Fév 22

GRAVELINES : GRÈVE DES « CLOCHARDS DU NUCLÉAIRE »

GrèveMardi, de 9h à 10h, un mouvement de grève a rassemblé plus de deux cents salariés de trois entreprises liées à la centrale nucléaire de Gravelines : Endel, ADF Tarlin et Hexa contrôle. Même si la plupart des revendications diffèrent d’une société à l’autre, les travailleurs se rejoignent sur un point : une augmentation de leur salaire.

Pour un treizième mois sans condition

« Nous sommes en période de négociation annuelle obligatoire », explique Xavier Cendre, porte-parole de la CGT pour Endel. Avec la CFDT, les syndicalistes d’Endel sont les premiers à avoir engagé le mouvement. « Nous avons commencé mercredi dernier. La direction s’était focalisée sur un treizième mois régressif au fur et à mesure du nombre de jours d’absence. Nous avons tous refusé et exposé nos revendications : un treizième mois sans condition, une augmentation de 50 euros pour tous les salariés et une hausse de 2 % de la masse salariale individuelle. »

Au chômage partiel trois mois en hiver depuis trois années

De leur côté, les travailleurs d’Hexa contrôle, entreprise spécialisée dans l’automatisation industrielle, souffrent de leurs conditions : « Nous sommes les clochards du nucléaire. Nous avons les plus bas salaires, sans compter que, depuis trois ans, nous sommes systématiquement au chômage partiel trois à quatre mois l’hiver », soulignent les salariés. Enfin, la soixantaine de grévistes pour ADF Tarlin a présenté une liste d’une dizaine de revendications dont la hausse du salaire de plus de 50 % pour le travail le samedi.

http://www.lepharedunkerquois.fr/dunkerquois/gravelines-greve-des-clochards-du-nucleaire-ia684b0n199103

Fév 22

LA BELGIQUE MAL PRÉPARÉE FACE À UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE

BelgiqueAlors que le Japon entend lever fin mars l’ordre d’évacuation de la région d’Iitate pourtant encore irradiée par la catastrophe de Fukushima de 2011, Greenpeace charge le plan d’urgence belge, «en totale inadéquation avec la réalité».

Dans son rapport «No Return to Normal», Greenpeace rue doublement dans les brancards. D’abord dans ceux du gouvernement japonais qui sous-estime les niveaux de radiations à Iitate (située à 35km de Fukushima) «qui présentent d’importants risques pour la santé humaine». Ensuite, dans ceux du gouvernement belge dont le plan d’urgence nucléaire -présenté en janvier- est «inadéquat et incomplet». «La situation à Iitate montre à quel point la zone d’évacuation d’urgence de 10 km actuellement sur la table du plan belge est inadéquate», relève l’expert nucléaire de l’organisation environnementale Eloi Glorieux qui recommande une zone de 30 à 50km.

Le scientifique fustige le manque de préparation «totalement aberrant» de l’État belge en dehors de ces 10 km. «Dans ce genre de cas, il n’y a pas de place à l’improvisation. Une telle catastrophe toucherait dix fois de gens en Belgique. Quand on évalue l’évacuation de 30km à la ronde autour de Doel ou Tihange, ce sont 1,5 million et plus 800.000 personnes qu’il faudrait déplacer, loger, nourrir, etc ».

« Les auteurs de ce plan d’urgence admettent qu’une telle préparation est trop complexe et qu’elle impliquerait trop de moyens financiers», déplore-t-il jugeant «inacceptable que les autorités se refusent à envisager le pire alors qu’elles décident de prolonger l’utilisation de réacteurs bientôt obsolètes dont la sécurité optimale n’est pas garantie».

«Enfin, Fukushima est située au bord de l’eau et 80% des radiations ont été absorbées par l’océan Pacifique grâce à son énorme capacité de dilution». Une «chance», alerte l’ONG qui prévient qu’«avec Doel ou Tihange, la concentration de ces substances qui retomberaient uniquement sur le sol sera beaucoup plus importante».

L’organisation demande dès lors aux ministres de l’Intérieur Jan Jambon et de l’Énergie Marie-Christine Marghem d’actualiser ce plan «pour ne plus seulement défendre les intérêts de l’industrie nucléaire aux dépens de ceux de leurs citoyens».

Quel scénario en cas d’accident?

En cas d’accident nucléaire, le plan d’urgence détaille point par point la procédure que les autorités fédérales et régionales devront déployer. Dans les grandes lignes, l’opérateur de la centrale, où l’accident est constaté, doit notifier à la cellule de crise, donc l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), que des substances radioactives peuvent s’échapper d’un réacteur. Les autorités régionales doivent alors directement avertir la population, leur demandant de rester chez elles à domicile. Et elles doivent entreprendre dans la foulée une évacuation d’une zone de 3,5km autour de l’accident même sans en connaître tous les paramètres (vents, météo, etc.) Ensuite, la cellule de crise composée de météorologues, radiologues et d’experts en tous genres doit évaluer la situation. L’évacuation préventive d’une zone de 20 ou de 30km est alors envisagée, nous explique Eloi Glorieux.

Iode pour tous

Jusqu’ici réservées aux habitants des communes se situant à 20km des sites à risques, des pilules d’iode seront distribuées gratuitement à tous les Belges en 2017. Le gouvernement a suivi l’avis du Conseil supérieur de la Santé qui suggérait d’étendre cette mesure à 100km autour des réacteurs nucléaires, ce qui revenait à fournir tout le territoire belge. Les pastilles d’iode permettent de limiter le risque de développer un cancer de la thyroïde après une catastrophe nucléaire.

Pour lire la suite de l’interview d’Éloi Glorieux cliquer sur :

http://fr.metrotime.be/2017/02/21/actualite/belgique-mal-preparee-face-a-catastrophe-nucleaire/

Fév 22

PÉTITION « FERME TA CENTRALE » NUCLÉAIRE

fermetacentrale

Alors que nous rentrons en période électorale en ce début d’année 2017, c’est le moment où jamais pour s’engager vers un nouveau modèle de société. Notre modèle énergétique, au bord de la faillite, doit évoluer rapidement si on ne veut pas en payer le prix.

Nous souhaitons, aux côtés de nombreuses associations, groupements, producteurs d’énergie renouvelable, faire bouger les lignes pour entamer le grand chantier de la sortie du nucléaire.

« fermetacentrale » est un mouvement qui veut interpeller la classe politique et les candidats à l’élection présidentielle pour revendiquer l’indépendance et l’autonomie énergétique sur l’ensemble du territoire français.

Signez la pétition et les propositions pour les présenter au bureau de campagne des candidats, toute étiquette politique confondue.

Que vous soyez, en Ile de France, en Occitanie, en Nouvelle Aquitaine, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bourgogne-Franche-Comté, en Grand Est, en Centre-Val de Loire, en Normandie, en Hauts-de-France, en Pays de la Loire ou en Bretagne, vous êtes tous concernés par la présence d’une centrale trop proche de chez vous, qui risque un jour de mettre en péril votre territoire.

Pour signer la pétition : https://fermetacentrale.org/

Pour aller plus loin et consulter le livre blanc (ce que nous conseillons vivement) : https://fermetacentrale.org/wp-content/uploads/2017/02/fermetacentrale-livre-blanc.pdf

Fév 22

PERSPECTIVES DE L’ÉNERGIE POUR LE PROCHAIN PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

candidatsQuels dossiers attendent le prochain Président de la République français en matière d’énergie ? Et que proposent les différents candidats ? Tour d’horizon des programmes et discussion avec Julien Chardon, fondateur d’Ilek, fournisseur d’électricité renouvelable locale.

L’énergie est, plus que jamais, un enjeu économique, social et environnemental décisif pour l’avenir de notre pays. Les propositions des différents candidats sont donc essentielles. Or, « aujourd’hui le sujet énergie est largement mis de côté dans la campagne », estime Julien Chardon, président fondateur d’Ilek et initiateur du mouvement Ferme ta Centrale. Nous passons en revue les propositions connues sur les principaux thèmes de campagne en matière d’énergie.

L’avenir du nucléaire en France avec le prochain président de la République

Yannick Jadot (EELV) – souhaite adopter une loi de sortie progressive et définitive du nucléaire d’ici 2035, et arrêter les premiers réacteurs dès 2017.

Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) – ambitionne de sortir du nucléaire, de fermer dans un premier temps Fessenheim, et d’abandonner l’EPR, le projet de Hinckley Point, et le projet d’enfouissement à Bure.

Benoît Hamon (Parti Socialiste) – est favorable à une sortie progressive du nucléaire pour privilégier la transition vers les énergies vertes et renouvelables. À l’instar des solutions portées par NegaWatt, Benoît Hamon souhaite la fermeture des centrales nucléaires les plus à risque et arrivant en fin de vie. Faire évoluer le mix énergétique et diminuer la part du nucléaire à 50 %.

Emmanuel Macron (En Marche !) – estime que le nucléaire reste central pour la production d’électricité mais veut favoriser la complémentarité avec les énergies renouvelables dans la lignée de la loi de transition énergétique adoptée par le gouvernement sortant ; il confirme la fermeture de Fessenheim.

François Fillon (Les Républicains) – s’engage à revenir sur la fermeture de la centrale, décidée par François Hollande, et à prolonger la durée d’exploitation des centrales de 40 à 60 années (sous réserve de l’accord de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, au cas par cas) ; il souhaite renforcer les études sur les réacteurs de 4e génération ; il propose aussi de développer une gamme de petits et moyens réacteurs nucléaires.

Marine Le Pen (Front National) – veut la modernisation et sécurisation de la filière nucléaire française, le maintien du contrôle de l’État sur EDF, et refuse la fermeture de la centrale de Fessenheim.

Pour lire la suite des positions des candidats sur :

. La promotion des énergies renouvelables

. La sortie des énergies fossiles

. La sortie du diesel

Cliquer sur : http://www.consoglobe.com/perspectives-energie-prochain-president-de-la-republique-cg

 

Fév 22

OPÉRATION DE LA DERNIÈRE CHANCE POUR LES DÉFENSEURS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM

FessenheimD’anciens agents du nucléaire français ont adressé une lettre au Premier ministre Bernard Cazeneuve contre la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Le processus de fermeture est pourtant bel et bien enclenché.

C’était un peu l’opération de la dernière chance ce mardi, pour les défenseurs de la centrale nucléaire de Fessenheim.
Ils sont une dizaine d’anciens agents de la sûreté nucléaire français ou de la maintenance à avoir adressé une lettre au Premier ministre. Ils y dénoncent une décision politique qui serait désastreuse pour l’économie. Chez ces pro-nucléaires, l’argumentation n’est pas nouvelle. Ils ventent une centrale rentable aux installations modernisées et qui n’émet pas de CO2.
L’annonce d’une fermeture anticipée de la centrale n’a toutefois jamais été aussi proche !

http://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/haut-rhin/operation-derniere-chance-defenseurs-centrale-nucleaire-fessenheim-1201055.html

NDLR : n’oublions pas qu’un changement de majorité pourra annuler la décision d’arrêt, donc rien n’est certain !

Fév 22

CENTRALE ATOMIQUE DU TRICASTIN : 2017 L’ANNÉE DE TOUS LES DANGERS

TRicastinElle craque, les enceintes se fissurent, les tuyauteries fuient, les bâtiments sont inondés, la pollution gagne, et les bouts de ficelle ou autres chaînes bricolées et chiffons ne suffisent plus. Le bilan officiel de l’année 2015 révèle une dégradation et 2016 est du même acabit. 2017 est l’année de tous les dangers. Tricastin-Daïchi est annoncé… à moins que la centrale nucléaire soit mise à l’arrêt définitif.

Dans sa note (1) d’appréciation  globale 2015 « l’ASN constate une dégradation des résultats en matière de mise en configuration des circuits (lignages et consignations) qui résulte des faiblesses dans les facteurs organisationnels et humains. ». Des « erreurs de réalisation » ont aussi émaillé l’activité de la centrale nucléaire «  lors des phases de redémarrage (des réacteurs), tout particulièrement lors des visites partielles des réacteurs 1 et 2. ». Pas mieux du côté des rejets chimiques sur lesquels l’ASN note que la centrale nucléaire doit « être attentive » tout comme à « la gestion de déchets (qui) est perfectible ». Ainsi « l’encombrement du bâtiment des auxiliaires de conditionnement du site atteint un niveau préoccupant et nécessite la mise en place d’actions pérennes par l’exploitant pour retrouver une gestion adaptée de ce bâtiment. ». Pas moins.
Et ce n’est pas tout : l’Autorité Nucléaire « considère que l’exploitant doit (aussi) impérativement progresser en matière de confinement de liquides (radioactifs ou chimiques) compte tenu des nombreux écarts encore observés en 2015 dans ce domaine. »  Et encore que « la gestion des consignations demeure fragile et le site doit rester vigilant sur les risques électriques. ». Côté gestion des ressources humaines et sous-traités : « l’ASN appelle l’attention d’EDF sur les conditions de reprise des salariés prestataires dans le cadre d’un renouvellement important d’un marché d’assistance sur les chantiers. ». Bref rien ne va plus, c’est le bazar et tout file à vau-l’eau.
Le droit à contaminer et tuer (autorisation par l’ASN de rejets radioactifs liquides et gazeux)
La centrale nucléaire du Tricastin exploitée par EDF à cheval sur les départements de la Drôme (Saint -Paul-Trois-Châteaux) et de Vaucluse (Bollène) comporte 4 réacteurs à eau sous pression (REP) de 900 MWe chacun. Les réacteurs n°1 et 2 constituent l’installation nucléaire de base (INB) n° 87, les réacteurs n°3 et 4 constituent l’installation nucléaire de base (INB) n° 88.
Une décision n° 2008-DC-0101 du 13 mai 2008 de l’ASN – publiée seulement le 06/10/2009 sur le site officiel – autorise la centrale atomique (installations nucléaires de base n° 87 et n° 88) à effectuer des prélèvements/consommations d’eau de rivière et à procéder à des rejets liquides et gazeux toxiques dans l’environnement. Tout comme l’autorisait déjà les autorités depuis la mise en service des installations (2) dans les années 1980.
Une conception non-maîtrisée des centrales nucléaires : une carte blanche à la contamination radioactive et chimique
Jusqu’à ces dernières années (2008-2010) la centrale atomique du Tricastin (3) se passait allègrement de moyens de contrôle de sa contamination radioactives atmosphérique et liquide dans le canal de Donzère-Mondragon se jetant dans le Rhône : pas ou peu de dispositifs empêchant l’introduction de pollution depuis la surface, de plans des réseaux de rejets des gaz contaminés, de dispositifs de contrôle dans les locaux susceptibles d’être contaminés, de dispositif en continu de prélèvement de carbone14 radioactif et de tritium radioactifs sur les cheminées (BAN) de rejets des gaz mortels, de doublement de dispositif de mesure en continu des rejets toxiques liquides, de station multiparamètres de rejets, d’instruments de mesure du niveau de radioactivité (piézomètre) en plusieurs endroits stratégiques.
D’ailleurs l’ASN s’alarmait de cette situation et exigeait que soit mis à sa disposition des éléments démontrant la fiabilité (représentativité) des mesures effectuées ainsi qu’un document justifiant les « incertitudes » de ces mesures. Elle se contente cependant de rappeler à la direction de la centrale atomique quelques dispositions de base : avoir un personnel compétent qualifié en radio-analyse et analyses chimiques, posséder des véhicules-laboratoires avec équipement adéquate et maintenus en état d’intervention à l’intérieur et à l’extérieur du site nucléaire quelles que soient les circonstances, que les appareils de mesure des laboratoires et les appareils de mesure nécessaires au contrôle des rejets d’effluents et de prélèvements d’eau soient vérifiés régulièrement chaque mois afin de s’assurer de leur bon fonctionnement par une maintenance et un étalonnage à une fréquence appropriée, que  tous les appareillages destinés au contrôle des rejets liquides et gazeux soient secourus électriquement en cas de défaillance de la source électrique principale. 
Du b-a-ba en quelque sorte mais qui en dit long sur les mensonges du lobby nucléaire qui a toujours tenté de faire croire à la population  que la France disposait des meilleurs spécialistes maîtrisant le nucléaire et que l’atome était sans impact sur la santé et l’environnement.
Convaincue d’avoir été bernée mais sans l’avouer pour ne pas froisser la nucléocratie, l’ASN formula un vœu fou : que les enregistrements originaux et les résultats d’analyse ou de contrôles ne disparaissent pas par magie et soient conservés pendant une durée minimale de trois ans et qu’à tout moment des agents chargés du contrôle puissent les consulter. Et, pure folie, dans une région ventée comme la vallée du Rhône avec le Mistral : qu’il y ait sur place une station météorologique efficace  permettant de mesurer en permanence et d’enregistrer les vitesses et directions du vent tout comme la pression atmosphérique et l’hygrométrie de l’air ainsi que les températures et la pluviométrie dont les données soient retransmises à minima en salle de commande et disponibles en toute circonstance.
Et de préciser que pour les rejets radioactifs « tous les incidents de fonctionnement tels que rupture de canalisation, élévation anormale de la radioactivité du circuit secondaire, fuites d’effluents liquides ou gazeux, rejet non-contrôlé, indisponibilité de réservoir réglementaire, ruptures de filtres, variation des débits, arrêts de ventilateurs, panne d’appareils de mesure de débit et d’activités (radioactive) » se doivent d’être mentionnés sur un registre des états mensuels.
Côté substances chimiques présentes dans les effluents, il était fait injonction à EDF de tenir à jour un document récapitulant les analyses et les mesures réalisées et que pour les rejets thermiques l’exploitant transmette mensuellement (à l’ASN, à la préfecture, à la DDASS, à la DIREN, au service de police de l’eau, au comité de suivi du bassin) le résultat des mesures journalières. Mais … pas en temps réel – ce serait trop beau – simplement pour le mois… qui précède et avec un temps de retard légalisé : les informations de rejets et les enregistrements de l’activité radioactive « bêta globale » de l’effluent à la cheminée de chaque BAN sont transmis le 5 du mois suivant tandis que les informations de maintenance, de contrôle et de mesures dans l’environnement ne sont transmise que le 10 du mois suivant.
Quelle rigueur dans l’approche rationnelle et scientifique  pouvant préserver un tant soit peu la santé et la vie de la population! Pour autant l’ASN n’impose jamais jusqu’à ce jour ce qui devrait logiquement et rationnellement découler d’une telle situation : l’arrêt définitif d’une telle quincaillerie nucléaire obsolète.
La prédation de la ressource d’eau
Depuis l’eau a coulé sous les ponts … et pas qu’un peu ! La centrale atomique est légalement autorisée à se servir copieusement en eau dans le canal de Donzère-Mondragon et jusqu’à concurrence de 6060 millions de m3 par an soit 16 848 000  m3 chaque jour (à un débit de 195 m3/s soit 702 000 m3/h). C’est du lourd! Et si les réacteurs nucléaires gloutons ont besoin d’un peu plus d’eau pour éviter d’exploser ils peuvent se servir en 5 points de prélèvements dans la nappe phréatique : jusqu’à  454 080 m3 supplémentaires chaque année (5961 m3 par jour) à un débit instantané de 0,069 m3/s.
Toute cette prédation d’eau par les installations nucléaires repose en plus sur un quasi blanc-seing des autorités qui précisent que « la conception, la construction, l’entretien et l’exploitation des installations du site » (pour limiter les consommations d’eau!) se fait, pour la forme,  par « l’utilisation des meilleures technologies disponibles » mais dans un cadre des plus souples car «  à un coût économiquement acceptable ». La santé, la gestion de la ressource eau et le bien commun passeront après. Les cancers radio-induits sont eux certainement d’un coût acceptable pour la nucléocratie et les autorités.
Alors quelques arrangements sont officialisés. Si les installations de prélèvement d’eau du site du Tricastin sont dotées de dispositifs de mesure permettant en principe de déterminer les débits et les volumes prélevés dans les différents milieux de prélèvements : les débits de prise d’eau dans le canal de Donzère-Mondragon et dans la nappe phréatique (au point SEZ 23)  peuvent être estimés par calcul. Autrement dit sans mesure réelle et au doigt mouillé jusqu’à une incertitude de connaissance des débits de 4,99%. C’est que ici ce n’est pas très accessible (5) : la conception originelle de la centrale du Tricastin est en cause (5) et sa construction a noyé dans le béton bien des matériels. Un peu comme le cadavre du truand lesté au pied et jeté en mer.
Une pollution avérée et pas moins de 15 défauts  sur des tuyauteries… inaccessibles.
Et ce qui devait arriver arriva (4) : il y a quelques mois, le 27 octobre 2016, une flopée d’huile issue de la salle des machines d’un des réacteurs nucléaires s’est retrouvée par magie dans le captage des eaux à l’intérieur de l’enceinte géotechnique (piézomètre de surveillance 0SEZ044PZ). Une tuyauterie défectueuse (une de plus) apparaît être  à l’origine de la pollution dans l’enceinte. La présence d’huile est variable : elle se manifeste soit par des traces (irisation en surface) soit par la présence d’un à deux centimètres d’huile en surface du puits de captage. C’est selon… Un effet magique sous un rayon de soleil !
L’enquête montre que l’huile pourrait provenir du réseau de recueil des huiles et des effluents d’hydrocarbure d’une des salles des machines de la centrale atomique (système SEH). Sur les canalisations du réseau SEH pas moins d’une quinzaine de défauts a effectivement été décelée sur les tuyauteries. Problème : des tuyauteries sont enterrées et traversent des murs bétonnés inaccessibles.
L’ASN prise à son propre jeu de soumission aux intérêts du lobby nucléaire ne peut alors que constater : cela «  met à nouveau en lumière des lacunes dans l’organisation d’EDF en matière de gestion du confinement liquide sur la centrale nucléaire du Tricastin. » et notamment les « insuffisances dans l’exploitation des réseaux de recueil des huiles et des effluents hydrocarbures de la salle des machines (SEH) » par EDF. Ca patauge et annonce rien de bon pour les semaines et mois à venir.
La fosse du réacteur nucléaire n°3 pleine à dégueuler, des canalisations pas étanches, ça refoule…
Les inspecteurs de l’ASN font alors un constat ahurissant : « la fosse du réacteur 3 » est « remplie depuis plusieurs mois » : « la quantité de liquide présent dans les fosses (est) telle, qu’une partie du liquide chargé en huile refoule vers les tuyauteries SEH. Or ces canalisations ne sont pas prévues pour être étanches vis-à-vis d’un liquide qui y stagne.  De plus, il a été expliqué aux inspecteurs que ces fosses servent aussi de rétention des eaux d’incendie de la salle des machines. Sur le réacteur 3, cet office n’est par conséquent plus rempli puisque le volume disponible dans les fosses est insuffisant. »
Et l’ASN de constater et larmoyer : les « déshuileurs » du réseau SEH et les fosses attenantes présents près des transformateurs des quatre réacteurs ne sont pas « suffisamment bien exploités » car « le service de conduite relève hebdomadairement le niveau de ces fosses, mais aucune action n’est entreprise en cas de détection d’un niveau haut ».
C’est mieux que du Fernandel, on est dans le sud. Mais c’est sinistre…
L’Autorité de Sûreté Nucléaire, qui n’en est plus à un discrédit près, martèle donc dans sa synthèse d’inspection que « Ce point est particulièrement insatisfaisant. ». Aussi elle demande poliment à EDF de bien vouloir lui « indiquer les dates des dernières vidanges des fosses des quatre réacteurs ainsi que le volume de liquide qui était présent depuis janvier 2015.  Et de justifier que les fosses des quatre réacteurs ont toujours eu le volume nécessaire pour contenir les eaux d’extinction d’un incendie en salle des machines ».  Et oui c’est tout bête : l’intégrité physique de la fosse située près des transformateurs du réacteur 3 n’a tout simplement pas été réalisé cette année (bien que cela soit obligatoire). Bah oui elle était pleine de liquide donc on l’a pas vidangée. Au Tricastin il suffit de détourner le regard pour régler les problèmes.
Et le contrôle des canalisations des réacteurs 3 et 4 n’a pas été plus rassurant car plusieurs défauts peuvent être à l’origine d’une pollution du sol. Une sorte de mélange stagnant d’eau et d’huile provenant du refoulement de liquide des fosses. Il y aurait intérêt à contrôler aussi les canalisations du réseau SEH des réacteurs 1 et 2.
Alors l’Autorité de Sûreté Nucléaire de conclure en faisant les  gros yeux de réprimande : « je vous demande de  mettre en place une surveillance efficace du niveau de la fosse ainsi que des actions en cas de détection d’un niveau haut de cette dernière. … et de réaliser le contrôle des quatre fosses situées près des transformateurs, de réparer les éventuels défauts découverts et de me transmettre le bilan de ces interventions ».  Bah oui mais, tout n’est pas accessible dans une centrale nucléaire…
EDF prévoit de réaliser des forages pour délimiter les zones polluées et doit présenter des techniques de dépollution … pour le piézomètre mais pas encore pour la dépollution du sol. Et les délais sont élastiques car l’ASN est bonne fille : « Dans le cas où vous seriez contraint par la suite de modifier l’une de ces échéances, je vous demande également de m’en informer. » (5)
Ca va être dur pour les experts et cadors de l’atomisme. Et malheureusement beaucoup plus pour les populations et territoires alentours.
1. https://www.asn.fr/L-ASN/ASN-en-region/Division-de-Lyon/Centrales-nucleaires/Centrale-nucleaire-du-Tricastin
2. Cette décision remplace les arrêtés précédents, à l’exception des limites de rejets dans l’environnement qu’ils imposent  (arrêté du cadre de vie, du ministre de l’industrie, relatif à l’autorisation de rejet d’effluents radioactifs gazeux par la centrale nucléaire du Tricastin ; du 2 août 1978 du ministre de la santé et de la famille, du ministre de l’environnement et – arrêté du 2 août 1978 du ministre de la santé et de la famille, du ministre de l’environnement et du cadre de vie, du ministre de l’industrie, relatif à l’autorisation de rejet d’effluents radioactifs liquides par la centrale nucléaire du Tricastin ; arrêté du 22 avril 1994 du préfet de la Drôme autorisant les rejets d’effluents liquides non radioactifs pour la centrale nucléaire du Tricastin, arrêté du du 11 juin 2004 du ministre d’État, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie,  du ministre de la santé et de la protection sociale, du ministre de l’écologie et du développement durable autorisant Électricité de France à procéder à des rejets liquides thermiques pour l’exploitation de la centrale nucléaire du Tricastin.)

  1. article 6 de  la décision ASN n° 2008-DC-0101 du 13 mai 2008
  2. note ASN du 20 décembre 2016 : INSSN-LYO-2016-0348
  3. Dans les années 1970, au moment de la construction de la centrale nucléaire du Tricastin, la proximité immédiate du canal de Donzère-Mondragon a imposé une exécution des travaux à l’abri d’une enceinte étanche permettant de limiter les pompages d’exhaure en fond de fouille. Une enceinte en béton moulée ancrée dans les marnes sur une profondeur d’un mètre a donc été construite. Cette enceinte est toujours en place sous les bâtiments industriels du site. A l’intérieur de cette enceinte géotechnique, la nappe phréatique est maintenue en permanence en légère dépression par rapport à la nappe extérieure de façon à empêcher de manière préventive des fuites d’éventuelles pollutions dans la nappe phréatique extérieure. Le système SEZ assure le pompage d’une vingtaine de mètres cubes par heure environ. Les eaux pompées sont évacuées de la nappe phréatique située à l’intérieur de l’enceinte géotechnique vers la nappe phréatique située à l’extérieure du site. Ça tangue !

http://www.coordination-antinucleaire-sudest.org/

Fév 21

LE DÉMARRAGE DES EPR DE TAISHAN (CHINE) REPORTÉ DE QUELQUES MOIS

EPR ChineLes deux réacteurs nucléaires EPR en cours de construction à Taishan (sud de la Chine) vont démarrer plus tard que prévu, a annoncé le groupe nucléaire chinois CGN, qui gère ce projet en partenariat avec EDF.

Le premier réacteur devrait désormais démarrer « au second semestre 2017 » au lieu du premier semestre, tandis que la mise en service du second interviendra durant « la première moitié de 2018 » au lieu du second semestre 2017, a indiqué CGN dans un communiqué publié lundi soir.

Avec les déboires des autres chantiers d’EPR en Finlande et à Flamanville (Manche), ces EPR, d’une capacité de 1.750 mégawatts chacun, doivent être les premiers à entrer en service dans le monde.

Cette décision intervient après « une évaluation complète du plan de construction technique et des risques« , explique le groupe chinois.

Alors qu’aucun autre EPR n’est en fonctionnement dans le monde, le projet Taishan « mènera plus de vérifications concernant sa conception et ses équipements, ce qui nécessite une phase de construction technique plus longue« , ajoute-t-il.

La phase de construction du projet de Taishan a débuté en 2009. Le premier réacteur devait initialement fonctionner en 2016, mais sa mise en service avait déjà été retardée.

http://www.romandie.com/news/Nucleaire-le-demarrage-des-EPR-de-Taishan-Chine-reporte-de-quelques-mois/775520.rom

Fév 21

SORTIR DU NUCLÉAIRE BUGEY SE MOBILISE À LAGNIEU (01)

AinSamedi 11 février, SDN Bugey organisait une action sur le rond-point sud de Lagnieu, vers le pont du Rhône. En ce départ de weekend, les antinucléaires rappelaient aux automobilistes que « la centrale nucléaire de Bugey, qui va sur ses quarante ans d’exploitation, n’en finit plus de cumuler déboires, fuites et anomalies en tous genres, mettant ainsi en danger et la population de la région et les travailleurs de l’usine atomique. »

SDN Bugey réclame la fermeture et l’arrêt immédiat de l’installation.

SDN Bugey participera, avec la Coordination STOP BUGEY, à une grande action dans le centre de Lyon le 18 mars afin de sensibiliser et d’interpeler les lyonnais sur cette usine située seulement à une trentaine de kilomètres de la capitale des Gaules.

Source : journal « La voix de l’Ain « du 17 février 2017

Pour contacter SDN Bugey : http://www.stop-bugey.org/contacts/

Fév 21

MANIFESTATION DE BURE DU 18 FÉVRIER : VERSION DES FAITS VUS PAR LES OPPOSANTS À CIGÉO

Bure« Si on avait fait ça il y a 25 ans ça ne se serait pas passé comme ça »  dixit un ancien agriculteur de Mandres, passant en voiture pour saluer le cortège arrivant devant les grilles de l’Andra.

Le 18 février devait être une journée de mobilisation contre l’expulsion prochaine du Bois Lejuc, elle aura au final été un nouveau grand moment de déconfiture infligé à l’Andra. Sous un soleil frais et timide, à 11h du matin, une longue colonne chamarrée et joyeuse de près de 600 personnes s’est étirée entre Bure et le Bois Lejuc. L’occasion d’observer au passage, depuis le point de vue culminant du Chaufour, l’imposant laboratoire de l’Andra et les emplacements des futurs travaux liés à l’installation de la poubelle nucléaire CIGÉO. Le cortège a symboliquement suivi les pas des deux précédentes manifestations de réoccupation de la forêt, lors de l’été 2016, avant de s’y engouffrer, le temps de partager un repas servi par la cantine et de découvrir les différentes habitations. Une ambiance chaleureuse, tandis que 700 rubans jaunes distribués à chacun.e venaient décorer les branches pour symboliser la résistance du bois au désert nucléaire.

Vers 15h, chacun.e muni.e de morceaux de mur de l’Andra détruit en août dernier, un cortège de près de 700 personnes a repris la route en sens inverse pour rejoindre le laboratoire en repassant par Bure. Sur place, un important dispositif policier retranché derrière un mur de barbelés et des grilles anti-émeutes gardait tout le pourtour de la place forte. Une image aussi saisissante que celle d’un mur d’un kilomètre enserrant un bois : celle de l’industrie nucléaire acculée, retranchée derrière ses hautes murailles gardées par la soldatesque.

La foule, unie, au pas rythmé par le son roulant de la batucada, le martèlement métallique des pierres sur les glissières de sécurité, et des hurlements de hiboux et de loups a poursuivi son chemin avec détermination, dans une ambiance électrique. Elle s’est déployée en arc-de-cercle depuis la route, tout au long du bâtiment de l’écothèque, et une bonne partie du cortège, avançant et reculant tour à tour vers les grilles, est finalement parvenue à renverser une grande partie de celles qui avaient réchappé à la virée nocturne de l’avant-veille, sous une pluie de grenades lacrymogènes. Hors de portée des tirs, le reste des manifestant.e.s de tous âges et horizons les encourageaient, enthousiastes, en cris et en musique, tout en peinturlurant la route et enflammant le grand phénix bariolé construit à cet effet, symbole d’une lutte populaire qui renaît de plus belle depuis quelques années. Une ambiance loin de celle décrite par la préfecture qui voudrait réduire une colère populaire légitime, longtemps refoulée, à l’acte isolé d’une « cinquantaine d’individus cagoulés ». Mais l’éternel discours médiatico-policier de la minorité de casseurs ultraviolents n’a plus de prises face au réel : celui de la solidarité joyeuse et sans faille de l’ensemble de la manifestation pour attaquer directement le laboratoire, sur son terrain, pour la première fois depuis 25 ans. Si le monde qu’on nous promet est celui que promeut l’Andra quand elle s’impose par la résignation à une population méprisée, alors oui, nous sommes tout.e.s les casseur-heureuses de ce monde-là.

Face aux tombeur.ses de grilles, les gendarmes mobiles, répliquant par des charges aux grenades de désencerclement et assourdissantes ont blessé en quelques minutes une vingtaine de personnes, dont deux d’entre elles ont dû être évacuées vers l’hôpital, tandis que plusieurs autres arboraient des plaies multiples dues aux éclats. Malgré la violence de cette réponse, qui est intervenue alors que les manifestant.es se retiraient peu à peu, tout le monde est rentré sereinement à Bure.

Le soir, ce sont des centaines de personnes qui, après s’être restaurées à la Maison de Résistance, ont rejoint un champ mis à disposition par un agriculteur, pour assister à un concert sous un chapiteau de cirque. Sur place, bar, infokiosque, tentes collectives et espace de premiers secours étaient prêts à accueillir tout ce beau monde enjoué. La folle ambiance de liesse s’est prolongée tard dans la nuit. De l’aveu de nombre de personnes, c’était une journée historique qui restera gravée dans les mémoires, un de ces moments où on effleure la réalité d’un autre monde possible, la possibilité d’une prise pour inverser le cours des choses.

Après la chute du mur de la honte l’été dernier, ce sont les grilles du laboratoire qui sont tombées ce samedi 18 février à Bure. En quelques mois le bastion qui se croyait immuable et intouchable s’est fissuré : suite à 25 ans de lutte qui ont vu des dizaines de milliers d’habitant.e.s de la Meuse et de la Haute-Marne manifester, pétitionner, organiser des campements puis céder progressivement à la résignation et la fatigue, l’espoir aujourd’hui renaît. On s’autorise à croire à nouveau à un autre avenir pour la Meuse et la Haute-Marne que celui d’intestin atomique militarisé.

Article signé : les opposant.e.s au projet CIGÉO

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article153437

Fév 21

FUKUSHIMA : GREENPEACE BELGIQUE INTERPELLE LE GOUVERNEMENT SUR LES PLANS D’URGENCE DU NUCLÉAIRE « INADÉQUATS »

Greepeace BelgiqueGreenpeace Belgique interpelle ce mardi le gouvernement belge à propos de ses plans d’urgence pour le nucléaire. À l’heure où le gouvernement japonais souhaite lever l’ordre d’évacuation de la région d’Iitate – située à plus de 35 kilomètres de Fukushima – alors que les niveaux de radiation y sont toujours « bien trop élevés », selon un dernier rapport de l’organisation, cette dernière déplore que les autorités belges refusent de tirer les conclusions de cette catastrophe. Les niveaux de radiation à Iitate « sont bien supérieurs à ceux officiellement affichés et présentent d’importants risques pour la santé humaine », souligne le rapport « No Return to Normal » de Greenpeace. Le gouvernement japonais désire toutefois lever l’ordre d’évacuation fin mars et supprimer les compensations financières un an plus tard.
« La situation à Iitate, six ans après la catastrophe, montre à quel point la zone d’évacuation d’urgence de seulement 10 kilomètres actuellement sur la table du plan belge est inadéquate. De plus, Fukushima est située au bord de l’eau et 80% des radiations ont été absorbées par l’océan, ce ne sera pas le cas en cas d’accident nucléaire à Doel ou Tihange. Un accident qui, de plus, toucherait 10 fois plus de personnes qu’au Japon », alerte l’organisation.

Les ministres de l’Intérieur Jan Jambon et de l’Énergie Marie-Christine Marghem sont « occupés à défendre les intérêts de l’industrie nucléaire aux dépens de ceux de leurs citoyens », dénonce Éloi Glorieux, expert nucléaire chez Greenpeace Belgique.
Un exemplaire du rapport « No Return to Normal », dont les mesures ont été effectuées en novembre dernier, sera envoyé mardi au ministre Jambon et à Jan Bens, directeur de l’AFCN.

http://fr.metrotime.be/2017/02/21/news/fukushima-greenpeace-interpelle-le-gouvernement-sur-les-plans-durgence-du-nucleaire-inadequats/

Fév 20

LÉGISLATIVES À VILLENEUVE, LES INSOUMIS PARLENT NUCLÉAIRE ET AGRICULTURE

VilleneuveLa candidate de la France Insoumise aux législatives sur la 3e circonscription Geneviève Sabathé et sa suppléante Charlotte Montels ont quitté leurs pénates Bagnolaises le temps d’une conférence de presse à Villeneuve samedi.

Une ville ancrée à droite mais incontournable, puisqu’il s’agit de la deuxième plus grande de la circonscription.

« Une sortie complète du nucléaire en 2025 »

C’est donc dans la cité cardinalice que Geneviève Sabathé a choisi d’aborder… Le nucléaire, sujet bagnolais s’il en est. « On souhaite aller vers une phase active de démantèlement pour aller vers la transition énergétique », lance la candidate, assurant que le démantèlement « va créer de l’emploi de qualité, et pérenne. Pour Marcoule, c’est tout bénef’. » Précisons que Marcoule, berceau du Pôle de valorisation des sites industriels, est déjà à la pointe sur ces questions. Plus largement, la candidate du mouvement de Jean-Luc Mélenchon souhaite aller vers « une sortie complète du nucléaire en 2025, c’est possible si dès notre élection, on se met dans une dynamique de fermeture, de démantèlement et de transformation vers la transition énergétique. » Une transition énergétique qui pourrait passer, d’après Geneviève Sabathé, par le Rhône, « un fleuve extrêmement puissant, dans lequel on pourrait mettre des hydroliennes. »

Autre sujet développé à Villeneuve, l’agriculture. « Nous devons favoriser l’agriculture bio, aller vers le bien des populations », affirme la candidate, dans ce qui est déjà le deuxième département bio de France, avec 16 % des exploitations labellisées. « C’est une question de volonté politique, il faut que les députés entraînent un véritable mouvement », poursuit-elle avant de rappeler que la France est la première nation agricole de l’Union Européenne.

Et Geneviève Sabathé de conclure : « entre la recherche à Marcoule et les agriculteurs, on a l’impression qu’il n’y a pas de lien, eh bien si, ce lien c’est le député. »

Et aussi :

Patrice Prat « fantomatique » : Geneviève Sabathé n’a pas mâché ses mots concernant le député sortant ex-PS comme elle Patrice Prat : « il est assez fantomatique, et il n’a jamais essayé de prendre contact avec nous. » De toute façon, il n’est pas dit qu’un éventuel contact soit fructueux : « je regarde ce qu’il a voté à l’Assemblée nationale, et les fois où il s’est abstenu, poursuit la candidate. Ne pas avoir d’opinion quand on est élu du peuple, c’est le silence des pantoufles. Si je suis élue, je m’engage à ne pas m’abstenir. »

Article de Thierry ALLARD

https://www.objectifgard.com/2017/02/19/legislatives-3e-circo-a-villeneuve-insoumis-parlent-nucleaire-agriculture/

Fév 20

LE BON VOISINAGE HISPANO-PORTUGAIS MENACÉ PAR UNE QUERELLE NUCLÉAIRE

AlmarazLe gouvernement portugais a déposé une plainte auprès de la Commission européenne, accusant Madrid, qui étire la durée de vie ses centrales, de stocker des déchets radioactifs près de sa frontière.

Non seulement les deux voisins ibériques partagent la plus vieille frontière européenne mais ils peuvent se targuer – malgré les actuelles convulsions – d’entretenir généralement d’excellentes relations. Ces jours-ci, pourtant, un conflit nucléaire d’envergure les oppose violemment. Du fait de «l’absence de concertation et de consensus» avec le chef de l’exécutif espagnol, Mariano Rajoy, le gouvernement portugais a déposé une plainte le 16 janvier auprès de la Commission européenne, accusant Madrid de «viol de la législation européenne et de rupture de loyauté entre deux États membres». L’ensemble de l’Assemblée de la République (le Parlement national, à Lisbonne) a aussi condamné à l’unanimité les agissements de Madrid à la «politique nucléaire dangereuse et irresponsable».

«Folie»

En jeu, la centrale nucléaire d’Almaraz, en Estrémadure, à une centaine de kilomètres de la frontière portugaise. A Lisbonne, tous gouvernements confondus, on n’a jamais apprécié l’existence de cette centrale si proche, la plus puissante de l’arsenal espagnol avec ses deux réacteurs qui à eux seuls produisent 26 % de l’énergie nucléaire du pays (qui pèse 20 % de la production énergétique globale). Le nœud du conflit : l’Espagne a approuvé la construction d’un site de stockage de résidus nucléaires à Almaraz, projet confirmé par le récent feu vert du ministère de l’Environnement. Ce site aura une superficie de 2 600 mètres carrés et ne devrait héberger les déchets de la centrale que «de manière temporaire». Mais la coupe est pleine pour Lisbonne, arguant qu’en vertu de la législation européenne, toute décision liée à une affaire bilatérale ne peut être prise qu’après consultation des deux parties. Or le Portugal n’a pas été consulté.

Le sujet de fond, en réalité, porte moins sur ce lieu de stockage de déchets que sur la durée de vie des réacteurs. L’exécutif conservateur espagnol est en effet déterminé à prolonger l’existence de ses cinq centrales, la plupart installées dans les années 80. Dans le cas d’Almaraz, son exploitation doit expirer en 2020. Or l’administration Rajoy vient d’engager les procédures pour que ce délai soit élargi, afin que la centrale puisse souffler ses 50, voire ses 60 bougies, sur le modèle des centrales aux États-Unis. En Espagne, la polémique porte aussi sur Garoña, dans la province de Burgos, la centrale la plus ancienne, qui avait fermé en 2012 après quarante ans d’activité. Début février, le gouvernement a reçu l’autorisation du Conseil de sécurité nucléaire (CSN) pour rouvrir ses portes. Réunissant trois formations (socialistes, Podemos et Ciudadanos), avec l’appui de toutes les organisations écologistes, un front s’est constitué, estimant que le CSN n’a pas «réalisé les investissements nécessaires». L’estimation du CSN s’élève à 150 millions d’euros.

«Ce serait une authentique folie de réactiver Garoña, qui n’offre aucune garantie suffisante, enrage Francisco Castejón, d’Écologistas en Acción. L’enjeu est important : si cette centrale rouvre, cela ouvre la voie à la prolongation de tous les réacteurs jusqu’à soixante ans d’existence. Voilà pourquoi il faut barrer la route à cette irresponsabilité.» Du côté de Greenpeace, comme pour les partis de l’opposition, on voit une stratégie derrière la construction d’un site de déchets à Almaraz, née douze ans après Garoña : «Si ce projet voit le jour, souligne la militante Raquel Montón, cela sera une façon de nous mettre devant le fait accompli, d’annoncer que la centrale ne fermera pas avant belle lurette.»

«Déficiences»

C’est exactement la crainte des autorités portugaises : qu’avec le prétexte de ce site de stockage, Almaraz poursuive son activité pendant une ou deux décennies. A Lisbonne, on y voit un foyer de dangerosité car, en cas de fuites, les déchets radioactifs pourraient pénétrer sur le territoire par voie aérienne ou fluviale, via le Tage, dont l’embouchure borde la capitale. Cette préoccupation s’est accentuée ces dernières années, avec la multiplication d’incidents à la centrale d’Almaraz. En février 2015, cinq inspecteurs du CSN avaient noté des «déficiences» et des «pannes» dans la tour de refroidissement. Le Mouvement ibérique antinucléaire (MIA), qui réunit une cinquantaine de mouvements écologistes et citoyens, et qui multiple les manifestations – devant le consulat espagnol à Lisbonne ou le ministère de l’Energie à Madrid – répète haut et fort que cette centrale est «obsolète». Comment se dénouera ce conflit ultrasensible ? «Je ne peux une seule seconde imaginer que la Commission européenne ne nous donne pas raison », a déclaré le ministre portugais de l’Environnement, João Matos Fernandes. « Car l’Espagne a clairement enfreint les traités

Equo, formation écologiste espagnole qui soutient la position portugaise, ne cache pas son inquiétude : «L’ennui, et c’est une évidence, c’est que plus on repousse la durée de vie d’une centrale comme Almaraz, plus les risques d’accident fatidique sont importants.» De son côté, comme à son habitude, le gouvernement de Mariano Rajoy pratique la stratégie du mutisme et de l’évitement. Il reviendra aux juges européens la responsabilité de trancher.

