Août 20

PEUT-ON SORTIR DU NUCLÉAIRE ?

WWFTrop risqué, économiquement très cher, le nucléaire est pour le réseau WWF une énergie du passé qui dessine une voie sans issue pour notre avenir énergétique.

Pour réduire les émissions des gaz à effet de serre et assurer à tous l’accès à l’énergie, de nombreuses voix s’élèvent pour proposer la relance des programmes électronucléaires. Ceci alors que, depuis plus de dix ans, de nombreux rapports mettent en perspectives les faiblesses de cette énergie :

  • Épuisement des ressources mondiales en uranium.
  • Dangerosité de l’ensemble de la chaîne de transformation des matières nucléaires (depuis les exploitations minières jusqu’aux déchets radioactifs) qui aboutit à l’absence de réponses satisfaisantes concernant le stockage des déchets.
  • Investissements colossaux nécessités par le nucléaire (recherche, construction des centrales et sûreté) drainent des fonds qui auraient plus d’efficacité dans des programmes d’économies d’énergie et d’énergies renouvelables, approches moins coûteuses et plus sures pour réduire les pollutions.
  • Facture exponentielle du démantèlement des centrales en fin de vie.
  • Coûts humains et économiques excessivement élevés des accidents majeurs comme Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011) qui font du nucléaire une technologie qui ne peut être assurée.

Un coût sous-estimé

Pour ces raisons, le WWF soutient donc pleinement les politiques nationales d’abandon du nucléaire et demande, avec les autres ONG travaillant sur l’énergie, que les États n’augmentent pas la part du nucléaire sous prétexte de lutte contre le changement climatique.
Nous pensons en effet que le coût de cette énergie est profondément sous-estimé en raison de la sous-évaluation des charges futures du démantèlement des installations nucléaires et de la gestion de nos déchets radioactifs. C’est ce que révèle d’ailleurs le rapport de la Cour des comptes de janvier 2012.
En France, si le nucléaire représente 80% de la production nationale d’électricité aujourd’hui (ce qui équivaut à 16% de la demande finale d’énergie), une part importante des 58 réacteurs français approche de la fin de vie.
Au regard de l’absence de données fiables et transparentes concernant les coûts de maintenance de la filière et l’aval du cycle nucléaire, le WWF France considère qu’une révision urgente des évaluations des coûts relatifs au démantèlement des installations nucléaires françaises s’impose afin de permettre aux générations à venir de connaître le vrai coût de la sortie du nucléaire en France.
C’est la raison pour laquelle, lors du débat national sur la Transition Énergétique, le WWF a porté une proposition innovante de création d’un fonds indépendant.
En mobilisant l’argent provisionné par les opérateurs du nucléaire pour le démantèlement des centrales et la gestion des déchets radioactifs, ce fonds permettrait de financer la transition vers un nouveau modèle énergétique, plus sobre et substituant les énergies renouvelables aux fossiles et aux nucléaires.

http://www.wwf.fr/nos_priorites/promouvoir_la_transition_energetique/peut_on_sortir_du_nucleaire__/

Août 20

EPR : LE RISQUE D’UN SCANDALE D’ÉTAT EST-IL UNE RAISON SUFFISANTE POUR PRENDRE LE RISQUE DE LANCER L’EXPLOITATION ?

Agora EPRPublié le 18 août 2017 par Agoravox

EPR : ces responsables du désastre que l’ASN évite de désigner 

LE BLOG DE JFVICTOR2@ICLOUD.COM

Faut-il dissimuler plus longtemps les responsabilités impliquées dans les défaillances de fabrication du réacteur de Flamanville et lancer l’exploitation d’un dispositif nucléaire défaillant dont personne ne peut évaluer les conséquences en cas de fissure du réacteur (copie de ma réponse à la consultation publique lancée par l’ASN)

L’EPR de Flamanville est déjà un scandale d’État qu’il démarre ou non. L’exposé qui suit le prouve. Faut-il éluder l’historique des manquements, connivences, maquillages et du sous-jacent corruptif qui sont à l’origine de ce scandale ? Le fait que ce scandale mette en péril la crédibilité industrielle du pays est-il une raison suffisante pour prendre le risque de lancer l’exploitation d’un dispositif défaillant présentant un risque, même minime, pour les populations ?

C’est en fait le sens de la consultation qui est proposée, car autrement elle pourrait apparaître saugrenue. La population du pays dont l’avis est sollicité n’a assurément pas dans son immense majorité la technicité nécessaire à pour se prononcer sur la validité ou la dangerosité de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville. Car pas plus à Flamanville qu’à Fukushima ou Tchernobyl, en l’état des connaissances, aucun expert n’est en mesure d’évaluer le périmètre sinistré avant que l’incident n’ait lieu.

C’est donc sur les responsabilités impliquées dans la réalisation des éléments de la cuve ainsi que son sous-jacent corruptif, sur la base de mes propres questionnements et de mon expérience personnelle des ateliers du Creusot que j’apporterai ma contribution à la consultation lancée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

Jean-François VICTOR, Président et Directeur Général d’UIGM qui devient CREUSOT MÉCANIQUE

Suivent plusieurs documents que vous pouvez consulter sur : http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/epr-le-risque-d-un-scandale-d-etat-195953

…dont le résumé ci dessous:

Les turpitudes du groupe AREVA compromettent aujourd’hui la crédibilité industrielle du pays et les équilibres budgétaires de la Nation. Bruno Le Maire a d’ailleurs souligné que les besoins d’Areva étaient « supérieurs à l’intégralité des économies que le ministre des Comptes publics doit trouver en 2017 pour nous ramener sous les 3% (de déficit public par rapport au PIB) ». Challenges 12 .7.2017

Michel Yves Bolloré prétendait pendant les négociations de l’été 2006 vendre ses installations à AREVA par un patriotisme inspiré par une sorte de gaullisme industriel. Je doute pour ma part que de Gaulle ait apprécié un tel pillage (en réunion) de l’argent public. Sa réplique aurait même été – disons par euphémisme – assez brutale.

Le Parquet Financier dispose de toutes ces informations (Courrier du Juge Renaud Van Ruymbeke 1.9.2015) Pourquoi ne lance-t-il pas l’instruction ? En raison de la prescription pénale des faits ? Quelle date doit être retenue pour faire courir la date de départ de la prescription des faits, celle des faits ou celle à laquelle ces faits sont apparus ?

Faut-il dissimuler plus longtemps les responsabilités impliquées dans ce désastre et lancer l’exploitation d’un dispositif nucléaire défaillant dont personne ne peut évaluer les conséquences en cas de fissure du réacteur dont l’hypothèse n’est pas à écarter ?

La réponse est dans la question.

 

Août 20

LES 7 PLUS GROS RATÉS DE LA CENTRALE DE FLAMANVILLE

EPR 2Ce dimanche 20 août, Le Dauphiné republie, sur son site, un article et une vidéo du 31 mars 2017, lesquels résument très bien la situation actuelle. Voici l’article :

Difficile de fixer une date pour la mise en service de la nouvelle centrale nucléaire de Flamanville. Le chantier de ce réacteur EPR de troisième génération multiplie les déboires. Retour sur les 7 plus gros ratés de ce projet qui prend de plus en plus des allures de fiasco.

Les dernières difficultés du nouveau réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) ne sont que le énième épisode d’un long feuilleton de déboires.

Initialement prévu pour 2012, on sait désormais qu’il ne devrait pas entrer en service avant 2019. Quant au coût du réacteur de troisième génération, il devrait dépasser les 10,5 milliards d’euros, bien loin des 3,3 milliards du devis initial. Comment en est-on arrivé là ? Retour sur les 7 plus gros ratés de la technologie nucléaire de troisième génération.

  1. Contrefaçons sur le béton

Le 10 avril 2007, à quelques jours du premier tour de la présidentielle qui voit certains candidats s’opposer à l’EPR, le gouvernement de Dominique de Villepin signe un décret autorisant la construction du réacteur nucléaire de Flamanville. La première pierre est posée en décembre 2007. Mais dès 2008, le chantier connaît son premier coup d’arrêt. Des fissures sont constatées dans le radier en béton. L’ouverture de l’EPR est repoussée d’un an.

La facture, elle, augmente de 20 %. En 2010, les malfaçons constatées sont inquiétantes : des erreurs de ferraillage et une structure en béton « trouée comme du gruyère« , selon les termes de l’Agence de sûreté nucléaire. Le coût est revu à hauteur de 5 milliards d’euros et la fin des travaux n’est pas attendue avant 2015.

  1. Un chantier mortel

2011 est une année noire pour le nucléaire. Outre la catastrophe de Fukushima, au Japon, qui ravive les craintes liées à l’atome, le chantier de Flamanville tourne au cauchemar : en janvier, un ouvrier est tué sur le chantier, qui est stoppé pendant neuf semaines. Un autre décédera en juin.

S’ensuivent de nouvelles procédures de sécurité qui retardent la construction de neuf mois supplémentaires. Le chantier perd également deux mois à cause des intempéries. On parle désormais d’une inauguration en 2016. L’enveloppe est désormais estimée à 6 milliards d’euros.

  1. Un partenaire italien jette l’éponge

EDF annonce en décembre 2012 que les retards accumulés les années précédentes ont fait augmenter la facture de 2,5 milliards d’euros (8,5 milliards d’euros au total). Conséquence : le groupe italien Enel, partenaire d’EDF (à hauteur de 12,5 %) pour la construction de l’EPR, jette l’éponge. Et en 2014, EDF convient de difficulté dans la livraison de certains équipements, retardant la livraison du projet à 2017.

  1. Bouygues condamné pour travail dissimulé

Le groupe de BTP est poursuivi dans une affaire de travailleurs européens irrégulièrement détachés sur le chantier de Flamanville. Et en mars 2015, la responsabilité de Bouygues a été reconnue dans le recrutement, par l’intermédiaire d’une société d’intérim fondée par un ex-cadre de Bouygues (Atlanco, aujourd’hui liquidée), qui, entre 2009 et 2011, avait employé 163 travailleurs polonais sans les avoir dûment déclarés. 

Atlanco était basée en Irlande, agissait à travers une succursale chypriote pour recruter des Polonais qui n’avaient jamais mis un pied à Chypre et signaient des contrats rédigés en grec, auxquels ils ne comprenaient pas un traître mot.

  1. Anomalie sur la cuve du réacteur

C’est un très sérieux coup de semonce pour le chantier de Flamanville. Le 19 avril 2015 : l’ASN a repéré une « anomalie sérieuse voire très sérieuse » sur la cuve et le couvercle du réacteur de Flamanville. Son président indique qu’ « il faudra qu’on ait une conviction forte, une quasi-certitude, une conviction absolue » sur la fiabilité de ce « composant crucial » avant de donner le feu vert à sa mise en service.

Le programme de test devra donc être étendu. La mise en service n’est pas prévue avant 2019 pour un coût réévalué à 10,5 milliards d’euros. Résultat l’État a dû prendre récemment un nouveau décret, permettant à EDF de prolonger la construction jusqu’en 2020. Le précédent décret de 2007 imposait une livraison au plus tard le 10 avril 2017.

  1. Crise de gouvernance

EDF doit-il construire deux réacteurs de type EPR en Grande-Bretagne et y investir plusieurs milliards d’euros ? Pour son directeur financier, la réponse est non. Thomas Piquemal claque la porte en mars 2016. Une démission qui entretient le doute sur la viabilité du programme EPR. 

Plusieurs fois repoussée, la décision finale d’investissement a finalement été prise par l’électricien fin juillet 2016, et le contrat a officiellement été signé fin septembre à Londres entre le gouvernement britannique, EDF et le groupe nucléaire chinois CGN, partenaire du français dans ce projet.

  1. Une vitrine fêlée

Pas forcément indispensable à la production d’électricité en France et surtout jugé par les spécialistes comme une technologie déjà dépassée, l’EPR de Flamanville devait servir de vitrine pour EDF qui comptait bien exporter son prototype. Sauf que les déboires de Flamanville ne constituent pas la meilleure des publicités.

Parallèlement, l’EPR en Finlande démarré en 2005 ne devrait lui non plus être mis en service avant 2018. Tandis que le démarrage des réacteurs anglais ne cesse d’être repoussé. Pour le moment pas avant 2019.

Article de Frédérick MACE, vidéo de Sylvain Tronchet (3mn33s)

http://www.ledauphine.com/france-monde/2017/03/31/les-7-plus-gros-rates-de-la-centrale-de-flamanville

Août 19

MANIFESTATION À BURE : «MON PIED A ÉTÉ DÉCHIQUETÉ»

Bure déchiquetéRobin, 27 ans, fait partie des blessés recensés après la manifestation, mardi dans la Meuse, contre le centre d’enfouissement des déchets nucléaires. Après avoir été touché, a priori par une grenade, il risque l’amputation des doigts de pied.

La manifestation, mardi, contre le site d’enfouissement des déchets nucléaires (Cigéo) à Bure, dans la Meuse, s’est soldée par de nombreux blessés parmi les opposants, suite aux affrontements avec les forces de l’ordre. Sur la trentaine de blessés recensés, trois ont été hospitalisés. L’un d’entre eux, Robin.P, un Dijonnais de 27 ans, père de 2 enfants, a été touché au pied, dont une partie a été arrachée. En cause, selon les manifestants : une grenade assourdissante GLI F4. Il risque une amputation des cinq orteils. «Attaqués gratuitement et violemment, les gendarmes ont été obligés de riposter pour se défendre», explique, dans un communiqué, la préfecture de la Meuse, qui dénombre, de son côté, deux gendarmes blessés. Libération a recueilli le témoignage de Robin.

Comment s’est déroulée la manifestation ?

La manif a été bloquée dès le début, à la sortie de Bure. On avait marché à peine 200 mètres que les gendarmes nous gazaient déjà et nous empêchaient de passer. On a fait demi-tour et emprunté un chemin à travers champs pour atteindre Saudron, où nous avions prévu une action symbolique en rapport avec le site néolithique découvert récemment. À nouveau, les gendarmes nous ont bloqués à la sortie de Saudron. Là, ils ont frappé beaucoup plus fort, avec du gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes. Il y avait de la lacrymo partout. J’avais l’impression que j’allais mourir étouffé.

Nous avons été repoussés dans les champs. Une ligne de gendarmes nous barrait la route. Ils ont continué à gazer. Puis il y a eu une accalmie, les gendarmes ont reculé. Les manifestants refluaient, discutaient de ce qui venait de se passer, débriefaient sur ce qui n’avait pas fonctionné.

Les forces de l’ordre sont alors revenues à la charge et il y a eu une nouvelle confrontation. D’abord des lacrymogènes, puis une grenade assourdissante qui a explosé. Nous faisions demi-tour. Je vois une autre grenade péter à hauteur de visage, suivie d’une dizaine d’autres en une minute.

Je repartais, je leur tournais le dos. Soudain j’entends un bruit extrêmement fort. Je ne sens pas la douleur sur le coup, mais je vois mon pied déchiqueté, la chaussure fondue. Ensuite, tout est allé très vite: l’équipe de médics [les militants qui prennent en charge les blessés, ndlr] me sort du champ sur un brancard. On était déjà loin, peut-être à 100 mètres des gendarmes, mais les grenades continuaient à exploser autour de nous. Les médics ont été supers, ils essayaient de me rassurer, mais je voyais mon pied, je n’arrêtais pas de le regarder. Je hurlais de douleur, j’avais l’impression d’être au Moyen Âge.

Comment s’est passée votre prise en charge ?

Les pompiers étaient débordés et non formés pour ça. L’un d’entre eux a fait un malaise, les médics se sont occupés de lui. J’ai été blessé vers 16h30, je suis arrivé à l’hôpital vers 21 heures. Les médecins aussi n’en revenaient pas. Tout le monde a halluciné.

Au final, j’ai de nombreux os brisés, certains pulvérisés. Sur le pied, j’ai un trou de 13 centimètres de long par endroits, jusqu’à 3 centimètres de profondeur. Les médecins me parlent d’amputation possible des 5 doigts de pied. C’est encore trop tôt pour se prononcer, tout va se jouer au niveau de l’infection. C’est tout ou rien. Ma chaussure a fondu sur le coup, la plaie s’est remplie de plastique.

Quoi qu’il arrive, mon pied sera douloureux pour toujours. J’ai aussi une trentaine d’éclats de grenade dans les jambes, depuis la cheville jusqu’en haut de la cuisse. Ils ont enlevé ce qu’ils pouvaient, le reste, je vivrai avec.

La répression de cette manifestation a été plus violente que d’habitude ?

D’un côté oui. Mais il ne faut pas que les gens pensent que c’est une situation exceptionnelle. Ces armes sont régulièrement utilisées et on ne parle jamais des personnes mutilées. Nous l’avions vu pendant le mouvement contre la loi travail, c’est leur façon de maintenir l’ordre. Il aurait pu y avoir un mort. Les grenades sont tirées en cloche et de loin, donc je pense que c’est à l’aveugle. Après, tout se joue au hasard. Mais les gendarmes savent que ces grenades peuvent tuer. Elles produisent des déflagrations sur un mètre de diamètre. Si tu es dedans, c’est fini.

Article de Raphaël Goument

http://www.liberation.fr/france/2017/08/18/manifestation-a-bure-mon-pied-a-ete-dechiquete_1590628

NDLR: cet article est le 2 000 ème article publié depuis le 20 mars 2016.
           Je l’aurai souhaité moins triste!

Août 19

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM : UN EMPLOYÉ CONTAMINÉ APRÈS UNE INTERVENTION DANS LE RÉACTEUR

CattenomL’unité de production numéro 4 de la centrale nucléaire de Cattenom est actuellement à l’arrêt. Cet arrêt fait partie du programme habituel. Cette unité de production a été mise à l’arrêt dans la nuit du 4 au 5 août pour maintenance, afin de remplacer une partie du combustible et d’effectuer quelques travaux de maintenance.

Des techniciens issus d’entreprises partenaires interviennent sur le site. Suite à une intervention dans le réacteur n°4, les portiques de contrôles ont détecté une contamination radioactive sur un homme, indique EDF dans un communiqué vendredi après-midi.

Il s’agissait d’une poussière contaminée trouvée dans la nuque du technicien. Celle-ci a aussitôt été retirée et analysée. Les analyses ont indiqué que l’employé avait été exposé à une radioactivité équivalente au quart de la limite annuelle tolérée.

«Les limites réglementaires annuelles sont, pour 12 mois consécutifs, de 20 mSv pour le corps entier et de 500 mSv pour une surface de 1cm2 de la peau», rappelle EDF dans son communiqué.

Le cas de ce technicien ne justifie toutefois pas d’un suivi régulier, comme l’indique la réglementation

La direction de la centrale de Cattenom a dû déclarer l’événement à l’Autorité de Sûreté Nucléaire au niveau 1 de l’échelle INES qui comporte 7 échelons. Le niveau 1 équivaut à un «incident», le niveau 0 à un «écart» et le niveau 7 à un «accident majeur».

https://www.wort.lu/fr/international/centrale-nucleaire-de-cattenom-un-employe-contamine-apres-une-intervention-dans-le-reacteur-5996fc8ba5e74263e13c5ee9

Août 19

À 200 km DE LA CENTRALE, LA CATASTROPHE DE TCHERNOBYL SE POURSUIT EN RUSSIE EN 2017!

enfants de TchernobylAprès les enfants ukrainiens, l’association humanitaire « Les Enfants de Tchernobyl » a accueilli ce 4 août à Horbourg-Wihr (Haut-Rhin) un groupe d’enfants russes victimes de la catastrophe. (plus de détails sur le site : http://www.lesenfantsdetchernobyl.fr/Telechargements/08_Presse/CDP/2017/CDP_2017_08_04.pdf )

Les résultats des mesures des charges corporelles en césium 137 de nos invités russes de NOVOZYBKOV effectuées par l’institut de radioprotection indépendant BELRAD à l’aéroport de Minsk le 4 août sont catastrophiques, en particulier :

  • 100% des 84 Russes mesurés sont contaminés avec du césium 137,
    • Pour 83 des 84 mesures, les valeurs sont égales ou supérieures à 20 Bq/kg de césium 137,
    • 12 des 84 résultats dépassent la valeur de 40 Bq/kg de césium 137,
    • La moyenne des résultats obtenus le 4 août 2017 est supérieure à celle du 5 août 2016. On observe donc une augmentation de la contamination moyenne en césium 137 des enfants entre 2016 et 2017,
    • Pour beaucoup de ré-accueils les chiffres sont supérieurs à ceux de leur mesure lors de l’arrivée en 2016 (pour une dizaine l’augmentation de la contamination se situe entre 60% et 99% !)

CES CHIFFRES PROUVENT QUE LA CATASTROPHE DE TCHERNOBYL SE POURSUIT EN RUSSIE EN 2017 À 200 km DE LA CENTRALE !

NDLR : je vous encourage à aider au financement de cette association qui fait tout ce qu’elle peut pour ces enfants et pour faire connaître la vérité sur Tchernobyl dont beaucoup considère que cet terrible accident et ses conséquences font partie du passé alors que ces enfants sont la preuve que la contamination radioactive continue sur un immense territoire (dons déductibles à 66% des impôts sur le revenu).

Août 18

LA FIN D’UN PARCOURS BOURSIER CHAOTIQUE POUR AREVA

Cotation AREVA…C’est la fin d’une histoire et une preuve supplémentaire, si besoin, des difficultés de l’industrie nucléaire française. L’Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé jeudi 17 août, la disparition prochaine des dernières actions d’Areva encore en Bourse. Elles seront rachetées par l’État.

Une disparition programmée pour le 21 août

Les actions visées sont celles qui n’avaient pas été apportées à l’offre publique de retrait lancée par l’État. « Le retrait obligatoire interviendra le 21 août 2017 au prix de 4,50 € par action » sur les « 1,64 % du capital » qui ne sont pas encore détenus par l’État français, souligne l’AMF dans un avis. La radiation d’Areva de la Bourse de Paris interviendra le même jour, précise de son côté Euronext, le gestionnaire de la place.

En attendant, la suspension de la cotation des titres Areva, en vigueur depuis le 15 août, est maintenue.

Une entreprise déjà démantelée

Ce retrait d’Areva de la cote parisienne s’inscrit dans le cadre de la restructuration de l’entreprise, en graves difficultés financières (avec quasiment 15 milliards d’euros de pertes depuis 2011) et qui a été coupée en deux, avant d’être renfloué par l’État à hauteur de 4,5 milliards.

L’activité réacteurs devrait être reprise par EDF, d’ici à la fin de l’année, et le périmètre du nouvel Areva se limitera désormais à l’extraction et l’enrichissement de l’uranium ainsi que le traitement des déchets nucléaires, soit peu ou près ce que faisait l’ex-Cogema, il y a une vingtaine d’années.

Pour tenter de rebondir, l’ex-fleuron du secteur devrait d’ailleurs bientôt changer de nom. Dans Areva SA, devenue une structure de défaisance, il ne restera plus qu’une partie de la dette du groupe ainsi que les actifs à problèmes, comme le chantier de l’EPR finlandais (OL3) et les risques liés à la série d’anomalies de fabrication dans l’usine du Creusot.

Un objet boursier mal identifié

Le parcours boursier de la société a démarré en avril 1992, à l’époque de la Cogema, sans que la finalité de l’opération soit bien définie. Il ne s’agissait pas de lever de l’argent, ni même de préparer une privatisation. L’introduction se fait à 4,50 € par action.

Les titres mis alors sur le marché n’étaient d’ailleurs pas des actions, mais des certificats d’investissement, c’est-à-dire des actions sans droits de vote. À l’époque, la mise en bourse de quelques pourcents du capital de l’entreprise nucléaire visait à afficher un peu de transparence dans un secteur réputé très opaque. L’objectif était aussi d’encourager l’actionnariat salarié.

Un parcours boursier en dent de scie

Avec peu de titres en circulation et l’omniprésence de l’État, l’action n’a jamais été très visible pour les investisseurs, même si Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva de 2001 à 2011, n’a pas ménagé ses efforts pour inverser la tendance.

Avec dans un coin de la tête, l’idée d’affranchir un peu l’entreprise de la tutelle de l’État, la médiatique patronne d’Areva a multiplié les rencontres avec les analystes et gestionnaires de fonds. Une politique gagnante puisque entre 2007 et 2008, le titre Areva dépassait les 70 €, atteignant même un pic à 82 €. (NDLR : mai 2008). À ce moment-là, les projets de nouveaux réacteurs nucléaires fleurissaient un peu partout dans le monde.

Mais la crise financière et surtout l’accident de Fukushima en mars 2011 au Japon ont plongé l’ensemble de la filière dans un marasme dont elle ne s’est toujours pas relevée. (NDLR : c’est peut-être oublier bien d’autres raisons… !)

Jean-Claude Bourbon

http://www.la-croix.com/Economie/France/fin-dun-parcours-boursier-chaotique-Areva-2017-08-17-1200870229

Août 18

LE GOUVERNEMENT DOIT SE PRONONCER EN URGENCE SUR L’ABANDON DU PROJET CIGÉO À BURE !

Réseau SDNCommuniqué de presse du 17 août 2017 du Réseau Sortir du Nucléaire

Aux côtés des associations locales, qui ont déjà interpellé Nicolas Hulot dans une lettre ouverte, le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle le gouvernement à se prononcer en urgence sur l’abandon du projet CIGÉO à Bure.

Les risques liés à ce site d’enfouissement, désormais mis en exergue par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire lui-même, sont désormais connus de tous. Risque d’incendie et d’explosions souterrains, architecture qui ne permet pas de limiter les rejets radioactifs, interrogations sur les moyens de surveiller le site, impossibilité de récupérer les « colis » de déchets endommagés en cas d’accident : ces problèmes ne pourront pas trouver de parade, car ils sont intrinsèquement liés aux choix de conception d’origine. En imposant CIGÉO, l’Andra fait courir aux populations un risque démesuré, qui ne concernera pas seulement de lointaines générations futures, mais peut-être aussi les habitants de la région dans quelques dizaines d’années.

Poursuivre ce projet « avec persévérance et rigueur », comme le prétend l’Andra, ne peut aboutir qu’à un gigantesque gaspillage d’argent public, d’autant plus grave que les sommes nécessaires pour couvrir les vrais coûts de CIGÉO ne sont même pas provisionnéesce dont le gouvernement devra bientôt répondre devant le Conseil d’État.

Alors que l’opposition à CIGÉO grandit, la réponse des autorités, jusqu’ici, a été essentiellement répressive : contrôles policiers permanents dans les villages concernés, manifestants empêchés de circuler le 15 août, usage massif et disproportionné de la force contre les opposants avec plusieurs personnes gravement blessées par des tirs de flashball et de grenades de désencerclement.

Cette stratégie de la tension ne peut plus durer. Nous appelons Nicolas Hulot à se souvenir de sa position contre CIGÉO, à remettre en question ce projet intrinsèquement dangereux et à engager au plus vite la fermeture de réacteurs pour tarir la production de ces déchets ingérables.

http://www.sortirdunucleaire.org/Le-gouvernement-doit-se-prononcer-en-urgence-sur

Août 18

L’ASSOCIATION FRANÇAISE DES MALADES DE LA THYROÏDE EST EN COLÈRE

LévothyroxL’AFMT s’est permis d’écrire ce mot à l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM).

Une réunion est prévue autour du 22 septembre avec eux mais là, au vu de tous les appels de détresses, de preuves de prises de sang partant dans tous les sens avec des TSH sautant de 1,2 à 20 en 6 semaines chez la même personne, de malaises cardiaques et j’en passe, est-il possible que l’AFMT attende raisonnablement des discussions entre sociétés « savantes »….

