L’ACTU EN DESSIN : LE BRAS DE FER SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN SE POURSUIT AVEC LES ÉTATS-UNIS

Cette semaine, les discussions entre les États-Unis et l’Iran sur le nucléaire iranien ont inspiré les dessinateurs de Cartooning for Peace. Le dessinateur éditorialiste norvégien Roar Hagen illustre le président américain, Joe Biden, et son homologue iranien autour d’un missile, traduisant le bras de fer qui s’engage sur la question.

Les pourparlers ont repris entre les États-Unis et l’Iran après l’arrivée du nouveau président américain, Joe Biden, à la Maison Blanche, afin de revenir au fameux accord sur le nucléaire signé en 2015 sous le mandat de Barack Obama.

En 2018, le président Trump annonçait le retrait des États-Unis de l’accord de Vienne et augmentait le niveau des sanctions économiques contre l’Iran.

Toutefois, malgré les mains tendues par l’administration Biden, l’Iran limite depuis le 23 février les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur ses activités nucléaires, et continue à produire de l’uranium faiblement enrichi, au-delà des quantités autorisées par l’accord de 2015.

Cartooning for Peace se penche cette semaine sur cette actualité. Roar Hagen – artiste et dessinateur éditorialiste norvégien – représentant Joe Biden et son homologue iranien de part et d’autre d’un missile, traduisant un bras de fer qui risque de durer.

Cartooning for Peace est un réseau international de dessinateurs engagés à promouvoir, par l’universalité du dessin de presse, la liberté d’expression, les droits de l’Homme et le respect mutuel entre des populations de différentes cultures ou croyances.

Par FRANCE 24, publié le 26/02/2021 à 14h00

Dessin de Roar Hagen, artiste et dessinateur éditorialiste norvégien qui illustre le duel diplomatique sur le nucléaire iranien. © Roar Hagen, Verdens Gang, Cartooning for Peace

https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20210226-l-actu-en-dessin-le-bras-de-fer-sur-le-nucl%C3%A9aire-iranien-se-poursuit-avec-les-%C3%A9tats-unis

EN MANQUE DE STRATÉGIE, LA FRANCE PROLONGE LA VIE DE VIEUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES

La décision, annoncée le 25 février, de permettre la poursuite de fonctionnement de vieilles centrales nucléaires françaises coûtera beaucoup d’argent et n’est qu’une solution à court terme, prévient un journaliste allemand.

Elles étaient prévues pour durer 40 ans. Mais les vieilles centrales nucléaires françaises pourront être exploitées bien plus longtemps. C’est l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui a ouvert la voie, jeudi 25 février, à ce que les plus vieux réacteurs puissent continuer à fonctionner. 32 centrales, dont certaines ont été raccordées au réseau dans les années 80, sont concernées. Leur durée de vie, à condition qu’EDF réalise des travaux pour améliorer leur sûreté, pourrait atteindre les 50 ans.

Cette décision, quoique attendue, est critiquée par la presse outre-Rhin. Dans le pays en voie de dénucléarisation qu’est l’Allemagne, le quotidien frontalier Saarbrücker Zeitung voit en elle la preuve que la France manque de stratégie énergétique. “Et donc, la France investit maintenant beaucoup d’argent dans des centrales nucléaires souvent en mauvais état. La question est de savoir si Paris n’aurait pas plutôt intérêt à investir ces milliards dans le développement de sources d’énergie alternatives. Car si l’électricité fournie par les centrales nucléaires est bon marché, il ne s’agit pas d’une technologie d’avenir.”

Les pannes

Sur le plan énergétique, le président de la République n’est pas à une contradiction près, estime le journaliste : “Macron, qui, sur la scène internationale, aime à se présenter comme un pionnier en matière de protection de l’environnement, se comporte là en nationaliste pragmatique. Le pays est fier de son indépendance – en particulier dans le secteur de l’énergie. Or, il y a longtemps que cette vision des choses ne correspond plus à la réalité.”

Car comme ses voisins, l’Hexagone est de plus en plus souvent contraint d’importer de l’électricité pour éviter la saturation de son réseau. Et les pannes qui surviennent dans les vieux réacteurs n’arrangent rien, explique le quotidien. Prolonger leur durée de vie ne résoudra pas le problème à long terme.

Source : Saarbrücker Zeitung (Sarrebruck)

Publié le 26/02/2021 à 12h23

Photo en titre : La centrale nucléaire du Bugey, photo prise le 11 août 2003, près d’Ambérieu-en-Bugey. Photo / PASCAL GEORGE / AFP.

www.saarbruecker-zeitung.de/

FUKUSHIMA : UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE ET HUMAINE

Le 11 mars, cela fera 10 ans qu’une catastrophe nucléaire majeure débutait avec la fusion de trois réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, exploitée par TEPCO. Aujourd’hui, les victimes de la catastrophe continuent de se battre pour faire valoir leurs droits et porter leur cause à une échelle internationale. Greenpeace leur donne la parole à travers une série de témoignages.

Mizue Kanno, évacuée de la ville de Namie, à 20km de la centrale de Fukushima-Daiichi. Elle souffre d’un cancer de la thyroïde depuis 2016 : « Tant que nous nous accrocherons à l’énergie nucléaire, ce qui m’est arrivé pourrait vous arriver n’importe quand. Le 11 mars, j’ai été contrainte d’abandonner mon ancienne vie. Vous, par contre, vous êtes toujours le 10 mars, et vous avez le choix. Votre 11 mars peut être différent du mien ». 

© Christian Åslund / Greenpeace

Mari Suzuki, porte-parole d’une association d’aide aux victimes dans la ville de Sukagawa, à une soixantaine de kilomètres de la centrale de Fukushima-Daiichi. Elle aide les victimes à se reconstruire par le théâtre : « J’ai l’impression que beaucoup de gens ne veulent pas être perçus comme étant en désaccord avec les autorités à cause d’une pression invisible qui les empêche de manifester leur mécontentement […]. Si l’expérience [des victimes] au sein de la troupe de théâtre leur a permis de mieux appréhender les choses et de réfléchir de manière critique, peut-être pourront-ils s’exprimer plus sincèrement au sujet de Fukushima. Je l’espère, en tout cas ».

© Christian Åslund / Greenpeace

Rianne Teul, experte en radioactivité pour Greenpeace : « Je pense qu’il y a un profond manque de compréhension de l’impact de l’accident sur la vie des gens. La propagation des radiations nucléaires est invisible et les impacts ne se manifestent que sur de longues périodes. Il n’y a pas de scènes dramatiques, de débris qui volent dans les airs. [A cause de cela,] le lobby nucléaire a souvent dit que « personne n’était mort à cause de l’accident de Fukushima-Daiichi », mais c’est beaucoup trop réducteur ».

© Jeremy Sutton-Hibbert / Greenpeace

Minoru Ikeda, ex-employé d’une société de décontamination des sols : « Il y a encore une importante main-d’œuvre qui travaille à Fukushima-Daiichi et sur les autres sites de décontamination. Ils doivent toujours faire face à de mauvaises conditions de travail dans un environnement hostile ».

© Christian Åslund / Greenpeace

Haruo Ono, pêcheur de la préfecture de Fukushima, lutte contre le rejet des eaux contaminées dans l’océan Pacifique qui risquent de mettre un terme à l’activité de l’ensemble des pêcheries de la région : « Même si nous sommes de nouveau autorisés à vendre nos prises, je ne peux sortir en mer que dix fois par mois pendant les jours autorisés […]. Nous sommes encore loin de pouvoir pêcher comme nous le souhaitons ».

© Christian Åslund / Greenpeace

Akiko Morimatsu, évacuée « volontaire » de la ville d’Iitate à 60km de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Grâce à une aide de l’Etat pour aider les personnes à quitter des zones contaminées (en dehors des zones d’évacuation), Akiko a pris la décision de déménager à Osaka en 2011. En 2020, cette aide a été suspendue et certain·es évacué·es « volontaires » ont été contraint·es de revenir dans des zones qui restent contaminées : « Toute personne évacuée qui ne provient pas de la zone délimitée par le gouvernement est qualifiée de « volontaire ».  Je pense que cette catégorisation donne l’impression que l’évacuation était pour eux un luxe […]. L’ironie, c’est que ces catégories ont été inventées par les responsables de l’accident – le gouvernement japonais et TEPCO ».

© Jeremy Sutton-Hibbert / Greenpeace

Norio Kimura, évacué de la ville d’Okuma, où se trouve la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Il a perdu dans le tsunami son père et sa fille, Yuna, dont les restes n’ont été que partiellement retrouvés, probablement enfouis sous des déchets contaminés entreposés par les autorités sur le terrain de son ancienne maison : « Je sais que Yuna est toujours quelque part là-dessous. […] C’est presque comme si elle se cachait, pour s’assurer que ce qui s’est passé ici ne soit pas oublié ».

© Daniel Müller / Greenpeace

Kenta Sato, membre de plusieurs projets locaux visant à la revitalisation de la ville d’Iitate, à 60km de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il est investi dans la vie politique de sa commune et a été inquiet de voir l’ordre d’évacuation de la ville levé en 2017 : « Je me demande vraiment si le processus de décontamination [des terres arables] a eu un quelconque effet. Les substances radioactives sont absorbées par les racines des plantes et des arbres, puis sont progressivement libérées dans l’environnement. Les trois quarts de la ville d’Iitate sont couverts de forêts dont la plus grande partie n’a pas été décontaminée ».

© Jeremy Sutton-Hibbert / Greenpeace

Mai Suzuki travaille pour Greenpeace Japon. Elle revient chaque année à Fukushima pour effectuer des mesures de la radioactivité : « Le gouvernement prétend qu’un peu de travail de décontamination peut régler le problème, mais grâce aux données de mesure, nous sommes capables de montrer que le problème n’a pas du tout disparu ».

© Masaya Noda / Greenpeace

Naoto Kan, ex-Premier ministre du Japon (2010-2011), était en poste lors de l’accident nucléaire de Fukushima. Il a démissionné quelques mois plus tard et est devenu un fervent militant de la cause antinucléaire auprès des institutions internationales : « Nous ne savons pas quand et où aura lieu le prochain accident; ce qui est sûr, c’est qu’il se produira. C’est pourquoi les centrales nucléaires ne devraient pas être construites aussi près des populations . Si nous appliquons ce principe au Japon, […] il n’y a aucun emplacement approprié pour une centrale nucléaire. Si ce principe devait être adopté au niveau mondial, l’énergie nucléaire appartiendrait bientôt au passé ».

© Jeremy Sutton-Hibbert / Greenpeace

Aileen Mioko Smith, militante environnementale et présidente de l’ONG environnementale et anti-nucléaire Green Action :> « Une conversation que j’ai eue avec une vieille dame qui vivait près d’une centrale restera à jamais gravée dans ma mémoire. Elle me disait que « le plus grand mal que la centrale nous a fait a été de faire en sorte que la ville ne décide plus rien par elle-même ».  Il s’agit d’un problème systémique, et sans changements structurels […], les mêmes problèmes subsisteront même après la fermeture des centrales et leur démantèlement […]. Ce système qui crée une dépendance économique à l’égard de l’énergie nucléaire est d’une certaine manière plus problématique que l’énergie nucléaire elle-même ».

© Jeremy Sutton-Hibbert / Greenpeace

Ruiko Muto, militante anti-nucléaire, cheffe de file d’une class action contre l’ancienne direction de TEPCO, l’opérateur de la centrale de Fukushima-Daiichi : « Lorsqu’une ville qui a accueilli une centrale nucléaire est victime d’un accident, ce devrait être une occasion en or de mettre un terme à cette activité. […] Mais paradoxalement, nous replongeons dans notre dépendance à l’énergie nucléaire au nom du développement ».

© Daniel Müller / Greenpeace

Toru Anzai, agriculteur évacué de la ville d’Iitate à 60km de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il est photographe amateur et documente les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima pour que sa mémoire et celle des autres victimes ne tombent pas dans l’oubli : « On dit qu’une seule photo peut émouvoir le monde. J’espère pouvoir laisser une trace de ce dont j’ai été témoin à Fukushima, afin que dans 50 ou 100 ans, les gens sachent ce qui s’est passé ici ».

© Jeremy Sutton-Hibbert / Greenpeace

Kaori Suzuki, directrice du Laboratoire d’étude des radiations des Mères de Fukushima, association qui effectue des analyses radiologiques (que l’État ne pratique plus assez) et contrôle les niveaux de contamination des aliments. Le laboratoire prend aussi en charge médicalement et psychologiquement des victimes : « Nous avons besoin que le monde comprenne à quel point la vie quotidienne a changé à Fukushima. Il est impératif que la même chose ne soit jamais plus infligée à une autre population. En tant que personne vivant chaque jour dans cette nouvelle réalité post-Fukushima, je pense que nous avons le devoir de nous exprimer et de partager nos expériences ».

© Jeremy Sutton-Hibbert / Greenpeace

Masashi Goto, ancien ingénieur nucléaire et membre d’une commission citoyenne sur le nucléaire : « TEPCO prétend avoir un projet de démantèlement qui peut être réalisé dans les 30 à 40 prochaines années, mais c’est complètement irréaliste : 30 ans est le délai minimum absolu pour le démantèlement planifié d’une centrale qui n’a pas subi de dommages lors d’un accident. Étant donnés la gravité de ce qui s’est passé et l’état actuel des réacteurs de Fukushima Daiichi, nous envisageons un processus qui durera entre 100 et 200 ans ».

L’accident nucléaire de Fukushima a eu lieu au Japon à la suite d’un séisme et d’un tsunami. Mais, comme le rappelait en 2016 l’ancien directeur de l’Autorité de sûreté nucléaire, Pierre-Franck Chevet :
« un accident majeur, comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima, ne peut être exclu nulle part dans le monde, y compris en Europe ». 

Les centrales nucléaires les plus vétustes qui ont dépassé les 40 ans, comme celle du Tricastin, doivent fermer.

Je signe la pétition Stop Tricastin

Publié le 26 février 2021

Photo en titre : © Christian Åslund / Greenpeace

https://www.greenpeace.fr/fukushima-une-catastrophe-nucleaire-et-humaine/

LES POUSSIÈRES DE SABLE DU SAHARA ÉTAIENT PORTEUSES DE CÉSIUM-137, RÉSIDU D’ANCIENS ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS

Quand un nuage de sable jaune orangé nous rappelle le passé. Du sable ramassé dans le massif du Jura a été analysé par un laboratoire près de Rouen en Normandie. On y retrouve des traces des essais nucléaires français au Sahara au début des années 60.

Pierre Barbey est spécialiste de la radioprotection à l’Université de Caen, il est aussi conseiller scientifique bénévole du laboratoire ACRO, l’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest.

Le 6 février, lorsque le phénomène de nuages de sable du Sahara traverse la France, il est aux premières loges dans le massif du Jura dans le secteur de Chapelle des Bois (Doubs). “Ce jour-là, c’était très étrange, nous avons chaussé les raquettes tôt le matin, la neige était blanche, au fil de la balade tout a changé, ça a duré toute la journée. J’étais avec des amis qui étaient inquiets en voyant ces poussières ocres recouvrir le sol », raconte-t-il.

6 février 2021 – la neige et le ciel deviennent orange dans le massif du Jura, la tempête de sable du Sahara déverse de fines particules. • © Pierre Barbey – ACRO

Le scientifique pense très vite que ces poussières peuvent provenir du Sahara. Sur sa voiture, avec un kleenex, il prélève un échantillon. “Je me rappelle très bien qu’il y a 30 ans au moment de la création de l’ACRO (née après la catastrophe de Tchernobyl), nous avions déjà analysé du sable en provenance du Sahara. On y avait vu des traces de Césium-137. 30 ans après, je ne savais pas si on en aurait encore des traces, à une si lointaine distance du Sahara” ajoute le scientifique.  

La voiture sur laquelle un échantillon de sable a été prélevé pour y chercher des traces de Césium-137, un élément radioactif issu des essais nucléaires. • © Pierre Barbey – ACRO

Que racontent les poussières prélevées dans le massif du Jura ?

L’échantillon prélevé dans le Haut-Doubs a été analysé par le laboratoire de l’ACRO, les fines particules de sable ont parlé. Le résultat de l’analyse est sans appel, du césium-137 est clairement identifié. “Il s’agit d’un radioélément artificiel qui n’est donc pas présent naturellement dans le sable et qui est un produit issu de la fission nucléaire mise en jeu lors d’une explosion nucléaire” explique l’ACRO.

Des traces de césium-137 mais quantité sans danger pour notre santé

Selon l’ACRO, il est retombé 80 000 Bq au km2 de césium-137. Rien de dangereux pour notre santé, rassurez-vous. Le nuage a déversé ses anciennes traces de césium-137 partout où il est passé en France, note Pierre Barbey. Et pas uniquement sur les beaux paysages d’hiver du Jura. 

Le nuage de sable venu du Sahara a changé la lumière du ciel, 6 février 2021, Besançon (Doubs). • © Ludovic Laude – maxPPP

Le scientifique explique que le césium-137 a une période de vie de 30 ans. Tous les 30 ans, il perd la moitié de sa teneur radioactive. “Au bout de 7 cycles de 30 ans, on considère qu’il ne reste que 1% de substances radioactives”.

Dans cette étude réalisée par l’ACRO, “il n’était pas question de dire qu’il y a une mise en danger de la population, mais de rappeler ce qu’a fait la France et d’autres pays” en terme d’essais nucléaires. Au Sahara, dans le Sud algérien, « la population vit avec ces traces de césium-137 au quotidien, certains terrains sont toujours fortement contaminés, cela donne une idée de la contamination de l’époque rappelle Pierre Barbey. 

Dans les années 60, la France a multiplié les essais nucléaires au Sahara

Près de Reggane dans le Sud algérien la France réalise un premier essai nucléaire le 13 février 1960. La Gerboise bleue, nom de code de la bombe atomique explose à 7 heures du matin heures locales, sa puissance est de 70 kilotonnes, une explosion trois ou quatre fois plus puissante que celle de la bombe d’Hiroshima en août 1945.

Archives – 1960 – La gerboise bleue, vidéo 4mn40s

L’Algérie est alors encore un département français. 17 essais nucléaires aériens et souterrains vont se dérouler en Algérie entre 1960 et 1966. 

La France choisit ensuite la Polynésie pour continuer à faire ses essais nucléaires. Le 29 Janvier 1996, le Président Jacques Chirac annonce la fin définitive des essais nucléaires français lors d’une allocution télévisée.

60 ans après les tirs nucléaires en Algérie, ces traces d’essais nucléaires nous reviennent comme un boomerang

“L’épisode du 6 février constitue une pollution certes très faible, mais elle s’ajoutera aux dépôts précédents, essais nucléaires des années 60 et  retombées de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl” le 26 avril 1986, rappelle le laboratoire Acro. 

Derrière le nuage de sable du Sahara qui a traversé le ciel début février, et fait le bonheur des réseaux sociaux avec ses images aux tons incroyablement orangés, l’histoire est un peu moins belle. Un souvenir “radioactif” que beaucoup d’entre nous ne soupçonnaient pas.

Par Sophie Courageot, publié le 26/02/2021 à 14h18, mis à jour le 26/02/2021 à 15h57

Photo en titre : Quand la neige et le ciel du Haut-Doubs se parent des couleurs sahariennes. • © Pierre Barbey – ACRO

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/jura/les-poussieres-de-sable-du-sahara-etaient-porteuses-de-cesium-137-residu-d-anciens-essais-nucleaires-francais-1973641.html

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BLAYAIS, UNE DES ANCÊTRES DU PARC FRANÇAIS, PEUT REMPILER POUR 10 ANS

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné son feu vert à l’exploitation, pour au moins 10 ans de plus, des 32 plus vieux réacteurs en France. La centrale du Blayais, qui fête ses 40 ans cette année, en possède quatre mis en service entre 1981 et 1983. Cependant, l’opérateur EDF est enjoint à réaliser des travaux pour améliorer la sécurité des installations. Pour Greenpeace, une mise à niveau « ne permet pas d’atteindre les exigences fondamentales de sûreté ».

C’est reparti pour un tour pour le vieux parc nucléaire français. Dans un communiqué publié ce jeudi 25 février matin, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a statué sur les conditions de la poursuite de fonctionnement des réacteurs de 900 MW (mégawatts) d’EDF. Ces conclusions permettent de prolonger d’au moins 10 ans l’exploitation des 32 plus vieux réacteurs, qui ont démarré il y a 40 ans. Parmi eux figurent les quatre du Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) du Blayais mis en service entre 1981 et 1983.

Cette autorisation est prise après une procédure appelée « réexamen périodique ». Celui-ci est réalisé tous les dix ans pour évaluer les conditions de la poursuite de fonctionnement de l’installation pour les dix ans qui suivent. Le quatrième réexamen « revêt une importance particulière puisqu’il avait été retenu, lors de leur conception, une hypothèse de 40 années de fonctionnement » précise la déclaration de l’ASN

« La poursuite au-delà de cette période nécessite une actualisation des études de conception ou des remplacements de matériels. […] L’ASN prescrit la réalisation des améliorations majeures de la sûreté prévues par EDF », poursuit l’Autorité.

EDF devra ainsi réaliser une série de tests et de travaux pour améliorer la sûreté de ses réacteurs. Elle doit également, sur la demande de l’ASN, rendre ces éléments publics.

Carénage pour les 40 ans du CNPE de Blaye

La centrale nucléaire du Blayais fait l’objet, comme les autres, de prescriptions personnalisées, relatives notamment à son exposition aux aléas sismiques :

« Pour les réacteurs des centrales nucléaires du Blayais, du Bugey, de Chinon, de Cruas et du Tricastin, l’exploitant étudie les possibilités de renforcement permettant de faire face à des niveaux d’aléa sismique plus élevés […] pour tenir compte des incertitudes sur la détermination de l’aléa extrême et les éventuels effets de site particuliers. »

En janvier 2021, lors de ses vœux, le directeur de la centrale nucléaire du Blayais, Sèverin Buresi, en présence de Martin Leÿs, délégué régional d’EDF Sud-Ouest, a annoncé un « grand carénage » pour cette « année symbolique ».

« Nous allons amener nos quatre réacteurs quasiment au même niveau de sûreté qu’un réacteur qui serait construit aujourd’hui. L’objectif est d’obtenir l’autorisation de l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) pour fonctionner a minima dix années supplémentaires en toute sûreté » avait-il déclaré, le nez creux, annonçant un chantier qui peut se poursuivre jusqu’en 2029.

Greenpeace dénonce un mépris

L’ONG Greenpeace a réagi à cette décision de l’ASN. Pour Roger Spautz, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France, « ce sont bien les capacités industrielles d’EDF qui dictent le calendrier de la mise en œuvre des prescriptions et non la nécessité d’améliorer la sûreté. Comme pour les mesures de renforcement du parc nucléaire français post-Fukushima, l’ASN fait constamment le choix du report au mépris de la protection des populations et de l’environnement ».

Greenpeace rappelle que la mise à niveau exigée « ne permet pas d’atteindre les exigences fondamentales de sûreté découlant des règles actuellement en vigueur, tant en France que sur le plan international ». L’ONG, comme bien d’autres associations anti-nucléaires, réclamait la fermeture des anciennes installations à l’instar de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), mise hors service l’an dernier.

Publié le 25 février 2021

Photo en titre : Le CNPE de Blaye (©EDF)

https://rue89bordeaux.com/2021/02/la-centrale-nucleaire-du-blayais-une-des-ancetres-du-parc-francais-peut-rempiler-pour-10-ans/

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APPEL DU 26 AVRIL 2021 AUX FEMMES DU MONDE ENTIER

Cet APPEL fait suite à l’APPEL du 26/4/2016 qui avait suscité 400 initiatives à travers le monde

LE 26 AVRIL 1986 COMMENÇAIT LA CATASTROPHE DE TCHERNOBYL.

Analysé, commenté, filmé depuis 35 ans, cet évènement majeur de notre histoire contemporaine reste une « énigme à résoudre pour le XXIème siècle » nous avait annoncé Svetlana Alexievitch (prix Nobel de littérature en 2015).

C’est justement son texte La supplication paru en 1997 dans la revue russe Amitié entre les peuples et traduit depuis dans de très nombreuses langues qui a permis aux lecteurs du monde entier de prendre conscience des effets délétères de cette catastrophe technologique et humaine sans retour.

Récit tragique régulièrement adapté au théâtre, à la radio et au cinéma, il inspire de nombreux colloques, articles, romans, interviews … et controverses.

D’une histoire d’amour banale, Le prologue de La supplication nous transporte au cœur d’un désastre technologique sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

Le simple témoignage d’une toute jeune femme parlant de son mari sapeur-pompier va prendre les accents d’une épopée. De garde cette nuit-là, son mari intervient avec quatorze collègues pour éteindre en vain ce qu’on leur avait annoncé comme « un incendie ordinaire » sur le réacteur N°4 de la Centrale Lénine.

Irradié dès les premières minutes, son agonie durera quatorze jours au cœur de l’irrationnel, de l’épouvante … et de l’amour fou. Quatorze journées hallucinées, ravageuses pour lui et pour sa femme, pour leurs familles, leurs amis, mais aussi pour La Médecine, La Science, Le Pouvoir politique et Le Pouvoir militaire.

En Union Soviétique comme dans le reste du monde.

Cet « Hymne à l’amour » vaut d’être chanté partout sur la Terre par un gigantesque chœur de femmes.

Vous aimez lire ou dire à haute voix ? Vous êtes comédienne ou pas ? Alors, où que vous soyez dans le monde les 25 et 26 avril 2021 et à l’heure que vous déciderez (à partir de 18h le 25 et jusqu’à minuit le 26 ) lisez ou jouez le Prologue de La supplication de Svetlana Alexievitch.

Liste des éditions et traductions du monde entier sur: https://april26appeal.noblogs.org

Cet acte artistique éphémère est adressé à un public convié gratuitement dans une librairie, une bibliothèque, une ruine, un appartement, un théâtre, un jardin public, une salle de classe, une usine désaffectée, au cœur d’une forêt, en haut d’une montagne, dans une cour, un bar, un parking, un cinéma, une prison, un hôpital…

  • Du 25 à 18h au 26 avril 2021 à minuit
  • lecture ou représentation du Prologue uniquement
  • simplicité d’interprétation
  • gratuité de l’évènement
  • aucune captation si ce n’est une photo

Nathalie Vannereau joue devant la Centrale de Tchernobyl le 26 avril 2006

Dès maintenant, vous pouvez signaler votre participation sur le groupe Facebook https://www.facebook.com/groups/977646358962204/

Inscrivez votre nom, le lieu (adresse et pays) et l’heure de l’évènement.

Si vous le souhaitez, vous pouvez ajouter une photo-portrait de vous ou/et du lieu, une adresse mail, un site internet, un N° de téléphone.

Vous êtes responsable de l’évènement. Sa mise en œuvre doit être simple et non onéreuse. Vous en assurez la publicité en précisant simplement que vous répondez à « l’appel du 26 avril 2021 ».

Le groupe Facebook et le Blog de L’APPEL DU 26 AVRIL 2021 répertorient la totalité des propositions au fur et à mesure qu’elles sont reçues. Ils sont des espaces d’information et de communication pour les journalistes du monde entier et pour quiconque veut se renseigner.

Correspondance possible avec l’équipe de l’APPEL DU 26 AVRIL 2021:

– en français avec Bruno Boussagol cokoller@bluewin.ch

– en anglais avec André Larivière andre.lariviere@laposte.net

– en japonais avec Yumi Célia yumi.celia@gmail.com

– en russe et ukrainien avec Nika Le Dantec artnouv@gmail.com

Photo en titre : Nathalie Vannereau joue à Vallorcine en août 2019

Source : L’équipe de l’APPEL DU 26 AVRIL 2021

EN DÉMANTELANT EDF, LE GOUVERNEMENT ABANDONNE TOUTE IDÉE DE STRATÉGIE INDUSTRIELLE EN MATIÈRE D’ÉNERGIE RENOUVELABLE

Voilà près de deux ans que le gouvernement français et la Commission européenne négocient la réorganisation d’EDF. Pour le moment, l’État détient 84 % du capital de cet établissement public, transformé en SA en 2004, et introduit en bourse en 2005. Ce qui est prévu par le projet de réorganisation du gouvernement – baptisé Hercule – c’est de séparer EDF en trois entités, et d’en introduire une en bourse. Un pôle serait chargé de la production nucléaire et thermique (EDF bleu), un pôle aurait la charge des concessions hydroélectriques (EDF Azur) et un troisième pôle (EDF vert) regrouperait tout le reste, notamment le solaire, l’éolien et la gestion des réseaux : les infrastructures qui acheminent l’électricité jusque dans les bâtiments où elle est consommée. C’est ce troisième pôle (EDF vert) qui serait introduit en bourse tandis que les deux autres resteraient publics, du moins dans un premier temps.

« Pour l’instant, tout le monde bénéficie de l’électricité, on ne paie pas en fonction de l’endroit où l’on habite »

« Hercule, c’est la fin d’EDF, résume Marie-Claire Cailletaud, responsable des activités industrielles à la CGT. Privatiser le nucléaire, c’est un peu gros, et ce n’est pas sûr que cela intéresse grand monde tant les coûts à venir sont élevés. Mais tout le reste sera privatisé, y compris les réseaux. » Pour cette ingénieure, la privatisation des réseaux est vraiment problématique. « Pour l’instant, tout le monde bénéficie de l’électricité et on ne paie pas en fonction de l’endroit où l’on habite. Mais cela pourrait ne pas durer. On voit qu’avec les réseaux de téléphonie, il y a des zones blanches. Il ne faudrait pas que l’on ait la même chose avec l’électricité. »

« Le futur démantèlement d’EDF serait une spoliation d’un bien public sans amélioration du service rendu »

En Angleterre, où le réseau électrique a été privatisé dans les années 1990, l’entreprise privée qui contrôle désormais l’approvisionnement enregistre des marges bénéficiaires de 19 % en moyenne sans réaliser les investissements nécessaires au bon fonctionnement des équipements. La situation est si désastreuse qu’en 2019 les Travaillistes promettaient de renationaliser le réseau s’ils revenaient au pouvoir [1]. Ce défaut d’investissement dans les réseaux de transmission est particulièrement imprudent si l’on souhaite augmenter la part des énergies renouvelables. « C’est une production moins stable qui exige le renforcement des réseaux, détaille Anne Debrégéas, ingénieure et porte-parole de la fédération syndicale Sud-Énergie. Si l’on décide par exemple de développer l’éolien offshore, il va falloir tirer de nouvelles lignes. »

Énergies renouvelables : « On risque de revoir nos ambitions à la baisse »

« Les investissements à faire sont colossaux, prévient Marie-Claire Cailletaud. Aucun acteur privé ne voudra les engager. Les actionnaires vont demander des retours sur investissement à deux chiffres, ce qui n’est pas compatible avec l’industrie où ces retours sont à très long terme ; 25 ou 30 ans. » Sans compter que privatiser, cela coûte cher ! En faisant simplement varier le taux de financement de 2 % (taux d’emprunt accordé à l’État) à 9 % (taux généralement demandé par un investisseur privé), le coût total de production de l’électricité double pour le solaire ou l’éolien, précise Anne Debrégéas. « S’il faut payer deux fois plus, ça va être difficile de tout faire. On risque de revoir nos ambitions à la baisse. »

« La révolution de l’énergie verte doit miser sur une approche qui voit les énergies renouvelables comme des biens publics », rapporte une étude de la Fédération syndicale européenne des services publics qui dresse le bilan de 20 ans de libéralisation des secteurs de l’énergie. Au Danemark, « ce sont la propriété et les contrôles publics du réseau qui ont rendu possible la transition vers les énergies renouvelables ». En Allemagne, « la transition énergétique montre que la remunicipalisation de l’énergie va bien plus loin qu’un changement de propriétaire. Les organisations de la société civile réclamant plus d’énergies renouvelables, et un approvisionnement en énergie durable, ont été les principaux moteurs de ce mouvement ». Autre point important : en cas de privatisation, toute stratégie industrielle d’implantation des énergies renouvelables sera rendue difficile. Les acteurs publics ne pourront plus, par exemple, décider d’installer des sites de production dans des zones particulièrement affectées par la désindustrialisation.

La France dépourvue de planification industrielle

Anne Debrégéas évoque le mauvais exemple du développement du solaire dans les années 2000, qui reposait sur les investisseurs privés via des appels d’offre, puis sur un soutien via des tarifs d’achat garantis de l’énergie produite. « La collectivité a surpayé le développement du secteur photovoltaïque avec des tarifs de rachat très élevés. S’apercevant que c’était vraiment trop haut, ils ont marqué un coup d’arrêt qui a littéralement démoli la filière. En moins de deux ans, 20 000 des 30 000 emplois du secteur ont été détruits. La filière ne s’en est jamais remise. » L’absence de filière publique, de formation assermentée et de garantie unifiée a de plus entraîné de nombreuses malfaçons, et un découragement pour certains particuliers et collectivités.

« On n’a aucune planification industrielle en France, regrette Marie-Claire Cailletaud, et un vrai problème de désindustrialisation. Le développement, même faible, des énergies renouvelables n’a pour le moment pas profité à notre pays. On se contente souvent de faire de l’assemblage de pièces importées. La valeur ajoutée ne reste pas ici. C’est dommage. » Moins chère à court terme, l’importation de matériel asiatique ne favorise pas la création d’emplois qualifiés, et elle charge le bilan carbone de la filière des énergies renouvelables.

La recherche et l’innovation au point mort

Pour se développer, le secteur des énergies renouvelables aurait intérêt à s’appuyer sur un secteur de recherche et développement (R&D) solide. Or, depuis qu’EDF a été partiellement privatisée, en 2004, le secteur a fondu comme neige au soleil : les effectifs sont passés de 2700 personnes à 1800 en 20 ans. Et la saignée devrait se poursuivre, malgré les défis immenses auxquels il faut faire face, notamment du côté des économies d’énergie : inventions de processus de production économes, réflexions sur le colossal chantier de la rénovation énergétique – le secteur du bâtiment étant responsable en France du quart des émissions de gaz à effet de serre. « On va faire face à une rupture technologique majeure, avec une obligation de revoir tout notre parc de production, et on retire de la R&D, cela n’a pas de sens », proteste Anne Debrégéas.

« La R&D a intérêt à se faire au sein d’une entreprise intégrée, insiste Marie-Claire Cailletaud. Il y a un vrai intérêt à travailler de manière coopérative. À profiter de ce que savent les autres. S’il y a de la concurrence, on a des œillères, on est forcément moins bons. » On peut citer à titre d’exemple le secteur éolien, éclaté en une multitude d’acteurs, ce qui fait qu’aucune structure ne peut prendre en charge la R&D sur des problèmes généraux. « Sur la maintenance, cite Anne Debrégéas, il existe des tentatives d’organisation autour d’une structure fédérant environ 600 entreprises concurrentes qui ne veulent pas nécessairement faire part de ce qu’elles savent. C’est infernal pour avancer. On voit là combien le secret commercial nuit à la recherche. »

« L’électricité est un produit de première nécessité, pour les particuliers – 13 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique en France – mais aussi pour les industriels, rappelle Marie-Claire Cailletaud. On ne peut pas laisser cela dans la main du marché. Et EDF appartient aux usagers. Ce sont eux qui ont financé les installations grâce à leurs factures. Nous espérons vraiment que le gouvernement va revenir sur son projet de privatiser le secteur électrique ; et que l’on va pouvoir remettre en avant l’intérêt général et la discussion démocratique. »

Par Nolwenn Weiler, publié le 25 février 2021

Photo de Une : CC Simon via Flickr.

https://www.bastamag.net/EDF-demantelement-projet-Hercule-privatisation-desindustrialisation-energies-renouvelables

VOIE DE CONTOURNEMENT OUEST DE CHERBOURG ET EPR: L’INDIGNE MARCHANDAGE

Communiqué de Presse CRILAN du 25 février 2021

Les élus du Département et de la CAC s’engagent sur le financement de la voie de contournement ouest de Cherbourg.
Assortir cette réalisation à l’emploi de l’argent escompté sur le démarrage de l’EPR est un marchandage indigne sur le dos de la sécurité de la population.

Reconnu comme un désastre industriel, l’EPR ne saurait servir de monnaie d’échange pour acheter les consciences. Nous espérons plutôt qu’il ne démarrera jamais.

En finances publiques le principe vaut qu’il ne peut y avoir d’affectation d’une recette à une dépense particulière ; les hypothétiques recettes de l’EPR ne peuvent donc pas être pré-affectées. 

Dans le cadre des deux  PPI (Plans particuliers d’intervention) de La Hague et de Flamanville et afin d’anticiper l’évacuation de la population en cas d’accident nucléaire, il est particulièrement urgent de traiter les points noirs sur les routes de Flamanville et de Jobourg vers Délasse notamment sur le tronçon Virandeville-Delasse.

Il y a 4 ans une délégation des CLI de la Manche était reçue à Fukushima au moment du 6ème anniversaire de la catastrophe. Un maire a insisté près de nos élus pour faire des routes « les plus larges possible » afin de pouvoir évacuer en cas d’accident nucléaire.

À la veille du 10ème anniversaire de cette catastrophe toujours en cours, puisse ce conseil être entendu par nos élus et par l’État qui nous impose une quasi mono industrie nucléaire au mépris de notre sécurité.

Par André JACQUES, publié le 25 février 2021

Photo en titre : Photo Crilan

http://crilan.fr/voie-de-contournement-ouest-de-cherbourg-et-epr-lindigne-marchandage/

L’ÉTAT CONDAMNÉ À VERSER PLUS DE 5,5 MILLIONS À UNE VICTIME DES ESSAIS NUCLÉAIRES (SOIT 46 945 €)

Le tribunal administratif a condamné l’État, dans une décision rendue mardi, à verser 5 598 800 Fcfp à une victime des essais nucléaires décédée en août 2017 d’un cancer des poumons. Une somme qui englobe de multiples préjudices.

L’épouse, puis les enfants du défunt, avaient attaqué le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) qui refusait la demande d’indemnisation.

Dans un premier jugement datant de juin 2019, le tribunal administratif avait considéré que ledit CIVEN « n’établissait pas » que la victime « aurait été exposée à une dose annuelle de rayonnements ionisants (…) inférieure au seuil de 1 mSv par an ». Et dans la foulée, la juridiction avait demandé qui expertise médicale soit diligentée pour statuer sur le préjudice. Ce qui vient d’être fait.

« Souffrances endurées », « préjudice esthétique », « déficit fonctionnel permanent », de multiples critères ont été pris en compte. Au total, ce sont donc près de 5,6 millions que l’État devra verser aux ayants-droits du défunt ainsi que 150 000 Fcfp au titre des frais de justice.

Par Jean-Baptiste Calvas, publié le 24/02/2021 à 14h38, mis à jour le 24/02/2021 à 14h52

https://www.tntv.pf/tntvnews/polynesie/justice/nucleaire-letat-condamne-a-verser-plus-de-55-millions-a-une-victime-des-essais/

NDLR: pas cher et bien tard pour une vie de souffrance!

PROLONGATION DU FONCTIONNEMENT DES RÉACTEURS DE 900 MW AU-DELÀ DE 40 ANS : L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE REVOIT SES EXIGENCES À LA BAISSE POUR SATISFAIRE CELLES D’EDF ET DU GOUVERNEMENT

Ce 25 février 2021, l’Autorité de sûreté nucléaire a publié sa décision sur les conditions de la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 MW au-delà de 40 ans. Sans surprise, celle-ci entérine un recul de la sûreté et ouvre la porte à toutes les dérives de fait accompli d’EDF.

Un nombre croissant de réacteurs du parc nucléaire français se rapproche ou a déjà dépassé les 40 ans de fonctionnement, échéance critique à partir de laquelle les risques de rupture de la cuve s’accroissent dangereusement. Une prolongation du fonctionnement des réacteurs au-delà de cette échéance augmenterait dangereusement les risques pour les populations. Rappelons qu’EDF – dans une situation financière difficile – ne parvient déjà pas à assurer une maintenance correcte de ses installations, comme en témoigne la découverte régulière d’incidents de « non-tenue au séisme » [1].

Or depuis 2016, EDF considère comme acquis que les réacteurs du parc nucléaire français fonctionneront jusqu’à 50 ans, voire même jusqu’à 60 ans. Le gouvernement a entériné ce souhait dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, qui prévoit que quasiment tous les réacteurs – y compris ceux destinés à être arrêtés d’ici à 2035 – iraient jusqu’aux 50 ans de fonctionnement. Plutôt que de se montrer intransigeante sur la sûreté, l’ASN a pris acte de cette décision, adoptée sans aucune consultation des populations. Pire : dans sa décision, elle a revu ses exigences à la baisse pour s’adapter aux difficultés industrielles que pourrait rencontrer EDF.

Ainsi, entre le projet de décision mis en consultation et la décision publiée ce jour, l’ASN a repoussé de plusieurs années la date butoir pour la réalisation de certaines prescriptions. Par exemple, la mise en œuvre de dispositions jugées nécessaires pour la sécurité des piscines d’entreposage du combustible a été repoussée de 5 ans [2]. L’ASN justifie les délais par la prise en compte de « la capacité du tissu industriel à les réaliser avec le niveau de qualité attendu, ainsi que de la nécessaire formation associée des opérateurs ». Mais si EDF n’est actuellement pas en capacité de réaliser ces travaux correctement, qui dit qu’elle le sera plus tard, au vu de sa situation financière très dégradée ?

La lettre adressée par l’ASN à EDF est également éloquente. Alors qu’il était initialement question d’appliquer aux centrales nucléaires de plus de 40 ans les mêmes exigences qu’à la dernière génération de réacteurs, il n’est plus question que de les « rapprocher » de ce niveau de sûreté. L’ASN parle de « réduire le risque d’accident avec fusion du cœur » et d’en « limiter les conséquences », actant qu’une telle éventualité est possible.

Surtout, l’ASN entérine pour de bon le fait que les travaux requis pour le passage de cette échéance seraient réalisés en deux phases. La deuxième, qui comprend un certain nombre de mesures post-Fukushima, pourra être réalisée jusqu’à 5 ans après la visite décennale elle-même (voire 6 pour certains réacteurs) ! Sachant que les réacteurs abordent leur 4ème visite décennale à 42 ans en moyenne, ils verraient donc la fin des travaux à près de 47 ans de fonctionnement…

Avec un processus autorisant des travaux aussi tardifs, tout laisse à croire que certains pourraient ne jamais être réalisés. Le retard déjà pris dans la réalisation des mesures post-Fukushima l’illustre bien [3]. EDF engagerait-elle des transformations longues et coûteuses pour des réacteurs promis à la fermeture quelques années après ? Entre difficultés industrielles, volonté de réduire les coûts et pratique du fait accompli, ne risque-t-elle pas plutôt d’effectuer des travaux au rabais, voire de les repousser pour finalement demander à en être dispensée, comme elle l’a déjà fait par le passé [4] ? Ou encore, si ces travaux sont effectivement réalisés, ne risque-t-elle pas de tirer prétexte de leur amortissement pour imposer la prolongation de réacteurs à bout de souffle ?

Il est inacceptable que l’ASN s’ajuste ainsi aux conditions d’EDF et permette une prolongation de la durée de fonctionnement des réacteurs assortie d’une dégradation de la sûreté. Son devoir devrait être de protéger les populations, pas de ménager l’industrie nucléaire.

Nous appelons chacune et chacun à s’opposer à la poursuite du fonctionnement de ces vieux réacteurs, qui génèrerait par ailleurs la production de déchets ingérables supplémentaires. Pour préserver les générations futures, l’urgence doit être de changer de système énergétique de façon pérenne, pas de gaspiller des dizaines de milliards d’euros dans le rafistolage illusoire de vieux réacteurs pour tenter de les faire tenir une ou deux décennies de plus.

Contact presse : Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Notes :

[1] Voir un aperçu ici

[2] Par exemple, pour la centrale de Chinon, la date butoir pour ces travaux a été repoussée de 2024-2031 à 2029-2036.

[3] Voir la note de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire sur l’état d’avancement des normes post-Fukushima, qui confirme que leur mise en application sur l’ensemble du parc ne sera pas effective avant 2034 !

[4] En 2012, l’ASN avait imposé à EDF la mise en place de diesels d’ultime secours sur tout le parc. EDF a finalement obtenu que Fessenheim en soit dispensée, alors même que ce dispositif reste nécessaire plusieurs années après sa fermeture. Nous avions déposé plainte à ce sujet.

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Communiqué publié le 25 février 2021

Retrouvez le sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Prolongation-du-fonctionnement-des-reacteurs-de

EN FRANCE, ENTRE L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE OU LES ÉNERGIES RENOUVELABLES, UN JOUR IL FAUDRA CHOISIR

Doit-on renouveler nos vieilles centrales nucléaires ? Ou tenter le 100 % énergies renouvelables, désormais possible ? Alors que le besoin de la France en électricité va croître, il faut trancher.

La France court contre le réchauffement climatique : en 2050, elle doit diminuer drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre, sauf 80 millions de tonnes de CO2 « incompressibles », qui devront être absorbés par davantage de forêts et de prairies.

Elle est déjà en retard, avec 65 millions de tonnes de CO2 en trop en 2015-2018. Mais ses émissions ont tout de même chuté de 546 millions de tonnes de CO2 en 1990 à 445 millions en 2018. Avec 6,4 tonnes annuelles de CO2 par tête, les Français semblent de bons élèves. Du moins si on omet de compter le bilan carbone de ce qui est importé. Auquel cas, leur « empreinte » double…

Le droit chemin est décrit dans la « Stratégie nationale bas carbone » d’avril 2020. Objectif : en 2050, on doit se débarrasser des fossiles, et aussi être économe. Il faut se contenter de 1 060 térawattheures par an, toutes énergies confondues. C’est 40 % de moins qu’en 2018.

Mais dans cette diète, l’électricité, elle, progresse. Elle est si pratique : on la produit aussi bien avec des barrages que des centrales nucléaires, des panneaux solaires ou des éoliennes. Elle chauffe des logements et des hauts-fourneaux, propulse des voitures et des trains, produit de l’hydrogène, lui-même transformable en carburant de synthèse ou, de nouveau, en électricité.

La France veut donc faire progresser d’un tiers sa production d’électricité, de 470 térawattheures aujourd’hui à 630 térawattheures en 2050. Elle représentera alors plus de la moitié de notre énergie globale, contre un quart actuellement.

