ENTRÉE EN VIGUEUR DU TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES : LA FRANCE PREND LE RISQUE DE L’APOCALYPSE NUCLÉAIRE

L’entrée en vigueur, ce 22 janvier 2021, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) ouvre une nouvelle ère : ces armes de destruction massive sont illégales au regard du droit international.

La France — à l’égal des autres puissances nucléaires — tourne le dos à la paix, à la démocratie et au droit international. En refusant ce traité, ses responsables politiques favorisent une accoutumance des citoyens aux périls possibles d’une apocalypse nucléaire. Un non-sens pour un État qui se veut « responsable », et souhaite renforcer la sécurité internationale, garantir la préservation de la biodiversité et de l’environnement jusque dans sa Constitution.

Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) est le premier traité juridiquement contraignant qui interdit notamment la possession, la fabrication, l’usage, la menace d’utilisation, le commerce, le financement des armes nucléaires. Ce traité complète les engagements du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et assure la mise en œuvre de son article 6.

Le TIAN est la démonstration que l’ONU peut bien fonctionner. Une majorité écrasante des États membres, à travers des conférences (de 2010 à 2017) et cycles de négociations est ainsi parvenue à adopter le 7 juillet 2017 cet accord. Ouvert à la signature le 20 septembre 2017, le TIAN a atteint le 24 octobre 2020 les 50 ratifications requises pour son entrée en vigueur 90 jours plus tard (selon son article 15) : soit le 22 janvier 2021. De nouvelles ratifications et adhésions au TIAN sont attendues dans les semaines qui viennent.

Le TIAN comporte des obligations positives (déclarations, garanties, élimination, vérification, retrait, mesures d’application nationale, assistance aux victimes et remise en état de l’environnement, coopération et assistance internationales, universalité) pour permettre la mise en œuvre de l’interdiction des armes nucléaires et leur élimination progressive.

La France a un bilan très négatif sur ces dix dernières années concernant le TIAN :

  • Politique de la chaise vide lors des négociations à l’ONU, critiques virulentes du ministre Le Drian (« la politique de l’incantation confine à l’irresponsabilité » 18/09/2017), de diplomate (M. Miraillet par tweet « Fake money » en parlant du TIAN 05/01/2018) ou encore des déclarations inquiétantes (« Une prohibition internationale des armes nucléaires ne nous rapprochera aucunement de l’objectif d’un monde exempt d’armes nucléaires », Ambassadeur Guitton, 26/10/2016), sont quelques exemples des pratiques de la diplomatie française pour contrer un traité dont le but est d’éliminer la menace nucléaire, laissant à penser que l’interdiction de systèmes d’armes ne sert à rien pour favoriser la sécurité.
  • La pression de la diplomatie française ne s’est pas uniquement exercée sur les États. Le Président a ainsi affirmé, tel un dirigeant autoritaire, contrefaisant la réalité, que ce « traité ne créera aucune obligation nouvelle pour les acteurs privés sur son territoire » (discours du 07/02/2020)

Désormais, la question est ouverte : les acteurs financiers poursuivront-ils leur financement des systèmes d’armes illégales qu’ils qualifient déjà de « controversées » pour la BNP, « de destruction massive » pour le CIC et le Crédit mutuel ou encore « d’arme sensible » pour le Crédit agricole ? Les clients de ces établissements vont être attentifs aux choix de ces banques. Des institutions financières (Deutsche Bank, fonds de pension hollandais ABP, Japan Post Bank Co, Bank Australia) ont déjà inscrit le refus du financement des armes nucléaires dans leur politique d’investissement.

La France a su renforcer sa sécurité et celle de la communauté internationale en participant à l’interdiction des armes biologiques (1975) et chimiques (1997) et à l’interdiction des essais nucléaires (1996). Notre campagne ICAN France demande l’adhésion de la France à ce traité pour éliminer la menace nucléaire, renforcer la lutte contre la prolifération nucléaire et promouvoir la sécurité collective.

Nous engageons les parlementaires — et notamment les présidentes des commissions de la Défense et des Affaires étrangères, restées jusqu’à présent muettes sur ce sujet —, à organiser au plus vite un débat sur la pertinence de poursuivre l’investissement de 23 milliards d’euros entre 2022 et 2025, pour des armes désormais illégales.

Ce 22 janvier, des millions de personnes à travers le monde vont célébrer « le début de la fin des armes nucléaires » En France aussi de nombreuses initiatives sont prévues dans les villes de Bordeaux, Carhaix-Plouguer, Lyon, Marseille, Paris, Privas, Tours, Vénissieux, Brest, Manosque, …

Citations des organisations membres de ICAN France :

Abolition des armes nucléaires—Maison de Vigilance, Thierry Duvernoy : « Le traité d’interdiction est une remise en cause de la politique de dissuasion présentée comme facteur de sécurité, alors qu’elle favorise la prolifération et renforce l’insécurité des populations. »

Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire, Abraham Behar : « Si notre association internationale IPPNW, est fondatrice de la campagne ICAN, c’est uniquement pour des raisons de santé publique, pour prévenir une catastrophe irréversible atomique. Le seul geste possible reste l’éradication de l’arme nucléaire, et le moyen actuel est la mise en service du TIAN. »

ICAN France : « Trois jours avant l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, le Président, lors de ses vœux aux armées s’est livré à une nouvelle ode à la bombe, vantant la fierté de disposer d’une force militaire qui s’entraine dans l’objectif de pouvoir éliminer des populations civiles. Le 22 janvier 2021 le président Macron n’a donc aucun scrupule à placer le pays des droits de l’homme en marge du droit international et de renoncer au droit international humanitaire »

Négajoule !, Jean-Marc Louvet : « Les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU — dont la France — possèdent la bombe qui est l’instrument de domination par la terreur nucléaire. Le premier devoir du pouvoir est d’assurer la sécurité des populations et non de les mettre délibérément en danger. L’effort international doit à présent se consacrer à sauver l’humanité de l’apocalypse des changements climatiques. »

Mouvement pour une alternative non-violente, Serge Perrin : « Il est illusoire de croire que ces armes nucléaires coûteuses puissent être efficaces face aux menaces que font peser le terrorisme, les cyberattaques et le changement climatique ; sans compter que leur éventuelle utilisation dans les conflits à venir serait catastrophique. »

Observatoire des Armements, Patrice Bouveret : « Le TIAN, pour la première fois dans un traité international prend en compte la souffrance et les dégâts provoqués par les essais nucléaires et demandent réparation pour les victimes, ce qui représente une réelle avancée pour les populations impactées. »

Pugwash France : « Le TIAN est une victoire majeure du multilatéralisme mais nous devons encore relever des défis diplomatiques et scientifiques pour sa mise en œuvre et arriver au désarmement nucléaire total effectif et vérifiable. La France doit y participer ».

Réseau Sortir du nucléaire : « Capables d’annihiler des millions de vies, les armes nucléaires sont dénuées de toute pertinence géopolitique et demeurent polluantes et dangereuses même si elles ne sont pas utilisées. En conservant ces engins de mort alors que le TIAN vient d’entrer en vigueur, la France est désormais dans l’illégalité. »

Organisations signataires :

Abolition des armes nucléaires – Maison de Vigilance : http://abolitiondesarmesnucleaires.org

ADN Franche-Comté, AMFPGN, Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire : https://www.amfpgn.org

ATTAC, https://france.attac.org

ICAN France, http://icanfrance.org

LDH, Ligue des droits de l’homme : https://www.ldh-france.org

Le Mouvement Utopia : https://mouvementutopia.org/site/

Négajoule !, http://negajoule.free.fr

MAN, Mouvement pour une alternative non-violente : https://nonviolence.fr

MNLE, Mouvement national de lutte pour l’environnement : http://www.mnle.fr

MIR, Mouvement international de la réconciliation : http://mirfrance.org/historique.htm

Observatoire des Armements, http://obsarm.org

Pugwash France, http://pugwash.fr

Réseau Sortir du nucléaire, https://www.sortirdunucleaire.org

Publié le 21 janvier 2021

POINT DE VUE : VERS UN MONDE SANS ARME NUCLÉAIRE ?

Après une campagne internationale, citoyenne et de diplomatie scientifique d’une dizaine d’années, le Traité International d’Interdiction des Armes Nucléaires a passé le cap des 50 États signataires. C’est ce vendredi 22 janvier qu’il entre en vigueur. Le point de vue d’Émilie Gaillard, maîtresse de conférences en droit privé, spécialiste du droit de l’environnement.

Mus par une utopie de l’avenir, celle-là même qui instinctivement cherche à faire prévaloir l’impératif de sécurité de l’Humanité et de l’environnement, des États se sont ralliés en 2017 autour d’un Traité International d’Interdiction des Armes Nucléaires (le TIAN). L’objectif ? Rendre les armes nucléaires illégales au regard du droit international.

Après une campagne internationale, citoyenne et de diplomatie scientifique d’une dizaine d’années, le TIAN a passé le cap des 50 États signataires, chiffre nécessaire pour en concrétiser son entrée en vigueur en droit international. C’est ce vendredi 22 janvier qu’il entre en vigueur, un jour assurément historique. Pour l’intense campagne de plaidoyer réalisée jusqu’à l’adoption de ce traité, le prix Nobel de la paix a été décerné en 2017 à ICAN International, véritable coalition mondiale regroupant les initiatives mondiales qui ont porté ce pari fou d’interdire les armes nucléaires ! Non moins de 122 pays sur les 193 représentés à l’ONU ont signé ce traité en 2017.

Changer d’ère et d’assurer la survie de l’Humanité

Composé de 20 articles, ce traité vise à instituer un avenir libre de tout recours aux armes nucléaires en raison des risques incommensurables qu’elles font courir à la sécurité de l’Humanité. Le moment est venu de changer d’ère et d’assurer la survie de l’Humanité, sa sécurité alimentaire ainsi que l’intégrité de l’environnement. Cette ère nouvelle est celle de la prise de conscience de notre responsabilité envers les générations actuelles et futures, quelle que soit leur nationalité, quelle que soit leur date de naissance, sans discrimination de temps ni de lieux.

Les rares Hibakushas, ces victimes de l’emploi des armes nucléaires au Japon, ont libéré leur parole et sillonnés parfois les mers à bord du bateau Peace Boat pour témoigner de l’horreur de la bombe. Aux vétérans de la bombe se succèdent de nouvelles générations d’Hibakushas dit de la seconde et de la troisième génération relayant la mémoire d’un passé traumatique trop longtemps enfoui.

Le spectre de la bombe nucléaire

Le spectre de la bombe nucléaire fait également ressurgir d’anciens essais réalisés par les États nucléaires. Ce sarcophage nucléaire aux îles Marshall pour lequel le Congrès américain a demandé en 2002 une enquête en vue de la montée prévisible des eaux et des risques transgénérationnels et environnementaux que représenterait l’immersion de cette décharge nucléaire située à 3 600 kilomètres au nord de la Nouvelle-Calédonie. Ces lieux d’essais nucléaires atmosphériques ou tout-terrain qui ont conduit à une pollution éternelle à échelle de vies humaines. La Polynésie Française porte les stigmates de cette époque désormais révolue où la sécurité et la grandeur de la France étaient synonymes de détention de l’arme nucléaire. Les lagons de Mururoa et de Fangataufa sont non seulement déstabilisés mais également en voie de s’affaisser. Le désert d’Algérie portera également les stigmates de cette course folle à la détention d’une arme de destruction massive et transgénérationnelle. Le record mondial d’essais nucléaires est détenu par les États-Unis dans le désert du Nevada : 928 essais y ont été réalisés. Lourd est le tribut transgénérationnel porté également par les Kazaks, qui souffrent et souffriront encore des effets sur leur patrimoine génétique (456 tests nucléaires menés en secret).

Le droit de naître dans une Terre non contaminée

« Le droit à la vie c’est également le droit de naître dans une Terre non contaminée, une Terre libre de pollutions qui mettent en danger l’intégrité de l’Humanité et des générations futures. Le moment est venu d’adopter une nouvelle génération de droits : des droits et des devoirs transgénérationnels. À commencer par le droit de l’Humanité à une vie pérenne sur Terre. »

Par Émilie Gaillard, maîtresse de conférences en droit privé,… publié par Ouest-France le 21/01/2021 à 08h01

Écouter

Photo en titre : Un missile Titan, en Arizona, aux États-Unis, en février 2019. Nicole Neri, Reuters | REUTERS

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/point-de-vue-vers-un-monde-sans-arme-nucleaire-7125648

CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH : RADIOACTIVITÉ DE L’EAU POTABLE PUISÉE DANS LA GARONNE (CRIIRAD)

La CRIIRAD tient à vous informer de la publication d’une étude qu’elle a réalisée à la demande de plusieurs associations de la coordination Stop Golfech sur les impacts des rejets radioactifs de la centrale nucléaire de Golfech dans la Garonne. Inquiets de l’impact sanitaire et environnemental que peuvent engendrer ces rejets, des associations locales soutenues par des citoyens ont sollicité la CRIIRAD afin de réaliser une campagne d’analyses de végétaux aquatiques prélevés dans la Garonne.

Une telle étude avait déjà été réalisée en 2009 par la CRIIRAD et avait notamment révélé la présence significativement plus élevée (respectivement quatre fois et deux fois plus) en aval de la centrale qu’en amont de deux substances radioactives : le tritium organiquement lié et le carbone 14. Les résultats de cette nouvelle étude 10 ans plus tard montrent la persistance de la contamination en tritium et une augmentation de 60% de celle en carbone 14.

Selon EDF, les rejets de la centrale de Golfech ne dépassent pas les normes réglementaires. Leur impact sur l’environnement et la santé de la population à long terme n’en reste pas moins préoccupant.

L’analyse des données officielles montre en effet que les citoyens de plusieurs dizaines de communes situées en aval des rejets boivent de l’eau potable contaminée par le tritium. Les niveaux sont certes inférieurs aux normes en vigueur, mais la CRIIRAD a montré que les normes n’offraient pas un niveau de protection sanitaire suffisant, en particulier en cas de contamination chronique.

Suite à ces résultats, la CRIIRAD réitère ses recommandations en faveur de l’abaissement des normes sanitaires et de l’amélioration du contrôle de la qualité radiologique des eaux potables. Elle attire l’attention sur la nécessité de protéger la qualité des ressources en eau rendues vulnérables par la présence d’installations nucléaires en amont.

Nous vous invitons à découvrir et partager le rapport complet disponible sur notre site internet ainsi que nos publications Facebook et Twitter.

Pour plus d’informations :

CRIIRAD, 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence 

http://www.criirad.org/installations-nucl/golfech/Rapport_CRIIRAD_N_20-35_Golfech_VF.pdf

AU CŒUR DE LA MÉMOIRE ENTRE LA FRANCE ET L’ALGÉRIE : LE COMBAT DES IRRADIÉS DU SAHARA

Ce 20 janvier, l’historien Benjamin Stora remet au président de la République, Emmanuel Macron, son rapport sur la mémoire franco-algérienne. Les essais nucléaires réalisés jusqu’en 1966 dans le Sahara sont un des contentieux entre les deux pays.

Enquête

L’espace est minéral, immensité ocre de sable et de cailloux écrasée de lumière saharienne. Pierre Pothier pose aux côtés de ses camarades, képis et épaulettes. C’était fin 1966, dans le campement Oasis 1. Il avait 19 ans. Un solide gaillard du Haut-Beaujolais, ce Pierre Pothier.

Fils de garagiste, frotté à la mécanique dès son plus jeune âge, il avait été envoyé par l’armée avec la 12ème compagnie du service du matériel dans la zone d’In-Ekker, sur les marches du plateau du Hoggar, dans le Sud algérien. Sa mission était de déblayer le site des essais nucléaires souterrains avant sa remise aux autorités d’Alger, en 1967. D’un tour de main, le jeune brigadier réparait les Berliet ensablés, chargés de fûts de déchets radioactifs sur les plateaux à ridelles. « Quand on m’a passé le compteur Geiger, il crépitait de toutes parts », se souvient-il près de cinquante-quatre ans plus tard.

On rencontre Pierre Pothier, petit air d’Yves Montand au coin des lèvres, dans une pizzeria du Creusot (Saône-et-Loire), non loin de ses terres charolaises. Il est venu avec le coffre de sa voiture encombré de dossiers : certificats médicaux, jugements de tribunaux de pensions militaires, lettres aux députés et ministres.

L’ancien appelé du Sahara aura passé une bonne partie de sa vie à demander justice. Au retour d’In-Ekker, alors qu’il se lançait dans une carrière de loueur de voitures, sa santé s’est progressivement dégradée. Premiers symptômes : ses dents sont tombées. Puis trois cancers lui ont été diagnostiqués au fil des ans : thyroïde, foie et prostate. L’ancien sportif de 1,82 m – il fut champion de France de basket junior – a perdu 7 cm et a été déclaré invalide à l’âge de 52 ans. « J’ai eu des problèmes de santé toute ma vie », soupire-t-il. Ses deux compagnons de la photo minérale d’In-Ekker, Jean-Pierre Gardoni et Roland Bayle, tous deux atteints d’un cancer du foie, sont décédés autour de la cinquantaine.

Chantier atomique

Pierre Pothier et les autres… Militaires français (engagés ou appelés), employés algériens ou populations sahariennes et, plus tard, à l’autre bout du monde, insulaires polynésiens, combien sont-ils à porter encore les stigmates de cette « aventure nucléaire » française ?

Le Sud algérien (quatre essais atmosphériques à Reggane entre février 1960 et avril 1961, treize essais souterrains à In-Ekker entre novembre 1961 et février 1966) puis les atolls de Polynésie française jusqu’en 1995 (46 atmosphériques, 147 souterrains) ont été le chantier atomique grâce auquel la France s’est forgé son statut de grande puissance. Au Sahara, 20 000 civils et militaires ont successivement travaillé sur les deux sites de Reggane et d’In-Ekker – distants de 600 km –, sans compter les dizaines de milliers de villageois et de nomades touareg habitant ou transitant dans les zones à proximité.

Nombre d’entre eux ont été exposés, à des degrés divers, au risque de contamination radioactive, pendant ou après la période des expérimentations. L’accident survenu le 1er mai 1962, lors de l’essai souterrain « Béryl » à In-Ekker, est le plus connu. Ce jour-là, « une fraction de 5 à 10 % de la radioactivité est sortie par la galerie sous forme de laves et scories projetées (…), d’aérosols et de produits gazeux formant un nuage qui a culminé jusqu’aux environs de 2 600 m d’altitude à l’origine d’une radioactivité détectable jusqu’à quelques centaines de kilomètres », notait en 2001 un rapport parlementaire corédigé par le député Christian Bataille et le sénateur Henri Revol. Le même rapport précisait que d’autres fuites, d’ampleur certes plus limitée, avaient été constatées lors des essais « Améthyste » (mars 1963), « Rubis » (octobre 1963) et « Jade » (mai 1965).

Et quand a sonné l’heure de la restitution de ces sites sahariens à l’Algérie, en 1967, l’armée française a enfoui sous les sables le matériel contaminé : véhicules, engins de terrassement, outillage, etc. « Nous creusions au bulldozer des tranchées de 4 m de profondeur et de 50 m de longueur, témoigne aujourd’hui Christian Chevillard, un appelé présent à In-Ekker en 1966. Nous y enterrions du matériel mécanique, des vêtements. Tout était contaminé, bien sûr. »

« L’endroit n’a pas été nettoyé, ou a été mal nettoyé, explique le médecin nucléaire Abraham Béhar, membre du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen), créé en 2010 à Paris. La décontamination s’est faite à la hâte, d’une manière pas très rigoureuse. Il y a eu incontestablement une faute. » Il ajoute que, « à In-Ekker, on est à peu près certain qu’il y a eu une contamination durable des puits d’eau ».

Le documentaire At(h)ome (Les Écrans du large, 2013), d’Élisabeth Leuvrey et Bruno Hadjih, explore l’impact toujours sensible des essais d’In-Ekker sur le village de Mertoutek, distant de 60 km. Là, les résidents se souviennent des maladies mortelles ayant suivi le fameux essai « Béryl » de 1962 et évoquent la persistance du « mal dans la terre » et du « mal dans l’eau ».

Négligences

Longtemps taboue, l’affaire pèse, héritage délétère, dans la psyché des relations franco-algériennes, au rayon des dossiers toxiques comme à celui des secrets d’État bien gardés. Si la France doit assumer – non sans mal – les conséquences des contaminations, l’État algérien a longtemps trahi un évident embarras. Clause des accords d’Évian de 1962 sur l’indépendance, la concession des sites nucléaires sahariens, laissée à l’armée française jusqu’en 1967, entache le récit héroïque de la libération nationale. Et les négligences qui ont caractérisé la gestion de ces sites – laissés en l’état derrière de pauvres barbelés – après le départ définitif des Français interrogent sur les raisons d’une telle inattention de la part du nouvel État, certes initialement démuni face à pareil legs empoisonné.

Mais, après des années d’un silence qui laisse pantois, Alger hausse maintenant le ton. « La seule compensation envisageable est celle des essais nucléaires », a déclaré en juillet 2020 au quotidien français L’Opinion le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, évoquant les différents litiges de la mémoire franco-algérienne.

Lire aussi : Que sont devenus les déchets issus des essais nucléaires français en Algérie ? (Article réservé à nos abonnés)

Avant de se réinviter à la table des dossiers bilatéraux, le passif nucléaire du Sahara a d’abord été une affaire franco-française. Les anciens appelés du Sahara – rassemblés avec les irradiés et contaminés de Polynésie française dans l’Association des vétérans des essais nucléaires (AVEN), créée en 2001 – ont dû mener une lutte âpre et pénible pour la reconnaissance de leurs pathologies « radio-induites » par un État longtemps cambré dans le déni.

La réalité de l’exposition de ces appelés au rayonnement ionisant était pourtant d’une évidence criante. Christian Chevillard, chauffeur au 11e régiment du génie saharien, présent à In-Ekker en 1966, raconte que lui et ses camarades n’avaient pour protection qu’une simple tenue de « type combinaison de peinture » lorsqu’ils enfouissaient sous le sable le matériel contaminé.

Les témoignages, consignés par les membres de l’AVEN, sont nombreux. Gérard Deullac, ancien soldat du 620e groupe des armes spéciales (GAS), rapporte ainsi qu’il s’était fait entraîner par un officier – un « ex » d’Indochine – pour aller planter le drapeau tricolore dans le cratère creusé au « point zéro » par le premier essai (atmosphérique) « Gerboise bleue » du 13 février 1960. À son retour à Toulouse, où il officiait comme plombier, il perdit ses cheveux par plaques entières et développa un cancer de la peau. Au début des années 2000, alors qu’il avait entamé un combat devant le tribunal des pensions militaires, on lui objecta que « l’irradiation est une circonstance aggravante pour les cancers de la peau comme le soleil ».

Sur écoute par les RG

Et que dire du découragement de Pierre Pothier, l’as des Berliet d’In-Ekker ? Dès qu’il a créé, en 2006, l’Association des sacrifiés des essais nucléaires français, il a été mis sur écoute par les renseignements généraux (RG). La suite ne fut qu’une longue liste de rebuffades, de saisines stériles du tribunal des pensions militaires.

On lui demande de prouver que ses trois cancers sont bien radio-induits, attestation qu’aucun médecin n’ose lui délivrer. On va même jusqu’à contester qu’il ait jamais été présent sur un site d’essais, car son bulletin militaire ne mentionnait que la vague expression « Territoires du sud » – formule qui englobait sans distinction In-Ekker, Reggane, Colomb-Béchar, Hammaguir. « On me soutenait que je me trouvais à Colomb-Béchar et non à In-Ekker [distants de 1 100 km] ! » Et il y eut bien d’autres épisodes très étranges, tel ce refus soudain et inexpliqué des dons du sang que Pierre Pothier avait l’habitude d’effectuer. « J’avais l’impression que l’armée faisait traîner les choses en attendant que nous disparaissions », se désole-t-il.

Après tant d’années d’obstruction, d’opacité, de mépris, le climat a toutefois fini par évoluer dans un sens plus favorable aux victimes des radiations. Le long combat de diverses associations – à la tête desquelles s’illustrent l’AVEN de Bruno Barrillot (décédé en 2017) ou l’association polynésienne Moruroa e tatou – auxquelles les médias ont donné un écho croissant a déplacé les lignes au plus haut niveau de l’État. Le tournant date de l’adoption, en février 2010, de la loi Morin, du nom d’Hervé Morin, le ministre de la défense de l’époque.

La reconnaissance est désormais plus aisée. Plutôt que de devoir apporter la preuve scientifique de leur contamination, les plaignants bénéficient d’une « présomption de causalité ». Celle-ci est acquise dès lors que peut être justifiée leur présence à proximité des sites nucléaires au Sahara ou en Polynésie française au cours des périodes d’expérimentations ou immédiatement postérieures (1960-1967 dans le premier cas, 1966-1998 dans le second) et de pathologies figurant parmi une liste de vingt-trois maladies officiellement reconnues comme radio-induites (dix-neuf cancers, leucémies, myélodysplasies, lymphomes non hodgkiniens et myélomes).

26 millions d’euros d’indemnisations

Fondé pour la circonstance, le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, présidé depuis 2017 par le conseiller d’État Alain Christnacht, se réserve toutefois la possibilité de rejeter cette « présomption de causalité » si – condition précisée par une modification législative en 2018 – « la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires » reçue par le plaignant est évaluée à moins de 1 millisievert (1 mSv), la dose de radioactivité établie comme dangereuse pour la santé. Cette spécification a fait l’objet d’une partie de bras de fer avec les avocats défendant les associations, qui l’ont jugée trop restrictive. « Beaucoup de victimes n’ont pas fait l’objet d’une surveillance radiologique régulière », objecte Cécile Labrunie, avocate de l’AVEN.

En dix ans de service, le Civen avait enregistré fin 2020 près de 1 739 demandes d’indemnisation, dont environ 400 ont reçu une suite favorable – un chiffre qui monte à 545 si l’on intègre les jugements positifs de la justice administrative, saisie après un premier rejet du Civen. Au total, 26 millions d’euros ont été débloqués pour les indemnisations. Au regard du grand déni qui régnait jusqu’en 2010, l’horizon s’est quelque peu éclairci pour les victimes. Le taux d’acceptation de dossiers par le Civen tourne désormais autour de 50 %, contre 2 % avant 2015.

Ces avancées incontestables n’ont pas pour autant dissipé l’épais malaise qui n’en finit pas d’entourer l’« aventure nucléaire » française, toutes ces plaies environnementales et humaines non cicatrisées. Combien de victimes, tel Pierre Pothier, ont renoncé à demander justice, affaiblies par l’âge et la maladie et découragées par de trop longues procédures ? Bien des questions demeurent par ailleurs en suspens, notamment celle de la transmission intergénérationnelle de pathologies, sur laquelle le débat entre scientifiques est vif.

Surtout, l’œuvre de réparation esquissée souffre d’un déséquilibre géographique flagrant entre la Polynésie française – relayée à Paris par d’influents groupes de pression – et l’Algérie, restée à l’écart. Si l’on met de côté les ex-appelés français du Sahara, un seul ressortissant algérien, en l’occurrence la veuve d’un employé civil à Reggane, a été indemnisée (pour 52 dossiers d’Algériens déposés seulement). La plaignante vivait en Algérie mais elle a pu être aidée pour saisir la justice française par un de ses enfants, résidant en France. Son dossier, qui avait été rejeté par le Civen puis par le tribunal administratif de Paris saisi d’un recours, a été récupéré par l’avocate Cécile Labrunie. La cour administrative d’appel a finalement rendu un jugement favorable en décembre 2017.

Pour le reste, le flux de requêtes parvenant d’Alger est mince. « C’est pour nous un mystère, s’étonne Alain Christnacht, le président du Civen. Nous ne recevons quasiment pas de demandes d’Algériens. Nous aimerions bien sûr afficher des résultats supérieurs sur l’Algérie. » À qui la faute ? L’absence de volontarisme de la part de Paris ? L’indifférence d’Alger, qui ne s’est jamais beaucoup soucié des populations de son propre Sud ? Un mélange des deux, assurément.

Par Frédéric Bobin et Dorothée Myriam Kellou, publié le 20 janvier 2021 à 05h00, mis à jour à 15h55

Photo en titre : SERGIO AQUINDO

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/01/20/au-c-ur-de-la-memoire-franco-algerienne-le-combat-des-irradies-du-sahara_6066872_3212.html

LOT-ET-GARONNE ET « REJETS RADIOACTIFS » : TROP DE TRITIUM EN AVAL DE GOLFECH ?

Les doses seraient nocives à long terme, selon Stop Golfech

La coordination Stop Golfech a présenté ce mercredi 20 janvier à la mairie de Roquefort, les résultats d’une étude réalisée par la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) et qu’elle a financée elle-même (3 000 euros). Il en ressort que, selon elle, les taux de tritium et de carbone 14 sont trop élevés en aval de la centrale nucléaire de Golfech, particulièrement en Agenais, où l’on consomme l’eau de la Garonne.

« Il y a des rejets radioactifs dans l’eau de la Garonne, qui est ensuite consommée par une trentaine de communes de l’Agenais« 

« Nous avons été alertés l’été 2019 par des associations qui ont relevé des taux élevés de tritium (un isotope radioactif de l’hydrogène), notamment, près de centrales nucléaires françaises« , explique Monique Guittenit, membre de Stop Golfech. « Lorsque nous avons voulu vérifier si c’était le cas en Garonne, nous avons constaté que la seule station de surveillance, installée à Boé, était en panne! Elle est maintenant réparée, mais cela aurait déjà dû entraîner l’arrêt de la centrale« .

En octobre 2019, un collectif d’associations demande donc à la Criirad de procéder à des analyses, dont la publication des résultats a été retardée par les confinements successifs. « Ces analyses révèlent qu’il y a quatre fois plus de tritium organiquement lié à Lamagistère, 870 mètres en aval des rejets de Golfech, qu’en amont. Quant au carbone 14, il y en avait deux fois plus en aval« .

Faibles doses, mais dangereuses?

« Ces taux témoignent qu’il y a des rejets radioactifs dans l’eau de la Garonne, qui est ensuite consommée par une trentaine de communes de l’Agenais, ou bien utilisée pour l’irrigation« , indique-t-on à Stop Golfech, qui assure que « EDF et les autorités sanitaires banalisent cette situation« .

Mais le collectif évoque le problème que ces faibles doses sont ingérées directement dans des périodes longues, et n’hésite pas à produire des études faisant le lien entre des leucémies infantiles et les centrales nucléaires.

« Nous souhaitons que les élus, les associations et les diverses associations réagissent à cette information« , poursuit-on à Stop Golfech. L’étude de la Criirad devrait déjà être abordée lors de la prochaine Commission locale d’information de Golfech, qui se tiendra le 27 janvier prochain.

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Par SudOuest.fr, publié le 20/01/2021 à 16h44

Photo en titre : Stop Golfech s’inquiète des taux de tritium relevés en avanl de la centrale © Crédit photo : archives Sud Ouest

https://www.sudouest.fr/2021/01/20/lot-et-garonne-trop-de-tritium-en-aval-de-golfech-8309341-4622.php

LA FRANCE DOIT ADHÉRER AU TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

TRIBUNE   « L’entrée en vigueur du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) le 22 janvier 2021 n’est pas un événement ordinaire dans le climat de tension internationale et de risque pour la sécurité de la planète. Dix-neuf associations et organisations françaises, dont cinq anciens prix Nobel de la paix, lancent un appel solennel au président de la République pour que la France adhère à ce traité »

Le 22 janvier 2021 restera une date historique : un traité multilatéral, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), adopté par les deux tiers des pays membres de l’ONU en 2017, entre en vigueur et rend les armes nucléaires illégales, que ce soit leur possession, leur fabrication, ou la menace de leur utilisation, c’est-à-dire la stratégie de dissuasion nucléaire. Le TIAN comble un vide juridique et complète l’interdiction des autres armes de destruction massive, biologiques et chimiques, ainsi que de certaines armes classiques condamnées pour leur impact sur les civils.

→ EXPLICATION. L’entrée en vigueur du traité interdisant les armes nucléaires, un pas historique ou symbolique ?

Il aura des effets même sur les pays qui le rejettent. La France, qui s’est toujours voulue le pays porteur des valeurs de respect du droit international, ne doit pas tourner le dos à ce processus de démocratie internationale et doit adhérer au TIAN.

Cet accord est le résultat de dizaines d’années d’efforts persévérants de la société civile, à travers des organisations dont de nombreuses ont été regroupées au sein de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix 2017, et le Comité international de la Croix-Rouge, en convergence avec plusieurs États, dont le Saint-Siège, l’Afrique du Sud (ancienne puissance nucléaire) et la Nouvelle-Zélande.

Les organisations, gouvernements, Églises, syndicats qui soutiennent l’interdiction des armes nucléaires n’ont pas agi seulement par frustration à l’égard des détenteurs d’arsenaux qui n’ont pas tenu leurs engagements, pris notamment dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

→SONDAGE. Les Français contre le nucléaire militaire

Le TIAN concrétise le rejet d’un système verrouillé par le veto de ces quelques pays et d’un système de sécurité fondé sur la capacité de perpétrer des massacres de masse de civils.

Les puissances nucléaires, dont la France, ont beau déclarer que le TIAN ne leur imposera aucune obligation, elles ne pourront plus désormais affirmer que leurs armes nucléaires sont légitimes. Elles se comportent comme si le TNP leur accordait indéfiniment un droit de possession et de recours à l’arme nucléaire, en contradiction avec l’esprit et le texte de ce traité. Ainsi tentent-elles de justifier l’injustifiable, à savoir les programmes de modernisation et de renouvellement de leurs arsenaux nucléaires, étalés encore sur plusieurs décennies à coups de centaines de milliards d’euros.

Pourtant, l’article VI du TNP leur fait bien – depuis un demi-siècle – obligation de négocier en vue de « la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée » et d’un « traité de désarmement général et complet » !

Les autorités françaises, comme celles des autres puissances nucléaires, affirment de manière contradictoire que la dissuasion nucléaire exclut tout recours à l’arme nucléaire, alors même qu’elles incluent dans leur doctrine des scénarios d’emploi de l’arme atomique (le « dernier avertissement ») et investissent dans de nouveaux types d’armes nucléaires plus « utilisables », qui abaissent dangereusement le seuil de la guerre nucléaire.

→ TRIBUNE. La paix ne saurait être fondée sur des armes de destruction massive !

Les puissances nucléaires affirment que la seule solution réaliste vers le désarmement consiste à cheminer « étape par étape », et fixent comme objectif prioritaire la non-prolifération. En fait, toutes les mesures en discussion (interdiction des essais nucléaires ou de la production de matières fissiles militaires, réduction des arsenaux, non-emploi en premier, etc.) sont actuellement bloquées par ces mêmes puissances. De plus, en continuant d’affirmer que l’arme nucléaire est la garantie ultime de leur sécurité, elles la rendent encore plus attrayante et elles favorisent la prolifération qu’elles prétendent combattre.

Le Président de la République doit sortir de trois contradictions dans lesquelles il s’est enfermé : il a fustigé le « désarmement unilatéral », tout en s’enorgueillissant des mesures de réduction que la France avait prises unilatéralement depuis la fin de la Guerre froide ; il prône le multilatéralisme, tout en rejetant les aspirations d’une majorité d’États, dont des membres de l‘Union européenne ; il entend inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution alors qu’une guerre nucléaire, même limitée, serait un crime d’écocide compte tenu de ses conséquences catastrophiques sur la planète, ses habitants et les générations futures, ainsi que l’ont démontré plus de 2000 essais nucléaires dont les effets sanitaires et environnementaux se font aujourd’hui encore ressentir sur les populations concernées.

→LIRE. Emmanuel Macron veut européaniser la dissuasion nucléaire

Il est donc grand temps, trois quarts de siècle après l’horreur d’Hiroshima et de Nagasaki, que la France se joigne au mouvement mondial pour l’élimination progressive et multilatérale des armes nucléaires en adhérant au TIAN. La France contribuera ainsi, comme elle l’a déjà fait pour les autres armes de destruction massive, à l’élimination de l’arme la plus destructrice inventée par l’être humain.

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Déclaration du 22 janvier 2021- Liste des signataires

Abolition des armes nucléaires – Maison de Vigilance, ADN (Collectif Arrêt du nucléaire)

AFCDRP (Association française des communes, départements et régions pour la paix) – Maires pour la Paix, AMFPGN (Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire, affiliée à IPPNW, Prix Nobel de la paix 1987), Amnesty International France (affilié à Amnesty International, Prix Nobel de la Paix 1977), Artistes pour la paix EPP (Enseignants pour la paix, membre de l’Association internationale des éducateurs à la paix – AIEP), ICAN France (affiliée à ICAN, Prix Nobel de la paix 2017), IDN (Initiatives pour le désarmement nucléaire), IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe), LIFPL France (Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté), Ligue des droits de l’Homme (affiliée à ICAN France), Mouvement de la paix (affilié à ICAN et au Bureau international de la paix, Prix Nobel de la paix 1910), MIR-France (Mouvement international de la réconciliation, affilié à ICAN France), Mouvement national de lutte pour l’environnement

Observatoire des armements, PAX Christi France, PNND France (Parlementaires pour la non-prolifération et le désarmement nucléaire), Pugwash-France (affilié au Mouvement Pugwash, Prix Nobel de la paix 1995).

Par La Croix, publié le 20/01/2021 à 09h48

https://www.la-croix.com/Debats/France-doit-adherer-traite-linterdiction-armes-nucleaires-2021-01-20-1201135948

UNE POUBELLE NUCLÉAIRE RUSSE MENACE LES EAUX ARCTIQUES

Plusieurs sous-marins nucléaires soviétiques gisent dans la mer de Kara, faisant courir le risque d’un désastre radioactif. 

Pendant des décennies, l’Union soviétique a utilisé la mer de Kara comme décharge de déchets nucléaires. Dans les eaux glacées de cette mer au nord de la Russie gisent une quinzaine de réacteurs nucléaires mis au rebut par les Russes et au moins quatre sous-marins nucléaires entiers, coulés ou endommagés par des accidents.

Au total, ces bateaux dégageraient une activité de 1 million de curies (3,7×1010 becquerels) selon l’AGASM. En comptant les autres déchets nucléaires, ces matières fissiles représentent près de six fois et demi le rayonnement libéré à Hiroshima, indique le site Popular Mechanics.

Le Komsomolets, par exemple, a sombré au large de la mer de Barents à la suite d’un incendie le 7 avril 1989. Des niveaux de radioactivité de 800 Becquerels par litre d’eau ont été mesurés par une expédition russo-norvégienne en juin 2019, soit un taux 800.000 fois supérieur à la normale.

Le sous-marin est aussi équipé de deux ogives nucléaires de 3 kilos chacune remplies de plutonium, qui pourraient être décomposées par la corrosion de la coque.

Selon Frederic Hauge, fondateur et directeur de l’ONG Bellona, le cas du Komsomolets n’est cependant pas le plus préoccupant, car le submersible est situé à une grande profondeur.

La situation du sous-marin K-159, qui a coulé en août 2003 à la suite d’une tempête, est plus critique: immergé à 248 mètres de profondeur, il se situe dans une zone de pêche importante. Une fuite de matériel radioactif pourrait gravement contaminer les populations locales de fruits de mer et de poisson.

«En outre, cela pourrait sérieusement nuire aux plans de développement de la route maritime du Nord, les propriétaires de navires refusant de naviguer le long de celle-ci», atteste Andrey Zolotkov, directeur de Bellona, une organisation internationale à but non lucratif de l’environnement basée en Norvège.

Gloire à la casse

L’Union soviétique et la Russie ont construit la plus grande flotte marine nucléaire du monde dans la seconde moitié du XXe siècle. À son apogée militaire au milieu des années 1990, la Russie comptait 245 sous-marins à propulsion nucléaire, dont 180 équipés de deux réacteurs.

Une fois déclassés, le démantèlement de ces sous-marins a fait l’objet d’un traitement frisant plusieurs fois la catastrophe. En octobre 1995, douze sous-marins soviétiques déclassés attendaient d’être éliminés à Mourmansk, garnis de réacteurs et de déchets nucléaires.

Lorsque l’armée russe à court d’argent n’a plus payé les factures d’électricité de la base pendant des mois, la compagnie locale a coupé le courant, menaçant les sous-marins de fusion, raconte Popular Mechanics. Les membres du personnel militaire ont dû persuader les employés de l’usine de rétablir l’électricité en les menaçant d’une arme à feu.

De nombreux autres incidents du même type ont failli provoquer des catastrophes similaires. Aujourd’hui, ce travail bâclé se retrouve enfoui dans la mer et menace de transformer la mer de Kara en mini Fukushima sous-marin.

La Russie travaille aujourd’hui à la conception d’un navire spécialement conçu pour récupérer ses sous-marins en déperdition. Selon Rosatom, la société d’état russe, ce travail pourrait être achevé d’ici à 2032. Les épaves tiendront-elles le coup d’ici là? Espérons que oui.

Repéré par Céline Deluzarche sur Popular Mechanics, publié le 20 janvier 2021 à 7h08

Photo en titre : Deux sous-marins russes, au mouillage près de Severomorsk, en 2000. | Alexander Nemenov / AFP

https://korii.slate.fr/et-caetera/poubelle-nucleaire-russe-menace-eaux-arctiques-cimetiere-sous-marin-radiations

NOTE : en allant directement sur le site : https://www.popularmechanics.com/military/navy-ships/a34976195/russias-nuclear-submarine-graveyard/ vous pourrez voir une vidéo des images sous-marines.

INFO CONTEXTE – LE RAPPORT QUI CONTRARIE LES PROJETS NUCLÉAIRES DE L’ÉTAT

Un mix électrique fondé sur « des parts très élevées d’énergies renouvelables » est techniquement possible, selon les conclusions d’une étude encore non publique de l’AIE et de RTE, auxquelles Contexte a eu accès. Parallèle aux travaux menés par l’État pour construire de nouveaux réacteurs nucléaires, le rapport inquiète la filière.

« Moi, j’ai besoin du nucléaire. »

Au détour de son entretien à Brut le 4 décembre 2020, Emmanuel Macron livrait un vibrant plaidoyer en faveur de cette énergie.

Quatre jours plus tard, le chef de l’État réitérait l’exercice au Creusot, haut lieu de la métallurgie nucléaire française, sans pour autant faire d’annonce substantielle à court ou moyen terme.  

Déclarations d’amour

Pourquoi deux déclarations d’amour aussi rapprochées sur un sujet à propos duquel le président s’exprime peu depuis le début du quinquennat ?

Car même si l’État étudie le lancement de nouveaux réacteurs, à grand renfort d’argent public comme l’a révélé Contexte, toute future décision est suspendue à l’hypothétique mise en service de l’EPR de Flamanville, aujourd’hui prévue en 2023.

Rassurer la filière

Pour le chef de l’État, il s’agit de rassurer le secteur nucléaire, alors que doit paraître un rapport pouvant être perçu comme contredisant cette stratégie. Contexte s’en est procuré la synthèse de quatorze pages, adressée au gouvernement, et dont l’exécutif a « fait l’examen d’une revue transitoire [le 8 décembre] en conseil de défense » écologique, selon Emmanuel Macron, toujours au Creusot.

Réalisé conjointement par le gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le document conclut qu’un mix électrique décarboné fondé sur des parts très élevées de renouvelables est techniquement réalisable en 2050.

Précédents

Certes, la conclusion n’est pas nouvelle. L’Ademe est le premier acteur institutionnel à avoir osé ouvrir la voie en 2015, suscitant l’ire de « l’État actionnaire » d’EDF. L’agence avait dû attendre de longs mois avant d’obtenir le feu vert du gouvernement pour publier son étude, et a réitéré depuis.

Depuis, RTE, ex-filiale à 100 % d’EDF, qui reste actionnaire de référence, a imaginé des futurs électriques autres que nucléaires (relire notre article), suivi par la propre administration du ministère de la Transition écologique (relire notre article).

Mais ce rapport se distingue des précédents, car il est endossé par l’AIE, basée à Paris, gardienne du temple de l’orthodoxie énergétique. Et dont le patron, l’économiste turc Fatih Birol, répète à l’envi que le nucléaire est essentiel au mix électrique du futur (relire notre article).

Légitimité

Le choix du ministère de la Transition écologique d’associer l’AIE à cette étude vise justement à couper court à tout procès en légitimité, et à limiter la portée des contre-attaques. L’enjeu : donner un caractère international à l’étude pour éviter un débat franco-français, où EDF « nucléaire » serait opposée à RTE « renouvelables ».

Car, selon nos informations, ce rapport est d’abord le fruit d’une colère de l’ex-ministre de la Transition écologique, et alors solidaire, Élisabeth Borne.

En octobre 2019, le P-DG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, déclare que la neutralité climatique de la France en 2050 ne pourra pas être atteinte sans construire de nouveaux réacteurs :

« Personne ne pense qu’on puisse l’assurer sur le plan du système énergétique uniquement avec des renouvelables et du stockage. Donc il faudra de nouvelles centrales nucléaires. »

La ministre « s’est mise en colère et a dit “on va leur montrer que nous décidons” », confie un très bon connaisseur du dossier.

Déjà dans les tuyaux, comme en atteste la première version de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), où elle est timidement mentionnée (p. 146), l’étude prend une envergure nouvelle et est explicitement mentionnée dans la version finale de la PPE (p. 164).

« Espace de faisabilité »

Pour finir, la synthèse du rapport à laquelle Contexte a eu accès conclut qu’un mix électrique décarboné et renouvelables est possible.

« Il y a un espace de faisabilité », résume un observateur. « Il n’est pas simple, mais il existe, et est conditionné par le fait de valider un certain nombre de jalons. »

Selon la note, « quatre ensembles de conditions strictes [ … ] devront être remplis pour assurer, sur le plan technique, l’intégration en toute sécurité de très grandes parts d’énergies renouvelables dans un système électrique large comme celui de la France » (voir ci-contre*).

Il s’agit de stabiliser le système, de sécuriser l’alimentation électrique, de redimensionner les réserves opérationnelles et de développer les réseaux d’électricité au-delà de 2030, « tant au niveau du transport que de la distribution ».

Huit scénarios à l’automne 2021

La synthèse prévient :

« Le rapport n’examine pas la question de savoir si ces scénarios sont socialement souhaitables ou attrayants ni celle de leur coût et de leur viabilité financière. »

Mais c’est sur la base de cette étude-cadre que RTE finalisera d’ici à l’automne 2021 huit scénarios de mix électrique, permettant de tenir la neutralité carbone 2050, sous l’angle technique, économique, environnemental et sociétal.