Notre association depuis le début a toujours réclamée son indépendance financière et philosophique. Au contraire de bien d’autres associations de santé….

Le monde médical en général est bien silencieux, peu de médecins osent monter au créneau et pour cause….. Les retombées sont souvent sulfureuses sur leur statut, le Professeur Joyeux en a fait les frais plus d’une fois. L’ordre des médecins n’a-t-il pas été créé par le gouvernement de Vichy

Trop de regroupements d’associations de santé demandent la manne financière de laboratoires tel Sanofi pour organiser leurs colloques notamment à Toulouse pour prôner le bienfait des vaccinations. Est-ce normal?

Voici le mot envoyé à l’ANSM à ce jour:

Au vu de tous les témoignages On est carrément scandalisé devant l’ampleur du problème et une fois de plus il ne faudrait pas paniquer, il faudrait prendre le temps d’adaptation….

Nous sommes devant un scandale sanitaire de grande ampleur, une fois de plus la France a un État Roi, je ne veux en aucun cas que les malades croient qu’on ne les défende pas.
Déjà depuis la création des CAPI au sein du monde médical, j’ai compris les intéressements d’un système qu’on pourrait carrément qualifier de mafieux.

Je regrette pour l’ANSM mais je trouve que la façon dont la crise est gérée en période de vacances est inadmissible, mais pas étonnante.

Tchernobyl nous a beaucoup appris… L’être humain pèse peu dans la balance économique et le lactose a bon dos

Chantal L’HOIR fondatrice de l’AFMT

http://www.asso-malades-thyroide.fr/wordpress/index.php/2017/08/17/lassociation-est-en-colere/

Note : de nombreux malades ont fait appel à l’Association Française des Malades de la Thyroïde  par rapport à des troubles ressentis suite à la prise de la nouvelle formule de Lévothyrox.

Pour en savoir plus : http://www.asso-malades-thyroide.fr/wordpress/index.php/2017/07/12/le-nouveau-levothyrox/

NDLR : pour ceux qui le souhaitent, il est possible de signer une pétition en ligne : https://www.mesopinions.com/petition/sante/contre-nouveau-levothyrox-dangereux-patients/31185Mots

Août 18

BURE: S’OPPOSER AU PROJET NUCLÉAIRE CIGÉO REVIENT À ÊTRE UN «DISSIDENT DE L’ÉTAT»

BureDeux jours après les échauffourées de Bure au cours desquelles se sont affrontés la gendarmerie et les opposants au projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires, Sputnik donne la parole aux écologistes qui évoquent l’ampleur du danger et expliquent pourquoi certains détails du projet sont passés sous silence.

Trois cents à mille personnes ont manifesté plus tôt cette semaine dans la Meuse contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires près du village de Bure. Les incidents, qui ont fait six blessés graves, ont éclaté après un week-end de calme où s’est déroulé le Festival de Bure qui a réuni autour d’une même table écologistes et partisans du stockage souterrain. Deux jours après les manifestations, au cours desquels est intervenue la gendarmerie qui — pour disperser la foule — a fait usage de canons à eau, de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène, Sputnik a tendu son micro aux représentants du camp écologiste et les a interrogés au sujet de leurs préoccupations.

Silence de Nicolas Hulot

Pourquoi le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot garde-t-il le silence? C’est cette question qui préoccupe Jean-Marc Fleury, membre du parti Europe Écologie les Verts et président de l’Éodra (association des élus opposés à Cigéo).

«Il suffirait juste qu’on entende maintenant le ministre de l’Écologie là-dessus, on n’a encore pas entendu. Ce que je crains, c’est que Nicolas Hulot quand il est entré au gouvernement, il a accepté le deal: qu’on lui a dit « on arrête Notre-Dame-des-Landes et en contrepartie t’avalera deux-trois couleuvres« , dont Bure, je pense. J’espère me tromper. Je pense que c’est pour ça qu’on n’entend pas Nicolas Hulot», indique-t-il dans son commentaire.

https://fr.sputniknews.com/france/201708171032684153-bure-dechets-nucleaires-ecologie/

Août 17

EN QUOI CONSISTE LE PROJET D’ENFOUISSEMENT DE DÉCHETS NUCLÉAIRES À BURE ?

CigéoDes manifestants ont protesté mardi contre le projet Cigéo, qui prévoit la création d’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure à partir de 2021.

Le projet Cigéo (centre industriel de stockage géologique) d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, dans la Meuse, cristallise les tensions. Mardi, des incidents ont éclaté en marge d’une manifestation contre le projet orchestré par l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. La gendarmerie a fait usage d’un canon à eau, de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène contre une partie des manifestants présents sur le site.

Les protestations ne sont pas nouvelles. Depuis 1998, et la désignation du site de Bure comme lieu de stockage profond de déchets nucléaires, les actions contre le projet se multiplient. Mais en quoi consiste ce projet ? Et quels sont les problèmes soulevés par les manifestants ? Europe 1 fait le point.

Quelle est la nature du projet ?

83.000 m² de déchets sous terre. Le projet Cigéo vise à enfouir à 500 mètres sous terre jusqu’à 83.000 m² de déchets nucléaires radioactifs pendant des millions d’années. Ils seront entreposés sous la nappe phréatique dans une strate argileuse située à Bure, dans la Meuse.

Seulement les déchets les plus radioactifs. Mais tous les déchets nucléaires ne sont pas concernés par ce projet. Seuls les déchets les plus radioactifs du parc français seront enfouis à Bure : les déchets que l’on dit de moyenne activité à vie longue, soit environ 3% des déchets radioactifs français et les déchets de haute activité (0,2% des déchets français), liés au fonctionnement des centrales nucléaires.

Contrairement à 90 % des déchets nucléaires, ces déchets-là ne peuvent pas être pris en charge par une filière d’élimination car ils sont très radioactifs. Surtout, il faut des centaines de milliers voire des millions d’années pour qu’ils perdent de leur radioactivité. D’où l’idée de les stocker en profondeur, la fermeture définitive du centre garantissant sa sûreté, selon l’Andra. « Le projet s’appuie sur la géologie« , explique Frédéric Launeau, directeur de Cigéo, à Europe1.fr. « La strate argileuse dans laquelle seront stockés les déchets est quasi imperméable. L’enfouissement permettra d’étaler dans un temps long le retour dans la biosphère de la radioactivité. »

Un budget de 25 milliards.

Le projet, pharaonique, prévoit que les déchets arrivent sous terre grâce à un funiculaire de façon à ce que l’homme soit le moins possible en contact avec les déchets. Son coût est estimé par le ministère de l’Énergie à 25 milliards d’euros. (NDLR : bien plus selon la Cour des Comptes)

Pour l’heure, où sont stockés ces déchets ?

Actuellement, ces déchets sont stockés en surface sur plusieurs sites dans la Manche, dans le Gard et dans les Bouches-du-Rhône. « Mais les stocker en surface n’est pas optimal », assure le directeur de Cigéo. « Sur un temps long, ils pourraient être soumis à des aléas climatiques et de civilisation, comme les guerre et des attentats. » Selon lui, il est urgent d’agir aujourd’hui pour éviter aux générations futures de porter ce fardeau.

Quand Cigéo doit-il être opérationnel ?

Le Parlement a déjà voté plusieurs projets de loi allant dans le sens du projet. En 2006, l’Assemblée avait estimé que le stockage en profondeur devait être la solution retenue pour traiter les déchets les plus radioactifs. Un autre feu vert a été donné en 2016 : le Parlement a approuvé les modalités de création du projet Cigéo. Mais celui-ci n’est pas validé pour autant. L’Andra prévoit de présenter son projet définitif pour la mi-2019. L’autorité de sûreté nucléaire et le conseil d’État trancheront. Si Cigéo est autorisé, les travaux pourraient commencer d’ici à 2021, le démarrage de l’exploitation du site en 2035 après une phase pilote et la fermeture définitive débuter en 2150.

Quelles sont les critiques que suscite le projet ?

Des réserves philosophiques. Pour les opposants, plusieurs problèmes se posent. Le premier est philosophique. « On préfère nous faire croire que l’on a trouvé une solution à la gestion des déchets radioactifs en les enfouissant en profondeur. Mais ce n’est pas le cas« , dénonce sur Europe1.fr Jacques Leray, porte-parole du Cedra (Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs). « En choisissant d’enfouir, on nie le problème lié au fonctionnement de l’industrie nucléaire. Et on ne fait pas confiance à l’espèce humaine, ni aux progrès de la science. La technologie peut évoluer et permettre dans plusieurs dizaines d’années de trouver une meilleure manière de traiter ce type de déchets, d’autant que l’enfouissement est irréversible. »

La sûreté en question. Pour les opposants, Cigéo pose aussi un problème en termes de sûreté. « Il existe un grand risque de pollution de la nappe phréatique. On nous explique que l’enfouissement permettra de ralentir sur la durée le retour dans la biosphère de la radioactivité. Cette idée-même est inacceptable« , ajoute Jacques Leray.

« On nous dit encore que la strate argileuse est stable depuis 160 millions d’années mais rien nous dit que la matière radioactive ne va pas la perturber. D’autres exemples d’enfouissements profonds dans le monde ont été catastrophiques« , souligne le porte-parole du Cedra. « En Allemagne, on avait décidé d’enfouir les déchets dans du sel, que l’on disait stable. Mais le sel a décidé de se rebeller« , étaye le porte-parole de l’association. En 2014, dans l’État du Nouveau Mexique, aux États-Unis, deux accidents graves se sont également produits dans le centre de déchets à vie longue Wipp où des colis de déchets nucléaires se sont dégradés.

Les « incertitudes » de l’ASN. Début août, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a elle aussi émis des « réserves » face à ce projet, évoquant notamment des « incertitudes » concernant le comportement de certains déchets hautement inflammables en cas d’élévation de température. Mais pas de quoi inquiéter l’Andra qui assure prendre en compte ces remarques pour le projet définitif qu’elle présentera en 2019.

Qu’en dit le ministre de l’Écologie ?

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, n’a pas officiellement pris position sur Cigéo depuis son entrée au gouvernement. Il s’est borné à indiquer qu’il souhaitait « étudier davantage » ce projet. Mais les opposants ont récemment exhumé une photo, qui remonterait à octobre 2016, et sur laquelle on voit Nicolas Hulot – qui n’était pas encore ministre – tenir une pancarte proclamant : « Cigéo Bure, je dis non !« .

http://www.europe1.fr/societe/en-quoi-consiste-le-projet-denfouissement-de-dechets-nucleaires-a-bure-3412706

Août 17

L’ASN RÉCLAME À EDF LA VÉRIFICATION DES COMPOSANTS DU CREUSOT

ASN...L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé mercredi demander à EDF de passer en revue d’ici le 31 décembre 2018 l’ensemble des composants d’équipements nucléaires fabriqués par l’usine Creusot Forge (groupe Areva).

Dans un projet de décision publié sur son site internet, l’ASN ne précise pas si EDF devra arrêter ses réacteurs en attendant leur examen, mais précise que les revues devront avoir lieu pendant que les réacteurs sont arrêtés pour être réapprovisionnés. L’ASN précise qu’EDF devra lui transmettre au plus tard le 31 octobre 2017 son programme de revue.

EDF a indiqué que cette demande de revue n’aurait pas d’impact sur la production nucléaire. « C’est intégré dans notre échéancier d’arrêt de tranches », a déclaré une porte-parole du groupe français.

La production de l’usine Creusot Forge a été arrêtée l’année dernière à la suite de la découverte d’irrégularités de production ainsi que la falsification de documentations.

Après la détection fin 2014 d’une anomalie sur la cuve du réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche), l’ASN avait demandé à Areva de procéder à un audit de son usine de Creusot Forge qui a révélé des irrégularités. 

La production de l’usine Areva du Creusot a repris en juillet avec la coulée d’un élément destiné à la future centrale nucléaire d’Hinkley Point en Angleterre.

http://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-l-asn-reclame-edf-la-verification-des-composants-du-creusot-5190946

 

Août 16

50% DE NUCLÉAIRE EN 2025 : EST-CE COMPATIBLE AVEC LE PLAN CLIMAT?

50 %Le plan climat du gouvernement sorti le 6 juillet 2017 n’évoquait pas le dossier nucléaire. Ce sujet a été abordé plus tard par Nicolas Hulot lors d’une émission de radio. Il est sorti du bois, en disant tout haut ce que les spécialistes savent bien. Pour réduire à 50% la part du nucléaire dans la production électrique en 2025, objectif inscrit dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte, votée en juin 2015, il faut fermer des réacteurs nucléaires. La Cour des Comptes en avait estimé en février 2016 le nombre à 17 (sur 58 en exploitation), chiffre que le ministre a donc rappelé.
Les « bons esprits », et les médias d’affaires (Capital, Challenges, …) se sont emparés de cette annonce pour entamer un procès en incompétence et en manque de réalisme du ministre d’État. C’est aller un peu vite en besogne et faire fi de faits incontestables.

1: L’objectif de 50% était l’une des promesses du candidat François Hollande reprise telle quelle par le candidat Emmanuel Macron.

On peut ne pas être d’accord avec cet objectif ou considérer qu’il est impossible à réaliser pour un ensemble de raisons technique, économique, climatique et sociale (voir point 3 ci-après). Il n’en reste pas moins qu’il a été adopté sans réserve dans le cadre de sa campagne par l’actuel Président de la République, qui s’est en outre positionné en première ligne sur le registre des promesses tenues et du langage de vérité, qualités fondamentales de la reconstruction politique et démocratique qu’il dit vouloir mener. Nicolas Hulot en rappelant les conséquences de cet objectif fait son travail, et le fait courageusement. Il s’inscrit pleinement dans la ligne du Président de la République. Peut-on lui reprocher ? Le nucléaire devrait-il une fois de plus faire exception ?

2: Un calcul simple, partant d’hypothèses raisonnables relatives à la production et à la consommation d’électricité, montre que contrairement aux propos clairement « idéalistes » pour ne pas dire plus d’Henri Proglio, alors président d’EDF, cet objectif est inatteignable sans cesser d’utiliser l’équivalent de 15 à 20 tranches. Pour faire simple [1] on peut considérer en première approximation :

  • que la consommation d’électricité d’ici là sera en gros constante (les gains en termes d’économie d’énergie y compris d’électricité étant compensés par les transferts d’usage vers l’électricité) ; parier sur une reprise massive de cette consommation c’est refuser de voir les faits, montrés par les courbes ci-après. C’est ne pas tenir compte de l’avis des meilleurs spécialistes en la matière, RTE, dont l’une des responsabilités est d’assurer seconde après seconde de l’équilibre offre demande d’électricité qui anticipe une orientation à la baisse de nos besoins d’électricité dans son dernier bilan prévisionnel (la voyant passer de 479 TWh en 2015 à 471 TWh en 2021).
  • que l’export est constant, hypothèse prudente, car on ne pourrait exporter beaucoup plus que si nos voisins ont besoin d’importer ce qui est loin d’être évident dans un contexte de surcapacités de production d’électricité.

Sous ces hypothèses, passer de 75% à 50 % de production d’origine nucléaire, c’est réduire d’un tiers la production du parc actuel qui comporte 58 réacteurs, soit en ordre de grandeur (car les réacteurs n’ont pas toute la même puissance et ne produisent pas tous avec la même disponibilité) de 58/3= 19

Si l’on suppose qu’on fera un peu moins d’export ou qu’on produira un peu plus et si on tient compte de la diversité du parc, il est clair que la fourchette 15-20 reflète l’ordre de grandeur

NB Le nombre exact de tranches qui serait à fermer dans ce scénario hypothétique est cependant difficile à déterminer sans un modèle précis : il faudrait tenir compte du montant des exportations, de la puissance installée effectivement en EnR variables, de l’hydraulicité, de la disponibilité exacte des centrales nucléaires dont certaines seront en cours de grand carénage, d’autres seront sous contrôle ASN et d’autres pourraient tourner au ralenti et pour finir des services systèmes (chauffe-eau , batteries, dispositifs d’effacements etc.) qui seront disponibles alors.

3: Pour autant cet objectif est en fait impossible à tenir « en même temps » que les autres objectifs du plan climat, pour deux raisons. D’une part le nucléaire émet peu de CO2 (en ordre de grandeur 10 grammes de CO2 par kWh, soit 40 fois moins que le gaz et 100 moins que le charbon). D’autre part la montée en puissance des EnR électriques est trop lente pour qu’en 2025 elle puisse prendre la place que le nucléaire aurait laissée (environ un tiers de 420 TWh, soit 140 TWh) plus celle qu’elles occupent en ce moment (en 2015 un peu moins de 100 TWh (dont l’hydroélectrique assez stable en moyenne représente 58,7 TWh soit 60%). Il faudrait qu’elles passent au total de 100 à 240 TWh, d’ici 2025. Elles ne croissent en ce moment que de 3 à 4 TWh par an [2]. Certes il est possible d’accélérer le rythme et c’est le souhait de beaucoup d’acteurs et du gouvernement mais le multiplier par plus de 5 semble très difficilement atteignable, du fait des difficultés rencontrées sur le terrain.

Donc, pour tenir l’objectif de 50% en 2025, il faudra faire tourner des moyens fossiles (ou dans le « meilleur des cas » réduire fortement nos exportations/ augmenter nos importations ce qui conduira à faire tourner les moyens fossiles de nos voisins), donc augmenter le poids carbone de notre électricité et augmenter nos émissions de GES, toutes choses égales par ailleurs.

4: Il faudra donc abandonner un, deux ou trois des objectifs de la loi de transition énergétique : soit le 50% soit le 2025 soit les deux, soit l’objectif climat. Et par ailleurs assumer les coûts de l’option choisie.

Les diverses positions dans l’échiquier politique peuvent se résumer à trois familles de pensée :

A- le nucléaire est inacceptable et doit être fermé au plus vite

B- le nucléaire est une bonne solution, voire la solution de référence pour produire de l’électricité (tant en termes d’efficacité, de coût que d’émissions de CO2)

C- le nucléaire est une solution qui présente suffisamment d’inconvénients pour devoir être challengé et pour qu’il ne faille pas s’y enfermer et s’imposer de ménager des alternatives et refuser l’irréversibilité. Pour autant l’objectif climat ne peut être abandonné.

La famille A est prête à abandonner l’objectif climat et à assumer les coûts élevés d’une fermeture dirigiste et trop rapide du nucléaire.

La famille B est prête à abandonner l’objectif de 50% soit à le décaler à 2050, c’est la position qui semble celle d’ EDF actuellement.

La famille C est prête à décaler l’objectif 2025 de quelques années (disons à 2030-2035), en fonction de la trajectoire de montée en puissance des EnR électriques et de baisse de la consommation d’électricité.

5: Contrairement à une idée reçue, la famille B ne peut s’autoproclamer championne de la rationalité. L’état du parc nucléaire est considéré par l’ASN comme bon mais dans un contexte préoccupant, sa disponibilité « sous-optimale ». Il va falloir investir beaucoup d’argent dans le cadre du grand carénage pour le remettre à niveau [3]. Les multiples déconvenues de Flamanville sont bien connues car ce chantier fait travailler beaucoup de monde…Il est fréquent que de nouveaux projets soient deux à trois fois plus coûteux que leur devis d’origine, mais Flamanville est sur le point de battre des records (délai et budget chacun multiplié par 3 ; la production à pleine puissance ne peut s’envisager avant mi 2020). Le chantier d’Hinkley Point, qui a vu naître des oppositions fortes au sein même d’EDF et a en particulier provoqué le départ de son directeur financier, Thomas Piquemal en 2016, connaît déjà un dérapage dont il faut être bien optimiste pour penser que ce sera le seul. Son financement très lourd pèse sur l’entreprise et il a obtenu de la part du gouvernement anglais des conditions très exceptionnelles (une garantie de prix à 92.5 livres sterling le MWh, soit plus de 100 euros) non reproductibles, voire pas tenables sur la durée de vie du projet, tant les coûts des alternatives renouvelables baissent. L’avenir de l’EPR n’est malheureusement pas assuré avec trois contre-références et bientôt 4… La gestion des déchets, après des décennies d’études et d’investissement n’est toujours pas clarifiée, et manifestement s’apprête elle aussi à être coûteuse. La situation financière d’EDF est difficile, encore plus après la reprise d ‘AREVA qui lui a été imposée. Le coût du nucléaire « amorti » est certes bas, mais le coût futur ne l’est pas, et, vu d’aujourd’hui de l’ordre de ses concurrents EnR , même y compris coûts système [4]. Enfin de nombreux acteurs (et de nombreux emplois) sont parties prenantes aux activités qui entrent de fait en compétition avec le nucléaire : l’efficacité énergétique et les EnR.

Il est donc pour le moins léger de considérer que Nicolas Hulot tient un discours empreint d’idéologie. Si dogmatisme il y a, c’est certainement au sein de la famille 2 qui ne prend pas en considération avec le sérieux qui s’impose les inconvénients du nucléaire.

6: Que faire ? Il est en fait assez facile de trouver une solution rationnelle à cette apparente quadrature du cercle. Il suffit de trouver une trajectoire qui donne suffisamment de temps à la baisse relative du nucléaire pour qu’elle ne soit pas trop coûteuse sur les trois plans, économique, social et climatique. Les travaux récemment lancés dans le cadre de la révision de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie d’une part et les avis de l’Autorité de Sûreté Nucléaire d’autre part permettront de boucler le dossier, en créant de la visibilité pour tous les acteurs impliqués. C’est clairement une attente majeure de ce quinquennat. Les autres incertitudes relatives la politique énergétique seront alors levées et nous aurons enfin un cadre clair et mobilisateur.

L’examen partagé de la question de la part relative du nucléaire va prendre un peu de temps. Il permettra d’éclairer les autres questions posées par le nucléaire et qui ne sont pas non plus anecdotiques. En tout premier il est essentiel au vu des déconvenues de l’EPR de prendre le temps d’en tirer les leçons et d’en finir avec l’aventurisme. Laisser du temps au temps, c’est aussi permettre d’envisager un éventuel nouveau design et d’en connaître avec solidité les perspectives de coût. Ensuite de nombreuses autres questions doivent trouver une réponse publique : le nucléaire militaire a-t-il besoin du nucléaire civil (pour modéliser les impacts d’une explosition qu’on ne peut tester en vraie grandeur), quel est l’avenir du Mox, du stockage, quelles sont les finalités et les vrais coûts des investissements dans le réacteur de 4 ème génération Astrid, dans la fusion (Iter). Ces dépenses sont-elles légitimes quand l’heure est aux économies tous azimuts ?

Souhaitons simplement que les caricatures et postures actuelles soient abandonnées pour un peu de sérieux. Aujourd’hui il est certainement du côté du ministre d’État.

Alain Grandjean

Cet article a été initialement publié sur le blog de l’auteur, qui nous a autorisés à le reproduire ici.

Notes :

[1] Une démonstration un peu plus élaborée a été faite sur ce blog en 2016, elle reste d’actualité,voir : https://alaingrandjean.fr/2016/01/11/50-de-nucleaire-en-france-un-objectif-realiste/

[2] Étaient installés, au 1er janvier 2016, 10,3 GW d’éolien et 6,1 GW de solaire avec des facteurs de charge moyens respectifs de 24% et 15%. Pour situer les ordres de grandeur rappelons qu’il se développe aujourd’hui par an en ordre de grandeur 1 GW d’éolien terrestre, et 1 GW de solaire, soit une production potentielle d ‘environ 3 TWh annuels.

[3] La Cour des comptes a estimé la facture à 100 Milliards d’euros (voir son rapport 2016 sur : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/rapport-public-annuel-2016).

[4] Voir l’annexe  « coût de production tout compris de moyens ENR neufs » sur ce sujet sensible en cliquant sur : https://alaingrandjean.fr/wp-content/uploads/2017/07/cout-enr.pdf

 

Août 16

DÉCHETS NUCLÉAIRES : UNE MANIFESTATION À BURE TOURNE À L’AFFRONTEMENT AVEC LES GENDARMES

BureTrois cents à mille personnes ont manifesté ce mardi dans la Meuse contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires. Au moins six opposants ont été blessés gravement tandis que des pierres et des cocktails Molotov ont été lancés sur les gendarmes.

La manifestation contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure dans la Meuse a tourné à l’affrontement avec les gendarmes, qui ont fait usage d’un canon à eau, de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène contre une partie des 300 à 1000 protestataires.

Dans les rangs des manifestants, on compte «six blessés graves», touchés par des grenades, ainsi qu’une «trentaine de blessés légers» atteints par du gaz lacrymogène ou des flashballs, a indiqué à l’AFP le collectif des opposants au projet Cigéo. Parmi les blessés graves, l’un «a un pied très abîmé, et un autre une grave brûlure à la joue», a précisé un des militants s’exprimant au nom du collectif, et qui se fait appeler «Michel». Selon lui, un millier de personnes au total avaient pris part à la manifestation.

Manifestants casqués, cagoulés et armés de pierres, de bâtons et de boucliers

La préfecture de la Meuse a précisé que deux gendarmes mobiles avaient été blessés par un «engin artisanal lancé par les opposants». Un peu plus tôt, elle avait indiqué que l’un des gendarmes blessés souffrait d’un «trauma sonore». Les autorités ont dénombré 300 manifestants, dont la majorité était «casquée, cagoulée, vêtue de noir et armée de pierres, bâtons, boucliers…». Toujours selon la préfecture, les opposants ont jeté des pierres sur des gendarmes «pré-positionnés à titre préventif», puis un peu plus loin leur ont jeté des cocktails Molotov, ce que l’on peut apercevoir sur une vidéo publiée sur Twitter par France Bleu Sud Lorraine.

«On ne souhaitait pas l’affrontement, mais il y a eu effectivement des affrontements avec la gendarmerie, parce qu’elle nous a empêchés de manifester où on le souhaitait», a souligné «Michel».

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/08/15/01016-20170815ARTFIG00195-dechets-nucleaires-une-manifestation-a-bure-tourne-a-l-affrontement-avec-les-gendarmes.php

Août 16

ALARME ROUGE SUR AREVA

ArevaAlarme rouge sur AREVA! Suspension des cotations un 15 août, attachez vos ceintures, ça va tanguer, contribuables, préparez vos porte-monnaie pour deux excellentes raisons puisque c’est l’État qui détient plus de 97% du capital d’AREVA en état de faillite; le reste a été fourgué à EDF, qui pourra en plus des contribuables, ponctionner les abonnés… Pour prendre la mesure de la gabegie de la nucléocratie, lire l’article hallucinant sur Mediapart de l’ancien Président Directeur Général de la société UIGM un des deux ateliers constituant depuis 2013 CREUSOT-FORGE, fabricant contesté du fameux couvercle de l’EPR : https://blogs.mediapart.fr/jfvictor2icloudcom/blog/140817/epr-ces-responsables-du-desastre-que-lasn-evite-de-designer

Notre commentaire: Le terme de « nucléocratie » convient parfaitement pour décrire et analyser ce petit monde, né de la volonté américaine de permettre à la France d’aligner une force de frappe nucléaire face à l’URSS. Cette oligarchie spécifique a étendu ses pouvoirs en vendant l’idée d’une électricité « bon marché », le prétexte parfait pour justifier durant des décennies, un pillage d’argent public extravagant mais toléré par les autres formations oligarchiques. De ses origines, elle a conservé une culture du secret et une organisation de type mafieuse qui lui a permis d’imposer le paiement de son tribut. On sent bien aujourd’hui, cet excellent article le montre, que cette construction politique, financière et technologique, tremble sur ses bases. L’éventualité de son effondrement reste effrayante. Il va falloir se lever… http://www.anti-k.org/?s=nucl%C3%A9aire

Pour lire l’intégralité de l’article :

https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/150817/alarme-rouge-sur-areva

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Août 15

PROJET DE MISSILES VERS GUAM: KIM JONG-UN APPUIE SUR PAUSE

CoréeKim Jong-Un a annoncé mardi mettre sur pause le projet nord-coréen de tirer des missiles près du territoire américain de Guam mais averti que cet exercice hautement provocateur irait de l’avant en cas de nouvelles « actions irresponsables » de Washington.

