Août 22

VOICI LES IMPACTS CATASTROPHIQUES QU’AURAIT UNE GUERRE NUCLÉAIRE SUR LE CLIMAT

Une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Journal of Geophysical Research : Atmospheres a évalué la manière dont une guerre nucléaire de grande échelle affecterait le climat global. Les résultats confirment, prolongent et affinent ceux obtenus par des travaux précédents. Autrement dit, l’apparition d’un redoutable hiver nucléaire qui s’étalerait sur une dizaine d’années. 

Depuis les premières simulations remontant aux années 1980, les climatologues savent qu’un conflit nucléaire de grande ampleur s’accompagnerait d’une perturbation catastrophique du climat global : le fameux hiver nucléaire. Ainsi, même les pays non impliqués dans la guerre seraient durement touchés – famine, maladie, etc. Des impacts collatéraux critiques qui s’ajouteraient aux ravages directement liés au conflit.

Sommaire

Guerre nucléaire totale et climat : une nouvelle évaluation

Dans une étude parue le 23 juillet 2019, des chercheurs ont traité la question en se concentrant sur un scénario pessimiste. Le conflit opposerait les États-Unis à la Russie et tout l’armement disponible serait utilisé. La guerre démarre arbitrairement un 15 mai. Le but de l’étude est de prolonger et d’affiner les résultats obtenus par un ancien modèle. Il n’existe en effet qu’une seule simulation numérique complète dédiée à ce scénario du pire – elle date de 2007. Le modèle utilisé ici est notablement plus sophistiqué et permet de résoudre des phénomènes de plus fine échelle.

Panaches de carbone noir dus aux incendies de barils de pétrole au Koweït durant la guerre du Golfe en février 1991. Crédits : earthobservatory.nasa.gov

Le conflit nucléaire est prescrit dans le modèle comme une injection brutale de 150 téragrammes de carbone noir dans la haute atmosphère – libérés selon une fonction linéaire décroissante sur une semaine. Ces énormes quantités d’aérosols concrétisent l’élévation des panaches de fumée résultant des vastes incendies de forêts et des centres urbains qui seraient ravagés par les bombardements. Les sources sont exclusivement localisées sur les deux pays susmentionnés.

Formation rapide d’un écran de fumée planétaire

Les particules de fumée atteignent rapidement la stratosphère. Sous l’effet des vents, un voile hémisphérique puis planétaire se forme en l’espace d’une dizaine de jours seulement. Il diminue fortement la quantité de rayonnement solaire arrivant près du sol : la pénombre s’installe. En effet, les aérosols de carbone noir formant le voile d’altitude absorbent une grande partie de l’énergie incidente.

Au cours des 6 premiers mois, l’astre n’éclaire la surface qu’à hauteur de 30 % à 40 % de la quantité usuelle. Il faut attendre 10 ans pour que le rayonnement revienne à sa valeur habituelle – suite à l’évacuation progressive des poussières de la stratosphère.

Refroidissement brutal en surface

Ainsi que le révèle le graphique ci-dessous, la température moyenne du globe subit un réel crash. En effet, un an après la guerre, celle-ci a chuté de quasiment 10 °C. Une baisse d’autant plus forte au-dessus des continents de l’hémisphère nord en été. Sur de vastes étendues, la température moyenne sur juin-juillet-août s’abaisse 20 °C à 30 °C sous la norme (voir cartographie plus bas).

Anomalie de température planétaire suite au conflit fixé au 15 mai – i.e. le trait vertical en pointillés. La courbe en bleu correspond à l’ancien modèle et celle en rouge au nouveau. Les années sont présentées en abscisse. Crédits : Coupe & al. 2019

Dans la majeure partie des latitudes tempérées, la température minimale journalière ne passe presque jamais au-dessus du 0 °C pendant les 2 à 3 ans qui suivent le conflit.

On note par ailleurs que la remontée des températures est assez lente et que même 10 après la guerre, on ne retrouve pas les valeurs initiales. En cause, l’inertie de l’océan et les surfaces englacées qui auront eu le temps de gagner du terrain. Ainsi, une fois les fumées dissipées, le système climatique paraît s’être équilibré sur un nouvel état stable plus froid de 0,5 °C à 1 °C au global.

Anomalie de température l’hiver suivant la guerre (en haut) et le second été après la guerre (en bas). Les anomalies sont moyennées sur trois mois – décembre-janvier-février et juin-juillet-août respectivement. La ligne en rouge délimite la zone au nord de laquelle la température moyenne est sous le seuil du gel. Crédits : Coupe & al. 2019.

Destruction de la couche d’ozone et assèchement global

Dans la stratosphère, la situation est totalement opposée en raison de l’absorption de l’énergie solaire par les aérosols. La température s’envole de plus de 100 °C au-dessus de la norme les années post-injection. Une conséquence désastreuse pour la couche d’ozone. De fait, la quantité de rayons UV arrivant au sol à mesure que les particules s’évacuent est supérieure au seuil de risque.

Quant aux précipitations, elles diminuent de 40 % à 50 % – atteignant un déficit de près de 60 % en moyenne planétaire au cours de la troisième année suivant le conflit. La répartition géographique est telle que les rares zones à devenir plus humides sont les déserts.

Anomalie planétaire de précipitation en % par rapport à la norme. Le graphique se lit comme le précédent. Crédits : Coupe & al. 2019.

Guerre nucléaire de grande échelle : un acte « suicidaire »

En somme, la guerre déclencherait un refroidissement et un assèchement global catastrophiques. Ajouté à la baisse drastique de la luminosité, il en résulterait un effondrement généralisé des récoltes et une famine globale – le tout dans un environnement largement dévasté. La généralisation de certaines pathologies est également très probable. De tels facteurs risquent d’entretenir des conflits.

Au final, les résultats présentés confirment et prolongent ceux publiés en 2007, obtenus avec un modèle moins performant.

Les auteurs concluent leur étude en indiquant « qu’une attaque nucléaire à grande échelle serait suicidaire pour le pays qui décide de la mener. Pour éliminer complètement le risque d’une catastrophe environnementale résultant d’une guerre nucléaire de grande échelle, les décideurs doivent avoir une compréhension complète des conséquences climatiques et agir en conséquence ». On pense notamment à la réduction des arsenaux nucléaires et – éventuellement – à leur démantèlement.

Source : https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1029/2019JD030509

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Par Damien Altendorf, rédacteur scientifique, publié le 22 août 2019 à 10 h 56 min

https://sciencepost.fr/voici-les-impacts-catastrophiques-quaurait-une-guerre-nucleaire-sur-le-climat/

Août 22

CORÉE DU NORD : PAS DE DIALOGUE AVEC LES ÉTATS-UNIS AVANT L’ARRÊT DE LEURS « ACTIVITÉS MILITAIRES HOSTILES »

Cette déclaration de Pyongyang intervient alors que l’envoyé spécial américain effectue une visite à Séoul en vue de renouer le dialogue.

Les discussions entre Pyongyang et Washington sur le nucléaire risquent de rester au point mort pour quelque temps encore. La Corée du Nord a déclaré, jeudi 22 août, ne « pas être intéressée » par une reprise du dialogue avec les États-Unis tant que Washington n’aura pas mis un terme à « l’escalade de ses activités militaires hostiles ».

Les pourparlers bilatéraux sont dans l’impasse depuis l’échec du second sommet à Hanoï en février entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Les deux dirigeants s’étaient de nouveau rencontrés en juin à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), le no man’s land qui sépare les deux États depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953). Cette rencontre avait permis de réamorcer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d’un an après leur premier sommet de Singapour et l’échec de celui de Hanoï en février dernier.

La Corée du Nord a procédé ces dernières semaines au tir de plusieurs missiles de courte portée pour manifester sa désapprobation des exercices militaires annuels conjoints entre les forces américaines et sud-coréennes qu’elle considère comme une répétition générale d’une invasion.

Lire aussi La Corée du Nord tire des « projectiles non identifiés » pour la sixième fois en un mois

« Le dialogue doublé de menaces militaires ne nous intéresse pas »

L’envoyé spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, est arrivé mardi soir à Séoul pour une visite de trois jours. « Nous sommes prêts à entamer des discussions dès que nous aurons des nouvelles de nos homologues nord-coréens », a-t-il déclaré, à l’issue d’un entretien avec son homologue sud-coréen Lee Do-hoon.

Mais un porte-parole du ministère nord-coréen des affaires étrangères a douché les espoirs d’une reprise du dialogue jeudi, fustigeant le récent essai américain de missile de croisière de moyenne portée. Il s’est également insurgé contre le « dangereux » projet de Washington de déployer des avions de combat F-35 dans la région, susceptible de « déclencher une nouvelle guerre froide ».

Lire aussi Trump impuissant face à la crise entre Tokyo et Séoul (Article réservé à nos abonnés)

« Cela nous oblige à considérer une façon réaliste de nous concentrer davantage sur le renforcement de la dissuasion physique », a-t-il averti dans une déclaration relayée par l’agence de presse officielle KCNA. « Nous maintenons notre position consistant à résoudre toutes les questions de manière pacifique par le dialogue et la négociation », a-t-il ajouté. « Cependant, le dialogue doublé de menaces militaires ne nous intéresse pas », a-t-il souligné.

Près de 30 000 militaires américains sont déployés en Corée du Sud. Donald Trump, en révélant le 10 août le contenu d’une lettre que lui a adressée Kim Jong-un, avait assuré sur Twitter que le dirigeant nord-coréen voulait reprendre les négociations dès la fin des exercices militaires conjoints.

Le Monde avec AFP, publié le 22 août 2019 à 06h59, mis à jour à 7h15

Photo : L’envoyé spécial américain Stephen Biegun en visite à Séoul, le 21 août. Lee Jin-man / AP

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/22/coree-du-nord-pas-de-dialogue-avec-washigton-avant-l-arret-de-leurs-activites-militaires-hostiles_5501537_3210.html

Août 22

PLOGOFF : UNE RANDONNÉE CONTRE LE NUCLÉAIRE

La 6ème rando Plogoff (Finistère) partira de la Baie des Trépassés dimanche 25 août. Elle veut rappeler le combat antinucléaire mené en 1980 et évoquer les luttes actuelles.

La Pointe du Raz est un lieu magique, sauvage, préservé. Les participants de la 6ème Rando Plogoff s’en rendront bien compte dimanche 25 août 2019. Le paysage serait bien différent si le projet de centrale nucléaire avait abouti.

La lutte contre ce projet remonte à près de quarante ans mais ce combat reste symbolique et fondateur pour beaucoup. L’association Plogoff mémoire d’une lutte et le collectif Sortir du nucléaire Cornouaille entretiennent le souvenir de cette mobilisation avec cette randonnée. Gilles Simon est vice-président de Plogoff mémoire d’une lutte :

La Rando est tout à la fois l’occasion de rappeler cette lutte et de faire un peu de militance antinucléaire.

Lors de la précédente Rando Plogoff, un mandala géant a été tracé sur le sol. (©Rando Plogoff)

Car, ailleurs, la lutte continue. Deux militantes viendront témoigner. L’universitaire japonaises Michiko Yoshii a connu la catastrophe de Fukushima dans son pays. Elle s’est aussi mobilisée contre un projet nucléaire au Vietnam. Elle est l’auteure de nombreux articles sur ces combats et notamment les incidences du nucléaire sur les populations.

Linda Rogers se bat contre l’installation de la centrale Wylfa B au Pays de Galles : « On nous promet des emplois mais on ne nous laisse pas le choix- on nous dit : c’est le nucléaire  ou rien d’autre. Nous nous battons ensemble et avec nos amis de Bretagne pour dire que nous avons de meilleurs options. » 

Projection d’un film

Toutes deux participeront à un débat suite à la projection du film de François Jacquemain Dossier Plogoff à la Maison du site de la Pointe du Raz. « Ce documentaire d’une heure a été très peu montré. Il a été restauré. Il analyse très bien les aspects politiques, techniques… », commente Marie Nicolas, militante de la première heure et membre de Sortir du nucléaire.

Ce film est bien moins connu que celui du couple Le Garrec qui ont filmé la lutte des Capistes. 

Lire aussi : Nicole et Félix Le Garrec vont monter les marches du Festival de Cannes

Au cours de cette randonnée très tranquille (3-4 km), il sera aussi question de la situation en France. Chantal Cuisnier de Sortir du nucléaire suit attentivement les épisodes sur l’EPR de Flamanville: 

Là, on vient de nous annoncer que la mise en œuvre de l’EPR de Flamanville est reporté à 2022, date des présidentielles. C’est un véritable fiasco! La France est le pays le plus nucléarisé au monde: 75% de l’électricité est d’origine nucléaire contre 15% à l’échelle mondiale. 

Lire aussi : Nucléaire : un horizon à fin 2022 pour l’EPR de Flamanville

Infos pratiques. RDV dimanche 25 août pour un pique-nique à 12 h Baie des Trépassés, à Plogoff. Départ de la rando à 13 h 30. Goûter à 16 h  à Feunteun Aod, sur le site du projet avorté. 17 h: projection du film à la Maison du site de la Pointe du Raz. 

Publié le 22 Août 19 à 10h16, mis à jour à 07h15

https://actu.fr/bretagne/plogoff_29168/plogoff-une-randonnee-contre-nucleaire_26650948.html

Août 22

NORMES POST-FUKUSHIMA : EDF NÉGLIGENTE, L’ASN COMPLAISANTE : LE RÉSEAU “SORTIR DU NUCLÉAIRE“ ET GREENPEACE FRANCE AGISSENT EN JUSTICE

Communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire“ et de Greenpeace France – 21 août 2019

Suite à l’accident de Fukushima, EDF était censée installer sur tous ses réacteurs des « diesels d’ultime secours », équipements permettant de garantir une alimentation électrique de secours même dans des conditions extrêmes. Non seulement elle n’a pas tenu son engagement, mais l’Autorité de sûreté nucléaire a accepté cette logique du fait accompli !

Le Réseau “Sortir du nucléaire » et Greenpeace France agissent aujourd’hui en justice contre l’exploitant négligent et le « gendarme du nucléaire » qui n’a pas joué son rôle.

EDF s’est montrée négligente dans l’installation de diesels d’ultime secours

Lors de l’accident de Fukushima, les générateurs diesels destinés à l’alimentation électrique de secours avaient été détruits, ne permettant plus d’assurer le refroidissement des réacteurs. En conséquence, en 2012, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait exigé d’EDF qu’elle équipe d’ici fin 2018 ses réacteurs de « diesels d’ultime secours » (DUS), qui pourraient fonctionner même en cas d’aléas naturels extrêmes et prendre le relai des générateurs diesels existants en cas de défaillance. Cette prescription n’était pas un luxe, au vu de l’état alarmant de ces derniers (dont faisait alors état des documents internes à EDF [1]).

Or dans cette affaire, EDF a encore démontré que la sûreté des installations et la protection des populations n’étaient pas sa priorité ! Fin juillet 2017, elle a finalement informé l’ASN qu’elle ne pourrait pas installer ces DUS dans le temps imparti et sollicité un délai. Dans un second temps, elle a même demandé que la centrale de Fessenheim soit purement et simplement dispensée de ces équipements.

Ce retard n’était pas lié à une approche perfectionniste. Au contraire : comme l’a dévoilé Capital, suite à l’appel d’offre pour la fabrication de ces DUS, EDF aurait retenu deux entreprises qui ne disposaient pas des compétences techniques requises pour répondre au cahier des charges. Une instruction est d’ailleurs en cours suite à une plainte déposée pour délit de favoritisme et risques causés à autrui.

L’ASN a effectué une concession inacceptable à EDF

Alors qu’elle aurait dû se montrer intransigeante, l’ASN a accordé un délai à EDF jusqu’à fin 2020 pour installer tous les diesels d’ultime secours, en échange de contrôles accrus [2]. En outre, elle a même accédé à sa demande de dispense pour Fessenheim au prétexte de son arrêt prochain. Pourtant, aucune déclaration d’arrêt définitif n’a pour l’instant été transmise par EDF concernant cette centrale.

En outre, ce dispositif reste nécessaire même sur un réacteur promis à l’arrêt, les piscines abritant le combustible nucléaire usé ayant encore besoin d’alimentation électrique pendant plusieurs années. Les mesures de surveillance proposées par EDF ne permettront pas de compenser l’absence de ces DUS, surtout pour une centrale située en zone sismique.

L’ASN se targue publiquement de disposer d’une large palette de moyens d’action pour faire appliquer ses décisions. Il est incompréhensible qu’elle n’en ait utilisé aucun pour sanctionner ce retard, ait laissé EDF la prévenir tardivement et n’ait même pas effectué de mise en demeure. Le sujet n’était pourtant pas à prendre à la légère : l’ASN disposait alors d’éléments inquiétants sur le très mauvais état de nombreux diesels existants [3]. Une telle complaisance est inacceptable et soulève des interrogations légitimes.

Des décisions lourdes de conséquences sur la sûreté

Au-delà des conséquences immédiates si un aléa naturel extrême survenait en l’absence de ces équipements, ces choix traduisent une orientation inquiétante du contrôle de la sûreté. En s’abstenant de sanctionner un exploitant qui ne se conforme pas à ses prescriptions, voire en retirant ces prescriptions dans le cas de Fessenheim, l’ASN accepte que des décisions importantes pour la sûreté ne soient pas respectées. Le soi-disant « gendarme » met pour ainsi dire EDF en position de négocier son contrôle technique !

Alors que de nombreux réacteurs aborderont bientôt les réexamens de sûreté destinés à étudier la prolongation de leur fonctionnement au-delà de 40 ans, cette attitude est très inquiétante. En effet, l’ASN a accepté que les travaux à effectuer dans le cadre de cette prolongation soient séparés en deux lots, le deuxième étant prévu quatre ans après la visite décennale. Forte de cette concession sur l’installation des diesels d’ultime secours, EDF peut ainsi espérer obtenir « le beurre et l’argent du beurre » : recevoir le feu vert pour prolonger le fonctionnement de réacteurs dangereux en échange d’une promesse de travaux dont la réalisation demeurerait incertaine, et dont elle pourrait même finalement être dispensée !

Ces décisions mettent en danger les populations et remettent en question la crédibilité de l’autorité de sûreté. C’est pourquoi le Réseau “Sortir du nucléaire“ et Greenpeace France, après avoir introduit un recours gracieux à l’encontre des décisions de l’ASN de report et dispense des DUS, déposent aujourd’hui un recours contentieux contre celles-ci, ainsi qu’une plainte contre EDF. Il serait inacceptable que les populations subissent un accident de type Fukushima ou Tchernobyl du fait de telles concessions. Plus que jamais, il faut sortir de l’impasse atomique !

Voir le dossier juridique :

https://www.sortirdunucleaire.org/EDF-report-DUS

Contacts presse :

Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“: Marie Frachisse – 07 62 58 01 23

Pour Greenpeace France : Laura Monnier – 06 21 18 07 17

Avocat : Maître Delalande – 06 01 95 93 59

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Notes :

[1] Selon des documents internes à EDF publiés par le Journal de l’Énergie en 2016, sur la période 2012-2014, la majorité des diesels de secours présentaient, selon les termes d’EDF, un état « dégradé », voire « inacceptable ».

[2] À ce stade, seuls six diesels d’ultime secours sont opérationnels sur le parc nucléaire français.

[3] Lorsqu’elle a reçu la demande de report d’EDF, l’ASN venait d’être avisée un mois auparavant d’une anomalie de « non-tenue au séisme » touchant des diesels de secours de 20 réacteurs, qu’elle avait classée au niveau 2. Celle-ci était liée à la fois à des problèmes de conception, un mauvais montage et un entretien défaillant. Fin 2017, cette « anomalie » a progressivement été élargie à six autres réacteurs. En avril 2018, puis en novembre 2018, la liste des réacteurs concernés s’est encore élargie. Ces défauts étaient désormais classés au niveau 2 de l’échelle INES pour 37 réacteurs et au niveau 1 pour 11. En mai 2019, des défauts de même nature ont encore été détectés à Bugey et Fessenheim. En outre, au second semestre 2017, EDF avait également fait état à l’ASN de la corrosion des vases d’expansion des diesels de secours de 7 réacteurs, liée à un mauvais entretien.

Si ces défauts ont officiellement été réparés, de nombreux autres problèmes sont régulièrement découverts sur ces diesels de secours. Ainsi, au premier semestre 2019, un autre défaut de non-tenue au séisme a été détecté sur 11 sites nucléaires.

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Normes-post-Fukushima-EDF-negligente-l-ASN

Août 22

PRESSE: FRAMATOME EN DISCUSSIONS POUR REPRENDRE LE NUCLÉAIRE CIVIL DE ROLLS-ROYCE

PARIS (Agefi-Dow Jones) :  Le fournisseur d’équipements pour l’industrie nucléaire Framatome, détenu à 75% par l’électricien EDF, est en passe de racheter une grande partie des activités de nucléaire civil du groupe britannique Rolls-Royce, rapporte le média britannique Sky News.

Selon des sources citées par Sky News, l’accord pourrait être annoncé dans les prochaines semaines. L’opération, dont la valeur devrait avoisiner 100 millions de livres sterling (environ 109 millions d’euros), transférerait à Framatome le contrôle d’une entreprise fournissant plus de la moitié des réacteurs nucléaires du monde, indique Sky News.

Rolls-Royce n’a pas souhaité commenter ces informations. EDF et Framatome n’étaient pas disponibles dans l’immédiat.

Par Alice Doré, Agefi-Dow Jones; +33 (0)1 41 27 47 90; adore@agefi.fr   ed: LBO

(Le bureau de Barcelone de Dow Jones Newswires a contribué à cet article)

Site Internet: https://news.sky.com/story/rolls-royce-in-talks-with-french-consortium

Agefi-Dow Jones The financial newswire, publié le  21/08/2019 à 11h32

https://www.zonebourse.com/ROLLS-ROYCE-4004084/actualite/PRESSE-Framatome-en-discussions-pour-reprendre-le-nucleaire-civil-de-Rolls-Royce-29094356/

Août 22

AVEC L’ÉOLIEN, L’EUROPE POURRAIT MULTIPLIER SA PRODUCTION D’ÉNERGIE PAR 100

Des experts britanniques et danois ont recensé les sites européens susceptibles d’accueillir des éoliennes. Leurs conclusions sont impressionnantes.

Dossier Thématique Cet article vous est proposé par la Rédaction POSITIVR dans le cadre de notre dossier thématique « Énergies renouvelables : notre planète déborde d’énergie ». – Découvrir le dossier

Aussi fou que cela puisse paraître, exploiter tout le potentiel éolien sur le sol européen suffirait à produire suffisamment d’énergie pour le monde entier. Tel est le résultat surprenant d’une étude récente. 

Pour voir cette vidéo (1mn24s), cliquer sur le lien en bas de cet article.

L’étude en question a été publiée par les universités de Sussex (Grande-Bretagne) et d’Aarhus (Danemark). On y apprend que l’Europe pourrait multiplier par 100 sa production d’énergie rien qu’en développant ses parcs éoliens terrestres.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont recensé tous les sites susceptibles d’accueillir des éoliennes et ont réalisé que l’Europe pourrait potentiellement, comme le souligne le HuffPost, approvisionner le monde entier en énergie jusqu’en 2050.

La production totale d’électricité en Europe atteindrait alors 52 TeraWatt, soit 100 fois ce qu’elle produit aujourd’hui.

Benjamin Sovacool, professeur en politique énergétique, cité par le HuffPost :

“Cette étude ne définit pas un plan à suivre. C’est plutôt un guide adressé aux politiques pour indiquer le potentiel de ce qui peut être fait, et où se trouvent les opportunités. Le secteur éolien terrestre a de l’avenir et le souhait d’une énergie 100 % renouvelable est possible avec nos moyens technologiques actuels (…) Nous ne disons pas qu’il faut installer des turbines à chaque lieu identifié, mais nous voulons montrer la puissance du vent à travers l’Europe, qui doit être maîtrisée si nous voulons éviter une catastrophe climatique.”

Éviter une catastrophe climatique ? Ça pourrait être utile, en effet…

Par Axel Leclercq, publié le 21 août 2019 à 11h03, mis à jour le 22 août 2019 à 8h42

Photo en titre : Shutterstock

https://positivr.fr/eolien-europe-assez-electricite-monde-2050/

Août 21

CENTRALE NUCLÉAIRE DE PENLY : INDISPONIBILITÉ DE L’UN DES DEUX GROUPES ÉLECTROGÈNES DE SECOURS – RÉACTEUR 2

Le 12 août 2019, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire un événement significatif relatif à la sûreté du réacteur 2 concernant l’indisponibilité de l’un des deux groupes électrogènes de secours à l’occasion de la maintenance d’un ventilateur de son système de refroidissement.

Les réacteurs exploités par EDF sont équipés de deux groupes électrogènes de secours redondants à moteur diesel, qui sont utilisés en cas de perte des alimentations électriques normales. Ils sont refroidis chacun par quatre groupes aéroréfrigérants équipés d’un ventilateur.

Le 7 juillet 2019, l’exploitant a consigné l’un de ces ventilateurs afin de procéder à sa maintenance, ce qui est permis tant que la température extérieure est inférieure à 30 °C. Cette consignation a toutefois perduré au-delà de la phase de maintenance, du 17 jusqu’au 25 juillet, sans que les dépassements de ce seuil intervenus les 23 et 25 juillet n’aient été pris en compte. Le 24 juillet 2019, l’ingénieur sûreté avait cependant signalé au service conduite cet écart, qui n’a été résorbé que le lendemain à 10h23.

Le groupe électrogène de secours concerné est ainsi resté indisponible pendant 7 heures et 6 minutes le 23 juillet et 22 minutes le 25 juillet 2019.

Durant l’événement, l’alimentation des matériels de sauvegarde par l’autre voie est restée disponible. Toutefois, le réacteur étant en production, les deux voies étaient requises par les règles générales d’exploitation.

Cet écart n’a pas eu de conséquence sur le personnel et l’environnement. Cependant, compte tenu des dysfonctionnements dans la gestion de l’événement et de l’absence de prise en compte des enseignements d’une situation analogue traitée en 2018, il a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 21 août 2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-de-l-un-des-deux-groupes-electrogenes-de-secours-reacteur-2

Août 21

L’AKADEMIK LOMONOSOV, CENTRALE NUCLÉAIRE RUSSE, PRÊTE À LARGUER LES AMARRES

Qualifié de « Titanic nucléaire » par ses détracteurs, l’Akademik Lomonosov, première centrale nucléaire flottante russe, unique au monde, va entamer, vendredi, son voyage vers la Sibérie orientale pour entrer en fonction avant la fin de l’année.

Dans l’imaginaire collectif, depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986, une centrale nucléaire russe a toujours quelque chose d’angoissant. Un sentiment que le succès récent et planétaire de la série « Chernobyl » n’a pas dissipé, alors que la centrale nucléaire flottante russe l’Akademik Lomonossov, une première mondiale, s’apprête à entamer, le 23 août, un voyage de 5 000 kilomètres d’une durée d’un mois et demi.

Sa destination finale se situe en Sibérie orientale. Précisément dans la ville de Pevek, une cité de 5 000 âmes dans le district autonome de Tchoukotka, à 350 km au nord du cercle arctique, où la centrale flottante doit en remplacer deux autres, l’une nucléaire, à Bilibino, et l’autre thermique, à Chaunskaya, à partir de décembre 2019

Baptisée le « Tchernobyl sur glace » par ses détracteurs, cette centrale, construite à partir de 2006 par le conglomérat étatique nucléaire russe Rosatom à Saint-Pétersbourg, a été chargée en combustible nucléaire dans le port de Mourmansk, dans le nord-ouest de la Russie.

L’infrastructure flottante, qui mesure 144 mètres de long et 30 de large, repose sur une barge dépourvue de moteur et tractée par des navires. En son sein, se trouvent deux réacteurs KLT-40S d’une capacité de 35 MW chacun (contre plus de 1 000 MW pour une centrale française classique), assez puissants pour fournir de l’électricité à une ville de 100 000 habitants.

Pour voir la vidéo (4mn16s) cliquer sur le lien en fin de l’article

« Les centrales nucléaires flottantes vont permettre d’alimenter en électricité et en chaleur les régions les plus reculées, soutenant ainsi la croissance et le développement durable« , explique Rosatom, qui couvre toute la chaîne du nucléaire russe, de l’extraction de l’uranium jusqu’au traitement des déchets en passant par la construction des centrales. L’Akademik Lomonossov servira également à alimenter des plateformes pétrolières dans cette zone, où la Russie veut développer la production et l’extraction d’hydrocarbures dans l’Arctique, rendue possible par la fonte des glaces.

Selon le conglomérat fédéral, l’Akademik Lomonossov, qui a subi une batterie de tests, est « invincible« . Elle « dispose des systèmes (…) de sécurité les plus modernes et devrait être l’une des installations nucléaires les plus sûres au monde« , à même de résister aux tsunamis et autres catastrophes naturelles.

Un projet phare ou un « Titanic nucléaire«  ?

L’Akademik Lomonossov est un projet phare à grands enjeux. Il offre une vitrine mondiale pour Rosatom, principal rival du groupe multinational français Areva, ce nouveau type de centrale étant potentiellement susceptible d’intéresser de nombreux pays.

Le conglomérat exporte déjà sa technologie dans plus d’une trentaine de nations, de la Chine à l’Égypte, en passant par la Hongrie ou la Turquie. « La centrale peut être livrée à n’importe quel endroit, le long d’une côte, et connectée aux réseaux électriques existants« , soutient Rosatom, alors que le Soudan a signé en 2018 un plan d’action prévoyant la préparation d’une étude préliminaire de faisabilité pour un projet de centrale nucléaire flottante.

Toutefois, malgré les assurances russes, des ONG de défense de l’environnement mettent en garde contre un « Titanic nucléaire« .

« Une centrale flottante sera particulièrement exposée aux phénomènes météorologiques [la barge ayant un fond plat et n’ayant pas de propulsion interne, NDLR] et aux menaces telles que le terrorisme. Imaginez que la barge se détache des vaisseaux de remorquage, les conséquences peuvent être graves« , a récemment prévenu Rashid Alimov, du département de l’énergie de Greenpeace.

L’ONG explique que l’installation de la centrale flottante dans l’environnement rude de l’Arctique russe constituera une menace constante pour les habitants du Nord et la nature vierge de la région.

Le pire accident nucléaire de l’histoire a eu lieu en 1986 en URSS, lors d’un test de sécurité dans la centrale ukrainienne de Tchernobyl. Les autorités soviétiques avaient alors été accusées d’avoir cherché à cacher l’ampleur du désastre pendant plusieurs semaines, alors qu’un nuage radioactif avait traversé l’Europe.

Plus récemment, une explosion meurtrière est survenue le 8 août sur une base de lancement de missiles russe dans le Grand Nord. Après quelques jours de silence, Moscou a fini par admettre que l’accident lié aux tests de « nouveaux armements » avait un caractère nucléaire, après que le niveau de radiation eut augmenté brièvement à la suite de l’accident.

Rosatom, qui compte une douzaine de réacteurs en chantier dans le monde, a annoncé via un communiqué que cinq membres de son personnel avaient été tués dans cette explosion, ajoutant que trois autres personnes, victimes de brûlures, avaient été blessées.

Texte par : FRANCE 24 (Avec AFP), publié le 21 août à 14h36

https://www.france24.com/fr/20190821-russie-akademik-Lomonosov-centrale-nucleaire-flottante-russe-siberie-tchernobyl

Août 21

LES ÉTATS-UNIS LANCENT UN CENTRE POUR SOUTENIR LE NUCLÉAIRE « DU FUTUR »

Le département américain de l’Énergie (DOE) a annoncé le 15 août le lancement d’un centre pour favoriser le développement des réacteurs nucléaires « avancés »(1).

Explications.

Le « NRIC », nouveau centre pour soutenir le nucléaire du futur

Le nouveau centre dit « NRIC » (pour National Reactor Innovation Center) a vocation à aider les entreprises privées développant des nouveaux concepts de réacteurs nucléaires, en leur permettant d’effectuer des tests dans les laboratoires publics américains, d’y valider leurs systèmes pour accélérer in fine l’obtention de licences et la commercialisation desdits réacteurs. Ce centre doit ainsi favoriser l’émergence de nouveaux concepts de SMR (Small Modular Reactors) et de micro-réacteurs dans les 5 ans à venir.

Doté d’un budget de 5 millions de dollars pour l’année fiscale 2020, le NRIC sera hébergé au sein de l’Idaho National Laboratory, principal centre de R&D dans le domaine du nucléaire aux États-Unis (le premier SMR de NuScale doit, entre autres, être construit sur ce site). Pour le secrétaire américain à l’Énergie Rick Perry, le NRIC doit – en facilitant « le déploiement de réacteurs avancés qui définiront le futur de l’énergie nucléaire » –  faire des États-Unis le « leader mondial » dans ce domaine, en renforçant par la même occasion « l’indépendance énergétique » du pays(2).

Le lancement de ce centre fait suite à l’adoption du Nuclear Energy Innovation Capabilities Act (NEICA) en 2018(3) et au lancement de l’initiative GAIN(4) (Gateway for Accelerated Innovation in Nuclear) qui visent à supprimer les freins à l’innovation dans le domaine du nucléaire. Notons par ailleurs que les sénateurs démocrate Chris Coons et républicaine Martha McSally ont présenté en août le Nuclear Energy Renewal Act (NERA)(5) qui a également pour d’ambition de faciliter le déploiement des réacteurs nucléaires dits « avancés » tout en apportant un soutien au parc actuellement en service (avec notamment des programmes visant à réduire les coûts de maintenance).

Rappels sur le parc nucléaire américain

Les États-Unis disposent actuellement du plus grand parc nucléaire au monde, avec 97 réacteurs « fonctionnels » répartis entre 58 centrales (d’une puissance cumulée de 98,4 GW). En 2018, l’énergie nucléaire a compté pour 19,3% de la production américaine d’électricité (contre 71,1% en France métropolitaine).

La très grande majorité des réacteurs nucléaires américains sont situés dans l’est du pays. (©Connaissance des Énergies, d’après U.S. EIA)

Toutefois, seul un réacteur nucléaire a été mis en service aux États-Unis au cours de la dernière décennie (Watts Bar 2 dans le Tennessee(6), 1 200 GW) tandis que 8 tranches ont été arrêtées depuis 2013 (la dernière en date, Pilgrim 1 dans le Massachusetts, a été arrêtée fin mai 2019). Seuls deux nouveaux réacteurs nucléaires pourraient démarrer dans un futur proche aux États-Unis : les tranches 3 et 4 de la centrale de Vogtle en Géorgie (réacteurs de 3e génération « AP1000 ») dont les mises en service sont actuellement prévues en 2021 et 2022.Rappelons que la Chine et l’Inde ont pour leur part 9 et 7 réacteurs nucléaires en cours de construction à l’heure actuelle(7).

Selon les projections de l’EIA, la production du parc nucléaire américain pourrait baisser de 17% en 2025(8) par rapport au niveau de 2018. Cette perte de production sera « largement compensée par (la hausse de production) des nouvelles centrales au gaz naturel, éoliennes et solaires » selon l’agence américaine.

Avec les fermetures de réacteurs annoncées, la production du parc nucléaire américain devrait baisser significativement dans les années à venir selon l’EIA. (©Connaissance des Énergies, d’après U.S. EIA)

Sources / Notes

  1. Energy Department Launches New Demonstration Center for Advanced Nuclear Technologies, Office of Nuclear Energy, 15 août 2019.
  2. NRIC will enable the demonstration and deployment of advanced reactors that will define the future of nuclear energy […] By bringing the industry together with our national labs and university partners, we can enhance our energy independence and position the US as a global leader in advanced nuclear innovation.”, Rick Perry
  3. 97 – Nuclear Energy Innovation Capabilities Act of 2017 115th Congress (2017-2018).
  4. Site consacré à l’initiative GAIN.
  5. 2368 – Nuclear Energy Renewal Act of 2019, Site du Congrès.
  6. Le réacteur a été connecté au réseau électrique en 2016.
  7. Réacteurs en cours de construction dans le monde, Données de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Publié le 21 août 2019

Image titre : Tests au sein de l’Idaho National Laboratory. (©CC BY 2.0 flickR-Idaho National Laboratory)

https://www.connaissancedesenergies.org/les-etats-unis-lancent-un-centre-de-linnovation-pour-le-nucleaire-du-futur-190820

Août 21

ÉTATS-UNIS : BATAILLE EN SOUS-SOL ENTRE DÉCHETS NUCLÉAIRES ET INDUSTRIE PÉTROLIÈRE

La proposition d’entreposer des déchets hautement radioactifs en plein cœur du bassin pétrolier américain fait s’indigner l’industrie.

C’est une vaste zone de 220 000 km2, située à l’ouest du Texas et au Nouveau-Mexique : dans le bassin permien, se déroule, depuis quelques années, le plus spectaculaire essor de la turbulente histoire du pétrole. Depuis la généralisation des techniques de forage de schiste, la zone est devenue un véritable eldorado pour les producteurs. C’est grâce au permien que les États-Unis se sont retrouvés au rang de premier producteur mondial de pétrole, avec une production de plus de douze millions de barils par jour, selon les derniers chiffres officiels américains.

La région produit désormais à elle seule plus de 4,2 millions de barils de pétrole chaque jour, soit presque autant que l’Irak. En deux ans, la production y a crû de 72 %. Avec l’un des taux de chômage les plus bas du pays, le bassin attire des chercheurs d’or noir venus de partout, tant le pétrole de schiste demande des bras. Le modèle est différent de celui du pétrole conventionnel : chaque nouveau puits produit beaucoup pendant une courte période, puis son rendement diminue. Autrement dit : pour produire beaucoup, il faut forer beaucoup.

Cette activité de forage intense à une incidence non négligeable sur l’environnement, notamment parce que cette technique de fracturation hydraulique peut provoquer une activité sismique fréquente.

Radioactifs plusieurs centaines de milliers d’années

Ces détails n’arrêtent visiblement pas l’autorité de régulation du nucléaire aux États-Unis (NRC), qui a confirmé s’intéresser à un projet d’entreposage de 210 000 tonnes de déchets nucléaires dans la même région – y compris certains des déchets les plus radioactifs.

Cette installation serait donc entourée de champs pétroliers et d’opération de fracturation hydraulique. Les pétroliers de la zone affirment d’ailleurs avoir pour projet de forer autour et sous le site prévu.

Le débat sur le stockage des déchets de « haute activité à vie longue » – qui peuvent rester radioactifs plusieurs centaines de milliers d’années – empoisonne la vie politique américaine depuis de nombreuses années. Pour l’instant, en l’absence de site dévolu, le combustible nucléaire usé est stocké directement sur les sites des centrales.

Ce nouveau site d’entreposage serait temporaire, pour une centaine d’années, en attendant une solution plus permanente – contrairement au site de stockage sous-terrain de Bure (Meuse), en France, qui a un caractère définitif. Les entreprises candidates à la gestion du site assurent qu’elles ont pris en compte le risque de séisme et l’impact que pourrait causer l’activité de forage pétrolier dans la région.

Des précautions qui ne rassurent pas les entreprises pétrolières de la région… qui partagent, pour une fois, les craintes des défenseurs de l’environnement.

Par Nabil Wakim, publié le 20 août 2019 à 08h56, mis à jour le 20 août 2019 à 12h19

Photo en titre : Un champ pétrolier, à Midland, au Texas, en août 2018. Nick Oxford / REUTERS

https://www.lemonde.fr/energies/article/2019/08/20/etats-unis-bataille-en-sous-sol-entre-dechets-nucleaires-et-industrie-petroliere_5500917_1653054.html

Août 21

SOUS LE « BOUCLIER », DES MISSILES NUCLÉAIRES US EN EUROPE

Le site de missiles Otan de Deveselu en Roumanie (photo), qui fait partie du système états-unien Aegis de « missiles de défense », a terminé « la mise à jour » commencée en avril dernier. C’est l’Otan qui le communique, en assurant que celui-ci « n’a conféré aucune capacité offensive au système », lequel « demeure purement défensif, centré sur de potentielles menaces provenant de l’extérieur de l’aire euro-atlantique ».

Le site de Deveselu est doté (selon la description officielle) de 24 missiles, installés dans des lanceurs verticaux souterrains, pour l’interception de missiles balistiques à courte et moyenne portée. Un autre site, qui entrera en fonction en 2020 dans la base polonaise de Redzikowo, sera lui aussi doté de ce système.

Des lanceurs du même type sont à bord des quatre navires de l’US Navy qui, déployés dans la base espagnole de Rota, croisent en Méditerranée, mer Noire et mer Baltique. Le déploiement même des lanceurs montre que le système est dirigé non pas contre la « menace iranienne » (comme déclarent les USA et l’Otan), mais principalement contre la Russie.

Que le soi-disant « bouclier » ne soit pas « purement défensif », est expliqué par l’industrie guerrière même qui l’a réalisé : Lockheed Martin. Celle-ci documente que le système est « projeté pour installer n’importe quel missile dans n’importe quelle rampe de lancement », donc adapté à « n’importe quelle mission de guerre », y compris « l’attaque contre des objectifs terrestres ». Lockheed Martin précise que les rampes de lancement de plus grandes dimensions peuvent lancer « les plus grands missiles comme ceux de défense contre les missiles balistiques et ceux pour l’attaque à longue portée ». Elle admet donc, en substance, que les installations en Roumanie et Pologne et les quatre navires du système Aegis peuvent être armés non seulement de missiles anti-missiles, mais aussi de missiles de croisière Tomahawk à tête nucléaire capables de frapper des objectifs à des milliers de kilomètres de distance.

Comme documente le Service de recherche du Congrès (voir document ci-dessous), les quatre navires US qui « opèrent en eaux européennes pour défendre l’Europe de potentielles attaques de missiles balistiques », font partie d’une flotte de 38 navires Aegis qui en 2024 vont monter à 59.

Dans l’année fiscale 2020, 1,8 milliards de dollars sont attribués pour la potentialisation de ce système, sites en Roumanie et Pologne compris. D’autres installations terrestres et navires du système Aegis seront déployés non seulement en Europe contre la Russie, mais aussi en Asie et dans le Pacifique contre la Chine. Selon les plans, le Japon installera sur son propre territoire deux sites de missiles fournis par les USA ; la Corée du Sud et l’Australie achèteront aux USA des navires du même système.

De plus, dans les trois mois où les équipements de Deveselu ont été amenés aux USA pour être « mis à jour », une batterie de missiles mobile Thaad de l’armée de Terre US a été déployée dans le site en Roumanie, en capacité d’« abattre un missile balistique dans comme hors de l’atmosphère », mais aussi en capacité de lancer des missiles nucléaires à longue portée.

Le système Aegis étant remis en fonction —communique l’Otan— la Thaad a été « redéployée ». Elle ne spécifie pas où. Mais on sait que l’armée US a déplacé des batteries de missiles de ce type d’Israël à l’île de Guam dans le Pacifique.

À la lumière de ces faits, au moment où les USA déchirent le Traité FNI pour installer des missiles nucléaires à moyenne portée au bord de la Russie et de la Chine, on ne s’étonnera pas de l’annonce —faite à Moscou par le sénateur Viktor Bondarev, président de la Commission Défense— que la Russie ait basé en Crimée des bombardiers d’attaque nucléaire Tu-22M3.

Mais quasiment personne ne s’en préoccupe étant donné que, dans l’UE, tout cela est caché par l’appareil politico-médiatique.

Par Manlio Dinucci, traduction Marie-Ange Patrizio

Source : Il Manifesto (Italie)

Publié le 20 août 2019

https://www.voltairenet.org/article207379.html

Août 21

IRRÉGULARITÉS DÉTECTÉES CHEZ LE MÉTALLURGISTE AUBERT ET DUVAL : UN PREMIER BILAN MONTRE L’ABSENCE DE CONSÉQUENCES SUR LA SÛRETÉ DES INSTALLATIONS

Note d’information

En décembre 2018, le groupe Eramet (entreprise minière et métallurgique française) a publié sur son site Internet une information faisant état de non-conformités dans le système de gestion de la qualité au sein de sa branche Alliages, dont fait partie la société Aubert et Duval. Cette filiale fabrique de nombreux produits métallurgiques qui entrent dans la composition de matériels variés (goujonneries, pièces de pompes, équipements sous pression, etc.), dont certains sont destinés à l’industrie nucléaire.

EDF, informée par le groupe Eramet en raison du nombre d’écarts potentiels concernant les centrales nucléaires qu’elle exploite, a engagé immédiatement un plan de contrôle. Ce plan de contrôle a été communiqué à l’ASN.

En parallèle, l’ASN a demandé aux autres exploitants d’installations nucléaires de base de vérifier si des équipements de leurs installations présentant de forts enjeux en matière de sûreté avaient été élaborés à partir de matière en provenance des ateliers Aubert et Duval. Ce travail a conduit les exploitants à interroger leurs fournisseurs pour identifier les matériels potentiellement concernés par les écarts relevés.

Les irrégularités identifiées ont principalement consisté d’une part en un traitement inapproprié de certaines fiches d’anomalies internes issues du processus de fabrication et, d’autre part, de modifications de données de laboratoire. À ce jour, la revue engagée par EDF porte sur la vérification du bon traitement de plus de 4 500 fiches d’anomalies internes et sur l’exactitude de plus de 700 données issues de laboratoires ou du service métallurgique. Cette revue couvre la période 2011-2018 pour les essais de laboratoire et devra être étendue à la période antérieure. Elle se poursuivra en 2020.

Sur le périmètre de vérification investigué à ce stade, EDF a constaté plus de 200 écarts nécessitant une gestion spécifique mais conclut qu’aucun des écarts relevés n’a pour conséquence de rendre un produit métallurgique fourni par Aubert et Duval inapte à son emploi actuel. À ce stade des investigations, les éléments fournis par EDF à l’ASN confirment cette analyse.

Orano a pour sa part demandé à ses sous-traitants de vérifier leurs approvisionnements. L’analyse des réponses est en cours.

Les autres exploitants nucléaires n’ont à ce jour pas identifié d’équipement présentant des enjeux de sûreté concerné par ces irrégularités.

Les investigations menées à la suite de la détection de ces non-conformités ont mis en évidence l’application, au sein d’entités internes de l’entreprise Aubert et Duval, de consignes qui visaient à modifier des résultats afin de les rendre administrativement conformes aux exigences techniques attendues. L’ASN a signalé ces pratiques pouvant s’apparenter à de la fraude au Procureur de la République en application de l’article 40 du code de procédure pénale.

L’ASN suit de manière attentive les évolutions de ce dossier, et notamment le déroulement et les résultats des vérifications réalisées par les exploitants, afin de s’assurer que la sûreté d’aucun équipement actuellement en service n’est affectée.