Nucléaire au mieux en stagnation

Le scénario le plus ambitieux pour le nucléaire parvient à une part de 50 % en 2050. Donc en stagnation pendant quinze ans, puisque la France s’est fixé d’atteindre cette part du nucléaire dans son mix électrique en 2035. Ce seul maintien implique un « effort très important » de « renouvellement accéléré du parc ».

Maintenir une part de nucléaire moindre, à 30-35 % en 2050, implique de construire douze à seize EPR. En construire six à dix aboutit à une part de nucléaire de 20-25 %. Pour l’heure, l’État et EDF scénarisent la mise en service de six EPR entre 2035 et 2044 (relire notre article).

A contrario, trois scénarios « renouvelables sans nouveau nucléaire » reposent, eux, sur un mix électrique reposant à 85 % sur les renouvelables, et à 15 % de nucléaire. Et le quatrième sur un mix 100 % renouvelables.

R&D du futur

Sans être prescriptifs, ces éléments peuvent se lire comme un programme de R&D électrique du futur. Leur publication, prévue en janvier 2021 pour l’étude RTE-AIE, puis à l’automne pour les scénarios de RTE, coïncide avec le programme de travail, requis par la PPE, que doit élaborer le gouvernement avec la filière d’ici à la mi-2021 pour permettre de décider, ou non, de la construction de trois paires d’EPR.

« EDF en a vraiment peur, sous l’angle : “si c’est possible, alors les gens vont se dire que c’est souhaitable” », témoigne un connaisseur du secteur. « La filière aurait clairement voulu un message d’impossibilité»

Par Victor Roux-Goeken, ( @_Victor_RG_), publié le 19 janvier 2021 à 7h30

https://www.contexte.com/article/energie/info-contexte-edf-rte-aie-le-rapport-qui-contrarie-les-projets-nucleaires-de-letat_125477.html

EDF : NOUVELLE JOURNÉE DE GRÈVE TRÈS SUIVIE CONTRE LE PROJET « HERCULE »

Les syndicats accusent le gouvernement de mettre en œuvre un « démantèlement » du groupe.

Le projet de réorganisation d’EDF n’est pas encore engagé, mais la mobilisation syndicale reste forte. Mardi 19 janvier, plus d’un agent sur quatre (28 %, selon la direction) était en grève à la mi-journée. Une mobilisation comparable à celles des dernières journées de grève à l’automne 2020 (autour de 30 % fin novembre et début décembre, 28 % à la mi-décembre), mais qui reste à un niveau élevé dans la maison EDF.

Les syndicats demandent de manière unanime le retrait du projet « Hercule », qui vise à une réorganisation complète d’EDF. Dans une lettre adressée au président de la République, Emmanuel Macron, début janvier, les dirigeants des confédérations CGT, CFDT, CGC et FO ont demandé la fin d’un projet « qui ne répond en rien aux exigences de notre époque et à l’avenir de nouvelles générations ».

Hercule est un chantier qui vise à refondre totalement l’architecture d’EDF, en le séparant en trois entités : EDF Bleu, entreprise publique, comprendrait principalement les activités liées au nucléaire ; EDF Vert, dont le capital serait ouvert au privé, rassemblerait les activités de fourniture et de distribution d’électricité, ainsi que les énergies renouvelables ; enfin, EDF Azur aurait un statut particulier et serait chargé de la gestion des barrages hydroélectriques.

Trouver un modèle financier plus soutenable

Ce découpage répond d’abord à la volonté d’EDF de trouver un modèle financier plus soutenable qu’aujourd’hui. Le groupe, qui bénéficie de l’appui du gouvernement, estime que les règles qui régissent la manière dont il revend l’électricité produite par les centrales nucléaires à ses concurrents sont inéquitables. Ce dispositif, appelé « accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (Arenh) a été mis en place en 2011 pour rassurer la Commission européenne sur la bonne volonté des Français d’ouvrir le marché de l’électricité. Le gouvernement négocie depuis des mois à Bruxelles un nouveau dispositif, plus favorable à EDF. Le projet « Hercule » est, en quelque sorte, une contrepartie à cette réforme de l’Arenh.

Les syndicats considèrent qu’il s’agit d’un « démantèlement » du groupe, mais la direction et le gouvernement promettent qu’ils peuvent maintenir « l’intégrité du groupe », tout en obtenant de Bruxelles une meilleure rémunération du nucléaire français.

Des actions ont été menées toute la journée dans plusieurs villes. À Paris, la CGT a déversé des dizaines de compteurs Linky devant le siège de La République en marche. Aux côtés des militants présents, le sénateur communiste de Seine-Saint-Denis, Fabien Gay, a dénoncé une « spoliation du bien commun ».

Le gouvernement temporise

Plusieurs députés ont invité, mercredi, les représentants syndicaux d’EDF à l’Assemblée pour échanger autour de « Hercule ». Depuis plusieurs semaines, de nombreux élus de l’opposition, des « insoumis » aux Républicains, en passant par les communistes, ont fait part de leur opposition au projet. Valérie Rabault, la présidente du groupe socialiste, a livré son intention de déposer une proposition de référendum d’initiative partagée (RIP) contre le projet. « On ne peut pas, comme le fait Emmanuel Macron, tenir un discours sur la souveraineté et démanteler un fleuron industriel. Hors de question d’y toucher », martèle la députée du Tarn-et-Garonne.

Le gouvernement temporise, en assurant que les discussions avec Bruxelles sont loin d’être terminées. « Nous ne sommes qu’au début du chantier. À ce stade, nous ne sommes pas encore parvenus à un accord global avec la Commission européenne, et les échanges se poursuivent. Cela prend du temps, mais c’est aussi parce que le gouvernement tient bon sur les points essentiels du projet et parce qu’on veut qu’il soit solide », a, ainsi, expliqué la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, lors d’un débat au Sénat, début janvier. Mme Pompili s’est engagée à ce que les parlementaires puissent discuter du projet, une demande formulée notamment par des élus de la majorité.

« Non, nous n’allons pas dépecer EDF (…). Non, nous n’allons pas non plus démanteler le groupe. Et oui, évidemment, nous préserverons le statut des salariés », a assuré Barbara Pompili. Le projet a également été défendu par Bruno Le Maire lors de ses vœux. « Aujourd’hui, EDF va dans le mur, si nous ne sommes pas capables de lui donner les moyens d’investir », a-t-il souligné. Des arguments qui se veulent rassurants, mais qui, pour l’heure, n’ont pas convaincu les syndicats d’EDF. Ils prévoient, d’ores et déjà, de nouvelles journées de mobilisation.

Par Nabil Wakim, publié le 19 janvier 2021 à 19h15, mis à jour hier à 20h42

Photo en titre : À la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), à Avoine, en juillet 2020. GUILLAUME SOUVANT / AFP

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/01/19/edf-nouvelle-journee-de-greve-tres-suivie-contre-le-projet-hercule_6066837_3234.html

LYON: LES ÉLUS ÉCOLOGISTES RÉCLAMENT LA FERMETURE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BUGEY, DANS LE JURA

Dans un communiqué, les élus pointent les risques de sureté de cette centrale, la plus vieille toujours en activité de France

Les élus écologistes de la Ville de Lyon et de la Métropole de Lyon se sont prononcés ce mardi pour la fermeture de la centrale du Bugey, dans le Jura. Dans un communiqué, ils réclament sa fermeture « avant 2024 » pour « pour garantir la sécurité et la santé des habitants et aller vers une région écologique et solidaire.« 

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) doit se prononcer sur la prolongation ou non de 10 ans de l’activité. Une consultation publique est par ailleurs en cours jusqu’à ce vendredi.

La plus vieille centrale en activité

Dans un communiqué, les élus pointent les risques de sûreté de cette centrale, la plus vieille toujours en activité de France, et située à seulement une trentaine de kilomètres de Lyon. « En cas d’accident majeur, le coût humain, sanitaire, social, économique et financier sera exponentiellement plus élevé que pour d’autres centrales plus isolées« , alertent-ils. Elle est par ailleurs parmi les plus exposées aux risques sismiques, toujours selon les élus.

« C’est donc pour garantir la sécurité et la santé des Grand-Lyonnais que nous demandons l’arrêt définitif, et à terme le démantèlement de la centrale nucléaire du Bugey« , concluent-ils.

Par Cyrielle Cabot, (journaliste BFMTV), publié le 19/01/2021 à 22h07

Photo en titre : Deux réacteurs nucléaires de plus de la centrale du Bugey sont concernés par des anomalies. – Philippe Desmazes – AFP

https://www.bfmtv.com/environnement/lyon-les-elus-ecologistes-reclament-la-fermeture-de-la-centrale-nucleaire-de-bugey-dans-le-jura_AN-202101190388.html

Pour lire le communiqué des élus écologistes de Lyon, cliquer sur: https://lesecologistesgrandlyon.com/2021/01/19/les-ecologistes-se-prononcent-pour-la-fermeture-de-la-centrale-du-bugey/

POUR LA RATIFICATION DU TIAN: RENDONS HORS LA LOI L’ARME NUCLÉAIRE

En 2017, l’Assemblée générale de l’ONU votait, avec l’appui de 122 États, le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Après le bannissement des armes biologiques et chimiques, l’entrée en vigueur du TIAN, le 22 janvier 2021, constituera un fantastique espoir pour prohiber les armes de destruction massive et les rendre illégales au regard du droit international.

Le TIAN fait l’objet d’une obstruction des pays possédant l’arme nucléaire (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Israël, Pakistan, Inde et Israël). Pour autant, son entrée en vigueur est loin d’être symbolique. Le TIAN comporte des interdictions, constitue un instrument juridique contraignant et les États, soucieux de leur opinion publique, devront en tenir compte.

Trois dangers mortels guettent l’humanité : le réchauffement anthropique du climat, le capitalisme qui accroît partout l’insécurité humaine et l’apocalypse nucléaire. On assiste depuis quelques années à une relance de la course aux armements nucléaires et à une prolifération encouragée notamment par la décision des États-Unis de sortir de la plupart des traités s’y afférant.

Les risques posés par ces armes ne cessent de croître dans le climat politique international actuel. Nous en connaissons les dangers et les conséquences humaines irrémédiables. Comment défendre l’idée que l’arme nucléaire pourrait jouer un rôle de garant de la sécurité mondiale ou de protecteur de l’humanité lorsque l’on sait que son usage aurait sur la santé, l’environnement, le climat, la production alimentaire et le développement socio-économique un impact catastrophique, durable sur plusieurs générations.

« La France doit rejoindre le cercle des nations contre les armes nucléaires »

Le monde, pour faire face aux conséquences du dérèglement climatique, aux crises sanitaires et à l’explosion de la pauvreté, a besoin de moyens immenses sur le plan monétaire, industriel et scientifique. Une partie d’entre eux sont stérilisés dans des budgets consacrés à la course aux armements nucléaires et à la militarisation de l’espace. Ratifier le TIAN est un enjeu majeur qui permettrait de libérer des moyens importants, pour la recherche et les hôpitaux publics par exemple, pour la sauvegarde de l’humanité. Rien que pour la France, cela constitue près d’une centaine de milliards sur quinze ans.

Le rôle des opinions publiques sera déterminant pour sauver la planète, mobiliser les ressources en faveur du développement humain et de la paix.

L’entrée en vigueur du TIAN doit désormais conduire la France, jusqu’alors à contre-courant, à faire le choix de le signer et de le ratifier. Paris devrait être à l’initiative sur le plan international afin d’établir un processus de sortie. Un premier signe serait de geler la modernisation du parc des armes nucléaires. La France doit rejoindre le cercle des nations contre les armes nucléaires pour renforcer la sécurité internationale et libérer le monde d’armes inhumaines.

Cela correspond à une aspiration profonde puisque 76 % des Français sont favorables au désarmement nucléaire et 68 % souhaitent une ratification du traité par la France.

Le Parti communiste français, fidèle à son constant engagement en faveur de la paix, appelle à se joindre à l’initiative nationale de plusieurs organisations pacifistes, sociales, syndicales et politiques afin de rendre hors la loi les armes nucléaires.

Les communistes, par leur forte mobilisation, auront à cœur de faire de ce rassemblement un succès.

Par Pascal Torre, responsable-adjoint du secteur international
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient, publié le 19/01/2021 par PCF

https://www.pcf.fr/pour_la_ratification_du_tian_rendons_hors_la_loi_l_arme_nucleaire

CRISE SOCIALE, CRASH FINANCIER, CONFLIT NUCLÉAIRE : CE QUI FAIT TREMBLER L’ÉLITE DE DAVOS

Une crise sociale sur fond de pandémie à court terme, un effondrement financier à moyen terme et, à long terme, des conflits impliquant des armes de destruction massive sur fond de changement climatique : voici ce qui inquiète l’élite économique mondiale, selon un sondage réalisé par le Forum de Davos et publié mardi.

À lire l’édition 2021 du « Global Risks Report » du Forum économique mondial, organisation à l’origine du rendez-vous annuel de l’élite mondiale dans la bourgade suisse de Davos, ce sont les épidémies et une augmentation de la pauvreté qui menacent le plus la stabilité mondiale, ainsi que des catastrophes météorologiques, dans les deux années à venir.

À un horizon de trois à cinq ans, les risques les plus fréquemment cités sont économiques : explosion de bulles financières alimentées ces dernières années par les largesses des banques centrales, défaillances des infrastructures technologiques mondiales, inquiétude sur la stabilité future des prix. À long terme, les partenaires du Forum économique mondial font état de craintes pour la survie même de l’humanité, passant par l’usage d’armes de destruction massive, par l’effondrement d’États entiers, et par le recul de la biodiversité. « Le coût humain et économique immédiat du Covid-19 est sévère. Il menace d’effacer plusieurs années de progrès dans la réduction de la pauvreté et d’affaiblir encore davantage la cohésion sociale et la coopération internationale« , écrivent les auteurs du rapport.

Le « Global Risks Report » rend compte de 841 réponses de partenaires du Forum économique mondial – chefs d’entreprises, responsables politiques, experts et responsables associatifs – recueillies en septembre et octobre 2020.

Pandémie oblige, le Forum de Davos abandonne cette année la douillette station de ski du même nom, propice aux rendez-vous d’affaires de haut vol et aux discrètes entrevues diplomatiques. Les organisateurs prévoient une édition virtuelle du 25 au 29 janvier, puis un rendez-vous cette fois en chair et en os, à Singapour, à la fin du mois de mai.

Par AFP, publié le 19 janvier 2021 à 11h58

Photo en titre : Le logo du Forum économique mondial, qui se tient chaque année à Davos, en Suisse. Photo d’archives AFP/Fabrice COFFRINI

https://www.lorientlejour.com/article/1248698/crise-sociale-crash-financier-conflit-nucleaire-ce-qui-fait-trembler-lelite-de-davos.html

EN CENTRE-VAL DE LOIRE : LA QUESTION DE LA POURSUITE D’ACTIVITÉ DES CENTRALES NUCLÉAIRES AU-DELÀ DE 40 ANS

C’est une consultation publique qui passe un peu inaperçue, et qui pourtant marque un tournant dans l’histoire du nucléaire en France, même s’il n’y avait pas beaucoup de suspens. L’Autorité de Sûreté Nucléaire demande l’avis du public sur les conditions de la poursuite d’activité au-delà de 40 ans.

Trois centrales nucléaires sont concernées en région Centre Val de Loire par la question de la poursuite de l’activité de leurs réacteurs de 900 Mégawatts, mis en service à partir de 1980, au-delà de quarante ans. La première centrale, c’est Dampierre-en-Burly, dans le Loiret qui va inaugurer en 2021 une longue période de chantiers majeurs pour permettre cette prolongation d’activité. 

Peu de doute sur la prolongation des centrales

Cette prolongation est soumise à l’autorisation de l’ASN, le gendarme du nucléaire, mais elle ne laisse pas beaucoup de place au doute, tant l’hypothèse d’un arrêt au bout des quarante ans de vie, évoquée au lancement de ces réacteurs, semble loin désormais. 

Une consultation de l’Autorité de Sûreté Nucléaire,  lancée le 3 décembre 2020 sur son site internet, présente au public les conditions auxquelles elle autorisera une poursuite d’activité, pour encore dix ans. Les autorisations de l’ASN sont accordées pour chaque réacteur pour une décennie à chaque fois. Le document présenté au public a été élaboré après un examen générique des 19 réacteurs concernés (Blaye, Bugey, Chinon, Cruas, Dampierre-en-Burly, Gravelines, Saint Laurent-des-Eaux, Tricastin). Cette consultation, qui devait s’arrêter le 15 janvier 2021, est finalement repoussée au 22 janvier. 

Une enquête publique pour chaque réacteur après la consultation

Cette consultation de l’ASN n’est qu’une étape dans le processus d’autorisation de poursuite d’activité qui sera accordé à EDF. Les prescriptions que formule le gendarme du nucléaire en France portent l’examen générique des 19 réacteurs concernés, car ils sont tous construits sur le même modèle. Mais ensuite, chaque réacteur fera l’objet d’un examen approfondi, à l’occasion d’une « visite décennale« , comme le fait l’ASN tous les dix ans, pour accorder ses autorisations. A l’issue de cet examen, une enquête publique sera organisée sur le territoire concerné, une nouvelle occasion, pour le grand public, de donner son avis.

Le document fait 25 pages, et il faut être un expert scientifique pour le comprendre

Cette première consultation du public a recueilli plus de 600 avis, mais pour tout dire, elle renvoie à un document très administratif et très technique, qui détaille les ajustements et les contrôles imposés à EDF pour poursuivre l’activité de ses réacteurs. Et c’est un premier problème souligné par les associations, qui toutes ont participé. 

Philippe Perrucot, le porte-parole de l’Acirad, l’association pour le contrôle et l’information sur la radioactivité en région Centre Val de Loire, estime qu’il faudrait une démarche plus transparente : « le problème, c’est la question posée, on ne nous demande pas si on est d’accord pour une prolongation au-delà de 40 ans, mais à quelles conditions cela peut se faire. Et ça n’est pas assez vulgarisé, le document fait 25 pages, et il faut être un expert scientifique pour le comprendre. Comment voulez-vous que le grand public réponde ? »

Extrait de l’avis laissé par l’Acirad sur le site de l’ASN concernant la poursuite de fonctionnement des réacteurs 900MWe – Capture écran

Même position du côté du collectif Sortir du Nucléaire, qui lui aussi a posé sa contribution à la consultation : « notre collectif d’associations et d’organisations appelle les citoyen-ne-s à réfléchir aux conséquences de ces prolongations, à exiger d’être associés de manière bien plus conséquente et rigoureuse à de telles décisions et d’obtenir que les responsables de celles-ci soient explicitement désignés »

Le vieillissement de la cuve du réacteur, un des enjeux

Les anti-nucléaires s’inquiètent notamment de l’état des cuves en acier des réacteurs, l’un des deux composants qui ne peut pas être changé. Le métal de la cuve est l’élément le plus soumis au vieillissement, puisqu’il est bombardé de neutrons en permanence. L’autre élément irremplaçable, c’est l’enceinte de confinement en béton. « Le vieillissement de la cuve, c’est le paramètre qui déterminera de toute façon la durée de vie d’un réacteur » précise Julien Collet, directeur général adjoint de l’Autorité de Sûreté Nucléaire. « Il y aura des contrôles par ultra-son pour s’assurer qu’aucune fissure n’apparaît dans le métal. Il y a par ailleurs des calculs qui permettent d’évaluer l’état du métal en fonction de son vieillissement »

Nous n’avons aucune inquiétude, sinon nous n’engagerions pas ces investissements 

Sur ce point, EDF, par la voix de son directeur régional Jean-Paul Combémorel, se veut très rassurant : « les cuves de ces réacteurs ont des sœurs jumelles aux États-Unis, qui ont déjà passé les cinquante ans d’exploitation. Nous n’avons aucune inquiétude sur l’état de vieillissement de ces deux éléments que sont l’enceinte de confinement et les cuves, sur l’ensemble de nos réacteurs. Si nous avions le moindre doute, nous n’engagerions pas tous les travaux nécessaires pour leur poursuite d’activité »

Mais combien ça coûte, justement ?

Des travaux qui ont un coût, très élevé, sur lequel EDF Jean-Paul Combémorel reste très évasif. Pas question de fournir un montant de travaux sur chaque réacteur, « ça ne voudrait pas dire grand-chose » dit le directeur régional d’EDF. Et il renvoie au chiffre global fournit par EDF sur ce sujet des travaux engagés pour les dix prochaines années sur ses 56 réacteurs : 45 milliards d’euros. Mais il s’agit de l’ensemble des réacteurs en activité, avec des âges et des vieillissements différents, et donc des investissements qui ne sont pas les mêmes. Ce qui est certain, c’est que pour chacun des réacteurs prolongés, les chantiers sont conséquents, et que les investissements ont été engagés depuis déjà plusieurs années. 

Le calendrier du réexamen de la poursuite d’activité des réacteurs 900MWe – ASN

Des travaux prévus et connus par EDF, pour la plupart, mais les prescriptions de l’Autorité de Sûreté Nucléaire se sont aussi « enrichies » de problématiques bien plus présentes en 2021 qu’elles ne l’étaient en 1980. Le changement climatique, notamment. L’ASN demande à EDF de lui montrer comment il compte adapter ses réacteurs à des températures de plus en plus élevées, voire à des canicules. La question de la ressource en eau est également posée. Les centrales sur la Loire feront l’objet d’une étude spécifique qu’EDF devra fournir avant 2023. D’une manière générale, EDF devra apporter la preuve qu’il sait aujourd’hui protéger ses centrales contre toute agression. L’accident de Fukushima est passé par là. 

Le calendrier du réexamen des réacteurs 900 MWe en Centre Val de Loire

  • 2021 : Dampierre 1
  • 2022 : Dampierre 2, Saint-Laurent 1
  • 2023 : Dampierre 3, Chinon B1
  • 2024 : Dampierre 4
  • 2025 : Saint-Laurent 2
  • 2026-2031 : 3 réacteurs (Chinon B2, B3 et B4)

 

Par Anne Oger, France Bleu Orléans, publié le lundi 18 janvier 2021 à 8h17

Photo en titre : La centrale nucléaire de Dampierre en Burly en décembre 2016 © Radio France – Anne Oger

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/en-centre-val-de-loire-la-question-de-la-poursuite-d-activite-des-centrales-nucleaires-au-dela-de-40-1610537482

RASSEMBLEMENT VENDREDI À CARHAIX (29) CONTRE LES ARMES NUCLÉAIRES

À l’initiative du Collectif pour l’interdiction des armes nucléaires (Cian), un rassemblement se déroulera devant la mairie de Carhaix, vendredi 22 janvier. La section locale du PCF appelle à s’y associer.

À l’initiative du Cian 29 (Collectif pour l’interdiction des armes nucléaires), en partenariat avec la municipalité de Carhaix, signataire de l’appel des villes en faveur du traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), un rassemblement se déroulera devant la mairie de Carhaix, à 11 h, vendredi 22 janvier. La porte-parole locale du Cian, Noëlle Péoc’h, estime que « le gouvernement français, le Parlement, devraient ouvrir sans tarder un débat pour adhérer au TIAN. La France renforcerait la sécurité commune, en appelant à une dénucléarisation de l’Europe, du monde. Nous appelons la France à suivre le chemin du désarmement nucléaire et ainsi montrer qu’une grande nation telle que la nôtre peut sortir de ce cercle infernal de la montée en puissance vers l’irrémédiable », affirme-t-elle.

« Qu’en sera-t-il, si… ? »

Le nouveau traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), adopté à l’ONU par 122 États, ratifié par plus de 50, entrera en vigueur vendredi 22 janvier 2021, rappelle le Cian. « Si aujourd’hui, la situation sanitaire liée à la crise écologiste nous indique que l’infini petit, un virus, est en capacité de mettre le monde à genoux, qu’en sera-t-il si, par malheur, l’arme nucléaire était actionnée. Les événements aux États-Unis d’Amérique nous montrent combien cette question du désarmement nucléaire est cruciale. (…) La menace d’une guerre nucléaire par un chef d’État incontrôlable, un incident technologique, une cyber attaque, etc., est malheureusement permanente. À ce jour, 1 800 armes nucléaires sont en pré-alerte, prêtes à servir dans un délai de 15 mn. L’Apocalypse nucléaire, peut arriver chaque jour », insiste le Cian.

« Un moment fort pour dire non »

La section du Parti communiste français de Carhaix-Huelgoat, rappelle pour sa part que « c’est la ratification du TIAN, par un cinquantième État, en octobre 2020, qui a entraîné son entrée en vigueur le 22 janvier 2021 », ajoutant toutefois que « sa valeur est d’ordre symbolique, car la mise en œuvre du TIAN fait l’objet d’une obstruction des pays possédant l’arme nucléaire ». Pour l’élu carhaisien Pierre-Yves Thomas, porte-parole du PCF, « l’entrée en vigueur du TIAN doit désormais conduire la France à faire le choix de le signer et de le ratifier ». C’est pourquoi la section PCF de Carhaix-Huelgoat soutient et s’associe au rassemblement de vendredi à Carhaix. « Nous appelons de faire de cette initiative un moment fort pour dire non à l’arme nucléaire », conclut-il.

Publié le 19 janvier 2021 à 14h46

https://www.letelegramme.fr/finistere/carhaix/rassemblement-vendredi-a-carhaix-contre-les-armes-nucleaires-19-01-2021-12690850.php

IL SE POURRAIT QU’ON FABRIQUE BIENTÔT DES CASSEROLES À PARTIR DE DÉCHETS RADIOACTIFS

Un internaute nous interroge sur la fabrication d’objets de la vie courante à partir du recyclage de métaux très faiblement irradiés. Qu’est-ce que ce projet ? Pourrait-il vraiment voir le jour ? Quel danger pour la population ? Voici ce que l’on sait.

De quoi s’agit-il ?

D’un projet mis en consultation sur le site du Ministère de la Transition Écologique, qui envisage d’autoriser la fabrication d’objets de la vie courante à partir du recyclage de métaux très faiblement irradiés. Objectif ? Collecter des ferrailles peu contaminées issues des centrales nucléaires, les faire fondre et les décontaminer avant de les recycler dans des objets de consommation courante. Casseroles, poussettes, fers à béton, carrosserie d’auto pourraient, à terme, être composés de ces matériaux « faiblement » radioactifs ! Un projet de « technocentre » pour retraiter ces « ferrailles » serait prévu sur le site de Fessenheim.

Quels sont les arguments du Ministère de l’Écologie ?

Le cabinet de Barbara Pompili, contacté par nos collègues du Parisien, affirme que cette pratique serait très strictement encadrée, que l’Allemagne, la Suède ou les États-Unis y ont recours et que cette réutilisation peut être bénéfique dans une logique environnementale de réutilisation des métaux.

Pourquoi ça inquiète ?

Parce que jusqu’ici c’était tout simplement interdit en France, explique le réseau Sortir du nucléaire, qui a repéré le texte. Et même si l’on promet que les objets en question n’émettront pas de radioactivité supérieure à la radioactivité naturelle, l’exposition prolongée même à une dose faible, qui serait par exemple contenue dans des ustensiles culinaires, pourrait être dangereuse, avance l’ONG. Qui s’inquiète aussi que ce texte ne soit que le début d’un processus de déresponsabilisation de l’industrie nucléaire, l’ensemble des produits pouvant au fur et à mesure être proposés à la dispersion.

Par Béatrice Quintin, publié le 18 janvier 2021, Photo en titre : Pixabay

http://phplist.amisdelaterremp.fr/lists/?m=7273&uid=05de3a3148ebce886ead9db371d0d882&p=view&pi=ViewBrowserPlugin

NDLR : la radioactivité « naturelle » n’est pas dans danger (le radon par exemple, gaz naturel par excellence, est en France la deuxième cause de la mortalité par cancer du poumon avec environ 3 000 morts par an. Donc rajouter « un peu » de radioactivité dans notre environnement immédiat (la cuisine par exemple pour les casseroles ou la maison pour les fers à béton) ne peut qu’amplifier les risques et dégâts déjà existants.

BREST : NOUS NE VOULONS PLUS DE CET ARSENAL MILITAIRE ET NUCLÉAIRE EN BRETAGNE

Lundi 18 janvier 2021, Les armes nucléaires nous mettent la misère:

L’État français vient d’annoncer le grand carénage du sous-marin lanceur d’engins Le Terrible à Brest. Un chantier de 2,5 millions d’heures de travail qui mobilisera 900 travailleu.r.se.s durant 14 mois. Ces travaux visent à « régénérer le potentiel opérationnel » de ce bâtiment de guerre durant dix ans. Il s’agit de l’un des quatre sous-marins français portant à son bord 16 missiles M51, dont la puissance de frappe de chaque missile équivaut à 1 000 fois Hiroshima. Chacun de ces sous-marins a déjà coûté 4,5 milliards d’euros pour sa construction.

Décidément, l’argent existe. La France compte 300 armes nucléaires à ce jour et 10 milliards d’euros sont dépensés chaque année pour « moderniser » cet arsenal. Depuis que le programme de dissuasion nucléaire français a été lancé il y a plus de 60 ans, il est ainsi dépensé des milliards, sans aucun débat démocratique pour fabriquer et entretenir des armes nucléaires nuisibles qui n’ont jamais servies. N’y a-t-il pas de mieux à faire ? Cette énergie humaine et cet argent pourrait servir à financer la transformation du modèle agricole, la rénovation énergétique des logements, les énergies renouvelables comme l’hydroélectricité, l’hôpital ou encore l’effacement de la dette des pays africains. Ces mêmes pays où l’on va chercher l’uranium nécessaire aux réacteurs nucléaire des moteurs des sous-marins et où prospèrent aujourd’hui les « groupes terroristes » qui « menacent » la France. 74% des français souhaitent pourtant l’élimination complète des armes nucléaires selon un sondage réalisé par l’IFOP en 2015.

Au-delà des risques considérables de ces choix pour notre péninsule en cas d’accident, des dizaines d’ouvriers bretons subissent aujourd’hui les conséquences des rayonnements ionisants subis en rade de Brest. Le collectif des irradiés de l’île Longue a ainsi comptabilisé 29 cas de cancers, notamment de la vessie, de l’œsophage et plusieurs leucémies. La justice a commencé à l’admettre en 2018, mais l’État continue à nier sa responsabilité concernant ces maladies professionnelles.

Pour toutes ces raisons, le chantier du Terrible est néfaste. Il est nécessaire de cesser ces Grands Projets Inutiles et Imposés. La France n’est visiblement pas, prête à le faire.

Nous ne voulons plus de cet arsenal militaire et nucléaire en Bretagne. L’indépendance nous permettra de cesser ces activités en Bretagne. (voir NDLR ci-dessous)

Par 7seizh.info, rédigé Per Sezv, militant pour Douar ha Frankiz, publié le 18 janvier 2021

http://7seizh.info/2021/01/18/brest-nous-ne-voulons-plus-de-cet-arsenal-militaire-et-nucleaire-en-bretagne/

NDLR : je rappelle que publier ne veut pas dire qu’on est d’accord sur tout. Mais respecter l’auteur exige une publication in extenso.

L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE TACLE LE DOSSIER DE DEMANDE D’UTILITÉ PUBLIQUE DU PROJET CIGÉO

Communiqué du 18 janvier 2021 : Dans un avis publié le 13 janvier, l’Autorité environnementale (AE) s’est prononcée sur le dossier déposé par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) en vue de l’obtention de la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure. Dossier incomplet, impacts minimisés : cet avis fourni par l’autorité indépendante [1] apporte une nouvelle confirmation que Cigéo ne saurait être considéré comme un projet mature et aux impacts négligeables, corroborant les critiques portées depuis près de 20 ans par les acteurs associatifs. Nous rappelons notre opposition à ce projet dangereux et imposé.

Le 3 août, l’Andra a remis son dossier de demande de déclaration d’utilité publique pour le projet Cigéo. Actuellement en cours d’instruction, cette procédure devrait faire l’objet d’une enquête publique en 2021. L’obtention de la déclaration d’utilité publique est censée permettre à l’Andra de se doter de la maîtrise foncière nécessaire à la réalisation du projet, rendant possible d’éventuelles expropriations.

L’Andra n’avait pas communiqué au moment de ce dépôt, considérant probablement qu’il ne s’agissait que d’une pure étape formelle. « Des impacts très faibles », « aucun effet notable attendu concernant les émissions radioactives », « un projet sans perte nette de biodiversité »: l’étude d’impact jointe minimisait les incidences du projet.

L’avis de l’AE publié le 13 janvier vient ébranler ce « rien à signaler« , soulignant les lacunes considérables du dossier et faisant écho à bon nombre de points soulevés depuis des années par les opposant.es au projet. L’AE ne se contente pas de mettre en doute la maturité du projet, soulignant que la possibilité de récupérer les déchets n’est toujours pas démontrée ; elle met également en évidence un nombre très important d’informations manquantes sur des sujets cruciaux.

En particulier, l’AE souligne l’absence d’analyse des risques accidentels liés au projet et de leurs impacts. Elle pointe notamment l’absence d’évaluation des incidences environnementales et sanitaires liées à un fonctionnement en mode dégradé du site ou à une éventuelle situation accidentelle. Alors que des risques d’accidents (incendie souterrain, explosion…) sont mis en évidence depuis plusieurs années et reconnus même par l’Autorité de sûreté nucléaire, on peut s’étonner de cet « oubli » !

L’AE s’interroge également sur la nature du sous-sol censé accueillir ces déchets. Elle estime qu’il reste à démontrer que l’argile de Bure est bien « le plus adapté pour engager aujourd’hui l’avenir sur plusieurs millénaires » et pointe le manque de données sur les risques de transfert de radionucléides dans le sol et la nocivité associée. Elle s’inquiète également des risques de contamination des eaux souterraines. En outre, alors que le potentiel géothermique du sous-sol, qui aurait dû interdire l’implantation d’un site de stockage, avait déjà été mis en avant par les associations voici plusieurs années [2], l’AE appelle à reprendre les études sur le sujet en y associant des géologues indépendants.

Par ailleurs, elle estime que les impacts de l’implantation des installations sur la biodiversité ont été minimisés, notamment concernant le Bois Lejuc. Pour rappel, cette forêt près de Bure, que l’Andra souhaite raser pour y installer la « zone de puits« , avait été occupée pendant plus d’un an pour la protéger de la destruction par de nombreuses personnes qui en avaient été violemment expulsées en février 2018.

Mentionnons enfin que l’AE estime que l’Andra a écarté un peu trop rapidement la nécessité de mettre en œuvre une consultation internationale sur le projet, comme le prévoit le droit international.

En pointant toutes ces lacunes, cet avis démontre à quel point les critiques portées depuis des années par les opposant.es sont justifiées et doivent être prises en compte. Dans ces conditions, il serait inacceptable que Cigéo soit déclaré d’utilité publique. Nous appelons le gouvernement à abandonner ce projet, qui sert d’alibi à la poursuite du programme nucléaire français, et à commencer dès maintenant à tarir la production de ces déchets radioactifs ingérables.

Contact presse : Corinne François – 06 86 74 85 11

Voir aussi le communiqué commun des associations Burestop 55, Cedra 52, Cacendr, Eodra, Bure Zone Libre, Habitants vigilants de Gondrecourt

Notes

[1] L’Autorité Environnementale est une autorité indépendante, rattachée au Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable, chargée d’émettre des avis sur l’évaluation environnementale des plans, programmes et projets d’envergure nationale.

[2] La minimisation par l’Andra de l’ampleur de ce potentiel géothermique a fait d’ailleurs l’objet d’une action en justice, qui doit être examinée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Publié le 18 janvier 2021

https://www.sortirdunucleaire.org/L-Autorite-environnementale-tacle-le-dossier-de

IL EST TEMPS DE METTRE FIN À L’ÈRE NUCLÉAIRE !

122 pays ont approuvé le texte du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires le 7 juillet 2017

Ce 15 janvier 2021, avant les deux étapes de la semaine prochaine, à savoir l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) le 22 janvier et le 75ème anniversaire de la résolution 1 de l’Assemblée générale des Nations Unies deux jours plus tard, le Comité de coordination du Réseau mondial Abolition 2000 pour l’élimination des armes nucléaires a publié une déclaration pour accueillir le nouveau traité dans le corps du droit international concernant l’illégalité de ces armes et pour rappeler à tous les États leur obligation de se désarmer depuis 75 ans.

La déclaration l’affirme : « Malgré les protestations des États détenteurs d’armes nucléaires, le TIAN est une mesure importante pour soutenir l’abolition des armes nucléaires au niveau mondial. Son préambule souligne les risques posés par l’existence des armes nucléaires et les conséquences humanitaires catastrophiques qui résulteraient de leur utilisation. Les États qui ont ratifié le traité et ceux qui le rejoignent plus tard affirment cette compréhension, démontrent leur engagement en faveur d’un monde sans armes nucléaires et acceptent des engagements supplémentaires pour faire avancer cette cause par des mesures nationales d’interdiction nucléaire et de promotion internationale ».

La déclaration souligne le travail de la société civile depuis 1945, lorsque Hiroshima et Nagasaki ont été anéanties dans une hécatombe nucléaire qui était tout à fait évitable et qui a été entreprise à des fins purement politiques pour faire des États-Unis une puissance mondiale unique après la fin de la Seconde Guerre mondiale. La course aux armements nucléaires qui a suivi a conduit à la possession d’environ 13 000 armes nucléaires par neuf États, ce qui laisse la planète au bord du désastre par guerre ou accident depuis lors. En outre, les plus de 400 centrales nucléaires qui parsèment la planète, sans lesquelles il serait impossible de fabriquer des armes nucléaires, sont des catastrophes de l’ampleur de Tchernobyl et de Fukushima, qui attendent de se produire en raison d’une guerre, d’une catastrophe naturelle, d’une défaillance technique, d’une erreur humaine ou du terrorisme.

Le TIAN rend sans équivoque l’illégalité des armes nucléaires et de toute activité qui y est associée et la déclaration appelle les États parties à mettre en œuvre une législation dès que possible, notamment en ce qui concerne les zones de transit des armes nucléaires et le financement de leur production, en déclarant que « l’interdiction du transit imposerait des restrictions supplémentaires au déploiement actuel des armes nucléaires. Et si tous ces pays et toutes les entreprises et institutions qui y opèrent mettaient fin aux investissements dans l’industrie des armes nucléaires, par exemple, cela aurait un impact encore plus important sur la course aux armements nucléaires ».

Le cheminement du TIAN, de l’idée à un traité juridiquement contraignant, a été contrarié à chaque étape par les États dotés d’armes nucléaires et leurs alliés militaires qui ont boycotté les négociations, fait pression sur les pays qui préconisaient une interdiction, et maintenant ils nient toute obligation en vertu de celle-ci, pourtant, « ils ne peuvent pas échapper à leurs obligations de réaliser le désarmement nucléaire. Ils ont accepté cela dans la toute première résolution des Nations Unies, la résolution 1 (1) de l’Assemblée Générale des Nations Unies AGNU, adoptée par consensus le 24 janvier 1946 ».

« L’entrée en vigueur de la TIAN et le 75ème anniversaire de la résolution 1 (1) de l’AGNU deux jours plus tard constituent un moment opportun pour rappeler à tous les États l’illégalité de la menace ou de l’utilisation des armes nucléaires et leurs obligations en matière de désarmement nucléaire, et pour les appeler à les mettre en œuvre immédiatement.

« Il est temps de mettre fin à l’ère des armes nucléaires. »

Par Abolition 2000, publié le 17 janvier 2021

https://www.pressenza.com/fr/2021/01/il-est-temps-de-mettre-fin-a-lere-nucleaire/

NDLR : Abolition 2000 est un réseau international mondial d’organisations et d’individus qui travaillent pour un traité mondial visant à interdire et à éliminer les armes nucléaires. Abolition 2000 est ouvert à toutes les organisations approuvant la déclaration fondatrice d’Abolition 2000

GOLFECH : L’EAU POTABLE DU ROBINET EST-ELLE RADIOACTIVE ?

Plusieurs associations dont Stop Golfech ainsi que des citoyens ont financé une étude sur l’eau potable distribuée au robinet dans l’Agenais. Est-elle radioactive ?

« L’été et l’automne 2019 une vingtaine d’associations et des citoyens avaient soulevé le problème de la radioactivité dans l’eau potable. Nous avions sollicité notamment l’appui des élus de l’agglomération d’Agen pour diligenter des analyses par une association indépendante, la Criirad, (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité).

Grâce à quelques associations et des personnes généreuses, nous avons pu financer ces analyses sur végétaux et eau de Garonne par la Criirad. »

Stop Golfech avait convié le directeur de la Criirad, Bruno Chareyron, à venir présenter cette étude, mais sa venue avait été annulée suite aux mesures sanitaires liées à la pandémie.

En attendant de programmer de nouveau sa venue, les associations suivantes ont jugé utile de rendre public cette étude : l’association des Malades de la Thyroïde, les Amis de la Terre Midi Pyrénées, France Nature Environnement 82, le Groupement d’Alerte et de Défense de l’Environnement du Lot, Horizon Vert, le Quercy Blanc Environnement, Sortir du Nucléaire 82, la Sepanlog 47, la Société pour l’Étude, la protection et l’Aménagement de la Nature en Lot-et-Garonne, Vivre Sans le Danger Nucléaire de Golfech – Stop Golfech.

L’étude sera donc dévoilée à la presse dans son intégralité ce mercredi. Mais d’ores et déjà, l’association explique : « Les résultats des analyses, obtenues auprès du laboratoire indépendant de la Criirad confirment les résultats de 2009 : quatre fois plus de radioactivité en tritium dans la Garonne en aval qu’en amont de la centrale de Golfech, et trois fois plus de carbone 14. Avec une augmentation de 60 % du Carbone 14 radioactif, celui-ci ayant une demi-vie de 5 750 ans plus importante que le Tritium (12,3 ans). Il y a donc une accumulation continue et une augmentation des dangers sanitaires pour les populations. Ces résultats qui concernent surtout l’analyse de végétaux prélevés dans la Garonne confirment sans appel la pollution déjà révélée par notre enquête sur l’eau du robinet à partir des résultats fournis par l’administration : 20 % du temps, en 2018, l’eau du robinet dans Agen et ses environs (35 000 habitants) a été contaminée par une pollution, due à la présence de tritium radioactif, de 50 Bq/litre ou plus.« 

Et pour ce qui est de la nouvelle enquête, la Criirad précise : « Entre janvier 2019 et novembre 2019, il y a eu sept contrôles du niveau de tritium dans l’eau distribuée aux plus de 35 000 habitants de l’agglomération d’Agen. L’activité du tritium a été supérieure à la limite de détection (< 5,7 à 6,2 Bq/l) à deux reprises avec des valeurs de 43,5 Bq/l, le 7 janvier et 55,9 Bq/l le 7 mars. Les résultats de 2019 sont nettement supérieurs à ceux de 2017 (maximum de 24,6 Bq/l) et 2018 (maximum de 33,5 Bq/l). »

Mercredi, Stop Golfech développera les résultats de l’étude et présentera les risques inhérents sur la santé.

Publié le 18/01/2021 à 05h12, mis à jour à 05h14

Photo en titre : Des membres de Stop Golfech, en 2019, aux abords de la station de contrôle de l’eau sous le pont de Beauregard à Agen. Photo J.-M. Mazet

https://www.petitbleu.fr/2021/01/18/leau-potable-du-robinet-est-elle-radioactive-9317830.php

EDF: NOUVELLE MOBILISATION DES SYNDICATS MARDI POUR PROTESTER CONTRE LE PROJET « HERCULE »

Les syndicats organisent mardi une nouvelle journée de mobilisation contre le projet « Hercule » qui prévoit de scinder l’activité de l’électricien en trois entités. Un « démantèlement« , dénoncent-ils.

Terrasser Hercule: c’est l’ambition des syndicats d’EDF, qui repartent mardi au combat avec une quatrième journée de mobilisation en deux mois contre le très contesté projet de scission de l’électricien, perçu comme un « démantèlement » du géant de l’énergie. Un mois sans action n’a pas entamé le front commun de l’interfédérale CGT, CFE-CGC, CFDT, FO.

Ils espèrent ainsi réitérer le succès des trois premiers appels, qui avaient fortement mobilisé: 31,56% de grévistes sur l’ensemble des salariés du groupe le 26 novembre, 32,4% le 10 décembre et 28,61% le 17. Ce sera également une bonne répétition générale avant la journée du 26, où le secteur de l’énergie dans son ensemble est appelé à faire grève, comme ce fut le cas en novembre et décembre.

« Démantèlement« 

Mardi dernier, les patrons des confédérations CFDT, CGT, FO et CFE-CGC ont pris la plume pour presser le président Emmanuel Macron « d’entendre et de mesurer cette très forte mobilisation sociale en renonçant au projet Hercule« , qualifié de « désintégration » de l’énergéticien. Si la mobilisation s’est intensifiée ces derniers mois, cela fait un an et demi, depuis juin 2019 et sa présentation par le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, que les syndicats affichent leur franche opposition.

Un « démantèlement« , dénoncent-ils au sujet de ce projet qui pourrait se traduire par une scission de l’électricien en trois entités: une entreprise publique (EDF bleu) pour les centrales nucléaires, une autre (EDF vert) cotée en Bourse pour la distribution d’électricité et les énergies renouvelables, et une troisième (EDF azur) qui coifferait les barrages hydroélectriques.

« Mener une action de service public en ayant 35% de capitaux privés, je ne crois pas que ce soit possible« , estime Sébastien Menesplier, secrétaire fédéral de la CGT Mines Énergies, au sujet d’EDF vert. « L’énergie, c’est un bien commun, un bien de première nécessité. Ca nécessite de la sortir de la concurrence« , ajoute-t-il, se disant « inquiet des conséquences que ça aura sur les factures des usagers« .

« EDF va dans le mur« 

Pas de quoi infléchir, cependant, la position du gouvernement, qui avait commandé ce projet à Jean-Bernard Lévy. « Aujourd’hui, EDF va dans le mur si nous ne sommes pas capables de lui donner les moyens d’investir« , a déclaré Bruno Le Maire mardi lors de ses vœux à la presse. « Ma responsabilité de ministre de l’Économie et des Finances, c’est de donner à EDF (…) les moyens de se développer et de rester l’une des plus grandes entreprises énergéticiennes de la planète. C’est ça, l’objectif « , a-t-il insisté, démentant toute volonté de « démantèlement« .

Mais le projet, qui devait initialement être présenté fin 2019, a pris du retard car il est conditionné à l’avancée de discussions entre la France et Bruxelles, notamment sur le nucléaire. « Nous n’y sommes pas encore« , a reconnu Bruno Le Maire, qui s’est engagé à rendre compte aux organisations syndicales de la situation « dès lors que nous aurons une vision plus claire de la position définitive de la Commission européenne« .