Évolution de la consommation d’électricité prévue par l’État, selon la stratégie nationale bas carbone. | INFOGRAPHIE OUEST-FRANCE

(NDLR: Ces prévisions sont faites pour justifier un nouveau développement de réacteurs nucléaires type EPR ou autres. D’autres prévisions ont été réalisées et montrent qu’un autre avenir énergétique est possible sans nucléaire. Pour mémoire, je rappelle qu’en 1974 les prévisions d’EDF concernant la consommation d’électricité   pour l’an 2000 étaient de 1 000 milliards de kWh, alors qu’à l’époque on en était à 170 et qu’en réalité, en 2000, nous avons consommé 470 TWh c’est à dire même pas la moitié des prévisions!) (source: https://www.lajauneetlarouge.com/un-point-de-vue-critique/ )

Un gigantesque défi

À la mutation qu’imposent les véhicules électriques et la production d’hydrogène « vert » s’ajoute un gigantesque défi : la relève du parc de centrales nucléaires qui fournit 70 % de l’électricité de l’Hexagone.

La filière tricolore est parée du statut qu’apporte aussi son versant militaire : les missiles nucléaires emportés par des sous-marins qui le sont aussi constituent l’arme absolue. Ainsi, l’atome façonne à la fois l’industrie, les armées et la politique étrangère de la France, qui, au Sahel, tient les djihadistes à distance de ses mines d’uranium du Niger.

Naguère prestigieuse, la filière traverse une passe difficile. EDF, premier exploitant nucléaire mondial, avance vers une falaise : ses cinquante-huit réacteurs ont été construits en vingt-cinq ans et vingt-sept d’entre eux, conçus pour fonctionner trente ans, doivent passer l’examen des quarante ans dans les cinq prochaines années (lire ci-contre). Puis, la quasi-totalité du parc, qui a trente-cinq ans d’âge moyen, sera mise à l’arrêt avant 2050. La loi de programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit déjà qu’en 2035, la moitié seulement de l’électricité française sera nucléaire.

Un sujet pour la présidentielle

Et si l’on se passait totalement de nucléaire ? C’est possible, au prix d’un fort développement des panneaux solaires, des éoliennes terrestres et marines, d’une adaptation du réseau et de l’installation d’équipements stabilisant la production, a indiqué, en janvier, un rapport commandé par le gouvernement à l’Agence internationale de l’énergie et à RTE (le gestionnaire du réseau électrique français, filiale à 51 % d’EDF). Il confirme des études antérieures du Cired, de l’Ademe et de Négawatt.

À l’heure du réchauffement climatique, la conquête spatiale a-t-elle encore un sens ?

Alors, quel futur pour l’électricité française ? Huit scénarios, allant de 50 % à 100 % de « renouvelables » et de 0 % à 50 % de nucléaire, sont soumis à consultation du public par RTE. Dans tous les cas, la France doit anticiper, tout en s’attaquant au démantèlement du parc qui a fait sa fierté mais pourrait devenir son cauchemar. RTE et l’Agence internationale de l’énergie doivent publier un nouveau rapport, plus complet, à l’automne. Pile pour la campagne présidentielle.

En France, entre l’énergie nucléaire ou les énergies renouvelables, un jour il faudra choisir (NDLR : et plus on attend, et plus le 100 % renouvelable deviendra inatteignable, ce qui a été le but de tous nos gouvernants passés et actuels. Et si on en changeait ? Chiche !)

Par André THOMAS (Ouest-France), publié le 25/02/2021 à 07h01

Photo en titre : La centrale du Blayais, en Gironde, a été victime d’une submersion qui aurait pu avoir des conséquences comparables à celles de la catastrophe de Fukushima. Depuis, des travaux d’adaptations sont en cours dans l’ensemble du parc français. | EDF

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/en-france-entre-l-energie-nucleaire-ou-les-energies-renouvelables-un-jour-il-faudra-choisir-7166988

NON, LE NUCLÉAIRE N’EST PAS ÉCOLO-COMPATIBLE

L’idée de ce dossier sur le nucléaire est née lors d’un rassemblement, « Les 30 ans de l’écologie », organisé à Paris par Reporterre avant les confinements.

Cet évènement, vivifiant et très festif, était notamment tourné vers l’agroécologie paysanne et ses préoccupations, à la fois environnementales et sociales. Ce qui m’a marquée, c’est la moyenne d’âge du public présent à ces rencontres : la trentaine environ. L’enthousiasme, la soif d’une société à refonder sur des valeurs de solidarité et de partage, faisaient vraiment chaud à entendre de la part de cette génération montante.

Tandis qu’autour d’une bière artisanale bio nous discutions avec quelques amis de la question énergétique, un jeune s’est installé parmi nous et s’est mis à parler des avantages du nucléaire, cette « énergie décarbonée »… En substance, pour lui, il y avait une priorité : le climat avant tout ! Avec une belle conviction et pas mal d’aplomb, il nous expliqua que si nous poursuivions le nucléaire, en le sécurisant bien sûr, nous pourrions conserver notre mode de vie, mais sans entraîner la planète dans le réchauffement climatique. Ce qui m’a le plus troublée en l’écoutant, c’est la réelle bonne foi qu’il mit dans son argumentation. Il n’ignorait pas être à ce moment même au cœur de la mouvance écologiste émergente, dont j’ai perçu qu’il se sentait partie prenante. Mais il semblait assuré que les prouesses technologiques, la fusion froide, les nouveaux réacteurs nucléaires, la gestion des flux énergétiques par ordinateurs, les outils connectés, etc. sauraient, couplés à l’économie circulaire, répondre aux défis à venir.

La force de ses certitudes m’a sérieusement bousculée, d’autant que son discours n’a pas semblé susciter l’opposition à laquelle j’aurais pu m’attendre dans un tel lieu. Jusque-là, je n’avais jamais imaginé qu’un être sensé puisse concilier le nucléaire et l’écologie. Et encore moins que la propagande nucléocrate des Jancovici et autres Jouzel pouvait avoir à ce point imprégné cette nouvelle génération d’écologistes. Mais quand j’ai croisé cette tolérance, cette « tiédeur » vis-à-vis du nucléaire au sein même de Nature & Progrès, toujours au nom de la priorité climatique, j’ai réalisé qu’il était peut-être temps de « remettre les pendules à l’heure »… De redire l’origine militaire de cette technologie, ses dangers, sa voracité, ses coûts cachés, l’opacité de son pouvoir, son ignoble emprise sur l’avenir. Pour éviter le réchauffement, doit-on vraiment lui préférer les affres de la contamination radioactive ?

Par Nelly Pégeault, publié dans la revue Nature et Progrès du 19 février 2021

https://www.natureetprogres.org/decouvrez-le-nouveau-numero-de-la-revue-non-le-nucleaire-nest-pas-ecolo-compatible/

Cette revue de février comporte de nombreux articles que nous vous conseillons de lire en achetant la revue. Quelques exemples d’articles :

. Le nucléaire, une énergie verte ? par Roland Desbordes de la CRIIRAD

. Le nucléaire, un gouffre financier sans fond, par Martial Château, administrateur du Réseau Sortir du Nucléaire,

. Augmentation préoccupante des incidents graves sur le parc nucléaire EDF, par Maya Pénelli

. Le climat est-il favorable au nucléaire ? par Stéphane Lhomme responsable de l’Observatoire du Nucléaire

etc…etc…

ENGIE TIRE UN TRAIT SUR LE NUCLÉAIRE BELGE

L’énergéticien français va passer une provision de 1,9 milliard d’euros dans ses comptes pour acter la fermeture de ses réacteurs belges en 2025. Leur prolongation au-delà de cette date est interdite par la loi, même si le gouvernement de Bruxelles tente encore de laisser la porte ouverte.

La fin du nucléaire est bien en vue pour Engie. L’énergéticien français va passer une provision de 1,9 milliard d’euros dans ses comptes pour acter la fermeture de tous ses réacteurs en Belgique d’ici à 2025, conformément à ce que prévoit la loi du royaume. L’information révélée par BFM Business a été confirmée de source sûre aux « Échos ». Cette dépréciation d’actifs sera annoncée vendredi lors de la publication des comptes de l’exercice 2020.

En conséquence, le résultat net d’Engie sera négatif pour la première fois depuis 2016, devrait annoncer Catherine MacGregor, arrivée aux commandes du groupe le 1er janvier. « Ces résultats pourraient être une bonne occasion pour la nouvelle directrice générale de se débarrasser des mauvaises nouvelles », estiment les analystes d’UBS.

Cette dépréciation est plus une confirmation qu’une surprise. Le groupe avait annoncé, dès novembre dernier, qu’il cessait tout investissement en vue de l’éventuelle prolongation de la durée de vie de ses centrales belges de Tihange, près de Liège, et Doel, près d’Anvers. Autrement dit, qu’il préparait leur fermeture. Il tirait ainsi les conséquences de la législation belge, qui prévoit que le pays sortira totalement du nucléaire en 2025.

Sortie de l’atome

Le gouvernement d’Alexander De Croo avait confirmé la sortie de l’atome lors de son arrivée au pouvoir en septembre dernier. Il avait seulement laissé une petite porte ouverte, expliquant qu’une prolongation était encore possible si des incertitudes subsistaient sur l’approvisionnement du pays. Les quelque 6 gigawatts de capacités en service aujourd’hui couvrent la moitié de la consommation d’électricité de la Belgique et leur remplacement par de nouvelles centrales à gaz est encore hypothétique.

Engie remanie en profondeur son état-major

Pour Engie, il est déjà trop tard. La prolongation de la durée de vie des réacteurs au-delà de 2025 « demanderait un long travail de préparation et entre 500 millions et un milliard d’euros d’investissement, expliquait le président du groupe français, Jean-Pierre Clamadieu , en novembre dernier. Pour être prêts dans cinq ans, il faudrait commencer à engager ces dépenses dès maintenant. » Engie n’avait « pas d’autre choix », ajoutait-il, que « de préparer la fermeture de tous les réacteurs ».

Hautement improbable

« Il reste encore une minuscule chance que le gouvernement décide, d’ici à la fin de l’année, de prolonger les deux derniers réacteurs, mais de quelques mois ou quelques années seulement », explique une source au fait du dossier. Cette option n’exigerait pas les lourds investissements nécessaires à une prolongation de dix ou vingt ans. « Mais il n’est même pas certain que le régulateur belge l’autorise », ajoute-t-on.

Engie pourrait obtenir jusqu’à 6 milliards en cédant son pôle services à des fonds

Engie estime donc hautement improbable que les réacteurs belges continuent à fonctionner au-delà de 2025. Jean-Pierre Clamadieu et Catherine MacGregor en tirent les conséquences en dépréciant leur valeur. « Le groupe met le sujet derrière lui, d’autant plus qu’il n’a plus aucune ambition stratégique dans le nucléaire », ajoute une autre source.

Résultat négatif

D’ici là, les centrales belges ne rapporteront rien. Car « Engie devra tout de même investir pour maintenir la flotte en opération », soulignent les experts d’UBS. La banque suisse prévoit un résultat d’exploitation du nucléaire globalement négatif pour les cinq prochaines années.

Par Vincent Collen, publié le 24 févr. 2021 à 15h43, mis à jour le 24 févr. 2021 à 16h03

Photo en titre : Les trois réacteurs de Tihange (photo) et les quatre de Doel couvrent la moitié de la consommation d’électricité de la Belgique. (engel.ac/Shutterstock)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/engie-tire-un-trait-sur-le-nucleaire-belge-1293122

NUCLÉAIRE IRANIEN : UN SITE CACHÉ PRÉOCCUPE « VIVEMENT » L’AIEA

Téhéran continue à accumuler de l’uranium faiblement enrichi, dont la quantité dépasse désormais de 14 fois la limite autorisée par l’accord de 2015.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’est déclarée « vivement préoccupée » par la possible présence de matière nucléaire sur un site iranien non déclaré, selon un rapport consulté mardi 23 février par l’Agence France-Presse à Vienne.

Ces propos interviennent dans un contexte tendu, alors que l’Iran a commencé à limiter les inspections de l’agence onusienne, après l’expiration d’une échéance fixée par Téhéran pour la levée des sanctions américaines.

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Des explications iraniennes insuffisantes

L’AIEA avait déjà pointé ce site dans son rapport de novembre, jugeant les explications de la République islamique « non crédibles ». Il s’agit d’un entrepôt du district de Turquzabad, dans la capitale. « La présence de particules d’uranium anthropogénique (résultant d’activités humaines), non déclarées par l’Iran, traduit clairement la présence de matériel nucléaire et/ou d’un équipement contaminé par du matériel nucléaire à cet endroit », écrit l’agence.

« Au bout de 18 mois, l’Iran n’a toujours pas fourni les explications nécessaires, entières et techniquement crédibles », poursuit-elle, précisant que son directeur général Rafael Grossi, qui s’est rendu ce week-end à Téhéran, a redit « son inquiétude face au manque de progrès » sur la question. Téhéran continue par ailleurs à accumuler de l’uranium faiblement enrichi, dont la quantité dépasse désormais de 14 fois la limite autorisée par l’accord de 2015, d’après ce document qui sera examiné lors d’un Conseil des gouverneurs la semaine prochaine.

À LIRE AUSSI : Gérard Araud – Nucléaire iranien : à l’Europe de jouer !

Accumulation de stock d’uranium

Elle atteignait à la date du 16 février 2 967,8 kg pour un plafond fixé à 202,8 kg (ou 300 kg équivalent UF6). Dans le précédent rapport, ce stock était de 2 442,9 kg. En riposte au retrait américain du pacte, Téhéran s’est affranchi progressivement depuis 2019 de nombreuses limitations qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en échange d’un allègement des sanctions à son encontre.

L’Iran avait ainsi annoncé début janvier avoir repris l’enrichissement à hauteur de 20 %, dans ce qui a constitué le plus spectaculaire de ses désengagements. Un mois plus tard, il a dit entamer la production d’uranium métal pour alimenter son réacteur de recherche à Téhéran. Or cette matière peut être utilisée dans la fabrication d’armes nucléaires. Malgré ses démentis, l’Iran est accusé de chercher à se doter de l’arme atomique, notamment par Israël, son ennemi juré.

Source AFP, publié le 23/02/2021 à 20h30, modifié le 24/02/2021 à 10h28

Photo en titre : Réacteur de recherche de Téhéran. (Archives)

https://www.lepoint.fr/monde/nucleaire-iranien-un-site-cache-preoccupe-vivement-l-aiea-23-02-2021-2415195_24.php

POLYNÉSIE : UNE ASSOCIATION TAXE L’INSERM DE «NÉGATIONNISME» POUR SON ÉTUDE SUR LES CONSÉQUENCES DES ESSAIS NUCLÉAIRES

L’association 193, l’une des principales sur le dossier du nucléaire en Polynésie française, conteste le bilan rendu mardi par l’Institut de la recherche et de la santé (Inserm), qui n’établit pas de lien avéré entre les essais nucléaires menés dans ses archipels et les maladies développées par certains habitants.

La colère est vive pour les associations anti-nucléaires de Polynésie française. Lundi, l’Institut national de la recherche et de la santé (Inserm) a dévoilé les contours d’un rapport, à paraître ce mercredi, qui n’établit pas de lien direct entre les essais nucléaires menés dans ses archipels et un certain nombre de maladies. Pour l’association 193, ce rapport relève du « négationnisme ».

Dix experts réunis par l’Inserm estiment que les résultats des études menées en Polynésie française « sont insuffisants pour conclure de façon solide sur les liens entre l’exposition aux rayonnements ionisants issus des retombées des essais nucléaires atmosphériques en Polynésie française et l’occurrence » de pathologies comme le cancer de la thyroïde ou les hémopathies malignes.

« Ce rapport n’apporte rien de nouveau, c’est la continuité d’une négation de la réalité. 193 essais nucléaires, c’est l’équivalent de 800 bombes d’Hiroshima : dire qu’il n’y a pas eu d’effets, c’est du négationnisme », réagit le père Auguste Uebe-Carlson, président de 193. Cette association milite notamment pour une meilleure indemnisation des victimes des essais.

« Tout ce qui touchait au nucléaire était entièrement contrôlé par l’armée »

Au-delà des effets sanitaires des essais nucléaires, l’association 193 s’inquiète d’une réinterprétation de l’Histoire, par exemple au sein du Centre de Mémoire, qui devrait voir le jour à Tahiti après un engagement du Président François Hollande. « Le Centre de mémoire va devenir un lieu où on va retrouver ce genre d’affirmation sur les essais propres, ça va être le lieu d’une seule parole » s’inquiète le père Uebe-Carlson.

Le rapport de l’Inserm a réuni 1 200 études portant sur la Polynésie, mais aussi sur d’autres lieux d’essais nucléaires. « Parmi les documents étudiés, il y en a quelques-uns qui sont issus des années folles où tout ce qui touchait au nucléaire était entièrement contrôlé par l’armée », a regretté le député Moetai Brotherson, cadre du parti indépendantiste polynésien.

L’historien Jean-Marc Regnault regrette « des régressions sur l’ouverture des archives militaires » qui nourrissent les « doutes » des militants sur la sincérité de l’étude. « Compte tenu de tous les mensonges qu’il y a eu, on peut se demander si ces conclusions ne sont pas un nouveau mensonge, même si ce sont des scientifiques de l’Inserm et non l’État ».

Par Le Parisien avec AFP,  publié le 24 février 2021 à 07h48

Photo en titre : Explosion nucléaire dans l’atoll de Mururoa, en Polynésie, en 1971. AFP

https://www.leparisien.fr/societe/polynesie-une-association-taxe-linserm-de-negationnisme-pour-son-etude-sur-les-consequences-des-essais-nucleaires-24-02-2021-VXUWNOZY6JEJNA3ZTTAXTRIITM.php

SIGNEZ LA PÉTITION EUROPÉENNE : L’UE ET LA FRANCE DOIVENT SORTIR DU TRAITÉ SUR LA CHARTE DE L’ÉNERGIE, CE TRAITÉ QUI PROTÈGE LES POLLUEURS

Saviez-vous qu’il existe un Traité international, dont la France et l’Union européenne sont membres, et qui permet, parmi des dizaines d’exemples, à :

  • la multinationale allemande RWE de poursuivre les Pays-Bas pour leur décision de sortie du charbon et leur réclamer 1,4 milliard € ? 
  • une entreprise britannique d’exiger 350 millions $ de compensation suite à la décision de l’Italie d’interdire les plateformes pétrolières près des côtes ?
  • aux industriels des énergies fossiles d’obtenir de la France qu’elle édulcore la Loi Hulot sur les hydrocarbures de peur de poursuites éventuelles ? 

Ce Traité est le Traité sur la charte de l’énergie. Peu connu, ratifié dans les années 1990, il est une arme juridique puissante aux mains des entreprises du secteur des énergies fossiles qui leur permet de dissuader et/ou sanctionner les pouvoirs publics lorsque ceux-ci veulent prendre des mesures favorables à la lutte contre le réchauffement climatique et à la transition énergétique.

Disons STOP ! Il est temps de sortir de ce Traité obsolète, dangereux et climaticide.

Exigeons de l’UE et de la France qu’elles se retirent du Traité sur la charte de l’énergie dans les plus brefs délais.

PASSEZ À L’ACTION ET SIGNEZ LA PÉTITION !

Pour signer aller sur le site : https://www.collectifstoptafta.org/traite-sur-la-charte-de-l-energie/article/signez-la-petition-l-ue-et-la-france-doivent-sortir-du-traite-sur-la-charte-de

Pour mieux comprendre, voir l’article « COMMENT UN TRAITÉ SIGNÉ EN 1994 PLOMBE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE » publié le 23 février 2021 sur Nucléaire Infos ou sur le site de Reporterre qui a initialement publié l’article : https://reporterre.net/Comment-le-Traite-sur-la-charte-de-l-energie-plombe-la-transition-ecologique?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

Pour tout renseignement, contacter : contact@collectifstoptafta.org

FUKUSHIMA : BAISSE DE PRESSION DANS LE RÉACTEUR N°1 SUITE AU SÉISME DU 13 FÉVRIER DERNIER – SISMOGRAPHES EN PANNE

Le fort séisme du 13 février dernier a finalement eu un impact sur les réacteurs accidentés de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi. Il y a deux jours, TEPCo a noté une baisse continue du niveau d’eau dans l’enceinte de confinement des réacteurs 1 et 3. Cette baisse ce poursuit, ce qui confirme l’hypothèse d’une aggravation des fuites.

Maintenant, c’est une baisse de pression qui est annoncée : TEPCo a confirmé que la pression dans l’enceinte de confinement du réacteur n°1 a baissé de 1,2 hectopascal à 0,9 hectopascal. La compagnie va donc injecter plus d’azote pour augmenter la pression et réduire le risque d’une explosion hydrogène. Elle pense que la baisse du niveau d’eau a peut-être exposé une partie endommagée qui permet à l’air de fuir.

Par ailleurs, TEPCo a admis devant l’Autorité de régulation nucléaire que deux sismographes installés dans le bâtiment réacteur n°3, au rez de chaussée et au 4ème étage, étaient en panne et qu’ils n’avaient pas été réparés. Installés en mars 2020, l’un est tombé en panne en juillet et l’autre en octobre derniers et ils n’ont pas pu enregistrer le séisme du 13 février dernier. Ce point avait été omis lors de la conférence de presse liée au séisme ou dans sa communication en ligne. Tous les sismographes installés avant mars 2011 dans les réacteurs 1 à 4 ont été détruits lors de la catastrophe et n’ont pas été remplacés. La compagnie utilise actuellement les sismomètres installés dans les réacteurs 5 et 6.

Dix ans après la catastrophe nucléaire, TEPCo reste TEPCo…

La compagnie a aussi indiqué qu’une vingtaine de réservoirs avaient légèrement glissé à cause du séisme, qu’un conteneur de stockage transportant des déchets radioactifs avait basculé et que le revêtement en asphalte de la centrale était fissuré.

Publié le 22 février 2021

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

LE FISC RÉCLAME PLUS DE 500 MILLIONS D’EUROS D’IMPÔTS À EDF

Le Conseil d’État a donné tort à EDF : la méthode comptable du nucléariste utilisée pour l’amortissement financier du démantèlement de ses réacteurs atomiques lèse le fisc (et les contribuables). L’administration fiscale réclame donc à EDF 500 millions d’euros d’impôts, soustraits au bien public comme n’importe quel profiteur privé du CAC40. La bombe à retardement du nucléaire est aussi fiscale et financière.

D’ici quelques mois, selon le journal patronal « Les Échos » (1), la bombe à retardement du nucléaire risque d’exploser pour des raisons financières et fiscales. Il s’agit d’un tour de passe-passe comptable lié au démantèlement des centrales atomiques et des 58 réacteurs nucléaires tricolores. Précisément du coût des déchets nucléaires au cœur des réacteurs lors de leur arrêt définitif. Car tout à une valeur marchande et un coût, même la merde.

Les produits de fission atomique (combustible) restant dans le cœur du réacteur ne sont évidemment pas réutilisables, quoiqu’en disent régulièrement les fameux experts d’Areva-Orano lorsqu’ils affirment que 99% des déchets sont recyclables alors que seuls 1% sont effectivement recyclés en Mox encore plus dangereux que le « simple » uranium.

EDF inclus donc dans ses charges liées au démantèlement ce coût de dernier « cœur » mais, subterfuge, il les a étalé sur la totalité de la durée de vie du réacteur, ce qui lui permet chaque année de bénéficier d’une réduction de son impôt sur les sociétés. Et plus le nucléariste fera durer ses réacteurs (en multipliant les atteintes sanitaires et les risques) plus il profitera de l’argent public.

L’administration fiscale conteste logiquement cette méthode comptable préjudiciable au bien commun. Et comme le Conseil d’État a donné tort à EDF, le nucléariste a dû provisionner 520 millions d’euros dans ses comptes 2020.

Un litige entre EDF et l’administration fiscale qui, devenu contentieux, menace d’exploser d’un jour à l’autre. Vers un redressement fiscale d’EDF comme une vulgaire boîte privée du CAC40 tentant de faire sécession du reste de la nation en détournant la loi et la règlementation à son unique profit ?

(1) https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/pourquoi-le-fisc-reclame-plus-de-500-millions-deuros-dimpots-a-edf-1291999

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Par admin le mardi, publié le 23 février 2021 à 17h21

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/02/23/Le-fisc-reclame-plus-de-500-millions-d-euros-d-impots-a-EDF

LA CORÉE DU NORD ENRICHIT DE L’URANIUM POUR LES ARMES NUCLÉAIRES DEPUIS DES MOIS

C’est ce que suggèrent des photos après que les experts mettent en garde contre une «  menace catastrophique  »

La Corée du NORD a enrichi de l’uranium pour les missiles nucléaires tout l’hiver au milieu des tensions croissantes avec l’Occident craint-on.

L’État voyou a été aperçu en train de poursuivre ses activités illicites dans sa principale usine d’enrichissement d’uranium (UEP) pendant deux mois, selon les observateurs américains.

Les images satellite de l’installation top secrète ont montré le mouvement de véhicules et d’équipements spécialisés en janvier et février.

La révélation inquiétante survient quelques semaines à peine après avoir prétendu que l’arsenal nucléaire de Kim Jong-un constituait désormais une «menace catastrophique» pour le monde.

Le site Web du moniteur américain 38Nord a déclaré à propos des nouvelles images: «Contrairement à la zone du réacteur du complexe, l’UEP a montré des signes continus de fonctionnement tout au long des mois d’hiver. »

«Le plus notable est l’arrivée et le départ de trois wagons spécialisés à configuration unique. »

« Ces wagons suivent un schéma: arriver deux à trois fois par an à la gare de transfert ferroviaire … où ils restent pendant environ quatre semaines pendant qu’ils transfèrent leur contenu, probablement des réactifs chimiques, puis partent. »

Les images surviennent au milieu d’une impasse prolongée dans les négociations entre Washington et Pyongyang visant à démanteler les programmes de missiles nucléaires et balistiques de Kim en échange d’un allègement des sanctions.

La Corée du Nord dispose désormais de suffisamment de matériel pour construire au moins 45 armes nucléaires, selon un scientifique de haut niveau qui a visité l’État voyou.

Le Dr Siegfried Hecker s’est rendu au Centre de recherche scientifique nucléaire de Yongbyon pour évaluer son programme controversé sur le plutonium.

Le célèbre expert en armement – un professeur à l’Université de Stanford – estime que la Corée du Nord pourrait désormais «atteindre la plupart du Japon avec des missiles à pointe nucléaire».

Cependant, il pense que le terrifiant arsenal nucléaire de Kim a encore besoin de tests supplémentaires pour le rendre «militairement utile».

Scott A Snyder, chercheur principal pour les études coréennes et directeur du programme sur la politique américano-coréenne au Council on Foreign Relations (CFR), a ajouté que le danger venant du Nord a toujours été là.

Il a déclaré: «Le président Obama a averti le président élu Trump en novembre 2016 que la menace de sécurité internationale la plus vexante à laquelle il serait confronté proviendrait de la Corée du Nord. »

« Deux essais nucléaires, une myriade d’essais de missiles à longue portée et trois sommets Trump-Kim plus tard, l’ampleur et la probabilité que la Corée du Nord représente une menace catastrophique pour les intérêts nationaux américains sont plus grandes qu’il y a quatre ans. »

Le CFR a placé les essais d’armes nucléaires et de missiles balistiques de la Corée du Nord au premier rang des préoccupations de conflit pour 2021.

Il a averti que les tensions militaires allaient probablement recommencer dans la péninsule coréenne – qui avait déjà été poussée au bord de l’an dernier, Kim a ordonné la destruction d’un bureau de liaison clé avec la Corée du Sud.

On pense que Kim complote d’utiliser ses essais d’armes nucléaires pour narguer Joe Biden – de la même manière qu’il l’a fait avec Trump et Barack Obama.

Kim a déclaré que les États-Unis sont «le principal ennemi» de la Corée du Nord et a critiqué la «politique hostile» de Washington envers Pyongyang.

Et le royaume isolé se vante depuis longtemps que son arme nucléaire Hwasong-15 Doomsday « révolutionnaire » peut aplatir des villes partout aux États-Unis.

Et les analystes de l’Institut international d’études stratégiques craignent que la fusée puisse livrer une charge utile de 1 000 kilogrammes sur environ 8 000 milles.

Les médias d’État de Kim l’ont décrit comme «un nouveau type d’ICBM capable de transporter une ogive nucléaire super lourde et d’attaquer tout le continent américain».

Cependant, beaucoup pensent que l’arme de 16 mètres n’a pas été correctement testée et pourrait échouer si elle est mise en action.

Par Merlin Charpieil, publié le 22 février 2021

https://news-24.fr/la-coree-du-nord-enrichit-de-luranium-pour-les-armes-nucleaires-depuis-des-mois-suggerent-des-photos-apres-que-les-experts-mettent-en-garde-contre-une-menace-catastrophique/

NUCLÉAIRE IRANIEN : TÉHÉRAN LIMITE DÉSORMAIS LES INSPECTIONS DE L’AIEA

Le numéro un iranien Ali Khamenei a averti lundi que son pays pourrait enrichir l’uranium à 60% si besoin, un nouveau geste de défi envers l’Occident à quelques heures du début des limitations imposées par l’Iran aux inspections de ses sites nucléaires.

Publié le : 23/02/2021 à 11h38

https://www.france24.com/fr/vid%C3%A9o/20210223-nucl%C3%A9aire-iranien-t%C3%A9h%C3%A9ran-limite-d%C3%A9sormais-les-inspections-de-l-aiea

COMMENT UN TRAITÉ SIGNÉ EN 1994 PLOMBE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE

C’est la nouvelle enquête, dévoilée ce 23 février, du groupement de journalistes Investigate Europe : le Traité sur la charte de l’énergie. Il permet aux géants des énergies fossiles de dissuader les États d’instaurer des politiques climatiques volontaristes. Qu’est-ce que ce traité ? Peut-on en sortir ? Reporterre fait le point.

C’est un traité méconnu, mais aux effets désastreux. « Il rend l’action climatique plus coûteuse, plus difficile et plus lente », pour Amandine Van Den Berghe, juriste au sein de l’organisation environnementale Client Earth. Le Traité sur la charte de l’énergie (TCE) est un outil très utile aux investisseurs et aux entreprises des énergies fossiles : ses mécanismes permettent de dissuader ou de sanctionner les pouvoirs publics qui adoptent des mesures favorables à la lutte contre le réchauffement climatique. À cause de lui, tout pays voulant interdire les projets de forage ou d’extraction minière s’expose à des réclamations et des dédommagements.

Cette mésaventure est arrivée aux Pays-Bas. Après avoir été condamné pour non-respect de ses engagements climatiques à la suite de l’« affaire Urgenda » et au jugement historique de la Cour suprême de son pays, l’État néerlandais a décidé de sortir du charbon d’ici à 2030. Le 4 février, le conglomérat allemand RWE, s’estimant lésé par la fermeture d’une de ses centrales à charbon, a annoncé qu’il attaquerait les Pays-Bas. Pour son manque à gagner, l’énergéticien réclame une compensation de 1,4 milliard d’euros, en vertu du TCE.

Selon une enquête du groupement de journalistes Investigate Europe, parue ce mardi 23 février, les infrastructures fossiles protégées par le TCE dans l’Union européenne, la Grande-Bretagne et la Suisse représentent 344,6 milliards d’euros, soit le double du budget annuel de l’UE. Les trois quarts des investissements protégés sont les infrastructures gazières et pétrolières (126 milliards d’euros) et les pipelines (148 milliards). Des révélations qui sont l’occasion de faire le point sur ce traité méconnu.

Qu’est-ce que le Traité sur la charte de l’énergie ?

Signé le 17 décembre 1994, le TCE est entré en vigueur en 1998 et compte, à ce jour, cinquante-trois parties prenantes, dont l’Union européenne (UE) et tous les pays de l’UE — sauf l’Italie, qui s’est retirée en 2016 —, le Japon, l’Australie, ou encore la Turquie. « Son objectif initial était de sécuriser l’approvisionnement en énergies fossiles des pays d’Europe de l’Ouest à partir des pays issus du bloc soviétique », explique à Reporterre Yamina Saheb, experte des politiques énergétiques et ancienne responsable de l’unité efficacité énergétique du secrétariat international du TCE.

Le traité repose sur un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États, qui permet aux entreprises d’attaquer un État devant un tribunal arbitral privé. « S’ils estiment qu’une politique gouvernementale nuit à leurs activités commerciales, des investisseurs peuvent ainsi contourner les tribunaux nationaux », précise Yamina Saheb. Ce faisant, « le TCE protège les investisseurs étrangers dans leur pays d’accueil en leur octroyant une protection privilégiée, sous forme d’une justice privée qui leur est beaucoup plus favorable que les juridictions nationales, et habilitée à ordonner aux gouvernements de verser des milliards d’euros aux entreprises concernées », déplore Amandine Van Den Berghe. Les Pays-Bas ne sont pas le premier pays à faire face à une telle réclamation. Depuis 1998, plus de 136 litiges connus font référence au TCE, « dont 66 % sont des litiges intraeuropéens », souligne Yamina Saheb.

Pourquoi ce traité entrave-t-il la lutte contre le changement climatique ?

« Cette justice parallèle peut réduire à néant les objectifs de l’Accord de Paris pour le climat, alerte Sara Lickel, chargée de plaidoyer commerce à l’Institut Veblen, qui œuvre pour une économie plus juste et respectueuse des limites physiques de la planète. L’industrie des énergies fossiles utilise de plus en plus le TCE pour contester l’action climatique et continuer à tirer profit de la combustion du pétrole, du charbon et du gaz. »

Outre le contentieux entre RWE et les Pays-Bas, l’Allemagne a été poursuivie à deux reprises par la multinationale énergétique suédoise Vattenfall. Dans le premier cas, l’entreprise a réussi à assouplir les normes environnementales imposées à une de ses centrales électriques au charbon près de Hambourg. Aujourd’hui, elle réclame plus de 6,1 milliards d’euros pour le manque à gagner lié à deux de ses centrales nucléaires à la suite de l’abandon progressif du nucléaire allemand décidé après la catastrophe de Fukushima.

« Ces actions contribuent à la fois à ralentir certaines mesures, mais aussi à obtenir une compensation financière que les investisseurs n’auraient pas obtenue sur un plan national », observe Amandine Van Den Berghe. Or, cette compensation ne se justifie pas toujours. Dans le cas de RWE, qui attaque l’État néerlandais, « RWE aurait dû prévoir il y a des années que des mesures seraient prises pour réduire les émissions, et a décidé de mettre en service une nouvelle centrale à charbon en 2015 en connaissance de cause. Maintenant, la société essaie de faire payer la facture au contribuable. »

Le TCE a été utilisé pour faire pression sur la France lorsqu’elle a voulu interdire les nouveaux forages d’hydrocarbures.

Comme le montre l’enquête d’Investigate Europe, les investisseurs peuvent poursuivre les gouvernements non seulement pour la valeur de leurs infrastructures, mais aussi pour le manque à gagner attendu, ce qui a pour effet d’alourdir considérablement le coût des politiques climatiques. De plus, Investigate Europe a démontré que le personnel dirigeant du TCE a des liens étroits avec l’industrie des combustibles fossiles. Tant et si bien que saisir un tribunal ne constitue pas le seul moyen de pression pour les gouvernements, puisqu’« il suffit parfois simplement de brandir cette menace pour dissuader les décideurs politiques d’adopter des mesures ambitieuses », dénonce Sara Lickel.

En France, l’entreprise pétrolière canadienne Vermilion est parvenue à faire reculer le gouvernement sur le projet de loi hydrocarbures. C’était en 2017 et le ministère de la Transition écologique de Nicolas Hulot présentait un projet de loi mettant fin à l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures sur l’ensemble du territoire français d’ici 2040. Il interdisait la délivrance de nouveaux permis d’exploration ainsi que le renouvellement des permis d’exploitation. Mécontente, la compagnie Vermilion a envoyé une note au Conseil d’État, menaçant la France de poursuite devant des tribunaux d’arbitrage, car le projet de loi portait atteinte à ses droits d’investisseur au titre du TCE. La version définitive de la loi a finalement autorisé le renouvellement des permis d’exploitation pétrolière jusqu’en 2040, voire au-delà sous certaines conditions.

« En protégeant les investissements étrangers dans les énergies fossiles, le TCE protège les investissements étrangers dans les émissions de gaz à effet de serre, résume Yamina Saheb. Il défait la souveraineté des États à un moment de notre histoire où nous avons besoin d’enclencher les politiques énergétiques les plus ambitieuses possibles. »

La sortie ou la réforme ?

Que faire de ce traité : le transformer ou en sortir ? Depuis 2019, l’Union européenne et le secrétariat du TCE négocient une « modernisation » du traité. Trois cycles de négociations ont eu lieu en 2020, et le prochain round se tiendra du 2 au 5 mars. Mais « il est peu probable que les négociations en cours sur la modernisation du TCE aboutissent à un traité compatible avec l’Accord de Paris », juge Yamina Saheb. Toute modification du traité requiert un vote à l’unanimité de tous les pays signataires, or les positions des États sont très disparates. Certains, comme le Japon qui investit massivement dans le charbon, vivent de la rente des énergies fossiles et sont opposés à la réforme du traité.

Résultat : un rapport du secrétariat du TCE, fuité en décembre, montre qu’il n’y a eu aucun progrès sur les discussions autour de la modernisation du traité. La prochaine phase de négociations n’est guère plus encourageante. Bruxelles propose de continuer à protéger les projets existants et certains nouveaux investissements dans les fossiles pendant dix ans, et d’étendre la protection des investissements à l’hydrogène et à la biomasse. Au sein même de l’Union européenne, les voix discordent et ne sont pas en phase avec la position définie à la Commission, notamment sur les sources d’énergie à exclure de la protection du TCE.

Certains États, comme la France ou l’Espagne, ne croient pas en une modernisation du traité. En décembre, les ministres français Bruno Le Maire, Barbara Pompili, Franck Riester et Clément Beaune ont adressé une lettre à la Commission européenne dans laquelle ils reconnaissent que « les conditions ne sont (…) clairement pas réunies pour envisager une conclusion satisfaisante des négociations à court ou moyen terme » et demandent que « l’option d’un retrait coordonné de l’Union européenne et de ses États membres soit dès à présent évoquée publiquement tout en étant expertisée dans ses modalités juridiques, institutionnelles et budgétaires ».

Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles.

La sortie coordonnée souhaitée par la France est nécessaire pour pouvoir annuler la « clause de survie » du TCE. Cette clause prolonge l’application des dispositions du TCE pendant une période de vingt ans aux investissements réalisés dans le pays qui se retire du traité. Mais « une sortie commune est improbable, tant l’Europe est déchirée sur la question », juge Amandine Van Den Berghe. L’Allemagne est pour l’heure silencieuse, et le Luxembourg considère qu’une sortie collective du TCE serait un échec de la diplomatie. Des députés européens sont néanmoins parvenus à inclure dans le projet loi Climat de la Commission européenne un amendement qui stipule que l’Union doit mettre « fin à la protection des investissements en faveur des combustibles fossiles dans le contexte de la modernisation du Traité sur la charte de l’énergie ». « La première étape pour les États qui souhaitent mettre fin à la participation de nos pays à ce traité devrait être de soutenir cet amendement lors des négociations en cours de la loi climat », affirme Yamina Saheb.

Du côté de la société civile, la grogne monte contre le traité et les atermoiements des diplomates. Ce mardi 23 février, plusieurs dizaines d’organisations européennes, dont Youth For Climate, Alternatiba, Attac, les Amis de la Terre et Stop Ceta-Mercosur, ont publié une pétition pour demander aux gouvernements et aux institutions européennes de sortir du traité et de stopper son expansion à de nouveaux pays. « Désarmez les entreprises du secteur des énergies fossiles dès maintenant », exhortent-elles.

Quelques mois plus tôt, déjà, plusieurs déclarations et lettres, de parlementaires européens, de scientifiques, d’acteurs du marché des renouvelables ou encore de jeunes du monde entier appelaient l’UE et ses États membres à se retirer du Traité sur la charte de l’énergie. « La voie de la réforme sera longue et insuffisante, soutient Amandine Van Den Berghe. Nous n’avons plus le temps. Mieux vaut commencer d’une feuille blanche pour être plus créatifs et ambitieux. »

Par Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre), publié le 23 février 2021

https://reporterre.net/Comment-le-Traite-sur-la-charte-de-l-energie-plombe-la-transition-ecologique?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale dans le traitement de l’actualité.
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SUISSE : UNE RARISSIME CRUE DE L’AAR POURRAIT MENACER DES CENTRALES NUCLÉAIRES

En cas de « crue extrême » de l’Aar, susceptible de se produire une fois tous les 100’000 ans, plusieurs centrales nucléaires pourraient être inondées. Les infrastructures sont toutefois jugées suffisamment préparées à de tels événements.

Quatre offices fédéraux et l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) ont présenté lundi de nouvelles analyses des risques pour les centrales nucléaires de Mühleberg (BE), Gösgen (SO) et Beznau (AG).

Intitulée « Crues extrêmes de l’Aar » et lancée suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, en mars 2011, l’étude a été conduite par l’institut de recherche WSL. Elle doit permettre aux autorités et aux exploitants des infrastructures sensibles de se préparer au mieux à un événement très rare.

En effet, une crue extrême de ce fleuve pourrait être provoquée par un épisode de précipitations extrêmement rare. La probabilité qu’un tel épisode se produise est équivalente à une fois tous les 100’000 ans.

Immenses dégâts potentiels

Une simulation réalisée par l’équipe de recherche indique que cela pourrait gonfler les débits à plus de 7000 mètres cube par seconde avant la confluence de l’Aar et du Rhin, soit 12 fois le débit moyen.

Dans un tel cas, les sites des centrales nucléaires de Beznau et Gösgen seraient submergés d’environ 1,1 mètre. Celui de la centrale nucléaire de Mühleberg, à l’arrêt, serait également inondé de près d’un mètre.

En outre, les environs de la gare d’Olten (SO), carrefour d’importantes infrastructures de transports, pourraient se retrouver submergés jusqu’à 3,1 mètres sous l’eau, mais seulement si certains ponts étaient bloqués par des débris flottants.

Le bassin versant de l’Aar représente 43% du territoire suisse et comprend certaines des régions urbaines les plus densément peuplées du pays.

Sûreté nucléaire suffisante

Selon l’IFSN, les niveaux d’eau pertinents pour les analyses de sécurité des centrales nucléaires se situent dans une fourchette similaire à celle des analyses précédentes. Toutes les centrales sont déjà suffisamment préparées à de tels événements, a déclaré le directeur de l’IFSN, Marc Kenzelmann, dans un entretien en ligne.

Les exploitants des centrales sont néanmoins invités à réviser leurs analyses sur la base de la nouvelle étude. L’Office fédéral de l’énergie (OFEN), pour sa part, exigera des exploitants d’ouvrages d’accumulation placés sous surveillance fédérale de contrôler, à la lumière des nouvelles connaissances, la conformité des ouvrages en cas de crues.

Autres études prévues

Des simulations similaires doivent être appliquées aux bassins versants d’autres grands cours d’eau. Les résultats seront mis à la disposition des autorités compétentes et des exploitants d’installations dans le but de revoir, voire d’améliorer la protection contre les crues.

Par ats/jop, publié le 22 février 2021 à 16h00, modifié à 16h34

Photo en titre : Des volutes de vapeur d’eau se dégagent de la tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Gösgen (SO), située au bord de l’Aar. / Le Journal horaire

https://www.rts.ch/info/suisse/11994215-une-rarissime-crue-de-laar-pourrait-menacer-des-centrales-nucleaires.html

17 AVRIL 2021 : NOUVEL APPEL À AGIR CONTRE LA RÉINTOXICATION DU MONDE

Après les vagues d’actions des 17 juin et 17 novembre 2020, une constellation de syndicalistes, paysan.nes, zads, associations, territoires en luttes, espaces autogérés, coopératives ont décidé d’un appel commun pour le 17 avril 2021 contre des lieux de production, chantiers, projets et infrastructures toxiques.

En mai dernier, à la sortie du premier confinement, alors que la machine économique et productiviste se réemballait de plus belle, un appel à agir contre la réintoxication du monde a été lancé et suivi par des dizaines de groupes à travers le pays. Le 17 juin 2020, plus de 70 actions, occupations, blocages se sont déployés simultanément. Depuis, des collectifs se sont constitués, des résistances, un temps en pause, se sont réveillées, des projets destructeurs ont été arrêtés. Cette journée a matérialisé un rebond des luttes de terrain face à l’expansion dramatique de la crise écologique et au cynisme patent de « nos dirigeants ».

De nouveau le 17 novembre dernier, malgré les obstacles et interdictions, des mobilisations aux quatre coins du pays sont parvenues à percer les murs du confinement (voir les retours complets sur notre site).

Une constellation de collectifs impliqués dans la « dynamique des 17 », réunie le 20 janvier dernier, a décidé d’un appel commun à une nouvelle journée d’actions le

SAMEDI 17 AVRIL 2021.

Alors que nos sociétés « modernes » semblent s’ancrer dans un état de semi-confinement permanent, que le lien entre le covid et la folie écocide n’est plus à faire, les sociétés marchandes semblent toutes prêtes à poursuivre l’empoisonnement du monde jusqu’à leur dernier souffle. Tandis que les leviers pour faire obstacle au ravage des milieux vivants sont anesthésiés par la virtualisation générale, le gouvernement propose de criminaliser le renouveau des mouvements d’actions écologistes et s’entête à faire passer en force la loi de sécurité globale.

À lire > Un pouvoir qui se barricade

Dans une séquence historique où toutes les politiques affirment être guidées par l’urgence sanitaire, la France et les pays voisins poursuivent l’exportation de pesticides interdits sur leur propre sol, qui empoisonnent gravement près de 400 millions de personnes par an sur d’autres continents. Malgré les études officielles sur son caractère climaticide, les déclarations municipales et les actions directes pour la freiner, le déploiement de la 5G sur nos territoires ne fait qu’accroître encore notre dépendance aux écrans. Pourtant la numérisation des existences, que vient cimenter l’ère covid, va de pair avec une perte dépressive des liens, du rapport à la terre et au vivant. C’est dans ces bulles que grandiront dorénavant les jeunes générations si nous ne faisons pas en sorte que le monde soit de nouveau respirable.

