreinte des balises consulte, via la plateforme Saveecobot, les données des réseaux de surveillance toujours accessibles en Ukraine. Aucune anomalie radiologique n’a été détectée.

Jusqu’à présent, la situation radiologique semble donc normale. La violation des dispositifs de sûreté et de sécurité n’a pas conduit au déclenchement d’une séquence accidentelle mais il est clair que les marges de sécurité se sont très fortement réduites et que certaines installations sont à la merci d’un simple tir de missile, qu’il résulte d’une erreur humaine, d’une défaillance mécanique ou d’une action délibérée.

Retrouvez notre communiqué complet en pièce jointe et sur le site des balises

Publié le lundi 8 août 2022 à 17h00

http://balises.criirad.org/pdf/Guerre_Ukraine_2022/2022-08-08_Zaporijjia.pdf?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Guerre%20en%20Ukraine%20et%20risques%20sur%20les%20installations%20nuclaires&utm_medium=email

AUTRICHE : POURQUOI CETTE CENTRALE NUCLÉAIRE FANTÔME N’EST-ELLE JAMAIS ENTRÉE EN SERVICE ?

Sur les rives du Danube, à 50 km de Vienne, une centrale nucléaire unique au monde se dresse dans le paysage. Sa construction s’est achevée en 1977 mais elle n’a jamais injecté le moindre kilowattheure dans le réseau d’électricité autrichien. Pourquoi donc ?

L’Autriche est l’un de ces pays qui ont définitivement tourné le dos à l’atome pour leur production d’électricité. Les autrichiens ont même été les premiers à s’orienter dans la voie d’une sortie du nucléaire.

Au début des années 1970, le gouvernement avait pourtant décidé de construire une première centrale à Zwentendorf, sur les rives du Danube. Situé à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de la capitale, le projet prévoyait l’installation d’un réacteur à eau bouillante de 730 mégawatts (MW). Il s’agit d’une technologie similaire à celle qui a été utilisée dans la centrale de Fukushima, mais qui n’est pas représentée dans le parc nucléaire français.

Lancé en 1972, le chantier de Zwentendorf s’est achevé en 1977. Coût de l’opération : 380 millions d’euros. Le réacteur devait couvrir les consommations électriques d’environ 1,7 millions d’habitants et fournir de nombreux emplois dans la région.

À lire aussi : Après la sortie du nucléaire, l’Allemagne programme la sortie du charbon

Organisation d’un référendum

À l’époque, aucun accident nucléaire de grande ampleur n’avait encore frappé l’opinion publique. Celui de Three Mile Island est survenu deux ans plus tard, en 1979 ; Tchernobyl c’était en 1986 et Fukushima en 2011. Pourtant, dans la foulée de mai 68 et en réaction au lancement, dès le début des années 70′, de programmes nucléaires civils ambitieux dans de nombreux pays, des mouvements opposés au développement de l’énergie nucléaire naissent et se structurent un peu partout en Europe. Particulièrement actives en Autriche, ces associations parviennent à obtenir du gouvernement l’organisation d’un référendum avant la mise en service de Zwentendorf.

Le 5 novembre 1978, les autrichiens ont été nombreux à se rendre aux urnes pour se prononcer sur l’engagement du pays dans la filière nucléaire, puisque plus de 64% des électeurs ont pris part au vote. Et par une courte majorité de 50,5%, ils se sont prononcés contre la mise en service de la centrale « flambant neuve ». À la suite de ce résultat, le parlement a voté une loi de non-utilisation de l’énergie nucléaire (Atomsperrgesetz).

Consensus anti-nucléaire

Pendant une dizaine d’années les débats ont toutefois continué à faire rage dans la classe politique autrichienne comme dans l’opinion publique, sur l’opportunité d’une sortie du nucléaire. Mais après la catastrophe de Tchernobyl en 1986, un consensus « anti-nucléaire » s’est progressivement installé et il est devenu évident aux yeux de tous que la centrale de Zwentendorf ne serait jamais mise en service.

La législation en la matière a même été renforcée en 1999 par l’entrée dans la Constitution du pays d’une interdiction du recours à l’énergie nucléaire. « Deux cents salariés étaient occupés dans la centrale » explique Hermann Kühtreiber, l’ancien maire de Zwentendorf, dans un reportage vidéo de France 24. « Ils ont évidemment perdu leur emploi, mais la plupart ont trouvé du travail dans d’autres centrales électriques. Aujourd’hui, après Tchernobyl et Fukushima, vous aurez du mal à trouver à Zwentendorf une personne qui regrette que le réacteur n’ait pas été mis en route » ajoute-t-il.

À lire aussi : Pour le Conseil Supérieur de la Santé, le nucléaire n’est pas «durable»

Que devient la centrale ?

Aujourd’hui, le site offre aux visiteurs un voyage dans le temps. C’est la seule centrale atomique dont l’intérieur est accessible au public. Toutes les installations ont été conservées dans leur état d’origine, transportant le badaud dans les années 70′. Dans la salle de contrôle, l’horloge indique minuit moins cinq : une allusion à l’urgence qu’il y a d’accélérer la transition énergétique.

Depuis l’arrêt du projet nucléaire, différents scénarios de reconversion ont été entrepris, dont la transformation de Zwentendorf en centrale à gaz ou en musée. Mais ils ont tous échoué.

La salle de contrôle de la centrale : toutes les installations ont été conservées dans leur état d’origine.

Actuellement, elle est utilisée comme centre d’entrainement au démantèlement des centrales nucléaires. Des équipes peuvent s’exercer sans danger au démontage des réacteurs puisqu’aucune radioactivité n’y règne.

En 2005, l’énergéticien autrichien EVN a racheté le site. Il revend certains éléments des installations comme pièces de rechange pour entretenir ou réparer des réacteurs allemands. Un petit parc photovoltaïque a aussi été installé à l’intérieur de l’enceinte. Il fournit de l’électricité pour l’équivalent de 200 ménages. Une manière symbolique de marquer l’attachement du pays aux énergies renouvelables.

À lire aussi : L’ancienne centrale nucléaire de Creys-Malville se reconvertit dans le solaire

Objectif : 100 % de renouvelables d’ici 8 ans !

L’année dernière, le parlement autrichien a voté une nouvelle loi fixant des objectifs pour la transition énergétique. D’ici 2030, la production d’électricité devra être assurée à 100 % par les énergies « vertes ». Un véritable défi pour ce pays montagneux d’Europe centrale qui n’est pas spécialement gâté par le soleil et le vent.

Avec déjà plus de 75 % d’énergies propres dans son mix électrique actuel, l’Autriche se classe pourtant au 1er rang européen pour la part des énergies renouvelables dans sa consommation d’électricité. Pour information, la production électrique autrichienne se décomposait ainsi en 2020 selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA) : 61,5 % d’hydroélectricité, 13,5 % de gaz fossile, 9,2 % d’éolien, 5,8 % de biomasse, le reste étant généré par du charbon, fioul, déchets, et 2,8 % de photovoltaïque. Le pays importe également une part importante de ses besoins depuis l’Allemagne et la Tchéquie.

À lire aussi : Macron, le Viktor Orban de la transition énergétique ?

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Par Bernard Deboyser, publié le 7 Août 2022

Bernard Deboyser est ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable. Passionné par les énergies renouvelables et la transition énergétique depuis plus de 30 ans il développe (bénévolement) des projets éoliens et photovoltaïques dans le cadre d’une coopérative citoyenne dont il est un des fondateurs et l’administrateur-délégué : www.hesbenergie.be

https://www.revolution-energetique.com/pourquoi-cette-centrale-nucleaire-fantome-nest-elle-jamais-entree-en-service/

DAMPIERRE-EN-BURLY : NON-RESPECT DE LA CONDUITE À TENIR PRÉVUE PAR LES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 3

Le 22 juillet 2022, l’exploitant de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un évènement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive de l’indisponibilité du système d’injection de sécurité haute pression (RIS HP) du réacteur 3.

Le système d’injection de sécurité (RIS) permet, en cas d’accident causant une brèche au niveau du circuit primaire du réacteur, d’introduire de l’eau borée sous pression dans celui-ci afin d’étouffer la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur. Ce système de sauvegarde permet l’injection de sécurité à haute pression (RIS HP) et à basse pression (RIS BP), en fonction de la pression dans le circuit primaire du réacteur.

Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite des réacteurs associées. Elles prescrivent notamment un délai de repli du réacteur dans un état plus sûr en cas d’indisponibilité du système RIS HP.

Le 14 juillet 2022, un agent de terrain a constaté la présence, sur un organe de robinetterie du système RIS HP, d’une quantité de bore importante, ce qui traduit une inétanchéité de celui-ci. Le système RIS HP a alors été considéré comme indisponible et le repli du réacteur a été réalisé dans le délai prévu par les RGE.

Cependant, après investigations, il a été mis en évidence que cet organe de robinetterie était inétanche depuis plusieurs jours, ce qui n’a pas été détecté par les agents de terrain malgré les rondes quotidiennes effectuées dans le local concerné.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Néanmoins, en raison de la détection tardive par l’exploitant de l’indisponibilité du système RIS HP et bien que le système RIS BP ait quant à lui toujours été disponible, cet événement, qui a affecté les fonctions de sûreté liées au confinement et au refroidissement du réacteur, a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Les travaux de remise en conformité de l’organe de robinetterie et le nettoyage du local concerné ont été réalisés le 20 juillet 2022.

Date de la dernière mise à jour : 05/08/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-de-la-conduite-a-tenir-prevue-par-les-regles-generales-d-exploitation-du-reacteur-35

LE NUCLÉAIRE, L’ENFANT TERRIBLE DE LA FRANCE

Le changement climatique fait de l’énergie nucléaire une source d’énergie incertaine. À cela s’ajoutent la corrosion et l’entretien, qui créent actuellement des problèmes.

Il n’aura fallu qu’un quart d’heure à Emmanuel Macron pour évoquer les avantages du nucléaire lors de son interview télévisée à l’occasion de la fête nationale. «Le nucléaire est une solution durable», a déclaré le président le 14 juillet, la poitrine pleine de conviction. L’homme de 44 ans a toutefois dû admettre que cette forme d’énergie ne se portait pas très bien en ce moment.

La France doit actuellement importer de l’électricité de l’étranger, a-t-il reconnu. Et pourquoi? Parce que le pays qui possède le plus grand nombre de réacteurs nucléaires en Europe est aussi celui qui a le plus de problèmes avec l’énergie nucléaire.

Ce n’est que mercredi que l’on a appris que la production d’un réacteur de la centrale nucléaire de Tricastin, dans le sud de la France, pourrait être totalement arrêtée, car l’installation ne peut plus être refroidie en raison de la chaleur. L’eau du Rhône, qui est en fait utilisée pour le refroidissement, est trop chauffée en raison de la canicule. Dans l’installation de Saint-Alban, qui utilise également l’eau du Rhône, l’exploitation doit donc également être réduite au minimum, comme l’a fait savoir l’exploitant EDF. Et à Golfech, à l’ouest, l’eau du fleuve Garonne ne convient plus non plus pour le refroidissement en raison de ses températures élevées.

En règle générale, les centrales nucléaires pompent de l’eau dans leur système de refroidissement avant de la rejeter dans les rivières ou dans la mer. Cette pratique est soumise à des règles visant à éviter d’endommager l’écosystème des rivières. Lorsque les températures maximales sont atteintes, la centrale doit limiter son fonctionnement pour ne pas rejeter davantage d’eau chaude. Mais en raison de la canicule, les valeurs limites ont été relevées à la mi-juillet pour trois semaines – avec des conséquences pour la faune et la flore. «Face au changement climatique, l’image d’un nucléaire ‘vert’ et performant n’est que de la poudre aux yeux», prévient l’organisation antinucléaire Sortir du nucléaire.

Importation d’électricité d’Allemagne

Aux problèmes de refroidissement s’ajoute la corrosion, qui met actuellement douze des 56 réacteurs à l’arrêt. Comme le parc nucléaire français a en moyenne 35 ans, les installations doivent en outre être inspectées et entretenues à grands frais. De ce fait, 18 autres réacteurs sont actuellement à l’arrêt. Résultat: moins de la moitié des réacteurs sont actuellement en service. La France doit donc importer de l’électricité, notamment d’Allemagne, un pays décrié pour ses centrales à charbon.

Face au changement climatique, l’image d’un nucléaire ‘vert’ et performant n’est que de la poudre aux yeux. (Sortir du nucléaire)

«Le pari sur le nucléaire comporte un risque de pénurie d’énergie», a mis en garde Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement et députée européenne des Verts, dans le journal Le Monde. La France n’a pas su développer les énergies renouvelables afin de disposer d’une alternative au nucléaire dans une période comme celle-ci. La part des énergies renouvelables dans le mix électrique n’est actuellement que d’environ 20%, alors qu’elle est de 50% en Allemagne. L’énergie nucléaire, qui produit 70% de l’électricité, reste dominante.

La France est donc encore loin du tournant énergétique promis, qui doit permettre de réduire la part du nucléaire à 50% d’ici 2035. Mais les procédures d’autorisation doivent désormais être raccourcies afin de développer les énergies renouvelables. «Nous devons avancer plus vite», a exigé Macron lors de son interview télévisée. Cela vaut surtout pour l’éolien offshore et l’énergie solaire. Les éoliennes terrestres ont en revanche un «problème d’acceptation», a-t-il reconnu.

L’énergie éolienne est très controversée en France. Lors de la campagne présidentielle, plusieurs candidats, dont Marine Le Pen, ont demandé l’arrêt de la construction d’éoliennes. La populiste de droite a annoncé qu’elle détruirait toutes les éoliennes si elle était élue. Sa défaite face à Emmanuel Macron l’en a empêchée. Mais en Bretagne, où le premier parc éolien offshore français de 62 éoliennes doit voir le jour, les pêcheurs et les écologistes se déchaînent contre le projet.

Comme les énergies renouvelables ont été négligées pendant des années et que l’énergie nucléaire s’affaiblit, la France doit – comme l’Allemagne – laisser fonctionner plus longtemps les anciennes centrales à charbon. Sur les quatre dernières installations, une est encore en service et une deuxième doit être remise en route en Lorraine. On veut ainsi tenter de surmonter les problèmes liés à la construction du réacteur à eau pressurisée EPR à Flamanville, au bord de la Manche, a déclaré Emmanuel Macron.

Le plus grand fiasco industriel de France

Flamanville est synonyme du plus grand fiasco industriel français de ces dernières années. La construction de cette installation moderne au bord de la Manche avait débuté en 2007. Mais en raison de difficultés au niveau des soudures et du couvercle du réacteur, la mise en service a été sans cesse repoussée. Au lieu de 2012, l’EPR devrait être achevé en 2023. Dans le même temps, les coûts ont été multipliés par six, passant de 3,3 milliards à 19,1 milliards d’euros. Même si l’EPR ne fait ainsi aucune publicité pour lui-même, Macron veut construire six autres installations de ce type dans les années à venir et argumente à cet égard sur le respect du climat par l’énergie nucléaire. Pourtant, malgré son énergie nucléaire pauvre en CO2, la France fait plutôt partie des derniers de l’UE en ce qui concerne les objectifs climatiques.

La construction de nouveaux réacteurs EPR devrait coûter au moins 50 milliards d’euros. À cela s’ajoutent les 100 milliards d’euros que devrait coûter la modernisation du parc nucléaire vieillissant. L’industrie nucléaire, autrefois un secteur phare de la France, est ainsi devenue un gouffre financier sans fond. L’État, qui détient déjà 84% des parts, veut désormais reprendre entièrement EDF, endettée à hauteur de 65 milliards d’euros. Le groupe doit ainsi accélérer la construction des nouveaux EPR, mais aussi des énergies renouvelables.

Pour l’instant, Macron invite toutefois ses compatriotes à économiser l’énergie. Une circulaire en ce sens, demandant par exemple aux administrations d’éteindre leur éclairage la nuit, a déjà été publiée. Et Macron veut montrer l’exemple. «Nous faisons des économies d’énergie ici avec la rénovation des bâtiments», a-t-il déclaré à propos de ses efforts à l’Élysée. «Et dans quelques semaines, vous verrez que des trous seront creusés dans ce parc. Car nous voulons nous chauffer grâce  à la géothermie».

Par Christine LONGIN, publié le 10 août 2022 à 12h02

Photo en titre : Les centrales nucléaires françaises – ici Cattenom – ont des problèmes de refroidissement en raison de la canicule. Photo: Anouk Antony

https://www.wort.lu/fr/international/le-nucleaire-l-enfant-terrible-de-la-france-62ef8dacde135b9236c799a7

10 000ème ARTICLE PUBLIÉ PAR NUCLÉAIRE INFOS: GUERRE EN UKRAINE : UN RISQUE DE « CATASTROPHE NUCLÉAIRE » REDOUTÉ À LA CENTRALE DE ZAPORIJIA

L’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) a affirmé ce samedi 6 août redouter un réel « catastrophe nucléaire » à la suite de bombardements près de la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine.

Un risque « très réel de catastrophe nucléaire » selon l’agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA). Rafael Mariano Grossi, le directeur de cette agence nucléaire, s’est dit « extrêmement » préoccupé par les nouvelles en provenance de la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine.

Contrôlée par les Russes depuis mars 2022, la centrale nucléaire suscite de vives inquiétudes à la suite de bombardements menés à proximité de la zone.

À lire aussi : Guerre en Ukraine : « Une centrale nucléaire, c’est hors de proportion par rapport à Hiroshima »

« Un danger d’incendie élevé« 

« Malgré les provocations des Russes, la centrale continue de fonctionner et de fournir de l’électricité au système énergétique de l’Ukraine grâce à des lignes en service. Conformément à leur capacité, il a été décidé de décharger et de déconnecter l’un des réacteurs« , a pour sa part fait savoir la société d’État ukrainienne Energoatom, la compagnie exploitant les centrales nucléaires ukrainiennes.

Toutefois, « il existe des risques de fuite d’hydrogène et de pulvérisation de substances radioactives. Le danger d’incendie est élevé« , a-t-elle prévenu.

Russie et Ukraine s’accusent mutuellement

L’Ukraine et la Russie se sont mutuellement accusées ce vendredi 5 août d’avoir mené des frappes non loin de la centrale nucléaire de Zaporijia. « Aujourd’hui, les occupants ont créé une autre situation extrêmement risquée pour toute l’Europe : ils ont frappé à deux reprises la centrale nucléaire de Zaporijjia. Tout bombardement de ce site est un crime éhonté« , a martelé le président Volodymyr Zelensky dans son message vidéo quotidien.

L’armée russe a quant à elle parlé dans un communiqué de « tirs d’artillerie » de « formations armées ukrainiennes« , à la fois « contre le territoire de la centrale de Zaporijjia et la ville d’Energodar« , et dénoncé des « actes de terrorisme nucléaire« .

À lire aussi : Guerre en Ukraine : la centrale nucléaire de Tchernobyl a-t-elle sauvé Kiev ?

Par Jordan Lasserre avec AFP, publié le 07/08/2022 à 11h01, mis à jour à 11h03

Photo en titre : La centrale nucléaire de Zaporijia est contrôlée par les Russes depuis mars 2022. Capture d’écran Google Maps

Pour retrouver ou écouter cet article (1mn45s), cliquer sur : https://www.ladepeche.fr/2022/08/07/guerre-en-ukraine-un-risque-de-catastrophe-nucleaire-redoute-a-la-centrale-de-zaporijia-10477066.php

À HIROSHIMA, LE RETOUR DE LA MENACE NUCLÉAIRE DANS LES CONFLITS INQUIÈTE

La Russie a été écartée de la commémoration du bombardement d’août 1945 dans la ville japonaise martyre. En cause : les déclarations de Vladimir Poutine après l’invasion de l’Ukraine.

La cérémonie du 77ème anniversaire du bombardement atomique sur Hiroshima, le 6 août 1945, s’est déroulée cette année sur fond de crainte du retour à l’arme nucléaire et de la volonté du premier ministre japonais, Fumio Kishida, d’agir pour la disparition de ces armes. Organisée comme à l’accoutumée devant le cénotaphe érigé en souvenir des 140 000 victimes du bombardement, la cérémonie, samedi 6 août, a réuni 3 000 personnes, dont des hibakusha (survivants) et les représentants de 98 pays.

La Russie et la Biélorussie n’étaient pas invitées en raison du conflit en Ukraine. L’ambassadeur russe, Mikhail Galouzine, avait néanmoins fait le déplacement le 4 août et déposé une gerbe sur le monument. S’il a salué « l’attitude positive de la Russie envers la réduction des armes nucléaires », il a « regretté » de ne pas avoir été convié à la cérémonie.

Son pays a été la cible de critiques du maire d’Hiroshima, Kazumi Matsui. Dans sa traditionnelle déclaration pour la paix, ce dernier a dénoncé l’attitude de « certains [qui] en viennent à menacer d’utiliser les armes nucléaires », en référence aux déclarations du président russe Vladimir Poutine, peu après l’attaque de l’Ukraine, le 24 février. Également présent, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est inquiété des « crises à forte connotation nucléaire » qui « se propagent rapidement, du Moyen-Orient à la péninsule coréenne en passant par l’invasion de l’Ukraine par la Russie ». Pour M. Guterres, l’humanité « joue avec un pistolet chargé ».

Une grue de papier

Quant à M. Kishida, il a déploré que la dynamique de réduction des arsenaux soit enrayée. La question lui tient à cœur pour des raisons personnelles. Sa famille est originaire d’Hiroshima, ville dont il est aussi député. Et, dans sa jeunesse, il a été sensibilisé au bombardement par sa grand-mère. La lutte pour la disparition des armes nucléaires apparaît de ce fait indissociable de son action. Ministre des affaires étrangères de 2012 à 2017, il s’est démené pour la venue à Hiroshima, en mai 2016, de Barack Obama, premier président américain en exercice à rendre hommage aux victimes de la bombe atomique.

Depuis son arrivée à la tête du gouvernement en octobre 2021, Fumio Kishida poursuit sa mission. Malgré le scepticisme de son entourage, craignant qu’il ne se positionne sur une question aux résultats incertains, le premier ministre s’est rendu le 1er août à New York à l’ouverture de la conférence de révision du traité de non-prolifération (TNP). Pour lui, cet accord signé en 1968 présente le double avantage d’avoir déjà contribué à la réduction des arsenaux et de réunir à la fois les pays dotés des armes nucléaires et ceux qui n’en ont pas.

Il s’est présenté à la tribune avec une grue de papier – un symbole de paix depuis que Sadako Sasaki, adolescente d’Hiroshima, est morte en 1955 des suites d’une leucémie, après avoir tenté d’en réaliser 1 000 pour guérir, conformément à une légende japonaise. « Le TNP a servi de pierre angulaire au régime international de désarmement et de non-prolifération nucléaires pour la paix et la sécurité internationales. Le Japon est déterminé à le défendre fermement », proclama alors M. Kishida, premier chef de gouvernement nippon à assister à la conférence.

Attachés au pacifisme

Autre illustration de sa détermination : un projet appelé Plan d’action d’Hiroshima, grâce auquel il veut notamment parvenir à l’entrée en vigueur du traité d’interdiction des essais nucléaires (CTBT) – signé en 1996 mais jamais ratifié. Et l’annonce de la création d’un fonds de 10 millions de dollars pour permettre aux jeunes du monde entier de visiter Hiroshima et Nagasaki. Le premier ministre a par ailleurs prévu, en novembre, une conférence internationale sur le désarmement nucléaire à Hiroshima en présence de personnalités du monde entier. Barack Obama pourrait y participer. Il a aussi choisi Hiroshima comme ville hôte du sommet du G7 de 2023.

Son activisme ne déplaît pas à des Japonais toujours attachés au pacifisme, et aux hibakusha. Terumi Tanaka, de la Fédération des survivants des bombes A et H, a salué son discours de New York et la « référence au souhait des hibakusha de faire connaître au monde les horreurs des bombardements atomiques ».

Les efforts de M. Kishida soulèvent toutefois des critiques, en raison notamment de son désintérêt pour le traité d’interdiction des armes nucléaires (TPNW), conclu en 2017 et entré en vigueur en 2021. Poussé à le signer, notamment par le maire d’Hiroshima, pour qui le « TPNW renforce le TNP et le complète », le Japon a toujours refusé. Il dépend depuis 1967 du parapluie nucléaire de l’allié américain.

Les crises en cours, en Ukraine mais aussi autour de Taïwan, pourraient affecter les efforts du premier ministre. Elles donnent des arguments aux tenants d’un renforcement des moyens de défense du Japon. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a suscité des appels, entre autres de l’ex-chef du gouvernement Shinzo Abe, décédé depuis, en faveur du partage des armes nucléaires américaines entre alliés, sur le modèle de ce que fait l’OTAN en Europe. M. Kishida les avait alors rejetés.

Par Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance), publié le 7 août 2022 à 13h00

Photo en titre : Le premier ministre japonais, Fumio Kishida, prononce un discours lors de la cérémonie organisée pour le 77ème anniversaire du bombardement d’Hiroshima, à Hiroshima, le 6 août 2022.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/08/06/a-hiroshima-le-retour-de-la-menace-nucleaire-dans-les-conflits-inquiete_6137367_3210.html

UN APPEL INTERRELIGIEUX LANCÉ POUR UN MONDE SANS ARMES NUCLÉAIRES

Une centaine d’organisations religieuses appellent les pays signataires du Traité sur la non-prolifération nucléaire à s’engager avec force dans le désarmement. Au nom de notre humanité commune, alors que les tensions internationales sont à leur plus haut niveau depuis des décennies.

À l’occasion de la Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) qui s’est ouverte lundi 1er août au siège de l’ONU, à New York, une centaine d’organisations religieuses disséminées à travers le monde ont interpellé les 191 pays signataires pour les appeler à agir en accord avec leur conscience afin de reconnaitre que ces armes constituent un danger énorme, d’admettre qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être déclenchée et, enfin, de prendre des mesures décisives et rapides en faveur du désarmement.

À l’heure du triste anniversaire des bombardements nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945, la menace est, en effet, lourde, et le secrétaire général des Nations unies ne se prive pas de le rappeler. « L’humanité est à un malentendu, une erreur de calcul de l’anéantissement nucléaire », a lancé Antonio Guterres le jour de l’ouverture de la Conférence des Parties. « Nous avons été extraordinairement chanceux jusqu’à présent. Mais la chance n’est pas une stratégie ni un bouclier pour empêcher les tensions géopolitiques de dégénérer en conflit nucléaire. »

« En tant que croyants engagés dans la construction d’un monde juste et pacifique, nous nous sommes réunis pour joindre nos voix à l’occasion de cette conférence du TNP », expliquent les signataires de l’appel interreligieux. « Nous sommes honorés que les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki inspirent toujours notre engagement militant. Aujourd’hui, alors que les inquiétudes sont grandes concernant une potentielle escalade nucléaire, notre détermination est toujours aussi importante à garder leur souvenir intact et à faire notre possible en tant que communautés religieuses, pour continuer à avancer vers un futur sans armes nucléaires. »

Cesser les investissements dans l’armement nucléaire

Considérant les tensions politiques et les inquiétudes concernant la sécurité internationales actuelles, les organisations réunies autour de cette déclaration interreligieuse, en soutien aux objectifs originels du TNP, en appellent à des actions concrètes des États en faveur du désarmement nucléaire, en commençant par ne plus s’engager dans la modernisation de ces armes catastrophiques et à mettre fin aux investissements en la matière. « Car notre survie en dépend », insistent-elles.

S’adressant aux délégués représentant les pays signataires du TNP, les organisations veulent rappeler notre part d’humanité commune : « En dépit des intérêts nationaux et des objectifs qui peuvent être contradictoires les uns envers les autres, nous partageons l’objectif fondamental de préserver notre planète, nos pays, nos communautés et nos familles, sans lesquelles nous ne pouvons poursuivre ni prospérité, ni bien-être, ni bonheur. »

Des valeurs fondamentales bafouées par des armes de destruction massive

« Nous savons que les armes nucléaires, qu’elles soient utilisées de façon planifiée ou par accident, détruiraient le monde que nous connaissons et causeraient d’énormes souffrances à un grand nombre de gens, comme en témoignent les hibakusha (terme qui désigne généralement les victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945, ndlr) et tous ceux appartenant aux communautés qui en ont déjà souffert. Les armes nucléaires sont incompatibles avec nos valeurs fondamentales de respect de la dignité humaine. Leur rôle dans la soi-disant sécurité nationale ne devrait pas être toléré plus longtemps. »

Pour conclure, les organisations ont précisé que leurs traditions religieuses diverses leur rappelaient que l’on ne peut être prisonnier de la réalité du moment. « Chacun d’entre nous est créatif, résilient et capable de forger le monde que nous désirons. Nous avons confiance dans la capacité (des représentants des pays signataires, ndlr) à agir en accord avec votre conscience morale et nous prions pour que cette conférence pour le désarmement nucléaire soit fructueuse, afin que les générations futures puissent s’en inspirer. »

Ce n’est pas la première fois que des organisations religieuses s’unissent pour la mise en place de mesures concrètes visant à faire baisser les risques de conflagration nucléaire. Des initiatives similaires ont été prises ces dernières années. Si elles peuvent être perçues comme dérisoires, elles sont néanmoins des rappels nécessaires à nos consciences du péril nucléaire qui pèse sur le destin de l’humanité. Ils constituent aussi des appuis utiles aux opposants des armes nucléaires, à commencer par Antonio Guterres.

Depuis Hiroshima, le chef de l’ONU a solennellement appelé les membres du TNP « à travailler de toute urgence pour éliminer les stocks qui menacent notre avenir, à renforcer le dialogue, la diplomatie et la négociation, et à soutenir (son) programme de désarmement en éliminant ces engins de destruction ». « Abandonnez l’option nucléaire pour de bon. Il est temps de faire proliférer la paix. »

Lire aussi : Mohamed El Baradei et l’AIEA Prix Nobel de la paix 2005

Par Lionel Lemonier et Hanan Ben Rhouma, publié le  samedi 6 Août 2022 à 08h55

Photo en titre : © Deposit Photos

https://www.saphirnews.com/Un-appel-interreligieux-lance-pour-un-monde-sans-armes-nucleaires_a29052.html

« LES ARMES NUCLÉAIRES CONTINUENT DE PROLIFÉRER SUR LA PLANÈTE »

77 ans après les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, les puissances nucléaires continuent à se doter d’armes nucléaires. Une mise en danger de l’humanité que cette prolifération prolonge.

Entretien avec Patrice Bouveret (Patrice Bouveret est le cofondateur de l’Observatoire des armements, centre d’expertise indépendant et membre de l’ICAN, la campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (prix Nobel de la paix 2017). L’Observatoire a publié plusieurs études sur les conséquences des essais nucléaires.)

Reporterre — Les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki ont frappé le Japon les 6 et 9 août 1945, provoquant de 103 000 à 220 000 morts et des dégâts écologiques irréparables. Soixante-dix-sept ans plus tard, les armes nucléaires continuent-elles de circuler ?

Patrice Bouveret — Oui. Malgré l’insécurité majeure qu’elles créent sur notre planète, elles continuent de proliférer.

Aujourd’hui, on observe deux dynamiques :

  • Les neuf puissances nucléaires [1], celles qui possèdent déjà des armes nucléaires, se lancent dans des procédures pour renouveler leur arsenal, dans l’objectif de le rendre plus performant. C’est la prolifération verticale.
  • De nouveaux États cherchent à maîtriser l’ensemble du cycle nucléaire, comme l’Iran qui affirme avoir désormais les « capacités techniques » pour fabriquer la bombe. C’est la prolifération horizontale.

En revanche, le volume global d’armes nucléaires a diminué : de 70 000 durant la Guerre Froide, nous sommes actuellement autour de 13 000 armes nucléaires, détenues à 90 % par les États-Unis et la Russie. Mais en matière d’armes nucléaires, il suffirait d’une bombe pour créer des dégâts sans commune mesure avec tous les autres explosifs utilisés en cas de conflit. Les stocks actuels sont suffisants pour détruire la Terre, et à plusieurs reprises.

Comment les armes nucléaires influent-elles le déroulement de la guerre en Ukraine ?

Le nucléaire est central dans ce conflit. Cette guerre est menée par la Russie, qui est l’une des neuf puissances nucléaires et pourrait tout à fait s’en servir : soit que Vladimir Poutine se sente dans l’impasse, soit qu’il y ait un accident, une erreur d’interprétation, un tir de riposte face à une menace invérifiable compte tenu des délais extrêmement courts de réaction.

Par ailleurs, la Russie a attaqué l’Ukraine, un pays qui compte énormément de centrales nucléaires. Et en situation de guerre, toutes ces installations sont autant de bombes qui, si elles étaient touchées, pourraient détruire une partie du territoire et ses habitants.

Cette guerre renverse, également, un paradigme très répandu : celui de la dissuasion nucléaire, qui consiste à croire que la possession de l’arme atomique, dont la communauté internationale a mesuré les conséquences désastreuses, dissuade de faire la guerre. Dans le cas présent, c’est tout le contraire : plutôt que de préserver la paix, la Russie s’en sert pour menacer les États qui souhaiteraient intervenir, afin de poursuivre ses attaques comme elle le souhaite sans crainte de riposte importante.

L’essai nucléaire Bravo commis par les États-Unis sur l’atoll de Bikini. Domaine public / United States Department of Energy

Dans ce contexte, la dynamique internationale de désarmement parvient-elle à progresser ?

Elle s’est accélérée le 22 janvier 2021, avec l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Les armes nucléaires sont désormais considérées comme illégales au regard du droit international, puisque le TIAN — adopté par 122 États à l’ONU en 2017 — interdit la possession, la fabrication, l’usage et la menace d’utilisation des armes nucléaires.

Malheureusement, les neuf puissances nucléaires et leurs alliés refusent de considérer ce traité et lui font barrage. Parmi elles, les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni s’étaient pourtant engagés, dès 1970 et l’entrée en vigueur le Traité sur la non-prolifération (TNP), qu’elles avaient ratifié, à « poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire ». Elles n’ont jamais rempli leur promesse. La Conférence d’examen du TNP, qui se déroule actuellement au siège de l’ONU, à New York, du 1ᵉʳ au 26 août, ne devrait malheureusement rien y changer.

Du 6 au 9 août, des organisations [2] proposent des actions et des jeûnes dans plusieurs villes de France [3] et dans six autres pays [4]. Dans quel but ?

Nous nous réunissons en solidarité avec les victimes des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki. Celles, également, des plus de 2 000 essais nucléaires, dont 210 par la France, qui ont eu et ont encore des conséquences à long terme dramatiques sur les populations, comme en Polynésie française ou en Algérie.

Nous nous engageons aussi pour que la France adhère au traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Ce n’est pas gagné. Dans son discours du 7 janvier 2020 sur la stratégie de défense, Emmanuel Macron se prononçait en faveur du désarmement mais, dans le même temps, faisait de l’arme nucléaire et du renouvellement de l’arsenal français la clé de voûte de sa stratégie militaire.

Il évoquait même la possibilité d’user d’« un avertissement nucléaire », c’est-à-dire de frapper en premier en cas de danger. Il vient d’ailleurs d’annoncer une nouvelle augmentation des dépenses militaires, dont 13 % [5] sont consacrées à la maintenance et au renouvellement de l’arsenal nucléaire, soit 5,3 milliards d’euros en 2022. C’est donc à nous, mouvements citoyens, de contraindre les dirigeants des puissances nucléaires à s’engager réellement dans le processus de désarmement.

Par Alexandre-Reza Kokabi, publié le 6 août 2022 à 09h04

Photo en titre : À Nagasaki, six semaines après le bombardement atomique du 9 août 1945. – Domaine public / Cpl. Lynn P. Walker, Jr. (Marine Corps)

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MOSCOU ET KIEV ÉCHANGENT DES ACCUSATIONS APRÈS LE BOMBARDEMENT D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE UKRAINIENNE

Vendredi, la Russie et l’Ukraine se sont accusées mutuellement d’avoir bombardé la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, la plus grande de ce type en Europe, et d’avoir préparé le terrain pour une catastrophe potentielle.

Le ministère russe de la défense a déclaré que ce n’était que par chance qu’un accident radiologique avait été évité après ce qu’il a décrit comme un barrage d’artillerie.

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a cependant déclaré que Moscou était responsable et l’a accusée de commettre « un crime ouvert et effronté, un acte de terreur« .

Dans un discours prononcé tard dans la nuit, il a exigé des sanctions contre l’ensemble de l’industrie nucléaire russe.

« Il s’agit d’une question purement sécuritaire. Ceux qui créent des menaces nucléaires pour d’autres nations ne sont certainement pas capables d’utiliser les technologies nucléaires en toute sécurité« , a-t-il déclaré.

Le ministère russe de la défense a déclaré que la capacité de production d’une unité avait été réduite et que l’alimentation électrique d’une autre avait été coupée. En outre, la ville voisine d’Enerhodar a connu des problèmes d’alimentation en électricité et en eau, a-t-il ajouté.

« Heureusement, les obus ukrainiens n’ont pas touché l’installation de pétrole et de carburant et l’usine d’oxygène situées à proximité, évitant ainsi un incendie plus important et un possible accident de radiation« , a déclaré un communiqué du ministère.

Enerhodar et la centrale nucléaire voisine ont été saisies par les troupes d’invasion russes début mars, et sont toujours proches de la ligne de front.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a accusé lundi Moscou d’utiliser la centrale comme bouclier pour ses forces, et l’Ukraine a accusé la Russie de bombarder ses positions depuis des positions proches de la centrale.

« Les conséquences possibles de frapper un réacteur en fonctionnement sont équivalentes à l’utilisation d’une bombe atomique« , a déclaré le ministère ukrainien des Affaires étrangères sur Twitter.

La compagnie nationale ukrainienne d’électricité nucléaire, Energoatom, avait auparavant déclaré que la centrale était opérationnelle et qu’aucun rejet radioactif n’avait été détecté. Deux des six réacteurs sont encore en fonctionnement.

L’administration d’Enerhodar, installée en Russie, a déclaré vendredi que les lignes électriques de la centrale avaient été coupées par une frappe d’artillerie ukrainienne. L’installation continue d’être gérée par ses techniciens ukrainiens.

Reuters n’a pas été en mesure de vérifier les rapports du champ de bataille.

Rafael Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, a déclaré cette semaine que le contact avec la centrale était « fragile » et que les communications ne fonctionnaient pas tous les jours. Il a lancé un appel pour y accéder afin de déterminer si elle était une source de danger.

Par © Zonebourse avec Reuters 2022, publié le 05/08/2022 à 22h26

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Moscou-et-Kiev-echangent-des-accusations-apres-le-bombardement-d-une-centrale-nucleaire-ukrainienne–41220922/

NUCLÉAIRE IRANIEN: LES NÉGOCIATIONS REPRENNENT À VIENNE APRÈS 5 MOIS DE BLOCAGE

C’est une première depuis le mois de mars. L’ensemble des négociateurs sur le nucléaire iranien se sont retrouvés ce jeudi 4 août à Vienne en Autriche. Après des mois de blocage, ils vont tenter de relancer l’accord moribond de 2015 qui vise à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.

Les négociateurs russes, chinois, iraniens, se sont succédé au Palais Cobourg de Vienne ce jeudi. Ils ont été reçus par le coordinateur de l’Union européenne, Enrique Mora, qui chapeaute les pourparlers.

Après l’échec des dernières discussions au Qatar fin juin, entre Iraniens et Américains, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a soumis le 26 juillet un projet de compromis et a appelé les parties à éviter une  » crise dangereuse « . Téhéran tout comme Washington ont intérêt à maintenir en vie la voie diplomatique faute de meilleures options, notent les experts.

L’Iran aurait aussi mis des idées sur la table, tandis que les États-Unis, qui participent à ces nouveaux pourparlers à Vienne de manière indirecte, restent prudents quant à leur issue. « Nos attentes sont mesurées mais les États-Unis (…) sont prêts de bonne foi à tenter de trouver un accord », a-t-il écrit sur Twitter l’émissaire de Washington. Reste que le fil des discussions a repris après 5 mois de blocage.

L’objectif est de relancer l’accord de 2015 censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique. Après le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord en 2018, et le rétablissement de sanctions contre Téhéran, les Iraniens se sont affranchis de leurs obligations, ils ont repris de plus belle leurs activités nucléaires. C’est cette dangereuse escalade que les négociateurs veulent à tout prix enrayer. 

Par RFI , publié le 05/08/2022 à 03h09

Photo en titre : Le diplomate iranien Ali Bagheri Kani, chargé des négociations sur le nucléaire, au Palais Cobourg à Vienne, le 4 août 2022. AFP – ALEX HALADA

https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20220805-nucl%C3%A9aire-iranien-les-n%C3%A9gociations-reprennent-%C3%A0-vienne-apr%C3%A8s-5-mois-de-blocage

LE NUCLÉAIRE EST INCOMPATIBLE AVEC LE DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE : LA CENTRALE ATOMIQUE DU TRICASTIN BIENTÔT À L’ARRÊT ?

Le message que vient de faire passer EDF  aux « marchés » (spéculatifs) est sans appel : le nucléariste avoue qu’à cause des températures élevées des fleuves et la canicule la production nucléaire de l’électricité devient quasi impossible. Un ou plusieurs réacteurs atomiques du site du Tricastin (Vaucluse-Drôme) devra à son tour être arrêté. Déjà la production du réacteur n°2 a dû être réduite les 29 et 31 juillet dernier. La centrale de Saint-Alban (Isère), elle aussi sur les bords du Rhône, a dû baisser sa production. 4 autres centrales nucléaires tels à Golfech ou au Blayais et à Saint-Alban) ont dépassé les limites règlementaires de rejets de chaleur dans les rivières les bordant. Le nucléaire c’est la pénurie électrique assurée.

EDF pourrait abaisser à nouveau sa production à cause de la canicule. C’est le message que le nucléariste vient d’adresser aux marchés spéculatifs européens du fait des températures élevées des fleuves, de l’effondrement du débit d’eau et de la canicule.

Un réacteur de la centrale du Tricastin (Drôme) pourrait même être arrêté mettant en danger la stabilité du réseau. Ce serait le black-out. D’autant que plusieurs autres des 19 centrales atomiques éparpillées le long des fleuves ou en bord de mer se trouvent également dans la même situation notamment celle de Saint-Alban (Isère), elle aussi sur les bords du Rhône ou celle de Golfech (Tarn-et-Garonne) au bord de la Garonne. Mais Bugey sur le Rhône et Chooz dans les Ardennes font aussi partie de la vingtaine des réacteurs pouvant être arrêtés (sur 56 réacteurs) dans l’Hexagone.

C’est qu’ici le Rhône à un étiage si bas que le canal de Donzère-Mondragon dans lequel les réacteurs nucléaires puisent l’eau pour leur refroidissement (et la rejettent plus chaude en mettant en péril la faune et la flore aquatique) ne peut fournir l’indispensable pour que les réacteurs puissent fonctionner. D’autant que les autres usagers de l’eau, agriculteurs et populations, ont des besoins primordiaux de cette ressource. Il va falloir choisir : le nucléaire ou la vie.

Pour rassurer les politiciens du gouvernement et les spéculateurs européens EDF précise qu’à compter du 6 août 2022 une production minimale de 400 mégawatts (MW) sera maintenue « avec le maintien de deux tranches couplées ». Tour de passe-passe lorsque l’on connaît la configuration de la centrale nucléaire du Tricastin qui comporte 4 réacteurs de 900Mw chacun (regroupés deux par deux sous les dénominations d’installation Nucléaire de Base n° 87 et 88) pouvant produire donc jusqu’à 3600Mw. Et que sous une certaine puissance de destruction atomique au cœur des réacteurs le pilotage du monstre nucléaire devient quasi impossible. On est donc loin du compte. Déjà à deux reprises, les 29 et 31 juillet, le réacteur n°2 de Tricastin a dû baisser sa puissance durant plusieurs heures.

La mise en danger de l’environnement, avec la complicité de l’ASN, par de possibles dérogations

Mi-juillet, le nucléariste EDF a déjà demandé à l’Autorité de Sûreté Nucléaire de déroger à la règlementation afin de maintenir en fonctionnement les centrales nucléaires de Golfech (82), du Blayais (33) et de Saint-Alban (38). Autrement dit de pouvoir dépasser le seuil de température des rejets permanents d’eau ayant servi à refroidir les réacteurs atomiques. Et de tuer faune et flore locales tout en augmentant l’évaporation inéluctable de l’eau et la production de Gaz à effet de serre (GES). C’est qu’avec les maintenances en cours sur le parc nucléaire d’EDF (réparation des défectuosités et défaillances, défaut de conception) et le nombre de réacteurs toujours à l’arrêt pour des problèmes de corrosion, la moitié des réacteurs ne fournissent aucun kilowattheure. Alors il faut faire turbiner les autres au maximum quitte à prendre des risques avec la sécurité et à détruire l’environnement. Et, copain comme cochon, le gouvernement peut prendre aussi des prescriptions temporaires autorisant un dépassement supérieur des niveaux de températures dans les rejets nucléaires. Le nucléaire est inutile mais reste dangereux.

Spéculation sur le dos des populations

La production d’électricité nucléaire française sera en 2022 la plus basse depuis trente ans (1992)* et fait flamber la spéculation sur les marchés européens de l’électricité à l’heure où l’Europe fait face par ses sanctions aberrantes contre la Russie à un manque d’autres ressources de production d’électricité. Les tarifs s’envolent toujours plus sur les marchés français et allemands. Ainsi mercredi 3 août 2022 à 13h le prix « spot » (instantané) de l’électron en France dépassait les 500 euros du mégawattheure (euros/MWh). L’an dernier le même jour à la même heure il s’affichait à 89 euros/MWh!  Lundi, le contrat d’électricité pour le quatrième trimestre 2022 atteignait 779 euros le MWh en France – contre 400 euros en Allemagne. Le parc nucléaire français entraîne désormais les prix de l’électricité dans une spirale infernale. Au cœur de la pire des crises énergétiques de son histoire l’Union Européenne montre son inutilité et sa nocivité.

Parfois exportateur d’électricité, EDF doit maintenant importer encore plus d’électrons et beaucoup plus chers en provenance des autres pays. Au lieu de développer à marche forcée les énergies renouvelables (solaire électrique, solaire thermique, hydrolien, hydraulique, éolien maritime et petits éoliens décentralisé, géothermie,…) en France le gouvernement sert les intérêts des lobbies. L’Allemagne (notamment) vole au secours de la France et devra brûler plus de gaz pour maintenir la stabilité du réseau européen et français. Et cet hiver l’alimentation en électricité de la France sera sous forte tension. Le nucléaire n’assure pas l’indépendance de la France et ne fait pas baisser les prix pour les consommateurs.