La bataille législative s’organise

Pour l’heure, les représentants du personnel se sentent exclus des discussions. « Tout se fait dans la plus grande opacité, c’est dramatique« , regrettait en décembre Sébastien Michel, secrétaire fédéral de la FNME-CFDT. Pour le gouvernement, le temps presse car cette éventuelle réforme devrait passer par une loi cette année. Les syndicats craignent aujourd’hui le recours à des ordonnances.

En cas de débat parlementaire, les fédérations syndicales ont préparé le terrain ces derniers mois en envoyant de nombreux courriers aux élus locaux. Des débats ont eu lieu à la demande des groupes communistes à l’Assemblée et au Sénat et, vendredi, l’interfédérale avait rendez-vous en visioconférence, à l’initiative de l’élu PCF Sébastien Jumel, avec des députés des principaux groupes d’opposition.

Les Français seront-ils amenés à s’exprimer directement? La cheffe des députés PS, Valérie Rabault, a annoncé son intention de déposer une proposition de référendum d’initiative partagée (RIP) contre le projet Hercule. Qui, pour voir le jour, devra surmonter autant d’obstacles que le demi-dieu auquel il doit son nom.

Par P.L. avec AFP, publié le 17/01/2021 à 15h09

PS: EDF bondit en Bourse vendredi – AFP

https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/edf-nouvelle-mobilisation-des-syndicats-mardi-pour-protester-contre-le-projet-hercule_AD-202101170104.html

BREST: UNE ASSOCIATION DEMANDE L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Alors que le président de la République est attendu à Brest (Finistère), mardi 21 janvier 2021, l’Université européenne de la Paix souhaiterait que la France ratifie le traité d’interdiction des armes nucléaires qui entre en vigueur le mercredi 22 !

Mardi 21 janvier 2021, à Brest, Emmanuel Macron, président de la République, vient présenter ses vœux aux armées. Le collectif finistérien pour l’interdiction des armes nucléaires remarque que, un jour après, le mercredi 22, le traité d’interdiction des armes nucléaires entre en vigueur. Même si sa valeur reste symbolique car il ne s’applique qu’aux États signataires dont aucune des puissances nucléaires – la France – ne fait partie.

Le collectif finistérien s’interroge : « Que vient faire à Brest le président de la République ? Annoncer l’abandon de notre dissuasion nucléaire et la mise en chantier de la reconversion de l’île Longue ? » Il reconnaît que : « C’est malheureusement peu probable ».

Pour le collectif, l’arme nucléaire est « une stratégie de défense d’un autre âge, basée sur une arme désormais hors-la-loi ». Pour lui, la France doit signer le nouveau traité. « Une nouvelle page de l’histoire des relations internationales est en train de s’écrire. Notre pays ne peut rester en retard sur l’Histoire. »

Par Ouest-France, publié le 17/01/2021 à 15h46

Photo en titre : Un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) à quai dans sa base de l’Ile-Longue, en rade de Brest. Archives Ouest-France / Thierry Creux | OUEST FRANCE

https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/brest-une-association-demande-l-interdiction-des-armes-nucleaires-7120733

USA: JOE BIDEN NOMME L’ARCHITECTE DE L’ACCORD AVEC L’IRAN AU POSTE DE SECRÉTAIRE D’ÉTAT ADJOINTE

J. Biden a déjà signalé son intention de ramener les États-Unis dans l’accord sur le nucléaire iranien

Le président élu Joe Biden a nommé samedi Wendy Sherman, une négociatrice clé de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, au poste de numéro deux de la diplomatie américaine. 

Âgée de 71 ans, elle a déjà été conseillère diplomatique sous Bill Clinton avant de devenir sous-secrétaire d’État aux Affaires politiques lors du second mandat de Barack Obama.

Par ailleurs, la future secrétaire d’État adjointe a notamment été l’architecte américaine de l’accord sur le nucléaire iranien et avait travaillé sur le dossier nord-coréen dans le gouvernement Clinton.

Joe Biden avait déjà annoncé, fin novembre, avoir choisi un autre ancien de l’administration Obama, Antony Blinken, au poste crucial de secrétaire d’État.

Le président élu a signalé, à plusieurs reprises, son intention, une fois investi, de ramener les États-Unis dans l’accord sur le nucléaire iranien, dont Donald Trump est sorti en 2018 tout en rétablissant les sanctions américaines levées en 2015.

Avec Antony Blinken, cette équipe aura pour mission de « réparer » la politique étrangère américaine, a indiqué, dans un communiqué, l’équipe de transition de Joe Biden et Kamala Harris, « mais aussi de la réimaginer« .

Le futur président veut ainsi clairement marquer la rupture avec la politique étrangère nationaliste et unilatéraliste de Donald Trump, pour renouer avec une ligne résolument multilatéraliste.

Par i24NEWS, publié le 16 janvier 2021 à 19h29, dernière modification le 17 janvier 2021 à 14h13

Photo en titre : La sous-secrétaire d’État américaine aux affaires politiques Wendy Sherman répond aux questions lors de sa conférence de presse à l’ambassade des États-Unis à Tokyo le 30 janvier 2015. (KAZUHIRO NOGI / AFP)

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/ameriques/1610820187-usa-joe-biden-nomme-l-architecte-de-l-accord-avec-l-iran-au-poste-de-chef-du-departement-d-etat

NUCLÉAIRE : « IL EST URGENT DE DIRE AUX IRANIENS QUE CELA SUFFIT », AVERTIT JEAN-YVES LE DRIAN

Pour le ministre français des affaires étrangères, Téhéran est en train d’acquérir l’arme nucléaire. Berlin, Paris et Londres ont demandé, samedi, à l’Iran de renoncer à la production d’uranium métal.

Le dossier du nucléaire iranien soulève des inquiétudes de plus en plus grandes au sein de la communauté internationale. Dans une interview au Journal du dimanche du 17 janvier, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a exprimé ses craintes sur les activités nucléaires de la République islamique, appelant à une réaction immédiate et à un retour des États-Unis dans l’accord de 2015 dès l’entrée en fonction de Joe Biden.

« L’Iranje le dis clairement est en train de se doter de la capacité nucléaire, a estimé M. Le Drian. Il y a également une élection présidentielle en Iran à la mi-juin. Il est donc urgent de dire aux Iraniens que cela suffit et de prendre les dispositions pour que l’Iran et les États-Unis reviennent dans l’Accord de Vienne. »

Cet accord signé entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (France, Royaume-Uni, Russie, Chine, États-Unis) plus l’Allemagne, prévoit une levée partielle des sanctions internationales contre Téhéran, en échange de mesures destinées à garantir que ce pays ne se dotera pas de l’arme atomique. Mais le président américain sortant Donald Trump en était sorti unilatéralement en 2018.

« Il y a urgence »

« En sortant de cet accord, l’administration Trump a choisi la stratégie qu’il a appelée de la pression maximale contre l’Iran. Le résultat, c’est que cette stratégie n’a fait que renforcer le risque et la menace. Il faut donc enrayer cette mécanique », a estimé le chef de la diplomatie française.

« Cela ne suffira pas, a-t-il toutefois ajouté. Il faudra des discussions difficiles sur la prolifération balistique et les déstabilisations par l’Iran de ses voisins dans la région. Je suis tenu par le secret sur le calendrier de ce genre de dossier, mais il y a urgence. »

Lire aussi l’éditorial : L’inquiétante dérive de l’Iran

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont d’ailleurs demandé, samedi, à Téhéran de renoncer à la production d’uranium métal, qui marquerait une nouvelle violation de ses engagements pris dans l’accord de Vienne.

« Nous, les gouvernements de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, sommes profondément préoccupés par l’annonce par l’Iran qu’il se prépare à produire de l’uranium métal », préviennent les trois pays dans un communiqué commun. L’Iran a indiqué mercredi à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avancer dans sa production d’uranium métal pour servir de carburant à un réacteur. Le sujet est sensible car l’uranium métal peut être utilisé comme composant pour des armes nucléaires.

Lire aussi : L’Iran espère une reprise des négociations sur le nucléaire avec Joe Biden (article réservé à nos abonnés)

En réponse au trio européen, l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) a fait savoir samedi soir n’avoir pas, à ce stade, « présenté d’information (…) au sujet du design de l’usine d’uranium métal » à l’AIEA. Selon elle, ce sera fait lorsque « les réparations nécessaires auront été effectuées et dans les délais imposés par la loi ».

« De graves implications militaires »

L’OIEA fait référence à la période de cinq mois fixée en décembre 2020 par le Parlement iranien pour que Téhéran prépare l’usine, entre autres dispositions liées à son programme nucléaire. L’organisme a aussi espéré que l’AIEA ne cause pas de nouveaux « malentendus à l’avenir, en s’abstenant de mentionner des détails superflus dans ses rapports ».

L’accord de 2015 comporte une interdiction de quinze ans sur « la production ou l’acquisition de métaux de plutonium ou d’uranium ou leurs alliages ». Il prévoit que l’Iran puisse être autorisé à commencer sa recherche sur la production de combustible à base d’uranium « en petites quantités agréées » au bout de dix ans, mais seulement avec l’autorisation des autres signataires de l’accord.

« L’Iran n’a aucune utilisation civile crédible de l’uranium métal », ajoutent Londres, Berlin et Paris. « La production d’uranium métal peut avoir de graves implications militaires », déplorent-ils. « L’Iran s’est engagé pendant quinze ans, dans le cadre de l’Accord nucléaire de Vienne (ANCV), à ne pas produire d’uranium métal ni à mener des activités de recherche et de développement dans le domaine de la métallurgie de l’uranium », rappellent ces trois pays signataires de l’accord de 2015.

Lire aussi : Nucléaire iranien : comprendre pourquoi Téhéran a recommencé à enrichir l’uranium à 20 %

« Nous demandons instamment à l’Iran, dans les termes les plus forts, de cesser cette activité et de reprendre immédiatement ses obligations au titre du Plan d’action global conjoint si l’Iran veut vraiment préserver cet accord », concluent-ils.

Le 4 janvier, les autorités iraniennes avaient déjà annoncé une grave violation de l’accord international en disant reprendre l’enrichissement à 20 % de l’uranium sur le site souterrain de Fordo.

Par Le Monde avec AFP, publié le 17 janvier 2021 à 01h05, mis à jour à 04h59

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/17/nucleaire-il-est-urgent-de-dire-aux-iraniens-que-cela-suffit-selon-jean-yves-le-drian_6066543_3210.html

PROJET HERCULE : MANIFESTATION À LA CENTRALE NUCLÉAIRE EDF DE GOLFECH

Jeudi 14 janvier, au lendemain du soixante-quinzième anniversaire du dépôt de la loi de nationalisation de l’électricité et du gaz par la création d’EDF et de GDF (le 13 janvier 1946), les salariés de la centrale nucléaire de Golfech, sous l’impulsion de la CGT, ont décidé d’une journée d’action contre les projets Hercule et Clamadieu qui visent le démantèlement des deux entreprises.

La grève de fin d’année 2020 avait vu une participation de 53 %.

Le mouvement du 14 janvier a également été largement suivi, le barrage filtrant au rond-point de l’entrée provoquant une longue file de véhicules. Le mouvement sera reconduit en début de semaine prochaine.

Olivier Berty, secrétaire général du syndicat CGT, s’est exprimé ainsi : «… Les dangers de tels projets sont qu’ils remettent totalement en cause le service public de l’énergie et la pérennité des entreprises. Le projet Hercule prévoit de scinder EDF en trois entités : une entreprise publique (EDF bleu) pour les centrales nucléaires, une autre (vert) cotée en bourse pour la distribution d’électricité et les énergies renouvelables et une troisième (azur) qui coifferait les barrages hydroélectriques dont les concessions seraient remises en concurrence sous la pression de Bruxelles. Les usagers vont encore voir leur facture augmenter (déjà 50 % en dix ans), une dégradation des services, la disparition de la péréquation, les dépannages qui risquent d’être priorisés aux secteurs les plus rentables. Quant aux salariés, ce découpage de l’entreprise risque d’entraîner des dégradations des conditions de travail. Le nucléaire, c’est comme l’hôpital, il y aura une baisse de moyens, ce qui se ressentira aussi sur la sûreté des installations.

Pour les usagers comme pour les salariés, un seul mot d’ordre : « Non au projet Hercule ! ».

Par LaDepeche.fr publié le 16 janvier2021 à 13h32

 Photo en tire : Les agents EDF mobilisés devant l’entrée de la centrale EDF.

https://www.ladepeche.fr/2021/01/16/projet-hercule-manifestation-a-la-centrale-nucleaire-edf-de-golfech-9315256.php

40ÈME BILAN SUR LES CANCERS DE LA THYROÏDE À FUKUSHIMA : 6 NOUVEAUX CAS

Les autorités régionales de Fukushima ont mis en ligne les documents de la 40ème réunion du comité de suivi de la campagne de dépistage des cancers de la thyroïde chez les jeunes de la province. Les résultats détaillés sont ici en japonais. Une traduction officielle en anglais des principales données devrait être bientôt disponible et le blog Fukushima voices devrait proposer son propre résumé en anglais.

Les données publiées lors du 39ème rapport sont ici, à titre de comparaison. Les nouvelles données sont à la date du 30 juin 2020 et sont synthétisées dans ce document en japonais.

Tous les jeunes de Fukushima, qui avaient moins de 18 ans lors de la catastrophe nucléaire ou qui étaient encore dans le ventre de leur mère, sont concernés (nés entre le 2 avril 1992 et le 1er avril 2012). Avec un dépistage tous les deux ans par échographie, certains jeunes en sont à leur 5ème examen médical. Après 20 ans, le dépistage suivant se fait à l’âge de 25 ans. Il n’y a pas eu d’évolution dans les données des 3 premières campagnes. Et, il n’y a pas eu de mise à jour pour les plus de 25 ans, avec des données toujours à la date du 31 mars 2020. Ainsi, les chiffres repris dans le tableau ci-dessous pour ces catégories sont les mêmes que la dernière fois.

Lors de la quatrième campagne de dépistage, dont les résultats sont détaillés ici en japonais, 6 nouveaux cas de cancer suspecté sont apparus, pour atteindre un total de 27 cas. Parmi eux, 16 ont été confirmés par une intervention chirurgicale, soit 3 de plus que la dernière fois. Ce sont tous des carcinomes papillaires. À noter que sur une population cible de 294 240 jeunes, il y a eu 181 005 examens médicaux, soit 61.5%.

Les autorités de la province de Fukushima publient aussi les toutes premières données relatives à la cinquième campagne de dépistage qui a débuté en avril 2020. Sur une population cible de 252 821 jeunes, il n’y a eu, au 30 juin 2020, que 564 examens médicaux, avec 41 résultats connus. Il n’y a pas encore eu d’examen complémentaire.

On arrive donc à un total de 252 cas de cancers de la thyroïde suspectés chez les jeunes de Fukushima, dont 202 ont été confirmés lors d’une intervention chirurgicale. Il n’y a toujours qu’un seul cas qui s’est révélé être bénin après l’intervention (première campagne).

Le nombre de cas nouveaux, qui n’ont été détectés qu’à partir de la seconde campagne de dépistage (136), est plus élevé que le nombre de cas détectés lors de la première campagne (116), qui peut inclure des cancers qui existaient déjà avant la catastrophe nucléaire.

Le tableau ci-dessous synthétise issues du dépistage officiel. Le taux de dépistage diminuant au fur et à mesure des campagnes, nombre de cas réels est donc plus élevé.

Bilan des campagnes de dépistage du cancer de la thyroïde chez les jeunes de Fukushima au 30 juin 2020 ( 31 mars 2020 pour les plus de 25 ans)

Rappelons qu’il y a plus un an, le fond de soutien des enfants ayant un cancer de la thyroïde, créé en 2016, avait recensé au moins 17 cas supplémentaires, non pris en compte dans les données officielles, dont un qui avait moins de 5 ans au moment de la catastrophe.

Le dépistage gouvernemental n’a lieu que dans la province de Fukushima alors que les provinces voisines ont aussi été touchées par les retombées radioactives. Les cas de cancer de la thyroïde qui pourraient y apparaître échappent aux données officielles.

Dans ACROnique de Fukushima, publié le 15 janvier 2021

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

LES ÉTATS-UNIS IMPOSENT DE NOUVELLES SANCTIONS CONTRE L’IRAN

À cinq jours de la fin de son mandat, l’administration de Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre l’Iran. Le département d’État a ainsi inscrit à sa liste noire des sociétés basées en Iran, en Chine et aux Émirats arabes unis pour avoir transporté des matériaux par l’intermédiaire de l’Islamic Republic of Iran Shipping Lines (IRISL).

Les États-Unis ont annoncé le 15 janvier imposer de nouvelles sanctions contre des compagnies en Iran, en Chine et aux Émirats arabes unis (EAU) pour avoir fait commerce avec l’Iran Shipping Lines, et contre trois entités iraniennes pour la prolifération d’armes conventionnelles.

Ces mesures sont les dernières mises en place dans le but de mettre la pression sur Téhéran dans les derniers jours de l’administration Trump.

Le Secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a annoncé que Washington avait sanctionné sept sociétés et deux personnes pour avoir envoyé de l’acier en provenance de ou vers l’Iran.

Mike Pompeo a ajouté avoir élargi le spectre des sanctions relatives aux métaux.

Donald Trump a dénoncé l’accord de Vienne en 2018, ce qui a ouvert la voie au rétablissement puis à l’alourdissement des sanctions américaines. Le Président élu Joe Biden, qui sera investi Le 20 janvier, a déclaré que Washington redeviendrait partie prenante de l’accord sur le nucléaire iranien, signé en 2015 par l’administration Obama.

Par Reuters, publié le 16 janvier à 6h26, mis à jour à 16h32

Photo en titre : © AP Photo / Vahid Salemi

https://fr.sputniknews.com/international/202101161045081402-les-etats-unis-imposent-de-nouvelles-sanctions-contre-liran/

ENTRETIEN TÉLÉPHONIQUE ENTRE L’ENVOYÉ NUCLÉAIRE SUD-CORÉEN ET BIEGUN APRÈS LE CONGRÈS DU PARTI

SÉOUL, 15 jan. (Yonhap) — Noh Kyu-duk, négociateur nucléaire en chef de la Corée du Sud, s’est entretenu ce vendredi par téléphone avec le secrétaire d’État adjoint américain, Stephen Biegun, avec qui il a discuté de questions nord-coréennes après le congrès du Parti du travail dans le pays communiste, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères.

Le Nord a clôturé mardi son rassemblement de huit jours du Parti durant lequel il a défini les États-Unis comme «le plus grand ennemi» et s’est engagé à renforcer son arsenal nucléaire.

Pendant une parade militaire qui a fait suite au congrès, le Nord a exhibé de nouvelles armes, dont des missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS).

«Les deux parties ont partagé des évaluations sur les récents développements dans la péninsule coréenne, dont le 8e Congrès du Parti du Nord, et échangé des opinions sur les efforts conjoints pour réaliser un progrès vers la dénucléarisation complète et l’établissement d’une paix permanente dans la péninsule», a déclaré le ministère dans un communiqué de presse.

La Corée du Nord semble avoir pour objectif de faire monter les enchères avant l’investiture du président élu américain Joe Biden la semaine prochaine sur fond d’incertitudes autour de la direction politique à l’égard de Pyongyang de la prochaine administration dans un contexte de suspension des discussions sur la dénucléarisation.

Noh a été nommé envoyé nucléaire en chef de Séoul le mois dernier alors que la Corée du Sud cherche à créer un nouvel élan et à relancer la diplomatie nucléaire à l’arrêt entre Pyongyang et Washington sous l’administration Biden.

Par mjp@yna.co.kr, publié le 15 janvier 2021 à 13h55

Photo en titre : Le secrétaire d’État adjoint américain Stephen Biegun s’entretient avec Lee Do-hoon (non illustré), représentant spécial pour les affaires de paix et de sécurité dans la péninsule coréenne, lors de leur réunion au ministère des Affaires étrangères à Séoul, le mercredi 9 décembre 2020. Biegun est arrivé à Séoul la veille pour un voyage de quatre jours. (Pool photo)

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20210115001900884

LES PAYS-BAS ONT ABRITÉ DES MISSILES NUCLÉAIRES POUR ARMER DES INTERCEPTEURS AMÉRICAINS PENDANT LA GUERRE FROIDE

Les Pays-Bas ont autorisé durant la Guerre froide les États-Unis à stocker sur leur territoire des armes nucléaires pour équiper les intercepteurs américains stationnés sur la base aérienne de Soesterberg (centre), rapporte ce samedi le journal ‘De Volkskrant‘, en citant des documents confidentiels découverts par un chercheur.

Ces armes, des missiles AIM-26A Super Falcon à tête nucléaire, étaient entreposés sur la base-même, dans des bunkers souterrains, dans un dépôt entouré d’une double clôture, ajoute le quotidien.

Selon le chercheur, Cees Wiebes, cité par ‘De Volkskrant’, le gouvernement néerlandais avait donné son accord aux États-Unis pour le déploiement de ces armes à des fins purement américaines – et donc dans un cadre différent de celui des bombes atomiques à gravité B61 présumées présentes sur la base de Volkel (sud), qui s’inscrivent dans la politique nucléaire de l’Otan, avec un système de « double clé« .

Le journal rappelle qu’il existait des « indications concrètes » que les États-Unis avaient doté leurs intercepteurs F-102 Delta Dagger à Soesterberg de missiles dotés d’une tête nucléaire.

Ces avions de chasse ont équipé de 1960 à 1969 une unité de chasse, la 32ème escadrille, présente aux Pays-Bas dans le cadre de la défense aérienne de l’Otan. Ces appareils étaient communément armés de missiles AIM-26A Super Falcon à tête nucléaire. L’unité a été dissoute en 1994, peu après la chute du Mur de Berlin.

Les ministères néerlandais de la Défense et des Affaires étrangères ont refusé de confirmer la présence de telles armes à Soesterberg, en invoquant le caractère secret des accords conclus au sein de l’Otan.

Par Belga, publié le 16 janvier 2021 à 15h24

Photo en titre : Les Pays-Bas ont autorisé durant la Guerre froide les États-Unis à stocker sur leur territoire des armes nucléaires pour équiper les intercepteurs américains stationnés sur la base aérienne de Soesterberg – © Carmen Jaspersen – BELGAIMAGE

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_les-pays-bas-ont-abrite-des-missiles-nucleaires-pour-armer-des-intercepteurs-americains-pendant-la-guerre-froide?id=10675210

L’ARMÉE ISRAÉLIENNE PRÉPARE UN PLAN POUR CONTRER LE PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN (MÉDIAS)

L’un des plans comporterait une frappe militaire, qui nécessiterait une augmentation du budget de Tsahal.

L’armée israélienne élabore des plans pour contrer le programme nucléaire iranien, rapporte jeudi le quotidien Israel Hayom.

Selon les rapports, le chef d’état-major, Aviv Kohavi aurait exigé la mise en place de trois plans alternatifs pour faire échouer le programme nucléaire de Téhéran, sans donner plus de détails.

L’un des plans comporterait une frappe militaire, qui nécessiterait toutefois une augmentation du budget de Tsahal.

En outre, l’Agence internationale de l’énergie atomique basée à Vienne confirme que la République islamique a commencé à installer des équipements pour la production d’uranium métal, ce qui constituerait une autre violation de l’accord nucléaire de 2015.

L’Iran maintient le fait que ses projets de recherche et développement sur la production d’uranium métal font partie de son « objectif de concevoir un type de combustible amélioré« , déclare l’Agence.

Cependant, l’uranium métal peut également être utilisé pour la conception de la bombe nucléaire. 

Selon l’accord, Téhéran peut être autorisé à commencer sa recherche sur la production de combustible à base d’uranium « en petites quantités agréées » au bout de dix ans, mais seulement avec l’autorisation des autres signataires de l’accord.

Par i24NEWS, publié le 14 janvier 2021 à 15h13, mis à jour le 15 janvier 2021 à 08h41

Photo en titre : Miriam Alster/Flash90, FileAviv Kochavi

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1610632974-l-armee-israelienne-prepare-un-plan-pour-contrer-le-programme-nucleaire-iranien-medias

L’IRAN SOMMÉ DE RENONCER À LA PRODUCTION D’URANIUM MÉTAL

La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont demandé samedi à l’Iran de renoncer à la production d’uranium métal, qui marquerait une nouvelle violation de ses engagements de l’accord international de 2015.

«Nous, les gouvernements de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, sommes profondément préoccupés par l’annonce par l’Iran qu’il se prépare à produire de l’uranium métal», ont déclaré samedi les trois pays dans un communiqué commun.

L’Iran avait indiqué mercredi à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avancer dans sa production d’uranium métal pour servir de carburant à un réacteur.

Armes nucléaires

Le sujet est sensible car l’uranium métal peut être utilisé comme composant pour des armes nucléaires, et l’accord de 2015 comporte une interdiction de 15 ans sur «la production ou l’acquisition de métaux de plutonium ou d’uranium ou leurs alliages».

Il prévoit que l’Iran puisse être autorisé à commencer sa recherche sur la production de combustible à base d’uranium «en petites quantités agréées» au bout de dix ans, mais seulement avec l’autorisation des autres signataires de l’accord.

«L’Iran n’a aucune utilisation civile crédible de l’uranium métal», ajoutent les trois pays signataires de l’accord de 2015. «La production d’uranium métal peut avoir de graves implications militaires», déplorent-ils.

«Reprendre ses obligations»

«L’Iran s’est engagé pendant 15 ans, dans le cadre de l’Accord nucléaire de Vienne (ANCV), à ne pas produire d’uranium métal ni à mener des activités de recherche et développement dans le domaine de la métallurgie de l’uranium», rappellent Londres, Berlin et Paris.

«Nous demandons instamment à l’Iran, dans les termes les plus forts, de cesser cette activité et de reprendre immédiatement ses obligations au titre du Programme commun d’action sur le changement climatique si l’Iran veut vraiment préserver cet accord», concluent-ils.

Exercices militaires: l’Iran tire des missiles sur des cibles en mer

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran, ont tiré des missiles balistiques sur des cibles dans l’océan Indien dans le cadre d’exercices militaires, a indiqué samedi leur site internet Sepahnews. Les missiles ont ciblé «les navires de guerre ennemis et les ont détruits à 1800 km» de là, selon le site.

Les exercices, qui ont débuté vendredi et s’achèvent samedi, ont eu lieu dans le centre de l’Iran avec des cibles situées dans le «nord de l’océan Indien», ont indiqué les Gardiens de la Révolution. «Un de nos principaux objectifs dans nos politiques et stratégies de défense est de pouvoir viser des bateaux ennemis, y compris des porte-avions et des navires de guerre, en utilisant des missiles balistiques à longue portée», a dit le général Salami, cité par Sepahnews.

Publié16 janvier 2021 à 15h00

Photo en titre : L’Iran avait indiqué mercredi à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avancer dans sa production d’uranium métal pour servir de carburant à un réacteur. (Photo d’archives, AFP)

https://www.lematin.ch/story/liran-somme-de-renoncer-a-la-production-duranium-metal-415014665122

POUR LA RUSSIE, L’ESPOIR D’UN ACCORD DE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE AVEC BIDEN

Lorsque le président élu américain Joe Biden s’installera à la Maison-Blanche la semaine prochaine, son administration devra mener des négociations à toute vitesse avec la Russie pour sauver l’important traité de désarmement « New Start ». Ce texte qui limite les arsenaux nucléaires des deux puissances expire le 5 février, seulement 16 jours après l’investiture de Joe Biden. Il s’agit du dernier grand accord de réduction des armements existant entre les anciens rivaux de la guerre froide.

La date butoir approchant à grands pas, Moscou comme Washington devront aller au compromis et mettre de côté l’état déplorable de leurs relations, sur fond de désaccord sur la plupart des dossiers internationaux, d’accusations d’ingérence électorale, d’espionnage et de cyberattaques. L’enjeu est important pour les deux pays, assure Elena Tchernenko du quotidien russe Kommersant, qui a suivi de près les négociations ces derniers mois. « Le traité limite la possibilité que l’un des deux camps se trompe quant aux intentions ou plans de l’autre, comme nous l’avons vu arriver plusieurs fois pendant la guerre froide, ce qui avait mené à des moments très dangereux », explique-t-elle. Tout accord définira également les priorités budgétaires pour les deux puissances, estime le journaliste Vladimir Frolov. Une potentielle extension du « New Start » déterminera ainsi « si davantage d’argent que nécessaire devra être dépensé dans l’achat de jouets nucléaires par rapport à la santé », indique-t-il.

Le traité « New Start » a été signé en 2010 par les présidents d’alors, Barack Obama pour les États-Unis et Dmitri Medvedev pour la Russie, en pleine période de « reset », une tentative de « réinitialiser » les relations entre les deux États. Le texte limite à 1 550 le nombre d’ogives nucléaires dans chaque camp, ainsi que les lanceurs et bombardiers, ce qui reste assez pour détruire la Terre plusieurs fois.

Pression et concessions

Joe Biden a beaucoup à gagner s’il conclut un succès diplomatique dès les premières semaines de sa présidence, mais il se trouve également sous la pression d’une partie de l’establishment américain voulant une politique plus ferme à l’égard de la Russie, l’un de ses éléments de campagne. L’année dernière, les députés américains ont demandé de punir la Russie pour une vague de cyberattaques ayant visé des administrations et entreprises aux États-Unis, qui lui a été imputée. Moscou a déjà été sanctionné à plusieurs reprises par Washington pour diverses affaires, auxquelles s’ajoutent des expulsions croisées de diplomates. Le futur conseiller de M. Biden à la Sécurité nationale, Jake Sullivan, a toutefois indiqué en janvier que le président élu avait demandé à son équipe de commencer à réfléchir sur l’extension du « New Start ».

À Moscou, le président Vladimir Poutine a récemment proposé une extension d’un an sans conditions préalables et demandé à son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov de tirer une réponse « cohérente » des États-Unis à cette offre. Le dernier dirigeant de l’URSS, Mikhaïl Gorbatchev, champion des traités de désarmement à l’époque de la guerre froide, a dit cette semaine s’attendre à ce que Joe Biden prolonge le « New Start » et appelé les deux camps à « négocier de futures réductions ».

Selon Vladimir Frolov, la Russie espère une extension car elle lui permettrait de moderniser ses forces nucléaires à son rythme, sans se précipiter dans une course aux armements. Les négociations pour l’extension du traité ont été dans l’impasse pendant de longs mois sous la présidence de Donald Trump, qui exigeait que la Chine, autre puissance nucléaire majeure, soit incluse dans la limitation des armements. Pékin ne s’est pas montré intéressé par cette demande. Avec le début de la présidence de Joe Biden, cette condition devrait disparaître. « Il y a désormais des adultes dans la pièce aux États-Unis et malgré les éléments de confrontation, peut-être qu’il s’agit d’un des aspects sur lesquels Moscou et Washington seront capables de trouver un compromis », estime Mme Tchernenko.

Par OLJ, source : AFP, publié le 16 janvier 2021 à 00h00

Photo en titre ; Le président russe Vladimir Poutine lors d’une réunion en vidéoconférence à la résidence Novo-Ogaryovo, près de Moscou, le 13 janvier 2021. Photo Reuters/Sputnik/Mikhail Klimentyev/Kremlin

https://www.lorientlejour.com/article/1248382/pour-la-russie-lespoir-dun-accord-de-desarmement-nucleaire-avec-biden.html

ENTRÉE EN VIGUEUR DU TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES (TIAN): RENDONS HORS LA LOI L’ARME NUCLÉAIRE

En 2017, l’Assemblée générale de l’ONU votait, avec l’appui de 122 États, le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Après le bannissement des armes biologiques et chimiques, l’entrée en vigueur du TIAN, le 22 janvier 2021, constitue un fantastique espoir pour prohiber les armes de destruction massive.

Cependant la mise en œuvre du TIAN fait l’objet d’une obstruction des pays possédant l’arme nucléaire (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Israël, Pakistan, Inde et Israël).

Alors que la préservation de la planète est au cœur de tous les débats, que l’insécurité humaine plonge des pans entiers de l’humanité dans la misère et que les violences guerrières s’accroissent, le rôle des opinions publiques sera déterminant pour mobiliser les ressources en faveur du développement humain et de la paix.

L’entrée en vigueur du TIAN doit désormais conduire la France à faire le choix de le signer et de le ratifier. Paris devrait être à l’initiative sur le plan international afin d’établir un processus de sortie. Un premier signe serait de geler la modernisation du parc des armes nucléaires.

Le Parti communiste français (PCF) appelle à se joindre à l’initiative nationale de plusieurs organisations pacifistes, sociales, syndicales et politiques afin de rendre hors la loi les armes nucléaires :

RASSEMBLEMENT, PRISES DE PAROLE, DÉLÉGATIONS DEVANT LES AMBASSADES DES PAYS DISPOSANT DE L’ARME NUCLÉAIRE

JEUDI 21 JANVIER à 15h à PARIS

ESPLANADE DES INVALIDES (métro Invalides)

Les communistes, par leur forte mobilisation, auront à cœur de faire de ce rassemblement un succès.

Publié le 15/01/2021

https://www.pcf.fr/tian_rendons_hors_la_loi_l_arme_nucleaire

NDLR : Question : comment peut-on, « en même temps » militer pour l’abolition de l’arme nucléaire et militer pour la poursuite et le développement du nucléaire civil, les deux étant indissociables ? Mais c’est déjà bien d’avoir fait la moitié du chemin qui nous sépare, il faudrait vite penser à faire l’autre moitié afin de devenir cohérents et donc rejoignables sur ce sujet épineux et clivant.

CÔTE-D’OR : UN AN DE VIGIES CITOYENNES POUR DEMANDER «LA RECONVERSION DU CEA DE VALDUC»

Communiqué du collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires du 15 janvier 2021 :

CEA-VALDUC : UNE ANNÉE DE VIGIES CITOYENNES

Trois lanceurs d’alerte dijonnais en procès

Ce 15 janvier 2021 à Dijon s’est tenue la 12ème vigie citoyenne concernant l’arme nucléaire et la reconversion du CEA de Valduc. Objectif : interpeller chaque mois, près de Valduc ou à Dijon, la Direction du CEA, le personnel et les citoyens sur les risques des armes nucléaires, leur coût démesuré (37 milliards sur 5 ans !) et leur illégalité : la France a adhéré en 1992 au Traité de Non-prolifération (TNP), les citoyens demandent qu’elle respecte ses engagements, dont l’article 6 qui stipule : « Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace. »

La vigie citoyenne, place St Bernard à Dijon, a réuni une vingtaine de lanceurs d’alerte.

Les armes nucléaires interdites à partir du 22 janvier 2021

Les armes nucléaires occidentales, totalement inefficaces contre le terrorisme, sont également inutilisables contre des puissances nucléaires, sauf à provoquer une riposte immédiate, et n’empêchent en aucune façon la Russie de contrôler peu à peu la circulation maritime en Arctique ni la Chine de dominer peu à peu l’Asie du Sud-Est. La réponse face à ces menaces n’est pas un bluff nucléaire qui ne trompe personne et menace tout le monde : c’est une politique européenne de sécurité dynamique et même offensive sur le respect des droits humains, impliquant notamment les sanctions économiques et le soutien actif aux organisations démocratiques qui résistent à la dictature ou au nationalisme.

La France et la Grande-Bretagne sont aujourd’hui les deux États les mieux placés pour initier un mouvement de désarmement des 9 puissances nucléaires. Or, dans le cadre du traité franco-britannique ‘Teutatès’ signé le 2 novembre 2010, et malgré le Brexit, le programme ‘Epure’ du site CEA-DAM de Valduc se réalise avec les Anglais en violation de l’article 6 du TNP. Il a pour but d’installer au CEA-Valduc un ensemble de 3 accélérateurs d’électrons pour radiographier l’explosion du premier étage des bombes nucléaires.

Le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), adopté en juillet 2017 par 122 États à l’ONU, entre en vigueur le 22 janvier 2021 : l’interdiction des armes nucléaires sera la nouvelle norme du droit international. Selon les termes du Traité, il sera illégal pour les États-parties de « mettre au point, tester, produire, acquérir, posséder, stocker, utiliser ou menacer d’utiliser des armes nucléaires ». Le TIAN comporte des obligations positives (déclarations, garanties, limitation, vérification, retrait, mesures d’application nationale, assistance aux victimes et remise en état de l’environnement, coopération et assistance internationales, universalité) pour permettre la mise en œuvre de l’interdiction des armes nucléaires et leur élimination progressive.

La France, qui ne veut pas adhérer à ce traité malgré l’avis de ses propres citoyens, sera de plus en plus considérée comme un État-voyou qui se met en dehors des règles de la communauté internationale. En refusant ce traité, ses responsables politiques favorisent une accoutumance aux risques nucléaires : prolifération, erreurs humaines, défaillances techniques, cyberattaques, etc. Un non-sens pour un État qui se veut « responsable« , qui souhaite renforcer la sécurité internationale et garantir la préservation de la biodiversité et de l’environnement …

Soutien aux trois lanceurs d’alerte dijonnais

Trois citoyens, Jacques Bourgoin, Jean-Marc Convers (membre des Amis de la Terre – Côte d’Or) et Étienne Godinot (membre du Mouvement pour une Alternative Non-violente – Côte d’Or), sont poursuivis pour « intrusion en réunion dans l’enceinte d’une installation civile abritant des matières nucléaires, en l’espèce être entré (s) dans l’enceinte du CEA Valduc malgré la présence de panneaux indiquant qu’il s’agissait d’une propriété privée ».

En réalité, ils sont entrés en voiture le 9 juillet 2020 dans une zone d’accès libre du CEA-Valduc pour y déployer une banderole « Reconversion du site CEA de Valduc« .

Venez les soutenir à leur procès le 12 février 2021 à 14 h devant le Tribunal correctionnel de Dijon.

Les coupables dans cette affaire sont-ils des lanceurs d’alerte non-violents au sujet du péril nucléaire qui menace l’humanité, ou les gouvernants qui perfectionnent à grands frais une nouvelle ligne Maginot nucléaire en violation des engagements de leur pays ?

Les 8 ans d’actions non-violentes et vigies menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre d’ ICAN, ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite de l’interdiction internationale des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).

L’historique des actions à DIJON et VALDUC depuis 2014, la présentation du procès et des 3 inculpés et un modèle de lettre de soutien sont sur le site d’Abolition des armes nucléaires. Un diaporama sur l’inefficacité et les dangers des armes nucléaires est sur www.irnc.org.

Prochains rendez-vous, rejoignez-nous !
– DIJON : Vendredi 22 janvier, célébrons l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction des armes nucléaires.
Samedi 6 février Vigie citoyenne.
Vendredi 12 février, soutien au 3 dijonnais à 14 h devant le Tribunal 13 Bd Clemenceau.
– BESANÇON : Mercredi 3 février, plantation par la Ville d’un arbre « ginkgo biloba » pour le désarmement nucléaire.

Par Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires, publié le 16/01/2021 à 10h52

Pour les joindre : http://abolitiondesarmesnucleaires.org,

Mail: abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr,  Tél : 06 14 24 86 96

Photo en titre : Alors que la France a adhéré au Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires, un collectif considère que l’installation au CEA de Valduc d’un ensemble de trois accélérateurs d’électrons pour radiographier l’explosion du premier étage des bombes nucléaires viole ce traité.

https://www.infos-dijon.com/news/cote-d-or/cote-d-or/cote-d-or-un-an-de-vigies-citoyennes-pour-demander-la-reconversion-du-cea-de-valduc.html

RÉACTEURS NUCLÉAIRES NOUVELLE GÉNÉRATION : TRICASTIN OU BUGEY ?

EDF doit proposer à l’État trois sites d’implantation des nouveaux réacteurs nucléaires. Deux sont déjà connus, Gravelines (59) et Penly (76). Au printemps, EDF devra proposer un troisième site : Bugey (01) ou Tricastin (26).

 La loi de transition écologique prévoit la suppression de 12 réacteurs en France sur les 56 que compte le pays. Et même si la loi prévoit également une baisse de la proportion d’électricité issue du nucléaire, il va falloir en partie remplacer ces réacteurs classiques. 

Six réacteurs nouvelle génération sur trois sites

Les six réacteurs de type Evolutionary Power Reactor (EPR 2)  seront implantés par deux sur trois sites. C’est EDF qui est chargé de proposer ces trois sites à l’État. L’électricien a donc déjà retenu les sites de Gravelines dans le Nord et de Penly en Seine-Maritime. Il doit maintenant choisir le troisième site entre deux secteurs situés tous les deux en région Auvergne-Rhône-Alpes : Bugey dans l’Ain et Tricastin dans la Drôme

L’EPR 2 est un réacteur de nouvelle génération qui utilise moins de combustibles et produit moins de déchets pour la même quantité d’électricité. Le coût de construction de ces six réacteurs est estimé par EDF à 46 milliards d’euros.  

Des élus de la Drôme réclament l’EPR 2

La présidente du conseil départemental de la Drôme ou encore le maire de Saint-Paul-Trois-Châteaux font partie des élus qui militent pour l’obtention de la paire d’EPR 2 à Tricastin. L’enjeu est de taille puisque la centrale nucléaire de Tricastin emploie actuellement 2000 personnes. Il faut y ajouter 1000 personnes qui y travaillent de façon ponctuelle et 1000 emplois induits. 4000 emplois au total. C’est considérable dans un bassin de vie où le taux de chômage est important. Or la suppression de 12 réacteurs pourraient impacter le site EDF de Tricastin avec à terme la fermeture de deux réacteurs sur quatre.   

Des ingénieurs d’EDF sont sur place actuellement pour étudier en profondeur la faisabilité du projet sur le site de Tricastin. EDF rendra au printemps prochain sa décision et indiquera à l’État si cette paire d’EPR 2 doit être implantée à Tricastin ou à Bugey.   

Par Pierre-Jean Pluvy, (France Bleu Drôme Ardèche), publié le samedi 16 janvier 2021 à 4h16

Photo en titre : Centrale nucléaire de Tricastin dans la Drôme. © Radio France – Victor Vasseur

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/reacteurs-nucleaires-nouvelle-generation-tricastin-ou-bugey-1610723765

NDLR : je croyais que la décision de construire ou non 6 EPR supplémentaires en France ne serait prise qu’en 2022 ! Je constate que, dans les faits, tout le monde a compris qu’en réalité, la décision est déjà prise : OUI, nos dirigeants  (actuels) sont hyper favorables à ce « projet ». Seule solution pour y échapper, élire des politiques réellement opposés à ces constructions (mais est-ce possible ?). La balle est dans notre camp et nous n’y arriverons certainement pas en éparpillant les candidatures !

L’IRAN CHERCHE À MODERNISER SON COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE (AMBASSADEUR)

TÉHÉRAN, le 14 janvier 2021 : Kazem Gharibabadi, ambassadeur et représentant permanent d’Iran auprès des organisations internationales basées à Vienne, a annoncé que son pays menait des recherches pour fournir un combustible nucléaire avancé à son Réacteur de recherche de Téhéran, a rapporté jeudi l’agence de presse Tasnim.

Il a noté mercredi que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait publié une note informant ses États membres que l’Iran avait commencé à travailler en ce sens.

Le diplomate a précisé que ces activités de recherche et développement se dérouleraient en trois phases au cours desquelles de l’uranium métal serait produit à partir d’uranium naturel.

L’Iran a informé l’AIEA de toutes ces étapes, a assuré M. Gharibabadi selon qui les inspecteurs de l’agence onusienne ont visité l’usine de production de ce futur combustible il y a plusieurs jours.

Le 4 janvier, l’Iran a lancé un processus d’enrichissement à 20% de son stock d’uranium, décidé dans le cadre du Plan d’action stratégique contre les sanctions américaines approuvé par le Parlement en décembre dernier.

En réponse au retrait en 2018 des États-Unis du Plan d’action global conjoint sur le nucléaire iranien et à la réimposition de sanctions, l’Iran a cessé de respecter une partie de ses obligations envers cet accord international conclu en 2015.

http://french.xinhuanet.com/2021-01/14/c_139667851.htm

NUCLÉAIRE : UN NOUVEL INCIDENT À LA CENTRALE EDF DE FLAMANVILLE

Un nouvel incident, de niveau 1 (sur une échelle de 7), vient d’être révélé par EDF à la centrale de Flamanville (Manche).

EDF a déclaré, vendredi 15 janvier 2021, un « événement significatif sûreté de niveau 1 pour défaut d’application de mesures compensatoires dans le cadre d’une modification temporaire des spécifications techniques d’exploitation du réacteur n°2″.

À lire aussi : REPORTAGE. Après le redémarrage de Flamanville 2, visite dans les coulisses d’un réacteur nucléaire

EDF rappelle les faits : « Le 6 janvier 2021, l’unité de production n°2 est en fonctionnement, dans la dernière phase d’essai de l’installation, suite à son redémarrage le 12 décembre 2020. Durant cette phase, afin d’assurer le respect des exigences liées aux critères de sûreté du réacteur et aux critères d’intégrité des générateurs de vapeurs, il est mis en œuvre une modification temporaire des spécifications techniques d’exploitation du réacteur n°2 autorisée spécifiquement par l’ASN. Cette autorisation implique la mise en œuvre de certaines mesures compensatoires ».

Aucune incidence sur la sûreté des installations

Parmi ces mesures, deux n’ont donc pas été respectées :

  • un enregistreur de suivi de paramètre a été retiré pendant 24 heures alors qu’il devait rester en service en permanence.
  • les critères radiochimiques liés à la concentration en bore/lithium dans le circuit primaire n’ont pas été respectés en permanence.

L’électricien affirme que « ces écarts  n’ont eu aucune incidence sur la sûreté des installations ».

À lire aussi : Centrale nucléaire EDF de Flamanville : des agents de sécurité grévistes filtrent les entrées

Toutefois, en raison du défaut d’application permanent de ces mesures compensatoires, la direction de la centrale nucléaire de Flamanville 1 et 2 a déclaré, le 12 janvier 2021, un événement significatif sûreté au niveau 1 de l’échelle INES, échelle internationale de classement des événements nucléaires, qui en compte 7.

Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 15 Janvier 2021 à 13h30 

Photo en titre : EDF a déclaré, vendredi 15 janvier 2021, un incident à la centrale de Flamanville (Manche).

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-un-nouvel-incident-a-la-centrale-edf-de-flamanville_38742419.html

DÉCHETS NUCLÉAIRES : UNE NOTE « EXPLOSIVE » SOULIGNE LES LACUNES DU PROJET CIGÉO

Mercredi 13 janvier, l’Autorité environnementale a livré un avis très critique sur le projet d’enfouissement des déchets nucléaires Cigéo dans la Meuse. De nombreux aspects — jusqu’au choix du mode de stockage — y sont remis en question. Décryptage.