Publié le 20 août 2019

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Irregularites-detectees-chez-le-metallurgiste-Aubert-et-Duval

Note de facteur:

« Eramet (entreprise minière et métallurgique française) a publié sur son site Internet une information faisant état de non-conformités dans le système de gestion de la qualité au sein de sa branche Alliages« 

Tout ce laïus feutré pour expliquer que, comme au Creusot, les règles de fabrication de produits métallurgiques destinés en particulier au nucléaire, ne sont pas respectées… et l’ASN, dans un « premier bilan » donne déjà son absolution ! 

Août 20

NON-RESPECT DES SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 1 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE NOGENT-SUR-SEINE

Le 13 mai 2019, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a déclaré à l’ASN un évènement significatif pour la sûreté relatif au non-respect des spécifications techniques d’exploitation du réacteur 1 concernant la disponibilité d’une des deux pompes du circuit de refroidissement de la piscine d’entreposage du combustible.

La piscine d’entreposage du combustible reçoit notamment l’ensemble des éléments combustibles du cœur du réacteur pendant les arrêts pour rechargement. Pour évacuer la puissance résiduelle dégagée par ces éléments combustibles, le refroidissement de la piscine est assuré par un circuit constitué de deux voies comportant chacune une pompe et un échangeur. Lorsque le combustible a été transféré dans la piscine d’entreposage, les spécifications techniques d’exploitation du réacteur prévoient que les deux voies soient disponibles ; en cas d’indisponibilité d’un matériel d’une voie, elles prescrivent un délai pour sa remise en service.

Le 7 mai 2019, le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine était en arrêt pour visite décennale, le cœur du réacteur avait été déchargé. Une opération de maintenance sur les tableaux électriques alimentant une des deux pompes de refroidissement de la piscine d’entreposage du combustible imposait son arrêt pour la réalimenter par d’autres tableaux.

Lorsque les opérateurs ont redémarré la pompe concernée depuis la salle de commande, son témoin de mise en service s’est allumé normalement, ce qui ne leur a pas permis de détecter qu’elle n’avait pas réellement démarré. Ils n’ont réalisé que six heures plus tard l’augmentation de la température de la piscine d’entreposage du combustible, ce qui a conduit à diagnostiquer un mauvais contact d’un fusible du dispositif de commande de la pompe, rendant l’ordre de démarrage inopérant.

La pompe de refroidissement a été indisponible pendant dix heures alors que les spécifications techniques d’exploitation du réacteur autorisent une durée maximale d’indisponibilité de huit heures.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois il a affecté la fonction de sûreté liée au refroidissement de la piscine d’entreposage du combustible. Au regard de l’indisponibilité de l’équipement concerné, cet évènement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Dès la détection de l’origine du dysfonctionnement constaté, l’exploitant a remis en service la pompe concernée.

Publié le 20/08/2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-des-STE-du-reacteur-1-de-la-centrale-nucleaire-de-Nogent-sur-Seine

Août 20

L’ENVOYÉ NUCLÉAIRE AMÉRICAIN ARRIVERA AUJOURD’HUI EN CORÉE DU SUD

SÉOUL, 20 août (Yonhap) — Le représentant spécial américain pour la question nord-coréenne, Stephen Biegun, arrivera ce mardi après-midi en Corée du Sud pour une visite de trois jours.

Il rencontrera demain son homologue sud-coréen Lee Do-hoon pour discuter du dossier nord-coréen. Les deux responsables devraient chercher à coordonner les stratégies avant l’éventuelle reprise des discussions sur la dénucléarisation entre Pyongyang et Washington au niveau des groupes de travail.

Alors que l’exercice militaire conjoint des alliés s’achève aujourd’hui même, le voyage de Biegun suscite une grande spéculation sur la possibilité d’une rencontre avec des officiels nord-coréens à la frontière inter-coréenne pour parler de la relance des négociations qui restent dans l’impasse depuis le sommet de Hanoï.

Interrogé sur ce sujet par l’agence de presse Yonhap lundi, le porte-parole du département d’État américain a répondu qu’il n’avait aucune réunion supplémentaire à annoncer.

Le département d’État avait dit plus tôt que Biegun rencontrerait des officiels de la Corée du Sud et du Japon pour «renforcer davantage la coordination pour la dénucléarisation définitive et entièrement vérifiée» de la Corée du Nord, sans donner plus de détails.

L’émissaire envisage aussi de s’entretenir avec de hauts officiels sud-coréens, notamment du ministère de l’Unification, avant de repartir jeudi vers son pays.

Par ailleurs, selon des rapports de médias, Biegun pourrait être le futur ambassadeur américain en Russie en remplacement de Jon Huntsman, dont la mission se terminera au mois d’octobre.

Par eloise@yna.co.kr

Publié le 20.08.2019 à 09h23

Photo titre : Lee Do-hoon et Stephen Biegun (photomontage).

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20190820000200884

Août 20

L’IRAN RESTE ATTACHÉ À L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE ET EST PRÊT À POURSUIVRE LE DIALOGUE, SELON LE CHEF DE LA DIPLOMATIE IRANIENNE

HELSINKI, 19 août (Xinhua) — Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a déclaré lundi que son pays restait attaché à l’accord sur le nucléaire, et était prêt à poursuivre le dialogue.

Zarif et le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, se sont adressés à la presse après s’être rencontrés à Helsinki.

S’exprimant sur l’éventualité de voir la Finlande jouer un rôle de médiateur entre les États-Unis et l’Iran, M. Zarif a déclaré qu’une médiation « devait pouvoir s’appuyer sur quelque chose« , et a averti que le dialogue ne serait peut-être bientôt plus possible.

L’accord sur le nucléaire iranien, ou Plan d’action global conjoint (JCPOA), a été conclu en 2015 entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies – la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis – ainsi que l’Allemagne. Les États-Unis se sont cependant retirés du JCPOA l’année dernière

Zarif a déclaré que l’Iran avait clairement manifesté sa préférence pour la coopération et le dialogue en négociant et en signant le JCPOA, et a ajouté que son pays restait attaché à l’accord malgré les mesures prises par les États-Unis.

Téhéran reste disposé à poursuivre le dialogue, mais la fenêtre d’opportunité est en train de se refermer, a-t-il indiqué. « Le travail d’un médiateur doit pouvoir s’appuyer sur quelque chose. Et un médiateur devra avant tout ramener les États-Unis à la table des négociations« , a-t-il ajouté.

Haavisto a quant à lui déclaré à la presse que la Finlande considérait le JCPOA comme un accord international très important. « Nous devrions tous faire de notre mieux pour maintenir l’accord en vie. La Finlande est prête à faire sa part du travail« , a-t-il affirmé.

Zarif avait précédemment indiqué qu’un « meilleur accord que celui de 2015 ne pourrait pas être atteint« , ceci étant interprété par les observateurs locaux comme une indication que l’Iran ne souhaite pas renégocier les termes de l’accord.

Les 2 photos : Xinhua/Matti Matikainen

Par French.xinhuanet.com, publié le 20 août 2019 à 05h11

http://french.xinhuanet.com/europe/2019-08/20/c_138321672_2.htm

Août 20

LES CAPTEURS NUCLÉAIRES DU RÉSEAU MONDIAL EN RUSSIE MIS HORS SERVICE APRÈS UNE MYSTÉRIEUSE EXPLOSION

VIENNE (Reuters) – L’opérateur d’un réseau mondial de capteurs de particules radioactives a annoncé lundi que ses deux sites russes les plus proches d’une mystérieuse explosion s’étaient déconnectés quelques jours après l’explosion, suivis de près par deux autres, alimentant les soupçons selon lesquels la Russie les aurait altérés.

Le ministère russe de la Défense, qui exploite les deux stations, n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

L’agence nucléaire russe, Rosatom, a reconnu que des travailleurs du nucléaire avaient été tués dans l’explosion du 8 août, survenue lors d’un essai de moteur de fusée près de la mer Blanche, dans le nord de la Russie.

L’explosion a également provoqué un pic de radiation dans une ville voisine et a incité une utilisation locale de l’iode, utilisé pour réduire les effets de l’exposition aux radiations.

Les autorités russes n’ont donné aucune explication officielle quant aux raisons pour lesquelles l’explosion a déclenché la montée des radiations. Des experts nucléaires basés aux États-Unis ont indiqué qu’ils soupçonnaient la Russie de tester un missile de croisière à propulsion nucléaire vanté par le président Vladimir Poutine l’année dernière.

«Nous sommes… en train de résoudre les problèmes techniques rencontrés par les exploitants de stations dans les deux stations voisines», a déclaré Lassina Zerbo, chef de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), au cours de la nuit.

Le système de surveillance international de l’OTICE comprend des capteurs atmosphériques qui captent les particules dites de radionucléides qui flottent dans l’air. Zerbo a déclaré que les données des stations situées sur ou à proximité du passage d’un panache potentiel de gaz provenant de l’explosion étaient toujours en cours d’analyse.

« COMMUNICATION ET RÉSEAU »

Bien que le réseau IMS de l’OTICE soit mondial et que ses stations communiquent leurs données au siège de l’Organisation, à Vienne, ces stations sont exploitées par les pays dans lesquels elles se trouvent.

Les deux stations de surveillance russes les plus proches de l’explosion, Dubna et Kirov, ont cessé d’émettre le 10 août, et des responsables russes ont déclaré à l’OTICE qu’ils avaient «des problèmes de communication et de réseau», a déclaré lundi une porte-parole de cette organisation.

« Nous attendons d’autres rapports sur le moment où les stations et / ou le système de communication retrouveront toutes leurs fonctionnalités. »

La cause de la panne ou le fait que les stations ont été altérées par la Russie n’est pas clairement défini.

Zerbo a également tweeté une simulation du panache possible de l’explosion, montrant qu’il atteignait Dubna et Kirov les 10 et 11 août, deux et trois jours après l’explosion.

La porte-parole a déclaré plus tard que deux autres stations, Bilibino et Zalesovo, avaient cessé de transmettre des données le 13 août. Bilibino se situe dans l’extrême est de la Sibérie, en dehors de la carte du panache simulé que Zerbo a tweeté. Mais cette simulation a également montré que le panache avait atteint Zalesovo le 13 août.

«Environ 48 heures après l’incident du 8 août en Russie, ces stations (Dubna et Kirov) ont cessé de transmettre des données. Je trouve cela étrange comme une coïncidence », a déclaré Daryl Kimball, directeur exécutif de l’Arms Control Association, un groupe de réflexion basé à Washington.

Lui et d’autres analystes ont déclaré que toute manipulation russe des stations IMS serait une affaire sérieuse, mais que cela risquerait également d’être inutile étant donné que d’autres stations IMS ou nationales pourraient également capter des particules révélatrices.

«Ce que la Russie semble avoir tenté de faire n’a aucun sens. Le réseau de capteurs internationaux est trop dense pour qu’un pays retenant des données dissimule un événement », a déclaré Jeffrey Lewis, directeur du programme de non-prolifération pour l’Asie de l’Est à l’Institut Middlebury en Californie.

Une station de particules de radionucléides de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CTBTO) est visible sur le toit de leur siège à Vienne, en Autriche, le 28 septembre 2017. REUTERS / Leonhard Foeger

Rosatom a déclaré que l’accident, qui a tué cinq de ses employés, impliquait des «sources d’énergie isotopiques».

Le système IMS de l’OTICE comprend plus de 300 stations sismiques, hydroacoustiques, infrasons et radionucléides disséminées dans le monde entier qui ont pour objectif de détecter et de localiser un essai nucléaire n’importe où.

Sa technologie peut toutefois être utilisée à d’autres fins, par exemple lorsque l’OTICE a transmis des données de deux stations hydroacoustiques à l’Argentine en 2017 pour aider à localiser l’épave d’un sous-marin manquant.

Reportage de François Murphy; Andrew Osborn à Moscou et Jonathan Landay à Washington. Édité par Mark Heinrich, Hugh Lawson et Peter Cooney

Nos standards: Les principes de Thomson Reuters Trust.

Posté par Sameh dans News, dernière modification le 19 août 2019 à 9h56

PHOTO TITRE: Les antennes d’une installation d’essai pour les technologies sismiques et infrasons de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) sont présentées dans le jardin de leur siège à Vienne, en Autriche, le 28 septembre 2017. REUTERS / Leonhard Foeger

Source : https://www.reuters.com/article/us-russia-blast-ctbto/global-networks-nuclear-sensors-in-russia-went-offline-after-mystery-blast-idUSKCN1V9183?feedType=RSS&feedName=topNews&utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+reuters%2FtopNews+%28News+%2F+US+%2F+Top+News%29

Publié en français sur : https://news-24.fr/les-capteurs-nucleaires-du-reseau-mondial-en-russie-mis-hors-service-apres-lexplosion-dun-mystere/

Août 20

WASHINGTON TESTE UN NOUVEAU MISSILE, UN MOIS APRÈS LE RETRAIT DES ÉTATS-UNIS DU TRAITÉ INF SUR LES ARMES NUCLÉAIRES

C’est la première fois que ce type de missile est testé depuis la Guerre froide. Moscou dénonce une « escalade des tensions militaire« .

La course aux missiles reprend. Les États-Unis ont annoncé lundi 19 août avoir réalisé avec succès leur premier test de missile de portée intermédiaire depuis la Guerre froide, un mois tout juste après leur retrait du traité INF sur les armes nucléaires. La Russie a immédiatement réagi en dénonçant l’essai : « Les États-Unis prennent de manière flagrante le chemin d’une escalade des tensions militaires », a affirmé le vice-ministre russe des Affaires étrangères. 

Le test, concluant, a été effectué dimanche depuis l’île de San Nicolas, au large de la Californie, à 14h30 heure locale (21h30 GMT), a rapporté le Pentagone. « Le missile testé a quitté sa rampe de lancement terrestre et touché avec précision sa cible après plus de 500 km de vol », a détaillé le ministère américain de la Défense dans un communiqué. « Les données recueillies et les leçons tirées de ce test donneront au ministère de la Défense les informations nécessaires au développement de nouvelles armes de moyenne portée« , conclut le Pentagone.

Le test a été mené par l’US Navy, en coopération avec le bureau des capacités stratégiques du Pentagone. Si le prototype testé dimanche est conventionnel, tout missile peut, par la suite, être équipé de tête nucléaire.

Démonstration de force face à la Russie

Le 2 août dernier, les États-Unis ont quitté le traité de désarmement INF qui abolissait les tests et l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5 500 km. Le jour-même, le pays annonçait le développement de nouveaux missiles sol-air, en réponse au missile russe 9M729. Selon les Occidentaux, Moscou viole le traité INF, alors que le Kremlin insiste sur le fait que son nouveau missile a une portée maximale de « 480 km ». À l’époque, Washington précisait que des recherches sur ces systèmes de missiles avaient commencé en 2017, tout en restant dans les limites du traité INF sur les Forces nucléaires intermédiaires.

Signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, le traité INF avait permis l’élimination des missiles russes SS20 et des américains Pershing, mettant fin à « la crise des euromissiles« , dernier soubresaut de la Guerre froide.

Par franceinfo avec AFP France Télévisions, mis à jour le 20/08/2019 à 09h52, publié le 20/08/2019 à 08h45

Photo titre: Capture d’écran d’une vidéo diffusée par le ministère de la Défense américain, où l’on voit le lancement du missile-test à proximité de Los Angeles, en Californie, le 19 août 2019. (SCOTT HOWE / THE DEFENSE DEPARTMENT OF THE US / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/armee-et-securite/washington-teste-un-nouveau-missile-un-mois-apres-le-retrait-des-etats-unis-du-traite-inf-sur-les-armes-nucleaires_3583319.html

Août 19

ELON MUSK A LANCÉ UN APPEL EN FAVEUR DE FRAPPES NUCLÉAIRES SUR MARS

L’explosion de bombes nucléaires sur Mars pourrait réchauffer la planète rouge et la rendre habitable, considère Elon Musk depuis 2015. Actuellement, il appelle à la bombarder et annonce la sortie de T-shirts avec l’inscription «Atomisons Mars» sur son compte Twitter.

Elon Musk a lancé un appel en faveur de frappes nucléaires sur Mars. Le message lapidaire du PDG de SpaceX et de Tesla a été publié le 15 août sur son compte Twitter. Dans la foulée, il a ajouté avoir l’intention de produire des T-shirts avec le slogan «Atomisons Mars».

Depuis 2015, l’entrepreneur estime qu’il est nécessaire de lâcher des bombes nucléaires sur Mars pour rendre la planète rouge habitable. Il l’a déclaré lors d’une émission de CBS, intitulée The late show with Stephen Colbert.

Rêvant de coloniser la planète rouge, il prétend que des frappes nucléaires permettront de faire fondre les glaciers sur les pôles martiens, ce qui aura pour effet la libération de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Ce gaz pourrait favoriser la formation de l’effet de serre sur Mars. La plupart des scientifiques ne partagent pas l’enthousiasme du fondateur de SpaceX, indique Science Alert. D’après des études de la Nasa, une frappe nucléaire sur Mars ne pourrait susciter la libération que d’une petite quantité de dioxyde de carbone, qui ne sera pas suffisante pour rendre le climat martien plus ou moins ressemblant à celui de la Terre.

La colonisation de la planète rouge prendrait des centaines, voire des milliers d’années, affirment certains chercheurs, alors que d’autres considèrent que cela n’arrivera jamais.

Date de publication: 19 08 2019 à 10h25

https://fr.news-front.info/2019/08/19/elon-musk-a-lance-un-appel-en-faveur-de-frappes-nucleaires-sur-mars/

NDLR : Savoie antinucléaire souhaitant rester un site poli, il n’y aura pas de commentaires ! Coluche aurait plutôt dit: « Mais jusqu’où s’arrêteront-ils? »

Août 19

FUKUSHIMA : 8 ANS PLUS TARD LA SITUATION N’EST TOUJOURS PAS SOUS CONTRÔLE

Ce 11 mars 2019, 8 ans se sont écoulés depuis le début de la catastrophe de Fukushima. L’accident continue et Fukushima est encore en état d’urgence. La radioactivité n’est toujours pas confinée.

Le procès pénal de TEPCO et de ses dirigeants de l’époque a enfin commencé en 2018. Voir à ce sujet le texte de Ruiko MUTO.

Le retour des habitants se prépare depuis le printemps 2017. Le gouvernement et le département de Fukushima préconisent que les habitants des zones contaminées retournent y vivre.

Par ailleurs, les eaux stockées sur le site contiennent non seulement plus de 1000 billions de Bq de tritium mais aussi du césium 137 et 134 et du strontium. TEPCO et les autorités japonaises préconisent aujourd’hui de les rejeter dans l’Océan Pacifique. Quant à la commission citoyenne du nucléaire (organisation associative des scientifiques indépendants) cette dernière suggère de stocker cette eau dans les grands réservoirs pour 100 ans. Pour le moment la décision est suspendue.

Autre fait marquant de l’année écoulée, le département de Fukushima voudrait supprimer les indicateurs de dosimétrie publics. Lors des auditions publiques, les habitants se sont opposés à cela.

La préparation des JO de Tokyo est en train de faire oublier Fukushima. Voir à ce sujet l’article de Hiroaki KOIDE.

Retour sur la chronologie des événements marquants de ces huit dernières années, au cœur de l’enfer radioactif d’un désastre industriel, humain, économique et sanitaire.

Cliché pris par la sonde envoyée dans le réacteur n°2 en février 2017

À l’origine : un tsunami sans précédent

Le vendredi 11 mars 2011 à 14 h 46, heure locale, un séisme de magnitude 8.9 a lieu à 130 km des côtes japonaises. C’est alors le plus fort séisme jamais mesuré à proximité de l’archipel depuis que les relevés sismiques existent.

L’onde de choc déclenche un tsunami, vague géante atteignant 30 mètres par endroits, qui frappera de plein fouet la côte est japonaise en moins d’une heure parcourant jusqu’à 10 kilomètres à l’intérieur des terres.

Les effets combinés de ce séisme et du tsunami seront la cause directe du décès de plus de 28 000 Japonais dans les jours qui suivent. Mais c’est également le point de départ de la catastrophe nucléaire de Fukushima…

La centrale de Fukushima Daiichi est composée de 6 réacteurs nucléaires à eau bouillante construits entre 1967 et 1979, exploités par la multinationale Tokyo Electric Power Company (TEPCO).

Le 11 mars 2011, les effets cumulés du séisme et du tsunami privent la centrale nucléaire de toute alimentation électrique extérieure, élément fondamental pour assurer le pompage de l’eau servant au refroidissement du combustible nucléaire et à modérer la réaction de fission dans le cœur des réacteurs.

Des groupes électrogènes de secours étaient certes prévus pour pallier la rupture de l’approvisionnement électrique nécessaire au refroidissement, malheureusement ceux-ci ont été tous mis hors d’usage par le séisme…
La panique gagne l’équipe des employés de la centrale jusqu’à son directeur Masao Yoshida qui témoignera plus tard de son état d’esprit lors d’une enquête publique :

« J’ai été choqué, pensant que le pire état critique était arrivé. Un accident grave pourrait se produire. Nous devions être prêts pour cela. Ne pourrions-nous pas utiliser un générateur diesel de secours ? Si nous ne pouvions pas l’utiliser, que devais-je faire ? Si nous disposions d’un condenseur de secours contenant encore de l’eau, nous pourrions refroidir les réacteurs pendant quelques heures. Ces pensées tournaient dans ma tête. [1] » Masao Yoshida – directeur de la centrale au moment du séisme

Dans les premières heures de la catastrophe, de l’eau de mer est injectée pour assurer le refroidissement ; corrosive, elle risque de rendre inutilisable les différentes soupapes et structures indispensables à la sécurité du site. Mais le combustible entame déjà sa fusion…

Ces tentatives sont insuffisantes pour refroidir le cœur des réacteurs et la pression monte à l’intérieur des enceintes de confinement. Les opérateurs tentent de faire baisser la pression en ouvrant certaines vannes, commençant ainsi à relâcher des gaz radioactifs dans l’atmosphère (opération pendant laquelle certains employés recevront une dose de plus de 100 mSv – 5 fois la dose annuelle limite pour les travailleurs du nucléaire français).

Sans système de refroidissement, la température au cœur des réacteurs devient telle que les gaines contenant le combustible commencent à se désagréger et le combustible à fondre, formant un mélange d’éléments surchauffés jusqu’à plusieurs milliers de degrés que l’on appelle « corium ».

Dans le cœur des réacteurs, de l’hydrogène sous forme gazeuse se forme à cause de la catalyse de la vapeur d’eau par le zirconium surchauffé, matière présente dans les barres de combustible. Cette nappe de gaz se condense sous le toit du réacteur n°1, la pression étant désormais quasiment impossible à contrôler par les employés de la centrale.

La chaleur ambiante et le contact avec l’oxygène finissent par enflammer cet hydrogène, provoquant une explosion qui soufflera le toit du réacteur et une bonne partie de l’enceinte de confinement.

Entre le 12 et le 15 mars, ce scénario se répète dans les réacteurs n°3 et n°2, mais aussi par un incendie dans la piscine de stockage des combustibles usés du réacteur n°4 ; leurs enceintes, soufflées par des explosions, sont détruites.

Source : Containment Integrity Research at Sandia National Laboratories

Une épaisse fumée chargée en éléments radioactifs s’échappe alors des centrales accidentées.

De mars à août 2011, cette série de 4 catastrophes nucléaires répand 168 fois plus de césium-137 dans l’atmosphère que l’explosion de la première bombe atomique à Hiroshima en 1945 selon le quotidien Tokyo Shimbun [2].

Si les autorités de sûreté japonaise ont tenté d’atténuer la gravité de ces événements au lendemain du séisme en déclarant un accident de niveau 4 sur l’échelle INES (barème international de classification des accidents nucléaires selon leur gravité), la série d’explosions a été finalement été considérée comme un seul dramatique événement permettant de classer la catastrophe au niveau 7, le plus haut niveau de cette échelle, qui avait été atteint une seule fois à Tchernobyl en 1986.

À la suite des explosions, les employés de TEPCO cherchent à refroidir à tout prix les cœurs des combustibles en fusion ainsi que les barres de combustible usagées stockées dans les piscines.

Une seule solution pour cela, immerger en permanence ces éléments dans un courant d’eau froide afin d’éviter de nouveaux rejets de radioactivité dans l’atmosphère.

Des équipes se relaient ainsi en permanence pour arroser les cœurs des réacteurs et les piscines de combustible, mais ces opérations engendrent un autre problème insurmontable : l’eau se retrouve chargée d’éléments radioactifs, et il faut absolument éviter qu’elle se déverse dans l’océan ou qu’elle s’infiltre dans les nappes phréatiques.

Au bout de quelques semaines, un expédient de fortune est décidé. L’eau contaminée sera stockée dans des réservoirs sur place et elle sera à nouveau réutilisée pour refroidir les réacteurs endommagés.

Malheureusement, le circuit utilisé pour cette opération est tout sauf étanche, les enceintes de confinement ayant été très sérieusement détruites par les explosions, de l’eau en fuit en permanence et se répand dans l’océan Pacifique et dans le sous-sol.

Les accidents et les graves fuites sur les opérations de refroidissement se succèdent, la fuite d’eau très radioactive du mois d’avril 2011 (pendant laquelle les rejets ont atteint 20 000 fois l’autorisation de rejet annuel !), devrait à elle seule être considérée comme un accident nucléaire de niveau 5 ou 6 sur l’échelle INES !

Aujourd’hui près de 6 000 personnes travaillent quotidiennement sur le chantier de décontamination de Fukushima où plus de 300 m³ d’eau sont injectés chaque jour dans les circuits de refroidissement pour rejoindre ensuite les quelque 400 000 tonnes d’eau contaminée accumulées sur le site dans de gigantesques réservoirs occupant de plus en plus d’espace… et dont on ne sait que faire !

L’un des milliers de réservoirs d’eau contaminée (Source : Japan Times)

La contamination de l’environnement marin induite par cet accident est considérée comme étant la plus grande pollution radioactive marine de l’Histoire !

Si les éléments charriés par les courants marins auraient eu par la suite tendance à se déposer sur les couches sédimentaires de par leur masse atomique conséquente, une bonne partie de ces éléments se retrouve pourtant dans tout l’écosystème marin.

Le plancton à la base de l’alimentation des animaux marins a incorporé des éléments nocifs tels que le césium 137 qui se retrouve ainsi dans la chaîne alimentaire.

C’est ainsi que le taux de radioactivité dans les thons péchés dans le Pacifique (poisson très prisé de la gastronomie japonaise) a augmenté significativement (avec des concentrations en radio-césium jusqu’à 10 fois plus élevées qu’avant Fukushima [3]), et les migrations des bancs de poisson ont répandu cette contamination jusqu’aux thons péchés aux abords des côtes californiennes [4].

Décontamination, refroidissement, démantèlement – le Japon est engagé sur des chantiers pharaoniques

Dès le lendemain de la catastrophe, des employés de Tepco sont restés sur le site afin de résoudre l’immense problème posé par les multiples explosions.

Les « cinquante de Fukushima », une équipe de liquidateurs volontaires toujours sur place après le 15 mars 2011 pour stabiliser la situation sont les témoins et victimes d’une radioactivité sans précédent sur le site accidenté.

Le gouvernement japonais décide de remonter le taux maximal d’exposition à 250 mSv pour les travailleurs du nucléaire (12 fois plus qu’en France).

Chaque jour, c’est donc plusieurs milliers d’employés qui travaillent sur le site de la catastrophe pour essayer de décontaminer, démanteler, refroidir les coriums et éviter, souvent avec difficulté, les rejets atmosphériques et marins.

Étant donné le caractère très dangereux et repoussant de ces missions, la main d’œuvre est bien souvent recrutée par les yakuzas (la mafia japonaise) qui envoie des personnes endettées, des SDF ou burakumin (caste discriminée, issue du Japon médiéval pour laquelle on réserve habituellement les « sales boulots ») sur le chantier tout en récupérant une partie de leur salaire par diverses tractations mafieuses [5].

Un ouvrier sur un site d’entreposage de terre contaminée à Minami-Soma

C’est plus de 250 tonnes d’assemblages de combustible qui ont fondu à la suite de la perte de refroidissement pour former ce que l’on appelle des « coriums ».

En 2015 personne ne pouvait encore approcher de ce magma informe, que les employés du site n’arrivent toujours pas à situer précisément [6].

Même les robots conçus pour les repérer finissent par être hors service au bout de quelques heures passées à l’intérieur des réacteurs, tant la radioactivité est infernale.

La récupération de ces coriums n’est pas prévue avant 2025 et l’opération devrait prendre plus de 30 ans.

D’après le responsable du site, Masuda Naohiro c’est tout simplement « une nouvelle science » qu’il faudrait inventer pour venir à bout de ces opérations. Les technologies actuelles ne sont pas en mesure de résister au rayonnement intense qui met à mal tous les circuits électroniques des appareils. Des entreprises comme Toshiba essayent cependant de développer de nouveaux robots conçus pour résister aux conditions présentes mais le défi est de taille et personne n’est réellement en mesure de savoir quand ni même si le démantèlement pourra être réalisé…

Robot Toshiba conçu pour extraire les barres de combustible des piscines de refroidissement – résistera-t-il plus de quelques heures aux conditions infernales ?

Le caractère le plus immédiat des conséquences de Fukushima reste la perte de territoires entiers qui ont été contaminés durablement par les retombées de l’accident…

Le ministère japonais des sciences estime ainsi que ce sont plus 30 000 km² qui doivent être considérés comme contaminés soit plus de 8% de l’archipel.

Des milliers de japonais travaillent aujourd’hui sur la colossale tâche visant à nettoyer d’immenses surfaces à l’aide de moyens rudimentaires. Il n’y a souvent pas d’autres solutions que de gratter la couche de terre supérieure des zones contaminées afin de les rendre un peu plus habitables, sans pour autant se débarrasser sérieusement du problème (car la contamination peut réapparaitre par le biais des précipitations, de la croissance des plantes, de la chute des feuilles contaminées, du transport des particules radioactives par les vents et cours d’eau, etc.).

Des nettoyeurs tentent de rendre à nouveau « habitables » des logements en zone contaminée – Source : Arkadiusz Podniesinski

C’est ainsi que s’amoncellent à force de ce travail de fourmi, de véritables pyramides de déchets contaminés dont on ne sait quoi faire mis à part les stocker dans des conteneurs ou des sacs en plastique dans d’immenses décharges radioactives à ciel ouvert.

Décharge de terre contaminée – Source : Arkadiusz Podniesinski

Plus de 160 000 personnes évacuées

À la suite du tsunami, plusieurs mesures d’évacuation visent les habitants les plus proches de la centrale. Il aura fallu attendre l’explosion du 12 mars pour que les autorités décident d’élargir le périmètre d’évacuation de 3 à 10 puis finalement 20 km le 15 mars 2011.

Malheureusement les retombées poussées par les vents ont dépassé ces limites arbitraires et des territoires à plus de 30 km de la centrale ont été considérés par la suite comme fortement contaminés par du césium 137 et d’autres éléments nocifs.

Mais les résidents situés entre 20 et 30 km de la centrale ne se sont vus proposer qu’une évacuation volontaire.

Près de 160 000 personnes ont donc ainsi été obligées d’évacuer leurs logements, abandonnant bien souvent tous leurs effets personnels mais aussi parfois leurs animaux de compagnie ou d’élevage sur place, pensant pouvoir revenir rapidement sur place à la suite de l’alerte.

« Ces deux femmes sont des réfugiées nucléaires d’Ôkuma. [..] Elles nous reçoivent dans la première pièce, tout petit espace à vivre. Au fond, on voit la deuxième pièce, qui sert de chambre à coucher. Il y a une cloison amovible entre les deux pièces. Les réfugiés qui restent sont essentiellement des personnes âgées. Les autres ont maintenant refait leur vie ailleurs. Il y a encore 24 000 réfugiés à Iwaki. »

Janick Magne

De véritables camps de réfugiés ont été mis en place à travers le pays et les évacués de Fukushima vivent actuellement parfois le même sort que les survivants d’Hiroshima et Nagasaki, les « hibakushas« . En effet, dans l’inconscient collectif il semble que ces victimes soient fréquemment vues comme des « pestiférés » du nucléaire et il n’est pas rare pour un ex-habitant de la région de Fukushima de se sentir rejeté par les habitants des autres préfectures.

Logements de style « conteneurs » Ville d’Iwaki, cité d’urgence (Source : Janick Magne)

Cinq ans après la catastrophe, les chiffres officiels indiquaient que près de 120 000 personnes déplacées sont toujours considérées comme des réfugiés. Leur hébergement actuel se fait soit dans la famille, soit chez des amis, soit dans des appartements mis à disposition provisoirement par certaines municipalités, soit enfin dans des cités d’urgence préfabriquées construites à la hâte.

Afin de laisser croire à un semblant de maîtrise de la situation, le gouvernement cherche à forcer le retour des évacués dans certains villages – qui seraient désormais à nouveau « habitables« .

En réalité si l’on prend pour exemple le village d’IItate, le territoire a seulement été « nettoyé » sur une vingtaine de mètres de périmètre autour des habitations et lieux publics tandis que la forêt environnante présente des taux de radioactivité semblables à ceux rencontrés dans la zone d’exclusion de Tchernobyl d’après Greenpeace.

Un impact sanitaire préoccupant et difficile à estimer

Les conséquences de la catastrophe étant toujours en cours il est difficile de faire un bilan sur le nombre de personnes directement contaminées, irradiées ou décédées en raison de Fukushima. D’après l’ONG Green Cross c’est près de 32 millions de personnes qui ont été touchées par les retombées atmosphériques de l’accident.

Immédiatement après l’accident, le taux de mortalité des personnes âgées a été multiplié par 3 sur une période d’un an. Le taux de mortalité infantile, d’avortements spontanés et d’anomalies à la thyroïde sur les nouveaux nés a été mesuré en hausse significative jusqu’en Californie, pourtant à 8000 km de la centrale (résultats controversés par le lobby nucléaire américain).  [7] et  [8]

L’ex-directeur de la centrale au moment de la catastrophe, Masao Yoshida, est décédé d’un cancer de l’œsophage deux ans après son exposition mais TEPCO refuse pourtant de relier sa maladie aux radiations qu’il a reçues sur le site de Fukushima.

Une étude significative et sérieuse est à mettre en exergue concernant l’augmentation de cas de cancers de la thyroïde chez les enfants. Dévoilée en février 2015 cette étude a permis de détecter un taux de 30 cas de cancers de la thyroïde par échantillon de 100 000 enfants vivant à Fukushima alors que la moyenne se situait à 1,7 cas pour 100 000 enfants dans la préfecture voisine [9].

Officiellement fin 2016, 173 cas de cancers de la thyroïde suspects ont déjà été déclarés chez des enfants de la région dont au moins 135 confirmés [10].

Dépistage des anomalies thyroïdiennes sur des enfants de la préfecture de Fukushima

Ayant analysé des données médicales et scientifiques des territoires touchés par les retombées radioactives les deux ONG « Physicians for social responsability » (PSR) et « International Physicians for the Prevention of Nuclear War » (IPPN) estimaient en mars 2016 que la catastrophe pourrait être responsable de 9 600 à 66 000 cas de cancers supplémentaires au Japon. [11]

Une grande partie des pathologies radio-induites, en particulier les multiples formes de cancer, se déclarent en général après une période de latence qui peut durer des décennies. Il est donc certain qu’un bilan sanitaire de Fukushima ne pourrait être établi qu’au moyen d’études épidémiologiques rigoureuses et honnêtes, menées pendant 40 à 60 ans au moins après la catastrophe – des études peu probables (qui voudrait les financer ?)… Et c’est sans compter les éventuels effets génétiques sur les générations suivantes.

Concernant le coût économique de la catastrophe, de nombreuses estimations ont été données par les autorités, des cabinets d’étude et des ONG. Le gouvernement japonais annonçait au départ un coût estimé de 36 milliards d’euros pour réparer les dégâts induits.

Greenpeace estimait pour sa part en 2013 le coût total à près de 186 milliards d’euros (en se basant sur une étude du Japan Center for Economic Research [12]).

Revirement complet de la part du gouvernement fin 2016 une nouvelle évaluation fait clairement exploser la facture – on ne parle plus de 36 milliards mais aujourd’hui de 170 milliards d’euros (20.000 milliards de yens), ce qui se rapproche clairement de l’estimation de 2013 avancée par Greenpeace… Au vu des incertitudes complètes concernant le démantèlement (s’il est seulement possible), faut-il s’attendre à une escalade sans limites de cette estimation ?

Les Japonais mobilisés contre l’atome

Rassemblement historique au Yoyogi Park en juillet 2012

(NDLR : Pour voir cette vidéo (12mn59s), cliquer sur le site indiqué à la fin de cet article)

À la suite de la catastrophe, une véritable renaissance du militantisme antinucléaire a eu lieu dans la société japonaise, pourtant peu habituée traditionnellement à s’opposer aux institutions, et dont les convenances préconisent d’éviter d’exprimer son désaccord publiquement sur un sujet.

16 mois après la catastrophe, plus de 170 000 personnes venant de tout le pays se sont ainsi réunies le lundi 16 juillet 2012 dans le parc Yoyogi à Tokyo pour une grande manifestation demandant l’arrêt total du nucléaire et dénonçant la situation à Fukushima

Le Rassemblement de Yoyogi Park en vue aérienne – Source : The Japan Times

Le 29 juillet 2012, une chaine humaine de 10 000 personnes se forme devant le Parlement japonais, réunissant des citoyens de tous âges et de tous profils mais aussi des personnalités comme l’écrivain Kenzaburō Ōe, prix Nobel de littérature.

Sur les territoires contaminés mais toujours habités, la résistance s’organise au sein de collectifs citoyens qui mesurent la radioactivité des lieux fréquentés pour pallier la carence des autorités dans ce domaine, en vue de protéger les populations les plus sensibles comme les écoliers ou de lancer des opérations de décontamination.

Fin août 2012, selon le journal Asahi, 58 % des Japonais voulaient quitter définitivement le nucléaire dans les 10 ans maximum, dont 16 % immédiatement, 21 % pour l’arrêt dans les cinq ans. Dans le département de Fukushima, les sondages indiquaient que 100 % des résidents étaient pour l’arrêt total.

En août 2015, un sondage réalisé à l’occasion de la relance de la centrale de Sendai au sud de l’archipel recense 57 % des sondés contre et seulement 30 % qui la soutiennent.

La quasi-totalité des 54 réacteurs nucléaires japonais ayant été mis à l’arrêt à la suite du tsunami, et des travaux de maintenance sur les réacteurs encore en fonction aidant, le Japon s’est totalement passé de l’atome pendant plus de 2 ans.

Le Japon a pourtant réussi à se passer totalement de l’énergie nucléaire.

Grâce à une politique de sobriété énergétique acceptée et mise en pratique par toute la population à la suite de l’accident, le Japon a réussi à éviter le blackout dans les mois suivant le séisme.

Le pic de consommation électrique au Japon se situant pendant la période estivale, des petits gestes d’économie d’énergie sont communiqués partout au grand public sous le nom de l’élan national « Setsuden » (traduire : ne gaspillons pas l’électricité).

Campagne de pub pour les économies d’énergie

Les climatisations très énergivores et pourtant présentes dans la plupart les logements et bureaux ont été utilisées au minimum durant les étés suivant la catastrophe, malgré un temps exceptionnellement chaud et humide.

Le code vestimentaire habituellement si strict des « salarymen » japonais (employés du secteur tertiaire) a également été revu et le port habituel du costume cravate par tous les temps a été mis de côté pour les périodes de forte chaleur.

Grâce à des subventions d’État (aujourd’hui malheureusement en voie d’abandon), des efforts conséquents ont été consentis pour accroître la production d’énergie renouvelable, l’énergie solaire fournissant jusqu’à 25 % de la consommation nationale d’électricité en 2015 – le parc photovoltaïque nippon étant passé de 2,84 GW fin 2009 contre 27 GW fin 2014.

Si un recours certain aux centrales utilisant les énergies fossiles carbonées a été nécessaire pour remplacer la totalité du parc nucléaire, les émissions de gaz à effet de serre ont pourtant augmenté que de quelques pour-cents pour se retrouver à un niveau d’émission en 2014 plus bas que celui de l’année 2008.

Source : https://lejournal.cnrs.fr/billets/nucleaire-le-triple-chantage-du-gouvernement-japonais

Malheureusement, les élections législatives de 2014 donnent le pouvoir au PLD de Shinzo Abe, un parti ouvertement pour la relance de l’industrie nucléaire japonaise sous prétexte d’un lien avec le déficit économique croissant du Japon, qui serait dû à l’importation massive d’hydrocarbures, de gaz et de charbon…

La leçon de l’histoire n’a pas été retenue

Dans un pays qui a connu l’explosion de deux bombes atomiques, qui vit sous la menace permanente de puissants séismes et qui a déjà dû faire face à plusieurs accidents nucléaires graves (comme celui de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa), la leçon semble encore difficile à retenir concernant l’exploitation très risquée de l’énergie atomique sur l’archipel.

En août 2015 la centrale de Sendai sur l’île méridionale de Kagoshima est relancée malgré l’hostilité de la population

Cette centrale aurait été mise aux normes post-Fukushima décidées par les autorités mais elle est située à moins de 50 km du volcan Sakurajima qui rentre en éruption plusieurs centaines de fois chaque année.

Le volcan Sakurajima à 50 km de Sendai lors d’une de ses éruptions quotidiennes

Cette activité volcanique pourrait pourtant être susceptible d‘après certains volcanologues de nuire au fonctionnement de la centrale en cas d’éruption majeure.

En janvier 2016, toujours contre l’avis de l’opinion nippone, l’énergéticien KEPCO annonce la relance de la centrale de Takahama.

Seulement quelques semaines après cette annonce, un incident consécutif à une fuite de matières radioactives du circuit primaire est détecté sur celle-ci…

Centrale nucléaire de Takahama

9 mars 2016, 2 jours avant les 5 ans de la catastrophe le tribunal d’Otso ordonne l’arrêt complet de 2 réacteurs de la centrale de Takahama en raison de plusieurs dysfonctionnements détectés [13].

C’est la première fois que ce type d’injonction est demandée contre la politique de relance du nucléaire japonais initiée par le gouvernement de Shinzo Abe.

En février 2017 seuls 3 réacteurs étaient en fonctionnement sur tout l’archipel japonais, il s’agit de 2 réacteurs de la centrale de Sendai mentionnés ci-dessus et celui d’Ikata situé sur l’ile principale de l’archipel : Honshu…

L’année 2017 aura été marquée par une information peu réjouissante sur les taux de radioactivité records mesurés par une sonde envoyée dans le réacteur 2. Celle-ci a pu mesurer une radioactivité ambiante de 530 Sv – un taux capable de tuer un homme instantanément ce qui n’augure guère d’espoir quant à la capacité humaine (ou même robotique) à démanteler l’installation et à récupérer les coriums de combustible fondu – dont on ne connait toujours pas la localisation précise… Par ailleurs, le gouvernement japonais via une nouvelle évaluation a considérablement revu à la hausse le coût estimé de la gestion de cette catastrophe, la facture passant ainsi d’une trentaine de milliards d’euros en 2013 à 170 milliards d’euros en 2016 !

Si les médias ont quelque peu déserté le suivi au quotidien de celle-ci et que le gouvernement japonais a tenté la relance de 5 réacteurs nucléaires au Japon, (dont 3 fonctionnent à ce jour), il est pourtant fondamental de rappeler que la situation n’est en aucun cas sous contrôle.

Si personne n’est capable de dire exactement quand la situation à Fukushima sera totalement sous contrôle, 8 ans ont suffi pour effacer le risque nucléaire des esprits des élites décisionnaires japonaises.

Et si la nature réserve encore sans doute des catastrophes aux conséquences gravissimes et imprévisibles pour le Japon, seule une lutte acharnée contre la promotion du nucléaire pourra écarter totalement ce danger alors que des solutions alternatives sont déjà disponibles, moins risquées et déjà économiquement compétitives…

Par Benoît Skubich, publié le 18 août 2019

Notes

[1https://www.fukushima-blog.com/2014/10/paroles-de-masao-yoshida-ancien-directeur-de-la-centrale-de-fukushima-daiichi.html

[2https://www.maxisciences.com/c%E9sium-137/fukushima-168-fois-plus-de-cesium-137-qu-a-hiroshima_art16548.html

[3https://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/29/des-thons-rouges-contamines-par-la-radioactivite-de-fukushima_1708696_3244.html

[4https://www.pnas.org/content/109/24/9483.abstract

[5https://www.lemonde.fr/japon/article/2013/02/04/la-pegre-japonaise-fait-son-miel-de-l-apres-fukushima_1826617_1492975.html

[6https://www.lemonde.fr/planete/article/2015/04/01/a-la-recherche-des-c-urs-perdus-des-reacteurs-nucleaires-de-fukushima_4607166_3244.html

[7https://radiation.org/reading/pubs/HS42_1F.pdf

[8https://enenews.com/abc-san-diego-alarming-report-of-u-s-infants-affected-by-fukushima-contamination-video

[9https://fukushima.eu.org/limpact-sanitaire-de-la-catastrophe-de-fukushima/

[10https://fukushima.eu.org/cancers-de-la-thyroide-a-fukushima-174-cas-suspectes-135-cas-confirmes/

[11https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/09/97001-20160309FILWWW00437-fukushima10000-cancers-de-plus-attendus-au-japon.php

[12https://www.jcer.or.jp/eng/research/pdf/pe%28kobayashi20110719%29e.pdf

[13https://www.romandie.com/news/Un-tribunal-japonais-ordonne-larret-de-2-reacteurs-nucleaires/683693.rom

https://www.sortirdunucleaire.org/Fukushima-8-ans-plus-tard-la-situation-n-est?fbclid=IwAR0DiBOAvDpXlFYbLAKZ6SWHScYDX2OqLuBs9I_CDVkK0vtLtEhiBhu4BLY

Août 19

AUCUN DOUTE N’EST PERMIS: NOUS VOICI REVENUS À LA GUERRE FROIDE. LE MOMENT EST VENU DE RENOUER LE DIALOGUE AVEC POUTINE

Une opinion de Michel Carlier. Ambassadeur honoraire de S.M. le Roi des Belges

En cette fin d’été plutôt automnale l’attention des medias se porte sur les États-Unis en proie à des excès de toutes sortes, sur Hong Kong en pleine effervescence quasi révolutionnaire et sur l’Italie en grave crise politique. Mais, il semble que les faiseurs d’opinion passent à côté, volontairement ou non, d’un fait essentiel et lourd de conséquences. Je veux parler de l’enterrement, rendu officiel en ce début d’août 2019, par les deux puissances signataires en 1987 – l’URSS et les États-Unis – du traité INF (pour Intermediate-range Nuclear Forces treaty). 

