Nov 12

BELGIQUE : SORTIE DU NUCLÉAIRE: UN « RISQUE CONSIDÉRABLE QUE LA POPULATION BELGE DOIVE SUPPORTER À L’AVENIR DES ÉNORMES COÛTS »

La gestion des provisions nucléaires doit être revue d’urgence, avertit la Commission des provisions nucléaires (CPN) dans son rapport annuel, consulté par L’Écho. L’organisme chargé du contrôle des provisions tire la sonnette d’alarme, écrit mardi le quotidien. Il y a un « besoin urgent de revoir la loi » pour éviter « un risque considérable que la population belge doive supporter à l’avenir les énormes coûts pour le démantèlement des centrales nucléaires et/ou la gestion des matières fissiles irradiées« , prévient la CPN.

Dans le dossier de la sortie du nucléaire en 2025, des incertitudes persistent quant au montant final de la facture, tandis que la capacité d’Electrabel à faire face à ses obligations de financer le démantèlement des centrales est remise en question.

Plusieurs textes sont sur la table. Le conseil des ministres avait approuvé un avant-projet de loi en juillet 2018. En février 2019, après la chute du gouvernement, une proposition de loi a été déposée par un député MR – du parti de la ministre de l’Énergie, Marie-Christine Marghem (MR) – mais elle n’a pu être approuvée au parlement avant les élections du 26 mai.

Selon Mme Marghem, c’est au parlement qu’il incombe maintenant de se saisir de cette question puisque le gouvernement est en affaires courantes.

Dans un communiqué, Écolo a rappelé qu’il a réintroduit à la Chambre sa proposition de la législature passée. Il propose notamment que les provisions nucléaires actuellement gérées par Synatom, une filiale d’Engie-Electrabel, soient transférés à la Banque nationale de Belgique.

« Cela fait des années que nous exigeons de renforcer le cadre légal pour provisionner tous les coûts liés à la gestion des déchets nucléaires, mais aussi au démantèlement des centrales qui prendra des dizaines d’années. Il faut écouter les experts de la CPN. Il convient aujourd’hui de réévaluer les coûts pour les prélever directement chez Engie et empêcher l’insolvabilité de la filiale d’Engie. Autrement, ce sont les citoyens qui devront trinquer« , a souligné le député Samuel Cogolati dans un communiqué.

La CPN pointe par ailleurs une série de risques liés au dernier scénario de l’Ondraf (l’organe chargé de la gestion des déchets nucléaires) concernant l’enfouissement des déchets les plus radioactifs. Ce nouveau scénario – qui a fait exploser le coût estimé pour cet enfouissement repoussé de 20 à 30 ans – « a un impact de taille sur un certain nombre d’aspects liés à la sécurité, ainsi que sur les coûts possibles et leur provisionnement« , selon la CPN.

Publié le mardi 12 novembre 2019 à 06h51 – Mis à jour le mardi 12 novembre 2019 à 13h14

https://www.lalibre.be/economie/conjoncture/sortie-du-nucleaire-un-risque-considerable-que-la-population-Mobelge-doive-supporter-a-l-avenir-des-enormes-couts-5dca4732f20d5a0c46c43b26

Nov 12

CONSÉQUENCES DU SÉISME DU 11 NOVEMBRE 2019 SUR LA SÛRETÉ DES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE CRUAS ET DU TRICASTIN

Communiqué CRIIRAD du 12 novembre 2019 à 13H

L’épicentre du séisme de magnitude 5,4 intervenu peu avant midi le 11 novembre 2019 en vallée du Rhône est situé à environ 13 kilomètres de la centrale nucléaire de Cruas et 28,5 kilomètres de celle du Tricastin.

Les autorités et les industriels du nucléaire se sont voulus très rassurants hier après-midi en indiquant qu’il n’y avait pas eu de conséquences notables sur la sûreté de ces deux sites nucléaires. Les autorités ont annoncé hier soir que les réacteurs de la centrale de Cruas étaient cependant mis à l’arrêt pour des examens plus approfondis dans la mesure où l’un des capteurs du site avait enregistré un niveau d’accélération supérieur au critère d’intervention.

Dès l’annonce du séisme, la CRIIRAD s’est mise en situation de vigilance renforcée. Elle peut confirmer que ses balises de surveillance en continu de la radioactivité atmosphérique en Vallée du Rhône (Valence, Montélimar, Saint-Marcel d’Ardèche, Avignon) n’ont mis en évidence aucune contamination ou élévation anormale du rayonnement ambiant. Voir le site des balises CRIIRAD.

Cependant les recherches qu’elle a effectuées ces dernières années ont conduit la CRIIRAD à s’interroger sur la protection réelle des installations contre le risque sismique.

Tout d’abord parce que des « défauts de tenue au séisme » sont identifiés régulièrement sur les équipements de très nombreux réacteurs.

Les anomalies sont souvent découvertes de façon fortuite et datent souvent de plusieurs années, voire décennies, remontant parfois à la construction de l’installation. Elles n’avaient été identifiées ni par l’exploitant, ni par les contrôleurs ou leurs experts. Sont en cause des défauts de conception, de réalisation, de surveillance, des défauts de prise en compte de configurations à risque. Des défauts d’ancrage de certains auxiliaires des groupes électrogènes d’ultime secours ont ainsi été détectés en 2017 sur 26 réacteurs nucléaires : cet équipement vital n’aurait pas résisté à un fort séisme, entrainant la perte totale d’alimentation électrique ; la même année, étaient découverts des problèmes de corrosion susceptibles de conduire, en cas de séisme, à la rupture des tuyauteries et à l’inondation de la station de pompage, provoquant pour 20 réacteurs la perte totale de la source d’eau froide. Pas moins de 10 réacteurs [1] étaient concernés par les deux anomalies, ce qui impliquait la perte simultanée du système électrique et du système de refroidissement : le même scénario catastrophe qu’à Fukushima. Dans beaucoup de cas, les équipements n’auraient même pas résisté à un Séisme Maximal Historiquement Vraisemblable (SMHV), a fortiori à un Séisme Majoré de Sécurité (SMS).

Le deuxième axe d’interrogation concerne justement la détermination des SMHV et SMS et l’insuffisance des marges de sécurité.

La détermination du risque sismique historique (sur 1000 ans) procède d’estimation et de calculs (plus rarement de mesures). De plus, en remontant sur des milliers et des dizaines de milliers d’années, la paléosismologie a révélé l’existence de tremblements de terre d’intensité ou de magnitude très supérieures à celles révélées sur la séquence historique [2]. Au-delà de la magnitude des séismes, il s’avère également que les effets de site ne sont pas forcément bien pris en compte. La réglementation est supposée tenir compte de l’avancée des connaissances mais les processus sont très longs.

Le séisme survenu le 11 novembre 2019 vient réactiver ces interrogations. Sa magnitude (5,4) dépasse en effet largement celle du Séisme Majoré de Sécurité (5,2) retenu pour le dimensionnement des dispositifs de tenue au séisme des sites nucléaires du Tricastin et de Cruas.

La CRIIRAD demande donc une remise à plat complète du dispositif de protection contre les séismes, intégrant la publication des dossiers traitant de la résistance de chaque centrale et un état des lieux exhaustif de l’état des équipements directement ou indirectement concernés. Elle demande également que les centrales de Cruas et du Tricastin soient mises à l’arrêt de manière préventive compte tenu de la manifestation d’un séisme de magnitude nettement supérieure au Séisme Majoré de Sécurité.

Rédaction : Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire ; Corinne Castanier, responsable règlementation-radioprotection et Jérémie Motte, ingénieur environnement à la CRIIRAD.

[1] Centrales nucléaires de Nogent-sur-Seine, Belleville, Golfech et Cattenom
[2] À Cadarache, par exemple, le SMHV est de 5,3 ; le SMS a donc été fixé à 5,8 (majoration de sécurité de 0,5) mais les recherches ont révélé dans un passé plus lointain l’existence de séismes allant jusqu’à une magnitude 7

[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : balises.criirad.org

CRIIRAD, 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence

Nov 12

SÉISME DE 5,5 SUR L’ÉCHELLE DE RICHTER A 30 KM DES SITES ATOMIQUES DU TRICASTIN ET DE CRUAS

Ce lundi matin à 11h54 un fort séisme de 5,5 sur l’échelle de Richter, a frappé  la vallée du Rhône. L’épicentre, situé en Ardèche à Le Teil, se trouve à moins de 20 km de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) où la secousse a été ressentie dans la salle des machines des réacteurs, et à 30 km du site atomique du Tricastin (Drôme/Vaucluse). La terre a tremblé également jusqu’à Avignon au sud et jusqu’à Lyon au nord.

Après une série de « grappes de mini-séismes » qui s’est déroulée ces quinze derniers jours dans la vallée du Rhône, un fort séisme de 5,5 sur l’échelle de Richter vient de se produire ce lundi 11 novembre 2019 à 11h52. L’épicentre est situé dans la commune ardéchoise de Le Teil, en vis à vis de Montélimar et à 20 km de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) et 30km du site atomique du Tricastin (Vaucluse/Drôme).

La secousse a été ressentie dans la salle des machines de la centrale nucléaire de Cruas. À cette heure (14h45) aucune information n’a filtré sur les dégâts éventuels et la fragilisation des installations et matériels.

Pourtant, quelques heures avant le séisme, à 23h51 le réacteur n°4 du Tricastin s’est mis en arrêt d’urgence, la puissance chutant de 950kWh à 0kwh (1). Concomitance d’évènements ou bien enchaînement annonciateur?

Une quinzaine d’intervention des pompiers se sont déroulées dans les départements de la Drôme et d’Ardèche, 3 blessés et un mort sont notifiés.

Alors qu’Areva veut implanter une nouvelle installation nucléaire (INB) d’uranium de retraitement sur le site du Tricastin et affirme dans son dossier déposé auprès de l’Agence de l’Environnement que le site n’est confronté à aucun risque particulier, il est indispensable de réaffirmer que le site est implanté sur une faille sismique active et en contre-bas du canal de Donzère-Mondragon.

Avec ces 12 installations nucléaires dont la centrale atomique appartenant à EDF, Areva-Orano et au CEA,  Tricastin est le plus important et menaçant site nucléaire d’Europe s’étalant sur plus de 615 hectares.

La seule mesure de sécurité effective pour ne plus exposer la population au risque exorbitant radioactif est la mise à l’arrêt sans aucune condition des installations nucléaires.

Point à 18heures :

4 blessés dont 1 grave, le toit de l’église de LeTheil effondré, 250 habitations détériorées, près de 500 personnes sans toit, près de 160 interventions des pompiers en Drôme et Ardèche, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Cruas est en arrêt d’urgence, l’ensemble des réacteur est mis à l’arrêt successivement et doit faire l’objet d’un audit approfondi à la demande de l’ASN, pas d’information sur le site nucléaire du Tricastin.

Pour EDF : « À la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, les premiers contrôles n’ont pas mis en évidence de dégât apparent. Des vibrations ont cependant été enregistrées, ce qui nécessite de procéder à des contrôles complémentaires et préventifs… Ces unités seront successivement mises à l’arrêt à partir de 18 heures ce jour. Le réacteur n°1 est actuellement en arrêt programmé pour maintenance. L’Autorité de sûreté nucléaire et la préfecture de l’Ardèche sont tenues informées de la situation. » (2)

Rappelons que le 15 avril 2019, Cruas et Tricastin avaient été affectés par un incident (anomalie générique) de niveau 1 concernant la résistance au séisme du circuit d’eau glacée et des vases d’expansion (3). Quelques mois plus tôt, le 28 février 2019 à Cruas, était détectée tardivement l’indisponibilité totale du système de filtration d’iode radioactive (DVW) sur le réacteur 2 et ce depuis le 24 janvier 2019 (4).

Les huit réacteurs de Cruas et Tricastin ont été construits en prenant comme base de sécurité un séisme d’une magnitude de 4,7 sur l’échelle de Richter dont l’épicentre se situait à Châteauneuf-du-Rhône (Drôme) avec une majoration de sécurité de magnitude 5,2 qui a été retenu par l’Autorité de Sûreté du Nucléaire.

Des témoignages :

« En plein repas de famille, nous avons ressenti le tremblement de Terre: coupure d’électricité, la piscine en grosses vagues, le luminaire et la télé ont tremblé. On a cru que le sol se dérobait sous nos pieds. Nous sommes à Châteauneuf-du-Rhône« 

« Bonjour, ressenti sur Gerflor à St-Paul-Trois-Châteaux, durée 3 ou 4 secondes. »

« Oui ici en Avignon léger balancement et craquement des murs à 11h55 environs. »

« Bonjour, j’ai senti de fortes secousses à Guilherand-Granges à 11h53, l’immeuble s’est mis à balancer et secouer. J’ai eu très peur cela n’a pas duré longtemps mais c’était impressionnant. L’impression de ne plus rien maîtriser. La peur est montée d’un coup. Je constate seulement maintenant qu’il s’agit d’un tremblement de Terre. Impressionnant… Je ne pensais pas que cela puisse arriver dans notre région !  Sabrina.« 

« Nous sommes à Valence nous avons ressenti un tremblement de terre dans toute la maison à Saulce et Montélimar, les pompiers y sont. »

« À Allan (26780), nous étions dans la cuisine quand tout s’est mis à bouger, les lustres valdinguaient dans tous les sens, bruit sourd et coupure totale d’électricité et de téléphone.« 

« Ressenti à St-Paul-Trois-Châteaux, les chaises ont bougé les lustres ont remué de gauche à droite, le tout n’a duré que 5 secondes mais de quoi inquiéter un peu quand même. »

« Bjr, bien ressenti à Vedène (84 vers 11h50. Bibelos renversés sur le buffet et lustre qui bouge encore pendant 10 minutes, ça fait peur. »

« Nous avons ressenti le tremblement de Terre à 11h50. Nous étions à table et ça a bien tremblé pendant 10 secondes, les chaises ont bougé, nous décalant et le lustre bougeait grandement ainsi que les radiateurs. On a bien senti toute la maison trembler de façon violente. Localisation: Saint Montan, »

« Bonjour, j’habite à Vallon-Pont d’Arc et effectivement j’ai ressenti un tremblement aux alentours de 12 heures. Mon frigidaire, mes placards avec la vaisselle ont bougé ainsi qu’un grand buffet dans ma salle de séjour. Cela a été de courte durée mais inquiétant. »

(1) https://www.services-rte.com/fr/visualisez-les-donnees-publiees-par-rte/indisponibilites-des-moyens-de-production.html

(2) https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-de-cruas-meysse/actualites/seisme-en-drome-ardeche-point-sur-les-reacteurs-de-la-vallee-du-rhone

(3) https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Incident-de-niveau-1-concernant-la-resistance-au-seisme-du-circuit-d-eau-glacee

(4) https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-de-l-indisponibilite-totale-d-un-systeme-de-filtration-d-iode2

Par Rédaction, publié le lundi 11 novembre 2019 à 13h33

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/11/11/S%C3%A9isme-de-5%2C5-sur-l-%C3%A9chelle-de-Richter-%C3%A0-30-km-du-site-atomique-du-Tricastin

Nov 11

OTAN : LA FIN D’UN TABOU

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Samedi 9 novembre 2019 : En déclarant que l’OTAN était en « état de mort cérébrale », le Président de la République a osé briser un tabou, celui de la légitimité existentielle d’une organisation qui, depuis la fin de la Guerre froide mais surtout depuis ces dernières années, a perdu sa raison d’être. Le désengagement américain et les camouflets du Président américain notamment à la solidarité transatlantique ainsi que les dissensions internes et l’ambiguïté de l’attitude de la Turquie, ont fini de saper les fondations de cet édifice déjà fortement fragilisé.

Le Président français a ainsi simplement constaté publiquement et avec courage et lucidité un état de fait qu’on ne peut plus ignorer.

Depuis plusieurs années, notre organisation, Initiatives pour le Désarmement Nucléaire – IDN, s’exprime sur ce sujet, pour dire que l’OTAN a vécu, dans sa formation actuelle et qu’elle ne répond plus aux besoins de sécurité des Européens, particulièrement dans la perspective de la construction d’une défense européenne. Alors que les États-Unis s’éloignent de l’Europe, il devient illusoire et dangereux de continuer à déléguer sa politique de sécurité aux Américains. Le général De Gaulle disait déjà : « Qu’est-ce que l’OTAN ? Ce n’est pas la défense de l’Europe par l’Europe. C’est la défense de l’Europe par les Américains ».

IDN a ainsi multiplié les articles, communiqués et études*, notamment de Paul Quilès « Les ambiguïtés de l’OTAN » en mai 2017, de Marc Finaud « l’OTAN a-t-elle encore un sens ?» en décembre 2018, du général d’armée aérienne (2S) Bernard Norlain « L’OTAN : un vaisseau fantôme ?» en avril 2019. Notre ambition était non seulement de montrer que l’OTAN n’a plus de légitimité pour garantir la sécurité de l’Europe, mais de faire des propositions constructives en particulier « d’européaniser l’OTAN » ce qui permettrait aux Européens, tout en conservant la structure de l’organisation, d’en assurer le commandement en fonction de leurs propres intérêts.

En faisant le constat réaliste et audacieux de l’état de mort cérébrale de l’OTAN, le Président français permet à la France d’apparaître sur la scène internationale comme un pays capable de prendre des initiatives et de ne pas hésiter à s’attaquer à des tabous qui ne sont que les vestiges d’une époque révolue.

Mais dans cette dynamique créatrice, la France doit aussi dénoncer les autres verrous qui bloquent notre réponse aux défis actuels de sécurité, en particulier le tabou de la dissuasion nucléaire.

Dans un monde en pleine évolution, d’une complexité croissante, nous ne pouvons plus faire de la dissuasion nucléaire la clef de voûte de notre sécurité. Nous ne pouvons plus nous reposer derrière une « ligne Maginot » bâtie pour répondre à un contexte stratégique vieux de plus de soixante ans.

La France vient de commencer à bousculer les idoles d’antan, il lui faut poursuivre sur cet élan. C’est en prenant des initiatives en rupture avec la pensée d’hier que la France restera fidèle à sa vocation universelle.

* Voir ces textes sur le site d’IDN : http://www.idn-france.org/?s=OTAN

Publié le 10 novembre 2019

http://7seizh.info/2019/11/10/otan-la-fin-dun-tabou/

Nov 11

NUCLÉAIRE IRANIEN : L’AIEA A DÉTECTÉ DES « PARTICULES D’URANIUM » SUR UN SITE NON DÉCLARÉ

Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique confirme également que l’Iran a intensifié son enrichissement d’uranium, dépassant les stocks autorisés par l’accord de 2015.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a détecté en Iran des « particules d’uranium naturel » dans un lieu qui n’avait pas été déclaré, selon un rapport consulté par l’Agence France-Presse (AFP) lundi 11 novembre à Vienne.

L’AIEA ne nomme pas ce site. Des sources diplomatiques ont expliqué auparavant à l’AFP que le gendarme du nucléaire avait posé des questions à l’Iran concernant un lieu signalé par Israël par le passé comme pouvant abriter des activités nucléaires supposées.

Le rapport confirme également que l’Iran a intensifié son enrichissement d’uranium, le stock d’uranium faiblement enrichi atteignant désormais l’équivalent de 551 kg. L’accord conclu en 2015 entre l’Iran, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne n’autorise pourtant qu’un stock limité à 300 kg.

Lire l’analyse : Dans le nucléaire, la stratégie de l’Iran vise à isoler les Américains tout en évitant l’irréparable

Désengagement par étapes

Mais un an jour pour jour après le retrait américain de l’accord de Vienne décidé par Donald Trump, l’Iran a entamé le 8 mai dernier un processus de désengagement par étapes, tous les soixante jours, afin de pousser les Européens à tenir leurs promesses de compensation des sanctions américaines.

Le président iranien Hassan Rohani a lui-même annoncé la semaine dernière que son pays allait enfreindre une nouvelle disposition de l’accord de 2015 sur son programme nucléaire en injectant du gaz d’uranium dans 1 044 centrifugeuses de Fordow (centre), prélude à la reprise d’opérations d’enrichissement sur ce site.

Lire aussi Nucléaire iranien : l’enrichissement d’uranium a repris dans l’usine souterraine de Fordo

Par Le Monde avec AFP et Reuters, publié le 11 novembre à 18h07

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/11/nucleaire-iranien-l-aiea-a-detecte-des-particules-d-uranium-sur-un-site-non-declare_6018782_3210.html

Nov 11

NUCLÉAIRE : LE GRAND SILENCE

Le nucléaire peut-il encore être considéré comme une « énergie de transition » crédible ? « La Parisienne Libérée » l’envisage comme un cadavre qui ne peut plus sortir de son cercueil qu’en… s’exportant… « L’atome est loin d’être assuré tous risques » rappelle-t-elle en vigie soucieuse de déchirer le hurlant « silence nucléaire » autour d’une industrie confrontée à une perte généralisée de compétences dont les failles ouvrent un gouffre sous nos pas…

Le terme « nucléaire » est-il encore synonyme de « sécurité nationale » ou d’ « indépendance nationale » ? Jadis proclamé « énergie d’avenir », le nucléaire se retrouve « au cœur » des plus brûlantes interrogations sur l’avenir de nos sociétés thermo-industrielles confrontées tant au prix du pétrole qu’à son épuisement – et à la fin de vie de ses centrales. Le contexte politique général en Europe cesse d’être favorable à une industrie nucléaire dont les coûts exceptionnels comme les risques tout aussi exceptionnels explosent : depuis les catastrophes de Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011), les populations sous haute tension s’inquiètent des risques d’une politique décidée en leur nom mais contre leurs intérêts et ceux des générations à venir…

Celle-ci n’a fait que déplacer, sans la résoudre, la mortifère contradiction d’une dynamique fondée sur une croissance économique et démographique sans limites sur une planète en ébullition dont les ressources énergétiques utilisables sont en voie d’évaporation.

Sortir d’un jeu truqué ?

« La Parisienne Libérée« , chroniqueuse dont les émissions (sur Mediapart, Arrêt sur images, Basta !, YouTube, etc.) documentent les risques liées à l’usage de l’énergie nucléaire, donne une vue vertigineuse sur l’immense étendue d’une irresponsabilité organisée entre États et industriels autour du (sur)coût d’un « accident majeur » (pourtant inhérent au « cycle d’exploitation » d’une centrale) qui incombe aux seules populations concernées.

Sans oublier « l’entreprise de déréalisation du danger et de légitimation » de cette « irresponsabilité publique » que permet le maniement d’outils bien commodes comme le chiffrage et les représentations graphiques.

Le danger nucléaire, un « risque négligeable » ? C’est là un « argument d’autorité drapé dans des courbes scientifiques »…

Car enfin, « l’industrie nucléaire nous sert des histoires de jeux de dés censés retomber toujours du bon côté, dans le but d’obtenir sinon notre assentiment, du moins notre silence résigné ».

Le grand silence plutôt que le grand débat ?

Mais alors, comment sortir d’une « partie de cartes » dont le lobby de l’atome fixe toutes les règles et dont notre seule certitude est « d’en sortir perdants » ?

Peut-être bien en refusant les approches statistiques, les argumentations chiffrées et en considérant « une fois pour toutes que le nucléaire n’est pas un risque », absolument pas : c’est « un danger, une menace permanente, d’essence militaire, lourde et parfaitement refusable, indépendamment de tout seuil ou quantification »…

Le nucléaire, comment ça marche ?

« La Parisienne Libérée » invite à envisager une évidence : «  l’atome ne produit pas d’électricité ».

Car « le feu nucléaire se contente de chauffer de l’eau, l’eau chaude se contente de faire tourner des turbines qui produisent de l’électricité, et puis c’est tout  »…

Ainsi, une centrale nucléaire « n’est fondamentalement rien d’autre qu’une bouilloire géante reliée à un gros moulin » qui génère en réalité « de l’électricité à eau bouillie »… Mieux – si on peut dire : « un réacteur nucléaire perd les deux tiers de l’énergie qu’il produit, qui se dissipe sous forme de chaleur  »…

Ces dégagements de chaleur dévastent les écosystèmes alors qu’ils pourraient « chauffer l’ensemble des bâtiments de France » – et que « EDF se permet de nous sermonner sur le thème de l’efficacité énergétique, culpabilisant les particuliers qui habitent des logements mal isolés  »…

La filière électronucléaire se veut « acteur majeur » d’une « transition énergétique » dont elle tente de capter les budgets alors sa part ne peut plus être davantage occultée dans l’érosion accélérée de la biosphère dans un contexte de prédation globalisée, à l’orée de ce qui s’annonce comme un cycle long d’énergie chère voire hors de prix…

Depuis le lendemain de la dernière guerre, elle avive ce vieux projet démiurgique de l’invention d’une forme d’énergie inépuisable. Mais en thermodynamique, il n’y a jamais de miracle. Les mythes fondateurs de l’électronucléaire (une humanité parvenue à l’âge de l’abondance, la domination d’une nature surexploitée définitivement acquise, l’indépendance énergétique assurée, etc.) font long feu avec l’impossible démantèlement des centrales et les contradictions du chimérique concept de « transition énergétique » lancé en tentative ultime de fuite en avant pour prolonger une logique d’accumulation du « capital » et de prédation indéfinies.

L’ultime argument invoqué par l’industrie nucléaire, « l’énergie décarbonée », ne tient pas la route face à la perspective d’un désastre cataclysmique dans un cycle de stagnation des rendements énergétiques qui devrait l’exclure d’une nouvelle donne planétaire.

Le problème n’est pas de « produire plus » mais de consommer et de gaspiller moins, au terme d’une logique de ponction sur les ressources les plus accessibles au moindre coût : toute civilisation n’est-elle pas d’abord, depuis le néolithique, un système de récupération et d’usage des énergies ?

Ivan Illich (1926-2002) ne disait-il pas que « l’exercice de la démocratie est indissociable d’une technique à basse consommation d’énergie  » ?

Si les vendeurs de vent sont outrageusement gavés de subventions pour nous appauvrir toujours davantage, il n’en demeure pas moins que des alternatives d’utilisation rationnelle de convertisseurs énergétiques végétaux et animaux et de toutes formes d’énergie renouvelable sont proposées par des filières de bioconversion. 

Il ne s’agit plus de sauver le « dogme nucléaire français » dans la déraison d’une « économie » en état de guerre totale contre la vie sur Terre menée par des hommes plus étrangers à leurs semblables qu’aux présumés habitants d’une lointaine exoplanète. Mais de préserver ce qui peut l’être encore des possibilités de vie du plus destructeur mode de gaspillage énergétique jamais produit par une société.

Pour « La Parisienne Libérée« , « ce qui finit aujourd’hui, bien au-delà de la chute chaotique d’une industrie, c’est le nucléaire en nous ». Le charme de la fée électricité est bel et bien rompu, une fois ses tours de magie éventés. Il nous reste le cauchemar nucléaire, avec son grand silence tombal, ses failles et ses mythes persistants (dont celui du « non rejet dans l’environnement »…), ses retards perpétuels (la mise en service de l’EPR de Flamanville) comme ses impossibles démantèlements et confinements. Les « écologistes » autoproclamés qui se croient autorisés à parler et décider au nom des « générations futures » et de la « transition énergétique » devraient envisager de ne pas transmettre à cette humanité future pas encore advenue… la charge de nos déchets nucléaires…

Au fond, « toutes les sociétés ne sont pas égales devant ce mythe » du confinement et des « pratiques industrielles qui le nourrissent » – aussi longtemps que l’on consentira à appeler « accidents » des « éparpillements toxiques » qui font partie du cycle « normal » d’exploitation des centrales : « Les matières nucléaires s’échappent peu à peu de toutes les enceintes que les scientifiques et les bétonneurs ont conçues pour elles » – quelles épaisseurs de sable, de béton, de métal ou de déni pourraient vraiment les retenir ?

Conclusion implacable de la journaliste citoyenne : « Puisque les États nucléaires n’ont pas pu, ni voulu tenir captives leurs productions guerrières, n’ont pas réalisé industriellement les mondes clos dont ils se vantaient d’avoir la maîtrise technologique, c’est désormais directement à nous que s’applique l’injonction du confinement  »…

Le pire est plus que certain au bout de ces pratiques consistant à « dévorer nos ressources collectives puis à répandre dessus des produits toxiques pour être sûr que cela ne soit plus jamais d’aucune utilité à personne ».

Ainsi, il ne restera plus aux clients captifs des « offres » irrésistibles à venir qu’à «  acheter, un jour de grande soif, la bouteille d’eau contaminée qu’ « ils » nous vendront à prix d’or  »…

On peut toujours rêver d’une grande soif de spiritualité et de la mise en œuvre d’une énergie spirituelle supposée guider ou limiter la dilapidation d’énergie mécanique en cours. Il en faudra, ne serait que pour faire l’économie, avant qu’il ne soit vraiment trop tard, d’une énergivore « transformation digitale » de nos sociétés présumées humaines ainsi que du Grand Bond numérique prétendant « dématérialiser » les hommes dans un contexte dévastateur de « grand remplacement » de l’humain par des convertisseurs énergétiques et des flux d’énergie.

Car il n’y aura pas de rentiers de l’atome – pas plus que de possibilité de vraie vie réduite à sa contribution pixelisée au big data dans une telle évaporation d’énergie, de compétences et d’intelligence vitale…

Quels « citoyens » éclairés par les enjeux de « digitalisation illimitée » du vivant se rendront, tant que les turbines tourneront encore, au poste de pilotage d’un « nouveau monde » productif avant le crash mettant un terme à 200 000 ans de « transition énergétique » ?

La Parisienne Libérée, Le nucléaire, c’est fini, La fabrique, 232 p., 13 €

Par lephénix (son site), publié le dimanche 10 novembre 2019

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nucleaire-le-grand-silence-219151

Nov 11

APRÈS LE TREMBLEMENT DE TERRE, LES CENTRALES NUCLÉAIRES N’AURAIENT PAS SUBI DE DÉGÂTS

Un « fort » séisme est survenu près de Montélimar, à proximité de plusieurs centrales nucléaires. Des vérifications sont en cours, a assuré EDF qui se veut rassurante.

NUCLÉAIRE – “Coucou EDF, merci de préciser que le tremblement de terre n’a eu aucune incidence sur les centrales très proches”. À l’instar de l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, farouche opposante au nucléaire, plusieurs internautes se demandent si le séisme de magnitude 5,4 observé ce lundi 11 novembre dans la région de Montélimar a eu un impact sur deux sites nucléaires situés à proximité: la centrale du Tricastin et celle de Cruas-Meysse, respectivement à 26 et 23 km de l’épicentre. 

Auprès de plusieurs médias, dont franceinfo et le Dauphiné Libéré, EDF a tenu à rassurer, en assurant qu”‘aucune incidence sur la sûreté des installations ni sur la production d’électricité avec deux tranches qui sont connectées au réseau”, n’avait été repérée. Le fournisseur d’électricité a toutefois précisé que “des vérifications sont en cours sur place, comme le veut la procédure”. 

La préfecture de l’Ardèche a indiqué que ni “le bâtiment du CNPE de Cruas-Meysse” ni “aucun site SEVESO” n’avait été touché. La préfecture de la Drôme a également fait savoir qu’aucun dégât “n’a été recensé sur l’ensemble des installations nucléaires du Tricastin”. 

“Un accident de type Fukushima”

Il faut dire que la situation de ce site très âgé est pour beaucoup une réelle source d’inquiétude. En février 2018, les journalistes Thierry Gadault et Hugues Demeude publiaient une longue enquête pointant “le risque d’inondation catastrophique en cas de séisme, comme l’avait relevé en septembre 2017 l’Autorité de sûreté nucléaire, qui a arrêté d’office le fonctionnement des quatre réacteurs de la centrale en attendant qu’EDF fasse, enfin, les travaux de renforcement de la digue du canal de Donzère-Mondragon”.  

Auprès des deux auteurs de cette enquête, consignée dans l’ouvrage Nucléaire, danger immédiat, le président de l’ASN avait par exemple confié ceci à propos du site du Tricastin: “en cas de séisme fort on pourrait aller vers une situation, avec quatre réacteurs simultanés en fusion, qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima”. 

Au mois de juin, l’ASN a sommé EDF de réaliser “un renforcement complémentaire” de la digue protégeant la centrale qui a depuis repris du service, les travaux réalisés plus tôt ayant été jugés insuffisants. “EDF a prévu des travaux complémentaires sur cette digue afin qu’elle résiste au séisme extrême défini après l’accident de Fukushima. La décision adoptée par l’ASN le 25 juin 2019 impose la réalisation de ce renforcement au plus tard fin 2022″, prévenait le gendarme du nucléaire.

À noter que l’évaluation de ces travaux se basait sur le plus fort séisme ressenti dans cette zone: un tremblement de terre de magnitude 4,7 survenu en 1873 (et dont l’épicentre se situait à 13 km du site). Le scénario le plus pessimiste de l’ASN prévoyait un séisme de 5,2. Or, celui ressenti aujourd’hui est de 5,4.

À ce jour, ces travaux de “renforcementn’ont pas été réalisés. À priori sans conséquences, selon EDF et la préfecture de la Drome. 

Par Romain Herreros, journaliste politique au HuffPost, publié le 11/11/2019 à 15h24

Photo en titre : AFP Contributor via Getty ImagesCentrale nucléaire du Tricastin photographiée en 2017. 

https://www.huffingtonpost.fr/entry/apres-le-tremblement-de-terre-les-centrales-nucleaires-nauraient-pas-subi-de-degats_fr_5dc95ddae4b0fcfb7f69f40f

Nov 11

CENTRALE NUCLÉAIRE DE FLAMANVILLE : ARRÊT PROLONGÉ POUR LES DEUX RÉACTEURS

Alors que les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Flamanville devaient redémarrer respectivement le 15 novembre et le 5 décembre, les délais se sont allongés.

Le réacteur numéro 1 de la centrale de Flamanville ne devrait redémarrer que le 15 décembre et le numéro 2 le 31 janvier.

Aux dernières nouvelles, ils devaient redémarrer respectivement le 15 novembre et le 5 décembre, les délais se sont allongés.

Lire aussi : EDF Flamanville : les deux réacteurs toujours à l’arrêt

Le premier a été arrêté le 18 septembre, après la découverte de traces de corrosion sur certains supports de systèmes auxiliaires des deux diesels de secours. Leur remplacement a été décidé.

Lire aussi : Nucléaire : la centrale de Flamanville à l’heure des mesures post-Fukushima

Même chose sur le réacteur numéro 2, à l’arrêt depuis janvier pour sa visite décennale. La direction de la centrale précise :

« Nous avons été obligés de décaler les redémarrages d’un mois. Il a fallu faire fabriquer à l’extérieur de nouveaux supports. Et les conditions météo, la pluie et le vent, ont perturbé les nombreuses activités de levage nécessaires pour ces équipements situés à une dizaine de mètres de hauteur. »

Par : Rédaction La Presse de la Manche, publié le 10 Novembre 2019 à 14h47

Photo en titre : Les réacteurs 1 et 2 de Flamanville sont toujours à l’arrêt. (©Archives La Presse de la Manche)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/centrale-nucleaire-flamanville-arret-prolonge-les-deux-reacteurs_29297076.html

Nov 10

CENTRALE ATOMIQUE DE CRUAS : ARRÊT D’URGENCE D’UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE

Samedi 9 novembre au petit matin une surchauffe/incident sur le réacteur nucléaire  n°4 de la centrale atomique de Cruas-Meysse a entraîné son arrêt en urgence (SCRAM). Un panache anormal de vapeur de plus de 3 km de haut, visible à 50km alentour, s’est échappé d’une des tours de refroidissement. Dans ces conditions, les installations sous pression, ont dû rejeter dans l’atmosphère des gaz d’iode radioactif 131, entrainant une pollution inéluctable.

Dans la nuit de vendredi à samedi les habitants du village de Meysse et des alentours ont constaté que s’échappait  d’une des tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse un panache de vapeur anormal. D’une hauteur de près de 3 km de haut ce panache de gaz à effet de serre (vapeur d’eau)  était visible à plus de 50 km à la ronde.  Cette « anomalie » signifie qu’un réacteur est en surchauffe, voir en emballement.

Bien que les autorités n’aient pas informé la population de ce qui se passait, celle-ci a appris par la presse du matin qu’à 4h28  le réacteur n°4 avait fait un SCRAM (arrêt d’urgence automatique), certainement en liaison avec cette surchauffe. Dans ces conditions extrême, afin notamment d’éviter l’explosion, le système lâche le maximum de pression contenue dans les générateurs de vapeurs et évacue dans l’atmosphère en catastrophe la radioactivité générée par le réacteur atomique. Des rejets d’’iode radioactif 131 ont forcément eu lieu et une pollution radiologique s’est produite. La Direction de la centrale atomique dément.

Élévation du niveau de radioactivité

L’organisation Next-up, équipée de matériel de mesures de radioactivité et de protections NBC (Nucléaire Bactériologique Chimique) s’est rendue en fin de journée sur la  zone afin de réaliser des mesures radiologiques. Objectif : identifier les zones touchées par la contamination en fonction du sens du vent depuis le petit matin. Les retombées radioactives ayant pu se produire à plusieurs kilomètres et pas forcément dans le secteur des installations nucléaires. Une dizaine de mesures sur une distance de 10km ont été effectuées en amont et en aval ainsi qu’en proximité. À cet endroit a été détecté un « point chaud » radioactif de 24,9mSv/h. Niveau correspondant au niveau d »une « zone contrôlée« . Le « bruit de fond radioactif » au sud vers Meysse est de 0,23mSv/h alors qu’en temps ordinaire il est compris entre 0,07 et 0,14mSv/h.

En fin de journée du lendemain, dimanche 10 novembre, des fontaines d’eau anormales s’écoulaient du bas de la tour aéroréfrigérée tandis qu’aucun panache de vapeur n’en sortait. Pour un réacteur tout juste sorti d’une maintenance de 2 mois ça fait froid dans le dos. D’autant que dans les tours aéroréfrigérantes des centrales nucléaires, les zones d’échange thermique (« packings d’aéroréfrigérants »), s’entartrent et doivent donc être remplacées périodiquement et extraits des tours puis entreposés sur des aires d’entreposage avant leur élimination. Ces packings entartrés sont susceptibles de contenir des micro-organismes pathogènes mortels (légionelles et amibes) à l’origine d’une infection respiratoire grave. 

Bien d’autres incidents dans les mois précédents sur le réacteur n°4

Depuis le 29 juin et jusqu’au 1er août 2019 le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse a été arrêté pour maintenance et renouvellement partiel des barres de produits de fission atomique (« combustible« ). Le redémarrage du réacteur est prévu pour le 1er août 2019. À cette occasion l’ASN avait effectué « par sondage » des contrôles sur la maintenance et le contrôle d’organes de robinetterie et des tuyauteries, des batteries de secours et des connexions électriques, et sur le renouvellement d’une partie du combustible. L’ASN en avait profité dans la foulée pour procéder à deux inspections de chantier inopinées sur la bonne réalisation des contrôles et travaux de maintenance, la manipulation du combustible et le respect des règles de radioprotection. Au cours de cet arrêt du réacteur nucléaire n°4, EDF en avait profité pour tenter de purger ses retards de… déclarations obligatoires d’incidents : un événement significatif pour la sûreté classé au niveau 1 sur l’échelle INES et trois événements significatifs pour la sûreté classés au niveau 0 sur l’échelle INES, et deux événements significatifs pour la radioprotection classés au niveau 0 sur l’échelle INES.

Le 26 juillet 2019, alors que le réacteur n°4 est en cours de redémarrage après son arrêt pour rechargement en combustible, un essai périodique est réalisé sur le système ASG. L’exploitant constate la présence d’huile sous le capot de protection de la turbopompe ASG, due à la défaillance d’un joint d’étanchéité.  Cette défaillance a pour origine une « non-qualité de maintenance » lors du remontage du joint, le 14 juillet 2019, après la maintenance de la turbopompe. Comme cet équipement n’était plus en mesure de jouer son rôle, EDF a dû procéder à une baisse de la pression et de la température du circuit primaire. Le joint défectueux a été remplacé et un nouvel essai a été réalisé le 27 juillet 2019. Toutefois, pendant plus de 10 jours, entre le 14 et le 26 juillet 2018, le fonctionnement de la turbopompe était soit défectueux soit inopérant. Du grand art !

Ce n’est que le 29 juillet 2019, soit 15 jours après la défaillance et la mise en danger, qu’EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire cet « évènement significatif pour la sûreté« . Cette détection tardive de l’indisponibilité de la turbopompe d’alimentation de secours en eau (ASG)  et de son état a conduit à placer cet incident nucléaire au niveau 1 de l’échelle INES.

Malgré ce bazar et ce peu de sérieux et rigueur, l’Autorité de sûreté nucléaire avait donné ce même 29 juillet 2019 son accord au redémarrage du réacteur n°4. Qui décide ? Le « pseudo gendarme » contrôleur ou le contrôlé nucléariste ? On voit le résultat.

Et le 24 septembre dernier : bis-repetita, le réacteur nucléaire n°4 voit chuter subitement sa puissance de 975Mwh à 375Mwh. La filiale EDF de transport d’électricité signale « La durée de cette indisponibilité est susceptible d’être affectée par les résultats de diagnostics à venir et les réparations qui pourraient s’avérer nécessaires« . Comme c’est joliment dit ! Puis, quand on aime on ne compte pas, ter-repetita : le 10 octobre à 09h10 chute à 760Mwh/h puis à zéro, RTE précise « La baisse peut prendre plusieurs heures » et prévoit la fin de l’arrêt pour le 13 octobre à 07:30. Si tout va bien et que le café-croissant est digéré. Quelques jours plus tard, le 26 octobre à 21h, c’est le réacteur nucléaire n°2 qui est à l’arrêt…

NB : Le réacteur n°1 de Cruas-Meysse ne va pas mieux. Lors d’une inspection menée par l’ASN le 21 octobre 2019 sur sa tour aéroréfrigérante, les inspecteurs ont constaté : « que l’organisation pour la gestion des déchets potentiellement pathogènes mise en œuvre par le CNPE de Cruas-Meysse présente des lacunes importantes, et ce à de nombreux niveaux. Les inspecteurs ont notamment relevé que :

 – la formation aux risques résultant de la dispersion de micro-organismes pathogènes des personnes chargées du suivi des évacuations des déchets potentiellement pathogènes (légionelles et amibes) est insuffisante ;

– l’identification des déchets potentiellement pathogènes entreposés sur les deux aires d’entreposage ne permet pas de distinguer les déchets pathogènes des déchets sains ;

– les dispositions d’organisation permettant de connaître le type et la quantité de déchets présents sur l’aire d’entreposage ne sont pas appliquées de façon satisfaisante ;

– l’organisation mise en place ne permet d’identifier précisément les déchets devant être évacués et les déchets ayant été évacués ; 

– la vérification des activités d’évacuation des déchets, confiées à une entreprise extérieure, n’est pas suffisante et la prise en compte des informations fournies par ladite entreprise insuffisante…

Par ailleurs, le délai d’information de l’évènement significatif pour l’environnement n’est pas satisfaisant puisque la centrale nucléaire de Cruas-Meysse en a informé l’ASN quatre jours après sa détection.   » (INSSN-LYO-2019-0827). À noter que le 8 octobre 1,68 tonne de déchets « Tr1 2019 packings » potentiellement pathogènes a été évacuée par erreur vers l’installation de traitement de déchets non dangereux.

(1) Sur les réacteurs à eau pressurisée exploités par EDF, le circuit d’alimentation de secours des générateurs de vapeur (dénommé ASG) est utilisé en cas de défaillance de l’alimentation normale en eau des générateurs de vapeur. Il est également utilisé lors des phases de mise à l’arrêt et de démarrage du réacteur. Le circuit ASG est muni de deux motopompes et d’une turbopompe qui peut fonctionner en cas de perte des alimentations électriques des motopompes.

Par la Rédaction, publié le dimanche 10 novembre 2019 à 09h29

Photos : DR et N-U

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/11/10/Centrale-atomique-de-Cruas-%3A-arr%C3%AAt-d-urgence-d-un-r%C3%A9acteur-nucl%C3%A9aire

Nov 10

NON-RESPECT D’UNE RÈGLE D’ENTREPOSAGE D’UN FÛT DE DÉCHETS RADIOACTIFS

La société Orano Cycle a déclaré le 6 novembre 2019 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif relatif à la maîtrise du risque de criticité[1] sur un entreposage de fûts de déchets de l’INB no138.

L’installation d’assainissement et de récupération de l’uranium (IARU) est dédiée à la réparation, la décontamination et le démantèlement de matériels industriels ou nucléaires, au traitement d’effluents liquides radioactifs et industriels et au traitement et conditionnement de déchets radioactifs.

L’installation comporte des entreposages de fûts de déchets radioactifs. Afin de prévenir les risques de criticité, un ingénieur criticien doit valider l’introduction des fûts dans les entreposages après double vérification du respect de la limite de masse d’uranium 235. Le 4 novembre 2019, à l’issue d’une vérification par l’exploitant du respect des exigences de sûreté et de criticité applicables aux entreposages, il a été identifié plusieurs fûts sur lesquels la validation de l’ingénieur criticien n’avait pas été réalisée.

Dès la détection de cet écart documentaire, une vérification du respect des limites de masse d’uranium 235 fixées dans les règles générales d’exploitation a été réalisée. Un fût de 200 litres contenant une masse d’uranium 235 théorique de 414 grammes a été identifié alors que la valeur limite de masse d’uranium 235 théorique prescrite par les règles générales d’exploitation est de 300 grammes. Dès la détection de cette anomalie, le fût a été déplacé, isolé de toute matière fissile et pris en charge dans l’installation.