Aux yeux de certains analystes, ces commentaires du dirigeant nord-coréen constituent une possible porte de sortie pour désamorcer la crise alimentée par la guerre rhétorique entre le président américain Donald Trump et la Corée du Nord.

La Corée du Nord a menacé la semaine dernière de tirer quatre missiles au-dessus du Japon en direction de l’île de Guam, dans le Pacifique-ouest, où se trouvent deux importantes bases militaires américaines.

Le jeune dirigeant a été informé de ce « plan visant à cerner Guam par le feu » en inspectant lundi le commandement de la Force stratégique chargée des unités balistiques, a rapporté mardi l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Avant de donner l’ordre de le mettre à exécution, Kim Jong-Un a déclaré qu’il allait « observer encore un peu le comportement idiot et stupide des Yankees« . S’ils « persistent dans leurs actions irresponsables et dangereuses dans la péninsule coréenne« , la Corée du Nord prendra des mesures « telles que déjà annoncées« , a-t-il ajouté.

« Afin de désamorcer les tensions et d’empêcher un dangereux conflit militaire dans la péninsule coréenne, il est nécessaire que les États-Unis décident les premiers une option appropriée« , a-t-il ajouté.

La Chine a estimé mardi que la crise avait atteint un « tournant » et qu’il était temps de revenir à la table des négociations.

« Ce que nous espérons désormais, c’est que toutes les parties impliquées, dans leurs paroles et leurs actes, puissent contribuer à éteindre le feu des tensions actuelles, plutôt que de jeter de l’huile sur le feu« , a souligné Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Il semblerait que Kim Jong-Un ait fait référence aux exercices militaires conjoints annuels à grande échelle entre Séoul et Washington, qui doivent commencer prochainement.

Ces manœuvres ne manquent jamais de susciter l’ire de Pyongyang, qui les considère comme la répétition de l’invasion de son territoire.

Désescalade?

La Corée du Nord a proposé dans le passé un moratoire sur les essais nucléaires et les tests de missiles en échange de l’annulation de ces exercices, compromis soutenu par la Chine, principal allié de Pyongyang, et rejeté régulièrement par Washington et Séoul.

Certains analystes jugent que le numéro un nord-coréen est en train de proposer le même compromis, avec en plus dans la balance la menace sur Guam.

« C’est une invitation directe à parler de freins réciproques aux exercices et aux tirs de missiles« , a estimé Adam Mount, expert du cercle de réflexion Center for American progress, à Washington.

Pour John Delury, professeur à l’Université Yonsei de Séoul, « Kim Jong-Un est en train d’opérer la désescalade, il met Guam de côté pour l’instant« , a-t-il dit sur Twitter .

« On n’est pas sortis du bois« , prévient-il cependant. « Il faut que les deux parties continuent de faire des gestes pour désamorcer les choses, en actions ou en paroles. La diplomatie doit passer à la vitesse supérieure« .

Séoul comme Washington soutiennent que leurs manœuvres sont purement défensives et ne peuvent être mises en relation avec les ambitions nucléaires de la Corée du Nord, qui violent toute une série de résolutions de l’ONU.

Les menaces de Pyongyang sur Guam constituent « un chantage pur et simple« , estime Joshua Pollack, chercheur à l’Institut Middlebury des études internationales de Monterey.

‘Le feu et la colère’

L’annonce nord-coréenne a été saluée à Guam. Les autorités se sont dites « follement heureuses » que « Kim Jong-Un ait reculé ».

Les tensions ne cessent de s’aggraver depuis que le Nord a testé en juillet deux missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) qui semblent mettre à sa portée une bonne partie du territoire américain.

En réaction, Donald Trump a menacé de déchaîner sur la Corée du Nord « le feu et la colère, d’une manière que le monde n’a jamais vue« .

Pyongyang a alors répliqué en rendant public son plan pour tirer des missiles de portée intermédiaire qui s’abîmeraient à 30 ou 40 kilomètres de Guam. L’île abrite des installations stratégiques américaines, bombardiers lourds à longue portée, chasseurs et sous-marins.

Ce territoire de 162.000 habitants est aussi équipé d’un bouclier anti-missiles Thaad.

Cette escalade verbale inquiète la communauté internationale. Plusieurs dirigeants, dont le président chinois Xi Jin-Ping, ont appelé les deux parties au calme.

Le président sud-coréen Moon Jae-In a souligné mardi que Séoul voulait à tout prix éviter une nouvelle guerre.

« L’action militaire sur la péninsule coréenne ne peut être décidée que par la République de Corée et nul ne peut décider d’une action militaire sans le consentement de la République de Corée« .

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis et le secrétaire d’État Rex Tillerson ont écrit dans un éditorial publié par le Wall Street Journal que les États-Unis « ne visent pas » le changement de régime à Pyongyang ou l’accélération de la réunification de la péninsule coréenne.

Article de Hwang Sunghee

http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2017/08/15/Projet-de-missiles-vers-Guam-Kim-Jong-Un-appuie-sur-pause-coreenord-3194195

Août 15

L’IRAN MENACE DE QUITTER L’ACCORD NUCLÉAIRE EN CAS DE NOUVELLES SANCTIONS AMÉRICAINES

IranC’est une nouvelle menace de taille sur le front diplomatique. L’Iran a menacé mardi 15 août de quitter l’accord nucléaire avec les grandes puissances très rapidement si les États-Unis continuent leur politique de « sanctions et coercition ».

Devant le Parlement, Hassan Rohani, a tenu un discours musclé, retransmis à la télévision. Le président iranien, nouvellement réélu, a affirmé que son homologue américain Donald Trump avait prouvé au monde qu’il n’était « pas un bon partenaire ». Et a prévenu :

« L’expérience ratée des sanctions et de la contrainte a mené leurs précédentes administrations à la table des négociations. Mais s’ils veulent revenir à ces méthodes, assurément, dans un délai très court – non pas des semaines ou des mois, mais en jours ou en heures –, nous reviendrons à la situation (d’avant l’accord) ».

Sanctions américaines

Conclu en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, l’accord nucléaire prévoit que l’Iran limite son programme nucléaire à des usages civils en échange de la levée progressive des sanctions internationales. Mais, à la mi-juillet, l’administration américaine avait imposé de nouvelles sanctions juridiques et financières ciblées contre des personnes et entités iraniennes liées au programme balistique, interdit par une résolution de l’ONU, et au corps des gardiens de la révolution.

Le Congrès des États-Unis avait ensuite voté, à la fin de juillet, des sanctions contre l’Iran, accusé de développer son programme balistique, violer les droits de l’homme et soutenir des groupes – comme le Hezbollah libanais – qualifiés de « terroristes » par Washington.

Donald Trump n’a cessé de critiquer l’accord nucléaire, qu’il qualifie d’« horrible », mais ne l’a pour l’heure pas remis en cause. L’Iran, qui n’entretient plus de relations diplomatiques avec les États-Unis depuis 1980, assure de son côté que les dernières sanctions américaines sont une « violation » de cet accord, qui a mis fin à son isolement sur la scène internationale.

« Dans les récents mois, le monde a été le témoin que les États-Unis, en plus d’avoir constamment rompu leurs promesses concernant l’accord nucléaire, ont ignoré à plusieurs reprises des accords internationaux », a martelé M. Rohani.

Mis en difficulté par les conservateurs en Iran, Hassan Rohani est affaibli à l’étranger par les critiques de l’administration américaine contre l’accord sur le nucléaire, la pierre angulaire de sa politique d’ouverture. En mettant la pression sur l’Iran, les États-Unis « affaiblissent M. Rohani tout en renforçant les conservateurs, explique Ali Vaez, analyste à l’International Crisis Group. Pour être élu, M. Rohani avait dû pencher lourdement vers sa gauche. Ironiquement, il est désormais forcé de pencher à droite pour demeurer au pouvoir ».

http://www.lemonde.fr/international/article/2017/08/15/l-iran-menace-de-quitter-l-accord-nucleaire-en-cas-de-nouvelles-sanctions-americaines_5172487_3210.html

Août 15

LA GUERRE NUCLÉAIRE, UNE FICTION ? TOUT EST FIN PRÊT POUR L’EMBRASEMENT FINAL

Guerre nucléairePersonne ne croyait plus en la possibilité d’une troisième guerre mondiale, à cause de la doctrine de la « dissuasion nucléaire » qui détournerait les humains d’une envie compulsive de s’entre tuer ! Même l’Union Européenne avait été conçue pour cette raison : faire disparaître définitivement toute potentialité de la guerre en Europe !

Et voilà que cette potentialité est de retour, « puissance dix mille », grâce à nos « amis » « protecteurs » et « alliés », les criminels de l’OTAN dans leur ensemble.

En effet, les « grands généraux » des États-Unis d’Amérique, brillants et intelligents, répètent inlassablement qu’ils sont les maîtres du monde et qu’ils utiliseront sans hésiter des armes atomiques pour des frappes « préventives » sur tous ceux qui ne voudront pas reconnaître leur supériorité incontestable sur le monde ! Aucun d’entre eux ne paraît douter de cette supériorité au point où ils ne semblent même pas envisager qu’une riposte, non seulement identique mais encore plus forte, pourrait être la réponse à leur action « préventive », y compris sur le territoire des États-Unis !

Une apocalypse totale ne serait plus du tout une fiction. Les dinosaures ont vécu environ 176 millions d’années avant de disparaître complétement et définitivement de la planète Terre. En remontant le plus loin possible dans le buissonnement des hominidés, il y a environ 7 millions d’années avec l’homme de Toumaï, les humains vont sans doute battre le record de brièveté en ayant réussi à occuper la planète si peu de temps avant leur disparition probable et définitive, si notre avenir en tous les cas repose exclusivement entre les mains des cow boys du Texas aux commandes du feu nucléaire le plus puissant du monde !

Cependant, si la brillante intelligence des grands Généraux des États-Unis d’Amérique, n’était pas dupe de cette éventualité de l’extinction finale des hommes, il faudrait alors en conclure que le maître devenu maître est maître incontestable et incontesté ou il meurt et tout le monde avec lui ! Un maître ne peut pas redevenir « inférieur » parce que dans sa conception des choses il y a obligatoirement le monde supérieur et le monde inférieur, le monde des maîtres et celui des esclaves, le monde des dominants et celui des dominés, le monde des élites et le monde populaire, le monde des castes, des classes, des élus, des « sauvés » et celui de la « massa damnata », le monde qui commande et celui qui obéit ! Il est inimaginable pour un maître du monde de revenir à sa place de simple vivant mortel : tout doit lui être soumis ou rien ne peut rester en vie. La rébellion entraîne avec elle la destruction définitive de la vie. La vie ne peut être conçue, par les maîtres du monde, que comme soumise et au service exclusif du maître qui domine les dominés. D’ailleurs c’est la Bible qui a gravé cette conviction dans la tête des dominants sur le dominé. Toute la Terre et ce qu’elle contient doit être soumise à la loi de l’homme dominant ! (Cf., Livre de la Genèse)

Dieu a donné l’exemple : devant le refus de se soumettre à sa loi, il a décrété le déluge qui a exterminé toute trace de vie sur Terre, sauf l’exception du petit nombre qui est resté soumis et obéissant, bien protégé dans l’arche qui permettrait aux rescapés de redevenir les maîtres incontestables et incontestés de la Terre. Cette théorie est celle qui fermente toujours dans le crâne des brillants Généraux d’un pays formaté à la judéo compatibilité et qui fait jurer ses présidents sur la Bible ayant la priorité sur toute Constitution et qui imprime sur ses dollars « In God We Trust »!

Cette idée d’une apocalypse planétaire est tout à fait inspirée par la religion judéo-chrétienne. Les maîtres du monde actuel sont les chevaliers servants de cette Apocalypse nécessaire à l’avènement d’un règne indiscutable de « l’axe du bien » sur les prétentions de « l’axe du mal ». Nos grands et brillants Généraux des États-Unis d’Amérique, sont persuadés d’être les dépositaires des promesses de la Nouvelle Alliance de dieu avec les hommes. Ce sont des fanatiques religieux, des illuminés, des sectaires convaincus, radicalisés et certains de jouer le rôle des glorieux croisés venant sauver l’honneur de dieu et de sa loi absolue sur les peuples! Ils sont là pour imposer à toutes les nations le « sceptre de fer, pour mille ans ». Ils sont là pour imposer aux Nations le Nouvel Ordre Mondial, celui de dieu qu’ils identifient à leur propre volonté inspirée directement par lui ! Ils sont convaincus d’apporter la « moralisation » et avec elle la « véritable démocratie » et par-dessus tout la véritable « liberté »… La véritable liberté étant la soumission à dieu via la soumission à ses représentants patentés sur Terre : les anges mêmes de l’Apocalypse qui déchaînent le châtiment au nom de la justice divine !

À la fin de son mandat, Obama, le « Prix Nobel de la Paix » avait dirigé 7 guerres avec des exécutions extra-judiciaires, assassinats par drones. Obama a fait larguer 26.171 bombes sur les récalcitrants à « l’axe du bien ». Cela représente 3 bombes par heure, 24 heures sur 24 pendant toute la durée de son mandat ! C’est lui qui disait débarrasser le monde de son armement nucléaire. Jamais les États-Unis n’ont produit autant d’ogives nucléaires que sous son mandat!

Toutes les décisions du Sénat US poussant à l’extrême les sanctions contre la Russie, ne peuvent pas avoir d’autre but que celui de provoquer à tout prix un conflit nucléaire avec la Russie et par le fait même avec la Chine son allié. Les Européens sont également pris en otages, puisque ces sanctions leur imposent le gaz étasunien plus coûteux que le gaz russe. Il est trop tard pour s’en rendre compte et revenir en arrière: les USA ont envahi l’Union Européenne et l’occupent avec l’OTAN qui n’a jamais été là pour « assurer la protection et la défense de l’UE », mais qui est là pour la soumettre à la loi des maîtres « incontestables et incontestés » du monde!

Si nous nous rebellons maintenant en revendiquant notre droit à soigner nos propres intérêts légitimes, nous serons livrés au feu nucléaire pour nous punir de cette rébellion…

Les USA ont désormais adopté la tactique des guerres par « proxy » : ils savent comment monter les uns contre les autres, pendant qu’eux-mêmes restent à l’abri, tout en fournissant le matériel de la mort produit par son industrie militaire florissante. Le degré de cynisme des USA n’a encore jamais été atteint par aucune civilisation sur Terre. Le secret de ce monde criminel à outrance qui ne pose aucune sorte de problème de conscience à ses protagonistes fanatisés, réside entièrement dans la «certitude morale » d’être les « serviteurs de dieu », les anges de l’Apocalypse, les « garants de la démocratie et de la liberté », le bien en soi, « l’axe du bien », inspiré par une élection sacrée et mystérieuse de dieu qui a choisi le peuple des États-Unis pour faire valoir sa loi de « justice » et de « moralité »…

Condoleezza Rice, secrétaire d’État sous la présidence G.W.Bush, disait en 2006 :

« Le Président Bush et moi-même partageons cette conviction que l’Amérique peut et doit être une force du BIEN dans le monde. Le Président et moi croyons que les États-Unis doivent rester engagés comme leader d’événements hors de nos frontières. Nous croyons cela parce que nous sommes guidés par le même principe persistant qui donna naissance à notre propre nation : la dignité humaine n’est pas un don du gouvernement à ses citoyens, ni un don des hommes les uns aux autres ; c’est une grâce divine à toute l’humanité. »

Les États-Unis sont une « grâce divine » faite à l’humanité entière. Celle-ci se montre actuellement ingrate en ne reconnaissant pas le magnifique cadeau qui lui a été fait par dieu en personne ! Les responsables politiques des USA sont habités par ce genre de délire fanatique, le pire de tous les délires, puisqu’il est capable de justifier la punition divine par le feu nucléaire et l’extermination qui est la méthode préférée de dieu lorsque les hommes ne se soumettent pas à ses lois et volontés représentées par celles de ses serviteurs dévoués sur Terre…

Cette parole de Condoleeza Rice est typique et révélatrice de la mentalité occupant le cerveau commun de nos brillants et intelligents Généraux du Pentagone et de l’OTAN. Autant dire que nous avons vraiment du souci à nous faire puisque toute souveraineté nous a été enlevée. Que nous reste-t-il, face à cette situation ubuesque? Attendre la bonne nouvelle de la chute de l’Empire, sa défaite, son extinction définitive en échange de celle de l’humanité entière ou bien son extinction définitive au prix de celle de l’humanité entière! L’essentiel, c’est que la Terre soit débarrassée d’une telle calamité, quel qu’en soit le prix, afin qu’elle puisse reprendre ses projets de vie en cohérence avec son harmonie universelle …

Article de Jean-Yves Jézéquel

http://www.mondialisation.ca/la-guerre-nucleaire-une-fiction-tout-est-fin-pret-pour-lembrasement-final/5604102

Août 15

CANADA : À CHALK RIVER, L’OPPOSITION AU DÉPOTOIR DE DÉCHETS RADIOACTIFS PREND DE L’AMPLEUR

Chalk RiverLa Commission canadienne de sûreté nucléaire termine mercredi la première phase de consultations sur le projet de dépotoir de déchets radioactifs de Chalk River, en Ontario. L’opposition au projet prend de l’ampleur en raison des risques de contamination de l’eau.

Les Laboratoires Chalk River sont à l’avant-scène du nucléaire canadien depuis 1945. On y a développé les réacteurs Candu et on y fabrique maintenant les isotopes utilisés en médecine nucléaire.

Ces produits génèrent des déchets radioactifs qu’il faut bien mettre quelque part. L’entreprise veut créer un dépotoir pour stocker un million de mètres cubes de déchets radioactifs de faible et moyenne intensité sur son terrain, tout près de la rivière des Outaouais.

Ce choix soulève un tollé chez les opposants, qui estiment que le dépotoir proposé est beaucoup trop près de la rivière. Celle-ci se déverse dans le Saint-Laurent et un accident de ruissellement risquerait de contaminer l’eau potable de millions de personnes.

On sait que c’est dangereux, ce site-là. Que le risque de contamination est énorme avec le ruissellement, l’eau souterraine. Et la radiation, ça ne s’enlève pas.

Martine Ouellet, chef du Bloc québécois

« Les Laboratoires Chalk River ont été privatisés en 2015, rappelle Martine Ouellet. La gestion de ce site-là se fait en fonction des profits. C’est pas normal, c’est pas les profits et c’est pas les coûts qui doivent guider la décision de savoir où on met un site de déchets radioactifs. »

L’expert nucléaire Gordon Edwards, du Regroupement pour la surveillance du nucléaire, voudrait une prise de position du gouvernement québécois.

« Je pense que c’est absolument nécessaire que le gouvernement du Québec actuel se prononce sur ce projet insensé », dit-il.

Les opposants réclament un autre site pour ce projet dans un lieu plus éloigné de la population et géologiquement plus stable.

« Ils disent que le dépotoir aurait une durée de vie d’environ 300 ans. J’en doute. J’ai l’impression que c’est moins que ça, alors que les substances radioactives ont des durées de vie de milliers d’années », estime la physicienne Ginette Charbonneau, du Ralliement contre la pollution radioactive, qui vient aussi de remettre ses commentaires à la Commission.

Le projet de dépotoir de Chalk River prévoit entreposer 99 % de déchets de faible activité et 1 % de déchets de moyenne intensité. Mais la classification des produits pose souvent problème, constate Ginette Charbonneau. On craint aussi que le nouveau site n’attire des déchets radioactifs d’un peu partout, y compris des États-Unis.

« C’est certain que des dépotoirs comme ça, ça va attirer des clients parce que c’est un dépotoir qui est privé, des clients d’un peu partout ailleurs. On peut penser aux déchets médicaux radioactifs, on peut penser à Gentilly, le démantèlement de Gentilly. Donc il va y avoir des déchets radioactifs qui vont se promener soit sur rail, soit sur l’eau, soit sur les routes », pense Martine Chastelain, porte-parole d’Eau-Secours, la Coalition pour une gestion responsable de l’eau.

Un texte de Michel Marsolais

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1050310/chalk-river-opposition-projet-depotoir-dechets-radioactifs-prend-ampleur

Août 15

« IL FAUT FERMER CATTENOM » SELON GREENPEACE LUXEMBOURG

CattenomIl faut «maintenir la pression» sur la France pour qu’elle ferme Cattenom, plaide le chargé de la campagne nucléaire de Greenpeace Luxembourg. Même si le Grand-Duché a lui aussi des efforts à faire pour s’affranchir de l’énergie étrangère… dont le nucléaire français!

Alors que le ministre français Hulot vient de s’engager à fermer plusieurs réacteurs nucléaires, Roger Spautz, de Greenpeace Luxembourg, tire déjà la sonnette d’alarme.

Le ministre français de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, vient de s’engager à fermer des réacteurs nucléaires, « peut-être jusqu’à 17 ». Une réelle avancée, selon vous ?

Roger Spautz : On doit maintenir la pression sur le nouveau gouvernement français. Mais il est clair que Nicolas Hulot montre une ouverture sur ce sujet, et que cette annonce est un progrès.

Après, on attend des actes, car le démantèlement d’un réacteur prend des années. Certains équipements, comme la cuve, les générateurs de vapeur, sont fortement contaminés, on ne peut pas les enlever d’un jour à l’autre. Par exemple, dans certains réacteurs, lorsqu’on remplace des générateurs de vapeur, les anciens générateurs contaminés sont encore stockés sur le site pendant un certain temps, dans des bâtiments spéciaux.

Reste aussi la question du choix des réacteurs à fermer !

En effet, et ce n’est pas encore clair, ils doivent fixer des critères pour choisir quelles centrales fermer, d’autant que leur loi sur la transition énergétique prévoit que le nucléaire doit être progressivement remplacé par des énergies renouvelables. Pour l’instant, seul l’Autorité de sûreté nucléaire (NDLR : ASN, une administration de contrôle indépendante) peut décider que telle ou telle centrale doit être fermée. Cela peut être une raison de sûreté de la centrale, d’ancienneté, ou éventuellement de situation géographique, celles proches des frontières pouvant être fermées en priorité.

Pour quelles raisons ?

Pour des raisons politiques avec des voisins opposés au nucléaire, par exemple. Et parce qu’en cas d’accident, ce sont des centrales frontalières, comme Cattenom (située à 10 km du Luxembourg), Fessenheim (en Alsace, à la frontière de l’Allemagne), qui vont poser le plus de soucis…

Parlons de Cattenom justement. Le Luxembourg s’est dit prêt à mettre la main au portefeuille pour faciliter la fermeture de Cattenom.

Oui, enfin presque. (Le Premier ministre) Xavier Bettel ne parlait évidemment pas de payer pour la fermeture ou le démantèlement de la centrale, mais plutôt pour développer des alternatives, comme des projets liés aux énergies renouvelables dans la Grande Région. C’est une chose qui créerait, en plus, des emplois. Du côté allemand, par exemple, on sait déjà que des entreprises ont envie de s’installer à la frontière si Fessenheim est fermée.

Il y a un an, Le Quotidien mettait en cause la sécurité des diesels de secours de la centrale, ce que contestait Cattenom. L’ASN vient, en juin dernier, d’émettre à son tour des craintes…

Oui, l’ASN a constaté qu’en cas de séisme et de perte des alimentations électriques externes, le fonctionnement des diesels de secours (NDLR : chargés de fournir alors l’énergie vitale pour éviter un incident majeur) pourrait ne plus être assuré. L’ASN a donc demandé à EDF le renforcement sous un certain délai des ancrages de ces systèmes auxiliaires. Mais nous, à Greenpeace, on estime que l’ASN aurait dû ordonner l’arrêt immédiat des réacteurs concernés, car s’il y a un séisme demain, comment fait-on?

Vous suivez le dossier Cattenom depuis la création de la centrale. Comment les choses ont-elles évolué ?

Ça ne va pas en s’arrangeant. Avec le vieillissement, il y a toujours plus de nouveaux problèmes qui apparaissent, des incidents qui sont reportés plusieurs fois par an… Les choses empirent. On travaille, par exemple, en ce moment sur le taux de bouchage des générateurs de vapeur. Il y a des milliers de ces tubes dans les générateurs, et avec le temps, on voit apparaître des microfissures qui créent des fuites. Et des réparations sont toujours attendues…

Entretien réalisé par Romain Van Dyck

Retrouvez l’intégralité de l’interview dans Le Quotidien papier de ce lundi

https://www.lequotidien.lu/a-la-une/il-faut-fermer-cattenom-selon-greenpeace-luxembourg/

Août 14

MOON APPELLE PYONGYANG ET WASHINGTON À RÉSOUDRE PACIFIQUEMENT L’IMPASSE ACTUELLE

MoonLe président Moon Jae-in a exhorté ce lundi la Corée du Nord et les États-Unis à garder leur sang-froid en notant que les questions nucléaire et balistique nord-coréennes doivent être résolues de manière pacifique quelle que soit la situation.

«J’exhorte la Corée du Nord à cesser immédiatement toutes ses provocations et menaces et à ne pas aggraver davantage la situation», a déclaré Moon lors d’une réunion hebdomadaire avec ses conseillers présidentiels à Cheong Wa Dae.

«Je le déclare une nouvelle fois avec une grande insistance. L’intérêt national de la République de Corée passe avant tout. L’intérêt national de la République de Corée est la paix. Il ne faut pas une nouvelle guerre sur la péninsule coréenne», a-t-il ajouté, selon Cheong Wa Dae.

Les propos de Moon sont intervenus sur fond d’échanges de menaces virulentes entre le régime nord-coréen et les États-Unis, l’allié de Séoul dont 28.500 soldats sont stationnés en Corée du Sud.

Pyongyang a menacé la semaine dernière d’envisager de tirer des missiles de portée intermédiaire autour de Guam. En réponse, Washington a averti que de telles provocations entraîneront le «feu et la furie» que le monde n’a jamais connus auparavant.

Moon a cherché à apaiser les États-Unis en soulignant que l’alliance Corée du Sud-États-Unis est destinée à défendre la paix. «Je suis confiant sur le fait que les États-Unis réagiront aussi de façon calme et responsable à la situation actuelle», a-t-il noté.

«La paix sur la péninsule coréenne ne se réalisera jamais par la force. Même si la paix et les négociations nécessitent de la peine et de la patience, nous devons faire cela

Le président a également promis un meilleur futur pour le Nord si celui-ci choisit la bonne voie.

«Si la Corée du Nord prend la bonne décision, nous travaillerons ensemble (avec la Corée du Nord) pour assurer un futur brillant à notre nation en accroissant et en améliorant considérablement les échanges intercoréens», a-t-il ajouté.

Moon a en outre cherché à rassurer son peuple sur fond d’inquiétudes croissantes sur un éventuel conflit militaire dans le pays. «Je promets au peuple. La crise est en train d’être gérée en toute sécurité. Nous construirons une péninsule coréenne de paix et de prospérité avec le peuple», a-t-il déclaré.

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2017/08/14/0200000000AFR20170814002400884.HTML

Août 14

LES ÉLUS IRANIENS SCANDENT «MORT À L’AMÉRIQUE»

Elus iraniensScandant « Mort à l’Amérique« , les députés iraniens ont voté dimanche à l’unanimité pour l’augmentation des crédits pour le programme balistique du pays et le renforcement des opérations étrangères des Gardiens de la Révolution.