Les déboires d’EDF dans le nucléaire ne se limitent pas au chantier de Flamanville. La quasi faillite financière du nucléariste conduit à son renflouement par le gouvernement à hauteur de près de 100 milliards, sur le dos des contribuables bien évidemment.

*EDF prévoit désormais une production nucléaire comprise entre 300 et 330 térawattheures (TWh) en 2022, contre 330 à 360 TWh prévus initialement. 10 % de moins qu’en pleine pandémie de Covid-19.  Au pic du phénomène, lors de la canicule de 2003, ces baisses de production nucléaire ont même atteint 1,5 % de la production annuelle du parc d’EDF.

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Par admin publié le jeudi 4 août 2022 à 09h19

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2022/08/04/Lre-nucl%C3%A9aire-est-incompatible-avec-le-d%C3%A9r%C3%A8glement-climatique-%3A-la-centrale-atomique-du-Tricastin-bient%C3%B4t-%C3%A0-l-arr%C3%AAt

POUR NE PAS RISQUER L’APOCALYPSE, LES ÉTATS-UNIS ONT REPOUSSÉ UN TEST DE MISSILE NUCLÉAIRE MINUTEMAN III

Sentez-vous cette tension dans l’air?

En réponse outrée et musclée à la visite de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis Nancy Pelosi à Taïwan, la Chine s’est lancée dans d’intenses exercices militaires à projectiles réels autour d’une île techniquement encerclée par son ennemi existentiel, et a procédé à des tirs de missiles à peine plus rassurants.

De leur côté, les États-Unis se préparaient à toute éventualité en bandant quelque peu les muscles et en déplaçant quelques gros atouts dans le Pacifique, notamment les USS Reagan ou USS Tripoli, leurs escortes, leurs F-18 et leurs F-35, faisant craindre l’étincelle qui allait transformer la démonstration de force en incident sérieux.

Mais comme l’a révélé le Wall Street Journal, Washington semblait fort conscient du risque d’incompréhension entre les deux grands rivaux aux nerfs à blanc, quelque temps après qu’António Guterres, secrétaire général de l’ONU, ne prévienne le monde que le risque d’un malentendu le plaçait au bord du précipice atomique, en ouverture d’un sommet sur la question.

À lire aussi : Dans l’Ukraine occupée, la résistance de l’ombre passe aussi par les drones

Précautionneuse, Washington a (sagement) décidé de repousser un lancer de test de l’un de ses fameux missiles balistiques LGM-30G Minuteman III, ceux-là même qu’elle destine à envoyer la mort sous forme atomique sur d’autres continents en cas de conflit nucléaire global.

«Alors que la Chine s’engage dans des exercices militaires autour de Taïwan, les États-Unis démontrent à la place le comportement d’une puissance nucléaire responsable en minimisant les risques d’incompréhension», a ainsi déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche John Kirby.

Mieux vaut prévenir que mourir

Le test aurait dû avoir lieu depuis la Vandenberg Air Force Base en Californie –donc, pour couronner le tout, sur le Pacifique. Ces essais, connus sous le nom de «Glory Trips», sont des opérations de routine destinées à vérifier le bon fonctionnement de missiles balistiques intercontinentaux qui font une partie de la puissance nucléaire américaine mais qui, avec cinq décennies derrière eux, sont notoirement vieillissants.

C’est la seconde fois cette année que les États-Unis repoussent un tel «voyage de gloire»: le Pentagone avait pris une décision similaire en mars, quelques jours après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, afin d’éviter de chatouiller Vladimir Poutine dans le domaine sensible de l’apocalypse nucléaire mondiale.

À lire aussi : Nancy Pelosi à Taïwan: entre les États-Unis et la Chine, tout semble prêt pour une bavure militaire

C’est de la même base de Vandenberg que les États-Unis lancent les LGM-35A Sentinel, projectiles destinés à remplacer avant 2030 les vieux Minuteman III.

Le projet, d’un coût faramineux de 100 milliards de dollars, était auparavant connu sous le terme générique de «Ground Based Strategic Deterrent» (GBSD). En juillet, le prototype utilisé essuyait un échec technique semble-t-il spectaculaire.

Cette fois, la réussite de la décision du Pentagone est totale: le principe même de la dissuasion nucléaire est de ne jamais avoir à s’en servir et, comme vous avez sans doute pu le constater, nulle fin du monde atomique n’a été à déplorer ces derniers jours. Pourvu que ça tienne !

Repéré par Thomas Burgel sur The Wall Street Journal, publié le 05/08/2022 à 6h19

https://korii.slate.fr/tech/chine-etats-unis-risque-apocalypse-etats-unis-repousse-test-missile-nucleaire-minuteman-iii-exercices-taiwan

LA CANICULE AFFECTE AUSSI LA PRODUCTION DES CENTRALES NUCLÉAIRES

Le groupe EDF devrait baisser la production de trois de ses centrales nucléaires à partir de ce week-end. En cause, les grosses chaleurs qui empêchent le producteur d’électricité de refroidir ses réacteurs sans affecter la faune et la flore.

Le manque d’électricité frappe aussi l’été. Après les problèmes de corrosion qui ont touché son parc nucléaire ces dernières semaines, EDF se trouve désormais confronté à la canicule et à la sécheresse. En conséquence, l’énergéticien pourrait devoir baisser la puissance de trois de ses centrales implantées sur le territoire. Les centrales de Goldfech (Tarn-et-Garonne) et de Saint-Alban (Isère) sont concernées. Tandis que deux des quatre réacteurs de Tricastin (Drôme) pourraient être mis à l’arrêt.

« En raison des prévisions de températures élevées sur le Rhône, des restrictions de production sont susceptibles d’affecter le site de production nucléaire de Tricastin à partir du 6 août 2022 [ce samedi, NDLR] pouvant aller jusqu’à l’arrêt d’une tranche« , a indiqué le producteur d’électricité dans un message destiné aux marchés, rapporté par l’AFP, le mercredi 3 août.

En cause, la dépendance de ces centrales nucléaires à l’eau. « Chaque centrale nucléaire est implantée à côté d’une source d’eau (fleuve, rivière ou mer) pour permettre le fonctionnement et le refroidissement des différents circuits« , rappelait le groupe dans un communiqué publié le 10 juin dernier.

Plusieurs centrales nucléaires pourraient voir leur production affectée par la canicule et la sécheresse en ce mois d’août particulièrement sec. © BFM Business

Une mesure de protection environnementale

En effet, pour fonctionner, les réacteurs nécessitent le prélèvement d’eau des fleuves, rejetée par la suite, dans l’environnement, avec 2 degrés de plus. Or la réglementation impose des températures maximales pour ces eaux rejetées afin de protéger la faune et la flore et ne pas trop réchauffer ces cours d’eau. Le respect de ces réglementations concernant les rejets thermiques peut nécessiter la diminution de puissance de certains réacteurs voire leur arrêt complet.

En juin déjà, la centrale de Saint-Alban avait fonctionné au ralenti. « Les récents épisodes de chaleur et de sécheresse ont eu un impact sur la température et le débit du Rhône« , avait expliqué EDF dans un communiqué. « Ce phénomène a conduit EDF, pour respecter la réglementation relative aux rejets thermiques, à réduire ponctuellement la production de certaines unités« , avait poursuivi le fournisseur d’électricité.

Des baisses de production de plus en plus fréquentes

En juillet, des demandes de dérogations à ces règles environnementales déposées par EDF avaient été accordées à quatre centrales jusqu’à la fin du mois. Les sites de Bugey (Ain), de Golfech (Tarn-et-Garonne), du Blayais (Gironde) et de Saint-Alban (Isère) étaient concernés.

Encore limitées, ces baisses de production estivales pourraient cependant se multiplier à l’avenir. Le gestionnaire de réseau RTE estime qu’ils vont doubler ou tripler d’ici à 2050. Dans son rapport Futurs 2050 paru fin 2021, RTE soulignait le risque du réchauffement climatique et des multiplications des épisodes caniculaires pour le parc nucléaire.

« Les centrales nucléaires existantes situées en bord de fleuve seront plus régulièrement affectées par des périodes de forte chaleur et de sécheresse: même si les volumes d’énergie perdue resteront faibles à l’échelle annuelle, ceux-ci pourraient toutefois concerner des puissances significatives« , pouvait-on lire dans ce rapport.

Les prochains EPR construits en bord de mer

Un risque qui pourrait être réduit par le choix de localisation des nouvelles centrales. « La sensibilité des nouveaux réacteurs nucléaires à ces aléas climatiques pourra être minimisée en privilégiant certains sites (en bord de mer ou en bord de fleuves faiblement contraints en matière de débits et de température seuil) et grâce aux aéroréfrigérants imposés pour les futures centrales en bord de fleuve« , estimait RTE.

En février dernier, Emmanuel Macron avait annoncé la construction de six nouveaux réacteurs, sur le territoire, pour une mise en service à l’horizon 2035. Le 10 novembre 2021, le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, avait déjà annoncé que le site de Penly près de Dieppe était choisi pour la construction de deux premiers réacteurs pressurisés européens (EPR) de deuxième génération. Le site de Gravelines, dans le Nord, accueillera également deux autres EPR. Quant aux derniers réacteurs, leur localisation n’a pas encore été déterminée.

Par Matthieu Pechberty avec Nina Le Clerre, publié le 05/08/2022 à 11h52

Pour retrouver cet article et écouter l’excellent entretien (11mn28s) avec Marc Jedliczka (porte-parole de l’association négaWatt), cliquer sur :

https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/energie/la-canicule-affecte-aussi-la-production-des-centrales-nucleaires_AV-202208050199.html

VOSGES ALTERNATIVES AU NUCLÉAIRE PARTICIPE À UN JEÛNE INTERNATIONAL POUR L’ABOLITION DES ARMES NUCLÉAIRES

Vosges Alternatives au Nucléaire participe à un jeûne international pour l’abolition des armes nucléaires. Pour la troisième année consécutive, ils seront présents au kiosque à musique dans le parc du cours à Épinal du 6 au 8 août de 10 à 18 heures et le 9 de 10 à 12 heures. Une dizaine de personnes jeûnerons du 6 au 9 août, pour demander que la France signe et ratifie le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaire, TIAN. Celui-ci est en vigueur depuis le 22 janvier 2021. À ce jour 65 pays l’ont signé et ratifié.

Le communiqué:

« Nous sommes des groupes de personnes de plusieurs pays qui avons décidé de jeûner du 6 août, anniversaire du bombardement d’Hiroshima, au 9 août, anniversaire du bombardement de Nagasaki. Nous menons cette action pour commémorer les centaines de milliers de victimes de ces bombardements, les milliers de victimes des 2 000 tirs d’essais atomiques et pour appeler à l’abolition complète des armes nucléaires.

Jamais notre appel n’a été plus urgent.

Les menaces de guerre nucléaire proférées par Donald Trump et Kim Jong-un en 2017 puis par Vladimir Poutine en mars 2022 rappellent que l’abolition des armes nucléaires est une nécessité impérieuse et vitale pour l’humanité, notamment pour qu’aucun responsable, et en particulier des dirigeants paranoïaques ou déjantés, n’ait la possibilité d’en faire usage.

L’agression de l’Ukraine par V. Poutine démontre aussi qu’il n’y a pas « d’équilibre de la terreur ». Loin d’empêcher une attaque du faible par le fort, l’arme nucléaire ne dissuade que d’une chose : elle prohibe toute intervention de forces alliées pour venir en aide à la victime, sous peine de transformer une guerre territoriale en guerre mondiale.

La dissuasion nucléaire est non seulement inefficace et dangereuse, mais aussi antidémocratique, démobilisatrice, immorale et ruineuse. Les dépenses colossales pour les armes nucléaires – plus de 70 milliards de dollars par an – privent d’autant nos services sociaux, d’éducation, de santé, et sont faites au détriment de lutte contre le dérèglement climatique et la pauvreté.

Avec l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) en 2021, la possession, la production, l’emploi, la menace d’emploi d’armes nucléaires et son financement sont désormais interdites au regard du droit international. Le TIAN doit entrer en vigueur, les autres traités de désarmement nucléaire (Traité de Non-Prolifération – TNP, Traité d’Interdiction Complète des Essais nucléaires – TICE) doivent être respectés et appliqués !

Nous, les groupes de citoyens-jeûneurs soussignés, appelons chaque personne à se joindre à nous pour s’insurger contre la folie des armes nucléaires, à rejoindre les organisations fédérées dans la Campagne internationale pour l’interdiction des armes nucléaires (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons –ICAN) lauréate du prix Nobel de la paix 2017, et à participer aux actions menées par ces organisations.

Le désarmement nucléaire doit avoir lieu maintenant !

Rejoignez le Jeûne-Action !

Exigez que votre pays adhère au Traité ! »

Vosges Alternatives au Nucléaire 

Par la rédaction, publié le 04 août 2022

Photo en titre : photo d’archive

https://epinalinfos.fr/2022/08/vosges-alternatives-nucleaire-participe-a-jeune-international-labolition-armes-nucleaires/

LA FLÈCHE (72) : UN CINÉ-DÉBAT AU KID SUR LA BOMBE ATOMIQUE

Le cinéma Le Kid de La Flèche donne un ciné-débat sur le nucléaire militaire le lundi 8 août 2022. Et le samedi 6 août, pour le 77ème anniversaire d’Hiroshima, il organise le vernissage d’une exposition sur le même sujet.

Le cinéma Le Kid de La Flèche organise en août un ciné-débat et une exposition sur la bombe atomique. Le directeur Jean-François Joly y voit une occasion pour chacun de réfléchir au problème, et de poser des questions. On peut être pour ou contre, mais ce sujet est très actuel et très compliqué.

Dans l’exposition, des images et des textes apprennent les enjeux du nucléaire militaire. On découvre aussi le Traité d’interdiction des armes nucléaires, qui rassemble 65 états du monde entier. Le vernissage a lieu le samedi 6 août, à 11 h, au cinéma. L’événement dure jusqu’au 23 août. Il a été réalisé par Ican France, un groupement d’ONG. Les spectateurs pourront le visiter avant ou après les projections et aux horaires d’ouverture du cinéma*.

Une exposition sur le nucléaire à La Flèche

Le lundi 8 août, le film « Le Début de la fin des armes nucléaires » d’Alvaro Orus sera projeté à 20 h, pour une durée d’environ une heure, en version originale sous-titrée. Un débat sera animé par Gérard Halie, du Mouvement de la paix, et Martial Château, membre du réseau Sortir du nucléaire et du Collectif sarthois pour la paix.

Ce militant rappelle : Le secrétaire général de l’ONU vient de déclarer, lundi 1er août, que l’Humanité était à une erreur de calcul de l’anéantissement nucléaire. L’arme nucléaire est excessivement dangereuse et coûte très cher, il faut l’interdire à l’échelle mondiale. Les récents événements en Ukraine doivent nous en faire prendre conscience.

* Horaires d’ouverture du cinéma : lundi, jeudi et samedi de 16 h à 20 h 30, mardi et vendredi de 17 h à 20 h 30, mercredi et dimanche de 14 h 30 à 20 h 30.

Par Le Maine Libre , Louis GOHIN, publié le 04/08/2022 à 08h24

Photo en titre : Martial Château (à gauche) du Collectif sarthois pour la paix, aux côtés de Jean-François Joly et Lison Cognard du cinéma Le Kid, quelques jours avant le vernissage de l’exposition du samedi 6 août. | LE MAINE LIBRE

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/la-fleche-72200/la-fleche-un-cine-debat-au-kid-sur-la-bombe-atomique-77bc1eb8-127b-11ed-abe5-6c780d7fdca1

FINISTÈRE : APPEL À LA MOBILISATION POUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE SAMEDI AU MENEZ HOM

Plusieurs associations et organismes du Finistère appellent à se mobiliser samedi 6 août 2022, date anniversaire du largage de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki en 1945, pour le désarmement nucléaire de la France. Le rendez-vous a lieu au Menez-Hom.

Non à l’arme nucléaire. C’est sous ce mot d’ordre que le collectif finistérien pour l’interdiction des armes nucléaires (CIAN 29) et le Mouvement pour la paix appellent à la mobilisation samedi 6 août 2022, au sommet du Menez-Hom. « Un lieu symbolique car proche de l’île Longue, explique Noëlle Péoc’h, du Mouvement de la paix et membre du CIAN 29. Notre action vise à sensibiliser l’opinion publique sur l’élimination totale des armes nucléaires.

Contexte international particulier

« Cette année, notre commémoration va revêtir un caractère particulier, avec la guerre en Ukraine et la menace de l’usage de l’arme nucléaire annoncé par Poutine. La situation est grave. »

À 11 h 30, rendez-vous au parking de Sainte-Marie du Menez-Hom pour un pique-nique à partir de 12 h, en musique (irlandaise). À 14 h, départ en voiture jusqu’à l’entrée de la route qui mène au Menez-Hom, puis montée en cortège jusqu’au sommet. De 14 h 30 à 18 h, animations et échanges au sommet de la montagne.

Une pétition

Le Mouvement de la paix a également lancé une pétition pour que la France signe et ratifie au plus vite le TIAN (Traité pour l’Interdiction des Armes Nucléaires du 3 juillet 2017).

La fédération du Finistère du PCF invite également à prendre part à l’événement.

Par Ouest-France , publié le 04/08/2022 à 08h30

Photo en titre : Les représentants des différentes associations, partis politiques, membres du collectif pour l’interdiction des armes nucléaires, avec au centre Noëlle Péoc’h, du mouvement de la paix et membre du CIAN 29. | OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/bretagne/finistere/appel-a-la-mobilisation-pour-le-desarmement-nucleaire-samedi-au-menez-hom-dbb0be8e-1284-11ed-a32e-33a9954ce736

À BURE, LES OPPOSANTS SE PRÉPARENT À L’ARRIVÉE DES BULLDOZERS

Déclarations d’utilité publique et d’intérêt national, terres rachetées, maisons rasées… Autour de Bure, l’emprise de Cigéo est de plus en plus palpable. Les opposants promettent de se défendre « jusqu’au bout » contre les expulsions.

Entre Bure (Meuse) et Cirfontaines-en-Ornois (Haute-Marne), reportage

Les années à venir s’annoncent chaudes dans le sud meusien. Et le réchauffement climatique n’en sera pas le seul responsable. Car autour du projet de centre d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo, dessiné par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), les nerfs se tendent. La raison ? La publication le 8 juillet 2022 des décrets accordant l’utilité publique (DUP) et « l’intérêt national » (OIN) [1] au projet.

Derrière cette « étape administrative » se cache une multitude de nouveaux leviers pour l’Andra, lui permettant de déloger agriculteurs, opposants et militants à tour de bras [2]. Après plus de 20 ans « d’accompagnement et de développement du territoire », le laboratoire de l’Andra montre finalement un tout autre visage.

Le bois Lejuc pourrait être bientôt défriché pour pouvoir accueillir la zone puits. © Quentin Zinzius / Reporterre

À la Maison de Résistance (BZL), site historique de contestation du projet, la nouvelle s’est répandue rapidement. « Nous savions que la procédure allait avancer, et nous l’avons anticipé. Une équipe et des recours juridiques étaient préparés de longue date, pour contester ces décrets », assure Paulo [*], un habitué des lieux. Mais des inquiétudes subsistent. Notamment autour du bois Lejuc, où se sont déroulés les précédents conflits attenants à Cigéo, avant que l’Andra n’en prenne réellement possession courant 2021.

Situé au-dessus de la future zone de stockage des déchets, il doit être en partie défriché pour servir de zone de soutien aux travaux, appelée « zone puits ». « Depuis les occupations, le bois n’a jamais vraiment quitté nos esprits, et on surveille de près ce qu’il s’y passe », assure Paula [*], qui habite également BZL.

© Gaëlle Sutton / Reporterre

Fin juillet, une équipe d’experts aurait notamment réalisé une étude d’impact environnemental en son sein ; une étape nécessaire avant de pouvoir commencer des travaux de défrichements. Mais pour l’heure, la forêt trône toujours paisiblement sur la plaine. « Le jour où les bulldozers viendront, nous serons prêts », promet-on dans la Maison.

Et le bois Lejuc n’est pas le seul à être menacé par l’avancée du projet de l’Andra. Au total, près de 3 500 ha de terres sont couvertes par l’OIN — dont une majeure partie est déjà aux mains de l’Andra, permettant à l’agence d’y réaliser les aménagements nécessaires à l’installation du centre de stockage. Mais il lui manque encore plusieurs zones maîtresses [3].

Les terres de Jean-Pierre Simon, où travaillent les Semeuses, sont à proximité directe de la future ligne de chemin de fer, aujourd’hui repérable par une bande arborée. © Quentin Zinzius / Reporterre

« Aux dernières nouvelles, les terres situées au niveau de la liaison intersites, du transformateur, et de la gare de Luméville, ne sont toujours pas sous contrôle de l’Andra », détaille Jean-Pierre Simon, agriculteur haut-marnais et opposant historique au projet Cigéo. Des zones cruciales à l’arrivée des déchets nucléaires, qu’elle va désormais pouvoir s’approprier, avec ou sans l’accord de ses occupants. Enfin presque. « Nous avons entrepris de gros travaux pour barricader la gare », informe-t-on à la Maison de Résistance. Courant juillet, entre 200 et 300 personnes ont ainsi participé à la « semaine des barricades », afin de transformer le lieu en véritable bastion de résistance.

« C’est notre lieu de vie, nous le défendrons jusqu’au bout »

« L’OIN permet à l’Andra d’expulser les derniers habitants de terrains qu’elle convoite avant 2037, précise Paulo, mais nous ne nous laisserons pas faire. » Pour autant, les opposants ont le temps de voir venir. « La procédure d’expulsion sera longue, ils ont des contraintes administratives qu’ils ne peuvent pas éviter », se rassurent les opposants. « De toute façon c’est notre lieu de vie, nous le défendrons jusqu’au bout », complète Paula.

En attendant la venue de l’Andra, l’ancienne gare de Luméville se barricade. © Quentin Zinzius / Reporterre

Du côté des agriculteurs, la parution des décrets n’a rien arrangé. Pour Jean-Pierre Simon, dont une partie des terres entourent la ligne ferroviaire devant acheminer les déchets radioactifs au futur centre de stockage, l’avenir est toujours incertain. « L’Andra s’est déjà servie sur mes terres, mais la proximité avec la ligne m’inquiète : il n’y a que quelques mètres entre mon champ et la future voie », détaille-t-il.

Une partie de ce champ est d’ailleurs cultivée en maraîchage par le collectif des Semeuses, qui s’oppose également à Cigéo. « Cette situation m’effraie, avoue Lisa [*], membre du collectif. Il est plus difficile de se projeter, d’imaginer l’avenir de nos terres et de notre territoire, quand on sait qu’un train chargé de déchets radioactifs peut se pointer, à quelques mètres de là. »

De plus, pour permettre l’accès aux terres agricoles, l’Andra devra construire ponts et autres passages à niveau ; des points stratégiques à surveiller et défendre dans le cadre d’un transport de déchets radioactifs. « Une telle proximité ne garantit pas notre sécurité, ni celle du train ! » surenchérit Jean-Pierre Simon.

À l’ancienne gare de Luméville, le message est clair : bien qu’elle figure sur les plans du projet, ses habitants ne l’abandonneront pas à l’Andra. © Quentin Zinzius / Reporterre

Mais l’Andra n’a pas attendu le début de ces travaux pour sortir le bulldozer. À Mandres-en-Barrois, un large amas de gravats, à deux pas de la mairie, rappelle l’emplacement d’une ancienne maison. Inoccupée, elle a été rachetée et « détruite récemment par l’Andra », confirme une source au sein du village. L’espace pourrait être transformé en terrain de jeux pour les enfants. « Un peu hypocrite, quand on veut vider le territoire de ses habitants  », ironise un opposant, apprenant la nouvelle.

Et ce n’est pas la seule. « Plusieurs maisons ont été détruites du côté de Chassey-Beaupré, et sont aujourd’hui en « terrain à bâtir« . Et à Guillaumé, un « projet privé » [4] a fait raser trois propriétés », témoigne Jean-Pierre Simon, qui suit de près le sort du foncier sur le territoire. Pourtant, ces communes figurent bien à l’extérieur de la zone définie par l’OIN.

À Mandres-en-Barrois, et dans d’autres villages alentours, plusieurs habitations ont déjà été rasées. © Quentin Zinzius / Reporterre

« L’Andra est opportuniste, estime l’agriculteur. Sous couvert de détruire des « verrues » [des maisons anciennes ou en mauvais état] elle évite en réalité l’installation de nouveaux habitants, et de potentiels opposants au projet. » Une volonté qui n’a rien de surprenant, l’Autorité environnementale ayant souligné dans son rapport du 13 janvier 2021, la nécessité de « limiter durablement la population exposée » et à ne pas « développer démographiquement le territoire ».

L’Andra semble désormais accélérer la manœuvre. Elle avait d’ailleurs essayé de récupérer l’Affranchie, bâtisse rachetée par des opposants au projet en 2018, avant d’être déboutée par la justice en juillet 2021. « Ce qui est à nous, nous l’occuperons et le protégerons jusqu’au bout », promet Paulo. Prochain rendez-vous pour les opposants : les Bure’lesques, qui se tiennent à Hévilliers, près de Bure (Meuse), les 5, 6 et 7 août prochain.

Notes

[1En désignant Cigéo comme opération d’intérêt national, l’État se réserve le pouvoir de définir les politiques d’urbanisme et d’aménagement locales et de délivrer les autorisations d’occupation des sols, parmi lesquelles les permis de construire, ce qui est normalement une prérogative des mairies.« Cela signifie que cette zone va être entièrement dédiée, en priorité, au développement de Cigéo », alertait un opposant pour Reporterre.

[2Sur les trois communes les plus touchées par le projet (Mandres, Saudron et Bure), on compte 250 habitants, dont beaucoup sont âgés, et quelques dizaines de militants (qui seraient rejoints par de nombreux autres si l’imminence de l’expulsion se faisait sentir).

[*Le prénom a été modifié à sa demande.

[3Il reste une centaine d’hectares à acquérir, majoritairement des parcelles agricoles et pour un tiers des chemins et autres voies. Si les […] négociations amiables […] n’aboutissaient pas, la déclaration d’utilité publique permettrait d’entamer les procédures relatives aux acquisitions par voie d’expropriation », confirmait au début du mois l’Andra à Reporterre.

[4Où l’Andra ne figure pas explicitement mais que les opposants soupçonnent de favoriser indirectement.

 

Par Quentin Zinzius (Reporterre),  publié le 4 août 2022 à 09h16, mis à jour le 4 août 2022 à 09h49

Photo en titre : Près de l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois, le 27 juillet 2022. – © Quentin Zinzius / Reporterre

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NUCLÉAIRE : EDF POURRAIT ABAISSER À NOUVEAU SA PRODUCTION À CAUSE DE LA CANICULE

Dans un message adressé aux marchés, l’électricien français explique qu’il pourrait être contraint d’abaisser sa production nucléaire ces prochains jours, à cause des températures élevées des fleuves. Un réacteur de la centrale du Tricastin (Drôme) pourrait même être arrêté. Une production minimum sera toutefois maintenue pour la stabilité du réseau.

La canicule affecte aussi les centrales nucléaires. Et par ricochet, la production d’EDF. L’électricien français pourrait en effet être contraint d’abaisser momentanément sa production d’électricité nucléaire, explique-t-il ce mercredi dans un message adressé aux marchés. Pis encore, un réacteur de la centrale du Tricastin pourrait même être arrêté.

« En raison des prévisions de températures élevées sur le Rhône, des restrictions de production sont susceptibles d’affecter le site de production nucléaire de Tricastin à partir du 6 août 2022 pouvant aller jusqu’à l’arrêt d’une tranche », écrit EDF. L’électricien précise toutefois qu’une production minimale de 400 mégawatts (MW) sera maintenue « avec le maintien de deux tranches couplées » afin d’assurer la stabilité du réseau. Pour rappel, la centrale nucléaire de la Drôme compte 4 réacteurs de 900 MW.

Plusieurs centrales concernées

Électricité de France avait déjà prévenu, depuis la fin de la semaine dernière, que la production de la centrale pourrait être affectée en raison de l’échauffement des cours d’eau utilisés pour refroidir les réacteurs. La réglementation française prévoit de réduire ou d’arrêter les réacteurs lorsque la température des rivières atteint certains seuils pour s’assurer que l’eau utilisée ne nuira pas à l’environnement lorsqu’elle sera rejetée dans les cours d’eau.

« À date, seul le réacteur n°2 de Tricastin a modulé sa puissance afin de respecter son arrêté de rejets (à deux reprises durant quelques heures le 29 et le 31 juillet) », indiquait un porte-parole à l’AFP. Mais la centrale de la Drôme n’est pas la seule concernée. EDF a en effet mis également en garde sur de possibles « restrictions de production » à la centrale de Saint-Alban (Isère), elle aussi sur les bords du Rhône. Là encore, une production minimale est également prévue.

Dérogations possibles

De telles restrictions sont aussi envisagées à la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) en raison de prévisions de températures élevées pour un autre fleuve, la Garonne. Chaque centrale a ses propres limites réglementaires de température de rejet de l’eau à ne pas dépasser, afin de ne pas échauffer les cours d’eau environnants et d’en protéger la faune et la flore. Les centrales pompent pour le refroidissement des réacteurs, avant de la rejeter.

La réglementation prévoit de possibles dérogations temporaires sur certains sites. De telles dérogations ont été accordées récemment à quatre centrales pour qu’elles puissent fonctionner pendant les fortes chaleurs. Le gestionnaire de réseau de transport d’électricité RTE a ainsi demandé, mi-juillet, à EDF de maintenir en fonctionnement les centrales nucléaires de Golfech, du Blayais et de Saint-Alban.

RTE craignait des turbulences sur le réseau. D’autant que compte tenu des maintenances en cours sur le parc nucléaire d’EDF et du nombre de réacteurs toujours à l’arrêt pour des problèmes de corrosion, la moitié des réacteurs sont toujours indisponibles. La production d’électricité nucléaire française devrait de fait être la plus basse depuis 30 ans en 2022, selon les dernières estimations de l’entreprise.

Flambée des prix

La mise à l’arrêt possible d’un réacteur du Tricastin, et les autres baisses de production devraient donc peser à nouveau lourdement sur le marché de l’électricité, à l’heure où l’Europe subit l’une des pires crises énergétiques de son histoire. Les tarifs se sont à nouveau envolés sur les marchés français et allemands. À 13 heures, mercredi, le prix spot de l’électron en France dépassait les 500 euros du mégawattheure (€/MWh). À titre de comparaison, à la même heure du même jour l’an dernier, celui-ci s’affichait à 89 €/MWh.

Ces nouvelles baisses de production obligent EDF, le plus grand producteur européen d’électricité nucléaire traditionnellement exportateur, à importer encore plus d’électrons. En conséquence, l’Allemagne pourrait avoir à brûler plus de gaz pour maintenir la stabilité de son réseau et ce malgré la promesse de réduire sa dépendance à Moscou.

Pour éviter le black-out, le chancelier allemand Olaf Scholz a même ouvert mercredi la voie à une prolongation de la durée d’exploitation des trois dernières centrales nucléaires en activité dans le pays. Pour rappel, Berlin s’est fixé comme objectif de ne plus avoir du tout recours à l’atome d’ici la fin de l’année.

Par Enrique Moreira, publié le 3 août 2022, mis à jour le 3 août 2022 à 15h27

Photo en titre : EDF avait déjà prévenu, dès la fin de la semaine dernière, que la production de la centrale du Tricastin (Drôme) pourrait être affectée en raison de l’échauffement des cours d’eau, utilisés pour refroidir les réacteurs. (Theo Giacometti/Bloomberg)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/nucleaire-edf-pourrait-abaisser-a-nouveau-sa-production-a-cause-de-la-canicule-1780299

CORINNE LEPAGE : « LE PARI SUR LE NUCLÉAIRE RISQUE DE NOUS EXPOSER À UNE PÉNURIE D’ÉLECTRICITÉ »

Plutôt que d’investir dans le nucléaire, inadapté au changement climatique, il faudrait combler notre retard dans les énergies renouvelables, estime, dans une tribune au « Monde », l’ancienne ministre de l’environnement, qui appelle à ouvrir le débat sur le coût réel de production des différentes énergies et leur impact écologique.

Les difficultés énergétiques que traverse notre pays appelleraient de notre part des choix fondés aussi bien sur la rationalité écologique que sur la rationalité économique. Il n’est pas évident que la nationalisation d’EDF [annoncée le 6 juillet par la première ministre, Élisabeth Borne] et la relance massive d’un programme nucléaire répondent à ces objectifs.

Des choix fondés sur la rationalité écologique sont bien sûr nécessaires pour décarboner tout en prenant en considération le climat, la biodiversité, l’agriculture, la santé environnementale et les risques liés à l’eau (sécheresses, inondations, submersions). L’effort massif en faveur de la sobriété, qui aurait déjà dû être engagé depuis plusieurs années, conduit naturellement aux énergies renouvelables. Le soleil et le vent sont propres à chaque pays, et les technologies incluant l’hydrogène vert – c’est-à-dire produit à partir d’une source d’énergie renouvelable – permettent à la fois l’autoproduction individuelle et collective, et de grosses installations capables de fournir des aciéries ou de fabriquer de l’ammoniac de façon massive.

Retard abyssal dans le renouvelable

La décentralisation énergétique répond à la logique des territoires et à l’acceptation de la maîtrise de l’énergie par nos concitoyens, dès lors qu’ils deviennent autoproducteurs et autoconsommateurs ; certaines formules nouvelles, comme l’agrivoltaïsme, constituent aussi des méthodes d’adaptation de l’agriculture au dérèglement climatique. La croissance mondiale des énergies renouvelables traduit cette logique.

En France, le retard abyssal accumulé dans ce domaine explique pour partie l’insuffisance de production électrique dès lors que baisse la production nucléaire. Celle-ci répond indiscutablement à l’impératif d’une production énergétique décarbonée, mais son adaptabilité au dérèglement climatique est très incertaine. L’augmentation des fortes chaleurs rend sa production aléatoire, et les conséquences pour la biodiversité sont lourdes, voire insupportables, du fait du réchauffement excessif de l’eau.

De plus, les déchets nucléaires ne répondent absolument pas aux règles générales de traitement des déchets et de l’économie circulaire, sans même évoquer les situations accidentelles qu’un parc vieillissant rend plus que possibles. En conséquence, consacrer l’essentiel des investissements énergétiques à venir au nucléaire ne s’intègre pas réellement à la rationalité écologique.

L’échec de la privatisation partielle d’EDF

Qu’en est-il de la rationalité économique et financière qui exige de trouver des solutions de production énergétique au moindre coût, avec des technologies durables, assurant l’autonomie énergétique sur la base de filières françaises ou a minima européennes ? C’est probablement là que le bât blesse le plus. Si l’industrie nucléaire est aujourd’hui largement soutenue par les États, voire étatisée, c’est parce qu’elle ne répond plus aux critères de rationalité économique et financière.

La nationalisation d’EDF (après le sauvetage d’Areva en 2017, à la charge du contribuable) traduit l’échec de la privatisation partielle de la société, dont la valeur de l’action a baissé de 73 % en euros constants [depuis l’introduction en Bourse en 2007]. Elle manifeste aussi l’incapacité de l’entreprise à faire face aujourd’hui aux contraintes financières : qu’il s’agisse de sa dette (jusqu’à 65 milliards d’euros), du coût de l’achèvement de l’EPR de Flamanville (Manche), s’il se fait un jour (20 milliards d’euros selon la Cour des comptes), de la réalisation de six nouveaux EPR (estimée entre 46 et 64 milliards d’euros, ce qui est totalement improbable compte tenu du coût de Flamanville) ; sans parler de la réalisation de l’EPR anglais d’Hinkley Point, avec le risque que le retard déjà accumulé remette en cause les prix garantis qui sont la condition même de l’équilibre financier du projet, et du démantèlement et du stockage des déchets.

Pour autant, la nationalisation règle-t-elle les problèmes ? Certes, elle va faire plaisir à une partie de l’opposition et à certains syndicats, mais, comme le note la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap) dans une note récente, elle permet surtout « la mise en place d’un écran facilitant des méthodes peu orthodoxes de financement d’EDF à l’abri d’interventions de Bruxelles et des concurrents français et étrangers d’EDF ». Même si la décote substantielle des agences de notation ne joue plus son rôle, le budget de l’État n’est pas un puits sans fond et l’application de la taxonomie, à condition que la Cour de justice de l’Union européenne la valide, ne réglera pas toute la facture.

Coût astronomique de l’électricité

Comment continuer à produire une électricité qui coûtera globalement le double de l’électricité verte (solaire et éolienne terrestre), qui ne favorise pas les territoires et n’aura plus de justification au regard de l’intermittence, dès lors que le stockage sera opérationnel, et il l’est déjà partiellement, avec l’hydrogène ?

Le coût astronomique de l’électricité – multiplié par 10 sur le marché de gros européen – s’explique certes par la guerre en Ukraine. Mais, avec une production nucléaire divisée par deux pour une durée inconnue, nous sommes par ailleurs devenus un très gros importateur. Or, le pari sur le nucléaire – qui, dans le meilleur des cas, ne permettra pas de disposer de nouveaux réacteurs avant quinze ans – risque, en raison de l’insuffisance de la mobilisation sur le renouvelable, de nous exposer à une pénurie d’électricité. Avec les conséquences économiques et sociales qui en résultent, et à des coûts exorbitants.

Il est clair que le débat doit être ouvert, sur des bases rationnelles et partagées, en particulier en ce qui concerne les coûts respectifs de production des différentes énergies et leur impact écologique réel, loin des mensonges et postures qui ont entouré le sujet depuis des décennies.

Corinne Lepage est avocate. Elle a été ministre de l’environnement (1995-1997) et députée européenne (2009-2014). Elle préside le mouvement politique CAP 21/LRC.

Par Corinne Lepage (ancienne ministre de l’environnement), publié le 03 août 2022 à 05h00

Photo en titre : JOEL SAGET via AFP

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/08/03/corinne-lepage-le-pari-sur-le-nucleaire-risque-de-nous-exposer-a-une-penurie-d-electricite_6136983_3232.html

CRISE DE L’ÉNERGIE : LE PARLEMENT ALLÈGE LA FACTURE POUR EDF

Le vote de la loi sur le pouvoir d’achat bouge les curseurs de l’accès au nucléaire régulé, en augmentant le prix de l’électron vendu par EDF à ses concurrents et en plafonnant le volume.

Ce sont quelques glissements de curseur dont les conséquences peuvent rapidement se chiffrer en milliards d’euros. Débattant du projet de loi sur le pouvoir d’achat , les députés et les sénateurs réunis en commission mixte paritaire ont donné un gros coup de pouce aux finances d’EDF. Ils ont voté le gel du plafond de l’Arenh – l’accès régulé à l’électricité produite par le nucléaire historique-, ainsi que le relèvement du prix de l’électron ainsi vendu aux concurrents du groupe.

À compter du 1er janvier prochain et jusqu’à 2025, le MWh issu des centrales françaises d’EDF ne pourra pas se vendre moins de 49,5 euros. Jusqu’à présent, le prix de référence était de 42 euros. Par ailleurs, les fournisseurs d’électricité alternatifs ne pourront pas se partager plus de 120 TWh par an, contre 100 actuellement. À la condition notable, cependant, d’obtenir l’accord de la Commission européenne, qui suit de très près ce régime dérogatoire franco-français.

Bonne nouvelle pour EDF

Ces deux nouvelles devraient largement satisfaire EDF, qui vient d’encaisser une perte semestrielle historique à plus de 5 milliards d’euros . À lui-seul, le surplus exceptionnel de 20 TWh décidé début 2022 par le gouvernement pour limiter la hausse des prix aux particuliers dans le cadre du bouclier tarifaire a entraîné une perte opérationnelle de plus de 6 milliards à l’énergéticien : sa production nucléaire étant au plus bas , le groupe qui repassera bientôt à 100 % dans le giron de l’État a dû racheter à prix d’or des volumes d’électricité pour les revendre à un prix plus bas à ses concurrents français – comme la loi l’exige.

Pour faire passer la pilule, le gouvernement avait augmenté le prix de vente du MWh à 46,20 euros pour cette « rallonge » de 20GWh. Le vote des parlementaires acte donc une forte hausse du prix du nucléaire historique, puisque l’augmentation décidée porte sur l’ensemble de l’Arenh. Ce qui mettra sous pression les fournisseurs alternatifs d’électricité , comme TotalÉnergies.

Début juin, Jean-François Carenco, qui n’était à l’époque pas encore ministre délégué chargé des Outre-mer mais président de la Commission de régulation de l’énergie, avait proposé au gouvernement un tarif « autour de 49 ou 50 euros » et des volumes annuels à 130 GWh , compte tenu de l’inflation, de la crise énergétique qui secoue l’Europe et des besoins des fournisseurs alternatifs bien plus nombreux qu’en 2010, la date de naissance du concept de l’Arenh. Cette année, EDF prévoit de produire entre 280-300 TWh d’électricité nucléaire en France.

« Débat parlementaire »

La semaine dernière, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, soucieuse de limiter la facture du bouclier énergétique, avait jugé « raisonnable » un plafond d’Arenh à 135 TWh pour 2024 et 2025, en rappelant que le plafond théorique était de 150 TWh (même si ce plafond voté ne s’est pas concrétisé au niveau réglementaire, ndlr). De même, le gouvernement s’était prononcé contre le relèvement du prix de l’Arenh. Mais le débat parlementaire qui s’en est ensuivi a statué autrement.

Par Julien Dupont-Calbo, publié le 2 août 2022 à 18h53

Photo en titre : Débattant du projet de loi sur le pouvoir d’achat, les députés et les sénateurs réunis en commission mixte paritaire ont donné un gros coup de pouce aux finances d’EDF. (Pascal Rossignol/REUTERS)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/crise-de-lenergie-le-parlement-allege-la-facture-pour-edf-1780160

FRANCE : QUELS RISQUES LA TROISIÈME CANICULE FAIT-ELLE PESER SUR LES CENTRALES NUCLÉAIRES ?

La France fait face à son troisième épisode caniculaire de l’été, qui a débuté lundi, dans le sud du pays. La hausse du thermomètre pèse sur la production électrique nucléaire, très dépendantes de l’eau. Une dérogation temporaire aux règles environnementales avait déjà été accordée à quatre centrales en juillet. Faut-il, dès lors, s’inquiéter d’impacts écologiques et de la sécurité nucléaire ? Analyses croisées.

Quelques jours de répit et la France suffoque de nouveau. Balayant le sud du pays, où dix départements ont été placés par Météo France en vigilance jaune, et cinq en orange, la canicule gagne le reste de l’Hexagone depuis mardi 2 août. Outre les incendies, qui ont notamment ravagé 370 hectares de garrigues dans le Gard, les coups de chaud nuisent à la production d’énergie nucléaire française.

Ultra-dépendantes de l’eau, les installations nucléaires doivent être refroidies en permanence pour pouvoir fonctionner en toute sécurité. Ce qui explique leur construction en bord de mer ou aux abords de fleuves ou de rivières, où elles puisent d’importantes quantités d’eau. Traitées, elles sont ensuite restituées à l’environnement, intégralement ou à plus de 90 %, selon les systèmes de refroidissement.

Seuils 

Mais, « dans un cas comme dans l’autre, cette précieuse ressource est prélevée à une certaine température, pour être rejetée plus chaude« , explique Johnny Da Silva, ingénieur thermicien, et ancien président de “Sortir du Nucléaire Paris”. 

« Chaque centrale est toutefois soumise à des règles spécifiques quant à la température de ses rejets« , explique Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN). (voir ndlr en fin d’article

« Dans les cas où il y a un risque pour l’équilibre du réseau électrique, EDF peut faire des demandes de dérogations […] auprès de l’autorité de sûreté nucléaire, en mesure d’accorder des dérogations en exigeant, en général, une surveillance environnementale renforcée”, poursuit-elle. 

Comme cet été, en pleine canicule : les centrales de Golfech, Blaye et de Saint-Alban puis celle de Bugey ont obtenu, mi-juillet, une dérogation aux règles environnementales, afin d’assurer l’approvisionnement réseau électrique pendant la canicule. Concrètement, elles ont obtenu le droit de rejeter des eaux plus chaudes qu’à l’ordinaire.

Le réchauffement climatique, premier coupable de celui des eaux ?

Si l’on s’autorise à déroger aux normes établies, “c’est forcément le milieu naturel qui trinque”, déplore Johnny Da Silva.

Selon des associations écologistes, le réchauffement de l’eau des fleuves conduirait à un dangereux recul de la biodiversité. En gagnant des degrés, l’eau s’appauvrit en oxygène, ce qui affecte des espèces déjà menacées, tels que les saumons ou les truites.

Les températures élevées favorisent également le développement d’algues, gourmandes en oxygène, au détriment d’autres organismes, qui périssent asphyxiés. En outre, le réchauffement de l’eau pourrait conduire au développement de bactéries, telles que des espèces de légionelles, source de contamination des fleuves, et des préoccupations sanitaires qui s’ensuivent.

Or, moins d’eau rime avec plus chaud, comme l’explique Johnny Da Silva : « Plus le niveau du fleuve est bas, plus – à puissance de réacteur égale – une centrale nucléaire va augmenter sa température, puisqu’il y a moins de volume d’eau à même d’absorber la chaleur, celle-ci étant ainsi moins diluée”.

Réelle, cette hausse de température générée par les centrales n’a pas d’impact significatif sur la vie aquatique, objecte Valérie Faudon : “Les relevés effectués par EDF depuis les années 70 montrent que la faune et la flore observées en amont des centrales ne diffère pas de celles étudiées en aval. On constate, en revanche, les effets du changement climatique et ses impacts sur la faune et la flore« .

Sur les fleuves les plus sensibles à la chaleur en été, telle que la Garonne, « la température avoisine les limites environnementales autorisées, en amont même de la centrale« , note Valérie Faudon. “Basées sur les données de recherche qui datent des années 60, ces normes ne prennent pas en compte l’impact du réchauffement climatique« , précise-t-elle.