Compte-tenu des marges de sûreté retenues vis-à-vis du risque de criticité, cet événement n’a eu aucun incidence sur la sûreté, la sécurité des personnes ou l’environnement de l’installation.

En raison du non-respect des règles générales d’exploitation de l’installation relatives à la prévention du risque de criticité, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des évènements nucléaires graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Publié le 8 novembre 2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-d-une-regle-d-entreposage-d-un-fut-de-dechets-radioactifs

Nov 10

NUCLÉAIRE: EDF DOIT AUSSI «RÉFLÉCHIR» À UN SCÉNARIO «100% ÉNERGIES RENOUVELABLES» (BORNE)

La ministre de la Transition écologique a appelé dimanche EDF à «réfléchir» à son rôle au cas où un scénario «100% énergies renouvelables» serait retenu à terme pour la fourniture d’énergie en France, au dépens de nouvelles centrales nucléaires.

«L’objectif est de réduire la part du nucléaire à 50% d’ici 2035. Au-delà, on doit avoir tous les scénarios sur la table avec un objectif d’assurer pour tous les Français et les entreprises une électricité abordable», a déclaré Élisabeth Borne dans l’Émission politique de France Inter, France Télévisions et Le Monde.

Dans un document interne révélé samedi par Le Monde, EDF évalue à au moins 7,5 milliards d’euros le coût unitaire d’éventuels nouveaux EPR, soit plus du double du prix initial du réacteur nucléaire de troisième génération de Flamanville qui a accumulé les déboires et dont la facture actuelle atteint 12,4 milliards.

En octobre, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, avait déclaré à ce même quotidien qu’«il est clair que la France se prépare à construire de nouvelles centrales nucléaires».

Dimanche, Élisabeth Borne a estimé que «c’est très bien» que Jean-Bernard Lévy «ait son point de vue, que je partage pas. Il se trouve que la politique énergétique, c’est plutôt le gouvernement et en particulier la ministre en charge de l’Énergie que je suis qui doit la définir».

«Je l’invite à intégrer ce scénario sur lequel travaille le gouvernement, 100% renouvelables. Il est indispensable qu’EDF réfléchisse aussi à la façon dont il peut être un grand acteur dans un tel scénario», a ajouté la ministre.

«Je vous confirme qu’on étudie à la fois un scénario dans lequel on continue à faire de nouvelles centrales nucléaires, et aussi un scénario 100% renouvelables», a indiqué Élisabeth Borne.

«On doit avoir tous les éléments sur la table mi-2021» et «on a dit qu’on ne prendrait pas de décision sur de nouvelles centrales nucléaires avant la mise en service de Flamanville», a-t-elle rappelé.

Mme Borne a admis que «ce qui n’a pas été suffisamment étudié, c’est des scénarios 100% renouvelables. On n’est pas les seuls (pays) à étudier ce genre de scénario. C’est un scénario que nous étudions avec l’Agence internationale de l’énergie, et on souhaite avoir les éléments mi-2021 car ce n’est pas des sujets totalement triviaux».

L’énergie nucléaire «n’émet pas de gaz à effet de serre, c’est un plus» mais «ça produit des déchets, on en a pour des centaines de milliers d’années, c’est un moins», a-t-elle résumé.

Par afp, publié le 10/11/2019 à 13h49

https://www.la-croix.com/Economie/Nucleaire-EDF-doit-aussi-reflechir-scenario-100-energies-renouvelables-Borne-2019-11-10-1301059617

NDLR : sincérité ou enfumage ?La réponse se trouve sans doute dans l’ampleur des pressions qu’exerce la France dans l’Union Européenne pour faire passer le nucléaire pour une énergie verte et ainsi profiter des subventions.

Nov 10

LE CLIMAT, ARGUMENT-CLÉ D’EDF POUR VENDRE L’ATOME À L’OPINION

L’électricien cherche à convaincre que l’option nucléaire est la bonne afin de lutter efficacement contre le dérèglement climatique.

S’il y a une chose qu’EDF a apprise en plus de quarante ans d’aventure nucléaire, c’est que la bataille de l’opinion est capitale. Pour l’heure, avec les déconvenues liées au chantier de l’EPR de Flamanville (Manche), difficile de convaincre les Français qu’il est nécessaire de construire de nouveaux réacteurs.

Lire aussi Nucléaire : l’EPR de Flamanville risque de connaître de nouveaux retards (Article réservé à nos abonnés)

Dans une note interne à EDF, que Le Monde a pu consulter, l’électricien explique comment tenter d’inverser la vapeur. Ses auteurs se félicitent que « l’appropriation du message concernant les intérêts du nucléaire dans un mix électrique décarboné semble progresser ». Avec l’objectif d’atteindre la « neutralité carbone » en 2050, « les arguments mettant en avant le nucléaire s’en trouvent renforcés », soulignent-ils. En effet, le nucléaire n’émet pratiquement pas de dioxyde de carbone (CO2) et ne contribue pas directement au changement climatique, contrairement au charbon, au pétrole ou encore au gaz.

Le document évoque le besoin « d’apaiser le débat radicalisé entre pro- et antinucléaires, source d’entrave à l’appropriation du sujet ». Cependant, ses auteurs s’inquiètent des arguments avancés par les détracteurs de l’atome, qui « pointent du doigt les grandes entreprises, EDF en tête (…), en tâchant de les opposer à la mobilisation sociétale (et générationnelle) pro-climat ».

Lire aussi Nucléaire : le programme de futurs EPR pourrait coûter au moins 46 milliards d’euros (Article réservé à nos abonnés)

« Utiliser tous les leviers de la décarbonation »

Ils appellent ainsi à séduire les jeunes mobilisés pour le climat et à les convaincre que l’option nucléaire est la bonne pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique. « Il est cependant risqué de se contenter d’appeler à faire du nucléaire », observent-ils, redoutant que « le soutien au nucléaire s’exprime encore beaucoup trop par opposition aux énergies renouvelables », alors que la position officielle d’EDF consiste à défendre une complémentarité entre les deux. (NDLR : mais un peu de renouvelable et beaucoup de nucléaire !)

Quant à l’argument parfois brandi, selon lequel la construction de nouveaux EPR permettra de maintenir les compétences de la filière, il ne suffit pas, souligne la note, qui conseille plutôt de mettre l’accent sur le climat. « Vu les quantités nécessaires d’électricité et d’énergie décarbonée (…), il s’agira d’utiliser tous les leviers de la décarbonation ». Enfin, les auteurs de la note recommandent de faire valoir que « l’engagement d’un tel programme marquerait du sceau de l’histoire le quinquennat actuel ».

Par Nabil Wakim, publié le 9 novembre 2019 à 09h54

Photo en titre : Un agriculteur cultive son champ à proximité des tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Golftech (Tarn-et-Garonne), en octobre 2014. Régis Duvignau / REUTERS

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/11/09/le-climat-argument-cle-d-edf-pour-vendre-l-atome-a-l-opinion_6018592_3234.html

Nov 10

NUCLÉAIRE : LE PROGRAMME DE FUTURS EPR POURRAIT COÛTER AU MOINS 46 MILLIARDS D’EUROS

Dans un document présenté cet été au conseil d’administration, EDF détaille son projet de bâtir six nouveaux réacteurs dans les quinze prochaines années.

La France n’a pas encore tranché si elle allait ou non construire de nouveaux réacteurs EPR, mais EDF se prépare à ce que le gouvernement prenne une décision en ce sens. Dans un document confidentiel présenté au conseil d’administration le 25 juillet, que Le Monde a pu consulter, le groupe détaille une première version de son projet « Nouveau nucléaire de France ».

Dans cette présentation, EDF calcule que six réacteurs EPR construits par paires, financés sur une durée d’environ vingt ans, coûteraient au moins 46 milliards d’euros. Soit entre 7,5 et 7,8 milliards d’euros par réacteur, selon ses estimations. Un montant nettement moins élevé que l’EPR de Flamanville (Manche), chiffré aujourd’hui à 12,4 milliards d’euros, mais beaucoup plus important que le coût d’origine de l’EPR (3,3 milliards d’euros).

Pour chacun des réacteurs, des provisions pour démantèlement de 400 millions d’euros seraient incluses dans cette équation, et de 500 millions d’euros pour « incertitudes ».

Dérives

Officiellement, le gouvernement en est encore au stade de la réflexion sur l’éventualité d’un tel programme. La loi énergie climat, votée en septembre par le Parlement, dessine une trajectoire dans laquelle la France diminue la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2035 (elle est actuellement de 75 %). Objectif : parvenir à un équilibre de 50 % d’atome et 50 % d’énergies renouvelables. À cette fin, la feuille de route énergétique du pays pour la décennie à venir – la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) – prévoit de fermer quatorze réacteurs nucléaires d’ici à 2035 et de développer sensiblement le solaire et l’éolien.

La loi énergie climat n’évoque pas clairement la construction d’un nouveau parc de réacteurs. Emmanuel Macron a appelé la filière nucléaire à présenter, à la mi-2021, un plan permettant à l’exécutif de décider si oui ou non il était nécessaire d’en bâtir de nouveaux. Toutefois, dans une lettre envoyée début septembre au PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, le gouvernement lui demande d’étudier de manière précise l’aménagement d’un parc de six réacteurs de type EPR en une quinzaine d’années.

De fait, le groupe travaille depuis plusieurs mois à présenter au gouvernement un plan le plus complet possible. La tâche est ardue, tant les déboires s’accumulent sur le seul chantier du réacteur de troisième génération de l’Hexagone. Comment convaincre qu’il faut, dès 2021, lancer de nouveaux EPR, alors que celui de Flamanville ne devrait pas démarrer avant – au mieux – 2023 ? Comment expliquer que, cette fois, coûts et délais seront respectés, quand l’EPR normand accuse déjà dix ans de retard, et que sa facture a été quadruplée ?

Pour répondre à ces interrogations, la présentation de la direction d’EDF mentionne un certain nombre de critères nécessaires afin de pouvoir assurer le financement. À commencer par « l’impact sur la maîtrise industrielle du programme », compte tenu des dérives survenues à Flamanville. Mais surtout la « compatibilité avec la trajectoire financière d’EDF ».

L’entreprise se trouve dans une situation difficile, avec plus de 33 milliards d’euros de dette, alors qu’elle doit investir plus de 50 milliards d’euros pour prolonger la durée de vie des réacteurs actuels. Dans le même temps, en raison de l’ouverture à la concurrence, elle perd 100 000 clients particuliers chaque mois depuis plus de deux ans.

Besoin d’une implication de l’État

Le document note ainsi « le besoin partagé d’une implication de l’État », en soulignant trois points fondamentaux : d’abord, une « régulation tarifaire », autrement dit un mécanisme qui permette à EDF de revendre son électricité à un prix que le groupe juge intéressant. Ensuite, « un préfinancement en phase de construction », formule qui ouvre la possibilité que l’État participe, directement ou indirectement, au financement d’un tel programme avant même son démarrage. Enfin, la nécessité d’« une protection des investisseurs publics ou privés vis-à-vis des risques pour lesquels il n’existe pas d’appétence du marché ». Cela pourrait signifier que l’État se porterait directement garant des investissements. D’après la présentation au conseil d’administration, l’analyse de ces « scénarios de financement » doit être terminée pour la fin de 2019.

En toile de fond, le document ne fait qu’évoquer le projet Hercule, défendu par la direction d’EDF à la demande du chef de l’État, qui consiste à séparer les activités nucléaires et les placer dans une structure 100 % publique. Une telle scission, si elle avait lieu, permettrait, à en croire ses promoteurs, d’assurer un meilleur financement du futur programme nucléaire. Mais quelles que soient les modalités choisies, pour permettre à EDF d’assurer cette charge financière, le coût devra d’une manière ou d’une autre être répercuté sur les factures d’électricité des Français, par une hausse des tarifs ou de la fiscalité.

Chez EDF, on relativise la portée de ce document, en assurant qu’il ne s’agit que d’un avant-projet, et que la décision appartiendra en définitive au président de la République et au gouvernement. Un projet plus précis devrait être soumis au premier semestre 2020 en conseil d’administration et pourrait donner lieu à un vote.

« De notre côté, on souhaite une décision la plus rapide possible. Maintenant, c’est au gouvernement de trancher », explique un haut dirigeant d’EDF, tout en rappelant que l’État est actionnaire du groupe à 83,7 % et qu’il jouit donc d’une place prépondérante au conseil d’administration. « L’idée qu’EDF ferait des choses dans son coin est farfelue. L’État détient EDF et sait parfaitement ce qui se passe au conseil », note de son côté une source syndicale.

Par Nabil Wakim, publié le 9 novembre  à 06h10, mis à jour à 10h41

Photo en titre : Sur le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche), le 16 novembre. CHARLY TRIBALLEAU / AFP  

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/11/09/nucleaire-le-programme-de-futurs-epr-pourrait-couter-au-moins-46-milliards-d-euros_6018571_3234.html

Nov 09

LA LUNE, LE SOLEIL ET D’AUTRES POSSIBLES PROVOCATEURS D’UN CONFLIT NUCLÉAIRE ACCIDENTEL

Il y a 40 ans jour pour jour, le monde était au bord d’une guerre nucléaire en raison d’une erreur informatique. Mais les ordinateurs sont loin d’être la principale cause d’un conflit nucléaire accidentel: les militaires doivent aussi faire attention à la météo et même à ce qui se passe en dehors de l’atmosphère. En voilà quelques exemples.

En novembre 1979, une erreur informatique a failli provoquer un conflit nucléaire à grande échelle entre les États-Unis et l’URSS. Ce n’était pas le premier ou le dernier cas où une guerre a pu être évitée de justesse, mais des situations dangereuses similaires n’ont pas toujours été la conséquence de problèmes informatiques. Voilà le top-8 des causes potentielles d’un conflit nucléaire.

Erreur humaine: le «mauvais bouton» au mauvais moment

Le 12 janvier 2018, les Hawaïens, dans le Pacifique, ont reçu des messages sur leurs smartphones, annonçant qu’un missile balistique allait frapper les îles. Le contenu de ce message a ensuite été démenti par les autorités. Le gouverneur de l’État d’Hawaï, David Ige, a mis les points sur les i: «L’erreur est survenue au moment d’une procédure ordinaire de changement d’équipe. Un employé s’est trompé en appuyant sur un mauvais bouton», a-t-il ainsi commenté pour la chaîne de télévision CNN.

Le commandement de la Défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) a aussi évoqué un malentendu, assurant qu’il n’avait «détecté aucune menace de missile balistique sur Hawaï».

Des nuages menaçants?

Le 26 septembre 1983, alors que la Guerre froide était au plus chaud, les satellites du système d’alerte précoce soviétique Oko, mis en exploitation en 1982, ont signalé le tir de plusieurs missiles balistiques intercontinentaux américains en provenance de la Malmstrom Air Force Base, dans le Montana.

© AP Photo / L’intelligence artificielle pourrait déclencher une guerre nucléaire, estime un ex-responsable du Pentagone

Le lieutenant-colonel Stanislav Petrov, qui était de service au poste opérationnel de commandement Serpoukhov-15, à une centaine de kilomètres de Moscou, a considéré ces signaux comme une fausse alerte lorsque des alarmes sonores et lumineuses ont été déclenchées dans son bunker souterrain. Convaincu qu’une véritable offensive américaine nécessiterait beaucoup plus de missiles, il a réussi à convaincre ses supérieurs d’attendre une confirmation des données par les radars terrestres.

Par la suite, une enquête a établi que les capteurs des satellites Oko ont mal interprété la réflexion des rayons solaires sur les nuages évoluant à haute altitude, la confondant avec le dégagement d’énergie au décollage de missiles.

Une bande d’ordinateur mal placée

Le 9 novembre 1979, lors de la crise de Suez, les officiers de quatre centres de commandement américains, y compris du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), ont vu sur leurs écrans un grand nombre de missiles soviétiques, ce qui semblait être une attaque à grande échelle contre les États-Unis. En six minutes, des préparatifs d’urgence ont été effectués: les bombardiers nucléaires étaient prêts au décollage et les équipes des missiles balistiques intercontinentaux ont été placées en état d’alerte.

Mais les systèmes de radar d’alerte précoce et de satellites ont ensuite confirmé qu’aucun tir de missiles n’avait eu lieu. Il s’est plus tard avéré que la fausse alarme avait été lancée après qu’une bande d’ordinateur destinée à être utilisée pendant des exercices d’alerte aux missiles avait été installée par erreur dans un ordinateur en service opérationnel, selon le rapport d’Alan Phillips, 20 Mishaps That Might Have Started Accidental Nuclear War.

Une éruption solaire

Le 23 mai 1967, les postes d’observation radar du NORAD situés au-delà du cercle polaire arctique ont enregistré de fortes radiations et des interférences qui ont été interprétées comme un brouillage intentionnel des radars destiné à dissimuler le lancement de missiles soviétiques.

Les équipages de bombardiers stratégiques ont reçu l’ordre de décoller, ordre qui a par la suite été annulé. La fausse alerte avait en fait été provoquée par les radiations résultant d’une puissante éruption solaire, associée à une éjection de masse coronale.

Le taux de radioactivité était le plus élevé au-dessus des pôles terrestres où l’atmosphère et la couche d’ozone sont les plus minces, d’après Space.com.

«Ingérence de la Lune»

Le 5 octobre 1960, le poste de commandement du NORAD a reçu un signal de la station d’alerte précoce de Thulé, au Groenland, sur une frappe massive de missiles balistiques intercontinentaux soviétiques.

© Sputnik . Ruslan Krivobok, Généraux russe et US: un « conflit nucléaire accidentel » menace le monde

Heureusement, les États-Unis n’ont pas riposté après cette fausse alerte: l’incident a eu lieu avant la crise des missiles de Cuba alors que la tension dans les relations américano-soviétiques n’était pas encore à son apogée. De plus, le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev se trouvait à ce moment-là à New York, en tant que chef de la délégation soviétique à l’Assemblée générale des Nations Unies.

L’enquête a établi que la réflexion d’un signal radio par la surface lunaire était à l’origine de cette fausse alerte, d’après l’ouvrage Computer Technology and Social Issues de David Garson.

Un blackout important

Le 9 novembre 1965, l’Office de gestion des secours d’urgence (OEP) auprès de l’administration américaine a considéré la gigantesque coupure de courant électrique qui affectait plusieurs États du nord-est des États-Unis, ainsi qu’une partie de la province de l’Ontario au Canada, comme le résultat d’une frappe nucléaire. Pendant ce blackout, plus de 30 millions de personnes réparties sur 207.000 km2 ont été privées d’électricité pendant près de 13 heures, selon le New York Times.

© Flickr/ The Official CTBTO Photostream, La Russie et les USA risquent de déclencher une guerre nucléaire par erreur

Plusieurs dispositifs d’alerte installés à proximité des grandes villes et des sites militaires aux États-Unis pour distinguer les pannes de courant «normales» de celles causées par une explosion nucléaire, ont envoyé un signal rouge sur les écrans des postes de commandement, alors qu’ils devaient en transmettre un jaune pour montrer qu’ils étaient hors circuit. Ces indications erronées ont mis le centre de commandement de l’OEP en état d’alerte.

Explosion d’un satellite

En octobre 1962, une sonde soviétique, Mars 1962A (Spoutnik 22), a explosé en orbite d’attente peu après son lancement le 24 octobre par la fusée Molnia 8K78 depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. L’accident a eu lieu en pleine crise des missiles de Cuba.

«L’explosion d’un engin spatial russe en orbite pendant la crise des missiles de Cuba […] a amené les États-Unis à croire que l’URSS avait lancé une attaque massive de missiles balistiques intercontinentaux», a affirmé en 1968 le physicien et radioastronome britannique Bernard Lovell, directeur de l’observatoire de Jodrell Bank (Université de Manchester) de 1945 à 1980.

Un ours étourdi

Le 25 octobre 1962, vers minuit, un gardien de la base aérienne de Duluth, dans le Minnesota, a vu un personnage gravir la barrière de sécurité. Il a ouvert le feu avant d’activer le régime «alerte au sabotage» ce qui déclenche automatiquement des alarmes dans toutes les bases de la région.

À Volk Field, dans le Wisconsin, le signal fautif a lancé les préparatifs au décollage des chasseurs-intercepteurs F-106A dotés d’armes nucléaires. Les pilotes pensaient que la Troisième Guerre mondiale avait commencé, mais une communication immédiate avec Duluth a montré qu’il s’agissait d’une erreur. À ce moment-là, les avions roulaient déjà sur la piste et il a fallu y envoyer un véhicule pour les arrêter.

L’intrus de Duluth s’est avéré être un ours, d’après le rapport d’Alan Phillips, 20 Mishaps That Might Have Started Accidental Nuclear War.

Malgré toutes les précautions, la possibilité d’une guerre par inadvertance en raison d’une suite imprévue d’événements demeure une menace mortelle. À l’époque où de nombreux pays possèdent des armes nucléaires, la plus grande vigilance s’impose.

Publié le 9 novembre 2019 à 11h15, mis à jour le 9 novembre 2019 à 16h29

https://fr.sputniknews.com/international/201911091042395630-la-lune-le-soleil-et-dautres-possibles-provocateurs-dun-conflit-nucleaire-accidentel/

Nov 09

130 HECTARES URBANISABLES AUTOUR DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE D’AVOINE: LA CONFÉDÉRATION PAYSANNE EN COLÈRE

La communauté de communes Chinon-Vienne et Loire doit adopter un nouveau PLUI (plan local d’urbanisme intercommunal) pour 10 ans. Le projet comporte le passage de 130 hectares de zone naturelle en zone d’urbanisation différée. La Confédération paysanne est contre ce projet.

Le futur Plan d’Urbanisme de la communauté de communes Chinon-Vienne et Loire provoque la colère de la Confédération paysanne. Ce PLUI, plan local d’urbanisme intercommunal est depuis le 4 novembre soumis à enquête publique. Selon le syndicat agricole, 130 hectares seraient classés comme urbanisables autour de la centrale nucléaire d’Avoine. La Confédération paysanne est furieuse d’autant que la communauté de communes a toujours affiché comme objectif de protéger les terres agricoles d’une urbanisation dommageable pour l’environnement.

130 hectares, c’est beaucoup! Nous ce qu’on conteste c’est que ces terres agricoles passent en zone aménageable au profit d’EDF sans qu’EDF précise si elle en a besoin pour un projet précis. Nous engageons tout le monde agricole à faire connaître son opposition -Jacques Thibault, Confédération paysanne

Le président de la communauté de communes et maire de Chinon, Jean-Luc Dupont, est furieux lui aussi mais contre la Confédération Paysanne qu’il accuse de déformer la vérité

« La programmation pluriannuelle de l’énergie, elle n’est pas décrétée par le territoire! Nous ne faisons que répondre à la demande de l’opérateur EDF qui peut avoir besoin à terme de ces 130 hectares en cas d’évolution structurelle dans l’organisation énergétique. Il y a déjà eu 90 hectares mobilisés dans les précédents plans d’urbanisme auxquels s’ajoutent 40 hectares dans le futur PLUI. Ce qui n’empêche en aucun cas les agriculteurs de continuer d’exploiter leurs terres. La Confédération paysanne travestit la réalité de l’engagement du PLUI. Nous avons toujours pour volonté d’éviter de bloquer des terres dévolues à l’agriculture » -Jean-Luc Dupont

Le PLUI est soumis à enquête publique jusqu’au 4 décembre. Il est consultable au siège de la communauté de communes à Avoine, au centre technique communautaire de Chinon, et au pôle territorial de Cinais. Il devra être adopté par les 19 communes qui composent la communauté de communes en 2020. La Confédération paysanne appelle les autres organisations agricoles et les habitants du chinonnais à s’opposer à ce PLUI. 

Par Denis Guey, France Bleu Touraine, publié le samedi 9 novembre 2019 à 7h07

Photo en titre : La centrale nucléaire d’Avoine et les terrains qui l’entourent © Maxppp – Nicolas Kovaric

https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/130-hectares-urbanisables-autour-de-la-centrale-nucleaire-d-avoine-la-confederation-paysanne-en-1573209332

Nov 09

RÉPONSE AU LOBBY DU NUCLÉAIRE – CF. INTERVIEW FRANCE CULTURE DE JEAN-MARC JANCOVICI

Par Martin Rousseau. Suite à l’interview de Jean-Marc Jancovici par Guillaume Erner sur France Inter, j’ai souhaité écrire ce billet.

Le postulat de base posé par le lobby nucléaire est qu’étant donné la consommation d’énergie actuelle et les impératifs liés au réchauffement climatique (impliquant que l’on ne peut continuer à utiliser les énergies fossiles – qui contribuent largement à ce réchauffement), la seule solution consiste à continuer à développer le nucléaire en tant que source principale d’énergie.

 Décortiquons donc ce raisonnement que je qualifie de « populiste », à savoir qu’il décrit un vrai problème tout en niant toute autre possibilité de réponse que celle qu’il souhaite apporter, réponse qu’il fait apparaître comme la seule alternative possible, tout en faisant planer la peur sur la population si cette même solution n’est pas choisie.

Analysons donc le problème sous un autre angle. Posons-nous la question : « Comment faire en sorte de produire une quantité d’énergie suffisante pour assurer les besoins nécessaires de la population, tout en produisant cette énergie en contribuant le moins possible au réchauffement climatique et en assurant une sécurité maximale de la population ? ».

Pour cela, il nous faut définir ce que sont les besoins réels et nécessaires de la population. Pendant des décennies, le nucléaire a créé un mirage d’abondance énergétique, laissant penser à tout un chacun que l’on pouvait consommer de l’énergie « à volonté », puisque c’était une énergie « propre, sans risque et illimitée ». Cela a contribué à alimenter le mythe de la croissance infinie et illimitée – mythe qui servi aux fondements de nos sociétés depuis la fin du XXème siècle.

Aujourd’hui toutes nos villes sont illuminées jour et nuit, les isolations thermiques de beaucoup d’habitats sont peu efficaces, les appareils électriques consomment beaucoup d’énergie, les gens consomment de l’énergie – comme l’eau – comme si c’était illimité etc. tout simplement parce l’industrie du nucléaire a réussi à poser ce postulat mensonger de l’abondance à moindre coût et en toute sécurité.

Or il s’avère que ce postulat de base était mensonger et l’ensemble de la population s’en est rendu compte à grande échelle avec l’accident de la centrale de Tchernobyl et plus récemment avec celui de celle de Fukushima.

Mais au-delà de ces accidents eux-mêmes et de leurs conséquences (de tous points de vue : économique, humain, environnemental…), cela a permis au monde d’en apprendre plus sur cette énergie. Car en effet, ce ne sont pas seulement les risques d’accidents (dont les conséquences sur une seule centrale nucléaire sont capables de rendre la moitié – voir la totalité – d’un pays inhabitable, comme cela a failli être le cas avec Fukushima s’il y avait eu une explosion des réacteurs et une mise à l’air libre des combustibles usés – stockés dans les piscines placées au-dessus des réacteurs), mais le cycle de vie même de l’énergie nucléaire. Puisqu’en effet, une fois utilisés dans un réacteur, on ne sait toujours pas retraiter totalement les combustibles nucléaires et que ceux-ci sont stockés et enfouis un peu partout dans le monde avec tous les risques extraordinaires pour la survie humaine que cela constitue en cas d’accident (et je ne parle même pas ici du risque terroriste sur les centrales).

Premier point donc, le nucléaire a été lancé en grande pompe il y a des décennies alors qu’on ne sait toujours pas en 2019 le retraiter à 100% et ce de façon à garantir à 100% la sécurité de la population.

Deuxièmement, comme l’a démontré Fukushima il suffirait d’un accident pour rendre potentiellement un pays inhabitable, ce qui est cher payé pour éviter le réchauffement climatique (ça a été à deux doigts pour Fukushima si les combustibles situés dans les piscines de stockage au-dessus des réacteurs s’étaient retrouvés à l’air libre).

Le lobby nucléaire explique régulièrement que même ces « rares » accidents ont fait très peu de morts, comparé aux morts liés à la pollution des énergies fossiles. Pour faire ce calcul macabre, ils regardent le nombre de personnes effectivement décédées directement après un accident. Ils vont arguer que ce sont « au pire » quelques dizaines de personnes ayant participé au nettoyage sur le site juste après l’accident. Ce calcul est très inexact, car il ne prend pas en compte le fait majeur des conséquences de l’accident nucléaire, à savoir que – comme c’est le cas avec Fukushima, les morts et les malades vont apparaître sous formes de cancers sur les années et dizaines d’années à venir (pour Fukushima aujourd’hui on estime qu’il devrait y avoir jusqu’à 66 000 cas de cancers : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/09/97001-20160309FILWWW00437-fukushima10000-cancers-de-plus-attendus-au-japon.php). En effet, que ce soit par la contamination au moment de l’accident ou au travers de l’écosystème – agricultures… – qui a été complètement contaminé, jusqu’aux nappes phréatiques, l’accident nucléaire n’est que le point de départ de longues années ou les conséquences vont commencer à se faire sentir. Vous trouverez certaines informations factuelles sur : https://www.sortirdunucleaire.org/Fukushima-8-ans-plus-tard-la-situation-n-est

Et ce sans que l’on ne puisse jamais officiellement les attribuer directement à l’incident lui-même.

Et peu de gens le savent, mais durant plusieurs années après l’accident de Fukushima, les combustibles usés stockés dans les piscines au-dessus des réacteurs ont fait planer la menace d’une irradiation totale d’une grande partie du Japon. En effet les piscines (notamment la n°4), qui avaient été endommagées par l’explosion du 11 mars, pouvaient s’effondrer à n’importe quel moment avec un tremblement de terre ou un typhon. À ce moment les combustibles auraient été à l’air libre et sans refroidissement et les radiations auraient tué immédiatement tout autour de la centrale et rendu une bonne partie du Japon inhabitable. Il a fallu plusieurs années à des robots pour déplacer un à un ces combustibles usagés en dehors des piscines :

https://www.lepoint.fr/monde/centrale-nucleaire-de-fukushima-le-danger-de-la-piscine-du-reacteur-4-enfin-ecarte-21-12-2014-1891452_24.php

Par ailleurs les gouvernements vont tout faire – comme cela a été le cas au Japon – pour éviter une panique de population et une désagrégation de la société et de sa confiance dans le nucléaire, quitte à ne pas donner les informations réelles et à empêcher la diffusion de cette dernière. C’est là un point clé pour comprendre que même suite à Fukushima, on ne trouvera dans aucun rapport officiel ni média l’ampleur réel des conséquences de la catastrophe.

Preuve en est que le gouvernement japonais, suite à Fukushima, a même fait passer une loi lui permettant d’arrêter et d’incarcérer immédiatement toute personne (y compris les journalistes ou lanceurs d’alerte) qui viendrait à publier de quelque façon que ce soit des informations venant menacer la stabilité de l’état :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2013/12/13/japon-une-loi-sur-les-secrets-d-etat-fait-polemique_4334211_3232.html

Le lobby nucléaire utilise un autre élément rhétorique pour justifier le maintien et le développement de son activité à l’avenir, à savoir qu’on ne sait pas produire aujourd’hui notre énergie en quantité suffisante autrement que, soit par les énergies fossiles, soit par le nucléaire, les « nouvelles énergies propres » n’étant pas en mesure de répondre à ces besoins. Il est extrêmement facile de déconstruire ce raisonnement. Car c’est un peu comme si l’industrie du pétrole avait dit aux investisseurs potentiels de Tesla avant sa création qu’il n’était pas possible de développer des voitures électriques en remplacement des voitures à essence puisqu’il n’y avait aucune technologie de stockage de l’énergie (batteries) permettant de le faire à l’heure actuelle. Or c’est justement parce qu’Elon Musk et ses équipes y ont consacré toute leur énergie et détermination qu’ils sont arrivé en un temps record à faire ce que l’industrie du pétrole essayait de faire passer pour « inconcevable » quelques années avant. La société d’E. Musk a même réussi à développer, ce qui était considéré comme impossible, des batteries permettant de stocker l’énergie de panneaux solaires sur le toit des maisons de façon à assurer le fonctionnement énergétique quasi complet de ces maisons. Pourtant jusqu’à Elon Musk, les lobbys pétroliers – à l’image du lobby nucléaire – avaient réussi à dissuader qui que ce soit de faire des véhicules électriques pouvant rivaliser avec des voitures à essence…

Je vous recommande cette biographie d’E. Musk très enrichissante : https://www.amazon.fr/Elon-Musk-lentrepreneur-changer-enrichie/dp/2212567863/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&crid=2YGYASDMJGGG7&keywords=elon+musk&qid=1573310854&sprefix=Elon+Mus%2Caps%2C305&sr=8-1

J’ai utilisé cet exemple pour vous montrer que c’est simplement parce que l’on n’a pas consacré toute notre énergie et nos investissements au développement des « énergies propres et renouvelables », sachant que l’on était hypnotisés et bercés dans mythe de l’abondance supposée du nucléaire, que celles-ci ne sont pas encore développées suffisamment de nos jours.

Par ailleurs, en un siècle, on a réussi à envoyer l’homme sur la lune, à construire des stations spatiales, à faire des greffes de cœur humain (et même à créer un cœur artificiel), à développer des techniques de communication permettant d’échanger des millions d’informations instantanément entre tous les points de la planète, et on voudrait nous faire croire qu’on n’est pas capable de développer des énergies propres et renouvelables pour remplacer les énergies fossiles et nucléaires. Non seulement Elon Musk a commencé à nous démontrer le contraire, mais au regard de tous les exemples précédemment cités, comment pourrait-on même en douter.

C’est donc en grande partie parce que jusqu’à présent il n’y a pas d’urgence telle que celle liée au changement climatique et le danger du nucléaire qu’il n’y a pas eu de volonté politique d’orienter toutes nos ressources vers une transition énergétique propre et renouvelable.

Peut-on se passer du nucléaire du jour au lendemain : oui et non. Oui « techniquement », dans le sens où suite à l’incident de Fukushima le Japon a fermé l’ensemble de ces centrales nucléaires pendant plusieurs années (https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/07/03/sept-ans-apres-fukushima-le-japon-reprend-le-chemin-du-nucleaire_5325158_3234.html ) et qu’il n’y a eu aucun problème d’énergie. Bien entendu, il a dû pendant ce temps utiliser des énergies fossiles, ce qui n’est pas souhaitable tant d’un point de vue écologique que de celui du réchauffement climatique. Mais c’est techniquement possible, il est important de le noter. Il en est de même pour l’Allemagne.  Ensuite, « non », il n’est pas souhaitable d’arrêter du jour au lendemain l’ensemble du parc nucléaire pour les raisons que je viens d’évoquer (écologiques et climatiques), mais il est indispensable d’en décider l’arrêt total d’ici une date définie en se fixant le développement total des énergies propres et renouvelables d’ici là. Et ce pour plusieurs raisons.
. Premièrement nous l’avons vu, le risque lié aux conséquences de dégâts maximaux d’un accident nucléaire ne sont pas supportables pour l’humanité.

. Deuxièmement parce que le nucléaire est une énergie au cycle de vie non fini, à savoir qu’on ne sait pas la retraiter complètement une fois utilisée et que son stockage représente potentiellement un danger pour la survie de l’humanité.

. Troisièmement parce que nos centrales arrivent progressivement en fin de vie et que de les « maintenir » pour 10 ou 20 ans supplémentaires coûterait extrêmement cher et que d’en construire de nouvelles nous obligerait non seulement à « repartir » pour au moins 40 ans (en nous « verrouillant » à nouveau) dans cette logique que je viens de décrire et qui représente trop de risques pour l’humanité.

L’Allemagne a fait le choix très intelligent d’arrêter totalement et immédiatement le nucléaire pour cette raison, quitte à en importer depuis d’autres pays (dont la France) pour ainsi consacrer ses ressources à 100% vers le développement de solutions renouvelables et propres. Le Japon s’est fixé 20 à 22% maximum d’énergie nucléaire d’ici 2030 (https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/07/03/sept-ans-apres-fukushima-le-japon-reprend-le-chemin-du-nucleaire_5325158_3234.html ).  C’est un choix politique extrêmement intelligent que la France devrait suivre et toute la dialectique et la rhétorique du lobby nucléaire n’arrivera pas à nous faire croire le contraire bien longtemps…

On estime aujourd’hui le coût de l’accident de Fukushima entre 315  et 728 milliards de dollars ! (http://www.asahi.com/ajw/articles/AJ201903100044.html  ) Imaginez-vous que cette somme ait été investie dans la recherche des énergies renouvelables et propres, il ne fait aucun doute que ce problème serait déjà réglé…

PS : je ne fais partie d’aucune association ou groupement anti-nucléaire et n’ai aucun lien avec aucun d’entre-eux.

Par Martin Rousseau, publié le 9 novembre 2019

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https://blogs.mediapart.fr/martin-rousseau/blog/091119/reponse-au-lobby-du-nucleaire-cf-interview-france-culture-de-jean-marc-jancovici

Nov 09

BROUILLE FRANCO-ALLEMANDE SUR LE NUCLÉAIRE

Le nucléaire est-il une énergie verte ? La question divise les Européens, et en premier chef l’Allemagne et la France. Bruxelles est engagé depuis un an et demi dans la rédaction d’une « taxonomie » des investissements verts, une classification qui doit déterminer quels secteurs pourront bénéficier des fonds de la finance durable.

Fin mars, le Parlement européen avait explicitement exclu l’énergie nucléaire de cette liste. À l’été, le groupe d’experts chargé par la Commission européenne de définir les critères d’éligibilité précis pour 67 activités avait lui aussi préféré laisser de côté le nucléaire. Certes, la filière nucléaire émet peu de CO2, mais elle est moins vertueuse au regard d’autres objectifs environnementaux, notamment sur la gestion des déchets. Depuis, la France est montée au créneau. Fin septembre, elle a obtenu une première victoire d’étape. Le Conseil européen a remis en selle la filière, en ne fermant plus le label d’investissement durable à certains secteurs. Au sein des états membres, ce retour est loin de faire l’unanimité.

L’Allemagne, l’Autriche et le Luxembourg y sont farouchement opposés. « Le nucléaire n’a pas sa place dans la classification des énergies durables« , s’énerve l’eurodéputé allemand vert Sven Giegold qui y voit  » un triste signe de l’état des relations franco-allemandes » et pointe qu’aucun projet de centrale nucléaire en France n’aurait été freiné faute de financements verts. Paris ne désarme pas. « Le nucléaire doit être maintenu dans cette taxonomie européenne et être considéré comme une énergie indispensable à la lutte contre le réchauffement climatique« , a martelé Bruno Le Maire en présentant son nouveau pacte productif. Il promet « d’en débattre avec nos partenaires allemands« . Pour Paris, le chemin est étroit. À Bruxelles doivent désormais commencer de longues négociations entre le Conseil et le Parlement, lui aussi vent debout, avec un poids des écologistes renforcé depuis le printemps. L’adoption de la taxonomie a d’ailleurs été repoussée à après 2021. Ce qui n’arrange pas les acteurs de la finance durable. « Le fait d’être dans l’incertitude sur le classement de telle ou telle activité est un frein« , a soulevé Christine Lagarde, la présidente de la BCE, lors de son audition début septembre, alors que la banque centrale souhaite verdir sa politique monétaire.

Publié le 09/11/2019 à 14H45

https://www.usinenouvelle.com/editorial/brouille-franco-allemande-sur-le-nucleaire.N898284

Nov 08

LA DÉPUTÉE BÉRANGÈRE ABBA : UN JOUR CONTRE L’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES, À SON PILOTAGE LE LENDEMAIN

La députée de la Haute-Marne Bérangère Abba, longtemps opposante au projet d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo, a été nommée en octobre au conseil d’administration de l’Andra, l’agence qui promeut ce projet.

Peut-on critiquer le projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure tout en intégrant l’établissement public qui pilote ses travaux ? Oui, selon Bérangère Abba, une députée de la majorité la République en marche qui vient d’être nommée en octobre au conseil d’administration de l’Andra — l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs.

Avant d’être élue en juin 2017, cette Haute-Marnaise habitant à Chaumont était adhérente du Cedra (la Coordination nationale des collectifs contre l’enfouissement des déchets radioactifs), une association antinucléaire. Elle participait à ses réunions et avait même posé en photo avec une pancarte contre le projet Cigéo [1] Deux ans plus tard, l’eau semble avoir coulé sous les ponts. Jointe par Reporterre, elle dit s’être « détournée de cette forme de militantisme » et préférer désormais « le dialogue » : « La diversité des regards ne fait que nourrir les projets et la hauteur de vues que l’on peut avoir sur eux », déclare-t-elle.

La jeune députée s’apprête à siéger à la même table que les acteurs de la filière nucléaire. À un moment déterminant. Selon le gouvernement, le projet Cigéo à Bure va entrer dans une phase opérationnelle. Début 2020, la demande d’autorisation de création (DAC) sera déposée et le bois Lejuc, qui se situe en aplomb du futur site, risque d’être défriché.

« Cigeo achète les consciences et pervertit les esprits »

Cette nomination est vécue comme une trahison pour les opposants antinucléaires. « Entrer au conseil d’administration de l’Andra au début des travaux en pensant agir de l’intérieur révèle que vous êtes d’une naïveté déconcertante ou que vous vous moquez de nous », invective le Cedra sur Facebook. « Cigéo achète les consciences, on le savait… mais, en plus, il pervertit les esprits ! » conclut l’association, pour qui cette affaire vient réveiller d’autres histoires plus anciennes.

« Les coups de poignard dans le dos, je ne les compte même plus ! » dit Michel Marie, un militant en lutte depuis plus de 20 ans. « C’est presque une règle mathématique. Quand un politique arrive aux responsabilités, il se renie sur Cigéo, tant le lobby nucléaire est puissant. » En 1999, l’écologiste Dominique Voynet, alors ministre de l’Environnement, avait signé le décret autorisant la construction du laboratoire de l’Andra à Bure.

En novembre 2017, Nicolas Hulot déclarait à l’Assemblée nationale que Cigéo était « la moins mauvaise des solutions », juste après avoir posé avec une affiche « Cigéo, je dis non ». Comme Bérangère Abba [voir l’illustration principale de cet article].

La députée se défend néanmoins de toute compromission. « Expliquez-moi ce que j’aurais dû faire ? demande-t-elle à Reporterre. Vous ne préféreriez tout de même pas que je reste tranquillement chez moi, enroulée dans un plaid, à croire que tout est joué, drapée de certitudes ? Non, je bosse, je cherche les infos là où elles sont, et de tous bords, pour éclairer nos choix. » « C’est ma responsabilité, ajoute-t-elle. En tant que parlementaire et élue de la Haute-Marne. » Elle précise ne pas être rémunérée pour ce poste.

Bérangère Abba explique rester « dubitative » par rapport au projet Cigéo : « Je me suis toujours interrogée sur la notion de réversibilité, les coûts et l’éthique de ce mode de gestion », assure-t-elle. Depuis son élection, elle dit essayer, dans les coulisses de l’Assemblée nationale et au sein de la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité nucléaire, de relayer les alternatives au stockage en profondeur des déchets radioactifs. « Il faut mettre toutes les options sur la table de manière pragmatique, affirme-t-elle. Je regrette que l’idée d’un stockage en subsurface ait été écartée. »

« L’Andra n’aurait jamais laissé entrer le loup dans la bergerie »

La députée arrivera-t-elle à porter en interne une voix dissonante ? Aura-t-elle une marge de manœuvre pour influencer les travaux de l’Andra ? Plusieurs raisons permettent d’en douter. Sa parole risque d’abord d’être diluée au sein d’un conseil d’administration composé de plus de 23 membres, et dont la majorité appartient à la filière nucléaire. Son président, l’ancien préfet Adolphe Colrat, est un fervent défenseur du projet Cigéo. Dans une courte vidéo diffusée sur le site de l’Andra, il indique vouloir consacrer son mandat à faire plus « de pédagogie » en la faveur du projet d’enfouissement.

De toute manière, les délibérations trimestrielles du conseil d’administration n’ont aucun effet sur les stratégies déployées par l’agence. Comme le rappellent les articles R.542-1 à R.542-19 du Code de l’environnement, cette instance ne fait que régler les affaires courantes de l’établissement. Elle gère son budget et son organisation mais n’a pas d’incidence sur l’avenir des projets.

La députée Haute-Marnaise affirme vouloir « collecter des informations » pour obtenir « le maximum de transparence ». Elle reconnaît, cependant, avoir signé une clause de confidentialité « blindée » et « très carrée », qui risque de la cantonner au silence. L’opacité règne chez les professionnels de l’atome. En 2018, la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité nucléaire s’était déjà heurtée aux clauses « secret défense » qui régissent le secteur. Intégrer l’Andra permettra-t-il de changer la donne ?

Les opposants restent sceptiques. « L’Andra n’aurait jamais laissé entrer le loup dans la bergerie, estime Maurice Michel, adhérent de l’Éodra, l’association des Élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs. Bérangère Abba ne les menace pas. Elle est inoffensive. » L’Andra se félicite d’ailleurs de cette nomination : « La diversité des points de vue est la bienvenue au sein de l’agence », écrit-elle à Reporterre.

Cette situation s’est déjà répétée dans le passé. Dans son livre La France nucléaire. L’art de gouverner une technologie contestée (Seuil, 2013), la sociologue Sezin Topçu a montré que la filière nucléaire intégrait régulièrement la critique dans ses institutions pour mieux la neutraliser.

Autre aspect étonnant, la députée a été nommée par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, l’Opecst. Une instance phagocytée par le lobby nucléaire où l’on retrouve les principaux promoteurs de Cigéo : les sénateurs Gérard Longuet, Bruno Sido et Pierre de Médieville ainsi que le député Christophe Bouillon, ex-président de l’Andra. Comment expliquer que ces élus aient voté pour Bérangère Abba, qui se dit sceptique vis-à-vis du projet ?

