COMMENT UNE BOMBE NUCLÉAIRE A ÉBRANLÉ LE CHAMP MAGNÉTIQUE TERRESTRE DANS LES ANNÉES 1960

À partir des années 1960, plusieurs pays ont réalisé des essais nucléaires dans l’atmosphère. L’un d’eux, réalisé par les États-Unis, a été à l’origine d’une tempête géomagnétique dont les effets ont été signalés sur toute la zone du Pacifique.

Des aurores boréales qui dansent dans le ciel. Des radios qui se taisent. Des lampadaires qui s’éteignent. Des alarmes qui hurlent. Ce sont quelques-unes des conséquences caractéristiques de ce que les physiciens appellent les tempêtes géomagnétiques. Elles se produisent lorsque l’activité du Soleil vient chatouiller le champ magnétique de la Terre. Mais ces phénomènes sont aussi ceux qui ont été rapportés après un essai nucléaire au-dessus de l’océan Pacifique, en juillet 1962. Nom de code : Starfish Prime.

Les chercheurs soupçonnaient bien l’impulsion électromagnétique (EMP) qui accompagne l’explosion nucléaire d’en être responsable. Pourtant, jusqu’à présent, leurs modèles, trop simplifiés, ne permettaient pas de se faire une idée précise du phénomène. C’est ce que proposent aujourd’hui des chercheurs de l’Institut d’études géologiques des États-Unis.

Des réponses différentes selon les régions

Ils décrivent comment une explosion nucléaire à haute altitude ébranle le champ magnétique terrestre. L’EMP ionise d’abord la couche d’air qui se trouve sous la bombe. Cette couche appuie vers le bas, bloquant les lignes de champ magnétique de la Terre. Ensuite, à mesure que l’ionisation diminue, le champ magnétique revient. Provoquant une sorte de tempête géomagnétique houleuse et agitée. Résultat : les roches commencent à picoter d’électricité. Ces courants, à leur tour, pénètrent dans les réseaux électriques mis à la terre, endommageant potentiellement les transformateurs et coupant les alimentations.

Les chercheurs soulignent que les propriétés électriques de la Terre ne sont pas les mêmes partout. Et cela peut influer sur sa réponse locale à une tempête géomagnétique. L’équipe a par exemple simulé une explosion nucléaire à environ 300 kilomètres au-dessus d’une région située entre Saint-Louis (Missouri) et Memphis (Tennessee). Sur certaines lignes électriques, les chercheurs ont relevé une tension excessive de près de 2.000 volts. Sur d’autres, elle était proche de 0 volt.

Par Nathalie Mayer (journaliste), publié le 31/07/2021

Cela vous intéressera peut-être aussi: [EN VIDÉO] Quelle est la bombe nucléaire la plus puissante de l’Histoire ?  Le 30 octobre 1961, une bombe atomique de 57 mégatonnes explose au-dessus du site de Novaya Zemlya, en Russie. Baptisée Tsar Bomba, elle est la plus puissante bombe de l’Histoire. 

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/physique-bombe-nucleaire-ebranle-champ-magnetique-terrestre-annees-1960-92792/

Note de facteur à l’article ci-dessus :

Il est intéressant de voir évoqué ci-dessous l’impact de la bombe russe « Tsar Bomba » sur le champ magnétique terrestre : cependant il aurait été majeur de commencer par évoquer ce qui n’est jamais mentionné nulle part : l’impact de la bombe atomique sur l’accroissement des leucémies infantiles aux États-Unis ! « …un effet sanitaire délétère mesurable aux États-Unis alors que le lieu de l’explosion de « Tsar Bomba » se situait à plus de 9 000 km du site d’étude« 

Retrouvez cette étude (lecture conseillée) sur le site : https://www.rcsrgb.fr/wp-content/uploads/2021/05/NPP-et-cancers-Annexe-1-Doses.pdf ( Page 10.

GRAVELINES : NON-RESPECT D’UNE MESURE COMPENSATOIRE LIEÉ À UNE MODIFICATION TEMPORAIRE DES SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES D’EXPLOITATION

Le 23 juillet 2021, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect d’une mesure compensatoire liée à une modification temporaire des spécifications techniques d’exploitation, lors de la réalisation de travaux sur l’une des deux voies du circuit de refroidissement du réacteur 4.

La source froide est composée de l’ensemble des équipements et des circuits permettant de prélever l’eau en mer pour contribuer au refroidissement des installations et à leur maintien dans un état sûr, en situation de fonctionnement normal comme en situation incidentelle et accidentelle. Deux voies redondantes alimentent en eau de mer les différents circuits.

Le 18 juillet 2021, le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Gravelines est en arrêt pour maintenance et rechargement en combustible. Des travaux de maintenance sont réalisés sur le circuit de l’une des deux voies redondantes d’alimentation en eau de mer, la rendant indisponible. La seconde voie reste disponible. Les travaux devant durer au-delà des sept jours d’indisponibilité autorisés par les spécifications techniques d’exploitation (STE), une modification temporaire des STE avait été instruite pour autoriser l’allongement de la durée des travaux, moyennant le respect de mesures compensatoires. L’une de ces mesures prévoyait notamment qu’aucune activité ne soit entreprise simultanément sur les pompes de la voie redondante disponible.

Le 22 juillet 2021, lors de la réalisation d’un essai périodique visant à tester le circuit d’aspersion de secours de l’enceinte du bâtiment réacteur, les intervenants sont amenés à déconnecter une pompe faisant partie de la voie redondante disponible : la mesure compensatoire n’est plus respectée. Dès la détection de l’écart, au quart suivant, le chef d’exploitation demande la reconnexion de la pompe.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, en raison du non-respect d’une mesure compensatoire associée à une modification temporaire des spécifications techniques d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Publié le 29/07/2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-d-une-mesure-compensatoire

ESSAIS NUCLÉAIRES EN ALGÉRIE : UN CONTENTIEUX MÉMORIEL MAJEUR AVEC LA FRANCE

La problématique des essais nucléaires français ne concerne pas seulement la Polynésie française, où Emmanuel Macron a reconnu mardi à Papeete la « dette » de la France dans ce dossier sensible. Entre 1960 et 1966, l’armée française a en effet procédé à 17 essais nucléaires dans le Sahara algérien. En Algérie, la France est accusée de ne pas agir suffisamment pour identifier et décontaminer les lieux d’enfouissement des déchets nucléaires.

Plus de 60 ans après le premier essai nucléaire français en Algérie, l’identification et la décontamination des sites d’enfouissement des matériaux radioactifs constituent l’un des principaux contentieux mémoriels entre Alger et Paris.

Ce dossier hypersensible est d’autant plus d’actualité que le président français Emmanuel Macron a reconnu, lors d’un déplacement mardi à Papeete, « une dette » de la France pour les essais atomiques réalisés en Polynésie de 1966 à 1996.

Le 4 juillet, veille de la fête nationale algérienne marquant le 59ème anniversaire de l’indépendance, l’ex-ministre algérien des Anciens combattants, Tayeb Zitouni, a accusé la France de « refuser de remettre les cartes topographiques qui permettent de déterminer les lieux d’enfouissement des déchets polluants, radioactifs ou chimiques non découverts à ce jour« .

« La partie française n’a mené techniquement aucune initiative en vue de dépolluer les sites, et la France n’a fait aucun acte humanitaire en vue de dédommager les victimes« , a déploré Tayeb Zitouni dans un entretien accordé à l’agence de presse officielle algérienne APS.

Un discours déjà amorcé par le président Abdelmadjid Tebboune dans un entretien accordé au magazine Le Point début juin.

« La France a communiqué aux autorités algériennes les cartes dont elle dispose« , répond-on au ministère des Armées à Paris.

Entre 1960 et 1966, la France a procédé à 17 essais nucléaires sur les sites de Reggane, puis d’In Ekker, dans le Sahara algérien. Onze d’entre eux, tous souterrains, sont postérieurs aux accords d’Évian de 1962, qui actaient l’indépendance de l’Algérie mais dont un article permettait à la France d’utiliser jusqu’en 1967 les sites du Sahara.

À voir, notre Billet retour : « Reggane : les irradiés du Sahara »

Les cartes topographiques réclamées à Paris

Des documents déclassifiés en 2013 révéleront des retombées radioactives importantes qui s’étendaient de l’Afrique de l’Ouest au sud de l’Europe. « Les maladies liées à la radioactivité sont transmises en héritage, génération après génération« , fulmine Abderahmane Toumi, président d’El Gheith El Kadem, une organisation d’entraide aux victimes. « Tant que la région est polluée, le danger persistera« , dit-il.

Cancers, malformations congénitales, fausses couches, stérilité : la liste est loin d’être exhaustive, assure Abderahmane Toumi. Et il faut ajouter l’impact sur l’environnement.

Le mois dernier, l’Algérie a créé une agence nationale de réhabilitation des anciens sites d’essais et d’explosions nucléaires français.

En avril, le chef d’état-major algérien Saïd Chengriha avait demandé à son homologue français de l’époque, le général François Lecointre, son soutien « pour la prise en charge définitive des opérations de réhabilitation des sites de Reggane et d’In Ekker« .

Le général Chengriha a aussi sollicité son assistance pour lui fournir les cartes topographiques. La remise des cartes est « un droit que l’État algérien revendique fortement, sans oublier la question de l’indemnisation des victimes algériennes des essais« , a martelé un haut gradé de l’armée de terre, le général Bouzid Boufrioua, dans l’influente revue du ministère de la Défense, El Djeïch.

Le président Abdelmadjid Tebboune a toutefois écarté toute négociation d’ordre financier : « Nous respectons tellement nos morts que la compensation financière serait un rabaissement. Nous ne sommes pas un peuple mendiant« , a-t-il affirmé à l’hebdomadaire français Le Point.

Selon le ministère français des Armées, l’Algérie et la France « traitent de l’ensemble de ce sujet, au plus haut niveau de l’État« . Un groupe de travail franco-algérien, composé d’experts, a été créé en 2008 afin d’étudier la question de la réhabilitation des anciens sites au Sahara.

Dans son rapport sur la colonisation et la guerre d’Algérie (1954-62), l’historien Benjamin Stora préconise « la poursuite du travail conjoint concernant les lieux des essais nucléaires en Algérie et leurs conséquences ainsi que la pose de mines aux frontières« .

Une seule personne « a pu obtenir réparation« 

En janvier 2010, la France s’est dotée d’une loi – la loi Morin – qui prévoit une procédure d’indemnisation pour « les personnes atteintes de maladies résultant d’une exposition aux rayonnements des essais nucléaires réalisés dans le Sahara algérien et en Polynésie entre 1960 et 1998« .

Mais sur cinquante Algériens ayant réussi à monter un dossier en dix ans, une seule personne « a pu obtenir réparation« , un militaire d’Alger qui avait travaillé sur les sites au moment de leur fermeture, regrette la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (Ican). Aucun habitant de la région n’a été indemnisé.

Dans une étude sortie il y a un an, intitulée « Sous le sable, la radioactivité !« , l’Ican France exhorte l’ancienne puissance coloniale à remettre aux autorités algériennes la liste complète des lieux d’enfouissement et à faciliter le nettoyage des sites.

Une opportunité s’est présentée lorsque 122 États de l’ONU ont ratifié, le 7 juillet 2017, un nouveau Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian). Le principe du « pollueur-payeur » y a été introduit et reconnu officiellement.

Mais la France n’est pas signataire du Tian, « incompatible avec l’approche réaliste et progressive du désarmement nucléaire« , selon elle. « La France doit assumer ses responsabilités historiques« , rétorque le général Boufrioua. « Ça fait plus de 50 ans que les populations attendent« , plaident les experts d’Ican France.

Par FRANCE 24 , (avec AFP), publié le 29/07/2021 à 17h28

Photo en titre : L’entrée de l’ancien site français d’essais nucléaires de la montagne Tena Fila, à Ain Ekra, à 2 000 kilomètres au sud d’Alger, le 25 février 2010. © Fayez Nureldine, AFP

https://www.france24.com/fr/afrique/20210729-essais-nucl%C3%A9aires-en-alg%C3%A9rie-un-contentieux-m%C3%A9moriel-majeur-avec-la-france

NUCLÉAIRE : SANDRINE ROUSSEAU DÉNONCE « DES INVESTISSEMENTS QUI METTENT DANS DES SITUATIONS CRITIQUES »

La candidate à la primaire écologiste pour l’élection présidentielle Sandrine Rousseau a dénoncé vendredi des « investissements massifs » dans la filière nucléaire « qui mettent dans des situations critiques »

Sandrine Rousseau dénonce. Pour la candidate écologiste pour l’élection présidentielle, interviewée sur Franceinfo, « le nucléaire va nécessiter des investissements tout à fait massifs pour prolonger la durée de vie des centrales qui sont au bord de rivières qui subissent les sécheresses, et qui donc nous mettent, encore une fois, dans des situations critiques ».

Le nucléaire « ne nous conduit pas à revoir nos modes de consommation. C’est toujours plus d’électricité », a-t-elle argumenté, estimant qu’il fallait « diminuer la quantité d’électricité » qui alimente des objets électroniques dont la fabrication a nécessité de consommer du carbone.

Le nucléaire est une « chance » pour Emmanuel Macron

Mardi, Emmanuel Macron avait une nouvelle fois répété qu’il considérait le nucléaire comme une « chance » pour la France, lors de son déplacement en Polynésie.

« Nous sommes le pays d’Europe qui a le moins de tonnes de CO2 émises par habitant. Pourquoi ? Parce qu’on a le nucléaire historique, et donc ce qui fait que, là où les autres pays ont des mines de charbon ou importent beaucoup de gaz – ce qui est un hydrocarbure et a un bilan carbone qui est mauvais -, nous on a la chance d’avoir le nucléaire historique », s’était-il félicité, appelant à ne pas tomber dans des débats qui sont « exclusifs ou trop généraux » sur le nucléaire.

Mais « la chose la plus dangereuse c’est le carbone, qui est (actuellement) ni régulé ni payant », a dit Sandrine Rousseau. « On ne peut pas continuer comme ça. Le carbone doit coûter cher », a-t-elle plaidé.

Elle a par ailleurs appelé à en finir avec la société « qui prend, utilise et jette en quelques minutes, quelques secondes », au lendemain du « jour du dépassement », soit quand l’humanité a consommé l’ensemble des ressources planétaires annuelles.

En France, le Parlement a définitivement adopté la semaine passée le projet de loi climat, un « tournant écologique » vanté par le gouvernement mais vivement critiqué par les ONG et la gauche pour son « manque d’ambition ».

Par SudOuest.fr avec AFP, publié le 30/07/2021 à 11h08, mis à jour le 30/07/2021 à 11h08

Pour retrouver cet article ainsi que les extraits vidéo de cet entretien, cliquer sur : https://www.sudouest.fr/france/nucleaire-sandrine-rousseau-denonce-des-investissements-qui-mettent-dans-des-situations-critiques-4400817.php

NDLR : entre la vision de Macron qui regarde derrière lui  (le nucléaire est une énergie du passé) et celle des écologistes qui regardent devant (les énergies de demain), il vous faudra bientôt choisir !

SORTIR DU CHARBON ET DU NUCLÉAIRE : L’EXEMPLE ALLEMAND

C’est une idée reçue largement répandue sur l’Allemagne. En choisissant de fermer ses centrales nucléaires, une décision définitivement prise après la catastrophe de Fukushima, le pays a relancé ses vieilles centrales à charbon et aggravé le changement climatique.

CETTE AFFIRMATION EST TOUT SIMPLEMENT FAUSSE.

En dix ans, la production nucléaire a été divisée par un peu plus de deux, celle de charbon d’autant, et dans le même temps la production d’électricité d’origine renouvelable a été multipliée par près de 2,5.

Une bascule importante a eu lieu en 2018, où la production d’électricité renouvelable a dépassé, pour la première fois, celle issue du charbon. Lors de l’année 2020, avec une baisse de la consommation du fait des confinements, l’électricité a même été majoritairement renouvelable, à 50,9 %.

Energiewende toute !

Cette transition énergétique (Energiewende, en allemand) est le fruit d’une politique mise en place il y a plus de vingt ans. La coalition entre les sociaux-démocrates et les Verts a débouché sur la loi EEG en 2000. « Cette loi a créé un cadre réglementaire très stable pour les énergies renouvelables, qui n’a pas été modifié par les gouvernements successifs, offrant une bonne visibilité sur les revenus pendant de longues années et permettant ainsi de convaincre les banques et financeurs », explique Sven Rösner, directeur de l’Office franco-allemand pour la transition énergétique (Ofate).

Une des principales mesures de soutien est le prix garanti d’achat, un mécanisme par lequel un producteur d’énergie renouvelable est certain de vendre son électricité à un prix fixé à l’avance et stable, peu importe les fluctuations du marché. Cette politique est financée via les factures d’électricité, mais elle est acceptée assez largement, entre autres parce que les populations y sont associées. « La moitié des capacités installées de production d’électricité renouvelable sont la propriété de particuliers, indique Sven Rösner, directeur de l’Ofate. Que ce soit une famille avec un panneau photovoltaïque sur le toit de la maison ou des coopératives citoyennes qui possèdent un parc éolien sur le territoire de la commune. » Une partie de la population perçoit donc directement les bénéfices financiers de cette transition.

La raison du succès des renouvelables est aussi leur compétitivité. Le marché de l’électricité fonctionne sur la base des coûts marginaux. Quand la demande de courant augmente, on fait appel au moyen de production qui présente le coût marginal, c’est-à-dire le coût de production d’un MWh supplémentaire, le plus faible. « Or, pour un panneau solaire ou une éolienne, celui-ci est quasiment nul, contrairement au charbon ou au gaz où il faut entre autres du combustible », ajoute Sven Rösner.

Dessin : Terreur graphique

Au cours de la dernière décennie, le mix électrique allemand a donc subi une profonde transformation. Le charbon et le nucléaire étant passés respectivement de 43 % et 25 % à 24 % et 12 % entre 2010 et 2020. Ceci est la conséquence d’un double objectif : sortir du nucléaire en 2022 et du charbon en 2038 et si possible dès 2035. Le tout devant être remplacé dans une large mesure par les renouvelables.

Il est donc faux de dire que le charbon a remplacé le nucléaire, étant donné que l’éolien et le solaire sont venus en remplacement des deux. La décision de tourner le dos à l’atome est un choix collectif qui fait largement consensus en Allemagne. Ce n’est pas seulement une réaction à la catastrophe de Fukushima. Ce drame a renouvelé un engagement déjà pris en 2000 et qui n’a fait que se renforcer depuis.

Quelques ratés

Derrière la réussite allemande, se cachent cependant quelques échecs. Si le charbon a fortement reculé, l’effort a surtout reposé sur les centrales fonctionnant à base de houille. Celles au lignite ont moins décliné et fournissent aujourd’hui les deux tiers de la production à base de charbon (et 16 % du mix électrique total). Or, le lignite est davantage émetteur de gaz à effet de serre que la houille.

« Le pays dispose de grandes mines de lignite à ciel ouvert, contrairement à la houille qui est importée. C’est un atout économique pour l’Allemagne mais aussi un piège environnemental », explique Robin Girard, professeur à Mines ParisTech. Le lignite étant disponible à une faible profondeur sous la terre, il est donc moins coûteux à extraire. Surtout, l’exploitation de cette ressource est pourvoyeuse d’emplois, notamment dans les Länder de l’Est, les régions les plus pauvres du pays.

L’autre grand défi à relever pour l’Allemagne est celui de son réseau électrique. « La poursuite de la transition suppose un déploiement massif de lignes haute tension du nord vers le sud : le Nord venteux et marin accueille la plupart des éoliennes du pays, mais la consommation se situe principalement dans le Sud, et notamment avec la Bavière très peuplée et industrielle », ajoute Patrick Criqui, économiste au CNRS. « C’est l’un des ratés de la transition allemande, toute nouvelle installation de capacité de production d’électricité d’origine renouvelable est soumise à cette difficulté », poursuit Robin Girard.

Malgré cela, la transition allemande a démontré la possibilité d’un mix électrique où les renouvelables sont de plus en plus dominants. Et surtout en investissant tôt et massivement sur ces technologies, cette politique a permis à des filières de se monter et de faire diminuer les coûts. Facilitant ainsi la transition pour les autres pays, grâce à un savoir-faire et un retour d’expérience.

La Pologne mise sur les renouvelables et le nucléaire

Après l’Allemagne, la Pologne est le pays européen qui compte le plus de centrales à charbon. Elle dépend de cette ressource pour 73 % de son mix électrique. Pour se rapprocher des objectifs européens, ses dirigeants ambitionnent de réduire la part du charbon à moins de 30 % d’ici à 2040. Pour remplacer ses vieilles centrales tout en diminuant ses émissions de gaz à effet de serre, Varsovie a donc prévu un large plan d’investissement dans les renouvelables et dans le nucléaire. Six réacteurs pourraient sortir de terre d’ici à 2040 dans ce pays qui n’était jusqu’alors pas engagé dans l’atome.

Cet article est publié en partenariat avec la Fondation Heinrich-Böll Stiftung.

Par Nacer, publié le 30 juillet 2021

https://abestit.fr/sortir-du-charbon-et-du-nucleaire-lexemple-allemand/

NUCLÉAIRE: NOUVEAU RETARD D’UN MOIS POUR L’EPR FINLANDAIS

La mise en service du réacteur EPR en construction par le consortium Areva-Siemens en Finlande va être repoussée d’un mois supplémentaire, a annoncé vendredi son exploitant, le groupe finlandais TVO.

La production régulière d’électricité est désormais prévue pour mars 2022, au lieu de février comme annoncé l’été dernier, a indiqué TVO, ajoutant un nouveau petit délai à ce chantier qui a viré au fiasco et accumulé plus d’une décennie de retard.

TVO « a été informé par le consortium Areva-Siemens, fournisseur de la centrale, que la production régulière d’électricité de l’unité OL3 de l’EPR serait reportée d’un mois en raison de travaux supplémentaires de révision et d’inspection de la turbine« , a indiqué l’énergéticien dans un communiqué.

Dans le calendrier initial, l’EPR finlandais devait être mis en service en 2009 à la centrale d’Olkiluoto (sud-ouest), mais le chantier lancé en 2005 a connu des retards et surcoûts considérables.

Le planning a été affecté dernièrement par des problèmes techniques mais aussi par la pandémie de Covid-19.

Le feuilleton touche toutefois à sa fin puisqu’en mars, le réacteur a été chargé en combustible nucléaire, prélude à sa mise en service.

La production d’électricité doit désormais commencer en novembre, avant la mise en service commerciale en mars.

Avec une puissance de 1.650 mégawatts, l’EPR doit fournir près de 15% de l’électricité finlandaise.

Par AFP, publié le 30 juillet 2021 à 16h22

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/nucleaire-nouveau-retard-dun-mois-pour-lepr-finlandais-210730

ÉLECTRICITÉ DE FRANCE : EDF ÉVOQUE DES RISQUES « TRÈS ÉLEVÉS » DE NOUVEAUX RETARDS ET SURCOÛTS POUR L’EPR DE FLAMANVILLE

(Reuters) – EDF a indiqué jeudi dans des documents de présentation de ses résultats du premier semestre 2021 :

* que les risques de nouveaux retards et surcoûts de l’EPR de Flamanville sont « très élevés« 

* qu’une décision finale d’investissement dans le projet britannique de Sizewell est désormais envisageable pour fin 2022 ou 2023

* qu’il vise l’entrée de nouveaux partenaires dans le projet Sizewell avant ou au moment de la décision d’investissement pour plus de détails, cliquez sur (rédaction de paris)

Publié le 29/07/2021 à 09:32

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Electricite-de-France-EDF-evoque-des-risques-tres-eleves-de-nouveaux-retards-et-surcouts-pour-l-35998678/

EDF : UN RÉACTEUR DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE EPR DE TAISHAN EN CHINE MIS À L’ARRÊT

L’opérateur chinois CGN va finalement « mettre à l’arrêt pour maintenance » le réacteur en cause lors de l’incident à la centrale nucléaire EPR de Taishan en Chine, dont EDF a fourni la technologie.

Plusieurs semaines après un incident à la centrale nucléaire EPR de Taishan en Chine, l’opérateur chinois CGN s’est finalement résolu à « mettre à l’arrêt pour maintenance » le réacteur en cause. Réalisée en partenariat avec EDF, la centrale proche de Hong Kong est la seule installation EPR actuellement en service dans le monde. Le 14 juin, les autorités chinoises avaient signalé un incident au niveau du réacteur numéro 1 du site, situé dans le sud du pays. Un petit nombre de barres de combustible d’uranium endommagées (« crayons« ) causait une accumulation de gaz rares radioactifs dans le circuit primaire, étanche, de la centrale. Les autorités avaient qualifié le phénomène de « courant » et écarté tout danger.

EDF avait toutefois publiquement déclaré il y a une semaine que si l’incident était arrivé en France, elle aurait mis le réacteur à l’arrêt. À Taishan cependant, une telle décision revient à TNPJVC, la co-entreprise exploitant la centrale. EDF en détient 30%, au côté du chinois CGN qui en possède 70%. « La centrale nucléaire de Taishan (…) faisant de la sûreté sa première priorité (…) a décidé d’arrêter le réacteur 1 pour maintenance, afin de trouver la cause des dommages affectant le combustible et de remplacer le combustible endommagé« , a indiqué CGN dans un communiqué.

Le géant nucléaire chinois précise que la décision a été prise « après une discussion substantielle entre le personnel technique chinois et français« .

Selon CGN, la mise à l’arrêt du réacteur n’est toutefois pas consécutive à un danger imminent. Les dégâts sur le combustible « restent dans la plage admissible des spécifications techniques » et le réacteur aurait pu « continuer à fonctionner de manière stable« , d’après le groupe. EDF n’est pas l’exploitant principal de la centrale de Taishan mais a fourni la technologie EPR.

Publié le 30/07/2021 à 13h44

Photo en titre : Qilai Shen/Bloomberg via Getty Images

https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-un-reacteur-de-la-centrale-nucleaire-epr-de-taishan-en-chine-mis-a-larret-1410939

À QUAND LE REDÉMARRAGE DU RÉACTEUR NUMÉRO 2 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHOOZ ?

Depuis un incident inédit en France survenu en février, le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Chooz est à l’arrêt. L’autorité de sûreté nucléaire doit se prononcer fin août sur la date de son redémarrage et les conditions d »exploitation à respecter.

Le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Chooz est à l’arrêt depuis le mois de février car des anomalies ont été détectées au moment de recharger le réacteur en uranium. EDF, l’exploitant, a transmis les résultats d’expertise et se prépare à remettre en service le réacteur fin août, si l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) donne le feu vert.

Des gaines corrodées

L’anomalie détectée concerne les gaines qui renferment l’uranium, autrement baptisées les crayons. Elle a été découverte lors du rechargement du combustible, une opération qui mobilise 1500 personnes pendant 40 jours. Lorsque le 12 février 2021, les agents ont ouvert le couvercle du réacteur, ils ont vu des traces blanchâtres.

Un assemblage de crayons de combustible © Radio France – Alexandre Blanc

Deux crayons d’uranium se sont même rompus dans l’eau lorsque les prélèvements ont été effectués à des fins d’analyse, mais, aucune trace radioactive n’a été décelée ni dans la piscine où est plongé l’uranium ni dans le bâtiment, précise EDF

L’expertise montre que la substance blanchâtre serait de l’oxyde de zirconium, l’un des composants de la gaine. « La corrosion rencontrée (…) n’a pas entrainé d’inétanchéité du combustible« , indique l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Pas de fuite donc. 

Un redémarrage sous conditions

La remise en service était prévue le 30 juin 2021, mais face à cet évènement, EDF a laissé le réacteur numéro 2 de la centrale de Chooz à l’arrêt. Les 15 crayons défectueux ont été remplacés, apprend-on de source syndicale. L’exploitant s’engage à revoir les matériaux utilisés afin de choisir ceux qui résistent mieux à la corrosion. Afin de ralentir l’usure de la gaine, le scénario envisagé prévoit un fonctionnement à 90% de la capacité de production du réacteur.

La piscine du bâtiment du réacteur de la centrale nucléaire de Chooz – EDF

EDF table sur une reprise de la production le 31 août. Mais le protocole de l’exploitant doit encore être examiné par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire, dont l’avis est attendu mi-août. C’est ensuite l’Autorité de Sûreté nucléaire qui doit donner son feu vert pour un redémarrage. « LASN prendra position sous 15 jours à réception de cet avis« , indique l’autorité.

Par Alexandre Blanc, France Bleu Champagne-Ardenne, publié le mercredi 28 juillet 2021 à 15h21

Photo en titre : Centrale nucléaire de Chooz © Radio France – Alexandre Blanc

https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/a-quand-le-redemarrage-du-reacteur-numero-2-de-la-centrale-nucleaire-de-chooz-1627466672

“J’AI EU L’IMPRESSION D’ENTENDRE L’ARRIÈRE-PETIT-FILS DU GÉNÉRAL DE GAULLE

Tahiti, le 29 juillet 2021 – Le Tavini huiraatira a fustigé jeudi les propos du Président de la République sur la nécessité pour la Polynésie de profiter de la “protection” de la France dans la zone Pacifique, dénonçant également le discours du chef de l’État sur l’absence de connaissance de la dangerosité des essais nucléaires à l’époque.

Le leader du Tavini huiraatira, Oscar Temaru, a organisé une conférence de presse pour revenir sur le déplacement du Président de la République en Polynésie française, jeudi matin au siège du parti à Faa’a. Une visite officielle qui a donné lieu, pour le parti indépendantiste, à plusieurs rassemblements et déploiements de banderoles organisés sur le passage du cortège, malgré une interdiction de manifester ordonnée par arrêté du haut-commissaire à l’encontre du Tavini dès vendredi dernier.

“J’aimerais vous rappeler les propos d’un jeune homme qui s’appelle Emmanuel Macron”, a entamé Oscar Temaru face aux médias, entouré du député Moetai Brotherson, des élues Éliane Tevahitua et Valentina Cross, ou encore de la secrétaire générale du parti Vanina Crolas, et d’une demi-douzaine de militantes exclusivement féminine. “Quand il est allé en Algérie démarrer sa campagne pour les élections présidentielles en février 2017, il a fait cette déclaration que la colonisation est un crime contre l’humanité. Vous savez, je l’ai applaudi. Et je me suis dit : ‘Enfin, de nouveaux hommes politiques français, jeunes, intelligents, arrivent sur la scène politique’”. Une introduction faussement flatteuse d’Oscar Temaru, pour mieux affirmer sa profonde “déception” du discours finalement tenu au fenua par le chef de l’État. “J’ai eu l’impression d’entendre l’arrière-petit-fils du Général de Gaulle ».

“D’égal à égal”

“C’est inadmissible, au XXIe siècle d’avoir encore ce discours d’il y a 60 ans”, a renchéri Oscar Temaru, reprochant principalement au Président de la République d’avoir occulté toute référence aux questions d’autodétermination de la Polynésie française. Et ce malgré la procédure de décolonisation entamée avec la réinscription de la Polynésie sur la liste des territoires non-autonomes de l’ONU en 2013. “On a l’impression que tous les Français le soutiennent. C’est faux. Je suis persuadé que la majorité nous soutient”, a repris le leader indépendantiste à propos de l’autodétermination de la Polynésie. Et le député Moetai Brotherson de lui emboîter le pas : “Encore une fois, qu’on arrête de bâtir cette image d’Épinal autour du Tavini. Qu’on est anti-Français et racistes. Non. On peut bâtir une Polynésie indépendante avec la France ou d’autres Pays. Mais en traitant d’égal à égal.”

Et sur ce sujet, les responsables du Tavini sont apparus également très remontés contre les propos du Président de la République sur la stratégie géopolitique française dans le Pacifique. Ils ont rappelé avoir longtemps dénoncé, sans être toujours considérés très sérieusement, l’intérêt pour la France de conserver la Polynésie française pour des raisons géopolitique, de puissance économique et maritime notamment et pour ses ressources. “Depuis 2008 en gros, les énarques et les grands stratèges de l’État découvrent l’Indo-Pacifique”, a tonné Moetai Brotherson. “C’est leur nouvelle marotte et tout doit être jugé, jaugé à l’aune de l’Indo-Pacifique. Cette stratégie qui n’est pas née dans l’esprit d’Emmanuel Macron, elle était déjà à l’étude du temps de François Hollande. Il l’a juste formalisée dans son discours de New Delhi. Mais, on en était déjà conscient au Tavini. Parce que, contrairement à d’autres, on ne vivait pas dans une espèce d’axe virtuel Paris-Papeete. On s’inscrivait dans notre région, dans notre zone Pacifique et dans le monde qui va au-delà.”

Les propos d’Emmanuel Macron sur la menace chinoise pesant sur la Polynésie ont également été décriés par le Tavini. “C’est indigne d’un chef d’État européen. De venir brandir la menace : ‘Malheur aux petits, malheur aux isolés…’”, a dénoncé le député. « Parce que si on est dans cette logique-là du malheur aux petits, malheur aux isolés. À ce moment, il faut que la France devienne chinoise. Parce que le rapport asymétrique entre la France et la Polynésie, c’est le même ratio qu’entre la Chine et la France…” Même discours du côté du leader du Tavini. “La Chine n’a jamais colonisé qui que ce soit”, a lancé Oscar Temaru, avant de tempérer son discours en reconnaissant dans le même temps qu’il fallait bien sûr “être très vigilant” face aux intérêts économiques de la puissance chinoise dans la région.

Nucléaire : “Les gradés savaient”

Sur le sujet du nucléaire, le véritable point noir a bien évidemment été le discours d’Emmanuel Macron sur l’absence de mensonge sur la dangerosité des essais et sur le fait que “militaires et scientifiques” métropolitains étaient dans la même méconnaissance des effets des retombées radioactives. “Je ne sais pas qui est le conseiller qui lui a mis ça dans son discours, mais il faut le licencier tout de suite. Il ne connaît pas l’histoire. Oui, il y a des militaires, des engagés, le petit métropolitain venu servir la grandeur de la France, qui ont été exposés sur leur bateau, sur leur base comme les Polynésiens. Lui, on lui a menti. Mais les gradés, ceux qui savaient, ils étaient où ? Ils étaient dans des bunkers derrière des murs épais de plusieurs mètres. Pendant ce temps à Mangareva, dans le meilleur des cas, les gens étaient dans une salle omnisports en tôle”, s’est époumoné Moetai Brotherson sur ce sujet.

La réouverture des archives, elle-aussi, laisse dubitatif le député polynésien, en raison de la possibilité de garder le secret sur les informations “proliférantes” (relatives à des éléments techniques sur la bombe atomique et qui pourraient conduire à la prolifération des armes atomiques, si elles étaient révélées, NDLR). “Qu’est-ce qui est proliférant ? Qui va le définir ? Ce n’est pas nous, c’est le ministère des Armées qui se retrouve juge et partie.”

“Justice” et “souveraineté”

“Le contraire de la pauvreté, c’est la justice, pas la richesse. Nous rendre notre pays et notre droit de souveraineté, c’est de la justice”, a conclu Oscar Temaru. Le président du Tavini a rappelé le recensement des plaintes pour crime contre l’humanité visant les Présidents actuels et passés de la République française. “On continuera le combat en utilisant le droit et rien que le droit”.

Par Antoine Samoyeau, publié le jeudi 29 Juillet 2021 à 17h09

https://www.tahiti-infos.com/J-ai-eu-l-impression-d-entendre-l-arriere-petit-fils-du-General-de-Gaulle_a202476.html

«C’EST JUSTE IRRESPONSABLE» : BARBARA POMPILI RECADRE XAVIER BERTRAND SUR L’ÉNERGIE ÉOLIENNE

La ministre de la Transition écologique et partisane des éoliennes Barbara Pompili a fustigé dans une interview au Courrier Picard la position de Xavier Bertrand sur le sujet, estimant qu’un candidat à l’élection présidentielle devait être «sérieux».

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a raillé le 29 juillet la position du candidat déclaré à la présidentielle de 2022, Xavier Bertrand (ex-Les Républicains). Celui-ci avait réaffirmé le 28 juillet, lors d’une visite à Thouaré-sur-Loire (Loire-Atlantique), son appel à la relance du nucléaire, et sa volonté d’apporter «un soutien massif» aux associations anti-éoliennes dans la région qu’il préside (Hauts-de-France).

«Xavier Bertrand estime qu’il faut arrêter d’augmenter la puissance installée des éoliennes. C’est complètement idiot, car on peut remplacer les éoliennes d’ancienne génération par des éoliennes moins nombreuses et plus puissantes», a ainsi déclaré Barbara Pompili au Courrier Picard. «Il va falloir à un moment qu’il travaille un peu ses dossiers, l’avenir énergétique de notre pays c’est une question sérieuse, et quand on est candidat à l’élection présidentielle, on ne peut pas se permettre d’être aussi léger sur une question aussi essentielle que la transition écologique», a-t-elle ajouté. Et d’insister : «On ne peut pas être candidat à la présidentielle en disant « on va arrêter les éoliennes »».

« Quand on est candidat à l’élection présidentielle, il faut être sérieux« 

Chaque année, en France, «40 000 personnes meurent à cause de la pollution de l’air, c’est une des trois causes de mortalité évitable avec le tabac et l’alcool. Comment un candidat à la présidentielle peut dire « On s’en fout » ! C’est juste irresponsable et délirant», a-t-elle poursuivi. «Quand on est candidat à l’élection présidentielle, il faut être sérieux. Faire de la politique, c’est quelque chose de noble, et c’est aussi une lourde responsabilité. On prend des décisions qui ont un impact sur la vie des gens, et on ne peut pas prendre ça à la légère», a-t-elle encore tancé avant de conclure : «Ceux qui tombent dans le simplisme pour des raisons électorales sont des gens qui font mal à la politique et qui ne sont pas à la hauteur des enjeux».

Une opposition entre les deux responsables politiques qui intervient alors que l’énergie éolienne est actuellement fortement critiquée concernant son apport à la production électrique, son coût, la dégradation des paysages qu’elle induit ou pour ses conséquences d’un point de vue environnemental.

Publié le 29 juil. 2021 à 19h38, avec AFP.

Photo en titre : © Charles Platiau Source: Reuters

https://francais.rt.com/france/89113-cest-juste-irresponsable-barbara-pompili-recadre-xavier-bertrand-sur-energie-elolienne

BELGIQUE : LA SURPRODUCTION D’ÉNERGIE POUSSE UNE NOUVELLE FOIS LES ÉOLIENNES HORS DU VENT

Les éoliennes en mer ont dû une nouvelle fois être mises hors du vent durant 7 heures, jeudi, à cause d’une surproduction d’énergie éolienne et solaire en parallèle des centrales nucléaires, qui ne peuvent pas être « débranchées » de manière flexible, indique la ministre de l’Énergie Tinne Van der Straeten.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel scénario se produit, mais il s’agit selon elle d’un nouvel « exemple concret qui montre comment doit changer notre système énergétique et que l’énergie nucléaire est dans le chemin« , mentionne-t-elle sur Twitter.

Les conditions favorables entrainent une production importante d’énergie éolienne et solaire actuellement en Europe, ce qui tire aussi vers le bas le prix de l’électricité. Les centrales nucléaires ne peuvent en effet pas être arrêtées et redémarrées à la demande, ce qui crée une surproduction quand le solaire et l’éolien tournent à plein régime. Si bien que les prix de l’électricité sur le marché de gros passent parfois en négatif.

« Cette situation va survenir de plus en plus souvent« , vu que l’offre de solaire et d’éolien est appelée à grossir dans les prochaines années, met en garde la ministre. Cette dernière compte sur des capacités plus flexibles comme les centrales au gaz, pour lesquelles le feu vert européen ne devrait pas tarder, selon elle. La Commission doit en effet donner son accord au mécanisme de rémunération de capacités qui est censé soutenir cette transition.

Par Belga, publié le 29-07-21 à 19h36, mis à jour le 29-07-21 à 19h37

Photo en titre : © BELGA

https://www.dhnet.be/actu/belgique/la-surproduction-d-energie-pousse-une-nouvelle-fois-les-eoliennes-hors-du-vent-6102e7149978e26ce1ca5d29

USA ET RUSSIE OUVRENT UN NOUVEAU CYCLE DE DISCUSSIONS SUR LE NUCLÉAIRE

De hauts représentants américains et russes ont relancé mercredi les discussions destinées à apaiser les tensions entre les deux plus grandes puissances nucléaires mondiales, convenant d’organiser des pourparlers en septembre après des consultations informelles, a fait savoir le département d’État américain.

La vice-secrétaire d’État américain Wendy Sherman et son homologue russe Sergueï Riabkov ont mené les discussions organisées au siège de la mission diplomatique américaine à Genève.

Il s’agissait de la première fois en près d’un an qu’États-Unis et Russie se rencontraient pour évoquer la stabilité stratégique, sur fond de tensions sur un éventail de questions dont le contrôle des armes.

Cette reprise des échanges fait suite au sommet tenu en juin par les Présidents Joe Biden et Vladimir Poutine, lesquels avaient convenu de lancer un dialogue bilatéral sur la stabilité stratégique afin de «poser les bases d’un futur contrôle des armes et de mesures de réduction des risques».

Sergueï Riabkov a exprimé sa satisfaction sur les consultations, déclarant que les États-Unis avaient montré qu’ils étaient disposés à engager un dialogue constructif.

À Washington, le porte-parole du département d’État a indiqué dans un communiqué que les deux camps avaient convenu de se retrouver fin septembre.

Décrivant les discussions comme «professionnelles et substantielles», Ned Price a ajouté que les États-Unis avaient discuté de leurs priorités politiques, de l’actuel climat de sécurité internationale, «des perspectives pour un nouveau contrôle des armes nucléaires» et du format de futurs pourparlers.

En février dernier, Washington et Moscou ont prolongé de cinq ans le traité bilatéral New Start de limitation des armes nucléaires.

Par Reuters, publié le 28 juillet à 21h27, mis à jour à 21h43

Photo en titre : © AP Photo / Ivan Sekretarev

https://fr.sputniknews.com/international/202107281045937713-usa-et-russie-ouvrent-un-nouveau-cycle-de-discussions-sur-le-nucleaire/

LA CHINE DÉVELOPPE SON ARSENAL NUCLÉAIRE, SELON UN RAPPORT AMÉRICAIN

Des images satellites prises dans la province du Xinjiang montrent la construction de silos de stockage de missiles nucléaires, rapporte la BBC.

Le rapport tombe à pic alors que les deux plus grandes puissances mondiales montrent les dents. En début de semaine, Chinois et Américains se sont réitéré, face à face, leurs griefs mutuels, lors d’une première visite du président Joe Biden sur le sol chinois, qui a donné lieu à un réquisitoire en règle de Pékin. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a notamment accusé Washington de « diaboliser » la Chine et que « fondamentalement, c’est parce que les Américains voient la Chine comme un ennemi imaginaire » que les relations entre les deux parties se sont dégradées.

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Deux jours plus tard, c’est dans ce contexte de suspicion et de paranoïa qu’est révélé un rapport selon lequel, images satellites à l’appui, l’empire du Milieu renforce son arsenal nucléaire. Ce document publié par la Fédération des scientifiques américains, évoqué par la BBC, montre des images prises dans la province du Xinjiang, dans l’ouest de la Chine, où apparaissent les travaux d’un champ de silos à missiles nucléaires en construction. Des officiels de la Défense américains n’ont pas manqué d’exprimer leur inquiétude sur le sujet, ce silo étant le deuxième découvert en l’espace de deux mois.

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La Chine souhaite multiplier par deux son arsenal

Selon le rapport, le site pourrait accueillir environ 100 silos creusés dans le sol pour stocker et lancer des missiles nucléaires. Ce projet serait dans un état d’avancement moindre que le premier site découvert. En 2020, déjà, le Pentagone expliquait savoir que la Chine comptait multiplier par deux le nombre de ses missiles nucléaires. Alors que les États-Unis et la Russie se préparent à des discussions autour du contrôle de l’armement, la Chine est pour l’instant en retrait. En 2020, on estimait à 200 ogives l’étendue de l’arsenal chinois. Dans le même temps, les États-Unis disposeraient de 3 800 missiles.

Par LePoint.fr, publié le 28/07/2021 à 20h04, modifié le 29/07/2021 à 06h28

Photo en titre : La Chine dénonce la « diabolisation » exercée par les Américains.  © Li Xiang / XinHua

https://www.lepoint.fr/monde/la-chine-developpe-son-arsenal-nucleaire-selon-un-rapport-americain-28-07-2021-2437190_24.php

THIERRY RIBAULT : « LA RÉSILIENCE EST LA NOUVELLE RELIGION D’ÉTAT »

Alors que la catastrophe nucléaire de Fukushima se poursuit, dans l’indifférence quasi générale, depuis plus de dix ans maintenant, le gouvernement japonais a mis en œuvre, dès le lendemain de l’accident, une « politique de résilience » enjoignant la population à vivre, quoi qu’il en coûte, avec la contamination radioactive, au péril de nombreuses vies humaines. C’est cette nouvelle « idéologie de l’adaptation », cette dernière-née des « technologies du consentement », que Thierry Ribault analyse et critique sans concession dans son livre Contre la résilience. À Fukushima et ailleurs (L’Échappée, 2021). À l’heure du dérèglement climatique et de la pandémie de Covid-19, le sociologue met en garde contre cette énième « imposture solutionniste de notre époque ».

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Sciences Critiques – Pourquoi avez-vous écrit ce livre ? Vise-t-il, à travers l’analyse de la politique de résilience mise en œuvre par le gouvernement japonais après l’accident de Fukushima, à (re)politiser la question du nucléaire et ses risques dans nos sociétés industrielles ?

Thierry Ribault – Je rends hommage à Nadine Ribault, avec qui nous avons fait paraître en 2012 Les Sanctuaires de l’abîme. Chronique du désastre de Fukushima. Jusqu’aux dernières semaines précédant sa mort, le 15 janvier 2021, après deux ans de soin pour un cancer des voies biliaires, sa résolution à combattre ce qu’elle appelait la « contre-vie », et la justesse de ses visions du monde, ont donné à ce Contre la résilience. À Fukushima et ailleurs, ce qu’il peut avoir de plus pertinent.

Il n’existe désormais plus aucune catastrophe, personnelle ou collective, dont les défenseurs de la résilience ne se saisissent en exhortant chacun à faire de sa destruction une source de reconstruction, et de son malheur celle de son bonheur.

Le désastre de Fukushima n’y échappe pas, même si, l’idée de base des partisans de l’accommodation, selon qui être résilient signifie non seulement être capable de vivre malgré l’adversité et la souffrance, mais surtout être capable de vivre grâce à elles, de grandir et s’adapter par la perturbation et la rupture, est en réalité inapplicable dans le monde de la radioactivité, comme dans nombre de situations d’exposition toxique ou de contamination.

La critique de la politique de résilience à Fukushima est une heuristique pour comprendre comment et pourquoi les politiques publiques prétendant répondre aux désastres du techno-capitalisme – des politiques anti-Covid-19 aux plans de lutte contre le réchauffement climatique – s’inscrivent dans cette nouvelle religion d’État qu’est la résilience.

Comment le concept de résilience est-il passé de la science des matériaux à une « technologie du consentement » des populations aux catastrophes en cours et à venir ?

La résilience a essaimé de manière normative dans la sociologie et la psychologie. À l’aube des années 1950, son irruption dans l’écologie est édifiante, avec les travaux menés pour le compte de la commission de l’énergie atomique américaine par les biologistes Eugene et Howard Odum sur les réactions des atolls coralliens, et accessoirement des hommes, aux particules radioactives des essais atomiques dans le Pacifique.

De là naîtra « l’écologie des radiations », ancêtre de l’écologie systémique, qui étudie la capacité du vivant à s’adapter à sa destruction. Une version plus libérale va s’imposer à partir des années 1970, prônant la capacité à tirer parti des chocs et à capitaliser sur les opportunités émergentes.

L’idée de base des partisans de l’accommodation est en réalité inapplicable dans le monde de la radioactivité, comme dans nombre de situations d’exposition toxique ou de contamination.

Loin d’une simple rhétorique, la résilience est une technologie du consentement. À la fois un discours tenu sur la technique et une technique elle-même, dont la finalité est d’amener les populations en situation de désastre à consentir à la technologie − à Fukushima il s’agit du nucléaire − ; à consentir aux nuisances, en rendant incontournable le fait de « vivre avec » ; à consentir à la participation, à travers la cogestion des dégâts qui déresponsabilise les responsables ; à consentir encore à l’ignorance, en désapprenant à être affecté par ce qui nous touche au plus profond, notre santé notamment ; à consentir, enfin, à expérimenter de nouvelles conditions de vie induites par le désastre.

Thierry Ribault, chercheur en sciences sociales au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), rattaché à l’Université de Lille. (Crédit DR)

La résilience, écrivez-vous, se nourrit de la « science non faite », de l’« ignorance organisée », qui ne se réduit pas simplement aux mensonges des autorités et ne résulte pas simplement de l’instrumentalisation de la science par les industriels, mais qui « fait partie intégrante de l’appareil de production scientifique ». C’est-à-dire ?

Mensonges, mises sous secret et collusions entre science, industrie et État sont amplement documentés. Mais l’ignorance organisée relève des apparences socialement nécessaires, de l’idéologie plutôt que du mensonge, de la justification plutôt que des techniques de persuasion. Elle opère un rétrécissement cognitif permettant d’aménager, sans contradiction, une réalité contradictoire : vivre en toute plénitude dans un milieu nocif.

Il s’agit de préserver le statu quo autour d’une représentation acceptable du désastre et de ses dégâts. À Fukushima, que ce soit par les espaces géographiques scotomisés [, la dose reçue par les populations qui reste inconnue, l’amplitude limitée des enquêtes sanitaires et environnementales, ou les atteintes psychologiques éludées ou détournées, l’objet étudié est systématiquement réduit, générant des zones de science non faite.

Il s’agit moins de cacher que d’instiller dans les esprits et les pratiques l’idée qu’avec moins ou peu de connaissance, on peut s’en tirer mieux qu’avec trop.

La gestion par les « seuils » d’insécurité, revus à la hausse, relève de l’ignorance organisée : tant qu’ils ne sont pas dépassés, l’évaluation du risque ne requiert pas d’action supplémentaire, tablant sur les capacités de chacun à faire front aux effets délétères. Il s’agit moins de cacher que d’instiller dans les esprits et les pratiques l’idée qu’avec moins ou peu de connaissance, on peut s’en tirer mieux qu’avec trop.