Sans attendre la levée de l’urgence sanitaire, des résistances locales renaissent de l’air du temps et de ses cris d’alerte. Le mouvement Stop Amazon se déploie aux 4 coins du pays contre l’implantation de nouveaux entrepôts, symboles de la dystopie moderne. À Gonesse, une nouvelle zad naît contre l’artificialisation des terres fertiles qui bordent encore le « Grand Paris ». À Marseille, un McDonald’s a été transformé en lieu de solidarité et de redistribution de nourriture par ses ancien.nes salarié.es. Autour de la raffinerie de Grandpuits, des militant.es écologistes et des syndicalistes en grève s’allient pour dénoncer le greewashing de Total. Elles nous rappellent à l’urgence de penser, avec les travailleurs des secteurs les plus toxiques, les mutations possibles des activités, les réappropriations des lieux de travail, ainsi que les rapports de force à engager pour garantir des ressources et droits pendant les périodes de transition.

À lire > Qui arrêtera le bulldozer Amazon ?

En venant réunir certains de ces fronts, en en faisant émerger d’autres, les mobilisations des 17 juin et 17 novembre ont dessiné une cartographie de sites de production destructeurs qui doivent s’arrêter, de milieux naturels – forêts, zones humides, terres cultivables – qui ne doivent pas être bétonnées, de projets insensés auxquels il faudra les faire renoncer… Nous savons que cela nécessitera de revenir régulièrement sur tous ces lieux, d’en habiter certains, d’en métamorphoser d’autres, de continuer à se coordonner et de lancer de nouvelles vagues de mobilisations encore plus amples et déterminées. C’est seulement à cette condition que nous parviendrons peut-être à maintenir des conditions d’existence possibles et désirables pour nous comme pour le reste du vivant, hors du nihilisme marchand.

Nous appelons donc une nouvelle fois les habitant.es des villes et des campagnes à informer et accentuer localement la pression sur les secteurs qui leur semblent le plus évidemment empoisonnants et dispensables : cimenteries, usines de pesticides ou productions de gaz et grenades de la police, industrie aéronautique, publicitaire ou construction de plates-formes Amazon, unités d’élevage industriel, développements de l’industrie nucléaire, clusters développant le monde « sans contact »… Nous appelons en ce sens le 17 avril à une troisième série d’actions, blocages, rassemblements et occupations contre de tels lieux de production, chantiers et infrastructures.

Le 17 avril se trouve être aussi la journée internationale des luttes paysannes, qui défend chaque année la nécessité de préserver des terres nourricière pour une agriculture soigneuse du vivant. Si nous visons sérieusement à nous défaire de pans conséquents du monde marchand, il nous faut conjointement nous doter des formes d’autonomies à même de répondre à nos besoins fondamentaux. Nous appelons donc également à des occupations de terres en villes ou dans les zones péri-urbaines pour des projets de cultures vivrières, mais aussi à des réquisitions d’espaces d’entraide, de soin, de redistribution et de création. Il n’y aura pas de « tournant » sans que l’on construise ici et maintenant des formes de vie pleines de sens et bien plus désirables que celles inféodées aux besoins du marché.

Vous trouverez ci-dessous une liste des premiers collectifs, syndicats, associations, territoires en lutte co-signataires et engagés sur cet appel. Si vous souhaitez le signer aussi, nous envoyer un appel à mobilisation locale ou un texte d’analyse complémentaire, vous pouvez écrire à 17nov@riseup.net

Pour nous rejoindre : agir17@riseup.net

Pour plus d’infos : agir17@noblogs.org

Facebook : agir17 contre la réintoxication du monde

À BIENTÔT POUR L’ACTE 3, LE 17 AVRIL 2021 !

Liste des premiers signataires

Zad du Triangle de Gonesse 95 – Résistance écologiste Rennes – Union syndicale Solidaires -NDDL Poursuivre Ensemble – Attac France – Emancipation Collective – Notre Maison Brûle – PACT Pas d’Autoroute Castres- collectif Fête La Friche 59 Toulouse – XR PEPPS – Collectif Seine 78-95 – La lutte des sucs – Désobéissance écolo Paris Adieu Glacier 05 – Stop Golfech – Association des sinistrés de Lubrizol 76 – des Habitant.es de la zad de Notre-dame-des-Landes – Non aux JO 2024 à Paris – Partager c’est sympa ! – le PRÉ 44 – Youth for Climate France – Avignon Zéro Fossile – La Croissance tue ! 49 – Collectif Oxygene – Résilience France – Écocampus ENS – Solidaires 44 – XR Pantin et alentours – Saccage2024 – Stop Carrière Montcabrier 81 – Morbihan contre les fermes usines – La Croissance tue ! – XR Reims – Longo Maï – Anv-Cop21 Montpellier – Attac Reims – tendance intersyndicale et pédagogique Emancipation – réseau Sortir du Nucléaire – Non à Tropicalia 62 – Quartier libre des Lentillères 21 – Association de Défense de la Vallée du Gambon 27 – Extinction Rebellion Tours – Greenpeace Montpellier – XR Besançon – Radiaction – Association Résistance 5G Nantes 44 – Attac Vendée – Droit au Logement – Association Familiale Laïque de Commercy (AFL)55 – Sauv-Natur Saintleulaforet 95 – Coordination antinucléaire du sud-est – ATTAC 93 Sud – Pour une écologie populaire et sociale (PEPS)- Attac 44 – La dérive social club – revue Parade – Collectif Citoyen  » Notre Parc N’est Pas à Vendre » – La cagette des terres 44 – Comité Bure en Retz – cinémas Utopia – GIGNV – Alternatiba Nantes — Collectif Antinucléaire de Vaucluse – Écologie sociale Liège – XR Nantes – Vitré-Tuvalu – Théâtre de l’ADN – Vigilance ogm 21 – Les Communaux – Attac Flandre – Association de défense quartier viaduc Timbergues Aubugues de Souillac 46 – XR05 – Ras le rallye 05 – Les Jardins des Vaîtes 25 – ATTAC-Lille – ATTAC-Villeneuve d’Ascq – ATTAC-Roubaix-Tourcoing – XR Bretagne – ANV-COP21 Reims – collectif Erma Selva – Casse-noix 26-38 – AGIR ( Association pour une Gestion Insulaire Respectueuse) 56 – Informations Pesticides Belle Ile – ZEA – Espace autogéré des Tanneries 21 – Confluences 81 – XR Saint-Brieuc – collectif « changeons le système, pas le climat  » de Montpellier – collectif mit 44 – Attac Rennes – gdeam-62 – ACNET Alternative Citoyenne du Nord-Est Toulousain – Collectif des Grévistes de la Faim Pour un Avenir Possible – Attac Alès Cévennes – Balance Ton Port la Nouvelle 11 – Stop nucleaire Drome/Ardeche – StopTERRA2 81 – Collectif Pour le Triangle de Gonesse – Attac Montpellier – Attac Nîmes – Collectif « Plus Jamais ça » Gard – XR Marseille – Les Riverains et les Amis de Béner 72 – Alternatives et Autogestion – XR du Trégor – collectif des faucheuses et faucheurs d’OGM de l’Hérault – STOP Nucléaire Drôme-Ardèche – XR Corsica – Balagne en Transition 02 – A Rimigna 02 – PARC St Sauveur 59 – Coordination Fête une autre Terre 85 – Attac Landes Côte Sud 40 – Capre 06 – Alternatiba/ANVCOP21 Grenoble – – ANV/COP21 Besançon – Collectif « la tête dans le sable » 44 – Collectif Non à Tropicalia – XR France – XR Brest – Attac Gap – XR Hautes-Alpes – CAPE (Comité d’Alerte Pour l’Espiguette) 30

Par Collectif, publié le 22 février 2021

http://www.politis.fr/articles/2021/02/17-avril-2021-nouvel-appel-a-agir-contre-la-reintoxication-du-monde-42857/

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NUCLÉAIRE IRANIEN: ACCORD SUR UNE « SOLUTION TEMPORAIRE » POUR MAINTENIR UNE SURVEILLANCE

L’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont annoncé dimanche un accord « temporaire » pour maintenir une surveillance des activités nucléaires, le temps que les pourparlers diplomatiques s’engagent entre les signataires du pacte de 2015 afin de tenter de sortir de l’impasse.

La loi iranienne, qui prévoit de restreindre certaines inspections, y compris sur des sites militaires suspects, si les sanctions américaines ne sont pas levées, « existe et va être appliquée » à partir du 23 février, a regretté le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, à son retour à Vienne après des « consultations intenses » à Téhéran. « L’accès sera réduit, ne nous voilons pas la face, mais nous serons en mesure de maintenir le degré nécessaire de surveillance et de vérification », s’est-il félicité. « Cela sauve la situation dans l’immédiat. »

Un accord bilatéral technique et temporaire

Selon les termes de cet « accord bilatéral technique » d’une durée de trois mois mais susceptible d’être suspendu à tout moment, le nombre d’inspecteurs sur place reste ainsi inchangé et l’AIEA pourra procéder à des inspections inopinées. « Bien sûr, pour parvenir à une situation stable, il faudra une négociation politique, et ce n’est pas de mon ressort », a ajouté M. Grossi.

De son côté, l’Iran avait évoqué un peu plus tôt des discussions « fructueuses« , alors que le directeur de l’AIEA a rencontré au cours du week-end le président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. M. Grossi pourra « s’acquitter de son obligation de montrer que le programme nucléaire iranien reste pacifique« , a promis le chef de la diplomatie iranienne dans une déclaration à Press TV, la chaîne en anglais de la télévision d’État.

Zarif a précisé que la loi votée en décembre par le Parlement obligeait son gouvernement à « ne pas fournir les enregistrements » des caméras de surveillance installées sur les sites à l’AIEA. Le chef de l’agence onusienne ne s’est pas exprimé sur ce point. Selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, « les inspections de l’AIEA seront réduites d’environ 20 à 30% après la mise en œuvre de la loi ». « Cela ne signifie certainement pas un retrait de l’accord » de 2015. Ce pacte prévoit une levée progressive des sanctions en échange de la garantie que l’Iran ne se doterait pas de l’arme atomique.

Qui doit relancer les discussions? Les États-Unis et l’Iran se renvoient la balle 

La République islamique a toujours nié avoir de telles intentions. Après le retrait unilatéral américain et le rétablissement des sanctions qui étranglent l’économie iranienne, l’Iran s’est cependant affranchi progressivement à partir de 2019 de plusieurs limites qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en vertu de l’accord conclu en 2015 avec le groupe 5+1 (États-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Russie, Chine). D’après M. Zarif, « les stocks d’uranium enrichi vont augmenter » également, en attendant que l’autre camp respecte ses obligations. « Une fois que tout le monde aura fait sa part et rempli ses obligations, alors il y aura (une reprise) des discussions« , a-t-il souligné.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, les États-Unis et l’Iran se renvoient la balle sur la question de savoir qui doit faire le premier pas pour relancer l’accord. Dans un geste, Washington a accepté jeudi une invitation des Européens à participer à des pourparlers sur le sujet. Mais le lendemain, le nouvel hôte de la Maison Blanche a appelé ses alliés à travailler de concert pour répondre aux « activités déstabilisatrices » de l’Iran au Moyen-Orient. Dans ce contexte diplomatique complexe et alors que l’Iran et les États-Unis n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980, M. Araghchi a indiqué que l’Iran examinait la proposition de l’UE pour une « réunion informelle« .

Par AFP, publié le 21 février 2021 à 21h58

Photo en titre : © Belga

https://www.rtl.be/info/monde/international/nucleaire-iranien-accord-sur-une-solution-temporaire-pour-maintenir-une-surveillance-1281275.aspx

PROJET HERCULE : EDF DÉMANTELÉE, BRUXELLES ENCHANTÉE

« Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. » Ce principe, inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946, a toujours valeur constitutionnelle, puisqu’il a été repris dans les premières lignes de l’actuelle loi fondamentale.

On pourrait croire, dès lors, qu’il est impossible pour le législateur de le contourner. Mais la construction européenne est passée par là. Depuis le milieu des années 1980, à chaque fois que nos gouvernements ont eu à choisir entre l’UE et la Constitution de la République, ils ont opté pour la première au détriment de la seconde. L’actuel projet de démembrement d’EDF n’est que le dernier exemple en date de cet esprit de soumission.

Un précédent exemplaire : GDF

Tous les grands groupes publics créés au moment de la Libération [1], conformément aux engagements du Conseil National de la Résistance [2], ont été méthodiquement démantelés et/ou offerts au privé ces dernières décennies, sans que jamais les citoyens ne soient appelés à exprimer leur volonté sur ce sujet éminemment politique. Le processus a commencé dès 1986-1987, parallèlement à l’adoption de l’Acte unique européen, dans les domaines industriel (Saint-Gobain) et bancaire (Paribas, Suez, Société Générale)[3].

Il a été poursuivi jusqu’à aujourd’hui par tous les gouvernements, sans discontinuer [4]. Le secteur de l’énergie a été concerné à partir de 2000, lorsque le gouvernement Jospin transposa en droit français les directives européennes de 1996 et de 1998 qui imposaient la libéralisation de ce secteur et son ouverture à la concurrence à hauteur de 30 % (en attendant 70 % à partir de 2004).

Aucun argumentaire sérieux, ancré dans la rationalité économique, ne fut jamais mis en avant pour justifier le démantèlement de ce vaste secteur public. Pour obtenir le ralliement du personnel politique, il suffisait d’évoquer les généralités creuses du nouveau paradigme néolibéral, discréditant l’État pour sa prétendue impotence (alors que toutes les entreprises privatisées excellaient dans leur domaine respectif), vantant les vertus du capitalisme actionnarial, la nécessité de partir à la conquête du monde, le changement pour le changement ou, plus prosaïquement, la politique d’expédients par laquelle l’État, rendu impécunieux par la croissance molle née de ses choix macro-économiques, tentait en privatisant de se reconstituer à court terme quelques marges de manœuvre budgétaires. Une politique d’expédients érigée en modèle de gestion : Du grand art !

Ainsi engagea-t-on, sans jamais l’avouer, le principe du service public sur une dynamique de déclin. Pilier dans notre pays de la justice sociale, il fut (et il est encore) insidieusement remis en cause, voué à reculer sans cesse pour cause d’incompatibilité foncière avec les canons d’une idéologie dominante peu soucieuse d’égalité. Ceux qui auraient pu, à l’échelle syndicale ou politique, s’opposer à cette régression étaient de toute façon condamnés à l’accepter sous la pression juridique des autorités bruxelloises ou sous le poids moral du projet européen : personne ne pouvait raisonnablement refuser de se soumettre au surmoi européiste qui dominait les esprits.

Tout au plus était-il possible de négocier avec Bruxelles quelques détails, d’obtenir quelques délais pour mieux manœuvrer l’opinion publique, que l’on rassurait par ailleurs en formulant des engagements solennels tout à fait mensongers. La grande cause de « l’Europe », glorieusement matérialisée par la « concurrence libre et non faussée » des traités, justifiait amplement cette pratique malhonnête. Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances, s’illustra de cette manière en affirmant le 6 avril 2004 à l’Assemblée nationale : « Je redis qu’EDF et GDF ne seront pas privatisés [5] ». Puis au Sénat le 27 avril suivant : « Il n’y aura pas de privatisation d’EDF ni de GDF, et ce pour une raison simple : EDF et GDF ne sont pas des entreprises comme les autres [6] ».

En 2007, devenu président de la République, il privatisa GDF en acceptant sa fusion avec Suez [7], instaurant le règne tout-puissant des actionnaires sur la conduite de la nouvelle entreprise [8].

Treize ans plus tard, à propos du démembrement d’EDF cette fois-ci, Barbaba Pompili, ministre de la Transition écologique, affirme, bravache, n’avoir aucune « certitude de parvenir à un accord [9]» avec la Commission européenne. Que peut-on en penser ?

Un projet orwellien

On ne saura jamais dans quel cerveau a jailli cette idée, mais c’est ainsi : il a été décidé que le projet de démembrement d’EDF porterait un nom, et qu’il s’appellerait « Hercule». Quoi de mieux, pour mettre fin à l’existence d’un géant national, deuxième producteur mondial d’électricité, que de convoquer la figure du demi-dieu de la mythologie gréco-romaine ? La tentative d’enfumage est si grossière qu’elle ne dupera personne, mais elle a le mérite de révéler l’extraordinaire présomption de ses auteurs, convaincus qu’il est possible de continuer à pratiquer ce genre d’inversion à la Orwell, comme ils le font depuis des décennies.

Or, ce qui était accepté au cours de la phase ascendante du néolibéralisme ne passe plus dans le contexte de son déclin, lorsque le gouffre séparant les promesses et les réalisations concrètes de cette idéologie est constaté par le plus grand nombre. Ce détail pourrait sembler anecdotique ; il est au contraire très révélateur : nous ne sommes plus en 1986 ou en 1992, mais en 2021 et le néolibéralisme économique, contesté de toutes parts, disparaît sous nos yeux. Hercule pourrait bien être l’opération qui, par son échec, marquera la fin de son hégémonie en France…

Avec ce projet, donc, EDF doit être tronçonnée en trois branches, EDF « bleu » pour les centrales nucléaires et le réseau de transport, EDF « azur » pour les barrages hydroélectriques et EDF « vert » pour les activités commerciales, la distribution d’électricité et les énergies renouvelables. La première branche resterait publique à 100 %, mais l’avenir de la deuxième est très flou, la commission insistant depuis plusieurs années pour l’ouverture au privé du secteur hydroélectrique [10].

Quant à EDF vert, il serait coté en bourse pour une fraction de son capital, minoritaire à ce stade. J-B Lévy, le PDG d’EDF, peut bien affirmer devant les députés, en jouant sur les mots, qu’il n’y aura « aucune privatisation », son projet prévoit explicitement d’en entamer le processus, une tactique éprouvée depuis trente ans au moins.

La « réforme » est nécessaire, selon J-B Lévy, pour permettre à EDF de surmonter son endettement et de trouver les financements nécessaires à des investissements massifs dans les renouvelables. Soit. C’est oublier un peu vite que cet endettement est le produit de la politique de dérégulation du secteur de l’énergie à partir des années 1990, qui a incité, course au gigantisme oblige, les dirigeants d’EDF à multiplier les acquisitions de concurrents étrangers en recourant à l’emprunt.

La dette est ainsi passée de 15 milliards d’euros en 2006 à 42 en 2009 soit un montant équivalent, au demeurant, à la dette actuelle. Autre effet pernicieux de la dérégulation, une pratique tarifaire aberrante, imposée par la Commission européenne dans le seul but de développer la concurrence dans un secteur où elle est pourtant difficilement envisageable [11].

Dans le cadre de l’ARENH (« Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique [12] »), EDF est ainsi contrainte de vendre son électricité nucléaire à ses concurrents à un prix trop bas, de 42 euros/kWh, aggravant de façon chronique l’endettement du groupe. Le PDG d’EDF fait de la remise en cause de ce dispositif baroque une priorité à juste titre, mais le conflit avec la commission, qui y voit le seul moyen de casser le monopole d’EDF, est inévitable.

Si cet objectif de refonte de la pratique tarifaire imposée à EDF est éminemment souhaitable, le tronçonnage du groupe en trois éléments relève d’une logique industrielle douteuse, caractéristique des compromis boiteux auxquels aboutissent la commission et le gouvernement français dans ce type de négociations : il est impossible, pour des raisons politiques, de démanteler complètement EDF, mais il est également impensable, la construction européenne étant ce qu’elle est, de laisser intact le monopole de la production et de la distribution électrique en France ; le choix est donc fait d’un entre-deux instable qui permet d’engager une dynamique de délitement tout en affirmant le contraire et en pariant sur le temps.

La financiarisation par l’ouverture au capital privé d’EDF vert est présentée par le gouvernement comme la solution aux importants besoins de financement du groupe dans les années à venir. C’est d’un choix purement idéologique qu’il s’agit, même s’il est présenté sous un jour comptable : l’État a déjà recapitalisé EDF en 2017 [13] et peut procéder à une nouvelle augmentation du capital sans difficulté, d’autant plus aisément qu’il s’endette actuellement à taux négatifs.

Le choix du marché pour financer un groupe public, chargé d’une mission de service public, indispensable à la sécurité énergétique du pays reflète simplement la prégnance de l’idéologie néolibérale dans les esprits. En est-on pourtant encore au stade où les intérêts privés du marché peuvent arracher à l’État un secteur productif d’intérêt général ?

Depuis quarante ans, la France a mieux résisté que d’autres pays à cette hégémonie idéologique ; le déclin du secteur et du service publics organisé par les gouvernements s’est heurté à de vives oppositions sociales et syndicales qui en ont limité l’ampleur.

La lutte contre le démantèlement et la privatisation d’EDF constitue le dernier combat de cette séquence historique à double titre : parce que c’est le dernier grand groupe à faire passer à la moulinette bruxelloise, et parce qu’il n’est pas exclu, cette fois, que Bruxelles soit mis en échec, compte tenu de l’usure des croyances néolibérales. Le changement de paradigme en cours — plus ou moins acté par le président de la République — semble inciter le gouvernement à faire preuve de fermeté et même d’intransigeance.

« Les débats sont intenses [14] » avec la commission affirme B. Le Maire, qui ajoute : « Nous ne transigerons pas sur un certain nombre de points durs qui nous paraissent essentiels au succès de la transformation de cette entreprise ». L’expérience montre cependant qu’au-delà de ces mots, rodomontade classique en ce genre de circonstances, seule une intense mobilisation politique, sociale et syndicale pourra empêcher le néolibéralisme finissant d’accomplir une ultime œuvre funeste pour notre pays. Non à Hercule !

Notes

1 Entre 1944 et 1948, les nationalisations touchèrent les secteurs stratégiques de la banque, des transports aériens, de l’industrie automobile, de l’énergie (charbon, gaz, électricité) et des assurances.

2 Le programme du CNR de mars 1944 propose « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie » et subséquemment « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques » : Formules fameuses, passées à la postérité.

3 La privatisation de ces grands groupes fut même vendue à l’opinion comme un moyen de diffuser l’esprit du capitalisme financier dans tous les foyers : chacun était invité à acheter, pour lui ou pour ses enfants, des actions dont certaines stars, débauchées pour l’occasion, vantaient les rendements à venir dans des pages publicitaires à la télévision. Ainsi Catherine Deneuve https://www.youtube.com/watch?v=cupBbKPMmGY

4 https://fr.wikipedia.org/wiki/Privatisations_en_France

5 https://www.nouvelobs.com/politique/20060920.OBS2627/quand-sarkozy-promettait-de-ne-pas-privatiser-gdf.html

6 https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/quand-nicolas-sarkozy-s-invite-dans-les-debats-sur-la-privatisation-d-engie-au

7 https://www.humanite.fr/node/377020

8 https://www.lesechos.fr/2013/01/gdf-suez-quand-le-dividende-impose-sa-loi-1096265

9 https://www.bfmtv.com/economie/projet-hercule-d-edf-pas-de-certitude-sur-un-accord-avec-bruxelles_AD-202102040225.html

10 http://www.gaullistelibre.com/2018/12/plus-de-barrage-contre-les-interets.html#more

11 Comme le rappellent Anne Debregeas et David Garcia dans leur article Qui veut la peau d’EDF ? (Le monde diplomatique février 2021), le secteur de l’électricité est un exemple de monopole naturel, observé « lorsque les coûts fixes qu’engendre la production d’un bien sont très importants et que les coûts moyens baissent très fortement avec l’augmentation de la production, ce qui rend plus compétitive une seule entreprise ».

12 https://entreprises.selectra.info/energie/guides/arenh

13 https://www.lepoint.fr/economie/edf-boucle-avec-succes-sa-recapitalisation-28-03-2017-2115450_28.php

14 https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/projet-hercule-bruno-le-maire-dement-tout-objectif-de-demantelement-d-edf

Par Eric Juillot, publié le 22 février 2021

Photo en titre : Des opposants au projet « Hercule », visant à réorganiser EDF, ont manifesté, ce mercredi 10 février, à Paris. © AFP

https://www.les-crises.fr/projet-hercule-edf-demantelee-bruxelles-enchantee-par-eric-juillot/

NOUVELLES PARTICULES HAUTEMENT RADIOACTIVES DÉCOUVERTES DANS L’UNITÉ 1 DU RÉACTEUR DAIICHI DE FUKUSHIMA : PROPRIÉTÉS ET IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX

Le 10ème anniversaire de l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi a lieu en mars. Les travaux qui viennent d’être publiés dans la revue « Science of the Total Environment » documentent de nouvelles particules hautement radioactives de grande taille (> 300 micromètres) qui ont été libérées par l’un des réacteurs endommagés de Fukushima.

Des particules contenant du césium radioactif (134+137Cs) ont été libérées des réacteurs endommagés de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (FDNPP) lors de la catastrophe nucléaire de 2011. Les petites particules (de taille micrométrique) (connues sous le nom de CsMPs) ont été largement distribuées, atteignant jusqu’à Tokyo. Les CsMPs ont fait l’objet de nombreuses études ces dernières années. Cependant, il est récemment apparu que des particules plus grosses (>300 micromètres) contenant du Cs, avec des niveaux d’activité beaucoup plus élevés (~ 105 Bq), ont également été libérées de l’unité de réacteur 1 qui a subi une explosion d’hydrogène. Ces particules se sont déposées dans une zone étroite qui s’étend sur environ 8 km au nord-nord-ouest du site du réacteur. À ce jour, on sait peu de choses sur la composition de ces particules plus grosses et sur leurs impacts potentiels sur l’environnement et la santé humaine.

Aujourd’hui, des travaux qui viennent d’être publiés dans la revue Science of the Total Environment caractérisent ces grandes particules à l’échelle atomique et font état de niveaux d’activité élevés qui dépassent 105 Bq. (NDLR : 100 000 Bq)

Les particules, signalées dans l’étude, ont été trouvées lors d’une étude des sols de surface à 3,9 km au nord-nord-ouest de l’unité 1 du réacteur.

Parmi les particules de 31 Cs collectées au cours de la campagne d’échantillonnage, deux ont donné les plus hauts niveaux d’activité de 134+137Cs associés à des particules pour des matériaux émis par la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (plus précisément : 6,1 × 105 et 2,5 × 106 Bq, respectivement, pour les particules, après correction de la désintégration jusqu’à la date de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi).

L’étude a été menée par des scientifiques du Japon, de la Finlande, de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis, sous la direction du Dr Satoshi Utsunomiya et de Kazuya Morooka, étudiant de troisième cycle (département de chimie de l’université de Kyushu). L’équipe a utilisé une combinaison de techniques analytiques avancées (analyse synchrotron des rayons X nano-focalisés, spectrométrie de masse des ions secondaires et microscopie électronique à transmission à haute résolution) pour caractériser pleinement les particules. La particule ayant une activité de 134+137Cs de 6,1 × 105 Bq s’est avérée être un agrégat de nanoparticules de silicate en flocons plus petites, qui avaient une structure semblable à celle du verre. Cette particule provenait probablement des matériaux de construction du réacteur, qui ont été endommagés lors de l’explosion d’hydrogène de la tranche 1 ; puis, au fur et à mesure de sa formation, la particule a probablement adsorbé les Cs qui avaient été volatilisés du combustible du réacteur. L’activité 134+137Cs de l’autre particule a dépassé 106 Bq. Cette particule avait un noyau de carbone vitreux et une surface qui était recouverte d’autres microparticules, dont un alliage Pb-Sn, un silicate d’aluminium fibreux, un carbonate/hydroxyde de calcium et du quartz.

La composition des microparticules encastrées en surface reflète probablement la composition des particules en suspension dans l’air à l’intérieur du bâtiment du réacteur au moment de l’explosion d’hydrogène, offrant ainsi une fenêtre médico-légale sur les événements du 11 mars 2011. Utsunomiya a ajouté : « Les nouvelles particules provenant des régions proches du réacteur endommagé fournissent de précieux indices médico-légaux. Elles donnent un aperçu des conditions atmosphériques dans le bâtiment du réacteur au moment de l’explosion d’hydrogène, et des phénomènes physico-chimiques qui se sont produits pendant la fusion du réacteur« . Il a poursuivi, « alors que près de dix ans se sont écoulés depuis l’accident, l’importance des connaissances scientifiques n’a jamais été aussi cruciale. Le nettoyage et le rapatriement des résidents se poursuivent et une compréhension approfondie des formes de contamination et de leur distribution est importante pour l’évaluation des risques et la confiance du public.« 

Le professeur Gareth Law (co-auteur, Université d’Helsinki) a ajouté : « Les efforts de nettoyage et de déclassement du site sont confrontés à des défis difficiles, en particulier l’enlèvement et la gestion sûre des débris de l’accident qui présentent des niveaux de radioactivité très élevés. Dans ce contexte, la connaissance préalable de la composition des débris peut contribuer à éclairer les approches de gestion sûre« .

Étant donné la forte radioactivité associée aux nouvelles particules, l’équipe du projet souhaitait également comprendre leurs impacts potentiels sur la santé et les doses.

Le Dr Utsunomiya a déclaré : « En raison de leur grande taille, les effets sur la santé des nouvelles particules sont probablement limités aux risques de rayonnement externe lors d’un contact statique avec la peau. Ainsi, malgré le niveau d’activité très élevé, nous nous attendons à ce que les particules aient un impact négligeable sur la santé humaine car elles n’adhèrent pas facilement à la peau. Cependant, nous devons prendre en compte les effets possibles sur les autres créatures vivantes telles que les filtreurs dans les habitats entourant Fukushima Daiichi.

Même si dix ans ont presque passé, la demi-vie du 137Cs est de ~30 ans. Ainsi, l’activité des particules hautement radioactives récemment découvertes n’a pas encore diminué de manière significative. Elles resteront donc dans l’environnement pendant de nombreuses décennies encore, et ce type de particules pourrait encore se trouver occasionnellement dans les points chauds de rayonnement« .

Le professeur Rod Ewing (co-auteur de l’Université de Stanford) a déclaré que « ce document fait partie d’une série de publications qui donnent une image détaillée des matières émises lors de la fusion du réacteur de Fukushima Daiichi. C’est exactement le type de travail requis pour la remise en état et la compréhension des effets à long terme sur la santé« .

Le professeur Bernd Grambow (co-auteur de l’IMT Atlantique) a ajouté que « les travaux actuels, utilisant des outils analytiques de pointe, ne donnent qu’un aperçu très limité de la très grande diversité des particules émises lors de l’accident nucléaire, beaucoup plus de travail est nécessaire pour obtenir une image réaliste de l’impact environnemental et sanitaire très hétérogène« .

Source : Université d’Helsinki, https://www.sciencedaily.com/releases/2021/02/210217134852.htm, traduction automatique par Deepl, document original publié le 17 février 2021

NDLR:

Mais le Dr Utsunomiya rassure… hélas pour les japonais les billes ci-dessous, par leur dimension ne rentrent pas dans son critère rassurant.

– en 2016, fût annoncé que des « billes » avaient été découvertes dans les poussières recueillies, le 15 mars 2011, dans un filtre à air installé sur un bâtiment à l’ouest de Tokyo, à 230 km de la centrale endommagée. Elles étaient d’une taille comprise entre 0,58 et 5,3 micromètres et composées principalement de silice et contiennent également du fer, du zinc, du plomb et du chlore. Elles concentrent une forte quantité de césium 134 et de césium 137. ( https://www.lemonde.fr/energies/article/2016/07/06/l-accident-de-fukushima-a-disperse-des-billes-de-cesium-radioactif-jusqu-a-tokyo_4964380_1653054.html )

– il y eut une autre découverte ancienne, en 2013, de la particule la plus chaude découverte à… 483 km de Fukushima ! ( https://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education/hottest-particle via Hubert C.)

LIVRE SUR LES CONSÉQUENCES MÉDICALES ET ÉCOLOGIQUES DE L’ACCIDENT NUCLÉAIRE DE FUKUSHIMA

Il y a 8 ans, pour le deuxième anniversaire de l’accident nucléaire de Fukushima, la Fondation Helen Caldicott organisait un symposium exceptionnel de deux jours à l’Académie de médecine de New York.

À cette occasion, des personnalités de renommée internationale, scientifiques, médecins, biologistes, ingénieurs nucléaires, mais aussi des personnes inconnues comme ces marines qui se sont fait gravement irradiés alors qu’ils étaient en mission, ont présenté des communications et discuté des conséquences biomédicales et écologiques de la catastrophe de Fukushima.

Voici les noms des intervenants : Herbert Abrams, Robert Alvarez, David Brenner, Ken Buesseler, Helen Caldicott, Maurice Enis, Ian Fairlie, Cindy Folkers, David Freeman, Arnie Gundersen, Kevin Kamps, Naoto Kan, Hiroaki Koide, David Lochbaum, Joseph Mangano, Akio Matsumura, Timothy Mousseau, Mary Olson, Jaime Plym, Hisako Sakiyama, Steven Starr, Mari Takenouchi, Wladimir Wertelecki, Steven Wing et Alexey Yablokov.

Malgré la grande qualité des interventions, cet événement international consacré à l’une des catastrophes nucléaires les plus graves de l’Histoire est passé presque inaperçu dans les médias, en particulier en France. Suite à ce constat, une vingtaine de personnes, toutes bénévoles, se sont mobilisées pour réaliser des traductions françaises et allemandes afin de diffuser les communications sur la toile. Mais la tâche était colossale. Il n’y avait pas moins de 26 conférences à transcrire et à traduire à partir de vidéos. Grâce à l’impressionnante mobilisation de Kna, l’objectif a été quasiment atteint au bout de 20 mois.

Le blog de Fukushima, qui se proposait de diffuser les textes et les vidéos des conférences au fur et à mesure de leur traduction, a publié 6 conférences d’août à novembre 2013. Beaucoup plus endurant, Kna a réalisé le sous-titrage en français de tous les enregistrements qu’il a diffusés systématiquement sur ses chaînes vidéo et sur Kna-blog, où ont été publiés également 12 articles concernant ces traductions. Il a ainsi pu mettre un point final à ce projet en décembre 2014 en mettant à disposition, en ligne, l’ensemble de la documentation créée.

Un nouveau livre

Suite à la création des éditions de Fukushima en 2017, il m’a paru intéressant de rassembler toutes les traductions en un seul ouvrage afin d’en augmenter encore leur diffusion. L’ampleur du projet était telle qu’il a connu de longues pauses et qu’il a même failli être abandonné, jusqu’à ce qu’il soit réactivé début 2021.

Finalement, soutenus par Helen Caldicott et avec l’accord des conférenciers, nous avons réussi à finaliser ce nouveau livre. Le bébé fait 378 pages et comporte 26 communications de qualité, accompagnées des nombreuses illustrations utilisées par les experts qui se sont exprimés durant ce colloque.

On pourrait croire que ces conférences de 2013 sont trop anciennes mais, de fait, l’ensemble des communications de ce symposium est toujours d’actualité. De plus, c’est un cours complet pour celles et ceux qui veulent connaître dans le détail la catastrophe de Fukushima ou qui souhaitent avoir les bases de ce qu’il faut savoir sur le nucléaire, son histoire et ses conséquences.

Je tiens, pour conclure, à remercier ces bénévoles transcripteurs et traducteurs en les nommant car vraiment, sans eux, cet ouvrage collectif n’aurait jamais pu voir le jour : Robert Ash, Beata, Chris Cote, François Gillard, Odile Girard, Leonore Golling (†), Marie-Élise Hanne, Taka Honda, Kna, Andreas Kohler, Mali Lightfoot, Janick Magne, Mimi Mato, Mélanie, Cécile Monnier, Hermann Ölberg, Marie-France Payrault-Gaber, Catherine Thirion. Merci à vous tous !

Par Pierre Fetet, publié le 20 février 2021

Vous pouvez télécharger ce livre en cliquant sur ce lien : https://editionsdefukushima.fr

http://www.fukushima-blog.com/2021/02/les-consequences-medicales-et-ecologiques-de-l-accident-nucleaire-de-fukushima.html

LA RUSSIE SE PRÉPARERAIT À TESTER UN NOUVEAU MISSILE HYPERSONIQUE

Un nouveau missile hypersonique, qui pourrait équiper les chasseurs de cinquième génération Su-57 grâce à sa petite taille, devrait être testé en Russie en 2023, relate le journal russe Izvestia.

Des essais d’un missile hypersonique aéroporté russe baptisé Gremlin sont programmés pour 2023, selon un calendrier du ministère russe de la Défense cité par le journal Izvestia.

Les spécialistes qui travaillent sur le missile se préparent déjà à tester son moteur qui porte pour l’instant le nom de «Produit 70», ajoute Izvestia.

Selon le journal, les travaux de conception de ce missile, plus petit que le Kh-47M2 Kinjal déjà en dotation, ont débuté en novembre 2018.

Pour l’instant, il n’est pas clair si le Gremlin sera doté d’une ogive nucléaire. Le missile devrait avoir une portée de 1.500 kilomètres et atteindre une vitesse de Mach 6, six fois la vitesse du son. L’ancien commandant en chef de l’Armée de l’air russe, Alexandre Zeline, avait évoqué ces caractéristiques dès 2013.

D’après des données préliminaires, le Gremlin est conçu pour les chasseurs de cinquième génération Su-57, mais les experts n’excluent pas que les bombardiers Tu-22M3M, Tu-95 et Tu-160 puissent aussi être dotés de ce missile.

La Russie mise sur les armements hypersoniques

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a déclaré début février que la Russie ferait des systèmes hypersoniques la base de ses forces de dissuasion non-nucléaires.

En 2020, la Russie a mis en service opérationnel deux missiles balistiques intercontinentaux munis de blocs hypersoniques Avangard. Une escadrille d’intercepteurs modernisés MiG-31K armés de missiles hypersoniques Kinjal d’une portée de 2.100 kilomètres était précédemment arrivée dans la région militaire du Sud.

Le ministère de la Défense a en outre annoncé avoir mené des tirs réussis de missiles Tsirkon, qui équiperont des navires et des sous-marins.

Des Gremlins aux États-Unis

Les États-Unis développent aussi une arme baptisée Gremlin. En 2018, le Pentagone avait annoncé la création de drones Gremlin fonctionnant en essaims et pouvant être largués et récupérés par un avion.

En janvier 2020, la société Dynetics, chargée de réaliser le programme expérimental X-61A Gremlins de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), a publié une vidéo des premiers essais de ses Gremlins réalisés en novembre 2019.

Par Irina Dmitrieva, publié le 20 février 2021 à 18h29

Photo en titre : © Photo / Lockheed Martin

https://fr.sputniknews.com/defense/202102201045251827-la-russie-se-preparerait-a-tester-un-nouveau-missile-hypersonique/

LE TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES, UNE ÉTAPE VERS L’ABOLITION DE LA MENACE ATOMIQUE

Interrogé par le Conseil œcuménique des Églises, le cardinal Silvio Tomasi réagit à la récente entrée en vigueur, le 22 janvier dernier, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Il y voit une première étape fondamentale annonçant le début d’une «nouvelle ère» en droit international et le signe d’une opinion publique en évolution, estimant «de plus en plus» qu’il n’est «pas juste que les États utilisent et possèdent des armes nucléaires».

Lisa Zengarini – Cité du Vatican

L’ancien Observateur permanent du Saint-Siège auprès des agences des Nations-Unies à Genève et de l’Organisation Mondiale du Commerce, le cardinal Tomasi, se dit optimiste quant aux effets à long terme du traité, bien qu’il n’ait pas encore été signé par divers États, détenteurs ou non de l’arme atomique. «Personne ne se berce d’illusions en pensant que les déclarations morales seules conduiront au désarmement, mais les normes nouvellement promulguées peuvent soutenir et même guider des négociations complexes, en espérant atteindre l’objectif d’un monde sans armes nucléaires», dit-il.

Selon l’ancien nonce, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires devrait encourager les États qui ne possèdent pas l’arme atomique à s’unir pour démontrer qu’il est possible d’avancer aussi sur le front du désarmement. La prochaine conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire offre, selon lui, aux États «une excellente occasion de faire entendre leur voix et de s’engager à coopérer davantage».

Le travail de sensibilisation des Églises 

Le poids des acteurs de la société civile, qui se mobilisent par le biais de campagnes de sensibilisation du public, est également important. Leurs actions, affirme-t-il, «peuvent avoir un réel impact dans les sociétés démocratiques. En fait, tous les États et les organisations politiques peuvent jouer un rôle fondamental dans la réalisation du désarmement nucléaire».

Le cardinal Tomasi rappelle notamment le rôle du Saint-Siège et des autres Églises chrétiennes qui ont activement soutenu ce traité et continuent à lutter pour un monde sans armes atomiques: «Dans ce domaine, les religions et toutes les confessions chrétiennes peuvent converger et amplifier ensemble le même message moral pour les croyants comme pour les non-croyants», notamment par des initiatives de sensibilisation et d’information au niveau local et des campagnes de pression sur les décideurs politiques.

Le développement comme garant de la sécurité

Dans cet entretien, le cardinal italien réaffirme une nouvelle fois que «la simple existence des armes nucléaires», avec les menaces apportées par le progrès des technologies, représente un «risque constant» pour la sécurité mondiale, mais aussi un obstacle au développement, qui est la véritable condition de cette sécurité, comme l’a souligné à plusieurs reprises le Pape François. «Les investissements croissants dans les armes découlent d’un sentiment d’insécurité mais, affirme-t-il, une société ne peut jamais être sûre si les besoins essentiels de ses citoyens ne sont pas satisfaits».

C’est pourquoi, insiste le cardinal Tomasi, la proposition relancée par le Pape François de créer un Fonds mondial pour le développement humain avec l’argent précédemment investi dans les armes est cruciale pour relever les défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui. «La création de ce Fonds réduirait le risque de conflit, car elle va dans le sens de l’élimination des arsenaux nucléaires, de la réaffectation des fonds pour atteindre les objectifs de développement durable et du respect des engagements des États en matière de sécurité intégrale» estime le prélat.

L’actuelle pandémie de Covid-19 pourrait servir de catalyseur en ce sens. «En période de difficultés économiques pour tous les États, y compris les grandes puissances, il est essentiel – observe-t-il – de pouvoir dégager des fonds pour relancer l’économie. Réduire les crédits alloués à la course aux armements et les consacrer à la relance économique est en fait un choix stratégique pour les États qui souhaitent maintenir leur rôle prééminent dans le système international», conclut le cardinal Tomasi.

Par Lisa Zengarini (Cité du Vatican), publié le 21 février 2021

Photo en titre : Reproduction de la première bombe nucléaire produite massivement par les forces soviétiques, le RDS-4, au parc Fedora Poletayeva, le 16 janvier 2021.  (ANSA)

https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2021-02/traite-interdiction-armes-nucleaires-reaction-cardinal-tomasi.html

NDLR : Monsieur Macron ayant été reçu chanoine d’honneur de la basilique Saint-Jean de Latran (1), pourquoi n’écoute-t-il pas le pape auquel il « se soumet » en acceptant de recevoir ce titre ? Bizarre ! D’habitude, lorsqu’on accepte d’entrer dans une hiérarchie, on doit obéir au chef, non?

Note (1) : le 25 juin 2018 après sa rencontre avec le pape François.

NUCLÉAIRE: DISCUSSIONS «FRUCTUEUSES» ENTRE L’IRAN ET L’AIEA

L’Iran s’est félicité dimanche des discussions à Téhéran du chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, à deux jours de la mise en application prévue d’une loi qui limiterait les inspections des activités nucléaires en cas de maintien des sanctions américaines.

L’échéance fixée par la loi iranienne expire dimanche mais un responsable iranien a affirmé qu’elle n’entrerait en vigueur que mardi à moins d’une annonce par les États-Unis d’une levée de leurs sanctions.

Celles-ci avaient été rétablies en 2018 par l’ex-président Donald Trump qui a retiré unilatéralement son pays de l’accord international de 2015 censé encadrer le programme nucléaire iranien.

Grossi, directeur général de l’AIEA, a rencontré le président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

«L’Iran et l’AIEA ont eu des discussions fructueuses fondées sur le respect mutuel et dont les résultats seront publiés en soirée», a tweeté Kazem Gharibabadi, l’ambassadeur d’Iran auprès de l’AIEA, «gendarme» nucléaire de l’ONU.

Grossi doit tenir en soirée une conférence de presse à son retour à Vienne, siège de l’AIEA, après une visite de 24 heures à Téhéran.

Dans une déclaration à Press TV, la chaîne en anglais de la télévision d’État, M. Zarif a indiqué qu’il évoquerait avec le chef de l’AIEA la mise en œuvre de la loi iranienne, qui vise à restreindre certaines inspections de l’AIEA, gendarme nucléaire de l’ONU, de sites en Iran.

Mais selon M. Zarif, la loi n’aboutirait pas à une «impasse» dans la collaboration entre l’Iran et l’AIEA. Et M. Grossi pourra ainsi «s’acquitter de ses obligations de montrer que le programme nucléaire iranien reste pacifique».

«Pas d’enregistrements»

Zarif a précisé que la loi votée en décembre par le Parlement obligeait son gouvernement à «ne pas fournir les enregistrements» des caméras de surveillance installées sur les sites, à l’AIEA.

Selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, «les inspections de l’AIEA seront réduites d’environ 20 à 30% après la mise en œuvre de la loi». «Cela ne signifie certainement pas un retrait de l’accord» de 2015.

Ce pacte prévoit une levée progressive des sanctions, en échange de la garantie que l’Iran ne se doterait pas de l’arme atomique. Même si l’Iran a toujours démenti chercher à se doter d’une telle arme.

Photo d’archives fournie par Maxar Technologies montrant une image satellite de la centrale nucléaire de Bouchehr en Iran, le 8 janvier 2020 / Satellite image ©2021 Maxar Technologies/AFP/Archives

Après le retrait unilatéral américain et le rétablissement des sanctions qui étranglent l’économie iranienne, l’Iran s’est affranchi progressivement à partir de 2019 de plusieurs limites qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en vertu de l’accord conclu en 2015 avec le groupe 5+1 (États-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Russie, Chine).

D’après M. Zarif, «les stocks d’uranium enrichi vont augmenter» également, en attendant que l’autre camp respecte ses obligations.

En décembre, le Parlement iranien a exigé du gouvernement de restreindre certaines inspections de l’AIEA sur des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspects en Iran, si les sanctions ne sont pas levées au 21 février.

«Escroquerie occidentale» –

Dans un geste à l’égard de l’Iran, les États-Unis ont accepté jeudi une invitation des Européens à participer à des pourparlers pour relancer l’accord de 2015. Mais le lendemain, Joe Biden a appelé les puissances européennes à travailler de concert avec les États-Unis pour répondre aux «activités déstabilisatrices» de l’Iran au Moyen-Orient.