Vivre une “catastrophe du type Fukushima” ?

Si des normes très strictes sont effectivement observées, concède Johnny Da Silva, elles ne concernent que les situations où le risque est “gérable”. Car “l’inertie thermique d’un réacteur nucléaire est très importante, explique l’ingénieur. Même après la mise à l’arrêt d’un réacteur il faut continuer de le refroidir des mois après, sans compter les besoins en refroidissement des piscines d’entreposage du combustible usé présentes sur chaque site. On peut imaginer une situation où le débit du Rhône deviendrait si faible, que malgré l’extinction des réacteurs, nous n’aurions plus assez d’eau pour assurer leur refroidissement minimum, réacteur à l’arrêt. Nous vivrions alors, en France, une catastrophe du type Fukushima« .

L’eau est effectivement indispensable au refroidissement des réacteurs, mais le lien avec la sécurité des centrales n’est “pas un sujet” dans notre pays, tranche Valérie Faudon. « En dépit des questions d’étiage, nous disposons de moyens – telles que les retenues d’eau – pour contrôler l’approvisionnement hydraulique nécessaire en amont des centrales. Voilà pourquoi une pénurie de ce type ne s’est jamais produite”, précise-t-elle.

Si la saison estivale est souvent celle d’opérations de maintenance “de routine”, où les réacteurs sont rechargés en combustible en préparation de l’hiver, l’été que nous traversons est un peu “particulier”, ajoute Valérie Faudon : du fait des contrôles liés à la recherche de phénomènes de corrosion, lesquels ont forcé 12 réacteurs supplémentaires à l’arrêt, sur un parc de 56”.

Angoisses

Ce parc nucléaire étant complètement tributaire de l’eau, s’interroge Johnny Da Silva, “comment ne ressentir aucune appréhension face au nombre croissant de rivières déjà asséchées en France ?”.

Selon le bureau français de recherches géologiques et minières, le débit moyen annuel des cours d’eau en France métropolitaine pourrait baisser de 10 à 40 % d’ici 2050. Une perspective plus inquiétante en été, où le niveau des fleuves chuterait jusqu’à 60 %.    

Les installations nucléaires refroidies par l’eau marine ne sont certes aucunement concernées par la problématique du recul des eaux, mais ici, c’est leur montée qui remplit d’angoisse les climatologues.

En décembre 1999, la tempête Martin avait balayé la région du Blayais. Sur l’estuaire girondais, une partie de la centrale nucléaire avait été inondée, forçant la mise à l’arrêt de deux réacteurs, dans l’urgence la plus totale. Si une catastrophe majeure avait pu être évitée, l’incident avait ravivé des inquiétudes, jamais estompées : celles liées à la sécurité des cinq centrales nucléaires situées sur le littoral français.

Par Sophian AUBIN , publié le 02/08/2022 à 12h31

Photo en titre : Photo d’archive de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse située sur les communes de Cruas et Meysse, près de Montélimar, au bord du Rhône, dont les eaux assurent le refroidissement des installations. © AFP, Philippe Desmazes

https://www.france24.com/fr/france/20220802-france-quels-risques-la-troisi%C3%A8me-canicule-fait-elle-peser-sur-les-centrales-nucl%C3%A9aires

(NDLR : comme son nom le laisse supposer, la SFEN défend et soutient le nucléaire)

FESTIVAL LES BURE’LESQUES, 5-6-7 AOÛT 22

J-4 ! Quand tu reçois cette ultime newsletter, on est déjà sur place pour commencer à préparer le terrain, organiser les espaces, monter les chapiteaux, tout ça sous le soleil et dans la bonne humeur ! Il faut dire que la dernière édition c’était en 2019, le temps a passé, et nous nous réjouissons de nous (et de vous !) retrouver.

VIENS, c’est important

Pour Cigéo aussi le temps a filé : il a franchi une nouvelle étape le 7 juillet dernier et a été déclaré d’utilité publique. C’est pas vraiment une bonne nouvelle c’est certain, mais ça ne doit pas affecter notre détermination : cela ne signifie en aucun cas que le projet est autorisé, ni que l’Andra sait répondre aux innombrables questionnements que soulève l’enfouissement des déchets nucléaires. Par contre, servons-nous du festival comme tremplin pour donner de nouveaux élans à la lutte et imaginer de nouvelles formes d’oppositions avec vous toutes et tous !

PLEIN FEUX SUR… LES CONFÉRENCES !

Pour cette 3ème édition l’invitée de marque sera l’eau ! Vitale, l’eau est un bien commun absolument essentiel à la vie et à la survie de l’humanité… Personne ne peut et ne doit nier aujourd’hui que la ressource est en grave danger partout sur la planète. Faut-il mettre en péril la ressource locale en permettant l’enfouissement de déchets radioactifs ? Allons-nous laisser faire contamination et raréfaction, en autorisant le chantier Cigéo ? Le risque est immense, et nous le refusons avec d’autant plus de force qu’il est sous-estimé et caché par l’Andra et les pouvoirs publics. De fait :

5 conférences aborderont les dangereux impacts de Cigéo sur la ressource locale et celle du Bassin parisien, mais aussi les effets de la radioactivité. Eau du robinet, rejets de l’usine de La Hague dans la mer ou encore contamination incontrôlable suite à Fukushima… les activités de l’industrie nucléaire ont des effets sanitaires délétères irréversibles, quoiqu’en disent celles et ceux qui osent encore la défendre et veulent bâtir de nouveaux réacteurs.
On fera aussi un petit tour par Vittel où la ressource d’eau minérale est surexploitée. L’eau ne devient-elle pas l’enjeu majeur commun à toutes nos luttes ? Comment nous entendre pour défendre ce bien commun vital ?

> 4 conférences et tables rondes permettront de faire le point sur l’actualité Cigéo et sur ce dossier aux multiples facettes, la lutte engagée depuis les années 1980, les mobilisations en cours, les recours juridiques, les enjeux à venir, la défense de notre territoire et de ses richesses naturelles… Et puis nous nous interrogerons collectivement sur le visage que nous voulons donner à notre beau territoire, qui a tant d’atouts à préserver.

Plus d’infos sur les conférences et les intervenant-es ici

VILLAGE ASSO

Sur le festival, tu pourras retrouver un grand village associatif avec de l’info, du matériel militant et de belles rencontres, afin de découvrir la lutte contre le projet Cigéo à Bure, contre le nucléaire et son monde, et plein d’autres choses chouettes !

Et le samedi tu pourras aussi rencontrer sur le stand de Bure Stop l’autrice Hélène Laurain autour de son ouvrage « Partout le feu » (Ed. Verdier) 

S’ORGANISER

* VENIR EN COVOIT : on t’a déjà donné toutes les infos pratiques dont tu as besoin pour l’organisation sur place (accès, dormir, manger) mais on ne t’avait pas encore donné le lien pour covoiturer ! Si tu es en recherche d’un trajet en voiture qui passerait par chez toi ou si tu en as un à proposer car il y a des places disponibles dans ton véhicule, voici le lien de la plateforme de covoiturage créée pour faciliter vos rencontres : https://lite.framacalc.org/05ehi6kkjg-9vl2 (également publié sur le site)

* PLANNING HORAIRE : tu l’as vu, le programme du festival est dense. Mais tu peux le consulter en un coup d’œil ici, retrouve les horaires de toutes les conférences / projections / spectacles ! Le programme intégral te sera aussi remis à l’entrée du festival.

* FILER UN COUP DE MAIN : si tu es motivé-e pour être bénévole durant le festival (même que quelques heures !), remplis le formulaire mis en ligne (https://framaforms.org/je-veux-etre-benevole-aux-burelesques-1655498338) mais à l’heure où tu reçois cette newsletter, si tu es déjà dans le coin et que tu as envie de faire un peu de montage, tu peux déjà nous rejoindre : l’espace camping et la cantine seront disponibles l Rends-toi à l’espace « accueil bénévoles ».

PSSSST : petites propositions en vrac !

– si tu as un t-shirt vierge, ramène-le pour l’atelier sérigraphie !
– si tu as de bons fruits, pour la cantine La Marmijotte est preneuse =)
– si tu as gardé des écocups de l’édition 2019, apporte-les, on en trouvera certainement l’utilité !

D’ICI LÀ, ON RESTE EN CONTACT !

Pour tout renseignement, une seule adresse : info@burefestival.org

N’hésite pas !

À VITE EN MEUSE !

LES ÉTATS-UNIS AFFIRMENT QUE LA RUSSIE UTILISE UN « BOUCLIER NUCLÉAIRE » EN UKRAINE ET RISQUE UN TERRIBLE ACCIDENT

Les États-Unis ont déclaré que la Russie utilisait la plus grande centrale nucléaire d’Ukraine comme « bouclier nucléaire » en y stationnant des troupes, empêchant les forces ukrainiennes de riposter et risquant un terrible accident nucléaire.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que Washington était « profondément préoccupé » par le fait que la centrale de Zaporizhzhia, pour laquelle la Russie a été accusée d’avoir tiré des obus dangereusement près en mars, était désormais une base militaire russe utilisée pour tirer sur les forces ukrainiennes voisines.

« Il est évident que les Ukrainiens ne peuvent pas riposter, de peur qu’il n’y ait un terrible accident impliquant la centrale nucléaire« , a déclaré M. Blinken aux journalistes après les discussions sur la non-prolifération nucléaire aux Nations unies à New York lundi.

Les actions de la Russie vont au-delà de l’utilisation d’un « bouclier humain« , a déclaré M. Blinkens, en parlant de « bouclier nucléaire« .

Lors des discussions de New York, le vice-ministre ukrainien des Affaires étrangères, Mykola Tochytskyi, a déclaré que « des actions conjointes robustes sont nécessaires pour empêcher une catastrophe nucléaire » et a appelé la communauté internationale à « fermer le ciel » au-dessus des centrales nucléaires ukrainiennes avec des systèmes de défense aérienne.

L’invasion de l’Ukraine par le président russe Vladimir Poutine le 24 février a déclenché le plus grand conflit en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, faisant des milliers de morts, déplaçant des millions de personnes et laissant de grandes parties de l’Ukraine en ruines.

La guerre a également provoqué une crise alimentaire mondiale, la Russie et l’Ukraine produisant environ un tiers du blé mondial, et les sanctions occidentales contre la Russie, un important fournisseur d’énergie à l’Europe, ont provoqué une crise énergétique mondiale…(1)

Par © Zonebourse avec Reuters 2022, publié le 02 août 2022 à 04h5

(1) NDLR : le reste de l’article n’a pas de rapport avec le nucléaire mais vous retrouverez l’article complet en cliquant sur : https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Les-Etats-Unis-affirment-que-la-Russie-utilise-un-bouclier-nucleaire-en-Ukraine-et-risque-un-terri–41162023/?utm_medium=RSS&utm_content=20220802

POURQUOI LA FACTURE D’ÉLECTRICITÉ SERA TRÈS SALÉE EN FRANCE CET HIVER

À cause de la guerre en Ukraine et surtout de la chute de la production de son parc nucléaire, la France va, pour passer l’hiver, devoir acheter son électricité à des tarifs beaucoup plus élevés que les autres pays européens.

L’hiver sera chaud… sur les factures d’électricité des Français. Comment peut-on déjà le savoir ? Parce qu’une partie de l’électricité consommée cet hiver est achetée dès maintenant, sur ce qu’on appelle « les marchés de gros à terme ».

Les chiffres actuels des prix de gros de l’électricité pour des quantités à livrer cet hiver sont en effet sans appel : ils sont pratiquement deux fois plus élevés en France que dans la plupart des autres pays européens. Comment expliquer ce paradoxe, alors que la France, très nucléarisée, est peu dépendante du gaz pour sa production d’électricité, contrairement à ses voisins de l’Est ?

Il faut tout d’abord rappeler que le prix de l’électricité sur le marché de gros est très différent de celui que paye le client final, même si l’évolution du premier oriente celle du second. Le prix de gros sur le marché spot (immédiat) ou à terme – pour une livraison à une date ultérieure, dans ce cas le quatrième trimestre 2022 – correspond au coût de production de la dernière unité de production qu’il faut mobiliser pour satisfaire la demande.

On sollicite en priorité les capacités de production qui délivrent le courant le moins cher, puis les suivantes au gré des besoins. Or, en hiver, il faut habituellement beaucoup de gaz supplémentaire pour couvrir une demande électrique qui s’envole. C’est donc lui qui détermine principalement le prix de l’électricité sur le marché de gros durant les mois froids. Et aujourd’hui, entre reprise économique et, bien sûr, la guerre en Ukraine, ce gaz et devenu très cher.

Rien qu’entre mi-juin et fin juillet, le prix du gaz pour une livraison au quatrième trimestre 2022 a pratiquement doublé dans la plupart des pays européens. L’effet direct d’une anticipation d’un arrêt complet des exportations russes. Mais cette hausse, relativement uniforme d’un pays à l’autre, n’explique pas l’écart énorme entre la France et les autres États européens. Surtout que l’Hexagone, comme l’Espagne, est bien équipée en capacités d’importation par mer, ce qui lui permet de dépendre relativement peu de la Russie et de ses gazoducs pour ses approvisionnements, et donc de jouir d’un prix du gaz moins élevé.

L’effondrement du nucléaire français

Il n’est pas inhabituel, indique un rapport de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), que les prix de gros de l’électricité en France soient plus élevés que dans un pays comme l’Allemagne durant les trimestres d’hiver. C’est le résultat de la forte sensibilité aux baisses de températures de la consommation électrique en France, liée à la place importante prise par le chauffage électrique. Mais on n’avait jamais vu un tel écart. Le mégawattheure (MWh) livrable en France au quatrième trimestre 2022 se négociait 910 euros fin juillet, contre 485 en Allemagne.

La France achète son électricité hivernale à un prix exorbitant

Prix, au 27 juillet 2022, du MWh d’électricité de base en Euro livrable au quatrième trimestre 2022. Source : EEX

L’explication ? L’effondrement de la production des centrales nucléaires avec les mises à l’arrêt de nombreux réacteurs, désormais vieux et fatigués. La découverte, depuis l’été dernier, de fissures sur les circuits d’injection d’eau de sécurité de plusieurs unités (douze réacteurs concernés selon le dernier bilan, qui date de mai dernier) a conduit à des arrêts non prévus. À cela s’ajoute un programme très chargé de travaux de maintenance et de remise aux normes, dont la durée se prolonge souvent au-delà du calendrier initial.

En mai dernier, EDF a révisé encore une fois à la baisse son estimation de production pour 2022 : elle s’établira entre 280 et 300 térawattheures (TWh), contre 295-315 TWh projetés en février et 300-330 TWh précédemment. Très loin des 410 TWh en moyenne sur les années 2000-2015. Au passage, contrairement à ce que l’on entend beaucoup, les 10 TWh que produisait bon an mal an l’ex-centrale de Fessenheim, désormais fermée, n’y sont pour pas grand-chose. (NDLR: sans parler des investissements qu’il aurait fallu y faire pour la mettre aux normes post Fukushima! Ce que certains oublient lorsqu’ils protestent contre la fermeture de la plus vielle centrale nucléaire de France)

Un marché européen à revoir

Il y a actuellement beaucoup d’incertitudes sur les capacités d’EDF à remettre en service assez de réacteurs pour passer l’hiver, d’où les prix fous atteints sur les marchés à terme pour la France. Ils prouvent que les marchés anticipent un scénario noir, dans lequel l’Hexagone pourrait tout simplement manquer d’électricité pour répondre à la demande à certaines heures durant les mois froids. Ce qui propulse les prix à des sommets.

Mais attention à ne pas désigner d’unique coupable. L’envolée de la facture électrique des Français cet hiver, qui se paiera en partie en factures, et en partie en impôts (ce sont eux qui financent le bouclier tarifaire) est causée par trois grands facteurs.

. La guerre en Ukraine et ses conséquences sur le prix du gaz est un de ces facteurs.

. Le second est lié, dans le contexte actuel, à l’organisation du marché européen de l’électricité, dont les prix ne reflètent pas la réalité des coûts de production du système électrique, mais le coût du dernier kWh consommé à l’instant t.

. Enfin, la facture va s’envoler à cause de la décrépitude du nucléaire français, qui offre de moins en moins la garantie d’un approvisionnement sûr et au meilleur prix.

Il est clair qu’une réforme du marché européen de l’électricité, qui commence à être discutée entre les Vingt-Sept au regard de l’explosion actuelle des prix, est une nécessité. Les prix de marché sont largement spéculatifs et artificiels, reposant sur le postulat que toute demande est nécessairement satisfaite par une offre, quel qu’en soit le prix. Ce qui n’est pas le cas dans le monde réel.

Dans le monde réel, le courant ne manque jamais car dans le pire des cas, si l’offre atteint des prix délirants, des délestages peuvent être organisés. Mais même si une réforme du marché de l’électricité est souhaitable, cela ne changera rien aux déboires d’une France engluée dans son nucléaire.

Par Antoine de Ravignan, publié le 1er Août 2022  

https://www.alternatives-economiques.fr/facture-delectricite-sera-tres-salee-france-cet-hiver/00104104

Message d’Alternative Économique :

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SÉOUL ENVISAGE DE PORTER LE PLAN DU JAPON POUR FUKUSHIMA DEVANT UN TRIBUNAL INTERNATIONAL

SÉOUL, 1er août (Yonhap) — La Corée du Sud envisage de saisir un tribunal international pour contester la décision du Japon de rejeter dans la mer les eaux radioactives de sa centrale nucléaire de Fukushima, a déclaré ce lundi le ministre des Océans et de la Pêche.

L’autorité japonaise de régulation nucléaire a officiellement approuvé le mois dernier le plan d’évacuer dans l’océan Pacifique des eaux radioactives stockées dans les réservoirs de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Plus de 1,2 million de tonnes d’eau contenant du tritium devraient être rejetées.

Lors d’une réunion d’une commission parlementaire, le ministre des Océans, Cho Seung-hwan, a déclaré que le groupe de travail gouvernemental sur le plan concernant Fukushima a examiné «à plusieurs reprises» s’il fallait porter la question devant le Tribunal international du droit de la mer (TIDM).

La Corée du Sud a exhorté le Japon à avoir des discussions approfondies avec les pays voisins avant de mettre en œuvre le plan, et s’efforce d’obtenir un soutien international en faveur d’alternatives.

«Le gouvernement, principalement, fait des efforts constants pour dissuader le Japon de libérer l’eau contaminée», a déclaré Cho. «Le gouvernement a soulevé la question lors des réunions multilatérales, mettant l’accent sur la nécessité de vérifications scientifiques et objectives des analyses

Certains députés et groupes civiques ont critiqué le gouvernement pour ne pas avoir fait assez pour empêcher le plan.

«Nous n’acceptons pas le plan de rejet. Notre position est que nous devons également penser aux réponses (en cas d’éventuel rejet)», a ajouté Cho.

L’année dernière, le président de l’époque, Moon Jae-in, a ordonné aux responsables d’envisager de porter le plan japonais pour Fukushima devant la cour internationale, et de demander une injonction.

En août 2021, le gouvernement a soumis un document au secrétariat du Protocole de Londres, suggérant la formation d’un groupe de travail chargé de la question de Fukushima, bien que le Japon ait insisté sur le fait que la question ne faisait pas l’objet de discussions dans le cadre du Protocole.

Le Protocole de Londres appelle à l’interdiction du dumping, à quelques exceptions près. Il compte 53 signataires, dont la Corée du Sud qui l’a rejoint en 2009.

Par eloise@yna.co.kr, publié le 1er août 2022 à 18h20

Photo en titre : Des membres de la Fédération coréenne pour un mouvement écologique (KFEM) organisent une manifestation le mercredi 8 juin 2022 pour protester contre le projet du Japon de déverser dans l’océan des eaux usées radioactives de la centrale nucléaire de Fukushima. Le rassemblement a lieu à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan.

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20220801003500884

BIDEN ET POUTINE ADOPTENT UN TON CONCILIANT LORS DE LA CONFÉRENCE DES SIGNATAIRES DU TNP

NATIONS UNIES, 1er août (Reuters) – Le président américain Joe Biden s’est dit prêt à discuter d’un nouvel accord sur les armes nucléaires avec la Russie, et a appelé Moscou à agir de bonne foi, alors que son homologue russe, Vladimir Poutine, a déclaré qu’une guerre nucléaire ne connaîtrait aucun vainqueur.

Les deux dirigeants ont diffusé des communiqués, alors que s’ouvre la 10ème Conférence des parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

« (Cette conférence) se tient alors qu’un tel danger nucléaire n’a pas été connu depuis l’apogée de la guerre froide« , a déclaré le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres. « L’humanité n’est qu’à un malentendu, une erreur de calcul de l’anéantissement nucléaire.« 

Antonio Guterres a averti que des crises « à connotation nucléaire (s’envenimaient)« , citant notamment le Moyen-Orient, la Corée du Nord et la guerre en Ukraine.

Dans une lettre adressée aux participants à la conférence, Vladimir Poutine a estimé: « Il ne peut y avoir de vainqueur dans une guerre nucléaire et celle-ci ne devrait jamais être déclenchée, et nous défendons une sécurité égale et indivisible pour tous les membres de la communauté mondiale. »

Joe Biden a de son côté indiqué que « (son) administration (était) prête à négocier rapidement un nouveau cadre de contrôle des armements pour remplacer le traité New START lorsqu’il expirera en 2026« .

Le président américain a toutefois ajouté que « la négociation (nécessitait) un partenaire disposé à agir de bonne foi« .

« La Russie doit démontrer qu’elle est prête à travailler au contrôle des armes nucléaires avec les États-Unis« , a-t-il ajouté.

Le traité New START, signé en 2010 entre les États-Unis et la Russie, plafonne le nombre d’ogives nucléaires et de lanceurs nucléaires déployés par les deux puissances.

Par Michelle Nichols, avec la contribution de Susan Heavey, Simon Lewis et Mark Trevelyan; version française Camille Raynaud, publié le 01/08/2022 à 21h53

© Reuters 2022

Photo en titre: Des jeunes du monde entier brandissent des pancartes appelant à la paix – Photo ONU/Manuel Elias

https://www.zonebourse.com/cours/devise/US-DOLLAR-RUSSIAN-ROUBL-2370597/actualite/Biden-et-Poutine-adoptent-un-ton-conciliant-lors-de-la-conference-des-signataires-du-TNP-41159207/

GUERRE EN UKRAINE : POUR POUTINE, IL N’Y A « PAS DE VAINQUEURS DANS UNE GUERRE NUCLÉAIRE »

Lundi 1er août, les Occidentaux ont appelé Moscou « à cesser sa rhétorique nucléaire et son attitude irresponsable et dangereuse« .

L’art du contrepied… Vladimir Poutine s’est prononcé lundi 1er août contre tout conflit nucléaire, à l’heure où l’offensive militaire du Kremlin en Ukraine a ravivé les craintes d’une dérive atomique. « Nous partons du principe qu’il ne peut y avoir de vainqueurs dans une guerre nucléaire et que cette dernière ne doit jamais être déclenchée« , a indiqué le président russe, dans un message adressé aux participants d’une conférence des 191 pays signataires du traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

Dans ce message publié sur le site du Kremlin, il a assuré que la Russie continuait de suivre « la lettre et l’esprit » de ce traité. La Russie avait pourtant annoncé avoir placé ses forces nucléaires en état d’alerte peu après son offensive en Ukraine du 24 février. Vladimir Poutine a, lui, évoqué des représailles « rapides comme l’éclair » en cas d’intervention directe de l’Occident dans le conflit.

Dans la même lignée, des médias russes d’État et des responsables politiques ont multiplié références et menaces à peine voilées sur l’emploi d’armes nucléaires dans le conflit. Lundi, États-Unis, Royaume-Uni et France ont ainsi appelé Moscou « à cesser sa rhétorique nucléaire et son attitude irresponsable et dangereuse » depuis son assaut à grande échelle contre l’Ukraine.

Par Thomas Pierre et AFP,  publié le 01/08/2022 à 20h03

Photo en titre : Vladimir Poutine, le 29 mai 2017 à Versailles. Crédit : Étienne LAURENT / POOL / AFP

https://www.rtl.fr/actu/international/guerre-en-ukraine-pour-poutine-il-n-y-a-pas-de-vainqueurs-dans-une-guerre-nucleaire-7900174865

DU 6 AU 9 AOÛT 2022, ACTIONS ET JEÛNES POUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

Avec la bombe atomique « la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie »
                                      Albert Camus, Combat, 8 août 1945

Du 6 au 9 août 2022, des actions et des jeûnes sont organisés dans plusieurs villes de France (Bordeaux, Dampierre, Dijon, Épinal, Mont Saint-Michel, Tours) et dans six autres pays (Allemagne, Côte d’Ivoire, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Nigéria, Royaume-Uni). Les participants se réunissent en solidarité avec les victimes des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki et celles des plus de 2 000 essais nucléaires. Ils s’engagent pour que la France adhère au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Le nucléaire — militaire comme civil — crée une insécurité majeure sur notre planète, comme le souligne la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine le 24 février 2022.

Or, depuis l’entrée en vigueur le 22 janvier 2021 du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), les armes nucléaires sont illégales au regard du droit international. Le TIAN — adopté par 122 États à l’ONU en 2017 — interdit la possession, la fabrication, l’usage et la menace d’utilisation des armes nucléaires, donc la stratégie de « dissuasion nucléaire ». Un traité que les neuf puissances nucléaires et leurs alliés refusent de considérer au mépris du respect de la démocratie internationale et de leurs propres engagements internationaux pris notamment dans le cadre du Traité sur la non-prolifération (TNP), dont la dixième Conférence d’examen se déroule au siège de l’ONU à New York (du 1er au 26 août).

En effet, l’article VI du TNP, entré en vigueur en 1970, demande aux États membres de « s’engage[r] à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire ».

Du 6 au 9 août, ces quatre jours d’actions seront également l’occasion d’interpeller Emmanuel Macron qui vient d’annoncer une nouvelle augmentation des dépenses militaires, dont 13 % sont consacrées à la maintenance et au renouvellement de l’arsenal nucléaire ; soit 5,3 milliards d’euros en 2022.

À Bordeaux, Abolition des Armes Nucléaires-Maison de Vigilance, Arrêt du nucléaire 26-07, Arrêt du nucléaire 34, ICAN France (Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires, prix Nobel de la paix 2017), Négajoule, Réseau « Sortir du nucléaire », Tchernoblaye participent à ces rassemblements en solidarité avec les victimes des armes atomiques pour exiger que la France adhère au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Contacts presse :

  • Patrice Bouveret, 06 30 55 07 09 – patricebouveret@obsarm.info • ICAN France & Abolition des Armes Nucléaires—Maison de Vigilance
  • Marie Liger, 07 60 15 01 23 • Réseau « Sortir du nucléaire« 
  • Mimosa, 06 62 63 94 60 – mimosagironde@gmail.com • Tchernoblaye

Ce texte est un communiqué commun de : Abolition des Armes Nucléaires-Maison de Vigilance, Arrêt du nucléaire 26-07, Arrêt du nucléaire 34, ICAN France , Négajoule, Réseau « Sortir du nucléaire », Tchernoblaye.

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Du-6-au-9-AOUT-2022-ACTIONS-ET-JEUNES-POUR-LE

« L’UKRAINE MONTRE QUE LA STRATÉGIE DE LA DISSUASION NUCLÉAIRE FAVORISE LA GUERRE »

La 10ème conférence d’examen (RevCon) du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) va se tenir au siège des Nations unies à New York du 1er au 26 août. Pour les auteurs, opposés aux armes nucléaires, le conflit en Ukraine montre l’inefficacité de la dissuasion.

La guerre menée depuis maintenant plus de six mois par la Russie à l’encontre de l’Ukraine fait peser une lourde menace nucléaire – civile et militaire – non seulement pour la population ukrainienne, mais également pour la communauté internationale. Un fait dont les médias nous alertent régulièrement mais essentiellement sous un angle catastrophique et sans interroger sur les moyens de l’endiguer et d’y mettre fin. Or ils existent.

À lire aussi : Guerre en Ukraine : cinq moments de l’histoire où la menace nucléaire a été brandie

Vladimir Poutine et les dirigeants russes agitent régulièrement depuis le mois de février la menace d’une frappe nucléaire contre tous ceux qui voudraient entraver son ambition de conquête territoriale. Même si, dans les médias, de nombreux experts tentent de minimiser le risque de déclenchement d’une guerre nucléaire, un dérapage – quelle qu’en soit l’origine – ne peut être exclu. D’autant que certains responsables occidentaux ont renchéri en bombant du torse pour rappeler qu’eux aussi avaient la bombe, augmentant leur niveau d’alerte comme l’a fait la France en mettant à la mer deux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins au lieu d’un seul comme cela est de manière habituelle.

Une arme d’exercice de la puissance

De fait, cette guerre dévoile la nature profonde de la bombe atomique, par laquelle « la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie », comme l’avait dénoncé Albert Camus, dans Combat, dès le 8 août 1945. Car contrairement aux discours officiels à l’usage des opinions publiques, elle n’est pas un outil au service de la paix et la liberté, pour prévenir la guerre. Mais à l’inverse, c’est une arme d’exercice de la puissance pour ceux qui la possèdent, afin d’exercer leur volonté de domination comme ils l’entendent et en totale impunité sous la menace d’un chantage à l’extermination.

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Ainsi, l’arsenal nucléaire permet aux dirigeants de ces États de conduire une agression physique à l’encontre d’un autre pays, d’une autre population, sans crainte de subir une riposte massive. La stratégie de la dissuasion nucléaire favorise la guerre comme l’a manifesté Poutine en envahissant l’Ukraine…

Les armes nucléaires sont illégales

Et cela contrairement à tous les engagements ou déclarations des dirigeants des puissances nucléaires. Comme, par exemple, celle du 3 janvier 2022 en prélude à la dixième conférence d’examen du traité sur la non-prolifération (TNP) – qui se déroule au siège de l’ONU à New York, du 1er au 26 août – où les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni) « considèrent qu’il est de leur responsabilité première d’éviter une guerre entre États dotés d’armes nucléaires et de réduire les risques stratégiques ». Et de poursuivre : « Nous affirmons qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée. »

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C’est pourquoi l’article VI du TNP, entré en vigueur en 1970, demande aux États membres de « s’engage (r) à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire ». Mais, au mépris de leur responsabilité, les puissances nucléaires – y compris la France –, au lieu de progresser vers le désarmement, poursuivent constamment la modernisation et le renouvellement de leur arsenal nucléaire.

Or, depuis l’entrée en vigueur le 22 janvier 2021 du traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian), les armes nucléaires sont illégales au regard du droit international. Le Tian – adopté par 122 États à l’ONU en 2017 – interdit la possession, la fabrication, l’usage et la menace d’utilisation des armes nucléaires, donc la stratégie de « dissuasion nucléaire ». Un traité que les neuf puissances nucléaires et leurs alliés refusent de considérer au mépris du respect de la démocratie internationale.

Le nucléaire « civil » hors sanction

D’autre part, jamais un conflit ne s’était déroulé dans un pays autant nucléarisé que l’Ukraine : quinze réacteurs ! Chaque installation nucléaire représente une cible et une menace pour la population et l’environnement. Car la sûreté des installations est complètement fragilisée : les enceintes de confinement ne sont pas conçues pour résister à des tirs de missiles ; les capacités de refroidissement peuvent être entravées ; la chaîne logistique désorganisée, compliquant l’arrivée, par exemple, de pièces de rechange indispensables ; les combats qui se déroulent à proximité peuvent entraîner des destructions mettant en cause la sûreté ; la surveillance des stocks de matières radioactives face au risque de leur détournement.

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Et pourtant, les sanctions contre la Russie excluent le nucléaire ! Tous les pays de l’Union européenne notamment sont d’accord pour maintenir les coopérations commerciales avec la Russie en la matière. Par exemple, Rosatom, l’organisme à la tête de l’industrie nucléaire russe et chargé d’entretenir son arsenal, n’a subi à ce jour aucune sanction.

L’hypothèse d’une guerre – ou d’un accident – nucléaire ne peut être écartée. La ruée sur les pastilles d’iode ou la construction d’abris antiatomiques, ne peut être la seule réaction à cette insécurité que le nucléaire engendre. Pas plus le renforcement des dépenses militaires et la modernisation des arsenaux nucléaires. La seule réponse se trouve dans la réactivation du régime de désarmement nucléaire au sein de l’ONU et le renforcement de la mobilisation en vue de l’élimination de toutes les armes nucléaires.

Par Patrice Bouveret et Tony Fortin, tous deux membres de l’Observatoire des armements, publié le 01/08/2022 à 08h19

Photo en titre : Un missile balistique intercontinental russe thermonucléaire RS-24 Yars lors d’une parade militaire sur la place rouge, à Moscou, le 7 mai 2021. KRASILNIKOV STANISLAV/TASS/ABC/ANDIA

https://www.la-croix.com/Debats/LUkraine-montre-strategie-dissuasion-nucleaire-favorise-guerre-2022-08-01-1201227195

L’HUMANITÉ EST À « UN MALENTENDU » DE « L’ANNIHILATION NUCLÉAIRE », SELON LE CHEF DE L’ONU, ANTÓNIO GUTERRES

Après avoir été reportée plusieurs fois depuis 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, la 10ème conférence d’examen du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), traité international entré en vigueur en 1970 afin d’empêcher la propagation des armes nucléaires, se tient jusqu’au 26 août au siège des Nations unies à New York.

L’humanité n’est qu’à « un malentendu » ou « une erreur de jugement » de l' »anéantissement nucléaire« , a mis en garde lundi 1er août le secrétaire général de l’ONU, estimant qu’un tel « danger nucléaire n’a pas été connu depuis l’apogée de la guerre froide« .

« Nous avons été extraordinairement chanceux jusqu’à présent. Mais la chance n’est pas une stratégie ni un bouclier pour empêcher les tensions géopolitiques de dégénérer en conflit nucléaire« , a déclaré António Guterres à l’ouverture d’une conférence des 191 pays signataires du traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

13 000 armes nucléaires stockées à travers le monde

« Aujourd’hui, l’humanité est à un malentendu, une erreur de calcul de l’anéantissement nucléaire« , a-t-il martelé, appelant à construire un monde « débarrassé des armes nucléaires« . Après avoir été reportée plusieurs fois depuis 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, la 10ème conférence d’examen du TNP, traité international entré en vigueur en 1970 afin d’empêcher la propagation des armes nucléaires, se tient jusqu’au 26 août au siège des Nations unies à New York.

« Éliminer les armes nucléaires est la seule garantie qu’elles ne seront jamais utilisées« , a-t-il encore ajouté, précisant qu’il se rendrait dans quelques jours à Hiroshima pour l’anniversaire du bombardement. « Près de 13 000 armes nucléaires sont stockées dans les arsenaux à travers le monde. A un moment où les risques de prolifération grandissent et les garde-fous pour prévenir cette escalade faiblissent« , a-t-il insisté, évoquant notamment les « crises » au Moyen-Orient, dans la péninsule coréenne et l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Par Martin Planques avec AFP, publié le 1er août 2022 à 16h49, mis à jour 16h53à

https://www.ladepeche.fr/2022/08/01/lhumanite-est-a-un-malentendu-de-lannihilation-nucleaire-selon-le-chef-de-lonu-antóÓnio-guterres-10467365.php

« 1980, ACCIDENT NUCLÉAIRE EN ARKANSAS » MARDI 2 AOÛT SUR ARTE

Comment les États-Unis ont échappé de peu à l’explosion d’un de leurs propres missiles nucléaires dans l’Arkansas. Une reconstitution hallucinante heure par heure, fondée sur le témoignage des principaux acteurs à voir sur ARTE mardi 2 août à 22:30.

Le 18 septembre 1980, à Damascus, dans l’Arkansas, sur une base de l’Armée de l’air abritant le missile nucléaire Titan II, le plus potentiellement meurtrier de l’arsenal américain, deux hommes sont chargés de rechercher la cause d’une légère baisse de pression dans le silo de l’ogive.

Après une journée de travail de près de douze heures, l’un de ces jeunes soldats, Dave Powell, commet une erreur de procédure pour pénétrer dans l’habitacle ultrasécurisé où dort le monstre. Une douille chute et endommage l’un des réservoirs du missile, dont le combustible se met à fuir en abondance. L’explosion est inévitable à court terme, et la panique gagne peu à peu l’état-major : si les dispositifs de sécurité ne fonctionnent pas, une charge nucléaire trois fois plus puissante que l’ensemble des bombes larguées durant la Seconde Guerre mondiale, y compris celles qui ont anéanti Hiroshima et Nagasaki, va s’écraser quelque part sur le sol américain, causant des millions de morts.

L’angoisse est d’autant plus forte que le Titan II, vétuste, aurait déjà dû être démantelé, si Jimmy Carter n’y avait pas vu une monnaie d’échange dans le cadre des négociations de désarmement nucléaire entamées avec son homologue soviétique Leonid Brejnev. Dans la perspective de l’élection présidentielle de 1981, les démocrates sont d’ailleurs réunis à Hot Springs, à quelques dizaines de kilomètres de la base, à l’invitation du fringant jeune gouverneur de l’État, Bill Clinton.

Longue nuit

Avant d’adapter lui-même à l’écran son best-seller Command and Control : Nuclear Weapons, the Damascus Accident, and the Illusion of Safety (2013), l’écrivain et journaliste d’investigation Eric Schlosser avait déjà fait équipe avec le réalisateur Robert Kenner pour le très remarqué Food, Inc., sur les multinationales américaines de la malbouffe.

Ils nous font vivre cette fois, heure par heure, la longue nuit du 18 au 19 septembre 1980, au plus près de ceux des principaux acteurs de l’accident qui ont eu la chance de lui survivre.

Parmi eux, Dave Powell, le jeune chargé de maintenance, qui écopera d’un blâme et dont le témoignage est particulièrement émouvant ; Bob Peurifoy, alors à la tête des recherches sur l’armement nucléaire ; ou encore Harold Brown, ex-secrétaire à la Défense.

Alternant images d’archives et sobres reconstitutions avec leurs récits face caméra, le film met en évidence l’héroïsme des « petites mains » de la base, qui n’hésitent pas à outrepasser les ordres d’un commandement totalement dépassé pour tenter d’empêcher la catastrophe, puis de sauver leurs frères d’armes, une fois l’explosion survenue. Il souligne aussi l’aveuglement de l’armée et de l’appareil d’État, tout juste capables de décréter le secret absolu, avant d’enterrer le rapport sur les faits. Le Titan II sera miraculeusement retrouvé, au matin, dans un champ tout proche, avec sa charge meurtrière intacte.

Plus de trente ans après, la déclassification des archives militaires révélera que plus de mille autres accidents s’étaient produits dans l’arsenal nucléaire américain, tous attribués à des « erreurs humaines« .

Par Jean-Marc VERDREL, publié le dimanche 31 juillet 2022

https://www.coulisses-tv.fr/index.php/documentaires/item/23829-%C2%AB-1980,-accident-nucl%C3%A9aire-en-arkansas-%C2%BB-mardi-2-ao%C3%BBt-sur-arte

LA BASE NAVALE DE TOULON SE PRÉPARE FACE AU RISQUE NUCLÉAIRE

Dans l’enceinte militaire, les menaces nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC) sont prises au sérieux. Sur le site, les mesures de prévention et les exercices sont nombreux. L’objectif ? Anticiper et se préparer au pire.

En hébergeant un porte-avions, six sous-marins à propulsion nucléaire, un dépôt pétrolier et un site pyrotechnique, la base navale de Toulon est intrinsèquement concernée par les risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC). Afin d’éviter la propagation de fumées toxiques, l’irruption d’une forte explosion ou encore la formation d’un nuage radioactif, la Marine nationale mise avant tout sur la prévention.

« La mission de la base navale est de préparer les navires de la Marine pour qu’ils soient aptes à partir en opérations, explique le capitaine de vaisseau Frédéric, chef de la division prévention maîtrise des risques et environnements. L’activité est donc sensible, avec des livraisons de produits chimiques et de matières dangereuses. Les risques sont connus, la préoccupation principale est “que faire pour que l’accident ne se produise pas ? ” Nous veillons en permanence à la bonne coordination des activités et nous sensibilisons le personnel ».

Huit exercices majeurs par an

Concrètement, cela signifie que chaque activité à risque est réglementée et scrupuleusement planifiée par le poste de commandement de la base navale. Aucune chance donc de voir se croiser, au même moment et au même endroit, un camion-citerne rempli de gazole avec des véhicules transportant les missiles de la frégate de défense aérienne Forbin. Pour prévenir le pire dans ce site hautement sensible, une surveillance radiologique est également active en permanence, grâce à des balises disposées sur les lieux. Ainsi, le site nucléaire est surveillé 24 heures sur 24 au cas où une fuite radioactive surviendrait, avant qu’elle ne menace la ville et la région.

Huit exercices majeurs ont lieu chaque année dans la base, avec notamment l’activation de l’Organisation nationale de crise de Défense dédiée au nucléaire. Cependant, avec la catastrophe de Tchernobyl ou encore l’accident de Fukushima, l’histoire nous montre que tout peut basculer en un instant. La base navale est-elle donc prête à faire face à un accident majeur ? « On se prépare », affirme calmement le lieutenant de vaisseau Matthieu, officier sécurité du port et NRBC de la base. En réponse à toute crise, le site va enclencher un plan d’urgence mobilisant ressources et compétences nécessaires comme le service de surveillance radiologique et des équipes d’experts.

De nombreux moyens pour faire face aux crises

Il y a aussi la compagnie de 130 marins-pompiers spécialisés, qui dispose de qualifications sur les risques technologiques et NRBC. « Ils sont formés, entraînés, et ils ont une capacité d’intervention permanente sur tout type de risque », explique le capitaine. En 2020, ce sont eux qui ont fait face aux flammes qui ravageaient le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Perle.

C’est grâce à leur intervention, et à l’appui rapide des marins-pompiers de Marseille, que le sinistre a pu être circonscrit à la partie avant du SNA pendant les 14 heures d’incendie et qu’aucun gaz toxique n’est venu polluer l’air. Pour s’en assurer, le laboratoire d’analyse de surveillance et d’expertise de la Marine a été activé afin de réaliser des mesures détaillées des fumées pour évaluer leur toxicité et s’assurer qu’elles ne contenaient pas de toxiques graves.

Si l’ensemble de l’opération a été une réussite, la gestion de la crise a été conduite depuis le poste de coordination et de sécurité de la base navale en lien avec le poste de commandement et de direction du commandant de l’arrondissement maritime, tout en tenant informé le préfet du Var. « La préfecture a une cellule de crise miroir à la nôtre et on les alimente de points très réguliers sur la situation. Tout est déjà bien coordonné, on travaille de concert et on s’y entraîne, pour bien se connaître si le pire se produit », affirme le commandant.

Si crise, ce qui est prévu à Toulon

En cas d’accident à caractère nucléaire survenant à l’intérieur du port militaire mais dont les conséquences seraient susceptibles de menacer les populations civiles riveraines, la préfecture du Var déclencherait son plan particulier d’intervention (PPI). La zone d’application de ce plan concerne les communes de Toulon, La Seyne-sur-Mer et Ollioules et comporte de grandes mesures :

– mise à l’abri de la population le temps qu’un éventuel nuage radioactif passe

– évacuation d’une partie de la ville

– distribution de pastilles d’iode préventive.

Par NICOLAS CUOCO, publié le 31/07/2022 à 18h45, mis à jour le 31/07/2022 à 19h36

Photo en titre : Les marins-pompiers de la base navale de Toulon équipés de protections chimiques. Photo Marine nationale

https://www.varmatin.com/marine/comment-la-base-navale-de-toulon-se-prepare-au-risque-nucleaire-784507

ICAN ALLEMAGNE RÉCLAME LA PRÉSENCE DE LA MINISTRE ALLEMANDE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES À LA CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES À NEW YORK

« À aucun moment depuis la fin de la guerre froide, la menace d’une guerre atomique n’a été si forte qu’aujourd’hui », écrit le comité directeur de la section allemande d’ICAN dans une lettre adressée à la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock.

L’agression de l’Ukraine par la Russie a encouragé la course à l’armement nucléaire qui progresse dans le monde entier depuis des années. D’autant plus importante est la 10e conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire, qui se déroulera du 1er au 26 août aux Nations unies à New York.

L’accord de coalition fixe l’objectif d’un monde sans armes nucléaires et, par conséquent, d’une Allemagne exempte d’armes nucléaires. Annalena Baerbock a récemment rappelé l’importance d’un monde sans armes nucléaires lors d’une visite du musée commémorant le bombardement atomique de Nagasaki.

La participation personnelle de la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock à la 10ème conférence d’examen du TNP « serait un signe clair que l’Allemagne s’engage au plus haut niveau pour le contrôle des armements nucléaires et le désarmement », selon le comité directeur de la section allemande de l’ICAN.

Ci-dessous la lettre du comité directeur de la section allemande d’ICAN :

Madame la Ministre,

À aucun moment depuis la fin de la guerre froide, le risque de guerre nucléaire n’a été aussi élevé qu’aujourd’hui. La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, en violation du droit international, n’a fait que surenchérir la prolifération verticale et horizontale qui se poursuit depuis des années dans le monde entier : les États dotés d’armes nucléaires s’arment et modernisent leurs arsenaux, tandis que d’autres pays envisagent à voix de plus en plus haute de se doter de capacités nucléaires.

Il est donc d’autant plus important d’accentuer le contrôle international des armements et le droit international. Le Traité de non-prolifération (TNP) est l’élément central du désarmement nucléaire multilatéral, du contrôle des armements et de la non-prolifération. Lors de la 10ème conférence d’examen du TNP, la communauté internationale doit trouver une réponse aux menaces inacceptables d’armes nucléaires proférées par la Russie et renforcer le désarmement nucléaire.

La République fédérale d’Allemagne et ses partenaires y joueront un rôle important. Votre participation personnelle à la conférence serait un signe clair que l’Allemagne s’engage au plus haut niveau pour le contrôle des armements nucléaires et le désarmement.

L’accord de coalition fixe l’objectif d’un monde sans armes nucléaires et, par conséquent, d’une Allemagne exempte d’armes nucléaires. La conférence de révision est l’occasion de se rapprocher de cet objectif. En tant que membre de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), nous partageons cette préoccupation et restons volontiers à votre disposition en tant qu’interlocuteur.