Le parlement iranien réagissait ainsi aux nouvelles sanctions américaines adoptées par le Congrès américain.

Plusieurs centaines de millions de dollars seront accordés au programme balistique.

Au cours de la séance de dimanche, 240 élus ont voté pour le projet de loi, un seul s’est abstenu. Le président du parlement, Ali Karijani, a déclaré qu’il s’agissait seulement d’un premier pas.

Le projet de loi sera soumis à l’approbation du Conseil des gardiens de la Constitution. Le vice-ministre des Affaires étrangères et négociateur nucléaire de haut rang Abbas Araghchi a indiqué que le gouvernement avait appuyé la décision des députés.

Environ 800 millions $ seront accordés à différents projets. Parmi les bénéficiaires figure la Force Qods, un corps expéditionnaire commandé par le général Qassem Soleimani, présent en Syrie et en Irak.

La loi impose aussi des sanctions financières, comme l’interdiction de voyager ou de visa, aux forces militaires américaines et aux organisations de sécurité qui fournissent des fonds et de l’aide militaire et logistique à Daech et à la section syrienne d’al-Qaïda. Les élus ont donné un délai de trois mois au gouvernement pour qu’il leur donne une liste de personnes à sanctionner.

Les Américains qui ont des liens avec un groupe d’exilés iraniens, l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien, n’obtiendront pas de visa pour venir en Iran. Par le passé, ce groupe a rémunéré un ministre de Donald Trump et au moins un de ses conseillers pour avoir prononcé un discours devant lui.

Publié par Associated Press

http://www.985fm.ca/actualites/nouvelles/les-elus-iraniens-scandent-mort-a-l-amerique-850141.html#/Page2

Août 14

CORÉE DU NORD: SOUS PRESSION, PÉKIN RESTREINT SES IMPORTATIONS

Corée du Nord PékinLa Chine, principal soutien de Pyongyang, a annoncé lundi suspendre toutes ses importations de fer, plomb et produits de la mer nord-coréens, en application des nouvelles sanctions onusiennes et sous la pression insistante de Washington.

Cette suspension, applicable à partir de mardi, concerne «toutes les importations de charbon, fer, minerai de fer, plomb, minerai de plomb, et d’animaux aquatiques et produits de la mer en provenance de Corée du Nord», a détaillé le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.

C’est la mise en œuvre de la septième volée de sanctions économiques internationales contre Pyongyang, adoptées le 5 août par le Conseil de sécurité de l’ONU et approuvées par Pékin, membre permanent du Conseil.

Les nouvelles sanctions — une riposte au tir par Pyongyang de missiles balistiques intercontinentaux — sont censées priver le pays d’un milliard de dollars de recettes annuelles et de sources cruciales de devises.

Or, la Chine était concernée au premier plan: destinataire l’an dernier de plus de 92% des exportations nord-coréennes, elle apporte un soutien financier vital au régime stalinien.

Peu après le vote à l’ONU, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi avait assuré que son pays allait «appliquer à 100%, complètement et strictement, la nouvelle résolution».

Une façon d’intensifier la pression sur Pyongyang en pleine escalade verbale entre le régime de Kim Jong-Un et le président américain Donald Trump, qui a promis à Pyongyang «le feu et la colère» sans écarter une éventuelle intervention militaire.

– Pékin ‘doit agir davantage’ –

Mais parallèlement à cette rhétorique incendiaire, Donald Trump avait également pointé jeudi dernier la responsabilité de Pékin, jugeant que la Chine «devait agir davantage» et redoutant que l’effet des sanctions ne s’avère «limité» faute d’une application consciencieuse.

De son côté, Pékin estime avoir donné des gages de sa bonne volonté: le géant asiatique avait déjà interrompu mi-février ses importations de charbon nord-coréen, suite à de précédentes sanctions onusiennes.

Ce qui avait déjà fait disparaître une source de revenus essentielle pour Pyongyang: en 2016, la Chine avait importé 22,5 millions de tonnes de charbon de son voisin, pour 1,19 milliard de dollars.

En conséquence, le montant total des importations chinoises en provenance de Corée du Nord a reculé de 13,2% sur un an sur l’ensemble du premier semestre 2017, selon les douanes chinoises.

Pour autant, les exportations de la Chine vers le régime de Kim Jong-Un ont elles explosé de 29% sur la même période, et Pékin poursuivait ses achats d’autres produits.

La Chine a ainsi importé en juin pour 46,7 millions de dollars de poissons et crustacés de Corée du Nord. Les achats chinois de minerai de fer nord-coréen s’étaient quant à eux élevés en mai à 13,4 millions de dollars (pour 233.500 tonnes), selon les chiffres les plus récents des douanes.

– Moratoire –

Et le trafic commercial à la frontière entre les deux pays restait récemment extrêmement actif, comme l’avait constaté l’AFP, avec notamment des importations de métaux précieux nord-coréens.

La Chine, qui s’est tenue en retrait face à la récente escalade verbale américano-nord-coréenne, continue par ailleurs de prôner une résolution «par le dialogue» du dossier nord-coréen, renvoyant volontiers dos à dos Washington et Pyongyang.

Elle prône ainsi un double «moratoire»: l’arrêt simultané des essais nucléaires et balistiques nord-coréens d’une part et celui des manœuvres militaires conjointes des États-Unis et de la Corée du Sud d’autre part.

«Toutes les parties concernées doivent prendre leurs responsabilités (…) et, en suivant la recommandation d’une +double suspension+, mettre fin au cercle vicieux de la situation actuelle», a insisté de nouveau lundi Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

«Et cela, de telle sorte que les négociations puissent être reprises, et qu’une issue puisse être trouvée», a-t-elle ajouté lors d’un point-presse régulier, en référence aux pourparlers à Six (les deux Corée, Japon, Russie, Chine et États-Unis). Ceux-ci sont interrompus depuis 2009.

http://www.liberation.fr/planete/2017/08/14/coree-du-nord-sous-pression-pekin-restreint-ses-importations_1589883

Août 14

RASSEMBLER CONTRE LE PROJET D’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES CIGÉO

A Bure, les antiChaque été, les anti-nucléaires se retrouvent non loin de Bure pour protester contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires Cigéo. Cette année, pour la première fois, c’est autour d’un festival burlesque qu’ils se réunissent.

Concerts, soirée, jongleurs… Sous des airs décontractés, l’ambiance est aussi militante. Les spectateurs se réunissent du 11 au 13 août à Biencourt-sur-Orge, à proximité de Bure, contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo (centre industriel de stockage géologique).

Au milieu du site, un tipi d’un genre nouveau trône. Confectionné en morceaux de cagettes, il est en cours de construction tout au long du festival. Le but : soutenir les zadistes du bois Lejuc, une forêt tant convoitée par l’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), en charge du projet.

« Ce tipi, nous l’avons érigé pour montrer ces témoignages de sympathie et de soutien de personnes qui sont loin pour les gens qui se mobilisent. Il sera démonté puis remonté dans la forêt auprès des zadistes », explique Patrick, militant meusien antinucléaire.

Une forêt occupée depuis un an

Cette occupation a pour mérite d’avoir sensibilisé les habitants au militantisme anti-nucléaire.

Certains festivaliers n’ont pas hésité à venir de loin. Jean-Marie Thonier est venu de Bordeaux pour assister au festival :

Nous voulons que les déchets ne soient pas cachés mais exposés pour que tout le monde soit au courant qu’ils sont dangereux.

Un festival pour informer 

Bertrand Thuillier est ingénieur indépendant. En tant qu’expert, il est venu expliquer les risques du projet Cigéo. Notamment ceux inhérents à un emballement thermique en cas d’incendie. Des mises en garde qui ont été confirmées le 5 juillet dernier par l’institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN).

« Cigéo n’est pas viable, même s’il n’y a pas d’autre solution. C’est une fausse solution« , conclut le scientifique.

Article de Florence Morel

Retrouvez notre reportage en images (2mn09s) sur : http://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/rassembler-contre-projet-enfouissement-dechets-nucleaires-1311105.html

 

Août 14

LE GOUVERNEMENT ISRAËLIEN VEUT METTRE FIN À LA GRÈVE DES SCIENTIFIQUES DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE DIMONA

DimonaLe cabinet a approuvé dimanche une ordonnance urgente qui autoriserait le gouvernement à mettre un terme à une grève des scientifiques qui travaillent au réacteur nucléaire top-secret de Dimona.

Au cours de la grève qui aurait commencé au mois de février dans un contexte de négociations autour d’une nouvelle convention collective, les scientifiques ont bloqué ces plans de développement, refusé d’accorder des licences de sécurité et ont même cessé de faire fonctionner une pièce essentielle de machinerie, selon un article paru dimanche dans Haaretz.

L’ordonnance, soutenue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, comprend une injonction autorisant le chef de la commission de l’énergie atomique et gestionnaire du site d’ordonner aux employés de continuer à accomplir les tâches indispensables, malgré la grève.

Les employés qui refuseraient pourront être licenciés. D’autres pourront voir leurs salaires réduits et ne seront plus autorisés à cesser le travail tant que l’injonction est en vigueur.

Toutefois, une note attachée à l’ordonnance d’urgence explique que « les injonctions seront émises séparément, de manière minimale et proportionnelle, afin d’empêcher de lourds dommages commis aux intérêts de l’État », a dit Haaretz.

Shlomit Barnea-Farago, conseillère juridique du bureau du Premier ministre, a indiqué que l’ordonnance était une « initiative drastique » et qu’elle était « raisonnable » au vu des dommages potentiels causés aux « intérêts essentiels de l’État ».

Dans une lettre adressée aux ministres du gouvernement, le chef de la commission scientifique a appelé le cabinet à bloquer l’ordonnance, jugeant qu’elle était « insultante et inutile ».

« Il n’y a personne de plus responsable pour la sûreté de ces structures que nos scientifiques », a-t-il dit, ajoutant que les tâches indispensables avaient continué durant la grève partielle.

Il a également ajouté que cela faisait huit ans que les travailleurs attendaient une nouvelle convention collective et qu’ils n’avaient commencé à protester qu’au cours des six derniers mois, a indiqué Haaretz.

http://fr.timesofisrael.com/le-gouvernement-veut-mettre-fin-a-la-greve-des-scientifiques-de-dimona/

Août 13

L’IRAN VOTE DES CRÉDITS SUPPLÉMENTAIRES POUR SON PROGRAMME BALISTIQUE APRÈS LES SANCTIONS AMÉRICAINES

IranTéhéran a décidé d’allouer 220 millions d’euros au « développement du programme de missiles ». Une « première action » pour répondre aux sanctions des États-Unis.

L’Iran réagit aux sanctions américaines. Le Parlement iranien a voté dimanche 13 août l’allocation de 520 millions de dollars (440 millions d’euros) au développement du programme balistique et au renforcement des activités régionales des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime.

Téhéran, qui n’entretient plus de relations diplomatiques avec Washington depuis 1980, a d’ores et déjà prévenu qu’il ne s’agissait que d’une « première action ». Le président du Parlement, Ali Larijani, a ouvertement revendiqué des mesures destinées à « faire face aux actions terroristes et aventuristes des États-Unis dans la région ».

Sans aucune opposition, 240 élus sur les 244 présents ont voté en faveur du projet de loi. Il prévoit l’allocation de 260 millions de dollars pour le « développement du programme de missiles » et, une somme équivalente pour la Force Qods, la branche des Gardiens de la révolution chargée des opérations extérieures, a indiqué l’agence officielle IRNA. Après l’annonce des résultats, des parlementaires ont scandé : « Mort à l’Amérique ».

Série de mesures

Ce vote intervient après de nouvelles sanctions américaines promulguées fin juillet contre le programme de missiles balistiques de l’Iran. L’accord international sur le programme nucléaire de la République islamique, signé le 14 juillet 2015 à Vienne par Téhéran et cinq grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), exige du pays qu’il ne mène pas d’activités balistiques capables de lancer des charges nucléaires.

Donald Trump n’a cessé de critiquer cet accord, qu’il qualifie d’« horrible », mais ne l’a pas remis en cause. Les États-Unis se sont toutefois dits « profondément préoccupés par les activités pernicieuses de l’Iran au Moyen-Orient qui sapent la stabilité, la sécurité et la prospérité de la région ». La porte-parole de la diplomatie américaine, Heather Nauert, avait dénoncé « le soutien continu de l’Iran à des groupes terroristes tels que le Hezbollah, le Hamas et le Djihad islamique palestinien qui menacent Israël  et la stabilité au Moyen-Orient ».

Téhéran soutient toutefois que son programme balistique n’est pas en infraction avec l’accord international. La République islamiste considère, à l’inverse, que les dernières sanctions américaines sont une « violation » de l’accord international.

« Ce projet de loi est soutenu par le ministère des affaires étrangères et le gouvernement et fait partie d’une série de mesures proposées » pour répondre à la récente loi votée par les États-Unis, a déclaré dimanche Abbas Araghchi, haut négociateur et vice-ministre des affaires étrangères iranien.

« Message direct » aux États-Unis

Le document voté dimanche à Téhéran considère « toutes les forces militaires et de renseignement américaines comme des groupes terroristes » en raison de leur « soutien implicite et explicite à des groupes terroristes » et à « des dictatures et des régimes qui violent les droits humains fondamentaux » au Moyen-Orient.

Ce projet de loi, qui doit être ratifié par le Conseil des gardiens de la Constitution, demande au ministère des affaires étrangères de publier une liste de personnes à sanctionner dans le but de confisquer leurs avoirs et de bloquer leurs transactions financières. Il exclut cependant les lanceurs d’alerte qui révéleraient les « activités illégales, crimes, tortures et fraudes électorales » de la part des États-Unis.

Avec ce « message direct » aux États-Unis, l’Iran veut « montrer qu’il n’est pas satisfait des violations [de l’accord nucléaire] tout en faisant en sorte de ne pas lui-même le violer », a déclaré Foad Izadi, professeur de politique internationale à l’université de Téhéran interrogé par l’AFP.

Le texte demande également au ministère de l’économie de rendre prioritaires les accords commerciaux avec les pays et les sociétés qui ignorent les sanctions contre l’Iran.

http://www.lemonde.fr/donald-trump/article/2017/08/13/l-iran-vote-des-credits-supplementaires-pour-son-programme-balistique-apres-les-sanctions-americaines_5171907_4853715.html

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Août 13

MALFAÇONS DE L’EPR : ET L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE A MANGÉ SON CHAPEAU…

EPRComme elle l’avait annoncé au printemps, l’Autorité de Sûreté Nucléaire a donc lancé une « consultation publique » à propos de son avis concernant les malfaçons des calottes du futur EPR (calotte supérieure = couvercle, calotte inférieure = fond de cuve). Mais d’abord, qu’en est-il de la position de l’ASN sur cette affaire ?

On peut rappeler que ces 2 calottes ont été réalisées en 2006 et 2007. En 2014, l’ASN annonçait avoir découvert que ces 2 éléments avaient été faits par AREVA en violation des règles « normales« , ce qui menait à des suspicions concernant leur composition (zones à trop forte concentration de carbone) et leur future tenue mécanique en fonctionnement, et exigeait d’AREVA et d’EDF des études complémentaires permettant de restaurer la confiance.

Manque de pot, si le couvercle de cuve (calotte retravaillée et percée pour le passage des grappes de contrôle et d’instrumentations diverses) était disponible, le fond de cuve avait déjà été soudé et la cuve installée depuis janvier 2014. On peut encore voir une jolie vidéo d’AREVA sur cette installation (sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=SP_znshwMIo)

En outre, il était bien évidemment impossible de faire ces tests sur les 2 calottes suspectes sans en prélever des échantillons (contrôles destructifs). AREVA a donc utilisé des « calottes sacrificielles » : 2 calottes destinées à un projet d’EPR aux USA – projet rejeté en 2012 – et une calotte destinée à Hinckley Point – alors que le contrat n’est pas signé – Bizarre, la politique d’AREVA, d’engager de tels travaux pour des EPR encore dans les limbes …

Et pour l’historique précis (déjà évoqué dans un blog précédent), le mieux est encore de se référer au site de l’ASN : https://www.asn.fr/Reglementer/Consultations-du-public/Consultations-du-public-en-cours/EPR-projet-d-avis-de-l-ASN-relatif-a-l-anomalie-de-la-composition-de-l-acier-du-fond-et-du-couvercle-de-la-cuve

Toujours est-il que le gros problème est que ces calottes « sacrificielles » n’ont pas davantage passé les tests de conformité. Il faut donc :

  • Prouver que ces calottes sont représentatives de celles de l’EPR,
  • Prouver que ces calottes sont quand même bonnes, même si elles sont mauvaises.

Et dans son rapport final, l’ASN nous démontre qu’elle est (à peu près) convaincue. Il lui faut quand même 185 pages pour cela, avec beaucoup de simulations, d’avis péremptoires, et trop peu de résultats complets – on ne connait rien des incertitudes de mesure – ce qui est normal, on pourra toujours opposer le secret industriel à la transparence…)

La conclusion dans l’introduction….

Naïveté ou message subliminal ? En tout cas, l’essence même du rapport est contenue dans deux petites phrases de l’introduction (en page 17), qui éclairent tout le reste du document :« Areva NP estime que l’approvisionnement d’un nouveau couvercle et le remplacement de l’actuel, qui est une opération qui a déjà été réalisée sur plusieurs réacteurs, nécessite au moins 75 mois. » Traduction : remplacer le couvercle, c’est possible, et cela prend un peu plus de 6 ans. Notons que pendant que l’on fait un nouveau couvercle, l’EPR peut fonctionner avec l’actuel…« Areva NP et EDF ont également étudié la possibilité de remettre en conformité le fond de la cuve et estiment que les conséquences seraient disproportionnées en termes de coût, de délai et de conséquences sur le modèle de réacteur EPR et sur la filière nucléaire. La remise en conformité nécessiterait d’extraire la cuve de son puits, de remplacer son fond, de la réinstaller et de reconstruire une partie de l’ouvrage de génie civil l’environnant. La durée de ces opérations est estimée à 86 mois. ». Traduction : changer le fond de cuve prendrait environ 7 ans, et bien évidemment, cela se traduirait par 7 ans de retard pour le démarrage de l’EPR (on ne va pas travailler sur une cuve déjà irradiée…). Problèmes de coût (non estimé), et surtout problème d’image (de l’EPR, mais aussi du nucléaire français).

Tout est dit : AREVA (et EDF, mais il est vrai qu’AREVA NP est dans EDF) n’entend pas changer le fond de cuve, et démarrer l’EPR avec le couvercle suspect, en attendant un nouveau couvercle… Et ce n’est pas l’ASN qui le dit.  Bien fait pour ceux qui pensaient que cette autorité était indépendante…. Et le reste du rapport ressemble trop à la mise en musique de cette conclusion…

Il va donc falloir démontrer que les 2 pièces sont bonnes, mais que finalement le couvercle n’est pas si bon que cela.

Étude des fissures « potentielles » sur le couvercle et la cuve :

On ne trouve pas de défauts (fissures et autres) sur ces éléments neufs. Mais c’était la même chose pour les cives des réacteurs existants, ce qui n’a pas empêché que des fissures apparaissent (Tricastin, Fessenheim) après 10 ans. Et encore, AREVA n’a pas pu contrôler tout le couvercle (trop compliqué).

Caractérisation (composition du métal, propriétés mécaniques)

Il s’agit là de tests destructifs : on fait des prélèvements ‘ »éprouvettes » sur les calottes déclarées sacrificielles, en différents endroits, et on teste la résistance mécanique c’est-à-dire que l’on mesure à quelle température le matériau devient cassant. Le problème dans ce cas est de s’assurer que les résultats de tests sont transposables aux vraies calottes de l’EPR. Et pour cela, on ne peut que s’appuyer sur la documentation existante (et incomplète) faire au moment de la réalisation, de simulations informatiques. Et il apparaît que la documentation ne manque pas, et que les chiffres étaient connus dès le forgeage des calottes…

…Toujours est-il que l’ASN se contente des études d’AREVA, bien qu’ayant encore quelques doutes, et donc, on va pouvoir casser tranquillement… Et le résultat de ces nombreux tests est sans surprise globalement positif, même s’il y a ici et là quelques questions pas très claires.

Résistance aux chocs thermiques (chauds et froids), rupture brutale : on simule…

On passe très vite, disons que si l’EPR fonctionne « normalement« , il ne devrait pas y avoir de problème… AREVA a quand même étudié le cas d’un petit trou dans le fond de cuve (de 45 cm carrés). Bref, de ce côté, l’ASN est contente, tout va très bien. Et pour ce qui en est de la rupture brutale, si un défaut apparaissait dans le métal (ce qui est donc possible, même si l’on a rien vu…), que pourrait-t-il se passer ? Pas grand-chose, comme on pouvait l’imaginer… Puisque c’est la simulation qui le dit…

Suivi en fonctionnement : l’imagination au pouvoir…

Il s’agit de définir ce que l’on va faire, après le démarrage, pour vérifier que tout va bien, que rien n’évolue. Et là, on commence à nager avec le surréalisme : Pour ce qui est du fond de cuve, il devrait être possible de tout bien vérifier. Bien sûr, le robot capable de faire tous les tests (surface et profondeur) n’est pas encore parfaitement au point. Bien sûr, on ne sait pas exactement comment faire (on appelle cela « contrôle non qualifié« ). Mais enfin, cela devrait pouvoir se faire… Et pour le couvercle (puisqu’il est très travaillé avec des passages, des soudures…) c’est beaucoup plus problématique. Alors, pour être gentil, EDF déclare que d’ici 2025 (!) soit il aura conclu que les contrôles sont possibles, soit il changera le couvercle « à la première visite décennale » : soit vers 2029 si tout va bien. Et comme il faut 6 ans pour faire un couvercle…

Conclusion prévisible de l’ASN :

On ne sera pas trop surpris : la conclusion « normale » de l’ASN est, bien sûr, que

  • Tout va bien, rien n’empêche l’EPR de démarrer. On doit donc supposer que le couvercle et le fond de cuve ne sont pas si mauvais que cela, après tout.
  • Mais quand même, le couvercle ne sera plus qualifié « au-delà de quelques années de fonctionnement« , sans plus de précision. On sent quand même une certaine gêne…

Il est vrai que dans cette histoire, la position de l’ASN est dure à tenir : d’après  ses propres termes, « L’ASN assure, au nom de l’État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l’environnement des risques liés aux activités nucléaires ».

Et dans le cas des calottes de l’EPR, après la découverte des malfaçons, il était clair que les calottes (couvercle et fond de cuve) de l’EPR auraient des « des propriétés mécaniques plus faibles qu’attendues« . Le conservatisme minimal pour « protéger [au moins]  le public et l’environnement » aurait été de reprendre ses pièces. Mais pour des raisons politiques, financières, et d’image du nucléaire français, l’ASN a été obligée de manger son chapeau de gendarme nucléaire.

Petites perles glanées ici ou là au hasard des pages du rapport :

« Areva NP estime que les calottes supérieure et inférieure de cuve ne sont pas sujettes au vieillissement sous irradiation« . Sans commentaire, il vaut mieux…

« Il est important de noter que l’anomalie de la composition en carbone de l’acier des calottes de la cuve de l’EPR de Flamanville n’est pas la conséquence d’un écart dissimulé mais d’une mauvaise appréciation technique. » Si c’est AEVA qui le dit…

Et pourtant, « certains essais […] dans les zones de recette des calottes ont été réalisés avant 2016 dans le laboratoire de l’usine Creusot Forge, parfois avec des procédures inappropriées« . Ça, c’est l’ASN qui le dit.

Pour le contrôle de l’état du fond de cuve en fonctionnement : « une partie des solutions techniques de contrôle, non disponibles à ce jour, fera l’objet d’un appel à candidature international auprès d’industriels et d’universitaires« . Qu’est-ce que l’on disait : on ne sait pas comment faire, mais ce sera possible…

Article de Jean-Marie Brom, Physicien. Directeur de Recherches CNRS, Strasbourg

Pour lire l’intégralité de l’article: https://blogs.mediapart.fr/jean-marie-brom/blog/130817/malfacons-de-lepr-et-lautorite-de-surete-nucleaire-mange-son-chapeau

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Août 13

LE DIRIGEANT CHINOIS XI JIPING TENTE DE CALMER TRUMP

Xi jipingLe président chinois a tenté samedi, lors d’un entretien téléphonique, de calmer son homologue américain et de ne pas “ exacerber ” les tensions.

Au cours d’une communication téléphonique samedi matin, le président chinois Xi Jinping a demandé à Donald Trump de « persister dans la direction générale du dialogue, des négociations et d’un règlement politique » de la péninsule coréenne.

Samedi toujours, la Maison-Blanche a publié un communiqué selon lequel les deux leaders appellent la Corée du Nord à « cesser son comportement provocateur et porté à l’escalade » et réitèrent « leur engagement mutuel envers une dénucléarisation de la péninsule coréenne ».

Le rôle crucial de la Chine

Cet entretien intervient après plusieurs jours de surenchère sans précédent entre Washington et Pyongyang. Vendredi, Donald Trump allant jusqu’à assurer que l’option militaire était désormais « prête à l’emploi ».
Depuis son golf de Bedminster, près de New York, le président américain s’est également entretenu avec le gouverneur de Guam Eddie Calvo, à qui il a « assuré » que « les forces américaines sont prêtes à garantir la sûreté et la sécurité de la population de Guam, comme celle de l’ensemble des États-Unis ». Une intervention qui fait suite à l’annonce par la Corée du Nord qu’elle projetait de lancer des missiles à proximité de cette île américaine du Pacifique.
Une menace qui a incité le Japon à déployer samedi son système de défense antimissiles Patriot.
La Chine joue un rôle crucial pour l’efficacité des sanctions contre Pyongyang pour l’obliger à freiner ses programmes nucléaire et balistique. Mais Pékin était jusqu’alors restée en retrait.
Lors de l’entretien téléphonique, Donald Trump a assuré, selon la télévision chinoise, que « pour le moment, les relations américano-chinoises sont sur la bonne voie ».
Avant cette discussion entre les deux chefs d’État, aucun signe d’apaisement n’était perceptible. Or, les prochains exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington, durant lesquels les tensions sur la péninsule coréenne tendent à s’aggraver, commencent autour du 21 août.
La Chine a proposé à plusieurs reprises un double moratoire : l’arrêt simultané des essais nucléaires et balistiques nord-coréens et des manœuvres militaires conjointes de Washington et Séoul.
Le Pentagone dispose actuellement de 28.500 soldats au sud du 38e parallèle. Pour protéger le terrain des missiles à moyenne portée de Kim Jong-un, les États-Unis ont déployé un bouclier antimissiles, le THAAD, qui peut intercepter les lanceurs à haute altitude.

Selon les analystes, des tirs vers Guam placeraient Washington dans une position délicate : si les États-Unis ne tentaient pas de les intercepter, leur crédibilité en prendrait un coup et Pyongyang se sentirait pousser des ailes pour mener un test de missile intercontinental (ICBM) grandeur nature.

France : appel à la  » responsabilité de tous « 

Emmanuel Macron a appelé samedi « à la responsabilité de tous et à prévenir toute escalade des tensions ». Dans un communiqué, le chef de l’État fait part « de sa préoccupation devant l’aggravation de la menace balistique et nucléaire en provenance de Corée du Nord, qui porte atteinte à la préservation de la paix et de la sécurité internationales […] Face à cette menace, la communauté internationale doit agir de façon concertée, ferme et efficace, comme elle vient de le faire au Conseil de sécurité, afin d’amener la Corée du Nord à reprendre sans condition la voie du dialogue. »…

Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2017/08/13/Xi-Jiping-tente-de-calmer-Trump-3193038

Août 13

CORÉE DU NORD : PYONGYANG S’APPRÊTERAIT À TESTER DES MISSILES AVEC UN SOUS-MARIN

CoréeUne nouvelle provocation de la Corée du nord n’est pas à exclure. Le site de surveillance 38 North a publié des photos de préparatifs d’un sous-marin.