Rapidité accrue, recours minimisé aux ressources, gains en légitimité politique face aux pressions du public sont autant d’avantages organisationnels pour les administrateurs du désastre, dont l’objectif est de rassurer vite et au moindre coût. En savoir progressivement de plus en plus sur de moins en moins est un cadre cognitif parfaitement ajusté au fonctionnement en mode dégradé préconisé par les affidés de la résilience.

Vous écrivez que « la résilience est l’un des avatars de la machine cybernétique. » Pourquoi ?

Transformant le vivant en une machine à souffrir et à encaisser les coups pour mieux rebondir, la résilience est en cohérence avec le systémisme qui préside à son modèle, la cybernétique, où ce qui est nocif ne l’est jamais objectivement, mais dépend de l’individu-récepteur sur lequel porte l’agression et de son degré de préparation, donc aussi d’impréparation.

C’est bien l’impératif de « préparation » qui fonde la « transition écologique et climatique » tant attendue par la loi « Climat et résilience ». Préparation par l’éducation, l’« accélération de l’évolution des mentalités » et la responsabilisation individuelle. Nos forces intérieures deviennent les jauges des agressions extérieures, dont le degré de sévérité dépend de chacun.

D’où la sur-responsabilisation qui sous-tend la résilience dans un monde où il n’y a plus de violence objective. La catastrophe devient une perturbation introduisant de nouveaux éléments d’information dans un système autorégulé, chargé de les capter et de les intégrer, donnant à chacun l’opportunité de sortir de sa « zone de confort » et d’affronter les turbulences à venir. Bref ! De progresser en tirant des leçons d’adaptation au pire.

Avec le nucléaire, depuis au moins l’accident de Tchernobyl en 1986, comme actuellement avec la crise pandémique du Covid-19, diriez-vous que les populations sont considérées comme les cobayes d’expériences « grandeur nature » réalisées à ciel ouvert à l’occasion d’accidents industrielles ou de catastrophes naturelles ?

À Fukushima et ailleurs, les gens sont déplacés dans un monde qui les menace, auquel ils sont inappropriés. Privés de leur monde, ils voient en tout acte et en toute chose un moyen de retourner au milieu qui est le leur : d’où l’obsession de la décontamination, le mythe du village natal, qui procurent l’espoir de revenir à « la situation initiale ». On tente de se soigner par le retour.

Aller à l’encontre de ce désir de retour, qui est en fait un désir refoulé de fuir l’impossibilité de maintenir la vie dans un milieu hostile, est une gageure qu’aucun pouvoir ne peut relever : on s’abrite derrière l’illusionnisme d’ « une radioactivité qui fait partie du monde ». Il s’agit de se rendre disponible pour un monde dont on ne peut disposer, un monde faux qui dispose de nous. D’où la domestication de la peur prônée par les adeptes de la résilience, un pas de plus vers l’abolition de la prise de conscience de la falsification du monde, et vers une paralysie de la raison par la crainte de la vérité et de la liberté.

La résilience transforme le vivant en une machine à souffrir et à encaisser les coups pour mieux rebondir.

L’enfermement dans une vie calculée, où l’on quantifie les risques, on évalue ses chances de survie, on l’organise en optimisant son comportement, et où l’on s’endurcit pour faire face au désastre et s’en nourrir, est aux antipodes du fait de ressentir la menace, d’en devenir pleinement conscient, y compris par la peur, de fuir cette menace et de s’attaquer à ses causes réelles. On apprend à vivre avec, à gérer sa dose avec le minimum de connaissance, dans un système socio-technique perpétuellement en voie de remédiation. On devient une ressource au service des « capacités à entrer en résilience » de ce système.

Quelle est la fonction politique et idéologique de la résilience ? Représente-t-elle un nouvel eugénisme, en favorisant les plus aptes à s’adapter, destiné in fine à sauver, quoi qu’il en coûte en vies humaines, la société techno-industrielle face à ses propres catastrophes (accidents nucléaires, épidémies, dérèglements climatiques, pollutions…) ?

La résilience est une métaphysique étatique du malheur qui justifie le désastre comme le pendant inéluctable du progrès, au point d’en faire sa source. Il y a une dimension sacrificielle dans ce culte de l’adaptation. Le coup de force eugénique de la résilience est de soutenir que la catastrophe n’est pas ce qui survient, mais l’impréparation individuelle et collective à ce qui survient. D’où, chez Sanofi, ce système de promotion ciblé pour les salariés dotés de la « qualification fighting cancer », car « l’ex-malade a de quoi transmettre à ses pairs ». Une fois le tri effectué. Dans cette recherche insensée de liaisons vertueuses entre souffrance, mérite et héroïsme, l’abomination n’a plus de limite.

Comment les organisations et les experts internationaux spécialisés en radioprotection (UNSCEAR, OMS, AIEA, CIPR…) participent-ils à la normalisation des accidents nucléaires ? Et que pensez-vous de la stratégie des mouvements anti-nucléaires en matière de contre-expertise dans ce domaine ?

Dans sa promesse de réparation individuelle et collective, la résilience institue les victimes en cogestionnaires du désastre. On légitime ainsi la production organisée d’ignorance et la logique selon laquelle il faut avant tout apaiser les esprits de manière efficace.

À Fukushima, qu’elle soit citoyenne, libertarienne techno-centrée, ou copilotée par des représentants des autorités et des experts, la cogestion participe de l’élaboration du consentement au désastre et à ses suites. Elle tend à reproduire le monde administré en réaction duquel on est censé se situer. Elle fétichise les moyens pour éviter de réfléchir aux fins. Elle contribue à la confusion entre l’accomplissement du sujet et les nécessités que lui impose sa survie en milieu toxique. Elle alimente en contre-expertise la machine à produire de la controverse. Elle collabore enfin au développement de l’appareillage technique des États préparant la gestion du prochain désastre.

Dans sa promesse de réparation individuelle et collective, la résilience institue les victimes en cogestionnaires du désastre.

On est bien loin de l’objectif d’autonomie citoyenne. On répond au lobby par le hobby de l’activisme, dont le caractère régressif réside dans son refus de faire réflexion sur sa propre impuissance. Comme le résume un ex-membre d’une organisation citoyenne, « le laboratoire citoyen devient une activité en soi, un business qui tourne ».

Que pensez-vous de la controverse, savamment entretenue depuis des décennies, sur les effets des « faibles doses » de radioactivité sur la santé humaine ?

Que ce soit la betterave sucrière ou le nucléaire, il y a toujours une filière à sauver. La confusion est entretenue entre, d’une part, l’incertitude relative à la signature biologique du cancer et, d’autre part, la supposée incertitude relative au lien épidémiologique entre faible exposition et risque de cancer. Alors que la seconde incertitude est en grande partie le fruit d’une controverse artificiellement nourrie, une incertitude volontaire en quelque sorte, la première est bien réelle, mais elle vaut pour nombre de cancers et pas seulement pour les cancers radio-induits.

Qu’il n’y ait pas d’exception des rayonnements ionisants du point de vue de la difficulté à établir la preuve biologique de leur nocivité en termes de cancer ne disculpe pas pour autant les nuisances radioactives − ni les autres d’ailleurs −, d’autant moins que même à faible dose, les effets nocifs de certaines molécules se renforcent lorsqu’elles sont combinées, agissant en synergie sur les cellules et produisant des conséquences délétères inattendues, phénomène frivolement qualifié d’« effet cocktail ».

Vous citez cette phrase de René Riesel et Jaime Semprun dans Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable (Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, 2008) : « C’est la révolte, le goût de la liberté, qui est un facteur de connaissance plutôt que le contraire. » C’est-à-dire ?

Déplorer la production d’ignorance en arguant que si la connaissance dont elle nous prive était disponible, tout serait transparent et qu’une action enfin rationnelle en découlerait, relève d’une vision naïve, source de confusion. Chaque fois que la connaissance aura des chances de mener à une action socialement inacceptable, ayant des conséquences douloureuses du point de vue de la préservation de la totalité sociale – par exemple, évacuer les villes d’Iwaki, Fukushima et Kôriyama de 300 000 habitants chacune –, elle ne se transformera ni en action ni en force d’émancipation.

Arguer que si la connaissance était disponible une action enfin rationnelle en découlerait relève d’une vision naïve.

Rendre publique la connaissance en pensant que cette mise à disposition sera automatiquement effective en termes de décision est illusoire, car la clef de la transformation de la connaissance en action n’est pas, et ce de plus en plus, la disponibilité de son contenu, mais la disponibilité de ceux qui s’en emparent, c’est-à-dire la manière dont les individus sont préparés et rendus susceptibles d’être mis à disposition de la société. Seules les failles dans cette mise à disposition, par où le désir de liberté qu’elle séquestre peut trouver à s’exprimer et à prendre forme, sont susceptibles de révéler et activer le potentiel anti-régressif de la connaissance.

Si la résilience est une « imposture solutionniste », comme vous l’écrivez, comment faire face, voire échapper, aux désastres qui nous menacent ?

Cesser par tous les moyens possibles de considérer le malheur comme un mérite. Lui donner la parole certes, mais non pas pour lui donner un sens afin de mieux l’évacuer. Apprendre à nommer ce malheur et faire advenir à la conscience la dureté de ce qui est, plutôt que se résigner aux rapports sociaux et à leurs nuisibles sous-produits. Sortir de l’exaltation du sacrifice et de la souffrance, inversement proportionnelle aux efforts déployés pour en être épargnés. Vivifier le désir de prendre distance vis-à-vis de la condition de survivant. Reconnaître notre impuissance, y compris technologique, face aux désastres, en prendre acte et en tirer les conséquences.

Au vu de la radicalité de vos critiques, d’aucuns pourraient vous considérer comme « un semeur de panique », pour reprendre l’expression du philosophe allemand Günther Anders. Vous considérez-vous comme tel ?

Lorsque les neurophysiologues ambitionnent d’« inhiber les neurones de la peur » par l’optogénétique afin d’ « éteindre la peur » dans les cerveaux pour mieux étreindre notre malheur, on peut se demander de quel côté se trouve la radicalité. La peur n’a plus lieu d’être, devient une question de perception qu’il faut apprendre à commuter pour mieux conclure un accord à l’amiable avec le pire. Proclamer les vertus du courage, de l’endurance, de la solidarité, ne sert qu’à détourner de la peur, qui passe désormais pour une vanité ou une honte. On ouvre grand les portes à la légalisation des méthodes nécessairement criminelles visant à surmonter la peur pour faire front aux « ennemis ».

Reconnaître notre impuissance, y compris technologique, face aux désastres, en prendre acte et en tirer les conséquences.

Au prétexte de nous libérer de la peur, nous liquidons notre liberté d’avoir peur. Alors qu’elle est un moment indispensable pour prendre conscience des causes qui nous amènent à l’éprouver, la peur est devenue le symptôme d’une maladie de l’inadaptation que la résilience est censée soigner. La peur inquiète, comme le confirme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), soucieuse de « supprimer la peur de la pandémie de Covid-19 », à défaut d’en sortir. On peut comprendre les motifs d’un gouvernement par la peur de la peur, car elle peut stimuler en nous la colère et la nécessité de bouleverser une organisation qui se nourrit du désastre qu’elle génère.

Propos recueillis par Anthony Laurent, rédacteur en chef / Sciences Critiques.

Publié le14 juillet 2021 dans la rubrique Grands Entretiens

https://sciences-critiques.fr/thierry-ribault-%E2%80%89la-resilience-est-la-nouvelle-religion-detat%E2%80%89/

MACRON EN POLYNÉSIE : « LE NUCLÉAIRE EST SURTOUT UN MALHEUR FRANÇAIS », RÉPOND RONAN DANTEC

En visite en Polynésie française, le président de la République a dit son attachement au nucléaire, une « chance » pour la France. Une déclaration qui interloque autant les écologistes que la droite sénatoriale. Cette dernière dénonce un mandat marqué par une « absence de cap » sur ce dossier clivant.

« C’est l’éloge du et en même temps », cingle le sénateur LR, Stéphane Piednoir, après avoir entendu le président de la République vanter les mérites du nucléaire. En visite en Polynésie française mardi 27 juillet, Emmanuel Macron a en effet affirmé que le nucléaire était une « chance » pour la France.

Concernant les éoliennes, le président dit vouloir adopter une politique du « cas par cas » quand Xavier Bertrand et Marine Le Pen se sont déjà emparés du sujet pour dire tout le mal qu’ils en pensaient. À moins d’un an de la présidentielle, les propos du président de la République sur le nucléaire passent assez mal au Sénat, chez la droite comme chez les écologistes.

Membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), Stéphane Piednoir rappelle que l’État a choisi d’abandonner le projet Astrid et donc le déploiement de réacteurs de quatrième génération en 2019. Un rapport de l’OPECST, remis le 21 juillet dernier, évalue justement les conséquences de cet abandon (lire notre article).

Nucléaire : « On a besoin de décisions »

L’arrêt de ce programme, sans concertation ni consultation du Parlement, demeure peu compréhensible pour le sénateur LR de Maine-et-Loire. « Je peux accepter que l’on remplace un programme mais que l’on nous dise par quoi on le remplace. Cela fait deux ans que l’on procrastine alors qu’on a besoin de décisions », souffle Stéphane Piednoir.

« Au cours de son mandat, il n’est pas non plus revenu sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), sauf pour reporter de dix ans la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité », pointe-t-il. La France s’était en effet engagée à ramener la part de nucléaire à 50 % en 2025, puis à 2035, « l’an dernier, le nucléaire représentait 70 % de la production d’électricité, cet objectif est complètement irréaliste ».

Si le sénateur LR partage les convictions du chef de l’État sur le nucléaire, il juge durement sa politique : « une espèce de tambouille où il cherche à ne froisser personne » et où il finit surtout par ne contenter personne.

« Le nucléaire est une aberration économique »

De l’autre côté de l’hémicycle, l’écologiste Ronan Dantec a reçu tout aussi fraîchement cette déclaration. « Le nucléaire est surtout un malheur Français », tance le sénateur de Loire-Atlantique. Lui juge que cette énergie « affaiblit la France depuis 70 ans » en réduisant les parts d’investissements dans d’autres secteurs.

Ronan Dantec dénonce « une aberration économique : le nucléaire coûte plus cher que l’éolien offshore ou le photovoltaïque ». « Il faut que les Français comprennent que si on continue comme ça, ils paieront leurs factures plus chères demain », insiste le sénateur écologiste. Si le débat patine, c’est que « dès qu’on parle de nucléaire, on touche à tabou français ».

Le sénateur dénonce également « un véritable lobby à la tête de l’État », en prenant l’exemple de l’ancien Premier ministre, Édouard Philippe, qui durant trois ans a été directeur des Affaires publiques d’un fleuron français du nucléaire : Areva.

« On est les derniers au monde à faire ça. Les Allemands sont en train de réussir leur pari de sortie du nucléaire et du charbon par un choix de production décentralisée en drainant l’épargne locale et renouvelable, nous, on assèche l’épargne publique », se désespère le sénateur écologiste.

Le président de la République a choisi de faire cette déclaration sur un territoire pourtant meurtri par le nucléaire. De 1966 à 1996, le gouvernement français a réalisé pas moins de 193 essais nucléaires dans les eaux polynésiennes. En mars dernier, le média d’investigation Disclose révélait l’existence d’un rapport établissant pour la première fois l’existence d’un « cluster de cancers de la thyroïde » liés aux essais nucléaires français. Sans présenter d’excuses, Emmanuel Macron a reconnu « une dette » et affirmé que les victimes de ces essais devaient être mieux indemnisées.

Par la rédaction de Public Sénat, publié le 28/07/2021 à 18h50, mis à jour le 28/07/2021 à 18h50

Crédits photo principale : Jacques Witt/SIPA

https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/macron-en-polynesie-le-nucleaire-est-surtout-un-malheur-francais-repond-ronan

NUCLÉAIRE : LE GOUVERNEMENT SUSPEND LE PROJET DE RÉFORME D’EDF

Faute d’accord avec Bruxelles, le gouvernement renonce à présenter un projet de loi à la rentrée de septembre pour réformer le groupe public. Il indique toutefois souhaiter poursuivre ses discussions avec la Commission européenne.

Après de longs mois d’hésitations sur ce dossier très sensible, le gouvernement a finalement décidé de remiser ses ambitions de réforme d’EDF.

« Des progrès assez substantiels ont été réalisés dans nos discussions avec la Commission européenne. Cependant, à date, nous n’avons pas abouti à un accord global. Or, pour le gouvernement, il n’est pas envisageable de soumettre un projet de loi au Parlement dont les principaux termes n’auraient pas fait l’objet d’un accord global avec la Commission européenne », souligne une source au sein du gouvernent.

De nombreux sujets encore en débat avec Bruxelles

Autrement dit, le projet de réforme d’EDF en discussion depuis plus de deux ans entre le gouvernement français et Bruxelles est suspendu. Ce message a été adressé aux syndicats d’EDF ce matin et renouvelé à l’occasion d’un conseil d’administration du groupe public cet après-midi, à la veille de la présentation de ses résultats trimestriels.

« De nombreux sujets sont encore ouverts avec Bruxelles et rendent impossible la présentation d’un projet de loi à la rentrée. Les besoins de réforme restent présents mais on s’installe désormais dans un projet au long cours », détaille encore une source proche d’EDF. De fait, le calendrier de l’élection présidentielle et l’agenda parlementaire semblent désormais repousser ce sujet à la prochaine mandature présidentielle.

EDF : les certitudes de Jean-Bernard Lévy

Évoqué par Emmanuel Macron dès le début de son quinquennat, en novembre 2018, ce vaste projet visait plusieurs objectifs : la réforme du prix de vente réglementé du nucléaire (« Arenh ») pour permettre à EDF de faire face aux besoins d’investissement de ses centrales vieillissantes, la remise à plat du statut des barrages hydroélectriques de l’énergéticien pour éviter une mise en concurrence du marché et une réforme de la structure du groupe pour lui donner les moyens de monter en puissance dans les énergies renouvelables.

Concrètement, cette réforme aurait pu aboutir au découpage du groupe EDF en trois entités : l’une portant les actifs hydrauliques, l’autre ses centrales nucléaires et le transport d’électricité avec RTE et la dernière – cotée en Bourse – la distribution d’électricité avec Enedis, sa commercialisation et la production d’électricité renouvelables.

Des échanges à venir avec la Commission

Une alternative inimaginable pour les syndicats et certains élus qui ont pointé le risque d’un « démantèlement du groupe » et d’une mise en concurrence de ses énergies. Pour le gouvernement, le projet était d’autant plus difficile à porter qu’il implique une hausse des prix de l’électricité à travers la revalorisation du prix de vente de l’électricité nucléaire.

Reportée, la réforme d’EDF n’est toutefois pas abandonnée pour de bon. « Les sujets sont des sujets de fond qu’il faut traiter. L’État français et la Commission vont poursuivre les discussions sur le devenir du parc hydroélectrique d’EDF et sur la régulation du nucléaire existant afin d’aboutir à un accord dès que possible. Toujours avec l’objectif de protection des consommateurs et des capacités d’EDF à investir », indique encore cette source au sein du gouvernement.

Par Sharon Wajsbrot, publié le 28 juil. 2021 à 18h17

Photo en titre : Reportée, la réforme d’EDF n’est toutefois pas abandonnée pour de bon. « Les sujets sont des sujets de fond qu’il faut traiter », indique une source au sein du gouvernement. (ALAIN JOCARD/AFP)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/nucleaire-le-gouvernement-suspend-le-projet-de-reforme-dedf-1335452

POLYNÉSIE ET NUCLÉAIRE : PAS DE “PARDON” ET DES ANNONCES QUI NE SATISFONT PAS L’ASSOCIATION 193

Ce n’est pas le mot que les victimes des essais nucléaires attendaient. Emmanuel Macron « assume » mais ne demande pas « pardon« . Des engagements forts ont été pris pour l’indemnisation des victimes et la dépollution des sites mais rien qui n’avait déjà été annoncé lors de la table ronde consacrée au nucléaire estime le député indépendantiste Moetai Brotherson.

Le discours final du Président de la République en Polynésie était très attendu, et principalement par les associations de victimes des essais nucléaires. Plus tôt dans la journée ce mardi, l’association 193 avait interpelé le Président à son arrivée sur l’île de Moorea.  “J’assumerai jusqu’au bout. Je m’exprimerai ce soir mais j’ai entendu“, avait-il déclaré.

Lire aussi : Emmanuel Macron sur le nucléaire : “j’assumerai jusqu’au bout”

Ce mardi soir, à la fin d’un discours très applaudi par l’assemblée présente, le Président a enfin abordé le sujet du nucléaire. Il a assuré avoir “entendu des doutes”. “J’ai vu des manifestants parfaitement pacifistes, respectueux (…) Le plus beau trésor que nous avons c’est la confiance et je sens qu’il y a une ombre portée à cette confiance (…) Je sais que vous ne direz pas les choses spontanément (…) je ne serai pas sincère avec vous si je ne parlais pas de ce doute qui s’est installé. Il y a un doute qui s’est installé avec la République, avec la France. Ce doute, il est lié au nucléaire.”

Le Président l’a répété à plusieurs reprises, il souhaite “assumer”, “tout assumer avec vérité et responsabilité”. Mais les Polynésiens n’entendront pas le mot “pardon” cette fois.

“Je pense que les choix faits à l’époque par le général De Gaulle (…) étaient des choix forts et qui nous servent et je pense que c’est aussi utile pour la Polynésie française (…) Pour se doter, il fallait faire des essais. (…) Il est vrai que ces essais ont été faits sur le sol Algérien puis en Polynésie française (…) Je pense que c’est vrai qu’on n’aurait pas fait les mêmes essais dans la Creuse ou en Bretagne. On a fait les essais ici parce que c’était loin”, a-t-il reconnu.

Néanmoins, le Président a reconnu que la Nation a une dette à l’égard de la Polynésie française. Cette dette est le fait d’avoir abrité ces essais et en particulier les essais nucléaires entre 66 et 94 dont on ne peut absolument pas dire qu’ils étaient propres.

Emmanuel Macron a tenu à souligner que les scientifiques et militaires de l’époque “ont pris alors les mêmes risques, se sont baignés dans les mêmes eaux.” Le Président estime qu’il n’y a “pas eu de mensonge, il y a eu des risques qui ont été pris parce qu’on ne les connaissait pas parfaitement (…) Je veux que nous nous inscrivions ensemble sur un chemin. Trop longtemps l’État a préféré garder le silence sur ce passé. Ce que je veux briser aujourd’hui c’est le silence. Je veux que tout le monde sache ce qui était su alors et ce qui est su aujourd’hui.” Cela avait déjà annoncé mais le Président l’a confirmé : les archives seront ouvertes.

Pas de pardon mais la confirmation des annonces déjà faites à Paris. Emmanuel Macron souhaite que les victimes soient mieux indemnisées : “J’ai entendu le faible nombre de dossiers instruits par le Civen. (…) Que les services de l’État puissent aller directement au contact (…) identifier les victimes et les aider à faire valoir ce qui leur revient. Ayant droit : les délais de dépôt des dossiers seront prolongés.” Il a annoncé le renforcement des moyens humains et financiers du Civen.

Emmanuel Macron l’avait expliqué dans la journée aux membres de l’association 193, “On ne peut pas tout prendre en charge de manière indifférenciée (…) Les conditions sont élargies. Les victimes et ayant-droits, nous irons les chercher et accompagneront (…) je veux qu’on en finisse avec le pacte du mensonge. (..) On a payé des tas de choses. On n’a pas payé les gens qui étaient victimes. (…) Il y a une dette mais je ne veux pas qu’elle soit prétexte à toutes les démagogies”

Par ailleurs, le Président l’avait annoncé lors de sa visite à l’hôpital de Taaone, et l’a répété lors de son discours ce mardi soir, la recherche sera développée concernant les cancers : “Nous devons faire davantage face aux nouveaux cancers (…) Je veux ce soir prendre un engagement vis à vis de vous. C’est permettre de développer de la recherche, des essais cliniques mais aussi des traitements ici en Polynésie française. J’ai souhaité que le gouvernement de la Polynésie française puisse s’appuyer sur les meilleurs spécialistes.” Une mission doit venir prochainement en Polynésie. Un partenariat nouveau en matière d’oncologie devrait être mis en place. Le Président souhaite développer un pôle de cancérologie pour “répondre aux besoins de la population. Mieux prévenir, mieux diagnostiquer et mieux traiter les cancers.”

La santé, mais aussi l’environnement. L’État prendra à sa charge les coûts exceptionnels de dépollution (…) parce que c’est juste”, a déclaré Emmanuel Macron. (…) Dès décembre notamment à Mangareva et Tureia, nous engageront le retrait des matériaux abandonnés par les armées depuis trop longtemps”.

“Mon vœu le plus cher, et je le crois partagé par le plus grand nombre d’entre nous, est de tourner cette page, pour regarder l’avenir sereinement. Je souhaite que les familles qui se déchirent trouvent dans nos réponses le chemin de l’apaisement et de la paix“, avait déclaré dans son discours préliminaire le président du Pays Édouard Fritch.

Le discours du Chef de l’État n’a en tout cas pas convaincu ni apaisé Moetai Brotherson, député et membre du parti indépendantiste Tavini Huiraatira : “Un mot qui manque ce soir, c’est le mot ‘pardon’. Les engagements pris par ailleurs sont ceux qui avaient déjà été annoncé. Il n’y a aucune surprise (…) je pense qu’Emmanuel Macron est un homme intelligent. Je pense qu’il peut encore évoluer sur cette question.”

Aucune avancée dans son discours” (Père Auguste, président de l’association 193)

Du côté de l’association 193, c’est la colère. Pour Père Auguste : “le Président Macron vient de raconter les conneries qu’on entend depuis les essais nucléaires (…) L’ouverture des archives c’était déjà prévu par le Conseil d’État. Et les indemnisations, au travers de l’État administratif (…) seront encore une fois le lot du guichet unique (…) Aucune avancée dans son discours. Que de la démagogie et que des propos d’une certaine lourdeur qui pèse encore plus sur ce pays. Et le président Fritch ainsi que son gouvernement local, derrière le club des fans qui applaudissent depuis tout à l’heure, sent bien que rien ne va avancer (…)”

Par Manon Kemounbaye, publié le 27/07/2021 à 20h23, mis à jour le 27/07/2021 à 21h51

Photo en titre : Crédit Tahiti Nui Télévision

https://www.tntv.pf/tntvnews/polynesie/politique/nucleaire-pas-de-pardon-et-des-annonces-qui-ne-satisfont-pas-lassociation-193/

EXCLU FRANCEINFO. CLIMAT : EMMANUEL MACRON DÉFEND LE NUCLÉAIRE, NOTRE « CHANCE », ET PRÔNE LE « CAS PAR CAS » POUR L’ÉOLIEN

En déplacement en Polynésie française, le président de la République a accordé une interview en exclusivité à franceinfo. Il a notamment parlé énergies renouvelables,  nucléaire et nécessaire adaptation au réchauffement climatique.

« La France a une chance, quand on parle d’émission de gaz à effet de serre, c’est le nucléaire« , a déclaré Emmanuel Macron en exclusivité à franceinfo, à Papeete, en Polynésie française, mardi 27 juillet (lundi 26 juillet, localement, heure de Papeete). « Il faut un cap clair, celui que je donne, on a une chance c’est le nucléaire mais on doit développer encore le renouvelable« , « la biomasse, la géothermie, le solaire et l’éolien », a-t-il précisé. « Il faut un cap clair, celui que je donne. On a une chance c’est le nucléaire mais on doit développer encore le renouvelable » a poursuivi le chef de l’État qui souhaite « accélérer » le développement de « la biomasse, de la géothermie, du solaire et de l’éolien », a-t-il précisé.

Emmanuel Macron défend le « cas par cas » sur l’éolien

Emmanuel Macron a toutefois reconnu qu’il y a « dans notre stratégie renouvelable, des tensions qui naissent parce que certaines de nos régions, les Hauts-de-France notamment, ont beaucoup construit d’éoliennes »« Je pense qu’il faut, comme partout, écouter » et « améliorer la concertation locale » a déclaré le président. « Il ne faut tomber dans aucune caricature, il y a des endroits où on pourra encore faire des projets d’éoliennes parce qu’ils sont adaptés et pertinents, il y a des endroits qui sont déjà bien dotés et où il n’y a pas de consensus et donc, oui, il faudra nous-même construire des stratégies alternatives. »

Sur l’éolien en mer, « qui n’est pas moins sensible », Emmanuel Macron veut également continuer à développer des projets et à « baisser leurs coûts ». Le président a prôné le « cas par cas » face aux critiques vis-à-vis de l’éolien.

Les projets en solaire ou en éolien, « là où ils créent trop de tensions, dénaturent et défigurent le paysage, il faut savoir ou les adapter ou y renoncer« 

Face au dérèglement climatique, « on ne peut pas dire c’est trop tard » et « ne plus faire aucun projet de renouvelable, il faut être cohérent », selon lui. Emmanuel Macron souhaite aussi développer le solaire, qui représente « moins de nuisances pour les concitoyens », et notamment moins de nuisances « visuelles ». « Je ne veux pas qu’on abîme nos paysages », a-t-il insisté, « c’est une part de notre patrimoine et de notre richesse profonde, de notre identité ». Le chef de l’État a notamment expliqué vouloir « développer le solaire sur les friches militaires.

Face au changement climatique, la résilience

Face aux « conséquences » du changement climatique, « il faut construire ce qu’on appelle aujourd’hui la résilience, c’est-à-dire comment résister à ces dérèglements », poursuit Emmanuel Macron. Le président, qui a insisté sur la nécessité de s' »adapter », citant « les abris en grande insularité comme ici dans le pacifique [dans l’archipel des Tuamotu] contre les cyclones et a estimé « qu’il nous faut [en] faire aussi aux Antilles ».

« Nous entrons dans un monde où ce type d’évènement climatique [les cyclones] va se multiplier à cause du fameux réchauffement et dérèglement entrainé par, en quelques sortes, l’accélération de nos émissions de CO2 ces dernières décennies », a poursuivi le président. D’où « les 50 millions d’euros qu’on investit pour construire 17 abris » dans l’archipel des Tuamotu.

La résilience, a continué le chef de l’État, « c’est nous permettre aussi d’équiper nos hôpitaux, nos écoles, nos maisons de retraite face au réchauffement climatique ». « Dans le plan de relance, on a cela, nous équiper pour faire face aux grandes chaleurs qui peuvent arriver sur des périodes plus ou moins longues dans nos latitudes aussi » a-t-il assuré. L’autre manière de répondre au dérèglement climatique, c’est « réduire nos émissions de CO2 », a indiqué Emmanuel Macron. « C’est toute la stratégie dans laquelle nous sommes engagés nous Français et nous Européens » a-t-il assuré. Selon lui, « on est en train d’accélérer ».

Écoutez l’intégralité de l’interview exclusive du président de la République

écouter

Par franceinfo, mis à jour le 27/07/2021 à 15h07

Photo en titre : Emmanuel Macron, lors d’un discours donné depuis l’archipel de Tuamotu, en Polynésie française, le 26 juin 2021. (LUDOVIC MARIN / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/exclu-franceinfo-climat-emmanuel-macron-defend-le-nucleaire-notre-chance-et-prone-le-cas-par-cas-pour-l-eolien_4717523.html

Note de Jean-Yvon L. à l’article ci-dessus :

« Scoop : le « quoi qu’il en coûte » devrait dépasser un siècle puisque qu’entre la construction, la mise au point, le fonctionnement et le démantèlement on en prendrait pour plus d’un siècle.

Avec un MWh à plus de 100 €, largement au-dessus du prix de marché et des renouvelables il faudra renflouer EDF SA durant tout ce temps pour éviter que l’entreprise ne fasse faillite. »

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NDLR : Avec Macron, le nucléaire a de beaux jours devant lui. Je n’en dirai pas autant de nos descendants ! La présidentielle et les législatives qui suivront sont notre dernière chance, qu’on se le dise…

MONTALIEU (38) ZONE À ÉVACUER ! LA PRESSE RELAIE L’ACTION

C’est le message porté par les 8 panneaux installés sur les 4 entrées principales de Montalieu-Vercieu (38), commune de quelques 3500 habitants, située sur les bords du Rhône à une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau de la centrale nucléaire du Bugey.

De nombreux véhicules empruntent les accès de la commune et donc les panneaux auront été vus et lus par énormément de monde !

La presse locale était sur les lieux : d’où l’article ci-contre du Dauphiné Libéré qui aura encore élargi la communication du message lancé par les militants de l’Association Sortir du Nucléaire Bugey.

Inutile de dire que cette population sera malheureusement concernée en cas d’accident majeur à la centrale nucléaire du Bugey.

La prolongation du fonctionnement de ces vieux réacteurs au-delà des 40 ans déjà révolus, malgré de nombreux incidents récurrents, pose question à toute cette population très proche, car il n’y aura pas d’autre issue que l’évacuation (en catastrophe) et ce, pour des mois et plus vraisemblablement des années, sans espoir de retour…

Par le Collectif STOP BUGEY, publié le 28 juillet 2021

Pour en savoir plus : http://www.stop-bugey.org/

LE NUCLÉAIRE, UNE INDUSTRIE SANS GRAND AVENIR

Le nucléaire a beau ne pas émettre de CO2, c’est une technologie dépassée par l’éolien et le solaire. Sa place dans le mix électrique décarboné de demain devrait être marginale. Au mieux.

« Peu importe que vous soyez pour ou contre le nucléaire. Ce n’est plus le sujet. Tout simplement parce que le nucléaire est devenu hors sujet. » Mycle Schneider, consultant et coordinateur d’un rapport annuel qui fait référence sur l’état de l’industrie nucléaire dans le monde, cite deux chiffres. En 2020, entre mises en service et arrêts définitifs de réacteurs, les capacités nucléaires nettes à l’échelle de la planète ont progressé de 0,4 GW. De leur côté, les capacités électriques renouvelables ont augmenté de 260 GW (un nouveau record malgré le Covid), le solaire et l’éolien représentant 91 % de ce total.

Ces deux données disent assez bien dans quel sens pousse le vent. Évidemment, quand il n’y a pas de vent ou pas de soleil, ces sources ne fonctionnent pas. Il faut donc regarder les volumes produits. Depuis 2012, la production électronucléaire mondiale a de nouveau progressé, après avoir atteint un maximum historique en 2006 et reculé ensuite. Elle avait presque retrouvé en 2019, avant la crise du Covid, son point haut de 2006, près de 2 800 TWh, soit 10,3 % de la demande électrique mondiale (les énergies fossiles comptant pour 62,8 % et les renouvelables, hydraulique y compris, pour 26 %). De 2012 à 2019, la production des réacteurs en activité a crû de 325 TWh. Mais, dans le même temps, celle des éoliennes et du solaire a progressé de 1 522 TWh. En 2019, installations éoliennes et solaires avaient déjà produit 2 154 TWh.

Hormis la Chine, le monde ne construit pratiquement plus de réacteurs Nombre de mises en chantier de nouveaux réacteurs chaque année dans le monde entre 1951 et 2020

Source : WNISR

Ces deux sources vont dépasser d’autant plus rapidement le nucléaire que sa reprise depuis 2012 va s’essouffler. Sur 325 TWh de hausse, 250 TWh sont le fait de la seule Chine. Or, dans l’empire du Milieu, l’essor rapide de ces dernières années semble déjà toucher à sa fin. En effet, c’est le résultat d’une forte croissance de la construction de réacteurs dans ce (seul) pays durant les années 2000 et qui a culminé en 2010. Depuis, le nombre des mises en chantier a été divisé par deux, ce qui va mécaniquement se traduire dans les années 2020 par une progression beaucoup plus faible de la production d’origine nucléaire, tandis que les renouvelables poursuivent leur ascension fulgurante. Pire, la poursuite des mises en chantier est devenue très incertaine.

Une question de coûts

Cette évolution n’a rien de surprenant. Alors que la meilleure prise en compte des risques du nucléaire en accroît les coûts et la complexité industrielle, l’éolien et le photovoltaïque beaucoup plus modulables, faciles à maîtriser et à installer, dont les marges de progression sont encore très importantes avant que leur variabilité ne puisse plus être gérée par les capacités pilotables existantes – ont vu ces deux dernières décennies leurs coûts s’effondrer au fur et à mesure de leur développement. Aux États-Unis, le coût de production moyen du nucléaire neuf, fin 2019, est estimé par le cabinet Lazard à 155 $/MWh (117 $/MWh en 2015), contre 40 $/MWh pour le photovoltaïque (65 $ en 2015) et 41 $ pour l’éolien terrestre (55 $ en 2015). En France, le coût de production de l’EPR de Flamanville pourrait se situer entre 110 et 120 €/MWh, selon la Cour des comptes.

Dessin : Terreur graphique

Mais selon les bilans des appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), les prix de vente de l’électricité s’établissaient en 2020 à 59,50 €/MWh pour l’éolien terrestre et 52,60 €/MWh (parcs au sol de puissance supérieure à 5 MW). EDF, qui veut construire une première série de six EPR, mise à terme sur des coûts de 70 €/MWh (avec une estimation de 85 €/MWh pour les trois premières unités). En France, la baisse maximale de coûts par rapport à une tête de série jamais observée a atteint 16 %. Et si ces nouveaux EPR voient le jour, ce ne sera pas avant 2035, tandis que les renouvelables auront entre-temps encore vu leurs coûts baisser.

Un rôle d’ajustement

Sur le long terme, même lorsque les scénarios prospectifs lui font une place, c’est le cas des travaux du Giec, de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ou de l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena), le nucléaire occupe en définitive une place marginale dans le mix électrique mondial décarboné de demain.

Son importance (très relative) dépend par ailleurs des efforts qui seront faits ou non sur les économies d’énergie. Selon le scénario de l’Irena paru au printemps et construit sur une hypothèse raisonnable de maîtrise de la demande énergétique totale, la production d’électricité devrait tripler et couvrir la moitié des besoins énergétiques mondiaux en 2050 (contre un cinquième aujourd’hui). Mais dans ce mix électrique de demain, le nucléaire ne compterait que pour 4 %, contre 90 % pour les renouvelables.

Le nucléaire est clairement sans réelles perspectives face à la concurrence du solaire et de l’éolien qui le cantonne à un rôle d’ajustement de l’offre à la demande d’électricité. Reste une question : est-il seulement nécessaire pour gérer les fluctuations des productions éolienne et solaire ? Viser un mix électrique 100 % renouvelable ne serait-il pas une meilleure option ?

Peu d’opportunités à l’international

Même à supposer que la construction de nouveaux réacteurs redémarre à l’international, il y a peu de chances que la France en profite. La Chine a jusqu’ici poursuivi une stratégie de maîtrise technologique pour fournir son propre marché. Mais avec le développement de son réacteur Hualong (« dragon » en chinois) et d’autres succès comme la construction de deux EPR en joint-venture avec la France, elle démontre son savoir-faire au reste du monde. Elle est devenue un dangereux compétiteur de l’Hexagone, notamment au Royaume-Uni, qui réfléchit à la mise en chantier de nouvelles unités. Quant à la France, avec ses contre-performances sur les chantiers de l’EPR à Flamanville et en Finlande, elle a perdu de son aura. Elle avait déjà raté le contrat avec Abu Dhabi en 2009 face à la Corée du Sud, et cherche désespérément depuis 2008 à vendre six EPR à l’Inde, qui préfère investir dans du solaire et de l’éolien deux à trois fois moins chers, ou passer des contrats avec la Russie pour ses centrales nucléaires. Le coût de l’EPR français ou son équivalent américain (AP1000) s’élève entre 7 500 et 10 500 dollars le kilowatt, contre 2 800 à 5 400 dollars pour le Hualong chinois, l’APR1400 coréen ou le VVER-120 russe 1.

Par Antoine de Ravignan, publié le 27/07/2021

Photo en titre : Centrale nucléaire EDF du Tricastin. PHOTO : Jean Marie HOSATTE/REA

https://www.alternatives-economiques.fr/nucleaire-une-industrie-grand-avenir/00099773

STRATÉGIE NUCLÉAIRE DE LA CHINE, ARMES ET DOCTRINE. POUR AVEUGLER LES TIGRES

Édouard Valensi -Spécialiste du nucléaire militaire — il dirigea la cellule dissuasion au sein de la Délégation générale de l’armement —, Édouard Valensi analyse en détail la stratégie de Pékin dans ce domaine.

S’il souligne l’augmentation continue des budgets et la montée en gamme des équipements, il montre que la Chine dispose aujourd’hui d’un arsenal nucléaire crédible mais refuse de se lancer dans la course aux armements, notamment avec les États-Unis.

Contrairement à la plupart des analystes occidentaux, et en appuyant sa démonstration sur les textes officiels et sur le type d’armes produites, Valensi estime que Pékin a fait le choix de « non-recours en premier » à la frappe nucléaire dès sa première « bombe » et s’y tient. De plus, le pouvoir « ne cherche pas à faire de ses capacités stratégiques un outil diplomatique » — pas de parapluie nucléaire chinois pour les « pays amis » ! Une stratégie que l’auteur trouve proche de celle de la France… au point d’imaginer Paris en pivot des négociations pour un désarmement nucléaire de la planète qui commencerait par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

Par Martine Bulard, publié le 27 juillet 2021

Le livre : « Stratégie nucléaire de la Chine, armes et doctrine. Pour aveugler les tigres », par Édouard Valensi, chez L’Harmattan, Paris, 2021, 135 pages, 18,50 euros.

https://www.monde-diplomatique.fr/2021/08/BULARD/63402

EDF VA RÉDUIRE LA CAPACITÉ DE CHOOZ 2 (1,5 GW) PENDANT UN AN

EDF va réduire la capacité de son réacteur de 1 500 MW Chooz 2 en France à 1 370 MW pendant près d’un an, à partir de son redémarrage prévu le 31 août, a-t-elle annoncé lundi.

Un représentant de la CGT a déclaré à Montel que cette mesure avait été imposée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) afin d’éviter des problèmes de corrosion ou d’inétanchéité des crayons combustible du réacteur.

À la mi-mai, EDF avait prolongé un arrêt programmé à Chooz 2 de deux mois, jusqu’au 31 août, à la suite de la découverte de gaines combustible défectueuses.  

Tous les assemblages combustible du réacteur présentant des anomalies – 15 au total – ont désormais été remplacés, a fait savoir le syndicaliste.

L’unité jumelle, Chooz 1 (1,5 GW), n’est pour sa part pas affectée actuellement, a-t-il ajouté.

Dans le cœur de chaque réacteur se trouve environ 200 assemblages combustible, contenant chacun 264 crayon combustible – des tubes longs, fins et étanches contenant le combustible sous forme de pastilles d’uranium.

Par Leila Fernández Thévoz (London), publié le 26 Juillet 2021 à 17h03

https://www.montelnews.com/fr/news/1241154/edf-va-rduire-la-capacit-de-chooz-2-15-gw-pendant-un-an

NDLR : même problème qu’à Taïshan en Chine et même fournisseur : Framatome !

COMMENT L’ALLIANCE ENTRE L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE FRANÇAISE ET RUSSE VEUT FAIRE CAPOTER LA TRANSITION ALLEMANDE

L’Allemagne doit sortir du nucléaire en 2022. Mais l’entreprise française Framatome souhaite continuer à exploiter son usine allemande de combustible nucléaire. Pour le faire, elle compte s’associer à une filiale de l’entreprise d’État russe Rosatom.

Les entreprises nucléaires françaises et russes vont-elles ralentir la sortie du nucléaire allemande ? C’est ce que craignent des élus et des activistes environnementaux en Allemagne. Framatome, entreprise française détenue à 75 % par EDF, fabrique des combustibles pour les centrales nucléaires en France et à l’étranger. Elle détient une filiale en Allemagne, Advanced Nuclear Fuels (ANF). Son usine de Lingen, dans le nord-ouest du pays, produit des combustibles destinés principalement aux centrales d’Europe de l’Ouest. L’usine doit continuer à fonctionner après 2022, date à laquelle l’Allemagne a pourtant décidé de stopper définitivement tous ses réacteurs et de « sortir » de l’énergie atomique. Au vu de son carnet de commandes, le site de Lingen devrait rester en fonction au moins jusqu’en 2032 [1].

En avril, les Allemands ont eu la surprise de découvrir que, pour continuer à faire tourner cette usine, Framatome comptait s’associer à une filiale de l’entreprise nucléaire d’État russe Rosatom, (du nom de TVEL). « Framatome SAS (France) et JSC TVEL (Fédération de Russie) sont en train de négocier une coentreprise pour coordonner la fourniture d’éléments combustibles spécifiques pour les centrales nucléaires, dans laquelle JSC TVEL détiendra une participation minoritaire de 25 % », nous confirme le service de presse de la filiale de Framatome. Pour que la coentreprise franco-russe voie le jour, il faut encore qu’elle soit approuvée par le ministère de l’Économie allemand, en train d’examiner la question. Et les critiques émergent face à ce projet de coopération franco-russe sur le sol allemand.

« C’est absurde de fermer toutes les centrales nucléaires allemandes tout en continuant à livrer des combustibles à des centrales étrangères, dont les centrales belges de Doel et Tihange, qui sont très peu sûres », estime la députée verte au Parlement allemand Sylvia Kotting-Uhl. Les réacteurs de ces deux centrales belges sont en fonction pour certains depuis plus de quarante ans. Au vu de leur état critique, des voix s’élèvent pour qu’elles soient arrêtées (voir notre article).

« La sortie du nucléaire allemande n’est pas crédible si on laisse ces usines en fonction »

En mars dernier, le ministère de l’Environnement allemand, dirigé par une sociale-démocrate, a réaffirmé que « la sortie du nucléaire en Allemagne n’est pas compatible avec la production d’éléments combustibles pour les centrales nucléaires à l’étranger ». Le ministère préconisait donc « la fermeture des usines de Lingen et de Gronau » – une usine d’enrichissement d’uranium détenue par les États britanniques et néerlandais, ainsi que les entreprises énergétiques allemandes Eon et RWE. Cette fermeture « devrait être mise en œuvre au cours de la prochaine législature », préconise le ministère. Problème : le ministère de l’Économie s’y refuse pour le moment.

Cette question est placée « tout en haut de l’agenda de politique nucléaire » par les écologistes qui pourraient entrer au gouvernement après les élections législatives du 26 septembre. « Des expertises disent qu’on peut légalement fermer ces usines, contre des indemnisations aux exploitants. La sortie du nucléaire allemande n’est pas complètement crédible si on laisse ces deux usines en fonction », estime la députée verte Sylvia Kotting-Uhl.

 « L’industrie nucléaire russe se sert de ce type de coopération pour faire du lobbying en Europe »

L’alliance de Framatome avec Rosatom risque de rendre encore plus difficile une fermeture du site nucléaire de Lingen. Depuis 2015, l’usine fonctionne à moins de 50 % de sa capacité [2]. « Avec Rosatom, le site pourrait avoir plus de commandes, car l’entreprise russe possède la technologie pour produire du combustible pour les réacteurs russes et construits par la Russie dans les pays d’Europe de l’Est, explique Sylvia Kotting-Uhl. Rosatom donnera à l’usine de Lingen un accès à ce marché. Et Rosatom pourrait ainsi consolider ses marchés à l’Est et en acquérir de nouveaux à l’Ouest avec l’argument du “Made in Germany”. » Un tel investissement ferait aussi monter le niveau des indemnisations à payer par l’État aux exploitants pour fermer le site.

Une manifestation anti-nucléaire à Lingen en 2018. © DR.

« L’industrie nucléaire russe se sert de ce type de coopération pour faire du lobbying en Europe, accuse Vladimir Sliviak, coprésident d’Ecodefense, une ONG environnementale russe. C’est aussi un moyen pour Rosatom d’avoir accès à des fonds européens et de renforcer l’influence politique russe en Europe. » L’ONG russe s’est associée à des organisations allemandes et à Sortir du nucléaire en France pour demander la fermeture du site de Lingen et s’opposer à la coopération franco-russe.

« Les gens ne savent pas ici que l’usine de combustible va continuer à fonctionner après la sortie du nucléaire ; qu’ici, on va continuer à produire du combustible nucléaire sans limitation de temps ; et que ces combustibles sont ensuite utilisés dans des vielles centrales nucléaires comme à Doel ou en Suisse », témoigne Alexander Vent, activiste à l’alliance contre l’énergie atomique du Emsland, la région où se trouve Lingen. L’usine emploie 300 à 350 personnes, indique Alexander Vent. « Et l’industrie nucléaire a mis beaucoup d’argent dans la ville, depuis des décennies, en finançant les clubs de sports, des manifestations culturelles… »

Une délocalisation des déchets radioactifs français vers la Sibérie ?

L’industrie nucléaire française coopère à divers niveaux avec l’entreprise d’État russe et ses filiales. De 1994 à 2013, de l’uranium de retraitement – dit URT, de l’uranium « usagé » et réenrichi pour servir à nouveau de combustible – a été utilisé comme combustible dans les quatre réacteurs de la centrale de Cruas, en Ardèche. « Le réenrichissement de l’URT français était effectué en Russie », indique un rapport de la Cour des comptes de 2019. EDF a cessé cette coopération en 2013, après « avoir jugé insatisfaisant le procédé mis en œuvre dans les usines russes ».

Cet uranium était entreposé sur place dans « de mauvaises conditions » sur place en Russie, pointait Barbara Pompili, alors députée LREM devenue depuis ministre de la Transition écologique, dans un rapport parlementaire publié en juin 2018. EDF a pourtant décidé de reprendre cette coopération à partir de 2023, avec une filiale de Rosatom, Tenex. Un contrat estimé à 600 millions d’euros, pour de l’uranium qui sera réenrichi à Tomsk, en Sibérie occidentale. 88% de l’uranium « recyclé » demeurera cependant inutilisable, et « considéré comme des déchets ultimes ».

En Russie, « l’industrie nucléaire est très proche de Poutine, ils peuvent faire ce qu’ils veulent »

Ce nouveau contrat signé par EDF avec Rosatom est « industriellement absurde, car il n’y a aucune incitation économique pour le faire. Apparemment, c’est une décision pour redonner un semblant de crédibilité au business du retraitement », juge Mycle Schneider, consultant indépendant sur l’énergie nucléaire, qui publie tous les ans le Rapport sur l’état des lieux de l’industrie nucléaire. Une manière, selon lui, pour le secteur nucléaire français, de se débarrasser d’une grande partie des déchets ultimes : « Ce qu’on appelle l’uranium appauvri reste en général avec l’entreprise qui fait l’enrichissement, donc en Russie dans ce cas. »

Un moyen, aussi, de délocaliser le risque de mobilisation antinucléaire là où elle sera plus facilement étouffée : « C’est beaucoup plus facile de stocker des déchets radioactifs en Russie qu’en Europe », déplore le militant russe Vladimir Sliviak. « Chez nous, les associations environnementales travaillent sous la pression du pouvoir. L’industrie nucléaire est très proche du président Poutine. Ils peuvent donc faire ce qu’ils veulent »

En 2019, le groupe français Orano (le nouveau nom d’Areva) signait un contrat avec une filiale de Rosatom pour construire une usine d’uranium appauvri, localisée sur le site de Zelenogorsk, au nord de Saint-Pétersbourg, sur le golfe de Finlande. La même année, Rosatom annonce la signature d’un contrat avec Framatome et l’entreprise allemande Siemens pour fournir des systèmes de contrôle à une centrale en Hongrie. EDF a aussi remporté en avril 2020 un contrat de fourniture du système de protection du réacteur de la centrale nucléaire de Koursk II en Russie… Il n’y a pas que sur le gaz que la Russie gagne en influence dans l’énergie en Europe.

