Nov 25

LA MOBILISATION N’EST PAS (TOUT À FAIT) LA GUERRE

La réunion à Sotchi d’une conférence-clef des dirigeants des secteurs militaires et industriels de défense avec le président Poutine et le Vice-Premier ministre, chargé de l’industrie d’armement, Dmitri Rogozine, a eu un certain écho dans les différents canaux et domaines de la communication dans le bloc-BAO. Partout, cette réunion, et les déclarations qui l’accompagnent, sont bel et bien interprétées comme une sorte e répétition d’une mobilisation de guerre de toute l’industrie (publique et privée) en cas de guerre du plus haut niveau, – guerre conventionnelle totale, avec ou non une composante nucléaire.

Il semble que ce soit surtout la presse britannique qui se soit attachée à l’information, avec à l’esprit, ou disons dans l’esprit du discours récent de Theresa May, le plus violemment antirusse qu’on ait entendu de la part d’un chef de gouvernement du bloc. The Independent a écrit à ce propos dans l’article qu’il consacre justement à cette réunion sur la mobilisation de l’industrie russe, sur le ton de la dérision et de la diffamation primaire (nommer une émission de satire politique “émission de propagande” est un bon exemple primaire) qui est un des styles utilisés pour aborder le comportement de la Russie tel qu’il est rapporté selon les recettes de la presseSystème :

« Lundi dernier, le Premier ministre britannique Theresa May a déclaré que le Royaume-Uni entendait riposter pour contrer “l’hostilité de la Russie”. Elle a notamment déclaré, s’adressant aux Russes : “Nous savons ce que vous faites”. La Russie a fait une réponse typiquement diplomatique en faisant de Mme May la vedette principale de la fameuse émission de propagande Vesti Nedeli, dimanche. Le présentateur Dmitri Kiselev a tenu des propos les plus désobligeants : “[Theresa May] a prononcé son discours antirusse le plus agressif à ce jour – mais seulement pour dissimuler la blancheur de sa chair fatiguée”. »

Pour avoir une bonne synthèse des déclarations de Poutine lors la réunion de Sotchi, qui a suivi le sommet dans cette ville avec les dirigeants iranien et turc, on se reportera finalement au site WSWS.org. Bien qu’opposé à la Russie comme il est opposé à peu près à tout ce qui est structuré selon les exigences et la posture de la IVème International trotskiste, ce site se montre depuis quelques temps plus compréhensif pour la position russe, distinguant parfaitement d’où vient objectivement l’agression. D’une certaine façon, on lit même dans les articles de WSWS.org, et particulièrement celui qu’on cite ici, derrière le torrent de vitupérations habituelles contre certaines pratiques de la Russie, une certaine critique indirecte de Poutine pour ce qui serait sa mollesse coupable, pour ne pas riposter avec assez de fermeté à l’agression américaniste-occidentaliste.

…Car si la Russie annonce publiquement des mesures de préparation à une mobilisation de guerre de l’industrie et de l’économie, c’est après tout parce que l’OTAN, les USA et le reste, – bref, le boc BAO, – le fait depuis longtemps d’une façon dissimulée, rappelle furieusement WSWS.org. On admettra que cette furieuse critique trotskiste, avec les habituels clichés et les sornettes doctrinales courantes, constituent par-dessus tout, selon une ironie incapable de faire sourire un trotskiste, une dénonciation indirecte et imparable des pressions agressives du bloc-BAO contre la Russie.

« La crise révélée par l’appel de Poutine à préparer la Russie à une guerre totale est le résultat de ces décennies de guerres brutales menées par les puissances de l’OTAN dans le monde entier. Les tentatives de l’impérialisme américain d’utiliser sa puissance militaire pour compenser son déclin économique et canaliser les tensions de classe provoquées par le chômage croissant et la privation sociale, dans laquelle Washington a été encouragé par ses alliés européens, ont amené le monde à un holocauste nucléaire. […]

» Vues de Moscou, les menaces d’une action militaire agressive menée par l’impérialisme américain autour de la planète ressemblent à un nœud coulant autour de la Russie[…] La politique du Kremlin, enracinée dans le nationalisme russe en faillite de l’oligarchie capitaliste post-soviétique, est réactionnaire et incapable de s’opposer à la pulsion de guerre impérialiste. Incapable de faire appel au sentiment anti-guerre dans la classe ouvrière internationale, et dépendant financièrement des centres impérialistes, le Kremlin oscille entre essayer de conclure des accords avec les puissances de l’OTAN et risquer une confrontation militaire totale avec eux. Les stratèges s’attendent clairement à ce qu’un tel conflit dégénère rapidement en une guerre nucléaire à grande échelle menaçant la survie même de l’humanité»

On en vient maintenant à l’objet du délit, qui est cette “déclaration de travail” solennelle faite par Poutine aux principaux dirigeants de l’ensemble militaro-industriel pour réaliser très rapidement un programme d’application immédiate de transformation de l’économie du pays en une économie de guerre, particulièrement au niveau de la production, en cas de conflit. Comme l’explique le texte, ces instructions ne constituent nullement un cadre théorique mais un programme d’action immédiatement applicable, à la suite des enseignements des manœuvres de septembre, dite Zapad 2017, dont il s’avère qu’elles impliquaient une importante composante portant justement sur des mesures de mobilisation (rappel de réservistes, transfert de la production civile à la production militaire dans diverses industries, transferts pour adaptation de matériels civils de transport à des fonctions militaires, etc.)…

Pour lire la suite de cet excellent article, cliquer sur : http://www.dedefensa.org/article/la-mobilisation-nest-pas-tout-a-fait-la-guerre

Nov 25

LA CORÉE DU NORD : UN ÉTAT TERRORISTE ???

Les tensions ne cessent de monter autour de la péninsule coréenne ces derniers mois. En effet ces derniers mois, Pyongyang a réalisé une série inédite de tests de missiles et a procédé à l’essai d’une bombe à hydrogène (bombe H). En réponse, le Japon (128 millions d’habitants), la Corée du Sud (52 millions d’habitants) et les États-Unis ont mené une série d’exercices dirigés contre la Corée du Nord (26 millions d’habitants).

La Russie et la Chine ont proposé à la Corée du Nord de décréter un moratoire sur les tests nucléaires et les tests de missiles, appelant parallèlement les États-Unis et la Corée du Sud à s’abstenir de toute manœuvre militaire dans la région et ce au nom de la stabilisation sur la péninsule. Washington a laissé cette initiative sans suite. !!!!

La réponse est venue, le 20 novembre 2017, le Président étatsunien Trump vient de mettre la Corée du Nord sur la liste des pays qui aident le terrorisme. En conséquence, les sanctions seront de facto augmentées. Cet acte qui assujettit ce pays à un blocus très sévère, peut être considéré comme une déclaration de guerre à la Corée du Nord.

I – Pourquoi, en dépit des sanctions, la Corée du Nord veut une force de frappe nucléaire ?

Ce pays a été rasé par les bombes américaines après la guerre, des villages entiers détruits : plus de 4 millions de civils tués. Voilà pourquoi la Corée du Nord déteste autant les États-Unis d’Amérique… (Voir ANNEXES) https://mirastnews.net/2017/08/12/voila-pourquoi-la-coree-du-nord-deteste-autant-les-États-unis-damerique/

Les USA et leurs alliés de la région ne cessent de provoquer, notamment chaque année au moment des récoltes : les manœuvres militaires US mobilisent les militaires nord-coréens à une période où leur aide aux paysans pour la récolte est indispensable, en raison de terrains très montagneux.

Sans oublier que la Corée du Nord est confrontée à une stratégie d’embargo économique et financier particulièrement cruelle et inhumaine, auquel il faut ajouter en plus d’incessantes provocations militaires simulant une attaque nucléaire de grande envergure contre ses villes.

La Corée du Nord n’a donc d’autre choix possible que de se doter d’un bouclier militaire crédible. Ceci justifie les tirs de missiles, la conception de nouveaux moteurs à propergol solide et la production de nouvelles ogives nucléaires.

Le sort funeste réservé à des pays ayant accepté de désarmer ou à se défaire de leurs armées (Irak, Libye) ou encore l’assaut systématique mené contre des pays jugés hostiles à Washington (Serbie, Syrie, Venezuela) a convaincu Pyongyang de l’impossibilité de négocier avec le diable.  Reste donc la dissuasion nucléaire et conventionnelle.

C’est pourquoi, en septembre 2017, la Corée du Nord a testé avec succès une bombe H qui, selon les évaluations d’experts nippons et sud-coréens, pourrait être 10 fois plus puissante que les bombes nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki. Il s’agit du sixième test nucléaire mené par Pyongyang.

Il ne faut pas non plus oublier les richesses de la Corée du nord propres à attiser bien des convoitises. Au-dessous de la surface de la montagne, la plupart des terres sont des réserves minérales importantes : le fer, l’or, la magnésite, le zinc, le cuivre, le calcaire, le molybdène, le graphite et plus encore, environ 200 sortes de minéraux. Il existe également de grandes quantités de terres rares,

Les estimations de la valeur des ressources minérales du pays ont considérablement varié au cours des années, rendues difficiles par le secret et le manque d’accès. Selon une estimation d’une société minière d’État d’origine sud-coréenne, ils valent plus de 6 billions de dollars.

II – Qu’arriverait-il si les USA frappaient la Corée du Nord ?

L’envoi d’un groupe aéronaval américain dans la région de la péninsule de Corée donne l’impression que les États-Unis s’apprêtent à donner au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un la même leçon qu’à son homologue syrien Bachar al-Assad.

En réalité, de brèves consultations avec des spécialistes auraient suffi à la Maison blanche pour comprendre l’ampleur des problèmes qui seraient engendrés par une telle frappe.

Ainsi, dès les premiers jours d’un conflit militaire dans la péninsule de Corée des centaines de milliers de personnes perdraient la vie, et cela même si l’arme nucléaire n’était pas utilisée, annonce l’agence Bloomberg se référant à un rapport du service de recherche du Congrès des États-Unis.

Face à un tel désastre, pourquoi les dirigeants nord-coréens s’entêtent-ils ?

III – Que veut Kim Jong-un

À l’instar de son grand-père Kim Sung-il auquel il ressemble, Kim Jung-un ne se fait aucune illusion quant à la nature véritable des « monstres » belliqueux d’en-face. Il sait par-dessus tout qu’un Traité de paix est la dernière chose qu’ils veulent.

Kim Jong-un veux, avant tout, amener les États-Unis à signer un traité de paix avec son pays.

Il veut également assurer la souveraineté de son pays. Ainsi, Kim Jong-un a aussi souligné que son pays entendait accroître ses coopérations avec le Mouvement des non-alignés :

« Les pays bâtissent leur avenir grâce à leur puissance et aucun pays ne devrait se soumettre aux exigences maximalistes d’autrui. Les États-Unis ont attaqué les pays qui étaient faibles sur le plan militaire. Nous sommes pour la paix, mais nous ne reculerons pas d’un iota, des intérêts de notre pays. Nous continuons de nous confronter à Washington sérieusement jusqu’à ce qu’il renonce à ses politiques hostiles et ses menaces. »

Contrairement à ce que rapportent les médias des pays hostiles à la Corée du Nord, Kim Jong-un a non seulement démontré sa rationalité mais également une certaine capacité à la planification stratégique et la flexibilité pragmatique que ses adversaires ne veulent pas reconnaître par pur mépris.

Kim Jong-un n’est pas un fou de guerre. Il a proposé à de nombreuses reprises que la Corée du Nord et les USA signent un traité de paix, chaque fois il a essuyé un refus d’Obama et maintenant de Trump. Kim Jong-un veut une paix durable pour toute la région.

IV – Le risque demeure d’un dérapage sanglant

Imaginons un instant qu’en apprenant que Pyongyang prépare les essais d’un missile intercontinental, Donald Trump décide d’utiliser la force contre la Corée du Nord.

Dans un scénario mou, les USA pourraient se limiter à une attaque contre le missile prêt pour les essais, voire tenter de l’intercepter après son décollage. Cela ne provoquerait pas de scandale mais ne ferait pas non plus beaucoup d’effet : le travail sur les missiles continuerait, même si l’échec des essais le ralentirait.

Dans un scénario plus poussé, les USA pourraient essayer de neutraliser certains sites cruciaux du complexe balistique nord-coréen : les centres de production d’armement, les centres d’essai et les entrepôts. Bien que ces sites soient minutieusement cachés et se situent généralement sous terre, et que les USA ne disposent pas d’information sur la plupart d’eux, cette frappe est théoriquement possible.

Dans ce dernier scénario, le gouvernement nord-coréen doit riposter car sa population est en danger et l’intégrité de son territoire menacée.

La Corée du Nord ne peut admettre d’être impunément agressée et doit engager une réponse proportionnelle à l’attaque de sa souveraineté, sachant que les USA ont toujours refusé jusqu’à présent la solution diplomatique qui lui a toujours été offerte par la Corée du Nord : traité de paix entre les deux pays.

V – Pourquoi les USA perdront la guerre contre la Corée du Nord

Selon le général Jean-Marc Jouas, ancien chef de l’armée américaine dans la péninsule coréenne, les effectifs militaires nord-coréens dans la région dépassent ceux des États-Unis et de leur alliée la Corée du Sud, ce qui se traduirait par une défaite des États-Unis en cas de conflits.

En effet, selon les données du général Jouas, l’armée nord-coréenne compte plus de 1,2 millions de soldats, tandis que les États-Unis n’en ont que 28.000 dans la région et la Corée du Sud, 490.000 militaires, informe The Daily Mail, en faisant référence à la lettre adressée par M. Jouas au Parti démocrate le 7 novembre2017.

« À l’inverse de tous les conflits de l’époque de la guerre de Corée, nous ne pouvons pas renforcer nos effectifs juste au début des opérations militaires car Kim Jong-un anticipera toute tentative, en lançant une offensive », écrit Jouas.

Dans le même temps, le général souligne que l’acheminement de forces supplémentaires dans la région en cas de guerre pourrait prendre des mois, tandis que la temporisation serait critique pour les forces américaines « peu nombreuses » dans la région.

VI – La position de la Chine

Un représentant spécial chinois est arrivé à Pyongyang, le 17 novembre 2017. Quelle a été sa mission ?

Song Tao est le nom de l’émissaire du président chinois Xi Jinping. Cette visite est qualifiée de « geste important » par Donald Trump qui exhorte Pékin à renforcer la pression pour endiguer les ambitions nucléaires de Pyongyang.

Mais, le principal objectif pour la Chine est de stabiliser la situation avec son voisin la Corée du Nord : la dernière chose que la Chine veut est un conflit dans la péninsule coréenne et elle ne veut surtout pas voir Kim Jong-un éliminé. Le principal souci de la Chine est donc d’apaiser les tensions le long de ses frontières.

Par ailleurs, elle ne veut certainement pas que des millions de réfugiés soient déplacés dans le cadre d’un conflit.

La Chine ne franchira pas le Rubicon pour satisfaire les lubies de Trump qui veux désarmer la Corée du Nord, alors que les US ont des bases militaires tout autour et font régulièrement près de ses côtes des manœuvres militaires depuis des années.

CONCLUSION

Les États-Unis, la puissance atomique numéro 1 avec 1 950 ogives explosives actives, ne supportent pas que la Corée du Nord veuille se protéger de toute agression avec des missiles et l’arme atomique. La solution logique étant le désarmement général de tous les pays possédant l’arme nucléaire.

Les États-Unis sont également de loin le numéro 1 en matière des « va-t-en-guerre » : depuis la Seconde Guerre Mondiale, les États-Unis ont directement participé à environ 60 guerres – la Corée du Nord n’a plus participé à aucune depuis la guerre de Corée (de 1950 à 1953).

La Corée du Nord ne s’est jamais immiscée dans les destins d’autres pays, contrairement aux États-Unis qui ont fait tomber des gouvernements et qui ont financièrement – militairement secondé des groupes d’opposition dans d’autres pays. Ne sont-ils pas le premier pays terroriste ?

Pourquoi, mettre la Corée du Nord sur la liste des pays qui aident le terrorisme. Aiderait-elle les États-Unis ?

Le blocus à l’encontre de la Corée du Nord est un crime, car il enferme le peuple coréen dans des privations mortifères. Mais le peuple coréen très attaché à sa sécurité et à son indépendance soutient son gouvernement dans sa politique d’affrontement avec l’Empire US.

Parallèlement, d’importantes manifestations ont eu lieu en Corée du Sud contre Trump, pour dénoncer l’installation de missiles US Thaad et pour la paix dans la péninsule.

La Corée du nord reprendra ses essais au printemps car il n’y a pas d’essais pendant l’hiver. Elle ressortira plus forte et Trump aura beaucoup plus de difficultés à faire plier le peuple coréen.

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-coree-du-nord-un-etat-198961

Nov 25

ESSAIS NUCLÉAIRES : UN ESPOIR D’INDEMNISATION POUR LES VÉTÉRANS

Ils réclament, pour certains par l’intermédiaire de leurs veuves ou de leurs enfants, des réparations après avoir été exposés à des radiations. 25 anciens militaires bretons ont bon espoir d’être entendus par la cour administrative d’appel de Nantes. Mardi, le rapporteur public a préconisé de leur donner raison car une nouvelle loi, votée en février, a considérablement assoupli les conditions d’indemnisation des vétérans. 

Jusque-là, sur le millier de demandes déposées au 31 décembre 2016, 94 % avaient été rejetées par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) ! Ce dernier faisait valoir, quasi systématiquement, que le rôle des essais nucléaires français dans les cancers des requérants était « négligeable ». 

Le rapporteur public a suggéré d’ordonner au Civen de réexaminer, sous six mois, les dossiers qu’il avait jusqu’alors rejetés, avec une astreinte de 50 € par jour de retard. Et, quand les juges avaient donné raison aux requérants en annulant la décision du Civen, il a suggéré à la cour de rejeter les recours présentés par le ministère des Armées. « Nous n’ignorons pas que le Civen est confronté à des difficultés organisationnelles et à des démissions de plusieurs de ses membres, a commenté le magistrat. Mais l’administration n’a pas à se retrancher derrière des considérations budgétaires pour ne pas exécuter des décisions de justice ».

Juste « des lunettes noires »

Parmi les 25 dossiers examinés, figurait celui d’un habitant de Douarnenez (29) qui avait assisté, en Polynésie française, aux tirs de la bombe atomique « sans autre protection que des lunettes noires ». Ce militaire de carrière, âgé aujourd’hui de 65 ans, avait été autorisé, comme ses collègues, à se baigner dans les eaux du lagon après le tir. Un cancer de la vessie lui a été diagnostiqué en 2009.

Une requérante de Trégueux (22) était, quant à elle, secrétaire à l’état-major. Cette octogénaire souffre depuis ses 52 ans, « dix ans seulement après son départ de Polynésie française », a relevé le rapporteur public, d’un cancer de l’utérus. Elle se trouvait pourtant « à 1.200 km » du lieu des essais nucléaires, a souligné le ministère des Armées. Reste qu’elle « n’a fait l’objet d’aucune surveillance médicale » particulière, a répliqué le magistrat. Quelque 15.000 personnes ont été touchées de près ou de loin par les 210 essais nucléaires français, sans compter « un nombre plus difficile à déterminer » de populations locales, selon le rapporteur public. La cour rendra ses arrêts sous deux à trois semaines.

http://www.letelegramme.fr/loire-atlantique/nantes/essais-nucleaires-un-espoir-d-indemnisation-pour-les-veterans-25-11-2017-11754209.php

Nov 25

NUCLÉAIRE : MOSCOU ACCUSE WASHINGTON DE « PROVOQUER » LA CORÉE DU NORD

Le ministre russe des Affaires étrangères estime que les États-Unis « provoquent » la Corée du Nord pour se tourner vers l’ »option militaire » afin de régler le problème nucléaire. 

Au cours d’une conférence de presse commune avec son homologue japonais Taro Kono, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov n’a pas caché son mécontentement : « Il est très préoccupant que pendant ces deux derniers mois où la Corée du Nord n’a pas effectué d’essais ou de tirs de missiles, Washington a semblé ne pas en être satisfait et aspirait à faire quelque chose pour irriter ou provoquer Pyongyang« , a-t-il dit.

En octobre, les marines des États-Unis et de la Corée du Sud ont effectué ensemble un exercice naval, une nouvelle démonstration de force à l’intention de la Corée du Nord et de ses programmes nucléaire et balistique. Cette semaine, le président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis avaient décidé d’inscrire à nouveau la Corée du Nord sur leur liste noire des « États soutenant le terrorisme » pour accroître la pression sur son programme nucléaire. 

« Qu’ils perdent leur sang-froid »

Les Américains « semblent attendre qu’ils (les Nord-Coréens, ndlr) perdent leur sang-froid encore une fois afin de pouvoir enfin se tourner vers des options militaires« , estime Sergueï Lavrov. « Les autorités américaines ont déclaré à plusieurs reprises que toutes les options, y compris l’option militaire, étaient sur la table« , a-t-il rappelé.

Pour sa part, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé début novembre que Tokyo « soutenait » cette politique de Washington. « Il est nécessaire d’utiliser tous les moyens possibles en augmentant de manière maximale la pression sur la Corée du Nord pour mettre fin à son programme nucléaire et aux tirs de missiles« , a renchéri vendredi à Moscou le chef de la diplomatie japonaise Taro Kono.

http://www.sudouest.fr/2017/11/24/nucleaire-moscou-accuse-washington-de-provoquer-la-coree-du-nord-3976592-4803.php

Nov 25

RUSSIE: DES SCIENTIFIQUES VONT ENQUÊTER SUR LA POLLUTION AU RUTHÉNIUM-106

Moscou – Une commission scientifique russe, mais ouverte à des experts européens, va enquêter sur l’origine de la pollution radioactive détectée fin septembre dans le sud de l’Oural, dont le géant nucléaire russe Rosatom a énergiquement nié être à l’origine, a-t-on appris vendredi.

« Des scientifiques spécialistes du nucléaire ont créé une commission pour découvrir l’origine du ruthénium-106 » détecté fin septembre par plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité, et confirmé cette semaine par les services météorologiques russes, a déclaré Rosatom dans un communiqué publié également par l’Institut de sécurité nucléaire de l’Académie des sciences russe (IBRAE RAS).

La commission « inclura des représentants d’organisations scientifiques russes et européennes« , précise le communiqué, un fait suffisamment rare pour être souligné.

« Rosatom offrira toute l’assistance nécessaire à cette commission et informera le public des résultats« , est-il encore indiqué.

L’agence météorologique russe Rosguidromet a annoncé lundi que des concentrations « extrêmement élevées » de ruthénium-106 avaient été détectés fin septembre dans le sud de l’Oural. Rosatom avait alors assuré qu’aucun incident n’avait touché ses installations nucléaires.

Parmi les stations ayant enregistré les plus fortes doses de ruthénium-106, un produit de fission issu de l’industrie nucléaire, figure celle d’Arguaïach, située à proximité du complexe nucléaire Maïak, touché en 1957 par l’un des pires accidents nucléaires de l’histoire.

Le complexe, qui sert aujourd’hui de site de retraitement de combustible nucléaire usé, s’était également empressé d’affirmer que « la pollution radioactive au ruthénium-106 détectée par l’agence Rosguidromet n’est pas liée » à ses activités.

Face à l’inquiétude suscitée par la détection de cette pollution radioactive, l’agence de régulation des produits agricoles Rosselkhoznadzor a publié un communiqué vendredi démentant une « possible contamination radioactive » de terres agricoles russes.

L’événement a suscité quelques tensions, un officiel russe ayant accusé la France de vouloir nuire à la filière nucléaire du pays après que l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), organisme indépendant basé à Paris, eut localisé l’origine de la pollution « entre la Volga et l’Oural« .

https://www.romandie.com/news/Russie-des-scientifiques-vont-enqueter-sur-la-pollution-au-ruthenium-106/866480.rom

Nov 25

JOSE BOVÉ : « IL FAUT QUE L’UNION EUROPÉENNE METTE FIN À L’EXPORTATION DE SES DÉCHETS »

Cette semaine, « Touteleurope.eu » s’intéresse à la gestion des déchets en Europe, dans le cadre de la Semaine européenne de réduction des déchets (SERD), qui se tient du 18 au 26 novembre. Aujourd’hui, le député européen du groupe Europe Ecologie les Verts (EELV), José Bové, revient sur les grands défis qui attendent encore l’Union européenne en la matière

L’Union européenne a fait de la bonne gestion des déchets une priorité pour la sauvegarde de l’environnement. À cet égard, pensez-vous que la législation européenne va dans le bon sens ?

Vis-à-vis de l’environnement, la plupart des avancées viennent du niveau européen. Il convient de le dire et de le répéter. Au niveau des déchets par exemple, sans initiative européenne la plupart des pays n’auraient pas bougé d’un centimètre. Néanmoins, la difficulté que nous rencontrons est que certains États membres, comme la France par exemple, n’appliquent pas toujours correctement les directives européennes. C’est le cas pour la directive nitrate <http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX:31991L0676> , adoptée au début des années 90. La France préfère ainsi payer des amendes plutôt que de faire appliquer le droit européen et ainsi faire face aux lobbies de producteurs. Concernant les déchets, d’une manière plus globale, les pays du nord sont beaucoup plus attentifs que ceux du sud. Au final, ce que l’on peut noter, c’est qu’il y a quand même une amélioration globale de la prise de conscience des Européens, que cela soit au niveau des pays latins ou des pays du nord.

La délicate question du traitement des déchets nucléaires se pose dans de nombreux États membres. Pour sa part, la France a fait le choix controversé d’enfouir ces déchets à Bure, une option aujourd’hui largement remise en question en Allemagne. Que préconisez-vous ?

Je me suis rendu plusieurs fois à Bure, pour soutenir des personnes qui se sont mobilisées contre le centre d’enfouissement. On constate que les Allemands de leur côté – également concernés par la question – ne sont pas satisfaits par l’option consistant à ensevelir ces déchets. C’est pourquoi ils préfèrent actuellement chercher d’autres issues, qui ne sont pas encore très claires. Sur la question des déchets nucléaires, Il est absolument indispensable de ne pas faire n’importe quoi, de ne pas essayer de les enfuir à 500 mètres sous terre sans savoir ce qu’il pourra se passer dans 300, 400 ou 2000 ans. Le lobby du nucléaire en France est extrêmement puissant, néanmoins il ne s’est jamais posé la question – depuis l’élaboration de sa première centrale ou de sa première bombe atomique – de savoir ce qu’il ferait des déchets nucléaires. Dans le débat public aucune alternative ne se détache actuellement, et cela prouve bien que la filière du nucléaire n’a pas de solution. C’est pourquoi il faut chercher d’autres réponses et ne pas enterrer ces déchets. Cela permettra aux générations futures de trouver des solutions plus effectives que celles qui sont proposées actuellement. 
…Pour lire la suite concernant les autres déchets, cliquer sur :

https://www.touteleurope.eu/actualite/jose-bove-il-faut-que-l-union-europeenne-mette-fin-a-l-exportation-de-ses-dechets.html

Nov 24

HULOT DÉCLENCHE DES « RÉACTIONS EN CHAÎNE DES OPPOSANTS À CIGÉO… »

Coordination Bure Stop

La prise de position officielle de Nicolas Hulot sur le dossier Cigéo a fait l’effet d’une bombe dans les rangs des opposants au projet : « Nicolas Hulot s’enlise dans le bourbier nucléaire et renie ses engagements. Après avoir différé à 2035 la réduction à 50 % de la production électronucléaire, il déclare sa préférence pour l’enfouissement et Cigéo : À défaut de sortie du nucléaire, ne faut-il pas sa sortie en urgence du gouvernement ? », a martelé la Coordination Bure Stop non sans ironiser : « L’ancien présentateur d’émission télévisée qui a parcouru la planète pour la sauver n’en est plus à une compromission près, au nom d’un principe de réalité totalement absurde. La filière électronucléaire, État dans l’État, doit être sauvée, coûte que coûte. Et peu importe que la population et les générations à venir en fassent les frais… »

CEDRA

Le collectif contre l’enfouissement des déchets radioactif (CEDRA) a également réagi vivement aux annonces du ministre : « Ouf ! Nicolas Hulot n’est plus mutique. Mais il est devenu aveugle et sourd », illustrant son propos par un document remontant « au 9 octobre 2016, où Nicolas Hulot se faisait photographier tout sourire à Guichen en Ille-et-Vilaine, avec le panneau “Cigéo ; je dis NON”. Le CEDRA rappelle que « la consultation du public organisée par l’ASN sur son projet d’avis quant au dossier d’options de sûreté de Cigéo », mettait en évidence des résultats sans appels : une grande partie des participants n’ont absolument pas confiance et réalisent que non, le stockage ne se ferait pas dans des conditions de sécurité absolue. Or, Nicolas Hulot précisait en juillet 2017 que cet élément serait déterminant ! »

Sortir du nucléaire

Même indignation du Réseau Sortir du Nucléaire : « Défendant l’indéfendable, Nicolas Hulot enterre son éthique avec les déchets. Jusqu’où reculera-t-il devant le lobby nucléaire ? Nicolas Hulot en est venu à défendre un projet auquel il s’opposait voici encore quelques années. Ce nouveau reniement, qui fait suite à son renoncement sur l’échéance de réduction de la part du nucléaire, est insupportable ».

Diana André

Tous les grands élus meusiens ne sont pas des promoteurs du projet Cigéo. Loin s’en faut. À l’image de la conseillère régionale et ex-référente départementale de LREM, Diana André. Tout en reconnaissant que ce dossier a été « entériné par Hollande et Royal », elle se démarque volontiers sur les réseaux sociaux : « Ce n’est pas pour autant que j’adhère ou que j’ai adhéré à cette décision », balayant du revers de la main « la notion de récupérabilité, dont on sait qu’elle est impossible. »

L’élue barisienne fustige dans un même mouvement « le GIP qui déverse ses millions sur des critères discutables, pas tous relevant du développement économique et loin s’en faut. Ailleurs, à la Région Grand Est par exemple, on considère que la Meuse a une grande chance de disposer d’une telle manne ! Les politiques du cru, élus depuis des dizaines d’années, sont responsables de cette gabegie ».

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2017/11/24/reactions-en-chaine-des-opposants

Nov 24

PAS UN EURO DE PLUS POUR LES ÉNERGIES DU PASSÉ

Le 12 décembre prochain, deux ans après l’adoption de l’Accord de Paris, la France accueillera un sommet international “Finance et climat”.

Mobilisons-nous en masse pour dire haut et fort :          pas un euro de plus pour les énergies du passé !

10 / 12 – Tribunal des peuples | 

12 / 12 décembre – une action de masse

Voulez-vous participer? Pour prendre part aux mobilisations #pasuneurodeplus du 10 au 12 décembre prochain et être tenu.e au courant de leurs suites, inscrivez-vous sur le site : https://pasuneurodeplus.info/

Le compte n’y est pas : les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter à un rythme soutenu, les États ne tiennent pas leurs engagements et accordent des subventions, aides au développement ou prêts à l’industrie fossile et aux promoteurs des fausses solutions, au premier rang desquels le nucléaire. Les banques et les compagnies d’assurances soutiennent elles aussi les projets destructeurs du climat.

Maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C, c’est à dire une terre vivable et vivante, impose de stopper ces financements à leur source : pas un euro de plus ne doit aller vers les activités destructrices du climat. Les financements doivent être intégralement réorientés dans le soutien à la transition vers des sociétés justes et durables.

350.org, Alternatiba, les Amis de la Terre France, ANV-COP21, Attac France, Bizi!, le CRID, la Fondation pour la Nature et l’Homme, le Réseau Action Climat France, Oxfam France, le REFEDD préparent ensemble des mobilisations de masse, pour faire entendre nos voix.

Le 10 décembre

Vous pourrez participer à un Tribunal des peuples qui, après les témoignages des personnes impactées jugera la finance climaticide.

Le 12 décembre

Nous nous retrouverons au lever du soleil, pour une action de masse, dans un lieu iconique de Paris pour faire entendre haut et fort notre voix et appeler la France et la communauté internationale à passer enfin aux actes et exiger l’exemplarité de la France.

Si vous souhaitez rejoindre la mobilisation, faites-le nous savoir et inscrivez-vous ici ! Vous pouvez également suivre la page Facebook.

NDLR : en complément, appel du Réseau Sortir du Nucléaire :

Diffusons l’information : le nucléaire est une fausse solution !

Le réseau « Sortir du nucléaire » sera présent lors de cette mobilisation et vous invite à rejoindre le mouvement. Nous en profiterons pour distribuer des brochures pour expliquer en quoi le nucléaire est une fausse solution pour le climat, et comment les investissements dans cette énergie du passé empêchent la transition énergétique et le développement des renouvelables.

Vous êtes disponible sur Paris le 12 décembre et souhaitez nous aider à distribuer de l’info ? Envoyez un message à mobilisations@sortirdunucleaire.fr et nous vous donnerons un point de rendez-vous

Nov 24

L’IRAN MET EN ŒUVRE SES ENGAGEMENTS LIÉS AU NUCLÉAIRE, SELON L’AIEA

Jeudi, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’institution du système des Nations unies, a déclaré que Téhéran respecte ses engagements relatifs à son programme nucléaire.

Lors d’une conférence de presse, le Directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, a dit qu’il n’est pas en position de juger si l’Iran se conforme à l’accord sur le nucléaire iranien.

L’AIEA surveille la mise en œuvre, par l’Iran, de l’accord international, historique, conclu à Vienne pendant l’été 2015, officiellement dénommé Plan d’action global conjoint (JCPOA).

Conformément à l’accord, l’Iran a accepté de réduire son programme nucléaire en échange d’une levée partielle des sanctions internationales.

« À ce jour, l’Agence a eu accès à tous les lieux qu’elle avait besoin de visiter, » a dit M. Amano lors d’une réunion de conseil, à Vienne, qui s’est tenue précédemment.

« L’AIEA continue de vérifier et de surveiller la mise en œuvre par l’Iran, de ses engagements liés au nucléaire, pris dans le cadre du plan d’action global conjoint, » a-t-il ajouté.

http://french.xinhuanet.com/2017-11/24/c_136775020.htm

 

Nov 24

CIGÉO: UNE COMMISSION RECOMMANDE UNE EXPERTISE INTERNATIONALE SUR CERTAINS DÉCHETS

Une expertise scientifique internationale devrait être sollicitée « assez urgemment«  quant à la gestion des déchets bitumineux au sein du projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires prévu à Bure (Meuse), a recommandé jeudi la Commission d’évaluation des recherches sur les déchets radioactifs (CNE).

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a précédemment pointé les « incertitudes » quant au comportement des déchets enfermés dans du bitume en cas d’élévation de température, notamment en cas de réaction chimique entre produits. Ces fûts, qui représenteront environ 18% des déchets qui seraient stockés par le projet Cigéo, sont très inflammables.

C’est une « question quand même importante car les colis de bitume sont nombreux au sein de Cigéo et ils seraient (…) parmi les premiers à être stockés », a souligné à l’Assemblée nationale Gilles Pijaudier-Cabot, vice-président de la CNE, devant les parlementaires de l’Office d’évaluation des choix scientifiques.

Deux pistes sont proposées par l’ASN, avec une préférence pour la seconde: modifier les conditions de stockage ou traiter les bitumes pour réduire leur inflammabilité.

« S’ensuit une question de faisabilité à l’échelle du stock de bitumes que nous avons », a ajouté jeudi le représentant de la CNE, qui présentait son rapport annuel.

« Clairement la commission considère aujourd’hui qu’il y a là un débat scientifique et technique », a-t-il dit. « Une façon de répondre à ce débat (…) est de mettre en place une expertise externe internationale qui permettrait au moins de partager l’ensemble des connaissances, de façon à éclairer au mieux les décisions. Et ça, nous pensons qu’il est assez urgent de mettre en place cette expertise scientifique internationale« .

À partir des années 70, une partie des déchets finaux de moyenne activité ont été enfermés dans du bitume, le processus de vitrification ayant été mis au point plus tardivement. Quelque 40 000 fûts d’environ 200 litres sont concernés, selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

La réactivité des sels de bitume ayant conduit à des incidents notamment au Japon à la fin des années 1990, le bitumage a ensuite été interdit en France, à l’exception d’une installation encore en activité à La Hague.

Le projet Cigéo vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français. Le démarrage de la phase pilote est prévu vers 2025

Dans son rapport, la CNE s’inquiète aussi de l’évolution à long terme du coût du projet et de son estimation à ce jour.

« Les informations présentes sont relativement plus précises sur la phase initiale (…) Les provisions sont connues pour les opérateurs impliqués mais nous avons beaucoup plus d’incertitude quant à leur évolution », a noté jeudi Anna Creti, économiste pour la CNE.

Il faut veiller à « tous les éléments pouvant faire varier ces coûts dans le temps », a-t-elle souligné. « Il ne suffit pas à notre avis de donner un chiffre, mais il faut intégrer ce chiffre dans plusieurs scénarios, qui incorporent au mieux les incertitudes techniques et les incertitudes liées à l’évolution de la politique énergétique ».

La CNE demande aussi « que les coûts liés à la phase industrielle pilote soient réévalués avec précision« .

Un arrêté paru en janvier 2016 fixe un coût de 25 milliards d’euros à ce projet, évalué sur une période de 140 ans à partir de 2016 (soit 10 ans de conception et construction des premiers ouvrages, 10 ans de phase pilote, 110 ans d’exploitation et développement progressif du stockage et 10 ans pour la fermeture).

https://www.romandie.com/news/Cigeo-une-commission-recommande-une-expertise-internationale-sur-certains-dechets/866135.rom

Nov 23

NUCLÉAIRE COMMENT LES HABITANTS VIVENT AU PIED DES CENTRALES

Alors que le gouvernement vient de reculer sur ce sujet, nous avons rencontré des habitants qui résident à proximité de la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher), placée sous surveillance renforcée depuis septembre.

Les trois retraités sont venus se réchauffer aux derniers rayons du soleil en bord de Loire, face aux cheminées de la centrale. Les « deux machins » crachent leur vapeur. Ils ne les voient « même plus, depuis le temps ». De toute façon, il leur « faut bien subir ». À l’époque de la construction de la centrale, dans les années quatre-vingt, Nicole avait signé des pétitions contre son implantation. Plus tard, Mireille aurait bien vendu sa maison, mais on ne lui a proposé « pas même de quoi s’acheter une cage à lapins ». Le nucléaire, ils n’y connaissent rien. Et ne se sentent « pas rassurés ». Et cela, d’autant moins que l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), qui veille sur les 58 réacteurs d’EDF, a décidé, en septembre dernier, de mettre sous surveillance renforcée la centrale de Belleville-sur-Loire. En cause : « des défaillances de l’exploitant dans l’identification et l’analyse des conséquences d’anomalies affectant certains équipements importants pour la sûreté. Ainsi qu’une hausse du nombre d’incidents significatifs enregistrés sur le site l’an dernier ».

Des informations découvertes « en écoutant la radio », regrette Nicole, qui s’estime « mal informée ». Comme Sandie, mère de jumelles de 6 mois, qui vit, elle, à Léré, « à deux minutes à vol d’oiseau » des tours d’un gris sale. Sandie n’a pas l’intention de regarder ses filles grandir à l’ombre de la centrale. Dès que son mari, infirmier libéral, en aura fini avec son contrat, le couple fuira cette campagne « triste », sous la menace constante d’un accident. Ils déplorent qu’« il n’y ait jamais d’exercice de sécurité. On a juste reçu une invitation à retirer à la mairie une pastille d’iode – comme tous les habitants situés dans la zone de 10 kilomètres autour de la centrale dite PPI (Plan particulier d’intervention). Et trouvé dans notre boîte aux lettres un livret Dicrim [document d’information communal sur les risques majeurs]. » Or le couple n’a aucune envie de mettre en pratique un jour les consignes à suivre en cas d’accident nucléaire : « Allumer la radio, rassembler ses affaires indispensables dans un sac bien fermé, couper le gaz, l’électricité. Fermer fenêtres et portes à clé. Et attendre de connaître les moyens d’évacuation. Et si la préfecture préconise de prendre la fameuse pastille antidote », destinée à saturer la glande thyroïde et empêcher ainsi la fixation de l’iode radioactif.

«La région ne peut pas vivre sans cette manne»

À 70 ans, Bertile ne quittera pas sa maison d’enfance, une ravissante auberge de mariniers des XIVe et XVe siècles qui fait face à la centrale. La demeure appartient à sa famille depuis quatre générations. Dans les années quatre-vingt, Bertile a, elle aussi, « battu la campagne », distribuant avec quelques copines des tracts et leur petit journal, Le Glas. Mais leur combat ne pesa guère contre l’argument de l’emploi. « Sans la centrale, ici c’est le désert ! » souligne Olivia qui, avec son mari, Jeannot, gère le restaurant La Loire, à Neuvy. Grâce, notamment, au personnel sous-traitant d’EDF. « Je préfère avoir ça plutôt qu’une usine type AZF [dont l’explosion a fait 31 morts, à Toulouse, en 2001, NDLR], ajoute Jeannot. Ici, au moins, on ne respire pas comme vous des gaz d’échappement. » « De toute façon, la région ne peut pas vivre sans cette manne », conclut Olivia. Fermer le site, ce serait vivre sans les 788 agents EDF et 200 prestataires logés, avec ou sans leurs familles, dans des locations, des hôtels ou des chambres d’hôtes.

Une manne, aussi, pour la mairie de Belleville, qui perçoit de l’entreprise publique 6,8 millions d’euros pour 1 076 habitants, en foncier bâti et non bâti. Ce qui permet au petit bourg de jouir d’une médiathèque. Et d’un centre aquatique ludique. « On y vient de Gien », se félicite le maire, Patrick Bagot, par ailleurs président de la CLI, la commission locale d’information de Belleville-sur- Loire, et vice-président des pompiers du Cher. De son bureau, il est, dit-il, « l’œil qui surveille cette fabrique d’électricité ». Une veille qui peut le tirer du lit, « y compris pour un incident mineur tel qu’un feu dans la corbeille à papier d’un bureau. Ou le léger malaise d’un employé ». Il est également en lien direct avec le peloton de gendarmerie, uniquement affecté à la surveillance de la centrale. « Tout cela m’inspire plus confiance que les stations-service où les gens fument à proximité des carburants et des stocks de bouteilles de gaz », assure l’édile.

Un avis que ne partage pas Françoise Pouzet, de l’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye. Hormis les risques d’accident nucléaire, la militante met aussi en lumière les problèmes de pollution générés par la centrale et ses rejets de cuivre, zinc, bore, chlore, etc. dans le fleuve. En septembre dernier, l’association a déposé une plainte devant le tribunal de Bourges contre EDF pour « violation du code de l’environnement, de la réglementation relative aux installations nucléaires de base et du code du travail ». « Lorsqu’on essaie d’informer les gens, ils disent qu’il n’y a rien à faire, s’estiment vaincus d’avance », regrette Françoise Pouzet. Tel Don Quichotte, elle poursuit son combat.

Par Sylvie Lotiron

http://www.vsd.fr/actualite/nucleaire-comment-les-habitants-vivent-au-pied-des-centrales-23610

Nov 23

CORÉE DU NORD : PYONGYANG QUALIFIE DE « GRAVE PROVOCATION » SA DÉSIGNATION PAR WASHINGTON COMME SOUTIEN DU TERRORISME

La Corée du Nord a qualifié mercredi 22 novembre 2017 de « grave provocation » sa désignation par Washington comme État soutien du terrorisme, affirmant que les sanctions ne la forceraient jamais à renoncer à son programme d’armes nucléaires.

« Notre armée et notre peuple sont emplis de rage et de colère envers les gangsters haineux qui ont osé mettre le nom de notre pays sacré sur cette misérable liste de ‘terrorisme' », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères cité par l’agence officielle KCNA.

« Les armes nucléaires (…) sont la dissuasion qui permet de sauvegarder notre souveraineté (…) Tant que les États-Unis poursuivront leur politique hostile anti-nord-coréenne, notre dissuasion en sera d’autant plus renforcée« .

Accusant Washington de se comporter comme « un juge international en matière de terrorisme« , le porte-parole a estimé que la décision américaine était « manifestement une absurdité et une mascarade au regard de la paix et de la sécurité du monde« .

Le président américain Donald Trump a annoncé lundi que les États-Unis avaient décidé d’inscrire à nouveau la Corée du Nord dans leur liste noire des « États soutenant le terrorisme » pour accroître la pression contre son programme nucléaire.

Le régime nord-coréen a rejoint les autres ennemis des États-Unis inscrits sur cette liste noire: l’Iran et la Syrie, et le Soudan, qui rentre toutefois progressivement dans les bonnes grâces américaines.

Pyongyang y avait déjà figuré de 1988 à 2008, pour son implication présumée dans l’attentat à la bombe contre un avion sud-coréen qui avait fait 115 morts en 1987.

Les États-Unis espèrent qu’une fois totalement isolé, soumis à un blocus économique draconien et sous la menace de l’option militaire souvent brandie par le président américain, Kim Jong-Un finira par accepter des négociations sur son programme nucléaire.

https://www.mediacongo.net/article-actualite-32690.html

Nov 23

LUXEMBOURG : «NOUS ENVOYONS UN SIGNAL ANTINUCLÉAIRE FORT À PARIS»

Le gouvernement luxembourgeois a décidé de répondre à la France et à la Belgique qui s’interrogent depuis plusieurs années sur l’extension de la durée de vie des centrales nucléaires.

Et c’est du côté légal que le Luxembourg joue sa carte. Un projet de loi concernant la responsabilité civile en cas d’accident nucléaire a été approuvé ce mercredi.

«Nous envoyons un signal anti-nucléaire fort à Paris et à Bruxelles: la promotion de l’énergie nucléaire devient plus coûteuse en raison de réclamations de responsabilité élevées et nous voulons faire pression pour prendre en compte les intérêts du Luxembourg dans les prochaines discussions sur l’élimination nucléaire», explique Carole Dieschbourg, ministre de l’Environnement.

Pas de cadre légal au Luxembourg

Le Grand-Duché s’inspire ici d’une loi autrichienne. Le problème pour des pays comme le Luxembourg, qui n’ont pas de centrales nucléaires, c’est qu’ils sont soumis aux accords de Paris et de Bruxelles, datant des années 1960, et qui sont très favorables à l’énergie nucléaire.

Pour cette raison, le Luxembourg n’a jamais ratifié ces textes internationaux. Ces conventions limitent le montant de l’indemnisation en cas d’accident nucléaire et prévoient un délai de dix ans. Et un résident luxembourgeois doit intenter une action devant un tribunal français ou belge pour faire valoir sa créance.

Possibilité de se protéger en cas d’accident nucléaire

«Avec cette loi, nous augmentons significativement la possibilité d’action légale et donc la protection juridique des citoyens luxembourgeois dans les incidents nucléaires», a souligné la ministre.

Le projet de loi adopté mercredi par le Conseil gouvernemental stipule que le Luxembourg peut se plaindre des dommages consécutifs aux accidents nucléaires, même 30 ans après l’incident.

Actuellement, en cas d’incident, les conventions internationales ne prévoient que des indemnisations plafonnées et soumises à des délais: avec ce projet de loi luxembourgeois, il n’y aura plus de limite imposée. Cela rendrait donc l’énergie nucléaire plus chère et moins attrayante.

Ce qui est exactement le but escompté par le Luxembourg. C’est en 2018 que la France décidera de la fermeture – ou non  – des centrales nucléaires au plus tôt en 2030. Au Grand-Duché bien sûr, on espère que Cattenom fermera ses portes.

Le Luxembourg utilise les règles de l’UE pour faire pression 

Ce projet de loi est juridiquement fiable, précise le ministère de l’Environnement, qui est sûr de son action. L’astuce: une ordonnance de l’UE prévoit que les parties lésées peuvent poursuivre un pollueur pour obtenir une indemnisation lorsque le dommage a lieu. 

En d’autres termes, un juge luxembourgeois serait compétent face aux conséquences d’un accident à Cattenom

D’autres règles de l’UE exigent que les États membres mettent en œuvre les décisions d’un autre pays de l’UE. Les autorités françaises devraient donc percevoir la compensation auprès d’EDF – à titre d’exemple. 

Les gouvernements français et belge n’ont pas encore répondu face à l’annonce de ce projet de loi, selon le ministère de l’Environnement. Mais cela arrivera, sans aucun doute.

https://www.wort.lu/fr/politique/nouveau-projet-de-loi-nous-envoyons-un-signal-anti-nucleaire-fort-a-paris-5a16bb0fc1097cee25b77b9e

Nov 23

GREENPEACE SERA JUGÉE POUR L’INTRUSION À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM

Le directeur général de Greenpeace et huit militants qui se sont introduits sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom seront jugés en janvier prochain.