Article de François Musseau

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/19/le-bon-voisinage-hispano-portugais-menace-par-une-querelle-nucleaire_1549564

 

Fév 20

SOUTIEN À LA MOBILISATION CONTRE LE PROJET CIGÉO À BURE

Réseau SDNCommuniqué du Réseau Sortir du Nucléaire :

Suite aux journées de mobilisation contre le projet de poubelle nucléaire Cigéo qui ont été organisées du 14 au 18 février, le Réseau “Sortir du nucléaire“ réaffirme son soutien à toutes celles et ceux engagé-e-s dans la lutte à Bure et aux personnes arrêtées ce samedi.

L’appel à actions décentralisées lancé il y a quelques semaines, a reçu un large écho et de nombreuses actions ont été organisées partout en France (Valence, Montpellier, Grenoble, La Turballe…), marquant une amplification de la lutte contre l’enfouissement des déchets nucléaires au niveau national.

La manifestation du samedi 18 février, qui a rassemblé plus de 600 personnes au bois Lejuc puis devant l’ »écothèque » [1] de l’ANDRA, a permis de montrer la détermination de l’ensemble du mouvement à défendre le bois Lejuc et à mettre fin en urgence au projet Cigéo ainsi qu’à la production de déchets radioactifs. Cette journée de mobilisation, qui a allié rassemblement grand public, découverte de la vie des occupant-es de la forêt, protestation devant l’écothèque et soirée festive dans le bois, a également permis d’affirmer une solidarité sans faille entre opposants, habitants, associations historiques et nouveaux arrivés dans la lutte.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ rappelle que CIGÉO, ce projet d’enfouissement démesuré, aux coûts ruineux et dont les risques ont été abondamment documentés (risque d’explosion et d’incendie souterrain, risque d’accident lors du transport de déchets, impacts environnementaux…), a été imposé aux habitants de la région. Ceux-ci n’ont jamais été consultés et leurs manifestations et demandes de référendum, pourtant motivées par des craintes fondées, ont été ignorées par les élus et les gouvernements successifs. Après plus de 20 années de mobilisation sans relâche et de juste colère contre un projet illégitime, c’est un message d’avertissement qui a été lancé à la filière nucléaire : « Gardez vos déchets, nous gardons la forêt ! ».

Alors que les jours à venir seront décisifs sur le plan juridique, nous appelons, en cas d’expulsion ou de répression à Bure, l’ensemble du mouvement antinucléaire à se tenir prêt à défendre le Bois Lejuc et à soutenir la lutte contre l’implantation du projet de méga-poubelle nucléaire CIGÉO, en venant sur place ou en organisant des actions de soutien décentralisées.

Contact presse : 06 86 74 85 11
Notes :

[1] L’écothèque située en contrebas du laboratoire de l’Andra est le lieu où l’agence prétend conserver la biodiversité qui sera détruite par les travaux de CIGEO. En juin 2016, alors que l’Andra rasait plusieurs hectares dans le bois Lejuc, elle organisait dans ce bâtiment une exposition invitant à découvrir la forêt. Ce site est une illustration parfaite du greenwashing pratiqué par l’Andra.

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/

Fév 20

VIOLENTS AFFRONTEMENTS AVEC LES FORCES DE L’ORDRE LORS DE LA MANIFESTATION À BURE DANS LA MEUSE.

BureEnviron 600 opposants au projet Cigéo de stockage des déchets nucléaires ont constitué un long cortège avant un affrontement avec la gendarmerie mobile en fin d’après-midi.

Le rassemblement se voulait « festif et pacifique », selon ses organisateurs. Mais l’idée de rapporter à l’Andra au seuil de son laboratoire des fragments de l’enceinte de béton qu’ils ont détruits en août dernier au bois Lejuc a mis le feu aux poudres. Les forces de l’ordre avaient anticipé la manœuvre en déployant un solide dispositif de gendarmes mobiles, barrière anti-émeute en appui, afin de bloquer la petite route qui mène de Bure aux installations du promoteur de Cigéo, le stockage géologique de déchets radioactifs.

Bref, on ne passe pas. L’affrontement est alors inéluctable et commence vers 16 h 30 par l’envoi d’une salve de grenades lacrymogènes sur le cortège des antinucléaires. Celui-ci éclate alors en plusieurs groupes dans les champs et autour de l’écothèque dont les clôtures sont jetées à terre. À coups de grenades assourdissantes, la police tente de repousser les assaillants qui ripostent par des jets de pierre.

Situation confuse, fumées, brasiers, cris et blessés. Vers 19 h, les opposants refluent vers Bure et leur « Maison de la Résistance ».

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2017/02/19/affrontements-entre-manifestants-anti-nucleaire-et-forces-de-l-ordre

Fév 20

HAMON-JADOT : UN ACCORD POUR SORTIR DU NUCLÉAIRE ?

Hamon JadotEXCLUSIF – Fermeture des centrales, abandon de Notre-Dame-des-Landes, dose massive de proportionnelle… Le projet commun sur lequel doivent s’accorder les deux candidats à la présidentielle, Benoît Hamon et Yannick Jadot, est en phase de finalisation.

Les équipes de Benoît Hamon et de Yannick Jadot négocient pour s’accorder sur un projet commun. (Sipa)

Ils ne se quittent plus d’une semelle. Depuis une semaine, les proches de Benoît Hamon et de Yannick Jadot multiplient les échanges. « Les discussions avancent bien et c’est une excellente nouvelle, se réjouit Jadot. J’ai bon espoir qu’il existe en milieu de semaine un projet écologiste social et européen partagé entre Benoît Hamon et moi et, je l’espère, Jean-Luc Mélenchon et d’autres. Je ne serai pas celui qui laissera passer ce moment politique aussi inattendu qu’historique. » Les choses ne sont pas si simples : un déplacement commun entre le socialiste et l’écolo était envisagé pour le début de la semaine, avant d’être reporté. Le plus dur, toutefois, est derrière eux. Depuis que Hamon déclare être devenu écolo et ne plus croire au dogme de la croissance, le terrain est déminé. « Le ton des socialistes avec nous a changé par rapport à 2012« , note Jérôme Gleizes, l’un des négociateurs écologistes. « Nous avons écrit un relevé de conclusions commun« , raconte un négociateur socialiste.

Jamais les écolos n’ont obtenu un texte aussi proche de leur projet

Que dit l’accord, en l’état? Les deux équipes se sont entendues sur la sortie du nucléaire, thème identitaire s’il en est pour les écologistes.

« Oui, il y a un principe de sortie« , confie un négociateur socialiste. Avec comme échéance des dates proches du scénario de l’association négaWatt, soit l’année 2050.

Les centrales les plus vétustes devant être fermées durant le prochain quinquennat.

Toujours au rayon nucléaire, le centre d’enfouissement en profondeur des déchets de Bure (Meuse) devrait être abandonné. « Il y a un accord de principe », se félicite-t-on côté écolo. « A priori, nous ne sommes pas en désaccord avec cela. Mais on veut bien comprendre, donc on vérifie« , précise-t-on dans l’équipe de Hamon. La seule divergence est sur le nucléaire militaire. « On propose d’abandonner la force aéroportée mais, en signe de bonne volonté, de garder les sous-marins, indique un membre de la direction écolo. Chez Hamon, ils disent qu’avec Trump et Poutine au pouvoir le contexte n’est pas au désarmement. »

Sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Hamon s’était déjà beaucoup avancé lors de la primaire en expliquant qu’il suspendrait la déclaration d’utilité publique parce que cette infrastructure créerait « plus de discorde et de désordre qu’elle n’apporte[rait] de perspectives économiques« . Une façon d’enterrer le projet. Ce que l’accord confirmera. « Mais il faudra trouver des compensations pour développer le tissu économique nantais« , explique un négociateur socialiste. « On va aller travailler en profondeur sur tout ce qu’EELV appelle les ‘grands projets inutiles’ comme le Lyon-Turin« , ajoute ce même interlocuteur. Jamais les écologistes n’ont obtenu un texte aussi proche de leur projet.

«La proportionnelle intégrale, non. Avec une prime majoritaire, c’est le maximum de ce que l’on peut accepter»

Reste la proportionnelle. L’idée de l’appliquer dès les prochaines législatives a été soulevée pour être aussi tôt écartée en raison de son infaisabilité. La dose devrait être massive. « La proportionnelle intégrale, non. Une proportionnelle avec une prime majoritaire, c’est le maximum de ce que l’on peut accepter. Mais une grande partie des nôtres sont pour un scrutin mixte combinant majoritaire et proportionnelle », développe un proche de Hamon.

Ultime obstacle : la négociation sur les législatives. Une fois l’accord global conclu, les sympathisants écolos devront encore le valider. Le vote devrait être organisé cette fin de semaine. Seulement après, Jadot pourra retirer sa candidature.

Article d’Arthur Nazaret – leJDD.fr

http://www.lejdd.fr/Politique/Hamon-Jadot-un-accord-pour-sortir-du-nucleaire-848693

Fév 20

SUISSE : LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE LEIBSTADT À NOUVEAU À L’ARRÊT: BERLIN VEUT DES EXPLICATIONS

Suisse LeibstadtLa centrale nucléaire argovienne a dû être éteinte vendredi soir. Le Ministère allemand de l’environnement demande à rencontrer au plus vite les autorités suisses.
L’arrêt a été effectué manuellement vendredi soir à 23h28. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a été immédiatement avertie. Les mesures effectuées autour de la centrale n’ont révélé aucune augmentation de la radioactivité, a écrit l’IFSN. L’autorité de surveillance de la Confédération a classé l’incident à «0» sur l’échelle internationale de dangerosité.
Mais la secrétaire d’État au Ministère allemand de l’environnement Rita Schwarzelühr-Sutter a jugé «regrettable» que la centrale soit à nouveau connectée au réseau bien que les causes des dommages à l’enveloppe des réacteurs ne semblent pas être totalement clarifiées.
La centrale nucléaire avait été reconnectée au réseau vendredi à 17h33, après une pause forcée de six mois. Des tests de fonctionnalité avaient été effectués pour amener progressivement l’installation à son niveau normal d’exploitation, a expliqué la société d’exploitation KKL dans un communiqué.

Retour lundi
Mais soudain en soirée, lors d’une opération sur le condensateur des turbines, le système de filtrage et d’échappement du gaz n’a pas fonctionné comme prévu. Selon la procédure en vigueur, le réacteur a été éteint manuellement et de façon ordonnée, poursuit KKL. Ce condensateur se trouve dans une salle des machines qui fait partie du domaine non-nucléaire de la centrale.
Le système d’échappement devait être remis en état durant le week-end. KKL prévoyait de reconnecter la centrale au réseau dès lundi.
Rien à voir
Tant l’IFSN que l’exploitant ont assuré que cet incident n’a rien à voir avec les assèchements constatés en août 2016, qui avaient conduit à l’arrêt de la centrale. Les experts avaient alors détecté des traces d’oxydation sur des barres de combustibles dues à des états d’ébullition critiques («dryouts» ou assèchements).
Lors du redémarrage d’une centrale, divers tests sont effectués. Des «écarts» peuvent se produire, cela n’a rien d’inhabituel et les prescriptions d’usage sont réglées de telle façon à garantir la sécurité des êtres humains et de l’environnement, a encore indiqué l’IFSN. L’autorité va analyser l’incident, comme il est prévu pour ce genre de cas.
L’IFSN avait donné son feu vert pour le redémarrage de Leibstadt jeudi. Pour éviter de nouveaux assèchements, elle a ordonné une réduction de la puissance thermique à 88% jusqu’à la prochaine révision prévue à la mi-septembre. La centrale devra en outre être immédiatement arrêtée en cas d’augmentation des émissions de gaz radioactifs, qui sont le signe d’une perte d’intégrité des barres de combustible.
Berlin veut savoir
Le Ministère allemand de l’environnement demande à rencontrer au plus vite les autorités suisses de surveillance afin de recevoir des explications. Critiquant samedi la décision, la secrétaire d’État au Ministère allemand de l’environnement Rita Schwarzelühr-Sutter a jugé «regrettable» que la centrale soit à nouveau connectée au réseau bien que les causes des dommages à l’enveloppe des réacteurs ne semblent pas être totalement clarifiées.
Son ministère a dès lors demandé à rencontrer des représentants de l’IFSN le plus tôt possible afin de pouvoir comprendre les raisons qui ont conduit à la décision contestée. La population allemande résidant à la frontière se montre en effet très inquiète, fait savoir la secrétaire d’État.
Samedi, une manifestation organisée par les Verts devant la centrale a une nouvelle fois dénoncé une réouverture «irresponsable» (nos photos Keystone). L’installation aurait dû rester fermée jusqu’à ce que la cause des assèchements soit éclaircie. Une quarantaine de personnes étaient présentes.
16’000 pétitionnaires
De nombreuses voix, dont Greenpeace et la Fondation suisse pour l’énergie, ont aussi critiqué la reprise de l’activité de la centrale. Une pétition lancée par le conseiller national Balthasar Glättli (Verts/ZH) a été signée par 16’000 personnes et remise à l’IFSN.
Une douzaine d’organisations de Suisse et d’Allemagne avaient également demandé l’arrêt de la centrale dans une lettre au Conseil fédéral. Le Land allemand du Bade-Wurtemberg et le Vorarlberg autrichien sont aussi intervenus pour reporter l’ouverture de la centrale.

http://www.tdg.ch/suisse/Leibstadt-a-l-arret-Berlin-veut-des-explications/story/11456759

Fév 19

ACTION À LANNION CONTRE LE NUCLÉAIRE

Le TrégorEn solidarité avec les militants antinucléaire de Bure, dans la Meuse, les membres de l’association trégorroise Sortir du nucléaire ont organisé samedi matin à Lannion une opération de « pétition-photo » intitulée : « Ma bobine dit non à Bure ». Tous s’étaient donné rendez-vous sur le pont Sainte-Anne afin de dénoncer le projet d’enfouissement souterrain des déchets nucléaires et notamment du futur centre Cigéo de Bure.

Un projet qu’ils jugent inacceptable, au motif que « le risque est grand de voir un jour la radioactivité s’échapper de ce site. Nous savons de quoi nous parlons en constatant que l’industrie nucléaire n’a pas été capable de garder correctement la mémoire d’anciennes mines d’uranium créées il y a une soixantaine d’année comme l’ancienne mine d’uranium de Buhulien. »

Pour Laurent Lintanf, président de Sortir du nucléaire–Trégor, les choses sont claires :

Sortir du nucléaire, il faut absolument le faire. Produire une énergie 100 % d’origine renouvelable, on peut le faire.

A l’issue de la manifestation, chaque personne volontaire s’est fait prendre en photo avec l’écriteau « Cigéo Bure, je dis non ». 8 500 photos ont déjà été réalisées dans toute la France. L’objectif étant d’arriver à 10 000. Les photos seront ensuite affichées sur un site.

Prochaine action pour l’association : jeudi 23 mars à 20h30 à l’espace Sainte Anne, projection du film « 100 000 ans sous nos pieds » suivie d’un débat avec Irène Gunepin du collectif Bure-Stop.

Photos : Isabelle Philippet

Fév 19

CHALONS S/SAÔNE: L’ASSOCIATION ACTE ALERTE SUR LES DANGERS DU NUCLÉAIRE

Acte« Stop au nucléaire », « Humanité en péril », « Barrons la route à l’uranium »… autant de slogans qui étaient affichés ce samedi après-midi au rond-point de l’IUT à Chalon. L’Association chalonnaise pour la transition énergétique (ACTE) a mené une action de sensibilisation face aux risques nucléaires, en demandant plus précisément la fermeture de la centrale du Bugey, située à 110 km de Chalon. Comme le rappelle le président Alain Crochemore, « la centrale du Bugey est la deuxième plus vieille centrale de France après celle de Fessenheim et cette centrale est un danger permanent ». En se plaçant à un rond-point qui enregistre 5000 véhicules par heure, ils voulaient éveiller l’attention sans pour autant embêter les automobilistes car aucun ralentissement n’était occasionné. Il s’agissait d’informer, de redire que« des alternatives sont possibles et des économies d’énergie peuvent être faites régulièrement, sans bousculer nos modes de vie ». ACTE est membre du collectif STOP Bugey et participera le 18 mars prochain à l’occupation de cinq ponts, à Lyon, ville située à 30 km du Bugey.

Stéphanie Albane (CLP)

http://www.lejsl.com/edition-de-chalon/2017/02/19/acte-alerte-sur-les-dangers-du-nucleaire

Fév 19

LES ÉTATS-UNIS S’ASSURERONT QUE L’IRAN N’OBTIENNE JAMAIS LA BOMBE NUCLÉAIRE, SELON MIKE PENCE

PenceDans son intervention à la Conférence de Munich sur la sécurité, le vice-président américain Mike Pence a déclaré que l’allégement des sanctions sur le programme nucléaire iranien avait donné à Téhéran plus de libertés pour menacer la région.

«Sous l’administration Trump, les États-Unis resteront pleinement engagés pour s’assurer que l’Iran n’obtienne jamais l’arme nucléaire et ainsi menacer nos pays, nos alliés dans la région et surtout Israël», a déclaré Mike Pence en marge de la 53e Conférence de Munich sur la sécurité.

Le vice-président américain a qualifié l’Iran de «principal sponsor du terrorisme» et a critiqué l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en juillet 2015 entre l’Iran et six autres pays (la Russie, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Chine). Selon lui, cet accord a laissé Téhéran «déstabiliser le Moyen-Orient».

«L’Europe doit faire plus en matière de Défense»

En évoquant le sujet de la Défense et l’effort que chacun des pays membres doit consentir au financement de l’OTAN, Mike Pence a noté que les pays européens «échouaient à payer une part équitable», ce qui sape «les fondements même» de l’alliance. «Le temps est venu de faire plus», a-t-il déclaré sans détour.

Mike Pence a malgré tout souligné que les États-Unis resteraient toujours «le plus grand allié de l’Europe» et que Washington soutenait «fermement» l’OTAN.

Moscou responsable de la crise ukrainienne, selon Washington

«Les États-Unis continueront de tenir la Russie pour responsable [pour le conflit dans l’Est de l’Ukraine], même si nous cherchons un nouveau terrain d’entente», a soutenu le vice-président, en ajoutant que Donald Trump estimait que ce terrain d’entente pourrait être trouvé.

https://francais.rt.com/international/34168-etats-unis-sassureront-iran-jamais-nuclaire-pence

Fév 19

L’IRAN N’A AUCUNE INTENTION DE FABRIQUER UNE ARME NUCLÉAIRE » (ZARIF)

IranPour le ministre iranien, la présence israélienne en Cisjordanie est la cause de la montée des extrémismes

Téhéran n’a aucune intention de fabriquer une arme nucléaire, a déclaré dimanche matin le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif lors de la Conférence sur la Sécurité de Munich, une réunion annuelle du gratin diplomatico-militaire mondial.

Lors de son intervention, le ministre iranien a visé l’Occident, estimant que la montée du terrorisme au Moyen-Orient dans la région datait de l’intervention des forces étrangères, se référant à la guerre en Irak menée par les États-Unis en 2003.

Zarif a également affirmé que « la montée des extrémismes dans la région est due à l’absence d’espoir, à la marginalisation, et aux occupations étrangères, notamment celle de la Palestine« .

Le chef de la diplomatie iranienne a également abordé la question de la Syrie, accusant les groupes du Front al-Nosra et de l’État islamique, d’avoir utilisé des armes chimiques pendant le conflit ; un usage qui ne saurait « être toléré« .

Lieberman ne rencontrera pas Zarif

Zarif devait au départ intervenir à une session intitulée « Crises anciennes, nouveau Moyen-Orient?« , en compagnie du ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman, du ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir et de son homologue turc Mevlut Cavusoglu.

Mais les organisateurs ont annulé la session, et l’ont remplacée par des interventions séparées, après que le dirigeant israélien a déclaré se réjouir d’une telle confrontation.

Vendredi soir, Lieberman a indiqué qu’il était impatient de participer à cette rencontre, ajoutant qu’il espérait Zarif allait rester dans la salle pour entendre « exactement ce qu’ (il) pense au régime des ayatollahs de Téhéran« .

« Le plus grand danger pour la stabilité de tout le Moyen-Orient est l’Iran. L’Iran avec tous ses projets nucléaires, ses tentatives de faire sauter tous les États et de nuire à la stabilité de chaque pays ; que ce soit le Yémen, le Liban, la Syrie ou Israël« , a-t-il affirmé à plusieurs ministres de la Défense lors de la conférence.

« J’espère que le ministre des Affaires étrangères Zarif sera dans la salle quand je parlerai« , a ajouté Lieberman.

La réunion de ministres israéliens et iraniens sur une même scène dans une telle manifestation aurait été une première. Les deux pays sont des ennemis notoires sur le plan diplomatique, les dirigeants iraniens ayant affirmé à plusieurs reprises leur volonté de voir disparaître ce qu’ils qualifient d' »ennemi sioniste« .

Vendredi matin, Lieberman, qui rencontrait pour la première fois à Munich son nouvel homologue américain James Mattis, a martelé que « les trois problèmes essentiels (des deux pays) étaient l’Iran, l’Iran, l’Iran« , et qu’il était urgent de former une coalition efficace contre le soutien que Téhéran apporte aux organisations terroristes, et contre ses programmes balistique et nucléaire.

Lieberman a affirmé que la Corée du Nord et l’Iran étaient les deux extrémités de « l’axe du mal« , auquel « appartiennent également le Hezbollah et le régime syrien d’Assad« .

http://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/138036-170219-zarif

Fév 19

WASHINGTON ÉVOQUE LE RECOURS À L’ARME NUCLÉAIRE CONTRE LA MENACE NORD-CORÉENNE

CoréeLes États-Unis sont « déterminés » à défendre la Corée du Sud et le Japon, y compris avec le recours à la dissuasion nucléaire, a affirmé aujourd’hui le secrétaire d’État américain Rex Tillerson, suite au tir de missile nord-coréen dimanche dernier.

Dans une déclaration commune avec ses homologues sud-coréen et japonais, il a condamné « de la manière la plus forte » le tir de missile de Pyongyang et réaffirmé que « les États-Unis restent déterminés à respecter leur engagement de défense à l’égard de leurs alliés, la République de Corée et le Japon, y compris celui de fournir une dissuasion étendue, soutenue par la palette entière de ses capacités de défense nucléaires et conventionnelles« .

Réunis à Bonn, en Allemagne, pour une rencontre du G20, M. Tillerson et les ministres sud-coréen, Yun Byung-se, et japonais, Fumio Kishida, ont à nouveau demandé à la Corée du Nord « d’abandonner son programme nucléaire et balistique interdit de manière complète, vérifiable et irréversible« .

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà condamné lundi à l’unanimité le tir de missile effectué la veille par la Corée du Nord et menacé de « prendre de nouvelles mesures significatives » contre Pyongyang.

Les résolutions de l’ONU interdisent à Pyongyang tout programme nucléaire ou balistique. Depuis le premier essai nucléaire nord-coréen de 2006, le régime a essuyé six volées de sanctions qui ne l’ont pas convaincu d’abandonner ses ambitions militaires.

Le missile balistique Pukguksong-2, testé dimanche par la Corée du Nord, a parcouru environ 500 kilomètres avant de retomber dans la mer du Japon.

Le missile a été lancé depuis une rampe mobile et non depuis un site fixe, ce qui en fait une arme plus difficile à contrer pour les États-Unis et leurs alliés.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/02/16/97001-20170216FILWWW00344-coree-du-nord-washington-evoque-l-arme-nucleaire-pour-defendre-la-coree-du-sud-et-le-japon.php

Fév 19

À BURE, LES ANTI-NUCLÉAIRES MANIFESTENT AU BOIS LEJUC

BureIls étaient un peu plus de 500 personnes ce samedi à venir protester à Bure, dans la Meuse, contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs. Un rassemblement dans le bois Lejuc, forêt devenue le symbole de la mobilisation des anti-nucléaires.

Des masques de hibou de toutes les couleurs, c’est ce que portent de nombreux manifestants, une façon de se cacher le visage mais aussi un clin d’œil à la forêt. Parce que c’est bien pour le bois Lejuc qu’ils sont là. C’est sur ce site que l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, qui porte le projet d’enfouissement de déchets radioactifs, veut construire des cheminées d’aération de galeries souterraines. Les anti-nucléaires occupent ce bois depuis des mois, mais ce samedi, il s’agissait de marquer le coup, alors qu’ils pourraient bientôt être expulsés de la forêt.

Ils sont plus de 500, des militants anti-nucléaires, quelques habitants du coin, des opposants venus d’ailleurs. Un bus est même venu de Notre Dame des Landes. Mais Xavier, maraîcher à quelques kilomètres d’ici, rêve à une manifestation géante : « Il faudrait qu’on soit 20 000, 30 000 ! Le projet d’aéroport à Nantes, c’est catastrophique, mais le nucléaire est dangereux pour une durée encore bien plus longue ! »

Le cortège, d’abord réuni au centre du village de Bure, se met en marche, direction le bois Lejuc. Les occupants en profitent pour faire visiter la forêt. Ici, des morceaux de mur construits par l’Andra et démolis cet été par les manifestants.

Là, des cabanes accrochées dans les arbres. Pour John, l’un des militants, « contrairement à ce que dit l’Andra, ce n’est pas seulement de la dégradation, c’est une vision de construction, d’habitation et de vie« .

La suite du programme, c’est une marche vers le laboratoire de l’Andra, à quelques centaines de mètres, lourdement protégé par plusieurs camions de gendarmes mobiles. Des grilles ont déjà été renversées cette semaine, mais pour Claude Kaiser, conseiller municipal dans une commune de la Meuse, la violence n’est pas du côté des manifestants : « Nos actions sont parfois qualifiées de violentes et d’illégales, mais c’est ridicule par rapport à ce qu’ils font« . L’association des élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs dont il fait partie « soutiendra jusqu’au bout tous les opposants quelques soient les actions qu’ils utilisent« .

Des affrontements ont finalement eu lieu en fin d’après-midi devant le laboratoire, entre manifestants et forces de l’ordre. La préfecture de la Meuse indiquait samedi soir que des dégradations ont été constatées sur le site de l’Andra, notamment sur des clôtures, et que l’Agence allait porter plainte. Les opposants déclarent quant à eux deux blessés.

Des batailles juridiques

Pour l’instant, les opposants restent dans le bois Lejuc. Le Tribunal administratif de Nancy doit se prononcer jeudi 22 février sur une éventuelle expulsion. D’autres batailles devant la justice les attendent : le 28 février, par exemple, le même tribunal doit dire si oui ou non, la cession du bois Lejuc à l’Andra s’est faite dans les règles. Nous avons contacté l’Andra qui n’a pas répondu à nos sollicitations.

Par Magali Fichter, France Bleu Sud Lorraine

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/bure-les-anti-nucleaires-manifestent-au-bois-lejuc-1487447226

Fév 18

SÛRETÉ NUCLÉAIRE : LA FRANCE FACE À « DES ENJEUX SANS PRÉCÉDENT »

Sûreté nucléaireIl faut décider avant 24 mois la prolongation des plus anciennes centrales nucléaires françaises. Avec l’entrée en service, encore problématique, de l’EPR, c’est un « défi sans précédent » en termes de sûreté, selon Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de la sûreté nucléaire (ASN). Voici son interview en version longue, en complément de notre enquête à lire depuis hier et jusqu’à dimanche dans nos éditions papier sur l’avenir du modèle énergétique français.
Existe-t-il, en l’état, des doutes sur la sécurité des réacteurs français, qu’il s’agisse de ceux dont des pièces ont été réalisées au Creusot ou des autres ?
Dans le cadre des investigations qui sont menées depuis le printemps 2015, l’ASN a imposé à l’exploitant des contrôles sur les 18 des 58 réacteurs français. Sur les autres réacteurs, nous avons estimé qu’aucun arrêt n’était requis. Mais ce que nous avons constaté au Creusot, des anomalies qui ressemblent à des falsifications, rend absolument nécessaire de poursuivre l’examen de ce qui y a été produit.
Ceci concerne d’une part les pièces dont les anomalies étaient décrites dans des dossiers internes marqués par une barre, les fameux 400 dossiers « barrés » dont 100 concernent la France. Un seul réacteur est encore à l’arrêt du fait d’anomalies ayant fait l’objet d’un dossier « barré », il s’agit de Fessenheim 2.
Nous avons par ailleurs constaté que d’autres anomalies pouvant s’apparenter à des falsifications existent, mais sans avoir fait l’objet de dossiers spécifiques. Il y a, à ce jour, deux cas d’installations à l’arrêt et entrant dans cette catégorie, Gravelines 5 et Flamanville 3.
Compte tenu de la pratique de dissimulation des défauts techniques au Creusot qui n’a été percée à jour que récemment, est-on certain que d’autres fournisseurs n’ont pas fait de même ?

On ne peut pas exclure a priori que des anomalies du même type se soient produites chez d’autres fournisseurs. La Corée du Sud, par exemple, a été confrontée il y a 5 ans à des falsifications sur des cartes électroniques. Tout repose sur des contrôles en chaîne, EDF, Areva devant en premier lieu assurer le contrôle des pièces qui leur sont fournies, l’ASN intervenant ensuite.
Ce que nous avons constaté impose de revoir cette chaîne du contrôle. D’où les propositions que l’ASN formulera à la mi-2017. En tout état de cause, le contrôle suppose non seulement le respect de procédures mais aussi un investissement en moyens humains. Ceux-ci ne doivent pas être affectés par les difficultés budgétaires du moment.
Le parc nucléaire français vous semble-t-il bien préparé à la nécessité de réaliser des contrôles non prévus ?
Nous avions dit, en 2013, lors des débats préparatoires à la loi de programmation énergétique qu’on pourrait avoir à stopper jusqu’à 10 réacteurs en même temps. La suite nous a donné raison puisque la récente vague de contrôles nous a amenés à décider d’en arrêter 12…
Nous avons heureusement pu autoriser des redémarrages rapides, une fois les contrôles faits, avant le plus gros de la vague de froid. Mais nous avions vu juste : il faut que le système électrique français ait des marges suffisantes. Ensuite, il appartient au politique de décider si, pour cela, il faut prévoir des capacités de production supplémentaires, des réserves d’approvisionnement auprès de fournisseurs étrangers ou une capacité accrue de réduction de la consommation.
L’ASN dispose-t-elle des moyens suffisants pour assurer sa mission ?

Ma première préoccupation, ce sont les moyens des industriels eux-mêmes, qu’il s’agisse du Commissariat à l’énergie atomique, d’EDF ou d’Areva. Tous trois traversent des difficultés financières. Or tous sont, comme nous, à l’ASN, confrontés à des enjeux sans précédent.
Pour ce qui nous concerne, nous disposons d’un effectif de 1 000 personnes, dont 500 provenant de l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. Nous avons besoin de 200 personnes supplémentaires. Nous avons déjà obtenu 70 postes mais ce n’est pas suffisant.

Pourquoi parler des « enjeux sans précédents » ?
Parce que l’essentiel du parc de grosses installations nucléaires françaises a été créé à la même période et atteint aujourd’hui la quarantaine d’années. Il y a tout d’abord les 58 réacteurs des 19 centrales.
Pour une éventuelle prolongation de leur activité, par tranche de dix ans, demandée par EDF mais qui restera soumise à notre approbation, EDF estime le montant des travaux à plus de 50 milliards. À supposer même que ce qu’EDF propose nous paraisse suffisant. On ne réalise et ne contrôle pas comme ça 50 milliards de travaux.
Il y a également l’usine de retraitement de La Hague. Je rappelle que ce sont des contrôles réalisés à notre demande sur les évaporateurs concentrateurs de produits de fission qui ont révélé une corrosion plus rapide que prévue.
S’y ajoutent, enfin, les réacteurs de recherche les plus anciens à Cadarache, Saclay, Marcoule.
Au total, on compte 150 grosses installations nucléaires arrivant au stade des 40 ans.
S’y ajoutent les nouvelles exigences consécutives à la catastrophe de Fukushima…
En effet, il s’agit de garantir la capacité de refroidir le réacteur en cas de fusion du cœur nucléaire. Cela suppose de pouvoir amener de l’eau en toutes circonstances. Les moyens mobiles sont déjà en place, c’était la première étape. Il faut maintenant passer aux moyens à poste fixe, avec des groupes électrogènes et des pompes, dans des casemates en béton les protégeant d’agressions externes extrêmes.
Enfin, il y a la future entrée en service des équipements neufs tels que l’Iter et le réacteur Jules-Horowitz de Cadarache, ainsi que, bien sûr, l’EPR de Flamanville.
Quels problèmes spécifiques l’EPR pose-t-il en matière de sûreté ?
En tant que tel, l’EPR n’est pas un problème mais une solution. Il améliore la sûreté, notamment en matière de protection contre les risques externes de tout type. On note d’ailleurs que l’application des normes Fukushima a entraîné très peu de modifications au design de l’EPR, qui est un très bon design.
L’EPR enregistre tout de même un retard très important…
Les problèmes rencontrés concernent la réalisation, du fait d’une perte d’expérience, dans le béton, dans le forgeage de l’acier, liée à une pause dans l’activité de plus de 10 ans.
Où en est-on exactement dans la résolution du problème posé par la découverte de concentrations excessives de carbone dans l’acier de la cuve et du couvercle de l’EPR ?
Les pièces concernées, le couvercle et le fond de la cuve, ont été fabriquées en 2006. L’ASN a demandé des mesures de carbone dès 2007. Elles n’ont eu lieu qu’en 2012 et les résultats, qui montrent des concentrations de carbone plus forte de 50 % que la normale, ont été confirmés début 2015. Sur les solutions possibles, les industriels ont remis leur dossier fin décembre. L’ASN pourrait se prononcer à la mi-2017.

La prolongation des centrales françaises au-delà des 40 ans, c’est acquis ?
Il y a une procédure en deux étapes. D’abord, on regarde les centrales de manière globale, ce qui est possible puisque le parc français est standardisé. Les discussions techniques ont commencé il y a deux ans. L’ASN rendra son avis en 2019, plus tard que ce qui était initialement prévu car nous avons demandé des études complémentaires.
Ensuite, on étudiera chaque réacteur, un par un, en considérant ses spécificités propres, tels que le risque sismique, d’inondation, etc. Puis, les décisions seront rendues, après enquête publique.
Le planning est assez tendu, puisque c’est en 2019 qu’interviendra la première échéance d’autorisation d’exploitation, qui est celle de Tricastin 1.

http://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/la-surete-nucleaire-face-des-enjeux-sans-precedent-4807413

Fév 18

SUISSE : LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE LEIBSTADT A ÉTÉ RECONNECTÉE AU RÉSEAU MALGRÉ SON PROBLÈME NON RÉSOLU !

SuisseLa centrale nucléaire de Leibstadt (AG) a été reconnectée au réseau vendredi à 17h33. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a donné son feu vert la veille. La centrale était à l’arrêt depuis août 2016.

La centrale a redémarré vendredi en fin d’après-midi, a indiqué en soirée la société d’exploitation KKL. Le réacteur ne tourne toutefois pas à plein régime, condition fixée par l’IFSN.

La centrale était à l’arrêt depuis la révision annuelle d’août 2016. Les experts avaient alors détecté des traces d’oxydation sur des barres de combustibles dues à des états d’ébullition critiques (« dryouts » ou assèchements).

Puissance thermique réduite à 88%

Pour éviter de nouveaux assèchements, l’IFSN a ordonné une réduction de la puissance thermique à 88% jusqu’à la prochaine révision prévue à la mi-septembre.

La centrale devra en outre être immédiatement arrêtée en cas d’augmentation des émissions de gaz radioactifs, qui sont le signe d’une perte d’intégrité des barres de combustible.

https://www.rts.ch/info/suisse/8397478-la-centrale-nucleaire-de-leibstadt-a-ete-reconnectee-au-reseau.html

Fév 18

UN PROJET DE LOI SUR LE DÉPLOIEMENT DE MISSILES NUCLÉAIRES EN EUROPE PROPOSÉ AU CONGRÈS AMÉRICAIN

Missiles EuropeSuite aux informations sur le déploiement présumé de missiles de croisière par la Russie publiées dans le New York Times, des sénateurs américains entendent contrer «l’agression russe» en déployant des missiles à capacité nucléaire en Europe.

Les États-Unis devraient déployer des missiles nucléaires à courte et moyenne portée en Europe, prévoit le nouveau projet de loi proposé au Congrès par un groupe de sénateurs dirigé par le Républicain Tom Cotton, d’après le New York Times. Cette proposition intervient après des accusations de violations par la Russie du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire de 1988, visant le démantèlement par Washington et Moscou de leurs missiles à charge nucléaire.

Parmi les mesures proposées par les sénateurs, figurent l’augmentation des dépenses de défense contre les missiles de ce type, le déploiement de systèmes américains à moyenne portée, la livraison de ces missiles aux alliés des États-Unis en Europe et la suspension de l’accord New Start sur la réduction des armes nucléaires entre Moscou et Washington. Le résumé du projet de loi peut être consulté sur le site personnel du sénateur Tom Cotton. (https://www.cotton.senate.gov/?p=press_release&id=620) (NDLR : en anglais évidemment)

Ce dernier explique cette initiative par la nécessité de mettre un terme à «l’agression russe effrénée». «Si la Russie entend essayer et déployer des missiles de croisière à moyenne portée, la logique nous force à répondre», a écrit Tom Cotton.

«On ne peut pas prendre au sérieux des publications de ce genre»

Les informations sur le déploiement présumé de missiles de croisière à capacité nucléaire par Moscou ont été annoncées le 14 février par le quotidien américain The New York Times, citant des sources dans l’administration Trump. Selon le média, la Russie aurait essayé depuis longtemps des missiles de croisière à portée plus de 500 kilomètres et aurait déployé deux bataillons impliquant quatre systèmes chacun près de ses frontières.

Moscou a réagi à ces accusations en affirmant que telles déclarations étaient infondées. «Cela n’est pas dans nos habitudes de réagir aux publications des journaux, mais comme l’article du New York Times a déjà trouvé une résonance, et son auteur se réfère à des sources anonymes dans l’administration américaine, il nous faut livrer des commentaires. Nous faisons face une énième fois à des accusations infondées, l’article ne donne aucune preuve pour appuyer de telles suspicions et accusations. Il s’agit de sources anonymes, nous avons pu observer de tels agissements sous l’ancienne administration. Bien entendu, on ne peut prendre au sérieux des publications de ce genre», a déclaré le directeur du Département pour la non-prolifération et le contrôle de l’armement du ministère russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Oulianov.

La Russie a pour sa part aussi accusé les États-Unis de violations du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Ainsi, selon Moscou, les drones d’attaque américains, les systèmes de lancement américains Mark 41 déployés en Roumanie et les missiles de croisière JASSM-ER transmis à la Pologne violent ce traité.

https://francais.rt.com/international/34123-projet-loi-deploiement-missiles-europe-congr%C3%A8s-americain

Fév 18

BELGIQUE : L’AGENCE NUCLÉAIRE REFUSE LE REDÉMARRAGE DE TIHANGE 1

TihangeLes études de sous-sol effectuées sur le site n’ont pas convaincu le régulateur.

Le réacteur de Tihange 1 est à l’arrêt depuis le 7 septembre 2016, suite au soulèvement de la dalle de sol d’un bâtiment.

Tihange 1 n’est pas à la fête. À l’arrêt depuis plus de cinq mois, Electrabel espérait relancer le plus vieux réacteur huttois d’ici la fin février. Mais l’Agence de contrôle nucléaire (AFCN) ne semble pas de cet avis. Elle vient de renvoyer Electrabel à ses études, en demandant des compléments d’information sur la stabilité et la tenue au séisme du réacteur. Et tant que ces études ne seront pas concluantes, pas question que Tihange 1 produise de l’électricité.
Le réacteur de Tihange 1 avait volontairement mis à l’arrêt par l’exploitant Electrabel le 7 septembre dernier, après le soulèvement d’une dalle d’un bâtiment du site (partie non-nucléaire). Un soulèvement qui a provoqué de multiples fissures sur la dalle, et endommagé un équipement de sûreté. Aujourd’hui, la stabilité du bâtiment où la dalle s’est soulevée n’est toujours pas clairement démontrée. De nouveaux tests sont nécessaires.

http://www.lesoir.be/1442782/article/economie/2017-02-17/l-agence-nucleaire-refuse-redemarrage-tihange-1

Fév 17

L’ARRÊT DU RÉACTEUR 1 DE FLAMANVILLE PROLONGÉ JUSQU’AU 31 MARS

FlamanvilleLe réacteur 1 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), mis hors service le 9 février dernier à la suite d’un départ d’incendie dans une zone non nucléaire, restera finalement déconnecté du réseau jusqu’au 31 mars, a-t-on appris vendredi auprès d’EDF.
L’analyse complète des dégâts causés par cet incident a montré la nécessité de réaliser des opérations « sur le système d’évacuation d’énergie qui se trouve sous l’alternateur« , a expliqué EDF à l’AFP.
Dans un premier temps, EDF prévoyait de remettre en service ce réacteur de 1.300 mégawatts le 19 février. Jeudi 9 février, « une détonation et un départ de feu« , selon les termes de l’Autorité de sûreté nucléaire, ont eu lieu sous cet alternateur dans la salle des machines du réacteur, soit dans une zone non nucléaire de la centrale.
Vendredi, neuf réacteurs étaient à l’arrêt sur les 58 que compte le parc nucléaire français, d’après les données fournies par l’électricien et publiées sur le site internet de RTE.

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/l-arret-du-reacteur-1-de-flamanville-prolonge-jusqu-au-31-mars-1105004.html

Fév 17

POLYNÉSIE : OSCAR TEMARU DEMANDE L’INDEMNISATION DES VICTIMES DU NUCLÉAIRE

TemaruLors d’une soirée consacrée aux petits candidats à l’élection présidentielle, Oscar Temaru était hier soir l’invité de Mediapart. Le leader indépendantiste a été interrogé pendant 45 minutes par le directeur du journal d’investigation, Edwy Plenel. Oscar Temaru a réaffirmé que s’il obtenait plus de 50% des voix au premier tour en Polynésie, il ferait une déclaration de souveraineté. Il s’est également exprimé sur la question du nucléaire et la suppression par le parlement de la notion de risque négligeable de la loi Morin. Notion qui doit ouvrir la voie à une réelle indemnisation des victimes des essais nucléaires.
Oscar Temaru ne mâche pas ses mots. Pour écouter un extrait, aller sur:

http://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/tahiti/polynesie-francaise/mediapart-oscar-temaru-demande-indemnisation-victimes-du-nucleaire-444117.html

Fév 17

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY : GENÈVE SAISIT LA COMMISSION EUROPÉENNE

BugeyGenève continue ses efforts pour faire fermer la centrale nucléaire du Bugey (Ain) à quelques dizaines de kilomètres à vol d’oiseau des frontières du canton. Après une plainte pénale l’an dernier, Le Dauphiné Libéré a appris que la Ville avait entamé voilà quelques jours une procédure auprès de la Commission européenne contre ce qui est l’une des plus anciennes centrales de France.
Corinne Lepage, avocate de Genève dans ce dossier, estime notamment que le manque d’indépendance de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) enfreindrait le droit communautaire.

http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2017/02/16/centrale-du-bugey-geneve-saisit-la-commission-europeenne

Fév 17

L’ALGÉRIE RÉCLAME UNE INDEMNISATION POUR LES TESTS NUCLÉAIRES FRANÇAIS AU SAHARA

AlgérieAlger œuvre depuis des années pour que la France indemnise les victimes des essais nucléaires qu’elle a menés dans le Sahara de 1960 à 1966. La première bombe testée en Algérie était trois fois plus puissante que celle d’Hiroshima! Selon un expert interrogé par Sputnik, un récent forum algérien était appelé à régler le problème des indemnisations.

Paris doit indemniser les Algériens touchés par les essais nucléaires français dans le Sahara, a déclaré jeudi à Sputnik le colonel Muhammed Halfawi, expert militaire algérien, à l’issue du Forum national sur les essais nucléaires français dans le Sahara algérien et leurs conséquences sur les humains et l’environnement.