Dans ce contexte diplomatique complexe et alors que l’Iran et les États-Unis n’entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, M. Araghchi a indiqué que l’Iran examinait la proposition de l’UE pour une «réunion informelle».

Les installations nucléaires en Iran / AFP

La visite de M. Grossi en Iran a reçu un accueil mitigé dans la presse iranienne.

Dénonçant «l’escroquerie occidentale», le quotidien ultraconservateur Kayhan a salué la loi du Parlement, une «stratégie» qui a montré au camp adverse que «la rupture du contrat est coûteuse»

En revanche, le journal réformateur Sharq a dit douter de l’efficacité du vote de cette loi vu que Washington «n’a manifesté aucune volonté de revenir à l’accord» sous les conditions iraniennes.

«Les jours à venir sont critiques pour l’Iran» et pour les autres pays parties de l’accord nucléaire, a-t-il écrit.

Par afp, publié le 21/02/2021 à 10h27, modifié le 21/02/2021 à 14h54

Photo en titre : Photo fournie par l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, montrant le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Grossi (centre), lors d’une réunion à Téhéran, le 21 février 2021 / Atomic Energy Organization of Iran/AFP

https://www.la-croix.com/Le-chef-AIEA-debute-pourparlers-Teheran-nucleaire-2021-02-21-1301141821

ISRAËL PROCÈDE À L’EXPANSION DE SON INSTALLATION NUCLÉAIRE DANS LE NÉGUEV (MÉDIA)

« Des constructions semblent avoir commencé vers la fin de l’année 2018« 

Israël procèderait actuellement à une expansion majeure de son installation de recherche nucléaire située près de la ville méridionale de Dimona dans le désert du Néguev, a rapporté jeudi le quotidien britannique The Gardian.

Selon cette source, des travaux de construction ont été révélés par des images satellite publiées par le Panel international sur les matières fissiles (IPFM), un groupe d’experts indépendant.

Pour voir la vidéo (1mn05s), cliquer sur l’adresse en fin d’article

« Des constructions semblent avoir commencé vers la fin de l’année 2018, elles sont donc en cours depuis près de deux ans, mais c’est tout ce que nous pouvons dire à ce stade« , a indiqué Pavel Podvig, chercheur dans le cadre du programme sur la science et la sécurité mondiale à l’Université de Princeton, cité par le quotidien.

D’après le journal, l’ambassade d’Israël à Washington n’a pas souhaité réagir sur les images publiées par le groupe d’experts.

Le programme nucléaire israélien a été lancé en 1949 par le premier ministre en poste à l’époque, David Ben Gourion. 

Si Israël reconnait l’existence de ce complexe nucléaire, il refuse de communiquer sur son objectif militaire, et les informations sur ce site sont classées Secret défense par l’État hébreu.

Par i24NEWS, publié le 20 février 2021 à 10h44, dernière modification 20 février 2021 à 14h39

Photo en titre : Moshe Shai/FLASH90Vue du réacteur nucléaire de Dimona, dans le sud d’Israël, le 13 août 2016

https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/1613813387-israel-procede-a-l-expansion-de-son-installation-nucleaire-dans-le-neguev-media

CONTRE LA RÉSILIENCE, À FUKUSHIMA ET AILLEURS

Au seuil des dix années écoulées depuis le début de la catastrophe toujours en cours de Fukushima, les auteurs de ce nouveau livre, qui paraîtra  le 5 mars prochain aux éditions de L’Èchappée, font le bilan des tenants et aboutissants de ladite « politique de résilience » menée à Fukushima. L’ouvrage  « Contre la résilience – À Fukushima et ailleurs » dévoile que ce concept psycho-idéologique de résilience y est essentiellement conduit et développé en tant que technologie du consentement, notamment aux nuisances radioactives.

Funeste chimère promue au rang de technique thérapeutique face aux désastres en cours et à venir, la résilience érige leurs victimes en cogestionnaires de la dévastation. Ses prescripteurs en appellent même à une catastrophe dont les dégâts nourrissent notre aptitude à les dépasser. C’est pourquoi, désormais, dernier obstacle à l’accommodation intégrale, l’« élément humain » encombre.

La résilience s’inscrit parfaitement dans le solutionnisme de l’infinie reconstruction, partageant pleinement cette espérance avec la technologie nucléaire elle-même, lorsqu’elle prétend entreprendre de réparer le climat. Convaincus que l’on révèle sa vraie nature dans les situations contre nature, les partisans de la résilience défendent la thèse d’un dévoilement de l’homme dans les atrocités.

L’auteur de « Contre la résilience – À Fukushima et ailleurs«  (1), Thierry Ribault, est chercheur en sciences sociales au CNRS – Université de Lille (2). Il énonce clairement les leçons de résilience de « Fukushima » et d’ailleurs (1) : il s’agit de mobiliser la science afin d’initier la population à l’attiédissement de son appréhension des menaces sur sa santé et son environnement, et de lui fournir ainsi les meilleures raisons de s’adapter à la vie contaminée et de patiemment se sauver par elle-même.

La résilience est despotique car elle contribue à la falsification du monde en se nourrissant d’une ignorance organisée. Elle prétend faire de la perte une voie vers de nouvelles formes de vie insufflées par la raison catastrophique. Elle relève d’un mode de gouvernement par la peur de la peur, exhortant à faire du malheur un mérite.

L’analyse de la politique de résilience menée dans les suites du désastre nucléaire de Fukushima depuis dix ans, permet également d’identifier et de comprendre les enjeux régressifs des politiques du même nom menées face à d’autres catastrophes de la société industrielle. Ce sont les mécanismes de cette élaboration du consentement au pire que Thierry Ribault propose de mettre au jour.

NOTES :

(1) https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/contre-la-resilience .  14 x 20,5 cm | 360 p. | 22 euros . isbn 9782373090864

(2) Il est coauteur, avec Nadine Ribault, des Sanctuaires de l’abîme. Chronique du désastre de Fukushima paru en 2012 aux Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances.

Articles de ou en liaison avec Thierry Ribault sur ce site :
. Nucléaire : une maladie d’État    (23/04/2017)
. Vivre dans le jardin nucléaire avec Ethos, un crime contre l’humanité    (07/11/2016)
. Japon : un stock de plutonium suffisant pour la bombe atomique. Le double-jeu des USA et de… Areva   ( 03/09/2015)
. Soirée de solidarité avec la CANSE à Avignon    (15/03/2015)
. Des postmodernistes déprimés organisent cette semaine à Paris une opération masturbatrice d’enfumage : « Penser/Créer avec Fukushima ». L’infamie gagne du terrain.   (09/06/2014)
. Fukushima et les silences du CNRS : une parodie de « neutralité scientifique » et la domestication des masses    (14/06/2013)
. Salariés du nucléaire : l’Etat japonais discrimine et recrute les travailleurs comme des prostituées    (08/02/2012)

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Par admin, publié le vendredi 19 février 2021 à 14h11

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/02/18/Contre-la-resilience-a-Fukushima-et-ailleurs

UN AN APRÈS L’ARRÊT DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM, LES ÉLUS ATTENDENT ENCORE LES COMPENSATIONS PROMISES PAR LE GOUVERNEMENT

Selon les élus locaux, l’État « abandonne » le territoire de Fessenheim (Haut-Rhin) où la plus ancienne centrale nucléaire française a été mise à l’arrêt en 2020, rapporte France Bleu Alsace.

Un an après l’arrêt du premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), les élus attendent encore les compensations financières et fiscales promises par le gouvernement, rapporte France Bleu Alsace vendredi 19 février.

En signe de protestation, tous les maires du secteur vont déployer ces prochains jours une banderole sur le fronton de leur mairie indiquant : « Macron au secours, prélèvement FNGIR = Faillite du territoire.« 

Au cœur de l’affaire : le règlement du dossier du Fonds national de garantie individuelle des ressources (FNGIR). Il s’agit d’un fonds que les communes devront alimenter après 2023 alors qu’elles n’auront plus les retombées fiscales de la centrale nucléaire, s’inquiète le maire de Fessenheim, Claude Brender.

L’arrêt du premier réacteur, suivi en juin 2020 par le second, a marqué la fin définitive de la production d’électricité par la centrale nucléaire. Cela représente un bouleversement économique pour ce bassin d’emploi. Des aides financières devaient aider à la reconversion des salariés.

Mais selon le député Les Républicains de la circonscription, Raphaël Schellenberger, « l’État a fermé la centrale et abandonne le territoire sur tous les plans« . Il appelle à la mobilisation de tous les élus.

Par France Bleu Alsacefranceinfo, publié le 19/02/2021 à 16h22

Photo en titre : Vue de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) depuis le grand canal d’Alsace, 12 février 2020. (PATRICK GENTHON / RADIOFRANCE)

https://www.francetvinfo.fr/politique/jean-castex/gouvernement-de-jean-castex/un-an-apres-l-arret-de-la-centrale-nucleaire-de-fessenheim-les-elus-attendent-encore-les-compensations-promises-par-le-gouvernement_4303383.html

NDLR : Recette pour rater la première fermeture de centrale nucléaire afin de rendre impopulaire l’éventuelle fermeture d’autres centrales : faire des promesses financières et de reconversions génératrices d’emplois ET NE PAS LES TENIR !!!

NUCLÉAIRE IRANIEN : WASHINGTON MULTIPLIE LES GESTES DE BONNE VOLONTÉ VIS-À-VIS DE TÉHÉRAN

L’administration Biden tend la main à l’Iran. Jeudi, Washington a procédé à trois gestes d’ouverture à l’égard de Téhéran, avec la volonté de relancer l’accord nucléaire de 2015. Des gestes qui interviennent après une mise en garde des Européens aux Iraniens contre la tentation – « dangereuse » – de limiter les inspections internationales.

Les États-Unis ont multiplié, jeudi 18 février, les gestes à l’égard de l’Iran, sur fond d’intensification des discussions pour une relance de l’accord nucléaire de 2015 conclu avec Téhéran et alors que l’Iran prévoit de restreindre à partir de dimanche l’accès des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à des installations non nucléaires.

Après une réunion virtuelle des chefs des diplomaties française, britannique, allemande et américaine, Washington a annoncé accepter une invitation de l’Union européenne à des pourparlers en présence de Téhéran pour relancer les efforts visant à restaurer cet accord.

« Les États-Unis acceptent une invitation du haut représentant de l’Union européenne à une réunion du P5+1 (un groupe rassemblant États-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, Russie et Allemagne) et de l’Iran pour évoquer la meilleure façon d’avancer concernant le programme nucléaire iranien« , a annoncé le porte-parole du département d’État, Ned Price.

Un peu plus tôt, les ministres français Jean-Yves Le Drian, allemand Heiko Maas, britannique Dominic Raab et américain Antony Blinken avaient affirmé dans un communiqué, à l’issue d’une visioconférence, leur objectif de « voir l’Iran revenir au plein respect de ses engagements«  prévus en 2015, afin de « préserver le régime de non-prolifération nucléaire et garantir que l’Iran ne puisse jamais acquérir une arme nucléaire« .

Retour sur une décision de Donald Trump

L’administration de Joe Biden a annulé dans la foulée une proclamation unilatérale effectuée en septembre par le gouvernement de Donald Trump sur un retour de sanctions internationales contre l’Iran.

« Aujourd’hui, il s’agit de prendre des mesures diplomatiques pour voir si nous pouvons arriver » à l’objectif du président Joe Biden d’une remise en route de l’accord de Vienne, a indiqué un responsable américain sous couvert d’anonymat.

L’annonce en septembre par l’administration Trump, qui avait décidé en 2018 du retrait des États-Unis de l’accord, avait été jugée nulle et non avenue par une large majorité des autres membres du Conseil de sécurité.

Allègement de restrictions

La diplomatie américaine a enfin annoncé jeudi l’allègement des restrictions imposées sur les déplacements des diplomates iraniens auprès de l’ONU à New York.

Ces restrictions avaient été considérablement alourdies par l’administration Trump. Elles imposaient à ces diplomates et au chef de la diplomatie iranienne de se cantonner à quelques rues autour du siège de l’ONU avec un parcours très précis pour aller et revenir de l’aéroport Kennedy.

L’allègement des restrictions leur permettra de revenir à une situation précédente les autorisant à se déplacer librement à New York et dans ses proches environs.

« L’idée est de prendre des mesures pour supprimer les obstacles inutiles à la diplomatie multilatérale en modifiant les restrictions sur les voyages intérieurs qui ont été extrêmement restrictives« , a expliqué un responsable du département d’État.

De son côté, l’Iran a réitéré vendredi son appel aux États-Unis pour une levée de toutes les sanctions imposées par l’ancien président Donald Trump.

Téhéran « annulera immédiatement » ses mesures de rétorsion si l’administration Biden « lève sans condition toutes les sanctions imposées, réimposées ou rebaptisées par Trump« , a tweeté le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

Le patron de l’AIEA à Téhéran samedi

La réunion américano-européenne et le triple geste de Washington sont intervenus alors que l’Iran prévoit de restreindre à partir de dimanche l’accès des inspecteurs de l’AIEA à des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspectés d’avoir une activité nucléaire.

Téhéran a menacé de s’affranchir de nouveaux engagements pris en vertu de l’accord de 2015 sauf si Washington levait ses sanctions unilatérales imposées depuis 2018 et qui étranglent l’économie iranienne.

L’Europe et les Américains ont appelé la République islamique à évaluer « les conséquences d’une mesure aussi grave, en particulier dans ce moment d’opportunité pour un retour à la diplomatie« .

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, est attendu samedi en Iran pour « trouver une solution mutuellement acceptable« , selon l’organisation basée à Vienne.

Certes, « l’accord (de 2015) est moins que jamais mis en œuvre, mais pour la première fois depuis plus de deux ans, on a un consensus politique de toutes les parties initiales sur l’objectif politique commun« , et « les Américains disent : ça doit commencer par une discussion« , a-t-on expliqué de source diplomatique française.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, États-Unis et Iran se renvoient la balle sur la question de savoir qui doit faire le premier pas vers l’autre pour relancer l’accord.

Depuis 2018, Téhéran s’est affranchi progressivement de nombre de limites qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire.

« Préoccupation commune«   

Le communiqué américano-européen souligne une « préoccupation commune » face à la récente décision iranienne de produire de l’uranium enrichi à 20 % et de l’uranium métallique, qui constitue une « étape-clé dans le développement d’une arme nucléaire« .

Pour un responsable américain, un éventuel refus de l’Iran à des pourparlers à sept serait « malheureux et en contradiction » avec la position de Téhéran d’affirmer être prêt à revenir dans l’accord nucléaire si les États-Unis y reviennent.

Un réengagement américain et iranien dans cet accord « ne va pas se produire si une partie dit à l’autre quoi faire« , admet ce responsable sous couvert d’anonymat.

Texte par : FRANCE 24 , avec AFP, Vidéo par : Bilal TARABEY , publié le 19/02/2021 à 07h50

Photo en titre : Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a déclaré que l’Iran attend des actes, pas des paroles, de la part des puissances occidentales impliquées dans l’accord de Vienne. © Khamenei.ir / AFP

https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20210219-nucl%C3%A9aire-iranien-washington-multiplie-les-gestes-de-bonne-volont%C3%A9-vis-%C3%A0-vis-de-t%C3%A9h%C3%A9ran

L’ÉTAT DES ARMES

Alors que le traité sur l’interdiction des armes nucléaires, élaboré par l’Organisation des Nations unies (ONU), est entré en vigueur en janvier 2021, deux ouvrages éclairent l’histoire et les enjeux de ce type d’armement.

Dans le livre dirigé par le juriste Nicolas Haupais (1), les contributeurs analysent l’arsenal français, qui compte aujourd’hui trois cents têtes nucléaires, chacune d’une puissance de 300 kilotonnes. Respectueuse du droit international, la France adhère au traité sur la non-prolifération (TNP) de 1968, qui engage 191 États. Ce qui ne l’empêche pas d’entretenir sa force de frappe. Certes, depuis la fin de la guerre froide, Paris a désarmé, reconfigurant son modèle de dissuasion nucléaire selon le critère de suffisance. Le deuxième Livre blanc sur la défense, en 1994, consacrait le démantèlement du système d’armes Hadès (missile sol-sol nucléaire tactique à courte portée). En revanche, la France maintient et entretient son armement nucléaire de haut niveau — Rafale, Mirage, missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMP A) — et estime que les autres puissances ne désarment pas assez. L’arsenal mondial a pourtant diminué, passant de 65 000 armes dans les années 1980 à 15 000 aujourd’hui. Une tendance que s’emploie à accélérer la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix en 2017.

Le colonel Claude Lefebvre et le juriste Guillaume Weiszberg analysent quant à eux la notion de prolifération nucléaire (2). Ils distinguent la prolifération « verticale », c’est-à-dire une augmentation du nombre d’armes ou une amélioration de la puissance destructrice d’un pays, et la prolifération « horizontale » : un accroissement du nombre de pays qui en détiennent. Adoptant une perspective historique, ils rappellent que la notion de « désarmement » est apparue en 1868 dans le préambule de la déclaration de Saint-Pétersbourg, le tsar de Russie préconisant d’interdire l’usage des balles explosives, trop meurtrières et donc « contraires aux lois de l’humanité ». Ils montrent aussi que la notion d’« armes de destruction massive » (ADM) est apparue sous la plume de l’archevêque de Cantorbéry Cosmo Gordon Lang, qui évoquait à la fin de 1937 le bombardement de Guernica, en Espagne, ainsi que les atrocités perpétrées par les Japonais lors de leur invasion de la Chine, notamment le massacre de Nankin. L’expression « ADM » a ensuite été entérinée en 1946 par l’ONU, dont l’Assemblée générale, soulignent les auteurs, a joué un rôle moteur. Ainsi, les Nations unies ont organisé en 1984 la Conférence du désarmement, réunion historique à laquelle prirent part dix États du bloc de l’Est et dix du bloc de l’Ouest.

Malgré ces efforts multilatéraux, malgré les accords bilatéraux SALT (pour « Strategic Arms Limitation Talks ») I et II entre les États-Unis et l’Union soviétique dans les années 1970, le désarmement général et complet n’a jamais pu être atteint. En outre surgissent aujourd’hui de nouveaux enjeux liés à l’apparition des drones et des robots de combat, ainsi qu’au perfectionnement des armes chimiques et bactériologiques. Il apparaît nécessaire de légiférer au niveau international pour réglementer leur usage.

Plus que jamais, la question du désarmement, que portent l’ICAN, le Mouvement de la paix, etc., est cruciale dans un monde instable et multipolaire, en proie à des conflits inter- et intra-étatiques violents. Mais il semble que cet enjeu mobilise moins que durant la guerre froide.

Par Chloé Maurel, (Docteure en histoire contemporaine, auteure d’Histoire de l’Unesco. Les trente premières années. 1945-1974, L’Harmattan, Paris, 2010), publié le 19 février 2021

https://www.monde-diplomatique.fr/2021/02/MAUREL/62764

(1) Nicolas Haupais (sous la dir. de), La France et l’arme nucléaire, CNRS Éditions, coll. « Biblis », Paris, 2019, 264 pages, 10 euros.

(2) Claude Lefebvre et Guillaume Weiszberg, Les Armes de destruction massive et leur interdiction, L’Harmattan – Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS), Paris, 2020, 234 pages, 23,50 euros.

NUCLÉAIRE : UN NOUVEL INCIDENT À LA CENTRALE EDF DE FLAMANVILLE

La centrale EDF de Flamanville (Manche) a déclaré, vendredi 19 février 2021, un événement de niveau 1 concernant le diesel de l’unité de production n° 1, toujours à l’arrêt.

La direction de la centrale nucléaire de Flamanville 1-2 (Manche) a déclaré, vendredi 19 février 2021, un évènement significatif sûreté au niveau 1 de l’échelle INES, auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire.

« Le 23 octobre 2020, un essai est réalisé sur le diesel de la voie A de l’unité de production n°1. Cet essai est déclaré non-satisfaisant du fait d’une élévation de la température du palier de l’alternateur du diesel. L’ensemble des autres paramètres sont satisfaisants. Après une première analyse, un nouvel essai est réalisé le 5 novembre 2020, amenant aux mêmes conclusions. Des analyses complémentaires concluent à un défaut de calage d’un élément du palier de l’alternateur. Son repositionnement est réalisé. Un nouvel essai est réalisé le 29 décembre 2020, qui est déclaré satisfaisant » (Direction de la centrale de Flamanville 1-2)

Un défaut présent depuis 2019

Finalement, les investigations ont démontré que le défaut de calage de la pièce de l’alternateur du diesel était présent depuis novembre 2019.

« Le diesel aurait dû être déclaré comme indisponible. Durant la durée de l’événement, d’autres systèmes disponibles auraient permis de maintenir le réacteur dans un état sûr », conclut l’électricien. « Cet incident n’a eu aucun impact sur la sûreté des installations »

Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 19 Février 2021 à 20h48 

Photo en titre : Un événement de niveau 1 a été déclaré à la centrale EDF de Flamanville (Manche), vendredi 19 février 2021. (©Jean-Paul BARBIER)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-un-nouvel-incident-a-la-centrale-edf-de-flamanville-2_39650828.html

NDLR : ou bien ce diesel ne sert à rien, ou bien il est l’ultime rempart pour préserver la sûreté du réacteur de cas de problèmes sur les autres possibilités de le refroidir et dans ce cas, c’est une chance qu’il n’y ait « eu aucun impact sur la sûreté » mais la sûreté a néanmoins été affectée.

SNLE-3G : LE PRIX DES SOUS-MARINS FRANÇAIS EST « CLASSIFIÉ »

La ministre des armées Florence Parly annonce une étape essentielle du renouvellement de la dissuasion avec le lancement d’une nouvelle classe de sous-marins.

Le prix des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) est « classifié », indique-t-on dans l’entourage de la ministre des armées. La question du coût d’un tel programme majeur se pose, alors que Florence Parly annonce aujourd’hui 19 février 2021 le lancement de la « phase de conception générale » de la troisième génération de SNLE français. Le contrat de « plusieurs milliards » sur une durée de cinq ans a été notifié hier. Il sera suivi par d’autres contrats, les premières tôles devant être découpées en 2023, pour une livraison « à partir de 2035 ». Le rythme de livraison sera d’un bateau tous les cinq ans, ce qui nous amène à 2050…

S’il est « trop tôt », dit-on à l’Hôtel de Brienne, pour estimer le coût d’un tel programme, étalé sur plusieurs décennies, il reste impossible de savoir combien à coûté la génération actuelle – la classe Triomphant en service. Ces chiffres relèvent du secret-défense. Seul, l’ « agrégat » des dépenses pour la dissuasion figure au budget. Il s’élève à 4,12 milliards en 2021, un chiffre en nette augmentation comme le prévoit la loi de programmation militaire, qui vise les 6 à 7 milliards en 2025. La part des crédits de la dissuasion nucléaire (12% aujourd’hui) va progressivement augmenter dans le budget des armées. Les sommes exactes destinées à la fabrication des armes sont elles aussi « classifiées » et ne figurent pas dans les documents budgétaires.

Il est difficile d’estimer le prix d’un sous-marin : le chiffre de 9 milliards pour les 6 SNA classe Suffren est régulièrement avancé, soit 1,5 milliard par unité. Les SNLE sont des bateaux plus gros et plus complexes, donc plus chers. Au coût de développement puis de fabrication, il faut ajouter celui de « possession » – c’est-à-dire sa mise en œuvre et son entretien tout au long de son existence. On estime généralement le coût annuel de possession d’un bateau à 10% de son prix d’acquisition. Sachant que la durée de vie d’un SNLE est d’une quarantaine d’années, c’est donc quatre fois l’investissement de départ.

Le coût du programme SNLE-3G n’inclut pas celui des missiles M-51, ni celui de leurs têtes nucléaires.

Le développement d’une nouvelle génération de SNLE représente 15 millions d’heures de travail, indique-t-on au ministère des armées, et la construction de chacun d’eux 20 millions.

Cette troisième génération de SNLE français ne marquera pas une rupture radicale par rapport à la classe actuelle, même si elle intègrera des innovations importantes. Elle doit rester en service jusqu’en 2090.

Comme ses prédécesseurs, les classes Redoutable et Triomphant, le SNLE-3G mettra en œuvre seize missiles stratégiques. Le choix a été fait de conserver les actuels M-51 qui bénéficieront d’ « améliorations et d’évolutions incrémentales ». Mais l’architecture du bateau ne sera donc pas modifiée pour l’essentiel. Tout comme le fait qu’il doit pouvoir être accueilli dans les infrastructures actuelles, en particulier dans la base de l’Ile Longue (Finistère). Le ministère des armées assure simplement que les SNLE-3G « un peu plus gros et un peu long » que les Triomphants (14 000 tonnes en plongée et 138 mètres). Comme pour les Suffren, ses barres de plongée seront en forme de croix de Saint-André (X).

Pour la propulsion, il n’y aura pas non plus de révolution, puisqu’elle sera basée sur les actuelles chaudières nucléaires K15.

L’essentiel de la performance d’un SNLE est lié à sa discrétion acoustique. Celle-ci devrait être améliorée par rapport à la génération actuelle, déjà jugée comme « l’une des meilleures du monde » au ministère. La ministre Florence Parly se rend aujourd’hui à DGA-Techniques hydrodynamiques (Val-de-Reuil, Eure), l’ancien Bassin d’essais des carènes, où la discrétion des sous-marins est testée, soit de manière numérique, soit par des expériences réelles dans l’eau. L’un des problèmes à résoudre est celui de la « cavitation », c’est-à-dire de la production de microbulles par l’hélice du bateau.

Le nom des SNLE-3G n’a pas encore été choisi. Depuis les années 60, la tradition veut qu’ils portent des noms exaltant la puissance : Triomphant, Vigilant, Téméraire, Terrible, Redoutable, Foudroyant, Indomptable, Tonnant, Inflexible.

L’équipage des SNLE-3G sera d’ « une centaine » de marins (112 pour les Triomphant) et dès sa conception « ils seront capables d’accueillir un équipage mixte » d’hommes et de femmes.

Le choix de construire quatre SNLE est fondé sur l’idée de garantir la « permanence à la mer d’au moins un sous-marin » susceptible à tout moment de procéder à une « frappe en second » après une première attaque visant les « intérêts vitaux » de la France.

Reste la question des conséquences de la désindustrialisation de la France, illustrée par les difficultés de l’EPR de Flamanville, ou les vaccins dans un tout autre domaine. Le programme de SNA Suffren avait pris trois ans de retard, en particulier pour des problèmes de tuyauteries. À ce sujet, « on n’est jamais tranquille, mais le risque – permanent – reste maîtrisable », reconnait-on au ministère des armées.

La maîtrise d’ouvrage du programme est confiée à la DGA (Direction générale de l’armement) et au CEA (Commissariat à l’énergie atomique) et la maîtrise d’œuvre à Naval Group et Technicatome.

Par  Jean-Dominique Merchet, publié le 19 février 2021

Photo en titre : Vue d’artiste d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins de 3e génération. © Sipa Press

https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/snle-3g-prix-marins-francais-est-classifie-237029

LA HAGUE. NUCLÉAIRE : EDF CHOISIT LE SITE D’ORANO POUR IMPLANTER UNE NOUVELLE PISCINE

EDF a présenté jeudi 18 février, lors de l’assemblée générale de la Commission locale d’information (CLI) à la Hague, son projet d’implantation d’une piscine d’entreposage de combustibles usés sur le site d’Orano La Hague, à compter de 2034.

L’installation d’un nouveau bassin sur le site d’Orano La Hague est estimée à 1,25 milliard d’euros de la part d’EDF.

Après avoir pris connaissance d’une étude de faisabilité, EDF a confirmé son choix d’implanter une piscine d’entreposage de combustibles usés sur le site Orano La Hague, qui compte pour le moment quatre bassins.

Le projet a été présenté par EDF jeudi 18 février, lors de l’assemblée générale de la Commission locale d’information (CLI) à la Hague. Un investissement estimé à 1,25 milliard d’euros, afin de répondre au risque de saturation des bassins actuels. 6 500 tonnes de combustibles pourraient être entreposées dans un premier bassin, situé dans la partie ouest du site, et dont la mise en service est prévue pour 2034.

Un second bassin est prévu ultérieurement. « Les travaux de construction mobiliseront en moyenne 300 personnes, avec un pic de l’ordre de 500 personnes au plus fort du chantier de génie civil« , a précisé EDF dans un document. Plusieurs étapes sont encore nécessaires, comme le dépôt de Demande d’autorisation de création de l’installation (DAC), prévue fin 2022. Les citoyens devraient être invités à participer à un débat public d’ici là.

Par Marthe Rousseau avec AFP, publié le 19 février 2021 à 11h54

https://www.tendanceouest.com/actualite-378173-la-hague-nucleaire-edf-choisit-le-site-d-orano-pour-implanter-une-nouvelle-piscine.html

LE SOUS-MARIN NUCLÉAIRE LANCEUR D’ENGINS DE TROISIÈME GÉNÉRATION EST LANCÉ

Le sous-marin nucléaire lanceur d’engins de troisième génération (SN3G) a été lancé le vendredi 19 février par Florence Parly, la ministre des Armées, en visite au centre DGA techniques hydrodynamiques de Val-de-Reuil (Eure).

Le ministère a notifié la veille un contrat de « plusieurs milliards d’euros ». Ce contrat qui court jusqu’en 2025 permettra de terminer le développement, réellement commencé « en 2017 », reconnaît l’entourage de Florence Parly. Le centre de Val-de-Reuil a un rôle incontournable dans ce programme pour l’étude du système propulsif et les caractéristiques hydrodynamiques du SN3G.

La première tôle sera découpée en 2023 par Naval group à Cherbourg, augure la même source, alors que le développement se poursuivra encore. Le premier SN3G est attendu en 2035, et le dernier sera retiré du service en 2090.

Ce sous-marin sera légèrement « plus gros et plus lourd » que l’actuelle classe Triomphant et sera mis en œuvre par « une centaine de marins ». Le ministère des Armées assure qu’avec quatre SN3G, la permanence à la mer d’un sous-marin pourra être garantie, comme c’est le cas pour la génération actuelle. Un deuxième sous-marin est en permanence en grand carénage, un troisième prêt à reprendre la mer et le quatrième en entretien au retour de sa patrouille de trois mois.

La composante missile (M51) fournie par Airbus sera modernisée – elle a été conçue dans les années 1990 et 2000 -, mais le gabarit du missile n’évoluera pas afin de contenir la facture globale du SN3G. Selon le ministère, les installations de stationnement et de maintenance ne seront pas non plus adaptées, là aussi dans le but de limiter la dépense.

Par Jean-Marc TANGUY, publié le 19/02/2021 à 11h07

https://lemarin.ouest-france.fr/secteurs-activites/chantiers-navals/38297-le-sous-marin-nucleaire-lanceur-dengins-de-troisieme

NDLR : de moins en moins de lits dans les hôpitaux mais heureusement de plus en plus de sous-marins : cherchez l’erreur !

LE REDÉMARRAGE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE BRITANNIQUE DE DUNGENESS, À 50 KM DE BOULOGNE-SUR-MER, DOIT-IL NOUS INQUIÉTER ?

Suite à de nombreux dysfonctionnement, la centrale nucléaire de Dungeness, en Grande-Bretagne, avait stoppé sa production depuis 2018. Après deux ans de travaux, le site s’apprête à reprendre du service. Ce qui n’est pas sans inquiéter certains observateurs des deux côtés de la Manche.

À Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, ils sont peu nombreux à connaître l’existence de cette centrale vieillissante. Il faut dire que Dungeness est difficilement visible depuis la ville, à moins de monter en hauteur un jour de beau temps, équipé de jumelles ou du téléobjectif d’un appareil-photo. Pourtant, en cas d’accident nucléaire, les Boulonnais pourraient bien se retrouver en première ligne. La faute « aux vents marins dominants, des vents d’ouest » comme nous l’explique Denis Buhagiar, élu Europe Écologie Les Verts (EELV). « On nous dit que le nucléaire est une technologie hyper sûre et sécurisée. Donc ce n’est pas surprenant et illogique que l’opinion publique soit peu sensible à cette question”.

La probabilité d’un accident nucléaire à Dungeness est peut-être minime, mais “les conséquences peuvent être importantes, parmi elles, la contamination du Sud de l’Angleterre et du Nord de la France”, détaille Pete Roche, directeur du Conseil en énergie et environnement d’Édimbourg et responsable du site d’information anti-nucléaire No2NuclearPower.

Mais Dungeness abrite-t-elle vraiment une centrale à risque ?

Les rapports d’incidents de ces quinze dernières années n’inspirent guère confiance. Prévue pour être exploitée jusqu’en 2008, la centrale de Dungeness a vu sa durée de vie prolongée de dix ans par EDF Energy. Mais des problèmes majeurs sont apparus très rapidement, conduisant à plusieurs mises à l’arrêt de la production : un incendie en 2009, un défaut sur le condensateur de turbine en 2013 puis sur une soupape de sûreté pour la vapeur en 2014. La présence de rouille, de corrosion et des fissures signent son arrêt en 2018, ordonné par l’Office britannique de régulation nucléaire (l’équivalent de l’Autorité de Sûreté Nucléaire en France). La centrale est vieille, il faut la réparer.

Pourtant, l’Office britannique de régulation nucléaire décide dans le même temps de renouveler son exploitation pour dix années supplémentaires ! Une décision contestée par John Large, ingénieur en chef de la centrale, pour qui Dungeness est trop vieille pour marcher. Quelques temps avant son décès l’an dernier, il s’était dit inquiet par rapport à sa sécurité de l’installation. “Il pensait qu’elle ne devait pas être remise en marche à cause des nombreux dysfonctionnements et du dépassement de l’âge limite d’exploitation, raconte le journaliste britannique Paul Brown.

Si même l’ingénieur en chef vous dit de fermer la centrale, c’est inquiétant !” (Paul Brown, journaliste)

Pour le journal britannique Guardian, Paul Brown a enquêté sur la centrale de Dungeness depuis son ouverture en 1983. Il s’y est rendu plusieurs fois et a lui-même constaté les dégradations au fil des années. « Une centrale qui est à l’arrêt pendant deux ans pour des réparations, ça n’est vraiment pas bon signe« . Selon lui, le risque de submersion des eaux est également à prendre en compte. La centrale “est construite sur des bancs de galets, et avec la montée des eaux due au changement climatique, on risque d’avoir bientôt une centrale dans la mer”, comme pour celle de Fukushima, frappée par un tsunami en 2011.

© Wikimedia Commons

Pas de réouverture avant que tout danger soit écarté

Bien sûr, l’office britannique de régulation nucléaire assure qu’il n’autorisera la réouverture et le fonctionnement de la centrale « que s’il est certain qu’elle ne présente aucun danger« . C’est ce que nous a expliqué l’un de ses représentants. L’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) précise aussi que “les autorités ont des accords bi-latéraux, avec des pays frontaliers, des accords de partage d’information.” Chaque autorité de sûreté nucléaire a des obligations de notification en cas d’incident.

Les autorités ont des accords bi-latéraux, avec des pays frontaliers, des accords de partage d’information.

Mais pourquoi prolonger la vie d’une centrale qui présente des signes de faiblesse évidents, si ce n’est pour des raisons économiques ? “Beaucoup de centrales sont trop vieilles et devraient être fermées. Mais les exploitants du nucléaire ne veulent pas se trainer un boulet qui ne fonctionne plus et qui coûtera cher« , conclut Paul Brown. Car même si le prolongement et l’entretien des infrastructures nécessitent plusieurs centaines de millions d’euros, mettre la centrale de Dungeness définitivement à l’arrêt coûterait encore plus cher. Malgré les mises en garde, le vieillissement et les dysfonctionnements, EDF Energy persiste donc à la garder ouverte. 

Par Anas Daif, publié le 19/02/2021 à 11h32, mis à jour le 19/02/2021 à 11h42

Photo en titre : © Wikimedia Commons

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/pas-calais/boulogne-mer/le-redemarrage-de-la-centrale-nucleaire-britannique-de-dungeness-a-50-km-de-boulogne-sur-mer-doit-il-nous-inquieter-1962472.html

CORÉE DU SUD : LE MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES POUR LA REPRISE RAPIDE DES DISCUSSIONS NUCLÉAIRES AVEC LE NORD

SÉOUL, 18 fév. (Yonhap) — Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé son engagement à rechercher une reprise rapide du dialogue nucléaire bloqué entre la Corée du Nord et les États-Unis, en travaillant étroitement avec Washington à cette fin.

«Afin de relancer le dialogue Corée du Nord – États-Unis à une date rapprochée et faire de réels progrès dans la dénucléarisation de la péninsule coréenne, nous allons accélérer les efforts avec Washington pour élaborer des stratégies coordonnées», a déclaré le ministère dans un rapport rendu au Parlement.

Le gouvernement continuera à communiquer avec les États-Unis à tous les niveaux sur la question, y compris l’examen de la politique américaine sur Pyongyang actuellement en cours par l’administration du nouveau président américain Joe Biden, a indiqué le ministère.

Concernant l’alliance bilatérale avec les États-Unis, le ministère cherchera à la développer en une alliance mutuellement bénéfique qui contribuera à la stabilité régionale dans la péninsule coréenne et en Asie de l’Est.

Il s’efforcera également d’organiser un sommet et des réunions de haut niveau entre les deux pays et de conclure rapidement les questions de l’alliance en suspens, telles que les négociations sur le partage des coûts nécessaires au stationnement des soldats américains en Corée du Sud, a déclaré le ministère.

En ce qui concerne les relations avec le Japon, le ministère s’est engagé à faire des efforts pour résoudre les questions épineuses liées au travail forcé et à l’esclavage sexuel en temps de guerre et améliorer les liens tendus en profitant des occasions comme les Jeux olympiques de Tokyo.

Le ministère renforcera la diplomatie avec la Chine, en organisant la visite du président chinois Xi Jinping à Séoul et en rétablissant les échanges bilatéraux et la coopération, a-t-il déclaré.

Le ministère tentera également de concrétiser l’organisation par la Corée du Sud d’un sommet trilatéral avec la Chine et le Japon cette année. Séoul prévoyait d’accueillir la réunion trilatérale l’an dernier, mais elle a été annulée en grande partie en raison de l’épidémie de Covid-19.

Par eloise@yna.co.kr, publié le 18 février 2021 à 18h05

Photo en titre : Cette photo d’archives montre le ministre des Affaires étrangères Chung Eui-yong lors d’une réunion du Cabinet au complexe gouvernemental à Séoul, le 9 février 2021.

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20210218003600884

EUROPÉENS ET AMÉRICAINS DISCUTENT DU SAUVETAGE DE L’ACCORD NUCLÉAIRE IRANIEN

Le gouvernement iranien prévoit de restreindre l’accès des inspecteurs de l’AIEA à ses installations si Washington ne lève pas ses sanctions imposées depuis 2018.

Le président iranien Hassan Rohani a critiqué mercredi «les performances européennes» pour faire respecter les engagements prévus par l’accord de 2015 depuis le retrait américain du texte. – / AFP

Les chefs de la diplomatie française, britannique et allemande discutent jeudi 18 février avec les États-Unis du sauvetage de l’accord encadrant le programme nucléaire de Téhéran, qui pourrait d’ici quelques jours limiter l’accès des inspecteurs internationaux à certaines de ses installations. Le Français Jean-Yves Le Drian reçoit à Paris l’Allemand Heiko Maas et le Britannique Dominic Raab, rejoints en visioconférence par le secrétaire d’État américain Antony Blinken pour une réunion «principalement consacrée à l’Iran et à la sécurité régionale au Moyen-Orient», selon le ministère français des Affaires étrangères.

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La dirigeante allemande Angela Merkel a exprimé mercredi son «inquiétude» à propos des multiples entorses de Téhéran à l’accord international sur le nucléaire, lors d’un entretien téléphonique avec le président Hassan Rohani. Ce dernier a en retour «critiqué les performances européennes» pour faire respecter les engagements prévus par l’accord de 2015 depuis le retrait américain du texte. Et mercredi, le président américain Joe Biden et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ont évoqué l’Iran lors de leur premier échange téléphonique. Les deux dirigeants ont souligné «l’importance de la poursuite d’une étroite consultation sur les questions de sécurité régionale, en particulier l’Iran», a indiqué la Maison-Blanche.

Cette intensification des échanges diplomatiques intervient quelques jours avant une échéance qui alimente les inquiétudes: conformément à une nouvelle loi adoptée en décembre, le gouvernement iranien prévoit de restreindre l’accès des inspecteurs de l’AIEA à des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspectés d’avoir une activité nucléaire, sous certaines conditions, si les États-Unis ne lèvent pas leurs sanctions imposées depuis 2018. Il s’agirait d’un nouveau manquement à l’accord nucléaire de 2015. Depuis le retrait des États-Unis de ce texte décidé par l’ancien président américain Donald Trump, l’Iran a cessé de respecter la plupart de ses engagements clés.

« Il existe encore une toute petite fenêtre d’opportunité pour limiter les dommages qui découleraient des prochaines actions iraniennes. » (Ellie Geranmayeh, du Conseil européen des relations internationales (CEFR))

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, est attendu samedi à Téhéran pour «trouver une solution mutuellement acceptable», selon l’organisation basée à Vienne, qui s’inquiète du «sérieux impact» des limitations prévues par l’Iran. Le président iranien s’est dit prêt à le recevoir. «S’il veut négocier, il peut négocier», a-t-il affirmé mercredi, en assurant qu’il «ne s’agit pas de laisser notre activité nucléaire sans inspection».

Depuis le retrait de Washington de l’accord et la réimposition de sanctions draconiennes qui étouffent son économie, l’Iran s’est affranchi progressivement de nombre de limites qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire. L’arrivée le 20 janvier de Joe Biden à la Maison-Blanche a laissé espérer une reprise du dialogue, après la politique de «pression maximale» exercée par son prédécesseur. Mais la nouvelle administration américaine exige que Téhéran se conforme en premier lieu aux termes de l’accord censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique. Téhéran doit garantir «une coopération entière et rapide» à l’AIEA, a insisté mercredi le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price. «L’Iran devrait faire marche arrière et ne pas prendre d’autres mesures qui auraient un impact sur les garanties de l’AIEA sur lesquelles comptent non seulement les États-Unis, non seulement nos alliés et partenaires dans la région mais le monde entier», a-t-il ajouté.

À lire aussi : L’Iran, premier test international de Joe Biden

La République islamique, en retour, réclame d’abord la levée des sanctions et rejette les appels à élargir les termes de l’accord. Vendredi, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont averti Téhéran qu’il «compromettait» tout retour à des négociations pour sauver l’accord de 2015 avec ses violations répétées de ce texte, dernièrement encore sur la production d’uranium métal pouvant être utilisé dans la fabrication d’armes nucléaires.

«Il existe encore une toute petite fenêtre d’opportunité pour limiter les dommages qui découleraient des prochaines actions iraniennes», selon Ellie Geranmayeh, du Conseil européen des relations internationales (CEFR). «Ce qu’il faut désormais, ce sont des gestes américains concrets qui montrent véritablement à l’Iran que les États-Unis prennent leurs distances avec la politique de pression maximale du mandat Trump», juge l’experte, en estimant que «les Européens devraient presser l’administration Biden d’annoncer clairement sa détermination à réintégrer l’accord» de Vienne. Enfin, suggère-t-elle, «États-Unis et Europe devraient travailler ensemble pour fournir un peu de répit économique à l’Iran sur le court terme» en vue de reprendre le chemin du respect des termes de l’accord nucléaire de 2015, alors que le pays, asphyxié par les sanctions américaines, souffre aussi des conséquences économiques de la pandémie de Covid-19.

À VOIR AUSSI – Nucléaire iranien: l’ayatollah Khamenei refuse tout engagement sans levée des sanctions (07/02/2021)

 

Par Le Figaro avec AFP, publié le 18 février 2021

Pour voir et écouter la vidéo, cliquer sur: https://www.lefigaro.fr/international/europeens-et-americains-discutent-du-sauvetage-de-l-accord-nucleaire-iranien-20210218

EDF JUGE « TRÈS ÉLEVÉ » LE RISQUE RELATIF AU CALENDRIER ET AU COÛT DE FLAMANVILLE

PARIS (Agefi-Dow Jones) – EDF a prévenu jeudi que le projet de construction du réacteur de nouvelle génération EPR de Flamanville n’avait plus aucune marge. Le producteur et fournisseur d’électricité juge ainsi « très élevé » le risque relatif au calendrier et au coût à terminaison du chantier, qui a été suspendu pendant le premier confinement en France.

« À fin 2020, la revue de l’impact du premier confinement sur le chantier n’a pas amené à modifier les cibles de date du chargement de combustible et de coût de construction annoncées en octobre 2019, mais a montré que le projet n’a plus aucune marge, ni en termes de calendrier ni en termes de coûts« , a estimé EDF dans un document annexe à la présentation de ses résultats pour 2020.

« Le respect de ces cibles est dépendant de nombreux facteurs et en particulier des instructions menées par l’ASN [Autorité de sûreté nucléaire], notamment sur les modalités envisagées par EDF pour le traitement des soudures du circuit secondaire principal, et en particulier de la qualification du robot soudeur pour la reprise des soudures de traversée« , a expliqué l’électricien.

« Le report de l’approbation par l’ASN du procédé de réparation des soudures de traversée par robots télé-opérés au premier trimestre 2021 est un risque supplémentaire sur le coût à terminaison et le calendrier du chantier. Par ailleurs, d’autres risques peuvent émerger« , a ajouté EDF.

Le dernier calendrier ajusté publié par le groupe en octobre 2019 prévoit une date de chargement du combustible à fin 2022 et un coût de construction à 12,4 milliards d’euros. Par un décret datant de mars 2020, le gouvernement français avait repoussé à 2024 le délai maximal de mise en service du réacteur nucléaire de nouvelle génération, contre 2022 auparavant.

Fin janvier, EDF avait annoncé que le début de la production d’électricité par l’unité 1 de la centrale nucléaire de Hinkley Point C au Royaume-Uni avait été repoussé à juin 2026. Le démarrage de l’unité 1 était initialement prévu à la fin 2025. Cet ajustement avait fait suite à une revue détaillée du calendrier et des coûts destinée à mesurer les impacts de la pandémie de coronavirus à ce jour sur le chantier de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point C.