Le directeur général de Greenpeace France comparaîtra le 3 janvier devant le tribunal correctionnel de Thionville (Moselle) avec huit militants qui se sont introduits en octobre sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier. 

L’ONG a précisé à l’AFP que le directeur général, Jean-François Julliard, « sera jugé en tant que représentant de Greenpeace ».

« C’est Greenpeace France qui sera jugée », en tant qu’organisation, a-t-elle ajouté.

La convocation de M. Julliard devant le tribunal correctionnel lui a été signifiée mardi à l’issue de son audition par la gendarmerie, a précisé Greenpeace France. 

Le 12 octobre à l’aube, huit militants écologistes avaient tiré un feu d’artifice au pied de la centrale pour alerter sur la vulnérabilité des sites nucléaires.

À voir :Greenpeace tire un feu d’artifice dans la centrale de Cattenom

Ils ont filmé leur action et diffusé la vidéo sur le compte Twitter de Greenpeace. 

Ils ont été interpellés par les forces de l’ordre qui sont intervenues huit minutes après leur intrusion, selon EDF.

Le Luxembourg avait dénoncé des « lacunes flagrantes » de la sécurité

Si Greenpeace affirme avoir été tout près du bâtiment abritant la piscine à combustibles, la préfecture et EDF ont soutenu que les militants n’avaient pas accédé à la zone nucléaire. 

La ministre de l’Environnement du Luxembourg, distant d’une dizaine de kilomètres de Cattenom, Carole Dieschbourg, s’était alarmée des « lacunes flagrantes » de la sécurité des accès à la centrale. 

Les autorités du Grand-Duché ont réclamé à la France « une enquête détaillée qui devra éclairer les circonstances de cet incident« . 

L’action de Greenpeace est intervenue quelques jours après la remise d’un rapport d’experts mandatés par l’ONG sur la capacité de résistance des piscines d’entreposage des combustibles nucléaires usés en France et dans les centrales belges de Doel et Tihange.

Ils ont pointé du doigt ces piscines, qui peuvent contenir plus de combustibles que les cœurs des réacteurs, mais qui ne sont pas protégées comme ces derniers par des enceintes de confinement renforcées.

La rédaction de Paris Match

http://www.parismatch.com/Actu/Environnement/Greenpeace-sera-jugee-pour-l-intrusion-a-la-centrale-nucleaire-de-Cattenom-1400345

Nov 22

CONTAMINATION ATMOSPHÉRIQUE PAR DU RUTHÉNIUM 106 : MISE AU POINT DE LA CRIIRAD

Contrairement aux informations diffusées intensément depuis hier, le mystère reste entier sur l’origine du ruthénium 106.

De nombreux médias ont titré sur les niveaux de contamination « extrêmement élevés » publiés par l’agence russe ROSHYDROMET, parfois même sur les « aveux » de la Russie.
La CRIIRAD a diffusé hier, en urgence, une mise au point expliquant que les niveaux de contamination étaient en fait comparables à ceux mesurés en Europe mais des informations erronées continuent d’être diffusées. Un second communiqué a été envoyé aux journalistes ce matin. Il est repris ci-dessous.

NON, les niveaux de contamination atmosphérique publiés par l’agence fédérale de météorologie ne sont pas « extrêmement élevés ».

Les niveaux de ruthénium 106 mesurés au sud de Mayak sont comparables à ceux mesurés dans l’air en Italie, en Hongrie ou en Ukraine, et même inférieurs aux concentrations mesurées en Roumanie. Les gouvernements et experts de ces États ont qualifié tous ces résultats de très faibles, voire d’extrêmement faibles, sans aucune conséquence sanitaire ou environnementale. Cette information a été largement relayée par les médias. Il faut être cohérent : des résultats similaires ne peuvent être qualifiés de « très faibles » en Europe et de « très élevés » en Russie.

NON, les niveaux de contamination mesurés en Russie ne confirment pas les modélisations de l’IRSN et de son homologue allemand, le BfS, qui ont désigné le sud de l’Oural comme l’origine de la pollution.

En fait, loin de valider les modélisations, les mesures russes sur les retombées au sol tendent plutôt à les infirmer. Les calculs de l’IRSN conduisent à des dépôts de ruthénium 106 compris entre 60 000 et 100 000 Bq/m² jusqu’à 40 km du point de rejet alors que les mesures disponibles font état de dépôts compris entre 10 et 400 Bq/m² (maximum de 330 Bq/m2 à Metlino, à environ 15 km au nord-est de Mayak).
L’IRSN et le BfS se grandiraient à ne pas laisser publier des commentaires erronés même si ils paraissent conforter leurs travaux.

OUI, le mystère reste entier

Les chiffres qui ont été publiés ne prouvent pas pour autant que la Russie n’est pas à l’origine de la contamination et le site de Mayak demeure parmi les sites pouvant être à l’origine du rejet. Les données publiées par l’agence météorologique russe sont en effet très insuffisantes : les points de mesures sont bien trop rares en regard de l’étendue du territoire, des précisions sont nécessaires sur les méthodes d’évaluation, les installations susceptibles de rejeter du ruthénium 106 ne sont pas identifiées, leurs rejets n’ont pas été publiés, etc. La CRIIRAD appuie sans réserve la demande d’enquête de Greenpeace Russie et renouvelle son appel à une totale transparence : cet appel s’adresse aussi aux organismes d’expertise, à l’Europe et à l’AIEA car les zones d’ombre ne concernent pas que la Fédération de Russie.

Plus d’information sur le site de la CRIIRAD : http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/som-accidents&pollutions.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=communiqu_de_presse&utm_medium=email

Nov 22

« GRÂCE LA SOUS-TRAITANCE, EDF PERPÉTUE LE MYTHE DU NUCLÉAIRE SANS RISQUE »

Chercheuse à l’Inserm, la sociologue de la santé Annie Thébaud-Mony se bat depuis 30 ans pour briser ce qu’elle appelle « l’invisibilité des travailleurs du nucléaire ». Elle pointe le risque accru de cancer parmi les sous-traitants de la filière.

Ils encaissent la quasi-totalité de la dose annuelle de radiations reçue dans les 19 centrales nucléaires françaises. C’est le prix à payer pour les près de 30 000 sous-traitants d’EDF. Eux-mêmes se qualifient de « viande à rems », ancienne unité de mesure de la radioactivité . Si formellement, ces intervenants extérieurs ont, comme les agents d’EDF, droit au suivi médical, en pratique, leurs examens n’ont rien à voir avec ceux des statutaires. Ces derniers sont suivis une fois par an par un médecin à demeure sur le site nucléaire, alors que les sous-traitants, plus exposés aux radiations, ont droit à un rendez-vous médical par an pour les catégories A (20 millisieverts/an) et une visite tous les deux ans pour les catégories B (5 mSv/an) par des médecins extérieurs au groupe et pas toujours très au fait des risques encourus. Ils ne bénéficient pas non plus des mêmes conventions collectives. Pour la sociologue Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et chercheuse associée au Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle à l’université Paris 13, ces travailleurs forment « un continent invisible ».

Dans vos recherches, vous vous êtes intéressée aux premiers travailleurs du nucléaire des sites militaires d’Hanford et d’Oak Ridge, aux États-Unis. Qu’avez-vous découvert ?

Les travailleurs de ces deux sites avaient été suivis par le docteur Thomas Mancuso. En mars 1975, ce médecin commence à faire apparaître certains résultats. Mais son travail a été interrompu par les autorités nucléaires américaines alors qu’il montrait que les risques de décès par cancer étaient dix fois plus élevés chez ces travailleurs exposés aux radiations. Elles lui ont même confisqué ses dossiers. À partir de là, c’est le black-out sur les effets sanitaires de la radioactivité sur les travailleurs. Au fur et à mesure que les installations nucléaires entrent en fonctionnement, un peu partout dans le monde, et en France notamment, la sous-traitance des travaux dangereux se développe, avec une double division du travail : d’un côté les travailleurs statutaires [comme les agents EDF] qui préparent et contrôlent les travaux et de l’autre, l’activité réelle effectuée sous rayonnement, par des prestataires externes. Ces derniers travaillent dans des conditions difficiles et ne sont pas admis dans les statuts, beaucoup plus favorables, des travailleurs statutaires.

Tous les travailleurs sous-traitants sont-ils exposés aux mêmes niveaux de radiations ?

Non. Au sein de la sous-traitance, on observe aussi une division : d’un côté ceux qui effectuent des tâches importantes pour la sûreté, relativement bien contrôlées du point de vue de la radioactivité, et d’un autre, ceux qui effectuent les activités les plus coûteuses en dose, souvent peu considérées comme le travail de décontamination, de nettoyage, de robinetterie et de tri des déchets. Ces travailleurs le résument eux-mêmes : « On prend la dose pour que d’autres n’en prennent pas ! ». On voit par ailleurs se développer une très forte précarisation, des contrats très courts et des travailleurs très mobiles, qui alternent entre périodes dans le 1/3 nucléaire et périodes où ils travaillent dans d’autres secteurs parce qu’ils ont atteint la limite annuelle de dose.

Quelles corrélations observez-vous entre une carrière dans le secteur nucléaire et le développement de cancers ?

Il a fallu attendre le début des années 2000 pour qu’une étude internationale de la mortalité par cancer soit menée dans la filière (Circ 2005). Et encore ! Elle ne l’a été que parmi les statutaires, finalement très peu exposés. Tous les mineurs, liquidateurs, gestionnaires de déchets, transporteurs et tous ceux qui travaillent dans le nucléaire militaire en ont été exclus. Le résultat de cette étude – très restreinte donc – est malgré tout accablant : avec une exposition moyenne cumulée sur 30 ans de 19,4 millisiverts (soit une dose inférieure à la limite réglementaire annuelle de 20mSv), les décès par cancer sont deux à trois fois plus élevés. Il n’est, depuis longtemps, plus nécessaire de prouver que la radioactivité provoque des cancers, mais cette étude montre qu’il existe un continent de travailleurs invisibles dont les maladies radio-induites ne sont absolument pas prises en compte.

Ces recherches et vos prises de position dans vos différents ouvrages provoquent-elles une prise de conscience ?

On est en train d’ouvrir lentement une brèche pour briser l’invisibilité des cancers professionnels des salariés de la sous-traitance du nucléaire. Quelques collectifs et associations se mettent en place. Nous avons obtenu pour la première fois en avril 2016 la reconnaissance de “la faute inexcusable” d’Endel, filiale d’Engie, employeur de Christian Verronneau, emporté par un cancer broncho-pulmonaire à l’âge de 57 ans. Il a passé sa vie professionnelle dans les centrales nucléaires françaises, enchaînant les tâches très dangereuses. Son cancer a été reconnu comme maladie professionnelle. Mais le responsable du risque, EDF, reste dans l’impunité. EDF et l’État se cachent derrière la sous-traitance pour répartir les doses de radioactivité et surtout rendre invisibles les conséquences sanitaires de l’exposition des travailleurs.

Préconisez-vous d’interdire la sous-traitance dans le nucléaire ?

Oui, car c’est par là que passe le processus d’invisibilité des travailleurs. Il est très difficile de faire reconnaître les cas de cancers comme maladies professionnelles. EDF réussit à perpétuer le mythe du nucléaire sans risque grâce à la sous-traitance. Comme c’était le cas pour l’amiante, les autorités sont parfaitement conscientes de ces risques. Elles les connaissent et cela fait 30 ans que nous [avec son groupe de recherche à l’Inserm ainsi qu’au sein de l’association Henri Pézerat qu’elle préside] luttons contre cette pratique, par exemple dans des chantiers tel que celui du démantèlement à la centrale du Bugey. Il y a aussi un verrouillage des études sur le problème de la radioactivité et je suis très inquiète par rapport au démantèlement : je n’ai d’ailleurs jamais réussi à obtenir de témoignages des travailleurs assurant le démantèlement, y compris en passant par les organisations syndicales. J’ai la quasi-certitude qu’ils n’ont pas le droit de parler. Ce sont des travailleurs sacrifiés, comme ceux qui assurent la maintenance ou comme les liquidateurs de Tchernobyl ou de Fukushima.

Élise Moreau

https://www.mediacites.fr/interview/2017/11/22/grace-a-la-sous-traitance-edf-perpetue-le-mythe-du-nucleaire-sans-risque/

Un avis intéressant :

Gilles Reynaud, 28 ans au service de l’atome : « Vers du nucléaire low-cost »

À 51 ans, Gilles Reynaud a vu du pays… et des centrales nucléaires. du Tricastin (Drôme et Vaucluse) en passant par Gravelines (Nord), Cruas (Ardèche) et Bugey (Ain), cela fait 28 ans que ce Drômois travaille comme sous-traitant dans la logistique nucléaire (servitude, assainissement et traitement des déchets). Il préside l’association Ma Zone Contrôlée qui regroupe des salariés sous-traitants et siège au conseil d’administration de l’Anccli. Selon lui, le parc nucléaire français est en ébullition : « L’ambiance est explosive, les gens vont travailler la peur au ventre ». Il dénonce la dégradation des conditions de travail et la forte rotation des agents due au manque d’attractivité de la filière. Cela entraîne selon lui des défauts de vigilance : « On est toujours un peu sur le fil du rasoir et on demande aux travailleurs d’être polyvalents. En mécanique, sur une équipe de quatre, il n’y a parfois qu’une seule personne qui est vraiment du métier. Les autres sont novices. Comment, dans ces conditions, travailler dans les règles de l’art et respecter les procédures à la lettre ? On regarde trop la rentabilité et l’humain devient la variable d’ajustement. Cela nous conduit vers du nucléaire low-cost ». Il confie aussi ses craintes pour sa santé : « On ne sait pas trop à quoi s’attendre… Nous avons des copains qui développent des cancers. On sait qu’ils ont travaillé par le passé sur des sites EDF et pris de la dose mais le lien n’est pas établi entre leur maladie et l’exposition à la radioactivité… ».

 

Nov 22

HINKLEY EN GRANDE-BRETAGNE : LES DÉPUTÉS S’ALARMENT DU COÛT POUR LES CONSOMMATEURS

Le gouvernement britannique est responsable de « graves erreurs stratégiques » dans la conduite du projet nucléaire Hinkley Point d’EDF qui va coûter bien trop cher aux consommateurs, dénonce mercredi un rapport parlementaire.

La commission aux comptes publics de la Chambre des communes britannique ne mâche pas ses mots dans ce document qui pointe les lourdes conséquences sur les ménages britanniques de la construction de la centrale nucléaire Hinkley Point C, qui a obtenu le feu vert des pouvoirs publics en septembre 2016.

Symbole du renouveau nucléaire dans le pays, le projet consiste à édifier deux réacteurs de type EPR dans le sud-ouest de l’Angleterre, pour une mise en service prévue fin 2025 au plus tôt. La construction, qui a déjà commencé, devait coûter 19,6 milliards de livres (22 milliards d’euros).

Le rapport regrette que le gouvernement n’ait pas prévu de revoir les termes du contrat, malgré le fait que le surcoût sur la facture des consommateurs pourrait s’élever à 30 milliards de livres en raison d’un prix élevé de l’électricité garanti par les autorités à EDF et à son partenaire chinois.

En utilisant ce chiffre, la commission reprend à son compte une récente étude du contrôleur des comptes britanniques, le National Audit Office (NAO), qui avait chiffré la différence cumulée sur plusieurs années entre les prix du marché de gros de l’électricité et le prix garanti à l’exploitant, actuellement plus élevé.

« Le gouvernement a fait de graves erreurs stratégiques à cet égard et doit maintenant expliquer ce qu’il va faire pour faire en sorte qu’elles ne soient pas répétées« , écrit la présidente de la commission Meg Hillier.

Selon le rapport, le ministère des Entreprises, qui encadre le nucléaire, s’est bien gardé de renégocier le contrat, puisqu’un tarif plus bas promis aux promoteurs aurait entraîné un retrait de ces derniers et un échec ou un retard du projet.

La commission souligne que les autres projets similaires utilisant le réacteur EPR (en France, Finlande et Chine) ont tous enregistré des surcoûts ou des délais, pointant un risque de retard.

Le rapport s’inquiète en particulier des mauvaises performances passées du gouvernement dans la gestion de ses contrats d’infrastructure. Sans compter que le Brexit, prévu fin mars 2019, devrait entraîner la sortie du Royaume-Uni d’Euratom, le régulateur européen du secteur.

Certaines technologies alternatives à faible émission sont désormais meilleur marché que le nucléaire, souligne en outre le rapport.

La commission demande par conséquent au gouvernement de réévaluer et de publier sa stratégie sur le nucléaire avant de donner son feu vert à tout nouveau projet de centrale.

https://www.romandie.com/news/Hinkley-les-deputes-s-alarment-du-cout-pour-les-consommateurs/865522.rom

Nov 22

POLLUTION RADIOACTIVE: L’IRSN RÉFUTE LES MISES EN CAUSE D’UN OFFICIEL RUSSE

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a réfuté mardi les accusations d’un officiel russe affirmant que la France a intérêt à mettre en cause la Russie dans la pollution radioactive détectée fin septembre pour défendre la filière nucléaire française.

L’IRSN « n’a aucun intérêt à intervenir dans des intérêts industriels« , a assuré à l’AFP son directeur adjoint Jean-Marc Peres, ajoutant que l’institut « n’a pas été le premier à signaler » avoir détecté en Europe cette pollution radioactive.

Un peu plus tôt, un responsable régional russe avait suggéré que l’IRSN aurait accusé la Russie pour aider au développement de l’industrie nucléaire française, notamment Areva et son activité de traitement des déchets nucléaires.

« La source de cette information est la France, où un concurrent de notre Maïak (complexe nucléaire russe, ndlr) recycle des déchets nucléaires. Cela fait réfléchir« , a ainsi déclaré mardi Evguéni Savtchenko, ministre de la Sécurité publique de la région de Tchéliabinsk, au site Ura.ru. Du ruthénium-106 avait été détecté dès fin septembre par plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité dans l’atmosphère.

Après enquête, l’IRSN avait conclu que cette pollution radioactive aurait son origine « entre la Volga et l’Oural« , sans identifier de site précisément.

L’institut, qui est un organisme technique indépendant, ajoutait que la pollution ne pouvait pas provenir d’un réacteur nucléaire, ni de la chute d’un satellite, et faisait l’hypothèse d’un rejet issu d’une installation liée au cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives.

« Nous avons soumis nos calculs à un panel d’homologues étrangers dont des Russes » et « aucun n’a mis en cause » les méthodes de calculs, a défendu M. Peres.

Le directeur adjoint de l’IRSN a ajouté qu’il « n’a pas envie de rentrer dans une polémique » et que l’institut « fait le même travail sur les installations d’Areva, ainsi que sur le territoire français et en Europe« .

La Russie a assuré mardi qu’aucun incident n’avait touché ses installations nucléaires, au lendemain de la confirmation, par l’agence météorologique russe Rosguidromet, que des concentrations « extrêmement élevées » de ruthénium-106 avaient été détectées fin septembre dans le sud de l’Oural par des stations météo, dont une proche du complexe nucléaire Maïak.

https://www.romandie.com/news/Pollution-radioactive-l-IRSN-refute-les-mises-en-cause-d-un-officiel-russe/865442.rom

Note du Réseau Sortir du Nucléaire pour information

Concerne la phrase : « L’IRSN « n’a aucun intérêt à intervenir dans des intérêts industriels », a assuré à l’AFP son directeur adjoint Jean-Marc Peres.

Le Réseau: Même si les assertions de responsables russes sont tout à fait discutables sur ce cas particulier du ruthénium 106, il faut garder en mémoire que les industriels de l’atome financent à plus de 50 % les crédits de l’IRSN pour l’appui technique de l’ASN (*).

(*) Les crédits de l’IRSN pour l’appui technique à l’ASN proviennent pour partie (42 M€) d’une subvention du budget général de l’État affectée à l’IRSN et inscrite dans l’action n° 11 « Recherche dans le domaine des risques » du programme 190 « Recherche dans les domaines de l’énergie, du développement et de l’aménagement durables » de la mission interministérielle « Recherche et enseignement supérieur ». L’autre partie (43 M€) provient d’une contribution due par les exploitants nucléaires.

Nov 22

ESSAIS NUCLÉAIRES. 25 VICTIMES DEMANDENT RÉPARATION À NANTES

Une quinzaine d’anciens militaires et leurs proches se sont rendus, mardi 21 novembre, pour défendre leur dossier devant la cour administrative d’appel de Nantes. |

Ce mardi 21 novembre, la cour administrative d’appel de Nantes a étudié le dossier de 25 victimes d’essais nucléaires, venant de Nantes, Rennes et Caen. Le rapporteur public soutient leur demande. Jugement dans 15 jours.

D’anciens militaires, venus de Bretagne, des Pays de la Loire ou de Normandie ont défendu, ce mardi 21 novembre, leurs requêtes auprès de la cour administrative d’appel de Nantes. Ces vétérans estiment que les maladies dont ils souffrent ou ont pu souffrir (des cancers dans la grande majorité des cas) sont liées à leur présence au Sahara ou en Polynésie française entre les années 1960 et 1996.

À cette époque, l’État français a effectué sur ces territoires plus de 200 essais nucléaires atmosphériques ou souterrains. Jusqu’à présent, le régime légal s’agissant de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires n’aboutissait que très rarement à une indemnisation.

Le Parlement a définitivement adopté mi-février une disposition destinée à favoriser l’indemnisation des victimes d’essais nucléaires, inscrite dans la loi Égalité réelle Outre-mer, publiée le 1er mars au Journal officiel. Sur les 25 dossiers présentés ce mardi 21 novembre devant le tribunal nantais, le rapporteur public a répondu favorablement à toutes les demandes d’indemnisation.

La décision sera donnée dans 15 jours. D’autres cas ont déjà été étudiés par la cour administrative d’appel de Nantes. Mi-mars, la juridiction nantaise avait déjà ordonné l’indemnisation des préjudices subis par douze vétérans. Le 28 mars 2017, huit vétérans irradiés avaient obtenu gain de cause.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/essais-nucleaires-25-victimes-demandent-reparation-nantes-5393228

Nov 21

NUCLÉAIRE : DE L’AMIANTE S’EST ÉCHAPPÉE DE L’USINE AREVA DE LA HAGUE

Les fibres d’amiante proviennent des matériaux isolants du site de traitement de combustibles nucléaires usés. La production, qui avait été interrompue pour maintenance, n’a pas encore repris.

Des fibres d’amiante se sont échappées de matériaux isolant des tuyaux à l’usine Areva de la Hague (Manche), rapporte mardi 21 novembre, France Bleu Cotentin. Le site est chargé du traitement des combustibles nucléaires usés.

L’usine était à l’arrêt pour maintenance et la direction estime qu’il est trop tôt pour mesurer les conséquences de cette découverte sur le planning de production.

Une étude en cours sur l’exposition éventuelle de salariés

Des études vont être menées pour savoir si des salariés ont été exposés à ces fibres d’amiante. « Pour le moment nous sommes dans l’attente des résultats. Il faut prendre toutes les mesures pour protéger les salariés qui vont être amenés à intervenir », explique à France Bleu un représentant du syndicat Force Ouvrière (FO) à l’usine Areva de la Hague.

La direction affirme, de son côté, que, d’après les tests, l’amiante détecté ne se présente pas sous forme de particules en suspension.

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/de-l-amiante-dans-l-usine-areva-de-la-hague-1511251159

Nov 21

NUAGE DE RUTHENIUM 106 : TOUTE LA LUMIÈRE DOIT ÊTRE FAITE SUR UN POSSIBLE ACCIDENT NUCLÉAIRE EN RUSSIE !

Alors que les dernières informations indiquent que le ruthénium 106 détecté dans l’air européen pourrait être lié à un accident nucléaire sur le site de Mayak, le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce l’inaction et le silence des autorités russes et internationales.

Fin septembre 2017, un nuage de ruthénium 106 a été détecté dans l’air européen. Le 9 novembre, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, sur la base de simulations, a indiqué que la radioactivité rejetée s’élevait probablement à 300 Térabecquerels (soit 375 000 fois plus que les rejets annuels autorisés de la centrale nucléaire de Cruas) et qu’elle provenait sans doute d’une installation située entre l’Oural et la Volga.

Alors que les autorités nucléaires russes continuent de nier la présence de ruthénium 106, les services de météorologie russe ont confirmé le 20 novembre une pollution radioactive liée à ce radioélément artificiel. Bien que les données publiées, très inférieures à l’estimation de l’IRSN, soulèvent de nombreuses questions, elles indiquent une contamination plus élevée dans la région de Tcheliabinsk, où est implanté le complexe nucléaire de Mayak.

Il apparaît donc très probable que le nuage radioactif soit lié à un problème sur le site de Mayak, qui a déjà été le théâtre de plusieurs rejets radioactifs colossaux et d’un grave accident nucléaire, longtemps tenu secret, en 1957. Nadezhda Kutepova, militante russe réfugiée en France qui s’est consacrée pendant des années à la défense des victimes de ces pollutions, identifie deux pistes pour ce rejet. Dans un communiqué, elle explique qu’il pourrait provenir soit d’un accident dans l’usine de retraitement des combustibles nucléaires, soit d’un dysfonctionnement d’une usine de vitrification de déchets radioactifs, dont la construction a connu certains déboires.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ se joint aux protestations de Nadezhda Kutepova et de la CRIIRAD pour dénoncer l’inaction et le silence des autorités russes et internationales.

Près de deux mois après ce possible accident, qui mériterait un classement au niveau 5 de l’échelle INES en raison de l’étendue de la contamination, aucune reconnaissance officielle n’a eu lieu et aucune mesure n’a été prise pour protéger et évacuer les populations locales. À ce jour, il est impossible d’obtenir des informations fiables, d’autant que le complexe nucléaire de Mayak n’est pas contrôlé par une autorité de sûreté indépendante et que les associations environnementales russes sont victimes de mesures d’intimidation.

Quant à l’OMS et l’AIEA, en restant silencieuses, elles se montrent complices de cette censure. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle à la création d’une commission d’enquête internationale pour faire toute la lumière sur cet accident et sur l’ampleur de la contamination.

Lire le témoignage de Nadezhda Kutepova sur : http://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/te_moignage_de_nadezda_kutepova_19.11.17-2.pdf

Contact presse : Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01-23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Nuage-de-ruthenium-106-toute-la-lumiere-doit-etre

Nov 21

EDF: TROIS RÉACTEURS CONCERNÉS PAR LE DÉFAUT DE CONTRÔLE DE TUBES

EDF a indiqué mardi que trois réacteurs nucléaires – Golfech 2, Flamanville 1 et Cattenom 3 – étaient concernés par des défauts de contrôle qualité sur des tubes servant à la fabrication d’assemblages de combustibles nucléaires.   

Le groupe français assure dans un communiqué que ces défauts de qualité n’ont toutefois aucun impact sur l’exploitation des réacteurs nucléaires.

Selon EDF, ces défauts concerneraient 14 crayons sur les 2,6 millions de crayons installés dans le parc nucléaire français…

Trois de ces 14 crayons sont actuellement en cours d’utilisation dans les réacteurs de Golfech 2, Flamanville 1 et Cattenom 3. Les 11 autres crayons ne sont pas installés dans les réacteurs, assure EDF.

« Les mesures actuellement réalisées dans les réacteurs de Golfech 2, Flamanville 1 et Cattenom 3 n’exigent aucune disposition particulière pour l’exploitation des réacteurs en toute sûreté« , ajoute le groupe français.

L’exploitant des centrales françaises a indiqué lundi avoir été informé par Areva de défauts dans le contrôle qualité de certains tubes servant à la fabrication d’assemblages de combustibles nucléaires, appelés « crayons« .

« Les mesures actuellement réalisées dans les réacteurs de Golfech 2, Flamanville 1 et Cattenom 3 n’exigent aucune disposition particulière pour l’exploitation des réacteurs en toute sûreté« , souligne EDF.

Areva avait de son côté indiqué vendredi que la découverte d’une barre de combustible présentant une fuite dans une usine de fabrication de Paimboeuf (Loire-Atlantique) avait conduit à des tests montrant que des tubes avaient été fournis à des compagnies électriques alors qu’ils auraient dû être écartés lors de leur contrôle.

Des médias suisses ayant rapporté que la centrale de Leibstadt, dans le nord de la Suisse, allait devoir rester fermée plus longtemps que prévu à cause de ces défauts, Areva avait alors précisé que les barres déjà chargées ne mettaient pas en péril la sécurité des centrales.

Article de Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot

https://www.usinenouvelle.com/article/edf-trois-reacteurs-concernes-par-le-defaut-de-controle-de-tubes.N616913

Nov 21

LA RUSSIE RECONNAIT AVOIR ENREGISTRÉ UNE POLLUTION RADIOACTIVE SUR SON TERRITOIRE

L’agence russe de météorologie Rosguidromet a reconnu lundi qu’une concentration « extrêmement élevée » de ruthénium-106 avait été détectée fin septembre dans plusieurs régions de Russie, confirmant les rapports de plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité.

Selon Rosguidromet, la concentration la plus élevée a été enregistrée par la station d’Arguaïach, un village du sud de l’Oural situé à 30 kilomètres du complexe nucléaire Maïak, touché par un des pires accidents nucléaires de l’histoire en 1957 et servant aujourd’hui de site de retraitement de combustible nucléaire usé.

« Le radio-isotope Ru-106 a été détecté par les stations d’observation d’Arguaïach et de Novogorny » entre le 25 septembre et le 1er octobre, précise l’agence russe dans un communiqué, ajoutant qu’à Arguaïach, « une concentration extrêmement élevée » de ruthénium-106 « excédant de 986 fois » les taux enregistrés le mois précédent a été détectée.

Ces deux stations sont situées dans le sud de l’Oural, près de la ville de Tchéliabinsk, proche de la frontière avec le Kazakhstan.

L’agence russe précise que le ruthénium-106 a ensuite été détecté au Tatarstan puis dans le sud de la Russie, avant qu’il ne se fixe à partir du 29 septembre « dans tous les pays européens, à partir de l’Italie et vers le nord de l’Europe« .

Dans un communiqué, Greenpeace Russie a appelé Rosatom, la société d’État russe qui gère l’activité de toutes les entreprises du secteur nucléaire en Russie, à « mener une enquête approfondie et à publier des données sur les évènements arrivés à Maïak« .

« Greenpeace va envoyer une lettre au parquet pour demander l’ouverture d’une enquête sur la dissimulation éventuelle d’un incident nucléaire« , ajoute ce communiqué publié sur le site internet de l’association.

Mi-octobre, Rosatom avait assuré dans un communiqué cité par les médias russes que « dans les échantillons relevés du 25 septembre au 7 octobre, y compris dans le sud de l’Oural, aucune trace de ruthénium-106 n’a été découvert à part à Saint-Pétersbourg« , rejetant les conclusions des réseaux européens de surveillance de la radioactivité.

Fin septembre, plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité avaient repéré du ruthénium-106 dans l’atmosphère.

L’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français avait ensuite indiqué, après une enquête, que « la zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l’Oural« , sans être en mesure de préciser la localisation exacte du point de rejet.

L’IRSN précisait que la source de la pollution ne pouvait provenir d’un réacteur nucléaire, car d’autres éléments radioactifs auraient été détectés, et faisait « l’hypothèse d’un rejet issu d’une installation » liée au cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives.

Le ruthénium-106 est un produit de fission issu de l’industrie nucléaire, par ailleurs utilisé pour des traitements médicaux.

« Les niveaux de concentration dans l’air en ruthénium-106 qui ont été relevés en Europe et a fortiori en France sont sans conséquence tant pour la santé humaine que pour l’environnement« , a noté l’IRSN.

Depuis la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine soviétique, en 1986, qui avait contaminé une bonne partie de l’Europe, les craintes de l’Occident sur la sécurité des installations nucléaires soviétiques puis russes n’ont jamais été levées.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/la-russie-reconnait-avoir-enregistre-une-pollution-radioactive-sur-son-territoire_118454

Nov 20

CARTE INTERACTIVE: TOUS CONCERNÉS PAR LES RISQUES NUCLÉAIRES

20 Novembre 2017 : alors que de nombreux voyants sont au rouge du côté de la sûreté et de la sécurité des centrales d’EDF et qu’un tiers du parc nucléaire français est en panne ou à l’arrêt, nous sommes plus que jamais tous concernés par le risque nucléaire. En France, nous sommes 66 % à vivre à moins de 75 km d’un réacteur nucléaire. Avec la carte interactive que nous rendons disponible cette semaine, visualisons concrètement le risque nucléaire lié aux 58 réacteurs présents sur notre territoire… et la protection insuffisante dont nous bénéficions.

Pourquoi cette carte ? Comment l’utiliser ?

Quel risque encourons-nous en cas d’accident nucléaire ? Nous mettons aujourd’hui cette carte à disposition afin que nous puissions tous visualiser le risque que nous encourons en cas d’accident nucléaire. Cette carte permet d’identifier les centrales nucléaires qui sont proches de chez nous et de comprendre quelle pourrait être l’étendue de la contamination radioactive en cas de catastrophe de type Tchernobyl ou Fukushima.

En France nous sommes 66 % à vivre à moins de 75 km d’un réacteur nucléaire. Avec cette carte, les habitants de Lyon pourront par exemple constater qu’à peine 40 kilomètres les séparent de la centrale du Bugey. Les habitants de Paris, qui vivent à proximité de la centrale de Nogent-sur-Seine (100 km) pourront de la même façon réaliser que si une catastrophe de type Tchernobyl se produisait dans cette centrale, près de 40 millions de personnes seraient concernées par la contamination radioactive.

Comment utiliser cette carte ?

Pour cela, il suffit de se localiser sur la carte (NDLR : en cliquant sur ce lien ci-contre) en entrant le nom de sa ville ou son code postal pour lancer la simulation. Il est également possible de cliquer directement sur la carte à l’endroit de votre choix pour déclencher la simulation. La carte vous indiquera la centrale nucléaire d’EDF la plus proche de votre lieu de résidence. Elle vous permettra de visualiser l’impact d’un accident nucléaire qui toucherait la centrale en question.

Sur la version actuelle de cette carte, nous avons choisi de faire figurer les 19 centrales nucléaires françaises, exploitées par EDF, ainsi que les 2 centrales nucléaires belges, exploitées par Engie-Electrabel.

Zone PPI trop restreinte : une protection insuffisante

En France, la zone PPI est la zone dans laquelle s’applique le Plan Particulier d’Intervention (PPI). Ce plan comporte l’ensemble des mesures qui doivent être appliquées par le préfet en cas d’accident sur un site nucléaire.

L’impact radiologique (contamination radioactive) de l’accident de Fukushima s’étendait sur un périmètre de plus de 100 km. En ce qui concerne la catastrophe de Tchernobyl, le périmètre était de plus 300 km. La France n’a-t-elle tiré aucune leçon de ces accidents nucléaires ?

Le plan actuel prévoit une zone de…10km. En 2016, S. Royal, alors ministre de l’Environnement, a annoncé le doublement de ces zones (20 km). Cependant, il n’y a pour le moment qu’une circulaire adoptée et pas de décret d’application publié. Le calendrier reste inconnu et Greenpeace tient à souligner qu’un PPI, même élargi à 20 km, reste un PPI trop restreint.

Accident nucléaire : un niveau de risque sans précédent ?

Avec 58 réacteurs nucléaires pour 67 millions d’habitants, la France est de loin le pays le plus nucléarisé au monde, devançant le Japon et les États-Unis. Or, l’état du parc nucléaire français est très préoccupant. Pour rappel, 37 de ces 58 réacteurs sont aujourd’hui touchés par des problèmes d’anomalies. En raison de nombreuses défaillances, 18 de ces réacteurs sont actuellement à l’arrêt, soit près d’un tiers du parc !

À ce problème de sûreté s’ajoutent des défaillances extrêmement inquiétantes en matière de sécurité : les centrales nucléaires françaises et belges, construites à une époque où les menaces n’étaient pas les mêmes, ne sont pas protégées face aux actes de malveillance. Un constat appuyé par un rapport d’experts. Les inquiétudes des experts se focalisent tout particulièrement sur les 58 piscines d’entreposage du combustible nucléaire usé d’EDF, très mal protégées face à ces risques d’attaques extérieures.

La situation financière d’EDF, catastrophique, n’arrange rien : avec des finances plombées par le nucléaire, l’entreprise n’a plus les moyens d’investir dans la maintenance des centrales nucléaires et dans la poursuite de son programme industriel. On est également en droit de se demander comment EDF va faire face aux travaux nécessaires pour sécuriser les piscines d’entreposage du combustible nucléaire usé.

Résultat ? En 40 ans, le risque d’accident nucléaire n’a peut-être jamais été aussi important…

Pour lire la suite de l’article et visualiser les cartes, cliquer sur :

https://www.greenpeace.fr/carte-sommes-concernes-risques-nucleaires/

Nov 20

LE GOUVERNEMENT DOIT RESPECTER LA LOI DE 2015 SUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

En déclarant que l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité n’est plus à l’ordre du jour, l’exécutif se montre irresponsable, estime, dans une tribune au « Monde », le physicien Bernard Laponche.

Tribune. Dans un État de droit, la plus élémentaire des exigences est le respect de la loi. La réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité en France, de 75 % environ aujourd’hui à 50 % en 2025, n’est pas seulement un engagement présidentiel mais un objectif fixé par la loi d’août 2015 sur la transition énergétique pour la croissance verte. Un changement de gouvernement n’efface pas la loi et aussi bien EDF que le gouvernement doivent s’y soumettre.

Lorsque ce gouvernement, par la voix du ministre responsable de la transition énergétique, déclare que cet objectif n’est plus à l’ordre du jour, cela revient à dire qu’il n’a pas l’intention de respecter la loi. Le dire ainsi eût soulevé un tollé général alors que l’annonce est présentée par la plupart des médias comme assez « naturelle ». Le Parlement est bafoué. En droit, l’annonce faite est nulle et non avenue. Et cela d’autant plus que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit être établie (article 49 de la loi) « afin d’atteindre les objectifs de la loi ».

Quel sens aurait alors la PPE en préparation si son contenu était déjà fixé par un non-respect de l’un de ses éléments les plus sensibles ? Et quel sens aurait le débat public prévu sur la PPE ? Cette déclaration intempestive est condamnable sur le plan du droit et assez lamentable sur celui des arguments utilisés pour justifier un tel renoncement.

La lutte contre le réchauffement climatique a beau jeu. On néglige que ce sont les émissions totales de gaz à effet de serre (GES) qui sont visées pour se concentrer sur celles de la production d’électricité.

Accumulation des risques

Isoler ce secteur et en faire l’enjeu majeur de la politique climatique fausse totalement le débat : va-t-on respecter les objectifs sur les produits pétroliers, premiers émetteurs ? Le système nucléaire émet moins de CO2 que la combustion des fossiles mais plus que la production d’électricité d’origine renouvelable ; une centrale au gaz à cycle combiné émet trois fois moins de GES par kilowattheure produit que celle d’une centrale à charbon ; et le nucléaire produit des déchets radioactifs dangereux pour des centaines de millénaires…

Sans oublier les risques qui s’accumulent avec le vieillissement des réacteurs, la multiplication des incidents, la présence d’équipements vitaux non conformes et la crise financière des principaux opérateurs.

Le premier facteur sur lequel on peut agir, et très rapidement, est la consommation d’électricité

Dans l’exposé des motifs d’une telle déclaration, on ne parle que du « mix » électrique, c’est-à-dire de la répartition des moyens de production. Or, le premier facteur sur lequel on peut agir, et très rapidement, est la consommation d’électricité, dont près de 70 % se situent dans les bâtiments des secteurs résidentiel et tertiaire. Il y a là un potentiel d’économies considérable sur le chauffage électrique et plus encore sur les usages spécifiques de l’électricité (éclairage, électroménager, audiovisuel, informatique, électronique), à la fois par le biais des comportements d’usage et d’achat et par celui d’équipements plus efficaces.

Voilà un programme national innovant et intelligent qui allégerait la facture des ménages, créerait de nouvelles activités, moderniserait notre industrie et réduirait les contraintes sur le système électrique, avec des coûts du kWh économisé souvent nuls ou très faibles et, dans la grande majorité des cas, inférieurs au coût de production.

Marché de dupes

L’exportation d’électricité d’origine nucléaire a pour origine la surcapacité nucléaire par rapport à la consommation nationale. Elle rapporte peu et on garde chez nous les risques et les déchets radioactifs : marché de dupes. Elle représente annuellement la production de dix à douze réacteurs nucléaires que l’on pourrait arrêter sans que la consommation nationale en soit affectée.

Certes, il y a la question de la pointe hivernale, encore une spécialité française (la pointe française représente environ la moitié de la pointe européenne). Ce pic causé par le chauffage électrique provoque chaque hiver la mise en marche de toutes les centrales, tout en nécessitant l’importation d’électricité, essentiellement d’Allemagne : la France « importe » des émissions de CO2 (qui, évidemment, ne lui sont pas attribuées).

Ce phénomène est invoqué chaque automne pour justifier le maintien en fonction de toutes les centrales nucléaires. Faux argument : le nucléaire est fait pour fonctionner en base ; la solution, plutôt que de recourir aux importations, est de disposer d’un parc équilibré, avec une production, pour la pointe, tenant compte davantage des centrales à gaz à cycle combiné et d’énergies renouvelables.

Bref, il y a beaucoup de sujets à discuter dans la préparation de la programmation pluriannuelle de l’énergie, dans le respect de la loi.

Par Bernard Laponche (polytechnicien, docteur ès sciences en physique des réacteurs nucléaires, ancien directeur général de l’AFME (aujourd’hui ADEME),…

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/20/le-gouvernement-doit-respecter-la-loi-de-2015-sur-la-transition-energetique_5217386_3232.html

Nov 20

GRAND JEU DE LA FRANCE AU PROCHE-ORIENT

Emmanuel Macron propose à l’Iran de sauver le compromis nucléaire en échange d’une démilitarisation du Hezbollah au Liban

La France veut sauver le Liban. Elle veut le sauver d’une vacance institutionnelle pouvant déboucher sur des affrontements armés. En voulant le sauver elle veut également tenter d’éviter à toute la région une montée de la tension, déjà forte, entre l’Arabie saoudite et l’Iran mais en a-t-elle les moyens ? 

Tout parait dire que non tant les positions iraniennes et saoudiennes semblent inconciliables. 

L’Iran ne veut pas entendre parler de la moindre négociation sur son programme balistique et l’a clairement rappelé à Emmanuel Macron qui souhaite lui que ce programme soit encadré afin d’apaiser les inquiétudes de Ryad et de Washington. On n’imagine pas non plus que les Iraniens puissent envisager un retrait, même partiel, des troupes du Hezbollah qu’ils ont engagées en Syrie car leur allié, Bachar al-Assad, a un besoin vital de l’appui de l’organisation politico-militaire des chiites libanais que Téhéran arme et finance. 

Or tout le problème est que c’est pour obtenir ce rappel des troupes du Hezbollah et un reflux de l’Iran vers ses frontières que le prince héritier saoudien avait imposé au Premier ministre libanais, Saad Hariri, de démissionner. Il l’avait fait avec la volonté d’obliger le Liban à contraindre le Hezbollah de se retirer de Syrie et a pris les Libanais en otage en les sommant d’agir ou de bien vite replonger dans la guerre civile faute de retrouver un consensus leur permettant de se gouverner. 

Pour Ryad comme pour Téhéran, l’enjeu est tel qu’on ne voit pas comment la France pourrait les amener à un compromis sauf… Sauf deux choses. 

La première est qu’Emmanuel Macron a su convaincre l’Arabie saoudite de laisser Saad Hariri rentrer à Beyrouth mercredi via Paris en lui montrant qu’elle était en train de cimenter le Liban dans le refus de la violence et donc, rapport de forces oblige, dans une volonté de compromis avec le Hezbollah et son protecteur iranien. La France a marqué un point et ne désespère pas d’en marquer un second en obtenant du Hezbollah qu’il cesse de se comporter comme un État dans l’État et laisse s’affirmer un Etat libanais. 

Ce n’est pas gagné mais, dans cette bataille, la France a l’atout d’avoir, en même temps, l’oreille des Saoudiens et celle des Iraniens car elle dénonce la déstabilisation du Proche-Orient par Téhéran tout en défendant, contre Donald Trump, la pérennité du compromis sur le nucléaire. 

Ce que la France essaie de faire est d’obtenir des Américains, des Saoudiens et des Israéliens qu’ils tempèrent leur ardeur à enterrer le compromis nucléaire en échange d’un feu vert de l’Iran à une démilitarisation du Hezbollah au Liban. L’ambition est grande mais, si Emmanuel Macron y parvenait, ce serait un premier pas dans la recherche d’un compromis régional. 

Vous pouvez écouter cet entretien avec Bernard Guetta (2 mn) en cliquant sur :

https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-20-novembre-2017

Nov 20

LANNION. « AREVA DOIT DÉPOLLUER LA MINE DE BUHULIEN »

Les militants de Sortir du nucléaire demandent au député Éric Bothorel d’appuyer leurs démarches auprès des pouvoirs publics.

Laurent Lintanf et Patrice Desclaud, de Sortir du nucléaire-Trégor, rencontrent actuellement les parlementaires du secteur Lannion-Guingamp-Morlaix pour les sensibiliser à leur action et les inviter à se positionner sur la question. Ils ont ainsi été reçus, il y a quelques jours, par Éric Bothorel, le député (LRM) de la circonscription Lannion-Paimpol.

Pour lui demander, notamment, de les soutenir dans leurs démarches pour que « le gouvernement définisse un calendrier pour que soient dépollués les sites des anciennes mines d’uranium en France ». D’après eux, cinq communes sont concernées dans la région : Belle-Isle-en-Terre, Pluzunet, Bégard, Vieux-Marché et Lannion, pour la mine de Buhulien.

Là, sur le site de Traou Ru, ils ont fait, avec l’Agence de l’eau, des mesures sur la teneur en radium et en arsenic ayant montré que « le seuil de dangerosité était dépassé par endroits », alors qu’il y a « une prise d’eau en aval » (Ouest-France du 17 mars). Pour eux, il « ne s’agit pas de faire dans le catastrophisme, mais il faut surveiller l’endroit », dont la mairie a, désormais, interdit l’accès. Et surtout « il faut y engager une opération de décontamination incombant à Areva qui, pour l’instant, est dans le déni ».

Éric Bothorel nous a confirmé qu’il avait jugé « pertinente » leur demande, et qu’il s’était engagé à agir en ce sens avec d’autres parlementaires bretons. Le député de Lannion s’est aussi dit favorable à ce que le gouvernement refuse, comme le demande Sortir du nucléaire, d’accorder à EDF une dérogation pour que puisse être mise en service la cuve défectueuse de l’EPR de Flamanville.

Il ne s’est, en revanche, pas prononcé sur le Traité d’interdiction des armes nucléaires adopté par l’ONU. Pour Sortir du nucléaire, la France doit elle aussi signer ce traité qu’elle a, jusqu’ici, refusé de signer comme les autres pays disposant d’un tel arsenal.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/lannion-22300/lannion-areva-doit-depolluer-la-mine-de-buhulien-5387319

Nov 20

RISQUE NUCLÉAIRE, RETROUVONS-NOUS LE 2 DÉCEMBRE POUR PORTER PLAINTE

Un rapport transmis récemment par Greenpeace France aux autorités met en lumière le manque de sécurité des installations nucléaires et leur fragilité face à de potentiels actes de malveillance qui mettent en danger les populations vivant à proximité des centrales nucléaires.

Les citoyen.ne.s, inquièt.e.s pour leur sécurité ont décidé de porter plainte contre EDF, le Ministère de la transition écologique et solidaire et le Premier ministre pour délit de risque causé à autrui.
La mobilisation aura lieu dans plusieurs villes samedi 2 décembre. Des citoyens des pays frontaliers seront également présents. L’objectif est d’être très nombreux à déposer plainte à titre individuel.

Face aux risques considérables que fait peser sur nous le manque de sécurité des installations nucléaires françaises, donnons-nous rendez-vous le 2 décembre pour déposer massivement plainte. EDF et l’État français nous mettent en danger, cela doit cesser. Organisons de longues files d’attente pour montrer notre appréhension face au risque nucléaire et poussons EDF et l’État à agir sans plus attendre.

Pour plus d’information, contacter l’antenne Greenpeace la plus proche de votre domicile.