Prise en compte des enjeux environnementaux insuffisante ; vision de court terme du développement territorial ; rien sur la maîtrise des risques et sur les situations accidentelles… Dans un avis adopté le 13 janvier et qualifié d’« explosif » par les opposants à Cigéo, l’Autorité environnementale [1] critique sévèrement le projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure (Meuse).

Plus précisément, cet avis concerne le dossier de déclaration d’utilité publique, déposé par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) en août dernier et indispensable pour l’autorisation du projet. La reconnaissance de l’intérêt général du projet permettrait par ailleurs à l’Andra d’acquérir les terrains nécessaires à l’implantation de Cigéo, si les négociations à l’amiable n’aboutissaient pas.

Type de stockage, type de roche, réversibilité… les fondamentaux du projet remis en question

Dans ce rapport de 56 pages, les fondements mêmes du projet Cigéo sont remis en question. Par exemple, le mode de stockage en profondeur : « Le mode de stockage retenu repose sur l’utilisation de techniques minières. Le dossier souligne qu’il est considéré sur le plan international comme mature et qu’il est déjà pratiqué en Allemagne pour les déchets industriels les plus dangereux. Or les difficultés rencontrées par les stockages dans le sel gemme, de Stocamine en Alsace dont les alvéoles se referment sur les colis et de Asse en Allemagne, remettent fortement en cause cette assertion, notamment en matière de possibilité effective de récupérer des colis a fortiori lorsqu’ils sont endommagés », lit-on dans le rapport. Pour rappel, à Stocamine (Haut-Rhin), 44.000 tonnes de déchets industriels hautement toxiques sont bloquées dans des galeries à 500 mètres sous terre à la suite d’un incendie accidentel dans l’installation, en septembre 2003.

L’Autorité environnementale (AE) discute aussi le choix de l’argile comme type de roche le plus adapté au stockage. « Le dossier indique que des études préliminaires ont eu lieu dès 1987 dans quatre sites de nature géologique différente : le granite, le schiste, le sel et l’argile », rappelle-t-elle. Mais finalement, un seul laboratoire a été implanté sur le territoire, celui de Bure. « L’AE considère que l’importance des enjeux aurait mérité que plusieurs sites aient fait l’objet d’expérimentations afin de disposer d’un éventail d’informations sur les risques sanitaires et environnementaux en appui de la décision », regrette l’entité indépendante.

La promesse de réversibilité du stockage est également mise en doute. « L’IRSN [Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire] souligne que « la possibilité de retrait de colis accidentés avec des moyens définis dès la conception n’a pas été étudiée« . Le dossier ne comporte en effet pas d’élément qui la démontre », déplore l’AE, réclamant « des essais en vraie grandeur (…) avant mise en exploitation du stockage ».

Le chantier de construction de Cigéo, en mars 2018.

En creux, ce sont les lacunes dans la description du projet Cigéo qui sont révélées dans ce rapport. Par exemple, la liste et les caractéristiques des déchets qui pourraient y être enfouis. « L’incertitude sur la nature et le volume des déchets, selon que l’on retiendra l’inventaire de référence ou l’inventaire de réserve, interroge quant au périmètre du projet qui, à ce stade, n’aborde pas l’ensemble des déchets qu’il est envisageable de stocker sur le site », signale l’Autorité environnementale, qui demande à l’Andra de travailler sur des « scénarios plausibles et contrastés de définition du gisement de déchets ».

Des conséquences sur la faune, la flore et les eaux négligées par l’Andra

De manière plus attendue, les membres de l’entité indépendante s’inquiètent des conséquences sur l’environnement de ce projet. « Le bois Lejuc, où sera implantée la zone puits, est intégré à la Znieff [2] Forêt de la fosse Lemaire à Mandres-en-Barrois, le dossier [de déclaration d’utilité publique de l’Andra] minimise son importance du fait que c’est la richesse des observations disponibles, issue des inventaires réalisés par l’Andra, qui justifie le classement plutôt que la présence exceptionnelle d’espèces sur le site. Le dossier conclut que le projet est en grande majorité prévu sur les lieux où la biodiversité est ordinaire et où les espaces naturels n’ont pas de fonctionnalité écologique. L’AE ne souscrit pas à cette interprétation ; le choix d’implanter la zone puits en forêt, qui plus est dans une Znieff, résulte d’un souci d’évitement des terres agricoles et ne peut pas être justifié par la biodiversité des espaces concernés », lit-on dans le rapport.

Le bois Lejuc, qui avait été occupé par des opposants à Cigéo entre 2016 et 2018, est ainsi présenté comme un corridor écologique à fort enjeu, fréquenté par des mammifères aussi divers que le putois d’Europe, le chat sauvage et le cerf élaphe et abritant des habitats d’intérêt communautaire comme la hêtraie à Mélique et la chênaie-charmaie à stellaire Subatlantique. Plus généralement, l’Autorité environnementale rappelle que le projet Cigéo s’inscrit dans un territoire qui compte soixante espaces naturels sensibles et que la ligne électrique associée au projet prend place dans la zone humide d’importance internationale des étangs de Champagne, qui accueille 200.000 oiseaux de cinquante espèces différentes en hivernage.

Le bois Lejuc est un corridor écologique à fort enjeu, fréquenté par exemple par le cerf élaphe.

Autre sujet de préoccupation, les conséquences du projet sur les eaux souterraines et les captages d’eau potable locaux. Juste en-dessous du stockage Cigéo, « les calcaires de l’Oxfordien sont le siège d’une seule et même nappe, de perméabilité apparente élevée (…). Cette nappe constitue un enjeu important, directement en contact avec la couche d’argilites du Callovo-Oxfordien [où doivent être enfouis les colis radioactifs]. Le BRGM la classe comme une ressource à protéger dite “d’ultime recours”, stratégique pour l’alimentation en eau potable. Son intérêt est minimisé par le dossier qui indique une vitesse d’écoulement très faible, de l’ordre d’un mètre par siècle. L’AE s’interroge sur cette très faible vitesse d’écoulement, alors même que cette nappe est exploitée, ce qui génère nécessairement des écoulements non négligeables », lit-on dans le rapport.

L’angle mort du rapport de l’Andra : les conséquences pour la population, notamment en cas d’accident

Au-delà du projet en lui-même et de ses conséquences environnementales, c’est toute la stratégie de développement du territoire que l’Autorité environnementale remet en question. Depuis une vingtaine d’années, trente millions d’euros par an sont versés aux départements de la Meuse et de la Haute-Marne via deux groupements d’intérêt public (GIP) financés par les producteurs de déchets nucléaires. Objectif affiché, favoriser le développement économique de ces territoires peu peuplés et paupérisés. « Or, compte tenu de la nature du projet et des incertitudes qui portent sur les risques à long terme, il serait rationnel, en application du principe de précaution, de chercher à limiter durablement la population exposée à l’aléa, même si celui-ci est très faible, objecte l’entité indépendante. Une alternative pourrait consister, par exemple, à ne pas développer démographiquement le territoire potentiellement exposé aux risques sanitaires, certes très limités à court terme, mais de plus en plus incertains avec le temps. » Elle suggère ainsi carrément de transformer la zone de Cigéo en un « espace naturel préservé ».

Car l’incident et l’accident sont des éventualités peu prises en compte par l’Andra, déplore l’Autorité environnementale. « Aucun scénario en mode de fonctionnement dégradé, d’incident ou d’accident (panne de filtre sur les cheminées, longue coupure de courant ou sur le traitement d’eau par exemple) n’est présenté qui conduirait à un rejet ponctuel dans l’environnement avec des conséquences à court et à long terme. Les conséquences à long terme pour les sols d’un éventuel accident d’exploitation ou de chantier ne sont pas non plus exposées. Aucune évaluation des risques sanitaires en situation accidentelle n’est proposée, ni en phase d’exploitation ni pendant la longue période de décroissance de la radioactivité », critique-t-elle.

Elle signale aussi d’autres lacunes concernant la sûreté du projet d’installation : on ne trouve pas grand-chose dans le dossier de l’Andra sur les colis bitumés, qui représentent quasiment un colis sur cinq dans l’inventaire de référence et pourraient être source d’accident en raison de leur température élevée ; et pas grand-chose non plus sur « le rétablissement des fonctions du stockage à la suite d’un accident » : « la possibilité d’intervenir et, le cas échéant, de réhabiliter l’installation, est pourtant une priorité ; un scénario d’effondrement devra notamment être analysé en intégrant l’analyse du retour d’expérience », lit-on dans l’avis.

La liste est encore longue des remarques faites par l’Autorité environnementale à l’Andra. Les opposants à Cigéo les ont toutes lues avec attention et ne cachent pas leur satisfaction. « L’Autorité environnementale a fait un vrai travail de fond et met en avant les éléments que nous cherchons depuis longtemps à faire comprendre, se réjouit Régine Millarakis, de Lorraine Nature Environnement. Elle précise aussi qu’il y a des points sur lesquels elle ne peut pas donner son avis car le dossier est très incomplet. Pour les associations, c’est clair : l’Andra n’est absolument pas prête à lancer ce projet et ne le sera sans doute jamais. »

Contactée par Reporterre, l’Andra indique que cet avis « nécessite un temps d’étude et d’analyse de la part de [ses] services, avant de pouvoir répondre à des questions sur les recommandations émises. Après analyse des recommandations du présent avis et conformément aux dispositions du Code de l’environnement, [elle] produira un mémoire en réponse relatif qui sera joint au dossier d’enquête publique ».

Après avoir récolté différents avis, le dossier de déclaration d’utilité publique fera l’objet d’une enquête publique qui pourrait se tenir à partir du deuxième trimestre 2021.

Par Émilie Massemin (Reporterre), publié le 15 janvier 2021

https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-une-note-explosive-pointe-les-lacunes-du-projet-Cigeo?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

C’est maintenant que tout se joue…

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NUCLÉAIRE : LA SÛRETÉ DES RÉACTEURS PROLONGÉS AU-DELÀ DE 40 ANS NE SERA PAS AU NIVEAU PROMIS, SELON GREENPEACE

Greenpeace estime que la sûreté des réacteurs de 900 MW prolongés au-delà de 40 ans ne sera pas au niveau de celle de l’EPR. L’association pointe des problèmes techniques, ainsi que les difficultés auxquelles font face l’ASN, EDF et la filière nucléaire.

Alors que la consultation publique sur les prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) concernant les conditions de fonctionnement des réacteurs nucléaires de 900 mégawatts (MW) au-delà de 40 ans vient d’être prolongée jusqu’au 22 janvier, Greenpeace exprime ses doutes sur le niveau de sûreté atteint à l’issue du processus.

Dans l’esprit, la prolongation de leur durée de fonctionnement doit permettre de rehausser leur sûreté au niveau de celle des réacteurs les plus récents, les EPR. Mais dans les faits, le cahier des charges proposé par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) est « très loin de la promesse initiale de mettre les 900 MW au niveau de l’EPR », estime Yves Marignac. Le consultant sur les questions nucléaires constate d’ailleurs que l’ASN ne propose pas de comparaison entre les trois niveaux de sûreté : celui des réacteurs de 900 MW avant prolongation, celui de ces mêmes réacteurs après les travaux destinés à prolonger leur durée de fonctionnement et celui de l’EPR.

Des dispositifs de sûreté difficiles à transposer

Les difficultés sont multiples. Elles sont d’abord techniques, explique Roger Spautz. Le chargé de campagne pour Greenpeace France estime, sur la base d’une étude réalisée par le professeur allemand Manfred Mertins, que les prescriptions de l’ASN ne permettent pas d’atteindre un niveau de sûreté équivalent à celui de l’EPR. C’est notamment le cas de la redondance de certains équipements qui ne sera pas aussi complète, puisque la conception initiale des réacteurs de 900 MW ne le permet pas. Ces incompatibilités techniques concernent deux éléments clés de la sûreté de l’EPR qui ne peuvent pas être mis en place de façon équivalente sur les anciens réacteurs.

Il s’agit d’abord de la protection des piscines d’entreposage du combustible. La piscine de l’EPR est protégée par une double coque de béton. Ne pouvant « bunkeriser » a posteriori les piscines du parc de 900 MW, l’ASN propose de limiter le risque que les combustibles ne soient plus sous l’eau en cas d’accident. Mais ces équipements « restent mal protégés contre un acte malveillant ou une chute d’avion », critique Roger Spautz. De même, le dispositif de récupération du corium proposé pour les réacteurs de 900 MW sera plus petit et placé sur un radier moins épais. Alors que le dispositif de l’EPR doit arrêter le corium, celui qui équipera les réacteurs de 900 MW devra ralentir la progression du cœur en fusion, résume Yves Marignac.

Difficile respect des prescriptions techniques

Au-delà des prescriptions techniques, Greenpeace s’inquiète des difficultés rencontrées lors de leur mise en œuvre. Depuis plusieurs années, les écarts de conformité des installations par rapport aux standards qu’elles sont censées respecter constituent un sujet d’attention de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). En avril dernier, l’avis de l’institut sur la prolongation de la durée de vie des réacteurs de 900 MW estimait que des progrès devaient encore être réalisés dans ce domaine. Dans le même esprit, l’ASN peine à imposer ses décisions à EDF. En 2017, il a fallu qu’elle ordonne la mise à l’arrêt des réacteurs de la centrale du Tricastin pour qu’EDF réalise les travaux de renforcement de la digue de protection de l’installation drômoise, rappelle Yves Marignac.

Le consultant note aussi que la mise en œuvre des prescriptions de l’ASN sera étalée dans le temps, et cela jusqu’à six ans après la fin du réexamen périodique de l’installation. « C’est contraire à la philosophie de la législation », déplore-t-il. Dans le même ordre d’idée, l’Autorité demandera à EDF de rendre des comptes chaque année sur la mise en œuvre de son plan d’action destiné à rétablir les compétences de la filière nucléaire. Cette demande interroge sur la capacité de la filière nucléaire à mener à bien les travaux demandés et sur le respect des délais fixés par l’ASN, estime le consultant.

Quid de l’exécution des VD4 ?

Les premières prolongations, au Tricastin et au Bugey (Ain), ont valeur d’exemple, estime Greenpeace. Bernard Laponche s’est penché sur la sûreté de la centrale du Tricastin. Le président de l’association Global Chance explique que la quatrième visite décennale (VD4), réalisée de juillet à décembre 2019, a été bien menée. Mais il s’agit d’une vitrine : EDF a mobilisé 5 000 intervenants, explique l’expert qui n’est « pas sûr que l’effort puisse être répété avec plusieurs VD4 simultanées ».

Ce jugement s’appuie notamment sur l’exemple de la deuxième VD4, celle du réacteur 2 du site du Bugey, débutée en janvier 2020. Le réacteur ne devrait pas redémarrer avant février, alors que le calendrier initial fixait l’échéance à juillet 2020, rapporte Bernard Laponche. Certes, la Covid 19 a marqué l’année écoulée, mais la centrale du Bugey a aussi connu de nombreux incidents, parmi lesquels la découverte inattendue de corrosion sur un réservoir servant au réacteur 2.

Par Philippe Collet, journaliste (Rédacteur spécialisé), publié le 14 janvier 2021

Photo en titre : © ERIC

https://www.actu-environnement.com/ae/news/nucleaire-surete-900mw-vd4-greenpeace-36885.php4

GREENPEACE EN CAMPAGNE CONTRE LA PROLONGATION À CINQUANTE ANS DES RÉACTEURS D’EDF

L’ONG antinucléaire dénonce les conditions dans lesquelles l’Autorité de sûreté nucléaire s’apprête à donner son feu vert à la poursuite de l’exploitation des réacteurs les plus anciens d’EDF.

2020 s’était terminée par une déclaration d’amour d’Emmanuel Macron à l’industrie de l’atome sur le thème «notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire». 2021 commence par une nouvelle campagne de Greenpeace contre «cette énergie du passé qui pose des problèmes de sûreté et compromet le développement des énergies nouvelles en France». L’ONG, qui milite de longue date pour une sortie de l’atome, organisait ce mercredi un point presse pour décrypter à sa manière «les prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire pour la prolongation au-delà des quarante ans» des réacteurs les plus anciens du parc d’EDF.

Le gendarme français du nucléaire, l’ASN, doit en effet donner son feu vert dans les mois qui viennent à l’électricien pour prolonger de quarante à cinquante ans la durée de vie de 32 réacteurs de 900 MW. Et c’est plutôt en bonne voie: le 3 décembre, l’Autorité de sûreté nucléaire a publié un projet de décision ouvrant la voie à la poursuite du fonctionnement de ces centrales, sous réserve «d’améliorations significatives de la sûreté». Une demi-victoire pour EDF, vivement critiquée par Greenpeace évidemment. Construits dans le sillage de la centrale pionnière de Fessenheim (Haut-Rhin), arrêtée l’an dernier, ces réacteurs à eau pressurisée ont été «conçus dans les années 60 et 70 et construits en moins de dix ans dans le cadre du plan Messmer, avant les enseignements des accidents Tchernobyl et Fukushima», a rappelé Roger Spautz, chargé de campagne nucléaire de l’association.

«Déficits» par rapport aux normes EPR

Ce dernier a listé les «déficits de base» dont souffrent ces vieux «REP» en cas d’accident majeur, par rapport aux exigences de sûreté imposée par l’ASN pour le nouvel EPR de 1 600 MW, malgré les améliorations apportées par EDF : «redondance incomplète des systèmes de sécurité» (générateurs et pompes de secours), «bâtiment piscines avec combustibles usés mal protégés face à des actes de malveillance ou à une éventuelle chute d’avion», «cendrier récupérateur de Corium insuffisant» (le magma hautement radioactif créé par une fusion accidentelle du cœur du réacteur), radier en béton sur lequel est posé le réacteur pas assez épais, générateurs de vapeur «moins résistants au risque de rupture»

Sans parler du «mauvais choix géographique des sites» où ont été construites les premières centrales d’EDF car il fallait «couvrir le territoire de réacteurs nucléaires», a dénoncé le physicien Bernard Laponche en évoquant risques d’inondation et de tremblement de terre. Vieil opposant de l’atome, le président de l’association Global Chance a pointé du doigt la centrale du Tricastin (Drôme) présentée comme «l’une des centrales les plus dangereuses qu’il faut arrêter». Un choix qui ne doit rien au hasard : cette centrale, qui a été ciblée par une action de Greenpeace le 21 février 2020, est la première à avoir subi la fameuse visite décennale des inspecteurs de l’ASN pour déterminer si elle peut être prolongée de dix ans. Or «un canal situé à 6 mètres au-dessus du niveau du sol» pour refroidir les quatre réacteurs du Tricastin expose selon lui ces derniers à «un risque d’inondation grave voire accident majeur type Fukushima» : plus d’électricité et inondation des diesels de secours, donc plus de refroidissement du cœur des réacteurs et risque d’explosion…

La centrale du Tricastin inquiète

L’ASN a d’ailleurs imposé à EDF de gros travaux pour renforcer la digue protégeant la centrale qui a entraîné un arrêt de la production pendant trois mois en 2019. Mais Tricastin fait toujours l’objet de sérieux doutes de la part de certains scientifiques concernant la sûreté, car la cuve d’au moins un de ses réacteurs présente des fissures qu’EDF a tenté de minimiser, comme l’a montré une récente enquête de Libération.

Plus largement, Yves Marignac, expert critique du nucléaire et porte-parole de l’association négaWatt, dénonce «le choix fait par EDF de privilégier une stratégie de prolongation de la durée de vie de ses vieux réacteurs» plutôt que leur remplacement par des EPR aux normes de sûreté post-Fukushima. Et pour cause, le fameux réacteur EPR de Flamanville (Manche), qui aurait dû entrer en service en 2012, a pris plus de dix ans de retard en raison notamment de la vigilance de l’ASN, qui a exigé d’EDF qu’il refasse des centaines de soudures. Résultat, le premier EPR français ne sera pas opérationnel avant 2023 après un triplement de son coût à 12 milliards d’euros… Et, tout favorable qu’il soit au nucléaire, le président de la République ne peut pas donner son feu vert aux six nouveaux EPR espérés par EDF. Pour Marignac, «la prolongation des 900 MW devrait se faire dans des conditions de sécurité identiques aux nouveaux réacteurs EPR, mais ce n’est évidemment pas le cas et le sujet est tabou à l’ASN».

12 réacteurs d’EDF arrêtés d’ici 2035

Du côté d’EDF, le sujet de la prolongation est stratégique. Après Fessenheim, une douzaine de réacteurs installés sur les centrales du Blayais, du Bugey, de Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines et du Tricastin, doivent eux aussi être arrêtés d’ici 2035 dans le cadre de la loi sur la transition énergétique. Objectif, ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité en France d’un peu plus de 70% à 50%, au profit notamment de l’éolien en mer. Mais pour durer encore près de quinze ans en attendant l’arrivée de nouveaux EPR plus puissants et supposés plus sûrs, ces vieux réacteurs de 900 MW doivent donc voir leur durée de vie prolongée d’au moins dix ans. La SFEN (Société française d’énergie nucléaire), le lobby de la filière, estime ainsi que «prolonger l’exploitation du parc nucléaire français est un atout pour assurer notre sécurité d’approvisionnement électrique et répondre à nos objectifs climatiques», surtout «en l’absence de solutions de stockage à grande échelle» pour l’éolien et le solaire.

Dans ses rêves les plus fous, EDF espère même une durée de vie autorisée de soixante ans, comme c’est le cas aux États-Unis. Mais ce n’est pas dans les intentions du gendarme du nucléaire qui va examiner un par un la trentaine de réacteurs concernés avant de leur délivrer ou non un nouveau permis d’exploitation pour dix ans. Le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk, devrait s’exprimer à ce sujet à l’occasion de ses veux le 21 janvier.

Par Jean-Christophe Féraud , publié le 14 janvier à 07h05

Photo en titre : Manifestation anti-nucléaire lors de la présentation des résultats d’EDF, en 2017. Photo Eric Piermont. AFP

https://www.liberation.fr/france/2021/01/14/greenpeace-en-campagne-contre-la-prolongation-a-cinquante-ans-des-reacteurs-d-edf_1815925

TOUJOURS PAS D’ACCORD EN VUE ENTRE LA FRANCE ET L’EUROPE SUR LA RÉORGANISATION D’EDF

Les discussions entre le gouvernement français et la Commission européenne sur l’avenir d’EDF ne semblent guère avancer. « Nous ne sommes qu’au début du chantier« , a estimé la ministre de la Transition écologique le 13 janvier. 

La France et la Commission européenne n’ont toujours pas trouvé de compromis sur la refonte d’EDF. Le projet de réorganisation des activités de l’électricien fera l’objet d’une discussion spécifique au Parlement, mais seulement si les négociations sur le sujet avec l’Europe aboutissent, a déclaré mercredi 13 janvier la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. Nommé Hercule, ce chantier suscite une vive opposition des syndicats.

« Les échanges se poursuivent »

La réorganisation prévoit notamment une séparation entre le parc nucléaire existant d’EDF et une grande partie de ses activités liées aux énergies renouvelables, ainsi qu’une ouverture du capital de ces dernières. Sa mise en œuvre découlerait d’une réforme de la régulation du parc nucléaire existant, connue sous le nom d’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), afin de garantir la couverture des coûts d’EDF.

Lors d’un débat au Sénat, le gouvernement a fait un point d’étape sur les discussions complexes avec l’exécutif européen. « Nous ne sommes qu’au début du chantier. À ce stade, nous ne sommes pas encore parvenus à un accord global avec la Commission européenne et les échanges se poursuivent. Cela prend du temps, mais c’est aussi parce que le gouvernement tient bon sur les points essentiels du projet et parce qu’on veut qu’il soit solide« , a expliqué Barbara Pompili.

Toujours pas de calendrier

« Si cette négociation ouvre le champ des possibles […], jamais elle ne préemptera la voix des élus de la nation et l’indispensable discussion parlementaire sur l’avenir d’EDF avant toute réforme« , a ajouté la ministre. Elle a précisé que le sujet ferait l’objet d’une « discussion spécifique« .

« Non, nous n’allons pas dépecer EDF […]. Non, nous n’allons pas non plus démanteler le groupe. Et oui, évidemment, nous préserverons le statut des salariés« , a également assuré Barbara Pompili. Elle a souligné que la réforme envisagée visait à doter EDF d’une structure à même de pérenniser ses activités, d’accroître ses perspectives de développement et de financer sa croissance. La ministre, qui n’a pas fourni de calendrier de mise en œuvre du projet, a également précisé que celui-ci n’aurait « aucun impact » sur les tarifs réglementés de l’électricité.

Problème d’endettement chez EDF

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a lui aussi assuré mardi 12 janvier que la transformation d’EDF n’aboutirait pas au « démantèlement » redouté par les syndicats et qu’elle visait à donner au groupe « les moyens de se développer« , à la fois dans les renouvelables et le « nouveau » nucléaire. « Aujourd’hui, EDF va dans le mur si nous ne sommes pas capables de lui donner les moyens d’investir« , a-t-il justifié, estimant que le niveau d’endettement du groupe n’était pas « soutenable« .

BFM Business a rapporté mercredi 13 janvier que les négociations autour d’EDF suscitaient des « tensions extrêmes » entre le gouvernement français et l’exécutif européen, en raison de désaccords sur l’avenir de la branche commerciale et des barrages du groupe. De même source, les deux parties se donneraient désormais jusqu’à la fin du premier trimestre pour trouver un compromis.

Avec Reuters (Benjamin Mallet, avec Gwénaëlle Barzic, édité par Nicolas Delame), publié le 13 janvier 2021 à 21h27, mis à jour le 14 janvier 2021 à 07h43

Photo en titre : La réorganisation d’EDF prévoit notamment une séparation entre le parc nucléaire existant d’EDF et une grande partie de ses activités liées aux énergies renouvelables. /Photo d’archives/REUTERS/Pascal Rossignol © Pascal Rossignol

https://www.usinenouvelle.com/article/toujours-pas-d-accord-en-vue-entre-la-france-et-l-europe-sur-la-reorganisation-d-edf.N1048584

PUBLICATION DE LA 3ÈME ÉDITION DU NUCLEAR WEAPONS BAN MONITOR

ALERTE PRESSEPublication de la 3e édition du Nuclear Weapons Ban Monitor quelques jours avant l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires

La 3e édition du Nuclear Weapons Ban Monitor 2020 est publiée alors que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) entre en vigueur le 22 janvier 2021. Ce document évalue les politiques et les pratiques de chacun des 197 États membres de l’ONU vis-à-vis des armes nucléaires. Il présente les obligations positives (assistance aux victimes, réhabilitation de l’environnement, coopération…) du TIAN et préconise des recommandations pour les différentes catégories d’États en vue de l’élimination de ces armes de destruction massive.

Le Ban Monitor 2020, présente huit recommandations aux États parties pour la première Assemblée des États parties qui se déroulera d’ici janvier 2022, dont :

  • une déclaration des États parties et un plan d’action visant à promouvoir la pleine application et l’universalisation du TIAN et à stigmatiser davantage les armes nucléaires ;
  • la réalisation d’un agenda pour mettre en œuvre soit la destruction d’armes nucléaires soit le retrait des armes nucléaires présentes sur le territoire d’un État partie.

Le Ban Monitor 2020, analyse les situations des différents États dont les puissances nucléaires comme la France qui a boycotté les négociations du TIAN en 2017. Parmi les recommandations faites, il est demandé que :

  • La France adhère le plus rapidement possible au TIAN, et encourage les autres États à faire de même. En attendant, elle doit accueillir ce traité comme une contribution précieuse à l’architecture mondiale du désarmement et de la non-prolifération, assister aux réunions des États parties en tant qu’observateur et travailler avec eux sur les mesures pratiques à prendre en vue du désarmement.
  • La France s’acquitterait ainsi de « bonne foi» aux obligations qui lui incombent en vertu de l’article VI du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

 

RÉACTION :

Jean-Marie Collin – expert sur le désarmement nucléaire et co-porte-parole de ICAN France : « Ce rapport est une contribution significative de la société civile pour comprendre et analyser les actions des États sur le désarmement nucléaire. La France doit arrêter de tourner le dos à ce nouvel instrument juridique international en le ratifiant et en débutant, dès à présent, le respect de certaines obligations comme, par exemple, la transmission à l’Algérie des archives sur les conséquences des essais réalisés au Sahara entre 1960 et 1967, et le rapatriement des déchets nucléaires enterrés. »

CHIFFRES

Le TIAN est le seul traité mondial juridiquement contraignant qui prohibe les armes nucléaires. Ce traité constitue un défi explicite à la légitimité de la dissuasion nucléaire et demande aux États de mettre fin à leur position incohérente entre modernisation et renouvellement de leur force et appel au désarmement nucléaire :

  • 156 États, soit les quatre cinquièmes des 197 États, ont exclu tout rôle des armes nucléaires dans leurs politiques de sécurité. Ils soutiennent non seulement le désarmement nucléaire, mais rejettent également dans la pratique toute politique de défense liée à ces armes ;
  • 88 États, au 31 décembre 2020 ont accepté les obligations juridiques internationales découlant du TIAN: 51 États ont signé et ratifié ou adhéré et sont les premiers États parties. 37 autres États ont signé, mais n’ont pas encore ratifié le traité. En 2020, malgré la pandémie, 17 États ont ratifié le TIAN et six l’ont signé ;
  • 138 États, soit 70 % de l’ensemble des États, ont soutenu le TIAN. En effet, en plus des 51 États parties et des 37 signataires, 50 autres États figurent dans la catégorie « autres partisans » en raison de leur vote favorable de résolutions soutenant le traité à l’ONU ;
  • 41 États — soit les 9 États disposant d’armes nucléaires et les 32 États bénéficiant du parapluie nucléaire américain ou russe — continuent de fonder leurs stratégies de défense sur la possession et l’utilisation potentielle d’armes nucléaires, en opposition à leur engagement antérieur pris en faveur du désarmement nucléaire.

Créé en 2018, le Nuclear Weapons Ban Monitor (https://banmonitor.org ) est produit et publié chaque année par Norwegian People’s Aid, une organisation partenaire de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN). Il s’agit d’un programme de surveillance du TIAN par des organisations non gouvernementales issues de la société civile. La collecte et l’analyse des données sont assistées par un large éventail d’instituts de recherche et d’experts indépendants. Pour ICAN France Jean-Marie Collin a participé à la rédaction de ce rapport.

Publié le 13 janvier 2021

http://icanfrance.org/nuclear-weapons-ban-monitor-2020/

« L’AFFAIRE DU SIÈCLE » : « LA FRANCE CONTINUE À POLLUER DE LA MÊME MANIÈRE QU’IL Y A 30 ANS ! » S’INDIGNE MARIE TOUSSAINT

JUSTICE CLIMATIQUE La députée européenne et militante écologiste, Marie Toussaint, est à l’origine de « l’Affaire du siècle » qui a assigné l’État en justice pour « inaction climatique », et dont le combat judiciaire se poursuit, ce jeudi, devant le tribunal administratif de Paris.

Affaire du siècle — 20 Minutes

Une affaire historique, dont la France va bientôt connaître l’issue. Les avocats de Oxfam France, de la Fondation Nicolas Hulot, de Notre affaire à tous et de Greenpeace France – les quatre ONG qui ont attaqué l’État en justice pour son « inaction climatique » et sa « responsabilité en carence fautive » le 17 décembre 2018, à la suite de la pétition l’Affaire du siècle – sont auditionnés, ce jeudi, devant le tribunal administratif de Paris.

Ce dernier rendra sa décision d’ici une quinzaine de jours. Leur but ? L’instauration d’une obligation d’agir de l’État pour le climat, et une inscription de cette obligation d’action dans l’article 1er de la Constitution française.

La députée européenne Europe Écologie, Marie Toussaint, fondatrice de l’association Notre affaire à tous et à l’origine de l’Affaire du siècle, revient pour 20 Minutes sur les prémices de ce combat, et sur les conséquences de la décision du tribunal administratif. Favorable, elle pourrait ouvrir la voie à d’autres actions en faveur d’une véritable justice climatique en France.

Pourquoi, en 2018, avez-vous décidé de lancer l’Affaire du siècle ?

En 2015, tout le monde préparait la COP21 où nous avons signé ce fameux engagement, l’accord de Paris, qui devait tout changer. Nous espérions, déjà à cette époque-là, que le crime d’écocide soit reconnu en France. Et puis il y a eu la victoire d’Urgenda aux Pays-Bas, en mai 2015 (*). Là, on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse la même chose. Donc j’ai contacté quelques amis juristes, car je crois beaucoup en la force du droit, ainsi que des activistes du climat, et ensemble, nous avons monté l’association Notre affaire à tous dans le but de défendre la justice climatique, de faire reconnaître l’écocide et le droit de la nature, mais dont l’objet principal allait être la création de l’Affaire du Siècle.

Comment a été accueillie votre volonté d’attaquer l’État en justice ?

Au début, lorsque nous avons commencé à parler de cette affaire climatique portée en justice, quelques personnes nous ont tout de suite dit que c’était une bonne chose. Mais d’autres, beaucoup, nous ont regardés de travers. Ils ne comprenaient pas bien pourquoi nous voulions utiliser le droit pour défendre nos droits. Nous portions très fort l’articulation de la justice sociale et de la justice environnementale, et pour tout ça, nous étions un peu surprenants.

Mais au fil du temps, de plus en plus de gens nous ont rejoints et soutenus. D’un coup, ça s’est imposé comme la solution et l’action que nous pouvions mener toutes et tous ensemble, pour enfin pousser l’État français à agir. Car n’oublions pas que l’empreinte carbone de la France a quasiment stagné depuis les années 1970. Le bilan est très net : la France continue à polluer de la même manière qu’il y a 30 ans !

L’Affaire du siècle a été lancée trois mois après la démission de Nicolas Hulot du poste de ministre de la Transition écologique. Le dépôt de ce recours aurait-il été possible s’il avait conservé son mandat ?

Je crois qu’on a lancé l’Affaire du siècle au bon moment. Le président Macron a été élu sur de grandes promesses environnementales. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Nicolas Hulot a intégré son gouvernement à l’époque. Mais à partir de l’été 2018, et après la décision de Nicolas Hulot de quitter son ministère devant le constat de l’absence d’action de la part du gouvernement sur l’ensemble des sujets environnementaux, une grande colère monte dans la société française. L’Affaire du siècle a été lancée à ce moment-là.

Ça résonnait aussi avec la grève pour le climat et le mouvement des jeunes, portés par Greta Thunberg et lancés à peu près en même temps. C’était un vrai momentum pour le climat dont nous nous sommes saisis (**). Et si Nicolas Hulot était resté au ministère de la Transition écologique, je crois que l’Affaire du siècle aurait été lancée quand même. Mais pas de la même manière, et peut-être pas portée par les mêmes acteurs.

La loi climat, qui doit être présentée en Conseil des ministres le 10 février, pourrait-elle permettre de fortifier les leviers juridiques permettant de protéger un peu plus l’environnement en France ?

Avec cette future loi climat, il y a en réalité deux questions qui se posent. Une question d’ordre démocratique. Est-ce que le président a tenu sa parole de passer sans filtre les propositions de la Convention citoyenne à l’examen parlementaire ? La réponse est clairement non. Il y a des filtres, bien plus que trois jokers, et les propositions de la Convention ont été très amoindries.

La deuxième question est d’ordre climatique et environnemental. Est-ce que les propositions qui sont soumises et qui seront traduites dans la loi nous permettront de tenir nos objectifs climatiques, ceux qui sont déjà inscrits dans la loi, ceux que l’Affaire du siècle vient défendre ? Là aussi, la réponse est non. L’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % en 2030 de la France est déjà caduc. Et avec la politique gouvernementale actuelle, on restera en dessous de ces objectifs.

En quoi une décision en faveur de l’Affaire du siècle devant le tribunal administratif serait-elle historique ?

Cette audience de l’Affaire du siècle est historique car elle est l’action en justice climatique la plus soutenue dans le monde. C’est donc aussi une réponse à l’action citoyenne. Elle est historique aussi car, après les Pays-Bas, la France pourrait décider de s’inscrire parmi les États, notamment au sein de l’Union Européenne, qui déclarent que la protection du climat est un droit humain, une véritable obligation, et que c’est une condition au respect des droits humains et des droits sociaux de la population. On espère donc qu’elle donnera de très bonnes conclusions.

(*) Le 24 juin 2015, la fondation néerlandaise Urgenda a décidé de saisir le tribunal de première instance de La Haye pour obliger les Pays-Bas à réduire de 40 % les émissions de CO2 d’ici à 2020. Le juge néerlandais a considéré la demande d’obligation justifiée et a contraint l’État à rehausser ses objectifs.

(**) La pétition de l’Affaire du Siècle a été signée par 2,3 millions de citoyens. Un chiffre record dans ce type d’affaire.

  Propos recueillis par Émilie Petit

Publié le 13/01/21 à 20h05, mis à jour le 13/01/21 à 20h05

Pour voir la vidéo et retrouver cet article, cliquer sur : https://www.20minutes.fr/planete/2951055-20210113-affaire-siecle-france-continue-polluer-maniere-30-ans-indigne-marie-toussaint

POLYNÉSIE ET NUCLÉAIRE : INSUFFISANCE DE PREUVES AU CIVEN

Tahiti, le 12 janvier 2021 – Le rapporteur public du tribunal administratif propose d’annuler deux refus d’indemnisation prononcés dernièrement par le Civen à l’encontre d’anciens travailleurs de Moruroa. Pour le magistrat, malgré l’appui de mesures réalisées par l’armée, l’autorité administrative ne démontre pas qu’ils ont été exposés à une dose de rayonnements ionisants inférieure à 1mSv par an.
 
Depuis décembre 2018, une indemnisation est acquise sous l’égide de la loi Morin aux demandeurs atteints de l’une des 23 maladies reconnues potentiellement radio-induites, s’ils ont séjourné en Polynésie française entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998. Acquise… à moins que le Comité d’indemnisation des victimes du nucléaire ne puisse apporter la preuve qu’ils n’ont jamais été exposés à une dose annuelle de rayonnement supérieure à 1 millisievert (mSv).
 
C’est sur ce fondement que l’autorité administrative indépendante a rejeté les demandes d’indemnisation de deux anciens travailleurs de Moruroa, en poste pour l’un de 1977 à 1979 et pour l’autre de 1988 à 1989. Tous deux souffrent aujourd’hui de cancers. Mais à l’appui de mesures dosimétriques d’ambiance faites par l’armée et de rares examens anthropogammamétriques au dossier des deux plaignants, le Civen considère qu’ils n’ont pas été exposés à la dose annuelle efficace de 1 mSv durant leur séjour sur l’atoll du « grand secret« . Pourtant, comme l’a rappelé au tribunal le rapporteur public mardi, à la lueur d’une jurisprudence du Conseil d’État, « si, pour le calcul de cette dose, l’administration peut utiliser les résultats des mesures de surveillance de la contamination tant interne qu’externe des personnes exposées (…), il lui appartient de vérifier, avant d’utiliser ces résultats, que les mesures de surveillance de la contamination interne et externe ont, chacune, été suffisantes au regard des conditions concrètes d’exposition de l’intéressé« .
 
Or, dans ces deux dossiers, l’absence de mesures positives sur les intéressés est palliée « par des mesures collectives par le Civen« . Et quand bien même les deux plaignants ont travaillé à Moruroa à une époque où les essais étaient exclusivement souterrains, et qu’ils n’ont consommé ni l’eau, ni les produits de l’atoll durant leur séjour, « leur présence sur les lieux et la proximité temporelle avec les essais atmosphériques » ne permet pas d’affirmer qu’ils ont été exposés à une dose de rayonnement inférieure à 1mSv par an.
 
Pour le magistrat, les plaignants sont donc fondés à demander une indemnisation. Elle propose au tribunal d’ordonner une expertise pour en ajuster le montant. Et, en attendant, d’ordonner le versement par l’État d’une indemnité provisionnelle de 500.000 Fcfp (NDLR : 4200 €, pas cher le cancer !) à chacune des deux victimes. Une décision est attendue le 26 janvier prochain.

Par Jean-Pierre Viatge, publié le mardi 12 Janvier 2021 à 18h17

https://www.tahiti-infos.com/Nucleaire-Insuffisance-de-preuves-au-Civen_a197464.html

EN HAUTE-MARNE, LE PROJET DE LAVERIE NUCLÉAIRE TOUJOURS À L’ARRÊT

En Haute-Marne, les élus semblent avoir pris le relai des mobilisations citoyennes contre l’implantation du projet Unitech à Suzannecourt, destiné à laver la totalité du linge radioactif porté par les ouvriers du nucléaire en France.

Le 8 janvier 2021, on apprenait ainsi par le Journal de la Haute-Marne, qu’une requête avait été déposée pour faire annuler la décision de la préfecture autorisant le projet. Portée par le maire de Joinville, elle a été jugée irrecevable par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne mais l’édile, Bertrand Ollivier, compte faire appel et saisir la cour administrative d’appel de Nancy. « J’ai le conseil municipal avec moi », explique le maire au Journal de la Haute-Marne. Le conseil a en effet voté une motion de défiance vis-à-vis du projet en juillet 2020.

Le projet de laverie nucléaire suscite une vive opposition localement depuis plus de deux ans. Malgré les manifestations et les avis déposés au cours de l’enquête publique à 87 % défavorables, la préfecture avait donné son feu vert en juin 2020 et délivré son autorisation d’exploitation. Les travaux avaient débuté pendant l’été, avant qu’un énième coup de théâtre ne vienne mettre le projet à l’arrêt. En septembre dernier, le conseil général de Haute-Marne a voté à l’unanimité une motion contre son implantation. Plusieurs recours juridiques ont également été déposés. Un premier a été rejeté en juillet mais un autre est toujours en cours d’examen. Porté par le Collectif contre Unitech, il a l’appui du cabinet d’avocats de Corinne Lepage.

Interrogé sur les recours des élus locaux par la chaîne locale Puissance Télévision, le directeur d’Unitech, Jacques Grisot, a dit travailler sur différentes pistes. S’il dit vouloir privilégier l’implantation en Haute-Marne et améliorer l’acceptabilité du projet pour que « cette installation se passe de manière sereine dans le temps », il n’exclut pas non plus une possible délocalisation.

Par Reporterre, publié le 13 janvier 2021

Photo en titre: © Lorène Lavocat/Reporterre

https://m.reporterre.net/En-Haute-Marne-le-projet-de-laverie-nucleaire-toujours-a-l-arret

EDF : LES ORGANISATIONS SYNDICALES DEMANDENT À EMMANUEL MACRON DE RENONCER AU PROJET HERCULE

Le projet Hercule, toujours en cours de négociations entre la Commission Européenne et le gouvernement français, prévoit de scinder EDF en trois sociétés distinctes, séparant en trois les activités du groupe : le nucléaire, les renouvelables, les barrages hydro-électriques. Craignant un démantèlement de l’énergéticien, qui fragiliserait son avenir, les quatre principales organisations syndicales d’EDF (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC) ont demandé, ce mardi 12 janvier 2021, au président Emmanuel Macron de renoncer à ce projet Hercule.

Vers une scission d’EDF en trois entités : EDF Bleu (nucléaire), Vert (renouvelables et distribution) et Azur (hydraulique)

En discussion depuis 2018, le projet Hercule prévoit une réorganisation profonde d’EDF, afin de satisfaire aux exigences de libre concurrence de la Commission Européenne. Il est un prérequis à la renégociation de l’Arenh, indispensable à l’énergéticien pour pouvoir financer ses investissements.

Plusieurs fois repoussée, la finalisation du projet Hercule n’est toujours pas achevée. Les négociations se poursuivent actuellement entre le gouvernement et la Commission Européenne. Mais le principe de la scission d’EDF semble acté.

Le projet Hercule prévoit ainsi de scinder l’énergéticien en trois, une entreprise publique, chargée de gérer le parc nucléaire (EDF Bleu), une entreprise cotée en Bourse pour la distribution d’électricité et les énergies renouvelables (EDF Vert) et une dernière pour les barrages hydro-électriques (EDF Azur), dont les concessions seraient ouvertes à la concurrence, sous la pression de la Commission Européenne.

Or, les syndicats d’EDF sont fermement opposés à cette scission. Ils craignent qu’elle aboutisse à terme à un démantèlement de l’énergéticien, qui ne serait plus un groupe intégré, et ne pourrait donc plus construire une politique globale cohérente.

Les quatre principales organisations syndicales d’EDF demandent au président de renoncer au projet Hercule

Ce mardi 12 janvier, dans un communiqué commun, les quatre principales organisations syndicales d’EDF, la CFDT, la CGT, FO et la CFE-CGC, ont demandé au président Emmanuel Macron « de renoncer à ce projet, d’ouvrir un véritable débat pour bâtir ensemble l’avenir de l’électricien national EDF, opérateur de la Nation, et de véritablement lui donner les moyens d’investir ». Pour les syndicats, « le projet Hercule actuellement à l’étude ne répond en rien aux exigences de notre époque et à l’avenir de nouvelles générations ».

Les organisations syndicales précisent que ce projet ne réglera pas, selon eux, « la question de la faiblesse endémique des fonds propres d’EDF », depuis que la Commission Européenne a contraint le groupe à changer de statut en 2004, devenant une Société Anonyme (SA), alors qu’il s’agissait auparavant d’un Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC).

Une situation d’autant plus problématique « qu’EDF va devoir investir dans la décennie qui vient près de 100 milliards d’euros dans le système électrique français ». Pour répondre à ces exigences, les syndicats réclament aussi la création d’un service d’intérêt économique général (SIEG) européen « qui tienne compte de l’ensemble des services apportés par le parc nucléaire français ».

En France, l’opposition s’est également emparée du sujet. En décembre 2020, la cheffe du groupe parlementaire socialiste Valérie Rabault avait ainsi déclaré vouloir déposer une proposition de référendum d’initiative partagée (RIP) contre le « démantèlement » d’EDF via le projet Hercule. Ce mardi 12 janvier 2021, les Sénateurs Communiste Républicain Citoyen et Écologiste (CRCE) ont mis cette question à l’ordre du jour du Sénat pour ce mercredi 13 janvier 2021.

Par La Rédaction, publié le 13 janvier 2021

https://lenergeek.com/2021/01/13/edf-organisations-syndicales-emmanuel-macron-renoncer-hercule/

NUCLÉAIRE. DES ÉLUS MOBILISÉS POUR DEUX NOUVEAUX EPR EN NORMANDIE

Le site de la centrale de Penly (Seine-Maritime) pourrait accueillir deux réacteurs EPR. Ce mardi 12 janvier, des élus normands étaient au siège d’EDF pour affirmer leur soutien à ce programme.