De récentes photos prises par satellite semblent indiquer que la Corée du Nord se prépare à tester des missiles balistiques à partir d’un sous-marin, en pleine recrudescence de tensions avec les États-Unis, selon un spécialiste de l’armée nord-coréenne.

Joseph Bermudez, un expert de la Défense nord-coréenne et des renseignements, a posté des photographies sur le site de surveillance « 38 North » – de l’Institut Etats-Unis/Corée de l’université Johns Hopkins – qui, selon lui, pourraient montrer des préparatifs pour un essai de missile mer-sol balistique (SLBM) : 

Des images prises récemment par un satellite commercial révèlent plusieurs développements suggérant que la Corée du Nord pourrait être en train d’accélérer le développement de la partie maritime de ses forces nucléaires. (info  Joseph Bermudez)

Préparatifs

L’activité sur un missile balistique expérimental pour un sous-marin de type SINPO au chantier de construction navale et base sous-marine de Mayang-do suggère « que le Nord pourrait préparer une nouvelle série « en mer » de tirs d’essai, qu’il a entrepris des modifications et des améliorations aux systèmes de lancement du sous-marin, ou qu’il développe une version plus avancée du Pukguksong-1« .

Le Pukguksong-1 est un SLBM – missile mer-sol balistique stratégique – dont le premier essai réussi remonte au 24 août 2016. Il avait volé sur 500 km en direction du Japon, ce qui avait conduit le leader nord-coréen Kim Jong-Un à affirmer que le territoire continental américain était désormais à portée d’un sous-marin croisant dans le Pacifique.

Joseph Bermudez a précisé que les préparatifs autour du sous-marin correspondaient à ceux constatés lors de précédents essais.

Crise ouverte 

Le président américain Donald Trump a maintenu un haut niveau de tension vendredi sur le dossier nord-coréen, affirmant que l’option militaire était « prête à l’emploi » contre Pyongyang qui a menacé de lancer une attaque près de l’île américaine de Guam, avant-poste militaire stratégique des États-Unis dans le Pacifique.

Ce regain de tensions fait suite aux progrès de Pyongyang dans ses programmes nucléaire et balistique.

Le tir réussi d’un missile intercontinental signifie que théoriquement la Corée du Nord pourrait atteindre la côte est des États-Unis, et elle est aussi parvenue à miniaturiser suffisamment une bombe nucléaire pour pouvoir l’installer dans un tel engin.

Un système SLBM opérationnel aggraverait encore davantage la menace représentée par la Corée du Nord, lui permettant d’agir au-delà de la péninsule coréenne et de disposer d’une capacité de « frappe secondaire » si une attaque était menée sur ses bases militaires.

http://www.sudouest.fr/2017/08/12/coree-du-nord-pyongyang-s-appreterait-a-tester-des-missiles-avec-un-sous-marin-3690383-4803.php

Août 12

DÉCHETS NUCLÉAIRES À BURE : LES OPPOSANTS TOUJOURS EN MARCHE

BureLes opposants au projet de centre d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure dans la Meuse organisent plusieurs jours de rassemblement.

« En Marche ! Contre le tombeau nucléaire », c’est ainsi que les opposants donnent rendez-vous au public pour une grande manifestation le 15 août, après un week-end festif autour du Festival Burelesque.

Le 14 août 2016, près de 500 personnes détruisaient le mur d’enceinte du bois qui doit accueillir ce centre. Un an après les opposants organisent ces festivités et rassemblement dans la forêt. L’événement se déroule à Biencourt-sur-Orge, à quelques km du site de l’ANDRA de Bure. Conférences, tables rondes, spectacles et musique jusqu’à dimanche soir. Convivialité et information anti-nucléaire au programme.

Le projet Cigéo, objet d’une guérilla juridique entre l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs qui doit construire ce site, et ses opposants, vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.

La construction ne débutera pas avant 2022. L’Andra estime que l’existence de ce site ne mettra pas fin au débat sur le nucléaire.

Le lieu retenu pour Cigéo n’a pas d’équivalent en France. Il doit accueillir les déchets les plus radioactifs actuels et futurs du parc nucléaire français dans des galeries à 500 mètres sous terre.

Les déchets déjà produits sont stockés de manière temporaire en surface sur différents sites, les plus radioactifs ne représentant que 3% du total.

Le décalage d’un an va permettre à l’Andra d’intégrer à la fois ses propres études d’alternatives sur la conception du site et les remarques de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

L’autorité de sûreté nucléaire réclame plus de précautions.

Le projet Cigéo a atteint une « maturité technologique satisfaisante », mais certaines options choisies nécessitent des précisions, voire soulèvent des « réserves« , selon un projet d’avis de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui sera finalisé en octobre.

Elle pointe notamment des « incertitudes » concernant le comportement des déchets bitumineux en cas d’élévation de température, par exemple causée par un incendie.

Ces déchets, qui représenteront environ 18% de l’ensemble des déchets stockés par Cigéo, sont très inflammables.

Dans son projet d’avis, l’ASN estime qu’ils doivent donc être pré traités pour réduire leur niveau d’inflammabilité.

Par ailleurs, l’ASN demande à l’Andra d’étudier « une architecture du stockage qui renforce la capacité globale de confinement de l’installation » et regrette qu’à ce stade, le dossier « apporte peu d’éléments » sur la surveillance du site en phase d’exploitation et après fermeture.

L’avis définitif de l’ASN sera publié en octobre à l’issue de la phase de consultation publique.

Précédemment attendu fin 2018, le dépôt de la demande d’autorisation n’est désormais prévu que mi-2019, avant un début de la construction en 2022.

Pour écouter les e reportages de Laurent Watrin :

https://www.franceinter.fr/info/dechets-nucleaires-a-bure-les-opposants-toujours-en-marche

Août 12

CORÉE : LA CHINE EXHORTE TOUTES LES PARTIES À LA PRUDENCE SUR LA QUESTION NUCLÉAIRE

La ChineBeijing espère que toutes les parties communiqueront et se comporteront avec prudence et ne suivront pas la voie de l’agressivité à tour de rôle, suite à l’échange récent de menaces entre Pyongyang et Washington, a déclaré vendredi Geng Shuang, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

« La situation actuelle dans la péninsule coréenne est complexe et sensible. La Chine espère que les parties concernées pourront se parler et faire preuve de prudence, et faire plus pour apaiser les tensions et renforcer la confiance mutuelle », a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur le site du ministère.

Ces propos font suite à la déclaration du président américain Donald Trump menaçant la Corée du Nord « d’événement comme on n’en a jamais vu » après divulgation par Pyongyang d’un projet de lancer des missiles autour du territoire américain de Guam.

S’exprimant dans son club de golf à Bedminister, dans le New Jersey, Donald Trump a une nouvelle fois lié l’aide de la Chine à la dénucléarisation de la péninsule coréenne aux affaires commerciales, suscitant la désapprobation de plusieurs experts.

« Je pense que la Chine peut faire beaucoup plus [] et je pense que la Chine fera beaucoup plus », a déclaré Donald Trump à un journaliste.

« Nous avons des échanges commerciaux avec la Chine. Nous perdons des centaines de milliards de dollars chaque année dans ces échanges avec la Chine. Les Chinois connaissent mon point de vue. Cela ne va pas continuer de cette manière. Mais si la Chine nous aide, j’aurai une opinion bien différente en ce qui concerne le commerce », a-t-il déclaré.

La Chine a déclaré que les États-Unis devraient s’abstenir d’évoquer la dénucléarisation de la péninsule coréenne dans le contexte du commerce sino-américain.

« Nous pensons que le problème nucléaire dans la péninsule coréenne et les relations commerciales sino-américaines appartiennent à deux domaines complètement différents. Il est inapproprié d’en discuter ensemble », a souligné le vice-ministre du Commerce Qian Keming la semaine dernière.

Li Haidong, professeur à l’Institut des relations internationales de l’Université chinoise des affaires étrangères, a jugé que la politique des États-Unis envers la Corée du Nord n’arrangeait pas la situation, comme l’a montrée l’annonce par Pyongyang d’une intention de tir de missiles autour de Guam.

Selon M. Li, les États-Unis continuent de faire pression sur Beijing, alors que la Chine n’est pas une partie directe au problème nucléaire de la péninsule coréenne.

« Lier ce problème au commerce avec la Chine ne fera que nuire à la relation commerciale mutuellement avantageuse actuelle entre Beijing et Washington », a-t-il ajouté.

Edward Alden, chercheur au Conseil des relations extérieures à New York, a fait part de sa perplexité quant à la raison pour laquelle Donald Trump continue de lier les questions commerciales à la Corée du Nord.

« Les États-Unis et la Chine devraient travailler dans leurs domaines d’intérêts communs pour apaiser les tensions dans la région », a-t-il déclaré au China Daily jeudi.

Selon lui, les véritables problèmes commerciaux qui existent entre les deux pays peuvent et devraient être résolus par des négociations.

« Les problèmes ne disparaîtront pas parce que les deux pays coopèrent sur la question nord-coréenne », a-t-il rappelé.

http://french.china.org.cn/china/txt/2017-08/12/content_41396894.htm

Août 12

L’IRAN MET EN GARDE CONTRE LE « COÛT ÉLEVÉ » DE LA VIOLATION DE L’ACCORD NUCLÉAIRE

IranL’Iran a averti vendredi que le coût serait élevé si l’accord sur le nucléaire iranien était violé, selon les médias locaux.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a fait les remarques, ajoutant que la République islamique, cependant, est prête pour tout scénario dans le cas où l’accord est violé, a rapporté le quotidien Tehran Times.

Abbas Araqchi, qui était le principal négociateur dans le dossier du nucléaire, a souligné que l’accord nucléaire Iran-États-Unis, officiellement appelé Plan d’action commun et global (JCPOA), est soutenu par la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union européenne et la communauté internationale.

« Le JCPOA a une position forte au niveau international« , a-t-il déclaré.

Les nouvelles sanctions américaines contre l’Iran pour le programme de missiles de ce dernier sont « inacceptables« , a-t-il souligné, ajoutant que le programme de missiles n’a que des objectifs « défensifs » et « préventifs« .

La semaine dernière, M. Araqchi a accusé les États-Unis d’avoir violé le JCOPA en renouvelant des sanctions contre la République islamique et a averti que l’Iran répondrait à ces sanctions.

Selon M. Araqchi, les États-Unis croient que le JCPOA a renforcé la position de l’Iran dans la région.

Les États-Unis croient que « la situation doit être inversée et que l’Iran doit être mis sous pression« , a-t-il ajouté.

Imposer de nouvelles sanctions à l’Iran est une tentative de réduire les bénéfices de Téhéran de l’accord nucléaire et aurait des effets négatifs sur la « mise en œuvre réussie » de l’accord, a-t-il poursuivi.

Plusieurs décisions ont été prises dans un comité présidé par le président iranien Hassan Rouhani sur les réactions à l’égard des « mesures provocatrices » de Washington, a déclaré M. Araqchi, ajoutant que les décisions seront remises dûment au ministère iranien des Affaires étrangères et à l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Les responsables iraniens ont déclaré à maintes reprises que l’Iran conserve son droit de répondre aux États-Unis s’ils ne respectent pas l’accord nucléaire.

L’Iran et six puissances mondiales, à savoir la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et les États-Unis, sont parvenus à un accord sur le nucléaire iranien en juillet 2015.

http://french.xinhuanet.com/2017-08/12/c_136519402.htm

 

Août 12

CORÉE DU NORD: TRUMP REFUSE DE CHANGER DE TON ET MET EN GARDE KIM JONG-UN

TrumpDonald Trump est resté sourd vendredi aux appels à la retenue sur le dossier nord-coréen qui suscite une inquiétude internationale grandissante, mettant directement en garde Kim Jong-Un et soulignant que l’armée américaine était prête à agir si nécessaire.

Face à une surenchère sans précédent entre Washington et Pyongyang, la Chine a enjoint aux deux pays de « faire preuve de prudence » et a exhorté Pyongyang à éviter les « démonstrations de force« . L’Allemagne, de son côté, a martelé qu’il n’existait pas de solution militaire à ce conflit.

Mais depuis son golf de Bedminster (New Jersey), où il passe des vacances, le président américain a persisté dans le registre belliqueux adopté depuis trois jours: « S’il fait quoi que ce soit visant Guam, ou un autre territoire américain, ou un allié des États-Unis, il le regrettera vraiment et il le regrettera rapidement« , a-t-il lancé, évoquant le jeune leader nord-coréen.

Son attitude ne contribue-t-elle pas à faire monter la tension à un niveau dangereux? « Mes détracteurs disent cela parce que c’est moi. Si quelqu’un disait exactement la même chose, ils diraient +Quelle grande déclaration!+« , a-t-il répondu, assurant que des « dizaines de millions d’Américains » étaient heureux qu’un président « parle enfin haut et fort » pour leur pays et ses alliés.

Quelques heures plus tôt, M. Trump –qualifié par Pyongyang d' »odieux fanatique de la guerre nucléaire« — avait souligné sur Twitter que les solutions militaires étaient « complètement en place » et « prêtes à l’emploi » si la Corée du Nord se comportait imprudemment.

Après plusieurs jours d’escalade verbale, aucun signe d’apaisement n’était perceptible. Or les prochains exercices militaires conjoints entre Séoul et Washington, durant lesquels les tensions sur la péninsule coréenne tendent à s’aggraver, commencent prochainement, autour du 21 août.

Moscou ‘très inquiet’ –

Cette montée des tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord pèse sur les marchés financiers et inquiète de nombreux dirigeants mondiaux. 

« Nous appelons toutes les parties à faire preuve de prudence dans leurs mots et leurs actions, et à agir davantage pour apaiser les tensions« , a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

À Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est dit « très inquiet » des risques de conflit « très élevés » entre les États-Unis et la Corée du Nord.

« Il est clairement temps pour toutes les parties de se concentrer sur les moyens de faire baisser les tensions« , a renchéri Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. 

« Je ne vois pas de solution militaire à ce conflit (…) Je considère l’escalade verbale comme une mauvaise réponse« , a mis en garde vendredi la chancelière allemande Angela Merkel.

Trump a balayé ces propos d’un revers de manche, estimant que Mme Merkel parlait seulement pour son pays. « Peut-être qu’elle parle de l’Allemagne. Elle ne parle certainement pas des États-Unis, je peux vous le dire« , a-t-il affirmé.

Un responsable de la Maison Blanche a toutefois indiqué qu’il ne fallait pas voir dans les propos du milliardaire le signe d’une action militaire imminente. « Il y a des plans militaires pour à peu près toutes les crises du globe (…) Ces plans sont continuellement mis à jour et présentent des options au président. Il n’y a rien de nouveau« , a dit ce responsable sous couvert d’anonymat. 

– Plan d’offensive contre Guam –

L’armée américaine a indiqué vendredi être « prête à combattre » si le président américain en donnait l’ordre.

Le Pentagone dispose actuellement de 28.500 soldats au sud du 38ème parallèle: armée de l’air, armée de terre, infanterie de marine (les fameux Marines) et, bien sûr, la marine. Pour protéger le terrain des missiles à moyenne portée de Kim Jong-Un, les États-Unis ont déployé un bouclier anti-missiles, le THAAD, qui peut intercepter les lanceurs à haute altitude.

En réponse au changement de ton à Washington, la Corée du Nord a menacé de lancer une attaque contre l’île américaine de Guam, avant-poste stratégique des forces américaines dans le Pacifique.

L’armée doit présenter au jeune dirigeant nord-coréen un plan d’offensive contre Guam d’ici mi-août, selon les militaires nord-coréens.

Selon les analystes, des tirs vers Guam placeraient Washington dans une position délicate: si les États-Unis ne tentaient pas de les intercepter, leur crédibilité en prendrait un coup et Pyongyang se sentirait pousser des ailes pour mener un test de missile intercontinental (ICBM) grandeur nature.

Pékin prône une résolution « négociée » du dossier nord-coréen, renvoyant dos à dos Washington et Pyongyang.

La Chine a ainsi proposé à plusieurs reprises, pour désamorcer la crise, un double « moratoire« : l’arrêt simultané des essais nucléaires et balistiques nord-coréens et des manœuvres militaires conjointes des États-Unis et de la Corée du Sud.

https://actu.orange.fr/monde/coree-du-nord-trump-refuse-de-changer-de-ton-et-met-en-garde-kim-jong-un-CNT000000M2kxO/photos/donald-trump-le-11-aout-2017-a-bedminster-7ce296d94c74cf54a35471245c34b624.html

Août 12

LES HABITANTS DE L’ÎLE DE GUAM SE PRÉPARENT POUR UNE ATTAQUE NUCLÉAIRE DE PYONGYANG

GuamFace aux menaces de Pyongyang de frapper les bases militaires américaines situées sur l’île de Guam, le gouvernement américain a publié vendredi un guide de survie pour préparer les habitants de l’île à une éventuelle attaque nucléaire.

Le département d’État américain a publié vendredi sur son site Internet un guide de survie qui doit aider les habitants de l’île de Guam à se protéger au cas où Pyongyang exécuterait ses menaces de frapper les bases militaires américaines situées sur l’île avec des missiles nucléaires.

Il est à noter que le lexique du guide évoque le spectre d’un conflit atomique qui planait pendant la guerre froide.

Le document appelle en particulier à ne pas regardez «l’éclair ou la déflagration lors de l’explosion, car cela peut rendre aveugle» et à enlever ses «vêtements pour éviter la propagation des particules radioactives».

En plus, il est conseillé d’avoir une liste des infrastructures situées près de son domicile, de son travail où de l’école de ses enfants, pour s’en servir d’abri.

«Les abris n’ont pas besoin d’être spécialement conçus pour se protéger des radiations […]. Cela peut être un espace protégé, où les murs et le toit sont suffisamment épais et denses pour absorber les radiations», indique le guide, cité par Reuters.

Les parents peuvent également trouver dans le guide des explications sur quoi faire s’ils ne sont pas avec leurs enfants pendant l’explosion.

«Restez où vous êtes, même si vous êtes séparés de votre famille […]. Écoutez les informations. N’appelez pas l’école. Soyez patient. Attendez les instructions avant d’aller chercher votre enfant», conseille le document.

Située à 3 400 km environ au sud-est de Pyongyang, l’île de Guam, un territoire non incorporé des États-Unis, compte 163 000 habitants et abrite une base militaire américaine avec un escadron de sous-marins, une base aérienne et un groupe de gardes-côtes.

La Corée du Nord a déclaré mardi qu’elle pouvait tirer des missiles balistiques stratégiques à moyenne et longue portée Hwasong-12 contre les bases militaires américaines situées sur l’île de Guam, dans le Pacifique, si Washington poursuivait ses pressions contre Pyongyang.

Le Président américain Donald Trump a promis mardi «le feu et la colère» à Pyongyang s’il menaçait de nouveau son pays. Il s’est aussi dit prêt à une riposte militaire aux actions «irréfléchies» nord-coréennes.

Les menaces de Pyongyang ont inquiété les pays voisins de la Corée du Nord. Selon les médias japonais, Tokyo envisage de déployer des missiles intercepteurs supplémentaires PAC-3 (Patriot) dans les régions du pays que les missiles balistiques nord-coréens survoleront avant d’atteindre Guam.

https://fr.sputniknews.com/international/201708111032613703-guam-pyongyang-attaque-nucleaire/

Août 11

EN CORÉE DU SUD, LES APPELS SE MULTIPLIENT POUR DEMANDER UN ARSENAL NUCLÉAIRE

en coréé du sudÀ mesure que la querelle s’envenime entre les États-Unis et la Corée du Nord, les appels se multiplient au Sud pour que Séoul se dote de son propre arsenal nucléaire, ce qui ne ferait que compliquer davantage la situation.

Environ 28.500 soldats américains sont déployés en Corée du Sud pour défendre ce pays contre le Nord. Séoul n’a pas le droit de fabriquer ses propres armes nucléaires depuis la signature en 1974 d’un traité sur l’énergie atomique avec Washington, lequel le protège en retour avec son « parapluie nucléaire« .

Mais Pyongyang menace régulièrement de transformer Séoul en « mer de flammes« . Et les interrogations sur la volonté réelle de Washington de défendre Séoul au risque de mettre des villes américaines en danger se font de plus en plus lancinantes.

Les médias ont pris la tête d’une campagne pour demander aux autorités de changer leur fusil d’épaule.

La Corée du Sud est en pointe dans les domaines technologiques et les analystes estiment qu’elle pourrait mettre au point une bombe nucléaire quelques mois seulement après l’avoir décidé.

« Le temps est venu d’évaluer les armes nucléaires« , écrit vendredi le Korea Herald dans un éditorial.

En juillet, Pyongyang a mené deux essais réussis de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), mettant une bonne partie du continent américain à sa portée.

Diatribes hostiles

« La confiance dans le parapluie américain peut être ébranlée« , avertit le journal. Et d’appeler Washington à déployer des armes atomiques au Sud s’il ne veut pas voir Séoul se doter de son propre arsenal.

Après la guerre de Corée (1950-53), les États-Unis avaient déployé certains de leurs armements nucléaires au Sud mais les avaient retirés lorsque les deux Corées avaient fait la promesse conjointe en 1991 de parvenir à une péninsule dénucléarisée.

Puis, Pyongyang a mené en 2006 son premier essai nucléaire, et a renoncé officiellement à cet engagement en 2009.

Ces derniers mois, les tensions se sont envolées, atteignant de nouveaux sommets cette semaine lorsque le président Donald Trump a promis à Pyongyang « le feu et la colère« .

En retour, le Nord a affirmé que le président américain avait « perdu la raison » et annoncé un plan précis pour tirer quatre missiles vers le territoire américain de Guam, dans le Pacifique.

Cette nouvelle guerre rhétorique inquiète des Sud-Coréens pourtant habitués aux diatribes hostiles du Nord.

Un conflit avec le Nord aurait des conséquences dévastatrices sur la quatrième économie d’Asie, qui est à portée des forces d’artillerie conventionnelles considérables de Pyongyang.

‘Équilibre de la terreur’

« La catastrophe plane« , a écrit cette semaine le quotidien Chosun. « Toutes les options, même celles qui étaient impensables, doivent être sur la table« .

Pyongyang, qui rêve de mettre au point un ICBM capable de délivrer une bombe nucléaire sur le continent américain, a mené au total cinq essais nucléaires, dont trois depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un en décembre 2011.

L’année dernière, une enquête montrait qu’environ 57% des Sud-Coréens étaient favorables à l’idée d’avoir un arsenal nucléaire, contre 31% d’avis contraires.

« Nous devons disposer de nos propres options militaires pour défaire le Nord« , juge le Korea Economic Daily, appelant à « l’équilibre de la terreur« .

Il ne fait aucun doute que Pyongyang serait furieux si Séoul avait la bombe, lui qui justifie ses programmes balistique et nucléaire par la nécessité de se défendre face aux menaces d’invasion de son territoire. Le ramener à la table des négociations serait encore plus difficile.

« Ce soi-disant « équilibre de la terreur » ferait de la péninsule le théâtre d’une course aux armes nucléaires, pas une péninsule pacifique« , explique Yang Moo-Jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes de Séoul.

Il y aurait « un effet domino » en Asie car Tokyo ou Taipei ne voudront pas être en reste, ajoute-t-il. « Le Japon accueillerait cette perspective à bras ouverts, cela lui fournirait l’excuse parfaite pour réviser la Constitution pacifique et développer son propre arsenal nucléaire« .

Le ministre sud-coréen de la Défense Song Young-Moo a dit récemment que le Sud était « pleinement capable » de fabriquer sa propre bombe mais ne l’envisageait pas pour l’instant.

Par Jung Ha-Won© 2017 AFP.

http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2017/08/11/En-Coree-du-Sud-les-appels-se-multiplient-pour-demander-un-arsenal-nucleaire-3191412

Août 11

SELON TRUMP, LES OPTIONS MILITAIRES CONTRE LA CORÉE DU NORD SONT «PRÊTES À ÊTRE EMPLOYÉES»

Selon TrumpLe président américain a une nouvelle fois fait savoir à Pyongyang qu’il n’hésiterait pas à faire usage de la force armée dans le cas où la sécurité des États-Unis serait menacée.

L’escalade verbale entre Washington et Pyongyang se poursuit. «Les solutions militaires sont maintenant complètement en place, prêtes à l’emploi, si la Corée du Nord se comporte imprudemment. J’espère que Kim Jong-Un trouvera une autre voie !», a déclaré Donald Trump le 11 août, sur Twitter.

La veille, le 10 août, le président américain avait estimé, devant la presse, que son récent avertissement adressé à la Corée du Nord n’avait peut-être pas été «assez dur». Il faisait alors référence à la déclaration du 8 août suivante : «La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces contre les États-Unis […] Elles se heurteront au feu et à la colère. »

Le ton s’est durci sensiblement entre Pyongyang et Washington ces derniers jours. Les propos belliqueux tenus par les deux parties ont augmenté les craintes de voir un affrontement direct entre les États-Unis et la Corée du Nord éclater. Le 9 août, l’agence officielle KNA a dévoilé un plan de tir de missile vers l’île de Guam où se trouvent une base navale et une base militaire américaines. Le même jour, le secrétaire à la Défense américain James Mattis avait publié un communiqué enjoignant à la Corée du Nord de renoncer à toute escalade ou action guerrière envers les États-Unis, sous peine d’assister à «la fin de son régime et la destruction de son peuple».

De son côté, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson avait joué la carte de l’apaisement. Lors d’une visite sur l’île de Guam le 9 août, il a décrit une situation qui n’avait pas «fortement» évolué, et ne donnait pas lieu à une «quelconque menace imminente».

La chancelière allemande Angela Merkel s’est opposée quant à elle à toute «solution militaire» face à la Corée du Nord, elle a dénoncé l’actuelle escalade verbale entre Pyongyang et le président Donald Trump le 11 août lors d’une conférence de presse. 
«Je ne vois pas de solution militaire à ce conflit. […] L’Allemagne va participer de manière intensive aux possibilités de résolutions non militaires, mais je considère l’escalade verbale comme une mauvaise réponse», a-t-elle déclaré. 

https://francais.rt.com/international/41912-options-militaires-avec-coree-nord-trump-etats-unis-nucleaire

Août 11

EST-ON VRAIMENT AU BORD D’UNE GUERRE NUCLÉAIRE? TROIS FAÇONS DE SORTIR DE LA CRISE

3 solutionsL’escalade verbale entre les États-Unis et la Corée du Nord a connu une nouvelle étape jeudi, quand Donald Trump a défendu sa formule controversée sur « le feu et la colère » promis à Pyongyang, estimant qu’elle n’était « peut-être pas assez dure« .

Va-t-on droit dans le mur ?

Pourtant, il existe des alternatives. Le point sur la question.

Plusieurs solutions de sortie de crise sont toutefois envisagées par les analystes.

– Retour aux négociations –

La Corée du Nord dispose de l’arme nucléaire, et, selon le Washington Post, le renseignement militaire américain en est désormais convaincu: Pyongyang a réussi à miniaturiser suffisamment une bombe atomique pour l’embarquer sur l’un de ses missiles intercontinentaux.

Il faut accepter le fait que la Corée du Nord possède maintenant des armes nucléaires, ce qui rend toute action militaire impossible car trop dangereuse, expliquent certains spécialistes.