« La France reconnaît avoir mené des essais nucléaires et chimiques, mais refuse de verser des compensations aux personnes touchées. Nous appelons la France à rembourser les familles des victimes de ces explosions et ceux qui souffrent des conséquences de ces tests », a indiqué M. Halfawi.

Selon lui, les Algériens œuvrent depuis longtemps pour la reconnaissance de leurs droits.

Lors du forum, l’avocate Fatima al-Zahra bin-Brahim avait annoncé que les hommes politiques français avaient considéré les tests nucléaires comme un crime dans des entretiens avec leurs collègues algériens.

« La seule reconnaissance politique est insuffisante. Il y a des familles où des personnes ont été tuées ou sont restées handicapées. Les réactions en chaîne nucléaires continueront pendant des millions d’années. La France doit reconnaître les droits de ces personnes », insiste M. Halfawi.

Il a rappelé que les films documentaires consacrés à l’organisation des tests nucléaires dans le Sahara montrent que les Français ne se rendaient pas compte de la puissance des explosions.

« Dans un film, on voit notamment des généraux quitter en hâte le lieu des tests en avion, parce que la puissance de la bombe avait largement dépassé leurs attentes », a ajouté le colonel.

Le Forum national algérien sur les tests nucléaires français dans le Sahara algérien s’est déroulé à Alger à l’occasion du 57e anniversaire du premier essai nucléaire aérien dans le Sahara algérien le 13 février 1960 dans le cadre de l’opération « Gerboise bleue ». Initialement estimée à 13 kilotonnes, la puissance de cette explosion effectuée à Hammoudia, à 50 km de Reggane, a atteint 60 ou 70 kilotonnes, soit trois fois celle de la bombe d’Hiroshima. Elle a entraîné la projection de radiations dans une zone de 200 km de large et de 100 km de long, alors que les habitations les plus proches se trouvaient à seulement 70 km.

Trois autres essais intitulés « Gerboise blanche », « rouge » et « verte » se sont déroulés dans le sud-ouest de l’Algérie en avril 1960. Plus tard, la France a mené 57 autres essais. Après l’indépendance de l’Algérie, en 1962, 13 essais souterrains ont eu lieu dans le cœur rocheux de la montagne d’In Ecker jusqu’en 1966.

https://fr.sputniknews.com/international/201702161030117889-france-algerie-indemnisation-essais-nucleaires-sahara/

Fév 16

« LE HEZBOLLAH CIBLERA LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE DE DIMONA EN ISRAËL » (NASRALLAH)

HesbollahLa réunion entre Trump-Netanyahou marque la « mort du chemin des négociations » pour Israël et les Palestiniens

Le chef de l’organisation terroriste libanaise Hezbollah, soutenue par l’Iran, Hassan Nasrallah, a menacé de cibler le réacteur nucléaire de Dimona ainsi que le réservoir d’ammoniaque de Haïfa lors de la prochaine guerre avec Israël.

« Nous frapperons le réservoir d’ammoniaque peu importe où il se trouve« , a déclaré Nasrallah ajoutant que « bien sûr qu’il est plus facile de frapper à Haïfa, mais nous frapperons partout.« 

Il a également évoqué les récents rapports sur le danger que représente le navire stockant de l’ammoniaque qui était ancré dans la baie de Haïfa il y a quelques semaines déclarant que le Hezbollah « saura également l’atteindre« .

Nasrallah a par ailleurs appelé Israël « à démanteler non seulement le réservoir d’ammoniaque, mais aussi le réacteur nucléaire de Dimona« .

« Israël sait que le Hezbollah peut atteindre sa centrale nucléaire » a affirmé Nasrallah.

Concernant l’état de son organisation terroriste, Nasrallah a déclaré que « les dirigeants israéliens croyaient en 2006 qu’ils avaient assez de renseignements sur le Hezbollah. Mais nous avons toujours quelque chose à cacher. Cela fait partie de notre stratégie. Vous serez surpris par ce que nous cachons et qui peut conduire à un changement dramatique« .

Nasrallah a également commenté la rencontre entre Trump et Netanyahou qu’il a qualifié d’une « rencontre qui marque la mort du chemin des négociations » pour Israël et les Palestiniens.

L’an dernier, Hassan Nasrallah, affirmait qu’une attaque de missiles contre le réservoir d’ammoniaque de Haïfa pourrait avoir l’effet d’une « bombe nucléaire« .

http://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/137804-170216-le-hezbollah-ciblera-le-reacteur-nucleaire-de-dimona-nasrallah

Fév 16

ACCORD NUCLÉAIRE : L’IRAN RÉAGIT AUX DÉCLARATIONS DE TRUMP ET DE NETANYAHU

IranLes dirigeants israélien et américain ont dénoncé ensemble mercredi le régime iranien et ses ambitions nucléaires

À l’occasion d’une rencontre mercredi avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Washington, le président américain Donald Trump a mis en garde contre « la menace des ambitions nucléaires de l’Iran » et dénoncé de nouveau l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu avec les grandes puissances en 2015.

 « L’amère vérité est que ces allégations injustes sont répétées par le régime sioniste qui ne respecte aucune loi internationale et possède des centaines de têtes nucléaires », a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes Bahram Ghasemi à l’agence officielle IRNA.

Israël est « la plus grande menace pour la paix et la sécurité dans la région et le monde », a-t-il dit en qualifiant d’ « absurdes » les déclarations israélo-américaines et en soulignant que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait confirmé le respect par Téhéran des termes de l’accord nucléaire.

L’Iran ne reconnaît pas l’existence d’Israël et cherche ouvertement sa destruction et n’a plus de relations diplomatiques avec les États-Unis depuis 1980 après la révolution islamique de 1979 et l’invasion de l’ambassade américaine par des étudiants islamiques.

Conclu par l’Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie et Allemagne), laccord sur le nucléaire garantit la nature pacifique du programme nucléaire, en échange de la levée progressive des sanctions internationales contre Téhéran.

Trump a redit mercredi devant Netanyahu que cet accord était « l’un des pires » qu’il ait jamais vus et qu’il œuvrerait « pour empêcher à jamais l’Iran de développer une arme nucléaire ». Mais il s’est gardé d’annoncer la remise en cause de cet accord rejeté aussi par Netanyahu.

http://fr.timesofisrael.com/accord-nucleaire-liran-reagit-aux-declarations-de-trump-et-de-netanyahu/

Fév 16

ARRÊT DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE SLOVÉNO-CROATE DE KRSKO SUITE À UN INCIDENT DE REFROIDISSEMENT

Centrale de KrskoLa centrale nucléaire slovéno-croate de Krsko, (en Slovénie), s’est mise automatiquement à l’arrêt en raison d’un problème affectant son système d’approvisionnement en eau, a annoncé jeudi l’établissement, qui a écarté tout danger pour l’environnement.
« La procédure d’arrêt s’est enclenchée en raison d’anomalies sur une vanne régulant le système d’approvisionnement en eau« , a indiqué la centrale dans un communiqué.

Cet incident intervient trois mois après un arrêt programmé pour maintenance.
Construit à l’époque yougoslave et entré en service en 1983, le réacteur de type Westinghouse de https://www.lorientlejour.com/article/1035473/nucleaire-arret-de-la-centrale-sloveno-croate-de-krsko-suite-a-un-incident.html, d’une puissance de 700 mégawatts, est située en Slovénie, près de la frontière croate, et est co-administré par les deux pays à la suite de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie.
Ljubljana et Zagreb avaient prolongé en 2015 de vingt ans la durée d’exploitation de l’unité, qui devait initialement s’achever en 2023.

En 2008, la découverte d’une fuite de liquide de refroidissement avait provoqué le déclenchement d’un plan d’alerte européen, une première depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

Plusieurs ONG, dont Greenpeace, demandent l’arrêt de cette installation, située à 25 km de Zagreb, en raison de son âge et de risques sismiques dans la région.
La centrale produit environ 20% de l’électricité consommée en Slovénie et 15% de celle utilisée en Croatie.

https://www.lorientlejour.com/article/1035473/nucleaire-arret-de-la-centrale-sloveno-croate-de-krsko-suite-a-un-incident.html

Fév 16

NUCLÉAIRE, CLIMAT… JOHN OLIVER VEUT « ÉDUQUER » DONALD TRUMP GRÂCE À LA PUB

Eduquer TrumpPuisque Donald Trump regarde beaucoup la télévision, l’animateur de Last Week Tonight a eu une idée folle: il a racheté des espaces publicitaires pour s’adresser directement au président américain.

Donald Trump et la vérité, c’est une histoire complexe. « Nous avons un président capable d’être sous la pluie tout en affirmant qu’il fait beau« , a plaisanté John Oliver lors de sa dernière émission Last Week Tonight, sur HBO. Trump a effectivement affirmé qu’il n’avait pas plu lors de son discours d’investiture, alors que les photos prises ce jour-là prouvent le contraire.  

De quoi donner envie à John Oliver d’agir: « Ce soir, nous avons pensé qu’il serait utile de répondre à quatre questions basiques: comment avons-nous hérité d’un menteur pathologique à la Maison Blanche? D’où viennent ses mensonges? Pourquoi les gens le croient-ils? Et que pouvons-nous y faire?« , s’est-il demandé. 

Une pub pour Trump sur MSNBC, CNN et Fox News

L’animateur, qui n’a jamais caché son aversion pour le Républicain, a donc imaginé un stratagème inédit pour l’éduquer: le président américain tweetant régulièrement à propos des émissions qu’il regarde, l’humoriste a racheté plusieurs plages de publicités durant ses programmes fétiches. 

Oliver a ainsi annoncé qu’un spot spécialement destiné à Trump serait diffusé sur les chaînes MSNBC (pendant Morning Joe), CNN (pendant New Day) et Fox News (durant Fox & Friends) [vidéo dans le lien ci-dessous, en anglais !]

La publicité, dévoilée en avant-première par Oliver lundi, débute normalement, avec un cow-boy vieillissant parlant de cathéter. Mais le ton change soudainement: l’homme aborde des thèmes tels que l’armement nucléaire américain, la méthode de calcul des chiffres du chômage, ou encore le réchauffement climatique.  

Tout ça d’une façon très pédagogue. « Ce n’est pas parce qu’il fait parfois froid, que le réchauffement climatique n’existe pas. Tu confonds le temps et le climat, mon pote« , explique très sérieusement le cow-boy coiffé d’un chapeau texan. 

Fourchettes et clitoris

La publicité imaginée par John Oliver aborde également des sujets moins politiques. Il est ainsi expliqué à Trump de quel type de fourchette il doit se saisir pour manger une entrée, ou encore où se trouve le clitoris. « Jusqu’à ce qu’on ferme, nous sommes prêts à éduquer Trump sur chaque sujet qu’il ignore probablement« , s’est amusé John Oliver.  

Donald Trump n’a pas encore dit s’il avait visionné cette publicité spécialement réalisée pour lui. En novembre 2015, il avait seulement parlé de Last Week Tonight comme d’une émission « ennuyeuse et bas de gamme. » 

http://www.lexpress.fr/actualite/medias/nucleaire-climat-john-oliver-veut-eduquer-donald-trump-grace-a-la-pub_1879794.html

Fév 16

VIEILLES CENTRALES : EDF DÉMANTÈLE LE CALENDRIER

CanardArticle du Canard Enchaîné.

Le démantèlement des vieilles centrales, (NDLR : de type graphite-gaz) ce sera pour le début de XXIIe siècle ! C’est la thèse qu’a défendue il y a quelques jours, avec un sérieux d’astrologue, le groupe EDF devant la commission parlementaire consacrée à ce projet.

L’électricien a expliqué sans rire, que ses six plus vieux réacteurs seraient finalement déconstruits en deux étapes : un premier démantèlement complet d’ici 2060 pour Chinon 2 (fermé depuis 1985…), lequel servira d’opération pilote, puis les cinq autres à l’horizon… 2100 !

Jusque-là, EDF voyait moins loin, mais en novembre 2016, le groupe a annoncé un changement de « stratégie ». « Il avait jusqu’alors privilégié le démantèlement « sous eau » qui consiste à noyer les installations et à les maintenir dans l’eau pour des raisons de radiation » précise au « canard » Christophe Kassiotis, responsable des questions de démantèlement à l’ASN.

Mais « EDF s’est rendu compte qu’elle n’était pas en mesure de garantir l’étanchéité des bâtiments ainsi noyés sous des tonnes d’eau pendant toute la durée des opérations de démantèlement… ». Bref, ces chantiers « très complexes » étaient à la merci d’une banale fuite !

Les explications d’EDF ont laissé Barbara Romagnan, rapporteuse PS de la mission parlementaire, un rien dubitative : « EDF affirme qu’elle est capable d’évaluer le coût et la durée du démontage pour les 58 réacteurs du parc français, dont aucun n’a été réalisé à ce jour, mais refuse de dire combien a déjà coûté le démantèlement de la centrale de Brenillis (Finistère), en cours depuis 32 ans et dont la facture finale sera, à minima,, selon la Cour des Comptes, multipliée par 20 ! »

Encore une obscurantiste qui se méfie de la science…

Fév 15

BUGEY: PARIS INFORMERA GENÈVE EN CAS D’ACCIDENT

BugeyLa France informera directement le canton de Genève en cas d’accident à la centrale nucléaire du Bugey. Le Conseil fédéral a approuvé mercredi un échange de lettres avec Paris concernant la transmission d’informations en cas d’incident pouvant avoir des conséquences radiologiques.
La Suisse et la France ont conclu en 1989 un accord sur les échanges d’informations de tels cas. Le texte est régulièrement adapté et complété par des échanges de lettres.

En 2008, cela a permis de définir les procédures d’alerte et de transmission d’informations en cas d’incident mineur ou de situation d’urgence touchant la centrale nucléaire française de Fessenheim, près de Bâle.
Le nouvel échange de lettres définit des procédures similaires pour la centrale française du Bugey et les centrales suisses de Beznau, Gösgen, Leibstadt et Mühleberg. Il permet aux autorités de l’Hexagone compétentes de prévenir directement le canton de Genève.

http://www.tdg.ch/monde/Bugey-Paris-informera-Geneve-en-cas-d-accident/story/29168786

Fév 15

LES TROIS GÉANTS JAPONAIS DU NUCLÉAIRE EN DIFFICULTÉ

MitsubishiLes Big Three du nucléaire japonais connaissent une fortune diverse. Si Mitsubishi Heavy Industries (MHI) semble s’en sortir, Toshiba et Hitachi accumulent les pertes dans cette activité, en particulier depuis la catastrophe nucléaire  de 2011 à Fukushima .
Le renforcement des règles de sûreté des installations a fait exploser les coûts d’entretien et de construction de nouvelles centrales. L’arrêt prolongé de la quasi-totalité des réacteurs japonais pèse dans leur bilan. La montée en puissance de rivaux chinois et sud-coréens les menace.
Le groupe poursuit son développement
Outre Toshiba, Hitachi, qui s’est allié à General Electric (GE) en 2006, pourrait afficher  une perte non opérationnelle de 70 milliards de yens (579 millions d’euros) au terme de l’exercice clos fin mars. Cette perte découlerait principalement de l’abandon par le joint-venture GE Hitachi Nuclear Energy, installé en Caroline du Nord, de l’activité d’enrichissement d’uranium en raison de la raréfaction des commandes de réacteurs dans le monde.
MHI, lui, fait face à une plainte aux États-Unis de la compagnie d’électricité américaine Southern California Edison pour des générateurs de vapeur à la centrale de San Onofre (Californie), qui pourrait lui coûter  700 milliards de yens.
Mais le groupe poursuit son développement dans le secteur. Début février, avec Japan Nuclear Fuel Limited (JNFL), il a conclu un accord avec Areva pour acquérir  10 % de NewCo, qui gère les activités du combustible du géant français. Le 2 février, son président, Shunichi Miyanaga, a annoncé des investissements pour « de nouvelles avancées technologiques ».
Possible rapprochement
Au Japon, depuis 2016, les difficultés de Toshiba laissent planer  la possibilité d’un rapprochement entre les activités nucléaires des trois groupes. Tel serait, en tous les cas, le souhait du puissant ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie  (METI), qui est chargé de la politique  nucléaire – il aurait incité Toshiba à acquérir Westinghouse en 2006 – et joue un rôle important auprès de l’administration du premier ministre, Shinzo Abe.
Consultés, Hitachi et MHI, au fait des problèmes de Westinghouse, auraient, dans un premier temps, refusé de donner suite. Mais, sous l’insistance du METI, des discussions  auraient été lancées en septembre 2016 et une première étape devait être l’intégration de l’activité combustible. Les dernières annonces de Toshiba pourraient perturber  le projet.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/02/15/les-trois-geants-japonais-du-nucleaire-en-difficulte_5079883_3234.html

Fév 15

COMMENT S’ASSURER QUE LES CITOYENS NE PAYERONT PAS UNE NOUVELLE FOIS POUR LES DÉCHETS RADIOACTIFS ?

DéchetsEDF ne mettrait pas suffisamment d’argent de côté pour financer le démantèlement des centrales nucléaires vieillissantes et pour correctement gérer les déchets radioactifs qu’elles produiront. C’est ce que constate un rapport parlementaire, qui va dans le sens d’une étude commandée par Greenpeace publiée en novembre. En Allemagne, qui a décidé de ne plus recourir à l’atome d’ici 2022, un fonds géré par l’État et abondé par les exploitants des centrales a été créé, à l’issue de longs mois de négociations. Objectif : s’assurer que l’argent sera bel et bien là pour traiter les déchets et éviter que les citoyens ne paient cette impéritie.
Qui va payer, et combien, pour la gestion des déchets nucléaires ? Étrangement, la question se pose avec davantage d’acuité dans les pays qui ont décidé d’abandonner progressivement le nucléaire que dans ceux, comme la France, qui continuent pour l’instant à produire des déchets radioactifs pour plusieurs dizaines d’années.
Mi-décembre, le Parlement allemand a approuvé la création d’un fonds d’État pour financer le traitement de ces déchets nucléaires. Celui-ci sera géré par les autorités, mais abondé par les groupes énergétiques gestionnaires des centrales nucléaires du pays. Les dernières arrêteront leurs réacteurs en 2022. La loi votée avec le soutien des conservateurs, des sociaux-démocrates et des écologistes, obligent ces groupes – au nombre de quatre, trois Allemands et un Suédois – à verser 23,5 milliards d’euros à partir de juillet 2017. Les députés du Bundestag seront par ailleurs partie prenante de l’administration de ce fonds.
Sa mise en place marque une première pacification des relations entre les autorités allemandes et les groupes exploitants des centrales nucléaires du pays. La décision de sortir définitivement du nucléaire a été prise en mars 2011 par Angela Merkel, et entérinée par le Parlement. Depuis, les groupes privés exploitant les centrales ont déposé une série de plaintes en justice contre cette sortie anticipée de l’énergie atomique. Merkel leur avait auparavant promis d’allonger la durée de vie des centrales, avant de revenir sur sa position après Fukushima.
L’Allemagne s’assure que l’argent sera bel et bien là, pas la France
Le compromis adopté a finalement conduit à ce que les quatre groupes exploitants retirent 20 des 22 plaintes qu’ils ont déposées auprès de différentes juridictions. Il reste toujours deux actions judiciaires en cours : l’une contre un impôt sur le combustible nucléaire mis en place fin 2010 ; l’autre, du groupe énergétique suédois Vattenfall, qui n’a pas abandonné son action auprès du tribunal arbitral international de Washington (http://www..bastamag.net/Nucleaire-comment-s-assurer-que-ce-ne-sont-pas-les-citoyens-qui-vont-payer-pour#nb1), une juridiction privée censée régler les conflits commerciaux entre multinationales et États. Le groupe suédois réclame 4,7 milliards d’euros de dédommagement à l’État allemand pour avoir décidé de sortir du nucléaire dès 2022 (http://www.bastamag.net/Nucleaire-comment-s-assurer-que-ce-ne-sont-pas-les-citoyens-qui-vont-payer-pour#nb2).
Pourquoi obliger les exploitants des centrales à verser directement à un fonds géré par les autorités une partie des sommes provisionnées pour traiter les déchets nucléaires ? Cela permet à l’Allemagne de s’assurer qu’une fois tous les réacteurs arrêtés, l’argent sera bel et bien là. La Suisse et la Suède ont déjà mis en place de tels fonds (http://www.bastamag.net/Nucleaire-comment-s-assurer-que-ce-ne-sont-pas-les-citoyens-qui-vont-payer-pour#nb3). Et en France ? « La loi exige que les exploitants nucléaires évaluent, de manière prudente, les charges de démantèlement de leurs installations et de gestion de leurs combustibles usés et déchets radioactifs », (https://www.asn.fr/Informer/Dossiers/La-gestion-des-dechets-radioactifs/Les-enjeux-de-la-gestion-des-dechets-radioactifs/Un-financement-a-long-terme)  indique l’Autorité de sûreté nucléaire. Ainsi, le prix du kilowattheure d’électricité intègre normalement le coût de gestion des déchets et celui de déconstruction des centrales. EDF provisionne cet argent « sous le contrôle direct de l’État, qui analyse la situation des exploitants et peut prescrire les mesures nécessaires en cas de constat d’insuffisance ou d’inadéquation. Mais ce sont toujours « les exploitants nucléaires qui restent responsables du bon financement de leurs charges de long terme ». Problème : peut-on faire confiance à leurs évaluations ? Peut-on être sûr qu’ils provisionnent suffisamment d’argent pour éviter, qu’une fois de plus, les finances publiques soient sollicitées pour couvrir ces coûts ?
EDF accusée de ne pas mettre assez d’argent de côté

Une étude des comptes d’EDF réalisée par le cabinet d’analyses financières AlphaValue à la demande de Greenpeace, conclut en novembre que le groupe énergétique français « sous-provisionne drastiquement » les coûts de démantèlement des centrales et de traitement des déchets nucléaires (http://www.bastamag.net/Nucleaire-comment-s-assurer-que-ce-ne-sont-pas-les-citoyens-qui-vont-payer-pour#nb4). En clair, EDF ne mettrait pas assez d’argent de côté pour gérer la fin des centrales et la gestion des déchets. Le cabinet a comparé les pratiques d’EDF à celles de ses voisins allemands et du français Engie. « Il en ressort qu’Engie, RWE ou Eon ont correctement provisionné leurs dépenses de déconstruction par rapport au coût moyen. En revanche, d’après ces calculs, les provisions passées pour sécuriser la charge de financement de la déconstruction des réacteurs français est loin d’être suffisante », écrit le cabinet d’audit. Selon lui, il faudrait ajouter dès cette année entre 33 et 52 milliards d’euros pour couvrir correctement le coût de la gestion des déchets. L’écart est donc énorme. Et les provisions réalisées par EDF potentiellement inférieures aux besoins.
« EDF conteste vigoureusement les prétendues analyses comptables et financières du cabinet AlphaValue réalisées à la demande de Greenpeace et relatives à la situation d’EDF. EDF rappelle que ses comptes sont audités et certifiés par ses commissaires aux comptes et que les coûts de démantèlement du parc nucléaire en exploitation d’EDF ont par ailleurs fait l’objet d’un audit du ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, dont la synthèse, rendue publique le 15 janvier 2016, conforte les estimations d’EDF », a immédiatement réagi l’entreprise dans un communiqué (https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/journalistes/tous-les-communiques-de-presse/communique-de-presse-precisions-sur-l-etude-alphavalue-relative-a-la-situation-financiere-d-edf)  .
Où est placé l’argent destiné à gérer les déchets radioactifs ?
Suite à cette étude, Greenpeace a déposé plainte contre EDF et son PDG auprès du parquet financier, pour délits boursiers. L’ONG les accuse de présenter un bilan inexact et de diffuser des informations trompeuses sur les comptes.  « Le 16 décembre, nous avons appris que le parquet national financier avait ouvert une enquête préliminaire », précise aujourd’hui Greenpeace. Le 1er février, un rapport parlementaire <http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i4428.asp>   sur la « faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires de base » pointait, lui aussi, qu’il était vraisemblable qu’EDF ne prévoit pas assez d’argent pour assurer le démantèlement des centrales. « Les hypothèses optimistes sur lesquelles EDF a bâti ses prévisions, de même qu’un certain nombre de dépenses lourdes négligées, conduisent à s’interroger sur la validité des prévisions, d’autant que dans le même temps, certaines charges semblent sous-évaluées », soulignent les deux auteurs du rapport, les députés Barbara Romagnan (PS) et Julien Aubert (LR).
Autre problème : EDF place les sommes provisionnés à cet effet dans des actifs, sur les marchés. L’entreprise les investit, à travers une société dédiée, EDF Invest (http://www.edfinvest.com/portefeuille/), dans des infrastructures, de l’immobilier et même des fonds d’investissement… Ce qui pose la question de la sécurité de ces placements à l’aune des risques d’instabilité financière. En outre, les choix d’EDF pour faire fructifier ces sommes sont parfois surprenants. L’entreprise qui, rappelons-le, appartient à 85 % à l’État français, vient ainsi il y a quelques mois, d’acheter avec ces provisions destinées aux démantèlements et au traitement des déchets, une part dans l’aéroport de Nice, que l’État avait décidé de privatiser.

Article de Rachel Knaebel

http://www.bastamag.net/Nucleaire-comment-s-assurer-que-ce-ne-sont-pas-les-citoyens-qui-vont-payer-pour

Fév 15

LES DÉBOIRES DE WESTINGHOUSE, SYMPTOMATIQUES DU MAL-ÊTRE DE L’ATOME

WestinghouseLa volonté de Toshiba de réduire la voilure dans le nucléaire est symptomatique des difficultés rencontrées par une industrie de l’atome qui, entre enjeu de compétitivité et défi technologique, voit son salut actuel en Asie.
Financièrement assommé par les déboires de sa filiale nucléaire américaine Westinghouse, le conglomérat japonais a décidé de ne plus assurer la construction de nouveaux projets à l’étranger pour se concentrer sur la fourniture d’équipements et l’ingénierie.
Cette annonce pose la question du devenir des centrales projetées par Westinghouse, notamment au Royaume-Uni où l’entreprise prévoit de construire trois réacteurs AP1000 avec son partenaire français Engie, qui réfléchit également à la pertinence de cet investissement.  

« L’AP1000 étant le seul réacteur de troisième génération certifié sur le marché américain, est-ce que cela veut dire que pendant un certain temps, il n’y aura plus de nouvelles centrales construites aux États-Unis?« , s’interroge un industriel questionné par l’AFP.
A priori, le retrait de cet acteur majeur du nucléaire devrait profiter à ses concurrents, le japonais MHI, le nippo-américain GE-Hitachi, le russe Rosatom, les chinois CGN et CNNC, le sud-coréen Kepco ou encore les français EDF-Areva
Mais des experts estiment qu’il reflète surtout le mal-être du secteur depuis le coup de frein provoqué par l’accident de Fukushima au Japon, en 2011.
« À court terme, ce n’est pas une bonne nouvelle que Toshiba se retire. Cela veut dire qu’il y a un vrai problème dans le marché du nucléaire« , résume un analyste ne souhaitant pas être identifié.
« Tout le monde anticipe qu’il y aura une consolidation dans les années qui viennent« , estime Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN).
Selon la fédération industrielle World Nuclear Association (WNA), 60 réacteurs sont actuellement en construction dans le monde – le nombre le plus élevé de ces 25 dernières années. La Chine concentre plus du tiers des chantiers.
« Il y a une demande extrêmement forte en Asie, qui a besoin d’énergie bas carbone à grande échelle pour la satisfaire, et le nucléaire en fait partie« , assure Mme Faudon.
Compétitivité
« C’est l’arbre qui cache la forêt« , rétorque Yves Marignac, directeur du cabinet d’études sur l’énergie Wise-Paris.
Des normes de sûreté plus strictes depuis Fukushima et la construction encore émergente de réacteurs de nouvelle génération s’accompagne souvent de retards et surcoûts, alors que le savoir-faire industriel du secteur s’est érodé depuis la réalisation des grands programmes nucléaires des années 1970-1980, en France notamment.  
« Nous sommes actuellement dans une phase de transition: on se dirige vers des réacteurs de nouvelle génération et deux tiers environ des réacteurs en construction aujourd’hui accusent des retards« , souligne Pierre-Antoine Chazal, analyste chez Bryan Garnier. « C’est un problème qui touche presque tous les fournisseurs et toutes les zones géographiques« .
Ainsi, le chantier de l’EPR français de Flamanville accuse six ans de retard pour un budget plus que triplé à 10,5 milliards d’euros. Même constat de dérapage pour celui en construction en Finlande ou les AP1000 prévus en Chine.
« Quand les projets dérapent, on parle de milliards de dollars. Il devient impossible d’être un acteur purement privé dans cette industrie-là. Seules les entreprises publiques sont capables d’encaisser des risques pareils » (NDLR : donc les contribuables !), note François Pouzeratte, du cabinet Eurogroup Consulting. Ainsi, la France a volé au secours de ses deux têtes de pont du nucléaire, Areva et EDF.
De quoi faire douter certains pays, dans un contexte énergétique difficile: les prix des énergies fossiles sont bas comme ceux de l’électricité en Europe, et les énergies renouvelables gagnent en compétitivité.
Malgré le positionnement pro-atome de la France et de la Grande-Bretagne, l’Europe est devenue plus frileuse. L’Afrique du Sud a revu ses besoins à la baisse et le Vietnam a renoncé à construire deux centrales.

« Ce n’est pas une industrie qui est morte, mais pas non plus une industrie qui a le vent en poupe« , résume un autre analyste, alors que le marché se réduit encore avec l’allongement de la durée de vie des réacteurs en fonctionnement.  
« La compétitivité est un réel enjeu pour l’industrie nucléaire« , admet Valérie Faudon, de la SFEN, précisant que l’industrie planche ainsi sur le développement de modèles moins chers.

http://www.romandie.com/news/Les-deboires-de-Westinghouse-symptomatiques-du-maletre-de-latome/774313.rom

Fév 15

SUISSE : LE REDÉMARRAGE DE LA CENTRALE DE LEIBSTADT ÉLECTRISE LE CLIMAT POLITIQUE

SuisseUn collectif de dix-neuf organisations s’inquiète de voir la centrale argovienne redémarrer avant que l’origine de ses problèmes soit identifiée. L’inspecteur fédéral répond qu’aucune décision n’a encore été prise. A la bourse européenne, la date du redémarrage a été retardée.

Le redémarrage de la centrale nucléaire de Leibstadt, à l’arrêt depuis août 2016, était attendu pour ce mercredi 15 février. C’est ce qui avait été annoncé par la direction à la bourse européenne de l’énergie (EEX) de Leipzig. Mais, mardi matin, EEX a décalé la date de deux jours. La reconnexion au réseau est officiellement agendée pour vendredi à 22h30, avec une réduction de production de 10% jusqu’à la révision annuelle prévue en septembre. Mais cela peut encore changer.

Car l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a certes donné son accord pour que le réacteur soit rechargé avec les éléments combustibles mais pas pour sa remise en service. Elle ne donne aucune date. «L’IFSN n’a pas achevé l’examen de détail des documents fournis par la centrale», indiquait mardi son porte-parole Sebastian Hueber, qui précise que l’autorisation de redémarrage pourrait être assortie de conditions.

La reprise des activités de Leibstadt provoque la colère des milieux antinucléaires. «Nous refusons que la centrale soit autorisée à relancer la production sans que la cause exacte des problèmes rencontrés soit identifiée», s’offusque Florian Kasser, de Greenpeace Suisse. Dix-neuf organisations, dont le PS, les Verts, Greenpeace, le WWF et la Fondation suisse pour l’énergie, se sont adressées à la présidente de la Confédération Doris Leuthard, en charge de l’énergie, et à la présidente du conseil de l’IFSN, Anne Eckhardt. Elles exigent que ces problèmes soient clarifiés avant le redémarrage.

Mystérieux assèchements

Quels sont ces problèmes? Le cœur du réacteur est constitué de 648 assemblages combustibles contenant chacun 91 ou 96 crayons combustibles. Dès 2014, un phénomène d’assèchement d’origine inconnue a détérioré l’un de ces éléments, provoquant un échauffement et une oxydation anormaux. Durant la révision annuelle 2016, la même anomalie a été observée sur 47 assemblages et la centrale a été mise à l’arrêt. Cette suspension d’activité a été prévue jusqu’en février 2017. Entre-temps, l’IFSN a exigé de la direction qu’elle produise différents rapports et analyses qu’elle a promis d’examiner avec un panel d’experts internationaux.

L’objectif était de déterminer l’origine de ces assèchements. Plusieurs possibilités ont été évoquées. Interrogé par l’émission Rundschau de la TV alémanique, un expert allemand a déclaré que la cause la plus probable était une défaillance du système de refroidissement. Dans la même émission, le directeur du site, Andreas Pfeiffer, a cependant ajouté qu’aucun autre cas similaire n’était connu dans le monde et que l’analyse des causes risquait de «prendre des mois, voire des années».

Pétitions en ligne

Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Les antinucléaires sont désormais convaincus que l’IFSN donnera son accord pour que la production reprenne avant que les causes précises de cette corrosion soient clairement établies. «Comparons cela à un marathonien qui ressent une douleur dans la jambe. Il n’entreprend rien, la douleur passe, mais elle revient de manière plus aiguë plus tard et il ne peut plus courir», commente la conseillère nationale vert’libérale Isabelle Chevalley.

La mobilisation des dix-neuf organisations est complétée par des pétitions en ligne. L’une est pilotée par le chef du groupe parlementaire des Verts, Balthasar Glättli – elle avait été signée par plus de 15 000 personnes mardi –, l’autre par un citoyen argovien. À cela s’ajoute l’intervention du Land de Bade-Wurtemberg, à la frontière duquel se trouve l’usine nucléaire, et du Land autrichien du Vorarlberg, qui s’inquiètent eux aussi de la reprise de la production à Leibstadt.

15% de la production d’électricité

Malgré cela, tout le monde pense que l’IFSN autorisera la centrale à se reconnecter au réseau. Des intérêts économiques sont-ils en jeu? Florian Kasser en est persuadé. On murmure que l’arrêt de la production coûterait un million de francs par jour aux propriétaires du site, soit Axpo, Alpiq, les Forces motrices de Suisse centrale (CKW) et le groupe bernois BKW. Isabelle Chevalley réplique que toutefois cela ne change pas grand-chose dans la mesure où la production d’électricité se fait aujourd’hui à perte à cause du prix du marché, très bas.

Membre de la commission de l’énergie du Conseil national, Jacques Bourgeois (PLR/FR) exclut que cela ait une influence. «Seule la sécurité est prise en compte dans les décisions de l’IFSN. Si elle autorise le redémarrage, c’est qu’elle considère qu’elle est assurée. Les critères économiques ne jouent aucun rôle», affirme-t-il.

Il faut cependant rappeler que Leibstadt, en service depuis 1984, fournit, selon les années, entre 13 et 15% de l’électricité produite en Suisse, soit plus que Beznau I (à l’arrêt depuis mars 2015) et Mühleberg (le site sera définitivement fermé en décembre 2019), qui représentent chacun 4 à 5%. A court terme, son inactivité est compensée par des importations. Et à plus long terme? «Il n’y a aucun problème pour ces huit prochains mois, car on produit trop d’électricité en Europe et les besoins diminueront durant l’été. Il n’y a donc aucune raison de se précipiter», décrète Isabelle Chevalley. Sebastian Hueber précise que la décision ne sera prise que lorsque l’examen des rapports demandés sera achevé.

https://www.letemps.ch/suisse/2017/02/14/redemarrage-centrale-leibstadt-electrise-climat-politique

Fév 15

LA FACTURE DU NUCLÉAIRE MET LES COMPTES D’EDF SOUS HAUTE TENSION

EDFL’électricien a vu ses résultats financiers se dégrader en 2016, et 2017 sera encore plus «difficile». Le patron d’EDF promet «le rebond» pour l’année suivante. Mais Greenpeace pointe l’asphyxie financière du chef de file du nucléaire français.

La facture du nucléaire met les comptes d’EDF sous haute tension

«La faillite d’EDF c’est par ici», «Sortez du nucléaire !» : parcours fléché et slogans antinucléaires de rigueur, une trentaine de militants de Greenpeace en gilet de chantier jaune fluo s’étaient invités ce mardi matin devant le siège parisien de l’électricien, rue de Wagram, bien décidés à se faire entendre pour la présentation des résultats annuels.

Passé le cordon de CRS et de gros bras maison, l’ambiance était plus feutrée dans la salle de presse, quoique moyennement à la fête. Costumes gris et sourires un peu figés, Jean-Bernard Lévy, le big boss d’EDF, et Xavier Girre, son directeur financier, avaient la lourde tâche de défendre contre vents et marée la «performance solide» de l’entreprise en 2016 et sa «bonne trajectoire» pour les années à venir. Tout ça alors que les résultats financiers du géant français de l’énergie n’ont sans doute jamais été aussi fragiles et sa situation comptable aussi tendue.

Passé maître dans l’art de positiver un bilan financier qui inquiète jusqu’à l’Etat actionnaire, Jean-Bernard Lévy a vendu l’exercice écoulé comme «l’année où nous avons rencontré bien des obstacles mais surmonté la plupart des difficultés dans un marché en plein bouleversement». De fait, en 2016, EDF a vu son chiffre d’affaires reculer de 5,1 % à 71,2 milliards d’euros du fait du double effet kiss cool de la baisse des prix de gros de l’électricité (qui sont passés en deux ans de 40 euros à 28 euros le mégawatt/heure) et de l’arrêt, cet automne, de 18 réacteurs nucléaires sur 58 pour cause de contrôles de sûreté exigés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) après la découverte «d’anomalies» dans la composition de l’acier de générateurs de vapeur forgés par Areva au Creusot.

Le gendarme de l’atome a certes autorisé le redémarrage de la plupart de ces réacteurs début décembre, mais la paralysie qui a affecté plusieurs grosses centrales (Civaux, Bugey, Dampierre, Gravelines, Saint-Laurent des Eaux, Tricastin…) pendant plusieurs semaines a fait plonger la production nucléaire de l’électricien : cette dernière est tombée à un plus bas quasi-historique de 384 terrawatts/heure (TWh) l’an passé contre un peu plus de 416 TWh en 2015. De l’aveu de l’homme des finances, Xavier Girre, «cet écart a coûté 1,6 milliard d’euros à l’entreprise», entre l’électricité qui n’a pas été vendue aux clients et celle qu’il a fallu acheter à prix fort à l’étranger pour compenser.

Le poids de la dette

Conséquence directe de cette baisse de tension nucléaire, EDF a vu un autre indicateur clé de sa santé financière chuter dans les mêmes proportions : le résultat brut d’exploitation (Ebitda pour les intimes) a décliné de 6,7% à 16,4 milliards d’euros. C’est un peu mieux que ce que les analystes attendaient (avec un consensus à 16,2 milliards) mais cela reste inquiétant pour ces derniers, car l’Ebitda permet de mesurer la capacité de l’entreprise à rembourser son énorme endettement.

«Nous avons stabilisé notre dette nette à 37,4 milliards d’euros en 2016, alors qu’elle augmentait tous les ans», s’est félicité Lévy. Mais Greenpeace, qui préfère compter en dette brute, n’est pas du même avis : «La dette accumulée par EDF avec les rachats toxiques de Constellation aux États-Unis ou de British Energy outre-Manche, et le dérapage du chantier de l’EPR à Flamanville, dont le coût a été multiplié par trois, s’élève en fait aujourd’hui à près de 75 milliards d’euros», estime Florence de Bonnafos, chargée des questions financières chez Greenpeace. Selon l’ONG, l’entreprise EDF est au bord de l’asphyxie financière car, faute d’argent dans les caisses, il lui faut refinancer sa dette d’année en année en réempruntant sur les marchés. Et de fait, dans les comptes d’EDF, le «free cash flow» – la trésorerie réellement disponible – est encore dans le rouge de 1,565 milliard d’euros en 2016.

Malgré tout, EDF est parvenu à dégager l’an dernier un résultat net part du groupe de 2,9 milliards d’euros, soit plus de deux fois plus qu’en 2015. Ce qui fait dire à son PDG que «cette année encore, EDF est rentable quand tous ses concurrents européens ont enregistré des pertes». Mais à y regarder de plus près, EDF arrive à afficher ces quelques 3 milliards d’euros de profits en 2016 grâce à un tour de passe-passe financier : moins de dépréciations d’actifs que l’année d’avant et l’allongement de quarante à cinquante ans de la durée de vie de ses centrales nucléaires dans ses livres de comptes.

Un sacré pari puisque que d’une part, c’est l’ASN qui autorisera ou non cette prolongation de l’autorisation d’exploitation centrale par centrale ; et que d’autre part, la loi sur la transition énergétique prévoit en théorie de ramener la part du nucléaire dans la production électrique française à 50 % d’ici 2025. Manifestement, EDF mise sur une nouvelle majorité présidentielle qui enterrera définitivement cette promesse de François Hollande.

Le champion français de l’atome aurait tort de se priver quand on sait qu’aujourd’hui, seule la fermeture de Fessenheim est prévue pour fin 2018. Une centrale sacrifiée sur dix-neuf au total ? Cela laisse de la marge au lobby de l’atome. D’autant que l’EPR de Flamanville doit entrer en service au même moment. Enfin, si tout va bien. Car l’ASN doit dire d’ici fin juin si le métal dans lequel a été forgée la cuve de ce réacteur de nouvelle génération est bien conforme aux exigences de sûreté. Jean-Bernard Lévy a dit avoir «toute confiance» à ce sujet.

Mur d’investissements

Au bout du compte, EDF promet un retour à meilleure fortune pour 2018, qui sera selon lui «l’année du rebond». Car pour 2017, ce sera encore la soupe à la grimace pour les financiers : le groupe s’attend à un exercice «difficile» avec un Ebitda qui va fondre dans une fourchette comprise entre 13,7 et 14,3 milliards d’euros. La nouvelle n’a pas vraiment plu à la Bourse de Paris, où l’action EDF décrochait de 2% ce mardi. En cause, des prix de gros de l’électricité qui vont rester bas l’an prochain et une production nucléaire qui ne dépassera pas 390 à 400 TWh pour cause de nouveaux arrêts de réacteurs pour maintenance.

Jean-Bernard Lévy estime qu’«EDF reste une entreprise extrêmement solide». Mais l’est-elle assez pour faire face au mur d’investissements qui attend le groupe ? Entre les travaux de «grand carénage» pour prolonger la durée de vie de ses centrales, le démantèlement de ses vieux réacteurs ou encore le projet des deux EPR britanniques d’Hinkley Point, EDF va devoir investir au total plus de 165 milliards d’euros d’ici 2025, soit plus de 15 milliards par an, estime Greenpeace…

EDF admet de son côté 10 milliards d’euros d’investissement annuel et met en avant son plan d’économies d’1 milliard d’euros d’ici 2019, qui va notamment se traduire par 5 000 suppressions de postes (sans licenciements). Étude à l’appui, Greenpeace estime qu’il manque aujourd’hui au moins 50 milliards d’euros dans les caisses du groupe pour payer l’addition à venir du nucléaire et parle en conséquence de «faillite» potentielle. Évidemment, EDF dément et défend mordicus la sincérité de ses comptes.

Pour boucler ses fins de mois d’ici 2018, EDF va heureusement pouvoir compter sur une augmentation de capital de 4 milliards d’euros qui devrait être bouclée d’ici la fin du premier trimestre. L’État actionnaire, qui détient 85,6% de l’entreprise, y souscrira à hauteur de 3 milliards. Oui, mais après ? «EDF n’est plus en mesure de générer le cash nécessaire pour financer sa fuite en avant dans le nucléaire, le groupe court à la faillite. La seule conclusion qui s’impose, c’est sortir de l’atome pour réinvestir massivement dans les énergies renouvelables qui sont aujourd’hui moins chères et moins risquées», tranche sans surprise Cyrille Cormier, chargé de campagne Énergie chez Greenpeace.

Mais EDF n’en prend pas vraiment le chemin. En 2016, les éoliennes et autres fermes solaires d’EDF Énergies Nouvelles n’ont contribué qu’à hauteur de 1,1 milliard d’euros aux 71 milliards de chiffre d’affaires du groupe. Et Jean-Bernard Lévy continue à vanter «l’apport inestimable du nucléaire» qui fournit à la France 76% de son électricité «à un prix compétitif» et «des emplois industriels qui se font rares ailleurs». Pour lui, l’après-nucléaire n’est pas pour demain. Enfin, sauf accident.