La coopération entre la société civile et les gouvernements est essentielle pour parvenir à un monde sans armes nucléaires, comme l’a notamment montré le succès de la première conférence des États parties au Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) cette année. Nous demandons en particulier au gouvernement fédéral, dans sa déclaration lors de la conférence d’examen du TNP et dans les négociations politiques :

  • de s’engager à adopter des mesures concrètes, datées et vérifiables en vue d’un désarmement nucléaire complet et de préciser que la modernisation et l’augmentation des arsenaux existants sont contraires aux obligations de l’art. VI du TNP ;
  • de condamner clairement toute menace d’utilisation de la force nucléaire, et en particulier celle de la Russie ;
  • de réaffirmer que les armes nucléaires mettent en danger la stabilité et la sécurité internationales, menacent la sécurité, provoquent des souffrances humanitaires et augmentent le potentiel d’escalade d’un conflit ;
  • de saluer l’entrée en vigueur du TCA et les succès de la première Conférence des États parties au TCA ;
  • de reconnaître la compatibilité du TNP et du TCA et de préciser que le TCA s’intègre dans le régime international de maîtrise des armements nucléaires et le complète en le renforçant ;
  • de reconnaître que le TCA contribue à l’accomplissement de l’art. VI du TNP ;
  • de reconnaître les conséquences humanitaires des armes nucléaires, notamment celles liées au genre et à l’âge ;
  • de s’engager à ce que la Conférence d’examen du TNP fasse une place positive au TCA dans ses déclarations et ses documents politiques ;
  • de reconnaître les dommages causés par les essais et les missions nucléaires et d’encourager la coopération internationale pour l’aide aux victimes et la réhabilitation de l’environnement en relation avec les art. VI et VII du TCA.

Nous vous envoyons ces demandes à l’occasion de la Conférence d’examen du TNP, en espérant que vous les mettrez en œuvre pour le bien de toutes les personnes menacées et affectées par les armes nucléaires.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, nos respectueuses salutations,

Par le Comité directeur d’ICAN Deutschland, publié le 30 juillet 2022

https://www.pressenza.com/fr/2022/07/ican-allemagne-reclame-la-presence-de-la-ministre-allemande-des-affaires-etrangeres-a-la-conference-des-nations-unies-a-new-york/

LES NUCLÉARISTES SONT DE DANGEREUX ILLUSIONNISTES … QUI FINIRONT BIEN PAR S’ÉTEINDRE !

Le 31 juillet 1977, Vital Michalon était tué par l’État nucléariste français qui avait envoyé la troupe pour réprimer la plus grande manifestation antinucléaire jamais organisée en France, contre la construction du réacteur Superphénix à Creys-Malville (Isère).(1)  Ce projet ne sortait pas de nulle part : c’était un nouvel exemple de délire technologique accompagnant la folie nucléariste des dirigeants des plus grandes puissances mondiales.

Ceux-ci ont d’abord essayé de nous faire croire qu’une énergie et des technologies conçues pour détruire massivement des populations civiles pouvaient être transformées en facteur de paix (discours du Président étatsunien Eisenhower le 8 décembre 1953 devant l’assemblée générale des Nations Unies). Et de trop nombreuses personnes y ont cru, convaincues que d’un mal on pouvait tirer un bien.

On constate aujourd’hui que des installations nucléaires «civiles » deviennent une prise de guerre transformée en base militaire permettant à une armée puissante (celle de Russie) d’empêcher le pays agressé (l’Ukraine) de se défendre (2), toute riposte risquant de contaminer l’Europe entière et sans-doute au-delà. Le nucléaire c’est la guerre sans fin !

Ensuite, ils ont prétendu que le nucléaire allait résoudre tous nos problèmes d’approvisionnement en énergie. Or, après 70 ans de développements industriels soutenus par les plus grandes puissances mondiales, on constate que cette énergie ne fournit que 2% de toutes les consommations finales au niveau mondial. Pour l’Union Européenne c’est de l’ordre de 6% et pour la France 16%, le reste étant apporté par les renouvelables à hauteur de 19% et par les fossiles à hauteur de 65%. Le nucléaire est une énergie dérisoire qui ne tient que par le soutien sans limites de dirigeants en mal de puissance.

Puis ils ont affirmé que l’énergie nucléaire était propre, sûre et bon marché. On sait désormais qu’elle provoque des catastrophes majeures aux conséquences mondiales incommensurables. On sait aussi que les coûts humains, écologiques, sociaux, économiques et politiques ne pourront jamais être assumés par les États qui détiennent des réacteurs nucléaires et les installations militaro-civiles qui permettent de les faire fonctionner. Le nucléaire c’est la ruine de l’humanité pour le profit d’une minorité!

Ils ont aussi mis en avant l’indépendance stratégique et énergétique que garantiraient les technologies nucléaires aux pays qui les détiennent. On sait désormais que ces pays sont liés par des « pactes de malfaiteurs », qu’ils sont dirigés par des dictateurs en puissance ou de fait, que l’uranium des centrales nucléaires est, la plupart du temps, importé de pays qui ne l’utilisent pas eux-mêmes. Le nucléaire est une servitude imposée par des régimes anti-démocratiques à des populations qui n’ont rien demandé.

Aujourd’hui les illusionnistes nucléaristes nous disent que le nucléaire est une énergie fiable et pilotable, indispensable à notre approvisionnement en électricité. La réalité, en France en cet été 2022, c’est que la moitié des réacteurs nucléaires est arrêtée. La conséquence de cette situation est la nécessité d’importer de l’électricité en permanence auprès de nos voisins européens. Heureusement, ceux-ci n’ont pas fait le choix déraisonnable de tout miser sur le nucléaire. Et heureusement l’équilibre entre production et consommation d’électricité est assuré à l’échelle européenne malgré la défaillance de près de 60% de la puissance nucléaire installée en France. Il est donc possible de s’en passer, sans coupure d’électricité et grâce aux
interconnexions du réseau électrique européen.

En dépit de toute logique, le lobby nucléaire européen, avec à sa tête l’État français, a réussi à tromper une majorité de parlementaires européens en leur présentant le nucléaire comme une énergie utile à la transition énergétique, car peu émettrice de gaz à effet de serre3. Il faudrait donc la favoriser par des financements peu coûteux ? Ils ont oublié un « détail » : la fission nucléaire est une réaction qui produit non seulement de la radioactivité et des déchets ingérables mais aussi de la chaleur. Et c’est bien pour cette raison qu’il est nécessaire de refroidir les réacteurs nucléaires. Et c’est aussi une des raisons qui rend ce mode de production d’électricité non pérenne dans un climat qui se réchauffe et qu’il réchauffe par ses
émissions massives de chaleur. (4)

Pour le moment les illusionnistes, qui n’arrivent même plus à construire leurs machines infernales de plus en plus puissantes, c’est-à-dire de plus en plus destructrices, continuent d’affirmer qu’ils ont appris des erreurs du passé. Or on découvre de jour en jour de nouvelles erreurs cachées qu’ils n’ont toujours pas corrigées (5). Et de nouvelles dérogations, aux règles qu’ils ont eux-mêmes fixées et qu’ils n’arrivent pas à respecter (6), sont à nouveau nécessaires pour permettre de faire fonctionner des réacteurs défaillants et néfastes pour la biodiversité. Le nucléaire c’est le coup d’État permanent!

L’illusionniste en chef, c’est à dire le chef de l’État nucléariste français, a quant à lui bien du mal à cacher la nouvelle catastrophe qu’il veut engager. C’est probablement la raison pour laquelle il prévoit de dépenser près de 10 milliards d’euros afin que l’État devienne propriétaire à 100% de la Société Anonyme EDF. Il pourrait ainsi lancer en toute opacité la construction de nouveaux réacteurs EPR. Des centaines de milliards de dépenses publiques échapperaient alors aux regards indésirables du marché boursier, aux regards tout autant indésirables des petits actionnaires et des salariés actionnaires. Quant aux citoyens et contribuables, ils ne sont bien évidemment pas consultés.

Des dizaines de millions de personnes sont mortes, et la santé d’une centaine de millions d’autres a été gravement détériorée, du fait de la dissémination de radioactivité dans l’environnement, par l’extraction du minerai d’uranium, par le fonctionnement des usines de traitement de ce minerai, par le fonctionnement des réacteurs nucléaires et des installations d’extraction de plutonium, par les essais atomiques, par les
accidents de réacteurs et autres installations nucléaires, etc…(7)

En France, des citoyens sont morts pour s’être opposés à la folie nucléariste : Vital Michalon le 31 juillet 1977, Sébastien Briat le 7 novembre 2004 à cause de son opposition à la circulation d’un train de déchets nucléaires. D’autres ont été gravement mutilés, blessés, mis en cause par la justice, ou encore menacés de poursuites, afin de les dissuader de continuer leurs luttes. Et les travailleurs du nucléaire ne sont pas épargnés, notamment les sous-traitants qui reçoivent l’essentiel des doses de radioactivité.

L’État nucléariste français n’a pas tiré les leçons des catastrophes provoquées par l’industrie nucléaire militaro-civile. Il n’est qu’un illusionniste grisé par l’effet de sidération que peuvent provoquer ses manipulations. Ce n’est en aucun cas un État au service de celles et ceux qui le nourrissent et qu’il devrait protéger en retour.

Mais les ressorts des tours de passe-passe finissent toujours par se détendre et les illusions par se dissiper. L’exposition au grand jour des manipulations des lanceurs de couteaux radioactifs sonnera la fin de leur emprise sur des peuples ébahis. Viendra le jour où il n’y aura plus assez de victimes consentantes pour leurs jeux morbides de roulette russe radioactive.

Vital Michalon et Sébastien Briat ne seront pas morts pour rien !

Article rédigé par: Un des manifestants du 31 juillet 1977

NOTES :

1: https://reporterre.net/Il-y-a-quarante-ans-l-Etat-tuait-Vital-Michalon-jeune-antinucleaire

2: https://www.france24.com/fr/europe/20220716-en-direct-la-russie-accus%C3%A9e-de-tirer-des-missiles-depuis-la-centrale-nucl%C3%A9aire-de-zaporijjia

3: https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20220701IPR34365/taxonomie-le-pe-ne-s-oppose-pas-a-l-inclusion-du-gaz-et-du-nucleaire

https://reporterre.net/Europe-les-lobbies-du-gaz-et-du-nucleaire-se-frottent-les-mains

4: https://blogs.mediapart.fr/francois-vallet/blog/091121/l-energie-nucleaire-rechauffe-la-planete-et-le-climat/commentaires

5: https://www.liberation.fr/economie/epr-sans-un-systeme-de-controle-fiable-les-protections-automatiques-du-reacteur-nucleaire-ne-seront-pas-fiables-20220720_XOUWG7HI7ZBC5JSYMPVSPIKSZM/

6: https://reporterre.net/L-Autorite-de-surete-nucleaire-valide-l-EPR-de-Flamanville-malgre-ses-defauts

https://www.actu-environnement.com/ae/news/prolongation-derogation-eau-chaude-centrales-nucleaires-40079.php4

7: https://www.actu-environnement.com/ae/news/lacune-radioprotection-mondial-radioactivite-cipr-ceri-15540.php4

Transmis par François Vallet, message reçu le 31 juillet à 12h05

Photo personnelle qui montre bien l’attitude « violente » des manifestants…!

TROUVER UN PATRON POUR EDF, LE DÉFI DE L’ÉTAT

Les candidats ne se pressent pas pour succéder à Jean-Bernard Lévy à la tête du groupe.

C’était l’un des postes les plus prestigieux de la République. Désormais, les candidats ne se bousculent pas pour diriger Électricité de France (EDF). À tel point que les pouvoirs publics envisagent de faire sauter le plafond de 450 000 euros par an, qui limite par décret la rémunération des patrons d’entreprises publiques, comme l’ont révélé Les Echos, afin de faciliter ce recrutement-clé au sommet. Une largesse qui risque d’être perçue comme un chiffon rouge par l’opinion publique, dans une période marquée par les tensions sur le pouvoir d’achat et les revendications sur les salaires. De quoi également déstabiliser les patrons en place qui sont soumis à cette règle, sauf si c’est pour les faire bénéficier, eux aussi, de l’inflation des salaires.

L’État a annoncé, le 6 juillet, qu’il avait lancé le processus de succession du PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, en poste depuis novembre 2014, avec l’objectif d’installer une nouvelle direction à la rentrée. En réalité, la réflexion avait été engagée des mois auparavant, sans qu’aucun prétendant ne se soit imposé depuis. Des premiers noms ont commencé à circuler. Celui d’Henri Poupart-Lafarge, PDG d’Alstom, revient avec insistance. « Aujourd’hui, il est pleinement engagé dans le développement d’Alstom et l’intégration de Bombardier, et entend poursuivre cette mission », a indiqué, au Monde, le fabricant de trains. Selon nos informations, Catherine Guillouard, PDG de la RATP, régulièrement citée, a fait savoir qu’elle n’était candidate à aucun poste chez EDF.

Lire aussi : EDF : le processus de succession de Jean-Bernard Lévy est engagé

D’autres profils sont évoqués comme ceux de Cédric Lewandowski, directeur du parc nucléaire et thermique d’EDF, de Marianne Laigneau, présidente du directoire d’Enedis, ou de Thierry Mallet, PDG de Transdev. Mais leurs parcours ne cadrent pas avec l’un ou l’autre des critères indiqués dans la mission confiée, selon nos sources, par Bercy, au cabinet de chasseurs de têtes Heidrick & Struggles : trouver une personnalité industrielle et externe à EDF. Bref, pas un grand commis de l’État.

L’impératif, en effet, pour l’énergéticien est de nature industrielle, après les incidents à répétition dans son parc nucléaire, qui tournait, vendredi 29 juillet, à 40 % seulement de sa capacité. Régler les problèmes du parc vieillissant et assurer le branchement sur le réseau de l’EPR de Flamanville (Manche) constituent des enjeux majeurs à la fois pour EDF et pour l’indépendance énergétique de la France.

Contradiction flagrante

D’autres fleurons français dans le portefeuille de l’État se sont retrouvés en mauvaise passe ces dernières années. Pour les relancer, des pointures internationales, des « pros » dans leur domaine, avaient été sollicitées. En 2014, le groupe PSA, qui venait de bénéficier d’un plan de sauvetage avec l’entrée de l’État à son capital, avait confié son volant au Portugais Carlos Tavares, ancien numéro deux de Renault. En 2018, Air France-KLM, miné par les grèves, avait trouvé son directeur général, le Canadien Benjamin Smith, chez Air Canada. Quant à Renault, il était allé chercher, en 2020, le successeur du controversé Carlos Ghosn chez Volkswagen, en ciblant l’Italien Luca de Meo.

Ces expériences réussies donnent envie de récidiver, avec deux bémols importants. D’abord, il est impossible de mettre à la tête d’EDF un dirigeant étranger compte tenu des règles strictes de souveraineté liées au nucléaire. Ensuite, le poids de l’État dans ces différentes entreprises n’a rien à voir. Non seulement la puissance publique détient 84 % du capital de l’énergéticien − contre 15 % pour Renault ou 29 % pour Air France-KLM −, mais elle aspire à porter cette part à 100 %. Cela fait une différence de taille pour un patron qui ne peut pas s’abriter derrière les minoritaires pour résister si nécessaire à sa tutelle. Pour nombre de dirigeants dans la cible, être en tête-à-tête avec l’État est rédhibitoire.

Une rémunération plus élevée peut constituer une réponse à ce handicap. Il y a de la marge entre les 450 000 euros versés aux patrons d’entreprises publiques, depuis le mandat de François Hollande, et les 7,3 millions d’euros que devraient percevoir en moyenne, au titre de l’exercice 2022, les patrons du CAC 40, selon les calculs de la fintech Scalens. Surtout, cette contradiction flagrante entre la perspective d’une renationalisation et la volonté de jouer le jeu du privé pour le salaire du patron, laisse entendre que le futur patron, payé comme une star, aurait les coudées franches.

« Cela pose la question de la place de l’État dans la gestion d’EDF », souligne Frédéric Genevrier, analyste financier et cofondateur d’OFG Recherche. « Augmenter la rémunération, cela peut se justifier compte tenu des enjeux. EDF doit être reprise en main d’urgence, après vingt ans de décisions non prises. Mais il faut que la feuille de route soit claire. Un patron a besoin d’une forme de liberté. » La future gouvernance de l’énergéticien ne semble pas tranchée à ce stade, Bercy souhaitant se garder le maximum de flexibilité. En cas de dissociation des fonctions, les noms de Florence Parly, ex-ministre des armées, et de Laurence Parisot, l’ancienne patronne du Medef et ex-administratrice d’EDF, sont évoqués pour la présidence.

Par Isabelle Chaperon et Dominique Gallois, publié le 30 juillet 2022 à 08h43, mis à jour à 09h22

Photo en titre : Jean-Bernard Lévy, le patron d’EDF, à Charleville-Mézières (Ardennes), le 1er mars 2019. FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/07/30/trouver-un-patron-pour-edf-le-defi-de-l-etat_6136657_3234.html

LA POLICE ESPAGNOLE ARRÊTE 2 TRAVAILLEURS DU SECTEUR NUCLÉAIRE POUR CYBERATTAQUE CONTRE LE SYSTÈME D’ALERTE AUX RADIATIONS

Les forces de l’ordre espagnoles ont annoncé l’arrestation de deux individus dans le cadre d’une cyberattaque contre le réseau d’alerte à la radioactivité (RAR) du pays, qui a eu lieu entre mars et juin 2021.

L’acte de sabotage aurait désactivé plus d’un tiers des capteurs entretenus par la Direction générale de la protection civile et des urgences (DGPCE) et utilisé pour surveiller les niveaux de rayonnement excessifs à travers le pays.

La raison des attaques est encore inconnue.

Les deux détenus, anciens ouvriers, ont attaqué le système informatique et provoqué l’échec de la connexion des capteurs, réduisant leur capacité de détection même dans l’environnement des centrales nucléaires”, a déclaré la Policía Nacional.

L’enquête des forces de l’ordre, baptisée Opération GAMMA, a débuté en juin 2021 à la suite d’une attaque perpétrée contre le réseau RAR, qui est un maillage de 800 capteurs de détection de rayonnement gamma déployés dans diverses régions du pays pour détecter les surtensions des niveaux de radioactivité.

Dans une analyse post-mortem partagée par l’agence, l’intrusion était à deux volets, l’un qui a abouti à l’accès non autorisé au système informatique du centre de contrôle pour supprimer une application Web utilisée pour gérer le système RAR.

Un deuxième volet de l’attaque a impliqué le ciblage de plus de 300 capteurs sur deux mois, “provoquant l’échec de leur connexion avec le centre de contrôle et réduisant ainsi la capacité de détection du réseau”.

La Policía Nacional a déclaré que les arrestations étaient le résultat d’une enquête d’un an et d’une analyse exhaustive de “toutes les communications des capteurs”.

De plus, deux maisons et une entreprise ont été perquisitionnées à Madrid et à San Agustín de Guadalix, permettant aux autorités de saisir plusieurs ordinateurs et appareils de communication qui auraient été utilisés pour faciliter les attaques.

Au cours de l’enquête, il a été déterminé que les deux détenus avaient été chargés du programme de maintenance du système RAR, par l’intermédiaire d’une société mandatée par la DGPCE, pour laquelle ils en avaient une connaissance approfondie, ce qui leur facilitait la tâche. perpétrer les attaques et les a aidés dans leurs efforts pour masquer leur paternité”, a déclaré l’agence.

Par Violette Laurent, publié le 29 juillet 2022

(Violette Laurent est une blogueuse tech nantaise diplômée en communication de masse et douée pour l’écriture. Elle est la rédactrice en chef de fr.techtribune.net. Les sujets de prédilection de Violette sont la technologie et la cryptographie. Elle est également une grande fan d’Anime et de Manga.)

https://fr.techtribune.net/securite/la-police-espagnole-arrete-2-travailleurs-du-secteur-nucleaire-pour-cyberattaque-contre-le-systeme-dalerte-aux-radiations/387805/

DÉCHETS NUCLÉAIRES : LE COURRIER DES ANTI-CIGÉO À LA PREMIÈRE MINISTRE

Lors de son passage à Bar-le-Duc, Élisabeth Borne s’est vu remettre un argumentaire que les opposants au projet de stockage des déchets nucléaires lui avaient adressé en juin avant la signature de la DUP (Déclaration d’utilité publique), mais resté sans réponse.

« Cigéo Bure : jamais ! » Quand elles sont passées à Naix-aux-Forges, jeudi lors de la 5ème  étape du Tour de France Femmes, l’ont-elles vu cette banderole, les coureuses ? On se demandait si les opposants au projet de stockage des déchets nucléaires dans le Sud meusien entreprendraient une action à Bar-le-Duc à l’occasion du passage de d’Élisabeth Borne à Bar-le-Duc, c’est au bord de la route qu’ils se sont manifestés.

Pourtant, la Première ministre a eu l’occasion d’entendre parler de la Coordination Stop Cigéo/Bure quand Mathias Raulot, conseiller municipal barisien (opposition de gauche), qui jouait l’intermédiaire, lui a remis en main propre un courrier qui lui avait déjà été adressé au mois de juin, bien avant la signature de la DUP (Déclaration d’utilité publique) pour exposer ses arguments contre. Sans avoir jamais eu de réponse, ce dont la coordination s’est de nouveau plainte dans un communiqué de presse diffusé mercredi.

« Un projet dont vous ne connaissez pas les contours… »

Le courrier pointait « l’étude d’impact largement insuffisante et incomplète… » ; « un projet dont vous ne connaissez pas les contours… » ; « quelle maîtrise des risques… ? Quelle gestion des eaux ?…. » et d’autres questions encore. Autant d’éléments que la coordination jugeait rédhibitoires.

Dans son communiqué de presse, la coordination déplore que le gouvernement « reste sourd aux inquiétudes de la population », dénonce que le projet de développement de territoire serve les intérêts du nucléaire, sans croire qu’il puisse contribuer à l’attractivité.

Par Irène Gunepin, publié le 30 juillet 2022

Photo en titre : Élisabeth Borne avant son départ de Bar-le-Duc, avec la lettre des anti-Cigéo en poche.  Photo ER /N.G.

https://www.estrepublicain.fr/environnement/2022/07/29/dechets-nucleaires-le-courrier-des-anti-cigeo-a-la-premiere-ministre

CP STOP CIGÉO – ÉLISABETH BORNE EN LORRAINE : PÈRE NOËL OU « FOSSOYEUR » DE LA MEUSE ?

Communiqué du CEDRA – La Première ministre sera en Lorraine jeudi 28 juillet 2022. Au programme, promenade sur le village départ du Tour de France féminin, rencontre de différents acteurs du territoire autour de la ruralité et… discussion sur la mise en œuvre d’une fiscalité spécifique à Cigéo dans le cadre du projet de développement de territoire. Sur ce sujet, Élisabeth Borne choisit expressément avec qui et de quoi elle accepte de parler : elle vient pour brosser dans le sens du poil des élus impatients de voir démarrer le chantier. Répondre aux courriers et aux inquiétudes d’un bon nombre d’habitant.es du territoire n’est pas à l’ordre du jour. Belle hiérarchisation des priorités et funeste conception de la démocratie!

Un gouvernement sourd aux inquiétudes réelles de la population

Élisabeth Borne choisit de n’avancer qu’avec celles et ceux qui sont pour la poubelle atomique. Le gouvernement continue sur sa lancée, ignorant à la fois l’avis de la population qui s’est exprimée lors de l’enquête publique 2021 (les contributions sur le plan comptable étaient majoritairement négatives et pour certaines très documentées) et les alertes de l’Autorité Environnementale sur la sûreté de Cigéo et les perspectives d’avenir du territoire. 

Outre la terrifiante montagne de doutes majeurs qui entoure le stockage nucléaire dont la coordination Cigéo/Bure STOP et 7 associations nationales lui ont fait part le 13 juin dernier (note1), rappelons que l’Autorité Environnementale a fait émerger pour la première fois un préjudice sanitaire pour les habitant-es du territoire autour de Bure. Selon elle, il faut cesser de développer le secteur sur le plan économique et démographique. Une sage recommandation qui va à l’encontre du projet de développement de territoire (PDT) signé en 2019 par les deux conseils départementaux de Meuse et Haute-Marne !

Un plan de territoire au service du nucléaire, hautement toxique pour la population

Au Conseil départemental de Meuse, des élus ont récemment pointé du doigt l’hypocrisie de l’État qui « persiste à abandonner la zone de proximité et plus largement le département de la Meuse en y retirant des services publics au fil des ans » (Est républicain, 25/07/2022, « Cigéo : l’opposition de gauche au conseil départemental montre au front« ). Hélas la majorité départementale, aveuglée par les promesses et les euros qui pleuvent depuis des années poursuit une dangereuse politique : tout accepter sans discernement ni garde-fou, faire comme si le risque n’existait pas et accueillir les « fossoyeurs » du territoire à bras ouverts, en échange de compensations.

Pourtant, qui peut croire encore au renforcement de l’attractivité du territoire grâce au projet Cigéo ?

Les 500 millions d’euros du PDT serviront surtout à préparer l’emprise physique de Cigéo et de ses déchets nucléaires (modification de routes, voies ferrées, adduction d’eau, etc) et non pas à bâtir un avenir choisi collectivement et tourné vers l’avenir. Cerise sur le gâteau, ce chantier commencerait alors que l’Andra n’a aucune autorisation pour construire son stockage.

Le décret d’utilité publique de Cigéo est là pour permettre à l’Andra de renforcer sa maîtrise foncière via des expropriations et pour rendre le territoire compatible avec Cigéo sur le plan de l’urbanisme. Celui de l’opération d’intérêt national permet au gouvernement de créer et de prendre en main la compétence d’urbanisme sur une large zone dédiée à Cigéo. L’objectif confondu des deux démarches est bien de donner un coup d’accélérateur à Cigéo en débutant d’énormes travaux d’aménagements préalables, ce qui aura pour effet de vider progressivement le territoire de ses habitant-es et d’empêcher toute alternative à un projet qui n’est même pas autorisé.

Il faut arrêter de croire au Père Noël !

Il est temps d’ouvrir les yeux et d’agir en conséquence. Le prétendu développement du secteur -auquel certains élus veulent encore croire- serait un frein au projet d’enfouissement nucléaire : le gouvernement en a parfaitement conscience. Son objectif est clair aujourd’hui : moins il y aura de population, plus l’Andra aura le champ libre.

Et puis qui voudrait vivre pour plus d’une centaine d’années au milieu des nuisances générées par un projet aussi gigantesque ? A côté d’un chantier aux impacts mal évalués?

Nous avons bon espoir que la population et davantage d’élus réalisent cette magistrale duperie et comprennent que refuser Cigéo revient à sauver notre territoire. Plutôt que l’abandonner à la filière nucléaire, il y a d’autres avenirs à réfléchir et construire ensemble !

Note1 –  http://burestop.free.fr/spip/IMG/pdf/projet_cigeo_-_courrier_elisabeth_borne_13062022.pdf

Publié le 27 juillet 2022

https://cedra52.jimdofree.com/2022/07/27/cp-stop-cigeo-elisabeth-borne-en-lorraine-p%C3%A8re-no%C3%ABl-ou-fossoyeur-de-la-meuse/

OUVERTURE DE LA CONFÉRENCE D’EXAMEN DU TRAITÉ DE NON-PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE : LA FRANCE MET CE TRAITÉ EN DANGER !

La 10ème Conférence d’examen (RevCon) du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) va se tenir au siège des Nations unies à New York du 1er au 26 août 2022. L’agression russe en Ukraine vient renforcer l’avenir déjà très sombre du régime de non-prolifération nucléaire, entré en vigueur en 1970.

Jamais le TNP n’a été autant en danger et décrédibilisé. Les responsables sont les puissances nucléaires – dont la France. Nier cette situation, faire croire que seuls les autres États sont responsables et poursuivre une politique de dissuasion jusqu’en 2090 ne peut que conduire à la fin prochaine du TNP. Cet instrument, complémentaire au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), est pourtant crucial pour mettre fin à la menace nucléaire et assurer la sécurité de la population française et internationale.

Les 191 États membres du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) sont tous soumis à des obligations de non-prolifération, de désarmement et disposent du droit à l’usage pacifique de l’énergie nucléaire. En 2010, lors de la huitième RevCon ces États se sont engagés – volontairement – à mettre en œuvre un plan d’action qui comporte notamment 22 mesures de désarmement. Aucune d’entre elles n’ont été respectées. Pire, les cinq États dotés d’armes nucléaires (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) ont tous agi de manière contraire à lettre et à l’esprit de leur engagement, en modernisant, renouvelant et même augmentant quantitativement (pour Londres et Pékin) leurs arsenaux.

Concernant la France, son rapport national, publié en 2021, confirme cette absence de mise en œuvre de la feuille de route de 2010. Ainsi au lieu, selon la mesure n° 3, de « redoubler d’efforts pour réduire et, à terme, éliminer tous les types d’armes nucléaires par des mesures unilatérales, bilatérales, régionales et multilatérales », la France renouvelle ses systèmes d’armes nucléaires. En effet, la Loi de programmation militaire – en augmentation de 60 % par rapport à la précédente – engage ce processus qui doit prendre fin vers 2050, avec des engagements financiers annuels au moins égal à 6 milliards d’euros par an.

Non seulement, le rapport national français ne manifeste pas la « bonne foi » à agir dans le sens du désarmement, mais en plus la transparence affichée est relative et ambiguë :

  • « La France possède au total moins de 300 têtes nucléaires » : un chiffre flou sur la taille de l’arsenal contrairement à celui révélé par les Britanniques, les Russes où les États-Unis ;
  • « La France a en effet diminué de moitié son arsenal en près de 15 ans » cette donnée est invérifiable car le chiffre de départ n’a jamais été rendu public… ;
  • « La France n’a pas d’armes en réserve » : cela laisse entendre que l’ensemble de ses ogives sont déployées, rendant la posture de la France unique ;
  • La France, en 1996, « a annoncé un moratoire » sur la production de matières fissiles pour les armes : pourquoi laisser un doute et ne pas annoncer une fin définitive de la production de ces matières ? Surtout quand, Daniel Verwaede, le directeur (en 2013) des applications militaires au Commissariat à l’énergie atomique, stipule que la matière fissile retirée des anciens systèmes d’armes (Hadès, Pluton, ASMP) n’est pas rendue inutilisable, mais conservée dans le stock militaire. La notion d’irréversibilité, essentielle à un véritable processus de désarmement nucléaire, n’est donc pas respectée !
  • « La France n’a plus de moyens en alerte haute permanente », cette mesure était présentée dans les rapports de 2014 et de 2015. Elle est étonnamment absente du rapport 2022, alors même qu’il s’agissait alors d’une mesure phare de son action pour « la réduction des niveaux d’alerte ». Pourquoi ? La France a-t-elle repris cette posture ? Cela explique-t-il l’envoi d’au moins deux SNLE en mer, au lendemain de l’invasion russe en Ukraine ?

Par ailleurs nous apprenons que :

  • Douze milliards d’euros, c’est le nouveau coût des opérations de démantèlement des sites de Marcoule et Pierrelatte. Un chiffre qui n’a cessé d’évoluer ces 10 dernières années, passant respectivement de 6 Mds € en 2011 à 8 Mds € en 2015. Tout laisse à penser que la note va encore s’aggraver…
  • Le démantèlement de l’usine de retraitement UP1 de Marcoule qui a débuté dès 1997, doit se poursuivre non plus jusqu’en 2035 (rapport national 2015) mais « jusqu’en 2040 ». 

Que signifie la volonté de « réaffirmer, sans ambiguïté, la primauté du TNP, qui demeure la clef de voûte de la stabilité à l’échelle mondiale et la clef de voûte de la sécurité internationale » (Le Drian 2019 et 2022), alors que les actes démontrent le contraire ?

ICAN France dénonce cette posture dangereuse qui est une véritable menace pour le TNP en ce sens qu’il le remet en cause dans son esprit et dans sa lettre. La France doit :

  • S’engager à mettre en œuvre la feuille de route (adoptée) de 2010 ;
  • Faire acte de véritable transparence sur les systèmes d’armes nucléaires passés et actuels ;
  • Réaffirmer qu’elle n’a plus de « moyens en alerte haute permanente » ; 
  • Réaffirmer « qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée » ;
  • Communiquer sur la quantité des stocks de matières fissiles militaires ;
  • Appliquer et respecter la notion « d’irréversibilité » dans les mesures de désarmement ;
  • Annoncer l’arrêt définitif de la production de matière fissile à des fins militaires
  • Signer le protocole au Traité de Bangkok, qui vise à créer une zone exempte d’armes nucléaires en Asie du Sud-Est ;
  • Engager un débat politique – avec les acteurs de la société civile – en vue de la future Loi de programmation militaire sur la pertinence de la dissuasion nucléaire ;
  • Annoncer un gel des crédits liés au renouvellement des arsenaux ;
  • Engager un processus de réflexion – avec les acteurs de la société civile – sur la complémentarité du Traité de non-prolifération nucléaire et du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires ;
  • Renoncer à réaliser des exercices nucléaires avec ces partenaires européens.

Pour interviews :

  • Jean-Marie COLLIN, expert et co. porte-parole d’ICAN France participera à la 10ème Conférence d’examen du TNP à l’ONU. Contact : + 33 (0)6 37 94 62 41 – jeanmarie@icanfrance.org
  • Patrice BOUVERET, directeur de l’Observatoire des armements et co. porte-parole de ICAN France En France, participera à Bordeaux, du 5-9 août, aux commémorations du 77e bombardement des villes de Hiroshima et de Nagasaki et à de nombreuses initiatives citoyennes. Contact : + 33 (0)6 30 55 07 09, patricebouveret@obsarm.info

Publié le 28 juillet 2022

http://icanfrance.org/ouverture-conference-examen-traite-non-proliferation-nucleaire-france-met-traite-danger/

POUR UN DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE INTERNATIONAL

Alors que l’on s’apprête à commémorer les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, qui ont eu lieu les 6 et 9 août 1945, la question de l’armement nucléaire est plus que jamais d’actualité.

La guerre en Ukraine porte, en filigrane, la menace constante, agitée par la Russie, de l’utilisation de l’arme nucléaire.

Depuis les années 2010, une coalition d’ONG, la Campagne pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) travaille en collaboration avec l’ONU à rendre les armes nucléaires hors la loi.

L’objectif est d’aller plus loin que le traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) signé en 1968 et qui définit les droits, les obligations et les modalités de garantie et de contrôle des pays possédant l’arme nucléaire et de ceux ne la possédant pas. 

Le 24 octobre 2020, un 50ème pays, le Honduras, a signé le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Un nombre de pays signataires qui n’est pas anodin : il permet l’entrée en vigueur, le 22 janvier 2021, de ce traité international des Nations Unies qui incite les pays signataires à ne plus posséder d’armes nucléaires, et à ne plus faire de recherche et développement.

Plus d’un an après, d’autres pays l’ont ratifié : « Plus il y a de pays signataires, plus le traité va s’imposer » analyse Eric Vallade, animateur du collectif Paix et désarmement de la CGT. « Ce traité est un outil pour porter la question du désarmement, la poser de manière internationale »

La CGT, seul syndicat à avoir en son sein un collectif Paix et désarmement, fait en effet partie du groupe des organisations qui appellent à signer ce traité.

Le syndicat milite pour le désarmement total avec l’idée que l’arme nucléaire n’est pas dissuasive : moins les pays sont nucléarisés, plus le risque de conflits majeurs diminue.

Dans ce combat, il associe les salariés de l’industrie de l’armement, afin de réfléchir aux stratégies de reconversion et de diversification, afin que le désarmement n’entraine pas de suppression d’emplois.

En outre, l’arme nucléaire coûte cher – 5 milliards d’euros en France, qui pourraient être utilisés autrement. 

Dans le cadre de cette réflexion, la CGT et le Mouvement de la Paix participent à la journée internationale de la Paix le 21 septembre et à la journée de l’ONU pour l’élimination totale des armes nucléaires le 26 septembre.

Ensemble, ils ont décidé d’organiser conjointement un colloque sur le thème « une économie pour la Paix » qui aura lieu le 5 octobre dans les locaux de la confédération CGT.

Publié le 29 juillet 2022

https://www.cgt.fr/actualites/international/interprofessionnel/mobilisation/pour-un-desarmement-nucleaire-international

FUKUSHIMA: D’ANCIENS DIRIGEANTS DE TEPCO CONDAMNÉS À D’ÉNORMES DOMMAGES-INTÉRÊTS FONT APPEL

D’anciens dirigeants de Tepco ont fait appel d’une récente décision de la justice japonaise les condamnant à verser des dommages-intérêts astronomiques pour la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, décision dont les parties civiles ont également interjeté appel.

Le double appel a été déposé mercredi selon les médias nippons, ce qu’a confirmé jeudi à l’AFP un fonctionnaire du tribunal de première instance de Tokyo, sans donner plus de détails.

Ce tribunal avait ordonné le 13 juillet le paiement par quatre ex-dirigeants de Tepco de quelque 13.000 milliards de yens (près de 100 milliards d’euros) de dommages-intérêts à l’entreprise.

La justice avait considéré que ces anciens dirigeants n’avaient pas écouté les avis des spécialistes ni pris de mesures de prévention suffisantes qui auraient pu éviter le désastre, comme l’installation à une altitude plus élevée des systèmes d’électricité de secours de la centrale, située au bord de l’océan Pacifique dans le nord-est du Japon.

Cette décision hors norme est issue d’une procédure devant la justice civile japonaise lancée en 2012 par des actionnaires de Tepco ne cherchant pas réparation pour eux-mêmes directement, mais pour le groupe dont ils détiennent une partie du capital et dont la réputation a été sévèrement écornée par la catastrophe de Fukushima, le plus grave accident nucléaire au monde depuis Tchernobyl en 1986.

S’il s’agit des plus importants dommages-intérêts jamais accordés par un tribunal au Japon, la portée de cette décision est essentiellement symbolique, les anciens dirigeants de Tepco étant incapables de payer eux-mêmes une somme aussi énorme.

Les actionnaires ont fait appel parce que le tribunal de première instance n’avait pas ordonné à un cinquième ancien responsable de Tepco de payer des dommages-intérêts. Ils réclament ainsi la revalorisation des réparations à 22.000 milliards de yens, soit environ 159 milliards d’euros, selon un communiqué.

Ces montants ont été calculés sur la base des coûts de démantèlement de la centrale de Fukushima, d’indemnités de Tepco versées aux habitants affectés par l’accident et de décontamination de la zone.

Par Adam Middleton, publié le 29 juillet 2022

https://www.lemondedelenergie.com/fukushima-anciens-dirigeants-tepco-condamnes-enormes-dommages-interets-font-appel/2022/07/29/

ORANO-MALVÉSI: L’EUROPE COMME ARBITRE DE POIDS

Un collectif de citoyens narbonnais vient d’être entendu par la commission des pétitions du Parlement européen. Il demande plus de transparence à Orano-Malvési, le site de purification d’uranium situé près de Narbonne.

Le collectif des Européens du Narbonnais, emmené par Kristina t’Felt, a déposé une pétition auprès de l’Europe pour demander plus de transparence autour du site d’Orano-Malvési, site soumis à la directive Seveso 2 et dont une partie est classée installation nucléaire de base, et « faire valoir notre droit de vivre dans un environnement sain et respectueux de la santé« . Cette démarche a abouti à l’audition des représentants des pétitionnaires (Tara Lechartier, Viviane Thivent, André Bories et Kristina t’Felt), le mercredi 13 juillet dernier, par la commission des pétitions du Parlement européen. « Nous avons obtenu le soutien ferme de tous les groupes d’Eurodéputés du parlement« , indique avec satisfaction Kristina t’Felt. Il y a quatre ans, des manifestations, dans le sillage des ‘‘Familles papillons’’, avaient été organisées à Narbonne contre le développement de l’usine Orano Malvési. « C’est ainsi que des habitants venant d’horizons divers et amoureux de l’Aude découvrent l’existence de cette usine qui traite pas moins d’un quart de l’uranium brut mondial. Ce chiffre implique une responsabilité partagée à l’échelle internationale. De là est née l’idée de s’adresser à l’Europe.« 

Un premier contrôle effectué

La pétition restera donc ouverte et le dossier continuera à être suivi par l’Europe. Un contrôle a d’ores et déjà été lancé par la commission pour clarifier le fonctionnement des installations d’Orano-Malvési. Les conclusions seront transmises à l’automne. En l’état, le collectif demande que : « L’Europe et la France renforcent la transparence en matière d’information des citoyens au sujet de l’usine d’Orano Malvési ; que les activités du site d’Orano Malvési fassent l’objet de contrôles réguliers, stricts, indépendants et officiellement publiés ; que la santé publique soit soumise à une enquête scientifique conséquente. Il est urgent de faire un état des lieux sanitaire aujourd’hui et de disposer d’un outil adapté pour la surveillance de la santé de la population environnante »

Du côté d’Orano-Malvési, on confirme que suite à la pétition, « la commission européenne a fait procéder à une inspection […] ». Et de poursuivre : »Après l’examen approfondi de nombreux documents, durant 2 jours et demi, 4 inspecteurs européens de l’unité de radioprotection et de sûreté nucléaire de la direction générale de l’énergie de la commission européenne sont venus sur notre site à Narbonne. À l’issue de cette inspection, aucun écart n’a été relevé, comme l’a affirmé la commission européenne à l’occasion d’une commission parlementaire publique du Parlement européen le 13 juillet dernier, chargée d’étudier toutes les pétitions européennes. Le rapport officiel en cours de rédaction sera rendu public fin 2022« , détaille-t-on chez Orano-Malvési.

« Nos portes sont ouvertes »

Et de préciser : « Face à l’urgence climatique, convaincu que la planète a besoin de toutes les énergies bas-carbone, Orano souhaite, plus que jamais, favoriser et contribuer à un débat serein autour de ses activités. Nous invitons les citoyens qui expriment des inquiétudes à venir nous rencontrer et à visiter nos installations, nos portes leur sont ouvertes. Nous partageons un seul et même objectif : celui de la préservation de la planète, du climat et des territoires !« 

Les inquiétudes des riverains

Lors de leur exposé devant le Parlement européen, les représentants des pétitionnaires ont notamment rappelé leurs inquiétudes face à « l’opacité qui règne autour du site« .

« Avec cette usine, la confiance a été plusieurs fois rompue. Par exemple, il a fallu qu’une digue cède en 2004 pour que les associations découvrent dans les boues de Malvési des éléments radioactifs qui n’auraient jamais dû s’y trouver, comme des descendants du plutonium. C’est d’ailleurs cette découverte venue des associations qui explique le classement récent du site en installation nucléaire de base« , ont-ils indiqué. Ou encore : « Des associations et des collectifs de riverains formés par la CRIIRAD ont au fil des années effectué des mesures autour du site. Et ces mesures indépendantes ne confirment jamais les suivis rassurants publiés par le service communication d’Orano. Ceci montre bien les difficultés posées par un système dans lequel c’est le pollueur qui effectue lui-même la surveillance environnementale. »

Par Christophe Parra, publié le 29/07/2022 à 05h09

Photo en titre : Le site d’Orano-Malvési a fait l’objet d’une inspection de la commission européenne. Philippe Leblanc

Pour retrouver et écouter cet article (3mn51s), cliquer sur :

https://www.ladepeche.fr/2022/07/29/orano-malvesi-leurope-comme-arbitre-de-poids-10461999.php

LES ÉTATS-UNIS, LE ROYAUME-UNI ET L’AUSTRALIE EXHORTÉS À REVENIR SUR LEUR DÉCISION CONCERNANT LA COOPÉRATION SUR LES SOUS-MARINS NUCLÉAIRES

BEIJING, 28 juillet (Xinhua) — La Chine a exhorté jeudi les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie à respecter la volonté des pays régionaux et à révoquer la décision de mener une coopération en matière de sous-marins nucléaires, afin d’éviter de porter atteinte à la paix et à la sécurité régionales et mondiales.

Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a fait ces remarques lors d’une conférence de presse lorsqu’il a été invité à commenter la coopération États-Unis-Royaume-Uni-Australie en matière de sous-marins nucléaires. Les trois pays ont soumis un document de travail pertinent à la 10ème Conférence d’examen des parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) pour défendre leur coopération sur les sous-marins nucléaires.

Notant que l’annonce de la coopération sur les sous-marins nucléaires entre les trois pays a suscité de grandes inquiétudes de la part de la communauté internationale, M. Zhao a indiqué que la partie chinoise avait fait part de son opposition à plusieurs reprises, et avait soumis un document de travail à la 10ème Conférence d’examen au TNP en décembre 2021.

La partie chinoise a noté que l’Indonésie y avait également soumis un document de travail, mettant en avant de nombreuses préoccupations concernant les risques de prolifération nucléaire découlant de la coopération sur les sous-marins à propulsion nucléaire, a ajouté M. Zhao.

Il est toutefois regrettable que les trois pays doivent encore faire face et répondre aux préoccupations des différentes parties, a indiqué le porte-parole, ajoutant que peu importe les arguments des trois pays, ils ne pouvaient pas changer le fait fondamental que la coopération trilatérale présentait de sérieux risques de prolifération nucléaire, et violait l’objectif de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Parallèlement, il existe d’énormes divergences au sein de la communauté internationale sur le dossier de l’arrangement de sauvegarde de réacteur des sous-marins à propulsion nucléaire, a noté M. Zhao, ajoutant que l’arrangement de sauvegarde en question engendrerait un précédent et impliquerait les intérêts de tous les pays membres de l’AIEA, ce qui devrait être discuté et décidé par tous les pays intéressés.

Grâce aux efforts de la Chine, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a inscrit la coopération en matière de sous-marins nucléaires entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie sur le programme officiel trois fois de suite. La Chine préconise le lancement d’un processus intergouvernemental dans le cadre de l’AIEA, conformément à la pratique établie, pour discuter des questions politiques, juridiques et techniques liées à la coopération sur les sous-marins nucléaires, a martelé le porte-parole.

Zhao a indiqué que les trois pays et le secrétariat de l’AIEA ne devaient pas négocier l’arrangement de sauvegarde pour la coopération de sous-marins nucléaires sans autorisation jusqu’à ce que toutes les parties parviennent à un consensus.