Le 11 février dernier, j’écrivais : « Ce traité fut l’un des accords conclus entre les deux grandes puissances de l’époque pour permettre le passage en douceur à un monde nouveau et pacifique. Deux ans avant la chute du mur de Berlin, l’Europe cessait d’être le théâtre d’un affrontement qui menaçait ses populations, depuis des générations. Nos enfants enfin n’allaient plus vivre avec la peur au ventre d’une guerre nucléaire programmée par leurs aînés. C’était le vivre ensemble et sans peur, dans toute l’Europe ». Mais, depuis octobre 2018, Moscou et Washington s’accusent mutuellement de violer l’accord de 1987 qui interdit la production de missiles à portée intermédiaire (de 500 à 5.500 km) munis de têtes nucléaires. Ces accusations sont assorties de menaces précises d’abolir purement et simplement ce traité dans un délai de six mois. Le 1er février 2019, ces menaces sont mises à exécution à Washington et puis à Moscou. Le secrétaire d’État Mike Pompeo confirme que les États-Unis se retireront du traité dans un délai de six mois, soit début août. Ce à quoi, Poutine réplique, dès le lendemain, qu’il suspendra aussi l’exécution du traité de 1987, tout en laissant entendre qu’il demeure prêt à négocier sur des bases équitables. Il faut sous-entendre que le Kremlin accuse les Américains d’avoir violé le traité que ceux-ci veulent abolir. Notamment, en installant des bases de missiles en Pologne et en Roumanie et en produisant des drones comparables aux missiles de croisière prohibés depuis 1987.

Le premier août 2019, le délai de six mois étant passé, Washington confirme officiellement l’abolition du traité INF. Dès le lendemain, Poutine préside une réunion de son Conseil de Sécurité et fait publier une déclaration solennelle par laquelle il met en garde contre une course aux armements illimitée, appelle Washington à un « dialogue sérieux » pour « éviter le chaos » et affirme que les actes de Moscou seront posés exclusivement sur une base de réciprocité.

Mais les Américains n’ont cure de cet appel. Le nouveau ministre de la défense, Mark Esper annonce, le 2 août 2019, que les États-Unis vont poursuivre le développement de nouveaux missiles conventionnels. Moscou suggère aussitôt un moratoire sur le déploiement d’armes de portée intermédiaire. Ce qui est immédiatement rejeté par l’Otan. Et, le 5 août, Poutine rejette la responsabilité de ce qui se passe sur les Américains et leurs alliés.

Aucun doute n’est permis. Nous voici revenus à la guerre froide qui vient s’ajouter à la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine et à d’autres problèmes moins médiatisés mais non moins lourds de dangers.

L’exemple de Macron

Le 8 août, survient un accident gravissime. Une explosion chimique se produit sur la base militaire de Nyonoksa, près de la ville de Severodvinsk, dans le grand Nord russe au bord de la mer blanche. Il s’agirait d’une explosion liée au développement du Burevestnik (oiseau de tempête), missile expérimental russe à propulsion nucléaire que Poutine avait présenté, le 1er mars 2019, comme une arme invincible. Cet accident, qui fait au moins 5 morts et un nombre inconnu de blessés, est sans doute à inscrire dans le triste catalogue des prétendus exploits scientifiques de la course illimitée aux armements à laquelle se livrent les deux hyperpuissances nucléaires.

Tout cela ne me paraît ni raisonnable, ni rassurant. Le moment est venu pour les États de l’Union européenne de se remettre à dialoguer avec Moscou. La réunion de Brégançon entre Macron et Poutine qui doit avoir lieu ce lundi 19 août 2019 est une bonne nouvelle. Une autre est l’article d’Hubert Védrine publié le 17 août par Le Figaro et qui s’intitule : il est temps de revenir à une politique plus réaliste avec la Russie. Les lecteurs de cet article, dont Macron lui-même, retiendront sans doute des phrases telles que celles-ci : nous avons des rapports plus mauvais avec la Russie d’aujourd’hui qu’avec l’URSS pendant les trois dernières décennies de son existence !… L’Occident a été pris d’une telle arrogance depuis 30 ans, d’une telle hubris dans l’imposition de ses valeurs au reste du monde, qu’il faut réexpliquer le b.a.b.a des relations internationales. Constat sans concession que Védrine conclut par cette phrase : il faut réarrimer la Russie à l’Europe. Donc corriger la politique occidentale inconséquente des dernières années et qui a poussé la Russie vers la Chine. Enfin, Védrine ajoute qu’il espère que la rencontre Macron-Poutine du 19 août pourra déclencher un processus de réinvention pragmatique des relations entre l’UE et la Russie. Cela fait des mois que je dis et écris la même chose, notamment dans des rubriques de La Libre. J’espère que, ce lundi à Brégançon, il soit tenu le meilleur compte de ce que vient de déclarer Hubert Védrine. Je voudrais, pour terminer, rappeler que notre premier ministre, Charles Michel, se trouvait en visite officielle en Russie du 29 au 31 janvier 2018. Il fut, à cette occasion, longuement reçu par Poutine. La rencontre qui porta sur les sujets bilatéraux et ceux qui fâchent entre la Russie et l’UE, fut dit-on, franche, utile et prometteuse.

Le 28 janvier 2019, j’étais invité au palais d’Egmont, à la séance d’ouverture des journées diplomatiques. Le premier ministre et le ministre des affaires étrangères que j’écoute au cours de cette séance parlent durant près de deux heures. À aucun moment, ils ne mentionnent les relations belgo-russes. Comme si leur voyage en Russie un an plus tôt avec, comme point d’orgue, un entretien de deux heures avec Poutine n’avait tout simplement pas eu lieu.

Un ambassadeur étranger présent et avec lequel je m’entretiens durant la pause-café, m’en fait la remarque. Il me paraît maintenant nécessaire que l’UE commence à reprendre son indépendance. L’exemple donné par Macron sera-t-il suivi ? Je le souhaite. La perspective d’un Brexit éventuel pourrait être l’occasion de ce renouveau. Je voudrais ne pas devoir en douter.

Le titre est de la rédaction. Titre original: Russie et Union européenne. Le temps du dialogue près de revenir?

Contribution externe, publié le lundi 19 août 2019 à 10h46 – mis à jour le lundi 19 août 2019 à 12h04

https://www.lalibre.be/debats/opinions/aucun-doute-n-est-permis-nous-voici-revenus-a-la-guerre-froide-le-moment-est-venu-de-renouer-le-dialogue-avec-poutine-5d5a597ff20d5a58a8f53443

Août 19

LE «SECRET D’ÉTAT» PLANE TOUJOURS SUR L’EXPLOSION DANS UNE BASE MILITAIRE RUSSE

Une explosion dans une base militaire russe perdue dans le Grand Nord. Une arme à propulsion nucléaire secrète. Des déclarations contradictoires et troublantes des autorités. Des révélations préoccupantes des médias.

Dix jours après l’explosion accidentelle survenue près de Nionoksa, à quelque 1 300 km au nord de Moscou, les autorités russes cultivent le mystère sur les causes et les conséquences de l’explosion. « Secret d’État » oblige.

Si l’on croise les faits rapportés par différents médias russes, l’explosion s’est produite, jeudi 8 août, à la mi-journée, sur une plate-forme maritime de lancement de missiles, au large du village de Nionoksa, dans la région septentrionale d’Arkhangelsk. L’armée a, dans un premier temps, parlé de deux victimes, avant d’être contredite samedi par Rosatom, l’agence nucléaire russe qui faisait part de cinq de son personnel décédés et trois brûlés aux degrés différents dans l’accident.

La cause de l’explosion ? Le ministère russe de la Défense a, dans la foulée de l’accident, indiqué l’essai d’un « moteur-fusée à ergols liquides », sans mentionner la présence du combustible nucléaire dans l’engin. Le New York Times, citant des sources des services de renseignements américains, a rapporté que le « moteur-fusée » à l’origine de l’explosion, n’était autre que le missile à propulsion nucléaire baptisé « Burevestnik ». Un modèle dernier cri de l’arsenal russe dont le président Vladimir Poutine avait ouvertement vanté les mérites « invincibles », « indétectables », et d’une « portée illimitée », lors de son adresse annuelle à l’Assemblée fédérale en mars 2018. Selon un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, publié en juin 2019, la Russie possède le plus gros arsenal nucléaire au monde, avec un total de 6 500 têtes nucléaires, devant les États-Unis, qui en comptent 6 185.

Tradition. Le Moscow Times a révélé vendredi que le personnel médical de cinq hôpitaux régionaux d’Arkhangelsk n’a pas été informé du fait que trois patients transmis depuis le village de Nionoksa, « sans vêtements et enveloppés dans des sacs en plastique translucide » avaient été exposés à la radiation. Du césium 137 (un élément moyennement radioactif, N.D.L.R.) a été plus tard découvert dans le tissu musculaire d’un docteur. Selon le journal anglophone, le service fédéral de sécurité (FSB) aurait imposé une clause de confidentialité à tous les membres de l’hôpital. Toutes les informations relatives au traitement de ces trois patients auraient été effacées par des agents spéciaux, de sorte que le personnel n’avait rien pour aller en justice.

Ces plus récents procédés ne sont pas sans rappeler la catastrophe nucléaire de Tchernobyl du 26 avril 1986, pire catastrophe nucléaire dans l’histoire de l’Humanité, ayant été minimisée et couverte, dans un premier temps, par les autorités soviétiques.

Ce culte du secret est, au fil des ans, devenu une sorte de tradition en Russie. Lors de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, les autorités ont gardé le silence pendant 24 heures. « Sommes-nous assez bêtes pour déclencher la panique? », avait alors expliqué Nikolaï Ryjkov, chef du gouvernement soviétique qui a dirigé la liquidation de l’accident. Aujourd’hui, Moscou préfère se taire au nom du « secret d’État », un moyen de se protéger des oreilles indiscrètes, comme de préserver son image.

Par Junzhi Zheng, publié le 19 Août 2019 à 06h00

https://www.lopinion.fr/edition/international/mystere-explosion-base-militaire-russe-nionoksa-195116

Août 19

TENSIONS INDO-PAKISTANAISES : NEW DELHI BRANDIT LA MENACE NUCLÉAIRE

Le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh, a laissé entendre vendredi que l’Inde pourrait remettre en cause sa doctrine de non-recours en premier à l’arme nucléaire, dans un contexte de tensions accrues avec le Pakistan, à propos de la région himalayenne du Cachemire.

Le ministre s’est rendu à Pokhran, le site où l’Inde avait procédé avec succès à des essais nucléaires en 1998 à l’époque du gouvernement du Premier ministre Atal Vajpayee. « Pokhran est le lieu témoin de la ferme détermination (d’Atal Vajpayee) de faire de l’Inde une puissance nucléaire et demeure toujours fortement attaché à la doctrine de “non-recours en premier” à l’arme nucléaire« , a écrit M. Singh sur Twitter à l’issue de sa visite. « L’Inde a strictement adhéré à cette doctrine. Ce qui se produira à l’avenir dépend des circonstances« , a-t-il prévenu. L’Inde s’était engagée en 1999 à ne pas recourir en premier à l’arme nucléaire en cas de conflit. Parmi les pays voisins de l’Inde, la Chine, qui a adopté la même doctrine, mais pas le Pakistan. Les tensions se sont fortement accrues avec le Pakistan, après la décision du gouvernement du Premier ministre Narendra Modi de révoquer l’autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire contrôlée par New Delhi et qu’Islamabad revendique. Cette décision a été condamnée par Islamabad. La ministre pakistanaise des Droits de l’homme a réagi aux déclarations de M. Singh en tweetant que l’Inde « devrait arrêter de mentir« . L’adhésion de l’Inde à la doctrine de non-recours en premier à l’arme nucléaire « a pris fin le 4 janvier en 2003 lorsque le gouvernement indien a déclaré qu’il utiliserait des armes nucléaires face à toute attaque (même chimique ou biologique) contre l’Inde ou des forces indiennes où que ce soit« . Face à cette crise, le président Donald Trump a appelé l’Inde et le Pakistan à dialoguer au sujet du Cachemire. « Le président (Trump) a rappelé l’importance pour l’Inde et le Pakistan de réduire les tensions à propos (de l’État) du Jammu-et-Cachemire par l’intermédiaire d’un dialogue bilatéral« , a indiqué l’exécutif américain dans un communiqué.

Publié le 18 août 2019

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/140747

Août 18

VA-T-ON TIRER LA LEÇON DES ACCIDENTS MILITAIRES RUSSES ? NEUF INDIVIDUS PRÊTS À FAIRE SAUTER LA PLANÈTE. QUE FAIT LE PARLEMENT FRANÇAIS POUR LES NEUTRALISER ?

Ils sont 9, autant qu’on sache, à avoir le doigt sur le bouton atomique. Neuf chefs d’États dotés d’armes nucléaires (peut-être dix si l’Arabie saoudite en a aussi), prêts à les faire exploser à tout moment pour la bonne cause : la leur, bien sûr.

Vont-ils entendre le terrible coup de semonce que leur a lancé le 8 août dernier l’explosion du missile expérimental russe à propulsion nucléaire, baptisé « Déluge » par l’OTAN, qui a fait 5 morts sur la base de Nionoska, non loin de Severodvinsk ? Rien n’est moins sûr. L’explosion et l’incendie qui, dans la même région, avaient tué un mois plus tôt 14 officiers à bord du sous-marin de recherches ultra-secret AS-12 « Locharik », lui aussi à propulsion nucléaire, n’y avait pas suffi.

Réagissant à l’accident, Derek Johnson, directeur exécutif du mouvement international Global Zero pour l’élimination de toutes les armes nucléaires vient de publier une déclaration où il dit notamment :

« S’agissant d’armes nucléaires, les États-Unis et la Russie sont les pires délinquants du monde – les deux pays prodiguent des centaines de milliards de dollars pour moderniser leurs énormes arsenaux – mais l’accident de Nionoska suggère que la Russie passe au niveau supérieur. Une tête nucléaire capable de réduire en cendres une ville entière est déjà bien assez mauvaise, mais flanquez-la sur un système de délivrance à propulsion nucléaire et vous avez entre les mains quelque chose de franchement instable – jusqu’à l’idiotie. C’est la raison pour laquelle les États-Unis ont renoncé à développer, il y a un demi-siècle, un missile de croisière du même genre à propulsion nucléaire : ces choses sont énormément dangereuses, trop dangereuses même pour les essayer.

« Vladimir Poutine poursuit cette arme fantasmatique afin de déjouer les systèmes de défense des États-Unis – ces systèmes survendus au public américain et aux gouvernements étrangers en dépit de leurs résultats fort incertains. Et tandis que Donald Trump prétend que les États-Unis possèdent déjà une version plus avancée de ce type de missile de croisière, ce qui est dépourvu de réalité, son administration s’apprête probablement à doubler la mise sur des capacités douteuses et de dangereux systèmes d’armes qui ne feront qu’accroître le risque déjà inacceptable de conflit nucléaire.

« Ce qui s’est produit la semaine dernière à Nionoska met en évidence à quel point dramatique la Russie et les États-Unis se meuvent dans la mauvaise direction. Nous nous écartons de plus en plus loin et de plus en plus vite du principe selon lequel « une guerre nucléaire ne peut pas être gagnée et ne doit jamais être livrée ». Washington et Moscou feraient bien de se rappeler les dures leçons de la Guerre Froide – et cesser de saper les progrès constants qui ont ramené les arsenaux nucléaires de leur pic de 70 000 armes en 1986 à moins de 14 000 aujourd’hui. Davantage d’armes nucléaires ne signifie pas davantage de sécurité ; il est urgent que nous changions de route. »

Changer de route, c’est ce que veulent 85% des Français d’après l’IFOP. Ils veulent « que la France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives et engage avec l’ensemble des États concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace« . Ils veulent pouvoir le dire par référendum.

Députés et sénateurs peuvent le leur permettre en répondant à l’APPEL AU PARLEMENT FRANÇAIS qui leur a été lancé à Saintes le 6 août 2019.

Publié le 16 août 2019

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1185&lang=fr

Août 18

LA GUERRE DES BOUTONS (NUCLÉAIRES)

Piqué au vif par les déclarations de Kim Jong-un, Donald Trump avait affirmé l’an dernier avoir un plus gros bouton nucléaire que celui du dictateur nord-coréen. Or, voici qu’on vient d’assister à un échange similaire entre le président des États-Unis et la Russie.

La semaine dernière, une explosion a fait cinq morts dans une base située dans le Grand Nord russe alors que Moscou testait de « nouveaux armements » nucléaires. Donald Trump a aussitôt bombé le torse sur son réseau social préféré. « Nous avons une technologie similaire, mais plus avancée », a tweeté le président.

La réplique a été donnée sur le même ton. Vladimir Poutine considère que c’est la Russie qui, en la matière, « devance » les autres nations « de façon significative », a déclaré un porte-parole du Kremlin.

Cet échange ressemble, en quelque sorte, à une nouvelle guerre des boutons. Mais c’est tout sauf drôle. C’est sinistre, en fait, considérant le danger que représente l’arme nucléaire.

Si vous aviez encore des doutes quant à savoir si la course aux armements nucléaires était relancée, c’est hélas l’heure de les balayer.

Ces échanges entre les États-Unis et la Russie surviennent — il est important de le rappeler — dans la foulée de la mort du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (traité INF), au début du mois d’août. Cette entente fondamentale, signée par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev en 1987, avait interdit l’usage et forcé le démantèlement de toute une série de missiles nucléaires à portée dite intermédiaire (de 500 à 5500 km).

Les Américains ont accusé la Russie d’avoir violé le traité, mais selon toute vraisemblance, l’administration Trump était ravie d’utiliser ce prétexte pour torpiller une entente qu’elle trouvait encombrante. D’ailleurs, tout semble indiquer que Washington ne renouvellera pas le traité New Start de réduction des armes stratégiques nucléaires, qui arrivera pour sa part à échéance en 2021.

« C’est assurément la période la plus dangereuse depuis la fin de la guerre froide et l’une des plus dangereuses de l’ère nucléaire », estime l’expert américain Joe Cirincione, joint par téléphone à Washington. Il précise que si le traité New Start n’est pas reconduit, ce sera « la première fois depuis 1972 qu’il n’y a plus de restrictions sur les armes nucléaires américaines et russes ».

Le bras de fer nucléaire entre Washington et Moscou n’est pas la seule raison de s’alarmer. D’autres pays qui possèdent ou qui convoitent l’arme nucléaire représentent eux aussi des menaces potentielles. La crise nord-coréenne, par exemple, est loin d’être réglée, quoi que Donald Trump puisse en penser. Quant au dossier iranien, pays dont les ambitions nucléaires avaient été freinées par l’accord négocié sous Barack Obama, il est désormais rouvert depuis que la Maison-Blanche a annoncé son retrait unilatéral de l’entente, en mai 2018. Sans compter les tensions de plus en plus préoccupantes entre l’Inde et le Pakistan, deux pays qui possèdent, eux aussi, la bombe.

La rivalité et la surenchère entre États nucléaires et, par conséquent, les reculs quant au contrôle et à la réduction des arsenaux devraient déclencher un tollé ! Pourtant, ils ne font guère de vagues au sein de la communauté internationale.

Les alliés des Américains au sein de l’OTAN semblent, par exemple, avoir décidé qu’ils ne voulaient pas effaroucher le président américain. Et cela inclut le Canada.

La passivité des gouvernements s’explique aussi par « la démobilisation des opinions publiques » depuis la fin de la guerre froide, souligne le professeur de l’Université de Montréal Michel Fortmann dans un petit ouvrage éclairant intitulé Le retour du risque nucléaire (en librairie le mois prochain).

Dans cet essai, après avoir insisté — avec raison — sur la puissance destructrice de l’arme nucléaire et les atrocités auxquelles le monde s’expose, il démontre à quel point il est important de chercher à réduire et à limiter les arsenaux pour « une plus grande stabilité de la relation stratégique entre les puissances nucléaires ».

Le retour du risque nucléaire Michel Fortmann Les Presses de l’Université de Montréal 2019, 60 pages

Comme bon nombre d’experts des questions nucléaires, Michel Fortmann semble lui aussi troublé par les récents développements qui prouvent, de toute évidence, que nous avons oublié les leçons de la guerre froide — et des confrontations nucléaires évitées de justesse.

Ce n’est pas parce que l’arme nucléaire n’a pas été utilisée depuis 1945 qu’elle ne le sera pas à l’avenir, rappelle crûment le professeur. Sans être alarmiste, il est important de signaler que l’enthousiasme manifesté par plusieurs grandes puissances à l’égard de la modernisation et du développement de leurs arsenaux nucléaires n’augure rien de bon. Cette course doit être freinée au plus vite.

L’ère Trump ne durera pas éternellement. En revanche, les dégâts faits par ce président pyromane ne pourront assurément pas tous être réparés rapidement par ses successeurs.

Par Alexandre Sirois (La Presse), publié le 18 août 2019 à 5h00

https://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/201908/17/01-5237741-la-guerre-des-boutons-nucleaires.php

Août 17

LA MENACE HYPERSONIQUE

Début août, une explosion dans une base militaire russe a mis en lumière les efforts du pays de Vladimir Poutine pour développer des missiles à propulsion nucléaire. Mais d’autres missiles russes sont plus inquiétants. En juillet, le Congrès américain a publié un rapport sur les missiles hypersoniques que la Russie et la Chine s’apprêtent à introduire dans leur arsenal. La Presse s’est entretenue avec l’auteure du rapport, Kelley Sayler, du Service de recherche du Congrès.

Qu’est-ce qu’un missile hypersonique ?

C’est un missile de croisière qui peut atteindre Mach 6 à 10, soit 6 à 10 fois la vitesse du son. Comme il n’a pas une trajectoire balistique [un missile balistique monte vers l’espace puis redescend, au lieu d’aller en ligne droite], il ne peut être détecté qu’au dernier moment.

Pourquoi publier ce rapport maintenant ?

Nous nous penchons sur des questions qui reviennent dans les débats au Congrès ou dans les budgets. On voit de plus en plus de mentions des missiles hypersoniques dans les deux cas.

Y a-t-il des obstacles techniques importants ?

Il faut évidemment des métaux et des matériaux adaptés à ces vitesses. Mais pour ce qui est des missiles hypersoniques qui planent, par opposition aux missiles motorisés, le travail qui reste à faire est de tester des prototypes et de décider quelles seront les caractéristiques des missiles.

La mise au point des missiles hypersoniques motorisés est donc moins avancée ?

Oui. Par exemple, on estime que le missile russe planeur Avangard sera mis en service au plus tôt en 2020, alors que pour le missile russe motorisé Zirkon, on parle de 2023. Les programmes de recherche américains sur les missiles hypersoniques motorisés sont menés par la DARPA, l’agence chargée des recherches militaires expérimentales et techniques. En 2020, le programme de missile hypersonique à entrée d’air de la DARPA doit être réévalué

PHOTO ALEXEI DRUZHININ, ASSOCIATED PRESS : Vladimir Poutine, président de la Russie

Le retard américain que vous décrivez dans le rapport n’est donc pas d’ordre technologique, mais lié à des raisons politiques ?

Le Congrès fait très attention à ne financer que les programmes qui sont assez matures pour avoir des chances raisonnables d’aboutir. Il y a eu aussi des inquiétudes sur la perception que les adversaires des États-Unis auraient de missiles hypersoniques.

Vous évoquez la possibilité que les missiles hypersoniques soient suivis par une nouvelle génération de satellites de surveillance.

Ils sont apparemment 10 à 20 fois moins lumineux que les missiles balistiques, donc impossibles à suivre avec les satellites actuels. Il pourrait y avoir une nouvelle constellation de satellites en orbite basse pour les suivre à la trace, peut-être avec de nouveaux appareils et sûrement avec une nouvelle architecture de communications.

Les missiles hypersoniques seraient également plus difficiles à contrer avec les systèmes antimissiles actuels.

Oui, il faudrait peut-être un algorithme qui suit les missiles hypersoniques et propose des cibles à un opérateur. Pour le moment, le seul programme américain qui s’approche de cela est le projet Maven d’analyse de l’imagerie par intelligence artificielle pour améliorer les frappes de drones aériens.

Pourquoi les États-Unis ne développent-ils pas de missiles hypersoniques nucléaires, comme les Russes et les Chinois ?

Les missiles nucléaires ont besoin d’une moins grande précision, et sont donc plus faciles à mettre au point. Mais ils peuvent mener plus rapidement à une escalade : si un lancement de missile hypersonique est détecté mais qu’il est impossible d’en suivre la trajectoire, un adversaire peut craindre une frappe nucléaire et lancer une contre-attaque avant de voir où le missile hypersonique nucléaire va tomber.

N’y a-t-il pas un tabou nucléaire qui limiterait l’utilisation de ces missiles hypersoniques russes et chinois ?

Certains analystes pensent qu’il serait suicidaire d’utiliser un missile nucléaire contre les États-Unis. D’autres pensent que les Russes ont incorporé les missiles nucléaires à faible puissance à leur doctrine militaire.

Vous évoquez une autre technologie, le Xing Kong 2 chinois, missile hypersonique planeur qui surfe sur ses propres ondes de choc.

C’est une technologie qui est encore plus futuriste.

Parmi les autres pays avec des programmes de missiles hypersoniques, il y a la France, qui utilise des souffleries russes pour ses tests. Cette collaboration se poursuit-elle, vu la nouvelle guerre froide ?

À ma connaissance, oui. Je préfère ne pas la commenter.

Le Japon a aussi un programme, mais à des horizons encore plus lointains. Pourquoi ?

Probablement parce que la Constitution du Japon prohibe les armes offensives. Le Japon veut être à la fine pointe, mais n’investit pas tant d’efforts sur ce point.

Programmes en cours

L’Avangard russe

Vladimir Poutine a annoncé l’an dernier, après trois tests réussis, que le missile planeur hypersonique Avangard serait déployé en 2019, mais ce ne sera pas avant 2020, selon le rapport du Congrès. Le pays de Tolstoï planche également sur un missile naval à courte portée, Tsirkon, qui serait opérationnel en 2023.

La Chine aussi

Le missile de croisière à moyenne portée DF-ZF devrait être opérationnel en 2020, selon le rapport du Congrès. Le missile balistique à moyenne portée DF-17 a fait plusieurs tests de têtes hypersoniques planeuses, qui seraient plus difficiles à contrer que les têtes nucléaires multiples des missiles balistiques traditionnels. Quelques tests du missile balistique intercontinental DF-41 ont aussi été faits avec des têtes hypersoniques planeuses. La Chine a fait 20 fois plus de tests hypersoniques que les États-Unis.

Les missiles américains

La marine américaine a réussi en 2011 et 2017 deux tests de têtes hypersoniques planeuses montées sur ses missiles balistiques intercontinentaux, mais les tests doivent se poursuivre jusqu’en 2024. Le programme de l’armée vise un premier test de missile hypersonique en 2023. L’armée de l’air veut pour sa part tester à partir de 2022 deux missiles de croisière hypersoniques lancés depuis un bombardier B-52. L’un d’entre eux, à courte portée, atteindrait une vitesse de Mach 20.

Le X-43

Les États-Unis testent depuis quelques années des « stratoréacteurs à combustion supersonique » (scramjet), permettant aux avions d’effectuer des vols hypersoniques. Le drone X-43 de la NASA a atteint Mach 9,6 en 2004 et le drone X-51 de Boeing, Mach 5 en 2010. Un programme soviétique, le Kholod, a mené à des prototypes à la fin des années 80, mais a été abandonné après.

Les records américains

Deux avions américains ont le record des vols d’avions avec pilote. L’avion-espion SR-71, en service entre 1968 et 1990, pouvait aller à Mach 3. L’avion expérimental X-15, lancé à 4 km d’altitude depuis un B-52, a atteint Mach 6,7 en 1967.

Par Mathieu Perreault (La Presse), publié le 17 août 2019 à 5h00

Image titre : IMAGE FOURNIE PAR L’AGENCE XINHUAVue d’artiste du missile hypersonique chinois à moyenne portée DF-ZF, qui serait opérationnel dès l’an prochain https://www.lapresse.ca/international/201908/16/01-5237696-la-menace-hypersonique.php

Août 17

RUSSIE : SUITE DE L’EXPLOSION DU MOTEUR FUSÉE D’UN MISSILE DE CROISIÈRE INTERCONTINENTAL À PROPULSION NUCLÉAIRE

Le 8 août 2019 vers 16h30 les patients civils l’Agence Nucléaire Russe Rosatom contaminés au Césium 137, sont arrivés à l’hôpital civil d’Arkhangelsk, nus et enveloppés dans des sacs en plastique translucides.

L’état des patients laissait penser au personnel qu’ils devaient « traiter » quelque chose de très grave. Mais la seule information dont ils disposaient à l’époque était qu’il y avait eu une explosion sur un site militaire à proximité vers midi.

Organisée par un ministre adjoint de la Santé de la région d’Arkhangelsk une réunion générale d’information de tout le personnel de l’hôpital qui ont soigné les victimes s’est tenue le 12 août.

Les médecins ont déclaré que des agents du Service Fédéral de Sécurité (FSB) ont demandé le 9 août à tous les membres du personnel travaillant directement avec les patients de signer des accords de confidentialité.
« Ils n’ont pas été forcés de les signer, mais quand trois agents du FSB arrivent avec une liste et demandent à ceux qui sont sur la liste de signer, peu de gens diront non« , a déclaré l’un des médecins principaux. 

Les quatre médecins qui ont été en contact avec les blessés se sont vus proposer un voyage à Moscou pour des tests. Ces quatre médecins ont indiqué qu’environ 60 de leurs collègues, dont quatre ou cinq ambulanciers paramédicaux qui avaient transporté les patients à l’hôpital, avaient accepté l’offre. Le premier groupe a pris l’avion pour Moscou quelques heures après la réunion avec les représentants du ministère de la Santé. Selon trois des médecins, y compris les deux responsables principaux, l’un des médecins transportés à Moscou aurait été contaminé.
Il a été découvert par la suite que ce médecin avait du césium 137  (rayonnement Gamma) dans son tissu musculaire, un isotope radioactif issu de la fission nucléaire de l’uranium 235.

Le médecin impacté a refusé toute demande d’entretien.
Selon les médecins, la salle d’opération, située dans l’aile du troisième étage de l’hôpital civil d’Arkhangelsk, a été bouclée jusqu’au 13 août. Ils ont déclaré que le gendarme de la sécurité des consommateurs russe Rospotrebnadzor et le ministère des Situations d’urgence inspectaient l’hôpital les jours suivants.

De nombreux militaires blessés et contaminés ?

Vendredi dernier, le 9 août, un média Russe qui entretient des relations étroites avec les services de sécurité russes, a annoncé que des hommes blessés (militaires ?) lors de l’explosion avaient été emmenés dans un hôpital (militaire ?) de Moscou pour y être soignés.

Le média Russe a publié une vidéo d’un convoi de voitures de police et d’ambulances traversant la capitale russe.

D’importants développements sur la contamination radioactive en fonction des vents notamment ceux du 8 et 9 août 2019 très prochainement.

Par Next-up organisation

Publié le 17 août 2019 à 13h14

http://www.next-up.org/images/Homme_sac_pastique_transparent_HD.jpg

Août 17

RUSSIE : EXPLOSION DU MOTEUR D’UNE FUSÉE NUCLÉAIRE ET POLLUTION RADIOACTIVE EN COURS

1 – Les scientifiques décédés et blessés ont reçu l’Ordre du courage à titre posthume suite à un décret d’attribution signé par le Président Russe.

Le Directeur Général de la Société d’État pour l’énergie atomique « Rosatom » Alexei Likhatchev assuré que les familles des employés décédés recevront toute l’assistance nécessaire.

2 – Suite à l’explosion le 8 août 2019 du moteur fusée d’un missile de croisière intercontinental à propulsion nucléaire sur une plateforme offshore située à environ 3,4 km des côtes Russe et à 390 km de la Finlande, c’est la Norvège qui officiellement commence à détecter la pollution radioactive …

Le combustible de la source radioactive d’énergie isotropique du moteur de propulsion nucléaire du missile peut être du Plutonium, Prométhium ou Cérium dont la désintégration de leurs noyaux radioactifs émet des rayonnements de très forte énergie de chaleur qui sont directement utilisés pour la propulsion de croisière pour des distances presque illimitées.

Ce type de moteur à propulsion nucléaire est utilisé principalement dans le spatial.

Bien évidemment toute explosion de type nucléaire engendre obligatoirement une pollution radioactive

Reportage : De l’iode radioactif à la frontière Russo-Norvégienne

Des particules d’iode radioactif ont été découvertes par la Norvège, dans la zone frontalière avec la Russie.

Plusieurs échantillons ont été prélevés dans une station de filtrage d’air au nord du pays, le week-end dernier, quelques jours après l’explosion d’une base de lancement de missiles russe, où 5 personnes ont été tuées.

« Après l’incident, le niveau d’irradiation était 20 fois plus élevé que la normale. Les échantillons ont été prélevés à 30 km de distance de l’épicentre. On peut supposer que les radiations sont encore plus fortes sur le site de l’incident. Tout cela s’est passé dans une zone fermée, à laquelle nous n’avons pas accès. Mais la question la plus importante est de savoir quelles mesures ont été prises pour protéger les gens« , relève Rashid Alimov, responsable de la section nucléaire de l’ONG Greenpeace, en Russie.

Publié par NEXT UP le 17 août 2019 à 13h14

https://videos2.next-up.org/Explosion_pollution_radioactive.html

Août 17

INDE ET PAKISTAN, PAYS NUCLÉAIRES : AU CACHEMIRE, DES CENTAINES DE MANIFESTANTS AFFRONTENT LA POLICE

L’Inde a révoqué l’autonomie partielle de la région le 5 août, et maintient depuis le territoire coupé du monde pour contenir les troubles.

« Nous essayons de briser le siège », a affirmé un manifestant. Au 12jour de blocage total de la région du Cachemire, des centaines de manifestants ont affronté la police à Srinagar. Celle-ci qui a fait usage de gaz lacrymogène et de projectiles de petit calibre pour les disperser. Aucun blessé n’a été signalé dans l’immédiat.

Ces affrontements se sont déroulés vendredi 16 août alors que des milliers de personnes s’étaient rassemblées dans le quartier de Soura à Srinagar, qui a déjà été le théâtre de plusieurs mouvements de protestation depuis la révocation de l’autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire contrôlée par l’Inde.

Cette décision inattendue, prise le 5 août par le premier ministre indien, Narendra Modi, a provoqué la fureur du Pakistan voisin, qui contrôle l’autre partie du Cachemire. Afin d’éviter une insurrection, le gouvernement indien a coupé la région du monde, suspendant notamment les communications depuis près de deux semaines.

Lire aussi Le Cachemire, zone géopolitique sensible (Article réservé à nos abonnés)

Jets de pierre et demande d’indépendance

À Srinagar, les manifestants ont tenté de défiler dans la rue principale, lançant des pierres sur la police tout en se protégeant avec des boucliers improvisés, tandis qu’un drone survolait la zone. « Nous essayons de briser le siège et de nous rendre dans le centre-ville mais la police utilise la force pour nous en empêcher », a expliqué un manifestant. « Nous exigeons ce qui nous est dû, (…) nous réclamons que l’Inde respecte ses promesses », a déclaré un autre, affirmant que le mouvement ne cesserait pas « tant que nous n’aurons pas obtenu une indépendance complète ».

Selon lui, trois personnes avaient été blessées jeudi dans des heurts avec des officiers de police et des réservistes. D’autres affrontements sporadiques ont aussi été signalés dans d’autres endroits de la vallée du Cachemire. Dans ce territoire majoritairement musulman, les mosquées étaient une nouvelle fois fermées vendredi, jour de prière, pour la deuxième semaine consécutive.

Lire aussi « Le conflit principal lié au Cachemire oppose le gouvernement indien à la population » (Article réservé à nos abonnés)

Tensions avec le Pakistan

Vendredi, Imran Khan, le premier ministre du Pakistan, qui réclame aussi la souveraineté sur le Cachemire, s’est entretenu avec Donald Trump à ce sujet, quelques heures avant une réunion à huis clos du conseil de sécurité de l’ONU.

Le chef du gouvernement pakistanais a « exposé en détail le point de vue du Pakistan au président Trump », les deux dirigeants ayant décidé « qu’ils resteraient en contact constant », a déclaré le ministre des affaires étrangères, Shah Mehmood Qureshi.

Vendredi, New Delhi a laissé entendre qu’elle pourrait remettre en cause sa doctrine de non-recours en premier à l’arme nucléaire, dans ce contexte de tension accrue avec le Pakistan. Dès mercredi, le premier ministre pakistanais avait prévenu que son armée était « prête » à « donner une réponse ferme » aux forces indiennes si elles décidaient d’intervenir dans la partie du Cachemire contrôlée par le Pakistan.

Cachemire : l’Inde fustige les « fouineurs internationaux »

La réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations Unies a provoqué la colère de New Delhi, qui dénonce des ingérences de la communauté internationale alors que Donald Trump a appelé l’Inde et le Pakistan à ouvrir le dialogue sur le Cachemire. « Nous n’avons pas besoin que des fouineurs internationaux viennent nous dire comment agir. Nous sommes un pays de plus d’un milliard d’habitants », a mis en garde l’ambassadeur de l’Inde aux Nations unies, Syed Akbaruddin.

C’était la première fois en près d’un demi-siècle que le Conseil de sécurité de l’ONU se penchait sur la question du Cachemire, pour laquelle Inde et Pakistan se sont déjà livré deux guerres. New Delhi s’oppose généralement aux discussions à l’ONU sur le Cachemire, considérant que la question relève de ses affaires intérieures. L’ambassadrice du Pakistan à l’ONU, Maleeha Lodhi, a au contraire estimé que la réunion vendredi du Conseil de sécurité prouvait que la région était l’objet d’une « dispute internationalement reconnue ».

Par Le Monde avec AFP, publié le 16 août 2019 à 17h58, mis à jour le 16 août 2019  à 20h38

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/16/au-cachemire-des-centaines-de-manifestants-affrontent-la-police_5500084_3210.html

Août 17

KIM JONG UN A SUPERVISÉ L’ESSAI D’UNE NOUVELLE ARME NORD-CORÉENNE

Le tir effectué vendredi 16 août 2019 par la Corée du Nord, qui était l’essai d’une nouvelle arme, a été supervisé par le dirigeant Kim Jong Un, a annoncé samedi l’agence de presse officielle KCNA.

Ce tir, le sixième en trois semaines, est de nature à compliquer les efforts de l’envoyé spécial américain pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, qui se rend la semaine prochaine au Japon et en Corée du Sud pour discuter de la dénucléarisation du Nord.

Activité hostile et préparation d’une future invasion

Pyongyang effectue ces lancements successifs depuis la fin de juillet pour manifester sa colère devant les manœuvres militaires conjointes effectuées par les forces américaines et sud-coréennes.

La Corée du Nord a toujours réprouvé ces exercices annuels qu’elle considère comme une activité hostile et comme la préparation d’une future invasion de son territoire.

Elle s’était toutefois abstenue jusqu’à présent d’effectuer des essais de missiles pendant que des manœuvres conjointes étaient en cours.

Avant le lancement des manœuvres actuelles, Pyongyang avait prévenu que leur maintien compromettrait la reprise annoncée des discussions entre Pyongyang et Washington sur la dénucléarisation.

Des responsables militaires à Séoul ont déclaré que les engins lancés vendredi étaient apparemment deux missiles balistiques à courte portée, qui ont parcouru une trajectoire d’environ 230 kilomètres avant de s’abîmer en mer entre la péninsule coréenne et le Japon.

L’agence KCNA a précisé samedi, comme c’est souvent le cas, que cet essai a été effectué en présence du Leader Suprême Kim Jong Un.

Reprise du dialogue ?

L’annonce de l’agence officielle intervient alors que Pyongyang a qualifié la veille le président sud-coréen Moon Jae-in d’impudent et rejeté son souhait de reprendre les discussions inter-coréennes tout en poursuivant des manœuvres militaires avec les États-Unis.

Quant à la reprise des discussions de travail entre Washington et Pyongyang sur l’arsenal nucléaire nord-coréenne, annoncée à la suite d’une rencontre impromptue en juin entre MM. Trump et Kim, elle n’a pas eu lieu pour le moment.

Trump a toutefois déclaré la semaine dernière qu’il avait reçu une très belle lettre du dirigeant nord-coréen.

Le président des États-Unis a minimisé régulièrement l’importance de la série d’essais de missiles en cours, soulignant qu’il s’agit seulement d’engins de courte portée.

Trump a même critiqué, comme M. Kim, les manœuvres conjointes américano-sud-coréennes, relevant en particulier leur coût élevé.

Dans ce contexte, le département d’État américain a annoncé vendredi que l’envoyé spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, se rendrait au Japon et en Corée du Sud la semaine prochaine pour des discussions sur la dénucléarisation du Nord.

Toutefois, la Corée du Nord a souligné que les pourparlers sur le nucléaire se mèneraient exclusivement entre Pyongyang et Washington, et refuse actuellement tout dialogue séparé avec Séoul.

Publié le 17/08/2019 à 10h15

https://www.lest-eclair.fr/id87042/article/2019-08-17/kim-jong-un-supervise-lessai-dune-nouvelle-arme-nord-coreenne

Août 16

FLAMANVILLE: GREENPEACE DÉNONCE «LA POLLUTION DES DÉCHETS NUCLÉAIRES» ET LE «FIASCO» DE L’EPR

Le Rainbow Warrior III de l’ONG est arrivé au large de Flamanville dans la Manche ce vendredi 16 août pour une action devant le chantier du futur EPR. L’ONG dénonce les rejets radioactifs en mer.

«EPR = Fiasco». Le Rainbow Warrior III de l’organisation écologiste Greenpeace est arrivé au large de Flamanville dans la Manche ce vendredi midi 16 août pour une action devant le site de la future centrale nucléaire de 4ème génération. L’ONG dénonce «la pollution des déchets nucléaires» et le «fiasco» du projet d’EPR. Parti de Cherbourg, le navire amiral de l’ONG a mené une première action devant l’usine de retraitement de déchets nucléaires d’Orano, ex-Areva, à La Hague avant de mettre le cap vers Flamanville, a annoncé Greenpeace France dans un communiqué.

LIRE AUSSI – Les ratés de l’EPR menacent le renouveau du nucléaire

Vers 9h00, le bateau a fait étape «au niveau d’un tuyau d’évacuation de l’usine de retraitement Orano, pour protester contre les rejets en mer de substances radioactives», a annoncé Greenpeace. Devant l’usine, les militants de l’ONG ont déployé plusieurs banderoles sur lesquelles était écrit: «pollution nucléaire» et «déchets nucléaires: ça déborde».

Le bateau rentrera à Cherbourg dans la soirée

«L’objectif de cette action pacifique est de faire une piqûre de rappel à Orano. Il est interdit de rejeter des déchets nucléaires dans la mer, mais Orano le fait quand même via un grand tuyau. Il faut que cela cesse», indique au Figaro Yannick Rousselet, chargé de campagne sur les questions nucléaires pour Greenpeace France. «Pour nous, le projet EPR devrait être abandonné. Mais on va nous dire “non”, parce qu’on a investi près de douze milliards d’euros au lieu des trois initialement prévus. C’est un projet dangereux pour nos océans», ajoute Yannick Rousselet.

Le Rainbow Warrior III devait regagner Cherbourg en fin de journée. «C’était une action prévue. Les autorités étaient au courant. Les forces de l’ordre sont présentes à terre. En mer, nous sommes tranquilles», explique Yannick Rousselet.

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Faut-il sortir du programme EPR ?

Virginie Neumayer, responsable CGT de la filière nucléaire, et Charlotte Mijeon, porte-parole de Sortir Nucléaire, débattent du programme EPR et du nucléaire français.

Faut-il sortir du programme EPR ? – Regarder sur Figaro Live

«Les rejets liquides du site Orano la Hague n’ont pas d’impact sanitaire», a fait valoir Orano, dans un courriel adressé à l’AFP. «En 2018, l’impact radiologique de nos rejets liquides est de 0,0023 millisievert soit le millième de la radioactivité naturelle moyenne en France, qui est de 2,9 millisievert par an. Ces rejets sont constitués à près de 85% d’eaux de pluies collectées sur le site et pour environ 15%, d’effluents liquides issus du procédé industriel. Ces effluents liquides font l’objet d’un traitement et de contrôles avant rejet», a souligné l’industriel. Et de préciser qu’»en 2018, plus de 20.000 prélèvements d’échantillons et 51.000 analyses ont été réalisés par le laboratoire environnement d’Orano», un laboratoire «agréé par l’ASN», l’Autorité de sûreté nucléaire.

Fin juillet, le tribunal de Paris a interdit temporairement à Greenpeace France de s’approcher à moins de 250 mètres des convois de «transport et d’acheminement de matières ou de déchets nucléaires ou radioactifs», de deux filiales d’Orano. L’interdiction s’applique à tous les membres de l’ONG et personnes placées sous son autorité et court jusqu’au 25 septembre.

La rédaction vous conseille

Par  Le figaro.fr AFP agence, publié le 16/08/2019 à 14h07, mis à jour le 16/08/2019 à 17h26

Pour voir la vidéo (35mn59s) cliquer sur :

Août 16

LA COURSE AUX NOUVEAUX MISSILES PROMET DES APOCALYPSES INÉDITES

L’explosion en Russie d’un probable projectile à propulsion atomique donne un aperçu des armes du futur: effrayant.

 Sept personnes tuées dont cinq officiellement reconnues et enterrées à titre de héros de l’atome; l’évacuation de villages voisins du désastre; d’étranges coupures de programmes et des messages d’alerte sécuritaire, en pleine nuit, sur les téléviseurs moscovites; un pic de radiation et une course à l’iode chez des populations locales affolées.

Quelques mois après la diffusion de la remarquable série Chernobyl par HBO, l’explosion début août dans la région d’Arkhangelsk d’un engin a priori nucléaire, ainsi que la manière dont les autorités du pays ont joué au chat et à la souris avec la vérité, a rappelé quelques amers souvenirs à la population russe.

Des heures de vol pour Skyfall

Elle a aussi mis en émoi les analystes militaires du monde entier: le responsable de la catastrophe pourrait être un prototype du moteur atomique de petite taille destiné à propulser ce que l’OTAN nomme le SSC-X-9 Skyfall et la Russie le 9M730 Burevestnik.

Quel est cet engin, auquel un vote sur le web a failli offrir le très adéquat sobriquet de «La Surprise»? Une possible «doomsday machine», comme l’imaginait Stanley Kubrick dès 1964 dans Docteur Folamour: un missile intercontinental à portée théoriquement illimitée, doté des moyens techniques nécessaires pour voler à très grande vitesse et indéfiniment en attendant qu’une cible lui soit assigné, capable surtout de pénétrer les défenses anti-aériennes les plus sophistiquées.

À lire aussi : Là où Poutine passe, les GPS trépassent

«Not good!» a tweeté le président Trump. En s’empressant, pour faire bonne figure, de préciser au bon peuple américain que sa glorieuse armée travaillait sur des concepts similaires, mais en mieux.