Par Rachel Knaebel, publié le 27 juillet 2021

Photo de une : La centrale de Cruas, en Ardèche, où a été utilisé, de 1994 à 2013, de l’uranium réenrichi en Russie. CC BY-SA 3.0 Maarten Sepp via Wikimédia commons.

Notes

[1] Comme le dit le directeur de l’usine dans cet entretien pour un journal local.

[2] Voir les données fournies par le gouvernement allemand dans cette réponse à une question parlementaire du parti de gauche.

https://www.bastamag.net/Nucleaire-alliance-France-Russie-Framatome-Rosatom-Poutine-Lingen-sortie-du-nucleaire-Allemagne-2022

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LA RUSSIE LANCE LA CONCEPTION D’UN AVION DE COMMANDEMENT EN CAS DE GUERRE NUCLÉAIRE

Les États-Unis travaillent sur un missile de croisière stratégique à capacité nucléaire. Face aux risques éventuels de guerre nucléaire, la Russie se lance dans la conception d’un avion destiné à évacuer les dirigeants et le commandement des troupes en cas de destruction des infrastructures terrestres et satellitaires.

Les militaires russes élaborent un avion de commandement en cas de guerre nucléaire à Voronej, une ville située dans le sud-ouest de la Russie, a déclaré ce lundi 26 juillet à Sputnik une source du complexe militaro-industriel.

«Les forces aérospatiales russes recevront deux postes de commandement aérien basés sur l’Iliouchine Il-96-400M. L’un d’entre eux est en production», a indiqué cette source en précisant que le projet est baptisé «Zvéno-3S».

La commande d’un troisième poste de commandement aérien est à l’étude.

Ces avions devraient remplacer les Iliouchine Il-80 existants, construits en se basant sur l’avion de transport de passagers Iliouchine Il-86. Ils sont destinés à l’évacuation des dirigeants et du commandement du pays en cas de destruction des infrastructures terrestres et satellitaires.

La portée de vol du nouvel Iliouchine Il-96-400M doublera par rapport à son prédécesseur. Il pourra se ravitailler en vol et sera escorté par des chasseurs. Le système radio de l’avion permettra de transmettre des ordres aux troupes, notamment à l’aviation stratégique, à des lanceurs mobiles et des silos, à des sous-marins – tous porteurs d’armes nucléaires stratégiques – dans un rayon de 6.000 kilomètres.

Une menace nucléaire

Cette nouvelle intervient alors que les États-Unis sont considérés comme le leader mondial des dépenses en armes nucléaires. En 2020, Washington a dépensé plus de 37 milliards de dollars (plus de 31 milliards d’euros), indique le rapport de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires publié le 7 juin.

Ensuite arrivent la Chine (10,1 milliards de dollars), la Russie (8 milliards de dollars), le Royaume-Uni (6,2 milliards de dollars) et la France (5,7 milliards de dollars).

En outre, les États-Unis élaborent actuellement le missile de croisière stratégique LRSO (Long-Range Standoff Weapon), à capacité nucléaire. Des représentants de Raytheon Technologies Corporation (RTX) ont annoncé le 1er juillet avoir signé un contrat avec le Pentagone pour la prochaine étape de développement, précise Reuters.

Deux milliards de dollars sont attribués à la société dans le cadre de ce contrat qui prévoit la fin des travaux vers 2027.

Par Nikita Martynov, publié le 26 juillet 2021 à 16h43

Photo en titre : © Sputnik

https://fr.sputniknews.com/defense/202107261045927238-la-russie-lance-la-conception-dun-avion-de-commandement-en-cas-de-guerre-nucleaire/

CÔTE-D’OR : UNE VIGIE CITOYENNE FUSTIGE LES «INCOHÉRENCES» DE LA DISSUASION NUCLÉAIRE

Communiqué du collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires du 20 juillet 2021 :

Ce 16 juillet 2021 à Moloy, près du site CEA de Valduc, 5 lanceurs d’alerte du ‘Collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ ont effectué leur 19ème vigie citoyenne pour le désarmement nucléaire : ils ont déployé des banderoles appelant au respect par la France de l’art.6 du Traité de non-prolifération (TNP), à l’adhésion de la France au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et à la reconversion à ces activités pacifiques des sites du ‘Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives’ (CEA) chargés de la maintenance et du perfectionnement des bombes atomiques.

Les incohérences de la doctrine de la dissuasion nucléaire

La dissuasion nucléaire, « clé de voûte de notre sécurité », consiste à menacer d’infliger des représailles à un adversaire potentiel qui s’en prendrait à « nos intérêts vitaux ».

En réalité, cette arme est inutilisable

– stratégiquement : son usage entrainerait des destructions mutuelles inouïes ;

– politiquement : l’utilisateur serait mis au ban de la communauté internationale et de son propre pays – ou de ce qu’il en resterait après riposte ;

– juridiquement : le règlement militaire français interdit aux militaires, et donc aux officiers de tir des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), d’obéir à des ordres contraires à la loi internationale et à la morale ;

– écologiquement : la radioactivité n’a pas de frontières.

Or une arme inutilisable ne peut avoir aucun effet dissuasif puisque l’agresseur potentiel sait qu’elle ne sera pas utilisée… De fait, la dissuasion nucléaire n’a pas empêché l’attaque d’Israël par l’Égypte en 1967, la guerre russo-chinoise au sujet de l’île Zenbao en 1969, l’attaque des Malouines par l’Argentine en 1982, la guerre indo-pakistanaise « des glaciers » en 1999, le phagocytage d’une partie du Donbass ukrainien par la Russie en 2014…

Un ancien ambassadeur de France à la conférence du désarmement, Éric Danon, a pu dire que l’arme nucléaire garantit la sécurité de la France comme une porte blindée garantit la sécurité d’un logement. En réalité, la dissuasion nucléaire n’est pas une porte blindée, c’est une porte grande ouverte avec, au-dessus de la porte, un panneau indiquant « Défense d’entrer, danger de mort ! ». Mais si un voleur ne croit pas à la menace de mort, il entre dans la maison…

Lors d’un colloque en 2017, un participant a posé à Jean-Claude Mallet, conseiller spécial de Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, la question suivante : « Quel est le plan B en cas d’échec de la dissuasion ? ». La réponse de Jean-Claude Mallet est courte et a le mérite de la clarté : « Il n’y a pas de plan B ! ».

Cette affirmation est toutefois contredite par Bruno Tertrais, ex-chargé de mission auprès du directeur des Affaires stratégiques du ministère de la Défense, membre de la commission du ‘Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale’, directeur adjoint de la ‘Fondation pour la recherche stratégique’ (FRS), lors d’un colloque en nov. 2016 : « Mon propos était de dire que les armes nucléaires ne devraient jamais être considérées sur le plan technique. N’envisagez jamais d’utiliser une arme nucléaire car  » il n’y a pas d’autre solution technique » pour détruire ou neutraliser une cible. Il y a toujours un moyen

Alors que la dissuasion nucléaire est soi-disant « la clé de voûte » de notre défense, on reste confondu d’entendre un de ses grands théoriciens affirmer qu’il ne faut jamais envisager de l’utiliser…

50 villes françaises en faveur du TIAN

Le 25 juin 2021, Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne (2ème ville du Rhône), signe ‘l’Appel des villes’ promu par l’International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN). Désormais, ce sont 50 villes en France – dont Paris, Lyon, Grenoble et Besançon – qui soutiennent le Traité des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires.

Cet engagement des villes, qui va se poursuivre en France, se déroule aussi à l’international puisque 452 municipalités, dans des États nucléarisés ou non, ont déjà signé cet Appel. Parmi elles, de nombreuses capitales comme Amsterdam, Barcelone, Berlin, Canberra, Luxembourg, Manchester, Oslo, Toronto, ou encore Washington D.C.

Au total, ce sont 502 villes à travers le monde qui se sont engagées à protéger leurs habitants des armes nucléaires et à mobiliser leurs États pour faire ratifier le TIAN.

Comment les citoyens peuvent-ils soutenir le TIAN ?

– Écrivez à votre Maire, afin que votre commune signe l’Appel des villes d’ICAN pour le désarmement nucléaire, à votre député et sénateur pour que la France ratifie le TIAN.

– Participez aux vigies citoyennes à Dijon ou Valduc, à Paris et ailleurs. Prochaines manifestations à Valduc le 6 août 2021 et à Dijon du 6 au 9 août à l’occasion de la commémoration des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki.

– Questionnez votre banque sur son financement de la bombe atomique.

– Intéressez-vous aux armes nucléaires, aux questions de sécurité internationale et aux alternatives de défense de la démocratie.

Les vigies et actions non-violentes menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre d’ICAN, ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite des précédentes victoires de l’ONU : interdiction des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).

Découvrez l’historique avec photos des actions à Dijon et Valduc depuis 2014.

Par Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires, publié le 26/07/2021 à 11h48

http://abolitiondesarmesnucleaires.orgabolitiondesarmesnucleaires@orange.fr

Tél – 06 14 24 86 96

Photo en titre : Une vigie citoyenne s’est tenue le 16 juillet dernier près du CEA de Valduc. Les militants de l’abolition des armes nucléaires annoncent la commémoration le 6 août prochain du bombardement d’Hiroshima.

https://www.infos-dijon.com/news/cote-d-or/cote-d-or/cote-d-or-une-vigie-citoyenne-fustige-les-incoherences-de-la-dissuasion-nucleaire.html

NUCLÉAIRE: LA POLYNÉSIE ATTEND UNE DEMANDE DE PARDON

Les victimes des conséquences des essais nucléaires réalisés par la France de 1966 à 1996 espèrent un geste d’Emmanuel Macron, arrivé samedi dans l’archipel.

« Nous attendons du président une demande de pardon. Tout comme il a reconnu comme crime la colonisation qui s’est déroulée en Algérie, nous attendons aussi qu’il déclare que c’était criminel et que c’est une forme de colonisation qui est liée au nucléaire ici dans le Pacifique », affirme le Père Auguste Uebe-Carlson, président de l’association de victimes des essais nucléaires « 193 », alors qu’Emmanuel Macron a entamé samedi un déplacement en Polynésie française pour aborder notamment la question brûlante des essais nucléaires français dans le Pacifique.

« Le muselage des associations ou des opposants face à une raison d’État relève toujours une même logique. Et c’est cette même logique que l’on a vue depuis la première venue de De Gaulle ici », clame le Père Auguste Uebe-Carlson, en assurant que « les lieux de manifestation ont été interdits » par le Haut-commissariat pour la visite d’Emmanuel Macron.

Ils n’avaient pas pu manifester hier lors de l’arrivée du chef de l’Etat. Aujourd’hui, des militants indépendantistes et anti-nucléaires se sont massés au niveau du pont menant à l’aéroport. Environ 300 personnes venus réclamer… dlvr.it/S4QZfx Tahiti Polynésie

193 essais en 30 ans

Après 17 essais nucléaires au Sahara, la France a transféré en 1966 son champ de tir en Polynésie française, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, où elle a procédé à 193 nouveaux essais en trente ans.

Quand Tepairu Taaroa, qui travaillait pour le centre d’expérimentation du Pacifique (CEP), a assisté au premier essai nucléaire aérien en 1966 et a vu « ce feu qui sortait de la terre, qui se transformait en champignon grisâtre », elle a demandé à ses supérieurs: « est-ce que ce champignon grisâtre ne sera pas propagé dans toute la Polynésie française? » L’un d’eux lui a répondu: « tu verras dans les jours, dans les années à venir », se souvient-elle.

Le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) n’a pas reconnu que les retombées nucléaires avaient causé les cancers qui l’ont atteinte. Pourtant, « le premier cancer que j’ai eu, tout de suite j’ai pensé à ça ! Et je sais que ça vient des essais nucléaires », explique-t-elle.

« Il y a un coupable, c’est l’État français »

« Ce n’est pas une question de sous avant tout. Ils essaient de nous présenter comme des quémandeurs permanents, or ce pays a besoin d’être pacifié. D’être réconcilié avec lui-même et ses habitants. Il y a un coupable, c’est l’État français », assure le Père Auguste.

Pour Léonie Tetunu, le fait d’avoir été reconnue par le Civen victime d’une exposition in utero lors de l’essai Centaure en 1974, a été une étape importante. Elle raconte cependant que l’indemnisation ne changera rien au cancer qui la ronge et aux conséquences sur sa vie.

Selon l’Élysée, « le président de la République aura à cœur, lors de ce déplacement, de promouvoir ce dialogue étroit et transparent en encourageant la mise en place rapide et concrète de plusieurs actions, tant sur la question de la mémoire avec l’ouverture des archives que sur les questions d’indemnisations individuelles ».

Par charentelibre.fr (avec AFP), publié le 26 juillet 2021 à 10h52, modifié à10h55

Photo en titre : Emmanuel Macron est particulièrement attendu sur l’héritage empoisonné des essais nucléaires menés par l’État français. Photo AFP.

https://www.charentelibre.fr/2021/07/26/nucleaire-la-polynesie-attend-une-demande-de-pardon,3775583.php

NDLR: sur ce site vous pourrez visualiser une vidéo (4mn09s) plutôt révoltante mais instructive.

NUCLÉAIRE : LE ROYAUME-UNI VEUT BARRER LA ROUTE À LA CHINE

Le gouvernement britannique cherche les moyens d’empêcher le groupe chinois CGN de participer à de nouveaux projets de centrales nucléaires dans le pays, révèle lundi 26 juillet la presse au Royaume-Uni.

Cette mesure pourrait envenimer un peu plus les relations diplomatiques en le Royaume-Uni et la Chine, déjà mises à rude épreuve sur des dossiers comme Hong Kong ou le traitement des Ouïghours au Xinjiang. L’agence PA, citant une source gouvernementale qui confirme une information révélée par le Financial Times, explique que des membres du gouvernement envisagent de bloquer toute participation de CGN dans le nucléaire britannique. Le groupe pourrait être exclu du projet de Sizewell (est de l’Angleterre), auquel il participe comme partenaire minoritaire aux côtés d’EDF, et celui de Bradwell (sud-est), moins avancé mais sur lequel il est seul à la manœuvre et qui serait équipé de sa propre technologie. En revanche, Hinkley Point, porté par EDF et CGN, ne serait pas concerné, puisque le projet est déjà bien engagé.

Il s’agit de la seule centrale nucléaire en cours de construction dans le pays et elle devrait être opérationnelle dans quelques années.

Interrogé par l’AFP, le ministère britannique des Entreprises, de l’Énergie et de la Stratégie Industrielle n’a ni confirmé ni démenti les informations de presse. Un porte-parole se contente de rappeler que « tous les projets nucléaires au Royaume-Uni font l’objet d’une réglementation robuste et indépendante » afin notamment de respecter « les exigences de sécurité nationale, pour protéger nos intérêts« . De son côté, EDF Energy, la filiale britannique du géant français, n’a pas souhaité faire de commentaires.

À lire aussi: Les éoliennes sont-elles rentables en termes de production d’énergie ?

Se priver de CGN pourrait contraindre Londres à trouver d’autres partenaires dans le nucléaire, alors même que les ambitions britanniques dans l’atome ont été contrariées l’an dernier avec l’abandon par le conglomérat industriel japonais Hitachi de son projet de centrale au Pays de Galles. Le nucléaire fournit environ 20% de l’électricité du pays et les pouvoirs publics veulent maintenir cette part afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Il y a actuellement 15 réacteurs au Royaume-Uni sur 8 sites.

L’influence de la Chine dans les affaires économiques britanniques est régulièrement dénoncée par des députés conservateurs, un an après la décision du gouvernement d’exclure l’équipementier Huawei du réseau 5G. Début juillet, les inquiétudes avaient porté sur le rachat par un groupe chinois du gallois Newport Wafer Fab, le plus grand fabricant britannique de semi-conducteurs.

Publié le 26/07/2021 à 12h28

Photo en titre : Pixabay

https://www.capital.fr/entreprises-marches/nucleaire-le-royaume-uni-veut-barrer-la-route-a-la-chine-1410455

EPR DE TAISHAN : UNE SITUATION TOUJOURS INQUIÉTANTE… ET DE NOMBREUSES QUESTIONS !

Communiqué du 26 juillet 2021

Plus d’un mois après le signalement d’une situation radiologique inquiétante sur le réacteur n°1 de l’EPR de Taishan liée à la détection d’assemblages de combustible non étanches contaminant le circuit primaire, la situation reste préoccupante.

Ce jeudi 22 juillet 2021, dans un communiqué publié suite à un conseil d’administration avec son partenaire chinois CGN [1], EDF a indiqué qu’après avoir pris connaissance des données qui lui ont été transmises, « les paramètres radiochimiques de l’eau du circuit primaire demeurent en-deçà des seuils réglementaires en vigueur ». Mais selon les informations du Parisien, le seuil autorisé de concentration des gaz radioactifs dans le circuit primaire à Taishan est plus de deux fois supérieur au seuil français, et cette concentration ne cesse d’augmenter [2]. EDF a précisé que si une telle situation survenait en France, le réacteur serait mis à l’arrêt.

Mais l’entreprise TNPJVC, qui gère l’EPR de Taishan et dont EDF est actionnaire à 30 %, n’a apparemment pas l’intention d’arrêter le réacteur. Quant à l’Autorité de sûreté nucléaire chinoise, plutôt que de demander la mise à l’arrêt du réacteur, elle aurait, selon les informations de CNN, multiplié par deux les seuils de rejets autorisés début juin, sans que la valeur de ces seuils ne soit connue [3]. Cette fuite en avant de l’exploitant et de l’Autorité de sûreté chinoise est particulièrement inquiétante, laissant craindre des risques pour les riverains et surtout pour les personnes qui travaillent sur le site.

Cette situation démontre bien que le risque nucléaire est démultiplié dans un pays qui ne dispose pas de contre-pouvoirs. Pour autant, elle pose aussi de nombreuses questions concernant l’attitude de l’industrie nucléaire française !

Plus d’un mois après, aucune information n’a filtré quant à l’origine du problème : résulte-t-il du mode de pilotage de l’exploitant chinois ? D’un problème de conception du réacteur par EDF ? D’un défaut de fabrication des gaines de combustible par Framatome (filiale d’EDF) ? Pourtant actionnaire et conceptrice du réacteur, EDF n’en dit rien !

Ne risque-t-on pas de retrouver les mêmes problèmes sur l’EPR de Flamanville – problèmes qui viendraient s’ajouter aux multiples malfaçons qui criblent ce réacteur, ou même sur celui d’Olkiluoto ? Et si c’est le combustible nucléaire conçu pour l’EPR par Framatome qui est en cause, celui qui a été livré à l’EPR de Flamanville pourrait-il comporter les mêmes défauts ?

Au regard de ces dysfonctionnements avérés et de ces nouvelles incertitudes, il est totalement irresponsable que le gouvernement ait pu mettre en consultation, le dossier d’autorisation d’exploitation de l’EPR de Flamanville [4] comme si de rien n’était.

Nous rappelons l’urgence de mettre un coup d’arrêt au programme EPR, que ce soit en Chine, en France ou ailleurs, et d’engager une sortie du nucléaire. En période de crise économique, gaspiller des milliards dans une technologie dangereuse et dépassée n’a aucun sens !

Contact presse :

Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Philippe Guiter – 06 77 35 53 03

Notes

[1] Notons qu’il s’est passé plus d’un mois entre la demande d’organisation d’un conseil d’administration exprimée par EDF le 14 juin et sa tenue le 22 juillet !

[2] Selon le Parisien, ce seuil aurait été relevé à 324 gigabecquerels par tonne d’eau (contre 150 GBq/t en France) ; le 30 mai 2021, la concentration aurait déjà atteint 290 GBq/t !

[3] En France, ces seuils sont fixés à un niveau particulièrement élevé

[4] Dossier par ailleurs extrêmement succinct… et obsolète ; lire notre analyse à ce sujet.

Publié le 26 juillet 2021

https://www.sortirdunucleaire.org/EPR-de-Taishan-une-situation-toujours-inquietante

DÉPART DE LA « GRANDE MARCHE » DE LA HAGUE À PARIS POUR UN DÉBAT SUR LE NUCLÉAIRE ET LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Environ 26 participants ont débuté une marche de La Hague ce dimanche 25 juillet 2021 direction Paris. Pendant 31 jours ils traverseront la Normandie jusqu’à la capitale pour « discuter, débattre et échanger » sur le nucléaire et la transition énergétique.

Vous les avez peut-être croisés au détour d’une rue à La Hague (Manche) ce dimanche 25 juillet 2021. Une vingtaine de marcheurs et marcheuses ont démarré la première étape de la « Grande Marche » pour le nucléaire et la transition énergétique organisée par Nucléaire en questions. C’est la deuxième fois que cette association organise un tel événement. L’objectif de cette marche – du 25 juillet au 25 août ? « Discuter, débattre et échanger sur le nucléaire et la transition énergétique », répond Béatrice Hovnanian, une des organisatrices.

Durant leur trajet, les participants traverseront de nombreuses villes normandes telles que Flamanville, Caen, Le Havre, Rouen et Vernon. Il est d’ailleurs toujours possible de s’inscrire à une ou plusieurs étapes du parcours sur leur site ou les rejoindre en autonomie, jusqu’à l’arrivée à Paris, à l’Assemblée nationale, le 25 août 2021.

Durant leur trajet, les participants traverseront de nombreuses villes normandes telles que Flamanville, Caen, Le Havre, Rouen et Vernon. En tout, pendant un mois, les marcheurs et marcheuses auront 31 étapes à parcourir. • © France Télévisions

Marcher parce qu’ainsi on peut discuter avec les personnes qui ne se sentent pas concernées quand elles habitent loin d’un réacteur. Et quand elles habitent près d’un réacteur elles ne se rendent plus compte vraiment des différentes problématiques. Elles le prennent comme quelque chose qui a lieu d’être.

Béatrice Hovnanian, une des organisatrices de la Grande Marche : « Cette année, on axe davantage sur la transition énergétique sur la sobriété, l’efficacité, les différentes énergies renouvelables parce qu’il y a beaucoup de personnes qui disent du mal de certaines énergies renouvelables peut être à juste titre, peut-être pas, mais là, c’est l’occasion d’en discuter », poursuit-elle.

S’orienter vers 100% d’énergie renouvelable en France« 

Des discussions qui auront lieu en marchant donc, mais aussi lors de conférences qui seront données en fin de journée, à chaque étape du parcours. Le programme complet des conférences ici. Ce dimanche, le sujet porte sur la nouvelle piscine destinée à recevoir les combustibles nucléaires usés à La Hague en 2034.

À ce sujet, la rédaction vous recommande

Programme concernant la transition énergétique. C’est aussi en 2021 que d’importants arbitrages sur le nucléaire devraient se faire et la marche interviendra à ce moment clé dans la transition énergétique », précise l’association sur son site internet qui souhaite orienter les décisions politiques vers 100% d’énergies renouvelables en France et l’arrêt du nucléaire.

Publié le 25/07/2021 à 18h02, mis à jour le 25/07/2021 à 18h18

Photo en titre : Presque tous Normands, les 26 participants ont démarré la « Grande Marche » de La Hague (Manche) dimanche 25 juillet 2021, direction Paris. • © Marie Saint-Jours – France Télévisions

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/manche/depart-de-la-grande-marche-de-la-hague-a-paris-pour-un-debat-sur-le-nucleaire-et-la-transition-energetique-2192458.html

LES OPPOSANTS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE ACTUELLE (+ LE PROJET D’EPR) DE BUGEY ONT DES IDÉES À IMITER

Des palettes contre les EPR.

Cela fait maintenant plus de 15 jours que nous avons installé notre structure en bois (le 9/07), et malgré de nombreux tags, et interventions en tous genres (dont une agression verbale), notre slogan est toujours là, dans le champ d’Anne-Marie.

Et même si rien n’est simple, le bilan semble tout de même très positif, car sur la durée, ce sont des milliers de personnes qui ont pu lire notre texte, et peut-être découvrir l’existence de ce projet (avec en prime un article conséquent dans le Progrès).

Jeudi dernier (22/07), nous avons à nouveau repeint les lettres du NON ( !) et mis par-dessus un vernis incolore de manière à faciliter le nettoyage pour le prochain tag (qui ne manquera pas de survenir (si ce n’est déjà fait).

Et nous avons matérialisé la propriété avec des piquets de la rubalise (en rapprochant un peu le panneau PROPRIÉTÉ PRIVÉE).

Nous recontacterons la presse afin de refaire un point, et l’idée serait de développer ces actions le plus possible, dans d’autres champs, et pourquoi pas, partout en France !

Anne-Marie et Jean-Pierre

Publié le 26 juillet 2021

Site de l’association : http://www.stop-bugey.org/

POLYNÉSIE ET NUCLÉAIRE : LES ASSOCIATIONS INTERDITES DE MANIFESTATION, VEULENT SE FAIRE ENTENDRE MALGRÉ TOUT

Pour des raisons de sécurité, le haut-commissariat a interdit au collectif du 17 juillet de manifester à l’arrivée du Président de la République. Mais ils comptent tout de même se faire entendre…

Ils ont marché le 17 juillet pour éveiller les consciences sur le fait nucléaire. Les associations de victimes des essais comptaient manifester de nouveau à l’arrivée du Président de la République Emmanuel Macron ce samedi au fenua.

Mais l’association 193, preuve à l’appui, a annoncé vendredi que la manifestation avait été interdite par le haut-commissariat. L’association avait réuni la presse ce samedi. Ils comptent se faire entendre malgré tout.

L’association 193 demande “de la justice, une réparation juste, qui prenne en compte la souffrance de ce pays et de ses habitants déclare Père Auguste. Toutes les manifestations ont été rejetées par le haut-commissaire hier soir au nom de la sécurité du Président. (…) Là on est vraiment dans un État qui n’est pas qualifiable de démocratie. On n’a jamais connu cela. Aucune manifestation n’a été autorisée pendant la visite du Président, pour donner une bonne image.”

L’association appelle malgré tout la population à se réunir pacifiquement : “On s’adaptera mais chose est sûre, ils ne pourront pas mettre un policier, un gendarme derrière chaque manifestant.”

Autre moyen de se faire entendre, au-delà de la Polynésie : les médias nationaux. Plusieurs journalistes de métropole sont en Polynésie pour la visite du Président : “On veut rencontrer la presse nationale pour que, à travers elle, on puisse parler du drame nucléaire dans ce pays. Le drame nucléaire n’est pas connu, n’est pas enseigné (…) En Polynésie la France commis des actes criminels vis à vis de la population (…) Les hommes et les femmes de ce pays sont libres de manifester. (…) On a l’impression d’être revenus à l’époque de De Gaulle où il y avait une politique de muselage étatique contre tous les opposants et parmi les opposants nous pensons bien évidemment à Pouvanaa a Oopa. “

Crédit : Tahiti Nui Télévision

“Nous ne sommes pas du tout surpris (…) Nous sommes dans un pays où on peut manifester son opposition à certaines choses, et là cette interdiction en nous disant que si on ne respecte pas on sera sanctionnés. C’est pitoyable, a également réagi Père Maxime, président du bureau exécutif de l’association. Nous allons manifester à notre façon pour bien signifier devant le Président de la République française que la France est responsable de l’état, des conséquences des essais nucléaires dans notre pays, en particulier les conséquences sanitaires (…) Il faut qu’il voit, qu’il assume les conséquences (…) Qu’il nous voit, qu’il voit ce peuple qui souffre. (…)”

Moetai Brotherson, député et membre du parti indépendantiste Tavini Huira’atira s’est également indigné via les réseaux sociaux : “Toutes les manifestations dont les demandes avaient pourtant été faites en temps et en heure, ont été interdites; Voilà ce qui se passe dans le pays des droits de l’Homme, dans notre soi-disant démocratie. On a pourtant ce droit de manifester qui est inscrit dans la loi, qui est constitutionnel et qui est aujourd’hui piétiné par la République en Marche et son président Emmanuel Macron qui, soit dit au passage, vient vraiment faire une opération de com’ et ce refus de manifestation vient encore renforcer cette réalité. (…) C’est franchement choquant. Lors de la venue de François Hollande, les manifestations avaient été autorisées, elles s’étaient déroulées de manière pacifique”

Le collectif d’associations du 17 juillet a prévu de se réunir en face de l’aéroport ce samedi mais aussi dimanche…

Interviews : Andy Ebb. Rédaction : Manon Kemounbaye

Par Rédaction web, publié le 24/07/2021 à 12h58, mise à jour le 24/07/2021 à 12h59

Photo en titre : Crédit : Tahiti Nui Télévision

https://www.tntv.pf/tntvnews/polynesie/societe/nucleaire-les-associations-interdites-de-manifestation-veulent-se-faire-entendre-malgre-tout/

FRANCE : FAUDRAIT-IL INSTAURER UN MORATOIRE SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES ?

Ces derniers temps, plusieurs personnalités ont plaidé pour l’instauration d’un moratoire sur les énergies renouvelables en France. Sur les réseaux sociaux, Karim Megherbi, un expert indépendant en énergie, est parti en campagne contre cette « menace ». Nous l’avons rencontré.

Karim Megherbi a occupé diverses fonctions dans les secteurs de l’énergie en tant que banquier en financements structurés, développeur, investisseur, conseiller.

Il dirige aujourd’hui une plateforme d’origination [1] de projets, active en Asie, Afrique et Europe, et collabore également avec les institutions internationales, notamment l’AIE et l’IRENA, au sein de groupes de travail sur les sujets de la transition énergétique. Il fait aussi partie d’un Think Tank actif sur la région MENA [2] : Dii Desert Energy

Karim Megherbi, vous êtes parti en campagne sur les réseaux sociaux contre un « moratoire sur les énergies renouvelables (EnR) en France ». La menace est-elle réelle ?

Ma démarche consiste plus à attirer l’attention sur les risques et les dommages majeurs que cette position pourrait entrainer pour notre pays et nos objectifs climatiques, afin d’éviter qu’elle ne vienne à se discuter sérieusement.

Le projet de moratoire regroupe des défenseurs du patrimoine (Stephane Bern, Fabien Bouglé), des membres du RN et de la droite conservatrice, dont des futurs candidats aux élections présidentielles (Marine le Pen, Guillaume Peltier, Xavier Bertrand), des défenseurs du nucléaire (Bernard Accoyer, Jean-Marc Jancovici, Patrice Cahart), et des associations anti-éoliennes (Jean-Louis Butré, Alain Bruguier).

Je rappelle quand même que plus de 94% des Français sont favorables aux énergies renouvelables. Au final j’espère qu’après une analyse plus approfondie aucun candidat n’aille dans cette direction.

Quelles conséquences pourrait avoir un tel moratoire ?

Selon RTE, malgré la mise en service de l’EPR [3] de Flamanville entre 2022 et 2024, les marges de notre système électrique doivent être surveillées jusqu’en 2026. Elles dépendent de la disponibilité du parc nucléaire, des retards dans l’éolien offshore, de la réalisation des objectifs d’énergies renouvelables en France, de l’évolution des mix énergétiques des pays voisins.

Si nous prenons la période jusque 2026, soit les 5 prochaines années, voici les capacités renouvelables dont on a prévu le raccordement : 11 gigawatts (GW, milliers de mégawatts) de solaire / 8,2 GW d’éolien terrestre / 2,9 GW de parcs éolien en mer. Un moratoire sur les EnR, ferait donc disparaitre ces 22,1 GW. On parle donc de plus d’une trentaine de TWh, soit près de 6 à 7% de la production électrique actuelle. Pour le coup, nous risquons vraiment de manquer d’électricité.

Lire aussi : Installations photovoltaïques en 2020 : la France stabilise, la Belgique bat des records

Beaucoup des partisans du moratoire disent que le nucléaire est mieux placé pour répondre à nos besoins. Ils se trompent ?

Ce n’est pas le même horizon temporel. La construction de centrales neuves prend environ une dizaine d’années, et la décision de lancer la construction de la première paire d’un programme de 6 EPR n’a pas encore été prise. Dans les documents présentés par EDF aux ministères en différentes occasions, la date de 2036 a été évoquée pour le premier raccordement d’une nouvelle centrale.

Pendant ces quinze prochaines années, le parc nucléaire actuel devra relever plusieurs défis. Les 32 réacteurs de 900 mégawatts, conçus pour durer 40 ans, vont passer leur 4eme visite décennale. L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a validé les conditions générales de leur prolongation, et va maintenant revoir chaque réacteur, un par un, pour faire des recommandations. Les centrales de 1300 MW suivront dès 2026. Ce n’est qu’à l’issue de ces visites qu’on saura quelles centrales peuvent être prolongées, et quels travaux seront nécessaires pour cela. En attendant, les centrales vieillissent et leur disponibilité diminue.

La Covid perturbe le fonctionnement de notre parc nucléaire. RTE estime qu’elle a été responsable d’une baisse de 6,5% de la production nucléaire, par manque de personnel. Enfin, l’évolution du climat pose problème car les centrales nucléaires sont refroidies à l’eau. Le réchauffement climatique impacte les débits et les températures des fleuves, pouvant amener à arrêter des centrales. On l’a déjà fait, depuis 1976, mais ça pourrait devenir plus fréquent, même si, selon les estimations, on reste dans le % de perte.

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Ne peut-on pas remplacer cette électricité manquante par des économies d’énergie ?

La France s’efforce de décarboner son économie. Cela passe notamment par le remplacement des énergies fossiles utilisées directement dans les bâtiments, les industries et les transports, par de l’électricité à faible contenu en carbone. Cette électrification permet d’ailleurs en elle-même de consommer moins d’énergie, parce que les moteurs électriques sont plus efficaces que les moteurs thermiques, et les pompes à chaleur beaucoup plus efficaces que tous les autres chauffages.

Cette stratégie repose sur le fait qu’il est possible de décarboner la production d’électricité et d’en limiter les impacts environnementaux, grâce aux énergies renouvelables et au nucléaire.

L’électrification semble donc incontournable. Bien qu’elle puisse entrainer une augmentation de la demande en électricité, elle conduit en fait à baisser notre demande en énergie primaire (grâce aux rendements plus élevés), à diminuer notre dépendance aux hydrocarbures et à baisser significativement nos émissions.

Ainsi, si la France possède l’une des électricités les moins carbonées au monde, notre pays est en fait dépendant à plus de 62% des hydrocarbures pour sa consommation d’énergie finale, l’électricité n’en représentant que 25%.

La sobriété ne pourra naturellement pas « éteindre » ces 62% de consommation d’énergie, or l’enjeu de la lutte contre le réchauffement climatique est bien de les faire disparaitre, puisque c’est la combustion des énergies fossiles qui émet du CO2. C’est pour cela qu’une partie des 62% sera transférée vers l’électricité.

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L’électrification sera donc l’alpha et l’oméga des politiques climatiques ?

Non, au-delà des économies d’énergie que l’électrification entraîne, la sobriété reste indispensable. Par exemple, je ne crois pas qu’on remplacera toutes les voitures thermiques par des électriques. Il faudra plus de transports en commun, plus de vélos, plus de location, plus de partage et moins de possession.

De façon générale, le remplacement de nos machines (dont la mobilité thermique) ne doit pas se faire à l’identique, pour de nombreuses raisons : limiter les pressions environnementales de l’extraction, rechercher l’adéquation production/demande avec les énergies renouvelables, soulager autant que possible les déploiements technologiques massifs en des temps très courts, et plus généralement le souhait de promouvoir une société plus juste et respectueuse du vivant, plus en accord avec le rythme biologique de notre planète. Un axe fondamental de la transition énergétique repose donc sur la sobriété.

Mais paradoxalement, certaines stratégies de sobriété entrainent un regain d’activités économiques et industrielles pendant leur diffusion. Par exemple, développer le numérique permet de limiter les déplacements, mais cela requiert de l’énergie supplémentaire et des équipements de communication. La rénovation thermique des bâtiments va entrainer une hausse des activités et des matériaux liée au BTP : acier, aluminium, ciment, plastique, pétrochimie…

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Ne pourrait-on pas utiliser des matériaux qui consomment moins d’énergie grise pour leur fabrication ?

On peut bien sûr essayer de privilégier les matériaux avec le moins d’énergie grise, néanmoins les stratégies de sobriété liées au développement d’infrastructures vont probablement entrainer des hausses de consommation en électricité pendant les phases d’investissements, qu’on va essayer autant que possible de compenser par l’efficacité énergétique.  Par ailleurs, pour des questions liées à l’emploi, à la maîtrise des chaînes logistiques, à l’appropriation de savoir-faire, et pour diminuer notre empreinte carbone, la France veut (ré)industrialiser, avec par exemple des giga-usines de batteries, d’électrolyseurs, de panneaux solaires, etc.

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La hausse de la demande en électricité est donc inéluctable ?

Tous les scénarios élaborés par RTE envisagent une hausse de la demande en électricité dès 2030, à l’exception du scénario « trajectoire basse »  Le cas « atteinte de nos objectifs climatiques » envisage une hausse de la demande de +6%. Tous les scénarios 2050 envisagent une hausse de la demande en électricité, même un scénario de sobriété (+16%).
Le scénario « trajectoire basse » (de la demande d’électricité) n’est d’ailleurs pas un scénario de sobriété mais un scénario économique dégradé, où la France n’a pas la capacité de mener à bien son programme de lutte contre le réchauffement climatique (moins d’infrastructure de sobriété, moins d’électrification, etc.). Ce scénario prolonge notre dépendance aux hydrocarbures et ne nous permet pas de lutter efficacement contre les émissions.

Y a-t-il d’autres options pour éviter les coupures d’électricité massives dans le cas d’un moratoire sur les énergies renouvelables ?

Dans l’hypothèse d’un moratoire, on peut envisager trois options :

  1. Développer massivement la consommation de gaz naturel, ce qui est contraire à nos objectifs climatiques.
  2. Importer massivement de l’électricité de chez nos voisins, ce qui pose la question, de façon encore plus prononcée, de la coordination et de la dépendance de nos politiques énergétiques et climatique avec celles des autres pays
  3. Ralentir notre économie pour freiner la hausse de la demande d’électricité.

Aucune de ces options n’est satisfaisante. Il parait ainsi très peu probable que les partisans d’un moratoire sur les énergies renouvelables aient étudié les conséquences de leur proposition et qu’ils aient bien compris le contexte énergétique actuel en France et en Europe.  

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[1] Dérivé du mot « origine », l’origination désigne le processus de création d’un projet. Dans le secteur de la finance, l’origination est un ensemble de fonctions qui regroupent la création et l’émission de produits de dettes ou d’actions par une institution.

[2] MENA : de l’anglais « Middle East and North Africa » : Moyen-Orient et Afrique du Nord.

[3] Le réacteur pressurisé européen ou EPR est un type de réacteur nucléaire de troisième génération. La construction de celui de Flamanville, en France a débuté en 2007. À l’heure actuelle, sa mise en service n’est pas envisagée avant fin 2022.

Publié le 23 juillet 2021

https://www.revolution-energetique.com/france-faudrait-il-instaurer-un-moratoire-sur-les-energies-renouvelables/

DEMANDE D’AUTORISATION D’EXPLOITER L’EPR DE FLAMANVILLE : RISQUÉE, ABERRANTE ET PRÉMATURÉE

Les 18 pages de la demande d’autorisation d’exploiter l’EPR de Flamanville 3 constituent un document fort léger, vague, qui ne fait pas état de la situation du chantier, des enjeux et des conséquences du démarrage alors que le réacteur 1 de la centrale de Taishan connaît une défaillance majeure depuis plusieurs mois, que le réacteur d’Olkiluoto n’a pas démarré, qu’écarts et malfaçons ne se comptent plus sur le site normand et que 14 années après la délivrance du décret d’Autorisation de création, le démarrage effectif de l’EPR n’interviendra pas avant 2023, voire 2024.

Sur la forme du document et sa légèreté (et sans vouloir être exhaustif) :

  • Les capacités techniques d’EDF quant à la construction de l’EPR sont – au pire – surévaluées : l’EPR et l’ensemble des réacteurs français, ont été construit par des consortiums (Framatome, AREVA) indépendants d’EDF. Le fait qu’EDF ait été contraint d’absorber AREVA NP devrait également rendre EDF responsable des retards de construction des EPR d’Olkiluoto et de Flamanville.
  • Pour illustrer les capacités d’exploitant d’EDF, qu’il soit permis de rappeler les milliers d’incidents survenus sur les réacteurs du parc français : erreurs humaines, dépassement de délai de maintenance, matériels de remplacement inadaptés, directives contradictoires, etc.
  • Les affirmations sans éléments de démonstration ou de preuve comme « le risque de fusion du cœur a été divisé par 10 », alors qu’il n’a jamais été évalué pour les réacteurs de génération II, sont peu crédibles
  • Le fait que le rendement est estimé à 37%, ce qui est la limite du crédible lorsque l’on connait les principes de la thermodynamique. Et qui n’est pas crédible, sachant que l’EPR démarrera avec de l’Oxyde d’Uranium, et non du MOX (mélange d’oxydes), comme prévu (en 2007) pour atteindre les fameux 37%
  • L’affirmation d’un taux de disponibilité de 91%, en supposant la réalisation d’opérations de maintenance à pleine puissance, alors que pour le parc existant, la disponibilité promise à 85% n’a jamais pu être achevée.

Sur le fond du document :

  • Il est risqué de demander une autorisation d’exploiter alors que le chantier de l’EPR n’est pas achevé, quand les découvertes régulières de malfaçons ou d’erreurs retardent le moment effectif du démarrage, au point que le décret d’autorisation de création de 2007, valable pour 10 ans, a dû être modifié (rallongement du délai de 10 ans) par deux fois, sans aucune justification.
  • Il est prématuré de demander une autorisation d’exploitation alors que maître d’ouvrage ne sait quand démarrer l’exploitation en question, en tout cas pas avant 3 ans, semble-t-il.
  • Il serait même aberrant de donner une telle autorisation d’exploitation alors que l’Autorité de Sûreté Nucléaire ne s’est même pas encore prononcée sur le dossier concernant les piquages non conformes du circuit primaire de l’EPR.

On ne peut que faire le rapprochement avec le cas de Fessenheim, pour lequel le président François Hollande a pris le décret d’arrêt des deux réacteurs par anticipation (de trois ans), pour faire croire à la réalisation de la promesse de fermer Fessenheim durant son mandat. Cette autorisation d’exploiter l’EPR, prématurée, risquée, aberrante, aurait-elle d’autre but que de faire croire au pseudo-démarrage de l’EPR durant le présent mandat présidentiel ?

Publié le 23 juillet 2021

https://lafranceinsoumise.fr/2021/07/23/demande-dautorisation-dexploiter-lepr-de-flamanville-risquee-aberrante-et-prematuree/

Note : Un article du groupe thématique Énergie de la France insoumise dans le cadre de la consultation publique sur la demande d’exploitation de l’EPR de Flamanville 3. Vous pouvez retrouver le dossier évoqué dans l’article à cette adresse.

LE FIASCO DU RETRAITEMENT DES COMBUSTIBLES USÉS AU JAPON

Le coût total du projet d’usine de retraitement des combustibles usés de Rokkashô-mura, qui accuse 25 années de retard dans sa mise en service a atteint 14 440 milliards de yens (109,4 milliards d’euros au cours actuel), selon le Tôkyô Shimbun. Cela inclut la maintenance et l’exploitation. Il a augmenté de 500 milliards de yens depuis 2020 (3,4 milliards d’euros). Le coût total du projet était estimé à 13 940 milliards de yens en 2008.

Le coût du renforcement de la sûreté, suite à l’accident nucléaire à la centrale de Fukushima Daï-ichi, est estimé à 980 milliards de yens (7,4 milliards d’euros). Et le coût de l’usine, quant à lui, atteint désormais 2 430 milliards de yens (18,4 milliards d’euros).

Le gouvernement japonais s’obstine à vouloir retraiter les combustibles usés, même s’il n’a pas de débouchés pour le plutonium extrait. Et ce sont les résidents au Japon qui payeront, via leur facture d’électricité.

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Publié le 23 juillet 2021

https://fukushima.eu.org/le-fiasco-du-retraitement-des-combustibles-uses-au-japon/

RÉACTEURS NUCLÉAIRES : UNE PROLONGATION À HAUTS RISQUES

Le manque d’anticipation du vieillissement du parc nucléaire français et les difficultés financières d’EDF ont réduit les marges de sûreté face au risque d’accident grave.

La question de la sûreté nucléaire se pose en des termes plus compliqués aujourd’hui qu’il y a trente ans, lorsque la France avait commencé à développer l’EPR, en prévision du renouvellement de ses centrales, jeunes à l’époque.

Sur le plan technique, l’EPR reste dans la continuité des générations précédentes 1. Son apport consiste en des dispositifs de sûreté renforcés pour d’abord éviter l’accident et ensuite y faire face s’il survient, en intégrant les leçons des expériences passées en France et à l’étranger. La principale menace, la fusion du cœur du réacteur, le percement de la cuve qui le contient et la dispersion de son contenu (comme à Fukushima), est ainsi bien mieux traitée. Il en va de même de la protection du combustible usé entreposé sous eau dans les piscines de refroidissement, un autre maillon faible des centrales actuelles et qui n’avait pas non plus résisté à Fukushima.

Les mésaventures de l’EPR

L’EPR de Flamanville, dont le chantier a été lancé en 2005, devait ainsi préparer la construction puis la mise en service à partir des années 2020 d’une nouvelle série de réacteurs pour commencer à remplacer les réacteurs actuels. Leurs éléments non remplaçables, la cuve notamment, ont en effet été conçus pour une quarantaine d’années de fonctionnement, un âge qu’ils atteignent aujourd’hui. Sur les 56 réacteurs actuels, 46 ont été mis en service entre 1978 et 1988 : la France est désormais au pied d’une falaise d’investissements.

Les énormes retards très vite accumulés sur le chantier de l’EPR ont conduit dès 2009 EDF à changer de stratégie : prolonger la durée de vie du parc actuel de quarante à cinquante, voire soixante ans, le temps que de nouveaux réacteurs puissent être construits. Compte tenu de la réalité des délais, ils seront opérationnels au mieux à partir de 2035, et encore, à condition qu’une décision soit prise rapidement après 2022. EDF veut construire six nouveaux EPR dans un premier temps, puis d’autres ensuite, de telle sorte que la part du nucléaire dans le mix électrique de la France se maintienne à 50 % (contre 70,6 % en 2019).

Les déboires de l’EPR de Flamanville, dont la mise en service a déjà été décalée d’une dizaine d’années, entraînent un double problème de sûreté. D’une part, cette dérive a suscité une révision à la baisse des performances attendues du nucléaire neuf face au risque d’accident. D’autre part, elle conduit au prolongement inquiétant du nucléaire ancien.

Une perte de la culture de sûreté

En France, les promesses du nucléaire neuf ont d’abord été écornées en ce qui concerne le réacteur de Flamanville lui-même. Les multiples retards et surcoûts associés sont pour une large part liés à des opérations non conformes traduisant une perte de la culture de sûreté. Certaines ont été découvertes par hasard, comme la fragilité de la fixation du pont de manutention du combustible surplombant la cuve du réacteur. D’autres ont traîné à être signalées à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), voire ont été dissimulées. C’est le cas des défauts du couvercle et du fond de la cuve, qui amoindrissent la résistance de l’acier aux chocs thermiques, ou encore de soudures sur les circuits d’eau sortant du réacteur, dont la réalisation ne respecte pas le cahier des charges. Ces problèmes graves ont été traités ou doivent l’être, sauf l’écart au référentiel de sûreté du fond de cuve, qui ne pourra jamais être résolu, cette partie logée dans un puits de béton étant inaccessible. Si cette pièce a été jugée par l’ASN, après une longue et difficile instruction, « bonne pour le service », elle n’en présente pas moins un niveau de résistance inférieur à ce qui était initialement prescrit.

Les promesses du nucléaire neuf ne vont pas non plus être tenues en ce qui concerne les EPR en projet. Même si on les construit en série, leurs coûts seront trop élevés par rapport aux énergies renouvelables. Aussi, la conception de l’EPR 2 a-t-elle été « simplifiée » par rapport à Flamanville. Ce réacteur aura une enceinte de confinement à simple et non double paroi. Au lieu de quatre systèmes de défense redondants en cas de panne de refroidissement du réacteur, l’EPR 2 en comportera trois. Cela reste toujours mieux que les vieux modèles, mais c’est un recul par rapport à ce que l’on pourrait attendre de la sûreté d’un réacteur du XXIe siècle. EDF veut par ailleurs obtenir de l’ASN la reconduction du principe « d’exclusion de rupture » que l’autorité avait accepté à Flamanville pour la réalisation des fameuses soudures. Cela consiste, pour l’exploitant, à démontrer que le niveau de sûreté de tel ou tel élément est si élevé qu’il n’est pas nécessaire de prévoir des parades en cas de rupture, ce qui représente bien sûr une importante économie. Or, c’est précisément un point sur lequel EDF a failli avec son premier EPR. L’ASN doit trancher ce sujet cet été.

Une fragilité accrue

Le retard sur le nucléaire neuf a parallèlement conduit EDF à demander à l’ASN une nouvelle autorisation décennale 2 pour exploiter les réacteurs ayant atteint ou en passe d’atteindre le seuil des 40 ans. Est à ce stade concerné le parc le plus ancien, celui des 32 réacteurs de 900 MW de puissance qui sont déjà parvenus à cet âge ou y seront d’ici à 2027. Le principe de cette prolongation a été accepté le 23 février dernier par l’ASN, après une longue phase d’instruction, mais les autorisations seront données réacteur par réacteur, au regard du respect d’un important cahier des charges pour remettre ces vieilles centrales à niveau, non seulement par rapport à leurs normes d’origine, mais aussi par rapport à des exigences de sécurité qui se sont élevées au fil du temps, et particulièrement depuis Fukushima. L’objectif est de se rapprocher du niveau de sûreté d’un EPR. Malgré les travaux très importants qui sont programmés, ce ne sera cependant pas le cas.