« Pour les États-Unis, il ne reste plus qu’à négocier avec la Corée du Nord, pour essayer de réduire les tensions et résoudre certains conflits. Il ne faut plus essayer de leur enlever l’arme nucléaire« , développe Jeffrey Lewis, chercheur à l’Institut Middlebury des études internationales.

Dans les années 2000, Pyongyang semblait avoir commencé à se faire à l’idée d’un ralentissement et d’un contrôle de son programme nucléaire, après des discussions multilatérales avec la Chine, la Russie, le Japon, les États-Unis et la Corée du Sud. Mais le pays était alors dirigé par Kim Jong-Il. Son fils et actuel leader, Kim Jong-Un, a pour sa part refusé tout dialogue.

Pressions de la Chine

Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté à l’unanimité de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord le week-end dernier.

La Russie et la Chine – alliée et partenaire économique du régime nord-coréen – ont approuvé ces mesures, qui pourraient coûter à Pyongyang un milliard de dollars annuels en revenus.

La Chine compte pour 90% des échanges commerciaux de la Corée du Nord et a déjà été accusée dans le passé de ne pas vouloir appliquer des sanctions qu’elle avait votées contre le régime coréen.

Pékin jouera donc un rôle important en cas de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, mais craint un effondrement du régime de Kim Jong-Un.

Donald Trump n’a pour sa part pas épargné la Chine et a exhorté le pays à durcir le ton avec la Corée du Nord. « La Chine peut faire beaucoup plus« , a ainsi déclaré le président américain jeudi.

La guerre

Ce scénario semble être le moins plausible, les États-Unis ne semblant pas enclins à déclencher une guerre.

« La guerre est une tragédie bien assez connue, il n’y a pas besoin de faire un dessin, cela serait catastrophique », a déclaré jeudi soir le ministre de la Défense Jim Mattis, comme pour apaiser les tensions après la nouvelle sortie controversée de son président.

« Il y a très peu de chances pour que les déclarations du président soient véritablement le reflet d’une volonté au sein de la Maison Blanche de déclencher des frappes préventives », confirme Ely Ratner, spécialiste de la Chine et membre du centre de réflexion Council on Foreign Relations. « Je ne pense pas que nous soyons au bord de la guerre nucléaire », résume-t-il.

Les scénarios du Pentagone en cas d’intervention militaire varient de la frappe sur des cibles précises, à l’attaque préventive pour pousser à un soulèvement de la population nord-coréenne et renverser Kim Jong-Un.

Mais toute intervention armée entraînerait de la part de Pyongyang des conséquences difficiles à imaginer précisément, mais à la gravité certaine.

Jim Mattis a déjà mis en garde contre la dangerosité des représailles de Pyongyang, en expliquant qu’elles seraient « d’un niveau inédit depuis 1953 », et la fin de la guerre de Corée.

Kim Jong-Un a amassé des unités d’artillerie à la frontière avec la Corée du Sud, à seulement 55 kilomètres de Séoul.

Mais une guerre ouverte entre les deux pays ne semble pas non plus être souhaitable pour les Nord-Coréens.

C’est bientôt la saison des récoltes dans le pays, et Kim Jong-Un n’a pas annoncé de mobilisation militaire, qui viderait dangereusement ses usines et ses champs de récolte, faisant risquer une famine à son peuple, selon Joe Bermudez, analyste pour le site « 38 North ».

« Kim Jong-Un n’est pas une personne bête. Il est très peu probable qu’il mobilise ses troupes à cette période », assure-t-il.

http://www.levif.be/actualite/international/est-on-vraiment-au-bord-d-une-guerre-nucleaire-trois-facons-de-sortir-de-la-crise/article-normal-704879.html

Août 11

L’APPEL À LA PAIX DU VATICAN DANS LE DOSSIER NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN

VaticanMgr Silvano Tomasi, l’ancien observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies, appelle les États-Unis et la Corée du Nord au dialogue et à la négociation diplomatiques. Ce faisant, il réaffirme l’engagement du pape François pour le désarmement nucléaire.

En réponse à l’escalade verbale entre les présidents américain et nord-coréen, Donald Trump et Kim Jong-un, Mgr Silvano Tomasi a rappelé que le dialogue doit être la voie privilégiée des relations diplomatiques, « pour ne laisser personne à l’écart sur le chemin du bien commun ».

Mgr Tomasi est un fin connaisseur des relations internationales : il a été pendant treize ans l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies et n’a quitté ces fonctions que l’an dernier, à l’âge de la retraite (75 ans).

« La voie du conflit est toujours mauvaise », a déclaré Mgr Tomasi, et il faut « investir le temps, l’énergie, l’argent et les ressources » nécessaires pour éviter d’en arriver à ce point de la crise. Cette attitude diplomatique est aussi une disposition politique : « Au lieu d’élever des murs (…) nous devons changer notre culture publique [en ne cherchant pas] à posséder les dernières technologies militaires, mais en ayant une approche inclusive. » Une référence directe aux attitudes respectives de Donald Trump et de Kim Jong-un : le premier a prévenu mercredi 9 août que l’arsenal nucléaire américain était « plus puissant que jamais », l’autre a répondu ce matin que l’armée nord-coréenne voulait tirer quatre missiles sur l’île américaine de Guam, dans le Pacifique.

Mgr Tomasi rappelle également que le 1er janvier 2017, dans son message pour la cinquième journée de la paix, le pape François avait appelé tous les hommes à « faire de la non-violence [leur] style de vie ». Cette éthique de la non-violence n’est évidemment pas une forme de résignation, mais « un engagement actif dans la promotion de ce qui est bon et qui évite la confrontation ».

L’engagement du pape François pour la non-prolifération des armes nucléaires

Dans son message pour la paix, François évoquait notamment la menace de la guerre nucléaire. Il a réaffirmé sa volonté de voir appliquer le traité de non-prolifération des armes nucléaires dans un message adressé à l’ONU pour la conférence sur l’abrogation des armes nucléaires, qui s’est tenue à New York du 27 au 31 mars : elle avait réuni 113 des États membres et aucun des membres du conseil de sécurité.

Le pape avait alors montré « l’insuffisance de la dissuasion nucléaire comme réponse efficace » aux défis du XXIe siècle que sont « le terrorisme, les conflits asymétriques, la cybersécurité, les problèmes environnementaux [et] la pauvreté ». De surcroît, l’idée même de dissuasion nucléaire est à rebours d’une politique de la « confiance mutuelle [qui] ne peut être construite qu’à travers un dialogue véritablement tourné vers le bien commun ». Loin de tout angélisme, le pape François souhaitait que la conférence fût une étape décisive dans l’acheminement vers un monde sans armes nucléaires, reposant sur une « éthique de la paix et de la sécurité coopérative ».

En condamnant aussi fermement la prolifération nucléaire, le pape François s’inscrit tout à fait dans le prolongement de la doctrine sociale de l’Église postconciliaire : depuis Jean XXIII, tous les papes ont dénoncé avec la même force les inégalités et les menaces causées par le développement des armes nucléaires. Cinquante-cinq ans après 1962, le discours de l’Église n’a pas changé, mais la tension nucléaire n’est pas non plus retombée.

Article de Baptiste Protais

http://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Pape/Lappel-paix-Vatican-dossier-nucleaire-nord-coreen-2017-08-10-1200868923

Août 10

VILLESURTERRE INTERPELLE : NICOLAS HULOT, POUR CIGÉO, FAIS TON BOULOT !

HulotExtraits

Le processus décisionnel de Cigéo suit implacablement le calendrier. Il est urgent Monsieur HULOT de prendre la décision d’arrêter ce projet aussi flou que fou, imaginé par des  » Savants fous « . Les qualificatifs abondent : écocide programmé, crime contre l’humanité, complot …  L’IRSN et l’ASN commencent à douter !…

Ses premières mesures et déclarations

6 juin 2017 : Nicolas HULOT participe à la rencontre à l’Élysée avec les acteurs de la société civile mobilisés sur le climat et la transition énergétique. Quelques zones d’ombre persistent. Ils n’ont pas trouvé de réponses claires lors de l’entretien. C’est le cas du nucléaire. Parmi les invités : RAC (Réseau action climat), CLER (Réseau pour la transition énergétique), Greenpeace France…

18 juin 2017 : Nicolas HULOT annonce la fermeture de plusieurs réacteurs nucléaires…

22 juin 2017: Stéphane LHOMME dénonce un conflit d’intérêts majeur au sein du gouvernement PHILIPPE-MACRON. En effet, Nicolas HULOT sait que la fondation qui porte son nom pourra être « punie » si, en tant que ministre, il pose quelques problèmes à EDF. Or, des dossiers explosifs sont déjà sur le feu:

  • la validation de la cuve du réacteur EPR de Flamanville, puis son éventuelle mise en service. Elles nécessiteront, certes, l’aval de l’ASN, mais aussi la signature du Ministre Nicolas HULOT !…

6 juillet 2017: plan climat pour le quinquennat. Le nucléaire est le grand absent de la feuille de route gouvernementale sur le climat.

10 juillet 2017: Nicolas HULOT se risque à parler de fermer « peut-être jusqu’à 17  » réacteurs nucléaires pour permettre la transition énergétique à l’horizon 2025. Mais tout reste encore ouvert dans ce vaste chantier aux multiples inconnues

Recadrage : « Nous allons attendre que l’ASN nous dise ce qu’il en est« , déclarera Édouard PHILIPPE, le lendemain…

…Nicolas HULOT veut un débat serein sur le nucléaire. « Cela doit être un débat cohérent, transparent, qui ne dissimule rien sur la complexité« .

Ce « dialogue renforcé » dans le cadre de la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie) aura lieu avec les syndicats, les industriels, les associations, a insisté Nicolas HULOT, ajoutant que les citoyens auront « aussi leur mot à dire« .

12 juillet 2017: à propos du nucléaire, Nicolas HULOT déclare. « J’ai évoqué des scénarios que tout le monde s’efforce d’occulter. Car il y a une loi qui a été votée. Si on l’applique à la lettre, dans les scénarios on pourrait fermer jusqu’à même 25 réacteurs« . Il ajoute: « Je n’ai pas dit qu’on allait fermer 25 réacteurs, pas plus que 17 ou 19. Je dis simplement qu’il y a une loi. Si on met les conséquences de cette loi sous le tapis, il y a un moment ou un autre où on va être dans une impasse. Je dis simplement, maintenant il faut mettre les scénarios sur la table, car la clef de la transition, ce n’est pas d‘attendre le dernier moment pour regarder la vérité. Et moi, je ne veux pas occulter la vérité« … « 

Si on fait tout ça dans la brutalité, ça ne passera pas, car derrière les centrales qui fermeront, il y a des hommes, des vies. Les exigences qui se mêlent à la brutalité finissent dans le mur… Il faudra travailler ensemble à ces scénarios de fermeture de réacteurs… L’objectif est de passer du symbole, comme l’annonce de la fermeture de Fessenheim, à la stratégie et aux modalités« .

Monsieur HULOT, c’est ce raisonnement que nous te demandons d’appliquer au projet CIGéo !

15 juillet 2017: Nicolas HULOT affirme sa « foi absolue dans les énergies renouvelables » et son désir de « remettre les choses à plat« . Concernant le projet d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure, le ministre refuse de « se précipiter« . « Mon travail est de vérifier que leur stockage se fasse dans des conditions de sécurité absolue« , dit-il. « Ensuite, cela doit nous pousser encore plus à réfléchir sur le nucléaire. Ce n’est pas ma conception d’une civilisation d’avoir des déchets qu’on lègue aux générations futures.« 

Monsieur HULOT, nous voudrions bien vous parler de ces conditions de « sécurité absolue« , et du cadeau qu’on fait aux générations futures en cachant 80 000 m3 de déchets Haute Activité à 500 m sous terre…

Monsieur HULOT, comme vous l’avez fait pour NDDL, nous exigeons que vous mettiez en place une Commission de médiation pour le projet CIGéo.

Nicolas Hulot: « On a derrière nous des années de production nucléaire et donc de déchets radioactifs… Qu’est-ce qu’on en fait ? On va les balancer dans la mer ou dans l’espace ? Ils ne vont pas disparaître comme par enchantement… Il va falloir les prendre en charge. Mon travail est de vérifier que leur stockage se fasse dans des conditions de sécurité absolue. Ensuite, cela doit nous pousser encore plus à réfléchir sur le nucléaire. Ce n’est pas ma conception d’une civilisation d’avoir des déchets que l’on lègue aux générations futures. Je ne veux pas me précipiter. On voudrait me faire prendre toutes les décisions en urgence, ce ne sera pas le cas. Je veux croiser toutes les informations avant de décider. »

Monsieur HULOT, c’est bien de prendre le temps de peser le POUR et le CONTRE. Monsieur HULOT, ce serait bien de ne pas prendre cette décision avant de nous avoir entendus… et écoutés!

Et n’écoutez pas seulement les ONG référencées par les gouvernances d’avant… Sachez qu’autour de BURE, il y a des Associations locales qui ne sont pas subventionnées par l’État. Il y a des citoyens, des alerteurs, des scientifiques comme Bertrand THUILLIER qui ne sont pas rémunérés par l’État. Ils connaissent bien le dossier. Ils ont des arguments. Ils ont plein de choses à vous raconter…

18 juillet 2017: Nicolas HULOT : « Comme nous avons déjà perdu des années précieuses, cet objectif de réduction de 75 % à 50 %, ne nous cachons pas derrière le petit doigt, je pense qu’il va être difficile à atteindre…

J’ai demandé à mes services ce que cela signifiait, dans un souci de vérité. Si on veut réaliser cette loi, ce n’est pas 17 mais 25 réacteurs que l’on doit fermer… Je ne veux pas qu’on soit dans le mensonge…. Je veux revenir dans la rationalité, regarder les scénarios, re-planifier le tout sur des choses réalistes.« …

… Sur ces premiers mois, je ne sais pas si le Ministre Nicolas HULOT a beaucoup travaillé. Mais il a beaucoup communiqué, sur quantité de sujets… Il a pris beaucoup de décisions, à l’exception d’une seule : CIGéo !…

…L’urgence, Monsieur HULOT, c’est de prendre la décision de ne pas construire CIGéo. Et c’est tellement plus facile comme décision. Et cela fera 25 milliards d’euros récupérés…

Merci Monsieur HULOT de décider pendant vos vacances de constituer une Commission CIGéo, comme votre gouvernance l’a fait pour NDDL.

Merci Monsieur HULOT.

Bonnes vacances et à bientôt ?

Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.villesurterre.eu/images/stories/Mail-du-mercredi-9%20aout-2017-V3-96.pdf

Site de l’association Villesurterre : https://www.villesurterre.eu/

Août 10

LES NOUVELLES MENACES DE LA CORÉE DU NORD CONTRE L’ÎLE AMÉRICAINE DE GUAM

Nouvelles menacesEn réponse à la promesse de « feu et de colère » faite par Donald Trump, Pyongyang a répété son intention de tirer quatre missiles sur cette île du Pacifique, dès cet été.

Les mots sont plus forts, les menaces de plus en plus précises entre les États-Unis et la Corée du Nord. Le régime de Pyongyang a ainsi confirmé, jeudi 10 août, vouloir tirer quatre missiles vers l’île américaine de Guam, dans le Pacifique, affirmant que seule la force fonctionne avec le président américain, Donald Trump, « un gars qui a perdu la raison ».

« La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les États-Unis », avait dit le président américain, promettant, « le feu et la colère, comme le monde ne l’a jamais vu jusqu’ici » en cas de poursuite des actions belliqueuses de Pyongyang. Donald Trump a même rappelé que l’arsenal nucléaire américain était « plus fort et plus puissant que jamais auparavant ».

Selon l’agence officielle nord-coréenne KCNA, l’armée nord-coréenne pourrait achever à la mi-août ses plans pour une attaque contre le territoire américain de Guam, petite île du Pacifique d’une importance stratégique pour les États-Unis. Ce plan, qui comprendrait le tir de quatre missiles qui survoleraient le Japon, sera présenté pour approbation à Kim Jong-un et constituera un « avertissement crucial aux États-Unis », a précisé l’agence.

KCNA a également souligné le manque « de raison » de Donald Trump. « Un dialogue sensé n’est pas possible avec un tel gars dépourvu de raison et seule la force absolue fonctionne avec lui », a écrit l’agence citant le général Kim Rak-gyom, quelques heures après la mise en garde du locataire de la Maison Blanche à Kim Jong-un.

« Comparable à la crise des missiles »

Le chef du Pentagone, Jim Mattis, a appelé Pyongyang à stopper sa course aux armes nucléaires, mettant le pays en garde contre des décisions qui mèneraient « à la fin de son régime et à la destruction de son peuple ». « Les actions du régime de la RPDC [la Corée du Nord] seront à chaque fois largement surpassées par les nôtres et il perdrait toute course aux armements ou conflit qu’il déclencherait », a précisé l’ancien général des marines, soulignant l’isolement grandissant de Pyongyang.

L’un des conseillers de Donald Trump, Sebastian Gorka, a pour sa part prôné l’unité, dressant ainsi un parallèle avec la crise des missiles soviétiques à Cuba, qui, au début des années 1960, mena le monde au bord du conflit nucléaire. « Durant la crise des missiles de Cuba, nous nous sommes rassemblés derrière JFK. C’est comparable à la crise des missiles », a-t-il déclaré sur la chaîne américaine Fox News.

Nancy Pelosi, figure du Parti Démocrate, a dénoncé les propos « provocateurs et impulsifs » de Donald Trump qui « affaiblissent notre capacité à trouver une issue pacifique à cette crise ». Tandis que sénateur républicain John Mc Cain a lâché : « Je ne vois pas bien comment ce genre de rhétorique peut aider ».

Heather Nauert, porte-parole du département d’État, a, elle, assuré que les États-Unis parlaient « d’une seule voix ». « Et d’ailleurs, le monde parle d’une seule voix », a-t-elle ajouté, évoquant le vote par le Conseil de sécurité de l’ONU de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord.

« Responsabilité » et « désescalade »

Après cette brusque escalade rhétorique, la communauté internationale a appelé les deux pays à l’apaisement. À commencer par le Japon. Tomihisa Taue, le maire de Nagasaki, l’une des deux villes touchées par une bombe nucléaire américaine en 1945, a exprimé, mercredi, sa vive inquiétude quant au fait « que des armes nucléaires puissent être à nouveau utilisées dans un avenir pas si lointain ».

L’Allemagne s’est également dite très inquiète de « l’escalade dans la rhétorique autour de la péninsule coréenne », estimant la situation « vraiment sérieuse ». « La voie militaire ne peut être une solution », a souligné le porte-parole du ministère, Martin Schäfer, faisant référence aux menaces de Donald Trump.

Si la France s’est refusée à commenter le choix des mots de M. Trump, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a déclaré :

« La détermination du président américain telle qu’elle a été exprimée cette nuit est de toute façon la détermination que tous les présidents américains auraient eue, parce qu’ils ne peuvent pas accepter qu’une partie de leur territoire puisse faire l’objet de tirs de missiles balistiques nucléarisés. »

Il a toutefois assuré que la France regardait « avec préoccupation » la crise des missiles nucléaires du régime nord-coréen, et a renouvelé l’appel de Paris, avec l’appui du Conseil de sécurité de l’ONU, « à la responsabilité et à la désescalade ». « La France est prête à mettre tous ses bons offices disponibles pour que nous puissions trouver une solution pacifiée », a-t-il encore affirmé.

Pékin, principal allié du régime du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, a pour sa part joint sa voix aux deux pays européens en appelant les parties à « éviter les paroles et actions susceptibles d’intensifier les contradictions et d’aggraver la situation ».

Des sanctions sans précédent

La Corée du Nord, pays reclus, est désormais dotée d’armes nucléaires susceptibles d’être embarquées sur des missiles balistiques, y compris des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), selon les conclusions d’un rapport confidentiel achevé en juillet par l’agence américaine de renseignement militaire, la DIA. Mais les spécialistes divergent toutefois sur ses véritables capacités, en particulier à miniaturiser une tête nucléaire de façon à pouvoir la monter sur un missile.

Quant aux menaces répétées et l’enchaînement des tests de missiles par le régime de Kim Jong-un, ils sont un casse-tête pour le président américain. Sous l’impulsion de Washington, le Conseil de sécurité de l’ONU a néanmoins imposé aux autorités nord coréennes des sanctions sans précédent.

Les États-Unis ont par ailleurs su convaincre leurs partenaires chinois – premier soutien de Pyongyang – et russes de renforcer la pression internationale sur un pays accusé d’être une « menace mondiale ».

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/08/09/tensions-autour-de-la-coree-du-nord-plusieurs-pays-appellent-a-la-retenue_5170532_3216.html

Août 09

TRUMP: PÉKIN DÉNONCE « LES PAROLES ET ACTIONS » QUI AGGRAVENT LA SITUATION EN CORÉE

PékinLa Chine a appelé mercredi à éviter « les paroles et actions » susceptibles d’accroître la tension dans la péninsule coréenne, au lendemain de propos du président américain Donald Trump promettant « le feu et la colère » à Pyongyang.

« La partie chinoise appelle toutes les parties à continuer sur la voie d’une résolution pacifique de la question nucléaire dans la péninsule coréenne, et à éviter les paroles et actions susceptibles d’intensifier les contradictions et d’aggraver la situation », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans une déclaration à l’AFP.

« La situation actuelle dans la péninsule coréenne est compliquée et délicate », a rappelé le ministère, en réponse à une question sur les propos du président américain devant des journalistes.

Pékin, principal allié du régime de Kim Jong-Un, appelle en conséquence les parties en présence « à faire encore plus d’efforts pour encourager une résolution par le dialogue » du dossier nord-coréen.

Donald Trump a lancé mardi des menaces sans précédent contre la Corée du Nord, en réponse aux menaces de Pyongyang de porter le feu nucléaire jusque sur le sol des États-Unis.

Ces menaces de Pyongyang, si elles continuaient, « se heurteront au feu et à la colère, comme le monde ne l’a jamais vu jusqu’ici« , a-t-il averti.

La Chine, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a approuvé samedi une septième volée de sanctions économiques internationales contre la Corée du Nord, en réponse au tir par ce pays de tirs de missiles intercontinentaux, susceptibles de transporter des armes atomiques.

https://www.romandie.com/news/Trump-Pekin-denonce-les-paroles-et-actions-qui-aggravent-la-situation-en-Coree/822083.rom

Août 09

NAGASAKI COMMÉMORE L’HORREUR NUCLÉAIRE

NagasakiComme chaque année, une cloche résonne et Nagasaki se fige à l’heure exacte, à 11H02 locales, à laquelle une bombe atomique a rasé la ville il y a 72 ans.

La commémoration a été marquée par l’appel du maire de Nagasaki, Tomohisa Taue, exhortant le gouvernement japonais à signer un récent traité de l’ONU interdisant les armes atomiques.

Présent à la cérémonie, le Premier ministre n’a pas fait référence explicitement au document.

Ici à Nagasaki, une ville qui continue à prier pour une paix pérenne, je réaffirme mon engagement à favoriser un monde pacifique sans arme atomique. Je pense à ceux qui ont perdu la vie. Je prie pour que leurs proches retrouvent la paix de l’esprit”, a dit Shinzo Abe.

Le 9 août 1945, les États-Unis larguent une bombe au plutonium, baptisée “Fat Man”, trois jours après celle à l’uranium qui a anéanti Hiroshima.

70 000 personnes sont tuées à Nagasaki. 140 000 à Hiroshima. Pour les survivants irradiés, les “hibakusha”, débute une vie de souffrances physiques et psychologiques.

http://fr.euronews.com/2017/08/09/nagasaki-commemore-lhorreur-nucleaire

Pour voir une vidéo rare du bombardement nucléaire de Nagasaki (11mn27s)

https://www.youtube.com/watch?v=938W-KqSKao

Mots :

Août 09

TRUMP: L’ARSENAL NUCLÉAIRE AMÉRICAIN EST «PLUS PUISSANT QUE JAMAIS»

TrumpSuite aux menaces nord-coréennes à l’encontre des bases militaires américaines de Guam, le Président américain a envoyé ce mercredi à Pyongyang un message lourd de sens…

La guerre de mots se poursuit entre Washington et Pyongyang. Sur Twitter, le chef de la Maison-Blanche a lancé mercredi une mise en garde implicite à la Corée du Nord en vantant la puissance de l’arsenal nucléaire des États-Unis.

«Ma première décision en tant que Président a été de rénover et de moderniser notre arsenal nucléaire», a écrit Donald Trump sur son compte Twitter.

«Notre arsenal nucléaire est plus fort et plus puissant que jamais. […] J’espère que nous n’aurons jamais à utiliser cette puissance, mais le moment où nous ne serons pas le pays le plus puissant au monde ne viendra jamais», a-t-il ajouté, prolongeant la joute verbale entamée mardi avec Pyongyang.

La Corée du Nord a riposté à de précédentes menaces de Donald Trump, qui lui promettait le «feu et la fureur», en disant préparer des frappes de missiles sur l’île de Guam, qui héberge des bases américaines.

En juillet dernier, la Corée du Nord a mené deux tests de missiles balistiques Hwasong-14. Les deux tirs expérimentaux suggèrent des progrès techniques, a noté mardi le ministère de la Défense japonais dans son rapport annuel.

Article de Kevin Lamarque

https://fr.sputniknews.com/international/201708091032582455-trump-coree-nord-arsenal/

Août 09

À MOURMANSK, LA FIN DE LA POUBELLE NUCLÉAIRE RUSSE, LE «TCHERNOBYL FLOTTANT»

MourmanskRussie – Les combustibles de l’ex-base soviétique de sous-marins près de Mourmansk sont enfin traités. Au prix d’efforts internationaux.

«Ce sont des décennies d’efforts qui, aujourd’hui, sont récompensés. Nous pouvons être fiers de ce que nous laissons à nos petits enfants: un monde avec un cimetière nucléaire en moins!» Dans la baie d’Andreyeva, près de Mourmansk, légendaire ville portuaire soviétique sur la mer de Barents, Alexandre Nikitine ne cache pas sa joie.
À l’ère de l’URSS, la zone était fermée aux étrangers. Et pour cause: c’était la base nord de la flotte de sous-marins soviétiques qui, pour leurs moteurs comme pour leurs armements, dépendaient du combustible nucléaire.
Une flotte longtemps laissée en ruines et à l’abandon avant même la chute de l’URSS. Mais aujourd’hui, la situation est enfin en train de changer.
Depuis un peu plus d’un mois, les déchets nucléaires du site sont évacués pour être traités. Le 27 juin, sous le faible soleil polaire de la baie d’Andreyeva, le bateau spécialement conçu pour l’inédite opération d’évacuation nucléaire est enfin parti de l’ancienne base, avec à son bord le premier des chargements. Ce fut l’occasion d’une cérémonie officielle.

Ces sous-marins soviétiques, c’est un «Tchernobyl flottant», résume Alexandre Nikitine. Cet ancien officier de sous-marin s’est transformé en défenseur de l’environnement.

Depuis le début des années 1990, il se bat pour le démantèlement de cette flotte à haut risque et pour le transfert de tous les combustibles nucléaires.

À terme, 22 000 assemblages de combustibles doivent être transportés jusqu’à l’usine russe de traitement des déchets nucléaires de Mayak, dans l’Oural.

Accusé d’espionnage

«Personne ne se souvient plus de ce qu’il y avait ici il y a vingt ans», ironise Alexandre Nikitine qui, dans son combat pour nettoyer la région des déchets radioactifs, s’est associé à Bellona, la fondation écologiste norvégienne très active à Mourmansk.