Joint par Reporterre, le sénateur Bruno Sido pense que « la nomination de cette jeune députée contribue à la légitimité démocratique de l’agence » tout en « ne remettant pas en cause la réalisation de Cigéo » .

« L’Andra manquait de relai pour peser sur le gouvernement »

Bérangère Abba donne en effet du poids à l’agence. Sans elle, l’Andra ne serait plus représentée par des élus de la majorité. En juin 2019, Émilie Cariou, députée LREM de la Meuse avait démissionné du conseil d’administration pour « retrouver sa liberté parole » alors qu’elle était rapporteuse pour l’évaluation du plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR).

Par Gaspard d’Allens (Reporterre), publié le 8 novembre 2019

https://reporterre.net/La-deputee-Berangere-Abba-un-jour-contre-l-enfouissement-des-dechets-nucleaires-a-son-pilotage-le-lendemain

Nov 08

VIDÉO : LE PROJET POLÉMIQUE D’UN CIMETIÈRE NUCLÉAIRE À BURE

Depuis plus de vingt ans, Bure, petite commune d’une centaine d’habitants de la Meuse, est au cœur de l’un des projets nucléaires les plus ambitieux – et controversés – d’Europe.

À 480 mètres de profondeur, un laboratoire de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) y développe le prototype d’un centre industriel de stockage géologique (Cigéo). La gestion des déchets radioactifs est une problématique majeure en France qui compte, à ce jour, 58 centrales nucléaires actives – un chiffre record en Europe. Le débat public agité sur ce projet a donné lieu, il y a deux ans, à une présence quotidienne de 80 gendarmes qui surveillent et contiennent les opposants au nucléaire. ARTE nous explique en vidéo dans ce reportage de 32mn11s.

Pour en savoir plus lisez notre reportage : A 500 mètres sous terre pour préparer l’éventuel enfouissement des déchets radioactifs dans l’est de la France.

Publié le : , mis à jour le

Disponible jusqu’au 05/02/2020

Pour en savoir plus lisez notre reportage : À 500 mètres sous terre pour préparer l’éventuel enfouissement des déchets radioactifs dans l’est de la France.

https://www.goodplanet.info/video/2019/11/08/le-projet-polemique-dun-cimetiere-nucleaire-a-bure/

Nov 08

NUCLÉAIRE : NOUVEAU RETARD POUR L’EPR FINLANDAIS !

Le chantier du réacteur, construit par le consortium Areva-Siemens, a pris au moins six semaines de retard supplémentaire sur le dernier plan de marche envisagé cet été.

Encore un énième retard pour l’EPR finlandais ! L’électricien TVO a annoncé vendredi que le chantier du réacteur, construit par le consortium Areva-Siemens et qui accuse déjà dix ans de retard, avait pris au moins six semaines de retard supplémentaire sur le dernier plan de marche envisagé cet été. En juillet, Areva disait tabler sur un chargement du combustible en janvier 2020, et non pas en juin 2019 comme espéré jusqu’alors. Une première connexion au réseau, auparavant envisagée en octobre 2019, était attendue en avril 2020, et le démarrage de la production en juillet 2020 au lieu de janvier, soit six mois plus tard.

« Selon les renseignements fournis par le prestataire, le projet accuse maintenant un retard de six semaines » supplémentaires, selon un communiqué de l’opérateur finlandais qui ne fournit pas de calendrier actualisé. « Bien que l’achèvement de l’unité d’installation soit encore retardé, nous sommes très près d’atteindre la phase de chargement du combustible et de mise en service » de l’EPR, a souligné Jouni Silvennoinen, directeur du projet OL3, cité dans le communiqué.

>> À lire aussi – Nucléaire : l’Iran produit 10 fois plus d’uranium enrichi qu’il y a 2 mois !

L’EPR finlandais – réacteur de troisième génération – dans le sud-ouest du pays, devait initialement être mis en service en 2009, mais le chantier lancé en 2005 a connu d’importants retards et surcoûts. TVO avait signé en mars un accord pour mettre fin au contentieux avec ses fournisseurs. Selon les termes de cet accord, Areva va verser 450 millions d’euros à son client TVO « en compensation de sa responsabilité dans les retards« .

Mais il prévoyait aussi un système de bonus-malus : Areva et ses partenaires pouvaient recevoir jusqu’à 150 millions d’euros si le projet était achevé avant fin 2019, mais ils peuvent payer jusqu’à 400 millions d’euros supplémentaires en cas de nouveau retard au-delà de cette échéance. Ce système des bonus/malus devrait donc s’enclencher fin 2019. Areva avait précédemment évoqué un malus de 20 millions d’euros par mois de retard.

>> À lire aussi – EPR de Flamanville : un rapport d’audit accablant pour EDF

Publié le 08/11/2019 à 14h35

Photo en titre : Pallava Bagla/Getty Images

https://www.capital.fr/entreprises-marches/nucleaire-nouveau-retard-pour-lepr-finlandais-1354853

Nov 08

ÉLECTRICITÉ : LES ÉNERGIES RENOUVELABLES SONT DE PLUS EN PLUS COMPÉTITIVES

Une étude mondiale de la banque d’affaires Lazard montre que les énergies renouvelables sont de plus en plus compétitives face aux centrales au gaz, au nucléaire ou au charbon. La baisse des coûts du solaire et de l’éolien commence néanmoins à ralentir.

Dans certains pays, fermer des centrales nucléaires ou fonctionnant au charbon pour installer des éoliennes et des panneaux solaires permet d’ores et déjà de faire des économies, écrit la banque Lazard dans un rapport mondial publié ce jeudi.

Après des années de dégringolade, le coût des énergies renouvelables continue à baisser, bien qu’à un rythme plus lent. Il s’est encore réduit de 5 % l’an dernier, selon l’étude. La production d’électricité par des centrales solaires, par exemple, a vu son coût divisé par neuf en dix ans. Il s’élève désormais à 40 dollars (36 euros) en moyenne, sans subventions. De même, l’électricité provenant de fermes éoliennes coûte désormais 41 dollars le mégawattheure, contre 135 dollars en 2009.

Réduction des coûts spectaculaire

Ces chiffres sont à comparer au coût de production de l’électricité dans des centrales « conventionnelles » existantes. Aux coûts opérationnels et de financement s’ajoute, dans leur cas, le prix des carburants.

La production d’un mégawattheure supplémentaire dans une centrale à charbon revient ainsi à un coût de 26 à 41 dollars. Pour le nucléaire, il oscille entre 27 à 31 dollars, en légère augmentation par rapport à l’année dernière.

Miser sur le solaire et l’éolien

Quant à la construction de nouvelles centrales, il s’avère aujourd’hui plus avantageux de miser sur le solaire et l’éolien, et ce dans presque tous les pays et régions considérés dans l’étude, de l’Europe aux États-Unis, en passant par l’Australie, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Japon.

En Europe, par exemple, le coût moyen de l’électricité produite dans les centrales à gaz atteint 60 à 83 dollars le mégawattheure, contre 35 à 64 euros quand elle provient d’éoliennes. Le tout sans subventions.

Production intermittente

Pas possible encore cependant de remplacer toutes les centrales existantes par des énergies renouvelables. Ne serait-ce que pour une raison simple, ces dernières, à part la géothermie, ne sont pas toujours disponibles immédiatement. Elles restent donc « complémentaires » de la production d’électricité basée sur les énergies fossiles ou le nucléaire. (NDLR : affirmation contestée par de nombreux spécialistes)

Stockage et photovoltaïque

La baisse, marquée, des coûts des batteries lithium ion ne suffit pas seule à pallier ce problème. (NDLR : les batteries ne sont pas le seul moyen de stocker l’électricité)

Cette option de stockage, combinée à des panneaux photovoltaïques, n’a de sens économiquement que pour « le commerce de gros à court terme et les utilisations commerciales ».

Son utilité dans le secteur résidentiel et pour le commerce de gros de long terme est pour l’instant « contestée », écrit Lazard.

Par Hortense GOULARD, publié le 7 nov. 2019 à 15h00, mis à jour le 7 nov. 2019 à 15h40

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/electricite-les-energies-renouvelables-sont-de-plus-en-plus-competitives-1146277

Nov 08

« OBJECTIF TERRE »: L’ÉPINEUSE QUESTION DU TRAITEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

Emmanuel Macron est rentré de son voyage en Chine. Le climat a été très présent dans les conversations avec son homologue Xi Jinping. Il a notamment été question de la construction d’une usine de traitement des déchets nucléaires en Chine.

Ce serait le 1er site de retraitement en Chine. Il sera conçu et équipée par la multinationale française Orano, l’ex-Areva. L’usine pourrait traiter jusqu’à 800 tonnes de combustible usagé par an. Une partie pourrait même être recyclée sous forme de “MOX”, ce mélange de plutonium usagé et d’uranium qui peut être ensuite réinjecté dans les centrales.

Le secteur du nucléaire connait un vrai boom en Chine. Le pays compte 48 réacteurs en activité, 10 autres sont en construction, donc forcément se pose la question du traitement des déchets radioactifs. Pour le moment ils sont juste stockés dans des piscines temporaires.

Le contrat est en négociation depuis une dizaine d’années, il pourrait être enfin signé d’ici le 31 janvier prochain. Un méga contrat évalué à plus de 20 milliards d’euros. Plus de la moitié irait directement dans les poches d’Orano. Il faudra ensuite une dizaine d’années de construction pour que l’usine voit le jour.

En France, que deviennent les déchets nucléaires?

On a aussi une usine de retraitement des déchets nucléaires, c’est l’usine de la Hague, l’une des plus importantes au monde. C’est d’ailleurs elle qui doit servir de modèle pour la future usine chinoise. Mais au final sur l’ensemble des déchets, seulement une partie peut être recyclée. Générant alors de nouveaux déchets radioactifs, certains extrêmement dangereux.

La plupart des déchets sont simplement stockés à vie. On estime qu’il y a aujourd’hui un peu plus de 1,6 millions de m3 de déchets radioactifs en France, l’équivalent de 400 piscines olympiques. Ils sont stockés sur plus de 950 sites partout dans le pays. Des sites qui arrivent petit à petit à saturation. 

D’ici 2025, il faudra soit produire moins de déchets – ce serait l’idéal mais on n’est pas parti pour – soit trouver d’autres lieux de stockage. Des lieux qui font toujours polémique. À Bure dans la Meuse, un site de stockage est en projet pour enfouir les déchets à la durée de vie la plus longue à 500m de profondeur. Il pourrait voir le jour en 2026.

Par Géraldine de Mori (avec J.A.), publié le 07/11/2019 à 09h42

Pour retrouver cet article et voir la vidéo correspondante (2mn13s), cliquer sur : https://rmc.bfmtv.com/emission/l-epineuse-question-du-traitement-des-dechets-nucleaires-1801264.html

Nov 07

NUCLÉAIRE IRANIEN : LES ÉTATS-UNIS APPELLENT À DES MESURES « SÉVÈRES »

Les États-Unis poursuivent leur politique de « pression maximale » destinée à contraindre la République islamique à conclure un nouvel accord sur le nucléaire. Ce jeudi 7 novembre, Washington a appelé à l’application de mesures « sévères ».

 Les États-Unis ont appelé jeudi la communauté internationale à prendre des mesures « sévères » pour faire pression sur l’Iran, qui a repris ses activités d’enrichissement d’uranium dans une usine souterraine conformément à sa décision de réduire davantage ses engagements de 2015.

« Il est maintenant temps pour toutes les nations de rejeter le chantage nucléaire de ce régime et de prendre des mesures sévères pour augmenter la pression », a dit le secrétaire d’État américain Mike Pompeo dans un communiqué. « Le développement des activités de prolifération de l’Iran fait craindre qu’il ne soit en train de se positionner pour avoir l’option d’une percée nucléaire rapide », a-t-il ajouté.

« Les membres de la communauté internationale qui sont à juste titre inquiets des dernières attaques et provocations iraniennes devraient imaginer comment l’Iran agirait s’il avait l’arme nucléaire. Les États-Unis ne permettront jamais que cela arrive », a-t-il poursuivi.

« Les dernières escalades nucléaires de l’Iran reflètent les intentions que le régime a depuis le début : forcer la main à la communauté internationale pour qu’elle accepte sa violence et son terrorisme pendant qu’il sape la souveraineté de ses voisins », a encore dit M. Pompeo.

Pression

Washington est sorti l’an dernier de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et mène depuis contre Téhéran une politique de « pression maximale » destinée à contraindre la République islamique à conclure un nouvel accord avec de « meilleures garanties ».

L’Iran a de son côté annoncé qu’il cesserait de respecter des engagements pris dans le cadre du pacte. Asphyxié par les sanctions, Téhéran entend mettre la pression sur les pays européens toujours engagés dans l’accord pour l’aider à les contourner.

Par Ouest-France, publié le 07/11/2019 à 14h45

Photo en titre : Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, le 31 octobre 2019 à Washington, NIKOLAS KAMM-AFP

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-iranien-les-etats-unis-appellent-des-mesures-severes-6598803

Nov 07

DÉMANTÈLEMENT D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE : COMMENT ÇA MARCHE ?

Alors que la plus ancienne centrale nucléaire de France est encore opérationnelle pour quelques mois, la fermeture définitive de Fessenheim interviendra en 2020.

Le premier réacteur sera arrêté le 22 février et le second cessera de fonctionner le 30 juin. Mais au fait, concrètement, comment démantèle-t-on une centrale nucléaire ?

Éléments de réponse avec Christian Jeanneau, Senior Vice-Président nucléaire chez Assystem.

Comment démantèle-t-on une centrale nucléaire ?

À ce jour, près de 180 réacteurs nucléaires ont été arrêtés dans le monde, dont plus de la moitié en Europe. En France,12 réacteurs sont en cours de démantèlement. Selon l’ASN, « le démantèlement couvre l’ensemble des activités, techniques et administratives, réalisées après l’arrêt définitif d’une installation nucléaire, afin d’atteindre un état final prédéfini où la totalité des substances dangereuses et radioactives a été évacuée de l’installation ».

Ces opérations démarrent une fois la production commerciale d’électricité arrêtée.

Puis, une fois le combustible retiré du réacteur et confié à Orano, l’ensemble des autres bâtiments et leurs équipements procédés sont rincés, démontés puis démolis par des industriels en commençant par les bâtiments non nucléaires (turbine, groupe alternateur, …) pour finir par le bâtiment réacteur (internes, cuves…).

Les déchets générés par ces opérations sont conditionnés via des filières industrielles de traitement et confiés pour stockage à l’ANDRA.

À l’issue de ces opérations, l’installation, délaissée de toute radioactivité, est « déclassée », c’est-à-dire qu’elle peut être rendue au monde « conventionnel » pour une utilisation autre.

Les coûts de ces opérations sont supportés par l’exploitant, provisionnés durant la phase d’exploitation du réacteur et font l’objet d’audits réguliers de la Cour des Comptes notamment. (NDLR : laquelle, à plusieurs reprises, a pointé du doigt l’insuffisance de ces provisions)

Quelles sont les étapes ?

En France, le démantèlement d’une installation nucléaire suit un processus réglementaire qui commence par une déclaration d’arrêt définitif au ministre chargé de la sûreté nucléaire et à l’ASN dès lors (ou au moins 2 ans avant) que l’exploitant envisage d’arrêter définitivement son installation et se termine par le déclassement officiel de l’installation. Il comprend généralement trois étapes :

  • La première étape du démantèlement consiste en l’arrêt de l’installation : la production d’électricité est interrompue définitivement, tout le combustible est déchargé, les circuits sont vidangés et plus aucune matière radioactive n’est utilisée dans l’installation. Cette phase de fermeture comprend l’arrêt de production définitif (ADP), la cessation définitive d’exploitation (CDE) et la mise à l’arrêt définitif (MAD) et peut durer quelques années.
  • La seconde étape démarre après l’obtention d’un décret de démantèlement après avis de l’ASN et enquête publique. Ce décret fixe les principales étapes du démantèlement, la date de fin du démantèlement et l’état final à atteindre. Lors de cette étape, tous les bâtiments (à l’exception du bâtiment réacteur) et tous les équipements de procédés sont démontés et l’ensemble des déchets produits sont conditionnés et expédiés vers les centres de stockage adaptés de l’ANDRA.
  • La troisième et dernière étape correspond aux opérations sur site de démantèlement de la cuve, à la démolition des bâtiments du bâtiment réacteur et à l’assainissement des sols.
  • À l’issue de cette dernière étape, le site est déclassé.

Quel devrait être la durée du démantèlement de Fessenheim ?

Pour répondre à cette question, il convient de regarder ce qui s’est passé dans les autres pays, notamment aux États-Unis ou en Allemagne, ou respectivement 37 et 29 réacteurs ont été arrêtés pour des raisons économiques (émergence de gaz de schiste aux USA) ou pour des raisons politiques (Allemagne).

Les récents benchmarks faits là-bas tendent à valider des scénarios selon lesquels un réacteur à eau pressurisée du même type que ceux de Fessenheim (PWR) pourrait être complétement démantelé en une quinzaine d’années.

Combien de personnes seront affectées sur le chantier ?

Décider de fermer et démanteler une installation nucléaire constitue une décision industrielle forte. En effet, le démantèlement est un processus qui s’échelonne sur plusieurs décennies (même en cas de stratégie de démantèlement immédiat) et mobilise des ressources humaines importantes.

Mais les effectifs requis en phases de préparation et de réalisation du démantèlement sont nettement inférieurs aux effectifs en charge de l’exploitation d’une centrale nucléaire. On estime qu’il y a environ 3 fois moins de personnels mobilisés durant les phases de démantèlement par rapport aux phases d’exploitation de la centrale.

Quels types de métiers ?

La nature des activités menées en phases de démantèlement diffère sensiblement des activités nécessaires à l’exploitation. Certaines disparaissent ou sont fortement réduites, d’autres émergent. Par exemple :

  • Les métiers liés à l’exploitation se limitent à la surveillance du confinement (nécessaire à la sureté nucléaire des travaux) et à l’entretien des fonctions support (distribution électrique, ventilations, effluents, etc.). Les métiers liés au pilotage de l’installation nucléaire, à la maintenance des systèmes supports diminuent fortement, voire disparaissent et les ressources correspondantes doivent donc être redéployées sur d’autres installations.
  • À l’inverse, de nouvelles compétences d’études de scénarios de démantèlement (études, qualité, sûreté nucléaire) peuvent être déroulées sur site ou en délocalisées dans des centres d’ingénierie. Sur site, les activités de démantèlement s’articulent essentiellement autour de la décontamination, la découpe et la manutention et le conditionnement de déchets, qui ne sont pas « cœur de métier » d’un exploitant nucléaire. Une grande partie de ces activités peuvent être sous-traitées ; le maître d’ouvrage doit donc assurer la surveillance des travaux assurés par des entreprises spécialisées dans ce type d’activité.

Le digital peut-il permettre un gain d’efficacité sur ce type de projet ?

Pour améliorer l’efficacité des opérations de démantèlement, l’industrie nucléaire a bien évidemment recours au digital. Elle a, par exemple, su mettre en œuvre plusieurs solutions d’intelligence artificielle pour traiter l’ensemble des données d’exploitation qui avaient été générées pendant des décennies d’exploitation. L’enjeu est de taille et pour l’illustrer, gardons en tête qu’à date, le CEA a accumulé plus de 14 milliards de documents sur l’ensemble de ses installations.

Puis, pour améliorer la maîtrise des travaux à réaliser, les exploitants commencent également à développer des jumeaux numériques des installations à démanteler.

Cette innovation permet d’améliorer la maitrise des travaux à réaliser car, au travers d’une continuité étendue des données entre donneurs d’ordre et sous-traitance, elle permet la conception de procédés et outils adaptés aux travaux et qualifiés pour les opérations futures.

Enfin, le développement de salle immersive permet aux opérateurs de valider la faisabilité des opérations à réaliser avant d’entrer en zone, renforçant ainsi l’efficacité et la sûreté des personnels.

Par Christian Jeanneau, publié le 07.11.2019    

https://www.lemondedelenergie.com/demantelement-centrale-nucleaire-comment-ca-marche/2019/11/07/

Nov 07

VERS UNE CONVENTION CITOYENNE SUR L’AVENIR DU NUCLÉAIRE

Julien Fosse est docteur vétérinaire, spécialisé en santé publique, et docteur en biologie. Il a travaillé dans le secteur public sur des questions de recherche, d’alimentation et d’agriculture avant de rejoindre le département développement durable et numérique de France Stratégie.

Rendu public le 28 octobre, le rapport d’audit confié à Jean-Martin Folz dresse un bilan sans appel du chantier de l’ »Evolutionary Power Reactor » – ou EPR – de Flamanville. Ce réacteur de troisième génération devait incarner le renouveau de la filière nucléaire française. Lancé en 2007 pour une mise en service prévue en juin 2012, il ne devrait fonctionner qu’à la fin de l’année 2022. Dans le meilleur des cas… Quant au budget de construction, il a presque quadruplé, passant de 3,3 à plus de 12,4 milliards d’euros. Malgré cet échec industriel, le lancement de nouveaux chantiers est étudié par les pouvoirs publics. De quoi s’interroger sur les voies d’élaboration de notre politique énergétique nationale.

Retards, surcoûts et perte de compétences

Le diagnostic de Jean-Martin Folz est sombre. Il pointe des estimations de coûts et de délais de construction irréalistes, mais alléchantes, ainsi qu’une succession de dysfonctionnements soulignant en creux l’hyper-complexité du projet. Un projet dont le pilotage reposait sur une gouvernance qualifiée d’inappropriée, ne permettant pas d’assurer des relations fluides entre les différents acteurs du chantier. Au-delà de ces observations, la perte de compétences de la filière nucléaire est également pointée du doigt. Elle s’explique par l’absence de construction de centrales depuis vingt ans. Un point noir : la réalisation des soudures, élément clef de la sécurité du réacteur.

Malgré cette analyse, les défenseurs du nucléaire plaident pour un nouveau programme de construction de réacteurs. Les arguments en faveur d’un tel projet sont bien connus : le nucléaire fournit une énergie décarbonée, pilotable, qui assure à la France une autonomie énergétique à coût réduit. L’effet falaise, correspondant à l’atteinte de la « date de péremption » initialement prévue pour de nombreux réacteurs, plaide également pour une relance. Mais des zones d’ombre, récurrentes, persistent : que faire des déchets nucléaires ? Quel est le coût complet de cette énergie, incluant le démantèlement des centrales vieillissantes et le stockage des déchets ? Et peut-on garantir une sécurité optimale à nos concitoyens dans un contexte de « perte de compétences » de la filière ? Autant de questions qui justifieraient un vaste débat public permettant d’éclairer les orientations futures du secteur. Mais ça n’est pas vraiment dans ses habitudes…

EPR : stop ou encore ?

Car le monde du nucléaire reste imprégné d’une culture héritée du passé, aux confins du secret défense et du secret industriel. Un monde de sachants, s’appuyant sur une vision techniciste du progrès, considérant qu’il suffit d’arguments scientifiques pour convaincre. Occultant en cela l’angoisse légitime face à des technologies dont l’histoire a démontré les failles, ce qui appellerait une transparence accrue pour lever les doutes. C’est dans ce contexte que « Le Monde » a révélé, le 12 septembre dernier, un courrier adressé au président d’EDF par les ministres chargés de l’Économie et de la Transition écologique. Un courrier invitant l’entreprise publique à « être en mesure de répondre à l’exécution d’un programme de construction de trois paires de réacteurs sur trois sites distincts« . Une hypothèse de travail, à considérer dès maintenant eu égard à la complexité de mise en chantier de ces mastodontes technologiques.

Mais une hypothèse qui ne peut être passée sous silence alors que le nucléaire fait débat depuis tant d’années. Et que les Français appellent à une plus grande co-construction des politiques publiques. La convention citoyenne pour le climat est à ce titre une première qui fera sans doute date et qui, je l’espère, verra émerger des propositions novatrices reprises par les pouvoirs publics. Un instrument de concertation qui pourrait être transposé au secteur de l’atome. Pour éclairer et co-construire, plutôt qu’imposer sans convaincre. Alors, à quand une convention citoyenne sur l’avenir du nucléaire ?

Par Julien Fosse, biologiste et vétérinaire, publié le 07/11/2019 à 11h00

Photo en titre : © Ludovic Dupin

https://www.usinenouvelle.com/blogs/julien-fosse/vers-une-convention-citoyenne-sur-l-avenir-du-nucleaire.N901539

Nov 07

L’IRAN A RETIRÉ L’ACCRÉDITATION D’UNE INSPECTRICE DE L’ONU SUR LE NUCLÉAIRE

Une observatrice de l’Agence internationale de l’énergie atomique n’a pas passé les contrôles d’une usine d’enrichissement nucléaire, pour avoir « déclenché une alarme« .

L’Iran a retiré l’accréditation d’une inspectrice onusienne à la suite d’un incident « la semaine dernière » lors d’un « contrôle » à l’entrée de l’usine d’enrichissement de Natanz, selon un communiqué officiel. 

LIRE AUSSI >> Iran : l’UE « très préoccupée » par la reprise d’activités nucléaires gelées 

Lors de ce contrôle, cette inspectrice de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) « a déclenché une alarme« , suscitant l’inquiétude qu’elle puisse porter sur elle « un produit suspect« , indique ce communiqué mis en ligne ce jeudi sur le site officiel de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA). 

En conséquence, l’entrée de l’inspectrice sur le site « a été interdite« , ajoute le communiqué, sans dire si un produit suspect a effectivement été trouvé sur elle. L’OIEA indique avoir notifié l’incident à l’AIEA et avoir indiqué à l’Agence que « l’accréditation (de l’inspectrice) avait été retirée« . Cette dernière « a quitté l’Iran pour Vienne« , siège de l’Agence, poursuit le communiqué iranien, sans préciser la nationalité de l’inspectrice ni la date de son départ. 

Une réunion à Vienne où l’incident sera évoqué

L’Union européenne s’est dite dans la foulée « très préoccupée » par « l‘incident relatif à un inspecteur de l’AIEA« , a indiqué un représentant de l’UE dans une déclaration au Conseil des gouverneurs de cette agence de l’ONU. « Nous appelons l’Iran à s’assurer que les inspecteur de l’AIEA puissent remplir leurs fonctions conformément » aux engagements de Téhéran, ajoute la déclaration. 

L’OIEA précise que « le représentant iranien auprès de l’Agence présentera un rapport complet à ce sujet » ce jeudi à Vienne. Selon une source proche de l’AIEA, les 35 membres du conseil des gouverneurs de l’Agence doivent se réunir ce matin pour une séance spéciale consacrée à l’Iran. La question de l’incident survenu à Natanz et du retrait de l’accréditation de l’inspectrice sera au menu. 

LIRE AUSSI >> Nucléaire iranien : pour Macron, les dernières décisions de Téhéran sont « graves » 

Selon cette source, cette réunion avait été convoquée avant l’annonce officielle de cette nouvelle par l’Iran et celle, la veille, de la relance des activités d’enrichissement d’uranium à Fordo (environ 180 km au sud de Téhéran). L’Iran a repris effectivement ce jeudi ces activités dans l’usine, souterraine, de Fordo, dans le cadre de son plan de réduction de ses engagements internationaux en matière de nucléaire. 

Lire notre dossier complet

L’accord sur le nucléaire iranien

Ce plan a été lancé en mai en riposte à la dénonciation unilatérale par Washington, en mai 2018, de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015. En vertu de cet accord, la République islamique est soumise au régime d’inspection le plus strict jamais mis sur pied par l’AIEA afin de s’assurer de la nature exclusivement civile du programme nucléaire iranien. 

Photo en titre : Des inspecteurs de l’AIEA et des techniciens iraniens à la centrale nucléaire de Natanz, le 20 janvier 2014.afp.com/Kazem Ghane

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 07/11/2019 à 10h09 , mis à jour à 12h37

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/l-iran-a-retire-l-accreditation-d-une-inspectrice-de-l-onu-sur-le-nucleaire_2105904.html

Nov 07

EN MÉMOIRE DE SÉBASTIEN BRIAT

Extrait : Les anti-nucléaires allemands commémorent la mort de Sébastien Briat en Lorraine, il y a 15 ans, victime d’un convoi de déchets nucléaires.

Sébastien Briat était un jeune homme de 22 ans originaire de la Meuse. Il est mort le 7 novembre 2004 à 14 h 34 à Avricourt, près de Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, après avoir été heurté par un train de déchets radioactifs destinés à l’Allemagne.

Ce 7 novembre 2004, le train chargé de 12 containers fut d’abord bloqué vers 11 heures à Laneuveville-devant-Nancy par des manifestants enchaînés aux voies. Il est reparti à 13 h 20. Peu après la gare d’Avricourt, le convoi roule à 98 km/heures environ. Trop vite ? En tout cas, à la sortie d’une courbe, le conducteur du train actionne le freinage d’urgence. Quatre jeunes militants ont passé leur bras dans un tube placé sous la voie. Trois d’entre eux ont juste le temps de se dégager. Mais Sébastien a peut-être mal apprécié la distance et la vitesse du convoi. Déséquilibré par les turbulences, il est happé par le train et décèdera peu après.

Les militants anti-nucléaires se souviennent de Sébastien. En Allemagne, notamment, où ils lui rendent un hommage, ce 7 novembre 2019 comme l’explique un article de Lüchow-Dannenberg.

Publié le 7 novembre 2019 à 14h40 par Émilien Lacombe

Photo en titre : Sébastien Briat publiée dans le journal allemand Lüchow-Dannenberg

Pour lire la suite des articles publiés sur le même sujet, cliquer sur :

https://infodujour.fr/societe/26898-en-memoire-de-sebastien-briat

Nov 07

BERNARD DEBOYSER : “NOUS SOMMES À L’AUBE D’UNE VÉRITABLE RÉVOLUTION PHOTOVOLTAÏQUE”

Selon l’Agence internationale de l’énergie, le monde devrait accueillir d’ici 2024 près de 50% de capacités d’énergies renouvelables supplémentaires. Quelles innovations majeures soutiennent cette croissance dans le photovoltaïque et l’éolien ? Comment les réseaux électriques pourront s’adapter à ce nouveau mix énergétique ? L’EnerGeek (EG) a interrogé Bernard Deboyser, (BD) ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable.

EG: Quelles perspectives se dessinent en termes d’innovation dans le secteur éolien et photovoltaïque ?

BD:C’est surtout dans le domaine photovoltaïque que des innovations disruptives apparaissent. Elles permettront dans les prochaines années de réduire encore fortement le coût des installations, et en parallèle leur « dette énergétique ». La dette énergétique, c’est la quantité d’énergie nécessaire pour fabriquer un panneau. Le nombre d’années nécessaire à la rembourser avec la production du panneau (qu’on appelle « energy playback time » en anglais), est une donnée importante. Actuellement, cette dette est « remboursée » en 2,5 ans à peine dans le nord de l’Europe, et en 1,5 à 1 an seulement dans le sud. Ensuite, pendant les 25 à 29 années qui suivent, les panneaux produiront de l’énergie sans en consommer puisqu’ils ne nécessitent aucun entretien, aucune rénovation…

Les chercheurs et fabricants créent des cellules photovoltaïques de plus en plus minces et légères. En 13 ans, on est passé de 16 à 4 grammes par Watt crête (g/Wc). L’industrie utilise donc 4 fois moins de matière et d’énergie qu’auparavant pour fabriquer les cellules. Or, c’est le poste le plus gourmand en énergie dans la fabrication des panneaux. D’où la chute des prix. La filière met aussi au point de nouvelles méthodes pour la fabrication des cellules, comme la technologie « kerfless » qui permet d’économiser de la matière et de l’énergie et de réduire le nombre d’étapes dans leur fabrication. L’espoir vient surtout d’un nouveau type de cellules à base de perovskites, à la place du silicium. Cette innovation permet d’imprimer des cellules avec une simple imprimante semblable à une imprimante à jet d’encre. La technologie est au point et elle apparaît déjà sur le marché. Elle permet de réduire encore le prix et la dette énergétique. On ne parlera bientôt plus de panneaux mais de simples « films » photovoltaïques, toujours plus minces, légers et souples. Ils pourront recouvrir les façades des bâtiments, les carrosseries des voitures, ou même être portés sur nos vêtements. Nous sommes à l’aube d’une véritable révolution photovoltaïque.

Je voudrais aussi signaler que l’on observe de nouveaux usages du photovoltaïque comme le BIPV (Building Integrated Photovoltaics) ou Photovoltaïque Intégré au Bâtiment, l’agrovoltaïque qui est un concept permettant la production d’énergie photovoltaïque sur des terres cultivables, sans en impacter la productivité agricole, et le photovoltaïque flottant, y compris en mer. Un premier projet de ferme photovoltaïque flottante se développe au large des côtes hollandaises. Enfin, il ne faut pas oublier qu’à côté du photovoltaïque, une autre technologie solaire se développe fortement : c’est le solaire à concentration ou CSP, surtout dans les pays à fort ensoleillement où le potentiel est important. Un des avantages de cette technologie est qu’elle permet un stockage pendant plusieurs heures de l’énergie produite, en restituant pendant la nuit l’énergie générée pendant la journée.

Dans le domaine éolien, les innovations sont moins spectaculaires, mais les constructeurs développent des modèles d’éoliennes moins bruyantes, plus grandes et plus puissantes qui disposent d’un meilleur rendement. Des technologies sont aussi mises au point pour réduire les impacts sur l’avifaune, par exemple en arrêtant automatiquement les éoliennes lorsque certaines conditions météo favorables aux sorties de chauve-souris sont remplies. Ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres. Et puis, c’est évidemment dans l’éolien en mer que les développements sont les plus importants et les plus prometteurs, notamment avec l’arrivée des éoliennes flottantes qui permettent de s’éloigner davantage des côtes. Plusieurs pays européens sont en pointe dans l’éolien maritime : le Royaume-Uni, le Danemark, l’Allemagne, la Belgique… Malheureusement, la France a pris beaucoup de retard dans ce domaine.

EG: La part d’énergies renouvelables dans la production électrique augmente de façon constante. Compte tenu de l’intermittence de l’éolien et du photovoltaïque, peuvent-elles s’insérer de façon harmonieuse dans le réseau électrique ?

BD: L’éolien et le photovoltaïque sont des énergies intermittentes, mais les renouvelables ne se limitent pas à ces deux énergies-là, dont la part dans la production renouvelable est minoritaire. En France, comme dans quasi tous les pays, c’est la biomasse qui fournit la majorité de l’énergie renouvelable produite : plus de la moitié. Vient ensuite l’hydroélectricité. Ces deux énergies-là ne sont pas intermittentes, comme ne le sont pas non plus la géothermie ou les énergies de la mer (hydroliennes, énergie houlomotrice, marémotrice, etc.).

L’Union européenne s’est donné un objectif de neutralité carbone en 2050. Elle peut y arriver, comme de nombreuses études scientifiques l’ont démontré, en faisant appel à un mix de toutes les énergies renouvelables que je viens de citer, en y associant des capacités de stockage et en développant les interconnexions entre les pays et les régions d’Europe.

Concernant les réseaux électriques, l’affirmation selon laquelle ils ne pourraient pas supporter une part importante d’énergies intermittentes comme l’éolien et le solaire n’est pas fondée. C’est ce qu’a notamment démontré une étude rendue publique par le Conseil Européen des Régulateurs de l’Énergie (CEER). Le CEER a établi un classement des États dont les réseaux électriques sont les plus stables.

L’Allemagne et le Danemark y occupent les 2e et 3e marches du podium, après la Suisse. Il s’agit pourtant de deux pays qui produisent une part importante de leur électricité par les énergies renouvelables intermittentes. Le Danemark est même le champion en la matière puisque 60 % de son électricité provient de sources renouvelables, dont plus de 42 % sont injectées dans le réseau par des éoliennes. Ce pays est aussi celui où la densité d’éoliennes sur le territoire est la plus élevée. Cette performance est rendue possible grâce à deux câbles sous-marins d’interconnexion qui relient le Danemark aux centrales hydroélectriques de la Norvège et de la Suède. Celles-ci permettent de réguler la production intermittente des éoliennes puisque le Danemark étant un pays plat, il ne dispose pas de capacité hydroélectrique. Des petites centrales locales à biomasse, alimentées notamment avec de la paille, fournissent 16 % de l’électricité et participent aussi à ce rôle régulateur, puisqu’elles peuvent être arrêtées lorsque les éoliennes tournent à pleine puissance et relancées dans le cas contraire.

En Allemagne, les énergies intermittentes que sont l’éolien et le solaire contribuent pour environ 25 % à la production d’électricité. Et le réseau électrique allemand est un des plus stables d’Europe.  L’agence fédérale allemande de contrôle et de régulation des réseaux publie chaque année un rapport. On peut y lire la confirmation que « la part croissante de la capacité de production décentralisée continue à n’avoir aucun impact négatif sur la performance des réseaux ». Entre 2006 et 2016, période pendant laquelle la part des énergies intermittentes a fortement progressé, le nombre et la durée des pannes du réseau allemand ont même été réduites d’un tiers.

EG: Eurostat souligne le retard français dans la production d’énergies renouvelables. Comment faire pour être au rendez-vous des objectifs de la PPE ?

BD: D’abord, il faut une volonté politique forte (NDLR : on ne l’a pas, nucléaire oblige !) qui oriente les choix, comme le démontrent les pays où la part des renouvelables est déjà très importante. Je viens de parler du Danemark, qui est à 60 % de renouvelables dans son mix électrique. La Suède, qui n’est pourtant pas gâtée par le soleil, produit déjà, par les renouvelables, plus de la moitié de toute l’énergie consommée dans le pays.

Par sa géographie, la France a beaucoup d’atouts : elle a des régions montagneuses, ce qui est favorable à l’énergie hydraulique ; de grandes étendues forestières, où elle peut exploiter la biomasse ;  le midi ensoleillé permettrait un bon développement du solaire, y compris du solaire à concentration ; certaines régions, comme le bassin parisien, disposent d’un bon potentiel géothermique ; et elle est pourvue d’un littoral très étendu, où elle pourrait développer fortement les énergies marines, notamment l’éolien en mer. Malheureusement, les Français n’ont pas exploité ce potentiel comme ils auraient pu le faire. L’usine marémotrice de la Rance inaugurée en 1966 par Charles de Gaulle a été la première au monde, et elle fonctionne toujours aujourd’hui. Mais c’est toujours la seule, et les Français n’ont malheureusement pas développé ce know-how. Parce que le pays a ensuite fait le choix du nucléaire et a misé quasi tous ses investissements dans cette technologie. La France est le pays le plus nucléarisé au monde et elle est devenue accroc à cette énergie. Voilà son problème.

EG: Compte tenu de l’objectif de neutralité carbone, y’a-t-il encore un sens à opposer énergies renouvelables et nucléaire ?

BD: Oui, très certainement, je viens de l’expliquer. Vous ne pouvez dépenser un euro qu’une seule fois. L’urgence climatique est telle que les investissements doivent être consacrés aux solutions énergétiques les plus efficaces, les plus économiques et les plus rapides. Or, aujourd’hui ce n’est certainement plus le cas du nucléaire.  Au cours de la dernière décennie, les coûts actualisés d’une unité de production électrique ont baissé de 88% pour le solaire et de 69% pour l’éolien, alors qu’ils ont augmenté, en moyenne de 23% pour le nucléaire. Ces dernières années, la poussée des coûts de sécurité dans le nucléaire a contribué à creuser l’écart. Par MWh produit sur la durée de vie d’une installation, le coût total (construction + exploitation) du solaire photovoltaïque varie entre 33 et 40 €/MWh et celui de l’éolien, entre 26 et 51 €. Pour le nucléaire, la fourchette est de 102 à 172 € soit, en moyenne, 3 à 4 fois plus cher que les renouvelables. En plus la durée moyenne de construction d’une nouvelle centrale est de 10 ans, sans compter la durée de toutes les études préalables au projet.

L’exemple du seul réacteur actuellement en construction en France, celui de l’EPR de Flamanville est significatif. Commencé en 2007, le chantier n’est toujours pas terminé, 12 ans plus tard. De retards en déboires nombreux et divers, sa mise en service prévue au départ en 2012, est actuellement programmée à fin 2022, soit après 10 ans de retard, au moins. Son coût, établi initialement à 3 milliards d’euros a déjà plus que triplé, la dernière estimation étant de 10,5 milliards.(NDLR : on en est à 12, 4 milliards) Mais le prix pour EDF pourrait s’élever au final à 15 milliards selon certains experts.

Un autre EPR de fabrication française se construit à Olkiluoto, en Finlande, et cela ne se passe pas beaucoup mieux. Débuté en septembre 2005 pour une mise en service initialement prévue à mi-2009, les travaux s’éternisent aussi. Aujourd’hui, l’exploitant TVO estime ne pas pouvoir disposer de l’installation avant mi-2020. Vous comptez bien : plus de 10 ans de retard également ! Côté coût, le montant forfaitaire de 3 milliards d’euros initialement convenu par contrat a explosé lui aussi suite aux indemnités de retard exigées par TVO. Le constructeur, Areva, étant une entreprise détenue majoritairement par l’État et par le Commissariat à l’énergie atomique (un établissement public), une grande partie des surcoûts liés à ces retards sera donc à la charge du contribuable français.

Pendant que le nucléaire français s’enlise dans ce bourbier, les nouvelles installations solaires et éoliennes accroissent leurs capacités de production plus rapidement que tout autre type d’énergie. Depuis 2000, les énergies vertes se développent dans le monde 25 fois plus vite que le nucléaire. Pour moi c’est clair, le nucléaire est trop cher et trop lent, il ne sauvera pas le climat. Si la France veut atteindre rapidement la neutralité carbone elle ne doit plus miser sur le nucléaire et orienter tous ses investissements dans les renouvelables… Et par là je n’entends pas seulement le solaire et l’éolien.

Rédigé par : Bernard Deboyser, (Ingénieur polytechnicien et chargé d’enseignement à l’université de Mons (Belgique) Bernard Deboyser est aussi expert en énergie. Il conseille plusieurs grandes entreprises industrielles et participe au développement de parcs éoliens et projets hydroélectriques.)

Publié le mercredi 6 Novembre 2019

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/la-centrale-nucleaire-de-belleville-toujours-ciblee-par-les-ecologistes-1573050433

Nov 07

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BELLEVILLE TOUJOURS CIBLÉE PAR LES ÉCOLOGISTES

La centrale nucléaire de Belleville sur Loire, dans le Nord du Cher, à nouveau assignée en justice ce mercredi par le Réseau Sortir du Nucléaire. Devant la cour d’appel de Bourges cette fois… Les écologistes dénoncent le manque de rigueur dans la gestion et la maintenance des deux réacteurs.

 Les militants écologistes dénoncent depuis plusieurs années des manquements dans la conduite de la centrale nucléaire de Belleville sur Loire (Cher) © Radio France – Michel Benoit

En mars dernier, le tribunal de police avait rejeté la demande des écologistes pour des problèmes de forme. Ce mercredi, l’affaire a donc pu être plaidée, en appel, sur le fond.  Le Réseau Sortir du Nucléaire se base sur les rapports de l’ASN, l’autorité de sûreté nucléaire, pour mettre en cause la responsabilité d’EDF et ceci alors que la centrale fait l’objet d’une surveillance renforcée depuis plus de deux ans :  » On va enfin enfin parler du fond, les 46 infractions relevées par l’ASN lors d’une inspection en avril 2017, se réjouit Françoise Pouzet, présidente de Sortir du Nucléaire Berry/Puisaye. Le problème sur cette centrale, c’est l’accoutumance aux anomalies. Notamment sur la conduite du réacteur, c’est quand même pas rien ! «  Le réseau Sortir du Nucléaire réclame 5 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral.  

Les militants écologistes ont animé le parvis devant le tribunal de Bourges avant l’audience. © Radio France – Michel Benoit

Des défauts d’entretien sur les diesel de secours, de la corrosion sur de la tuyauterie, des soucis sur les bâches de rétention, c’est assez technique… les militants écologistes ciblent précisément cinq manquements relevés par l’autorité de sûreté nucléaire :  » La centrale nucléaire de Belleville est sous surveillance renforcée depuis plus de deux ans. Ce n’est pas anodin, insiste  Françoise Pouzet. On doute puisque lorsque l’ASN effectue une inspection, qu’elle préconise des interventions, on s’aperçoit que certaines ne sont toujours pas appliquées dans l’inspection suivante. » 

Cette plainte vise clairement à faire pression sur EDF, mais pour l’avocat du producteur d’électricité, il ne peut y avoir de condamnation puisque l’autorité de sûreté nucléaire, l’ASN, ne parle même pas d’infraction :  » L’ASN a la capacité de dresser des procès-verbaux, elle ne l’a pas fait, argumente Yves Martinet, avocat d’EDF. Ni l’ASN, ni le parquet de Bourges n’ont donné suite sur le plan pénal. Il n’y a donc pas d’infraction pénale contrairement à ce que veut laisser croire le réseau Sortir du Nucléaire. » Le nombre d’incidents est d’ailleurs en diminution depuis trois ans, sur la centrale, mais l’élève Belleville peut encore mieux faire. La cour d’appel de Bourges rendra sa décision le 18 décembre.

À lire aussi Indre-et-Loire : condamnation confirmée pour la centrale de Chinon

Par Michel Benoît, France Bleu Berry, France Bleu Orléans, publié le mercredi 6 novembre 2019 à 15h39, mis à jour le mercredi 6 novembre 2019 à 16h25

Photo en titre : La centrale nucléaire de Belleville sur Loire (Cher) © Radio France – Michel Benoit

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/la-centrale-nucleaire-de-belleville-toujours-ciblee-par-les-ecologistes-1573050433

Nov 06

MOMENTS CHAUDS DE LA GUERRE FROIDE

Ces moments de tension extrême, où la Guerre froide a failli tourner à l’affrontement direct entre les deux puissances nucléaires.