POUR LA SAVOIE (uniquement) :

Un transport sera probablement organisé depuis Chambéry pour aller à Lyon, pour cela nous avons besoin de savoir combien on sera.
Merci aux personnes intéressées de remplir ce formulaire pour aider à l’organisation.
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScJb9CYCDTimlp2ISvWJ3fe_QCCV4wpvSdv-DfkF16IfjckxA/viewform
Et n’hésitez pas à diffuser cet appel dans vos réseaux. Soyons nombreux pour amorcer la sortie du nucléaire !
Pour toute question, contactez antenne.chambery@greenpeace.fr

Nov 19

LE PARLEMENT NÉERLANDAIS INQUIET D’UNE POSSIBLE PROLONGATION DES CENTRALES BELGES DE DOEL ET TIHANGE

Sans action immédiate du gouvernement, la Belgique ne pourra se passer de nucléaire à partir de 2025 comme prévu, a averti mercredi Elia, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en Belgique.

Un avertissement qui inquiète beaucoup les Pays-Bas et qui a suscité le débat vendredi à la Chambre néerlandaise.

Le rapport publié par Elia signale que si le gouvernement n’agit pas d’urgence pour construire de nouvelles centrales au gaz, en remplacement des centrales nucléaires qui doivent fermer leurs portes en 2025, il n’aura pas d’autre choix que de prolonger la production du nucléaire jusqu’à 4 GW. 

Une étude qui a suscité le débat à la Chambre des représentants néerlandaise. Le groupe socialiste PvdA souhaite que le ministre de l’Économie et du Climat, Eric Wiebes, demande des éclaircissements au gouvernement belge et désire savoir si le ministre a l’intention de pousser la Belgique à fermer ses centrales nucléaires à temps. Les voisins néerlandais et allemand sont préoccupés depuis longtemps par les centrales nucléaires de Doel et Tihange, proches de leurs frontières. Surtout depuis la détection de microfissures dans les centrales de Tihange 2 et Doel 3.

http://www4.lalibre.be/economie/libre-entreprise/le-parlement-neerlandais-inquiet-d-une-possible-prolongation-des-centrales-doel-et-tihange-5a10068bcd70fa5a064a3165

Nov 19

LUXEMBOURG : DIESCHBOURG PRÉPARE UNE LOI DE RESPONSABILITÉ NUCLÉAIRE

Samedi, la ministre de l’Environnement était l’invité de l’émission Background, où elle a donné son avis sur la conférence sur le climat et le nucléaire.

Concernant la conférence sur le climat, Carole Dieschbourg s’est dite satisfaite des progrès réalisés à Bonn en Allemagne. Mais il y a encore beaucoup de travail, surtout en raison de l’absence des États-Unis. Leur retrait rend plus difficile un travail transparent et une comparaison des données internationales. Néanmoins, la communauté internationale aurait réussi ce week-end à montrer aux pays souffrant des conséquences du changement climatique que les autres pays s’engagent à financer des projets concrets pour les prévenir.

Le nucléaire, retour d’outre-tombe ?

Un autre sujet important était la politique nucléaire. Selon Dieschbourg, il y aurait actuellement une dynamique dangereuse en Europe : certains pays tenteraient de remettre le nucléaire au goût du jour sous prétexte de vouloir protéger le climat. La position luxembourgeoise serait claire, et il faudrait désormais créer des alliances, notamment avec l’Allemagne, et augmenter la pression sur la France et la Belgique, surtout après l’annonce du ministre de l’Environnement français Nicolas Hulot, qui a fait savoir que les centrales françaises fermeront moins rapidement que prévu.

Une nouvelle loi pour augmenter la pression

Pour cette raison, la ministre de l’Environnement luxembourgeoise compte proposer au conseil des ministres de développer une loi de responsabilité nucléaire. L’objectif serait de rendre possibles des plaintes devant les tribunaux luxembourgeois en cas d’accidents à Cattenom et d’éviter que d’éventuels dédommagements soient plafonnés et limités dans le temps – comme ils le sont actuellement en vertu de conventions internationales que le Grand-Duché n’a pas signées. Une telle loi permettrait d’augmenter la pression sur la France et la Belgique.

http://5minutes.rtl.lu/grande-region/luxembourg/1097725.html

Nov 19

NUCLÉAIRE: AREVA A LIVRÉ DES BARRES DE COMBUSTIBLE DÉFECTUEUSES

Le français Areva a fourni à des centrales nucléaires des barres de combustible présentant des défauts de fabrication mais le groupe français a assuré vendredi que cela ne posait aucun risque.

Des médias suisses rapportent cependant que la centrale de Leibstadt, dans le nord de la Suisse, va devoir rester fermée plus longtemps que prévu en raison de problèmes avec ces barres.

Dans un communiqué, Areva dit qu’après la découverte d’une barre de combustible présentant une fuite dans son usine de fabrication de tubes à Paimbœuf, en Loire-Atlantique, des tests ont montré que des barres qui auraient dû être refusées ont été fournies à des compagnies électriques.

Les barres déjà chargées dans les réacteurs peuvent continuer à être utilisées sans mettre en péril la sécurité de la centrale et aucune d’entre elles n’a provoqué de fuite, souligne le groupe français.

Un porte-parole d’Areva a dit que les clients concernés avaient été informés mais il s’est abrité derrière le secret industriel pour refuser de les nommer.

Il a notamment refusé de dire si EDF, principal client d’Areva, avait reçu des barres de combustible présentant ce défaut.

La centrale de Leibstadt, construite en 1984, est le principal fournisseur d’électricité en Suisse, où elle alimente deux millions de foyers.

Une porte-parole du site a dit que l’exploitant avait été informé par un fournisseur, qu’elle a refusé de désigner, d’un problème avec 16 nouvelles barres de combustible. Ce fournisseur a ensuite fait savoir que six barres déjà installées étaient aussi défectueuses.

« Les barres qui étaient déjà installées n’ont entraîné aucun problème mais nous les avons retirées par précaution. Il n’y a eu aucun problème de sécurité », a dit cette porte-parole.

L’inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) en Suisse a été informée et la centrale, qui devait rouvrir le 7 novembre après une révision de routine, restera finalement fermée jusque fin décembre, rapportent les médias suisses.

http://www.maghrebemergent.info/actualite/breves/fil-maghreb/82057-nucleaire-areva-a-livre-des-barres-de-combustible-defectueuses.html

Nov 19

PEUT-ON DÉTOURNER LA RÉGLEMENTATION QUAND ON PARLE SÛRETÉ NUCLÉAIRE?

Dérogation au principe de défense en profondeur dans la conception et la fabrication des équipements sous pression nucléaire : le Conseil d’État valide tout en rappelant l’exigence d’un « niveau de sécurité identique ».

Lundi 16 octobre 2017, le Conseil d’État[1] a rejeté la demande d’annulation de Greenpeace et d’autres associations[2] de l’arrêté dit « ESPN » (équipements sous pression nucléaires) du 30 décembre 2015[3] qui précise les conditions des méthodes dites « alternatives » aux exigences essentielles de sécurité lorsque le fabricant AREVA conçoit et fabrique ces pièces.

Ces méthodes sont cependant qualifiées par les associations, avec l’appui d’experts nucléaires, de « dérogatoires » aux normes impératives de sûreté parmi lesquelles figure au premier rang : le principe de défense en profondeur.

Ainsi, à la question « Comment est assurée la sûreté ? » l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) répond elle-même qu’elle s’articule autour de quatre grands principes « intangibles » dont « la mise en place d’une stratégie de sûreté fondée sur la défense en profondeur »[4]. La directive Euratom, soit une norme hiérarchiquement supérieure s’imposant normalement aux autorités et au droit national, prévoit également que ce principe est situé au cœur de la sureté nucléaire. Dès lors, les associations dénonçaient dans ce contentieux ce cadre réglementaire faisant tomber en désuétude ce principe dont la raison d’être tient à son caractère impératif.

Deux questions se posent.

La première : pourquoi avoir créé cette exception ? Les anomalies de la cuve de l’EPR de l’installation nucléaire de base (INB) Flamanville 3[5] en 2015 révélaient qu’AREVA n’avait pas respecté les exigences de sureté applicables et la cuve aurait dû, en l’état du droit existant, être « invalidée » par l’ASN. Toutefois, postérieurement, la même année, un décret[6] prévoyant la procédure dérogatoire est publié, créant un cadre réglementaire potentiel à ladite cuve et permettant ainsi à l’ASN de demander ensuite à AREVA de « déposer une demande au titre de l’article R. 557-1-3 du code de l’environnement (ndlr : lequel prévoit la dérogation) »[7].

En principe, l’atteinte aux principes constitutionnels de prévention et de précaution dont le principe de défense en profondeur se fait l’écho, n’est possible que par la voie législative et non réglementaire [8].

À cet argument, le Ministère de la Transition écologique et solidaire répond qu’une loi[9] existe bel et bien… sauf que celle-ci a été adoptée le 2 décembre 2015, après le décret qui demeurait sans base légale. Et pour cause, ni l’étude d’impact ni l’avis du Conseil d’État relatifs à cette loi ne font référence à la dérogation et encore moins à une analyse de risques.

Cette législation cabalistique d’un droit nucléaire se mouvant au gré des difficultés rencontrées par l’opérateur et le fabricant, n’a pas dupé les associations requérantes qui l’ont vainement dénoncée auprès du Conseil d’État.

La seconde interrogation: comment une telle exception peut-elle être validée ? Le Conseil d’État fait reposer sa décision sur l’approbation finale de la demande par l’ASN. En effet, l’article 9 de l’arrêté contesté confère un pouvoir exorbitant à cette autorité administrative en l’érigeant juge des « difficultés particulières » rencontrées par AREVA et EDF, soit dans le cas de la cuve de l’EPR, des difficultés économiques et industrielles. Ce pouvoir discrétionnaire d’appréciation ne pourrait alors seulement être remis en cause que par le Juge administratif suprême, le Conseil d’État, ce qu’il n’a jusqu’ici jamais fait. Il s’inscrit également dans le contexte inquiétant d’alertes de l’ASN sur son manque de moyens [10] et  de l’affaire des anomalies tout aussi illustrative de la difficulté de cette dernière à exercer un contrôle effectif.

L’ASN qui pressent d’ailleurs peut-être la contradiction au regard du principe de défense en profondeur envisage ainsi de publier un projet de décision [11] qui semble permettre des « modifications notables » (c’est-à-dire selon une procédure simplifiée sans passer par une enquête publique) aux INB portant atteinte à ce principe si les « risques et inconvénients (…) restent relativement limités »… soit en pratique en fonction des appréciations subjectives des industriels puis de l’ASN par opposition à des normes impératives.

Dans son arrêt, le Conseil d’État exige que la demande de méthode dite « alternative » ne soit qu’exceptionnelle et surtout que le niveau de sûreté de l’équipement sous pression nucléaire concerné demeure « identique », c’est-à-dire parfaitement semblable. Or, la limitation dans le temps de l’utilisation du couvercle de la cuve telle que prévue dans l’avis de l’ASN [12] s’explique précisément par cette absence de niveau de sûreté identique. En conséquence, le Conseil d’État paraît inviter les associations requérantes dans cette décision sibylline à contester judiciairement au cas par cas les autorisations de dérogations qui seraient octroyées par l’ASN aux industriels. La dénonciation de failles à la sureté nucléaire auprès du juge administratif exigerait toutefois que ce dernier s’interroge véritablement sur ces insuffisances documentées par des experts en nucléaire et donc remette en cause l’analyse faite par l’Autorité de sûreté.

[1] Décision du 16 octobre 2017 de la section contentieux, 6ème – 1ères chambres réunies –  n°397606

[2] Réseau sortir du nucléaire et France Nature Environnement

[3]  Arrêté du 30 décembre 2015 relatif aux équipements sous pression nucléaires ; source : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2015/12/30/DEVP1429850A/jo/texte 

[4] Site de l’ASN, « La sûreté des centrales nucléaires » ; source : https://www.asn.fr/Informer/Dossiers-pedagogiques/La-surete-des-centrales-nucleaires/Comment-est-assuree-la-surete

[5]  Site de l’ASN, « Contrôle du réacteur EPR de Flamanville en construction » ; source : https://www.asn.fr/Controler/Controle-du-reacteur-EPR-en-construction/Anomalies-de-la-cuve-de-l-EPR

[6] Décret n° 2015-799 du 1er juillet 2015 – article 1, publié au JORF du 3 juillet 2015. Enregistré R.557-1-3 dans le code de l’environnement.

[7]  Courrier de l’ASN à AREVA en date du 14 décembre 2015 n°CODEP-DEP-2015-043888, p.3

[8]  Ainsi depuis la révision constitutionnelle du 1er mars 2005, l’article 34 de la Constitution dispose que « la loi détermine les principes fondamentaux relatifs à la préservation de l’environnement » (soulignement ajouté)

[9]  Il s’agit de la loi n°2015-1567 du 2 décembre 2015 portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne dans le domaine de la prévention des risques. Source :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000031556531&categorieLien=id

[10]  Voir par exemple, son dernier avis de 2016 sur son manque de moyens, n° n° 2016-AV-0257 de l’ASN du 9 février 2016. Source : https://www.asn.fr/Reglementer/Bulletin-officiel-de-l-ASN/Fonctionnement-de-l-ASN/Avis/Avis-n-2016-AV-0257-de-l-ASN-du-9-fevrier-2016

[11]  Projet de décision ASN relative aux modifications notables des installations nucléaires de base. Source : https://www.asn.fr/Reglementer/Participation-du-public/Installations-nucleaires-et-transport-de-substances-radioactives/Archives-des-participations-du-public/Modifications-notables-des-installations-nucleaires-de-base

[12]  Avis n° 2017-AV-0298 de l’ASN du 10 octobre 2017. Source : https://www.asn.fr/Reglementer/Bulletin-officiel-de-l-ASN/Installations-nucleaires/Avis/Avis-n-2017-AV-0298-de-l-ASN-du-10-octobre-2017

Article de Bernard Laponche (Global Chance), Laura Monnier (Greenpeace) – 17 juillet 2017

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https://blogs.mediapart.fr/bernard-laponche/blog/171117/peut-detourner-la-reglemention-quand-parle-surete-nucleaire

Nov 18

PÉKIN EN FAVEUR D’UN RAPPROCHEMENT AVEC PYONGYANG

Pékin se dit en faveur de l’élargissement de ses relations amicales avec la Corée du Nord.

Le gouvernement chinois a publié, samedi 18 novembre, un communiqué officiel pour brosser un tableau des acquis de la première journée de la visite de son émissaire en Corée du Nord.

Sans faire la moindre allusion au programme balistique et nucléaire de Pyongyang, le communiqué met l’accent sur la volonté de Pékin de développer ses relations amicales avec Pyongyang.

« L’antécédent des relations amicales Pékin-Pyongyang importe beaucoup aux peuples de ces deux pays », indique le texte qui note que les deux capitales devront œuvrer sérieusement pour « promouvoir la perspective de leurs relations et le prestige de leurs partis communistes« .

Pékin a envoyé, vendredi 17 novembre, un émissaire spécial à Pyongyang avec pour mission de rendre un rapport au sujet du Congrès national du Parti communiste chinois.

La durée du séjour de l’émissaire de Pékin Song Tao n’est pas encore déterminée.

Le déplacement de Song Tao à Pyongyang intervient peu après la visite de Donald Trump en Chine. D’où les spéculations sur la mission de Song Tao qui, d’après beaucoup d’analystes, est de convaincre Pyongyang à renoncer à son programme balistique et nucléaire.

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/11/18/542595/Chine-Pkin-Pyongyang-Core-du-Nord-balistique-bombe-atomique-Etats-Unis-Trump

Nov 18

TÉHÉRAN ACCUSE PARIS DE TENIR DES POSITIONS « PARTIALES » ENVERS ELLES ET D’ALIMENTER LES TENSIONS DANS LA RÉGION

Moyen-Orient: la charge de l’Iran contre la France

La semaine dernière, Emmanuel Macron s’est rendu en Arabie saoudite, pour une visite éclair. L’occasion de s’entretenir avec le prince-héritier Mohamed Ben Salman sur les derniers développements de la crise au Moyen-Orient, où les relations entre Riyad et Téhéran se détériorent, et se répercutent sur le Liban, avec la démission surprise du Premier ministre Saad Hariri. Le Libanais n’a pas remis les pieds à Beyrouth depuis l’annonce de son départ, le 4 novembre dernier, et a accepté jeudi l’invitation du président français de se rendre à Paris samedi. Le départ de Saad Hariri a été finalisé avec la visite de Jean-Yves Le Drian à Riyad. Tout cela sous l’œil d’un Iran méfiant.

L’action de la France au Moyen-Orient n’est pas vue d’un bon œil par l’Iran. Vendredi, Téhéran est même allée jusqu’à accuser Paris d’alimenter les tensions dans la région, en proie à une certaine instabilité, en raison de ses positions « partiales » envers le régime iranien. « Il semble que la France ait une vue partiale des crises et catastrophes humanitaires en cours au Moyen-Orient. (…) De manière intentionnelle ou non, cette position alimente les conflits régionaux », a ainsi déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qasemi, cité par la télévision d’État.

Jeudi, lors d’un déplacement à Riyad, la capitale saoudienne, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a fait part de ses inquiétudes concernant le rôle de l’Iran. Et ce après une visite surprise d’Emmanuel Macron la semaine dernière pour tenter d’apaiser les tensions avec Téhéran. « Nous avons évoqué le rôle de l’Iran et les différents domaines dans lesquels les actions de ce pays nous inquiètent », a expliqué Jean-Yves Le Drian, aux côtés de son homologue saoudien Adel Joubeïr. « Je pense en particulier aux interventions de l’Iran dans les crises régionales, à cette tentation hégémonique et je pense à son programme balistique. » Réplique de Bahram Qasemi vendredi : « Vos inquiétudes ne sont pas conformes à la réalité régionale et elles vous conduisent dans la mauvaise direction ».

Hégémonie et nucléaire.

Le patron du Quai d’Orsay avait également fait le déplacement afin de négocier le départ du Premier ministre libanais démissionnaire Saad Hariri vers la France. Le 4 novembre dernier, celui-ci avait annoncé, depuis Riyad, sa démission surprise, accusant le Hezbollah, soutenu par Téhéran, de vouloir trop étendre son influence au Liban. Une influence mal vue par les pays sunnites du Golfe. L’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite se disputent depuis des années le contrôle du Moyen-Orient. « L’Arabie saoudite joue un rôle destructeur évident » dans les crises de la région, a accusé le chef de la diplomatie iranienne.

Sur la question du nucléaire, l’Iran a rejeté à plusieurs reprises les appels du président français Emmanuel Macron en faveur de discussions sur le programme de missiles de Téhéran, affirmant qu’il sert uniquement à la défense du pays et n’a de ce fait rien à voir avec l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Il y a huit jours, lors d’un entretien à Ryad avec le prince-héritier d’Arabie saoudite, Mohamed Ben Salman, Emmanuel Macron a jugé nécessaire d’encadrer l’activité balistique iranienne et « d’ouvrir un processus, avec des sanctions si besoin était, de négociation qui permettra d’encadrer cette dernière ». Cette hypothèse semble avoir été écartée mardi par la porte-parole de la diplomatie européenne Federica Mogherini, soucieuse de ne pas mettre en péril l’accord conclu en juillet 2015 pour limiter les activités nucléaires de Téhéran.

(Avec Reuters)

http://www.lopinion.fr/edition/international/moyen-orient-charge-l-iran-contre-france-138039

Nov 18

LA SITUATION EN CORÉE DU NORD EST TERRIFIANTE : LES MENACES DES USA ET DE LA RDC SONT DES PROVOCATIONS FAVORISANT UNE GUERRE NUCLÉAIRE

Lettre de nature urgente de la RPDC au secrétaire général de l’ONU

Ce qui se passe en Corée du Nord est terrifiant. La pression qui monte furtivement sur le Conseil de sécurité rappelle la situation qui prévalait avant les invasions de l’Irak et de la Libye. Le veto russe et chinois a empêché l’ONU d’attaquer la Syrie, mais la Russie et la Chine n’ont pas apposé leur veto aux sanctions brutales imposées à la Corée du Nord et ont permis l’incroyable provocation qu’est l’encerclement militaire de la RPDC par les USA et la RDC. Quelles sont les ententes conclues?

Le 13 novembre, la RPDC a envoyé une autre lettre de nature urgente au secrétaire général Guterres des Nations Unies, la troisième du genre envoyée à l’ONU depuis le 20 octobre, soit 3 lettres en 23 jours visant à alerter les Nations Unies de la situation de crise qui prévaut en Asie du Nord-Est, qui menace la paix et la sécurité mondiales et qui pourrait sombrer dans une guerre nucléaire à tout moment. Les trois lettres ont été ignorées, ce qui soulève des questions alarmantes au sujet de l’engagement de l’ONU à « préserver l’humanité du fléau de la guerre ».

Toute tentative d’accuser la RPDC de « provocation » est une dérobade flagrante, car les provocations et les menaces à la survie de la Corée du Nord décrites dans cet appel au secrétaire général révèlent que les USA et la Corée du Sud se préparent en vue d’une attaque imminente et de l’anéantissement de la Corée du Nord.

L’ambassadeur Ja Song Nam a relaté ce qui suit :

« Je vous écris à propos de la pire situation qui prévaut dans la péninsule coréenne et autour, qui rend impossible de prévoir quand une guerre nucléaire éclatera en raison du déploiement massif à grande échelle sans précédent par les USA d’équipement de guerre nucléaire prêt à frapper. Les États-Unis, qui ont déployé trois groupements de combat naval composés notamment de porte-avions à propulsion nucléaire dans la sous-région, ont entrepris le 11 novembre 2017 d’autres exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud rassemblant différents types de contre-torpilleurs et sous-marins. Les USA ont relancé (…) leurs bombardiers stratégiques B-52 dotés de capacités nucléaires (…) et maintiennent une posture de frappe surprise avec des vols fréquents de formation de B-1B et de B-2 dans l’espace aérien de la Corée du Sud (…) Les USA, qui ont prononcé les mots « destruction totale » d’un État souverain à l’Assemblée générale de l’ONU, le plus grand forum diplomatique officiel du monde, s’amusent maintenant à faire des exercices de guerre en y intégrant de l’équipement de guerre nucléaire dans la péninsule coréenne et autour, prouvant ainsi que les USA sont eux-mêmes responsables de l’escalade de la tension et de l’atteinte à la paix (…) Malgré ce fait, le Conseil de sécurité de l’ONU, dont la mission est d’assurer la paix et la sécurité mondiales, continue de fermer les yeux sur les exercices de guerre nucléaire des États-Unis, qui tiennent mordicus à causer un désastre catastrophique pour l’humanité, ce qui suscite une vive préoccupation quant à la politique de deux poids, deux mesures du Conseil de sécurité de l’ONU. »

Cela défie toute logique et raison de constater que la RPDC, dont 3 millions d’habitants ont été massacrés par des soldats des USA et de la RDC coupables de crimes contre l’humanité entre 1950 et 1953, et qui cherche à se protéger d’un autre massacre comparable, sinon pire, est soumise de façon vicieuse à une punition collective sous forme de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU, qui condamnent la population de la RPDC à une mort lente causée par la faim et la maladie, tout en étant forcée à subir la torture psychologique d’être entourée d’armes nucléaires prêtes à l’anéantir.

L’auteur de cette menace de génocide est une puissance nucléaire qui viole les articles 1 et 6 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui devrait être tenue responsable de ces violations et elle-même sanctionnée. Sauf qu’aux Nations Unies, « la force prime le droit » et « l’argent est roi ».

Les Nations Unies ont perdu leur autorité morale et sont condamnées à juste titre pour leur manque total d’impartialité, en méritant leur désignation péjorative d’annexe du Pentagone. On peut maintenant se demander si l’ONU survivra à cette ignominie et remplira son objectif, qui est de « préserver l’humanité du fléau de la guerre ». L’excellent article de Nicholas Kristof daté du 4 novembre ayant pour titre Slouching toward war in North Korea, dresse un tableau sombre du lourd tribut de la complaisance et de la politique de deux poids, deux mesures. Si le Secrétaire général des Nations Unies n’a pas le courage de rétablir l’impartialité des Nations Unies, le peuple nord-coréen risque d’être anéanti, ainsi que toute l’humanité.

Article de Carla Stea

https://www.mondialisation.ca/la-situation-en-coree-du-nord-est-terrifiante-les-menaces-des-usa-et-de-la-rdc-sont-des-provocations-favorisant-une-guerre-nucleaire/5618622

Nov 18

NUCLÉAIRE NORD CORÉEN : LES ÉTATS-UNIS SOLLICITENT L’AFRIQUE

Le secrétaire d’État américain appelle les pays africains à réduire, voire rompre leurs relations avec la Corée du Nord afin de mettre Pyongyang sous pression.

Rex Tillerson, le secrétaire d’État américain recevait, vendredi 17 novembre, les ministres des Affaires étrangères africains. Il a appelé les pays africains à mettre fin à toute collaboration avec la Corée du Nord car celle-ci “représente une menace pour le monde, pas seulement pour l’Asie et les États-Unis”, s’est-t-il justifié. “Permettez-moi de souligner que les États-Unis recherchent un plus grand soutien de la part de nos partenaires africains sur les questions croissantes de sécurité mondiale, y compris la Corée du Nord”, a-t-il déclaré.

“Je vous demande de réduire vos relations avec Pyongyang, de rompre vos relations économiques, d’expulser les ouvriers nord-coréens et de diminuer, autant que possible, la présence de la Corée du Nord dans vos pays”, a-t-il dit en s’adressant aux participants du forum.

Mettre toutes les chances de leur côté pour isoler la Corée du Nord, c’est le pari des États-Unis. Dans le cadre de la campagne contre Pyongyang, les États-Unis veulent bien s’appuyer sur l’Afrique, dont certains pays entretiennent encore des liens avec Kim Jung-un.

La Corée du Nord entretient des liens militaires et économiques avec un certain nombre de pays Africains notamment, le Soudan, l’Ouganda et l’Angola, qui vont des programmes de formation militaire aux projets de construction et industriels.

Certains pays ont commencé à prendre leurs distances avec la Corée du Nord à cause des pressions américaines. Le Soudan, par exemple, a promis aux Américains de couper tous ses liens militaires et économiques avec le pays. Le mois dernier, l’Ouganda a annoncé qu’il avait expulsé des experts militaires nord-coréens et des représentants d’entreprises nord-coréennes.

Article de Vincent DEGUENON

https://beninwebtv.com/2017/11/nucleaire-nord-coreen-etats-unis-sollicitent-lafrique/

Nov 18

EXPOSITION D’AUTORADIOGRAPHIES : LES EFFETS DU DIEU NUCLÉAIRE

Le photographe japonais Masamichi Kagaya a passé des objets du quotidien provenant des alentours de Fukushima au crible de l’autoradiographie, une technique qui fait apparaître le rayonnement ionisant émis par ces objets transformés en sources radioactives.

De Fukushima, on a retenu la catastrophe. Six ans après, le démantèlement de la centrale est toujours en cours… et la radioactivité dans l’environnement toujours présente. Le photographe japonais Masamichi Kagaya, présent en France lors de l’accident de mars 2011, est retourné au Japon à l’été 2011. Aux côtés du Pr Satoshi Mori, professeur émérite de l’université de Tokyo, il s’est lancé dans ce projet photographique, intitulé « Autoradiographie« . 

Radiographier des objets du quotidien irradiés

Le principe déployé par le photographe est en fait assez similaire à celui des radiographies médicales. À l’exception près que pour les radiographies médicales, c’est une source ionisante (par exemple rayons X) extérieure à l’objet qui est utilisé, ce qu’on appelle une technique d’imagerie d’émission. Mais ici, les photos irradiées par la catastrophe suffisent à eux-seuls pour marquer une plaque photographique ! C’est pour cela qu’on appelle cette technique autoradiographie.

Masamichi Kagaya a ainsi collecté de nombreux objets du quotidien, retrouvés dans des villages autour de la centrale de Fukushima-Daiichi, et les a photographiés en recourant à cette méthode. Au total, il a capturé plus de 300 photographies de ce type au cours des 5 dernières années, qui ont donné lieu à plus de 25 expositions dans le monde. Le festival autrichien Ars Electronica lui a attribué une récompense en 2017.

Il présente également son exposition “Autoradiographie – Les effets du dieu nucléaire -” à la Galerie Spéos, 7 rue Jules Vallès 75011 Paris, du 13 novembre 2017 au 8 janvier 2018.

Article de Sarah Sermondadaz

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/la-catastrophe-de-fukushima-revelee-par-l-autoradiographie_118389

NDLR : pour plus de détails, voir l’article « CES PHOTOS PROUVENT L’IMPACT DE FUKUSHIMA SUR DES OBJETS DE LA VIE COURANTE » publié le 5 novembre sur notre site

Nov 18

AIX-LES-BAINS : QUESTION ÉCRITE DE LA LISTE « UNIS ET CITOYENS POUR AIX-LES-BAINS »

Centrale du Bugey et risque nucléaire

Nous avons rappelé les dangers de la présence à 48 km de la centrale du Bugey, deuxième plus vieille centrale nucléaire de France. La protection des personnes, des biens et de l’environnement est de la compétence de la responsabilité des Maires qui doivent prendre les mesures de prévention contre tous types de risques majeurs et organiser en cas d’accident les secours sur leurs communes. Nous avons demandé au Maire d’Aix-les-Bains, comme l’ont déjà fait le Maire de Grenoble et celui de Genève, de soutenir le courrier d’élus et d’associations à destination du Ministre de la Transition écologique et Solidaire et de faire tout ce qui est en son pouvoir pour permettre au plus tôt l’arrêt définitif de la centrale du Bugey.

Réponse vague sur une hypothétique lettre au Ministre mais pas de soutien à la démarche collective en cours demandant l’arrêt de la centrale.

Nov 18

NUCLÉAIRE : L’IMPASSE TRUMP

Le 14 novembre, les sénateurs de la commission des relations internationales du Sénat des États-Unis ont examiné, au travers d’auditions de témoins, la question de la responsabilité de la décision de l’emploi des armes nucléaires ; en d’autres mots, car à cet égard le commandant en chef a tous les pouvoirs, il s’agit de la question de la décision que prendrait éventuellement le président d’utiliser des armes nucléaires. En arrière-plan de cette question l’on trouve le fond du débat, qui tient à la personnalité de Trump : faut-il laisser au président seul, à ce président-là, le pouvoir de décider de l’emploi des armes nucléaires ?

L’on sait que cette question est largement débattue, essentiellement à cause de la polémique sans fin autour de Trump, de son élection, du Russiagate, de son comportement, etc. Bien évidemment, certaines de ses déclarations, comme celle qu’il a faite à l’ONU où il a menacé la Corée du Nord de destruction totale, renforcent encore plus la démarche. Nous avons déjà abordé le problème à l’une ou l’autre occasion, la dernière étant celle du 20 octobre 2017 où nous présentions et commentions un texte d’Alastair Crooke sur la “doctrine nucléaire du président Trump”. Nous mettions notamment l’accent sur un accès très irrationnel, très psychologique, de la question posée et de la polémique qui s’ensuit, avec une remarque concernant le caractère du président US…

“Trump-Strangelove, est-ce possible ?” (titre de notre article), – « …Drôle de question à laquelle, malheureusement, il sera nécessaire de répondre : “Dans l’étrange époque où nous vivons, tout, absolument tout est possible, y compris que ce personnage à-la-Kubrick (Strangelove/Folamour) se découvre parmi nous…” […]

On trouve, dans l’extrait [ci-dessous] le début de l’analyse, indirectement, des réponses étranges à cette sorte de question extraites dans diverses interviews données par Trump bien avant qu’il ne devienne président. Il s’en dégage comme une sorte de fatalisme, éventuellement fasciné, qu’on pourrait d’ailleurs mettre en corrélation avec sa carrière de milliardaire hanté par la construction des tours toujours plus hautes, toujours plus richement et vulgairement décorées, toujours plus puissantes en un sens. Dans tous ces cas, oui, il y a la fascination de la puissance (l’“idéal de puissance”) selon l’idée qu’autant de puissance (celle contenue dans le nucléaire) ne peut rester inutilisée… D’où cette réponse à la question “où seront vos tours dans une centaine d’années ?” : “Je ne pense pas qu’aucun bâtiment puisse encore subsister, – et à moins d’avoir des gens très intelligents à sa tête, le monde ne sera plus du tout la même chose dans une centaine d’années. Ces armes sont trop puissantes, trop fortes…” (pour compléter : “pour que quelqu’un ne s’en serve pas un jour”). »

Voilà un aspect du problème. Un autre est apparu lors de l’audition du 14 novembre, qui s’est terminée dans l’indécision malgré une poussée importante de quelques sénateurs qui voudraient faire passer un texte privant Trump de son “pouvoir nucléaire”, question pour l’instant laissée en suspens. Les sénateurs ont entendu un ancien général de l’USAF, qui fut de 2011 à 2013 le commandant du Strategic Command (StratCom) dont dépendent toutes les forces nucléaires stratégiques US. Son témoignage n’a pas été l’objet d’une grande publicité car dans le cas de déclarations ou de révélations embarrassantes pour le Système, la presseSystème préfère en général le silence ; ce témoignage est pourtant extraordinaire et stupéfiant, compte tenu du moment, des circonstances solennelles où il se fait, de l’auditoire auquel il s’adresse, de la personnalité et des fonctions qu’a exercées celui qui parle…

Le Général Kehler a déclaré qu’en tant qu’officier général commandant SratCom, il aurait été prêt à refuser un ordre d’activer des missions stratégiques nucléaires s’il avait considéré cet ordre comme “illégal. Il précise qu’il avait d’ailleurs, littéralement sous la main, des experts juridiques qui l’eussent aidé à déterminer l’illégalité de la chose ; là-dessus, il reconnaît l’extraordinaire difficulté de cette tâche de reconnaissance de l’“l’illégalité de l’ordre” puisque cet ordre viendrait par définition du seul homme qui dispose de la légitimité de donner un tel ordre (le président).

Le Guardian du 15 novembre 2017 a rapporté la partie la plus importante de cette déposition. (NDLR: Pour lire le texte en anglais, cliquer sur : http://www.dedefensa.org/article/nucleaire-limpasse-trump)

On doit comprendre la portée de cette déclaration, faisant l’hypothèse très probable que Kehler n’a évidemment pas dit tout cela à la légère. On peut même penser qu’il a même dû prendre la précaution de consulter certains de ses pairs, peut-être bien les “généraux de Trump” (Mattis, Kelly, McMaster), dont on attend en général qu’ils soient la force de contrôle et de maîtrise d’un Trump qui viendrait à décider de lancer une frappe nucléaire.

Comme cela a été dit ici ou là, c’est la première fois depuis 1976 (administration Ford) que le Sénat enquête, ou plutôt “s’informe” (le mot plus souvent employé), sur cette question générale de la prise de décision d’une frappe nucléaire du président des USA. Il semble que cette audition de 1976 suivait les bruits qui avaient couru après août 1974 et la démission de Nixon sur la possibilité que le président, qui se trouvait psychologiquement à bout après près de deux ans de Watergate, pourrait avoir été tenté de prendre des mesures militaires illégales (coup d’État, attaque nucléaire) ; ou bien que des adversaires aient voulu profiter de cette crise pour lancer une attaque, et alors le cas de l’état psychologique du président aurait également joué.

Il ne semble pas que cette audition de 1976 concernait le président en exercice (Ford) mais d’une façon générale le processus de décision en fonction de l’état d’équilibre mental du président. Aujourd’hui, c’est tout différent. On comprend bien que l’initiative concerne Trump lui-même, dont les démocrates et certains républicains estiment qu’il n’est pas, au niveau psychologique, apte à assurer sa fonction, et que cela joue évidemment un rôle fondamental pour ce qui concerne le nucléaire. Il y a même des sénateurs qui veulent une action du Congrès pour priver le président Trump du droit de sa décision d’utilisation du nucléaire ce qui n’était naturellement pas le cas avec Ford, à notre connaissance. (Ces considérations conduisent également un mouvement du côté démocrate demandant sa destitution selon le 25ème amendement de la Constitution.)

Un point intéressant concernant le précédent de 1976 lié au comportement de Nixon au moment de sa démission, est le fait qu’il était connecté à des informations venues du secrétaire à la défense d’alors (1974). James Schlesinger aurait donné dans les dernières semaines avant la démission de Nixon du 9 août 1974 des instructions pour que tous les ordres du président concernant des matières militaires (dont le nucléaire, certes) soient bloqués et passent par lui. Ce cas a été longuement mais discrètement débattu, et il y a eu tout un courant de réaction tendant à faire de faire de cette affaire d’abord une initiative infondée de Schlesinger, concernant des craintes elles-mêmes infondées. C’est ce que plaidait Stanley Kutler, le 1er avril 2014 dans Huffington Post, mettant plutôt la démarche de Schlesinger au débit de son désaccord constant avec Kissinger dans les rapports des USA avec l’URSS.

Quoi qu’il en soit, Schlesinger diffusa un mémo interne destiné à tous les relais, notamment militaires, de sa chaîne de commandement, rappelant que l’autorité suprême restait au président et que la continuité de la présidence était assurée par le remplacement instantanée de Nixon par Ford, au moment où Nixon signait son acte de démission. Ce qui est remarquable, c’est la différence radicale de réactions des chefs militaires en 1976, par rapport à ce qu’on en sait et devine aujourd’hui pour ce qui concerne le cas d’un président Trump ordonnant un tir nucléaire. On l’a vu, Kehler aurait consulté ses conseillers juridiques (cas déjà extraordinaire pour un chef militaire recevant un ordre du président), quasiment dans le but d’arguer de l’“illégalité” de l’ordre, – démarche juridique extraordinairement complexe, si elle est même concevable hors de moyens eux-mêmes illégaux.

Voici, selon Kutler, la réaction de chefs militaires au mémo Schlesinger de 1974, document dont la qualification la plus aimable est qu’il était “inutile” sinon “ridicule”, et la plus courante qu’il était “insultant” parce que, pour les chefs militaires à cette époque, l’obéissance au pouvoir civil est quelque chose qui ne se discutait évidemment pas et n’avait nul besoin d’être rappelé… (On note tout de même, à la fin de l’extrait, la remarque de l’un des deux chefs consultés [en 1986] qui craint une politisation des chefs militaires avec un abaissement radical des conceptions éthiques). (NDLR: Pour lire le texte en anglais, cliquer sur : http://www.dedefensa.org/article/nucleaire-limpasse-trump)

On mentionnera enfin un autre avis, celui de l’ancien secrétaire à la défense Perry, aujourd’hui âgé de 90 ans, qui estime pour sa part qu’il est impossible que “les généraux de Trump” soient capables de faire quoi que ce soit pour restreindre Trump et le contrôler. Comme on le voit dans l’extrait ci-dessous, Perry connaît bien Mattis et les deux ont abordé le sujet, mais Perry juge que la légalité implique évidemment que le président est placé selon une légitimité absolument incontestable pour décider et que tout doit aller tellement vite qu’il est tout à fait improbable qu’un Mattis puisse faire quelque chose. (NDLR: Pour lire le texte en anglais, cliquer sur : http://www.dedefensa.org/article/nucleaire-limpasse-trump)

Les derniers mots de Perry («une sorte de décision [d’ordonner une frappe nucléaire en cas de ce qui est perçu comme une attaque contre les USA] qui doit être prise dans un laps de temps de cinq-six minutes») mentionnent un obstacle considérable et absolument décisif pour ceux des parlementaires qui voudraient transférer la décision d’emploi du nucléaire au Congrès : le temps qui serait nécessaire pour le corps législatif pour prendre cette décision. Certes, ce qui est visé dans la démarche législative la plus extrême de quelques sénateurs anti-Trump, – qui a semble-t-il peu de chances d’aboutir vue sa radicalité, – c’est seulement la décision de lancer une attaque nucléaire non provoquée, et non pas une riposte quasi-instantanée à une attaque.

On comprend pourtant fort bien l’extrême difficulté et le très grand danger qu’il y a à ”saucissonner” la décision de l’emploi, entre le président et le Congrès, selon la forme de cette décision. Il ne s’agit pas d’un sujet qu’on peut modeler selon des circonstances impossibles à déterminer, ni à l’avance ni dans l’instant. Le cas est bien : le président doit-il ou non conserver l’autorité sur l’emploi des armes nucléaires, point final ? Et, bien entendu, une telle décision n’affecterait pas le seul président Trump, mais le président des États-Unis quel qu’il soit, le POTUS si l’on veut.

(Même au cas où l’on voudrait tout de même réaliser ce “saucissonnage” improbable, on en reviendrait à la nécessité d’une décision suprême, pour décider, en général en un laps de temps extrêmement court et dans une tension extrême, ce qui est une attaque délibérée par les USA, ou ce qui est une riposte à ce qui est perçu comme une attaque contre les USA ; et qui, finalement, détiendrait ce jugement suprême ? Le président, le Congrès, ou bien encore les conseillers juridiques du chef de StratCom ? Ou bien réunirait-on une conférence des trois ?…)

Dans tous les cas, on comprend combien ce débat en cours désormais au plus haut niveau du pouvoir est une formidable attaque déstructurante contre les principes et les processus de la dissuasion nucléaire. Il est en train d’introduire un facteur de confusion sans précédent sur la mécanique du pouvoir à “D.C.-la-folle” déjà dévastée, concernant la décision la plus importante, la plus extrême, la plus dévastatrice dont soit investi le pouvoir américaniste. C’est dire si, en théorie, un adversaire potentiel des USA peut se trouver encouragé dans un projet de lancer une attaque contre les USA, ou de créer des conditions de tension où l’on pourrait profiter de cette confusion ainsi exacerbée … C’est dire si, à “D.C.-la-folle” surtout, on ne se privera pas d’évoquer cette hypothèse, toute improbable qu’elle soit.

« Conversation » avec le pouvoir en cours d’effondrement

Il ne fait aucun doute qu’une chose énorme est en train de sortir de la boîte de Pandore des conventions non-dites du pouvoir et des rapports du pouvoir à l’ère des hautes technologies et de la puissance nucléaire ; et cette sortie de la boîte de Pandore est la conséquence directe et catastrophique de l’époque de la postmodernité et de la modernité-tardive, ou de la postmodernité-tardive, dans cette époque où règnent le système de la communication, la narrative et l’éternel présent où chaque acte posé et chaque parole dite le sont sans soucis des effets et conséquences… Il s’agit de la mise en question du fonctionnement du pouvoir suprême pour l’ultime décision suprême que puisse prendre le pouvoir d’une puissance nucléaire aujourd’hui.

On comprend qu’il n’existe aucune solution ni réponse idéales dans un tel contexte. Toutes les voies explorées concerneront nécessairement un équilibre précaire où règne l’incertitude alors que la décision à prendre recèle éventuellement des effets catastrophiques, et souvent à prendre dans un temps réduit et sous la pression d’événements à potentialité catastrophique sinon déjà catastrophiques.

Pour autant, on doit avoir à l’esprit que cette situation a existé de tous temps, c’est-à-dire de tout le temps depuis qu’existe la Bombe (atomique puis à hydrogène), particulièrement aux USA. Les avatars que connurent secrètement ou pas, au moins deux présidents des USA (Eisenhower et Kennedy) avec l’un des généraux les plus impudents et les plus puissants de la force nucléaire stratégique, Curtis LeMay, sont un exemple édifiant de l’extrême fragilité et de la confusion potentielle de la décision d’employer cette arme. Simplement, les circonstances d’alors, les personnalités des présidents, la stabilité du pouvoir à Washington D.C. firent que rien n’exposa au grand jour l’existence de ces problèmes et l’“esprit de la dissuasion” continua à perdurer, et l’“équilibre de la Terreur” à rester bien en place.

L’incursion de Trump et la crise ouverte et catastrophique du pouvoir à Washington D.C. devenue “D.C.-la-folledramatisent tout comme dans une mise en scène et font sortir l’insoluble débat de la boîte de Pandore. L’extraordinaire déclaration du Général Kehler en est une marque symbolique d’une rare puissance, – avec un général d’un tel rang exposant calmement la possibilité juridique “légale” dans son chef, de poser un acte d’insubordination au plus haut degré concevable. Cet ensemble de circonstance conduit, à l’instar de la situation générale du pouvoir de l’américanisme, à la possibilité de situations à la fois confuses et extrêmement dangereuses ; et dangereuses, nous insistons là-dessus, autant pour le risque d’emploi du nucléaire que pour le risque d’insubordination majeure au plus niveau de l’État. C’est-à-dire qu’à côté du risque du nucléaire, existe, bien aussi puissamment sinon plus, un risque majeur pour la stabilité, la durabilité sinon pour l’existence même du pouvoir de l’américanisme. C’est-à-dire enfin que le risque d’emploi ou non du nucléaire, qui est une crise en soi, concerne aussi bien la possibilité de déclencher une crise paroxystique et quasiment de rupture du pouvoir suprême de l’américanisme.

Qui est à mettre en cause pour cette situation ? La culpabilité centrale de cette situation réside dans l’évolution même de la puissance des États-Unis, dans la politique poursuivie depuis des décennies et accélérée depuis le début du siècle, dans la décadence du système de l’américanisme comme tendance générale influant sur tous les comportements en faisant perdre le sens des responsabilités et la conscience autant que la protection des principes sur lesquels prétend être installé ce pouvoir. Cela fait qu’à peu près tous les acteurs-sapiens actuels de cette dynamique sont effectivement “responsables” de l’évolution de la situation sans qu’on puisse désigner l’un ou l’autre comme “coupable” puisque cette position est déjà identifiée.

  • Trump lui-même, bien sûr, à cause de son caractère et de son comportement, à cause de sa tendance à réagir souvent sans mesurer les conséquences de ses actes. Le cas est aujourd’hui bien documenté et on connaît la musique
  • Ceux qui ont voulu bloquer Trump dans ses volontés supposées d’arrangement avec l’extérieur, de sa politique dite dAmerica First, de sa tendance exposée pendant la campagne à réduire les engagements “impériaux”. Pour faire bref, on désignera dans ce cas l’acteur comme le fameux Deep State qui, en agissant de cette façon, a suscité une réaction de Trump inverse de celle qu’il prônait, suscitant des options inverses, bellicistes, menaçantes. (C’est ce qu’on a désigné comme “Trump 2.0”.)
  • Ceux qui n’ont cessé de démoniser Trump, exacerbant de leur côté ses faiblesses ou ses extravagances de comportement, mais surtout mettant en cause sa légitimité et son autorité de toutes les façons possibles. On notera que le comportement de ce “parti” n’est pas plus rassurant que celui de Trump, et qu’il l’est même moins par divers aspects, – et certains seraient tentés et justifiés de dire qu’une décision d’emploi du nucléaire dans les mains des sénateurs n’est pas pour rassurer plus que lorsqu’elle est dans les mains de Trump.
  • Ceux qui déjà déclarent, contre tout l’esprit de la loi fondamentale de la légitimité du pouvoir, qu’ils s’arrogent le droit de juger s’il le faut qu’un ordre présidentiel est légal ou illégal. C’est une dégradation extraordinaire de l’éthique politique, et militaire dans ce cas.

On voit donc, répétons-le, qu’il n’y a pas dans ces divers cas, de “culpabilité”, mais que les uns et les autres s’alignent selon leurs conceptions, leurs intérêts et leur perception, par rapport à un système en voie de désintégration accélérée. Cette désintégration accélérée reste évidemment le sujet central, à la fois cause et conséquence de la dynamique en cours, et chacun tente d’ajuster sa position selon sa perception et son point de vue, au mieux de ses intérêts. Il n’existe plus aucun sentiment de responsabilité collective, ni aucune perception commune de la nécessité d’un rassemblement autour du pouvoir, pour tenter de le sauver.

Bien entendu, le sujet de cette mise en évidence, une fois de plus, de la crise du pouvoir de l’américanisme se fait à l’occasion et au détriment du pilier fondamental de la puissance des USA. Au-delà des USA eux-mêmes, c’est toute la question du fait nucléaire et de tout ce qui le caractérise, – autonomie de la décision, rationalisation de la décision, perception extérieure des capacités de décision du pouvoir en crise, etc., – qui est mise à nu pour s’affirmer comme étant en crise aigüe. Cela représente d’une part un danger objectif, fondamental pour l’équilibre du monde puisqu’il s’agit de l’arme nucléaire ; cela représente d’autre part le paroxysme désormais possible de la crise du pouvoir de l’américanisme, son possible point de fusion et son possible point de rupture.