Il n’est évidemment pas prévu de doubler l’enceinte de confinement de ces vieux réacteurs. Leurs piscines ne seront pas « bunkérisées » et l’ajout d’un système de récupération du magma radioactif en cas de fusion du cœur et de percement du fond de cuve sera moins efficace qu’un dispositif qui aurait été prévu à l’origine. Par ailleurs, la prolongation du fonctionnement des cuves, élément non remplaçable, accroît leur fragilité. Plus elles sont vieilles, plus les radiations modifient la structure de l’acier, qui devient davantage sujet à un risque de fracture en cas de choc thermique, par exemple s’il fallait refroidir d’urgence le réacteur dans une situation de panne de refroidissement. Et ce phénomène semble évoluer beaucoup plus rapidement qu’on ne l’a calculé au moment où ces cuves ont été construites.

Ainsi, même en renforçant les éléments physiques et une culture de la sûreté, qui pour l’heure laisse à désirer si l’on en juge par le nombre important d’incidents graves rapportés par l’ASN 3, la prolongation des réacteurs représente une prise de risque accrue. Et ce d’autant plus qu’EDF est incapable, sur un plan financier et industriel, de réaliser tous ces travaux au moment où ils devront l’être, en raison du trop grand nombre de réacteurs concernés sur un laps de temps trop court.

Inquiétant étalement dans le temps

Cette réalité économique a conduit l’ASN à consentir un étalement des travaux qui va se traduire par des décalages qui atteindront plus de huit années pour 20 réacteurs sur 32 entre leur quarantième année de fonctionnement et l’achèvement complet des travaux d’amélioration. Soit une prise de risque supplémentaire considérable, comme l’a dénoncé un rapport de Global Chance à l’attention du Parlement 4. Et encore faudra-t-il qu’EDF respecte ce calendrier, ce qui est tout sauf acquis.

De plus en plus de réacteurs très âgésNombre de réacteurs ayant 40 ans de mise en service ou plus sur la période 2020-2035*

Source : Alternatives Économiques

L’actuelle programmation pluriannuelle de l’énergie, publiée en 2020, prévoit qu’en 2035, 44 réacteurs auront plus de 40 ans, dont 15 plus de 50 ans. Ce choix risqué – qui reste à valider au cas par cas par l’ASN – le sera encore plus si, en 2035, la France devait encore prolonger son vieux parc, faute de capacités de production non fossiles pour assurer la relève. Ce qui arrivera fatalement si elle ne prend pas à très brève échéance (très vite après la présidentielle) une décision stratégique : construire de nouveaux réacteurs ou y renoncer et accélérer sur les renouvelables.

De quoi parle-t-on ? Sûreté et sécurité nucléaire

Selon le code de l’environnement, la sécurité nucléaire comprend la sûreté des installations nucléaires face au risque d’accident (depuis  leur conception jusqu’à leur démantèlement, en passant par leur fonctionnement),  la protection contre les radiations (aussi bien pour les travailleurs du nucléaire que ceux de la santé et l’ensemble de la population), les actions de sécurité civile en cas d’accident et, enfin, la prévention et la lutte contre des actes de malveillance.  En France, la responsabilité sur ces sujets est très éclatée. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), autorité administrative indépendante, est chargée de la sûreté et  de la radioprotection pour les activités civiles. La sécurité civile est sous l’autorité  des préfets. Et la lutte contre  les actes de malveillance relève du haut fonctionnaire de défense et de sécurité, placé auprès du ministre  de la Transition écologique. Quant au nucléaire militaire,  il reste le domaine exclusif  de l’armée en dépit  de l’existence d’impacts  sur l’environnement, les populations et les travailleurs. C’est notamment le cas des anciens essais atomiques.

NOTES :

Par Antoine de Ravignan, publié le 23/07/2021

https://www.alternatives-economiques.fr/reacteurs-une-prolongation-a-hauts-risques/00099749

APF – LE NUCLÉAIRE A OUVERT LA PREMIÈRE SÉANCE DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE

Neuf projets de loi et de délibération ont été adoptés hier à l’assemblée de la Polynésie française.

Les élus de l’assemblée de la Polynésie française ont participé, hier, à la première séance de la session extraordinaire. En préambule de la séance plénière, le président du gouvernement, Édouard Fritch, a tenu un discours sur la Table ronde sur le nucléaire et ses conséquences au fenua, qui s’est tenue au début du mois à Paris. Profitant d’une brèche entre l’approbation de l’ordre du jour et l’examen de neuf projets de loi et de délibération, il a pris la parole pour partager et révéler, officiellement, aux élus, les décisions prises à la suite de ce rassemblement auquel il a participé avec la délégation Reko Tika.

Un discours, semblable à celui tenu dix jours plus tôt, lors d’une conférence de presse qui portait sur le lien de confiance établi suite aux engagements du Premier ministre Jean Castex. L’occasion de rappeler les avancées importantes engendrées par ce rassemblement. Ainsi, selon Édouard Fritch, le président de la République et le Premier ministre ont confirmé que toutes les archives sur le nucléaire seront déclassifiées (sauf celles qui peuvent permettre d’avoir des éléments sur la construction de la bombe elle-même). Concernant les effets des essais nucléaires sur la santé, l’État reconnait et souhaite, via « l’extension et l’approfondissement de l’étude Sépia », mieux comprendre et connaître les mécanismes d’apparition et de développement des maladies radio-induites. L’indemnisation pour les victimes des essais nucléaires devrait, quant à elle, être accessible plus simplement puisque l’État dit souhaiter rendre justice aux victimes.

Des annonces qui ont été plutôt bien accueillies par les élus qui n’ont pas manqué d’applaudir ce discours qui a fait écho, à quelques jours seulement de l’arrivée du président Emmanuel Macron au fenua.

Pour lire la suite de l’article qui ne concerne plus le nucléaire, cliquer sur le lien ci-dessous.

Par Gobrait et La Dépêche de Tahiti, publié le 23 Juillet 2021 à 10h17 

https://actu.fr/politique/apf-le-nucleaire-a-ouvert-la-premiere-seance-de-la-session-extraordinaire_43684498.html

UNE « GRANDE MARCHE » DE LA HAGUE À PARIS POUR DÉBATTRE SUR LE NUCLÉAIRE ET LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Plusieurs associations opposées au nucléaire organisent une « grande marche » entre La Hague et Paris, du 25 juillet au 25 août, avec conférences et débats autour de l’énergie.

Déjà organisée en 2018, la Grande Marche reprend les routes du Cotentin et de la Normandie pour sensibiliser sur la transition écologique. Elle aura lieu du samedi 25 juillet au mercredi 25 août 2021, de La Hague à Paris, à raison d’une étape par jour.

À lire aussi : Nucléaire : à l’usine de la Hague, la « supercherie » d’une entreprise de soudure démasquée

Une série de conférences

Un pré-lancement aura lieu le samedi 24 juillet à Cherbourg place De Gaulle à 15 h, suivi d’une conférence à 18 h 30 à la mairie, sur le sujet Les bombes atomiques sont-elles des armes militaires ?, qui sera présenté par Yves Lenoir, des Enfants de Tchernobyl Belarus.

Les autres conférences, d’une durée d’une heure environ, auront normalement lieu chaque jour à 18 h 30. Cinq sont prévues dans la Manche après celle de Cherbourg.

La première, le 25 à la salle des fêtes de Jobourg, traitera de la piscine de déchets à La Hague. Le lendemain, ce sera la salle des fêtes de Biville qui accueillera une animation sur l’EPR. Puis, le 27, la salle Paul Nicolle des Pieux verra être interrogée la place du nucléaire dans le Cotentin. Mercredi 28, ce sera la salle des fêtes de Quettetot qui recevra un exposé sur la sécurité nucléaire. Enfin, la dernière conférence dans la Manche aura lieu à Montgardon et questionnera les manière de réhabiter les territoires.

Chaque étape sera l’occasion de débats. (©La Grande Marche)

Le vendredi 30 juillet, la Grande Marche quittera la Manche et se dirigera, à vélo, vers Isigny pour suivre sa route vers la capitale. Le programme complet et détaillé est disponible en ligne.

Un moment convivial

Loin de n’être qu’une critique du nucléaire, cette manifestation se veut de réfléchir plus profondément sur notre futur énergétique. Tout est donc remis en question, à l’heure où le changement climatique est entre autres responsable de canicules au Canada et d’inondations en Allemagne.

De la pollution des éoliennes aux limites de l’hydrogène, en passant par la méthanisation et les changements dans nos modes de vie, de nombreux sujets sont au rendez-vous. Le nucléaire reste cependant le cœur de cet événement, notamment dans le Cotentin où se trouve le fameux « triangle du nucléaire ».

À lire aussi : Nucléaire : à Flamanville, des progrès mais encore quelques insuffisances…

Ainsi, à raison d’un débat par jour, près de trente sujets seront ainsi abordés. Le but est de croiser les regards et d’alerter la population sur les enjeux de l’énergie dans leur complexité. Il sera donc aussi possible de suivre cet événement sur les réseaux sociaux.

Cette manifestation à la participation libre se veut conviviale. Il sera donc possible d’intégrer la marche à n’importe quel moment.

Même les pro-nucléaires sont bienvenus pour discuter. En plus des militants et conférenciers, des artistes, musiciens et bénévoles composeront le cortège. Tous pourront donc échanger dans la bonne humeur sur ces sujets cruciaux pour l’avenir, mais déjà d’actualité.

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Par Clément Sorel et La Presse de la Manche, publié le 22 Juillet 21 à 06h50 

Photo en titre : La première édition avait eu lieu en 2018. (©Solène Lavenu)

https://actu.fr/evenements/une-grande-marche-de-la-hague-a-paris-pour-debattre-sur-le-nucleaire-et-la-transition-energetique_43575802.html

NUCLÉAIRE: POUR EDF, LE RÉACTEUR EPR DE TAISHAN EN CHINE DEVRAIT ÊTRE ARRÊTÉ

Cela fait plus d’un mois que l’incident s’est déclaré sur la centrale nucléaire de Taishan en Chine. Il s’agit d’une accumulation de gaz radioactifs au sein de l’EPR, réacteur nucléaire de nouvelle génération. EDF, actionnaire du projet, estime que le même incident ayant lieu en France conduirait à une mise à l’arrêt de l’installation.

Cette accumulation de gaz est un phénomène « courant. (…) Il n’y a aucun danger », affirmaient les autorités chinoises il y a un mois après le déclenchement de l’incident. Ce n’est pas le même son de cloche du côté d’EDF partenaire de China General Power Group sur ce projet.

[Communiqué de presse] Communication d’EDF concernant le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Taishan

Le groupe a effectué des analyses et il estime que si la même situation se produisait en France sur un réacteur EPR, il déciderait de la mise à l’arrêt de l’installation. Et EDF qui a fourni la technologie EPR au groupe chinois justifie : « Cet arrêt permettrait de caractériser précisément le phénomène en cours et d’arrêter son évolution. »

EDF prend ses distances avec la décision de China General Power Group

Le groupe confirme également son hypothèse initiale : l’augmentation de gaz rares dans le réacteur numéro un de la centrale de Taishan est due à « l’inétanchéité de crayons de combustible ». Surtout, il prend ses distances avec les décisions de son partenaire chinois qui à ce stade ne semble pas convaincu par une mise à l’arrêt du réacteur.

En revanche, le groupe français a cherché à tempérer en expliquant que « les paramètres radiochimiques de l’eau du circuit primaire demeurent en deçà des seuils réglementaires en vigueur à la centrale de Taishan, seuils qui sont cohérents avec les pratiques internationales ».

► À lire aussi : Aujourd’hui l’économie – Pourquoi l’incident sur l’EPR chinois fragilise le nucléaire français

Par RFI, publié le 23 juillet 2021 à 15h07

Photo en titre : Le site nucléaire de Taishan en Chine, le 17 juin 2021. AP

https://www.rfi.fr/fr/%C3%A9conomie/20210723-nucl%C3%A9aire-pour-edf-le-r%C3%A9acteur-epr-de-taishan-en-chine-devrait-%C3%AAtre-arr%C3%AAt%C3%A9

LE LOBBY DU NUCLÉAIRE PIRATE ET POLLUE LA TAXONOMIE « DURABLE » DE L’UE : UN RAPPORT ACCABLANT

Le 22 juillet 2021, Reclaim Finance a publié un rapport – Out with Science, In with Lobbyists : Gas, Nuclear and the EU Taxonomy – qui révèle le lobbying des industries du nucléaire et du gaz fossile pour être intégrées à la taxonomie durable de l’UE. Le rapport met en évidence une opération de lobbying de dizaines de millions d’euros qui a poussé la Commission européenne à négliger l’approche scientifique et sanitaire. Il souligne que l’inclusion du gaz et du nucléaire dans la taxonomie de l’UE signifierait “la mort” de celle-ci. Non, le nucléaire n’est pas “durable”. Il faut bannir les lobbyistes des institutions européennes.

(Extrait). rapport complet en anglais ici

Pour être considérée comme “durable” dans la taxonomie, une activité doit contribuer de manière significative à au moins un des six objectifs environnementaux fixés, sans nuire de manière significative à un aucun autre objectif (principe de “ne pas nuire de manière significative” ou DNSH).

L’énergie nucléaire fait peser des menaces importantes sur divers objectifs environnementaux (notamment regardant l’utilisation de l’eau, la prévention de la pollution et la santé des écosystèmes). Outre les risques d’incident, la question du stockage des déchets nucléaires est un obstacle majeur à l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie. En outre, d’autres sources d’énergie “faiblement carbonée” sont facilement disponibles, plus rapides à déployer et moins chères.

Le lobbying au bulldozer

Des centaines de personnes ont été employées par les entreprises et groupes industriels liés au nucléaire pour faire pression sur l’UE. Ensemble, ces acteurs du nucléaire et du gaz, ont dépensé jusqu’à 78 millions d’euros par an, avec des contributions importantes de majors pétrolières comme Shell, BP Exxon et TotalÉnergies, EDF.

La stratégie nucléaire : États, experts et organisations bidons “de la société civile

Le secteur nucléaire est composé de beaucoup moins d’entreprises et d’organisations que le secteur gazier. Son opération de lobbying c’est :

. 7,9 millions d’euros par an,

. 119 personnes appointées et 27 organisations actives.

La fréquence des réunions entre les commissaires européens et les lobbyistes du nucléaire a considérablement augmenté, passant de 1,2 à 2,59 réunions par mois.

Le secteur a largement bénéficié du soutien d’États, et notamment de la France, pays dépendant du nucléaire, plaidant avec véhémence pour son inclusion. Alors qu’elle faisait équipe avec des pays de l’Est notoirement favorables au gaz pour promouvoir l’inclusion du nucléaire, la France a sensiblement adouci sa position sur l’inclusion du gaz.

L’entreprise publique française EDF a été le plus grand lobbyiste nucléaire individuel. Le rapport souligne également le rôle joué par des groupes “astroturfés”, créés pour imiter des groupes de la société civile, ainsi que par l’expertise et l’influence de l’industrie nucléaire qui s’étendent jusqu’au Centre commun de recherche (CCR) de la Commission européenne.

Le destin du nucléaire est maintenant entre les mains de la Commission européenne et devrait être décidé dans une prochaine série d’actes délégués.

Contre la prédation des industriels du nucléaire et du gaz, bannir leurs lobbyistes des institutions européennes

Reclaim Finance souligne que la taxonomie a été initialement pensée comme une liste basée sur la science, mais que les pressions économiques et politiques ont poussé la Commission à édulcorer celle-ci. Elle avertit que l’inclusion du gaz et du nucléaire à la taxonomie de l’UE la viderait de toute la crédibilité qui lui reste.

L’ONG appelle la Commission, le Parlement européen et les États membres à exclure le gaz et l’énergie nucléaire. Alors que l’UE définit son agenda environnemental pour les décennies à venir, elle plaide également pour que les lobbyistes des énergies fossiles soient bannis des institutions européennes.

Source: https://reclaimfinance.org/site/2021/07/22/la-science-abandonnee-comment-les-lobbies-du-gaz-et-du-nucleaire-gagnent-la-bataille-de-la-taxonomie/

Le blog : https://twitter.com/ReclaimFinance/status/1418130623269646339

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Par admin, publié le jeudi 22 juillet 2021 à 15h12

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/07/22/Le-lobby-du-nucleaire-pirate-et-pollue-la-taxonomie-durable-de-l%E2%80%99UE

CHINON, DÉTECTION TARDIVE DU NON-RESPECT DE LA CONCENTRATION MINIMALE EN BORE D’UN ACCUMULATEUR RIS DU RÉACTEUR 4.

Le 16 juillet 2021, l’exploitant de la centrale nucléaire de Chinon a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive du non-respect de la concentration minimale en bore de l’un des accumulateurs du circuit d’injection de sécurité.

Le circuit d’injection de sécurité (circuit RIS) permet, en cas d’accident (par exemple une fuite importante du circuit primaire du réacteur) d’introduire de l’eau borée sous haute pression dans celui-ci afin d’étouffer la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur. Ce circuit comporte notamment des accumulateurs, qui sont des gros réservoirs maintenus sous pression.

En fin d’arrêt du réacteur 4 en décembre 2020, une augmentation du niveau de l’un des accumulateurs est constatée avec pour cause l’inétanchéité de robinets. Le 26 juin 2021, la concentration en bore dans l’accumulateur est mesurée en-dessous de la valeur minimale requise. L’analyse de la situation montre que le passage de la concentration en bore de cet accumulateur sous la valeur requise est estimé au 15 février 2021.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, le personnel ou l’environnement. Toutefois, l’événement a affecté la fonction de sûreté liée à la maîtrise de la réactivité du réacteur. En raison de l’indisponibilité de l’équipement concerné en cas d’accident, associée à sa détection tardive, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Le brassage du contenu de l’accumulateur avec le circuit du système de traitement et réfrigération des piscines a permis l’obtention de la concentration requise le 28 juin 2021.

Publié le 22/07/2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-du-non-respect-de-la-concentration-minimale-en-bore

RÉFORME EDF : LES NÉGOCIATIONS AVEC BRUXELLES PATINENT

Le gouvernement français et la Commission européenne n’arrivent toujours pas à régler leur désaccord au sujet des relations entre les futures entités d’EDF. Selon le PDG du groupe, les discussions sont « difficiles« .

Les tensions entre l’Europe et EDF au sujet du projet Hercule, rebaptisé « Grand EDF« , ne sont pas près de prendre fin. L’État et la Commission européenne poursuivent leurs discussions, « difficiles« , autour du projet de réorganisation d’EDF, a indiqué jeudi le PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy.

« D’après les informations que nous avons, les discussions entre l’État et la Commission européenne sur la réforme de l’Arenh (l’électricité nucléaire qu’EDF vend aux opérateurs alternatifs, NDLR), et donc la réforme d’EDF (qui suivrait), se poursuivent« , a indiqué M. Lévy. « Elles restent difficiles et nous n’avons pas aujourd’hui d’autres commentaires à faire à ce sujet« , a-t-il ajouté, répondant à la question d’un actionnaire lors d’une assemblée générale du groupe destinée à nommer une nouvelle administratrice.

Initialement baptisé « Hercule« , le projet « Grand EDF » vise à réorganiser l’entreprise, fortement endettée, en trois entités pour lui permettre de se développer dans les renouvelables, tout en assurant de lourds investissements dans le nucléaire. Un point de désaccord majeur entre Paris et Bruxelles est le degré de relation entre les futures entités d’EDF : le premier demande que le groupe reste intégré, avec une stratégie unique et des flux financiers entre les activités, tandis que la Commission exige des séparations entre elles.

Publié le 22/07/2021 à 11h49

https://www.capital.fr/entreprises-marches/reforme-edf-les-negociations-avec-bruxelles-patinent-1410184

AVANGARD, KINJAL, ZIRCON… LA RUSSIE FAIT LA COURSE EN TÊTE SUR LES MISSILES HYPERSONIQUES

Parmi les précurseurs dans les missiles hypersoniques, la Russie a une « longueur d’avance » en la matière, qu’elle pourrait utiliser comme levier de négociations sur le contrôle des armes.

Avec ses armes hypersoniques, la Russie a une « longueur d’avance« , dans le secteur de la défense ! Capable de voler jusqu’à Mach 9 et d’une portée théorique de 1.000 km, le Zircon a réussi cette semaine un nouveau test qui le rapproche de sa mise en service dans la marine russe, où il équipera des frégates et, à terme, des sous-marins nucléaires. Ce missile hypersonique fait partie des armes « invincibles » annoncées en grande pompe en 2018 par Vladimir Poutine, accompagnées d’un avertissement aux pays occidentaux: « Écoutez-nous maintenant!« 

Deux sont déjà en service: le missile Kinjal, qui équipe l’armée de l’air et surtout « l’arme absolue » du président russe, le planeur hypersonique Avangard. Pouvant emporter une charge nucléaire, il vole jusqu’à 33.000 km/h et change de façon imprévisible de cap ou d’altitude, le rendant quasiment impossible à intercepter. Des armes destinées « à intimider l’Occident« , estime l’analyste indépendant Alexandre Golts, Vladimir Poutine ayant répété à plusieurs reprises que leur développement était une réponse au bouclier anti-missiles américain.

>> À lire aussi – La Russie teste sa nouvelle corvette furtive

À Washington et à l’Otan, l’essai de lundi n’est pas passé inaperçu. « Les nouveaux missiles hypersoniques de la Russie sont potentiellement déstabilisants et posent des risques importants » car ils peuvent transporter des charges nucléaires, a réagi lundi le porte-parole du Pentagone, John Kirby. Un responsable de l’Otan a pour sa part dénoncé auprès de l’AFP des missiles qui « créent un risque accru d’escalade et d’erreur de calcul« , assurant que l’Alliance atlantique « ne reproduira pas ce que fait la Russie« .

En matière d’armes hypersoniques, l’avance technologique russe est indéniable. « Personne d’autre que la Russie n’en a, mais tout le monde en veut« , souligne Alexandre Golts. La Chine a dévoilé son premier missile hypersonique en octobre 2019 et Washington a réactivé plusieurs programmes en sommeil. La France s’est aussi lancée dans la course. « Les Russes sont tout à fait conscients que leur longueur d’avance est temporaire« , souligne Igor Delanoë, directeur-adjoint de l’Observatoire franco-russe et spécialiste des questions de défense. « Les Américains vont combler leur retard à l’échelle de quelques mois, un an et demi ou deux ans tout au plus« .

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Plus que leur vitesse, finalement pas supérieure à celle d’un missile balistique intercontinental, les armes hypersoniques sont redoutables pour leur capacité à changer de direction et non suivre une trajectoire prévisible, rendant obsolètes les défenses antimissiles. Ces dernières années, plusieurs responsables américains se sont notamment inquiétés du danger de ces armes pour les porte-avions, extrêmement vulnérables.

Pour autant, plusieurs analystes estiment que les missiles hypersoniques n’apportent rien de réellement révolutionnaire. « L’Avangard est une réussite scientifique remarquable mais d’un point de vue militaire, il n’y a absolument aucune différence entre ça et une ogive nucléaire banale« , assène Alexandre Golts. À ses yeux, Moscou dispose déjà d’une arme invincible: « son arsenal nucléaire, presque la moitié des capacités mondiale« .

Pourquoi alors dépenser des milliards pour de tels missiles? « L’idée n’est pas nécessairement d’utiliser ces armes (…) mais de montrer que n’importe quelle arme que quelqu’un développe, vous l’aurez en premier. Vous serez toujours à la pointe« , souligne Cameron Tracy, du Centre pour la sécurité et la coopération internationale de l’Université de Stanford (États-Unis). La Russie pourrait notamment profiter de son avantage pour ramener les États-Unis à la table des négociations en matière de contrôle des armes. « C’est une stratégie courante de développer de nouveaux systèmes d’armes non pas dans l’idée de les déployer, mais comme moyen de négociation« , relève Cameron Tracy

Mi-juin, la rencontre entre Vladimir Poutine et le président américain Joe Biden a abouti à un court texte sur la mise en place d’un « dialogue sur la stabilité stratégique« , une rupture après les années Trump marquées par l’abandon du traité russo-américain INF sur les missiles de portée intermédiaire. En attendant que ce dialogue aboutisse, ou pas, on assiste « certainement à la phase d’ouverture d’une course aux armements« , estime Hans Kristensen, expert en armes nucléaires à la Federation of American Scientists. « Une course dangereuse pour savoir qui a la capacité de détruire les installations de l’autre camp en premier« , ajoute-t-il: « personne ne sait vraiment comment ça va se terminer« .

Publié le 22/07/2021 à 12h48

Photo en titre : Pixabay

https://www.capital.fr/economie-politique/avangard-kinjal-zircon-la-russie-fait-la-course-en-tete-sur-les-missiles-hypersoniques-1410200

LE KAZAKHSTAN, LEADER DU MOUVEMENT ANTINUCLÉAIRE MILITAIRE MONDIAL

Les initiatives et activités antinucléaires du Kazakhstan sont reconnues dans le monde entier. Cette reconnaissance est basée sur les décisions prises par le premier président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, au cours des premières années de l’indépendance.

Le site d’essais nucléaires de Semei a été fermé par décret du premier président du Kazakhstan le 29 août 1991. Cette date est devenue le point de départ du mouvement antinucléaire au Kazakhstan. Ces mesures sont alors devenues une décision importante qui a apporté des avantages considérables au développement du pays.

À l’époque, le Kazakhstan nouvellement indépendant a été confronté à des défis économiques dus à la crise des années 90, accompagnée d’hyperinflation, de faillites de milliers d’entreprises, d’une baisse colossale du PIB et une augmentation du chômage. Cela nécessitait des actions immédiates du gouvernement.

Le pays est géographiquement situé entre deux puissances nucléaires : la Russie et la Chine, et les États-Unis ont manifesté un vif intérêt pour le pays et son statut nucléaire. La présence d’armes nucléaires compliquerait gravement l’établissement de négociations constructives avec les partenaires et empêcherait les pressions extérieures, ce qui menacerait la sécurité nationale du pays nouvellement émergé.

Enfin, pour conserver ses armes nucléaires, une puissante armée professionnelle était nécessaire, ainsi que des spécialistes et des technologies qui garantiraient la sécurité du stockage et de l’exploitation de ces armes. Ainsi, la politique de renoncement nucléaire était justifiée à cette époque. Cette décision a considérablement amélioré le climat d’investissement du pays.

Présence du pays dans de nombreux traités nucléaires

La voie vers un monde exempt d’armes nucléaires n’est possible qu’avec des traités internationaux au niveau mondial et des accords bilatéraux avec les puissances nucléaires.

Par exemple, des accords bilatéraux ont été conclus entre la Russie et les États-Unis, qui représentent 90 % de l’ensemble de l’arsenal nucléaire et celui-ci, selon les dernières données du SIPRI, représente 11 805 ogives nucléaires. Le Traité entre la Russie et les États-Unis sur des mesures de réduction et de limitation supplémentaires des armements stratégiques offensifs (START III) fait partie de ces accords. Malgré les nombreuses revendications des deux parties, l’accord a néanmoins été prolongé de cinq ans jusqu’en février 2026.

Le Kazakhstan fait partie de presque tous les principaux traités nucléaires, y compris le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).

Le Kazakhstan est devenu l’un des principaux moteurs de la création d’une zone exempte d’armes nucléaires en Asie centrale en 2006.

Un monde exempt de nucléaire

Le pays a également toujours activement promu le programme de non-prolifération et de désarmement nucléaires.

Quelque 135 pays ont soutenu la Déclaration universelle pour l’édification d’un monde exempt d’armes nucléaires, lancée par le premier président du Kazakhstan lors de la 73ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015.

Le déploiement d’une banque d’uranium faiblement enrichi sous les auspices de l’AIEA à Ust-Kamenogorsk est devenu une confirmation pratique claire du leadership du Kazakhstan dans la sphère antinucléaire de la part de la communauté mondiale. La banque est une installation de stockage pour un stock physique de 90 tonnes d’uranium faiblement enrichi, qui peut être utilisé à des fins pacifiques en cas de rupture d’approvisionnement en combustible pour les centrales nucléaires.

Dans le même temps, il convient de souligner qu’aujourd’hui le Kazakhstan joue un rôle important sur le marché mondial de l’énergie nucléaire. Fin 2020, notre pays représente 42 % de la production mondiale d’uranium.

Les efforts déployés par le Kazakhstan et d’autres pays visent maintenant à développer un mécanisme juridique international qui aboutira à terme à la création d’un monde sans nucléaire.

Le Kazakhstan a prouvé son autorité morale mondiale inconditionnelle sur l’agenda antinucléaire mondial.

Nursultan Nazarbayev a annoncé l’initiative de créer une Global Leadership Alliance (GAL) pour la sécurité nucléaire lors de la cinquième réunion du Club d’Astana en 2019. La GAL vise à devenir l’une des plateformes non gouvernementales internationales les plus autorisées dans son domaine.

Par Eurasiatimes, publié le 21 juillet 2021

https://www.eurasiatimes.org/21/07/2021/le-kazakhstan-leader-du-mouvement-antinucleaire-mondial/

CATTENOM : DÉTECTION TARDIVE DE L’INDISPONIBILITÉ D’UNE POMPE DU CIRCUIT D’ALIMENTATION DE SECOURS DES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR

Le 9 juillet 2021, l’exploitant de la centrale nucléaire de Cattenom a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive de l’indisponibilité d’une pompe du circuit d’alimentation de secours des générateurs de vapeur (ASG) du réacteur 1.

Le circuit ASG a notamment pour fonction d’alimenter en eau les générateurs de vapeur en cas de défaillance de leur alimentation normale. Il est composé de deux voies redondantes. Les générateurs de vapeur sont des échangeurs permettant le refroidissement du combustible lorsque le réacteur est en fonctionnement. En cas de défaillance d’une pompe d’alimentation du circuit ASG, les règles générales d’exploitation exigent sa réparation sous 24 heures.

Le 21 mai 2021, le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Cattenom était en phase de redémarrage suite à son arrêt pour maintenance programmée et rechargement en combustible.

Lors de la réalisation d’un essai périodique visant à tester le bon fonctionnement d’une pompe du circuit d’alimentation du circuit ASG, l’exploitant a mis en évidence un dysfonctionnement affectant celle-ci : son arbre s’est bloqué.

La seconde voie de ce circuit était cependant disponible et aurait pu assurer cette fonction en cas de situation accidentelle. Suite à la découverte du dysfonctionnement, et compte tenu du délai prévisible de réparation de la pompe, l’exploitant a décidé de replier le réacteur conformément aux spécifications techniques d’exploitation (STE).

En procédant à l’expertise de la pompe, l’exploitant a identifié un blocage mécanique situé au niveau d’une roue. De plus, après une analyse approfondie, il n’a pas été possible de dater précisément le début de l’indisponibilité du matériel ; il a donc été estimé de manière conservatoire que celle-ci a pu débuter  immédiatement après sa dernière mise en service, soit le 23 mars 2021. Ainsi, le délai de remise en conformité de 24 heures autorisé par les règles générales d’exploitation n’a pas été respecté.

En raison de la détection tardive de l’indisponibilité de ce matériel, EDF a reclassé cet événement au niveau 1 de l’échelle INES.

Suite à la détection de l’écart, l’exploitant a procédé au repli du réacteur et a engagé une analyse approfondie de cet événement. L’ASN veillera à la qualité des actions prises pour en éviter son renouvellement lors des prochains arrêts pour maintenance.

Par ASN, publié le 21 juillet 2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-de-l-indisponibilite-d-une-pompe-du-circuit-d-alimentation-de-secours

NUCLÉAIRE IRANIEN: TÉHÉRAN REJETTE LES TERMES DE L’ACCORD PRÉLIMINAIRE OBTENU À VIENNE

Téhéran a rejeté les termes d’un accord préliminaire obtenu à Vienne entre l’Iran et les grandes puissances pour la levée des sanctions américaines et le retour de Téhéran à ses engagements, a déclaré le porte-parole du gouvernement iranien.

Le Conseil suprême de la sécurité nationale, qui supervise les négociations nucléaires, a rejeté les termes de cet accord obtenu après six séries de négociations entre l’Iran et les grandes puissances. Ce qui signifie que le président Hassan Rohani et son équipe, qui doivent quitter leurs fonctions le 5 août, sont désormais écartés des négociations.

Le prochain président conservateur Ebrahim Raïssi prendra ses fonctions à cette date et il devra ensuite former son gouvernement, qui devra obtenir un vote de confiance de la part du Parlement.

En clair, les prochains négociateurs iraniens ne devraient pas retourner à la table des négociations avant le mois de septembre. 

Le prochain chef de la diplomatie devrait être un dur, ce qui pourrait compliquer les négociations. D’autant plus que l’Iran poursuit avec une grande vitesse ses activités nucléaires, notamment l’enrichissement d’uranium à 20% et 60%, alors que selon l’accord de 2015 il ne doit pas dépasser le niveau de 4%.

Téhéran espérait la fin de ses sanctions après l’élection du président américain Joe Biden. Mais le blocage des négociations de Vienne éloigne de nouveau un accord entre les deux parties. 

Par RFI (Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi), publié le 20/07/2021 à 18h47, modifié le 20/07/2021 à 18h54

Photo en titre : Le président élu Ebrahim Raïssi, lors de sa première conférence de presse après l’élection, à Téhéran, le 21 juin 202. AFP – ATTA KENARE

https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20210720-nucl%C3%A9aire-iranien-t%C3%A9h%C3%A9ran-rejette-les-termes-de-l-accord-pr%C3%A9liminaire-obtenu-%C3%A0-vienne

LA RUSSIE RÉVÈLE UN NOUVEAU SYSTÈME DE TUEUR DE MISSILES « PROMÉTHÉE » QUI PEUT « DÉTRUIRE LES BOMBES NUCLÉAIRES HYPERSONIQUES À LA LIMITE DE L’ESPACE »

Les images de TEST révèlent le terrifiant nouveau système S-500 Prometheus de la Russie qui, selon lui, peut détruire les missiles hypersoniques entrants dans l’espace proche.

La vidéo a été publiée alors que le Kremlin a averti les États-Unis qu’il pourrait déclencher la Troisième Guerre mondiale en basant ses armes nucléaires de nouvelle génération en Europe.

Le ministère russe de la Défense a publié une vidéo d’un lancement d’essai du système de défense S-500 Prometheus. (Crédit : AFP)

Un missile sol-air a été tiré depuis un camion lanceur mobile. Crédit : Est2Ouest

Les images montrent une fusée géante tirée depuis les tubes jumeaux d’un lanceur mobile relevés en position verticale.

L’un des missiles 77N6-N est propulsé hors du tube, et une seconde plus tard, son moteur-fusée s’enflamme et l’envoie dans le ciel.

Il a ensuite « touché avec succès » une cible balistique à grande vitesse à Kapustin Yar, près de la mer Caspienne, a déclaré le ministère de la Défense.

Le système de défense sol-air S-500 est conçu pour abattre les avions et les missiles ennemis jusqu’à une altitude de 125 milles.

Cela amène des missiles balistiques et potentiellement même des satellites en orbite basse à portée.

Le nouveau 77N6-N pourrait toucher une cible se déplaçant à plus de 11 000 mph – ou trois miles par seconde – tout en étant guidé par un système de suivi radar avancé dans un deuxième véhicule au sol.

Le général de division Babakov, commandant des troupes russes de défense antimissile, s’est vanté : « Le système de défense aérienne S-500 est capable de détruire des armes hypersoniques de toutes modifications, y compris dans l’espace proche, en plus des cibles aérodynamiques et balistiques, ce qui permet de dire avec la certitude que ce système est unique. »

COURSE AUX ARMEMENTS

Il peut engager des missiles balistiques ennemis à une portée allant jusqu’à 375 milles et des avions à environ 310 milles, disent les Russes.

En 2018, un autre lancement d’essai a atteint avec succès une cible à 300 milles de distance, le record du monde pour un missile sol-air.

Deux roquettes seraient probablement tirées pour assurer une « mise à mort ».

Vladimir Poutine a récemment déclaré qu’il s’attendait à ce que le S-500 soit bientôt déployé, probablement cette année.

« La prochaine étape est la livraison du complexe S-500 aux troupes, dont les tests sont déjà en cours de réussite », a-t-il déclaré.

Les derniers essais sur la chaîne de Kapustin Yar mettent en évidence le rythme fébrile de la modernisation militaire de la Russie qui se poursuit malgré les difficultés économiques de la Russie.

Poutine a récemment mis son arsenal de missiles hypersoniques « invincibles » en alerte de combat dans un avertissement effrayant à l’Occident.

Ils comprennent le missile de croisière Mach 8 Zirkon, qui peut transporter des ogives nucléaires et frapper une cible à 220 milles de distance lors de récents essais en mer.

Et la Russie a mis en garde contre les conséquences désastreuses si les États-Unis déployaient leurs propres armes hypersoniques – actuellement en cours de développement – ​​dans la région.

L’ambassade de Russie à Washington a tweeté : « Nous aimerions rappeler à @PentagonPressSec que le déploiement potentiel de tout [American flag] hypersonique en Europe serait extrêmement déstabilisant. »

« Leur courte durée de vol laisserait [Russian flag] peu ou pas de temps de décision et augmentent la probabilité d’un conflit par inadvertance. »

L’attaché de presse du Pentagone, John F. Kirby, a averti que les armes nucléaires russes étaient la véritable menace.

Il a déclaré: « Il est important de noter que les nouveaux missiles hypersoniques de la Russie sont potentiellement déstabilisants et posent des risques importants car ce sont des systèmes à capacité nucléaire. »

Il a déclaré que les États-Unis travaillaient « en étroite collaboration avec leurs alliés et partenaires, y compris l’OTAN, pour essayer de contrôler ces activités déstabilisatrices ».

Plus tard dans la journée, M. Poutine devrait dévoiler un nouvel avion de chasse furtif secret, la réponse de la Russie au F-35 américain.

La fusée est propulsée depuis le tube de lancement puis le moteur s’allume. Crédit : Est2Ouest

 Il file dans le ciel pour intercepter la cible balistique à grande vitesse. Crédit : Est2Ouest

Prometheus est conçu pour abattre des missiles hypersoniques tels que celui développé par Lockheed pour l’armée américaine

La Russie teste  « avec succès  » le nouveau missile hypersonique de Poutine à 6 100 mph capable  « d’échapper à toutes les défenses occidentales pour anéantir les villes  »

Par Gaspar Bazinet, publié le 20 juillet à 03h42

https://news-24.fr/la-russie-revele-un-nouveau-systeme-de-tueur-de-missiles-promethee-qui-peut-detruire-les-bombes-nucleaires-hypersoniques-a-la-limite-de-lespace/

« LES JEUX OLYMPIQUES SONT UNE OPPORTUNITÉ POUR L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE MONDIALE »

Au Japon, les JO viennent renforcer l’idée d’une « réhabilitation » des territoires contaminés suite à la catastrophe nucléaire de 2011 et le retour définitif des habitants. Un ouvrage, Oublier Fukushima, démonte cette mystification. Extraits.

La prétendue liquidation de l’accident de Fukushima Daiichi est une insupportable et effarante répétition de celle de Tchernobyl. Les mêmes mesures à la fois dérisoires, ubuesques et contradictoires ; les mêmes robots qui ne marchent pas ; les mêmes défilés d’hommes pataugeant autour de la centrale et mourant dans l’ambulance pour l’hôpital. Cette fois-ci la catastrophe n’est pas prise en charge par l’armée, mais par les entreprises : Tepco – l’exploitant –, Toshiba et Hitachi – les constructeurs de la centrale. Elles sous-traitent les basses œuvres aux organisations mafieuses du bâtiment. À Tchernobyl la mise en scène fut celle de l’extraordinaire ; à Fukushima celle de l’ordinaire. Tchernobyl aurait été une bataille, tandis que Fukushima ne serait qu’une gigantesque opération de maintenance.

En décembre 2011, l’accident est déclaré terminé alors que les combustibles, fondus, ont percé les enceintes de sécurité

Dès l’automne 2011, malgré les tas de problèmes qui s’accumulent, les communiqués deviennent de plus en plus rassurants. Comme par magie, tout finit par fonctionner : les systèmes de refroidissement refroidissent, les pompes pompent, les systèmes de décontamination en circuit fermé décontaminent en circuit fermé et les ex-réacteurs se refroidissent. En effet, les températures mesurées dans les cuves des ex-réacteurs passent en dessous de la barre des 100 degrés ! Ce qui est bien normal, puisque les coriums, eux, ont disparu plus bas. En tout cas, plus de nouvelles. L’entreprise se dirige tranquillement vers la fin du chantier, il va être temps de ranger les outils.

Ainsi, le 16 décembre 2011, l’accident est officiellement terminé, tout du moins en ce qui concerne les interventions d’urgence. Le gouvernement et Tepco annoncent conjointement la fin du feuilleton. Ils pavoisent sur « l’arrêt à froid » des trois ex-réacteurs les plus accidentés. Le terme est bien choisi puisqu’il est utilisé pour qualifier l’état du réacteur lors de banales opérations de maintenance dans des centrales en état de marche – comme par exemple lors de la recharge du combustible. Pas grand-chose à voir évidemment avec la situation de catastrophe à Fukushima où les réacteurs n’existent plus, où les cuves sont transformées en passoires, où les combustibles usagés ne baignent plus, et où les coriums toujours actifs ont sans doute percé les enceintes de sécurité…

Les ouvriers, premières victimes des radiations que ce démantèlement produit en permanence

Qu’en est-il aujourd’hui ? Eh bien, plus on se rapproche des cœurs des réacteurs fondus et des piscines délabrées où sont censées refroidir les barres de combustible, plus la vérité apparaît de manière éclatante : une catastrophe nucléaire a commencé le 11 mars 2011 et n’a jamais pris fin. Bien que dix ans se soient écoulés, il est impossible de parler des « conséquences » de la catastrophe. Tout au plus pouvons-nous tenter de nous repérer dans le cours d’un désastre rebaptisé « démantèlement ». Vu que la plomberie reste le problème principal de la centrale électrique détruite, la moitié des 7 000 à 10 000 travailleurs rentrant chaque jour sur le site est affectée à la circulation de l’eau de refroidissement et de l’eau contaminée.

En 2012, quand les travailleurs se comptaient en dizaines de milliers quotidiennement, la plupart étaient des habitants de la région qui s’étaient réfugiés à proximité de la zone d’évacuation. Aujourd’hui ils viennent d’un peu partout du Japon et de l’étranger pour se partager la dose. Recrutés par des sous-traitants, plus ou moins mal payés en fonction du niveau de sous-traitance, ces « gitans du nucléaire » devenus plombiers attendent d’être missionnés sur des chantiers à plus ou moins fortes radiations dans des pensions de la zone. Ce sont eux les nouveaux habitants d’une région dont l’activité économique est désormais tournée vers le démantèlement et le stockage des déchets.

Le turn-over de ces travailleurs précaires est énorme tant la radiation est importante. Tepco déclare que 47 000 travailleurs ont été exposés aux rayonnements ionisants sur le site de la centrale durant les cinq premières années. Ce sont les 42 000 travailleurs « sous-traités » parmi eux qui ont pris les doses les plus élevées. Les ouvriers sont les premières victimes des radiations que ce démantèlement produit en permanence.

Liquider au plus vite pour que la catastrophe s’efface des mémoires

Au lendemain de l’accident, les institutions internationales pressent l’État japonais d’entamer au plus vite la « réhabilitation ». Elles savent depuis Tchernobyl que la liquidation ne doit pas durer longtemps pour que la catastrophe s’efface des mémoires au plus vite. La décontamination, première étape de la réhabilitation, serait possible. Les feuilles mortes furent ramassées ; les rues, les murs ainsi que les arbres et les buissons lavés au Kärcher ; le sol fut raclé au tractopelle et amputé de sa surface – cette couche de quelques centimètres censée être la seule à avoir reçue de la radioactivité. Parfois, les champs et jardins furent simplement labourés, ou recouverts par de la terre venue d’ailleurs.

Bien que la « Grande Décontamination » se limita aux abords des habitations, aux champs destinés à la culture, et à certains points chauds identifiés, comme les retenues d’eau pour l’agriculture, le chantier fut colossal et il engouffra une grande partie des sommes dévolues à la « réhabilitation ». Colossal et absurde. À chaque pluie, de nombreux terrains se trouvaient contaminés de nouveau et devaient être traités, de nouveau. La contamination radioactive est ancrée dans les sols des forêts environnantes et migrent constamment vers les sols « décontaminés » (la forêt couvre 70 % de la surface du département). Sans parler du vent, des cours d’eau et même des pneus de voiture qui dispersent en permanence les particules radioactives.

Des millions de sacs de plastiques, emplis de terre radioactive s’empilent avant d’être enterrés, en vue des JO

En plus des alignements de cuves d’eau radioactive issues du refroidissement permanent des ex-réacteurs, le paysage de Fukushima se couvrit bientôt de gigantesques tas de sacs plastiques noirs. La terre, les feuilles, les branchages, devenus déchets radioactifs, furent mis en sac. Les sacs s’empilèrent un peu partout dans les communes « décontaminées » : dans les parcs, dans les cours d’école, aux abords des villages, sur des terrains de sport, dans des parkings, sur des parcelles agricoles condamnées par la radioactivité et même dans des jardins de particuliers. Des millions et des millions de sacs répartis en 114 700 tas. Les pyramides de plastique devaient témoigner des efforts des autorités et de la réussite de l’entreprise de décontamination : la radioactivité avait disparu puisqu’elle était piégée dans des sacs !

Certes ils étaient éventrés par les intempéries ou étaient régulièrement emportés dans les torrents pendant les typhons. Certes le césium 137 emmagasiné dans ces sacs de terre resterait actif jusqu’au début des années 2300 (10 demi-vies de 30,15 ans). Certes, la « dé-contamination » n’est dans le meilleur des cas qu’une « trans-contamination », puisque déplacer la radioactivité ne la fait pas disparaître. Certes, certes, certes. Les JO approchant, ces encombrants témoignages de la catastrophe nucléaire durent à leur tour disparaître. Le paysage devait se métamorphoser d’ici à l’été 2020. La solution des sacs était subitement devenue un problème !

Des trous énormes creusés sur 16 km² pour enterrer les sacs contaminés

On transbahuta donc les sacs dans la plus grande précipitation, non sans les avoir préalablement classés en deux catégories comme on avait fait avec les habitants. Les sacs contenant une terre au taux prétendument inférieur à 8000 becquerels/kg furent déposés en décharge classique ou brûlés avec les déchets ordinaires dans une vingtaine d’incinérateurs répartis dans la province de Fukushima ou refourgués aux entreprises de travaux publics, de commerce des matériaux et aux constructeurs de réseaux routiers. Avant la catastrophe, le niveau de radiation autorisé pour les matériaux de chantier était de 100 Bq/kg. Depuis, il a été augmenté à 8000 Bq/kg.

De nombreux autres déchets, comme des boues de station d’épuration radioactives ou des cendres d’incinérateurs sont toujours en attente de « solution » dans de nombreuses provinces. Elles sont entreposées ici et là ; mais on nous assure que les cendres seront mises en fûts bétonnés et stockées au bien nommé « Fukushima Eco Tech Clean Center ». L’autre partie des sacs désignés comme trop irradiés (car « supérieur à 8000 Bq/kg »), est transportée par camions dans un immense centre de stockage au pied de la centrale en ruine, sur la commune d’Okuma, où on ne les verra plus non plus. Sur seize km², des trous énormes ont été creusés, dans lesquels la ribambelle de camions déposent, à l’aide des bandes transporteuses, les fameux sacs noirs.

En mars 2021, la presse japonaise claironne que 75 % des sacs de terre auraient déjà rejoint ce centre. L’opération « les déchets de Fukushima sont dans de beaux draps » est censée se terminer en mars 2022. Elle aura coûté la bagatelle de 13 milliards d’euros. Bien que personne n’y croit une seconde, ce site d’entreposage est estampillé « provisoire » (« interim [sic] storage facility ») : le gouvernement soutient mordicus qu’il déménagera ailleurs tous ces déchets contaminés en 2045.

Le seuil de radioactivité, multiplié par 20 juste après la catastrophe, permet de limiter les évacuations de populations

Le retour des habitants fut l’autre engagement que prit le premier ministre Shinzo Abe en 2013. S’ils n’avaient pas été repoussés à cause du Covid, les JO de l’été 2020 constituaient la deadline au terme de laquelle tous les habitants devaient avoir réintégré leur région d’origine. Après la catastrophe, la zone d’évacuation avait été subdivisée – prétendument « en fonction des doses de radiation estimées » – en « zone 1 », « zone 2 » et « zone 3 ». Totalement arbitraires, ces frontières à l’intérieur même de la zone d’évacuation engendrèrent des situations ubuesques. Le village de Kawauchi a par exemple été coupé en trois avec des règles différentes pour chaque secteur.

Les anciens résidents pouvaient se rendre en journée sans restriction dans la « zone 1 », quand ils avaient droit à quelques heures dans la « zone 2 ». On ne se surprendra pas d’apprendre au passage qu’il n’y eut jamais vraiment de zone interdite à Fukushima. Le retour définitif des habitants était donc en germe depuis le début. Les évacués, puisqu’ils étaient relogés dans le département de Fukushima, n’étaient pas loin de leur ancien village : ils n’auraient eu aucune raison de ne pas s’y rendre régulièrement pour entretenir leur maison !

Les ordres d’évacuation furent levés entre 2014 et 2017 dans les zones « 1 » et « 2 », autrement dit dans la plus grande partie de la zone d’évacuation. Une à une, les communes évacuées changèrent de couleur sur la carte et redevinrent officiellement « habitables ». Les habitants furent poussés à se réinstaller sitôt les travaux de « décontamination » achevés. Officiellement, la contamination des sols était désormais dans la norme, moins grâce aux grotesques travaux de décontamination, on s’en doute, qu’au nouveau seuil de 20mSv : les ordres d’évacuation sont levés par les autorités lorsque le niveau radioactif d’une commune tombe officiellement au-dessous de 20mSv/an (avant la catastrophe de Fukushima, le seuil d’exposition de la population était de 1mSv/an, ndlr).