Course à l’hypersonique

Ce que révèle l’explosion supposée d’un Burevestnik va bien au-delà de cet unique missile. Dans un contexte géopolitique instable et alors que les traités de non-prolifération vascillent, quand ils ne s’effondrent pas, la Russie est loin d’être la seule à chercher à se doter de nouveaux engins létaux.

Comme l’explique Quartz, si la course aux nouveaux missiles est engagée dans le pays de Vladimir Poutine, elle l’est aussi aux États-Unis ou en Chine, en Europe et en France, au Moyen-Orient entre l’Iran et l’Arabie saoudite, en Corée du Nord ou entre l’Inde et le Pakistan.

C’est là qu’entrent en jeu ce sur quoi les armées du monde planchent fébrilement et sans concertation, espérant ne pas se faire doubler par leurs rivales: les missiles hypersoniques, auxquels le New York Times a consacré un long article. En vol, leur vitesse de croisière atteint quinze fois la vitesse du son ou plus; ils peuvent frapper sans prévenir à n’importe quel endroit du globe. «Rapides, précis, efficaces et inarrêtables», écrit le quotidien.

À lire aussi : Entre le Pentagone et la Silicon Valley, c’est compliqué

La Chine, très avancée en la matière, a poussé les États-Unis à accélérer ses programmes. Soucieuse qu’un premier modèle soit opérationnel dès 2022, l’administration Trump a, en 2019, alloué à la conception de ces effrayantes machines la somme de 2,6 milliards de dollars (environ 2,32 milliards d’euros).

Selon le New York Times, la Chine comme les États-Unis semblent pour l’instant ne pas souhaiter nucléariser leurs missiles hypersoniques. Ces derniers représenteraient pourtant une arme particulièrement adaptée pour des frappes soudaines et inattendues. Idéales, par exemple, pour frapper chirurgicalement un gouvernement ou des administrations –parfaitement calibrées également pour déclencher un conflit global de manière un peu trop précipitée.

La Russie, elle, a d’autres plans. En sus de son Kinzhal, elle a affirmé, en décembre 2018, avoir réussi le premier test de son «planeur hypersonique», le (bien) nommé Avangard. Celui-ci semble capable d’emporter des têtes nucléaires tout en ayant les moyens, selon Moscou, d’échapper à n’importe quel système de défense. À peine 57 ans après la crise des missiles de Cuba, l’équilibre de la terreur n’a qu’à bien se tenir.

Repéré par Thomas Burgel sur The New York Times le16/08/2019 à 6h36

https://korii.slate.fr/tech/course-armements-missiles-hypersoniques-nucleaire-avangard-skyfall-burevestnik

Août 16

LA CORÉE DU NORD TIRE DES « PROJECTILES NON IDENTIFIÉS » POUR LA SIXIÈME FOIS EN UN MOIS

Ce regain d’activité militaire, en réponse à des exercices entre Séoul et Washington, semble hypothéquer un peu plus le processus diplomatique amorcé en 2018.

La Corée du Nord a tiré vendredi 16 août deux « projectiles non identifiés » qui se sont abattus en mer, a annoncé l’état-major interarmées de la Corée du Sud, un lancement qui est le sixième du genre en trois semaines.

L’état-major sud-coréen a rapporté que ces projectiles avaient été tirés depuis les environs de Tongchon, une ville de la province de Kangwon, située dans le sud-est de la Corée du Nord, et étaient tombés dans la mer de l’Est (mer du Japon). « L’armée observe la situation pour le cas où il y aurait d’autres lancements », a ajouté l’état-major sud-coréen.

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« Un avertissement solennel »

Il s’agit du sixième essai effectué par Pyongyang depuis le 25 juillet. Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un a déclaré au début d’août que ces tirs constituaient « un avertissement solennel » adressé à la Corée du Sud et aux États-Unis en raison des manœuvres militaires conjointes menées par ces deux pays.

Pyongyang réprouve ces exercices conjoints réguliers. Le pouvoir nord-coréen les considère comme des manœuvres hostiles préfigurant une invasion de la Corée du Nord. Il avait prévenu que le démarrage de ces manœuvres annoncées serait de nature à empêcher la reprise des discussions entre Pyongyang et Washington sur l’arsenal nucléaire nord-coréen.

Vendredi, la Commission pour la réunification pacifique du pays, une institution du pouvoir nord-coréen, a annoncé vendredi dans un communiqué que Pyongyang rejetait les déclarations faites par le président sud-coréen, Moon Jae-in, sur le processus de paix dans la péninsule. Dans une allocution prononcée à l’occasion de l’anniversaire de la libération de la Corée de l’occupation japonaise (1910-1945), M. Moon avait déclaré que son objectif était d’« atteindre la paix et l’unification d’ici à 2045 », bien que le mandat présidentiel unique auquel il a été élu se termine en 2022.

Lire aussi Les tirs de missiles de Pyongyang embarrassent Washington et Séoul (Article réservé à nos abonnés)

« Rien à discuter »

Mais la Commission nord-coréenne a accusé Séoul d’être responsable du gel actuel des discussions inter-coréennes et de la non-application de « la déclaration historique de Panmunjom ». Cette déclaration avait été adoptée lors d’une rencontre impromptue de M. Kim avec le président des États-Unis Donald Trump à Panmunjom, dans la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées. Les deux hommes avaient alors décidé la reprise prochaine des discussions sur l’arsenal nucléaire nord-coréen, mais cette annonce ne s’est pas concrétisée jusqu’à présent.

La Corée du Nord a exclu dans le communiqué publié vendredi une reprise prochaine des pourparlers avec la Corée du Sud. « Nous n’avons plus rien à discuter avec les autorités sud-coréennes et nous n’avons aucune intention de nous réunir de nouveau avec elles », déclare le document.

Pyongyang aurait par ailleurs refusé d’accepter 500 000 tonnes d’aide alimentaire proposées par Séoul. En 2018, selon les Nations unies, La Corée du Nord avait enregistré ses plus mauvaises récoltes depuis plus de dix ans.

Lettre d’« excuses »

Après le précédent essai de missiles nord-coréens, le cinquième, le président américain, Donald Trump, a fait savoir samedi 10 août dans un tweet que M. Kim lui avait présenté dans une lettre des « excuses » pour ces lancements.

Depuis le début de cette série d’essais, M. Trump en a minimisé l’importance, déclarant notamment qu’il s’agissait de missiles à courte portée dont le lancement ne constituait pas une violation de ce qui a été convenu depuis le début du dialogue entre M. Kim et le président américain.

Trump a même critiqué une nouvelle fois les manœuvres pourtant menées par sa propre armée avec les forces sud-coréennes, les qualifiant d’« exercices chers et ridicules». Et le président américain a précisé que dans sa lettre M. Kim déclarait souhaiter reprendre les négociations sur le dossier nucléaire, et ce « dès que les exercices militaires conjoints menés par les États-Unis et la Corée du Sud seraient terminés ».

Par Le Monde avec AFP, publié le 16 août à 08h45

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/16/la-coree-du-nord-tire-des-projectiles-non-identifies-pour-la-sixieme-fois-en-un-mois_5499899_3210.html

Août 16

RUSSIE EXPLOSION DU RÉACTEUR D’UN MISSILE DE CROISIÈRE À PROPULSION NUCLÉAIRE (VIDÉO)

Jeudi 8 août 2019 une explosion s’est produite en mer Blanche dans le golfe de la Diva au large de la base militaire de la marine Russe dans la région d’Arkhangelsk près du village de Nyonoksa situé à 30 kilomètres de la ville de Severodvinsk de 183 000 habitants.

L’explosion d’un réacteur nucléaire s’est produite sur une plateforme offshore du polygone d’essai en mer de la marine Russe très près de la côte située à seulement 391 km de la Finlande et à 2450 kilomètres de la France !

C’est le réacteur d’un nouveau type de missile de croisière à propulsion nucléaire en test le 9M730 « Bourevestnik » ou Skyfall par l’OTAN qui a explosé causant la mort de cinq ingénieurs et blessés 3 autres de l’agence de l’énergie atomique Rastom.

Selon l’agence, l’essai du missile sur une plateforme du polygone d’essai en mer se passait bien, jusqu’à ce qu’il prenne feu et explose. Plusieurs personnes ont été projetées dans la mer.

Après l’explosion, les autorités Russes ont également fermé pendant un mois à la navigation une partie de la baie de la Diva où s’est produite l’explosion, ce qui pourrait constituer une tentative d’empêcher des étrangers d’assister à une opération visant à récupérer les débris du missile, voire réaliser des mesures radiologiques de la contamination radioactive.

Dans tous les cas suite à l’accident nucléaire, le taux de radioactivité relevé aux alentours de la base aurait été multiplié par seize pendant de nombreuses heures selon l’agence russe de météorologie.

Transmis par Next-up le 16 août à 9h55

Pour voir la vidéo (8mn07s), cliquer sur :

https://videos2.next-up.org/Russie_explosion_nucleaire.html

Août 16

MONTÉE DES PÉRILS ENTRE PUISSANCES NUCLÉAIRES

La mystérieuse explosion nucléaire dans le Grand Nord russe indique que la course aux armements nucléaires a repris tous azimuts.

On l’a peut-être oublié, mais les USA et la Russie se sont retirés officiellement du traité de désarmement, autrefois signé par Reagan et Gorbatchev. Ils ont donc champ libre pour réarmer, alors que les risques de conflits se multiplient.

Faisons le compte : la situation dans le détroit d’Ormuz où transite la majorité du pétrole des pays du Golfe est devenue inflammable avec le bras de fer entre l’Iran et la coalition sunnite dirigée par l’Arabie Saoudite.

Je ne veux pas donner dans le catastrophisme, mais la récente et mystérieuse explosion nucléaire, jeudi dernier dans le Grand Nord russe, sur une base spécialisée dans les essais de missiles balistiques, indique que la course aux armements nucléaires a repris tous azimuts. Il y a

. l’Iran qui menace de reprendre son programme nucléaire militaire ;

. la Corée du Nord, qui vient de dévoiler un sous-marin probablement équipé de têtes nucléaires ;

. l’Inde et le Pakistan, deux des 9 puissances nucléaires, se regardent en chiens de faïence depuis la décision prise par New Delhi de révoquer l’autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire, majoritairement peuplé de Musulmans, région pour laquelle les deux pays se sont déjà livrés deux guerres.

Inutile pour l’instant de dramatiser même si en plusieurs points du globe on est au bord du conflit. Mais la vraie guerre, jusqu’ici, c’est aussi la guerre commerciale, comme celle qui fait rage entre les deux grands de l‘économie mondiale, la Chine et les États-Unis, une guerre dont les effets seront ressentis dans toute l’Europe.

Par Jean-Marcel Bouguereau, publié le 16 août 2019 à 7h27.

https://www.larepubliquedespyrenees.fr/2019/08/16/montee-des-perils-entre-puissances-nucleaires,2590768.php

Août 15

FAUT-IL CRAINDRE LES NOUVEAUX TESTS DE MISSILES RUSSES ?

Explication : Moins d’une semaine après l’explosion à caractère nucléaire ayant fait au moins cinq morts sur une base du nord de la Russie, les autorités ont reconnu que l’accident était lié aux tests de « nouveaux armements », promettant de les mener « jusqu’au bout ».

Quelle stratégie suit Moscou pour le développement de son armement ?

Vladimir Poutine avait capté l’attention en janvier 2019 en affirmant que son pays avait développé une nouvelle génération de missiles « invincibles », « indétectables » et « hypersoniques » capable d’atteindre les « centres de décision » dans les pays occidentaux.

Le délicat maniement de ces nouvelles armes explique-t-il l’explosion radioactive intervenue jeudi 8 août sur une base d’essais de missiles dans le Grand Nord ? Il s’agirait d’une arme baptisée bourevestnik (« oiseau de tempête » en russe) d’une « portée illimitée ». Le président russe a expliqué que cette technologie serait capable de triompher des défenses antimissiles américaines.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a refusé, le 13 août, de confirmer que l’explosion avait un lien avec les bourevestnik. Mais il a confirmé que la compétence atteinte par la Russie en matière de missiles à propulsion nucléaire « dépasse significativement le niveau atteint par d’autres pays et est assez unique ».

Pourquoi choisir la propulsion nucléaire pour des missiles ?

La portée et la trajectoire d’un missile classique sont limitées par le carburant qu’il peut emporter. La technologie nucléaire, en théorie, permet de s’affranchir de cette contrainte. « Avec une portée illimitée, vous pouvez faire de larges détours pour frapper l’adversaire sur des zones exposées, utiliser des trajectoires non surveillées, afin de contourner et surprendre les radars américains et leur défense anti-missile », explique Corentin Brustlein, directeur du centre des études de sécurité à l’Institut français des relations internationales (Ifri).

Ce genre d’arme conférerait à son détenteur un avantage décisif. « Si les scientifiques russes avaient inventé un nouveau type de missile avec un moteur éternel, cela serait assez pour donner à la Russie une supériorité sur les États-Unis », concède l’expert militaire russe Alexandre Golts, très sceptique sur l’existence opérationnelle d’une telle technologie.

Ces nouveaux missiles verront-ils le jour ?

De nombreux experts doutent de la faisabilité de ces nouvelles armes. Cela n’a pas empêché Vladimir Poutine de se féliciter fin 2018 d’un test concluant de propulsion nucléaire, malgré les démentis des services américains. Quant au président américain Donald Trump, il a déclaré sur Twitter mardi 13 août que les États-Unis avaient en leur possession « une technologie similaire, mais plus avancée » : le missile Skyfall.

Assiste-t-on à une série de coups de bluff entre Washington et Moscou ? Sans doute, à entendre l’expert américain Joe Cirincione, qui a réagi au tweet de Donald Trump. « Bizarre, nous n’avons pas de programme de missile de croisière à propulsion nucléaire. » Même surprise parmi les ONG qui militent contre la nucléarisation. « Nous avons essayé d’en développer un, dans les années 1960, mais c’était trop délirant, trop infaisable », a ajouté Joseph Cirincione, président de la fondation Ploughshares Fund.

Pour que des missiles nucléaires voient le jour, il faudrait atteindre un niveau suffisant de miniaturisation du réacteur pour l’embarquer à bord d’un missile, et régler les nombreuses questions de sécurité que cette arme pose à celui qui la manie (chercheurs, opérateurs, soldats…). Devant l’ampleur de la tâche et le manque d’intérêt opérationnel, la France a abandonné l’idée, réservant la technologie de propulsion nucléaire à ses sous-marins et à son porte-avions.

Par Jean-Baptiste François (avec AFP), publié le 14/08/2019 à 17h10, modifié le 14/08/2019 à 17h49

https://www.la-croix.com/Monde/Europe/Explosion-Grand-Nord-faut-craindre-tests-missiles-russes-2019-08-14-1201041055

Août 15

NUCLÉAIRE IRANIEN : LE MÉCANISME DE COMPENSATION INSTEX EST OPÉRATIONNEL (QUAI D’ORSAY)

PARIS, 15 août (Xinhua) — La France et ses partenaires du groupe E3 (Allemagne et Royaume-Uni) continuent à travailler activement en faveur de la préservation de bénéfices économiques pour l’Iran dans le cadre de l’accord de Vienne (PAGC) sur le programme nucléaire de la République islamique, a annoncé mercredi le ministère français des Affaires étrangères, ajoutant que « le mécanisme de compensation INSTEX est opérationnel ».

Un fonds de rachat de créances a été créé pour permettre de premières transactions dans les secteurs les plus urgents pour la population iranienne. Ces transactions sont en cours de traitement, y compris avec les nécessaires contrôles de conformité aux normes financières internationales, a révélé le Quai d’Orsay dans un communiqué de presse.

Le mécanisme de compensation INSTEX a été créé pour faciliter les transactions financières des opérations commerciales légitimes entre l’Europe et l’Iran, a réaffirmé le Quai d’Orsay, soulignant que « la contribution à la préservation des bénéfices économiques de l’accord n’est pas du seul ressort des Européens, il en va également de la responsabilité des autres signataires de l’accord et de la communauté internationale toute entière au titre de la mise en œuvre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité« .

Dans l’optique de maintenir les échanges commerciaux avec l’Iran en contournant les sanctions américaines, lesquelles interdisent notamment l’usage du dollar, l’Union européenne a annoncé en janvier dernier la création d’un mécanisme de troc baptisé INSTEX.

Par French.xinhuanet.com, publié le 15 août 2019 à 18h31

http://french.xinhuanet.com/europe/2019-08/15/c_138311658.htm

Août 14

LE RAINBOW WARRIOR À QUAI À CHERBOURG POUR DÉNONCER « L’IMPASSE NUCLÉAIRE »

Le célèbre navire de l’ONG Greenpeace arrive à Cherbourg ce jeudi. Il accostera quai de France et y restera jusqu’à lundi. Avec tout de même une sortie en mer vendredi pour dénoncer les problématiques liées au nucléaire.

Le Rainbow Warrior est venu à plusieurs reprises à Cherbourg. On devrait plutôt dire, « les » Rainbow Warrior puisque ce sont 3 bateaux différents qui ont successivement porté ce nom, depuis le premier, coulé par les services de la DGSE et venu à Cherbourg en 1980, jusqu’à l’actuel navire de l’ONG antinucléaire. 

Après une journée amarré au quai de France, le navire prendra la mer vendredi pour longer les côtes de la Hague. « Le Cotentin est le symbole du problème du nucléaire », indique Yannick Rousselet, le responsable nucléaire au sein de Greenpeace. « Il y a la saturation des piscines d’entreposage des déchets nucléaires de l’usine Orano de la Hague, les rejets en mer au large du Nez de Jobourg, et évidemment l’échec de la construction de l’EPR, qui devait démarrer en 2012 et ne sera finalement pas mis en service avant 2022 ». Ces problèmes seront évoqués à bord du bateau à l’occasion de cette « promenade » le long des côtes de la Hague

Continuer de sensibiliser la population

Greenpeace ne prévoit pas d’action coup de poing. « On inscrit cette navigation dans le cadre du débat en cours sur la gestion des déchets nucléaires », précise Yannick Rousselet avant d’ajouter : « Nous avons interdiction de nous approcher à moins de 250 mètres des convois nucléaires au risque d’amendes importantes. Avec cette action, nous voulons montrer qu’Orano ne nous fera pas taire et que nous continuerons de sensibiliser la population au risque de l’industrie nucléaire ».

Par Benoît Martin France Bleu Cotentin, publié le mercredi 14 août 2019 à 17h37

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/le-rainbow-warrior-a-quai-a-cherbourg-pour-denoncer-l-impasse-nucleaire-1565797041

Août 14

BURE-CADARACHE : DES BIDONS RADIOACTIFS CHEZ CASTANER À FORCALQUIER

Déambulation-Rassemblement antinucléaire à Forcalquier, non loin des portes de la résidence du ministre de l’intérieur, en ce 9 août, jour monstrueux du largage par les États-Unis d’une bombe atomique sur Nagasaki au Japon en 1945. Rassemblement à l’unisson de celui en cours dans la région de Bure en Champagne où s’abat une violente répression policière contre les opposants à la poubelle nucléaire Cigéo. Bure-Cadarache : société nucléaire-société policière même résistance, combat.

Ils et elles se sont retrouvés sur les hauteurs de Forcalqiuer à la Citadelle. Des jeunes, beaucoup de jeunes et des plus anciens (1), tous et toutes animé-es de la volonté d’en finir avec l’horreur nucléaire. D’être à l’unisson du rassemblement du week-end à Bure en Champagne où se retrouvent des milliers d’opposants à la poubelle nucléaire Cigéo. Unis face à une société mortifère et policière attentatoire à la vie et aux libertés, utilisant la démocratie comme paravent de son totalitarisme.

En exergue du tract distribué aux passants et touristes « De Cadarache à Bure: mettre fin au délire nucléaire » (2) une citation de l’écrivain et poète provençal Jean Giono en 1961 :  »  Pourquoi ce centre inoffensif n’a-t-il pas été installé tout simplement à Paris et plus spécialement dans les jardins inutiles de l’Élysée ? La proximité de la Seine lui assurerait plus certainement que la Durance le débit d’eau nécessaire à son fonctionnement… Si on me répond que le site de l’Élysée est magnifique, sans en disconvenir, je répondrai que celui de Cadarache ne l’est pas moins. Si on me dit que, malgré son innocuité certifiée, ce centre nucléaire ferait courir quelque danger à Paris et aux hôtes de l’Élysée, je répondrai que notre sort et celui de nos enfants présents et futurs nous sont également très chers.« 

Un reportage sonore de « Radio Zinzine » ponctué de quelques images: https://youtu.be/UG1rYRG2-x0

Communiqué de l’inter-collectif (vendredi 9 août 2019

Ce vendredi, à Forcalquier, quelque 150 personnes se sont réunies pour une bruyante et chantante manifestation de soutien à la lutte de Bure contre CIGÉO et pour l’arrêt immédiat du nucléaire. Depuis la citadelle, des bidons de déchets radioactifs ont roulé à travers les ruelles pittoresques de la ville de Christophe Castaner. Les manifestant.es ont ensuite déployé plusieurs banderoles en centre-ville dont une – «Société nucléaire, société policière », barrait l’entrée de la mairie et du commissariat. Plusieurs prises de paroles se sont succédé pour dénoncer les pollutions et les déchets générés par le centre de recherche nucléaire de Cadarache, le grand délire que constitue le projet ITER ainsi que la répression des militant.es de Bure et des Gilets jaunes.

Pour se débarrasser de ces encombrants fûts de déchets radioactifs, les manifestant.es ont ensuite appelé à aller les déposer devant la maison du ministre de l’Intérieur, à 200 mètres de là, en chantant, sur un air désormais classique :
« _Christophe Castaner, déchets nucléaires…_
_On va les poser chez toi !_
_Christophe Castaner, il y en a des tas,_
_Y en a pour des millénaires
_ »

Bloquée par la police, la manif s’est ensuite rendue devant la sous-préfecture où les fûts de déchets ont été entassés devant la porte.

(1) à l’Appel de l’intercollectif contra les grands projets nucléaires et imposés, avec Longo Maï, Youth For Climate, Les Gilets Jaunes, La revue Z, CAN84,…

(2) C’est le « Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie » de l’équipe PS-EELV qui, par le décret du 9 novembre 2012, a donné le feu vert pour la création de l’INB ITER à Cadarache.

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/08/12/Bure-Cadarache-%3A-Des-bidons-radioactifs-chez-Castaner-%C3%A0-Forcalquier

Août 14

LES AUTORITÉS RUSSES VIDENT LES VILLAGES PRÈS DU SITE D’ESSAI NUCLÉAIRE ALORS QU’IL APPARAÎT QUE LES NIVEAUX DE RAYONNEMENT ONT AUGMENTÉ APRÈS LA RÉCENTE EXPLOSION

Les autorités de la région d’Arkhangelsk craignant un autre incident nucléaire dans l’Arctique russe, ont demandé aux habitants d’une ville proche d’un banc d’essai de missiles d’évacuer leur domicile demain, pendant que l’armée organisait des « activités planifiées« .

« Nous avons reçu une notification (…) sur les activités prévues par les autorités militaires« , a déclaré l’agence de presse Interfax, citant les autorités locales.

«À cet égard, les habitants de Nyonoksa ont été invités à quitter le territoire du village à partir du 14 août

La ville a été le théâtre d’une explosion mystérieuse le 8 août. Les rapports initiaux suggèrent que l’explosion a eu lieu sur le champ de test, mais des déclarations officielles plus récentes ont relaté l’incident sur une plate-forme au large des côtes.

La nature de l’explosion, qui a tué cinq scientifiques du nucléaire, n’a pas encore été établie.

Source (en anglais), par Matthew Bodner, Moscou, publié le 13  août 2019 à 4h32

https://news-24.fr/les-autorites-russes-degagent-des-villages-proches-du-site-dessais-nucleaires-a-mesure-quil-emerge-les-niveaux-de-rayonnement-augmentent-apres-lexplosion-recente/

Août 14

LA RUSSIE EN AVANCE DANS LA COURSE AUX ARMES NUCLÉAIRES, SELON LE KREMLIN

La Russie est en train de gagner la course aux armements nucléaires face aux États-Unis avec la mise au point de nouvelles armes stratégiques, a annoncé le Kremlin quelques jours après une mystérieuse explosion sur une base militaire du nord du pays qui a provoqué un pic des niveaux de radiation.

LIRE AUSSI – Mystère autour de l’explosion nucléaire dans une base militaire russe

L’incident s’est produit jeudi dernier lors d’un essai d’un engin balistique sur une plateforme maritime dans la mer Blanche, tuant cinq personnes et faisant trois blessés, a précisé Rosatom, l’agence nucléaire russe. Malgré cet incident, Rosatom a assuré que la Russie continuait à développer de nouvelles armes, présentant les personnes qui avaient été tuées comme des héros.

Donald Trump a indiqué lundi sur Twitter que les États-Unis «avaient beaucoup appris» de cette explosion qui pourrait avoir eu lieu lors d’un test d’un nouveau missile dont Vladimir Poutine avait vanté l’an passé l’invulnérabilité face aux systèmes de défense aérienne. Ce missile, qui serait d’une «portée illimitée», est désigné sous le nom de 9M730 Bourevestnik par Moscou et sous le nom de SSC-X-9 Skyfall par l’Otan. Trump a ajouté sur Twitter que les États-Unis disposaient d’une «technologie similaire mais plus avancée».

Interrogé sur les remarques du président américain en ce domaine, le Kremlin a affirmé mardi que c’était la Russie et non les États-Unis qui faisait la course en tête dans le développement de nouvelles armes nucléaires. «Notre président (Poutine) a répété que la technologie russe dépassait largement le niveau de celle atteinte par les autres pays pour le moment, et cela est assez unique», a dit le porte-parole du Kremlin Dmitry Peskov.

Vladimir Poutine avait annoncé lors de son allocution annuelle à la nation en 2018 que la Russie avait mis au point des armes nucléaires invincibles y compris des missiles à propulsion nucléaire, des drones sous-marins à propulsion nucléaire et des armes au laser. Ces déclarations de Moscou interviennent dans un contexte de tension entre les deux pays depuis que les États-Unis sont officiellement sortis du traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (INF) signé en 1987. Ce traité visait à interdire les armes de moyenne portée, entre 500 et 5500 km, du sol européen après la crise des euromissiles au début des années 1980.

LIRE AUSSI – Vladimir Poutine: vingt ans de pouvoir en images

Par  Le Figaro avec Reuters, publié le 13/08/2019 à 16h37

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/la-russie-en-avance-dans-la-course-aux-armes-nucleaires-selon-le-kremlin-20190813

Août 13

IL N’Y AURA PLUS D’ESPACE POUR STOCKER L’EAU RADIOACTIVE DE LA CENTRALE DE FUKUSHIMA EN 2022

Près de huit ans et demi après l’accident, les autorités japonaises ne savent toujours pas que faire de l’eau contaminée.

La société exploitant le site de la centrale nucléaire – Tokyo Electric Power Company (Tepco) – a annoncé, vendredi 9 août, qu’il n’y aura plus l’espace nécessaire dans trois ans pour stocker les quantités astronomiques d’eau contaminée, faisant monter encore davantage la pression entre le gouvernement et le public, en quête d’un consensus sur le sujet.

Près de huit ans et demi après l’accident, les autorités japonaises ne savent toujours pas que faire de l’eau radioactive. C’est après un tremblement de terre et un tsunami massifs, le 11 mars 2011, que les cœurs des trois réacteurs de la centrale Fukushima Daiichi sont entrés en fusion, laissant le nord-est du Japon dévasté.

À la suite de cette catastrophe, de l’eau radioactive a fui d’un réacteur endommagé et s’est mélangée à l’eau des nappes phréatiques. L’eau est traitée, mais elle reste légèrement radioactive et est conservée dans de larges réservoirs.

La centrale a accumulé plus d’un million de tonnes d’eau dans un millier de réservoirs. L’opérateur Tepco indique sa volonté de construire plus de réservoirs mais ne peut contenir que jusqu’à 1,37 million de tonnes d’eau, ce qui sera atteint à l’été 2022.

Lire aussi : Au cœur du chantier titanesque du démantèlement de Fukushima

« Ils suivront les courants marins et se retrouveront partout »

Un groupe d’experts mandatés par le gouvernement a choisi cinq alternatives, dont celle recommandant de relâcher de façon contrôlée l’eau dans l’océan Pacifique. Les experts, parmi lesquels des membres de l’Agence internationale de l’énergie atomique, affirment qu’il s’agit de la seule option réaliste.

De leur côté, les pêcheurs et les habitants de Fukushima s’opposent fermement à cette option, craignant que cette eau déversée soit un suicide pour l’agriculture et le secteur de la pêche. Comme l’estime Chang Mari, représentante de Greenpeace Corée, à l’antenne de RFI :

« Une fois que cette eau contaminée et ce tritium seront dans l’océan, ils suivront les courants marins et se retrouveront partout, y compris dans la mer à l’est de la Corée. On estime qu’il faudra dix-sept ans pour que cette contamination radioactive soit assez diluée pour atteindre un niveau sûr. Les Coréens sont très inquiets. C’est un problème qui concerne le monde entier. »

 En plus des quatre autres options, dont l’injection souterraine et la vaporisation de l’eau radioactive, le panel d’experts a indiqué que le stockage à long terme était une sixième possibilité à envisager. Ainsi, plusieurs membres du panel incitent Tepco à sécuriser un périmètre supplémentaire pour construire plus de réservoirs dans le cas où un consensus ne peut être atteint dans un délai relativement court.

Publié le 13 août 2019 à 15h45, mis à jour à 16h47

Photo en titre : Le risque de voir de l’eau radioactive déversée dans l’océan provoque de grandes inquiétudes chez les habitants. ISSEI KATO / REUTERS

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/08/13/fukushima-par-manque-d-espace-de-stockage-de-l-eau-radioactive-pourrait-etre-deversee-dans-l-ocean_5499092_3244.html

Août 13

10 % DES SUBVENTIONS AUX COMBUSTIBLES FOSSILES SUFFIRAIENT À FINANCER LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

L’Institut international du développement durable est formel

Selon l’Institut international du développement durable (IIDD), la réattribution d’une partie des énormes subventions allouées pour les combustibles fossiles aux énergies renouvelables contribuerait à réduire considérablement les émissions de carbone à l’origine du réchauffement climatique.

10 à 30 % des subventions aux énergies fossiles suffiraient à assurer la transition vers une énergie propre

Chaque année, le charbon, le pétrole et le gaz sont subventionnés à hauteur de 331 milliards de dollars, contre seulement 90 milliards pour les énergies renouvelables. Et d’après le rapport de l’IIDD, seulement 10 à 30 % des subventions accordées pour les combustibles fossiles permettraient de financer une transition mondiale vers une énergie propre. Longtemps considérée comme vitale pour faire face à l’urgence climatique, la fin des subventions pour les combustibles fossiles s’était retrouvée au cœur du débat en 2009, lorsque les pays du G20 s’étaient engagés à les réduire progressivement, mais les progrès se sont depuis révélés limités.

En mai dernier, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, avait déclaré : « Ce que nous faisons, c’est utiliser l’argent des contribuables, notre argent, pour favoriser la survenue d’ouragans, étendre les sécheresses, faire fondre les glaciers et blanchir les coraux. En un mot : détruire le monde. » Et il se trouve que la réattribution d’une petite partie des subventions allouées aux combustibles fossiles « permettrait à l’énergie verte de devenir rapidement majoritaire » et « conduirait à une baisse importante du prix de l’électricité » d’après les auteurs du rapport.

Une réduction de 11 à 18 % des émissions polluantes

Les experts définissent les subventions aux combustibles fossiles comme un soutien financier ou fiscal pour les pays achetant ce type de ressources ou les entreprises qui les produisent. Une enquête antérieure de l’IIDD portant sur 20 pays en bénéficiant avait révélé que la réattribution de 30 % de leur montant en faveur des énergies renouvelables permettrait une réduction des émissions polluantes de 11 à 18 %, tandis que le Fond monétaire international (FMI) estime que leur suppression complète permettrait de réduire d’un quart les émissions mondiales et de diminuer de moitié les décès prématurés dus à la pollution.

Selon Ipek Gençsü, de l’Overseas Development Institute : « Supprimer les subventions aux combustibles fossiles et les rediriger vers les énergies propres permettrait d’accélérer leur développement et de garantir la réalisation de nos objectifs climatiques. Les avantages sociaux et économiques engendrés, tels que la réduction de la pollution de l’air et les dépenses de santé, représentent un avantage supplémentaire. Cela engendrera probablement des tensions politiques au départ, mais cela vaut la peine de persévérer parce que le prix environnemental à payer est extrêmement élevé. »

Article publié récemment : l’Écosse a créé la sensation en produisant assez d’énergie pour alimenter deux fois le pays grâce à ses éoliennes.

Par Yann Contegat, publié le 13 août 2019

Source : Daily Geek

https://dailygeekshow.com/energie-fossile-transition/

Août 13

COMMUNIQUÉ DE LA CRIIRAD CONCERNANT L’EXPLOSION PRÈS DE LA BASE MILITAIRE DE NIONOKSA, EN RUSSIE.

Les autorités ont reconnu la présence de matières radioactives mais continuent de nier tout risque radiologique.

Des informations contradictoires

Informée jeudi après-midi de l’explosion survenue le matin sur la base militaire de Nionoksa, en Russie, la CRIIRAD procédait à un certain nombre de recherches et vérifications. Elle récupérait notamment, sur le site de la ville de Severodvinsk, un communiqué faisant état de l’augmentation du niveau de rayonnement gamma enregistré par deux capteurs distincts de la ville, avec retour à la normale 2 heures plus tard. Le communiqué était rapidement retiré et le ministère russe de la Défense démentait toute contamination.

Les simulations réalisées par la CRIIRAD à l’aide du logiciel de modélisation Hysplit1 montraient que si une explosion avait libéré des substances radioactives à 11h50, heure locale, elles auraient été transportées vers l’Est, et donc en direction de Severodvinsk, située à une trentaine de km à l’est de Nionoksa (cartes explicatives dans le communiqué du 9/08/2019).

La CRIIRAD s’interrogeait en conclusion sur un lien éventuel entre l’élévation du niveau de rayonnement gamma et le nouveau missile de croisière Burevestnik, présenté en mars 2018 par Vladimir Poutine comme un engin à propulsion nucléaire.

Rosatom lève un coin du voile

Samedi 10 août, de nouvelles informations étaient apportées par un communiqué de l’agence Rosatom, l’agence fédérale russe de l’énergie nucléaire, puis par un communiqué de l’agence TASS citant les propos d’un responsable de Rosatom sans préciser son nom. L’explosion s’est produite sur une plateforme installée dans la mer Blanche, au large de la base de Nionoksa. Elle a jeté plusieurs personnes à la mer et «les recherches se sont poursuivies tant qu’il restait de l’espoir de retrouver des survivants». À leur terme, le bilan de l’explosion a été revu à la hausse: 5 employés de Rosatom ont été tués par l’explosion2; 3 autres spécialistes sont blessés, atteints de brûlures graves, mais leurs jours ne sont pas en danger.

Rosatom a précisé que ses employés apportaient de l’ingénierie et du soutien technique pour «la source d’énergie isotopique» du moteur du missile, confirmant ainsi l’implication de matières radioactives.

Les soupçons de la CRIIRAD semblent confirmés

L’hypothèse envisagée jeudi soir par la CRIIRAD pourrait être la bonne: l’explosion a pu survenir au cours de tests pour un nouveau type de missile de croisière3, référencé 9M730 Burevestnik par les Russes et SSC-X-9 Skyfall par l’OTAN. Les premiers essais auraient démarré en 2016 et le missile aurait été testé avec succès fin 20174, le président Poutine le présentant ensuite au Parlement russe comme un missile à propulsion nucléaire.

Cette expression peut recouvrir deux réalités distinctes:

  1. l’utilisation de l’énergie produite par une source radioactive;
  2. l’utilisation de l’énergie libérée par les réactions de fission au sein d’un réacteur nucléaire.

La CRIIRAD considère que la première hypothèse est la plus probable. À sa connaissance, un seul projet avait prévu de doter un missile de croisière d’un réacteur nucléaire: il émanait de l’armée de l’air américaine et a été abandonné au début des années 19605. En matière d’applications miliaires, il faut cependant rester prudent. De toute façon, qu’il s’agisse d’une source radioactive ou de combustible nucléaire, l’explosion a concerné des matières radioactives.

Quelques précisions.

Les communiqués officiels évoquent des tests sur un «moteur-fusée à ergols liquides». Il s’agit là d’un dispositif de propulsion classique. Le «moteur-fusée» est une catégorie de moteur à réaction: les gaz produits dans la chambre de combustion par une réaction chimique exothermique sont expulsés par l’arrière provoquant une poussée de force égale dans la direction opposée. Ce mécanisme est adapté au lancement des fusées et des missiles. Les moteurs-fusées peuvent être alimentés par des ergols solides ou liquides. Le moteur-fusée à ergols liquides utilise un ou plusieurs ergols6 stockés à l’état liquide. Une fois injectés dans la chambre de combustion, ils brûlent et produisent des gaz qui sont accélérés puis éjectés à grande vitesse, ce qui produit la poussée. Cette réaction chimique classique ne peut pas conduire à la formation de produits radioactifs.

On peut en revanche imaginer que ce dispositif classique a été complété par un second dispositif permettant au missile de disposer de deux sources d’alimentation: une source d’énergie conventionnelle pour le lancement; une source radioactive pour le maintien en vol du missile. L’avantage est qu’une petite quantité de matière radioactive permet de fournir de l’énergie pendant une très longue durée.

Il ne faut pas confondre l’énergie libérée par une «source radioactive» et celle produite par un «réacteur nucléaire». Ce dernier produit de l’énergie à partir d’un combustible nucléaire contenant des radionucléides fissiles: la fission des noyaux d’uranium 235 ou plutonium 239 produit de la chaleur et toute une série de produits de fission très radioactifs. Il faut contrôler le flux de neutrons pour éviter l’emballement de la réaction en chaîne.

Rien de tel avec les sources radioactives puisque l’énergie provient de la désintégration spontanée du noyau des atomes radioactifs. Les radionucléides sélectionnés pour ces applications sont des radionucléides qui se désintègrent en émettant des rayonnements de très forte énergie. Dans les dispositifs qui équipent les sondes spatiales, la chaleur dégagée est ensuite convertie en électricité. Dans le cas d’un missile, la chaleur pourrait être utilisée directement pour la propulsion, sans avoir à la convertir en électricité.

 L’inconvénient est évidemment la présence d’une source radioactive très radiotoxique. Elle pourra être endommagée ou perdue en mer lors des essais de mise au point, dispersée si le missile explose accidentellement ou dans le cadre d’une action militaire (provoquant une contamination radioactive même si la charge du missile est un explosif conventionnel).

Quels radionucléides et quels risques?

Toutes les déclarations officielles concluent à l’absence de tout risque radiologique mais sans produire les chiffres qui le prouveraient.

Les rares chiffres disponibles ne concernent que l’exposition externe

Selon le chef du département de la défense civile de l’administration de Severodvinsk, Valentin Magomedov, le niveau de radiation est monté jusqu’à 2 microsieverts par heure pendant trente minutes, soit une multiplication par 20 du niveau ambiant habituel; d’après Greenpeace Russie, cette élévation est confirmée par les données du ministère des situations d’urgence et par le responsable d’un centre de recherche (mais pour une durée d’au moins une heure et non plus de 30mn)5

Pour les autorités, ces niveaux d’exposition sont sans conséquence pour la santé. Si l’on se limite à l’exposition externe, l’impact sanitaire est effectivement très limité (en tout cas à plusieurs dizaines de km du lieu de l’explosion) mais qu’en est-il de la contamination interne?

Pour déterminer les risques pour la santé et pour l’environnement, on ne peut se contenter des relevés de débits de dose; il faut impérativement connaître la nature du (ou des) radionucléide(s) mis en œuvre, l’activité totale présente dans le missile et les concentrations dans l’air qu’ont respiré les personnes présentes dans les différents secteurs impactés. Il faudrait également s’assurer que personne n’a pu consommer d’aliments contaminés par les dépôts radioactifs sur les sols et les eaux.

Les radionucléides sélectionnés pour constituer des sources d’énergie sont des émetteurs de rayonnement très puissants. Il s’agit souvent de radionucléides émetteurs de rayonnement alpha qui sont très radiotoxiques dès lors qu’ils sont incorporés, en particulier s’ils sont inhalés. C’est notamment le cas du plutonium 238 et du polonium 2107. Il faut également souligner que les radionucléides utilisés ont le plus souvent des émissions gamma de faible intensité: émission gamma faible pour l’américium 241;très faible pour le plutonium 238, les isotopes 142 et144 du cérium; nulle pour le polonium 210 et le strontium 908. Si l’un de ces radionucléides est dispersé par une explosion, l’incidence sur le niveau de rayonnement gamma ambiant mesuré par les capteurs restera limitée et l’air respiré par la population pourra être fortement contaminé sans provoquer d’alerte.

Dans ce contexte, une multiplication par 20 du bruit de fond ambiant peut correspondre à une contamination de l’air extrêmement élevée. Les autorités doivent impérativement préciser la nature de la source radioactive utilisée dans le missile qui a explosé. Il est impossible de tenir des propos rassurants sur l’absence de risque sans disposer d’information sur la nature et l’intensité de la contamination. À ce jour, aucune information n’a été donnée sur l’activité volumique de l’air que ce soit sur le site d’essai ou dans les communes environnantes.

Certains communiqués ont fait état de la ruée de la population sur les pharmacies pour se procurer des comprimés d’iode stable ou à défaut des médicaments contenant de l’iode stable. L’absorption d’iode stable est sans aucun effet sur les contaminations provoquées par les isotopes radioactifs du plutonium, du polonium, de l’américium, du cérium…ou par du combustible nucléaire. De l’iode radioactif est produit par les réactions de fission dès lors que le réacteur a divergé.

Des informations doivent être apportées sur les conditions de dispersion de la matière radioactive par l’explosion. Les débris les plus lourds sont retombés à proximité du lieu de l’explosion mais une partie a pu être vaporisée et transportée sur de longues distances. Des contrôles doivent être mis en œuvre pour déterminer les éventuelles zones d’impact et procéder, sur les secteurs terrestres, aux opérations de décontamination des zones où les retombées se sont produites. Dans l’attente des résultats, des mesures de précaution doivent être appliquées aux productions alimentaires locales. L’administration des ports de l’Arctique occidental a indiqué que la navigation serait interdite pendant un mois dans la baie de Dvina mais la décision paraît plus axée sur le secret-défense que sur la protection des personnes.

Complément: l’analyse de l’équipe de Jeffrey Lewis

Le directeur du programme de non-prolifération pour l’Asie de l’Est à l’Institut d’études internationales de Middlebury a procédé avec son équipe à l’analyse de différentes données et notamment d’images satellitaires. Selon lui, certains équipements du site nucléaire militaire de Nouvelle-Zemble auraient été démontés et réinstallés à Nionoksa. L’examen des signaux9 émis par les navires situés au large des côtes le jour de l’explosion lui aurait permis d’identifier le Serebryanka, un navire spécialisé utilisé pour la collecte et le stockage de déchets nucléaires, déjà repéré au large de la Nouvelle-Zemble. « Vous n’avez pas besoin de ce vaisseau pour des tests de missiles conventionnels« , a déclaré Jeffrey Lewis. « Vous en avez besoin lorsque vous récupérez une unité de propulsion nucléaire sur le fond de la mer. » Il souligne également que le Serebryanka était situé à l’intérieur d’une « zone d’exclusion » établie au large de la côte un mois avant l’essai, afin d’empêcher les navires non autorisés d’entrer.

NOTES :

1 Logiciel mis gracieusement à disposition sur le site du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

2 Les 2 morts précédemment annoncés par le ministère de la Défense ne sont pas forcément inclus dans ce chiffre.

3 Voir in fine quelques éléments de l’analyse de Jeffrey Lewis.

4 Selon des sources américaines, en revanche, les 4 essais réalisés entre novembre 2017 et février 2018 n’auraient pas été concluants. Dans le meilleur des cas, le missile aurait parcouru 35 km avant de s’écraser après une perte de contrôle. L’accident se serait produit en mer de Barents, dans le secteur de l’île Ioujnyqui forme le sud de la Nouvelle-Zemble

5 Le projet SLAM (pour Supersonic Low Altitude Missile) a été conçu dans les années 50 et abandonné en 1964 (peut-être au vu des risques malgré des essais réussis et des dépenses colossales). Il s’agissait d’équiper le missile d’un réacteur utilisant la fission nucléaire comme source d’énergie plutôt qu’un carburant chimique. Le réacteur a été conçu au Laboratoire national Lawrence-Berkeleyet deux prototypes (Tory-IIA et Tory-IIC) auraient été testés dans le désert du Nevada.

6 Par exemple du peroxyde d’hydrogène ou une association d’acide nitrique et de kérosène, d’hydrogène liquide et d’oxygène liquide (LOX), de peroxyde d’azote et de kérosène, de peroxyde d’azote et d’hydrazine, etc.

7 Le plutonium 238 est le radionucléide le plus utilisé pour les sondes spatiales: sa puissance spécifique est de 567W/kg et sa période radioactive est d’environ 88 ans (temps nécessaire pour que son activité diminue de moitié); le polonium 210 a une puissance spécifique supérieure (140 000 W/kg) mais sa période radioactive n’est que de 138 jours, une décroissance trop rapide pour des utilisations sur le long terme.

8 L’utilisation du curium 242 (163 jours) et du curium 244pose problème du fait d’un taux trop élevé de fissions spontanées, source d’émission de neutrons.

9 Système d’identification automatique (AIS)

Par la CRIIRAD, publié le 13 août 2019

http://www.criirad.org/actualites/dossier2019/2019-08-13_cp_Nionoksa_2.pdf

Août 13

L’ÉQUILIBRE DE LA TERREUR. DISSUASION NUCLÉAIRE ET INTERNATIONALISME

Aucun État n’osera en attaquer militairement un autre s’il sait que ce dernier a les moyens de lui infliger des dégâts au moins aussi importants que ceux qu’il lui aura causés. Telle est la thèse de la dissuasion qui justifie la possession de l’arme suprême, l’arme nucléaire.

C’est théoriquement la paix assurée… entre les États qui la possèdent. C’est, entre ces neuf États, l’équilibre de la terreur. Pour tous les autres, c’est la terreur sans équilibre et on sent bien que la généralisation de l’arme nucléaire à tous les États de la planète conduirait à l’absurde et à la quasi-certitude de l’utilisation de cette arme de destruction massive qui ne fait aucune distinction entre les civils et les militaires et qui frappe tous les êtres humains et leur descendance. C’est ce qui justifie le traité de non-prolifération nucléaire auquel la quasi-totalité des États se sont ralliés. Mais non seulement les cinq États « dotés » lors de l’élaboration du traité n’ont pas respecté leur engagement de supprimer leur arsenal nucléaire, mais l’engagement de ne pas l’utiliser en premier s’estompe à mesure que s’éloigne le souvenir d’Hiroshima et de Nagasaki.