Par Alice Doré, Agefi-Dow Jones; (+33 (0)1 41 27 47 90; adore@agefi.fr, ed: ECH, The financial newswire, publié le 18 février 2021 à 09h58, mis à jour à 15h22

Photo en titre : EDF juge très élevé le risque relatif au calendrier et au coût de Flamanville | Crédits photo : © EDF / MORIN ALEXIS

https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/edf-juge-tres-eleve-le-risque-relatif-au-calendrier-et-au-cout-de-flamanville-1949946.php

ARMES NUCLÉAIRES. LA FRANCE DEVRAIT S’ENGAGER DANS UN DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE UNILATÉRAL

Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian) est entré en vigueur ce 22 janvier… sans faire de bruit. Par contre, dans votre édition du 22 janvier, un article cite le compte rendu de la conférence donnée par la ministre des armées Florence Parly sur les enjeux de la « revue stratégique de défense et de sécurité nationale ». (…) J’ajoute deux grandes menaces que n’a pas citées notre ministre des armées :

. celle d’un déclenchement accidentel d’une arme nucléaire, ce n’est pas une vue de l’esprit ;

. et celle d’un déclenchement par un chef d’État qui ne mesurerait plus les conséquences de ses actes.

Les derniers jours de la présidence Trump ont ravivé les inquiétudes y compris aux États-Unis à ce sujet : la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a déclaré s’être entretenue avec l’armée américaine pour s’assurer que Donald Trump, un « président déséquilibré », ne puisse pas utiliser les codes nucléaires.

Par les dépenses qu’elle entraîne au détriment des causes vitales (lutte contre la pauvreté, climat, développement écoresponsable…), la course aux armements, notamment nucléaires, engendre l’instabilité et l’insécurité liées à l’émergence de forces politiques radicales ou d’États quasi incontrôlables. Plutôt que d’investir chaque année plusieurs milliards d’euros à maintenir et à moderniser ces armes de destruction massive, la France s’honorerait à être le premier des pays dotés à ratifier le Tian et à s’engager ainsi dans un désarmement nucléaire unilatéral et une reconversion des industries concernées.

Par Michel Hautdidier, publié le 18/02/2021 à 10h21

https://www.la-croix.com/Debats/Armes-nucleaires-France-devrait-sengager-desarmement-nucleaire-unilateral-2021-02-18-1201141362

NDLR : c’est exactement la position de Nucléaire Infos : un désarmement nucléaire unilatéral. Je serai alors fier d’être français ! Malheureusement, il est probable que ce n’est pas demain la veille…

NW JOULES DEVIENT LE LEADER FRANÇAIS DU STOCKAGE D’ÉLECTRICITÉ PAR BATTERIE

Le pionnier français du stockage d’électricité par batterie NW Joules, filiale de NW Groupe, a annoncé la mise en service de 50 JBox® sur le territoire français et le démarrage d’un projet d’installation de 100 JBox® supplémentaires, qui portera sa puissance installée de stockage par batterie à 185 MW en novembre 2021.

« Nous sommes fiers de contribuer à ce développement inédit de la capacité de stockage d’électricité en France, levier majeur du développement des énergies renouvelables, indispensable face à l’urgence climatique. Outre la rapidité de déploiement permise par la solution JBox®, cette performance inédite est le fruit d’un travail de collaboration avec Enedis et RTE. Je tiens à les remercier pour leur écoute et pour leur réactivité à assurer le raccordement de nos JBox® sur le réseau de distribution et leur certification sur le réseau de transport », a commenté Jean-Christophe Kerdelhué, Président fondateur de NW Joules.

NW Joules vient de finaliser la mise en service de 50 Box® sur le territoire français. Ces installations de stockage d’électricité par batterie permettent ainsi à ce pionnier français du stockage d’électricité de devenir leader du marché, grâce une puissance totale installée de 60 MW.

Dans le prolongement de la prise de participation au capital de la société de gestion RGREEN INVEST en novembre 2020, NW Joules entame un nouveau projet d’installation, entre mi-avril et fin novembre, de 100 nouvelles JBox® qui agrègeront une puissance totale de 125 MW en collaboration avec Smart Grid Energy, filiale de Vinci Énergies.

La puissance totale de stockage installée de NW Joules sera ainsi portée à 185 MW, permettant à ce pionnier français de compter parmi les acteurs européens majeurs du marché.

Ce développement exceptionnel de par son volume et sa rapidité – 18 MW mis en service par mois – est permis grâce au concept-même de la JBox®. NW Joules a en effet pris le parti de développer une solution « plug and play » intégrant de petites capacités. Outre la rapidité de mise en service, les JBox® permettent également d’obtenir un maillage resserré du territoire.

La JBox® est une innovation française issue d’une expertise pluridisciplinaire qui ouvre une nouvelle voie pour le développement du stockage par batterie, contribuant à l’accélération du développement de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

Le faible encombrement d’une JBox® lui permet de s’intégrer facilement dans le paysage sans avoir besoin de libérer d’importantes surfaces de terrain.

Une JBox® est un poste préfabriqué constitué de 3 parties :

. Un dispositif de raccordement direct au réseau public de distribution d’électricité ;

. Une agrégation de batteries lithium-ion ;

. Un système intelligent permettant de piloter et contrôler en permanence les besoins de la réserve primaire pour permettre de soutirer et d’injecter de l’électricité intelligemment et en fonction des besoins.

Publié le 18 février 2021

https://www.enerzine.com/nw-joules-devient-le-leader-francais-du-stockage-d-electricite-par-batterie/33659-2021-02

NUCLÉAIRE MON AMOUR

Une association de défense du patrimoine nucléaire, il fallait oser. Il est vrai que les tours de refroidissement des centrales et le potentiel radioactif de leur cœur font partie du paysage français au même titre que la Tour Eiffel ou les trésors du Mont Saint-Michel. Ils irradient nos territoires de fierté patrimoniale et culturelle.

Attention, billet sarcastique et satirique pour rire jaune radioactif !

Ce sera sans doute le produit touristique phare d’après crise, lorsque le coronavirus et ses cousins (bien plus dangereux) auront été vaincus et que les hordes de touristes étrangers seront de retour. La visite de nos monuments nucléaires fera sans aucun doute un tabac (bien plus dangereux) dans les agences de voyage et les offices de tourisme. Imaginez un tour d’hélico avec passage dans le nuage des tours de refroidissement ou un bain de minuit avec repas gastronomique de champignons hallucinogènes (bien plus dangereux) dans une de ces piscines privées aux eaux limpides qui hébergent les barres d’uranium (naturel, lui). On pourra aussi se régaler d’une exploration spéléologique des tunnels-dépotoirs de Bure puis observer des chauves-souris (bien plus dangereuses) dans les environs, juste pour le frisson.

Car une Association de défense du patrimoine nucléaire et du climat (PNC-France)1, véritable faux nez du lobby nucléaire, a fait son apparition en septembre dernier. Un héritage radioactif qui a rassemblé pour sa défense un attelage assez hétéroclite Républicain-Communiste-Socialiste et une troupe de « militants » nucléaires. Parmi ces Zorro de la cause radioactive, Bernard Accoyer, co-fondateur de PNC, ancien très droitier président de l’Assemblée nationale, opposant déterminé au Pacs « pour la sécurité des enfants »,2 n’a par contre aucune crainte pour la sécurité de ces chères têtes blondes en cas d’un Tchernobyl à la française puisqu’un tel faux pas est inenvisageable et inenvisagé3. Il y a aussi Gérard Longuet, ex-militant musclé de l’extrême droite, ex-co-fondateur condamné d’Occident et ex-membre éminent du GUD et d’Ordre nouveau4, libéral viscéral, et promoteur enjoué de Cigéo et de la poubelle nucléaire de Bure. Le communiste André Chassaigne représente quant à lui les vieilles lunes productivistes du communisme à l’ancienne (pour ne pas dire léniniste), quel qu’en soit le prix sanitaire et écologique à payer. Et j’allais oublier le protecteur des abeilles françaises en la personne d’Arnaud Montebourg qui ne pouvait pas ne pas s’engager pour le patrimoine historique français.

Bon, c’est vrai, le nucléaire civil, enfant légitime du nucléaire militaire (voir plus loin) n’a fait officiellement que quelques dizaines de malheureuses victimes accidentelles. Oublions les bombes nucléaires jetées négligemment sur des villes japonaises. Oublions aussi les civils polynésiens ou algériens, mauvais coucheurs, qui se plaignent de lourdes conséquences après les feux d’artifice des bombinettes françaises. Rien à voir donc avec d’autres industries comme l’amiante, le tabac, la pharmacie (Dépakine, Médiator, Vioxx, Distilbène…), la chimie (Seveso, Bhopal, AZF Toulouse, Minamata, micro-plastiques), entre autres. Tchernobyl, Three mile Island ou Fukushima n’auront été que des intermèdes indésirables au même titre qu’une démangeaison de piqûre de moustique.

Peut-être nos protecteurs de patrimoine pensent-ils aussi au savoir-faire patrimonial de nos vaillantes industries nationales du nucléaire. Il est vrai que la construction des EPR est une vitrine formidable qui éblouit le monde entier et fait même rigoler les chinois. Il faut dire que nos industriels ont aligné de manière très spectaculaire les malfaçons, au point d’en faire une véritable performance artistique et rayonnante. Délai triplé, budget multiplié par six (3,3 milliards à 19,1 milliards) pour Flamanville5, mais aussi un chantier finlandais catastrophique et un projet anglais qui accumule déjà les retards et difficultés financières, les bâtisseurs de cathédrales n’auraient pas fait mieux. EDF, Bouygues, Areva (pardon, Orano, vaut mieux changer de nom après plantage magistral), Framatome… ont donc bien besoin d’un comité de soutien dévoué.

Rappelons aussi que l’industrie énergétique nucléaire est le pendant commercial de l’industrie nucléaire militaire. La création par Mon Général d’une force de dissuasion nucléaire dans les années 1960 coûtant les yeux de la tête, Pompidou décida de rentabiliser les recherches et les essais nucléaires en faisant du nucléaire civil. Á une telle échelle qu’il a fallu créer une clientèle captive à ce déluge d’électricité avec réseau de distribution centralisé et promotion éléphantesque du chauffage électrique pour tous, dont il nous reste comme patrimoine à défendre les grille-pain dans des logements passoires thermiques et une dépendance énergétique pour la population. On pourrait ajouter l’exploitation irresponsable du minerai d’uranium par Areva (Orano)6 dans l’un des pays les plus pauvres de la planète qui n’en profite guère sur le plan financier7, juste sur le plan des pollutions locales, mais il ne faut pas trop charger la barque du patrimoine, « français, monsieur ».

Et, pour être complet sur ce panorama touristique, n’oublions pas que cette pantalonnade se nomme précisément Association de défense du patrimoine nucléaire ET du climat. Greta Thunberg, Greenpeace, l’Affaire du siècle, Réseau Action climat… peuvent tous aller se rhabiller, le climat est entre de bonnes mains, comme la biodiversité est protégée par nos amis chasseurs.

À quand une association de défense de notre patrimoine « pesticidaire » qui permettrait de visiter presque tous nos territoires avec dégustations de produits du terroir assaisonnés ?

NOTES:

  1. https://www.journal-officiel.gouv.fr/associations/detail-annonce/associations_b/20200038/1732.
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Accoyer.
  3. Vu l’âge respectable de notre patrimoine nucléaire, les incidents plus ou moins graves se multiplient. Voir à ce sujet https://journaldelenergie.com/nucleaire/augmentation-incidents-graves-nucleaire-edf/.
  4. https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Longuet.
  5. Voir cet article récapitulatif du Monde ou le détail des malfaçons sur Wikipedia.
  6. https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/02/26/niger-a-arlit-les-gens-boivent-de-l-eau-contaminee-par-la-radioactivite_5262875_3212.html.
  7. https://www.jeuneafrique.com/mag/419702/politique/le-niger-plonge-dans-laffaire-de-luraniumgate-avec-areva/.

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Par Yves GUILLERAULT, publié le 17 février 2021 (Le blog de Yves GUILLERAULT)

Image en titre : Le lobby du nucléaire contre-attaque © Réseau Sortir du nucléaire

https://blogs.mediapart.fr/yves-guillerault/blog/170221/nucleaire-mon-amour

FLAMANVILLE. LE CRILAN EXIGE L’ARRÊT IMMÉDIAT DU RÉACTEUR 2, « DÉFECTUEUX ET DANGEREUX »

Nucléaire. Le Comité de réflexion, d’information et de lutte anti-nucléaire (CRILAN) exige l’arrêt immédiat du réacteur 2 de la centrale de Flamanville, qu’il estime défectueux et dangereux.

À la suite de la Commission locale d’information (CLI) du 4 février, où le ratage de l’exercice de sécurité de la centrale nucléaire a été mis en exergue, le Comité de réflexion, d’information et de lutte anti-nucléaire (CRILAN), pointe également, dans un communiqué en date du 15 février, le « redémarrage du réacteur 2, validé par l’Autorité de sécurité nucléaire (ASN) par dérogation au ‘code de la route’ nucléaire et donc dans des conditions dégradées, juste avant le 24ème mois d’arrêt qui lui aurait valu un arrêt définitif. En effet, les quatre générateurs de vapeur, qui auraient dû être changés, ont été rafistolés pour étancher les fuites, avec le risque d’un accident nucléaire. Après la dérogation donnée par l’ASN sur la cuve de l’EPR, le CRILAN s’insurge contre cette politique dérogatoire alors même que la centrale a été placée par la même ASN sous surveillance renforcée depuis septembre 2019. Le CRILAN alerte sur l’état du réacteur 2 qui présente un grave danger pour la population de la région. Il exige l’arrêt immédiat de ce réacteur défectueux et dangereux. »

Par Jean Rioufol, publié le 17/02/2021 à 17h50   

Photo en titre : Le Comité de réflexion, d’information et de lutte anti-nucléaire (CRILAN) exige l’arrêt immédiat du réacteur 2 de la centrale de Flamanville, qu’il estime défectueux et dangereux. – EDF

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-929934-flamanville-le-crilan-exige-l-arret-immediat-du-reacteur-2-defectueux-et-dangereux

L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE DÉCRÉPITE DES ÉTATS-UNIS PROMET UNE CATASTROPHE

Faire fonctionner des centrales électriques décrépites bien au-delà de leur capacité de conception prépare les États-Unis à une catastrophe à l’échelle de Tchernobyl ou de Fukushima.

Le professeur Karl Grossman est un critique expert renommé de l’industrie nucléaire des États-Unis. Dans l’interview suivante avec Strategic Culture Foundation, il souligne sa préoccupation face à la décision actuellement proposée par les autorités de régulation d’étendre les autorisations d’exploitation des réacteurs nucléaires, déjà vieillissants, aux centrales américaines qui étaient initialement conçues pour avoir une durée de vie de 40 ans, maintenant portée à 100 ans. Le mouvement, dit Grossman, est poussé par le lobby de l’industrie nucléaire comme un moyen de sauver l’économie de plus en plus non viable de l’énergie nucléaire. Il y a aussi, note-t-il, l’effet « tourniquet » [passage du privé au public entre régulateurs et dirigeants, NdT] entre les entreprises privées de l’énergie nucléaire et les autorités gouvernementales qui sont censées réglementer l’industrie. Cela signifie que les questions de sécurité publique sont ignorées pour la poursuite des profits. Faire fonctionner des centrales électriques obsolètes bien au-delà de leur capacité de conception prépare les États-Unis à une catastrophe de l’ampleur de Tchernobyl ou de Fukushima, prévient Grossman.

La biographie de Karl Grossman inclut une activité à temps plein comme professeur titulaire de journalisme à l’Université d’État de New York au College Old Westbury. C’est un cinéaste primé, un auteur et un expert international renommé en armement spatial, ayant pris la parole à des conférences de l’ONU et à d’autres forums sur le sujet. Il est directeur fondateur (en 1992) du Réseau mondial contre les armes et l’énergie nucléaire dans l’espace. Grossman est l’auteur du livre fondateur «Weapons in Space». Il est également associé du groupe de veille médiatique Fairness and Accuracy in Reporting (FAIR).

Entretien

Question : Combien de centrales nucléaires y a-t-il aux États-Unis ? L’énergie nucléaire contribue-t-elle moins à l’approvisionnement énergétique total des États-Unis ?

Karl Grossman : Le nombre de centrales nucléaires aux États-Unis est maintenant tombé à 94 par rapport à un sommet de 129. Et l’énergie nucléaire est en déclin en tant que source d’énergie. Voici un rapport du Nuclear Information and Resource Service à ce sujet.

Question : La plupart des centrales nucléaires ont-elles atteint la limite de service de 40 ans et peut-on prolonger la période jusqu’à 100 ans ?

Karl Grossman : Toutes les centrales nucléaires aux États-Unis sont autorisées à servir pendant 40 ans. La plupart ont maintenant reçu une prolongation de 20 ans – pour une durée de 60 ans. Jusqu’à présent, seuls quelques-unes ont obtenu une extension pour une durée de 80 ans. Et la décision de la US Nuclear Regulatory Commission (NRC) de leur permettre de fonctionner pendant 100 ans n’a pas encore été adoptée, de sorte qu’aucune centrale n’a, à ce jour, été autorisée à fonctionner pendant 100 ans.

Question : Pourquoi le NRC réglementaire envisage-t-il cette étape d’extension des licences d’exploitation ? Des bénéfices pour les opérateurs ? Y a-t-il un lobbying lucratif du NRC ? Des effets de « tourniquets » ?

Karl Grossman : L’US Nuclear Regulatory Commission devrait vraiment s’appeler l’US Nuclear Commission d’enregistrement. Elle fait tout ce que veulent l’industrie nucléaire et les partisans du nucléaire au sein du gouvernement américain. Le NRC est issu de la Commission américaine de l’énergie atomique (AEC), créée en 1946 pour promouvoir et réglementer l’énergie nucléaire aux États-Unis. Voici comment le NRC lui-même explique l’histoire sur son site Web :

L’Agence fédérale (connue sous le nom d’AEC), a été créée en 1946 pour gérer le développement, l’utilisation et le contrôle de l’énergie atomique (nucléaire) à des fins militaires et civiles. L’AEC a ensuite été abolie par l’Energy Reorganization Act de 1974 et remplacée par l’Energy Research and Development Administration (qui fait maintenant partie du  U.S. Department of Energy) et la Nuclear Regulatory Commission des États-Unis. Pour plus d’informations, consultez notre histoire.

Ce que cette explication oublie, c’est pourquoi la Commission de l’énergie atomique a été abolie. Son double rôle de promouvoir et de réglementer l’énergie nucléaire était, a conclu le Congrès américain, en conflit d’intérêts – et pas par hasard, l’Agence internationale de l’énergie atomique est calquée sur l’AEC et continue d’être en conflit d’intérêts.

Ainsi, une Commission de réglementation nucléaire a été mise en place pour faire la réglementation et, tout d’abord, une Administration de la recherche et du développement énergétiques (ERDA) a été formée pour la promotion. Quelques années plus tard, en 1977, un département américain de l’énergie a été créé et l’ERDA y a été absorbée.

Cependant, la mentalité promotionnelle de l’AEC s’est maintenue au NRC.

Il suffit de se rendre à une audience de délivrance de licence par la NRC pour voir cela – comme je l’ai fait. Les «juges administratifs», à de très rares exceptions près, ne sont pas des juges équitables ou objectifs – et les procédures fonctionnent comme des tribunaux nucléaires fantoches.

Quant à la proposition qui permettrait aux centrales nucléaires de fonctionner pendant 100 ans, il s’agit d’un effort pour maintenir l’énergie nucléaire aux États-Unis. Les deux seules centrales nucléaires en construction aux États-Unis actuellement, Vogtle 3 et 4, coûtent 28 milliards de dollars pour les deux, et le prix continue d’augmenter.

L’industrie nucléaire américaine est dans les affres de la mort – et ce, malgré le baratin actuel selon lequel l’énergie nucléaire est nécessaire pour faire face à la crise climatique. Les Pinocchios nucléaires menteurs insistent sur le fait qu’une centrale nucléaire n’émet pas de gaz à effet de serre. Ce qu’ils ne veulent pas mentionner, c’est que le cycle du combustible nucléaire – exploitation minière, broyage, enrichissement du combustible, etc. – a une importante empreinte en CO2. Et les centrales nucléaires elles-mêmes émettent du carbone, du carbone radioactif : le carbone 14.

La stratégie est donc de laisser ces centrales nucléaires vieillissantes continuer à fonctionner pour maintenir en quelque sorte l’industrie en vie. Et comme je l’ai noté dans cet article récent, ce que le NRC a également fait, c’est permettre, avec l’extension de licence, une mise en mode « turbo » des centrales – en les laissant tourner de plus en plus fort pour produire plus d’électricité. C’est une invitation au désastre. Qui aurait envie de rouler dans une voiture centenaire, et surtout de la pousser pour essayer d’atteindre 120 ou 140 kilomètres à l’heure ?

Question : Y a-t-il eu des études techniques approfondies pour justifier les extensions proposées sur des décennies ? Ou est-ce plutôt une décision fantaisiste qui n’est pas du ressort public, un défi ?

Karl Grossman : La seule étude que je connaisse est celle à laquelle je fais référence dans mon article, réalisée par le Pacific Northwest National Laboratory, qui, comme le dit Paul Gunter de l’organisation Beyond Nuclear, a été «purgé» des sites Web gouvernementaux depuis qu’elle a été citée lors d’une réunion du NRC.

Question : Y a-t-il un signe que l’administration Biden contestera la décision du NRC ? Biden a parlé d’augmenter les énergies renouvelables. Son administration ne devrait-elle pas être alarmée par les extensions du NRC et par l’ensemble de l’industrie nucléaire en général ?

Karl Grossman : Cela reste à voir. Biden est pour une «énergie nucléaire avancée» – le terme actuel employé par les partisans du nucléaire pour des centrales nucléaires «nouvelles et améliorées». Ce que l’on appelle le «petit réacteur modulaire avancé» est particulièrement encouragé maintenant.

Malgré les absurdités manifestes des promoteurs nucléaires à ce sujet, des problèmes de sécurité persistent – et ils produiront des déchets nucléaires mortels.

La grande question nucléaire est la suivante : Biden peut-il prendre conscience de la vérité sur l’énergie atomique, à quel point elle est sale, dangereuse et coûteuse ?

Et concernant le NRC, le président nomme ses membres. Quel genre de choix Biden fera-t-il ? Il pourra nommer un nouveau président pour remplacer une personne nommée par Trump, démissionnant à la fin de ce mois.

«La Commission est composée de cinq membres, nommés par le président et confirmés par le Sénat, dont l’un est désigné par le président comme directeur», comme le reconnaît ici le NRC lui-même.

Voici la biographie du NRC de la directrice actuelle qui révèle sa solide expérience en génie nucléaire :

Le président actuel, l’honorable Kristine Svinicki, nommée présidente de la US Nuclear Regulatory Commission par le président Donald J. Trump le 23 janvier 2017. Elle remplit actuellement son troisième mandat, se terminant le 30 juin 2022. Elle a commencé son service à la Commission en 2008. La présidente Svinicki a une carrière distinguée en tant qu’ingénieure nucléaire et conseillère politique, travaillant aux niveaux du gouvernement fédéral et étatique, ainsi que dans les branches législative et exécutive. Avant de rejoindre le NRC, Svinicki a passé plus d’une décennie en tant que membre du personnel du Sénat des États-Unis à faire progresser un large éventail de politiques et d’initiatives liées à la sécurité nationale, à la science et à la technologie, à l’énergie et à l’environnement. Elle a également été membre du personnel professionnel du Comité sénatorial des forces armées, où elle était responsable du portefeuille des programmes et politiques de science et technologie de défense, et des activités de défense de l’énergie atomique du Département américain de l’énergie, y compris les armes nucléaires, le nucléaire et les programmes de sécurité et environnementaux. Auparavant, Svinicki a travaillé comme ingénieure nucléaire au département américain de l’énergie.

Question : Dans le pire des cas, quel serait l’effet de la défaillance des centrales nucléaires en raison d’une sécurité obsolète ? Parlons-nous de catastrophes de type Tchernobyl ? Le pire des cas est-il un risque réel ?

Karl Grossman : Oui, une catastrophe de type de Tchernobyl ou Fukushima serait un bon exemple des conséquences si on laisse les centrales nucléaires essayer de fonctionner pendant 100 ans. Tchernobyl était de conception soviétique ; les usines de Fukushima étaient de fabrication General Electric. La majorité des centrales nucléaires dans le monde ont été fabriquées ou conçues par GE ou Westinghouse.

Les conséquences d’une catastrophe dans une centrale nucléaire – les deux plus grands types d’accidents étant un emballement nucléaire ou une fusion du cœur – sont énormes.

En ce qui concerne Tchernobyl, voici une émission télévisée, « Tchernobyl : un million de victimes », que j’ai réalisée en interviewant Janette Sherman, rédactrice en chef du meilleur livre sur la catastrophe de Tchernobyl.

Question : Au cours des dernières semaines, les médias et les renseignements américains ont renouvelé les déclarations selon lesquelles la Russie aurait lancé des cyberattaques contre les infrastructures américaines, y compris les centrales nucléaires. On dirait que la Russie peut être un bouc émissaire pratique pour l’échec des centrales nucléaires, qui est un problème inhérent aux États-Unis, rien à voir avec les cyberattaques russes présumées. Des pensées à ce sujet ?

Karl Grossman : S’il y a un accident en laissant de vieilles centrales nucléaires essayer de fonctionner pendant 100 ans, les «Russkies» (1) pourraient-ils être blâmés par l’industrie nucléaire américaine ? Ce n’est pas au-delà de l’imagination de considérer que ces gens mentent comme ils respirent.

Par Finian Cunningham, traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone, (Source Strategic Culture) publié initialement le 20 janvier 2021 puis publié le 17 février 2021 par https://lesakerfrancophone.fr/lindustrie-nucleaire-decrepite-des-etats-unis-promet-une-catastrophe

Photo en titre : La centrale nucléaire Cooper du Nebraska Public Power District (NPPD) le 18 mars 2019. © Photo : REUTERS

Note : (1) Russkies est un drame américain réalisé par Rick Rosenthal, sorti en 1987.

https://lesakerfrancophone.fr/lindustrie-nucleaire-decrepite-des-etats-unis-promet-une-catastrophe

LA CRIIRAD VOUS INVITE !

Cela fait 10 ans que la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daiichi a ébranlé le Japon à la suite d’un tremblement de terre et d’un tsunami.

Les rejets massifs de substances radioactives ont entrainé une forte contamination de l’environnement et des denrées alimentaires du pays. Des citoyens japonais se sont à l’époque organisés pour comprendre les impacts sanitaires et tenter de mieux assurer leur propre protection en dépit des discours rassurants des autorités.

La CRIIRAD s’était alors rapidement mobilisée afin d’effectuer des contrôles indépendants et d’apporter une assistance méthodologique et scientifique aux populations locales.

Mais les impacts d’une telle catastrophe, toujours en cours, sont durables. 10 ans après, les citoyens japonais doivent en supporter les conséquences sanitaires et sociales. Quelles réalités font suite à une telle contamination ? A quels enjeux la population japonaise est-elle toujours confrontée ?

Afin d’analyser la situation actuelle, la CRIIRAD réunira le 6 mars prochain 7 experts japonais et français dans le cadre de son webinaire « Fukushima 10 ans : quelles réalités ? ».

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Inscrivez-vous dès maintenant sur Zoom puis suivez les instructions dans le mail de confirmation pour vous connecter le jour J : Je m’inscris

Suivez librement et sans inscription l’évènement en direct depuis notre chaîne YouTube : Je regarde le direct

Pour faire connaissance avec la CRIIRAD cliquer sur son site : www.criirad.org/

Note pour ceux qui ne connaissent pas encore la CRIIRAD

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité – est née en mai 1986, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, à l’initiative d’un groupe de citoyens révoltés par les mensonges officiels et qui souhaitaient connaître la vérité sur la contamination réelle du territoire français. La CRIIRAD est une association. Ses missions sont définies dans l’article 1 de ses statuts (voir ci-dessous). Elle possède son propre laboratoire d’analyses (agréé par l’État)

Indépendante de l’État, des exploitants du nucléaire et de tout parti politique, la CRIIRAD existe grâce au soutien moral et financier de quelques milliers d’adhérents (dont Nucléaire Infos).

Elle mène ses propres investigations, informe le public et les médias. Si nécessaire, elle interpelle les responsables et les pouvoirs publics, engage des actions en justice et contribue ainsi à faire évoluer la règlementation en vigueur.

L’association CRIIRAD est gérée par 11 administrateurs. Actuellement, Didier GLATIGNY, préside le Conseil d’Administration.

La CRIIRAD emploie 12 salariés.

Le responsable du laboratoire est Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire.

NDLR : les dons à la CRIIRAD bénéficient d’une réduction d’impôt de 66 %. Ainsi un don de 100€ ne vous coûte que 34€.

Publié le 17 février à 20h17

LA CORÉE DU NORD DÉVELOPPE SES INSTALLATIONS DE MISSILES, AUCUNE ACTIVITÉ INHABITUELLE SUR SES SITES NUCLÉAIRES

SÉOUL, 17 fév. (Yonhap) — La Corée du Nord a amélioré ses installations de missiles mais aucun signe inhabituel n’a été détecté sur son site d’essais nucléaires démoli et son réacteur producteur de plutonium suspendu depuis longtemps, a fait savoir ce mercredi le ministère de la Défense.

Cette évaluation figure dans un rapport présenté par le ministère à la commission de la défense de l’Assemblée nationale pour une séance de briefing des politiques.

«Aucun mouvement particulier n’a été détecté depuis le 24 mai 2018, quand le Nord a démoli le site d’essais nucléaires de Punggyeri. Le réacteur nucléaire de 5 mégawatts au complexe nucléaire de Yongbyon est à l’arrêt depuis longtemps», a déclaré le ministère, en faisant référence à la principale source de plutonium de qualité militaire du Nord.

«La Corée du Nord élargit des établissements de recherche et de développement de missiles», a ajouté le ministère.

Dans un contexte de suspension des discussions sur la dénucléarisation avec les États-Unis, le Nord s’efforce de renforcer ses missiles et d’autres armes conventionnelles.

Plusieurs nouveaux types de missiles balistiques ont été dévoilés depuis 2019, y compris ses versions de l’Iskander russe et du système de missiles tactiques de l’armée américaine (ATACMS) et des missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS).

«En dévoilant de nouveaux missiles et MSBS, le Nord cherche à montrer ses capacités de défense et à renforcer la fierté du régime», a indiqué le rapport.

L’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) rapporte le vendredi 15 janvier 2021 la tenue la veille d’une parade militaire à Pyongyang à l’occasion de l’organisation du 8e Congrès du Parti du travail. Cette photo capturée du site Internet de la KCNA montre des armes présentées au défilé. Il s’agirait de missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS), dont les ogives sont plus grandes que celles qui ont été dévoilées lors de la parade militaire du 75ème anniversaire de la fondation du Parti en octobre de l’année dernière.

Le ministère a déclaré également que la Corée du Nord avait consolidé sa posture de défense terrestre et maritime près de ses frontières depuis l’année dernière et avait effectué des exercices militaires réguliers.

«Afin de prévenir les accidents et d’endiguer la diffusion de la pandémie, les troupes mènent des manœuvres aux alentours de là où elles sont stationnées», selon le rapport.

La Corée du Sud surveille étroitement les mouvements militaires du Nord et maintient un état de préparation solide, a noté le ministère, en s’engageant à prendre des mesures fortes contre les possibles provocations.

Durant le briefing, le ministère a souligné de nouveau sa volonté de reprise rapide du contrôle opérationnel (OPCON) en temps de guerre de ses troupes des mains des États-Unis.

Séoul et Washington coopèrent actuellement pour le transfert de l’OPCON basé sur des conditions. Aucun délai exact n’a été fixé, même si l’administration du président Moon Jae-in souhait reprendre l’OPCON avant la fin du mandat de Moon en mai 2022.

«Des consultations actives sont en cours avec les États-Unis pour effectuer un test de capacité opérationnelle complète (FOC) durant la (prochaine) manœuvre combinée», a-t-il été ajouté.

Le test de FOC destiné à vérifier si Séoul est sur la bonne voie pour répondre aux conditions de la transition devait avoir lieu l’année dernière mais les deux parties n’ont pas pu le faire à cause du Covid-19.

«Afin de mieux traiter les questions clés en suspens, nous nous efforcerons d’établir un canal de dialogue de haut niveau avec les autorités de défense américaines», a dit le ministère.

Par mjp@yna.co.kr, publié le 17.02.2021 à 15h48

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20210217002600884

NUCLÉAIRE: L’IRAN ANNONCE LA VENUE SAMEDI DU DIRECTEUR DE L’AIEA

VIENNE (Reuters) – Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, va se rendre à Téhéran samedi après la décision de l’Iran de mettre fin aux inspections inopinées de l’agence onusienne sur ses installations nucléaires, a déclaré mercredi l’émissaire de l’Iran auprès de l’organisation.

« Le DG de l’AIEA se rend samedi à Téhéran pour des discussions techniques avec l’Organisation de l’énergie atomique (d’Iran) sur les modalités de la poursuite de la coopération au regard des nouvelles dispositions« , écrit sur Twitter Kazem Gharibabadi.

L’AIEA a annoncé mardi que l’Iran l’avait informée la veille qu’il cesserait d’appliquer à partir du 23 février les mesures de transparence volontaires prévues par l’accord de 2015 sur son programme nucléaire.

Téhéran cherche à accentuer la pression sur la nouvelle administration américaine pour qu’elle lève les sanctions décidées par Donald Trump à la suite du retrait des États-Unis de l’accord de Vienne.

Le nouveau président américain Joe Biden a déclaré récemment que les Iraniens devaient d’abord cesser d’enrichir de l’uranium à des niveaux prohibés par l’accord de Vienne avant d’envisager une telle possibilité.

Par Francois Murphy; (version française Claude Chendjou, édité par Bertrand Boucey),par Reuters publié le 17 février 2021 à 13h54

Photo en titre : Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, va se rendre à Téhéran samedi après la décision de l’Iran de mettre fin aux inspections inopinées de l’agence onusienne sur ses installations nucléaires. /Photo prise le 14 septembre 2020/REUTERS/Leonhard Foeger

https://www.challenges.fr/monde/nucleaire-l-iran-annonce-la-venue-samedi-du-directeur-de-l-aiea_751464

CIGÉO : LANCEMENT DES PREMIÈRES CONSULTATIONS SUR LE PROJET D’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

Le 28 janvier dernier, près de 280 personnes ont participé à la concertation en ligne engagée par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), sur la phase industrielle pilote du projet de stockage géologique Cigéo à Bure (Meuse).

Dans un premier temps d’échanges sur la phase industrielle pilote (Phipil) de Cigéo, près de 280 personnes ont pris part à la concertation organisée jeudi 28 janvier 2021. Cette démarche de concertation a été engagée par l’Andra sur la phase pilote, pour plus de « transparence et de dialogue avec la société » sur le projet Cigéo. Il consiste à enfouir en profondeur des déchets radioactifs à haute activité dans les sous-sols de Bure située dans la Meuse.

L’adjoint du directeur du projet, Pascal Leverd, a d’abord présenté la démarche de déploiement et de fonctionnement de la Phipil si le projet est autorisé. Il a également précisé les prochaines étapes de concertation avec le public et les parties prenantes pour « poursuivre la définition des objectifs de ces premières années du projet ». Cette réunion a également été l’occasion pour la Direction générale de l’Énergie et du Climat (DGEC), d’évoquer les enjeux de la gestion des déchets les plus radioactifs et les grandes orientations stratégiques de la phase industrielle pilote.

La démarche de concertation initiée par l’agence se poursuivra durant le premier semestre 2021 afin de permettre au public de donner son avis et de l’informer des potentielles évolutions du projet.

Une démarche progressive de déploiement du projet

Pour rappel, la phase pilote a été proposée par l’Andra à l’issue du débat public de 2013 pour répondre à une démarche progressive de déploiement du projet de Cigéo. Elle débutera après l’obtention du décret d’autorisation de création (DAC) et correspond ainsi aux premières années de fonctionnement du centre de stockage. Celle-ci pourra durer de 15 à 25 ans.

Ce projet estimé entre 20 et 30 milliards d’euros, prévoit de confiner environ 80.000 mètres cubes de déchets radioactifs à 500 mètres sous terre, dans le bois Lejuc à Mandres-en-Barrois, près de Bure (Meuse). En janvier 2018, l’Autorité de sûreté nucléaire estimait que les options de sûreté nécessitaient des compléments concernant l’architecture de stockage ainsi que sa surveillance. Cigéo avait fait l’objet d’une expertise technique par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire rendue en juin 2017. Celui-ci faisait déjà part de ses doutes concernant la sûreté de l’architecture du projet.

Par Abdessamad Attigui, publié le 17 février 2021

Photo en titre : La concertation aborde la question du projet d’enfouissement profond de déchets nucléaires à haute activité à Bure. Crédits : Pixabay

https://www.environnement-magazine.fr/recyclage/article/2021/02/17/132651/cigeo-les-premieres-consultations-sur-projet-enfouissement-des-dechets-nucleaires

ALERTE À L’OFFENSIVE DU LOBBY DU NUCLÉAIRE

Ce billet a pour but d’attirer l’attention sur l’offensive de valorisation du nucléaire engagée par le lobby et ses soutiens. Non seulement cela apparait dans des décisions récentes (voir ci-dessous), mais ce qui vient de se passer à Montpellier doit nous interpeller.

Il s’agit de la démarche, en direction d’associations écologiques ou sociétales, du think thank Shift project financé par de grands groupes intéressés par le nucléaire et présidé par JancovicI.

Il apparait que nous sommes face à une offensive du lobby pour influencer certains mouvements de défense du climat, au sein desquels de nombreuses personnes ne connaissent du nucléaire que le discours convenu officiel.

Voir la lettre que Didier Latorre d’Arrêt du Nucléaire 34 a diffusée en réaction à cette situation : Shift Project.pdf

Pourquoi cette offensive?

EDF et l’État préparent l’annonce de la construction de 6 réacteurs EPR et se préparent à neutraliser autant que possible les oppositions que cela déclenchera. Cette annonce est différée à après les prochaines présidentielles (sachant que les partis politiques de pouvoir sont pronucléaires à part EELV, F.I. et NPA).

Mais, dès maintenant, EDF passe commande au Creusot de pièces nécessaires à ces constructions, ce qui signifie que quel que soit le résultat des présidentielles, l’État nucléaire considère être sûr de s’imposer (sait-on que dans chaque ministère, l’un des conseillers est membre du corps des mines qui gère le CEA et le nucléaire?…).

Et tout cela n’est-ce pas en symbiose avec la fameuse force de frappe atomique comme l’a rappelé récemment E. Macron?

Par quelle stratégie?

La stratégie est de prétendre à toutes occasions de débat public ou d’articles que le nucléaire est une énergie verte décarbonée. Cela est en partie vrai si on ne considère que le fonctionnement du réacteur dans la production d’électricité. Mais en partie seulement car 70% de la chaleur produite dans le cœur est perdue, relâchée dans l’environnement, dont une partie sous forme de vapeur d’eau, gaz à effet de serre plus actif que le gaz carbonique.

Mais c’est oublier tous les dégâts écologiques et les coûts énergétiques considérables liés à l’extraction du minerai d’uranium, et à toute la chaine d’élaboration du « combustible » nucléaire dans les centres atomiques successifs de Malvesi, Tricastin, Marcoule, Romans qui contaminent l’air et l’eau de leur environnement.

Et surtout c’est faire l’impasse sur l’accumulation de déchets radioactifs ingérables sur des millénaires, et sur le risque permanent de catastrophe dont nous menace le fonctionnement des centrales et des centres nucléaires, alors que déjà nous sommes passés près de la catastrophe, comme au Blayais en 99.

Écologique le nucléaire?

Rendre indispensable l’électricité nucléaire? C’est le 2ième volet de la stratégie, et pour cela œuvrer à retarder, freiner, les alternatives énergétiques renouvelables et les mesures favorables à la sobriété.

Voilà pourquoi la France est en retard sur ses voisins et, qu’au contraire, des décisions sont prises pour accroitre la consommation d’électricité:

– Le chauffage électrique est à nouveau possible dans le bâti, et comme son installation est moins chère que tous les autres systèmes de chauffage, les promoteurs vont s’engouffrer dans cette brèche.

– Les primes à la casse de véhicules en état, et d’achat de véhicules prétendus « propres » car électriques, sont un scandale écologique (1). Il en est de même des moteurs à hydrogène, cet élément nécessitant beaucoup d’électricité pour être obtenu(2). L’électricité distribuée en France étant à 70% d’origine nucléaire, ces véhicules à batterie ou à hydrogène fonctionnent en fait au nucléaire pour l’essentiel.

– Le déploiement des compteurs Linky, de la 5G, des objets connectés, et l’augmentation de l’utilisation du numérique sont très gourmands en électricité.

Nous sommes bien loin de la sobriété nécessaire à la limitation du risque climatique. Tout est fait pour que la demande en électricité s’accroisse rapidement et que le nucléaire paraisse inévitable à la population. On se demande comment font nos voisins européens sans nucléaire, sans doute sont-ils des « amish » retournés à la caverne et la bougie….

Ne restons pas inactifs. Il nous faut donc argumenter inlassablement, agir pour dénoncer la dérive actuelle de notre société, en particulier auprès des défenseurs du climat. Ne laissons pas le champ libre aux Giacometi et autres soutiens du lobby du nucléaire, dénonçons le véritable négationnisme sur les ravages du nucléaire institué dès ses débuts (3). 

Rappelons sans cesse que déjà la contamination radioactive généralisée de tout le vivant contribue à l’épidémie de cancers, leucémies, diabètes, et autres pathologies, et qu’elle est déjà responsable de dizaines de millions de victimes (4).

Préparons-nous aux luttes nécessaires à l’opposition de la construction de nouveaux réacteurs, en réclamant l’Arrêt du Nucléaire civil et militaire.

(1) « Non la voiture électrique n’est pas écologique », Reporterre, Célia Izoard, 1 septembre 2020 , https://reporterre.net/Non-la-voiture-electrique-n-est-pas-ecologique,

« Derrière la voiture électrique, l’empire des Gafam » Reporterre, Célia Izoard, 3 septembre 202, https://reporterre.net/Derriere-la-voiture-electrique-l-empire-des-Gafam,

(2) » L’hydrogène un rêve industriel mais pas écologique? »
https://reporterre.net/L-hydrogene-un-reve-industriel-mais-pas-ecologique?

(3) https://apag2.wordpress.com/2019/06/18/negationnisme-nucleaire-et-climat-concurrence-des-catastrophismes/comment-page-1/,

(4) https://apag2.wordpress.com/2019/11/29/et-si-le-nucleaire-etait-encore-beaucoup-plus-mortifere-quon-ne-limagine/,

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Par Pierre Péguin, publié le lundi 15 février 2021 à 10h38 – Lien permanent

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/02/15/ALERTE-%C3%A0-l-offensive-du-lobby-du-nucleaire

ENTREPOSAGE NON AUTORISÉ DE MATIÈRES URANIFÉRES MÉTALLIQUES DANS UN MASSIF D’ENTREPOSAGE DE L’INSTALLATION MAGENTA

Le 5 février 2021, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a déclaré à l’ASN un entreposage non autorisé de matières sous forme d’alliage uranium/aluminium (U-Al) dans un massif d’entreposage de l’installation Magenta, située à Cadarache. Cette installation est dédiée à l’entreposage de matières fissiles non irradiées ou faiblement irradiées, ainsi qu’à la caractérisation, par des mesures non destructives, des matières nucléaires réceptionnées.

En février 2021, le CEA a déclenché des vérifications des matières réceptionnées dans l’installation à la suite de l’identification d’une erreur de renseignement d’une fiche interne dite « d’adéquation matières et conditionnement » (FAMC) pouvant conduire à un entreposage de matières dans un massif d’entreposage non autorisé. Celles-ci ont permis de détecter que des matières de type U-Al étaient entreposées dans le massif d’entreposage no 1 du hall « spécifiques » depuis le 24 février 2020, alors que les règles générales d’exploitation (RGE) de l’installation interdisent aujourd’hui strictement ces matières dans cet entreposage particulier. Les procédures en vigueur le 24 février 2020 ne permettaient pas d’identifier clairement ce type d’interdictions.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, compte-tenu de l’utilisation de procédures inadéquates en matière de gestion du risque de criticité, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

La maîtrise du risque de criticité1 de l’installation n’est pas remise en cause car la conception du massif d’entreposage no 1 est compatible avec l’entreposage de ce type de matières. L’accès au massif d’entreposage n° 1 du hall spécifique est actuellement interdit jusqu’à la définition de dispositions permettant le traitement de cet écart. L’ASN veillera à ce que, sur la base de l’analyse des causes de cet événement, l’exploitant renforce ses dispositions pour assurer le respect des règles de réception et d’entreposage de matières fissiles dans son installation.

Note: [1] Le risque de criticité est défini comme le risque de démarrage d’une réaction nucléaire en chaîne lorsqu’une masse de matière fissile trop importante est rassemblée au même endroit. Pour prévenir ce risque, les règles générales d’exploitation de l’installation prévoient, notamment, la limitation de la masse de matière présente à chaque étape de fabrication et le contrôle de la géométrie de la matière fissile.

Publié le 16 février 2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Entreposage-non-autorise-de-matieres-uraniferes-metalliques-dans-un-massif-d-entreposage

CANADA : LA RÉVISION DES NORMES SUR LE NUCLÉAIRE DOIT ÊTRE PLUS TRANSPARENTE

Politique canadienne sur les déchets radioactifs

 « Il est crucial que cette révision, qui aura des répercussions majeures, tienne vraiment compte des priorités du public, » conclut Mme Pauzé.

Ressources naturelles Canada (RNCan) a lancé une révision de la politique canadienne sur les déchets radioactifs qui inquiètent plusieurs regroupements citoyens et le Bloc Québécois qui interpellent à nouveau le ministre Seamus O’Regan. La missive envoyée par près d’une centaine de personnes, dont la porte-parole en matière d’environnement du Bloc Québécois, Monique Pauzé, réclame un processus plus transparent et la prolongation de la période de consultation.