Tout est dans la réponse du Général Kehler à la question “Et alors, que se passerait-il?” [une fois que vous auriez refusé l’ordre présidentiel comme “illégal”] : « Je ne sais pas… Cela serait une situation constitutionnelle très intéressante… La question est le processus menant à l’identification [de l’ordre comme “illégal”] … Je vous concéderais que cela serait un processus très difficile et une “conversation” [avec l’autorité politique] extrêmement difficile… »

Ainsi en arrive-t-on à orienter la “conversation” sur la fin du pouvoir de l’américanisme… On comprend que certains en viendront à plaider que la mise en accusation et la destitution du président Trump grâce au 25ème amendement seraient la moindre des pires crises possibles pour tenter d’éviter la pire des pires crises possibles.

http://www.dedefensa.org/article/nucleaire-limpasse-trump

Nov 17

NUCLÉAIRE: LE COMPTE À REBOURS A COMMENCÉ POUR LE GOUVERNEMENT

Le gouvernement a entamé l’élaboration de la future feuille de route de la transition énergétique, des travaux qui s’annoncent mouvementés avec la contrainte de concrétiser sa promesse d’une trajectoire claire sur le nucléaire.

En annonçant la semaine dernière le report, après 2025, de la réduction de la part du nucléaire à 50% de la production électrique, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, l’a assuré: « dans un an, nous aurons un scénario totalement planifié. Nous serons capables de savoir combien de réacteurs, à quelle échéance et sur quel critère nous allons parvenir à cet objectif« .

Ce délai d’un an correspond au moment où le gouvernement doit rédiger la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), une feuille de route de la transition énergétique pour la période 2019-2023.

Un calendrier confirmé par le Premier ministre Édouard Philippe devant les députés cette semaine. Il a aussi promis « une trajectoire crédible » pour réduire la part du nucléaire.

Tout en critiquant le recul sur le calendrier initial, les associations environnementales prennent maintenant le gouvernement au mot. « On entend ça comme un engagement d’avoir (dans la PPE) soit une réduction de la puissance (nucléaire) installée, soit un nombre de réacteurs » à fermer sur les 58 en service en France, juge Anne Bringault, du Cler-Réseau pour la transition énergétique.

Scénarios

Un des scénarios élaborés par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE planifie la fermeture de l’équivalent de 16 réacteurs d’ici à 2035 pour atteindre 50% de nucléaire dès 2030, contre 75% aujourd’hui.

Début 2017, l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) avait évalué que pour atteindre cet objectif, le parc devrait passer de 63,2 gigawatts (GW) actuellement à 38 GW, soit la fermeture d’une vingtaine de réacteurs.

Mais les discussions, qui ont commencé ces dernières semaines avec des ateliers thématiques (solaire, éolien, autoconsommation), n’ont pas encore abordé formellement le sujet nucléaire, note Anne Bringault, signe pour elle « qu’il y a bien toujours une difficulté à ce niveau-là ».

Le souvenir du feuilleton de l’élaboration de la précédente PPE est dans toutes les têtes.

D’abord envisagée pour la fin 2015, puis annoncée pour début mars 2016, sa présentation avait été reculée de plusieurs mois après la révélation d’une version provisoire jugée insuffisante sur le volet nucléaire par de nombreux acteurs. Encore retravaillé, le texte, définitivement adopté en octobre 2016, restait très attentiste.

Hormis la fermeture des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim, il renvoyait à plus tard d’éventuelles « décisions de fermeture et de prolongation de réacteurs« .

Une imprécision qui a permis à EDF, dont l’Etat est actionnaire à plus de 80%, de renvoyer à plus tard, dans le plan stratégique qu’il a dû élaborer dans la foulée de la PPE, d’éventuelles décisions plus radicales sur son parc nucléaire.

Leviers

« La première (PPE) a éludé la question du nucléaire. Il faudra clarifier dans la prochaine« , insiste Bruno Lechevin, président de l’Ademe, pour qui l’annonce du gouvernement n’est toutefois « pas une reculade » de Nicolas Hulot.

Le ministre a d’ailleurs mis la pression sur EDF cette semaine, lui demandant un « plan précis« , pour adapter son modèle, ajoutant que l’intérêt du groupe « n’est pas de se cacher la tête dans le sable comme une autruche ».

« On a pas mal de leviers sur lesquels on peut jouer pour atteindre les objectifs de la loi de transition énergétique« , même avec un calendrier décalé sur le nucléaire, explique Nicolas Berghmans, expert de l’Iddri, un des nombreux organes (ONG, chercheurs, entreprises, etc.) consultés pour l’élaboration de la PPE.

Parmi ces leviers figurent la cadence de développement des énergies renouvelables, les exportations prévues d’électricité à l’avenir, ou encore les efforts consentis pour réduire la consommation d’énergie dans le bâtiment et les transports.

Sur ces volets, la précédente PPE était très volontariste et détaillée sur les énergies renouvelables mais sur le reste c’était « un catalogue de mesures ou d’intentions pas vraiment hiérarchisées« , pointe Anne Bringault, et surtout « sans processus d’évaluation régulier« .

Le calendrier, tendu du fait des nombreuses consultations prévues, prévoit une première réunion d’étape mi-janvier, avant un débat public au premier trimestre, puis une première version du texte présentée avant l’été pour une adoption d’ici à la fin de l’année.

https://www.romandie.com/news/Nucleaire-le-compte-a-rebours-a-commence-pour-le-gouvernement/864257.rom

Nov 17

TCHERNOBYL : L’EXPLOSION ÉTAIT-ELLE NUCLÉAIRE ?

Des chercheurs suédois, qui ont analysé des mesures effectuées il y a 31 ans, réinterrogent les causes de l’accident.

Voici 31 ans avait lieu un désastre nucléaire qui a marqué l’histoire, à la centrale de Tchernobyl, alors en Union soviétique. Alors que l’on pensait pratiquement tout savoir sur le déroulé de cet événement, qui avait causé l’émission d’un nuage radioactif qui s’est répandu sur une partie de l’Europe, une étude vient aujourd’hui revoir les causes de cet accident nucléaire majeur.

Trois scientifiques suédois de l’Agence de recherche de la Défense, de l’Institut météorologique et hydrologique et de l’université de Stockholm, viennent en effet de publier un article dans la revue « Nuclear Technology » (un organe de la société nucléaire américaine). Selon eux, l’explosion initiale, celle qui a tout déclenché, ne serait pas due à de la vapeur d’eau mais bien à des explosions nucléaires qui se seraient produites à l’intérieur même du réacteur.

Des bouchons de 350 kilos traversent le toit du réacteur

Le mécanisme de la catastrophe de Tchernobyl est complexe pour les non-initiés. Pour simplifier, la thèse pour l’instant officielle explique qu’alors que les techniciens de la centrale effectuent les manœuvres qui ont déclenché l’accident (une combinaison d’erreurs humaines et de défaillances techniques), le réacteur numéro 4 de Tchernobyl va « surchauffer« , entraînant la fusion du cœur et l’explosion due à la vapeur d’eau dans le circuit qui entoure le combustible nucléaire.

Pour Lars-Erik De Geer, auteur principal de la nouvelle étude, c’est une augmentation subite des réactions de fission au bas des tuyaux de combustible du réacteur, des explosions nucléaires donc, qui sont à l’origine de tout.

Ces explosions sont assez fortes pour projeter les bouchons des tubes d’alimentation en combustible, des masses de 350 kilos, qui sont alors envoyés à travers le toit du réacteur avec des débris qui atteignent jusqu’à 3 kilomètres d’altitude. Ce n’est que 2,7 secondes plus tard que se produit l’explosion dans le circuit de vapeur qui cause le fameux « nuage » à une altitude plus basse.

« Ce n’est pas une bombe atomique »

Il ne s’agit bien entendu pas d’explosions nucléaires similaires à celle d’une bombe atomique.

Dans une bombe A, rien ne contrôle les réactions de fission qui se produisent quasi simultanément dans un combustible très enrichi en matériaux fissiles. Tout a alors lieu en une fraction de seconde, libérant une énergie colossale. 

Dans un réacteur nucléaire comme celui de Tchernobyl, le combustible est faiblement enrichi, et les réactions de fission nucléaire, qui se produisent en permanence, sont modérées par les barres de contrôle.

« Cette explosion nucléaire ne doit absolument pas être confondue avec une bombe atomique« , confirment les auteurs, « car les deux diffèrent considérablement dans leurs principes d’opérations, le transport de neutrons, l’énergie libérée et les températures concernées.« 

Les explosions de Tchernobyl, selon la nouvelle étude, seraient alors « une ou plusieurs explosions, où l’énergie provient d’un accroissement très rapide des réactions de fission causé par les barres de contrôle coincées.« 

Les indices : la météo et une plaque fondue

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont analysé des échantillons d’atmosphère collectés quatre jours après l’accident en deux endroits différents : dans un institut de Leningrad et à Cherepovets, une ville au nord de Moscou, située en-dehors du trajet principal des rejets de Tchernobyl. Ils se sont attardés sur les isotopes de xénon, un gaz présent dans les centrales, et ont remarqué que ces atomes avaient été produits par une fission très récente, alors que les échantillons de xénon capturés en Scandinavie, eux, ne possédaient pas ces caractéristiques. Ce xénon de Leningrad et Cherepovets proviendrait donc d’une explosion qui serait survenue au cœur même du réacteur.

En se penchant sur les conditions météorologiques de l’époque, les auteurs en ont déduit qu’il y avait eu deux rejets de débris dans l’atmosphère, et que le premier avait eu lieu en haute altitude, au contraire du « nuage » principal qui s’est dirigé sur la Scandinavie (puis sur le reste de l’Europe).

Leur hypothèse est que le tout premier événement, celui qui a initié la catastrophe, aurait projeté un jet de débris en très haute altitude, et qu’il aurait été suivi, environ 3 secondes plus tard, par la fameuse explosion due à la vapeur d’eau, qui a fracturé l’enceinte du réacteur et a envoyé le nuage de déchets principal, mais à plus basse altitude.

Les données recueillies dans la centrale iraient aussi dans ce sens : « Les observations sur le réacteur indiquent que la première explosion a causé des températures suffisamment élevées pour faire fondre une plaque épaisse de deux mètres dans une partie du cœur. Un tel dommage est en accord avec une explosion nucléaire. Dans le reste du cœur, la plaque inférieure était relativement intacte, mais s’était abaissée de pratiquement deux mètres, ce qui suggère une explosion de vapeur qui n’a pas créé de températures assez fortes pour faire fondre la plaque mais suffisamment de pression pour la pousser vers le bas.« 

La plaque fondue serait donc celle qui se serait trouvée juste sous la première explosion… et confirmerait la thèse d’une (ou plusieurs) explosions nucléaires. Les chercheurs assurent :

« Les mesures sismiques et un témoignage faisant état d’un flash bleu au-dessus du réacteur après la première explosion va également dans le sens de cette nouvelle hypothèse. »

Des leçons pour l’avenir

Si la thèse des auteurs est confirmée, elle aura une importance non négligeable pour la filière nucléaire, et pas seulement pour le type de réacteur utilisé à Tchernobyl (une conception purement soviétique, différente de ceux utilisés en France, par exemple). Selon les chercheurs suédois :

« Cette nouvelle analyse apporte de nouveaux éclairages sur le désastre et pourrait potentiellement être utile pour prévenir des incidents similaires. »

On peut espérer que les éléments qu’ils viennent de soulever seront décortiqués avec toute l’attention nécessaire par les spécialistes qui opèrent les centrales nucléaires dans le monde…

Article de Jean-Paul Fritz

https://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20171117.OBS7464/tchernobyl-l-explosion-etait-elle-nucleaire.html

Nov 17

UNE AUDITION DU SÉNAT AMÉRICAIN RÉVÈLE UN MONDE AU BORD DE LA GUERRE NUCLÉAIRE

L’audience du Comité des affaires étrangères du Sénat américain sur l’utilisation des armes nucléaires a mis en lumière le danger aigu de l’éruption d’une guerre qui pourrait tuer des centaines de millions, voire des milliards de personnes.

L’audience a été convoquée au milieu d’une série de menaces de l’administration Trump d’aller en guerre contre la Corée du Nord. En plus des menaces de Trump de déchaîner «le feu et la fureur comme le monde n’en a jamais vu» contre un pays dont l’économie est un millième de la taille de l’économie américaine, le conseiller à la sécurité nationale HR McMaster, un général actif de l’armée, a clairement indiqué que les États-Unis sont prêts à mener une guerre «préventive», c’est-à-dire non provoquée.

Pour donner du poids à cette menace, l’administration Trump a déployé une vaste armada au large de la péninsule coréenne, comprenant trois porte-avions et une série de sous-marins et de bombardiers capables de mener des opérations nucléaires. En même temps, Washington est en train d’étendre et de moderniser l’arsenal nucléaire américain.

Prenant la parole à l’audition de mardi, le sénateur du Massachusetts Ed Markey a déclaré que des plans pourraient être en place «dès maintenant à la Maison Blanche permettant au président de lancer une guerre préventive contre la Corée du Nord en utilisant des armes nucléaires américaines sans consulter, ni informer le Congrès».

Le sénateur Chris Murphy du Connecticut a déclaré que le Congrès était «préoccupé du fait que le président est si instable, si volatil, a un processus décisionnel si étrange, qu’il pourrait ordonner une frappe nucléaire» sur un coup de tête.

Ces déclarations démontrent que le plus petit incident – un test de missile qui tourne mal; un accrochage entre la Russie, la Chine, la Corée du Nord ou l’Iran et des soldats (parmi les dizaines de milliers), avions ou navires de guerre américains déployés sur leurs frontières; ou une des crises de colère notoires du président tard la nuit – pourrait conduire à une attaque nucléaire à grande échelle des États-Unis.

Commentant l’audition, Bruce Blair, expert en commandement et contrôle nucléaires à l’Université de Princeton, a fait remarquer à Newsweek que «ce système donne à une personne le pouvoir divin de mettre fin au monde». Le pouvoir de détruire la civilisation humaine est unilatéralement exercé par un homme, qui se trouve être un escroc de carrière et star de la télé-réalité connu pour son caractère impulsif, ses crises de colère et sa faible capacité de concentration.

Convoquée par le sénateur Bob Corker afin de considérer «les conditions où le président pourrait ordonner l’utilisation d’armes nucléaires», l’audition a été officiellement tenue pour discuter de «la possibilité d’une législation qui nécessiterait l’approbation du Congrès pour l’utilisation de ces armes».

Le résultat de l’audition était catégorique: le pouvoir du président d’ordonner un holocauste nucléaire est total et incontestable, et personne au Congrès ne demande sérieusement de changer cet état de choses. Le président du comité Corker, malgré ses attaques rhétoriques sur Trump, y compris sa comparaison de la Maison Blanche à une «garderie pour adultes», n’a fait aucune proposition pour limiter le pouvoir de Trump de mener une guerre nucléaire préventive, déclarant: «Je ne vois pas de solution législative aujourd’hui».

Le seul moyen de contrer le pouvoir de Trump de lancer unilatéralement une attaque nucléaire qui a été soulevé lors de l’audition était une mutinerie du haut état-major. «Des mesures peuvent être prises», a déclaré le général Robert Kehler, qui a témoigné devant le comité. Cela constituerait toutefois une «situation constitutionnelle très intéressante». En d’autres termes, cette action serait un coup d’État militaire.

Cet état de choses, où la perspective d’une prise de pouvoir par l’armée est soulevée lors d’une audition d’un comité du Congrès comme le seul moyen de bloquer un holocauste nucléaire, est l’expression d’une société profondément malade.

La source de la crise n’est pas la personnalité de Donald Trump. Au contraire, Trump incarne la criminalité et la corruption de l’oligarchie financière dont il fait partie.

Si Trump était démis de ses fonctions, qui le remplacerait? Son vice-président, Mike Pence, est un va-t-en-guerre notoire. Si Trump était évincé par les Démocrates, le résultat serait une escalade américaine majeure contre la Russie, le pays avec le deuxième plus grand arsenal nucléaire du monde. Si c’était l’armée, l’arsenal nucléaire serait entre les mains de tueurs professionnels qui ont commis des crimes de guerre en Serbie, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie centrale.

Le rôle incendiaire des États-Unis sur la scène mondiale est l’expression externe de leurs relations sociales internes. Ce pays est dominé par des tensions sociales colossales, où trois personnes – Bill Gates, Jeff Bezos et Warren Buffett – contrôlent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population. Comme beaucoup de ses prédécesseurs, cette classe dirigeante décadente et en proie à la crise utilise la guerre pour diriger les tensions sociales vers l’extérieur.

Le Congrès, qui depuis des décennies entérine une guerre illégale et criminelle après l’autre, a depuis longtemps abandonné sa responsabilité constitutionnelle de contrôler les pouvoirs de guerre du président.

Les menaces de Washington contre le monde sont le résultat de l’effondrement de l’ordre géopolitique imposé par les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, effondrement qui reflète avant tout le déclin de la puissance économique américaine et la montée de concurrents stratégiques en Asie et en Europe. La tournée de 12 jours de Trump dans le Pacifique en est un bon exemple: crachant sa rhétorique protectionniste, Trump a visité pays après pays pour exiger des accords commerciaux plus favorables, mais il est rentré bredouille.

Embourbés dans une crise géopolitique et interne, les États-Unis ont un dernier recours: la menace d’effacer avec l’arme nucléaire quiconque se dresse devant eux. Venant du seul pays à avoir utilisé l’arme nucléaire lors d’une guerre, il serait stupide de penser que c’est simplement du bluff. Si les États-Unis, au sommet de leur puissance mondiale, ont détruit deux villes japonaises sans défense avec des armes nucléaires pour envoyer un message à l’Union soviétique, quelle est la menace actuelle, alors que la domination mondiale américaine s’érode à vue d’œil?

Le danger imminent d’une nouvelle guerre mondiale, cette fois combattue avec des armes nucléaires, soulève le besoin urgent pour la classe ouvrière d’intervenir indépendamment et de construire un mouvement anti-guerre international de masse basé sur la perspective socialiste de supprimer la cause profonde de la guerre: le système capitaliste.

Par André Damon, le 17 novembre 2017

(Article paru en anglais le 16 novembre 2017)

Source : World Socialist Web Site

http://www.wsws.org/fr/articles/2017/nov2017/pers-n17.shtml

Nov 16

NAVETTES SPATIALES À PROPULSION NUCLÉAIRE : LA CHINE RÉALISERA UNE « PERCÉE MAJEURE » D’ICI 2040 (RAPPORT)

La Chine devrait réaliser une « percée majeure » dans le domaine des navettes spatiales à propulsion nucléaire aux alentours de 2040, a-t-on appris jeudi d’un rapport publié par la China Aerospace Science and Technology Corporation.

La réalisation permettra de soutenir l’exploration à grande échelle et le développement des ressources spatiales, tout en rendant possible l’exploitation minière sur des astéroïdes et la construction de centrales solaires spatiales, annonce le rapport, qui expose la feuille de route pour le développement du système de transport spatial de la Chine à l’horizon 2045.

La future génération de fusées porteuses sera mise en service vers 2040 et des porteuses hybrides réutilisables seront mises au point, note-t-il.

En 2045, les moyens permettant d’entrer et de sortir de l’espace ainsi que le transport spatial connaîtront des transformations en profondeur, ce qui rendra possible la création d’une échelle spatiale, d’une station terrestre et d’un poste spatial, ainsi que l’exploration du système solaire à grande échelle grâce à une coordination entre l’homme et la machine, indique le document.

Le rapport ajoute que la fusée porteuse Longue Marche-8 devrait être lancée en 2020 et que la série de fusées Longue Marche fournira des services de lancement commercial aux autres pays.

http://french.xinhuanet.com/2017-11/16/c_136757899.htm

Nov 16

LA CHINE DÉMENT DES PROPOS DE TRUMP SUR LA CORÉE DU NORD

La Chine a démenti jeudi avoir abandonné son initiative de désescalade des tensions dans le dossier nucléaire de la Corée du Nord, contredisant des propos ambigus du président américain Donald Trump la veille.

Pékin plaide depuis de nombreux mois pour un « double moratoire« : l’arrêt des essais balistiques et nucléaires de Pyongyang, contre celui des manœuvres militaires américano-sud-coréennes au large de la péninsule de Corée.

Donald Trump avait laissé entendre mercredi que le président chinois Xi Jinping, qu’il a rencontré la semaine dernière à Pékin lors d’une tournée en Asie, avait abandonné ce plan.

« Le président Xi reconnaît qu’une Corée du Nord possédant l’arme nucléaire est une grave menace pour la Chine« , a déclaré le président américain. « Et nous sommes convenus que nous n’accepterons pas un soi-disant +double moratoire+ comme ceux qui ont systématiquement échoués par le passé. »

Mais le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang a indiqué jeudi que la position de Pékin sur le dossier restait « inchangée et sans équivoque« .

« Nous pensons que dans la situation actuelle, l’initiative d’un double moratoire est l’idée la plus réaliste, faisable, juste et légitime« , a martelé M. Geng lors d’une conférence de presse régulière.

« Cela permettrait de fournir des opportunités et des conditions pour reprendre des pourparlers de paix« , a insisté le porte-parole.

« Nous espérons que toutes les parties concernées puissent considérer de façon sérieuse et positive la bonne volonté chinoise » sur cette initiative, a ajouté Geng Shuang, soulignant que la force militaire « n’est pas une option » dans le règlement de la crise.

Le Chine enverra vendredi en Corée du Nord un représentant spécial du président chinois Xi Jinping. Sa mission sera officiellement de présenter à Pyongyang les conclusions du récent congrès du Parti communiste chinois (PCC). Mais les analystes estiment que le dossier nucléaire nord-coréen figurera également au programme des discussions.

http://www.boursorama.com/actualites/la-chine-dement-des-propos-de-trump-sur-la-coree-du-nord-1bdb5aaf38b38dec2c84b3073ee0dabb

Nov 16

À BONN, EMMANUEL MACRON SE FAIT LE PORTE-PAROLE DU LOBBY NUCLÉAIRE

À Bonn, Emmanuel Macron a opposé réduction de la part du nucléaire et protection du climat, reprenant les discours éculés de l’industrie nucléaire et justifiant ainsi le recul du gouvernement sur l’échéance de 2025.

Cette instrumentalisation de la cause climatique est d’autant plus inacceptable que le gouvernement ne tient pas ses promesses en matière de mesures concrètes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Si des milliards sont accordés à Areva et EDF sans discussion, les moyens ne sont pas au rendez-vous pour la rénovation énergétique, ni pour le financement des territoires à énergies positives. Le climat n’est donc pour Emmanuel Macron qu’un prétexte à des coups de com’ et à la défense des lobbies ?

Loin d’être un atout dans la lutte contre l’effet de serre, le nucléaire est un verrou au développement des vraies solutions que sont les économies d’énergie, la sobriété et les énergies renouvelables. Le gouvernement semble ignorer les scénarios qui démontrent que sortie du nucléaire et respect des engagements climatiques vont de pair. À l’inverse, repousser la fermeture de réacteurs signifie engloutir des centaines de milliards d’euros dans le sauvetage d’une industrie à bout de souffle et le rafistolage hasardeux de centrales en fin de vie… au détriment d’une politique climatique ambitieuse et au risque d’un accident !

Entre les coûts exorbitants du « nucléaire du futur » (EPR, ITER, Astrid…), du rafistolage du parc et de la gabegie d’EDF et Areva, le fiasco technique et financier a assez duré ! Pour commencer à sortir enfin de l’impasse nucléaire, faudra-t-il attendre un accident majeur – qu’aucune assurance ne couvrira ?

Contact presse : Philippe Lambersens – 06 83 53 89 82

Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Lecture conseillée à Emmanuel Macron :L’option nucléaire contre le changement climatique : risques associés, limites et frein aux alternatives, par le cabinet WISE Paris

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/A-Bonn-Emmanuel-Macron-se-fait-le-porte-parole-du

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Nov 16

NUCLÉAIRE : « UNE FAUSSE BONNE IDÉE POUR LE CLIMAT », AFFIRME YANNICK JADOT

Emmanuel Macron se rend à la 23e Conférence annuelle de l’ONU sur le climat (COP23)  à Bonn en Allemagne ce mercredi 15 novembre, pour tenter de raviver l’accord de Paris sur le climat. La France est plutôt en retard en ce qui concerne l’utilisation d’énergies renouvelable. Yannick Jadot, député d’Europe Écologie Les Verts, justifie cela par le fait qu’en France, « on n’a jamais contraint la place du nucléaire.« 

Sur la question du nucléaire, l’objectif de réduire de moitié la production est sans cesse repoussée. Aujourd’hui, le débat porte sur la date à laquelle l’objectif doit être atteint. 2025 ? 2030 ? Pour Matthieu Orphelin, député En Marche travaillant avec le ministre de la Transition énergétique Nicolas Hulot, « ce n’était pas possible ou très difficile d’atteindre cet objectif de 50% en 2025. »

« Mais il est maintenu, on va le faire mais ça va prendre un petit peu plus longtemps. On a des scénarios sur la table qui disent on peut y arriver avant 2030 donc il faut planifier tout ça et il ne faut pas mentir sur ce sujet, » poursuit le député qui affirme que dans quelques mois, il serait annoncé « quelles sont les centrales nucléaires qui fermeront, combien et à quel rythme« .

Pour Yannick Jadot, « on peut y arriver d’ici 2025, ne laissons pas aux lobbys nucléaires, l’espace de jouer la montre, de jouer les reports. » Le député en profite pour rappeler que le nucléaire « c’est extrêmement cher, c’est extrêmement risqué«  et « une catastrophe pour le service public à la française, pour EDF qui est en situation de quasi faillite sur la seule année 2016.« 

Pour voir et écouter l’entretien avec Matthieu Orphelin, député En Marche, et Yannick Jadot, député d’Europe Écologie Les Verts (7mn27s), cliquer sur :

http://www.rtl.fr/actu/politique/nucleaire-une-fausse-bonne-idee-pour-le-climat-affirme-yannick-jadot-7790970448

Nov 16

DES CHERCHEURS AFFIRMENT QU’ON POURRA SE PASSER DES ÉNERGIES FOSSILES ET DU NUCLÉAIRE DÈS 2050

Consommer moins d’énergie, plus propre et limiter par là-même le réchauffement climatique : c’est possible, affirment des chercheurs américains. Un scénario pour la France a même été établi, avec un mix 100 % renouvelable.

Couvrir l’ensemble des besoins énergétiques en se passant du pétrole et du nucléaire… Voilà le scénario sur lequel une équipe de l’université Stanford (États-Unis) s’est penchée, en s’intéressant à 139 pays dont la France. Un rêve à portée de main, selon les chercheurs, puisqu’il ne faudrait qu’un peu plus de trente ans pour y parvenir.

À la clé, en 2050, pour l’ensemble des pays concernés, une consommation totale d’énergie inférieure de 42,5 % à celle d’aujourd’hui, et un réchauffement contenu à 1,5 °C. L’idée consiste à remplacer les énergies fossiles et nucléaire dans tous les secteurs (transports, chauffage, industrie, agriculture…) par un mix énergétique 100 % renouvelable, utilisant les technologies déjà existantes : éolienne, solaire ou hydrolienne.

En France, un mix d’éolien, de solaire et d’hydorélectrique couvrirait les besoins

Afin d’établir leurs feuilles de route, les chercheurs ont d’abord compilé, pays par pays, toutes les données énergétiques, puis étudié les potentiels de conversion, établissant pour chacun les gains en matière de pollution de l’air, de santé, d’emplois créés… – ce qui donnerait par exemple pour la France : 25 % d’éolien offshore, 30 % de terrestre, un peu plus de 35 % de solaire, environ 6 % d’hydroélectricité… et une consommation d’énergie inférieure de 36 %.

Reste un « détail » : convaincre les politiques de s’emparer de tels scénarios.

Article rédigé par Etienne-Thierry Aymé

https://www.science-et-vie.com/nature-et-enviro/en-2050-on-pourra-se-passer-des-energies-fossiles-et-du-nucleaire-9966

 

Nov 16

LE NUCLÉAIRE ET LES CENTRALES THERMIQUES SONT-ILS LES SEULES SOLUTIONS POUR ÉVITER LES COUPURES D’ÉLECTRICITÉ?

Le CCE d’EDF se montre inquiet pour la sécurité de l’alimentation électrique en France. Il préconise de développer le nucléaire et les centrales thermiques. Plusieurs experts estiment qu’une transition énergétique est tout à fait possible sans coupure de courant.

« Des coupures d’électricité vont certainement se produire cet hiver ». Ce scénario inquiétant émane de Virginie Neumayer, membre du comité central d’entreprise (CCE) d’EDF. À l’occasion d’une conférence ce mercredi, l’instance représentative du personnel a estimé qu’une vague de froid dans les prochains mois pourrait faire exploser la demande d’électricité, sans que l’offre ne soit capable de suivre.

Au vu de ce risque, le CCE d’EDF estime qu’il faut « engager sans tarder la construction de nouveaux moyens de production thermiques (centrale à gaz, biomasse), nucléaires et hydrauliques ». Autrement dit, miser sur presque tout, sauf sur les énergies renouvelables (hors hydraulique). « Pour assurer l’équilibre entre offre et demande d’électricité, il faut des moyens de production pilotables [qui peuvent être rapidement ajustés à la hausse ou à la baisse] » argumente Jean-Luc Magnaval, le secrétaire général du CCE.

Ce discours tranche fortement avec la position de Nicolas Hulot. Mardi, le ministre de la Transition écologique s’est montré très clair dans le Financial Times : « Demain la norme ne doit plus être l’énergie nucléaire mais les énergies renouvelables. C’est un bouleversement complet de notre modèle » a-t-il expliqué.

« Le grain de sable, c’est l’indisponibilité du nucléaire »

Une montée en puissance des énergies « vertes » (éolien, solaire, etc) serait-elle dangereuse pour la sécurité d’approvisionnement électrique du pays ? L’idée est dénoncée par Yves Marignac, porte-parole de l’association négaWatt, qui milite pour une transition énergétique.

« Actuellement, 20 réacteurs d’EDF [sur 58] sont à l’arrêt, en partie pour des problèmes de non-conformité et de sûreté, rappelle l’expert. C’est l’incapacité du nucléaire à répondre à ce qu’on devrait en attendre qui créé les difficultés d’approvisionnement. Tout le reste a été prévu. Le grain de sable, ce n’est pas la montée du renouvelable, c’est l’indisponibilité du nucléaire. »

Le scénario « Ampère »

À l’appui de sa démonstration, Yves Marignac rappelle le récent rapport publié par RTE. Le gestionnaire du réseau électrique français y liste plusieurs scénarios pour la transition énergétique. L’un d’entre eux, baptisé « Ampère », montre qu’il est possible de fermer 16 réacteurs d’ici 2030, sans crainte de coupure de courant, et sans construire des centrales thermiques.

Néanmoins, souligne RTE, ce scénario « nécessite d’accroître la capacité d’interconnexions [branchements électriques avec les autres pays], de développer le potentiel d’effacements [coupures d’électricité dans des entreprises volontaires] ou de modérer la consommation électrique ».

« Monoculture du nucléaire »

Malgré ce scénario en faveur des énergies renouvelables, l’attitude plutôt pro-nucléaire du CCE d’EDF ne surprend pas Gérard Magnin. Cet ancien membre du conseil d’administration d’EDF a démissionné avec fracas en juillet 2016, au moment où l’entreprise  validait le projet nucléaire très contesté d’Hinkley Point au Royaume-Uni.

« Il y a une idéologie extrêmement ancrée à EDF, et c’est très difficile d’argumenter parce que c’est une croyance. Le conseil d’administration d’EDF est ultra-imprégné de cette monoculture du nucléaire » déplore l’ex-représentant de l’État, pour qui « ce n’est en prolongeant ce système qu’on va trouver une solution ».

Article de Nicolas Raffin

Pour visualiser le tableau des scénarios de transition énergétiques imaginés par RTE, dont le scénario Ampère, cliquer sur :

http://www.20minutes.fr/economie/2169675-20171115-nucleaire-centrales-thermiques-seules-solutions-eviter-coupures-electricite

Nov 16

EDF VA ENTASSER SES DÉCHETS RADIOACTIFS AU BORD DU RHÔNE

En matière de déchets radioactifs, le village de Bure, dans la Meuse, cristallise depuis des mois l’attention médiatique et la mobilisation des opposants à l’énergie atomique. En cause : le méga-centre d’enfouissement des déchets nucléaires en construction dans cette commune. Il pourrait ouvrir ses portes au plus tôt en 2025. Ce que l’on sait beaucoup moins, c’est qu’une autre poubelle radioactive prendra du service dès l’an prochain. Et celle-ci ne se trouve pas en pleine pampa française comme à Bure mais sur le site de la centrale nucléaire du Bugey, à 35 kilomètres de Lyon. Son nom ? Iceda, pour « Installation de conditionnement et d’entreposage de déchets activés ».

Longtemps mis à l’arrêt à cause de déboires juridiques, un permis de construire annulé puis restauré, Iceda permettra à EDF d’entreposer une partie des déchets issus du démantèlement du réacteur 1 du Bugey… entre autres. La première unité de la centrale nucléaire de l’Ain date d’un autre temps. Mise en service en 1972, elle est à l’arrêt depuis 1994, mais les opérations pour mettre définitivement fin à son activité ne se sont terminées que… fin 2005 !

Le combustible y a été évacué, les circuits ont été vidangés et toutes les installations non nucléaires démontées. Mais le réacteur de cet immense parallélépipède de 85 mètres de haut contient encore 500 tonnes de graphite radioactif et renfermerait plus d’acier (contaminé par la radioactivité) que la tour Eiffel ! C’est un vestige de l’ancienne filière graphite gaz comme cinq autres réacteurs implantés à Saint-Laurent-des Eaux (Loir-et-Cher) et Chinon (Indre-et-Loire), à l’arrêt depuis déjà 20 à 30 ans et, eux-aussi, en cours de déconstruction. À eux six, ils recèlent 17 000 tonnes de graphite, dont l’extraction est aussi longue que périlleuse et pour lesquelles il n’existait jusqu’alors pas de centre de stockage.

C’était sans compter sur Iceda, entrepôt semi-enterré de 8000 mètres carrés conçu sur deux niveaux. 2000 tonnes de déchets dont 500 tonnes issues du programme de déconstruction des réacteurs de première génération pourront y être entreposées. Ces éléments radioactifs à vie courte ou moyennement longue – à l’échelle du temps nucléaire, on parle tout de même de plus ou moins 300 ans –, seront conditionnés dans des fûts métalliques ou en béton armé. Certains déchets (hors caisson) sont d’ailleurs déjà prêts et attendent l’ouverture d’Iceda. La poubelle du Bugey recevra aussi très vite des matériaux irradiés en provenance des réacteurs en activité un peu partout en France. Les opérations de maintenance, comme le renouvellement de certaines pièces, génèrent en permanence des déchets nucléaires.

L’installation du Bugey a coûté plus de 100 millions d’euros à EDF. Elle assurera l’entreposage d’éléments radioactifs – graphite, morceaux de caissons, ferrailles – en attendant leur stockage définitif à Bure dans le centre industriel de stockage géologique (Cigéo) de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Or, prévu initialement à l’horizon 2025 pour les déchets nucléaires les plus nocifs, Cigéo a pris du retard. De l’aveu même de Richard Escoffier, adjoint de la division de Lyon de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « ce délai paraît tendu ». Autrement dit, si la contestation contre Bure – qui prend des allures de Notre- Dame-des-Landes bis – se poursuit, les déchets pourraient bien s’accumuler dans l’entrepôt du Bugey bien plus longtemps que prévu. D’aucuns évoquent le siècle prochain… Quoi qu’il en soit, au-delà de 50 ans (donc à partir de 2068), il est prévu qu’EDF puisse prolonger tous les 10 ans l’exploitation d’Iceda si nécessaire.

L’entrepôt à seulement 40 mètres du fleuve

Sans surprise, les militants anti-nucléaires voient d’un très mauvais œil l’ouverture de cet entrepôt, qu’ils qualifient de « poubelle du nucléaire » à « l’extrême dangerosité ». Leurs craintes sont multiples. Sortir du Nucléaire Bugey s’inquiète du rejet de gaz dans l’atmosphère : « Des pièces vont être débitées, coupées en vue de les mettre dans des fûts. Cette découpe génère des rejets liquides et gazeux, comme du tritium, du carbone 14, des gaz rares et autres produits de fission », explique Jean-Pierre Collet, secrétaire du réseau Sortir du Nucléaire Bugey.

« La loi permettra, au moment du démantèlement, des seuils de rejet quatre à six fois plus élevés que ceux émis dans le reste de la centrale », poursuit-il. « L’ouverture du caisson du réacteur 1 générera forcément des rejets de tritium plus élevés qu’actuellement mais pas dans de telles proportions », nuance Richard Escoffier. À titre de comparaison, les quatre réacteurs de la centrale en activité sont actuellement autorisés à rejeter de la radioactivité à hauteur de 8000 gigabecquerel par an (GBq) de tritium, soit 2000 GBq chacun. Jusqu’à maintenant à l’arrêt, le réacteur 1 en rejetait 100 GBq par an. Ce seuil atteindra 3000 GBq par an pendant la période de démantèlement des structures internes supérieures du caisson, soit 1,5 fois plus que les autres réacteurs.

Autre point sensible, la proximité avec le Rhône et le risque de voir les nappes phréatiques polluées. L’entrepôt, construit juste derrière Bugey 1, est à seulement 40 mètres du fleuve. Le sas d’entrée qui renferme les pièces attendant d’être découpées, est situé au niveau de la nappe phréatique. En cas de crue ou de rupture d’un barrage « l’eau noiera l’ensemble du bâtiment », redoute Sortir du nucléaire. EDF réplique que son installation est construite « sur une plate-forme surélevée qui la met au-dessus des niveaux de crues ».

« Une dizaine de convois de camions [de déchets radioactifs] emprunteront chaque mois le pont du village »

Une fois l’installation en service, il faudra aussi acheminer les déchets jusqu’à la centrale du Bugey, à Saint-Vulbas. Car, si EDF ne le dit pas trop fort, Iceda étant le seul centre d’entreposage, les déchets issus des huit autres réacteurs en déconstruction seront acheminés dans l’Ain par train via la gare d’Ambérieu ou par camions : « Il y aura une dizaine de convois par mois qui passeront par la D20 et emprunteront le pont du village de Loyettes, le seul à pouvoir supporter le poids de si lourdes charges », redoute Jean-Pierre Collet. Sans oublier le risque incendie, bien réel. Iceda est installée à six kilomètres du parc industriel de la plaine de l’Ain (PIPA) et de ses quatre sites classés Seveso, hautement inflammables. Pour EDF, les bâtiments sont « suffisamment éloignés » des industries à risque. Reste le paradoxe que l’électricien ajoute des risques aux risques sous prétexte de démanteler Bugey 1… qui ne le sera peut-être jamais ! « EDF n’a pas fixé de calendrier pour le démantèlement ! », souligne Jean-Pierre Collet.

Un démontage prévu jusqu’en… 2080

Le militant touche du doigt une autre épine dans le pied de l’électricien : celui du démantèlement. Car avant de pouvoir entreposer des déchets radioactifs, encore faut-il savoir comment déconstruire les vieilles unités… L’industrie nucléaire n’a anticipé ni la fin de vie de ses réacteurs, ni la gestion de leurs déchets, ni le coût pharaonique de leur démantèlement. Pour l’ensemble des 58 réacteurs en activité et des neuf à l’arrêt, EDF avance le chiffre de 60 milliards d’euros. Mais « les charges de démantèlement sont sous-évaluées », selon un rapport parlementaire paru en février 2017.

Quand les réacteurs ancêtres de la filière graphite gaz ont été mis à la retraite, l’entreprise publique s’était engagée auprès de l’ASN à achever leur démantèlement d’ici 2044. L’objectif paraît inatteignable aujourd’hui…L’an dernier, l’électricien a demandé au gendarme du nucléaire un report du calendrier de démontage de Bugey. « De 2040, on est passé à 2080. La fin du siècle, cela nous paraît loin », indique Richard Escoffier, adjoint de la division de Lyon de l’ASN. Ce qui coince ? La technique de démantèlement à adopter. EDF travaillait depuis 15 ans sur le démantèlement « sous eau », consistant à remplir d’eau les caissons des réacteurs contenant le graphite. Face à l’incapacité des entreprises sous-traitantes de mener à bien cette tâche, le groupe vient d’écarter ce scénario, d’où le délai supplémentaire réclamé. Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, s’en est agacé lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 22 février dernier : « Les difficultés techniques évoquées sont réelles, mais repousser l’échéance au début du XXIIème siècle ne nous paraît absolument pas raisonnable, ni très conforme à la doctrine du démantèlement immédiat. Ou alors, la notion d’immédiateté a changé».

Démantèlement “sous eau” ? « Difficile de boucher tous les trous »

Que faire de ces vieux réacteurs renfermant encore plusieurs tonnes de graphite, faiblement radioactif mais à vie longue ? EDF envisage désormais une extraction « sous air ». Une technique qui « n’est pas au point et qui demandera au moins dix ans d’étude », estime Claude Cassé, ingénieur chimiste à la retraite et membre de Stop Bugey. « Si vous voulez rencontrer les personnes qui démantèleront Bugey 1, allez visiter les crèches car le démontage n’est pas prévu avant 30 à 40 ans ». Pour son collègue Alain Cuny, les ingénieurs d’EDF « jouent aux apprentis sorciers ».

« Le démantèlement « sous eau » avait l’avantage de fournir aux travailleurs une meilleure protection, mais EDF s’est aperçue que pour noyer le bâtiment, il fallait d’abord le rendre parfaitement étanche, or c’est très compliqué de boucher tous les trous », explique Georges Servière, président de la Société française de l’énergie nucléaire Ain Rhône Loire (SFEN ARL) et ancien ingénieur dans le nucléaire. « Remplir cet énorme volume d’eau créait aussi le risque d’effluents radioactifs qu’il aurait fallu traiter », ajoute-t-il.

Résultat : alors que Bugey 1 aurait dû être le premier réacteur au graphite démantelé, toute la stratégie d’EDF est aujourd’hui remise en cause. « Si nous validons la demande de report d’EDF, cela conduira à déconstruire le réacteur de Chinon, plus petit, et qui fera office de site pilote de démantèlement sous air », explique Richard Escoffier. L’ASN devrait trancher ce dossier d’ici à la fin de l’année. Elle attend un échéancier d’avancement détaillé de la part d’EDF. Selon toute vraisemblance, des déchets en provenance d’Indre-et-Loire rempliront « la poubelle nucléaire » des bords du Rhône avant ceux générés par le réacteur 1 du Bugey. Vous avez dit paradoxal ?

Lyon : proche mais tenu à distance

La Métropole de Lyon, qui compte près d’1,4 million d’habitants, n’est située qu’à 35 kilomètres environ du Bugey. Pour comparaison, le rayon d’impact de Fukushima avait été d’une soixantaine de kilomètres. La Métropole n’est pourtant pas concernée par le Plan particulier d’intervention (PPI) qui prévoit un périmètre d’évacuation de 10 kilomètres autour du site et englobe 34 communes. Elle n’est pas non plus officiellement conviée aux réunions de la Commission locale d’informations du Bugey (CLI), instance d’échanges entre EDF et les acteurs locaux. La donne pourrait cependant changer. L’ancienne ministre de l’Environnement Ségolène Royal avait décidé d’étendre le périmètre à 20 kilomètres d’ici 2018. Des villes comme Jonage seraient donc intégrées, et en toute logique, un représentant de la Métropole devrait participer aux débats concernant l’avenir de la centrale et la nécessité d’informer la population vivant à proximité. Mais la définition du nouveau plan prend du temps. Selon nos informations, il ne sera pas prêt avant fin 2019, voire 2020.

Article d’Élise Moreau

https://www.mediacites.fr/lyon/enquete-lyon/2017/11/15/edf-va-entasser-ses-dechets-radioactifs-au-bord-du-rhone/

Nov 15

ISABELLE KOCHER, DIRECTRICE D’ENGIE : « LE NUCLÉAIRE NEUF, C’EST COMPLIQUÉ ET TRÈS CHER »

La directrice générale du groupe Engie, qui a entamé il y a trois ans une transition vers la production à 100% d’énergies non carbonées, estime que les énergies renouvelables vont finir par devenir plus compétitives que le nucléaire.

INTERVIEW par Patrick Cohen

La transition énergétique est en marche. Le géant Engie (ex GDF-Suez) s’est donné trois ans pour ne plus produire aucune énergie carbonée. Les premières échéances fixées, notamment par l’État, son actionnaire à 24%, arrivent à leur terme au printemps et Isabelle Kocher, directrice générale du groupe depuis 2016, assure que le délai sera respecté. « Nous nous sommes donné trois ans pour être à 100% dans ce nouveau monde de l’énergie. Ça n’est pas habituel de transformer un groupe de cette taille à cette vitesse, mais c’est nécessaire« , explique-t-elle mercredi, au micro de Patrick Cohen dans Europe Matin. « Nous sommes en avance sur tous nos points de passage. Dans ce reprofilage qui consiste à arrêter ou vendre 20% de nos activités, nous avons fait 80% du chemin« .

Le nucléaire, condamné sur le long terme ? La responsable estime que le nucléaire, qui fait largement débat en France, a encore un rôle à jouer dans cette transition. « Le nucléaire c’est décarbonné et c’est efficace. C’est compétitif, ça ne coûte pas très cher, les centrales sont amorties« , déclare-t-elle à propos des capacités énergétiques nucléaires déjà existantes. « Tant que l’Autorité de sûreté valide la capacité des centrales à durer, c’est intelligent de le faire« . Pour autant, Isabelle Kocher se montre beaucoup plus sceptique sur l’avenir à long terme de cette filière face à l’essor des énergies renouvelables. « Le nucléaire neuf, je pense que c’est plus compliqué. C’est très cher maintenant. Et comme on voit le prix d’autres énergies décarbonées baisser rapidement, je pense que les courbes vont se croiser« .

Lenteurs administratives. Mais pour Isabelle Kocher, un effort doit encore être fourni en France pour faciliter la mise en place d’énergies vertes. Elle cite notamment l’exemple des éoliennes, dont l’installation est souvent retardée par de nombreuses démarches administratives. « On met trop de temps entre le moment où nous détectons un site sur lequel on pourrait installer une éolienne, et le moment où cette éolienne tourne. Il se passe en moyenne sept ans, sept ans de démarches administratives« , relève-t-elle. C’est un sujet de vitesse. Je sens bien qu’il y a une prise de conscience et que l’on va améliorer les choses.« 

Pour voir la vidéo d’Isabelle Kocher, cliquer sur :

http://www.europe1.fr/economie/isabelle-kocher-directrice-dengie-le-nucleaire-neuf-cest-complique-et-tres-cher-3493049

Nov 15

EDF: LA STRATÉGIE FLOUE DU GÉANT DE L’ÉNERGIE FAIT CRAINDRE UN AVENIR DIFFICILE

EDF est dans une situation délicate. Des problèmes de gouvernance et une parole politique qui ne soutient pas toujours la pérennité du géant énergétique font peser des inquiétudes pour la grande entreprise publique. D’autant qu’EDF voit ses parts de marché rognées petit à petit par la concurrence. Jean-Yves Archer, spécialiste des finances publiques et dirigeant du cabinet Archer, décrypte pour « France-Soir » les causes de cette période de turbulences.

Les Français sont fiers d’EDF qui est une grande entreprise publique dont la réactivité a notamment été testée grandeur nature lors de la trop fameuse tempête de décembre 1999. Depuis  la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon de mars 2011, EDF est pointée du doigt par une frange de la population qui va au-delà des traditionnels milieux écologistesLes citoyens ont compris qu’il allait falloir changer de mix énergétique et bien évidemment cela représente une épée de Damoclès au-dessus des crêtes d’avenir d’EDF.

Très récemment, le ministre d’État Nicolas Hulot a annoncé que l’objectif du passage de 75% à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité française ne se ferait pas en 2025 mais à une date ultérieure. Si on peut parler de réalisme, d’aucuns sont fort déçus de ce report aux sonorités de requiem si l’on songe aux engagements affirmés préalablement. Concrètement, il va falloir rallonger la durée de vie de la plupart des centrales ce qui est une gageure placée sous le contrôle de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) et ce qui représente un défi financier.

En fait, EDF est confrontée à d’imposantes échéances: coût du rallongement du parc existant, coût du démantèlement des centrales mises hors service. Ses fonds propres ont été renforcés au moyen d’une augmentation de capital de 4 milliards d’euros en début d’année. L’État s’est par ailleurs engagé à convertir ses dividendes en actions de l’entreprise qui est sortie du CAC 40. Les résultats financiers ont été révisés lundi 13, et la promesse de générer un cash-flow positif après dividendes semble désormais hors de portée ce qui a refroidi l’ardeur des analystes financiers.

Au demeurant, Nicolas Hulot a lancé dans la nature des propos pour le moins précipités et hasardeux. Ainsi, il a déclaré: « EDF a deux priorités: gérer la production nucléaire d’un côté, et les renouvelables de l’autre. L’architecture d’EDF est-elle la bonne pour répondre aux enjeux du XXIe siècle? Une réflexion est en cours ». Autrement dit, alors que le fleuron EDF traverse une passe délicate, Nicolas Hulot glose ouvertement sur des perspectives de scission ce qui est ni sérieux ni placé dans le bon espace-temps.