Fin 2020, les villages qui jouxtent la centrale commencent à être repeuplés

Ce seuil aberrant qui avait, en 2011 et après, permis d’empêcher de nouvelles évacuations, sert à présent à faire pression sur les personnes évacuées pour qu’elles retournent en terre irradiée. Le monde entier s’est aligné sur la nouvelle norme japonaise depuis. L’expérience de Fukushima sert directement l’industrie nucléaire mondiale et permet déjà aux États nucléarisés, lorsque de futurs accidents surviendront, de se justifier « scientifiquement » de laisser les populations vivre sur des territoires contaminés. En 2020, le gouvernement continue sur sa lancée et favorise le retour des habitants dans la « zone de retour difficile » (« zone 3 »), où l’exposition aux radiations dépassait officiellement 50 mSv/an lors de la mise en place du zonage en 2011 !

Le repeuplement des bourgs les plus proches de la centrale est l’absolue priorité de gouvernement, comme l’a rappelé fin 2020 le ministre de la reconstruction, Katsuei Hirasawa. Les ordres d’évacuer ont déjà été levés dans plusieurs quartiers ultra-contaminés des communes de Tomioka, Futaba, Okuma, Namie, Katsurao et Iitate. À Okuma, une des deux communes sur laquelle est implantée la centrale de Fukushima Daiichi, le gouvernement vient d’ouvrir l’accès à 320 ha dans lesquels on peut désormais se rendre « librement » !

À Futaba, l’autre commune qui se partage les ruines de la centrale, deux quartiers ont été rouverts dans l’ancien centre-ville, les habitants sont déjà autorisés à y circuler dans la journée ; ils pourront s’installer définitivement en 2022 ou 2023 « quand l’eau courante sera rétablie »… En attendant, le gouvernement y a fait passer la flamme olympique le 26 mars 2021. Pour l’État japonais, reconstruire c’est bien, mais repeupler c’est mieux.

Pour l’industrie nucléaire, les jeux olympiques sont la preuve que l’on peut vivre en territoire contaminé

Depuis 2014, année de réouverture des premières communes de la zone d’évacuation, le deal du gouvernement est simple : si les exilés acceptent de regagner leur commune d’origine, leur habitat est rénové aux frais de Tepco et le gouvernement verse jusqu’à 2 millions de yens (15 000 euros). À cela s’ajoutent 4 millions de yens pour ceux qui montent des entreprises dans les villages évacués après la catastrophe. Pour toucher ces sommes, les familles doivent s’engager à vivre dans ces zones extrêmement contaminées pendant au moins cinq ans ! Voilà pour la carotte. Maintenant, le bâton : en 2018, les évacués de Fukushima se sont vus définitivement supprimer allocations et relogement gratuit.

La « reconstruction » scandée par le gouvernement vise à l’effacement de la catastrophe nucléaire, et les JO de Tokyo doivent servir à la fois d’accélérateur et d’horizon temporel à cette « reconquête » des régions contaminées par la radioactivité. De même que le prétendu « arrêt à froid des réacteurs » en 2012 avait symbolisé la fin de la catastrophe, les JO de 2021 viennent sonner la fin de la « réhabilitation » des territoires contaminés et le retour définitif des habitants. Au bout du tunnel nucléaire, les Jeux ! Le monde entier est invité à venir admirer cette démonstration de la désormais légendaire « résilience » du Japon face aux calamités. On l’aura compris, pas question que la radioactivité soit un frein à la dynamique de relance économique portée par les JO.

Bien au contraire, ils sont une opportunité pour l’industrie nucléaire mondiale car elle tient là son meilleur argument : si des athlètes du monde entier peuvent jouer au baseball dans un stade de la ville de Fukushima, il va sans dire que l’on peut y vivre. Si même une catastrophe nucléaire de niveau 7 n’empêche pas la tenue des JO dans et autour d’une capitale contaminée, alors rien ne pourra plus jamais entraver la marche du nucléaire. Tokyo-2020 sera non seulement la vitrine d’un Japon résilient mais aussi celle d’une industrie nucléaire résiliente. Une exposition universelle de l’atome en quelque sorte.

Les autorités japonaises auraient parfaitement agi en évacuant le moins de monde possible en 2011, alors que la mégapole de Tokyo elle-même subissait d’importantes retombées radioactives. Lors du prochain épisode du désastre nucléaire – qu’il survienne en France, au Japon ou ailleurs –, les États n’auront même plus à tergiverser sur les onéreuses questions d’évacuation et d’indemnisation des victimes.

Arkadi Filine*

*Arkadi Filine est un des 800 000 liquidateurs de la centrale de Tchernobyl à qui Svetlana Alexievitch donne la parole dans son ouvrage La supplication. Les deux auteurs et l’autrice de « Oublier Fukushima » ont choisi de lui emprunter son nom pour signer collectivement leur ouvrage.

Photo : © Cécile Brice

À relire les précédents articles de Basta ! sur la catastrophe de Fukushima :

. Pour les habitants autour de Fukushima, « il y a une injonction à être des contaminés satisfaits ». (12 mars 2021)

. Dans l’attente des Jeux olympiques, le gouvernement japonais fait « comme si de rien n’était à Fukushima ». (12 avril 2019)

. « La terre abandonnée » : garder racine sur le sol irradié de Fukushima. (7 novembre 2019)

. Oublier Fukushima, Arkadi Filine. Éditions du bout de la ville, 2021 (édition revue et augmentée). 18 euros

Par Arkadi Filine, publié le 20 juillet 2021

https://www.bastamag.net/Jeux-Olympiques-Japon-Fukushima-industrie-nucleaire-faire-oublier-la-catastrophe

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LA HAGUE. LA GRANDE MARCHE POUR UN DÉBAT SUR LE NUCLÉAIRE DÉBUTERA SAMEDI 24 JUILLET 2021

L’association Nucléaire en questions, invite les citoyens à la Grande marche pour un débat sur le nucléaire qui débutera à La Hague (Manche) samedi 24 juillet 2021. L’arrivée est prévue à Paris le mercredi 25 août.

Elle est de retour pour une édition 2021. Le départ de La grande marche pour un débat sur le nucléaire et la transition énergétique partira samedi 24 juillet de La Hague (Manche), pour une arrivée prévue à Paris, mercredi 25 août. Les marcheurs s’arrêteront dans les villes normandes de Flamanville, Caen, Le Havre, Rouen et Vernon.

Des conférences tous les soirs

Pendant un mois, les militants parcourront entre 8 et 25 km par jour. « Le temps de la marche est aussi le temps de la discussion, de l’échange sur des questions complexes », explique Nucléaire en Questions, l’association organisatrice.

Et tous les soirs, à partir de 18 h 30, auront lieu des conférences sur la question du nucléaire, des énergies renouvelables et de la transition énergique. Débats retransmis sur les réseaux sociaux. L’association invite tous les sympathisants à se joindre à eux, le temps d’une journée ou plus.

Par Ouest-France, publié le 19/07/2021 à 17h00

Photo en titre : Mercredi 2 juin 2021, des membres d’Alternatiba et Nucléaire en questions s’étaient regroupés devant la préfecture du Calvados. | OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/la-hague-la-grande-marche-pour-un-debat-sur-le-nucleaire-debutera-samedi-24-juillet-2021-77a5662a-e7e6-11eb-8713-952917797d45

NUCLÉAIRE: LES PERLES DU CANCRE EDF

Dans notre communiqué du 8 juillet 2021*, nous avons signalé la consultation du public par le gouvernement de Mr Macron jusqu’au 22 juillet afin d’autoriser l’exploitation de l’EPR de Flamanville** dont la mise en service de plus en plus improbable est reportée après l’élection présidentielle de 2022.

Nous nous sommes penchés sur le dossier de 17 pages visé par le directeur du projet de Flamanville 3, Alain Morvan. Le moins qu’on puisse dire est que le cancre EDF y a semé de belles perles dans une copie remplie de banalités.

Si, page 8, EDF se vante d’avoir bénéficié en 2020 de « mesures exceptionnelles de soutien à l’économie budgétaire et monétaires » pour ses actifs, ce qui lui permet d’afficher « de bonnes performances » ; il n’est pas dit combien de milliards ont été engloutis dans cette opération grâce aux largesses gouvernementales.

-page 9, EDF avoue que son bénéfice net a reculé de 4,5 milliards d’euros par rapport à 2019. Mais il n’est nullement évoqué que ce réacteur EPR (s’il est mis en service) fonctionnera à perte avec un prix de revient du MW plus du double de celui du renouvelable. C’est pourtant primordial pour une demande d’autorisation d’exploiter !!

C’est à partir de la page 10 que se trouvent les perles d’EDF.

EDF y soutient crânement que « le risque de fusion du cœur a été divisé par dix par rapport à la dernière génération de réacteurs », alors qu’au vu des défauts de conception et de malfaçons que nous avons rappelés* (cuve, couvercle, soupapes pressuriseur, gaines, piquages circuit primaire, soudures de traversée d’enceinte) et qu’EDF se garde bien d’évoquer, ce réacteur devient le moins sûr et le plus dangereux.

-page 15 EDF s’entête,  en soutenant à nouveau l’affirmation erronée de diminution du risque et affirme de plus qu’en cas d’accident, les populations ne seront pas déplacées et que les produits alimentaires pourront être consommés sans restriction. On martèlera sans doute à la population que ses maladies sont dues à la peur de la radioactivité ! C’est un changement grave de doctrine envers la population et on peut craindre que pour les EPR de Taishan situés dans une province de 129 millions d’habitants en face de Hong Kong, cette politique soit appliquée si ce n’est déjà le cas.

– page 13 , EDF ânonne les poncifs erronés et éculés d’indépendance énergétique (alors que la dernière mine d’uranium en France a fermé en 2001), de lutte contre l’effet de serre (si on ne comptabilise pas le cycle de vie des moyens de production ni les combustibles dont l’uranium est extrait par des centrales à charbon au Niger), de rayonnement d’une filière industrielle d’excellence (argument risible au vu du fiasco de l’EPR dont le prix a sextuplé et les délais explosés)

Le candidat EDF doit être définitivement recalé pour son projet EPR coûteux, dangereux et inutile par le ministère de la transition écologique de Mme Pompilli.

Le Collectif anti-nucléaire Ouest réitère sa demande d’arrêt des réacteurs franco-chinois EPR défaillants, exige l’abandon immédiat du chantier EPR de Flamanville et de tous les chantiers EPR engagés que ce soit à Hinkley Point au Royaume Uni ou en Finlande à Olkiluoto , appelle chaque citoyen conscient du risque à se mobiliser pour un avenir libéré du nucléaire, énergie de destruction massive.

*https://www.can-ouest.org/epr-de-flamanville-le-burlesque-saggrave-en-plein-ete/

Contact presse : Didier Anger 06 80 23 39 45 /Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 /

Collectif Anti-Nucléaire Ouest

9 Bis sente des Grès, 76920 Amfreville-la-Mi-Voie

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Par Chantal CUISNIER, publié le 19 juillet 2021

https://www.can-ouest.org/nucleaire-les-perles-du-cancre-edf/

NUCLÉAIRE : PAS DE NÉGOCIATIONS À VIENNE AVANT AOÛT, CONFIRME L’IRAN

Les négociations à Vienne pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 ne reprendront pas avant l’entrée en fonctions du nouveau gouvernement à Téhéran en août, a confirmé samedi un haut responsable iranien.

« Nous sommes dans une période de transition (…) Par conséquent, les discussions de Vienne doivent évidemment attendre notre nouveau gouvernement », écrit sur Twitter Abbas Araghchi, vice-ministre des Affaires étrangères et chef de l’équipe des négociateurs iraniens.

La sixième session de ces pourparlers s’est achevée fin juin et la date de la septième session n’a pas encore été fixée.

Vainqueur de l’élection présidentielle de juin, l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi doit prêter serment devant le Parlement le 5 août pour succéder au modéré Hassan Rohani, dont l’élection en 2013 avait permis la conclusion deux ans plus tard d’un accord avec la communauté internationale après douze années de crise autour de la question nucléaire iranienne.

Conclu à Vienne, ce pacte offre à Téhéran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l’arme atomique, et d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous le programme d’inspection le plus strict jamais mis sur pied par l’AIEA.

Mais l’accord a été torpillé en 2018 par la décision de l’ex-président des États-Unis Donald Trump de s’en retirer et de rétablir les sanctions américaines que le texte avait permis de lever.

En riposte, l’Iran a renoncé progressivement depuis 2019 à la plupart de ses engagements restreignant ses activités nucléaires controversées.

Rendues possibles par l’accession de Joe Biden à la Maison Blanche en janvier, les discussions de Vienne visent à réintégrer les États-Unis à l’accord.

La solution envisagée passe par la suspension des sanctions américaines dont Téhéran demande la levée, en échange d’un retour de l’Iran au respect strict de ses engagements.

Rohani, qui a promis plusieurs fois aux Iraniens d’obtenir la levée de ces sanctions avant la fin de son mandat, a laissé entendre mercredi qu’il n’y arriverait pas et que les négociations ne seraient pas conclues avant la fin de son mandat.

Il a également insinué que son gouvernement ne disposait pas de toute la latitude nécessaire pour mener ces discussions à leur terme.

Les prérogatives du président sont limitées en Iran, l’essentiel du pouvoir étant aux mains du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ultime décideur sur la plupart des dossiers régaliens, dont la question nucléaire.

Par Agence France-Presse (AFP), publié le 19 juillet 2021 à 07h57

Photo en titre : « Nous sommes dans une période de transition (…) Par conséquent, les discussions de Vienne doivent évidemment attendre notre nouveau gouvernement », écrit sur Twitter Abbas Araghchi, vice-ministre des Affaires étrangères. [CHRISTIAN BRUNA/EPA

https://www.euractiv.fr/section/l-europe-dans-le-monde/news/nucleaire-pas-de-negociations-a-vienne-avant-aout-confirme-liran/

PATRICE BOUVERET : « IL Y A UN DÉNI EN FRANCE SUR L’AFFAIRE DES ESSAIS NUCLÉAIRES DANS LE SAHARA ALGÉRIEN »

Le directeur de l’Observatoire des armements regrette l’absence de volonté politique en France pour régler le contentieux des expériences atomiques des années 60, et notamment le verrouillage des archives qui permettraient d’identifier les zones contaminées mettant en danger la santé des Algériens.

Entre 1960 et 1966, l’armée française a conduit dix-sept expériences nucléaires, aériennes et souterraines, dans le Sahara algérien. Ces essais, réalisés d’abord sous la présidence du général Charles de Gaulle, ont permis à la France de devenir la quatrième puissance nucléaire mondiale. 

Mais en même temps, ils ont entraîné une importante pollution radioactive, induite en partie par les tonnes de déchets laissés sur les lieux des explosions. 

L’État français, qui n’a jamais reconnu sa responsabilité dans cette affaire, refuse toujours de publier les archives sur les essais. 

En sa qualité d’expert dans le nucléaire, Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements, membre de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) qui a reçu le prix Nobel de la paix 2017, milite depuis plusieurs années pour la mise en place d’une coopération étroite entre la France et l’Algérie afin de nettoyer et réhabiliter les zones irradiées. 

Middle East Eye : Le ministre algérien des Moudjahidine (anciens combattants de la guerre d’indépendance) a révélé dernièrement que la France refusait encore de remettre à l’Algérie les relevés topographiques de ses essais nucléaires dans le Sahara entre 1960 et 1966 et qu’elle continuait à traiter ce dossier « dans le plus grand secret ». Ceci vous étonne-t-il ?

Patrice Bouveret : Non. Cela ne m’étonne pas du tout. Le traitement de cette affaire est très lent et manque cruellement de transparence. 

La dix-septième réunion du comité mixte franco-algérien sur la réhabilitation des anciens sites des essais nucléaires s’est tenue à la fin du mois de mai dernier, pendant deux jours. Mais on ne connaît toujours pas ce qui a été convenu. Après dix-sept réunions, les deux parties auraient dû théoriquement avancer. Or, ce n’est visiblement pas le cas. 

La demande de l’Algérie est pourtant simple. Elle concerne l’ouverture et la transmission par la France des archives sur les zones où les déchets nucléaires ont été enfouis. Il s’agit aussi de procéder conjointement à l’identification des zones impactées par la radioactivité et au traitement des déchets. 

Le blocage des pourparlers autour de ces questions techniques démontre l’absence de volonté politique en France sur la question des essais nucléaires en Algérie.  

MEE : À quoi est due, selon vous, cette absence de volonté politique alors qu’officiellement, la France, par la voix de son président Emmanuel Macron, prône le règlement des questions de contentieux mémoriel avec l’Algérie ?

PB : La position de la France concernant l’Algérie est en effet très contradictoire. Elle l’est davantage concernant le dossier des essais nucléaires. On pourrait se demander par exemple pourquoi l’État français, sous la présidence de François Hollande [2012-2017] et maintenant avec Macron, s’engage à assumer les conséquences de ses expériences atomiques en Polynésie mais pas en Algérie. 

Le seul discours dont on dispose est celui des autorités algériennes, qui ont indiqué à plusieurs occasions que la France bloquait les négociations. À aucun moment, les responsables français ne se sont exprimés. Il y a un déni en France sur l’affaire des expériences nucléaires dans le Sahara. 

Le changement du personnel politique en France a pourtant vocation à faciliter le traitement du dossier. Les responsables d’aujourd’hui ne sont pas ceux qui avaient organisé les expériences. On peut comprendre qu’à l’époque, les personnes qui avaient pris les décisions avaient du mal à reconnaître leur responsabilité dans la mise en danger de la vie des populations. 

Mais nous ne sommes plus dans ce cas de figure. Les générations au pouvoir se sont renouvelées et il n’y plus aucune raison justifiant les blocages de la part des autorités françaises. À moins qu’il y ait d’autres secrets que l’État français ne veut pas rendre publics ou tout simplement parce qu’il ne veut pas assumer sa responsabilité en tant qu’autorité politique dans la mise en danger de la vie d’autrui. 

En tout cas, le blocage des négociations sur le dossier des essais nucléaires risque d’empoisonner les relations entre l’Algérie et la France alors que cette dernière ne cesse d’exprimer sa volonté de construire des rapports apaisés. 

MEE : L’un des blocages les plus importants correspond à la difficulté d’accès aux archives militaires sur les essais. 

PB : Les archives françaises sur le nucléaire font l’objet d’un double verrouillage. Le code du patrimoine de 2008 a créé une catégorie d’archives incommunicables dans la durée et qui concernent toutes les armes de destruction massive, dont les armes nucléaires. 

Tout récemment, le Parlement a voté une loi sur l’anti-terrorisme et le renseignement qui confirme le verrouillage des archives classées secret défense. Cette loi octroie aux autorités militaires un droit de veto sur la communication des documents concernant par exemple les retombées des essais nucléaires dans le désert algérien, c’est-à-dire la quantité de radioactivité diffusée dans les sites des essais et sur les déchets enterrés sur place, comme les véhicules utilisés pour tester leur capacité de résistance à la radioactivité. 

D’autres déchets de très haute activité se trouvent dans les galeries souterraines qui avaient été creusées dans la montagne de Tan Afella, dans le Hoggar. Ces derniers peuvent rester polluants pendant des dizaines de milliers d’années en contaminant la chaîne alimentaire et les nappes phréatiques.  

MEE : La France est-elle dans l’obligation légale de nettoyer les sites contaminés?

PB : D’un point de vue juridique, la France n’est engagée par aucun traité l’obligeant à nettoyer les sites des expériences. Le traité d’interdiction des essais nucléaires qu’elle a signé et ratifié ne prévoyait pas, au moment de sa conclusion en 1996, le nettoyage des sites contaminés et la prise en charge des populations irradiées. 

Ces clauses n’y ont été incluses qu’en 2017, après la renégociation du traité à la demande de certains États comme l’Algérie. Mais la France ne les a pas approuvées. 

Il faut savoir par ailleurs que les accords d’Évian en 1962 [sur l’indépendance de l’Algérie], qui ont permis à la France de poursuivre ses essais nucléaires en Algérie jusqu’en 1966, ne prévoyaient pas d’engagement français sur la réhabilitation des sites utilisés pour les expériences.

MEE : Les populations irradiées du Sahara ont-elles toutefois la possibilité de poursuivre l’État français en justice ?

PB : C’est possible sur le plan sanitaire puisque la loi Morin, entrée en vigueur en 2010, prévoit que toute personne victime peut demander une indemnisation si elle répond à trois critères : avoir séjourné dans les zones contaminées (1) pendant la période des essais (2) et avoir une maladie répertoriée comme radio-induite (3). 

Or depuis 2010, 53 dossiers uniquement ont été déposés par des Algériens et un seul d’entre eux a été indemnisé. Le nombre réduit de demandes s’explique par un tas de raisons. 

Les victimes ne connaissent pas nécessairement l’existence de la loi sur les indemnisations. Il n’y a pas eu de missions de sensibilisation et d’accompagnement des victimes sur le plan juridique.

MEE : Pourquoi les autorités algériennes ne se sont-elles pas emparées de la loi Morin pour aider les populations irradiées à faire des demandes d’indemnisation ?

PB : Les autorités algériennes ont déclaré ne pas être en faveur d’indemnisations individuelles au cas par cas mais plutôt pour une prise en charge collective des problèmes de santé induits par les essais. 

[Les autorités algériennes] avaient sans doute peur que les populations leur reprochent d’avoir autorisé la poursuite des essais même si elles y étaient obligées compte tenu du rapport de force encore largement favorable à la France

Les demandes pourraient concerner, par exemple, la fourniture par la France de matériel médical et l’aide à la construction de services de santé spécifiques pour soigner les maladies radio-induites. 

MEE : Depuis quelques années, l’affaire des essais nucléaires français dans le Sahara est mise en avant par les responsables politiques algériens. Ce qui n’était pas le cas auparavant. Quelle en est la raison ?

PB : Sur les dix-sept essais dans le Sahara, onze ont été réalisés après l’indépendance de l’Algérie avec l’accord des autorités algériennes. Leur implication explique un peu pourquoi elles ont gardé le silence pendant longtemps. 

Elles avaient sans doute peur que les populations leur reprochent d’avoir autorisé la poursuite des essais même si elles y étaient obligées compte tenu du rapport de force encore largement favorable à la France, à l’époque de l’indépendance de l’Algérie.

MEE : Des particules de radioactivité sont tombées en France après le passage d’un nuage de sable provenant du Sahara en février dernier. Malgré cela, le sujet sur les essais nucléaires en Algérie reste marginal. Qu’en pensez-vous?

PB : Des nuages de sable arrivent régulièrement en France. Mais c’est la première fois qu’un laboratoire indépendant a analysé les particules et communiqué sur leur contenu radioactif. 

Sur le plan officiel, on a minimisé les risques en indiquant que les particules avaient une très faible radioactivité et ne représentaient aucun danger sur la santé. Or, le cumul de ces éléments dans le corps humain et celui des animaux peut à la longue entraîner des maladies. Que dire alors des populations qui vivent tous les jours au contact du sable radioactif ?

MEE : Dans une étude intitulée « Sous le sable, la radioactivité », réalisée en 2020 avec Jean-Marie Collin, expert international dans le nucléaire, vous dressez un inventaire de tous les déchets radioactifs dans le Sahara. À quel point sont-ils dangereux pour les populations locales ?

PB : Ces déchets qu’on a pu recenser à partir de quelques archives déclassifiées et de documents conservés par des personnes ayant participé aux essais comportent une série d’objets et de matériels très nocifs. Cela va de tournevis à des morceaux d’avions et de véhicules, en passant par des boîtes à outils complètes et des kilomètres de fil de cuivre. 

Le gros problème de ces matériaux est qu’ils ont été disséminés dans des zones non balisées et sans que la population ne soit informée du danger qu’ils représentent. Certains ont été récupérés et utilisés par des personnes inconscientes de leur nocivité

Par Samia Lokmane, (Source : Middle Easy Eye), publié le 19/7/2021 à 07h13

Photo en titre : Photo prise à Reggane, dans le Sahara algérien, en décembre 1960 : le général Jean Thiry décrit aux journalistes l’explosion, le 27 décembre 1960, de la troisième bombe atomique française lors de l’opération dite « Gerboise rouge » (AFP)

https://www.middleeasteye.net/fr/entretiens/france-algerie-essais-nucleaires-sante-radioactivite-sahara-archives-justice-colonisation

DU 6 AU 9 AOÛT 2021, À SAINTES, FESTIVAL CITOYEN « DÉSARMER POUR VIVRE »

Dans le prolongement du concert du 6 août 2020 (VIDEO 5’ 28’’), ACDN organise à Saintes du 6 au 9 août 2021 un Festival « Désarmer pour vivre« , avec le soutien de la ville, de plusieurs partenaires, et des citoyens qui voudront bien répondre à un appel sous forme de crowdfunding.

Voici le programme et la liste des intervenants (par ordre d’entrée en scène) :

Alice Rosset, Pianiste et Yuko Hirota, Pianiste franco-japonaise (association Piano-no-ki)

Jérôme Pellistrandi (Général 2°S) Rédacteur en chef de la Revue Défense Nationale

Jean-Marie Matagne, Docteur en philosophie, président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)

Frédéric Ramel, Professeur de Science politique, Chercheur au CERI, Sciences Po Paris

Larbi Benchiha, Réalisateur franco-algérien de nombreux documentaires pour France 3, lauréat de divers festivals

Renata Scant, Auteure, metteuse en scène, comédienne, directrice du « Théâtre en action » (Charente)

Benoît Pelopidas, Professeur de Science politique, Chercheur au CERI, Sciences Po Paris

Aude Fleurant, Ancienne directrice du Programme Armement et Industrie de défense, SIPRI (Stockholm)

Yannick Quéau, Directeur de la recherche, GRIP (Bruxelles)

Laurence Louër, Professeure de Science politique, Chercheure au CERI, Sciences Po Paris

Patrick Moquay, Ancien maire de St Pierre d’Oléron et ancien président de la communauté de communes de l’Ile d’Oléron

Gabriela Barrenechea, Compositrice, chanteuse, guitariste et comédienne

Benoît Biteau, Paysan agronome, député européen

Chaque événement est ouvert au public 15 minutes avant son début annoncé. Le nombre de places étant limité, la priorité sera donnée 30 minutes avant le début de chaque événement aux personnes inscrites. Les événements sont onéreux, mais la participation aux frais est libre.

Entrée et participation libres. Places limitées.

RÉSERVEZ VOTRE PLACE !

Réservations, information : contact@acdn.net

Le Festival aura lieu à Saintes du 6 au 9 août 2021 grâce notamment aux dons des citoyens et quelles que soient les « mesures sanitaires » prises par le gouvernement.

SOUTENEZ LE FESTIVAL, FAITES UN DON !

Pour tout don, chaque donateur ou donatrice obtiendra
 un reçu fiscal délivré par HelloAsso
 une priorité d’accès à chaque événement du festival dans la limite des places disponibles et dans le respect des normes sanitaires en vigueur, entre 30 et 15 minutes avant le début programmé de l’événement

Le programme : https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/festival_desarmer_programme.pdf

Les intervenants : https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/festival_desarmer_affiche_et_intervenants.pdf

Publié le 17 juillet 2021

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1251&lang=fr

LA CHINE « UTILISERA DES BOMBES NUCLÉAIRES » SI LE JAPON INTERVIENT AUPRÈS DE TAÏWAN, SELON UNE VIDÉO PARTAGÉE

Le comité municipal de Baoji, une autorité du PCC dans la province du Shaanxi, a partagé la vidéo de cinq minutes, initialement publiée sur la plate-forme chinoise de partage de vidéos, Xigua. Le narrateur appelle à l’utilisation d’armes de destruction massive contre le Japon pour le faire capituler « pour une deuxième fois ».

Bien que la vidéo originale ait été supprimée (après avoir gagné plus de deux millions de vues), la militante des droits humains Jennifer Zeng, a téléchargé la vidéo sur Twitter avec des sous-titres en anglais.

La vidéo dit : « Lorsque nous libérerons Taïwan, si le Japon ose intervenir par la force, même s’il ne déploie qu’un soldat, un avion et un navire, non seulement nous riposterons, mais nous lancerons également une guerre à grande échelle contre le Japon. »

« Nous utiliserons d’abord des bombes nucléaires. »

« Nous utiliserons des bombes nucléaires en continu jusqu’à ce que le Japon déclare sa reddition inconditionnelle pour la deuxième fois. » »

« Ce que nous voulons cibler, c’est la capacité du Japon à endurer une guerre. Tant que le Japon se rendra compte qu’il ne peut pas se permettre de payer le prix de la guerre, il n’osera pas envoyer imprudemment des troupes dans le détroit de Taiwan. »

En 1964, la Chine a déclaré sa politique de « non-utilisation en premier » (NFU) – promettant de ne pas utiliser d’armes nucléaires comme moyen de guerre à moins d’être d’abord attaquée par un autre adversaire utilisant des armes nucléaires.

La politique de la NFU interdit également à la Chine de larguer des armes de destruction massive sur des pays non équipés d’armes nucléaires.

En revanche, l’OTAN a rejeté les appels à adopter une politique NFU sous l’argument qu’une « frappe nucléaire préventive » est une option clé.

Le Japon ne possède pas d’armes nucléaires mais soutient l’utilisation potentielle d’armes nucléaires américaines en son nom.

LIRE LA SUITE: Le navire de surveillance chinois “écoute”, déclare le vice-Premier ministre australien

« Le Japon est le seul pays au monde qui a été touché par des bombes atomiques et a une mémoire profonde des bombes atomiques du gouvernement jusqu’au peuple. »

“C’est exactement parce que le Japon a un sentiment si unique que la dissuasion nucléaire contre le Japon obtiendra deux fois le résultat avec la moitié de l’effort.”

La vidéo se termine par l’engagement de punir le Premier ministre japonais Yoshihide Suga, l’ancien Premier ministre Abe Shinzo et le vice-Premier ministre Aso Taro – et de reprendre les îles Diaoyu et Ryukyu.

La rediffusion de l’autorité du PCC intervient quelques semaines seulement après que le président chinois Xi Jinping a averti que les nations étrangères « se feraient défoncer la tête dans le sang » s’ils tentaient d’interférer avec la Chine.

Par Marseille News, publié le 18 juillet 2021

https://www.marseillenews.net/la-chine-utilisera-des-bombes-nucleaires-si-le-japon-intervient-aupres-de-taiwan-selon-une-video-partagee-monde-nouvelles.html

SCANNERS, SCINTIGRAPHIES… PRUDENCE POUR LES FEMMES ENCEINTES, ALERTE L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE À DIJON

L’Autorité de sûreté nucléaire sensibilise patientes et médecins concernant les scanners ou scintigraphies. Les examens à rayons ionisants peuvent en effet avoir des conséquences graves pour les femmes enceintes et leur futur enfant. 

Cela fait partie des prérogatives de l’Autorité de sûreté nucléaire : chaque année, elle opère des contrôles dans les établissements de santé, pour vérifier la bonne utilisation des scanners, appareils de radiographie ou encore de scintigraphie. (NDLR : voir note en fi d’article)

En 2020, malgré la pandémie et la suspension des contrôles durant le premier semestre, l’ASN aura réalisé en Bourgogne Franche-Comté quasiment autant d’inspections qu’en 2019. Et, bonne nouvelle, « aucune défaillance majeure n’a été détectée » alors même que le parc continue de s’étoffer.

« Certains établissements, qui étaient en surveillance rapprochée, ont fait des progrès« , souligne Marc Champion, chef de la division de l’ASN à Dijon. C’est le cas du centre de radiothérapie U2R de Nevers « qui est revenu à un niveau satisfaisant« .

Ces chercheurs ont besoin de vos témoignages

Une exposition aux rayons nocive pour la grossesse

L’ASN attire cependant l’attention sur les femmes qui, enceintes, passent des examens. « Elles représentent une part assez importante des événements indésirables – au moins 10 % des déclarations d’événement indésirable, souligne Marc Champion. C’est souvent lié au fait qu’elles passent un examen en méconnaissant leur situation de grossesse. Il faut vraiment qu’elles échangent avec leur médecin traitant lorsqu’elles doivent passer un examen à rayons ionisants : pour évaluer avec lui si elles peuvent être enceintes et pour s’assurer qu’il n’y a pas de mode alternatif d’examen » (comme l’IRM ou l’échographie).

Amende de 45.000 euros prévue pour les établissements ne contrôlant pas le pass sanitaire

L’ASN préconise également, dans les cabinets où se pratiquent ces examens, de renforcer le dialogue et le questionnaire médical dès lors que se présente une femme en âge de procréer.

De fait, l’exposition aux rayons, si elle est importante, est nocive pour l’embryon ou pour le fœtus. Au tout début de la grossesse, dans les huit premiers jours, la grossesse peut être stoppée net. Dans les deux premiers mois, l’atteinte des cellules peut entraîner une malformation majeure sur un organe. Au-delà de deux mois de grossesse, elle peut générer un retard mental chez l’enfant à naître et, à plus long terme, l’apparition d’un cancer.

Par Alexandra Caccivio, (reporters.yr@centrefrance.com), publié le 18/07/2021 à 10h30

Photo en titre : Certaines femmes peuvent passer des examens à rayons ionisants en ignorant qu’elles sont enceintes. Avant un tel examen, il est important d’échanger avec son médecin. Illustration © Pierre DESTRADE

https://www.lyonne.fr/auxerre-89000/actualites/scanners-scintigraphies-prudence-pour-les-femmes-enceintes-alerte-l-autorite-de-surete-nucleaire-a-dijon_13985910/

NDLR : et pour les hommes ? N’y a-t-il pas de risques qu’une simple radio, par exemple proche des testicules, induise une anomalie sur certains spermatozoïdes ? Chaque fois que c’est possible, il faut exiger que les testicules soient protégés par un tablier de plomb qui doit être mis obligatoirement à disposition sur simple demande (sauf bien entendu s’il est dans le champ de la radio). Le risque est le même sur les ovules des femmes non enceintes au moment de l’examen

POLYNÉSIE: MANIFESTATION CONTRE LES ESSAIS NUCLÉAIRES AVANT UNE VISITE DE MACRON

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté ce week-end à Papeete à Tahiti pour réclamer que la France reconnaisse sa « faute » dans les essais nucléaires menés en Polynésie française pendant trente ans, une mobilisation qui intervient une semaine avant une visite d’Emmanuel Macron.

Quelque 2.000 personnes, selon la police –le triple, selon les organisateurs–, ont défilé samedi à l’appel du chef indépendantiste Oscar Temaru.

Cette manifestation à Tahiti (180.000 habitants) était prévue avant l’annonce du déplacement du chef de l’État du 24 au 28 juillet. Il se sait très attendu sur la question du nucléaire.

Geneviève Darrieussecq, ministre chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, a écarté début juillet l’hypothèse d’une demande de pardon de la France qui est pourtant attendue par les indépendantistes, les associations anti-nucléaire et l’Église protestante ma’ohi.

« La Polynésie française a grandement contribué à la construction de notre force de dissuasion et il convient d’assumer toutes les conséquences, humaines, sociétales, sanitaires, environnementales et économiques« , avait-elle déclaré à l’issue d’une table ronde de deux jours à Paris sur les conséquences des 193 essais nucléaires entre 1966 et 1996 en Polynésie française. Rendez-vous boycotté par les ténors de l’opposition au nucléaire.

« Les essais ont provoqué des dizaines de milliers de morts et il ne demanderait pas pardon ?« , s’est indigné samedi le député indépendantiste Moetai Brotherson lors de la manifestation. « C’est un minimum mais ne ce ne sera pas un solde de tout compte« .

Le père Auguste Carlson, en tête de cortège au côté d’Oscar Temaru et président de l’association anti-nucléaire 193, a expliqué qu’il s’agissait d' »un pays détruit par l’État français, qui se lève parce que les essais nucléaires sont un drame« .

Pour Oscar Temaru, qui a déposé plainte contre la France en 2018 pour crime contre l’humanité, « toute la population va pouvoir déposer plainte au tribunal international de La Haye parce que le rapport +Toxique+ rappelle que plus de 100.000 personnes ont été contaminées par l’essai Centaure« .

La France a procédé à des essais nucléaires sur les atolls de Moruroa et de Fangataufa, d’abord atmosphériques, puis souterrains.

Paris s’est notamment engagé à faciliter l’accès aux archives et à mieux indemniser les victimes.

Par AFP, publié le 18 juillet 2021 à 09h34

Photo en titre : Polynésie: manifestation contre les essais nucléaires avant une visite de Macron © AFP/Suliane FAVENNEC

https://www.lepoint.fr/societe/polynesie-manifestation-contre-les-essais-nucleaires-avant-une-visite-de-macron-18-07-2021-2435884_23.php

TAÏWAN : DANIEL ELLSBERG RÉVÈLE LA RÉALITÉ DU RISQUE DE GUERRE NUCLÉAIRE EN 1958

Le risque de guerre nucléaire à Taiwan en 1958 aurait été plus important que ce qui a été dit. La célèbre source des papiers du Pentagone, Daniel Ellsberg, a fait une nouvelle divulgation non autorisée — et veut que cela le conduise devant la justice.

Lorsque les forces communistes chinoises ont entrepris de bombarder les îles sous le contrôle de Taïwan en 1958, les États Unis se sont précipités pour soutenir leur allié de leur force militaire — notamment en dressant des plans pour mener à bien des frappes nucléaires sur la Chine continentale, selon un document qui semble encore classé qui jette une nouvelle lumière sur le degré de dangerosité de cette crise.

Les dirigeants militaires américains faisaient pression pour une frappe nucléaire de premier recours sur la Chine, prenant le risque que l’Union Soviétique leur rende la pareille au nom de leur allié et que des millions de personnes soient tuées, ce que montrent des douzaines de pages d’une étude classée de 1966 concernant la confrontation. Le gouvernement a censuré ces pages au moment où il a déclassifiée l’étude afin qu’elle soit rendue publique.

Le document a été divulgué par Daniel Ellsberg, qui avait révélé, il y a 50 ans, une histoire classifiée de la guerre du Vietnam, connue sous le nom de Pentagon Papers. M. Ellsberg a déclaré qu’il avait copié l’étude top secrète sur la crise du détroit de Taïwan à la même époque, mais qu’il ne l’avait pas dévoilée. Il la met aujourd’hui en lumière dans un contexte de nouvelles tensions entre les États-Unis et la Chine au sujet de Taïwan.

Alors que l’on savait déjà de manière générale que les responsables américains avaient envisagé d’utiliser des armes atomiques contre la Chine continentale en cas d’escalade de la crise, les pages révèlent de nouveaux détails sur l’agressivité des chefs militaires qui ont fait pression pour obtenir l’autorisation de le faire si les forces communistes, qui avaient commencé à bombarder les îles dites offshore, intensifiaient leurs attaques.

Au lieu de cela, la crise de 1958 s’est apaisée lorsque les forces communistes de Mao Tsé-toung ont cessé les attaques sur les îles, les laissant sous le contrôle des forces nationalistes de la République de Chine de Tchang Kaï-chek basées à Taïwan. Plus de six décennies plus tard, l’ambiguïté stratégique sur le statut de Taïwan — et sur la volonté américaine d’utiliser des armes nucléaires pour la défendre – persiste.

Ces informations, auparavant censurées, sont importantes, tant sur le plan historique que sur le plan actuel, a déclaré Odd Arne Westad, historien à l’université de Yale, spécialiste de la guerre froide et de la Chine, qui a analysé ces pages pour le New York Times.

« Cela confirme, du moins pour moi, que nous nous sommes rapprochés plus près de l’utilisation des armes nucléaires par les États-Unis » pendant la crise de 1958 « que ce que je pensais auparavant, a-t-il déclaré. En ce qui concerne la façon dont la prise de décision s’est réellement déroulée, il s’agit d’un niveau beaucoup plus explicite que ce que nous savions déjà. »

Faisant le parallèle avec les tensions actuelles – alors que la puissance militaire conventionnelle de la Chine a augmenté bien au-delà de sa capacité de 1958 et qu’elle dispose de ses propres armes nucléaires – Westad a déclaré que les documents fournissaient matière à mettre en garde contre les dangers d’une escalade dans la confrontation au sujet de Taïwan.

Selon les documents, déjà en 1958, les responsables doutaient que les États-Unis puissent défendre avec succès Taïwan en utilisant uniquement des armes conventionnelles. Si la Chine envahissait Taïwan aujourd’hui, a déclaré Westad, « cela mettrait une pression énorme sur les décideurs américains pour qu’ils envisagent la manière dont ils pourraient déployer des armes nucléaires dans le cas d’une telle confrontation. »

« Cela devrait calmer les esprits de toutes les parties impliquées, » a-t-il ajouté.

En révélant un ancrage historique des tensions actuelles, Ellsberg a affirmé que ce serait précisément le point qu’il voulait soumettre au débat public. Il a fait valoir qu’au Pentagone, des plans d’urgence étaient probablement élaborés en vue de l’éventualité d’un conflit armé au sujet de Taïwan — sans oublier ce qu’il faudrait faire si une défense au moyen d’armes conventionnelles s’avérait insuffisante.

« Alors même que justement cette année, on évoque la possibilité d’une nouvelle crise nucléaire à propos de Taïwan, il me semble très approprié de convier le public, le Congrès et le pouvoir exécutif à prêter attention à ce que je mets à leur disposition », a-t-il déclaré à propos de ce qu’il a qualifié de discussions de haut niveau « superficielles » et « irréfléchies » lors de la crise du détroit de Taïwan en 1958.

Il a ajouté : « Je ne crois pas que les gens impliqués alors étaient plus stupides ou irréfléchis que ceux du cabinet actuel ou que ceux de la période intermédiaire. »

Outre d’autres éléments, les pages que le gouvernement a censurées lors de la publication officielle de l’étude décrivent l’attitude du général Laurence S. Kuter, le plus haut commandant de l’armée de l’air pour le Pacifique. Il voulait obtenir l’autorisation de lancer une attaque nucléaire de premier recours contre la Chine continentale au début de tout conflit armé. À cette fin, il a fait l’éloge d’un plan qui commencerait par le bombardement nucléaire des aérodromes chinois, mais sans autres cibles, en faisant valoir que cette relative retenue rendrait plus difficile le rejet du plan par les sceptiques de la guerre nucléaire au sein du gouvernement américain.

« Le général Kuter a tout simplement déclaré lors d’une réunion : « Une proposition de l’armée de limiter la guerre géographiquement [aux seules bases aériennes] aurait du mérite, si elle pouvait écarter l’intention de certains humanitaires malavisés de limiter la guerre à des bombes métalliques désuètes et à de la poix bouillante. »

Dans le même temps, les décideurs pensaient que l’Union Soviétique réagirait probablement par des frappes en retour s’il devait y avoir une attaque atomique sur la Chine. (Rétrospectivement, il n’est pas sûr que cette hypothèse ait été exacte. Les historiens pensent que les dirigeants américains, qui voyaient le communisme comme une conspiration mondiale monolithique, n’ont pas su anticiper ou comprendre la scission sino-soviétique qui se dessinait.)

Mais les responsables militaires américains préféraient ce risque à la possibilité de perdre les îles. Selon l’étude, le général Nathan F. Twining, commandant en chef de l’état-major interarmées, aurait déclaré que si les bombardements atomiques des bases aériennes ne forçaient pas la Chine à mettre fin au conflit, il n’y aurait « pas d’autre choix que de mener des frappes nucléaires en Chine jusqu’au nord de Shanghai ».

Il a laissé entendre que de telles frappes entraîneraient « presque certainement des représailles nucléaires contre Taïwan et éventuellement contre Okinawa », l’île japonaise où sont basées les forces militaires américaines, « mais il a souligné que si la politique nationale consiste à défendre les îles offshore, alors il fallait en accepter les conséquences ».

Le rapport paraphrasait également le secrétaire d’État, John Foster Dulles, qui avait fait remarquer aux chefs d’état-major interarmées que « personne ne s’opposerait à la perte des îles offshore, si ce n’est que cette perte signerait une nouvelle agression communiste. Rien ne semble valoir une guerre mondiale jusqu’à ce que vous examiniez les conséquences de ne pas relever chaque défi posé. »

Finalement, le président Dwight D. Eisenhower s’est opposé aux généraux et a décidé de s’appuyer sur des armes conventionnelles dans un premier temps. Mais personne ne voulait s’engager dans un autre conflit conventionnel prolongé comme la guerre de Corée, si bien que l’on était « unanimement convaincu que cette opération devrait être rapidement suivie de frappes nucléaires, à moins que les communistes chinois ne renoncent à leur opération. »

Ellsberg a dit avoir copié la version complète de l’étude lorsqu’il a copié les Pentagon Papers. Mais il n’a pas partagé l’étude sur Taïwan avec les journalistes qui ont écrit au sujet du rapport sur la guerre du Vietnam en 1971, comme Neil Sheehan du Times.

Ellsberg a discrètement mis en ligne l’étude complète en 2017, lorsqu’il a publié un livre, Doomsday Machine : Confessions of a Nuclear War Planner. L’une de ses notes de bas de page mentionne au détour d’une phrase que des passages et des pages omis dans le cadre de cette étude sont disponibles sur son site web.

Mais il n’a pas cité le contenu de l’étude dans son livre, a-t-il précisé, car les avocats de son éditeur s’inquiétaient d’une éventuelle responsabilité juridique. Il n’a pas non plus fait grand-chose d’autre pour attirer l’attention sur le fait que les pages caviardées de l’étude sont visibles dans la version qu’il a publiée. Par conséquent, peu de gens l’ont remarqué.

Une des rares personnes à l’avoir fait est William Burr, analyste principal aux National Security Archive de l’université George Washington, qui l’a mentionné dans une note de bas de page dans un billet de blog publié en mars sur les menaces d’utilisation d’armes nucléaires pendant la guerre froide.

Burr a expliqué qu’il avait essayé, il y a une vingtaine d’années, d’utiliser la loi sur la liberté d’information pour obtenir une nouvelle déclassification de l’étude – qui a été rédigée par Morton H. Halperin pour la RAND Corporation – mais que le Pentagone n’a pas été en mesure d’en trouver une copie intégrale dans ses dossiers. (RAND, un groupe de réflexion non gouvernemental, n’est pas lui-même soumis aux demandes de la loi sur l’information).

Ellsberg a déclaré que les tensions concernant Taïwan ne semblaient pas aussi pressantes en 2017. Mais la recrudescence des cliquetis de sabre — il faisait référence à une couverture récente du magazine The Economist qui qualifiait Taïwan d’« endroit le plus dangereux de la planète » et à une récente tribune libre de Thomas L. Friedman du Times intitulée Is There a War Coming Between China and the U.S. ? — l’a amené à conclure qu’il était important de faire connaître ces informations au grand public.

Michael Szonyi, historien à l’université de Harvard et auteur d’un livre sur l’une des îles offshore au cœur de la crise, Cold War Island : Quemoy on the Front Line, a qualifié la mise à disposition du document d’« extrêmement intéressante ».

Toute nouvelle confrontation au sujet de Taïwan pourrait mener à une escalade et les responsables d’aujourd’hui « se poseraient alors exactement les mêmes questions que ces gens-là se sont posés en 1958 », a-t-il déclaré, faisant le lien entre les risques créés par des erreurs de calcul et des malentendus « dramatiques » lorsque l’utilisation des armes nucléaires en 1958 a été sérieusement envisagée et les tensions d’aujourd’hui.

Ellsberg a déclaré qu’il avait également une autre raison de mettre en avant son exposition de ce document. Aujourd’hui âgé de 90 ans, il a déclaré qu’il voulait prendre le risque de devenir un défendeur dans une affaire exemplaire mettant en cause la pratique croissante du ministère de la Justice consistant à utiliser l’Espionage Act pour poursuivre les agents qui divulguent des informations.

Promulguée pendant la Première Guerre mondiale, la loi sur l’espionnage considère comme un délit le fait de conserver ou de divulguer, sans autorisation, des informations liées à la défense qui pourraient nuire aux États-Unis ou aider un adversaire étranger. Son libellé couvre tout le monde — pas seulement les espions — et il ne permet pas aux accusés de plaider l’acquittement auprès des jurés au motif que les divulgations ont été faites dans l’intérêt général.

Ellsberg a déclaré qu’il voulait prendre le risque d’être en position d’accusé dans une affaire test remettant en cause la pratique croissante du ministère de la Justice consistant à utiliser la loi sur l’espionnage pour poursuivre les fonctionnaires qui divulguent des informations. (Crédit : Britta Pedersen/Picture-Alliance/DPA, via Associated Press)

Il était autrefois rare d’utiliser la loi sur l’espionnage pour poursuivre les auteurs de fuites. Ellsberg lui-même a été accusé en vertu de cette loi, avant qu’un juge ne rejette les accusations en 1973 en raison de la mauvaise conduite du gouvernement. La première condamnation de ce type a eu lieu en 1985. Mais il est maintenant devenu courant pour le ministère de la Justice de porter de telles accusations.

Le plus souvent, les accusés concluent des transactions pour éviter de longues peines, de sorte qu’il n’y a pas d’appel. La Cour suprême ne s’est pas penchée sur la question de savoir si la formulation ou l’application de la loi entrave les droits du Premier amendement.

Affirmant que le ministère de la Justice devrait l’inculper pour avoir admis ouvertement qu’il avait divulgué sans autorisation une étude classifiée sur la crise taïwanaise, Ellsberg a déclaré qu’il assurerait sa défense de manière à soumettre à la Cour suprême les questions relatives au premier amendement.

« Si je suis inculpé, j’affirmerai ma conviction que ce que je fais — comme ce que j’ai fait dans le passé — n’est pas criminel », a-t-il déclaré, arguant que l’utilisation de la loi sur l’espionnage « pour criminaliser la divulgation de la vérité dans l’intérêt général » est inconstitutionnelle.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

Publié le 18 juillet 2021

Source : The New York Times, Charlie Savage, 22-05-2021

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Photo en titre : Des soldats sur l’île de Kinmen, aussi appelée Quemoy. Selon un document encore vraisemblablement classé, les autorités américaines n’étaient pas certaines de pouvoir défendre Taiwan avec seulement des armes conventionnelles. Crédit : John Dominis/The LIFE Picture

https://www.les-crises.fr/taiwan-daniel-ellsberg-revele-la-realite-du-risque-de-guerre-nucleaire-en-1958/

NOUVELLE DOCTRINE MILITAIRE : LES USA POURRAIENT RECOURIR AUX ARMES NUCLÉAIRES DANS LES CONFLITS RÉGIONAUX ET MONDIAUX

Le Pentagone a mis à jour sa « doctrine militaire » : elle est désormais centrée sur « la hausse de l’éventuel recours des armes nucléaires dans le futur dans les conflits régionaux ou mondiaux ».

Dans son document rédigé en avril 2020 et dont les conclusions ont été obtenues par le site américain FAS (Federation of American scientists) le 6 juillet dernier, le Pentagone affirme que « les adversaires potentiels de Washington n’ont pas réduit le rôle des armes nucléaires dans leurs stratégies de sécurité nationale ou dans le nombre d’armes nucléaires déployées, mais ils ont emprunté une voie complètement opposée ».