« Ce qui se passe actuellement est assez inquiétant, estime Mme Pauzé. Des déchets qui étaient auparavant considérés de moyenne radioactivité pourraient maintenant être considérés de faible radioactivité et être enfouis à seulement 30 mètres de profondeur dans le sol. On parle de déchets qui pourraient rester radioactifs pendant une centaine d’années. On ne peut pas laisser faire ça! Il pourrait y avoir de grands risques environnementaux, notamment pour notre eau potable puisqu’un des sites visés par les modifications est Chalk River sur la rivière des Outaouais. Un accident dans ce site d’enfouissement pourrait contaminer l’eau potable de millions de Québécois qui prennent leur eau dans le fleuve. »

Déjà en juillet dernier, les députés du Bloc Québécois avaient fait part au ministre O’Reagan de leur crainte relativement au processus amorcé par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), l’organisme  de réglementation nucléaire indépendant du ministère qui réglemente l’utilisation de l’énergie et des matières nucléaires tout au long de leur cycle de vie. 

« À cette époque, nous avions exigé que la Commission retarde l’adoption des modifications de la classification des déchets radioactifs car le comité avait entendu uniquement les arguments du personnel de la CCSN. Aucun organisme ou individu n’était autorisé à intervenir lors de cette assemblée. J’ai demandé au ministre s’il ne trouvait pas étrange que la Commission ait un pouvoir de décision dans un dossier dans lequel elle a ses propres intérêts. Pour moi, le processus semble biaisé et ça n’a aucun sens », déplore Monique Pauzé.

La lettre envoyée au ministre des Ressources naturelles le 4 février réclame donc que tous les Québécois et les Canadiens aient une chance égale de participer à cette révision de la politique canadienne sur les déchets radioactifs.

« Il est crucial que cette révision, qui aura des répercussions majeures, tienne vraiment compte des priorités du public, conclut Mme Pauzé. Il faut éviter les conflits d’intérêts, l’industrie nucléaire ne doit pas bénéficier d’une voix privilégiée pour orienter les conclusions de cette révision. En ce moment, trop peu de gens savent qu’une consultation a lieu et qu’elle se terminera le 31  mars, c’est pourquoi nous souhaitons également prolonger le délai de cette consultation. »

Publié le 15 février 2021

https://www.hebdorivenord.com/article/2021/02/15/la-revision-des-normes-sur-le-nucleaire-doit-etre-plus-transparente

QUESTION AU DR VALLEY: LE POINT FAIBLE DU NUCLÉAIRE ISRAÉLIEN?

Selon (1) : « Depuis sa création, l’État d’Israël se trouve dans un environnement hostile et a été contraint de consacrer des ressources importantes à la défense. Les dirigeants israéliens surveillent de près les tendances mondiales en matière de développement d’armes de guerre et ne peuvent ignorer le rôle de plus en plus important des armes nucléaires.

Selon des données publiées par des sources étrangères, certaines des structures sont cachées sous le sol. De nombreuses parties importantes du complexe nucléaire israélien sont protégées par des sarcophages en béton capables de résister à une bombe aérienne.

En outre, dans les installations nucléaires, sans précédent même selon les normes israéliennes, des mesures de sécurité et le secret le plus strict sont appliqués.

Le point faible du programme nucléaire israélien est l’impossibilité de mener des essais nucléaires. Cependant, on peut supposer que, étant donné les liens de défense étroits qui unissent les forces de défense israéliennes, les ogives nucléaires israéliennes auraient pu être testées sur le site de test américain du Nevada, où ces explosions ont été émises pour des tests américains. Aux États-Unis, des précédents similaires existent déjà depuis le début du 60, toutes les charges nucléaires britanniques y ont été testées. À l’heure actuelle, l’expérience acquise au fil des décennies et les performances élevées des supercalculateurs modernes permettent de créer des modèles mathématiques réalistes d’ogives nucléaires et thermonucléaires, ce qui permet de se passer d’une charge nucléaire sur le site d’essai. »

Note (1) : https://fr.topwar.ru/143462-yadernyy-potencial-izrailya.html

Par Israelvalley Desk|, publié le 15 février 2021

(Avertissement : IsraelValley ne fait que reproduire cet article publié en dehors d’Israël).

https://israelvalley.com/2021/02/15/question-au-dr-valley-le-point-faible-du-programme-nucleaire-israelien/

SAINT-ROMAIN-DE-JALIONAS : UNE MANIFESTATION CONTRE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY

Une quinzaine de personnes de l’association Sortir du nucléaire SDN Bugey manifestent ce mardi après-midi au rond-point situé avant le pont de Loyettes à Saint-Romain-de-Jalionas. Plusieurs banderoles ont été déployées, notamment contre l’installation de nouveau réacteur à la centrale du Bugey.

Par Jules BOURGOIN & Mourad ALLILI, publié le 16 février 2021 à 16h05 | mis à jour à 16h16 Photo en titre extraite de la vidéo (Montage Mégane GILLET), durée 1mn05s, visible sur :

https://www.ledauphine.com/environnement/2021/02/16/saint-romain-de-jalionas-une-manifestation-contre-la-centrale-nucleaire-du-bugey

LE NUCLÉAIRE EST CONFRONTÉ À « BEAUCOUP D’INCERTITUDES » À L’APPROCHE DE L’ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE DE L’UE

L’industrie est de plus en plus nerveuse face aux projets de la Commission européenne visant à évaluer la sécurité de la manipulation des déchets radioactifs. En effet, un rapport d’experts est attendu le mois prochain sur la manière de classer l’énergie nucléaire dans la taxonomie verte de l’UE.

L’organisme de recherche interne de la Commission européenne, le Centre commun de recherche (CCR), met la dernière main à un rapport sur la sécurité de la manipulation des déchets radioactifs qui pourrait être fatale pour l’avenir de l’industrie nucléaire européenne.

Ce rapport, attendu pour fin février ou début mars, pourrait finalement reconnaître l’énergie nucléaire comme un « combustible de transition » au sens du règlement du financement vert de l’UE, ou au contraire la stigmatiser de manière irréversible comme une forme d’énergie polluante qui « nuit considérablement » à l’environnement.

« Le grand problème que pose pour nous cette taxonomie est qu’elle permettra aux entreprises éligibles d’avoir accès à des obligations et à des fonds qui ont un taux d’intérêt plus faible », a déclaré Jessica Johnson, directrice de la communication de Foratom, l’association professionnelle représentant l’industrie nucléaire à Bruxelles.

« Cela signifie que le coût du financement pourrait potentiellement être inférieur s’ils ont accès à ces fonds car le montant des intérêts qu’ils devront rembourser est beaucoup moins élevé », a-t-elle déclaré aux journalistes lors d’un point de presse en ligne mercredi (9 février).

Les banques privées sont réticentes à accorder des prêts pour de nouveaux projets nucléaires à moins que les gouvernements ne les soutiennent avec des garanties financières et des aides d’État substantielles. Les énergies renouvelables, en revanche, sont moins chères à construire et offrent des délais de livraison et des retours plus rapidesde plus en plus sans aide de l’État.

L’énergie nucléaire « morte et vivante », proclame S&P

« Nous ne voyons guère de justification économique à la construction de nouvelles centrales nucléaires aux États-Unis ou en Europe occidentale, en raison de l’augmentation massive des coûts et de la compétitivité des coûts des énergies renouvelables », a déclaré l’agence de notation S&P dans une note publiée en 2019.

La concurrence croissante de l’électricité renouvelable bon marché, les préoccupations de sécurité et l’augmentation des coûts des nouvelles centrales poussent lentement l’énergie nucléaire à sa limite – sauf en Russie et en Chine où l’industrie continue de bénéficier d’un soutien important de l’État, a déclaré S&P.

« Cette question du financement est absolument essentielle pour notre industrie dans la perspective d’une nouvelle construction. Et il est clair que la taxonomie à cet égard sera également très importante », déclaré Yves Desbazeille, directeur général de Foratom.

Mais le débat sur le nucléaire en Europe est tellement polarisé qu’il s’est avéré impossible de parvenir à un compromis lors des négociations sur le livre vert de l’UE sur le financement.

Lorsque les États membres de l’UE et le Parlement européen ont conclu un accord sur le règlement de taxonomie en décembre 2019, la décision sur la manière de classer les technologies « de transition » comme le gaz naturel et l’énergie nucléaire a été repoussée.

Selon l’Autriche et l’Allemagne, la question des déchets radioactifs disqualifie automatiquement le nucléaire en vertu du principe de la taxonomie de « ne pas causer de dommages significatifs », qui empêche les technologies de recevoir un label vert de l’UE si elles portent atteinte à une liste de six objectifs environnementaux prédéfinis allant de l’atténuation du changement climatique à la prévention de la pollution et à la protection de la biodiversité.

D’autres pays, comme la France et la Grande-Bretagne, n’étaient pas d’accord et ont bloqué un accord sur le règlement de la taxonomie parce qu’il ne reconnaissait pas le nucléaire comme une source d’électricité « à faible teneur en carbone », qui apporte une « contribution substantielle » au premier objectif – l’atténuation du changement climatique.

Pour régler le différend, la Commission a alors décidé de charger le CCR de rédiger ce rapport. Une fois publié, celui-ci sera examiné par deux autres groupes d’experts, qui auront trois mois pour émettre leur avis.

Sur la base de cette contribution, la Commission européenne décidera ensuite, au cours du second semestre, comment elle entend classer l’énergie nucléaire dans la taxonomie du financement vert de l’UE. En attendant, « cela est pour nous un gros problème car cela crée beaucoup d’incertitudes », a déclaré Mme Johnson.

Par Frédéric Simon, (EURACTIV.com), publié le 16 février 2021 à 7h49, mis à jour à 7h51

Photo en titre : Réacteur nucléaire de Doel, Port d’Anvers, Belgique. Alors que la Belgique est en train de sortir du nucléaire, de nouveaux projets sont envisagés en Pologne et en République tchèque. [TonyV3112 / Shutterstock]

https://www.euractiv.fr/section/energie/news/le-nucleaire-est-confronte-a-beaucoup-dincertitudes-a-lapproche-de-levaluation-environnementale-de-lue/

LECTOURE. GERS : DISTRIBUTION PRÉVENTIVE DE COMPRIMÉS D’IODE DANS LE LECTOUROIS

Plusieurs foyers lectourois viennent de recevoir dans leurs boîtes aux lettres un courrier gouvernemental intitulé « Alerte nucléaire : je sais quoi faire ! ».

Cette lettre est signée par Alain Thirion, préfet, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, le Professeur Jérôme Salomon, directeur général de la santé et Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens.

Le texte de ce courrier est le suivant : « Madame, Monsieur, depuis l’extension de 10 à 20 km du rayon des Plans particuliers d’intervention autour des centrales nucléaires, vous êtes concerné(e) par la distribution préventive de comprimés d’iode, et avez à cette occasion reçu, en septembre 2019, un bon de retrait de ces comprimés. Au terme de la période de retrait des comprimés en pharmacie, il semble que vous n’ayez pas encore réalisé cette démarche ; vous trouverez donc votre boîte de comprimés d’iode dans cette enveloppe. Conservez-la dans un endroit accessible et facilement mémorisable, idéalement dans votre kit d’urgence préparé suivant le Plan familial de mise en sûreté (PFMS), à l’abri de l’humidité et hors de portée des enfants. Selon la composition du foyer et la posologie, si vous avez besoin de comprimés supplémentaires, vous pouvez vous en procurer dans une des pharmacies participant à l’opération (liste sur le site www.distribution-iode.com).

Nous vous rappelons qu’en cas d’alerte nucléaire, l’iode stable, moyen efficace de protéger la thyroïde contre les effets d’éventuels rejets d’iodes radioactifs, doit être pris uniquement sur instruction du préfet. Il est important que chaque citoyen participe à cette action de prévention des risques.

D’autres réflexes doivent être connus pour bien réagir en cas d’alerte nucléaire :

. se mettre rapidement à l’abri dans un bâtiment, se tenir informé(e),

. ne pas aller chercher ses enfants à l’école,

. limiter ses communications téléphoniques,

. se préparer à une éventuelle évacuation.

Pour en savoir plus, le site www. distribution-iode.com est à votre disposition et des conseillers sont à votre écoute au 0 800 96 00 20 (appel gratuit) du lundi au vendredi, de 10 heures à 18 h 30.« 

Publié le 15/02/2021 à 05h07, mis à jour à 09h04

Photo en titre : La centrale nucléaire de Golfech Image d’illustration DDM

https://www.ladepeche.fr/2021/02/15/distribution-preventive-de-comprimes-diode-dans-le-lectourois-9373903.php

COLLECTIF CITOYEN#2 : COLLECTIF D’ALARME NUCLÉAIRE DE L’ORLÉANAIS (CANO)

Alors qu’au nom du climat et de la transition énergétique, certains font la promotion de l’énergie nucléaire comme étant l’énergie propre du futur, le « Collectif d’Alarme Nucléaire de l’Orléanais » (CANO) veut informer la population sur les risques encourus en vivant dans une vallée où, sur 200 km, fonctionnent quatre centrales nucléaires. En effet la région Centre Val de Loire abrite 4 des 19 centrales nucléaires françaises et 12 des 58 réacteurs. Nous interrogeons Monsieur Frédéric Tarche, un des membres du collectif.

En décembre 2019 votre collectif a édité un livret : « Saint-Laurent, STOP à l’acharnement nucléaire ! » sur les menaces que fait peser l’état de la centrale nucléaire de Saint*Laurent, proche des villes de Blois et d’Orléans. Les risques nucléaires ne sont pas spécifiques à cette centrale. Quel est l’accident le plus redoutable ?

Frédéric Tarche : À l’heure actuelle, l’industrie nucléaire, sans prendre en compte son secteur militaire, est la plus dangereuse pour toute l’humanité. En cas d’explosion d’un réacteur dans une des quatre centrales (Belleville, Dampierre, St Laurent, Chinon) de notre région, avec des vents à dominante Est/Ouest et Ouest/Est, la contamination radioactive entrainera de très nombreux cancers ainsi qu’une pollution des terres pour des centaines d’années. Nous en avons malheureusement désormais la preuve après les explosions de Tchernobyl et Fukushima. La situation dans les centrales françaises, comme pour les quatre de notre région, est critique de l’aveu même de l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) : cuves usées, fissures, radier (dalle d’assise des cuves) à consolider. Ce sont des travaux gigantesques, très coûteux, voire techniquement impossibles pour les cuves.  

Après ces deux désastres, comment des décideurs de haut niveau, des ingénieurs bardés de diplômes, peuvent encore faire prendre ces risques mortels à la population ?

F.T. : Nous sommes entrés dans un temps de l’humanité où ceux qui ont du pouvoir veulent faire croire que l’intelligence artificielle, autrement dit l’usage de formules mathématiques pour réglementer notre vie, est supérieure à l’intelligence humaine. Ils satisfont ainsi leur désir névrotique de toute puissance et ils continuent de croire dans le progrès « à tout prix » y compris celui de la vie.

Vous dénoncez toute une liste de dangers en rapport avec les centrales nucléaires de la région Centre-Val de Loire mais, en cas d’accident, que préconisez-vous afin d’en limiter les terribles conséquences ?

F.T. : Nous demandons, entre autres, que les autorités de l’agglomération orléanaise, du département, de la région, distribuent rapidement, à toute la population, par courrier postal, parce que tout le monde n’a pas un smartphone ou ne souhaite pas être une fois de plus connecté, les informations expliquant ce qu’il faut faire et ne pas faire en cas d’accident nucléaire. Il faut indiquer où seront stockés les pastilles d’iode à distribuer urgemment. Nous réclamons que les sirènes municipales soient à nouveau en fonctionnement avec des exercices d’alerte réguliers, bien au-delà des 20 km préconisés autour des centrales, calcul irresponsable qui oublie que la radioactivité se diffuse par voie aérienne et n’a pas de frontière !

Comment travaillez-vous ?

F.T. : Nous collaborons régulièrement avec de nombreuses associations, d’autres collectifs et des partis politiques. Ainsi nous échangeons des informations avec l’association Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité  (CRIIRAD), le réseau « Sortir du nucléaire », « ATTAC France » et « La Loire vivra », les partis politiques la France Insoumise (LFI), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Europe Écologie Les Verts (EELV)…

Avec la pandémie nos actions auprès du public sont ralenties. Nous continuons néanmoins de nous réunir et diffusons une pétition exigeant des élus de la région qu’ils informent la population de ce qu’il faudra faire en cas d’explosion d’un réacteur.

Quels sont vos projets dans un proche avenir ?

F.T. : Plusieurs villes de France vont commémorer les dix ans de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Notre collectif loue un car afin de se rendre le samedi 13 mars à Nantes qui sera une de ces villes commémoratives. D’autres livrets sont en préparation dont un sur la dernière trouvaille d’EDF : « Programme Ethos-Vivre dans un jardin nucléaire ». Le projet Ethos veut convaincre la population qu’après l’explosion d’un réacteur, vivre dans une zone irradiée est une preuve de courage et de résilience. Ces propos sous entendent que ceux qui refuseront de revenir dans ce « jardin » sont des couards « qui n’osent pas se confronter au danger en dominant leurs peurs »…

Propos recueillis par Jean-Paul Briand

Dans la série consacrée aux collectifs citoyens voici le « Collectif d’Alarme Nucléaire de l’Orléanais ».

Alors qu’au nom du climat et de la transition énergétique, certains font la promotion de l’énergie nucléaire comme étant l’énergie propre du futur, le « Collectif d’Alarme Nucléaire de l’Orléanais » (CANO) veut informer la population sur les risques encourus en vivant dans une vallée où, sur 200 km, fonctionnent quatre centrales nucléaires. En effet la région Centre Val de Loire abrite 4 des 19 centrales nucléaires françaises et 12 des 58 réacteurs. Nous interrogeons Monsieur Frédéric Tarche, un des membres du collectif.

Publié le lundi, 15 février 2021

Photo en titre : La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loir-et-Cher. Photo Suaudeau/wiki

Joindre le Collectif d’alarme nucléaire de l’orléanais pour tous renseignements ou commander leur livret d’information (2€) : alarmenucleaireorleans@orange.fr

https://www.magcentre.fr/208048-collectif-citoyen2-collectif-dalarme-nucleaire-de-lorleanais-cano/

NUCLÉAIRE : L’IRAN REDIT SON OPPOSITION À LA BOMBE A

La République islamique d’Iran a réaffirmé lundi son opposition à la bombe atomique, arguant d’un interdit religieux sur la possession d’une telle arme après une polémique suscitée par les propos d’un ministre

« La position de l’Iran n’a pas changé : les activités nucléaires de l’Iran ont toujours été pacifiques et le resteront », a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes Saïd Khatibzadeh, lors d’une conférence de presse, ce lundi, à Téhéran, arguant d’un interdit religieux.

« La fatwa du guide suprême sur l’interdiction des armes nucléaires est toujours valide », a ajouté M. Khatibzadeh en faisant référence à un décret religieux du numéro un iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Le texte de cette fatwa, dont l’Iran affirmait l’existence depuis plusieurs années, a été rendu public pour la première fois en 2010, en pleine crise sur la question nucléaire iranienne.

Bras de fer

Si un chat est acculé, il peut se comporter autrement que le ferait un chat libre.

La fatwa du Guide déclare comme « haram » l’utilisation de la bombe atomique et est régulièrement brandie par les autorités iraniennes comme une garantie absolue des bonnes intentions de la République islamique en matière nucléaire. Mais le ministre des Renseignements iranien, Mahmoud Alavi, a semé le doute il y a quelques jours avec des propos jugés « très inquiétants » par le département d’État à Washington.

«Notre industrie nucléaire est une industrie pacifique, le Guide suprême [l’a] explicitement déclaré dans sa fatwa …] Mais si un chat est acculé, il peut se comporter autrement que le ferait un chat libre », avait déclaré M. Alavi à la télévision d’État le 8 février. «S’ils poussent l’Iran dans cette direction, alors ce ne sera pas la faute de l’Iran, mais la faute de ceux qui l’ont poussé», avait-il encore dit avant d’ajouter qu’«en temps normal, l’Iran n’a ni une telle intention ni un tel plan

À l’étranger, les propos de M. Alavi ont pu être perçus comme une tentative de faire monter les enjeux dans le bras de fer qui oppose Téhéran à Washington à propos de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015 alors que l’Occident s’alarme de la montée en puissance des activités nucléaires de la République islamique.

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Par SudOuest.fr avec AFP, publié le 15/02/2021 à 11h46

https://www.sudouest.fr/international/nucleaire-l-iran-redit-son-opposition-a-la-bombe-a-1327237.php

13 MARS : « FUKUSHIMA PLUS JAMAIS ÇA » : ARRÊT DU NUCLÉAIRE CIVIL ET MILITAIRE, MANIFESTATION À NANTES (LOIRE-ATLANTIQUE)

SAMEDI 13 MARS – À PARTIR DE 14H00 AU PARC DES CHANTIERS, BOULEVARD LÉON BUREAU (près de l’éléphant), TRAM LIGNE 1 – ARRÊT CHANTIERS NAVALS

Au programme : Stands, animations, prises de parole… Fukushima : point sur l’accident dix ans après. En France : fiasco de l’EPR, risques de la construction de nouveaux réacteurs, comment le nucléaire pollue l’eau potable, pourquoi le nucléaire ne sauvera pas le climat, que faire des déchets pendant 100 000 ans, pourquoi le nucléaire militaire est illégal, etc.

Rdv dans le respect des gestes barrières et en téléchargeant ici l’attestation pour pouvoir rentrer de la manifestation après 18h00 : https://www.sortirdunucleaire.org/nantes

> Ici l’événement Facebook à faire tourner : https://www.facebook.com/events/418742699209495

> Flyer disponible sur le site pour impression ou diffusion web.

TEXTE D’APPEL :

Premiers signataires : ACEVE | Attac 44 | Bure Stop 55 | Cedra | Collectif anti-nucléaire Ouest | Collectif Loire Vienne Zéro nucléaire | Comité Bure en Retz | EELV Pays de la Loire | Ensemble ! 44 | Fakir Nantes | FAN Bretagne | Greenpeace Nantes | LFI 44 | Moine et Sèvre pour l’Avenir | NDDL Poursuivre Ensemble | NPA 44 | Réseau « Sortir du nucléaire » | Rezé à Gauche Toute | Solidaires 44 | Sortir du nucléaire Cornouaille | SDN Pays de Saint-Malo | SDN Berry Giennois Puisaye | SDN Pays nantais | SDN 49 | SDN 72 | SDN 79 | Stop nucléaire 56 Trawalc’h | UCL Nantes…

Au Japon, la catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011 n’est pas terminée et impacte toujours la santé et l’environnement. Dix ans après la fusion des trois cœurs de réacteurs, une large partie de l’archipel reste contaminée. Dans certaines régions, la radioactivité ambiante est trop élevée et les habitants mangent de la nourriture contaminée. Tandis que le gouvernement prévoit de se débarrasser des milliards de litres d’eau contaminée en les rejetant directement dans l’océan Pacifique, aux quatre coins du pays des millions de tonnes de déchets radioactifs continuent de s’entasser.

Mais en accord avec le lobby international de l’industrie nucléaire, les autorités nippones accélèrent le déni des conséquences de la catastrophe pourtant encore bien présentes. Sous prétexte d’un retour à la normale, les habitants sont forcés de retourner vivre dans les territoires contaminés. Les limites d’exposition à la radioactivité restent anormalement élevées (le seuil d’exposition maximale « admissible » avait été relevé de 1mSv/an à 20mSv/an le lendemain de l’accident). Malgré cela, plusieurs épreuves des Jeux Olympiques 2021 sont programmées dans la préfecture de Fukushima cet été.

En France, nous exigeons un arrêt du nucléaire afin d’éviter une nouvelle catastrophe. Nous nous opposons à EDF, qui prétend imposer aux citoyens avec la complicité de l’État la prolongation des réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans, augmentant les risques et les coûts. Estimée à 45 milliards d’euros, la construction de 6 nouveaux réacteurs EPR alors même que la mise en service de celui de Flamanville n’est pas garantie, serait dangereuse et synonyme de nouveaux déchets radioactifs ingérables.

Les lobbyistes du nucléaire le vendent comme une solution au changement climatique. C’est faux. Nous refusons la prolongation des réacteurs existants et la construction de nouveaux réacteurs EPR, à Flamanville, mais aussi à Gravelines, à Penly, au Bugey et au Tricastin. De nombreuses études ont de nouveau démontré la faisabilité de scénarios 100% renouvelables, à condition de miser sur la sobriété et l’efficacité énergétique. Avec de la volonté politique, la France a la capacité de se passer du nucléaire.

Par Reporterre, publié le 15 février 2021

https://reporterre.net/Fukushima-plus-jamais-ca-arret-du-nucleaire-civil-et-militaire-manifestation-a-Nantes

CLI FLAMANVILLE : UN EXERCICE RATÉ FAIT LE BUZZ ET ÉCLIPSE L’ÉTAT DÉGRADÉ DU RÉACTEUR 2

L’ordre du jour de l’assemblée générale de la CLI de Flamanville du 4 février, déplacée au Conseil départemental à Saint-Lô pour cause de Covid était bien fourni. Trop peut-être, au point qu’au bout de près de 4 heures non-stop les derniers sujets ont été escamotés et reportés.

Tous les médias (sauf un*) n’ont parlé que des remontrances de l’ASN suite au ratage de l’exercice inopiné imposé par la même ASN par temps de neige en janvier 2021.

Le bilan de l’exercice de crise est une vraie gifle pour la centrale qui est placée en surveillance renforcée ! Mais cet évènement a créé un écran de fumée sur la suite de l’ordre du jour.

Il a fallu attendre midi pour aborder le redémarrage du réacteur 2 juste avant le 24ème mois fatidique qui lui aurait valu un arrêt définitif. Nous avons donc appris que l’ASN si vigilante à propos de l’exercice raté de janvier avait, le 12 décembre 2020, validé ce redémarrage dans des conditions dégradées et pas des moindres.

Les tuyauteries des 4 générateurs de vapeur qui auraient dû être changées ont été colmatées, bouchonnées et manchonnées afin d’étancher les fuites entre les deux circuits primaire et secondaire. Le changement de ces pièces si importantes est désormais prévu en 2024 ou 2025 pour le réacteur 2 et en 2022 pour le réacteur.  Dans cette attente, dans quel état ce réacteur 1 va-t-il redémarrer ?

Des spécialistes ont expliqué à l’assemblée les nouvelles règles de conduite du réacteur afin d’en maitriser le fonctionnement ; ce réacteur étant supposé devenir tête de série des 1300 MW pour ce type de rafistolage.

Le « code de la route » a donc été aménagé pour ce réacteur 2 et une dérogation a été donnée par l’ASN afin qu’il puisse redémarrer pour 10 ans. Cette situation est inadmissible dans la mesure où la dérogation donnée par l’ASN autorise un fonctionnement dégradé du réacteur pouvant entrainer un risque d’explosion des générateurs de vapeur et donc d’un accident nucléaire.

Pour mémoire, sur le site, la cuve défectueuse de l’EPR a été validée par dérogation aux normes relatives aux équipements sous pression mais sous réserve du respect de règles de conduite en deçà de sa capacité maximale de 1650 mégawatts. N’oublions pas que son couvercle non conforme doit être remplacé en 2024. L’EPR « tête de série » est déjà une « fin de série”.

Le CRILAN s’insurge contre cette politique dérogatoire de l’ASN sur les réacteurs du site de Flamanville alors même que la centrale a été placée par la même ASN sous surveillance renforcée en septembre 2019.

En août dernier, ce contexte dégradé a amené le Crilan, le Réseau sortir du Nucléaire, FNE et FNE Normandie à porter plainte à propos de 36 infractions à la réglementation environnementale sur le site de Flamanville.

Qu’importe, aucun des recours en Conseil d’État ou au pénal n’ont été retenus à ce jour…

Face à cette fuite en avant dont de trop nombreux médias ont fait l’impasse suite à la CLI du 4  février, le CRILAN alerte sur l’état du réacteur 2 qui présente un grave danger pour la population de la région.

Le CRILAN exige l’arrêt immédiat de ce réacteur défectueux et dangereux.

FUKUSHIMANCHE NON MERCI !

Par André JACQUES, publié le 15 février 2021

https://crilan.fr/cli-flamanville-un-exercice-rate-fait-le-buzz-et-eclipse-letat-degrade-du-reacteur-2/

DE L’EAU RADIOACTIVE SE DÉVERSE DANS 2 CENTRALES DE FUKUSHIMA PENDANT LE RÉCENT SÉISME

L’opérateur des centrales nucléaires de Fukushima 1 et 2 a annoncé que le tremblement de terre du 13 février avait entraîné le débordement d’eau des piscines contenant du combustible usé, selon l’agence japonaise de régulation du nucléaire.

Les spécialistes de la société japonaise Tokyo Electric Power Company (TEPCO) ont constaté des fuites d’eau des piscines de combustible irradié dans les centrales nucléaires de Fukushima Daiichi et Daini (1 et 2) suite au séisme de magnitude 7,3 qui s’était produit au large de la préfecture de Fukushima le 13 février, a annoncé ce dimanche 14 février la Commission de réglementation de l’énergie nucléaire japonaise (NRA).

«Une inspection a révélé que quelque 160 millilitres d’eau se sont déversés dans un fossé à côté d’une piscine pour stocker le combustible nucléaire usé de la centrale nucléaire de Fukushima Daini, réacteur 1, en vue du décommissionnement dans la préfecture de Fukushima», a indiqué NRA dans un communiqué.

Environ 1,4 litre de liquide s’est répandu d’une autre piscine, a précisé l’agence, soulignant que ce débordement n’influait pas sur le refroidissement du combustible irradié.

Fuites d’eau radioactive à la centrale accidentée de Fukushima 1

L’agence a confirmé l’information de la chaîne de télévision japonaise NHK qui avait fait état du déversement de 600 millilitres d’eau d’une piscine au réacteur 5 et de 1,6 litre au réacteur 6 de la centrale accidentée de Fukushima Daiichi (Fukushima 1).

Selon la NRA, une autre fuite de 600 millilitres d’eau a été enregistrée dans une piscine utilisée pour le stocker le combustible usé des réacteurs 5 et 6.

NHK avait indiqué que cet incident ne représentait pas de danger pour l’environnement puisque le volume d’eau déversée était faible et que sa teneur en matières radioactives était insignifiante.

Séisme du 13 février

Un tremblement de terre de magnitude 7,3 s’est produit dans le Pacifique, au large de la préfecture japonaise de Fukushima le 13 février, à 23h08 (14h08 UTC). Son foyer se trouvait à une profondeur de 55 kilomètres.

Les secousses ont été ressenties dans au moins 10 préfectures du nord, du nord-est et du centre du pays, y compris à Tokyo. Leur intensité maximale a atteint Shindo 6, sur l’échelle d’intensité sismique japonaise qui va jusqu’au niveau 7 (7 étant le plus fort), dans les préfectures de Fukushima et de Miyagi. Au centre de Tokyo, l’intensité du séisme a été évaluée à Shindo 4.

Selon un nouveau bilan, le séisme a fait au moins 124 blessés dont 66 dans la préfecture de Fukushima.

En 2011, ce même district avait été frappé par un tremblement de terre de magnitude 9,0 qui a fait près de 16 000 morts et plus de 2 500 disparus. Le tsunami qui s’en était ensuivi avait entraîné une catastrophe majeure à la centrale de Fukushima Daiichi (Fukushima 1), provoquant l’évacuation de quelque 160 000 personnes.

Par Irina Dmitrieva, publié le 14 février à 17h26, mis à jour à 17h27

Photo en titre : © CC BY-SA 2.0 / IAEA Imagebank/Tokyo Electric Power Co., TEPCO / 04780014

https://fr.sputniknews.com/asie_pacifique/202102141045223815-de-leau-radioactive-se-deverse-dans-deux-centrales-de-fukushima-pendant-le-recent-seisme/

JAPON ET CONTAMINATION RADIOACTIVE DE LA POUSSIÈRE D’ASPIRATEUR – UNE ÉTUDE DU LABORATOIRE CITOYEN CHIKURIN

En attendant la mise en place du laboratoire citoyen d’analyse de la radioactivité, l’ACRO a, lors des deux premières années de la catastrophe nucléaire, effectué de nombreuses mesures dans des échantillons envoyés du Japon. Tous les résultats sont en ligne. Parmi les échantillons très variés analysés, il y a eu, notamment, des poussières d’aspirateur.

À l’occasion du dixième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, le laboratoire citoyen Chikurin a effectué une nouvelle campagne d’analyse de la contamination radioactive des poussières d’aspirateur dans 153 maisons. Tous les résultats sont en ligne en japonais.

Cette étude est en complément d’autres projets de surveillance citoyenne de la radioactivité auxquels Chikurin est aussi associé :

– la cartographie de la contamination des sols par le réseau Minna no data

– le relevé des débits de dose ambiants par le Fukuichi Environmental Radiation Monitoring Project.

Ce projet a pour but d’évaluer la contamination intérieure en mesurant la concentration en césium dans la poussière des aspirateurs domestiques, 10 ans après l’accident nucléaire. L’exposition des habitants par inhalation de ces poussières vient s’ajouter aux autres expositions à la radioactivité.

Les résultats sont disponibles dans ce tableau en japonais où les sites sont classés du plus contaminé au moins contaminé. Ils peuvent aussi être visualisés sur cette carte qui indique la zone proche de la maison, de sorte que les personnes ne puissent pas être identifiées :

Les maisons numérotées 1, 3 et 7 dans le tableau sont situées dans la zone dite de retour difficile et personne n’y habite depuis 2011. Les résultats sont donnés à titre indicatif. La contamination la plus élevée, dans la maison 1, est de 45 000 Bq/kg.

Dans 5 maisons habitées, situées dans les quartiers Haramachi de Minamisôma et Komiya d’Iitaté-mura, la contamination dépasse 8 000 Bq/kg, qui est le seuil fixé après la catastrophe à partir duquel un déchet doit être géré comme un déchet radioactif. Le niveau le plus élevé, dans la maison n°2 située à Minami-Sôma, est de 29 000 Bq/kg.

Le seuil de libération fixé à 100 Bq/kg pour des matériaux issus du démantèlement des installations nucléaires est dépassé pour des poussières prélevées dans des maisons situées dans les provinces de Fukushima, Ibaraki, Niigata, Chiba, Miyagi, Iwaté et Tôkyô.

Les maisons 29 et 30, situées respectivement dans les provinces d’Ibaraki et de Niigata, ont une contamination de l’ordre de 1 100 Bq/kg, qui est élevée par rapport aux autres maisons environnantes. Mais dans les deux cas, les habitants sont originaires de Minami-Sôma et ont probablement emporté des poussières radioactives lors de leur déménagement.

Ces poussières domestiques peuvent être inhalées par les habitants et rester bloquées dans les alvéoles pulmonaires. En effet, seule une faible partie du césium est soluble. Comme décrit dans ce document en japonais, des linges en lin ont été déposés en haut de placards ou armoires dans des maisons pour collecter de la poussière. Ils ont ensuite été rincés, et l’eau de rinçage filtrée, avant d’être analysée pour déterminer la part soluble du césium dans les poussières. Il en ressort qu’environ 75 % ou plus du césium de la poussière à l’intérieur n’est pas soluble dans l’eau. Cela signifie qu’il y a une forte possibilité que du césium non soluble reste dans les alvéoles pulmonaires pendant une longue période lorsque de petites particules de poussière domestique sont inhalées.

Chikurin demande que cette voie d’exposition soit prise en compte et conteste la façon dont les doses sont évaluées pour permettre le retour dans les zones évacuées.

Publié le 14 février 2021

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

JAPON : UN SÉISME AU LARGE DE FUKUSHIMA FAIT AU MOINS 100 BLESSÉS

Le tremblement de terre de magnitude 7,3 n’a pas endommagé les centrales nucléaires du Nord-Est, déjà frappées par la catastrophe de 2011.

Plus de peur que de mal. Plus d’une centaine de personnes ont été blessées au Japon dans un séisme de magnitude 7,3 au large de Fukushima (Nord-Est) qui a effrayé le pays près de dix ans après le tsunami qui avait entraîné un accident nucléaire majeur dans la centrale de cette région, ont annoncé dimanche 14 février 2021 les autorités. Le séisme, survenu samedi peu après 23 heures (14 heures GMT), a fait 114 blessés, dont six grièvement atteints dans la région, mais aussi aux alentours de Tokyo où il a été fortement ressenti. Suivi de plusieurs répliques dans la nuit, il n’a pas provoqué de tsunami.

Aucun décès ou dégât matériels majeurs n’étaient signalés dimanche matin et aucune anomalie n’a été détectée sur les centrales nucléaires des zones touchées, les mêmes que celles frappées par la catastrophe de 2011. Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 accompagné d’un gigantesque raz-de-marée avaient fait 18 000 morts et disparus et gravement endommagé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Le séisme de samedi, d’une magnitude de 7,3, est considéré comme une lointaine réplique du séisme de 2011, selon l’Agence météorologique japonaise (JMA). L’épicentre s’est situé à une profondeur de 60 kilomètres dans l’océan Pacifique et à environ 60 kilomètres des côtes de Fukushima, selon la JMA. L’Institut américain de géophysique (USGS) a enregistré une magnitude de 7,1 avec une profondeur de 51 km.

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« J’ai vraiment eu peur pour ma sécurité »

«  J’étais chez moi (…). La secousse a été tellement forte que j’ai vraiment eu peur pour ma sécurité  », a témoigné dimanche auprès de l’AFP Masami Nakai, un responsable municipal de la petite ville de Soma, dans la préfecture de Fukushima. «  La première secousse m’a paru plus puissante que celle que j’avais connue  » en 2011, a assuré Tomoko Kobayashi, qui travaille dans une auberge traditionnelle à Minamisoma dans la même région, à l’agence Kyodo.

Le courant était quasiment rétabli à 100 % dimanche matin, alors que près d’un million de foyers avaient été privés d’électricité après la première secousse samedi soir. Le principal dégât matériel visible pour le moment était un glissement de terrain ayant abîmé une autoroute dans la préfecture de Fukushima. Des images aériennes télévisées ont également montré un autre glissement de terrain sur un circuit de course dans un endroit reculé. Les liaisons de train à grande vitesse (Shinkansen) dans le nord du Japon étaient suspendues dimanche, le temps d’examiner l’état de leurs infrastructures.

Risque de répliques

Les autorités japonaises ont invité la population à «  la plus grande prudence  », prévenant que de nouvelles importantes répliques pourraient se produire dans les jours à venir, et que le risque de glissements de terrain allait augmenter avec la pluie attendue lundi dans la région. «  En particulier pour les deux ou trois jours à venir, il pourrait y avoir de très forts séismes  », a averti le porte-parole du gouvernement, Katsunobu Kato.

Le gouvernement continuait dimanche d’évaluer le bilan des dégâts, faisant état de huit structures endommagées, principalement des maisons, tandis que des médias locaux évoquaient des dizaines de bâtiments avec des plafonds écroulés ou des tuyauteries éventrées. Des membres des Forces japonaises d’autodéfense étaient dépêchés dans les zones affectées pour y distribuer notamment de l’eau, quelque 4 800 foyers n’ayant plus accès à l’eau courante, selon Katsunobu Kato. Le séisme survient au moment où le Japon tente de contenir le Covid-19 tout en préparant l’accueil de Jeux olympiques (23 juillet-8 août 2021) reportés l’an dernier à cause de la pandémie.

250 réfugiés

Plus de 250 personnes se sont réfugiées dans 173 centres d’évacuation durant la nuit dans la région de Fukushima, en respectant des gestes barrières avec des tentes pour chaque famille, mais la plupart sont à présent rentrées chez elles, a ajouté Katsunobu Kato. Le groupe américain Pfizer, dont le vaccin contre le Covid-19 devrait devenir dimanche le premier à être approuvé par le Japon, a indiqué au gouvernement que ses centres de stockage pour le vaccin n’avaient pas été affectés, a-t-il précisé.

Situé au carrefour de plusieurs grandes plaques tectoniques, le Japon est régulièrement touché par des tremblements de terre et a de strictes normes de construction pour que ses bâtiments soient capables de résister à de fortes secousses. En septembre 2018, un séisme de magnitude 6,6 avait tué 44 personnes dans l’île septentrionale d’Hokkaido. En janvier 1995, le tremblement de terre de Kobe (Ouest) avait tué près de 6 500 personnes.

Par AFP, publié le 13 février 2021 à 11h13

Photo en titre : Le courant était quasiment rétabli à 100 % dimanche matin, alors que près d’un million de foyers avaient été privés d’électricité après la première secousse samedi soir.  © Kotaro Numata / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP

https://www.lepoint.fr/monde/japon-un-seisme-au-large-de-fukushima-fait-au-moins-100-blesses-14-02-2021-2413907_24.php

LES OPTIONS DE BIDEN POUR SAUVER L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Le temps presse. Mais le gouvernement de Joe Biden fait mine de prendre son temps. Déterminé à sauver l’accord sur le nucléaire iranien abandonné par Donald Trump, le nouveau président des États-Unis va bientôt devoir dévoiler son jeu.

Quelle est la position américaine?

« Respect total pour respect total« : le démocrate résume ainsi son retour conditionnel dans l’accord de 2015 censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.

Autrement dit, il est prêt à revenir parmi les signataires, et donc à lever les sanctions draconiennes imposées par son prédécesseur républicain, mais seulement une fois que Téhéran aura renoué avec les restrictions nucléaires prévues par le texte.

Or la République islamique, qui a commencé à s’affranchir de ces engagements justement en riposte aux sanctions américaines, exige de son côté que Washington lève au préalable toutes ces mesures punitives.

Quelles sont les échéances?

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à Erevan, en Arménie, le 27 janvier 2021 (AFP/Archives – Karen MINASYAN)

Dans une semaine, les autorités iraniennes devraient franchir un cap qui inquiète les observateurs et les autres signataires de l’accord (Chine, Russie, Allemagne, France, Royaume-Uni). Conformément à une loi adoptée par son Parlement contrôlé par les conservateurs, Téhéran cessera le 21 février de se soumettre au régime très strict d’inspections internationales.

« La plupart des violations » de l’accord entreprises jusqu’ici par l’Iran, notamment en matière d’enrichissement d’uranium, « peuvent être rapidement réversibles« , dit Kelsey Davenport, de l’Arms Control Association. Plusieurs experts évoquent un délai de moins de trois mois.

« Mais les violations que l’Iran a planifiées pour les prochains mois sont plus graves » et « plus difficiles à annuler« , prévient-elle. À commencer par celle sur les inspections, car « toute perte d’accès » aux sites iraniens « alimentera les spéculations sur des activités illicites de l’Iran« .

Plus loin, en juin, les élections iraniennes risquent aussi de compliquer la donne, si les tenants de la ligne dure l’emportent.

Est-il encore temps?

Le 21 février approche à toute vitesse et « il est impératif que la diplomatie se mette en action« , s’alarme un ex-diplomate de l’Union européenne. Pour lui, « les dix prochains jours seront cruciaux pour savoir » s’il est « possible de convaincre l’Iran de ne pas aller de l’avant » avec cette nouvelle violation.

« Tout l’enjeu est de s’assurer que ce seuil ne soit pas franchi à cette échéance-là« , acquiesce une source européenne, soulignant qu’il s’agirait aussi d’une « ligne rouge pour la Russie et la Chine« .

Jon Wolfsthal, qui conseillait Joe Biden sur ces questions lorsqu’il était vice-président, croit savoir que les États-Unis et l’Iran « envisagent, avant le 21, une déclaration qui montrerait leur intention mutuelle à respecter à nouveau l’accord« .

Américains et Iraniens vont-ils se parler?

L’accord sur le nucléaire iranien de 2015 (AFP/Archives – John SAEKI)

« Nous ne nous fixons aucune date-butoir particulière« , a balayé le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price, interrogé vendredi sur l’échéance du 21 février.

Officiellement, l’administration Biden, qui a nommé Rob Malley, l’un des artisans américains du texte de 2015, comme émissaire pour l’Iran, se concentre pour l’instant sur ses contacts avec ses alliés européens et les autres signataires. Le dialogue direct avec Téhéran, après la rupture des années Trump, n’interviendrait que dans un second temps.

Mais en coulisses, « je pense que les responsables américains ont déjà commencé à discuter avec les responsables iraniens« , glisse un ex-conseiller de la Maison Blanche sous la présidence de Barack Obama.

Quelles sont les options?

Thomas Countryman, qui était sous-secrétaire d’État sous l’administration Obama-Biden, estime que le président américain pourrait lever, par décret, « certaines sanctions pour prouver sa bonne volonté« .

Mais cette piste semble peu praticable tant que l’Iran ne fait pas le premier pas. Dans les deux pays, reconnait en effet Thomas Countryman, les dirigeants doivent démontrer qu’ils ne « cèdent pas à la pression« .

La droite américaine, mais aussi certains démocrates, voient en effet d’un mauvais œil la reprise du dialogue et exhortent Joe Biden à ne pas se précipiter dans les bras des ayatollahs sans garantie concrète.

Une autre option serait selon lui une « déclaration d’intentions réciproque de Téhéran et Washington s’engageant à revenir pleinement dans l’accord« , préalable à une négociation sur les modalités et le calendrier.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a suggéré que l’UE joue un rôle pour « chorégraphier » les mesures des deux pays ennemis.

Selon une source européenne, le Vieux Continent peut être « le pivot de cette négociation entre Américains, Iraniens, Russes et Chinois« .

« Tout est dans l’extrême détail du séquençage« , dit une autre.

Des observateurs évoquent d’autres gestes américains envers Téhéran pour rebâtir une certaine confiance, comme une aide en matière de vaccins contre le Covid-19, une assistance humanitaire ou des garanties économiques — en débloquant par exemple la demande iranienne de prêt du Fonds monétaire international.

Par AFP le 14 février 2021 à 6h45

Photo en titre : Le président américain Joe Biden écoute son secrétaire d’État Antony Blinken, avant leur prise de fonctions, le 24 novembre 2020 à Wilmington, dans l’État du Delaware. GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives – Mark Makela

https://www.challenges.fr/monde/les-options-de-biden-pour-sauver-l-accord-sur-le-nucleaire-iranien_750974#comments

JAPON : SÉISME DE MAGNITUDE 7 AU LARGE DE FUKUSHIMA, PAS D’ALERTE AU TSUNAMI

Le séisme a été ressenti jusqu’à Tokyo, mais aucune alerte tsunami n’a été déclenchée dans cette zone ravagée par le tremblement de terre de 2011.

Un séisme sous-marin de magnitude 7.0 a eu lieu samedi 13 février au large du nord-est du Japon peu après 23 heures locales. La secousse a été fortement et longuement ressentie également à Tokyo, mais aucune alerte tsunami n’a été déclenchée. 