Symétriquement, j’ai du mal à suivre la logique de l’actuel président d’EDF, Jean-Bernard Lévy, qui a déclaré qu’il faudrait construire « de 30 à 40 EPR » en France afin d’assurer le remplacement des 58 réacteurs actuels. Je rappelle que l’EPR est une technologie coûteuse et encore incertaine, si on se penche sur le cas de la Finlande et de Flamanville. Sans parler du futur cas britannique à Hinkley Point qui avait conduit à la démission du précédent directeur financier. De ce tour d’horizon, on déduit que la situation d’EDF n’est pas fragile mais assurément délicate. Pour ma part, j’attends avec intérêt l’assemblée générale statuant sur les comptes 2018 (à tenir avant le 30 juin 2019) pour observer la continuité –ou non– de la gouvernance de l’entreprise.

Entreprise vaillante mais qui voit la concurrence s’attiser chaque mois davantage. EDF est omniprésente chez les clients domestiques mais il faut savoir que près d’un tiers de l’électricité vendue aux entreprises et aux collectivités territoriales provient des concurrents de l’opérateur historique. Engie, Eni, Direct Energy, Total sont autant de compétiteurs sérieux et déterminés face à un groupe EDF qui va devoir trouver comment financer les modifications de durée de vie du parc existant (soit près de 30 milliards) et les coûts de démantèlement, soit une somme oscillant entre 70 à 90 milliards d’euros.

Cette double équation est d’autant plus délicate que l’actionnaire de référence d’EDF, l’État à hauteur de 83%, est lui-même pour partie impécunieux.

Auteur : Jean-Yves Archer, édité par la rédaction

http://www.francesoir.fr/tendances-eco-france/edf-strategie-floue-du-geant-de-energie-energie-electricite-engie-avenir-difficile-epr-hinckley-point-nucleaire

Nov 15

RARE DÉBAT AU SÉNAT AMÉRICAIN SUR LE BOUTON NUCLÉAIRE À L’ÈRE TRUMP

Des sénateurs américains se sont interrogés mardi sur les limites du pouvoir du président des États-Unis à lancer une attaque nucléaire, un débat lourd de sens face à la montée des tensions entre Donald Trump et Kim Jong-Un.

Tout le débat, lors d’une audition à la commission des Affaires étrangères du Sénat, s’est concentré sur une hypothétique décision présidentielle de frapper l’ennemi avec des armes nucléaires en premier, une « première frappe » en jargon de stratèges militaires.

«Nous craignons que le président des États-Unis soit si instable et si volatile, que son processus décisionnel soit si fantasque, qu’il puisse donner un ordre d’utiliser l’arme nucléaire complètement contraire aux intérêts de sécurité nationale américains», a dit le démocrate Chris Murphy.

En cas d’attaque nucléaire ennemie en cours ou d’imminence d’une telle attaque, sénateurs et experts interrogés ont convenu que le président avait les pleins pouvoirs pour défendre le pays, conformément à la Constitution. Seul le président peut donner l’ordre de déclencher le feu nucléaire.

«Une fois que l’ordre est donné et vérifié, il n’existe aucun moyen de le révoquer», a déclaré le président de la commission, le républicain Bob Corker, qui a convoqué l’audition, la première sur ce sujet précis depuis 1976, selon lui.

Ce sénateur a très publiquement rompu avec le locataire de la Maison Blanche, et déclaré en octobre qu’il menait le pays «droit vers la troisième guerre mondiale» avec ses déclarations sur la Corée du Nord.

Mais que se passerait-il si le président estimait qu’un pays pose une menace et ordonnait préventivement un tir nucléaire ? Il n’existe pas de définition stricte de l’imminence, ont reconnu les trois experts.

L’ancien patron du Commandement stratégique américain de 2011 à 2013, le général à la retraite Robert Kehler, a toutefois rappelé une règle militaire de base: «l’armée est obligée d’exécuter un ordre légal, mais n’est pas obligée de suivre un ordre illégal ».

Qu’est-ce qu’un ordre légal ? Par exemple, un ordre dont les fondements juridiques ont été validés. Selon le général, toute action militaire doit remplir les critères de «nécessité» et de «proportionnalité».

Mais que se passerait-il si le chef du Commandement stratégique estimait que l’ordre reçu du président était illégal ? «Je ne sais pas exactement», a-t-il convenu. Comme pour tout ordre militaire, «le facteur humain entre en jeu».

En réalité, a dit Brian McKeon, ancien sous-secrétaire à la Défense durant la présidence Obama, le président pourrait remplacer le commandant réfractaire, voire le secrétaire à la Défense… « Mais on se retrouverait dans une véritable crise constitutionnelle », a-t-il dit.

Le malaise de certains sénateurs républicains était perceptible, durant l’audition.

«Nos adversaires nous regardent», a rappelé Marco Rubio, qui craint d’instiller le doute sur l’autorité du président américain en cas de conflit.

«Dans cette république, nous avons des élections, et quand ils votent, les électeurs prennent la décision de confier à quelqu’un ce pouvoir», a rappelé le sénateur.

http://www.journaldemontreal.com/2017/11/14/rare-debat-au-senat-americain-sur-le-bouton-nucleaire-a-lere-trump

Nov 15

PYONGYANG ALERTE CONTRE UN RISQUE IMMINENT DE GUERRE NUCLÉAIRE À CAUSE DES PORTE-AVIONS US

Les manœuvres militaires conjointes des États-Unis et de la Corée du Sud créent une situation extrêmement dangereuse rendant plausible l’hypothèse d’un déclenchement de guerre nucléaire, selon le représentant de la Corée du Nord à l’Onu.

L’ambassadeur de la Corée du Nord à l’Onu, Ja Song-nam, a déclaré dans une lettre au secrétaire général, Antonio Guterres, que les exercices militaires conjoints américano-sud-coréens créaient «la pire situation qui prévaut dans la péninsule coréenne».

«Les exercices de guerre nucléaire à grande échelle et les menaces de guerre, que les États-Unis ont mis en scène pendant une année entière sans discontinuer avec leurs partisans pour étouffer notre république, permettent de conclure que l’option que nous avons prise était la bonne et que nous devrions suivre ce long chemin jusqu’au bout», a-t-il ajouté.

Avec leurs trois groupes navals et leurs porte-avions, les États-Unis ont relancé les sorties 24 heures sur 24 de bombardiers stratégiques B-52 dotés de capacités nucléaires «qui existaient pendant la guerre froide», a-t-il souligné.

Ja Song-nam a également déclaré que les États-Unis maintenaient «une posture de frappe surprise avec des vols fréquents de formations de B-1B et de B-2 dans l’espace aérien de la Corée du Sud».

Les exercices militaires conjoints de quatre jours des États-Unis et de la Corée du Sud, qui ont débuté samedi dans les eaux au large de la côte est du Sud, ont été décrits par les autorités militaires comme un avertissement clair pour la Corée du Nord. Ils impliquent les groupements de combat des USS Ronald Reagan, Theodore Roosevelt et Nimitz, qui comprennent 11 navires américains Aegis qui peuvent suivre les missiles, et sept navires de la marine sud-coréenne.

https://fr.sputniknews.com/international/201711141033884570-Guerrenucleaire-asiepacifique-USA-CoreeduNord/

Nov 15

29ÈME CONFÉRENCE NATIONALE DES CLI : POURQUOI LE RÉSEAU « SORTIR DU NUCLÉAIRE » N’IRA PAS

La 29ème conférence nationale des CLI (Commissions Locales d’Information) doit se tenir le 15 novembre à Paris. Cette année, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a décidé de ne pas participer à cet événement. Il dénonce un dispositif de pseudo-concertation, où la participation des associations sert de caution pour légitimer des décisions prises d’avance et contre l’avis du public.

Les deux tables rondes prévues à la suite des points d’actualité porteront sur :

  • les nouveaux outils d’information et de concertation
  • les exercices de crises : quelles modalités, quelles implications des citoyens

Cet ordre du jour est une quasi-provocation au vu de l’actualité récente. Pendant l’été, près de 14000 personnes ont participé à la consultation de l’Autorité de sûreté nucléaire relative à la cuve de l’EPR de Flamanville. À une très large majorité, elles ont appelé l’ASN à donner un avis négatif à la qualification de la cuve, en raison des risques pour la sureté liés notamment à la qualité dégradée des aciers des calottes de cette cuve. Ne tenant aucunement compte de l’expression de ces milliers de personnes, l’ASN, avec une grande célérité, a reproduit mot pour mot l’avis provisoire de juin en faveur de la mise en service de cette cuve !

Dans ces conditions, la fonction de cette conférence des CLI s’apparente plus à une opération de communication pour mieux faire accepter la poursuite du nucléaire qu’à une concertation sincère et un vrai souhait d’implication des citoyens sur les choix technologiques.

Il est indécent de balayer l’avis des citoyens lorsqu’ils refusent de subir un risque, tout en sollicitant leur implication dans des exercices de crise qu’on leur impose. Alors que l’état du parc nucléaire se dégrade de plus en plus et que le risque d’accident majeur est plus présent que jamais, les associations doivent-elles donc se contenter de bien préparer la gestion d’une catastrophe imminente ?

Au Réseau “Sortir du nucléaire“, nous ne sommes pas dupes de cette mascarade pseudo-démocratique. Nous n’irons pas à cette 29ème conférence, pour protester contre le déni de démocratie actuellement en cours.

Contact presse :

Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/29eme-conference-des-CLI-pourquoi-le-Reseau

Nov 14

LE DÉMANTÈLEMENT DE L’ARSENAL DE PYONGYANG POURRAIT ÊTRE LONG

La Corée du Nord pourrait avoir du mal à se débarrasser de l’intégralité de ses armes nucléaires à brève échéance, compte tenu de l’état d’avancement de son arsenal, a estimé mardi le président sud-coréen.

Si Pyongyang accepte de négocier, toutes les possibilités seront alors envisageables, a poursuivi Moon Jae-in, sans plus de précisions.

« Si des discussions sur la résolution de la crise nucléaire nord-coréenne s’ouvrent, je pense qu’il sera difficile pour la Corée du Nord de démanteler complètement ses capacités nucléaires, dans la mesure où son arsenal nucléaire et balistique en est à un stade avancé« , a-t-il déclaré à la presse en marge du sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) qui se déroule à Manille.

« Dans ce cas, le programme nucléaire devrait être suspendu et des négociations sur la dénucléarisation totale pourraient débuter« , a ajouté le président, selon les propos rapportés par ses services.

Lors d’une visite en Corée du Sud, la semaine dernière, Donald Trump a adressé une sévère mise en garde au régime nord-coréen, mais s’est dit prêt à lui ouvrir « une voie conduisant à un avenir bien meilleur« , à condition qu’il démantèle son programme nucléaire et cesse de développer ses capacités balistiques.

Sans exclure l’ouverture de discussions, Pyongyang a affirmé que ses « intérêts supérieurs et la sécurité de son peuple » n’étaient pas négociables.

Article de Christine King, Jean-Philippe Lefief pour le service français

https://fr.news.yahoo.com/le-d%C3%A9mant%C3%A8lement-larsenal-pyongyang-pourrait-%C3%AAtre-long-134825451.html

Nov 14

EDF PLONGE EN BOURSE. NORMAL : SA STRATÉGIE NUCLÉARISTE EST VOUÉE À L’ÉCHEC

Le cours de l’action d’EDF a fortement baissé, de plus de 8 %, lundi 13 novembre. Les spéculateurs commencent à se rendre compte que les pieds nucléaires de ce colosse sont très fragiles. En fait, c’est toute la stratégie d’EDF qui est mal orientée, comme l’expliquait Benjamin Dessus dans cette analyse publiée le 1 mars 2016.

En déclarant, le 16 février dernier, qu’« il n’y a pas de fermeture prévue de centrales dans les dix ans à venir » [1], Jean-Bernard Lévy, le président d’EDF, a annoncé la couleur : il n’est pas question que son entreprise se plie à la loi sur la transition énergétique, qui impose « 50 % maximum de la production nucléaire dans la consommation d’électricité intérieure de la France en 2025 ». EDF veut continuer à exploiter l’ensemble de son parc, qui produit 75 % de l’électricité nationale, en prolonger la durée de fonctionnement de 10 ou 20 ans, et assurer la relève avec des EPR. À nous, consommateurs, de rendre compatible cette décision de l’électricien avec la loi de transition énergétique en accroissant de 50 % notre consommation d’ici à 2025 pour faire mathématiquement baisser le ratio. M. Lévy ajoute néanmoins, que tout cela va coûter cher : il faudrait que l’État se décide à garantir à EDF un prix du nucléaire sur 30 ou 40 ans et un relèvement des tarifs aux particuliers…

Le nucléaire, et donc EDF, est aujourd’hui dans une situation difficile. La production mondiale d’électricité nucléaire a chuté depuis 2011 de 12 %. Les nouvelles capacités se substituent à des réacteurs arrivés en fin de vie et l’accident de Fukushima a eu des conséquences importantes sur la production nucléaire en Allemagne et au Japon. Les experts indépendants qui, dès 2005, avaient tenté de mettre en garde sur l’irréalité d’une reprise du marché [2] n’ont jamais été entendus. Et c’est donc à un marché atone – qui contraste avec celui de l’électricité d’origine renouvelable en très rapide expansion – que se trouve aujourd’hui confronté notre « champion » national.

Le dérapage des coûts des chantiers EPR

Le contexte lui est fort défavorable. La consommation d’électricité stagne depuis plusieurs années et sa croissance en Europe d’ici à 2020 se situera, selon RTE (Réseau de transport d’électricité, une filiale d’EDF), entre + 0,7 % et ‐ 2 % par an et, en France, de + ou‐ 0,16 % par an, malgré les nouveaux usages de l’électricité régulièrement invoqués pour justifier un retour à la hausse [3] ; la loi de transition énergétique impose une division par deux de la consommation d’énergie en 2050 et l’on a du mal à imaginer qu’elle concernerait tous les produits énergétiques sauf l’électricité ; l’Allemagne se désengage du nucléaire, le Royaume Uni se contente d’en maintenir sa production en commençant à remplacer vers 2025 ses plus vieux réacteurs par deux EPR, et même la France a décidé de limiter la puissance de son parc à sa valeur actuelle. S’ajoutent à tout cela la chute récente des prix du charbon qui produit de l’électricité sur un marché européen saturé et la montée en puissance des renouvelables, qui font chuter les prix de gros.

Ce contexte d’atonie de la demande d’électricité ne date pas d’hier mais les dirigeants d’EDF, comme les gouvernements successifs, n’ont pas voulu en prendre conscience, tant le dogme de l’augmentation inéluctable de la consommation d’électricité et de la supériorité française dans le domaine nucléaire s’est révélé prégnant.

Au début des années 2000, convaincue qu’un vaste marché international ne pouvait manquer de s’ouvrir à court et à moyen terme, Areva a proposé un EPR clés en main à la Finlande, livrable en 2009. EDF a suivi en 2006 avec la construction d’un EPR à Flamanville. Mais les deux chantiers ont dérapé inexorablement, les coûts s’envolant d’un facteur 3 à 4. Aujourd’hui, aucun des deux EPR n’est encore en marche et des incertitudes majeures demeurent à la fois sur le coût, la date, voire la possibilité de leur mise en route [4].

Pendant ce temps, EDF, en pleine campagne d’acquisitions de sociétés à l’international, et qui a fait le pari qu’elle disposerait de réacteurs type EPR bon marché vers 2020, a négligé la maintenance des réacteurs de son parc : l’investissement de maintenance est resté inférieur à un milliard d’euros par an jusqu’en 2007. Le taux de disponibilité du parc est donc tombé de 84 % en 2005 à moins de 78 % en 2009. EDF a alors pris conscience de la nécessité d’investir environ quatre milliards d’euros par an pour maintenir la productivité et le niveau de sûreté de son parc vieillissant.

Mais, en mars 2011, l’accident majeur de Fukushima est venu rebattre les cartes. De nouvelles mesures de sûreté exigées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont grevé le budget d’investissement initialement prévu. L’opération « grand carénage », prévue par EDF d’ici 2025, doit répondre à cette double exigence de sûreté et de cure de jouvence du parc. Estimée initialement à 55 milliards d’euros d’ici à 2025, la facture s’élèverait, selon la Cour des comptes [5], à 100 milliards d’euros d’ici à 2030. Mais elle permettrait peut-être, espère EDF, de prolonger la durée de vie des réacteurs de 10 ou 20 ans, et de mieux amortir ce très gros investissement, d’ampleur comparable à celui du parc actuel (96 milliards d’euros [6]). À condition que les solutions envisagées soient validées par l’ASN, réacteur par réacteur, ce qui n’est pas acquis.

Si tout va bien, le coût de production du mégawattheure (MWh) du parc rénové, autour de 65 €/Mwh [7], bien que largement supérieur au coût actuel du parc amorti, resterait très compétitif vis à vis de celui de l’EPR.

Une stratégie en contradiction avec deux points majeurs de la loi de transition énergétique

C’est la raison pour laquelle EDF tente cette opération délicate et risquée de prolongation des réacteurs. Délicate parce que l’incertitude pèse sur les conditions de prolongation du fonctionnement de chacun des réacteurs, risquée parce que les opérations de jouvence excluent des matériels comme la cuve et l’enceinte de confinement, des éléments essentiels de sûreté des installations qui ne sont pas remplaçables.

Cela représente un mur d’investissement nucléaire pour l’entreprise, auquel s’ajoutent une bonne quinzaine de milliards d’euros [8] à débourser pour construire les deux EPR que propose EDF au Royaume-Uni à Hinkley Point contre le rachat de l’électricité produite à 120 €/MWh pendant 35 ans et le rachat de la section réacteurs d’Areva (deux milliards d’euros). Sans compter le démantèlement des réacteurs et le stockage des déchets, dont les coûts prévisionnels ne cessent d’augmenter, ni le casse-tête de l’embauche et de la formation des 110.000 techniciens nécessaires avant 2020 [9].

À plus long terme, EDF parie sur la réalisation d’un EPR compétitif pour commencer à remplacer les premiers réacteurs âgés de 50 ans en 2028 [10]. Mais il faudrait réduire le coût d’investissement d’un facteur au moins 2 à 2,5 par rapport aux EPR de Flamanville et d’Hinkley Point pour produire de l’électricité autour de 60 €/MWh. Pari majeur puisque l’expérience historique montre que le gain entre les têtes de série et la série n’a jamais dépassé 18 %.

Problème, cette stratégie est en contradiction avec deux points majeurs de la loi sur la transition énergétique : la division par deux de la consommation finale d’énergie en 2050 (et donc une diminution de l’ordre de 15 % en 2025), et la limitation à 50 % du nucléaire dans la consommation électrique française en 2025 [11].

Quels que soient les efforts de pénétration de l’électricité dans de nouvelles applications, personne (à part EDF ?) n’imagine en effet une augmentation ; on prévoit plutôt une stagnation, voire une décroissance de la consommation d’électricité en France en 2025.

Réduire le facteur de charge du parc nucléaire 

Il n’est pas vraisemblable non plus de multiplier par deux les exportations d’électricité actuelles (91 TWh en 2015), à la fois pour des raisons techniques (la capacité des lignes électriques transfrontalières) mais aussi économiques : la surcapacité de la plupart des pays européens retentit sur les prix de l’électricité hors pointe, qui s’effondrent.

Dernière solution, réduire le facteur de charge du parc nucléaire de 80 à 60 %, sauf que cette réduction provoquerait une augmentation du coût moyen de production de 25 % (de 65 € à plus de 80 €/MWh).

Seul l’arrêt de 15 à 25 tranches nucléaires du parc permettrait de respecter la règle des 50 %. Cette stratégie permettrait des économies d’investissement de maintenance de 25 à 35 milliards d’euros [12]. Par contre, elle rapprocherait d’une dizaine d’années les échéances du démantèlement problématique des centrales [13]. Elle poserait aussi évidemment à EDF des problèmes de réallocation d’emplois pour 8.000 à 12.000 travailleurs qu’il faudra former et affecter à d’autres tâches dans les 10 ans qui viennent.

En fait, EDF et le gouvernement affrontent trois objectifs contradictoires :

 . faire croître rapidement la proportion d’électricité renouvelable dans la consommation d’électricité à 23 % en 2020, comme la France s’y est engagée [14], objectif d’autant moins difficile à atteindre que cette consommation est faible ;

 . faire décroître fortement la proportion d’électricité nucléaire destinée à la consommation française, objectif d’autant moins difficile à atteindre que cette consommation est élevée ;

 . faire participer la consommation d’électricité à la décroissance continue de la consommation d’énergie finale nécessaire à sa division par deux en 2050, objectif synergique du premier objectif mais incompatible avec le second…

Repousser à plus tard la question inéluctable du démantèlement 

Avec ses annonces, le président d’EDF, semble-t-il avec la complicité du gouvernement, joue la politique du fait accompli. Si l’on suit sa politique, il deviendra de plus en plus évident, dès avant 2020, que ni les 50 % de nucléaire, ni les 23 % de renouvelables en 2020 [15], ni les indispensables économies d’électricité ne seront au rendez-vous.

Cette stratégie, dispendieuse et risquée, ne fait que repousser à plus tard la question inéluctable du démantèlement et enferme la France dans le choix nucléaire, quel que soit son coût, pour les 60 ans qui suivront 2030. Sans compter que les progrès du numérique et des transmissions, le développement des moyens de production d’électricité locaux, l’émergence de solutions de stockage décentralisées et de lissage des pointes de consommation engendrent dès maintenant en Europe du Nord une modification importante de l’architecture des réseaux : on passe d’un réseau fonctionnant en sens unique – depuis quelques sites de production jusqu’au consommateur – à un système de dialogue constant entre une myriade de producteurs et de consommateurs, en recherchant à chaque instant l’optimisation des comportements des uns et des autres.

En restant volontairement prisonnière d’une production nucléaire rigide toujours plus concentrée et de l’architecture maître-esclave qu’elle entraîne pour le réseau, la France se trouvera très mal placée pour accueillir l’arrivée massive des énergies renouvelables qui se profile d’ici à 2030.

Jean-Bernard Lévy, le président d’EDF, plutôt que de jouer la montre et de quémander des subventions déguisées pour maintenir le statu quo nucléaire, ferait mieux, une fois n’est pas coutume, de se soumettre aux lois votées par la représentation nationale après un long débat, plutôt que d’attendre des jours politiques éventuellement meilleurs pour le lobby nucléaire aux abois.

Article de Benjamin Dessus, ingénieur et économiste français né en 1939. Il est actuellement président de l’association Global Chance.

[1] À l’exception de celle de deux centrales prévue par la loi avec la mise en service de l’EPR de Flamanville.

[2] Voir les rapports annuels “World Nuclear Industry Status Report,” Mycle Schneider, http://www.global-chance.org/Nucleaire-la-grande-illusion-Promesses-deboires-et-menaces et http://www.global-chance.org/Nucleaire-le-declin-de-l-empire-francais.

[3] En France, par exemple, l’introduction de 5 millions de véhicules électriques dans le parc avant 2025 – hypothèse évidemment bien improbable (il n’en existe que 40.000 aujourd’hui) – n’entraînerait qu’une augmentation de consommation de 15 TWh d’électricité (soit 3 % de la consommation actuelle).

[4] En particulier du fait des défauts relevés sur le fond de la cuve du réacteur de Flamanville et actuellement en expertise.

[5] Rapport 2015 de la Cour des comptes, page 111.

[6] Cour des comptes , Les coûts de la filière nucléaire (2012).

[7] Cour des comptes, rapport 2015 page 124.

[8] 67% d’un coût de 24 milliards de livres.

[9« L’ensemble des projets industriels d’EDF et leurs répercussions sur la filière nucléaire devraient nécessiter 110.000 recrutements d’ici 2020 dans les emplois directs et indirects », selon le rapport 2015 de la Cour des comptes, page 126.

[10] « EDF veut renouveler le parc nucléaire grâce à ses EPR », Challenges du 21 octobre 2015.

[11] Le respect d’une telle consigne en 2015 aurait supposé de faire chuter la production nucléaire de 416 à 245 TWh environ.

[12] Sur la base de l’évaluation de la Cour des comptes (1.600 €/kW)

[13] Le coût de 300 €/kW retenu par EDF pour constituer ses provisions pour démantèlement est contesté par la Cour des comptes.

[14] Paquet climat 2020 : 23 % d’électricité renouvelable dans la consommation électrique nationale.

[15] Cela supposerait en effet de pratiquement doubler la production d’électricité renouvelable cumulée actuelle, hors hydraulique.

https://reporterre.net/EDF-plonge-en-Bourse-Normal-sa-strategie-nucleariste-est-vouee-a-l-echec

Nov 14

FAITES-VOUS PARTIE DE LA POPULATION LA PLUS À RISQUE EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE?

En France, plus de 200.000 personnes vivent dans une commune située à moins de 5 km d’une centrale nucléaire. Un accident grave pourrait les contraindre à évacuer leur domicile.

D’ici quelques jours, la centrale du Tricastin qui est à l’arrêt depuis plus d’un mois devrait reprendre du service. L’autorité de sûreté nucléaire a imposé en septembre la suspension d’activité de cette centrale située à la frontière de la Drôme et du Vaucluse, en raison de risques d’inondation du site en cas de séisme d’ampleur exceptionnelle. Au-delà de cet événement, EDF a décelé jeudi dernier un incident «significatif de sûreté» concernant deux des réacteurs de la centrale de Paluel, située en Seine-Maritime. En conséquence, le leader de l’énergie a remplacé les équipements en cause qui avaient souffert de corrosion. Ce fait survient après plusieurs incidents de niveau 2 sur le parc nucléaire français, depuis cet été. Le président de l’ASN Pierre-Franck Chevet, auditionné mercredi par des députés, a toutefois jugé «globalement satisfaisant» le niveau de sûreté des installations nucléaires en France.

Si ces événements n’ont pas, ou peu, de conséquences, un accident plus grave pourrait être bien plus préoccupant pour la population avoisinant une des 19 centrales françaises. Sur tout le territoire, plus de 2 millions de citoyens vivent à moins de 20 km d’une infrastructure nucléaire. Ces derniers sont donc dans le champ d’application des plans particuliers d’intervention (PPI) ; des mesures de protection des populations, des biens et de l’environnement. Parmi ces 2 millions de personnes, 211.000 vivent dans une commune située à moins de 5 km d’une centrale, et sont- elles – concernées par une évacuation en cas d’accident grave.

En mars 2011, l’accident nucléaire de Fukushima a provoqué le déplacement de plus de 200.000 habitants. Dans les minutes qui ont suivi l’événement, les autorités japonaises ont évacué directement un premier rayon de 3 km avant de l’étendre à 20 km, le lendemain. Les personnes résidant dans un rayon de 20 km à 30 km de la centrale ont quant à elles étaient invitées à se mettre à l’abri et éviter, au maximum, de sortir de chez elles. Lors de cet événement, Marie-Pierre Comets, commissaire de l’ASN, avait estimé que les «les hypothèses les plus pessimistes» auraient pu conclure à un élargissement de la zone d’exclusion de 60 à 70 km. Toutefois, l’évolution de la situation n’a pas requis une révision de la zone.

En France, la zone de 5 kms peut donc paraître faible. Mais celle-ci est relativement théorique. Elle représente un premier palier d’évacuation avant de recevoir notamment, les modélisations et calculs de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), et ainsi décider d’un éventuel élargissement. «Si l’accident s’avère important, il y a en premier lieu une mise à l’abri de la population. Ensuite, dans les 6 heures qui suivent l’événement, le préfet peut décider de l’évacuation des premières zones à risque. Mais dans les faits, le retour d’expérience de Fukushima nous montre que 80% de la population habitant à moins de 5 km de la centrale quitte d’elle-même les lieux», explique au Figaro Michel Demet, conseiller du Président de l’ANCCLI. «La population qui se situe dans un rayon de 20km est sensibilisée à ce risque grâce aux plans particuliers d’intervention (PPI). Ces personnes savent se comporter en fonction des consignes données. Toutefois, après ces 20 km, la sensibilisation au risque est bien moindre. C’est pour cette raison que l’ANCCLI souhaiterait que les PPI soient étendus à 80km», ajoute Michel Demet.

Détail des populations concernées par site

Dans l’Hexagone, dans un rayon de 5 km, c’est la centrale du Tricastin qui concerne le plus de personnes, soit 40.000. La deuxième est celle de Saint-Alban, en Isère, avec plus de 35.000 habitants. En cas d’accident, cette dernière pourrait d’ailleurs être une des centrales les plus problématiques. Comme le montre la carte suivante, la centrale de Saint-Alban se situe à une quarantaine de kilomètres de la métropole lyonnaise et pourrait donc concerner plus de 3 millions de personnes si une zone d’évacuation de 60 km était décrétée. Une mesure qui reste peu probable au vu des précédents accidents nucléaires. En revanche, cette population pourrait tout de même être plus exposée que la moyenne à des rejets radioactifs.

À l’inverse, la centrale de Flamanville, située au bord de la Manche, est l’une des moins problématiques en termes de population. En effet, son emplacement côtier minimise le nombre d’habitants qui entoure le complexe nucléaire. Ainsi, dans un rayon de 20 km, «seulement» 46.345 personnes pourraient être amenées à quitter leur domicile. (La centrale de Chooz compte 29.517 personnes sur le territoire français auxquelles s’ajoutent de nombreux belges que nous n’avons pas inclus dans nos calculs).

Enfin, la centrale de Nogent-sur-Seine est celle qui se trouve la plus proche de Paris. Celle-ci est localisée à près de 93 km de la capitale. À cette distance, une évacuation paraît totalement irréaliste, mais près de 10 millions de personnes pourraient tout de même être exposées à des rejets radioactifs.

Les estimations réalisées ci-dessus sont purement théoriques. Pour pouvoir avoir une idée plus précise et réaliste de possibles expositions, il est primordial de prendre en compte des données météorologiques comme le vent, par exemple. Depuis plusieurs dizaines d’années, Météo France calcule des «roses des vents» permettant de connaître les vents majeurs d’une station géographique précise. Ainsi, en fonction de ces informations et en prenant en compte les différentes probabilités, il est possible d’estimer des directions «moyennes», en cas d’émanation d’un panache radioactif. «De manière générale le législateur ne prend pas en compte le relevé de vent moyen. Bien sûr, pour certaines zones, il y a des axes de vents majeurs connus mais cette donnée est trop aléatoire. Par exemple pour Fukushima, les vents majeurs auraient dû amener les rejets radioactifs vers Tokyo, heureusement, le jour de l’accident ce n’était pas le cas, les vents allaient vers l’océan», explique au Figaro le directeur Général adjoint chargé de l’environnement et de la santé de l’IRSN.

Comme le montre le graphique suivant, la majorité des vents majeurs à proximité de la centrale de Nogent-sur-Seine se dirigent vers le Nord-Est, selon les relevés de Météo France. Statistiquement, il y a donc plus de chances qu’en cas d’accident nucléaire les vents amènent l’hypothétique panache radioactif vers Reims ou Châlons-en-Champagne, plutôt que vers Paris.

Un coût important pour l’État

Dans un rapport publié en 2013, l’IRSN estimait à 11 milliards d’euros le coût de l’évacuation et des préjudices territoriaux pour un accident jugé «grave». Pour un accident «majeur», la facture pourrait même monter à 110 milliards d’euros. «Les quantités de produits agricoles devant être éliminées seraient considérables. La gestion des territoires contaminés (en dehors des zones d’exclusion) resterait un défi permanent durant de nombreuses années. Les pays voisins seraient également souvent affectés par la contamination», souligne l’INRS dans ce même document. Bien sûr, le risque d’un tel événement est faible et l’estimation de son coût reste approximatif tant la gravité de l’accident et différentes données entrent en jeu dans son évaluation.

Toutefois, sans fixer de montant précis, même un accident bien moins important, jugé «mineur» pourrait coûter cher à l’État. «Dans un accident mineur, avec très peu de rejets radioactifs, on serait tenté de réaliser une décontamination ambitieuse pour revenir à une situation normale et c’est coûteux. D’où l’importance des exercices réalisés chaque année – une quinzaine par an – pour se préparer à ce type de gestion», détaille Jean-Marc Péres.

Fin 2014, l’Ifop avait réalisé une étude sur la perception du risque nucléaire dans l’Hexagone. En moyenne, les Français estimaient que la distance de sûreté entre leur habitat et une centrale en cas de fuites radioactives étaient de 330 kilomètres. Les sondés résidant à moins de 20 km d’un réacteur la surévaluaient même à 489 km.

Pour accéder aux différentes cartes illustrant cet article, cliquer sur : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/11/14/20002-20171114ARTFIG00018-faites-vous-partie-de-la-population-la-plus-a-risque-en-cas-d-accident-nucleaire.php

Nov 13

RENONCEMENTS EN SÉRIE SUR L’ÉCOLOGIE : N. HULOT DOIT RÉPONDRE À L’URGENCE NUCLÉAIRE

La semaine dernière, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, repoussait de 5 à 10 ans la date fixée par la loi sur la transition énergétique pour réduire de 75 à 50% la part de nucléaire dans la production d’électricité. Compte tenu de la situation critique dans laquelle se trouve la France en matière de transition énergétique et de risques nucléaires, il commet une erreur extrêmement grave. Et il allonge au passage la liste des renoncements du gouvernement Macron en matière d’écologie.

Le gestionnaire de réseau RTE, détenu majoritairement par EDF, a annoncé mercredi 8 octobre matin, dans son bilan prévisionnel, que la réduction de la part du nucléaire à 50 % d’ici à 2025 impliquerait le recours à plus de centrales à gaz et à charbon et une hausse des émissions de gaz à effet de serre. Une estimation fausse, comme le montrent plusieurs scénarios de transition, comme ceux réalisés par Greenpeace, l’ADEME, ou encore de Négawatt. Dans la foulée de cette publication, Nicolas Hulot annonçait réfléchir à reporter l’échéance de 2025, détricotant l’objectif emblématique de la loi sur la transition énergétique.

Nucléaire en France : la situation est plus que critique

Après les déclarations de Nicolas Hulot et les nombreux commentaires qu’elles ont suscités, il semble important de faire quelques rappels.

L’état du parc nucléaire français est désastreux. En France, 37 réacteurs sur 58 sont touchés par des problèmes d’anomalies. Par ailleurs, en raison de nombreuses défaillances, ce sont aujourd’hui 21 réacteurs sur 58 qui sont à l’arrêt.

Le risque d’accident nucléaire en France n’a peut-être jamais été aussi important en 40 ans. En France, ces 58 réacteurs possèdent tous une piscine d’entreposage du combustible nucléaire usé qui sont extrêmement mal protégées face au risque d’attaques extérieures et constituent une véritable menace pour des millions de Français et d’Européens.

La situation financière d’EDF est catastrophique.. Le géant français de l’électricité, qui est aussi l’exploitant des 58 réacteurs présents sur notre territoire, est un colosse aux pieds d’argile. Avec une dette brute de 75 milliards d’euros, les finances de l’entreprise sont plombées par le nucléaire, il n’a plus les moyens d’investir dans la maintenance des centrales nucléaires et dans la poursuite de son programme industriel. (NDLR : l’action EDF chute de plus de 10% ce jour)

Même lorsque EDF veut investir dans la maintenance de ses réacteurs, cela conduit à des incidents très sérieux en matière de sûreté, comme celui qui a touché la centrale de Paluel jeudi 9 novembre, lié à un problème de corrosion de certains équipements. Ce problème de rouille qui concerne la moitié des réacteurs du parc nucléaire français est emblématique de la situation.

Urgence numéro 1 : une trajectoire claire de fermeture de réacteurs

Le temps presse. La plupart des réacteurs vont arriver au bout de la durée d’exploitation qui était prévue quand ils ont été construits : l’âge fatidique des 40 ans pose une question très claire : doit-on réinvestir ou non dans notre parc nucléaire ?

Ce qui est certain, c’est qu’il ne sera pas possible de garder ces réacteurs en fonctionnement bien longtemps. De Nicolas Hulot, nous attendons une décision qui doit être prise maintenant, une trajectoire précise assortie d’un calendrier clair pour la fermeture des réacteurs ainsi que des mesures d’accompagnement pour les travailleurs du nucléaire. Pas qu’il repousse la gestion du problème aux calendes grecques.

Rappelons que le point de départ de la volonté de réduire la part du nucléaire en France remonte à la catastrophe nucléaire de Fukushima, en 2011. C’est bien depuis cette date qu’une prise de conscience massive a eu lieu sur la vulnérabilité des réacteurs nucléaires tels que nous les connaissons en France.

La décision politique de repousser l’objectif de  50% d’électricité d’origine nucléaire ne résistera pas à l’épreuve des faits : Nicolas Hulot doit s’emparer de cette urgence.

Le nucléaire n’est pas la solution

Avec 21 réacteurs nucléaires à l’arrêt sur les 58 que compte le parc nucléaire français, comment peut-on prétendre que le nucléaire puisse encore répondre aux besoins énergétiques français ?

Le problème de la transition énergétique française ne doit pas être pris à l’envers : il ne sert à rien de persister dans l’impasse nucléaire en prétendant attendre que les énergies renouvelables soient prêtes à prendre la relève. Prêtes, elles le sont déjà. Mais tant que le nucléaire prendra toute la place — sur le réseau électrique, dans les budgets publics, dans la politique énergétique — les énergies renouvelables ne pourront pas se développer rapidement et massivement.

Quant au fait de poser le débat de la transition énergétique en opposant nucléaire et charbon : cela n’a aucun sens. Annoncer un recul sur le nucléaire en pleine COP23 et le faire en invoquant le combat pour le climat relèverait presque d’une manipulation finement orchestrée.

Ainsi, le 8 novembre 2017, RTE, filiale d’EDF, a agité le chiffon rouge des émissions de gaz à effet de serre en conditionnant leur diminution au maintien de la part prépondérante du nucléaire dans le mix électrique français.

Mais c’est justement les défaillances du nucléaire, avec l’accumulation des dégradations sur les réacteurs et la mise à l’arrêt fréquente et subie de nombreuses unités, qui contraignent la France à consommer de l’électricité produite par le charbon, et qui l’obligent aussi à en importer, notamment en provenance d’Allemagne.

La seule solution à la crise climatique, c’est de passer à un système 100% renouvelable et économe en énergie et en électricité. Même EDF le reconnait désormais: le nucléaire est moins compétitif que les énergies renouvelables. Il est temps de dire stop aux fausses solutions pour le climat.

Projet de loi hydrocarbures, glyphosate, pesticides tueurs d’abeille, traité commercial CETA : la décision de reporter les objectifs de la réduction de la part du nucléaire dans la production énergétique française s’ajoute à une longue liste de renoncements du gouvernement Macron en matière d’écologie. Sur le nucléaire en particulier, les mandats s’enchaînent mais la procrastination continue. La France ne doit plus attendre pour propulser les énergies renouvelables et en finir avec l’état de risque nucléaire permanent.

https://www.greenpeace.fr/renoncements-serie-lecologie-n-hulot-repondre-a-lurgence-nucleaire/

Nov 13

GESTION CHAOTIQUE DES DÉCHETS RADIOACTIFS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CRUAS : EDF CONVOQUÉE LE 14 NOVEMBRE AU TRIBUNAL DE POLICE DE PRIVAS

Des équipements contaminés ayant été jetés avec les déchets conventionnels à la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche), près de Montélimar, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a fait citer EDF devant la justice. L’audience aura lieu le 14 novembre, à 9h, au TGI de Privas. Seront aussi parties civiles les associations France Nature Environnement, FRAPNA Ardèche, Sortir du nucléaire Sud-Ardèche et Stop Nucléaire 26-07.

Des déchets radioactifs retrouvés là où ils n’auraient pas dû être

Le 6 novembre 2015, des techniciens de la centrale nucléaire de Cruas ont détecté de la radioactivité dans une benne de déchets conventionnels qui devait quitter le site pour rejoindre la déchetterie. Il leur faudra quatre jours pour retrouver dans cette benne un sac rempli de combinaisons papier et de sur-bottes qui avaient été portés par des personnes travaillant en zone nucléaire, alors que ces déchets contaminés doivent absolument être séparés des déchets conventionnels pour éviter toute contamination ! Pour couronner le tout, EDF n’a déclaré officiellement le problème à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qu’au bout de 10 jours.

À Cruas, un problème récurrent de mauvaise gestion des déchets contaminés

La découverte de ce sac était intervenue quelques jours après une inspection de l’ASN portant précisément sur la gestion des déchets, de nombreux problèmes étant survenus les années précédentes… Depuis, EDF n’a pas fait preuve de beaucoup plus de rigueur : en juillet 2016, suite à une nouvelle inspection, l’ASN faisait état d’un laisser-aller important sur le site, de contenants destinés aux déchets radioactifs qui ne portaient pas d’étiquetage appropriés et stockés de manière désordonnée, de sacs de gravats contaminés sans mention permettant de les identifier comme tels et rangés à côté de gravats non contaminés…

L’affaire sera examinée en justice grâce aux associations

Cette gestion calamiteuse des déchets radioactifs pourrait aboutir à la dispersion de radioactivité dans l’environnement. Pour dénoncer ce laisser-aller et que cela cesse, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a fait citer EDF et le directeur de la centrale de Cruas devant le tribunal. France Nature Environnement, la FRAPNA Ardèche, Sortir du nucléaire Sud Ardèche et Stop nucléaire 26-07 se sont portées parties civiles en raison de la gravité des faits.

Les associations ont bon espoir de voir condamner EDF, une plainte similaire ayant déjà abouti à la condamnation d’EDF en 2013 suite à un déversement de gravats radioactifs dans l’environnement survenu en 2011 près de la centrale du Bugey.

Après deux renvois, l’affaire sera examinée le 14 novembre 2017 à 9h par le tribunal de police de Privas. Les militants appellent à un rassemblement dès 8h30 devant le palais de justice, 10 cours du Palais à Privas.

Dossier juridique : http://sortirdunucleaire.org/Cruas-sac-dechets-contamines

Contacts presse :

Avocat : Étienne Ambroselli – 06 09 30 80 67

Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“ :

Marie Frachisse (juriste) – 07 62 58 01 23

Pour France Nature Environnement :

Étienne Ambroselli – 06 09 30 80 67

Pour Sortir du nucléaire Sud Ardèche :

Alain Joffre – 06 75 50 29 86

Pour la FRAPNA Ardèche :

Frédéric Jacquemart (Président) – 04 66 56 65 78

Un laisser-aller symptomatique de problèmes de sûreté plus généraux

Les associations rappellent qu’au-delà de ce problème de gestion des déchets, la centrale de Cruas est notamment menacée par un risque important de « perte de la source froide » (c’est-à-dire de capacités de refroidissement du réacteur en cas d’accident) en raison de nombreuses défaillances techniques et organisationnelles. En effet, non seulement les tuyauteries des stations de pompage des réacteurs 1 et 4 sont mal entretenues et si corrodées qu’elles ne résisteraient pas à un séisme (voire à un simple choc violent), mais en ce qui concerne le réacteur n°4, il existe toujours un risque que la prise d’eau se retrouve obturée par les végétaux charriés par le Rhône. Pour couronner le tout, suite à des problèmes de circulation d’information, un circuit de refroidissement de secours a récemment été désactivé sans raison pendant 7h !

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/Nos-communiques-de-presse

Nov 13

MANIFESTATION ANTI-NUCLÉAIRE À CARCASSONNE

L’industrie nucléaire tue-t-elle l’avenir dans l’Aude ?

Il ne se passe pas une semaine sans que l’industrie nucléaire ne défraie la chronique en France. Tantôt, ce sont des bétons défectueux, des pompes de secours qui ne fonctionnent pas, des pièces métallurgiques hors normes mais quand même acceptées, des tuyauteries rongées par la rouille… Avec des coûts qui grimpent, le contribuable est sommé de mettre la main à la poche continuellement.

Heureusement, il n’y a pas eu encore d’accident majeur en France. Cependant, les exemples de Tchernobyl et Fukushima sont hélas l’illustration de ce qui pourrait se passer, si on continue dans cette voie sans écouter ceux qui vivent à côté des centrales ou d’endroits très chauds ou l’on recycle les déchets radioactifs comme le site de Malvési près de Narbonne.

Double actualité sur le nucléaire

En ce mois de Novembre 2017, l’actualité traitant du nucléaire est en double. D’un côté, Nicolas Hulot, le ministre de l’écologie annonçait que l’objectif de réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50% en 2025 ne serait pas tenu et de l’autre, Alain Thirion, le préfet de l’Aude qui annonce la signature de l’arrêté autorisant la construction d’un incinérateur très polluant sur le site AREVA de Malvési, près de Narbonne.

La loi de transition énergétique de 2015 avait tracé ce scénario de réduction à 50 % en 2025, sur la base d’études et d’expertises aussi diverses que celles de l’association Négawatt et d’agences de l’État. La mise en musique revenait à un décret de programmation pluriannuel. Le premier a été pris en octobre 2016, avec 6 mois de retard sur le calendrier sous le ministère de Ségolène Royal.

Frilosité gouvernementale

Ce décret a été fortement contesté par les associations de protection de l’environnement ainsi que les politiques soucieux d’écologie et de notre avenir énergétique.

Pourquoi ? Parce qu’il était frileux quant à la trajectoire des 50 %. Si le volet énergies renouvelables était mis en avant, le volet économie d’énergie manquait totalement d’ambition. Les 6 mois de retard sont dus à l’intense lobbying des acteurs de la filière nucléaire qui craignaient à la fois de perdre leurs bijoux mais encore de voir la demande en électricité diminuer.

Nicolas Hulot, étant en responsabilité et les promesses électorales faites par monsieur Emmanuel Macron donnaient l’espoir aux Anti- nucléaires que la barre allait être redressée. La France, pays le plus exposé au monde à cette énergie mortifère allait pouvoir entrer dans un cercle vertueux.

Espoir perdu

Cette semaine, cet espoir a été anéanti ! Tout comme a été anéanti l’espoir qu’une solution puisse être trouvée pour une gestion responsable des déchets accumulés à Malvési par 50 ans de production de tétrafluorure d’uranium et quelques années de traitement clandestin de combustibles nucléaires usagés.

L’exploitant s’est engagé dans la voie d’un incinérateur extrêmement polluant qui continu de soulever une profonde inquiétude dans la population locale, provoquant des demandes de moratoire des municipalités environnantes, du Conseil Départemental, de la Région, du monde viticole… destinées à prendre le temps de rechercher des alternatives.

Devant la levée de bouclier, Alain Thirion le préfet de l’Aude a temporisé, nommant vite des experts chargés d’examiner le dossier. Au moment où ceux-ci rendaient leurs conclusions, d’autres experts mandatés par les agriculteurs et vignerons locaux se montraient inquiets quant aux retombées (NOX, composés organiques volatils, perturbateurs endocriniens, radionucléides…) et à la viabilité du procédé lui-même.

Circulez y a plus rien à voir

Les experts du préfet, peu suspects de non conformisme sur la doxa idéologique pro- nucléaire, ont dit pour l’un qu’il n’y avait rien à redire et pour l’autre non plus, mais qu’il fallait organiser la concertation avec les opposants « sur les avancées technologiques ».

Fort de ces conclusions, le Préfet Thirion a décidé de signer l’arrêté autorisant cet incinérateur. Si le préfet devait préalablement consulter le CODERST (Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques sanitaires et Technologiques), qui n’est habituellement qu’une chambre d’enregistrement, il n’y a eu seulement une majorité d’avis favorables que grâce aux voix des représentants de l’état français.

Un projet rejeté par la population et les élus.

Force est de constater que nous sommes devant un projet rejeté par la population et les élus, mais soutenu par l’État et ses alliés de la filière nucléaire, dans l’intrication qu’on leur connaît. En effet, il faut être conscient que l’histoire de l’usine de Malvési n’est pas qu’un enjeu local.

Que faire des déchets de l’industrie nucléaire ?

Si les média nationaux et locaux se sont intéressés, le thème reste malheureusement impossible à traiter car le format des émissions de télé et de radio rendent souvent bien difficile l’abord d’un sujet aussi complexe tant par son coté scientifique, que par la désinformation étatique qui est facile d’observer depuis des années (il suffit de regarder comment sont réglées les pollutions des anciens sites miniers dans le Gard, tels que Saint Félix de Pallières et de ses environs).

Il n’a par exemple jamais été question dans ces médias de la problématique plus générale du devenir des déchets de l’industrie nucléaire. Elle en produit annuellement des dizaines de milliers de tonnes dont personne ne sait que faire et le site de Malvési est emblématique de cette situation.