Le 16 décembre 2020, le conseil d’administration d’EDF a placé Penly (Seine-Maritime) en tête des sites envisagés pour la construction de deux réacteurs nucléaires de nouvelle génération EPR2. La centrale de Penly, entre Dieppe et Le Tréport, compte déjà deux réacteurs en activité. Mais dès sa conception, le site était prévu pour en accueillir quatre.

Renforcer le mix énergétique décarboné

La décision de lancer le programme de la nouvelle version des EPR ne sera prise qu’après l’élection présidentielle de 2022. Mais des élus normands affichent d’ores et déjà leur soutien à ce projet. Une délégation était au siège d’EDF ce mardi 12 janvier. Ils ont été reçus par son président, Jean-Bernard Lévy.

Dans la délégation normande, on retrouvait Hervé Morin, président centriste de la Normandie, Sébastien Jumel, député PCF de Seine-Maritime, ainsi que des maires et présidents d’intercommunalités du secteur Dieppe-Le Tréport.  Renforcer le mix énergétique décarboné de la Normandie et les retombées économiques du chantier, avec l’embauche de 7 000 personnes, font partie des arguments des élus pour défendre ce projet.

La Normandie compte déjà un réacteur EPR en chantier, à Flamanville (Manche). Un projet qui a pris onze ans de retard et dont le coût est passé de 3,5 à 19 milliards d’euros.

https://www.ouest-france.fr/normandie/nucleaire-des-elus-mobilises-pour-deux-nouveaux-epr-en-normandie-7115562

NDLR : Centristes et Communistes main dans la main avec Macron. Peu importe ce qu’on fait, ce qui compte ce sont les emplois. Proposez une usine d’armement. Vous aurez les mêmes qui seront les premiers à soutenir le projet puisqu’il sera créateur d’emplois ! Et à l’inverse, fermez une usine d’armement, les mêmes monteront au créneau pour la défendre au nom de l’emploi!

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : CHANGEMENT D’ATMOSPHÈRE

La neutralité carbone nécessitera de tripler les investissements dans l’énergie renouvelable et les réseaux.

Les promesses n’engageant que ceux qui les écoutent, les thuriféraires de Jean-Marc Jancovici, le déclinologue de la décarbonation, minimiseront ce fait : les pays visant la neutralité carbone vers 2050-60 pèsent 45 % des émissions mondiales de CO2, malgré l’absence d’engagement des États-Unis. Les experts de Goldman Sachs calculent que la généralisation de ces objectifs climatiques porterait le besoin d’investissements dans les énergies renouvelables et les réseaux à 40.000 milliards d’euros sur 30 ans, soit 1.300 milliards par an, un triplement par rapport au statu quo. La banque d’affaires a réhaussé de moitié son estimation des investissements totaux du « Green Deal » européen, à 10.000 milliards d’euros d’ici 2050 dont 60 % d’origine privée. Un changement d’atmosphère qui se sent en Bourse, par le poids pris par les « green majors ».

À noter

Les majors de l’énergie verte en Europe représentent déjà 60 % de la capitalisation du secteur des services aux collectivités, souligne Goldman Sachs. La banque y range les entreprises tirant au moins 65 % de leur excédent brut d’exploitation des énergies renouvelables ou des réseaux électriques, et consacrant la majorité de leurs investissements à la transition énergétique. Sa liste compte Acciona, Endesa, Enel, EDP, EDPR, Iberdrola, Orsted, RWE, Solaria et SSE.

Par Les Echos, publié le 12 janv. 2021 à 19h09

https://www.lesechos.fr/idees-debats/crible/transition-energetique-changement-datmosphere-1280451

NDLR : Comme vous le constaterez, EDF ne fait pas partie des 10 grands groupes mondiaux qui consacrent la majorité de leurs investissements à la transition énergétique verte. Le nucléaire reste l’enfant chéri de nos dirigeants…Ce n’est pas seulement dommage, c’est dramatique !

NUCLÉAIRE: L’IRAN SOUHAITE LA SUPPRESSION D’UNE CLAUSE DE L’ACCORD

« Le ‘snapback’ devra certainement être abandonné car il s’agit d’un principe absurde« 

Téhéran souhaite faire ôter de l’accord sur le nucléaire iranien la clause permettant de réactiver des sanctions onusiennes à son encontre, et serait prête à négocier sur ce point, selon un haut responsable iranien.

En 2015, la République islamique et le Groupe des Six (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ont conclu à Vienne un Plan d’action global censé régler la question nucléaire iranienne après douze années de tensions.

L’accord offre à l’Iran un allègement des sanctions internationales le visant en échange d’une limitation drastique de son programme nucléaire et de garanties prouvant qu’il ne cherche pas à acquérir la bombe atomique.

Le texte contient aussi une règle de caducité (« snapback » en anglais), disposition permettant de redonner effet à toutes les sanctions prises par l’ONU contre l’Iran de 2006 à 2015 à cause de son programme nucléaire controversé.

Ce mécanisme ouvre la possibilité, après un processus d’arbitrage, de réactiver ces sanctions en cas de « non-respect manifeste des engagements » de l’Iran.

« Dès le début, [le guide suprême Ali Khamenei] n’était pas d’accord avec cette règle de caducité [mais celle-ci] a été conçue contre sa volonté« , déclare Ali Akbar Vélayati, conseiller de M. Khamenei.

« Dans les prochaines négociations, ce mécanisme devra certainement être abandonné car il s’agit d’un principe absurde« , ajoute M. Vélayati, qui conseille le guide sur les affaires diplomatiques.

Par AFP, publié le 12 janvier 2021 à 15 h00, mis à jour  le 12 janvier à 16h44

Photo en titre : HO / Atomic Energy Organization of Iran / AFPIllustration – L’intérieur de l’usine souterraine de Fordo (Fordow) à Qom, dans le nord de l’Iran, le 6 novembre 2019.

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/1610460044-nucleaire-l-iran-souhaite-la-suppression-d-une-clause-de-l-accord

GORBATCHEV : LA RUSSIE ET LES ÉTATS-UNIS DEVRAIENT PROLONGER LEUR TRAITÉ SUR LE NUCLÉAIRE, ET AJUSTER LEURS DOCTRINES NUCLÉAIRES

Moscou, le 11 janvier (Xinhua)– L’ex dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a estimé lundi que la Russie et les États-Unis devraient prolonger le Nouveau Traité de réduction des armes stratégiques (New START), et ajuster leur doctrine nucléaire.

« Au cours de la campagne électorale, il [Joe Biden] a déclaré que ce traité devrait être prolongé. Toutefois, ce n’est à mon avis que la première étape« , a déclaré M. Gorbatchev dans une interview auprès de l’agence de presse RIA Novosti.

« Il est nécessaire d’établir un accord sur des réductions supplémentaires. Il est important de négocier et d’ajuster leur doctrine nucléaire« , a-t-il ajouté.

La Russie et les États-Unis devraient également adopter une politique du nucléaire de ‘ne pas tirer le premier’ pour remplacer la politique actuelle basée sur des limitations, a indiqué M. Gorbatchev.

Washington et Moscou ont signé en 2010 le traité New START, un texte qui fixe des limites au nombre d’ogives nucléaires et de vecteurs stratégiques déployés par les deux pays. Dernier traité de contrôle des armements nucléaires en vigueur entre les deux superpuissances nucléaires, il expirera le 5 février 2021.

Par French.xinhuanet.com publié le 12 janvier 2021 à 02h20

http://french.xinhuanet.com/2021-01/12/c_139659622.htm

EN TOUTE DISCRÉTION, L’ÉTAT PRÉPARE LE RECYCLAGE DES FERRAILLES RADIOACTIVES DANS DES BIENS DE CONSOMMATION COURANTE !

En France, tous les métaux potentiellement irradiés provenant d’une installation nucléaire sont actuellement considérés comme des déchets. Mais sous la pression de l’industrie nucléaire, l’État souhaite autoriser la réutilisation de ces ferrailles, qui seraient retraitées dans un « Technocentre » prévu sur le site de Fessenheim. Alors que l’arrêté et les décrets dédiés viennent d’être mis en consultation sur le site du Ministère de la Transition Écologique, nous dénonçons fermement ce projet insensé, dangereux et irresponsable.

Le 4 janvier, le Ministère de la Transition Écologique a mis très discrètement en consultation sur son site plusieurs projets de textes réglementaires ayant vocation à permettre, à titre dérogatoire, la réutilisation de déchets radioactifs métalliques dans des biens de consommation. Ces décrets viendraient mettre fin à l’une des rares exceptions positives dont la France peut se prévaloir en matière de nucléaire.

En effet, jusqu’ici, la France ne reconnaissait pas de « seuil de libération« , c’est-à-dire de niveau de contamination en-deçà duquel des matériaux irradiés pouvaient être dispensés de tout contrôle et utilisés sans aucune restriction pour la fabrication d’équipements ou d’objets de la vie quotidienne [1]. En principe, il est donc interdit que la fabrication de ces biens fasse intervenir des substances provenant d’une activité nucléaire, lorsque celles-ci sont contaminées, activées [2] ou susceptibles de l’être. Ce choix avait été dicté par le principe de précaution, une série d’incidents, dans les années 1990, ayant mis en évidence le risque que des déchets radioactifs soient dirigés par erreur dans des filières de gestion de déchets conventionnels [3].

Mais le gouvernement a choisi de donner la priorité aux intérêts économiques de la filière nucléaire, plutôt qu’aux enjeux de santé publique. Les entreposages débordent et l’industrie souhaite pouvoir « valoriser » ces centaines de milliers de tonnes de déchets. Avec les dérogations apportées par ces décrets, des métaux dits « faiblement radioactifs » provenant des installations nucléaires pourraient donc, après avoir été fondus et fait l’objet d’un « traitement« , être réutilisés dans des filières classiques. Casseroles, poussettes, fers à béton, carrosserie d’auto : autant de biens et d’équipements qui pourraient, demain, être composés de ces matériaux « faiblement » radioactifs ! Il s’agit là d’une régression inacceptable, contraire au principe de précaution, qui va augmenter l’exposition de la population à la radioactivité à son insu.

Nous dénonçons également le projet de « Technocentre » prévu sur le site de Fessenheim, où seraient « retraitées » ces ferrailles – à commencer par celles produites par le démantèlement des réacteurs ! Alors que l’Alsace a vu fermer la plus vieille centrale de France, il est hors de question qu’une nouvelle installation nucléaire censée accueillir des ferrailles radioactives venant de toute l’Europe prenne le relais, générant au passage rejets radioactifs, transports de matières contaminées et pollution.

Surtout, que le projet soit implanté à Fessenheim ou ailleurs [4], le procédé utilisé ne permettra pas de faire disparaître la radioactivité des métaux concernés [5]. Dans un avis récent, l’Autorité de sûreté nucléaire laisse d’ailleurs entendre que ce projet de « Technocentre » ne peut pas être considéré comme mature [6]. Et au vu de la nature des ferrailles destinées à cette installation [7] et des malfaçons et mauvaises pratiques dont l’industrie nucléaire est coutumière, ne risque-t-on pas d’en voir sortir des métaux qui soient bien plus que « faiblement » radioactifs ? Enfin, de « recyclage » en « recyclage« , aucune réelle traçabilité ne pourra jamais être garantie.

Autoriser le recyclage de ferrailles radioactives est un projet insensé, qui ouvre la porte à des dérives incontrôlables. Notre santé et celle des générations futures valent plus que les profits d’une industrie polluante et dangereuse. Nous exigeons du gouvernement qu’il retire ces textes – que nous n’excluons pas d’attaquer – et abandonne le projet de « Technocentre« .

Enfin, nous dénonçons le cynisme des hautes sphères de l’État français, qui préparent la contamination radioactive de la population tout en enfonçant le pays dans l’impasse nucléaire avec les projets de nouveaux EPR. Il est insupportable de continuer à développer une technologie qui transforme les matériaux qu’elle utilise en déchets radioactifs – ce qui n’est pas le cas des énergies renouvelables !

Plus d’informations sur le projet de Technocentre :

brochure de l’association Stop Fessenheim
Un Technocentre à Fessenheim ?, article du physicien Jean-Marie Brom pour l’association Global Chance

Notes :

[1] Consulter cette page pour en savoir plus sur les « seuils de libération« .

[2] Est dit « activé » un matériau qui n’était pas radioactif à l’origine mais qui l’est devenu sous l’effet de la radioactivité, comme les métaux utilisés pour fabriquer les équipements nucléaires.

[3] Ce risque est d’ailleurs toujours d’actualité : ces dernières années, EDF a été condamnée à plusieurs reprises pour avoir dirigé par erreur des déchets radioactifs vers des filières de gestion conventionnelle, au Bugey et à Cruas

[4] Le plan de démantèlement de Fessenheim fait l’hypothèse de la création d’un Technocentre en France. À défaut, il prévoit que les aciers soient envoyés en Suède dans l’usine Cyclife Sweden, où le même procédé serait appliqué.

[5] Il est question de fondre les métaux concernés, puis d’en retirer la partie où la radioactivité est la plus concentrée, afin de permettre la réutilisation de la partie restante, qui restera toutefois radioactive. Par ailleurs, comme le souligne le physicien Jean-Marie Brom, il serait très difficile de garantir l’absence de concentrations radioactives plus élevées dans les pièces qui sortiraient de l’usine. En effet, sur une pièce de métal de grandes dimensions, on ne peut pas effectuer de mesure globale mais uniquement prélever de petits échantillons. Cet enjeu est également souligné par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

[6] Dans un avis publié le 30 juin 2020, l’ASN indique notamment que les travaux de recherche sur le projet de traitement par fusion et de valorisation des déchets métalliques dits de « très faible activité » ont encore vocation à se poursuivre. En particulier, le caractère décontaminant du procédé reste à démontrer, ainsi que le fait qu’il ne revienne pas à une dilution des substances radioactives.

[7] Entre autres, ce « Technocentre » est censé accueillir des générateurs de vapeur issus du démantèlement des centrales, à commencer par ceux de Fessenheim (représentant 1800 tonnes d’acier). On peut s’étonner que de telles pièces, traversées par le circuit primaire et régulièrement exposées à la radioactivité, soient considérées seulement comme des déchets « de très faible activité« .

Ce texte est un communiqué commun du Réseau « Sortir du nucléaire » et des associations CSFR et Stop Fessenheim –

Publié le lundi 11 janvier 2021

https://www.sortirdunucleaire.org/Nos-communiques-de-presse

LES ÉNERGIES RENOUVELABLES ONT TENU BON EN 2020 MAIS LEUR RETARD S’ACCUMULE

L’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’ER) a dévoilé son bilan de l’année 2020. Si le secteur a poursuivi sa progression malgré la crise, son rythme de développement est resté bien trop faible face aux objectifs fixés par le gouvernement.

La maintenance des réacteurs nucléaires a fait baisser la production électrique des centrales françaises en 2020. Côté énergies renouvelables, quel fut l’impact de la crise ? Lundi 11 janvier, l’Observatoire des énergies renouvelables (Observ’ER) a dévoilé son baromètre annuel. Malgré une relative bonne résistance du secteur, certaines filières s’éloignent un peu plus des objectifs liés à la neutralité carbone.

Une production en progression en 11,5 %

Les énergies renouvelables (EnR) ont continué à gagner du terrain. Fin septembre 2020, la production des EnR sur douze mois s’élevait à 123,91 TWh, un volume en hausse de 11,5 % sur un an. Pour comparaison, le nucléaire a généré 335 TWh d’électricité en 2020 mais cette production a diminué de 12 %.

La part des EnR continue donc de croître dans le mix énergétique français. Toujours à fin septembre 2020, elles pesaient 27,3 % dans la consommation électrique nationale, contre 21,3 % en 2018. De la même manière, la puissance cumulée des sites d’EnR a augmenté de 4,4 % pour atteindre 56 307 MW de capacité.

La filière hydraulique reste majoritaire dans ce parc (25 962 MW), même si ses capacités stagnent à +0,5 %. Ensuite, plus dynamiques, on retrouve les filières de l’éolien (17 312 MW, +8,1 %) et du photovoltaïque (10 596 MW, +9,8 %).

Le secteur s’écarte un peu plus de ses objectifs futurs

Malgré ces indicateurs positifs, Observ’ER fait un bilan mitigé de l’année 2020. Car ces performances ne suffisent pas à atteindre les objectifs fixés dans le cadre de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Dans l’éolien, par exemple, « l’année 2020 va se clôturer avec un volume d’environ 1,4 GW de puissance supplémentaire, soit un chiffre très proche de celui de 2019. Au vu des circonstances de 2020, cette stagnation peut être vue comme une bonne nouvelle, mais le fait est que le secteur s’écarte un peu plus de ses objectifs futurs », regrette l’Observatoire. Pour rester sur la trajectoire fixée et s’approcher des objectifs 2023 et 2028, le parc éolien devait croître au moins de 2 GW par an à partir de 2019.

Avec 701 MW installés en 2020, la filière photovoltaïque partage les mêmes inquiétudes. Pour tenir ses objectifs, « il faudrait que le secteur multiplie par plus de trois sa dynamique et qu’il raccorde 3 GW chaque année. Une gageure au vu des performances passées », estime l’Observ’ER. De la même manière, l’association s’inquiète du retard pris dans les appels d’offres pour les énergies marines, même si cette filière (263 MW installés fin 2020) pèse bien moins que l’éolien ou le photovoltaïque.

Évidemment, la crise du Covid-19 a joué un grand rôle dans cette stagnation. Ultra-dépendants des fournisseurs chinois, les développeurs des parcs solaires ont subi d’importants retards de livraison. Côté éolien, une grande majorité des chantiers se sont arrêtés pendant le printemps et certaines procédures administratives ont été ralenties par la pandémie.

L’éolien face aux contraintes spatiales

Au-delà de ces effets exceptionnels, le secteur répète ses revendications : il faut lever certaines contraintes réglementaires pour accélérer le développement des énergies renouvelables. Selon Observ’ER, les espaces de vols d’entraînement de l’armée de l’Air « soustraient de larges territoires à la prospection éolienne ». « L’accès aux terrains pour y implanter de nouvelles éoliennes est de plus en plus ardu, une difficulté grandissante qui est fortement liée à l’acceptabilité des sites par les citoyens », ajoute l’Observatoire.

Pour optimiser le parc éolien, la pratique du « repowering » permet de remplacer des éoliennes déjà installées par des turbines plus puissantes. Mais, là aussi, des obstacles réglementaires freinent cette pratique. « Les sites construits avant 2005, alors que la réglementation était encore balbutiante, sont désormais exposés à deux ou trois types de contraintes chacun, ce qui limite très fortement leur possible renouvellement », lit-on dans le baromètre.

Trop de projets abandonnés

Certaines données de l’étude révèlent l’importance des difficultés de développement. Dans le solaire, le taux d’abandon des projets sélectionnés s’élève à 30 %. Dans la filière de la biomasse solide, Observ’ER pointe du doigt un faible taux de réalisation des projets sélectionnés. Sur 15 dossiers retenus lors d’un appel d’offres en 2010-2011, seuls cinq ont été réalisés.

Les professionnels espèrent que le plan de relance du gouvernement permettra de lever certains obstacles ou d’obtenir des financements. Observ’ER note par exemple une initiative encourageante pour la filière du solaire, avec le projet d’usine géante de panneaux photovoltaïques près de Sarreguemines (Moselle). « Les industriels français attendent un soutien explicite des pouvoirs publics pour réinvestir dans des sites de production de grande capacité », laisse entendre Observ’ER.

Par Simon Chodorge, publié le 11/01/2021 à 16h19

Photo en titre : Une centrale solaire en cours de construction à Lépaud (Creuse). © Générale du Solaire

https://www.usinenouvelle.com/article/les-energies-renouvelables-ont-tenu-bon-en-2020-mais-leur-retard-s-accumule.N1047564

NDLR : Cet article résume (sans le dire) la stratégie de nos gouvernants, stratégie dénoncée depuis des décennies par les mouvements écologistes : freiner discrètement les énergies renouvelables et leur stockage ce qui permet de montrer que le nucléaire est vital et qu’il faut non seulement prolonger la durée de vie des réacteurs mais aussi en construire encore et encore (les EPR par exemple ou aussi les « petits réacteurs modulaires » qui sont déjà dans les cartons.). Des milliards d’Euros pour le nucléaire civil et militaire, on en trouve toujours, pour les hôpitaux …, c’est une autre histoire!

PROLONGER LES VIEUX RÉACTEURS DE 40 ANS, DONT CEUX DE DAMPIERRE, DE 10 ANNÉES SUPPLÉMENTAIRES? NOTRE COMMUNIQUÉ À LA PRESSE…

Voici le texte du communiqué relatif à cette consultation envoyé aux médias. Il est commun à l’ensemble du collectif Loire Vienne Zéro nucléaire dont nous faisons partie et qui se compose de:

SDN Pays nantais, CSDN 79, ACEVE, SDN72, SDN 49, SDN Touraine, Collectif Alarme Nucléaire Orléanais, ACIRAD Centre, Comité centrales, SDN Berry-Giennois-Puisaye.

« Prolonger au-delà de 40 ans les dix plus vieux réacteurs nucléaires de la Loire…» 

EDF-SA prépare la prolongation de ses réacteurs nucléaires ayant dépassé 40 ans de fonctionnement.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire a lancé le 3 décembre une consultation publique, qui durera jusqu’au 22 janvier1. Elle précise dans son texte de positionnement qu’ « avait été retenu à leur conception une hypothèse de 40 années de fonctionnement ».

Sur la Loire, 10 vieux réacteurs sont concernés par cette intention de prolongation : 4 à Dampierre-en-Burly (45), 2 à St-Laurent-des-Eaux (41) et 4 à Chinon (37).

Il est éminemment regrettable que la plupart de nos concitoyens ne soient absolument pas informés de cette consultation et ne puissent prendre part à ces décisions qui engagent lourdement la sécurité des populations riveraines au sens large !

Si cette prolongation était actée, un certain nombre nombre d’équipements seraient renouvelés, et de nouveaux aménagements créés pour répondre aux normes « post Fukushima ». Néanmoins, deux éléments absolument cruciaux pour la sûreté des installations, et les plus soumis à l’activité nucléaire, ne peuvent être changés: les cuves des réacteurs (là où se passe la réaction de fission nucléaire) et les enceintes de confinement qui sont censées ne pas fuir pour éviter la contamination.

Or l’acier de la cuve a subi un bombardement neutronique tel que ses caractéristiques mécaniques sont fortement dégradées et en dessous de la norme requise à la construction. De plus l’ASN évoque « certaines cuves de réacteur, dont les contrôles réalisés par le passé ont montré qu’elles comportent des défauts de fabrication. »

Par illeurs, tout au long de son avis, l’ASN parle de « réduire significativement l’occurrence de situations avec mise en œuvre de mesures de protection des populations », limiter « les conséquences radiologiques des accidents… », etc.

Pour nous, riverains de ces installations, « limiter », « réduire »… les conséquences d’accidents – auxquels l’ASN appelle par ailleurs à se préparer 2ne peut être acceptable. Nous exigeons que les risques accidentels soient éradiqués !

EDF-SA est dans une situation économique plus que difficile. Elle a à faire face à un mur d’investissements: le « grand carénage » (c’est à dire justement les travaux liés à cette prolongation) qui vient d’être réévalué à 49,4 milliards d’euros3) et des surcoûts exorbitants notamment liés aux EPR de Flamanville4, du Royaume-Uni ou de Finlande… Quelle capacité financière de maintenance, donc de sûreté,  l’électricien peut-il nous garantir dans les 10 ans à venir ?

Par ailleurs, le nucléaire s’avère peu apte à faire face aux perspectives du réchauffement climatique (nécessité de forage en nappes profondes pour le refroidissement en cas d’accident, capture et évaporation d’une énorme quantité de l’eau du fleuve pour le refroidissement quotidien des installations, nombreux départs d’incendie l’été dernier). La filière s’est montrée également vulnérable aux risques épidémiques comme ceux que nous venons de connaître (retards dans les chantiers de maintenance d’où pénurie en hiver et moindre surveillance des sites).

Enfin, ces installations nucléaires rejettent des radionucléides dans l’air que nous respirons et dans l’eau que nous buvons et des substances chimiques dans la Loire… ainsi que des déchets radioactifs dont divers rapports récents nous prouvent que leur « gestion » à long terme reste totalement problématique5.

Pour toutes ces raisons, notre collectif d’associations et d’organisations appelle les citoyen-ne-s à réfléchir aux conséquences de ces prolongations, à exiger d’être associés de manière bien plus conséquente et rigoureuse à de telles décisions et d’obtenir que les responsables de celles-ci soient explicitement désignés.
        
1 : https://www.asn.fr/Reglementer/Participation-du-public/Installations-nucleaires-et-transport-de-substances-radioactives/Participations-du-public-en-cours/Conditions-de-la-poursuite-de-fonctionnement-des-reacteurs-de-900-MWe-au-dela-de-40-ans   

2 : https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Preparation-a-la-gestion-post-accidentelle-d-un-accident-nucleaire22   

3 : https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/journalistes/tous-les-communiques-de-presse/edf-reajuste-le-cout-du-programme-grand-carenage

4 : https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-le-cout-de-l-epr-de-flamanville-reevalue-a-19-milliards-par-la-cour-des-comptes_34854444.html

5 : https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/04/l-europe-toujours-sans-solution-de-stockage-definitif-de-ses-dechets-nucleaires-les-plus-dangereux_6058412_3244.html

Publié le 11 janvier 2021 à 11h37

https://sdn-berry-puisaye.webnode.fr/news/prolonger-les-vieux-reacteurs-de-40-ans-dont-ceux-de-dampierre-de-10-annees-supplementaires-notre-communique-a-la-presse/

LES SYNDICATS D’EDF APPELLENT EMMANUEL MACRON À RENONCER AU PROJET HERCULE

Les organisations syndicales de l’entreprise estiment que le projet aboutira à son démantèlement sans régler ses difficultés structurelles.

Après plusieurs mobilisations ces derniers mois, les organisations syndicales d’EDF ont adressé une lettre à Emmanuel Macron pour lui demander de renoncer au projet de réorganisation baptisé Hercule qui prévoit de scinder les activités de l’entreprise en trois entités, rapporte Reuters.

Selon elles, il aboutirait à un démantèlement et à une privatisation partielle du groupe sans pour autant régler ses difficultés structurelles. Car le projet prévoit notamment de séparer le parc nucléaire existant d’EDF (« EDF bleu« ) de ses activités liées aux énergies renouvelables (« EDF vert« ) -lesquelles feraient par ailleurs l’objet d’une ouverture de capital- et de tous les barrages (« EDF Azur« )

Dans le même temps, la mise en œuvre du projet Hercule s’accompagnerait d’une réforme de la régulation du parc nucléaire existant. En effet, EDF souhaite modifier le mécanisme d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) qui le contraint actuellement à vendre à prix fixe et bas sa production nucléaire à ses concurrents. Le groupe milite à la place pour un prix de revente de son électricité qui soit variable et qui permettrait de financer les coûteux investissements de la filière nucléaire. Ce qui pourrait être vu par la Commission européenne comme une possible atteinte à la concurrence sur la vente d’électricité, d’où la volonté d’EDF de scinder ses activités

Un projet qui « ne répond en rien aux exigences » de l’époque

Bien qu’elles disent « partager la volonté de donner à EDF les moyens d’investir dans le modèle français de transition énergétique« , les organisations CFDT, CFE-CGC, CGT et FO estiment dans la lettre adressé au chef de l’État que « le projet Hercule actuellement à l’étude ne répond en rien aux exigences de notre époque et à l’avenir de nouvelles générations« .

« Ce projet ne règle pas la question de la faiblesse endémique des fonds propres d’EDF depuis sa transformation en 2004 d’EPIC en SA alors même qu’EDF va devoir investir dans la décennie qui vient près de 100 milliards d’euros dans le système électrique français« , jugent-ils, en référence aux statuts d’établissement public à caractère industriel et commercial et de société anonyme.

En outre, « (Hercule) ne répond pas à la question des moteurs de l’endettement de l’entreprise et du portage de la dette, ni à la sous-rémunération chronique dont souffre l’entreprise depuis la mise en place de l’Arenh« , ajoutent les syndicats, regrettant par ailleurs que le projet n’aborde pas la question du financement du renouvellement du parc nucléaire français.

Donner à EDF « les moyens d’investir« 

Alors qu’un nouvel appel à la grève a été lancé pour la journée du 19 janvier, les syndicats demandent à Emmanuel Macron de « renoncer à ce projet, d’ouvrir un véritable débat pour bâtir ensemble l’avenir de l’électricien national EDF, opérateur de la Nation, et de véritablement lui donner les moyens d’investir« .

Enfin, les représentants des organisations syndicales rappellent que le projet Hercule a été « conçu avant la crise sanitaire sur des fondamentaux strictement financiers et de concurrence mercantile » et réclament la création d’un service d’intérêt économique général (SIEG) européen « qui tienne compte de l’ensemble des services apportés par le parc nucléaire français« .

Par P.L., publié le 11/01/2021 à 10h00

https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/les-syndicats-d-edf-appellent-emmanuel-macron-a-renoncer-au-projet-hercule_AN-202101110139.html

LA FRANCE RÉALISE LE PREMIER TEST D’UN NOUVEAU MISSILE POUVANT TRANSPORTER UNE OGIVE NUCLÉAIRE

Les forces armées françaises pourraient déployer une nouvelle génération de missiles de croisière à lancement aérien pouvant transporter une ogive nucléaire.

Les détails restent limités, mais l’armée française a confirmé qu’avec le spécialiste des missiles MBDA et l’avionneur Dassault, ils ont réalisé avec succès le premier lancement d’essai d’une version avancée du nouveau missile de croisière nucléaire à lancement aérien ASMPA (missile Air-Sol Moyenne Portée Amélioré).

Le ministère des Armées a révélé que le premier test de lancement d’un missile de croisière ASMPA mis à jour depuis un chasseur Rafale M de la marine française avait été effectué.

L’Alliance de défense antimissile a rapporté que le tir d’essai était soutenu par la marine française et les forces aériennes et spatiales françaises. Tout au long de la phase de vol, le missile a été surveillé par des missiles DGA Essais à Biscarosse, Hourtin et Quimper, avec la participation de la DGA Essais en vol.

Selon MBDA, l’objectif de l’ASMPA est de remplacer l’ASMP (missile nucléaire stratégique et dissuasif de lancement en air, destiné à être déployé par l’armée de l’air stratégique française et pouvant être transporté sous le Mirage 2000N et le Rafale).

Il indique également que le nouveau missile est capable de transporter une charge thermonucléaire de moyenne énergie.

Publié le 10 janvier 2021

https://www.observatoire-qatar.com/la-france-realise-le-premier-test-dun-nouveau-missile-pouvant-transporter-une-ogive-nucleaire/

UN ANCIEN MINISTRE DE LA DÉFENSE U.S. DEMANDE À JOE BIDEN D’ABANDONNER LE CONTRÔLE EXCLUSIF DE L’ARME NUCLÉAIRE

William Perry alerte dans une tribune sur les dangers de laisser la décision de l’usage de l’arme atomique dans les mains d’un seul homme.

«Antidémocratique, dépassé, inutile et extrêmement dangereux». C’est en ces termes que l’ancien ministre américain de la Défense, William Perry, a appelé le futur président américain Joe Biden à renoncer au contrôle exclusif des codes nucléaires.

À lire aussi : La semaine du FigaroVox – «La fin de Trump… et du trumpisme?»

Dans une tribune publiée par le quotidien Politico, William Perry, qui fut ministre de la Défense de Bill Clinton de 1994 à 1997, note que Donald Trump, accusé d’avoir encouragé les violences au Congrès mercredi, «a encore le doigt sur le bouton nucléaire».

«Il est temps de retirer le football nucléaire à ce président et à tous les présidents qui lui succéderont», ajoute-t-il. «Il n’est plus nécessaire et son existence même représente un danger pour notre sécurité nationale».

Le président des États-Unis est accompagné en toutes circonstances d’un aide militaire qui transporte une valise, surnommée «le football», contenant tous les éléments nécessaires à une frappe nucléaire.

« [Le président] n’a pas besoin d’une seconde opinion. Le ministre de la Défense n’a pas son mot à dire. Le Congrès ne joue aucun rôle ». (William Perry, ancien ministre américain de la Défense américain)

L’ancien chef du Pentagone rappelle qu’une fois élu, un président américain «obtient le droit absolu de lancer une guerre nucléaire». «Il n’a pas besoin d’une seconde opinion. Le ministre de la Défense n’a pas son mot à dire. Le Congrès ne joue aucun rôle».

«Pourquoi prenons-nous ce risque? Pensons-nous vraiment qu’un président devrait avoir le pouvoir divin de détruire instantanément la planète?», demande William Perry. (NDLR : et est-ce que 2 ou 3 personnes au lieu d’une seule auraient ce droit ? Bien sûr, cela éviterai le coup de folie d’une seule personne mais cela ne suffit pas. Il faut purement et simplement négocier la destruction complète mondiale et contrôlée de ces armes de destruction massive !)

À lire aussi : Nancy Pelosi dit avoir discuté avec l’armée des moyens d’empêcher Donald Trump d’utiliser les codes nucléaires

Le précédent Truman

C’est le président Harry S. Truman qui, après l’enfer nucléaire d’Hiroshima et Nagazaki, décida il y a 75 ans de ne plus jamais faire usage de l’arme atomique, rappelle l’ancien ministre. «Pour lui, ça voulait dire la retirer des mains des militaires. Truman a donc déclaré qu’aucune bombe atomique ne pourrait être larguée tant qu’il ne l’aurait pas autorisé personnellement», raconte-t-il. «Truman a alors créé le dangereux précédent d’un contrôle par une seule personne».

À lire aussi :Interdire les armes nucléaires: entre utopie et débat légitime (NDLR : certes, c’est une utopie mais l’utopie peut devenir la réalité de demain si on le veut. Aller dans la lune fut longtemps une utopie. C’est devenu une réalité parce qu’on l’a voulu !)

William Perry appelle donc M. Biden à annoncer dès sa prise de fonctions qu’il «partagera le droit d’utiliser l’arme nucléaire avec un groupe limité d’élus».

«Le 20 janvier, si tout va bien, le pays et le monde vont pouvoir pousser un énorme soupir de soulagement», conclut-il. «Dès que Joe Biden aura prêté serment, le football nucléaire sera à lui. Il lui reviendra alors de se débarrasser du football et de s’assurer que nous ne confions plus jamais la machine à tuer la plus puissante jamais créée à un unique et faillible être humain».

Par Le Figaro avec AFP, publié le 9 décembre 2021 à 19h55, mis à jour le 9 décembre 2021 à 20h02

Photo en titre : William Perry, ministre de la Défense de Bill Clinton de 1994 à 1997. Wikipedia

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/un-ancien-ministre-de-la-defense-demande-a-joe-biden-d-abandonner-le-controle-exclusif-de-l-arme-nucleaire-20210109

AFFAIRE URAMIN: ATTAQUÉS PAR ANNE LAUVERGEON, FRANCE INTER ET SON JOURNALISTE RELAXÉS

Anne Lauvergeon, qui était à la tête du groupe français Areva entre 2001 et 2011, avait poursuivi la chaîne publique et le journaliste en justice pour un épisode d’une émission d’Affaires sensibles sur Uramin. Il faut dire que cette affaire fait l’objet de deux informations judiciaires depuis 2015 et dans l’une des affaires, Anne Lauvergeon est mise en examen.

Anne Lauvergeon, qui a été à la tête du groupe entre 2001 et 2011, attaquait en justice la radio publique pour un épisode d’Affaires sensibles baptisé « Uramin: le scandale caché d’Areva », diffusé le 9 février 2016.

La plainte contre France Inter visait huit passages de l’émission qui est l’une des plus écoutées de la station publique. Trois mois après l’audience, le tribunal a rendu sa décision vendredi, estimant que certains passages étaient bien diffamatoires, mais que les prévenus devaient être relaxés au titre de la bonne foi. Le tribunal a estimé que le sujet était d’intérêt général et que les journalistes disposaient d’une base factuelle suffisante.

Le programme était consacré à l’acquisition en 2007 pour 1,8 milliard d’euros de la société canadienne Uramin, propriétaire de trois gisements d’uranium en Afrique. Areva avait investi un milliard d’euros supplémentaires. Mais, sur place, l’exploitation s’est rapidement révélée plus difficile que prévu et l’opération avait viré au fiasco. Ce rachat controversé est au cœur de deux informations judiciaires depuis 2015. L’une porte sur des soupçons d’escroquerie et de corruption : dans ce dossier, Mme Lauvergeon est témoin assisté ; elle est mise en examen dans la seconde instruction qui porte sur les provisions inscrites en 2010 et 2011 par Areva.

Soupçons d’escroquerie et de corruption

En 2007, alors qu’une élection présidentielle se profile en France, Anne Lauvergeon se lance dans une opération périlleuse. Pour parvenir à vendre des réacteurs à la Chine, elle cherche à diversifier les sources d’approvisionnement d’Areva en uranium. Le géant du nucléaire débourse 1,8 milliard d’euros pour acquérir Uramin, propriétaire de trois mines présentées comme prometteuses en Namibie, Afrique du Sud et Centrafrique. « Atomic Anne », comme on la surnomme, sait qu’avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, l’indépendance d’Areva et même son avenir à la tête de l’entreprise sont menacés, elle qui est considérée comme une proche de François Mitterrand et du Parti socialiste.

Or, non seulement le prix d’acquisition de ces mines est exorbitant, mais le nombre d’actionnaires d’Uramin s’est multiplié en cours de procédure d’achat, laissant planer des soupçons d’escroquerie et de corruption. De nombreuses personnalités africaines sont citées dans ce dossier, jusqu’à l’actuel président de Namibie qui dément tout enrichissement illicite.

Mais très vite, les investissements d’Areva se révèlent moins prometteurs qu’annoncés. Il faut dire que certains de ces gisements comme celui de Bakouma en Centrafrique avaient toujours été considérés comme difficiles à exploiter, tant ils nécessitaient d’investissements en infrastructures.

Par RFI, publié le 09/01/2021 à 04h32

Photo en titre : Anne Lauvergeon, ancienne présidente du groupe français Areva. AFP/JOEL SAGET

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210109-affaire-uramin-attaqu%C3%A9s-par-anne-lauvergeon-france-inter-et-son-journaliste-relax%C3%A9s

LA CORÉE DU NORD VISE À AUGMENTER LA PORTÉE DE SES ARMES NUCLÉAIRES À 15.000 KM

Pyongyang se prépare à tester et produire diverses nouvelles armes. Le pays vise également à développer des armes hypersoniques, des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), des satellites espions et des drones, ainsi qu’à augmenter à 15.000 km la portée de ses armes nucléaires.

Se prononçant lors du congrès du Parti des travailleurs, le dirigeant nord-coréen a annoncé que Pyongyang visait à augmenter la portée stratégique de ses armes nucléaires à 15.000 km, rapporte l’agence officielle KCNA.

«L’objectif fixé est d’améliorer les capacités de frappe préventives et de représailles, d’augmenter le niveau de précision afin d’atteindre toute cible stratégique dans une zone de 15 000 kilomètres», est-il indiqué dans le rapport cité par le média.

Développement de l’arsenal nucléaire

Kim Jong-un a aussi appelé au développement d’armes hypersoniques, de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), de satellites espions et de drones.

La Corée du Nord se prépare également à tester et produire diverses nouvelles armes, et un sous-marin nucléaire serait presque terminé.

D’après le dirigeant nord-coréen, «de nouvelles recherches de planification pour un sous-marin nucléaire ont été menées à bien et sont sur le point d’entrer dans le processus d’examen final».

Par Irina Tarassova, publié le 9 janvier 2021 à 10h00, mis à jour à 10h09

Photo en titre : © Sputnik . Ilya Pitalev

https://fr.sputniknews.com/asie_pacifique/202101091045040610-la-coree-du-nord-vise-a-augmenter-la-portee-de-ses-armes-nucleaires-a-15000-km/

PYONGYANG PRÉVOIT DE SE DOTER D’UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE CONTRE LES ÉTATS-UNIS, SON « PLUS GRAND ENNEMI »

La Corée du Nord devrait « développer davantage la technologie nucléaire » et produire des ogives nucléaires de petite taille, a également déclaré son dirigeant, Kim Jong-un.

Les États-Unis sont le « plus grand ennemi » de la Corée du Nord et le pays prévoit de se doter d’un sous-marin nucléaire, a déclaré le chef de l’État, Kim Jong-un, cité samedi 9 janvier par l’agence officielle KCNA.

Pyongyang « devrait se concentrer et se développer en vue de subvertir les États-Unis, le plus grand obstacle à notre révolution et notre plus grand ennemi », a-t-il déclaré lors du 8ème congrès du parti au pouvoir, selon l’agence, qui s’est tenu à Séoul.

Le dirigeant a tenu ces propos lors d’une présentation de travail de neuf heures, étendue sur trois jours, et dont KCNA a rapporté samedi pour la première fois les détails. Grand-messe du parti au pouvoir, ce congrès vise à renforcer l’autorité du régime et est suivi de près par les experts de la Corée du Nord pour tenter de déceler tout signe d’inflexion de la politique d’un des pays les plus isolés au monde.

Relations entre Kim Jong-un et Trump au point mort

La déclaration intervient moins de deux semaines avant la prise de fonctions de Joe Biden à la présidence des États-Unis et alors que les relations entre le dirigeant nord-coréen et le président américain sortant Donald Trump ont été des plus tumultueuses.

Entre insultes et poignées de mains, Kim Jong-un et Donald Trump ont eu leurs hauts et leurs bas. Aucun progrès substantiel n’a été enregistré durant la période de rapprochement et depuis février 2019, les relations entre ces deux chefs d’État sont au point mort.

Lire aussi : « Avec l’Iran et la Corée du Nord, le retour de Joe Biden à une diplomatie policée ne suffira pas » (Article réservé à nos abonnés)

Mais Trump n’a jamais inspiré à la Corée du Nord la haine qu’elle voue à Joe Biden, un « chien enragé » qu’il faudrait « battre à mort ». De son côté, le président élu a qualifié M. Kim de « voyou ». « Quelle que soit la personne au pouvoir [aux États-Unis], la vraie nature de sa politique contre la Corée du Nord ne va jamais changer », a déclaré Kim Jong-un, sans nommer Joe Biden, selon KCNA.

Développement de la technologie nucléaire

Lors de cette réunion du Parti des travailleurs de Corée, le dirigeant nord-coréen a également annoncé que son pays a mené à bien un plan visant à se doter d’un sous-marin nucléaire.

« De nouvelles recherches de planification pour un sous-marin nucléaire ont été menées à bien et sont sur le point d’entrer dans le processus d’examen final », a-t-il déclaré selon l’agence. Le pays devrait « développer davantage la technologie nucléaire » et produire des ogives nucléaires légères et de petite taille pour être utilisées « en fonction des cibles visées », a-t-il ajouté.

Lire aussi : Corée du Nord : Kim Jong-un reconnaît des « erreurs » (Article réservé à nos abonnés)

La Corée du Nord justifie le développement de ces programmes nucléaires, interdits par la communauté internationale, par la menace que Washington ferait peser sur sa survie, et y consacre depuis des décennies de vastes ressources, quitte à écoper de sanctions toujours plus pénalisantes pour son économie et sa population.

Depuis l’arrivée de Kim Jong-un au pouvoir, il y a neuf ans, ces programmes ont enregistré de substantielles avancées, avec notamment plusieurs essais nucléaires et le test d’un missile susceptible d’atteindre le continent américain.

Par Le Monde avec AFP, publié le 9 janvier à 02h13, mis à jour à 11h10

Photo en titre : Kim Jong-un lors du 8ème congrès du Parti du travail de Corée. STR / AFP

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/09/pyongyang-prevoit-de-se-doter-d-un-sous-marin-nucleaire-contre-le-plus-grand-ennemi-du-pays-les-etats-unis_6065686_3210.html

PELOSI DIT AVOIR DISCUTÉ AVEC L’ARMÉE DES MOYENS D’EMPÊCHER TRUMP D’UTILISER LES CODES NUCLÉAIRES

En déclarant qu’elle avait discuté avec l’armée américaine des options disponibles si Donald Trump décidait d’utiliser les codes nucléaires, Nancy Pelosi l’a traité de «Président déséquilibré», prévenant que le Congrès agirait s’il ne quittait pas le pouvoir «de façon imminente et volontairement».

Nancy Pelosi a déclaré ce 8 janvier qu’elle avait discuté avec un commandant militaire des États-Unis des précautions à prendre pour s’assurer que le Président sortant Donald Trump ne puisse pas déclencher d’hostilités ou ordonner une frappe nucléaire dans les deux semaines qu’il lui restent au pouvoir.

«La situation avec ce Président déséquilibré ne pourrait pas être plus dangereuse», a-t-elle poursuivi en promettant que le Congrès agirait si Donald Trump ne quittait pas «de façon imminente et volontairement» la Maison-Blanche, sans préciser la nature de cette action. Le dirigeant sortant doit céder le pouvoir à Joe Biden le 20 janvier.

Détails à suivre…

Par AFP, publié le 8 janvier 2021 à 18h02, mis à jour à 18h33

Photo en titre : Nancy Pelosi, Speaker de la Chambre des représentants, est celle qui a enclenché la procédure d’impeachment à l’encontre du chef de la Maison-Blanche. AFP/Saul Loeb

https://fr.sputniknews.com/amerique-nord/202101081045038844-pelosi-dit-avoir-discute-avec-larmee-des-moyens-dempecher-trump-dutiliser-les-codes-nucleaires/

CENTRALE NUCLÉAIRE DE BELLEVILLE-SUR-LOIRE : NON-RESPECT DES SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 1

Le 31 décembre 2020, l’exploitant de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à la découverte tardive de l’indisponibilité d’un système contribuant au refroidissement du cœur du réacteur.

Chaque réacteur dispose d’un circuit de réfrigération et de traitement de l’eau des piscines (PTR). Ce circuit, qui doit également permettre d’assurer le refroidissement du cœur du réacteur dans certaines situations accidentelles, est notamment constitué d’un réservoir d’eau borée. Ce réservoir dispose d’évents indispensables pour garantir son intégrité lors des mouvements d’eau (remplissages ou aspirations par les systèmes de sauvegarde notamment).

Le 4 décembre 2020, à la suite d’une modification de l’installation réalisée pendant la visite décennale en cours, une anomalie est détectée concernant l’alignement des tuyauteries d’évents du réservoir PTR du réacteur 1.

Le 31 décembre 2020, après une analyse conjointe de cette anomalie par les services centraux d’EDF et du site de Belleville, il est apparu que le fonctionnement de ces évents n’était pas assuré et que la fonction de refroidissement du cœur en situation accidentelle associée au réservoir PTR devait être considérée comme indisponible.