Selon l’Agence météorologique japonaise (JMA), le tremblement de terre a eu lieu à une profondeur de 60 kilomètres dans l’océan Pacifique au large de la zone de Fukushima, ravagée par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 qui avaient causé 18.000 morts et disparus et provoqué une catastrophe nucléaire. 

À la suite de ce récent séisme, il n’y avait pas de victimes ou de dégâts matériels signalés dans l’immédiat, à part des coupures de courant pour plusieurs centaines de milliers de foyers dans le nord-est du pays, selon les médias locaux. 

Tepco, l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi gravement accidentée en mars 2011, a déclaré dans un tweet qu’il surveillait l’impact du séisme sur ses installations. Le Premier ministre Yoshihide Suga s’est rendu dans ses bureaux, et le gouvernement mettait en place un dispositif spécial pour suivre l’évolution de la situation avec les départements touchés, selon la chaîne de télévision publique NHK. 

Par Marie Zafimehy et AFP, publié le 13/02/2021 à 17h00

Photo en titre : Une vue de la centrale de Fukushima prise le 12 novembre 2014 Crédit : AFP / Archives, Shizuo Kambayashi

https://www.rtl.fr/actu/international/japon-seisme-de-magnitude-7-au-large-de-fukushima-pas-d-alerte-at-tsunami-7900001495

ANNIVERSAIRE FUKUSHIMA 10 ANS: VIDÉOS, LIVRES

Bande dessinée intitulée Fukushima 3.11.

L’Association Nos Voisins Lointains 3.11 a le plaisir de vous annoncer la mise en ligne en libre accès de la bande dessinée intitulée Fukushima 3.11. Les pages de cette bande dessinée sont parues dans le n°15 de la revue TOPO (janvier/février 2019). Elles ont été réalisées à partir du témoignage de Suguru Yokota, recueilli dans le cadre du projet de recherche « DILEM » du CNRS….

Suguru, le garçon qui avait 15 ans lorsqu’il fut interviewé pour la première fois, est originaire de la ville de Koriyama, qui se situe en dehors des zones d’évacuation par l’ordre. Les déplacé-e-s de ces territoires sont appelés les « évacué-e-s volontaires » ou « auto-évacué-e-s » par rapport aux évacué-e-s forcé-e-s, et sont souvent les cibles de critiques et de brimades, puisqu’ils ont osé prendre la décision de partir, alors que le gouvernement n’avait pas donné l’ordre d’évacuer.

Cliquer sur FUKUSHIMA 3.11 pour visualiser la BD

Source: http://nosvoisinslointains311.home.blog/…/bd-fukushima…/

Mon Troupeau Irradié :

Mon Troupeau Irradié est un film avec des témoignages d’éleveurs de vaches de Fukushima. Mise en ligne du film d’accès gratuit prévue pour la période du 21 février au 14 mars 2021

Pour voir la bande annonce (4mn07s), aller sur le site du CRILAN indiqué à la fin de cet article.

Débat en ligne avec la participation du réalisateur prévu pour le samedi 13 mars à 14h ; plus d’informations sur: https://nosvoisinslointains311.home.blog/agenda/?fbclid=IwAR1

Cécile Asanuma Brice annonce son nouvel ouvrage, Fukushima : Dix ans après.

Sociologie d’un désastre nucléaire, paraîtra le 4 mars 2021 aux éditions de la Maison des Sciences de l’Homme. Il sera question de ses recherches sur les banlieues japonaises, de ses travaux sur l’après-Fukushima, mais aussi de l’entrecroisement de ces thématiques au travers de la gestion des populations à la suite de la catastrophe du 11 mars 2011.

AUDIOBLOG.ARTERADIO.COM
Audioblog | Episode 6 – L’urbanisme japonais, entre aménagement des banlieues et gestion de la catastrophe de Fukushima : entretien

Par André JACQUES, publié le 13 février 2021

https://crilan.fr/anniversaire-fukushima-10-ans-videos-audios-livres-expos/

CATTENOM : NON-RESPECT DE LA CONDUITE À TENIR PRÉVUE PAR LES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 3

Le 3 février 2021, l’exploitant de la centrale nucléaire de Cattenom a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect de la conduite à tenir prévue par les règles générales d’exploitation (RGE) du réacteur 3 concernant un dépassement du délai de repli de ce réacteur requis en cas de cumul d’événements.

Les RGE sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles prescrivent notamment des délais pour la mise à l’arrêt des réacteurs en cas de panne sur certains équipements. Ces délais sont réduits lorsque plusieurs indisponibilités surviennent simultanément.

Le 29 janvier 2021, EDF a réalisé un essai de bon fonctionnement de vannes situées sur l’un des deux circuits d’injection de sécurité (RIS) ainsi que sur l’un des deux circuits d’aspersion de secours (EAS) du réacteur 3 ; cet essai s’est révélé non satisfaisant, les vannes ne manœuvrant pas au cours du test. Dans cette situation cumulant deux indisponibilités de matériel, les RGE imposent, à défaut de réparation sous huit heures, l’arrêt du réacteur.

Un premier diagnostic a mis en cause une carte électronique du système de protection du réacteur. L’intervention sur cette carte, entraînant elle-même des indisponibilités de ce système, est soumise à un délai de huit heures également.

À la suite de cette intervention, une mauvaise analyse de l’équipe de maintenance a conduit à la réalisation incomplète des essais permettant de s’assurer de la disponibilité du matériel. Cette omission a conduit, lors de la reprise des essais de manœuvre des vannes, à un cumul de trois indisponibilités simultanées sur une durée totale d’un peu plus de deux heures, alors que ce cumul est soumis à un délai réduit à une heure, au lieu des huit heures prévues pour les événements pris séparément. Le repli du réacteur a finalement été engagé en dehors du délai prévu par les RGE.

L’événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, des systèmes de sécurité ont été simultanément indisponibles sur une durée plus longue que prévu par les RGE. En raison du non-respect des règles générales d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Pendant les différentes phases de mise à l’arrêt du réacteur, le diagnostic définitif réalisé par EDF a permis d’identifier le matériel en cause, de le remettre en conformité et de réaliser des tests satisfaisants. Les procédures de mise à l’arrêt du réacteur ont ainsi été interrompues dès la remise en conformité des installations.

Publié le 12 février 2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-de-la-conduite-a-tenir-prevue-par-les-regles-generales-d-exploitation-du-reacteur-32

ESSAIS NUCLÉAIRES EN ALGÉRIE : RECRUDESCENCE DE CAS DE CANCERS, DE MALFORMATIONS CONGÉNITALES À ADRAR

ADRAR- L’Association « El Gheith El Kadem » d’aide aux malades dans la wilaya d’Adrar alerte sur une recrudescence « inquiétante« , ces dernières années, des cas de cancer de tous les types, de malformations congénitales et de stérilité dus à la radioactivités induite par les explosions menées par la France coloniale dans la région de Reggane, le 13 février 1960.

Dans une déclaration à l’APS à la veille du 61ème anniversaire des essais nucléaires français dans cette région, le président de l’Association, Toumi Abderrahmane, a tiré la sonnette d’alarme sur « les effets persistants des radiations induites par les explosions nucléaires à Reggane. »

« Les conséquences désastreuses de ces explosions menées en surface, pour la plupart, sont constatés, encore aujourd’hui, sur les différentes composantes écologiques et l’environnement de la région« , a-t-il confirmé.

De son côté, le chercheur en histoire de la région, Dr. Lamharzi Abderahmane, affirme que les crimes nucléaires « abominables » perpétrés par la France à Reggane et dans le Sahara algérien, en général, resteront « à jamais des crimes imprescriptibles » au regard des répercussions sur la population, la faune et la flore.

« D’une puissance de 20 à 70 kilotonnes, ces opérations baptisées successivement Gerboise bleue, verte, blanche et rouge, ont été menées dans le mépris total de l’intégrité écologique », a-t-il précisé, rappelant que la France avait fait croire à l’opinion publique internationale qu’aucune vie humaine n’existait dans la région de Reggane.

Lire aussi : Essais nucléaires en Algérie: la France doit « s’excuser » pour tous ses « crimes coloniaux »

Soulignant le caractère « infondé » de ces allégations, Dr. Lamharzi évoque des témoignages vivants de nombreux autochtones et même d’étrangers ayant travaillé sur les chantiers de réalisation du site nucléaire.

Pour cet académicien, la « déclassification » de ce dossier est impérative pour rétablir les vérités historiques sur ce crime abject.

Par ailleurs, la population de la région de Reggane appelle les autorités suprêmes du pays à prendre des mesures pratiques au profit de « ceux qui continuent à souffrir atrocement des effets et répercussions désastreux des explosions nucléaires françaises dans la région sur le plan sanitaire et environnemental« .

Des appels au secours pour bénéficier de soins et de la décontamination des lieux

Père d’enfants souffrant de malformations congénitales et de problèmes de santé complexes, M. Khaldi Mohamed (55 ans), originaire de Reggane, a appelé à l’ouverture de cliniques spécialisées dans les diverses pathologies en recrudescence parmi la population de la région et de structures spécialisées pour les enfants à besoins spécifiques.

Un autre citoyen, (Djoudi, 44 ans) plaide, lui, pour l’assainissement de l’environnement des déchets nucléaires et la création d’un musée de la mémoire nationale à Reggane, dédié à cette douloureuse tragédie.

Soulignant l’importance d’un tel édifice pour « jeter toute la lumière sur crime colonial, à travers les recherches historiques et scientifiques« , il soutient qu’il s’agit là, « d’une revendication des acteurs et élites de la société ».

S’agissant de prolifération des cancers, plusieurs acteurs de la société civile de la wilaya d’Adrar ont appelé à « la cristallisation de l’efficacité visée à travers la plateforme numérique relative à la lutte contre le cancer, lancée par le ministère de la Santé, pour une meilleure prise en charge des malades au Sud, notamment dans la wilaya d’Adrar où le lien entre la hausse des cas et la radioactivité n’est plus à faire« .

Plusieurs associations locales, dont « El Gheith El Kadem » ont appelé à doter les structures sanitaires en équipements spécialisés. Le centre anti-cancer (CAC) d’Adrar manque d’un service de biopsie, d’une Imagerie à résonance magnétique (IRM), d’un service de chirurgie générale et d’un service d’hématologie pour éviter aux malades les déplacements jusqu’à la wilaya de Batna, affirment ces associations.

L’accent a été mis, également, sur « l’urgence » d’accorder un intérêt à l’oncologie pédiatrique, spécialité inexistante au Sud et à l’intégration de ces enfants malades dans la plateforme du ministère de la Santé. Un appel a été lancé, aussi pour la spécialité de radiologie.

Lire aussi : Anniversaire des essais nucléaires : caravane de solidarité au profit des habitants de Reggane

Pour sa part, le coordonnateur du Registre cancers à la Direction de la santé, de la population et de la réforme hospitalière, Dr. Mabrouki M’Hamed, a confirmé la hausse du taux de prévalence du cancer homme/femme au cours de l’année écoulée.

Parmi les cancers à forte prévalence chez les hommes, il y a lieu de citer le cancer des poumons, de la prostate, du pancréas, du colon, de l’estomac, de la vessie, de la thyroïde, et le cancer du système nerveux central.

Concernant les femmes, il s’agit du cancer du sein, cancer colorectal, des ovaires, des voies biliaires, de l’utérus et des voies respiratoires.

Publié le vendredi 12 février 2021 à 15h55

https://www.aps.dz/regions/117467-essais-nucleaires-recrudescence-de-cas-de-cancers-de-malformations-congenitales-et-de-sterilite

LA RUSSIE VA EFFECTUER LE PREMIER TEST DE SON DRONE NUCLÉAIRE « APOCALYPTIQUE » QUI POURRAIT ÉCRASER LES ÉTATS-UNIS PAR DE MÉGA TREMBLEMENTS DE TERRE

La RUSSIE s’apprête à effectuer le premier test de son drone nucléaire «  apocalyptique  » – censé être capable de détruire l’Amérique avec un tremblement de terre nucléaire.

Les préparatifs pour tester le drone sous-marin «Poséidon» à bord d’un sous-marin à propulsion nucléaire nommé Belgorod sont déjà en cours, selon le journal russe Izvestia.

Il est entendu que la marine russe devrait sécuriser environ 30 véhicules sous-marins sans pilote Poséidon d’ici 2027.

Ils peuvent être équipés d’armes conventionnelles et nucléaires, ce qui leur permet d’atteindre un large éventail de cibles – et ils ont déjà été testés avec succès à partir d’un sous-marin diesel (rapports Spoutnik).

DRONE NUCLÉAIRE

Le régime de Poutine a d’abord divulgué des informations sur le drone nucléaire – alors appelé «Ocean Multipurpose System Status-6» – fin 2015.

Il peut voyager à des vitesses de 85 km / h, a une portée intercontinentale allant jusqu’à 10 000 km et porte une ogive de 100 mégatonnes, selon les médias en Russie.

L’année dernière, le capitaine de la marine russe Konstantin Sivkov a déclaré qu’une attaque de Poséidon pourrait provoquer une rupture tectonique et détruire totalement le sous-continent nord-américain, (signalé par la Fondation Jamestown via Gazeta.ru).

Les tremblements de terre qui détruisent la ville se produisent lorsque les plaques tectoniques de la planète s’affrontent le long de lignes de faille.

Et le capitaine Sivkov a déclaré que les États-Unis étaient « terrifiés » après que Washington ait appelé Moscou à arrêter le développement de l’arme apocalyptique.

Dans la fuite de 2015, Poséidon aurait été développé pour «détruire d’importantes régions côtières économiques de l’ennemi et provoquer une contamination radioactive massive de longue durée».

Le sous-marin de Belgorod peut transporter jusqu’à six des drones nucléaires qui peuvent anéantir des villes côtières en explosant près du rivage, créant d’énormes tsunamis radioactifs, selon les médias russes.

En janvier de l’année dernière, Fox News a rapporté qu’un ancien conseiller principal du président américain Donald Trump avait admis qu’il y avait de «véritables inquiétudes» au sujet du Poséidon.

L’ancien conseiller principal du département d’État, Christian Whiton, a déclaré qu’une explosion créerait une «vague – et une vague hautement irradiée», mais comme l’eau absorberait une grande partie de l’énergie, la vague serait moins dommageable que d’être touchée par la bombe elle-même.

S’exprimant à Saint-Pétersbourg le 26 juillet, Poutine a vanté le Poséidon et le nouveau missile nucléaire hypersonique russe.

Il a déclaré: «Le déploiement de technologies avancées qui n’ont pas d’égales dans le monde, y compris les systèmes de frappe hypersonique et les drones sous-marins, augmentera les capacités de combat naval».

En 2018, le président russe a parlé avec éloge de l’arme terrifiante de Poséidon, la qualifiant de «vraiment fantastique».

Il a déclaré: «Ils sont silencieux, très maniables et n’ont pratiquement aucune vulnérabilité à exploiter par l’ennemi. »

« Il n’y a tout simplement rien au monde capable de les supporter. »

Par Merlin Charpie dans News, publié le 12 février 2021

https://news-24.fr/la-russie-va-effectuer-le-premier-test-de-son-drone-nucleaire-apocalyptique-qui-pourrait-nous-aplatir-avec-megaquakes/

Article original (en anglais): https://www.thesun.co.uk/news/14033807/russia-nuke-drone-flatten-america-megaquakes/

NUCLÉAIRE : LA FRANCE, LE ROYAUME-UNI ET L’ALLEMAGNE LANCENT UN AVERTISSEMENT À L’IRAN

Dans un communiqué commun, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont averti vendredi l’Iran que ses violations répétés de l’accord sur son programme nucléaire compromettait tout retour à la diplomatie

La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont averti vendredi 12 février l’Iran qu’il « compromettait » tout retour à des négociations pour sauver l’accord encadrant son programme nucléaire en violant de façon répétée ce texte, dernièrement encore sur la production d’uranium métal.

À voir aussi sur France 24: L’ENTRETIEN – Nucléaire iranien : les États-Unis « devraient faire le premier pas »

« Nous appelons instamment l’Iran à mettre fin à ces activités sans délai et à s’abstenir de toute nouvelle violation de ses engagements nucléaires« , écrivent les trois puissances occidentales dans un communiqué conjoint.

« En accélérant ses violations, l’Iran compromet la possibilité qu’un retour à la diplomatie permette la réalisation pleine et entière des objectifs du PAGC [Plan d’action global commun]« , ont déclaré les porte-paroles des trois ministères des Affaires étrangères dans un communiqué commun. 

« En vertu de cet accord, l’Iran s’est engagé à ne pas produire d’uranium métallique et à ne pas conduire de recherche et développement sur la métallurgie de l’uranium pour une durée de quinze ans« , ont rappelé les trois pays, cosignataires du texte de 2015 avec les États-Unis – qui en sont sortis en 2018 – la Russie et la Chine.

« Aucune justification civile crédible« 

L’Agence internationale de l’énergie atomique a annoncé mercredi avoir « procédé le 8 février à la vérification de 3,6 grammes d’uranium métal dans l’usine d’Ispahan » (centre).

Si ce n’est pas une surprise – l’Iran avait fait savoir mi-janvier qu’il avançait dans cette direction –, le sujet est sensible car l’uranium métal peut être utilisé dans la fabrication d’armes nucléaires.

« Nous réaffirmons que ces activités, qui constituent une étape clé dans le développement d’une arme nucléaire, n’ont aucune justification civile crédible en Iran« , ont martelé Paris, Londres et Berlin en appelant « instamment l’Iran à y mettre fin sans délai et à s’abstenir de toute nouvelle violation de ses engagements nucléaires« .

Cette nouvelle violation affaiblit encore un peu plus l’accord sur le nucléaire iranien, qui menace de voler en éclats depuis que Donald Trump en a retiré les États-Unis en 2018 avant de rétablir des sanctions économiques.

En riposte, Téhéran s’est affranchi progressivement depuis 2019 de la plupart de ses engagements, arguant qu’il en avait le droit face aux « violations flagrantes » des règles par les autres parties.

L’arrivée le 20 janvier de Joe Biden à la Maison Blanche a laissé espérer une reprise du dialogue après la politique de « pression maximale » exercée par son prédécesseur.

Toutefois, le nouveau président américain a prévenu qu’il ne ferait pas le premier pas en levant les sanctions. Les Iraniens réclament à l’inverse un retour des États-Unis dans l’accord, avant de revenir eux-mêmes au respect de leurs engagements.

Par FRANCE 24 , AFP et Reuters, publié le 12/02/2021 à 13h53, modifié le 12/02/2021 à 14h33

Photo en titre : Photo d’un test de missile publiée le 16 janvier 2021 par les Gardiens de la révolution islamique. AP

https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20210212-nucl%C3%A9aire-la-france-le-royaume-uni-et-l-allemagne-avertissent-l-iran

Le résumé de la semaine : France 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

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LES DÉPUTÉS EUROPÉENS SOULÈVENT DES PRÉOCCUPATIONS EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ CONCERNANT UNE NOUVELLE CENTRALE NUCLÉAIRE EN BIÉLORUSSIE

Les députés européens ont appelé à la suspension du lancement commercial d’une nouvelle centrale nucléaire en Biélorussie en raison de problèmes de sécurité.

La société nucléaire d’État russe, Rosatom, qui a construit l’usine, a rejeté les affirmations selon lesquelles l’installation d’Astravets n’était pas sûre, affirmant que la conception était conforme aux normes internationales les plus élevées.

Elle a commencé à produire de l’électricité en novembre 2020 mais l’a fait avant de répondre aux préoccupations de sécurité en suspens, affirment les députés.

Ils ont voté par 642 voix contre 29 jeudi pour suspendre le lancement commercial de l’installation, qui est prévu pour mars, selon le Parlement européen.

La Lettonie, la Lituanie et l’Estonie se sont engagées à cesser d’acheter de la puissance au Bélarus l’année dernière.

Mais cela n’a pas empêché l’électricité de la centrale d’entrer dans l’UE, car les pays baltes sont toujours connectés au système russe – qui comprend la Biélorussie.

Pavel Havlicek, chercheur à l’Association pour les affaires internationales à Prague, a expliqué quels sont les domaines particulièrement préoccupants – et qui demande la suspension de l’usine.

« Il y a donc plusieurs niveaux de préoccupation, en fait. Le premier est évidemment lié à la sécurité parce que cela a été remis en question par l’UE et les autorités lituaniennes.

« La Commission d’enquête de l’UE est en Biélorussie cette semaine seulement et est sur le point de conclure l’enquête dans plusieurs semaines et plusieurs mois.

« Nous n’avons donc pas encore vu certains des résultats. Mais certaines des principales préoccupations exprimées, par exemple, par les régulateurs de l’énergie atomique lituaniens sont liées au fait que le sol sous la centrale électrique est instable et qu’il y a des risques. Des tremblements de terre et d’autres tests n’ont pas été effectués correctement. Il y a donc un certain nombre de problèmes liés à la sécurité de l’usine. »

Par Robinette Girard, publié le 11 février 2021 dans News

https://news-24.fr/les-deputes-soulevent-des-preoccupations-en-matiere-de-securite-concernant-une-nouvelle-centrale-nucleaire-en-bielorussie/

URANIUM : ORANO OBTIENT DEUX PERMIS D’EXPLORATION MINIÈRE AU GROENLAND

Le gouvernement du Groenland a attribué à Orano deux permis d’exploration minière pour des gisements d’uranium, au sud-est et au sud-ouest du pays, a annoncé le groupe le 4 février 2021 dans un communiqué. La zone concernée serait large de plus de 3.500 kilomètres carrés, précise le réseau Sortir du nucléaire.

Orano doit commencer ses travaux d’exploration dès cette année 2021. Il s’agira de mesures géophysiques réalisées depuis le ciel, d’observations sur le terrain et de prélèvements de surface effectués par les géologues du groupe, selon l’exploitant nucléaire. Après cette première phase d’exploration, une étude d’impact environnemental sera réalisée, suivie d’évaluations plus poussées du potentiel des deux sites. L’uranium — extrait de la roche, dans des mines (souvent) à ciel ouvert — est le combustible principal des centrales nucléaires.

Ce projet s’inscrit dans ce que Nicolas Maes, directeur des activités minières du groupe Orano, appelle une « politique d’exploration dynamique » avec des projets au Niger, au Kazakhstan, en Mongolie, au Canada et récemment en Ouzbékistan.

« L’extraction de l’uranium pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’environnement de l’île »

Mercredi 10 février, 141 associations environnementales, parmi lesquelles le réseau Sortir du nucléaire, ont interpellé le gouvernement danois pour appeler à un moratoire sur les activités minières au Groenland et lui demander de protéger cette île à l’écosystème fragile. En effet, selon ces associations, « le Groenland possède certaines des plus grandes réserves de pétrole, de gaz et de minéraux du monde et il existe actuellement environ 70 licences d’exploration et d’exploitation à grande échelle [sur l’île], couvrant des milliers de kilomètres carrés, et presque toutes liées à des projets d’exploitation minière à ciel ouvert. La plupart de ces exploitations sont situées dans le sud du Groenland, qui possède la biodiversité la plus riche du pays et toutes [ses] terres agricoles ».

« L’extraction de l’uranium, activité extrêmement polluante, pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’environnement de l’île, voire plus largement », s’inquiète le réseau Sortir du nucléaire.

Un autre site du sud du Groenland, Kujataa, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, est également menacé par des projets d’extraction d’uranium, mais qui ne sont pas portés par Orano.

Publié le 11 février 2021

Par Reporterre avec Orano et le réseau Sortir du nucléaire (courriel)

Photo en titre : Est du Groenland. Pixabay

https://reporterre.net/Uranium-Orano-obtient-deux-permis-d-exploration-miniere-au-Groenland

FUKUSHIMA : LE RETRAIT DES COMBUSTIBLES USÉS DE LA PISCINE DU RÉACTEUR N°3 TOUCHE À SA FIN

TEPCo arrive au bout du retrait des combustibles usés du réacteur n°3 de la centrale de Fukushima Daï-ichi. Le dernier bilan, daté du 10 février 2021, rapporte que 483 assemblages usés sur 514 ont été retirés. La compagnie a déjà fini depuis longtemps de retirer les 52 assemblages neufs. Les opérations ont débuté en 2019.

Quatre assemblages ont été endommagés par la chute de débris suite à l’explosion hydrogène qui a détruit le bâtiment réacteur en mars 2011. TEPCo et Toshiba ont donc dû concevoir un équipement spécifique pour les retirer, avec un crochet adapté.

TEPCo espère avoir vidé cette piscine avant la fin mars 2021.

Publié le 10 février 2021

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

LA FRANCE DOIT ASSUMER L’HÉRITAGE NUCLÉAIRE ET PRENDRE EN CHARGE SES CONSÉQUENCES AU SAHARA

Combien d’avions et autres engins militaires contaminés par la radioactivité, la France a-t-elle volontairement enterré dans les sables du Sahara ? Combien de tonnes de déchets hautement radioactifs sont enfouis au cœur de la montagne du Tan Afella ? Pendant combien d’années encore les générations actuelles et futures, comme l’environnement vont-ils souffrir de cette pollution ? La question reste entière 61 ans après le premier essai nucléaire français au Sahara algérien. Nous demandons, une nouvelle fois, que la France regarde en face son héritage radiologique, prenne en charge les conséquences sanitaires et environnementales et agisse pour la sécurité de tous.

Le 13 février 1960, la France réalisait son premier essai nucléaire, suivi de 16 autres jusqu’au 16 février 1966. La radioactivité générée, les déchets enterrés volontairement ou cachés, comme nous le révélions le 27 août 2020 dans une étude* — réalisée par ICAN France et l’Observatoire des armements —, pèse toujours, au vu de l’importance des conséquences humanitaires et environnementales, dans les relations franco-algériennes.

Septembre 2020, les députés François-Michel Lambert (Libertés et Territoires), Jean-Paul Lecoq (GDR), Sébastien Nadot (non-inscrit), Aurélien Taché, (non-inscrit) ont déposé des questions écrites demandant de « publier les zones où ces déchets ont été enterrés afin de mettre un terme aux dangers que court les générations actuelles et futures dans ces zones ». Le ministère des Armées a répondu sans apporter aucune précision sur les déchets. 

21 octobre 2020, la ministre de l’Environnement Barbara Pompili, dans une audition publique, en réponse à l’interpellation de la députée Mathilde Panot, a indiqué qu’elle allait se renseigner sur cette problématique des déchets laissés en Algérie. Qu’en est-il ?

20 janvier 2021, l’historien Benjamin Stora a remis au président Macron, son rapport sur la réconciliation mémorielle entre la France et l’Algérie dans lequel il reprend certaines de nos recommandations à propos des déchets et des essais nucléaires.

Le « passé nucléaire » ne doit plus rester profondément enfoui dans les sables. Comme leurs prédécesseurs, le président Emmanuel Macron et ses ministres seront coupables aux yeux de l’histoire s’ils n’agissent pas. À eux d’agir et de prendre des initiatives en direction des autorités algériennes pour une prise en charge des victimes et une réhabilitation de l’environnement !

Rappel de quelques données

17 essais nucléaires, entre le 13 février 1960 et le 16 février 1966, dont :

  • 4 atmosphériques, laissant sur le sol des fragments noirs de sable vitrifié ;
  • 13 souterrains, dont 4 (Béryl, Améthyste, Rubis, Jade) provoqueront une diffusion massive dans l’atmosphère de gaz et de roches radioactives.

363 personnes ont bénéficié en dix ans d’existence de la loi de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, adoptée le 5 janvier 2010. Un chiffre ridicule au regard des dizaines de milliers de personnes qui ont participé et aux populations qui ont subi les 210 essais réalisés par la France entre 1960 et 1996 en Algérie et en Polynésie ! Soit : 1 seule indemnisation a été accordée à une personne habitant en Algérie, 63 à des personnes résidant en Polynésie et 299 à des membres du personnel civil ou militaire.

Citations

Pour Patrice BOUVERET, directeur de l’Observatoire des armements, porte-parole de ICAN France, « à la différence de ce qui s’est passé en Polynésie, il est frappant de constater à quel point les conséquences environnementales et sanitaires des essais nucléaires en Algérie ont été largement passées sous silence par les autorités françaises. La principale raison dépasse me semble-t-il le cadre des relations entre les deux pays. Elle se trouve dans la difficulté de l’État à reconnaître qu’il a mis sciemment en danger la population. De plus, la loi du 15 juillet 2008  bloquant l’accès aux archives liées au nucléaire, nous prive des sources qui renforceraient la sécurité des populations vivant proche des sites d’essais ».

Pour Jean-Marie COLLIN, expert et porte-parole d’ICAN France, « nous avons identifié des déchets non radioactifs, du matériel contaminé par la radioactivité volontairement enterrés et des matières radioactives issues des explosions nucléaires. Ces déchets sont de la responsabilité de la France et aujourd’hui du président Macron. Il n’est plus possible que ce gouvernement attende encore pour remettre aux autorités algériennes la liste complète des emplacements où ils ont été enfouis. Pourquoi continuer de faire peser sur ces populations des risques sanitaires, transgénérationnels et environnementaux ? »

*Étude : Sous le sable, la radioactivité ! Les déchets des essais nucléaires français en Algérie. Analyse au regard du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, étude de l’Observatoire des armements et de ICAN France (campagne internationale pour abolir les armes nucléaires), publiée par la Fondation Heinrich Böll, 2020.

Publié le 11 février 2021

http://icanfrance.org/la-france-doit-assumer-lheritage-nucleaire-et-prendre-en-charge-ses-consequences-au-sahara/

ISÈRE-AIN : DES COMPRIMÉS D’IODE MIS À DISPOSITION DES RIVERAINS DES CENTRALES NUCLÉAIRES DE SAINT-ALBAN ET DU BUGEY

Les centrales du Bugey dans l’Ain et celle de Saint-Alban/Saint-Maurice l’Exil font partie des 19 centrales nucléaires françaises concernées par cette nouvelle campagne nationale de distribution de comprimés d’iode aux riverains et établissements recevant du public (2,2 millions de personnes, et plus de 200 000 établissements à l’échelle de l’hexagone).

Les comprimés d’iode sont à retirer en pharmacie 

534 300 particuliers et 7341 établissements situés à proximité des centrales du Bugey (01) et de Saint-Alban / Saint-Maurice-l’Exil (38),  situés dans un rayon de 10 à 20 kilomètres, sont concernés.

Cette seconde étape fait suite à une première vague de mise à disposition des comprimés d’iode en pharmacie depuis le mois de septembre 2019.

Sont invités à retirer leurs comprimés d’iode dans l’une des pharmacies partenaires :

  •  les foyers n’ayant pas pu les retirer lors de la première campagne,
  •  les nouveaux arrivants des communes concernées qui n’ont pas pu en bénéficier précédemment,
  •  les ERP, parmi lesquels figurent les établissements scolaires. Ils pourront effectuer leur retrait sur simple présentation d’un justificatif de domiciliation 

Pour connaître les pharmacies participantes à cette opération sur l’ensemble du territoire, vous pouvez consulter la liste disponible sur le site www.distribution-iode.com à la rubrique « Les comprimés d’iode « .

La prise d’iode : une démarche préventive en cas d’accident nucléaire

Les campagnes de distribution des comprimés d’iode ont lieu régulièrement depuis 1997 et concernent les personnes qui résident ou travaillent à proximité d’une centrale nucléaire.

Organisées par les pouvoirs publics (services de l’Etat et EDF, propriétaire des centrales nucléaires) ces campagnes ont pour objectif la mise à disposition des populations riveraines des centrales nucléaires des comprimés d’iode stable permettant de protéger leur thyroïde en cas de rejet accidentel d’iode radioactif dans l’atmosphère.

« En cas d’accident nucléaire, la prise de comprimés d’iode stable protège la thyroïde de l’iode radioactif qui pourrait être rejeté dans l’environnement. La thyroïde va absorber l’iode stable jusqu’à saturation, et ne pourra donc plus assimiler l’iode radioactif qui serait éventuellement respiré ou ingéré. Les comprimés d’iode doivent être administrés en situation accidentelle et uniquement sur instruction des autorités.

Une campagne qui est aussi l’occasion de rappeler, si besoin, les réflexes en cas d’alerte nucléaire :

  • Se mettre à l’abri rapidement dans un bâtiment en dur
  • Se tenir informé via les médias et les réseaux sociaux
  •  Ne pas aller chercher ses enfants à l’école
  •  Limiter ses communications téléphoniques
  •  Prendre les comprimés d’iode stable sur instruction du préfet et selon la posologie
  •  Se préparer à une éventuelle évacuation 
  • Des informations utiles et une foire aux questions sont présentes sur le site www.distribution-iode.com

 

Publié le 10/02/2021 à 16h26, mis à jour le 10/02/2021 à 17h58

Photo en titre : Centrale nucléaire de Saint-Alban en Isère • © EDF

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere-ain-des-comprimes-d-iode-mis-a-disposition-des-riverains-des-centrales-nucleaires-de-saint-alban-et-du-bugey-1950421.html

NDLR : ces comprimés d’iode ne protègent que de l’iode radioactif (129I, 131I…).mais pas des nombreux autres éléments radioactifs rejetés en cas d’accident: gaz rares, césium, strontium, ruthénium, Cérium, Zirconium, Baryum, Lanthane….

Pour plus d’infos, vous pouvez consulter le site de L’IRSN : https://www.irsn.fr/FR/connaissances/Installations_nucleaires/La_surete_Nucleaire/risque-nucleaire/mesures-radioactivite-crise/Pages/principaux-radionucleides-rejetes-en-cas-accident.aspx#.YCVWrXnjKvY

NUCLÉAIRE IRANIEN : LES ÉTATS-UNIS « DEVRAIENT FAIRE LE PREMIER PAS » (VIDÉO)

Dans une interview accordée à FRANCE 24, l’ambassadeur d’Iran à l’ONU a évoqué la possibilité d’un retour des États-Unis dans l’accord nucléaire de 2015. Majid Takht-Ravanchi affirme que c’est à Washington, qui s’est retiré de l’accord, « de faire le premier pas« . Interrogé sur la guerre au Yémen, Téhéran « encourage toutes les parties » du conflit à « accepter un cessez-le-feu général » affirme-t-il. Enfin, l’ancien vice-ministre des affaires étrangères a déclaré que l’Iran était prêt à faire un échange de prisonniers, une proposition restée sans réponse des États-Unis.

Par Sanam SHANTYAEI, publié le 11/02/2021 à 10h27

Photo en titre : Nucléaire iranien : les États-Unis « devraient faire le premier pas » © FRANCE 24

Pour écouter et voir la vidéo complète de cet entretien (12mn10s), cliquer sur : https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/l-entretien/20210211-nucl%C3%A9aire-iranien-les-%C3%A9tats-unis-devraient-faire-le-premier-pas

GIRONDE : AU PIED DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BLAYAIS, DES ÉLUS MOBILISÉS CONTRE HERCULE

Ce mercredi, à l’invitation de la CGT, des élus ont pris la parole contre le projet de scission d’EDF devant la centrale de Braud-et-Saint-Louis.

« C’est un combat qui dépasse largement la centrale. » Micro à la main, ce mercredi matin, sous une tonnelle à l’entrée de la centrale nucléaire du Blayais, à Braud-et-Saint-Louis, le délégué syndical de la CGT Olivier Delbos s’exprime devant une trentaine de personnes, dont plusieurs élus girondins.

Tous manifestent leur rejet du projet « Hercule », qui prévoit la scission d’EDF en trois entités. Les opposants craignent un démantèlement et la privatisation de la partie la plus rentable. « Tout ce qui coûte va rester public », prédit Sébastien Lavaud, élu (PC) de Bordeaux Métropole. « C’est un choix de société », complète Denis Baldès, maire (DVG) de Blaye et président de la Communauté de communes (CdC) de Blaye.

Pour les élus présents, il s’agissait ainsi de « défendre le service public de l’énergie », pour reprendre les mots de la présidente de la CdC du Grand Cubzaguais, Valérie Guinaudie (PS). « Il y a un risque pour les secteurs ruraux, qui sont moins rentables : à la fin, ce sont les collectivités qui paient », craint-elle, faisant l’analogie avec le développement de la fibre qui se fait attendre dans les campagnes.

Le débrayage, démarré à 7 heures, a pris fin un peu avant 10 heures. Les syndicats prévoient une nouvelle action le jeudi 18 février à destination des usagers de Haute Gironde.

Par Vincent Trouche, publié le 10/02/2021, mis à jour à 17h43

Photo en titre : Denis Baldès, le maire de Blaye, et plusieurs autres élus étaient présents. © Crédit photo : V. T.

https://www.sudouest.fr/gironde/braud-et-saint-louis/gironde-au-pied-de-la-centrale-nucleaire-du-blayais-des-elus-mobilises-contre-hercule-1273501.php

LIVRE : « UN JOUR, ÇA VA ARRIVER »… LA BRETAGNE AU CŒUR D’UNE FICTION DE CATASTROPHE NUCLÉAIRE

LITTÉRATURE Le journaliste Geoffrey Le Guilcher publie l’ouvrage « La Pierre jaune » où il évoque la résistance d’un groupe marginal après un attentat terroriste sur l’usine de la Hague

Le site du Cotentin sert au stockage des matières nucléaires françaises. D’après un scientifique, un attentat dans l’une de ses piscines serait bien pire que Tchernobyl.

Le journaliste a imaginé l’intrigue dans le golfe du Morbihan, un coin qu’il connaît très bien.

C’est un scénario digne d’un blockbuster. Nous sommes en 2024 et la catastrophe que beaucoup craignaient se produit. Comme en septembre 2001, deux avions pilotés par des fanatiques islamistes viennent s’écraser sur une cible de choix. Après les tours jumelles à New York, c’est l’usine nucléaire de La Hague, dans le Cotentin, qui est visée.

Un nuage toxique vient irradier une bonne partie de l’ouest de la France et toute la population est invitée à décamper. Mais dans la communauté d’activistes de La Pierre Jaune, certains décident de rester sur place et de tenter de survivre au beau milieu de ce chaos. Ce scénario catastrophe né dans l’esprit du journaliste Geoffrey Le Guilcher constitue l’intrigue de son roman fiction La Pierre Jaune, qui se déroule dans la petite commune de Saint-Gildas-de-Rhuys, dans le golfe du Morbihan.

« Quand on étudie les catastrophes nucléaires, c’est comme de la science-fiction »

L’idée de cet ouvrage a germé dans l’esprit de ce jeune auteur quand il s’est penché sur des documents classés, découverts dans l’ordinateur d’Oussama Ben Laden. Le terroriste y cachait les travaux très sérieux d’un scientifique allemand, qui estime que les émissions radioactives d’un attentat dans l’une des piscines d’entreposage de l’usine de La Hague seraient 66,7 fois supérieures à celles de Tchernobyl.

« Quand on étudie les catastrophes nucléaires, c’est comme de la science-fiction. Toute la réalité change, tout le monde doit suivre. On ne sait plus si on a le droit de sortir, comment s’habiller, comment manger, on ne peut plus boire l’eau du robinet… C’est ça qui me fascine », explique Geoffrey Le Guilcher. La question ce n’est pas de savoir si on va connaître une catastrophe mais plutôt de savoir quand »

L’homme a un goût pour les sujets qui fâchent. Après avoir infiltré un abattoir breton pendant quarante jours pour sortir le brûlant « Steak Machine », le journaliste s’attaque cette fois au délicat sujet de l’énergie la plus controversée au monde. « Nous avons 58 sites nucléaires en France. Pour moi la question ce n’est pas de savoir si on va connaître une catastrophe mais plutôt de savoir quand. Un jour, ça va arriver ».

« J’aimerais que chacun réfléchisse à sa réaction face à une telle catastrophe »

Dans sa fiction, l’auteur a choisi de s’immiscer dans une communauté marginale d’activistes quelque peu inspirée de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Un choix délibéré. « C’est un milieu écolo, qui s’intéresse souvent à la collapsologie et suit de près ces sujets de catastrophe. J’avais envie de voir si cela pouvait servir d’être un peu documenté pour survivre dans une zone contaminée ». Dans son ouvrage, il évoque par exemple les « traitements » au bleu de Prusse, qui permettent de minimiser la portée toxique du césium ou encore la nécessité de se raser les cheveux et les sourcils pour limiter l’exposition aux radiations.

Grand habitué de la Bretagne où il possède une maison de famille, le journaliste basé à Paris a choisi la charmante presqu’île de Rhuys comme théâtre de cette ZAD. D’abord parce qu’il connaît très bien le coin, mais aussi parce que la commune se situe à 300 km de l’usine de La Hague, qui se trouve elle-même à 300 km de Paris et de Londres. « Ce livre, je le vois comme une nouvelle manière de regarder le nucléaire. Je ne suis ni pour, ni contre, mais j’aimerais que chacun réfléchisse à sa réaction face à une telle catastrophe. Est-ce que je pars, est-ce que je reste ? Comment me décontaminer ? À qui faire confiance ? Toutes ces questions méritent d’être posées ».

Son ouvrage, tiré à 5.000 exemplaires par la maison d’édition qu’il a co-fondée, le journaliste le décrit comme « un roman d’anticipation réaliste ». Un récit bien ficelé qui laisse entrevoir ce qu’une telle catastrophe pourrait avoir comme impact sur nos vies. À côté de ça, le Covid-19 passe pour un non-événement.

Par Camille Allain, publié le 11 février à 07h05, mis à jour le 11/02/21 à 07h05

Photo en titre : Le journaliste Geoffrey Le Guilcher livre un roman fiction autour d’une catastrophe nucléaire en Bretagne. — Goutte d’Or

https://www.20minutes.fr/arts-stars/livres/2974227-20210211-jour-ca-va-arriver-bretagne-ur-fiction-catastrophe-nucleaire

ESSAIS NUCLÉAIRES EN ALGÉRIE : STORA N’A PAS ACCORDÉ D’IMPORTANCE AUX CONSÉQUENCES SANITAIRES

ALGER – Le directeur de l’Observatoire des armements en France, Patrice Bouveret, a regretté, dans un entretien accordé à l’APS, que l’historien Benjamin Stora n’ait pas accordé une « grande importance » aux conséquences sanitaires sur les populations de Reggane et de Tamanrasset, victimes des essais nucléaires effectués par la France en Algérie.

« Nous regrettons que la place consacrée aux conséquences des 17 essais nucléaires, réalisés par la France pendant la guerre d’Algérie et les cinq premières années de l’indépendance, ne soient pas plus importante. Benjamin Stora n’aborde que la question des déchets laissés par la France sur place, sans souligner l’importance des conséquences sanitaires pour les populations du Sahara« , a déploré M. Bouveret.

Il a estimé que ces conséquences sanitaires « ne peuvent pas être considérées comme un problème dont la gestion reviendrait uniquement au service de santé algérien, mais l’inquiétude vient surtout dans la mise en œuvre des nombreuses recommandations du rapport« .

Les essais nucléaires criminels, menés par la France coloniale du 13 février au 1er mai 1966 à Reggane (Adrar) et In Ecker (Tamanrasset) continuent de faire des ravages parmi les populations de la région, causant des pathologies jusque-là méconnues, aujourd’hui perceptibles aussi bien sur la santé humaine que l’environnement, la faune et la flore.

Le cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements a rappelé que des propositions pour le règlement des conséquences des essais nucléaires ont été annoncées à deux reprises au moins, en 2008 et en 2012, par les responsables politiques des deux pays, « sans qu’elles soient suivies d’une mise en œuvre concrète« , relevant que la mission confiée par le président Emmanuel Macron à l’historien Benjamin Stora « brassait un spectre très large couvrant toute la période de la colonisation et la guerre d’Algérie« .

Le co-auteur, avec Jean-Marie Collin, de « Sous le sable, la radioactivité! Déchets des essais nucléaires français en Algérie« , a également noté, en enchainant sur l’absence d’indemnisation des victimes algériennes de ces essais nucléaires, que cette question « ne concerne pas seulement les victimes en Algérie, mais bien l’ensemble des personnes affectées ».

Il a fait savoir qu' »en dix ans d’existence de la loi de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Loi Morin), seulement 363 personnes ont pu en bénéficier« , qualifiant cela de « ridicule au regard des conséquences subies par l’ensemble des populations et des personnels, suite aux 210 essais réalisés par la France entre 1960 et 1996 en Algérie et en Polynésie« .

Citant les dernières données publiées par le Comité chargé d’examiner les dossiers (Civen, Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires), il a révélé « qu’une seule indemnisation a été accordée à une personne habitant en Algérie, contre 63 indemnisations à des personnes résidant en Polynésie et 299 à des membres du personnel civil ou militaire« .

Il a indiqué que « plusieurs raisons expliquent cette situation anormale« , faisant observer que « si le gouvernement français a adopté une loi d’indemnisation, c’est avant tout le résultat des actions menées durant de nombreuses années par les populations, les personnels militaires et civils des essais nucléaires avec le soutien des associations, tout particulièrement de l’Observatoire des armements, de l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires) et de l’association +Moruroa e nous+, regroupant les anciens travailleurs polynésiens« .

À cela s’ajoutent des « actions menées au niveau des médias, des parlementaires y compris devant la Justice« , a-t-il dit, estimant qu’en Algérie « la constitution d’associations de victimes a été plus tardive et rencontre encore beaucoup de difficultés pour se faire entendre« .

Lire aussiEssais nucléaires en Algérie: la France doit « s’excuser » pour tous ses « crimes colonia

Soulignant que la loi Morin pose le principe de réparation du préjudice subi pour toute personne souffrant d’une maladie radio-induite résultant des essais nucléaires, M. Bouveret a noté que « les démarches pour bénéficier de cette la loi ne sont pas des plus simples, notamment pour les populations vivant dans la zone des essais« .

« Outre que tout se passe en français dans un pays où la langue officielle est l’arabe, il faut rassembler nombre de pièces administratives et pouvoir se déplacer si besoin en France. Il faudrait, par exemple, que la France, en concertation avec l’Algérie, dépêche des équipes socio-médicales sur place pour aider à la constitution des dossiers. Nous en sommes loin », a-t-il encore regretté.

Il a ajouté que la loi Morin « pose le principe de réparation du préjudice subi pour toute personne souffrant d’une maladie radio-induite résultant des essais nucléaires« , relevant que « le problème réside dans son application qui repose, pour une large part, sur de simples décrets pris par le gouvernement« .

M.Bouveret a expliqué que parmi « les mesures rapides qui pourraient être prises concernant particulièrement les populations en Algérie, c’est, d’une part, élargir les zones où les personnes doivent avoir séjourné et, d’autre part, compléter la liste des maladies ouvrant droit à l’indemnisation« .