(Sauf à Bourg Fidèle dans les Ardennes ou l’Armée Française (via la société Debus à Villejuif… société spécialisée dans la récupération des métaux dans le Val de Marne avec la fonderie d’Aubervilliers en Seine Saint Denis) n’a pas hésité à se débarrasser dans la fonderie de l’usine Métal Blanc de ce village de Bourg Fidèle, de sept tonnes de déchets militaire d’uranium nucléaire appauvri pour leur dissolution dans le cadre de recyclage de plomb de batteries automobiles).

Certaines mauvaises langues ont même cité les anciennes mines de Saint Félix de Pallières pour leurs enfouissements.

Ces mêmes média ont répété à l’envie que le projet allait permettre de résorber le stock de déchets. Cependant cet incinérateur traitera les stocks de déchets qui vont grossir tant que fonctionnera l’usine. Mais jusqu’à quand ?

Certains caressaient l’espoir d’une sortie progressive du nucléaire si la charge diminuait. Avec cette signature, les habitants de la région de l’Aude ont compris que cet incinérateur crachera ses fumées radioactives pendant plusieurs dizaines d’années. D’où cette grande mobilisation dominicale à 16h à la porte Narbonnaise de la cité Médiévale de Carcassonne ce dimanche.

Le combat continu

Les antinucléaires sont dans le combat de ce projet, aux côtés d’autres associations depuis qu’a été révélée son ampleur. L’autorisation préfectorale, malgré la mobilisation populaire ne les étonne qu’à moitié et loin de les décourager renforce leur combativité.

L’association locale a malheureusement fait le constat que nombre d’élus qui avaient apporté leur soutien au début à cette lutte sont rentrés dans le rang, le doigt sur la couture du pantalon. Certains élus trouvent dans cet arrêté des avancées, une décision équilibrée. Des avancées certaines, mais tellement infimes par rapport aux vrais problèmes de fond posés par ce dossier pourri.

De nombreux risques à très faibles doses

Si dans ce dossier mortifère, on demande de diminuer les émissions de composés organiques volatils (COV), il est bon de préciser que les phtalates, perturbateurs endocriniens connus qui vont être présents dans les fumées en grande quantité, ne sont pas exempts de risques à très faibles doses.

Principe de précaution inexistant

Alors ou est le principe de précaution ? Quid pour la population locale, mais également pour toute la nourriture produite localement qui se trouvera disséminée aux 4 coins de l’Europe grâce à la formidable poussée économique de cette nouvelle région Occitanie appuyé par l’organisation Sud de France. De qui se moque-t-on ?

Autre promesse préfectorale : la transparence. Mais que vaut cette promesse si des données de l’arrêté lui-même portent la mention « annexe confidentielle, non communicable »

Oui décidément, l’industrie nucléaire tue l’avenir, mais également sous peu les concitoyens locaux … avec la passivité complice de certains élus.

Troisième actualité nucléaire

Un nuage radioactif est passé au-dessus de la France à la suite d’un accident nucléaire en Russie.
Repéré fin septembre, ce nuage témoignerait d’un accident nucléaire survenu en Russie ou au Kazakhstan. Il n’y aurait « pas de risque identifié pour la population en France » (sûrement comme Tchernobyl).

https://tvlanguedoc.com/manifestation-anti-nucleaire-cite-carcassonne/

Nov 13

AREVA : TENIR, EN ATTENDANT UN ÉVENTUEL REBOND

Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires du nouvel Areva, recentré sur le cycle du combustible, a cédé près de 15 %.
« La force du nouvel Areva, c’est son carnet de commandes sur plus de sept ans », expliquait début 2016  le directeur général d’Areva <https://www.lesechos.fr/08/02/2016/LesEchos/22124-074-ECH_philippe-knoche—–la-force-du-nouvel-areva–c-est-son-carnet-de-commandes–.htm?texte=groupes%20miniers%20uranium%20le%20billon>  , Philippe Knoche. Presque deux ans plus tard, ce carnet de commandes est toujours solide, grâce notamment à des contrats de très long terme signés avec EDF. Mais le marché du cycle du combustible, sur lequel le nouvel Areva est désormais recentré sous le nom provisoire « NewCo », continue à se dégrader.

Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_chiffre-daffaires.html#xtor=SEC-3168>  de « NewCo » a reculé de 14 % par rapport au premier semestre l’an dernier, à 1,8 milliard d’euros. Et si l’entreprise maintient un objectif de taux de marge <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_taux-de-marge.html#xtor=SEC-3168>  (résultat opérationnel <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_resultat-dexploitation.html#xtor=SEC-3168>  sur chiffre d’affaires) supérieur à 8 % en 2020, le résultat opérationnel était légèrement dans le rouge au premier semestre (-32 millions d’euros). Et le résultat net <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_resultat-net.html#xtor=SEC-3168>  (-169 millions d’euros) a encore été affecté par des pertes de valeur et de nouvelles provisions.

Presque toutes ses activités sont en berne : la mine, et, corrélativement, la conversion et l’enrichissement de l’uranium. Le marché du démantèlement, quant à lui, peine à vraiment décoller.

Pari de moyen terme

Fin juillet, le nouvel Areva a empoché les 2,5 milliards d’euros de l’augmentation de capital consentie par l’État pour sauver le groupe de la faillite. « NewCo », qui doit prochainement se trouver un nouveau nom, devrait aussi recevoir d’ici quelques mois les 500 millions d’euros promis par les japonais MHI et JNFL en échange de 10 % du capital de l’entreprise.

Le pari de moyen terme de l’entreprise, c’est celui d’un rebond du marché nucléaire. Areva tablait il y a deux ans sur une demande d’uranium de 80.000 tonnes à l’horizon 2025, contre 65.000 tonnes aujourd’hui. Une croissance qui repose pour l’essentiel sur le marché chinois, dont le parc est le seul à vraiment croître aujourd’hui. Mais Pékin voudra alors renforcer son autonomie sur le cycle du combustible – il a d’ailleurs déjà commencé.

À La Hague (Manche), où Areva retraite le combustible usé en nouveau combustible MOX pour EDF – désormais son seul client -, le groupe devra aussi engager d’importants investissements de sûreté. Alors que la fermeture de réacteurs nucléaires pourrait remettre en cause la rentabilité de cet outil industriel <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_outil-industriel.html#xtor=SEC-3168> , le gouvernement vient d’indiquer que la programmation pluriannuelle de l’énergie « définira également les modalités du maintien du recyclage du combustible nucléaire qui revêt un caractère stratégique pour la France ».

Article de Véronique Le Billon

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030858999547-areva-tenir-en-attendant-un-eventuel-rebond-2129406.php

Nov 12

L’OCCIDENT COMPTE RESTREINDRE LA PUISSANCE BALISTIQUE DE L’IRAN

L’éditorialiste du quotidien iranien Javan s’est penché, ce dimanche 12 novembre, sur les politiques du président français vis-à-vis de la République islamique d’Iran.

« Dans la division du travail entre l’Union européenne et les États-Unis, le président français Emmanuel Macron se charge apparemment de la préparation de nouvelles négociations avec l’Iran pour limiter la puissance balistique iranienne, tout en contribuant aux efforts visant à diminuer l’influence régionale de Téhéran. Cette même personne, lors de son déplacement aux Émirats arabes unis, a accusé l’Iran, sans aucune preuve, d’être derrière le tir des missiles, en provenance du Yémen, vers l’Arabie saoudite. Il a, de même, exprimé ses vives préoccupations quant à l’Iran, ajoutant qu’il faudrait en discuter. Macron, qui prépare apparemment une visite en Iran, est même allé plus loin en disant que de nouvelles sanctions pourraient être adoptées contre la République islamique d’Iran.

En effet, les restrictions que l’Occident souhaite imposer à la puissance balistique de l’Iran ne se bornent surtout pas à la limitation de la portée des missiles iraniens à 2 000 km, car tout progrès des Iraniens dans le domaine balistique fait peur aux Occidentaux. Ce qui les préoccupe le plus est la capacité des missiles iraniens à franchir les boucliers antimissiles de toute sorte. La question qui se pose ici est de savoir si nos rivaux régionaux restreindront leur puissance militaire. Et si la réponse est non, pourquoi devrions-nous restreindre notre puissance balistique ? Pourquoi les Iraniens devraient-ils limiter leur puissance balistique alors que les équipements militaires les plus sophistiqués des Américains se trouvent entre les mains des Israéliens et des Saoudiens, qui n’hésitent pas à proférer leurs menaces contre l’Iran ? »

http://www.presstv.com/DetailFr/2017/11/12/541935/Iran-Emmanuel-Macron-Moyen-Orient-missile-balistique-Arabie-saoudite-Isral-Etats-Unis-sanctions-France-accord-nuclaire

Nov 12

RUSSIE : L’OTAN ÉTUDIE LA POSSIBILITÉ D’UTILISER DES ARMES NUCLÉAIRES À SA FRONTIÈRE EST

Les attaques médiatiques contre les exercices russo-biélorusses Zapad 2017 de septembre ont été portées pour détourner l’attention des activités de l’Otan à sa frontière orientale. Ces manœuvres de l’Alliance ont notamment pour but d’étudier les possibilités d’utiliser des armes nucléaires, selon le ministre russe de la Défense.

L’Otan étudie les possibilités d’utilisation d’armes nucléaires à sa frontière Est, a déclaré vendredi le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou lors d’une réunion conjointe des ministères russe et biélorusse de la Défense.

«Le tapage fait par les médias occidentaux autour des exercices Zapad 2017 est destiné à détourner l’attention de l’activité soutenue de l’Otan près des frontières russes et biélorusses. L’Alliance augmente le nombre de ses exercices près de sa frontière Est, y compris en ce qui concerne l’étude des possibilités d’utiliser des armes nucléaires», a indiqué le ministre.

Les exercices conjoints Zapad 2017 (Occident 2017) se sont tenus sur des polygones russes et biélorusses entre le 14 et le 20 septembre sous le commandement des chefs d’État-major des forces armées des deux pays.

Les manœuvres, engageant 12.700 militaires, environ 680 pièces d’armements et véhicules, ainsi qu’environ 70 avions et hélicoptères et 10 navires, ont été suivies par 95 observateurs de 50 pays.

Malgré leur caractère défensif, ces manœuvres ont fait l’objet d’attaques médiatiques et d’accusations « de la part de certains partenaires » de la Russie, a noté le ministre.

Moscou a affirmé qu’avant le début des manœuvres Zapad 2017, les États-Unis avaient dépêché une brigade blindée supplémentaire en Pologne « contrairement à toutes les déclarations faites par l’Otan et les États-Unis concernant l’insignifiance des forces dépêchées vers les frontières russes ».

https://fr.sputniknews.com/international/201711101033818982-otan-arme-nucleaire-europe-choigou-russie/

Nov 12

PART DU NUCLÉAIRE : FRANÇOIS DE RUGY DÉNONCE LES GOUVERNEMENTS QUI « ONT CÉDÉ À LA PRESSION D’EDF »

Le 8 novembre dernier, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a annoncé que la France ne pourrait pas ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% en 2025, comme le stipulait la loi de transition énergétique de 2015. Le ministre table désormais sur 2030, voire 2035.

Invité de BFMTV ce dimanche 12 novembre, François de Rugy, président de l’Assemblée nationale et ancien député EELV converti au macronisme après sa défaite à la primaire du PS, se dit « déçu« . « Déçu » de ce report, bien qu’il n’en tienne pas Nicolas Hulot pour responsable.

Le quatrième personnage de l’État s’explique :

Je suis déçu que depuis des années on ait sans cesse repoussé les échéances. En revanche, je pense que c’est un devoir de dire la vérité aux Français. Emmanuel Macron, avant d’être élu président de la République, avait dit : « Dans cette loi, il y avait l’objectif de baisser la part du nucléaire, qui est aujourd’hui de 75% de la production d’électricité, à 50%Mais, à l’époque, c’était en dix ans. Sachant que cet engagement datait de 2012, ça aurait donc dû être fait en 13 ans. Nous n’avons plus que huit ans car, pendant cinq ans, malheureusement, EDF n’a rien voulu faire, a sans cesse repoussé et les gouvernements ont cédé à la pression d’EDF. Je le regrette bien car ce n’est pas une bonne façon de procéder, quand on a une volonté politique, on s’en donne les moyens»

Un manque de volonté des pouvoirs publics face à la direction d’EDF, donc, dont l’État est pourtant actionnaire à 80%. La journaliste pose alors tout de même cette question : ce report signifie-t-il qu’Emmanuel Macron a lui aussi cédé ? Réponse de François de Rugy :

« Non. Je pense qu’il va falloir donner des instructions plus claires à EDF que cela a été fait les cinq dernières années. »

Puis, le président du Palais Bourbon s’agace. Il en a « ras-le-bol des lois d’affichage » et propose une méthode pour que les parlementaires fassent plier un gouvernement en manque de volonté :

« Je propose que les députés, lorsqu’ils se rendent compte que le gouvernement ne met pas en œuvre une loi, que les décrets d’application ne sont pas publiés, qu’ils puissent reprendre la main. Les députés sont là pour veiller à ce que les lois qu’ils votent soient appliquées. »

Le 8 novembre, à l’issue du Conseil des ministres, Nicolas Hulot avait déclaré : « Si l’on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50%, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques. Et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon et probablement que si l’on voulait s’acharner sur cette date, il faudrait même rouvrir d’autres centrales thermiques« .

Le ministre veut se donner du temps et prendre une trajectoire réaliste pour réduire la part du nucléaire à 50%, d’où ce nouvel objectif de 2030 ou 2035. Ces dix années supplémentaires doivent notamment permettre de développer plus d’énergies renouvelables, car aujourd’hui, elles restent encore trop marginales. 12% de l’énergie produite en 2016 en France est d’origine hydraulique selon le rapport annuel de RTE France, et le pays n’a pas les capacités géographiques de faire beaucoup plus. Mais il peut davantage sur l’éolien (3,9%) et le photovoltaïque (1,6%).

http://lelab.europe1.fr/partu-du-nucleaire-francois-de-rugy-denonce-les-gouvernements-qui-ont-cede-a-la-pression-dedf-3490268

Nov 12

LE PROJET NUCLÉAIRE SUD-AFRICAIN SOUS LE FEU DES CRITIQUES

En Afrique du Sud, les ambitions nucléaires de Jacob Zuma font encore des remous. Une marche menée par des ONG avait lieu samedi 11 novembre à Johannesburg pour dissuader le président de mettre en œuvre son projet nucléaire, qu’il tente de relancer depuis 2010. Malgré plusieurs décisions de justice défavorables, le chef de l’État insiste. Il veut construire huit réacteurs nucléaires d’ici à 2037. Mais le prix exorbitant du projet ainsi que les exigences écologiques rassemblent une large opposition, y compris au sein du gouvernement.

De l’aveu même du ministre des Finances, Malusi Gigaba, le projet n’est pas nécessaire et mettrait à mal le budget du pays.

Car pour faire construire les huit réacteurs nucléaires russes, le projet de Jacob Zuma est estimé à 70 milliards d’euros. Des négociations avec la Russie avaient été avortées en avril dernier. La justice sud-africaine avait alors obligé Jacob Zuma à obtenir l’approbation du gouvernement pour mettre en vigueur un accord nucléaire.

Mais le président ne renonce pas, bien au contraire. Lors du remaniement ministériel le mois dernier, il a placé l’un de ses fidèles à la tête du ministère de l’Énergie. La date d’un accord, prévue pour février 2018, a été avancée à mi-novembre, dans deux semaines.

Les ONG, dont Greenpeace, dénoncent une décision anti-écologique. Les énergies vertes seraient moins chères et plus viables pour le pays, selon elles.

De son côté, le parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), craint pour le coût exorbitant du projet. Mais aussi à cause des soupçons de corruption qui pèsent sur cet accord.

http://www.rfi.fr/afrique/20171111-projet-nucleaire-sud-africain-sous-feu-critiques

Nov 11

PACIFIQUE OCCIDENTAL : LA MARINE SUD-CORÉENNE MONTRE SES MUSCLES AUX CÔTÉS DE TROIS PORTE-AVIONS US

Des bâtiments de la marine de guerre sud-coréenne se sont joints le 11 novembre à trois porte-avions américains dans le Pacifique occidental, réalisant une démonstration de force inédite à l’adresse de la Corée du Nord.

Un exercice militaire conjoint entre les marines sud-coréenne et américaine dans le Pacifique occidental, qui doit se poursuivre durant quatre jours, mobilise les porte-avions USS Ronald Reagan, USS Nimitz et USS Theodore Roosevelt, ainsi que sept navires sud-coréens, dont trois destroyers, selon le ministère sud-coréen de la Défense. Le 11 novembre, les bâtiments sud-coréens se sont joints à ces manœuvres militaires, visant à intimider Pyongyang, dont les ambitions nucléaires sont au centre de la tournée en Asie du président américain Donald Trump.

C’est la première fois depuis dix ans que des manœuvres de ce type mobilisent trois porte-avions. «L’exercice est destiné à renforcer la dissuasion contre les menaces nucléaires et les missiles de la Corée du nord et à démontrer notre préparation à repousser toute action provocatrice du Nord», a déclaré un porte-parole du ministère.

La Corée du Nord dénonce régulièrement ces manœuvres destinées, selon elle, à préparer une invasion de son territoire. Pyongyang réplique parfois en organisant ses propres manœuvres militaires à proximité ou en procédant à des tirs de missile.

La marine américaine a fait savoir qu’entre autres opérations, les bâtiments américains allaient conduire des exercices de défense, de surveillance maritime et de riposte aérienne.

Ces manœuvres interviennent juste après la visite du président Trump à Séoul et Pékin, dominée par la menace nucléaire nord-coréenne.

Dans un discours musclé devant l’Assemblée nationale sud-coréenne, Donald Trump a appelé,  le 8 novembre, le leader nord-coréen Kim Jong-un à ne jamais sous-estimer la détermination de l’Amérique et à renoncer à son programme nucléaire, avant de dénoncer les horreurs d’une «dictature cruelle». Mais au cours de sa tournée actuelle en Asie, Donald Trump s’est parfois montré plus conciliant en évoquant des «progrès» et la possibilité d’entamer des négociations.

https://francais.rt.com/international/45484-pacifique-occidental-marine-sud-coreenne-manoeuvre-porte-avions-am%C3%A9ricains

Nov 11

CENTRALE DE FESSENHEIM : CHRONIQUE D’UNE FERMETURE ANNONCÉE

Ce vendredi 10 novembre, le directeur de la production nucléaire d’EDF, Philippe Sasseigne était à la centrale de Fessenheim pour une visite managériale. Il fut bien sûr question de la fermeture de la plus vieille centrale de France. Le calendrier se précise.

Nous avons été alertés par un riverain de la visite du directeur de la production nucléaire d’EDF ce vendredi 10 novembre. Voici sa lettre :

Bonjour.

Le vendredi 10 novembre 2017, le Directeur de la production nucléaire d’EDF était à Fessenheim pour rencontrer les représentants des salariés de la centrale nucléaire. Il leur a annoncé la fin d’exploitation d’ici fin 2018 à avril 2019 du site nucléaire alsacien.

Au titre de la mobilité, 250 à 300 salariés d’ici-là seront mutés. À terme, il ne devrait rester sur la centrale nucléaire de Fessenheim qu’une soixantaine de salariés issus de l’ingénierie pour superviser les travaux de démantèlement.

Il est à noter que les forces de l’ordre étaient déployées à Fessenheim ce vendredi 10 novembre, pour prévenir des mouvements de salariés de la centrale nucléaire, d’autant qu’à moins de 30 kilomètres le président de la République française, en début d’après-midi, inaugurait un Mémorial lié à la première guerre mondiale près de Guebwiller.

En marge de cette visite, le directeur de la production nucléaire d’EDF a rencontré des élus locaux.

Gabriel WEISSER
Riverain inquiet de la doyenne des centrales nucléaires françaises de Fessenheim « 

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim a fait ces dernières années très régulièrement parler d’elle, se fera, se fera pas. Aujourd’hui, sa fermeture est actée par décret.

Une condition quand même, attendre que l’EPR de Flamanville 3 soit opérationnel, normalement d’ici fin 2018.
Nous avons joint par téléphone deux syndicalistes CFDT salariés de la centrale qui confirme la visite dite « managériale« , dans le cadre du processus de fermeture, du directeur de la production nucléaire d’EDF. Pas de date officielle de fermeture, mais sans doute, un début des opérations pour le premier trimestre 2019. « Ça fait mal au bide mais c’est une décision politique », assène Laurent Raynaud. Et Pascal Meyer de surenchérir, « c’est la première fois qu’on nous dit que les visites décennales ne se feraient plus à partir de 2020. » 
Plus de 1000 salariés travaillent aujourd’hui sur le site.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/alsace/centrale-fessenheim-chronique-fermeture-annoncee-1363953.html

Nov 11

ACTION DE SOUTIEN AU TRAITÉ DE NON-PROLIFÉRATION DES ARMES NUCLÉAIRES

Le 7 juillet 2017, à l’initiative de l’organisation des Nations Unies, 122 pays ont mis un point final à la négociation et l’élaboration d’un traité de interdiction des armes nucléaires (Treaty on the Prohibition of Nuclear Weapons).

Par la suite, le 20 septembre 2017, s’est ouvert le processus de signature du traité, avec l’espoir bien fondé que plus de 50 pays le ratifient, comme condition à son entrée en vigueur.

Le 15 novembre prochain, au congrès des députés, à Madrid, aura lieu une démarche au cours de laquelle sera abordé le contexte mondial de détérioration de la sécurité globale ainsi que le risque croissant de l’utilisation des armes nucléaires, et les principales initiatives internationales visant à l’éviter seront passées en revue.

Dans un contexte mondial où s’accroît, une fois de plus, le danger de guerre nucléaire, après les essais successifs de la Corée du Nord et la menace du président Trump de déclencher « une fureur et un feu encore jamais vus », il paraît nécessaire que le Parlement espagnol débatte de ce thème et adhère aux traités et actions internationales en cours.

Plusieurs organisations sociales comme Monde sans guerres et sans violence (MSGySV), l’Association espagnole d’investigation pour la paix (AiPAZ), la Fondation pour la culture de la paix et WILPF (Women’s International League for Peace and Freedom) – Espagne, entre autres, ont pris l’initiative de transférer au Parlement espagnol ce débat, en appelant d’une part les groupes parlementaires à prendre position à ce sujet et à demander au gouvernement pourquoi l’Espagne ne figure pas parmi ces 122 pays qui ont travaillé à l’élaboration de ce traité, et en invitant, d’autre part, tous les députés et sénateurs d’Espagne à cette action qui aura lieu le mercredi 15 novembre prochain à 16h dans la salle Clara Campoamor du Congrès des députés. On y parlera du contexte mondial relatif aux armes nucléaires et du traité de prohibition précité, ainsi que d’autres initiatives de désarmement nucléaire. De plus, le réseau des parlementaires pour l’interdiction nucléaire et le désarmement (PNND) sera présenté, lequel est un forum interparlementaire de caractère international qui compte plus de 700 parlementaires adhérents, hommes et femmes de 75 pays travaillant au désarmement nucléaire.

À cette fin Alyn Ware a été invité à participer, il est le coordinateur international de PNND, récompensé en 2009 par le Right Livelihood Award, plus connu sous le nom de prix Nobel alternatif de la paix, pour « le travail efficace et créatif qu’il a mené pendant des décennies pour promouvoir l’éducation pour la paix et libérer le monde des armes nucléaires ». Ces prix sont décernés chaque année depuis que le suédois Jakob von Uexkull les a créés en 1980 pour « honorer et soutenir des personnalités qui proposent des solutions concrètes et exemplaires aux défis du monde actuel ». Motif pour lequel Alyn Ware a été défini par la presse comme « un infatigable défenseur de la paix et de la non-violence ».

D’autre part, au cours des journées préparatoires de la 2e Marche Mondiale pour la paix et la Non‑violence, qui seront célébrées dans le palais de Cybèle (appelé palais des Communications jusqu’en 2011), siège du Conseil municipal de Madrid, le prochain vendredi 17/11, les initiatives en faveur du désarmement nucléaire seront examinées et l’adhésion de l’Espagne au Traité d’interdiction des armes nucléaires sera explicitement soutenue.

Contact : info@mundosinguerras.es

La participation est ouverte à toutes les parties intéressées jusqu’à ce que la pleine capacité soit atteinte. Vous pouvez vous inscrire sur le web: pazynoviolencia.org

Traduction de l’espagnol : Ginette Baudelet

https://www.pressenza.com/fr/2017/11/action-de-soutien-traite-de-non-proliferation-armes-nucleaires/

Nov 10

VERS UN RÉSEAU EUROPÉEN ET MONDIAL ANTINUCLÉAIRE POUR LIBÉRER LA PLANÈTE DU CRIME ATOMIQUE

Plusieurs centaines de personnes venues de tous les continents ont participé au 3ème Forum Social Mondial Antinucléaire qui se déroulait à Paris du 2 au 4 novembre dernier. Échanges et débats, réflexions et analyses, sens de l’action pour libérer la planète de la dictature nucléaire ont nourrit la quarantaine d’ateliers thématiques et les trois séances plénières d’une rencontre internationale hors du commun…

Plus de 300 personnes et 60 organisations (1) venues des quatre coins de la planète se sont réunies et rencontrées à l’occasion du 3ème Forum Social Mondial Antinucléaire (FSM-AN) qui s’est déroulé cette année à Paris du 2 au 4 novembre. Pendant quatre jours les militants et activistes agissant contre le nucléaire civil et militaire ont débattu du sens de leur engagement et des meilleurs moyens à mettre en œuvre pour abattre la domination des extrémistes nucléaristes et mettre un terme au règne de la terreur atomique.

La diversité des situations imposées par l’internationale atomiste

Grâce au syndicat « Solidaires » qui avait obtenu la jouissance des installations de la « Bourse du Travail » et à Attac qui co-organisait ce Forum, les luttes antinucléaires ont eu droit de cité au cœur même du pays le plus nucléarisé du monde par tête d’habitant. Dans les 40 ateliers qui se sont déroulés, les échanges ont montré la diversité des situations auxquelles les populations se trouvent confrontées au nucléaire et, en corolaire, les modalités multiples de luttes : pays possesseur de l’arme nucléaire telle la France, la Russie et l’Angleterre, pays accueillant sur leur territoire l’armement atomique états-unien telle la Turquie, pays non-nucléarisés mais exposés aux activités nucléaires des pays voisins telle l’Autriche ou le Portugal, pays étant sortis du nucléaire telle l’Italie ou bien en cours de sortie telle l’Allemagne, peuples autochtones en but au pillage de leurs territoires et aux contaminations radioactives des compagnies nucléaires tels les Amérindiens du Canada ou les Nigériens, peuples autochtones affrontant la négation de leurs racines et les pollutions mortelles des essais atomiques tels les Navajo du Nouveau-Mexique, pays subissant une catastrophe nucléaire telle l’Ukraine et le Japon, pays où les nucléaristes tentent d’imposer leurs installations de mort telle l’Inde et l’Australie, pays ayant gelé leurs projets mortifères atomiques telles la Suisse et l’Espagne,…

Conscience et questionnements stratégiques et tactiques

Partout sur la planète des individus qui ont fait effort de s’informer et sont devenus conscients des atteintes à la vie et des menaces de la destruction atomique se redressent et s’engagent pour en finir définitivement avec cette démoniaque invention humaine. Leurs voix sont diverses, notamment en France où le cadre de réflexion et d’actions est phagocyté par soixante années de propagande et de conditionnement pro-nucléaires déployés par l’État, l’armée et le lobby nucléaire. L’esprit et la pensée des populations sont ainsi loin d’être libres et critiques, à l’unisson de la plupart des partis politiques et syndicats productivistes englués dans une vision du siècle passé.

Normal dans ces conditions que les débats et rencontres de ces quatre jours à Paris aient mis en lumière les différences et questionnements parfois sans concession aucune : dans quel cadre idéologique, social et politique vivons-nous ? De quel temps disposons-nous face aux atteintes quotidiennes sanitaires et risques de catastrophe atomique ici ? Quels enseignements tirer des modes de luttes et tactiques jusqu’à présent mis en œuvre et avec quels résultats ? L’Internationale Atomiste est-elle prête à abandonner ou partager son pouvoir de domination et comment lui tordre le bras ? De la réponse apportée dépendra donc la stratégie à développer. Celle des petits pas, de la participation aux institutions mises en place par le lobby nucléaire et de conquête du pouvoir d’État et des institutions ou bien celle de la cohérence intellectuelle et d’actions sans concession face au danger immédiat ?

Quel est l’objectif essentiel pour en finir avec le nucléaire ? Rassembler le plus grand nombre de gens progressivement ou bien agir immédiatement et sans concession avec le nombre existant dès à présent ? S’allier préalablement avec le mouvement social voire les partis politiques pour être plus efficace et à quelles conditions d’indépendance et d’édulcoration de l’objectif ou bien être à l’initiative et s’unir sur le terrain lors d’actions concrètes contre la monstruosité atomique civile et militaire ? 

Pour certains il est préférable de faire l’impasse sur ces analyses et questions et d’acter de la diversité des modes d’actions et de positionnements pour tendre à l’unité du mouvement antinucléaire, pour d’autres c’est de la clarté et justesse de ces analyses et de l’appréciation sur la nature oppressive et coercitive d’un système que dépend un objectif clair, la tactique et des actions efficaces. Les uns et les autres étant confrontés à une interrogation lancinante : qu’est-ce que la non-violence antinucléaire ? Jusqu’où va-t-elle et à quel moment elle devient soit collaboration avec l’ennemi soit radicalité multiformes y compris taxée par les dominants de « violence » ?

Un temps de constats, un tremplin pour demain 

Au terme de ces journées où ont été partagées les pratiques d’actions et explicités les projets fous du lobby nucléaire, les nombreux contacts noués ont conduit les participants à acter de leur volonté commune de renforcer leur efficacité en créant un réseau européen et mondial antinucléaire. Un gage d’union humaniste par-delà les mers et les océans, une possibilité d’actions synchronisées internationalement.

Fondamentalement attachés à ne pas reproduire un système pyramidal dominant et d’abandon de son pouvoir d’être humain singulier, soucieux que l’horizontalité favorise l’initiative individuelle et collective, impliqués à promouvoir une intelligence collective face aux experts autoproclamés : les participants au Forum devront préciser sans tarder les contours et modalité d’organisation de ces « reliances » entre activistes de tous les continents.

Le temps de l’action pour sauver les peuples et la planète

Alors que l’industrie du nucléaire n’en finit pas de se déliter et que les peuples s’opposent de plus en plus fermement à l’armement nucléaire, l’initiative et la dynamique se trouvent donc dans le camp des amoureux de la vie et des antinucléaires. À chacun et chacune d’y prendre sa place et de se réapproprier la possibilité de changer l’ordre dominant et oppressif de l’atome militaire et dit civil. Sans attendre, nous n’avons pas la durée devant nous car les malades et les morts victimes de la radioactivité augmentent jour après jour et que l’explosion finale n’est plus un mirage.

(1)Campus Cordoba Right Livelihood College (RLC), Agir pour la Paix (Belgique), Anti-nuclear Alliance of western Australia (Anawa), Atomwaffenfrei (Allemagne), Beyond Nuclear (USA), Contratom-Genève (Suisse), Dialogue and Resources on nuclear – Nature and society (Inde), Ecoclub Rivne (Ukraine), Greenpeace (Russie), Movimiento Iberico Antinuclear (Espagne), Nukleesiz (Turquie), Ploughshares (Grande-Bretagne), Women Against Nuclear Power Women for Peace (Finlande), International Physicians for the Prevention of Nuclear War (IPPNW), Radiation Monitoring Project (USA), Conseil Traditionnel Mowack (Canada), Russian Social Ecological Union Radwaste Program (Russie), Stop Hinkley (UK), Network for Inking of exposed work in Japan NTEWJ (Japon), Ecohome (Biélorussie), Fondation pour la protection de l’environnement FUNAM (Argentine), The 4th Block (Ukraine), Trident (UK), SDN Suisse Romande (Suisse), Nuclear Heritage Network (Allemagne), Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, Fin du Nucléaire (Belgique), Ox Nuclear (Brésil), International Campaign to Abolish Nucear Weapons ICAN (France), Assemblée des Citoyens du Monde (France), Independant Who (France), Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire ACDN (France), ADEROC et Décroissance idf, Arrêt du Nucléaire (France), ADN19 Corrèze (France), ADN Savoie (France), Attac (France), Collectif contre l’Ordre Atomique CCOA (France), CRIIRAD (France), Enfants de Tchernobyl-Belarus (France), France Nature Environnement (France), Mouvement Contre le Crime Atomique MCCA (France), Global Chance (France), Mouvement Utopia (France), Observatoire des Armements (France), Stop-Fessenheim (France), Centre International de Droit Comparé de l’Environnement CIDCE (France), Coordination Antinucléaire du Sud-Est CAN-SE (France), RSN national et RSN Loire-Vienne (France), Collectif Antinucléaire de Vaucluse CAN84 (France), ADN Lot (France),  Collectif Mines d’Uranium (France), Echo-Echange (France), Laboratoire d’Artistes Créatifs Engagés et Sympathiques LACES (France), Reaction en chaîne humaine RECH (France), Nah-Hagues (France), Abolition des armes nucléaires Maison de la vigilance (France), Comité de Réflexion d’information et de lutte antinucléaire CRILAN (France), Collectif anti-Bure (France), Coordination antinucléaire Ouest CAN-Ouest (France), et des dizaines d’autres collectifs et associations locales.

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/11/09/Vers-un-r%C3%A9seau-europ%C3%A9en-et-mondial-antinucl%C3%A9aire-pour-lib%C3%A9rer-la-plan%C3%A8te-du-crime-atomique

Nov 10

UN INVENTEUR DE HOMBOURG-HAUT VEUT ENVOYER NOS DÉCHETS NUCLÉAIRES AU CENTRE DE LA TERRE

Jürgen Himbert, cybernéticien sarrois résidant à Hombourg-Haut, a inventé un procédé pour précipiter les déchets hautement radioactifs au centre de la Terre. Il a fait breveter son idée et souhaite la commercialiser.

 Enfouir et éliminer les déchets radioactifs de nos centrales nucléaires en les faisant voyager jusqu’au centre de la Terre, après un périple de près de 3 000 km en profondeur. Voilà l’idée émise par Jürgen Himbert, 72 ans. Ce cybernéticien allemand installé à Hombourg-Haut en Moselle-Est se présente comme un inventeur dans l’âme, ayant travaillé pour l’armée ou l’industrie durant sa carrière professionnelle. Persuadé d’avoir trouvé l’alternative à des projets d’enfouissement controversé comme Bure, ce scientifique sarrois a déposé un brevet pour protéger son procédé.

Plongés dans un lac de lave

Sa méthode consiste à emprisonner les déchets hautement radioactifs dans des loges scellées en forme d’œufs, principalement construites à base de tungstène. Les loges sont elles-mêmes déposées dans un œuf plus grand, protégé par une enveloppe de céramique.

« Ce récipient de transport doit alors être plongé, à l’aide d’une grue, dans un lac de lave actif. Il en existe cinq, à ma connaissance, sur la planète : un en Antarctique, deux à Hawaï, un en Éthiopie, un en République Démocratique du Congo, où le brevet a aussi été déposé », note Jürgen Himbert. Un lac de lave actif n’est pas un volcan. « Il n’est pas soumis à des éruptions », s’empresse de préciser le septuagénaire.

Un ascenseur naturel vers le noyau central

Pour cet électromécanicien de profession, qui s’est aussi intéressé à la géologie pour son projet, le lac de lave doit constituer la porte d’accès vers un « ascenseur naturel » menant au centre de la Terre pour l’œuf de céramique et de tungstène. « La descente est possible du fait de la densité des récipients remplis d’uranium. Densité bien supérieure à celle du magma », explique l’inventeur.

Après trois kilomètres d’immersion, la coquille de céramique, présente uniquement pour protéger des chocs avec la lave solidifiée en surface, va se fendre. Puis la descente se poursuit pour les loges de tungstène « dont le point de fusion est de 3 380 degrés Celsius », précise Jürgen Himbert. Le voyage transportera les œufs jusqu’à 2 600 km de profondeur, où il fait 3 500 ° et où la pression atteint 780 000 bar.

Là, à portée du noyau de la Terre, les œufs se désagrègent enfin. « L’oxyde d’uranium est libéré, va se mélanger au magma puis toujours descendre jusqu’au noyau central, lui-même radioactif », conclut Jürgen Himbert qui assure qu’il n’y a pas de risque de remontée des éléments dangereux.

Pour le Sarrois installé en Moselle, le plus difficile commence : comment piquer la curiosité du monde scientifique et commercialiser son procédé breveté ? « J’ai écrit à Emmanuel Macron, à plusieurs ministres, aux responsables d’EDF et de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Pour l’instant, je n’ai pas eu de réponse en dehors d’un accusé de réception de mon courrier à la présidence de la République », avoue Jürgen Himbert.

Stéphane MAZZUCOTELLI

Pour voir le diaporama explicatif, cliquer sur :

http://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-forbach/2017/11/10/un-inventeur-de-hombourg-haut-veut-envoyer-nos-dechets-nucleaires-au-centre-de-la-terre

Nov 10

PREMIÈRE CARTE DE LA POLLUTION RADIOACTIVE AU RUTHÉNIUM 106 EN EUROPE

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a précisé l’origine la plus probable, en Russie, des éléments radioactifs détectés dans l’atmosphère de plusieurs pays d’Europe début octobre.
Fin septembre et début octobre 2017, des particules radioactives très inhabituelles, du ruthénium 106, ont été détectées par plusieurs réseaux de surveillance de pays Européens, dont des stations dans le sud de la France. Une pollution à la limite du détectable en Europe occidentale (des millièmes ou même millionièmes de becquerels), et donc sans danger, mais dont l’origine était au départ plus que mystérieuse. Qu’est-ce qui avait pu envoyer de telles particules radioactives dans l’air, et d’où venait cette pollution? «Le ruthénium 106 n’existe pas à l’état naturel, donc il a bien fallu qu’il soit rejeté dans l’environnement par une activité humaine,» résume Jean-Marc Peres, directeur général adjoint de l’IRSN (Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire) en charge de la santé et de l’environnement.

 

Les grandes agences de surveillance de la radioactivité en Europe, l’IRSN en France et le BfS en Allemagne ont vite suspecté l’est de l’Europe, puis plus précisément le sud de l’Oural en Russie.

Cette crise soulève beaucoup de questions mais n’a eu aucun impact sur la santé tant les doses étaient faibles, tout du moins en Europe de l’ouest puisqu’on ignore s’il y a eu des populations exposées en Russie. l’IRSN a fait un dernier bilan, publiant une carte décrivant les zones d’origines les plus probables de la contamination.

«Pour obtenir cette carte, nous avons regardé ce qui se passait si du ruthénium était rejeté dans l’atmosphère fin septembre, et si les vents avaient pu transporter ces poussières jusqu’aux endroits où il a par la suite été détecté par des stations de mesure, connaissant parfaitement les grandes circulations de l’atmosphère à l’époque donnée», explique Jean-Marc Peres. Et avec cette méthode de reconstruction des trajectoires possibles des matériaux radioactifs, le point d’origine le probable (point rouge vif) se situe donc entre le fleuve Volga et la chaîne montagneuse de l’Oural, autour de la ville de Perm.
 

Fin octobre, le géant public du nucléaire russe Rosatom est passé à la contre-attaque, expliquant que les rejets ne pouvaient être liés à ses activités, car aucun de ses centres n’avait déclaré d’incident… Mais en attendant, les experts d’Europe occidentale, les Français comme les Allemands, sont d’accord pour dire que le rejet vient très probablement de Russie.

En revanche, le mystère reste total sur la cause de cette pollution. Il ne peut s’agir d’un accident sur un réacteur de centrale nucléaire de Beloïarsk, située non loin du point le plus probable, à l’est des Monts Oural, car le ruthénium 106 a été détecté tout seul, sans autre élément radioactif caractéristique d’un tel accident. Il peut en revanche s’agir d’un dégazage accidentel d’une solution contenant du ruthénium issu du retraitement de combustibles nucléaires, ou de sources radioactives au ruthénium (utilisé notamment pour irradier certaines tumeurs) qui aurait été perdue et brûlée accidentellement dans un incinérateur. Les autorités russes préfèrent l’hypothèse de la chute et désintégration dans l’atmosphère d’un satellite avec un générateur d’électricité fonctionnant au ruthénium. «Nous avons regardé cette hypothèse, mais nous n’avons aucune information montrant qu’un satellite ainsi équipé soit tombé sur Terre vers la dernière semaine de septembre, donc nous ne pouvons rien affirmer», précise Jean-Marc Peres.
 
«Pour la zone de rejet la plus plausible, la quantité de ruthénium-106 rejetée estimée par les simulations de l’IRSN est très importante car comprise entre 100 et 300 térabecquerels», (100 à 300 milliers de milliards de becquerels), explique l’Institut français. Des rejets importants, puisque s’ils avaient eu lieu en France, ils «auraient nécessité localement de mettre en œuvre des mesures de protection des populations sur un rayon de l’ordre de quelques kilomètres autour du lieu de rejet» précise l’IRSN. Sur place, les populations devraient éviter de consommer les denrées alimentaires issues d’une zone de quelques dizaines de kilomètres autour du point de rejet. Une information qui risque de ne jamais arriver aux populations russes concernées, puisque l’origine précise n’est pas connue à ce jour…

Article de Cyrille Vanlerberghe

Pour voir la carte en plus grand, cliquer sur:

http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/11/10/01008-20171110ARTFIG00006-premiere-carte-de-la-pollution-radioactive-au-ruthenium-106-en-europe.php

Nov 10

LE PAPE S’INSURGE CONTRE LES DANGERS DE L’ARMEMENT NUCLÉAIRE

À l’occasion du congrès sur le désarmement nucléaire organisé aujourd’hui et demain au Vatican, en présence de nombreuses personnalités de premier plan, dont l’ancien directeur de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique Mohamed El-Baradei (sur la photo),  le Pape François a une nouvelle fois exprimé la position ferme du Saint-Siège face à «la spirale de la course aux armements». Le Saint-Père, en pleine continuité avec ses prédécesseurs, a manifesté son inquiétude face au péril mortel représenté par ces armes de destruction massive.

Pour le Pape, les dépenses en armement nucléaire sont immorales à plusieurs titres : tout d’abord, elles pèsent lourd dans le budget des nations concernées, «au point de devoir mettre au second plan les priorités réelles de l’humanité souffrante» comme «la lutte contre la pauvreté». L’autre aspect, c’est évidemment le danger extrême que représentent ces armes, que ce soit en cas de « détonation accidentelle » ou d’utilisation volontaire dans un contexte de guerre. Le Pape invité à écouter la «voix prophétique» des « Hibakusha« , les survivants des bombardements de Hiroshima et de Nagasaki, en rappelant aussi les conséquences des essais nucléaires sur la santé des populations locales.

Sur un plan politique, le Pape a martelé que «les relations internationales ne peuvent pas être dominées par la force militaire, les intimidations réciproques, l’ostentation des arsenaux belliqueux». Dans une allusion à l’actualité, François a évoqué les «scénarios angoissants» générés par «le terrorisme et les conflits asymétriques».

Le Saint-Père a donc exhorté à un «sain réalisme» et à ce que les armes nucléaires soient formellement interdites dans le cadre de conventions internationales, comme c’est déjà le cas pour les armes chimiques et biologiques ou pour les mines antipersonnel. Il a salué le vote cet été par une majorité des États membres de l’Onu d’un traité d’interdiction de ces armes, qui vient combler un «vide juridique», et apporte une «lueur d’espérance».

Dans la filiation des appels exprimés par Paul VI et de Jean XXIII, dans les années 1960, pour vaincre la «psychose belliqueuse» générée alors par la guerre froide, François a invité tous les participants à continuer d’œuvrer «au service de la justice et de la paix».

http://fr.radiovaticana.va/news/2017/11/10/le_pape_sinsurge_contre_les_dangers_de_larmement_nucl%C3%A9aire/1348128

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Nov 10

CIGÉO : DÉFENDANT L’INDÉFENDABLE, HULOT ENTERRE SON ÉTHIQUE AVEC LES DÉCHETS

Interpelé aujourd’hui par un sénateur meusien inquiet de ne pas voir venir le développement économique promis pour accompagner CIGÉO, Nicolas Hulot en est venu à défendre un projet auquel il s’opposait voici encore quelques années (voir photo ci-contre). Ce nouveau reniement, qui fait suite à son renoncement sur l’échéance de réduction de la part du nucléaire, est insupportable.

Ce jeudi 9 novembre, au Sénat, le sénateur meusien Franck Menonville a interpellé le gouvernement, se plaignant de ne pas voir se concrétiser les créations d’emplois promises dans le cadre de l’implantation de CIGÉO. Alors même que la question était adressée au premier ministre, c’est Nicolas Hulot qui a répondu. Déclarant qu’ « on ne pouvait pas laisser les passions et l’irrationnel guider les choix énergétiques, surtout quand il s’agit de nucléaire », celui-ci a affirmé que la solution de l’enfouissement « n’est pas satisfaisante, mais c’est la moins mauvaise à un problème aussi complexe » ; que « [son] choix sur la question des déchets n’est en aucun cas celui de la brutalité, c’est pourquoi la concertation, le dialogue est la clé » et qu’il s’engageait à nommer un garant des règles de concertation et à « travailler avec les collectivités, les territoires locaux, pour préparer le terrain à l’accueil de ce projet ».

En se faisant le défenseur, même de mauvais gré, d’un projet aussi catastrophique, Nicolas Hulot ajoute un renoncement de plus à la désormais longue liste de ses convictions oubliées suite à son entrée au gouvernement.

Nicolas Hulot a beau jeu de parler de « concertation » et de refus de la « brutalité » au sujet d’un projet qui a été imposé aux populations des départements concernés, qui malgré leurs demandes n’ont jamais pu s’exprimer par référendum. Ce n’est pas sans raison que la quasi-totalité des associations environnementales a boycotté en 2013 un débat public organisé sur un projet déjà décidé. La « brutalité » est bel et bien à l’œuvre en Meuse et Haute-Marne, à travers l’achat des consciences, le mépris des habitants auxquels on laisse entendre qu’ils n’ont pas le choix, la répression policière, les contrôles policiers quotidiens que subissent les opposants localement, sans compter la condamnation d’agriculteurs qui osent s’opposer !

Nicolas Hulot s’est-il donc fait contaminer par le pouvoir pour considérer à son tour que le projet CIGÉO est « sur les rails » et que les validations successives qu’il doit obtenir ne sont que pure formalité ? Rappelons que les failles de sûreté de CIGÉO sont dénoncées par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire lui-même et que les financements pour ce projet démesuré sont insuffisants, les provisions existantes couvrant tout juste la construction de la phase pilote ! Les « passions » et « l’irrationnel » sont bien du côté de ceux qui choisissent d’ignorer ces faits, appâtés par de vaines promesses de développement économique à court terme.

Rappelons que les déchets destinés à CIGÉO doivent encore refroidir pendant des décennies. L’urgence en la matière n’est pas de se ruer dans un projet catastrophique au motif qu’en raison de choix contestables effectués dans des hémicycles quasi-déserts, il est actuellement le seul sur la table ; c’est bien plutôt de tarir au plus vite la production de ces déchets ingérables. Mais ce n’est pas la voie prise par Nicolas Hulot, qui, renonçant à toute ambition, vient de repousser l’échéance pour la réduction de la part du nucléaire !

Contact presse – 06 86 74 85 11

Chargée de communication : Charlotte Mijeon- 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/CIGEO-Hulot-defend-l-indefendable-Jusqu-ou

Nov 10

LA CGT INQUIÈTE SUR LA SÉCURITÉ ET L’EMPLOI À MARCOULE

Pour le syndicat, le recours aux sous-traitants menace la sûreté du site de Marcoule.

Alexandre Pissas leur avait promis avant le début de la réunion, il a tenu parole. La CGT a, en effet, profité de la réunion publique de la Cli pour alerter “l’opinion publique » et donc le public présent dans la salle sur “ses inquiétudes fortes sur la sûreté et la sécurité du site de Marcoule« .

L’emploi en cause

Le syndicat a remis en cause “la sous-traitance effrénée ayant pour but une diminution des coûts mais plus une réduction des effectifs. Une politique qui s’exerce au détriment de la sûreté des personnes et des installations« . Il a dénoncé “ce désengagement d’Areva NC sur le site au profit des filiales d’Areva qui entraîne la perte de compétences, de connaissances ainsi que l’historique des installations nucléaires. Il fait courir des risques non seulement aux salariés du site mais également aux populations avoisinantes« .