La Norvège est particulièrement concernée car sa frontière se trouve à 50 kilomètres de la base. Mais ce combat, mené à Oslo et par quelques écologistes audacieux à Mourmansk, a été longtemps mal vu par les autorités à Moscou.

En 1996, Alexandre Nikitine a même été accusé et emprisonné pour espionnage après avoir révélé des informations sur le mauvais état de la base notamment après l’accident de 1982 dans l’une des piscines de stockage.

Fait impensable sous l’URSS, de nombreux drapeaux occidentaux flottaient le 27 juin, date du début de l’opération, dans l’ancienne base interdite aux étrangers.

Le programme de nettoyage, dont la réalisation doit s’étaler sur de longues années, est en effet financé par la BERD (la Banque européenne pour la reconstruction et le développement) avec l’Union européenne et sept pays occidentaux (Allemagne, Canada, Danemark, Finlande, France, Norvège et Royaume-Uni).

En dix ans de coopération internationale, les installations dangereusement en ruines ont été remplacées par des infrastructures aux normes internationales. «Dès le début, les Russes avaient conscience de l’ampleur du problème mais n’avaient ni les moyens ni les finances pour le résoudre», se souvient Jane Smith-Briggs, Britannique en charge des dossiers nucléaires à la BERD, qui est venue en moyenne cinq fois par an sur le site depuis quinze ans. «C’est un bel et rare exemple de bonne coopération internationale!»

ONG mal traitée

Lors de la cérémonie du 27 juin, les Russes ne cachaient pas leur satisfaction et soulagement. «Une étape a été franchie. Grâce à une infrastructure technologique qui, unique au monde, permet d’agir en toute sécurité», s’est félicité Oleg Kryukov, directeur du département «decommissioning» de Rosatom, le géant nucléaire russe.

Il a évalué à 18 milliards de roubles (quelque 260 millions d’euros) le coût de ce vaste nettoyage nucléaire. Un budget couvert à moitié par la Russie et à moitié par les aides occidentales. Dans son discours, il n’a cependant pas dit un mot de reconnaissance pour les ONG et la société civile.

Triste ironie de l’histoire, la filiale à Mourmansk de Bellona, l’ONG norvégienne pourtant au cœur de la sensibilisation de l’opinion publique, vient d’être classée «agent étranger» par les autorités, accusée d’être financée de l’étranger avec une présupposée «activité politique». «Depuis des années, nous faisons simplement le travail d’information que personne d’autre ne fait», s’inquiète Andreï Zolotkov, le représentant de Bellona à Mourmansk.

Sans surprise, il n’était pas sur la liste des invités pour la cérémonie du 27 juin…

https://www.tdg.ch/monde/A-Mourmansk-la-fin-de-la-poubelle-nucleaire-russe-le-Tchernobyl-flottant/story/28955622

Août 09

CANADA : LE SAINT-LAURENT RADIOACTIF

CanadaNous commençons à peine à prendre conscience du sérieux de cette histoire de dépotoir de gestion des déchets radioactifs. Elle est assurément de l’ampleur de l’oléoduc Énergie-Est. Le danger pour la santé et l’environnement est réel. Je parle de ce projet de dépotoir proposé par les Laboratoires nucléaires canadiens, gérés par un consortium d’entreprises dont fait partie SNC-Lavalin.

Le projet est d’un million de mètres cubes de déchets, s’étendrait sur 16 hectares et serait actif jusqu’en 2070.

Ce projet débuterait en 2020. Être actif pendant cinquante ans, cela signifie faire du « remplissage », puis ensuite surveiller le site pendant 300 ans, jusqu’à l’an 2400 s’il reste encore des êtres vivants sur cette planète.

Chalk River, l’emplacement visé, a toujours été un centre de recherche nucléaire de grande importance, et on sait que le Canada a joué un rôle très important dans ce domaine pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’emplacement est certes en Ontario, mais à 1 km de la rivière des Outaouais, source d’eau potable de milliers de citoyens, selon le maire de la Cité de Clarence-Rockland, Guy Desjardins.

Un kilomètre, c’est vraiment extrêmement proche. Il ne suffirait que d’une petite inondation – on sait qu’il y en a beaucoup et que les changements climatiques contribuent à leur multiplication – pour que l’eau pénètre la zone d’enfouissement et entre en contact avec les déchets nucléaires. Mark Lesinski, le grand patron des Laboratoires nucléaires canadiens, l’avoue : il y a eu des fuites. Il est difficile de filtrer les substances radioactives dans l’eau car certaines sont dissoutes  et la mesure de leur radioactivité dépend de leur concentration plus ou moins diluée.

Et la rivière des Outaouais se jette où ? Dans le fleuve St-Laurent.

De toute façon, même sans inondation, les nappes phréatiques mènent ultimement à la rivière des Outaouais. Le Québec devient alors le dépotoir… du dépotoir.

Mais il y a plus, et je vous invite à lire cet éclairant mémoire si vous souhaitez creuser la question.

Il existe plusieurs types de déchets radioactifs, classé en quatre catégories : très faible activité, faible activité, moyenne activité et haute activité. En plus de se distinguer par l’intensité de leur radioactivité, ils se départagent aussi par leur durée de vie et leur type de rayonnement alpha, beta et gamma. Les substances nucléaires se désintègrent et se transforment en d’autres produits nucléaires. Plus le niveau d’activité est élevé, plus le déchet doit être enfoui en profondeur ; et les puissants rayons gamma sont très pénétrants.

Dans le cas de Chalk River, les défenseurs du projet prétendent que ce sont des déchets à faible activité, bien que ce ne soit pas rigoureusement documenté. Ils s’engagent aussi à ce que seulement 1 pour cent du 1 million de mètres cubes soit composé de déchets de moyenne activité. Dans un tel contexte, la promesse de 300 ans de surveillance est nettement insuffisante : la radioactivité des déchets de moyenne activité pouvant durer  plusieurs milliers d’années. Avec le temps, les arbres vont abîmer le dépotoir et les animaux vont s’y aventurer.

Pendant ce temps, à Québec, le ministre du Développement durable, David Heurtel, se veut rassurant : il prépare un plan d’urgence détaillant les « procédures à appliquer en cas d’émissions radiologiques », en cas de catastrophe. On dit de l’administration Couillard qu’elle est le « gouvernement des médecins » ; on peut donc s’étonner que ses membres ne sachent pas qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Qu’ont-ils à dire ou à faire pour éviter la catastrophe ?

L’idée d’un dépotoir est bonne en soi. S’il y a des déchets, il faut s’en départir. Mais il y a toujours une manière intelligente de procéder, à commencer par le choix d’un site loin des populations et des rivières. Les dessous du bouclier canadien offriraient, par exemple, un endroit géologique stable et en profondeur.

L’autre élément, c’est qu’il faudrait faire le tri entre les déchets de faible et de moyenne activité. Il n’y a actuellement aucun site d’enfouissement pour les déchets de moyenne activité au Canada… Pourtant, les conditions de traitement de ces déchets, et les dangers qui les accompagnent, exigent de grandes précautions.

La facture d’une telle politique de traitement et de transport serait sans doute élevée.

Cependant, si nous ne souhaitons pas faire des bébés qui ont trois yeux et quatre doigts, ça en vaut la peine.

Le risque zéro n’existe pas, mais sommes-nous obligés de maximiser le danger ?

http://www.journaldemontreal.com/2017/08/08/le-st-laurent-radioactif

Août 08

KANG À L’ARF : «L’ISOLATION DIPLOMATIQUE DE LA CORÉE DU NORD S’AGGRAVE DE PLUS EN PLUS»

KanaEn marge du Forum régional de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ARF), la ministre des Affaires étrangères, Kang Kyung-wha, a noté dans une conférence de presse tenue ce mardi à Manille, aux Philippines, que «l’isolation diplomatique de la Corée du Nord s’aggrave de plus en plus».

La nouvelle ministre des Affaires étrangères a débuté sur la scène diplomatique multilatérale à cette occasion et a indiqué que «la Corée du Nord est tombée dans une situation difficile depuis l’adoption de la résolution 2371 et, avec son communiqué au nom du gouvernement qui a déclaré sa position de dureté (face à cette résolution), elle est plus isolée que jamais».

«Je pense que la Corée du Nord doit prendre conscience que ce genre de communiqué aggrave la situation», a-t-elle insisté, en ajoutant que «la Corée du Nord a demandé des réunions bilatérales avec de nombreux pays de l’Asean mais la plupart des pays ont refusé, alors le ministre des Affaires étrangères des Philippines a rencontré le chef de la diplomatie nord-coréenne à la place de ses homologues des pays de l’Asie du Sud-Est», a-t-elle ajouté devant les journalistes.

Ce forum régional sur le sujet de la sécurité est un lieu de rencontres multilatérales entre les principaux acteurs de la diplomatie, où un représentant de la Corée du Nord est présent chaque année. «Le rassemblement (de cette année) a été organisé dans une autre perspective par rapport au passé du fait de la menace nucléaire nord-coréenne, des provocations nord-coréennes à répétition et des exercices militaires conjoints sud-coréano-américains prévus en août», a expliqué Kang.

«Parmi les trois principaux sujets de l’ARF, que sont le nucléaire nord-coréen, la question de la mer de Chine méridionale et le terrorisme, la question des armes nucléaires nord-coréennes a été abordée en premier», «lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères pour le sommet de l’Asie orientale (EAS), presque tous les pays membres ont parlé de ça», a-t-elle dit.

La ministre Kang a souligné le résultat de sa participation à ce forum en disant que «durant les discussions entre les États-Unis et la Corée du Sud et lors du dialogue tripartite avec le Japon, nous avons discuté non seulement de la coopération pour exercer des pressions sur la Corée du Nord mais aussi de la reprise du dialogue sur la dénucléarisation».

jhoh@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2017/08/08/0200000000AFR20170808001100884.HTML

Août 08

SANCTIONS CONTRE L’IRAN: L’ACCORD NUCLÉAIRE FRAGILISÉ TIENT TOUJOURS

sanctionsLes nouvelles sanctions américaines contre l’Iran ne menacent pas à court terme l’accord nucléaire iranien, mais nuisent au climat de coopération internationale et renforcent les camps des ultras à Téhéran comme à Washington, estiment experts et officiels.

En promulguant, début août, un projet de sanctions économiques contre l’Iran, le président Donald Trump a voulu marquer un nouveau durcissement des relations tendues depuis 37 ans entre Washington et Téhéran, même s’il n’a pas pour l’instant formellement remis en cause l’accord nucléaire, qu’il promettait pourtant de « déchirer » avant son élection.

Ces nouvelles sanctions visent dix-huit personnes et entités liées au programme de missile balistique iranien et au corps des Gardiens de la révolution.

« Elles sont destinées à augmenter l’incertitude sur les marchés, pour que l’Iran considère que respecter l’accord ne lui rapporte rien« , confie à l’AFP Ali Vaez, spécialiste de l’Iran à l’International Crisis Group. « En l’absence d’une claire stratégie iranienne, le but de l’administration Trump semble être de minimiser les dividendes que l’Iran peut tirer de l’accord de Vienne, et de maximiser les raisons pour lesquelles Téhéran pourrait être tenté d’en sortir le premier« .

Pour Thierry Coville, spécialiste de l’Iran à l’Iris, « l’accord nucléaire lui-même n’est pas pour l’instant menacé, mais on peut estimer que ces nouvelles sanctions américaines violent l’esprit de l’accord« .

« L’Iran s’est engagé à diminuer considérablement son programme d’enrichissement nucléaire pour le mettre à un niveau civil, ce qu’il a fait, la carotte étant l’arrêt des sanctions votées contre le nucléaire iranien« , dit-il.

« Du côté iranien, il y a une logique à dire: on fait ce qui nous a été demandé, mais du côté américain on rajoute de nouvelles sanctions, en disant: ce n’est pas lié au nucléaire. C’est pour cela que les durs du régime iranien disent (au président) Rohani: vous vous faites rouler dans la farine. Vous avez mené votre politique du sourire, comme ils disent, regardez le résultat. Les Américains se moquent de nous« .

« Pas d’alternative »

Pour le principal négociateur de Téhéran sur la question nucléaire, Abbas Araqchi, les États-Unis « font preuve de mauvaise volonté en essayant de saboter la situation, d’empoisonner l’atmosphère internationale« .

Côté européen, on insiste sur l’importance historique de l’accord nucléaire signé à Vienne en juillet 2015, qui doit être préservé, et sur le fait que, pour l’instant, six rapports successifs de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) ont assuré que Téhéran en respectait les termes.

« Il n’y a aucune alternative crédible à l’accord de Vienne et la France ne souhaite pas qu’il soit renégocié« , a ainsi récemment assuré le ministère français des Affaires étrangères. « L’unité entre Européens et Américains a toujours permis de résoudre les difficultés de mise en œuvre de l’accord. Elle doit être préservée« .

Mais côté américain on estime que l’accord de Vienne fait partie d’un tout, visant à pousser Téhéran à devenir « un bon voisin« .

« La question de l’Iran ne commence pas et ne s’achève pas avec l’accord nucléaire » a ainsi récemment déclaré le secrétaire d’État américain Rex Tillerson. « Cet accord ne concernait qu’une petite partie des menaces iraniennes, son programme nucléaire« .

« Or cet accord a ignoré toutes les autres activités iraniennes de déstabilisation de la région« , a-t-il ajouté, en référence au programme balistique (que Téhéran assure être spatial et civil), à son soutien au Hezbollah libanais, à son rôle en Syrie et au Yémen.

« L’Iran n’a pas été un bon voisin dans la région, il n’a pas mis fin à son programme balistique. Donc, l’esprit de l’accord (de Vienne) a été violé« , a-t-il ajouté.

Ce sont ces autres activités iraniennes que Washington entend continuer à pouvoir punir par des sanctions, tout en réévaluant périodiquement sa position par rapport à l’accord de Vienne. La prochaine échéance de cette « certification » est prévue mi-octobre.

Pour Thierry Coville, « les durs américains, qui constituent la base électorale du président Trump, rejoignent en cela les durs à Téhéran. Ils sont contre l’accord. Si vous leur dites: l’Iran est un danger, ils le croient. Ils en sont toujours à l’Iran de l’affaire des otages de l’ambassade américaine, l’Iran des séries télé américaines. La politique de Trump est basée là-dessus, malheureusement« .

http://www.lepoint.fr/monde/sanctions-contre-l-iran-l-accord-nucleaire-fragilise-tient-toujours-08-08-2017-2148783_24.php

Août 08

VIDÉO (14mn17s) : DES CHATS MUTANTS CONTRE LES DÉCHETS NUCLÉAIRES ?

ChatLe 8 août 2017 est la journée internationale du chat. L’occasion de relire cet article, initialement publié en mars 2017 qui s’intéressent à « la solution Radiochat » : des chats qui changent de couleur pour signaler la présence de déchets radioactifs enterrés. 

Les déchets nucléaires à longue durée de vie sont un véritable casse-tête. Les humains les enterrent souvent dans le sous-sol, comme en France. Mais comment garder la trace de ces cimetières atomiques ? En quelle langue et sur quel support indiquer aux générations futures, – dans 400 ans, dans 10 000 ans, dans 1 million d’années -, qu’il ne faut pas creuser ici ou là ? La langue change très vite, les pierres s’érodent, la technologie évolue et pourrait disparaître si l’humanité régressait à la suite d’un bouleversement majeur.

Au début des années 2000, sous l’impulsion des États-Unis, de nombreux sémioticiens se sont interrogés sur la bonne solution à mettre en place. Une idée est venue de chercheurs italiens. Il s’agissait de créer des chats mutants,-  les radiochats -, qui changeraient de couleur sous l’effet d’une irradiation.

En parallèle, il y aurait tout un travail à mener pour inscrire ces chats mutants dans la culture humaine, à travers des chants, des histoires, des statues… Ainsi tout le monde saurait que si un chat change de couleur, il vaut mieux déguerpir.

Le culte des lolcats

Absurde ? Pas sûr. La valeur symbolique du chat est immense. Il était déjà vénéré sous l’Égypte ancienne et accompagne toujours l’homme à travers des milliers de vidéos postées chaque jour sur Internet.

Après tout, il y a presque 1000 ans que le pape Grégoire IX faisait des chats noirs l’incarnation du diable. Aujourd’hui, personne n’a oublié cette histoire… même ceux qui ne sont pas superstitieux.

À l’époque où cette proposition est sortie des cerveaux italiens, elle a été peu diffusée et ne fut pas retenue. Il faudra attendre plusieurs années pour qu’un journaliste new-yorkais l’exhume et la rende populaire. Avant même que le moindre chat mutant existe, des internautes à travers le monde entier créaient des chansons, des t-shirts, des posters à la gloire du « raycat » (radiochat en anglais)…

Dans la foulée, un laboratoire canadien se décidait à fabriquer ce radiochat, en tentant de faire changer la couleur de bactéries et de vers sous l’effet d’une irradiation.

Une bonne piste

Aujourd’hui, Paolo Fabbri, l’un des sémioticiens créateurs du concept de radiochat, est surpris par sa renaissance. Pour autant, il n’affirme pas que le radiochat soit la solution ultime au problème de la mémoire des sites d’enfouissement de déchets nucléaires. En revanche, il constate que cette idée est sans doute la bonne pour ouvrir de nouvelles pistes de réflexion.

Vous pouvez retrouver toute cette histoire dans un web-documentaire de Benjamin Huguet et Debanjan Nandy, « La solution radiochat« , qui en 2015 a reçu le prix du concours audiovisuel de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs).

http://www.usinenouvelle.com/article/des-chats-mutants-contre-les-dechets-nucleaires.N383870

NDLR : « la bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini » (Ernest Renan)

Août 08

CANADA : QUEL AVENIR POUR LE PROJET DE DÉPOTOIR NUCLÉAIRE DE CHALK RIVER?

CanadaLa chef du Bloc québécois et députée à l’Assemblée nationale, Martine Ouellet, fera une tournée de consultation sur le projet de dépotoir nucléaire de Chalk River, dans le cadre de la période de commentaires organisée par la Commission canadienne de sûreté nucléaire.

Un immense site d’entreposage de déchets radioactifs pourrait voir le jour prochainement sur les berges de la rivière des Outaouais, à Chalk River, en Ontario.

Des citoyens dénoncent le risque de fuites provenant de cette installation.

Mais la compagnie Laboratoires nucléaires canadiens (LCN) se veut rassurante en ce qui a trait à la sécurité.

Si le projet est approuvé, le site de gestion de déchets radioactifs de Chalk River pourrait être opérationnel dès 2020.

Plus de détails à venir

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1049286/projet-depotoir-nucleaire-chalk-river-martine-ouellet

Août 08

COMMENT LE MONDE POURRAIT FINIR. « C’EST AINSI QUE LE MONDE PREND FIN, PAS DANS UNE EXPLOSION, MAIS DANS UN MURMURE. »

Comment le monde…Ces lignes tirées du poème de T.S. Eliot The Hollow Men [Les Hommes Creux] apparaissent au début du roman de Nevil Shute On the Beach, qui m’a laissé au bord des larmes. Les critiques imprimées en dernière de couverture disent la même chose.

Publié en 1957, au plus fort de la guerre froide lorsque trop d’écrivains étaient silencieux ou intimidés, ce livre est un chef-d’œuvre. Au début, le style suggère qu’on a affaire à une relique raffinée ; mais rien de ce que j’ai lu sur la guerre nucléaire et ses dangers n’est aussi poignant. Un livre à lire de toute urgence.

Résumé/extraits :

Le capitaine du sous-marin américain dit : « Nous devons tous mourir un jour, tôt ou tard. Le problème a toujours été que vous n’êtes jamais prêt, parce que vous ne savez pas quand cela se produira. Eh bien, maintenant nous le savons et il n’y a rien que nous puissions faire. »

Il dit qu’il sera mort d’ici septembre. Il faudra environ une semaine pour mourir, même si personne ne peut en être certain. Ce sont les animaux qui survivent le plus longtemps.

La guerre n’a duré qu’un mois. Les protagonistes furent les États-Unis, la Russie et la Chine. Il n’est pas clair si elle fut déclenchée par accident ou par erreur. Il n’y eut pas de vainqueur. L’hémisphère nord est à présent contaminé et sans vie.

Un rideau de radioactivité se déplace vers le sud en direction de l’Australie et la Nouvelle-Zélande, l’Afrique Australe et l’Amérique du Sud. En septembre, les dernières villes, villes et villages succomberont. Comme au nord, la plupart des bâtiments resteront intacts, certains éclairés par les derniers scintillements de lumière électrique.

Certains se souviendront du film hollywoodien en noir et blanc avec Gregory Peck dans le rôle d’un commandant de la marine US qui emmène son sous-marin en Australie pour attendre que la chape silencieuse et invisible retombe sur les derniers vestiges de vie sur terre.

J’ai lu On the Beach pour la première fois l’autre jour, en terminant la lecture au moment où le Congrès des États-Unis adoptait une loi pour mener une guerre économique contre la Russie, la deuxième puissance nucléaire au monde. Il n’y avait aucune justification pour une telle folie, sinon la promesse d’un pillage.

Viser la guerre chaude

Les « sanctions » visent aussi l’Europe, principalement l’Allemagne, qui dépend du gaz naturel russe et des entreprises européennes qui font des affaires légitimes avec la Russie. Lors de ce qui fut présenté comme un débat au Capitole, les sénateurs les plus atroces n’ont laissé aucun doute que l’embargo avait été conçu pour obliger l’Europe à importer du gaz américain coûteux.

Leur objectif principal semble être une guerre – une vraie guerre. Une provocation aussi extrême ne peut suggérer autre chose. Ils semblent l’appeler de leurs vœux, même si les Américains ont peu d’idée de ce qu’est la guerre. La guerre civile de 1861-65 fut la dernière sur leur sol. La guerre, c’est ce que les États-Unis font aux autres.

Seule nation à avoir utilisé des armes nucléaires contre des êtres humains, ils ont depuis détruit des dizaines de gouvernements, dont beaucoup étaient des démocraties et détruit des sociétés entières : le nombre de morts en Irak ne représente qu’une fraction du carnage en Indochine, que le président Reagan appelait « Une cause noble » et que le président Obama révisa comme la tragédie d’un « peuple exceptionnel ». Ce n’est pas des Vietnamiens qu’il parlait.

L’année dernière, alors que je tournais un documentaire au Lincoln Memorial à Washington, j’ai entendu un guide du Service des parcs nationaux s’adresser à un groupe scolaire composé de jeunes adolescents. « Écoutez », leur a-t-il dit. « Nous avons perdu 58 000 jeunes soldats au Vietnam, et ils sont morts pour défendre votre liberté ».

D’un coup, la vérité fut inversée. Aucune liberté ne fut défendue là-bas. La liberté fut détruite. Une nation paysanne fut envahie et des millions de personnes tuées, mutilées, dépossédées, empoisonnées ; 60 000 des envahisseurs se sont suicidés. Écoutez, en effet.

Chaque nouvelle génération subit une lobotomie. Les faits sont occultés. L’histoire est excisée et remplacée par ce que le magazine Time appelle « un présent éternel ». Harold Pinter l’a décrit comme « la manipulation du pouvoir dans le monde entier, qui avançant masqué comme une force du bien universel, un acte d’hypnose brillant, et même génial, très réussi [qui signifie] que cela ne s’est jamais produit. Rien ne s’est jamais produit. Même lorsque cela se produisait, il ne se produisait rien. Ce n’était pas grave. Ce n’était pas intéressant. »

Ceux qui se disent libéraux ou tendancieusement « de gauche » participent avec enthousiasme à cette manipulation, et à son lavage de cerveau, qui aujourd’hui se résument à un seul nom : Trump.

Trump est fou, un fasciste, l’idiot de la Russie. Il est aussi un cadeau pour les « cerveaux libéraux décapés dans le formaldéhyde de la politique d’identité », comme l’a magistralement écrit Luciana Bohne. L’obsession pour Trump, l’homme – et pas de Trump le symptôme ou la caricature d’un système qui perdure – constitue un grand danger pour nous tous.

Médias narcissiques

À la poursuite de leurs agendas antirusses fossilisés, les médias narcissiques tels que le Washington Post, la BBC et The Guardian évacuent l’essence de l’histoire politique la plus importante de notre époque tandis qu’ils battent les tambours de la guerre avec une ardeur que je n’ai jamais connu auparavant.

Le 3 août, et contraste avec l’énorme couverture accordée par le Guardian aux radotages sur une conspiration entre les Russes et Trump (qui rappelle les calomnies de l’extrême-droite accusant John Kennedy d’être un « agent soviétique »), un article était enfoui en page 16 et annonçait que le président des États-Unis avait été contraint de signer un projet de loi du Congrès déclarant une guerre économique à la Russie.

Contrairement aux autres séances de signature de Trump, celle-ci fut menée discrètement et fut accompagnée d’une réserve émise par Trump lui-même précisant que le texte était « à l’évidence anticonstitutionnel ».

Un coup d’état contre l’occupant de la Maison Blanche est en cours. Pas parce que c’est un type odieux, mais parce qu’il a constamment rappelé qu’il ne voulait pas de guerre avec la Russie.

Cet éclair de lucidité, ou de simple pragmatisme, constitue un anathème aux yeux des gestionnaires de la « sécurité nationale » qui montent la garde autour d’un système basé sur la guerre, la surveillance, les armements, les menaces et le capitalisme extrême. Martin Luther King les appelait « les plus grands pourvoyeurs de violence dans monde aujourd’hui ».

Ils ont encerclé la Russie et la Chine avec des missiles et un arsenal nucléaire. Ils ont utilisé les néonazis pour installer un régime instable et agressif sur la « frontière » de la Russie – la voie par laquelle Hitler a envahi le pays, ce qui a causé la mort de 27 millions de personnes. Leur but est de démembrer la Fédération de Russie moderne.

En réponse, Vladimir Poutine emploie sans cesse le mot « partenariat » – et tout ce qui pourrait arrêter cette poussée guerrière mystique aux États-Unis. L’incrédulité en Russie s’est peut-être déjà transformée en peur et peut-être même en une certaine détermination. Les Russes ont certainement des plans de ripostes nucléaires. Les exercices de raids aériens ne sont pas rares. Leur histoire leur dit de se préparer.

La menace est double. D’abord la Russie, ensuite la Chine. Les États-Unis viennent de terminer un énorme exercice militaire avec l’Australie, connu sous le nom de Talisman Saber. Ils ont simulé un blocus du détroit de Malacca et de la mer de Chine méridionale, à travers lequel passent les lignes de vie économiques de la Chine.

L’amiral américain commandant la flotte du Pacifique a déclaré que « si nécessaire », il déclencherait le feu nucléaire sur la Chine. Le fait qu’il puisse dire une telle chose publiquement et dans l’ambiance sordide actuelle donne du poids à la fiction de Nevil Shute.

Faire taire les journalistes dissidents

Rien de tout cela n’est nouveau. Mais aucune connexion n’est établie alors que nous commémorons la sanglante bataille de Passchendaele, il y a un siècle [1ère Guerre Mondiale – Ndt]. Le journalisme honnête est mal vu dans la plupart des médias. Les brasseurs de vent, connus sous le nom d’experts, dominent : les éditeurs sont des gestionnaires d’infotainment [contraction des termes anglais « information » et « divertissement » – NdT] ou gardiens de la ligne officielle du Parti. Là où il y avait des secrétaires de rédaction, il n’y a plus qu’une débauche de clichés agressifs. Les journalistes qui refusent de s’y conformer sont éjectés.