Article de Jean-Christophe Féraud

http://www.liberation.fr/futurs/2017/02/14/la-facture-du-nucleaire-met-les-comptes-d-edf-sous-haute-tension_1548430

Fév 14

DÉTECTION DE TRACES D’IODE RADIOACTIF EN EUROPE DURANT LE MOIS DE JANVIER 2017

CRIIRAD

Communiqué de la CRIIRAD

De l’iode 131, radionucléide d’origine artificielle, a été détecté, courant janvier 2017, à l’état de traces dans l’air au niveau du sol en Europe. Le premier signalement fait référence à un prélèvement réalisé au cours de la deuxième semaine de janvier dans l’extrême nord de la Norvège. D’autres détections d’iode 131 ont été observées depuis en Finlande, Pologne, République Tchèque, Allemagne, France et Espagne jusqu’à la fin du mois de janvier.

L’iode 131 est un radionucléide dont la période radioactive est courte (8,04 jours). La détection de ce radionucléide à vie courte atteste d’un rejet relativement récent.

Outre le rejet d’iode, dont on ne connait pas encore la source, les conditions météorologiques défavorables liées notamment à des « inversions de température » [1] ont vraisemblablement participé au niveau de concentration de ce radionucléide, ainsi que celui d’autres radionucléides, d’origine naturelle comme le plomb 210 (210Pb) [2] ou encore à la concentration en particules fines (PM2.5 et PM10) conduisant aux épisodes de pollution enregistrés notamment dans la partie ouest de l’Europe au cours de la semaine 4.

Il convient de noter que toutes les détections en iode font référence à la fraction particulaire de l’iode (celle portée par l’aérosol) et non pas à la fraction gazeuse qui reste dominante (généralement 3 à 5 fois plus concentrée) mais qui paradoxalement est plus difficile à prélever en quantité suffisante pour détecter des niveaux traces. Les niveaux en iode 131 particulaire en France n’ont pas dépassé 0,31 µBq/m3 d’air et on estime le niveau en iode 131 total (gaz et aérosol) au plus à 1,5 µBq/m3.

Ces niveaux sont sans aucune conséquence sanitaire.

L’ensemble des données proviennent d’un réseau d’échange européen informel, dénommé « Ring of Five », entre organismes en charge de la surveillance radiologique de l’atmosphère. En France, l’IRSN a la mission de surveillance de l’atmosphère à l’échelle du territoire et dispose pour cela du réseau OPERA-Air de stations de collecte d’aérosols par filtration d’air à très grand débit (700 à 900 m3 d’air par heure) et de moyens de mesures capables de déceler des traces de radioactivité.

Plus d’information sur le réseau Ring of Five

Notes :
1- Phénomène de stratification thermique de l’atmosphère affectant souvent les basses couches de l’atmosphère au cours de l’hiver. L’air plus froid au sol qu’en altitude bloque ou limite considérablement la dispersion des polluants atmosphériques.
2- Le niveau maximum en 210Pb enregistré au cours du mois de janvier dans l’air en France par le réseau OPERA-Air de l’IRSN est 1600 µBq/m3, soit environ 4 fois le niveau moyen habituel.

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20170213_Detection-iode-radioactif-en-Europe-durant-le-mois-de-janvier-2017.aspx#.WKM5r3-Bf2b

Fév 14

LE RÉSEAU « SORTIR DU NUCLÉAIRE » APPELLE À REJOINDRE LA MANIFESTATION DU 18 FÉVRIER À BURE

CIGÉO/Bure : refusons le nucléaire et ses déchets, empêchons la destruction du Bois Lejuc !

Au printemps 2016, l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (Andra) a entamé dans le Bois Lejuc, près de Bure, des travaux en vue de la construction de CIGÉO, un projet d’enfouissement en profondeur des déchets radioactifs les plus dangereux. C’est en ce lieu stratégique que pourraient être implantés l’accès aux galeries souterraines et les puits d’aération qui évacueraient les gaz radioactifs. Sans aucune autorisation préalable, et alors même que la demande d’autorisation de création n’a pas encore été déposée, l’Andra avait commencé des forages, défriché plus de 7 hectares de feuillus en pleine période de nidification et construit un mur de béton de plus d’un kilomètre de long autour du bois !

Ces travaux ont été déclarés illégaux par la justice le 1er août 2016 et le mur abattu par des centaines de personnes lors d’une grande action collective, mi-août. Depuis, plusieurs dizaines de personnes se relaient pour habiter en permanence le Bois Lejuc et le préservent ainsi de la destruction et de la reprise des travaux. Des cabanes ont été construites dans la forêt et à la cime des arbres et de nombreuses activités et rencontres conviviales y sont régulièrement organisées.

Cette occupation est d’autant plus légitime que la propriété de l’Andra sur le Bois Lejuc est contestée. Ce bois communal lui avait été cédé contre l’avis de la majorité des habitants de Mandres-en-Barrois, suite à une délibération du conseil municipal tenue le 2 juillet 2015 à 6 h du matin dans une salle gardée par des vigiles, avec un vote à bulletins secrets, entaché d’irrégularités. L’annulation de cette délibération a d’ailleurs été proposée par la rapporteure publique du Tribunal administratif de Nancy, qui doit statuer sur ce sujet le 28 février suite à un recours porté par des habitants.

Depuis que les militant.e.s sont présent-es dans le Bois Lejuc, les habitant.e.s de la commune, à qui ce bois n’aurait jamais dû être soustrait, peuvent à nouveau s’y promener librement. Or depuis quelques mois l’Andra souhaite expulser les occupant.e.s et anticipe la reprise des travaux. L’Agence a mis en place une stratégie de tension, en multipliant les incursions dans le bois et près des lieux de vie des militant.e.s, se livrant même, à plusieurs reprises, à des actes de violence. Une jeune femme a été blessée par des vigiles et le responsable des acquisitions foncières de l’Andra a même été observé vidant une bouteille de produit inflammable sur des militant.e.s à terre !

Pour refuser cette expulsion et le passage en force de l’Andra, l’ensemble des opposant.e.s à CIGÉO appelle à des actions de soutien décentralisées du 14 au 18 février, puis à une manifestation sous le mot d’ordre « Le 18 février, qu’ils nous expulsent ou pas, on sera dans le bois ! ». Ce rassemblement se veut festif, ouvert aux familles, à toutes les sensibilités et modes d’action. Des ateliers d’autoconstruction et des initiations à l’escalade dans les arbres sont prévus pour permettre à ceux qui le souhaitent de mieux découvrir la beauté de cette forêt que l’Andra veut raser.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle les militant.e.s antinucléaires, dans toute leur diversité, à rejoindre ces mobilisations pour protéger la forêt, soutenir les militant.e.s et habitant.e.s et dire non à CIGÉO et au nucléaire !

Contacts presse :
Corinne François – 06 86 74 85 11
Laura hameaux – 06 85 23 05 11

Pour joindre les organisateurs du rassemblement : 07 53 54 07 31

Plus d’informations sur le rassemblement

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur notre site : http://www.sortirdunucleaire.org/Refusons-le-nucleaire-et-ses-dechets-empechons-la

Fév 14

HELEN CALDICOTT : À FUKUSHIMA LA FUSION NE FAIT QUE CONTINUER

FukuLe Dr Helen Caldicott explique les photos prises par les robots des réacteurs nucléaires de Fukushima Daichii : les niveaux de radiation n’ont pas culminé, mais les réacteurs ont continué de répandre des déchets toxiques dans l’Océan Pacifique, et c’est seulement maintenant que les dégâts ont été photographiés.

Le récent rapport sur des mesures de radiations énormes dans l’Unité 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daichii ne signifie pas qu’il y a un pic de radiations dans le bâtiment du réacteur. Tout ce qu’il indique, c’est que, pour la première fois, les Japonais ont été capables de mesurer l’intensité des radiations délivrées par le combustible en fusion, alors que chaque tentative précédente avait été un échec parce que la radiation est tellement intense que les composants du robot ont été fonctionnellement détruits.

La mesure est de 530 sieverts, soit 53 000 rems (Roentgen Equivalent for Man). La dose à laquelle la moitié de la population exposée mourrait est de 250 à 500 rems, donc c’est une mesure massive. Il est fort probable que si le robot avait pu pénétrer plus profondément à l’intérieur de la cavité, la mesure aurait été bien plus grande.

Ces faits illustrent pourquoi il sera à peu près impossible de « démanteler » les unités 1, 2, 3 car nul humain ne pourra jamais être exposé à une radiation aussi intense. Ce fait signifie que Fukushima Daichi demeure une tache diabolique sur le Japon et sur le monde pour le reste de l’histoire de l’humanité, situé comme il est sur des zones actives de tremblements de terre.

Ce que les photos prises par le robot révèlent, c’est que quelques-uns des soutiens structurels de l’Unité 2 ont été endommagés. Il est vrai aussi que les quatre bâtiments avaient été structurellement endommagés par le tremblement de terre initial il y a plus de cinq ans et par les explosions d’hydrogène consécutives, aussi s’il y avait un tremblement de terre supérieur à 7 sur l’échelle de Richter, il est très possible qu’une ou plus de ces structures s’effondre ; conduisant à une émission massive de radiations si le bâtiment s’effondre sur le cœur en fusion en dessous.

Mais les Unités 1, 2 et 3 contiennent aussi les piscines de refroidissement avec des barres de combustible extrêmement radioactif – 392 dans l’Unité 1, 615 dans l’Unité 2, 566 dans l’Unité 3 ; si un tremblement de terre venait à faire une brèche dans une piscine, le rayonnement gamma serait tellement intense que le site devrait être évacué définitivement. Le combustible de l’Unité 4 et des piscines de refroidissement a été enlevé.

Mais il y a plus à craindre.

Le complexe a été construit au bord d’une chaine de montagnes et des centaines de milliers de litres s’écoulent quotidiennement sous le complexe, provoquant une liquéfaction partielle de la terre. Comme cette eau coule par en-dessous sur les réacteurs endommagés, elle est en contact avec les trois cœurs en fusion et devient extrêmement radioactive en continuant sa route vers l’Océan Pacifique proche.

Chaque jour depuis le début de l’accident, 300 ou 400 tonnes d’eau se sont écoulés dans le Pacifique, où de nombreux isotopes – comprenant du cesium 137, 134, strontium 90, tritium, plutonium, americium, et plus de 100 autres – et se concentrent dans la chaine biologique en augmentant à chaque étape de la chaine alimentaire – algues, crustacés, petits poissons, gros poissons, puis nous.

Les poissons parcourent des milliers de kilomètres et les thons, les saumons, et d’autres espèces trouvées sur la côte ouest américaine contiennent maintenant quelques-uns de ces éléments radioactifs qui sont sans goût, sans odeur et invisibles. Entrant dans le corps humain par ingestion, ils se concentrent dans différents organes, irradiant les cellules voisines pour de nombreuses années. Le cycle du cancer est lancé par une seule mutation d’un seul gène dans une seule cellule, et la durée d’incubation pour le cancer va de 2 à 90 ans. Aucun cancer ne définit son origine.

Nous pourrions pêcher du poisson radioactif en Australie, ou le poisson importé pourrait contenir des isotopes radioactifs, mais à moins qu’ils ne soient soigneusement testés nous ne saurons jamais.

En même temps que l’eau des montagnes qui atteint le Pacifique depuis l’accident, TEPCO a pompé quotidiennement plus de 300 tonnes d’eau de mer sur les réacteurs endommagés pour les refroidir. Elle est extrêmement radioactive et est re-pompée puis stockée dans 1200 énormes réservoirs éparpillés sur le site de Daichi. Ces réservoirs ne pourraient supporter un gros tremblement de terre et pourraient se briser, répandant leur contenu dans l’océan.

Même si cela n’arrive pas, TEPCO va bientôt être à court d’espace de stockage et est en train d’essayer de convaincre les pêcheurs locaux que ce serait bien de déverser l’eau dans l’océan. Le RCF comme les rayons X délivré par ces réservoirs est très élevé – 10 millirems – et présente un danger pour les travailleurs. Il y a plus de 4 000 travailleurs chaque jour sur site, beaucoup recrutés par les Yakuzas (la mafia japonaise), comprenant des sans-domiciles, drogués et déséquilibrés mentaux.

Il y a un autre problème. Comme les cœurs en fusion émettent continuellement de l’hydrogène, explosif, TEPCO pompe de l’azote pour diluer les dangers de l’hydrogène.

De vastes surfaces au Japon sont maintenant contaminées, comprenant certaines parties de Tokyo, si radioactives que la poussière des rues mesurant 7 000 becquerels par kilo serait considérée comme bonne à enterrer comme déchet radioactif aux USA.

Comme expliqué précédemment ces éléments radioactifs se concentrent dans la chaine alimentaire. La Préfecture de Fukushima a toujours été considérée comme un grenier alimentaire pour le Japon et bien qu’une grande partie du riz, des légumes et des fruits cultivés ici soit radioactive, il y a une grosse pression pour vendre cette nourriture à la fois sur le marché japonais et à l’étranger. Taiwan a banni la vente de nourriture japonaise, pas l’Australie ni les USA.

Le Premier Ministre Abe a fait récemment adopter une loi selon laquelle tout reporter disant la vérité sur la situation est passible de 10 ans de prison. De plus les médecins disant à leurs patients que leur maladie pourrait être due aux radiations, ne seront plus payés, ainsi il y a un immense silence tant au Japon que dans les médias globaux.

Le Comité Préfectoral de Santé de Fukushima surveille seulement les cancers de la thyroïde dans la population et en juin 2016, 172 cas de personnes de moins de 18 ans au moment de l’accident ont développé ou sont suspectes de cancer de la thyroïde ; l’incidence normale dans cette population est de 1 ou 2 cas par million.

Cependant, d’autres cancers et leucémies causés par les radiations ne sont pas documentés de façon courante ainsi que les malformations congénitales, qui étaient et sont, répandues dans la population exposée de Tchernobyl.

Argument ultime, ces réacteurs ne seront jamais nettoyés ni démantelés car une telle tâche est humainement impossible. Donc ils continueront à déverser de l’eau dans le Pacifique jusqu’à la fin des temps et menaceront le Japon et l’hémisphère Nord avec des rejets massifs de radiations s’il y avait de nouveau un gros tremblement de terre. »

https://independentaustralia.net/politics/politics-display/helen-caldicott-the-fukushima-nuclear-meltdown-continues-unabated,10019

L’article original étant en anglais, cette traduction a été réalisée par André JACQUES, administrateur du site « Le blog de jeudi »

http://leblogdejeudi.fr/20428-2/

Fév 14

POURQUOI ET COMMENT SORTIR DU NUCLÉAIRE

DessusLa France est dans une situation unique de dépendance vis-à-vis du nucléaire : elle en tire 75 % de sa production d’électricité, fournie par un parc de 58 réacteurs. Construits pour la plupart dans les années 1970-1980, la moitié d’entre eux auront atteint avant 2025 quarante années de fonctionnement, la limite d’âge pour laquelle ils ont été conçus. Ces réacteurs présentent les mêmes types de risques que ceux de Fukushima, avec des probabilités d’accident majeur qui augmentent avec le vieillissement des matériels.

Face à cette situation, EDF s’obstine dans sa politique du « tout nucléaire ». Le groupe veut d’une part prolonger la durée de fonctionnement de l’ensemble des réacteurs actuels, opération risquée pour la sûreté nucléaire et d’un coût estimé à une centaine de milliards d’euros. Et il veut d’autre part remplacer les installations en fin de vie par de nouveaux réacteurs de type EPR, dont le prototype de Flamanville accumule les retards, les problèmes techniques et de sûreté, avec notamment des pièces défaillantes au niveau de la cuve. L’estimation du coût de l’EPR s’élève déjà à 10,5 milliards d’euros, au lieu des 3 milliards initialement prévus.

Contre toute logique, la France s’entête

La France se distingue enfin par le choix du retraitement des combustibles irradiés. Cela se traduit par la croissance continue d’un stock de plutonium (le combustible des armes nucléaires) et de près de 100 000 m3 de déchets à très haute activité et longue durée de vie pour lesquels aucune solution satisfaisante à long terme n’existe. En particulier, le projet actuel de stockage souterrain irréversible à grande profondeur.

Selon l’autorité de sûreté nucléaire (ASN), un accident de type Fukushima est possible en France

Les deux entreprises en charge de cette situation délicate sont en grande difficulté financière. Areva est en situation de faillite. De son côté, EDF, plutôt que de se concentrer sur la production domestique d’électricité (nucléaire ou non), s’aventure dans l’investissement et la livraison clés en main de deux réacteurs EPR au Royaume-Uni, une opération à hauts risques alors que l’émergence même de la filière EPR reste douteuse.

Contre toute logique, les pouvoirs publics et la majorité des candidats à la présidentielle continuent de prôner la poursuite d’une politique nucléaire volontariste en s’appuyant sur un discours incantatoire. Les expressions « indépendance énergétique », « excellence française », « Areva géant du nucléaire ou fleuron industriel », « marché international en expansion » font encore florès dans les discours de campagne mais ne font plus illusion : la France n’a exporté que 11 réacteurs depuis 1970 et, aujourd’hui, la capacité nucléaire mondiale est en phase de décroissance ; l’uranium n’assure pas l’indépendance énergétique de la France, celui-ci étant entièrement importé (essentiellement du Niger et du Kazakhstan) ; le parc nucléaire est menacé par la découverte d’anomalies et de falsifications dans des équipements vitaux, tandis que l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) déclare qu’un accident de type Fukushima est possible en France ; Areva, au bord de la faillite, ne peut être (provisoirement) sauvé que par des milliards d’aide d’État…

Les scénarios de substitution du nucléaire par les renouvelables deviennent tout à fait réalistes

Pendant ce temps, les filières d’électricité renouvelables (éolien, photovoltaïque, biomasse, etc.) se développent partout dans le monde, avec une constante chute des coûts, sur des marchés en très forte croissance. Elles entrent aujourd’hui en compétition en Europe avec les centrales à combustibles fossiles et, plus encore, avec les centrales nucléaires dont les coûts ne cessent de déraper. Dans ce paysage nouveau et avec l’exigence d’une division par deux de la demande énergétique nationale d’ici 2050 qu’impose la loi de transition énergétique et dont l’électricité ne saurait s’exonérer totalement, les scénarios de substitution rapide du nucléaire par les énergies renouvelables nationales deviennent tout à fait réalistes.

Une feuille de route pour sortir de l’atome

Pour sortir du nucléaire, il faudrait simultanément programmer dès maintenant la fermeture des réacteurs au fur et à mesure de l’atteinte de leur limite d’âge au cours des vingt prochaines années. Il faudrait également engager une politique – actuellement inexistante – d’économies d’électricité avec des objectifs chiffrés ambitieux et réalistes à court et moyen terme (-20 % en 2025, -25 % en 2030), ce qui détendra la contrainte de production. Mais aussi accélérer et réaliser à grande échelle la rénovation énergétique des bâtiments. Se décider, enfin, à considérer le développement des énergies renouvelables comme une opportunité majeure, du point de vue de l’emploi, de l’indépendance nationale, du développement des territoires, de l’environnement et de la sécurité.

Les 100 milliards d’euros nécessaires pour tenter de prolonger l’existence du parc nucléaire d’une dizaine d’années seront bien utiles pour aborder résolument cette révolution électrique qui se développe partout ailleurs, autour de l’efficacité, des réseaux intelligents et des renouvelables.

Réussir la transition des emplois

Comme dans toute transition industrielle, la question des emplois est cruciale. Ce sont les personnels qui font tourner les centrales et ceux chargés du retraitement et de la fabrication du combustible qui sont les premiers concernés. L’important est d’anticiper et d’établir, en négociation avec les syndicats, un plan d’ensemble et un calendrier prévisionnel d’évolution et de reconversion du personnel sur les 20 ans qui viennent : départs à la retraite, formation, maintien sur place pour les opérations de fermeture et de démantèlement, reconversion vers les filières renouvelables, etc.

Les travailleurs du nucléaire ont des compétences très recherchées dans le secteur des énergies renouvelables

C’est un problème sérieux mais qui concerne une population de niveau technique élevé, exerçant en grande majorité dans des spécialités très recherchées dans le secteur des énergies renouvelables (mécanique, électronique, informatique, thermique, électricité) et plus généralement de la transition énergétique.

Ne pas prendre en main dès maintenant cette transition indispensable risque fort de conduire dans quelques années à un abandon brutal et désordonné du nucléaire, sous la pression des réalités économiques (et a fortiori en cas d’accident majeur en Europe) dans les pires conditions d’impréparation, à la fois pour notre sécurité électrique et pour les travailleurs de la filière nucléaire.

Article de Benjamin Dessus (ingénieur et économiste, fondateur de l’association Global Chance). 

http://www.alternatives-economiques.fr/sortir-nucleaire/00077476

Fév 14

ESSAIS NUCLÉAIRES DE REGGANE: LA FRANCE BIENTÔT DEVANT LA CPI

CPILa Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh) compte saisir la Cour Pénale Internationale (CPI) de La Haye pour crimes contre l’humanité commis par l’état français à Reggane, au sud de l’Algérie.

A la veille du 57e anniversaire de la commémoration des essais nucléaires commis par la France le 13 février 1960, le secrétaire national de la Laddh, Houari Kaddour, a annoncé dans un communiqué rendu public, hier, que son organisation «déposera plainte contre la France pour crimes commis contre l’humanité», pour toutes les conséquences des essais nucléaires et pour son mépris face à toutes les maladies endurées par les Algériens.

L’explosion de Reggane, jugée comme la plus grande et la plus dangereuse des essais nucléaires, est l’équivalent de trois bombes d’Hiroshima. La Laddh tente d’alerter l’opinion publique nationale et internationale sur les conséquences néfastes de ces essais et sur l’ampleur de ces expériences nucléaires qui ont duré six années dans le sud du pays.

La ligue algérienne des droits de l’homme dénonce l’insouciance dont jouit la France 57 ans après ces essais, et la non-reconnaissance de ces crimes envers des milliers d’algériens. «Plus de 42 000 victimes sont recensées sur place : des nomades, prisonniers et même quelques recrues de l’armée française, et ce, afin de mesurer la puissance de ces essais ‘‘expériences’’ et en étudier les effets destructeurs. Plus de 150 000 personnes touchées dans ces zones sont nées avec des malformations congénitales. Malgré ses tentatives d’imposer le black-out sur le dossier, prétextant l’incompétence de la communauté internationale à traiter cette question, en entourant le sujet de confidentialité et en dressant des obstacles à l’accès des chercheurs aux documents et archives français. M. Kaddour constate amèrement une fois de plus «le désintérêt total de la communauté internationale pour les conséquences des essais nucléaires, notamment le plutonium répandu dans l’atmosphère avec tous ses effets dangereux pour les milliers d’années à venir».

Pour cela, il dénote qu’il est du devoir des algériens d’exiger que toute la lumière soit faite sur ce dossier noir et de connaître la vérité.

La question, aujourd’hui, n’est pas une affaire d’indemnisation des victimes irradiées par les essais nucléaires français de Reggane, mais plutôt celle de la reconnaissance des crimes commis contre des populations innocentes et leur pays. Il s’agit de crime constituant une violation des droits de l’homme.

La Laddh dénonce également l’arrêté du 22 septembre 2014 de la loi Morin du 5 janvier 2010, relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, qui constitue, selon la même instance, «une gifle à l’État algérien et aux associations des victimes qui se battent depuis 11 ans pour faire valoir leurs droits et faire reconnaître par la France ces crimes».

Plus de «730 dossiers algériens de reconnaissance et d’indemnisation des victimes ont été rejetés par la commission ad hoc», au motif que les pathologies déclarées ne rentrent pas dans le cadre de la loi.

Les associations des victimes de ces épouvantables bombes ne comptent pas baisser les bras. La carte de l’armée française décrivant les retombées radioactives de l’essai nucléaire français en Algérie devrait servir comme preuve.

La carte qui était classée secret défense par la France montre l’impact de ces essais qui va jusqu’en Centrafrique au sud et à la rive nord de la méditerranée.

Essais nucléaires en série…

La France, qui ambitionne d’avoir cette arme dévastatrice qui est la bombe atomique, a choisi le Sahara algérien pour faire ses premières expériences et essais nucléaires.
Le site de Reggane est arrêté le 23 juillet 1957 et les travaux y débutent le 1er octobre 1957. Le premier essai nucléaire français, Gerboise bleue, est effectué le 13 février 1960, sous la présidence de Charles de Gaulle. Il s’agit du plus puissant essai nucléaire jamais réalisé, avec 70 Kt. Un champ de tir est créé à Reggane. Les tirs sont effectués à partir d’une tour située plus précisément à Hamoudia, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Reggane.

Le rapport annuel du CEA de 1960 montre l’existence d’une zone contaminée de 150 km de long environ.

Mais en 2013, la carte classée secret défense des retombées réelles est divulguée, montrant l’immensité des zones touchées, et ce, jusqu’en zone subsaharienne. Des taux de radioactivité différents suivant le déplacement des particules de poussière contenant de l’iode 131, du césium 137.

La France doit abandonner les essais aériens au profit d’essais souterrains, moins polluants, anticipant la signature du Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires. Les tirs sont réalisés en galeries, chacune étant creusée horizontalement dans un massif granitique du Hoggar, le Tan Afella.

Le 7 novembre 1961, la France réalise son premier essai nucléaire souterrain. Mais le 1er mai 1962, lors du deuxième essai, un nuage radioactif s’échappe de la galerie de tir, la roche ayant été fragilisée lors du premier essai. C’est l’accident de Béryl (du nom de code de l’essai). De novembre 1961 à février 1966, treize tirs en galerie sont effectués, dont quatre n’ont pas été totalement contenus ou confinés (Béryl, Améthyste, Rubis, Jade). Les accords d’Évian avaient prévu que la France devait abandonner ses expériences au Sahara.

Article de Fella Hamici

http://www.letempsdz.com/index.php/132-actualite/188996-57e-anniversaire-des-essais-nucl%C3%A9aires-de-reggane-la-france-devant-la-cpi

Fév 13

VOILÀ POURQUOI IL FAUT FERMER FESSENHEIM

FessenheimC’était une promesse du candidat Hollande. Et la nécessité de son démantèlement n’est pas politique, mais bel et bien énergétique.

Il s’agit de la plus ancienne des centrales nucléaires françaises, raccordée au réseau électrique en 1977, que la proposition 41 du programme du candidat Hollande prévoyait de fermer. Il aura fallu un quinquennat entier pour que soit finalement amorcée une mise à l’arrêt des deux réacteurs, d’une puissance cumulée de 1 800 MW, à l’horizon 2018. Malgré l’accord d’EDF le 24 janvier dernier sur les conditions d’indemnisation de l’énergéticien par l’État (part fixe de 490 millions d’euros versés d’ici 2021), l’hypothèse de sa fermeture définitive est loin d’être acquise, tant ce dossier est politique…

…Soutenus par la CGT, les salariés sont prêts à tout pour sauver la centrale.

Non, Fessenheim n’est pas dangereuse, en tout cas pas davantage que les 56 autres réacteurs, n’en déplaise aux riverains suisses et allemands qui pointent régulièrement une installation obsolète et porteuse de risques. Pourtant, Fessenheim doit fermer et sa fermeture doit marquer le début de la transition énergétique que nous devons amorcer de toute urgence. Une partie de l’opinion publique ne veut en effet plus assumer les risques d’une énergie nucléaire dont l’acceptation sociale reposait il y a trente ans sur les promesses d’indépendance énergétique, de prix bas de l’électricité et de développement d’une nouvelle filière industrielle. Depuis la fin des années 1980, le nombre total de réacteurs en fonctionnement dans le monde stagne autour de 430, répartis dans 31 pays. Si le nucléaire a encore un avenir – 25 réacteurs sont en construction en Chine –, ce n’est plus une énergie d’avenir. C’est aujourd’hui davantage la filière du démantèlement des réacteurs qui va prendre un essor considérable. Construit majoritairement dans les années 1970 et 1980, le parc nucléaire mondial amorce la mise à l’arrêt d’installations initialement prévues pour trente ou quarante ans.

L’Allemagne, qui a arrêté 28 réacteurs, a pris une longueur d’avance. Aux États-Unis, où la concurrence d’un gaz de schiste peu cher rend le nucléaire moins compétitif, ce sont 33 réacteurs qui ont été mis à l’arrêt. La France, championne de la construction des centrales, ne doit pas rester à l’écart de l’immense marché du démantèlement. La prolongation des installations de quarante à soixante ans, telle que préconisée par François Fillon, nécessiterait des investissements considérables. Le coût du « grand carénage » d’un réacteur est estimé par EDF à 1 milliard d’euros, au minimum, soit 51 milliards sur douze ans pour l’ensemble du parc français. Autant d’investissements qui ne seraient pas orientés vers le développement des énergies renouvelables et la recherche sur le stockage de l’électricité.

Ce n’est pas un hasard si les pays les plus en pointe en matière d’énergies renouvelables (ENR) sont aussi ceux qui se passent du nucléaire : les ENR assurent plus de 80 % de la production d’électricité en Norvège, en Nouvelle- Zélande et en Autriche, pays dépourvus d’installations nucléaires, et la Suisse et la Suède, qui ont tous deux renoncé au nucléaire, produisent plus de 60 % de leur électricité à partir des ENR. En revanche, en France, au Japon, en Corée du Sud ou aux États-Unis, pays parmi les plus nucléarisés au monde, les ENR représentent encore moins de 20 % du mix énergétique2. La construction d’une nouvelle filière industrielle des énergies renouvelables suppose des choix politiques clairs et une réorientation massive des investissements en faveur de la transition écologique
Soit les fonds vont au nucléaire, et la part des ENR restera marginale, soit ils vont vers les énergies alternatives dans la perspective d’une économie totalement décarbonée. Fessenheim est un symbole. Il faut fermer la centrale, non pas en raison de ses risques supposés, mais bien pour amorcer un changement d’époque, tourner définitivement la page des années 1970 et produire une énergie sans risques, débarrassée de la problématique des déchets et de l’approvisionnement en uranium.

  1. Source : ASN, appréciations 2015 pour la centrale nucléaire de Fessenheim.
  2. Source : Agence internationale de l’énergie, 2015.

Pour lire l’intégralité de l’article:

http://www.temoignagechretien.fr/articles/pourquoi-il-faut-fermer-fessenheim

Fév 13

L’ONU EST INQUIÈTE APRÈS LE TIR DE MISSILE CORÉEN

CoréeLe conseil de sécurité de l’ONU va se réunir lundi alors que plusieurs pays tirent la sonnette d’alarme suite au nouvel essai nucléaire mené en Corée du Nord.

La Corée du Nord a confirmé lundi avoir procédé avec succès dimanche à un tir de missile balistique de moyenne à longue portée d’un nouveau type. Ce lancement a provoqué l’inquiétude de la communauté internationale face aux progrès de Pyongyang dans ce domaine.
L’agence officielle nord-coréenne KCNA a indiqué que le dirigeant du pays, Kim Jong-un <http://www.tdg.ch/monde/onu-inquiete-tir-missile-coreen/personen/kim-jong-un/s.html>, avait personnellement supervisé l’essai du missile Pukguksong-2, nouveau type d’arme stratégique qui serait capable de transporter une tête nucléaire. Kim Jong-un «a exprimé sa grande satisfaction concernant la possession d’un autre puissant moyen d’attaque nucléaire qui renforce la formidable puissance du pays», a précisé l’agence.
Consultations à l’ONU
Cet essai, effectué dimanche matin en infraction des résolutions du Conseil de sécurité de lONU <http://www.tdg.ch/monde/onu-inquiete-tir-missile-coreen/organisation/onu/s.html> , est le premier auquel procède le régime nord-coréen depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.. Il apparaît comme un défi diplomatique lancé au nouveau président américain.
Les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont demandé des consultations d’urgence au Conseil de sécurité de l’ONU, avec une réunion prévue dans la journée de lundi. Celle-ci devrait débuter à 17h00 locales a précisé dimanche la mission ukrainienne, qui préside actuellement le Conseil.
Le Japon a indiqué que de nouvelles sanctions pourraient être examinées contre la Corée du Nord. Il a «demandé à la Chine, à différents niveaux, de prendre des mesures constructives», a déclaré le secrétaire général du gouvernement nippon, Yoshihide Suga.
Appels à la retenue
Principal allié et partenaire commercial de la Corée du Nord, Pékin a exprimé son opposition à ce nouvel essai, tout en réfutant pouvoir faire plus pour contrôler le gouvernement nord-coréen comme le demandent les États-Unis et leurs alliés. «Toutes les parties en présence doivent observer de la retenue et maintenir ensemble la paix et la sécurité régionale», a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Le ministère russe des Affaires étrangères a, lui, fait part de son inquiétude face à cette nouvelle infraction aux règles internationales du régime nord-coréen. Il a appelé toutes les parties en présence au calme et à éviter toute initiative de nature à provoquer une escalade des tensions dans la péninsule coréenne.
Cette initiative a été menée alors que le Premier ministre japonais Shinzo Abe se trouve en visite aux États-Unis où l’administration Trump a parlé de «provocation» tandis que le chef du gouvernement nippon a qualifié cet essai d’«absolument intolérable».
Cinq essais nucléaires
La Corée du Nord a mené jusqu’à présent cinq essais nucléaires, dont deux en 2016. Il affirme être en mesure de miniaturiser une arme nucléaire pour qu’elle puisse équiper un missile bien que cette affirmation n’ait jamais pu être vérifiée d’une manière indépendante.
Dans son allocution du Nouvel An, Kim Jong-un avait annoncé que son pays était près de procéder à un tir de missile balistique intercontinental et la presse gouvernementale affirmait qu’un tel essai pouvait intervenir à tout moment. Ce type d’arme dont la portée est d’environ 9000 km constituerait une menace directe pour le territoire américain.
Vol de 500 km
L’agence KCNA a précisé que le tir effectué dimanche a été opéré suivant un angle élevé pour respecter la sécurité des pays voisins. Une source militaire sud-coréenne a précisé que l’engin avait atteint une altitude de 550 km. Il a volé pendant 500 km en direction du Japon avant de s’abîmer en mer au large des côtes orientales de la péninsule coréenne.
Avant l’essai de dimanche, les derniers tirs de missiles nord-coréens avaient été menés en octobre et concernaient des fusées Musudan à moyenne portée. Les deux tentatives avaient été des échecs, selon des responsables américains et sud-coréens.

http://www.tdg.ch/monde/L-ONU-est-inquiete-apres-le-tir-de-missile-coreen/story/18568134

Fév 13

PROLONGATION DE L’EPR DE FLAMANVILLE ET DE PALUEL, NE LAISSONS PAS FAIRE

CRILANCommuniqué du CRILAN :

Décret de prolongation de 3 ans du DAC (décret d’autorisation de construction) du réacteur nucléaire EPR de Flamanville :

Le nucléaire bafoue une fois de plus le Droit et la Démocratie.

La décision de prolongation de 3 ans du décret autorisant la construction de l’EPR jusqu’au 10 avril 2017 a été prise après un marchandage fin janvier entre le Gouvernement et EDF (Arrêt de Fessenheim contre continuation de l’EPR).

Le Gouvernement veut le promulguer au pas de charge, avant les échéances électorales qui se profilent, après une consultation de pure forme et a posteriori de la Commission locale d’information de Flamanville et d’un avis tout autant de pure forme de L’ASN !

Sur le fond :

Ce nouvel arrêté de prolongation de 3 ans du décret ne change en rien celui de 2007 puisque son article premier (il n’en a que deux) précise que seul le mot « dix» ( pour dix ans ), sera remplacé par 13. Or, le réacteur EPR aujourd’hui en construction n’est plus le même que le projet présenté à l’enquête en 2006 :

1) Une première canalisation de rejets a été abandonnée en cours de travaux en zone minière ;

2) Une seconde, creusée par un tunnelier, s’est rapprochée des réacteurs existants, avec une concession d’endigage identique ;

3) Les avatars durant la construction se sont multipliés (affaire des grappes, entre autres) ;

4) Des anomalies d’homogénéité et de composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve ont été mises à jour, composition ne respectant pas les réglementations quant aux installations sous pression ;

5) Le combustible envisagé par AREVA (MOX) a été abandonné au profit d’un combustible à l’uranium plus enrichi, abandonné à son tour pour l’uranium enrichi classique, alors que l’enquête publique sur les rejets radioactifs liquides et gazeux est restée la même.

6) Les coûts de construction se sont envolés: évalués à l’origine à 3,3 milliards d’euros, plusieurs fois réévalués et estimés il y a déjà plus de deux ans à 10,5 milliards d’euros soit à plus de 300% du coût initial (combien maintenant?), accroissant le déficit officiel d’EDF (37 milliards reconnus par cette dernière).

7) L’inutilité de l’EPR, que nous avions dénoncée à l’origine pour la fourniture d’électricité de notre pays est maintenant avérée : Il est prévu de construire une ligne pour exporter 320 000 volts du Nord Cotentin vers le Dorset au Royaume Uni en souterrain et sous-marin.

8) Son incohérence est démontrée dans les faits : Alors que la centrale thermique classique de Cordemais, en Loire Atlantique a été arrêtée à cause de la construction d’une ligne THT du Cotentin vers les Pays de Loire, il a fallu réouvrir cette dernière pour fournir les pointes en période de grand froid.

9) La situation en ce qui concerne les risques s’est aggravée : Risques d’attentats, risques d’accidents

On le sait : L’EPR de Flamanville n’a été conçu par AREVA que comme vitrine commerciale : il lui fallait absolument un prototype français pour être crédible à l’étranger. EDF prend maintenant le relais d’AREVA et les salariés d’EDF, compte tenu du trou financier vont payer la casse (Projet de 5900 suppressions d’emploi).

Le bons sens et la législation française veulent que lorsque la réalisation ne correspond plus au projet initial, on recommence les procédures et en particulier les enquêtes publiques. C’est cette exigence que le CRILAN va s’efforcer de faire appliquer.

Contacts presse:

Christiane DURCHON, (02 33.07.74.23 – 06 81 67.81 71), représentante du CRILAN à la CLI,

Didier ANGER (02 33 52 45 59 – 06 80 23 39 45), Président du CRILAN

CRILAN : Comité de Réflexion d’Information et de Lutte Anti-Nucléaire.

http://www.s323409623.onlinehome.fr/crilan/index.php?option=com_content&view=article&id=27&Itemid=53

Fév 13

FUKUSHIMA : LA STRATÉGIE DU GOUVERNEMENT FRANÇAIS POUR SAUVEGARDER LES INTÉRÊTS DU NUCLÉAIRE

FukuUn documentaire, diffusé dimanche dans l’émission «Cellule de crise» sur France 2, expose comment la France a œuvré dès le 11 mars 2011 pour «sauvegarder les intérêts du nucléaire». (rediffusion jeudi 16 février à 1h40, enregistrez-le !)

L’affaire est entendue. La catastrophe de Fukushima, qui a eu lieu il y a près de six ans, est un «désastre créé par l’homme» comme l’a écrit noir sur blanc Kiyoshi Kurokawa, le président de la commission d’enquête parlementaire.

Depuis le 11 mars 2011, les rapports, les investigations, les documentaires japonais et internationaux n’ont pas manqué pour décrire l’enchaînement des faits, l’impréparation, les erreurs en série et la panique qui s’est emparée du pouvoir politico-industriel nippon dans les premiers jours de la pire crise nucléaire depuis Tchernobyl.

Le mérite de cette enquête n’est pas tant dans ce rappel de ces jours de mars ayant donné des sueurs froides à toute la planète et au cours desquels le pire a été évité de peu. Même s’il est toujours nécessaire de se remémorer que les autorités japonaises ont envisagé le scénario catastrophe : une perte totale de contrôle de la centrale de Fukushima-daiichi et une crise nucléaire qui aurait condamné pour des décennies une grande partie du Japon et contraint les autorités à évacuer plus de 50 millions de personnes, comme l’a raconté dans ces colonnes Naoto Kan, le Premier ministre de l’époque.

La journaliste Linda Bendali qui signe cette enquête a certes eu accès des témoins de premier plan dans l’équipe de Naoto Kan, chez les secouristes, les militaires et parmi des membres de Tokyo Electric Power Company (Tepco) qui gère la centrale.

Mais si ce documentaire révèle des secrets, c’est surtout sur son volet français qu’il apporte un éclairage bienvenu. En construisant un récit croisé entre le Japon et la France, il expose la «stratégie du gouvernement français pour sauvegarder les intérêts du nucléaire». Et montre comment Paris s’est lancé dans une «bataille diplomatique et industrielle cruciale pour la France».

«Risques de contamination en Europe»

Même si EDF, François Fillon – alors Premier ministre –, ses conseillers et Eric Besson, le ministre de l’Industrie de l’époque ont refusé les demandes d’interview, la journaliste a pu reconstituer le récit côté français. Informé par une source interne à Tepco, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) fait partie des premiers à avoir été informé de la crise.

A Paris, l’IRSN mobilise son centre de crise avec 40 ingénieurs, des traducteurs pour tenter de comprendre la situation à la centrale et pour faire face à de possibles «risques de contamination dans toute l’Europe».

Chez Areva, huit ingénieurs donnent l’alerte en bouclant leurs valises. «Les Japonais ont perdu le contrôle de la centrale», déclarent-ils en quittant le Japon en toute hâte. La panique s’empare des expatriés à Tokyo.

Dès le 12 mars, les explosions causées par l’hydrogène concentré dans les installations de Fukushima et le bricolage des interventions vont faire «très très peur», comme le dit Anne Lauvergeon, alors la présidente d’Areva.

La France, pays du nucléaire avec les géants EDF et Areva, voit chuter les cours en bourse de ses entreprises et de l’uranium.

Il faut réagir. Les ministères de l’Industrie et de l’Écologie, l’IRSN et Matignon vont monter au front pour faire «faire baisser la pression et l’angoisse».

Conférence de presse, éléments de langage, audit des réacteurs français, etc. Paris manœuvre pour que le «nucléaire ne devienne pas un sujet de débat» et que «la place de l’atome ne soit pas remise en cause en Europe». Elle s’oppose à la «décision hallucinante de l’Allemagne», selon les mots de Frank Supplisson, directeur de cabinet d’Eric Besson, de débrancher ses centrales. N’hésite pas à menacer ses partenaires européens qui n’ont pas l’heur de partager ses vues. Et fait pression sur ses diplomates.

Beau fiasco français

A Tokyo, l’ambassadeur de France, Philippe Faure, met en ligne un communiqué recommandant aux ressortissants français de s’éloigner quelques jours de la capitale nippone. Le Quai d’Orsay lui intime l’ordre de retirer le texte. Puis, avec retard, Paris dépêche un avion d’aide avec des «tonnes de matériels inutiles», raconte un membre de l’ambassade. «Au pays de Nissan et de Toyota, ce qu’on envoyait c’était du vrac, pas éblouissant», se souvient Philippe Faure.

Le documentaire raconte également un beau fiasco quand l’aide technique française a été refusée par le Japon. Paris a loué un très coûteux Antonov pour acheminer ses robots capables d’intervenir en milieu contaminé, mais Tokyo souhaitait que des experts français viennent les piloter. «Les ingénieurs acceptaient de venir à Tokyo, raconte Linda Bendali, mais pas au pied des réacteurs.» Les Japonais ont décliné l’offre.

Dans cette offensive diplomatico-industrielle, l’Élysée n’a pas été en reste. Nicolas Sarkozy a fait des pieds et des mains pour être le premier chef d’État à venir au Japon.

Vingt jours après le 11 mars, il débarque à Tokyo et rappelle la nécessité de poursuivre le nucléaire.

Naoto Kan accepte finalement de l’accueillir malgré un emploi du temps surchargé. Ce jour-là, «j’étais convaincu qu’il fallait arrêter» l’utilisation de l’atome, déclare aujourd’hui l’ex-Premier ministre devenu l’un des plus ardents militants antinucléaires de l’archipel. Mais face à Nicolas Sarkozy le 31 mars 2011, il s’est tu.

Article de Arnaud Vaulerin, correspondant au Japon.

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/12/fukushima-la-bataille-de-la-france-au-nom-de-l-atome_1547304

Fév 12

« THE BOMB », OVNI CINÉMATOGRAPHIQUE SUR LES DANGERS DE L’ARMEMENT NUCLÉAIRE

The bombLa fascination qu’il suscite a secoué les spectateurs du festival du film de Berlin, impressionnés par un film aux confins du politique et de l’esthétique.

Réalisation de Kevin Ford, Smriti Keshari et du journaliste d’investigation Eric Schlosser, « The Bomb » avait déjà fait sensation au festival new-yorkais de Tribeca, où il avait été projeté en première mondiale l’an passé.

Conçu comme un vidéo-clip d’un peu moins d’une heure, il compile, dans un montage nerveux, des images d’archives et récentes de lancements de missiles, d’explosions atomiques ou d’anciens spots vantant les mérites du nucléaire. Le tout accompagné en direct par le groupe de musique électro The Acid, qui joue dans une fosse devant l’écran.