Nous célébrons, ce mois-ci, le trentième anniversaire de la chute du Mur de Berlin

Le mur de la honte, érigé pour empêcher les Allemands de l’Est de fuir, dans la partie occidentale de la ville, l’oppression et la misère qu’’y faisait régner le régime communiste ! Ce fut le symbole de la coupure d’une nation, l’Allemagne et au-delà, de l’Europe elle-même, en deux alliances politiques et militaires sur le pied de guerre et prêtes à en découdre pendant plus de quarante ans. Ce n’était pas vraiment la fin officielle de la Guerre froide : il restait plus de cent mille soldats soviétiques en RDA. 

Mais tous ceux qui ont vécu ce moment historique sur place, en Europe centrale, comme c’est mon cas, se souviennent de l’extraordinaire euphorie ressentie. Certes, à la suite de la réunification de l’Allemagne, démocratiquement réclamée au cours d’élections enfin libres, l’unification avérée des peuples européens interviendrait plus tard, avec les élargissements de l’Union européenne de 2004 et 2007. Mais d’ores et déjà, l’Europe de l’Ouest avait compris qu’elle devait la fin de la Guerre froide au soulèvement de ses frères séparés d’Europe centrale. Une affaire infiniment dangereuse s’achevait à la satisfaction générale. 

Car, on l’oublie, mais le monde est passé, à plusieurs reprises tout près de l’enfer nucléaire

Oui. Ce fut le cas lors de la guerre de Corée en 1950-51 : le général MacArtur a réellement proposé d’utiliser des bombes atomiques ! Mais aussi, à la fin de 1962, lorsque les États-Unis découvrirent que les Soviétiques avaient installé des rampes de lancement destinées à recevoir des missiles dans l’île voisine de Cuba. On s’en souvient. Mais on a tendance à oublier combien dangereuse apparaissait la situation internationale au tournant des années 1970 et 1980.

Cela est fort bien documenté dans un livre qui vient de paraître, Histoire mondiale de la Guerre froide, due à un historien norvégien, Odd Arne Westad. Il rappelle que ce regain de Guerre froide a commencé vers la fin de la présidence de Jimmy Carter. Au Nicaragua, les sandinistes avaient pris le pouvoir et les Américains redoutaient leur influence au Salvador. L’intervention de soldats cubains, discrètement encadrés par des Soviétiques dans des conflits en cours – 30 000 en Angola, 15 000 en Ethiopie, l’intervention de l’Armée rouge elle-même en Afghanistan avaient convaincu ce président démocrate que « pèse des menaces extrêmement graves pour la paix », comme il le dit dans son dernier grand discours télévisé. 

L’explosion des dépenses militaires

Son Conseiller à la Sécurité nationale, Zbigniew Brzezinski, décrivit un « arc de crise », depuis la Corne de l’Afrique jusqu’au bord de l’océan Indien en passant par la mer Rouge. Cette inquiétude des Américains face à une Union soviétique qui semblait partout à l’offensive fut l’une des causes principales de la victoire électorale du Républicain Ronald Reagan. Les dépenses militaires avaient déjà considérablement augmenté lors de la dernière année du mandat de Jimmy Carter. Elles vont exploser sous Reagan. « Au début des années 1980, écrit Westad, la guerre froide prend une allure extrêmement périlleuse, probablement plus qu’elle ne l’a jamais été depuis la crise des missiles de Cuba en 1962. » (p. 521)

Non seulement Reagan arme, au Nicaragua, les « contras » antisandinistes, mais il met un embargo sur une partie des exportations de gaz et de pétrole, par lesquels l’URSS finançait ses énormes emprunts en Occident. Il réplique à l’installation des missiles balistiques mobiles à trois têtes nucléaires SS-20 en décidant l’installation de missiles à moyenne portée Pershing II et de missiles de croisière en Europe de l’Ouest. Il lance le projet extravagant d’un bouclier anti-missiles à base de lasers, déployé dans l’espace.

C’est à Reagan et à Gorbatchev que l’on doit la fin de la guerre froide

En septembre 1983, alors que l’inamovible dirigeant suprême de l’URSS, Leonid Brejnev est mort l’année précédente, l’armée de l’air soviétique abat un avion de ligne sud-coréen égaré dans son espace aérien. A bord, soixante-et-un citoyens américains, dont un membre du Congrès. Reagan vient à la télévision dénoncer un « crime contre l’humanité ». Juste après, on frôle réellement la guerre lors des manœuvres de l’OTAN, dites Able Archer 83. Elles simulent l’escalade d’un conflit est/ouest jusqu’aux premières frappes nucléaires. Moscou place sa flotte aérienne en état d’alerte. On est à la merci d’une erreur d’interprétation tragique sur les intentions réelles de l’adversaire.

Et pourtant, si l’on suit bien Westad, c’est Ronald Reagan qui va entamer la désescalade. D’un tempérament optimiste, il est persuadé de la supériorité technologique des États-Unis. Il déteste l’armement nucléaire. Lorsque Mikhaïl Gorbatchev devient le nouveau Secrétaire général du Parti communiste d’Union soviétique, en 1985, ces deux hommes vont s’entendre pour réduire à la fois les dépenses consacrées aux armements et le soutien aux mouvements visant à déstabiliser l’autre à l’étranger. C’est la dernière étape de la Guerre froide, celle qui mènera à la paix, à travers la dissolution du Pacte de Varsovie.

Le Tour du monde des idées par Brice Couturier, publié le 06/11/2019

https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/le-tour-du-monde-des-idees-du-mercredi-06-novembre-2019

Nov 06

[INFOGRAPHIE] 100 % D’ÉNERGIE RENOUVELABLE AU NIVEAU MONDIAL EN 2050, C’EST POSSIBLE ET RENTABLE !

Passer à 100 % d’énergies renouvelables, c’est possible en électrifiant tous les secteurs de l’énergie. Et ce serait même plus rentable que le système actuel. Voilà la conclusion à laquelle sont parvenus 14 scientifiques après quatre années et demie de recherches. Le dernier rapport sur les renouvelables de l’Agence internationale de l’énergie confirme déjà un boom du solaire, notamment décentralisé, d’ici 2024.

L’étude publiée (1) au printemps dernier a eu peu d’échos. Pourtant, les experts de l’université finlandaise LUT University et d’Energy Watch Group y démontraient qu’arriver à 100 % d’énergie – et non seulement l’électricité – renouvelable était non seulement possible techniquement mais aussi compétitif par rapport au système actuel. Une aubaine dans la lutte contre le changement climatique car cela permettrait de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre du système énergétique, d’ici 2050.

Électrification complète des secteurs de l’énergie

« La transition énergétique n’est pas une question de faisabilité technique ou de viabilité économique, mais relève d’une volonté politique », rappelle Hans-Josef Fell, président de Energy Watch Group, qui enjoint les gouvernements à prendre connaissance des recommandations nées de ce rapport. Ce système 100 % énergie renouvelable reposerait sur une « électrification complète dans tous les secteurs de l’énergie« , précisent les auteurs.

La production totale d’électricité sera en 2050 de quatre à cinq fois supérieure à celle de 2015. En conséquence, la consommation d’électricité en 2050 représentera plus de 90 % de la consommation d’énergie primaire. Dans le scénario des chercheurs, la production sera principalement assurée par le solaire (70 %) et l’éolien dans une moindre mesure (18 %). D’ici 2050, le vent et le soleil représenteront 96 % de la totalité des sources d’énergie renouvelables. Viennent ensuite la biomasse (6 %), l’hydroélectricité (3 %), et la géothermie (2 %).

L’étude montre en outre que le passage à 100 % d’énergie renouvelable n’est pas plus coûteux que le système actuel avec un coût du mégawattheure stable, autour de 53 euros en 2050, auquel il faut retrancher les externalités négatives liées aux énergies fossiles, non prises en compte. Ce système permettra également de créer 15 millions d’emplois dans les énergies renouvelables, de quoi compenser les pertes dans l’industrie fossile, qui emploie aujourd’hui 14 millions de personnes.

Boom du solaire

De son côté, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), table déjà sur un boom du solaire dans les cinq années à venir (2), notamment pour les équipements décentralisés (posés sur des maisons, des usines, des supermarchés…). Chez les particuliers, le nombre de toitures équipées devrait doubler, à environ 100 millions d’ici cinq ans, selon l’AIE. Cela représente 6 % du potentiel en surface de toits disponible.

« Une croissance aussi météorique en dehors de la sphère des fournisseurs d’énergie traditionnels va transformer la manière dont nous produisons et consommons l’électricité avec des implications majeures pour les consommateurs, les opérateurs comme les régulateurs », prévient le directeur de l’AIE, Fatih Birol. Ces systèmes « donnent beaucoup de pouvoir aux producteurs d’énergie individuels », assure-t-il, mais « ils donnent aussi aux citoyens le moyen de contribuer au combat contre le réchauffement climatique ».

Les énergies renouvelables devraient globalement voir leurs capacités mondiales croître de 50 % d’ici 2024, avec un bond de 1200 gigawatts de capacités nouvelles, soit l’équivalent de la capacité électrique actuelle des États-Unis. À cet horizon, elles représenteraient 30 % de la production d’électricité mondiale, contre 26 % aujourd’hui, se plaçant juste derrière le charbon (environ 34 %).

Concepcion Alvarez @conce1

(1) Voir l’étude de LUT University et Energy Watch Group.

(2) Voir la nouvelle étude de l’AIE sur les énergies renouvelables.

Publié le 5 novembre 2019

Photo en titre : Chez les particuliers, le nombre de toitures équipées devrait doubler, à environ 100 millions d’ici cinq ans, selon l’AIE. @CC0

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-renouvelables/isr-rse/infographie-100-d-energie-renouvelable-au-niveau-mondial-en-2050-c-est-possible-et-rentable-147869.html

Nov 06

NOUVEL ACCROC IRANIEN À L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE

Téhéran a annoncé mardi la reprise d’un enrichissement dans l’usine souterraine de Fordo, au sud de la capitale. Cette mesure correspond à la quatrième phase du plan de réduction des engagements iraniens en riposte au retrait américain de l’accord.

C’est un nouvel accroc au traité de juillet 2015 (JCPoA) mettant sous contrôle international le programme nucléaire iranien. Comme annoncé, les autorités iraniennes ont encore un peu réduit leurs engagements en matière nucléaire en annonçant la reprise d’un enrichissement, dans l’usine souterraine de Fordo, à quelque 180 kilomètres au sud de Téhéran, qu’elles avaient gelé en vertu de l’accord de Vienne.

Cette mesure correspond à la quatrième phase du plan de réduction des engagements iraniens en riposte à la dénonciation unilatérale de l’accord de Vienne par Washington. Depuis mai, Téhéran a commencé à produire de l’uranium enrichi à 4,5 %, un taux supérieur au plafond de 3,67 % prévu par l’accord mais loin des 90 %, le taux nécessaire pour un usage militaire. L’Iran accumule désormais 5 kilos d’uranium enrichi par jour s’affranchissant de la limite de 300 kilos maximum de stock imposée par le JCPoA.

Stratégie de « pression maximale »

L’annonce du président Hassan Rohani survient au lendemain de l’expiration d’un délai donné par Téhéran afin que les autres parties – toujours signataires au traité – l’aident à contourner les conséquences du retrait en mai 2018 des États-Unis de ce pacte signé entre les 5 +1 (les membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) et l’Iran. Un an plus tard, en mai 2019, l’administration Trump, décidée à appliquer une stratégie de « pression maximale », avait encore durci ses sanctions unilatérales avec la suppression des exemptions dont bénéficiaient encore les huit principaux clients du brut iranien dont, notamment, la Chine, l’Inde et le Japon.

Cette stratégie d’accrocs répétés au traité vise à isoler les Américains tout en évitant l’irréparable. Hassan Rohani a ainsi précisé que les centrifugeuses de Fordo seraient maintenues sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), comme le reste des activités nucléaires de l’Iran, soumis au régime d’inspection le plus strict jamais mis en place par cet organe de l’ONU. Il a aussi tenu à rappeler que les mesures prises par la République islamique étaient « réversibles » et que Téhéran était prêt à revenir à l’application complète de ses engagements dès lors que les autres parties à l’accord de Vienne respecteront les leurs. Il ne ferme donc pas la porte à une reprise des négociations alors que la nouvelle décision risque de faire à nouveau monter la tension dans la région.

Inquiétude générale

« Des négociations en coulisse continuent avec certains pays », a assuré le président iranien. Paris s’est posé en médiateur entre Washington et Téhéran. Emmanuel Macron avait tenté d’organiser à New York, en marge de l’assemblée générale des Nations unies, fin septembre, une rencontre entre Donald Trump et Hassan Rohani. Ce dernier avait refusé au dernier moment le face à face tout en affirmant, lors de son retour à Téhéran, que « le plan français aurait pu être acceptable, d’une certaine façon ».

Le président français proposait un plan en quatre points prévoyant que l’Iran se remette en conformité avec ses engagements de l’accord de juillet 2015 et accepte des négociations pour les prolonger après 2025, mais aussi qu’il mette un terme à sa politique agressive dans la région. En contrepartie, Téhéran obtiendrait la levée des sanctions américaines et pourrait disposer de ses revenus pétroliers. On restait dans le flou à propos du programme balistique iranien, point sur lequel le régime reste intransigeant.

Le nouvel accroc à l’accord complique la donne. « Nous exhortons l’Iran à revenir sur ses décisions contraires à l’accord et à coopérer pleinement avec l’AIEA », a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. L’inquiétude est générale. « Nous sommes très préoccupés », a déclaré la porte-parole de Federica Mogherini. La Chine et la Russie estiment que chaque réduction supplémentaire des engagements iraniens rend plus compliqué le sauvetage de ce texte. Avant même l’annonce de Téhéran, l’administration Trump annonçait des sanctions à l’encontre de neuf membres de l’entourage de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution iranienne, dont l’un de ses fils et son chef de cabinet. La date choisie correspond au quarantième anniversaire de la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran.

Par Marc Semo,  publié le 5 novembre 2019 à 17h54, mis à jour à 18h09

Photo en titre : Le président iranien Hassan Rohani à Téhéran, le 5 novembre. HO / AFP

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/05/nouvel-accroc-iranien-a-l-accord-sur-le-nucleaire_6018134_3210.html

Nov 05

LES ÉCOLOGISTES ALLEMANDS NE VEULENT PAS D’UN ÉVENTUEL EPR À FESSENHEIM

Le gouvernement a récemment adressé à EDF une « feuille de route » pour la construction de six réacteurs EPR, par paires, sur les quinze prochaines années.

Aucune décision n’a été arrêtée et les trois sites d’implantation de ces éventuelles réalisations ne sont pas encore connus, mais la branche fribourgeoise du Bund (la Fédération allemande pour l’environnement et la protection de la nature) préfère prendre les devants.

Dans un communiqué diffusé ce lundi, elle s’étonne de cette feuille de route, à l’aune du « fiasco de l’EPR en construction à Flamanville » et des « dangers de l’énergie nucléaire ». « Depuis longtemps, l’économie s’est aussi prononcée contre le nucléaire », ajoute la fédération. Elle estime que, si une localisation à Fessenheim « serait idéale du point de vue d’EDF », « ce qui parle massivement » contre cette implantation en Alsace, « c’est le mouvement environnemental transfrontalier, la résistance passée et la résistance future, attendue avec raison ». « Quiconque veut imposer de nouvelles centrales nucléaires et ne s’appelle pas Marine Le Pen n’essaiera pas de le faire à Fessenheim, car cela y déclencherait la plus vive protestation et un tsunami politique, », conclut le Bund.

Publié le 04/11/2019 à 16h13

Photo en titre : La centrale nucléaire EDF de Fessenheim.  Photo L’Alsace /Hervé KIELWASSER

https://www.dna.fr/edition-de-guebwiller/2019/11/04/les-ecologistes-allemands-ne-veulent-pas-d-un-eventuel-epr-a-fessenheim

Nov 05

L’IRAN ANNONCE LA CONSTRUCTION D’UN NOUVEAU RÉACTEUR À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BOUCHEHR

En coopération avec Moscou, la construction du deuxième réacteur de la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran, débutera le 10 novembre, a annoncé l’ambassade de Russie en Iran, livrant ainsi des détails sur l’annonce faite plus tôt par Téhéran.

La cérémonie officielle du début de la construction du deuxième réacteur de la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran, aura lieu le 10 novembre, a fait savoir l’ambassade de Russie à Téhéran lundi 4 novembre.

Selon une source à l’ambassade, le premier coulage de béton marquera le début officiel des travaux de construction de la deuxième unité de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr, à proximité de la ville du même nom située sur la côte du golfe Persique.

La nouvelle a été annoncée le même jour par Ali Akbar Salehi, directeur de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran. «J’espère que nous commencerons le coulage du béton dans une semaine», a-t-il déclaré en conférence de presse, diffusée sur la télévision nationale iranienne.

Nucléaire: l’Iran dit élaborer une centrifugeuse 50 fois plus puissante que celles de première génération CC BY-SA 2.0 / Giorgio Montersino

En novembre 2014, la Fédération de Russie et l’Iran avaient signé un contrat pour la construction des deuxième et troisième réacteurs de la centrale nucléaire de Bouchehr. Le projet Bouchehr-2 a été lancé le 10 septembre 2016. Les deux nouvelles unités auront une puissance totale de 2.100 mégawatts. La construction du deuxième réacteur devrait s’achever en 2024, celle du troisième en 2026.

Publié le 04.11.2019 à 18h05

Photo en titre : © Sputnik . Valeriy Melnikov

https://fr.sputniknews.com/international/201911041042371375-liran-annonce-la-construction-dun-nouveau-reacteur-a-la-centrale-nucleaire-de-bouchehr/

Nov 04

DU 7 AU 11 NOVEMBRE MOSCOU VA ACCUEILLIR UNE CONFÉRENCE POUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

La Conférence consacrée au désarmement et à la non-prolifération nucléaire se tiendra du 7 au 11 novembre à Moscou.

Le forum réunira de différents groupes d’experts et forums, notamment un groupe spécial consacré au Plan d’action global commun, également connu sous le nom de l’ « Accord nucléaire iranien » .

La conférence de cette année traitera des menaces qui pèsent sur le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Quelque 250 représentants de haut niveau de 40 pays et d’organisations internationales de premier plan, notamment l’Agence internationale de l’énergie atomique, participeront à cet événement.

Date de publication: le 04 11 2019 à 17h05

https://fr.news-front.info/2019/11/04/271811/

Nov 04

STOCKAGE DÉCHETS NUCLÉAIRES SUISSES : UNE NOUVELLE AUTORISATION DE FORAGE A ÉTÉ ACCORDÉE

Déchets nucléaires : Le versant nord des Lägern (AG/ZH) sera foré pour y étudier la possibilité d’un dépôt de déchets nucléaires en couches géologiques profondes.

La Société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs (Nagra) peut procéder à des forages en vue de l’implantation de sites de dépôts souterrains au versant nord des Lägern (AG/ZH). Le Département fédéral de l’énergie (DETEC) lui a octroyé une nouvelle autorisation.

L’autorisation porte sur le forage Stadel 1, a indiqué lundi l’Office fédéral de l’énergie. La Nagra pourra y analyser de manière approfondie la possibilité d’y établir un dépôt de déchets nucléaires en couches géologiques profondes.

Depuis le mois d’août 2018, le DETEC a octroyé 16 autorisations de forage. Dix d’entre elles sont déjà entrées en force.

De 2016 à 2018, la Nagra a déposé 23 demandes d’autorisation de forage: huit pour Jura-est, huit pour Zurich nord-est et sept pour le nord des Lägern. Toutes ces demandes ont été mises à l’enquête publique. Elles ont donné lieu à 472 oppositions pour Jura-est, 99 pour Zurich nord-est et 132 pour le nord des Lägern.

La Nagra ne réalisera probablement pas les 23 forages demandés. Les résultats des premiers forages détermineront la suite de la planification. (ats/nxp)

Publié le 04.11.2019 à 12h04

Photo en titre : Les tests de forage sont prévus dans la commune de Buelach (ZH). Image: Keystone

https://www.tdg.ch/suisse/nouvelle-autorisation-forage-accordee/story/16754786

Nov 04

L’EPR : LE NUCLÉAIRE C’EST CHER ET ÇA NE FONCTIONNE PAS

Sorte de réplique moderne du tonneau des Danaïdes, l’EPR de Flamanville, dans le département de la Manche, fait à nouveau parler de lui : entre retards de chantier (livraison prévue en 2010, « potentiellement promise » maintenant en 2022) et surcoûts (de trois milliards estimés, on dépasserait aujourd’hui les 12 milliards), reste-t-il, finalement, un avenir pour ce qui était vendu, à la fin des années 90 (1998-2000) comme la nouvelle merveille du genre ?

 Vue du chantier du futur réacteur de nouvelle génération EPR où les premiers travaux de terrassement ont débuté le 10 octobre 2006 à Flamanville (Manche)• Crédits : MYCHELE DANIAU – AFP – AFP

La France s’est lancée dans l’aventure de l’EPR en 2007, en démarrant  le chantier de Flamanville, dans la Manche. Il devait être achevé en 2012, pour 3,5 milliards d’euros. Mais les contretemps techniques et retards se sont accumulés. Le rapport de Jean-Martin Folz, remis le 28 octobre dernier, le démontre. Aujourd’hui, un nouveau scénario est même évoqué : l’arrêt pur et simple du chantier. Comment en est-on arrivé là ?

Conférence de presse de présentation du rapport de Jean-Martin Folz (à droite) au Ministère de l’Économie avec Jean-Bernard Levy (à gauche) Président-Directeur Général du groupe EDF• Crédits : ERIC PIERMONT -AFP – AFP

Bernard Laponche, polytechnicien et physicien nucléaire qui représente l’association Global Chance revient sur la genèse du projet présenté à la fin des années 90 (1998-2000). À cette période, l’EPR de Flamanville était « vendu » comme la nouvelle merveille dans le domaine du nucléaire, c’est à dire ce que l’on pouvait faire de mieux en la matière, en réunissant les propriétés du meilleur réacteur nucléaire français de l’époque et du meilleur réacteur allemand. Déjà très difficile de combiner deux techniques qui sont assez proches mais quand même assez différentes et d’en faire quelque chose d’extraordinaire. Alors, tout le monde a accueilli avec enthousiasme l’EPR d’autant plus qu’il répondait à un certain nombre de modifications techniques et de sûreté : il était plus puissant que les précédents, beaucoup plus complexe et moins cher. Et il devait être construit en cinq ans, record mondial à la fois sur le plan technique, de la sûreté, sur le plan du coût et de la rapidité. Et d’autres pays se sont lancés dans le projet.

16 novembre 2016, sur le site de l’EPR de Flamanville (Manche), toujours en construction• Crédits : CHARLY TRIBALLEAU – AFP – AFP

On l’a vendu aux Finlandais avant que quoi que ce soit débute en France. Les Finlandais l’ont acheté parce que c’était un prix très bas, trois milliards, ce qui était extraordinaire donc ça a été approuvé en Finlande. Pareil en France ! Il y a eu un débat public sur l’EPR auquel j’ai participé où il y avait des critiques tout à fait importantes sur les différents aspects dont j’ai parlé. Le parlement a voté comme un seul homme, « l’EPR formidable ! », le gouvernement a décidé l’EPR, c’est parti en 2007. On a commencé à construire avec comme objectif un démarrage en 2012…Bernard Laponche

Et pourtant, Bernard Laponche nous explique que, dès le début, ça a été une catastrophe ! Même le béton, qui pourtant n’est pas du nucléaire, « on fait du béton partout », le béton a été loupé et il a fallu quatre ans, en gros, pour le réussir… Après, ça a été les soudures et les problèmes sont arrivés dès le début. Si effectivement, au niveau du béton, ce n’est pas trop compliqué, en revanche, pour les soudures, Bernard Laponche nous confirme c’est une autre affaire, quoi que :

Effectivement, ce sont des soudures d’acier, de tuyauteries qui sont certes épaisses mais ce n’est pas la première fois qu’il y a des tuyauteries de ce type… la cuve, par exemple, du réacteur a des soudures… sur les tuyaux du circuit primaire, il y a des soudures… et tout d’un coup, on s’aperçoit dès le début des premiers ennuis. D’abord sur l’enveloppe en acier à l’intérieur de l’enceinte de confinement, il existe des problèmes de soudures. Il faut les refaire. Après il y a eu des problèmes sur ce que l’on appelle les consoles qui tiennent le pont roulant, et de devoir refaire toutes les consoles… et on arrive à cette histoire de soudures de pièces très importantes du circuit secondaire… et au fur et à mesure, l’autorité de sûreté nucléaire disait « non, ça ne va pas, il faut refaire ». Et quand vous refaites, vous perdez du temps… Bernard Laponche

Invité : Bernard Laponche, polytechnicien, physicien nucléaire. Né en 1938, Bernard Laponche est consultant international dans  les domaines de l’énergie et de l’efficacité énergétique et membre des associations Global Chance et Énergie Partagée.

Actualité

Rapport de Jean-Martin Folz remis au Président Directeur Général d’EDF le lundi 28 octobre 2019

Par Guillaume Erner, le 4 novembre 2019

Photo en titre : EPR de Flamanville, dans la Manche. © SIPA PRESS

Liens

Rapport de Jean-Martin Folz

Énergie Partagée

Global Chance 

Extraits

Odezenne dans Nucléaire un extrait de l’album Au Baccara (2018)

« Superfail » est un podcast original de Guillaume Erner, le producteur des Matins de France Culture : chaque lundi matin, retrouvez une histoire d’échec, de fail, décryptée avec un invité. Un programme à écouter à votre rythme, quand vous le désirez. 

Retrouvez l’intégralité des épisodes de Superfail

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L’équipe de Superfail

Guillaume Erner, Sylvia Favre, David Jacubowiez. Aujourd’hui, la prise de son est assurée par Théo Gomar

https://www.franceculture.fr/emissions/superfail/superfail-du-lundi-4-novembre-lepr-le-nucleaire-cest-cher-et-ca-ne-fonctionne-pas

Nov 04

NUCLÉAIRE : L’IRAN AUGMENTE FORTEMENT SA PRODUCTION D’URANIUM ENRICHI

VIDÉO. Deux mois après s’être affranchie des restrictions qui pesaient sur elle, l’Iran a également mis au point deux nouveaux modèles de centrifugeuses avancées.

L’Iran a annoncé ce lundi 4 novembre produire désormais 5 kg d’uranium enrichi par jour, soit plus de dix fois plus qu’il y a deux mois, lorsque le pays s’est affranchi d’un certain nombre de restrictions sur son programme nucléaire, auxquelles il avait consenti en 2015. L’annonce a été faite devant la télévision d’État par le vice-président de la République islamique et chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi. Il a également indiqué que son pays avait mis au point en deux mois deux nouveaux modèles de centrifugeuses avancées, dont l’un commence à être testé.

Par un accord conclu à Vienne en juillet 2015 avec le Groupe 5 + 1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne), Téhéran a accepté de réduire drastiquement ses activités nucléaires – afin de garantir leur caractère exclusivement civil – en échange de la levée d’une partie des sanctions internationales qui asphyxiaient son économie. En riposte au retrait unilatéral des États-Unis de ce pacte en mai 2018 et au rétablissement de lourdes sanctions américaines la privant des bénéfices économiques qu’elle en attendait, la République islamique a commencé en mai à revenir sur certains de ses engagements. Elle produit ainsi de l’uranium enrichi à un taux supérieur à la limite de 3,67 % prévue par l’accord de 2015 et ne respecte plus la limite de 300 kg imposée à ses stocks d’uranium (faiblement) enrichi.

Lire aussi : Nucléaire iranien : Trump plonge le monde dans l’inconnu

Une nouvelle cascade de 30 centrifugeuses

Début septembre, Téhéran a annoncé la troisième phase de son plan de réduction de ses engagements, indiquant ne plus se sentir tenu par aucune des limites imposées par l’accord à ses activités de recherche-développement en matière nucléaire. Avant la troisième phase, « notre production […] était de 450 grammes d’uranium enrichi par jour, mais celle-ci s’élève désormais à 5 000 grammes par jour », a déclaré Ali Akbar Salehi lors d’une visite avec des médias iraniens au centre de recherche nucléaire de Natanz, dans le centre de l’Iran.

Selon les images de la télévision d’État, Ali Akbar Salehi a mis en route sur place une nouvelle cascade de 30 centrifugeuses de type IR-6, dont la production d’uranium faiblement enrichi contribue à l’accélération de la hausse des stocks du pays. Les ingénieurs iraniens « sont parvenus à construire un prototype d’IR-9, notre machine la plus récente, ainsi qu’un nouveau prototype de machine appelé IR-s […] tout cela en deux mois », a-t-il dit sans spécifier les caractéristiques techniques des modèles.

Lire aussi : Washington est prêt à tout pour faire plier l’ennemi iranien

Un de ces nouveaux prototypes est désormais testé avec de l’uranium à l’état gazeux, a ajouté Ali Akbar Salehi, précisant que l’Iran ne faisait plus tourner aucune centrifugeuse de 1e génération (IR-1), seul modèle autorisé par l’accord de Vienne. « Tout cela alors que certains disent que l’industrie nucléaire [iranienne] a été détruite », a-t-il renchéri. « Nous devons remercier aussi l’ennemi, qui nous a donné cette occasion de montrer la puissance de la République islamique, en particulier dans le domaine de l’industrie nucléaire », a-t-il ajouté.

Source AFP, publié le 04/11/2019 à 13h29, modifié le 04/11/2019 à 15h23

Le Point.fr

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Pour voir la vidéo (1mn45s), cliquer sur :

https://www.lepoint.fr/monde/nucleaire-l-iran-dit-produire-5-kilos-d-uranium-enrichi-par-jour-04-11-2019-2345118_24.php

Nov 03

RENSEIGNEMENTS NORVÉGIENS : EXERCICE INATTENDU DE DIX SOUS-MARINS DE LA MARINE RUSSE DONT HUIT À PROPULSION NUCLÉAIRE DANS L’ATLANTIQUE NORD

L’exercice sous-marin russe, le plus important depuis la fin de la guerre froide, est actuellement mené dans les eaux glaciales de l’Atlantique Nord. Les services de renseignement norvégiens ont indiqué que pas moins de dix sous-marins de la marine russe participaient à l’exercice, dont huit à propulsion nucléaire.

Cet exercice de grande envergure devrait comprendre des essais d’armes de pointe et la vérification des capacités d’un certain nombre de sous-marins individuels impliqués et fonctionnant de manière indépendante dans l’ensemble du réseau, y compris des actions dans le temps à différentes profondeurs.

L’exercice vise également à examiner la capacité des forces américaines et de l’OTAN à suivre les navires les plus sophistiqués de la Russie alors qu’ils opèrent au Groenland, au Royaume-Uni, plus connu sous le nom de GIUK Crescent. Les sous-marins russes testeront leur capacité à attaquer avant d’être détectés par l’ennemi, ou ils auront une meilleure chance de disparaître dans l’Atlantique pour continuer leurs attaques meurtrières sans pouvoir les localiser, de sorte qu’en temps de guerre, ils soient en mission de détruire des navires de guerre hostiles, y compris l’exécution des ordres et la recherche d’une destruction précise des cibles clés.

Le réseau d’information norvégien NRK, qui a révélé la source, a déclaré que les services de renseignement norvégiens pensaient disposer d’informations, presque certainement, là où se trouvent actuellement certains sous-marins, mais cela pourrait changer car l’exercice peut prendre environ deux mois.

Barents Observer affirme pouvoir identifier les zones dans lesquelles se trouvent certains des sous-marins, selon le détail suivant :

* – Deux sous-marins nucléaires sont situés à l’ouest de l’île aux ours, entre Svalbard et Finnmark, la partie la plus au nord de la Norvège.

* – Deux sous-marins sont situés au sud et à l’est de Bear Island, gardant l’entrée de la partie orientale de la mer de Barents.

* – Deux sous-marins dotés d’armes nucléaires sont situés dans la partie nord de la mer de Norvège.

NRK note également les objectifs estimés pour ce grand exercice :

Le but de certains sous-marins est de s’implanter aussi loin que possible dans l’Atlantique sans être découverts. Tout le voyage a été effectué depuis les bases navales du nord de la région de Mormansk. L’objectif de la Russie est de montrer et de démontrer qu’il est capable de menacer la côte est des États-Unis. La Russie veut dire que « c’est notre mer et que nous pouvons le faire. Nous sommes capables d’atteindre les États-Unis. » Ils veulent principalement tester la capacité de l’Occident et savoir s’il peut identifier et comment choisir de se défendre.

On présume qu’un certain nombre des sous-marins russes les plus avancés, se dirigeant soudainement vers le sud pendant l’exercice, pourraient très bien empêcher les États-Unis et leurs alliés de se situer toujours à l’avance.

Cet exercice se déroule à un moment où le pouvoir sous-marin américain est également bien ressenti dans ces régions.

Publié le 3 novembre 2019

https://infos-israel.news/renseignements-norvegiens-exercice-inattendu-de-dix-sous-marins-de-la-marine-russe-dont-huit-a-propulsion-nucleaire-dans-latlantique-nord/

Nov 03

LE GUIDE SUPRÊME IRANIEN S’EN PREND À MACRON SUR LE NUCLÉAIRE

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a critiqué ce dimanche 3 novembre les offres de médiation d’Emmanuel Macron, qu’il a taxé de naïveté ou de complicité avec les États-Unis dans le dossier nucléaire, à l’origine de tensions croissantes entre Téhéran et Washington.

LIRE AUSSI – Iran : Washington renforce ses sanctions

«Le président français, qui prétend qu’une rencontre pourra résoudre tous les problèmes entre Téhéran et l’Amérique, est soit naïf, soit complice des États-Unis», a déclaré l’ayatollah, selon des propos rapportés par la télévision d’État iranienne. Lors du sommet du G7 de la fin août à Biarritz, Emmanuel Macron a lancé l’idée d’une rencontre entre le président iranien, Hassan Rohani, et son homologue américain, Donald Trump, un vœu qu’il n’a pas réussi à réaliser jusqu’à présent en dépit des efforts déployés par la diplomatie française.

LIRE AUSSI – Attaque iranienne contre l’Arabie saoudite: quelles conséquences stratégiques?

Les tensions n’ont cessé de croître entre les États-Unis et l’Iran depuis la décision de Donald Trump, en août 2018, de retirer la signature de son pays à l’accord sur le nucléaire conclu en juillet 2015 entre six grandes puissances, dont la France, et la République islamique. Téhéran est revenu depuis sur certains de ses engagements et a prévenu qu’il franchirait une étape supplémentaire mercredi prochain si les autres parties signataires ne l’aident pas à contourner les sanctions américaines.

Par Le Figaro avec Reuters, publié le 3 novembre 2019

https://www.lefigaro.fr/international/nucleaire-le-guide-supreme-iranien-s-en-prend-a-macron-20191103

Nov 02

NUCLÉAIRE : LE RIDICULE NE TUE PLUS

COMMUNIQUÉ du 30 octobre 2019 

Le ridicule ne tue pas, surtout les nucléocrates. Dans la dépêche AFP* du 28 octobre 2019, une énième bouffonnerie nous est servie avec l’annonce de la sortie du rapport d’audit Folz sur le bilan de l’EPR de Flamanville. Ce rapport est muet sur l’autocontrôle des fournisseurs du nucléaire  et les falsifications des documents de fabrication mais il reconnaît l’échec sous toutes ses coutures pour EDF et la filière nucléaire, de l’EPR de Flamanville. C’est un fiasco qui a déjà atomisé 12,4 milliards d’euros mais la facture astronomique dépassera les 15 milliards d’euros d’après le Canard Enchaîné du 25 septembre soit plus de 5 fois le devis initial pour peut-être (nous l’espérons) ne jamais être mis en service

Tout lecteur pourvu de bon sens s’attend après une telle énumération des tares du chantier EPR, à lire une conclusion qui recommande d’arrêter enfin les frais. Pas du tout, c’est le contraire qui est prescrit : redoubler d’efforts pour en construire beaucoup plus à l’image des Chinois. Pour compléter cette conclusion absurde, on donne un mois à EDF pour présenter ce nouveau plan, encore un pétard mouillé.

Trois jours plus tôt, dans la dépêche AFP du 25 octobre, la cerise sur le gâteau de la banqueroute nous était servie par Bruno le Maire, ministre de l’économie : il fait le forcing auprès de l’Europe pour inclure le nucléaire dans le « label écologique » des produits financiers !

Doit-on en rire ou en pleurer, sachant que ces irresponsables n’hésiteront pas à nous obliger à vivre sur les terres contaminées quand la catastrophe sera arrivée ? Il nous faut reprendre le contrôle sur nos vies avant qu’il ne soit trop tard. Pour y réfléchir et agir, rejoignez le Collectif anti-nucléaire Ouest.

Ce 30 octobre à Metz, se tient en appel le procès des 9 militants anti-nucléaires de Greenpeace qui pacifiquement ont démontré à Cattenom la vulnérabilité des centrales nucléaires. Le Collectif anti-nucléaire Ouest les soutient dans leur action légitime.

Contact presse :

Didier Anger 06 80 23 39 45 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 /

Sylvie Sauvage 06 08 71 79 61

*https://www.connaissancedesenergies.org/afp/nouveau-rapport-accablant-pour-lepr-de-flamanville-letat-attend-un-plan-daction-dedf-191028

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/produits-financiers-le-maire-veut-inclure-le-nucleaire-dans-un-label-ecologique-europeen-191025-0

Collectif Anti-Nucléaire Ouest

10 Route d’Étang-Val, 50340 LES PIEUX

Tél: 07 68 35 03 38

Par Chantal CUISNIER, publié le 30 octobre 2019

contact@can-ouest.orgwww.can-ouest.org

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Retrouvez cet article sur : http://www.can-ouest.org/nucleaire-le-ridicule-ne-tue-plus/

Nov 02

LA LOIRE NUCLÉAIRE, ÉTAT DES LIEUX

À l’occasion du « Parlement de Loire » organisé par le POLAU [1], le Collectif Sortir Du Nucléaire Loire et Vienne a dressé un état des lieux des installations nucléaires présentes le long de la Loire et de son bassin versant, et documenté les conséquences environnementales de cette implantation.

La Loire et son bassin versant sont, depuis plus de 40 ans, fortement « nucléarisés », c’est-à-dire qu’ils hébergent, sur leur rives, nombre d’installations nucléaires qui rejettent régulièrement dans les eaux des radionucléides, des métaux lourds, des substances chimiques… que ces rejets soient « autorisés » (sous prétexte de respect de normes dont on ne sait si elles ont relevé d’études à long terme sur l’impact régulier de ces substances sur le vivant), ou accidentels.

Quatorze réacteurs nucléaires sont en activité sur cinq sites nucléaires : Belleville, Dampierre, Saint-Laurent, Chinon et Civaux. Cinq réacteurs sont à l’arrêt mais émettent encore des rejets, sans parler des anciens sites miniers qui, comme à Bessines, sur la Gartempe, affluent de la Vienne, voient stockés des déchets qui contaminent les eaux alentour.

Carte des installations nucléaires le long de la Loire

LES REJETS DE L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE

Les rejets radiologiques accidentels :

La Loire a dû absorber des rejets de plutonium suite à deux accidents nucléaires (fusion partielle des cœurs de réacteurs) sur le site de Saint-Laurent-des-Eaux en 1969 et en 1980. Le plutonium n’existe pas à l’état naturel (il est issu des activités nucléaires humaines), et il est extrêmement toxique s’il est inhalé, avalé ou s’il traverse la peau en cas de blessure.

En 1969, il n’y avait pas de réglementation sur les rejets. En 1980, l’accident a été classé de niveau 4 sur l’échelle de l’INES. Ce classement est actuellement contesté puisqu’il y a eu impact dissimulé sur l’environnement : on sait maintenant que du plutonium a été relâché dans la Loire suite à ces accidents [2]. Rien n’a été fait pour préserver les riverains, habitants humains et non-humains à l’époque, ni ensuite pour en évaluer les effets.

À noter aussi, qu’il arrive, notamment pour le tritium, massivement produit dans les centrales nucléaires, qu’il y ait des « fuites ».

Les rejets radiologiques « autorisés » :

Les installations nucléaires rejettent des substances radioactives, de manière continuelle [3]. Ces rejets se font directement dans l’atmosphère (tritium, carbone 14, iodes…) ou bien dans la Loire. Le tritium est le plus massivement rejeté. Il s’agit d’un isotope radioactif de l’hydrogène, qui passe facilement de l’état gazeux à l’état liquide, et qui ne peut être piégé car trop petit. Il peut s’intégrer à la chaîne du vivant : on dit qu’il est organiquement lié car il se substitue à l’hydrogène dans n’importe quelle molécule ou cellule, et ce jusqu’à l’ADN.

Rejets totaux en Loire d’après les rapports 2018 des CNPE

Sur le site de l’ASN, on peut lire le Livre blanc du tritium dont voici quelques extraits :

« Même si les études réalisées avec des faibles doses sont insuffisantes, les résultats disponibles vont dans le sens d’une toxicité du tritium plus importante que la toxicité retenue par les instances de radioprotection. » (p 255)

« Pour ce qui concerne le risque lié plus particulièrement à la forme organique du tritium (OBT), certaines données scientifiques font défaut sur le métabolisme et les effets biologiques associés au tritium organique en situation d’expositions environnementales (chroniques et à faibles débits de dose) (p 264)

L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) et la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) ont lancé toutes deux l’été dernier des alertes sur la présence de tritium dans l’eau de Loire pour l’une et dans l’eau potable (pour les deux !) [4]

Les rejets chimiques

Chacune des centrales rejette aussi dans la Loire, tout au long de l’année, des tonnes de nitrates, des phosphates, métaux, détergents & produits biocides pour lutter contre amibes et légionelles… La liste est trop longue à détailler ici mais peut être consultée sur les rapports environnementaux des centres de productions sur le web.

Les rejets thermiques

Les centrales provoquent également toutes un réchauffement de l’eau du fleuve, dû à leur activité, en aval de leur site. Ce réchauffement est légalement fixé à 1°C (1,5°C en période de fort réchauffement) : quel impact (cumulé ?) au fil du fleuve, notamment quand la température de celui-ci est haute comme lors de la période de sécheresse et de canicule que nous venons de vivre ?

La consommation d’eau pour le refroidissement des réacteurs

Les centrales doivent être refroidies. Pour cela, elles pompent de l’eau en amont des sites et en rejettent une partie (réchauffée) en aval de ceux-ci.

Entre temps, une bonne partie a été évaporée : sur la Loire, les 14 réacteurs du bassin de Loire évaporent l’équivalent de plus de 500 piscines olympiques par jour puisqu’un réacteur nucléaire évapore 1m3/s soit 86 400 m3/jour.

En période de bas étiage (environ 50 m3/s), les 14 réacteurs évaporent plus de 25% de la ressource en eau.

La pollution par infiltrations des résidus des anciennes mines d’uranium

On peut prendre l’exemple de quatre anciens sites miniers du nord du département des Deux-Sèvres, qui sont traversés par des petits cours d’eau. Ceux-ci se déversent dans la Sèvre nantaise, qui elle-même se jette dans la Loire. Or, les nappes et les cours d’eau sont, pour beaucoup, contaminés par les résidus miniers toujours radioactifs.

En conclusion

La filière de l’industrie nucléaire minimise, voire occulte, tous ces impacts qui, depuis 40 ans sur certains sites (Dampierre, Saint-Laurent, Chinon), 30 ans ou un peu moins sur d’autres, se cumulent.

Aucune enquête épidémiologique sur les conséquences de cette industrie sur les populations riveraines, humains et non-humains, n’existe.

De plus, ces sites vieillissent… Tandis que, pour un certain nombre, de graves défauts de maintenance sont patents, comme à Civaux ou à Belleville, qui a été placé en surveillance renforcée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

La Loire a ainsi été transformée en grand collecteur de déchets nucléaires, il faut que cela cesse. Quelles en sont et seront les conséquences sur les humains, la faune et la flore de la Loire et de son bassin versant ?

Notes

[1] Voir la présentation du projet en cliquant ici.

[2] Carottage réalisé par l’Université de Tours en lien avec l’IRSN.

[3] Les rejets mensuels apparaissent désormais sur le site des centres de production.

[4] Lire Contamination anormalement élevée à Saumur en janvier 2019 : du tritium à 310 Bq/L dans la Loire ; Du tritium dans l’eau potable ! Plus de 6 millions de français sont concernés et Contamination de l’eau par le tritium.

Publié le 01.11.2019

https://larotative.info/la-loire-nucleaire-etat-des-lieux-3478.html

Nov 02

NUCLÉAIRE : UNE FAILLITE FRAUDULEUSE

Le nucléaire coûte cher, ce n’est pas une surprise. Mais bientôt, les prix vont encore augmenter d’un cran, alors pourquoi le gouvernement continue de s’entêter ? Sûrement à cause de son Premier ministre.

Réfléchir reste une activité passionnante. Je découvre sur le site Actu Environnement un bon article sur le nucléaire. ­Sophie Fabrégat y décortique une étude menée par un think tank allemand, Agora Energiewende. Vous y verrez, si le cœur vous en dit, comment la poursuite de l’aventure nucléaire menace directement le développement des énergies solaire et éolienne. Le coût de ces dernières en sera bien plus élevé, tandis que les aides publiques, pourtant vitales, ne pourront qu’être plus faibles.