Pendant que les États-Unis « ont constamment réduit le nombre et l’importance de leurs armes nucléaires, les autres, dont la Russie et la Chine, sont allés dans la direction opposée, ajoutant d’autres capacités et modernisant l’arsenal nucléaire », précise le texte selon

Le document a évoqué aussi le cas de la Corée du Nord, affirmant que son programme d’armes nucléaires « constitue le plus grand danger et une menace terrifiante pour la paix et la sécurité mondiales du fait de sa prolifération ».

Il a aussi abordé la question de la « menace iranienne », estimant que le danger réside dans « le développement des capacités et des portées de missiles balistiques à longue portée, ainsi que dans sa stratégie agressive et ses activités visant à déstabiliser les gouvernements voisins».

Compte tenu de la menace croissante présumée, le texte indique : « Des options de réponse nucléaire américaines flexibles et limitées peuvent jouer un rôle important dans le rétablissement de la dissuasion après une escalade nucléaire limitée de l’adversaire. »

Selon le site américain FAS, les opérations nucléaires conjointes ne sont pas disponibles dans la bibliothèque publique en ligne des publications conjointes du DoD. Mais une copie du document d’avril 2020 a été communiquée à la Fédération des scientifiques américains la semaine dernière en vertu de la Freedom of Information Act.

En juin dernier, l’armée américaine avait mis en garde contre « l’intégration russo-chinoise pour développer des armes ».

En outre, le commandant des opérations spatiales américaines, John Raymond, avait averti que « les opposants américains agissent dans l’espace comme dans un champ de bataille » et utilisent des armes « qui peuvent viser les satellites américains »

Publié le 16 juillet 2021

https://french.almanar.com.lb/2112959

EN 1962, LES ÉTATS-UNIS ONT LÂCHÉ UNE BOMBE THERMONUCLÉAIRE DANS L’ESPACE

Lorsque la bombe nucléaire Starfish Prime, 500 fois plus puissante que celle lâchée sur Hiroshima, a explosé, elle a généré une aurore artificielle visible jusqu’en Nouvelle-Zélande.

Il faisait nuit noire lorsque le père de Greg Spriggs décida de conduire sa famille au point le plus haut de l’atoll Midway, le 8 juillet 1962. Cette nuit-là, sur un autre atoll situé quelques kilomètres plus loin, l’armée des États-Unis avait prévu de lancer une fusée dans l’espace afin de tester une bombe thermonucléaire.

« Il essayait de déterminer dans quelle direction il fallait regarder », témoigne M. Spriggs. « Il pensait qu’il allait y avoir un petit scintillement seulement donc il voulait s’assurer que tout le monde le verrait. »

Les spectateurs organisaient des fêtes pour observer la bombe exploser à Hawaï. Le compte à rebours était diffusé à la radio, sur ondes courtes. Les photographes braquaient leurs objectifs vers l’horizon et débattaient sur les meilleurs paramètres à régler pour capturer l’explosion thermonucléaire dans l’espace.

Finalement, l’explosion ne fut pas du tout subtile. Elle fut générée par une bombe de 1,4 mégatonne, 500 fois plus puissante que celle lâchée sur Hiroshima.

« Lorsque l’arme nucléaire a éclaté, le ciel tout entier s’est illuminé dans toutes les directions. On aurait dit qu’il était midi », assure M. Spriggs. Starfish Prime explosa à un peu plus de 400 kilomètres d’altitude, à peu près la hauteur d’orbite de la Station spatiale internationale. Pendant près de 15 minutes après l’explosion, des particules chargées entrèrent en collision avec des molécules de l’atmosphère terrestre. Cette explosion généra une aurore artificielle visible jusqu’en Nouvelle-Zélande.

« On aurait cru qu’un nouveau Soleil jaillissait des cieux et qu’il avait flambé rapidement mais assez longtemps pour mettre le feu au ciel », peut-on lire dans un témoignage paru dans le Hilo Tribune-Herald. S’ensuivit une impulsion électromagnétique qui coupa les stations radio, déclencha une sirène d’urgence et provoqua l’extinction des lampadaires d’Hawaï.

L’année suivante, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’URSS signèrent le traité d’interdiction partielle des essais nucléaires. L’espace extra-atmosphérique fut exempté de bombe H pendant près de 60 ans. Toutefois, les résultats de Starfish Prime servirent à mieux appréhender les conséquences d’une forte dose de rayonnement sur l’atmosphère terrestre, qu’elle provienne d’une autre bombe ou d’une source naturelle, comme le Soleil.

Le souvenir de cette nuit resta gravé dans l’esprit de M. Spriggs. Il décida de se lancer dans une carrière de scientifique en armement au laboratoire national Lawrence Livermore de Californie afin de préserver et d’analyser les archives des essais nucléaires. « Des années plus tard, je confiais à mon père : “Tu sais, si j’avais su que je deviendrais un physicien spécialiste des armes nucléaires, j’y aurais prêté plus attention.”. »

L’INTENSIFICATION DE LA GUERRE FROIDE

Une année auparavant, en 1961, les négociations internationales quant à l’interdiction des essais nucléaires avaient pris un mauvais tournant. Après trois années sans aucun essai, l’Union soviétique et les États-Unis brisèrent le moratoire volontaire. Les Soviétiques procédèrent à trente-et-une explosions expérimentales, notamment la Tsar Bomba, la bombe nucléaire la plus énergétique jamais déployée. Elle fut déclenchée en octobre 1961, à plus de 3 900 mètres de hauteur, au-dessus d’une île du cercle arctique.

À l’époque, la course à l’espace n’en était qu’à ses prémices. L’armée américaine ne ressentait aucun scrupule à envoyer toute sorte de choses dans l’espace. Le département de la Défense des États-Unis se livrait en même temps à un autre projet, visant à placer 500 millions d’aiguilles de cuivre en orbite afin de refléter les ondes radio et favoriser les communications longue distance. Ils prévoyaient même de faire exploser une bombe nucléaire sur la Lune, un projet qui fut finalement abandonné.

Les scientifiques et les militaires souhaitaient vivement savoir quelles étaient les conséquences d’une explosion nucléaire dans l’espace. Ils voulaient notamment découvrir comment elle pourrait interagir avec la magnétosphère terrestre. Deux ans plus tôt, Explorer 1, le premier satellite américain, avait accidentellement découvert que la Terre était entourée de sources de radiation intense en forme de beignet, maintenues sur place par le champ magnétique terrestre. Plus tard, elles furent nommées ceinture de Van Allen, tirant leur nom de James Van Allen, le scientifique de l’Université de l’Iowa qui les avait découvertes.

Comprendre : la Terre

« Comme le déclara Van Allen lorsqu’il découvrit ces ceintures de radiation, l’espace n’est pas vide, l’espace est radioactif », déclare David Sibeck, scientifique pour les missions Van Allen Space Probes de la NASA. « La découverte de Van Allen était inquiétante puisqu’elle annonçait que les vaisseaux ou les astronautes qui allaient être envoyés allaient être exposés à cette radiation. À l’époque, c’était un véritable choc. »

Avant l’essai, les scientifiques pensaient que les conséquences de Starfish Prime sur les ceintures de radiation de la Terre ne seraient que minimes. Au cours d’une conférence de presse en mai 1962, le président John F. Kennedy indiqua aux journalistes avec ironie : « Je sais qu’il existe des inquiétudes au sujet de la ceinture de Van Allen, mais Van Allen assure que [la bombe] n’affectera pas la ceinture. »

Et pourtant, Van Allen avait tort.

LE DÉCOLLAGE NUCLÉAIRE

Après quatre jours de retard à cause de la météo, Starfish Prime fut lancé grâce au lanceur Thor depuis l’atoll Jonhson, à environ 1 380 kilomètres au sud d’Hawaï. Les militaires envoyèrent également vingt-sept missiles plus petits, équipés d’instruments scientifiques afin de mesurer les effets de l’explosion. Des avions et des bateaux se positionnèrent pour obtenir le plus d’enregistrements possible de l’essai. Des fusées éclairantes furent tirées dans le but de dévier la trajectoire des oiseaux de celle de l’éclair aveuglant qui se préparait.

Les scientifiques savaient déjà que les conséquences d’une explosion nucléaire dans l’espace étaient différentes de celles au sol. Ils savaient qu’il ne se produirait pas de champignon atomique ni de double éclair lumineux. En outre, les personnes au sol ne ressentiraient pas d’onde de choc et n’entendraient aucun bruit. Elles verraient simplement une boule de plasma, semblant changer de couleur à mesure que les particules de l’explosion retombaient dans l’atmosphère, poussées par le champ magnétique terrestre. Ce phénomène génèrerait des aurores artificielles hautes en couleur. C’est la raison pour laquelle les explosions en haute altitude étaient parfois appelées « bombes arc-en-ciel ».

Lorsque le champ magnétique de la Terre a reçu les rayonnements d’ions de l’essai Starfish Prime, une nouvelle ceinture de radiation fut générée. Elle était plus forte et dura plus longtemps que ce que les scientifiques avaient estimé. La création soudaine de cette ceinture, laquelle perdura au moins 10 ans, détruisit Telstar 1, le premier satellite à diffuser un signal télévision, ainsi que Ariel-1, le premier satellite britannique.

« Sa gravité fut une véritable surprise, ainsi que sa durée et les dégâts qu’elle causa aux satellites qui passaient par là », explique M. Sibeck.

LES RETOMBÉES

Le test révéla malgré tout des informations importantes concernant les radiations autour de la Terre. La bombe relâcha un traceur isotopique spécial appelé cadmium 109. À l’origine, son but était de permettre le suivi des retombées de l’essai. Au final, il devint une ressource précieuse pour comprendre les conditions météorologiques de la haute atmosphère.

L’essai permit également de comprendre comment détecter les détonations nucléaires dans l’espace. Les États-Unis construisirent par la suite un système, dénommé plus tard Vela Hotel, afin de surveiller les essais entrepris par les autres pays. De telles avancées contribuèrent à la création d’un traité pour interdire véritablement les explosions nucléaires dans l’espace.

Toutefois, d’autres sources de rayonnement puissant existent dans l’espace extra-atmosphérique. Selon M. Sibeck, il existe de faibles risques pour qu’une éruption solaire produite à un moment précis frappe la planète avec le même taux de radiation.

« Il faudrait qu’elle soit plus importante que toutes celles nous que nous avons observées depuis les prémices de l’étude de l’espace. Mais il existe des orages [géomagnétiques] qui ont déjà atteint cette puissance et nous savons qu’ils ont eu lieu parce que certaines personnes ont aperçu des aurores à des latitudes moyennes ou plus basses à l’aube de la civilisation technologique. »

L’orage géomagnétique le plus puissant jamais enregistré, appelé évènement de Carrington, atteignit la Terre en 1859. Il généra des aurores au-dessus de l’Australie et certains télégraphistes aux États-Unis reçurent des décharges électriques. Si un orage similaire venait à frapper la Terre aujourd’hui, ses conséquences iraient bien au-delà de la simple coupure des lignes téléphoniques.

« Notre monde dépend bien plus des puces électroniques et de la puissance des ordinateurs qu’en 1962. Les éléments de votre maison, de votre voiture, les moyens de communication… Ce serait bien pire », assure M. Sibeck.

Bien que peu probable, dans le cas où une autre bombe nucléaire exploserait dans l’espace, Geoff Reeves, chercheur au laboratoire national de Los Alamos au Nouveau-Mexique, a étudié un moyen de se débarrasser rapidement des ceintures de radiations générées après les explosions nucléaires. Dans sa conception, un émetteur fixé sur un satellite enverrait des ondes AM spéciales sur les radiations. Elles seraient donc poussées plus bas dans l’atmosphère, où elles seraient absorbées sans danger.

« Ainsi, si de nos jours une ceinture comme celle après l’explosion de Starfish venait à se créer dans l’espace, avec la bonne technologie, on pourrait s’en débarrasser en quelques semaines. »

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

Par Brian Gutierrez, publié le 16 juillet 2021 à 15h28

Photo en titre : Les résultats de l’essai nucléaire Starfish Prime réalisé en 1962 ont permis de mieux appréhender les conséquences de fortes doses de rayonnement sur le champ magnétique terrestre. PHOTOGRAPHIE DE Science History Images, Alamy Stock Photo

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/en-1962-les-etats-unis-ont-lache-une-bombe-thermonucleaire-dans-lespace

LA MISE HORS SERVICE DES CENTRALES NUCLÉAIRES SUISSES A COMMENCÉ : CE QU’ON SAIT FAIRE ET CE QU’ON NE SAIT PAS FAIRE.

La multinationale bernoise BKW a commencé de démanteler une centrale nucléaire en Suisse. Mais comment démonter une installation hautement radioactive ? Qui en supportera les coûts ? Que sait-on faire et que doit-on encore apprendre à faire pour éviter une pollution radioactive, si tant est que l’on parvienne à trouver une solution satisfaisante pour les déchets pendant ce siècle ?

Le réacteur de la centrale nucléaire de Mühleberg a été conçu dans le courant des années soixante. Il a démarré en 1971 et a fonctionné jusqu’à fin 2019. La conception du réacteur était devenue obsolète vu l’évolution des standards de sécurité pour les nouveaux réacteurs. En un mot, BKW s’est rendu compte que la centrale de Mühleberg n’était plus rentable du fait du bas coût de l’électricité et de différents risques…

Et comme BKW est aussi et peut-être avant tout une entreprise d’ingénierie, elle a préféré acquérir les compétences qui lui manquaient pour démonter elle-même sa centrale. Elle pourra ensuite vendre son nouveau métier dans les nombreux pays où des réacteurs seront démantelés et où elle est active. Les deux réacteurs de Beznau, près de Zurich, sont plus anciens que celui de Mühleberg. Leur propriétaire devra les fermer d’ici quelques années et BKW ne manquera pas de lui offrir ses services. Les centrales nucléaires de Goesgen et de Leibstadt pourraient suivre. Le démantèlement de Mühleberg permet donc à BKW de se positionner habilement tout en réduisant les risques auxquels les autres propriétaires de centrale font face.

Le budget des deux étapes que constituent, premièrement, le démantèlement de la centrale et, secondement, l’entreposage des déchets radioactifs qu’elle a généré pendant les quelques 48 années de son fonctionnement avoisinerait les 3 milliards de francs (le réacteur a une puissance de 390 Mégawatts électriques). Le montant est considérable si on le compare à celui de la construction d’un nouveau réacteur comme l’EPR de 1650 Mégawatts électriques qu’Électricité de France construit à Flamanville. Le budget de sa construction était devisé à 3.3 milliards d’Euro en 2012, soit un ordre de grandeur similaire aux deux étapes que l’on vient de dire pour Mühleberg, alors que cette dernière est bien plus petite. Il est vrai que le budget de l’EPR de Flamanville été multiplié par six pour atteindre 19.1 milliards selon le dernier rapport de la Cours des comptes rendu public le 9 juillet 2021. Mais ce fait illustre seulement les risques financiers auxquels fait face le secteur du nucléaire.

Cela étant, plusieurs centrales nucléaires ont été démantelées avec un certain succès dans différents pays (France, Espagne, USA notamment) et d’autres sont en voie de l’être. Il y a plusieurs stratégies en concurrence et les surprises sont plutôt du côté des coûts et de l’effectivité des mesures de sécurité. Pour le dire autrement, on sait démanteler un réacteur même s’il y a beaucoup de choses à décider ; réussir la première étape de la neutralisation des radiations ionisantes sur le site du réacteur implique toutefois que les autorités de surveillance rendent des comptes au public et que certains citoyens aient à cœur de poser des questions qui soutiennent l’effort de sécurité.

Quant à la deuxième étape, elle vise à neutraliser les radiations ionisantes en construisant un site d’entreposage en couches géologiques profondes pour les déchets hautement radioactifs.1 L’Inspection fédérale de la sureté nucléaire évalue actuellement la sécurité technique des propositions de sites d’implantation et elle se veut rassurante.

Le problème est que tout se passe comme si, à la fin du processus, la Confédération allait nécessairement trouver le site qui réponde à tous les critères de sécurité pour les dizaines de dizaines de millénaires à venir. Or, il n’y a pas, dans le monde et à ce jour, de site d’entreposage des déchets hautement radioactifs ; et les dépôts profonds que la chimie a utilisés parce qu’initialement jugés sûrs se sont avérés catastrophiques. Creuser des galeries entraine des infiltrations d’eau. L’eau profite de fissures dues aux mouvements géologiques pour entrer dans les galeries et fait rouiller les fûts en acier inoxydable, puis remonte à la surface chargée de radioéléments à longue durée de vie. Polluer les eaux de cette façon constituerait un déni de responsabilité envers notre postérité.

Par voie de conséquence, la Confédération ne parviendra pas nécessairement à identifier les couches géologiques capables de maintenir leur statique et d’éviter des infiltrations après creusement, sur le long terme. Le risque de se focaliser sur une solution illusoire existe. Et vu que la Confédération s’est fortement engagée dans la voie de l’entreposage en couches géologiques profondes, il serait à craindre qu’elle s’entête dans une fausse solution, du fait de l’argent déjà dépensé. Entre parenthèse, le site d’entreposage profond que le gouvernement français tente d’imposer à Bure en région Grand-Est a été choisi pour des raisons politiques, du fait d’une opposition plus faible dans ce coin perdu qu’ailleurs.

Afin d’informer et d’impliquer le public sur le démantèlement des centrales nucléaires et la gestion des déchets hautement radioactifs, je signale que l’organisation Nouvelle Organisation Économique pour le 21e siècle (Noé21) organise un symposium à Berne le 30 septembre (avec traduction simultanée allemand-français). Les conférenciers aborderont en détail les aspects survolés ici et le public pourra poser les questions qui lui tiennent plus particulièrement à cœur, notamment sur la sécurité et sur les coûts pour les consommateurs, les opérateurs et les contribuables. Voir la présentation du symposium ici.

On pourra s’y rencontrer puisque je vais y assister.

(1) J’omets de parler des déchets faiblement à moyennement radioactifs qui posent d’autres problèmes.

Par Frédéric-Paul Piguet, publié le 16 juillet 2021

NOTE : Frédéric-Paul Piguet est philosophe du droit et expert en sciences de l’environnement. L’axe principal de son blog est celui de la résilience de la Suisse et de ses habitants, alors qu’il convient de restaurer les qualités de la biosphère. Afin d’élargir le propos, le blog met aussi à profit les apports de l’histoire et de l’anthropologie.

https://blogs.letemps.ch/frederic-paul-piguet/2021/07/16/la-mise-hors-service-des-centrales-nucleaires-suisses-a-commence-ce-quon-sait-faire-et-ce-quon-ne-sait-pas-faire/

NUCLÉAIRE : TÉHÉRAN AFFIRME POUVOIR PRODUIRE DE L’URANIUM ENRICHI À 90 %

Le président iranien Hassan Rohani affirme que son pays peut désormais, si nécessaire, enrichir l’uranium au niveau requis pour produire des armes nucléaires. Une déclaration qui intervient alors que les négociations avec l’Occident ne reprendront sans doute pas avant début août.

Simple effet de manche où menace réelle à peine déguisée ? Alors que les négociations sur le nucléaire iranien semblent au point mort, Téhéran affirme désormais avoir la capacité de produire de l’uranium enrichi à 90 %. C’est-à-dire le niveau nécessaire pour élaborer une arme nucléaire.

C’est du moins ce qu’a affirmé mercredi le chef de l’État iranien, Hassan Rohani, lors d’une réunion de cabinet à Téhéran. Ces déclarations ont de quoi inquiéter les pays occidentaux qui tentent de rétablir l’accord JCPoA de 2015 par lequel Téhéran avait accepté un gel vérifiable de son programme nucléaire en échange d’une réinsertion internationale.

En avril, Téhéran affirmait pouvoir produire de l’uranium enrichi à 60 %

« L’Organisation iranienne de l’énergie atomique peut enrichir l’uranium de 20 % et 60 % et si un jour notre réacteur en a besoin, nous n’avons aucun problème pour l’enrichir à 90 % », a donc affirmé le président iranien, cité par l’agence de presse Mehr . Et d’ajouter que même les pressions de l’ex-président des États-Unis, Donald Trump, n’ont pas pu arrêter les progrès du programme nucléaire « pacifique » de l’Iran, a-t-il souligné le président.

Ces déclarations ont de quoi inquiéter les pays occidentaux car si Téhéran a toujours prétendu ne pas développer son programme à des fins militaires mais uniquement civiles, il pourrait être désormais en capacité de se doter d’armes nucléaires. Qui plus est, cette déclaration, si elle est fondée, montre que les ingénieurs iraniens avancent vite.

En avril dernier, prenant prétexte du « terrorisme nucléaire » d’Israël, qu’il accusait d’être à l’origine de la destruction d’une partie du site nucléaire souterrain iranien de Natanz, Hassan Rohani avait annoncé la volonté de Téhéran d’enrichir son uranium à 60 % . Une annonce qui avait jeté un froid sur les négociations destinées à permettre de rétablir l’accord JCPoA de 2015. Accord dénoncé en 2018 par Donald Trump mais que Joe Biden semble, sous condition, plus enclin à remettre au goût du jour.

Pas de reprise des négociations avant août

La dernière série de négociations entre Téhéran et les pays impliqués dans l’accord de 2015 (les États-Unis mais aussi l’Allemagne, la Chine, la France, le Royaume-Uni, et la Russie) s’est terminée le 20 juin mais aucune date de reprise des pourparlers n’a été précisée. Si, le président Hassan Rohani a affirmé hier que  son gouvernement « avait fait ce qu’il fallait » pour une levée des sanctions américaines et donc la reprise du dialogue, les Occidentaux devront encore patienter un peu.

Selon l’agence Reuters en effet, l’Iran aurait informé les Européens qu’il ne comptait pas reprendre les négociations avec les États-Unis avant l’entrée en fonction du président élu Ebrahim Raïssi . C’est-à-dire au plus tôt le 5 août prochain, mais sans doute un peu plus tard, lorsqu’un nouveau cabinet sera en place.

Par Claude Fouquet, publié le 15 juillet 2021 à 12h15

Photo en titre : Si un jour notre réacteur nucléaire en a besoin, nous n’avons aucun problème pour enrichir l’uranium à 90 %, affirme désormais Hassan Rohani (Ho/Iranian Presidency/AFP)

https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/nucleaire-teheran-affirme-pouvoir-produire-de-luranium-enrichi-a-90-1332324

NUCLÉAIRE : LA CHINE VEUT TIRER SON ÉPINGLE DU JEU SUR LES PETITS RÉACTEURS

La Chine a entamé la construction d’un petit réacteur nucléaire d’un nouveau genre, un SMR, qui sera « le premier au monde à entrer en service commercial », a assuré mercredi 14 juillet un média d’État. Les enjeux sont majeurs pour Pékin : plus facile à concevoir que les infrastructures nucléaires classiques, la technologie attire de nombreux pays, en compétition pour se faire une place sur le futur marché

C’est un nouveau marché très prometteur, et la Chine compte bien s’y tailler une place de choix. Celui des SMR, pour small modular reactors – ou petits réacteurs modulaires en français – dont la puissance ne dépasse pas les 300 mégawatts (MW), contre plus de 1.000 pour les réacteurs modernes classiques. Car si la technologie est encore peu connue du grand public, les industriels du nucléaire sont persuadés de son essor imminent, notamment pour remplacer les centrales à charbon et « décarboner » le système électrique. Pour cause : elle s’avère bien moins complexe et coûteuse à mettre en place que les grosses infrastructures nucléaires, aux chantiers pharaoniques.

Alors, afin de ne pas perdre cette nouvelle bataille technologique, Pékin a démarré mardi le chantier de ce type de réacteur SMR sur l’île tropicale de Hainan (sud), amené à « devenir le premier au monde à entrer en service commercial », a rapporté l’agence Chine nouvelle – même si la durée des travaux n’a pas été précisée. Et d’ajouter que la centrale de Changjiang sera, à terme, équipée d’un réacteur SMR Linglong One (ACP100), conçu par le géant chinois du nucléaire CNNC. D’une puissance de 125 mégawatts, il doit permettre d’alimenter en électricité 526.000 foyers, selon CNNC.

Compétition mondiale

Car le temps presse : la Chine est loin d’être la seule dans les starting-block. Fin 2020, l’agence internationale de l’énergie atomique (IAEA) dénombrait 72 projets en développement ou en construction à travers 18 pays. Ils sont développés par de nombreux acteurs, allant des entreprises publiques, en Chine mais aussi en Russie, ou encore par une multitude de start-up nord-américaines – où la filière est largement subventionnée par le gouvernement. La Pologne, la République Tchèque ou encore l’Estonie et la Roumanie ont également engagé des investigations sur les petits réacteurs nucléaires.

Si aucun n’est encore en service aujourd’hui, hormis la barge russe de Rosatom, opérationnelle depuis 2020, les projets avancent à toute vitesse. Comme celui porté par l’américain NuScale Power, dont le prototype devrait entrer en service en 2029 – après avoir signé un contrat pour construire une centrale composée de douze SMR et d’une puissance totale de 720 MWe.

La France veut abattre ses cartes

Et la France aussi entend s’imposer dans cette compétition, grâce à son projet « Nuward » (abréviation de Nuclear Forward, soit « en avant le nucléaire ! » en français), spécifiquement pensé pour remplacer les centrales à charbon. Fruit d’une collaboration entre le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), l’électricien EDF, le groupe naval militaire Naval Group et le spécialiste des réacteurs compacts TechnicAtome, il se trouve actuellement en phase de design industriel – le consortium se donnant jusqu’à fin 2022 pour déposer un dossier d’option de sûreté auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Enfin, au Royaume-Uni, c’est l’entreprise Rolls-Royce qui espère devenir l’un des pionniers de la filière, et a dévoilé mi-mai le nouveau design de son projet, dont la fin de construction est prévue pour le début de la décennie 2030.

Mais pour tous ces pays, les défis économiques restent majeurs. Car la question de la compétitivité de ces SMR se pose, la baisse de leurs coûts étant conditionnée à des volumes de production importants, afin de permettre d’engranger des économies d’échelle. Ce qui nécessitera une standardisation des pièces plus poussée et une harmonisation de la réglementation à l’échelle internationale.

Par latribune.fr, publié le 14 Juillet 2021 à 12h06

Photo en titre : Pékin a démarré mardi le chantier de ce type de réacteur SMR sur l’île tropicale de Hainan, dans le sud du pays. (Crédits : VASILY FEDOSENKO)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-la-chine-va-mettre-en-service-le-premier-petit-reacteur-commercial-au-monde-889010.html

NDLR : La seule chance que ces projets échouent réside dans la poursuite de la baisse des prix de revient du kWh renouvelable déjà hyper compétitif. Sinon, nous risquons une dissémination généralisée du risque nucléaire. Et la France ne sera pas en retard !!! Quel gâchis!

LE DÉMANTÈLEMENT DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BRENNILIS SERA ACHEVÉ EN 2040

Le démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis, dans les Monts d’Arrée (Finistère) sera terminé à l’horizon 2040 et aura coûté 850 millions d’euros, indique ce jeudi le conseil départemental du Finistère. Ces opérations ont débuté il y a plus de 35 ans.

Il faudra encore près de 20 ans pour achever le démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis, dans les Monts d’Arrée, fait savoir ce jeudi le conseil départemental du Finistère dans un communiqué. Le 1er juillet, un atelier a réuni la commission locale d’information, qui assure une mission générale de suivi dans ce dossier, et l’exploitant chargé de son démantèlement, EDF. (Démantèlement entamé il y a plus de 35 ans, lorsque la centrale a cessé son activité en 1985.)

840 millions d’euros

Lors de cette réunion, EDF a précisé le financement du démantèlement de la centrale de Brennilis et le scénario de démantèlement du bloc réacteur. La fin des opérations est prévue à l’horizon 2040 et le coût total sera de 840 millions d’euros, « le coût des travaux à venir représentant 40% de cette enveloppe« , précise de conseil départemental. « Les exploitants ont l’obligation règlementaire de provisionner ce montant dès aujourd’hui sur la base de la meilleure estimation des dépenses attendues. Ces provisions sont entièrement couvertes par des placements qui sont bloqués et ne peuvent être utilisés que pour financer les opérations entrant dans le périmètre spécifié.« 

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO) ont aussi participé à cet atelier. 

Par Typhaine Morin, France Bleu Breizh Izel, publié le 15 juillet 2021 à 17h21

Photo en titre : Le démantèlement de la centrale nucléaire de Brennelis, dans le Finistère, a débuté il y a plus de 35 ans © Maxppp – MATTHIEU DE MARTIGNAC

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/le-demantelement-de-la-centrale-nucleaire-de-brennelis-sera-acheve-en-2040-1626362472

FRANCE ET ALLEMAGNE VONT ACCÉLÉRER LE RETOUR DES DÉCHETS RADIOACTIFS ALLEMANDS DANS LEUR PAYS

La France négocie avec l’Allemagne pour accélérer le retour des déchets radioactifs issus du traitement des combustibles usés allemands sur le site d’Orano, à La Hague (Manche), indique le 17 juin un communiqué du ministère français de la Transition écologique.

Le ministère français de la Transition écologique rappelle que, conformément aux accords internationaux en la matière, « les déchets issus du retraitement des combustibles usés étrangers doivent être renvoyés à l’étranger. Les opérations de retraitement en France des combustibles usés étrangers sont régies par des accords intergouvernementaux qui précisent les engagements des États étrangers pour le retour rapide de ces déchets dans le pays d’origine ».

Les opérations de retraitement des combustibles usés provenant de réacteurs allemands ont été réalisées en France, sur le site d’Orano à La Hague, jusqu’en 2008. « L’accord intergouvernemental régissant ces opérations prévoit la fin des transferts de déchets de haute activité en 2011 et le retour des déchets de moyenne activité à vie longue au plus tard en 2024 », insiste le ministère chargé de l’énergie, le 17 juin dernier.

Conformément aux engagements pris par les deux parties, les déchets de haute activité, qui représentent plus de 99 % de l’activité importée, ont été expédiés en Allemagne entre 1996 et 2011. En revanche, les déchets de moyenne activité à vie longue restaient à renvoyer en Allemagne, a indiqué le ministère français, le 17 juin. Le décret n°2008-1369 du 19 décembre 2008, publié le même jour au Journal officiel, précise que « l’accord (était) sous forme d’échange de lettres entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République fédérale d’Allemagne concernant le transfert de colis de déchets radioactifs issus du retraitement de combustibles irradiés ». Signé à Paris les 20 et 28 octobre 2008, c’était le dernier accord signé entre les deux pays.

« Le gouvernement français constate que les entreprises responsables ont pris beaucoup de retard dans le développement des solutions techniques initialement envisagées pour le transport des déchets de moyenne activité à vie longue vers l’Allemagne ». Et le ministère de préciser que « si les choses restent en l’état, les derniers retours devraient probablement être reportés à la décennie 2040 ».

Ce retard étant « inacceptable », la France a souhaité que l’industrie étudie toutes les solutions possibles pour que l’échéance de 2024 puisse être respectée, a ajouté le ministère français.

Un échange de radiotoxicité

Les négociations avec les partenaires allemands – le ministère de l’Environnement et de l’Économie chargés des dossiers outre-Rhin, s’accordant sur ce point – ont abouti à l’identification d’une nouvelle « solution technique » qui permettrait le retour, dans les délais prévus, de déchets présentant une radiotoxicité à long terme pour l’homme et une masse équivalente à celle initialement envisagée, précise le ministère de la Transition écologique.

La solution proposée vise à faire en sorte que « les colis de déchets de moyenne activité à vie longue qui devaient être renvoyés en Allemagne seraient remplacés par des colis de déchets de haute activité et de très faible activité, dont le nombre et la composition viseraient à assurer la neutralité de l’opération au regard de la protection de la santé humaine, de la sécurité et de l’environnement », a expliqué le ministère de la Transition écologique. En particulier, cette solution faciliterait grandement le transport des déchets retournés en Allemagne, puisqu’il réduirait drastiquement le nombre de convois ferroviaires à réaliser entre la France et l’Allemagne. Des convois qui, en général, depuis des années, sont bloqués à la frontière par des opposants au nucléaire outre-Rhin.

Un long process

L’Andra, l’Agence nationale en charge des déchets nucléaires, a confirmé que cette opération n’aurait pas d’impact sur Cigéo, le stockage ultime pour les déchets de haute activité et de moyenne activité à vie longue, prévu à Bure, dans l’Est de la France.

L’ASN, l’autorité de sûreté nucléaire, consultée, examine le dossier mais n’a pas identifié d’obstacles à la mise en œuvre du projet à ce stade, indique le ministère français de la Transition écologique dans son communiqué du 17 juin. Interrogée, de son côté, l’ASN précise avoir « été informée par Orano et par le ministère de la Transition écologique de ce projet et des perspectives envisagées. Elle aura à se prononcer sur le projet de dérogation permettant une telle bourse aux métaux. À ce stade, nous n’avons pas encore été formellement informés », ajoute cependant l’ASN.

Le 10 juin 2021, l’Allemagne a confirmé la possibilité de mobiliser le Fonds de financement de l’élimination nucléaire (KENFO) – un fonds dédié lancé en Allemagne, après la décision d’arrêt du nucléaire – pour financer cette solution. « Le gouvernement se félicite du signal positif donné par l’Allemagne pour respecter ses engagements », indique d’ailleurs l’Hôtel de Roquelaure.

Le gouvernement français suivra la mise en œuvre de cette solution. D’une part, l’accord intergouvernemental existant sera modifié pour prendre en compte le changement de nature des déchets qui seront renvoyés. Cette modification est actuellement négociée entre les deux parties. D’autre part, le cadre réglementaire associé au retour des déchets étrangers sera complété afin de préciser les conditions de détermination de l’équivalence entre les déchets et de définir la procédure d’utilisation de celui-ci, qui prévoira un avis de l’ASN sur les opérations envisagées.

Lorsque l’Allemagne a décidé pour la première fois d’abandonner définitivement le nucléaire en 1998, les ministres français et allemand de l’environnement, respectivement Dominique Voynet pour la France et Jurgen Trittin pour l’Allemagne, tous deux membres de leurs partis « Verts » respectifs, ont signé en janvier 1999 un accord visant à organiser la décision de l’Allemagne de ne plus retraiter les combustibles usés. Plus précisément, Trittin a accepté de ramener en Allemagne tous les déchets après retraitement des combustibles par ce qui était alors Areva (désormais Orano), provenant des quatre opérateurs allemands (RWE, EnBW, Vattenfall et alors PreussenElektra, désormais E.ON).

Par Joël Spaes (dans Énergie), publié le 16 juillet 2021

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/france-et-allemagne-vont-accelerer-le-retour-des-dechets-radioactifs-allemands-dans-leur-pays-95128/

SDN BUGEY :DES PALETTES QUI NE LAISSENT PAS DE BOIS !..

Évidemment que la liberté d’expression prévaut dans ce pays (on espère !) et évidemment qu’il convient d’entendre toutes les voix, quand bien même elles seraient pronucléaires… !

Retour sur « l’affaire des palettes » (pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi).

Il se trouve que vendredi 9 juillet, nous (donc, SDN Bugey) avons décidé de mettre en place (sur un terrain privé, en bordure de route, avec l’accord du propriétaire) une structure en bois (construite à partir de palettes peintes) structure sur laquelle on peut lire le message suivant :

NON AUX RÉACTEURS EPR AU BUGEY.

Message clair et informatif, particulièrement insupportable semble-t-il pour certains, dans ces terres proches de la centrale du Bugey, où l’on recense bon nombre de personnes ne jurant que par l’énergie atomique.

Ces dernières disposées à envisager les 50 prochaines années, avec de nouveaux réacteurs tout neufs (du type de celui de Flamanville qui a explosé son budget de construction, …avant d’exploser tout court (oups), ou comme celui de Taishan en Chine, où depuis plusieurs semaines, une panne très inquiétante au niveau du refroidissement du cœur du réacteur de l’EPR, ne laisse fuiter, elle, aucune information) ont transformé notre slogan en : « OUI aux EPR » !… (slogan que nous avons bien entendu re-corrigé !). Nous pourrions en rire, car cela relève, certes de l’anecdote, nous sommes d’accord.

Et même si nous nous attendions à une réaction de la part des défenseurs du nucléaire, et même si tout cela n’est pas très grave sur le fond, cet événement amène plusieurs réflexions :

  1.  Certaines de ces personnes semblent ne pas connaître la notion de « propriété », ou en tout cas, ne la respectent pas, puisqu’elles ont pénétré sur un terrain privé, sans autorisation. Qu’auraient-elles dit (ou qu’aurions-nous entendu ?) si à l’inverse, dans des conditions similaires, des antinucléaires avaient fait de même sur un panneau affichant le message : « VIVE L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE » !
  2.  Depuis plus de 50 ans, EDF et l’État nous imposent une énergie particulièrement dangereuse, sans aucune consultation. EDF et l’État incarnent le pouvoir, et véhiculent constamment un discours officiel, discours dit dominant. Et nous, qui sommes dépendants de ces décisions arbitraires et discutables, nous les « dominés » d’une certaine manière, ne pouvons exprimer en toute liberté d’autre opinion que celle des « dominants», sans être de suite contrés. Nous devons donc subir une énergie dont nous contestons le bien-fondé, sans avoir la possibilité d’exprimer une opinion divergente.
  3.  Si les pronucléaires veulent défendre leur choix énergétique (et effectivement, c’est bien leur droit), alors qu’ils érigent leur propre panneau ! Sur leur propre terrain, sans aller taguer les trop rares pancartes de leurs opposants !… Cela serait respectueux d’une « forme de démocratie ».
  4.  En résumé, cette pratique est révélatrice d’un état d’esprit. Non contents de posséder le pouvoir, ils empêchent ceux qui tentent une opposition, aussi symbolique soit-elle. Comme quoi, à leurs yeux, des palettes peintes semblent constituer une grave menace… Ou alors, c’est juste insupportable. Juste une réaction épidermique !
  5.  Avec cette réaction, on risque fort de jouer un certain temps au jeu du « OUI/NON/OUI/NON aux EPR… » Pendant ce temps-là, le danger nucléaire perdure. Et la perspective d’avoir deux nouveaux réacteurs à l’horizon 2030 est pour le moins « peu réjouissante ». Il nous faudra donc encore beaucoup de palettes et beaucoup de peinture. Et sans doute bien plus encore, si l’on veut vraiment empêcher ce projet néfaste pour toute la région Rhône-Alpes.

ALORS, PARTOUT EN FRANCE,

TOUS À VOS « PALETTES » ET À VOS POTS DE PEINTURE,

« NON AUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES EPR.

 NI ICI, NI AILLEURS ».   

Ce texte de Sortir du nucléaire BUGEY a été envoyé à la presse pour publication le 15 juillet 2021.

POURQUOI LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE NE FONT PAS BON MÉNAGE?

Lorsque l’on parle de l’énergie nucléaire et de l’évolution du climat, c’est généralement dans un certain contexte: elle peut nous fournir suffisamment d’énergie en remplacement des combustibles fossiles. Et sur le plan de la productivité, les centrales atomiques ont leur mot à dire. Mais l’énergie nucléaire n’est certainement pas le pari le plus sûr pour l’avenir. L’élévation du niveau de la mer et d’autres effets du changement climatique menacent déjà le fonctionnement de cette industrie.

On attribue souvent à l’énergie nucléaire le mérite d’assurer la sécurité énergétique en période de changement climatique. De plus, les centrales sont peu émettrices de CO2. Mais, ironiquement, ce sont précisément les effets de ce changement climatique qui les sapent.

La grande majorité des centrales nucléaires en activité aujourd’hui ont été mises en service bien avant que la science du changement climatique ne soit bien établie. Deux centrales nucléaires sur cinq se trouvent sur la côte, et au moins 100 ont été construites à quelques mètres seulement au-dessus du niveau de la mer. L’énergie nucléaire est littéralement en première ligne du changement climatique – et pas dans le bon sens.

Des données scientifiques récentes indiquent que le niveau mondial des mers augmentera davantage et plus rapidement que ne le laissaient supposer les prédictions précédentes. Dans les décennies à venir, alors que les phénomènes météorologiques extrêmes deviendront plus fréquents et plus destructeurs, les vents forts et la faible pression atmosphérique provoqueront des ondes de tempête plus importantes qui pourraient menacer les installations côtières.

Environ 516 millions de personnes se trouvent dans un rayon de 80 km autour d’une centrale nucléaire en service

Les centrales nucléaires doivent puiser dans de grandes sources d’eau pour refroidir leurs réacteurs, c’est pourquoi elles sont souvent construites près de la mer. Celles situées plus à l’intérieur des terres seront confrontées aux mêmes problèmes d’inondation dans un monde qui se réchauffe. Et les sécheresses et les incendies de forêt de plus en plus graves ne font qu’accroître la menace.

L’élévation du niveau de la mer et d’autres effets du changement climatique menacent déjà le fonctionnement de l’industrie nucléaire. Au Moyen-Orient, par exemple, l’eau de mer devient trop chaude pour refroidir correctement les réacteurs nucléaires. En France et aux États-Unis, les rivières se sont tellement asséchées que les centrales nucléaires ont dû être fermées à des moments où leur puissance était nécessaire de toute urgence.

Dans le monde, environ 516 millions de personnes vivent dans un rayon de 80 kilomètres autour d’une centrale nucléaire en activité et 20 millions de personnes vivent dans un rayon de 16 kilomètres. Ces personnes sont confrontées aux risques pour la santé et la sécurité de tout futur accident nucléaire. Les efforts visant à construire des installations capables de résister au changement climatique augmenteront considérablement les coûts déjà importants liés à la construction, à l’exploitation et au démantèlement des centrales nucléaires, sans parler des déchets radioactifs.

60% de la capacité nucléaire est menacée par l’élévation du niveau des mers, les tempêtes violentes et les pénuries d’eau de refroidissement

On attribue souvent à l’énergie nucléaire le mérite d’assurer la sécurité énergétique en période de changement climatique. Mais, ironiquement, ce sont précisément les effets de ce changement climatique qui la sapent. Les inondations, sécheresses et tempêtes extrêmes, autrefois rares, deviennent de plus en plus fréquentes, rendant de plus en plus obsolètes les mesures de protection prises par l’industrie, élaborées à une époque antérieure.

Les risques climatiques pour les centrales nucléaires ne seront ni linéaires ni prévisibles. L’élévation du niveau des mers, les tempêtes et les fortes précipitations affectant les défenses des eaux côtières et intérieures, les barrières naturelles et artificielles atteindront leurs limites.

La Commission de réglementation nucléaire américaine a déjà conclu que la grande majorité de ses sites nucléaires n’ont jamais été conçus pour résister aux effets climatiques futurs auxquels ils seront confrontés, et beaucoup ont déjà subi des inondations.

Un récent rapport de l’US Army War College indique également que les centrales nucléaires risquent fort d’être fermées temporairement ou définitivement en raison des menaces climatiques. En effet, 60% de la capacité nucléaire américaine est menacée par l’élévation future du niveau des mers, les tempêtes violentes et les pénuries d’eau de refroidissement. Il n’existe pas encore d’analyse de ce type pour l’Europe.

Lire aussi:

Par Mick Van Loon, (Planet), publié le 13 juillet 2021

Photo en titre : © Isopix

https://fr.newsmonkey.be/pourquoi-le-rechauffement-climatique-et-lenergie-nucleaire-ne-font-pas-bon-menage/

ESPAGNE: LA SÉCURITÉ NUCLÉAIRE REJETTE LA CENTRALE DE RETORTILLO

Le Conseil de sûreté nucléaire (CSN) a refusé l’autorisation de construire l’usine de fabrication de concentrés d’uranium de Retortillo (Salamanque). Cette décision marque la fin de l’extraction d’uranium en Espagne et a provoqué les applaudissements de groupes tels que Greenpeace, WWF, Ecologists in Action, la plateforme Stop Uranio et le Mouvement antinucléaire ibérique.

La faible fiabilité et les grandes incertitudes de l’analyse de sûreté de l’installation radioactive sous les aspects géotechniques et hydrogéologiques, ainsi que les nombreuses carences observées tout au long de l’évaluation sont à l’origine de la décision du CSN, qui contredit le rapport favorable qui avait été publié il y a tout juste un an.

Cette décision marque la fin du projet minier de la société Berkeley Minera España, SL (BME) à Salamanque. Un projet qui a provoqué la division dans le quartier, puisqu’une partie du quartier était favorable à la mine, considérant qu’elle générerait du travail et de la richesse.

« La fin de l’extraction de l’uranium en Espagne signifie la fin d’une industrie qui détruit le territoire, sa culture et son économie, augmente la contamination radioactive et est insoutenable dans la transition écologique qu’il faut nécessairement accélérer » a déclaré Raquel Montón au nom de Paix verte.

« Des affaires principalement spéculatives »

« Nous félicitons surtout la CSN d’avoir rejeté le projet d’une entreprise comme Berkeley dont l’activité est majoritairement spéculative, qui a tenté de contraindre l’organisme de régulation et qui a systématiquement montré des déficits techniques dans son projet », a-t-il ajouté.

Le projet, qui a débuté en 2013, comprenait la mine d’uranium Retortillo-Santidad, une usine de concentrés d’uranium et un entrepôt de déchets radioactifs.

L’usine de concentrés est une installation radioactive et est soumise à diverses autorisations qui doivent être délivrées par le ministère de la Transition écologique et du Défi démographique (MITERD), à la suite d’un rapport de la CSN.

Ces autorisations sont obligatoires dans le cas du choix du site, de la construction de l’usine, de sa mise en service, de son démantèlement et de sa fermeture.

Dans ce cas, la CSN a émis son rapport défavorable et obligatoire concernant la construction de la centrale, après l’avoir étudiée depuis le 7 septembre 2016 et avoir demandé des informations et documents complémentaires à Berkeley de 2017 à 2020.

Mobilisation de la société civile

La société civile, articulée à travers la plate-forme Stop Uranium, qui a été créée en 2013, a été essentielle pour “rendre visible et exiger la protection de l’environnement et des personnes” contre l’extraction d’uranium, ont souligné les écologistes.

Avec eux, des organisations environnementales telles que Greenpeace ou Ecologistas en Acción ont soulevé des demandes et des propositions telles que celle qui a finalement été incluse dans la loi sur le changement climatique et la transition énergétique – en vigueur depuis le 20 mai dernier -, qui, dans son article 8, interdit expressément les activités d’exploration ou d’exploitation de gisements de minéraux radioactifs tels que l’uranium.

« Après une décennie de mobilisations, nous voyons la lumière au bout du tunnel », a souligné José Ramón Berrueco, représentant le Mouvement antinucléaire ibérique et la plateforme Stop Uranio.

Nous aurions pu nous épargner des souffrances et 2 000 chênes centenaires s’il y avait eu plus de détermination à défendre le territoire contre des projets qui nuisaient à notre terre”, a ajouté Berrueco.

La fin d’un cauchemar

« Dès le début, la population de la région et les organisations sociales ont souligné l’impossibilité et le danger d’ouvrir une mine d’uranium à Salamanque. Ces années, nous avons vérifié des erreurs et des opacités continues dans le traitement de ce projet, un exemple clair de l’irresponsabilité que sa continuité supposait » a souligné Cristina Rois au nom d’Ecologists in Action. “Nous sommes heureux de commencer à voir la fin du cauchemar de l’extraction de l’uranium dans notre pays”, a-t-il ajouté.

Comme le rapporte la CSN, le résultat du vote a été de quatre voix en faveur de l’avis technique proposé, élaboré par la Direction technique de la radioprotection, et une contre, correspondant au conseiller Javier Dies, du Parti populaire (PP)

Ce conseiller émettra un vote privé par écrit dans les prochaines heures. L’avis sera ensuite transmis au ministère de la Transition écologique et du Défi démographique (MITERD). L’avis est contraignant.

Les déficiences techniques détectées dans l’évaluation par le CSD concernent principalement l’entreposage final des déchets radioactifs de très faible activité, qui fait partie de l’installation radioactive de première catégorie.

Un investissement millionnaire

Selon la CSN, les informations fournies ne permettent pas « de limiter la capacité d’isolement effective des barrières que l’entreprise propose d’entourer les déchets, et par conséquent ni la capacité de minimiser les concentrations attendues de radionucléides dans les zones de rejet potentiel ».

Berkeley Minera Espagne assure avoir investi plus de 94 millions d’euros jusqu’à cette année et avoir généré plus de 60 emplois.

L’entreprise avait annoncé que l’investissement final serait d’environ 400 millions d’euros et que 1 000 emplois seraient créés, entre direct et indirect. Ces arguments avaient convaincu une partie de la population.

Rapport CSN sur la mine Retortillo : https://www.csn.es/retortillo (en espagnol)

Par Marseille News, publié le 13 juillet 2021 à 17h28

https://www.marseillenews.net/la-securite-nucleaire-rejette-la-centrale-de-retortillo.html

BELGIQUE ET SORTIE DU NUCLÉAIRE: « TOUS LES INDICATEURS SONT AU VERT », INDIQUE LA MINISTRE FÉDÉRALE DE L’ÉNERGIE

La ministre fédérale de l’Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), était l’invité de 7h50 au micro de Fabrice Grosfilley. Elle est revenue sur la sortie du nucléaire et la nécessité de remplacer les sept réacteurs de notre pays, qui sont des « dinosaures énergivores« .

La sortie du nucléaire en Belgique est toujours bel et bien au programme, assure Tinne Van Der Straeten, ministre fédérale de l’Énergie, ce mercredi matin au micro de Fabrice Grosfilley. L’objectif ? Opérer une transition énergétique vers du 100% renouvelable. « Pour ça, on a besoin de sortir de nos dinosaures énergivores, indique d’emblée la ministre Groen. Le nucléaire, c’est un dinosaure qui nous empêche de faire ce switch vers une énergie 100% renouvelable. On a sept unités nucléaires dans ce pays, dont cinq vont fermer dans tous les cas. Nous, on a confirmé qu’on fermerait les sept pour pouvoir faire ce switch vers l’énergie. »

Pour Tinne Van Der Straeten, il est nécessaire d’augmenter nos capacités d’énergies renouvelables, et ce, même si le nucléaire ne produit pas de CO2. Il est donc considéré comme un atout dans la stratégie de décarbonation et pourtant, les réacteurs doivent être remplacés. « Il faut augmenter les éoliennes en mer du nord, par exemple. Mais pas seulement, il nous faut aussi des panneaux solaires et des capacités de stockage pour pouvoir stocker cette énergie flexible. Comme ça, on peut faire un switch vers un avenir qui est durable », assure-t-elle.