Quasi expérimental, le film-documentaire a été conçu pour être projeté à 360°pendant que les musiciens jouent au milieu de l’espace occupé par les spectateurs. A la Berlinale, il a été projeté dans une salle classique, où il a malgré tout électrisé les spectateurs.

« J’ai trouvé ça très intéressant, il y avait beaucoup de choses que j’ignorais. Visuellement, c’était vraiment une expérience« , confie Pedro Gething, Portugais de 31 ans, même si au final, le message délivré le fait quand même « flipper« .

Éléonore Clemente, Française de 26 ans, se dit très « surprise » par la masse d’armes nucléaires dans le monde – 15.000, dont plus de 90% aux mains des États-Unis et de la Russie, ont expliqué les réalisateurs à l’issue de la projection.

L’audace du film, dérangeante sur un tel sujet, est entièrement assumée par les auteurs, explique la réalisatrice Smriti Keshari : « Il y a sans aucun doute [chez les Hommes] une séduction pour les machines », et les bombes nucléaires « sont les plus puissantes » jamais créées.

http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/33443-cinema-cinematographique-dangers-armement-nucleaire.html

Bande-annonce : https://vimeo.com/163562558

Fév 12

NUCLÉAIRE, PEINE DE MORT: MARINE LE PEN ASSUME SES REVIREMENTS

Le penDans l’émission politique diffusée jeudi soir sur France 2, la présidente du Front national assume avoir changé d’opinion sur certains sujets depuis 2012, voire avant. Mais peine parfois à s’expliquer.

…évolution notable concerne l’énergie nucléaire. Début janvier, lors de la visite d’une centrale électrique dans le Loir-et-Cher, Marine Le Pen assurait qu’elle était attachée à l’électricité d’origine nucléaire, d’une part pour garantir l’indépendance énergétique du pays et d’autre part, car « c’est une source d’énergie parmi les moins polluantes et les plus sûres » 

Le nucléaire, une énergie « dangereuse » ou « sûre » ?

Mais en 2011, celle qui était déjà candidate à la présidentielle tenait un autre discours, trouvait l’énergie nucléaire « énormément dangereuse » assurait qu’en sortir était « un objectif« . Or, cinq ans plus tard, les vestes ont été retournées: début décembre, Marine Le Pen considérait qu’abandonner le nucléaire « serait se tirer une balle dans le pied » rapporte Le Monde

La contradiction paraît évidente, sauf pour la principale intéressée qui a accusé les journalistes d’avoir coupé les vidéos montrées à l’écran « au bon moment« . « Le nucléaire est dangereux [et] je veux encore en sortir à terme« , assure-t-elle, sans fixer d’horizon précis et prenant la défense de ce mode de production. « Peut-être que demain, nous découvrirons des moyens pour que ce soit un peu plus sûr« , avance-t-elle ensuite. Défendre ses revirements n’est pas toujours chose aisée…

Pour lire l’intégralité de l’article :

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/nucleaire-peine-de-mort-marine-le-pen-assume-ses-revirements_1877870.html

Fév 12

ÉTATS-UNIS : UN LABORATOIRE NUCLÉAIRE US ÉCHOUE À UNE INSPECTION DE SÉCURITÉ

LaboratoireUn labo nucléaire stratégique situé dans le sud des États-Unis pourrait constituer un risque pour la sécurité.

Des inspecteurs américains ont qualifié d’insatisfaisant le niveau de sécurité du Laboratoire national de Los Alamos (Nouveau-Mexique, sud des États-Unis) chargé de recherches nucléaires, relate la chaîne ABC.

La chaîne souligne que le Bureau de sécurité des installations nucléaires de défense (Defense Nuclear Facilities Safety Board — DNFSB), un organe indépendant qui fait rapport au président américain et au secrétaire à l’Énergie, a détecté 24 violations de consignes de sécurité suite à une inspection du niveau de sécurité du laboratoire. Les détails du rapport du Bureau n’ont pas été dévoilés.

Les violations détectées ne sont pas graves en elles-mêmes, mais selon un journal local, le Santa Fe New Mexican, elles sont suffisantes pour placer le laboratoire dans la catégorie « rouge », qui signifie que l’état de l’installation nucléaire est insatisfaisant. Selon Kevin Roark, représentant du laboratoire, des mesures nécessaires visant à augmenter le niveau de sécurité ont déjà été prises.

Le Laboratoire de Los Alamos est le seul des16 laboratoires nucléaires contrôlés par le Département américain de l’Énergie à avoir été placé dans la catégorie « rouge »  deux laboratoires ont été classés dans la catégorie « jaune », qui signifie que le niveau de sécurité y est normal mais doit être augmenté  et les 13 autres ont été placés dans la catégorie « verte » et ont été reconnus sûrs.

En 2014, les inspecteurs américains ont imputé plus de 30 infractions au Laboratoire national de Los Alamos ainsi qu’au Waste Isolation Pilot Plant (centre de stockage de déchets radioactifs militaires et issus de la recherche, installé dans la commune de Carlsbad dans le sud-est du Nouveau-Mexique).

https://fr.sputniknews.com/international/201702121030050696-usa-laboratoire-nucleaire-securite/

Fév 11

PAPEETE : TAMARII MORUROA REGRETTE LA CRÉATION D’UNE NOUVELLE COMMISSION

TamariiL’association Tamarii Moruroa, présidée par Yannick Lowgreen, a réagi au vote par l’Assemblée nationale de la suppression du « risque négligeable« .
« C’est bien c’est ce que nous attendons depuis plusieurs années. Mais nous ne comprenons rien à la manipulation au sujet de l’amendement n° 3 voté ce (jeudi) matin à la sauvette avec la complicité de tous les députés présents (31)« , indique-t-il dans un communiqué. « La ministre n’a pas expliqué le but du texte, pas un mot et aucun député n’a posé la moindre question. En cinq minutes l’affaire était pliée. »
Tamarii Moruroa fait référence à l’amendement déposé par Ericka Bareigts qui prévoit qu’une « commission, composée pour moitié de parlementaires et pour moitié de personnalités qualifiées, propose dans un délai de 12 mois à partir de la promulgation de la présente loi, les mesures destinées à réserver l’indemnisation aux personnes dont la maladie est causée par les essais nucléaires« , a détaillé Ericka Bareigts. « Elle formule des recommandations à l’attention du gouvernement »,
« C’est louche. On nous met une nouvelle commission pour s’assurer que les indemnités vont bien aux malades des essais nucléaires !!!! et qui serait chargé, un an après la promulgation de la loi, de veiller à ce que l’indemnisation soit réservée aux personnes dont la maladie est causée par les essais« ,
a mis en avant le président de Tamarii Moruroa. « Quelle fumisterie on nous prend encore pour des demeurés on supprime le risque négligeable et on rajoute une commission pour faire quoi !!! Nous ne comprenons rien ‘c’est encore une virgule rajoutée à ce texte’« .

http://www.tahiti-infos.com/Nucleaire-Tamarii-Moruroa-regrette-la-creation-d-une-nouvelle-commission_a157738.html

Fév 11

LORS DE SON APPEL AVEC POUTINE, TRUMP NE CONNAISSAIT PAS LE TRAITÉ SUR LE NUCLÉAIRE

Le président Donald Trump a eu un appel téléphonique embarrassant avec Vladimir Poutine. Ce dernier a déclaré que le traité sur le nucléaire signé par la Russie et Obama était «un mauvais coup pour les États-Unis», sans vraiment le connaître

New START, signé par l’ancien président Barack Obama et Dmitri Medvedev en avril 2010 à Prague, est un traité de réduction des armes nucléaires entre les États-Unis et la Russie, limitant le nombre de lanceurs de missiles nucléaires stratégiques à 1550. Il vise également à limiter les missiles terrestres et sous-marins ainsi que les bombardiers nucléaires de chaque pays. 

A lire aussi : Poutine ironise sur l’espionnage de Trump et les prostituées russes

Pourtant lorsque Vladimir Poutine a soulevé la possibilité d’étendre le traité qui expire en février 2018, Donald Trump a dénoncé «cette mauvaise affaire pour les États-Unis». Selon des responsables américains cités dans la presse américaine, c’est à ce moment-là que le nouveau président américain a tout simplement mis la conversation avec son homologue russe en attente, le temps de demander à ses assistants ce qu’était exactement New START.

Un compte-rendu sans New START sur le site de la Maison Blanche

En reprenant l’appel, il a alors déclaré que ce traité n’était «qu’un des nombreux mauvais accords négociés par l’administration Obama», insistant sur le fait qu’il était surtout favorable à la Russie. Après avoir baclé le sujet, Donald Trump a finalement parlé de sa propre popularité, selon des sources présentes lors de l’appel.

La Maison Blanche a refusé de commenter cet incident qui pourrait avoir des conséquences, renvoyant les médias vers son site officiel qui a publié un compte-rendu de l’appel du 28 janvier, qui ne mentionnait pas, bien entendu, la discussion sur New START.

http://www.directmatin.fr/monde/2017-02-09/lors-de-son-appel-avec-poutine-trump-ne-connaissait-pas-le-traite-sur-le-nucleaire

Fév 11

PROLONGATION DE VIE DES CENTRALES NUCLÉAIRES : L’IRSN LISTE LES DIFFICULTÉS RENCONTREES PAR EDF

IRSNL’IRSN a évalué la qualité de l’exploitation des réacteurs d’EDF. L’accent est mis sur des points essentiels en vue de la prolongation de leur durée de vie au-delà de 40 ans, dont la conformité des installations et leur maintenance.

Entre 2012 et 2014, EDF a rencontré « des difficultés récurrentes » dans le maintien de la conformité de ses installations, un sujet essentiel alors que l’entreprise s’apprête à engager le « grand carénage« . De même, l’entreprise a été confrontée à des problèmes de qualité de la maintenance, de maintien de la qualification des équipements, de surveillance de ses réacteurs nucléaires et d’analyse des risques. En matière d’environnement, elle a rencontré des problèmes liés au confinement des effluents radioactifs liquides.

Les incidents restent à un niveau élevé et ne diminuent pas, [ce qui] témoigne d’un manque d’efficacité des plans d’actions mis en œuvre par EDF 

Telles sont les principales conclusions de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) qui publie une évaluation de l’exploitation des réacteurs nucléaires d’EDF entre 2012 et 2014. Son avis a été rendu public le 16 janvier.

Manque d’expérience de certains agents

Point positif, l’Institut constate une stabilité de la gravité des évènements constatés. Pour le reste, l’IRSN est plutôt critique. De manière générale, l’IRSN note que l’exploitation des centrales manque de rigueur. « Les défauts de surveillance de l’installation, de la part des opérateurs en salle de commande, des rondiers du service de la conduite et des chimistes lors de prélèvements, sont en augmentation« , note l’IRSN. Elle y voit le signe d’« un manque de connaissances ou d’expérience de la part de certains agents », de difficultés d’organisation et d’une surcharge d’activité à certaines périodes.

Dans la perspective du prolongement de la durée de vie des réacteurs, l’IRSN s’est penchée sur les défauts de conformité au référentiel de sûreté qui regroupe les exigences de conception, de construction et d’exploitation. Ces écarts peuvent être liés aux erreurs de conception, de réalisation, de qualification ou d’exploitation. Le suivi du vieillissement des matériels et la maintenance sont des points essentiels du maintien de la conformité des installations. Le document souligne que ce sont les réacteurs les plus anciens, ceux de 900 mégawatts (MW), qui sont les plus touchés par ces défauts. Ceux-ci « ont principalement pour origine des difficultés importantes rencontrées par certains exploitants » pour maintenir la qualification des équipements importants pour la protection et maîtriser le référentiel de maintenance.

Maintenance insuffisante

S’agissant de la maintenance et des modifications effectuées sur les installations, l’IRSN note que les incidents « restent à un niveau élevé et ne diminuent pas, [ce qui] témoigne d’un manque d’efficacité des plans d’actions mis en œuvre par EDF ». EDF s’est engagée à améliorer ses procédures avant de modifier certains équipements des réacteurs de 900 MW dans le cadre de leur quatrième visite décennale. En effet, le passage des 40 ans nécessitera de très nombreux travaux.

En l’occurrence, l’avis de l’IRSN donne l’image d’une entreprise débordée par les travaux à effectuer sur ses réacteurs. EDF subit aussi l’absence de planification pluriannuelle stabilisée et de programmes de maintenance adaptés. L’entreprise fait aussi face à des écarts récurrents dans l’application de ses programmes. Enfin, elle est confrontée à la nécessité de maintenances exceptionnelles sur de gros composants. « Ceci est accentué dorénavant par un vieillissement des installations« , souligne l’IRSN. Là encore, la remarque est importante dans le cadre de la prolongation de la durée de vie des installations. Face à ces difficultés, EDF a tendance à repousser ses programmes de maintenance préventive, c’est à dire la révision, la réparation ou le remplacement des équipements avant que survienne une avarie. Il s’agit d’« [une] pratique contestable [qui] peut faire perdre le bénéfice du caractère préventif d’un suivi », insiste l’Institut. Conséquence : l’IRSN juge que « les programmes de maintenance actuellement d’application sur site ne sont pas suffisants« .

Fuites d’effluents radioactifs liquides

Sur le plan environnemental, le principal point d’attention de l’IRSN concerne le confinement des liquides radioactifs. « Sur la période 2012-2014, le nombre d’événements en lien avec le confinement liquide a augmenté« , constate l’Institut qui rappelle que les fuites liquides peuvent conduire à un marquage radioactif des sols et sous-sols. Ces défauts d’étanchéité de certains moyens de stockage d’effluents liquides soulèvent des questions : le vieillissement des installations et la qualité de l’exploitation sont en cause. L’IRSN pointe du doigt les centrales nucléaires de Gravelines (Nord) et de Paluel (Seine-Maritime). Selon EDF, leurs installations de stockage souffrent de l’air salin. Mais pour l’IRSN, l’explication se trouve aussi ailleurs : EDF a appliqué « de manière imparfaite » les contrôles demandés au titre de la maintenance préventive. De plus, « malgré la gravité des défauts constatés à Gravelines, aucune opération de contrôle complémentaire des revêtements internes des réservoirs des autres sites, notamment de ceux situés en bord de mer, n’a été entreprise par EDF (hormis à Paluel) », critique l’Institut.

Quant aux déversements accidentels de liquides radioactifs, ils font l’objet d’un renforcement des procédures. Ainsi, pour éviter que les déversements accidentels n’atteignent l’environnement, EDF a installé des bassins de confinement sur sept centrales et des obturateurs gonflables sur le réseau d’égouts des autres sites. L’IRSN indique que « des dysfonctionnements des obturateurs ont été constatés sur certains sites ». EDF mène l’enquête pour identifier l’origine de ces dysfonctionnements.

Article de Philippe Collet, journaliste rédacteur spécialisé 

http://www.actu-environnement.com/ae/news/reacteurs-nucleaires-prolongation-vie-irsn-difficultes-edf-28392.php4

Fév 11

SUISSE : YANNICK BUTTET: «LE NUCLÉAIRE A VÉCU, VIVE LE RENOUVELABLE!»

SuisseLe conseiller national PDC valaisan Yannick Buttet s’oppose à la tribune de Christoph Blocher dans nos colonnes. Il défend la stratégie énergétique 2050 et appelle au soutien des énergies renouvelables et non du nucléaire.

Le nucléaire a été l’énergie de la seconde moitié du XXe siècle. Si cette source d’électricité a été promue à l’époque, c’est souvent moins pour ses vertus énergétiques que pour son intérêt stratégique et, à chaque fois, le développement du nucléaire civil était accompagné d’intentions ou d’actes militaires.

Loin d’être un antinucléaire primaire, je suis de ceux qui veulent simplement permettre à la Suisse de rester à la pointe dans tous les domaines, notamment dans le domaine énergétique.

Le nucléaire a vécu, vive le renouvelable!

Nous ne devrions pas à avoir à subventionner une production d’énergie. Malheureusement les visées stratégiques des uns et des autres faussent totalement ce marché et mettent nos producteurs sous pression. Nous n’avons dès lors, si nous postulons la nécessité de rechercher une certaine autonomie énergétique et d’assurer un prix attractif à long terme, aucun autre choix que de soutenir notre production d’énergie ou disons plutôt d’électricité indigène.

Quitte à subventionner nos électriciens, autant que ce soit avec une source d’énergie qui puisse faire face aux défis du futur plutôt que flatter une nostalgie mal sentie. Le nucléaire a vécu, vive le renouvelable!

Un projet équilibré, un projet suisse

N’en déplaise aux ayatollahs des énergies fossiles, la stratégie énergétique 2050 développée par le Conseil fédéral et le parlement est un projet équilibré qui conjugue économie d’énergie et promotion des énergies renouvelables indigènes dans l’intérêt de la sécurité de notre approvisionnement et du porte-monnaie de notre économie et de nos ménages. Il s’agit d’une vision à long terme, qui parle évidemment moins aux actionnaires à courte vue mais plutôt aux investisseurs et aux citoyens misant sur la durabilité.

A lire: Christoph Blocher: «Il faut garantir l’approvisionnement électrique»

En clair, il s’agit de dégager des moyens afin de soutenir financièrement et par des conseils d’experts les économies d’énergie dans les bâtiments et dans les processus industriels tout en permettant le développement accéléré des énergies renouvelables produites chez nous. Le coût estimé de cette nouvelle politique énergétique est de 40.FS annuels par ménage, un prix abordable pour un avenir durable et… sans risque nucléaire. Quand on sait que ces montants seront réinvestis dans notre pays et qu’ils permettront de nous libérer un peu plus de la tutelle étrangère dans le domaine énergétique, on conclut rapidement à un investissement bien placé.

La force hydraulique, le vrai fleuron de notre production électrique

Contrairement à ce que certains veulent nous laisser penser, la Suisse ne fait pas figure de cancre dans la production d’énergie renouvelable, tant s’en faut. Au contraire, nous produisons une majorité de notre électricité au moyen de sources renouvelables, et depuis longtemps, grâce à nos barrages, qu’ils soient au fil de l’eau ou à accumulation.

Si nos aïeux ont vu juste depuis plus d’un siècle, la production hydraulique gagne en importance dans le contexte actuel et futur d’une production renouvelable et décentralisée nécessitant des capacités de stockage importantes. Nos barrages ont été, sont et seront encore durant de nombreuses années le fleuron de notre production électrique. Nous devons en être conscients et soutenir à leur juste mesure nos installations hydroélectriques.

Penser à demain

Vouloir subventionner le nucléaire mais non les nouvelles énergies renouvelables, c’est postuler le passéisme de notre pays et basculer dans le déni de la réalité actuelle. Avec l’opposition faite par une petite minorité à la stratégie énergétique 2050, j’ai appris que le repli sur soi et la peur de l’avenir pouvaient aussi s’étendre à des domaines plus éloignés du champ politique. Une leçon à retenir…

Article rédigé par Yannick Buttet, conseiller national PDC valaisan.

https://www.letemps.ch/opinions/2017/02/10/yannick-buttet-nucleaire-vecu-vive-renouvelable

Fév 10

POURQUOI IL FAUT PARLER DU NUCLÉAIRE DANS LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

Sans titreL’incendie dans une zone non nucléaire de la centrale de Flamanville hier a relancé le débat sur le nucléaire en France… Les pros ont voulu rassurer en disant que le réacteur n’avait pas été touché, les anti ont redit que la sécurité n’était pas garantie à 100% dans les centrales… Mais le débat est toujours épidermique alors qu’il devrait être un débat de fond…
Il y a 5 ans, François Hollande avait proposé de réduire la part de l’électricité nucléaire de 75 à 50% dès 2025 et souhaitait pour commencer fermer Fessenheim pendant le quinquennat… Mais Nicolas Sarkozy avait cadenassé le débat en ne retenant que le deuxième point : « allez dire cela aux ouvriers de Fessenheim« … Et pendant ce temps, exit la question de la transition énergétique

En faveur du nucléaire, il y a l’argument, par exemple, d’Arnaud Montebourg pendant la primaire : c’est une énergie décarbonée qui ne participe donc pas au réchauffement climatique… Il y a aussi ces éléments de langage plus habituels à droite à l’exception notable de Bruno Le Maire : « le nucléaire garantit notre indépendance énergétique, le nucléaire filière d’excellence source d’énergie et d’emplois« … L’excellence ? En ce, AREVA et EDF vont mal, Emmanuel Macron a lancé le rapprochement des 2 entreprises quand il était à Bercy il y a 2 ans… Un sauvetage désespéré, un rapprochement toujours pas effectif…
L’indépendance énergétique ? Nous n’avons pas d’uranium en France rappelle le député écolo François de Rugy… Le minerai vient d’Australie, du Canada, du Kazakhstan et surtout du Niger… On comprend pourquoi l’armée française n’est pas près de partir de la zone sahélienne… Le nucléaire est une affaire diplomatico-stratégique majeure…
C’est aussi une affaire budgétaire ?
Hier à ce micro Dominique Seux regrettait l’étrange silence des candidats à la présidentielle sur les questions budgétaire… Si la France est sur le point de sauter dans l’inconnu budgétaire, le nucléaire y est pour quelque chose : EDF déjà endettée à 38 milliards d’euros doit encore investir 16 milliards pour son EPR à Hinkley Point en Angleterre…
Mais plus grave encore que l’inconnu budgétaire, il y a l’inconnu technologique et de sécurité… En novembre dernier un tiers des réacteurs français étaient fermés pour contrôles ou travaux, la « situation est très préoccupante » expliquait le président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, mais EDF souhaite encore prolonger la durée de vie des centrales… Inversement, on ne sait pas démanteler une centrale… EDF s’y est mal préparée techniquement et financièrement selon un rapport parlementaire publié la semaine dernière…
Poursuivre dans la voie du nucléaire ou en sortir ? Dans les deux cas c’est l’inconnu, dans les deux cas c’est un pari monstrueux, cela vaut donc bien la peine d’en parler…

Par Thomas Legrand

https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique

Fév 10

DEUX BONNES RAISONS D’ALLER AU SALON PRIMEVÈRE LE 4 MARS 2017

SDNCRICommuniqués de la CRIIRAD et de SDN Bugey

. La CRIIRAD, (http://www.criirad.org/)

La CRIIRAD sera présente au salon Primevère à Eurexpo Lyon/ Chassieu les 3-4 et 5 mars 2017. Sylviane POULENARD, vice-présidente de la CRIIRAD tiendra le stand pendant cette période.

N’hésitez pas à venir nous rencontrer et découvrir les dernières actions de la CRIIRAD, nous serons heureux de vous accueillir et de pouvoir échanger.

Cependant, nous manquons encore de bénévoles pour la seconder sur le stand.

Si vous souhaitez participer à cette manifestation, quelques heures de votre   temps nous seront déjà d’une aide précieuse. N’ayez pas d’inquiétude sur votre  « niveau de connaissance scientifique ou des dossiers CRIIRAD », nous ne demandons jamais aux bénévoles de tenir ce rôle (les membres du laboratoire s’en occupent par mail et téléphone).
Merci, de bien vouloir nous tenir informés au plus tôt de vos possibilités, en transmettant vos plages horaires disponibles directement à sylviane.poulenard@criirad.org

. SDN BUGEY (http://www.stop-bugey.org/)

Nous avons le plaisir de vous informer que notre association a été retenue pour l’organisation d’une conférence (en collaboration avec nos amis de RASN et de la CRIIRAD) au prochain salon « Primevère », qui se déroulera à Eurexpo Lyon, les 3 – 4 et 5 mars prochain.

Vous lirez ci-dessous la présentation des thèmes de cette conférence, et vous suggérons d’en diffuser l’information auprès de vos amis et contacts.

Point besoin sans doute de vous présenter Roland DESBORDES, président de la CRIIRAD, ni Anne THEBAUD-MONY, auteur (entre autres) de « La science asservie« , dont la lecture ne peut être recommandée qu’au plus grand nombre ! C’est dire la qualité de nos intervenants ! (sans oublier, bien sûr Joël et Patrick)

Parallèlement, nous partagerons le stand « agrandi » de RASN (Rhône-Alpes Sans Nucléaire) et espérons vivement vous y rencontrer (que les volontaires éventuels pour  donner un p’tit coup de main lèvent le doigt !).

Retenez donc cette date sur vos agendas ! Merci.

CONFÉRENCE (1h30) : samedi 18h00, salle rouge

L’état des sites nucléaires aux portes de la région lyonnaise

Intervenants: Patrick Monnet, président Rhône-Alpes sans nucléaire ; Roland Desbordes, président CRIIRAD ; Joël Guerry, porte-parole Sortir du Nucléaire Bugey

À l’Est de Lyon, se trouve le site de Bugey, avec ses quatre réacteurs vieux de presque 40 ans et bientôt l’Installation d’un centre de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés (ICEDA). 50kms au sud, se trouve la centrale de St Alban avec ses deux réacteurs mis en service en 1986. Ces deux sites nucléaires qui produisent des rejets chimiques et radioactifs importants sont implantés dans des zones très peuplées, à fort risque d’inondations et de séisme. En cas d’accident grave, plus d’un million de personnes serait exposé. Que se passera-t-il pour la population, quel taux de contamination radioactive sera jugé « admissible » par l’État ? Déjà les normes ont été revues à la hausse. Joël Guerry, porte-parole de Sortir du nucléaire Bugey, Roland Desbordes, président de la CRIIRAD et Patrick Monnet, président de RASN apportent des réponses à ces questions et exposent leurs interrogations et leurs craintes.

Fév 10

POURQUOI IL FAUT PARLER DU NUCLÉAIRE DANS LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

Sans titreL’incendie dans une zone non nucléaire de la centrale de Flamanville hier a relancé le débat sur le nucléaire en France… Les pros ont voulu rassurer en disant que le réacteur n’avait pas été touché, les anti ont redit que la sécurité n’était pas garantie à 100% dans les centrales… Mais le débat est toujours épidermique alors qu’il devrait être un débat de fond…
Il y a 5 ans, François Hollande avait proposé de réduire la part de l’électricité nucléaire de 75 à 50% dès 2025 et souhaitait pour commencer fermer Fessenheim pendant le quinquennat… Mais Nicolas Sarkozy avait cadenassé le débat en ne retenant que le deuxième point : « allez dire cela aux ouvriers de Fessenheim« … Et pendant ce temps, exit la question de la transition énergétique

En faveur du nucléaire, il y a l’argument, par exemple, d’Arnaud Montebourg pendant la primaire : c’est une énergie décarbonée qui ne participe donc pas au réchauffement climatique… Il y a aussi ces éléments de langage plus habituels à droite à l’exception notable de Bruno Le Maire : « le nucléaire garantit notre indépendance énergétique, le nucléaire filière d’excellence source d’énergie et d’emplois« … L’excellence ? En ce, AREVA et EDF vont mal, Emmanuel Macron a lancé le rapprochement des 2 entreprises quand il était à Bercy il y a 2 ans… Un sauvetage désespéré, un rapprochement toujours pas effectif…
L’indépendance énergétique ? Nous n’avons pas d’uranium en France rappelle le député écolo François de Rugy… Le minerai vient d’Australie, du Canada, du Kazakhstan et surtout du Niger… On comprend pourquoi l’armée française n’est pas près de partir de la zone sahélienne… Le nucléaire est une affaire diplomatico-stratégique majeure…
C’est aussi une affaire budgétaire ?
Hier à ce micro Dominique Seux regrettait l’étrange silence des candidats à la présidentielle sur les questions budgétaire… Si la France est sur le point de sauter dans l’inconnu budgétaire, le nucléaire y est pour quelque chose : EDF déjà endettée à 38 milliards d’euros doit encore investir 16 milliards pour son EPR à Hinkley Point en Angleterre…
Mais plus grave encore que l’inconnu budgétaire, il y a l’inconnu technologique et de sécurité… En novembre dernier un tiers des réacteurs français étaient fermés pour contrôles ou travaux, la « situation est très préoccupante » expliquait le président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, mais EDF souhaite encore prolonger la durée de vie des centrales… Inversement, on ne sait pas démanteler une centrale… EDF s’y est mal préparée techniquement et financièrement selon un rapport parlementaire publié la semaine dernière…
Poursuivre dans la voie du nucléaire ou en sortir ? Dans les deux cas c’est l’inconnu, dans les deux cas c’est un pari monstrueux, cela vaut donc bien la peine d’en parler…

Par Thomas Legrand

https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique

Fév 09

L’ARRÊT BRUTAL DU RÉACTEUR DE FLAMANVILLE RELANCE LE PROBLÈME DES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR NON CONFORMES

Flamn généL’explosion qui s’est produite ce matin à la centrale nucléaire de Flamanville a entraîné l’arrêt immédiat en urgence d’un réacteur. Cet évènement illustre de façon cruciale la situation insensée qui prévaut actuellement dans de nombreuses centrales françaises.

En effet, il a été montré ces derniers mois que la majorité des réacteurs d’EDF fonctionnaient avec des pièces défectueuses, parfois couvertes par des certificats de « sûreté » falsifiés. En particulier, 18 réacteurs sont dotés de générateurs de vapeur présentant de zones de grande de fragilité du fait d’une concentration anormale de carbone dans les parois en acier.

De façon insensée, sous prétexte qu’il faisait froid et qu’il fallait produire plus d’électricité, l’Autorité de sûreté nucléaire a autorisé EDF à remettre en service ces réacteurs défectueux en échange de quelques engagements peu contraignants.

Il s’agit de « mesures compensatoires« , en particulier de faire monter et descendre en température les réacteurs de façon beaucoup plus lente que d’ordinaire, à savoir 14° par heure au lieu de 28°. Ces mesures sont accompagnées de « dispositions complémentaires » supposées éviter les situations au cours desquelles les générateurs de vapeur seraient amenés à rompre

Or, l’évènement de ce matin à Flamanville montre que ces pauvres « bricolages » peuvent être balayés en une seconde lors d’un évènement accidentel qui entraine l’arrêt immédiat du réacteur et peut, de fait, causer la rupture du générateur de vapeur.

Pour mémoire, la rupture d’un générateur de vapeur est dite « exclue » dans les démonstrations de sûreté, ce qui signifie… qu’il ne faut surtout pas qu’elle se produise : il n’y a alors aucune parade possible et c’est la perspective d’une catastrophe qui peut être de la gravité de celles de Tchernobyl et Fukushima.

Le 18 janvier dernier, saisi en urgence par l’Observatoire du nucléaire, le Conseil d’État s’est montré tout aussi défaillant et irresponsable que l’Autorité de sûreté nucléaire et a autorisé EDF à exploiter ses réacteurs dans ces conditions qui prêteraient à rire si ce n’était pas notre vie qui était en jeu.

Aujourd’hui encore, les Autorités se gargarisent de ce que l’incident n’aurait entrainé « aucun risque radiologique » (ce qui reste à prouver) et n’ont aucunement l’intention de tirer les enseignements de cet évènement qui résonne comme un véritable avertissement…

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

Fév 09

EXPLOSION À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FLAMANVILLE

Flamanville« Un départ de feu entraînant une détonation«  s’est produit vers 10 heures, jeudi 9 février, dans la salle des machines du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), dans une zone non nucléaire, annonce EDF dans un communiqué. « Le départ de feu a été immédiatement maîtrisé par les équipes de la centrale », ajoute l’électricien. L’incident est « fini », affirme à la mi-journée le préfet, cité par l’AFP.

« Il ne s’agit pas d’un accident nucléaire », explique la préfecture.« C’est un événement technique significatif », mais l’explosion s’est produite « hors zone nucléaire« , a déclaré à l’AFP Olivier Marmion, directeur de cabinet du préfet, précisant que les secours étaient sur place.

« Un ventilateur a connu un dysfonctionnement matériel », explique le préfet de la Manche, Jacques Witkowski, sur franceinfo. « Ce n’est pas un incendie avec dégagement de flammes, mais qui a dégagé beaucoup de fumée parce que quand une gaine électrique brûle, ça dégage beaucoup de fumée », précise-t-il.

 Cinq personnes ont été légèrement intoxiquées. Selon la préfecture, l’explosion n’a fait aucun blessé grave.

http://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/direct-explosion-a-la-centrale-nucleaire-de-flamanville-cinq-personnes-ont-ete-legerement-intoxiquees-selon-la-prefecture_2054751.html

Fév 09

DISPOSITIFS DE SÛRETÉ MANQUANTS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM : LE PROCÈS

Téseau SDNCommuniqué de presse : EDF convoquée à la Cour d’appel de Metz le 10 février 2017

Alors qu’un important incendie vient de mettre à nouveau en lumière des problèmes de sûreté criants à la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle), EDF devra répondre devant la Cour d’appel de Metz de l’absence d’un dispositif censé empêcher la vidange accidentelle des piscines de combustible, qui faisait défaut depuis la construction. L’audience aura lieu le 10 février 2017 à 9 h.
Un dispositif de sûreté primordial manquant depuis la construction de la centrale
Dans toute centrale nucléaire, un dispositif basique dénommé « casse-siphon » équipe normalement les piscines où sont stockés les assemblages combustibles neufs ou usés, pour éviter que celles-ci ne se vidangent par erreur suite à une mauvaise manipulation.. Une telle vidange accidentelle pourrait survenir en l’espace de quelques heures. Les combustibles, qui ne seraient plus refroidis, entreraient alors en fusion, relâchant de la radioactivité dans l’environnement. Un tel accident serait d’autant plus grave que les piscines en question ne sont pas confinées [1]. Or EDF s’est aperçue, le 21 décembre 2011, que sur les piscines de combustible des réacteurs 2 et 3 de Cattenom, les dispositifs casse-siphon n’avaient jamais existé ! Pendant près de 30 ans, seule la chance a empêché qu’un accident n’advienne. Alors que ce problème aurait dû être déclaré immédiatement, EDF n’en a informé l’Autorité de sûreté nucléaire que 28 jours après. Fait rare, celle-ci a d’ailleurs classé cette anomalie au niveau 2 de l’échelle INES, qui sert à évaluer la gravité des incidents et accidents en matière nucléaire. Pour dénoncer cette négligence inacceptable qui aurait pu déboucher sur un accident grave, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a porté plainte en février 2012, puis fait citer EDF devant la justice. France Nature Environnement et MIRABEL-Lorraine Nature Environnement se sont également portées parties civiles. Le 3 novembre 2015, l’affaire a été examinée par le Tribunal correctionnel de Thionville. De manière inexplicable, alors même que l’Autorité de sûreté nucléaire avait longuement témoigné de l’importance du dispositif casse-siphon, le tribunal a relaxé EDF. Les associations ont donc fait appel et l’affaire doit être examinée par la Cour d’appel de Metz le 10 février 2017, à 9h.

Des dysfonctionnements de plus en plus inquiétants
La centrale de Cattenom, la plus puissante de France, est depuis plusieurs années le théâtre d’une inquiétante succession de problèmes : état dégradé des diesels de secours [2], dysfonctionnement de vannes, nombreux arrêts non prévus… et dernièrement, un gigantesque incendie qui a ravagé 1000 m2 de bureaux. Le fait même que cet incendie ait pu se déclencher dans l’enceinte de la centrale est inquiétant en soi, mais ses conséquences ne sauraient être minimisées. Les bâtiments incendiés avaient été érigés dans le cadre du « Grand carénage », ce programme de travaux de maintenance censés permettre la remise aux normes de la centrale et l’extension de son fonctionnement au-delà de 40 ans. Si, comme le souligne le Républicain Lorrain, « il faudra un certain temps aux sous-traitants pour remettre la main sur des documents brûlés et sur les données disparues de leur ordinateur à cause des flammes » <http://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-thionville-hayange/2017/02/02/incendie-a-cattenom-quelles-consequences-pour-le-site> , on peut légitimement s’inquiéter des conditions dans lesquelles seront réalisés ces travaux lourds, dangereux et parfois inédits, censés faire l’objet d’un contrôle étroit et d’une traçabilité importante ! Cette centrale, qui menace toute une région européenne, ne doit surtout pas voir son fonctionnement prolongé ! Les associations appellent à un rassemblement à 8h45 devant la Cour d’appel (3 rue Haute-Pierre) pour rappeler la nécessité de fermer Cattenom au plus vite. Un point presse se tiendra avant l’audience. Retrouver l’ensemble du dossier juridique : http://www.sortirdunucleaire.org/Absence-de-dispositif-casse-siphon-sur-les Contacts presse : Maître Etienne Ambroselli – 06 09 30 80 67, Charlotte Mijeon (Réseau « Sortir du nucléaire ») – 06 64 66 01 23, François Drapier (Sortons du nucléaire Moselle) – 07 55 61 33 55

Notes
[1] Ce scénario accidentel a été évoqué en 2012 par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire et a également été détaillé dans une note anonyme reçue par le Réseau “Sortir du nucléaire“. Retrouvez ces documents sur notre site <http://www.sortirdunucleaire.org/spip.php?page=article_dossier&id_article=24550&id_dossier=>  
[2]http://www.lequotidien.lu/grande-region/nucleaire-francais-et-cattenom-la-fuite-qui-derange-dossier/

Communiqué de presse commun du Réseau « Sortir du nucléaire », France Nature Environnement, MIRABEL-Lorraine Nature Environnement, Sortons du nucléaire Moselle, Association pour la Sauvegarde de la Vallée de la Moselle, Comité national d’action contre le nucléaire Luxembourg, Initiative Citoyenne Cattenom Non Merci (Merzig), Internationales Aktionsbündnis gegen Cattenom, Anti-Atom-Netz Trier – 9 février 2017  
  Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Dispositifs-de-surete-manquants-a-la-centrale-50506

Fév 09

LA FRANCE PEUT SE PASSER DE L’ÉLECTRICITÉ DE FESSENHEIM (PRÉSIDENT PRESSENTI DE LA CRE)

Préfet CRELa centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), promise à la fermeture par le gouvernement, n’est pas indispensable à la sécurité d’approvisionnement électrique de la France, a estimé mercredi le candidat pressenti à la présidence du régulateur français de l’énergie.
« A-t-on besoin de Fessenheim aujourd’hui? (…) Ma réponse est non, en sécurité d’approvisionnement« , a déclaré Jean-François Carenco, actuellement préfet de la région Ile-de-France.
« Fessenheim, c’est un autre sujet que la satisfaction immédiate en France de l’équilibre offre-demande« , a-t-il ajouté lors d’une audition devant la commission des Affaires économiques du Sénat, préalable à sa nomination à la tête de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
« On peut avoir besoin de Fessenheim pour d’autres sujets, pour d’autres raisons », a-t-il toutefois estimé.
La puissance des deux réacteurs alsaciens, de 900 mégawatts (MW) chacun, pourraient facilement être substituée par des énergies renouvelables, à condition de développer des technologies de stockage pour pallier leur variabilité en fonction des conditions météo.
« 1.800 mégawatts de puissance, vous les gagnez en un rien de temps sur les énergies renouvelables. C’est donc bien un problème de stockage« , a assuré M. Carenco.
« Oui, les énergies renouvelables triompheront, premièrement quand on saura les stocker correctement et qu’on aura défini un système de stockage. Deuxièmement, lorsqu’on n’aura plus besoin du nucléaire en base« , c’est-à-dire pour alimenter la consommation en dehors des heures de pointe, selon lui.
Fin janvier, le président de la République avait indiqué envisager de nommer Jean-François Carenco à la présidence de la CRE en remplacement de Philippe de Ladoucette, dont le mandat est arrivé à échéance début février.
Soumise à l’approbation des deux assemblées du Parlement, la nomination de ce haut-fonctionnaire de 64 ans a été approuvée à l’unanimité par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale mardi et à une large majorité par celle du Sénat mercredi. Elle doit encore être confirmée par un décret de François Hollande.
M. Carenco a notamment été directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo au ministère de l’Écologie et de l’Énergie.

http://www.romandie.com/news/La-France-peut-se-passer-de-lelectricite-de-Fessenheim-president-pressenti-de-la-CRE/773166.rom

Fév 09

BURE : SOUTIEN AUX PERSONNES MENACÉES D’EXPULSION PAR L’ANDRA

Bure réseauCommuniqué de presse du Réseau Sortir du Nucléaire

Alors qu’une audience vient de se tenir au tribunal de Bar-le-Duc en vue de l’expulsion des habitant.e.s du Bois Lejuc, le Réseau “Sortir du nucléaire » renouvelle son soutien aux personnes menacées d’expulsion qui, par tous les temps, habitent ce bois et le protègent de la destruction et de la reprise des travaux préparatoires à CIGÉO.

Le rendu de l’ordonnance en vue de l’expulsion a été fixé au 22 février. Il serait inacceptable que l’Andra refuse d’attendre cette décision de justice. Il serait par ailleurs tout aussi inacceptable que l’agence ose procéder à l’expulsion des habitant.e.s du bois, alors que celui-ci lui a été cédé à l’issue d’une décision qui devrait être considérée comme illégale. Le 31 janvier, Mme la rapporteure publique du Tribunal administratif de Nancy a requis l’annulation de la délibération du Conseil municipal de Mandres-en-Barrois à l’issue de laquelle le Bois Lejuc a été cédé à l’Andra, en raison d’irrégularités lors du vote. L’Andra prendrait-elle le risque, sans même attendre le rendu du délibéré du tribunal administratif le 28 février, d’expulser des personnes d’un bois qui selon toute probabilité ne lui appartiendra bientôt plus ?

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce la stratégie de la tension mise en place par l’Andra, qui, se sachant en difficulté sur le terrain juridique, accentue la pression sur les occupant.e.s du bois. Ce matin, alors que la plupart des militant.e.s étaient au tribunal pour assister à l’audience, des pelleteuses ont même commencé à attaquer des constructions protégeant un champ cultivé autour d’un des lieux de vie des opposants locaux, mettant en danger des personnes.

Nous dénonçons fermement la violence et les méthodes de l’Andra, dont un vigile, lors de ses dernières intrusions dans le Bois Lejuc, a blessé une jeune femme au visage ; le responsable des achats fonciers de l’Andra a même poussé le cynisme jusqu’à vider une bouteille de produit inflammable à côté de personnes assises à terre ! Est-ce donc ce qu’entend l’Andra lorsqu’elle parle de « dialogue avec la société civile » ?

Les opposant.e.s appellent à une semaine d’action du 14 au 18 février et à une manifestation le 18 février.

 Pour soutenir les opposant.e.s à CIGÉO : http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-c-est-maintenant-que-ca-se-joue

Contact presse : Laura Hameaux – 06 85 23 05 11

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-soutien-aux-personnes-menacees-d-expulsion

 

Fév 09

WASHINGTON ET TOKYO FORCENT LA CHINE À PERFECTIONNER SON ARSENAL NUCLÉAIRE

WashingtonLes récents essais d’un missile américano-japonais rappellent à la Chine la nécessité de toujours améliorer ses capacités tant nucléaires que balistiques, estime un expert militaire russe.

D’après les données américaines, le nouvel engin Standard SM3 Block IIA sera capable d’abattre non seulement les missiles à moyenne portée, mais également les missiles balistiques intercontinentaux. Contacté par Sputnik, l’expert militaire russe Vassili Kachine estime que la mise en service du Standard SM3 doit stimuler le développement du programme balistique de la Chine, dont les forces nucléaires se composent essentiellement de missiles balistiques de moyenne portée, vulnérables face à la défense antimissile US.

« Alors que les États-Unis consolident en permanence leurs forces antimissiles, l’arsenal chinois de missiles balistiques intercontinentaux risque de s’avérer trop limité pour assurer une riposte garantie », souligne l’analyste, qui constate également le rapprochement des forces antimissiles américaines des frontières chinoises.

La Chine appelle les États-Unis à balayer devant leur porte

Selon lui, l’ampleur actuelle des activités américaines et japonaises dans le domaine de la défense antimissile ne peut pas être justifiée par les menaces émanant, selon Washington, de la Corée du Nord ou de l’Iran.

« Les programmes de défense antimissile US visent à assurer une supériorité sur la Russie et une domination absolue sur la Chine. Les États-Unis estiment que cette domination poussera les Chinois à abandonner la ligne dure dans la protection de leurs intérêts sur la scène mondiale, mais de tels espoirs sous-estiment les possibilités dont dispose la Chine », explique M. Kachine.

L’expert estime que Pékin peut intensifier la production d’armes stratégiques grâce aux capacités utilisées aujourd’hui pour son programme spatial et pour le développement des missiles de courte portée et de missiles non-nucléaires de moyenne portée.

« Le déploiement de missiles DF-41 et les essais de missiles DF-5C dotés de dix ogives témoignent du fait que la Chine est en mesure d’accroître ses capacités offensives assez rapidement. Peut-être qu’elles se développeront même plus vite que les forces antimissiles américaines destinées à endiguer la Chine », conclut l’interlocuteur de l’agence.

https://fr.sputniknews.com/international/201702081029997844-etats-unis-japon-chine-missiles/

Fév 09

LE DÉMANTÈLEMENT DE LA CENTRALE DE FUKUSHIMA SE COMPLIQUE

FUKUSHIMA…Robots nettoyeurs

Selon David Boilley, de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest et auteur d’une chronique de Fukushima, ce qui se passe à Fukushima Daiichi n’est pas une surprise. « Tepco sait qu’il s’agit de missions kamikazes pour ces robots, qui ont une durée de manœuvre limitée. Depuis l’accident, le Japon a la volonté de se positionner sur le marché international du démantèlement et a pour ambition de faire de Fukushima une vitrine« .