Les spécifications techniques d’exploitation requièrent la disponibilité du réservoir PTR dès le début du rechargement des éléments de combustible, soit à partir du 8 décembre 2020. Elles imposent également le repli du réacteur dans un état plus sûr sous une heure lorsque la fonction de refroidissement du cœur associée au réservoir est indisponible. Du fait de la prise en compte tardive de l’indisponibilité de cette fonction de refroidissement, les spécifications techniques d’exploitation n’ont pas été respectées.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, l’événement a affecté la fonction de sûreté liée au refroidissement du réacteur 1. En raison de l’indisponibilité prolongée d’un système de sûreté et du non-respect des spécifications techniques d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Une intervention a été engagée par l’exploitant de la centrale afin de retrouver la disponibilité des évents du réservoir concerné. La fonction de refroidissement du cœur du réacteur 1 a été restaurée le 31 décembre 2020.

Publié le 7 janvier 2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-des-specifications-techniques-d-exploitation63

NUCLÉAIRE : L’ÉTONNANT RISQUE DE COUPURES DE COURANT EN FRANCE

La vague de froid qui s’abat sur la France met le réseau électrique sous tension. Les Français sont appelés à surveiller leur consommation, notamment ce vendredi 8 janvier. Une information qui a de quoi étonner dans ce pays grand exportateur d’électricité, relève la Tribune de Genève.

Il fera froid ce vendredi 8 janvier. Avec un mercure attendu entre – 4 et – 4,5 °C, sous les normales de saison, les Français sont même priés de surveiller leur consommation d’électricité. Le réseau électrique est sous tension.

Pour éviter toute coupure, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, RTE, conseille notamment de réduire la consommation de 7 heures à 13 heures en baissant le chauffage ou encore en décalant l’utilisation d’appareils électroménagers. La consommation française pourrait atteindre le haut niveau de 88 000 mégawatts. “Les marges de sécurité seront réduites”, explique RTE sur son site.

Ce scénario, annoncé depuis la mi-novembre, rappelle la Tribune de Genève, en avait étonné plus d’un : comment se fait-il que la France, “un pays grand producteur et traditionnellement exportateur d’électricité”, ne puisse plus assurer son autonomie électrique ?

Les dangers de l’exception française

C’est encore une fois la crise sanitaire qui est à l’origine des difficultés, explique le quotidien suisse : “La crise du Covid a perturbé les opérations d’entretien du parc nucléaire, et en raison des reports de travaux, 13 réacteurs nucléaires sur les 56 que compte la France devront être débranchés dans cette période.” Mais c’est aussi le retour de la polémique sur la fermeture de la centrale de Fessenheim, note le journal, qui représentait à elle seule une puissance de 1,8 gigawatt : “Peut-on se permettre de restreindre le nucléaire alors que le pays ferme déjà ses centrales à charbon et au gaz?”

Car cette situation hivernale tendue met de nouveau en lumière les dangers de l’exception française du tout-nucléaire, commente la Tribune de Genève, qui rappelle les chiffres : 70 % de l’électricité en France est d’origine nucléaire, loin devant la Belgique et la Hongrie (50 %), la Suède (40 %) ou la Suisse (36 %), ou encore la Grande-Bretagne (19 %) et l’Allemagne (13 %).

À lire aussi : Vu d’Allemagne. Fermeture de Fessenheim : la France reste prisonnière du nucléaire

Et il ne faut pas oublier l’autre volet du problème, explique le journal. Le parc datant des années 1970 et 1980 et la nouvelle génération de réacteurs EPR étant un chantier inachevé, synonyme de gouffre financier, le nucléaire français “est une industrie en crise depuis des années”.

Mais, note le journal,Emmanuel Macron a décidé de voler au secours de la filière et d’en faire un atout décisif dans sa stratégie de lutte contre le réchauffement climatique”. Ainsi, le nucléaire s’est retrouvé dans les “énergies vertes” du plan de relance français, et est aussi l’argument de la France pour décrocher le label “investissement vert”. Pour l’instant, remarque le quotidien, les experts européens sont loin d’être convaincus.

Par Tribune de Genève (Genève, www.tdg.ch), publié le 08/01/2021 à 12h15

Photo en titre : À Cassagne, en Haute-Garonne, le 5 janvier 2021. PHOTO / Lilian Cazabet / Hans Lucas / AFP.

https://www.courrierinternational.com/article/nucleaire-letonnant-risque-de-coupures-de-courant-en-france

L’INQUIÉTANT PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN EN CINQ QUESTIONS

Cette semaine, Téhéran a provoqué une véritable levée de boucliers en annonçant sa décision d’enrichir de l’uranium à 20 %, s’éloignant un peu plus de ses engagements pris en 2015 lors de l’accord de Vienne. Une nouvelle étape dans le complexe programme nucléaire iranien qui préoccupe au plus haut point la communauté internationale.

Un « chantage nucléaire », une « décision aux graves conséquences », qui provoque de « vives inquiétudes ». Depuis l’annonce par l’Iran lundi de son intention d’enrichir de l’uranium à hauteur de 20 % , les puissances occidentales ne cessent de dénoncer cette nouvelle entorse de la République islamique envers l’accord de Vienne signé en 2015, dans lequel elle s’engageait à limiter son programme nucléaire.

Un nouvel épisode dans ce dossier complexe, aux ramifications diplomatiques, économiques et militaires. Explications avec CQFD.

Pourquoi faire cette annonce maintenant ?

Si Téhéran a l’habitude de hausser le ton face aux pays occidentaux, le calendrier choisi par les autorités iraniennes pour annoncer cet enrichissement ne doit rien au hasard. Celle-ci intervient à moins d’un mois de la passation de pouvoir entre Donald Trump et Joe Biden. Le régime iranien cherche ainsi à faire pression sur le futur locataire de la Maison Blanche, dont l’attitude vis-à-vis de l’Iran sera particulièrement scrutée après la gestion chaotique de son prédécesseur.

En 2018, Donald Trump avait ainsi retiré les États-Unis de l’accord de Vienne de 2015 , qui avait été signé entre l’Iran et les principales puissances mondiales, et avait rétabli les sanctions économiques contre Téhéran, plongeant le pays dans la récession. En janvier 2020, la pression était encore montée d’un cran avec l’assassinat par Washington du général Soleimani , un des plus hauts dignitaires de la République islamique. Avec cette annonce choc, Téhéran espère ainsi forcer Biden à réagir rapidement pour ouvrir de nouvelles négociations.

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Comment l’Iran enrichit son uranium ?

L’Iran n’a aucun souci à se fournir en uranium, le pays disposant de deux vastes mines. Mais à l’état naturel, ce minerai est très faiblement chargé en isotopes 235 (0,71 %), ces atomes qui permettent la fission nucléaire. Il faut donc l’enrichir pour pouvoir en faire un usage civil ou militaire. Entre 3 % et 5 %, on parle d’uranium « faiblement enrichi ». Celui-ci est principalement utilisé dans la recherche ou dans le nucléaire civil, notamment les centrales produisant de l’électricité.

Une fois la barre des 20 % franchie, on parle d’uranium « hautement enrichi ». Celui-ci peut servir pour des centrales particulièrement puissantes ou pour la propulsion d’engins navals, comme certains sous-marins et porte-avions. Au-delà de 85 % d’enrichissement, il s’agit d’uranium à usage militaire.

L’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad présentant une nouvelle génération de centrifugeuses d’enrichissement nucléaire en 2010.BEHROUZ MEHRI/AFP

Pour transformer cet uranium, l’Iran dispose de deux usines d’enrichissement souterraines : Natanz et Fordo. C’est dans cette dernière que Téhéran vient de mettre en service de nombreuses centrifugeuses pour accélérer le processus. Après avoir transformé le minerai d’uranium en gaz, ces machines permettent d’isoler les fameux isotopes 235 et de les concentrer pour créer un uranium plus « puissant ».

Quels sont les seuils autorisés par l’accord de 2015 ?

Fruit de longues négociations, l’accord signé en juillet 2015 à Vienne entre d’un côté l’Iran et de l’autre L’Union européenne, la Chine, la Russie et les États-Unis présentait une avancée historique dans le dialogue sur le nucléaire iranien.

Selon cet accord, en échange de la levée des sanctions, Téhéran s’engageait à réduire considérablement son programme nucléaire : les centrifugeuses, indispensables pour enrichir l’uranium, devaient se limiter à 5.060 (l’Iran en possédait alors 19.000), le taux d’enrichissement ne devait pas dépasser la barre des 3,67 % et le pays n’avait le droit de cumuler que 300 kg de cet uranium faiblement enrichi.

Les signataires de l’accord de Vienne, le 14 juillet 2015.SIPA

Des chiffres censés permettre à l’Iran de développer son système nucléaire civil tout en limitant les risques de production à des fins militaires. L’accord prévoyait enfin une totale transparence de l’Iran, qui devait ouvrir les portes de ses installations aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Pourquoi ce taux de 20 % est inquiétant ?

Si les observateurs internationaux ont bondi à l’annonce de ce taux de 20 % d’enrichissement de l’uranium, il ne signifie pas que l’Iran sera doté de l’arme nucléaire demain matin. Pour pouvoir déclencher le feu nucléaire, un pays a besoin d’uranium enrichi à 90 % minimum.

Mais le fait de basculer vers un uranium « hautement enrichi » est loin d’être anodin. Selon les experts, le processus d’enrichissement d’uranium est plus lent et fastidieux au début. Passer d’environ 3 % à 20 % est complexe. En revanche, une fois ce seuil atteint, passer de 20 % à 80 %, voire 90 %, est beaucoup plus facile et rapide.

Surtout, ce chiffre est bien plus important que les précédentes représailles annoncées par Téhéran. Après le retour des sanctions économiques américaines, l’Iran avait juste indiqué qu’il passerait son taux d’enrichissement de 3,67 % à 4,5 %.

Pourquoi cet enrichissement inquiète la communauté internationale ?

Si la route menant vers la conception d’armes nucléaires est encore très longue pour la République islamique, les puissances occidentales sont loin de prendre cet enrichissement à la légère. Se disant « profondément préoccupés », la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont affirmé mercredi que la décision iranienne entraîne « un risque très important de prolifération » nucléaire.

Car en s’affranchissant encore plus de l’accord de Vienne, l’Iran pourrait aussi s’affranchir de la surveillance des inspecteurs de l’AIEA, au risque d’ouvrir la voie à un véritable marché clandestin de l’uranium enrichi. Début 2020, l’Iran avait déjà menacé de sortir du traité de non-prolifération nucléaire , datant de 1968.

Une décision qui serait catastrophique selon les observateurs, la menace d’un trafic de ressources nucléaires étant particulièrement dangereuse. D’autant plus dans cette région du monde fortement instable.

Par Alexandre Rousset, publié le 7 janvier 2021 à 11h00

Photo en titre : Fordo est l’une des deux usines d’enrichissement d’uranium souterraines que possède l’Iran. (AFP)

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/linquietant-programme-nucleaire-iranien-en-cinq-questions-1278934

3 JOURS ET UN ULTIMATUM POUR SAUVER LE SERVICE PUBLIC DE L’ÉNERGIE

Trois journées d’action et de grève sont prévues pour janvier, à l’appel de la CFE-CGC, FO, de la CFDT et de la CGT. Cette dernière envoie un ultimatum au gouvernement, fixé au 13 janvier, jour du 75ème anniversaire du dépôt de loi des nationalisations d’EDF et de GDF.

Les gaziers et électriciens avaient marqué la fin de 2020 par deux journées de mobilisation avec plus de 40 % de grévistes dans les entreprises du secteur. En ce début d’année, leurs représentants syndicaux ont décidé de remettre un coup de gaz et de donner encore plus d’ampleur à ce mouvement social contre le démantèlement des services publics de l’énergie. Dans un appel commun publié ce jeudi, les quatre fédérations représentatives – FNME-CGT, CFE- CGC énergies, FO énergie et mines et FCE-CFDT – ont appelé à faire de 2021 « l’année qui aura vu la fin de ces projets destructeurs, synonymes du sacrifice de l’intérêt général au profit d’intérêts financiers ».

Dans leur viseur : le projet Hercule, toujours officiellement en discussion dans une triangulaire opaque entre l’État, EDF et la Commission européenne. Schématiquement, ce plan vise à dégager les moyens financiers de modernisation du parc nucléaire intégré dans un EDF « bleu », en échange de la privatisation partielle des activités rentables jusqu’à présent 100 % publiques (commercialisation de l’électricité, énergies renouvelables, barrages), contenues dans des filiales EDF « vert » et « azur ». Le projet Hercule est attendu comme l’un des principaux points intégrés dans la loi issue de la Convention citoyenne pour le climat, dont la présentation est toujours annoncée en Conseil des ministres courant janvier. Cette vente à la découpe titanesque du service public de l’électricité n’est pas le seul grief des syndicats.

« La filière gaz condamnée par la réglementation environnementale »

« Qu’il s’agisse d’EDF attaquée dans son modèle de groupe intégré par le projet Hercule, d’Engie menacée de scission et de vente à la découpe à la suite du plan Clamadieu, de l’ensemble de la filière gaz condamnée par la nouvelle réglementation environnementale RE 2020 (qui bannit le chauffage au gaz des maisons individuelles neuves dès 2021 – NDLR), ou encore de la Shem (qui exploite une cinquantaine de centrales hydroélectriques – NDLR) menacée par la mise en concurrence de ses concessions, la destruction du service public de l’énergie s’accélère », notent les organisations. Celles-ci appellent donc à trois jours d’action et de grève, les 14, 19 et 26 janvier.

La mobilisation sociale générale ne s’arrête pas là. La Fédération mines-énergie de la CGT a lancé en parallèle « un ultimatum » aux directions d’EDF, d’Engie et de Gazel Énergie (société propriété de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky exploitant les centrales à charbon de Gardanne dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Avold en Lorraine), ainsi qu’au gouvernement  pour « exiger le retrait du projet Hercule, du plan Clamadieu et du PSE (plan social chez GazelEnergy) ». À défaut de la satisfaction de cette mise en demeure fixée au 13 janvier, jour du 75ème anniversaire du dépôt de loi des nationalisations d’EDF et de GDF (13 janvier 1946), la fédération soutiendra les reconductions de grève et « toutes les initiatives d’action qui seront décidées par les agents sur les piquets de grève en assemblée générale », entre les journées de mobilisation interfédérales. La journée de mobilisation interprofessionnelle du 4 février, à l’appel de la CGT, de la FSU, de Solidaires et de syndicats et organisations de jeunesse tels que l’Unef, devrait aussi voir les énergéticiens grossir les rangs des cortèges ou, contexte sanitaire oblige, des actions locales.

Par Stéphane Guérard, publié le vendredi 8 janvier 2021

Photo en titre: En septembre 2019, les manifestants protestaient contre le plan de scission du groupe EDF et pour le retrait du projet Hercule. Bruno Levesque/IP3/MAXXPPP

https://www.humanite.fr/3-jours-et-un-ultimatum-pour-sauver-le-service-public-de-lenergie-698460

CORÉE DU NORD: KIM PROMET DE RENFORCER LES CAPACITÉS MILITAIRES DU PAYS

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s’est engagé à renforcer les capacités militaires de son pays, qui est déjà une puissance nucléaire, rapportent jeudi les médias officiels à deux semaines de l’entrée de Joe Biden à la Maison blanche.

Dans un rapport présenté au congrès du Parti des travailleurs, réuni à Pyongyang, M. Kim s’est engagé à placer « les capacités de défense de l’Etat à un niveau bien supérieur, et à fixer des buts à atteindre pour réaliser cela« , rapporte l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Après avoir échangé insultes et menaces de guerre nucléaire, M. Kim et le président américain Donald Trump ont opéré un extraordinaire rapprochement, marqué par trois rencontres aussi historiques que symboliques.

Mais aucun progrès n’a été réalisé sur l’épineux dossier des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang. Et les négociations sont au point mort depuis le fiasco du deuxième sommet entre les deux hommes en février 2019 à Hanoi.

Une des raisons de cette impasse est l’absence de consensus sur les concessions que la Corée du Nord devrait faire en échange d’une levée des sanctions internationales pesant sur elle.

Et les experts estiment que le leader nord-coréen entend utiliser le 8ème congrès du Parti des travailleurs de Corée, qui s’est ouvert mardi, pour adresser un message au prochain gouvernement américain.

Mais la marge de manœuvre est étroite pour la Corée du Nord qui voue une haine réelle à l’égard de Joe Biden, un « chien enragé » qu’il faudrait « battre à mort« . De son côté, le président élu a qualifié M. Kim de « voyou« .

« Renforcer les capacités nucléaires »

KCNA n’a fait aucune référence à l’arme nucléaire, et n’a pas précisé la nature des buts à atteindre en matière de défense.
Mais à en croire Ahn Chan-il, un transfuge nord-coréen devenu chercheur à l’Institut mondial pour les études nord-coréennes, basé à Séoul, le message de Kim Jong Un est limpide.
« Cela signifie que le Nord va renforcer ses capacités nucléaires« , affirme-t-il à l’AFP.

« M. Kim ne veut pas prononcer le mot +nucléaire+ alors que M. Biden prend ses fonctions ce mois-ci, et qu’il sait que la position du futur président au sujet de Pyongyang est de ne faire aucun compromis, contrairement à celle de son prédécesseur. »
« Kim ne veut probablement pas le provoquer à ce stade. Mais ce qui est très clair, c’est que le Nord ne renoncera jamais à ses armes nucléaires.« 

Sous la présidence de M. Biden, les États-Unis devraient revenir à une approche beaucoup plus classique vis-à-vis de Pyongyang, en insistant notamment sur le fait qu’il faudra des progrès notoires dans les discussions de travail avant même d’envisager une nouvelle rencontre entre chefs d’États.

De son côté, la Corée du Nord justifie ses programmes nucléaires interdits par la communauté internationale par la menace que Washington ferait peser sur la survie-même de son régime.

Et celui-ci a pendant des décennies alloué au développement de ces programmes de vastes ressources, quitte à écoper de sanctions toujours plus pénalisantes pour son économie et sa population.

Nouveau défilé?

Depuis l’arrivée de M. Kim au pouvoir il y a neuf ans, ces programmes ont fait de remarquables avancées, avec notamment plusieurs essais nucléaires et le test d’un missile susceptible d’atteindre le territoire continental américain.

Lors d’un défilé en octobre, Pyongyang avait dévoilé un énorme missile qui, selon les experts, était le plus gros missile à propergol liquide et mobile sur route au monde, et vraisemblablement prévu pour emporter plusieurs têtes (technologie MIRV).

Capture d’image d’une vidéo diffusée le 10 octobre 2020 par l’agence nord-coréenne Kcna d’un nouveau missile intercontinental lors d’une parade militaire à Pyongyang. © KCNA/AFP/Archives

Les analystes y avaient vu la preuve de ce que la Corée du Nord avait continué de développer ses programmes en dépit du processus diplomatique engagé avec Washington.

Grand-messe du parti au pouvoir, ce congrès vise à renforcer l’autorité du régime et est suivi de près par les experts de la Corée du Nord qui tentent de déceler tout signe d’inflexion de la politique d’un des pays les plus isolés au monde.

Des médias indiquent sur la foi d’images satellites qu’il se pourrait bien que ce congrès soit l’occasion d’un nouveau défilé « avec des éléments militaires« .

Un défilé avait déjà été organisé en 2016 à l’occasion du précédent congrès qui s’était déroulé sur quatre jours.

Au premier jour de ce Congrès, Kim Jong Un a fait le constat d’un échec sur le plan économique, admettant que « presque tous les secteurs » n’avaient pas atteint les objectifs fixés dans le cadre du plan quinquennal.

Publié le 7 janvier 2021 à 10h07

Photo en titre : Photo diffusée le 7 janvier 2021 par l’agence nord-coréenne Kcna du leader Kim Jong Un au deuxième jour du Congrès du Parti des travailleurs à Pyongyang. © KCNA VIA KNS/AFP

https://www.lanouvellerepublique.fr/france-monde/coree-du-nord-kim-promet-de-renforcer-les-capacites-militaires-du-pays

ÉLECTRICITÉ NUCLÉAIRE : LA DETTE INVISIBLE ?

Nouvel appel à la grève chez EDF contre le projet Hercule pour ce 19 janvier : la réforme controversée de l’électricien national est toujours en négociations avec Bruxelles et doit permettre de sauver le nucléaire ; mais à quel prix ?

Sauver ou briser l’électricien, c’est la question depuis que le président Macron a déclaré à la filière (au Creusot) il y a un mois que « notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire » et que l’atome devait rester « un pilier de notre mix énergétique » – actuellement plus de 70 %, toujours 50 % d’ici 2050 :

Scandale du côté de la France Insoumise qui dénonce sur Mediapart « la mortifère exception française » : les élus raillent le « dogme » d’une industrie à succès (14 des 393 réacteurs étrangers construits) et d’une énergie peu coûteuse en comparaison des voisins européens dont pourtant 8 au moins payent leur électricité moins chère.  

La Tribune de Genève, elle, s’interroge sur le contraste entre la « grande puissance » nucléaire qu’est encore la France, avec 56 réacteurs et 400 TW/h d’électricité atomique potentielle, et la crise industrielle et financière prolongée dans laquelle se trouve le secteur, en raison d’un parc vieillissant et d’innovations technologiques qui tardent (de Superphénix à l’EPR).

Une « dette nucléaire » de plus en plus lourde

Ce sont 41 milliards d’euros de dettes pour l’opérateur national EDF fin 2019, 51 milliards de dépenses à venir sur 10 ans pour le « grand carénage » des centrales, si l’entreprise veut les faire durer jusqu’à 50 ans, et déjà 3 milliards d’euros souscrits par l’État lors de la dernière levée de fonds en 2017 : Pour l’Usine Nouvelle, un nouveau renflouement est inévitable mais il ne résoudra pas tout.  

Car la dette, c’est aussi le retournement de la « rente nucléaire » de la France – l’électricité bon marché des années 70-80 – qui commence à coûter très cher, explique Nabil Wakim dans le Monde. Comme EDF est à la fois producteur et fournisseur, il est contraint par Bruxelles, soucieuse des monopoles, de réserver à ses concurrents presque 1/5 de sa production à prix bas et fixe : cet arrangement (l’Arenh, Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) permet à EDF de rester dominant. 

Or avec la flambée des prix, la rente se transforme en malédiction : EDF nourrit sa propre concurrence et même l’engraisse en perdant 150 000 contrats par mois : un « risque mortel pour l’entreprise » disait déjà un dirigeant en 2019.   

Travail d’Hercule : réformer EDF et relancer le nucléaire sans tuer l’entreprise 

Mettre fin à l’Arenh tout en satisfaisant la DG Concurrence de la Commission, c’est le sens du projet « Hercule » dévoilé en 2019. Depuis presqu’un mois, un nouvel accord avec Bruxelles semble imminent, entre réunions secrètes à l’Élysée, rencontre discrète des ministres français et de la Commission UE et déclarations laconiques, rapportait dans Libération le journaliste Thierry Gadault qui suit le dossier de près.    

Selon la presse, l’arrangement mettrait bien fin au dispositif-boulet pour EDF, qui vendrait son électricité préférentielle dans un « corridor » de prix plancher/plafond (Capital.fr) et resterait à l’État (qui en détient 83 %) ; mais en contrepartie, pour répondre aux exigences de concurrence, EDF devrait être séparé en plusieurs entités : nucléaire nationalisé, renouvelables introduits en bourse, et surtout l’hydroélectricité éjectée du groupe pour devenir une simple filiale qui perdrait son Statut d’intérêt général (Sieg).

Que le gouvernement ait choisi des codes EDF « bleu », « vert » ou « azur » pour suggérer un groupe toujours intégré ne change rien dit Thierry Gadault : s’il sauve le nucléaire, il sacrifie les barrages et l’unité du groupe ; et EDF garde l’atome mais se prive alors d’une activité rentable (2/3 des bénéfices) et d’une production complémentaire : « désoptimisation » dit le syndicat SUD.  

Dans ces conditions, réussir Hercule, ce sera un peu comme cueillir les pommes d’or du Jardin des Hespérides et en même temps nettoyer les écuries d’Augias…  

Climat et coûts : « l’inversion de la preuve » ?  

Au-delà d’EDF, la filière nucléaire devra prouver son efficacité économique et climatique : qu’elle est à la fois bas-carbone et compétitive face aux énergies renouvelables et à l’hydroélectricité. Le débat a ressurgit en décembre dans le contexte de pressions accrues de l’UE pour les énergies « bas carbone », et après une étude de l’AIE sur 243 centrales de 24 pays plutôt élogieuse, convaincue que « le nucléaire nouvelle génération restera le moyen de produire de l’énergie le moins cher d’ici 2025 », et qui plaide pour une prolongation des centrales existantes…   

Fausse route, répondent lundi les trois économistes Quentin Perier, Philippe Quirion et Behrang Shirizadeh dans le Monde, pour qui c’est au contraire l’heure du « retournement de la preuve » : les renouvelables montrent leur viabilité, avec des coûts éolien et solaire divisés par 3,5 et 10 en dix ans, et c’est à l’électricité nucléaire de parvenir à baisser les siens. Dans les scénarios envisagés pour parvenir à 0 émissions en 2050, elle n’occuperait plus que 0 à 25 % du mix. 

Le débat sur l’électricité se déplace  

En se déplaçant de la question des coûts à son caractère non-intermittent face aux renouvelables, le débat sur l’électricité nucléaire se renverse de nouveau, notent les chercheurs. Ainsi, pour la Tribune de Genève pour qui l’annonce de coupures possibles cet hiver par RTE est « une allusion claire : l’énergie renouvelable éolienne n’a pas les mêmes garanties de production que le nucléaire. »  

C’est ce que met en avant dans La Tribune le géopolitologue de l’énergie à l’ULB Samuele Furfari : les renouvelables ne fonctionnent que 23 % du temps et pour lui, l’UE et la France prennent un dangereux chemin : celui du déclassement face aux concurrents Russes, Chinois, Coréens ou américains, et même du dévoiement politique en regard des principes d’indépendance du Traité Euratom et de l’œuvre du « binôme Pompidou-Giscard ». 

Une chose est sûre : qu’Emmanuel Macron soit le « fossoyeur » de cette belle aventure, ou qu’il y inscrive son nom en lettres radioactives flamboyantes, l’avenir de l’atome passera d’une manière ou d’une autre sous la terre.

Par Xavier Martinet, publié le 7 janvier 202

Photo en titre : Dans une tour de refroidissement de la centrale de Chinon ce 8 juillet, lors de sa visite décennale. Le « grand carénage » des 56 réacteurs restants des années 70-80 qui coûte 51 milliards d’euros doit permettre de les prolonger 10 ans encore. Crédits : Guillaume SouvantAFP

Vous pouvez « écouter » cet entretien  (6 mn ) en cliquant sur : https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-leco/le-journal-de-leco-du-jeudi-07-janvier-2021

EDF – NOUVEL APPEL À LA GRÈVE CONTRE LE PROJET HERCULE

Les syndicats voient dans ce projet de réorganisation un premier pas vers la privatisation du groupe. 

Les syndicats d’EDF lancent un nouvel appel à la grève pour le 19 janvier contre le projet Hercule de réorganisation des activités du groupe, a-t-on appris mercredi auprès de deux sources syndicales.

Il s’agira de la quatrième journée de grève des agents d’EDF depuis le 10 décembre. L’intersyndicale CGT, CFE-CGC, CFDT et FO demande un retrait du projet, qui fait l’objet de discussions entre le gouvernement français et la Commission européenne.

Hercule prévoit notamment une séparation entre le parc nucléaire existant d’EDF et une grande partie de ses activités liées aux énergies renouvelables, ainsi qu’une ouverture du capital de ces dernières.

Sa mise en œuvre, qui suivrait une nouvelle régulation mettant en place des revenus garantis pour la production nucléaire d’EDF, constituerait selon les syndicats un premier pas vers un démantèlement et une privatisation du groupe. 

Par Reuters, publié le 06/01/2021 à 16:14

Photo en titre : Hercule ne passe pas. Après deux premières manifestations à Perpignan notamment, les agents vont une nouvelle fois se mobiliser.

https://www.lindependant.fr/2021/01/06/edf-nouvel-appel-a-la-greve-contre-le-projet-hercule-9295801.php

LA RUSSIE DÉNONCE LES ÉTATS-UNIS COMME « CAUSE PREMIÈRE » DE L’ENRICHISSEMENT D’URANIUM EN IRAN

Moscou, 5 janvier (Xinhua)- Le Ministère russe des affaires étrangères a estimé mardi que les États-Unis étaient responsables de la décision récente de l’Iran d’enrichir de l’uranium jusqu’à hauteur de 20%.

Cette décision iranienne est « un écart » par rapport au Plan d’action global commun (Joint Comprehensive Plan of Action – JCPOA), plus largement connu sous le nom d’accord sur le nucléaire iranien, mais que la « cause profonde » de ces écarts étaient « des infractions flagrantes systématiques » des États-Unis envers leurs obligations internationales, selon un communiqué du ministère.

En infraction à l’Article 25 de la Charte des Nations unies, les États-Unis ne respectent pas la résolution 2231 du Conseil de sécurité et ils génèrent délibérément des obstacles à sa mise en œuvre par les autres pays, fait valoir le ministère russe.

Selon Moscou, enrichir de l’uranium jusqu’à un niveau de 30% n’a rien à voir avec le respect par l’Iran du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Les matériaux enrichis à 20% sont tous soumis au contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui n’enregistre pas de basculement vers des objectifs non déclarés contraires au TNP, selon le communiqué.

L’Organisation iranienne de l’énergie atomique a annoncé lundi soir avoir commencé l’enrichissement d’uranium à un niveau de 20% à sa centrale de Fordow et atteint le niveau de stabilité.

En mai 2018, le président des États-Unis, Donald Trump, a retiré son pays de l’accord sur le nucléaire iranien et réintroduit des sanctions sévères contre l’Iran. En réponse, Téhéran a progressivement abandonné certains de ses engagements envers le JCPOA depuis mai 2019.

Par French.xinhuanet.com, publié le 6 janvier 2021 à 03h29

http://french.xinhuanet.com/2021-01/06/c_139644262.htm

LA CHINE EXHORTE LES ÉTATS-UNIS À S’ENGAGER DANS UNE POLITIQUE DE NON-RECOURS EN PREMIER AUX ARMES NUCLÉAIRES

BEIJING, 5 janvier (Xinhua) – Mardi, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a appelé les États-Unis à suivre la Chine en s’engageant dans une politique de non-recours en premier aux armes nucléaires, et à réduire drastiquement leurs armes nucléaires sur la base de la prolongation du nouveau traité sur la réduction des armes stratégiques.

« Parmi les cinq puissances nucléaires, la Chine est le seul pays à poursuivre une politique de non-recours en premier aux armes nucléaires, et cette politique ne sera pas modifiée. Nous espérons que les États-Unis pourront prendre le même engagement que la Chine dès que possible« , a déclaré la porte-parole Hua Chunying lors d’un point de presse quotidien.

Les remarques de Mme Hua sont intervenues après que le Département d’État américain ait publié un article intitulé « La folie nucléaire de la Chine« , accusant le pays de ne pas permettre la transparence de son arsenal nucléaire croissant.

« Il est bien connu que les États-Unis possèdent l’arsenal nucléaire le plus important et le plus avancé« , a déclaré Mme Hua. « Mais l’administration Trump a gravement miné la sécurité et la stabilité stratégiques mondiales en se soustrayant à sa responsabilité particulière en matière de désarmement nucléaire, en se retirant sans raison de traités et d’organisations, en dépensant des milliers de milliards de dollars pour renforcer son arsenal nucléaire et en abaissant le seuil d’utilisation des armes nucléaires« , a-t-elle souligné.

La Chine adhère à une politique de défense nationale de nature défensive, et maintient toujours ses capacités nucléaires au niveau minimum requis pour sa sécurité nationale, a indiqué Mme Hua.

Par French.xinhuanet.com, publié le 5 janvier à 22h39

http://french.xinhuanet.com/2021-01/05/c_139644009.htm

CONTRADICTION CANADIENNE SUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

Le 24 octobre dernier, Le Devoir rapportait que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) venait d’être ratifié par un 50ème pays, le Honduras, et qu’il allait donc pouvoir entrer en vigueur le 22 janvier 2021. Il avait été approuvé par l’Assemblée générale des Nations unies en juillet 2017 avec le soutien de 122 pays, cependant sans les États qui détiennent l’arme nucléaire.

Le TIAN prohibe l’utilisation, le développement, la production, les essais, le stationnement, le stockage et la menace d’utilisation de telles armes. Il lie juridiquement les pays qui s’y joignent.

Aucune mention n’est faite du Canada dans l’article mentionné plus haut. Et pour cause. Notre pays ne faisait pas partie des signataires. À l’instar des autres membres de l’OTAN. Au début des négociations, notre gouvernement avait qualifié ce projet d’«inutile ». Puis de « prématuré » lors de son adoption aux Nations unies.

Pourtant, une lettre ouverte diffusée en guise d’appui au TIAN comptait parmi ses signataires canadiens l’ancien premier ministre Jean Chrétien et l’ex-ministre Lloyd Axworthy en compagnie d’un important groupe d’anciens hauts responsables politiques internationaux, dont les pays sont aussi membres de l’OTAN.

Officiellement, le Canada se prétend un acteur pleinement engagé sur la scène du désarmement, conventionnel ou nucléaire. Rappelons-nous que c’est le gouvernement canadien qui avait pris l’initiative exceptionnelle et joué un rôle de premier plan pour conclure le Traité sur les mines antipersonnel en 1997.

L’absence du Canada sur la liste des États signataires du TIAN s’explique sans doute par le rejet de celui-ci par l’OTAN, y compris bien entendu le gouvernement Trump. La position canadienne contredit notre aspiration de leader dans le domaine du désarmement.

Depuis octobre, il semble cependant que l’approche d’Ottawa évolue, lentement. Ainsi, selon Affaires mondiales Canada, le gouvernement appuie pleinement le désarmement nucléaire mondial et comprend la grande frustration à l’égard de la lenteur des efforts internationaux dans ce dossier, motivation derrière la négociation du TIAN.

Dans ce même élan, on ajoute cependant que c’est le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui reste le socle de la politique canadienne.

En fait, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires ne vise pas à remplacer le TNP, mais plutôt à stigmatiser ce type d’armement, qui se trouve à l’écart du droit humanitaire international. Les instigateurs du TIAN espèrent qu’il incitera à de véritables négociations internationales, y compris avec les États ayant l’arme nucléaire, pour en arriver à leur élimination complète, comme demandé par le TNP.

On ne peut s’attendre à ce que le Canada fasse bande à part et rompe avec la position de l’OTAN. Ce serait trop demandé et contre-productif. Mais Ottawa devrait profiter de l’arrivée du nouveau gouvernement à Washington pour faire évoluer la réflexion de l’organisation afin d’éliminer une fois pour toutes ce terrible danger pour la survie de l’humanité.

Le président Obama avait fait du désarmement nucléaire une de ses ambitions. Son successeur démocrate voudra peut-être faire de même. Le Canada devrait l’y encourager, notamment à l’OTAN.

Ce processus de désarmement, si jamais il se concrétise, ne se fera pas du jour au lendemain. Il sera complexe, difficile et il faudra que la Chine, la Russie, Israël, l’Inde et le Pakistan, en plus des Occidentaux, acceptent d’y participer, sans oublier la Corée du Nord. L’arrivée du nouveau traité envoie un signal fort de la part d’une majorité de pays des Nations unies pour que ce dossier progresse enfin.

Tandis que le monde en a plein les bras avec les défis pandémiques et les changements climatiques, ne serait-ce pas une bonne chose que l’épée de Damoclès de la destruction totale de la planète par l’arme atomique soit éliminée une fois pour toutes ?

Se poser la question, c’est y répondre.

Par François LaRochelle (Ancien diplomate canadien), publié le 6 janvier 2021

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/592737/contradiction-canadienne-sur-le-desarmement-nucleaire

LA FRANCE À L’ORIGINE DU PROBLÈME NUCLÉAIRE IRANIEN

L’un des problèmes les plus épineux, et même dangereux que Joe Biden va trouver sur le bureau présidentiel dès son arrivée probable à la Maison-Blanche, est, sans nul doute, celui du nucléaire iranien. Pour lui rafraîchir la mémoire, rappelons-lui que la France est à l’origine de cette question de plus en plus brûlante à mesure que Trump s’approche de la sortie.

Il faut en fait remonter à 1956 pour bien comprendre la situation actuelle. C’est en effet en 1956 que la France a introduit l’arme nucléaire dans la poudrière du Moyen-Orient.

Cette année-là, il s’agit de convaincre David Ben Gourion, à l’époque premier ministre d’Israël, de participer à l’expédition militaire franco-britannique dont l’objectif est de dégommer Nasser, le chef d’État égyptien qui a osé nationaliser le canal de Suez – un crime impardonnable aux yeux de l’Angleterre et de la France, qui n’ont pas complètement fait leur deuil de leur puissance coloniale. Les Français imaginent même qu’en frappant Nasser, traité d’Hitler arabe, ils vont mater les dirigeants du FLN algérien qui ont trouvé refuge au Caire auprès du Raïs égyptien !

Ben Gourion se méfie de ce projet, typiquement néocolonial. Et il ne veut surtout pas faire endosser par Israël le rôle d’agresseur. Pour le convaincre, la France du socialiste Guy Mollet lui promet de doter l’État juif de l’arme nucléaire. Cet engagement est pris dans le plus grand secret lors d’une rencontre clandestine sur le sol français, dans la banlieue de Paris, à Sèvres, entre dirigeants français, Guy Mollet et Christian Pineau, et israéliens, David Ben Gourion, Moshe Dayan, Golda Meir, et Shimon Peres. Sèvres est proche de l’aéroport militaire de Villacoublay où l’on peut faire atterrir en secret la délégation israélienne.

Pour que ce secret soit bien gardé, il ne pouvait être question de financement public du nucléaire israélien. Le budget – considérable pour un si petit pays – de la bombe israélienne ne pourra pas apparaître dans les comptes publics israéliens. La bombe est donc financée par des dons privés, en provenance de la diaspora juive.

On peut donc dire que la bombe israélienne est une bombe privée. C’est la seule en son genre dans le domaine atomique. Elle n’est toujours pas aujourd’hui avouée par Israël, et de ce fait même n’est pas soumise à la surveillance de l’autorité internationale en la matière, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Là aussi elle est la seule dans ce cas.

Ensuite l’Allemagne puis les États-Unis sont venus encore renforcer l’arsenal atomique de l’État juif, qui est devenue formidable au sens propre du terme (sous-marins nucléaires, missiles balistiques à haute portée, etc.) tout en restant secrète…

L’existence même de cette puissance nucléaire, qui n’a rien perdu de sa clandestinité, a créé un déséquilibre géostratégique fondamental dans la région, qui explique l’impunité d’Israël dans ses guerres de conquête et d’occupation, même lorsqu’il viole les résolutions les plus solennelles des Nations Unies. Pour essayer d’y remédier, l’Irak, en 1975, avec l’aide de la France, Jacques Chirac étant premier ministre, a construit un réacteur, nommé Osirak, et surnommé Ô Chirac, destiné en principe à des recherches civiles. Il fut détruit par un raid de l’aviation israélienne le 7 juin 1981.

De la même façon, le 6 septembre 2007, Israël a bombardé un site en Syrie où était implanté un réacteur à eau lourde devant servir à la production de plutonium militaire, tuant au passage 10 ingénieurs nord-coréens. Le monopole atomique israélien a ainsi été jalousement sauvegardé.

Israël est donc devenu, grâce à la France socialiste, une puissance nucléaire non déclarée qui s’arroge le droit de conserver son monopole en matière d’arme suprême dans sa région, sans que la dite communauté internationale s’en émeuve. 

Rappelons que lorsque l’Inde s’est dotée de l’arme atomique (premier essai en 1974), le Pakistan a décidé de la suivre (premier essai en 1998). Et personne n’a contesté à cet État, pourtant musulman, le droit de rééquilibrer la balance stratégique du continent indien. Le tout sous le contrôle de l’AIEA.

Dans ce contexte de monopole nucléaire israélien, il était délicat d’interdire à l’Iran la tâche de faire retrouver à cette région le nécessaire équilibre géostratégique. À noter toutefois, que, contrairement à l’arme israélienne, la force atomique iranienne, si elle voyait le jour, serait avouée et soumise au contrôle de l’Agence internationale sus nommée.

Du temps du Shah et de Giscard, une coopération nucléaire bilatérale s’est donc engagée entre la France et l’Iran, sur le plan du nucléaire civil, jusqu’à faire entrer l’empire du Shah dans EURODIF, une société française d’enrichissement de l’uranium.

Évidemment, cela devait aboutir tôt ou tard à la construction d’une arme nucléaire iranienne. Toutefois, dans un geste, que l’on peut dire de conciliation, l’Iran, en 2015, a accepté de renoncer à ce projet en contrepartie d’une levée des sanctions économiques qui le frappaient. Les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, la Chine, la France et l’Allemagne ont publiquement signé avec l’Iran le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) sous l’égide du français Laurent Fabius – un « rachat » la faute commise par la France en 1956 ?

Comme on pouvait s’y attendre, Israël s’est opposé et s’oppose toujours de toutes ses forces et de toute son éloquence au JCPOA.

En 2018, sous la pression d’Israël d’une part, et des Évangélistes américains d’autre part, Donald Trump s’est retiré unilatéralement de cet accord, rayant sans vergogne la signature des États-Unis au bas du parchemin.

La suite, ce fut mois après mois puis jour après jour l’escalade de la montée aux extrêmes entre l’Iran et les États-Unis, l’Iran reprenant le projet d’arme nucléaire, et l’Amérique multipliant sanctions et menaces.

Pendant les derniers jours de Trump à la Maison Blanche, l’Iran a augmenté la pression en annonçant qu’il avait enclenché le processus destiné à produire de l’uranium enrichi jusqu’à 20 % en isotope 235 dans son usine souterraine de Fordo. Jusqu’à présent, l’Iran enrichissait de l’uranium à un degré de pureté supérieur à la limite prévue par l’accord, mais ne dépassait pas le seuil de 4,5 %. Il s’agit donc de la plus sérieuse entorse iranienne au Joint Comprehensive Plan of Action cité plus haut. Jusqu’à la dernière heure du règne du Grand Blond à la Maison Blanche, on craindra qu’une étincelle « anonyme » ne vienne mettre le feu aux poudres…

Dès son entrée dans le Bureau ovale, Joe Biden va donc subir une pression très forte pour revenir à la table des négociations. Un test qui va engager une grande partie de la politique extérieure de sa présidence.

Par Philippe Simonnot, journaliste pour FranceSoir, publié le 05/01/2021 à 16h46

Photo en titre : Téhéran. © ATTA KENARE / AFP/Archives

https://www.francesoir.fr/politique-monde/la-france-lorigine-du-probleme-nucleaire-iranien

NUCLÉAIRE. À LA CENTRALE DE FLAMANVILLE 1, DES JOINTS DÉFECTUEUX DÉTECTÉS TARDIVEMENT

Le réacteur 2 a redémarré en décembre 2020, mais c’est désormais le réacteur 1 de Flamanville qui donne du fil à retordre à EDF. Le producteur d’électricité a déclaré un incident de niveau 1, le dernier jour de l’année, à l’Autorité de sûreté nucléaire.

Dans un communiqué rendu public ce mardi 5 janvier 2021, EDF informe avoir déclaré un incident de niveau 1 à l’Autorité de sûreté nucléaire, en fin d’année 2020, « sans conséquence réelle sur la sûreté des installations ».

« Lors de la visite décennale de l’unité de production n° 1 qui s’est déroulée en 2018, des joints situés sur le système « aspersion enceinte » sont remplacés. Les essais de remise en eau sont réalisés et le matériel est déclaré disponible. En novembre 2020, des traces de bore sont constatées sur deux joints qui avaient été changés », explique l’exploitant.

Joints remplacés

Le bore est un élément chimique utilisé dans le circuit primaire du réacteur. Sa présence au niveau des joints peut donc révéler un problème d’étanchéité. Ils ont d’ailleurs été remplacés, souligne le producteur d’électricité, qui a constaté des défauts lors de leur dépose.

« En raison de la détection tardive de ces défauts, la direction de la centrale nucléaire de Flamanville a déclaré le 31 décembre 2020 à l’Autorité de sûreté nucléaire un événement significatif sûreté au niveau 1 de l’échelle Ines, qui en compte 7. »

Par Ouest-France, publié le 05/01/2021 à 18h04

Photo en titre : Les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale nucléaire de Flamanville, dans le Cotentin (Manche). | ARCHIVES OUEST-FRANCE, STÉPHANE GEUFROI

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-a-la-centrale-de-flamanville-1-des-joints-defectueux-detectes-tardivement-7108552

NUCLÉAIRE : DES CHERCHEURS S’INQUIÈTENT APRÈS LE LICENCIEMENT D’UNE SPÉCIALISTE DE FUKUSHIMA

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) dément fermement avoir renvoyé la sociologue Christine Fassert en raison des résultats de ses travaux.

L’indépendance des recherches en sciences sociales sur le nucléaire est-elle fragilisée ? Après le licenciement de Christine Fassert par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), une douzaine de chercheurs français et étrangers s’inquiètent d’une « reprise du contrôle » exercé sur la production des connaissances concernant le nucléaire, dans une tribune au Monde publiée mercredi 6 janvier.

Lire aussi : « Il faut défendre la liberté de la recherche en sciences humaines et sociales » (Article réservé à nos abonnés)

Spécialiste de la catastrophe de Fukushima, Christine Fassert a été renvoyée pour faute en juin 2020, au motif d’une « insubordination récurrente » et d’un « comportement inadapté », comme l’a révélé en septembre Le Canard enchaîné. Elle affirme que le conflit avec sa hiérarchie est lié aux résultats de ses travaux de recherche, ce que l’IRSN, l’expert public des risques nucléaires et radiologiques, bras technique de l’Autorité de sûreté nucléaire, conteste fermement.

Socio-anthropologue, Christine Fassert est embauchée en 2012 par l’IRSN, qui vient alors de créer un laboratoire des sciences humaines et sociales. Le projet Shinrai – « confiance », en japonais –, lancé en partenariat avec Sciences Po Paris et l’université japonaise Tokyo Tech, vise à étudier les conséquences sociales et politiques de l’accident de la centrale de Fukushima de mars 2011. En cinq ans, Christine Fassert et Reiko Hasegawa, chercheuse anciennement rattachée à Sciences Po, réalisent près de 130 entretiens au Japon auprès des évacués rentrés ou non chez eux, de représentants du gouvernement ou d’associations.