Une évaluation sur la sortie du nucléaire en novembre

Des craintes et des doutes avaient pourtant été émis par l’ex-ministre fédérale de l’Énergie, Marie-Christine Marghem. Notamment en ce qui concerne les conditions nécessaires à la sortie du nucléaire, estimant qu’il faudrait prendre beaucoup plus de temps. Propos auxquels Tinne Van Der Straeten répond : « Il ne faut pas exagérer les choses non plus. On a décidé que l’on va tout préparer pour mettre en route cette sortie du nucléaire. Et qu’on fera une évaluation en novembre. On ne peut pas dire d’un gâteau qu’il n’est pas réussi tant qu’il n’est pas cuit. »

Et de poursuivre : « Je ne demande pas une carte blanche, mais de la confiance. On va faire une transition qui est très grande donc on a besoin de tout le monde : les citoyens, les entreprises et aussi le monde politique. »

Tout est désormais en route pour sortir du nucléaire. Les indicateurs sont au vert, excepté du côté de la Commission européenne, qui doit encore donner son approbation « mais on y travaille actuellement ». Dans tous les cas, cinq des sept unités nucléaires de notre pays fermeront leurs portes. « Cela veut dire qu’il nous faut des capacités qui vont les remplacer. Il nous faut, de manière temporaire et dans un temps limité, une capacité qui sera peut-être une capacité fossile. Mais j’ai fait en sorte qu’on limite le plus possible cette alternative et en même j’ai déjà bétonné la sortie de l’énergie fossile », développe la ministre fédérale de l’Énergie.

« La sortie du nucléaire ne pèsera pas sur la facture « 

Des centrales au gaz pourraient bien être l’alternative aux réacteurs nucléaires. La législation prévoit cependant que les personnes voulant avoir recours au gaz devront faire une étude et soumettre un plan afin que ces capacités ne produisent pas de CO2.

Quant au prix de l’énergie, Tinne Van Der Straeten rassure : « On a écrit un accord de gouvernement et je suis là pour le faire exécuter dans son intégralité. Dans cet accord, on a écrit que les prix ne peuvent pas augmenter. On prend nos responsabilités, en tant que gouvernement, pour gérer ce prix et faire en sorte que la sortie du nucléaire ne pèse pas sur la facture.

Quoi qu’il en soit, la ministre Groen assure croire réellement en une décarbonation totale à l’horizon 2050. Et pour ce qui est d’un éventuel blackout, « On ne prend pas de risque avec la sécurité de l’approvisionnement. Tout ce qu’on fait avec les capacités qui remplacent le nucléaire, on ne prend pas de risques. On a un plan pour cela. Maintenant, le temps est court et on a besoin de tout le monde pour réussir », a-t-elle conclu.

Par RTL INFO, publié le 14 juillet 2021 à 10h10

Pour retrouver cet article et écouter la ministre (58 sec), cliquer sur:

https://www.rtl.be/info/belgique/politique/sortie-du-nucleaire-tous-les-indicateurs-sont-au-vert-indique-la-ministre-federale-de-l-energie-1312903.aspx

POLYNÉSIE 17 JUILLET : « JE SERAIS SATISFAIT S’IL Y A 50 000 PERSONNES »

Tahiti, le 13 juillet 2021 – Quinze jours après la manifestation du 2-Juillet, le Tavini Huiraatira organise la marche Mā’ohi Lives Matter, samedi, avec le soutien revendiqué de l’Église protestante mā’ohi et des associations 193 et Moruroa e tatou. Oscar Temaru appelle à une mobilisation sans précédent.

C’est dans l’agitation qui avait suivi la parution du livre Toxique, en mars dernier, qu’a été forgé le projet d’une manifestation anti-nucléaire le 17 juillet. La date est choisie en mémoire de l’essai atmosphérique Centaure de 1974. Un tir raté, compliqué par une météo défavorable, dont le nuage aurait balayé la Polynésie jusqu’à Tahiti et, selon l’estimation des journalistes auteurs de Toxique, exposé jusqu’à 110 000 Polynésiens à des retombées radioactives.  

À quelques jours de l’événement, c’est avec la célèbre phrase tirée d’un discours de John Fitzgerald Kennedy qu’Oscar Temaru veut susciter l’adhésion populaire : « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi ; demande-toi ce que tu peux faire pour ton pays ». « C’est un appel à la mobilisation générale », explique-t-il. « Je ne peux pas vous dire aujourd’hui combien nous serons. Mais je peux dire qu’il y aura quelques milliers de personnes. » Et le leader du Tavini de lancer : « Je serai satisfait s’il y a 50 000 personnes. » La barre est très haute.

Quinze jours après la manifestation du 2-Juillet, qui commémorait cette année le 55ème anniversaire du premier essai nucléaire, et à dix jours de la visite officielle du président de la République en Polynésie, le collectif Fait nucléaire en Polynésie veut porter un grand coup. Au début du mois, l’association Moruroa e tatou a réussi à rassembler entre 2 et 3 000 manifestants à Papeete, grâce au soutien déterminant de l’Église protestante mā’ohi (EPM), pourvoyeuse de l’essentiel des troupes. Si ses représentants n’étaient pas présents à la conférence de presse donnée mardi au siège du Tavini pour promouvoir la manifestation du 17 juillet, l’organisation religieuse fait partie du collectif organisateur. Richard Tuheiava meuble l’absence des leaders de l’EPM par ces mots : « Vous avez un doute sur la présence de l’Église protestante mā’ohi ? (…) Ne vous inquiétez pas… »

Doléances et plaintes

Deux points de rassemblement sont prévus samedi matin à partir de 6 heures. Au parking de l’ancien hôpital de Mamao, pour les manifestants de la côte est, et au stade de Tipaerui pour ceux de la côte ouest. Les deux cortèges de la manifestation Mā’ohi Lives Matter se mettront en marche vers 9 heures en direction de la place Tarahoi qui sera le point focal de l’événement. Là, un discours est prévu vers 11 heures pour rappeler les objectifs de ce rassemblement. Puis à la mi-journée, après la minute de silence en hommage aux malades et aux combattants polynésiens du nucléaire décédés, une séquence doit être consacrée au témoignage de victimes du nucléaire. Des enregistrements vidéo réalisés pour l’occasion seront projetés sur grand écran pour porter la parole des malades polynésiens ou des sympathisants internationaux qui n’auront pas pu se déplacer. Au nombre de ceux-ci, un témoignage de Hilda Lini, sœur de feu Walter Lini, le père de l’indépendance du Vanuatu. L’intervention est également prévue de diplomates du Pacifique, accrédités au Nations Unies et de représentants des Organisation non gouvernementales qui siègent au conseil économique et social de l’ONU. « Des partenaires institutionnels Pacifique, des partenaires des Nations Unies et des individus actifs dans la région, qui connaissent le combat du Tavini sur le fait nucléaire », souligne Michel Villar, le conseiller pour les affaires internationales du parti souverainiste.

Mais l’autre enjeu de la manifestation de samedi – et non des moindres – est lié à la procédure pour crime contre l’humanité engagée par les indépendantistes polynésiens devant la Cour pénale internationale de La Haye. Une action aujourd’hui au point mort. Depuis mars dernier, les activistes anti-nucléaires ont créé un réseau de référents pour inciter les victimes reconnues et indemnisées sous l’égide de la loi Morin à déposer plainte à La Haye. Des réunions de proximité sont organisées depuis. Recueillies en nombre, ces plaintes sont susceptibles de renforcer la communication faite devant la CPI par Oscar Temaru en octobre 2018, comme le soutenait Michel Villar en mars dernier. « Des gens ont été formés pour prendre des dépositions. C’est déjà en route », assure Oscar Temaru. « Je suis très satisfait des dernières réunions que nous avons tenues. » Samedi, une moisson de plaintes servirait sans doute la cause souverainiste et anti-nucléaire. Au moins pour relancer sa communication à l’international.

Par Jean-Pierre Viatge, publié le mardi 13 Juillet 2021 à 18h46

Photo en titre : Oscar Temaru, mardi, durant la conférence de presse organisée au sujet de la manifestation anti-nucléaire Mā’ohi Lives Matter de ce samedi à Papeete.

https://www.tahiti-infos.com/%E2%80%8B17-Juillet-Je-serai-satisfait-s-il-y-a-50-000-personnes_a202113.html

DÉTECTION TARDIVE DE L’IMPOSSIBILITÉ D’UNE INJECTION, D’EAU DE SÉCURITÉ HAUTE PRESSION DU RÉACTEUR 1 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CRUAS-MEYSSE

Le 28 juin 2021, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif relatif à l’indisponibilité d’une voie du circuit d’injection de sécurité haute pression du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, détectée tardivement. Cette déclaration a été complétée le 9 juillet 2021.

Le circuit d’injection de sécurité (RIS) permet en cas d’accident, par exemple une fuite importante du circuit primaire du réacteur, d’introduire de l’eau borée sous pression dans celui-ci afin d’étouffer la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur. Ce circuit est constitué de deux voies indépendantes l’une de l’autre.

Le 23 juin 2021, dans le cadre d’un essai périodique du système de protection du réacteur réalisé en état d’arrêt à chaud, il est mis en évidence que l’ouverture d’une des vannes du circuit RIS est incomplète et empêche la réalisation de la séquence d’injection de sécurité haute pression sur l’une des deux voies. Cette situation interrompt l’essai périodique et l’exploitant engage alors le repli du réacteur vers l’état d’arrêt à froid, conformément aux règles générales d’exploitation (RGE) de l’installation qui imposent que les deux voies du système d’injection de sécurité haute pression soient disponibles.

Le 26 juin 2021, le fonctionnement normal de la vanne est rétabli après remplacement de son servomoteur.

Les analyses réalisées par EDF révèlent que la vanne concernée avait été requalifiée le 22 mai 2021, durant l’arrêt pour rechargement du réacteur, alors que le réglage de son capteur d’ouverture n’avait pas été réalisé de manière satisfaisante. Cette situation rendait indisponible une des voies du système d’injection de sécurité ; à compter du 4 juin 2021, le réacteur étant en phase de remontée en pression pour son redémarrage, l’état des installations n’était pas conforme aux RGE qui imposent que les deux voies d’injection de sécurité haute pression soient disponibles.

Le circuit d’injection de sécurité n’a pas été sollicité pendant la durée de l’événement. De plus, en cas de brèche sur le circuit primaire, l’autre voie du circuit d’injection de sécurité aurait été disponible pour assurer le refroidissement du cœur. Cet événement n’a donc pas eu de conséquence sur les installations, le personnel ou l’environnement.

Toutefois, en raison du délai tardif de détection de l’événement par l’exploitant, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Publié le 13/07/2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-de-l-indisponibilite-d-une-voie-du-circuit-d-injection-de-securite-haute-pression

LES POURPARLERS NUCLÉAIRES À VIENNE SONT PROCHES D’UNE « CONCLUSION » (PORTE-PAROLE IRANIEN)

TÉHÉRAN le 12 juillet (Xinhua)–Le porte-parole iranien du ministère des Affaires étrangères a déclaré lundi que les pourparlers de Vienne sur la relance de l’accord sur le nucléaire de 2015, dont le nom officiel est Plan d’action global conjoint (Joint Comprehensive Plan of Action -JCPOA), étaient proches de leur « conclusion« .

« Considérant les progrès qui ont été réalisés (lors des récentes négociations), on peut dire que nous sommes proches de la conclusion des pourparlers de Vienne« , a indiqué Saïd Khatibzadeh lors de sa conférence de presse hebdomadaire.

Il reste des questions à résoudre, mais ce qui compte est que « le poids des questions résolues surpasse celui des questions non résolues« , a poursuivi le porte-parole.

Depuis le début des nouvelles négociations entamées en avril, beaucoup de chemin a été parcouru pour résoudre ces questions, a fait remarquer M. Khatibzadeh, ajoutant cependant que le chemin restant à parcourir ne serait pas facile.

« Nous espérons que les autres parties pourront prendre leurs propres décisions ce qui aboutira à un accord bénéfique pour tout le monde« , a-t-il souligné.

Khatibzadeh a affirmé que les responsables iraniens étaient unanimes sur le fait que Washington devrait supprimer effectivement ses sanctions, et que l’Iran reprendrait ses obligations « dès que la pleine mise en œuvre de l’accord serait vérifiée« .

Le porte-parole iranien a souligné que les demandes supplémentaires de certaines parties au-delà des dispositions du JCPOA étaient hors sujet pour cet accord potentiel.

Par French.xinhuanet.com, publié le 13 juillet 2021 à 01h21

http://french.xinhuanet.com/2021-07/13/c_1310057212.htm

POLYNÉSIE « MA’OHI LIVES MATTER » : LE TAVINI DÉNONCE LE PRÉJUDICE NUCLÉAIRE

Après les manifestations des associations anti-nucléaires le 2 juillet dernier, le Tavini Huira’atira organise sa marche, à son tour, le lundi 17 juillet.

Les membres du Tavini se préparent, dans leur quartier général, à Faaa. Caro et Isa, secrétaires au QG, s’occupent de la partie administrative, et des ventes de goodies. Les premiers 350 t-shirts anti-nucléaires commandés, vendus 1 500 cfp la pièce, partent comme des petits pains. Membres du parti et personnes extérieures sont venus en acheter pour le porter lors de la marche.

Sur le logo, à l’avant des t-shirts, est inscrit : « Ma’ohi lives matter », qui signifie : la vie des ma’ohi compte. Un slogan inspiré du mouvement américain « Black Lives Matter ».

©Pol1ère

« Il y a aussi des drapeaux » disponibles dans les locaux du Tavini, souligne Caro. Mais les secrétaires ont remarqué le succès des t-shirts. Ces derniers ne portent pas les couleurs d’un parti politique. À la place, ils affichent un poing levé. Le poing du peuple ma’ohi qui se lève pour dénoncer le préjudice toxique subi il y a 55 ans, selon les anti-nucléaires, qui visent les cancers radio-induits

« On invite tout le monde à venir. C’est pour l’avenir de nos ayant-droits. Tout le monde est malade », clame Maco, membre du parti. Lui et Heimata Estall, secrétaire générale en charge de la politique, appellent à l’union, ce samedi.

Nous avons prévu une mobilisation auprès de nos adhérents. Mais c’est vraiment toute la population sans distinction que nous appelons à se lever et participer à cette marche. ( Heimata Estall – secrétaire générale en charge de la politique)

Rendez-vous le 17 juillet à 9h

Deux départs sont prévus le 17 juillet, à 9h.

. Un au stade Willy Bambridge, côté Ouest.

. L’autre devant l’ancien hôpital Mama’o, côté Est.

Le rassemblement se fera place Tarahoi, où sera installé un stand de dépôt de plaintes contre tous les présidents de la République. Ceux qui le souhaitent pourront monter un dossier contre l’État français.

Par Mereini Gamblin, publié le 12 juillet 2021 à 11h34

Les photos : ©Pol1ère

https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/tahiti/ma-ohi-lives-matter-le-tavini-denonce-le-prejudice-nucleaire-1057243.html

LA COURSE NUCLÉAIRE S’ACCÉLÈRE

La bombe atomique n’est plus l’arme qui a permis aux USA de contraindre le Japon à se rendre à eux plutôt qu’à l’URSS. C’est aujourd’hui une arme commune qui n’a de valeur suprême que si son lancement est décidé à la seconde près. Les scénarios évoluent donc. La qualité l’emporte sur la quantité.

Dans la base de Redzikowo en Pologne, les travaux pour l’installation du système Aegis Ashore ont commencé avec une dépense de plus de 180 millions de dollars. Ce sera la seconde base de missiles US en Europe, après celle de Deveselu en Roumanie devenue opérationnelle en 2015. La fonction officielle de ces bases est de protéger, avec le « bouclier » des missiles intercepteurs SM-3, les forces US en Europe et celles des alliés européens de l’Otan des « menaces actuelles et émergentes de missiles balistiques provenant de l’extérieur de l’aire Euro-Atlantique ». Aux deux installations terrestres s’ajoutent quatre navires dotés du même système Aegis, qui, déployés par l’U.S. Navy dans la base espagnole de Rota, croisent en Méditerranée, en mer Noire et en mer Baltique. L’U.S. Navy a environ 120 torpilleurs et croiseurs armés de ce système de missiles.

Les navires tout comme les installations terrestres Aegis sont dotés de lanceurs verticaux Mk 41 de Lockheed Martin : tubes verticaux (dans le corps du navire ou dans un bunker souterrain) d’où sont lancés les missiles. C’est Lockheed Martin elle-même, par une illustration des caractéristiques techniques, qui documente que le tube peut lancer des missiles pour toutes les missions : anti-missile, anti-aérienne, anti-navire, anti-sous-marin et d’attaque contre des objectifs terrestres. Chaque tube de lancement est adaptable à n’importe quel missile, dont « ceux pour l’attaque à longue portée », y compris le missile de croisière Tomahawk. Il peut être armé aussi de tête nucléaire. On ne peut donc pas savoir quels missiles se trouvent réellement dans les lanceurs verticaux de la base Aegis Ashore en Roumanie et lesquels seront installés dans la base en Pologne. Ni quels missiles sont à bord des navires qui croisent aux limites des eaux territoriales russes. Ne pouvant pas faire de contrôle, Moscou présume que s’y trouvent aussi des missiles d’attaque nucléaire. Même scénario en Asie Orientale, où des navires de guerre Aegis de la Septième Flotte croisent en mer de Chine méridionale. Les principaux alliés US dans la région aussi —Japon, Corée du Sud, Australie— ont des navires dotés du système étasunien Aegis.

Ce système de missiles n’est pas le seul que les USA sont en train de déployer en Europe et en Asie. Dans son intervention à la George Washington School of Media and Public Affairs, le général James C. McConville, chef d’état-major de l’armée de Terre des États-Unis, a déclaré en mars dernier que l’U.S. Army est en train de préparer une task force dotée de « capacités de feu de précision à longue portée qui peut arriver n’importe où, composée de missiles hypersoniques, missiles à moyenne portée, missiles d’attaque de précision » et que « ces systèmes sont en capacité de pénétrer l’espace du barrage anti-aérien ». Le général a précisé : « nous prévoyons de déployer une de ces task force en Europe et probablement deux dans le Pacifique ».

Dans une telle situation, il ne faut pas s’étonner que la Russie accélère le déploiement de nouveaux missiles intercontinentaux, avec têtes nucléaires qui, après leur trajectoire balistique, planent sur des milliers de kilomètres à vitesse hypersonique. Il ne faut pas s’étonner de l’information, publiée par le Washington Post [1], selon laquelle la Chine est en train de construire plus de cent nouveaux silos pour missiles balistiques intercontinentaux à tête nucléaire. La course aux armements se déroule non pas tant sur le plan quantitatif (nombre et puissance des têtes nucléaires) que sur celui qualitatif (vitesse, capacité de pénétration et déploiement géographique des vecteurs nucléaires). La riposte, en cas d’attaque ou présumée telle, se trouve de plus en plus confiée à l’intelligence artificielle, qui doit décider le lancement des missiles nucléaires en quelques secondes seulement. Avec une augmentation de la possibilité d’une guerre nucléaire par erreur, plusieurs fois risquée pendant la Guerre froide.

Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, adopté par les Nations Unies en 2017 et entré en vigueur en 2021, a été jusqu’ici signé par 86 États et ratifié par 54. Aucun des 30 pays membres de l’Otan ne l’a ratifié, ni même signé. En Europe y ont adhéré seulement l’Autriche, l’Irlande, Malte, Saint Marin et le Saint Siège. Aucun des neuf États nucléaires —États-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Israël, Chine, Pakistan, Inde, Corée du Nord— ne l’a ratifié, ni même signé.

Par Manlio Dinucci, traduction Marie-Ange Patrizio, source : Il Manifesto (Italie), publié le 13 juillet 2021

[1] “Signs that China is busy building silos for ICBMs”, Joby Warrick ; “A Chinese buildup”, Editorial, Washington Post, July 1, 2021.

https://www.voltairenet.org/article213662.html

LA LOIRE, GRAND FLEUVE ROYAL ET SAUVAGE OU GRANDE POUBELLE DE L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE ?

Le 23 juin dernier, l’Autorité Environnementale a rendu un avis sur une mise à jour plutôt orientée de l’impact environnemental de la centrale nucléaire de Belleville ; en effet, celle-ci tente de convaincre de la nécessité d’augmenter ses rejets autorisés radioactifs et chimiques et aussi d’accentuer ses besoins en eau déjà très élevés !

Le dossier est fort complexe et confirme que la nature et la quantité de ces rejets « légaux » a de quoi faire peur.

Quelques exemples : Tritium radioactif, Cuivre, Zinc, métaux lourds (Arsenic), Chloroforme, eau de javel, Oxydes de Soufre et d’Azote, Hydrazine, Légionelles et Amibes potentiellement mortelles…

On apprend dans cet avis que le CNPE n’est soumis à aucune limite de rejets chimiques atmosphériques et donc à aucune surveillance particulière !

Les balises de surveillance de qualité de l’air les plus proches sont à Montargis et Bourges !

Pour les rejets liquides, on comprend que l’usure des condenseurs du circuit secondaire est un gros problème et ce sont des tonnes de Cuivre et de Zinc (16 tonnes/an pour le Cu et 7 tonnes pour le Zinc avant autorisation possible d’augmentation de ces rejets) qui sont déversés dans la Loire chaque année ! Le remplacement total des 130 000 tubes en laiton par de l’inox n’est prévu vaguement qu’à l’horizon 2030, aggravant encore l’intoxication latente de la Loire.

On apprend que EDF Belleville va (sur son foncier existant donc pas besoin de demande spéciale) construire un bâtiment dédié à la production d’eau démineralisée pour lutter plus efficacement contre la prolifération des Légionnelles à grand renfort de produits chlorés et de besoins d’eau accrus.

L’Autorité Environnementale émet plusieurs recommandations et critiques sur l’ensemble des demandes d’EDF et s’appuie sur la dégradation annoncée du climat, avec ses menaces réelles sur nos besoins en eau potable et exhorte EDF Belleville à revoir sa copie.

Ces données de l’AE confirment ce que notre association Sortir du Nucléaire Berry-Giennois-Puisaye dénonce depuis toujours, les risques sanitaires multiples liés à cette industrie auto-proclamée « propre » !

La Loire sert depuis trop longtemps de poubelle, et Belleville est la première des 5 centrales nucléaires impactant son bassin versant :

Jusqu’à présent, chaque année, rejets liquides issus des 2 réacteurs de Belleville :

  • 290 tonnes d’Azote (pouvant produire jusqu’à 1100 tonnes de nitrates)
  • 16 tonnes de Cuivre
  • 7 tonnes de Zinc
  • 12 tonnes de monochloramine
  • 110 tonnes de polyacrylates
  • 3,7 tonnes de phosphates
  • 2,6 tonnes AOX (produits organochlorés)
  • 900 kilos d’Ammoniac 
  • 8 kilos Hydrazine Sensibilisant, mutagène, cancérogène, reprotoxique Corrosif Danger pour l’environnement
  • 730 kilos Morpholine cancérogène
  • 324 kilos Éthanolamine

ET…163 000 000 m3 d’eau ponctionnée

Le dossier de l’autorité environnementale : https://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/210623_centrale_nucleaire_belleville_18_delibere_cle5ce1e1.pdf

Lien vers l’étude toute récente : https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/05/arsenic-cadmium-chrome-tous-les-francais-sont-contamines-aux-metaux-lourds-y-compris-les-enfants_6087007_3244.html

Voir ou revoir le récent  Documentaire (6 oct. 2020) “Les lanceurs d’alerte de la Loire« , un film choc sur un fleuve à sauvegarder : REPLAY. Documentaire. “Les lanceurs d’alerte de la Loire …

Publié le 7 juillet 2021 à 18h40

http://m.sdn-berry-giennois-puisaye.fr/news/cp-la-loire-grand-fleuve-royal-et-sauvage-ou-grande-poubelle-de-lindustrie-nucleaire/

BORIS JOHNSON POURRAIT FAIRE FACE À UNE BATAILLE AVEC L’ONU SUR UN PLAN VISANT À AUGMENTER LES OGIVES NUCLÉAIRES DU ROYAUME-UNI

Dans le cadre de l’examen de la défense intégrée du Royaume-Uni, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé son intention d’augmenter le plafond des missiles de 180 à 260. Cela représenterait une augmentation de 40% pour l’arsenal, connu sous le nom de Trident, basé à HNNB Clyde et RNAD Coulport dans le Dumbartonshire, Écosse.

Mais aujourd’hui, la Campagne pour le désarmement nucléaire (CND) demande aux citoyens britanniques de signaler le gouvernement aux Nations Unies sur l’engagement.

La campagne, soutenue par des politiciens écossais, est formée sur la base d’un avis juridique de deux universitaires de la London School of Economics qui ont conclu que M. Johnson était incompatible avec le soutien du gouvernement britannique au traité sur la non-prolifération.

Le traité de 1968 est un accord mondial qui vise à empêcher la propagation des armes nucléaires et des technologies connexes.

Le professeur consultant de l’ONU Christine Chinkin et le Dr Louise Arimatsu ont déclaré dans leur examen que les engagements de M. Johnson constituaient une violation de l’article six du traité.

Kate Hudson, secrétaire générale du CND, a déclaré : ” C’est un fait : le gouvernement enfreint le droit international en augmentant l’arsenal nucléaire du Royaume-Uni de plus de 40 %. »

« Il n’est donc pas surprenant qu’il y ait eu une condamnation internationale généralisée de cette décision » – certains disent qu’elle lance une nouvelle course aux armements nucléaires.

« Les gens de partout dans le pays ont été indignés par cette décision : elle annule 30 années de réductions nucléaires progressives et nous rend tous moins sûrs. »

« Le CND veut donner une voix à cette colère en permettant aux gens d’exiger une action internationale. »

LIRE LA SUITE: “Obama est inacceptable” Boris “rejette” le choix de Biden pour l’ambassadeur américain

Kirsten Oswald, députée, chef adjointe du groupe SNP Westminster, a ajouté : « Le gouvernement britannique est en train de gagner la réputation de croire qu’il y a une règle pour lui et une règle différente pour tous les autres. »

« Mais la question des armes nucléaires est trop sérieuse pour qu’un gouvernement continue dans une telle illusion. »

« Le traité de non-prolifération est en vigueur depuis plus de 50 ans et il est vital pour l’avenir du monde qu’il soit respecté par tous les signataires, y compris le Royaume-Uni. »

Le gouvernement britannique a ignoré les appels nationaux à mettre un terme à son expansion irresponsable de la capacité nucléaire, contrairement à ses obligations conventionnelles, peut-être écoutera-t-il les voix de la communauté internationale.”

Par Marseille News, publié le 12 juillet 2021

https://www.marseillenews.net/boris-johnson-pourrait-faire-face-a-une-bataille-avec-lonu-sur-un-plan-visant-a-augmenter-les-ogives-nucleaires-du-royaume-uni-politique-nouvelles.html

LA CENTRALE DE NOGENT-SUR-SEINE ÉPINGLÉE PAR L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), chargée du contrôle des installations françaises, a épinglé la centrale nucléaire EDF de Nogent-sur-Seine pour son « manque de rigueur » sur le plan de la radioprotection du personnel mais aussi de la sûreté nucléaire.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a publié l’état des lieux de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine réalisé en 2020. Un bilan qui laisse apparaître des dysfonctionnements.

Par Benoît SOILLY, publié le 12/07/2021 à 05h18, mis à jour le 12/07/2021 à 15h42

Photo en titre : L’ASN épingle la centrale auboise exploitée par EDF dans deux principaux domaines: la radioprotection du personnel et la sûreté nucléaire. – Archives

https://abonne.lest-eclair.fr/id274573/article/2021-07-12/la-centrale-manque-de-rigueur

APPEL À AGIR CONTRE LA RÉINTOXICATION DU MONDE (ACTE IV) LE 17 SEPTEMBRE 2021

Il y a à peine un an, au sortir du premier confinement, une centaine de collectifs en lutte répondaient à un premier appel à agir « contre la réintoxication du monde ». Puis les 17 novembre et 17 avril derniers, malgré les restrictions sanitaires, cette constellation d’habitant-e-s, de paysan-ne-s, d’activistes persévéraient et renouvelaient leurs actions aux quatre coins du pays. Par leurs blocages, leurs rassemblements, leurs occupations, leurs irruptions dans l’espace public, en un mot leur résistance, ils et elles dessinaient une voie vers un monde s’émancipant des logiques marchandes et industrielles mortifères. Nouveau rendez-vous de tou.tes ceux/celles qui ne baissent pas la tête ni ne se soumettent : le 17 septembre 2021.

Aujourd’hui, alors que la crise sanitaire favorisant la restructuration du capital passe un nouveau cap afin que la méga-machine reparte de plus belle un nouvel appel à agir partout sur le territoire contre les sites et projets destructeurs du vivant et des solidarités sociales aura lieu le 17 septembre 2021.

Une multitude d’actions locales (https://agir17.noblogs.org/ ) sont d’ores et déjà prévues, à chacun.e là où il.elle se trouve d’organiser ses propres actions en se coordonnant avec d’autres organisations.

Un appel à multiples voix et voies : reprenons l’initiative

Alors que disparaissent les promesses d’un « Monde d’Après », s’extirpant de l’impasse de celui d’avant, les plans de relance industrielle sans aucune remise en question et la nécessité fumeuse de rembourser une dette fictive, la classe dirigeante mondiale est unanime : il faut que la sacro-sainte économie reparte, vite et fort.

L’impératif de s’y soumettre coûte que coûte s’accompagne d’un zèle renouvelé à réprimer tout ce qui y ferait obstacle. On a vu, malgré les oppositions populaires, l’apparition d’un nouvel arsenal « légal » qui piétine allègrement la liberté de manifester, celle de la presse et ouvre à la possibilité d’expulser sans procédure toute occupation de logements vacants et de zones menacées. Le sentiment d’impunité policière est dorénavant encouragé au plus haut niveau de l’État. Après une année pendant laquelle se sont développés des mécanismes de contrôle inédit au nom de la crise sanitaire, le gouvernement agit comme si les habitudes de soumission devaient durer toujours et s’étendre à l’entièreté du champ social.

À celles et ceux qui croyaient encore qu’une loi climat pouvait améliorer la situation, les débats parlementaires du printemps ont répondu par une gifle. Main dans la main, lobbies et gouvernant-e-s ont méthodiquement détricoté toute mesure limitant l’entreprise de destruction en cours. Freiner les implantations de l’ogre Amazon ? Poubelle. Arrêter les extensions d’aéroport ? Surtout pas. S’en prendre à la bétonisation, à la vente de voitures les plus polluantes, à la publicité, aux engrais azotés, aux pesticides ? Plus tard, peut-être, ou bien jamais (2).

Le message est limpide : il y aura toujours de l’énergie du côté des gouvernant.e.s pour nier l’urgence à agir, jamais pour s’attaquer aux industriels et aux financiers et à leur responsabilité — pourtant abyssale — dans la catastrophe écologique.

Pourtant, loin des ministères et des sièges épais du CAC40, hors du champ des micros d’une sphère médiatique en roue libre, il s’en passe des choses… pour peu que l’on s’y intéresse.

. Ici, des dizaines de collectifs émergent, à Rouen, à Argenteuil, à Lyon… pour en finir avec la culture de la catastrophe industrielle tolérée, pour empêcher de nouveaux Lubrizol, de nouveaux AZF (3).

. Là, un mouvement national, les Soulèvements de la Terre, occupe et cultive des zones menacées d’artificialisation par des projets de route, d’urbanisation, d’extension de carrières de sable (4).

. À Saclay ou encore à Aubervilliers, de nouvelles ZADs naissent contre la destruction de parcelles agricoles et de jardins ouvriers par le Grand Paris, la spéculation immobilière et le saccage olympique.

 . Une zad souterraine apparaît face à une carrière de Béton dans le Var, et la ZAD du LIEN revient sur un projet routier près de Montpellier.

D’autres collectifs, enfin, comme à Grandpuits ou à la Chapelle-Darblay rassemblent syndicats et associations écologistes pour travailler concrètement aux reconversions de certains sites de production (5). Ils développent des activités autrement plus respectueuses du vivant, et empêchent ces entreprises de laisser les salarié-e-s sur le carreau tout en rémunérant grassement leurs actionnaires en pleine crise (6). Ils nous rappellent à l’urgence de penser, avec les travailleurs des secteurs les plus toxiques, les mutations possibles des activités, les réappropriations des lieux de travail, ainsi que les rapports de force à engager pour garantir des ressources et droits pendant les périodes de transition.

Partout, localement, des foyers de résistance se multiplient et émergent là où les industriels souhaitent étendre leur emprise. C’est bien simple : ils ne peuvent plus bétonner en rond ! Face à des instances gouvernementales hors-sol, c’est au plus proche de nos territoires de vie et de luttes que nous avons arraché un nombre croissant de victoires ces dernières années. Que ce soit via des occupations de terre, des recours juridiques, des ZADs, des rassemblements : des centaines de collectifs poussent, tels des plantes vivaces en rhizome (7). Chaque fois qu’ils en déracinent une, d’autres naissent, et gagnent du terrain.

Rien que ces derniers mois ont été enterrés le projet d’extension de l’aéroport d’Andorre, le projet de ferme-usine à Ossun, le projet de Surf Park à Saint-Père-en-Retz, les plans d’entrepôt Amazon en Alsace ou de contournement Est à Rouen. Les Jardins de l’Engrenage à Dijon ont déjà repoussé par deux fois les tractopelles et la police. L’extension de l’aéroport de Roissy, la bétonisation des terres de Gonesse, du Carnet, des Vaîtes à Besançon ou le projet de stade de Chambly ont eux aussi subi de sérieux revers et sont aujourd’hui largement remis en cause : autant de cas qui démontrent la force de nos mobilisations collectives.

Et qu’on ne s’y trompe pas : chaque victoire, chaque projet enterré, chaque terre préservée façonne la suite. Car ces terrains défendus avec acharnement et finalement préservés peuvent aussi chemin faisant devenir des places fortes, des lieux d’expérimentation et de création d’autres modes de vies. Des lieux qui démontrent en pratique l’adage « Créer c’est résister, résister c’est créer ».

Alors nous serons au rendez-vous le 17 septembre prochain pour montrer la force de ce mouvement de fond. Cette 4e vague d’actions coordonnées « contre la réintoxication du monde » aura lieu de manière concomitante à la venue d’une grande délégation zapatiste en Europe. L’expérience des territoires autonomes du Chipas, née du soulèvement de 1994, est une source d’inspiration inépuisable pour toutes les luttes qui souhaitent réellement reprendre du terrain à l’« hydre capitaliste ». Nous espérons que leur « voyage pour la vie» participera à démultiplier le désir d’actions collectives pour ce 17 septembre.

Nous poursuivrons notre élan avec les dynamiques de Notre Maison Brûle, prévoyant des mobilisations locales chaque jour du 18 septembre au 3 octobre (3), et des Soulèvements de la Terre, entrant dans une seconde saison d’occupations de terres et blocages contre l’accaparement et l’empoisonnement des sols par l’agro-industrie (4).

Avec elles et eux, nous persisterons, récidiverons, et nous implanterons partout où il le faudra. Collectivement, durablement, car nous savons à quel point ces luttes sont un travail de fond. Puisque ce Monde d’Après tant rêvé ne nous sera pas donné par quiconque, c’est en allant gagner cette multitude de batailles de terrain que nous allons le construire, ici et maintenant !

Nous appelons donc une nouvelle fois les habitant.es des villes et des campagnes à informer et accentuer localement la pression sur les secteurs qui leur semblent le plus évidemment empoisonnants et dispensables : cimenteries, usines de pesticides ou productions de gaz et grenades de la police, industrie aéronautique, publicitaire ou construction de plates-formes Amazon, unités d’élevage industriel, développements de l’industrie nucléaire, clusters développant le monde « sans contact »…

Nous appelons en ce sens le 17 septembre à une 4ème série d’actions, blocages, rassemblements et occupations contre de tels lieux de production, chantiers et infrastructures.

Nous invitons les organisations, réseaux, territoires en luttes, syndicats et groupes locaux qui le souhaitent à signer cet appel (*) en écrivant à agir17@riseup.net . Pour le sud-est, prendre contact avec: 17septembre2021sudest@rupture.direct

Premiers signataires de l’appel du 17 sept :

Notre Maison Brûle – Extinction Rebellion France – Attac France – Notre Affaire à Tous – Sortir du Nucléaire – Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) – Youth For Climate IDF – SUD éducation – Non aux JO 2024 – Les Faucheurs et Faucheuses d’OGM – NDDL Poursuivre Ensemble – Quartier libre des Lentillères – JAD : Jardins à Défendre (93) – Emancipation Collective – Collectif contre la 5G (75) – Résilience France – Résistance Ecologiste Rennes – Revue Topophile – ZEA – Coopératives européennes de Longo Maï – Comité Bure en Retz (44) – Urgence Saclay – Contre la Ligne 18 et l’Artificialisation des Terres (91) – Alternatives et Autogestion – Tarn Autogestion et Alternatives (81) -PEPS (Pour une Écologie Populaire et Sociale)(81) – Sortir du nucléaire (79) – NDDL Poursuivre Ensemble (79) – Youth for Climate Rennes – COLL•E•C Collectif d’Échanges Citoyens du Pays d’Aix (13) – Marche Mondiale des Femmes 26.07 – Confluences (81) – Alternatiba Nevers (58) – Action Non-Violente COP21 58 – Attac Rennes – Saccage 2024 – Mouvement Contre le Crime Atomique (MCCA)Coordination Antinucléaire du sud-est (CAN-SE) Collectif antinucléaire de Vaucluse (84) – Droit au Logement – Attac Vendée – Agir pour l’Environnement – PACT (Pas d’Autoroute Castres Toulouse) – Compagnie ilotopie solidaire – Attac Nîmes – Le Chaudron des Alternatives (Alsace) – Réseau Ecobâtir – Objecteurs de Croissance du Pas-de-Calais (OC 62) – La Cagette des Terres (44) – Des habitant.es de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes – Espace autogéré des Tanneries – Union Syndicale Solidaires – Les Communaux (75) – Collectif des Etats généraux de la société écologique post-urbaine – CNT 34 Education Santé Social – Alternatiba Soutlz (68) – Alternatiba Mulhouse (68) – Assemblée Populaire d’Auxerre (89) – Collectif ACCAD : Anti Compteurs Communicants Artois (62) & Douaisis (59) – Attac 93 Sud – Le Pré, Pays de Retz Environnement (44) – Reims Verts l’Avenir – La « coordination des opposant.e.s à l’autoroute A45 et son monde » – Le Printemps du CARE – Réseau des Territorialistes – ADENY (Association de défense de l’environnement et de la nature de l’Yonne) – Théâtre de l’ADN – Frugalité heureuse et créatrice (93) – Réseau Français de la Construction Paille – Touche pas à ma zone humide (33) – Alternatiba Nantes – GIGNV (44) – XR Poitiers – Attac Artois – Les Jardins de l’Engrenage (21) – Ingénieur·es sans frontière, groupe agricultures et souveraineté alimentaire (ISF Agrista) – La Petite Rockette – ImagiNon (16) – Groupe gilets jaunes Cit-act CABA (18) – ATTAC Reims – Ricochets (26) – Les Indiens du Futur (26) – Extinction Rebellion Tours – L’Antivol (37) – L’Internationale des Savoirs pour Tous  – ki-6-col’ (18) – Se Fédérer – Maison Paysanne de l’Aude – Association de Défense de la Vallée du Gambon (27) – Extinction Rebellion Hautes Alpes – Arrêt Du Nucléaire – Association intercommunale de Sauvegarde des Coteaux du Lyonnais – Justice climatique Angers – EPLC (Ensemble Pour Le Climat) Lens (62)- Jardins de Vauvenise (70) – La lutte des sucs (43) – ANV COP21 Besançon – Attac Landes Côte Sud – APPUII (alternative pour des projets urbains ici et à l’international) – Assemblée populaire du Grand Toulon (APC) – Attac Gap (05) – Attac 63 – GAEC Le MIAM Larchant (77) – Collectif Arrageois pour le Climat – Association des riverains Faches Thumesnil (59) – Revue « Bogues » – Retrouvons le Nord de la Gare du Nord – Collectif 85 GPii – Extinction Rebellion Besançon – Gdeam-62 (Groupement de Défense de l’Environnement de l’Arrondissement de Montreuil et du Pas-de-Calais) – RAMES BTP Balance Ton Port La Nouvelle (11) – Collectif Morbihan contre les fermes-usines – Coordination Stop Golfech – Editions Yves Michel – Non à Tropicalia – Sauv-Natur Saint Leu la Forêt (95) – Radiaction – Attac Flandre – Nature & Progrès Ile de France – Youth For Climate Brest – La Tête Dans Le Sable (44) – ACAPEC 24 – Youth For Climate Angers – Jours d’après (33) – STOP nucléaire 26-07 – La ferme Kana’Kodu (55) – Attac Pays malouin Jersey – Stop TERRA 2 – Attac Alès Cévennes – Youth For Climate Avignon – Fridays For Future Grenoble – Les Jardins des Vaîtes – Stop Carrière Montcabrier 81 – Le réveil Citoyen et Populaire du Bergeracois 24 – Balagne en transition 20 – Association pour une Gestion Insulaire Respectueuse 56 – Informations Pesticides Belle Île 56 – comité d’alerte pour l’Espiguette 30 – La ferme du bonheur 92 – Changer de Cap – Gilets Jaunes de Saillans – XR Montpellier – Fête une autre Terre 85 – Association Résistance 5G Nantes – collectif anti ogm 66 – Adieu Glacier 05 – Groupe Nomade de la fédération anarchiste

(*) L’appel complet a déjà été aussi publié dans Reporterre, Mediapart, Lundi Matin, Politis, La Relève et la Peste, Terrestres

https://blogs.mediapart.fr/non-la-reintoxication-du-monde/blog/040721/17-septembre-agir-contre-la-reintoxication-du-monde-acte-iv

https://lundi.am/17-SEPTEMBRE-AGIR-CONTRE-LA-REINTOXICATION-DU-MONDE-ACTE-IV

https://lareleveetlapeste.fr/france-quatrieme-appel-de-mobilisation-contre-la-reintoxication-du-monde/

https://www.politis.fr/articles/2021/07/17-septembre-nouvel-acte-pour-agir-contre-la-reintoxication-du-monde-43346/

https://www.terrestres.org/2021/07/07/17-septembre-agir-contre-la-reintoxication-du-monde-2/

https://reporterre.net/Le-monde-d-apres-ne-nous-sera-pas-donne-construisons-le-ici-et-maintenant

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Par admin, publié le vendredi 9 juillet 2021 à 14h31

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/07/09/17-septembre-2021_Nouvel-appel-a-agir-contre-la-reintoxication-du-monde_acte-IV

NON-RESPECT DES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 1 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE PENLY

Le 1er juillet 2021, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif relatif au non-respect des règles générales d’exploitation du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Penly à la suite de l’indisponibilité des sources d’alimentation électrique de secours et des alimentations électriques externes de ce réacteur.

Par conception, les réacteurs nucléaires de 1300 MWe exploités par EDF comportent deux sources électriques externes (transformateur de soutirage et transformateur auxiliaire), deux sources internes (deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel pour chaque réacteur) et une turbine à combustion permettant de pallier l’indisponibilité ou la défaillance d’un groupe électrogène.

Le 27 juin 2021, EDF a programmé un essai de fonctionnement sur l’un des deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel du réacteur 1 en condition équivalente à des températures estivales élevées. À cette fin, les seuils de sécurité déclenchant l’arrêt des moteurs en cas de température élevée ont été rehaussés par l’installation d’une instrumentation provisoire. Lors du lancement de l’essai, le groupe électrogène de secours n’a cependant pas démarré et l’exploitant a décidé d’annuler la réalisation de l’essai afin de remettre en conformité l’installation avec l’instrumentation d’origine de l’équipement.

Le 29 juin 2021, une expertise a permis d’identifier une inversion de câblages à l’intérieur des boitiers de l’instrumentation provisoire. Cette erreur a conduit à rendre indisponible le groupe électrogène de secours à moteur diesel, ce qui n’est pas autorisé par les règles générales d’exploitation.

De plus, cette erreur de configuration a également conduit à ne pas respecter une deuxième prescription des règles générales d’exploitation relative à la disponibilité de deux sources électriques externes.

Cet évènement n’a pas eu de conséquence pour les personnes et l’environnement. Néanmoins, dans la mesure où plusieurs dispositions des règles générales d’exploitation n’ont pas été respectées, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

L’exploitant a restauré une situation normale de fonctionnement le jour même. L’alimentation par le transformateur de soutirage a été rétablie et le groupe électrogène de secours concerné a été remis en conformité et déclaré fonctionnel. L’analyse de cet évènement devra néanmoins définir des actions correctives visant à éviter le renouvellement de cet écart. L’exploitant doit désormais transmettre à l’ASN le retour d’expérience approfondi de cet évènement.

Publié le 08/07/2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-des-regles-generales-d-exploitation-du-reacteur-1-de-Penly

LA FULGURANTE EXPANSION NUCLÉAIRE CHINOISE

Un centre américain sur la non-prolifération a analysé des images satellitaires indiquant que la Chine est en train de construire plus d’une centaine de silos pour missiles balistiques intercontinentaux. Washington s’inquiète vivement de cette accélération du programme nucléaire chinois et appelle d’urgence Pékin à un dialogue stratégique.

La Chine met les bouchées doubles pour rattraper son retard sur les deux grandes puissances nucléaires de la planète, les Etats-Unis et la Russie. Elle est en train de construire en secret pas moins de 119 silos pour des missiles balistiques intercontinentaux près de la ville de Yumen, en bordure du désert de Gobi, dans la province de Gansu. Le Centre James Martin d’études sur la non-prolifération de Monterey, en Californie, a analysé une série de photos fournies par la société exploitant des satellites, Planet. Le Washington Post en a parlé en primeur. Le centre tire une première conclusion: si Pékin devait achever la construction de ces silos, il pourrait en disposer bientôt de quelque 145, avec autant de missiles. Cela provoquerait un séisme dans la stabilité stratégique du monde.

Lire aussi: Robert Wood, ambassadeur américain: «L’arsenal nucléaire chinois va doubler en dix ans»

119 silos pour missiles

Pour l’heure, on estime que la Chine possède entre 250 et 350 armes nucléaires. On est loin des 11 000 que détiennent les deux grandes puissances de la guerre froide. Pékin semble vouloir accroître substantiellement sa capacité de dissuasion. A ce jour, il est pourtant impossible de savoir si la Chine envisage réellement de se doter de 119 missiles balistiques intercontinentaux ou si le pouvoir chinois multiplie le nombre de silos pour tromper sur son réel arsenal nucléaire ou pour brouiller les pistes afin d’éviter que les silos abritant de réels missiles soient attaqués. Les sites photographiés pourraient être le lieu de développement des missiles DF-41 dont la portée avoisinerait les 15 000 kilomètres et seraient capables d’atteindre les États-Unis.

Lire aussi: Tom Countryman: «Il faut intégrer la Chine, mais à long terme»

Washington et peut-être Moscou ont connaissance des efforts chinois, mais leur ampleur reste floue. Le programme nucléaire chinois s’est fortement accéléré et l’arsenal pourrait au moins doubler en dix ans. Lors d’une audition du Congrès en avril dernier, l’amiral américain Charles Richard mettait déjà en garde contre «l’expansion époustouflante» du programme nucléaire chinois. Pékin disposerait déjà de la fameuse triade nucléaire, soit des capacités de lancement terrestres, aériennes et maritimes. À l’image de la Russie, la Chine développerait aussi des armes hypersoniques ainsi que des armes nucléaires à faible rendement. Elle songerait à se doter à terme de systèmes nucléaires navals autonomes. Pour l’heure, de tels systèmes n’existent pas encore. Mais s’ils devaient voir le jour, «ils auraient un impact considérable sur la stabilité stratégique de la planète», a prévenu jeudi Robert Wood devant quelques journalistes.

L’ambassadeur des États-Unis auprès de la Conférence du désarmement à Genève le souligne: «Nous sommes très inquiets par cette évolution. La Chine est la puissance nucléaire la moins transparente du P5 (le groupe des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU). Nous n’avons que très peu d’informations sur leur programme nucléaire. Aussi, quand ils nous demandent de nous mettre à leur niveau avant de négocier, j’ai envie de leur demander quel est leur réel arsenal nucléaire.» Pour Robert Wood, aucun doute: «Avec la Russie, nous avons un dialogue stratégique qui offre un cadre de discussion. Avec la Chine, nous n’avons rien de cela. C’est urgent d’établir un dialogue bilatéral.» Sans cela, le risque de mauvaise perception et de mauvais calcul va fortement augmenter. Il pourrait relancer une nouvelle course aux armes atomiques.

Lire encore: «La situation pourrait être plus dangereuse que durant la guerre froide»

Dialogue bilatéral urgent

L’administration Trump avait très maladroitement souhaité que la Chine soit intégrée dans les discussions russo-américaines avant que Moscou et Washington ne prolongent le nouveau traité Start de réduction des armes stratégiques jusqu’en 2026. Sur le fond, l’administration Biden estime important d’associer Pékin aux discussions. Mais elle veut adopter une approche beaucoup plus réaliste. Elle a entamé de premières discussions avec des diplomates chinois. Son objectif: établir un dialogue bilatéral stratégique au plus vite. Robert Wood ajoute: «La Chine prétend être une puissance nucléaire responsable qui n’a que des intentions défensives. Il faut qu’elle le démontre. Les récents faits semblent montrer le contraire.»

Lire enfin: Setsuko Thurlow, survivante: «J’ai vécu l’enfer d’Hiroshima. Il faut abolir l’arme nucléaire»

Des côtés américain et russe, on a certes renouvelé le traité Start, mais on n’a jamais pris totalement au sérieux l’article VI du Traité sur la non-prolifération (TNP) imposant un désarmement. Washington a au contraire engagé un vaste programme de modernisation de son arsenal nucléaire s’étalant sur deux décennies. Quant à Moscou, il modernise lui aussi son programme. On est très loin des objectifs du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires adopté par l’ONU en 2017.

Par Stéphane Bussard, publié vendredi 9 juillet 2021 à 06h55

Photo en titre : Des missiles intercontinentaux DF-41, capables d’emporter des charges nucléaires, lors d’une parade à Pékin en octobre 2019. — © EPA/WU HONG

https://www.letemps.ch/monde/fulgurante-expansion-nucleaire-chinoise

GUERRE NUCLÉAIRE : EN 1958, EISENHOWER A RÉSISTÉ AUX PRESSIONS DE L’ARMÉE POUR ATTAQUER LA CHINE

Gareth Porter rend compte d’un rapport précédemment censuré que le révélateur des Pentagon Papers, Daniel Ellsberg, a intégralement publié, inquiet de la menace croissante d’une guerre des États-Unis avec la Chine au sujet de Taïwan.