Par French.news.cn, publié le 28 juillet 2022 à 22h08

Photo en titre : Le sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire américain USS Oklahoma City entrant en rade à la base navale de Guam, dans le Pacifique, le 19 août 2021. L’Australie, qui va acheter des navires du même genre, a rejeté les critiques chinoises et affirmé son droit de défendre l’accès aux eaux internationales que Pékin revendique. PHOTO MARINE AMÉRICAINE, VIA ARCHIVES ASSOCIATED PRESS.

http://french.xinhuanet.com/20220728/08f8ebfd931f46be8979920274e8b7dd/c.html

GUERRE EN UKRAINE : QU’EST-CE QUE « BELGOROD », LE SOUS-MARIN RUSSE LE PLUS PUISSANT DU MONDE ?

La Russie vient de recevoir le sous-marin « Belgorod« , capable de transporter 6 voire 8 torpilles Poséidon, soit 100 fois Hiroshima chacune.

En Ukraine, l’exportation des céréales s’organise. Les trois ports concernés ont recommencé à fonctionner et les premiers chargements devraient partir cette semaine selon Kiev. Le centre de coordination entre Russes et Ukrainiens a été inauguré à Istanbul.

Des avancées sur le plan économique qui ne font pas oublier la guerre. La Russie vient de recevoir le sous-marin le plus puissant au monde, pas seulement en raison de ses dimensions. Le « Belgorod » est capable de transporter 6 voire 8 torpilles Poséidon, les plus puissantes au monde, 100 fois Hiroshima chacune. Avec une portée de 10.000 km, la Poséidon est surnommée la torpille de l’apocalypse ou du jugement dernier.

Elle provoquerait des tsunamis radioactifs sur les villes côtières américaines, mais uniquement en représailles, en riposte à une attaque nucléaire, explique la propagande russe. Mais le sous-marin « Belgorod » sait aussi jouer les espions. Il peut larguer des sous-marins beaucoup plus petits que lui pour des missions secrètes ou de sabotage, comme couper des câbles électriques ou de télécommunications.

Tout cela n’est pas rassurant. Mais selon la version officielle de son constructeur russe, Le « Belgorod » n’est qu’un navire de recherches et il permet à la Russie de mener « des expéditions scientifiques et des opérations de sauvetage dans les zones les plus reculées« .

Par RTL, publié le 27 juillet 2022

Photo en titre : Un sous-marin, crédit : AFP

Pour retrouver ou écouter cet article (1mn27s), cliquer sur :

https://www.rtl.fr/actu/international/guerre-en-ukraine-qu-est-ce-que-belgorod-le-sous-marin-russe-le-plus-puissant-du-monde-7900174243

CORROSION DE RÉACTEURS NUCLÉAIRES : LA FRANCE ÉCHAPPE AU PIRE POUR CET HIVER

L’Autorité de sûreté nucléaire a validé mercredi la stratégie d’EDF pour faire face aux problèmes de corrosions qui plombent les perspectives d’approvisionnement en électricité cet hiver. Actuellement, une trentaine de réacteurs sur 56 sont à l’arrêt, dont 12 pour la corrosion et 18 pour des maintenances programmées.

La France a échappé à un scénario noir pour son approvisionnement en électricité, déjà très tendu pour l’hiver prochain, le gendarme du nucléaire ayant validé mercredi 27 juillet la stratégie d’EDF pour faire face aux problèmes de corrosion affectant certains réacteurs.

EDF prévoit de contrôler l’ensemble de ses réacteurs d’ici à 2025 par ultrasons pour rechercher d’éventuelles traces de ce problème qui a conduit à l’arrêt de 12 réacteurs sur 56.

Le groupe doit contrôler en priorité les zones les plus sensibles des réacteurs de 1 450 MW – les plus puissants – et certains de 1 300 MW.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) « considère que la stratégie d’EDF est appropriée compte tenu des connaissances acquises sur le phénomène et des enjeux de sûreté associés« , indique-t-elle dans un communiqué, sans réclamer de calendrier de contrôle plus resserré dans l’ensemble.

« Toutefois, s’agissant du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Belleville, l’ASN considère que le contrôle de ce réacteur prévu en 2024 est trop tardif« , précise-t-elle.

EDF en « prend acte » et « étudie une nouvelle programmation des contrôles pour ce réacteur« , indique le groupe dans une note d’information.

Le calendrier des contrôles « s’inscrit dans le cadre des arrêts déjà programmés sur les années 2022 à 2025« , souligne l’entreprise. Mais « ces arrêts sont susceptibles de se prolonger en cas de réparation pour des durées totales pouvant atteindre 25 semaines« .

L’ASN estime par ailleurs que les connaissances sur le phénomène sont « encore évolutives » et que « le programme de contrôle devra être adapté si les contrôles ou analyses mettent en évidence des éléments nouveaux« .

Ces problèmes de corrosion ont été détectés ou soupçonnés au niveau de soudures des coudes des tuyauteries d’injection de sécurité (RIS) – qui permettent de refroidir le réacteur en cas d’accident – reliées au circuit primaire. Cette corrosion dite « sous contrainte » se traduit par des petites fissures.

Le circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt (RRA) de certains réacteurs fera aussi l’objet de contrôle.

Une trentaine de réacteurs actuellement à l’arrêt

Ce problème de corrosion plombe les perspectives de production d’électricité nucléaire et de résultats financiers cette année pour EDF, dont le gouvernement a prévu la renationalisation à 100 %.

Il a aussi suscité des inquiétudes pour l’approvisionnement électrique de la France l’hiver prochain. Une trentaine de réacteurs sur 56 sont actuellement à l’arrêt, dont 12 pour la corrosion et 18 pour des maintenances programmées.

De ce point de vue, la décision de l’ASN mercredi n’aggrave pas la situation car le gendarme du nucléaire ne réclame pas des contrôles plus rapides, synonymes d’arrêts de réacteur, mais valide pour l’essentiel le calendrier d’EDF.

« Le scénario auquel on échappe, c’est celui où l’ASN rajoute une contrainte supplémentaire qui diminue la disponibilité nucléaire pour l’hiver à venir« , explique Julien Teddé, directeur général du courtier Opéra Énergie. « Un avis négatif de l’ASN aurait pu être une mauvaise nouvelle« , voire « une catastrophe« , relève-t-il.

« Je trouve que c’est plutôt rassurant que l’ASN prenne cette décision« , affirme Sébastien Menesplier, de la CGT Mines-Énergie, interrogé par l’AFP. « Compte-tenu de la situation énergétique aujourd’hui et celle du parc de production, tant mieux que l’ASN valide cela, sinon on aurait été dans une sacrée panade. »

Les craintes quant à l’approvisionnement cet hiver s’ajoutent à d’autres facteurs, à commencer par la flambée des prix du gaz alimentée par la crainte d’une pénurie dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine, qui tire les prix de l’électricité vers des sommets.

Les prix ont quasiment doublé en quelques semaines : l’électricité pour livraison en 2023 en France se négociait mercredi autour de 500 euros le mégawattheure (MWh), contre moins de 300 euros mi-juin.

Ces prix à terme n’obéissent plus à leur logique économique habituelle mais reflètent vraisemblablement « des anticipations de forte pénurie » et « une prime de risque élevée sur le marché de l’électricité français« , selon le régulateur du secteur.

Les craintes ne se résument pas au parc nucléaire. « La vraie question pour moi, ce sont les interconnexions« , alors que la France dépend de ses voisins une partie de l’hiver, juge Julien Teddé.

« S’il y a un rationnement de gaz l’hiver prochain, avec en plus des questions sur la solidarité entre États, ça ne me semble pas complètement gagné que les Allemands acceptent de brûler du gaz pour produire de l’électricité et l’envoyer en France« , prévient-il.

Par FRANCE 24 avec AFP, publié le 27/07/2022 à 22h16

Photo en titre : L’intérieur de la centrale nucléaire de Chinon lors d’un examen décennal de conformité, le 8 juillet 2020. © Guillaume Souvant, AFP

https://www.france24.com/fr/france/20220727-corrosion-de-r%C3%A9acteurs-nucl%C3%A9aires-la-france-%C3%A9chappe-au-pire-pour-cet-hiver

EDF A SUBI UNE PERTE HISTORIQUE DE 5,3 MILLIARDS D’EUROS AU PREMIER SEMESTRE

Alors que l’État a lancé le processus de nationalisation de l’énergéticien, ce dernier a annoncé avoir subi une des plus lourdes pertes de son histoire. En cause, notamment, la baisse de production d’électricité nucléaire, liée aux problèmes de corrosion de certains réacteurs.

Guerre en Ukraine, réacteurs à l’arrêt… Électricité de France (EDF) cumule les déboires cette année. Alors que l’État a lancé le processus de nationalisation de l’énergéticien, ce dernier a annoncé avoir perdu 5,3 milliards d’euros au premier semestre, jeudi 28 juillet. En cause, la baisse de production d’électricité nucléaire, liée aux problèmes de corrosion de certains réacteurs, et sa mise à contribution par l’État pour contenir la facture des Français.

Cette production historiquement faible est la conséquence, notamment, de la mise à l’arrêt de 12 réacteurs sur 56 que compte la France pour des problèmes de corrosion, et de 18 autres pour des opérations de maintenance programmées.

Le chiffre d’affaires est, en revanche, en forte progression (+ 67,2 %), à 66,262 milliards d’euros, soutenu par la forte hausse des prix de l’électricité et du gaz en Europe.

Lire aussi : EDF perd 5,3 milliards d’euros au premier semestre, des résultats négatifs historiques (Article réservé à nos abonnés)

Année noire marquée par des difficultés de production nucléaire

« Y a-t-il déjà eu dans l’histoire d’EDF un semestre dont les chiffres étaient aussi négatifs ? J’en doute beaucoup », a commenté le président d’EDF, Jean-Bernard Lévy.

« Les résultats du premier semestre traduisent les difficultés rencontrées en matière de production nucléaire en France et dans une moindre mesure hydroélectrique, ainsi que l’effet du bouclier tarifaire mis en place en France pour 2022 », a-t-il précisé.

Le gouvernement a, en effet, obligé EDF à vendre davantage d’électricité bon marché à ses concurrents pour protéger la facture des ménages, a résumé l’énergéticien. Une perte représentant 10 milliards d’euros pour le groupe détenu à 84 % par l’État Français, et dont le gouvernement a prévu la renationalisation complète dans les prochains mois.

« Ces événements imposent au groupe d’acheter de l’électricité dans un contexte de prix de marché élevés », a résumé l’entreprise, sur fond d’explosion des prix de l’électricité ont explosé en Europe.

Lire aussi : Les députés votent un relèvement des tarifs de l’électricité d’EDF à destination de ses concurrents (Article réservé à nos abonnés)

Les résultats de l’entreprise pour l’ensemble de l’année s’annoncent ainsi encore plus mauvais que prévu : le producteur d’électricité estime désormais que la baisse de sa production nucléaire en 2022 lui coûtera pas moins de 24 milliards d’euros d’excédent brut d’exploitation (Ebitda), contre 18,5 milliards d’euros précédemment estimés, un chiffre qui était déjà extraordinaire.

La hausse générale des prix de l’énergie bénéficiera dans une certaine mesure à EDF, avec une contribution positive sur les revenus réévaluée à 8 milliards d’euros sur l’année, contre 6 milliards d’euros précédemment.

Les défis colossaux de la renationalisation

C’est donc un groupe en grande difficulté que l’État s’apprête à renationaliser, dont l’endettement financier net, à 42,8 milliards d’euros à la fin de juin, a été stabilisé par une augmentation de capital de 3,1 milliards d’euros, lancée en mars.

La renationalisation, par une offre publique d’achat (OPA) des 16 % d’actions non détenues par l’État, devrait permettre au groupe, malgré sa situation financière critique, d’emprunter à moindre coût et de se réorganiser. L’opération à hauteur de 9,7 milliards d’euros a été approuvée cette semaine par l’Assemblée nationale.

Lire aussi : Renationaliser EDF, un message politique qui ne résoudra pas à lui seul les difficultés du groupe (Article réservé à nos abonnés)

Il en aura grandement besoin, afin de relever des défis colossaux : être le « bras armé » de l’État dans le verdissement de sa politique énergétique et la conquête d’une plus grande souveraineté en la matière, (voir NDLR en fin d’article) notamment par le redéploiement nucléaire.

Elle n’est que la première étape d’une vaste réorganisation, qui a ravivé les craintes des syndicats d’assister à un démantèlement de l’entreprise, crainte balayée par le gouvernement.

Elle sera menée par un autre PDG, attendu pour la rentrée. A ce sujet, M. Lévy a simplement réaffirmé que ce changement de gouvernance anticipé s’était décidé à son initiative avec le gouvernement, « de manière (…) que pour les grandes réformes d’EDF à venir, il y ait un seul pilote pendant toute la durée du quinquennat qui commence ».

Le groupe a, par ailleurs, annoncé maintenir sa « prévision de production nucléaire sur l’année dans la fourchette de 280 TWh à 300 TWh », une prévision « confortée » par la validation mercredi par l’Autorité de sûreté nucléaire de sa stratégie pour contrôler les problèmes de corrosion rencontrés dans son parc nucléaire.

Lire aussi : Renationalisation d’EDF : « La fin d’une anomalie boursière » (Article réservé à nos abonnés)

Par Le Monde avec AFP, publié le 28 juillet 2022 à 08h50, mis à jour à 12h08

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/07/28/edf-a-subi-une-perte-historique-de-5-3-milliards-d-euros-au-premier-semestre_6136423_3234.html

NDLR : encore et toujours cette antienne de souveraineté en matière énergétique alors qu’il y a plus de 20 ans que la dernière mine d’uranium a été fermée en France et que 100% de l’uranium neuf que nous consommons est IMPORTÉ principalement du Kazakhstan, du Niger, du Canada, de l’Australie et de l’Ouzbékistan.

EDF: L’ÉTAT VA SURVEILLER DE PRÈS LE PARC NUCLÉAIRE AVANT L’HIVER

PARIS (© Reuters 2022) – L’État va renforcer son suivi du parc nucléaire d’EDF pour s’assurer que la France aura suffisamment de centrales en mesure de produire de l’électricité l’hiver prochain, a-t-on appris mercredi auprès du ministère de la Transition énergétique.

EDF est confronté à un programme de travaux de maintenance particulièrement chargé qui, conjugué à des problèmes de corrosion, fait chuter la disponibilité du parc nucléaire et renforce les inquiétudes pour l’hiver 2022-2023 alors même que le secteur de l’énergie en Europe traverse une grave crise liée à la guerre en Ukraine.

L’État et EDF sont convenus en début de semaine de procéder désormais à « des points de suivi » mensuels sur la performance du groupe en matière de maintenance et sur la disponibilité du parc et l’objectif sera de s’appuyer sur ces rendez-vous pour donner « le maximum de transparence » et une information « condensée et accessible » au marché, a indiqué à Reuters le cabinet de la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

« On est en train de travailler sur la mise sous contrôle du parc (…) et de s’assurer que graduellement on revient à des niveaux de disponibilité en phase avec les meilleures pratiques internationales et que, dès cet hiver, on sécurise le plan de maintenance pour être à la disponibilité attendue pour passer l’hiver« , a-t-on ajouté de même source.

Dans un rapport publié mardi, la Commission de régulation de l’énergie a estimé que les prix de l’électricité à terme sur le marché français, supérieurs au reste de l’Europe et affichant même un écart historique avec les prix allemands, reflétaient « la crainte (…) quant au risque d’un déséquilibre offre/demande » l’hiver prochain.

Grâce au suivi renforcé de la disponibilité du parc nucléaire et à des efforts de maîtrise des consommations, le gouvernement espère « limiter les anticipations un peu irrationnelles des acteurs« , a-t-on indiqué au ministère de la Transition énergétique.

L’exécutif a annoncé le 19 juillet son intention de monter à 100% du capital d’EDF pour un montant de 9,7 milliards d’euros, ce qui lui donnera les coudées franches pour diriger le groupe alors qu’EDF doit faire face à d’importants besoins de financement pour prolonger la durée de vie de son parc nucléaire, construire de nouveaux réacteurs et se développer dans les énergies renouvelables. (Voir NDLR ci-dessous)

Reportage Benjamin Mallet et Caroline Pailliez ; édité par Jean-Stéphane Brosse, publié le 27/07/2022 à 16h45

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/EDF-L-Etat-va-surveiller-de-pres-le-parc-nucleaire-avant-l-hiver-41102152/

NDLR : « … et se développer dans les énergies renouvelables. » Cela fait des années que l’État, tous gouvernements confondus, nous fait cette promesse et que systématiquement il reste très en dessous de ces propres objectifs …lesquels ne sont pourtant pas assez ambitieux au regard des enjeux ! La raison : l’idéologie nucléaire qui absorbe des sommes considérables et qui n’intéresse pas les investisseurs privés d’où la nationalisation d’EDF. Ce seront donc les contribuables (c’est-à-dire nous donc vous aussi…) qui financeront cette folle aventure ! Je souhaite bon courage à nos enfants ainsi qu’à leurs descendants. Ils nous maudiront très probablement. Et comme la théorie du « en même temps » ne fonctionne pas, entre renouvelable ou nucléaire, l’État a (depuis toujours) choisi le nucléaire.

EN GRANDE-BRETAGNE, L’ÉOLIEN EN MER DÉFIE LA CONCURRENCE

Les Britanniques vont payer l’électricité fournie par l’éolien en mer 2,5 fois moins cher que celle générée par les réacteurs nucléaires de Hinkley Point. Notre chroniqueur vous explique pourquoi.

Au Royaume-Uni, les résultats du plus gros appel d’offres jamais réalisé pour la fourniture d’électricité renouvelable ont été dévoilés le 7 juillet. Malgré la hausse des matières premières, les offres de prix de l’électricité produite par les nouvelles éoliennes en mer sont inférieures de 5,8 % à celles de 2019 et de près de 70 % comparés à celles de 2015.

L’appel d’offres du gouvernement britannique mettait aux enchères la fourniture d’une puissance de 7 gigawatts (7 milliards de watts) d’éolien marin [1], selon un système appelé CFD (Contract for Difference, en français contrat pour la différence). En voici le principe de base :

  • les producteurs font une offre au gouvernement pour fournir de l’électricité à un certain prix ;
  • si le prix est accepté, le gouvernement acceptera de payer la différence entre le prix du marché et le prix garanti quand le prix du marché sera plus bas ;
  • mais quand le prix du marché sera plus haut, le gouvernement encaissera la différence entre le prix garanti et le prix du marché.

Ce type d’appel d’offres est très répandu en Europe et révèle le coût de l’électricité produite selon les filières. Les prix tendent vers le coût de production, auquel s’ajoute la marge du producteur. Les contrats dont il est ici question ont une durée de quinze années et sont indexés sur l’inflation. Les éoliennes concernées seront opérationnelles en 2026 et 2027.

Lire aussi : L’éolien en mer menace la biodiversité

Les mieux-disants de l’appel d’offres ont accepté de vendre l’électricité des éoliennes en mer — qui restent à construire — à des prix aussi faibles que 37,35 livres par mégawattheure en monnaie de 2012 ajustés de l’inflation, soit au moment de la rédaction de cet article, 53,7 euros par mégawattheure, soit encore 5,37 centimes le kilowattheure. Parmi ces mieux-disants, le danois Orsted pour un parc d’une puissance de 2,8 gigawatts situé en mer du Nor à 160 kilomètres des côtes du Yorkshire [2].

En sept ans, le prix de l’électricité éolienne en mer a été divisé par plus de trois

Ce résultat est intéressant parce que le prix des éoliennes a augmenté du fait de l’augmentation de celui des matières premières, à laquelle s’ajoutent difficultés d’approvisionnement et forte demande liées à la situation internationale. Ces prix sont malgré tout 5,8 % inférieurs à ceux de 2019, et 69 % inférieurs à ceux de 2015. En sept ans, le prix de l’électricité éolienne en mer, malgré une conjoncture très défavorable, a été divisé par plus de trois. Les principales raisons de cette baisse tiennent aux échelles : des rotors toujours plus grands et toujours plus hauts démultiplient l’efficacité des éoliennes (une multiplication par 2 de la taille multiplie par 4 la quantité d’électricité générée).

On peut comparer ce prix à une situation proche expérimentée en France. En 2019, un groupement d’entreprises autour d’EDF Renouvelables a remporté l’appel d’offres pour le parc éolien marin de Dunkerque (600 mégawatts) à un prix garanti par l’état de 44 euros par mégawattheure et pour une mise en service en 2027. La comparaison avec les appels d’offres britanniques récents est difficile (type de contrat différent, durée de vingt ans, indexation non communiquée, distance à la côte beaucoup plus faible) mais le prix, salué comme très concurrentiel à l’époque — et qui le reste — est du même ordre que ceux des contrats britanniques d’aujourd’hui.

On peut aussi comparer le contrat éolien anglais avec celui qu’a signé le gouvernement britannique avec EDF pour la construction de deux réacteurs de type EPR à Hinkley Point, au Pays de Galles. Il s’agit du même pays, du même type de contrat (contrat pour la différence), de la même monnaie de référence (la livre sterling 2012). Il concerne la mise en service des deux réacteurs en 2027. Le contrat signé en 2013 entre EDF et le Royaume-Uni fait état d’un prix de 92,5 livres par mégawattheure, prix indexé sur l’inflation et — point majeur — pour une durée de trente-cinq ans. En 2027, les Britanniques paieront donc l’électricité fournie par les réacteurs de Hinkley Point 2,5 fois plus cher que l’électricité éolienne produite en mer.

Ajoutons que les conditions du contrat de Hinkley Point avaient été négociées sur la base d’un coût des deux réacteurs de 14 milliards de livres. Au moment de la signature, le 21 octobre 2013, EDF avait réévalué le coût à 16 milliards de livres 2012, avec une mise en service prévue en 2023. Après de nombreux déboires et dérapages, EDF fait état aujourd’hui d’un coût estimé entre 25 et 26 milliards de livres 2015, et d’une mise en service de la première unité en juin 2027, avec « un risque de report de livraison évalué à quinze mois en supposant l’absence de vague épidémique et d’effet additionnel de la guerre en Ukraine ».

Du côté des revenus, le contrat signé entre EDF et le Royaume-Uni fixe le prix de l’électricité indépendamment des marchés. Et donc ces dérapages de coût (+60 %), les pertes d’exploitation, et l’allongement de la durée du financement dus aux retards accumulés devront être absorbés par l’entreprise [3]. Certains analystes considèrent que les surcoûts et les délais mettent en doute la rentabilité du projet. Quoi qu’il en soit, en Grande-Bretagne, les éoliennes marines ont pris le pas sur le nucléaire continental.

Par Yves Heuillard  , (Yves Heuillard est ingénieur et journaliste), publié le 27 juillet 2022 à 16h16, mis à jour le 28 juillet 2022 à 09h30

Photo en titre : Une éolienne au large de Clacton-on-Sea, une ville de l’Essex en Angleterre. – © Dan Kitwood Getty Images Europe Getty Images via AFP

https://reporterre.net/En-Grande-Bretagne-l-eolien-en-mer-defie-la-concurrence?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

Note de Reporterre

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PALUEL : NON-RESPECT DE LA CONDUITE À TENIR PRÉVUE PAR LES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION

Le 20 juillet 2022, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect de la conduite à tenir prévue par les règles générales d’exploitation du réacteur 3 concernant la durée d’indisponibilité d’une voie du circuit de refroidissement d’eau brute secourue (SEC).

Les règles générales d’exploitation sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite des réacteurs associées. Elles prescrivent notamment les délais maximums de réparation en cas d’indisponibilité des systèmes requis pour assurer la sûreté des réacteurs.

Le circuit SEC sert à refroidir un autre circuit, appelé circuit de refroidissement intermédiaire (RRI), qui assure le refroidissement de tous les circuits et matériels importants pour la sûreté du réacteur. Le circuit SEC est constitué de deux lignes redondantes, comportant chacune deux pompes et deux échangeurs.

Le 16 juillet 2022 à 6h00, alors que des essais sur une des pompes du circuit SEC étaient en cours à la suite d’une opération de maintenance, une alarme concernant cette pompe est apparue en salle de commande. Cette alarme a aussitôt été prise en compte par l’exploitant. Toutefois, ce dernier n’a alors pas identifié que des actions automatiques en lien avec l’alarme ont provoqué l’indisponibilité de la deuxième pompe, entraînant par conséquent l’indisponibilité totale de la voie.

Ce n’est qu’à 9h30 que cette indisponibilité a été identifiée par l’exploitant, qui a alors engagé les opérations pour retrouver le fonctionnement d’une pompe. Vers 10h15, une pompe a été remise en service. EDF n’a donc pas respecté la règle relative à l’indisponibilité d’une des voies du refroidissement d’eau brute secourue à l’état « réacteur en production », qui impose de retrouver son fonctionnement sous une heure.

Cet évènement n’a pas eu de conséquence pour les personnes et l’environnement. Néanmoins, en raison de la détection tardive, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires (INES).

L’analyse de cet événement devra s’attacher à en comprendre l’origine exacte, ainsi que les raisons ayant conduit à l’erreur d’interprétation par les équipes et définir des actions correctives visant à éviter le renouvellement de cet écart.

Publié le 26/07/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-de-la-conduite-a-tenir-prevue-par-les-regles-generales-d-exploitation6

PALUEL : DÉTECTION TARDIVE D’UNE FISSURE SUR UNE TIGE DE COMMANDE DE GRAPPE

Le 22 juillet 2022, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive d’une fissure sur une tige de commande de grappe lors de l’arrêt du réacteur 4.

Les grappes de commande, manipulées par l’intermédiaire des tiges de commande, permettent de contrôler la réaction nucléaire en s’insérant ou en s’extrayant du combustible contenu dans la cuve du réacteur.

Le 15 juin 2022, dans le cadre d’opérations de contrôle par inspection télévisuelle (caméra vidéo) des tiges de commande de grappe, EDF a identifié une fissuration circulaire sur l’une d’entre elles. Afin d’analyser et de caractériser le défaut, l’exploitant a réexaminé les enregistrements vidéo des précédents contrôles et s’est aperçu que la fissuration était présente depuis plusieurs arrêts.

Cet évènement n’a pas eu de conséquence pour les personnes et l’environnement. Néanmoins, en raison de la détection tardive, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires (INES).

L’exploitant a remplacé la tige de commande de grappe fissurée avant de poursuivre les opérations.

L’analyse de cet évènement devra s’attacher à comprendre les raisons pour lesquelles le défaut n’a pas été correctement identifié lors des contrôles précédents.

Publié le : 26/07/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/detection-tardive-d-une-fissure-sur-une-tige-de-commande-de-grappe

RHÔNE : GABRIEL AMARD S’OPPOSE AU GOUVERNEMENT SUR LES CENTRALES NUCLÉAIRES ET LA CANICULE

Le député de la 6ème circonscription du Rhône, Gabriel Amard, dénonce les choix du gouvernement concernant les centrales nucléaires en période de canicule. 

La Commission européenne a exposé ce lundi que l’UE est actuellement confrontée à un risque de sécheresse avec un déficit important d’humidité au sol. Cependant, l’Autorité de sûreté nucléaire a autorisé temporairement plusieurs centrales, dont celle de Bugey, à pratiquer des rejets d’eau chaude dans les cours d’eau, au-delà des limites habituelles.

Gabriel Amard, député de la 6ème circonscription du Rhône, s’alarme et dénonce dans un communiqué de presse. « Cette décision irresponsable montre que le gouvernement n’a pas tiré les leçons de sa double condamnation pour inaction climatique et décide de s’engouffrer dans une démonstration d’indifférence toujours plus exaltée à l’égard de la crise climatique. »

En effet, les centrales nucléaires sont en mesure de fonctionner grâce à la ressource en eau qui assure le fonctionnement des réacteurs. Le mécanisme de refroidissement des centrales demeure possible grâce à un captage et un rejet systématique de l’eau dans la mer ou dans les cours d’eau adjacents pour garantir leur refroidissement. Mais depuis la canicule de 2003, cette pratique est contrainte car en cas de dépassement d’une température limite, la centrale doit abaisser sa puissance, voire s’arrêter pour protéger la biodiversité des cours d’eau. 

Le député LFI soutient qu’il faut « rompre avec le développement galopant des centrales nucléaires qui ne représentent nullement une énergie adaptée aux aléas climatiques. » 

Il souligne ainsi qu’il est indispensable de veiller à la préservation de « cette ressource essentielle à la vie et non aux petits arrangements qui viennent menacer gravement le vivant. » 

Publié le mercredi 20 Juillet 2022 à 11h19

Photo en titre: Gabriel Amard – Lyon Mag

https://www.lyonmag.com/article/124694/rhone-gabriel-amard-s-oppose-au-gouvernement-sur-les-centrales-nucleaires-et-la-canicule

DEUX INSTITUTS DÉNONCENT LES RISQUES DE PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE LIÉS À LA COOPÉRATION AUKUS

L’Association chinoise de contrôle des armements et du désarmement et l’Institut chinois de stratégie de l’industrie nucléaire ont publié conjointement un rapport de recherche intitulé «Collusion dangereuse : les risques de prolifération nucléaire liés à la coopération entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie en matière de sous-marins nucléaires».

Dans son article, l’Association chinoise de contrôle des armements et du désarmement et l’Institut chinois de stratégie de l’industrie nucléaire ont indiqué que « la collaboration proposée d’Aukus aura d’autres effets de franchis, notamment des risques de sécurité nucléaire plus élevés et des courses armées potentielles dans les sous-marins nucléaires. De plus, le transfert de missiles de croisière Tomahawk affaiblira également sérieusement le régime de contrôle des exportations de missiles internationaux existants et aura un impact négatif profond sur l’équilibre stratégique et la stabilité mondiales ».

Lire aussi : La coopération hypersonique de l’accord AUKUS pour lutter contre la Chine

Les deux organismes demandent aux États-Unis, au Royaume-Uni et à l’Australie de « révoquer immédiatement leurs mauvaises décisions, à arrêter leurs actes dangereux qui sapent le régime mondial de la non-prolifération nucléaire et endommagent la sécurité et la stabilité mondiales, et réalisent fidèlement leur Obligations internationales de non-prolifération ».

Ils appellent également la communauté internationale à « prendre des mesures pragmatiques pour protéger conjointement l’intégrité, l’autorité et l’efficacité du régime mondial de non-prolifération nucléaire ».

Lors d’une conférence de presse, le 20 juillet, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin a indiqué que « c’est la première fois qu’une institution de recherche chinoise a publié un rapport de recherche spécial sur la coopération entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie en matière de sous-marins nucléaires ».

Le rapport souligne que la coopération entre les trois pays en matière de sous-marins nucléaires constituerait un précédent indésirable de transfert de tonnes de matières nucléaires de qualité militaire des États dotés d’armes nucléaires vers des États non dotés d’armes nucléaires, apportant ainsi de sérieux risques de prolifération nucléaire.

Lire aussi : L’achat de sous-marins nucléaires par l’Australie est un « acte de prolifération nucléaire »

Ce dernier a indiqué qu’au moyen de données et de documents détaillés, le rapport dévoile profondément que la coopération entre les trois pays en matière de sous-marins nucléaires constitue une violation grave de l’objet et du but du «Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires», une violation directe du «Statut de l’Agence internationale de l’énergie atomique» (AIEA), un défi au système de garanties et de surveillance de l’AIEA, une atteinte à la stabilité stratégique mondiale, un impact négatif sur le système international de non-prolifération nucléaire, une intensification de la course aux armements et un danger pour la paix et la stabilité dans la région Asie-Pacifique.

« Cela prouve à nouveau que les inquiétudes de la communauté internationale concernant la coopération entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie en matière de sous-marins nucléaires sont fondées », a assuré Wang Wenbin.

Le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a indiqué que « les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie devraient répondre efficacement aux préoccupations de la communauté internationale, remplir fidèlement leurs obligations internationales en matière de non-prolifération nucléaire et révoquer la décision erronée de coopération entre les trois pays en matière de sous-marins nucléaires ».

Par Chine Magazine, publié le 26 juillet 2022

https://www.chine-magazine.com/deux-instituts-denoncent-les-risques-de-proliferation-nucleaire-lies-a-la-cooperation-aukus/

SUISSE : LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BEZNAU TOURNE TOUJOURS MALGRÉ LA SURCHAUFFE DE L’AAR

La centrale nucléaire de Beznau peut continuer de fonctionner malgré la surchauffe de l’eau de l’Aar, qui aurait dû signifier un arrêt de ses activités. La Confédération a en effet autorisé que les deux réacteurs puissent tourner à 50% de leur capacité en raison des préoccupations entourant l’approvisionnement énergétique du pays.

Après avoir circulé dans les installations de Beznau (AG) pour refroidir la centrale, la température de la rivière dépasse depuis trois jours les 25 degrés au moment où elle rejoint son cours. Selon les règles de la Confédération, les réacteurs auraient donc dû être mis à l’arrêt afin de préserver l’environnement.

Mais l’Office fédéral de l’énergie a prévu des exceptions pouvant être accordées aux centrales nucléaires si cela s’avère nécessaire pour des raisons importantes, telles que la sécurité des réacteurs, la sécurité de l’approvisionnement ou la stabilité du réseau. Or, pour la première fois depuis l’instauration de cette norme de température en 2019, une menace sur la sécurité de l’approvisionnement a précisément été déclarée.

« Selon nous, la sécurité de l’approvisionnement n’est pas menacée immédiatement« , a précisé mardi dans le 19h30 de la RTS Jürg Rauchenstein, spécialiste Réseaux et Europe à la Commission fédérale de l’électricité ElCom. « Mais s’il fallait mettre Beznau à l’arrêt, la situation déjà tendue de l’approvisionnement en vue de l’hiver prochain serait encore péjorée, c’est pourquoi nous avons estimé que oui, la sécurité de l’approvisionnement est en jeu et la centrale ne doit pas être arrêtée« .

Lire à ce sujet:  En matière d’énergie, le « niveau d’incertitude est sans précédent », selon l’OFEN 

Flots en surchauffe

Beznau, les deux réacteurs sont conçus sans tour de refroidissement. L’excédent de chaleur de la centrale est donc directement rejeté dans l’Aar.

> Lire aussi: Plongée inédite au coeur de la centrale nucléaire de Gösgen (SO)

« L’eau de refroidissement est captée en amont« , détaille Noël Graber, porte-parole d’Axpo, l’exploitant de Beznau. « Elle passe dans les condensateurs et refroidit le réacteur, elle est ensuite rejetée de l’autre côté de l’île en aval dans le fleuve. »

Écouter aussi Forum aborder le sujet de mardi soir

Dérogation accordée à la centrale de Beznau en Argovie malgré la chaleur de l’eau de l’Aar / Forum / 1 min. / hier à 18h00

Pêcheurs mécontents

Ce double réchauffement aquatique – provoqué par la canicule et la centrale – fâche les pêcheurs, car la survie des poissons est en jeu.

Pour David Bittner, administrateur de la Fédération suisse de pêche, la dérogation ne doit pas devenir la règle. Ici comme ailleurs, les dommages de la production d’énergie doivent être limités: « Il faut agir plus vite et plus fort pour compenser les effets négatifs comme ceux qu’on voit se développer ici« , plaide-t-il.

La Suisse fait donc face à un dilemme: protection de la nature contre approvisionnement électrique, alors que chaque kilowattheure produit est précieux pour affronter la pénurie qui s’annonce cet hiver.

Regarder aussi l’analyse de Pascal Jeannerat sur les difficultés d’approvisionnement électrique en Suisse

Pascal Jeannerat: les conséquences de la sécheresse et de la    chaleur sur la production électrique en Suisse.  / 19h30 / 1 min. / le 26 juillet à 19h30

Reportage TV: Julien Guillaume et Pascal Jeannerat, (Adaptation web: ami avec ats), publié le 26 juillet 2022 à 21h20, modifié le 27 juillet 2022 à 09h34

Photo en titre : La Confédération a autorisé Beznau à tourner à 50% malgré la surchauffe de l’eau de l’Aar / 19h30 / 2 min. / hier à 19h30

Pour retrouver cet article et écouter les interviews, cliquer sur :

https://www.rts.ch/info/sciences-tech/environnement/13270544-la-centrale-nucleaire-de-beznau-tourne-toujours-malgre-la-surchauffe-de-laar.html

6 AOÛT, ALLUMAGE DE LA FLAMME DU DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE À SAINTES

Invitation SAMEDI 6 AOÛT 2022 à 11h à SAINTES
au Monument aux morts, Place Foch (Palais de Justice)

Comme chaque année depuis 2001,

Allumage de la Flamme du désarmement nucléaire

Cérémonie publique en mémoire des victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945.

 « Plus jamais ça ! Ni ailleurs, ni ici ! »

Organisée par l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) avec le soutien de la Ville de Saintes, membre du réseau Abolition 2000 et des Maires pour la Paix.

Informations : contact@acdn.net,  Tél:00 33 (0)6 73 50 76 61

Message reçu le 27 juillet 2022 à 11h22

DÉROGATIONS AUX NORMES DE REJETS D’EAU CHAUDE : EDF AUTORISÉE À CUIRE LES POISSONS À PETIT FEU !

Communiqué du 26 juillet 2022 – Le 15 juillet 2022, des arrêtés exceptionnels ont été adoptés autorisant EDF, « nécessité publique » oblige, à déroger aux normes limitant l’échauffement des cours d’eau suite aux rejets d’eau chaude des centrales. Ce 22 juillet, ces dispositions ont été prorogées jusqu’au 7 août inclus.

Nous alertons sur les conséquences de ces décisions sur la santé des cours d’eau et sur le risque d’une situation « exceptionnelle » qui devienne la nouvelle norme, quitte à asphyxier les milieux aquatiques.

La biodiversité aquatique sacrifiée sur l’autel de la production d’électricité nucléaire

En matière de nucléaire, lorsqu’une norme n’est pas respectée, il suffit d’obtenir une dérogation ! Cet été, le Rhône, la Garonne et l’estuaire de la Gironde font malheureusement les frais de ce principe.

Les centrales situées sur des cours d’eau font l’objet d’arrêtés censés limiter l’échauffement généré par le rejet de leurs eaux de refroidissement. Ceux-ci fixent, d’une part, la différence maximale de température entre l’amont et l’aval (avec un delta allant jusqu’à 11°C de moyenne journalière pour la centrale du Blayais !), et d’autre part la température maximale admissible des cours d’eau après rejet. En temps normal, si ces critères sont dépassés, les centrales doivent être arrêtées ou réduire leur puissance pour éviter de réchauffer encore plus des cours d’eau déjà souffrants.

Or, le 15 juillet 2022, des arrêtés exceptionnels ont été publiés sans aucune phase de consultation préalable, « nécessité publique » oblige. Ceux-ci autorisent les centrales de Blayais, Bugey, Saint-Alban et Golfech à s’en tenir au respect de l’écart de température amont/aval et à déroger au seuil fixant la température maximale admissible pour les cours d’eau. Pourtant, ces limites étaient déjà fixées très haut : jusqu’à 36,5°C pour l’eau en aval du rejet dans l’estuaire de la Gironde, température au-delà de laquelle seules quelques espèces de poissons survivent  [1] ! Le 22 juillet 2022, ces dispositions ont quasiment été prorogées à l’identique jusqu’au 7 août inclus. Comment imaginer que la biodiversité aquatique ressortira indemne de trois semaines de cuisson à petit feu ? Quel crédit accorder aux études qui seront menées sur l’impact environnemental de ce mode de fonctionnement, dans la mesure où celles-ci seront réalisées… par EDF elle-même ?

Cette situation est, selon RTE, légitimée par la nécessité d’assurer le bon fonctionnement du réseau électrique et l’équilibre entre production et consommation. Elle constitue la conséquence directe de l’état catastrophique du parc nucléaire, entre maintenances en retard et arrêts pour défauts de corrosion. Face à cette défaillance, pour continuer à assurer la production d’électricité, EDF maintient aujourd’hui en fonctionnement, en pleine vague de chaleur exceptionnelle, les centrales qui, en temps normal, sont arrêtées en priorité lors des canicules car elles réchauffent le plus l’eau ou sont situées sur certains des fleuves les plus vulnérables [2] !

Face à la crise climatique, changer de cap en urgence pour protéger le vivant

La poursuite de ces rejets d’eau chaude en situation caniculaire ne crée pas seulement des conditions difficiles pour la faune et la flore aquatiques endémiques ; elle favorise aussi la prolifération des espèces invasives, et également d’algues et de micro-organismes qui peuvent être pathogènes. Et ce n’est pas seulement la santé des poissons, insectes, batraciens et algues vivant dans ces eaux qui est en jeu, mais aussi la survie de toutes les espèces qui en dépendent. Alors que notre interdépendance avec le vivant apparaît de plus en plus évidente, nous dénonçons fermement ce saccage autorisé.

Les vagues de chaleur longues et intenses sont malheureusement appelées à se multiplier. Quant à la disponibilité du parc nucléaire, quoi qu’en dise EDF, elle ne s’améliorera pas drastiquement dans les années à venir, de nombreux réacteurs vieillissants devant être mis à l’arrêt pour travaux. Cette situation exceptionnelle qui met à mal la biodiversité est-elle appelée à devenir la nouvelle norme ? Verra-t-on apparaître également des dérogations hors période estivale, lors des temps de reproduction et de migration de la faune aquatique [3] ?

La question de la sécurité d’approvisionnement à court et moyen terme est indéniablement un enjeu complexe. Mais faute d’une réorientation en urgence de notre modèle énergétique vers la sobriété et les énergies renouvelables, les cours d’eau et la vie qu’ils abritent souffriront de plus en plus. Face au changement climatique, l’image d’un nucléaire « vert » et performant n’est qu’un leurre !

Notes

[1] Les températures « exceptionnelles » des eaux après rejet pour les centrales du Bugey, Golfech étaient quant à elles de 27°C, 29°C et 30°C, ce qui n’est pas anodin pour la faune aquatique

[2] La centrale de Golfech est régulièrement arrêtée lorsque les eaux de la Garonne sont trop chaudes et/ou trop basses. Quant aux réacteurs de Saint-Alban, du Blayais et de Bugey 2 et 5, ils fonctionnent en circuit dit « ouvert« , prélevant de grandes quantités d’eau et la rejetant à une température très élevée. Lors des derniers étés (notamment 2018, 2019 et 2020), ils ont connu des réductions de puissance ou arrêts.

[3] Déjà, en mai 2022, la centrale du Blayais a dû réduire sa production pour éviter de dépasser les limites fixées. Avec des vagues de chaleur à la fois plus précoces et plus tardives, verra-t-on également apparaître des dérogations au printemps et en automne ?

Publié le 26 juillet 2022

https://www.sortirdunucleaire.org/Derogations-aux-normes-de-rejets-d-eau-chaude-EDF

POLYNÉSIE: RAPPORT DU CIVEN : LES DOUTES DES POTENTIELLES VICTIMES ET DE L’ASSOCIATION 193

Le comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires a rendu son rapport d’activité. Les nouvelles demandes affluent, signe d’un bon fonctionnement selon son président…217 demandes d’indemnisation reçues en 2021. Mais les cas des contaminations inter-générationnelles ne sont pas prises en compte, faute d’études à ce sujet. L’association 193 met en doute ce rapport.

C’est un des visages du traumatisme du nucléaire en Polynésie. Hinamoe Cross se bat contre une leucémie depuis près de 10 ans. Son traitement et sa chimiothérapie lui permettent de garder sa maladie en sommeil. « En 2013, je suis tombée malade, on m’a décelé une leucémie myéloïde chronique, j’avais 24 ans à l’époque. À ce moment-là, je n’ai pas tout de suite percuté sur le fait d’être peut-être victime des essais nucléaires. Et c’est en 2018 que j’ai commencé à m’intéresser au sujet parce que j’avais vu qu’Oscar Temaru avait publié une communication pour crimes contre l’humanité devant la cour pénale internationale...Si j’arrête la chimio [thérapie], elle va évoluer et ça peut se terminer en leucémie aiguë, et là, on peut parler de mort certaine en quelques mois…Aujourd’hui, 9 ans plus tard, je suis fatiguée », explique la jeune femme, fervente militante anti-nucléaire.

Hinamoe prépare son dossier d’indemnisation car son cancer figure sur la liste des maladies potentiellement radio-induites du Civen.

Dans son dernier rapport, le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires a accordé en Polynésie 49 demandes d’indemnisation sur 119. Un ratio de moins d’un sur deux dont son président se félicite. Selon les associations anti-nucléaires, ce ratio, trop bas, est causé par le fameux critère du milliSievert inscrit dans la loi Morin.

Les associations anti-nucléaires se battent pour obtenir réparation des années après la fin des essais atomiques aériens ou souterrains. • ©Polynésie la 1ère

À cela s’ajoutent les cas de contaminations inter-générationnelles, sujet sur lequel un vide juridique persiste« Le CIVEN n’est pas une institution chargée de faire des études, des recherches et finalement de démontrer telle ou telle chose. Son rôle est d’indemniser les victimes des essais nucléaires…Pour rendre nos décisions, nous nous appuyons sur les rapports qui existent. Mais il n’en existe pas à ce jour qui apporterait la preuve de l’existence d’un effet trans-générationnel« , indique le président du Civen.

L’association 193 dresse pourtant un constat opposé. Les contaminations dépassent la période de décembre 1998, date butoir prévue par loi Morin. Elle demande la modification de cette partie de la loi. « Il y énormément de personnes qui sont au-delà de cette date butoir et qui présente une des 23 maladies radio-induites. Donc c’est en ce sens qu’on n’est pas du tout d’accord avec ce qu’ils disent. Déjà que les personnes qui remplissent les 3 conditions légales ont leur demande d’indemnisation rejetée. Pour eux la période où il y a eu des conséquences et des retombées, c’est uniquement la période atmosphérique. Donc jusqu’en 1974. Il y a une grande incohérence », estime Lena Normand, 1ère vice-présidente de l’association 193.

L’association 193 s’est déplacée en juin en Autriche. Là-bas, elle a fait appel à la communauté internationale pour qu’une étude sur les contaminations intergénérationnelles soit menée sous l’égide de l’ONU.

Par ET/D.Chang, publié le 25 juillet 2022 à 19h04, mis à jour le 25 juillet 2022 à 19h17

Photo en titre : Hinamoe Cross, militante anti-nucléaire, atteinte d’une leucémie qu’elle attribue aux essais nucléaires. • ©Polynésie la 1ère

https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/tahiti/polynesie-francaise/rapport-du-civen-les-doutes-des-potentielles-victimes-et-de-l-association-193-1307136.html

« LE CHOIX DU NUCLÉAIRE DOIT ÊTRE DÉBATTU »

Énergie. « Une information précise, impartiale et un débat national en toute transparence sur le choix, ou le refus, de l’énergie nucléaire s’imposent»

Une information complète et un débat national sur le choix de l’énergie nucléaire s’imposent pour des raisons écologiques, économiques, techniques et sécuritaires. La plupart des citoyens et même des élus, députés et sénateurs semblent ne pas connaître suffisamment les enjeux colossaux du choix de l’énergie nucléaire.