Pour la CGT, la sauvegarde et le maintien des compétences et connaissances sont essentiels à la réalisation et au respect des objectifs d’exploitation, d’assainissement et démantèlement des installations. “Les difficultés pour tenir les engagements sont déjà visibles avec des retards sur les prévisions qui continuent de s’accroître« , ont expliqué les syndicalistes.

Optimiser la sécurité

La CGT a déclaré “ne pas vouloir faire peur aux populations mais plutôt réveiller les consciences et ainsi engager les politiques à intervenir pour que la sûreté et la sécurité du site de Marcoule soient optimales. C’est notre priorité comme celle des salariés et des populations environnantes« . Les politiques présents lors de la réunion ont bien entendu le message…

http://www.midilibre.fr/2017/11/09/nucleaire-la-cgt-inquiete-sur-la-securite-et-l-emploi-a-marcoule,1585083.php

Nov 10

CANADA : MANIFESTATION CONTRE LE NUCLÉAIRE À QUEEN’S PARK

Plusieurs demandent la fermeture de la centrale nucléaire de Pickering .

Des représentants des Premières Nations se sont rassemblés devant Queen’s Park jeudi midi pour s’opposer à la production d’énergie nucléaire en Ontario et à l’enfouissement des déchets radioactifs près des Grands Lacs et des territoires ancestraux.

Une cinquantaine de personnes, dont des Autochones, des alliés des Premières Nations et des environnementalistes ont ainsi répondu à l’appel des jeunes de la Nation Anishnabek et du Caucus iroquois.

Les manifestants ont demandé que l’Ontario abandonne le nucléaire et gère une transition vers les énergies renouvelables.

Plusieurs projets controversés sont actuellement à l’étude, dont un qui consisterait à transporter par camion des déchets radioactifs de l’Ontario jusqu’en Caroline du Sud et d’autres sites d’enfouissement au bord du lac Huron et à Chalk River, près de la rivière des Outaouais.

Les manifestants ont affirmé que ces projets comporteraient des risques pour les cours d’eau, les sols et la qualité de l’air.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1066334/manifestation-nucleaire-queens-park

Nov 09

LÉVOTHYROX : LETTRE À L’ATTENTION DE MADAME AGNÈS BUZYN, MINISTRE DES SOLIDARITÉS ET DE LA SANTÉ

Cette crise terrible du Levothyrox aura un immense coût humain pour nous malades et un coût financier sans précédent pour la Caisse Nationale d’Assurance Maladie.
La France est le seul pays ayant octroyé au laboratoire Merck un monopole total. Pour nous malades, c’est une honte au sein de l’Europe de la libre concurrence.

Vous nous dites : « il y aura le choix… », alors que l’Ordre des Médecins demande aux médecins de ne pas laisser le choix aux patients. Ils prescrivent difficilement d’autres traitements car ils savent que les stocks des pharmacies sont insuffisants. En tout état de cause, les pharmaciens, au vu des prescriptions ne peuvent fournir ce qu’ils n’ont pas….
Cherchez l’erreur et à qui profite cette situation ?

Les patients sont en colère et n’ont plus confiance pour une bonne partie, dans le monde médical et en l’occurrence, en certains médecins et endocrinologues qui n’ont pas été à leur écoute, ou sont proches des laboratoires ?
Depuis plusieurs mois, les autorités veulent nous faire croire que c’est une question de marge étroite du médicament et d’adaptation du produit….
Ainsi on soupçonne des milliers de malades ayant des effets secondaires d’être des malades imaginaires, et pire, on les culpabilise.

Alors que vous reconnaissez comme une réalité le 15 septembre les chiffres des « effets secondaires » des 15.000 cas déclarés en pharmacovigilance, on déplore 4 décès, 4 mises en jeu du pronostic vital, 102 hospitalisations avec prolongation, 22 invalidités et incapacités de travail, 3 anomalies congénitales d’enfants de mères sous Levothyrox et 2.480 autres situations médicales graves.

Que dire 2 mois après ? De qui se moque-t-on ? Où est la démocratie sanitaire ?

La mission parlementaire « flash » récente évoque une crise médiatique et non sanitaire. C’est faire fi de milliers de malades. Nous savons par divers écrits de nombreux lanceurs d’alerte (une des pétitions à recueillie plus de 300.000 signatures !) la place qu’occupent les laboratoires pharmaceutiques au sein du Parlement et de l’exécutif.
Pire : 1l y a quelques semaines, on apprenait que l’usine française Pathéon de Bourguoin-Jallieu produit l’Euthyrox (ancienne formule) pour l’Italie.
Si vous étiez au courant n’auriez-vous pas pu exiger du laboratoire Merck d’augmenter sa production pour satisfaire le marché Français ? Vos absences de décisions caractérisent la non-assistance à personne en danger.

Quels sont les intérêts de nos responsables d’avoir agi de la sorte et d’avoir bafoué les droits les plus fondamentaux et la santé des Français ? Nous perdons nos valeurs et le respect de l’humain. Cette affaire a donné un sens civique à notre vie et la volonté d’en découdre avec les responsables de ce déni, ayant eu des conséquences mortelles pour certains.

Nous demandons une réponse urgente et des actes conséquents sur ces faits.

Signé : L’Association française des malades de la thyroïde

https://www.mesopinions.com/petition/sante/levothyrox-madame-buzin-exigeons-reponses/35862

Vous pouvez signer la pétition en cliquant sur :

http://www.asso-malades-thyroide.fr/wordpress/index.php/2017/11/08/soyez-le-maximum-a-signer-cette-petition/

NDLR : déjà plus de 2300 signatures à ce jour

Nov 09

TRUMP À KIM JONG UN : « NE NOUS SOUS-ESTIMEZ PAS »

Suite à leur échange de menaces, Donald Trump propose à Kim Jong-un de le guider vers «un avenir meilleur» soulignant que la Corée du Nord est un «enfer que personne ne mérite».

Le Président américain Donald Trump a averti le leader nord-coréen Kim Jong-un que ses tentatives d’obtenir des armes nucléaires mettaient Pyongyang dans un danger encore plus grand, ajoutant que la Corée du Nord se trouvait dans un état difficile.

Le chef de la Maison-Blanche a également déclaré que la «Corée du Nord n’était pas le paradis que votre grand-père avait imaginé» mais était «un enfer que personne ne méritait».

Cependant, malgré les «crimes» que Kim Jong-un a «commis contre dieu et l’homme», les USA veulent toutefois lui «ouvrir une voie vers un avenir meilleur».

Ceci étant possible si les autorités nord-coréennes renoncent à l’agression et au programme nucléaire et passent à une «dénucléarisation finale et vérifiable».

«Les armements que vous essayez d’obtenir ne vous fourniront pas une plus grande sécurité, ils mettent votre régime en grand danger. Chaque pas que vous faites sur ce chemin obscur renforce ce à quoi vous êtes en train de résister», a lancé M. Trump mercredi devant l’Assemblée nationale sud-coréenne.

« Ne nous sous-estimez pas »

Trump a en outre appelé mercredi la « cruelle dictature » de Corée du Nord à ne jamais sous-estimer l’Amérique.

« Ne nous sous-estimez pas, ne nous mettez pas à l’épreuve », a lancé le président des États-Unis.

Trump, qui a quitté Séoul peu après pour rejoindre Pékin, a aussi profité de cette tribune pour appeler « toutes les nations responsables » à unir leurs forces, citant la Chine et la Russie.

« Vous ne pouvez pas soutenir, vous ne pouvez pas approvisionner, vous ne pouvez pas accepter », a-t-il lancé, quelques heures avant de retrouver son homologue chinois Xi Jinping.

https://french.almanar.com.lb/646633

Nov 09

VOLTE-FACE DE NICOLAS HULOT SUR LE NUCLÉAIRE : LES SYMPATHISANTS ÉCOLOGISTES S’INSURGENT

Suite au recul de Nicolas Hulot sur des promesses concernant la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique, la twittosphère et les politiques à sensibilité écologiste ne décolèrent plus.

L’annonce de la nomination de Nicolas Hulot en tant que ministre d’État en charge de la Transition écologique le 17 mai 2017 avait immédiatement suscité l’incrédulité chez les militants ou les personnes sensibles au développement durable. Quelques mois plus tard, après plusieurs arbitrages perçus de manière mitigée, Nicolas Hulot est plus que jamais remis en question par son premier public. Lorsque le ministre de l’environnement a déclaré le 7 novembre que les objectifs de réduction à 50% de la part du nucléaire dans le mix énergétique d’ici 2025 étaient irréalistes, il a fait gronder la colère de toutes parts.

Hulot «mange son chapeau» et «avale des couleuvres»

À droite ou à gauche, Nicolas Hulot ne semble trouver grâce aux yeux de personne et se voit attribuer un solide appétit pour des mets non comestibles. Yannick Jadot, eurodéputé Europe Écologie les Verts, interviewé sur France Info le 8 novembre, se désole de l’annonce du ministre, «qui n’avale plus des couleuvres [mais] des boas constricteurs», selon lui. «Et pire que ça, aujourd’hui, il se fait le porte-voix des lobbies», ajoute l’ancien allié de Benoît Hamon à la présidentielle. Il tonne : «Nicolas Hulot, c’est le symbole de l’engagement écologique […] Et vous avez les mois passant un ministre qui cède sur les perturbateurs endocriniens, sur le CETA, sur le glyphosate, maintenant sur la transition énergétique.». Il rappelle que des études contredisent le verdict pessimiste de Nicolas Hulot sur la part du nucléaire. Nicolas Hulot a tort sur le fond : oui il est possible de passer à 50% d’électricité nucléaire sans augmenter les émissions de CO2, c’est ce que prévoient les scénarios de la loi de transition écologique (LTE).

Corinne Lepage, présidente de CAP21, ancienne députée européenne, a été tout aussi sévère sur l’antenne de Cnews. «Il avait pris des positions ces derniers temps qui étaient vraiment très claires. C’est lui qui est revenu sur les 17 réacteurs qu’on va fermer en étant extrêmement catégorique», estime-t-elle. «En bon français, il a mangé son chapeau», évalue l’ancienne députée. S’appuyant sur des dossiers, elle note qu’on «peut augmenter les énergies renouvelables et travailler sur l’efficacité énergétique».

Audrey Pulvar, directrice actuelle de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, que le ministre a créée, s’inquiète aussi de ses déclarations sur le nucléaire : «Ce qui est inquiétant dans la déclaration de Nicolas Hulot, c’est le signal qu’il envoie à tous les promoteurs de l’énergie nucléaire, à tous ceux qui ne sont pas prêts à faire des efforts nécessaires pour faire monter dans notre pays les énergies renouvelables, réduire la part des énergies fossiles et nous permettre de sortir du nucléaire.»…

Pour voir l’intégralité de l’article et ses vidéos, cliquer sur : https://francais.rt.com/france/45419-volte-face-dhulot-sur-nucleaire-col%C3%A8re

Nov 09

NUCLÉAIRE: L’ASN CONFIRME LE REPORT DE SON AVIS SUR LA PROLONGATION DES RÉACTEURS

L’Autorité de la sûreté nucléaire (ASN) a confirmé mercredi que son avis générique sur la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 mégawatts (MW) au-delà de quarante ans serait reporté.

Le gendarme du nucléaire table désormais sur « 2020 pour l’avis, qui sera ensuite transformé en prescription juridiquement imposable en 2021 », a déclaré son président Pierre-Franck Chevet, devant des députés de la Commission du développement durable.

Cet avis qui concerne 34 réacteurs exploités par EDF devait être initialement rendu en 2019. Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) avait récemment évoqué la date de 2021.

Par ailleurs, l’ASN devra aussi se prononcer sur la prolongation ou non de chaque réacteur.

« La question de la prolongation n’est pas un dossier simple », a expliqué Pierre-Franck Chevet. « On attend des dossiers d’EDF et à partir de là on fera ce travail, ce qui explique une partie de la durée », a-t-il fait valoir.

« Même s’il y a des décalages, il y a des marges donc il n’y a pas de sujet de sûreté », selon le président de l’ASN.

Le gouvernement voulait s’appuyer sur l’avis générique de l’ASN pour décider d’éventuelles fermetures de centrales pour assurer la transition énergétique.

Le gouvernement a admis mardi que la France ne pourrait vraisemblablement pas tenir l’objectif de ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% en 2025. Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a évoqué « l’échéance de 2030 ou 2035« .

Le président de l’ASN a par ailleurs jugé « globalement satisfaisant » le niveau de sûreté des installations nucléaires en France malgré une série de trois incidents de niveau 2 (sur une échelle de 7) sur les centrales nucléaires depuis cet été.

Il a évoqué « une sûreté d’exploitation dans l’ensemble pour les grosses installations qui est satisfaisante mais le tout dans un contexte de moyen terme qui lui est préoccupant ».

Selon lui, les acteurs du secteur (Areva, CEA, EDF) font en effet face à des difficultés économiques au moment où se profilent des enjeux inédits.

Ceux-ci portent sur la prolongation des centrales au-delà de 40 ans mais aussi le vieillissement d’usines et des réacteurs de recherche, la prise en compte de nouvelles exigences après l’accident de Fukushima et enfin la construction d’installations nouvelles, comme l’EPR de Flamanville.

Il y a « beaucoup plus de choses à gérer et moins de moyens pour le faire », a regretté M. Chevet.

https://www.romandie.com/news/Nucleaire-l-ASN-confirme-le-report-de-son-avis-sur-la-prolongation/861204.rom

Nov 09

LE PRÉFET DE L’AUDE AUTORISERA UN PROJET D’AREVA DE TRAITEMENT DES NITRATES

Le préfet de l’Aude, Alain Thirion, a annoncé mercredi, à Carcassonne, qu’il autoriserait le projet d’Areva de traitement des nitrates (TDN) contenus dans des déchets liquides sur le site de Malvési, près de Narbonne.

Thirion a expliqué, lors d’une conférence de presse, qu’il « entendait l’inquiétude » de la population mais qu’il allait signer l’arrêté d’autorisation pour l’usine de traitement de boues nitratées, car « tous les avis formulés ont été favorables ».

Il a précisé que l’autorisation comprendrait cependant des « conditions d’exploitation plus restrictives » en matière de rejets d’oxyde d’azote ou de composés organiques volatils, ainsi qu’un dispositif de suivi renforcé, avec analyse des rejets dès le lancement du dispositif, puis tous les six mois, par un organisme indépendant.

« J’entends toutefois l’inquiétude qui s’est manifestée. La population veut savoir et c’est légitime », a ajouté le préfet. Il a promis « un maximum de transparence », via la création d’un observatoire composé d’élus et de riverains « qui sera destinataire de toutes les données du site ».

Entre 2 300 et 3 000 personnes ont manifesté dimanche à Narbonne contre ce projet qui, selon plusieurs associations, prévoit la destruction de ces nitrates « par combustion, avec du charbon« , ce qui provoquerait des rejets d’oxydes d’azote et de composés volatils comme le benzène, mais aussi de l’arsenic et des particules fines.

Interrogée par l’AFP, avant la décision du préfet, Areva a assuré que ce projet TDN n’aurait « aucun impact radiologique, sanitaire et environnemental comme confirmé par les deux experts mandatés par la préfecture de l’Aude, suite à la demande d’expertise exprimée par les associations environnementales« .

« Areva souhaite traiter de manière responsable 350 000 m3 d’effluents liquides nitratés qui sont entreposés dans ses bassins d’évaporation en 50 ans d’exploitation », a déclaré un porte-parole du groupe.

« Consciente des interrogations soulevées dans la population, la direction du site d’Areva à Malvési s’est attachée tout au long de ces derniers mois à apporter des réponses aux différentes parties prenantes. Les associations environnementales et acteurs locaux ne sont pas unanimes, certains considérant comme nous la nécessité de traiter ces effluents historiques », a ajouté ce porte-parole dans un courriel à l’AFP.

https://www.romandie.com/news/Le-prefet-de-l-Aude-autorisera-un-projet-d-Areva-de-traitement-des-nitrates/861259.rom

Nov 08

NUCLÉAIRE : UN GOUVERNEMENT HORS LA LOI, SOUMIS AUX LOBBY

Dans la foulée d’une déclaration d’une filiale d’EDF, le ministre de la Transition écologique et solidaire a annoncé mardi 7 novembre qu’il ne respecterait pas la loi de Transition énergétique fixant un maximum de 50 % de nucléaire dans le mix électrique en 2025. Pointant le rôle majeur du lobby nucléaire dans cette décision, Attac France déplore que Nicolas Hulot instrumentalise la crise climatique pour justifier une nouvelle reculade du gouvernement en matière d’écologie : repousser, encore et encore, le désengagement du nucléaire conduit, inéluctablement, à repousser le déploiement des énergies renouvelables.

Par son annonce, Nicolas Hulot reprend à son compte et légitime le discours éculé et infondé des lobbys nucléaires français sommant l’opinion publique de choisir entre l’ambition climatique et la fermeture des réacteurs nucléaires. S’appuyant sur les projections de RTE et EDF plutôt que sur les scenarios alternatifs présentés dans le cadre du débat sur la loi de transition énergétique (LTE), Nicolas Hulot se place hors la loi et se fait porte-parole du lobby nucléaire. C’est d’autant plus inacceptable que l’argument avancé – « l’objectif des 50 % de nucléaire conduit à une augmentation des émissions de CO2 du système électrique français » – est infondé : couplée à des politiques d’efficacité et de sobriété réellement ambitieuses, la fermeture des centrales nucléaires facilitera le déploiement des énergies renouvelables – en laissant de la place – et la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour le système énergétique pris dans son ensemble.

De fait, Nicolas Hulot n’a pas seulement repoussé l’objectif des 50 %, il hypothèque sérieusement le déploiement des énergies renouvelables alors que les investissements dans les énergies renouvelables sont en baisse sur les deux dernières années en France et que l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron visait justement à « doubler la capacité en éolien et en solaire photovoltaïque d’ici à 2022 ». Nicolas Hulot et le gouvernement ne devraient pas se cacher derrière les arguments des lobbys nucléaires pour enterrer toute ambition en matière de transition énergétique.

Cette annonce de Nicolas Hulot intervient le lendemain de la clôture du 3e Forum social mondial antinucléaire à Paris qui a été un véritable succès et a rassemblé plus de 400 participant·e·s venant de 20 pays du monde entier. À cette occasion,  Attac France, en partenariat avec l’Observatoire des multinationales, a publié une note de décryptage : « Nucléaire et finance : le pouvoir des lobbies contre la démocratie <https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/nucleaire-et-finance-le-pouvoir-des-lobbies-contre-la-democratie>  ».

Le recul de Nicolas Hulot illustre la toute-puissance des lobbies nucléaires et financiers sur la politique énergétique du pays que nous décrivons dans cette note. Le fait de ne pas dire « non » à la recapitalisation d’Areva, « non » à la poursuite – financièrement désastreuse – de la construction de l’EPR de Flamanville, « non » aux investissements nucléaires à l’étranger dans des projets inutiles et controversés, « non » au dangereux projet CIGEO d’enfouissement profond des déchets nucléaires à Bure, traduisent le refus d’affronter le lobby nucléaire et de faire primer l’exigence écologique sur les rentes de situation qu’ils occupent.

« Pas un euro de plus pour les énergies du passé, fossiles ou fissiles < http://pasuneurodeplus.info/ >  ». Voilà ce qui devrait guider la politique de transition énergétique du gouvernement et ce que nous exprimerons avec détermination, avec de nombreuses organisations et citoyens, en parallèle du Sommet international du climat à Paris, « One Planete Summit » , organisé par Emmanuel Macron le 12 décembre prochain.

https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/nucleaire-un-gouvernement-hors-la-loi-soumis-aux-lobbys

Nov 08

NUCLÉAIRE : NICOLAS HULOT PREND ACTE DE SON IMPUISSANCE, MACRON DANS LE DÉNI

En annonçant le report de la baisse de la part du nucléaire dans la production française d’électricité, le ministre Nicolas Hulot n’a finalement fait que prendre acte de sa totale impuissance dans le dossier de l’énergie… comme sur d’autres sujets. Comme prévu, il n’est que la ridicule caution faussement « écolo » du très productiviste et nucléariste Macron.

La réalité est que ce Président et ce gouvernement, comme les précédents, parlent beaucoup de la fameuse (et fumeuse) « transition énergétique« , mais ne font strictement RIEN pour qu’elle prenne réalité.

Au contraire de l’Allemagne qui, en 2000, a lancé d’ambitieuses initiatives concernant les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables, la « stratégie » des dirigeants français, politiques et industriels, est de ne rien faire pour que la seule « solution » soit de continuer dans le nucléaire, en prolongeant la durée de vie des 58 réacteurs en activité.

Mais cette option, qui pourrait passer pour une habile manœuvre de l’industrie nucléaire, revient à mettre la France dans une véritable impasse énergétique car le parc nucléaire est à bout de souffle et les finances d’EDF, exsangues, ne permettent pas de le rénover et encore moins de le remplacer par des centrales neuves (ce qui est une très bonne nouvelle).

En résumé, il n’existe à ce jour aucune alternative au nucléaire… pas même le nucléaire !

Comme ses prédécesseurs, M. Macron est dans le déni et croit que les centrales sont éternelles. Or, bien que l’Autorité de « sûreté » nucléaire accorde toutes les prolongations de durée de vie exigées par EDF, de nombreux réacteurs vont devoir être fermés dans les années à venir : non pas du fait de décisions politiques courageuses mais simplement du fait du délabrement avancé des réacteurs.

Il reste juste à espérer qu’EDF ferme ces réacteurs avant qu’ils ne causent une ou plusieurs catastrophes nucléaires, et non pendant comme cela a été le cas au Japon du fait du drame de Fukushima, lequel se poursuit et va continuer encore des décennies.

Plus que jamais, l’industrie nucléaire est un véritable boulet que la France traine de plus en plus péniblement et qui la mène dans l’impasse énergétique. Bientôt, la France sera obligée de compter sur ses voisins, en espérant qu’ils auront de l’électricité à exporter…

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

Nov 08

HULOT ET MACRON RECULENT SUR LE NUCLÉAIRE

À la sortie du conseil des ministres, le 7 novembre, Nicolas Hulot a annoncé qu’il serait « difficile de tenir le calendrier » prévu par la loi de réduire la part du nucléaire à 50 % d’ici 2025. Pour justifier ce recul, il s’est appuyé sur un scénario de RTEdont le détail n’est pas public – et pointe un risque d’augmentation des émissions de CO2. L’argument n’est pas valable, jugent des experts et des associations.
Extraits de l’article :

« On a l’impression d’une mise en scène pour faire croire à une décision raisonnable »

L’annonce de Nicolas Hulot a fait bondir Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire. « On a l’impression d’une mise en scène pour présenter la décision du gouvernement comme étant la seule raisonnable, la seule pragmatique, et tuer la critique dans l’œuf, dénonce-t-elle. Ce qui nous semble révoltant, c’est que l’argument climatique soit mis en avant pour repousser la sortie du nucléaire. Si la priorité du gouvernement est vraiment de protéger le climat, pourquoi dégage-t-il plus de 4 milliards d’euros pour Areva dans un budget très serré, tout en demandant aux territoires à énergie positive de se serrer la ceinture ? » Par ailleurs, la question de la prolongation de la durée de vie des réacteurs au-delà de 40 ans va se poser très vite. Si l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) autorise cet allongement, le chantier à mener pour la remise à niveau des réacteurs s’annonce immense – et immensément coûteux. « C’est autant d’argent qui ne sera pas mis dans la transition énergétique et les énergies renouvelables », se désole Mme Mijeon.

La porte-parole du réseau Sortir du nucléaire soupçonne une nouvelle dérobade du gouvernement pour ne pas avoir à affronter EDF. « Cette décision, sous couvert de réalisme, prépare l’inaction dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, juge-t-elle. On a l’impression que le gouvernement ne fait pas différemment du précédent et refuse de jouer le rôle de pilote de la transition énergétique. » C’est ce manque de courage qui, selon elle, aurait conduit le gouvernement à déclarer qu’il s’appuierait sur l’expertise de l’Autorité de sûreté nucléaire pour déterminer quels réacteurs fermer et lesquels prolonger. « Seulement, l’ASN, qui devait rendre son avis en 2018, a repoussé l’échéance à 2019 puis à 2021. Résultat, le gouvernement décide d’attendre lui aussi, alors que les signaux inquiétants se multiplient sur le mauvais état du parc et l’incapacité financière et organisationnelle d’Areva et d’EDF d’en garantir la sûreté. »

Pourtant, une réduction du nucléaire sans augmenter les émissions de CO2 serait possible, selon Négawatt

Depuis sa création en 2011, l’association Négawatt a publié trois scénarios successifs de sortie des énergies fossiles et du nucléaire. Yves Marignac, un de ses experts, est mesuré : « Nous continuons à penser qu’il est possible de tenir l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique d’ici 2025, sans augmenter les émissions de gaz à effet de serre, avec plus de volontarisme sur la maîtrise de la consommation d’électricité et sur le développement des énergies renouvelables. » Pour autant, l’important selon lui ne sont pas tant les objectifs fixés que les politiques mises en œuvre pour y parvenir. « Nous ne sommes pas contents que le gouvernement ait reculé sur un objectif structurant de court terme pour la politique énergétique du pays, précise M. Marignac. Mais en même temps, on peut entendre que l’objectif soit différé, à condition que les actions pour y parvenir soient accélérées. On sort d’un quinquennat qui a fixé un objectif fort de réduction de la part du nucléaire en 2025 mais qui n’a pas mis en œuvre les moyens d’y parvenir. Si Hulot se sert de cette annonce pour reprendre le contrôle politique de la trajectoire énergétique et met en place des actions concrètes de maîtrise de la consommation énergétique et de développement des énergies renouvelables, chiche ! »

Le scénario de RTE pour 2025, ainsi que ses quatre autres scénarios pour 2035, marquent néanmoins un tournant, selon Yves Marignac : « La lecture selon laquelle RTE dit seulement qu’il n’est pas possible de réduire la part du nucléaire à 50 % en 2025 est réductrice. Dans ses scénarios, RTE délivre des messages forts : la maîtrise de la consommation électrique est le premier levier d’action ; la consommation électrique va stagner ou baisser ; la fermeture de plusieurs réacteurs et le développement rapide des énergies renouvelables sont actés. » Un discours en rupture avec les précédents bilans prévisionnels présentés par le gestionnaire, qui comportaient tous des scénarios de maintien de la puissance nucléaire installée ou d’augmentation de la consommation électrique.

« Ces scénarios traduisent une évolution : le temps du nucléaire est fini, il va falloir fermer des réacteurs, confirme Charlotte Mijeon. Mais là où le bât blesse, c’est qu’on n’est toujours pas passé à la concrétisation. » 

https://reporterre.net/Hulot-et-Macron-reculent-sur-le-nucleaire

Nov 08

CLIMAT: À BRUXELLES, LA FRANCE LÂCHE LES RENOUVELABLES

La France œuvre-t-elle contre les énergies renouvelables en Europe, tout en prétendant le contraire en public ? C’est ce que prouve un document informel transmis par Paris au Conseil européen dans le cadre de discussions sur les objectifs climatiques européens.

La France œuvre-t-elle contre les énergies renouvelables en Europe, tout en prétendant le contraire en public ? Dans un papier informel transmis au Conseil européen dans le cadre de discussions sur les objectifs climatiques européens, Paris apparaît en retrait par rapport à ses positions officielles. Ces mêmes propositions ont été défendues lors du Conseil informel des ministres de l’énergie à Tallinn (Estonie) les 19 et 20 septembre.

En octobre 2014, les dirigeants européens ont adopté trois objectifs pour 2030 : réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % (par rapport à 1990), porter la part des énergies renouvelables à au moins 27 % de la consommation et améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 27 %. Ces directives énergie-climat devraient, en toute logique, être revues à la hausse pour permettre la mise en œuvre de l’Accord de Paris demandant la neutralité carbone d’ici 2050.

Pourtant, dans un « non papier » — l’appellation officielle de ce type de documents —, daté du 12 septembre, que s’est procuré Mediapart, et dont RTL et le site Contexte ont révélé l’existence, le gouvernement français souhaite au contraire alléger les obligations favorables aux renouvelables.

Au cours de la décennie 2020-2030, la trajectoire d’augmentation du solaire, de l’éolien, de la géothermie et de la biomasse, les principales énergies renouvelables à renforcer puisque aucun projet de barrage n’est en cours, serait non linéaire et non contraignante. Concrètement, Paris propose que seulement 50 % de l’objectif 2030 doive être réalisé d’ici 2027. Compte tenu des temps longs des décisions dans l’énergie, il paraît fort improbable que l’autre moitié de l’objectif soit atteignable en trois ans. Au passage, cela signifie que si Emmanuel Macron parvenait à faire deux mandats, il laisserait le soin à son successeur de faire la moitié des efforts demandés en seulement trois ans.

De plus, Paris s’oppose à une intervention de la Commission européenne pour assurer « un rattrapage » au cas où la somme des objectifs nationaux ne permette pas d’atteindre la cible européenne de 27 %. Les autorités françaises refusent également la création d’une plateforme financière européenne d’investissements dans les renouvelables, estimant que chaque État membre est le plus compétent pour définir le meilleur moyen de respecter ses engagements. Pourtant ce type de système permettrait d’aider les pays qui peinent à emprunter, comme la Roumanie et la Pologne. Cette distance vis-à-vis de la logique communautaire s’entrechoque avec le volontarisme pro-Union affiché par Emmanuel Macron.

Pour Claude Turmes, eurodéputé écologiste luxembourgeois, et l’un des meilleurs spécialistes en énergies renouvelables au parlement : « L’approche française risque de porter un coup fatal à la mise en œuvre en Europe de l’accord de Paris issu de la COP21. Elle permettra aux États membres dont le bouquet électrique est encore fortement carboné (l’Espagne, la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie…) d’utiliser le prétexte d’un ralentissement du déploiement des renouvelables pour prolonger la durée de vie de leurs vieilles centrales charbon avec comme conséquence l’impossibilité de se conformer aux engagements climatiques. »

L’élu pointe aussi une contradiction franco-française : « L’objectif affiché par la loi sur la transition énergétique est de réduire la part du nucléaire dans le mix de 75 % à 50 % à l’horizon 2025. Comment la position française relative à une augmentation des renouvelables décalée dans le temps permettra-t-elle de substituer ces énergies au nucléaire dans les délais prévus par la loi ? Il est hautement improbable qu’une trajectoire non-linéaire et non-obligatoire entre 2020 et 2030 permette de hisser les renouvelables à un niveau suffisant pour compenser la fermeture progressive d’une partie du parc nucléaire actuel. »

Lire aussi

Sur le territoire national, la loi de transition énergétique fixe l’objectif de porter à 32 % la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique finale en 2030. Mais en réalité, elle est très en retard sur ses engagements. En 2020, 23 % de sa consommation d’énergie finale doit être assuré par des sources renouvelables (hydraulique, solaire, éolien, géothermie…). Mais fin 2015, cette part n’atteignait que 14,9 %. L’eurodéputé Yannick Jadot a protesté sur son blog : « Le gouvernement poursuit une stratégie de démolition des ambitions européennes en matière d’énergies renouvelables, au nom de la défense acharnée d’une industrie nucléaire aujourd’hui en faillite. »

Selon nos informations, le cabinet de Nicolas Hulot n’a pas été informé de la teneur de la position française. Sollicité par Mediapart jeudi 5 octobre, il n’a pas répondu à nos demandes. Lors d’un colloque sur l’énergie à l’Assemblée nationale, Barbara Pompili, présidente de la commission développement durable à l’Assemblée nationale, se contente de déclarer : « La transition énergétique est la grande priorité du gouvernement que je soutiens. Nous avons besoin de l’Union européenne pour coordonner nos efforts. »

Lors de ce même colloque, Virginie Schwarz, directrice de l’énergie au sein du ministère, a expliqué que « l’objectif 2030 avait fait l’objet d’un accord qui n’avait pas été si facile que cela à obtenir. Cet accord a été trouvé. Aujourd’hui, pour nous, la priorité c’est de le respecter, pour que ce chiffre de 27 % soit atteint en Europe. Il faut une vraie volonté politique ».

À la lecture de la note française, la question de la volonté politique du gouvernement d’Édouard Philippe sur ce sujet est officiellement posée.

Rédigé par christophe Gueugneau et Jade Lindgaard

https://www.mediapart.fr/journal/france/051017/climat-bruxelles-la-france-lache-les-renouvelables

Nov 08

LE GOUVERNEMENT ENTERRE LES (INSUFFISANTS) OBJECTIFS DE LA LOI DE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Communiqué de presse du Réseau Sortir du Nucléaire :

Suite à une présentation de RTE qui dresse un tableau fallacieux d’une réduction de la part du nucléaire prétendument incompatible avec les objectifs climatiques, Nicolas Hulot vient d’annoncer le report de l’échéance de 2025 pour réduire la part du nucléaire. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce une mise en scène pour justifier un renoncement inacceptable.

Un recul inacceptable du gouvernement

En enterrant l’échéance de 2025 pour la réduction de la part du nucléaire, Nicolas Hulot a effectué un renoncement inacceptable. Sous couvert de « réalisme », le gouvernement cherche à dissimuler une absence de volonté de s’interposer face à EDF !

Une instrumentalisation fallacieuse de la cause climatique

En pleine COP23, il est révoltant de voir la cause climatique instrumentalisée pour faire accepter un report de la fermeture de réacteurs nucléaires. Des scénarios étayés, comme celui de Négawatt, démontrent pourtant que la France peut sortir du nucléaire tout en atteignant ses objectifs climatiques. Cette séquence apparaît comme une mise en scène pour faire passer la pilule, d’autant plus que certaines hypothèses de RTE – filiale d’EDF par ailleurs – sont contestables, notamment sur les exportations d’électricité.

Invoquer la cause climatique pour retarder la fermeture de réacteurs est aussi inepte qu’hypocrite, au vu des investissements délirants consacrés à maintenir à flot l’industrie nucléaire et qui font cruellement défaut à la transition énergétique. Alors que le gouvernement a trouvé 4 milliards pour recapitaliser Areva, il demande en même temps aux territoires à énergie positive de se serrer la ceinture !

Reporter la fermeture de certains réacteurs revient à entériner les travaux de rafistolage extrêmement coûteux (de 100 à 250 milliards d’euros) destinés à prolonger le fonctionnement du parc nucléaire, qui engloutiront des sommes qui n’iront pas à la lutte contre le changement climatique.

Un renoncement dangereux et irréaliste

Repousser la fermeture de réacteurs est gravissime, dans un contexte où les informations pleuvent sur l’état extrêmement dégradé du parc nucléaire et l’incapacité financière et organisationnelle d’EDF et Areva à maintenir en bon état leurs installations… et où l’Autorité de sûreté nucléaire démontre elle-même sa faible volonté de s’interposer.

Au vu de l’âge avancé des réacteurs français, ce report ne permettra absolument pas de se prémunir contre une défaillance brutale d’un grand nombre de réacteurs et contre les conséquences dramatiques d’un accident majeur

Contacts presse :

Philippe Lambersens – 06 83 53 89 82

Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Le-gouvernement-enterre-les-insuffisants

Nov 07

DISSUASION NUCLÉAIRE : CIRCULEZ, IL N’Y A PLUS RIEN À VOIR !

Paul Quilès met en perspective les contradictions de la politique française en matière de désarmement. Il analyse précisément les principales affirmations de la « Revue stratégique de défense et de sécurité nationale » <https://www.la-croix.com/Monde/Defense-priorites-strategiques-France-2017-10-11-1200883425>  commandée par le président Macron et qui vient d’être rendue publique. Cette tribune est signée par six personnes ayant des expériences diverses en matière de défense et de géopolitique.

Depuis 2003, l’exercice est devenu rituel : à chaque changement de président de la République, un comité, cette fois composé de représentants des administrations et de quelques experts, est constitué pour analyser l’environnement stratégique et les menaces auxquelles est confrontée la France et en déduire les moyens nécessaires à ses armées et à sa politique de sécurité. L’intention est légitime. La plupart des grands pays procèdent ainsi.

Ce qui distingue la France est la démarche consistant à exclure systématiquement de l’analyse toute remise en cause non seulement de la doctrine de dissuasion nucléaire, mais encore de ses « composantes ». Il suffit de lire la lettre de mission du Président à la ministre des Armées, préalable à la mission des experts : « [vos réflexions] devront veiller à la bonne articulation des différents volets de la politique nationale de défense et de sécurité avec la stratégie de dissuasion nucléaire dont j’ai décidé le maintien. »

Un sujet jugé tabou

Évacuer ainsi a priori toute discussion de ce sujet jugé tabou permet d’occulter aisément les paradoxes et contradictions qui caractérisent la réflexion stratégique française. Reprenons quelques-unes des formules de la Revue stratégique.

« Le monde a besoin d’un multilatéralisme efficace, incarné par une ONU forte ». Le document affirme que « la France continuera à s’investir pleinement au profit d’une vision des rapports de force et de puissance régulés par le droit ». Mais dans le même temps, la France boycotte les négociations sur l’interdiction des armes nucléaires au sein de l’ONU et se réserve le droit d’utiliser une arme qui anéantirait des millions de civils innocents au mépris des règles du droit humanitaire.

« Le Traité d’interdiction des armes nucléaires […] risque d’affaiblir […] le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ». Ceci « dans un monde où le fait nucléaire réapparaît en force ». ». C’est admettre que le TNP a besoin d’être renforcé ou complété pour empêcher cette réapparition. Le document omet l’obligation de « négocier de bonne foi le désarmement nucléaire inscrite dans le TNP. Par ailleurs, le Traité d’interdiction des armes nucléaires n’empêche nullement d’adopter les mesures intérimaires voulues par la France et fixe un objectif à la limitation des armes nucléaires : leur élimination.

« Au-delà de la menace directe [de] la Corée du Nord, les puissances régionales proliférantes font courir le risque d’un effondrement du régime de non-prolifération ». La dynamique de prolifération ne saurait être imputée à l’adoption récente du Traité d’interdiction des armes nucléaires mais plutôt à l’exemple des puissances reconnues comme nucléaires par le TNP (sous réserve de leur obligation de désarmement) et parfois à leur complaisance envers les États proliférants (Inde, Pakistan, Israël). Prétendre interdire aux autres une arme dont nous faisons la « clé de voûte de notre stratégie de défense » ne peut que la rendre attractive à ceux qui, imitant la France, entendent se protéger « contre toute agression d’origine étatique, d’où qu’elle vienne et quelle qu’en soit la forme ».

Ouvrir de nouvelles négociations

« Le désarmement ne se décrète pas mais se construit ». C’est bien pourquoi les partisans du Traité d’interdiction des armes nucléaires préconisent non pas un désarmement unilatéral et partiel, mais une démarche multilatérale, négociée en vue d’accords équilibrés et vérifiables applicables à tous les pays possesseurs d’armes nucléaires. Le TNP va célébrer l’an prochain son demi-siècle ; il est temps que de nouvelles négociations s’ouvrent pour permettre enfin sa mise en œuvre complète.

« La dépendance croissante des systèmes d’armes ou de commandement aux technologies numériques les rend toujours plus sensibles à cette menace ». Une raison de taille pour engager la transition vers une moindre dépendance à l’égard des armes nucléaires, les plus vulnérables, et non promouvoir la « permanence » ou la « pérennité » indéfinie de ces armes, comme le fait la France.

« Des fragilités multiples, facteurs d’aggravation des crises ». La Revue stratégique identifie les risques anciens et nouveaux auxquels est confrontée la France : « terrorisme, retour de la guerre ouverte dans notre voisinage, montée en puissance militaire et industrielle de nombreux États, fragilités et recompositions européennes ; pressions démographiques et migratoires, dérèglements climatiques, rivalités énergétiques, criminalité organisée, ruptures technologiques et numériques ». L’arme nucléaire ne permet de faire face à aucune de ces menaces et son coût risque d’affaiblir nos moyens de les contrer.

« Notre autonomie stratégique demeure un objectif prioritaire de notre politique de défense ». Un tel objectif est partagé par la plupart des États, même membres d’alliances. En s’arc-boutant sur le maintien inconditionnel et illimité de sa stratégie de dissuasion nucléaire <https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Macron-Larme-nucleaire-cest-moi-2017-07-25-1200865260> , la France aboutit en fait au résultat contraire. Comme on l’a vu dans ses réactions à la proposition de négocier dans un cadre multilatéral l’interdiction des armes nucléaires, elle s’est en fait alignée sur le refus des autres puissances nucléaires, y compris la Corée du Nord <https://www.la-croix.com/Journal/Coree-Nord-saffirme-comme-puissance-nucleaire-2017-09-04-1100874069> , qu’elle critique tant. Au lieu d’apparaître comme un acteur diplomatique majeur, elle risque de se couper encore davantage aujourd’hui des deux tiers des États Membres de l’ONU, qui n’acceptent plus que quelques puissances continuent indéfiniment à faire peser sur la planète la menace d’une catastrophe humanitaire et écologique aux dimensions inouïes.

(1) Paul Quilès, ancien ministre de la Défense

Bernard Norlain, Général (2S) ancien commandant de la Force aérienne de Combat

Marc Finaud, ancien diplomate français, professeur associé au Centre de Politique de Sécurité de Genève (GCSP)

Michel Drain, ancien responsable du secrétariat de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale

Annick Suzor-Weiner <http://www.ens.fr/en/node/949> , docteure en physique, présidente de Pugwash France

Grégoire Mallard, professeur au Graduate Institute à Genève, auteur d’une thèse sur la diplomatie nucléaire.

https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Dissuasion-nucleaire-circulez-rien-voir-2017-11-07-1200890127

Nov 07

LE GOUVERNEMENT REPORTE À APRÈS 2025 L’OBJECTIF DE BAISSE À 50% DU NUCLÉAIRE

Nicolas Hulot a estimé mardi que la France ne pourrait pas ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% en 2025, comme prévu dans la loi de transition énergétique, évoquant la nécessité de fixer une « date réaliste« .

« Il sera difficile de tenir ce calendrier de 2025 sauf à relancer la production d’électricité à base d’énergies fossiles« , a déclaré le ministre de la Transition écologique et solidaire à l’issue du Conseil des ministres.

« Le gouvernement a réaffirmé très clairement son souhait d’atteindre au plus vite l’objectif de 50% de la part du nucléaire mais évidemment sans sacrifier ou rogner nos objectifs sur le changement climatique« , a-t-il poursuivi.

La loi de 2015 sur la transition énergétique prévoit de ramener de 75% à 50% d’ici à 2025 la part de l’atome dans la production d’électricité française, un objectif qui avait été fixé après des mois d’âpres débats au Parlement.

« Si on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50%, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques. Et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon et probablement que si on voulait s’acharner sur cette date, il faudrait même rouvrir d’autres centrales thermiques« , a souligné Nicolas Hulot.

Le ministre a expliqué qu’il préférait prendre le temps pour trouver une « date réaliste » pour que le nucléaire descende à 50%.

« Tout cela va prendre quelques mois et, en fonction de cela, nous fixerons une nouvelle date« , a-t-il indiqué.

Pour l’instant, seule la fermeture des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) a été actée.

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE avait pointé mardi la difficulté à atteindre l’objectif de 2025 sans augmenter les émissions de CO2.

Il faudrait en effet utiliser plus de centrales à gaz et à charbon, a souligné RTE dans son bilan prévisionnel.

https://www.romandie.com/news/Le-gouvernement-reporte-a-apres-2025-l-objectif-de-baisse-a-50-du-nucleaire/860784.rom

NDLR : se fixer des objectifs, c’est bien mais se donner les moyens de les atteindre, c’est mieux ! Nous avons toujours rappelé que ce que fait une loi, une autre loi peut le défaire. Ce ne sera qu’un exemple de plus. Plutôt qu’une énième loi, il vaudrait mieux se donner les moyens financiers, juridiques et industriels pour rattraper notre retard dans les domaines des énergies renouvelables, du stockage et de la réduction de notre consommation d’électricité. Une fois de plus, le lobby du nucléaire a gagné.

Nov 07

AREVA MALVÉSI, LA PORTE D’ENTRÉE DU NUCLÉAIRE EN FRANCE

À Narbonne, le projet Thor, destiné à traiter des nitrates, attire l’attention sur une usine d’Areva unique dans l’Hexagone et au lourd passé.

La manifestation de dimanche 5 novembre, dans les rues de Narbonne, donne un coup de projecteur sur l’activité de la filière nucléaire dans le département de l’Aude, dont Areva se serait sans doute bien passé. « L’inquiétude exprimée au sujet du projet de traitement Thor, traitement des nitrates » – une sorte d’incinérateur qui devrait s’élever sur le site de l’usine Areva Malvési, anciennement nommée Comurhex – ne donne peut-être pas la vraie mesure du problème.

L’usine se dresse déjà à moins d’un kilomètre de la ville de 52 800 habitants. Sur son aire gigantesque, les seuls bassins occupent une surface équivalente à dix-huit terrains de rugby. Cette installation traite un quart du minerai d’uranium naturel mondial (et 100 % de l’uranium français). Acheminé par bateau des mines du Niger, du Kazakhstan ou d’Ouzbékistan, il est dissous à Malvési avec de l’acide nitrique concentré à 99,9 %, puis envoyé à Pierrelatte, dans la Drôme, pour poursuivre sa transformation en combustible nucléaire.

Loin d’être une petite usine chimique anodine, Areva Malvési est un discret colosse du nucléaire, qui n’a que quatre équivalents dans le monde, et dont le passé pose problème, comme s’en est aperçu l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à la suite d’un accident survenu en 2004. À l’époque, après la rupture d’une digue, le contenu d’un bassin se répand alentour. Il s’agit de boues que l’usine présente comme « nitratées ». Mais en 2006, des prélèvements effectués à la sauvette par des riverains et analysés par la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) montrent qu’elles sont aussi très radioactives.

Plutonium, américium et technétium

Pire : elles contiennent des éléments radioactifs qui n’auraient jamais dû se trouver là, comme du plutonium, de l’américium ou du technétium. Ces éléments n’existent pas à l’état naturel, ils ne peuvent donc pas être présents dans les minerais d’uranium traités par l’usine. En revanche, ils sont légion dans les combustibles nucléaires usagés, ceux qui sortent des centrales nucléaires et font normalement l’objet d’un retraitement spécifique, à La Hague par exemple.

À l’époque, la découverte fait scandale. Mis devant le fait établi, les dirigeants d’Areva Malvési furent contraints d’admettre l’inimaginable : entre 1960 et 1983, l’usine avait tenté de recycler des combustibles nucléaires usagés pour essayer de récupérer de l’uranium encore présent. De quoi polluer durablement le site, les bassins et l’environnement. Des analyses effectuées en 2007 par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ont ensuite établi la présence de plutonium dans le blé d’un champ voisin, ainsi qu’un marquage à l’uranium sur une distance de deux kilomètres, sous les vents dominants, donc en direction de Narbonne. Aujourd’hui, des habitations se construisent à environ 800 mètres du site. En l’absence de registre des cancers, l’impact sur la santé d’une telle proximité n’est ni connu, ni même évalué.

Par la suite, une décision administrative sans précédent classe les deux bassins les plus anciens, les plus pollués et les plus fragiles (dont celui qui s’est ouvert en 2004) comme installation nucléaire de base (INB), et les place sous la responsabilité de l’ASN. Celle-ci ordonne leur recouvrement en urgence afin d’arrêter l’évaporation des liquides radioactifs, mais aussi leur infiltration dans le sol. Car de surcroît, ces bassins construits sur les terrils d’une ancienne soufrière n’étaient pas étanches et surplombaient une nappe phréatique qui n’a été isolée qu’en 2013. Quatre autres bassins doivent être vidés prochainement pour permettre à l’ASN d’avoir une idée plus précise de la composition des boues et de décider des mesures à prendre.

Le site n’a cessé de croître

L’histoire ne s’arrête par là. Depuis sa création, en 1958, Areva Malvési produit en continu de grandes quantités de déchets liquides, nitratés, radioactifs, dont la seule issue est un stockage sur place, dans les bassins ouverts pour que le soleil et les vents, si présents dans la région, puissent en réduire le volume. Mais au-delà d’une certaine concentration de nitrates, l’eau ne peut plus s’évaporer ; les bassins sont alors saturés et il faut en construire de nouveaux pour accueillir l’afflux continu de déchets liquides. Voilà pourquoi le site n’a cessé de croître, multipliant le nombre de bassins.

L’association locale de protection de l’environnement Eccla dénonce des risques de débordement des bassins en cas de pluies diluviennes. Pour Christophe Kassiotis, de l’ASN, la situation n’est pas tenable : « Avant janvier 2019, Areva doit réduire le volume de ses déchets », explique-t-il.