Dans le monde instable que nous connaissons, rien ne garantit que l’engagement pris par un État, c’est-à-dire les pouvoirs exécutif et législatif de cet État à un moment donné, sera respecté par tous ses gouvernements suivants.

Les bombes d’aujourd’hui ont cent fois la puissance de celle d’Hiroshima. L’arsenal nucléaire mondial se monte à 15 000 bombes, un seul sous-marin dispose d’une puissance destructrice équivalente à mille fois Hiroshima. Le risque zéro n’existe pas et, comme l’a illustré le film le Chant du loup, une explosion non intentionnelle est toujours possible. Peut-on prétendre, comme l’ont fait tous les gouvernements français depuis celui de Charles de Gaulle, y compris ceux de gauche, que la possession de la bombe assure notre sécurité et notre indépendance, et interdire à l’immense majorité des États de la planète de l’acquérir ? C’est, me semble-t-il, la négation même de l’internationalisme. Le PCF appelle à participer aux marches du 21 septembre pour l’adoption du traité d’interdiction des armes nucléaires. Mais les hommes marchent avec leur tête et les enjeux du nucléaire militaire font l’objet d’une omerta tenace.

Quid des risques d’un conflit, quid des risques d’accident, quel rôle a joué le bouclier antimissile européen de l’Otan dans la relance de la course aux armements ?

Autant de questions qui méritent d’être débattues et approfondies dans notre journal et à la Fête de l’Humanité.

Par Jean-Claude Bauduret, publié le mardi, 13 Août, 2019

https://www.humanite.fr/lequilibre-de-la-terreur-dissuasion-nucleaire-et-internationalisme-675751

Août 12

REDÉMARRAGE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE PENLY PRÈS DE DIEPPE

Un défaut électronique serait la cause de l’arrêt inopiné de l’unité de production n°1  le samedi 10 août 2019.

L’arrêt, samedi dernier, avait a été automatique, inopiné et inexpliqué. La deuxième unité de production étant en maintenance, la centrale EDF de Penly s’était donc, à 14h06, retrouvée complètement stoppée, ne produisant plus du tout d’électricité.

Des équipes ont été aussitôt mobilisées pour « effectuer les contrôles qui permettront de déterminer l’origine exacte de l’événement« .

Après ce weekend de recherches, EDF, dans un communiqué, annonçait ce lundi matin que « l’unité de production n°1 de la centrale EDF de Penly a été reconnectée au réseau électrique national ».

Ce redémarrage a eu lieu hier soir (dimanche 11 août 2019) à 23h48.

« Un défaut électronique »

Que s’est-il passé samedi dernier, alors que le réacteur était sollicité pour remonter en puissance ? EDF explique que l’unité de production s’est arrêtée de manière automatique « conformément aux dispositifs de sûreté et de protection du réacteur, en raison d’un défaut électronique sur les grappes de contrôle, qui participent à la régulation de la puissance du réacteur. »

La remise en route du réacteur a eu lieu « après avoir effectué l’ensemble des contrôles nécessaires et procédé au remplacement de cartes électroniques sur les grappes de contrôle. Les équipes de la centrale de Penly ont procédé au redémarrage de l’unité de production n°1 en toute sûreté. »

EDF, veut rassurer en précisant que « cet événement n’a pas eu de conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ni l’environnement. »

Par Richard Plumet, publié le 12/08/2019 à 10h13, mis à jour le 12/08/2019 à 10h18

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/dieppe/redemarrage-centrale-nucleaire-penly-pres-dieppe-1709716.html

Août 11

TRUMP ASSURE QUE KIM VEUT REPRENDRE LES NÉGOCIATIONS SUR LE NUCLÉAIRE

Le président américain Donald Trump a affirmé samedi que Pyongyang souhaitait reprendre les négociations sur l’épineux dossier nucléaire, peu après que le leader nord-coréen Kim Jong Un eut supervisé un nouveau lancement de missiles.

L’agence officielle nord-coréenne KCNA a annoncé dimanche que M. Kim avait personnellement supervisé, la veille, « le tir d’essai d’une nouvelle arme » sur laquelle elle n’a fourni aucun détail.

Selon l’état-major sud-coréen, deux « projectiles, » vraisemblablement des missiles balistiques à courte portée, ont été lancés samedi à l’aube depuis les environs de la ville de Hamhung (nord-est de la Corée du Nord), en direction de la mer du Japon.

Il s’agit de « la version nord-coréenne d’un système de contre-attaque à bas coût et hautes performances » destiné à « neutraliser les systèmes de défense antimissiles » de la Corée du Sud, a analysé Kim Dong-yub, chercheur à l’Institute for Far Eastern Studies à Séoul.

Cette série de tirs nord-coréens, la cinquième en deux semaines, est intervenue alors que les États-Unis et la Corée du Sud mènent depuis lundi des exercices militaires conjoints vivement dénoncés par Pyongyang.

Ces manœuvres constituent « un exercice de guerre agressif contre nous« , a estimé dimanche le ministère nord-coréen des Affaires étrangères. Le refus par Séoul de les annuler mine les perspectives de dialogue entre le Nord et le Sud, a-t-il averti.

Dans un tweet samedi matin, Donald Trump a affirmé que Kim Jong Un lui avait présenté dans une lettre « de petites excuses » pour ces récents tirs, qui crispent Séoul et la majorité des grandes puissances, mais ne semblent pas déranger outre mesure le locataire de la Maison Blanche, qui n’a de cesse d’en atténuer l’importance.

« C’était une longue lettre qui contient principalement des plaintes sur ces exercices chers et ridicules« , a relevé Donald Trump, qui critique régulièrement, de concert avec le dirigeant de ce pays ennemi des États-Unis, ces manœuvres pourtant menées par sa propre armée avec les alliés sud-coréens.

Un écran dans une gare de Séoul diffuse des images de Donald Trump et Kim Jong Un, le 10 août 2019 ( Jung Yeon-je / AFP )

« Il a expliqué très gentiment qu’il voulait que nous nous rencontrions pour commencer à négocier dès que les exercices militaires conjoints menés par les États-Unis et la Corée du Sud seraient terminés« , a-t-il rapporté.

Les négociations sont actuellement au point mort, malgré la promesse faite fin juin par Pyongyang de les relancer rapidement.

« Amitié » voire « amour »

Le président américain a déjà critiqué par le passé les manœuvres américano-sud-coréennes, qu’il juge trop coûteuses et « très provocatrices » — reprenant à son compte la rhétorique nord-coréenne. Il avait d’ailleurs annulé les exercices de l’été dernier et l’ampleur de ceux de cette année a été revue à la baisse.

« Si Kim pensait que les tests de missiles pouvaient mettre en danger le processus de dialogue, il s’abstiendrait. Mais en ce moment, c’est comme si la Corée du Nord avait carte blanche pour lancer des missiles à courte portée« , a estimé Shin Beom-chul, analyste à l’Institut d’études politiques Asan de Séoul.

Malgré les crispations des dernière semaines causées par ces nombreux tests de missiles, Donald Trump n’a cessé d’afficher sa confiance en Kim Jong Un, qu’il a déjà rencontré trois fois, dont la dernière, fin juin, dans la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corées.

Une photo de l’agence nord-coréenne KCNA montre Kim Jong Un supervisant un essai de missile, le 10 août 2019 ( KCNA VIA KNS / KCNA VIA KNS/AFP )

Le président septuagénaire met régulièrement en avant ses bonnes relations avec le fils de Kim Jong Il, au pouvoir depuis 2011, louant leur « amitié« . Il avait même expliqué une fois que les deux hommes, qui se sont longtemps échangés des insultes et menaces, étaient « tombés amoureux« .

« Une Corée du Nord sans nucléaire deviendra un des pays les plus puissants au monde« , a-t-il lancé samedi matin sur Twitter.

Selon un récent décompte du gouvernement sud-coréen, Kim Jong Un a envoyé près d’une dizaine de lettres à Donald Trump.

En privilégiant le dialogue direct avec M. Trump, M. Kim « cherche à creuser un fossé entre Washington et Séoul » pour affaiblir leur alliance historique, a estimé Leif-Eric Easley, profeseur à l’Université Ewha à Séoul.

Par AFP, publié le 11/08/2019 à 05h38

Photo titre : Une photo de l’agence nord-coréenne KCNA montre un essai de missile le 10 août 2019 ( KCNA VIA KNS / KCNA VIA KNS/AFP )

https://www.boursedirect.fr/fr/actualites/categorie/a-la-une/trump-assure-que-kim-veut-bientot-reprendre-les-negociations-sur-le-nucleaire-afp-fcfd13fa8a305f9454c9394d8f3a3cea0c681097

Août 11

ARRÊT INOPINÉ DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE PENLY PRÈS DE DIEPPE

Dans un communiqué, EDF annonce l’arrêt total de la production d’électricité à Penly : la tranche 1 s’est arrêtée sans raison alors que la tranche 2 est en maintenance.

L’une des deux centrales nucléaires de Seine-Maritime est à l’arrêt ce samedi 10 août 2019 depuis 14h 06.Dans un communiqué, EDF annonce que :

« L’unité de production n°1 de la centrale de Penly s’est arrêtée automatiquement, conformément aux dispositifs de sûreté et de protection du réacteur. »

Équipes mobilisées

Un arrêt inopiné et inexpliqué qui mobilise depuis le début de l’après-midi les équipes de la centrale nucléaire pour « effectuer les contrôles qui permettront de déterminer l’origine exacte de l’événement et de redémarrer l’unité de production n°1 en toute sûreté et dans les meilleurs délais » précise EDF.

Un opérateur qui se veut rassurant en affirmant que  « cet arrêt n’a aucun impact sur la sûreté des installations, ni sur l’environnement.« 

L’autre réacteur est quant à lui à l’arrêt depuis la fin du mois dernier pour une opération de maintenance prévue de longue date et pour le renouvellement du combustible.

Par Richard Plumet, publié le 10/08/2019 à 19h43

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/dieppe/arret-inopine-centrale-nucleaire-penly-pres-dieppe-1709442.html

Août 11

LA RUSSIE RECONNAIT LE CARACTÈRE NUCLÉAIRE DE L’EXPLOSION SUR UNE BASE MILITAIRE

Moscou – Après deux jours de silence, la Russie a reconnu samedi que l’explosion survenue jeudi sur une base de tir de missiles dans le Grand Nord avait un caractère nucléaire, revoyant aussi à la hausse le bilan, désormais d’au moins cinq morts.

Dans un communiqué, l’agence nucléaire russe Rosatom a annoncé que cinq membres de son personnel avaient été tués dans cette explosion, ajoutant que trois autres personnes, victimes de brûlures, avaient été blessées. 

Rosatom a précisé que les membres de son personnel fournissaient de l’ingénierie et du support technique pour « la source d’énergie isotopique » du moteur du missile, alors que l’armée n’avait pas décrit l’accident comme impliquant du combustible nucléaire. 

Dans un communiqué cité par les médias russes, Rosatom a plus tard donné davantage de détails sur le drame, précisant qu’il s’est déroulé sur une « plate-forme maritime » et que l’explosion a jeté plusieurs employés de Rosatom à la mer. 

« Les recherches ont continué tant qu’il restait de l’espoir de les retrouver vivants. Seulement après ça, nous avons fait état de la mort des cinq collaborateurs de Rosatom« , selon ce communiqué. 

Immédiatement après l’accident, le ministère de la Défense avait seulement déclaré que les faits s’étaient produits au cours de l’essai d’un « moteur-fusée à ergols liquides » et fait état de deux « spécialistes morts des suites de leurs blessures » et de six autres blessés. 

On ignorait samedi si les cinq morts évoqués par Rosatom incluaient aussi les deux « spécialistes » dont la mort a été annoncée par l’armée. 

L’accident a touché une base du village de Nionoksa, ouverte en 1954 et spécialisée dans les essais de missiles de la flotte russe, notamment des missiles balistiques.

Si l’armée russe et un porte-parole du gouverneur régional ont dit jeudi qu’il « n’y a pas eu de contamination radioactive« , la mairie de Severodvinsk, une ville de 190.000 habitants à une trentaine de kilomètres de la base, avait assuré que ses capteurs avaient « enregistré une brève hausse de la radioactivité« . 

La publication a ensuite été retirée du site internet de la mairie, qui n’a pas non plus précisé jusqu’à quel niveau la radioactivité avait augmenté. 

« Brève » hausse de la radioactivité

Un responsable local de la défense civile, Valentin Magomedov, a quant à lui déclaré à l’agence de presse TASS que le niveau de radiation était monté jusqu’à 2.0 microsievert par heure pendant trente minutes, la limite règlementaire étant de 0,6 microsievert par heure. 

Samedi, Greenpeace Russie a diffusé une lettre de responsables d’un centre de recherche nucléaire donnant le même chiffre, mais affirmant que les radiations ont duré au moins une heure, sans que cela présente des risques pour la santé selon les responsables. 

Les habitants de Severodvinsk se sont en tout cas rués dès vendredi sur les stocks d’iode vendus en pharmacie.  

« Les événements d’hier (jeudi, ndlr) ont bouleversé la ville. Les gens ont paniqué. En une heure on a vendu tous les stocks« , a raconté à l’AFP une pharmacienne, Elena Varinskaïa, précisant avoir « distribué des fiches contenant toutes les règles à suivre en cas de contamination radioactive« . 

Des médias russes ont diffusé une vidéo non sourcée affirmant qu’elle montrait des files d’ambulances traversant Moscou vers un centre spécialisé dans le traitement des victimes de radiations. 

« Notre hypothèse de travail est que cet évènement était lié au (…) Bourevestnik« , un missile à propulsion nucléaire dévoilé en grande pompe par Vladimir Poutine en février, a indiqué sur Twitter Jeffrey Lewis, un expert à l’Institut d’études internationales de Middlebury à Monterey. 

Il se fonde notamment sur des images satellites montrant que la Russie a récemment réaménagé un pas de tir de la base de Nionoksa et sur la présence au large du Serebrianka, un bateau de la marine russe déjà utilisé pour récupérer des missiles nucléaires après des essais. 

Ce missile, pas encore au point selon les spécialistes, « contient une sorte de réacteur miniaturisé dans ses unités de propulsion. Un crash provoquerait probablement une dispersion significative » d’éléments radioactifs, précise sur Twitter Ankit Panda, de la Fédération des scientifiques américains. 

Un expert de l’Institut pour la recherche nucléaire de Moscou, Boris Jouïkov a déclaré au quotidien RBK que les sources d’énergie isotopiques servaient principalement dans l’industrie spatiale et ne présentaient habituellement pas de danger pour les utilisateurs. 

Les niveaux de radioactivité impliqués n’ont « absolument rien de comparable avec ceux d’accidents sérieux dans des réacteurs« , a-t-il assuré. 

Le pire accident nucléaire de l’histoire a eu lieu en 1986 en Union soviétique, dans la centrale ukrainienne de Tchernobyl, les autorités ayant été accusées d’avoir cherché plusieurs semaines à cacher l’ampleur du désastre.

Par AFP, publié le 10/08/2019 à 14h09 , mis à jour à 20h09

Photo titre : La base de lancement de missiles de Nionoska, le 9 novembre 2011 dans la région d’Arkhangels, dans le Grand Nord russe (afp.com/-)

https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/la-russie-reconnait-le-caractere-nucleaire-de-l-explosion-sur-une-base-militaire_2093984.html

Août 11

LA PROTECTION CHIMIQUE A ÉTÉ UTILISÉE POUR TRANSPORTER LES VICTIMES DE L’EXPLOSION DE SEVERODVINSK À MOSCOU. VIDÉO

Les réseaux sociaux discutent largement des convois vidéo de voitures transportant les victimes de l’explosion de Severodvinsk à Moscou. Les gens ont remarqué que les conducteurs des véhicules de réanimation portent des combinaisons de protection chimique et que les voitures sont scellées avec un film.
(pour voir la vidéo de 30sec., cliquer sur le lien en bas de l’article.)

Rappelons que l’incendie, qui a éclaté jeudi sur le terrain d’essai des armes dans le nord de la Russie, a tué deux personnes, a été enregistré une augmentation des niveaux de radiation, tandis que les autorités ont été contraintes d’interdire la navigation dans certaines parties de la mer Blanche pendant un mois.

L’armée russe a déclaré que l’incendie avait été causé par l’explosion d’un moteur-fusée à propergol liquide, mais que le niveau de rayonnement serait resté à des niveaux de fond normaux, contrairement à ce que les autorités municipales de Severodvinsk voisin auraient rapporté, selon des sources indépendantes. De façon caractéristique, selon les rapports des utilisateurs des médias sociaux, les résidents de Severodvinsk ont littéralement retiré les préparations d’iode des pharmacies.

Il s’agissait du deuxième accident mortel impliquant la marine russe en un mois seulement.

Publié le vendredi 9 août 2019 à 14h27

https://rusmonitor.com/severodvinsk-chto-ot-nas-skryvayut-pri-dostavke-postradavshikh-ot-vzryva-v-moskvy-ispolzovalas-khimzashhita-video.html

Août 11

RUSSIE : APRÈS L’EXPLOSION, UN NAVIRE DE COLLECTE DES DÉCHETS RADIOACTIFS EST ARRIVÉ À SEVERODVINSK

EADaily : Le navire « Serebryanka » est arrivé dans la région de la mer Blanche, près de laquelle la veille, le 8 août, il y a eu une explosion d’armes de missiles sur le terrain d’essai de la marine russe près du village de Nenoks (40 km de Severodvinsk), pour collecter et stocker les déchets radioactifs liquides.

En outre, à partir d’aujourd’hui, du 9 août au 10 septembre, la partie dangereuse de la baie Dvinsky dans la mer Blanche a été déclarée interdite à la navigation. Tout cela remet en question l’affirmation du ministère de la Défense de la Fédération de Russie selon laquelle, malgré la catastrophe du réacteur à réaction liquide, « le rayonnement de fond est resté normal et il n’y a eu aucune émission nocive dans l’atmosphère. « 

La « ligne opérationnelle » illustrait l’emplacement des navires à proximité de l’explosion sur le site d’essai des missiles balistiques.

« L’attention est attirée sur la présence dans la zone du navire « Serebryanka », conçu pour la réception, le stockage temporaire, le transport et la livraison de déchets radioactifs liquides, le chargement ou le déchargement d’assemblages combustibles usés dans des conteneurs« , soulignent les auteurs de la chaîne.

EADaily ajoute qu’hier, le capitaine adjoint du port maritime d’Arkhangelsk Sergei Kozub a déclaré que  » l’armée a annoncé un avertissement concernant la zone réglementée dans le golfe de Dvinsk pour les navires civils et militaires« .

L’interdiction pour les gens de mer, qui ne devraient pas entrer dans la zone et la contourner, a été introduite du 9 août au 10 septembre.

 « C’est une histoire commune, avec ces PRIPs qui s’effondrent chaque mois. Il y a des opérations militaires en cours là-bas« , a dit M. Kozub.

Selon lui, le port maritime d’Arkhangelsk n’est pas fermé parce que la baie Dvinsky ne fait pas partie de sa zone d’eau.

EADaily rappelle qu’après l’explosion sur le champ de tir, où les missiles balistiques pour sous-marins nucléaires sont testés, les services d’urgence ont enregistré trois fois l’excès du rayonnement de fond.

Le ministère de la Défense a brièvement indiqué que le réacteur à réaction liquide avait explosé sur le champ de tir, que le rayonnement de fond était normal et qu’il n’y avait aucune émission nocive dans l’atmosphère. Deux spécialistes ont été tués et six autres représentants du département militaire et de la société de développement ont été blessés.

Le bureau du maire de Severodvinsk a déclaré : le 8 août, à 11h50, les capteurs d’ASKRO (Note d‘EADaily : système automatisé de contrôle de la situation radiologique et météorologique) a enregistré une brève augmentation du rayonnement de fond, qui a diminué à 12 h 30, et à 14 h, les lectures des capteurs ne dépassaient pas 0,11 microsieverts par heure à un maximum de 0,6 microsieverts par heure.

« Les radiations à Severodvinsk sont normales. Le contexte est resté inchangé sur les territoires des entreprises formatrices de la ville qui ont des installations de production avec facteur de rayonnement« , a déclaré le chef du Département de la protection civile de l’administration de la ville, Valentin Magomedov.

Notez qu’au polygone de tir central de la Marine, les « Nenoks » sont testés sur des missiles balistiques intercontinentaux basés en mer, des missiles de croisière et des systèmes de missiles antiaériens basés en mer. Presque tous les missiles armés de navires de guerre de la marine nationale sont « enroulés » depuis leurs positions de lancement près de l’ancien village de Nenoks, à Pomor.

Quant au navire « Serebryanka« , sa jauge brute est de 2836 tonneaux, sa longueur 102 m, sa largeur – 15,03 m, sa vitesse 11,5 nœuds. La capacité totale des camions-citernes est de 848 mètres cubes.

En 1974, Serebryanka est devenu le premier navire à collecter et stocker des déchets radioactifs liquides (DRL). Pour le stockage et le transport des déchets radioactifs liquides selon le projet du Vympel Design Bureau sur la base de la coque du cargo sec de type « Chisinau« , un seul pétrolier de transport spécial « Serebryanka » a été construit, destiné à servir des brise-glace nucléaires.

En 2009, les spécialistes du Bureau d’études ont développé un projet de modernisation de ce navire qui prévoit la possibilité de recevoir, d’entreposer temporairement, de transporter et de livrer des déchets radioactifs liquides, de charger/décharger des assemblages combustibles usés dans des conteneurs.

Publié le 9 août 2019.à 11h01

Photo titre : Localisation des navires en mer Blanche dans la zone de l’explosion

Source : EA Daily, traduction automatique DeepL, texte original sur le site :

https://eadaily.com/ru/news/2019/08/09/posle-vzryva-k-severodvinsku-podoshel-korabl-dlya-sbora-reaktivnyh-othns

Août 10

CORÉE DU NORD : PYONGYANG TIRE DE NOUVEAUX MISSILES

La Corée du Nord a effectué aux premières heures de ce samedi 10 août un tir de missiles de courte portée en direction de la mer du Japon. Il s’agit du cinquième tir en quelques semaines, mais le président américain ne semble pas en prendre ombrage.

L’État-major sud-coréen a rapporté samedi 10 août un tir de missiles qui semble de courte portée effectué par la Corée du Nord depuis la ville de Hamhung, au nord-est du pays, relate le site de CNN.

“Les missiles balistiques présumés ont parcouru 400 km à une altitude de 48 km avant de s’abîmer en mer entre la péninsule coréenne et le Japon”, précise CNN.

En moins de trois semaines, quatre autres tirs de missiles nord-coréens ont été tirés en direction de l’est, vers la mer du Japon, “manifestement en signe de protestation contre la lenteur des négociations [sur l’armement nucléaire nord-coréen] avec les États-Unis et contre les exercices militaires conjoints entre le Corée du Sud et les États-Unis qui se poursuivent, et que la Corée du Nord estime être destinés à une invasion vers le nord”, ajoute le South China Morning Post.

Donald Trump insouciant

Mais le président américain ne semble pas affecté par ces tirs nord-coréens. Quelques heures auparavant, il a indiqué avoir reçu “une belle lettre” de trois pages du leader nord-coréen Kim Jong-un, et assuré qu’il y aurait bientôt d’autres discussions avec son homologue pour tenter de résoudre “l’impasse de la dénucléarisation“, rapporte le quotidien de Hong Kong.

Kim Jong-un “n’est pas content des exercices militaires américains, il l’écrit dans sa lettre”, a rapporté Donald Trump cité par CNN.

Début août, Donald Trump avait déjà minimisé l’importance de ces tirs de missiles de la Corée du Nord, soulignant que ces missiles étaient de courte portée et “très standards”.

Publié le 10/08/2019 à 11h20

https://www.courrierinternational.com/article/coree-du-nord-pyongyang-tire-de-nouveaux-missiles

Août 10

VIDÉO : LA DÉMOLITION «NATURELLE» D’UNE TOUR D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE

La tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Mülheim-Kärlich dans le land de Rhénanie-Palatinat a été détruite vendredi 9 août. Les images sont impressionnantes.

Aucun explosif n’a été utilisé lors de cette opération : c’est sous son propre poids que la tour s’est effondrée. Peu avant, deux excavatrices télécommandées avaient arraché plusieurs supports sur lesquels reposait la tour.

Des fentes avaient été coupées à plusieurs endroits dans la coque en béton pour faciliter la démolition

La tour était initialement haute de 160 mètres. Depuis plusieurs mois, elle avait été rabotée à 80 mètres.

Personne n’a été blessé lors de cette opération. La centrale nucléaire de Mülheim-Kärlich était hors service depuis 1988.

«De nombreuses personnes ici dans la région se sont battues contre le nucléaire et aujourd’hui, elles se réjouiront- je pense – que la tour de refroidissement soit enfin partie. Avec cette disparition, les temps du nucléaire sont révolus en Rhénanie-Palatinat et en Allemagne», a déclaré le premier ministre du Land, Malu Dreyer.

Berlin a décidé en 2011 la fin du nucléaire. Les dernières centrales nucléaires fermeront donc d’ici à 2022.

Par Le Figaro avec AFP et Reuters, publié le 10/08/2019 à 11h35, mis à jour le 10/08/2019 à 14h22

Pour voir la vidéo (51sec), cliquer sur : http://www.lefigaro.fr/international/la-demolition-naturelle-d-une-tour-nucleaire-en-5-images-20190810

Août 10

DIJON : UN PORTRAIT DU PRÉSIDENT MACRON DÉCROCHÉ POUR OBTENIR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

Des participants au jeûne-action du 6 au 9 août pour l’abolition des armes nucléaires ont mené cette action symbolique et non-violente

Communiqué des participants au jeûne-action du 6 au 9 août pour l’abolition des armes nucléaires :

Le mercredi 7 août 2019, des participants du jeûne-action international pour l’abolition des armes nucléaires sont allés décrocher le portrait du président de la République Macron dans la salle des mariages de l’Hôtel de ville de Dijon.

Ils ont pu se prendre en photo avec le portrait et la banderole «La France doit signer le Traité d’interdiction des armes nucléaires». Cette action symbolique et non-violente fait écho à la campagne nationale de décrochage de 125 portraits d’Emmanuel Macron menée par ANV COP21, pour dénoncer l’inaction du Président face au réchauffement climatique.

Les participants à cette action considèrent en effet que l’inaction du président Macron en matière de désarmement nucléaire et son refus de signer le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) font peser sur le monde et en particulier sur les Français un risque majeur qui s’ajoute à celui du réchauffement climatique.

Le TIAN a été adopté le 7 juillet 2017 par 122 pays dans le cadre de l’ONU et représente l’espoir le plus sérieux de sortir du péril des armes nucléaires.

À l’heure où les tensions autour du pétrole au Moyen-Orient (États-Unis-Iran) augmentent considérablement la possibilité d’une guerre, il est plus que jamais urgent d’éliminer le danger des armes nucléaires.

Publié le 10/08/2019 à 11h21

http://www.infos-dijon.com/news/cote-d-or/cote-d-or/dijon-un-portrait-du-president-macron-decroche-pour-obtenir-le-desarmement-nucleaire.html

Août 10

DÉCHETS NUCLÉAIRES : PREMIER FEU VERT POUR LA PISCINE GÉANTE D’ENTREPOSAGE D’EDF

Pour pallier la saturation prévue des capacités d’entreposage des combustibles nucléaires usés d’ici 2030, EDF envisage la construction d’une nouvelle piscine géante. L’ASN a publié en juillet un avis où elle qualifie les objectifs généraux de sûreté et les options de conception retenues comme globalement satisfaisants, mais demande des études complémentaires.

Suite à une expertise de l’IRSN et une consultation publique, le 23 juillet 2019, l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) a rendu son avis relatif au projet de « piscine d’entreposage centralisé de combustibles usés ». Ce projet est porté par EDF en prévision de la saturation des piscines d’Orano (ex-Areva) à La Hague, dans la Manche, à l’horizon 2030. Bilan : « L’ASN considère que les objectifs généraux de sûreté et les options de conception retenues sont globalement satisfaisants, fait savoir l’agence dans un communiqué. Des études et justifications complémentaires sont cependant nécessaires, notamment concernant la conception et la maîtrise de la fabrication pour garantir, sur la durée, l’étanchéité de la piscine. » Cette annonce ne va pas manquer d’alimenter le débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR).

Rappelons qu’en sortie de réacteur nucléaire, les combustibles usés sont refroidis dans des bassins situés au sein de la centrale où ils ont servis. Ils sont ensuite transportés et entreposés dans de grandes piscines d’Orano à l’usine de la Hague . Ils y demeurent en moyenne pendant 8 ans, avant d’être retraités pour être à nouveau utilisés ou être vitrifiés et stockés en attendant la construction du centre de stockage profond Cigéo.

Des mesures complémentaires à envisager

EDF devra préciser les options de sûreté retenues et fournir les études et justifications complémentaires dans sa demande d’autorisation de création. En particulier concernant sa capacité à assurer le remplacement des patins antisismiques et pour démontrer que l’installation pourra s’adapter aux évolutions des conditions climatiques et météorologiques non connues à ce jour.

L’entreprise devra aussi y préciser « les objectifs et les dispositions qu’elle prévoit à la conception en matière de protection contre les rayonnements ionisants des personnes et de l’environnement », note l’ASN. Si le site d’implantation n’a pas encore été retenu par EDF, dès lors que le choix sera arrêté, l’entreprise devra vérifier que « les niveaux d’aléas retenus pour les agressions externes sont appropriés ».

Une nouvelle piscine géante pour contrer la saturation à venir

La durée de fonctionnement de l’installation est prévue pour une centaine d’années à partir de 2030. Sa capacité d’entreposage s’élèvera à 10 000 tonnes de métal lourd, principalement des assemblages combustibles à base d’oxydes mixtes d’uranium et de plutonium (MOX) et à base d’uranium de retraitement (URE). Soit l « équivalent d’environ 21 000 assemblages combustibles » résume l’ASN.

La piscine serait constituée de deux bassins d’entreposage semi-enterrés, de capacité et de conception identique. Leur mise en service serait échelonnée d’une dizaine d’années. EDF envisage une structure de protection dimensionnée à une chute d’aéronef et un terminal ferroviaire pour éviter les manutentions intermédiaires. Elle projette enfin la séparation géographique et la redondance de chacun des deux trains de refroidissement de la piscine.

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/dechets-nucleaires-premier-feu-vert-pour-la-piscine-geante-dentreposage-dedf-69003/

Août 10

GAFFE NUCLÉAIRE DE L’OTAN

C’est un vieux secret éventé. Mais c’est aussi l’un des plus formidables dénis de l’Alliance atlantique : des bombes nucléaires sont stockées en violation du Droit international en Italie, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas et en Turquie. Par erreur, un membre de l’Assemblée parlementaire de l’Otan l’a écrit dans un rapport immédiatement retiré.

Que les États-Unis gardent des bombes nucléaires dans cinq pays de l’Otan —Italie, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Turquie— est prouvé depuis longtemps (en particulier par la Fédération des scientifiques américains – FAS) [1]. Mais l’Otan ne l’a jamais admis officiellement. Cependant quelque chose vient de déraper.

Dans le document A new era for nuclear deterrence ? Modernisation, arms control and Alien nuclear forces (Une nouvelle ère pour la dissuasion nucléaire ? Modernisation, maîtrise des armements et forces nucléaires étrangères), publié par le sénateur canadien Joseph Day pour le compte du Comité Défense et Sécurité de l’Assemblée parlementaire de l’Otan, le « secret » a été révélé. À travers la fonction « copié-collé », le sénateur a par mégarde reporté dans son document le paragraphe suivant (numéro 5), extrait d’un rapport confidentiel de l’Otan :

Traduction partielle du paragraphe 5

« Dans le contexte Otan, les États-Unis ont déployé dans des positions avancées en Europe environ 150 armes nucléaires, spécifiquement les bombes de gravité B61. Ces bombes sont stockées dans six bases états-uniennes et européennes —Kleine Brogel en Belgique, Buchel en Allemagne, Aviano et Ghedi Torre en Italie, Voikel aux Pays-Bas et Incirlik en Turquie. Dans l’hypothétique scénario où elles seraient nécessaires, les bombes B61 peuvent être transportées par des avions US ou européens à double capacité » (photo).

Accusant la Russie de garder dans son propre arsenal de nombreuses armes nucléaires tactiques, le document affirme que les armes nucléaires déployées par les USA dans des positions avancées en Europe et Anatolie (c’est-à-dire à proximité du territoire russe) servent à « assurer l’ample implication des Alliés dans la mission nucléaire de l’Otan et la confirmation concrète de l’engagement nucléaire US pour la sécurité des alliés européens de l’Alliance ».

Dès que le document du sénateur Joseph Day a été publié en ligne, l’Otan est intervenue en l’effaçant et en le republiant ensuite en version amendée. Trop tard cependant. Certains sites (avant tout le belge De Morgen) l’avaient déjà enregistré dans sa version originale complète [2]. En ce point l’imprudent auteur a couru aux abris, en écrivant sur le Washington Post qu’il s’agissait simplement d’une ébauche pour la rédaction d’un rapport de l’Assemblée parlementaire de l’Otan qui sera publié en novembre [3]. Mais il n’a pas pu nier ce qui avait été écrit dans le paragraphe où il cite le rapport confidentiel de l’Organisation.

Ceci confirme ce que depuis des années nous documentons [4] : à Aviano (Province de Pordenone) des chasseurs USA F-16C/D sont prêts à l’attaque nucléaire avec 50 bombes B61 (nombre estimé par la Fédération des scientifiques américains) ; à Ghedi Torre (Province de Brescia) des Tornado PA-200 italiens sont prêts à l’attaque nucléaire sous commandement états-unien avec 20 bombes B61. À partir de 2020 les B61 seront remplacées par les B61-12, destinées notamment aux nouveaux chasseurs F-35.

Tout cela en violation du Traité de non-prolifération, ratifié aussi bien par les USA que par l’Italie. Pendant que le Parlement se déchire sur le TAV mais pas sur la Bombe, que tacitement il approuve à l’unanimité.

Par le Réseau Voltaire | Rome (Italie) | 9 août 2019

Traduction Marie-Ange Patrizio, Source Il Manifesto (Italie)

NOTES :

[1] “MFA State Minister Hoyer Defends Withdrawal of Tactical Nukes, New CFE Initiatives”, ambassador Philip Murphy, November 12, 2009, source Wikileaks. “Non-Strategic Nuclear Weapons”, Hans Kristensen, FAS, May 2012.

[2] “Eindelijk zwart op wit : er liggen Amerikaanse kernwapens in België”, “De kernwapens in Kleine Brogel : het slechtst bewaarde geheim van België”, “Stop zwijgplicht over kernwapens op Kleine Broge”, “Topmilitair : ‘De kernwapens kosten ons land niets, en we zitten mee aan tafel bij de grote jongens’”, “Reynders stuurt zijn kat naar parlement”, “Tijd voor een debat over non-proliferatie ? ‘Je mag kernwapens niet weghalen zonder dat de Russen iets van hun arsenaal ontmantelen’”, De Morgen, Juni-juli 2019.

[3] “Secret locations of U.S. nuclear weapons in Europe accidentally included in report from NATO parliament”, Adam Taylor, Washington Post, July 16, 2019.

[4] « Les 300 Hiroshima de l’Italie », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 16 décembre 2015.

https://www.voltairenet.org/article207268.html

Août 10

TCHERNOBYL : LE DÉMANTÈLEMENT DU SARCOPHAGE DÉBUTE ENFIN

Le contrat validé, les opérations de démantèlement du sarcophage de Tchernobyl vont bientôt débuter. Une opération de très grande ampleur, et une page qui se tourne dans la triste histoire de ce drame.  

C’est un véritable morceau d’histoire qui connaît ses dernières heures. SSE Chernobyl NPP, l’organisme qui gère la centrale, et l’entreprise de construction Ukrbudmontazh, ont signé un contrat pour le démantèlement du célèbre “sarcophage” de Tchernobyl. À l’heure actuelle, ce symbole fort de la plus grosse catastrophe nucléaire de l’histoire de l’Homme surplombe toujours les restes du tristement célèbre réacteur numéro 4 de la centrale. Ses quelques 400.000 mètres cube de béton et 7300 tonnes d’acier ont été érigées dans l’urgence en à peine plus de 200 jours après l’accident de 1986. L’objectif : contenir autant que possible la contamination radioactive de la zone environnante.

Comme à chaque ligne de cette sombre page de l’Histoire, ce sont des hommes de chair et d’os qui ont sciemment malmené leur santé pour permettre la construction de cette structure qui permettrait d’en épargner tant d’autres. Ces travailleurs n’opéraient sur le terrain que “5 à 7 minutes à la fois” à cause du danger avant de se débarrasser de tous leurs vêtements et d’être décontaminés, comme le rapportait l’un d’entre eux à la BBC en 2017 . Cela n’a pas empêché une trentaine d’entre eux de succomber des suites directes de la radioactivité. Sous-entraînés, surmenés, peu informés des risques et complètement exposés, luttant contre la peur et la maladie, ils ont donné leur vie en tentant d’ensevelir pas moins de 200 tonnes de corium, 30 tonnes de poussière radioactive et 16 tonnes d’uranium et plutonium…

Le monument aux travailleurs du « sarcophage » devant le NSC achevé. |© Adam pl pour WikiCommons

C’est grâce au travail de ces héros de l’ombre que le reste de l’Europe, surtout à l’Est, n’est pas devenu un désert nucléaire dans les années qui ont suivi. Mais s’il s’est prouvé très efficace, ce “sarcophage” a également été soumis aux agressions des éléments. Si bien que dès 1999, le constat était devenu évident. Désormais endommagé au point d’en être irréparable à cause des niveaux de radiations toujours critiques, ce dernier rempart contre les agressions des neutrons finirait par s’écrouler, exposant ainsi son trésor maudit.

Il aura fallu près d’une décennie pour concevoir son remplaçant : en Septembre 2010, la construction du New Safe Confinment (NSC) est lancée. Plus haute que la statue de la Liberté, cette gigantesque structure à plus de deux milliards d’euros a été symboliquement conclu le 10 juillet dernier par Vinci Construction Grands Projets et Bouygues Travaux Publics.

Faire place nette sous cette nouvelle armure

Elle devrait offrir un siècle supplémentaire de marge de manœuvre. Pendant ce délai, la priorité sera le démantèlement de l’ancienne structure qu’elle surplombe, toujours dans un état de délabrement avancé. À cause de pièces manquantes oubliées dans la précipitation initiale et de la corrosion liée aux éléments, elle menace donc de s’écrouler d’une minute à l’autre. Il y a donc un risque d’endommager les structures de confinement existantes. Mais les ingénieurs ont tout prévu au moment de la construction du NSC : il est équipé de plusieurs grues, dont une spécialement dédiée à la démolition. Et elles ne seront pas de trop puisque les ingénieurs auront pas moins de 85 éléments à démanteler, pour un total de près de 2000 tonnes d’acier, de béton armé et de débris divers. Un travail de titan.

Une autre vue du sarcophage. La cheminée faisait partie du fameux réacteur 4. | © IAEA pour WikiCommons

La décontamination se fera à l’aide de filtres HEPA et de techniques avancées de sablage. Les déchets ultimes, trop radioactifs pour être décontaminés, seront pris en charge par Nukem Technologies, une entreprise germano-russe spécialisée de démantèlement nucléaire. L’opération devrait prendre plusieurs années. Une fois ce sarcophage démantelé, l’histoire de Tchernobyl ne s’arrêtera pas là pour autant : il faudra déjà commencer à envisager l’avenir post-NSC en continuant à réfléchir à la question du nucléaire dans son ensemble.

Par Antoine le 08 août 2019 à 14h00

Photo titre : La Shelter Structure, plus connue sous le nom de « sarcophage ». | © IAEA pour WikiCommons

https://www.journaldugeek.com/2019/08/08/tchernobyl-demantelement-sarcophage/

Août 09

FUKUSHIMA : DÉBUT DU RETRAIT DU CORIUM ENVISAGÉ EN 2021 DANS LE RÉACTEUR N°2

La structure étatique qui gère l’accident nucléaire et les compensations, la Nuclear Damage Compensation and Decommissioning Facilitation Corporation, estime qu’il sera possible de démarrer le retrait du corium dans le réacteur n°2 à partir de 2021. Juste pour les dix ans de la catastrophe.

Le réacteur n°2 serait plus approprié pour débuter, car c’est celui où il y a le plus d’images et de données. En février 2019, il a aussi été possible d’entrer en contact avec les débris qui jonchent le fond de l’enceinte de confinement.

Pour le réacteur n°2, une partie du corium serait resté dans la cuve, mais il n’y a pas d’image. Les opérations prévues ne concernent que l’enceinte de confinement pour le moment.

L’extraction se fera à l’aide d’un robot. Les déchets seraient mis dans de petits fûts métalliques et refroidis à sec sur le site de la centrale, en attendant de trouver un stockage définitif. Le détail des opérations devrait être fixé d’ici mars 2020, après avoir lancé de nouvelles explorations dans l’enceinte de confinement et extrait des échantillons de corium pour les analyser.

Publié le 9 août 2019

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

Août 09

FUKUSHIMA : EAU CONTAMINÉE : LES CUVES PLEINES À L’ÉTÉ 2022

Selon TEPCo, les cuves avec l’eau partiellement contaminée seront pleines à l’été 2022 au rythme actuel. Cela permettra au Japon de laisser passer les JO de 2020, car la situation serait “sous contrôle”, comme l’avait asséné le Premier ministre Japonais en septembre 2013, devant le comité Olympique. Ce n’est pas vraiment le cas, comme nous l’avons expliqué il y a quelques jours.

Une fois les JO passés, le Japon ne pourra plus procrastiner et devra trouver une solution. C’est le rejet dans l’océan qui a sa faveur, mais l’opposition est forte.

TEPCo va continuer à augmenter le nombre de cuves d’ici la fin de l’année 2020, afin de pouvoir y mettre 220 000 m3 supplémentaires, mais après, il n’y aura plus de place. En 2018, le stock a augmenté de 170 m3 par jour en moyenne.

L’annonce de TEPCo a pour but de pousser les autorités à trancher, juste avant une réunion sur le sujet. Le gouvernement réfléchirait à un site de stockage pour cette eau, mais personne ne l’acceptera. Il y a aussi le problème du transport, avec plus d’un million de mètres cubes déjà accumulés.

Publié le 8 août 2019

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

Août 09

COLOMBIE-BRITANNIQUE: LES FEUX DE FORÊT IMITENT UN CONFLIT NUCLÉAIRE

MONTRÉAL — Les feux de forêt qui ont ravagé la Colombie-Britannique en août 2017 ont généré tellement de fumée qu’ils ont permis aux scientifiques d’étudier l’impact que pourrait avoir un conflit nucléaire sur le climat, explique une nouvelle étude publiée par le journal Science.

Le nuage de type pyrocumulonimbus qui s’est formé était le plus gros jamais observé, estiment les chercheurs de l’université américaine Rutgers. Il aurait encerclé la majeure partie de l’hémisphère nord.

Quand la fumée a rejoint la partie inférieure de la stratosphère, la suie qu’elle contenait a commencé à absorber la radiation solaire. La chaleur ainsi générée a propulsé la fumée à une altitude variant entre 11 et 22 kilomètres en seulement deux mois. La fumée a perduré plus de huit mois, puisqu’il n’y a pas dans la stratosphère de pluie pour la dissiper.

Une telle injection de suie dans la stratosphère avait précédemment été envisagée comme le résultat d’une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie. La fumée générée par les villes qui brûlent aurait un impact sur le climat de la planète.

L’auteur principal de l’étude, le professeur Alan Robock, a prévenu dans un communiqué que même un affrontement nucléaire de petite envergure entre l’Inde et le Pakistan engendrerait «des changements climatiques sans précédent dans l’histoire humaine et une crise alimentaire mondiale».

Le nuage de fumée contenait environ 300 000 tonnes de suie. En comparaison, un affrontement entre l’Inde et le Pakistan produirait 15 millions de tonnes de suie. Une guerre entre les États-Unis et la Russie engendrerait 150 millions de tonnes de suie.

L’élévation rapide du nuage de fumée, sa propagation et les réactions photochimiques dans la couche d’ozone fournissent de nouveaux indices quant à l’impact sur le climat d’un conflit nucléaire, précisent les chercheurs.

Par La Presse Canadienne, publié le 9 août 2019

https://lactualite.com/actualites/colombie-britannique-les-feux-de-foret-imitent-un-conflit-nucleaire/

Août 09

RUSSIE: « BRÈVE HAUSSE » DE RADIOACTIVITÉ ET DEUX MORTS APRÈS UNE EXPLOSION DANS UNE BASE MILITAIRE

Moscou – Une explosion sur une base de lancement de missiles dans le Grand Nord russe, a provoqué jeudi une « brève hausse » de radioactivité localement, dont l’origine n’a pas été révélée, et fait deux morts, ont indiqué les autorités.

Dans un communiqué transmis aux agences de presse russes, le ministère de la Défense a indiqué qu’un accident avait eu lieu lors de l’essai d’un « moteur-fusée à ergols liquides« , ajoutant que deux « spécialistes sont morts des suites de leurs blessures » et que six ont été blessées dans cette explosion. 

« Il n’y a pas de contamination radioactive, les niveaux sont normaux« , a ajouté l’armée russe dans ce communiqué, ce qu’a également déclaré à l’AFP un porte-parole du gouverneur de la région d’Arkhangelsk. 

Deux heures plus tard, la mairie de la ville proche de Severodvinsk a toutefois assuré que ses capteurs avaient « enregistré une brève hausse de la radioactivité » à 11H50 (08H50 GMT). 

« Cette radioactivité est maintenant revenue à la normale« , a ajouté la mairie dans un communiqué. Selon elle, à 14H00 locales (11H00 GMT), les doses de radioactivité n’excédaient pas 0,11 microsievert par heure, la limite règlementaire d’exposition étant de 0,6 microsievert par heure. 

La mairie n’a pas précisé jusqu’à quel niveau était montée la radioactivité. Selon l’agence russe de protection des consommateurs (Rospotrebnadzor), citée par l’agence TASS, « il n’y a pas eu de niveau de pollution présentant des risques pour la santé publique« . 

La navigation des navires civils dans la baie de la Dvina, qui fait face à Severodvinsk, a toutefois été interdite pendant un mois jusqu’au 10 septembre, selon l’Administration des ports maritimes d’Arctique de l’Ouest qui gère cette zone de la Russie. (NDLR : bizarre, bizarre, surtout s’il n’y a « que » 0,11 microsievert par heure…)

D’après l’ONG Greenpeace, qui s’appuie sur un autre relevé des autorités locales, le niveau serait monté à 2 microsieverts par heure. L’association a indiqué avoir adressé une demande officielle à l’agence russe de protection des consommateurs pour connaître l’ampleur exacte et la cause de ces émanations.  