Un manque d’information évident (voir le rapport alarmant de la Commission nationale du débat public de février), impose un débat national avant de s’engager dans la construction de six EPR (réacteur nucléaire de troisième génération) pour 2035 et de huit autres pour 2050, projetée par le gouvernement.

Écologiques : le principal argument est le peu d’émissions de CO2. Mais connaissons-nous le réel bilan carbone d’un EPR pour sa construction, son utilisation, la gestion des déchets radioactifs, le démantèlement et la « dénucléarisation » des matériaux et du site ?

Économiques : le surcoût ruineux de l’EPR de Flamanville (Manche), le grand carénage (sécurité après l’accident de Fukushima), le renflouement d’Areva, devenu Orano, la gestion des dangereux déchets nucléaires, le coût du démantèlement des centrales et le projet de nationalisation d’EDF criblée de dettes imposent un audit financier.

Techniques et sécuritaires : les aléas récurrents des EPR et la quasi totale dépendance du minerai d’uranium importé (Niger, Kazakhstan…) posent problème. Les déchets nucléaires sont incontrôlables à long terme et le refroidissement des centrales avec le manque d’eau persistant des grands fleuves est alarmant.

Conclusion : avec beaucoup de modération de notre société de consommation et le transfert de budget prévu pour les EPR, d’autres solutions sont possibles. Comme l’écrit Marc Humbert, professeur d’économie politique à l’université Rennes 1 : « Il faut tourner la page des aspects excessifs de notre civilisation matérialiste… Pour sûr, ce n’est pas simple, aussi est-il grand temps de mener les études nécessaires, de proposer des scénarios. C’est ça la planification que l’on préférerait concertée. » (O.-F. du 7 juillet).

Nous, citoyens, vous demandons à vous, élus, députés et sénateurs, avec le concours de scientifiques, d’économistes, de sociologues… d’organiser des réunions d’information et des débats avant de décider de l’orientation financière et technique de la grande transition écologique. Notre démocratie l’impose.

Claude Léger (Maine-et-Loire)

Par Ouest-France , publié le 25/07/2022 à 05h00

Photo en titre : « La plupart des citoyens semblent ne pas connaître suffisamment les enjeux colossaux du choix de l’énergie nucléaire. » ARCHIVES BENOÎT TESSIER, REUTERS

https://www.ouest-france.fr/medias/ouest-france/courrier-des-lecteurs/le-choix-du-nucleaire-doit-etre-debattu-d145cd53-141a-4756-9882-5feb14a7331a

CANICULE : LA DÉROGATION ACCORDÉE À QUATRE CENTRALES NUCLÉAIRES PROLONGÉE JUSQU’AU 7 AOÛT

Un arrêté publié le 24 juillet prolonge jusqu’au 7 août les dérogations aux rejets d’eau chaude accordées aux centrales nucléaires de Blayais (Gironde), Bugey (Ain), Golfech (Tarn-et-Garonne) et Saint-Alban (Isère). Ces dérogations ont initialement été accordées du 15 au 24 juillet.

Ces dérogations, accordées à la demande d’EDF et du ministère de la Transition énergétique avec l’accord de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), visent à assurer la sécurité du réseau électrique et l’approvisionnement énergétique du pays. Elles permettent de maintenir en fonctionnement des réacteurs qui, compte tenu de l’élévation de la température des cours d’eau due à la canicule et la sécheresse, auraient dû être mis à l’arrêt pour préserver l’environnement. Concrètement, elles permettent à EDF de dépasser les valeurs limites d’échauffement de l’eau en aval des quatre centrales nucléaires concernées, lorsque RTE estime que leur maintien en activité est indispensable à la sécurité du réseau électrique.

La centrale du Blayais est autorisée à rester en service tant que la différence entre la température des eaux prélevées dans la Gironde et la température des eaux rejetées ne dépasse pas 11 °C en valeur moyenne journalière.

La dérogation permet à la centrale de Golfech de fonctionner tant que la différence entre la température à l’aval du rejet après mélange aux eaux de la Garonne et la température en amont ne dépasse pas 0,3 °C en valeur moyenne horaire.

Quant à Saint-Alban et Bugey, elles peuvent être maintenues en service tant que l’échauffement après mélange des effluents dans le Rhône ne dépasse pas 3 °C en valeur moyenne journalière.

Par Philippe Collet, publié le 25 juillet 2022 à 12h30

Photo en titre : Centrale de Golfech, © arnaud

https://www.actu-environnement.com/ae/news/

GAZ, NUCLÉAIRE, RENOUVELABLES : LA FRANCE EST-ELLE ASSEZ ARMÉE POUR PASSER L’HIVER ?

Face aux risques d’approvisionnement énergétique, jugés quasi-inévitables cet hiver, et à la sécheresse qui frappe tout le pays, le gouvernement se veut rassurant. Un plan élaboré avec les entreprises devrait voir le jour à la rentrée.

Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a aussi appelé les Français à multiplier « les petits gestes du quotidien« . Sans contrainte toutefois car « ce n’est pas notre philosophie« , a-t-il assuré. Mais la France est-elle suffisamment armée pour passer l’hiver ? Novethic fait le point.

Gaz : des stocks au plus haut 

Face à l’hypothèse d’une rupture des approvisionnements en gaz russe de plus en plus crédible, l’État a pris les devants. Les niveaux de stockage de gaz sont à 70 % de remplissage, un niveau plus élevé que d’habitude. Et le gouvernement a relevé son objectif de 80 à 100 % pour le début de l’automne. En outre, un plan de sobriété est en cours d’élaboration afin de réduire de 10 % la consommation d’énergie d’ici deux ans par rapport à 2019. Un terminal méthanier flottant, porté par Total au Havre, pour importer davantage de gaz, est également dans les cartons. Des dérogations et simplifications administratives ont été adoptées dans le cadre du projet de loi sur le pouvoir d’achat pour accélérer sa mise en service.

Mais il ne sera opérationnel qu’en septembre 2023. Et l’avantage de la France, qui compte plusieurs terminaux d’importation de GNL et des interconnexions gazières avec l’Espagne, est aussi à relativiser. Il faudra en effet assurer une certaine solidarité avec nos voisins européens moins bien lotis, comme l’a souligné la Commission européenne la semaine dernière. Bruxelles demande en outre aux membres de réduire volontairement leur consommation de gaz de 15 % dès le 1er août et jusqu’au 31 mars 2023. Le gaz représente 16 % de notre consommation d’énergie primaire.

Nucléaire : plus de la moitié du parc actuellement à l’arrêt

À ce jour, 30 des 56 réacteurs sont indisponibles, alors que le nucléaire est la première source d’énergie en France. Cela est dû à des opérations de maintenance sur les installations, au grand carénage qui doit permettre d’allonger la durée de vie des centrales de 40 à 50 ans, mais aussi à des problèmes de corrosion découverts sur une douzaine de réacteurs. Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) affirme que le traitement de ces problèmes « prendra plusieurs années » et que « des mises à l’arrêt supplémentaires pourraient avoir lieu« .

En outre, les centrales sont aussi vulnérables au changement climatique. En ce début d’été, avec la canicule, quatre centrales ont obtenu des dérogations pour reverser une eau plus chaude que les seuils autorisés dans les cours d’eau environnants, afin de ne pas pénaliser la production, mais au détriment des écosystèmes. Une solution qui ne peut pas être pérenne.

Hydraulique : la sécheresse menace

C’est la deuxième source d’approvisionnement en électricité derrière le nucléaire. Mais la sécheresse qui touche le pays, avec un hiver particulièrement sec, a entraîné une baisse de la production. Selon des données compilées par Le Monde, le leader, EDF, accuse ainsi une baisse de 33,4 % en juin, par rapport à la même période de 2021. La Compagnie nationale du Rhône (CNR), deuxième producteur national d’hydroélectricité, enregistre une baisse de 25 % de sa production par rapport à la moyenne historique.

Renouvelables : la France à la traîne

Annoncé pour cet été, le projet de loi visant à accélérer le déploiement des énergies renouvelables ne sera finalement présenté qu’à la rentrée par le gouvernement. Le texte vise à simplifier les procédures et réduire les délais pour des projets solaires ou éoliens, terrestres ou en mer. Il faut dire que le pays est le seul au sein de l’Union européenne à ne pas avoir atteint ses objectifs à 2020. Les énergies renouvelables ont représenté 19,1 % de la consommation finale brute énergétique cette année-là, contre 23 % prévus. Et la première éolienne offshore n’a commencé à produire ses premiers électrons qu’en juin… (Voir NDLR en fin d’article)

Charbon : c’est reparti pour un tour

Dans ce contexte de crise, la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle), officiellement fermée le 31 mars dernier, devrait bien redémarrer l’hiver prochain « à titre conservatoire, compte tenu de la situation ukrainienne » et des tensions sur le marché de l’énergie, a confirmé le ministère de la Transition énergétique. « Nous resterions, dans tous les cas, en dessous d’1 % d’électricité produite par le charbon« , assure le ministère, « et aucun charbon russe ne serait utilisé ».

Un article du projet de loi sur le pouvoir d’achat, adopté en première lecture la semaine dernière, permet ainsi de relever les plafonds d’émissions de gaz à effet de serre, en cas de « menace sur la sécurité d’approvisionnement en électricité » et à la condition de compenser les émissions. La France n’en a donc pas encore tout à fait fini avec le charbon.

Par Concepcion Alvarez @conce1, publié le 25 juillet 2022 (© 2022 Novethic – Tous droits réservés)

Photo en titre : De plus en plus d’experts jugent inévitables les risques d’approvisionnement cet hiver. @iStock / Helin Loik-Tomson

https://www.novethic.fr/actualite/energie/transition-energetique/isr-rse/gaz-nucleaire-renouvelables-la-france-est-elle-assez-armee-pour-passer-l-hiver-150936.html

NDLR : et c’est bien là le problème ! Les engagements de la France concernant les énergies renouvelables sont largement insuffisants et les gouvernements qui se succèdent ne font rien pour au moins les respecter !! Par contre pour refaire un nouveau parc nucléaire on va trouver l’argent nécessaire avec la complicité de la commission européenne puisque, avec «l’appui du Parlement européen », l’énergie nucléaire est devenue une énergie verte. Sauf que ce sera au détriment des énergies vraiment vertes et renouvelables, moins coûteuses, plus rapides à mettre en place et enfin qui seules assureraient notre indépendance énergétique ce qui n’est pas le cas du nucléaire puisque depuis plus de 20 ans il n’y a plus d’uranium en France !

LE NOUVEAU SOUS-MARIN RUSSE « BELGOROD » : UNE PLATEFORME D’ESPIONNAGE ET D’ARMES NUCLÉAIRES ?

Le Belgorod est le plus long sous-marin du monde. Le géant des mers vient d’être livré à la marine russe. Bien que présenté comme destiné à la recherche, il pourrait lancer des « mégatorpilles » nucléaires, avancent des experts.

Le Belgorod a été livré à la marine russe au début du mois de juillet dans le port russe de Severodvinsk donnant sur la mer Blanche, à l’ouest de la Russie. Le mastodonte des mers serait le sous-marin le plus long du monde avec ses 184 mètres, contre 171 pour son homologue de la marine américaine. Il pourrait être le point de départ d’une nouvelle guerre froide sous-marine, relève CNN le samedi 23 juillet. Selon son constructeur, il s’agirait d’un navire de recherche, permettant à la Russie de mener « des expéditions scientifiques et des opérations de sauvetage dans les zones les plus reculées« .

Mais certains analystes l’imaginent déjà comme une plateforme d’espionnage et voire d’armes nucléaires. Pour ces derniers, il s’agirait d’une version modifiée des sous-marins russes à missiles guidés Oscar II, qui a été allongée dans le but d’accueillir à terme les premières torpilles furtives à armement nucléaire du monde, ainsi que des équipements destinés à l’espionnage.

Il pourrait lancer des « Poséidon« 

Car la particularité de cet immense sous-marin est qu’il transporterait, et qu’il pourrait lancer, selon l’agence TASS, des torpilles à capacité nucléaire appelées « Poséidon« , actuellement en cours de développement, censées être lancées à des centaines de kilomètres de distance. Des « mégatorpilles nucléaires uniques dans l’histoire du monde« , s’alarmait un expert américain en sous-marins sur le site Navalnews en mars dernier. Il s’agirait cependant d’une arme en développement qui ne serait effective, au plus tôt, qu’en 2027.

Mais pour d’autres, le sous-marin serait plus un navire d’essai pour la future classe de sous-marins à propulsion nucléaire russe Khabarovsk, dont le premier pourrait être lancé cette année. Il pourrait aussi être une plateforme d’espionnage, d’où partiraient des submersibles menant des missions spéciales secrètes. Ces hypothèses sont-elles tangibles, dans un contexte où l’information et les forces supposées de chaque « camp » font l’objet de savants calculs et de surveillance ? Le mystère entourant le monstre sous-marin n’est pas près de se lever.

Par Stéphanie Bascou, publié le 24/07/2022 à 15h43, mis à jour le 25/07/2022 à 07h14

Photo en titre : photo Belgorod sous-marin russe alexyz3d / getty images

https://www.capital.fr/economie-politique/le-nouveau-sous-marin-russe-belgorod-une-plateforme-despionnage-et-darmes-nucleaires-1442354?amp

INCENDIES À L’OUEST : LES SITES NUCLÉAIRES DE LA HAGUE ET DE BRENNILIS ÉPARGNÉS MAIS UNE DANGEROSITÉ À NOUVEAU POINTÉE.

À ce jour, les feux qui ont démarrés lundi 18 juillet tant dans l’extrémité du Cotentin en Normandie que dans le centre Bretagne dans les Monts d’Arrée sont déclarés éteints mais quand ils ont fait rage, leur violence aurait pu faire craindre le pire pour les sites de la Hague et de Brennilis et leurs conséquences éventuelles sur les populations.

EDF et Orano se sont voulues, comme à leur habitude, rassurantes dans leur communication. La maire de La Hague, Manuela Mahier a tenu à préciser dans la Presse de la Manche que le site d’Orano n’est absolument pas touché (c’est-à-dire l’usine d’extraction du plutonium). Heureusement, sinon le pire aurait été à craindre pour l’Ouest de la France voire l’Europe. La dangerosité du site est hélas connue car si « aucune évacuation n’a été demandée, certaines personnes ont spontanément quitté leur domicile pour se mettre en sécurité ailleurs »  reconnait-elle. Et ce n’est pas le projet de mégapiscine nucléaire* qui apaisera leurs craintes.

EDF a déclaré au Télégramme** « qu’il n’y avait aucune matière fissile mais des tonnes de béton et d’acier » à Brennilis. Si le combustible (matière fissile) a été retiré peu après l’arrêt de la centrale en 1985, des matières hautement radioactives sont toujours présentes dans l’enceinte réacteur avec la cuve ainsi que des fûts de déchets et des contaminations radioactives dans les sols. Il n’est pas à exclure que les pompiers qui sont intervenus lors de l’incendie en 2015*** à la fin du chantier de découpe des échangeurs de chaleur, aient pu être contaminés par ingestion de particules radioactives.

En avril 2020, les incendies dans la zone interdite de Tchernobyl**** ont relargué des quantités importantes de substances radioactives exposant les populations environnantes.

Le dérèglement climatique est là avec des épisodes de canicule et de sécheresse de plus en plus fréquents malmenant le refroidissement des réacteurs nucléaires. EDF est contrainte d’extorquer des dérogations de rejets d’eau chaude à l’ASN afin de ne pas arrêter cet été ses derniers réacteurs en fonctionnement (la moitié des 56 réacteurs sont à l’arrêt du fait de leur mauvais état).

Combien de coups de semonce faudra-t-il pour bannir le nucléaire ? Le nucléaire est une technologie inacceptable qui fait peser des menaces permanentes sur la population, son environnement et sa santé. Le Collectif anti-nucléaire Ouest appelle chaque citoyen conscient des risques à exiger l’arrêt et la mise en sécurité de toutes les installations nucléaires civiles et militaires.

*https://www.can-ouest.org/la-france-nucleaire-projet-de-megapiscine-pour-un-haguapocalypse-now/

** https://www.letelegramme.fr/dossiers/les-monts-darree-touches-par-un-violent-incendie/feu-dans-les-monts-d-arree-80-salaries-evacues-de-la-centrale-de-brennilis-19-07-2022-13117675.php

***http://www.sortirdunucleairecornouaille.org/spip.php?article224

****http://balises.criirad.org/actuTchernobyl2020.html

Contact presse : Didier Anger 06 80 23 39 45 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 /

Par Chantal CUISNIER, publié le 22 juillet 2022

https://www.can-ouest.org/incendies-a-louest-les-sites-nucleaires-de-la-hague-et-de-brennilis-epargnes-mais-une-dangerosite-a-nouveau-pointee/

BELGIQUE : LES ASSOCIATIONS ENVIRONNEMENTALES TRÈS CRITIQUES SUR LA PROLONGATION DU NUCLÉAIRE

(Belga) « C’est le plus gros cadeau jamais fait à Engie« , ont affirmé vendredi les associations environnementales Greenpeace, Inter-Environnement Wallonie et Bond Beter Leefmilieu après l’annonce d’un accord de principe avec Engie sur la prolongation de deux réacteurs nucléaires.

Selon ces associations, le citoyen risque de payer trois fois: pour les risques financiers liés à l’exploitation partagée des réacteurs et pour l’augmentation de la quantité de déchets nucléaires, puisqu’Engie va bénéficier du plafonnement de sa contribution aux coûts de gestion de ces déchets; et pour les subventions aux énergies fossiles accordées pour les centrales au gaz, notamment lorsque la production d’énergie nucléaire sera moindre que prévu.

Le fait que l’État deviendra actionnaire de la société dans laquelle seront placés les deux réacteurs montre également, aux yeux des environnementalistes, que le nucléaire n’est pas rentable. « La faillite de l’énergie nucléaire a un impact important sur notre avenir énergétique« , a expliqué Jan Vande Putte (Greenpeace). « Aussi bien l’énergie nucléaire que les énergies fossiles ont aujourd’hui besoin de lourdes subventions et entraînent des factures astronomiques pour nos familles et nos entreprises. Seules des mesures d’efficacité énergétique et une transition plus ambitieuse vers les énergies renouvelables apporteront une solution durable à ce problème. » L’association « Stop Nucléaire » a quant à elle évoqué un « accord aussi mauvais que celui de Faust avec le Diable« , en pointant du doigt non seulement les risques financiers de l’opération mais aussi la responsabilité de l’État en cas d’accident. (Belga)

Par l’Agence Belga, publié le 22 juillet 2022 à 15h59

https://www.rtl.be/info/belgique/politique/les-associations-environnementales-tres-critiques-sur-la-prolongation-du-nucleaire-1391402.aspx

À GOLFECH, ARRÊTER LA CENTRALE NUCLÉAIRE OU LES SAUMONS ?

Entre maintenance et canicule, la centrale du Tarn-et-Garonne fonctionne a minima: un réacteur est arrêté pour inspection corrosion, l’autre tourne au ralenti depuis que le fleuve qui assure son refroidissement a dépassé les 28 degrés. Une illustration des problèmes inédits que rencontre le parc nucléaire d’EDF.

Une vague odeur de poisson pourri monte de la Garonne. Depuis la passerelle qui relie la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) aux turbines de la centrale hydroélectrique voisine, on aperçoit la carcasse de quelques gros poissons sur le radier en béton hors d’eau, une dizaine de mètres en contrebas. Le soleil n’est pas encore à son zénith et les eaux du fleuve clapotent mollement à l’étiage. Le débit de la Garonne est scruté chaque été afin de s’assurer que l’eau ne manquera pas pour les deux tours aéroréfrigérantes de plus de 170 mètres de haut engloutissant en moyenne chaque jour 6m3 /seconde pour refroidir les deux réacteurs de la centrale. En ce mercredi 20 juillet, un seul panache de vapeur d’eau s’élève faiblement dans le ciel. La centrale fonctionne a minima. L’un de ses deux réacteurs subit un arrêt programmé qui risque de se prolonger en raison de la découverte de points de corrosion à l’occasion du grand carénage. L’autre tourne au ralenti à cause de la canicule.

Le fleuve a dépassé la température fatidique de 28 degrés dès le 15 juillet à Valence d’Agen, en amont de la centrale, et les 29 degrés ont été atteints à Lamagistère, en aval. Pour éviter l’arrêt total de la centrale, comme ce fut le cas pour la première fois de son histoire en juillet 2019, EDF a demandé une dérogation pour Golfech comme pour la centrale du Blayais, située à 200 km en aval dans l’estuaire de la Gironde, et deux autres sites de production. Depuis la canicule de 2003, la réglementation qui encadre les rejets de chaque centrale nucléaire a été assouplie pour permettre à EDF de dépasser, en cas de «condition climatique exceptionnelle», les limites surveillées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). C’est ce qui s’était déjà passé durant l’été 2018 à Golfech, trois jours durant. Pour des dérogations de plus longue durée, le producteur d’électricité est tenu de repasser sous les fourches caudines de l’ASN en déposant une demande de modification temporaire (DMT) auprès du «gendarme du nucléaire». Après avoir obtenu une première DMT expirant le 24 juillet, EDF a déposé une deuxième demande pour Golfech jusqu’au 7 août.

Court-bouillon

L’électricien explique maintenir sa production en bord de Garonne à la demande de RTE, le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité chargé de veiller à ce que le pays ne manque pas d’électricité. C’est sans doute une bonne nouvelle pour faire tourner les climatiseurs, mais les derniers saumons de la Garonne ne risquent-ils pas de tourner de l’œil dans un fleuve qui vire au court-bouillon ? L’association Migado, qui assure le suivi des poissons migrateurs dans la Garonne et la Dordogne, a comptabilisé 165 saumons depuis le début de l’année à Golfech. Les chiffres sont fiables à l’unité près grâce à une caméra qui enregistre chaque passage dans «l’ascenseur à poissons» en service depuis 1987. L’ancien local technique de l’association avec ses deux grandes baies vitrées est désormais accessible au public pour des visites quotidiennes gratuites. Une autre visite permet d’appréhender le fonctionnement de la centrale nucléaire couplée à la centrale hydroélectrique voisine. Une configuration unique en France.

Si l’on en croit l’un des trois jeunes guides, ancien élève ingénieur visiblement plus à l’aise avec la physique nucléaire que la biologie, la centrale de Golfech et sa cousine hydroélectrique ne gêneraient en rien la remontée des poissons migrateurs. L’une et l’autre sont alimentées par le même canal bétonné d’une dizaine de kilomètres qui détourne la majeure partie du débit de la Garonne depuis le barrage de Malause, érigé en aval depuis les années 70. Faute d’apercevoir la queue d’un saumon, qui stoppe généralement sa migration vers les Pyrénées à la fin du printemps, on se contentera ce jour-là de deux malheureuses ablettes de quelques centimètres. Notre guide vante les mérites d’une sorte de «tapis» de moquette synthétique qui permet aux jeunes anguilles de se hisser à la force des nageoires 17 mètres plus haut, sans prendre l’ascenseur. L’espèce fonctionne à rebours des autres migrateurs en allant se reproduire dans la mer des Sargasses avant de remonter vers les cours d’eau douce à l’état larvaire. Elle demeure abondante dans la Garonne : plus de 230 000 anguilles déjà comptabilisées à Golfech depuis la mi-juin. Ce poisson frétille quand la température de l’eau grimpe, contrairement au saumon.

«Aucun poisson à la sortie de l’émissaire»

Selon la météo du fleuve du Syndicat mixte d’études et d’aménagement de la Garonne (SMEAG), qui publie des indicateurs calqués sur les indices de la qualité de l’air, l’eau du fleuve passe à l’orange pour les salmonidés à partir de 25 degrés et vire au rouge au-delà de 28 degrés. EDF assure que les rejets de l’eau qui refroidit les réacteurs de la centrale nucléaire ne réchauffent la Garonne qu’à dose homéopathique : 0,3 degré en moyenne horaire, «après dilution». En 2003, l’ASN avait relevé jusqu’à 33 degrés à la sortie des six orifices de rejets. «Il n’y a strictement aucun poisson à la sortie de l’émissaire», témoigne Marc Saint-Arroman. Ce militant historique contre la centrale a réalisé plusieurs prélèvements au milieu du fleuve. Les antinucléaires de la coordination Stop Golfech se focalisaient jusqu’à présent davantage sur les traces de pollutions chimiques ou radioactives. Personne n’avait vraiment pensé à tout simplement se saisir d’un thermomètre pour prendre la température du fleuve, talon d’Achille inattendu de la filière nucléaire.

Une étude réalisée par l’association Migado après la canicule de 2003 apporte de l’eau au moulin d’EDF. La publication assure que les saumons n’auraient pas davantage souffert des températures élevées que les autres années. Contre toute attente, c’est la population d’aloses, une autre espèce de poisson migrateur beaucoup plus commune dans la Garonne, qui s’est effondrée depuis 2004. Aucune étude scientifique n’explique la chute brutale de la présence de ce poisson, qui se reproduit entre Agen et Toulouse. Quant au saumon, poisson roi qui doit se rendre jusqu’au pied des Pyrénées pour frayer, une explication commode permet de justifier la stagnation des effectifs : les silures, espèce de poisson-chat géant, prolifèrent au pied de Golfech. On en trouve même dans l’ascenseur réservé aux poissons migrateurs. Migado en a compté 235 depuis le début de l’année.

Monstres de la Garonne

Ces nouveaux monstres de la Garonne, qui apprécient les eaux chaudes, sont accusés de manger les rares saumons qui tentent de passer. La question de leur élimination divise les pêcheurs, l’espèce n’étant pas classée «nuisible». Anti-silure assumé, le président de la société de pêche de Valence d’Agen s’inquiète surtout pour les autres salmonidés des petites rivières non-réalimentées du département. La Garonne, elle, bénéficie du soutien d’étiage des barrages situés dans les Pyrénées ou le Massif central. «Pour les truites, c’est foutu si on ne fait pas de nouveaux alevinages», dit Francis Millera, qui vient de remplacer l’ancien président pro silure de la Fédération départementale de pêche à la commission locale d’information (CLI) de Golfech. «Aucun représentant des pêcheurs ne nous a jamais interpellés sur le sort des saumons», assure pour sa part Pierre Gaillard, président de la commission fonctionnement, rejets et impacts sur l’environnement de cette instance de concertation entre EDF et les riverains. Retraité d’EDF, il ne cache pas qu’il trouve incongru qu’on se préoccupe des poissons. À ses yeux, le plus important est de suivre la réglementation. Même quand elle est à géométrie variable selon les saisons et les besoins d’électrons. Cet été, c’est la crainte de manquer d’électricité qui l’emporte sur d’autres considérations : au total, 30 réacteurs sur les 56 que compte EDF en exploitation sont actuellement à l’arrêt pour maintenance, inspection ou dépassement de la température de rejet des eaux de refroidissement. Du jamais vu. L’électricien tient donc à faire fonctionner autant que possible l’unique réacteur de Golfech disponible.

Dans l’obligation de compenser l’évaporation de la Garonne à Golfech quand l’eau du fleuve atteint les 29 degrés, EDF a donc commencé à ouvrir les vannes d’un barrage situé du côté de Mazamet (Tarn). Cet apport d’eau fraîche venu de la Montagne noire vient s’ajouter au soutien d’étiage réglé par le SMEAG, qui paie chaque été à EDF les kilowatts perdus dans ses ouvrages hydroélectriques des Pyrénées pour renflouer la Garonne. L’effet de cette injection d’eau à bonne température ne s’est pas fait attendre. Jeudi 21 juillet, EDF annonçait que son unique réacteur disponible à Golfech fonctionnait à nouveau à plein régime. Quant aux saumons qui avaient tendance à s’égarer dans le vaste plan d’eau formé par le barrage de Malause, ils sont pour la plupart transportés en fourgonnette réfrigérée par l’association Migado jusqu’en Ariège.

Par Stéphane Thépot, correspondant à Toulouse, publié le 24 juillet 2022 à 11h25

Photo en titre : Les tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Golfech, située au bord de la Garonne, en avril 2019. (Regis Duvignau/Reuters)

https://www.liberation.fr/economie/a-golfech-arreter-la-centrale-nucleaire-ou-les-saumons-20220724_YPL36TFLD5DVVLCPO5FJM6H4BM/

GOLFECH : NON-RESPECT DE LA CONDUITE À TENIR À LA SUITE D’UN TEMPS DE FERMETURE TROP LONG D’UNE VANNE

Le 15 juillet 2022, l’exploitant de la centrale nucléaire de Golfech a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect de la conduite à tenir dans une situation rencontrée, pour laquelle le temps de fermeture d’une vanne du circuit de vapeur vive principale était trop long.

Le circuit de vapeur vive principale permet d’alimenter en vapeur le groupe turbo-alternateur situé en salle des machines. Ce circuit comprend quatre lignes, chacune issue d’un des quatre générateurs de vapeur situés dans le bâtiment réacteur. Une ligne de vapeur vive est notamment équipée d’une vanne d’isolement, qui permet d’interrompre rapidement, si nécessaire, la circulation de la vapeur. Une ligne de bipasse de la vanne d’isolement principal est utilisée pour conditionner la tuyauterie de la ligne VVP située en aval de la vanne d’isolement lors du redémarrage d’un réacteur, après un arrêt pour renouvellement du combustible. En dehors de cette utilisation et de la réalisation d’essais périodiques, les vannes permettant l’isolement de la ligne de bipasse doivent être fermées.

Quand le réacteur est en fonctionnement, les règles générales d’exploitation [1] prévoient que dans la situation où une vanne de bipasse se retrouve bloquée, et que celle-ci n’est pas fermée, le repli du réacteur doit être engagé sous huit heures.

Lors d’un essai périodique en décembre 2021, alors que le réacteur 1 était en exploitation, l’exploitant a constaté que le temps de fermeture d’une vanne, située sur le circuit bipasse d’une vanne d’isolement du circuit de vapeur vive principale, était trop long. Ce temps de fermeture a conduit l’exploitant à considérer la vanne de bipasse comme bloquée, lorsqu’elle n’était pas fermée.

L’exploitant a considéré que cette vanne ne respectait pas le temps de fermeture requis depuis le précédent arrêt du réacteur pour renouvellement du combustible, en 2020.

En juillet 2022, en menant une nouvelle analyse de cette situation, EDF a identifié que lors de ce précédent arrêt, la vanne d’isolement de la ligne de bipasse avait été ouverte pendant une durée supérieure à 8 heures. Cette situation constituait un écart par rapport aux règles générales d’exploitation.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, l’événement a affecté la fonction de sûreté liée à la réactivité.

En raison de sa détection tardive, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Par l’ASN, publié le 22 juillet

[1] Les RGE (Règles générales d’exploitation) sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées.

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-de-la-conduite-a-tenir-a-la-suite-d-un-temps-de-fermeture-trop-long-d-une-vanne

RISQUES DU SITE NUCLÉAIRE DU BUGEY : DES PANNEAUX « CHOC » POUR ALERTER LES HABITANTS

L’association « Sortir du nucléaire Bugey » a posé quelques panneaux aux entrées et sorties de la cité pondinoise, vendredi 22 juillet, pour alerter la population sur les risques du site nucléaire du Bugey situé à une trentaine de kilomètres des bords de l’Ain.

Des panneaux posés aux entrées et aux sorties de la cité pondinoise, vendredi 22 juillet au matin, par l’association Sortir du Nucléaire Bugey. Une signalétique mise en place par les militants de cette association. Ils souhaitent alerter les élus et les habitants des communes, du danger de la proximité du site nucléaire du Bugey, jugé « vétuste » par les militants de Sortir du Nucléaire Bugey. Ces panneaux comportent le message :

« Zone à évacuer en cas d’accident nucléaire majeur ».

Le fait d’afficher à l’entrée de la localité pondinoise qu’elle est située dans une zone à évacuer est essentiel pour l’association, même si le PPI (Plan Particulier d’Intervention) est passé de 10 à 20 kilomètres, « la plupart des personnes » ignore totalement ce que cela sous-entend clairement . Cette population pourrait être amenée à quitter logement ou travail, en quelques heures, si le pire advenait!

Par notre correspondant Henri BARTH, publié le 22 juillet à 19h17, mis à jour à 20h24

Photo en titre : Une signalétique mise en place pour alerter élus et population en cas d’incident nucléaire  Photo Progrès /Henri BARTH

https://www.leprogres.fr/societe/2022/07/22/rrisques-du-site-nucleaire-du-bugey-des-panneaux-choc-pour-alerter-les-habitants

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM DOIT PUISER L’EAU D’UN LAC, LES ACTIVITÉS NAUTIQUES À L’ARRÊT

La centrale nucléaire de Cattenom est obligée de puiser de l’eau dans la retenue du Mirgenbach. Et pour cause, le débit de la Moselle est trop bas.

En cette fin du mois de juillet 2022 particulièrement chaud, le débit d’eau mesuré sur la Moselle est trop faible (18,5 m3/seconde).

Par conséquent, la centrale nucléaire de Cattenom doit aller davantage puiser de l’eau dans la retenue du Mirgenbach, une réserve à usage industriel, à l’image de ce qu’il s’était passé en juillet 2019 et en août 2020.

Une situation qui « n’a pas d’impact sanitaire aux abords de la retenue, ni sur la faune et la flore », assure EDF dans un communiqué.

À lire aussi : Centrale nucléaire de Cattenom : pourquoi un réacteur a été arrêté dans la nuit

Les activités de loisirs à l’arrêt

Située à côté de la centrale, cette retenue d’eau accueille en temps normal des activités de loisirs sur ses berges.

Mais son accès n’est plus autorisé depuis le vendredi 22 juillet 2022 : « La pêche et les activités nautiques sont suspendues provisoirement, l’accès des promeneurs est restreint par des chaînes et des panneaux disposés autour de la retenue », détaille EDF.

 « La réouverture de la retenue du Mirgenbach aux activités de loisirs sera annoncée, en application de nos règles d’exploitation, après la fin de l’épisode d’étiage de la Moselle [faible débit d’eau] », explique EDF.

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Par Ninon Oget, publié le 23 juillet 22 à 12h13 

Photo en titre : La centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle. (©Illustration/Adobe Stock)

https://actu.fr/grand-est/cattenom_57124/la-centrale-nucleaire-de-cattenom-doit-puiser-l-eau-d-un-lac-les-activites-nautiques-a-l-arret_52670122.html

POUVOIR D’ACHAT : UNE LOI EN SOUTIEN AUX ÉNERGIES FOSSILES ET AU NUCLÉAIRE

Les députés ont adopté, le 22 juillet, en première lecture, un projet de loi qui fait une grande part aux énergies fossiles, en contradiction avec les engagements climatiques affichés, et qui apporte également un soutien à la filière nucléaire.

 « Nous serons la première grande nation à sortir des énergies fossiles, c’est la garantie de notre souveraineté énergétique », avait annoncé Élisabeth Borne lors de son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, le 6 juillet dernier. Les premières dispositions que la cheffe du gouvernement a fait voter par l’Assemblée nationale ne vont pourtant pas dans ce sens.

Les députés ont adopté, vendredi 22 juillet, en première lecture, le projet de loi Pouvoir d’achat, dont le titre III est consacré à la souveraineté énergétique. En attendant des mesures de soutien au développement des énergies renouvelables, sans cesse repoussées, le gouvernement mise à court terme sur les fossiles, mais une majorité a aussi donné des gages à la filière nucléaire et pris diverses autres mesures visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique.

Prolonger l’activité des centrales à charbon

L’Assemblée a adopté les dispositions qui permettent de prolonger l’activité de la centrale à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) et de redémarrer celle de Saint-Avold (Moselle). « Compte tenu de la faible disponibilité des centrales nucléaires (du fait des suites de la crise sanitaire et des problèmes de corrosion sous contrainte) et des risques sur l’approvisionnement en gaz résultant de la guerre en Ukraine, la sécurité d’approvisionnement en électricité de la France pour l’hiver à venir sera sous forte vigilance. Dans ces conditions, faire fonctionner les centrales à charbon plus que ce que permet le plafond actuel permettrait de limiter le risque sur la sécurité d’approvisionnement en électricité », justifie le gouvernement.

Les dispositions adoptées permettent une réembauche des salariés des centrales qui ont été licenciés, d’une part. Elles prévoient la compensation des émissions de gaz à effet de serre résultant du fonctionnement des centrales, d’autre part.

Importation de gaz de schiste américain

Les députés ont également adopté plusieurs dispositions visant à sécuriser l’approvisionnement en gaz : mécanisme de sécurisation du remplissage des infrastructures essentielles de gaz naturel, ou encore extension de la possibilité pour les gestionnaires de réseaux de contractualiser des capacités interruptibles.

Autre gage important donné aux énergies fossiles : des mesures visant à permettre l’installation de terminaux méthaniers flottants sur le territoire national et à accélérer la réalisation de l’un d’eux au large du Havre par le biais de dérogations procédurales. Celles-ci portent sur l’évaluation environnementale, les mesures de compensation, la réalisation anticipée de travaux, la simplification du dossier d’autorisation du raccordement, ainsi que la consultation des communes concernées. « Le raccordement d’un terminal méthanier flottant est une solution pour renforcer rapidement les capacités d’importation de gaz naturel et rétablir un système gazier permettant d’assurer l’approvisionnement des consommateurs français », justifie le gouvernement face à la baisse des exportations russes résultant de la guerre en Ukraine et des risques de perturbation des flux gaziers habituels.

Ce ne sont pas les quelques amendements adoptés par les députés (limitation à cinq ans de la durée d’exploitation du terminal du Havre ; étude de son empreinte carbone ; encadrement du démantèlement des installations et renaturation) qui calmeront la colère des associations environnementales. « Rien ne prouve que ce nouveau terminal gazier soit nécessaire : plusieurs études ont montré qu’il était possible de se passer du gaz russe d’ici à 2025 sans construire de nouvelles infrastructures gazières, et ce, au niveau européen. Comment ? En réduisant la consommation de gaz grâce, entre autres, au déploiement d’énergies renouvelables ou de l’efficacité énergétique », réagissent Les Amis de la Terre, qui déplorent l’absence de toute disposition allant dans ce sens. De plus, le gaz naturel liquéfié (GNL) importé sera probablement du gaz de schiste en provenance des États-Unis. « L’une des méthodes d’extraction du gaz les plus polluantes et les plus nocives », s’indigne l’ONG.

Mobilisation des capacités d’effacement

Afin de se prémunir des effets de la faible disponibilité des centrales nucléaires et des risques sur l’approvisionnement en gaz, les députés ont par ailleurs adopté un article qui donne à la ministre de la Transition énergétique la compétence pour prendre des mesures exceptionnelles : possibilité de restreindre ou suspendre le fonctionnement des centrales électriques à gaz pour privilégier d’autres usages, ou de les réquisitionner pour qu’elles fonctionnent uniquement aux moments jugés nécessaires pour la sauvegarde du système électrique.

Utiliser les huiles alimentaires usagées comme carburant L’Assemblée nationale a adopté un amendement des députés écologistes qui vise à légaliser l’utilisation d’huiles alimentaires usagées, pures ou en mélange, comme carburant dans les véhicules. « Correctement décantés et filtrés, 10 litres d’huiles usagées peuvent donner 8 litres de carburant, utilisables en mélange jusqu’à 30 % dans les moteurs Diesel de conception ancienne et jusqu’à 100 % moyennant certaines adaptations », ont fait valoir les signataires de l’amendement. Ceux-ci ont mis en avant une série d’avantages liés à cette reconnaissance : coût inférieur à celui des carburants fossiles, moindres émissions de gaz à effet de serre, réduction d’une pollution coûteuse à traiter pour les collectivités locales et de la dépendance énergétique du pays. « Il vaut mieux dépendre des baraques à frites du Nord que des monarchies pétrolières », a résumé le député Julien Bayou (EELV). L’autorisation devra toutefois être encadrée par un décret pris après avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), à la suite du vote d’un sous-amendement présenté par la députée du Nord Charlotte Parmentier-Lecocq (Renaissance).

Les députés ont aussi adopté deux amendements qui visent à compléter les outils de sécurisation de l’approvisionnement en électricité. Selon ceux-ci, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) pourra activer une nouvelle mesure de secours « en cas de menace grave et imminente sur la sécurité d’approvisionnement ». « Sur son alerte, la totalité des capacités d’effacement de consommation, production et stockage, qui ont été proposées soit dans le cadre du dispositif d’ajustement prévu à l’article L. 321-10 du Code l’énergie, soit sur les marchés de l’énergie, [et qui] sont par ailleurs techniquement disponibles et non utilisées, pourra être mise immédiatement à la disposition du gestionnaire du réseau de transport, dans le premier cas, ou mise en vente effectivement sur les marchés de l’énergie, dans le second cas », détaille Maud Bregeon (Renaissance), auteure du premier amendement. Le deuxième, à l’initiative du gouvernement, vise à « mobiliser le potentiel des groupes électrogènes de secours ou des moyens de stockage qui seraient techniquement disponibles mais non utilisés par les sites de consommation auxquels ces groupes sont raccordés », explique l’exécutif.

« Relancer le programme nucléaire français »

Le projet de loi contient également des dispositions visant à organiser l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), qui permet aux fournisseurs alternatifs d’énergie d’avoir accès à moindres frais à une partie de la production d’électricité nucléaire d’EDF. La disposition la plus notable en la matière est la fixation dans la loi d’un prix minimum de vente de 49,50 €/MWh de cette électricité, à la suite de l’adoption d’un amendement du groupe LR. Le prix actuel de 46,20 €/MWh, fixé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), « ne permettra pas à EDF d’envisager le financement de nouveaux réacteurs nucléaires et fait peser encore plus le risque de faillite sur l’entreprise, qui possède une dette de plus en plus exponentielle », ont fait valoir les signataires de l’amendement.

Un deuxième amendement LR plafonne le volume maximal de l’Arenh au niveau actuel de 120 TWh alors que la CRE demandait à ce qu’il soit porté à 130 TWh en 2023, et que le plafond actuellement inscrit dans la loi est de 150 TWh. L’objectif est ici le même : « stopper l’explosion de la dette d’EDF et ainsi pousser l’État à concrétiser sa volonté de relancer le programme nucléaire français ». Une disposition du projet de loi procède, en revanche, à la validation législative du décret du 11 mars 2022 qui a défini les modalités d’attribution du volume additionnel d’Arenh pouvant être alloué en 2022. Le texte est sous la menace d’une annulation contentieuse à la suite des recours des syndicats d’EDF. « Si l’article de validation n’est pas voté, il faudra augmenter de façon rétroactive et très significative le prix de l’électricité pour tous les Français et toutes les entreprises françaises. (…) [EDF] a certes besoin d’argent, car elle a par ailleurs de graves problèmes industriels : la corrosion de canalisations l’a conduit à arrêter 12 réacteurs nucléaires. Mais est-ce au consommateur français de payer le prix des problèmes industriels d’EDF ? » a fait valoir Maud Bregeon.

Par Laurent Radisson, Journaliste, Rédacteur en Chef délégué aux marchés HSE ©, publié le 22 juillet à 18h16

Photo en titre : Des terminaux méthaniers flottants pourront être installés le long des côtes. © Mike Mareen

https://www.actu-environnement.com/ae/news/pouvoir-achat-loi-soutien-energies-fossiles-nucleaire-40076.php4

CANICULE : L’EAU CHAUDE REJETÉE PAR LES CENTRALES NUCLÉAIRES EST-ELLE VRAIMENT NÉFASTE POUR L’ENVIRONNEMENT ?

Suite au nouvel épisode caniculaire, des dérogations accordées au compte-goutte autorisent les centrales nucléaires à dépasser les seuils réglementaires de rejets d’eau chaude. Mais de quoi s’agit-il ? Ces rejets sont-ils vraiment mauvais pour l’environnement ?

Le 17 juillet 2022, un nouvel arrêté autorise la centrale nucléaire de Bugey (Ain), à rejeter de l’eau chaude dans les cours d’eau pour continuer à fonctionner. C’est la quatrième centrale à bénéficier de cette dérogation cette année, après celles de Golfech (Tarn-et-Garonne), du Blayais (Gironde) et de Saint-Alban (Isère).

Rappelons brièvement le principe de fonctionnement d’une centrale nucléaire. Ces dernières puisent de l’eau en amont d’un cours d’eau ou dans la mer afin de refroidir ses réacteurs, parfois aidées de tours aéroréfrigérantes. Après l’opération, l’eau est rejetée en aval. Cette eau, indispensable au bon fonctionnement des centrales, justifie d’ailleurs l’installation des sites nucléaires à proximité de fleuves et rivières.

L’eau ainsi rejetée est évidemment plus chaude qu’à l’origine, puisqu’elle a été utilisée pour refroidir les réacteurs. Pour respecter la faune et la flore aquatiques, la réglementation a donc prévu un seuil de température à respecter pour les rejets. Il est spécifique à chaque centrale, mais en général, il est de 28 °C en été.

Une réglementation problématique lors des canicules

En cas de fortes chaleurs, la température des fleuves est naturellement plus chaude. Son utilisation par les centrales l’augmente davantage. Selon certaines associations, ce réchauffement de l’eau des fleuves conduirait à la disparition de certaines espèces de poissons. Car, lorsqu’elle est plus chaude, l’eau contient moins d’oxygène.

Les températures élevées favorisent également le développement d’algues très consommatrices d’oxygène au détriment d’autres organismes, qui finissent par mourir d’asphyxie. En outre, le risque est aussi sanitaire puisque le réchauffement de l’eau par les centrales pourrait conduire au développement de bactéries (telles que des espèces de légionelles par exemple), source de contamination des fleuves.

Les dangers pour la santé et pour l’environnement sont donc avérés et font d’ailleurs l’objet d’une surveillance de la part de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). D’ailleurs, EDF vient de communiquer sur des analyses réalisées au sein de la centrale nucléaire de Belleville. Dans les circuits de refroidissement, un taux de 330 000 UFC/litre en légionelles a été relevé en juin 2022.