La prochaine étape consiste à envoyer un robot nettoyeur dans l’enceinte du réacteur n°2, a annoncé la compagnie Tepco lundi, images à l’appui, afin d’évacuer les sédiments. Cette opération est destinée à améliorer la visibilité au cœur du réacteur d’un second robot qui sera équipé de caméras et de dosimètres. Le robot nettoyeur, qui devait être placé dans le réacteur le 7 février, enverra un jet d’eau à haute pression pour ouvrir la voie au second robot chargé de recueillir des données. Ces sédiments pourraient contenir du combustible nucléaire fondu mélangé à des éléments corrosifs. Equipé de caméras à l’avant et à l’arrière, le robot nettoyeur filmera au passage l’intérieur du réacteur. Ces images permettront d’estimer le niveau de radioactivité, rapporte le Japan Times le 7 février.

880 tonnes de corium

Tepco parviendra-t-il à démanteler le site ? « Le terme démantèlement n’est pas approprié pour le moment.. Il faudrait plutôt parler de sécurisation », explique David Boilley. Ainsi, le réacteur n°4 n’est plus une menace, car sa piscine de refroidissement a pu être vidée et il reste en l’état, sans que le démantèlement à proprement parler ait débuté. La situation est plus compliquée pour les réacteurs 1, 2 et 3 où s’est produite une fusion du cœur, et où la radioactivité est si élevée que les humains ne peuvent y travailler. Au-dessus du réacteur n°3, la construction d’un pont roulant a été reportée car il est impossible de s’approcher sans risque d’irradiation. Quant au réacteur n°2, qui n’a pas été endommagé par une explosion, le débit de dose très élevé rend le démantèlement très complexe. Or, il est important de ne pas laisser au fond de la cuve ce corium très radioactif qui, en cas de nouveau séisme ou de tsunami, pourrait ne plus être confiné.

Pour l’heure, les réacteurs n°1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi cumulent environ 880 tonnes de corium. S’ils n’étaient pas arrosés en permanence, « les rejets atmosphériques reprendraient », souligne M. Boilley. Aucun de ces trois réacteurs ne contient plus suffisamment d’eau pour réduire la radioactivité émise par les combustibles usés. Le réacteur n°3, qui fonctionnait avec du combustible Mox, enrichi en plutonium, est plus chaud que les autres.

Aujourd’hui, le site de la centrale est couvert de cuves et une partie de l’eau qui sert à refroidir les réacteurs part en mer, près de la centrale qui a été construite au bord de l’océan. Tepco tente une technique de gel du sol, sur une profondeur de 30 mètres et une longueur de 1,4 km tout autour des réacteurs accidentés, dans l’espoir de former un bloc de glace afin de réduire les infiltrations. Cependant, l’autorité de régulation nucléaire japonaise a annoncé que cette technique n’était pas assez efficace. Elle est très coûteuse. La facture du démantèlement, de la décontamination de Fukushima et des indemnisations, estimée à 165 milliards d’euros, pourrait continuer à augmenter. Et la durée des opérations s’allonger au-delà des quarante ans prévus par Tepco.

Article de Agnès Sinaï, journaliste, rédactrice spécialisée

Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.actu-environnement.com/ae/news/demantelement-fukushima-centrale-nucleaire-radioactivite-corium-28420.php4#

Fév 09

LE CHAR RUSSE ARMATA BIENTÔT DÔTÉ D’OBUS NUCLÉAIRES

Char russeL’usine Uralvagonzavod, épaulée par le géant du nucléaire russe Rosatom, envisage de munir le char russe Armata T-14 de nouveaux obus nucléaires, ce qui permettra à l’issue de la réalisation du projet de rendre le véhicule encore plus performant, écrivent les médias russes.

À en croire le PDG de l’usine, Oleg Sienko, il est grand temps que la capacité de frappe du T-14 soit testée en temps réel, les experts en la matière s’étant attelés à la tâche. « Cela ne tient qu’à nos collègues de Rosatom, chargés de la production des nouveaux obus », a-t-il expliqué.

Il a aussi exprimé l’espoir que l’armée pourra bénéficier du nouveau matériel militaire dans les années à venir: « Si ce n’est pas cette année, ce sera l’an prochain. »

Rappelons qu’auparavant, Rosatom avait assuré que les obus en question seraient si puissants qu’ils pourraient anéantir n’importe quel char ennemi. Au demeurant, l’équipage du véhicule serait hors de danger.

https://fr.sputniknews.com/defense/201702081029996016-char-armata-obus-nucleaire-armata-russie/

Fév 09

ANOMALIES AU CREUSOT: L’ASN CHARGE AREVA

CreusotL’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) n’est pas satisfaite des mesures de contrôle mises en œuvre par Areva dans son usine du Creusot où des irrégularités dans le contrôle de la production ont été révélées.
Les mesures de contrôle mises en œuvre par Areva dans son usine du Creusot « nécessitent d’être adaptées et complétées », a estimé l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans un rapport d’inspection du site, où des irrégularités dans le contrôle de la production ont été révélées en 2016.
Les améliorations attendues n’ont pas été réalisées
« Les inspecteurs considèrent qu’un certain nombre de sujets nécessitent d’être adaptés et complétés », écrit le directeur adjoint de l’ASN, Julien Collet, au président d’Areva NP, Philippe Knoche, dans un courrier daté du 31 janvier et publié sur le site internet de l’autorité indépendante.
L’inspection de l’usine du Creusot (Saône-et-Loire), menée entre le 28 novembre et le 2 décembre, « a fait l’objet de 18 demandes d’actions correctives et de 14 demandes de compléments », assorties d’un délai de réponse de deux mois. La liste des améliorations attendues inclut notamment « la complétude des analyses des causes » qui ont abouti à la « non-détection des irrégularités ». Or cette démarche « n’a pas été réalisée à ce jour ».
La nouvelle politique de contrôle qualité d’Areva ne satisfait pas l’ASN 
Par ailleurs, le plan d’actions lancé par Areva pour améliorer la qualité de sa production « a entraîné une modification en profondeur de l’organisation et du système qualité de l’usine », au point que ces changements « présentent des risques qui peuvent impacter la qualité des pièces produites ».
Le spécialiste du nucléaire avait commandé en avril 2015 un audit externe des processus de fabrication au Creusot, qui a mis au jour un an plus tard des « anomalies » dans les dossiers de suivi de pièces forgées, certaines s’apparentant à des falsifications. Mais les inspecteurs de l’ASN ont constaté « qu’à ce jour aucun contrôle spécifique n’est mis en œuvre par Areva NP pour détecter » de nouvelles fraudes, alors que les premières « irrégularités » ont été identifiées en février 2016.
En outre, « le niveau de culture de sûreté nucléaire actuel » des personnels du Creusot « n’a pas été évalué et aucun critère d’évaluation n’a été défini ».

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/saone-et-loire/anomalies-au-creusot-asn-charge-areva-1193001.html

Fév 09

BURE : LES MULTIPLES FRONTS DE LA BATAILLE JURIDIQUE

BUre…La contestation du projet de Cigéo se place aussi sur le terrain juridique. Depuis quelques années, les recours se sont multipliés. Les mois de janvier et février 2017 sont rythmés par des audiences, dont certaines peuvent affecter fortement le projet de l’Andra à Bure.

  • 8 février : audience au tribunal de grande instance (TGI) de Bar-le-Duc en vue de l’expulsion des occupants du bois Lejuc ;
  • 27 février : audience en appel au TGI de Bar-le-Duc concernant les travaux de défrichement dans le bois Lejuc. À la suite de ces travaux de défrichement entrepris au début de l’été 2016, la justice a condamné l’Andra le 1er août à régulariser ce défrichement d’ici à six mois et à remettre en état le site. L’Andra a fait appel de la décision ;
  • 28 février : le tribunal administratif de Nancy rend son délibéré sur la contestation de la délibération du conseil municipal de Mandres-en-Barrois permettant la cession du bois Lejuc à l’Andra. En 2013, lors d’une consultation, les habitants s’étaient majoritairement prononcés contre l’échange du bois Lejuc à l’Andra contre d’autres parcelles. Mais, début juillet 2015, le conseil municipal a voté à 6 h du matin et à bulletins secrets, par 7 voix contre 4, l’échange du bois Lejuc. Quatre habitants ont donc déposé un recours contentieux en annulation contre cette délibération. L’audience a eu lieu le 31 janvier 2017. Le rapporteur public s’est d’ores et déjà prononcé pour l’annulation de la délibération en raison des violations du code général des collectivités territoriales ;
  • 23 mars : la cour d’appel de Versailles rend son délibéré au sujet de l’affaire du potentiel géothermique de Bure. Alors qu’il est interdit d’enfouir des déchets radioactifs « à l’aplomb d’une ressource géothermique présentant un caractère particulier », l’Andra aurait dissimulé l’existence sous le site de Bure d’un potentiel géothermique qui, de l’avis d’experts suisses du cabinet Géowatt, pourrait être exploité dès maintenant. Six associations ont attaqué l’Andra en justice. L’audience a eu lieu le 5 janvier 2015. Le juge s’est refusé à trancher sur le fond, déclarant que les associations n’avaient pas intérêt à agir. L’audience en appel a eu lieu le 2 février 2017 à Versailles.

Les autres affaires en cours

  • Quatre associations ont déposé un recours devant le Conseil d’État contre l’arrêté ministériel fixant les coûts de Cigéo à 25 milliards d’euros. Alors que l’Andra avait chiffré le coût du projet à 34,5 milliards d’euros et que l’Autorité de sûreté nucléaire estimait que ce montant était sous-estimé, EDF a publié sa propre estimation à 20 milliards. Ségolène Royal a fixé le montant à 25 milliards. L’affaire est en cours d’instruction ;
  • Six personnes victimes de violence de la part des vigiles de l’Andra lors de la manifestation du 16 juillet 2016 ont déposé une plainte collective. D’autres plaintes ont été déposées à la suite des violences commises par des agents et sous-traitants de l’Andra en janvier 2017.

.Pour lire l’intégralité de l’article:

https://reporterre.net/A-Bure-la-lutte-s-envole-joyeusement-contre-la-poubelle-nucleaire

Fév 08

CIGÉO À BURE : POUR QUELQUES MILLIARDS DE PLUS

L’évaluation du coût du futur centre d’enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux à Bure (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/cercle-de-reflexion/dechets-nucleaires.html), en Meuse, a tourné à la discussion de marchands de tapis. Si la sécurité des habitants pour des millions d’années n’était pas en jeu (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2015/08/12/enfouissement-des-dechets-radioactifs-a-bure-les-coulisses-dun-mensonge-organise/), cela en serait presque risible.
L’Agence Nationale de gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA), qui planche sur le sujet depuis plus de vingt ans, a estimé le Centre Industriel de Stockage Géologique (CIGEO) (voir : http://www.blelorraine.fr/2016/07/lenfouissement-des-dechets-nucleaires-a-bure-enterine-par-le-parlement-francais/) à 32,8 milliards d’euros sur plus de cent ans d’exploitation. Ce chiffrage a été jugé « optimiste » par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). De son côté, le très puissant lobby du nucléaire composé des trois principaux producteurs de déchets radioactifs que sont Électricité de France (EDF), Areva et le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) tentent de minimiser le coût de CIGEO à vingt milliards d’euros. Pas étonnant puisque ce sont eux qui sont censés financer l’enfouissement de leurs déchets selon le principe du pollueur-payeur. Problème, Areva et EDF sont complètement plombés financièrement. Le premier accuse en effet les nombreux retards et les surcoûts du réacteur nucléaire de troisième génération actuellement en construction en Finlande. Au bord de la faillite, le groupe a même dernièrement lancé un plan de sauvetage à cinq milliards d’euros. C’est donc complètement étranglés et englués financièrement qu’Areva et EDF continuent de provisionner l’argent nécessaire à la réalisation du centre d’enfouissement de Bure. La filière nucléaire n’a clairement pas les moyens financiers de gérer ses propres déchets !
Mais ça c’était avant que Ségolène Royal ne surgisse comme Zorro pour arrêter en l’espace de deux jours le coût « objectif » de CIGEO à 25 milliards d’euros. Les habitants du territoire et les associations de défense contre le nucléaire redoutent à présent une construction low-cost (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/10/29/dechets-nucleaires-en-lorraine-la-securite-passera-apres/), censée résister des millions d’années, après un tel chiffre sorti du chapeau. Au point de dénoncer « un pot de chambre » à un million d’euros par jour pendant cent ans. « Combien d’hôpitaux, d’écoles, de crèches, de maisons de retraite […] pourraient être financés par une telle somme ? », s’interroge le Collectif contre l’Enfouissement des Déchets Radioactifs (CEDRA). Le pire dans tout ça est peut-être le fait que rien ne garantit que Bure soit la solution, loin de là (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/03/13/laboratoire-et-site-denfouissement-des-dechets-nucleaires-de-bure-en-lorraine-comment-on-nous-roule-dans-la-farine/)

Article rédigé par Groupe BLE Lorraine

Source :http://www.agoravox.fr/actualites/info-locale/article/cigeo-a-bure-pour-quelques-189496

Fév 08

PETIT COURS SUR LES EFFETS DES RAYONNEMENTS IONISANTS SUR L’ADN

CoursLes rayonnements ionisants ont un effet sur les êtres vivants à un niveau atomique en ionisant les molécules à l’intérieur des cellules microscopiques qui constituent notre corps. Lorsqu’ils entrent en contact avec une cellule, quatre cas de figure peuvent se présenter :

  1. Ils traversent directement la cellule sans causer aucun dommage.
  2. Ils endommagent la cellule, mais celle-ci se répare spontanément.
  3. Ils altèrent la capacité de la cellule à se reproduire correctement par elle-même et provoquent parfois une
  4. Ils détruisent la cellule. La mort d’une cellule n’est pas préoccupante, mais si un trop grand nombre de cellules d’un organe comme le foie sont détruites d’un seul coup, l’organisme en mourra.

À l’intérieur du noyau de chaque cellule, on trouve des corps microscopiques appelés « chromosomes ». Structurés par paires ces chromosomes, ils sont responsables de la fonction et de la reproduction de chaque cellule de l’organisme. Les espèces animales et végétales peuvent avoir un nombre de chromosomes différent. L’être humain, tout comme la pomme de terre, possède 46 chromosomes, tandis que le poulet en a 78. Les chromosomes sont constitués de deux grosses molécules ou brins d’acide désoxyribonucléique (ADN) qui constituent le code génétique, lequel, à de nombreux égards, fait figure de programme d’ordinateur. L’ADN est formé de quatre acides nucléiques : l’adénine, la cytosine, la guanine et la thymine. La structure de ces acides dans l’ADN représente le code génétique qui détermine chaque caractéristique dans un individu, depuis la couleur de ses cheveux jusqu’à la taille qu’il aura à la fin de sa croissance et même sa vulnérabilité à certaines maladies.

Lorsqu’une cellule se divise pour se reproduire, une copie exacte des chromosomes qui la composent est créée pour la nouvelle cellule. Si l’ADN du chromosome est endommagé, les instructions qui contrôlent la fonction de la cellule et sa reproduction le seront également. Si la cellule se reproduit au lieu de mourir, une nouvelle cellule mutée peut voir le jour. Dans de nombreux cancers, les instructions qui arrêtent la croissance de la cellule sont parfois altérées, si bien que les cellules se reproduisent indéfiniment et donnent naissance à une tumeur. Le rayonnement ionisant ainsi que de nombreuses substances comme certains produits chimiques, les métaux lourds et les ondes électromagnétiques intenses peuvent endommager les cellules de cette manière et induire des maladies comme le cancer.

Lorsque l’on parle des effets biologiques des rayonnements ionisants, il y a deux catégories de lésions, soit les effets somatiques ou génétiques. L’effet somatique correspond aux dommages qui touchent l’organisme exposé à de hauts niveaux de rayonnements ionisants, mais n’inclut pas les cellules reproductrices. Des effets comme des nausées et des vomissements, l’alopécie (perte des cheveux) ou des hémorragies internes sont visibles peu après l’exposition. D’autres maladies comme le cancer peuvent se manifester plusieurs années après.

L’effet génétique correspond aux dommages causés aux cellules reproductrices par suite de l’exposition à de hauts niveaux de rayonnements ionisants, qui peuvent être transmis à la descendance de l’organisme, parfois des générations plus tard. Entrent dans cette catégorie les anomalies congénitales et le cancer. Les lésions somatiques et génétiques ne sont pas provoquées exclusivement par les rayonnements ionisants. De nombreux polluants chimiques présents dans notre environnement, dont le cadmium, le plomb et le mercure, peuvent provoquer également des atteintes similaires.

Si un brin d’ADN est endommagé, la cellule peut se réparer spontanément, mourir ou se « suicider » par un processus appelé « apoptose ».

Parfois, la cellule survit mais sans parvenir à se réparer correctement, ce qui crée une anomalie génétique affectant les autres cellules au cours de la reproduction. Des lésions génétiques causées par une exposition aux rayonnements ont été observées dans des populations humaines exposées aux rayonnements (p. ex., les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki).

Action directe et indirecte du rayonnement ionisant sur l’ADN

Le noyau de chaque cellule humaine est constitué de 46 chromosomes organisés en deux ensembles de 23 chromosomes qui renferment notre ADN, c’est‑à‑dire le bagage génétique hérité de nos parents. L’ADN de nos cellules est continuellement exposé à des agents génotoxiques, par exemple, le rayonnement ultraviolet, des composés chimiques mutagènes d’origine naturelle ou industrielle et des espèces réactives de l’oxygène produites par le métabolisme respiratoire oxydant et les rayonnements ionisants. Lorsque les cellules sont exposées à des rayonnements ionisants, des dommages radio-induits surviennent par action directe ou indirecte. On parle d’action directe lorsque des particules alpha ou bêta ou des rayons X créent des ions qui séparent physiquement l’un des deux ou les deux squelettes sucre-phosphate ou brisent les paires de base de l’ADN. Les paires de base adénine, thymine, guanine et cytosine sont maintenues ensemble par des liaisons hydrogène faibles. L’adénine est toujours associée à la thymine (sauf dans l’acide ribonucléique [ARN], où la thymine est remplacée par l’uracile) et la guanine est toujours associée à la cytosine. La liaison de ces paires de base peut également être touchée par l’action directe du rayonnement ionisant…

Lisez la suite sur : http://teachnuclear.ca/fr/tout-sur-le-nucleaire/le-rayonnement/effets-biologiques-des-rayonnements/effets-des-rayonnements-ionisants-sur-ladn/

(info de : http://leblogdejeudi.fr/effets-des-rayonnements-ionisants-sur-ladn/)

NDLR : attention : les faibles expositions aux rayonnements ionisants ont également des répercussions non négligeables sur l’ADN mais l’industrie nucléaire ne souhaite pas trop qu’on en parle. Pourtant des études indépendantes le démontrent.

Fév 08

FUKUSHIMA 2: TEPCO CROIT AVOIR TROUVÉ LE CORIUM

FukushimaTepco, la compagnie japonaise qui opère la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daïchi, a annoncé début février avoir relevé des niveaux records de radioactivité dans le réacteur n°2. Un indice qui pourrait s’avérer précieux dans la localisation du corium, le combustible nucléaire fondu suite à la réaction en chaîne incontrôlée.

Radiations mortelles

Un robot envoyé par Tepco dans le bâtiment réacteur n°2 de Fukushima a relevé des niveaux de radioactivité allant jusqu’à 530 sieverts par heure. C’est extrêmement élevé. Les experts considèrent qu’une dose reçue de 5 sieverts par heure tuerait la moitié de ceux exposés en un mois, et une seule dose de 10 sieverts par heure serait mortelle en quelques semaines.

Les robots ne sont guère mieux lotis et ont tous péri après quelques heures, non sans avoir livré de précieuses informations. Le dernier à s’être introduit dans l’enceinte de confinement du réacteur 2 a envoyé, grâce à sa caméra embarquée, des images d’un trou d’un mètre carré environ, sur une plateforme métallique située sous la cuve qui contient le cœur du réacteur. « Il peut avoir été causé par la chute du combustible qui aurait fondu et percé la cuve, mais ce n’est à ce stade qu’une hypothèse », indique Tatsuhiro Yamagishi, un porte-parole de Tepco à l’AFP. Cela coïnciderait avec les niveaux extrêmement élevés de radioactivité dans cette partie du bâtiment. « Nous estimons que les images recueillies cette fois constituent de précieuses informations, mais il nous faut encore investiguer, sachant qu’il est difficile de présupposer l’état réel à l’intérieur », souligne le porte-parole.

Cadarache étudie le corium

Ces images et relevés de radioactivité intéressent au plus haut point les ingénieurs de Tepco qui n’ont toujours pas pu localiser les combustibles nucléaires fondus des trois réacteurs endommagés. Or, le trou observé laisse craindre à un percement de la cuve, voire du radier, la dalle de béton constituant la partie basse de l’enceinte du réacteur. C’est justement ce qu’une équipe du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Cadarache cherche à savoir. En partenariat avec la Japan Atomic Energy Agency, ils ont reconstitué en janvier dernier un corium similaire à celui de Fukushima pour « observer et mesurer la capacité du corium à provoquer l’ablation d’un béton représentatif de celui du radier. Ces résultats permettront à nos partenaires japonais de développer des systèmes de récupération, de découpe et de traitement du corium qui pourront être utilisés pour le démantèlement des réacteurs de Fukushima-Daïchi », indique le CEA. Tepco a annoncé la poursuite des recherches avec l’envoi d’un nouveau robot sur le réacteur n°1 cette fois.

Article de Romain Chicheportiche

http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/fukushima-tepco-corium-40283/

Fév 08

AREVA CREUSOT : DES PIÈCES DÉFECTUEUSES SUR LES TRAINS DE DÉCHETS NUCLÉAIRES

ArevaUne note de l’ASN pointe des irrégularités sur les pièces censées assurer le confinement des matières radioactives transportées par le rail. Dans des trains qui sillonnent quotidiennement le territoire français. Ces pièces sont fabriquées dans la forge Areva du Creusot, déjà touchée par plusieurs scandales d’anomalies de fabrication et de falsifications.

Encore des irrégularités dans les procédés de fabrication à la forge du Creusot. Sur des pièces dévolues au transport de matières radioactives cette fois-ci, en l’occurrence les wagons Q70, surnommés “Castors”, dans lesquels sont acheminés le combustible nucléaire mais aussi des déchets radioactifs. Les pièces concernées présentent des enjeux de sécurité importants, d’après l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), puisqu’elles participent à “l’enceinte de confinement des emballages”.

Dans ses rapports 2010 et 2015, l’ASN insiste d’ailleurs sur le caractère “primordial” pour la sécurité de la “robustesse” des colis, “objet d’exigences réglementaires rigoureuses” (version 2015).

“Les pièces fabriquées au Creusot ne sont pas conformes”, mais Areva TN (filiale emballages et transports de matières nucléaires d’Areva) n’a “rien dit à la SNCF”, rapporte Philippe Guiter, ex-conducteur SNCF aujourd’hui administrateur du réseau Sortir du nucléaire. D’autant plus inquiétant que ces trains traversent d’importants bassins de population, empruntent les mêmes voies que les trains de voyageurs et stationnent parfois en gare. Avec, donc, pour les colis les plus dangereux, des risques d’irradiation importante en cas de défaillance de l’emballage. Or, dans sa lettre du 15 novembre dernier, faisant suite à une inspection intervenue le 7, l’ASN pointe des “irrégularités de plusieurs types” dans le processus de fabrication.

 Lettre ASN 15 novembre 2016 (INSSN-DTS-2016-0750) par Antoine sur Scribd

(Lettre du 15 novembre de l’adjoint au directeur du transport et des sources de l’ASN relative à l’inspection du 7 novembre 2016 sur la fabrication des emballages destinés au transport de matières radioactives.)

Le procureur de la République informé

Dans le détail, l’ASN met en exergue trois cas d’irrégularités qui n’avaient pas été détectés par Areva. Sont entre autres évoqués dans la lettre de l’ASN : incohérence entre les résultats obtenus aux tests et ceux transmis, écarts/norme non signalés. Des soupçons de falsification donc et de biais sur les tests effectués pouvant conduire à de potentielles anomalies. “Une information générale a été transmise au procureur de la République, précise l’ASN au Lanceur. Il lui appartiendra d’estimer le caractère frauduleux ou non des irrégularités.” L’ASN a aussi demandé que lui soient transmis les audits des laboratoires ayant effectué ces tests.

Le gendarme du nucléaire français fait encore part de son inquiétude concernant la teneur en carbone des pièces utilisées pour l’emballage des colis. Une concentration trop élevée pourrait remettre en cause la solidité des emballages. Exactement comme pour les générateurs de vapeur forgés eux aussi au Creusot. Inquiétude fondée, donc. L’ASN souligne ainsi que, concernant les emballages, les pièces sont forgées dans des conditions “favorables à la persistance de concentration excessive”.

Incohérences ou falsifications ?

Le gendarme du nucléaire français estime par ailleurs que, sur ce point, “les actions déjà engagées [par Areva] n’ont pas permis de détecter l’ensemble des irrégularités”. Et précise au Lanceur que de nouvelles irrégularités pourraient être découvertes. L’ASN a demandé la liste des emballages sur lesquels la forge du Creusot est intervenue. Liste qui n’existe pas à l’heure actuelle. Or, d’un point de vue légal, “la société Areva TN devrait être en mesure d’identifier rapidement les pièces assurant une fonction de sûreté ayant été construites par un sous-traitant”. Cela afin de “déterminer rapidement les emballages potentiellement impactés”.

Tant que ces non-conformités n’auront pas été soldées, les emballages concernés ne pourront pas […] servir au transport de substances radioactives”

L’ASN souligne une “défaillance du système d’assurance qualité”. Et prévient que “tant que ces non-conformités n’auront pas été soldées, les emballages concernés ne pourront pas […] servir au transport de substances radioactives”. De quoi engendrer un moratoire similaire à celui de 1998, quand aucun train n’avait pu circuler pendant un an ? Philippe Guiter l’envisage, soulignant une “rupture de la confiance entre le transporteur et le chargeur”. “En cas de découverte d’une irrégularité pouvant affecter un paramètre important pour la sûreté, l’emballage ne peut a priori plus être considéré conforme à son modèle et ne peut donc plus servir au transport de substances radioactives”, nous confirme l’ASN.

http://www.lelanceur.fr/areva-creusot-des-pieces-defectueuses-sur-les-trains-de-dechets-nucleaires/

Fév 07

CORÉE DU SUD : LA JUSTICE ORDONNE L’ARRÊT D’UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE

CoréeLe tribunal administratif de Séoul a ordonné ce mardi au gouvernement de revenir sur sa décision de prolonger l’exploitation du réacteur Wolseong-1, qui aurait dû être mis hors service en 2012.
Le tribunal a décidé en faveur d’une association de riverains qui demandait l’annulation de l’extension de 10 ans de l’exploitation du réacteur Wolseong-1, situé à Gyeongju, à 400km au sud-est de Séoul. Les juges ont cité des lacunes procédurales dans le processus d’extension de la durée de vie du réacteur.
La Commission sur la sûreté et la sécurité nucléaires a fait part de son intention de faire appel du jugement, affirmant avoir respecté les démarches nécessaires lors de la réactivation du réacteur.
Le réacteur sera désactivé le temps que la Cour suprême rende son verdict. Cette fermeture aura peu d’impact sur la production en électricité du pays, a fait savoir un responsable de Korea Hydro & Nuclear Power Co.
Wolseong-1 avait été désactivé en 2012 après être arrivé au terme de ses 30 ans de vie utile. La Commission sur la sûreté et la sécurité nucléaires avait toutefois rallumé le réacteur en juin 2015 dans l’optique de l’exploiter pendant encore dix ans. Cette décision a provoqué la crainte des habitants de la région, quelques années seulement après l’accident nucléaire à Fukushima au Japon.
La Corée du Sud opère 23 réacteurs nucléaires, qui fournissent environ 30% de son énergie électrique.

http://french.yonhapnews.co.kr/national/2017/02/07/0300000000AFR20170207002700884.HTML

Fév 07

À FUKUSHIMA, LA RECONSTRUCTION À L’ÉPREUVE DE LA CONTAMINATION

FukushimaPrès de six ans après le désastre, l’activité économique patine, tandis que les dernières découvertes dans la centrale inquiètent toujours plus…

…Au quotidien, la population doit par exemple se soumettre à un suivi médical, notamment les enfants pour des examens de la thyroïde. Officiellement, selon les chiffres publiés le 27 décembre 2016, 144 cancers de la thyroïde ont été confirmés depuis la catastrophe.

Les fondements de l’économie locale, l’agriculture et la pêche, sont toujours en difficulté. Troisième plus grande préfecture du Japon, Fukushima était la quatrième en termes de surface agricole. En 2010, ses riziculteurs produisaient notamment 439 100 tonnes de riz, soit 5,3 % de la récolte nationale, contre 336 000 tonnes en 2016.

« Nos agriculteurs et pêcheurs peinent encore à vendre leurs produits », regrette M. Uchibori. La marque Fukushima inquiète toujours, malgré les tentatives de convaincre de l’innocuité des produits, au travers, notamment, de contrôles réguliers des niveaux de contamination. Le 3 février, les autorités locales ont annoncé que ceux de 8 502 échantillons de poissons et de crustacés pris dans les eaux de la préfecture étaient, pour la première fois, tous inférieurs à la norme de 100 becquerels par kilo. Sans véritablement convaincre.

A Taïwan, qui interdit les importations de produits alimentaires de Fukushima, l’administration de la présidente Tsai Ing-wen a provoqué une vague de protestations, fin 2016, après avoir tenté d’organiser des consultations publiques sur la levée de cette interdiction. La Corée du Sud et Hongkong maintiennent des mesures similaires, malgré les demandes répétées du gouvernement nippon de les lever.

Dans ce contexte, le ministère de l’agriculture a promis 4,7 milliards de yens (39 millions d’euros) pour « lutter contre les rumeurs infondées » et s’assurer que les produits de Fukushima ne sont pas refusés par les détaillants.

Le tourisme lui aussi a du mal à se relever. Si le nombre de visiteurs atteint 88 % de son niveau d’avant la catastrophe, il doit être comparé à l’explosion récente de l’activité touristique au Japon : 8,6 millions de visiteurs étrangers s’étaient rendus dans l’Archipel en 2010, contre près de 22 millions par an au niveau actuel.

Autre problème : le retour de la population. Une massive opération de décontamination, dont les coûts devraient atteindre 4 500 milliards de yens (37 milliards d’euros), a permis de lever les interdictions d’accès à certaines des zones évacuées. Mais elle n’a pas concerné les zones forestières ou non habitées. Et parfois, en raison de la météo, la contamination revient.

D’après le gouvernement, seuls 13 % des habitants sont retournés dans ces zones « décontaminées ». Principalement des personnes âgées, les jeunes restant inquiets de l’impact des retombées radioactives ou ayant refait leur vie ailleurs.

Et la question du stockage des produits de cette décontamination continue de se poser. Un site doit être construit sur les communes d’Okuma et de Futaba, qui abritent la centrale et sont totalement évacuées. « Nous avons des difficultés avec les propriétaires des terrains », admet Satoshi Miura, de la préfecture de Fukushima.

Soucieux d’aller vite, le gouvernement commet des maladresses. « Si la reconstruction était un marathon, 30 kilomètres auraient déjà été parcourus », a déclaré, le 28 janvier, le ministre de la reconstruction, Masahiro Imamura. « Certaines zones qui avaient été évacuées ne sont même pas sur la ligne de départ », lui a rétorqué M. Uchibori.

Les informations sur les travaux à la centrale endommagée ne sont guère rassurantes. Le 3 février, Tepco a dit avoir observé des niveaux de radiations « pouvant atteindre 530 sieverts par heure » dans l’enceinte de confinement du réacteur 2. La mesure a été effectuée grâce à l’introduction d’un bras télescopique équipé de dosimètres et d’une caméra.

Une personne exposée à une telle radioactivité mourrait presque instantanément. Soumis à un tel rayonnement, le robot Sasori (« scorpion ») chargé d’explorer l’enceinte pourrait ne pas tenir plus de deux heures, contre les dix heures envisagées. Or, ce travail est indispensable pour déterminer la méthode d’extraction du combustible fondu, opération qui doit commencer en 2021. « Le processus de démantèlement du site pourrait se révéler plus complexe que prévu, estime Fumiya Tanabe, spécialiste de la sûreté nucléaire et de l’accident de la centrale américaine de Three Mile Island (Pennsylvanie) en 1979. On ne sait quasiment rien sur l’emplacement, la taille et la forme du combustible fondu. »

Tout cela fait craindre de nouveaux retards dans le démantèlement de la centrale, déjà prévu pour durer quarante ans. De quoi également relever le coût total de la catastrophe. En novembre 2016, le gouvernement avait revu à la hausse l’enveloppe totale à 20 000 milliards de yens (165 milliards d’euros) contre 11 000 milliards de yens auparavant. Soit près du double.

Article de Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)

Pour lire l’article en entier :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/02/07/a-fukushima-entre-reve-de-normalite-et-complexite-nucleaire_5075655_3244.html

Fév 07

DES ONTARIENS S’OPPOSENT AU TRANSPORT DE LIQUIDE RADIOACTIF SUR LES ROUTES

OntariensDes résidents du sud de la province s’opposent à ce que des déchets radioactifs produits en Ontario soient transportés par camion jusqu’en Caroline du Sud.

Ottawa a accordé les permis nécessaires à l’exportation de ces déchets dangereux l’été dernier. Le premier convoi était prévu en 2016, mais une poursuite aux États-Unis a retardé son départ.

La semaine dernière, un juge américain a toutefois donné le feu vert au projet.

Ainsi, au cours des quatre prochaines années, 23 000 litres de liquide radioactif seront transportés entre le laboratoire de Chalk River, en Ontario, et la Caroline du Sud, un trajet de près de 2000 km.

Des déchets liquides

Ce qui inquiète bien des gens, c’est que ces déchets hautement radioactifs seront transportés sous forme liquide. Dans sa décision rendue la semaine dernière, le juge qui a entendu la poursuite a déterminé que le transport de déchets liquides ne posait pas plus de dangers que celui de déchets solides.

Le président du Regroupement pour la surveillance du nucléaire, Gordon Edwards, voit les choses autrement.

« Nous pensons que c’est irresponsable. Selon les chiffres des autorités nucléaires canadiennes, la fuite d’un litre de ce liquide peut ruiner l’approvisionnement en eau de toute une ville. »

Des résidents de la région du Niagara sont particulièrement inquiets, puisque leur économie, qui dépend beaucoup de l’agriculture et de la production de vin, pourrait être anéantie en cas de déversement.

« Il y a peu d’espoir que [le gouvernement] intervienne », se désole la résidente Gracia Janes de Niagara-on-the-Lake.

Le conseiller régional Bill Hodgson craint de son côté que les premiers intervenants ne soient pas prêts à intervenir en cas de catastrophe.

Une quarantaine d’organismes demandent à Ottawa de faire une évaluation des risques et d’informer les municipalités qui se trouvent à proximité du trajet des convois.

Le ministère de la Sécurité publique n’a pas répondu à la demande d’entrevue de Radio-Canada.

Article de Philippe de Montigny

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1015106/transport-liquide-radioactif-routes-ontario-dechets-nucleaires

Fév 07

L’IRAN IMPORTE 149 TONNES DE CONCENTRÉ D’URANIUM

Iran,L’Iran va recevoir mardi le dernier chargement de 149 tonnes de concentré d’uranium, fourni par la Russie, dans le cadre de l’accord nucléaire avec les grandes puissances, ont déclaré lundi les responsables de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA).

«Le premier chargement est arrivé le 26 janvier par avion et le dernier arrivera demain mardi (…) Au total 149 tonnes de Yellow Cake (concentré d’uranium) s’ajoutent aux réserves du pays», a déclaré Ali Akbar Salehi, le chef de l’OIEA à l’agence de presse Fars.

Il a ajouté que depuis l’entrée en vigueur de l’accord nucléaire avec les grandes puissances en janvier 2016, l’Iran avait «importé 210 tonnes de concentré d’uranium et envoyé en contrepartie à l’étranger de l’uranium enrichi à 3,5%» comme le prévoyait cet accord.

Selon Behrouz Kamalvandi, le porte-parole de l’OIEA, le concentré d’uranium a été importé depuis la Russie.

L’Iran a conclu en juillet 2015 un accord nucléaire avec les pays du groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie et Allemagne) mettant fin à plusieurs années de crises.

Avec cet accord, Téhéran a accepté de limiter son programme nucléaire, y compris son stock d’uranium faiblement enrichi à 300 kg, durant une période d’environ 10 ans en contrepartie de la levée d’une partie des sanctions internationales.

Le nouveau président américain Donald Trump a qualifié de très mauvais cet accord. Selon le vice-président américain Mike Pence, la nouvelle administration est en train d’évaluer sa pertinence pour prendre une décision.

Les responsables iraniens ont affirmé à plusieurs reprises leur détermination à développer l’industrie nucléaire malgré les menaces américaines.

L’Iran aura besoin de davantage de stock d’uranium pour faire passer son programme nucléaire à un stade «industriel», avait précisé en janvier M. Kamalvandi, ajoutant que Téhéran menait actuellement des travaux d’exploration à travers le pays pour découvrir de nouvelles mines d’uranium mais voulait aussi en importer de l’extérieur.

Par ailleurs, l’Iran a annoncé fin janvier de nouveaux tests sur un nouveau type de centrifugeuses, appelé IR-8, vingt fois plus puissante que le modèle actuel (IR-1) pour l’enrichissement d’uranium.

Dans le cadre de l’accord nucléaire, l’Iran a accepté de limiter le nombre de ses centrifugeuses IR-1 à environ 6000, mais est autorisé à développer le nouveau modèle IR-8 pour qu’il soit opérationnel dans un laps de temps de dix ans environ lorsque Téhéran pourra augmenter ses capacités d’enrichissement.

http://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/201702/06/01-5066679-liran-importe-149-tonnes-de-concentre-duranium.php

Fév 07

LOI MORIN : LA SUPPRESSION DU RISQUE NÉGLIGEABLE VALIDÉE À PARIS

loi MorinLa commission mixte paritaire du Parlement français a adopté à l’unanimité lundi la suppression du principe de risque négligeable de la loi Morin, pour la reconnaissance et l’indemnisation des victimes du nucléaire.
C’est une avancée majeure qui vient de se produire à Paris dans le dossier des indemnisations des victimes du nucléaire. La commission mixte paritaire du Parlement français a adopté à l’unanimité lundi la suppression du principe de risque négligeable de la loi Morin. Le texte ainsi amendé sera présenté avant la fin du mois devant l’Assemblée nationale et devant le Sénat, pour validation. Il propose une nouvelle rédaction de l’article 34 nonies du projet de loi sur l’égalité réelle, quant aux critères relatifs à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires.
En août dernier, le gouvernement avait engagé une procédure accélérée pour l’adoption du projet de loi sur l’égalité réelle. Après un passage à l’Assemblée nationale et au Sénat, c’était désormais ce lundi à la commission mixte paritaire d’examiner le projet de texte et de le finaliser.
Les parlementaires polynésiens ont profité de cette opportunité pour soumettre devant cette commission un projet visant à supprimer le principe de risque négligeable dans la rédaction de l’article 4 la loi Morin. Cette disposition a été adoptée à l’unanimité, lundi.
Pour rappel c’est dans le texte pour l’égalité réelle que l’État a intégré, le 19 janvier dernier, un amendement (le 34 nonies) modifiant le processus d’indemnisation des victimes des essais nucléaires. Conforme au projet de décret modificatif rédigé le 6 juillet à Paris, cet amendement ne prenait cependant pas en compte la modification majeure demandée par le gouvernement polynésien, en novembre dernier : la suppression du principe de risque négligeable, obstacle majeure aux demandes d’indemnisation.
Les dispositions du projet de loi sur l’égalité réelle devraient être validées par le Parlement française avant la fin du mois de février.

http://www.tahiti-infos.com/Loi-Morin-la-suppression-du-risque-negligeable-validee-a-Paris_a157563.html

Fév 06

RISQUE DE CANCER ACCRU POUR LES RIVERAINS DES RÉACTEURS : DES RESPONSABLES NUCLÉAIRES US ONT « BLOQUÉ » DES ÉTUDES

Daily NewsNote de facteur du Réseau Sortir du Nucléaire

L’Autorité de Sûreté Nucléaire américaine (NRC) bloque une étude qui pourrait démontrer une augmentation du nombre de cancers à proximité des centrales américaines.

La NRC a déjà, en préalable, falsifié les données des premières études ( comme déjà pratiqué ailleurs dans le monde et plus particulièrement en France) pour faire disparaître les excès de leucémies et cancers infantiles à proximité des centrales atomiques en augmentant le périmètre d’étude autour de ces centrales (afin de limiter le taux d’incidence de cancers en augmentant le nombre de personnes non exposées) ainsi qu’en limitant les études à la mortalité par cancer au lieu d’étudier la morbidité.

Mais depuis l’étude du Professeur Jean-François Viel prouvant l’excès de leucémies infantiles autour de La Hague, il y a 20 ans, la vérité est en route et aucun organisme aux intérêts particuliers au monde ne pourra l’arrêter…

Traduction de l’article (NDLR : attention, traduction automatique).

Selon des documents publiés récemment, les autorités fédérales US ont « liquidé » un examen rigoureux du cancer chez des millions d’Américains vivant près de centrales nucléaires parce qu’ils étaient convaincus que l’étude ne pouvait pas lier les réacteurs aux maladies et, de plus elle serait trop coûteuse.
Les doutes sur l’utilité de l’étude ont été profonds à la Commission de réglementation nucléaire, l’agence de surveillance du parc vieillissant américain de centrales nucléaires

Mais certains critiques de l’étude ont cependant poussé pour la faire, arguant que la science moderne pourrait aider à répondre aux inquiétudes du public au sujet des risques possibles pour la santé liés aux centrales nucléaires. Ils n’ont pas réussi à convaincre leurs patrons qui ont décrété que le prix de 8 millions de dollars pour l’étude pilote – qui aurait porté sur le site de San Onofre ainsi que six autres sites – ne pouvait être justifié.
Le refus signalé précédemment a été préparé dans plus de 1 000 pages de documents de la NRC obtenus par « Southern California News Group » en vertu du « Freedom of Information Act ».