Le traitement des nitrates par le procédé Thor est la réponse technique à cette demande. Sur le papier, sa mise en œuvre devrait permettre de résorber certains bassins et de transformer une partie des rejets liquides en déchets ultimes, stockables par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), comme le confirme Patrice Torres, directeur des opérations industrielles. « Areva a une pré-acceptation pour les déchets issus du procédé TDN Thor qui devraient représenter 5 700 colis de 500 m3 envoyés chaque année pendant trente ans dans l’est de la France », assure-t-il.

Des boues radioactives

Que faire du reste, c’est-à-dire plusieurs centaines de milliers de mètres cubes de boues radioactives dont une partie a été recouverte en urgence… pour trente ans ? Areva se doit de leur trouver un destin à plus long terme. Pour le moment, toutes les solutions esquissées ont été retoquées par l’IRSN, qui n’exclut pas cependant l’idée d’un stockage définitif sur le site. « Les déchets de l’amont du nucléaire sont très volumineux et les sites de stockage de l’Andra ne pourront tout accueillir, explique François Besnus, de l’IRSN. Il faudra réfléchir à des solutions plus globales. » En l’état donc, rien n’empêche d’imaginer que le site d’Areva Malvési, situé aux portes de Narbonne, en zone inondable, puisse être transformé en lieu de stockage définitif pour les boues radioactives de l’usine. Voire venues d’ailleurs.

Ce débat est absent des manifestations des opposants au TDN Thor, obnubilés par la question des rejets atmosphériques et non par le problème des déchets radioactifs. À leur décharge, cet aspect était très minoré dans les rapports fournis par Areva lors de l’enquête publique concernant le TDN.. « Leur façon d’évoquer des “effluents nitratés” pour des liquides qui ont une telle radioactivité, avec des radionucléides à très forte radiotoxicité et de très longue période, est très illustrative de la manière dont Areva induit les travailleurs et les riverains en erreur quant à la nature réelle des risques radiologiques sur le site », estime Bruno Chareyron, ingénieur à la Criirad.

http://www.lemonde.fr/energies/article/2017/11/06/areva-malvesi-la-porte-d-entree-du-nucleaire-en-france_5210985_1653054.html

Nov 07

NARBONNE: ENTRE 2 300 ET 3 000 PERSONNES CONTRE UN PROJET D’AREVA

Entre 2 300 personnes selon la police et 3 000 selon les organisateurs ont manifesté dimanche à Narbonne contre le projet d’Areva de traitement des nitrates (TDN) contenus dans des déchets liquides sur son site près de Narbonne, synonyme aux yeux des opposants de risques environnementaux et sanitaires.

Les déchets liquides, stockés dans des bassins, proviennent de la conversion sur le site Areva Malvési d’un concentré de minerai d’uranium sous la forme de tétrafluorure d’uranium, lui-même transformé par la suite, à Tricastin, en combustible nucléaire.

Cette conversion implique l’utilisation d’acides, notamment de l’acide nitrique, les déchets étant stockés dans des bassins de décantation pour les boues, et d’évaporation pour les effluents liquides, à deux kilomètres de Narbonne.

Areva envisage de traiter un stock de quelque 350 000 m3 d’effluents nitratés et radioactifs, liquides, par un procédé thermique.

Une demande d’autorisation déposée par la société doit être examinée par le préfet de l’Aude avant le 9 novembre, a expliqué à l’AFP André Bories, président de l’association de défense de l’environnement Rubresus, selon lequel la décision du préfet a déjà été reportée à trois reprises.

Plusieurs associations protestent contre le projet d’Areva de détruire les « nitrates de ces déchets liquides, par combustion, avec du charbon« , a expliqué Mariette Gerber, membre d’Écologie du Carcassonnais, des Corbières et du littoral audois (Eccla).

La combustion provoquerait des rejets, les fumées contenant notamment, selon M. Bories, des oxydes d’azote ainsi que des composés volatils comme le benzène, mais aussi de l’arsenic et des particules fines.

« La complication, dans notre région, c’est l’ensoleillement », a commenté Mme Gerber. « Le dioxyde d’azote est transformé sous l’effet du soleil en ozone », un gaz très toxique pour les poumons, a-t-elle expliqué. Il y aurait « aussi un perturbateur endocrinien dans les fumées« , a-t-elle mis en garde.

« Il faut vider ces bassins, a poursuivi Mme Gerber. Mais on voudrait qu’on réfléchisse sur le procédé d’élimination, sinon il y en a pour 40 ans de ces rejets toxiques ».

« Traiter les déchets, oui », a commenté M. Bories.« Mais il faut trouver la meilleure solution, et pas avec la technologie proposée par Areva, trop polluante« .

https://www.romandie.com/news/Narbonne-entre-2-300-et-3-000-personnes-contre-un-projet-d-Areva/860171.rom

NDLR: bizarrement, cet article ne parle absolument pas des dangers radiologiques du fait de la présence important d’éléments radioactifs dans ces déchets.  Voyez l’article suivant qui traite de ce problème.

 

Nov 06

BELGIQUE : ENCOMBRANTES ARMES NUCLÉAIRES

Le feuilleton du renouvellement des appareils de la Composante Air des armées belges se poursuit, mais le débat occulte un élément clé, qui verrouille l’actuel appel d’offres : le futur avion de combat devra être capable d’emporter l’arme nucléaire américaine dans le cadre de l’Otan. Vingt bombes B61 sont entreposées à cette fin sur la base limbourgeoise de Kleine-Brogel. Une nouvelle version, déployée à partir de 2022, ne sera compatible qu’avec le F-35 de Lockheed Martin. Les Belges partagent le douteux privilège de pouvoir larguer la bombe de Washington avec les Allemands, les Italiens et les Néerlandais.

Les Britanniques, membres de l’Otan, clients du F-35 et puissance nucléaire eux-mêmes, ont renoncé à la composante aérienne de leur dissuasion. Pour quelle raison les Belges devraient-ils encore participer à celle de l’Otan et héberger sur leur territoire les armes de destruction massive d’un autre gouvernement ? Ce qui pouvait éventuellement avoir du sens à l’époque où l’on redoutait un déferlement de chars soviétiques dans la grande plaine d’Europe du Nord, en a-t-il encore en cette ère de conflits asymétriques, de cyberattaques et de terrorisme urbain ? Trois décennies après Tchernobyl, qui songerait à employer l’arme nucléaire sur un théâtre européen ?

Alors que le 6 octobre, le Prix Nobel de la Paix a été décerné à la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, la Belgique doit savoir si elle souhaite véritablement sacrifier son industrie aéronautique et sa dimension européenne afin de préserver les reliques d’un autre temps, dont ne se souvient même plus la génération qui arrive aux affaires aujourd’hui.

Article de Stefan Barensky

https://www.aerospatium.info/encombrantes-armes-nucleaires/

Nov 06

LE JAPON VA GELER LES AVOIRS DE 35 ORGANISATIONS ET PERSONNALITÉS NORD-CORÉENNES

Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, a annoncé que son pays allait bloquer les avoirs de 35 personnalités et organisations nord-coréennes. Une annonce faite en marge de la visite de Donald Trump dans l’Archipel. 

Le Japon va geler les avoirs d’une trentaine d’organisations et personnalités nord-coréennes, imposant une sanction supplémentaire à Pyongyang, a annoncé lundi le Premier ministre japonais Shinzo Abe à Tokyo, au cours d’une conférence de presse conjointe avec le président américain Donald Trump.

Une réponse au programme nucléaire nord-coréen et aux enlèvements de Japonais. « Nous déciderons demain de geler les avoirs de 35 organisations et personnalités nord-coréens« , une mesure supplémentaire pour résoudre la question des Japonais enlevés par les services secrets nord-coréens et face au programme nucléaire et de développement de missiles de Pyongyang, a-t-il déclaré.

http://www.europe1.fr/international/le-japon-va-geler-les-avoirs-de-35-organisations-et-personnalites-nord-coreennes-3484277

Nov 06

IL FAUT NÉGOCIER AVEC LA CORÉE DU NORD

OPINION: La solution à la crise nucléaire nord-coréenne réside dans une négociation, globale, comme le suggèrent la Chine et la Russie, estime l’ancien sous-secrétaire général des Nations unies Marcel A. Boisard.

Le président Trump effectue cette semaine son premier voyage en Asie. La situation dans la péninsule coréenne sera au centre des discussions. Il serait absurde et dangereux de faire passer Kim Jong-un pour un tyran psychopathe et belliqueux.

La longue histoire du Pays du Matin calme fut très agitée. Comme un bras tendu entre la Chine continentale et le Japon insulaire, la péninsule fut un lieu de passage et d’invasion. Sa situation géopolitique détermina son histoire, globalement douloureuse. Le pays fut rarement unifié et indépendant. Il vécut sous les influences mandchoue, mongole, chinoise et japonaise. Les populations souffrirent de perpétuelles occupations. Au XVe siècle, le pays fut, pour une centaine d’années seulement, uni par des empereurs qui permirent un développement culturel remarquable. La désunion et le déclin conduisirent à la fermeture des frontières. L’isolement fut total; les côtes littorales furent transformées en déserts inhabités. L’économie stagnait et l’insécurité régnait. Le Japon imposa, dans le dernier quart du XIXe siècle, un traité inégal d’alliance, qui fut suivi d’un protectorat, puis, après sa victoire contre la Russie, d’une annexion, en 1910.

Deux millions de morts

La colonisation fut très sévère et d’une extrême dureté pendant la Seconde Guerre mondiale. Le cas des jeunes femmes réquisitionnées de force, pour le «réconfort» de la soldatesque, est connu. L’ensemble de la population fut soumis à une forme d’esclavagisme brutal. Ces réalités historiques avérées ont marqué les mémoires. La résistance s’était organisée autour de deux personnalités qui se révélèrent ultérieurement être des dictateurs: Syngman Rhee, le nationaliste, qui prit le pouvoir au Sud, et Kim Il-sung, le communiste, au Nord. Après la capitulation japonaise, l’Union soviétique et les États-Unis divisèrent le pays en zones d’occupation, le long du 38e parallèle. Ces puissances avaient besoin d’une plateforme d’observation sur la région, en particulier sur la Chine, où Mao Tsé-toung achevait sa conquête du pouvoir.

L’hostilité de l’Occident fut immédiate et violente. Depuis près de soixante-cinq ans, Washington refuse de reconnaître le régime, dont il souhaite la perte

En juin 1950, alors que les troupes américaines du Pacifique démobilisaient, des forces de Corée du Nord franchirent la ligne de partage. Le Conseil de sécurité fut saisi. L’URSS pratiquait alors la «politique de la chaise vide». Son absence ne fut pas considérée comme un veto. Une intervention militaire multinationale trouvait ainsi sa légitimité. Elle fut conduite sous l’égide des États-Unis. Le front fluctua. Dès que les forces internationales s’approchèrent de la frontière chinoise, un million de «volontaires» déferlèrent. Le général MacArthur envisagea l’usage de la bombe atomique, comme sept ans auparavant sur Hiroshima. Truman lui retira le commandement. Les combats se stabilisèrent. L’armistice fut signé à l’été 1953, rétablissant le statu quo ante.

https://www.letemps.ch/opinions/2017/11/05/faut-negocier-coree-nord

Nov 06

LE FORUM SOCIAL CONTRE LE NUCLÉAIRE EN VISITE À BURE

Pour débattre de toutes les questions liées à la lutte contre le nucléaire, un groupe d’une trentaine de personnes a souhaité pouvoir se rendre à Bure (55), à l’issue du 3ème forum social mondial antinucléaire qui vient de terminer à Paris.
Un voyage a donc été organisé dimanche 5 novembre 2017..

Un groupe d’une trentaine de personnes, ayant participé au troisième forum social mondial antinucléaire < http://fsm-antinucleaire2017.nuclearfreeworld.net/ >  ces derniers jours à Paris a souhaité pouvoir se rendre sur Bure (55) à l’issue de ce forum. Un voyage a donc été organisé dimanche 5 novembre 2017.
Dans ce groupe, beaucoup d’étrangers. Car pour eux, Bure et CIGÉO ne font qu’un. Un seul nom.  C’est aussi devenu un lieu qu’ils connaissent désormais.

Parmi les visiteurs, des japonais, très sensibilisés, et même inquiets face à cette problématique nucléaire depuis le drame de Fukushima en mars 2011.

Ensuite, tout le groupe s’est rendu sur le site du laboratoire de l’Andra, avant de poursuivre une rencontre avec les militants locaux.

Article de Yves Quemener

http://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/meuse/bure/forum-social-contre-nucleaire-visite-bure-1360053.html

Nov 06

TROIS ANS DE RETARD POUR LE SOUS-MARIN NUCLÉAIRE D’ATTAQUE BARRACUDA

Le premier sous-marin nucléaire d’attaque de nouvelle génération Barracuda sera finalement livré à la Marine en 2020 au lieu de 2017.

La Marine attendra encore. Au lieu de monter à bord du premier des six sous-marins Barracuda dès 2017, puis en 2019, les sous-mariniers patienteront donc jusqu’en 2020 pour plonger dans les eaux profondes à bord du Suffren. « En raison du retard industriel dans la construction du premier sous-marin, le calendrier de commande a été réexaminé et optimisé », a expliqué un document officiel du ministère de la l’Économie. Ainsi, la commande du cinquième sous-marin a été décalée en 2018 sans impact sur son calendrier de livraison, les équipements à long cycle d’approvisionnement ayant été commandés en 2017. La commande du sixième sous-marin est maintenue en 2019, les équipements à long cycle d’approvisionnement ayant été également commandés en 2017.

« Le premier exemplaire entrera en service avec retard, vers 2020 au lieu de 2017, avait expliqué le 26 juillet 2017, devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale, le chef d’état-major de la marine, l’amiral Christophe Prazuck. Ce n’est pas une trottinette mais un engin difficile à construire et des erreurs ont été commises, qu’il faut identifier, corriger puis rattraper« .

Le décalage de livraison du premier sous-marin est dû à un retard industriel, avait expliqué le ministère de l’Économie. Un retard qui n’est pas très surprenant. Les audits lancés par Naval Group avaient mis en évidence en 2014 une augmentation des coûts à terminaison, particulièrement sur le programme Barracuda, en raison de retard dans les livraisons du groupe naval. Le calendrier du premier sous-marin Barracuda est resté très tendu. D’où le décalage de l’ordre de trois ans du Suffren. Ce qui oblige la marine nationale à prolonger l’usage des sous-marins Rubis. La disponibilité des sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) est tendue car il était prévu de diminuer ce parc d’une unité dès janvier 2017.

« Nous avons constitué notre premier équipage et utilisons des simulateurs pour les former, mais j’attends avec impatience ce bateau, avait précisé le chef d’état-major de la marine. Le retard de livraison du premier de série, le Suffren, va m’obliger à prolonger l’usage des Rubis pour avoir en permanence six sous-marins nucléaires d’attaque en parc. Quand j’ai six SNA, un est en entretien de longue durée – pendant un an et demi ou deux ans -, un autre en entretien intermédiaire, un troisième en entraînement, un quatrième dans l’Atlantique, un cinquième en Méditerranée et le dernier soit dans l’Atlantique, soit en Méditerranée, soit dans l’océan Indien. Le format de six SNA – les Britanniques en ont sept – correspond donc à notre besoin opérationnel« .

Frappe dans la profondeur

Lancé en 1998 et commandé en 2006, le programme Barracuda, un sous-marin long de 99 mètres, engage les forces sous-marines françaises pour les cinquante années à venir. L’ensemble du programme Barracuda représente 7,9 milliards d’euros de la conception à la livraison de six sous-marins entre 2019 et 2028, date de livraison du sixième et dernier sous-marin Barracuda, doté d’un équipage de 60 personnes, dont 12 officiers.

Le Barracuda, qui bénéficie de crédits de paiement de 563,9 millions euros en 2018 (570 millions en 2017), est un sous-marin nucléaire d’attaque destiné à la maîtrise des espaces maritimes (5;100 tonnes en plongée). Il assure le soutien de la force océanique stratégique (FOST) ou d’une force aéronavale. Il participe en outre aux opérations de projection de forces et de frappe dans la profondeur (missile de croisière naval) et aux opérations spéciales (commandos et nageurs de combat). Il peut également agir isolément. Ce sous-marin est doté de moyens de communication permettant son intégration au sein d’une force navale.

Naval Group et Areva TA sont regroupés au sein d’un groupement momentané d’entreprises, dans lequel la maîtrise d’œuvre du programme est confiée au groupe naval. Dans le domaine de la chaufferie nucléaire, sous responsabilité de la société Areva TA, le commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) assure une maîtrise d’ouvrage déléguée.

Le missile de croisière, l’arme fatale du Barracuda

Le Barracuda est capable de mettre en œuvre la torpille F21, le missile anti-navire Exocet SM39 modernisé et le missile de croisière naval (MdCN). Le MdCN permet de disposer d’une capacité de frappe dans la profondeur depuis les frégates multi-missions (FREMM) et les Barracuda. La portée est de la classe 1.000 km.

La précision à l’impact est équivalente à celle du Scalp EG, visant à éviter tout effet collatéral. La charge militaire devra favoriser les effets de souffle et d’éclats et assurer la perforation de cibles moyennement durcies. La réception du premier lot de missiles de série pour les FREMM a été réalisée en janvier 2017 (au lieu initialement de 2012). Un deuxième lot est prévu en 2018. Au total, 90 missiles devront être livrés sur la période de la loi de programmation militaire 2014-2019 sur une cible de 250 unités, et 60 missiles sur 2020-2025

Article de Michel Cabirol

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/trois-ans-de-retard-pour-le-sous-marin-nucleaire-d-attaque-barracuda-756792.html

Nov 06

CRAINTES DE FUITES RADIOACTIVES APRÈS L’EFFONDREMENT D’UN TUNNEL SUR LE SITE DES ESSAIS NUCLÉAIRES EN CORÉE DU NORD

Le changement de plan soudain de Trump, le double langage de la communauté internationale, Trump assez insensé pour répondre par « le feu et la fureur » ?

Des avertissements urgents de fuites radioactives ont été lancés à la suite de l’effondrement d’un tunnel sous le mont Mantap, d’une hauteur de 7 200 pieds, là où la Corée du Nord met à l’essai ses systèmes d’armement.

L’accident qui se serait produit le 10 octobre et qui n’a été révélé que le 31 octobre est un désastre qui aurait tué deux cents personnes. (NDLR : je vous rappelle que Savoie-antinucléaire a publié l’information de cette catastrophe dès le 31 octobre, le jour même de sa révélation !)

Partout ailleurs dans le monde, cette tragédie aurait fait les manchettes et les chefs d’État auraient envoyé leurs condoléances et offert leur aide.

Apparemment, la vie des parents, filles et fils constituant la force ouvrière de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) vaut moins que celles des autres, car les lignes téléphoniques et les courriels sont restés muets. La tour Eiffel et la porte de Brandebourg n’ont pas été illuminées non plus aux couleurs du pays en commémoration des victimes.

Seuls les risques de radiation ont fait les manchettes. Les institutions et les organes spécialisés n’ont pas tenté d’évaluer ces risques ou de les limiter, n’ont pas tendu leurs mains à la suite d’une catastrophe majeure.

Alex Lockie, du Business Insider, rapporte que selon des sources nord-coréennes, le tunnel « s’est effondré sur 100 travailleurs, puis 100 autres sont morts sous la montagne instable lorsqu’ils sont allés les secourir. » (1)

Non seulement il n’y a pas eu d’aide de la « communauté internationale », mais « si des débris d’essai nucléaire parviennent en Chine, Pékin pourrait considérer cela comme une attaque contre son pays, » avait déjà déclaré au Business Insider Jenny Town, directrice adjointe du U.S. Korea Institute et rédactrice en chef de 38 North.

Commodément oubliés sont les essais irresponsables que les USA ont effectués au Nevada, où les champignons atomiques étaient visibles à des centaines de milles à la ronde : « Las Vegas a subi des effets sismiques notables » (Site d’essais du Nevada sur Wikileaks), sans oublier le sort de ceux qui vivaient « dans le sens du vent », qui ont souffert de maladies liées aux radiations des retombées nucléaires.

« Personne n’a manifesté autant de mépris pour les autres pays et le bien-être de son propre peuple que le régime dépravé de la Corée du Nord (…) », a déclaré Donald Trump à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre.

De toute évidence, il ignore l’histoire nucléaire irresponsable de son propre pays.

Oubliés aussi sont les essais atomiques des USA et du Royaume-Uni dans le Pacifique (1946-1962), à la suite desquels les militaires engagés dans l’opération qui étaient toujours vivants (ils n’avaient pas été avertis des dangers) ont lutté jusqu’à la fin de leur vie afin d’obtenir une compensation pour les cancers et les malformations de leurs enfants. Il en reste encore quelques-uns, aujourd’hui très âgés, qui luttent encore.

La population de l’île Bikini a été évacuée, mais l’île reste encore tellement radioactive que les familles et leurs descendants ne peuvent y retourner. Un autre bel exemple de populations jetables.

Bien qu’il ne soit pas encore certain que la Corée du Nord ait mis au point des armes nucléaires, elle en teste les possibilités en réponse à plus de soixante ans de menaces étasuniennes. Mais contrairement aux USA, ses essais se font sous une grosse montagne et « les essais successifs n’ont pas jusqu’à maintenant causé de fuites radioactives dans les régions avoisinantes, selon les analystes ». (2)

Essai nucléaire en novembre 1951 sur le site d’essais du Nevada. Il s’agit de l’essai appelé « Dog » pendant l’Opération Buster, qui avait une charge de 21 kilotonnes de TNT (88 TJ). C’était le premier exercice mené par les USA sur un site nucléaire, avec manœuvres de troupes au sol. Les soldats sur la photo se trouvent à 6 milles (9,7 km) de l’explosion. (Source : Wikimedia Commons)

Cependant, dans la semaine de l’effondrement, il y a eu un avertissement sévère :

« Les essais nucléaires continuels par la Corée du Nord pourraient causer des fuites radioactives, a prévenu Nam Jae-Cheol, météorologue en chef des services météorologiques sud-coréens. L’espace creux au pied de la montagne où les essais sont effectués pourrait imploser et entraîner l’infiltration de matières radioactives. »

Aussi :

« Le mois dernier, des scientifiques de l’Institut de géologie et de géophysique de l’Académie chinoise des sciences ont également attiré l’attention sur la possibilité d’une implosion catastrophique dans les montagnes (…). »

Le même reportage nous apprend aussi que la Corée du Nord, probablement en réponse aux menaces apocalyptiques de Trump à l’endroit de ce pays comptant seulement 25,4 millions d’habitants, aurait « effectué ces derniers jours des exercices d’évacuation de masse et de simulation de panne généralisée dans un contexte de menace accrue de guerre nucléaire. » C’est poignant et honteux.

Mais si l’on craint, à juste titre, des fuites radioactives, qu’arrivera-t-il si Donald Trump met à exécution sa menace de répondre par le « feu et la fureur comme le monde ne l’a encore jamais vu »?

Le 22 octobre, Trump a annoncé son intention de mettre la flotte étasunienne de bombardiers B-52 à capacité nucléaire en alerte 24 heures sur 24.

« C’est une étape de plus pour nous assurer que nous sommes préparés », a déclaré le général David Goldfein, chef d’état-major de l’armée de l’air, à Defense One. »

Les premières cibles, comme Trump l’a clairement exposé, seraient les installations d’armes de la RPDC. Les craintes soulevées actuellement par les fuites, ce n’est rien à côté de ce qui se passera si Trump va de l’avant. Pour reprendre ce qui a déjà été dit, c’est toute la région, sinon la planète entière, qui risque d’être réduite en cendres.

Le président des USA, qui est actuellement acculé au pied du mur, dont la destitution est une possibilité grandissante et qui semble de moins en moins saisir la réalité, pourrait bien recourir à pareille folie comme tactique de diversion.

L’heure est venue pour les pays voisins et les alliés des USA de profiter de cette catastrophe pour tendre la main, proposer leur aide, leur diplomatie et la normalité à un pays qui s’est construit littéralement sur les cendres de chaque ville et village que les Étasuniens ont détruit il y a soixante ans.

Il faut agir maintenant. La semaine prochaine, ce pourrait être trop tard.

Donald Trump doit d’ailleurs se rendre dans la région et en Corée du Sud dimanche. Il devait aller dans la zone frontalière, où l’attendait l’inévitable séance de photos à laquelle s’adonnent tous les va-t-en-guerre de passage. Mais il a annulé sa visite le jour même de l’annonce de fuites radioactives possibles.

Trump a une phobie. Dans son livre publié en 1997, The Art of the Comeback, il a écrit qu’il détestait les poignées de mains à cause des microbes :

« Une des malédictions de la société étasunienne, c’est le simple fait de serrer des mains. Plus vous connaissez du succès et devenez célèbre, plus cette terrible coutume semble se répéter. »

« J’ai une obsession de la propreté des mains. Je me sens beaucoup mieux après m’être bien lavé les mains, ce que je fais autant que possible. »

D’autres sources rapportent qu’il préfère boire avec une paille, au cas où le verre dans lequel il boit serait porteur de microbes.

Lorsque Theresa May lui a rendu visite une semaine après son entrée en fonction, on a dit que la raison pour laquelle il lui a tenu la main si fermement en montant les escaliers, c’était parce qu’il craignait les microbes que d’autres avaient laissés en tenant la rampe avant lui.

Malgré sa menace de répondre « par le feu et la fureur », il s’est peut-être rendu compte que la radiation ne s’enlève pas en se lavant les mains. Serait-ce la raison pourquoi il a soudainement annulé sa visite à la frontière? Je me le demande.

Article de Felicity Arbuthnot

 Article original en anglais : North Korea Nuclear Testing Tunnel Collapse, Fears of Radiation Leaks, Will Trump Resort to “Fire and Fury” Insanity?

Traduit par Daniel pour Mondialisation.ca

Notes

  1. https://www.commondreams.org/news/2017/10/31/fears-radiation-leak-soar-after-north-korea-nuclear-site-collapse-kills-200
  2. http://www.ibtimes.com/south-korean-scientists-warn-north-koreas-nuclear-tests-could-trigger-radioactive-2608031?utm_source=internal&utm_campaign=right&utm_medium=related1

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Felicity Arbuthnot, Mondialisation.ca, 2017 

Nov 05

LA « SÉCURISATION » DES SITES NUCLÉAIRES DE CORÉE DU NORD PAR LES ÉTATS-UNIS NÉCESSITERAIT UNE INTERVENTION TERRESTRE

C’est ce qu’affirme une lettre envoyée par des responsables du Pentagone à des parlementaires américains, relayée par le « Washington Post« .

La seule manière de localiser et « sécuriser » tous les sites nucléaires de Corée du Nord serait une intervention terrestre de soldats américains, a rapporté samedi 4 novembre le Washington Post. Le journal cite une lettre envoyée par des responsables du Pentagone à des parlementaires américains.

La lettre, qui aurait été écrite par le vice-directeur de l’état-major interarmées du Pentagone, souligne qu’un tel conflit pourrait conduire le régime de Pyongyang à déployer des armes biologiques et chimiques, selon le Washington Post.

Donald Trump en tournée en Asie

Ce rapport, qui donne des détails sur les perspectives d’une guerre dans la péninsule coréenne, intervient alors que le président Donald Trump a entamé samedi une longue tournée en Asie. Cette tournée est dominée par des tensions exacerbées entre Washington et Pyongyang, dont le programme nucléaire avance à grands pas.

Le département américain de la Défense a adressé cette lettre en réponse à deux membres du Congrès américain. Ils demandaient des détails concernant « l’évaluation du nombre d’éventuelles victimes en cas de conflit avec la Corée du Nord, à la fois pour les forces américaines et ses alliés –le Japon, la Corée du Sud et l’île américaine de Guam– ainsi que pour les civils », selon le journal.

Ces derniers mois, la tension est montée d’un cran entre Washington et Pyongyang. La crise est alimentée par le plus puissant essai nucléaire nord-coréen à ce jour et des tirs de missiles au-dessus du Japon, mais aussi par une escalade verbale. Donald Trump a menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord en cas d’attaque nord-coréenne. Kim Jong-un, dictateur de la Corée du Nord, l’a traité en retour de « gâteux américain mentalement dérangé« .

http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/la-securisation-des-sites-nucleaires-de-coree-du-nord-necessiterait-une-intervention-terrestre_2452820.html

Nov 05

« IMPLANTER LA BASE D’ENTRETIEN DES SOUS-MARINS NUCLÉAIRES A TOULON EST IRRESPONSABLE »

Ancienne présidente de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, Patricia Adam juge le choix de Toulon inutile, coûteux et dangereux.

Après avoir promis de le faire avant la fin de l’année 2013, le Breton Jean-Yves Le Drian s’était bien gardé de confirmer publiquement une option engagée depuis des années, concernant la base d’entretien majeur des six futurs sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda. La ministre des Armées Florence Parly ne s’est pas défaussée : dans un communiqué, le 3 novembre, elle annonce que la base sera construite à Toulon.

Quelques aménagements de petite dimension seront réalisés à Brest, au cas où des réparations légères seraient nécessaires. Au rythme actuellement prévu, le premier sous-marin à propulsion nucléaire de la série Barracuda, le Suffren, sera remis à la Marine nationale fin 2019, les cinq autres se succédant ensuite tous les deux ans, jusqu’en 2029. Tous les dix ans (à partir de 2029 s’agissant du Suffren), chacun de ces navires subira un ATM (arrêt technique majeur), nécessitant la dépose de son cœur nucléaire, préalable à la réalisation de lourds travaux d’entretien programmé. Le choix du gouvernement consiste concrètement à implanter la future base au cœur du port militaire de Toulon, donc à deux pas du centre-ville. Préparés par le Commissariat à l’énergie atomique, des plans précis sont déjà prêts.

Présidente de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale sous la précédente législature, la socialiste Patricia Adam, ancienne députée de Brest, est très opposée au choix de Toulon. Elle l’estime dangereux, hors de prix, et pour tout dire inutile, puisque des installations modifiables à moindre coût existent déjà à l’Île Longue, dans la rade de Brest, et à Cherbourg.

Interview. 

Le Point : La ministre des Armées Florence Parly a confirmé vendredi que la base d’entretien des futurs six sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda sera construite à Toulon. Qu’en pensez-vous ?

Patricia Adam : Ce n’est pas une bonne décision, mais aucune alternative n’a été proposée à Florence Parly ! Lorsque Michèle Alliot-Marie était ministre de la Défense (2002-2007), elle avait déjà annoncé une mesure en ce sens, en estimant que les enjeux majeurs pour la France s’étaient déplacés de la façade atlantique à la Méditerranée. Cet argument a moins de valeur aujourd’hui, puisque les principales activités de sous-marins autour de nos côtes se trouvent dans l’océan Atlantique. Des incursions y sont relevées régulièrement, notamment au large de Brest. Cette évolution stratégique doit être prise en considération. Un sous-marin nucléaire d’attaque est d’abord conçu pour protéger les sous-marins nucléaires lance-engins (SNLE), qui n’entrent pas en Méditerranée. S’il rencontre une avarie, il doit pouvoir rejoindre au plus vite un chantier… sans passer par un détroit comme celui de Gibraltar.

Il n’est pas raisonnable qu’à l’heure où nous cherchons à faire des économies partout et sur tout ce qui existe dans les armées, on crée de toute pièce une installation nouvelle

Le Point : Mais les sous-marins d’attaque étant principalement basés à Toulon, n’est-il pas logique d’y installer le chantier qui assurera leur entretien ?  

Patricia Adam : Je trouve illogique de créer une base nucléaire nouvelle, à partir de zéro, alors que nous disposons déjà de deux bases majeures capables d’accueillir de tels navires à propulsion nucléaire, l’une à l’Île Longue dans la rade de Brest et l’autre à Cherbourg. La décision annoncée vendredi nous engage pour les cinquante années à venir, il n’est pas raisonnable qu’à l’heure où nous cherchons à faire des économies partout et sur tout ce qui existe dans les armées, on crée de toute pièce une installation nouvelle. Pour entretenir les SNLE, lors de leurs révisions les plus lourdes, les cœurs nucléaires sont déposés à l’Île Longue, et la coque est conduite au chantier de Brest, où d’excellents ouvriers, techniciens et ingénieurs la prennent en charge. Ces installations pourraient parfaitement servir aux Barracuda…

Le Point : Dans ces conditions, pourquoi le choix de Toulon ?

Patricia Adam : Au ministère des Armées, des groupes de pression ne souhaitent pas que ces installations échappent à Toulon. Et le politique n’a pas contesté ce choix effectué a priori. Le plus fort, c’est qu’à ma connaissance, aucune étude comparative n’a été demandée au Commissariat à l’énergie atomique, chargé des études de ce chantier, pour étudier les coûts budgétaires des différentes options. On n’a notamment pas pris en considération l’option qui aurait consisté à mettre en place un chantier utilisant les installations de Brest et de Cherbourg, dans une complémentarité intelligente. On connaît dès à présent les dates des périodes d’entretien des Barracuda, pratiquement sur toute la durée de leur vie. Franchement, ce dossier que je connais bien n’aurait pas dû conduire Florence Parly à prendre cette décision.

Comment peut-on raisonnablement vouloir implanter au cœur d’une grande ville, à quelques centaines de mètres du stade Mayol, une installation portuaire de traitement du nucléaire de cette importance ?

Le Point : Quel est le prix de la construction d’une base nouvelle à Toulon ?

Patricia Adam : Les prix que je connais sont ceux que nous avions demandés lorsque j’étais présidente de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale. Nous avions conduit des études précises et documentées, dont les résultats m’avaient été communiqués à la fin de 2016. Avant cette étude, nous disposions d’une évaluation chiffrant les installations à construire à Toulon à 500 millions d’euros. Mais nous avons appris que ce chiffre était très, très en deçà de la réalité : celui que nous avons vu apparaître très rapidement, c’est plus du triple, à savoir 1,8 milliard d’euros. Je doute vraiment que l’on s’y tienne. Je souhaite aussi souligner que le budget gigantesque nécessité par ce chantier aura des répercussions énormes sur les deux prochaines lois de programmation militaires et au-delà, sur le niveau d’équipement des forces dans leur ensemble.

Le Point : Cette question est sur la table depuis des années. Pourquoi les politiques ont-ils tant tardé ?

Patricia Adam : Le lobby politique toulonnais s’est de tout temps montré efficace, d’autant plus que le maire de la ville Hubert Falco a été secrétaire d’État à la Défense dans le ministère Fillon. De plus, il n’y avait pas d’urgence à trancher formellement, puisque le premier sous-marin Barracuda, le Suffren, ne sera livré à la marine que l’an prochain, dix ans avant sa première période d’entretien. Je mesure également tout le poids du lobby des sous-mariniers. Il pèse visiblement plus lourd que le Commissariat à l’énergie atomique, la Direction générale de l’armement et l’industriel Naval Group réunis, qui ne sont pas vraiment favorables à la solution toulonnaise, en raison de considérations industrielles diverses. Comment peut-on raisonnablement vouloir implanter au cœur d’une grande ville, à quelques centaines de mètres du stade Mayol, une installation portuaire de traitement du nucléaire de cette importance ? C’est irresponsable…

Propos recueillis par Jean Guisnel

Publié le 05/11/2017 à 10:38 | Le Point.fr

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/implanter-la-base-d-entretien-des-sous-marins-nucleaires-a-toulon-est-irresponsable-05-11-2017-2169927_53.php

Nov 05

CES PHOTOS PROUVENT L’IMPACT DE FUKUSHIMA SUR DES OBJETS DE LA VIE COURANTE

Lors de l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima au Japon, en 2011, d’énormes quantités de particules radioactives ont été rejetées dans l’air. Il était alors possible de mesurer cette radioactivité, mais pas de la voir. Deux Japonais, le photographe Masamichi Kagaya et le Dr Satoshi Mori (Université de Tokyo), ont décidé de montrer les traces que laisse la contamination radioactive grâce à une méthode originale: l’autoradiographie. Un objet ou une plante touchés sont placés sur une plaque sensible, pour produire une image sur laquelle on peut constater la répartition et l’intensité des retombées radioactives. Ces photographies sont exposées à la Galerie Spéos, 7 rue Jules Vallès 75011 Paris, du 13 novembre 2017 au 8 janvier 2018.

«Fukushima est la première catastrophe nucléaire depuis que l’autoradiographie a été inventée, raconte Masamichi Kagaya. Grâce à ces installations, nous pouvons maintenant visualiser la contamination radioactive. Je trouvais cela étrange que personne n’ait essayé de visualiser les radiations, parce qu’on peut les voir à l’hôpital avec les rayons X. Je pensais que nous, photojournalistes, pouvions le faire d’une façon ou d’une autre. Six mois plus tard, j’ai rencontré le Professeur Mori, qui faisait des autoradiographies de plantes depuis 2011. Je lui ai donc demandé si je pouvais me joindre à ses recherches et l’aider à recueillir des échantillons. Nous avons alors commencé à collecter des petits animaux.»

«L’autoradiographie est une technique et une technologie. Elle a été développée après Tchernobyl et s’est étendue au monde entier à la fin des années 1990. Avant cela, nous n’avons photographié que peu de contenu radioactif dans l’environnement. De nombreux chercheurs ont photographié les radiations pour observer leur mouvement sur la faune et la flore et ils ont aussi utilisé les radiations pour analyser l’ADN. Mais notre projet permet de visualiser la contamination radioactive des centrales nucléaires ou des bombes atomiques sur l’environnement de façon plus visible et plus rapide que quand nous photographions avec des rayons X. Cela pourra servir aux médias et aux chercheurs pour observer comment la contamination se propage lors de la prochaine catastrophe sur la planète.»

«Nous recueillons trois types de spécimens: la flore, la faune et les objets du quotidien. Au début de ce projet, nous avions toujours une idée des échantillons que nous souhaitions prélever la zone d’évacuation. Mais maintenant, nous sommes presque prêts à photographier tout ce que nous trouvons et nous rencontrons aussi des habitants qui nous invitent dans leur maison. Nous avons réalisé plus de 300 autoradiographies et le projet est toujours en cours. À la fin de l’année dernière, j’ai réussi à établir une autoradiographie en trois dimensions. Je vais donc développer des travaux 3D pour les objets du quotidien avant de le faire également pour la faune et la flore (par exemple, l’écorce des arbres). Sur cette photo nous pouvons voir les particules radioactives de la racine à la pointe, ce qui indique que l’oiseau a été directement exposé aux retombées ou qu’il volait dans une zone dans laquelle l’air a été contaminé par des particules.»

«À cause de sa forme sphérique, il était impossible de montrer toutes les zones de contamination du ballon de football sur une seule autoradiographie. J’ai donc construit un modèle 3D et j’ai apposé les autoradiographies de chaque face à la surface du modèle. Les images ont révélé des retombées sur la face supérieure et dissoutes sur la surface entière. En montrant les autoradiographies en trois dimensions nous permet de voir la face directement sujette aux retombées et la face opposée en même temps sur l’écran. La plupart des Japonais qui sont venus voir l’exposition ont été d’abord surpris que la contamination soit visible parce que les médias répètent toujours que le rayonnement est invisible.»

«Lorsque nous menions notre enquête à Namie, j’ai trouvé des fraises sauvages sur le sol. Je les ai ramassées en pensant qu’elles avaient absorbées le césium radioactif par le sol mouillé. Selon les rapports scientifiques sur Tchernobyl, les fraises sauvages sont connues pour bien absorber les radiations et leur consommation n’était pas autorisée. J’ai essayé de prendre la plante en entier dans I’autoradiographie pour comparer et voir quelles parties s’imprégnaient le plus des radiations. J’en ai conclu que les fruits étaient plus contaminés que les feuilles.»

«Les parties noires de la branche sont hautement contaminées suite aux retombées de mars 2011. Les branches qui ont ensuite grandi à partir de ces parties en 2012 montrent une seconde contamination de particules radioactives transportées par le vent. Celles de 2013 indiquent encore une plus grande contamination. Les jeunes pousses de 2014 ont un taux de contamination interne plus élevé que les autres feuilles et branches. Le césium radioactif est transmis à la génération suivante. Lorsque nous avons publié notre livre au Japon en 2015, nous avons reçu de nombreuses demandes de lecteurs qui souhaitaient voir des échantillons contaminés en comparaison à des échantillons non contaminés. Dans notre travail nous avons étudié des aliments du supermarché de Tokyo, nous avons démontré que les rayonnements artificiels de la centrale nucléaire de Fukushima contaminent encore les légumes et les animaux. Le taux de radiation est de 10 à 1.000 fois plus élevé que la normale.»

Pour visualiser les photos en plus grandes dimensions, cliquer sur:

http://www.slate.fr/grand-format/radioactivite-japon-150504

Nov 04

NUCLÉAIRE: PYONGYANG REFUSE DE NÉGOCIER AVANT L’ARRIVÉE DE TRUMP EN ASIE

La Corée du Nord a exclu samedi tout pourparler et menacé de développer son arsenal nucléaire, dans une nouvelle mise en garde en direction de Donald Trump qui entame une tournée en Asie.

Le président américain s’est envolé vendredi pour l’Asie, son premier déplacement présidentiel dans cette région du monde, au moment où les missiles et le programme nucléaire nord-coréen suscitent de grandes inquiétudes.

Donald Trump est attendu mardi en Corée du Sud, après son étape au Japon.

Les États-Unis doivent se défaire de « l’idée absurde » que Pyongyang cèdera devant les sanctions internationales et abandonnera ses armes nucléaires, a averti l’agence officielle nord-coréenne KCNA, assurant que le pays était arrivé à « l’ultime étape de la dissuasion nucléaire« .

« Il vaut mieux arrêter de rêver de parler de dénucléarisation avec nous« , a lancé l’agence dans un commentaire intitulé « Arrêtez de rêver les yeux ouverts« .

« Notre précieuse épée nucléaire d’autodéfense sera toujours plus aiguisée tant que la politique hostile des États-Unis à l’encontre de la RPDC (République populaire démocratique de Corée, nord) ne sera pas abolie une fois pour toutes« , a poursuivi l’agence officielle.

La Maison Blanche a indiqué que Donald Trump s’exprimerait devant l’Assemblée nationale à Séoul sur le thème d’une « commune détermination face à des menaces partagées« .

L’inquiétude est toutefois grande en Corée du Sud que la visite du président américain n’aggrave la situation si Donald Trump ne bride pas sa rhétorique musclée à l’encontre de Pyongyang.

Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un ont alterné insultes et menaces ces derniers mois.

« En raison de sa tendance à s’écarter de son discours, beaucoup de Coréens craignent qu’il ne se lâche« , remarque pour l’AFP le professeur Yang Moo-Jin, de l’université pour les Études nord-coréennes.

Cinq cents manifestants environ ont défilé samedi dans les rues de Séoul en accusant Donald Trump de mener la péninsule coréenne au bord de la guerre.

À proximité, une centaine de partisans du président américain, dont des anciens combattants, scandaient: « bienvenue en Corée, nous avons confiance en Trump« .

Le président américain, qui a qualifié de « perte de temps » toute discussion directe avec Pyongyang, rencontrera à Séoul le président sud-coréen Moon Jae-In, qui prône au contraire une politique d’ouverture en direction de la Corée du Nord, dénoncée comme de « l’apaisement » par Donald Trump.

Séoul souhaite que Donald Trump évite de placer le président sud-coréen face à un dilemme en renouvelant des menaces musclées en direction de Pyongyang, au moment où la Corée du Sud s’apprête à accueillir les Jeux olympiques d’hiver en février prochain, selon le professeur Koh Yu-Hwan, de l’université Dongguk, et conseiller du gouvernement.

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Nucleaire-Pyongyang-refuse-de-negocier-avant-l-arrivee-de-Trump-en-Asie/859857.rom

Nov 04

POUR LA PAIX, SORTIR DE L’HYSTÉRIE ! PAR JEAN-PIERRE COMBE

Lu dans L’arme et la Paix < https://www.initiative-communiste.fr/tag/paix/ >  n° 36, septembre 2 017 : “Sortir de l’hystérie

Le titre ci-dessus est le titre, combien justifié, d’un article de Frédéric Delorca ( auteur du livre « Au cœur du mouvement anti-guerre », publié en 2 015 par les Éditions du Cygne ), que publie le trimestriel L’arme et la Paix. Cet article est consacré à la crise des missiles qui s’est déclarée à propos des essais nucléaires nord-coréens. Son propos est introduit ainsi : « Entre gesticulations et déclarations fracassantes, la crise des missiles nord-coréens mérite une analyse plus froide qui tranche avec la vision paranoïaque des États-Unis. Le développement de cet arsenal nucléaire (sans doute surestimé) n’a-t-il pas d’abord une vocation défensive ? »

Les commentaires d’ordre général dont il est parsemé peuvent apparaître comme des concessions à l’idéologie exclusive qui domine notre pays ; je conseille à nos lecteurs de les relativiser en prenant connaissance du livre de Robert Charvin : Comment peut-on être coréen (du nord) ? En vérité, l’essentiel du propos de cet article n’est pas dans ces commentaires.

Frédéric Delorca remarque d’abord, et fait remarquer, que l’engagement militaire non-aligné de la Corée < https://www.initiative-communiste.fr/tag/coree/ >  du Nord, qu’il rapproche de ceux de Cuba, de la Syrie et de l’Irak de l’époque baasiste, a fait comprendre à ce pays la nécessité de développer un système de défense puissant contre la volonté de domination impérialiste des puissances occidentales : le développement du programme nucléaire nord-coréen apparaît comme l’accomplissement actuel de ce nécessaire développement, et d’ailleurs, le discours d’auto-défense semble recueillir une large adhésion dans le peuple de Corée < https://www.initiative-communiste.fr/tag/coree/ >  du Nord, lequel n’a pas oublié le traitement inhumain que les Occidentaux, sous les ordres du Pentagone, lui ont fait subir pendant la guerre de 1 950 à 1 953 ( que d’ailleurs les communistes unanimes dénonçaient comme étant « la sale guerre que faisaient les USA à la Corée < https://www.initiative-communiste.fr/tag/coree/ >  » ).

Il nous fait remarquer aussi que, même si la Corée du Nord a fait usage de contrebande pour commencer l’édification de son armement nucléaire, elle n’a pu la mener à bien qu’en permettant à ses citoyens d’acquérir une culture scientifique et technique de haut niveau ; ne négligeons pas le fait que le confucianisme présent en Corée du Nord sous-tend depuis des générations les développements de la civilisation de tout l’est asiatique, qui n’a rien à envier à la nôtre, et comprenons que la Corée du Nord s’est placée au meilleur niveau de la culture mondiale.

Traitant des tensions de cet été, Frédéric Delorca remarque qu’elles se fondent dans une large surestimation de la menace réelle que représente la Corée du Nord ; ce sont en fait des tensions principalement rhétoriques attisées par ceux qui gouvernent les pays occidentaux, dans des objectifs dont certains sont de pure politique intérieure.

Notre auteur évalue ensuite les conséquences apparentes de la crise de cet été ; il se dit perplexe devant le ralliement des Russes et des Chinois aux méthodes états-uniennes met en doute l’efficience des sanctions votées à l’ONU < https://www.initiative-communiste.fr/tag/onu/ >  à l’encontre de la Corée du Nord, dénonçant le fait qu’elles frappent d’abord les moyens dont dispose la population simplement pour vivre : ces sanctions vont renforcer un nationalisme dur dont je dois dire qu’il est déjà bien établi par le fait d’avoir subi quatre ans de sale guerre suivis de soixante ans de refus de discuter d’un traité de paix, guerre imposée et refus opposé par les USA se couvrant du drapeau de l’ONU < https://www.initiative-communiste.fr/tag/onu/ >  !… Frédéric Delorca …

Au bout de son article, Frédéric Delorca appelle les membres permanents du Conseil de Sécurité à tourner le dos à la politique occidentale des cinquante dernières années.

Mon avis est qu’il a raison, et que cela devrait se traduire par l’acceptation de la proposition toujours ouverte par Pyong-Yang, de négocier enfin et de signer un traité de paix, qui permettra aux peuples des deux Corées de renouer les relations indûment rompues depuis soixante-quatre ans, puis, parce que c’est la logique des rapports humains, de commencer de se rapprocher pour finalement, dans une génération ou trois, fédérer leurs deux États, ce qui permettra des progrès futurs de leur unité, dans l’intérêt de leurs peuples.

Jean-Pierre Combe pour www.initiative-communiste.fr <http://www.initiative-communiste.fr>
 https://www.initiative-communiste.fr/articles/international/paix-sortir-de-lhysterie-jean-pierre-combe/

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-la-paix-sortir-de-l-hysterie-198339