« Toutes les actions nécessaires ont été prises, le système de santé est prêt à apporter de l’aide aux blessés s’ils se déclarent« , a indiqué de son côté une porte-parole de la région d’Arkhangelsk. 

Le gouverneur de la région d’Arkhangelsk, Igor Orlov, avait d’abord annoncé à l’agence TASS « des blessés« , ajoutant que les services de secours ont été envoyés vers la petite ville de Nionoksa, où est située la base. Il avait aussi exclu une évacuation de Severodvinsk, une ville de 190.000 habitants. 

La base militaire de Nionoska est une base d’essais de missiles de la flotte russe ouverte en 1954, où sont notamment testés des missiles balistiques. 

Cette semaine, l’armée russe a déjà dû affronter l’incendie d’un dépôt de munitions dans la région de Krasnoïarsk en Sibérie, qui a causé des explosions impressionnantes envoyant des débris à des kilomètres à la ronde et faisant un mort et au moins huit blessés. Un autre dépôt de munitions avait explosé cette semaine dans la région de Krasnodar.

Par AFP , publié le 08/08/2019 à 16h46 , mis à jour à 19h02

Photo : Carte de Russie localisant Severodvinsk, où une explosion a eu lieu jeudi sur une base de lancement de missiles balistiques (afp.com)

https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/russie-breve-hausse-de-radioactivite-et-deux-morts-apres-une-explosion-dans-une-base-militaire_2093709.html

Août 09

PLOGOFF 25 AOÛT 2019: 6ÈME RANDONNÉE MEMOR STOURM PLOUGOÑ

Plogoff, 25 août 2019 : pour cette sixième rando, l’association Plogoff mémoire d’une LutteMemor Stourm Plougoñ » , et « Sortir du nucléaire Cornouaille », vous conduiront le dimanche 25 d’août sur le site de Feunteun Aod  à Plogoff.

  • 12h00 : pique-nique près de la plage de la Baie des Trépassés, vers la Pointe du Raz
  • 13h30 : départ de la rando vers le site de Feunteun Aod – sans centrale atomique
  • 16h00 : pause-goûter à Feunteu Aod
  • 17h00-19h00 : projection « le dossier Plogoff» à la maison de la pointe du Raz

Par Philippe Parisse, publié le 8 août 2019

https://7seizh.info/2019/08/08/plogoff-6eme-randonnee-memor-stourm-plougon/

Août 09

«LES POLYNÉSIENS SAURONT ÊTRE PRÉSENTS LORS DE LA VENUE DE MACRON»

L’association 193 dénonce, au travers d’un communiqué de presse, le silence des tavana durant le congrès des communes à Rikitea, sur le fait nucléaire et ses conséquences. L’association 193 annonce qu’elle accueillera d’ailleurs le Président Macron « pour manifester un autre son de cloche que celui que jouent ensemble sans scrupule l’État et le Pays ».

« Le fait nucléaire (…) la pièce majeure de l’Histoire du fenua »

L’association 193 considère qu’on ne peut dissocier le fait nucléaire du devenir des populations du fenua, sur le plan sanitaire et environnemental. Elle dénonce le fait que les organisateurs du 30ème congrès des communes n’aient pas « jugé utile de retenir cette problématique ». L’association 193 considère que les tavana ont tout simplement cautionné ce fait et ont esquivé le « sujet crucial des conséquences nucléaires » qui ont pour effet la souffrance de nombreuses familles. D’autant plus, précise-t-elle, que les tavana se sont réunis aux « frais des contribuables ».

« Les faux-semblants d’efforts du président et de son gouvernement »

L’association 193, dans son communiqué, égratigne aussi le président Édouard Fritch ainsi que son gouvernement, faisant état de « faux-semblants (…) de mensonges et mascarade par crainte de froisser l’État au risque de perdre des financements auxquels se greffent les Maires à la veille d’élections déterminantes pour leur maintien en fonction ! » L’association 193 appelle tous les élus du fenua à être « un peu audacieux » concernant le fait nucléaire. Cela apporterait selon elle, « un souffle nouveau à l’environnement politique et mettrait enfin l’État face à sa responsabilité pénale ».   

L’association 193 va accueillir Macron de pied ferme

L’association 193 estime que le fait de ne pas aborder la question du fait nucléaire et ses conséquences, surtout en présence des États et territoires insulaires du Pacifique ainsi que les représentants de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) au fenua, sert à « annihiler certains esprits ». L’association assure d’ailleurs dans son communiqué que « les Polynésiens ne sont pas dupes et sauront (…) être présents lors de la venue de Macron, Président de la République française, pour manifester un autre son de cloche que celui que jouent sans scrupule l’État et le Pays ! ».

Par Vaite Urarii Pambrun, publié le 7 août 2019 sur le site : https://www.radio1.pf/les-polynesiens-sauront-etre-presents-lors-de-la-venue-de-macron/

« Association 193 » – Tél 40 820 600 – BP 63762-98702 FAAA CENTRE – NT B24419 –

email : association193@gmail.com

Sites : www.association193.org,  – Facebook : association193

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

RÉACTION OFFICIELLE DE L’ASSOCIATION 193 suite aux propos du Président FRITCH sur la non compétence des Maires sur le Fait nucléaire.

Alors que le Fait nucléaire constitue la pièce majeure de l’Histoire du Fenua qui fait son aujourd’hui et le devenir de ses populations notamment sur les aspects sanitaires et environnementaux, les organisateurs du 30ème Congrès des Maires n’ont point jugé utile de retenir cette problématique au programme !

Des familles entières souffrent et déciment des suites des retombées radioactives, et malgré cette triste réalité, des Maires se sont rassemblés durant près d’une semaine, aux frais des contribuables, pour échanger sur l’Environnement, la place et le rôle du citoyen, en cautionnant d’esquiver le sujet crucial des conséquences des essais nucléaires, pourtant bien d’actualité et qui concerne l’ensemble des populations des 5 archipels !

Et quant au président FRITCH, alors interrogé sur ce point, sa seule motivation a été de se réfugier derrière une répartition statutaire de compétences ! « Les Maires et le Syndicat pour la promotion des communes n’ont pas effectivement retenu le sujet du nucléaire car ce n’est pas de sa compétence, c’est un problème qui lie le Pays et l’État (…) » (JT pol.1 du 04.08.19) !

En quoi est-ce que les Maires, 1ers Élus de proximité, ne sont-ils pas habilités à se soucier de leurs populations et de leur bien vivre lorsque l’on sait les conséquences dramatiques environnementales et sanitaires des 193 essais nucléaires français imposés ?

Lorsqu’un sujet d’une politique sectorielle transversale est retenu comme prioritaire, toutes les forces vives, que ce soit la Collectivité Polynésie et celles des Communes, n’hésitent pas à s’unir pour œuvrer ensemble, aussi, pourquoi sur le sujet du nucléaire demeure cette assourdissante complicité Pays/Communes/État ?

Ce constat n’est qu’une énième confirmation des faux semblants d’efforts du Président et de son gouvernement, de MENSONGES et MASCARADE par crainte de froisser l’État au risque de perdre des financements auxquels se greffent les Maires à la veille d’élections déterminantes pour leur maintien en fonction !

À QUAND UNE VRAIE ET PLEINE PRISE EN COMPTE DU FAIT NUCLÉAIRE ET DE SES CONSÉQUENCES DRAMATIQUES ?

AU PRÉSIDENT FRITCH ET SON GOUVERNEMENT, À TOUS LES MAIRES ET ÉLUS, LES POPULATIONS VOUS ONT REMIS LEUR CONFIANCE POUR ŒUVRER SUR TOUS LES PROBLÈMES LES CONCERNANT, ALORS, SOYEZ UN PEU AUDACIEUX, CELA APPORTERAIT PAR AILLEURS UN SOUFFLE NOUVEAU À L’ENVIRONNEMENT POLITIQUE ET METTRAIT ENFIN L’ÉTAT FACE À SA RESPONSABILITÉ PÉNALE !

Et, l’actualité se poursuivant, après le musellement de nos Élus locaux, voici que le Président sert aux Ministres de la santé du Pacifique en présence de Représentants de l’Organisme mondial de la santé (OMS), « l’offre cancer » co-financée par l’État français, stratagème d’une complicité si flagrante pour déjouer la culpabilité de cet État même, coupable de ces multiples cancers qui gangrènent en chaque polynésien, victime des 193 essais nucléaires français !

Mais, si tant est que toutes ces rencontres officielles ont pour objectif explicite d’annihiler certains esprits en omettant volontairement d’aborder le Fait nucléaire, CAUSE de tous ces MAUX, les polynésiens ne sont pas dupes et sauront, toutes confessions et associations confondues, toutes les bonnes volontés, être présents lors de la venue de MACRON, président de la République française, pour manifester un autre son de cloche que celui que jouent sans scrupule l’État et le Pays !

Août 09

COMMUNE DE SALIVES (21) : LE COLLECTIF ANTINUCLÉAIRE BLOQUE L’ENTRÉE DU CEA VALDUC

Le collectif regroupant diverses associations antinucléaires nationales et locales, et présent à Dijon depuis mardi, poursuivait ce jeudi matin la mobilisation dans le cadre de la commémoration annuelle des victimes des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki (6 et 9 août 1945).

Ils étaient un peu plus de 80 militants à s’être donné rendez-vous, à 11 heures, devant l’entrée du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) Valduc, à Salives, pour manifester leur rejet du nucléaire, civil et militaire, et demander la reconversion du site en un centre de recherches tournées vers les enjeux écologiques.

« C’est à Valduc que se fabriquent les têtes nucléaires, c’est ici qu’on les entretient », indique Patrice Bouveret, l’un des organisateurs du rassemblement et membre de l’Observatoire des armements.

Cette action visait également à faire entendre la volonté du collectif de voir Emmanuel Macron signer le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). « Macron, signe le traité » ou encore « Abolition des armes nucléaires » ont été entonnés par les manifestants qui n’ont toutefois pu avoir de contact avec la direction ou le personnel du CEA Valduc. Afin d’éviter toute dérive, 34 gendarmes veillaient à la sécurité du site.

Les manifestants ont organisé un « dying » (illustration de la mort) devant l’entrée du site de Valduc. Photo LBP /Valentin DRAULT

Le rassemblement s’est terminé en chanson avec le groupe lorrain les Bure-Haleurs.

Publié le 08/08/2019 à 13h44, mis à jour à 19h40

https://www.bienpublic.com/edition-tille-vingeanne/2019/08/08/salives-le-collectif-antinucleaire-bloque-l-entree-du-cea-valduc

Août 08

SANTÉ DE LA POPULATION : LES CONNIVENCES DE L’ARISTOCRATIE MÉDICALE AVEC LE NUCLÉAIRE, LE PÉTROLE, LA TÉLÉPHONIE,…

Ces médecins, qui déversent sur les plateaux télé la bonne parole, avaient créé un Diplôme Inter-Universitaire (DIU) de Santé Environnementale à Paris, validé par les plus hautes autorités de Santé et de l’Enseignement supérieur. Aujourd’hui le masque tombe : les 4 médecins avaient des liens étroits et de dépendances soit avec l’industrie du nucléaire, soit avec celle du pétrole, soit avec celle du bâtiment-travaux publics et téléphonie, l’un avait même tenté de psychiatriser les malades des Ondes à Hautes Fréquences (Linky, téléphonie hertzienne,…).

Le groupuscule de nantis et politiciens qui a fait sécession d’avec le reste de la société française est de plus en plus identifiable.

Une information concernant des médecins de renommée en dit long sur la démarche des tutelles françaises de santé. Ces « Professeurs » avaient créé un Diplôme Inter-Universitaire (DIU) de Santé Environnementale à Paris dont l’équipe responsables de cet enseignement diplômant (qui n’a pas duré longtemps) était composée de 4 médecins (Pr Aubier, Pr Aurengo, Pr Choudat et Dr Lambrozo) dont le Palmarès est significatif de la manipulation permanente de la population orchestrée par les lobbies. Revue et florilèges des liens entre les « sachants-experts » souvent promus à la tête d’Instituts et Commissions et les firmes industriels les plus nocives à la planète et à la vie.

1) le Pr Aurengo, connu pour ses positions controversées sur les ondes (téléphonie, Wi-Fi, Lynky) et les CEM (Champs Électros Magnétiques), est un endocrinologue, membre de l’Académie nationale de Médecine et membre de l’Académie des Sciences. Il a été administrateur d’EDF, président du Comité d’éthique d’EDF et du conseil médical  EDF-GDF. C’est aussi le Pr Aurengo qui a rédigé le 18 avril 2006, le rapport sur les conséquences de l’accident de Tchernobyl en France ( missions interministérielles du 25 février et du 6 août 2002) en concluant aucun impact significatif des retombées radioactives sur le sol français , donc sur la santé des populations … Il était aussi conseiller scientifique chez Bouygues. Lors de ses conférences sur les ondes, il ne citait que les auteurs prônant leur innocuité et occultait complètement le nom des éminents confrères qui au contraire en évoquaient les risques et les incertitudes (cf Le film Ondes de Choc de Klaus Scheidsteger). Il est d’ailleurs remarquable de noter qu’il ne fait jamais référence à ses propres travaux à ce sujet, et pour cause car il ne semble pas en avoir fait, ni ne semble avoir un jour reçu en consultations des patients en souffrance.

Le Dr Denis Fauconnier , médecin Corse , qui avait soulevé dès 1986 les problèmes thyroïdiens notamment chez les enfants en Corse avait démissionné du groupe de Travail qu’avait réuni le Pr Aurengo et dénoncé la mascarade…

2) Le Dr Lambrozo : on s’est toujours demandé ce qu’il faisait vraiment au sein de cette équipe et dans le cadre de cet enseignement qui se voulait global et général ! Expert auprès de la Cour d’appel de Paris, Il s’est mieux fait connaître en tant que médecin d’EDF Directeur du Service des Études Médicales, lorsqu’il a contribué à organiser une plainte avec la complicité de l’ordre des Médecins contre le Pr Belpomme, cancérologue, qui dirige une consultation pour EHS (électros sensibles) à la Clinique Labrouste-Alleray et conseille aux EHS de se protéger des ondes électromagnétiques et notamment de la nocivité des compteurs communicants comme le Linky. Le Dr Lambrozo a aussi présidé la section Rayonnements non ionisants de la Société Française de Radio Protection et est membre de la Bio Electromagnetics Society , de l’European Bio Electromagnetics Association, de la Société Nationale Française de Médecine Interne , de la Société française de Gériatrie et de Gérontologie. Il affirme en préambule de son ouvrage sur les effets délétères des ondes (« Champs électriques et magnétiques de fréquence 50-60 Hz et santé état actuel de nos connaissances » Volume 5, numéro 1, Janvier-Février 2006) : « Chez l’adulte, en exposition résidentielle comme professionnelle, il ne ressort pas de risque accru de tumeur, de troubles cardiaque, neuropsychologique ou reproductif. Chez l’enfant, dans la grande majorité des expositions résidentielles habituelles, l’hypothèse d’un risque de leucémie ou d’autres cancers a pu être levée« 

3) le Pr Aubier, chef de service de pneumologie au CHU Bichat, a été convoqué par les plus hautes instances judiciaires et ordinales pour conflit d’intérêt : il a minimisé les effets du diesel sur l’appareil respiratoire alors qu’il travaillait en même temps pour la Compagnie Total. Il a été condamné pour conflit d’intérêt et a notamment été démis de son poste de chef de service à Bichat. Il a été poursuivi et sanctionné pour faux témoignage devant une Commission du Sénat.

4) le Pr Choudat qui, sous réserve que l’information s’avère exacte, semblerait s’être attribué lui-même le titre de Professeur, n’a pas hésité à annoncer avec éclat et fierté la création d’une consultation pour EHS à l’hôpital Cochin dont il était le Chef de Service. Ces consultations ont consisté à recevoir des personne EHS, à enquêter sur leurs symptômes, et à ne rien proposer de plus qu’une prescription de séances en psychologie comportementale, voire psychiatrique. Après renseignements, ne sévissaient à ces consultations que des médecins du travail ne connaissant pas grand-chose sur les EHS et les CEM ainsi que des psychiatres qui avaient décidé que de tels patients ne relevaient que de cette spécialité. Cette consultation a ensuite été transférée à l’Hôtel Dieu.

N’y a-t-il pas un énorme problème de transparence et d’éthique dans notre système de santé publique ?  De tels conflits d’intérêt sont-ils supportables dans une démocratie ? Allons-nous continuer encore longtemps à supporter de tels mensonges et de telles manigances ?

Les collectifs des électro hypersensibles de France

Pour rappel :

L’actuelle ministre de la Santé, Agnès Buzin , était encore peu présidente du conseil d’administration de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (2008-2013) nommée par le gouvernement Fillon, membre du Comité de l’énergie atomique du Commissariat à l’énergie atomique (2009-2015), membre du conseil d’administration du CEA (2009), présidente du collège de la Haute Autorité de santé (2016-2017), de 1998 à mars 2011, elle organise un congrès annuel sur la greffe de moelle, tâche rémunérée par le laboratoire pharmaceutique Genzyme. De 2002 à 2006 elle dirige une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) travaillant sur l’immunologie des tumeurs à l’Institut Cochin. De 2005 à 2011, elle est également rémunérée pour intervenir dans des congrès concernant trois médicaments permettant de lutter contre la leucémie myéloïde chronique : le Glivec, le Tasigna (produits par Novartis) et le Sprycel (produit par Bristol-Myers Squibb). Elle entre au conseil consultatif (advisory board) de ce dernier médicament en 2007, et des deux autres en 2008, rôle qu’elle occupe jusqu’en mars 2011 tout en exerçant de nombreuses fonctions au sein d’organismes publics, ce que Le Canard enchaîné a qualifié ironiquement de « léger conflit d’intérêt ». Fin juin 2017, elle annonce porter de trois à onze le nombre de vaccins obligatoires pour les enfants. En septembre 2017 alors que trois millions de personnes prennent du Levothyrox (médicament visant à corriger notamment le manque d’hormones thyroïdiennes du fait de l’ablation liée souvent aux effets de la radioactivité) et que des milliers subissent des effets secondaires importants lié à la nouvelle formule dont les laboratoires Merks ont l’exclusivité du traitement en France, elle déclare qu’il est hors de question de revenir à l’ancienne formule. La ministre de la Santé et le ministre de l’Économie sont visés par une plainte déposée au tribunal de Grasse (Alpes-Maritime) pour « non-assistance à personne en danger« . Le 17 mars 2019, Agnès Buzyn évoque sur RTL l’idée d’un recul de l’âge légal de la retraite à 65 ans. En juillet 2019, à l’unisson de la Haute Autorité de santé quelle a précédemment présidé, elle annonce le déremboursement des préparations homéopathiques par la Sécurité sociale.

En janvier 2016, Agnès Buzyn, qui avait été rémunérée par trois laboratoires privés avant 2011 tout en occupant diverses positions dans des organismes publics, estime devant la commission des affaires sociales du Sénat français que l’obligation de déclarer publiquement tout conflit d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique instaurée en 2011 par la loi Bertrand afin de renforcer l’indépendance de l’expertise sanitaire publique serait devenue trop « handicapante » pour certains chercheurs qui « ne le supportent plus et refusent de venir aux expertises de l’INCA ». Selon elle, « vouloir des experts sans aucun lien avec l’industrie pharmaceutique pose la question de la compétence des experts». Irène Frachon, médecin à l’origine de la révélation du scandale du Mediator qui a conduit à la loi Bertrand, rétorque alors que ces « liens d’intérêts » peuvent conduire à ce que « des experts indiscutablement « compétents » [restent] solidaires d’un industriel lourdement criminel » et que la seule solution est de mieux rémunérer les chercheurs afin d’éviter leur « captation par l’industrie ».

Le mari d’Agnès Buzyn, Yves Lévy, a été nommé directeur général de l’Inserm le 11 juin 2014. Le renouvellement de ce mandat en 2018 provoque des accusations de conflits d’intérêts, compte-tenu du poste d’Agnès Buzyn comme ministre de la Santé. Face à l’écho suscité par ce conflit d’intérêt indirect, Yves Lévy annonce le 30 juillet 2018 sa décision de retirer sa candidature à un second mandat. Le 11 octobre 2018, comme « lot de consolation », il est nommé par le gouvernement É.Philippe conseiller d’État en service extraordinaire, sur proposition de Nicole Belloubet, ministre de la Justice, et collègue de son épouse au gouvernement. Ce poste lui permet ainsi de toucher entre 1 500 et 6 100 euros par mois (selon le nombre de réunions auxquelles il participe), tout en lui permettant de continuer son activité professionnelle de médecin et d’enseignant. À ce poste, Yves Lévy est invité à conseiller juridiquement le gouvernement, … sans avoir jamais pratiqué le droit public.

De son côté l’actuel Premier ministre, Édouard Philippe, est un ancien salarié d’Areva en charge du lobbying (« Directeur des Affaires publiques« ) de 2007 à 2010. Il militait pour le PS quand il était à « Science-Po » et avant son entrée à l’ENA puis fonde l’UMP avec Alain Juppé avant de devenir avocat et élu LR. Son gouvernement, dans le droit fil des précédents de Sarkozy et F.Hollande et autres depuis 1958, a octroyé à l’industrie atomique (Areva et EDF) 9 milliards d’euros pour leur éviter la faillite. Mais c’est vous salarié-es, chômeur-ses, retraité-es qui coûtez trop cher à la France et au patronat.

Par Rédaction le jeudi 8 août 2019 à 15h00 – NationalLien permanent

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/08/08/Les-connivences-de-l-aristocratie-m%C3%A9dicale-avec-le-nucl%C3%A9aire-et-le-p%C3%A9trole

Rappel: le contenu des articles n’engage que leur auteur.

Août 08

TRICASTIN : NON-RESPECT DES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION

Le 2 août 2019, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect des règles générales d’exploitation (RGE) du réacteur 2 de la centrale nucléaire du Tricastin.

L’analyse réalisée à postériori a mis en évidence un double non-respect des RGE :

  • non-respect du délai imposé par les RGE, pour procéder à la mise à l’arrêt du réacteur 2 à la suite de la découverte du dysfonctionnement d’un robinet d’injection d’eau de sécurité (RIS) ;
  • non-identification d’une indisponibilité générée dans la cadre de la gestion d’un aléa survenu pendant la phase de mise à l’arrêt.

Le 14 juillet 2019, EDF procédait à des essais périodiques du système de protection du réacteur (RPR) consistant à vérifier le bon fonctionnement de certains équipements. Lors de la manœuvre, depuis le pupitre de la salle de commande, d’un robinet du système RIS, ce dernier ne s’est pas fermé. En application des RGE, EDF a engagé les opérations de diminution de la pression et de la température du réacteur 2 pour amener le réacteur dans l’état sûr d’arrêt normal à froid.

Au cours des opérations de mise à l’arrêt, l’apparition d’une alarme en salle de commande puis le dysfonctionnement électrique d’une vanne ont entraîné l’interruption de ces opérations et nécessité l’intervention des équipes d’astreinte. La mise à l’arrêt dans un état sûr n’a repris qu’après le traitement de ces aléas.

De plus, l’application d’une vitesse de refroidissement trop faible par l’équipe de conduite a provoqué le dépassement de la durée autorisée pour les opérations de mise à l’arrêt.

Par ailleurs l’analyse a également mis en évidence, dans le cadre de la gestion d’un des aléas, que l’action engagée par les équipes d’astreinte a conduit à rendre indisponible le système de protection contre la dilution intempestive du circuit primaire, sans que cela n’ait été identifié.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur le personnel ou l’environnement.

En raison du non-respect des règles générales d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Pour rappel, EDF avait déjà déclaré le 17 juillet 2019 à l’ASN un événement classé au niveau 1 de l’échelle INES survenu dans le cadre de la gestion de la non fermeture du robinet du système RIS  (avis d’incident publié le 24 juillet 2019 – incident lié au non-respect du délai de réparation, une fois le réacteur amené dans l’état sûr demandé par les RGE)

Publié le 8 août 2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-des-regles-generales-d-exploitation30

Août 08

BELGIQUE : ANDENNE DIT « NON » AU PROJET DE TIHANGE

Namur: Les risques de faire de ce potentiel nouveau site un endroit de stockage définitif sont trop élevés.

Le Collège communal de la Ville d’Andenne a récemment notifié son avis défavorable dans le cadre de l’enquête publique portant sur un projet de stockage sur le site de la centrale de Tihange.

Ce dernier prévoit la construction de trois bâtiments destinés à la manutention ainsi qu’à l’entreposage temporaire d’emballages contenant du combustible nucléaire usé. Il prévoit également le stockage de combustibles usés qui ont passé 4 à 5 ans dans le cœur du réacteur puis deux ans minimum en piscine au sein de chaque unité. D’ici 2023, le stockage se ferait à sec dans des emballages métalliques qui procurent une protection contre les rayonnements ionisants. Le projet devrait permettre au site de Tihange d’obtenir une capacité d’entreposage additionnelle qui permettra, après l’arrêt définitif des centrales, de stocker à sec l’ensemble des assemblages de combustible usé.

L’ensemble du dossier a été examiné par la cellule environnement de la commune d’Andenne. « La situation projetée n’est pas idyllique sachant que les déchets radioactifs s’accumulent sur ce site de Tihange à quelques kilomètres de notre Ville. Pour le moment, le confinement actuel des déchets sur site évite que notre territoire ne soit directement traversé par des convois (train, camion, etc.) transportant des déchets nucléaires. Il est indispensable de voir le très long terme et de rejeter l’idée que le site de Tihange ne soit désigné, un jour, pour stocker indéfiniment les déchets issus des trois centrales nucléaires et/ou qu’il accueille d’autres déchets identiques venus d’autres sites. Il y a également une certitude sur la destination des déchets qui pour le moment restent confinés dans des conditions strictes et sous surveillance accrue », précise le service environnement dans son rapport.

En accord avec cette analyse, le Collège communal d’Andenne s’oppose fermement à ce projet qui représente un danger potentiel pour son territoire et son développement. La commune rejoint ainsi celles d’Engis, Nandrin, Verlaine et Amay en province de Liège qui s’étaient déjà opposées à ce projet.

Par Sébastien Monmart, publié le mercredi 07 août 2019 à 06h15 – Mis à jour le mercredi 07 août 2019 à 10h26

https://www.dhnet.be/regions/namur/andenne-dit-non-au-projet-de-tihange-5d499890f20d5a58a8ce214c

Août 07

FUKUSHIMA : INVISIBLES RETOMBÉES RADIOACTIVES

Sans des organisations indépendantes du lobby nucléaire, nous ne saurions pas grand-chose de la pollution radioactive. L’une d’elles, la Criirad, se mobilise depuis 1986 pour fournir des relevés fiables et informer la population des risques. Coup de projecteur sur 4 vidéos incontournables qui font le résumé de ce que l’on doit savoir sur les retombées.

Les catastrophes nucléaires comme celles de Tchernobyl et de Fukushima entrainent des rejets massifs de substances radioactives dans l’environnement et une contamination durable de vastes territoires. Elles s’accompagnent des mensonges sur la gravité des contaminations et sur l’ampleur des risques sanitaires. Les manipulations sont d’autant plus aisées que la radioactivité ne se voit pas. Compte tenu de son parc nucléaire vieillissant, la France est particulièrement concernée par les risques nucléaires. Produit par l’association CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la RADioactivité) et réalisé par Cris Ubermann, le film « Invisibles Retombées » s’appuie sur les missions conduites par le laboratoire de la CRIIRAD au Japon, pour rendre palpable cette radioactivité invisible et les conséquences pour les populations touchées par les retombées. Il rend compte des rencontres avec les habitants des zones contaminées et des mesures des niveaux de radiation effectuées à leur côté.

Dans sa version sur Youtube, le film est découpé en 4 séquences d’une dizaine de minutes :

Séquence 1 : « Des citoyens face aux mensonges » La CRIIRAD a été créée en 1986, en réaction aux mensonges du gouvernement français sur l’intensité des retombées radioactives sur le territoire français. Les travaux de son laboratoire ont permis d’établir les véritables cartes des retombées radioactives. En mars 2011, au moment de la catastrophe de Fukushima, la CRIIRAD est sollicitée par des citoyens japonais qui souhaitent se doter de radiamètres pour mesurer la radioactivité ambiante.

Séquence 2 : « Mission en territoire contaminé » En mai 2011, la CRIIRAD se rend au Japon et apporte des appareils qui permettent de contrôler la radioactivité des aliments. Quelques semaines après les retombées, le césium radioactif s’est infiltré jusqu’à une dizaine de centimètres de profondeur dans le sol.

Séquence 3 : « L’irradiation permanente » Les rayonnements gamma émis par les substances radioactives déposées sur les surfaces traversent les murs et irradient les habitants même lorsqu’ils sont à l’intérieur des bâtiments. Les habitants sont confrontés à des choix dramatiques : rester sur un territoire contaminé ou prendre la décision de le quitter.

Séquence 4 : « L’impossible décontamination » La décontamination totale n’est pas possible. Les populations vont donc être exposées pendant des décennies. En cohérence avec les recommandations internationales prises sous l’impulsion du lobby nucléaire français, les autorités Japonaises ont multiplié par 20 les normes de radioactivité acceptables en cas de retombées radioactives. Pour Naoto Kan, premier ministre du Japon au moment de la catastrophe de Fukushima, « il faut tout mettre en œuvre pour sortir du nucléaire. »

(Source : chaîne Youtube de la CRIIRAD)

Publié le 6 août 2019 sur : http://www.fukushima-blog.com/

Août 07

L’AUSTRALIE ACCUEILLERA-T-ELLE DES MISSILES AMÉRICAINS DE MOYENNE PORTÉE SUR SON SOL?

Après leur retrait du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), les États-Unis entendent déployer des missiles de moyenne portée en Asie, sauf apparemment en Australie. Un tel programme est susceptible de compromettre la sécurité dans la région, a déclaré à Sputnik le professeur Zhang Jiadong, de l’université Fudan à Shanghaï.

L’idée de déployer des missiles américains en Australie n’est pas à l’ordre du jour, a assuré le Premier ministre australien, Scott Morrison, à l’issue d’un entretien avec le nouveau chef du Pentagone, Mark Esper. Des experts estiment que cela placerait effectivement l’Australie, à la fois alliée de longue date des États-Unis et partenaire commercial majeur de la Chine, dans une position inconfortable. On ignore toutefois comment d’autres pays de la région vont réagir, a indiqué à Sputnik le spécialiste en relations internationales Zhang Jiadong, de l’université Fudan à Shanghaï.

Pas d’endroit en Asie pour déployer des missiles US

«Si l’Australie n’accepte pas d’accueillir sur son sol des missiles américains, on ne sait pas quelle sera la position d’autres États insulaires du Pacifique. Quoi qu’il en soit, les États-Unis ne pourront sans doute pas trouver en Asie un endroit pour déployer leurs missiles de moyenne portée. Ceux-ci pourraient être envoyés dans les installations militaires américaines sur l’île de Guam dans le Pacifique. Pourtant, ni la Corée du Sud, ni le Japon ne doivent les accueillir sur leur sol», a-t-il souligné.

Pour mémoire, Berlin s’oppose à un possible déploiement de missiles US à moyenne portée en Europe (© AP Photo / Gero Breloer)

Et d’ajouter que les missiles de moyenne portée étaient un armement strictement offensif qui n’avait aucune fonction défensive.

«Si ces pays acceptent chez eux le déploiement de ces missiles de moyenne portée, […] cela ne sera pas dans leur intérêt pour ce qui est de leur sécurité nationale. […] En encourageant ces desseins américains, on ne pourrait que compromettre la sécurité dans la région», a averti l’expert.

Et le programme nucléaire de Pyongyang?

Il a rappelé que ces dernières années, ces pays étaient énergiquement intervenus contre le programme nucléaire de la Corée du Nord, qui inclut de telles armes.

«Si maintenant, ils acceptent le déploiement de missiles de moyenne portée sur leur sol, leurs protestations d’autrefois contre le programme nucléaire de Pyongyang perdront tout leur sens. Comment en effet pourraient-ils dénoncer le programme nucléaire de la Corée du Nord, tout en encourageant les visées balistiques des États-Unis?», a résumé l’universitaire chinois.

Pékin a mis en garde les États-Unis contre un déploiement de missiles en Asie-Pacifique, tout en exhortant le Japon, la Corée du Sud et l’Australie, à la «prudence».

Pour rappel, le 2 août 2019, les États-Unis se sont officiellement retirés du Traité FNI.

Publié le 06.08.2019 à 22h07

https://fr.sputniknews.com/international/201908061041884444-laustralie-accueillera-t-elle-des-missiles-americains-de-moyenne-portee-sur-son-sol/

Août 07

TIRS DE MISSILES NORD-CORÉENS: UN « AVERTISSEMENT » À WASHINGTON ET À SÉOUL

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a déclaré que les derniers tirs de missiles de la Corée du Nord étaient un « avertissement » adressé à Washington et Séoul en raison de leurs manœuvres militaires conjointes, a rapporté mercredi l’agence officielle KCNA.

Ce dernier lancement de missiles a eu lieu mardi après que les forces américaines et sud-coréennes ont commencé la veille des manœuvres conjointes visant à tester la capacité de Séoul à avoir un contrôle opérationnel en temps de guerre.

Pyongyang avait prévenu que le lancement de ces manœuvres compromettrait la reprise annoncée des négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord sur l’arsenal nucléaire de Pyongyang.

La Corée du Nord a toujours réprouvé les manœuvres conjointes régulières qu’elle considère comme une préparation pour une éventuelle invasion de son territoire.

Mais jusqu’à présent elle s’était abstenue d’effectuer des essais de missiles pendant que ces exercices américano-sud-coréens étaient en cours.

« Missiles tactiques guidés »

 

 Photo fournie le 7 août 2019 par l’agence nord-coréenne Kcna montrant le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (c) observant un tir de missiles depuis un lieu non précisé / KCNA VIA KNS/AFP

KCNA a indiqué que M. Kim avait personnellement assisté au tir de missiles de mardi. L’essai a permis de vérifier « l’efficacité en temps de guerre » d' »un nouveau type de missiles tactiques guidés« , a-t-elle précisé.

« Se félicitant du succès de ce tir de démonstration, Kim Jong Un a noté que cette action militaire était une occasion d’adresser un avertissement approprié en direction des manœuvres militaires conjointes que mènent les États-Unis et la Corée du Sud« , a rapporté l’agence officielle.

Selon l’état-major interarmes des forces sud-coréennes, la Corée du Nord a tiré mardi deux projectiles « présumés être des missiles balistiques de courte portée » et qui se sont abattus en mer.

C’était la quatrième paire de missiles tirée par la Corée du Nord en moins de deux semaines, et Pyongyang a averti qu’il pourrait y en avoir d’autres.

Le président américain Donald Trump a minimisé ces divers tirs, soulignant qu’il s’agissait de missiles à courte portée et que ces essais ne constituaient pas une violation des engagements pris par M. Kim envers les États-Unis.

Après une année de tensions croissantes et de menaces mutuelles, Donald Trump et Kim Jong Un ont tenu en juin 2018 à Singapour un sommet historique à l’issue duquel M. Kim a signé un engagement, rédigé en termes vagues, dans lequel il s’engageait à œuvrer à « la dénucléarisation de la péninsule coréenne« .

Tirs de missiles nord-coréens / AFP

Un deuxième sommet, en février à Hanoï, a tourné court en raison d’un désaccord sur la question d’une levée des sanctions économiques auxquelles la Corée du Nord est soumise et des concessions que Pyongyang pourrait faire en contrepartie.

Lors d’une rencontre impromptue en juin à Panmunjom, dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées, MM. Trump et Kim ont décidé la reprise des négociations sur le nucléaire. Mais ces discussions n’ont pas encore recommencé.

Des analystes estiment que les activités militaires menées actuellement des deux côtés pourraient repousser la reprise des pourparlers à l’automne.

Et Pyongyang a fait savoir mardi que la motivation de la République populaire démocratie de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord) à discuter était impactée négativement par les manœuvres conjointes qui venaient de débuter.

« La situation qui prévaut refroidit considérablement notre désir d’appliquer les accords RPDC/États-Unis et les accords inter-coréens, ce qui affecte également les perspectives d’un futur dialogue« , a averti un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par KCNA.

« Violation flagrante« 

Pour Pyongyang, le lancement de ces manœuvres « est un déni non dissimulé et une violation flagrante » de plusieurs accords conclus entre Pyongyang et Washington, a indiqué l’agence.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, a minimisé mardi les protestations de Pyongyang. Les manœuvres conjointes en cours sont « conformes au partenariat que nous avons avec la Corée du Sud« , a-t-il dit.

« La Corée du Nord a poursuivi ses manœuvres avec la même intensité. Alors ils n’ont pas vraiment de raisons de se plaindre« , a déclaré M. Bolton sur la chaîne de télévision américaine Fox News.

Par afp, publié le 07/08/2019 à 01h35, modifié le 07/08/2019 à 06h59

https://www.la-croix.com/Monde/derniers-tirs-nord-coreens-sont-avertissement-Washington-Seoul-declare-Kim-2019-08-06-1301039759

Août 07

GRIGNY : INÈS LAKEHAL REPRÉSENTE SA VILLE À HIROSHIMA

Cette lycéenne de 17 ans a participé aux cérémonies de commémoration du 6 août au Japon avec l’ONG Mayors for peace et participe à une conférence pour la paix.

Pour Inès Lakehal, c’est « un rêve qui se réalise ». Cette lycéenne de 17 ans, très investie dans sa ville de Grigny, elle a fait partie du conseil municipal des collégiens, participe aux cérémonies de commémoration en y lisant des textes en public, et en 5e , elle avait rencontré des hibakusha , des survivants de la bombe nucléaire, ce qui l’avait fortement marquée. Le 6 août, elle représentait la commune aux cérémonies de commémoration du 6 août à Hiroshima et participe à « L’International youth conference for Peace in the Future » (NDLR : conférence internationale de la jeunesse pour la paix dans le futur).

Mémorial de la paix, Hiroshima

« Inès est la première grignoise qui part là-bas dans ce cadre. Elle a une appétence pour les questions de devoir de mémoire, de paix, c’est tout naturellement que nous lui avons proposé et son dossier a été retenu par Mayors for peace », relate le maire, Philippe Rio (PCF). Cette ONG a été fondée par les maires d’Hiroshima et de Nagasaki. Elle regroupe plus de 6 000 municipalités, dont 150 en France, de 160 pays. Le président de la branche française de l’association n’est autre que Philippe Rio. « Nous militons pour le désarmement nucléaire et le développement d’une culture de la paix et de la non-violence », explique l’édile.

Militer pour la paix

Inès passe actuellement une semaine au Japon en compagnie de 40 jeunes de toutes les nationalités. « J’ai dit oui tout de suite. C’est génial, se réjouit la lycéenne. Et je pars pour une bonne cause, pas juste pour mon loisir. Je vais rencontrer des gens de tous les pays. C’est primordial de rencontrer ses voisins pour la paix. C’est quand les peuples ne se connaissent pas qu’il y a des guerres. Quand on se connaît, on a moins en vie de se battre », nous confiait-elle la veille de son départ.

Inès s’est envolée samedi soir pour Hiroshima et reviendra le 12 août. « Là-bas, nous travaillerons en groupe afin de trouver des actions à mener en faveur de la paix. Nous allons visiter le Japon, passer deux jours dans une famille et participer aux cérémonies du 6 août », détaille la jeune femme.

Transmettre son expérience aux autres

« Je suis très fière de représenter ma ville. Je pense que je vais apprendre beaucoup de choses. » Et elle compte bien transmettre à d’autres son expérience : « À mon retour, je souhaite échanger avec d’autres jeunes ce que j’aurai vécu là-bas, parler de la paix… Je suis impatiente de transmettre, mener des actions. J’espère que ces petites actions auront un effet papillon… L’humanité est une grande famille, il faut la protéger de ce fléau qu’est la guerre. »

Par Sébastien Morelli, publié le 7 août 2019 à 11h18, modifié le 7 août 2019 à 11h28

Photo : Grigny, le 2 août 2019. Inès Lakehal est partie à Hiroshima avec l’association mondiale des maires pour la paix. LP/S.M.

http://www.leparisien.fr/essonne-91/grigny-ines-lakehal-represente-sa-ville-a-hiroshima-07-08-2019-8130006.php

Août 07

À TURIN, COMMÉMORATION DES VICTIMES D’HIROSHIMA ET DE NAGASAKI : DEMANDES DE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

Le mardi 6 août 2019, à l’occasion du 74ème anniversaire du bombardement étasunien de la ville japonaise d’Hiroshima (et de Nagasaki trois jours plus tard), une commémoration a eu lieu à Turin, en Italie, pour commémorer les victimes de cet immense tragédie.

Pressenza a contacté l’un des organisateurs de la célébration, le militant Giorgio Mancuso, qui a gentiment accepté de répondre à quelques questions.

Pressenza (PS): Comment est née l’idée de commémorer les victimes d’Hiroshima et de Nagasaki à Turin ?

Giorgio Mancuso (GM) : C’est un rendez-vous qui, depuis la campagne contre les armes atomiques lancée au début de ce siècle par le Mouvement Humaniste, fait presque constamment partie du calendrier d’été de Turin. Cet événement a pris un nouvel élan après 2017, parallèlement aux travaux de l’ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires), de la campagne Italia Ripensaci et du traité TIAN (Traité sur l’interdiction des armes nucléaires).

PS : Qui a organisé l’événement et avec quelles ressources ?

GM : L’événement a été organisé par la Maison Humaniste de Turin, le Message de Silo, le Parti Humaniste de Turin, la Convergence des Cultures et la Communauté pour le Développement humain. Tous sans ressources économiques, mais avec de grandes ressources humaines.

PS : À quelle heure et comment l’événement a-t-il eu lieu ?

GM : L’événement a commencé à 21h30 et s’est terminé vers 23h00 dans une soirée au climat et à l’atmosphère agréables.

PS : Qui a été invité et qui a participé à la commémoration ?

GM : L’invitation a été diffusée par le biais d’une campagne sociale. La Coordination piémontaise des citoyens, des associations, des autorités locales et des institutions contre l’énergie atomique, toutes les guerres et le terrorisme, un groupe de soixante-dix associations et individus, qui promeut l’adhésion de l’Italie au Traité TIAN, s’est immédiatement jointe à l’événement.

PS : Quelle est la position des autorités de la ville de Turin vis-à-vis d’une éventuelle interdiction des armes nucléaires ?

GM : Le conseil municipal de Turin a approuvé une résolution appelant le gouvernement et le parlement italiens à ratifier le traité TIAN. Une résolution similaire a été adoptée par le Conseil régional du Piémont.

PS : Que pensez-vous du retrait unilatéral des États-Unis des traités limitant la prolifération des armes nucléaires ?

GM : Les États-Unis, ainsi que la Russie et la Chine, s’opposent ouvertement à tous les traités qui pourraient limiter l’énergie nucléaire, ce qui représente un pivot important pour le maintien de leurs intérêts nationaux, y compris économiques.

PS : Que pensez-vous de la présence d’armes atomiques américaines sur le territoire italien dans les bases de Ghedi et Aviano ?

GM : Ils représentent un grave danger pour l’Italie parce qu’ils en font une cible atomique importante, ils peuvent provoquer des accidents nucléaires potentiels et ils sont entourés d’un secret militaire opaque.

PS : Considérez-vous la souveraineté actuelle de l’Italie comme réelle ou formelle ?

GM : L’Italie n’a aucune souveraineté sur les armes nucléaires installées sur son territoire. Ils sont à la disposition de la chaîne de commandement de l’OTAN, en particulier des États-Unis.

PS : Que faire pour commémorer véritablement les victimes d’Hiroshima et de Nagasaki, afin qu’une telle barbarie ne se reproduise plus jamais ?

GM : Le meilleur instrument dont nous disposons actuellement en tant que pacifistes non-violents est la signature du Traité TIAN sur l’interdiction des armes nucléaires. Faire pression sur les parlements et les gouvernements pour qu’ils l’approuvent est l’une des campagnes les plus importantes pour l’avenir de l’humanité.

PS : Merci, Monsieur Mancuso, pour vos aimables réponses.

GM : Merci à Pressenza pour l’interview.

Par Rédaction France, Turin, Italie  publié le 07.08.2019

Crédit image : Pressenza

https://www.pressenza.com/fr/2019/08/a-turin-commemoration-des-victimes-dhiroshima-et-de-nagasaki-demandes-de-desarmement-nucleaire/

Août 07

NOTES SUR UN ÉTRANGLEMENT NUCLÉAIRE

5 août 2019 – Nous revenons sur la situation des relations internationales à la lumière de la posture extrêmement dynamique et belliciste prise par les USA, – comme vue hier, – depuis leur sortie officielle le 2 août du traité FNI, et la réduction à néant de ce traité du fait de leur action déterminée, destructrice et entropique, depuis octobre dernier. 

D’abord, les réactions des partenaires des USA dans le traité FNI, soit les Russes eux-mêmes.

  • Gorbatchev, vénérable reste d’une époque révolue, puisque signataire avec Reagan du traité : « Il est peu probable que la fin du traité bénéficie à la communauté internationale. C’est un choix qui menace la sécurité non seulement en Europe, mais aussi dans le monde entier. […] Il subsistait quelques lueurs d’espoir du côté de nos partenaires, mais elles n’ont malheureusement rien donné. Je crois qu’à présent nous pouvons tous constater qu’un coup a été porté à la sécurité stratégique. […] Cette décision américaine sera porteuse d’incertitudes et mènera à un développement chaotique sur la scène internationale.»
  • Ce langage, extraordinairement insipide et conformiste (Politiquement-Correct [PC] ?) est entièrement adopté et partagé par Poutine, avec ses exaltantes déclarations devant la folie-USA qui  se développe tambour-battant et dans un bruit infernal de déclarations agressives. Poutine tient à préciser que la Russie respectera tous les engagements du traité FNI comme s’il était encore en vigueur, mais que, bien entendu, – et là, le ton change, – elle suivra à la trace les développements du côté US et réagira instantanément par des mesures équivalentes à chaque initiative hors-traité que prendront les USA : « Nous ne renonçons pas à nos obligations unilatéralesa déclaré Poutine[…] Toutes nos actions seront uniquement réciproques et ne seront que des réponses… La Russie sera contrainte de mettre au point des missiles analogues [à ceux développés par les États-Unis]. »

Les services d’évaluation russes suivront donc au plus près les décisions US « dans la mise au point, la production et le déploiement de missiles à portée intermédiaire et à courte portée », – et ils auront beaucoup de travail. À côté des bonnes intentions russes émises par Poutine, il reste selon lui, et cette fois sur un ton sévère sinon dramatique, que les intentions et les actes US « qui ont conduit à la liquidation du Traité sur les missiles à portée intermédiaire entraîneront inévitablement une dévaluation, une déstabilisation de toute la structure sous-tendant la sécurité mondiale, y compris le Traité sur les armes stratégiques offensives et le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires ».