En outre, il a estimé que la loi pourrait être modifiée « au niveau de la prise en compte des conséquences génétiques et de leur transmission pour les générations suivantes« , rappelant que depuis son adoption en 2010, « la loi Morin a déjà été modifiée à plusieurs reprises afin de permettre sa mise en œuvre effective« .

Le secret-défense toujours en vigueur pour les archives des essais nucléaires

Pour ce qui est des opérations de décontamination des sites du Sahara (Reggane et Tamanrasset), M. Bouveret a relevé que cela nécessite « obligatoirement un accord entre les deux gouvernements et une volonté politique« .

Au sujet du refus de la France de fournir à l’Algérie les archives et la documentation liées à ces essais nucléaires, il a précisé que « la principale raison dépasse le cadre des relations parfois tumultueuses entre les deux pays et se trouve dans cette culture du secret particulièrement bien ancrée dans la tradition française, tout particulièrement concernant le domaine militaire« .

« La difficulté d’accès aux archives se pose pour l’ensemble des chercheurs, journalistes ou citoyens, quelle que soit leur nationalité « , a déploré M. Bouveret.

Lire aussiLe rapport de Stora, un « prolongement » de la loi française glorifiant la colonisation

« En 2008, alors que nous arrivions au terme où ces archives allaient rentrer dans le domaine public, une loi a été adoptée créant une catégorie spéciale pour les archives concernant le nucléaire, les rendant ainsi non communicables sans autorisation spécifique« .

En somme, les abominables essais nucléaires français en Algérie n’ont pas livré tous leurs secrets, alors que les conséquences de ces crimes contre l’humanité font toujours des ravages parmi les populations sans oublier la radioactivité nucléaire sur l’environnement.

Publié le mercredi, 10 février 2021 à 13h30  

https://www.aps.dz/algerie/117378-essais-nucleaires-en-algerie-stora-n-a-pas-accorde-d-importance-aux-consequences-sanitaires

NUCLÉAIRE : LES « ANTI » SE RASSEMBLENT POUR RÉCLAMER LA FERMETURE DE LA CENTRALE DU BUGEY

Ce mardi 9 février, des membres de l’association Sortir du nucléaire en Bugey vont investir le rond-point de Loyettes, sur la RD 20 à la sortie nord de la commune contre les EPR et la prolongation des quatre réacteurs de la centrale du Bugey.

Une dizaine de militants compte s’installer sur le rond-point à partir de 15 h 30 pour protester sur l’utilisation de l’énergie nucléaire. L’association SDN Bugey est née en 2011, après l’accident de Fukushima. Elle compte une centaine d’adhérents.

Publié le 9 février 2021 à 18 heures

Photo en titre : L’association SDN Bugey est née en 2011, après l’accident de Fukushima. Photo DR

https://www.leprogres.fr/environnement/2021/02/09/nucleaire-les-anti-se-rassemblent-pour-reclamer-la-fermeture-de-la-centrale-du-bugey

LES ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS EN ALGÉRIE, « UNE CONCRÉTISATION LITTÉRALE » DE LA POLITIQUE DE LA TERRE BRULÉE

ALGER- Les explosions nucléaires françaises dans la région de Reggane ont été « une concrétisation littérale » de la politique de la terre brulée suivie par la colonisation française, a affirmé mardi à Alger Me Fatma Zohra Benbraham, avocate au barreau d’Alger.

« Les explosions nucléaires françaises en Algérie ont été une concrétisation littérale de la politique de la terre brûlée, suivie par la colonisation française en Algérie et demeureront un crime imprescriptible contre l’Humanité et la terre« , a déclaré à l’APS Me Bnebraham en marge de sa participation au Forum du quotidien « El Moudjahid« , organisé en collaboration avec l’association « Machaal Echahid » et le Musée du Moudjahid, à l’occasion de la commémoration du 61ème anniversaire de ces explosions.

Rappelant que l’ancien président français François Hollande avait reconnu, en 2014, que ce qui s’est produit à Reggane étaient « des explosions et non des essais nucléaires« , elle a estimé que « cette reconnaissance est à même de constituer un élément supplémentaire pour prouver le crime perpétré à l’encontre des Algériens« .

« Il est inadmissible d’occulter le droit d’Algériens qui ont été utilisés comme des rats de laboratoire pour des essais nucléaires », a-t-elle dénoncé ajoutant que « leur mort ne peut être un prétexte pour oublier ce qu’ils ont subi, au même titre que la terre saine et pure qui porte à nos jours les traces d’une pollution dangereuse ».

Pour Me Benbraham, les effets des explosions qui se sont étendues à travers les eaux souterraines jusqu’à la Tunisie « ne peuvent être ignorés« , d’autant que le lieu où ils ont été menées « demeure témoin de ce crime« .

De son côté, le membre et représentant de l’Association 13 Février des victimes de la région de Reggane, Mahmoudi Mohamed, a mis en avant « les souffrances » des habitants de la région et « les graves maladies héritées en conséquence de ces explosions nucléaires« , affirmant que « le calvaire » hérité de génération en génération demeure « une infamie dans l’Histoire de l’occupant français« .

Le président de l’Association « Mechaal Echahid« , Mohamed Abbad a estimé, pour sa part, que la commémoration de cet anniversaire « se veut une immortalisation des inoubliables sacrifices que tout un chacun doit veiller à leur communication aux générations montantes « .

Dans sa quête de maitriser la technologie nucléaire à but militaire, la France coloniale a fabriqué une bombe atomique dès la fin des années 50 du siècle dernier.  Elle avait décidé, alors, de prendre le Sahara algérien et sa population pour champ à ces essais nucléaires. La première explosion, d’une puissance de 60.000 à 70.000 tonnes de T.N.T a été réalisée dans la région de Reggane, le 13 février 1960. Cette bombe est cinq fois plus puissante que celle d’Hiroshima, selon les experts.

Publié le mardi, 09 février 2021 à 20h16

https://www.aps.dz/algerie/117340-les-essais-nucleaires-francais-en-algerie-une-concretisation-litterale-de-la-politique-de-la-terre-brulee

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM PROVOQUE UNE CHUTE DE NEIGE QUI N’ÉTAIT PAS PRÉVUE

En Moselle, les habitants de Cattenom se sont réveillés ce 9 février avec plusieurs dizaines de centimètres d’une étrange neige. Il s’agit d’un phénomène de « neige industrielle » : la vapeur d’eau de la centrale nucléaire voisine s’est condensée dans l’air froid, provoquant des chutes de neige très localisées.

Les prévisions météorologiques avaient annoncé l’arrivée de la neige en Bretagne, mais les dizaines de centimètres qui sont tombés dans la nuit du 8 au 9 février sur Cattenom (Moselle) n’étaient pas prévues. Normal, il n’y avait pas de précipitations attendues, mais simplement des températures négatives.

Les habitants de Cattenom se sont donc pourtant réveillés avec plusieurs dizaines de centimètres d’une neige inhabituelle, décrite par Le Républicain Lorrain comme de petites boules compactes, presque semblables à du polystyrène .

Cette couche de neige a provoqué d’importantes perturbations de la circulation routière dans le secteur :

Info trafic Lorraine et Frontières – ITLF

Plus surprenant, quelques kilomètres plus loin, il n’y avait aucune trace de neige. Il s’agit d’un phénomène de  neige industrielle – ou neige de pollution – qui se produit parfois et est difficile à prévoir, dit Météo-France.

Vapeur d’eau

Cette neige survient lorsque l’air ambiant est chargé d’humidité supplémentaire (par les industries, les appareils de chauffage, la circulation…) et qu’il y a du vent ou des températures négatives. Rennes avait par exemple connu ce phénomène en décembre 2016.

L’épisode survenu à Cattenom est dû semble-t-il à la vapeur d’eau rejetée par la centrale nucléaire située sur le territoire de la commune. La vapeur d’eau s’est condensée au contact de l’air très froid et est retombée sous forme de neige.

L’épisode a été extrêmement localisé, comme le montrent les images radar :

Le phénomène n’a concerné que quelques kilomètres autour de Cattenom. Dix kilomètres plus loin, il n’y avait pas de trace de neige.

La vapeur rejetée par ses tours s’est condensée et est retombée juste à côté. Cela apparaît parfaitement sur la carte de cumul de neige!

Photo Maurice Spick

Sur le secteur de Thionville, la neige a provoqué d’importants ralentissements de la circulation. Les salariés de la centrale ont été invités à rester chez eux.

Dans l’ensemble du département, le verglas avait compliqué les conditions de circulation.

Par Erwan ALIX et Ouest-France, publié le 09/02/2021 à 15h04

Photo en titre : La vapeur d’eau rejetée par la centrale nucléaire de Cattenom (ici en octobre 2017) a entraîné des chutes de neige très localisées. | PATRICK HERTZOG / ARCHIVES AFP

https://www.ouest-france.fr/meteo/neige/la-centrale-nucleaire-de-cattenom-provoque-une-chute-de-neige-qui-n-etait-pas-prevue-7148353

PYONGYANG A DÉVELOPPÉ SES PROGRAMMES NUCLÉAIRE ET BALISTIQUE EN 2020, SELON L’ONU

NEW YORK (Reuters) – La Corée du Nord a entretenu et développé ses programmes nucléaire et balistique en 2020, en violation des sanctions internationales, selon rapport confidentiel des Nations unies que Reuters a pu consulter lundi.

D’après ce rapport rédigé par des observateurs indépendants, Pyongyang « a produit des matériaux fissiles, entretenu des centrales nucléaires et amélioré ses infrastructures de missiles balistiques« , tout en cherchant à se procurer à l’étranger des matériaux et des technologies pour ces programmes.

Ce rapport annuel a été transmis au comité de l’ONU supervisant les sanctions imposées à la Corée du Nord seulement quelques semaines après la prise de fonction de Joe Biden à la présidence américaine. Une porte-parole du département d’État américain a fait savoir lundi que l’administration Biden prévoyait d’adopter une nouvelle approche avec la Corée du Nord, dont un examen complet avec des alliés des « moyens de pression et de la possibilité d’une quelconque diplomatie à l’avenir« .

L’an dernier, la Corée du Nord a dévoilé lors de parades militaires de nouveaux missiles à courte portée et à moyenne portée, des missiles lancés depuis des sous-marins et des missiles balistiques intercontinentaux, note le rapport de l’ONU.

Bien qu’aucun essai de missile nord-coréen n’a été effectué l’an dernier, Pyongyang a « annoncé préparer les tests et la production de nouvelles têtes de missile balistique et le développement de nouvelles armes tactiques nucléaires. »

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat auprès de la mission de la Corée du Nord à l’ONU.

Par Michelle Nichols, version française Camille Raynaud, édité par Jean Terzian, reuters.com, publié le 09/02/2021 à 6h06  

Photo en titre : Crédits : Kcna

https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN2A90GA/pyongyang-a-developpe-ses-programmes-nucleaire-et-balistique-en-2020-selon-onu.html

EN INDO-PACIFIQUE, JOE BIDEN VEUT TRANSFORMER LE « QUAD » EN « MINI-OTAN » POUR CONTRECARRER LA CHINE

Avec la Chine en toile de fond et sa puissance militaire montante au cœur de leurs préoccupations majeures, le président américain Joe Biden et son administration organisent la riposte en menant des discussions approfondies avec les principaux chefs de la diplomatie européenne. Ils préparent aussi un sommet prochain du « Quad », ce forum stratégique qui rassemble les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde et dont Washington souhaiterait en faire « un nouvel Otan » en Asie.

Vendredi 5 février, les chefs de la diplomatie de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis ont déclaré leur intention de « relancer » les liens transatlantiques, lors de leur première rencontre virtuelle depuis que le président Joe Biden est entré en fonctions à Washington le 20 janvier. « Les ministres des Affaires étrangères ont convenu qu’ils souhaitaient relancer le partenariat transatlantique traditionnellement fort, et affronter ensemble les défis globaux à l’avenir, ont-ils affirmé selon un communiqué du gouvernement américain. Ce premier échange approfondi entre les ministres des Affaires étrangères depuis l’investiture du président Biden s’est caractérisé par une atmosphère confiante et constructive. »

Ces échanges virtuels ont été l’occasion d’aborder un éventail de sujets, dont l’Iran, la pandémie de coronavirus, mais aussi les relations avec la Chine et la Russie, a précisé Berlin. Le secrétaire d’État Antony Blinken a « souligné l’engagement américain en faveur d’une action coordonnée pour surmonter les défis mondiaux », a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price. Des propos qui tranchent avec la politique du cavalier seul et de « l’Amérique d’abord » de l’administration Trump. Anthony Blinken et ses homologues ont « affirmé le rôle central de la relation transatlantique pour affronter les questions de sécurité, de climat, d’économie, de santé et d’autres défis auxquels fait face le monde », a ajouté Ned Price.

« Asie-Pacifique ouverte »

Plus important, l’entourage du président Joe Biden est en train de préparer la tenue d’une première réunion virtuelle au sommet du « Quad », ce forum qui réunit Washington, Tokyo, Canberra et New Delhi, croit savoir l’agence Kyodo samedi 6 février. Ce serait sa première réunion au plus haut niveau depuis que l’administration Trump a transformé ce « Dialogue quadrilatéral sur la sécurité » en un mécanisme dont l’objectif avoué est de contrecarrer l’influence croissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique.

Selon l’agence japonaise, l’agenda de ce sommet comprend en particulier des discussions sur le respect d’une « Asie-Pacifique ouverte » ainsi que sur les inquiétudes suscitées par les activités de la Chine dans la région, dont en particulier la militarisation chinoise conduite en mer de Chine du Sud revendiquée par Pékin.

« Un sommet du « Quad » ne serait pas une surprise puisque l’alliance sécuritaire contre la Chine en Asie-Pacifique est une stratégie constante des États-Unis », relève Shi Yinhong, un expert des relations internationales de l’Université Renmin à Pékin cité par le South China Morning Post. Ce spécialiste table cependant sur une évolution probable du « Quad » en « mini-OTAN » pour l’Asie-Pacifique après que le Royaume-Uni a manifesté son désir d’en faire partie. Ce plan de l’administration américaine a déjà fait surface à plusieurs reprises ces derniers mois.

Sans confirmer explicitement la tenue prochaine de ce sommet, le ministère japonais des Affaires étrangères a indiqué que le Premier ministre Yoshihide Suga et le président américain étaient tombés d’accord sur le principe d’un renforcement du « Quad » à l’occasion d’un entretien téléphonique fin janvier.

Le « Quad » a tenu sa première réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères en 2019 à New York, puis une seconde en octobre 2020 à Tokyo.

Coup de fil à Xi Jinping en attente

Mais tandis que Joe Biden a appelé la quasi-totalité de ses principaux interlocuteurs étrangers, il n’a toujours pas téléphoné au président Xi Jinping, trois semaines après son investiture. Dans une interview à la chaîne de télévision américaine CBS diffusée dimanche 7 février, le président américain a expliqué qu’il n’y avait pas de raison pour les deux présidents de ne pas se parler au téléphone. Pékin, a-t-il dit, « a envoyé des signaux » dans ce sens. « Nous n’avons pas besoin d’un conflit, mais il y aura une concurrence extrême, a prévenu Joe Biden. Je ne vais pas suivre la méthode Trump et nous allons nous concentrer sur les règles internationales pour la route à suivre. »

Un premier contact officiel sino-américain a néanmoins eu lieu samedi 6 février lors d’un entretien téléphonique entre le secrétaire d’État américain Anthony Blinken et le chef de la politique étrangère du Parti communiste chinois Yang Jiechi. Le successeur de Mike Pompeo a profité de cette discussion pour affirmer que les États-Unis continueraient de se porter aux côtés des droits de l’homme et des valeurs démocratiques dans le monde.

« J’ai clairement dit que les États-Unis défendraient nos intérêts nationaux, lutteraient pour nos valeurs démocratiques et tiendraient Pékin pour responsable de tout abus contre le système international », a tweeté le nouveau secrétaire d’État à l’issue de cet entretien téléphonique. Les États-Unis « continueront de défendre les droits humains et les valeurs démocratiques, y compris au Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong », a précisé Anthony Blinken selon un communiqué du département d’État.

De son côté, Yang Jiechi a demandé aux États-Unis de ne pas porter préjudice « aux intérêts fondamentaux » de la Chine et de « corriger leurs politiques erronées ». Le responsable chinois a invité Washington à travailler avec Pékin dans le but de créer un environnement qui évite la confrontation, selon l’agence Chine Nouvelle (Xinhua).

Capacités nucléaires de Pékin

Entre-temps, les déclarations au sujet de la Chine se sont multipliées ces derniers jours au sein de la nouvelle administration américaine. C’est ainsi que le nouveau secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a qualifié la Chine de « menace constante » pour le Pentagone, lors d’une audition au Sénat. Son adjointe, Kathleen Hicks, a quant à elle déclaré que face à la menace croissante de la Chine contre Taïwan, l’engagement américain à l’égard de « l’île rebelle » devait être « transparent comme le cristal ». Quant au conseiller pour la Sécurité nationale de Joe Biden, Jake Sullivan, il a estimé que la Chine représentait « un concurrent stratégique fondamental ».

Par ailleurs, selon le chef du Commandement stratégique nucléaire américain, l’amiral Charles Richard, les États-Unis doivent se préparer « à une possibilité très réelle » d’une attaque nucléaire à l’heure où la Chine et la Russie augmentent rapidement leurs capacités nucléaires. La Chine, a-t-il écrit dans un article du numéro de février du magazine Proceedings de l’Institut des forces navales américaines, est en train de devenir un « concurrent stratégique » des États-Unis dans ce domaine, tandis que son engagement pris dans les années 1960 de ne pas être le premier à lancer une attaque nucléaire « pourrait bien changer en un clin d’œil ». Et de préciser : « Pékin est engagé dans la recherche de capacités et d’opérations stratégiques qui ne sont pas cohérentes avec une dissuasion minimale, lui donnant une panoplie complète d’options, y compris un usage limité de même qu’une capacité d’attaque préventive. »

La Chine n’a jamais révélé l’étendue de son arsenal nucléaire. Mais les experts occidentaux l’estime généralement entre 200 et 300 ogives nucléaires, soit à peu près l’équivalent de celui du Royaume-Uni ou de la France, très loin derrière l’arsenal de la Russie ou des États-Unis.

Le 25 janvier, la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki avait été on ne plus explicite : « Ce que nous avons vu ces dernières années est une Chine de plus en plus autoritaire chez elle et agressive à l’extérieur. Pékin en vient maintenant à défier notre sécurité, notre prospérité et nos valeurs d’une façon telle qu’elle exige de nous une nouvelle approche. »

Par Pierre-Antoine Donnet, publié le 9 février 2021

 Pierre-Antoine DonnetÀ propos de l’auteur: Ancien journaliste à l’AFP, Pierre-Antoine Donnet est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages consacrés à la Chine, au Japon, au Tibet, à l’Inde et aux grands défis asiatiques. En 2020, cet ancien correspondant à Pékin a publié « Le leadership mondial en question, L’affrontement entre la Chine et les États-Unis » aux Éditions de l’Aube. 

Photo en titre : Le président américain Joe Biden n’a toujours pas appelé son homologue chinois Xi Jinping. (Source : The Australian)

https://asialyst.com/fr/2021/02/09/etats-unis-biden-veut-transformer-quad-mini-otan-pour-contrecarrer-chine/

AVENIR DU NUCLÉAIRE DANS LA DRÔME : « ON NE VEUT PAS FINIR EN CHAIR À NEUTRONS POUR EDF » EXPLIQUE STOP TRICASTIN

Dans une lettre adressée à son PDG et signée par la présidente (LR) de la Drôme Marie-Pierre Mouton, de nombreux élus proposent à EDF la candidature du Tricastin pour accueillir des réacteurs nucléaires nouvelle génération de type EPR. Une prise de position contestée par « Stop Tricastin« . 

Il se murmure, dans la presse et le monde politique, que, dans les projets d’EDF, deux sites basés en Auvergne Rhône-Alpes seraient en concurrence pour accueillir un nouvel EPR : le site du Bugey, dans l’Ain, ou celui de Pierrelatte, dans la Drôme. C’est pour « emporter la partie » qu’une démarche a été entreprise par la présidente (LR) de la Drôme, Marie-Pierre Mouton, sous la forme d’une lettre de candidature.

Le courrier, communiqué à la presse lundi 1er février, a été cosigné par des élus du département de la Drôme, du Vaucluse, du Gard et de l’Ardèche parmi lesquels on trouve Pascal Terrasse ancien président (PS) du département de l’Ardèche, Jean Michel Catelinois, maire (LREM) de Saint-Paul-Trois-Châteaux et président de la Communauté de communes de Drôme sud ou encore Alain Gallu (DVD), maire de Pierrelatte.

Dans un communiqué récent, l’association « Stop Tricastin« , composée d’habitants opposés au nucléaire, balaye l’ensemble des arguments présentés dans ce courrier en faveur d’un tel projet.

Ils nient tout d’abord « l’acceptation du nucléaire par la population » qui est évoquée : « Dans le sondage BVA /ORANO évoqué dans la lettre des élus 29% des sondés autour de Tricastin estiment que la centrale est un handicap pour la région. Et rappelons que notre pétition pour la fermeture du réacteur numéro 1 du Tricastin a recueilli plus de 41 000 signatures dont 1024 en Drôme et 987 en Ardèche. » répond l’association.

Des arguments défavorables au projet

Autre argument : pour « Stop-Tricastin« , il ne faut pas négliger les risques que représenterait l’implantation d’un nouveau réacteur dans une zone sismique : « On ne pourra donc se prononcer sur la centrale du Tricastin que lorsque l’IRSN et le CNRS auront terminé leur évaluation du séisme de référence à prendre en compte, tout en sachant, Fukushima nous l’a montré, qu’un séisme nettement supérieur au séisme historique est toujours possible lorsque le site de la centrale se trouve en zone sismique. » est-il expliqué.

Les opposants s’interrogent également sur l’avenir des déchets radioactifs « dont on ne sait que faire et que personne ne veut… leur gestion et le coût de celle-ci reposeront sur les générations futures. » Enfin, ils estiment que ces réacteurs nucléaires de nouvelle génération représenteraient un coût trop important, qui reviendra, au final, au consommateur ou au contribuable.

Contactés par nos soins, le porte-parole de « Stop Tricastin » soulève d’autres points qu’il estime problématiques dans ce projet.

Le premier est très politique. Il concerne la présidente (LR) de la Drôme, Marie-Pierre Mouton. « Elle est également présidente de la Commission d’Information des citoyens sur le nucléaire autour de Tricastin, et ouvertement pro-nucléaire. Nous lui prêtons des arrière-pensées politiques, notamment les futures élections cantonales où elle compte se présenter. » De leur côté, les opposants au nucléaire fondent beaucoup d’espoir sur une éventuelle victoire des écologistes aux futures élections régionales, officiellement hostiles à l’implantation d’un EPR à Tricastin. « Ils ont remporté Grenoble, Lyon, Annecy et d’autres villes. C’est maintenant ou jamais. » commente-t-il. 

Une autre solution serait possible

Concernant l’emploi, les anti-EPR réfutent l’argument avancé par les élus chiffrant à 7000 salariés la mise en œuvre d’un grand chantier EPR. Selon eux, on peut à l’inverse tout à fait développer des emplois d’une autre manière : « Notre région bénéficie d’un potentiel exceptionnel en matière d’énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, hydraulique et géothermie) et une grande partie des travailleurs du nucléaire pourraient utiliser leurs compétences et leur savoir-faire dans le développement de nouvelles filières énergétiques permettant de fournir de l’électricité décarbonnée et d’accroître notre indépendance énergétique. » explique Alain Volle.

Il cite l’implantation à Valence des concepteurs du projet « Négawatt« , qui, depuis les années 2000, travaillent en faveur d’une transition énergétique réaliste et soutenable pour la France. « Leur scénario de transition écologique régional pourrait parfaitement s’appliquer ici. » estime Stop Tricastin. « Il suffirait simplement de faire un grand audit social des compétences de la région. Et, à côté du démantèlement, on pourrait reconvertir très largement toutes ces personnes« . Le scénario envisagé par Négawatt estime qu’il est possible de se passer de centrale nucléaire, à condition de réduire de 50% notre consommation en énergie au préalable, d’améliorer l’efficacité énergétique en isolant les bâtiments, ou en améliorant les moteurs. 

RTE travaille sur un scénario alternatif à l’horizon 2050

Stop Tricastin a d’autres raisons de se montrer optimiste. Leur association met en avant un rapport très récent, auquel collabore RTE, montrant une étude sur les conditions d’un système électrique à forte part d’énergies renouvelables en France à l’horizon 2050. « Bien qu’il n’y ait aucune barrière technique infranchissable a priori, il faut regarder les faits scientifiques, techniques et industriels« , relevait en janvier 2021 Xavier Piechaczyk, président de RTE. « Il reste beaucoup de sujets à résoudre. Le rapport suggère une méthode et des feuilles de route pour traiter ces enjeux« .

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a salué cette annonce. « Ce rapport constitue un moment copernicien pour le monde de l’énergie. Nous avons désormais la confirmation que tendre vers 100% d’électricité renouvelable est techniquement possible« , a-t-elle commenté. Pour Alain Volle, de Stop-Tricastin, « Cela veut clairement dire qu’aujourd’hui, même au gouvernement, tout le monde n’est pas d’accord avec EDF« . conclut-il.

En conclusion, l’association opposée à cette implantation d’un EPR à Tricastin estime qu’EDF pratiquerait « une fuite en avant, et une politique du fait accompli. » Pour appuyer cette opinion, ils rappellent que l’entreprise a déjà commandé à Framatome au Creusot des pièces pour ce futur EPR 2, alors que le projet n’a pas encore été validé par l’État. « EDF est une espèce d’État dans l’État, totalement obsédé par le nucléaire. Nous, les riverains, on est inquiets, parce qu’on n’a pas envie d’être de la chair à neutrons. On aime notre région et on n’a pas envie de se retrouver demain ou évacués ou…mort« . ajoute Alain Volle. « On ne veut pas d’un nouvel EPR à Tricastin, et on est solidaires de nos copains du Bugey, qui n’en veulent pas non plus. » 

Publié le 08/02/2021 à 16h34, mis à jour le 08/02/2021 à 18h02

Photo en titre : La centrale du Tricastin sera-t-elle remplacée par un EPR nouvelle génération ? Les opposants au nucléaire le refuse • © Guillaume Horcajuelo /Newscom/ Max PPP

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/drome/valence/avenir-du-nucleaire-dans-la-drome-on-ne-veut-pas-finir-en-chair-a-neutrons-pour-edf-explique-stop-tricastin-1946758.html

« BANNIR TOUTES LES ARMES ATOMIQUES »

Défense. « La France doit ratifier le Traité d’interdiction des armes nucléaires, communément appelé TIAN. »

L’arme nucléaire est une arme de destruction massive, car elle tue indistinctement l’adversaire armé et la population civile.

Après les armes chimiques, les armes biologiques, l’arme nucléaire est interdite, illégale, illégitime depuis le 22 janvier 2021.

Le Traité d’interdiction des armes nucléaires, communément appelé TIAN, a été porté par les ONG de la société civile. « Les survivants des explosions nucléaires et des essais nucléaires ont offert des témoignages tragiques et ont été une force morale » (déclaration du porte-parole du secrétaire général de l’Onu).

La France est l’un des pays à détenir l’arme atomique. Elle dépense plus de 6 milliards d’euros par an pour la moderniser. Le secret-défense interdit toute discussion, débat et vote parlementaire.

Ne soyons pas sourds aux lanceurs d’alerte, aux organisations, qui demandent un dialogue afin que la France ratifie le TIAN.

Le risque continu d’avoir 250 bombes prêtes à l’emploi, en France (soit plus de 2 500 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima) est un risque aux conséquences humanitaires et écologiques catastrophiques.

La France ne doit pas rester trop longtemps en dehors de l’Histoire.

Par Annick Martin (Maine-et-Loire) via Ouest-France, publié le 09/02/2021 à 05h50

Photo en titre : Le sous-marin nucléaire français « Suffren », en 2019. | THOMAS BRÉGARDIS, OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/medias/ouest-france/courrier-des-lecteurs/bannir-toutes-les-armes-atomiques-7147703

L’ANDRA TENTE DE DÉSAMORCER L’AVIS DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

BURESTOP 55  – COMMUNIQUÉ du 8 février 2021 :

Jusqu’où allons-nous fermer les yeux sur les défaillances majeures du dossier Cigéo ?

L’Andra, championne de la pensée positive, tente de minimiser l’avis très critique rendu par l’Autorité environnementale sur l’étude d’impact globale qu’elle a fourni dans le cadre de la procédure de DUP. (Est Républicain – 05/02 2021).

Le collectif Burestop55 alerte sur l’inquiétante vacuité – ou vide sidéral – de ses réponses. Parti comme c’est, le feu vert au projet industriel le plus risqué du siècle repose à présent sur un incroyable marché : fermer les yeux sur des risques identifiés et sans solution, reporter à « plus tard » les démonstrations… le tout sur fond de silence acheté à coup de promesses de développement parfaitement illusoire.

Avec Cigéo, on flirte avec un risque de type Tchernobyl, arrêtons de banaliser l’évidence

Cigéo a pour objectif de « de protéger l’homme et l’environnement du danger de ces déchets sur le très long terme ». Problème, l’Andra n’arrive pas à démontrer cette hypothèse. Deux décennies d’étude dans le laboratoire de Bure démontrent le contraire : la radioactivité ne restera pas enfouie à 500m sous terre à Bure.

L’Autorité environnementale porte à l’attention du public des probabilités d’accidents majeurs. Incendie souterrain non maîtrisable dû aux déchets bitumés, explosion de colis de déchets nucléaires sous terre, séisme mettant à mal 265 km de galeries, contamination incontrôlable de nappe phréatique et de cours d’eau : le risque est bien de type Tchernobyl ou Fukushima…

Il faut s’appeler Andra pour rester optimiste et déclarer que l’avis rendu est « positif », que la qualité de l’étude d’impact est « plutôt bonne » et que le projet Cigéo intègre « une garantie de sûreté même avec des activités humaines ».

Quand les élus et décideurs vont-ils prendre enfin conscience, ou avouer, que Cigéo serait une dangereuse installation nucléaire de base (INB), pas le stockage idéalisé depuis des années par l’Andra? L’Autorité environnementale conseille d’ailleurs de stopper tout développement du territoire qui serait impacté.

L’Andra esquive ou reporte à plus tard, c’est selon

Ressource géothermique sous Bure ? Circulez, il n’y a rien à voir, même si l’Autorité environnementale s’en inquiète, à juste titre, et recommande de nouvelles études.

Proximité alarmante du fossé tectonique de Gondrecourt ? Cigéo serait construit pour résister « à un séisme supérieur à celui susceptible d’intervenir », comprenne qui pourra cette affirmation quasi magique.

Manque notoire de rapport de sécurité ? L’Andra prend son temps et produira ses démonstrations en temps voulu, après, une fois la DUP acquise et la DAC en bonne voie.

Des millions d’euros ont été consacrés aux études dans le « laboratoire » de Bure, la seconde phase d’investissement pourrait embarquer le pays sur une voie sans aucune issue.

En effet, la phase pilote (5 Md€ + 5,7md€ pour l’extension progressive du stockage) s’apparente à une gigantesque, juteuse et unique opération de BTP, sur fond de gaspillage d’argent public. À ce niveau d’investissement et de destruction territoriale, l’étape censée « valider une démonstration de sûreté » ne tient pas la route.

Retrouvez la tribune dans Le Monde 05/02 2021 :  « Ne poursuivons pas sur la voie sans retour du stockage géologique des déchets radioactifs »
EN PDF > ICI

Par BURESTOP 55, (www/burestop.eu) , publié le 8 février 2021

http://burestop.free.fr/spip/spip.php?article986

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM A DÉCLARÉ UN INCIDENT DE NIVEAU 1

La centrale nucléaire de Cattenom a déclaré un incident de niveau 1 (sur les sept que compte l’échelle INES) fin janvier. En cause : un délai d’intervention trop long sur l’un des deux circuits d’injection de sécurité du réacteur n° 3. Il n’a pas eu d’impact sur la sûreté, assure EDF.

Le vendredi 29 janvier , les équipes de la centrale nucléaire de Cattenom réalisent un essai de bon fonctionnement de vannes situées sur l’un des deux circuits d’injection de sécurité de l’unité de production n° 3. Il s’agit d’un circuit qui, en cas d’accident, permet d’introduire de l’eau borée dans le circuit primaire du réacteur afin de refroidir le cœur. Lors de l’essai, les équipes ont mis en évidence un défaut dans le déroulement du test de ces vannes.

Règles d’exploitation

Dans ce type de situation, les règles d’exploitation demandent d’entamer les procédures de mise à l’arrêt du réacteur ou de procéder à la réparation dans des délais réglementaires (huit heures dans ce cas). Après un premier diagnostic, une carte électronique a fait l’objet d’une réparation. La requalification incomplète de la carte électronique a conduit EDF à sous évaluer le nouveau délai pour entamer les opérations de mise à l’arrêt du réacteur, qui était alors demandé sous une heure.

Tests concluants

Pendant les différentes phases de mise à l’arrêt du réacteur, le diagnostic définitif réalisé a permis de remettre en conformité le matériel et de réaliser des tests concluants. Les équipes de la centrale ont ainsi pu interrompre les procédures de mise à l’arrêt du réacteur. L’unité de production n° 3 est restée couplée au réseau d’électricité à puissance réduite.

Cet événement n’a pas eu d’impact sur la sûreté des installations puisqu’une seconde voie assurant les mêmes fonctions était opérationnelle et que l’état du réacteur ne nécessitait pas de solliciter le système d’injection de sécurité.

Publié le 8 février 2021 à 17h18, mis à jour à 17h34

Photo en titre : Le défaut a été décelé sur la tranche 3, moins d’un mois avant sa révision décennale.  Photo RL /Armand FLOHR

https://www.republicain-lorrain.fr/environnement/2021/02/08/la-centrale-nucleaire-a-declare-un-incident-de-niveau-1

LA LEÇON DE STOCAMINE POUR BURE : L’ÉTAT NE TIENT PAS SA PAROLE

Les 42.000 tonnes de déchets hautement toxiques enfouies dans le site de Stocamine y resteront, malgré la promesse de la « réversibilité ». Les en sortir coûterait trop cher, même si c’est faisable, expliquent les auteurs de cette tribune. Qui s’interrogent : pourquoi serait-ce différent pour le projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure en cas d’accident ?

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a annoncé lundi 18 janvier que les 42.000 tonnes de mercure, de cyanure, d’arsenic, d’amiante, etc., encore présentes dans le centre de stockage de déchets hautement toxiques Stocamine, à Wittelsheim (Haut-Rhin), resteraient définitivement confinées à 500 mètres de profondeur. Et ce, malgré la contamination inéluctable, à plus ou moins long terme, de la nappe phréatique par remontée de ces produits toxiques et l’obligation légale de réversibilité du stockage souterrain (c’est-à-dire l’obligation de se donner les moyens de récupérer les déchets). Une trahison que, lors de sa visite à Wittelsheim, le 5 janvier 2021, Mme Pompili s’est vue obligée de reconnaître :

 Il faudra que l’on tire des leçons de l’Histoire, une leçon de ce qu’il s’est passé, une leçon sur la parole de l’État et l’utilisation du mot « réversibilité ». Je crois qu’il faut le bannir à tout jamais ce mot. »

Parallèlement, elle justifiait sa décision en invoquant l’affaissement probable des galeries sur les déchets, à la suite de l’incendie de 2002, ainsi que le risque sanitaire pour les travailleurs en cas d’opérations de déstockage. Mais il est probable que le coût du déstockage, régulièrement évalué autour de 450 millions d’euros quand celui du confinement définitif en vaudrait trois fois moins, ait été un paramètre déterminant.

Cette annonce est un véritable scandale, tant du point de vue environnemental que démocratique. Et comment ne pas faire un parallèle avec le très controversé projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure ? Alors, Madame la Ministre, puisque vous l’avez souhaité à Wittelsheim, tirons « les leçons de l’Histoire » !

L’accident « impossible »

Prévu pour accueillir 320.000 tonnes de déchets, mis en service en 1999 avec la promesse de réversibilité en cas d’incident, le site de Stocamine a été mis à l’arrêt en 2002 à la suite d’un incendie souterrain. Depuis, un bras de fer oppose, d’un côté, les acteurs du territoire alsacien, qui demandent le retrait des 42.000 tonnes de déchets chimiques enfouis, et de l’autre, l’État, qui se défile.

Pourtant, aux dires de ses exploitants avant ce fameux incendie, Wittelsheim était un site extrêmement favorable, même à très long terme. La mine était stable, les études hydrogéologiques réalisées par l’École des mines de Paris et par l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) l’attestaient. On était tranquilles pour au moins dix mille ans ! À Bure, aujourd’hui, même topo : l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) vante le caractère exceptionnel du site, répète qu’il est stable depuis des millions d’années et continue de souligner les qualités de la couche d’argile malgré les remises en cause de nombreux experts indépendants.

À Stocamine, c’est un simple défaut dans la procédure d’admission des colis qui a conduit à l’accident de 2002. Depuis, les galeries s’affaissent. Elles se referment sur les déchets à un rythme deux fois plus rapide que celui prévu par les géologues. Élus, habitants et travailleurs des mines avaient pourtant fait confiance à ceux qui leur garantissaient la sûreté et la réversibilité du site. Notamment à Pierre-Franck Chevet, alors directeur de la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire) Alsace, qui avait validé le projet. Et que l’on a retrouvé, entre 2012 et 2018, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) chargée d’évaluer la sûreté du projet Cigéo.

En 2019, jumelage à Bure lors de la venue de Stocamine pour une conférence.

En 1999, élus et dirigeants se sont succédé sur les plateaux de télévision en présentant Stocamine comme une aubaine pour la région de Mulhouse : ils promettaient la création d’une centaine d’emplois et d’un pôle de recherche sur les déchets en liaison avec l’école de chimie de Mulhouse. En réalité, seuls quinze emplois de mineurs recyclés ont été créés. Le rêve de la « Silicon Valley alsacienne » n’a jamais vu le jour.

Même stratégie à Bure. Le fameux « laboratoire de recherche » installé par le gouvernement s’est vite transformé en agence de communication. Plus d’un milliard d’euros a déjà été dépensé pour favoriser l’acceptabilité sociale du projet. Mais le territoire continue à se désertifier, les promesses d’emplois ne sont pas au rendez-vous, et les acteurs du territoire ont le sentiment de s’être fait berner.

La « réversibilité », une formule rhétorique

La réversibilité a été inscrite dans l’arrêté d’autorisation de Stocamine en 1997. Ce n’était pas une promesse, mais une obligation légale. À l’époque, chacun faisait semblant d’y croire. Michel Streckdenfinger, ingénieur des Mines et président de Stocamine de 1991 à 2000, déclarait : « Nous devons garantir les conditions techniques et financières de la remontée [des déchets toxiques] [1]. » Promis, juré. Finalement, c’est le coût de l’opération qui aura été déterminant pour décider d’abandonner à jamais les 42.000 tonnes de déchets toxiques. C’est du moins le sentiment qui domine chez de nombreuses associations environnementales et élus du territoire : la question financière l’a emporté, malgré les preuves fournies de la faisabilité de la récupération des déchets [2].

Les gouvernements successifs ont perdu (ou gagné ?) du temps en commandant rapport sur rapport. Mais, alors que les avis convergeaient vers la faisabilité du déstockage total, ils n’ont pris aucune décision, se sont refilé la patate chaude pendant deux décennies, pour finir par dire : « On n’a plus le temps, il y a un risque d’effondrement des galeries. »

En Alsace, c’est la sidération. Comment faire confiance à ceux qui prônent aujourd’hui un confinement définitif alors qu’avant l’incendie de 2002, ils assuraient que le centre de stockage de Stocamine était parfaitement sous contrôle ?

À Bure, c’est le coup de massue. Le refus de respecter le cahier des charges de Stocamine aujourd’hui confirme que, demain, à Bure, si le projet Cigéo était autorisé, même en cas d’accident majeur jamais l’option de récupérer les déchets ne serait retenue, pour des raisons techniques, politiques ou financières. Une crainte d’autant plus forte qu’elle a déjà été formulée par les autorités nucléaires chargées d’évaluer le projet Cigéo, et notamment par l’Autorité environnementale, dans son avis du 13 janvier 2021.

Tirer les leçons du fiasco de Stocamine doit donc conduire à l’abandon du projet Cigéo à Bure. Car, désormais, nul ne pourra dire : on ne savait pas !

Par Coordination Stop-Cigéo et collectif Destocamine, publié le 8 février 2021

La coordination Stop Cigéo réunit les associations en lutte contre le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires (Asodedra, Bure Zone libre, Bure stop 55, Cacendr, Cedra 52, Eodra, Meuse Nature Environnement) ; le collectif Destocamine rassemble associations et organisations syndicales.

https://m.reporterre.net/La-lecon-de-Stocamine-pour-Bure-l-Etat-ne-tient-pas-sa-parole

L’ÉTAT DES ARMES (LIVRES)

Alors que le traité sur l’interdiction des armes nucléaires, élaboré par l’Organisation des Nations unies (ONU), est entré en vigueur en janvier 2021, deux ouvrages éclairent l’histoire et les enjeux de ce type d’armement.

Dans le livre dirigé par le juriste Nicolas Haupais (1), les contributeurs analysent l’arsenal français, qui compte aujourd’hui trois cents têtes nucléaires, chacune d’une puissance de 300 kilotonnes. Respectueuse du droit international, la France adhère au traité sur la non-prolifération (TNP) de 1968, qui engage 191 États. Ce qui ne l’empêche pas d’entretenir sa force de frappe. Certes, depuis la fin de la guerre froide, Paris a désarmé, reconfigurant son modèle de dissuasion nucléaire selon le critère de suffisance. Le deuxième Livre blanc sur la défense, en 1994, consacrait le démantèlement du système d’armes Hadès (missile sol-sol nucléaire tactique à courte portée). En revanche, la France maintient et entretient son armement nucléaire de haut niveauRafale, Mirage, missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMP A) — et estime que les autres puissances ne désarment pas assez. L’arsenal mondial a pourtant diminué, passant de 65 000 armes dans les années 1980 à 15 000 aujourd’hui. Une tendance que s’emploie à accélérer la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix en 2017.

Le colonel Claude Lefebvre et le juriste Guillaume Weiszberg analysent quant à eux la notion de prolifération nucléaire (2). Ils distinguent la prolifération « verticale », c’est-à-dire une augmentation du nombre d’armes ou une amélioration de la puissance destructrice d’un pays, et la prolifération « horizontale » : un accroissement du nombre de pays qui en détiennent. Adoptant une perspective historique, ils rappellent que la notion de « désarmement » est apparue en 1868 dans le préambule de la déclaration de Saint-Pétersbourg, le tsar de Russie préconisant d’interdire l’usage des balles explosives, trop meurtrières et donc « contraires aux lois de l’humanité ». Ils montrent aussi que la notion d’« armes de destruction massive » (ADM) est apparue sous la plume de l’archevêque de Cantorbéry Cosmo Gordon Lang, qui évoquait à la fin de 1937 le bombardement de Guernica, en Espagne, ainsi que les atrocités perpétrées par les Japonais lors de leur invasion de la Chine, notamment le massacre de Nankin. L’expression « ADM » a ensuite été entérinée en 1946 par l’ONU, dont l’Assemblée générale, soulignent les auteurs, a joué un rôle moteur. Ainsi, les Nations unies ont organisé en 1984 la Conférence du désarmement, réunion historique à laquelle prirent part dix États du bloc de l’Est et dix du bloc de l’Ouest.

Malgré ces efforts multilatéraux, malgré les accords bilatéraux SALT (pour « Strategic Arms Limitation Talks ») I et II entre les États-Unis et l’Union soviétique dans les années 1970, le désarmement général et complet n’a jamais pu être atteint. En outre surgissent aujourd’hui de nouveaux enjeux liés à l’apparition des drones et des robots de combat, ainsi qu’au perfectionnement des armes chimiques et bactériologiques. Il apparaît nécessaire de légiférer au niveau international pour réglementer leur usage.

Plus que jamais, la question du désarmement, que portent l’ICAN, le Mouvement de la paix, etc., est cruciale dans un monde instable et multipolaire, en proie à des conflits inter- et intra-étatiques violents. Mais il semble que cet enjeu mobilise moins que durant la guerre froide.

Par Chloé Maurel, publié le 8 février 2021

Note sur l’auteure : Docteure en histoire contemporaine, auteure d’Histoire de l’Unesco. Les trente premières années. 1945-1974, L’Harmattan, Paris, 2010.

LES LIVRES :

1) Nicolas Haupais (sous la dir. de), La France et l’arme nucléaire, CNRS Éditions, coll. « Biblis », Paris, 2019, 264 pages, 10 euros.

(2) Claude Lefebvre et Guillaume Weiszberg, Les Armes de destruction massive et leur interdiction, L’Harmattan – Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS), Paris, 2020, 234 pages, 23,50 euros.

« UN ÉVÈNEMENT HISTORIQUE »

A. Martin, Angers :« L’arme nucléaire tue, c’est une arme de destruction massive car elle tue indistinctement l’adversaire et la population. Après les armes chimiques, les armes biologiques, l’arme nucléaire est interdite, illégale, illégitime depuis le 22 janvier 2021. »

« Le traité d’interdiction des armes nucléaires, communément appelé TIAN, a été porté par les ONG de la société civile. » « Les survivants des explosions nucléaires et des essais nucléaires ont offert des témoignages tragiques et ont été une force morale » (déclaration du porte-parole du secrétaire général de l’ONU).

La France est l’un des neuf pays à détenir l’arme atomique (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël).

« La France dépense plus de 6 milliards d’euros pour la moderniser, soit près de 10 000 euros chaque minute. Le secret-défense interdit toute discussion, débat et vote parlementaire. Ne soyons pas sourds aux lanceurs d’alerte, aux organisations, qui demandent un dialogue afin que la France ratifie le TIAN. Le risque continu d’avoir 250 bombes prêtes à l’emploi, en France, (soit + 2 500 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima) est un risque aux conséquences humanitaires et pour la biodiversité, catastrophique. »

« La France ne doit pas rester trop longtemps en dehors de l’Histoire. »

Par Le Courrier de l’Ouest, publié le 07/02/2021 à 05h02