Publication d’articles refusée

Dès la publication des premiers articles, Christine Fassert affirme avoir subi des tentatives d’obstruction de sa hiérarchie, qui demande des modifications ou l’empêche de participer à plusieurs colloques. « Quand nos analyses ne correspondaient pas à ce que l’IRSN voulait entendre, ils essayaient de nous imposer des changements, assure Reiko Hasegawa. Ils nous demandaient d’enlever des phrases entières, c’était des pratiques totalement inhabituelles dans le milieu de la recherche. »

Selon les deux chercheuses, un passage indiquant que la population japonaise a perdu confiance envers les autorités, par exemple, devait être modifié. Impossible également d’écrire que, à la suite de l’accident, les Japonais se sont prononcés lors d’un débat public en faveur de la sortie du nucléaire, et que le résultat est le même à chaque fois que les populations sont consultées à travers le monde. Parmi les sujets sensibles figureraient aussi la question du retour des évacués et celle de la dangerosité de l’exposition à de faibles doses de radioactivité, qui suscite une importante controverse scientifique. Après l’accident de Fukushima, le gouvernement japonais a fait passer la dose limite pour le public de 1 millisievert (mSv) par an au niveau du seuil de référence maximum, soit 20 mSv/an, la politique de retour dans les zones évacuées étant établie sur cette limite.

En 2019, la publication de deux articles de Christine Fassert est refusée. L’un porte sur la gouvernance des risques et repose sur des entretiens avec des experts critiques du nucléaire et sur le rapport dit « Pompili », sur les fragilités du parc nucléaire français ; le second démontre que les citoyens japonais font davantage confiance à l’expertise associative qu’à l’expertise institutionnelle. « Est-ce que, en cas d’accident en France, les citoyens feront plus confiance à la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) et à l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO), ou à l’IRSN ? La question n’est peut-être pas agréable à entendre, mais elle est réelle », assure Christine Fassert.

« Un comportement inadéquat »

L’IRSN rejette fermement toute accusation de censure et dément le fait que le renvoi de la sociologue soit lié à ses travaux. « Son comportement était inadéquat depuis de nombreuses années, explique Karine Herviou, la directrice générale adjointe. Elle contestait tous les processus internes, n’acceptait aucune remarque de sa hiérarchie ou de ses collègues, leur manquait de respect… Cela avait un impact fort sur le collectif de travail et le climat social dans l’équipe. » Elle assure par ailleurs que le projet Shinrai a été « largement valorisé » et souligne que Christine Fassert a par exemple pu en parler lors d’émissions de radio.

En réaction à ce licenciement, l’ACRO a quitté le comité d’orientation des recherches (COR) de l’IRSN. Dans sa lettre de démission, le président de l’association, David Boilley, explique avoir alerté le COR à plusieurs reprises, en vain, sur les menaces pesant sur la liberté de publier. « Si l’IRSN n’est pas capable d’accepter des voix singulières en interne, il ne peut pas s’ouvrir à la société », regrette-t-il.

« On connaît les efforts de ce secteur pour contrôler l’information et les recherches », affirme Sezin Topçu

Francis Chateauraynaud, directeur d’études en sociologie à l’École des hautes études en sciences sociales et auteur de travaux sur le nucléaire, appelle lui aussi à « assumer la controverse de façon intelligente ». « Il est important qu’un pluralisme soit à l’œuvre, cela fait partie des sciences sociales », ajoute-t-il, en soulignant la diversité de sensibilités des signataires de la tribune. Dans ce texte, ceux-ci affirment que le cas de Christine Fassert n’est pas totalement isolé. Pressions sur les chercheurs ou les doctorants liés à la filière nucléaire, volonté de contrôle des résultats de certains travaux, difficulté d’accès aux archives« On connaît les efforts de ce secteur pour contrôler l’information et les recherches, ce n’est pas un secret », affirme Sezin Topçu, autrice d’un essai publié en 2013 dans lequel elle analysait les stratégies gouvernementales pour contenir les critiques à l’égard du nucléaire.

Christine Fassert, qui conteste son licenciement, a saisi les prud’hommes. Une première audience est prévue fin janvier.

Par Perrine Mouterde, publié le 6 janvier à 00h49, mis à jour à 07h39

Photo en titre : Une photo prise le 15 mars 2018 montre le siège de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) à Fontenay-aux-roses, près de Paris. THOMAS SAMSON / AFP

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/06/nucleaire-des-chercheurs-s-inquietent-apres-le-licenciement-d-une-specialiste-de-fukushima_6065304_3244.htm

Voir également sur le même sujet également l’article /tribune publié sur :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/06/il-faut-defendre-la-liberte-de-la-recherche-en-sciences-humaines-et-sociales_6065328_3232.html, publié sous le titre : « Il faut défendre la liberté de la recherche en sciences humaines et sociales », tribune signée par :

Marie Augendre, maîtresse de conférences à l’université Lumière Lyon-II
David Boilley, physicien et président de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO)
Francis Chateauraynaud, directeur d’études en sociologie à l’EHESS
Michaël Ferrier, professeur de littérature à l’université de Chuo (Japon)
Jean-Michel Fourniau, directeur de recherche à l’université Gustave-Eiffel, président du groupement d’intérêt scientifique Démocratie et Participation
Alain Gras, professeur émérite à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne
Reiko Hasegawa, chercheuse associée au Médialab de Sciences Po
Gabrielle Hecht, professeure de sécurité nucléaire à l’université de Stanford (Etats-Unis)
Sophie Houdart, directrice de recherche en anthropologie au CNRS
Paul Jobin, chercheur à l’Institut de sociologie de l’Academia Sinica (Taiwan)
Frédérick Lemarchand, professeur de sociologie à l’université de Caen
Sophie Poirot-Delpech, maîtresse de conférences à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne
Yoshiyuki Sato, professeur associé à l’université de Tsukuba (Japon)
Kurumi Sugita, chercheuse retraitée au CNRS
Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm
Sezin Topçu, chercheuse au CNRS (CEMS-EHESS)

ACCORD NUCLÉAIRE: L’IRAN ATTEND BIDEN, MAIS LES TENSIONS AVEC TRUMP PEUVENT ENCORE DÉGÉNÉRER

L’Iran compte sur Joe Biden pour apaiser les tensions avec les États-Unis mais celles-ci pourraient encore dégénérer en conflit ouvert d’ici la fin du mandat, de plus en plus chaotique, de Donald Trump.

L’Iran a annoncé lundi avoir entamé le processus destiné à produire de l’uranium enrichi à 20%, sa principale mesure de désengagement de l’accord nucléaire international de 2015 négocié avec l’ancien président Barack Obama.

Mais Téhéran a souligné qu’il s’agissait d’une mesure « réversible« , qui pourrait être abandonnée si Joe Biden levait les lourdes sanctions imposées par Donald Trump, qui doit lui céder sa place le 20 janvier.

Les tensions entre les deux pays, aggravées depuis le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien en 2018, ont encore empiré avec l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani dans une attaque américaine, il y a un an à Bagdad, que Téhéran a promis de « venger« .

Pour dissuader toute agression iranienne, les États-Unis ont envoyé ces derniers jours des bombardiers B-52 dans le Golfe, et finalement décidé d’y maintenir le porte-avions USS Nimitz, trois jours après avoir annoncé son rapatriement aux États-Unis.

Dans un communiqué publié dimanche soir, le ministre américain de la Défense par intérim, Christopher Miller, a justifié cette décision par des « menaces proférées par des dirigeants iraniens contre le président Donald Trump et d’autres responsables du gouvernement américain« .

  1. Miller avait annoncé le rapatriement du porte-avions jeudi, ce qui avait été présenté par des responsables américains comme un signal de « désescalade« .

Pour Vipin Narang, politologue au Massachusetts Institute of Technology (MIT), « nous avons désormais une nouvelle forme de dissuasion: la dissuasion schizophrénique« .

« Mauvais signal« 

Au lieu d’une démonstration de force, le maintien du Nimitz dans le Golfe « pourrait bien envoyer le mauvais signal: le chaos total règne à Washington en ce moment, et si vous voulez tenter quelque chose (contre les États-Unis), c’est peut-être le bon moment« .

Le politologue juge qu’il y a peu de risque que les États-Unis se lancent dans une opération militaire mais il estime que Donald Trump, qui refuse toujours de concéder sa défaite, est de plus en plus imprévisible.

« Si j’étais l’Iran aujourd’hui, je penserais que Trump est tellement déséquilibré et furieux de sa défaite qu’il pourrait bien surréagir à la moindre provocation« , ajoute-t-il.

Le président républicain a prévenu qu’il tiendrait l’Iran responsable si un Américain était tué en Irak, après une attaque à la roquette contre l’ambassade américaine à Bagdad attribuée à des paramilitaires pro-iraniens.

Mais l’anniversaire de la mort de Qassem Soleimani s’est déroulé sans violence dimanche, malgré des milliers de manifestants qui ont conspué les États-Unis.

Les experts soulignent que la reprise de l’enrichissement de l’uranium annoncée par Téhéran est facilement réversible et que le niveau de 20% est loin d’être suffisant pour une arme nucléaire.

Corey Hinderstein, du centre de réflexion Nuclear Threat Initiative, pense que l’Iran cherche ainsi à focaliser l’attention sur son programme nucléaire et décourager Joe Biden de chercher à élargir le débat.

Jake Sullivan, choisi par le démocrate comme conseiller à la sécurité nationale, a indiqué dimanche sur CNN qu’outre le programme nucléaire, la nouvelle administration américaine chercherait à limiter le programme de missiles balistiques de Téhéran.

« Je pense qu’avec cette annonce, les Iraniens signalent qu’ils sont capables de développer rapidement leurs activités nucléaires, et qu’ils pensent se donner ainsi la capacité de limiter les négociations à l’arrivée de la nouvelle administration« , livre Mme Hinderstein.

« Malheureusement, nous ne savons pas très bien quels sont les motifs derrière les décisions de la fin de l’administration Trump« , note-t-elle, qui « pourrait décider de considérer comme une dangereuse escalade » l’annonce iranienne de la production d’uranium enrichi à 20%.

Les alliés de Donald Trump eux-mêmes considèrent que l’Iran va attendre l’arrivée de M. Biden.

« Je ne pense pas que les Iraniens vont faire quoi que ce soit« , a jugé lundi Jack Keane, un général à la retraite qui apparait fréquemment sur Fox News. « Ils ne veulent rien faire qui réduirait les chances de négocier avec le président Biden, sur qui ils comptent pour lever les sanctions.« 

Par AFP, publié le 5 janvier à 6h46

Photo en titre : Des Irakiens brandissent à Bagdad des portraits du général iranien Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis -tués dans une attaque américaine il y a un an-, le 3 janvier 2021 – © AHMAD AL-RUBAYE

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_accord-nucleaire-l-iran-attend-biden-mais-les-tensions-avec-trump-peuvent-encore-degenerer?id=10665956

LE PORTE-PAROLE DE POUTINE ÉVALUE LES RISQUES D’UNE NOUVELLE GUERRE MONDIALE

La parité nucléaire sauve la paix et rend impossible une guerre mondiale, a avancé le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov à propos du risque d’un nouveau conflit généralisé.

Dans un entretien accordé à un présentateur de la chaîne de télévision Rossiya 1 et mis en ligne sur YouTube, le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov a évalué les risques d’une nouvelle guerre mondiale.

«Une guerre mondiale est impossible tant qu’existe la parité nucléaire, cela sauve la paix», a-t-il déclaré.

Il a ajouté que Moscou, à ce titre, «est capable de porter une charge de responsabilité sur la scène internationale et d’avoir une position responsable».

Le porte-parole du Kremlin estime que le monde n’est pas protégé contre «une déstabilisation en avalanche dans différentes régions». En ce sens, la Transnistrie (république autoproclamée au sein de la Moldavie) est, selon lui, un des points potentiellement dangereux.

L’unique traité en vigueur entre la Russie et les États-Unis

Cette déclaration de Dmitri Peskov intervient alors que le traité New Start, unique accord en vigueur entre la Russie et les États-Unis sur la limitation des armements nucléaires, expire le 5 février 2021.

Le document a été signé par Moscou et Washington en 2010 et est entré en vigueur le 5 février 2011. Il prévoit que les deux pays réduisent leurs arsenaux nucléaires pour les limiter à 700 missiles balistiques intercontinentaux, missiles balistiques à bord de sous-marins et de bombardiers lourds, ainsi qu’à 1.550 ogives et 800 lanceurs déployés et non déployés.

Interrogé sur CNN le 3 janvier, le futur conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan a annoncé que la nouvelle administration Biden prévoyait de négocier avec la Russie l’extension du traité.

Par Victor Koulakov, publié le mardi 5 janvier 2021 à 12h42, mis à jour à 14h06

Photo en titre : © CC0 / AlexAntropov86

https://fr.sputniknews.com/russie/202101051045021186-le-porte-parole-de-poutine-evalue-les-risques-dune-nouvelle-guerre-mondiale/

LA SUÈDE FERME UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE, LE DEUXIÈME EN UN AN

Le groupe Vattenfall a annoncé mardi que le réacteur Ringhals 1 avait fermé pour le Nouvel an. Les deux réacteurs nucléaires de la centrale de Ringhals dans l’ouest de la Suède étaient jugés trop coûteux.

Le groupe énergétique public suédois Vattenfall a annoncé mardi 5 janvier 2021 avoir définitivement fermé l’un de ses réacteurs nucléairesle deuxième en un an -, situé à Ringhals dans l’ouest du pays, pour des raisons économiques.

Après la fermeture de Ringhals 2 fin 2019, « Ringhals 1 a fermé comme prévu le soir du Nouvel an. Après près de 45 ans d’exploitation, le combustible nucléaire sera retiré du réacteur », avant démantèlement, a expliqué Vattenfall dans un communiqué. Ringhals 1 était officiellement entré en service le 1er janvier 1976.

La décision de fermer ces réacteurs – environ cinq ans plus tôt que prévu – a été prise en 2015 « pour des raisons commerciales » et « reste la bonne aujourd’hui », souligne la PDG du groupe, Anna Borg. La centrale appartient à 70,4 % à Vattenfall et à 29,6 % à l’allemand Uniper.

Le site de Ringhals, au sud de Göteborg, qui générait environ 20 % de la production d’électricité suédoise avant la fermeture de deux de ses quatre réacteurs, fournit désormais environ 12 % de la production d’électricité du pays avec les deux restants.

Toujours six réacteurs nucléaires en activité en Suède

Après cet arrêt, le royaume nordique compte aujourd’hui six réacteurs nucléaires en activité répartis sur trois sites. Leurs licences d’exploitation courent jusqu’à la décennie 2040, selon l’AIEA.

En 2014, le gouvernement associant sociaux-démocrates et Verts avait décidé de geler le développement nucléaire dans le pays, ce qui signifiait sa fin en 2045 au plus tard. Mais l’exécutif avait fait volte-face en 2016 en devenant, comme l’opposition de centre droit, favorable à la construction de réacteurs neufs. Aucun chantier n’a toutefois été lancé depuis.

La Suède, nation forte de plus de 10 millions d’habitants, entend atteindre la neutralité carbone d’ici 2045. L’énergie nucléaire représente environ 40 % de la production d’électricité, derrière l’hydroélectricité.

Par Ouest-France, avec AFP, publié le mardi 05 janvier 2021 à 13h33

Photo en titre : La centrale nucléaire de Ringhals en Suède.© CCBY – Wikimedia – Pieter Kuiper

https://larochesuryon.maville.com/actu/actudet_-la-suede-ferme-un-reacteur-nucleaire-le-deuxieme-en-un-an_54135-4444546_actu.Htm

TRAINS NUCLÉAIRES RUSSES, POSSIBLE OPTION EN RÉPONSE AU DÉPLOIEMENT DE MISSILES US EN EUROPE?

L’expert militaire Alexeï Leonkov estime que les trains lance-missiles russes Bargouzine pourraient être une réponse au déploiement de missiles US en Europe, relate le journal russe MK. D’ailleurs, d’autres experts considèrent que la reprise de ce projet suspendu depuis 2017 risque de relancer la course aux armements.

Les trains nucléaires Bargouzine, testés en Russie pour la première fois en 2016, pourraient devenir un facteur de dissuasion pour les États-Unis qui envisagent de déployer des missiles de courte et moyenne portée en Europe, a déclaré l’expert militaire russe Alexeï Leonkov cité par le journal MK.

Selon l’expert, Washington considère ces trains capables de lancer des missiles balistiques intercontinentaux comme «un cauchemar».

D’ailleurs, d’autres experts estiment que la réalisation du projet Bargouzine, suspendu depuis 2017, n’est qu’une option puisqu’elle pourrait relancer la course aux armements.

«Si nous ne voulons pas que les États-Unis déploient des missiles balistiques intercontinentaux en outre de leurs missiles à courte et moyenne portée en Europe, nous ne devons pas initier ce processus. Sinon, ils déploieront des missiles intercontinentaux supplémentaires dès que nous mettrons en service le Bargouzine. Cela risque de relancer la course aux armements», a notamment indiqué Viktor Essine, ancien chef d’état-major des Forces de missiles stratégiques russes, dont les propos ont été repris par MK.

Molodets, prédécesseur de Bargouzine

À l’époque de l’URSS, Moscou avait déjà des complexes ferroviaires lance-missiles dans son arsenal. Le train RT-23OuTTKh Molodets équipé de missiles balistiques intercontinentaux 15J61 et 15J62 a été surnommé SS-24 Scalpel par l’Otan pour sa précision «chirurgicale», rappelle le journal.

Selon M.Leonkov, l’apparition de «trains nucléaires» qui circulaient à côté de trains passagers et de marchandises en URSS a été un «choc» pour le Pentagone. Il était presque impossible de comprendre lequel des trains devait être la cible d’une frappe préventive.

«Il était difficile de reconnaître un système de missiles doté d’ogives nucléaires parmi les milliers de trains qui sillonnent les étendues russes, même en utilisant des satellites d’espionnage modernes», note l’expert.

Les États-Unis ont été obligés de maintenir constamment 18 satellites-espions au-dessus de l’URSS pour surveiller les mouvements des trains, mais cela ne garantissait pas une détection efficace du Molodets, selon lui.

En 1991, l’URSS disposait de trois divisions de ces trains: à Perm, Krasnoïarsk et Kostroma. Lors des négociations sur le désarmement nucléaire, Washington a insisté sur leur démantèlement. Cette arme a été progressivement retirée d’exploitation à partir de 1993. Cela a permis à Washington de réduire ses dépenses militaires en diminuant le nombre de satellites survolant simultanément le territoire russe, selon M.Leonkov.

En 2002, les États-Unis se sont unilatéralement retirés du Traité sur la défense antimissile (ABM).

Bargouzine: moins encombrant et plus efficace

Les travaux de conception d’une nouvelle version du train lance-missiles baptisé Bargouzine ont commencé en Russie en 2012. En 2016, le nouveau train a passé ses premiers tests mais le projet a été suspendu en 2017.

Le train Molodets était équipé de missiles de 105 tonnes et il fallait renforcer la voie ferrée pour permettre son passage. Chaque train Bargouzine est doté de 24 missiles RS-24 d’une portée de 11.000 kilomètres utilisés par les systèmes Iars. Ces missiles sont plus légers et chaque wagon du train militaire ne pèse pas plus que celui d’un train de marchandises.

Le programme d’armement russe à l’horizon 2027 ne prévoit pas de financement pour le projet Bargouzine. Toutefois, selon le général Essine, la Russie devrait réagir si les États-Unis déploient leurs missiles en Europe ce qui rend possible la relance du projet Bargouzine.

Par Irina Dmitrieva, publié le 4 janvier 2021 à 17h50

Photo en titre : © Photo / Troupes balistiques stratégiques russes (RVSN)

https://fr.sputniknews.com/defense/202101041045018561-trains-nucleaires-russes-possible-option-en-reponse-au-deploiement-de-missiles-us-en-europe/

NUCLÉAIRE : AU-DELÀ DES PROVOCATIONS, L’IRAN EN QUÊTE D’UN ACCORD ?

La déclaration de la République islamique d’Iran d’enrichir son uranium à 20% s’inscrit dans une dynamique d’escalade avec l’Occident, entamée par le retrait américain des accords sur le nucléaire iranien en 2018. Pour autant, ces manœuvres pourraient être le moyen pour le pays, dans une situation économique délicate, de desserrer l’étreinte causée par les sanctions occidentales.

L’Iran a enclenché ce lundi 4 janvier le processus destiné à produire de l’uranium enrichi à 20% à l’usine souterraine de Fordo. Il s’agit de sa principale mesure de désengagement de l’accord nucléaire international annoncée dans un contexte tensions accrues avec les États-Unis.

Le même jour, l’armée idéologique du pouvoir en Iran, les Gardiens de la Révolution, a indiqué avoir saisi un pétrolier battant pavillon sud-coréen dans les eaux du Golfe, où sont déployés des navires américains. Séoul a réclamé la libération du tanker.

À l’inverse de son prédécesseur, Barack Obama, qui avait privilégié le dialogue avec Téhéran, Donald Trump a fait de l’endiguement de la République islamique l’un de ses chevaux de bataille, la qualifiant de « principal sponsor du terrorisme ».

Durant ses quatre années au Bureau ovale, les relations américano-iraniennes se détériorent, la dégradation atteignant son paroxysme au moment où les États-Unis décident unilatéralement de quitter, en mai 2018, l’accord de Vienne sur le nucléaire signé par l’Iran et les P5+ 1 (États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France, Allemagne) en 2015. Cet accord prévoit une limitation du programme nucléaire iranien et un renforcement des contrôles contre une levée graduelle des sanctions économiques internationales qui frappent la République islamique.

L’Iran hausse le ton face à l’hostilité de Washington

L’assassinat, en novembre 2019, près de Téhéran, du chercheur Mohsen Fakhrizadeh, présenté comme « le père du nucléaire iranien », bien qu’attribué au Mossad israélien -les services secrets-, n’a fait qu’exacerber l’antagonisme entre les deux camps.

En réponse, le Parlement iranien, détenu par la frange la plus radicale, a voté « un plan d’action stratégique pour la levée des sanctions et la protection des intérêts du peuple iranien », le 1er décembre. Celui-ci prévoit justement la relance du programme nucléaire iranien.

Les récentes escalades verbales venues d’Iran témoignent de cette dégradation. Dernier exemple en date, la promesse d’une riposte « à toute action de l’ennemi » formulée par le chef des Gardiens de la Révolution, Hossein Salami, samedi 2 janvier.

Dans le même temps, le pays annonçait avoir fait part à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de son intention « d’enrichir de l’uranium à un taux pouvant aller jusqu’au 20 % dans l’usine souterraine de Fordo, afin de se conformer à une loi récemment adoptée par le Parlement iranien. » Soit un taux supérieur à la limite des 3,67 % imposés par l’accord de 2015.

(Re)voir : Irak : montée des tensions irano-américaines un an après la mort du général Soleimani​

Répudier les discussions « élargies » sur le nucléaire

Faut-il voir dans ces déclarations iraniennes une manœuvre diplomatique de nature à faire pression sur l’Occident et plus spécifiquement sur la future administration de Joe Biden ? Pour Clément Therme, chercheur post-doctorant « Savoirs nucléaires » au CERI de Science Po Paris, elles s’inscrivent « dans la dynamique d’escalade à l’œuvre depuis mai 2018. Avant 2015, l’Iran enrichissait déjà à 20 %. En réalité, le message envoyé aux Occidentaux est le suivant : on ne peut pas négocier sur autre chose que le nucléaire ».

En somme, c’est un moyen de couper court à toutes discussions « élargies » sur le nucléaire, et qui engloberaient, outre la problématique balistique, les sujets des droits humains et de la position régionale de la République islamique. « La France, l’Allemagne et la future administration Biden ont déjà indiqué qu’il faudrait négocier au-delà du nucléaire. En s’affirmant de la sorte, la République islamique renforce sa position dans la négociation. De son point de vue, ce sont les Occidentaux qui font figure de marchands de tapis dans le sens où, plus l’Iran fait d’efforts, plus ses homologues en réclament. »

La prochaine intronisation de Joe Biden, nouveau président américain élu, peut cependant rebattre les cartes. « Les États-Unis sont devenus un facteur de prolifération nucléaire sous Trump », selon le chercheur Clément Therme. Moins cavalier que ne l’est son prédécesseur républicain, la future administration Biden pourrait s’affairer à détendre les rapports entre les deux pays.

Les pressions des alliés de l’Occident

La posture occidentale, et donc française par extension, mérite cependant qu’on élargisse le spectre de la controverse nucléaire au voisinage de la République islamique d’Iran. Israël et l’Arabie Saoudite, ennemis jurés de Téhéran, font partie des « alliés » et nul doute que ceux-ci « feront pression pour que les Occidentaux fassent preuve de fermeté sur le dossier nucléaire. »

À cet égard, Clément Therme pointe du doigt « l’alarmisme des médias et des milieux occidentaux qui est totalement déplacé. Selon un rapport de la CIA que j’ai pu consulter, la première suspicion d’arme nucléaire en Iran date de 1976… De manière générale, il y a davantage de Français qui pensent que l’Iran possède la bombe, alors qu’elle ne l’a pas, que de Français qui savent qu’Israël en est détentrice. »

Un accord à court terme envisageable ?

De son côté, l’Iran pratique une « diplomatie à plusieurs voies » qui repose sur les rivalités entre les factions internes, les radicaux et les modérés. Mais elle présente par ailleurs une faiblesse majeure, à savoir, une situation économique désastreuse. De sorte « qu’il est plus difficile pour le régime de justifier la priorité donnée au nucléaire qu’à l’achat de vaccins contre le coronavirus. Aujourd’hui, une majorité d’Iraniens développent un sentiment d’injustice puisqu’ils se préoccupent davantage du développement économique de leur nation que des dissensions sur le nucléaire. »

Or les sanctions imposées par les États-Unis, notamment l’embargo pétrolier, asphyxient le régime iranien.  « C’est tout le paradoxe de la République islamique d’Iran. L’anti-américanisme idéologique coûte cher mais la situation interne du pays dépend toujours des élections américaines et du président en place. »

Un élément pourrait donner quelques indications sur les intentions diplomatiques et aspirations internes de la République islamique à court terme. Son projet de budget pour la période courant de mars 2021 à mars 2022 (ndlr : l’année débute en mars dans le calendrier persan) est calculé sur la base d’exportation de deux millions de barils par jour contre moins de 300.000 actuellement. Et l’expert sur le nucléaire d’avancer cette hypothèse : « la République islamique souhaite un accord à court terme qui lui permettrait d’accroître ses exportations de pétrole dans la mesure où elle respecte les termes de l’accord de 2015. » Un desserrement qui ferait office de ballon d’oxygène pour l’Iran.

Par Romain Sinnes, publié le 3 janvier 2021, mis à jour le 4 janvier 2021 à 16h10

Photo en titre : Le chef des Gardiens de la Révolution, Hossein Salami, à l’occasion du premier anniversaire de la mort du général Qassem Soleimani, à Téhéran, le 1er janvier 2021. Il a promis, samedi, de répondre « avec la même force (…) à toute action de l’ennemi contre nous« . © AP / Ebrahim Noroozi

https://information.tv5monde.com/info/nucleaire-au-dela-des-provocations-l-iran-en-quete-d-un-accord-390173

WASHINGTON SOUHAITE NÉGOCIER AVEC MOSCOU L’EXTENSION DU TRAITÉ NEW START, SELON UN CONSEILLER DE BIDEN

Interrogé sur CNN, le futur conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan a parlé des perspectives de coopération entre les États-Unis et la Russie. Il a fait savoir que l’administration Biden entendait prolonger le traité New Start, le seul accord restant qui limite les forces nucléaires des États-Unis et de la Russie.

La nouvelle administration Biden prévoit de négocier avec la Russie l’extension du traité New Start de réduction des armements stratégiques, a déclaré Jake Sullivan, futur conseiller à la sécurité nationale qui prendra ses fonctions le 20 janvier, dans une interview accordée à CNN dimanche.

«En pleine guerre froide, alors que nous avions des milliers d’ogives disposées les unes contre les autres, lorsque nos deux dirigeants parlaient en termes existentiels de la concurrence avec l’autre, il y avait des domaines de coopération, notamment en matière de contrôle des armements et de non-prolifération nucléaire. Aujourd’hui, je suis convaincu que les États-Unis et la Russie peuvent agir dans leurs intérêts nationaux pour faire avancer le contrôle des armements et la stabilité stratégique», lance-t-il à CNN.

Il a rappelé que ce traité «clé» expirait un peu plus de deux semaines après l’entrée en fonction de la nouvelle administration.

Quid la cyberattaque «russe»?

Jake Sullivan est également revenu sur la question de la récente cyberattaque contre au moins 200 organisations, y compris des agences gouvernementales et des entreprises du monde entier. Il a accusé la Russie d’être derrière ce piratage.

«Ce sera une combinaison de punition et de renforcement de nos capacités de défense», a-t-il promis parlant de la réponse américaine.

New Start

Le traité signé par Moscou et Washington en 2010 est entré en vigueur le 5 février 2011. Il prévoit que les deux pays réduisent leurs arsenaux nucléaires pour les limiter à 700 missiles balistiques intercontinentaux, missiles balistiques à bord de sous-marins et de bombardiers lourds, ainsi qu’à 1.550 ogives et 800 lanceurs déployés et non déployés.

Aujourd’hui, New Start est l’unique traité en vigueur entre la Russie et les États-Unis sur la limitation des armements nucléaires. Il expire le 5 février 2021.

Par Zlata Tikhaya, publié le 4 janvier 2021 à 14h49

Photo en titre : © AP Photo / Ivan Sekretarev

https://fr.sputniknews.com/international/202101041045017789-washington-souhaite-negocier-avec-moscou-lextension-du-traite-new-start-selon-un-conseiller-de/

LES RISQUES D’UTILISATION DU NUCLÉAIRE MILITAIRE

Défense. « Le futur porte-avions nucléaire pourra emporter à son bord des missiles nucléaires d’une puissance vingt fois supérieure à la bombe larguée sur Hiroshima ! »

Mardi 8 décembre, le président Macron a annoncé qu’il envisage la construction d’un nouveau porte-avions nucléaire. Et, enfin, un aveu, comme l’a lui-même dit le président : « Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire ; sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil… »

Triste choix que celui du président de la République. D’un côté, il relance la folle course aux armements nucléaires en augmentant de 60 % les dépenses pour la bombe atomique.

D’un autre côté, tout comme M. Trump, il a tout fait pour saboter le projet de Traité d’interdiction des armes nucléaires de l’Onu : le TIAN.

Or, le 22 janvier 2021, le TIAN entrera en vigueur. La France sera alors dans le camp des pays qui ne respectent pas le droit international !

Incompréhensible quand on sait les tensions extrêmes qu’engendre le nucléaire militaire aujourd’hui.

D’anciens ministres de la Défense, d’anciens généraux, supplient la France de signer ce Traité. Mais aussi la Croix Rouge internationale qui sait mieux que quiconque qu’en cas de guerre nucléaire, elle sera totalement incapable d’apporter son aide aux victimes des atroces radiations… […]

On le sait, en France, ni le nucléaire civil ni le nucléaire militaire, n’ont jamais fait l’objet de véritables débats démocratiques. L’omerta perdure…

C’est ainsi que depuis 2017, malgré leurs multiples demandes, la Commission de la Défense n’a toujours pas auditionné les experts de ICAN France (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires), prix Nobel de la paix de 2017, pour une présentation et un débat sur le fameux Traité d’interdiction des armes nucléaires !

Et pourtant ce Traité est soutenu, entre autres, par Paul Quilès et Hervé Morin (anciens ministres de la Défense) ; Nicolas Hulot, ancien ministre de l’Écologie ; le général Lenne, ancien directeur de l’enseignement à l’École de Guerre ; le général Norlain, ancien pilote de l’armée de l’air ; mais aussi par le pape François ; ainsi que la Croix Rouge internationale

Alors, qu’attend la France ?

Ouest-France, par Laurent Lintanf (Côtes-d’Armor), publié le 04/01/2021 à 06h00

Photo en titre : La centrale nucléaire de Flamanville dans le Cotentin. Ici l’unité de production 2 (FLAM2) qui est un réacteur à eau pressurisée. | OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/medias/ouest-france/courrier-des-lecteurs/les-risques-d-utilisation-du-nucleaire-militaire-7106970

LE STOCKAGE AU SERVICE DE L’ÉQUILIBRE DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES

En particulier dans les zones insulaires non interconnectées, les systèmes de batteries pilotés par le gestionnaire de réseau électrique permettent d’assurer efficacement l’équilibrage du réseau soumis à l’intermittence du renouvelable.

Sur un vaste territoire, du fait de l’interconnexion des réseaux électriques, lorsque l’un d’entre eux est trop sollicité par une forte consommation, il peut recevoir de l’énergie d’un autre système afin de pouvoir fournir les clients sans faiblir. À l’inverse, si la consommation est trop faible par rapport à la production, le réseau devra se délester.

« C’est un principe intangible : un réseau électrique doit toujours être à l’équilibre entre la production et la consommation », rappelle Thibault Fauquant, d’Omexom Conversion & Storage (VINCI Énergies). En France métropolitaine, les centrales nucléaires constituent le principal levier pour équilibrer le réseau.

Mais cet équilibre est plus difficile à réaliser dans les zones non interconnectées (ZNI) comme les îles où le réseau électrique isolé ne peut être épaulé par des voies extérieures. Classiquement, ces zones, qui assurent l’essentiel de leur fourniture électrique avec des énergies fossiles importées (gaz, fioul, charbon), recourent aux groupes électrogènes pour permettre au réseau local de faire face aux fortes demandes de consommation.

Le développement des énergies renouvelables a permis de constituer une nouvelle source d’apport. Mais du fait de l’intermittence de leur production dépendante de l’ensoleillement ou du vent, ces énergies posent un problème de stabilité du réseau.

Accumuler en journée, utiliser la nuit

L’une des réponses consiste à déployer des installations de stockage centralisées qui permettent d’accumuler pendant la journée l’électricité produite par les panneaux photovoltaïques pour pouvoir l’utiliser dans la soirée.

« Ce système de stockage est intéressant dans les ZNI pour plusieurs raisons, explique Thibault Fauquant. En premier lieu parce qu’il permet de pallier l’intermittence de la production. Il constitue en cela un outil supplémentaire pour régler la problématique de l’équilibrage. En second lieu, le système de stockage contribue efficacement à stabiliser le réseau que le renouvelable chahute en faisant varier la fréquence qui doit impérativement rester à 50 Hz. »

L’entreprise Omexom Conversion & Storage est intervenue dans plusieurs ZNI pour installer des systèmes de stockage de l’énergie pilotés par le gestionnaire de réseau : en Martinique, au Lamentin, en 2018, en Corse où l’installation est en cours, en Guadeloupe, et prochainement à Mayotte où Total a fait appel à Omexom pour les installations de stockage d’énergie stationnaire qui ont fait l’objet d’un appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

La solution d’Omexom a recours à des batteries lithium-ion Saft, une marque du groupe Total, qui offriront une puissance de 4 MW (mégawatts) et une capacité de 2 MWh (mégawattheures).

Réactivité accrue

En France métropolitaine, pour accompagner le développement des énergies renouvelables, les solutions de stockage de l’énergie vont trouver leur place chez les transporteurs comme RTE et les distributeurs comme Enedis.

L’avantage de ces systèmes de stockage pilotés par le gestionnaire de réseau réside dans sa capacité de réaction très rapide : en 300 ms, l’énergie peut être envoyée dans le réseau. Le temps de réponse est beaucoup plus long avec les centrales thermiques et nucléaires.

Par The Agility Effect, site partenaire, publié le 04.01.2021

https://www.lemondedelenergie.com/stockage-equilibre-reseaux-electriques/2021/01/04/

ÉNERGIE : « UN MIX ÉLECTRIQUE MAJORITAIREMENT NUCLÉAIRE N’EST PAS LA MEILLEURE OPTION ÉCONOMIQUE »

Trois économistes spécialistes de l’énergie, Quentin Perrier, Philippe Quirion et Behrang Shirizadeh expliquent, dans une tribune au « Monde », que l’avenir de la France ne passe pas forcément par le nucléaire étant donné les importants progrès réalisés par les énergies renouvelables.

Tribune. « Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire », a affirmé Emmanuel Macron lors d’un discours devant les forges de Framatome. L’objectif de la France est de décarboner entièrement son mix électrique d’ici à 2050 : c’est la feuille de route fixée par la stratégie nationale bas carbone. Cet objectif sera-t-il atteint avec des nouveaux réacteurs nucléaires ou des énergies renouvelables ?

Rien n’est officiel pour l’instant, mais le récent discours du président de la République fournit une indication claire. Le gouvernement a d’ailleurs demandé à EDF d’étudier la faisabilité de six nouveaux réacteurs EPR. Pourtant, le nucléaire est-il si nécessaire ? Plusieurs faisceaux d’indices suggèrent que la réponse n’est pas si tranchée.

Tout d’abord, le nucléaire ne sera plus cette énergie peu chère que nous avons connue. Ainsi, le tarif négocié pour l’EPR en construction en Angleterre est de plus de 100 euros (92 livres sterling) par mégawattheures (MWh), soit plus que le double du prix auquel se négocie actuellement l’électricité en Europe. Les nouveaux réacteurs ont des conceptions plus complexes et sont soumis à des normes de sécurité plus contraignantes, qui conduisent à une augmentation du coût de cette technologie.

Rapports de force bousculés

À l’inverse, les énergies renouvelables ont connu des progrès marqués, bien plus rapides qu’anticipé par les experts : selon la banque d’investissement Lazard, les coûts moyens du solaire photovoltaïque ont été divisés par 10 depuis 2009, ceux de l’éolien par 3,5. Cette « révolution silencieuse » bouscule les rapports de force face au nucléaire.

D’ailleurs, le débat s’est aujourd’hui déplacé : l’avantage du nucléaire mis en avant n’est plus son coût, mais son caractère « non intermittent ». En effet, les nouvelles énergies renouvelables, solaire et éolien, dépendent des aléas météorologiques. Comment garantir à tous un approvisionnement stable en électricité dans ces conditions ? Pour certains, un mix 100 % renouvelable ne serait pas faisable, ou alors excessivement coûteux. Ou pire même : il pourrait conduire à augmenter les émissions de CO2, puisqu’il faudrait compenser les baisses de vent ou de soleil par des centrales au gaz ou au charbon.

Pourtant, deux récentes études publiées dans les principales revues internationales en économie de l’énergie semblent confirmer que le nucléaire pourrait ne jouer qu’un rôle de second plan dans le futur mix électrique.

Selon la première étude, publiée dans The Energy Journal (« How Sensitive are Optimal Fully Renewable Power Systems to Technology Cost Uncertainty ? », par Behrang Shirizadeh, Quentin Perrier et Philippe Quirion, un mix électrique 100 % renouvelable serait possible en France en 2050, sans mettre en péril la sécurité d’approvisionnement. Ce résultat s’explique grâce aux progrès attendus des éoliennes et des moyens de stockage (batteries et gaz renouvelable).

Un retournement de la preuve

Dans la seconde étude, publiée dans Energy Economics (« Low-carbon options for the French power sector : What role for renewables, nuclear energy and carbon capture and storage ? », par Behrang Shirizadeh et Philippe Quirion, novembre 2020), la compétitivité du nucléaire est comparée aux renouvelables. Bilan : le mix optimal compterait environ 25 % de nucléaire en 2050, en supposant que son coût sera divisé par deux par rapport aux EPR actuellement en construction en Europe.

Ces résultats pourront toutefois varier selon les évolutions des filières : cette part pourrait monter à 50 % si les prochains EPR parviennent à diviser leur coût au moins par deux et si les progrès des renouvelables sont plus lents que prévu. Mais la part optimale du nucléaire pourrait aussi tomber à zéro si son coût ne diminue pas d’au moins 40 % (ce qui serait une amélioration notable).

Si l’avenir du nucléaire est loin d’être tranché, nous sommes probablement en train d’assister à un retournement de la preuve : les énergies renouvelables ont montré leurs progrès, c’est aujourd’hui à l’industrie nucléaire de convaincre qu’elle saura baisser ses coûts pour rester compétitive. Il semble difficile d’affirmer qu’un mix électrique majoritairement nucléaire est aujourd’hui la meilleure option du point de vue économique.

Quant aux conséquences pour le climat, l’enjeu est finalement assez faible : nucléaire comme renouvelables sont toutes des énergies bas carbone. Pour réduire les émissions, les leviers sont davantage du côté des transports, des bâtiments et de l’alimentation, comme l’ont illustré les travaux de la convention citoyenne qui seront bientôt débattus au Parlement.

Les signataires : Quentin Perrier, chercheur en économie sur la transition bas carbone (ex-Cired), Philippe Quirion, directeur de recherche au CNRS, chercheur en économie de l’énergie au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired), et Behrang Shirizadeh, chercheur en économie de l’énergie au Cired.

Publié le 4 janvier 2021 à 5h45

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/04/energie-un-mix-electrique-majoritairement-nucleaire-n-est-pas-la-meilleure-option-economique_6065113_3232.html

VOLTE-FACE DE LA POLITIQUE AMÉRICAINE DANS LE GOLFE PERSIQUE

Les États-Unis viennent de faire une volte-face radicale de leur politique de dissuasion à l’encontre de l’Iran en ordonnant le rapatriement du porte-avions USS Nimitz jusqu’à son port d’attache sur la côte pacifique des États-Unis, bien loin du golfe persique…

Alors qu’aujourd’hui marque le premier anniversaire de l’assassinat du Général iranien Qassem Soleimani, assassinat pour lequel l’Iran avait juré vengeance, les États-Unis viennent de faire une volte-face radicale de leur politique de dissuasion à l’encontre de l’Iran. En effet, et contre l’avis même de ses propres Généraux, dont Kenneth F. McKenzie commandant des forces armées américaines au Moyen-Orient, le pentagone a ordonné le rapatriement du porte avion USS Nimitz jusqu’à son port d’attache dans l’État de Washington sur la côte pacifique des États-Unis et bien loin du golfe persique…

Cette désescalade soudaine, intervenant dans la foulée de l’arrivée du Nimitz dans la zone, intervient à un moment où les États-Unis étaient engagés dans une campagne de démonstration de leur puissance militaire à un niveau inédit. Par trois reprises, en l’espace d’une semaine, des bombardiers B-52 américains avaient survolé le golfe persique à quelques dizaines de kilomètres des côtes iraniennes. Un sous-marin à propulsion nucléaire américain, suivi d’un autre, diesel et israélien cette fois, avaient même franchi le détroit d’Ormuz, fin décembre. Alors que l’objectif proclamé de la présence de cette armada était de dissuader l’Iran de prendre pour cible les troupes américaines dans la région pour se venger de l’assassinat du Général Soleimani, beaucoup dont le Ministre iranien des affaires étrangères, considéraient qu’en fait l’objectif était de provoquer l’Iran espérant une réaction militaire de ce dernier, donnant ainsi le prétexte aux américains de procéder à des frappes contre les installations économiques et militaires iraniennes. À 17 jours de la fin de l’administration Trump, l’occasion aurait été inespérée car il est peu probable que la stratégie va-t’en guerre du Président sortant soit celle adoptée par son successeur. Toutes choses égales par ailleurs, ce rappel du Nimitz est très néfaste pour la stratégie globale américaine dans la région, rappelant, la diplomatie chancelante et instable du Président Obama. On se souvient, en effet, des lignes rouges fixées par ce dernier qui une fois franchies n’ont donné lieu à aucune réaction de la part des États-Unis. Le cas syrien à cet égard est édifiant. Ainsi, le retrait du Nimitz du golfe persique jette non seulement le discrédit sur la stratégie de dissuasion des États-Unis à l’encontre de l’Iran, il entraine également une perte de confiance de leurs alliés arabes dans la région. 

De plus, le timing de ce retrait est remarquable. Ainsi, le jour même du rappel du Nimitz, le Sénat, contrôlé par les républicains, a voté à une majorité écrasante pour contrer le véto présidentiel opposé à la loi de finance sur le budget de la défense. C’est une première durant le mandat de Donald Trump. Comment interpréter ces deux évènements autrement que comme un dédit de la politique du président sortant dans la région et le présage de l’arrivée d’une diplomatie plus apaisée; ce retrait du Nimitz a été qualifié par le pentagone lui-même comme une « volonté de désescalade ». L’ère de la stratégie belliqueuse de Trump est donc bel et bien révolue.

Afin d’illustrer davantage l’inconsistance de la menace dissuasive américaine, le jour même du rappel du Nimitz, l’Iran annonçait sa décision d’enrichir non seulement l’uranium à 20%, seuil fatidique jamais vu depuis l’accord nucléaire du 14 juillet 2015, mais de le faire sur le site de Fordo, site ne devant servir à aucune forme d’enrichissement d’après l’accord. Le seuil de 20% étant une étape majeure avant l’enrichissement à 90% nécessaire pour la fabrication d’une bombe nucléaire et le site de Fordo étant difficilement accessible de par sa profondeur souterraine, cette initiative est clairement une provocation iranienne. Jusque-là, les dépassements de seuil de l’enrichissement par l’Iran étaient de l’ordre de 1% par rapport au 3,67% autorisés par l’accord nucléaire. Un enrichissement à 20% ne peut être anodin et marque un tournant.

Avec ce seuil de 20% comme but à atteindre, Téhéran est à 6 mois de la fabrication d’une première bombe atomique. Le pays dispose des vecteurs de lancement balistiques et maitrise déjà la militarisation de l’ogive; le message est on ne peut plus clair. L’administration Biden dispose de six mois pour aboutir à un accord avec l’Iran. Pour rappel, le scientifique iranien assassiné par Israël il y a un mois à Téhéran, état en charge des bureaux dits 110 ou 111 des gardiens de la révolution dont la mission était de développer la technologie nécessaire empêchant l’explosion des têtes de missile balistiques lors de leur retour dans l’atmosphère…

C’est dire qu’un accord est urgent.

Par Ardavan Amir-Aslani, publié le 3 janvier 2021

https://www.atlantico.fr/decryptage/3595126/volte-face-de-la-politique-americaine-dans-le-golfe-persique-ardavan-amir-aslani

NDLR: reculade ou tactique pour « endormir » l’ennemi? L’avenir nous le dira…

LE MESSAGE DE VŒUX DU CRILAN POUR 2021: PAIX SUR TERRE

Le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) est enfin applicable

Depuis que le 24 octobre 2020 un cinquantième pays a ratifié le TIAN, les armes nucléaires seront interdites le 22 janvier 2021 selon le droit international reconnu par l’ONU,

Pourquoi cette information majeure est-elle absente des grands médias nationaux ? À cause de la crise de la Covid ou du feuilleton des élections présidentielles aux États Unis qui ont pris toute la place?