Un second front nucléaire pour la Russie

Contrairement au vague et à la prudence des paroles officielles, les analyses d’experts russes sont beaucoup plus abruptes et alarmistes, notamment devant cette dimension asiatique de l’évolution US post-FNI. Que ces experts soient ou non proches du pouvoir n’importe guère, la question relevant des intérêts fondamentaux de la sécurité nationale de la Russie qui transcendent, surtout dans un tel, pays, les clivages politiques.

Un article de Nezavisimaya Gazeta que rapporte Tass le 5 août 2019 met en évidence, au travers des paroles de deux experts, ce sentiment d’extrême urgence et de “second front” de la menace nucléaire immédiate contre la Russie elle-même qu’ouvrirait/ouvrira le déploiement de missiles de moyenne portée US présentés comme “destinés” à la Chine. Il y a là un sentiment de l’inéluctabilité de la communauté des destins stratégiques chinois et russes immédiats face aux USA, et très rapidement puisque le secrétaire US à la défense voudrait ses nouveaux missiles “dans les mois qui viennent” si c’était possible, – raisonnablement, dans un an-deux ans.

« …Étant donné l’emplacement des bases militaires étrangères des États-Unis, il est facile de supposer que des missiles seront très probablement déployés en Corée du Sud, au Japon et probablement en Afghanistan. Les pays d’Extrême-Orient qui soutiennent Washington cherchent depuis longtemps à renforcer leur sécurité militaire, notamment contre la Chine. Quant à l’Afghanistan, c’est l’endroit idéal pour le Pentagone, puisque tout renforcement et déploiement militaires peuvent être attribués à la guerre contre le terrorisme.
«  “Si les missiles américains que l’INF utilisés pour couvrir les missiles sont déployés au Japon, cela créera des menaces non seulement pour la Chine, mais aussi pour les installations et bases militaires stratégiques de la Russie en Extrême-Orient « , a déclaré un expert militaire, le général Youri Netkachev à Nezavisimaya Gazeta. Il a souligné que des missiles à portée intermédiaire américains seraient probablement ciblés sur les installations et les bases de la flotte du Pacifique où sont stationnées les forces nucléaires stratégiques russes. “Les missiles que les États-Unis pourraient déployer en Afghanistan constitueront une menace particulière pour nos garnisons militaires permanentes et nos installations stratégiques dans le sud de l’Oural et en Sibérie occidentale”, a conclu avec préoccupation cet expert. »
«  “Nos experts militaires et le public des pays de l’OTAN étaient préoccupés par la sécurité européenne à la lumière de l’effondrement de l’INF. Et maintenant, il s’avère que la Russie devra faire face aux menaces militaires américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale également”, a déclaré un autre expert militaire, le colonel Vladimir Popov. Il a souligné qu’à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique, les États-Unis avaient installé des bases militaires à Khanabad (Ouzbékistan) et à Manas (Kirghizistan). “Dieu merci, elles ont été fermées. Cependant, les Américains pourraient avoir l’intention d’établir de nouvelles bases dans d’autres pays de l’ex-Union soviétique, en particulier en Géorgie et en Azerbaïdjan, et dans d’anciens membres du Pacte de Varsovie”, a noté l’expert. »

La Chine au centre du drame

On en vient maintenant à la réaction de la Chine, principale intéressée de cette évolution à la lumière du déplacement et des déclarations d’un nouveau tandem, Pompeo-Esper, en déplacement dans les pays “sous contrôle” dans la zone Pacifique-Asie. Pour mesurer cette réaction chinoise, il faut se tourner vers les canaux “officieux-officiels”, c’est-à-dire les courroies de transmission chargés de dire tout haut ce que les dirigeants pensent tout bas et ne disent pas officiellement. Un éditorial du 4 août 2019 de Global Times fait l’affaire ; le quotidien est officieusement reconnu comme porte-parole très officieux de la direction chinoise, et dénué des douceurs diplomatiques de langage habituellement pratiquées.

L’article vaut citation quasi-intégrale. Il est très riche et nous dévoile la pensée conceptuelle chinoise, à la fois sur la politique US et ce que nous traduisons par “son influence crisique, sur les pays “sous contrôle” US dont on suppose qu’ils seront sollicités pour recevoir des missiles US, enfin sur la Chine elle-même, son poids, son rôle prépondérant et irrésistible dans la zone.

On notera également, et ce n’est certainement pas une inattention ou un accident de langage, d’autant que cela est répété, que la Chine et la Russie sont considérées ensemble par le Global Times lorsqu’il s’agit de l’enjeu stratégique suprême et même les actions de riposte contre les pays qui s’aligneraient sur les USA. Le langage est autoritaire à cet égard, mais on ne le verra pas nécessairement comme une mainmise de la Chine sur la Russie. Nous serions plus simples et plus directs à cet égard, interprétant simplement le message comme ceci, de la Chine à la Russie : “Chers amis, nous sommes dans le même bateau, et l’ouragan se lève très, très rapidement….

« Les États-Unis poursuivent avec avidité la recherche d’une supériorité militaire absolue et universelle pour consolider leur hégémonie. Il refuse d’accepter tout rapport de force relatif. Un pays aussi têtu et dominateur est devenu la principale source d’instabilité de l’Asie.
«  Le déploiement américain de missiles [offensifs] à portée intermédiaire en Asie pulvérisera le statu quo dans la plupart des cas. En plus d’une course aux armements, le chaos géopolitique risque d’en résulter. […] Tout pays acceptant le déploiement des États-Unis serait contre la Chine et la Russie, directement ou indirectement, et se porterait des coups terribles contre lui-même.
«  Il est prévisible que Washington considérera Tokyo et Séoul et leur demandera d’accepter le déploiement. Mais par rapport aux pays d’Europe antagoniste de l’Union soviétique et du Pacte de Varsovie pendant la Guerre Froide, le Japon et la Corée du Sud prendront beaucoup plus de risques et auront beaucoup plus à perdre face à la Chine et la Russie. La Chine est l’un des principaux partenaires commerciaux de ces deux États. S’ils aident les États-Unis à menacer la Chine et la Russie, les représailles de la part de la Chine et de la Russie entraîneront au moins autant de pertes pour leurs intérêts nationaux que celles qu’ils subiraient en ne cédant pas aux pressions américaines. 
« L’Asie est la région qui connaît la croissance la plus rapide au monde aujourd’hui. Bien que les relations interétatiques entre les pays asiatiques semblent plutôt compliquées, un réseau dans lequel les membres se soutiennent et se favorisent mutuellement a été établi, et la Chine est au centre de ce système. L’intention de Washington de frapper la Chine est en fait une tentative de détruire le système qui crée la prospérité. Les États-Unis transmuent leur influence crisique en affrontement entre pays asiatiques.
«  Les pays asiatiques doivent collectivement résister à la tentative des États-Unis de créer une nouvelle crise dans cette région et l’empêcher de provoquer des courses aux armements extrêmes et de forcer tous les pays à prendre parti. Le Japon et la Corée du Sud en particulier doivent rester raisonnables. Leurs intérêts ont été diversifiés en raison du développement vigoureux de l’Asie. Les États-Unis ne sont plus leur seule source d’expansion. Les relations des deux pays avec la Chine et la Russie sont largement harmonieuses et la coopération économique se développe. Ce serait leur cauchemar s’ils suivaient les États-Unis dans une nouvelle guerre froide.
« Les États-Unis doivent accepter la montée en puissance de la Chine et d’autres pays asiatiques. Ils ne devraient pas chercher à contraindre les États asiatiques, y compris la Chine et la Russie. En fait, nous ne pensons pas que les États-Unis puissent réussir à rallier leurs alliés asiatiques à leur cause, même si Washington persiste. Ses alliés asiatiques espèrent maintenir des relations avec les États-Unis et la Chine, et sont réticents à prendre parti. 
La puissance économique de la Chine peut soutenir un budget de défense beaucoup plus important qu’aujourd’hui. Les États-Unis ne devraient pas se lancer dans un nouveau jeu perdant-perdant dans une course aux armements asiatique devenant incontrôlable. Cela ne fera que forcer la Chine à construire un super arsenal d’armes, certainement pas en accord avec les intérêts américains à long terme.
« On doit penser que la Chine et la Russie renforceront leur coordination stratégique et s’uniront pour résister au plan américain. On doit espérer que le Japon et la Corée du Sud n’accepteront pas de servir de chair à canon de la politique asiatique agressive des États-Unis. »

Les “trois petits singes” sud-coréens

Les pays nommément désignés par la Chine, essentiellement le Japon et la Corée du Sud, se trouvent très certainement dans une position extraordinairement inconfortable. Pour prendre des situations historiquement similaires, on dira que leur attitude, – surtout pour ce qui concerne la Corée du Sud, – n’a rien à voir avec l’attitude vis-à-vis de la Russie des anciens pays du Pacte de Varsovie ou des anciennes “Républiques Soviétiques” intégrées de force dans l’URSS. Ni le Japon ni la Corée du Sud n’ont été les vassaux de la Chine, comme l’ont été la Pologne ou les pays baltes pendant la période de la Guerre Froide, et désormais membres de l’OTAN.

Aujourd’hui, les relations de ces deux pays avec la Chine sont plus ou moins acceptables selon les périodes, et n’ont rien de commun avec l’hostilité antirusse débridée des anciens satellites de l’URSS. Dans cette logique, la puissance et la prépondérance économique chinoise dans la zone a été évidemment acceptée, et également sa posture stratégique. C’est dire si une demande US d’installer des missiles de portée intermédiaire pointés vers la Chine constituerait pour eux un dilemme absolument catastrophique ; l’article de Global Times ne se gêne pas pour le leur dire, de le leur rappeler, de le leur détailler, insistant lourdement à cet égard.

Les Coréens du Sud, plus concernés que n’importe qui d’autre, croisent donc les doigts. Ils interprètent avec zèle la partition des “trois petits singes”, ou “Singes de la Sagesse”, en nous disant “Je n’ai rien vu, je n’ai rien entendu et je n’ai rien dit”, – sinon ce que je vous dis ce 5 août 2019

« La Corée du Sud “n’a eu aucune discussion officielle avec les États-Unis sur l’introduction possible de missiles à portée intermédiaire”. “Nous n’avons pas examiné cette question en interne et ne prévoyons pas de le faire”, a déclaré la porte-parole du ministère [sud-coréen de la défense], Choi Hyun-soo, lors d’un point de presse.
« La position de base du gouvernement sud-coréen sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne n’a pas changé, a-t-elle assuré. […]
« Interrogée sur la possibilité des discussions sur cette question entre M. Esper et le ministre sud-coréen de la Défense, Jeong Kyeong-doo, lors de leur rencontre prévue vendredi à Séoul, Mme Choi a dit avoir été informée que ce sujet ne figurera pas au programme de cet entretien. »

Une nouvelle stature : Mark Ester

C’est donc une partie extraordinairement délicate qui s’engage, avec les USA sur une ligne quasiment hystérique qu’on ne peut qualifier que du mot de “folie” dans son sens le plus large, représentant effectivement d’une façon et d’un comportement qui n’ont aucun équivalent nulle part dans l’extrémisme de leur violence entropique dans laquelle on reconnaît le comportement propre à la modernité transformant la postmodernité en anéantissement.

Ce n’est pas un hasard évidemment si nous avons proposé la traduction “son influence crisique” pour l’expression en anglais de l’article du Global Times de l’expression “sense of crisis”. (La phrase « The US is turning its sense of crisis into confrontations among Asian countries » traduite par « Les États-Unis transmuent leur influence crisique en affrontements entre pays asiatiques. ») Il s’agit effectivement d’une interprétation à la fois psychologique et pathologique selon laquelle les Chinois sentent bien que les USA n’ont plus de politique, mais une pathologie furieuse pour installer partout des crises, et éventuellement déchaîner leur violence et rechercher l’affrontement suprême.

L’opération est parfaitement minutée :la sortie du traité FNI est instantanément transformée en crise qui affecte, tout aussi instantanément la Chine et la Russie ; et, par voie de conséquence et comme un incendie par vent de mistral, qui affecte les pions “sous contrôle”, c’est-à-dire principalement le Japon et la Corée du Sud ; et, de l’autre côté, – au fait, s’en est-on aperçu ? – l’Europe dans son entièreté, désormais ramenée aux pires temps de la crise des Euromissiles – mais quoi, l’on est bien assez occupé à faire la leçon à Moscou pour les opposants arrêtés dans les rues de Moscou pour manifestation non-autorisées, nous qui veillons si jalousement sur le droit des Gilets-Jaunes à manifester sans autorisation… Pour l’Europe, les “trois petits singes” sont les “Singes de la Couardise”.

Il faut signaler un élément humain qui nous paraît de grande importance : l’émergence, en quelques jours, d’un poids lourd de l’équipe de sécurité nationale de Trump, dans le sens du renforcement de l’agressivité, du poids de pression, du bellicisme de cette équipe, avec le nouveau secrétaire à la défense Mark Esper. Autant, après le départ de Mattis, le Pentagones a flotté avec un secrétaire à la défense par intérim extrêmement incertain (Patrick Shanahan), autant Esper semble taillé pour compléter Bolton-Pompeo, et même pour jouer un rôle central dans l’élaboration de la politique agressive et belliciste qu’a lancée la doublette initiale. Esper est un ancien officier, un colonel couturé de décoration au combat, devenu ensuite épisodiquement fonctionnaire mais surtout lobbyiste qui s’est fixé sur la représentation de Raytheon. (Raytheon, cela n’étonnera personne, joue un rôle essentiel dans la mise en point des nouveaux missiles à portée intermédiaire) Esper est aussi un idéologue, ultra-dur, et une forte personnalité qui a quelque chose (jusqu’au physique) de Donald Rumsfeld. Il est parfait pour accélérer la chute complète dans la folie de destruction du système de l’américanisme.

… Il en a notamment le cynisme également à la manière de Rumsfeld, comme nous le rappelle un éditorial du 19 juillet 2019 du site Strategic-Culture.org : « Au cours des audiences sénatoriales de cette semaine, Esper a ouvertement révélé sa forme de pensée cynique et le genre de politique qu’il mènera en tant que chef du Pentagone. Il a déclaré aux sénateurs crédules que la Russie était à blâmer pour l’effondrement du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). […] Puis, dans une précision contradictoire par inadvertance ou par indifférence, il a indiqué que les États-Unis devaient sortir du traité FNI afin de développer des missiles à moyenne portée pour “contrer la Chine”. Cette affirmation explique l’objectif cynique qui a poussé l’administration Trump à abandonner unilatéralement le traité. Il ne s’agit pas de violations présumées du traité par la Russie ; la véritable raison est que les États-Unis doivent obtenir une plus grande liberté pour affronter la Chine. »

Ainsi l’équipe de sécurité nationale d’inspiration boltonienne se trouve renforcée par un segment de poids, rien de moins que le Pentagone jusqu’alors plutôt modéré. Trump laisse faire parce qu’il a été entièrement convaincu par le discours Esper-Pompeo selon lequel la puissance militaire doit imposer au “partenaire” les règles commerciales qu’on a préparées pour lui, – et quoi, y compris la puissance militaire” jusqu’à des frappes nucléaires ? Dans tous les cas, tout est prêt pour aller dans ce sens avec la nouvelle poussée maximale pour constituer une catégorie nucléaire intermédiaire qui fut, durant la Guerre Froide, la cause des deux plus graves crises nucléaires, – celle de Cuba en 1962 et celle des euromissiles en 1979-1984.

L’“influence crisique” des USA, à partir d’une production crisique maximale sans aucun frein de la raison ou du sens commun, trouve dans ce domaine, dans ce type d’armement, le meilleur terrain dont on puisse rêver pour parvenir à un conflit où l’on passerait au nucléaire “par une porte dérobée”, sans monter aussitôt au nucléaire stratégique de l’anéantissement réciproque. Plus que jamais et toujours plus, se poursuit la course entre les risques de guerre globale et d’anéantissement, et le désordre intérieur des USA qui se poursuit en ne cessant d’accélérer, dans une atmosphère de haine et de tension intérieures extraordinaires, et des perspectives de plus en plus catastrophiques…

Cela, comme le dit Doug Casey, fondateur de Casey Research qui fait autorité, lors d’une émission Kitko News le 5 août 2019 : « Je pense que nous nous dirigeons vers un désastre [économique et financier] aux proportions véritablement historiques… […] Le niveau d’animosité actuelle dans la population divisée comme jamais auparavant peut être comparé à une guerre civile. »

Croisons les doigts avec les “Singes de la Sagesse” pour que cela se produise effectivement (la “guerre civile” en prime time).

Publié le 5 août 2019

https://www.dedefensa.org/article/notes-sur-un-etranglement-nucleaire

NOTE : Cet article est publié sous la responsabilité exclusive de son auteur.

Août 06

BELGIQUE : À TOURNAI, LE DRAPEAU A ÉTÉ HISSÉ AU MOMENT OÙ LES ARMES NUCLÉAIRES FURENT DÉPLOYÉES

Ce mardi, le drapeau des Maires pour la Paix a été posé sur la façade de l’Hôtel de Ville de Tournai à 8h15 précises, moment où les armes nucléaires furent déployées à Hiroshima en 1945. 

Ce symbole sera abaissé ce 9 août à 11h02, moment de la seconde frappe nucléaire sur la ville japonaise de Nagasaki. Depuis 2007, la ville de Tournai adhère au réseau mondial des Maires pour la Paix. Il s’agit d’un réseau international de villes du monde entier qui, sous la présidence des villes japonaises d’Hiroshima et Nagasaki, promeut principalement le désarmement nucléaire.

Aujourd’hui, le réseau compte 7.709 membres dans 163 pays. La Belgique compte 375 membres dont Tournai.

Par B.T., publié le mardi 06 août 2019 à 11h02

https://www.dhnet.be/regions/tournai-ath-mouscron/tournai-le-drapeau-a-ete-hisse-au-moment-ou-les-armes-nucleaires-furent-deployees-5d4941a29978e254e25248a8

Août 06

INTERVIEW DE BERNARD NORLAIN : PAIX ET DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE [3/3]

En ce 6 août 2019, journée de commémoration du bombardement d’Hiroshima, nous publions la troisième partie de l’interview de Bernard Norlain, vice-président d’Initiatives pour le Désarmement Nucléaire, interview réalisée lors de la projection du film « La bombe et nous » à Pessac.

Pressenza : Vous faites des conférences à travers le monde. Constatez-vous toujours que le lien est fait entre le désarmement nucléaire et la Paix ?

Bernard Norlain : Oui bien sûr, parce que c’est un seul et même processus.

C’est le cas pour toutes les organisations, toutes les conférences auxquelles je participe, tous les mouvements internationaux, des organisations qui sont quelquefois très importantes, très efficaces.

Je vous rappelle que l’organisation ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons, Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires), a reçu le prix Nobel de la Paix très récemment. (*)

Ce sont des mouvements qui sont très importants, très écoutés, très entendus.

Bien sûr, tout cela participe d’un mouvement général pour améliorer la sécurité internationale, la sécurité dans le monde.

L’arme nucléaire, c’est quand même le premier des dangers auxquels est confrontée la planète.

C’est le plus urgent, c’est la menace la plus dangereuse.

Récemment, un grand scientifique américain a classé le risque de conflit nucléaire en première position dans la série des quatre risques qu’il envisage.

Donc on voit bien qu’il y a une véritable urgence qui est une véritable menace qui pèse sur la planète en termes de sécurité, avec les armements nucléaires.

C’est vraiment quelque chose de très important, et qui est très lié aussi à tout ce qui concerne tous les mouvements sur l’environnement, le changement climatique. Parce que s’il y a une menace sur l’environnement, s’il y a une menace avec le changement climatique, tout cela risque d’engendrer des conflits de toutes natures : des conflits sur l’eau, des conflits sur le problème d’immigration, les problèmes de faim, etc.

Donc on voit bien qu’avec ces conflits, dans la mesure où il y a des armements nucléaires qui existent, sans même qu’un conflit soit engagé, ces armes représentent un risque potentiel énorme.

Or le problème des conflits nucléaires comme vous le savez, ce sont les conséquences immédiates en termes de millions de morts, mais aussi sur une très longue durée, en termes d’effets des radiations sur des générations et des générations, et évidemment sur tout ce qui concerne l’environnement d’une façon générale.

Donc la lutte pour le désarmement nucléaire fait partie vraiment du processus qui permet d’essayer d’améliorer la paix dans le monde, d’améliorer la sécurité dans le monde de façon tout à fait importante.

Nous remercions Bernard Norlain et l’association IDN pour cette interview.

(*) http://icanfrance.org/

Par la Rédaction Bordeaux, publié le 06.08.2019

Pour voir la vidéo (5mn43s) de Xavier Foreau, cliquer sur : https://www.pressenza.com/fr/2019/08/interview-de-bernard-norlain-paix-et-desarmement-nucleaire-3-3/

Les deux articles précédents de l’interview :

première partie
deuxième partie

Août 06

L’IRAN RÉVÈLE TROIS NOUVEAUX TYPES DE MISSILES TÉLÉGUIDÉS POUR RÉPONDRE À LA « PERFIDIE » DES ÉTATS-UNIS

La présentation de ces missiles intervient dans un contexte de fortes tensions entre les deux pays. 

Les tensions ne sont pas près de s’apaiser. L’Iran a révélé mardi 6 août trois nouveaux types de missiles téléguidés de précision, dans le but de montrer que le pays est prêt à se défendre face « à la perfidie et aux conspirations«  des États-Unis, annonce Amir Hatami, le ministre iranien de la Défense.

La présentation de ces missiles est « une nouvelle importante réussite en termes de pouvoir et dignité pour la République islamique de l’Iran », s’est félicité le ministre, cité par l’agence de presse iranienne Fars. « Cela prouve qu’en dépit de la perfidie et des conspirations du Grand Satan américain et de ses mercenaires, le ministère de la Défense n’hésitera pas un instant à défendre la République islamique et à renforcer la sécurité », a-t-il déclaré.

La présentation de ces nouveaux missiles intervient alors que l’Iran et les États-Unis connaissent de fortes tensions depuis le retrait unilatéral de Washington, en mai 2018, de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et le rétablissement de lourdes sanctions américaines contre Téhéran.

« Yassin« , « Balaban » et « Ghaem » 

Les trois types de missiles – nommés « Yassin« , « Balaban » et « Ghaem » – ont été élaborés par le ministère et Sa-Iran, une entreprise d’État liée au secteur de la défense.

Les missiles « Yassin » sont téléguidés, avec des ailes rétractables. Leur portée va jusqu’à 50 km et ils peuvent être tirés d’un appareil avec ou sans pilote, selon Fars.

Les « Balaban » sont guidés par des GPS et capteurs, avec des ailes rétractables et peuvent être installés sous les avions. Les « Ghaem » sont des missiles à guidage thermique dont la précision de frappe est d’environ 50 cm.

Par franceinfo avec AFP France Télévisions, publié le 06/08/2019 à 13h16, mis à jour le 06/08/2019 à 13h28

https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/nucleaire-iranien/l-iran-revele-trois-nouveaux-types-de-missiles-teleguides-pour-repondre-a-la-perfidie-des-etats-unis_3566805.html

Août 06

LE VIETNAM SOUTIENT TOUS LES EFFORTS DE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

Depuis le 29 juillet, l’ambassadeur Duong Chi Dung, chef de la Mission permanente du Vietnam auprès des Nations unies, de l’Organisation mondiale du commerce et d’autres organisations internationales à Genève, préside les séances plénières de la Conférence du désarmement.

>>Zone exempte d’armes nucléaires: le Vietnam à la conférence du Comité du SEANWFZ
>>Le Vietnam promeut les discussions sur le désarmement

Le Vietnam assume la présidence de la Conférence du désarmement (CD) du 24 au 28 juin et du 29 juillet au 18 août. La séance tenue le 29 juillet a été consacrée au thème « Mettre fin à la course des armements et favoriser le désarmement« .

Prenant la parole, Lassina Zerbo, secrétaire exécutif de l’Organisation du traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), a annoncé qu’à ce jour, le Traité avait été signé par 184 pays et ratifié par 164.

Au nom de la délégation vietnamienne, Duong Chi Dung a apprécié le rôle de la CD, forum multilatéral unique sur le désarmement nucléaire qui voit la participation de tous les États disposant d’armes nucléaires. Le Vietnam soutient les efforts de désarmement nucléaire via les mécanismes multilatéraux régionaux et internationaux, a-t-il affirmé.

Pour un monde sans armes nucléaires

Le Vietnam est membre des Traités internationaux multilatéraux sur le désarmement nucléaire tels que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE ou CTBT), le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TPNW).

La délégation vietnamienne a appelé les autres pays à participer rapidement à ces traités et au renforcement de la coopération internationale pour une meilleure application de ces traités, et contribuer aux efforts communs pour mettre fin à la course aux armements nucléaires et promouvoir le désarmement nucléaire.

Saluant l’organisation de cette discussion par le Vietnam, les pays participants ont indiqué que le TICE était l’un des piliers fondamentaux des efforts de désarmement et de non-prolifération des armes nucléaires. Ils ont souligné que le TICE devrait entrer en vigueur le plus tôt possible, pour un monde sans armes nucléaires.

Le Vietnam continuera d’assumer la présidence de la CD jusqu’au 18 août.

Par VNA/CVN, publié le 06/08/2019 à 17h38

Photo titre: VNA/CVN. L’ambassadeur Duong Chi Dung, chef de la Mission permanente du Vietnam auprès des Nations unies, de l’OMC et d’autres organisations internationales à Genève.

https://lecourrier.vn/le-vietnam-soutient-tous-les-efforts-de-desarmement-nucleaire/620881.html

Août 06

POLYNÉSIE ET NUCLÉAIRE : LES HABITANTS DE MANGAREVA SE SENTENT LÉSÉS

Le congrès des maires s’est achevé sur un goût amer pour l’association 193. En effet, si l’environnement s’impose aujourd’hui comme une priorité, rien n’a été dit sur le nucléaire et ses conséquences pour les Polynésiens.

Un rendez-vous manqué pour l’association 193 avec le ministre chargé des collectivités territoriales, Sébastien Lecornu. Le congrès des maires s’est achevé à Rikitea, dimanche 4 août. Il n’a pas fait mention du fait nucléaire pourtant reconnu par le Pays et l’État.

L’objectif de l’association est de sensibiliser le gouvernement français aux cancers de la thyroïde, du sein, de l’utérus mais aux fausses couches qui ne cessent de s’accroître sur l’île.

Aujourd’hui, le Pays et l’État souhaitent s’engager sur un processus de réparation mais quel est le rôle des premiers magistrats de Polynésie dans ce dossier ? Quelles sont leurs compétences ? Pour l’heure rien n’a été évoqué.

Bélinda Tumatariri et Marcel Bonno font le point avec les membres de l’association 

Par Polynésie la 1ère ; BT ; SD, publié le 05/08/2019 à 12h45, mis à jour le 05/08/2019 à 16h21

https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/tuamotu/rikitea/nucleaire-habitants-mangareva-se-sentent-leses-736650.html

Août 06

L’IRAN SE DIT PRÊT À NÉGOCIER SI WASHINGTON LÈVE SES SANCTIONS

L’Iran est prêt à négocier avec les États-Unis si ces derniers lèvent leurs sanctions contre Téhéran, a annoncé mardi le président iranien Hassan Rohani, dont le chef de la diplomatie a dit la veille avoir refusé une invitation à rencontrer Donald Trump.

« La République islamique d’Iran est en faveur de négociations et, si les États-Unis veulent vraiment discuter, avant toute chose ils doivent lever l’ensemble des sanctions« , a déclaré Hassan Rohani à la télévision, sans préciser sur quoi porteraient ces négociations.

Après s’être retiré en mai 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, Washington a rétabli une série de lourdes sanctions économiques contre Téhéran, accusé de déstabiliser la région.

Depuis lors, les tensions n’ont cessé d’augmenter entre les deux pays.

L’Iran s’est affranchi début juillet de certains engagements pris dans le cadre de l’accord et menace de poursuivre son désengagement graduel du pacte si les autres États parties (Royaume-Uni, Allemagne, France, Chine, Russie) ne l’aident pas à contourner les sanctions américaines, qui asphyxient son économie.

Si les États-Unis « veulent des discussions, ils doivent en préparer le chemin. Le chemin qui y mène passe par la repentance. Il n’y a pas d’autres voies« , a ajouté mardi M. Rohani.

« Furieux« 

En réponse, l’ambassadeur américain pour le désarmement Robert Wood a assuré que son « président était prêt à s’asseoir et avoir une discussion avec l’Iran. »
« Nous ne sommes pas sûrs que l’Iran veut avoir cette discussion« , a-t-il cependant estimé.

Lundi, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a confirmé qu’il avait refusé une invitation à rencontrer le président Trump, malgré des menaces de sanctions à son encontre.

Selon le magazine The New Yorker, la rencontre devait avoir lieu à la Maison Blanche, qui n’a pas confirmé ces informations. Le 31 juillet, Washington a décidé d’imposer des sanctions au ministre iranien.

« Et donc, comment devrions-nous négocier?« , a remarqué M. Rohani. « La personne en charge des négociations est le ministre des Affaires étrangères. Il doit pouvoir parler avec vous.« 

Soutenu par M. Rohani, M. Zarif est critiqué en Iran par les partisans d’une ligne dure face aux États-Unis pour son rôle de cheville ouvrière de l’accord sur le nucléaire. Ce pacte, fragilisé depuis le retrait américain, prévoit une levée partielle des sanctions internationales, en échange de la garantie que l’Iran ne se doterait pas de l’arme atomique.

L’accord a suscité « tellement de victoires économiques (pour l’Iran) que ça a rendu des gens furieux« , a affirmé M. Rohani.

Contreparties

Depuis mai, la pression est montée entre Washington et Téhéran après des sabotages et attaques de navires dans le Golfe –imputées par les États-Unis à l’Iran, qui dément– et la destruction d’un drone américain par l’Iran.

La destruction de ce drone, entré dans l’espace aérien iranien selon Téhéran, avait fait craindre un embrasement général. Donald Trump, qui a envoyé des soldats supplémentaires dans la région, avait affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes de représailles contre l’Iran.
« Si vous voulez la sécurité, si vos soldats veulent la sécurité dans la région, (alors acceptez) la sécurité en échange de la sécurité« , a dit M. Rohani mardi. « Vous ne pouvez pas nuire à notre sécurité et ensuite vous attendre à ce que votre propre sécurité » soit préservée, a-t-il ajouté.

Peu après ces propos, le ministre iranien de la Défense, le général Amir Hatami, a présenté trois nouveaux types de missiles téléguidés de précision, assurant qu’ils prouvaient la capacité de l’Iran à se défendre face « à la perfidie et aux conspirations » américaines.

Dans ce contexte de vive animosité, la saisie par l’Iran de trois pétroliers étrangers dans le Golfe en moins d’un mois a encore exacerbé les tensions.

Le deuxième arraisonnement, d’un navire suédois battant pavillon britannique, a eu lieu 15 jours après la saisie le 4 juillet du tanker iranien Grace 1 par les autorités britanniques au large de Gibraltar.

Le Grace 1 a été intercepté car il violait selon Londres les sanctions européennes en se dirigeant avec du pétrole vers la Syrie en guerre, ce que Téhéran dément.
« Il est impossible que le détroit d’Ormuz soit libre pour vous et que le détroit de Gibraltar ne le soit pas pour nous« , a affirmé M. Rohani. « Un détroit en échange d’un détroit« , « la paix contre la paix« , a-t-il résumé

Publié le 06/08/2019 à 10h54 | Mis à jour le 06/08/2019 à 15h19

https://www.lanouvellerepublique.fr/france-monde/l-iran-se-dit-pret-a-negocier-si-washington-leve-ses-sanctions

Août 06

UN VOILIER ET UN AVION REPÉRÉS EN ZONE INTERDITE DES CENTRALES NUCLÉAIRES EN SEINE-MARITIME

Un voilier et un avion de tourisme ont été aperçus sur des zones interdites samedi 3 août aux abords des centrales nucléaires de Paluel et Penly (Seine-Maritime). Détails.

Les gendarmes de Seine-Maritime insistent : bateaux, avions de tourisme ou drones ne peuvent voler ou naviguer aux abords des centrales nucléaires comme ils le souhaitent. Samedi 3 août 2019, deux infractions ont été constatées à quelques minutes d’intervalle à Penly puis à Paluel

Lire aussi : Un colis met en branle le service de sécurité de la centrale nucléaire de Penly

1 600 pieds au lieu des 3 700 réglementaires

Samedi 3 août 2019, un avion de tourisme qui avait décollé de l’aérodrome de Chavenay (Yvelines) a été repéré en infraction vers 11h45 au-dessus de la centrale de Penly.

Il volait à 1 600 pieds au lieu des 3 700 réglementaires, indique une source judiciaire.

Le pilote de l’avion de tourisme un Cessna 172 a atterri en « Touch and Go » à Eu. Une procédure a été ouverte étant donné qu’il était dans une zone de survol interdite avec des balises présentes pour l’indiquer. 

Un voilier aux abords de Paluel

Quinze minutes plus tard, le même jour, c’est aux abords de Paluel qu’un voilier battant pavillon hollandais a été repéré également en infraction. 

Il naviguait sur une zone interdite de Veulettes-sur-Mer en direction de Saint-Valéry-en-Caux. Le sémaphore de Fécamp n’a pas été en mesure de localiser ou tracer le voilier, indique cette même source judiciaire.

Toutefois, une  procédure a été ouverte. 

Par Murielle Bouchard, publié le 5 Août 19 à 18h02

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/un-voilier-avion-reperes-zone-interdite-centrales-nucleaires-seine-maritime_26346008.html

Août 06

TOKYO APPELE À SIGNER LE TRAITÉ DE L’ONU CONTRE L’ARME ATOMIQUE, 74 ANS APRÈS HIROSHIMA

Il y a 74 ans jour pour jour, le Japon perdait la Deuxième Guerre mondiale et les États-Unis lancaient une bombe atomique sur la ville d’Hiroshima. Trois jours plus tard, les Américains utiliseront à nouveau cette arme sur la ville de Nagasaki.

Le maire de Hiroshima, Kazumi Matsui (d), participe aux cérémonies pour le 74ème anniversaire de l’attaque nucléaire sur Hiroshima, le 6 août 2019 au Mémorial pour la paix à Hiroshima

La ville japonaise de Hiroshima, qui marque ce mardi 06 août 2019 le 74ème anniversaire de la première attaque nucléaire de l’histoire, a appelé le Japon à signer le traité de l’ONU sur l’interdiction de l’arme atomique.

Les habitants de la ville, rassemblés au Parc du Mémorial pour la paix, ont prié mardi en silence, allumé des bougies et posé des couronnes de fleurs en présence du Premier ministre japonais Shinzo Abe, en souvenir de ceux qui furent tués par la bombe larguée le matin du 6 août 1945 par un avion américain.

Le 6 août 1945 explosait la bombe atomique au dessus d’Hiroshima

Le maire de Hiroshima, Kazumi Matsui, a saisi l’occasion de ces cérémonies pour appeler son pays à ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, approuvé en juillet 2017 par 122 pays, signé depuis par plus de la moitié d’entre eux mais rejeté par toutes les puissances nucléaires.

Le Japon, le seul pays qui a subi une attaque nucléaire

« J’appelle le gouvernement du seul pays à avoir l’expérience de l’arme nucléaire en temps de guerre à répondre à la demande des hibakusha (personnes exposées à la bombe) de voir le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires ratifié » a déclaré M. Matsui.

Voici à quoi ressemblait Hiroshima 1 an après la bombe atomique

« J’engage les dirigeants japonais à manifester le pacifisme inscrit dans notre Constitution en faisant ce pas dans la direction d’un monde libéré des armes nucléaires » a-t-il ajouté.

Il a invité les dirigeants du monde entier à venir dans sa ville afin de voir le Mémorial de leurs propres yeux. Le pape François devrait s’y rendre cette année.

Corée du Nord, tensions Russie-USA, Moyen Orient…

La menace nucléaire s’est encore rappelée aux esprits le même jour en Asie, avec un nouveau tir de projectiles non identifiés par la Corée du Nord, détentrice de l’arme atomique.

De leur côté, les États-Unis et la Russie, après six mois d’un dialogue de sourds, ont pris acte vendredi de l’abolition du Traité INF, accord emblématique de la fin de la Guerre froide qui concerne les missiles d’une portée de 500 à 5 500 km.

Abe a réitéré mardi sa promesse de servir de pont entre les pays détenteurs de la bombe et ceux qui ne la possèdent pas, afin d’en débarrasser le monde. « Avec une aide des deux côtés, je vais avec patience les encourager au dialogue et je suis résolu à diriger les efforts internationaux dans cette voie» a-t-il déclaré.

La bombe de Hiroshima avait provoqué le jour même et dans les semaines suivantes le décès de 140 000 personnes. Trois jours plus tard une deuxième bombe atomique américaine frappait la ville de Nagasaki, provoquant la mort de quelque 74 000 personnes, sur le coup et ultérieurement sous l’effet des radiations. Le 15 août 1945, le Japon annonçait sa capitulation.

Mis en ligne le 6/08/2019 à 13h41

Pour voir les vidéos, cliquer sur:  https://www.lest-eclair.fr/id84954/article/2019-08-06/tokyo-appele-signer-le-traite-de-lonu-contre-larme-atomique-74-ans-apres

Août 06

DÉFENSE. « LA NOUVELLE COURSE AUX ARMEMENTS NUCLÉAIRES A DÉJÀ COMMENCÉ »

Au terme de six mois de dialogue infructueux, les États-Unis et la Russie sont sortis du traité des forces nucléaires intermédiaires (FNI). Entretien avec Benoit Pelopidas, titulaire de la chaire d’excellence en études de sécurité à Sciences Po (CERI) et fondateur du programme d’étude des savoirs nucléaires (Nuclear Knowledges).

. Historiquement, quels sont les effets de l’introduction des armes nucléaires dans les relations internationales ?

Benoit Pelopidas. Cette question a été l’objet de controverses depuis l’invention des systèmes d’armes nucléaires. Les controverses majeures portaient sur l’existence, la date et les effets d’une « révolution nucléaire ». Les controverses en question se poursuivent aujourd’hui. Brièvement, on peut identifier deux grands changements. Commençons par une définition. Les armes nucléaires sont des systèmes d’armes composés d’un explosif et d’un moyen d’atteindre la cible, les deux ayant évolué considérablement au cours des 70 dernières années.

D’une part, les explosifs nucléaires ont à l’origine une capacité de destruction plus élevée que les explosifs classiques. Cette distinction s’accentue avec l’arrivée des armes thermonucléaires dont la capacité de destruction est encore plus grande. On parle souvent d’un facteur de 1000 entre la capacité de destruction des bombes dites A et des bombes dites H ou thermonucléaires. En d’autres termes, comme l’écrivait Camus dans son éditorial du 8 août 1945, les explosifs nucléaires nous ont appris qu’il suffisait désormais d’une bombe et d’un avion pour réduire en cendres une ville entière. La plupart des 14000 armes nucléaires présentes dans le monde aujourd’hui ont d’ailleurs une capacité de destruction très supérieure à celle de Little Boy qui a rasé Hiroshima. Néanmoins, un processus de miniaturisation a aussi eu lieu de sorte que certaines des armes dans l’arsenal américain ont une capacité de destruction jusqu’à 50 fois inférieure à celle de Little Boy. Autrement dit, les armes nucléaires sont plus destructrices que les armes classiques dans l’immense majorité des cas mais l’augmentation de la capacité de destruction des explosifs classiques et la miniaturisation des explosifs nucléaires est susceptible de perturber cette évidence. Il faudra alors introduire dans la discussion les effets spécifiques des explosions nucléaires: notamment les radiations et une vague de feu qui se déplace à grande vitesse.

Ensuite, le second changement tient au temps nécessaire pour que ces explosifs atteignent leur cible. Il diminue drastiquement avec l’invention des missiles balistiques à la fin des années 1950, montés sur des sous-marins au début des années 1960. Ils parcourent l’essentiel de leur trajectoire dans l’espace extra-atmosphérique où les frottements sont bien moindres, de sorte qu’ils traversent la moitié de la planète en une demi-heure. Du fait de la difficulté à détecter les sous-marins et de la vitesse des missiles balistiques par comparaison à celle des bombardiers qui délivraient les bombes avant cela (inférieure à 1000km/h), l’interception de ces missiles et la protection de la cible deviennent quasi-impossibles, en dépit des promesses des abris anti-atomiques et de la défense anti-missile américaine. Ce changement de vecteur produit également une impossibilité de rappeler le missile une fois lancé et réduit considérablement le temps de décision de la chaine de commandement. Cela conduit de fait à une concentration du pouvoir de riposter en cas de détection d’une attaque dans les mains d’un nombre très réduit de personnes.

Ces deux changements combinés introduisent au début des années 1960 une nouvelle condition fondamentale de vulnérabilité. Les Etats ne sont plus en mesure de protéger leurs populations contre une attaque nucléaire, délibérée ou accidentelle. La doctrine de la dissuasion nucléaire présente cette vulnérabilité et la capacité de riposter à une première frappe comme des conditions d’une nouvelle forme de sécurité. On commet fréquemment trois erreurs à ce sujet: La première consiste à croire que la promesse de la dissuasion fait disparaître la vulnérabilité alors qu’elle demeure sous forme de la possibilité d’explosion et d’escalade accidentelle, ou issue d’erreurs de perception ou d’interprétation; la deuxième consiste à penser que les armes ne sont que des moyens au service de doctrines prédéfinies auxquelles elles correspondent, comme le suggère le discours stratégique, alors que la recherche historique a montré que les moyens précèdent les fins bien plus souvent que l’inverse et que l’adéquation entre les deux est rare ; la troisième erreur consiste à penser la vulnérabilité nucléaire seulement dans sa dimension matérielle. En d’autres termes, il convient de s’interroger sur les effets politiques et épistémiques de l’introduction de programmes d’armements nucléaires dans le monde. Comment modifie-t-elle le contrat entre l’État et ses citoyens et les différents modes d’action et de responsabilité disponibles ? Comment modifie-t-elle la diffusion de la connaissance autorisée sur les politiques de défense et les procédures de son évaluation ? C’est précisément sur ces sujets que se concentre le programme que j’ai fondé à Sciences Po, Nuclear Knowledges. Je présente les premiers résultats de cette recherche dans un chapitre de Guerres et conflits armés au XXIème siècle, paru aux Presses de Sciences Po et co-dirigé avec mon collègue Frédéric Ramel (1), dans un autre chapitre disponible ici et sur le site du programme.

. Comment comprendre ce renoncement au traité des forces nucléaires intermédiaires (FNI) de la part des deux principales puissances nucléaires, USA et Russie ?

Benoit Pelopidas. Le Traité FNI, entré en vigueur en 1988, est le premier du genre: il bannit une catégorie entière d’armes, les missiles à portée intermédiaire. Depuis 2014, le département d’État américain accuse la Russie d’avoir déployé un missile à portée intermédiaire en violation du traité. En octobre 2016, la Russie a en retour accusé les Etats-Unis de violer l’accord sur la gestion du plutonium en vertu duquel chaque partie s’engageait à se débarrasser d’une certaine quantité de plutonium utilisable pour des armes. Le jeu des accusations mutuelles a continué et le Congrès américain a passé une loi demandant au Pentagone de déployer un missile de croisière air-sol qui serait en infraction avec le traité.

. Quelles conséquences cela aurait-il ou pourrait avoir sur le Traité Start III qui va bientôt arriver à échéance ?

Benoit Pelopidas. Cela nous rappelle que le monde nucléaire nous projette d’emblée dans des temporalités extrêmes et contrastées: l’immédiateté et la quasi-éternité. D’un côté, la quasi-immédiateté qui sépare le lancement de l’impact (depuis que des explosifs nucléaires ont été couplés à des missiles balistiques, rendant l’interception et la protection quasi-impossibles) et l’impact de la dévastation qui suit l’explosion d’une tête nucléaire du fait du souffle, du feu et des radiations. D’un autre côté, la marque des matières fissiles utilisées pour fabriquer les armes demeurera dans notre environnement pour des centaines de milliers voire des millions d’années. 2021 promet d’être une année cruciale dans une temporalité intermédiaire, celle des traités de maîtrise des armements. À cette date, le traité New START, ou START III dans votre question, signé en 2010, qui limite le nombre d’armes nucléaires stratégiques de la Russie et des États-Unis, arrivera à expiration. Dans la mesure où aucun signe de négociation de son extension n’est aujourd’hui perceptible, il s’agit là d’une manifestation majeure de la nouvelle course aux armements nucléaires – une dynamique dite de « modernisation » – qui a déjà commencé et engage les communautés politiques jusque dans le courant de la décennie 2070-2080.

. Est-ce qu’il faut s’attendre, dans ces conditions, à une relance de la course aux armements dans les années qui viennent ou celle-ci est-elle déjà inscrite dans un processus politique à plus long terme qu’il convient de définir ?

Benoit Pelopidas. Il est essentiel de comprendre que si la dénonciation du traité FNI est grave et signale une dégradation de la situation en la matière, elle est un effet bien plus qu’une cause. Si l’on se limite aux systèmes d’armes nucléaires, rappelons que les États-Unis et la Russie possèdent 92% des stocks mondiaux. Or, dès février 2011, dans un message au Congrès américain, le Président Obama promettait la modernisation des trois composantes (terrestre, maritime et aérienne) de l’arsenal nucléaire. Son administration a proposé un programme de modernisation repris quasiment à l’identique par l’administration Trump. On voit ici que la dynamique majeure ne dépend pas directement ou uniquement de la personnalité du président, ni de « contraintes stratégiques » telles que la dégradation de la relation avec la Russie suite à la crise de Crimée en 2014, ni de la fin du traité FNI. Ces trois éléments facilitent et offrent des justifications à une tendance de plus longue durée qui reste à expliquer. Il est d’ailleurs intéressant d’observer que la crise de 2008 n’a pas eu les effets escomptés sur les dépenses militaires mondiales, seulement un effet limité et différé visible en 2012 (Aude Fleurant et Yannick Quéau l’ont montré dans leur chapitre de Guerres et conflictualités au XXIème siècle que j’ai co-dirigé avec Frédéric Ramel (1)). Cela confirme ce que Georges Le Guelte avait admirablement exposé dans son ouvrage Armes nucléaires. Mythes et réalités (2): les choix d’armement nucléaire américains et russes ne sont pas déterminés par la rationalité stratégique. Ainsi, après la crise de Crimée, les dépenses militaires américaines ont stagné entre 2015 et 2017 mais cette stagnation est due à l’entrée en vigueur d’une loi de 2011 sur le contrôle budgétaire qui a produit un plafonnement des dépenses. L’effet Trump va sans doute seulement consister à défaire ce plafonnement. Si l’on considère les développements militaires non-nucléaires, il faut également prendre en compte le développement de la défense anti-missile américaine en Europe ainsi que les plans de « conventional prompt global strike » (Frappe conventionnelle globale rapide) qui précèdent eux aussi la fin du traité FNI, l’administration Trump et la crise de Crimée. Il ne s’agit pas de dire que tout cela est inévitable: des surprises sont fréquemment advenues dans l’histoire nucléaire, réalisant l’imprévisible et le sans précédent. Il s’agit simplement de ne pas se tromper sur les mécanismes à l’œuvre.