Un compte–rendu jusqu’alors censuré de la crise du détroit de Taïwan de 1958, commandité par le Pentagone, a été publié dans son intégralité par le divulgateur des Pentagon Papers, Daniel Ellsberg. Le rapport dresse le portrait effrayant d’une direction militaire américaine téméraire qui pressait sans relâche le président Dwight Eisenhower pour obtenir l’autorisation de mener des attaques nucléaires contre la Chine communiste.

Après avoir conservé la version encore classifiée du récit pendant 50 ans, Ellsberg a déclaré qu’il avait décidé de le publier en raison de la menace croissante d’une guerre entre les États-Unis et la Chine au sujet de Taïwan, et du danger qu’un tel conflit puisse dégénérer en un échange nucléaire.

Un article du New York Times du 22 mai sur le compte-rendu n’offrait que des détails généraux sur le rôle joué par les chefs d’état-major interarmées des États-Unis dans la préparation de la crise de Taïwan de 1958. Toutefois, il ressort clairement des documents originaux hautement classifiés ainsi que d’autres preuves désormais disponibles que, dès le début, les chefs d’état-major interarmées visaient avant tout à exploiter les tensions pour effectuer des frappes nucléaires contre des cibles militaires nucléaires chinoises situées au cœur de zones fortement peuplées.

Le régime nationaliste du Kuomintang de Chiang Kai-shek et les chefs d’état-major étaient alliés dans leur volonté d’entraîner les États-Unis dans une guerre avec la Chine. Le secrétaire d’État adjoint Christian Herter craignait que le régime nationaliste ne soit déterminé à entraîner les États-Unis dans un conflit, selon le compte rendu parrainé par le Pentagone. La raison, selon l’auteur du récit, Morton Halperin, était que l’implication des États-Unis dans une guerre avec les communistes chinois « était clairement leur seul espoir de retour sur le continent. »

Quemoy et Matsu, les deux principales îles du large occupées par les troupes nationalistes, se trouvaient à moins de cinq miles du continent et avaient été utilisées par les forces de Chiang comme bases pour organiser des raids commandos infructueux sur le continent. Et Chiang, qui était toujours déterminé à reconquérir la Chine continentale avec le soutien ostensible des États-Unis, avait stationné un tiers de son armée de 350 000 hommes sur ces deux îles.

En mai 1958, les chefs d’état-major interarmées adoptent un nouveau plan (OPS PLAN 25-58), apparemment destiné à la défense des îles du large. En fait, le plan fournit une base pour attaquer la Chine avec des armes atomiques.

L’opération devait commencer par une brève « Phase I » préliminaire, appelée « patrouille et reconnaissance », qui serait déjà en cours. La « Phase II », qui aurait été déclenchée par une attaque chinoise sur les îles du large, impliquerait que les forces aériennes américaines anéantissent les forces attaquantes.

Mais le nouveau plan envisageait une éventuelle troisième phase, dans laquelle le Strategic Air Command et les forces sous le commandement de l’US Pacific Command mèneraient des attaques stratégiques avec des armes nucléaires tactiques de 10 à 15 kilotonnes « pour détruire la capacité de guerre » de la Chine.

Selon le compte rendu de Halperin, le président des chefs d’état-major interarmées, le général Nathan Twining de l’armée de l’Air, a déclaré aux responsables du département d’État, lors d’une réunion en août, que la troisième phase nécessiterait des frappes nucléaires sur des bases chinoises situées au nord de Shanghai. Les chefs d’état-major ont minimisé la menace de pertes civiles que représentent de telles armes atomiques tactiques, soulignant qu’une explosion atomique tactique dans l’air ne produirait que peu de retombées radioactives. Mais le compte rendu indique qu’ils n’ont fourni aucune information concrète sur les pertes civiles attendues.

Étant donné que les emplacements des canons chinois de l’autre côté du détroit de Taïwan et une base aérienne clé desservant les forces militaires chinoises dans tout conflit concernant les îles du large auraient été situés à proximité d’importants centres de population, de telles explosions atomiques auraient certainement causé des pertes civiles à grande échelle.

Un chasseur-bombardier de l’US Air Force sur la base aérienne de Taoyuan, à Taïwan, le 15 septembre 1958, pendant la crise de Quemoy. (Wikimedia Commons)

Les chefs d’état-major n’ont pas reconnu que les bombes qu’ils prévoyaient de faire exploser par voie aérienne auraient eu la même létalité potentielle que la bombe larguée sur Hiroshima. Ils n’ont pas non plus voulu admettre que les cibles de ces bombardements se trouvaient à proximité immédiate de villes chinoises dont la population était à peu près équivalente à celle d’Hiroshima.

La ville de Xiamen, par exemple, était proche de cibles militaires dans la région d’Amoy, tandis que Ningbo était proche de la principale base aérienne chinoise de la province de Zhejiang qui aurait été attaquée par les forces américaines. Comme pour la bombe d’Hiroshima, les explosions nucléaires auraient été déclenchées en altitude, là où les dommages causés par le souffle sont les plus importants, détruisant ou endommageant presque tout dans un rayon de cinq kilomètres autour de l’explosion, tuant une grande partie de la population.

Les chefs d’état-major ont également supposé que la Chine répondrait à l’utilisation par les États-Unis d’armes atomiques en ripostant avec des armes atomiques, dont les chefs d’état-major ont supposé qu’elles seraient mises à la disposition du gouvernement chinois par l’Union soviétique.

Le rapport Halperin raconte que Twining a déclaré aux responsables du Département d’État que le bombardement des cibles visées avec des armes nucléaires tactiques « impliquerait presque certainement des représailles nucléaires contre Taïwan et peut-être contre Okinawa… » Cette hypothèse était fondée sur une estimation spéciale du Renseignement national qui avait été publiée le 22 juillet 1958. L’estimation avait conclu que si les États-Unis « lançaient des frappes nucléaires en profondeur en Chine communiste », les Chinois répondraient « presque certainement » avec des armes nucléaires.

Malgré l’acceptation de la probabilité qu‘il conduise à des représailles nucléaires de la part de la Chine, le président de l’état-major interarmées Twining n’a exprimé aucune hésitation sur le plan, affirmant que pour défendre les îles du large, « les conséquences devaient être acceptées. »

Les chefs d’état-major ont demandé des pouvoirs de guerre

Le plan des chefs d’état-major trahissait l’espoir des chefs militaires de retirer des mains du président le pouvoir de décision en matière de guerre nucléaire. Il stipulait que le plan serait mis en œuvre lorsqu’il serait « dicté par l’autorité américaine appropriée » – ce qui impliquait qu’il ne serait pas nécessairement décidé par le président.

Dans ses propres mémoires, Eisenhower se rappelle avec une certaine amertume comment, pendant la crise de 1958, il a été « continuellement pressé – presque harcelé – par Tchang [le généralissime nationaliste chinois Tchang Kaï-chek] d’une part, et par nos propres militaires d’autre part, pour demander une délégation de pouvoir en vue d’une action immédiate sur Formose [Taïwan] ou sur les îles du large… » Il n’a toutefois pas fait référence aux efforts déployés par les chefs d’état-major pour obtenir l’autorisation préalable d’utiliser des armes nucléaires sur le continent chinois.

Le libellé du plan de l’état-major interarmées a été modifié pour devenir « lorsque le président l’autorise », sur l’insistance d’Eisenhower, afin de prévoir que seuls des moyens conventionnels pourraient être utilisés, du moins dans un premier temps, pour la défense des îles, tout en laissant ouverte la possibilité d’utiliser des armes nucléaires tactiques en cas d’échec.

Mais les chefs d’état-major n’en avaient pas fini. Dans un document présenté à Eisenhower le 6 septembre, les chefs proposent d’être autorisés à s’opposer à toute attaque majeure contre Taïwan et à attaquer les bases continentales avec toute la force CINPAC qui peut être mise à contribution en cas « d’urgence résultant d’une attaque contre Taïwan et les îles du large se déplaçant si rapidement qu’elle ne permettrait pas de consulter le président… ». En outre, ils demandaient l’autorisation de répondre à une « attaque majeure de débarquement sur les îles du large », par « l’utilisation d’armes atomiques et une attaque aérienne américaine en soutien de l’armée de l’Air [nationaliste chinoise]… selon les besoins, uniquement avec l’approbation du président. » Eisenhower a approuvé le document avec ces qualificatifs.

Lorsque le secrétaire d’État John Foster Dulles a prévenu que le Japon s’opposerait fermement à l’utilisation d’armes nucléaires contre la Chine continentale, et interdirait le lancement d’armes nucléaires depuis son territoire, il suggèra que l’opposition aux armes nucléaires au Japon est « inspirée par les communistes » et que les dirigeants étrangers reconnaîtront bientôt que l’utilisation d’armes nucléaires par les États-Unis « est dans leur intérêt. »

Burke a conclu son argumentation en affirmant que si les États-Unis ne maintenaient pas la menace d’armes nucléaires tactiques dans les conflits, ils « perdraient le monde entier en trois ans. »

Cet argument manifestement absurde suggère que le désir intense des chefs d’état-major d’utiliser des armes nucléaires contre la Chine était moins motivé par une quelconque menace des Chinois communistes que par leurs propres intérêts institutionnels.

Dans le Washington d’avant la Guerre froide, la Marine américaine était le principal allié bureaucratique du régime du Kuomintang. Cette relation s’est forgée lorsque Tchang a fourni à la marine la base d’attache de sa 7ème flotte à Tsingtao, dans le nord de la Chine.

Les hauts gradés de la Marine dans le Pacifique avaient préconisé un soutien inconditionnel au régime de Tchang pendant la guerre civile avec les communistes et qualifié de « rosés » les fonctionnaires du département d’État – à commencer par le secrétaire George C. Marshall – qui avaient des doutes sur le leader du Kuomintang. En 1958, l’armée de l’Air était tellement attachée à son rôle de fournisseur exclusif d’armes nucléaires qu’elle insistait pour pouvoir utiliser des armes nucléaires dans toute guerre menée dans la région du Pacifique.

Le récit de la crise révèle que, lorsque le commandant de l’armée de l’Air dans le Pacifique, le général Lawrence S. Kuter, a appris la décision d’Eisenhower de défendre les îles du large avec des armes conventionnelles, il a relayé le message au général John Gerhart, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’Air. À sa grande surprise, Gerhart répondit que l’armée de l’Air « ne pouvait pas accepter en principe » l’utilisation des forces du Strategic Air Command (SAC) pour de telles opérations non-nucléaires.

Au-delà du désir des chefs de la Marine et de l’armée de l’Air d’assurer leur présence à long terme et de renforcer l’importance de leurs rôles respectifs dans le Pacifique, les chefs d’état-major interarmées ont toujours aspiré à maximiser leur influence sur la politique américaine dans tout conflit où les États-Unis pourraient utiliser la force militaire.

Il s’est avéré que les Chinois n’ont jamais eu l’intention de déclencher une guerre à grande échelle pour les îles du large. Ils ont plutôt cherché à mettre en place un blocus du réapprovisionnement des îles par le biais de barrages d’artillerie, et lorsque l’armée américaine a fourni des escortes armées pour les navires effectuant le réapprovisionnement, ils ont pris soin d’éviter de frapper les navires américains.

Comme l’a observé le rapport Halperin, une fois que les Chinois ont reconnu qu’un blocus ne pouvait pas empêcher le réapprovisionnement, ils se sont contentés d’attaques d’artillerie symboliques sur Quemoy, qui ont été limitées à un jour sur deux.

C’est l’empressement des chefs d’état-major pour une guerre nucléaire contre la Chine, plutôt que la politique de la Chine communiste, qui a présenté la menace la plus grave pour la sécurité américaine.

Bien que les circonstances entourant le conflit entre les États-Unis et la Chine au sujet de Taïwan aient radicalement changé depuis cette étape de la Guerre froide, la crise de Taïwan de 1958 nous donne une leçon qui donne à réfléchir alors que l’armée américaine se prépare à une nouvelle confrontation militaire avec la Chine.

Gareth Porter est un journaliste d’investigation indépendant qui couvre la politique de sécurité nationale depuis 2005 et a reçu le prix Gellhorn du journalisme en 2012. Son livre le plus récent est The CIA Insider’s Guide to the Iran Crisis (Le guide des initiés de la CIA dans la crise iranienne, NdT), coécrit avec John Kiriakou, qui vient d’être publié en février.

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises, publié le 11 juillet 2021, Source : ConsortiumNews – 07-06-2021

Photo en titre : juin 1960 : Le président Dwight Eisenhower, à gauche, rend visite au président de la République de Chine Tchang Kai-shek et à Mme Chiang à Taipei, Taiwan. L’ambassadeur des États-Unis en République de Chine, Everett Drumright, figure également sur la photo. (USAID, Wikimedia Commons)

https://www.les-crises.fr/guerre-nucleaire-en-1958-eisenhower-a-resiste-aux-pressions-de-l-armee-pour-attaquer-la-chine/

« LE NUCLÉAIRE EST ANTIDÉMOCRATIQUE »

L’outrageuse et dispendieuse publicité d’EDF nous serine depuis des années que le nucléaire n’émet pas de gaz à effet de serre : c’est vrai ! Mais EDF ne nous dit pas que la vapeur d’eau a un effet réchauffant bien supérieur au CO2, le « manteau nuageux » des météorologues le démontre bien, 70 % de cette colossale énergie est gaspillée dans nos fleuves qu’elle réchauffe, comme la Loire à Chinon, et dans l’atmosphère par ces énormes et continuels panaches blancs de vapeur d’eau qui s’échappent des tours dantesques servant à refroidir le cœur du réacteur.

EDF ne nous dit pas aussi qu’il défigure nos paysages par ses innombrables et immenses pylônes THT où toute vie est impossible tout le long de ses câbles.

EDF ne nous dit surtout pas qu’il est un État dans l’État grâce à ses ingénieurs et la haute administration qui imposent à certains politiques, sans aucun acte démocratique, le tout nucléaire dès les années 70, prélevant ainsi la quasi-totalité des efforts de recherche pour le super-générateur de Creys-Malville et la fusion nucléaire de Cadarache au détriment du solaire, de l’éolien et de l’hydrogène vert.

EDF ne nous dit pas non plus qu’il doit enterrer, cacher très profondément et pour des centaines de milliers d’années ses déchets hautement toxiques surtout depuis qu’il a décidé unilatéralement d’utiliser le Mox, apport de plutonium, sachant qu’il est l’élément le plus cancérigène au monde.

EDF ne nous dit surtout pas que le nucléaire civil est le passage obligé du nucléaire militaire.

Hiroshima, abjection absolue, était un « détail de l’histoire » quand on sait la puissance de ces milliers de bombes dont une seule pourrait vitrifier tout un pays.

Et EDF ne nous dit pas enfin que l’énergie nucléaire est la plus antidémocratique qui soit par son gigantisme, sa centralisation, sa dangerosité, son secret d’État.

C’est pourquoi j’accuse les deux décisions du Président de la République de renforcer le monopole quasi-absolu du nucléaire : augmenter la durée de vie des centrales alors que l’on pointe du doigt les anomalies, comme pour l’EPR de Chine, dues à la pression, la chaleur et la radioactivité infernales qui y règnent et d’interdire l’utilisation du gaz naturel dans les futurs bâtiments pour le chauffage électrique, alors qu’il aurait été le meilleur intermédiaire entre cette énergie du passé, de la guerre froide et l’énergie du futur, les « renouvelables ».

Par Le Courrier de l’Ouest, José NICOSIA, Les Ponts-de-Cé, publié le 11 juillet 2021 à 05h00

https://www.ouest-france.fr/le-courrier-de-l-ouest/co-courrier-des-lecteurs/le-nucleaire-est-antidemocratique-d84e9e85-49bf-4f4f-ac0a-6e5235ebdaec

MOBILISATION À TARBES : « QUAND ON NE DÉSARME PAS, C’EST QU’ON S’ARME »

Ce mercredi 7 juillet, date du quatrième anniversaire du Traité pour l’Interdiction des Armes Nucléaires adopté par l’Assemblée des Nations Unies, un petit concile de membres du Mouvement de la Paix se réunissait à Tarbes, à la Bourse du Travail. Le 22 janvier 2021 entrait en vigueur ce traité pour les 51 signataires. Sauf qu’aucune puissance nucléaire sur les neuf mondiales n’en fait partie.

C’est ce que dénonce le Mouvement de la Paix, mais aussi le Comité International de la Croix Rouge et un certain nombre de personnalités et d’associations. « Quand on ne désarme pas c’est qu’on s’arme » assène le président du Mouvement de la Paix sur Tarbes. Les membres se montrent en effet inquiets d’une situation internationale tendue qui laisse toujours courir le risque d’une guerre nucléaire. « L’armement nucléaire ce sont des liquidités en moins pour le service public et nos soignants typiquement » s’agacent certains membres.

Selon leurs chiffres, le budget dans l’arme nucléaire devrait, cette année, s’élever à 7 milliards d’euros. Sans remettre en cause la nécessité d’un armement national, c’est fondamentalement l’arme nucléaire qu’ils appellent à interdire. « En affirmant que l’arme nucléaire est la garantie de leur sécurité, les puissances ne font qu’accentuer son attrait« . Ceci, alors même qu’elles ont toutes, excepté l’Inde, ratifié le Traité de Non-Prolifération qui enjoint à une « cessation de la course aux armements nucléaires » (article VI) en 1968.

Le Mouvement de la Paix compte se mobiliser sur Tarbes en distribuant des tracts et une pétition pour faire pression sur le gouvernement et faire ratifier le traité onusien. Rendez-vous au Marché Marcadieu chaque 22 du mois et bien sûr le 6 août pour la commémoration des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki.

Vous pouvez retrouver la pétition sur le site : www.mvtpaix.org/wordpress/petition-pour-un-traite-dinterdiction-des-armes-nucleaires/

Par Adèle Pétrel, publié le 10/07/2021 à 05:15 , mis à jour à 09h24

Photo en titre : Les membres du Mouvement de la Paix se sont réunis ce 7 juillet. Photo Laurent Dard

https://www.ladepeche.fr/2021/07/10/quand-on-ne-desarme-pas-cest-quon-sarme-9663013.php

CONSULTATION DU PUBLIC SUR L’AUTORISATION D’EXPLOITER L’EPR: DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Communiqué ACRO, CRILAN, Greenpeace, CREPAN FNE et EELV, organisations antinucléaires et critiques, membres de la CLI de Flamanville

En plein été, du 8 au 22 juillet et après un taux d’abstention historique aux élections, le Ministère de la transition écologique mène une consultation du public sur son site internet afin de pouvoir autoriser EDF à démarrer l’EPR, reconnu comme un fiasco industriel et financier.

Alors que tant de questions de fond pèsent sur la réparation des soudures sur le circuit secondaire principal, sur les 3 piquages sur ce même circuit, sur les soupapes, sur les vibrations à proximité des générateurs de vapeur, on veut nous faire croire que cette installation pourrait démarrer.

De qui se moque-t-on ? Du grand public certes, mais aussi de la CLI de Flamanville (Commission locale d’information) à qui un état des lieux sur l’EPR est promis pour septembre prochain.

Sur la forme cette consultation est une mascarade de démocratie puisque la date choisie est immédiate et ciblée en période estivale. On voudrait dissuader les citoyens d’y participer que l’on ne s’y prendrait pas autrement.

Raison de plus pour se saisir de cette consultation pour dire ce que l’on pense tant de la forme que du fond de cette opération. 
Celle-ci ne vise qu’à accréditer l’idée que cet EPR pourrait démarrer « quoi qu’il en coûte » après avoir été chargé de son combustible ; celui-là même qui n’a pas vraiment fait ses preuves dans les EPR en Chine.

Lien internet vers la consultation :

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/consultation-du-public-sur-l-autorisation-d-a2428.html

Par André JACQUES, publié le 9 juillet 2021

https://crilan.fr/consultation-du-public-sur-lautorisation-dexploiter-lepr-de-qui-se-moque-t-on/

LA CROATIE ET LA SLOVÉNIE NE SAVENT QUE FAIRE DES DÉCHETS DE LEUR CENTRALE NUCLÉAIRE COMMUNE

C’est l’unique centrale nucléaire d’un pays disparu. Lancée à l’époque yougoslave, la centrale de Krško est la seule au monde dont la gestion soit partagée entre deux États, la Croatie et la Slovénie. Son réacteur devait s’arrêter en 2023, mais Zagreb et Ljubljana ont prolongé sa durée de vie de vingt ans… Sans savoir comment stocker les déchets qui s’accumulent, dans une région à fort risque sismique.

Un portail grillagé au bout d’une piste forestière, des caméras et une guérite dans laquelle veille un garde. Voilà le modeste dispositif de sécurité qui protège l’entrée de la caserne désaffectée de Čerkezovac, une ancienne propriété de l’armée yougoslave, à l’abandon depuis plusieurs décennies. C’est ici, tout près de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine, que la Croatie prévoit d’entreposer à partir de 2023 l’ensemble de ses déchets radioactifs « de faible et moyenne activité » : des déchets médicaux, mais surtout la moitié des déchets de la centrale nucléaire de Krško, dont la gestion est partagée entre Ljubljana et Zagreb. Soit 4800 m³ de matériaux radioactifs, comme des gravats, des filtres, des outils ou des vêtements contaminés. Et selon les autorités de Zagreb, la région vallonnée de la Trgovska Gora serait « la zone la plus stable du pays ». Pourtant, les 28 et 29 décembre, deux tremblements de terre d’une magnitude de 5,2 et 6,3 sur l’échelle de Richter ont été enregistrés dans la région de Sisak, rasant une bonne moitié de la petite ville de Petrinja, à une quarantaine de kilomètres de Čerkezovac.

« Les tremblements de terre sont dus à l’avancée de la plaque africaine vers la plaque eurasienne », explique Snježana Markušić, qui dirige le Département de géophysique de la Faculté des sciences de Zagreb. « Sous la pression de la plaque africaine, la microplaque Adriatique effectue une rotation vers le nord. » Dans les années 1970, les autorités yougoslaves avaient néanmoins estimé que le risque sismique restait relativement limité dans la région de Zagreb et de Krško et lancé la construction de la première centrale nucléaire de la Fédération socialiste. Sa gestion avait été partagée à parts égales entre les deux républiques de Slovénie et de Croatie, restées co-propriétaires du site après leur accession à l’indépendance en 1991.

La centrale de Krško, entrée en service en 1983, est de taille modeste : son unique réacteur Westinghouse affiche une puissance de 700 MW, quatre fois moins que les plus petits réacteurs français en fonctionnement. « Les installations ont été construites sur une dalle de béton armé, placée sur les couches d’argile et de sable », poursuit Snježana Markušić. La centrale se trouve en effet le long de la Save, un important affluent du Danube. Des précautions censées permettre aux installations de résister à des secousses allant jusqu’à 9 sur l’échelle de Richter, « une valeur bien supérieure aux plus intenses séismes enregistrés dans la région », poursuit la géologue. Fin décembre 2020, le mécanisme de sécurité de Krško s’est déclenché, et la centrale a dû rester à l’arrêt pendant près de 24 heures. Neuf mois plus tôt, des voix s’étaient déjà élevées jusqu’en Autriche après le violent séisme du 22 mars à Zagreb, dénonçant les risques que font peser les installations nucléaires de Krško sur toute la région.

Gestion partagée

La centrale est exploitée par la société Nuklearna elektrarna Krško (NEK), détenue à 50% par la compagnie publique slovène Gen-Energija et à 50% par l’entreprise publique croate Hrvatska elektroprivreda (HEP). L’énergie générée est partagée équitablement entre les deux pays. Ce système de gouvernance unique au monde n’a pas manqué de créer quelques frictions depuis l’éclatement de la Yougoslavie. Entre 1998 et 2003, Ljubljana a ainsi coupé les lignes à haute tension qui filent vers la Croatie, en raison de factures impayées par Zagreb.

Si les relations bilatérales restent fraiches, cela n’a pas empêché les parlements des deux pays de voter en 2015 le prolongement de vingt ans de la durée de vie de la centrale, jusqu’en 2043. Un plan de démantèlement a bien été prévu et il a été confirmé en 2018 par la troisième révision du Programme d’élimination des déchets radioactifs et du combustible usé, mais ni la Slovénie ni la Croatie n’ont jugé nécessaire de disposer de sites de stockage des déchets opérationnels avant d’acter la prolongation de l’activité des installations nucléaires de Krško. Six ans plus tard, rien n’est réglé.

Les déchets nucléaires les plus dangereux, notamment le combustible usé, sont stockés sur le site de Krško et devraient le rester au moins jusqu’en 2065 et très vraisemblablement jusqu’en 2105. Si l’entreposage à sec, retenu après Fukushima, permet d’éviter les fuites en cas de séisme, cette technique pose de sérieuses questions de contrôle de l’état du produit, scellé dans des silos en béton, soudés et étanches. « Le problème, c’est qu’on connaît mal la résistance de ce matériau dans la durée », s’inquiète Tomislav Tkalec de l’ONG slovène Focus. Sans compter que le combustible usé devrait être conservé sous le réacteur, « l’endroit le plus risqué », estime-t-il. « Et les études d’impact sont toutes réalisées par des entreprises mandatées par les propriétaires de la centrale. »

Pour le stockage des déchets radioactifs de faible et moyenne activité, la situation est déjà critique. « Les capacités de la centrale sont atteintes : c’est plein à 99% », reconnaît Miran Stanko, le maire de la commune de Krško. Sans vouloir donner de chiffres, Igor Sirc, le directeur de l’Administration slovène de la sûreté nucléaire, le concède lui aussi à demi-mots, « même si beaucoup a été fait pour optimiser et réduire le volume des déchets » : « si l’on ne les déplace pas rapidement, cela risque de poser des problèmes de sécurité », souffle-t-il. Selon le militant écologiste slovène Karel Lipič, qui préside l’ONG Zveza ekoloških gibanj (ZEG), « il n’y aura plus de place à la fin 2021 au plus tard ».

Comment expliquer un tel manque de préparation ? En juillet 2020, Zagreb a définitivement repoussé la proposition slovène de construire un site de stockage commun à proximité de la centrale, onze ans après le début des discussions entre les deux États. « La solution retenue par les Slovènes, des silos de béton entreposés à 80 mètres de profondeur, sous les nappes phréatiques n’est pas optimale », analyse le professeur croate Davor Grgić. « Il y a un risque de pollution des eaux de la Save, en amont de Zagreb. » Reste que la Croatie semble surtout avoir refusé la proposition slovène pour une histoire de gros sous.

« Les autorités de Zagreb expliquent qu’il fallait de toute façon un site sécurisé pour stocker les déchets radioactifs des hôpitaux du pays, mais ce sont surtout des intérêts financiers qui ont motivé leur refus », tranche le journaliste Daniel Prerad, qui enquête sur la filière nucléaire croate. « Les autorités ne veulent surtout pas que la Slovénie prenne en charge la gestion des déchets radioactifs croates et puisse ainsi monnayer ses services. »

Depuis la dissolution de l’Institut national de sécurité radiologique et nucléaire, le 1er janvier 2019, les compétences touchant à l’énergie atomique en Croatie relèvent toutes du Fonds de démantèlement de la centrale de Krško. « Concrètement, cela veut dire que le législateur a laissé aux investisseurs les mains complètement libres : il n’y a plus aucun organisme qui contrôle cette filière à risques », déplore le militant écologiste Toni Vidan. Le directeur de ce Fonds, Hrvoje Prpić, se veut bien sûr rassurant à propos du site de Čerkezovac. « L’entrepôt est un bâtiment en surface, dont les fondations reposent sur une dalle de béton de 60-70 cm d’épaisseur. Il ne peut pas y avoir d’infiltration », explique-t-il. « De toute façon, ces déchets radioactifs ne sont pas dangereux. Nous n’avons pas de plan B, mais il n’y en a pas besoin », coupe l’élégant quinquagénaire.

À Krško, l’État slovène n’a pas hésité à mettre la main au porte-monnaie pour s’attacher le soutien des populations locales. « Rien qu’en taxes, la centrale verse 8,5 millions d’euros par an à la commune », précise le maire de la petite ville, Miran Stanko. Un montant auquel il convient d’ajouter « d’importantes aides publiques directes aux infrastructures municipales, pour les crèches, les équipements sportifs ou les séniors ». Et l’édile se réjouit de voir le nombre de ses administrés augmenter, attirés par le dynamisme économique engendré par la centrale nucléaire et les milliers d’emplois indirects qui lui sont liés. D’après Karel Lipič, le « puissant lobby nucléaire cherche à s’assurer du soutien populaire en vue de construire un second réacteur et n’hésite pas à financer la société civile slovène pour acheter son silence ».

En Croatie, ce lobby nucléaire ne représente pas un véritable poids politique et il se trouve étrangement en porte-à-faux : l’une de ses principales figures, Tonči Tadić, est à la fois chercheur à l’Institut Ruđer Bošković de Zagreb et ancien député d’extrême droite. Il ne manque pas une occasion de fustiger Tito, le « dictateur communiste », alors que la centrale de Krško représente un legs direct de la Yougoslavie… Pour les principaux partis politiques croates, de droite comme de gauche, le seul véritable enjeu consiste à essayer de trouver la solution la plus avantageuse économiquement au problème des déchets.

Gérer les déchets à moindre coût

La question de leur stockage est ouverte depuis la construction de la centrale. Sept emplacements avaient à l’origine été envisagés, tous situés dans la moitié nord de la Croatie, le reste du sous-sol étant composé de karst, un calcaire poreux impropre au dépôt de matières radioactives. En 1998, Zagreb a définitivement opté pour les collines de la Trgovska Gora. Supposée la moins sismique du pays, la région présentait surtout l’avantage d’être presque vide de présence humaine. L’offensive des forces croates à l’été 1995 avait chassé la majorité des Serbes qui peuplaient autrefois les marches orientales du pays. « En 1991, la municipalité de Dvor comptait 14 500 habitants, ils n’étaient plus que 420 en 1995 », indique le maire, Nikola Arbutina. C’est sur le territoire de cette vaste commune, qui compterait aujourd’hui quelques 5600 âmes, que se trouve la caserne de Čerkezovac, le site retenu depuis 2014 pour l’entrepôt des déchets radioactifs croates et censé ouvrir ses portes dès 2023.

D’après les estimations de Hrvoje Prpić, les 15 000 riverains du site devraient toucher 45 millions d’euros de compensations, réparties sur 45 années. « Chaque année, l’État croate va économiser 15 millions d’euros en évitant de payer les Slovènes pour le gardiennage de ses déchets, et il ne versera qu’un million en contrepartie aux riverains, à peine le prix de l’asphaltage d’une route », s’indigne Daniel Prerad. La région mériterait pourtant de sérieux investissements. Dans un rayon de quatre kilomètres autour de l’ancienne caserne, aucune habitation n’est reliée à l’électricité, et les bâtisses ne sont accessibles que via des pistes en terre. « La question d’une compensation financière n’a jamais été officiellement discutée. Ce que nous savons, nous l’avons appris dans les médias », se désole Nikola Arbutina. Ce dernier est membre du Parti démocratique indépendant serbe (SDSS), habituellement prompt à dénoncer les violations des droits de cette communauté en Croatie. Étrangement, le parti, qui soutient le gouvernement conservateur d’Andrej Plenković, reste cette fois silencieux, laissant supposer un « deal » nucléaire. De toute façon, les électeurs sont dans la région trop peu nombreux pour intéresser réellement les politiciens de Zagreb.

« À force d’avoir laissé traîner la question du stockage des déchets radioactifs, la Croatie se retrouve avec le couteau sous la gorge », s’indigne le député vert Tomislav Tomašević, élu de la plateforme citoyenne Možemo. Comme tous les opposants à Čerkezovac, il dénonce le manque de transparence de l’État. D’après lui, « un sujet aussi sensible nécessite d’avoir un vrai débat public et l’organisation d’un référendum. » Voilà pourtant déjà six ans qu’aucune discussion sur le nucléaire n’a eu lieu au Sabor, le Parlement croate. Le militant écologiste Toni Vidan dénonce le cynisme des autorités : « Le site de Čerkezovac a été retenu parce qu’il n’existe pas sur place de lobby suffisamment puissant pour s’y opposer. Les autres emplacements étudiés se trouvaient dans des régions qui avaient un poids politique à Zagreb, voilà pourquoi ils ont été abandonnés. »

Un quart de siècle après la fin des combats, la Banovina, où se trouve Čerkezovac, reste un territoire meurtri. « La région peine à se relever. Elle a été reconnue ‘d’intérêt particulier’ par l’État, mais c’est comme si elle avait été oubliée », se désole le réalisateur Daniel Pavlić, engagé localement dans la défense de l’environnement. « Il n’y a aucun investissement, aucun emploi et les gens s’exilent massivement. Cela va finir par ressembler à Tchernobyl avec les déchets radioactifs qu’ils veulent entreposer ! » Il rappelle que ce choix est « d’autant plus aberrant que le site de Čerkezovac se trouve à moins d’un kilomètre d’une aire classée Natura 2000 ».

Située sur la rive occidentale de l’Una, la rivière qui marque la frontière avec la Bosnie-Herzégovine, la commune de Dvor est en effet au cœur d’une région rurale et préservée. Les habitants voudraient développer agriculture bio et tourisme durable, leurs derniers espoirs de sortir du marasme économique et l’arrivée de déchets radioactifs, même de faible et moyenne activité, aura immanquablement un effet repoussoir. « C’est tuer toute perspective d’avenir pour des gens qui sont déjà les plus pauvres de Croatie », peste Daniel Prerad.

Des rassemblements réunissant plusieurs milliers d’opposants ont bien eu lieu ces dernières années, mais les riverains ne cachent pas leur pessimisme. « Personne ici ne voit cela d’un bon œil, mais on ne sait pas comment l’empêcher », résume l’un d’eux. Le Conseil municipal de Dvor s’est contenté d’adopter une résolution interdisant l’installation d’un dépôt de déchets radioactifs sur le territoire de la commune, mais celle-ci n’a aucune valeur contraignante. Pendant ce temps, le ballet des camions entrant et sortant de Čerkezovac observé par les voisins du site se poursuit discrètement.

La Bosnie-Herzégovine veut un arbitrage international

En Bosnie-Herzégovine, de l’autre côté de la rivière Una, la riposte tente aussi de s’organiser. Un collectif de citoyens s’est mis en place dans la ville de Novi Grad, avec le soutien des autorités locales. « Si des déchets radioactifs sont stockés dans la Trgovska Gora, ce n’est pas seulement la population de Novi Grad qui sera affectée, mais les 300 000 habitants qui vivent le long de la rivière Una », tonne le maire Miroslav Drljača. « Les puits utilisés par la municipalité, des infrastructures pour lesquelles nous avons investi 5,5 millions d’euros, se situent à 900 mètres du site. À la moindre fuite, ces sources d’eau potable seront contaminées. »

Les riverains bosniens de l’Una ont reçu à plusieurs reprises le soutien du gouvernement central de Sarajevo. « C’est une question sur laquelle la Bosnie-Herzégovine a une position unie », souligne le Président du Parlement, Denis Zvizdić, un fait assez rare dans ce pays toujours miné par les divisions. « Si la Croatie choisit [d’installer des déchets radioactifs dans] la Trgovska Gora, nous n’hésiterons pas à mobiliser toutes les conventions internationales qui seront nécessaires et à engager une procédure d’arbitrage », continue-t-il. Sarajevo pourrait invoquer la Convention d’Espoo : ce texte prévoit une évaluation de l’impact sur l’environnement en cas de projets transfrontaliers, ce qui n’a jamais été proposé par Zagreb. Le sujet n’a toutefois pas encore été mis à l’agenda des rencontres bilatérales entre les deux voisins.

Après les séismes des 28-29 décembre, des trous se sont formés dans toute la Banovina, certains larges de plusieurs mètres. « Ces cratères sont une conséquence de la liquéfaction, l’un des phénomènes les plus dramatiques de l’activité sismique et la cause de terribles dommages sur les constructions », explique la géologue Snježana Markušić. « L’emplacement de l’entrepôt de déchets nucléaires à Čerkezovac a été analysé en détail et jugé approprié », rappelle-t-elle. « Cependant, après les récentes secousses dans la zone de Petrinja-Sisak, l’étude devra être complétée par de nouvelles données, pour réévaluer la pertinence du site. » La Croatie aura-t-elle le temps de trouver un plan B avant l’échéance de 2023 ? Rien n’est moins sûr. « Personne ne peut prédire où et quand la terre tremblera », remarque le militant écologiste de Novi Grad, Mario Crnković. « La rotation de la microplaque Adriatique va continuer et l’activité sismique qu’elle provoque ne s’arrêtera pas à cause des injonctions de quelques politiciens irresponsables. »

Par Jean-Arnault Dérens, Laurent Geslin et Simon Rico, publié le jeudi 8 juillet 2021

https://www.courrierdesbalkans.fr/La-Croatie-et-la-Slovenie-ne-savent-que-faire-des-dechets-de-leur-centrale-nucleaire-commune

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NUCLÉAIRE : L’ÉTAT FRANÇAIS AIDE AREVA À SOLDER LE PASSIF DE L’EPR FINLANDAIS

Pour régler un nouveau surcoût de 600 millions d’euros, l’État va racheter à la société, pour 994,1 millions d’euros, une partie des titres qu’elle détient au capital d’Orano, le groupe chargé de gérer le cycle du combustible.

Nouvelle partie dans le jeu de bonneteau financier de la filière nucléaire. L’État va acquérir, mi-juillet, 16,6 % du capital du groupe nucléaire Orano SA pour un montant de 994,1 millions d’euros auprès d’Areva SA et de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). C’est ce que prévoient deux arrêtés publiés, mardi 6 juillet, au Journal officiel. Objectif : permettre à Areva SA de financer l’achèvement du chantier de l’EPR finlandais d’Olkiluoto, dont les retards à répétition se sont soldés par un gouffre financier.

En 2003, la jeune société Areva, créée deux ans plus tôt sous l’égide d’Anne Lauvergeon, avait proposé son réacteur de troisième génération EPR conçu avec l’allemand Siemens à un prix imbattable (3,3 milliards) ; il s’était engagé à le construire en quatre ans (2005-2009). Un double pari très hasardeux pour une tête de série, où l’on essuie toujours les plâtres.

Dérive des coûts à dix milliards d’euros

La dérive des coûts à dix milliards a été épongée par le consortium Areva-Siemens. En mai, Areva SA avait conclu avec TVO, le futur exploitant de la centrale, un accord réévaluant les coûts de la centrale. La société devra encore verser 600 millions d’euros supplémentaires à son client.

Dans le cadre de la restructuration de la filière nucléaire décidée par l’État en 2015, Areva SA avait vu son rôle cantonné à celui d’une structure de défaisance. Pour qu’elle puisse faire face à ses engagements, elle avait reçu deux milliards de l’État et 40 % d’Orano, la nouvelle société chargée de gérer le cycle du combustible (mines d’uranium, enrichissement, traitement-recyclage des déchets…).

Sur ces 40 %, 10 % avaient été placés en fiducie auprès de Natixis pour sécuriser un prêt accordé par Siemens Bank, et 10 % en fiducie auprès de la CDC pour sécuriser un prêt accordé par un pool bancaire. L’Agence des participations de l’Etat (APE) affirme que ce pool voulait exercer son droit de cession.

Avec ce nouveau rachat, la part de l’État dans Orano va ainsi passer de 54 % à 70,6 % et celle d’Areva SA tomber à 9,4 %, le solde se partageant entre Natixis, la CDC et les industriels japonais du nucléaire MHI et JNFL, tandis que le Commissariat à l’énergie atomique conserve une action.

Accord à l’amiable avec EDF

Areva SA a un autre passif important à solder. Dans les dossiers l’opposant à EDF, il vient d’aboutir à un accord à l’amiable : d’ici à la fin 2021, il lui versera 563 millions d’euros pour clore « l’ensemble des différends », l’opposant au groupe d’électricité depuis six ans sur des malfaçons importantes dans le forgeage d’équipements lourds réalisés par Areva NP, devenu filiale d’EDF en 2018 sous le nom de Framatome.

Le contentieux portait sur le fond et le couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche), où des contrôles avaient révélé d’importantes ségrégations carbone fragilisant la structure de cet équipement critique forgé à l’usine du Creusot (Saône-et-Loire). Des défauts sur des générateurs de vapeur destinés à des centrales en service avaient aussi été repérés.

EDF envisageait de réclamer au total 2,5 milliards à Areva SA. Son PDG, Jean-Bernard Lévy, était d’autant plus fondé à poursuivre son fournisseur que celui-ci avait dissimulé ses erreurs en falsifiant des documents censés assurer la traçabilité des travaux. Mais pour finir, c’est l’État qui règle la facture, et donc les contribuables.

Par Jean-Michel Bezat, publié le 08 juillet 2021 à 15h29

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/07/08/nucleaire-l-etat-francais-aide-areva-a-solder-le-passif-de-l-epr-finlandais_6087579_3234.html

SANS CRIER GARE, DES CONVOIS RADIOACTIFS TRAVERSENT LES CENTRES-VILLES

Des milliers de convois nucléaires à très forts enjeux de sûreté circulent chaque année sur les routes et rails de France, aux risques des convoyeurs et à proximité des populations. Sud-Rail dénonce une érosion de la culture de la sécurité, tandis que Fret SNCF fait valoir son droit au silence.

Lyon (Rhône), correspondance

« C’est une logique très datée, mais nous avons encore des trains de déchets nucléaires qui traversent le centre-ville lyonnais. » Nicolas Peyrard, coordinateur de la Fédération des associations d’usagers des transports (Fnaut) Auvergne-Rhône-Alpes, marque un temps, afin de laisser l’auditoire s’imprégner de l’information. « Vous ne le saviez pas ? Nous n’avons pas de voie de transit périphérique, donc tous les trains de fret passent par la gare Part-Dieu. » Des convois de déchets radioactifs au cœur d’une métropole française. L’image semble aberrante. Elle tient pourtant de l’ordinaire.

Par les rails comme par les routes, la logistique de l’industrie nucléaire alimente en combustible les cinquante-six réacteurs du parc français, puis en exfiltre les déchets vers le centre de retraitement de La Hague (Manche). Soit 19 000 transports par an [1], chiffre l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans son rapport sur la sûreté nucléaire et la radioprotection en France en 2020 [2], convoyant 114 000 colis radioactifs sur des axes très fréquentés.

Le cycle des combustibles nucléaires débute par l’approvisionnement en uranium. Le minerai débarque au Havre, sous la forme de yellow cake, une poudre jaune radioactive notamment extraite au Niger, au Canada et en Australie ; plus rarement arrivée par trains de Russie, où est transformé l’uranium du Kazakhstan. Après une première altération chimique à l’usine Orano Malvési, en périphérie de Narbonne, le combustible est envoyé à Pierrelatte (Drôme), où il est transformé en hexafluorure d’uranium (UF6), puis rejoint Romans-sur-Isère (Drôme), avant d’être distribué vers les dix-huit sites nucléaires français. Une fois usé et hautement radioactif, le combustible prend le train, direction Valognes, à une trentaine de kilomètres de La Hague, puis traverse les derniers kilomètres à dos de camion. À l’usine Orano de La Hague, le combustible usé est décomposé en différents types de déchets, à divers degrés de radioactivité. Le plutonium est envoyé sous escorte à l’usine Orano Melox, dans le Gard, pour y être transformé en combustible MOX (mixed oxides). L’uranium de traitement, lui, va à Pierrelatte.

Au total, parmi les 19 000 transports par an (principalement routiers et ferroviaires [3]) liés à l’industrie nucléaire, environ 3 000 sont des transports à très forts enjeux de sûreté [4] : 2 000 transports en provenance ou à destination de l’étranger, environ 450 de combustible neuf, 250 d’UF6, 220 de combustibles irradiés des centrales vers La Hague, et une centaine de La Hague vers Melox, précise l’ASN dans son rapport 2020 [5]. « Le Français moyen qui pense être loin d’une installation nucléaire peut parfaitement avoir au bout de sa route un camion ou un train nucléaire qui passe », dit Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace.

Transports associés au cycle du combustible en France. © ASN/Rapport 2020

Des risques d’accident et d’irradiation

Un trafic dense, qui multiplie les risques pour la population civile. Deux scénarios inquiètent : l’accident et le risque d’irradiation. Les trains, surnommés Castor (acronyme anglais pour Conteneur de stockage et de transport du combustible nucléaire), ont été conçus pour endurer des conditions d’accidents : résistance aux chocs à 50 km/h, chute de 9 mètres, incendie de 800 °C pendant 30 minutes… Des précautions nécessaires : les accidents ont la puissance « d’un quart, voire d’un demi-réacteur nucléaire. Un accident sur du combustible usé, c’est le même accident que Fukushima », estime Dominique Malvaud, secrétaire général du syndicat Sud-Rail, maintenant à la retraite, qui a lutté pendant des années pour médiatiser les enjeux des trains du nucléaire.

« Nous avons une réglementation relativement draconienne, mais il y a des failles à l’épreuve de la réalité », estime Yannick Rousselet. Le militant écologiste a identifié des points de faiblesse sur les trajets des convois : passages réguliers par des circuits de hauteurs supérieures à 9 mètres et par des galeries souterraines au sein desquelles un effet de tunnel pourrait se produire en cas d’incident, et provoquer des températures au-delà de 1 000 °C. Un axe de circulation préoccupe en particulier les cheminots.

Les déchets nucléaires du Tricastin et de Cruas-Meysse, en Auvergne-Rhône-Alpes, font un passage obligé à Valence. Outre la gare de voyageurs, les rails empruntent un tunnel en centre-ville. En cas d’une prise en écharpe — la collision de deux trains sur un aiguillage — ou d’un déraillement, les militants antinucléaires craignent l’apparition de conditions comparables à l’accident du tunnel du Mont-Blanc de mars 1999, au cours duquel trente-neuf personnes sont mortes après l’embrasement d’une semi-remorque.

La gare de Valence, où des cheminots ont constaté des arrêts de trains Castor. Pixabay/CC/Skitterphoto

Qu’arrivera-t-il en cas d’incident ? « Il est vraisemblable que les premiers services de secours arrivant sur les lieux n’aient pas de formation spécifique au risque radiologique et que la population à proximité ne soit pas sensibilisée à ce risque », détaille l’ASN dans son rapport 2020 [6]. La société Fret SNCF assure de son côté effectuer un suivi permanent, tout comme Orano NPS. « Ce suivi permet de contrôler le respect des itinéraires et des délais, d’identifier toute situation non planifiée, d’alerter et de proposer des actions à engager », explique l’exploitant par courriel à Reporterre.

Si les incidents sont une réalité dans la mémoire des syndicalistes de Sud-Rail, tous sont restés jusqu’ici sans gravité. En 2013, un train transportant de l’uranium a déraillé dans la gare de triage de Saint-Rambert-d’Albon (Drôme). « C’est là que sont regroupés les Castor qui viennent de Tricastin, Cruas-Meysse et de Saint-Alban (Isère). C’est un petit triage, qui a la particularité d’être un triage de produits chimiques », souligne Dominique Malvaud, pour qui la possibilité de collision et d’incendie entre les deux types de fret est envisageable. La même année, un autre train a déraillé à Drancy, en banlieue parisienne. Là encore sans gravité, du moins en apparence. Car aucun train n’est complètement étanche aux radiations.

Déraillement d’un train Castor en gare de Drancy le 23 décembre 2013, déplacé de nouveau dans la journée. Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Harmonia Amanda

Des trains arrêtés dans des gares de voyageurs

Pour Bruno Chareyron, le responsable du laboratoire de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), l’irradiation passive des populations traversées et des conducteurs concernés est une certitude. Lors d’une enquête conjointe avec les cheminots de Sud-Rail en 1998, cet ingénieur en physique nucléaire a découvert qu’un individu restant 30 minutes au contact d’un train Castor recevait sa dose annuelle de rayonnements ionisants, soit 1 millisievert (mSv). « Si on appliquait des normes de protection sanitaire, le transport de certaines matières serait impossible, car cela coûterait trop cher, assure l’ingénieur. Il faudrait des blindages en plomb, ce qui induirait des coûts extrêmement importants. »

Les cheminots ont alors pris conscience des risques encourus par leurs collègues. « Je me rappelle qu’on s’asseyait sur ces wagons en attendant un changement de machine », se remémore Dominique Malvaud. Or, certains wagons, ainsi que des appareils de voies ferrées, étaient contaminés par des fuites. Pire, les cheminots ont découvert la présence de trains à l’arrêt dans des gares de voyageurs. « Les Castor restaient stationnés à 7 heures du matin face à des gens qui allaient travailler, avec des risques d’exposition », déplore Philippe Guiter, ancien secrétaire fédéral Sud-Rail.

Le cheminot l’assure : les arrêts en gares de voyageurs sont toujours une réalité aujourd’hui. « S’ils ne s’arrêtaient que dans des gares de triage, ce serait une chose. Mais on les retrouve encore régulièrement durant leurs temps d’arrêt en milieu de gare de voyageurs. » À Rouen, Versailles-Chantiers, Sartrouville, Valence ou encore Le Mans, énumère le syndicaliste, les cheminots y ont constaté des arrêts de ce type. Pour Yannick Rousselet, ces arrêts soulèvent la question de l’exposition des populations des radiations non consenties : « Prendre la route, c’est un choix personnel avec un risque connu. Dans le cas de l’irradiation subie par des citoyens sur un quai de gare, il n’y a aucune information. »

Un convoi Castor à la gare de triage de Drancy-Le Bourget, contenant 6,7 tonnes de combustible nucléaire usagé (principalement de l’uranium), en 2012. Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Suaudeau

Sollicité pour savoir si la fréquence de ces arrêts en gare de voyageurs était répertoriée et les autorités locales prévenues, Fret SNCF se mure dans le silence. « C’est un sujet sensible, il y a des questions de sécurité sur lesquelles nous ne pouvons pas nous prononcer », justifie avec une pointe de gêne l’entreprise publique. « Les véhicules transportant les matières radioactives sont par définition en mouvement : les durées d’exposition du public sont donc très courtes et n’ont aucun impact sur leur santé », certifie l’entreprise Orano, contactée par Reporterre. Concernant les risques de fuite, l’exploitant assure respecter les seuils de radioprotection : « Soit moins de 2 mSv/h au contact de l’emballage et du wagon et moins de 0,1 mSv/h à 2 mètres du wagon. »