Il y a sans doute une explication supplémentaire, la France fait partie des neuf pays qui vont se trouver hors la loi. Ils possèdent à eux neuf, 16 000 bombes dont chacune équivaut à 100 Hiroshima. La France pèse peu à côté des géants américains, russes et chinois, avec ses 280 bombes qui sont déjà capables de tout détruire.

La France hors la loi sera donc condamnée….

Ainsi comme l’interdiction des armes chimiques entrée en vigueur depuis 1997 et les armes bactériologiques depuis 1975, les armes nucléaires seront totalement interdites après la trêve des confiseurs dans quelques semaines. Est-ce à dire que dès l’année prochaine, l’arsenal nucléaire mondial sera démantelé ? Ce serait trop beau et donc ce ne sera pas, car comme toujours les puissants se moquent du droit international (les armes chimiques et bactériologiques sont toujours utilisées par les puissances militaires qui n’ont pas ratifié les traités, Israël continue son annexion de la Palestine au mépris de toutes les résolutions de l’ONU etc …). Les procès internationaux pourtant possibles, tardent à se tenir.

Seule la pression populaire de l’opinion, des organisations non gouvernementales, des forces politiques et syndicales et des personnes qualifiées (scientifiques, militaires …) pourra faire appliquer ce nouveau traité d’interdiction.

Ainsi après que 122 pays aient voté en ce sens à l’Assemblée Générale des Nations Unies le 7 juillet 2017, seuls 84 pays ont signé le traité à la date du 24 octobre 2020. Il ne manquait à cette date qu’un cinquantième pays le ratifie, pour qu’il soit légalement applicable, ce qui est fait avec le Honduras.

Bien entendu la France n’a pas signé ce traité bien que selon des sondages 68% des français seraient favorables à sa ratification, mais la France ne veut pas.

Les raisons officielles pour lesquelles la France n’adhère pas au TIAN sont au nombre de trois : 

  1. Le TIAN est un texte jugé “inadapté” au contexte sécuritaire international marqué par la résurgence des menaces d’emploi de la force ;
  2. Le TIAN s’adresse exclusivement aux démocraties occidentales et “ne servira donc pas la cause du désarmement, puisqu’aucun État disposant de l’arme nucléaire ne le signera” ;
  3. Le TIAN “fragilise une approche réaliste d’un désarmement s’effectuant étape par étape.

En guise de « l’approche réaliste d’un désarmement s’effectuant étape par étape » c’est plutôt le constat réaliste que la course à l’armement continue de plus belle avec 2000 milliards pour l’armement et 100 milliards par an pour le seul nucléaire, au niveau mondial.

Chaque année la France dépense près de 5 milliards d’euros pour la modernisation et le renouvellement des arsenaux nucléaires. Plus encore la loi de programmation militaire prévoit de doter sur la période 2019-2025, de 37 milliards d’euros les forces nucléaires françaises, soit 20 milliards de plus que sur la période 2003-2008, et 60% d’augmentation, ce qui porterait la dépense annuelle à 6 milliards d’euros en 2023.

L’arme nucléaire menace la vie humaine sur terre

Le nucléaire militaire, mère du nucléaire civil, est une menace pour l’humanité entière ;

En raison du risque d’un déclenchement des hostilités notamment accidentellement comme cela a déjà failli se produire une bonne dizaine de fois ces cinquante dernières années.

Du fait qu’il est inadapté aux conflits d’aujourd’hui de nature terroriste

Le raccourcissement actuel du délai de réponse (de l’ordre de quinze minutes dans les années soixante) encore plus  faible pour permettre d’empêcher la réaction automatique face à une fausse attaque.

– Du fait que les armes nucléaires modernes sont à présent pensées pour être utilisées pour des conflits locaux – on est désormais loin de la logique de dissuasion !

Sous prétexte d’une protection (parapluie nucléaire) utilisation facilitée d’armes conventionnelles par les belligérants, en dehors des frontières des possesseurs dell’arte nucléaire évidemment.

Le coût du nucléaire militaire confisque les budgets utiles. Il compromet également les efforts nécessaires pour la transition écologique (notamment énergétique) et le combat contre le réchauffement climatique (dont les conséquences pour les plus faibles sont génératrices de conflits régionaux pouvant dégénérer en guerre pour l’accès aux ressources), Nous sommes bien loin d’être en capacité d’atteindre les 17 objectifs du « développement durable» pour 2030, il y a là des sommes colossales à récupérer.

Il maintient dans la pauvreté de plus en plus de personnes dans le monde, rappelons que le 1% des plus riches possède autant que les 50% des plus pauvres.

Cet argent serait mieux utilisé pour une politique de santé efficace, lorsqu’on voit seulement en France l’état de délabrement de l’hôpital public.

Quel sens pour cette escalade nucléaire ?

D’un point de vue ethnologique, la guerre lorsqu’on l’observe dans les sociétés dites « primitive » a un sens, répond à une fonction structurante (sens culturel propre, guerre entre clans, caractère rituel). Sans justifier l‘exercice de guerres tribales évidemment, il est notable que dans nos sociétés « évoluées » la guerre de destruction massive n’a plus aucun sens, en acceptant l’idée de la fin de l’humanité pour se défendre sans vainqueur à la fin. Plus aucun sens sauf pour ceux qui en tirent profit financier en temps de paix.

Que faire ?

La pression mondiale doit être totale, multiforme, militante, judiciaire, diplomatique….

Signalons l’initiative commune du Mouvement de la paix et de Pugwash qui viennent de lancer un appel à signer par les scientifiques du monde entier.

Il demande l’application du TIAN, en faisant le lien entre la paix et le climat.

Le Crilan prendra toute sa part dans ce combat.

Par Patrick Lafon, Membre du CA du CRILAN, publié le 2 janvier 2021

Illustration de Guy Lelong pour le Crilan à l’occasion de l’année internationale de la Paix et de la confiance

Ce document à partager, en Pdf se trouve sur le site :

TIAN-le-message-de-voeux-du-CRILAN-pour-2021-paix-sur-terre-V2

ISRAËL ET L’ARABIE SAOUDITE FONT PRESSION SUR TRUMP POUR QU’IL ATTAQUE L’IRAN

Israël et l’Arabie saoudite font pression sur Trump pour qu’il attaque l’Iran dans les derniers jours de son pouvoir.

Selon le rapport des médias arabes, basé sur des sources américaines anonymes, Riyad et Jérusalem veulent saboter le projet de Biden de reprendre les négociations avec l’Iran, a rapporté Israël Hayom

Israël et l’Arabie saoudite font pression sur l’administration Trump pour qu’elle mène une frappe sur les installations nucléaires iraniennes avant que le président élu Joe Biden ne prenne ses fonctions, a rapporté jeudi le journal en arabe Dar Al-Hayat.

Selon le rapport, qui est basé sur des sources américaines anonymes, Riyad et Jérusalem ont « exercé une forte pression sur le président pour qu’il sabote les installations nucléaires iraniennes lors d’une frappe chirurgicale » afin de saboter le projet de Biden de reprendre les négociations avec l’Iran sur un accord à long terme concernant son projet atomique et d’autres questions.

Les deux pays auraient dit que cela était justifié à la lumière des récentes violations de l’accord nucléaire par l’Iran à partir de 2015 et que la décision d’augmenter l’enrichissement de l’uranium à 20% était un prétexte légitime aux hostilités.

Selon le rapport, les Émirats arabes unis n’ont pas participé à cet effort de lobbying bien qu’ils soient d’accord sur la menace posée par l’Iran sur la région. Les Émirats arabes unis ont essentiellement rejeté les tentatives des responsables israéliens et saoudiens de les faire adhérer, car ils craignent qu’une telle position ne nuise à leurs relations déjà compliquées avec Téhéran

Publié le 2 janvier 2021

https://intellivoire.net/israel-et-larabie-saoudite-font-pression-sur-trump-pour-quil-attaque-liran/

L’IRAN VEUT ENRICHIR DE L’URANIUM À 20%

VIENNE, 1er janvier (Reuters) – Le gouvernement iranien a informé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de son intention d’enrichir de l’uranium à 20%, niveau qui avait été atteint avant la conclusion de l’accord international de 2015 sur son programme nucléaire.

« L’Iran a informé l’Agence qu’afin de se conformer à une disposition juridique récemment adoptée par le parlement du pays, l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a l’intention de produire de l’uranium faiblement enrichi (UFE) jusqu’à 20% à l’usine d’enrichissement du combustible de Fordow« , annonce l’AIEA dans un communiqué diffusé vendredi.

« La lettre que l’Iran a adressée à l’Agence (…) ne précise pas quand cette activité d’enrichissement aura lieu« , ajoute-t-elle.

Le Plan d’action global commun (PAGC) adopté en 2015 interdit à l’Iran de dépasser 3,67% d’enrichissement. La République islamique, qui a commencé à s’affranchir des dispositions de l’accord en 2019, un an après le retrait américain, a déjà commencé à enrichir de l’uranium à 4,5%. Pour être utilisable à des fins militaires, il doit être enrichi à 90%.

Par François Murphy, version française Jean-Philippe Lefief, © Reuters 2021, publié le 1er janvier 2021 à 19h32

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/L-Iran-veut-enrichir-de-l-uranium-a-20–32109466/

LES DÉFIS ENVIRONNEMENTAUX À RELEVER POUR LES HABITANTS DE LA RÉGION CENTRE-VAL DE LOIRE

La présence de centrales nucléaires, l’état de l’agriculture, la place importante de la logistique font que la région sera confrontée dans les années à venir à des défis environnementaux spécifiques.

Quels sont les grands défis et enjeux pour préserver l’environnement dans la région, pour les années à venir ? La Dreal (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) a publié un document (consultable sur le site de la Dreal Centre) qui liste les enjeux environnementaux qui se poseront dans la région, à l’avenir. « Ce document sur les enjeux est une partie du Profil environnemental général. Nous avons identifié pas mal d’enjeux, à partir de nos données et celles des ministères », justifie Céline Magnier, chef de mission management de la connaissance et des données à la Dreal.

La gestion des ressources en eau

« Il peut y avoir des moments lors desquels cela coince entre les périodes d’étiage, les besoins en eau accrus pour l’agriculture, le refroidissement des centrales, les besoins des ménages », précise-t-elle. Le rôle de la Dreal sur cette question est de collecter et diffuser l’état des rivières et nappes d’eau, et « d’animer les services de l’État qui limitent et contrôlent l’impact de prélèvements afin d’anticiper les situations d’étiage ». Les trois centrales nucléaires produisent à elles seules 20% de l’énergie nucléaire française. « Cela nécessite des prélèvements d’eau très importants en Loire. »

Les tendances sont à une augmentation des événements de sécheresse et de périodes d’étiage.

« Les limitations de prélèvements se font sur le moment, c’est du curatif. Mais il faudrait à l’avenir des mesures d’adaptation au changement climatique, des systèmes d’agriculture plus durables, avec des variétés moins consommatrices d’eau, le développement de l’agroforesterie qui permet de retenir l’eau dans le sol. Dans les milieux urbains, augmenter la nature en ville permettrait de diminuer l’usage d’eau. Pour les industries, l’usage d’eau est assez faible dans la région, 2 % des prélèvements d’eau sont à usage industriel. »

Sur la prévention du risque inondation, selon la Dreal, environ 12 % de la population, soit 300.000 habitants sont concernés.

Comment préserver les cours d’eau ? À Orléans, l’agence de l’eau Loire-Bretagne adopte un plan de gestion pour 2022-2027

Des sols de plus en plus bétonnés

« Dans la région, chaque année 1.600 hectares sont artificialisés. Ce sont des terres agricoles ou vierges sur lesquels on implante du bâti industriel, commercial, de logement. Le taux d’artificialisation est élevé mais il n’est pas à la hausse », indique-t-elle. L’objectif de l’État est d’atteindre le zéro artificialisation nette en 2030. La Dreal anime les services de l’État pour atteindre cet objectif et mesure l’artificialisation.

La fragilité de la biodiversité et la protection des paysages 

« Nous avons une vraie diversité de paysages en région Centre. L’enjeu est de bien les protéger. La biodiversité et les biotopes sont fragiles. Dans la région, un tiers des habitats naturels recensés sont menacés par les activités humaines, comme la construction de routes. Certaines espèces sont en nombre très faible et leur reproduction n’est pas toujours assurée, notamment à cause de certaines pratiques agricoles, pour les espèces qui nichent au sol », déplore Céline Magnier.

L’impact industriel et agricole

« Les activités logistiques sont très implantées dans la région. Cela génère des émissions de gaz à effet de serre relativement importantes comparées à la moyenne française : 45 % d’émissions de CO2 contre 29 % en France. La région est fortement agricole, mais nous n’avons que 3,2 % des surfaces en agriculture bio, alors que la moyenne nationale est de 7,5 % », précise-t-elle.

« On extrait dans la région 35 millions de tonnes de matières premières comme des granulats, des céréales, du bois. Cela représente 13,7 tonnes par an et par habitant, ce qui est plus élevé que la moyenne nationale de 10,3 tonnes par habitant et par an. » Ainsi dans la région est produit 52 % du calcaire français, 17 % des oléagineux, 13 % des céréales. « On a les matières premières, mais comme on les transforme peu, on importe beaucoup plus qu’ailleurs, autour de 30 tonnes par habitant, alors que la moyenne française est 13 tonnes par habitant. Par exemple, on fait venir en région Centre beaucoup de, viande transformée dans d’autres régions. On n’est pas autonomes. »

Par Cindy Roudier-Valaud, publié le 1er janvier 2021

Photo en titre : Alors que l’objectif était d’atteindre 23 % d’énergie renouvelable en 2020, la région n’était qu’à 11,3 % en 2018. Un taux moins important que la moyenne nationale. Mais selon la Dreal, des choses sont bien engagées sur le photovoltaïque. © Eric Malot

https://www.larep.fr/orleans-45000/actualites/les-defis-environnementaux-a-relever-pour-les-habitants-de-la-region-centre-val-de-loire_13896630/

BIODIVERSITÉ, IA, NUCLÉAIRE… 5 RISQUES SYSTÉMIQUES À SURVEILLER EN 2021 ET APRÈS (extrait)

Pour se préparer aux grandes crises de demain, on a relu un rapport publié en 2019 par le Centre pour l’étude des risques existentiels de l’université Cambridge (Royaume-Uni), qui liste cinq grandes catégories de menaces à surveiller de près.

. Les risques environnementaux

. Les risques technologiques

. Les risques biologiques

. Les risques nucléaires

. Les catastrophes naturelles

… Extrait concernant le nucléaire

Les risques nucléaires

On ne le rappelle jamais assez : l’horloge de l’Apocalypse (Doomsday Clock en anglais) créée en 1947 pour évaluer « le danger qui pèse sur l’humanité du fait des menaces nucléaires, écologiques et technologiques » affiche, depuis le 23 janvier 2020… minuit moins cent secondes, soit 23 h 58 min 20 s. En cause, selon les propres termes des directeurs du Bulletin of the Atomic Scientists de l’université de Chicago, qui la mettent à jour régulièrement : « L’incapacité des dirigeants mondiaux à faire face aux menaces imminentes d’une guerre nucléaire et du changement climatique ».

Côté nucléaire, c’est avec le même ton alarmiste que l’université Cambridge résume la situation. Celle d’une planète qui abrite actuellement pas moins de « 15 000 armes nucléaires, dans seulement neuf pays et sous la direction d’un cadre géopolitique traversé par des tensions persistantes, composé par des États et des acteurs “voyous” ». Or, si le risque de conflit à grande échelle paraît parfois lointain, les risques d’utilisation de ces armes restent extrêmement vifs, insiste le rapport : « [En un peu plus d’un demi-siècle], il y a eu pas moins de 13 incidents d’utilisation nucléaire et jusqu’à 60 incidents qui auraient pu se transformer en guerre nucléaire. Ainsi, bien que la gravité de leur utilisation soit prise en considération par les États dotés d’armes nucléaires, on ne peut pas exclure la libération accidentelle, les erreurs de calcul ou le terrorisme nucléaire. » Et les chercheurs de rappeler le danger annexe des systèmes d’armes létales autonomes (LAWS en anglais), qui, combinées avec des armes « chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires ou explosives hautement mortelles », pourraient elles aussi se transformer en « outils de destruction massive ».

Par Pablo Maillé  publié le 31 décembre 2020

Image d’illustration : © WikiImages / Pixabay (CC)

Pour lire l’article complet, cliquer sur: https://usbeketrica.com/fr/article/biodiversite-ia-nucleaire-5-risques-systemiques-a-surveiller-en-2021-et-apres

LES ÉTATS-UNIS ONT CRU REVIVRE LEUR PEARL HARBOR 12 JOURS AVANT NOËL

Une profonde panique sur la base militaire américaine de Ramstein a eu lieu en Allemagne quand les Américains ont confondu une attaque hypersonique venant de Russie avec de simples essais de tirs d’un sous-marin russe en mer Blanche. En réalité, une véritable attaque effectuée avec une arme hypersonique n’aurait pas laissé le temps à la base américaine de faire tinter ses sirènes d’alarme ce qui effraie le Pentagone. 

Une avancée technologique époustouflante. Die Welt explique que «les armes hypersoniques présentent un danger d’une toute nouvelle nature» car «ces engins développent une vitesse énorme et sont très maniables». Cela leur permet de «contourner facilement tous les systèmes de défense antimissile» et qu’ «en conséquence, même la parité entre les puissances nucléaires est menacée» et que «deux États [la Russie et la Chine] ont acquis un avantage décisif sur les autres».

Le journaliste allemand, Gerhard Hegmann, décrit des scènes de panique comme dans le film Pearl Harbor. «Raid aérien, raid aérien! Tout le monde aux abris, tout le monde aux abris!, hurlaient les hauts parleurs», écrit-il en précisant que «ce n’était pas une scène d’un film ou d’un reportage de guerre» mais des images réelles de toute une base affolée ce 12 décembre dernier en Allemagne, non loin de la ville de Kaiserslautern, à la base de l’US Air Force de Ramstein. Les soldats et les employés civils ont eu très peur car il n’était pas question d’un exercice. «Est-ce que les gens pensaient que c’était la guerre juste avant Noël?», se demande le rédacteur appartenant au groupe produisant Bild

Les raisons. Cette alarme, qui a retentit sur la grande base de Ramstein avec plus de 54 000 Américains, véritable centre vital de guerre des États-Unis et de commandement des drones envoyés, comme l’a écrit DW, au Pakistan, en Afghanistan ou au Yémen directement depuis les États-Unis, a été déclenchée lorsqu’un sous-marin russe a lancé quatre missiles intercontinentaux à quelques secondes d’intervalle. Le lancement a eu lieu dans la mer d’Okhotsk, au nord du Japon, et les missiles se sont dirigés vers l’Europe. Après avoir parcouru 5500 kilomètres, les ogives vierges ont finalement atterri dans une zone peu peuplée du nord-ouest de la Russie. Il ne s’agissait que d’un essai russe.

Cette affaire montre que les États-Unis n’excluent pas une frappe de missile sur l’Europe et que les systèmes d’alerte sont donc toujours en service actif. Mais, en même temps, les militaires font maintenant face à un danger fondamentalement nouveau. Avec l’avènement des armes dites hypersoniques, les anciens circuits d’alerte et de défense antimissile deviennent inutiles et les temps de réponse sont considérablement réduits.

Die Welt précise que «les missiles intercontinentaux tirés depuis un sous-marin russe, qui a déclenché l’alarme sur Ramstein, étaient du type Boulava conventionnel», que «ce n’était pas l’arme hypersonique que le président russe Vladimir Poutine admirait lorsqu’il parlait en décembre 2018 des essais réussis du système hypersonique Avangard» ce qui est, selon lui, «une arme absolue», car, «il n’y a aucune possibilité de lui résister».

Deux ans après l’annonce par Poutine des armes hypersoniques, les Avangards ont été équipés d’ogives nucléaires, a récemment rapporté l’armée américaine. Juste un jour avant la fausse alerte à Ramstein, l’armée russe a de nouveau testé le missile guidé hypersonique Zircon (Tsirkon) (désignation de code Otan SS-N-33) qui a été lancé à partir d’une frégate moderne dans la mer Blanche (appartient au bassin de l’océan Arctique. Ce scénario est alarmant car ces nouvelles armes sont difficiles à suivre et qu’il est presque impossible de déterminer leur cible à l’avance.

Les experts disent que le temps nécessaire pour prendre des décisions sur la manière de réagir est réduit car le temps de vol des missiles balistiques en cas d’attaque russe contre les États-Unis est de 20 à 30 minutes. Dans le cas des armes hypersoniques, le délai est réduit à cinq minutes.

Les États-Unis font tout pour éliminer leur retard. Le groupe militaro-industriel américain Lockheed Martin travaille dur dans ce domaine car il a effectué des essais en vol d’un modèle hypersonique (AGM-183A) attaché sous les ailes d’un bombardier B-52. Lockheed Aerojet a annoncé l’achat de la société de moteurs de fusée Aerojet Rocketdyne pour 4,4 milliards de dollars, en comptant sur le développement de cette nouvelle technologie militaire.

La France travaille aussi sur les armes hypersoniques. Le fabricant européen d’armes guidées MBDA, dans lequel Airbus a également une participation, met en œuvre le projet européen Twister, qui implique cinq pays.

Gerhard Hegmann, écrit que «d’ici 2030, il faut créer un système capable non seulement de détecter les armes hypersoniques dès les premiers stades de leur utilisation, mais aussi de détruire ces engins» et que «la Finlande, l’Italie, les Pays-Bas et l’Espagne participent également au projet international mené par la France». 

Par Pierre Duval, publié le 30 décembre 2020

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https://lesmoutonsenrages.fr/2020/12/30/les-etats-unis-ont-cru-revivre-leur-pearl-harbor-12-jours-avant-noel/#more-131907

FUKUSHIMA: RÉTRACTATION DE DEUX ARTICLES SCIENTIFIQUES CONTROVERSÉS

Deux articles scientifiques publiés en 2017 avaient fait polémique car des données sur des doses prises par des habitants de Date (NDLR: ville qui jouxte Fukushima) avaient été utilisées sans leur consentement. Et les auteurs s’étaient trompés dans leur interprétation, comme nous l’avions rapporté en janvier 2019. Les deux articles scientifiques en question ont finalement été rétractés durant l’été 2020 par leurs auteurs. Cela aura pris du temps, mais la polémique est définitivement close. Voici les liens vers le premier et le deuxième articles rétractés avec l’avertissement de l’éditeur et le billet de retractation watch.

L’erreur d’interprétation des données a induit une sous-estimation de la dose reçue sans que cela choque les auteurs, puisque c’était conforme à leur a priori idéologique. Une sur-estimation les aurait alerté! Et comme l’explique ce billet, un troisième article scientifique était prévu par ces mêmes auteurs sur la relation entre la dose externe et la dose interne reçues par les habitants de Daté, mais il n’a jamais été publié car les résultats ne correspondaient pas à ce qui était attendu. On peut donc avoir des doutes sur la qualité scientifique des autres articles de ces auteurs concernant la catastrophe de Fukushima.

Un autre problème est que l’un des deux auteurs des articles rétractés, Ryûgo Hayano, était fréquemment invité et mis en avant par l’IRSN et le CEPN car il disait que ces deux organismes voulaient entendre… Il a notamment été invité à des rencontres lycéennes à Cherbourg en Cotentin en mars 2019, en connaissance de cause puisque la polémique sur ses articles avait déjà éclaté ! Et d’un autre côté, l’IRSN n’a pas hésité à licencier une chercheuse car les résultats de ses recherches à Fukushima ne cadraient pas avec les préjugés de ses supérieurs hiérarchiques.

Par ACROnique de Fukushima, publié le 28 décembre 2020

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

LE LIVRE À OFFRIR : « CENT MILLE ANS, BURE OU LE SCANDALE ENFOUI DES DÉCHETS NUCLÉAIRES »

« La filière nucléaire a bâti un appartement sans toilettes. »
Que faire avec les résidus radioactifs ? Dans le bon vieux temps, il était possible d’en disposer dans les océans, mais ce n’est malheureusement plus permis, paraît-il que les barils rouillent et laissent fuir les contenus. Les stocker sur la Lune ? Les balancer dans le Soleil ? Mais non, pas besoin de chercher si loin, il suffit de les entreposer à Bure, dans la Meuse, une des régions les moins peuplées de France, là où la capacité de mobilisation de la population est limitée. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs y construira un réseau de galeries long de deux cent soixante-cinq kilomètres. Les scientifiques sont catégoriques, la roche contiendra toute fuite pendant cent mille ans. Qui dit mieux ?

La cause n’est pourtant pas gagnée d’avance, les promoteurs prennent donc les grands moyens : ils investissent des millions dans l’économie locale, développent du matériel pédagogique distribué dans les écoles et collaborent avec des influenceurs actifs dans les médias sociaux. Les militants s’entêtent tout de même ; du coup, le débat se transporte dans les cours de justice, puis les gendarmes, l’armée et les brigades antiterroristes s’en mêlent.

Cent mille ans, Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires est le résultat d’une enquête journalistique menée par Pierre Bonneau et Gaspard D’Allens, lesquels démontrent que la proposition n’a pas vraiment de sens. Pour arriver à cette conclusion, les deux hommes ont rencontré tout le monde et consulté tous les documents. Ils mettent par ailleurs en évidence l’arsenal de stratégies déployées pour manipuler les habitants. Cet aspect s’avère d’ailleurs le plus fascinant.

Dans ce reportage, paysans, écologistes et la plupart des politiciens régionaux conviennent que le projet est indéfendable. Et ils ont probablement raison. Il aurait néanmoins été opportun d’entendre les arguments de ceux qui ont choisi le lieu et qui maintiennent que cet endroit demeure le meilleur, faute de quoi la démarche s’apparente davantage au pamphlet qu’au journalisme. Un avertissement en début d’album indique du reste que les journalistes se sont engagés dans la lutte. Ils protestent beaucoup, mais ne proposent pas vraiment d’alternative (voir note 1) ; l’Hexagone ayant adopté cette forme d’énergie, il faut bien se débarrasser des matières contaminées. Si elles ne sont pas traitées en Lorraine, cela devra se faire ailleurs.

Les illustrations de Cécile Guillard se révèlent plutôt chouettes. Son trait, tout en rondeurs, traduit admirablement les émotions des protagonistes. Ses couleurs à l’aquarelle sont aussi très réussies ; tant pour magnifier les verts pâturages que pour dramatiser la menace et la violence de certaines situations. Il y a un peu d’Edgar Munch dans son travail, ce n’est pas pour rien qu’une vignette reprend son célèbre Cri.

Un ouvrage intéressant, qui aborde des enjeux d’aujourd’hui. Au premier chef le nucléaire, mais également le dépeuplement des campagnes et, surtout, la manipulation politique.

Par J. Milette, publié le 28 décembre 2020

Note (1): NDLR: Les promoteurs de ce projet ont 1000 fois plus de moyens de défendre leur position que 2 journalistes d’investigation qui sont dans leurs rôle qui est celui de dénoncer et ils le font très bien. Ensuite, c’est aux politiques d’écouter les arguments des pro(s) et des anti(s) et de décider. Mais depuis 50 ans, ils n’écoutent que les pro(s)…

https://www.bdgest.com/chronique-10159-BD-Cent-mille-ans-Bure-ou-le-scandale-enfoui-des-dechets-nucleaires.html

HARCÈLEMENT MORAL À LA CENTRALE DE CHOOZ, L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE DÉPOSE UN ARTICLE 40 AUPRÈS DU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE

Arnaud Begin, Chef de Service délégué à l’ingénierie à la centrale nucléaire de Chooz, est actuellement en procédure auprès du Conseil des Prud’hommes, à l’encontre de ses employeurs, pour des faits de harcèlement moral.

Lorsqu’il prend ses fonctions en septembre 2018, le Chef de Service de l’Ingénierie est en arrêt pour longue maladie. Arnaud Begin, sans jamais avoir été reçu par sa hiérarchie, doit alors gérer 30 agents, sans pouvoir, faute d’habilitation, exercer les missions qui lui incombent dans ses nouvelles responsabilités.

Arnaud Begin, Cadre Supérieur pour EDF, et victime de harcèlement moral, revient sur ses débuts à la centrale de Chooz

Au retour de son arrêt maladie, le Chef de Service de l’Ingénierie ne supporte pas l’emprise d’Arnaud Begin sur ses fonctions et tout se détériore. Après avoir dénigré son travail, le Chef de Service lui retire, sans même le prévenir, sa fonction de gouverneur d’usage, représentant 50% de son temps de travail.

La descente aux enfers commence pour Arnaud Begin, qui est alors arrêté pour une grave dépression. À son retour, en mi-temps thérapeutique, on le met littéralement « au placard », l’isolant dans un bureau, sans téléphone et sans autorisation de déplacement, sauf accompagné de… son harceleur !

Nous sommes en octobre 2019 et monsieur Begin alerte alors sa hiérarchie. Quelques jours plus tard, un agent de son service dépose plainte contre lui pour agression sexuelle, une procédure sans aucun fondement qui sera finalement classée sans suite. C’en est trop pour Arnaud Begin, il tente de mettre fin à ses jours par deux fois.

Des enquêtes sont effectuées, par EDF d’abord qui nie toute forme de harcèlement, puis par l’ASN, l’autorité de sûreté nucléaire qui, elle, invite par courrier EDF à trouver des solutions de reclassement pour mettre fin à cette situation, qui fera, une fois de plus, la sourde oreille.

En septembre 2020, Arnaud Begin saisit le Conseil des Prud’hommes pour harcèlement moral et discrimination.

Son avocat, Maître Florian Auberson, revient sur leurs attentes à l’issue de cette procédure

Deux ans et deux tentatives de suicides plus tard, la situation n’ayant pas évolué, l’Autorité de Sûreté Nucléaire à déposé début décembre un article 40 du code de procédure pénale, qui signifie que « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. » Le procureur de la République reçoit donc les plaintes et les dénonciations et apprécie la suite à leur donner conformément aux dispositions de l’article 40-1.

Contactée à plusieurs reprises, la centrale de Chooz n’a donné suite à aucun de nos appels.

Par Candide Blomme, publié le 30 décembre 2020 à 7h53

Deux interviews sont disponibles pour cet article. Pour le écouter, cliquer sur : https://radio8fm.com/infos/article/15570-Harcelement_moral_a_la_centrale_de_Chooz_l_Autorite_de_Surete_Nucleaire_depose_un_article_40_aupres_du_Procureur_de_la_Republique

CARGO ATOMIQUE SEVMORPUT, SUITE ET FIN, ENFIN PRESQUE

Le porte-conteneurs atomique Sevmorput a jeté l’ancre à 10h20 heure française dans la baie de Néva devant Saint-Pétersbourg avec son hélice amputée de 2 pales, 97 membres d’équipage et techniciens et sans son commandant. Il avait quitté Saint-Pétersbourg à destination de l’Antarctique le 5 octobre 2020 avec une hélice neuve à 4 pales et 5000 tonnes de marchandises diverses destinées à la reconstruction de la station scientifique Vostok. En septembre, il avait déchargé à Saint-Pétersbourg 5000 tonnes de produits de la mer en provenance du Kamtchatka via Mourmansk. La mission prestigieuse du Sevmorput était donc de réussir une première mondiale, la traversée pôle Nord-pôle Sud par un cargo à propulsion nucléaire.

Huit communiqués de Robin des Bois ont déjà retracé l’avarie et les péripéties du porte-conteneurs atomique russe (1).

La vérité n’est pas encore entièrement dévoilée. Les causes et toutes les conséquences de la perte initiale d’une pale devant l’Angola ne sont pas connues et l’épisode de l’évacuation sanitaire du commandant devant les îles Canaries garde sa part de mystère d’autant que par un très prompt rétablissement, il était 2 jours après à Moscou.

La France a pris la précaution d’escorter le Sevmorput dans la plus grande partie des eaux atlantiques placées sous sa juridiction et les 3 remorqueurs de haute mer affrétés par la marine nationale ont rempli leur mission de Saint-Bernard des mers malgré des conditions météorologiques difficiles et tout en restant disponibles pour répondre à d’autres alertes.

La plupart des autres pays de l’Union Européenne se sont contentés des déclarations de l’armateur russe et du commandement du Sevmorput selon lesquelles il n’y avait aucun problème sur le réacteur nucléaire. Ils ont laissé sans escorte le Sevmorput en avarie évoluer dans leurs Zones Économiques Exclusives et dans leurs eaux territoriales au milieu d’un trafic dense de pétroliers, de chimiquiers et autres navires de commerce.

La vitesse du Sevmorput pendant sa remontée périlleuse à pleine charge vers Saint-Pétersbourg a été en moyenne de 11 nœuds (20,4 km/h) avec des ralentissements notables au large de Brest, Dunkerque et Rotterdam.

La Convention Marpol pour la prévention de la pollution marine par les navires est très prescriptive en ce qui concerne les rejets d’hydrocarbures et de soufre mais n’a jamais fixé de seuils limites des rejets radioactifs par les navires de commerce à propulsion nucléaire en fonctionnement normal ou en situation dégradée. L’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) et la Convention OSPAR pour la protection de l’Atlantique du Nord-Est observent la même discrétion à ce sujet. Aucun texte international n’est en vigueur ou même en projet sur la désignation d’abris refuge pour les navires ou sous-marins à propulsion nucléaire en cas de nécessité impérieuse. Alors que la Russie vient de mettre en exploitation une centrale nucléaire flottante en Arctique et que d’autres pays comme la France font officiellement ou en sourdine la promotion de la propulsion nucléaire navale à usage militaire ou civil, ces vides juridiques et techniques doivent être comblés au plus vite.

Le Sevmorput reprendra-t-il la mer l’année prochaine pour l’Antarctique ou ira-t-il enfin à la casse ? À suivre.

(1) Publications de Robin des Bois sur le Sevmorput :

Sevmorput – mise à jour – communiqué n°8, https://robindesbois.org/sevmorput-mise-a-jour/

Nouvelle position du Sevmorput, 23 décembre 2020 – communiqué n°7
https://robindesbois.org/nouvelle-position-du-sevmorput/

SAVEmorput, 21 décembre 2020 – communiqué n°6: https://robindesbois.org/savemorput/

Problèmes techniques et sanitaires à bord du Sevmorput, 17 décembre 2020, 14h00 – communiqué n°5: https://robindesbois.org/problemes-techniques-et-sanitaires-a-bord-du-sevmorput/

Un navire atomique en avarie se dirige vers l’Europe, 14 décembre 2020 – communiqué n°4: https://robindesbois.org/un-navire-atomique-en-avarie-se-dirige-vers-leurope/

Dernière minute. Le Sevmorput en avarie au large de l’Afrique, 25 novembre 2020 – communiqué n°3: https://robindesbois.org/derniere-minute-le-sevmorput-en-avarie-au-large-de-lafrique/

Le Sevmorput en avarie au large de l’Afrique, 19 novembre 2020 – 15h30- communiqué n°2
https://robindesbois.org/le-sevmorput-en-avarie-au-large-de-lafrique/

Un cargo atomique louvoie vers l’Antarctique, 10 novembre 2020
https://robindesbois.org/un-cargo-atomique-louvoie-vers-lantarctique/

Par 7seizh.info, publié le 30 décembre 2020

http://7seizh.info/2020/12/30/cargo-atomique-sevmorput-suite-et-fin-enfin-presque/

VUES AÉRIENNES DE LA CENTRALE DE FUKUSHIMA DAÏ-ICHI EN MARS 2011

TEPCo vient de mettre en ligne sur son site internet des centaines de photos aériennes de la centrale accidentée de Fukushima daï-ichi prises en mars 2011. Le blog de Fukushima en a extrait une sélection sur son site et a effectué un montage vidéo des 714 photos.

Certaines photos sont partiellement floutées, comme s’il y avait du secret, alors que des vues aériennes non floutées ont été rendues publiques dès le début de la catastrophe nucléaire. Elles peuvent être consultées et téléchargées sur le site cryptome.org.

Ci-dessous, une première photo floutée tirée du site de TEPCo et une autre non floutée de cryptome. Cette dernière peut aussi être trouvée avec une meilleure résolution. À quoi joue la compagnie ?

 

Publié le 27/12/ 2020 sur le site: https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

Sur le même sujet, un autre article:

Tepco vient de diffuser sur son site internet des centaines de photos aériennes qui ont été prises les 20 et 24 mars 2011, soit juste après le début de la catastrophe, environ une semaine après les dernières explosions. Il va falloir un peu de temps pour les analyser mais au premier abord, on a l’impression que Tepco commence à faire sa pub pour préparer les 10 ans en donnant l’illusion de la transparence. C’est en effet un faux espoir de croire que l’on va apprendre quelque chose de plus car les zones d’entrée des réacteurs et de la piscine commune sont pixélisées… Fidèle à sa tradition, Tepco vous dit tout mais vous ne saurez rien… Propriété industrielle oblige bien sûr mais 10 ans après la catastrophe, on se demande ce que Tepco veut encore cacher. J’ai l’air de me moquer comme ça, mais je fais bien la différence entre l’entreprise championne du monde du mensonge par omission et les ouvriers liquidateurs qui travaillent sur le site et font un boulot de dingue. Je me suis associé à la diffusion de ce message en 2013, l’ont-ils reçu ?

Comme c’est long de télécharger les photos dossier après dossier, j’ai choisi de publier toutes les photos dans trois diaporamas sur YouTube. Vous trouverez les liens tout en bas de la page.

Avant cela, je vous propose une sélection de captures d’écran, souvent des agrandissements montrant des détails du site qu’on n’avait jamais vraiment vus de près. Car, parmi ces 714 clichés pris par des drones, on a quand même pu trouver quelques vues inédites, qu’on aurait tant aimé avoir il y a 10 ans… Tepco perfusé nous gâte (nous gave ?) pour Noël, espérons qu’il continue avec un peu plus de données sur les explosions pour les Rois, un peu plus de données sur la pollution actuelle de la nappe phréatique pour Carnaval et un peu plus de vérité pour les dix tristes bougies.

Par Pierre Fetet, publié le 27 décembre sur le site: http://www.fukushima-blog.com/

NDLR: allez sur ce site pour voir les photos

VIDÉO. NUCLÉAIRE : LES DÉCLARATIONS DE BRUNO LE MAIRE « DÉSESPÈRENT » L’ÉCOLOGISTE JULIEN BAYOU

Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance avait affirmé lundi que « le nucléaire était une des énergies les plus décarbonées de la planète« .

« Cela me désespère« , a réagi mardi 15 décembre sur franceinfo Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Écologie-les Verts (EELV), au sujet des propos de Bruno Le Maire, qui affirmait lundi que « le nucléaire était une des énergies les plus décarbonées de la planète ».

Le ministre de l’Économie « maîtrise tout le discours vert, du greenwashing à n’en plus finir et il ne fait rien », dénonce Julien Bayou. Le nucléaire « coûte très cher, l’EPR de Flamanville n’est toujours pas livré, les coûts de rénovation sont en train de tuer EDF. EDF ne sait pas faire face au mur d’investissements que représente le nucléaire, un milliard par réacteur. »

Ne pas « jouer aux apprentis sorciers« 

Le numéro 1 d’EELV est contre « le principe » du nucléaire. « Il concentre l’immense majorité de la recherche et du développement sur l’énergie, alors qu’on est en train de prendre un retard phénoménal sur les renouvelables, qui sont moins chers. » Julien Bayou met en avant les risques liés, selon lui, au nucléaire : « Il ne faut pas jouer aux apprentis sorciers et mesurer ce que signifie les incidents. Il n’est pas compatible avec le réchauffement climatique. »

EDF est en train de mourir du nucléaire aujourd’hui.

Julien Bayou, secrétaire national d’EELV à franceinfo

Avec le projet Hercule, de scission d’EDF en trois entités, « que le gouvernement veut glisser dans le projet de loi Convention citoyenne pour le climat, vous aurez la privatisation de ce qui est rentable, ‘EDF vert’ pour aller vite, et on garde dans le pôle public ce qui ne fonctionne pas, ce qui est déficitaire, c’est-à-dire le nucléaire« . Julien Bayou ne prône pas une sortie du nucléaire aujourd’hui, mais souhaite qu’on acte « la sortie au fur et à mesure de l’obsolescence des centrales« .

Par franceinfoRadio France, publié le 15/12/2020 à 10h10, mis à jour à 10h11

Pour voir et écouter la vidéo, cliquer sur: https://www.francetvinfo.fr/politique/eelv/video-nucleaire-les-declarations-de-bruno-le-maire-desesperent-l-ecologiste-julien-bayou_4220413.html

LE NOUVEAU REPRÉSENTANT NUCLÉAIRE SUD-CORÉEN S’ENTRETIENT PAR TÉLÉPHONE AVEC SON HOMOLOGUE CHINOIS

SÉOUL, 29 déc. (Yonhap) — Le nouveau représentant nucléaire sud-coréen, Noh Kyu-duk, s’est entretenu ce mardi par téléphone avec son homologue chinois Wu Jianghao, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères. Il s’agissait de leurs premières discussions depuis son entrée en fonction la semaine dernière.

Son entretien avec Wu est intervenu alors que Séoul cherche à obtenir le soutien international pour ses efforts visant à relancer le dialogue avec la Corée du Nord sur fond d’impasse dans les négociations nucléaires entre Washington et Pyongyang.

«Les deux parties ont partagé leur évaluation de la situation actuelle dans la péninsule coréenne et échangé sur les moyens de coopérer en vue de gérer de manière stable la situation et de réaliser des progrès dans le processus de paix sur la péninsule coréenne», a déclaré le ministère dans un communiqué de presse.

Noh a demandé à la Chine de jouer un rôle dans la reprise des discussions avec le Nord alors que Wu a réaffirmé la volonté de Pékin de coopérer.

Les deux parties sont convenues de poursuivre les consultations sur les questions nord-coréennes à travers diverses méthodes dont une réunion en face à face dans les meilleurs délais, a indiqué le ministère.

La semaine dernière, Noh s’était entretenu avec ses homologues américain et japonais, Stephen Biegun et Takehiro Funakoshi.

Par lsr@yna.co.kr, publié le 29 décembre 2020 à 15h00

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20201229001900884

SÉISME EN CROATIE : UNE ENFANT EST DÉCÉDÉE, CENTRALE NUCLÉAIRE ARRÊTÉE

Le bilan provisoire du séisme survenu en Croatie, mardi 29 décembre, fait état d’une enfant décédée. La ville de Petrinja a subi de lourds dégâts.

Un séisme de magnitude 6,4 a touché la Croatie mardi 29 décembre à la mi-journée. La secousse a provoqué l’effondrement d’immeubles dans la ville de Petrinja, au centre du pays. D’après un bilan provisoire, la catastrophe a provoqué la mort d’une enfant. L’épicentre de la secousse, qui a eu lieu vers 11 h 30 GMT et à une profondeur de dix kilomètres, était localisé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Zagreb, où des habitants paniqués se sont précipités dans les rues, a constaté l’Agence France-Presse.

« Nous retirons actuellement des gens des décombres », a déclaré à une chaîne de télévision locale le maire de Petrinja, Darinko Dumbovic. « C’est la panique générale, tout le monde cherche à connaître le sort de ses proches », a-t-il ajouté. Des images de Petrinja, qui compte près de 20 000 habitants, montraient des toits effondrés et des rues jonchées de briques et autres débris.

La Slovénie ferme sa centrale

La Slovénie voisine a décidé par mesure de « précaution » de fermer sa centrale nucléaire de Krsko. Le site a été mis à l’arrêt, a confirmé à l’Agence France Presse une porte-parole du site sans donner plus de détails. Selon l’agence de presse STA, il s’agit d’une « procédure normale dans les cas de forts tremblements de terre ». Le phénomène a été ressenti dans la capitale Ljubljana, ainsi que dans d’autres pays de la région, notamment en Hongrie et en Autriche, ont rapporté des témoins et les médias.

Lire aussi :  Séisme : l’humanité confinée, la Terre ne tremble plus autant

Construit à l’époque yougoslave et entré en service en 1983, le réacteur de type Westinghouse de Krsko, d’une puissance de 700 mégawatts, est l’unique centrale de la Slovénie, qui partage le site avec la Croatie. Il devait initialement cesser son activité en 2023, après quarante ans de fonctionnement. Ljubljana et Zagreb ont toutefois décidé en 2015 de prolonger son activité de vingt ans, malgré les protestations de plusieurs ONG. Il couvre environ 20 % des besoins en électricité de la Slovénie et 15 % de ceux de la Croatie.

Par Le Point.fr, (Source AFP), publié le 29/12/2020 à 13h26, modifié le 29/12/2020 à 15h12

Photo en titre : En Slovénie, la centrale nucléaire de Krsko a été fermée « par précaution  après qu’un tremblement de terre a secoué la Croatie voisine. © STRINGER / AFP

https://www.lepoint.fr/monde/seisme-en-croatie-la-slovenie-ferme-sa-centrale-nucleaire-29-12-2020-2407455_24.php

JCPOA : L’IRAN INTRAITABLE SUR LE TRAITÉ NUCLÉAIRE

Lors d’une réunion par vidéoconférence entre les membres du JCPOA (signataires du Traité de Vienne de 2015) le ministre iranien des Affaires étrangères, Muhamad Zarif, a averti avec aplomb qu’il s’agit de la « dernière chance » pour la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne de « sauver l’accord ». Il a également fait savoir que l’Iran n’acceptera aucune modification à l’accord initial.

Se sentant revigoré par le retour éventuel d’une Administration démocrate à Washington, le chef de la diplomatie iranienne a ainsi envoyé tout de même un message à l’attention de ceux qui dans l’entourage de Joe Biden pensent pouvoir revenir à l’accord en y apportant des modifications qui concernent principalement trois volets :

. l’enrichissement d’uranium,

. les programmes de missiles balistiques

. et les velléités hégémoniques de l’Iran dans la région avec son soutien au terrorisme.

Muhamad Zarif s’est même mû en accusateur en attribuant aux États-Unis la responsabilité de la situation mais aussi en reprochant aux trois États européens signataires d’avoir « violé l’accord » en abaissant de manière drastique les échanges commerciaux de l’Union européenne avec l’Iran.

Sous la pression de la Russie, les pays signataires ont publié un communiqué d’apaisement à l’issue de la réunion, rappelant leur engagement inchangé envers l’accord de Vienne, appelant à la levée des sanctions et exprimant leur « profonde déception » du retrait américain de l’accord.

Par Shraga Blum, publié le 28 décembre 2020 dans À LA UNE, INTERNATIONAL

Photo : Wikipedia

https://lphinfo.com/jcpoa-liran-intraitable-sur-le-traite-nucleaire/