. Vous avez travaillé sur l’état des connaissances des Français sur ces questions des armes nucléaires et de la prolifération qui apparaissent comme l’affaire de spécialistes, alors même qu’on pourrait s’attendre à de plus amples informations données au grand public. Quelles sont vos réflexions en la matière après votre enquête ?

Benoit Pelopidas. En juin 2018, grâce au soutien de l’Agence Nationale de la Recherche, nous avons pu interroger un échantillon représentatif de plus de 7000 citoyens âgés de 18 à 50 ans dans neuf États européens: ceux qui possèdent des armes nucléaires (France et Royaume-Uni), en hébergent sur leur sol (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie, Turquie), ou ont pris des positions fortes en la matière ou sur la question de la défense anti-missile (Suède, Pologne).

La surprise principale de cette enquête, dont des résultats détaillés ont été et vont être publiés chez vos confrères de The Conversation, concerne la méconnaissance significative des sondés en France. Je ne parle donc pas nécessairement des citoyens mais en tous cas des résidents français, qui se distinguent par une connaissance limitée, dans l’absolu et par comparaison à leurs homologues en Europe, et en particulier au Royaume-Uni, l’autre État doté d’armes nucléaires.

Quelques chiffres : seuls 47% des sondés en France identifient les deux villes bombardées avec des armes nucléaires au cours de la Seconde guerre mondiale, Hiroshima et Nagasaki (10% de moins qu’au Royaume-Uni et que la moyenne des sondés dans les neuf pays). Une méconnaissance analogue se lit quant au nombre d’armes nucléaires dans le pays des sondés, à la géographie nucléaire d’ensemble et au nombre d’essais nucléaires conduits depuis 1945. 31% des sondés en France ne citent pas la France comme Etat doté d’armes nucléaires et 77% des sondés nous disent ne pas savoir combien il y a d’armes nucléaires dans le pays. Concernant les essais nucléaires, plus de trois quarts des sondés en France disent ne pas savoir (78,5%), soit 10% de plus qu’au Royaume-Uni et 13,5% de plus que la moyenne des sondés. Parmi les rares sondés qui s’aventurent à proposer un nombre (21,5%), la plupart sous-estime significativement le nombre d’essais. Enfin, alors que les États-Unis et la Russie possèdent plus de 92% des armes nucléaires sur la planète, seuls 64% des sondés Français les citent comme États dotés ; moins de 25% citent l’Inde et le Pakistan. À contrario, plus de 35% citent l’Iran comme déjà doté d’armes nucléaires, reflétant la focalisation commune aux journalistes, experts et officiels français sur l’Iran comme problème de prolifération depuis 2006. Cela invite trois réflexions.

D’abord, au vu de l’analogie des angles morts entre le discours officiel, le discours expert français et la connaissance des citoyens et, supposément, des élus, il est essentiel que la recherche indépendante se déploie. Par analogie des angles morts, je veux dire une définition du problème nucléaire largement limitée à des questions de prolifération et de dissuasion au détriment d’autres formes de vulnérabilités liées aux armes nucléaires, la méconnaissance ou négligence eu égard à l’histoire des essais nucléaires et l’illusion rétrospective de contrôle et de connaissance. Bien entendu, chaque expert installé protestera et affirmera son indépendance. Quelles que soient les intentions, que je ne juge pas, les effets sont là et ils sont significatifs. Comment expliquer cette appropriation des catégories du discours officiel par les experts comme si elles étaient des catégories d’analyse neutres alors que cela constitue une faute méthodologique élémentaire? (J’ai documenté ce phénomène en détail dans ma thèse de doctorat et la continuation du phénomène dans un chapitre qui vient de paraître). Pourquoi Nuclear Knowledges est-il le seul programme de recherche universitaire sur les questions nucléaires en France qui refuse explicitement tout financement des partis prenantes au débat sur l’avenir des armes nucléaires et ne fait évaluer ses résultats qu’à l’aune des critères de la science internationale? La recherche indépendante peut donc redonner confiance aux citoyens, éducateurs, élus, collègues ou décideurs, en la possibilité d’accéder aux dernières avancées de la connaissance sur la question nucléaire. L’équipe de Nuclear Knowledges se tient à leur entière disposition. Ensuite, et par conséquent, il convient d’être beaucoup plus vigilent quant aux conflits d’intérêts et à leurs effets sur la production de connaissance. Un travail en cours avec mes collègues Marielle Debos, Thibaud Boncourt, Mathias Delori et Christophe Wasinski sur le sujet va paraître à l’automne. Enfin, nous appelons à un décloisonnement de la pensée sur les questions nucléaires. Invitons ceux qui se soucient de la sécurité, de la démocratie et de la justice intergénérationnelle à prendre en compte ces armes dans leur réflexion

(1) Paris, Presses de Sciences Po, 2018

(2) Arles, Actes Sud, 2009

Entretien réalisé par Pierre Barbancey, publié le mardi 6 juillet 2019

https://www.humanite.fr/defense-la-nouvelle-course-aux-armements-nucleaires-deja-commence-675588

Août 06

MALGRÉ HIROSHIMA, LE MONDE À L’HEURE ATOMIQUE

Il y a soixante-quatorze ans, la première bombe A était lâchée sur le Japon. En dépit de ce drame, les États-Unis et la Russie viennent de déchirer le traité sur les forces nucléaires intermédiaires.

Washington avait suspendu, début février, sa participation au FNI en accusant Moscou de fabriquer des missiles non conformes au traité. Cette suspension avait ouvert une période de transition de six mois qui se terminait le 2 août. En cause, les missiles russes 9M729. Pour le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo (qui se targue par ailleurs du « plein soutien » des pays membres de l’Otan), ceux-ci représenteraient une « menace directe » pour les États-Unis et leurs alliés, bien que la Russie assure qu’ils ont une portée maximale de 480 km. Il est vrai que, depuis 1987, bien des choses ont changé.

La surenchère a repris depuis des années. Vladimir Poutine a effectivement promis de développer de nouveaux missiles balistiques de portée intermédiaire en cas de retrait américain. Mais les Russes font également remarquer que les drones armés développés par les États-Unis sont similaires à des missiles de moyenne portée sans violer le traité, puisqu’ils n’existaient pas au moment de la signature ! Depuis six mois, c’est un dialogue de sourds et d’accusations réciproques de violation. Les deux puissances ont laissé expirer l’ultimatum lancé par l’administration de Donald Trump en février, sans bouger de leurs positions.

La France « colle » à la politique guerrière américaine

La Maison-Blanche cherche en réalité une renégociation du traité qui, cette fois, impliquerait la Chine (en 1987, celle-ci ne pesait pas le même poids militaire) afin de déployer de nouvelles armes et empêcher Pékin de renforcer sa position déjà dominante dans le Pacifique Ouest. Washington veut, in fine, endiguer les prétentions chinoises. Il ne reste désormais en vigueur qu’un seul accord nucléaire bilatéral entre Moscou et Washington (dont l’arsenal représente 92 % du stock mondial) : le traité Start, qui maintient les arsenaux nucléaires des deux pays bien en deçà du niveau de la guerre froide et dont le dernier volet arrive à échéance en 2021. Mais les chances qu’il soit prolongé sont faibles, relançant ainsi une course illimitée à tous les types d’armements, y compris nucléaires, partout et jusque dans l’espace, avec une force armée désirée par Donald Trump et un commandement militaire rêvé par Emmanuel Macron. Face à ce danger, il conviendrait que la France, au lieu de « coller » à la politique guerrière américaine, signe enfin le traité d’interdiction des armes nucléaires (Tian) adopté à l’ONU le 7 juillet 2017, seul véritable garant contre les risques de guerre nucléaire, comme l’ont déjà fait 71 États de par le monde. P. B.

Le 6 août 1945, la ville japonaise d’Hiroshima, 350 000 habitants, est anéantie par la première bombe atomique larguée par les États-Unis. Le 9 du même mois, Nagasaki est également en grande partie rayée de la carte. Soixante-quatorze ans plus tard, les plaies ne sont toujours pas refermées. Les survivants – les hibakushas – et leurs familles souffrent encore. Triste anniversaire d’un drame qui a marqué l’ouverture de l’ère atomique. Une ère qui non seulement ne s’est pas achevée mais, au contraire, est en pleine expansion. Pis, le traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI), signé en 1987 entre l’URSS et les États-Unis, n’existe plus depuis le 2 août. Ce traité, en abolissant l’usage de toute une série de missiles à capacité nucléaire de portée intermédiaire (de 500 à 5 500 km), avait permis l’élimination des SS20 russes et Pershing américains déployés en Europe.

Par Pierre Barbancey, publié le mardi 6 Août 2019

ADDITIF (du Mouvement de la Paix) :

Un front mondial pour l’élimination des armes nucléaires. Pour le Mouvement de la paix, « la solution pour arrêter la reprise de la course aux armements nucléaires, c’est bien de gagner l’élimination totale des armes nucléaires à travers la ratification du traité d’interdiction des armes nucléaires (Tian) », adopté par l’ONU en 2017. L’organisation souligne qu’« un vaste front mondial s’est constitué pour l’élimination des armes nucléaires ». Au 2 août 2019, 71 États ont signé le Tian, 25 l’ont déjà ratifié. Il entrera en vigueur lorsque 50 États l’auront signé et ratifié. « Nous sommes en mesure de gagner cet objectif », affirme le Mouvement de la paix.

https://www.humanite.fr/malgre-hiroshima-le-monde-lheure-atomique-675589

Août 05

ARTICLES « LE CAPITALISME C’EST LA GUERRE » ET « ENCERCLEMENT NUCLÉAIRE DE LA CHINE »

Le traité FNI balancé dans les poubelles de l’Histoire, les USA s’empressent de lancer l’encerclement de la Chine par du nucléaire, si elle ne commerce pas comme-il-faut.

LE CAPITALISME C’EST LA GUERRE

Après l’avoir détruit l’année dernière, les USA ont solennellement enterré le 2 août le traité FNI de décembre 1987. Aussitôt, le secrétaire d’État Pompeo et le secrétaire à la défense Ester ont commencé leurs consultations avec les pays sous contrôle US dans la zone Pacifique-Asie pour déployer des missiles de portée intermédiaire (500-5 000 kilomètres de portée, de la catégorie couverte par le traité) autour de la Chine. Il s’agit effectivement d’un encerclement nucléaire de la Chine pour exercer des pressions militaires sur cette puissance, et pourquoi pas jusqu’à l’agression.

Ce qui est tout à fait nouveau dans ce plan stratégique offensif, sinon de préparation d’agression, c’est la correspondance totale qui est faite par la direction US entre la concurrence commerciale et les moyens militaires. À l’extrême, si la Chine refuse les conditions commerciales exigées par les USA, on peut concevoir que les USA se jugent, eux, en droit de frapper militairement la Chine. Cette conception nouvelle lie directement l’économie capitaliste à l’exercice de l’agression militaire selon cette logique : “Puisque la Chine a développé des moyens militaires que nous jugeons nécessairement menaçants grâce à des règles commerciales que nous jugeons a posteriori injustes, nous sommes en droit d’utiliser nos propres moyens militaires si la Chine n’accepte pas d’autres règles commerciales”.

Cela est expliqué par Pompeo, cité dans le texte repris ci-dessous : « J’entends des gens parler en séparant les questions commerciales et économiques de celles de sécurité nationale. Ne nous y trompons pas, la capacité de la Chine, la capacité de l’Armée populaire de libération à pouvoir faire exactement ce qu’elle fait est le résultat direct des relations commerciales que la Chine a établies.”
» Ils ont fait grandir leur pays en profitant d’un ensemble de règles commerciales injustes. Ils ont donc été en mesure de faire croître leur économie à un rythme élevé. Ces mêmes outils économiques que le président Trump s’efforce de réajuster sont également ce qui a permis à la Chine de faire toutes les choses qu’elle fait avec ses forces militaires. »

Le texte de WSWS.org de ce 5 août 2019 décrit cette révolution conceptuelle qui invertit totalement le concept de capitalisme et de libre-échange tel qu’il a été présenté depuis les origines par ses partisans. Pour les libre-échangistes, le développement du commerce est/était non seulement un gage de prospérité, mais également (et surtout, insistent les très-beaux esprits) un gage de paix. Dans la dialectique trumpiste, fidèlement suivie par ses divers porte-paroles (aussi bien les neocons type Pompeo-Esper que les “populistes” type-Bannon dont on croyait qu’il s’intéressait d’abord au drainage du marigot washingtonien), le capitalisme et le commerce c’est la guerre, la vraie de vraie, la nucléaire…

Par dde.org

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ENCERCLEMENT NUCLÉAIRE DE LA CHINE

Dans les heures qui ont suivi le retrait officiel des États-Unis, vendredi, du FNI, le traité nucléaire le plus important du monde, le Pentagone a clairement fait savoir qu’il avait l’intention d’encercler la Chine de systèmes de missiles offensifs à têtes nucléaires. Il s’agit d’une course aux armements nucléaires qui s’accélère rapidement.

S’adressant à des journalistes lors d’un voyage en Australie, le ministre américain de la Défense, Mark Esper, a déclaré que le Pentagone allait déployer des missiles jusqu’alors interdits par le traité “le plus tôt possible”. “Je préférerais dans quelques mois”, a précisé Esper.

Le déploiement de missiles à moyenne portée dans le Pacifique transformerait la côte chinoise et les îles du Pacifique qui l’entourent en un front de bataille nucléaire, mettant en danger la vie de milliards de personnes en Chine, en Corée, au Japon, à Taïwan et dans la région.

Le traité sur les FNI, qui a été signé entre le président de l’époque, Ronald Reagan, et son homologue soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, en 1987, interdisait aux États-Unis et à la Russie de développer des missiles d’une portée comprise entre 500 et 5 000 kilomètres, ce qui signifie que la majeure partie de l’Europe et une grande partie du Pacifique ne permettait pas le stationnement des missiles nucléaires.

Cependant, à mesure que les tendances technologiques modifiaient les équilibres militaires et que les États-Unis intensifiaient leur conflit avec la Chine, Washington en vint à considérer de plus en plus que le traité de la guerre froide était contraire à ses objectifs d’encercler militairement Beijing, qui n’en était pas signataire.

Avec le déploiement potentiel de missiles nucléaires américains à quelques minutes de vol de la Chine continentale, les tensions approcheront le point de rupture avec l’immense population de la région vivant sous le spectre de l’annihilation nucléaire.

En réponse au retrait des États-Unis du traité FNI, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a averti que “le monde perdra un frein précieux à la guerre nucléaire ”. Daryl Kimball, directeur exécutif de l’Arms Control Association, a déclaré que Trump “poursuit une stratégie qui créera les conditions d’une dangereuse course aux armements”. Le Financial Times a mis en garde, dans le même ordre d’idées, contre la “relance de la course aux armements nucléaires” de Trump.

En défendant sa décision de stationner des missiles dans une zone densément peuplée à des milliers de kilomètres des États-Unis, Esper a accusé la Chine de “militariser [to weaponize] les biens communs mondiaux en développant une économie prédatrice”. En d’autres termes, la Chine, en menant des activités économiques pacifiques, menace les États-Unis, et cela devrait donc être contré par la menace d’anéantissement militaire.

Nous croyons fermement qu’aucune nation ne peut ou ne doit dominer l’Indo-Pacifique”, a déclaré M. Esper, un homme qui représente un pays qui a “brûlé, bouilli et cuit à mort” (selon les mots du général Curtis Lemay) des centaines de milliers de civils japonais dans sa guerre pour conquérir le Pacifique.

Dans des commentaires ultérieurs, le secrétaire d’État Mike Pompeo, qui accompagne M. Esper lors de son voyage en Australie, a déclaré que les États-Unis avaient “dormi dans leur fonction de leadership face au “danger” que représente la Chine.

Il a ensuite réitéré la déclaration d’Esper selon laquelle la croissance économique pacifique de la Chine constituait une menace militaire pour les États-Unis. “J’entends des gens parler en séparant les questions commerciales et économiques de celles de sécurité nationale”, a dit M. Pompeo. “Ne nous y trompons pas, la capacité de la Chine, la capacité de l’Armée populaire de libération à pouvoir faire exactement ce qu’elle fait est le résultat direct des relations commerciales que la Chine a établies.”

Ils ont fait grandir leur pays en profitant d’un ensemble de règles commerciales injustes. Ils ont donc été en mesure de faire croître leur économie à un rythme élevé”, a déclaré M. Pompeo. “Ces mêmes outils économiques que le président Trump s’efforce de réajuster sont également ce qui a permis à la Chine de faire toutes les choses qu’elle fait avec ses forces militaires”, a-t-il ajouté.

En d’autres termes, il n’y a pas de ligne de démarcation entre coexistence pacifique et conflit militaire. La croissance économique et le commerce sont eux-mêmes perçus par Washington comme des menaces militaires, auxquelles Washington doit faire face, qu’il s’agisse de conflits commerciaux, de menaces militaires ou de guerres à grande échelle.

Les paroles de Pompeo s’inscrivent dans la doctrine de la rivalité des grandes puissances contre la Russie et la Chine adoptée par le Pentagone l’année dernière, qui déclarait que “la concurrence des grandes puissances, – et non le terrorisme, – est désormais le principal objectif de la sécurité nationale américaine”. La conduite de tels conflits nécessitera une approche de la société [de l’adversaire] “comme un tout”, a déclaré le Pentagone en se référant à ce qu’il est convenu désormais de nommer “la guerre totale”.

En plus de la fin du traité FNI vendredi, les États-Unis ont décidé trois mesures hostiles à la Chine dans leur conflit contre ce pays.

Mercredi, la Banque centrale américaine a abaissé le taux des fonds fédéraux dans un mouvement largement perçu comme visant à dévaluer le dollar et à améliorer les exportations américaines. Le mois dernier, M. Trump a déclaré que “les autres devises sont dévaluées par rapport au dollar, ce qui désavantage fortement les États-Unis”, exigeant que la Fed prenne des mesures.

Jeudi, Donald Trump a annoncé une proposition visant à appliquer un tarif de 10 % sur tous les produits chinois qui ne sont pas déjà assujettis à des droits d’importation, y compris un large éventail de biens de consommation comme les téléphones et autres appareils électroniques.

Le même jour, les sénateurs démocrates se sont joints aux républicains pour adopter le budget militaire le plus important de l’histoire américaine, augmentant considérablement la capacité des États-Unis à faire la guerre à une “grande puissance”.

Si aucune de ces actions n’est sérieusement discutée ou débattue dans les médias, c’est parce qu’il existe un accord entre les démocrates et Trump sur la nécessité de préparer la guerre avec la Chine. Comme l’a dit l’ancien président de la campagne Trump, Steve Bannon : “La personne qui remportera l’élection, qu’elle soit démocrate ou non, sera un faucon équivalent, sinon plus affirmé que Donald Trump… Les démocrates sont tout aussi durs sur ce point que les républicains”.

D’une certaine manière, les démocrates sont même encore plus radicaux dans leur langue. Pour ne citer qu’un exemple, en juin, le candidat démocrate à la présidence Pete Buttigieg a déclaré qu’un conflit avec la Chine constituait la base de “l’unité nationale”. “Le nouveau défi de la Chine nous donne l’occasion de surmonter les clivages politiques, a-t-il dit. Au moins la moitié de la bataille [contre la Chine] est dans notre politique intérieure.”

Par WSWS.org

Ces 2 articles complémentaires ont été publiés le 5 août 2019 sur le site :

https://www.dedefensa.org/article/le-capitalisme-cest-la-guerre

Août 05

SÉOUL ET WASHINGTON LANCENT LEURS EXERCICES MILITAIRES, MALGRÉ PYONGYANG

Séoul et Washington ont donné lundi le coup d’envoi d’exercices militaires annuels, en dépit des mises en garde de Pyongyang selon lesquelles ces manœuvres risquent de faire capoter les négociations sur le nucléaire. Ils interviennent alors que la Corée du Nord a récemment multiplié les tirs de projectiles de courte portée, en parlant notamment d’un « avertissement solennel aux militaires bellicistes sud-coréens » qui persistent dans leur volonté de mener les exercices conjoints.

Le ministre sud-coréen de la Défense Jeong Kyeong-doo a déclaré au Parlement que ces manœuvres avaient débuté lundi, en ajoutant que Séoul maintenait « clairement son niveau de préparation contre toute attaque militaire de la Corée du Nord« . Peu de précisions ont été données sur la nature de ces exercices, mais un responsable ministériel sud-coréen a indiqué qu’ils visaient à vérifier les capacités de Séoul à reprendre le contrôle opérationnel en temps de guerre.

Conformément au traité de sécurité signé entre Séoul et Washington, c’est un général américain qui est censé prendre les commandes des forces conjointes en cas de guerre. Le Sud cherche de longue date à ce que cette place soit occupée par un de ses généraux.

Les experts estiment que le regain d’activités militaires au Nord comme au Sud de la Zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule pourrait différer pendant plusieurs mois les négociations sur les programmes nucléaire et balistique de Pyongyang, qui sont développés en violation de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Exercices annulés en 2018 

Après des années de montée des tensions, la péninsule a été en 2018 le théâtre d’une remarquable détente, qui a permis depuis un an trois rencontres au sommet entre le président américain Donald Trump le leader nord-coréen Kim Jong Un.

Lors de leur première entrevue, à Singapour, les deux hommes avaient signé un engagement vague en faveur de la « dénucléarisation de la péninsule coréenne« .

Leur deuxième sommet, en février à Hanoï, avait été écourté en raison de désaccords quant à l’allègement des sanctions contre le Nord et aux mesures que Pyongyang devait prendre en contrepartie. Mais lors de leur rencontre impromptue en juin dans la DMZ, les deux hommes sont convenus de reprendre le dialogue. Les discussions de travail n’ont cependant toujours pas repris.

Environ 28.500 soldats américains sont déployés en Corée du Sud. Et les exercices annuels qu’ils mènent avec des dizaines de milliers de soldats sud-coréens ne manquent jamais d’irriter Pyongyang, qui les considère comme la répétition générale d’une invasion de son territoire.

Après le sommet de Singapour en juin 2018, Donald Trump avait annoncé la suspension des manœuvres qualifiées de « très provocatrices« , reprenant à son compte la rhétorique nord-coréenne. Et les exercices Ulchi Freedom Guardian (UFG), prévus en août 2018, avaient été annulés.

Cette année, les plus grands exercices annuels, Foal Eagle et Key Resolve, qui se déroulent normalement au printemps, ont été remplacés par des manœuvres plus petites en mars, appelées officiellement « Dong Maeng » ou « Alliance« .
L’agence Yonhap a rapporté il y a quelques mois que l’ampleur des exercices militaires d’août avait été réduite.

La semaine dernière, la Corée du Nord avait affirmé que les prochaines négociations pourraient être compromises si les exercices militaires étaient maintenus. Et vendredi, Pyongyang a réalisé un nouvel essai d’armes, le troisième en huit jours, en le présentant comme un « système de lancement multiple de fusées guidées de gros calibre« . La présidence sud-coréenne a jugé hautement probable qu’il s’agisse d’un « nouveau type de missile balistique de courte portée« . « Les exercices n’auraient peut-être pas eu lieu aujourd’hui s’il y avait eu des progrès concrets dans les négociations entre Pyongyang et Washington sur le nucléaire, vu qu’ils ont été suspendus l’an passé« , a déclaré à l’AFP Ahn Chan-il, un transfuge nord-coréen devenu chercheur à Séoul.

Donald Trump a assuré vendredi que Kim Jong Un n’avait pas violé leur engagement en effectuant ces essais d’armes, soulignant qu’il aurait « trop à perdre » s’il rompait leur lien de confiance mutuelle.

Par AFP, publié le 05/08/2019

Photo titre : Des militants pacifistes appelant à l’arrêt des exercices militaires conjoints de la Corée du Sud et des États-Unis, près de l’ambassade américaine à Séoul, le 5 août 2019. Photo AFP / Jung Yeon-je

https://www.lorientlejour.com/article/1181718/seoul-et-washington-lancent-leurs-exercices-militaires-malgre-pyongyang.html

Août 05

APPEL POUR APPLIQUER LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Les États-Unis viennent de se retirer du traité FNI sur les missiles nucléaires à portée courte et intermédiaire. Une mauvaise nouvelle, certes. Mais plutôt que de baisser les bras en attendant l’apocalypse, le Mouvement de la Paix saisit la balle au rebond pour demander l’interdiction de toutes les armes nucléaires. Ça tombe bien, un traité a été adopté par les Nations unies. Il faut maintenant se mobiliser pour que de grandes puissances, comme la France, le ratifient. (IGA)

Déclaration du Mouvement pour la Paix – Si le 2 août 2019 marque la fin du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) établi entre la Russie et les USA, cette date doit aussi marquer le lancement de nouvelles mobilisations des peuples pour obtenir l’entrée en vigueur du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) adopté à l’Onu le 7 juillet 2017.

Suite à l’annonce du retrait des USA du traité INF, ce Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) (INF) a expiré ce vendredi 2 août 2019. Le 23 octobre 2018 le président américain Donald Trump avait annoncé son intention de dénoncer ce traité et avait confirmé sa décision le 1er février 2019. Ce traité était jusque-là considéré comme l’un des principaux accords de désarmement nucléaire convenus entre les États-Unis et la Russie. Signé en 1987 il entérinait la volonté d’éliminer les missiles nucléaires de croisière et missiles balistiques américains et soviétiques lancés depuis le sol et ayant une portée se situant entre 500 et 5 500 km. Il représentait un des résultats positifs auxquels ont contribué les mobilisations pacifistes des années 80 sous le thème « Ni Pershing, Ni SS20 »

Si Moscou et Washington peuvent avoir chacun des responsabilités, il est clair que les USA ont joué un rôle extrêmement négatif, accentué par Trump, en cassant tout ce qui a été obtenu de positif dans ce combat pour l’élimination des armes nucléaires, comme par exemple le retrait des USA du traité ABM (anti balistique missile), du Traité INF, de l’accord sur le nucléaire iranien et la relance de la course aux armes nucléaires par les USA, la non ratification du Traité d’interdiction des essais nucléaires, la présence illégale d’armes atomiques américaines sur le territoire d’États européens et le non-respect des engagements pris au moment de la dissolution de l’URSS de ne pas implanter le système de guerre des étoiles (bouclier-antimissiles implanté en Europe par les USA) qui est perçu comme un facteur de menace par la Russie et contribue à la relance de la course aux armements nucléaires.

Face à cette situation nouvelle beaucoup de journaux européens axent leurs analyses sur les aspects négatifs et sur les dangers de la reprise de la course aux armements nucléaires (voir 1 et 2). C’est vrai que c’est une mauvaise nouvelle pour la paix et la sécurité du Monde car maintenant ces deux États peuvent produire des armes nucléaires qui visent à anéantir par millions des populations civiles et permettent d’atteindre des cibles de 500 à 5 500 kilomètres. Ces armes constituent un réel danger et un péril pour l’Europe et le monde entier.

Cependant il est stupéfiant que la plupart des médias ignorent volontairement ou involontairement qu’il y a deux ans, le 7 juillet 2017, le long combat contre l’arme nucléaire a été marqué par un succès historique à savoir l’adoption aux Nations Unies du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN).

Malgré l’opposition de la plupart des 9 États dotés de l’arme nucléaire dont la France (3), un vaste front mondial s’est constitué pour l’élimination des armes nucléaires et pour la ratification de ce Traité (Front constitué de 122 États à l’ONU, le Vatican, la Croix-Rouge internationale, la Conférence syndicale Internationale (CSI) qui regroupe toutes les organisations syndicales au plan mondial, et de nombreuses ONG).

Au 2 août  2019, 71 États ont signé le TIAN, 25 États l’ont déjà ratifié. Il entrera en vigueur lorsque 50 États l’auront signé et ratifié.

La solution pour arrêter la reprise de la course aux armements nucléaires, c’est bien de gagner l’élimination totale des armes nucléaires à travers la ratification du TIAN par au moins 50 États. Nous sommes en mesure de gagner cet objectif.

Nous appelons à agir pour la ratification du TIAN par la France en signant la pétition nationale et en participant à toutes les actions organisées en France pour obtenir cette ratification (4).

Le Mouvement de la Paix – le 2 août 2019

NOTES

  1. «Le naufrage du traité FNI risque d’emporter avec lui le concept global du contrôle des armements. Et ce à un moment où la révolution technologique gagne aussi le domaine militaire à une telle vitesse que les « courses à l’armement » se multiplient. … Ceci appellerait l’adoption urgente de nouvelles règles et de nouveaux accords ». journal hollandais De Volkskrant
  2. « Les missiles volent plus vite que jadis et ne peuvent quasiment pas être interceptés par les dispositifs de défense. La course à l’armement gagnera bientôt l’espace. … En revanche, le nombre des dirigeants irrationnels, inadaptés à ‘l’équilibre de la terreur’ ne cesse d’augmenter.» Le journal autrichien Kurier de langue allemande
  3. Si les USA s’opposent au TIAN, le Gouvernement actuel de la France s’y oppose aussi. En effet la France est engagée dans un processus similaire sur certains points comme l’a montré la conférence de presse commune des USA, du Royaume Uni, de la France le 27 mars 2017 à New York, à l’initiative des USA (Dépêche AFP) pour s’opposer à l’adoption du TIAN à l’Onu. Par ailleurs  la France est engagée dans le quasi doublement des crédits consacrés aux armes nucléaires en France (de 3,5 à 6 milliards d’euros par an), pour le renouvellement quasi complet de l’arsenal en armes atomiques de la France dans le cadre de la loi de programmation militaire actuelle.
  4. Les 6 et 9 août à l’occasion de l’anniversaire des bombardements des USA sur Hiroshima et Nagasaki, le 21 septembre dans le cadre de la journée internationale de la paix et des marches pour la Paix, le 26 septembre lors de la journée international de l’ONU pour l’élimination des armes nucléaires.

Voir la liste des États qui ont signé et pour certains ratifié le TIAN.

Pétition nationale pour que la France ratifie le TIAN.

Par le Mouvement de la Paix, publié le 05 Août 2019  

https://www.investigaction.net/fr/appel-pour-appliquer-le-traite-dinterdiction-des-armes-nucleaires/

Août 04

LA FRANCE REGRETTE LA FIN DU TRAITÉ SUR LES FORCES NUCLÉAIRES INTERMÉDIAIRES (FNI)

Paris le 3 août 2018 (Xinhua). La France a regretté vendredi soir « qu’aucune solution n’ait pu être trouvée » pour maintenir en vigueur le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI), estimant que la fin de ce traité « accroît les risques d’instabilité en Europe et érode le système international de maîtrise des armements« .

Le ministère français des Affaires étrangères a réaffirmé dans un communiqué « son engagement en faveur d’une maîtrise des armements et d’un désarmement nucléaires réels et vérifiables, fondés sur le droit« .

« Le Traité FNI était un élément central de l’architecture de sécurité européenne et de la stabilité stratégique en Europe (…) La France encourage la Russie et les Etats-Unis à prolonger au-delà de 2021 le traité New Start sur leurs arsenaux nucléaires et à négocier un traité successeur« , a-t-on indiqué de même source.

Par ailleurs, la France a dit regretter que « la Russie n’ait pas répondu aux demandes d’explications, ni aux appels à une application conforme du traité formulés de façon répétée l’an dernier« , a ajouté le Quai d’Orsay.

Par French.xinhuanet.com, publié le 2019-08-03 à 18h11

http://french.xinhuanet.com/2019-08/03/c_138281234.htm

Août 04

MORBIHAN : AU MENEZ-HOM, UNE MONTÉE DE LA PAIX, MARDI, À LA MÉMOIRE D’HIROSHIMA

L’humanité va célébrer, cette semaine, les anniversaires tragiques des premiers bombardements atomiques des 6 et 9 août 1945, qui ont détruit les villes japonaises d’Hiroshima puis de Nagasaki, provoquant des centaines de milliers de morts et accélérant la capitulation du Japon, et ouvrant la voie à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

« Mardi 6 août, est le jour anniversaire du bombardement d’Hiroshima [le 6 août 1945, NDLR], rappelle Roland de Penanros, pour le Collectif finistérien pour l’interdiction des armes nucléaires (Cian 29). Avec celui de Nagasaki trois jours plus tard, le bombardement de cette ville japonaise [ayant causé la mort de 140 000 personnes] a fait la preuve de la barbarie de l’usage des bombes atomiques. »

Plus jamais une seule bombe nucléaire !

Initié par le mouvement de la Paix de Cornouaille et l’Université européenne de la Paix, le Cian 29 regroupe une quinzaine d’associations et organisations syndicales et politiques du département du Finistère. Le collectif pacifiste et anti-nucléaire invite à une montée de la paix du Menez-Hom, mardi 6 août.

« Ni en presqu’île de Crozon, ni en rade de Brest, ni ailleurs, [n’acceptons] plus une seule bombe nucléaire, martèle le collectif. Exigeons que la France signe le traité d’interdiction des armes nucléaires voté le 7 juillet 2017 à l’Organisation des Nations Unies (Onu). Tels sont les messages que clameront à son sommet les marcheurs pour la paix du Menez Hom. »

Rendez-vous est donné à 10 h, mardi 6 août, à la stèle de la Résistance face à la chapelle de Sainte-Marie du Menez-Hom, (NDLR : commune de Plomodiern) pour le départ de la montée de la Paix. À 11 h, rassemblement et prise de paroles au sommet. À 12 h 30, pique-nique partagé, animations, etc.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/finistere/menez-hom-une-montee-de-la-paix-mardi-la-memoire-d-hiroshima-6469246

Août 04

L’IRAN SAISIT UN NOUVEAU NAVIRE « ÉTRANGER » DANS LE GOLFE, LE TROISIÈME EN MOINS D’UN MOIS

Les forces navales des gardiens de la révolution ont saisi dimanche un navire-citerne dont le pavillon n’a pas été précisé pour l’instant.

Les tensions diplomatiques ne retombent pas dans le Golfe. L’Iran a annoncé, dimanche 4 août, la saisie d’un navire « étranger », le troisième bateau arraisonné par la République islamique depuis le 14 juillet dans cette région stratégique au cœur des frictions entre Téhéran et Washington.

Les forces navales des gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime, ont saisi un navire-citerne dont le pavillon n’a pas été précisé dans l’immédiat. Sept étrangers membres de l’équipage ont été arrêtés lors de cette opération survenue mercredi, selon l’agence de presse Fars. Le navire arraisonné transportait « 700 000 litres de carburant de contrebande autour de l’île de Farsi », dans le nord du Golfe, a précisé l’agence de presse IRNA, citant un communiqué des gardiens de la révolution.

Le bateau se dirigeait vers des pays arabes du Golfe, selon le général Ramezan Zirahi, commandant des forces des gardiens de la révolution ayant mené la saisie. Il a été transféré vers le port Bouchehr, dans le sud du pays, et « sa cargaison de carburant de contrebande remise aux autorités » en coordination avec la justice iranienne.

Lire aussi Le détroit d’Ormuz, un verrou stratégique pour la circulation du pétrole (article réservé à nos abonnés)

Difficile coalition

Le 14 juillet, l’Iran avait intercepté un pétrolier battant pavillon panaméen, le MT Riah, accusé également de transporter du pétrole de contrebande. Cinq jours plus tard, le 19 juillet, la marine iranienne a arraisonné un pétrolier suédois battant pavillon britannique, le Stena Impero, soupçonné de « non-respect du code maritime international ».

L’arraisonnement du Stena Impero a lui même eu lieu quinze jours après la saisie du tanker Grace 1 par les autorités britanniques au large de Gibraltar. Le Grace 1, pétrolier iranien battant pavillon panaméen, a été intercepté car, selon Londres, il violait les sanctions de l’Union européenne en se dirigeant vers la Syrie en guerre avec du pétrole, ce que Téhéran dément. La Grande-Bretagne avait ensuite annoncé avoir ordonné à la Royal Navy d’escorter les navires civils battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz.

Ennemi juré de l’Iran, les États-Unis ont bien du mal à mettre sur pied une coalition internationale dans le Golfe pour protéger les navires marchands. L’idée était que chaque pays y escorte militairement ses navires avec le soutien de l’armée américaine, qui assurerait la surveillance aérienne de la zone et le commandement des opérations.

Les Européens ont décliné l’offre, ne voulant pas s’associer à la politique de « pression maximale » sur l’Iran du président américain, Donald Trump, car ils cherchent à préserver l’accord sur le nucléaire iranien, dont les États-Unis se sont unilatéralement retirés depuis plus d’un an.

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À la suite de ce retrait, Washington a rétablit de lourdes sanctions contre l’Iran, qui font perdre à ce pays la quasi-totalité de ses acheteurs de pétrole. Les tensions s’accumulent depuis. Ces sanctions ont asphyxié l’économie de cette puissance régionale membre de l’OPEP, qui dispose des quatrièmes réserves de brut au monde et des deuxièmes de gaz. Aussi, le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète transite par le détroit d’Ormuz situé dans cette région, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie.

Crainte d’un embrasement

Les frictions dans le Golfe se sont aussi intensifiées avec des attaques et des sabotages en mai et juin derniers contre des pétroliers dans le Golfe, imputés par Washington à Téhéran, qui dément toute implication.

La destruction ensuite d’un drone militaire américain a fait craindre un embrasement général. Donald Trump avait affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes de représailles contre l’Iran.

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Dimanche, pourtant, le général iranien Ahmad Reza a affirmé que les risques qu’un conflit éclate dans le Golfe avaient diminué.

« À première vue, il pourrait sembler que la situation dans le golfe Persique s’oriente vers un conflit militaire, mais, en y regardant de plus près, nous voyons que la probabilité d’un tel conflit est de moins en moins élevée. »

« Les capacités militaires de nos forces armées sont si importantes que nos ennemis n’osent pas choisir une option militaire contre nous », a estimé le général iranien, cité par l’agence de presse Mehr. Mais il a tenu à souligner que « le golfe Persique est comme une poudrière et l’explosion du premier pétard peut mener à un énorme désastre ».

Par Le Monde avec AFP,publié le 4 août à 13h31, mis à jour à 13h59

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/04/l-iran-saisi-un-nouveau-navire-etranger-dans-le-golfe-le-troisieme-en-moins-d-un-mois_5496477_3210.html

Août 04

CENTRALES NUCLÉAIRES : LA MENACE DES DRONES EST-ELLE SÉRIEUSE ?

Cette question fait actuellement débat. Si faire voler un drone au-dessus d’une centrale nucléaire est strictement interdit, un tel incident s’est déjà produit plusieurs dizaines de fois en France.

L’ONG Greenpeace n’a de cesse d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur la vulnérabilité de ces installations, allant même jusqu’à faire écraser un drone dans l’enceinte de la centrale de Bugey, le 4 juillet dernier, pour se faire entendre.

Sur le même sujet : Quelles zones de survol sont interdites aux drones ?

Les centrales sont conçues pour résister à des agressions externes du type séisme ou chute d’avion. (NDLR : petit avion mais pas un gros avion de ligne comme le 11 septembre à New York). Un drone qui chuterait ne ferait à priori aucun dégât. Mais Greenpeace pointe que si les réacteurs principaux sont bien « bunkerisés« , les piscines de refroidissement sont, elles, situées dans des bâtiments annexes dont le toit est en tôle.

Or, elles contiennent de grosses quantités de combustible radioactif. Une fuite importante de l’eau qui les protège entraînerait un nuage radioactif d’ampleur.

Les piscines dans le collimateur

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), de son côté, estime que leur résistance est largement suffisante pour supporter la chute d’un appareil tel que ceux qui ont été aperçus. Il n’y a aucun risque de perforation.

Des drones pourraient-ils alors détruire des points sensibles tels que les transformateurs électriques, stoppant ainsi la centrale ?

Ni l’IRSN, ni l’Autorité de sûreté nucléaire, ni le CEA, ni la gendarmerie des transports aériens n’ont répondu. Yannick Rousselet, de Greenpeace, persiste : « Un ou plusieurs drones pourraient techniquement provoquer un accident grave sur une de ces piscines. »

Les drones obligent-ils à revoir les procédures de sécurité ? Il semble que cette idée ait fait son chemin. Car fin 2017, une source officielle a annoncé que des « moyens techniques ont été déployés à proximité des sites et des centrales nucléaires récemment survolés par des drones ».

D’après Science & Vie Questions-Réponses n°30

Par Pierre-Yves Bocquet, publié le 04 août 2019 à 06h00

https://www.science-et-vie.com/questions-reponses/centrales-nucleaires-la-menace-des-drones-est-elle-serieuse-50818

Août 03

SORTIE DU DOMAINE DE FONCTIONNEMENT AUTORISÉ DU RÉACTEUR 4 DE PALUEL

Le 1er août 2019, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à la sortie du domaine de fonctionnement autorisé par pression élevée du circuit primaire principal du réacteur 4. Cette sortie constitue un écart aux règles générales d’exploitation, approuvées par l’ASN, qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées.

Le 6 janvier 2019 à 0h12, le réacteur est en arrêt à chaud et le circuit primaire est à une pression de 155 bars. Un essai est réalisé dans le but de simuler une augmentation de 5 bars de la pression primaire, par l’injection d’un signal approprié dans le contrôle-commande. La réaction attendue est, du fait de la régulation, une diminution effective de pression de 5 bars du circuit primaire, à 150 bars. Cependant, c’est une augmentation qui est constatée. Elle se stabilise à 160,3 bars, au-delà du domaine de fonctionnement autorisé.

À 0h38, l’injection du signal est interrompue. Une baisse de la pression primaire s’ensuit.

À 0h41 celle-ci rejoint le domaine de fonctionnement autorisé. L’action, qui s’est avérée corrective, est intervenue 26 minutes après le début de l’essai et la sortie du domaine de fonctionnement du réacteur 4 a duré 29 minutes. De plus, ce transitoire n’a été correctement caractérisé comme relevant d’une déclaration d’évènement significatif pour la sûreté que le 16 juillet 2019, dans le cadre de la préparation d’un essai similaire sur le réacteur 1. La déclaration elle-même est intervenue 16 jours plus tard, plus de six mois après l’évènement.

L’analyse de cet évènement a révélé une inversion de câblage entraînant la simulation d’une baisse et non d’une hausse de la pression primaire et l’évolution inverse de celle-ci sous l’effet de la régulation.

Cet écart n’a eu de conséquence ni sur le personnel ni sur l’environnement. Toutefois, compte-tenu de la sortie du domaine de fonctionnement, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 2 août 2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Sortie-du-domaine-de-fonctionnement-autorise-du-reacteur-4-de-Paluel

Août 03

LE NOUVEAU CHEF DU PENTAGONE EN ASIE LANCE UN AVERTISSEMENT À LA CHINE

Le nouveau chef du Pentagone Mark Esper est arrivé samedi en Asie pour avertir la Chine que les États-Unis ont désormais les mains libres pour concurrencer son arsenal militaire dans la région

Esper, premier ministre américain de la Défense titulaire depuis sept mois, a déclaré avoir choisi l’Asie comme but de son premier voyage depuis sa prestation de serment le 23 juillet pour « réaffirmer notre engagement envers la région, rassurer nos alliés et nos partenaires».

Il a prévenu d’entrée que les États-Unis souhaitent déployer rapidement en Asie de nouvelles armes conventionnelles de portée intermédiaire, maintenant qu’ils ne sont plus liés par le traité INF.

« Nous voudrions le faire le plus tôt possible », a précisé M. Esper dans l’avion qui l’acheminait à Sydney, première étape d’une tournée d’une semaine en Asie qui le conduira aussi en Nouvelle-Zélande, au Japon, en Mongolie et en Corée du Sud. 

« Je préfèrerais compter en mois », a-t-il précisé aux journalistes qui l’accompagnaient dans sa tournée. « Mais ces choses-là ont tendance à prendre plus de temps que prévu ».

Il n’a pas précisé où les États-Unis avaient l’intention de positionner ces armements. « Je ne voudrais pas spéculer, parce que (…) c’est le genre de choses dont on discute toujours avec les alliés ».

Chronologie des grands traités nucléaires signés entre les États-Unis et la Russie ( AFP / )

Accusant la Russie de le violer depuis des années, les États-Unis se sont retirés vendredi du traité de désarmement INF, conclu pendant la Guerre froide entre Washington et Moscou pour interdire totalement les missiles terrestres de portée intermédiaires (de 500 à 5.500 km). 

« Mesures correctives »

Washington est désormais libre de venir concurrencer la Chine, dont l’arsenal est largement constitué d’armes du type interdit par le traité INF, dont Pékin n’a jamais été signataire.

La montée en puissance de la Chine dans la région, où l’armée chinoise s’est emparée d’îles disputées en mer de Chine méridionale, inquiète les alliés traditionnels des États-Unis dans la région, comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Elle a aussi conduit d’autres pays comme l’Indonésie, le Vietnam ou encore les Philippines à rechercher auprès des États-Unis une protection face à Pékin.

Esper a noté que la Chine ne devrait pas s’étonner des projets américains.

« Cela ne devrait pas être une surprise, parce que nous en parlons depuis un bon moment», a-t-il dit. « Je voudrais souligner que 80% de leur arsenal est composé d’armes de type INF. Cela ne devrait dont pas surprendre que nous voulions des capacités similaires ».

« La Chine ne devrait pas être surprise », a-t-il souligné.

Pour autant, M. Esper a assuré que les États-Unis ne se lançaient pas dans une nouvelle course aux armements : « Le sens traditionnel d’une course aux armements est compris dans un contexte nucléaire ». « À l’heure actuelle, nous ne prévoyons pas de fabriquer des armes de type INF à tête nucléaire. Ce sont les Russes qui ont développé des armes qui violaient le traité et qui sont probablement à tête nucléaire ».

« Ce que je vois, c’est que nous prenons des mesures correctives pour développer une capacité dont nous avons besoin sur le théâtre européen et ici, sur le théâtre indo-pacifique », a-t-il ajouté.

Esper retrouve à Sydney le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, pour participer dimanche à une réunion avec leurs homologues australiens de la Défense et des Affaires étrangères.

sl/glr

Par AFP, publié le 03/08/2019 à 14h26

Photo en titre : Le président américain Donald Trump (G) et le secrétaire à la Défense Mark Esper s’entretiennent, le 25 juillet 2019 à Washington ( AFP / Nicholas Kamm )

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/le-nouveau-chef-du-pentagone-en-asie-lance-un-avertissement-a-la-chine-6263b4f30451ff188d2f4e3ac8fd4152