Ceux-là mêmes – ou leurs fistons – qui nous avaient promis l’indépendance énergétique par le nucléaire sabotent ainsi l’avenir. Il n’est pas inutile ici de revenir sur l’état réel de l’industrie nucléaire en France. Les seuls mots utilisables sont ceux de faillite frauduleuse. Faillite, c’est évident, puisque les dettes de la filière, présentes ou fatalement à venir, se chiffrent en dizaines et peut-être en centaines de milliards d’euros. Je dis bien centaines. Areva, longtemps joujou d’Anne Lauvergeon, a abandonné son nom en plein naufrage, et s’appelle Orano.

Combien doit-elle aux finances publiques ? Nul ne peut savoir, entre la dette qui subsiste, la reprise par l’État de 3 milliards d’euros, l’immense scandale UraMin et la menace d’un procès aux États-Unis, qui pourrait nous coûter jusqu’à plus de 20 milliards d’euros. Il y a trois ans, Areva était « notre » champion.

À LIRE AUSSI : Astrid le réacteur qui vitrifie le nucléaire

EDF ? Quantité de savants calculs tentent de masquer – et y parviennent parfois – l’ampleur de la folie. Disons que la dette se promène entre 37 et 75 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 100 milliards pour permettre aux réacteurs en fin de vie – ils approchent de 40 ans – de continuer à fonctionner. Et les inconnues sont multiples. Combien pour la gestion des déchets ? Combien pour le démantèlement des vieilles choses ? Combien pour les EPR ?

Bien sûr, un gouvernement non inféodé arrêterait les frais et détournerait le pays du pétrole, du gaz et du nucléaire. Mais celui-ci est dirigé par un Édouard Philippe, ancien lobbyiste en chef d’Areva. Alors, non.

À LIRE AUSSI : Édouard Philippe, l’atome, la loi, l’Afrique

Par Fabrice Nicolino, publié le 30 octobre 2019

https://charliehebdo.fr/2019/10/ecologie/nucleaire-faillite-frauduleuse/

Nov 02

LE CHOIX DU NUCLÉAIRE MÉRITE UN DÉBAT PUBLIC

Éditorial du Monde. La volonté du gouvernement de lancer la construction de nouveaux réacteurs de type EPR interroge au regard des sévères difficultés dans lesquelles la filière se débat. Une consultation de la société et de ses élus s’impose.

La France est un cas unique dans le monde : plus de 70 % de l’électricité provient des 58 réacteurs nucléaires dont dispose le pays. Les centrales françaises ont été construites dans les années 1980 et 1990, et beaucoup d’entre elles vont bientôt atteindre quarante ans d’exploitation. Un âge crucial, puisque c’est celui qui était envisagé comme date limite au moment de leur mise en service.

La loi énergie-climat, votée en septembre, fixe un objectif clair : atteindre en 2035 un mix électrique à 50 % d’origine nucléaire et 50 % issu d’énergies renouvelables. Cet horizon va nécessiter la fermeture de 14 réacteurs et un fort développement de l’éolien et du solaire. Mais il rend aussi obligatoire la prolongation de la durée de vie de certains réacteurs pour dix ou vingt ans, si l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) l’accepte. C’est la feuille de route que souhaite suivre le gouvernement, gravée dans la loi et dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). (NDLR : ce que fait une loi, une autre loi peut le défaire. Exemple la loi précédente disait 2025 et celle-ci reporte à 2035 et une suivante pourra encore reporter etc…)

Mais, comme vient de le révéler Le Monde, le gouvernement étudie par ailleurs la possibilité de lancer un nouveau programme de six réacteurs nucléaires, qui seraient construits dans les quinze prochaines années. C’est le sens de la lettre de mission envoyée au PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, début septembre, par le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, et par la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne.

Lire aussi Nucléaire : comment le gouvernement travaille en catimini à la construction de six nouveaux EPR (Article réservé à nos abonnés)

Cette démarche suscite des interrogations : la France doit-elle se lancer dans la construction de nouveaux réacteurs de type EPR, alors que le seul modèle en chantier en France accuse plus de dix ans de retard et coûte déjà quatre fois plus cher que prévu ? La filière nucléaire française est-elle encore capable de réaliser ce type de programme ?

Le rapport commandé par EDF, à la demande de Bruno Le Maire, à l’ancien président de PSA, Jean-Martin Folz, est assassin sur les errements traversés par les grands acteurs du nucléaire ces vingt dernières années.

Une plus grande transparence

Dans ce contexte, un débat public sur la viabilité de la poursuite du choix du nucléaire s’impose. Le lancement du programme nucléaire, dans les années 1970, s’était fait sans véritable consultation publique. Jouissant d’un apparent consensus, il a ensuite été poursuivi sans remise en question, jusqu’à ce que la filière nucléaire elle-même se retrouve embourbée dans ses difficultés.

Les positions des partisans de l’atome sont connues : une énergie qui émet peu de CO2, un prix de l’électricité relativement bas, une filière qui emploie des dizaines de milliers de personnes. Les opposants au nucléaire ont eux aussi des arguments : des interrogations sur la sûreté et sur la sécurité des sites nucléaires, une gestion des déchets toujours pas résolue – alors que certains resteront radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d’années – et une filière qui reste peu transparente. Sans compter que le coût important de ces nouveaux réacteurs pourrait peser fortement sur les factures d’électricité des Français.

Emmanuel Macron avait promis, dans un premier temps, de prendre une décision sur le sujet à la mi-2021. Puis il faudrait attendre le démarrage de l’EPR de Flamanville – au mieux en 2023. Dans tous les cas, le choix de poursuivre l’option nucléaire mérite mieux qu’une décision prise en coulisses, après des négociations entre EDF et le gouvernement. La société et ses élus ont droit à une plus grande transparence, afin d’être assurés que ce choix sera fait de la manière la plus éclairée possible.

Par Le Monde, publié le 2 novembre 2019 à 11h31

Retrouvez cet article sur le site : https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/02/le-choix-du-nucleaire-merite-un-debat-public_6017802_3232.html que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Nov 02

NUCLÉAIRE : AVEC LES PASTILLES D’IODE, « LES INQUIÉTUDES SONT REMONTÉES À LA SURFACE »

Des années 1980, Monique garde « un souvenir très net ». Celui des « grandes cheminées » de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche), qu’elle a vu « pousser ». « A l’époque, on était un peu inquiets », se souvient la sexagénaire, rappelant la catastrophe de Tchernobyl survenue en Ukraine soviétique en 1986, deux ans après l’inauguration du site nucléaire ardéchois.

Puis, elle s’est « habituée », allant jusqu’à « oublier » la présence de ces quatre tours aéroréfrigérantes, plantées au bord du Rhône, le long de l’autoroute du soleil.

Mais quand elle a reçu un courrier l’invitant à retirer en pharmacie son lot de pastilles d’iode en cas d’incident nucléaire, la réalité s’est brusquement rappelée à elle. « Les inquiétudes sont remontées à la surface », confie Monique, qui vit depuis soixante ans au Pouzin, à moins de 20 km de la centrale nucléaire. Comme la plupart des personnes interrogées, elle a souhaité garder l’anonymat.

Le 17 septembre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a lancé une campagne d’information sans précédent pour avertir la population de l’extension du périmètre de protection autour des sites nucléaires. Passés de 10 km à 20 km, ces plans particuliers d’intervention (PPI) concernent aujourd’hui plus de 2 millions de personnes, contre 600 000 auparavant, répartis autour des dix-neuf centrales françaises exploitées par EDF.

Quelque 200 000 établissements recevant du public sont également touchés par cette campagne. Autour de la centrale de Cruas, le nombre de communes concernées est passé de 26 à 91, soit près de 140 000 habitants, contre 50 000 auparavant.

La dernière campagne d’information relative à ce dispositif, instauré en 1997, a eu lieu en 2016. Elle concernait les communes situées entre 0 km et 10 km d’une centrale nucléaire –à l’époque, 49 % des habitants avaient retiré leurs pastilles d’iode.

« Est-ce qu’il y a de nouveaux risques ? 

« Pourquoi maintenant ? », s’est demandé Monique lorsqu’elle a reçu le courrier d’information, elle qui « vit près de la centrale depuis toujours », sans avoir jamais été concernée par les précédentes campagnes. « Est-ce qu’il y a de nouveaux risques ? », questionnait-elle lors d’une réunion d’information organisée, courant octobre, au Pouzin, en présence d’élus de la commune et de représentants de la préfecture de l’Ardèche, d’EDF et de la Commission locale d’information, réunissant industriels, représentants de l’ASN, élus locaux, syndicats et associations.

« Le risque est le même, il n’a pas augmenté, nous le réduisons en protégeant davantage de personnes », rassure Didier Roche, le chef du bureau interministériel de protection civile au sein de la préfecture, chargée de diriger les opérations en cas d’accident nucléaire à Cruas. Et d’évoquer « le retour d’expérience » lié à l’accident nucléaire de Fukushima au Japon, en mars 2011, (NDLR : 8 années, n’est-ce pas un peu lent pour un retour d’expérience ? Mais sans les actions des associations, cela aurait été bien pire !) où les autorités ont reconnu un mort dû aux radiations et des centaines liées au chaos des évacuations. « Nous avons constaté que c’est dans les vingt premiers kilomètres qu’il faut gérer les situations les plus complexes comme l’évacuation rapide des populations », abonde Emmanuel Bouchot, chargé de la communication de l’ASN.

Mais paradoxalement, ces nouvelles mesures de précaution provoquent davantage de défiance et d’incrédulité. « Si ça pète, on est trop près, on sera tous morts », commente avec fatalisme Jean-Marie, retraité mécanicien, qui vit à Marsanne, à la lisière entre l’ancien et le nouveau périmètre.

Pour souligner « l’absurdité » d’un tel périmètre, chacun y va de son anecdote, à l’instar de Pierre, dont l’association se trouve à Privas, alors que lui vit à quelques kilomètres de là, en dehors du nouveau PPI. « J’ai reçu un coupon pour protéger les membres de mon association, mais rien pour ma famille », raconte-t-il aux commerçants de sa rue.

« C’est de la communication pour se donner bonne conscience », renchérit Eric lors de la discussion. Il dit qu’il n’ira « probablement pas chercher les pastilles d’iode ».

Résignation

À quelques centaines de mètres, l’un des pharmaciens de Cruas assure que depuis une semaine, une quinzaine de clients défilent pourtant chaque jour pour retirer leurs comprimés.

« Est-ce que les pastilles se périment ? », « Dois-je en donner aussi à mes animaux ? », « Comment savoir quand les prendre ? », « Comment cela fonctionne sur l’organisme ? », constituent autant de questions posées aux pharmaciens – près de 650 officines sont mobilisées dans toute la France pour distribuer les comprimés.

Les spécialistes de santé font de la pédagogie. « L’ingestion de comprimés d’iode stable permet de saturer la thyroïde sur laquelle l’iode radioactif ne pourra plus se fixer », détaille le pharmacien Jean Carchereux, précisant qu’en cas de contamination radioactive importante, « la population développera d’autres symptômes tout aussi fatals qu’un cancer de cet organe ».

La brochure explicative envoyée par courrier en même temps que les bons de retrait des comprimés d’iode précise que les habitants devront les ingérer quand les sirènes installées dans les villes concernées retentiront. « Quand on nous préviendra, ce sera trop tard », estime cependant Véronique, rappelant le ton rassurant du préfet de Seine-Maritime après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen.

Croisée alors qu’elle retirait ses pastilles d’iode en pharmacie, cette aide à domicile de 49 ans résume la résignation exprimée par de nombreuses personnes vivant dans le voisinage. « Je ne suis pas rassurée de vivre près d’une centrale, mais ma vie est ici », confie Véronique, installée dans la région depuis 1991.

Peu d’opposants au nucléaire

« Ici, beaucoup de personnes ont des proches qui travaillent à la centrale, donc ils ne sont pas spécialement antinucléaires », confirme Jean Carchereux, dont la pharmacie est située à Viviers, une commune qui se trouve désormais dans deux périmètres de protection, celui de Cruas et celui du Tricastin (Drôme).

Quand ils ne travaillent pas sur un site nucléaire, les habitants sont nombreux à en avoir visité. « On se sent en sécurité dans un lieu comme ça », estime Kevin, électricien de 24 ans, à la fois très confiant dans l’industrie nucléaire et très mal informé à son sujet. Quels seraient, selon lui, les réflexes à adopter en cas d’incident ? « Je prendrais ma voiture et je partirais le plus loin possible. » Pourtant, parmi les six gestes de protection figurant sur le courrier envoyé aux habitants du nouveau périmètre, il est conseillé, à l’inverse, de « se mettre à l’abri dans un bâtiment ».

Autre dispositif qui ne fait pas l’unanimité : ne pas aller chercher ses enfants à l’école. « Quand on est parent, on ne peut pas entendre ça », estime une mère de famille de cinq enfants à la sortie de l’école primaire du Pouzin. Les établissements scolaires des communes concernées assurent qu’ils vont adapter leur plan particulier de mise en sûreté. Le maire (divers droite) de Privas, Michel Vala, estime pour sa part qu’il faut « améliorer de façon générale la culture du risque lié à l’industrie nucléaire », considérant que ce PPI constitue « le minimum ».

« En France, on a l’impression d’un secret autour de l’activité nucléaire », constate Jean-Claude Delalonde, président de l’Association nationale des comités et commissions locales d’information, appelant à « une campagne nationale sans tabou ». Sur cette même ligne, Greenpeace appelle à étendre le plan de protection à 100 km. Les campagnes d’information toucheraient alors la quasi-totalité de la population française.

Par Cécile Bouanchaud, publié le 2 novembre 2019 (source Le Monde)

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/02/nucleaire-avec-les-pastilles-d-iode-les-inquietudes-sont-remontees-a-la-surface_6017767_3244.html

Nov 01

PYONGYANG RÉALISE UN NOUVEAU TEST DE MISSILES

La Corée du Nord continue de défier Washington et Séoul, alors que les discussions sur le nucléaire bloquent toujours.

La Corée du Nord a procédé jeudi à un nouveau test réussi d’un important système de lancement de «missiles multiples», a annoncé vendredi l’agence officielle nord-coréenne KCNA. (Vendredi 1er novembre 2019)

La Corée du Nord a procédé jeudi à un nouveau test réussi d’un important système de lancement de «missiles multiples», a annoncé vendredi l’agence officielle nord-coréenne KCNA, dernier geste en date de Pyongyang dans le bras de fer sur le nucléaire qui l’oppose aux États-Unis et à Séoul notamment.

Les militaires sud-coréens avaient annoncé jeudi que la Corée du Nord avait lancé deux missiles à courte portée de la province de Pyongyang sud. Leur trajectoire a été approximativement de 370 kilomètres. Il s’agissait du premier tir depuis le 2 octobre, date à laquelle la Corée du Nord avait annoncé avoir procédé au tir d’un missile depuis la mer.

Si confirmé, des capacités de la part de la Corée du Nord de pouvoir tirer des missiles depuis des sous-marins pourraient remettre en cause l’équilibre militaire sur la péninsule coréenne. Le test de jeudi avait pour objectif de «vérifier la sécurité des mises à feu des lanceurs», selon KCNA. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a exprimé sa «satisfaction (…) et adressé ses félicitations» à l’équipe concernée, a poursuivi KCNA.

Discussions dans l’impasse

Les discussions sur la question nucléaire entre Washington et Pyongyang sont actuellement dans l’impasse. Pyongyang est sous l’effet de nombreuses sanctions internationales sur le nucléaire et son programme de missiles balistiques, nécessaires, selon la Corée du Nord, pour se protéger d’une éventuelle attaque américaine.

Les Nord-Coréens ont réclamé l’assouplissement de ces sanctions, pressant à plusieurs reprises Washington de soumettre une nouvelle proposition d’ici la fin de l’année.

Américains et Nord-Coréens se sont rencontrés début octobre en Suède. Pyongyang a accusé Washington d’avoir fait échouer les consultations tandis que les États-Unis affirmaient au contraire qu’elles avaient été «bonnes». (afp/nxp)

Par Tribune de Genève, publié le 01.11.2019 à 00h05, mis à jour à 00h59

Photo en titre : photo d’illustration, image: AFP (150 Images)

https://www.tdg.ch/monde/pyongyang-realise-nouveau-test-missiles/story/15654161

Nov 01

WASHINGTON RENFORCE SES SANCTIONS CONTRE L’IRAN

Les États-Unis annoncent de nouvelles mesures qui visent le secteur du bâtiment, lié, selon Washington, aux gardiens de la révolution.

Les États-Unis ont annoncé jeudi 31 octobre un renforcement ciblé de leurs sanctions contre l’Iran, en visant le secteur du bâtiment, que Washington a déclaré lié aux gardiens de la révolution, la principale force armée de la République islamique d’Iran.

Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, « poursuit les restrictions à l’encontre du programme nucléaire du régime iranien », a déclaré dans un communiqué la porte-parole du département d’État américain, Morgan Ortagus.

Lire aussi Téhéran teste les limites de Washington (Article réservé à nos abonnés)

Deux séries de décisions entraînant des sanctions ont été annoncées : « l’une identifiant le secteur du bâtiment iranien comme étant contrôlé directement et indirectement par les gardiens de la révolution islamique », et l’autre liant des matériaux jugés stratégiques aux « programmes nucléaire, balistique ou militaire » de Téhéran.

Pression économique maximale

Avec ces décisions, les États-Unis auront la possibilité d’« empêcher l’Iran d’acquérir des matériaux stratégiques pour les gardiens de la révolution, son secteur du bâtiment et ses programmes de prolifération », poursuit le communiqué.

L’objectif affiché est de retarder ou de compliquer la volonté supposée de l’Iran de se réarmer ou de reconsolider son secteur nucléaire. Washington s’est unilatéralement retiré en 2018 de l’accord international encadrant le programme nucléaire iranien et a rétabli de lourdes mesures coercitives contre l’économie iranienne.

L’administration Trump, qui entend ainsi poursuivre sa politique de pression économique maximale sur Téhéran, a tout de même décidé de renouveler les exemptions de certains projets de non-prolifération liés à l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien qui autorisent la Russie, la Chine et les pays de l’Union européenne à poursuivre la coopération avec l’Iran, a appris Reuters de deux sources informées.

Lire aussi « Donald Trump se retrouve dans la position où il ne voulait pas être : humilié par l’Iran » (Article réservé à nos abonnés)

Par Le Monde avec AFP, publié le 1er novembre 2019 à 03h12, mis à jour à 08h27

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/01/washington-renforce-ses-sanctions-contre-l-iran_6017656_3210.html

Nov 01

L’AVOCATE CORINNE LEPAGE S’ATTAQUE AU DOSSIER DES DÉCHETS NUCLÉAIRES DE PONTFAVERGER PRES DE REIMS

Les 2,7 tonnes d’uranium et de déchets laissées dans le sous-sol de l’ancien Polygone d’expérimentation de Moronvilliers (PEM) sur la commune de Pontfaverger (Marne), à une vingtaine de kilomètres de Reims, vont-elles bénéficier d’une dépollution de la part de l’État ?

Damien Girard, le maire de Pontfaverger, qui s’y emploie depuis des années, a décidé de passer la vitesse supérieure « devant l’absence de réponses des pouvoirs publics qui nous balladent depuis des années ». L’élu a décidé de faire appel à l’avocate Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement sous Jacques Chirac, pour mener ce combat. « Nous allons demander des réponses aux 16 questions (réalisées avec la collaboration de la commission indépendante sur la radioactivité, CRIIRAD) que nous posons en vain à l’État depuis le 1er avril 2016 lors des commissions d’information du site », martèle l’élu. « En l’absence de réponse, nous attaquerons alors l’État devant la justice ! »

Depuis plus de trois ans, le CEA (commissariat à l’énergie atomique) qui a récupéré la gestion du PEM, « indique que l’air, comme l’eau, ne dépassent pas les normes de radioactivité. D’accord, mais qu’en sera-t-il à l’avenir si rien n’est fait » s’interroge Damien Girard. Pendant 50 ans, des essais de détonateur de la bombe nucléaire ont laissé notamment 2,7 tonnes d’uranium, de plutonium et d’autres déchets sur le site militaire de 500 hectares, fermé depuis 2013. « Pour assainir les lieux, il faudrait des millions d’euros et l’État n’a pas les moyens ! », indiquait un élu du canton en 2016.

Par Frédéric Gouis, publié le 31/10/2019 à 18h49

https://abonne.lunion.fr/id105401/article/2019-10-31/lavocate-corinne-lepage-sattaque-au-dossier-des-dechets-nucleaires-de

Nov 01

DES MALWARES NORD-CORÉENS SUR LE RÉSEAU D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE INDIENNE

Technologie : Deux jours après l’apparition sur Twitter de rumeurs d’infection par un logiciel malveillant de la centrale nucléaire de Kudankulam, la société confirme l’attaque.

Le réseau de l’une des centrales nucléaires indienne a été infecté par des logiciels malveillants créés par des pirates informatiques parrainés par l’État nord-coréen, a confirmé Nuclear Power Corporation of India Ltd (NPCIL).

La nouvelle selon laquelle la centrale nucléaire de Kudankulam (KNPP) aurait pu être infectée par une souche dangereuse de logiciels malveillants avait fait son apparition sur Twitter lundi dernier.

Les logiciels malveillants retrouvés dans le réseau informatique de la centrale comprennent des informations d’identification du réseau interne de la centrale, ce qui suggère que le malware a été spécifiquement compilé pour se propager et fonctionner dans le réseau informatique de la centrale.

Des logiciels malveillants liés au groupe nord-coréen Lazarus

Plusieurs chercheurs en sécurité ont identifié le malware comme une version de Dtrack, un cheval de Troie développé par le groupe Lazarus. Le tweet est devenu viral parce que quelques jours auparavant, la même centrale avait subi un arrêt inattendu de l’un de ses réacteurs.

Au départ, les responsables de la centrale ont nié avoir été infectés par des logiciels malveillants, en publiant une déclaration décrivant les tweets comme de « fausses informations » et qu’une cyberattaque contre la centrale n’était « pas possible« .

Mais depuis la société qui opère la centrale a admis l’attaque. « L’identification des logiciels malveillants dans le système NPCIL est correcte » a dit un porte-parole.

Le réseau administratif touché

La société a déclaré que le malware n’a infecté que son réseau administratif, et n’a pas atteint son réseau interne critique, celui utilisé pour contrôler les réacteurs nucléaires de la centrale. Les deux réseaux sont séparés indique la société. De plus, la société a confirmé avoir reçu une notification du CERT indien le 4 septembre, lorsque le malware a été repéré pour la première fois.

Selon une analyse du logiciel malveillant Dtrack par Kaspersky, ce cheval de Troie inclut des fonctionnalités pour faire du keylogging, récupérer l’historique de navigateur Internet, collecter des adresses IP et des informations sur les réseaux disponibles et les connexions actives, lister tous les processus en cours d’exécution et lister tous les fichiers sur tous les volumes de disque disponibles.

Comme le montrent ses caractéristiques, Dtrack est généralement utilisé à des fins de reconnaissance sur les réseaux. Les précédents échantillons de Dtrack ont été repérés lors d’opérations de cyber espionnage motivées par des considérations politiques et lors d’attaques contre des banques. Une version personnalisée de Dtrack, appelée AMTDtrack, a également été découverte le mois dernier.

Une première dans le domaine de l’énergie

Historiquement, le groupe Lazarus s’est rarement attaqué à des cibles dans le secteur énergétique et industriel. Les attaques portaient jusqu’alors sur de la propriété intellectuelle.

La plupart des actes de piratage informatique en provenance de Corée du Nord se sont jusqu’alors concentrés sur les relations diplomatiques, la traque de transfuges nord-coréens, ou le piratage de banques et d’échanges de devises cryptographiques pour collecter des fonds pour le régime de Pyongyang.

L’incident sur cette centrale indienne ressemble davantage à une infection accidentelle qu’à une opération bien planifiée. Kaspersky a rapporté que le mois dernier le groupe Lazarus avait été repéré lors d’une campagne de diffusion de versions Dtrack et AMDtrack en Inde, ciblant son secteur financier.

Article « Confirmed: North Korean malware found on Indian nuclear plant’s network » traduit et adapté par ZDNet.fr

Par Catalin Cimpanu, publié le vendredi 01 nov. 2019 à 11h00

https://www.zdnet.fr/actualites/des-malwares-nord-coreens-sur-le-reseau-d-une-centrale-nucleaire-indienne-39893163.htm

Nov 01

CETTE TECHNIQUE FIABLE PERMETTRAIT DE VÉRIFIER L’ENGAGEMENT DES PAYS SUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

La dénucléarisation est une priorité, tandis que la Russie et les États-Unis se partagent encore 13 000 têtes nucléaires

Les enjeux autour des armes nucléaires ont toujours été majeurs. Au-delà des traités nécessaires à une pacification globale et une disparition des menaces par l’arme nucléaire, les tests doivent aussi prouver avec fiabilité que les accords sont respectés. Le MIT propose aujourd’hui un procédé pouvant évaluer avec précision les stocks d’armes possédés par les forces nucléaires mondiales.

Comment, aujourd’hui, vérifie-t-on que les traités de démilitarisation sont respectés ? 

Les traités de démilitarisation et de dénucléarisation sont une bonne chose. Mais comment vérifier que ceux-ci, si jamais ils sont signés, sont respectés par les signataires ? 

La plupart du temps, pour attester de leur bonne foi, les pays ne montrent pas directement les têtes nucléaires qui sont directement présentées aux comités « évaluant » la dénucléarisation, car ils refusent en général de dévoiler des secrets nucléaires en montrant patte blanche. Les processus de vérification du bon respect de ces accords passe donc par des moyens détournés. Comme l’indique Science Daily, « dans le passé, des traités de réduction des armes entre les États-Unis et la Russie ont appelé à la destruction des systèmes de livraison des têtes nucléaires, comme des missiles et des avions, mais pas des têtes elles-mêmes. Pour respecter le traité START, par exemple, les USA ont coupé les ailes de bombardiers B-52 et les ont laissées dans le désert d’Arizona, où la Russie pouvait ainsi confirmer visuellement le démembrement des avions. »

Cependant, cette méthode implique des risques, comme le vol des équipements nucléaires ou leur usage accidentel, ou encore un transfert à un pays étranger en demande. Il était donc nécessaire — quand en 2019, il est estimé que 13 000 armes nucléaires existeraient encore rien qu’en Russie et aux États-Unis — de trouver un moyen de vérifier à la source l’absence de dangers dus à ces arsenaux. 

Une méthode plus sûre présentée par le MIT

Une publication d’une équipe du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) présentée le 30 septembre dernier sur la revue Nature dévoile un procédé de vérification qui serait plus sûr mais aussi plus efficace. Il pourrait en effet protéger les secrets de fabrication des pays évalués, ce qui constitue un argument de poids dans l’approbation à ces tests. En projetant à l’aide d’un faisceau des neutrons sur la tête nucléaire, les informations recueillies pourraient attester de la teneur en matériaux nucléaires suspects. En effet, les têtes nucléaires ont des caractéristiques, qui sont au centre des tests : les armes sont composées d’isotopes de plutonium distinctifs, et possèdent un agencement des matériaux bien particulier. 

Le dispositif, d’une longueur de 15 mètres, s’organise ainsi : le rayon de neutrons est projeté à l’horizontale vers l’objet à étudier, puis passe à travers un filtre (fourni par l’instance évaluée) afin de crypter les informations et ne laisser passer que les neutrons. « Le filtre cryptant l’information cache toutes les propriétés intrinsèques de l’objet classé secret défense », explique Areg Danagoulian, le scientifique en physique nucléaire du MIT à la tête de l’étude. Ce qui constitue une « preuve à divulgation nulle de connaissance », ou « zero-knowledge proof » en anglais, c’est-à-dire une information qui ne divulgue rien d’autre que ce qu’elle est censée déterminer, un facteur particulièrement important dans un domaine aussi confidentiel que le nucléaire d’armement. 

Le faisceau est ensuite perçu par un détecteur de neutrons, qui enregistre sa « signature » pouvant déterminer si elle est caractéristique à l’agencement isotopique du plutonium. L’information est finalement cryptée sur un support physique, ce qui fournit une sécurité supérieure à celle d’un cryptage informatique, qui peut toujours être hacké puis déchiffré. Chaque évaluation se fait à partir d’une tête fonctionnelle : son faisceau correspondant sera comparé à toutes les autres têtes devant être vérifiées, afin d’être menées à leur démantèlement. 

L’enjeu prioritaire du désarmement

Danagoulian explique que ses précédentes simulations étaient informatiques, mais que le passage au test physique a permis un grand pas en avant pour son équipe de recherche. Si les tests n’ont pas pu se faire sur de l’uranium et du plutonium, les résultats ont été très concluants sur du molybdenum et du tungstène, proposant une réaction semblable aux faisceaux de neutrons. L’équipe cherche désormais à concevoir un modèle portable, et réduit à 5 mètres, afin de pouvoir conduire les tests sans contrainte de lieux ou d’équipements. 

« L’objectif de notre travail est de créer ces concepts, les valider, prouver qu’ils fonctionnent par des simulations et des expérimentations, puis ensuite les faire utiliser par les laboratoires nationaux dans leurs démarches de technique de vérification », explique Danagoulian, en rappelant l’importance du désarmement à l’échelle mondiale : une infime partie des têtes nucléaires modernes pourraient faire autant de dommages que l’ensemble de tout l’armement utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, Hiroshima et Nagasaki compris. Il rappelle également l’importance de son travail, devant la menace latente de l’armement nucléaire : « L’idée de guerre nucléaire est tellement démesurée qu’elle ne peut se faire une place dans l’esprit humain. C’est si terrifiant, si horrible, que les gens la mettent à distance. »

Par Victor Chevet, publié le 1er novembre 2019, (source : Science Daily)

 Photo en titre : gerasimov_foto_174 / Shutterstock.com

https://dailygeekshow.com/technique-verification-engagement-desarmement-nucleaire/

Nov 01

HAUTE-MARNE : LES OPPOSANTS À LA LAVERIE NUCLÉAIRE DE SUZANNECOURT REÇUS À LA PRÉFECTURE

Ce lundi 28 octobre 2019, sept membres des associations réunies contre le projet de blanchisserie nucléaire de Suzannecourt en Haute-Marne ont été reçus à la préfecture de Chaumont pour exposer leurs doléances. Une entrevue qui ne leur a pas apporté les réponses qu’ils espéraient. 

L’installation possible d’une blanchisserie de linge radioactifs à Suzannecourt, près de Joinville en Haute-Marne ne passe toujours pas auprès d’une partie de certains habitants. Ils s’inquiètent des éventuels rejets d’eaux contaminées directement dans la Marne, à 30 kilomètres du lac du Der. Ce lundi 28 octobre, la préfète de Haute-Marne a reçu des membres de plusieurs associations qui s’opposent au projet. 

« L’entrevue avec la préfète de Haute-Marne ne s’est pas mal passée. Elle a pris le temps de nous écouter et nous a laissé exposer nos arguments. Elle a été très bienveillante. Mais elle n’a pas répondu à nos questions« , explique Michèle Labouille de l’association Belles Forêts sur Marne. « À chaque point que nous avons évoqué, elle nous renvoyait à l’enquête publique qui va être menée à Suzannecourt. Elle s’en est tenue à ça ». 

« Au fur et à mesure de la discussion, deux grandes questions se sont imposées à nous. La première concerne la qualité de l’air rejeté et la seconde le bâtiment annexe de décontamination des containers où seront stockées les tenues à laver. Ces deux éléments, d’après ce que nous a dit la préfète, ne sont pas intégrés à l’enquête publique« , s’insurge la militante.

Lire aussi : Nucléaire. Ce que l’on sait du projet de laverie dédiée au linge radioactif à Suzannecourt en Haute-Marne 

« Lorsque nous avons compris ça, certains d’entre nous ont voulu quitter la salle. Il est important selon nous que tout soit mis en discussion dans l’enquête publique. Les études sur la qualité de l’air sont importantes ! Et savoir comment va fonctionner le hall de décontamination concrètement et son impact sur Suzannecourt et les alentours également ! » rajoute-t-elle.

Une mobilisation constante

Les associations n’ont pas souhaité réagir tout de suite après cette entrevue. Ils ont d’abord voulu vérifier certains éléments du rapport de la mission régionale d’autorité environnementale (MRAE) : « Nous nous sommes demandés à l’issue de l’entrevue si l’annexe de décontamination était bien prévue au projet. Nous ne pensons pas qu’Unitech, l’entreprise à l’origine du projet, ait abandonné l’idée de créer un tel bâtiment. Nous sommes un peu confus. Soit, cette question n’a pas été posée dans l’enquête publique, car le projet de bâtiment n’existe plus. Soit, il y a anguille sous roche. »

De cette entrevue avec la préfète de la Haute-Marne, les opposants au projet de laverie nucléaire de Suzannecourt sont donc ressortis mitigés et continueront de se mobiliser tant qu’ils n’auront pas de réponse à leur question. 

Par AT, publié le 01/11/2019 à 08h18, mis à jour le 01/11/2019 à 08h28

Photo en titre : Le permis de construire affiché sur le site. / © Aurore Trespeux / France 3 Champagne-Ardenne

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/haute-marne/joinville/haute-marne-opposants-laverie-nucleaire-suzannecourt-recus-prefecture-1743719.html

Oct 31

LE FINANCEMENT DES FUTURES CENTRALES NUCLÉAIRES BRITANNIQUES

Le gouvernement britannique vient de clore une consultation sur un mécanisme à l’étude visant à faciliter le financement des projets de nouveaux réacteurs nucléaires par le secteur privé, tout en réduisant le coût de l’électricité produite.

Au Royaume-Uni, le secteur électrique fait face à plusieurs défis majeurs : objectif de sortie totale du charbon d’ici à 2025, remplacement dans les 10-15 prochaines années de l’essentiel des réacteurs nucléaires en service (17,7% de la production britannique d’électricité en 2018), effondrement des extractions gazières du pays depuis 2000, etc. Ce contexte éclaire la politique électrique outre-Manche : développement d’interconnexions avec le continent, soutien à l’éolien en mer et construction de nouvelles centrales nucléaires.

La filiale britannique d’EDF, EDF Energy, et son partenaire et homologue chinois CGN sont particulièrement impliqués dans le renouvellement du parc nucléaire : deux réacteurs EPR sont actuellement en construction à Hinkley Point C (Somerset), deux autres EPR sont envisagés à Sizewell (Sussex), leur construction devant débuter après la signature de la décision finale d’investissement prévue pour 2021, et des réacteurs chinois HPR1000 (aussi dits « Hualong-1 ») sont en cours de certification par l’autorité de sûreté nucléaire britannique.

Hinkley Point C, un chantier financé grâce à un mécanisme prévu pour les énergies renouvelables

Au moment de la négociation du financement de la première « nouvelle » centrale nucléaire (Hinkley Point C), le gouvernement britannique a fait le choix d’un projet entièrement privé, pour ne pas exposer le contribuable aux risques de dépassement du budget de construction. Une décision compréhensible dans le contexte de l’époque : aucun EPR n’avait encore démarré et le chantier de Flamanville (France) accusait déjà d’importants retards et dépassements budgétaires.

Le Royaume-Uni a donc opté pour un mécanisme de complément de rémunération appelé « Contract for difference », initialement conçu pour financer le développement des énergies renouvelables. Pendant 35 ans, l’électricité produite par Hinkley Point C sera vendue à 92,5 £/MWh(1) (ramené à 89,5 £/MWh si le projet de Sizewell se concrétise), quel que soit le prix du marché.

Le prix accordé à EDF Energy et CGN pour l’électricité d’Hinkley Point C est élevé par rapport au prix de gros outre-Manche, pour plusieurs raisons :

  • il s’agit de la première centrale nucléaire construite depuis une génération au Royaume-Uni, ce qui implique un travail supplémentaire de la part des porteurs du projet pour gréer la chaîne d’approvisionnement ;
  • l’industrie nucléaire est très capitalistique, ce qui signifie que le coût de l’électricité est moins lié aux coûts d’exploitation(2) qu’à ceux de construction et de financement de la construction. Il est difficile, donc coûteux, de faire financer par les marchés un chantier d’une vingtaine de milliards de livres, pour deux réacteurs, sur dix ans. En faisant porter l’intégralité du risque de construction sur les porteurs du projet, le gouvernement britannique a certes protégé le contribuable des éventuels dépassements budgétaires mais cela a un coût, qui se matérialise notamment sur les taux d’emprunt et se répercute sur le prix de l’électricité.

Sizewell, un mécanisme en « RAB » ?

La situation a aujourd’hui changé : deux EPR ont démarré à Taishan en Chine, Hinkley Point C offrira un retour d’expérience au Royaume-Uni et Sizewell pourra s’appuyer sur sa chaîne d’approvisionnement (le profil de risque du futur chantier sera donc inférieur à celui d’Hinkley Point). Cela permet d’envisager d’autres méthodes de financement qui, en partageant certains risques avec la collectivité, permettraient de réduire les taux d’emprunt et donc le prix de l’électricité produite.

Le mécanisme au sujet duquel une consultation(3) vient de s’achever porte le nom de « Regulated Asset Based » (RAB, « base d’actifs régulée » en français). Il s’agit un système conçu pour financer les infrastructures en situation de monopole.

Peu d’organismes privés sont prêts à investir des sommes importantes quand le premier retour intervient 5 à 10 ans après la mise initiale. Le modèle « RAB » prévoit donc que les investisseurs commencent à être rémunérés dès le début de la construction pour l’électricité qui sera livrée plusieurs années plus tard, à un tarif réglementé défini par un régulateur indépendant (peut-être l’Ofgem(4)), puis pendant toute la durée de vie du projet (construction puis exploitation).

Autrement dit, les consommateurs verseraient un acompte pendant la construction afin d’avoir accès à une électricité à plus bas coût pendant la phase d’exploitation. Dans ce modèle, la rémunération des investisseurs est étalée sur toute la durée de vie du projet (croissant depuis le début de la construction, puis décroissant à partir de la mise en service, en suivant l’amortissement de la centrale). Dans certaines conditions, une partie (plafonnée) des éventuels dépassements de coûts pourrait être intégrée à ce système (financement par de la dette ou des fonds propres mais rémunérée via le RAB)(5).

En résumé, le schéma de financement « RAB » vise à réduire le coût du capital des futurs réacteurs nucléaires – donc le coût de l’électricité produite – sans pour autant y investir d’argent public. Il repose sur un partage de certains risques avec l’État et une rémunération réglementée débutant en même temps que la construction pour rendre l’investissement attractif.

L’expérience dira si cette approche, élégante sur le papier, est à la hauteur des attentes et permettra de financer les grandes infrastructures nucléaires dont le Royaume-Uni a besoin. (NDLR : au détriment d’infrastructures moins risquées, plus rapides et moins chères, je pense aux renouvelables)

Par Maxence Cordiez, Ingénieur dans le secteur de l’énergie, publié le 31 octobre 2019

Sources / Notes

  1. £ de 2012.
  2. Le combustible ne compte que pour 15% du prix de l’électricité produite selon la SFEN. 
    « Les coûts de production du parc nucléaire français », septembre 2017, page 23.
  3. Consultation « Regulated Asset Base (RAB) model for nuclear » Gouvernement britannique.
  4. Site de l’Ofgem (Office of Gas and Electricity Markets).
  5. Au-delà, les surcoûts de faible probabilité mais de conséquences élevées (risques politiques, perturbation des marchés d’emprunt, dépassement des coûts au-delà d’un certain seuil…) pourraient être financés par le gouvernement.

https://www.connaissancedesenergies.org/tribune-actualite-energies/le-financement-des-futures-centrales-nucleaires-britanniques

Oct 31

LE NUCLÉAIRE TROP LOURD ET COÛTEUX POUR SAUVER LE CLIMAT, SELON UN RAPPORT

La filière nucléaire perd du terrain face à celle des énergies renouvelables à la fois en matière de coûts et de capacités, ce qui la rend moins efficace dans la lutte contre le réchauffement climatique, selon le World Nuclear Industry Status Report (WNISR) de 2019.

À la mi-2019, les nouveaux générateurs éoliens et solaires concurrençaient efficacement les centrales nucléaires existantes, y compris en matière de coûts, et leur capacité de production augmentait plus rapidement que celles de toutes les autres filières, peut-on lire. « Il est urgent de stabiliser le climat. Le nucléaire est lent. Il ne répond à aucun besoin technique ou opérationnel que les concurrents sobres en carbone ne puissent satisfaire mieux, à un prix moins élevé et plus rapidement », souligne Mycle Schneider, qui a coordonné la rédaction du rapport.

Depuis 2009, la durée moyenne de construction des réacteurs à l’échelle mondiale est d’un peu moins de dix ans, selon ses auteurs, alors que la World Nuclear Association (WNA) estime qu’elle prend entre cinq et huit ans et demi. Ce délai supplémentaire, expliquent-ils, a des conséquences majeures en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, dans la mesure où il implique une prolongation de la durée de vie des centrales thermiques. L’énergie nucléaire est également beaucoup plus chère. Le coût de la production d’énergie solaire varie de 36 à 44 dollars par mégawattheure (MWh) et celui de l’énergie éolienne, de 29 à 56 dollars par MWh. Pour le nucléaire, la fourchette est de 112 à 189 dollars.

Source : Challenges, publié le 31 octobre 2019

Photo en titre : la centrale nucléaire de Civeaux (Vienne). Flickr (Daniel Jolivet/CC BY 2.0)

https://reporterre.net/Le-nucleaire-trop-lourd-et-couteux-pour-sauver-le-climat-selon-un-rapport

Oct 31

QUAND STOP FESSENHEIM « ÉVACUE » 39 COMMUNES…

Stop Fessenheim a mis en place ce mercredi matin « près d’une centaine » de panneaux à l’entrée des communes récemment incluses dans le plan particulier d’intervention (PPI) de la centrale nucléaire. DR

Ce mercredi, à l’aube, l’association Stop Fessenheim a mis en place « près d’une centaine » de panneaux en carton portant la mention « à évacuer en cas d’accident nucléaire », à l’entrée d’un certain nombre des 39 communes récemment incluses dans le plan particulier d’intervention (PPI) de la centrale alsacienne.

« Par ces messages éphémères », l’association a souhaité interpeller les quelque 140 000 habitants résidant à moins de 20 km de la centrale (côté français). Stop Fessenheim dénonce le fait que la préfecture du Haut-Rhin « se satisfait d’une communication a minima en direction des habitants et n’a jamais organisé d’exercice d’alerte incluant une réelle évacuation des populations ».

Elle pointe également « le sérieux risque de rupture du générateur de vapeur n°335 qui équipe le réacteur n°2 » (lire DNA du 19 septembre dernier) le fait que, « malgré l’arrêt définitif annoncé » (le 22 février 2020 pour le réacteur n°1 et le 30 juin 2020 pour le réacteur n° 2), « le risque d’un accident majeur perdurera plusieurs années encore au niveau des piscines de décontamination, et ceci tant qu’il s’y trouvera du combustible radioactif » (jusqu’en 2023, selon EDF).

Source : L’Alsace, publié le 31/10/20919

https://www.lalsace.fr/environnement/2019/10/30/stop-fessenheim-alerte-les-communes-a-evacuer-en-cas-d-accident-nucleaire

Oct 31

INTRUSION À LA CENTRALE DE CATTENOM : DES JOURS-AMENDES REQUIS CONTRE DES MILITANTS DE GREENPEACE

Les huit militants de l’ONG étaient jugés en appel à Metz pour s’être introduits sur le site en 2017. En première instance, à Thionville en février 2018, ils avaient été condamnés à deux mois de prison ferme. 

Ce sont finalement des peines de jours-amendes, et non des peines d’emprisonnement, qui ont été requises, mercredi 30 octobre, à l’encontre de huit militants de Greenpeace, jugés en appel à Metz pour s’être introduits sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) en 2017.

« Prononcer une peine d’emprisonnement est contre-productif au vu des circonstances de la commission des faits, du contexte et de la personnalité » des prévenus, a estimé l’avocat général, Julien Le Gallo.

Il a réclamé « 300 jours-amendes à 3 euros » pour deux hommes, déjà condamnés pour s’être introduits sur un site nucléaire. En première instance, à Thionville en février 2018, ils avaient été condamnés à deux mois de prison ferme.

L’avocat général a également requis « 150 jours-amendes à 3 euros » à l’encontre de six prévenus et de Yannick Rousselet, directeur de la campagne nucléaire de Greenpeace, poursuivi pour complicité. Ils avaient été condamné à cinq mois de prison avec sursis.

Une peine d’amende de 20 000 euros a été requise contre l’ONG, représentée par son directeur général, Jean-François Julliard.

Lire aussi: Les militants de Greenpeace évitent la prison ferme

Alerter sur « le danger du nucléaire »

Les huit prévenus, cinq hommes et trois femmes, âgés de 29 ans à 50 ans, ont reconnu à la barre leur participation à cette action, « nécessaire », selon eux, pour alerter sur « le danger du nucléaire ».

Vêtus d’une combinaison orange et munis d’une échelle, d’une disqueuse portative et de pinces, ils avaient franchi trois clôtures pour pénétrer sur le site de la centrale mosellane. Ils avaient tiré un feu d’artifice près du bâtiment abritant la piscine à combustibles, selon eux, avant d’être interpellés. La préfecture de Moselle et EDF avaient écarté la possibilité qu’ils aient pu accéder à la zone nucléaire.

« Le but de cette action était d’illustrer les failles de sécurité que nous avons identifiées dans les centrales nucléaires » et plus spécifiquement la vulnérabilité des piscines à combustibles, et « de montrer que l’on peut relativement facilement aller au contact de ces bâtiments-là », a exposé M. Julliard.