Certains fonctionnaires craignent que le rejet de l’étude soit «un fiasco de PR», qui remet en question la disparition de ce que certains considèrent comme le plus important examen fédéral de la sûreté des centrales nucléaires en une génération.
La poussée de cette nouvelle voie a été motivée par le mécontentement du gouvernement des États-Unis de s’appuyer sur une étude sophistiquée de 27 ans – employant des données encore plus anciennes – pour assurer aux Américains qu’il n’y a pas de risques pour la santé associés au fait de vivre à proximité de centrales nucléaires.
Plusieurs études européennes récentes ont révélé des liens troublants entre les cancers infantiles et les enfants vivant à proximité des centrales nucléaires, et les employés de la NRC ont échangé des courriels les citant. Un conseiller principal a rejeté la méthodologie utilisée dans ces études. «Publier ou périr», écrivait-elle à ses collègues.
Les membres du personnel de la NRC ont commencé à demander une mise à jour de l’ancienne étude américaine il y a dix ans. La NRC a conclu un contrat avec les Académies nationales des sciences, une agence distincte, afin de concevoir une évaluation scientifique moderne en 2010. La NRC a consacré cinq ans et 1,5 million de dollars à cet effort avant de l’abandonner il y a deux ans.
«La plupart des gens se rendent compte que toutes les preuves montrent que vous n’allez rien trouver», a déclaré Brian Sheron, directeur à la retraite du Bureau de la recherche réglementaire nucléaire de la NRC, qui a appuyé l’étude.
«Il y a tellement de variables. Le point était, même si vous avez trouvé quelque chose qui ressemblait à une relation, vous ne sauriez pas à quoi l’attribuer. La personne a-t-elle vécu toute sa vie près de la centrale nucléaire? Ou des gens ont-ils vécu quelque part sous le vent d’une usine d’amiante pendant 20 ans? Afin d’analyser tous les faits, cela allait être à un coût prohibitif. « 
Les hypothèses sur le résultat ont enflammé des critiques.
« C’est ce qu’ils ont dit: » Nous n’avons pas besoin de faire l’étude parce que nous connaissons déjà la réponse « , a déclaré Roger Johnson, de San Clemente, un professeur de neuroscience à la retraite qui a suivi les procédures de près. – Comment pourraient-ils connaître la réponse?
La méthode scientifique commence par une hypothèse, mais elle doit être testée par expérimentation.
« Vous ne saurez pas si l’étude trouvera quelque chose à moins de la réaliser« , a déclaré Ourania Kosti, qui a dirigé l’étude avortée aux National Academies of Sciences.
«La NRC nous a demandé de faire l’étude en raison des préoccupations de riverains d’installations nucléaires qu’il réglemente. Je pense qu’il est important d’utiliser la meilleure information disponible pour communiquer avec le public au sujet des risques. « 
En 2012, l’Institut français de la santé et de la recherche médicale a constaté que les enfants vivant à moins de 3 miles des centrales nucléaires avaient risque doublé de développer une leucémie aiguë que ceux vivant plus loin. Le pic d’impact était sur les enfants âgés de 2 à 4 ans, et les résultats ont fait écho à ceux d’une étude allemande.
Depuis des décennies, cependant, l’opinion officielle du gouvernement des États-Unis a été: « D’après les données en main, il n’y avait aucune preuve convaincante de risque accru de décès par l’un des cancers que nous avons sondés en raison de la vie près des installations nucléaires. Ce qui soulève la question de la qualité des «données à portée de main».
Le rapport de 1990 a été fait par les Instituts Nationaux de Santé des États-Unis-Institut National du Cancer («Le cancer dans les populations vivant près des installations nucléaires») et a été dénigré car qualifié d’imparfait. Il a examiné plus de 900 000 décès par cancer entre 1950 et 1984, en utilisant les registres de mortalité recueillis dans les comtés dotés d’installations nucléaires à l’intérieur de leurs frontières. Il a examiné les changements dans les taux de mortalité pour 16 types de cancer, et n’a montré aucun risque accru de décès.
Mais il y avait beaucoup de problèmes avec cette approche, ont dit les critiques et la NRC elle-même:
Le rapport de 1990 faisait le suivi des taux de mortalité basés sur le lieu de décès des personnes, plutôt que sur leur lieu de résidence avant le cancer.
Le suivi des décès par cancer, plutôt que le nombre de personnes atteintes de cancer, peut minimiser l’impact sanitaire de la vie près d’un réacteur, car de nombreux patients atteints de cancer survivent.
Il a utilisé les données du comté pour parvenir à des conclusions – une mesure brutale qui peut encore minimiser l’impact sur les personnes qui vivent le plus près d’un réacteur. Les habitants de La Habra et de San Clemente vivent dans le même comté – mais peu diront que leur exposition à San Onofre est la même.
La nouvelle étude a été conçue pour remédier à ces faiblesses. La NRC a demandé au NAS d’évaluer les taux de diagnostic du cancer, et pas seulement les décès par cancer, et de diviser les zones autour des installations nucléaires en unités géographiques beaucoup plus petites que les comtés.
Le NAS permettrait alors de suivre non seulement la géographie et l’incidence du cancer, mais aussi les rejets radiologiques des centrales elles-mêmes, et de voir s’il y avait une corrélation de cancers.
Cette conception d’étude est beaucoup plus rigoureuse que ce qui a été fait en Europe, et le NAS a été le premier à admettre que c’était une démarche compliquée qui demanderait un énorme travail.
Une étude pilote sur sept sites, dont San Onofre, prendrait 39 mois et coûterait 8 millions de dollars, a indiqué le NAS, et ces résultats ne seraient pas forcément extrapolés aux autres sites nucléaires américains. L’étude de tout cela prendrait beaucoup plus d’années, et beaucoup plus de millions, affirment les fonctionnaires.
S’attendant à ce que rien ne soit trouvé, les responsables de la NRC ont décidé qu’ils ne pouvaient pas justifier les coûts…

Pour lire la suite:
http://www.dailynews.com/environment-and-nature/20170204/nuclear-officials-killed-study-on-whether-reactors-posed-cancer-risk-to-nearby-residents   (en anglais)

Fév 06

NOUS REFUSONS DE COGÉRER LE DÉSASTRE DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

BureAprès avoir imposé l’industrie atomique, les nucléaristes veulent enfouir ses déchets pour pouvoir continuer à promouvoir l’énergie nucléaire. Pour l’auteur de cette tribune, il n’est pas question de rendre les populations responsables de cet échec. À Bure, dans la Meuse, la lutte s’amplifie.

Après 50 ans d’énergie atomique, nous ne savons toujours pas gérer les déchets radioactifs. Les ingénieurs ont imaginé les envoyer dans l’espace pour les brûler à proximité du soleil avant de les plonger plus prosaïquement dans les abysses des mers, polluant à jamais les océans. Maintenant, ils s’accumulent dans les piscines de refroidissement de la Hague ou les centres de reconditionnement, comme un poison invisible.

Le nucléaire illustre à son paroxysme la démesure et l’aveuglement de notre époque. Avec les déchets radioactifs, les nucléocrates lèguent aux générations et aux civilisations futures un terrible fardeau, la perspective d’une pollution quasi éternelle, mille milliards de becquerels pour les siècles des siècles. Le neptunium 237, par exemple, reste radioactif deux millions d’années. Les Égyptiens avaient cédé à l’humanité les pyramides, la filière nucléaire offre à nos descendants les rebuts toxiques de notre modernité.

Que valent 50 ans de confort énergétique (pour les plus riches) face au péril d’une contamination irrémédiable ? Jamais l’homme n’a mis en danger de manière aussi extrême son environnement, le cycle de la vie et son propre avenir.

Pour se débarrasser des déchets et continuer à faire marcher les centrales business as usual, les nucléaristes ont décidé d’évacuer le problème, de l’enfouir sous 500 mètres de déni et d’hypocrisie. Comme un gosse rangerait sa chambre en mettant tout sous son lit. C’est le projet CIGÉO aux confins de la Meuse. Personne n’en entend parler mais l’enjeu est décisif. L’État prévoit de bâtir un sarcophage de béton en creusant des kilomètres de galeries dans les entrailles de la Terre. Les fûts contaminés y seraient déposés pour toujours, concentrant près de 99,9 % de la radioactivité française.

Mais les questions restent sans réponse : Comment pourrons-nous garantir la pérennité d’une construction humaine au-delà de quelques milliers d’années ? Comment prévenir la contamination des nappes phréatiques, les incendies, les microséismes, les rejets de gaz ? Comment avertir les civilisations futures qui n’auront pas les mêmes modes de communication ?

Perdu au milieu des monocultures céréalières, le petit village de Bure a été choisi pour accueillir le site d’enfouissement. Il l’a moins été pour ses conditions géologiques que sociales : 6 habitants au km2, l’exode rural massif, la désindustrialisation, les stigmates de la Grande Guerre… Tout contribue à faire de ce petit bout de Meuse une région sinistrée et sacrifiée. Un territoire nié où la population est quantité négligeable.

Le nucléaire est l’arme de l’oligarchie

Il y a quelque chose de rageant à voir les promoteurs de l’atome s’installer ici, soudoyant les locaux à coup d’argent facile – 60 millions d’euros de subvention par an pour les départements de la Meuse et de la Haute-Marne – invitant les élus à des parties de chasse ou des restaurants chics, menaçant les paysans d’expropriation. La nuit, les lumières du laboratoire éblouissent l’horizon, comme pour mieux marquer sa présence. Les villages, eux, sont éteints. Derrière les façades rénovées, le vide. Bure ressemble à un ersatz de campagne transformée en complexe industriel et en poubelle de la ville.

Serge Mallet, un ancien membre du PSU, parlait de « colonisés de l’intérieur » pour évoquer les paysans du Larzac qui subissaient le mépris des élites et la folie des aménageurs. Quelques décennies plus tard, nous avons l’impression de vivre la même chose à Bure. Les technocrates débarquent tels des nouveaux seigneurs. La violence de classe est frappante. Le nucléaire a toujours été l’arme de l’oligarchie, nécessitant un État fort, des entreprises monopolistiques, un gouvernement d’experts.

Imposé en catimini dans les années 1970, l’atome a enrichi quelques fortunes capitalistes et imposé ses nuisances aux populations rurales déshéritées, aux classes populaires. Elle a dépossédé les citoyens de la maîtrise de l’énergie.

Nous ne sommes pas responsables de cette catastrophe

Il est assez étonnant de voir, aujourd’hui, l’argumentaire de la filière nucléaire. Elle cherche à faire fi de cette situation proprement autoritaire, elle joue l’innocente : « Mais les déchets, il faut bien les mettre quelque part ! », « Maintenant qu’ils sont créés, on en fait quoi ? », « Quelles alternatives proposez-vous ? ». En souhaitant nous rendre responsables d’un état de fait que nous n’avons jamais choisi, elle se dédouane elle-même. Elle culpabilise les masses pour mieux poursuivre le désastre nucléaire et étendre sa domination.

Mais nous ne sommes pas dupes. Nous refusons de cogérer la catastrophe. Qu’ils gardent leurs déchets, ce ne sont pas les nôtres ! À Bure, sur le terrain, la lutte contre le projet de poubelle nucléaire prend de l’ampleur. Depuis 6 mois, des dizaines de personnes occupent le bois Lejuc pour bloquer le début des travaux. Aux alentours, des granges sont retapées, des activités maraîchères et paysannes se développent pour se réapproprier le territoire.

L’enjeu n’est pas de trouver une alternative scientifique ou technique au stockage en profondeur des déchets radioactifs mais d’inventer d’autres formes de vie, plus résilientes et plus autonomes, d’alerter sur les conséquences irréversibles de la filière nucléaire sur un territoire : destruction de forêt, artificialisation de terres agricoles, disparition de villages, omniprésence policière…

L’été dernier, l’Andra – l’Agence en charge du projet – a été condamnée pour défrichement illégal. Il y a quelques jours, le 31 janvier 2017, au tribunal administratif de Nancy, le rapporteur public a reconnu « des vices de procédure » dans la cession du bois Lejuc à l’Andra. Mais au même moment, les vigiles de l’agence tentaient de reprendre la forêt avec des pelleteuses et des bulldozers. Un chef de chantier versait une bouteille d’essence sur des militants assis devant les machines. (Voir la vidéo) La situation se tend mais les opposants restent déterminés. Comment peut-on croire qu’une agence avec de tels comportements mafieux serait capable de gérer des déchets pendant des centaines de milliers d’années ?

RAPPEL : un rassemblement aura lieu à Bure samedi 18 février. Infos à VMC Camp

https://reporterre.net/Nous-refusons-de-cogerer-le-desastre-des-dechets-nucleaires

Fév 06

DÉMANTÈLEMENT NUCLÉAIRE : ENCORE UNE FOIS, LES ÉCOLOGISTES ONT EU RAISON « TROP TÔT »

RivasiUn rapport parlementaire confirme que les coûts de démantèlement du parc nucléaire français sont vraisemblablement sous-estimés. Une situation qui n’a rien d’une surprise pour les écologistes qui n’ont eu de cesse d’alerter à ce sujet.

Réaction de l’eurodéputée Michèle RIVASI : « Après avoir sous-estimé constamment les coûts et protégé l’industrie à tout prix, l’équilibre budgétaire de la filière est rompu à cause d’une complaisance devenue injustifiable. Alors que le rapport parlementaire est à charge contre EDF, le président de cette mission parlementaire Julien Aubert prend des précautions de langage démontrant que la filière nucléaire n’est pas assujettie aux mêmes droits et exigences que les autres entreprises. Pour lui, ce rapport ‘ne doit pas laisser à penser que les comptes d’EDF sont insincères’. Mais de qui se moque-t-on ? Aujourd’hui, il n’est plus possible de minimiser les dégâts économiques d’une filière exsangue et caractérisée par une singularité qui devrait être le pire cauchemar des experts de Bercy. L’industrie nucléaire doit rendre des comptes, au lieu de continuer à bénéficier d’un statut hors norme dont la seule victime est le contribuable. »

« C’est prouvé par les chiffres : le nucléaire est la seule technologie énergétique dont les coûts augmentent dans le temps. À tel point que les antinucléaires ont pu réviser la fameuse « règle de trois » en l’adaptant au nucléaire : pour connaître l’investissement final, il suffit de multiplier par trois l’estimation initiale. Le coût de l’EPR est passé de 3 à 9 milliards,(NDLR : …et même plus !) le projet Cigéo de 14 à 36 milliards. Quant au coût du démantèlement il n’est pas épargné, comme la Cour Des comptes le rappelait déjà en 2012 : une comparaison avec les provisions d’autres pays a démontré que la France sous-évaluait le démantèlement d’un facteur 1,4 à 3,4. Il n’y a donc aucune surprise dans les résultats de cette enquête : l’Etat doit reprendre la main pour cesser de se faire imposer un calendrier par de mauvais gestionnaires qui cherchent à nous imposer un allongement de la durée d’activité du parc nucléaire pour compenser leurs erreurs. À force de tirer sur la corde, on va finir par la casser et les conséquences pourraient être dramatiques. »

http://www.michele-rivasi.eu/medias/demantelement-nucleaire-encore-une-fois-les-ecologistes-ont-eu-raison-%C2%AB-trop-tot-%C2%BB/

Le rapport en entier: http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-info/i4428.pdf

Source : http://leblogdejeudi.fr/demantelement-nucleaire-encore-une-fois-les-ecologistes-ont-eu-raison-trop-tot/

Fév 06

ENQUÊTE PUBLIQUE DÉMANTÈLEMENT EURODIF

EurodifCommuniqué. Une prétendue enquête publique limitée dans le temps et au territoire de quelques communes autour du site atomique du Tricastin (Vaucluse – Drôme) pour lancer le démantèlement de l’ancienne usine d’enrichissement d’uranium « Eurodif – Georges Besse 1 » d’Areva a pris fin le 1er février 2017,  dix jours avant la date initialement prévue. L’enquête publique et la possibilité de faire des commentaires et remarques critiques était scandaleusement limitée par les pouvoirs publics préfectoraux dans le temps (initialement jusqu’au 10 février 2017) et à 9 lieux pour l’ensemble des départements et territoires concernés. Il fallait donc se rendre dans les mairies suivantes pour déposer son opposition sur le registre d’enquête : Vaucluse (Bollène, La Motte du Rhône, Lapalud), Drôme (La Garde Adhémar, Pierrelatte, Saint-Paul Trois Châteaux, Saint-Restitut), Ardèche (Bourg Saint Andéol, Saint Marcel d’Ardèche).

L’usine Georges Besse d’Eurodif a été construite pour enrichir en U 235 l’uranium importé et traité à Malvési près de Narbonne afin d’en faire du combustible dans l’usine AREVA de Romans sur Isère. La France a choisi un procédé très coûteux en énergie nécessitant l’électricité fournie par 3 des 4 réacteurs nucléaires de la centrale du Tricastin. Ces réacteurs sont refroidis par l’eau du canal parallèle au Rhône aménagé dans ce but. C’est ce canal qui reçoit aussi les effluents radioactifs émis par ces usines atomiques….

Depuis les fuites de 2008, chacun connait la contamination radioactive et les risques subis par la région, au point que les viticulteurs ne peuvent plus vendre leurs vins sous l’appellation Tricastin….

Cette considérable opération sera une source de nouvelles contaminations dans les départements riverains et probablement jusqu’à l’embouchure du Rhône et concernera également toutes les villes et villages traversés par les innombrables transports à destinations des sites de l’Andra.  Il n’y a, en outre, pas d’expérience française dans ce domaine, comme le prouve les difficultés du démantèlement du petit réacteur de Brennilis dans les Monts d’Arrée.

Stop nucléaire en Drôme Ardèche et Réaction en Chaine humaine (RECH), membres du collectif Arrêt du nucléaire, s’opposent à ce projet pour des raisons de sécurité et de santé publique et refusent d’accroitre encore la contamination radioactive de la région. La dispersion des métaux et des déblais issus de ce démantèlement provoquera inévitablement des erreurs dans le suivi de ces matériaux avec le risque considérable de retrouver des éléments radioactifs sur tout le territoire.

Pour Stop nucléaire 26-07 et RECH, la fermeture et donc le démantèlement nécessaires de toutes les installations nucléaires ne peut se faire en toute sécurité qu’à la condition de tout conserver sur le site lui-même en interdisant tout transport et toute dispersion des déchets radioactifs.

Le démantèlement devient un marché attirant pour le capitalisme nucléaire, fabrication de remblais pour les routes, utilisations des métaux contaminés pour construire de nouvelles installations nucléaires, etc… et ce, à moindre coût. Il convient donc dès aujourd’hui de s’y opposer avec vigueur

Communiqué de « Stop nucléaire en Drôme Ardèche et RECH »

http://www.sdn26-07.org/leblog/index.php?post/2017/02/01/Communiqu%C3%A9-de-presse-%3A-Enqu%C3%AAte-publique-d%C3%A9mant%C3%A8lement-Eurodif

Fév 06

BURE : SOUTENIR L’OCCUPATION DU BOIS LEJUC

BureCommuniqué : L’ANDRA reprend l’offensive dans le Bois Lejuc, nous avons besoin de vous pour soutenir l’occupation

Depuis l’été 2016, le Bois Lejuc, situé à côté de Bure, est menacé par le projet de poubelle nucléaire CIGÉO porté par l’Agenda de gestion des déchets radioactifs, l’ANDRA. Ce bois est éminemment stratégique pour le futur chantier : celui-ci doit céder sa place à une vaste zone de puits vers 300 km de galeries de stockage souterraines. C’est la totalité des déchets radioactifs les plus dangereux de France qui doit, à long terme, s’y enterrer. Ce projet condamne la Meuse à devenir un territoire nucléarisé dont les habitant-es sont sacrifié-es pour permettre à l’industrie nucléaire de poursuivre sa fuite productive en avant.

Pour faire barrage à ça, des milliers de personnes sont mobilisées depuis plusieurs années dans des actions et manifestations contre le projet. Depuis quelques mois la menace se précise : alors même que l’autorisation officielle de création de CIGÉO ne doit arriver qu’en 2018, des travaux préliminaires sont déjà en cours et visent à rendre le chantier irrémédiable. Durant l’été 2016 ce sont une dizaine d’hectares de forêt qui ont été défrichés brutalement et recouverts de 30 cm de remblais et d’un mur d’enceinte. Ce n’est que grâce à une mobilisation très importante tout au long de l’été que le mur a pu être détruit avant de parvenir à son terme, et que l’ANDRA a été obligée de quitter la forêt durant près de 6 mois.

Depuis, le bois est occupé à la cime des arbres et à leur pied par plusieurs constructions. Une vigie est maintenue au sud du bois jour et nuit et des barricades ont fleuri sur tous les sentiers. De très nombreuses personnes nous rendent visite toutes les semaines et grâce à leur solidarité, nourriture, vêtements, couverture et matériaux affluent.

Lundi 23 janvier, soit donc deux jours avant l’audience au tribunal de Bar-le-Duc qui doit déterminer l’avenir de l’occupation du Bois Lejuc et de Sven Lindstroem, occupant déclaré officiellement, l’ANDRA a surgi avec ses engins de chantier et vigiles, rejoints par des gendarmes du peloton d’intervention de Commercy. Ils ont détruit plus d’une dizaine de barricades, blessé une opposant-e et démontré une fois de plus qu’ils étaient déterminés à passer en force.

Nous appelons dès à présent à venir nous soutenir dans le bois et avons besoin d’un coup de pouce financier pour :

– nourrir les dizaines de personnes qui sont actuellement présentes à Bure toutes les semaines.

– soutenir les besoins logistiques des chantiers destinés à permettre l’accueil de beaucoup de monde dans les semaines et mois à venir.

– soutenir l’achat de matériaux et les dépenses en essence des véhicules qui approvisionnent la forêt tous les jours.

– préparer la grande mobilisation nationale à laquelle nous appelons le 18 février prochain.

Merci à vous, nous sommes plus déterminés que jamais et c’est en partie à vous que nous le devons !

ANDRA dégage ! Résistance et sabotage !

Les Chouettes Hiboux déterminés de Bure

https://www.helloasso.com/associations/les-amis-du-bocage/collectes/sauvons-le-bois-lejuc

Fév 06

DÉMANTÈLEMENT: LE FUTUR DU NUCLÉAIRE

DémantèlementSuite à la catastrophe de Fukushima, l’industrie du nucléaire civil montre un frémissement de reprise. Sur la pointe des pieds, l’Angleterre est le premier pays européen à retenter l’aventure bien que l’extraction d’uranium plafonne.
Alors que les fabricants de centrales croulent sous les dettes, ces multinationales sont en train de se tourner vers un nouvel eldorado plus profitable et bien moins risqué: le démantèlement des vieilles centrales.

Trouver des alternatives à l’uranium

Dans les années 50-60, dès la réalisation des premiers programmes de nucléaire de production électrique, les ingénieurs se penchèrent sur des solutions alternatives pour contourner les quantités limitées d’uranium à disposition.

A ce jour malgré l’injection de montants illimités, toutes les tentatives de fusion nucléaire ou d’utilisation du thorium se sont heurtées aux réalités financières ou techniques. Elles restent cantonnées dans les domaines théoriques ou de science-fiction.

En 50 ans, l’industrie n’a pas réussi à effectuer sa transition vers un carburant durable.

Peak Uranium

La difficulté d’extraire de l’uranium à des coûts financièrement adéquats paralyse le système. Pour tout nouveau réacteur, 500 tonnes d’uranium sont requis et chaque année, un tiers des barres doivent être remplacés (170 tonnes pour un réacteur standard de 1 gigawatt.)

C’est grâce au recyclage des têtes nucléaires militaires américaines et russes que les réacteurs civils ont pu survivre. Jusqu’en 2005, l’uranium militaire a représenté jusqu’à 50% du carburant. En 2016, ce ratio est descendu à 20% grâce à l’arrivée de la production du Kazakhstan, à l’arrêt de 50 centrales japonaises et la fermeture de 15 réacteurs américains.

La solution militaire touche à son terme et sans une percée rapide dans le domaine minier ou technologique, le nombre de réacteurs alimentés en uranium devra passer de 440 à 350 dans les années à venir.

Ainsi, un marché orienté à la baisse et un nombre constant de fabricants pousse à une guerre des prix pour la réalisation de nouvelles unités.

A ce jeu, soutenus par leurs Gouvernements, les russes Rosatom et Atomstroyexport, le chinois CNNC ou le coréen Kepco semblent les mieux armés. Quant aux français Areva, les japonais Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba ou l’américain Westinghouse, ils sont englués dans des dettes chiffrées en milliards $ et se battent pour leur survie.

Le Graal : le démantèlement des centrales

Paradoxalement, le futur du nucléaire réside dans le démantèlement des centrales.

C’est dans cette nouvelle niche que le combat s’engage dans un marché de plus de 1’500 milliards $ pour les décennies à venir.

Avec une couche de protectionnisme sans précédent, le Japon, les USA et la France vont réserver leur marché intérieur à leur champion national tandis que les autres pays dont l’Allemagne, la Belgique, la Suisse devront importer ce savoir-faire et les travailleurs tout en devant exporter de leur Economie des milliards €.

En attendant que le processus mondial ne s’enclenche, le défi majeur pour Areva, Mitsubishi, Toshiba, Westinghouse est de trouver un équilibre entre la gestion du poids de leurs dettes et la gestion de leurs ressources humaines. En effet, ces entités doivent à tout prix éviter de licencier trop d’employés afin de garder leur savoir-faire.

A court terme, bien qu’imprédictible, une autre source potentielle de revenus est générée par les accidents. Si une catastrophe comme Fukushima est un désastre humain et environnemental, elle offre également une opportunité d’affaires financièrement intéressante. (NDLR : quel cynisme !)Mitsubishi, Areva et Toshiba ont reçu un chèque en blanc de plusieurs dizaines de milliards $ pour neutraliser les 3 réacteurs japonais. Cette manne financière est une bénédiction et un business à part entière. De plus, cette expérience acquise sur le terrain donne un avantage concurrentiel important face à la compétition en cas de nouvel incident à travers le monde.

Se réinventer

Cette inversion du modèle d’affaires est devenue encore plus d’actualité avec la construction de 2 réacteurs à Hinkley Point, Angleterre. EDF-Areva vont devoir payer plus de 24 milliards € pour installer à leurs frais les 2 EPR alors que les deux géants français sont déjà en situation de quasi faillites et que 4’000 suppressions d’emplois sont annoncés.

N’ayant pas réussi à lever les milliards € nécessaires, Toshiba est sur le point d’abandonner cette opportunité en se retirant de son projet anglais de Moorside. Sous l’injonction du Gouvernement Japonais, Toshiba doit se focaliser sur le nettoyage de ses dettes afin de se préparer au prochain démantèlement des réacteurs du pays.

Aujourd’hui, seuls le chinois CNNC, le coréen Kepco et le Russe Rosatom semblent être en mesure de réaliser des nouvelles centrales sans se mettre financièrement en difficulté. Ce n’est pas un hasard si les chinois et les russes ont sécurisé l’accès aux mines d’uranium à travers le monde.

Pour tous les autres acteurs, c’est un nouveau monde qui s’ouvre.
Comme Darwin le soulignait, ce n’est pas le plus grand et le plus fort qui survit, mais celui qui arrive le mieux à s’adapter !

Article de Laurent Horvath, Géo-économiste de l’Énergie

https://blogs.letemps.ch/laurent-horvath/2017/02/06/demantelement-le-future-du-nucleaire/

Fév 05

MALGRÉ L’ATTITUDE DES USA, L’IRAN RÉITÈRE QU’IL NE PRODUIRA AUCUNE ARME NUCLÉAIRE

Téhéran assure qu’il sera fidèle à son engagement de ne pas produire d’armes nucléaires, malgré l’intention de Donald Trump de réviser l’accord international sur le nucléaire iranien.

Téhéran n’entend pas produire d’armes nucléaires, malgré la menace des États-Unis de sortir du Plan d’action conjoint sur le programme nucléaire iranien signé en juillet 2015, a déclaré Hossein  Amir-Abdollahian, conseiller du président du Parlement iranien pour les affaires internationales.

«  Premièrement, l’Iran n’a jamais aspiré à produire des armes nucléaires. Le chef religieux d’Iran avait signé une fatwa (décret des dirigeants religieux, pratique courante en Iran) l’interdisant. Et si c’est interdit, nous n’allons pas en produire ni en utiliser. Notre politique à cet égard ne changera pas. Cependant l’utilisation des technologies pacifiques est justement le point sur lequel l’Iran se penche actuellement  », a-t-il déclaré dans une interview à RT.

Abdollahian a souligné que le Plan d’action conjoint sur le programme nucléaire iranien entre les États-Unis et six autres États était un accord international et que les États-Unis ne pourraient pas facilement en sortir, ajoutant que si Washington fait une telle démarche Téhéran sera prêt à «  brûler  » le document à son tour.

«  Du coup, nous observons attentivement ce que décidera (le président des États-Unis Donald) Trump. Notre réponse à sa décision sera rapide et efficace  », a martelé Hossein  Amir-Abdollahian.

L’Iran veut construire des navires à propulsion nucléaire

Le Plan d’action conjoint a été signé à  Vienne, en  Autriche, le 14 juillet 2015, par les huit parties suivantes  : les cinq membres permanents du  Conseil de sécurité des Nations unies  (les  États-Unis, la  Russie, la  Chine, la  France, le Royaume-Uni  et l’Allemagne), ainsi que l’Union européenne  et la République islamique d’Iran.

Il s’agit d’un accord permanent entre les parties visant à lever les sanctions imposées à l’Iran par les États-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies. En contrepartie, l’Iran s’est engagé à restreindre son  programme nucléaire  à long terme.

Lors de sa campagne électorale, le président américain a déclaré qu’il considérait cet accord signé par l’administration de son prédécesseur Barack Obama comme «  honteux  » pour les États-Unis et qu’il le réviserait en cas de son élection.

https://fr.sputniknews.com/international/201702041029937375-iran-usa-nuclaire-plan/

Fév 05

NUCLÉAIRE: UNE DES GARANTIES POUR LA FERMETURE DE FESSENHEIM ENTÉRINÉE

FessenheimEDF pourra bien redémarrer un réacteur de la centrale de Paluel à l’arrêt depuis près de 18 mois, selon un arrêté publié samedi au Journal officiel, une des garanties demandées par l’électricien dans le cadre de la procédure de fermeture de la centrale de Fessenheim.
Le réacteur n°2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) est à l’arrêt depuis mai 2015, et EDF ne prévoit pas de redémarrer la centrale avant la fin novembre 2017.
Or la loi sur la transition énergétique votée en août 2015 prévoit qu’un réacteur à l’arrêt depuis plus de deux ans est considéré comme en arrêt « définitif« . Mais le gouvernement peut proroger jusqu’à trois ans cette durée.
L’arrêté publié samedi au journal officiel proroge de « deux années » la durée d’arrêt de fonctionnement de Paluel 2.
Pour valider l’accord sur l’indemnisation à laquelle aura droit EDF pour la fermeture anticipée de Fessenheim, l’électricien avait obtenu l’assurance du gouvernement qu’il allait mettre en place cette prorogation.
Son conseil d’administration avait ainsi approuvé l’accord d’indemnisation le 24 janvier dernier.
Une autre condition porte sur l’extension du délai de l’autorisation de création de l’EPR en construction à Flamanville (Manche), qui arrive à échéance en avril prochain et dont le chantier a pris du retard.
Selon cet accord, EDF recevra un peu moins de 500 millions d’euros pour fermer la centrale de Fessenheim au moment où l’EPR de Flamanville entrera en service, c’est-à-dire en 2018, selon le calendrier d’EDF.
La loi sur la transition énergétique plafonne en effet les capacités de production nucléaire à leur niveau actuel de 63,2 gigawatts.
EDF doit désormais déposer une demande d’abrogation de l’autorisation d’exploiter Fessenheim, que le groupe a conditionné à la mise en œuvre des garanties négociées.
La demande d’abrogation devra ensuite faire l’objet d’un décret pour entériner la décision de fermeture de Fessenheim, promesse de campagne de François Hollande.

http://www.romandie.com/news/Nucleaire-une-des-garanties-pour-la-fermeture-de-Fessenheim-enterinee/772409.rom

NDLR : ne jamais oublier que ce qu’une loi (ou un décret) a fait, une loi (ou un décret) peut le défaire. Donc ne pas commencer à crier victoire trop vite !

Fév 04

NÉGAWATT PRÉSENTE SON SCÉNARIO RÉVOLUTIONNAIRE POUR UNE AUTRE POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE

négaWattUn air débarrassé de particules fines, un risque nucléaire qui diminue, des logements chauds pour tout le monde, des émissions de CO2 divisées par quatre, et des centaines de milliers d’emplois créés… Ce sont quelques-uns des séduisants objectifs du nouveau scénario de l’association négaWatt, qui réunit une vingtaine d’experts et de praticiens en énergie [1]. Le document très fouillé, et très précis, qu’ils ont publié ce 25 janvier, livrent les détails de la transition énergétique que la France devrait, selon eux, engager pour qu’en 2050 le pays ne dépende plus des énergies fossiles et nucléaire.

Une mobilité sans pétrole

Dominé par le trafic routier et une hyper-dépendance au pétrole, le secteur des transports représente aujourd’hui la première source d’émissions de gaz à effet de serre. Les deux tiers des kilomètres parcourus par les Français sont réalisés en voiture. Mais celle-ci est le plus souvent utilisée par une personne seule qui roule à 30km/h en ville alors que la majorité des véhicules particuliers est conçue pour transporter cinq personnes avec leurs bagages, et capable de rouler à 130 km/h sur autoroute. Un grand gaspillage.

Maîtrise des distances grâce à un urbanisme repensé, laissant une place de choix au vélo et à la marche à pieds, transfert des déplacements journaliers vers le ferroviaire et les transports en commun, et amélioration des taux de remplissage des véhicules grâce à la banalisation du covoiturage, constituent les principaux leviers vers une baisse de la consommation d’énergie. Selon NégaWatt, elle serait spectaculaire, avec quasiment deux tiers d’énergie en moins. La réduction de la vitesse autorisée sur route (80 km/h) et sur autoroute (110 km/h) permet également un gain immédiat et substantiel sur les consommations de carburant, sans pour autant augmenter les temps de parcours grâce à la décongestion du trafic qui l’accompagne.

Avec le recours au gaz comme carburant, qui devient progressivement renouvelable, et la mobilité électrique croissante, la part des énergies renouvelables dans les transports passerait de 6 % aujourd’hui à presque 100 % en 2050. Le point noir demeure l’avion, avec un nombre de voyageurs par kilomètre parcouru qui a augmenté de 50 % ces quinze dernières années (contre 5 % pour la voiture). Le kérosène est bien plus difficile à remplacer par des carburants renouvelables. La question d’inciter à la sobriété sur cette mobilité grande distance se pose.

Un avenir 100% renouvelable

Côté électricité, il serait possible de couvrir la totalité des besoins énergétiques de la France par des sources renouvelables à l’horizon 2050. L’éolien, appelé à devenir la première source d’énergie, et la biomasse solide fournissent chacun près d’un quart de la production. Ils sont suivis par le photovoltaïque et le biogaz issu de méthanisation ou de gazéification, qui contribuent à hauteur d’un peu plus d’un huitième chacun – le reste étant apporté par un mélange d’hydraulique, de biocarburants liquides, de solaire thermique, de géothermie, d’énergies marines et de valorisation des déchets.

Selon le scénario, les énergies renouvelables devraient fournir 1 000 TWh d’électricité, soit une multiplication par trois de leur contribution actuelle. Première source d’électricité en 2050, la production éolienne terrestre et marine croît de façon soutenue. Les éoliennes terrestres de nouvelle génération pourront également produire de l’électricité par vents faibles. La France en comptera alors trois fois plus qu’aujourd’hui, soit 18 000, à comparer aux 26 800 éoliennes déjà implantées en Allemagne fin 2015 !

Des centaines de milliers d’emplois créés

Cette nouvelle politique énergétique devrait créer environ 400 000 emplois nets d’ici 2030. « Certains secteurs subissent une diminution du nombre d’emploi. Une reconversion de ces métiers, qui doit impérativement s’anticiper et se préparer, sera nécessaire. C’est le cas par exemple de la construction automobile, du fret routier et du transport aérien, » préviennent les auteurs du scénario. Mais la rénovation de 780 000 logements par an, contre 200 000 aujourd’hui, le boom des énergies renouvelables, ou le développement d’activités de réparation et de recyclage, permettront au final l’apparition de nouveaux métiers.

« Au-delà de l’enjeu de mettre en œuvre au niveau national, avec toute la force et l’ampleur nécessaires, des actions conformes à nos engagements nationaux et internationaux, l’application résolue de la démarche de sobriété, d’efficacité et de substitution par les énergies renouvelables rendrait la France porteuse d’un message fort sur la scène internationale », conclut NégaWatt. « Outre la responsabilité, ce message serait d’abord celui de l’exemplarité. Il ne s’agit pas seulement d’apporter la démonstration que la transition vers les 100 % renouvelables et vers un monde décarboné est possible, mais aussi de montrer comment le monde occidental peut et doit rompre avec le modèle de surconsommation qui est aujourd’hui le sien. »

http://www.bastamag.net/NegaWatt-presente-son-scenario-revolutionnaire-pour-une-autre-politique

Fév 04

COMMENT LE LOBBY NUCLÉAIRE ENTRAVE TOUTE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

LobbyC’était l’un des engagements phares de François Hollande : amorcer la réduction de la dépendance au nucléaire dans le cadre d’une transition énergétique apte à répondre aux défis du dérèglement climatique. Cinq ans plus tard, les avancées paraissent bien maigres, du fait de l’opposition résolue des défenseurs de l’atome et de l’absence de vision politique du côté gouvernemental. Pourtant, les débats sur la sûreté des centrales et leur capacité à soutenir des pics de consommation montrent que ces questions se font de plus en plus pressantes. Voici pourquoi la France ne parvient pas à se doter d’une politique énergétique claire.
Ce devait être l’une des grandes réformes du quinquennat Hollande : la loi « relative à la transition énergétique et à la croissance verte ». Adoptée en juillet 2015, elle est censée infléchir profondément la politique énergétique de la France, en matière de transports, de gestion des déchets, de rénovation des logements et de production d’électricité, dans le but de réduire la contribution de notre pays aux dérèglements climatiques. Pour la première fois, elle remet en cause le dogme du « tout nucléaire ». La loi fixe de grands objectifs : baisser la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% d’ici 2025, contre 75% actuellement, et augmenter celle des énergies renouvelables à 32% contre 14% actuellement. De quoi commencer à rattraper partiellement le retard de la France dans ce domaine par rapport à ses voisins européens. En théorie.
« Aujourd’hui, nous avons tout le reste de la loi, mais sur la question du nucléaire, nous n’avons pas avancé d’un pouce en cinq ans », estime Yves Marignac, directeur de WISE-Paris, une agence d’études sur les politiques énergétiques. L’exécutif devait préciser comment les grands objectifs affichés par la loi seraient effectivement atteints. Or, plus d’un an après son adoption et à quelques mois d’échéances électorales décisives, qui pourraient tout remettre en cause, on ne le sait toujours pas. Le processus de fermeture de Fessenheim vient certes de franchir une nouvelle étape ce 24 janvier 2017, avec l’approbation de l’indemnisation proposée par l’État par le conseil d’administration d’EDF. Pour la suite, aucun calendrier n’est fixé.
Comment on évite un débat
Tout commence en novembre 2012, avec l’organisation d’un « débat national sur la transition énergétique » associant milieux économiques, élus, associations environnementalistes, syndicats et simples citoyens, afin de donner une base constructive et si possible consensuelle à la future loi voulue par François Hollande. D’emblée, les entreprises les plus directement concernées – Areva et EDFmettent tout en œuvre pour ne pas se retrouver débordées. Elles obtiennent une large représentation à tous les niveaux : dans le comité de pilotage, où siège notamment Anne Lauvergeon, alors patronne d’Areva, au conseil national du débat sur la transition énergétique, dans la liste des experts officiels, et dans les débats en région. Même parmi les représentants des organisations syndicales, de la CGT à la CFE-CGC, les employés d’EDF sont sur-représentés [1 <http://www.bastamag.net/Transition-energetique-une-loi-paralysee-par-le-lobby-nucleaire#nb1> ].

Parallèlement, les industriels ne se privent pas de court-circuiter le processus. Une pluie de notes inonde les bureaux du ministère de l’Environnement en provenance du Trésor, d’entreprises comme Areva ou de l’Association française des entreprises privées (Afep), qui représente les grandes entreprises hexagonales. L’ancienne ministre de l’Écologie Delphine Batho raconte également, dans le livre qu’elle publie après sa sortie du gouvernement en 2013 [2 <http://www.bastamag.net/Transition-energetique-une-loi-paralysee-par-le-lobby-nucleaire#nb2> ], comment Jean-Marc Ayrault et certains de ses collègues lui reprochent sans cesse de ne pas suffisamment « associer les entreprises »… Le Premier ministre d’alors finit par la convier à un dîner avec Christophe de Margerie (Total), Henri Proglio (EDF) et d’autres PDG pour qu’ils lui fassent directement la leçon. Selon nos informations, jusqu’au dernier moment, les coordinateurs du débat ont dû montrer patte blanche dans le bureau du patron d’EDF, qualifié par Delphine Batho de « ministre fantôme » de l’énergie.
« Le lobby, c’est l’État lui-même »
Toute la puissance d’influence du « lobby nucléaire » se met en branle. « La force du lobby nucléaire réside dans ses réseaux installés au cœur des différents pouvoirs, explique Yves Marignac. Certains les suivent pour des raisons d’intérêts matériels, comme les syndicats ou les nombreux élus qui profitent de la rente nucléaire, d’autres simplement parce qu’ils sont des croyants qui véhiculent les mythes du lobby : l’indépendance nationale, le nucléaire pas cher, l’exportation de notre savoir-faire… » Une autre spécificité du lobby nucléaire français est la conviction de porter un intérêt national supérieur, qui devrait primer sur tout, y compris la volonté des politiques et des citoyens.

Les lobbys les plus efficaces sont ceux qui peuvent compter sur un réseau des plus variés, à tous les niveaux de l’État. C’est le cas du nucléaire : il bénéficie d’élus locaux et de parlementaires acquis à sa cause [3 <http://www.bastamag.net/Transition-energetique-une-loi-paralysee-par-le-lobby-nucleaire#nb3> ]. Il compte de puissantes associations professionnelles, comme l’Union française de l’électricité, qui regroupe les grands acteurs du secteur, et des « think tanks » dévoués, telle la Société française de l’énergie nucléaire. Il étend son influence au cœur de l’État, grâce au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Le dogme nucléaire imprègne les futurs grands serviteurs de l’État via le prestigieux corps des Mines, dont on retrouve des représentants partout où se décide la politique énergétique de la France, depuis les grandes entreprises comme EDF et Areva, jusqu’aux cabinets ministériels en passant par le CEA, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) ou l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). « Le lobby, c’est l’État lui-même », estime même l’ancienne ministre Corinne Lepage <http://journaldelenergie.com/nucleaire/corinne-lepage-en-france-le-lobby-nucleaire-cest-lÉtat/> . Il compte même ses partisans « environnementalistes » avec l’association pro-nucléaire Sauvons le climat.
Tous ensemble, version patronale
Résultat de ces pressions et influences sur le projet de loi ? Les questions de fond, et les choix qu’elles impliquent, sont finalement peu traités. Allait-on privilégier les économies d’énergies ? Mettre aux normes les centrales nucléaires vieillissantes ou investir dans de nouvelles sources d’énergie ? Former et embaucher dans l’éolien ou transmettre la culture de sécurité aux futurs salariés du nucléaire ? Chacun de ces choix sont intimement liés, y compris dans leurs implications techniques comme la régulation du réseau électrique en fonction des modes de productions, qui sont soumis à des contraintes différentes.

La stratégie du lobby nucléaire va consister à dissocier ces sujets pourtant liés. Or, « on ne peut pas aborder le nucléaire séparément des renouvelables et de l’efficacité énergétique, parce que le poids du nucléaire en France nuit à l’essor de ces dernières », argumente Yves Marignac [4 <http://www.bastamag.net/Transition-energetique-une-loi-paralysee-par-le-lobby-nucleaire#nb4> ]. Ce qui n’empêche pas la ministre Ségolène Royal de répéter à qui veut l’entendre qu’il ne faut pas « opposer les énergies entre elles ». Ce qui signifie également ne pas choisir, avec toutes les incertitudes qui pèsent ensuite sur l’avenir.
« Les grands groupes ont visiblement conclu un deal à l’avance »
« À l’époque du Grenelle de l’environnement, le Medef n’était pas préparé. Il a un peu subi le débat, se souvient Anne Bringault, chargée de coordonner l’apport des ONG environnementales. Pour ce débat sur la transition énergétique, c’est tout le contraire. Les grands groupes ont visiblement conclu un deal à l’avance. Ils se sont mis d’accord pour défendre davantage de nucléaire, de gaz de schiste, et d’efficacité énergétique. Comme ça, tout ce beau monde patronal était content. » Le projet de loi concerne alors des intérêts économiques potentiellement contradictoires : les intérêts d’EDF ou Total ne sont pas forcément les mêmes que ceux du secteur de l’isolation des bâtiments ou des systèmes d’efficacité énergétique. Sur ces enjeux centraux, les grandes entreprises préservent cependant un front remarquablement uni. « On aurait pu s’attendre à ce que des entreprises comme Saint-Gobain ou Schneider Electric portent un discours un peu différent, regrette un participant au débat du côté des associations environnementales. Mais ils n’ont vraiment participé activement que dans les commissions thématiques. »

Pourquoi le Syndicat des énergies renouvelables <http://www.enr.fr/>  (SER), représentant attitré des énergies dites alternatives (éolien, solaire…), n’a-t-il pas non plus cherché à faire contrepoids ? Au regard de son conseil d’administration, c’est peu étonnant : les représentants d’EDF, d’Engie, de Total ou de leurs filiales y sont majoritaires. Sur quinze sièges, les grands groupes en possèdent neuf [5 <http://www.bastamag.net/Transition-energetique-une-loi-paralysee-par-le-lobby-nucleaire#nb5> ].. Qu’y défendent-ils ? « Ils voient plutôt les renouvelables comme un complément au nucléaire dans le contexte d’une consommation d’électricité qui continuerait à augmenter. Ils ne portent pas l’ambition que les renouvelables deviennent majoritaires », analyse Yves Marignac. « Le SER défend une certaine conception des renouvelables, plutôt basée sur de grands projets », renchérit Anne Bringault.
4500 amendements à la loi
Le laborieux processus d’élaboration et d’adoption de la loi n’a probablement pas aidé à faire face à ces obstacles. Le projet voit défiler pas moins de quatre ministres de l’Environnement (Nicole Bricq, Delphine Batho, Philippe Martin puis Ségolène Royal). Début juillet 2013, Delphine Batho est débarquée de son ministère quelques jours avant la conclusion du débat national. Elle avait contesté les arbitrages budgétaires, défavorables, selon elle, à l’écologie. Au même moment, Pierre Gattaz, qui vient d’être élu à la tête du Medef, demande de transformer les « recommandations » issues du débat en simple « synthèse ». Le projet de loi se perd ensuite de longs mois dans les couloirs des ministères.