Or, la limite réglementaire est de 100 000 UFC/litre. EDF affirme pourtant que cela n’aurait « aucun impact réel sanitaire ou environnemental ». Le résultat de l’analyse a été transmis à l’ASN en tant qu’événement significatif pour l’environnement (ESE). Nous ignorons la suite qui sera donnée à cette alerte à ce jour.

Les dérogations ne sont pas inédites

Des dérogations ont déjà été accordées par le passé, en 2003 et 2006, selon l’ASN. À chaque fois, les ONG s’inquiètent de ces dérogations en raison des répercussions sur l’environnement. Mais par le passé, EDF avait également envisagé et parfois réalisé des arrêts provisoires de ses centrales. Aujourd’hui, la situation est plus complexe. Alors même que plus de la moitié des réacteurs nucléaires (29 sur 56) sont indisponibles, EDF ne dispose pas d’une grande amplitude lui permettant d’arrêter de nouvelles centrales en raison de la chaleur.

En effet, cela poserait un problème pour la production électrique nationale. C’est la raison pour laquelle une dérogation a été demandée afin de permettre aux centrales de continuer à fonctionner en dépassant ponctuellement le seuil de rejet maximal des températures dans les cours d’eau. Les sites de Blayais, Golfech et Saint-Alban ont déjà bénéficié de cette dérogation.

C’est au tour de celui de Bugey de l’obtenir. Pour maintenir la disponibilité du réseau électrique, l’ASN a ainsi autorisé cette centrale à dépasser les seuils de rejets thermiques jusqu’au 24 juillet 2022. Concrètement, elle pourra « continuer à pratiquer ces rejets tant que l’échauffement après mélange des effluents dans le Rhône […] ne dépasse pas 3 °C en valeur moyenne journalière », explique l’ASN. Cette autorisation est assortie de mesures en matière de surveillance de l’environnement aquatique.

L’avenir énergétique en question

On voit bien ici ce qui est en jeu : d’un côté, les épisodes de canicule vont vraisemblablement se multiplier dans les années à venir, ce qui posera des problèmes de température des cours d’eau. D’un autre côté, le parc nucléaire relativement vieillissant n’est pas à l’abri de problèmes de maintenance provoquant l’arrêt inopiné de certains réacteurs, comme cela a déjà eu lieu en 2021.

Il faudra donc parvenir à un équilibre entre la sécurité de l’approvisionnement (qui conduirait au dépassement des seuils de rejets thermiques) et le respect de l’environnement (qui pousserait à arrêter provisoirement les centrales). Les associations protectrices de l’environnement craignent que les centrales soient maintenues en fonctionnement malgré les effets néfastes pour la faune aquatique.

Derrière cet événement, il y a évidemment le futur de notre mix énergétique qui va se jouer. Si les centrales nucléaires ont des difficultés à fonctionner lorsqu’il fait trop chaud, cela risque de poser de sérieux problèmes. C’est un élément à prendre en compte dans la réflexion autour de notre avenir énergétique.

Par Lorraine Veron, publié le 18 juillet 2022

À propos de l’auteur : Juriste de formation, Lorraine a été chargée de mission pendant 9 ans auprès du médiateur national de l’énergie. Désormais rédactrice web, elle est spécialisée dans le secteur de l’énergie et du droit.

Photo en titre : Les tours aéroréfrigérantes de la centrale nucléaire du Bugey / Image : Tom à la rue – Flickr CC

https://www.revolution-energetique.com/canicule-leau-chaude-rejetee-par-les-centrales-nucleaires-est-elle-vraiment-nefaste-pour-lenvironnement/

FUKUSHIMA : FEU VERT DE L’AUTORITÉ NUCLÉAIRE JAPONAISE POUR UN REJET DES EAUX CONTAMINÉES EN MER

Le régulateur nucléaire japonais a approuvé vendredi le plan de rejet en mer des eaux contaminées de la centrale accidentée de Fukushima Daiichi tel que l’a proposé l’opérateur Tepco, lequel devra toutefois encore convaincre des autorités et communautés locales.

Ce projet controversé avait déjà été validé l’an dernier par le gouvernement et il est supervisé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

VOIR AUSSI : Le Japon va rejeter de l’eau de Fukushima à la mer après traitement

Il consiste à déverser très graduellement dans l’océan Pacifique au large de Fukushima plus d’un million de tonnes d’eau contaminée au tritium, un radionucléide ne pouvant être éliminé par les technologies actuelles mais dont la dilution en mer est déjà pratiquée au Japon et à l’étranger sur des installations nucléaires en activité.

Ces eaux dites « tritiées » proviennent de la pluie, de nappes souterraines ou des injections d’eau nécessaires pour refroidir les cœurs de plusieurs réacteurs nucléaires de Fukushima Daiichi, entrés en fusion à cause du tsunami du 11 mars 2011 qui avait heurté la centrale de plein fouet.

Plus d’un millier de citernes ont été installées autour de la centrale pour entreposer ces eaux tritiées après des opérations de filtrage visant à éliminer d’autres substances radioactives. Mais les capacités de stockage sur place arrivent bientôt à saturation.

Aucun dommage à l’environnement ?

Selon des experts, le tritium n’est dangereux pour les humains qu’à hautes doses concentrées, une situation a priori exclue en cas d’un rejet en mer étalé sur plusieurs décennies comme le prévoit Tepco. L’AIEA estime aussi que ce projet va se faire « en pleine conformité avec les normes internationales » et qu’il ne va causer « aucun dommage à l’environnement« .

Tepco compte démarrer l’opération au printemps 2023, après la construction d’un conduit sous-marin pour acheminer l’eau tritiée à environ un kilomètre de la côte.

Mais l’opérateur doit encore obtenir auparavant des autorisations du département de Fukushima et de communes proches de la centrale, et tente d’apaiser les inquiétudes des pêcheurs locaux, redoutant des conséquences négatives sur la réputation de leurs poissons auprès des consommateurs.

Le projet a aussi été critiqué par la Chine et la Corée du Sud, voisins du Japon, ainsi que par des organisations environnementales comme Greenpeace. « Si le Japon continue de faire passer ses propres intérêts avant l’intérêt général international, s’il insiste à faire (ce) pas dangereux, il paiera définitivement le prix de son comportement irresponsable et laissera une tache dans l’Histoire« , a sèchement dénoncé vendredi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Wang Wenbin.

VOIR AUSSI :  Jour de deuil au Japon, 11 ans après le tsunami et l’accident nucléaire de Fukushima

La Chine et la Russie ont par ailleurs remis au Japon une liste de questions techniques sur ce projet auxquelles Tokyo  n’a toujours pas répondu, a encore affirmé M. Wang lors d’un point de presse régulier.

Par GEO avec AFP, publié le 22/07/2022 à 11h30

Photo en titre : Des ouvriers de la centrale nucléaire de Fukushima Daïchi (Tepco) travaillent dans des piscines souterraines de stockage d’eau.  © Greg Webb/IAEA/Flickr

https://www.geo.fr/environnement/fukushima-feu-vert-de-lautorite-nucleaire-japonaise-pour-un-rejet-des-eaux-contaminees-en-mer-211017

NDLR: Quid de la concentration du tritium dans la chair des gros poissons qui ont quelques années? Je n’ai jamais lu d’article traitant de ce sujet!

LES DÉPUTÉS RELÈVENT LE PRIX RÉGULÉ DE REVENTE DE L’ÉLECTRICITÉ PRODUITE PAR EDF

Les députés ont approuvé, dans la nuit de jeudi à vendredi et contre l’avis du gouvernement, le relèvement du prix régulé auquel EDF est obligé de revendre une part de son électricité nucléaire à ses concurrents dans le cadre de l’Arenh.

À la faveur d’une coalition de votes des oppositions, l’Assemblée a adopté, par 167 voix pour et 136 contre, un amendement de LR qui porte ce tarif fixe de 42 euros actuellement à « au moins 49,5 euros » par mégawattheure (MWh) à compter du 1er janvier 2023.

Ce vote a eu lieu dans le cadre de l’examen en première lecture du projet de loi d’urgence en faveur du pouvoir d’achat, qui contient un volet énergétique.

En défense de l’amendement de son groupe, le chef des députés LR Olivier Marleix a assuré, dans l’hémicycle, que ce relèvement était dans « l’intérêt de l’entreprise EDF » qui est tenu de revendre à ses concurrents une part de son électricité nucléaire au prix fixe –et bien inférieur au prix du marché– de 42 euros/MWh.

Cette obligation, connue sous le nom d’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), a été imposée à EDF depuis 2011 dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité.

Maud Bregeon, la rapporteure LREM du projet de loi pouvoir d’achat sur le volet énergie, s’était opposée à cet amendement tout en reconnaissant que ce dispositif devait être revu.

L’amendement a toutefois été adopté grâce aux voix du RN et de la Nupes, dont plusieurs députés ont dénoncé le coût de ce dispositif pour EDF, obligé de vendre à perte une partie de sa production et dont l’exécutif a annoncé la renationalisation.

Cette année, EDF a été contrainte de vendre 20 TWh supplémentaires à ses concurrents, pour un total de 120 TWh, dans le cadre de l’Arenh. Le volume supplémentaire avait été payé 46,2 euros le MWh.

Publié le vendredi 22 juillet 2022 à 08h02

Photo en titre : © AUFORT Jérome – stock.adobe.com

https://www.moneyvox.fr/energie/actualites/89366/les-deputes-relevent-le-prix-regule-de-revente-de-electricite-produite-par-edf

NUCLÉAIRE, MANCHE : DE NOUVEAUX PROBLÈMES À RÉGLER POUR L’EPR DE FLAMANVILLE

Le réacteur de l’EPR de Flamanville (Manche) est confronté à un dysfonctionnement des systèmes de pilotage, comme l’ont révélé nos confrères de Libération ce 20 juillet 2022.

Le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche) connaît des « problèmes de connexion » au niveau du système de pilotage du réacteur. EDF en convient, confirmant partiellement des informations de Libération parues dans l’édition du 20 juillet 2022.

Selon le quotidien, « deux systèmes essentiels qui permettent de piloter le réacteur sont victimes d’une panne problématique pour le démarrage de l’EPR ». Et cette panne, ajoute-t-il, « n’est pas due à un simple problème d’installation, mais à la conception même » de ces systèmes.

Pas d’information en salle de commande

Il s’agit du système de mesure de la puissance nucléaire (RPN), qui permet d’assurer la surveillance permanente de la puissance du réacteur. Constitué de détecteurs de flux neutronique, externes à la cuve, et d’un système de traitement du signal, il rapporte le niveau et les distributions de puissance dans le cœur ainsi que leurs évolutions, surveille la puissance du réacteur et initie les actions de protection nécessaires à la conduite du réacteur.

Le second, RIC, est le système d’instrumentation interne du cœur. Il permet de mesurer de façon plus précise la répartition de la puissance par insertion temporaire dans le cœur du réacteur de capteurs mobiles à l’intérieur de canaux prévus à cet effet. Des cartes de flux neutronique peuvent ainsi être établies, pour recalibrer au besoin les sondes du système externe, le RPN.

Deux EPR pour Sizewell

Le gouvernement britannique a donné hier son feu vert au projet de nouvelle centrale nucléaire Sizewell C, avec deux réacteurs de type EPR, alors que la guerre en Ukraine et une vague historique de chaleur ont remis l’atome au centre de la politique énergétique du pays. Ce projet « implique la construction d’une nouvelle centrale nucléaire produisant une électricité fiable et à faible émission de carbone pour aider » le pays à atteindre son objectif de neutralité carbone en 2050, selon un communiqué. La centrale pourra alimenter six millions de foyers.

En pleine crise du coût de la vie tirée par l’envolée des factures d’énergie, le Royaume-Uni veut ainsi accélérer le développement de l’atome. Londres prévoit jusqu’à huit nouveaux réacteurs d’ici 2050, avec pour objectif de fournir 25 % de la demande en électricité. Mais sa stratégie repose notamment sur de petits réacteurs modulaires construits par Rolls Royce, qui nécessiteront encore des années de développement : le premier ne sera pas opérationnel avant le début des années 2030.

Alors que l’influence de la Chine dans les actifs stratégiques britanniques est régulièrement dénoncée par des députés conservateurs, le communiqué ne précise pas si CGN sera toujours partenaire (c’est le cas pour Hinkley Point) ou s’il sera finalement évincé, comme évoqué par la presse britannique depuis des mois. Londres avait annoncé en janvier injecter 100 millions de livres supplémentaires pour le développement de Sizewell C, situé dans le Suffolk, et « attirer d’autres financements d’investisseurs privés ».

L’exécutif avait annoncé en octobre un nouveau modèle de financement de ses projets de centrales nucléaires, espérant réaliser des économies de plus de 30 milliards de livres sur chaque, notamment en faisant baisser les intérêts des emprunts des constructeurs. Ce nouveau mode de financement est aussi censé réduire la dépendance du pays aux développeurs étrangers en augmentant le recours aux fonds de pension, assureurs et autres investisseurs institutionnels.

À lire aussi : L’Autorité de sûreté nucléaire lève la surveillance renforcée sur la centrale de Flamanville

Des « problèmes de connexion entre le câble et le capteur »

Libération explique que le dysfonctionnement a été mis en évidence en 2019 par Framatome

« Les pilotes du réacteur de Flamanville sont aveugles, aucune information ne parvient en salle de commande. »

Pour EDF, il s’agit de « problèmes de connexion entre le câble et le capteur. Il s’agit d’une intervention relativement simple, où il faut reconnecter les bons fils aux bons endroits ».

« Ce sujet est connu, avait été identifié lors des essais de mise en service et il a été évidemment partagé avec l’autorité de sûreté. »

EDF

Cité par Libération, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire confirme avoir été alerté des problèmes de montage, mais a aussi lancé une expertise face aux perturbations électromagnétiques possibles des signaux mesurés. Si elles sont confirmées, indique l’IRSN, « des protections seront mises en place avant la mise en service du réacteur ».

Vidéos : en ce moment sur Actu

« Un risque d’arrêts automatiques intempestifs » 

Évoquant le réacteur de Taishan, EDF a expliqué, devant le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sûreté nucléaire (HCTISN), le 7 juin 2022, qu’une fluctuation des signaux de ces systèmes RPN et RIC avait été observée, causée par « la structuration particulière de l’hydraulique dans le plénum inférieur de la cuve ». Cette même structuration à l’origine de l’usure inhabituelle des grilles des éléments combustibles.

EDF évoquait alors comme conséquences une « réduction des marges d’exploitation et un risque d’arrêts automatiques intempestifs ».

À lire aussi : Un départ de feu signalé à l’ASN sur les diesels de secours du réacteur n°2 de Flamanville

Pas d’impact sur le planning

Quelles vont être les conséquences de ces problèmes de connexion ? Pour EDF, les réparations font partie du « reste-à-faire » et sont « en cours de reprise ». Mais l’électricien assure que ces nouveaux problèmes de connexion ne remettent pas en cause le calendrier.

« Le planning qui nous amène à un chargement du combustible environ dans un an n’est pas un planning avec beaucoup de marge, mais dans lequel nous avons confiance », avait indiqué Xavier Ursat, directeur chargé de l’ingénierie et des projets du nouveau nucléaire.

L’objectif reste un début de chargement des éléments combustibles au deuxième trimestre 2023, après les essais d’ensemble de l’installation. La première divergence est prévue à la fin de l’été 2023, pour un couplage au réseau en fin d’année.

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Par Jean Lavalley (La Presse de la Manche), publié le 21juillet 2022 à 20h35 

Photo en titre : L’EPR de Flamanville. Trois unités sont en service, trois en construction et des projets sont en cours en Inde, en Pologne et en République Tchèque. (©Jean-Paul BARBIER/La Presse de la Manche)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-manche-de-nouveaux-problemes-a-regler-pour-l-epr-de-flamanville_52617722.html

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE SDN BUGEY : « LE NUCLÉAIRE N’EST PAS UNE RÉPONSE À LA CRISE CLIMATIQUE ».

En cette période de canicule et de grande sécheresse, nous apprenons que les centrales nucléaires bénéficieraient (encore) de « quelques arrangements » vis-à-vis de la réglementation en vigueur, en ce qui concerne leurs rejets d’eau chaude dans les cours d’eau.

En effet, c’est ce qu’a demandé RTE (Réseau Transport de l’Électricité) à l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) : permettre à plusieurs centrales, –dont récemment celle du Bugey– de poursuivre leur activité, même en cas de dépassement de la température réglementaire des rivières situées à proximité. Cette décision intervient alors que la France traverse son pire épisode de canicule depuis 2003.

Les centrales nucléaires sont très dépendantes de leur approvisionnement en eau, pour assurer le bon fonctionnement des réacteurs, et ce, en permanence. Elles doivent constamment puiser et rejeter de l’eau dans la mer ou dans les cours d’eau voisins, afin d’assurer leur refroidissement. C’est le cas de la centrale du Bugey avec le Rhône.

Mais depuis la canicule de 2003, cette pratique a été réglementée : en cas de dépassement d’une température limite, la centrale doit abaisser sa puissance, voire s’arrêter pour protéger la biodiversité des cours d’eau

Or, nous constatons une fois de plus que le nucléaire, ne constitue nullement une réponse adaptée aux aléas climatiques, et n’est en rien une énergie dite « permanente ». De plus, avec ces dérogations incitant à dépasser les seuils autorisés, nous observons encore une fois, que le nucléaire bénéficie « d’arrangements » au détriment de la biodiversité, et du respect de l’environnement.

Au vu de ces épisodes climatiques alarmants, de plus en plus fréquents et longs, on voit à quel point le nucléaire n’est qu’un « colosse aux pieds d’argile ». On ne peut s’empêcher de penser que le nucléaire bénéficie d’appuis autant incompréhensibles qu’inacceptables.

À l’heure où l’eau est un enjeu majeur et crucial pour les décennies à venir, continuer dans la voie du nucléaire est tout simplement absurde et préjudiciable pour l’environnement.

Par SDN BUGEY, message reçu le 22 juillet 2022

Contacts presse

Joël GUERRY / 06 49 45 57 44
Jean-Pierre COLLET / 06 81 09 75 87

DAMPIERRE-EN-BURLY : NON-RESPECT DE LA CONDUITE À TENIR PRÉVUE PAR LES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 4

Le 29 juin 2022, l’exploitant de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un évènement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive de l’indisponibilité d’une alarme générée par les chaînes de niveau source du réacteur 4 en cas de détection d’un flux élevé de neutrons.

Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite des réacteurs associées. Elles prescrivent notamment les délais maximaux de réparation en cas d’indisponibilité des systèmes requis pour assurer la sûreté des réacteurs.

L’exploitant doit surveiller en permanence le flux de neutrons émis par le cœur du réacteur pour pouvoir contrôler toute augmentation intempestive de puissance. Il dispose pour cela de divers moyens de mesures : les chaînes de puissance utilisées en fonctionnement normal (CNP), les chaînes intermédiaires utilisées lors du démarrage du réacteur (CNI), et les chaînes de niveau source (CNS), capables de mesurer de très faibles flux lorsque le réacteur est à l’arrêt, combustible en place. Toutes ces chaînes interviennent dans l’élaboration d’alarmes et d’actions automatiques de protection en cas d’élévation anormale du flux neutronique.

Le 26 juin 2022, l’exploitant a procédé au redémarrage du réacteur après un arrêt pour maintenance et renouvellement partiel du combustible. Le réacteur étant dans l’état « arrêt normal sur les générateurs de vapeur », les RGE imposent que les alarmes associées à un flux élevé de neutrons, mesuré par les CNS, soient disponibles.

Le 26 juin à 14h50, l’alarme associée à un flux élevé de neutrons issue de l’une des deux CNS est apparue. Dans cette situation, les opérateurs doivent acquitter l’alarme pour qu’elle puisse être réémise en cas d’apparition d’un nouveau flux neutronique élevé. Les opérateurs présents en salle de commande n’ont pas effectué cet acquittement, ce qui rendait de fait non opérationnelle toute nouvelle détection de pic de flux. L’exploitant n’a cependant considéré cette alarme indisponible qu’à 18h33 le même jour. Pendant plus de
3 heures, la prescription particulière imposant la disponibilité des alarmes associées à un flux élevé de neutrons n’a donc pas été respectée.

Dès la découverte de l’indisponibilité de l’alarme flux élevée à l’arrêt, l’exploitant a pris des dispositions pour l’acquitter et retrouver ainsi sa pleine disponibilité.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Néanmoins, en raison de sa détection tardive par l’exploitant et du non-respect des RGE, cet événement, qui a affecté la fonction de sûreté liée à la maîtrise de la réaction nucléaire en chaîne, a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Date de la dernière mise à jour : 20/07/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-de-la-conduite-a-tenir-prevue-par-les-regles-generales-d-exploitation-du-reacteur-43

CHINON: NON-RESPECT DE LA CONDUITE À TENIR PRÉVUE PAR LES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 4

Le 5 juillet 2022, l’exploitant de la centrale nucléaire de Chinon a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un évènement significatif pour la sûreté concernant un non-respect des règles générales d’exploitation du réacteur 2 relatif à l’indisponibilité d’un des deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel.

Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite des réacteurs associées. Elles prescrivent notamment les délais maximums de réparation en cas d’indisponibilité des systèmes requis pour assurer la sûreté des réacteurs.

Chaque réacteur dispose de deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel, qui assurent de façon redondante l’alimentation électrique de divers systèmes de sûreté en cas de défaillance des alimentations électriques externes.

Le 21 mai 2022, alors que le réacteur 2 était à l’arrêt pour sa visite partielle, une intervention a été réalisée sur un système électrique nécessaire au fonctionnement d’un des groupes électrogènes de secours à moteur diesel. La requalification de ce système électrique après cette intervention s’est révélée satisfaisante.

Le 30 juin 2022, lors de l’essai en charge de ce même moteur, l’exploitant a constaté un dysfonctionnement. L’analyse menée par l’exploitant a mis en évidence que ce dysfonctionnement était dû à l’intervention réalisée précédemment sur le système électrique. L’exploitant a remis en conformité l’équipement électrique concerné dès la détection de l’anomalie.

L’exploitant a considéré que le groupe électrogène de secours concerné a été indisponible du 21 mai au 30 juin 2022, période pendant laquelle sa disponibilité était requise par les RGE.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur l’installation, le personnel et l’environnement. Toutefois, du fait de sa détection tardive par l’exploitant et du non-respect des RGE, cet événement, qui a affecté la fonction de sûreté liée aux fonctions support du réacteur, a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Date de la dernière mise à jour : 20/07/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-de-la-conduite-a-tenir-prevue-par-les-regles-generales-d-exploitation-du-reacteur-24

NUCLÉAIRE : AVEC LA CANICULE, « IL FAUDRAIT REPENSER LES SEUILS DE TEMPÉRATURE DES COURS D’EAU », DIT L’INSPECTEUR EN CHEF DE L’ASN

ENTRETIEN. La nouvelle a suscité de vives polémiques : face aux records de chaleur, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et le Ministère de la transition énergétique ont accordé une dérogation environnementale pour quatre centrales nucléaires : Saint-Alban, Golfech, le Blayais et le Bugey. Jusqu’au 24 juillet, ces sites seront autorisés à dépasser les niveaux réglementaires de température d’eau rejetée dans les fleuves et rivières dans lesquels ils s’alimentent, afin de pouvoir fonctionner en cas de besoin pour le réseau électrique. Pour La Tribune, l’inspecteur en chef de l’ASN, Christophe Quintin, revient sur les raisons de cette dérogation, ses implications et les enseignements à en tirer.

LA TRIBUNE- Comment se passe l’autorisation de dépassement des seuils de température ?

CHRISTOPHE QUINTIN- Plusieurs acteurs sont impliqués. Concrètement, RTE [le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, chargé d’équilibrer l’offre et la demande, ndlr] demande à EDF de pouvoir maintenir une certaine puissance sur une installation malgré la canicule afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement de la France, et EDF traduit ces besoins en moyens de production concrets. Par la suite, la ministre de la Transition Énergétique juge de la nécessite absolue de laisser ces installations fonctionner. Il y a quelques jours, elle nous a donc adressé un courrier en ce sens, et nous avons instruit la demande.

À ce moment-là, notre travail a consisté à autoriser des dépassements de température qui restent dans la limite du raisonnable, sur la base de ce que l’on connaît du fonctionnement des rivières. Nous nous sommes également appuyés sur de nombreux dossiers remis par EDF, puisque le groupe opère un immense suivi sur l’impact du réchauffement des eaux depuis la canicule de 2003. Cela nous permet d’avoir une bonne estimation des risques pour les milieux naturels concernés.

Cependant, cette dérogation qui nous a été demandée est exceptionnelle. En effet, un premier niveau d’exception est prévu dans la réglementation, et celui-ci permet de modifier temporairement les limites de températures dans les cours d’eau en aval des centrales nucléaires sans passer par l’ASN. Dans ce cas, il suffit d’une requête de RTE – ce qui arrive de temps en temps et ne nécessite aucune intervention de l’État. Là, nous sommes donc à un niveau au-dessus, tant les conditions sont particulières.

Que prévoient concrètement ces dérogations ?

Il faut comprendre qu’en temps normal, deux types de seuils existent : celui sur la température du cours d’eau après le rejet thermique par les centrales, et celui sur l’échauffement, c’est-à-dire le nombre de degrés qu’ajoute ou pas le réacteur nucléaire à ce cours d’eau pour fonctionner. Par exemple, dans le cas de la centrale de Saint-Alban, la température maximale du Rhône en aval du site ne doit normalement pas dépasser 28°C, et l’échauffement entre l’amont et l’aval des réacteurs rester sous +3°C.

Avec la dérogation, ce plafond de +3°C reste inchangé, mais le fleuve pourra dépasser les 28°C. Autrement dit, seule la limite de température en aval est supprimée. Si le Rhône atteint 27°C à cause de la canicule, il pourra donc éventuellement monter à 30°C à Saint-Alban.

À Golfech, la température maximale en aval est elle aussi éliminée temporairement, mais en contrepartie, le niveau maximal d’échauffement passe de +1,25°C à +0,3°C. Le cas de Golfech est particulier car cette centrale dispose de deux tours aéroréfrigérantes, qui refroidissent l’eau prélevée avant qu’elle soit rejetée dans le fleuve. Par conséquent, celle-ci n’est pas beaucoup plus chaude qu’en amont du site, voire même parfois plus froide en début de journée.

Lire aussi : Sécheresse et canicule : pourquoi EDF pourrait encore abaisser sa production nucléaire cet été

Quels sont les risques d’une suppression des limites de température en aval des centrales ?

Il existe trois types de risques, et chacun d’entre eux est finement analysé. D’abord, il y a un suivi des poissons ; concrètement, on vérifie qu’il n’y a pas de poisson mort, et on suit leurs passages pendant la canicule. En fait, on se rend compte qu’ils trouvent facilement des endroits où l’eau est plus fraîche, souvent au niveau des arrivées d’eau souterraine. On n’identifie donc pour l’heure aucun risque réel sur le sujet.

Ensuite, de nombreuses données sur le plancton, et plus précisément le phytoplancton et le zooplancton, sont récoltées. Ceux-ci réagissent très vite par rapport aux évolutions du milieu, donc on doit réagir rapidement en cas d’évolution. Mais pour l’instant, ce problème ne s’est pas posé. Enfin, la présence de cyanobactéries, qui commencent à se développer quand un milieu se dégrade, nous donne des indications sur la santé de l’écosystème. Cependant, nous n’en avons jamais trouvé jusqu’ici. Ces données sont plutôt rassurantes, mais en cas de nécessité, il faudra se reposer des questions sur l’arbitrage entre production nucléaire et l’état du milieu environnant.

Quels enseignements l’industrie nucléaire peut-elle tirer de cet épisode ?

D’abord, cette canicule devrait nous pousser à repenser les seuils de température des cours d’eau en vigueur. À l’origine, ils sont issus de la littérature scientifique des années 1960, avec la fameuse typologie de Verneaux qui définit des objectifs et critères de qualité des eaux courantes. Mais il faudra probablement que l’on affine cette réglementation en fonction du retour d’expérience et des données recueillies, avec une analyse plus précise, rivière par rivière, milieu par milieu. De fait, il est nécessaire d’avoir une réflexion en amont sur comment on gère ces situations exceptionnelles, étant donné qu’il est probable qu’elles se multiplient avec le réchauffement climatique.

Par ailleurs, cet événement montre à nouveau l’importance des tours aéroréfrigérantes. À Saint-Alban par exemple, il y aurait dû y avoir une de ces infrastructures de refroidissement, mais lors des débats liés à l’implantation de la centrale, les élus ont préféré maintenir un refroidissement en circuit ouvert (sans tour aéroréfrigérante) pour ne pas voir le nuage de vapeur d’eau, notamment depuis le parc naturel régional. Cependant, une telle situation ne devrait pas se reproduire, puisque l’installation de tours est désormais obligatoire en cas de construction de nouveaux réacteurs en bord de rivière, afin de limiter au maximum le degré d’échauffement, voire même rafraîchir l’eau.

Lire aussi : Nucléaire : la Grande-Bretagne donne son feu vert pour la construction d’un EPR porté par EDF

Pourquoi toutes les centrales nucléaires ne sont pas égales face aux canicules

Si les centrales sont sensibles à la météo, c’est parce que les réacteurs et les piscines d’entreposage du combustible usé doivent être refroidis en permanence. Pour ce faire, les installations prélèvent de l’eau dans un estuaire, la mer ou un cours d’eau, avant de la rejeter. Et l’impact de ces rejets, donc la sensibilité des réacteurs à la météo, dépend fortement de leur situation géographique et de leur système de refroidissement. En France, les 30 qui fonctionnent en circuit fermé, c’est-à-dire avec une ou plusieurs tours aéroréfrigérantes, s’avèrent en effet moins concernés, puisque l’eau prélevée est faible, puis s’évapore ou se trouve rejetée à la source après avoir été refroidie dans les tours.

« À cet égard, la centrale de Civaux (Vienne) est un élève modèle, puisqu’elle dispose de deux grosses tours aéroréfrigérantes, et deux autres petites tours complémentaires dites « de purge », afin de refroidir une deuxième fois l’eau avant le rejet en rivière. Ce qui permet de supprimer tout échauffement dès que la température à Vienne atteint 25°C. Par conséquent, cette installation n’est jamais touchée par des arrêts pour sécheresse, alors qu’elle se situe sur l’un des plus petits cours d’eau », souligne Tristan Kamin, ingénieur en sûreté nucléaire.

À l’inverse, en circuit ouvert comme à Saint-Alban, le volume d’eau prélevé est important (autour de 50 mètres cubes par seconde), et revient en quasi-totalité à la source avec une température plus chaude, sans passer par des tours d’évaporation. Si les sites en question prélèvent dans la mer ou l’océan, aucun problème ne se pose. Mais lorsqu’ils se trouvent en bord de fleuve ou de rivière, leurs rejets thermiques peuvent modifier la température du cours d’eau, et dépasser les seuils autorisés.

Enfin, il existe aussi des centrales « mixtes », comme celle de Golfech. « Elle dispose de deux tours aéroréfrigérantes qui refroidissent le circuit principal, mais tout le circuit auxiliaire de sécurité reste lui ouvert », précise Tristan Kamin. Dans ce cas de figure, le réchauffement reste donc limité, « de l’ordre de 1°C en moyenne », selon l’ingénieur.

Par Marine Godelier , publié le 21 juillet 2022 à 12h05

Photo en titre : L’inspecteur en chef de l’ASN, Christophe Quintin. (Crédits : ASN)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-avec-la-canicule-il-faudrait-repenser-les-seuils-de-temperature-des-cours-d-eau-dit-l-inspecteur-en-chef-de-l-asn-926443.html

NDLR : ce problème montre bien que le nucléaire participe peu ou prou au réchauffement climatique puisque :

. les 2/3 de la chaleur produite par la fission sont dégagés dans la nature directement sans être utilisés et

. le 3ème tiers également puisque l’électricité qui est récupérée se dégradera également en chaleur lors de son transport et son utilisation.

Ce n’est donc pas en modifiant les normes « d’échauffement tolérable » qu’on règlera le problème mais bel et bien en abandonnant cette énergie au profit des énergies renouvelables qui ne réchauffent pas l’atmosphère (1) puisque nous ne faisons que « récupérer »à notre profit dans la nature des énergies qui existent déjà !

Note (1) : valable pour l’énergie solaire ou éolienne mais pas la géothermie par exemple.

PACIFISME : TRENTIÈME VIGIE CITOYENNE ANTI-NUCLÉAIRE À DIJON ET VALDUC

Communiqué du collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires du 18 juillet 2022 :

Malgré la France, le TIAN progresse !

Les États signataires du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) se sont retrouvés du 21 au 23 juin à l’ONU, à Vienne, pour la première réunion de mise en œuvre de cette nouvelle norme juridique internationale. Un plan d’action et une déclaration « Notre engagement en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires » très fermes ont été adoptés ; créant une alliance mondiale, reposant sur le TIAN, pour faire reculer les menaces de guerres nucléaires et accroître la sécurité internationale. La France, elle, contrairement à d’autres États de l’Union européenne, a refusé le dialogue multilatéral en brillant par son absence.

Le plan d’action fournit une voie claire pour une action collective contre les armes nucléaires.

Loin d’être un simple document qui donne un souffle positif, il s’agit d’une feuille de route qui engage les États membres à agir pour rendre universel le traité, mettre en œuvre un fonds international pour porter assistance aux victimes des essais nucléaires et engager un processus de réhabilitation des zones affectées par ces armes.

Des actes concrets qui vont continuer de créer une pression sur les États en partisans de la dissuasion. Les États européens (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Norvège) membres de l’OTAN ou en voie de le devenir (Suède, Finlande) présents à cette réunion ont reconnu notamment les aspects importants du traité liés aux conséquences de l’usage des armes nucléaires.

Le TIAN compte désormais 66 États membres avec la ratification le 20 juin du Cap Vert, du Timor-Oriental et des Grenadines et le 2 juillet du Malawi.

Action à Dijon et près de Valduc

Le 18 juillet 2022, à Dijon, puis à Moloy, près du site du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Valduc qui assure la maintenance et la modernisation des 290 armes nucléaires françaises, 8 lanceurs d’alerte du ‘Collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ ont déployé des banderoles. Ils appellent

– au respect par la France de l’art. 6 du Traité de non-prolifération (TNP) auquel elle a adhéré en 1992 et dont elle viole l’esprit et la lettre,

– à l’adhésion de la France au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), devenu depuis le 22 janvier 2021 la norme du droit international,

– et à la reconversion à ces activités pacifiques des sites CEA-DAM, dont celui de Valduc.

Comment les citoyens peuvent-ils soutenir le TIAN ?

– Écrivez à votre Maire, afin que votre commune signe l’Appel des villes d’ICAN pour le désarmement nucléaire, à votre Député et Sénateur pour que la France adhère au TIAN.

– Questionnez votre banque sur son financement de la bombe atomique en participant à la campagne d’action sur ce thème.

– Intéressez-vous aux armes nucléaires, aux questions de sécurité internationale et aux alternatives de défense de la démocratie.

– Participez aux vigies citoyennes, notamment à Dijon et à Bordeaux du 6 au 9 août 2022.

Les vigies et actions non-violentes menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre d’ ICAN, ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite des précédentes victoires de l’ONU : interdiction des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).

Regardez la vidéo « Le début de la fin des armes nucléaires ».

Découvrez l’historique avec photos des actions à Dijon et Valduc depuis 2013.

Informez autour de vous sur les sept vices de la dissuasion nucléaire.

Lisez l’étude sur les déchets nucléaires militaires français.

Par Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires, (tél : 06 14 24 86 96), site: http://abolitiondesarmesnucleaires.org

mail: abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr

Publié le 20/07/2022 à 05h49

Photo en titre : Ce  lundi 18 juillet, à Dijon, puis au CEA de Valduc, les militants pacifistes ont renouvelé leur appel à ce que la France adhère au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

https://www.infos-dijon.com/news/cote-d-or/cote-d-or/pacifisme-trentieme-vigie-citoyenne-anti-nucleaire-a-dijon-et-valduc.html

GUERRE EN UKRAINE : LA RUSSIE ACCUSÉE DE « TENTATIVES DE TERRORISME NUCLÉAIRE » AUTOUR DE LA CENTRALE DE ZAPORIJIA

Les Ukrainiens s’inquiètent de l’avenir de la centrale nucléaire de Zaporijia, prise par Moscou au début du conflit, et affirment que la Russie y a massé des soldats. D’après les autorités locales, plusieurs missiles ont même été tirés depuis la centrale.

Selon les autorités ukrainiennes, un nouvel incident sur la centrale nucléaire de Zaporijia a fait plusieurs morts et neuf blessés, lundi 18 juillet. Les autorités ukrainiennes alertent sur le danger que représente ce site, situé dans le sud de l’Ukraine.

Avec six réacteurs, il s’agit de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, tombée sous contrôle russe au mois de mars. Et d’après Kiev, c’est une véritable bombe à retardement

« La situation (à la centrale) est extrêmement tendue et la tension s’accroît de jour en jour« , écrit sur Telegram, Petro Kotin, le président d’Energoatom, l’agence qui gère les centrales nucléaires en Ukraine. Selon lui, jusqu’à 500 soldats russes sont présents sur le site. C’est aussi ce qu’affirme Dmitri Orlov, le maire d’Enerhodar, la ville où vivent les employés de la centrale nucléaire : « Les envahisseurs utilisent la centrale comme une forteresse », selon l’élu.

« Les Russes savent que les forces armées ukrainiennes ne riposteront pas, tant que leurs armes se trouvent au pied de la centrale nucléaire. » (Dmitri Orlov, maire d’Enerhodar à franceinfo)

D’après Dmitri Orlov, le maire d’Enerhodar, plusieurs missiles ont été envoyés depuis la centrale vers Nikopol, la ville située de l’autre côté du fleuve.

« Terrorisme nucléaire »

Le maire accuse même la Russie de « tentatives de terrorisme nucléaire« : « Ces activités-là peuvent avoir des séquelles que notre pays a déjà connu, je pense à Tchernobyl. Que va-t-il se produire par la suite ?« 

Début mars déjà, les autorités ukrainiennes avaient alerté l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), après une nuit d’affrontements sur le site de la centrale. Mais cette agence n’a pas pu se rendre sur place depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, le 24 février, car cette zone est un point stratégique à la fois pour les Ukrainiens comme pour les Russes.

Par Justine Leblond et Anna Ognianikfranceinfo – Radio France, publié le 20/07/2022, mis à jour à 10h56

Photo en titre : La centrale nucléaire de Zaporijia, tombée sous contrôle russe, vue depuis la ville de Nikopol, le 27 avril 2022. (ED JONES / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-la-russie-accusee-de-tentatives-de-terrorisme-nucleaire-autour-de-la-centrale-nucleaire-de-zaporijia_5265493.html

L’EPR, FLEURON DU NUCLÉAIRE FRANÇAIS AUX DÉBOIRES MULTIPLES

Le réacteur nucléaire EPR, dont Londres vient d’approuver la construction pour sa centrale de Sizewell, est un réacteur de troisième génération conçu pour offrir une puissance et une sûreté accrues qui a également été construit, avec plus ou moins de difficultés, en Chine, en Finlande et en France.

L’EPR est un projet phare pour l’électricien français EDF, qui prévoit d’en livrer au gigantesque projet indien de Jaitapur, mais doit aussi répondre à la probable relance d’un programme nucléaire en France.

Aujourd’hui, deux centrales sont en marche, en Chine et en Finlande. En Finlande, l’autorité de sûreté nucléaire a autorisé fin décembre le démarrage du réacteur nucléaire EPR d’Olkiluoto 3, après 12 ans de retard sur le chantier, le premier pour un réacteur de ce type.

Jusqu’alors, la centrale de Taishan, près de Hong Kong, était le seul site en service, mais son réacteur numéro 1 est à l’arrêt depuis juillet 2021 après un incident « technique« , qualifié de « courant » par Pékin.

Puissance très élevée

Lancée en 1992, cette technologie a été codéveloppée par le français Areva et l’allemand Siemens au sein de leur filiale commune, dont Siemens s’est depuis retiré.

EDF a finalement pris le contrôle de l’activité lors de la réorganisation de la filière nucléaire française orchestrée par l’État.

Conçu pour fonctionner pendant 60 ans, l' »European Pressurized Water Reactor » se fonde sur la technologie des réacteurs à eau sous pression, la plus utilisée dans le monde.

Il offre une puissance très élevée (1.650 mégawatts) et bénéficie d’une multiplication des systèmes de sauvegarde pour refroidir le cœur du réacteur en cas de défaillance, d’une coque de protection en béton et acier et d’un récupérateur de corium censé réduire les conséquences en cas d’accident grave.

Retards en France et Finlande

Le premier chantier a été lancé à Olkiluoto (Finlande) en 2005, pour le compte de l’électricien TVO, avec Areva et Siemens comme maîtres d’œuvre. Il devait s’achever en 2009, mais contretemps et dérapages budgétaires se sont accumulés et il a démarré avec près de 12 ans de retard. Pour autant, sa production régulière a été repoussée à décembre 2022, après l’observation de « corps étrangers » dans le réchauffeur de vapeur de la turbine.

Le seul EPR français en chantier, depuis 2007, est à Flamanville (Manche) et a également accumulé les déconvenues, à cause d’anomalies sur l’acier du couvercle et du fond de la cuve et de problèmes de soudures.

Avec onze ans de retard et un coût multiplié par près de quatre, le groupe vise maintenant un chargement du combustible au second trimestre 2023 et il faudra changer avant fin 2024 le couvercle de la cuve.

En service en Chine; surcoûts en Angleterre

Concernant les deux EPR chinois, Taishan 1 a été le premier au monde à entrer en service, en décembre 2018, bien que le chantier ait commencé en 2009, après celui de Flamanville. Il est aujourd’hui arrêté depuis plus d’un an, le deuxième est en service.

L’EPR a été retenu pour un projet de deux réacteurs à Hinkley Point en Angleterre.

Le début de production d’électricité par le premier réacteur britannique est à présent prévu mi-2027 au lieu de fin 2025 comme annoncé initialement, avec des coûts rehaussés.

Quant au projet de Sizewell C, mené par EDF, il s’est trouvé plombé par les retards, du fait de difficultés de financements et de complications politiques britanniques, jusqu’à ce que le gouvernement donne son feu vert mercredi.

EDF a pour autant bon espoir de vendre de nouveau l’EPR à l’étranger, tablant sur la volonté des pays d’améliorer leur bilan climatique et notamment de moins dépendre du charbon.

Il table sur la vente de six EPR pour la future centrale de Jaitapur, et discute avec des pays européens comme la Pologne ou la République Tchèque.

En France même, pays le plus nucléarisé au monde (par habitant), le gouvernement soutient la commande de six voire 14 réacteurs, pour une mise en service attendue au mieux en 2035-2037.

En attendant, EDF travaille sur une nouvelle version de l’EPR, l' »EPR2« , censé être « plus simple à construire« , bénéficiant d’un effet de série (construction par paires), de préfabrication en usine, et « totalement conçu de façon numérisée« , selon EDF.

Par AFP, parue le 20 juillet 2022 à 17h01

Photo en titre : centrale nucléaire de Sizewell (Wikipédia)

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/lepr-fleuron-du-nucleaire-francais-aux-deboires-multiples-220720

RENATIONALISATION D’EDF : TOUT COMPRENDRE EN SEPT QUESTIONS

L’annonce avait été le fait marquant du discours de politique générale d’Élisabeth Borne à l’Assemblée nationale le 6 juillet : la décision de l’État de renationaliser totalement EDF, dont il possède déjà 84% du capital. Une initiative qui soulève de nombreuses interrogations, tant la situation de l’énergéticien est fragile entre sa dette massive, l’état de son appareil industriel et la volonté de relancer un vaste programme nucléaire. Alors pourquoi l’État reprend-il 100% du capital d’EDF ? Combien cela va-t-il lui coûter ? La renationalisation va-t-elle permettre d’éviter la scission du groupe que réclame Bruxelles ? La Tribune fait le point sur une opération financière qui engage l’avenir énergétique de la France.

Pourquoi l’État renationalise EDF ?

L’État détient déjà près de 84% du capital d’EDF. Alors pourquoi s’emparer de la totalité des parts de l’entreprise ? L’entreprise se trouve aujourd’hui en grandes difficultés, minée par une dette colossale de 41 milliards d’euros fin 2021, qui pourrait flamber à plus de 60 milliards d’euros à la fin de l’année. Son activité pâtit, par ailleurs, de la faible disponibilité du parc nucléaire où seule la moitié des 56 réacteurs fonctionnent, les autres étant à l’arrêt pour des opérations de maintenance ou à cause de problèmes de corrosion. Pourtant, l’entreprise doit relever un immense défi industriel : construire six nouveaux réacteurs dans les prochaines années, voire 14 si nécessaires, dans le cadre du très ambitieux programme de relance du nucléaire annoncé en février par Emmanuel Macron.

Pour mener à bien le redressement d’EDF, l’État veut avoir les mains libres. Ce qui signifie ne pas avoir à consulter les 16% d’actionnaires privés dans des discussions qui retardent de plusieurs semaines les décisions. La montée au capital de la puissance publique vise aussi à rassurer les créanciers de l’entreprise, afin d’éviter que la confiance dans la solvabilité du groupe ne s’érode et plombe un peu plus ses capacités financières.

Comment l’État va-t-il s’y prendre ?

Le gouvernement a opté pour une OPA (offre publique d’achat) simplifiée, qui permet de racheter les 16% d’actions privées restantes d’EDF. Il suffit à l’État d’atteindre 90% du capital pour ensuite récupérer automatiquement 100% des parts comme le prévoient les règles des marchés financiers. L’offre de rachat est de 12 euros par action, soit une prime de 50% par rapport au cours boursier avant l’annonce de la nationalisation par Élisabeth Borne le 6 juillet dernier. En plus, l’État actionnaire propose de racheter 15,64 euros les obligations (émissions de dette d’EDF) de l’entreprise pour désendetter l’entreprise et ainsi renforcer son bilan.

Combien cela va-t-il coûter ?

Le ministère de l’Économie et des Finances précise que l’État va mettre 9,7 milliards d’euros sur la table, dont 2,1 milliards dédiés au rachat d’obligations. Bercy assure avoir calculé la valeur intrinsèque de l’énergéticien à partir de ses futures rentrées d’argent et de sa cotation en Bourse pour proposer, à la fois, un prix juste aux yeux des actionnaires et pour les finances publiques.