Lire aussi: Les militants de Greenpeace qui s’introduisent dans des centrales nucléaires sont-ils des « lanceurs d’alerte » ?

14 intrusions de centrales revendiquées

L’ONG revendique « 14 intrusions de centrales », des actions « non violentes » réalisées par « des lanceurs d’alerte », a-t-il souligné. « La manière dont on est entré dans la centrale n’a pas fait de dégâts et on a eu une reconnaissance institutionnelle » avec la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire en 2018, a rappelé une des prévenues. « Des failles » dans la sécurité des installations nucléaires avaient été identifiées par la commission d’enquête, qui a préconisé 33 mesures pour les combler.

Le fournisseur d’électricité a réclamé près de 200 000 euros pour le préjudice matériel et 500 000 euros pour le préjudice moral en raison de « l’atteinte à la crédibilité d’EDF », a annoncé l’avocat d’EDF, Thibault de Montbrial. « Tout est fait pour pointer la prétendue fragilité des sites nucléaires. Cette petite musique lancinante a pour vocation de dire qu’EDF n’est pas capable d’assurer la sécurité de ses installations », a-t-il justifié.

Environ 250 personnes s’étaient réunies avant le procès, en musique, dans un parc proche du tribunal de grande instance pour soutenir les prévenus. Poursuivis pour « intrusion en réunion et avec dégradation dans l’enceinte d’une installation civile abritant des matières nucléaires », ils encourent cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Par Le Monde avec AFP, publié le 30octobre 2019 à 21h03, mis à jour à 21h06

Photo en titre : entrée du palais de justice où siège la Cour d’appel de Metz

Lire aussi: Greenpeace porte plainte contre une députée qui a suggéré de « tirer » sur les intrus dans les centrales nucléaires (Article réservé à nos abonnés)

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/10/30/intrusion-a-la-centrale-de-cattenom-des-jours-amendes-requis-contre-des-militants-de-greenpeace_6017495_3244.html

Oct 30

L’IRAN SE DÉCLARE PRÊT À RÉDUIRE DAVANTAGE SES ENGAGEMENTS À L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE SI SES INTÉRÊTS NE SONT PAS RESPECTÉS

Téhéran le 30 octobre 2019- (Xinhua) — L’Iran mettra en œuvre « sans hésiter » la quatrième étape de la réduction de ses engagements à l’accord sur le nucléaire de 2015 si ses demandes ne sont pas satisfaites au cours des négociations avec les autres membres de l’accord, a affirmé mercredi le chef de cabinet du président iranien Mahmoud Vaezi.

L’Iran a formé un comité en charge de planifier la quatrième étape de réduction de ses obligations, a indiqué M. Vaezi à la presse en marge d’une réunion du cabinet.

« Si l’Europe ne remplit pas ses obligations (d’aider l’Iran à tirer profit de l’accord sur le nucléaire), l’Iran mettra en œuvre la quatrième étape en temps voulu« , a-t-il insisté.

Depuis le mois de mai, l’Iran a déjà procédé à trois reprises à une réduction de ses engagements en constituant des réserves de combustible nucléaire, en relevant le niveau de pureté de l’uranium enrichi et en démarrant des centrifugeuses avancées pour augmenter les stocks d’uranium enrichi, ce qui avait fait l’objet de restrictions dans le cadre de l’accord.

Ces démarches iraniennes sont intervenues en réponse au retrait unilatéral des États-Unis de l’accord, aussi connu sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA), et au retour de sanctions américaines contre la République islamique l’année dernière.

Par French.xinhuanet.com, publié le 30 octobre 2019 à 22h05

Photo en titre: M. Vaezi

http://french.xinhuanet.com/2019-10/30/c_138516025.htm

Oct 30

NOUVELLE PANNE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM, CINQUIÈME INCIDENT DE SÉCURITÉ EN UN MOIS

Un nouvel incident a obligé la centrale nucléaire de Cattenom à arrêter l’un de ses réacteurs. Il a été remis en fonction depuis. Sortir du Nucléaire dénonce une série de couacs.

L’exploitant de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle), près de Thionville, a signalé un nouvel incident. Vendredi 25 octobre 2019, le bloc 1 des quatre réacteurs s’est arrêté en pleine exploitation.

Les équipes d’exploitation de la centrale nucléaire de Cattenom procèdent aux contrôles et au diagnostic, conformément à nos procédures, qui permettront de déterminer l’origine de l’événement et de redémarrer l’unité de production n°1 en toute sûreté et dans les meilleurs délais.

« Cet arrêt n’a aucun impact sur la sûreté des installations, ni sur l’environnement », assure EDF qui exploite cette centrale, l’une des plus puissantes de France. 

Remise en service du réacteur

Dans la nuit du 27 au 28 octobre 2019, les équipes de la centrale de Cattenom ont annoncé avoir redémarré l’unité de production n°1. Celle-ci a été reconnectée au réseau électrique national le 28 octobre vers 6 heures du matin. Selon l’entreprise, cet arrêt était lié « au dysfonctionnement d’un capteur de débit en sortie d’un générateur de vapeur ».

Lire aussi : Pastilles d’iode distribuées aux riverains de la centrale de Cattenom : à quoi servent-elles ?

Sortir du Nucléaire s’inquiète d’un nouvel incident

Selon l’association, « cinq événements significatifs pour la sûreté déclarés en moins d’un mois » se sont déroulés à Cattenom, d’après leur communiqué.

Cette série est d’autant plus inquiétante que les « détections tardives » des problèmes sont récurrentes. Et d’autant plus surprenante pour ce qui concerne les avaries du réacteur 1 car celui-ci sort à peine d’un arrêt de plusieurs semaines pour maintenance et vérifications des équipements.

D’après l’association d’écologistes, « les générateurs de vapeur participent au refroidissement du combustible nucléaire » et relève « toute l’importance de surveiller de très près le bon fonctionnement de ces équipements, et donc l’importance d’avoir des capteurs fiables et en état de marche ».

Par Nicolas Zaugra, publié le 30 Octobre 2019 à 10h36

Photo en titre : La centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle. (©Illustration/Adobe Stock)

https://actu.fr/grand-est/cattenom_57124/nouvelle-panne-la-centrale-nucleaire-cattenom-cinquieme-incident-securite-un-mois_29024918.html

Oct 30

SOUS-TRAITANTS DU NUCLÉAIRE : LA SÛRETÉ DE NOS INSTALLATIONS EN QUESTION

Soudeurs, électriciens, mécaniciens, caristes… 160 000 salariés travaillent dans les entreprises sous-traitantes de la filière nucléaire. Des salariés dénonçant des conditions de travail pouvant peser sur la sûreté des installations nucléaires.

EDF va devoir tirer les leçons des déboires à répétition de l’EPR de Flamanville. Le gouvernement lui a donné un mois pour bâtir un plan d’action. Le groupe public est notamment sommé d’investir dans les compétences qui font aujourd’hui défaut. Un problème lié pour partie à la multiplication des sous-traitants dans cette filière.  

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Aujourd’hui, 160 000 salariés travaillent dans ces entreprises sous-traitantes pour la filière nucléaire. Un tiers d’entre eux sont employés de manière permanente sur un site nucléaire, les autres changent de chantiers au gré des missions. Une main d’œuvre essentielle pour les grands groupes de la filière comme EDF ou Orano. EDF sous-traite ainsi 80 % de la maintenance sur ses installations nucléaires. Pour le seul remplacement d’un générateur vapeur, il peut y avoir jusqu’à 50 entreprises différentes ! 

Journée de mobilisation pour les conditions de travail des sous-traitants

La sous-traitance n’est pas un problème en soi. Mais ce qui pose question ce sont les conditions de travail. Des syndicats ont appelé à une journée de mobilisation le 18 septembre dernier pour les mettre en lumière. Ainsi, ces groupes prestataires sont de plus en plus soumis à des impératifs de rentabilité, avec des délais toujours plus courts dénoncent certains salariés. Yvon Laurent, 39 ans d’expérience dans ce domaine de la sous-traitance nucléaire, également membre de l’association « Ma zone contrôlée », qui entend représenter ces salariés sous-traitants du nucléaire, a vu les exigences diminuer :

Auparavant, EDF faisait de la maintenance préventive, on n’attendait pas qu’une pièce soit défectueuse pour la changer, donc les arrêts de tranches duraient assez longtemps, c’était assez bien planifié, on n’avait pas cette notion de temps qui nous opprime maintenant. Dans les années 2 000, on est passé à une maintenance curative, on attend désormais que cette pièce soit usée pour la changer.   

Problème de compétences

Autre problème pointé du doigt : les personnels qui contrôlent ces salariés sous-traitants ne semblent pas en capacité de les aider, en cas de problème. Les agents EDF qui participaient autrefois aux tâches de maintenance ont été affectés à des fonctions de surveillance, ils n’ont plus la maîtrise des savoir-faire dénoncent les syndicats. 

Et si la sous-traitance s’est développée c’est selon eux parce que les grands opérateurs ont voulu se délester des tâches les plus dangereuses. Jérôme Schmitt, porte-parole de la Fédération sud énergie et salarié d’EDF à la centrale de Dampierre dans le Loiret est catégorique :

Il y a des métiers qui étaient auparavant confiés à des agents statutaires, par exemple les « jumper » dans les générateurs de vapeurs, un travail incroyable mais assez dangereux. Ces métiers ont disparu d’EDF qui a ainsi voulu se défaire de ses responsabilités sanitaires

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55 min

LSD, La série documentaireA l’ombre des centrales nucléaires (2/4) : Vivre et travailler à l’ombre d’un réacteur nucléaire

Chez EDF, on bat en brèche cet argument, assurant faire appel à la sous-traitance pour des raisons historiques -ce sont les fabricants des équipements qui en assurent la maintenance – et parce qu’elle elle n’a pas vocation à tout savoir faire. L’entreprise publique semble tout de même consciente qu’il lui faut réapprendre certains métiers. Elle a réinternalisé un certain nombre de fonctions depuis 5 ans, l’équivalent de 500 postes. Et elle recrute à nouveau dans les métiers de la maintenance.  

Mais le problème de compétences se trouve aussi chez les sous-traitants.

Le rapport de Jean-Martin Folz remis lundi à Bercy sur l’EPR de Flamanville évoque d’ailleurs « une perte de compétences généralisée » dans la filière, liée notamment au fait qu’une longue période s’est écoulée entre la construction en 1991 du réacteur 2 de la centrale de Civaux dans la Vienne et le début du chantier de Flamanville en 2007. Il y a ainsi eu, souligne le rapport, « une perte de compétences certaine de la part de la plupart des acteurs concernés, tant du fait du départ en retraite de spécialistes  confirmés que du défaut d’entretien des expertises et savoir-faire inutilisés« .

Une problématique également soulevée par le président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) Bernard Doroszckuk. Devant le Sénat, le 16 mai dernier, il pointait ainsi du doigt la « perte de compétence technique industrielle, liée à l’affaiblissement du tissu industriel de notre pays, et à un manque de vigilance face à la découverte d’anomalies pouvant remettre en cause le niveau de qualité dans le secteur nucléaire. » 

Crédits : Visactu

Il faut dire que les métiers du nucléaire ne sont pas très attractifs : des salaires limités et des conditions de travail difficiles, sans parler des conventions collectives qui changent d’une entreprise à l’autre. Faut-il un statut commun aux salariés des sous-traitants du nucléaire ? C’est ce qu’a préconisé la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires.  Or plus d’un an après ses conclusions, rien n’a changé regrette sa rapporteure, la députée en Marche de la Somme Barbara Pompili :

La réponse notamment d’EDF [à lire ci-dessous] mais aussi malheureusement du gouvernement, ça a été de le mettre sous le tapis ; c’est non seulement dommage mais aussi dangereux. Que l’on soit pour ou contre le nucléaire, on a tous collectivement intérêt à ce que nos installations soient sûres, et pour qu’elles soient sûres, il faut s’attaquer aux problèmes qui affaiblissent cette sûreté, et la question de la sous-traitance en est un, et pas des moindres !

Par Anne-Laure Jumet, publié le 30/10/2019

Photo en titre : la centrale nucléaire de Cattenom en Lorraine • Crédits : Julio PELAEZ Maxppp

https://www.franceculture.fr/emissions/le-reportage-de-la-redaction/sous-traitants-du-nucleaire-la-surete-de-nos-installations-en-question

Oct 30

EPR : UN RAPPORT ATOMIQUE POUR RELANCER LA FILIÈRE NUCLÉAIRE

Le rapport Foltz sur l’avenir de l’EPR est à la fois un procès sans concession des faiblesses de la filière nucléaire française et le prétexte qu’attendait le gouvernement et EDF pour justifier la construction de centrales. Exercice délicat et explosif…

C’est un exercice d’équilibriste auquel s’est livré Jean-Martin Folz, dans un rapport remis en début de semaine à Bruno Le Maire, le ministre de l’économie. À la fois dresser le constat, incontestable et implacable, de l’échec retentissant pour EDF de la construction de l’EPR de Flamanville, qui accumule les retards et les surcoûts. Mais aussi se montrer optimiste sur l’avenir de ces réacteurs nucléaires de nouvelle génération. Et recommander la poursuite des investissements dans leur développement. « La pertinence du concept et du design » a été démontrée, justifie l’ancien PDG de PSA, citant l’exemple deux réacteurs chinois de Taishan, mis en service ces derniers mois.

Sur une trentaine de pages, Jean-Martin Folz dénonce d’abord des estimations initiales « irréalistes », tant pour les coûts que pour les délais de construction. « EDF a grossièrement sous-estimé (…) la complexité » du projet, assène-t-il. Initialement prévue en juin 2012, la mise en service n’interviendra pas avant fin 2022. La facture estimée a déjà triplé, passant de 3,3 à 12,4 milliards d’euros. La faute, également, à une série de dysfonctionnements et de dérapages, dont l’inventaire est accablant. Et qui met en lumière une gouvernance « inapproprié » du projet et des « relations insatisfaisantes » entre les différentes entreprises impliquées dans la construction.

« Perte de compétences généralisée »

Plus grave encore, les difficultés du chantier témoignent d’une « perte de compétences généralisée » dans la filière nucléaire française, en particulier chez EDF et chez Framatome, l’ex-Areva NP devenue filiale d’EDF début 2018. Cela touche autant les bureaux d’études, les fabricants de composants que « l’aptitude à gérer un très gros chantier ». En cause: l’absence de construction de nouvelles centrales pendant près de 20 ans. Le rapport s’attarde notamment sur la « faiblesse des ressources et talents en technique et réalisation de soudage ». Ainsi, le dernier retard en date a été provoqué par la découverte de soudures non-conformes, qui devront être réparées grâce à l’utilisation de robots télé-opérés.

Malgré tout, l’ancien patron de PSA se montre plutôt confiant, voulant croire que l’électricien français a tiré les leçons du fiasco de Flamanville. Une « expérience si chèrement acquise », estime-t-il. « Les progrès observés au cours des récentes années doivent conforter, et amplifier, les derniers choix d’organisation faits par EDF », poursuit-il. Le rapporteur salue aussi l’entrée de Framatome dans le groupe, qui permet « de rationaliser et de simplifier plus avant l’organisation des ressources scientifiques et techniques dans les projets nucléaires« .

Pour réussir la construction des prochains EPR, le rapporteur préconise également de lancer « des programmes stables à long terme de construction de nouveaux réacteurs » afin d’impulser une nouvelle dynamique en donnant aux entreprises du secteur « la visibilité et la confiance nécessaires pour qu’elles engagent les efforts d’investissement et de recrutement indispensables ». Et de citer l’exemple de la Chine, où « la construction de centrales nucléaires se poursuit régulièrement depuis une vingtaine d’années ».

Décision reportée ?

Après tous ces déboires, l’avenir des EPR en France n’est officiellement pas encore assuré. Pour la filière nucléaire, le temps presse pourtant; afin de se préparer à la fermeture des plus vieilles centrales du parc français. Initialement, le gouvernement devait prendre une décision mi-2021, à quelques mois seulement des élections présidentielles. Mais Bruno Le Maire n’hésite désormais plus à évoquer un report de calendrier. Pas avant 2023, soit après la mise en service de l’EPR de Flamanville. Et surtout après le scrutin d’avril 2022.

Le dossier est politiquement sensible, alors que les retards à répétition semblent avoir durablement terni l’image de ces réacteurs nucléaires. Et que la prise de conscience écologique a fait naître de nouveaux enjeux électoraux, que les prochaines municipales pourraient confirmer. Il s’entrechoque en plus avec le projet de réorganisation d’EDF, qui prévoit une scission en deux de l’entreprise – un « EDF bleu« , renationalisé pour le nucléaire notamment, et un « EDF vert » pour les énergies renouvelables.

Un sujet socialement explosif, qui mobilise déjà les syndicats. Il vient d’être reporté en 2020. Et pourrait, lui aussi, traîner en longueur parce qu’il est lié à de difficiles négociations avec l’exécutif européen sur un relèvement du tarif de l’Arenh, le dispositif qui permet aux concurrents de l’électricien historique de lui acheter un quart de sa production nucléaire à un prix fixe.

Préparer le terrain médiatique

Pour les détracteurs de l’atome, cependant, les conclusions de Jean-Martin Folz ne seraient en réalité qu’un moyen de préparer le terrain médiatique à l’annonce, déjà actée, de la construction de nouveaux réacteurs. Et le discours de fermeté affiché par Bruno Le Maire – qui a dénoncé « un manque de rigueur inacceptable » et réclamé à EDF un « plan d’action » d’ici à la fin novembre – ne serait que de façade.

Ils en veulent aussi pour preuve la lettre adressée en septembre à Jean-Bernard Levy, le patron de l’électricien français, dans lequel le gouvernement lui demandait de réfléchir à la construction de « trois paires de réacteurs sur trois sites distincts » d’ici à 2035. Embarrassé, le ministère de la Transition écologique avait alors assuré qu’il ne s’agit que d’une simple « hypothèse de travail », qui « ne présage en rien les décisions qui pourraient être prises« .

Quelques jours après la publication, mi-octobre, de ce courrier par Le Monde, Jean-Bernard Levy, dont le mandat à la tête de la société a été prolongé en mai, enfonçait encore le clou. « Il est clair que la France se prépare à construire de nouvelles centrales nucléaires », assurait-il au quotidien du soir, évoquant ensuite les six EPR. « Pour faire baisser les coûts, il ne faut pas simplement faire des têtes de série les unes après les autres, mais un ensemble de réacteurs. C’est simplement la réalité industrielle », justifiait-il. « Ce n’est pas EDF ni son PDG qui fixe la politique énergétique du pays », avait rétorqué Élisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique. Sans convaincre les détracteurs du nucléaire.

Par Jérôme Marin, publié le 30/10/2019 à 8h39

Photo en titre : Crédits Reuters

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/epr-un-rapport-atomique-pour-relancer-la-filiere-nucleaire-831948.html

Oct 30

QUE SE PASSE-T-IL À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE KUDANKULAM EN INDE ?

Une partie du système d’information de cette centrale semble avoir été compromise récemment. Son opérateur ne dément que partiellement, assurant qu’aucune attaque sur les systèmes de contrôle industriels n’est possible.

Officiellement, tout va bien. Selon l’opérateur de la centrale nucléaire indienne de Kudankulam, dans l’état du Tamil Nadu, de « fausses informations » ont été propagées sur Internet et dans la presse papier « en référence à la cyber-attaque » ayant visé cette centrale. Car non, les systèmes de contrôle industriels sont « isolés » et déconnectés – en airgap, dit-on. Dès lors, « aucune cyber-attaque sur le système de contrôle de la centrale nucléaire n’est possible ».

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Ce qui pourrait être interprété comme un démenti formel ne l’est pas – ou alors sa formulation est particulièrement maladroite : il n’est pas question d’allégation d’attaque, ni d’attaque éventuelle, mais bien de « l’attaque ».  

Pukhraj Singh, analyste en renseignement sur les menaces, assure avoir alerté les autorités locales dès le 3 septembre. Quelques jours plus tard, il évoquait sur Twitter un incident qu’il qualifiait de « casus belli ». Il n’en revendique pas la découverte, mais assure qu’un tiers est à son origine, qui lui a communiqué les indicateurs de compromission, avant que Kaspersky ne communique sur le maliciel impliqué, l’appelant Dtrack.

Selon l’analyste, un contrôleur de domaine a été compromis. Depuis, l’analyse d’échantillons partagés sur VirusTotal fait ressortir l’accès à un tel système, avec un nom d’utilisateur évocateur : KKNPP, l’acronyme du nom de la centrale nucléaire en question. La production sur l’une de ses tranches a été interrompue temporairement, plus tôt ce mois-ci. Aujourd’hui, son opérateur assure que la production se fait normalement sur les deux tranches de la centrale.

Fin septembre, Kaspersky décrivait Dtrack comme un logiciel espion, pouvant également être utilisé pour du contrôle à distance, qui aurait pu être développé par le groupe Lazarus, soupçonné de liens avec la Corée du Nord – ou du moins des similarités de code peuvent – elles le laisser penser. Et l’éditeur de renvoyer à ATMDtrack, un maliciel utilisé pour voler des données de cartes bancaires sur des distributeurs automatiques de billets.

Chez Dragos, Joe Slowik, spécialiste de la sécurité des systèmes industriels, souligne qu’il est difficile, à ce stade, de développer des certitudes autour de la situation. Il soulève la question de la réalité et de la robustesse de l’isolation revendiquée entre systèmes d’information (IT) et systèmes opérationnels (OT).

De son côté, Félix Aimé, analyste chez Kaspersky, rappelle qu’il n’y a rien d’impossible à ce qu’une personne malveillante utilise un point d’accès public pour « téléverser sur VirusTotal des échantillons altérés de maliciels attribués à des attaquants connus ». Et là, « bonne chance pour démentir »…

Par Valéry Marchive, rédacteur en chef adjoint, publié le 29 octobre 2019 (source : Le Mag IT)

https://www.lemagit.fr/actualites/252473082/Qui-se-passe-t-il-a-la-centrale-nucleaire-de-Kudankulam-en-Inde

Mots

Oct 29

CRÉATION DE LA BOMBE ATOMIQUE EN URSS: MOSCOU DÉCLASSIFIE DES INFOS SUR DES PARTICIPANTS ÉTRANGERS

La compagnie publique russe Rosatom a publié des documents déclassifiés relatifs aux spécialistes allemands ayant travaillé sur l’arme atomique en Allemagne hitlérienne, puis, après la guerre, qui se sont rendus en URSS et ont participé au développement de la première bombe atomique soviétique.

En prévision du 75ème anniversaire de la branche atomique russe, lequel sera célébré en août 2020, la compagnie Rosatom a publié sur le site «Histoire de Rosatom» des fac-similés des formulaires remplis par les scientifiques allemands qui avaient développé la bombe atomique en Allemagne nazie et s’étaient retrouvés en Union soviétique après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le bunker de Staline et d’autres abris secrets de l’époque soviétique. CC BY 2.0 / Kate Brady

À la fin du conflit, le IIIème Reich possédait en effet le potentiel indispensable pour créer une arme nucléaire. En 1945, lorsque l’Armée rouge est entrée à Berlin, les dirigeants soviétiques ont ordonné de rechercher des spécialistes allemands en la matière, ainsi que des équipements industriels et de laboratoire.

Certains spécialistes qui se trouvaient sur le territoire contrôlé par les troupes soviétiques ont été invités à se rendre en URSS pour y créer le projet atomique soviétique. Au total, plus de 300 Allemands, membres de famille compris, y sont partis.

Une invitation qui a aidé les chercheurs à survivre

Les scientifiques se sont souvenus par la suite que cette invitation en Union soviétique les avait aidés à survivre face au chômage et à la famine régnant dans l’Allemagne d’après-guerre. En URSS, ils ont travaillé, ont été rémunérés et ont vécu dans des conditions relativement confortables. Plus tard, dans les années 1950, ils sont rentrés chez eux, en RDA ou en RFA.

L’avion soviétique M-4 conçu pour transporter l’«arme des représailles» jusqu’aux USA. CC BY 3.0 / Boris Vasiljev

Rosatom a publié les formulaires de six de ces spécialistes allemands: le prix Nobel Gustav Hertz, Nikolaus Riehl, Manfred von Ardenne, Peter Thiessen, Heinz Pose et Robert Depel.

Contribution allemande au nucléaire

Gustav Hertz a mis au point la méthode de la séparation isotopique par diffusion qui a servi de base pour la technologie d’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse.

Nikolaus Riehl a d’abord travaillé sur l’uranium-métal pur, puis sur l’effet de la radiation sur les organismes vivants. Manfred von Ardenne a participé au développement des méthodes d’enrichissement de l’uranium dans des centrifugeuses gazeuses et à la mise au point d’une puissante source d’ions pour le spectromètre de masse.

Retour en RDA

Peter Thiessen a étudié les méthodes de fabrication des filtres tubulaires pour l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse. Heinz Pose a étudié les processus dans les réacteurs nucléaires et Robert Depel a organisé la production de l’eau lourde.

Dans les années 1950, les six scientifiques allemands sont rentrés en RDA.

Publié le 29 octobre 2019 à 14h19, mis à jour à 14h31

https://fr.sputniknews.com/russie/201910291042340558-creation-de-la-bombe-atomique-en-urss-moscou-declassifie-des-infos-sur-des-scientifiques-etrangers/

Oct 29

LES JO MENACÉS PAR LA RADIOACTIVITÉ NON MAITRISÉE DE FUKUSHIMA

Plus d’un million de tonnes d’eau sont toujours stockées sur le site sinistré de la centrale japonaise de Fukushima et nul ne sait quoi en faire alors que les ouvriers et techniciens qui s’affairent autour pour tenter de filtrer l’eau et de l’empêcher de s’écouler vers la mer qui est toujours fortement contaminée sur des kilomètres.

Malgré le mur souterrain de glace qui ne réussit que bien imparfaitement à limiter les infiltrations. Qu’il s’agisse des eaux sortant du refroidissement toujours en cours des deux réacteurs détruits ou des eaux de pluies qui dévalent régulièrement des montagnes et « lessivent » le site contaminé.

Capteurs en panne….

Une contamination qui ne diminue pas et dont témoignent les vêtements et les masques de protection portés par les milliers de travailleurs auxquels nul ne détaille les dangers encourus. D’autant plus que dès qu’un visiteur s’interroge sur les taux de radiations affichés sur l’un des analyseurs automatiques lumineux de radioactivité dispersés sur le site, les responsables expliquent « qu’ils ne sont pas en fonctionnement à la suite d’une panne qui sera vite réparée ». Mais les dosimètres individuels qu’amènent certains naïfs visiteurs sont confisqués dès leur passage dans la salle de briefing dans laquelle sont distribués de dérisoires masques de protection en papier. Une séance au cours de laquelle un responsable explique que l’entreprise va construire de nouveaux réservoirs d’un millier de tonnes qui devraient être pleins au cours de l’année 2022. Après ? On verra, faites-nous confiance….

L’une des solutions avancées par les techniciens de Tepco et ceux de l’Agence internationale de l’énergie atomique serait de relâcher ces eaux sous une forme diluée dans la mer. Mais, le problème est que ces eaux polluées sont encore très lourdement chargées en éléments très radioactifs qui aggraveront l’état de la chaîne alimentaire, mettant en danger la vie de millions de Japonais. De plus, les responsables de l’entreprise ont expliqué que la plupart des solutions envisagées seraient trop coûteuses pour leur société.

Les Jeux olympiques en cause

Le gouvernement du Japon, fait de gros efforts pour masquer cette situation car les Jeux olympiques vont se dérouler dans moins d’un an dans le pays ; et parce que de nombreux participants ainsi qu’une trentaine de comités nationaux au moins ont déjà fait part de leurs inquiétudes qui pourraient se traduire par des refus de participer déguisés sous des explications diplomatiques. Alors que le Premier ministre, Shinzo Abe, un pro-nucléaire décomplexé a affirmé récemment au Comité international olympique que « la situation est sous contrôle », sans donner plus de précision. Mais l’un de ses collaborateurs a gaffé en assurant que toute l’alimentation proposée aux participants, les sportifs comme les touristes, serait rigoureusement vérifiée. Ce qui évidemment ne rassure personne dans un pays où les dégâts radioactifs sont minorés ou simplement niés.

La terre contaminée balayée par un typhon

Le récent typhon qui a balayé le pays n’a pas affecté directement la centrale mais par contre les centaines milliers de tonnes de terres contaminées qui sont entreposées dans la région de Fukushima sous de simples bâches, sans surveillance parce que nul ne sait quoi en faire, ont souvent été balayées par la tempête et les inondations. Une partie est directement partie vers la mer ou s’est retrouvée dans les villages qui avaient été « décontaminés ». Affirmation des officiels qui n’a pas convaincu plus de 10 % de leurs anciens habitants qui, eux non plus, ne croient plus les assurances des pro-nucléaires qui ne veulent plus les considérer comme des « réfugiés »….

Malgré les assurances gouvernementales, il n’est pas le moins du monde certain que les visiteurs des Jeux olympiques seront épargnés par les pollutions radioactives. Mais, au moins, ils ne resteront pas longtemps alors que les Japonais, eux, n’ont aucune autre solution que de vivre sous cette menace que la Tepco ne parvient à juguler.

Par Claude-Marie Vadrot, publié le 28 octobre 2019

https://www.politis.fr/articles/2019/10/les-jo-menaces-par-la-radioactivite-non-maitrisee-de-fukushima-40980/

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Oct 29

NUCLÉAIRE : LE GOUVERNEMENT JOUE LES ÉQUILIBRISTES DANS LE DÉBAT SUR LES NOUVEAUX EPR

L’exécutif hausse le ton face à EDF tout en soutenant la volonté de construire de nouveaux réacteurs de troisième génération.

Comment avoir l’air le plus sévère possible face aux dérives de la filière nucléaire française, tout en préparant le terrain pour la construction de nouveaux réacteurs ? C’est l’exercice périlleux auquel s’est livré le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, lundi 28 octobre, lors de la présentation du rapport de Jean-Martin Folz sur les déboires de l’EPR de Flamanville (Manche).

Cet audit, demandé par le ministre début juillet à la direction d’EDF – qui a choisi l’ancien PDG de PSA pour conduire ce travail – dresse un réquisitoire contre les errements du chantier du réacteur de troisième génération. « Flamanville est un échec pour la filière électronucléaire française », a tancé Bruno Le Maire, lors d’une conférence de presse, aux côtés de la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, et du PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy. Le ministre a dénoncé des « problèmes de qualité industrielle », tout en demandant au patron d’EDF de lui remettre, avant la fin novembre, un « plan d’action » portant notamment sur la « gouvernance des grands projets » et sur la mise en place d’un « plan de compétences ».

Fin septembre, M. Le Maire s’en était vivement pris à EDF, sur RTL, estimant que l’entreprise ne pouvait pas être « un État dans l’État », et dénonçant les « dérives » de la filière nucléaire.

Un calendrier délicat

Cet exercice d’autocritique de la part d’EDF et de son principal actionnaire – l’État détient 83 % du capital – intervient alors que, dans le même temps, le gouvernement et la filière travaillent à un plan de construction de six nouveaux EPR sur les quinze prochaines années. Les mots durs du ministre de l’économie et la sévérité du rapport de M. Folz contrastent avec les intentions de l’exécutif en la matière.

Après avoir étrillé le chantier de Flamanville, la conclusion de ce document fixe un horizon assez clair : « Il s’agit concrètement d’afficher des programmes stables à long terme de construction de nouveaux réacteurs en France. » Une formule notée avec délectation sur les réseaux sociaux par certains défenseurs du nucléaire.

L’exécutif se retrouve en réalité face à un calendrier délicat. Lors de la présentation de la feuille de route énergétique de la France, fin novembre 2018, le président de la République a demandé à l’énergéticien de lui présenter un plan complet pour étudier la construction de nouveaux réacteurs nucléaires à la mi-2021. À cette date, EDF espère que l’EPR de Flamanville sera déjà opérationnel. À quelques mois de la présidentielle, le probable futur candidat Macron pourrait ainsi décider – ou pas – du lancement de nouveaux chantiers, en se basant sur le retour d’expérience du réacteur normand.

Mais le film ne s’est pas passé comme prévu : les défauts repérés sur certaines soudures ont fait exploser les coûts et le calendrier. L’EPR ne sera pas sur le réseau avant 2023, au mieux. Bruno Le Maire répète alors qu’aucune décision de construction ne peut être prise tant que le réacteur de Flamanville n’a pas démarré.

Contradictions

Pourtant, début septembre, comme l’a révélé Le Monde, le ministre de l’économie et la ministre de la transition écologique et solidaire adressent à Jean-Bernard Lévy une feuille de route détaillée pour étudier la mise en œuvre d’un programme de construction de six EPR. Quelques jours plus tard, le PDG d’EDF confirme au Monde qu’« il est clair que la France se prépare à construire de nouvelles centrales nucléaires ». De fait, aucun autre scénario n’a été demandé à M. Lévy. Des déclarations qui ont déplu à Mme Borne – ministre de tutelle du groupe –, qui a répondu sur Europe 1 que « ce n’était pas EDF ni son PDG qui fixe la politique énergétique du pays ». (NDLR : malheureusement si !)

Lundi, les ministres ont peiné à se sortir de leurs contradictions : le gouvernement va-t-il décider officiellement de lancer un tel programme dès la mi-2021, alors que l’EPR de Flamanville n’aura toujours pas démarré ? Ou recommande-t-il d’attendre 2023, alors que la présidentielle de 2022 sera passée par là ?

La ministre a assuré que d’autres scénarios étaient à l’étude, notamment l’hypothèse d’un mix électrique composé à 100 % d’énergies renouvelables

« Je ne pense pas qu’on décide mi-2021 », a prudemment répondu Elisabeth Borne, qui a rappelé que le président de la République « a eu l’occasion de dire très clairement que cette décision n’interviendrait qu’après la mise en service de Flamanville ». La ministre – qui n’était pas initialement prévue au point presse de remise du rapport Folz – a assuré que d’autres scénarios étaient à l’étude, notamment l’hypothèse d’un mix électrique composé à 100 % d’énergies renouvelables.

Or, la filière nucléaire alerte depuis des mois sur l’urgence à prendre cette décision. Selon la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), qui défend les intérêts de la filière, ce choix doit impérativement être fait en 2021 pour avoir des premiers EPR en fonctionnement autour de 2035, afin de pouvoir prendre à temps le relais du parc actuel. Mais aussi fournir de l’activité aux entreprises de la filière : selon une étude du Boston Consulting Group, réalisée pour le compte de la SFEN, 58 % des acteurs du secteur vont réduire leurs effectifs si aucune décision n’est prise dans les trois ans.

Autrement dit : plus le gouvernement tardera à se décider, plus les risques de perte de compétences et de désorganisation de la filière risquent de s’aggraver. Soit précisément ce que pointe le rapport Folz… « Tout cela relève maintenant du calendrier politique, même s’il est clair qu’on aimerait que la décision soit prise le plus rapidement possible », explique un haut dirigeant d’EDF.

Des inquiétudes qui laissent de marbre les associations écologistes. Alix Mazounie, de Greenpeace France, estime ainsi que le rapport Folz n’est qu’un « exercice de style » qui « vise à “sauver” la filière nucléaire en imposant la construction de six EPR en France malgré l’absurdité du projet ».

Par Nabil Wakim, publié le 28 octobre 2019 à 16h58, mis à jour le 29 octobre 2019 à 10h23

Photo en titre : La ministre de la transition écologique, Elisabeth Borne, et son collègue à l’économie, Bruno Le Maire (à droite), suivis par le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, à Bercy, lundi 28 octobre, pour la remise du rapport de Jean-Martin Folz. ERIC PIERMONT / AFP

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/28/nucleaire-le-numero-d-equilibriste-du-gouvernement-dans-le-debat-sur-les-nouveaux-epr_6017223_3234.html

Oct 28

RAPPORT D’AUDIT SUR L’EPR DE FLAMANVILLE : UNE MISE EN SCÈNE POUR MASQUER LA POURSUITE DE LA FUITE EN AVANT ?

Communiqué – 28 octobre 2019

Ce lundi 28 octobre, Jean-Martin Folz, ancien PDG de PSA, a remis à Bruno Le Maire un rapport d’audit sur l’EPR de Flamanville. La conférence de presse à laquelle ont participé Bruno Le Maire, Jean-Bernard Lévy et Élisabeth Borne, a donné lieu à une démonstration flagrante (et malheureusement prévisible) d’hypocrisie : malgré le constat d’échec, la fuite en avant doit continuer, grâce à une hypothétique remobilisation de la filière !

Un constat d’échec qui mériterait d’être approfondi…

Si le rapport remis aujourd’hui pointe à juste titre des retards et surcoûts et une perte de compétence, il fait principalement référence à des éléments déjà connus et passe bien rapidement sur d’autres problèmes. Évoquer l’ « insuffisance des contrôles » ne rend pas compte de la politique du fait accompli pratiquée par EDF et anciennement Areva qui, de manière répétée, ont dissimulé des malfaçons à l’Autorité de sûreté nucléaire.

Le remède au fiasco ? Poursuivre la fuite en avant !

Malgré ce constat d’échec, partagé par Bruno Le Maire, la conclusion du rapport n’est pas l’abandon de l’EPR… mais la poursuite de la fuite en avant, avec la suggestion d’ « afficher des programmes stables à long terme de construction de nouveaux réacteurs en France et d’entretien du parc existant qui donnent aux entreprises concernées la visibilité et la confiance nécessaires pour qu’elles engagent les efforts d’investissement et de recrutement indispensables » !

Ni le ton ferme de Bruno Le Maire qui appelle la filière nucléaire à se ressaisir, ni les grandes déclarations de Jean-Bernard Lévy ne doivent tromper qui que ce soit : cet exercice n’est qu’une mise en scène, un passage obligé pour mieux préparer le terrain à la poursuite du programme EPR. Au final, malgré ce pseudo-recadrage, EDF s’en sort à bon compte en étant chargée par l’État de réaliser un plan d’action et en promettant une hypothétique remise en ordre de marche de la filière nucléaire.

Certes, la ministre de la Transition écologique rappelle que la décision de construire de nouveaux réacteurs ne sera prise qu’en 2023 et que différents scénarios sont sur la table, dont celui d’une France 100% renouvelables. Mais ces quelques réserves camouflent mal l’absence de soutien politique du gouvernement à toute remise en question du nucléaire.

Poursuivre l’EPR, un choix absurde et climaticide

Les grandes déclarations d’intention ne doivent tromper personne. Il est illusoire d’imaginer que la filière nucléaire pourra se remettre en ordre de marche pour construire de nouveaux réacteurs rapidement et à moindre coût. On n’efface pas ainsi en quelques mois des décennies de mauvaises pratiques et de dissimulation des malfaçons ! Et comment EDF peut-elle parler de regagner en compétence tout en continuant à pratiquer la sous-traitance massive et la mise en concurrence de ses prestataires sur la base du moins-disant social (sans parler des pratiques de travail détaché déjà condamnées par la justice sur le chantier de l’EPR) ?

Le gouvernement ne pourra pas prétendre « tirer les conséquences » de ce fiasco tant qu’il continuera de gaspiller des dizaines de milliards d’euros dans une énergie dangereuse et obsolète. Une telle attitude est impardonnable, alors que l’urgence climatique exigerait de consacrer dès maintenant ces sommes aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables, seules options à même de réduire rapidement et à moindre coût nos émissions de gaz à effet de serre.

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Rapport-d-audit-sur-l-EPR-une-mise-en-scene-pour

Oct 28

« UNE PERTE DE COMPÉTENCES GÉNÉRALISÉE » : LE RAPPORT FOLZ DRESSE UN BILAN SÉVÈRE DE L’« ÉCHEC » DE L’EPR DE FLAMANVILLE

L’ancien PDG de PSA a remis un rapport, lundi, qui critique en détail le chantier du réacteur nucléaire de troisième génération de Flamanville, mais épargne les dirigeants actuels d’EDF.

L’ancien PDG de PSA, Jean-Martin Folz, a remis, lundi 28 octobre dans la matinée, son rapport sur les déboires de la construction du réacteur de troisième génération à Flamanville (Manche). « La construction de l’EPR de Flamanville aura accumulé tant de surcoûts et de délais qu’elle ne peut être considérée que comme un échec pour EDF », écrit M. Folz.

Ce document, demandé par le ministre de l’économie Bruno Le Maire, avait été commandé par le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy. Sans surprise, il dresse un constat sévère des errements du chantier ces dernières années, mais épargne la direction actuelle d’EDF – et ne remet pas en cause le choix de l’EPR.

Folz revient de manière détaillée sur les ambitions de départ de l’EPR, dont la construction a démarré en 2007 et devait être initialement terminée en 2012. Le projet était alors évalué à 3,3 milliards d’euros. Dans sa présentation, le rapporteur a critiqué « l’irréalisme » des estimations réalisées à l’époque : le projet est actuellement évalué à 12,4 milliards d’euros et ne devrait pas commencer avant 2023 – au mieux.

Une « kyrielle d’événements négatifs »

Le rapport dresse la liste de la « kyrielle d’événements négatifs » qui mettent en lumière les « dérives » de la filière. Les premières difficultés, apparues dès 2007, relèvent de problèmes de chantier et de béton liés à des « spécifications techniques non atteignables », ce qui souligne l’absence de visibilité sur le projet, alors que le chantier avait déjà démarré.

Les difficultés liées à des soudures et à des travaux d’exécution mal réalisés apparaissent également très rapidement. Un certain nombre des défauts sont le fait de sous-traitants. Ainsi, les dirigeants d’EDF insistent sur la responsabilité de Framatome : l’entreprise est finalement devenue filiale d’EDF en 2017, mais elle était à l’époque une branche d’Areva.

La filière nucléaire explique régulièrement que le surcoût de Flamanville est lié au fait qu’il s’agisse d’une « tête de série »

Mais comment les coûts ont-ils pu dériver à ce point ? La filière nucléaire explique régulièrement que le surcoût de Flamanville est lié au fait qu’il s’agisse d’une « tête de série », une première réalisation industrielle de ce type de réacteur. Or, le rapport souligne que cet argument ne couvre que 38 % des raisons du surcoût. Les autres raisons sont les travaux non prévus au départ (35 %), les retards, qui font monter les factures auprès des sous-traitants (15 %) et, enfin, l’impact des réglementations ainsi que des recommandations de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN, 12 %).

Autre point intéressant souligné par le rapport : la gouvernance du projet s’est faite de manière « inappropriée » et dans « la confusion entre les rôles majeurs dans la gestion d’un projet ». Dit autrement, le travail de M. Folz note à la fois une sorte d’amateurisme de la part d’EDF dans sa capacité à gérer ce genre de projet et une forme d’arrogance de la part de l’entreprise. Un exemple ? Il n’y a pas de chef de projet préposé uniquement à Flamanville entre 2006 et 2015…

« Immaturité des études »

A ce titre, le rapport note « l’immaturité des études » au lancement du programme : 4 500 études de design différentes ont ainsi été réalisées ! Il critique aussi la mauvaise gestion des nombreuses couches de sous-traitants, la faiblesse des contrats passés avec les entreprises travaillant sur le chantier, et une non-prise en compte de la « réalité du chantier » dans les relations avec les sous-traitants.

La filière a perdu en expérience, en compétence, mais aussi en capacité industrielle

Enfin, le document souligne de nouveau l’une des principales difficultés de la filière nucléaire française : « une perte de compétences généralisée », chez EDF, mais aussi chez les sous-traitants, en particulier Framatome. Le dernier réacteur mis sur le réseau en France est celui de Civaux (Vienne) en 2000, dont la construction avait été décidée en 1991, soit seize ans avant le début du chantier de Flamanville. Pendant cette période, la filière a perdu en expérience, en compétences, mais aussi en capacité industrielle. Des failles régulièrement évoquées par le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk.

Le rapport revient, par ailleurs, sur le démarrage de deux réacteurs EPR en Chine, à Taïshan, en 2018 et en 2019. S’ils sont désormais connectés au réseau, ils ont aussi connu des déboires : cinq ans de retard et 60 % de dépassement du budget, pour un coût total de 12,3 milliards pour deux réacteurs – soit moitié moins que le coût de Flamanville.

En présentant son travail au ministère de l’économie, lundi, Jean-Martin Folz a formulé quelques grandes recommandations en direction de Jean-Bernard Lévy : « Il faut qu’EDF mette en place une équipe puissante [pour] renouveler une véritable culture de la qualité. » Il a également demandé qu’une « attention particulière » soit portée aux « métiers du soudage ».

« Le constat d’échec que le rapport décrit, je le partage », lui a répondu M. Lévy, assurant que le groupe allait « redoubler d’efforts » pour retrouver le meilleur niveau de compétences d’ici à ce que le gouvernement décide de construire – ou non – de nouveaux EPR.

Par Nabil Wakim, publié le 28 octobre 2019 à13h47, mis à jour à 15h00

Photo en titre : Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy (à gauche), et Jean-Martin Folz lors de la présentation, à Bercy, lundi 28 octobre, de son rapport sur l’EPR de Flamanville (Manche). ERIC PIERMONT / AFP

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/28/une-perte-de-competences-generalisee-le-rapport-folz-dresse-un-bilan-severe-de-l-echec-de-l-epr-de-flamanville_6017201_3234.html

Oct 28

EPR DE FLAMANVILLE : BRUNO LE MAIRE APPELLE LA FILIÈRE NUCLÉAIRE « À SE RESSAISIR VITE »

Bruno Le Maire a dénoncé les multiples difficultés et les retards accumulés par EDF sur le chantier de l’EPR de Flamanville.  » Ces difficultés à répétition ne sont pas à l’honneur de la filière nucléaire qui doit se ressaisir et se ressaisir vite« , a-t-il déclaré sur RTL. 