Lorsqu’il réapparaît, les associations environnementalistes le trouveront presque méconnaissable. À l’Assemblée, le travail en commission sur le projet de loi commence en septembre 2014, un an après la fin du débat national. La législation sera finalement adoptée en juillet 2015. Près de 4500 amendements vont être déposés, l’un des records du quinquennat ! Les discussions parlementaires se concentrent quasi-exclusivement sur l’article premier de la loi, qui définit les grands objectifs et la part entre nucléaire et énergies renouvelables. Tant pis pour les 214 autres articles de la loi… Les mêmes arguments sont repris en boucle par l’opposition et quelques députés de la majorité acquis à la cause de l’atome : la défense de la filière nucléaire française et son potentiel d’exportation, la sécurité énergétique de la nation, le prix de l’électricité, le besoin de partir de l’outil existant, la concession électoraliste faite aux écologistes…
Polémique sur le coût de la fermeture de Fessenheim
Le mythe très répandu en France – mais largement faux [6 <http://www.bastamag.net/Transition-energetique-une-loi-paralysee-par-le-lobby-nucleaire#nb6> ] – selon lequel la sortie du nucléaire en Allemagne aurait favorisé le charbon est invoqué à de nombreuses reprises à l’Assemblée. « Regardez l’Allemagne : à cause de sa sortie du nucléaire, elle augmente ses émissions de carbone » [7 <http://www.bastamag.net/Transition-energetique-une-loi-paralysee-par-le-lobby-nucleaire#nb7> ], prétend ainsi le député Julien Aubert (LR). Ce qui est faux : les émissions de CO2 allemandes ont alors baissé de 4 % entre 2013 et 2014. « L’énergie nucléaire assure notre indépendance énergétique, au moment où certains pays voient leur indépendance nationale menacée – c’est en particulier le cas de l’Allemagne, que les importations de gaz russe placent en situation de dépendance », critique le socialiste Christian Bataille, alors que l’uranium, indispensable pour le fonctionnement des centrales françaises, est lui aussi importé. L’approvisionnement de la France dépend en partie d’un régime très autoritaire comme le Kazakhstan ou d’une zone en proie à la menace terroriste, comme le Niger. Les arguments habituels du lobby nucléaire sont déroulés.

Un autre sujet est au centre des discussions : le coût de la fermeture de Fessenheim. Hervé Mariton (LR) et Marc Goua (PS) présentent opportunément un rapport parlementaire chiffrant ce coût à 5 ou 6 milliards d’euros. Comment ont-ils calculé ce montant, qui représente plus de la moitié du budget consacré à la construction du nouveau réacteur EPR à Flamanville ? Ayant principalement interrogé des experts d’EDF, d’Areva ou du CEA, les deux députés partent du présupposé qu’EDF pourrait continuer d’exploiter Fessenheim pour 20 années supplémentaires, ce qui l’amènerait à 60 ans d’activité alors que les centrales françaises ont été conçues pour durer 40 ans. Ils intègrent dans le coût de la fermeture le manque à gagner de sa fermeture que l’État, selon eux, devrait compenser. Parallèlement à cet « alarmant » rapport sur le coût de la fermeture de Fessenheim, un autre rapport est lui, tout aussi opportunément, enfoui sous le tapis : celui de l’Ademe montrant qu’il était possible, contrairement aux arguments des pro-nucléaires, d’atteindre une électricité 100% renouvelable en France à l’horizon 2050 [8 <http://www.bastamag.net/Transition-energetique-une-loi-paralysee-par-le-lobby-nucleaire#nb8> ].
Une loi adoptée mais pas appliquée ?
La bataille des amendements ne s’arrêtera pas là : le gouvernement et plusieurs députés ont ensuite tenté d’introduire discrètement des amendements en contradiction avec le projet de loi : pour favoriser le chauffage électrique, ce qui mobilise une partie de la capacité nucléaire et empêcherait sa réduction (lire notre enquête sur le sujet <http://www.bastamag.net/Precarite-energetique-surcout-emissions-carbone-l-absurdite-francaise-du> ), ou sur l’enfouissement des déchets nucléaires <http://www.bastamag.net/Dechets-nucleaires-le-detail> . Coïncidence troublante : le rapporteur spécial de la loi, François Brottes (PS), qui a également déposé l’amendement en faveur du chauffage électrique, est nommé président du directoire de RTE, la filiale d’EDF en charge des réseaux de transmission électrique, à l’automne 2015.

À l’issue de cette bataille parlementaire, le texte de loi adoptée aurait sans doute pu être pire. Le « transitiomètre <http://www.transitionenergetique.org/transitiometre/>» mis en place par les ONG pour mesurer l’adéquation du texte par rapport aux engagements internationaux de la France passe ainsi de 20% à 34% après son passage devant le Parlement. Ce qui signifie que la loi permettra d’avancer un peu vers les engagements français mais ne permettra pas vraiment de les atteindre. Les opposants à la transition n’ont pourtant pas dit leur dernier mot. Car une fois votée, la loi doit encore être appliquée… Ce qui est loin d’être le cas à la découverte de la « programmation pluriannuelle de l’énergie », qui fixe la politique énergétique de la France.
Plusieurs fois repoussé et finalement publié le 27 octobre 2016, ce document indique une fourchette assez large de réduction de la capacité nucléaire d’ici 2023. Au minimum, deux réacteurs – a priori ceux de Fessenheim – pourraient fermer. Au maximum, le document envisage l’arrêt définitif d’une dizaine de réacteurs. Problème de calcul : pour réaliser l’objectif fixé par la loi – descendre la part du nucléaire à 50% du mix énergétique –, une vingtaine de réacteurs sur les 58 en activités devront fermer. Faut-il y voir encore la main du lobby nucléaire ? Greenpeace et le réseau Sortir du nucléaire ont en tout cas saisi le Conseil d’État, estimant que cette programmation pluriannuelle était en violation de la loi sur la transition énergétique.
Impuissance volontaire
« Dès 2012, la fermeture de Fessenheim a commencé à être préparée. Un délégué interministériel est nommé. Mais rien ne s’est passé », déplore Anne Bringault. Depuis la loi de 2006 sur la transparence et la sûreté nucléaire, le gouvernement n’a plus le pouvoir de fermer directement une centrale. Seules EDF, en tant que propriétaire, et l’Autorité de sûreté nucléaire, pour des raisons de sécurité, peuvent décider de l’arrêt de réacteurs. Et EDF a tout fait pour s’opposer à cette fermeture, en négociant pied à pied son indemnisation.

Comment expliquer cette faculté de résistance à un État actionnaire qui possède 84% de l’entreprise publique ? « Nous ne sommes pas en Corée du Nord », se justifie un haut fonctionnaire [9 <http://www.bastamag.net/Transition-energetique-une-loi-paralysee-par-le-lobby-nucleaire#nb9> ]. « Produire de l’énergie est la mission et l’objet social d’EDF. En tant qu’actionnaire, [le] devoir [de l’État] est de la faire tourner. » Sinon, ce serait de l’abus de bien social. Le statut de société anonyme d’EDF est ainsi utilisé comme protection contre toute intervention du politique. Lors de la récente décision du conseil d’administration d’EDF sur la fermeture de Fessenheim, les représentants de l’État n’ont pas pu voter… pour éviter un « conflit d’intérêts » ! « On a créé une espèce de monstre hybride, à la fois entreprise nationale et firme privée, dénonce Yves Marignac. EDF joue sans cesse sur les deux tableaux. »
Cinq années pour rien ?
Le blocage sur le nucléaire ne constitue pas la seule illustration des ratés gouvernementaux en matière de transition énergétique. La taxe carbone en fournit un autre exemple. Annoncé par François Hollande en avril 2016 et censé alors concerner toutes les sources d’énergies fossiles, le projet de taxe est restreint trois mois plus tard aux seules centrales au charbon – au nombre de quatre en France – sous la pression des opérateurs gaziers comme Engie. Elle est finalement totalement abandonnée à l’automne suite aux manifestations organisées par la CGT et à la grogne des élus locaux concernés. Le gouvernement semble découvrir in extremis qu’il y aurait un impact sur l’emploi. « Je ne comprends pas qu’un gouvernement puisse annoncer comme ça, sèchement, la fermeture des centrales charbon sans mesure d’accompagnement et sans proposer des solutions aux salariés », remarque Anne Bringault. À croire que la maladresse était volontaire…

L’éventuelle fermeture de réacteurs nucléaires sans perspectives claires pour les salariés qui y travaillent provoquera probablement la même réaction, à l’exemple de la grande hostilité du millier de salariés de la centrale alsacienne face au projet de fermeture et à l’incertitude qu’il fait planer sur le bassin d’emplois. À en croire plusieurs sources, c’est l’un des arguments avancés par les ministères pour justifier leur inaction. « Ils veulent bien risquer l’épreuve de force avec la CGT pour déréguler le droit du travail, mais pas pour enclencher la transition énergétique », s’exaspère un représentant d’ONG. Pourtant, entre salariés du nucléaire et direction d’EDF, il existe des dissensions. Le comité central d’entreprise d’EDF, à majorité CGT, juge extrêmement risqué le projet Hinkley Point en Grande-Bretagne – la construction de deux EPR dans laquelle EDF investirait 16 milliards d’euros ! La défense du nucléaire à tout prix par les salariés du secteur ne semble donc pas inébranlable. Encore faudrait-il ouvrir d’autres perspectives économiques et sociales, en esquissant un futur service public national de la transition énergétique.
Que penser au final de cette transition énergétique déclinée en loi ? François Hollande et ses ministres ont maintenu, malgré les pressions, les objectifs officiels de réduction de la part du nucléaire et de baisse de la consommation d’énergie. Imaginaient-ils que ces objectifs puissent véritablement être atteints sans transformer en profondeur l’ordre énergétique établi et les rapports de pouvoir en son sein ? C’est bien ce qu’il semble. En cela, la loi sur la transition énergétique rappelle d’autres réformes manquées du quinquennat Hollande, comme la loi bancaire ou celles portant sur l’agriculture. Les échéances électorales qui approchent risquent de remettre en cause les quelques avancées. Si cela se confirme, l’action obstructionniste du lobby nucléaire aura finalement payé.
Article d’Olivier Petitjean, photo : CC Josephine Heather Chaplin

http://www.bondy-autrement.org/index.php/ecologie/77-nuclre/3423-comment-le-lobby-nucleaire-entrave-toute-transition-energetique

Fév 03

PRÉSIDENTIELLES 2017: LES FRANÇAIS S’INTÉRESSENT AUX ÉNERGIES RENOUVELABLES

CandidatsUn sondage OpinionWay pour Qualit’ENR  montre … que les énergies renouvelables bénéficient toujours d’une bonne image chez les Français. Ils sont 93 % à penser que les énergies renouvelables sont respectueuses de l’environnement, 89 % qu’elles favorisent l’indépendance énergique et 79 % qu’elles permettent de faire des économies.…

… A l’occasion du 18e colloque du SER le 31 janvier 2017, des conseillers et porte-paroles des principaux candidats à l’élection présidentielle se sont prononcés sur ces propositions. Globalement, le Front de Gauche et EELV défendent une France 100% renouvelable et sans nucléaire à l’horizon 2050. Les Républicains et Le Front national veulent garder un nucléaire fort et garder le développement des énergies renouvelables pour remplacer les énergies fossiles. Pour ces deux partis, la part du nucléaire dans la production d’électricité restera proche de 75%. Pour le mouvement« En marche » d’Emmanuel Macron, le cadre est désormais bien posé par la loi et il faut arrêter les « stop and go législatifs ». Il faut respecter les objectifs actuels, à savoir, abaisser la part du nucléaire de 75% à 50% dans la production d’électricité à l’horizon 2025. Les énergies renouvelables devront atteindre une part de 32 % dans la consommation énergétique finale en 2030 (40% pour l’électricité). Aucun représentant de Benoît Hamon pour le PS n’a fait le déplacement. Néanmoins, son programme propose 50% d’énergies renouvelables dès 2025 et la fermeture des centrales nucléaires en fin de vie. Il devrait donc également respecter les objectifs de la loi de transition énergétique.

Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/presidentielles-2017-pour-plus-denergies-renouvelables-40196/

NDLR: antinucléaires de tous bords, si vous ne savez pas encore pour qui voter, sachez au moins pour qui vous ne voterez pas!

Fév 03

NUCLÉAIRE? ÉOLIEN? VOICI LES COÛTS RÉELS… (OPINION)

Eolienne nucléaireOn peut reprocher à l’éolien son impact visuel ou son effet stroboscopique sur les habitats proches, mais en aucun cas l’argument économique ne tient la route. Démonstration.

A chaque projet éolien qui sort de terre, c’est la même argumentation qui revient : les énergies renouvelables ne seraient pas compétitives par rapport au nucléaire, déjà bien présent dans notre pays. Pour « descendre » les énergies renouvelables, on dit d’ailleurs souvent que, sans mécanisme de subvention, elles ne seraient pas là. C’est probablement aller un peu vite en besogne et ne pas se poser toutes les questions relatives au coût réel du nucléaire… et de l’éolien.

On estime souvent le coût de l’énergie produite par une centrale nucléaire à 20€/MWh, à la sortie de l’alternateur. Mais ce montant prend-il en compte l’ensemble des éléments ? Regardons les nouvelles centrales : l’EPR de Flamanville, qui peine à démarrer (comme la majorité des nouvelles centrales), a déjà coûté 10 milliards d’euros sans avoir livré le premier kWh. Sur base d’une puissance de 1650 MW et d’une durée de fonctionnement annuelle de 8 000 heures, et en espérant qu’il fonctionnera durant 40 ans, on arrive à une production totale d’environ 500 millions de MWh. Bingo, 10 milliards d’euros divisés par 500 millions de MWh, ça fait bien 20€/MWh. CQFD. Sauf que… pour qu’un réacteur fonctionne, il faut quand même quelques personnes sur site.

2000, si on en croit les études réalisées dans le cadre de la fermeture de Fessenheim en France. Deux mille personnes, ah oui, quand même. Soyons fous, disons qu’elles coûtent (ce qui est faux) seulement 50 000 euros/an, ça veut donc dire 100 millions d’euros en plus par an à ajouter dans le coût du MWh. Nos 10 milliards du départ se transforment en 14 milliards (100 millions durant 40 ans).

Et puis, tout compte fait, ce ne serait pas mal de prévoir de démanteler cette centrale. Là aussi, tous les regards se tournent vers la France où EDF doit déjà démanteler 6 réacteurs (1) mais vient d’annoncer qu’elle ne sait pas comment elle fera, et qu’il vaut mieux reporter le démantèlement… au 22e siècle (2) ! L’expérience (pas très concluante, il est vrai) tend à démontrer que démanteler une centrale nucléaire coûte plus cher que de la construire. Cela paraît assez logique, poser un tube en acier est plus facile et moins coûteux qu’enlever ce même tube, une fois qu’il est devenu radioactif.

Notre centrale est donc passée de 10 milliards à 14 (exploitation), puis maintenant à 24 (démantèlement). Et ça, c’est en espérant que 10 milliards suffiront dans 40 ans, ce qui est peu probable. Donc, au minimum, le MWh sortie alternateur passe de 20€ à 48€. Enfin, last but not least, il faut encore entreposer les déchets et là, re-bingo, celui ou celle qui signera le contrat de gardiennage du site de stockage pour les 10 000 ans à venir aura une commission qui fera ressembler le salaire de Stéphane Moreau à de la roupie de sansonnet.

Imaginez le prix d’une équipe de 4 personnes avec un chien de garde pendant 10 000 ans. Si Toutânkhamon avait eu besoin du même gardiennage, on ne serait pas encore à la moitié du contrat ! Donc, réalistement, un MWh nucléaire coûte plutôt 55-60€ que les 20€ souvent annoncés. En partant de l’hypothèse, non encore démontrée, qu’on va arriver à démanteler ces centrales après usage. Et de la seconde hypothèse qu’il n’y a aucun accident majeur.

Face à cela, une éolienne dont on estime le coût d’installation actuellement à 1 million d’euros par MW installé. Une éolienne fonctionnant environ 2500h/an à pleine puissance pendant 20 ans, ça donne 50 000 MWh. En tablant sur 1 million d’investissement et 50 000 euros de frais de maintenance annuelle, ça nous ramène le kWh produit à 40€. Et, dans 20 ans, on garde le pylône et on change juste la nacelle au-dessus, en sachant dès à présent comment on va démonter la machine. On pourra donc reprocher à l’éolien sa flexibilité, son impact visuel ou son effet stroboscopique sur les habitats proches, mais en aucun cas l’argument économique ne tient la route. Il semble utile de le rappeler.

(1) Chinon, St-Laurent-des-Eaux et le Bugey
(2) Réunion du 29 mars 2016 entre EDF et l’Autorité de Sûreté Nucléaire

http://www.lalibre.be/debats/opinions/nucleaire-eolien-voici-le-cout-reel-opinion-58935dd9cd70ff671df2d667

Mots :

nucléaire, éolien, coûts, réels, milliards, EPR, personnes, démanteler, déchets, investissement, maintenance, argument, économique,

Fév 03

CIVAUX 2 : L’ASSOCIATION « VIVONS SANS NUCLÉAIRE » DOUTE

Civaux 2Membres de la Commission locale d’information (CLI) de la centrale de Civaux et de l’association « Vivons sans nucléaire » Jacques Terracher et Hélène Shemwell émettent quant à eux des doutes sur l’autorisation de redémarrage du réacteur n° 2, délivrée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) : « Où est la preuve que le problème de carbone dans l’acier ne remet pas en cause la sûreté ? Nous avons demandé par la CLI le résultat des analyses de concentration. On a le sentiment que la peur principale est celle de manquer d’électricité, et que cela passe avant la sécurité de la population. L’ASN fait l’objet de nombreuses pressions concernant l’avenir d’Areva, la fermeture de Fessenheim, le fonctionnement de l’EPR, des dossiers qui sont tous liés entre eux. Quel est son degré de liberté et d’indépendance ? »
Les membres de Vivons sans nucléaire estiment plus largement que cette crise met à mal « l’idéologie du «  On sait faire on maîtrise tout  » en vigueur dans l’industrie nucléaire. Les pièces forgées au Creusot et au Japon devaient être exemptes de tout défaut. Au lieu de cela, on réalise qu’il y a des loups à tous les niveaux ! »

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Environnement/n/Contenus/Articles/2017/02/03/Vivons-sans-nucleaire-doute-2989637

Fév 03

À QUELLE DISTANCE POURRIEZ-VOUS SURVIVRE À UNE EXPLOSION NUCLÉAIRE ?

SurvivreIl se peut que vous viviez sans le savoir à proximité immédiate d’une bombe nucléaire. Si l’une d’elles devait un jour exploser, à quelle distance pourriez-vous survivre ?

Cela fait plus de 70 ans que les deux bombes ont explosé à Hiroshima et Nagasaki en tuant au moins 129 000 personnes et en causant des effets dévastateurs sur la santé à long terme. À ce jour, ce sont les deux seules déclenchées « pour faire la guerre », mais près de 15 000 de ces têtes nucléaires restent encore dans le monde aujourd’hui et bon nombre d’entre elles sont beaucoup plus puissantes que celles utilisées lors de la Seconde Guerre mondiale. Alors, que se passerait-il exactement si l’une d’elles explosait demain ? Quelle distance devriez-vous alors maintenir pour survivre au cataclysme ? L’équipe d’AsapSCIENCE nous livre quelques éléments de réponses.

Tout d’abord, il est important de noter que de nombreux paramètres sont normalement à prévoir, y compris l’heure à laquelle la bombe explose (du jour ou de la nuit), la configuration géographique du lieu de l’explosion ou encore si la bombe explose au sol ou dans les airs. Mais de manière générale, il y a quelques étapes prévisibles. Comme nous l’explique la vidéo, environ 35 % de l’énergie d’une explosion nucléaire est libérée sous forme de rayonnement thermique. Ce dernier se déplaçant à peu près à la vitesse de la lumière, la première chose qui devrait vous frapper est un gigantesque éclair de lumière aveuglante et une chaleur intense.

La lumière elle-même est suffisante pour provoquer un éclair de cécité, une forme temporaire de la cécité qui peut durer quelques minutes. La vidéo considère ici une bombe de 1 mégatonne, soit environ 80 fois plus puissante que la bombe qui a explosé sur Hiroshima, mais beaucoup moins puissante que de nombreuses armes nucléaires modernes. Considérant une bombe de ce calibre, les personnes situées dans un rayon de 85 kilomètres seraient temporairement aveuglées. Concernant la chaleur, des brûlures bénignes au premier degré peuvent se produire jusqu’à 11 kilomètres de distance et des brûlures au troisième degré à moins de 8 kilomètres. Si ces brûlures au troisième degré couvrent plus de 24 % de la surface du corps, ces dernières seraient probablement fatales si des soins médicaux ne sont pas prodigués d’urgence.

Notez que ces distances sont variables en fonction non seulement de la météo, mais aussi sur ce que vous portez : des vêtements blancs peuvent refléter une partie de l’énergie d’une explosion, tandis que des vêtements foncés vont l’absorber. Bien sûr, ces paramètres ne feraient guère de différences pour les malheureux situés au centre de l’explosion.

Les températures à proximité du site de l’explosion d’Hiroshima ont été estimées à 300 000 degrés Celsius — soit environ 300 fois plus chaud qu’un incinérateur, de sorte que les personnes situées près de l’explosion seraient directement réduites en cendres. Pour les autres, dans un rayon de 6 kilomètres, les ondes de choc produiraient plus de 180 tonnes de force sur les murs de tous les bâtiments à deux étages et la vitesse du vent avoisinerait les 255 km/h. Dans un rayon d’un kilomètre, la pression serait 4 fois supérieure et la vitesse du vent avoisinerait les 756 km/h. Techniquement, les humains peuvent supporter de telles pressions, mais la plupart des gens seraient tués par les débris arrachés.

https://sciencepost.fr/2017/02/a-distance-pourriez-survivre-a-explosion-nucleaire/

Fév 03

ROYAUME-UNI : L’ATOME SANS L’EUROPE

LondresLondres s’apprête à quitter Euratom, l’organisme public de recherche sur le nucléaire. Une conséquence logique du Brexit qui ne manque pas de susciter des inquiétudes chez les industriels du secteur. Interview de Bertrand Barré, ancien vice-président du comité scientifique d’Euratom.

Bertrand Barré a été directeur des réacteurs nucléaires au CEA, président de l’ENS European Nuclear Society, conseiller scientifique d’Areva et vice-président du comité scientifique d’Euratom.

Sciences et Avenir : Le Royaume-Uni quitte Euratom. Après le Brexit, cela était attendu ?

Bertrand Barré : Oui. La sortie du traité est une conséquence logique du Brexit. Mais toute la question est à quelle échéance elle prendra effet. Cela suppose par exemple la renégociation de certains accords : par exemple les pays membres d’Euratom ont des partenariats avec d’autres pays Etats-Unis, Canada…. Le Royaume-Uni devra renégocier ces accords individuellement.

Par ailleurs l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique, a délégué à Euratom de nombreuses tâches de  contrôle : sécurité des installations, contrôle de la prolifération nucléaire… De ce fait les inspecteurs d’Euratom travaillent dans les laboratoires anglais. C’est donc toute une organisation qu’il faut revoir.

Quel est le motif d’inquiétudes des industriels ?

Il est simple : aujourd’hui aucun des réacteurs nucléaires du Royaume Uni n’est de technologie anglaise. Mi-septembre le pays a approuvé la construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, dans le sud-est de l’Angleterre. Là encore c’est EDF, avec en partie des capitaux chinois qui sera le constructeur et l’exploitant. La quasi-totalité du parc est exploitée par la filière britannique d’EDF. Cela suppose une dépendance européenne problématique en temps de Brexit.

La recherche nucléaire du Royaume va-t-elle en pâtir ?

A défaut de trouver d’autres financements, oui. Aujourd’hui 25% du budget d’Euratom est consacré à la recherche sur la radioprotection, la sureté et la gestion des déchets, ou encore à l’amélioration des réacteurs traditionnels de fission.  Les trois quarts restants  financent la recherche sur les programmes de fusion nucléaire : Iter, actuellement en construction à Cadarache dans le sud de la France et le JET (Joint European Torus), près d’Oxford qui est la plus puissante machine existante. N’oublions pas qu’en 1997, ce dernier a réussi à produire par fusion nucléaire 15 MWatt de puissance pendant 1 seconde. Iter vise bien plus : 500 MWatt pendant 15 minutes, mais à l’horizon 2023 ! Or, aujourd’hui, Euratom finance à hauteur de 50% le JET. Si le Royaume-Uni quitte Euratom, le pays devra trouver d’autres moyens et décider d’adhérer individuellement à Iter ou non.

https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/le-royaume-uni-quitte-euratom_110305

Fév 03

TOSHIBA VEUT SORTIR DU NUCLÉAIRE BRITANNIQUE ET INDIEN

ToshibaToshiba a l’intention de se retirer de son rôle de chef de file de projets de construction de réacteurs nucléaires en Grande-Bretagne et en Inde, a-t-on appris de plusieurs sources proches du dossier.

Ce désengagement conduirait Westinghouse, la filiale américaine spécialisée du groupe japonais, à recentrer ses activités sur les réacteurs nucléaires et les services, au détriment de l’ingénierie civile des centrales et de leur construction, ont expliqué les sources. Il pourrait toutefois remettre en question la coentreprise NuGen créée avec le français Engie dans le but de construire en Grande-Bretagne trois réacteurs AP1000 conçus par Westinghouse.

Ce projet estimé entre 15 et 20 milliards de dollars est désormais financièrement insupportable pour Toshiba, a dit l’une des sources, ajoutant que le gouvernement britannique n’avait pas encore été informé des intentions du groupe. Deux des sources ont déclaré qu’Engie voulait aussi sortir de NuGen. Engie s’est refusé à tout commentaire.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/02/03/97002-20170203FILWWW00066-toshiba-veut-sortir-du-nucleaire-britannique-et-indien.php

Fév 03

UNE ATTAQUE NUCLÉAIRE NORD-CORÉENNE ENTRAINERAIT UNE RÉPONSE « ÉCRASANTE »

Attaque nord coréenneUne attaque nucléaire nord-coréenne contre les États-Unis ou ses alliés entraînerait une réponse « efficace et écrasante« , a averti vendredi le secrétaire américain à la Défense James Mattis, en visite à Séoul.

Un déplacement pour rassurer. Le chef du Pentagone est le premier responsable de l’administration Trump à partir en voyage officiel à l’étranger. Arrivé jeudi en Corée du Sud, il poursuivra vendredi au Japon une tournée destinée à rassurer ces alliés clés des États-Unis quant à l’engagement de Washington en matière de sécurité à leurs côtés. Le président américain avait publiquement envisagé le retrait des soldats américains du sud de la péninsule coréenne et de l’archipel nippon, à défaut d’une hausse significative de la contribution financière de ces deux pays.

« Toute attaque contre les États-Unis ou nos alliés sera vaincue et l’utilisation d’armes nucléaires entraînera une réponse efficace et écrasante« , a déclaré James Mattis avant une réunion avec le ministre sud-coréen de la Défense Han Min-Koo. Il a dit qu’il entendait à Séoul « souligner l’engagement prioritaire des États-Unis en faveur de notre alliance bilatérale » et « l’engagement total » à défendre la démocratie sud-coréenne.

Trump met en garde. La Corée du Nord a réalisé en 2016 deux essais nucléaires et des dizaines de tests de missiles. Les experts s’accordent à dire que le régime de Pyongyang, dont l’ambition est de pouvoir porter le feu nucléaire sur le territoire continental américain, a fait d’énormes progrès vers cet objectif. Dans son discours du Nouvel an, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un avait vanté l’imminence d’un test de missile balistique intercontinental (ICBM). Dans l’un de ses traditionnels tweets du soir, Donald Trump avait répliqué qu’un missile nord-coréen n’atteindrait jamais le territoire américain.

Jeudi, James Mattis et le Premier ministre sud-coréen Hwang Kyo-Ahn sont convenus de poursuivre l’installation sur le sol sud-coréen d’un très controversé bouclier antimissile de fabrication américaine.

http://www.europe1.fr/international/une-attaque-nucleaire-nord-coreenne-entrainerait-une-reponse-ecrasante-2968139

Fév 03

JAPON : PIC DE RADIATION ET TROU BÉANT DANS LES ENTRAILLES DE FUKUSHIMA

FukushimaLa compagnie électrique Tepco dit avoir relevé des taux mortels de plus de 500 sieverts au niveau du réacteur 2 de la centrale nucléaire ravagée par le tsunami du 11 mars 2011.

Dans son grand chantier de démantèlement de la centrale de Fukushima-daiichi, Tepco vient de faire des découvertes qui risquent de compliquer sa mission. Jeudi, la compagnie électrique qui gère le site endommagé par le tsunami et l’accident du nucléaire de mars 2011, a dit avoir relevé des taux de radiations records : 530 sieverts par heure dans la partie basse de l’enceinte de confinement du réacteur 2, l’un des plus endommagés sur les six unités du site installé en bordure du Pacifique. Il est possible que ce taux astronomique soit dû au fait qu’une partie du combustible fondu ne soit pas immergé dans les eaux de refroidissement, comme l’avance Miyano Hiroshi, professeur émérite de l’université Hôsei, à la NHK

Même si, comme l’a précisé Tepco à la presse japonaise, il faut tenir compte d’une marge d’erreur de 30%, le chiffre constaté reste très au-delà du précédent record de 73 sieverts établi en 2012 sur ce même réacteur. Avec de tels niveaux de rayonnement, «inimaginables» selon des experts japonais cités par l’agence Kyodo, la mort est quasi instantanée pour l’être humain.

Selon les recommandations de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), les ouvriers du nucléaire en milieu radioactif ne doivent pas être exposés à des doses efficaces et supérieures à 20 millisieverts (mSv) par an, «moyennées sur des périodes définies de cinq ans», indique la CPIR, soit 100 mSv. On s’est rendu compte qu’au-delà de ce seuil, le risque de leucémie s’accroît significativement.

Un magma très radioactif

Depuis la fin décembre, Tokyo Electric company a percé une petite ouverture dans l’enceinte de confinement du réacteur 2. La compagnie cherche à déterminer quel est l’état du cœur des réacteurs, ce magma extrêmement radioactif constitué de débris et de barres de combustibles qui ont fondu dans les heures qui ont suivi le 11 mars 2011. Selon des calculs de l’Institut international de recherche sur le démantèlement nucléaire, ce corium représenterait une masse globale de 880 tonnes réparties entre les unités 1,2 et 3 de Fukushima. Tepco cherche également à localiser où se situe précisément ce magma.

Fin janvier, elle a donc envoyé une petite caméra fixée sur un bras télescopique de guidage qui doit parcourir une dizaine de mètres. Avant d’expédier un robot d’ici à la fin du mois, la compagnie électrique a ainsi réalisé une petite vidéo (visible ici) qui permet d’apercevoir une petite partie des entrailles de réacteur.

Dans le flot d’images filmées, Tepco a publié des clichés où l’on voit nettement qu’un piédestal en forme de plateforme grillagée est nettement enfoncé sur une surface carrée d’un mètre sur un mètre environ. Ce trou pourrait être causé par la chute de structures, de barres de combustibles fondus. Si cette hypothèse devait se confirmer, ce serait la première fois que Tepco localise le corium au sein de l’un de ses réacteurs.

En début de semaine, la compagnie avait déjà publié des images – difficiles à lire pour des novices – tendant à montrer l’existence de ce combustible fondu. On y voyait des sortes de pâtés noirs éparpillés sur une structure métallique grillagée dans la partie inférieure de l’enceinte de confinement. Cela pourrait indiquer que le carburant a fondu et s’est répandu sur le plancher de cette enceinte.

Robots en rade

Le robot que Tepco prévoit d’envoyer dans les prochains jours dans cette partie de l’unité 2 permettra peut-être d’en apprendre plus. Censé supporter des radiations de l’ordre de 1000 sieverts, l’engin pourra fonctionner environ deux heures si l’on se fie au niveau de 530 sieverts relevés ces derniers jours. Ces derniers mois, deux robots expédiés en mission au sein des réacteurs sont déjà tombés en panne à cause de trop fortes radiations.

Celles-ci risquent de faire ralentir les travaux de démantèlement. Tepco ambitionne de commencer à retirer les combustibles fondus à partir de 2021. Mais elle doit encore finaliser la méthode pour y parvenir. Selon une étude du ministère de l’Économie, du commerce et de l’industrie (Méti) publiée en décembre, le seul démantèlement des réacteurs devrait coûter au minimum 8 trillions de yens (autour de 65,9 milliards d’euros), soit quatre fois ce qui était initialement envisagé. Au final, la facture atteindrait les 177 milliards d’euros pour démanteler, indemniser les riverains et décontaminer l’environnement. Ce retrait des combustibles reste la plus risquée de toutes les opérations de ce grand nettoyage de Fukushima-daiichi, prévu pour durer au moins quarante ans. 

Article de Arnaud Vaulerin correspondant au Japon

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/03/japon-pic-de-radiation-et-trou-beant-dans-les-entrailles-de-fukushima_1546005

Fév 02

BURE : C’EST MAINTENANT QUE ÇA SE JOUE !

BUREÀ Bure, tout s’accélère. Les occupant(e)s du bois Lejuc sont menacé(e)s d’expulsion et l’Andra projette de défricher sept hectares supplémentaires de forêt pour commencer ses travaux de forage. À nous de l’en empêcher !

Une semaine d’actions du 14 au 18 février

Une bataille décisive va se jouer jusqu’à mi-mars, date à laquelle la nidification empêcherait, selon le code de l’environnement, toute déforestation. Notre détermination est essentielle comme l’a prouvé la mobilisation de cet été, mais l’issue du bras de fer reste incertaine.

Nous appelons donc à une semaine d’actions du 14 au 18 février. Et le 18 février, qu’ils nous expulsent ou pas, on vous accueille pour marcher ensemble sur le bois. Cette journée doit être une démonstration de force pour que jamais il n’y ait de poubelle nucléaire.

Le 18 FÉVRIER, qu’ils nous aient expulsé(e)s du bois ou non, montrons que nous ne sommes pas de fébriles brindilles qui s’éteignent au premier souffle, mais un grand brasier brûlant et déterminé ! Rejoignez-nous par centaines à Bure pour une grande manifestation en direction du bois Lejuc, moufles et cagoules pour le froid et musique et bombes de couleur pour la joie. Que nous soyons force de réoccupation ou d’occupation, déjà venu(e)s ou primo arrivant(e)s, soyons présent(e)s et imposons aux nucléocrates notre tempo !

Durant la journée, des sessions d’apprentissage de grimpe seront organisées, des cabanes et barricades vont encore fleurir un peu partout au cours de chantiers collectifs – on entend même chuchoter des projets fous de châteaux fort et de tyroliennes, qui sait ? N’hésitez pas à amener des matériaux et toutes vos idées. Nous vous invitons aussi à cadencer la lutte en apportant vos instruments de musique et de jongle !
Dans la soirée, arts de rue, vin chaud et concerts sont attendus en forêt. Si jamais elle est inaccessible, d’autres lieux sont prévus. Des couchages avant et après la mobilisation sont possibles dans nos Maisons, dans les cabanes du bois, et dans des tentes que nous aménagerons pour les isoler de l’humidité et du froid. Prévoyez tout de même des vêtements et duvets aussi chauds que possible.

Plus d’infos sur : http://vmc.camp/

Fév 02

DES ANOMALIES DANS L’ACIER DES TRAINS DE DÉCHETS NUCLÉAIRES

trainsQue n’a-t-on pas dit de ces emballages qui renferment le combustible usé acheminé à l’usine de la Hague et les déchets vitrifiés qui en repartent. Tout a été envisagé : ils seraient capables de résister à une chute de 9 mètres ou à un feu de 800°C pendant une demi-heure ! Areva <http://www.areva.com/FR/activites-4912/le-douzieme-transport-de-dechets-nucleaires-vitrifies-de-la-france-vers-l-allemagne.html>  n’a eu de cesse de l’affirmer : « Notre maître-mot est la sûreté dans le transport, comme dans nos autres activités ». L’inspection menée le 7 novembre par l’Autorité de Sûreté Nucléaire dans l’usine d’Areva Creusot Forge sème pourtant le doute.
Dans un courrier adressé quelques jours plus tard à la filiale d’Areva chargée des transports (et que le site Le Lanceur vient de publier), le gendarme du nucléaire hausse le ton. L’usine Creusot Forge fournit « de longue date » des pièces destinées à fabriquer les emballages. « Ces pièces, principalement des viroles, font partie de l’enceinte de confinement des emballages et présentent donc des enjeux de sûreté importants«  écrit l’ASN. « (…) les inspecteurs prennent note des actions déjà engagées par la société Areva TN mais estiment qu’elles n’ont pas permis de détecter l’ensemble des irrégularités touchant les composants d’emballages de transport fabriqués par la société Areva Creusot Forge.
Les inspecteurs ont découvert plusieurs non-conformités non détectées par la société Areva TN dans les dossiers de fabrication de l’usine Creusot Forge.
Le courrier évoque des non-conformité de résistance à la traction, des « valeurs de résilience non-conformes« , et des « concentration excessives de carbone ».

Courrier de l’Autorité de Sûreté Nucléaire  <http://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/sites/regions_france3/files/assets/documents/2017/02/01/337625839-lettre-asn-15-novembre-2016-inssn-dts-2016-0750_1-2881315.pdf>  
« Il y a un grave problème de sûreté. On devrait arrêter ces transports tant qu’on n’y voit pas plus clair ! » tonne Yannick Rousselet. Le spécialiste des questions nucléaires à Greenpeace-France s’inquiète de lire que l’Autorité de Sûreté Nucléaire n’a pas pu se faire communiquer la liste exhaustive des emballages en circulation, tout bonnement parce qu’elle n’existe pas. Difficile dans ces conditions d’assurer la traçabilité des pièces utilisées, qu’elles soient défectueuses ou non.
Dans un courrier électronique qu’il nous a adressé, le service communication d’Areva assure que les problèmes de non-conformité ne concernent que quatre emballages et que les vérifications effectuées « sous le contrôle de l’ASN » ont confirmé que les emballages étaient sûrs. Areva mène actuellement un audit au Creusot et assure que « toutes les anomalies qui seront éventuellement détectées seront analysées et traitées afin de garantir l’absence de risque pour la sûreté des transports. Si des anomalies devaient être détectées qui affectent la sûreté, les emballages concernés seraient naturellement arrêtés tant que les justifications relative à leur sûreté ne seraient pas apportées. »

http://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/manche/nord-cotentin/cherbourg-en-cotentin/anomalies-acier-trains-dechets-nucleaires-1188581.html

Fév 02

EDF SOUS-ESTIME LE COÛT DU DÉMANTÈLEMENT NUCLÉAIRE, SELON UN RAPPORT PARLEMENTAIRE

L’entreprise publique se montrerait trop « optimiste » sur la faisabilité technique et financière de la déconstruction du parc atomique.

La controverse sur le coût du démantèlement du parc électronucléaire français n’est pas neuve. Mais elle prend un relief particulier, alors que la filière traverse une passe difficile. Selon un rapport parlementaire sur « la faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires de base », rendu public mardi 1er février, les charges liées à la fin de vie des centrales seraient « sous-évaluées » par EDF, qui aurait en outre mal anticipé la complexité de la tâche. Fait rare et notable, le président de la mission d’information, Julien Aubert, député (Les Républicains) du Vaucluse, fait part dans ce document de plusieurs points de « désaccords » avec la rapporteure, Barbara Romagnan, députée (PS) du Vaucluse.

Le parc nucléaire hexagonal se compose bien sûr des 58 réacteurs en activité, dont la « déconstruction » n’est pas encore planifiée, mais aussi de neuf réacteurs anciens, déjà en cours de démantèlement. Six de ces derniers appartiennent à la filière graphite-gaz (Bugey 1, Chinon A1, A2 et A3, Saint-Laurent A1 et A2), à ce groupe s’ajoutant le réacteur à eau lourde de Brennilis (Finistère), le petit réacteur à eau pressurisée de Chooz A (Ardennes) et le surgénérateur Superphénix de Creys-Malville (Isère).

En juillet 2016, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a chiffré la facture totale du démantèlement de ces installations à 60 milliards d’euros, dont environ 26 milliards pour la déconstruction des centrales, 29 milliards pour la gestion à long terme des déchets radioactifs et 4 milliards pour la gestion des derniers cœurs, ou assemblages de combustibles. En prévision, EDF avait provisionné 22,2 milliards d’euros au 30 juin 2016.

En Allemagne, des coûts deux fois supérieurs

Le rapport retient pour l’ensemble de ce chantier un autre chiffrage d’EDF, de 75,5 milliards d’euros de charges brutes, qui intègre la gestion des combustibles usés avant qu’ils ne deviennent des déchets ultimes. Même portées à ce niveau, les dépenses sont entachées d’une « sous-évaluation vraisemblable », d’après les parlementaires. Les comparaisons internationales sont difficiles, mais d’autres pays, comme l’Allemagne et les États-Unis, prévoient des coûts de démantèlement jusqu’à deux fois supérieurs.

Dans le cas de la France, Mme Romagnan pointe « un certain nombre d’éléments non pris en compte », comme « la remise en état des sols, l’évacuation des combustibles, les taxes et assurances, le coût social… » En outre, observe-t-elle, « les provisions [constituées par EDF] sont parmi les plus basses de l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques], sans filet de sécurité en cas d’écart sur les coûts ».

C’est sur ce volet que le président de la mission d’information se démarque le plus nettement d’une analyse qui, à ses yeux, « ne doit pas laisser à penser que les comptes de l’électricien sont insincères ». Pour Julien Aubert, « le niveau de provisions présenté par EDF est certes le plus bas des pays de l’OCDE, mais l’électricien bénéficiera, lors du démantèlement des 58 REP [réacteurs à eau pressurisée], d’un effet de série qui lui fera réaliser des économies d’échelle que personne n’est capable, à l’heure actuelle, de chiffrer avec précision. »

Réagissant dans un communiqué, l’entreprise publique souligne pour sa part que « les provisions pour déconstruction du parc en exploitation ont fait l’objet d’un audit commandité par le ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer » et rendu public en janvier 2016, lequel « conforte globalement l’estimation faite par EDF du coût de démantèlement de son parc nucléaire. »

Faisabilité incertaine

Au-delà du seul coût, le rapport considère également que « la faisabilité technique [du démantèlement] n’est pas assurée ». Mme Romagnan en veut pour preuve la décision annoncée par EDF, en 2016, de différer la déconstruction des six réacteurs de la filière graphite-gaz. L’opérateur a en effet jugé la méthode initialement envisagée – sous eau – trop complexe et trop risquée. Les travaux se feront sous air, mais leur achèvement est désormais repoussé à la fin du siècle. S’y ajoute le retard pris pour le réacteur de Brennilis, à l’arrêt depuis 1985 mais toujours debout. Et la difficulté particulière que pose la gestion du sodium liquide utilisé pour refroidir le surgénérateur Superphénix.

Sur le parc aujourd’hui en exploitation, estime la députée, « on ne peut pas exclure des difficultés imprévues ». D’autant que la plupart des réacteurs ayant été mis en service entre la fin des années 1970 et la fin des années 1980, leur démantèlement devrait intervenir dans un laps de temps rapproché, ce qui exigera de pouvoir mobiliser des moyens humains et matériels importants.

Sur ce sujet, EDF « confirme son objectif de démanteler ses installations nucléaires dans des délais aussi courts que possible ». Cela, précise l’industriel, en s’appuyant « sur des compétences spécifiques qu’il s’attache à développer dans la durée, chez lui-même comme chez ses principaux partenaires prestataires ».

Face aux interrogations soulevées par ce rapport, les parlementaires préconisent de « revoir les règles de prévisions des coûts du démantèlement » et d’établir « un agenda prévisionnel » de la déconstruction des réacteurs, en commençant par « accélérer » celle des anciens réacteurs.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/02/01/edf-sous-estime-le-cout-du-demantelement-nucleaire-selon-un-rapport-parlementaire_5072981_3244.html

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