Quel est le calendrier ?

Première étape fondamentale: obtenir l’accord du Parlement, où le gouvernement n’a pas de majorité absolue. L’Hémicycle devra voter cet été une loi de finances rectificative afin de débloquer 9,7 milliards d’euros de crédits indispensables au financement de l’opération.

Si tel est le cas, l’État prévoit ensuite de déposer son projet d’OPA auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) début septembre, puis une ouverture de l’offre les derniers jours de septembre jusqu’à mi-octobre. Il espère ensuite que le retrait obligatoire (qui peut intervenir une fois que l’État détient 90% du capital) et la radiation des actionnaires interviennent à la fin octobre, à la veille d’un hiver très tendu pour le système électrique tricolore. Sur le temps long, Bercy indique à l’AFP que l’opération garantit de pouvoir préparer « avec plus de sérénité des chantiers à extrêmement long terme » chez EDF.

Quid des petits actionnaires ?

La colère des petits actionnaires plane sur l’opération, en particulier ceux qui avaient acheté leurs actions EDF en 2005 au prix fort de 32 euros l’unité. L’offre de l’État à 12 euros par action pourrait ne pas les satisfaire car elle entraîne une perte sèche sur leur investissement initial. À ces inquiétudes, Bercy répond que « lorsque vous investissez dans une entreprise cotée en Bourse, l’ensemble des investisseurs encourt un risque [de perte, ndlr] de capital ».

Une association regroupant des actionnaires salariés d’EDF a déjà promis de contester l’offre de l’État de 12 euros par action. Ces derniers risquent néanmoins de ne pas avoir voix au chapitre si l’État monte à 90% du capital. Ils seront alors forcés par la loi d’accepter les conditions de l’OPA.

Bruxelles doit-elle donner son feu vert ?

Non, l’État n’a pas besoin de demander une autorisation à la Commission européenne pour redevenir l’actionnaire unique d’EDF. En revanche, Bruxelles va continuer de veiller de manière très sourcilleuse aux règles de la concurrence sur le marché de l’électricité. Ce qui ne simplifie pas la future organisation de l’entreprise. Des négociations doivent donc être poursuivies avec Bruxelles sur la régulation de la vente de l’électricité d’origine nucléaire car le mécanisme de l’Arenh ( pour Accès régulé à l’électricité nucléaire historique, qui permet à tous les fournisseurs d’électricité de s’approvisionner en électricité auprès d’EDF à un tarif bas) touche bientôt à sa fin. Des négociations doivent également être menées sur le financement du nouveau nucléaire.

EDF va-t-il rester un groupe unique ?

La commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager a longtemps réclamé que des « murailles de Chine » soient établies entre les activités nucléaires d’EDF et ses autres activités, dont les renouvelables. Pour répondre à ces exigences, la France avait imaginé le plan Hercule, qui prévoyait de découper EDF en trois entités. Ce plan a été abandonné l’été dernier, mais rien ne dit que Bruxelles n’imposera pas une profonde réorganisation du groupe pour éviter qu’il ne se trouve en situation de monopole dans l’électricité en France. Bruno Le Maire a récemment confié avoir déjà « eu de longues discussions avec Margrethe Vestager sur ce sujet, donc nous reprendrons nos très longues discussions » suite à la renationalisation totale.

Les syndicats et la direction actuelle s’opposent fermement à toute scission. «Il faut garder un EDF unique, (…) dans l’intérêt de la performance du système énergétique et électrique française. Qui peut penser un seul instant qu’on aura un EDF sans renouvelables, quelle utopie ! », s’est indigné le PDG Jean-Bernard Lévy la semaine dernière. Le dirigeant, qui doit céder sa place en septembre, défend l’unité de son groupe qui selon lui « sait tout faire » au sein d’une même structure que ce soit le nucléaire, l’hydraulique ou les énergies renouvelables.

Par Paul Marion, publié le 19 juillet 2022 à18h03

Photo en titre : EDF doit relever l’immense défi de la relance du nucléaire, tout en se trouvant en grandes difficultés financières et industrielles. (Crédits : RÉGIS DUVIGNAU)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/renationalisation-d-edf-tout-comprendre-en-sept-questions-926260.html

«LE CHANGEMENT CLIMATIQUE VA AFFECTER DURABLEMENT LE FONCTIONNEMENT DES RÉACTEURS NUCLÉAIRES»

Face à l’arrêt forcé de nombreux réacteurs dans l’hexagone, Yves Marignac, expert critique du nucléaire et porte-parole de l’association négaWatt, spécialisée dans la transition énergétique, dénonce une trop forte dépendance du pays au nucléaire.

Aujourd’hui, 30 réacteurs sur 56 sont indisponibles selon EDF. Si leur maintenance se déroule traditionnellement pendant l’été, période moins gourmande en électricité, un cumul de facteurs engendre ce nombre inédit de parcs à l’arrêt. Parmi eux, le report d’opérations de maintenance dû à la crise sanitaire, l’arrivée à l’âge de 40 ans de certains dispositifs qui les soumet à un contrôle, des inspections demandées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur plusieurs réacteurs potentiellement sujets à des problèmes de corrosion, ainsi que le pic caniculaire. Cette situation amène déjà EDF à s’inquiéter de la quantité d’énergie disponible pour les deux hivers prochains. Yves Marignac, porte-parole de l’association négaWatt, s’inquiète de conséquences écologiques et d’une potentielle augmentation de la facture d’électricité des Français à cause de cette situation.

Pourquoi autant de réacteurs sont-ils fermés ?

La planification habituelle des opérations de maintenance en période estivale a été compliquée par la crise sanitaire, beaucoup d’opérations ont été reportées et doivent aujourd’hui être effectuées. Le deuxième facteur est celui du «grand carénage», un processus qui correspond au passage des quarante années, et qui permet à l’ASN d’autoriser l’utilisation des réacteurs jusqu’à 50 ans. Le dernier facteur est celui des aléas liés à la «corrosion sous contrainte» (fissures) découverte sur une partie du parc d’EDF. Douze réacteurs sur la totalité des tranches à l’arrêt le sont à cause de ce problème.

(Alice Clair/Valentin Stoquer)

Comment va s’organiser EDF pour continuer à produire de l’électricité nucléaire ?

EDF a très peu de marge de manœuvre. À court terme, les dérogations de l’ASN qui permettent à quatre réacteurs – Golfech (Tarn-et-Garonne), du Blayais (Gironde), Saint-Alban (Isère) et le Bugey (Ain) – de rejeter l’eau qui refroidit les réacteurs au détriment des écosystèmes vont permettre de tenir cet été. Mais la préoccupation est pour cet hiver, quand la demande de chauffage sera très élevée. EDF n’a pas pour habitude de faire des projections alarmistes, au contraire. Pourtant, cette année le facteur de charge (production réelle du parc nucléaire par rapport à la production théorique) s’élèvera à 55 %. Pour un parc comme celui d’EDF, le plus important d’Europe, on est à 80 % quand ça fonctionne bien. Il ne faut pas perdre de vue que le parc peut être confronté à de nouveaux aléas. C’est une situation extrêmement tendue et qui augmente les prix de l’électricité.

Va-t-on manquer d’électricité ?

On n’est pas à l’abri d’avoir de nouveaux aléas. Il y a déjà une précarité énergétique, mais je ne sais pas s’il y a un risque de coupure à grande échelle. Le risque est plutôt celui du délestage, une coupure planifiée et maîtrisée. Le problème est aussi la découverte de nouvelles situations de corrosions. L’examen des réacteurs n’est pas terminé et on manque de personnel qualifié pour résoudre les problèmes découverts. La majorité est mobilisée sur le chantier d’EPR [réacteur pressurisé européen, ndlr]. Concernant le «plan de sobriété» que prépare le gouvernement, il ne faut pas que ce soit les Français en situation précaire – à qui on ne peut demander de réduire leur consommation d’énergie –, qui soient les seuls à faire des efforts. Il faut d’abord cibler les entreprises, les collectivités…

Ces centrales à l’arrêt remettent-elles en question la volonté politique de la France et d’Emmanuel Macron d’être «indépendant» ?

D’abord, le nucléaire repose sur des ressources en uranium importées. Mais surtout, la faible disponibilité actuelle des réacteurs montre au contraire à quel point notre dépendance au nucléaire devient problématique. En renonçant de fait à l’objectif de réduction de la part du nucléaire introduit dans la loi en 2015, Emmanuel Macron a retardé depuis cinq ans les efforts en matière de sobriété, d’efficacité et de renouvelables, qui sont pourtant les meilleurs garants de notre indépendance.

Est-ce que le réchauffement climatique va poser problème à nos réacteurs nucléaires sur le long terme ?

De manière générale, ça vaut pour le nucléaire comme ailleurs. Les projections faites sur les températures sont largement dépassées par la réalité. Le changement climatique va affecter durablement le fonctionnement des réacteurs, même si ce n’est pas au point de menacer directement la sûreté. Mais quand on voit les dérogations prises à court terme pour le rejet des eaux trop chaudes, ça a un impact évident sur l’environnement. On n’est qu’au début des dérèglements climatiques. Le problème va être l’adaptation à ce dérèglement qui ne pourra pas se faire dans l’instant pour les réacteurs d’EDF. On n’a par exemple pas le temps d’adapter massivement le matériel pour tenir des températures plus élevées et plus longtemps que ce pour quoi il a été conçu.

Par Margo Magny, publié le 19 juillet 2022 à 21h13

Photo en titre : Dans la salle du réacteur de l’EPR de Flamanville, le 14 juin. (Adeline Keil/Libération)

https://www.liberation.fr/economie/le-changement-climatique-va-affecter-durablement-le-fonctionnement-des-reacteurs-nucleaires-20220719_7MF5YUQPT5A2ZN2UOUN2LCI5RI/

NUCLÉAIRE: L’AUTODESTRUCTION D’UN SYMBOLE DE L’EXCELLENCE FRANÇAISE

Erreurs stratégiques, cafouillages, rivalités et coups bas ont eu raison du succès des années 70 qui avait permis d’amortir le premier choc pétrolier.

Jusqu’à une date récente, quand on s’inquiétait du coût, du danger potentiel ou des déchets des centrales nucléaires françaises, hommes politiques et ingénieur(e)s des mines levaient les yeux au ciel, l’air accablé par tant d’ignorance, et rétorquaient immanquablement que, grâce au nucléaire, la France était le seul pays d’Europe à disposer d’une énergie aussi bon marché, à l’approvisionnement aussi fiable. Circulez, y a rien à voir.

Pendant toute une période, cela a été en grande partie vrai. La construction du parc nucléaire français, à partir des années 1970, a été un succès. Il a permis d’amortir le choc pétrolier de 1973 et de garantir au pays une certaine indépendance énergétique. L’excellence française en la matière était reconnue dans le monde entier. Et puis, tout est parti en sucette. Incompétence, rivalités et coups bas entre grand(e)s patron(ne)s du secteur, erreurs stratégiques, transferts de compétences aux Chinois, désintérêt voire cafouillages de l’État… Le secteur s’est quasi autodétruit. Cause ou effet : depuis le lancement de sa construction, le réacteur EPR de Flamanville accumule les problèmes ad nauseam (de béton, d’acier, de soudure et maintenant de système de pilotage). Et sa facture est passée en dix-sept ans de 3,3 à près de 20 milliards d’euros selon la Cour des comptes.

Considérablement endettée, confrontée au financement du démantèlement de ses plus vieux réacteurs et de la prolongation de certains autres, et désormais tenue par la promesse d’Emmanuel Macron de construire six nouveaux EPR, EDF est au bord du gouffre, virtuellement en faillite. D’où la décision de l’État de renationaliser l’entreprise dix-sept ans après l’avoir partiellement privatisée. Du grand n’importe quoi. Pour couronner le tout, plus d’un réacteur sur deux est actuellement à l’arrêt pour cause de maintenance ou de problèmes de corrosion, alors même que l’on n’a jamais eu autant besoin du nucléaire pour compenser l’arrêt des importations de gaz russe.

Par Alexandra Schwartzbrod, publié le 19 juillet 2022 à 21h00

Photo en titre : Dans la zone de la piscine, à l’EPR de Flamanville, le 14 juin. (Adeline Keil/Libération)

https://www.liberation.fr/idees-et-debats/editorial/nucleaire-lautodestruction-dun-symbole-de-lexcellence-francaise-20220719_VIOOTHI6SREAVEHVNGLDZO2T3A/

LE TOUR DE PASSE-PASSE AVEC L’ÉNERGIE DE L’OCCIDENT BLANC CONTINUE

Le 5 juillet 2022, le Parlement de l’UE a voté pour que le gaz et l’énergie atomique soient autorisés à porter l’étiquette d’investissement vert et est en cela passé outre tous les résultats des recherches qui démontrent les effets destructeurs de ces énergies sur notre environnement. Les risques de l’énergie atomique sont même encore plus grands que ceux des armes atomiques. Les explosions de centrales atomiques propagent de la radioactivité à proximité du sol et en plus grande quantité que les armes atomiques, altérant toute forme de vie à un degré sans précédent.

Cette décision « verte » a été prise alors que l’Europe est engagée dans une guerre géopolitique avec la Russie (en raison d’un conflit par procuration en Ukraine), ce qui a entraîné une énorme pression sur les sources d’énergie. L’Europe et les États-Unis ont interdit la plupart des transactions économiques avec la Russie, fournisseur de 40 % de l’énergie européenne. Une seconde crise qui impacte la décision est l’inflation mondiale incontrôlée qui a suivi a pandémie de Covid 19. Ces deux phénomènes ont, à certains endroits, fait tripler le prix de l’énergie, et le prix de l’essence aux États-Unis est passé à 6 ou 7 dollars le gallon, alors qu’il y a à peine 2 mois de cela, il était de 2 à 3 dollars.

Les mêmes puissances politiques qui ont nié pendant des décennies l’influence humaine sur notre environnement manipulent à présent le terme d’énergies renouvelables en tentant de maquiller le gaz et l’énergie nucléaire en énergies vertes. Si, il y a 30 ans, ces mêmes puissances avaient augmenté le prix du pétrole au niveau actuel et investi cet argent dans les énergies renouvelables, les coûts énergétiques aujourd’hui auraient été minimes pour tout le monde et auraient affaibli le pouvoir des pays pétroliers. Il va de soi que cette solution pour les pays dits « industrialisés » aurait été trop simple et pour notre société trop coûteuse, qui versent maintenant cet argent directement aux compagnies pétrolières privées (qui ne le réinvestissent pas dans les énergies renouvelables).

Il est intéressant de se pencher sur deux pays dont la situation actuelle ne pourrait être plus différente : le Costa Rica, qui a commencé à investir dans les véritables énergies renouvelables il y a 30 ans, et la France, qui a choisi d’investir dans l’énergie nucléaire. Aujourd’hui, l’énergie est gratuite au Costa Rica et le pays produit plus qu’il ne peut consommer, alors que la France est actuellement confrontée à une terrible crise énergétique.

Selon le Dr. Paul Dorfman, Associate Fellow à la SPRU University of Sussex,« le groupe nucléaire EDF est lourdement endetté et fait face à une facture faramineuse, qui pourrait s’élever jusqu’à 100 milliards d’euros, pour continuer à faire fonctionner sa flotte nucléaire vieillissante. Le fleuron de l’EDF, le réacteur EPR, partout où il est construit, est d’un prix exorbitant et a pris du retard. »

Il est temps de revoir nos modèles et nos objectifs et de nous concentrer davantage sur un développement à long terme plutôt que sur les avantages politiques à court terme. Cette crise causée par l’homme doit être appréhendée par tout le monde, aucun gouvernement ne se chargera de cette tâche pour nous. La « démocratie formelle » de l’Occident blanc est morte et n’a aucun avenir. Nous devons construire une nouvelle culture qui placera l’avenir au premier plan et nous conduira à la production d’énergies sûres et renouvelables, auxquelles tout le monde aura accès.

Par Pressenza Muenchen, publié le 19 juillet 2022 (Cet article est aussi disponible en: Anglais, Espagnol, Italien, Allemand)

https://www.pressenza.com/fr/2022/07/le-tour-de-passe-passe-de-lenergie-de-loccident-blanc-continue/

BURE : FESTIVAL LES BURE’LESQUES À HÉVILLIERS LES 5-6-7 AOÛT 2022

Le festival de résistance au projet toxique d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo/Bure pose ses chapiteaux à Hévilliers, sur un magnifique terrain vallonné, comme en 2019.

On remet le couvert, pour une 3ème édition bourrée d’énergies et de talents multiples contre le nucléaire et son monde. À bientôt dans le sud meusien !

Bure : où en est-on ?

Le « labo » sans déchets nucléaires de Bure tente de se transformer en Cigéo, méga-stockage atomique. Une demande de déclaration d’utilité publique (DUP) est en cours actuellement. Elle permettrait à l’Andra d’engager de lourds travaux préparatoires et d’exproprier les derniers propriétaires récalcitrants. Les bouleversements sur notre territoire commenceraient, avant même toute demande d’autorisation de création (DAC) réglementaire.

Cigéo : des impacts considérables, parlons-en !

L’étude d’impact produite par l’Andra dans le cadre de la DUP a été largement critiquée par l’Autorité environnementale début 2021. Des communes et des collectivités ont posé de sérieuses réserves. Les impacts de Cigéo seraient considérables : dévalorisation du territoire, rejets contaminants dans l’air, risques liés aux déchets radioactifs enfouis (explosion, incendie), biodiversité en péril, danger des transports nucléaires ou encore énormes inconnues quant aux effets sur les cours d’eau tels Orge, Saulx, Ormançon. Il est plus qu’urgent de s’interroger sur une possible pollution et sur la raréfaction de cette ressource essentielle… à la vie.

Enfouir les déchets radioactifs : pari fou et mission impossible, cela se vérifie chaque jour. L’Andra est incapable d’apporter des réponses aux inconnues majeures. Elle les repousse à plus tard, lorsqu’elle aura l’autorisation de construire Cigéo, pas rassurant !

Pour avoir le programme complet : https://burefestival.org/IMG/pdf/blsq_depliant_6pages.pdf

Pour retrouver flyers et dépliants, cliquer sur : https://burefestival.org/Affiche-et-flyers-2022

Un petit aperçu de la précédente édition, en attendant de nous retrouver à Hévilliers les 5-6-7 août 2022, le teaser ! https://burefestival.org/Accueil

Pour retrouver les 2 précédentes éditions, cliquer sur : https://burefestival.org/Precedentes-editions

 

BELGIQUE ET NUCLÉAIRE: VERS UN « ACCORD DE PRINCIPE » AVEC ENGIE AVANT LE 21 JUILLET

D’après plusieurs sources, le gouvernement s’apprêterait à présenter un « accord de principe » autour de la prolongation du nucléaire avant la fête nationale. Celui-ci servirait de cadre à la suite des négociations avec Engie, avec décembre comme date ultime.

L’horloge tourne, « les négociations avancent bien » selon les uns et « les discussions sont très difficiles » selon les autres, mais il nous revient aujourd’hui qu’il faudra attendre le mois de décembre prochain pour voir un accord définitif avec Engie autour de la prolongation de nos deux réacteurs nucléaires les plus récents.

En attendant, nous apprenons à plusieurs sources – et comme l’avait laissé entendre récemment la ministre de l’Énergie -, que le gouvernement ne partira pas en vacances sans donner aux Belges quelque chose à se mettre sous la dent. Aussi, un « accord de principe » sur la prolongation du nucléaire sera présenté par l’exécutif avant le 21 juillet.

Initialement promis pour le mois de juin, l’accord entre l’opérateur des centrales nucléaires, et le gouvernement belge, représenté par le Premier ministre Alexander De Croo (Open-Vld) et la ministre de l’Énergie Tinne Van der Straeten (Groen), clé de la politique énergétique des dix années à venir, ne verra pas le jour avant la fin de l’été. Et sa mouture définitive ne serait validée qu’en Décembre prochain.

« Cadrer les négociations« 

Loin de la fumée blanche, l' »accord de principe » – une lettre d’intention en réalité – ne porterait ici que sur le principe de la négociation à venir elle-même. Comme répété à de nombreuses reprises depuis près de deux ans, Engie ne voit plus d’intérêt à prolonger deux réacteurs belges et, pour le convaincre, le gouvernement devra satisfaire certaines conditions. Ici, donc, l' »accord de principe » vise à donner un cadre pour les négociations à venir, avec décembre pour date butoir.

En filigranes, on comprend que les discussions ayant eu lieu jusqu’ici n’auraient en réalité eu pour but que de convaincre Engie… à bien vouloir négocier.

Conditions

La ministre de l’Énergie et le Premier l’ont toujours admis, l’exercice est difficile. Dans une lettre adressée à Alexander De Croo, Engie avait d’ailleurs fait part de sa volonté que l’État cofinance la prolongation des réacteurs visés: Doel 4 et Tihange 3. En outre, il nous est revenu régulièrement que la question du « partage des risques«  de la prolongation était cruciale pour l’énergéticien et qu’il était hors de question pour lui qu’il endosse seul la responsabilité du projet.

Lire aussi : Le texte qui oblige Engie à rembourser les provisions nucléaires approuvé en première lecture

En parallèle, l’alimentation par Engie des fonds destinés au démantèlement des centrales et à la gestion du combustible usé – les provisions nucléaires – pourrait bien faire partie des conditions soumises à l’État en vue des négociations à venir. Jusqu’aujourd’hui, Engie a provisionné quelque 14 milliards d’euros pour gérer la fin de vie des centrales.

Les prochaines heures nous diront quelles conditions le gouvernement consentira à étudier dans la seconde partie des négociations. En espérant que le coût de la prolongation reste sous contrôle.

Par Maxime Vande Weyer , publié le 19 juillet à 15h55

Photo en titre : La ministre de l’Énergie Tinne Van der Straeten et le Premier ministre Alexander De Croo sont mandatés par le gouvernement pour négocier avec Engie. ©BELGA

https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/federal/nucleaire-vers-un-accord-de-principe-avec-engie-avant-le-21-juillet/10402644.html

PRAGUE MISE SUR LE NUCLÉAIRE DANS SON EFFORT DE TRANSITION CLIMATIQUE

Si l’Allemagne et l’Autriche poussent pour la sortie du nucléaire, leurs voisins accélèrent au contraire le recours à cette énergie. La République tchèque, enclavée au cœur de l’Europe, investit des milliards de couronnes pour construire de nouvelles centrales. Les travaux doivent commencer en 2029 et devraient durer sept ans.

Lorsque le Parlement européen a accepté d’accorder le label d’investissement vert au nucléaire et au gaz, de nombreux physiciens tchèques ont affiché leur soulagement.

Lire aussi : L’Autriche va saisir la justice de l’UE pour dénoncer le label vert accordé au gaz et au nucléaire

« La taxonomie demeure une autre bureaucratie et le restera, mais si le nucléaire est inclus dans la taxonomie, la situation sera un peu meilleure pour le nucléaire« , explique Vladimír Wagner, physicien nucléaire.

À l’instar de la France, la République tchèque pousse pour inclure cette ressource dans les énergies de transition. Le pays produit 40% de son électricité à partir du nucléaire.

En tant que présidence semestrielle de l’Union européenne, la République tchèque devra trouver des réponses face à l’augmentation de la facture énergétique. Mais Prague devra aussi mener l’ambition climatique de l’UE avec à l’esprit la menace d’une rupture des approvisionnements en gaz russe.

« Nous devons fournir suffisamment d’énergie pour chauffer les maisons, pour permettre aux industries de travailler dans de bonnes conditions. Cela ne signifie pas que nous abandonnons le Pacte vert mais devons revoir notre façon de faire« , insiste le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Lipavský.

La Commission européenne présentera mercredi son plan pour économiser le gaz cet hiver. Les consommateurs et les entreprises seront appelés à baisser le chauffage et à faire des économies d’énergie. Elle pourrait aussi demander aux États membres de suspendre la sortie du nucléaire.

Par Méabh Mc Mahon  & Euronews, publié le 18/07/2022 à 14h57

Photo en titre : La République tchèque compte s’appuyer sur ses centrales nucléaires   –   Tous droits réservés  Petr David Josek/AP

https://fr.euronews.com/my-europe/2022/07/18/prague-mise-sur-le-nucleaire-dans-son-effort-de-transition-climatique

NUCLÉAIRE: L’IRAN ASSURE AVOIR LA « CAPACITÉ » DE FABRIQUER LA BOMBE ATOMIQUE

L’Iran « a les capacités techniques de fabriquer une bombe nucléaire », a déclaré ce 17 juillet Kamal Kharrazi, président du Conseil stratégique des relations internationales, Ce conseil dépend du ministère des Affaires étrangères iranien.

Dans des déclarations à Al-Jazeera publiées sur le site de la chaîne du Qatar, il a ajouté que l’Iran avait mené de « vastes manœuvres pour pouvoir frapper Israël en profondeur si ses installations sensibles sont prises pour cibles ».

Kamal Kharrazi, ancien ministre des Affaires étrangères du président réformateur Mohammad Khatami (1997-2005), a toutefois assuré que son pays n’avait « pas pris la décision de fabriquer une bombe atomique. »

Israël, qui considère l’Iran comme son ennemi numéro un, s’oppose à une relance de l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien –censé empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique en échange de la levée de sanctions asphyxiant son économie– dont les États-Unis s’étaient désengagés en 2018.

Voir : Israël – Iran : la guerre de l’ombre

L’Iran et Israël, considéré par les experts comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, se livrent aussi une « guerre de l’ombre » à coups de cyberattaques, d’attaques en mer ou d’accusations d’assassinats notamment.

Les propos de Kamal Kharrazi interviennent alors que les négociations entre Téhéran et les grandes puissances dont Washington, pour relancer l’accord de 2015 sont bloquées depuis mars.

Pacte de sécurité entre les États-Unis et Israël

Elles surviennent aussi au lendemain de la fin de la première tournée au Moyen-Orient du président américain Joe Biden, qui a signé jeudi en Israël avec le Premier ministre israélien Yaïr Lapid un pacte de sécurité engageant les États-Unis à ne jamais permettre à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire.

Ce pacte est « un grand signe de la tromperie et de l’hypocrisie » des États-Unis car « ils ferment les yeux sur le régime sioniste en tant que […] le plus grand détenteur de l’arsenal d’armes nucléaires dans la région« , a réagi dimanche matin le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani. L’Iran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique. 

Par TV5MONDE, (et AFP), publié le 18 juillet 2022 à 19h18

Photo en titre : Le directeur de l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi rencontre Behrouz Kamalvandi, le représentant iranien de l’agence iranienne sur l’énergie atomique ce 22 novembre 2021. Le 10 juillet 2022, l’Iran avait annoncé relancer l’enrichissement de son uranium. AP.

https://information.tv5monde.com/info/nucleaire-l-iran-assure-avoir-la-capacite-de-fabriquer-la-bombe-atomique-464860

CETTE CENTRALE NUCLÉAIRE PRÈS DE GRENOBLE AUTORISÉE À METTRE EN DANGER LA NATURE

La centrale nucléaire de Saint-Alban, en Isère, bénéficie d’une dérogation accordée par l’Autorité de sûreté nucléaire qui lui permet de rejeter les eaux chaudes dans le Rhône.

Un passe-droit pour les centrales nucléaires. Alors que la France est plongée dans une vague de chaleur extrême, le parc nucléaire souffre aussi de la canicule. La centrale de Saint-Alban bénéficie d’une dérogation qui lui permet d’outrepasser les restrictions en vigueur. 

La production d’électricité va-t-elle diminuer en France ? On vous explique. 

À lire aussi : Pourquoi faut-il baisser sa vitesse de 20 km/h à Grenoble et dans le Nord-Isère ?

Une dérogation pour que les centrales fonctionnent 

À l’image de tous les Français et de tous les secteurs professionnels, les centrales nucléaires sont soumises à des restrictions et des contraintes durant la canicule. Malgré ces restrictions en vigueur, la centrale de Saint-Alban, au sud de l’Isère bénéficie d’une dérogation. 

Cette autorisation spéciale concerne le rejet d’eau utilisée dans la centrale nucléaire. Durant la canicule, l’immense majorité des réacteurs nucléaires sont à l’arrêt. Quatre centrales ont bénéficié d’une dérogation qui leur permet de fonctionner malgré les chaleurs extrêmes. 

La demande effectuée par EDF et RTE concerne les centrales de Saint-Alban en Isère, Golfech (Tarn-et-Garonne), du Blayais (Gironde) et plus récemment celle du Bugey dans l’Ain

Le rejet d’eau chaude autorisé

Cette dérogation concerne principalement le rejet d’eau dans les cours d’eau. En ce qui concerne la centrale de Saint-Alban, les eaux utilisées pour la création d’électricité sont rejetées dans le Rhône. 

Utilisées pour refroidir les réacteurs, les eaux rejetées sont particulièrement chaudes. La température de l’eau représente un risque pour la faune et la flore voisine de la centrale nucléaire. 

Pour l’heure l’Autorité de sûreté nucléaire a donné son feu vert pour la dérogation jusqu’au 8 août inclus. RTE précise à l’AFP  « qu’il n’y a aucun risque concernant l’alimentation électrique des Français et cette demande n’est pas liée à la consommation d’électricité ». 

Par Ugo Maillard, publié le 19 juillet 2022 à 10h41, mis à jour le 19 juillet 2022 à 12h07

Photo en titre : La centrale nucléaire de Saint-Alban rejette des eaux chaudes dans le Rhône. (©Capture GoogleStreetView)

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https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/saint-alban-du-rhone_38353/cette-centrale-nucleaire-pres-de-grenoble-autorisee-a-mettre-en-danger-la-nature_52548679.html

RENATIONALISATION D’EDF : LES SALARIÉS ACTIONNAIRES DÉNONCENT UNE SPOLIATION ET ATTAQUENT L’ÉTAT EN JUSTICE

Des actionnaires salariés et anciens salariés d’EDF portent plainte contre l’État, actionnaire majoritaire de l’électricien avec près de 84% du capital. Regroupés au sein d’une association, ils estiment que la mauvaise gestion de l’entreprise par les pouvoirs publics depuis l’entrée en Bourse en 2005 explique la faiblesse du cours de l’action et « a pour conséquence de spolier gravement de très nombreux épargnants« . Explications.

La renationalisation d’EDF et sa sortie de Bourse ne se fera pas sans encombre pour l’État, qui détient près de 84% du capital de l’électricien. En effet, l’association Énergie en actions, qui regroupe des actionnaires salariés et anciens salariés d’EDF, a décidé de porter plainte contre ce dernier. Elle l’a fait savoir hier, dimanche 17 juillet, par voie de communiqué.

L’association explique ainsi « introduire une plainte au pénal avec constitution de partie civile contre l’État en tant qu’actionnaire majoritaire d’EDF pour mise en difficulté de l’entreprise au mépris de l’intérêt social de celle-ci et des intérêts de ses actionnaires minoritaires, du fait de décisions inconsidérées et spoliatrices ».

« Spoliation » des épargnants

« Aujourd’hui l’État doit rendre des comptes sur la gestion exercée en tant qu’actionnaire ultra-majoritaire de l’entreprise, gestion qui a pour conséquence de spolier gravement de très nombreux épargnants », estime l’association.

Pour rappel, le 6 juillet dernier, la Première ministre Élisabeth Borne a officialisé la volonté de l’État de renationaliser entièrement EDF, actuellement en grande difficulté financière. Pour réaliser cette opération le plus rapidement possible, l’exécutif va passer par les mécanismes de marché. Il va ainsi lancer une offre publique d’achat, suivie d’un retrait obligatoire pour acquérir les quelque 16% du capital qu’il ne détient pas dans EDF.

Actuellement, un peu plus de 15% du capital est détenu par les actionnaires individuels et institutionnels, tandis que les actionnaires salariés détiennent à peine plus de 1% du capital.

« Chute vertigineuse » de l’action et flambée de la dette

Pour retirer EDF de la cote, l’État devra convaincre suffisamment d’actionnaires de vendre leurs titres pour détenir 90% du capital. À partir de ce seuil, l’actionnaire (l’État français en l’occurrence) a alors la possibilité de retirer la société de la Bourse, car les titres restants aux mains du public sont obligatoirement apportés à une offre publique de retrait obligatoire (OPRO), même si les actionnaires restants ne sont pas d’accord sur le prix proposé.

Le défi pour l’État consiste donc à atteindre ce seuil de 90%. Son seul levier pour convaincre les actionnaires de vendre leurs actions est la prime qu’il peut offrir par rapport à son cours actuel. Les enjeux autour de cette prime ne sont pas négligeables.  Si elle était jugée trop basse, cela pourrait provoquer la grogne des petits actionnaires, dont certains ont acheté leurs actions au prix fort.

« La gravité des dommages infligés à l’entreprise s’illustre dans la chute vertigineuse de la valeur de l’action dont le cours est passé de 32 euros lors de l’ouverture du capital au public fin 2005 à 7,4 euros au moment de la déclaration le 6 juillet 2022 par la Première Ministre », pointe justement l’association d’actionnaires salariés.

Les plaignants déplorent également « l’augmentation non moins vertigineuse de l’endettement », qui s’élevait à 43 milliards d’euros fin 2021. Dans cette escalade, ils condamnent notamment le mécanisme de l’Arenh (l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique), qui oblige EDF à vendre une partie de sa production nucléaire à prix cassés à ses concurrents. Ce mécanisme a été mis en place en 2010 en vertu de la loi Nome, qui a ouvert la concurrence sur le marché de la fourniture d’électricité, voulue par Bruxelles dès 1996.

L’Arenh dans le collimateur

En 2012, le tarif de vente de l’Arenh a été fixé à 42 euros le mégawattheure, mais n’a jamais été réévalué depuis. Un prix qui, aujourd’hui, ne couvre plus les coûts de production de l’électricien. Jean-Bernard Lévy, patron d’EDF sur le départ, n’a d’ailleurs pas hésité à qualifier à plusieurs reprises ce mécanisme de « poison » pour l’entreprise.

Par ailleurs, en mars dernier, le gouvernement a imposé à EDF, par décret, d’augmenter de 20% la production de 100 térawattheures (TWh) vendue dans le cadre de l’Arenh. Une mesure qui devrait lui « coûter » cher : 10 milliards d’euros de manque à gagner sur l’année, selon les dernières estimations d’EDF présentées début mai. De quoi pousser Jean-Bernard Lévy, avec qui les relations s’étaient tendues, à déposer un recours gracieux contre l’État.

Énergie en actions fustige également l’arrêt des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim, déconnectée définitivement du réseau le 29 juin 2020. Une « fermeture imposée pour des raisons purement politiques », dénonce l’association, qui souligne que « le protocole conclu entre l’État et EDF, censé indemniser l’entreprise n’a jamais été détaillée aux actionnaires malgré différentes demandes formulées ».

Le titre EDF suspendu

Les plaignants dénoncent enfin la pression exercée par l’État sur EDF pour l’acquisition de plusieurs entreprises, comme Photowatt en 2012, alors en redressement judiciaire, ou celle, en cours de finalisation, des turbines Arabelle de General Electric. L’association pointe également la participation d’EDF au sauvetage d’Areva, au bord de la faillite, avec la prise de contrôle d’une activité rebaptisée Framatome, « alors même qu’EDF avait toujours refusé de construire des composants de centrales » précise le communiqué.

Le titre d’EDF a été suspendu mercredi dernier à la Bourse de Paris, le temps de permettre à l’État de préciser, au plus tard mardi 19 juillet avant l’ouverture de la Bourse, les modalités de la renationalisation de l’énergéticien. Selon le projet de loi de finances rectificative, l’État est prêt à mobiliser 12,7 milliards d’euros pour EDF, à la fois pour sa nationalisation, mais aussi pour d’autres opérations non précisées d’ici la fin de l’année. Le rachat des minoritaires devrait déjà lui coûter entre 6 et 7 milliards d’euros, selon les premières estimations du marché. Une facture qui risque d’être plus salée, selon des proches du dossier.

Par Juliette Raynal, publié le 18 juillet 2022 à 14h45

Photo en titre : Crédits : PASCAL ROSSIGNOL

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/renationalisation-d-edf-les-salaries-actionnaires-denoncent-une-spoliation-et-attaquent-l-etat-en-justice-926028.htmla

CANICULE : LE PARC NUCLÉAIRE EST-IL PRÊT À RÉSISTER À DE NOUVEAUX RECORDS DE TEMPÉRATURE ?

Communiqué de presse du 18 juillet 2022 – Alors que la France est frappée par une vague de chaleur exceptionnelle, le Réseau « Sortir du nucléaire » exprime ses interrogations quant à la capacité de certains matériels à assurer un fonctionnement correct en période caniculaire.

Des matériels en surchauffe ?

Alors que les vagues de chaleur sont appelées à se multiplier et s’intensifier, la tenue du parc nucléaire existant à ces phénomènes extrêmes est une question cruciale. Or, plusieurs avis publiés par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) ces dernières années laissent entrevoir des interrogations persistantes à ce sujet. Ainsi, il apparaît que « de faibles marges existent entre les températures calculées dans les locaux et les températures admissibles pour de nombreux matériels, notamment de sauvegarde », ce qui « constitue une fragilité de la démonstration de la protection des installations contre les « grands chauds » [1] , et ce d’autant plus que les calculs thermiques réalisés par EDF présentent un certain nombre d’approximations.

En particulier, la question se pose pour les diesels de secours, censés venir en renfort en cas de perte d’alimentation électrique pour permettre la poursuite du refroidissement et l’arrêt des réacteurs dans des conditions sûres. L’IRSN indique ainsi que ceux-ci, en cas de température extérieure trop élevée, pourraient ne pas fonctionner à la puissance requise, posant la question de leur capacité à assurer leur mission [2]. Un constat d’autant plus inquiétant que le recours à ces équipements cruciaux n’est pas rare [3] et que nombre d’entre eux sont déjà dans un état qui laisse à désirer, notamment en raison d’une maintenance défaillante [4] Et si des diesels dits « d’ultime secours » (DUS) ont été installés sur les centrales suite à l’accident de Fukushima pour pallier une défaillance des diesels de secours due à des événements exceptionnels, ces DUS présentent déjà des dysfonctionnements… et leur tenue aux températures extrêmes pose elle-même question [5] !

Pour certains sites, des incertitudes ont été pointées du doigt dès mars 2020. Ainsi, les diesels de secours du réacteur n°1 du Tricastin sont capables d’assurer leur mission « hors agression canicule ». Et pour ceux de la centrale du Bugey, « les éléments présentés à ce jour par EDF ne permettent pas d’avoir une confiance suffisante concernant les marges affichées par EDF entre la puissance disponible des groupes électrogènes diesels de secours et la puissance requise, en situation estivale (grands chauds) et pour l’agression canicule. » [6] Si des tests sont effectués depuis plusieurs années sur l’ensemble du parc, leurs résultats ne sont pas connus à ce jour. Faute d’information, il ne reste donc plus qu’à espérer que l’utilisation des diesels de secours ne sera pas nécessaire !

La vulnérabilité du parc nucléaire au changement climatique doit être réévaluée

Par ailleurs, la méthodologie de calcul par EDF de l’aléa canicule était présentée comme insatisfaisante [7]. Un point d’autant plus préoccupant que de nouveaux records de température sont régulièrement battus, ce qui soulève la question du dimensionnement de certains équipements par rapport à des températures « extrêmes » bientôt obsolètes.

Cette vulnérabilité des centrales aux fortes chaleurs vient s’ajouter aux autres risques liés au changement climatique les concernant : baisse du débit des cours d’eau laissant présager pertes de production, conflits d’usage, montée du niveau de la mer et risque de submersion sous-estimé pour les sites côtiers… Sans compter les impacts sur la biodiversité engendrés par les rejets d’eau chaude des réacteurs dans des milieux aquatiques déjà fragilisés, alors qu’EDF vient de se voir accorder une dérogation autorisant quatre centrales à dépasser les limites de température imposées au titre de la protection de l’environnement !

Alors que la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes est malheureusement inéluctable, le projet d’Emmanuel Macron de prolonger massivement un parc nucléaire vulnérable témoigne d’un dangereux aveuglement. Aux catastrophes climatiques, n’ajoutons pas un accident nucléaire ! Plutôt que de se leurrer avec une technologie dangereuse et peu fiable, l’urgence exige de bâtir dès maintenant un futur énergétique sobre, renouvelable et résilient.

Contacts presse :

– Martial Chateau – 06 45 30 74 66

– Laure Barthelémy – 06 58 02 87 22

Notes :

[1] Cf avis du 31 mars 2020, p. 46

[2] Cf avis du 27 avril 2022 : « L’IRSN a mené une expertise, présentée dans l’avis, des critères à retenir lors des essais périodiques visant à contrôler les températures des fluides auxiliaires des diesels des réacteurs de 900 MWe et de 1300 MWe. Cette expertise a mis en évidence que le respect de ces critères ne permet pas de garantir un refroidissement suffisant des diesels avec la puissance requise en cas de température extérieure élevée. la capacité des diesels à fournir la puissance requise en situation accidentelle pour alimenter les matériels nécessaires au repli et au maintien du réacteur dans un état sûr pourrait être remise en cause en situation de grand chaud. »

[3] Voir par exemple en juin 2022 au Blayais

[4] Par exemple, ce diesel de secours hors service pendant plusieurs semaines à la centrale de Chinon en raison d’une intervention de maintenance mal faite, ou ce problème générique qui a récemment touché un grand nombre de ces équipements sur le parc..

[5] Comme l’indique cet article de Capital, les critères initiaux de fonctionnement par températures extrêmes (jusqu’à +49°C et – 35 °C) auraient été abandonnés suite aux difficultés techniques rencontrées par les fabricants.

[6] Cf avis du 31 mars 2020, p.15.

[7] Cf avis IRSN du 31 mars 2020, p.45 : « Pour ce qui concerne la caractérisation de l’aléa, l’IRSN considère qu’EDF doit revoir certains aspects de sa méthodologie, notamment la période de retour considérée pour déterminer les températures caractéristiques d’une période de canicule. De plus, pour respecter les préconisations de WENRA, EDF a défini des températures « canicule WENRA » en appliquant une marge de 2°C aux températures caractéristiques de la canicule et a vérifié que les réacteurs de 900 MWe pouvaient y faire face. Pour l’IRSN, cette marge n’est pas suffisante au regard des incertitudes sur les températures extrêmes de période de retour décamillénale et certaines hypothèses de la démonstration que les réacteurs peuvent faire face à une « canicule WENRA » restent à justifier (débits de ventilation, apports calorifiques, prise en compte d’un MDTE …)« 

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – Tél : 06 64 66 01 23

Publié le 18 juillet 2022

https://www.sortirdunucleaire.org/Canicule-le-parc-nucleaire-est-il-pret-a-resister

PREMIÈRE RÉUNION À L’ONU DES ÉTATS SIGNATAIRES DU TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES (TIAN)

Les États signataires du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) se sont retrouvés du 21 au 23 juin à l’ONU, Vienne, pour la première réunion de mise en œuvre de cette nouvelle norme juridique internationale. Un plan d’action et une déclaration « Notre engagement en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires » très fermes ont été adoptés ; créant une alliance mondiale, reposant sur le TIAN, pour faire reculer les menaces de guerres nucléaires et accroître la sécurité internationale. 

Le plan d’action fournit une voie claire pour une action collective contre les armes nucléaires. Loin d’être un simple document qui donne un souffle positif, il s’agit d’une feuille de route qui engage les États membres à agir pour rendre universel le traité, mettre en œuvre un fonds international pour porter assistance aux victimes des essais nucléaires et engager un processus de réhabilitation des zones affectées par ces armes. 

Des actes concrets qui  vont continuer de créer une pression sur les États en partisans de la dissuasion. Les États européens (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Norvège) membres de l’OTAN ou en voie de le devenir (Suède, Finlande) présents à cette réunion ont reconnu notamment les aspects importants du traité liés aux conséquences de l’usage des armes nucléaires.

Notons que le TIAN compte désormais 66 États membres avec la ratification le 20 juin du Cap Vert, du Timor-Oriental et des Grenadines et le 2 juillet du Malawi.

Si la France a été absente, laissant son siège à l’ONU vide, les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires réalisées entre 1960 et 1996 ont été dans tous les esprits des délégués et des participants, avec la prise de parole (retrouvez les interventions ici) ce 22 juin de deux militantes polynésiennes : 

  • Lena Normand, qui participe à cette MSP1 au titre de vice-présidente de l’Association 193 ;
  • Hinamoeura Cross, jeune activiste d’ICAN France. 

ICAN France était présente à Vienne avec une délégation de 3 jeunes accompagnés par Jean-Marie Collin et nous avons réalisé sur place différentes actions (communication, rencontre avec des diplomates, …). Un travail d’Éducation au désarmement, qui fut précédé par la tenue de 3 webinaires ; disponible sur notre chaine vidéo ICAN France

Vous pouvez également retrouver sur notre site : 

  • Revue de presse : L’Express, AFP, RFI, l’Humanité, Nice Matin, …
  • Articles
    • Première réunion du TIAN : Témoignages de Polynésie
    • Première réunion du TIAN : Journée d’ouverture ;
  • Communiqués de presse
    • 16 juin : La France fait le choix de tourner le dos à l’Organisation des Nations-unies et aux français.e.s.
    • 24 juin : Une alliance forte pour le succès de la première réunion du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Oui, la France a refusé le dialogue multilatéral en brillant par son absence, dans un contexte d’insécurité internationale renforcée. Un profond déni, mais la voix de notre Campagne a pour autant résonné : 

  • Tout d’abord dans une tribune dans Le Monde – que ICAN France avait  co-rédigée avec les sénateurs Guillaume Gontard et Pierre Laurent – publiée dans son édition papier (18 juin) et sur son site internet (17 juin) intitulée : « Armes nucléaires : Isoler la France du dialogue sur le désarmement ne peut que fragiliser notre dénonciation des gesticulations de Poutine » ; avec un renvoi vers le site de ICAN France  pour lire (la liste de l’ensemble des signataires est disponible sur notre site). Ce projet de plusieurs semaines a permis d’obtenir la signature de 56 déput.é.e.s, sénateurs et sénatrices et eurodéputé.e.s, c’est donc une forte communication politique en faveur du TIAN qui fut réalisée la veille de la tenue de la première réunion.
  • En parallèle de la première réunion, notre Campagne a organisé une réunion de parlementaires avec la présence de Mounir Satouri eurodéputé (