La filière nucléaire française sévèrement rappelée à l’ordre. « Il n’est pas acceptable que l’une des filières les plus prestigieuses et les plus stratégiques pour notre pays connaisse autant de difficultés« , a affirmé le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, interrogé au micro de RTL sur les difficultés et les retards accumulés de l’EPR de Flamanville (Manche). 

Le ministre doit recevoir dans la matinée un audit des mains de l’ancien patron de PSA Jean-Martin Folz, portant sur ce chantier cauchemardesque pour EDF. Bruno Le Maire est ainsi revenu sur les retards et les coûts considérables de la construction de l’EPR de Flamanville .  » Ces retards ne sont pas acceptables et ces difficultés à répétition ne sont pas à l’honneur de la filière nucléaire qui doit se ressaisir et se ressaisir vite « , a-t-il prévenu. 

Le gouvernement s’impatiente

« Le rapport que j’ai demandé à Jean-Martin Folz (…) doit nous permettre de nous ressaisir et doit permettre à la filière nucléaire d’apporter des réponses précises aux difficultés que Jean-Martin Folz va nous présenter« , a souligné le ministre. Il a par ailleurs assuré que le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy avait la confiance du gouvernement.

Le gouvernement, qui multiplie les signes d’impatience depuis quelques mois, avait demandé début juillet cet audit pour faire la lumière sur les déboires à répétition du chantier de Flamanville. Début octobre, EDF a annoncé que la facture du chantier du réacteur nucléaire EPR de Flamanville devrait s’alourdir de 1,5 milliard d’euros pour atteindre 12,4 milliards d’euros, à la suite des problèmes de soudures.

Le coût prévu de cet EPR, lancé il y a quinze ans , était annoncé jusqu’à présent de 10,9 milliards, déjà trois fois plus que l’estimation initiale. Le groupe connaît également des difficultés en Angleterre, où son énorme chantier de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point C devrait coûter jusqu’à 3,3 milliards d’euros plus cher que prévu. 

Par Boursorama avec AFP Services, publié le 28/10/2019 à 10h11

Photo en titre : Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, le 18 octobre 2019 à Washington. (AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLD)

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/epr-de-flamanville-bruno-le-maire-appelle-la-filiere-nucleaire-a-se-ressaisir-vite-6bd74d47eca55ec983d1df33dd7c7938

Oct 27

ARRÊT AUTOMATIQUE DE L’UNITÉ 1 À LA CENTRALE DE CATTENOM

« Vendredi 25 octobre, vers 9 h 30, l’unité de production n°1 de la centrale de Cattenom s’est arrêtée automatiquement », annonce le service communication. « Les équipes d’exploitation procèdent aux contrôles et au diagnostic, conformément à nos procédures, qui permettront de déterminer l’origine de l’événement et de redémarrer l’unité de production n°1 en toute sûreté et dans les meilleurs délais. »

« Cet arrêt n’a aucun impact sur la sûreté des installations, ni sur l’environnement », assure-t-on du côté du centre de production d’électricité nucléaire.

L’unité de production n°3 est actuellement en arrêt programmé pour maintenance et renouvellement du combustible.

Les unités n°2 et 4 sont en fonctionnement et alimentent le réseau électrique national.

Publié le 26/10/2019 à 11h44, mis à jour le 26/10/2019 à 11h52

https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-thionville-hayange/2019/10/26/arret-automatique-de-l-unite-1-a-la-centrale

Oct 27

GARD RHODANIEN : NON-RESPECT DE PROCÉDURES DE CONTRÔLE MAIS PAS D’ANOMALIE CONSTATÉE À MARCOULE

Les équipes du CEA ont constaté, le 22 octobre, l’absence de la réalisation d’un contrôle trimestriel et de trois mesures hebdomadaires sur des équipements de radioprotection de l’installation Atalante.   

Des équipes du CEA ont constaté le 22 octobre que le contrôle trimestriel de bon fonctionnement de balises de surveillance et que trois mesures hebdomadaires de filtres de prélèvements n’avaient pas été réalisés sur l’installation Atalante du CEA Marcoule. Dans le laboratoire Atalante sont menées des recherches sur le cycle du combustible nucléaire.

Les balises de surveillance sont des automates qui détectent et signalent une présence anormale de radioéléments dans l’atmosphère d’un local. Les filtres de prélèvements recueillent des échantillons qui sont analysés pour détecter une présence anormale de radioéléments dans l’atmosphère d’un local.

Pas d’anomalie radiologique

« On va analyser cet événement » explique Cédric Garnier, directeur de communication du CEA Marcoule. « L’essentiel c’est qu’il n’y a pas d’anomalie en termes radiologique » à la fois sur les locaux concernés ni sur le personnel et l’environnement« . Il précise que « les balises de surveillance sont équipées de systèmes d’autocontrôle« .  

Niveau 1 sur l’échelle des événements nucléaires

Face à ce non-respect des procédures de contrôles et d’essais, le CEA s’est tourné vers l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour lui proposer « de classer l’écart constaté au niveau 1 INES (échelle internationale des événements nucléaires) » qui compte huit niveaux de 0 à 7. « C’est un niveau bas » souligne le directeur de la communication de Marcoule. 

Par CÉCILE BODARWE, publié le 25/10/2019 à 17h00

Photo en titre : Atalante est un laboratoire de recherches sur le combustible nucléaire. Midi Libre / JEAN BAPTISTE MIQUEL

https://www.midilibre.fr/2019/10/25/gard-rhodanien-non-respect-de-procedures-de-controle-mais-pas-danomalie-constatee-a-marcoule,8504337.php

Oct 27

LE PRÉSIDENT TURC ERDOGAN VEUT LA BOMBE

Certains pays ont des missiles nucléaires, mais l’Occident ne veut pas que, nous, nous puissions en avoir. C’est inacceptable” : cette déclaration du président Erdogan révèle que la crise va au-delà de celle ouverte par l’offensive turque en Syrie.

En Turquie, pendant la guerre froide, les USA déployèrent des armes nucléaires contre l’Union Soviétique. En 1962, dans les accords avec l’URSS pour la solution de la crise des missiles à Cuba, le président Kennedy promit de retirer ces armes de la Turquie, mais cela ne fût pas fait. La guerre froide finie, sont restées en Turquie, dans la base aérienne d’Incirlik, environ 50 bombes nucléaires étasuniennes B61 (les mêmes que celles basées en Italie à Aviano et Ghedi), dirigées principalement contre la Russie. De cette façon autant les USA que la Turquie violent le Traité de non-prolifération. Des pilotes turcs, dans le cadre de l’OTAN, sont entraînés (comme les pilotes italiens de la base de Ghedi) à l’attaque avec des bombes nucléaires B61 sous commandement USA. Sous peu, les B61 devraient être remplacées par les USA même en Turquie (comme ce sera fait en Italie et dans d’autres pays européens) par les nouvelles bombes nucléaires B61-12, elles aussi pointées principalement contre la Russie.

Entretemps cependant, après l’achat turc de missiles anti-aériens russes S-40, les USA ont retiré la Turquie du programme du F-35, principal vecteur des B61-12 : le chasseur dont la Turquie aurait dû acheter 100 exemplaires et dont elle était co-productrice. “Le F-35 – a déclaré la Maison Blanche- ne peut pas co-exister avec le système anti-aérien S-400, qui peut être utilisé pour connaître les capacités du chasseur”, c’est-à-dire peut être utilisé par la Russie pour renforcer les défenses contre le F-35.

En fournissant à Ankara les missiles anti-aériens S-400, Moscou a réussi à empêcher  (du moins pour le moment) que sur le territoire turc soient déployés 100 chasseurs F-35 prêts à l’attaque  avec les nouvelles bombes nucléaires étasuniennes B61-12.

Il semble en ce point probable que, parmi les options considérées à Washington, il y ait celle du transfert des armes nucléaires USA de Turquie vers un autre pays plus fiable. Selon le Bulletin des Scientifiques Atomiques (USA), référence autorisée en la matière, “la base aérienne d’Aviano peut être la meilleure option européenne du point de vue politique, mais n’a probablement pas assez d’espace pour recevoir toutes les armes nucléaires d’Incirlik”. Mais l’espace pourrait être trouvé, étant donné qu’à Aviano ont déjà commencé des travaux de restructuration pour recevoir les bombes nucléaires B61-12.

Sur ce fond se place la déclaration d’Erdogan qui, s’appuyant aussi sur la présence menaçante de l’arsenal nucléaire israélien, annonce l’intention turque d’avoir ses propres armes nucléaires. Projet peu aisé mais non irréalisable. La Turquie dispose de technologies militaires avancées, fournies notamment par des sociétés italiennes, surtout Leonardo. Elle possède des dépôts d’uranium. Elle a de l’expérience dans le domaine des réacteurs de recherche, fournis en particulier par les USA. Elle a lancé la réalisation de sa propre industrie électronucléaire, en achetant quelques réacteurs à la Russie, au Japon, à la France et à la Chine. Selon certaines sources, la Turquie pourrait s’être déjà procurée, au “marché noir nucléaire”, des centrifugeuses pour l’enrichissement de l’uranium.

L’annonce d’Erdogan que la Turquie veuille devenir une puissance nucléaire, interprétée par certains comme un simple jeu d’enchère pour avoir plus de poids dans l’OTAN, n’est donc pas à sous-évaluer. Elle découvre ce qui en général est caché dans le débat médiatique : le fait que, dans la turbulente situation provoquée par les politiques de guerre, un rôle de plus en plus important se trouve joué par la possession d’armes nucléaires, en poussant celui qui n’en a pas à se les procurer.

*Source : Mondialisation.ca, version originale : il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizi et publié le 25 octobre 2019 à 11 h 20

https://oumma.com/le-president-turc-erdogan-veut-la-bombe/

Oct 27

LA SIBÉRIE CRUCIALE SUR LE PLAN GÉOSTRATÉGIQUE

Extrait : Pour information, la Sibérie a accueilli en 2018 la toute première centrale nucléaire flottante de l’histoire. Nommée “L’Akademik Lomonosov”, cette dernière, longue de 144 mètres et large de 30, a vocation à extraire et transformer les hydrocarbures. Créée par le géant russe, Rosatom, la plateforme est en effet capable de subvenir aux besoins électriques et de chaleur d’une ville de 100 000 habitants grâce à ses deux réacteurs de 35 mégawatts chacun.

Dans les faits, l’Akademik Lomonosov est désormais “l’installation nucléaire la plus septentrionale du monde”, souligne avec fierté le communiqué du groupe. Mais ce n’est tout, puisque ce projet d’exploitation sur 40 ans a aussi pour but de remplacer dans la région une centrale de charbon et une centrale nucléaire jugées vieillissantes.

Les ONG montent au créneau

Quoi qu’il en soit, cette installation a également subi de lourdes critiques de la part des ONG.Elle déplace le risque de catastrophe nucléaire dans les eaux fragiles de l’ArctiqueAvec son fond plat et son absence de système de propulsion, c’est comme si on jetait une centrale nucléaire sur une palette en bois pour dériver dans les eaux les plus difficiles du monde, s’inquiète par exemple Jan Haverkamp, expert nucléaire de Greenpeace.

Du côté russe, on assure toutefois que toutes les normes de sécurité “extrêmes” sont pleinement respectées. Ce qui lui permet ainsi de faire face aux aléas climatiques locaux.

En cas de succès, Rosatom prévoit de multiplier ce type de structure dans les zones difficiles où les coûts d’installation restent malgré tout exponentiels.

Publié le 25 octobre 2019

https://www.secret-defense.org/25/10/2019/un-militaire-russe-abat-huit-autres-soldats-dans-une-base-siberie/

Oct 26

DÉCHETS NUCLÉAIRES : LA RÉALITÉ EN IMAGES DRONES -VIDÉO (2mn)

Ces images n’ont jamais été montrées : elles dévoilent les montagnes de déchets radioactifs issus de l’industrie électronucléaires qui s’entassent en France. De Narbonne à La Hague, de Bessines à Marcoule, en passant par la gare de Valognes, ces déchets sont entreposés dans des bassins, sous des hangars, sous des buttes ou à ciel ouvert, sur des sites vulnérables.

Par Jean-marc B, Blog : Le blog de Jean-marc B, publié le 26 oct. 2019

Pour voir cette vidéo plutôt effarante, cliquer sur : https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/261019/dechets-nucleaires-la-realite-en-images-drones-video

Pour plus de pédagogie, nous vous conseillons de regarder la vidéo suivante en cliquant sur : https://www.youtube.com/watch?v=Nm031krMtno&t=21s

Oct 26

SORTIE DU DOMAINE DE FONCTIONNEMENT AUTORISÉ DU RÉACTEUR 4 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE DAMPIERRE

Le 23 octobre 2019, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un évènement significatif pour la sûreté relatif au dépassement de la température maximale autorisée de l’eau du circuit primaire principal du réacteur 4, ce qui constitue un écart aux règles générales d’exploitation. Les règles générales d’exploitation sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées.

Le 19 octobre 2019, alors que le réacteur 4 était en production à sa puissance maximale disponible, la température moyenne de l’eau du circuit primaire perçue sur certains capteurs a soudainement chuté de 3 °C. Pour compenser la baisse de température, le système de régulation automatique a augmenté la puissance du réacteur en extrayant les grappes de commande[i].

La température des trois boucles du circuit primaire a alors dépassé la valeur limite autorisée dans les règles générales d’exploitation. La température moyenne des trois boucles est redevenue conforme moins d’une heure plus tard, après mise en œuvre des actions correctives par les opérateurs.

Le 20 octobre 2019, l’expertise de la chaine de mesure des grappes de commande a permis d’identifier la défaillance d’un calculateur. Cet équipement renvoyait une information erronée sur la température du circuit primaire.

Cet évènement n’a pas eu de conséquence sur le personnel ni sur l’environnement. Toutefois, compte tenu du non-respect des règles générales d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Un remplacement et une requalification de l’équipement défaillant ont été réalisés le 20 octobre 2019.

[i] Les grappes de commande contiennent des matériaux absorbant les neutrons permettant de contrôler la réaction nucléaire dans le cœur du réacteur en les introduisant dans le cœur ou en les retirant.

Par l’ASN, publié le 25/10/2019

Photo en titre : Centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly – Réacteurs de 900 MWe – EDF

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Sortie-du-domaine-de-fonctionnement-autorise-du-reacteur-4-de-la-centrale-nucleaire-de-Dampierre

Oct 26

[SONDAGE] LES CRAINTES DES FRANÇAIS CONCERNANT LES SITES CLASSÉS SEVESO APRÈS L’INCENDIE DE LUBRIZOL

BAROMÈTRE:  Après la catastrophe industrielle de Lubrizol, les attentes des Français en matière de sécurité des sites sensibles se sont exacerbées, comme le montre le baromètre « Fiducial de la sécurité des Français » réalisé en octobre 2019.    

Que faire en cas de catastrophe industrielle ? Quels sont les gestes, les comportements, qui doivent être adoptés dans les premiers moments ? À ces questions, que de nombreux Français se posent après la catastrophe de Lubrizol, peu sont à même de répondre. L’incendie survenu à Rouen le 26 septembre dernier a exacerbé les craintes et fait surgir le problème du manque d’informations face aux risques encourus dans ce genre de situation. Une enquête récente réalisée par Odoxa, qu’a pu consulter l’Usine Nouvelle, analyse les attentes des Français concernant les sites sensibles et montre à quel point l’accident de Lubrizol a frappé les esprits.

Quel sites sont jugés les plus à risques aux yeux des Français ?

Sans grande surprise, les sites liés à l’activité nucléaire arrivent en tête du classement des installations jugées comme « les plus à risque de provoquer un accident grave ou une catastrophe ». Les centrales nucléaires (31%) et centres de stockage des déchets radioactifs (21%) sont les plus concernés selon les répondants. Suivent les installations chimiques (17%), comme celle de l’usine de Lubrizol. A contrario, les raffineries de pétrole (5%), les laboratoires de recherches sur les virus (5%) ou encore les installations militaires (1%) génèrent moins de craintes. Perçues comme mieux encadrées et mieux surveillées, ces structures sont jugées plus sûres. Une meilleure sécurisation des sites constitue une des demandes les plus formulées.

(Baromètre Fiducial sécurité sites industriels octobre 2019 ODOXA)

Pour une meilleure sécurisation des sites à risques

D’après le sondage, 61% des personnes interrogées affirment que la réglementation liée à la sécurité des sites à risques n’est pas suffisamment stricte et 60% pensent qu’ils sont mal protégés, contre le risque terroriste notamment. Pour y remédier, ils recommandent le recours à des sociétés de sécurité privées.

Quels sont les risques les plus préoccupants ?

Le non-respect de la réglementation (86%) et l’erreur humaine (84%) sont les préoccupations majeures qui ressortent de cette étude. Suit le risque d’attaque terroriste (82%).

(Baromètre Fiducial sécurité sites industriels octobre 2019 ODOXA)

Les Français se sentent mal informés

Autre enseignement de ce sondage, les Français interrogés se plaignent du manque d’informations autour des dangers que représentent ces sites et leur localisation. À la question, « vivez-vous à proximité d’un site Seveso » (du nom de la directive européenne de 1982 identifiant les sites industriels présentant des risques d’accidents majeurs, comme l’usine Lubrizol), 33% des Français interrogés disent ne pas savoir. Pourtant, en France métropolitaine, 2,5 millions d’habitants vivraient dans un rayon de moins d’un kilomètre autour d’un des 1400 sites classé Seveso.

Parmi les sites dangereux, seuls 20% (pour les centrales nucléaires) et 9% (pour les installations chimiques) des Français déclarent connaître les risques que de telles structures entraînent. 

Autre crainte majeure, le déficit d’information concernant les gestes et comportements à adopter en cas de catastrophe. Il oscille entre 67 et 73% en fonction du type d’événement. Les Français se sentent donc en grande majorité démunis s’il survient un accident industriel, chimique ou nucléaire, près de chez eux.

Par Hubert Mary, publié le 24/10/2019 à 20H00

Photo en titre : Le symbole permettant d’identifier un site nucléaire, jugé comme étant les structures les plus sensibles d’après les Français. © Pascal Guittet – L’Usine Nouvelle

https://www.usinenouvelle.com/article/sondage-les-craintes-des-francais-concernant-les-sites-classes-seveso-apres-l-incendie-de-lubrizol.N897434

Oct 26

NIGER : LES MINES D’URANIUM NE SONT PLUS RENTABLES, VICTIMES DE L’EFFONDREMENT DES COURS MONDIAUX

La production d’uranium, qui représentait encore 60% des recettes d’exportation du Niger en 2010, est dans une mauvaise passe. Les mines s’épuisent et sont trop chères à exploiter, depuis que les cours se sont effondrés à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima. 

Les deux mines d’uranium nigériennes du français Orano (ex-Areva) sont mal en point. L’une, la Cominak, arrêtera sa production en mars 2021, a annoncé le 23 octobre dans un communiqué le groupe nucléaire français. L’autre, la Somaïr, également en fin de vie, a fortement réduit la voilure et le nombre de ses salariés en raison des cours bas de l’uranium.

Des centaines d’emplois sont menacés dans un pays parmi les plus pauvres du monde. « L’épuisement des réserves ne permet plus la poursuite des opérations. Avec des coûts d’exploitation très élevés et une forte baisse des prix de l’uranium, la Cominak est déficitaire depuis 2017, malgré la mise en œuvre de plans d’économies », souligne le communiqué.

Selon le ministre nigérien des Mines, Hassane Barazé, « la Cominak avait clôturé l’exercice 2018 avec une perte nette d’au moins 17 milliards de FCFA (25,9 millions d’euros)« .  Le prix spot de l’uranium « varie actuellement autour de 36 000 FCFA (54 euros), alors que les coûts de production de la Cominak tournent autour de 50 000 FCFA (76 euros)« , a précisé le ministre.

Vue générale des installations de l’usine de traitement de minerai de la Somair, à Arlit, Niger. (PIERRE VERDY / AFP)

Le Japon a fermé près de 45 réacteurs nucléaires

Les prix de l’uranium se sont effondrés, après l’arrêt des 54 réacteurs japonais qui a suivi la catastrophe de Fukushima en 2011, puis la remise de 9 d’entre eux en service. L’Allemagne a également programmé l’arrêt de son activité nucléaire à l’horizon de 2022. La production de yellow cake (uranium) est devenue surabondante.

Orano (ex-Areva) continue à exploiter le gisement à ciel ouvert de la Somaïr, lui aussi en fin de vie, mais avec moins de salariés. Le site a produit 2 164 tonnes d’uranium en 2016, à raison de 2 à 3 kilos par tonne de minerai dégagées. La France importe chaque année de l’ordre de 8000 tonnes d’uranium naturel pour alimenter son parc de 58 réacteurs nucléaires. Mais le Niger ne représente plus que 32% de ses importations. Elle s’approvisionne également auprès du Kazakhstan, du Canada et de l’Australie, les trois grands producteurs mondiaux.

Le reste de la production mondiale se partage entre la Namibie, l’Afrique du sud, l’Ouzbékistan, l’Ukraine et les États-Unis.

Le gisement d’Imouraren attend des jours meilleurs 

La Chine, autre grande consommatrice d’uranium, est également présente au Niger avec la société chinoise China National Nuclear Corporation, qui exploite depuis 2011 un site à Azelik, situé à 200 km au sud-ouest d’Arlit. Mais la Chine est également un producteur d’uranium.

Le gisement d’uranium d’Imouraren découvert en 1966 au sud d’Arlit et relancée par Areva en 2009 n’est lui toujours pas exploité. Ce gisement à ciel ouvert de 20 km², mais de très faible teneur (0,08%), pourrait produire près de 5 000 tonnes d’uranium métal par an pendant 35 ans. À condition que les cours mondiaux se reprennent, ce qui dépend de l’avenir de l’industrie nucléaire dans le monde.

Par franceinfo Afrique avec agences, Rédaction Afrique France Télévisions

Publié le 25/10/2019 17h11

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/niger/niger-les-mines-d-uranium-ne-sont-plus-rentables-victimes-de-leffondrement-des-cours-mondiaux_3675011.html

Oct 26

PRODUITS FINANCIERS : LE MAIRE VEUT INCLURE LE NUCLÉAIRE DANS UN LABEL ÉCOLOGIQUE EUROPÉEN

Le ministre a assuré que la France serait le premier État européen à interdire le financement public de projets charbon en dehors de ses frontières.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a plaidé pour que l’énergie nucléaire soit intégrée dans le « label écologique » européen pour les produits financiers, actuellement débattu à Bruxelles, lors d’une conférence à Paris ce vendredi. 

« L’ambition que nous devons nous fixer au niveau européen, c’est avoir un label écologique des produits financiers à mettre en place dès 2020″, a affirmé le ministre à l’ouverture de la conférence pour la reconstitution du Fonds vert, le bras financier de l’Accord de Paris sur le climat

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« La France plaidera pour que l’énergie nucléaire fasse partie de ce label écologique« , a assuré Bruno Le Maire, en allusion à la discussion actuelle à Bruxelles sur la « taxonomie des investissements verts » qui pourrait déboucher sur la création d’un tel « label écologique » pour les produits financiers. 

Il a rejeté les critiques venues de certains pays et en particulier d’Allemagne concernant l’intégration du nucléaire dans ce label, en les qualifiant « d’idéologiques » (NDLR : idéologique est le mot qu’on utilise quand on n’a pas d’arguments sérieux) et en assurant se baser sur des critères « scientifiques« . « Nous ne pouvons pas réussir la transition écologique et nous ne pouvons pas parvenir à notre objectif en termes de lutte contre le réchauffement climatique sans l’énergie nucléaire« , a assuré le ministre. 

« Un changement radical« 

L’Union européenne travaille à l’élaboration d’une classification des investissements verts. En juin dernier, le Groupe d’experts techniques de l’UE sur la finance durable a recommandé de ne pas inclure le nucléaire dans la liste des activités économiques pouvant recevoir des investissements labellisés verts, du fait de son impact en matière de production de déchets radioactifs.  

Face aux participants à la conférence, Bruno Le Maire a rappelé l’engagement français pris dans le budget 2020 de ne plus soutenir de projets charbon à l’étranger.  

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« L’État a pris l’engagement (…) de cesser de financer à moyen terme (NDLR : 5ans, 10 ans… ? Et pourquoi pas dès maintenant ?) tous les projets qui contribueraient à la croissance des émissions de CO2 en dehors de nos frontières« , a-t-il affirmé. « Très concrètement, dans le budget 2020, nous mettrons fin aux garanties export pour tous les projets de recherche, d’extraction ou de production de charbon« , a-t-il ajouté. 

Lire notre dossier complet

L’énergie nucléaire

Selon lui, la France sera ainsi « le premier État européen à interdire le financement public de projets charbon en dehors de ses frontières« . « C’est un changement radical et une mise en cohérence de nos décisions nationales avec nos décisions à l’exportation« , a-t-il estimé. 

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 25/10/2019 à 14h10

Photo en titre : Le ministre de l’Économie et des Finances français Bruno Le Maire, le 27 juillet 2019 à Paris. afp.com/FRANCOIS GUILLOT

(NDLR: gouvernement et lobby nucléaire: même combat!)

https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/produits-financiers-le-maire-veut-inclure-le-nucleaire-dans-un-label-ecologique-europeen_2104989.html

Oct 25

MOSCOU DÉPLOIE SON SYSTÈME ANTIMISSILES S-400 EN SERBIE POUR DES EXERCICES

MOSCOU (Reuters) – La Russie a annoncé jeudi le déploiement de son système antimissiles S-400 en Serbie pour des exercices militaires, rapporte l’agence de presse Ria.

Cette annonce du ministère de la Défense intervient à la veille d’une réunion des ministres de la Défense de l’Otan à Bruxelles, où la livraison de S-400 russes à la Turquie devrait notamment être évoquée.

Moscou a aussi envoyé en Serbie un véhicule antiaérien Pantsir, qui tire des missiles à courte portée, a ajouté le ministère, précisant qu’il s’agit du premier déploiement à l’étranger pour ce nouvel équipement.

Par Maria Kiselyova; Tangi Salaün pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot –

Par Reuters le 24.10.2019 à 10h35

https://www.challenges.fr/monde/moscou-deploie-son-systeme-antimissiles-s-400-en-serbie-pour-des-exercices_681295

Oct 25

L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE FRANÇAISE EST DANS UNE «SITUATION TRÈS PRÉOCCUPANTE», SELON L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE (ASN)

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a qualifié l’état de l’industrie nucléaire en France de «très préoccupant», après la révélation de certains défauts découverts sur les réacteurs de cinq centrales. Pour le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk, «L’accumulation de problèmes ces derniers mois révèle la situation très préoccupante dans laquelle se trouve l’industrie nucléaire française. Elle met en doute la capacité de la filière à faire face aux défis qui sont permanents dans le secteur».

Le responsable de l’ASN montre du doigt le manque de compétences et d’expérience dans ce secteur, dû notamment à l’absence de mise en service de réacteurs nucléaires depuis la fin des années 1990, ainsi que la multiplication des sous-traitants, requérant un renfort des compétences de surveillance. : «Indépendamment de l’inventaire des compétences clefs qui a été demandé par les ministres à la filière et qu’il faut faire, le principal problème réside selon moi dans la mise en œuvre avec rigueur de ces compétences, notamment en cas de manque ou de perte d’expérience, ou lorsque les procédés évoluent, ce qui est inévitable. Il y a un effort particulier à faire dans le renforcement des qualifications techniques préalables des procédés industriels mis en œuvre, chez les fabricants et leurs sous-traitants». « En vingt ans, on est passé de la génération du ‘faire’ à celle du ‘faire faire’. C’est beaucoup plus compliqué et cela requiert de renforcer les compétences de surveillance », conclut le président de l’ASN

EDF a annoncé que six réacteurs nucléaires en exploitation en France étaient concernés par des problèmes de fabrication de certains composants, des défauts détectés durant le début du mois de décembre. Selon France Info, la facture initiale de réparation des défauts de soudure, de 12,4 milliards d’euros, aurait été alourdie de 1,5 milliard d’euros. L’ASN a toutefois estimé qu’EDF n’avait pas besoin d’arrêter ses réacteurs.

Par Alix, Les Échos, publié le 24/10/2019

https://www.tvlibertes.com/actus/lindustrie-nucleaire-francaise-est-dans-une-situation-tres-preoccupante-selon-lautorite-de-surete-nucleaire-asn

Oct 24

PENLY : NON-RESPECT DES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 2 LORS D’OPÉRATIONS DE MANUTENTION DU COMBUSTIBLE USÉ

Le 14 octobre 2019, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un évènement significatif pour la sûreté relatif au non-respect des règles générales d’exploitation du réacteur 2 lors d’opérations de manutention du combustible usé.

Les règles générales d’exploitation sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées.

La piscine d’entreposage du combustible a deux fonctions. D’une part, elle reçoit l’ensemble des assemblages du cœur du réacteur pendant les arrêts pour rechargement ; d’autre part, elle sert à l’entreposage des assemblages de combustible usé dans l’attente de leur envoi vers l’usine de traitement de La Hague. Durant cette période, la radioactivité et la chaleur dégagée par les assemblages de combustible  usé diminuent.

Entre le 5 et 7 octobre 2019, alors que le cœur du réacteur était déchargé dans la piscine d’entreposage du combustible, l’exploitant a transféré douze assemblages de combustible dans un colis de transport, ce qui n’était pas autorisé. En effet, de telles opérations sont interdites en présence d’assemblages de combustible usé récemment déchargés afin de prévenir tout risque de baisse du niveau d’eau en piscine, qui pourrait remettre en cause leur refroidissement.

Le niveau d’eau de la piscine d’entreposage du combustible est resté stable durant les opérations, et il n’y a pas eu de conséquence sur les personnes ou l’environnement. Toutefois, en raison d’un non-respect des règles générales d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 23/10/2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-des-regles-generales-d-exploitation-du-reacteur-2

Oct 24

KIM JONG UN DIT AVOIR UNE RELATION «PARTICULIÈRE» AVEC TRUMP

Le leader nord-coréen Kim Jong Un considère que le président américain Donald Trump et lui ont une relation «particulière», a déclaré jeudi un haut responsable nord-coréen cité par l’agence officielle KCNA.

Le conseiller au ministère nord-coréen des Affaires étrangères Kim Kye Gwan a déclaré à l’agence officielle de presse nord-coréenne KCNA qu’il a rencontré le dirigeant nord-coréen «il y a quelques jours» et que ce dernier lui «a dit que la relation entre le président Trump et lui était particulière».

Il y a quelques jours, Donald Trump avait déclaré au sujet de Kim Jong Un: «Je l’aime bien. Il m’aime bien. On s’entend bien. Je le respecte. Il me respecte».

Kim espère toujours parvenir à un accord sur le programme nucléaire nord-coréen en traitant directement avec Donald Trump, estiment des analystes.

Selon eux, Pyongyang cherche à tirer profit de la relation entre les deux hommes afin d’obtenir des concessions de la part des Américains.

Le leader nord-coréen avait déjà loué le «courage extraordinaire» du président Trump, tout en exigeant à plusieurs reprises que Washington propose une «nouvelle méthode» de négociations d’ici la fin de l’année.

Pyongyang a conscience que les responsables américains s’opposeront à une levée des sanctions avant toute dénucléarisation et souhaite donc «négocier directement avec Trump», a dit à l’AFP Koh Yu-hwan, professeur d’études nord-coréennes à l’université Dongguk à Séoul.

«Le Nord envoie un message pour dire qu’à moins que Trump ne passe un appel, les pourparlers vont échouer et qu’ils sont maintenant à la croisée des chemins», a-t-il analysé.

Le conseiller au ministère des Affaires étrangères a déclaré à KCNA que des responsables politiques américains étaient hostiles à Pyongyang car «préoccupés par la mentalité et les préjugés idéologiques (datant) de la Guerre froide».

«J’espère sincèrement qu’une force motrice permettant de surmonter tous ces obstacles (…) sera trouvée sur la base de la relation étroite» entre MM. Kim et Trump, a-t-il ajouté.

Les négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord patinent depuis l’échec en février d’un deuxième sommet Kim-Trump à Hanoï.

Depuis, la Corée du Nord a fait monter la tension avec une série de tests de missiles et les nouvelles discussions engagées début octobre à Stockholm se sont également terminées sur une impasse.

Par Agence France-Presse, publié le 24 octobre 2019 à 06h10, mis à jour à 06h15

https://www.tvanouvelles.ca/2019/10/24/kim-jong-un-dit-avoir-une-relation-particuliere-avec-trump

Oct 24

LA CENTRALE DU TRICASTIN PEUT-ELLE DURER DIX ANS DE PLUS ?

La centrale du Tricastin aura 40 ans en mai 2020. 40 ans que le premier de ses quatre réacteurs de 700 mégawatts a été mis en route. Peut-il fonctionner encore dix ans, jusqu’à l’aube de ses 50 ans ? La réponse sera donnée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à l’issue d’une inspection générale entamée en juin.

La population a aussi son mot à dire, avant que le gendarme du nucléaire ne rende sa décision. Une enquête publique va être réalisée dans quelques mois. Les associations anti-nucléaires Stop Tricastin et Greenpeace prennent les devants en organisant une conférence publique consacrée à Tricastin 1, le tout premier réacteur français à passer ce contrôle technique. « C’est un enjeu majeur », estime Alain Volle pour Stop Tricastin.

Un débat avec trois experts

Il affirme que ce réacteur est « périmé », cite la vingtaine de fissures existantes sur la cuve du réacteur ou encore les travaux de renforcement de la digue de protection exigés par l’ASN d’ici 2022. Des sujets qui viendront dans le débat organisé avec trois « experts de haut niveau » le 24 octobre à Montélimar : Olivier Loiseau (responsable du service d’expertise des équipements et structures de l’IRSN, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et deux personnalités critiques du nucléaire, Yves Marignac (directeur de l’agence Wise-Paris) et Bernard Laponche (polytechnicien, président de Global Change).

« Le nucléaire ne sauvera pas le climat », assène le Montilien Alain Volle, qui attend que l’engagement pris dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de fermer 14 réacteurs d’ici 2035 soit suivi d’effet. EDF, l’exploitant de la centrale, n’a pas été invitée à cette conférence.

Conférence publique sur la prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans, jeudi 24 octobre à 19 h 30 dans l’amphithéâtre de l’Institut de formation en soins infirmiers, 3, rue du Général-Chabrillan à Montélimar. Entrée libre.

Par J.A., publié le 23/10/2019 à 06h01 |

Photo en titre : Photo Le DL

https://www.ledauphine.com/drome/2019/10/23/la-centrale-du-tricastin-peut-elle-durer-dix-ans-de-plus

Oct 24

NUCLÉAIRE : LA BASSE-AUTRICHE DEMANDE À BRUXELLES DE S’INTÉRESSER DE PLUS PRÈS AUX PROJETS TCHÈQUES

La Basse-Autriche a formulé une demande auprès de la Commission européenne afin que celle-ci examine les projets de la République tchèque visant à l’extension de ses deux centrales nucléaires à Dukovany (Moravie) et à Temelín (Bohême du Sud). Concrètement, le Land autrichien, voisin de la Bohême du Sud, souhaite que la Commission se penche notamment sur la comptabilité des projets tchèques avec le droit européen en matière de concurrence.

En réaction, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Karel Havlíček (mouvement ANO), a fait savoir qu’il était prêt à préciser les intentions du gouvernement tchèque à l’Autriche tout en demandant à celle-ci de respecter les décisions prises à Prague. La semaine dernière, le Premier ministre Andrej Babiš a déclaré que la République tchèque se devait de continuer à développer le nucléaire, et ce même si cela devait contrevenir à la réglementation européenne.

Le nucléaire représente actuellement une part d’environ 35% dans le bouquet énergétique de la République tchèque.

Par Guillaume Narguet , publié le 23-10-2019

Photo en titre : La centrale nucléaire de Dukovany, photo: Zdeněk Kratochvíl, CC BY-SA 4.0

https://www.radio.cz/fr/rubrique/infos/nucleaire-la-basse-autriche-demande-a-bruxelles-de-sinteresser-de-plus-pres-aux-projets-tcheques

Oct 24

DEUX BOMBARDIERS RUSSES À CAPACITÉ NUCLÉAIRE EN AFRIQUE DU SUD

Deux bombardiers russes à capacité nucléaire ont effectué une visite sans précédent en Afrique mercredi, reflétant la nouvelle poussée d’influence de Moscou.

Des images du ministère russe de la Défense montrent deux avions de combat stratégiques TU-160 décollant d’un endroit inconnu en Russie et atterrissant plus tard à l’aérodrome de Waterkloof en Afrique du Sud.

Le vol aurait duré plus de 13 heures et le pilote aurait dû faire le plein dans le ciel à mi-parcours.

Le ministère de la Défense a déclaré que la Russie utilisera les avions dans des exercices militaires conjoints avec des collègues sud-africains. Moscou décrit la visite comme un signe de “partenariat stratégique”.

La Russie tient son tout premier sommet avec l’Afrique à Sotchi. Lors d’une réunion bilatérale avec le président Cyril Ramaphosa, Poutine a déclaré que Moscou cherchait à développer davantage ses échanges avec l’une des économies les plus développées du continent.

>>> LIRE AUSSI : Sommet Russie-Afrique : Moscou veut étendre son influence sur le continent
>>> LIRE AUSSI : À Sotchi, Poutine sonne l’heure du retour russe en Afrique

La Russie a signé des accords de coopération militaire avec au moins 28 pays africains, dont la majorité au cours des cinq dernières années.

Les autorités ont discuté de la possibilité pour les avions et les navires de la marine russe d’utiliser les ports et les bases aériennes dans certains pays africains.

Publié le 24 octobre 2019

https://fr.africanews.com/2019/10/24/deux-bombardiers-russes-a-capacite-nucleaire-en-afrique-du-sud/

Oct 24

ALERTE MOBILISATION ! DITES NON À DE NOUVEAUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES

Une pétition mobilise la communauté MesOpinions.com. Ce combat citoyen peut vous intéresser Ensemble, affirmons notre REFUS de nouveaux réacteurs nucléaires !

Alors que le coût d’installation d’un seul réacteur de 1600 MW atteint le coût (avoué) de 15 Milliards d’€ (soit 9,375 €/W), l’état s’entête à vouloir maintenir la France en tête des pays NUCLÉAIRES.

Cependant, le coût d’installation d’un projet éolien est aujourd’hui inférieur à 1 €/W.
Ce qui permet d’affirmer que le budget mis dans un EPR peut installer 9.3 fois plus de puissance éolienne.

Certains objecteurs rétorqueront que le vent n’est pas permanent.
Certes, la productibilité des éoliennes atteint en moyenne un bon tiers (à comparer aux réacteurs qui tournent à 90%).

Malgré cela, il est possible de produire 2 fois plus d’énergie avec un parc éolien qu’avec un seul réacteur pour le même budget.
Pour les matheux : 9.375 x 30% > 1.6 x 90%
par conséquent,     2.81 > 1.44
Et ceci sans impact définitif sur notre environnement.

En effet, les éoliennes ne sont faites que de béton, acier, cuivre et bien sûr quelques métaux plus rares contenus dans la partie électronique de puissance mais 99% de ces composants sont recyclables.

Ajoutons également que les projets de 6 nouveaux réacteurs ne commenceraient à produire qu’en 2030 (au mieux) et le contexte à cette époque aura complètement basculé. Les énergies renouvelables seront définitivement moins chères (elles le sont déjà) que les énergies fossiles. Ainsi, ce sont les utilisateurs qui en bénéficieront.

Concernant le contexte écologique, la réponse d’E.Macron est insensée. Il espère accélérer suffisamment fort pour sauter le mur qui se dresse devant nous.

Et il en oublie l’essentiel qui est de cesser maintenant les gaspillages, gesticulations et ronds de jambe destinés à sauver une entreprise perdue (EdF bien sûr) car son modèle est mort au profit d’un nouveau modèle vertueux et par conséquent, durable.

Et vous remarquerez que je n’aborde pas le dossier sécuritaire, voyez pour cela:
https://www.mesopinions.com/petition/social/contre-projet-insense-implantation-centrale-nucleaire/20750https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/abandon-centrales-nucleaires-uranium-235-construire/28022

Alors à ce titre, avec moi, dites NON au nucléaire et surtout OUI au renouvelable.

Pour signer la pétition, cliquer sur : https://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/dites-reacteurs-nucleaires-epr/74680

INFORMEZ VOS AMIS DE CE COMBAT CITOYEN (Twitter, Facebook…)

Oct 24

EDF PEUT POURSUIVRE L’ACTIVITÉ DE SES CENTRALES

L’Autorité de sûreté nucléaire juge que l’électricien n’a pas besoin d’arrêter ses réacteurs, malgré les défauts détectés sur des générateurs de vapeur installés dans cinq centrales. « EDF semble avoir tiré d’utiles leçons du passé », estime le président de l’ASN dans un entretien aux « Échos ». Des investigations devront néanmoins être menées lors des arrêts programmés. Et les générateurs qui doivent être installés dans l’EPR de Flamanville doivent encore être certifiés.

« Les contrôles n’ont pas été assez exigeants, l’analyse du risque n’a pas été suffisamment poussée », critique le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk.

Cette fois-ci, l’Autorité de sûreté nucléaire et EDF ​sont sur la même longueur d’onde. Le gendarme français du secteur estime que l’électricien n’a pas besoin d’arrêter la production de ses centrales, malgré  les défauts détectés sur les soudures de certains générateurs de vapeur conçus par Framatome .

« Au vu des analyses que nous avons menées depuis le début du mois de septembre en liaison avec EDF et Framatome, nous estimons qu’il n’y a pas lieu d’arrêter les réacteurs équipés des générateurs de vapeur concernés par les soudures défectueuses », explique Bernard Doroszczuk, le président de l’ASN , dans un entretien aux « Échos ».

Dix-neuf générateurs en fonctionnement sont concernés, pour les centrales de Bugey (Ain), Fessenheim (Haut-Rhin), Dampierre (Loiret), Blayais (Gironde) et Paluel (Seine-Maritime). Six autres générateurs qui doivent être remplacés à Gravelines (Nord) figurent aussi sur la liste. Leur installation pourra se poursuivre comme prévu.

Investigations complémentaires

L’ASN ne s’est pas encore prononcée, en revanche, sur les quatre équipements du même type qui doivent être installés dans l’EPR en construction à Flamanville (Manche). « Nous délivrerons un certificat de conformité pour ces générateurs dans un deuxième temps, une fois qu’EDF nous aura communiqué les informations nécessaires, poursuit Bernard Doroszczuk. L’urgence était de nous prononcer sur les réacteurs en fonctionnement. »

L’EPR de Flamanville coûtera plus de 12 milliards à EDF

Ce n’est pas la fin de l’affaire toutefois. « Des investigations devront être menées sur les soudures en question à l’occasion des arrêts de réacteurs programmés. Il faudra mesurer précisément leur épaisseur, les contrôler pour vérifier que d’autres défauts ne sont pas apparus depuis la mise en service et évaluer leurs caractéristiques mécaniques réelles par des essais de dureté en surface », détaille le patron de l’ASN. Enfin, le gendarme du nucléaire demande à Framatome et EDF de mener « des investigations complémentaires pour mieux caractériser ce qui s’est passé au moment de la conception ». « Ce travail demandera de nouvelles simulations qui prendront vraisemblablement deux ans », précise-t-il.

EDF avait déjà annoncé, le 18 septembre,  qu’il n’était pas nécessaire d’interrompre la production . L’ASN valide donc cette décision aujourd’hui. « EDF et Framatome ont réagi rapidement lorsque les défauts ont été détectés, ce qui n’a pas toujours été le cas par le passé. En l’occurrence, c’était essentiel, puisqu’il s’agit de réacteurs en service et que c’est la responsabilité de l’exploitant de prendre position sur leur état de sûreté. Leur démarche a été satisfaisante », estime Bernard Doroszczuk.

Crédibilité vis-à-vis du public

« EDF semble avoir tiré d’utiles leçons du passé après les problèmes rencontrés sur les soudures de l’EPR, la cuve ou encore les diesels de secours, relève-t-il. Le groupe a compris que la transparence et la réactivité étaient essentielles pour sa crédibilité vis-à-vis du public. »

Par Vincent Collen, source : Les Échos, publié le 24/10/2019

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/edf-peut-poursuivre-lactivite-de-ses-centrales-1142548

Oct 24

NUCLÉAIRE: DES PARLEMENTAIRES VEULENT ÊTRE HABILITÉS SECRET DÉFENSE POUR CONTRÔLER LA SÛRETÉ DES INSTALLATIONS

La Présidence de l’Assemblée nationale a enregistré, le 16 octobre 2019, une proposition de loi visant à créer une délégation parlementaire au nucléaire civil, qui serait habilitée secret défense. Cette proposition émane des membres de la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires qui a rendu ses conclusions en juillet 2018. Une grande majorité des membres de cette commission, tous bords confondus, a signé cette proposition de loi, hormis les Républicains et quelques autres.

« Dès le début de ses travaux, la commission d’enquête s’est trouvée confrontée à une difficulté majeure, celle de l’opposition du secret de la défense nationale. Il est certes normal et souhaitable que certaines informations relatives à la sûreté et, plus encore, à la sécurité des installations nucléaires, soient strictement protégées (…). Il est en revanche anormal que ces informations soient soustraites à tout contrôle des élus de la Nation », expliquent les signataires.

Ils souhaitent donc pouvoir avoir accès à des documents classifiés relatifs aux installations nucléaires, ce qu’ils n’ont pas pu faire lors de leur enquête.

Cinq députés et cinq sénateurs

Cette demande est exceptionnelle : aujourd’hui, une seule structure parlementaire, la délégation parlementaire au renseignement (composée de quatre députés et quatre sénateurs), permet à des élus d’accéder à des données classifiées, indiquent les signataires. Ils proposent de s’en inspirer pour créer une délégation parlementaire au nucléaire civil.

Celle-ci serait composée des présidents des commissions permanentes chargées de l’énergie et du développement durable à l’Assemblée nationale et au Sénat, du président et du premier vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) et de parlementaires désignés de manière à assurer une représentation pluraliste. Au total, cinq députés et cinq sénateurs en feraient partie.

Habilités secret défense sur le nucléaire civil, ils pourraient auditionner le Premier ministre, les ministres compétents, les administrations, le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, ou encore les dirigeants des organismes et sociétés ayant la responsabilité d’installations nucléaires, comme l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Cette délégation « aurait la faculté de procéder à des contrôles sur place et sur pièces sans que l’on puisse lui opposer le secret de la défense nationale ».

Cette proposition de loi a été renvoyée devant la commission du développement durable.

Par Sophie Fabrégat, journaliste, Rédactrice en chef adjoint, publié le 23 octobre 2019

Photo en titre : © ThomasLENNE

https://www.actu-environnement.com/ae/news/nucleaire-parlementaires-secret-defense-34282.php4

Oct 23

FAGNIÈRES A DIT NON AU PROJET DE BLANCHISSERIE DE LINGE NUCLÉAIRE DANS LA MARNE

Les élus de Fagnières, à l’unanimité, se sont opposés à l’installation qui doit prendre place en Haute-Marne.

La société UniTech envisage d’installer une blanchisserie, spécialisée dans le nettoyage et la décontamination de vêtements irradiés, à Suzannecourt, près de Joinville. À la clé, 40 emplois.

Le projet s’est très vite heurté à une vive opposition en Haute-Marne, département concerné en premier lieu. Des associations se sont créées, et des riverains ont saisi la justice.

L’inquiétude gagne également le département voisin de la Marne, où les communes riveraines de la rivière sont invitées à se prononcer sur le projet.

I ls vont utiliser l’eau de la Marne et comme elle passe par notre territoire, cela peut aussi contaminer nos nappes phréatiques », expose Denis Fenat, deuxième adjoint chargé du cadre de vie, du développement durable et de l’aménagement à Fagnières. Voilà pourquoi le conseil municipal, « à l’unanimité », tient à souligner l’élu, s’est prononcé contre l’installation d’une blanchisserie pour le linge nucléaire à Suzannecourt, près de Joinville en Haute-Marne.

« On est situé en aval de Joinville donc, forcément, les eaux contaminées seraient redirigées vers nous»

Le projet, porté par l’entreprise Unitech, vise à « laver le linge contaminé provenant de sites nucléaires français et de certains pays étrangers ». Un aspect qui inquiète fortement, notamment en ce qui concerne le rejet des eaux « contaminées » qui seraient versées directement dans la Marne. « On est situé en aval de Joinville donc, forcément, elles seraient redirigées vers nos communes », expose Denis Fenat.

L’Agence régionale de santé a émis un avis défavorable sur le dossier le 15 avril 2018, assorti d’une demande d’expertise par un hydrogéologue agréé, qui a depuis été réalisée et s’est également montrée hostile à cette installation.

Au profit de la santé de tous

En parallèle de ces actions, élus et citoyens réunis en association ont sollicité les communes du bassin de la Marne jusqu’à Paris afin qu’elle se prononcent sur le dossier. C’est ainsi que Fagnières a mis au vote ce sujet, lors de son dernier conseil municipal, et s’est jointe à l’opposition croissante et « symbolique » envers la blanchisserie nucléaire, « au profit de la santé de tous », comme le décrit la délibération prise par les élus.

Mis en ligne le 23/10/2019 à 14h30

Par Margaud Déclemy, mis en ligne le 23/10/2019 à 14h30

Photo en titre : Les élus craignent que l’eau servant dans le processus de blanchisserie de linge nucléaire ne soit reversée dans la Marne. – Archives Christian Lantenois

https://abonne.lunion.fr/id103253/article/2019-10-23/blanchisserie-de-linge-nucleaire-dans-la-marne-fagnieres-dit-non

Oct 23

NUCLÉAIRE : LES ARCHIVES DE VINCENNES FERMÉES

Les archives du Centre d’Expérimentation du Pacifique compilées au service de la Défense à Vincennes, pourtant ouvertes aux chercheurs il y a 21 ans, sont aujourd’hui refermées. Ce que dénonce l’historien Jean-Marc Regnault.

Une embûche sur le chemin du futur Centre de mémoire sur le nucléaire promis par le président Hollande lors de sa visite officielle en Polynésie française en février 2016. Révélée par le bimensuel Tahiti Pacifique au moment où des travaux doivent être menés pour la documentation du futur Centre de mémoire du nucléaire, la fermeture des archives du CEP compilées au service de la Défense à Vincennes est un coup dur estime l’historien Jean-Marc Regnault.

Ce qui semble bloquer la consultation, c’est une loi du 15 juillet 2008 qui prévoit le retrait de tout dossier qui comprend un élément classé secret défense… Une situation que ne comprend pas Jean-Marc Regnault, chercheur associé à l’université de Polynésie française.

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Pour rappel, dans le cadre de la mise en place du Centre de mémoire des essais nucléaires, l’histoire des essais nucléaires en Polynésie française a été confiée en février au professeur Renaud Meltz, directeur du Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques de l’Université de Haute-Alsace. Ce travail à caractère scientifique a été validé par le comité de pilotage du projet.

Publié le 22/10/2019 à 11h58, mis à jour le 22/10/2019 à 17h02

Photo en titre : © Archives Aldébaran, premier essai nucléaire dans le Pacifique le 2 juillet 1966. Polynésie la 1ère, Marie-Christine Depaepe.

Pour écouter l’interview (1mn 09s) de Jean-Marc Regnault., cliquer sur :

https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/tuamotu-gambier/morurora/nucleaire-archives-vincennes-fermees-763511.html

Oct 23

«SORTIR DU NUCLÉAIRE, C’EST POSSIBLE ET SANS CIGÉO ! »

Aujourd’hui, nous sommes tous d’accord pour dire que le nucléaire conduit inévitablement à une impasse : il créé fatalement des déchets radioactifs, et nous ne disposons d’aucun moyen pour les stocker en sûreté. Est-on obligé de continuer à en produire ? Pourquoi, comment sortir du nucléaire ?

Toutes les questions autour du nucléaire ont été longtemps confisquées au point de faire naître chez beaucoup d’entre nous un sentiment de doute ou de culpabilité : a-t-on le droit de s’opposer au nucléaire alors que « chaque jour, nous appuyons sur l’interrupteur » ? Comment s’y opposer quand on ne se sent pas assez armé pour contrer la communication intensive de l’industrie nucléaire ? Si nous organisons ce cycle, c’est parce-que nous voulons montrer que, bien que les recherches et les enseignements du monde scientifique soient fondamentaux pour comprendre toutes les implications de la production nucléaire, il n’en reste pas moins que la connaissance scientifique n’est pas nécessaire pour saisir les enjeux du sujet et être capable de fonder de manière solide un avis sur la question.

Quand ? Le 03/12/2019 à 20h00

Où ? La Cantoche, 180, rue Jeanne-d’Arc, Nancy

Voir le plan d’accès

Organisateur : CEDRA (tél : 06.50.69.72.61

Tarifs : Gratuit

Publié le 23 octobre 2019

https://www.estrepublicain.fr/pour-sortir/loisirs/Rencontre-conference/Conferences/Lorraine/Meurthe-et-moselle/Nancy/2019/12/03/Sortir-du-nucleaire-c-est-possible-et-sans-cigeo

Oct 22

ERDOGAN CONSIDÈRE-T-IL SÉRIEUSEMENT UNE OPTION NUCLÉAIRE POUR LA TURQUIE?

Ayant dénoncé le monopole «injuste» du club des cinq à la tribune de l’Onu, le Président turc vise à renforcer l’influence de son pays dans le monde et à défier les États-Unis, affirme une analyse de CNN qui cherche à comprendre si le pays songe à l’option nucléaire.

À quelques semaines du sommet de l’Otan et de son 70ème anniversaire, les 3 et 4 décembre à Londres, l’alliance se trouve déstabilisée en raison d’un de ses alliés. La Turquie a en effet semé le trouble avec son opération contre les Kurdes en Syrie, au point que les États-Unis se déclarent prêts à lancer une opération militaire contre Ankara.

Dans une analyse, la chaîne CNN étudie non seulement l’éloignement de la Turquie des États-Unis et de l’Otan, mais encore la possible volonté de ce pays de se procurer des armes nucléaires, vu le dernier discours de M.Erdogan devant l’Onu.

Lors de ce discours, rappelle CNN, le Président turc a évoqué la question de la détention de l’arme nucléaire, faisant état d’«un problème d’injustice» et demandant à ce que tous les États du monde soient sur un pied d’égalité concernant ce sujet. Pour la chaîne américaine, Erdogan considère son pays comme «le pouvoir musulman prééminent au Moyen-Orient», capable de faire concurrence à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.

   Frontière syro-turque: 120 heures entre la paix et une grande guerre – reportage, © Sputnik . Mikhaïl Alaeddine

En outre, la Turquie élabore avec l’aide de la Russie un programme électronucléaire, «mais elle est signataire du Traité de non-prolifération nucléaire et il existe tout un monde de différences entre énergie et armement», souligne le média.

Selon un responsable du Royal United Services Institute (RUSI) à Londres, à l’heure actuelle «il n’y a aucun signe tangible que la Turquie soit sur le point d’opter pour des armes nucléaires, ni que nous assistions à un changement substantiel de la politique turque de plusieurs décennies de ne pas opter pour elles

Ensuite, l’analyse mentionne l’«expansionnisme» du pays qui inclut une garnison au Qatar, un rôle naval croissant dans la mer Rouge, un soutien au gouvernement libyen contre les forces de Khalifa Haftar soutenues par les Émirats arabes unis et une grande base militaire en Somalie.

Sous le Président Erdogan, la Turquie «veut se considérer comme s’éloignant de l’Europe et s’imposant davantage au Moyen-Orient et plus à l’est afin de pouvoir jouer des situations à son avantage», a déclaré l’ex-conseiller à la sécurité nationale américaine H.R. McMaster.

«Fondamentalement, Erdogan voit le monde en termes de puissances concurrentes – les États-Unis, la Chine et la Russie – avec lesquelles la Turquie doit faire affaire à son avantage. Inévitablement, cela signifie un découplage de Washington», écrit le journal.

Discours à l’Onu

Le Président turc a présenté sa vision de la possession d’armes nucléaires alors qu’il prononçait mardi 24 septembre un discours à l’occasion de la 74ème session de l’Assemblée nationale de l’Onu à New York:

«Aujourd’hui, nous faisons face à un problème d’injustice. Ceux qui possèdent l’arme nucléaire l’utilisent comme moyen de pression, menaçant ceux qui ne l’ont pas. Il faut soit l’interdire à tout le monde, soit la rendre accessible à tout le monde».

Ce sujet n’est pas abordé pour la première fois par Recep Tayyip Erdogan. Auparavant, il avait qualifié d’«injuste» le fait qu’Ankara soit privé de la possibilité de développer sa propre arme nucléaire. Selon lui, il n’existe «presque pas» de pays développés qui ne disposent pas de ce type d’arme.

Publié le 22 octobre 2019 à 14h29, mis à jour à 14h46

https://fr.sputniknews.com/international/201910221042302895-erdogan-considere-t-il-serieusement-une-option-nucleaire-pour-la-turquie/

Oct 22

8 ème RAPPORT NATIONAL AU TITRE DE LA CONVENTION SÛRETÉ NUCLÉAIRE

Note d’information

Tous les trois ans, les parties contractantes de la Convention sur la sûreté nucléaire (CSN) doivent publier un rapport national. Le rapport pour la France, dont l’élaboration est coordonnée par l’ASN, a été mis en ligne le 9 août 2019 sur le site ad-hoc de l’AIEA. Tout en respectant le modèle convenu et la structure générale de la Convention, il vise également à mettre en évidence les principaux changements intervenus depuis la dernière réunion d’examen de la CSN (2017) ainsi que les perspectives de sûreté pour les trois prochaines années.

Publié le 22/10/2019 à 11h46 (228 pages), accessible à partir du site

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/8e-rapport-national-au-titre-de-la-convention-surete-nucleaire

Oct 22

MENACE NUCLÉAIRE: UNE VIDÉO DU CICR A ÉTÉ VUE 6 MILLIONS DE FOIS EN UNE SEMAINE

INQUIÉTUDE : Une vidéo du CICR qui relève l’impact probable en cas d’explosion nucléaire dans une ville actuellement crée le «buzz». Elle fait partie de la campagne pour l’interdiction de ces armements. En Suisse, Conseil fédéral et Parlement sont opposés sur la question.

Les populations sont inquiètes de la montée des tensions internationales autour des armes nucléaires, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Une vidéo que l’organisation a postée il y a une semaine a été vue par six millions de personnes.

La menace d’un recours à l’arme nucléaire «augmente», a estimé mardi à Genève le responsable de la campagne menée par le CICR pour l’interdiction de ces armements, Enrique Mestre. La vidéo relève l’impact probable en cas d’explosion nucléaire dans une ville actuellement.

«Des millions de personnes seraient affectées et personne ne pourrait apporter un secours significatif aux victimes et aux rescapés», dit le CICR. Aucun pays, ni aucun dispositif médical, ni aucune organisation ne peut offrir une réponse adaptée.

Selon un conseiller du CICR, la vidéo montre non seulement «l’inhumanité» des armes nucléaires, mais aussi «qu’il est possible» de les stopper «en les interdisant et les éliminant». Le Mouvement de la Croix-Rouge, dont fait partie l’organisation, soutient le traité d’interdiction conclu en 2017.

Les États nucléaires augmentent leur armement, élargissent le type d’armes et rendent leur utilisation plus facile, avait-il déploré en février en lançant une campagne mondiale. Outre les tensions liées à l’Iran, l’abandon par les États-Unis et la Russie du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), en vigueur depuis 1988, a fait monter la menace.

Conseil fédéral et Parlement opposés

Après de longs mois d’analyse de la situation, la Suisse avait renoncé à adopter le traité d’interdiction de 2017, rejeté par l’ensemble des pays qui bénéficient de cette arme. Elle considérait notamment qu’il pourrait fragiliser le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et qu’il ne prenait pas en compte certains intérêts en termes de sécurité.

Le Conseil fédéral avait été largement critiqué pour cette décision, notamment par la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), Prix Nobel de la Paix en 2017. À tel point que le Parlement lui a demandé il y a près d’un an de ratifier sans délai l’accord, sans effet.

Plus de 120 États avaient adopté en juillet 2017 le texte d’interdiction des armées nucléaires, mais un peu plus de la moitié d’entre eux seulement l’ont ensuite signé. Pour le moment, seuls deux tiers des 50 ratifications requises pour l’entrée en vigueur ont été atteints.

Par ATS, publié le  22.10.2019 à 10h56

https://www.arcinfo.ch/articles/monde/menace-nucleaire-une-video-du-cicr-a-ete-vue-6-millions-de-fois-en-une-semaine-875435

Pour voir la vidéo (8mn55s), cliquer sur : https://www.youtube.com/watch?v=5iPH-br_eJQ

Oct 22

LE MAINTIEN DU NUCLÉAIRE RENCHÉRIRA LE COÛT DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Le maintien d’une part importante de nucléaire dans le mix électrique renchérira le coût de développement des énergies renouvelables et donc le soutien public à la transition énergétique, selon une étude d’Agora Energiewende et de l’Iddri.

Le coût de la transition énergétique, et notamment du développement des énergies renouvelables, est souvent au centre des débats. Le think thank allemand Agora Energiewende a développé, avec le soutien de la société Artelys et en coopération avec l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), un outil de calcul des coûts et des besoins de financement public des énergies renouvelables en France à l’horizon 2040. Trois scénarios de développement du mix électrique sont analysés. Et pour ces trois scénarios, le financement public des ENR atteint un pic autour de 2025-2030 et ralentit à partir de cette période, conclut l’étude présentée ce mardi 21 octobre.

Le principal coût est lié au décollage des filières

Cette étude confirme l’analyse du comité des charges de service public de l’électricité publiée en juin dernier : l’essentiel du coût supporté aujourd’hui et demain porte sur la période passée, c’est-à-dire la première décennie d’installation des énergies renouvelables et l’aide au décollage des différentes filières.

Aujourd’hui, la stratégie de diversification du mix électrique mise essentiellement sur l’éolien et le photovoltaïque, dont les coûts ont fortement baissé pour se rapprocher des prix du marché de gros. Les besoins de financement hors marché diminuent donc. « Malgré ces baisses de coûts, les énergies renouvelables ne sont pas encore en mesure de couvrir leurs coûts par les revenus tirés du marché. Un soutien public reste pour l’heure nécessaire pour assurer leur développement, soutien qui devrait se stabiliser et décroître au cours des prochaines années », note l’étude.

Le niveau de soutien public est estimé à 5 milliards d’euros par an pour les années 2018 à 2020. Ce niveau augmentera jusqu’en 2025-2030, avec un pic situé entre 5,5 et 8,5 milliards d’euros courants selon les scénarios. Il baissera ensuite rapidement quel que soit le scénario étudié. Mais finalement, les projets installés après 2018 ne représenteront que 26 % à 37% des besoins de financement cumulés sur la période 2018-2040. « L’essentiel des dépenses à venir correspond ainsi à des engagements passés pour des projets déjà en opération ou qui le seront prochainement, en particulier les six premiers parcs éoliens en mer qui ont été attribués entre 2011 et 2013 et dont les tarifs d’achat ont été renégociés à la baisse en 2018 ».

PPE : une baisse du soutien public à partir de 2025

Le coût de la transition énergétique, et notamment du développement des énergies renouvelables, est souvent au centre des débats. (…) Trois scénarios de développement du mix électrique sont analysés.  

Le premier scénario s’appuie sur la trajectoire fixée dans le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) : 5 GW supplémentaires de capacité de production solaire et éolienne terrestre par an d’ici 2028 (contre une moyenne de 1 à 2 GW installés par an durant les années précédentes) et 5 GW d’éolien en mer au même horizon. La suite du scénario s’appuie sur celui de RTE, Ampère, qui mise sur une part d’électricité renouvelable d’environ 60 % de la production électrique totale en 2040, avec 142 GW de photovoltaïque et d’éolien, et 18 réacteurs nucléaires fermés en 2035. Dans ce scénario, le besoin de financement public du photovoltaïque et de l’éolien se stabilise vers 2025 autour de 6,5 milliards d’euros et décroît à 4,4 milliards d’euros en 2032 et 1,6 milliards d’euros en 2040, estime l’étude. « En 2040, ce scénario conduirait donc à un soutien public deux fois plus faible qu’aujourd’hui (1,6 milliards contre 4 milliards) malgré une part d’électricité renouvelable trois fois plus importante ».

Le nucléaire freine la baisse des coûts des renouvelables

Dans les deux autres scénarios, le maintien d’un parc nucléaire conséquent change la donne, en maintenant un prix de marché de l’électricité bas.

Le deuxième scénario s’appuie sur celui de référence de l‘Ademe dans son exercice de prospective à 2060. Il table sur un développement des renouvelables pour atteindre 62 % de la production électrique totale (110 GW installés) et un prolongement du parc nucléaire existant à 70 % (36 GW en 2040). Le troisième scénario s’appuie, quant à lui, sur celui de l’Ademe (« prolongement du nucléaire aisé ») : les filières renouvelables se développent pour atteindre 87 GW en 2040, le parc nucléaire est prolongé dans sa totalité (57 GW en 2040). Dans ce scénario, les renouvelables ne représentent plus que 48 % de la production électrique totale en 2040.

« Dans ces deux cas, le pic de soutien aux énergies renouvelables est alors plus élevé que dans le scénario PPE-Ampère, et survient plus tardivement. Il atteint 7,3 à 8,5 milliards d’euros en 2030, avec un besoin de financement public lié aux nouveaux projets (attribués à partir de 2018) de respectivement 2,6 et 3,3 milliards d’euros » alors même que la capacité renouvelable installée est plus faible que dans le scénario PPE – Ampère, souligne l’étude. A contrario, « un parc nucléaire réduit plus rapidement accélérerait le développement des énergies renouvelables électriques et limiterait les besoins de financement publics pour les énergies renouvelables existantes et futures. »

Par Sophie Fabrégat, journaliste, rédactrice en chef adjointe, publié le 22 octobre 2019

Photo en titre : La stratégie de diversification du mix électrique mise essentiellement sur l’éolien et le photovoltaïque © hrui

https://www.actu-environnement.com/ae/news/transition-energetique-eolien-photovoltaique-iddri-ademe-34265.php4

Oct 22

TRIBUNE. « NUCLÉAIRE : LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE PLUS QUE JAMAIS NÉCESSAIRE EN DÉMOCRATIE »

Avant le jugement en appel prévu le 30 octobre de huit militants de Greenpeace, condamnés à des peines de prison pour s’être introduits en 2017 sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle), 31 avocats et juristes dénoncent dans cette tribune une « répression d’État » contre les activistes environnementaux.

Le 12 octobre 2017, des militants de Greenpeace s’étaient introduits dans la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, pour y déclencher un feu d’artifice. (Sipa)

« Le décrochage des portraits d’Emmanuel Macron a été considéré comme ‘le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le président de la République et le peuple par le tribunal correctionnel de Lyon qui a relaxé les ‘décrocheurs‘ au motif du fait justificatif de l’état de nécessité le 16 septembre dernier. Cette décision conforte le fait que les tribunaux ne sont pas des vases clos, étanches et sourds aux constats scientifiques sur la dangerosité des actions publiques ou des risques industriels. Les désobéissants non-violents qui alertent sur ces risques environnementaux éclairent notre conscience en exerçant une critique, aussi ils ne devraient pas être sanctionnés mais reconnus pour leur utilité sociale.

Lire aussi – Décrocheurs de portraits de Macron : on vous explique le jugement du tribunal de Lyon

Les politiques répressives des plus grandes puissances économiques mondiales menaçant nos libertés de façon croissante exigent une liberté d’expression du peuple plus forte.

En France, la répression la plus forte organisée par l’État et les industriels contre les activistes environnementaux se trouve dans le secteur du nucléaire. Plusieurs facteurs l’expliquent. D’abord le fait que notre pays est l’un des pays les plus nucléarisés au monde avec 58 réacteurs nucléaires vieillissants*. Ensuite, parce que le nucléaire entretient des rapports tumultueux avec la démocratie par la façon dont il s’est imposé aux citoyens français comme source de production d’énergie quasi-unique et par son opacité (secret défense, secret des affaires etc.).

Les actes des militants, qui dénoncent le choix du nucléaire et les risques qui y sont liés, doivent être appréciés en gardant à l’esprit qu’il sera trop tard pour reconnaître leur légitimité le jour où nous aurions à faire face à un accident nucléaire.

Un système non-dissuasif pour l’industriel

L’omerta institutionnelle et réglementaire qui règne sur le secteur est déconcertante. Face aux failles relevées régulièrement dans la sûreté nucléaire, l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), autorité de contrôle du secteur qui n’est toujours pas dotée de Commission des sanctions, émet des ‘demandes‘ d’actions correctives à l’industriel lors de ses inspections. Mais, face aux multiples atteintes à la sûreté nucléaire, la société civile déplore l’absence de sanctions effectives contre l’exploitant.

Quant au cadre réglementaire, il est tout aussi laxiste. Les incriminations sont majoritairement contraventionnelles en cas de manquement aux règles de la sûreté. C’est donc un système non-dissuasif pour l’industriel alors même que les irrégularités constatées dans ce secteur sont croissantes et qu’elles pourraient entrainer des conséquences environnementales et sociales irréversibles. Enfin, la vigilance étatique paraît absente, l’État français n’ayant tiré aucune conséquence – pire il les a minimisés – des accidents nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima dans sa politique énergétique.

Face à ces défaillances, la société civile se mobilise depuis des décennies contre l’industrie de l’atome pour alerter l’opinion publique et n’obtient alors comme unique réponse qu’une répression d’État.

Greenpeace est régulièrement la cible des industriels nucléaires

À Bure (Meuse), la répression contre les opposants au centre d’enfouissement des déchets radioactifs est symptomatique d’une lutte qui dérange au plus haut niveau de l’État. Vagues de perquisitions, placement en garde à vue d’un avocat, violation des droits de la défense et mise en place d’un système de surveillance étatique généralisé contre des habitants. Cette politique a été dénoncée dans des rapports de la Fédération Internationale des droits de l’Homme et la Ligue des droits de l’Homme constatant que ‘les autorités publiques se livrent à un harcèlement contre les opposants au site d’enfouissement destiné à criminaliser leur position et leur manifestation et qui a pour effet de porter atteinte aux libertés individuelles‘**.

Greenpeace est régulièrement la cible des industriels nucléaires réclamant devant les tribunaux des sanctions extravagantes comme 500.000 euros et 700.000 euros pour préjudices moral et matériel. La stratégie d’EDF est de museler l’association afin d’étouffer toute contestation publique sur le nucléaire.

En juillet 2019, le tribunal de grande instance de Paris a prononcé contre Greenpeace une interdiction d’approcher à moins de 250 mètres des convois nucléaires, sous astreinte (pénalité financière) durant… la durée du débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs et sachant que 19.000 convois routiers et ferroviaires circulent annuellement! L’association a fait appel contre ce jugement qui entrave sa liberté d’expression de l’association au débat public.

Une tentative de bâillonner dangereusement la société civile

Le 30 octobre 2019, se tiendra une audience à la Cour d’appel de Metz, où Greenpeace France, huit activistes et un salarié ont fait appel d’un jugement ayant prononcé de lourdes peines – dont de l’emprisonnement ferme contre deux activistes – pour s’être introduits dans la centrale nucléaire de Cattenom le 12 octobre 2017. Il s’agissait de la douzième intrusion dans une centrale nucléaire depuis une dizaine d’années illustrant la vulnérabilité des sites. Cette alerte sur le risque nucléaire a notamment débouché sur une commission d’enquête parlementaire sur la sécurité nucléaire.

Ces peines d’emprisonnement, ainsi que les dommages et intérêts abusifs qui ont été demandés, constituent une première dans l’histoire de Greenpeace France et un cas exceptionnel au niveau international. Ils relèvent d’une tentative de bâillonner dangereusement la société civile dont la protection par le pouvoir judiciaire est essentielle à notre démocratie.

Voir la liste des signataires sur le site

* Les centrales nucléaires ont été construites pour fonctionner 25, 30 ou 40 ans (source : IRSN) et l’exploitant souhaitant prolonger leur durée de vie au-delà de 40 ans.
** Rapports de la LDH et de la FIDH sur les événements survenus à Bure et sur leur traitement judiciaire, 20 juin 2019.

Par la Rédaction JDD, publié le 22 octobre 2019 à 09h00, modifié le 22 octobre 2019 à 10h40

Photo en titre : Le 12 octobre 2017, des militants de Greenpeace s’étaient introduits dans la centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, pour y déclencher un feu d’artifice. (Sipa)

https://www.lejdd.fr/Societe/tribune-nucleaire-la-desobeissance-civile-plus-que-jamais-necessaire-en-democratie-3926598

Sur le même sujet :

Extinction Rébellion France : la désobéissance civile face à l’urgence écologique

Oct 22

ILS ONT MANIFESTÉ POUR L’ARRÊT DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH

Ce dimanche, entre 80 et 100 personnes se sont réunies sur le rond-point devant le site de la centrale nucléaire EDF de Golfech, répondant à l’appel de France Nature Environnement. Tous les participants étaient contrôlés et filtrés par la gendarmerie, mais la manifestation s’est déroulée pacifiquement.

On pouvait voir des slogans tels que «Réacteurs nucléaires, stop au rafistolage» «Pas d’avenir sans écologie» «Ma centrale va craquer».

Cette manifestation a été décidée après les derniers incidents, en particulier celui de la vanne non ouverte pendant le changement de combustible. Etait-il encore sous l’eau ? Pour les opposants à la centrale, «il s’agit d’un incident pré-accidentel. Les responsables du Réseau citoyen de surveillance de la radioactivité de la centrale ont pris la parole pour dénoncer la «non-transparence et les coûts exorbitants de mise à niveau : 100 milliards€ de dépenses prévus pour s’accorder une décennale de production (grand carénage) 6 EPR commandés par le gouvernement 12 milliards, «200 M€ qui n’iront pas dans une autre politique», selon eux.

Profitant de l’occasion, les opposants ont également dénoncé le projet Hercule que propose la direction d’EDF : «Il s’agit d’étatiser le nucléaire, de proposer privatisation des énergies renouvelables».

On attend les conclusions de l’ASN…

Rappelons que cette manifestation après une série d’incidents et à l’issue de la visite effectuée cette semaine par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui ont passé au peigne fin les activités de la centrale. On attend leurs conclusions.

La direction de la centrale aussi. Interrogé cette semaine, par la Dépêche du Midi (lire notre édition de jeudi) le directeur Nicolas Brouzeng ne s’est pas caché : «en interne, nous avons bien identifié une érosion de nos performances de sûreté. Nous avons donc établi un plan d’action pour restaurer les performances et améliorer nos démarches de qualité. Les incidents que vous évoquez, il y en a toujours eu mais nous avons décidé d’être transparents et donc on en parle. Je veux aussi dire qu’ils n’ont aucune conséquence sur l’environnement ou la sécurité de nos personnels ou de nos installations».

Manifestement, cela n’a pas suffi à calmer les militants anti-Golfech dont les ardeurs pourraient se réveiller.

Une nouvelle manifestation pourrait avoir, au même endroit, demain…

Par LaDepeche.fr, publié le 21/10/2019 à 05h04, mis à jour à 10h46

https://www.ladepeche.fr/2019/10/21/ils-ont-manifeste-pour-larret-de-la-centrale-nucleaire,8494035.php

Oct 22

CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH : APRÈS UN INCIDENT, DES QUESTIONS SUR SON EXPLOITATION

L’Autorité de sûreté nucléaire a mené une inspection de la centrale nucléaire de Golfech après un incident le 8 octobre. Elle dénonce la dégradation de l’exploitation de la centrale.

Doit-on s’inquiéter de la gestion de la centrale de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne ? Le 8 octobre, un incident est survenu. L’Autorité de sûreté nucléaire a donc décidé de mener une inspection en profondeur qui s’est terminée vendredi 18 octobre.

Alors que le rapport ne sera rendu que dans un mois, L’Express écrit avoir eu accès aux premiers éléments de l’enquête.

D’après l’hebdomadaire, un agent d’EDF aurait été interrompu par des prestataires extérieurs qui cherchaient leur chemin. Il aurait alors oublié d’ouvrir une vanne du pressuriseur au moment de l’arrêt du réacteur avant d’indiquer dans le registre du protocole que l’opération avait bien été effectuée.

Une centrale « en queue de peloton »

La direction a admis « un non-respect des règles générales d’exploitation lors d’opérations de vidange du circuit primaire de l’unité de production n° 2 », dû à une erreur humaine.

Toutefois, elle affirme que l’incident, classé 1 sur une échelle de 7, « n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, sur la sécurité du personnel, ni sur l’environnement ».

« Pendant des années, le site était plutôt classé dans le haut du panier en termes de sûreté nucléaire. Mais depuis cinq ou six ans, la qualité de l’exploitation de la centrale s’est dégradée et Golfech pointe plutôt en queue de peloton », explique à L’Express Christophe Quintin, l’inspecteur en chef de l’ASN.

Pas un « problème de compétence »

Dans un rapport fin septembre, l’ASN avait déjà relevé que la « détérioration » concernait « la surveillance en salle de commande » et se traduisait par la déclaration « de nombreux incidents ».

Cela fait notamment suite au renouvellement « en cinq ans de la moitié des effectifs » de la centrale, qui compte deux réacteurs d’une puissance de 1 300 mégawatts chacun.

Dans le cas de l’incident du 8 octobre, « il ne s’agit pas d’un problème de compétence. Mais les agents n’attachent pas la rigueur suffisante aux tâches qu’ils doivent accomplir », selon Christophe Quintin.

Par Ouest-France, publié le lundi 21 octobre 2019 à 17h02

Photo en titre : La centrale nucléaire de Golfech a connu un incident le 8 octobre.© Regis DUVIGNAU / REUTERS

https://redon.maville.com/actu/actudet_-centrale-nucleaire-de-golfech-apres-un-incident-des-questions-sur-son-exploitation_54135-3880053_actu.Htm

Oct 22

DISSUASION NUCLÉAIRE: EMMANUEL MACRON DEVANT L’OBSTACLE DE SON GRAND DISCOURS

Après l’avoir déjà repoussé, le chef de l’État pourrait intervenir début décembre pour préciser la stratégie française de dissuasion. Un exercice délicat dans un contexte international et européen incertain

Le budget 2020 du ministère des Armées prévoit une enveloppe de 25 milliards d’euros entre 2019 et 2023 (dont 4,7 milliards l’année prochaine) dans le cadre des programmes de renouvellement des deux composantes de la dissuasion nucléaire française, océanique et aéroportée. Le 4 octobre, l’armée de l’air a célébré sur la base de Saint-Dizier ses 20 000 jours (55 ans) d’alerte nucléaire ininterrompue depuis 1964.

Depuis un quart de siècle, c’est devenu une tradition. Au cours de son mandat, tous les présidents de la République prononcent un grand discours sur la dissuasion nucléaire, fixant la doctrine française à la virgule près. François Hollande l’avait fait en février 2015, Nicolas Sarkozy en février 2009, Jacques Chirac en janvier 2006 et juin 2001, François Mitterrand en mai 1994. Selon nos informations, Emmanuel Macron pourrait se livrer à cet exercice dans les prochaines semaines. Deux dates sont envisagées, les 2 ou 5 décembre, et la Direction des applications militaires (DAM) du CEA accueillerait volontiers le chef de l’État pour ce grand rendez-vous de la communauté stratégique. Toutefois, un nouveau report n’est pas à exclure, tenant aussi bien à l’opportunité de la date qu’à la difficulté de l’exercice.

Nouveau report, car le président Macron avait envisagé ce discours en juin dernier, avant d’y renoncer. Dans les milieux stratégiques, des voix expliquent que ce report serait dû, en partie, aux bons résultats d’EELV aux élections européennes et au « verdissement » de la politique de l’Élysée. Le nucléaire, même militaire, n’est pas un chiffon rouge à trop agiter devant les écologistes.

Dans son prochain discours, le président de la République ne devrait pas s’en tenir uniquement à la dissuasion nucléaire, comme l’habitude en avait été prise par ses prédécesseurs. L’intervention portera sur la posture stratégique globale de la France, incluant donc la dissuasion nucléaire. Il sera ainsi question de cyberdéfense, de spatial, d’articulation entre les forces conventionnelles et nucléaires. Autre changement notable : alors que les précédents discours faisaient l’objet d’une assez large consultation de la communauté stratégique, la rédaction de celui du président Macron repose sur très peu de personnes, autour de son chef d’état-major particulier, l’amiral Bernard Rogel. « C’est une Black Box », une boîte noire dont rien ne filtre pour l’instant, note un proche du dossier.

L’exercice s’avère malaisé pour deux raisons qui échappent en grande partie à l’Élysée : d’une part, le démantèlement en cours du système international de contrôle des armements (Arms Control) et, de l’autre, l’extrême difficulté à avancer sur le front européen, en particulier avec l’Allemagne.

Arms Control. Datant de la Guerre froide, le régime international de l’Arms Control est très fragilisé, avec le risque d’une reprise de la course aux armements stratégiques. Celle-ci aurait évidemment des conséquences sur la posture française de dissuasion. Par exemple, si une nouvelle crise des « euromissiles » surgissait en Europe, après le sabordage – validé par la France au sein de l’Otan – du traité FNI sur les forces nucléaires intermédiaires. Après l’accord ABM interdisant les systèmes antimissiles, dénoncé par Washington dès 2002, le traité russo-américain New Start, plafonnant le nombre de têtes nucléaires, arrive à échéance en 2021 et pourrait ne pas être prolongé.

La rapide montée en puissance de la Chine bouleverse aussi la donne géopolitique et la France s’inscrit de plus en plus dans une stratégie de containment, basée sur l’idée d’un axe indopacifique, auquel les armées françaises participent. Ainsi, l’armée de l’air sera en mesure de « projeter » un escadron de vingt Rafale en Australie en 48 heures, dès 2023, grâce aux nouveaux ravitailleurs en vol Airbus « Phénix ».

Enfin, des sauts technologiques, comme ceux des « planeurs hypersoniques », peuvent changer rapidement le paysage stratégique, tant il sera difficile de « discriminer » des engins porteurs, ou non, de têtes nucléaires.

L’autre difficulté pour le chef de l’État est l’Europe. Si l’exécutif ne cesse de vanter « l’initiative européenne d’intervention » et le nouvel engagement de Bruxelles dans le financement de l’industrie de défense, rien ne bouge au niveau stratégique. En particulier avec l’Allemagne. L’heure d’une dissuasion « élargie » ou « partagée » n’a pas encore sonné. L’hypothèse d’étendre à l’Allemagne une approche comparable à celle qui prévaut avec la Grande-Bretagne a été évoquée avec des responsables allemands, mais elle s’est heurtée à une forte incompréhension.

Leadership. Vu de Berlin, l’idée d’une garantie nucléaire française est perçue, non comme une protection, mais comme une volonté de leadership. Avec le Royaume-Uni, la situation est différente. Depuis 1995, selon les termes de Jacques Chirac, Paris et Londres « n’imaginent pas de situation dans laquelle les intérêts vitaux de l’un de nos deux pays pourraient être menacés sans que les intérêts vitaux de l’autre le soient aussi ». Et qui dit « intérêts vitaux » dit « dissuasion nucléaire ». La France et le Royaume-Uni sont toutes deux des puissances atomiques, liées depuis 2010 par les accords de Lancaster House, qui incluent une dimension nucléaire. Reste que les conséquences non maîtrisées du Brexit pourraient compliquer la donne.

Dernier point délicat : le coût de la dissuasion, qui devra être progressivement modernisée et renouvelée. L’investissement total pourrait atteindre 50 milliards en plus des dépenses actuelles.

En 2019, les Armées y consacrent déjà 4,45 milliards, soit 22 % des dépenses d’équipement. La facture nucléaire augmentera progressivement, notamment avec le renouvellement des sous-marins, alors que d’autres investissements dans l’espace, la cyber ou l’aviation de combat seront eux aussi nécessaires.

Avec des interrogations sur la capacité industrielle à « délivrer » un tel programme : les déboires du nucléaire civil autour de l’EPR ou les trois années de retard technique du sous-marin Suffren sont des signaux à prendre en compte par le chef des armées.

Par Jean-Dominique Merchet, publié le 21 Octobre 2019 à 17h45

Photo en titre : Emmanuel Macron lors de l’inauguration du sous-marin d’attaque Suffren. © Sipa Press

https://www.lopinion.fr/edition/international/dissuasion-nucleaire-emmanuel-macron-devant-l-obstacle-grand-discours-200944

Oct 21

CONSTRUCTION DE RÉACTEURS NUCLÉAIRES : LA MINISTRE RECADRE LE PATRON D’EDF

Répondant aux annonces de Jean-Bernard Lévy, Élisabeth Borne estime que ce n’est pas l’électricien qui décide de la construction de nouvelles centrales.

C’est un désaveu public. Élisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique, a fait part ce lundi matin de son désaccord avec le patron d’EDF. Un recadrage en bonne et due forme.

«Ça n’est pas EDF ni son PDG qui fixent la politique énergétique du pays», a-t-elle déclaré sur Europe 1. Elle a fait part de sa surprise après l’annonce, par le patron de l’électricien, Jean-Bernard Lévy, de la construction de six réacteurs nucléaires de type EPR dans les prochaines années.

Interrogé la semaine dernière dans «Le Monde», Jean-Bernard Lévy a déclaré qu’il «est clair que la France se prépare à construire de nouvelles centrales nucléaires. C’est dans la mission que j’ai reçue lorsque j’ai été nommé, il y a cinq ans.»

Considérant qu’il «faudra de nouvelles centrales» pour atteindre l’objectif de la neutralité carbone, le patron d’EDF a aussi précisé que «la décision de construire de nouvelles centrales nucléaires sera prise lorsque le pouvoir politique en décidera».

«La feuille de route, c’est ramener la part du nucléaire à 50% en 2035», mais aussi de développer les énergies renouvelables, selon Élisabeth Borne. «L’enjeu est de proposer une énergie décarbonée avec des prix abordables», a-t-elle ajouté.

«Sur le nucléaire, ce qu’on attend d’abord d’EDF, ce sont des explications sur les dépassements de coûts, sur les délais de Flamanville», dans la Manche, s’est agacée la ministre. Début octobre, la mise en service de cet EPR a une nouvelle fois été repoussée d’au moins un an pour un coût total dorénavant estimé à 12,4 milliards d’euros.

Par Le Parisien, le 21 octobre 2019 à 11h37

Photo en titre : Élisabeth Borne demande des explications à EDF sur les nouveaux retards de l’EPR de Flamanville (illustration). LP/Arnaud Journois

http://www.leparisien.fr/economie/construction-de-reacteurs-nucleaires-la-ministre-recadre-le-patron-d-edf-21-10-2019-8177070.php

Oct 21

UN SOUS-MARIN RUSSE BAPTISÉ «ARME DU JUGEMENT DERNIER» PAR LE NATIONAL INTEREST

Le sous-marin nucléaire stratégique russe Iouri Dolgorouki a été surnommé par la revue américaine le National Interest «arme du Jugement dernier».

Dans un article publié samedi 12 octobre, le National Interest s’est intéressé au sous-marin nucléaire stratégique russe Iouri Dolgorouki de la classe Boreï, le qualifiant de «véritable arme du Jugement dernier».

La revue américaine a rappelé le lancement réussi de quatre missiles balistiques Boulava effectué par le croiseur sous-marin Iouri Dolgorouki depuis la mer Blanche sur une cible située sur le polygone de Koura au Kamtchatka à la fin du mois de mai 2018.

National Interest évoque une nouvelle arme russe qui pourrait rendre inhabitable n’importe quel pays. © Photo. Sevmash

Le missile Boulava a une trajectoire de vol très sophistiquée ce qui rend difficile son interception. Ces missiles peuvent esquiver une quarantaine de frappes de défense aérienne.

En comparant le sous-marin russe avec ses homologues aux États-Unis, en Chine, en France, au Royaume-Uni et en Inde, la revue note que le sous-marin Iouri Dolgorouki sera en mesure d’accomplir en temps de guerre sa tâche de destruction des villes ennemies, même si les autres forces nucléaires du pays sont détruites.

Le K-535 Iouri Dolgorouki, du projet 955 Boreï, est le premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins de nouvelle génération en service dans la Marine russe.

Publié le 18.10.2019 à 14h25, mis à jour à 14h40

https://fr.sputniknews.com/defense/201910181042283655-un-sous-marin-russe-baptise-arme-du-jugement-dernier-par-le-national-interest/

Oct 21

L’EPR, LE VRAI BOULET D’EDF

Le projet Hercule de refonte du groupe EDF, voulu par le gouvernement, attendra. Pas parce que les syndicats sont vent debout contre toute scission du groupe entre un EDF bleu nationalisé comprenant le nucléaire, l’hydroélectrique et le transport de l’électricité de RTE et un EDF vert avec les activités soumises à la concurrence, dont Enedis et les renouvelables.

Si le PDG de l’énergéticien, Jean-Bernard Lévy, a gelé le projet, ce serait pour attendre le résultat de discussions avec Bruxelles sur la régulation du nucléaire, et notamment l’évolution de l’accès régulé à l’énergie nucléaire historique (Arenh). Ce mécanisme oblige EDF à vendre un quart de sa production nucléaire historique à 42 euros le MW à ses concurrents fournisseurs alternatifs (Engie, Total Direct Énergie…) qui le demandent. Lorsque les cours remontent, il empêche EDF de tirer tout le profit de sa production. La loi énergie climat qui vient d’être votée pourrait empirer les choses et réduire encore la visibilité du groupe sur ses rentrées financières. Pour autant, le vrai problème d’EDF n’est pas là.

Sur le même thème: Pourquoi l’EPR de Flamanville ne démarrera pas avant 2023…

Ce qui oblige le groupe à repenser sa structure, c’est autant sa dette de plus de 30 milliards d’euros, le mur d’investissements devant lui et son incapacité à financer le nouveau nucléaire. Rien de nouveau néanmoins. Mais ce qui bouche actuellement l’horizon d’EDF, ce sont ses chantiers d’EPR. Au Royaume-Uni, pour celui de Hinkley Point C, EDF vient d’annoncer un dérapage des coûts de 2,15 à 3,3 milliards d’euros et neuf à quinze mois de retard. Pour des soudures à refaire, l’EPR de Flamanville (Manche) ne sera, lui, pas en exploitation avant 2023, au lieu de 2020 aux dernières promesses. Sa facture s’alourdit encore de 1,5 milliard d’euros pour atteindre 12,4 milliards d’euros. Un montant qui plombe à la fois les comptes d’EDF pour encore trois ans sans lui apporter le moindre revenu, et qui obère l’avenir du parc nucléaire français.

Par Aurélie Barbaux publié le 19/10/2019 à 09H15

https://www.usinenouvelle.com/article/l-epr-le-vrai-boulet-d-edf.N893999