L’urgence du moment a connu de nombreux précédents. Dans mon film The Coming War on China, John Bordne, membre d’un équipage de combat de missiles de l’Armée de l’Air basée à Okinawa au Japon, décrit comment, en 1962, lors de la crise des missiles cubains, lui et ses collègues avaient reçu l’ordre de lancer « tous les missiles » contenus dans les silos.

Dotés de têtes nucléaires, les missiles visaient à la fois la Chine et la Russie. Un officier subalterne a contesté l’ordre et l’ordre fut finalement annulé – mais seulement après que des revolvers de service aient été pointés sur d’autres membres de l’équipage avec ordre de tirer s’ils ne reculaient pas.

Au plus fort de la guerre froide, l’hystérie anticommuniste aux États-Unis était telle que les fonctionnaires des États-Unis qui travaillaient en Chine étaient accusés de trahison et virés. En 1957, l’année où Shute écrivait On the Beach, plus aucun fonctionnaire du Département d’État ne parlait la langue de la nation la plus peuplée du monde. Ceux qui parlaient le mandarin avaient été purgés sous des prétextes qui ne sont pas sans rappeler les clauses contenues dans le projet de loi du Congrès qui vient d’être adopté et qui vise la Russie.

Cette loi est bipartite. Il n’y a pas de différence fondamentale entre les Démocrates et les Républicains. Les termes « gauche » et « droite » n’ont aucun sens. La plupart des guerres modernes des États-Unis n’ont pas été déclenché par des conservateurs mais par des Démocrates libéraux.

Lorsqu’Obama a quitté son poste de président, il avait présidé à sept guerres, dont la guerre la plus longue que les États-Unis ont connue, et à une campagne sans précédent d’exécutions extrajudiciaires – des assassinats – par des drones.

Au cours de sa dernière année de mandat, selon une étude du Conseil des Affaires Étrangères, Obama, le « guerrier libéral réticent », a fait larguer 26171 bombes – trois bombes par heure, 24 heures sur 24. Ayant promis d’aider à « débarrasser le monde » des armes nucléaires, le lauréat du prix Nobel de la Paix a construit plus d’ogives nucléaires que n’importe quel président depuis la guerre froide.

Trump est un minable en comparaison. C’est Obama – avec sa secrétaire d’État Hillary Clinton à ses côtés – qui a détruit la Libye et provoqué la ruée humaine vers l’Europe. Aux États-Unis, les groupes de défense des immigrés l’appelaient « déporteur-en-chef ».

L’un des derniers actes d’Obama en tant que président a été de signer une loi qui accorde le montant record de 618 milliards de dollars au Pentagone, reflétant l’ascendance du militarisme fasciste dans la gouvernance des États-Unis. Trump l’a approuvée.

Caché dans le texte de cette loi se trouve la création d’un « Centre d’Analyse de l’Information et de Riposte ». Il s’agit d’un Ministère de la Vérité. Il est chargé de fournir un « récit officiel des faits » qui nous préparera à la possibilité réelle d’une guerre nucléaire – si nous les laissons faire.

Article de John Pilger

NDLR : ce « Ministère de la Vérité » ne vous rappelle –t-il pas le livre « 1984 » de Georges Orwell publié en 1949 ? À relire pendant les vacances.

https://www.legrandsoir.info/comment-le-monde-pourrait-finir-consortium-news.html

Source originale : https://consortiumnews.com/2017/08/04/how-the-world-may-end/

 

Août 08

LES MILITANTS ANTI-NUCLÉAIRES DE CÔTE-D’OR ENVOIENT DES CARTES POSTALES À EMMANUEL MACRON

Militants Côte d'or72 ans après les attaques nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, l’ONU a voté une résolution pour interdire les armes nucléaires. Les associations anti-nucléaires ont bon espoir que le texte soit ratifié par Emmanuel Macron. À Dijon, elles lui ont préparé une carte postale.

Depuis dimanche, l’association Les amis de la Terre et le Réseau Sortir du Nucléaire se rassemblent à Dijon mais aussi dans 6 autres villes de France : Paris, Bordeaux, Montpellier, La Hague, Brest et Tours. Ils manifestent en jeûnant contre la production et l’utilisation des armes nucléaires alors que l’ONU a voté le 7 juillet dernier une résolution pour interdire ces armes. 122 États ont participé au vote de cette résolution, 72 ans après les catastrophes de Hiroshima et Nagasaki. Mais aucun pays en possession d’armes nucléaires n’a voulu participer au débat. Y compris la France.

Une carte postale pour le Président

Le texte doit être ratifié par 50 États pour entrer en vigueur. Les militants des associations, notamment ceux des Amis de la Terre veulent convaincre le Président de la République Emmanuel Macron de le ratifier en septembre. Pour ça, ils ont conçu une carte postale que chaque Dijonnais peut envoyer.

carte postale« Derrière le nucléaire, il y a toute une industrie française qui a intérêt à ce que ça continue puisque ça fait de l’argent. Localement on a le Commissariat à l’énergie nucléaire (CEA) à Valduc qui fait la maintenance des armes atomiques et qui travaille en ce moment avec les anglais pour préparer de nouvelles bombes encore plus dangereuses. » explique Jean-Marc, membre des Amis de la Terre. « Même si on pense de manière cynique et purement économique, on a intérêt à arrêter les armes nucléaires » explique Sylvain.

« Ce sont 3 milliards qui sont dépensés pour une industrie qui n’apporte rien aux citoyens. Si on reporte ça sur les énergies renouvelables, ce sera créateur d’emplois et tout le monde y gagne. « 

Sylvain, lui aussi membre des Amis de la Terre entends les mêmes arguments en faveur du nucléaire. Des arguments « grotesques » selon lui : « C’est soit la bougie, soit le nucléaire, et puis sur l’arme atomique c’est de dire que c’est une assurance vie« . Rappelons que le Japon est devenu la deuxième puissance mondiale sans avoir l’arme atomique. Rappelons aussi que l’Allemagne est une grande puissance européenne sans bombe atomique.

On dit qu’il n’y a plus d’argent, on met 3 milliards sur ces armes et on va gratter 5 euros sur les aides au logement… »

« Ces 3 milliards on pourrait les mettre ailleurs, faire travailler des gens dans des secteurs où soit disant il manque de l’argent, les hôpitaux, l’éducation.« 

Alors pour faire passer ce message, mieux qu’une pétition, les militants espèrent que les Dijonnais vont submerger la boîte aux lettres de l’Élysée. « Il y a une franchise postale sur la lettre, pas besoin de payer pour dire au président de la République de ne pas dépenser notre argent dans une assurance mort… » explique Jean-Marc.

15 000 bombes nucléaires sont en service dans le monde. La France en possède 300 et dispose de 4 sous-marins nucléaires et d’avions rafales pouvant larguer des bombes 1000 fois plus puissantes que celles d’Hiroshima.

Les associations continuent de jeûner et de distribuer leurs cartes postales mardi 8 août place Darcy à Dijon. Mercredi 9 août, ils seront place de la Libération. Le programme de la 4ème édition du « Jeune-Action international » du 6 au 9 août ICI.

Article de Marion Bargiacchi

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/les-militants-anti-nucleaires-de-cote-d-or-envoient-une-carte-postale-emmanuel-macron-1502118263

Août 08

AREVA: L’ÉTAT MONTE À 97,5% DU CAPITAL DANS LE CADRE DE SON OFFRE PUBLIQUE DE RETRAIT

ArevaL’État français détient désormais 97,5% du capital du groupe nucléaire Areva, sur lequel il a lancé une offre publique de retrait, a indiqué lundi l’Autorité des marchés financiers (AMF).
L’État a fait savoir qu’il détenait « 97,48% du capital et 97,85% des droits de vote » de la société, a indiqué l’AMF dans un avis.

Cette montée au capital s’est faite dans le cadre de l’offre publique de retrait visant le solde des actions Areva que l’État ne détient pas encore, qui s’est ouverte au début du mois et qui court jusqu’au 14 août.

Avant le lancement de cette offre, l’État détenait un peu plus de 92% du capital d’Areva. Des actionnaires (Kuwait Investment Authority, Bpifrance Participations, EDF et Total) s’étaient engagés à apporter leurs participations représentant 5,24% du capital.

L’État lancera ensuite une procédure de retrait obligatoire pour récupérer les actions qui ne lui auraient pas été apportées.

À terme, l’État français sera ainsi seul actionnaire d’Areva SA tandis que l’activité réacteurs (New NP) passera sous le contrôle d’EDF. L’activité liée au cycle du combustible a été filialisée au sein de New Areva ou NewCo, contrôlée par l’État.

Areva SA ne conserve dans son giron que quelques activités, avec essentiellement le chantier du réacteur nucléaire Olkiluoto 3 (OL3) en Finlande, qui connaît d’importants retards et surcoûts.

https://www.romandie.com/news/Areva-l-Etat-monte-a-97-5-du-capital-dans-le-cadre-de-son-OPR/821501.rom

Août 08

DÉCHETS RADIOACTIFS : « CIGÉO OU LA CHRONIQUE D’UN ÉCHEC ANNONCÉ »

CigéoDans une tribune au « Monde », trois scientifiques plaident pour l’abandon du projet d’enfouissement et pour la poursuite des recherches sur la gestion des déchets nucléaires.

En tant que scientifiques, il nous semble utile de revenir sur le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) de déchets radioactifs en projet à Bure (Meuse) et sur les très nombreuses questions présentes dans le rapport de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) remis à la fin de juin, comme dans le projet d’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) publié au début d’août, à propos des options de sûreté de cette installation.

Ces questions ne concernent pas uniquement les risques majeurs lors de l’exploitation (incendie, explosion), mais soulèvent également des interrogations sur la capacité effective du site : 104 000 m3 de déchets dits « en réserve » et 68 500 m3 de combustibles usés non pris en compte, déchets non acceptables en l’état (colis bitumineux et déchets « incertains », soit 38 %, en nombre, des déchets de moyenne activité).

Elles font aussi apparaître des doutes sur certains aspects de la conception de l’installation (capacité à surveiller, à maintenir, à récupérer, à sceller, etc..). Rappelons que la demande d’autorisation de création, initialement prévue pour 2015, avait déjà été repoussée à 2018, avant de l’être à 2019.

Sous contrainte de temps et sans réel contrôle

Il faut s’étonner que de telles questions, sur un projet aussi important, soient encore présentes à quelques mois de cette demande. En réalité, pour certains scientifiques comme pour les associations exprimant leur opposition au projet et qui suivent ce dossier, ces questions ne sont que des conséquences d’un projet mené sans alternative à l’enfouissement à Bure, sous influence de l’industrie nucléaire, sous contrainte de temps et sans réel contrôle dans son développement par la Commission nationale d’évaluation.

Ces questions sont également l’anticipation du constat d’un projet irréalisable, issu d’un choix discutable (enfouissement dans l’argile) et d’une conception trop rapide (inspirée d’un entrepôt de surface).

Revenons par conséquent sur la genèse de cette impasse. En 1991, la loi Bataille ouvrait intelligemment une réflexion sur le sort des déchets nucléaires de haute activité et de moyenne activité à vie longue, en envisageant trois voies de recherche pour leur gestion : stockage géologique, maintien en surface et séparation-transmutation des radioéléments.

Mais en 1999, c’est déjà l’absence d’alternative. Des moyens et des crédits très importants sont affectés majoritairement à l’enfouissement au détriment des deux autres voies, et un seul laboratoire de recherche géologique est créé à Bure, alors que la loi imposait plusieurs sites de recherche.

Roche friable et présence d’eau

En 2005, c’est la contrainte de temps qui apparaît. Le dossier Argile 2005, issu des recherches à Bure, mentionnait bien la capacité de l’argile à retenir les radioéléments, mais caractérisait aussi la roche comme friable (d’où la nécessité de centaines de milliers de tonnes d’acier) et faisait état de la présence d’eau (7 % à 8 %), ce qui générerait des milliers de mètres cubes d’hydrogène par radiolyse et corrosion.

Seul le premier enseignement a été retenu. Un projet industriel a alors été conçu, trop rapidement, et par conséquent en s’inspirant beaucoup trop de solutions déjà existantes : des entreposages de surface, sans contraintes de volume, accessibles et ventilés naturellement.

En 2006, dans la foulée et sous l’influence de la filière nucléaire, une loi est votée rapidement, entérinant la poursuite des travaux. Mais cette loi ne tient absolument pas compte des conclusions du débat public de 2005-2006, qui proposait une voie de moyen terme – un entreposage de longue durée – afin de permettre, après un temps long d’observations et de recherches, une solution consensuelle et éprouvée.

En juin 2007, l’absence de contrôle se vérifie, avec les premiers rapports de la Commission nationale d’évaluation, qui décrivent les opérations sans apporter de réelles critiques ni alerter sur les problèmes à venir.

Tout ce que nous avions annoncé est vérifié

Le résultat est que le projet Cigéo recèle maintenant des erreurs structurelles de conception qui avaient pourtant été anticipées. Les dossiers Argile produits en 2005 et en 2009 par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) apportaient déjà la preuve de l’immense fragilité de l’option du stockage géologique profond. Nous avions dénoncé, dès 2012, la présence d’hydrogène du fait du choix d’une matrice argileuse, la non-prise en compte des combustibles usés, les incertitudes sur les scellements, la nécessité d’une ventilation continue, la vulnérabilité du site en cas de contamination des galeries et des puits, l’impossible récupération de colis en cas d’accident et/ou d’incendie…

Tout ce que nous avions annoncé est maintenant vérifié officiellement. Le laboratoire de Bure ne doit, ne peut que rester le laboratoire qui avait été annoncé en 1999 aux habitants de la Meuse et de la Haute-Marne.

Cependant, nous sommes bien conscients que les déchets ne disparaîtront pas avec la disparition de Cigéo ; ils doivent impérativement disposer d’une solution de gestion. Revenons alors à l’esprit et à la lettre des conclusions du débat public de 2005-2006 afin d’envisager la seule solution réellement à notre portée actuellement : l’entreposage à sec en subsurface, afin de pouvoir poursuivre les recherches sur la nature de ces déchets, leur tri et leur production, sans dogmatisme et en mobilisant les doutes et le pragmatisme indispensables face à la complexité de cette problématique.

Signataires :

Benjamin Dessus, ingénieur, économiste.

Bernard Laponche, polytechnicien, docteur ès sciences.

Bertrand Thuillier, ingénieur, docteur ès sciences.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/08/07/dechets-radioactifs-cigeo-ou-la-chronique-d-un-echec-annonce_5169692_3244.html

Août 07

FLAMANVILLE : DES DÉCHETS RADIOACTIFS OUBLIÉS DANS LA CENTRALE

FlamanvilleEDF vient de découvrir que des tenues contaminées font partie des 9000 tonnes de déchets enterrés dans les années 80 à proximité du chantier de l’EPR de Flamanville.

Les responsables de la centrale nucléaire de Flamanville viennent de déclarer aux autorités un événement significatif pour l’environnement.

Un événement peu banal : EDF a découvert que des tenues « légèrement contaminées » font partie des milliers de tonnes de déchets oubliés, il y a plus de trente ans, à l’intérieur de la centrale de Flamanville.

L’existence de ces déchets avait été révélée au début du mois de juillet. Lors de travaux préparatoires à la construction d’un parking, juste à côté du chantier de l’EPR, à l’intérieur du site nucléaire, des ouvriers avaient en effet mis au jour des plastiques, des câbles, des tuyaux métalliques on encore des documents papiers.

Depuis, la zone a commencé à être ratissée sur 3500 m2, à une profondeur oscillant entre trois mètres et dix mètres. Pas moins de 9000 tonnes de déchets ont ainsi été déterrées. Les trois quarts de ces déchets sont constitués de terre.

Une centaine de tenues contaminées

Mais parmi cet amoncellement de déchets classiques, les ouvriers ont aussi découvert une centaine de tenues blanches utilisées revêtues par les techniciens lorsqu’ils travaillent en zone nucléaire.

Des déchets beaucoup plus sensibles, donc, qui ont immédiatement fait l’objet de contrôles, comme l’explique un responsable de la centrale de Flamanville :

Les premiers contrôles réalisés sur place n’ont pas révélés de traces de radioactivité. Mais d’autres mesures ont ensuite été effectuées, avec un spectromètre, et de légères traces de cobalt 60 ont été décelées. Des traces qui se situent à la limite du seuil de détection des appareils de mesure »

Le cobalt 60 étant un élément radioactif artificiel, cette découverte tend à démontrer que les tenues ont été utilisées en zone nucléaire.

Alors que l’on pensait que les déchets retrouvés dataient de la construction des deux premiers réacteurs, il s’avère donc qu’une partie provient de la période d’exploitation des deux premiers réacteurs. EDF confirme :

Nous avons pu dater certains déchets, et nous en avons trouvé de 1989.

Soit quatre ans après la mise en route du premier réacteur.

Le retrait des déchets a été interrompu, tout comme le chantier de construction du parking. Des carottages seront réalisés dans les prochains jours pour mieux définir le périmètre à l’intérieur duquel des déchets ont été oubliés.

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/flamanville-dechets-radioactifs-oublies-dans-centrale_11462041.html

Août 07

TILLERSON DEMANDE L’ARRÊT DES TIRS DE MISSILES AVANT UN DIALOGUE AVEC PYONGYANG

TillersonLe secrétaire d’État américain Rex Tillerson a exclu lundi un retour rapide au dialogue avec la Corée du Nord et estimé que la nouvelle volée de sanctions infligées à Pyongyang démontrait que la planète avait perdu patience face à ses ambitions nucléaires.

Le chef de la diplomatie américaine, qui s’exprimait à Manille en marge d’un forum régional, a souligné que Washington n’envisagerait de pourparlers que si Pyongyang suspendait son programme balistique, ce que le Nord dit n’avoir aucune intention de faire.

« Le meilleur signal que pourrait envoyer la Corée du Nord pour signifier qu’elle est prête à parler serait d’arrêter ces tirs de missiles« , a-t-il dit.

Il a laissé toutefois entrevoir la perspective que des émissaires américains puissent un jour s’assoir à la même table que les responsables du pays reclus pour éviter l’escalade.

Ces déclarations américaines surviennent au lendemain d’une rencontre rarissime dans la capitale philippine entre les chefs de la diplomatie des deux Corées, au cours de laquelle le Nord-Coréen Ri Yong-Ho n’a montré aucun signe que son pays ait été intimidé par les nouvelles sanctions de l’ONU.

Dans une tentative de réfréner les ambitions nucléaires du Nord, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté samedi à l’unanimité une résolution qui risque de priver Pyongyang d’un milliard de dollars annuels de revenus.

Ce texte proposé par Washington a pour objectif de pousser Pyongyang à la négociation après son premier tir d’un missile intercontinental le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine. La Corée du Nord a procédé le 28 juillet au tir d’un engin similaire, mettant une bonne partie du continent américain à sa portée.

Unité

Le président américain Donald Trump et son homologue sud-coréen Moon Jae-In ont eu un entretien téléphonique dimanche, au cours duquel ils ont estimé que la « Corée du Nord représente une menace directe sérieuse et grandissante pour les États-Unis, la Corée du Sud, le Japon ainsi que pour la plupart des pays du monde« , selon un communiqué de la Maison Blanche.

Sur les réseaux sociaux, Donald Trump avait salué l’unanimité du vote et remercié la Russie et la Chine pour leur soutien à un dénouement qu’elles auraient pu empêcher par leur droit de véto.

Tillerson, qui a rencontré dimanche en tête-à-tête ses homologues chinois et russe, Wang Yi et Sergueï Lavrov, a également cherché à mettre en exergue le front uni de la communauté internationale.

Il a souligné que la « communauté internationale » attendait de la Corée du Nord qu’elle prenne « des mesures pour atteindre tous mes objectifs, à savoir la dénucléarisation de la péninsule coréenne« .

Le forum annuel de l’Asean réunit les chefs de la diplomatie de 26 pays et de l’Union européenne pour évoquer les questions de sécurité en Asie-Pacifique.

Mais, reflétant les nuances persistantes entre les puissances mondiales sur le dossier nord-coréen, M. Wang a réitéré la position chinoise selon laquelle les sanctions ne suffisent pas, appelant une nouvelle fois au dialogue.

‘État d’esprit’

Wang a demandé la reprise des « pourparlers à six » (Chine, États-Unis, Russie, Japon, deux Corées) qui sont au point mort depuis des années. « Le dialogue et la négociation sont les seuls moyens appropriés pour régler le problème de la péninsule coréenne« .

Tillerson a martelé que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un devait au préalable interrompre son programme balistique.

Il s’est refusé toutefois à dire quand un tel dialogue pourrait se tenir ni combien de temps devrait durer la pause.

« On le saura le moment venu« , a-t-il dit. « Je ne vais pas donner à quelqu’un un nombre spécifique de jours ou de semaines. C’est plutôt une question d’état d’esprit. Ils peuvent démontrer qu’ils sont prêts à s’asseoir dans l’état d’esprit de vouloir avancer dans des discussions en s’abstenant de procéder à des essais de missiles« .

Le ministre nord-coréen, qui se trouve également dans la capitale philippine malgré les pressions américaines pour qu’il ne soit pas invité, a serré la main de son homologue sud-coréenne Kang Kyung-Wha.

Mme Kang a pressé M. Ri d’accepter l’offre de dialogue de Séoul, proposition balayée par le Nord-Coréen, selon l’agence sud-coréenne Yonhap.

« Compte tenu de la situation actuelle dans laquelle le Sud collabore avec les États-Unis pour accentuer les pressions sur le Nord, de telles propositions manquent de sincérité« , a-t-il déclaré.

Article rédigé par Dave Clark© 2017 AFP.

http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2017/08/07/Tillerson-demande-l-arret-des-tirs-de-missiles-avant-un-dialogue-avec-Pyongyang-3187635

 

Août 07

LA CHINE APPLIQUERA “À 100 %” LES SANCTIONS CONTRE LA CORÉE DU NORD

Chine appliqueraTension

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord après deux tirs de missiles intercontinentaux en juillet capable d’atteindre l’Alaska.

La provocation de trop ?

Fin juillet, la Corée du Nord a effectué un deuxième test de missile balistique intercontinental (ICBM). D’après plusieurs experts, les missiles nord-coréens peuvent désormais théoriquement toucher la côte est des États-Unis. Kim Jong-Un, le dirigeant nord-coréen, a ainsi déclaré que ce test « mettait tout le territoire des États-Unis à portée d’une frappe de Pyongyang », a rapporté l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Ces nouvelles sanctions priveraient la Corée du Nord d’un milliard de recettes annuelles

En réaction, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté ce samedi à l’unanimité une résolution renforçant sensiblement les sanctions déjà imposées à la Corée du Nord. Cette dernière priverait notamment le pays d’un milliard de recettes annuelles en interdisant l’exportation de charbon, fer, minerai de fer, plomb, minerai de plomb et fruits de mer coréens.

La Chine a déclaré aujourd’hui qu’elle appliquerait “à 100 %” les nouvelles sanctions décidées par le Conseil de sécurité de l’ONU contre la Corée du Nord. “La Chine va assurément appliquer la nouvelle résolution à 100%, pleinement et strictement”, a ainsi déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.

https://www.valeursactuelles.com/monde/la-chine-appliquera-100-les-sanctions-contre-la-coree-du-nord-87283

Août 06

AU HAVRE, LE MOUVEMENT DE LA PAIX POUSSE À AGIR POUR LA FIN DES ARMES NUCLÉAIRES

Au HavreComme un signe.

Après une matinée au ciel plombé, l’éclaircie du début d’après-midi hier a fait sortir les Havrais de chez eux. Et cette lumière retrouvée coïncide avec le vent d’optimisme qui souffle chez les anti-nucléaires. Au début de la promenade de la plage, un collectif d’associations a planté drapeaux aux couleurs de la paix pour distribuer pétitions et tracts. L’heure est d’importance : « Interdire les armes nucléaires c’est possible » Pourquoi donc ? « Parce que les Nations Unies le proposent» En ce jour du 72e anniversaire tragique des bombardements atomiques américains au Japon, sur les villes d’Hiroshima (95 000 à 166 000 morts) et de Nagasaki (155 000 à 250 000 morts) les 6 et 9 août 1945, le message doit porter selon Marie-Claire Jegaden, présidente du comité havrais du Mouvement de la paix :

« C’est une bonne nouvelle, l’arme nucléaire, dangereuse pour les populations, devient illégale ! C’est le moment de s’engouffrer dans la brèche pour éliminer les armes nucléaires. Depuis 1950, c’est grâce à la mobilisation des citoyens, des associations que nous avons avancé. Petit à petit… »

Concrètement, le 7 juillet dernier, à l’ONU, 122 états sur 193 ont adopté un traité d’interdiction de ces armes nucléaires. La France, comme les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée ont voté contre la résolution des Nations Unies qui prévoit de négocier pour éliminer les armes nucléaires. Hier, il s’agissait de faire remonter l’information et d’agir jusqu’au président de la République, alors que le 20 septembre, le projet est ouvert à ratification. Parce que, « en signant la pétition, chacun peut agir ». (www.mvtpaix.org)

Article de Patricia LIONNET

http://www.paris-normandie.fr/region/au-havre-le-mouvement-de-la-paix-pousse-a-agir-contre-la-fin-des-armes-nucleaires-AE10508899#

Août 06

VIDÉO (4mn33s) : LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE EST-IL UNE MISSION IMPOSSIBLE ?

VidéoUn traité d’interdiction de l’arme nucléaire a été adopté par les Nations unies, le 7 juillet dernier. En quoi est-ce une révolution ? « C’est une révolution, car depuis sa création les Nations unies demandaient à ce qu’on interdise les armes nucléaires. On a interdit les armes chimiques, on a interdit les armes biologiques, qui étaient des armes de destructions massives. Il a fallu attendre le 7 juillet pour que l’ONU adopte ce traité avec des obligations nouvelles : interdiction de fabriquer l’arme nucléaire, de la posséder, de l’utiliser, mais aussi de s’en servir comme menace« , explique Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements.

« Toutes les puissances nucléaires refusent ce traité »

Quel est l’impact sur cette politique que mène la France ? « C’est la remise en cause de toute stratégie qui repose sur la dissuasion nucléaire qui est remise en cause par l’adoption de ce traité dans la mesure où la France se vante de respecter le droit international », souligne Patrice Bouveret. Et d’ajouter : « Toutes les puissances nucléaires ont la même attitude : elles refusent [ce traité] disant qu’elles veulent conserver l’arme nucléaire pour assurer leur sécurité« .

http://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-3/soir-3/le-desarmement-nucleaire-est-il-une-mission-impossible_2316429.html

Août 06

72 ANS APRÈS HIROSHIMA, LE JAPON SE RECUEILLE

JaponLe Japon commémorait dimanche 6 août le premier bombardement atomique de l’Histoire. Celui-ci frappa Hiroshima, ville du sud du Japon, il y a soixante-douze ans. Le 6 août 1945, à 8 h 15, un bombardier B-29 américain baptisé « Enola Gay » larguait sur la ville la bombe atomique « Little Boy ». D’une puissance équivalant à près de seize kilotonnes de TNT, la bombe de Hiroshima causa une déflagration faisant monter la température au sol à 4 000 degrés.

Cent quarante mille personnes périrent le jour même et dans les semaines qui suivirent. Trois jours plus tard, une autre bombe atomique, « Fat Man », frappait Nagasaki, conduisant à la reddition japonaise, le 15 août, qui marqua la fin de la seconde guerre mondiale. À Nagasaki, soixante-quatorze mille personnes furent tuées.

Contradictions japonaises au sujet des armes nucléaires

Le premier ministre, Shinzo Abe, qui s’exprimait au parc du Mémorial de la Paix de Hiroshima dimanche, a déclaré que le Japon espérait militer pour un monde sans armes nucléaires d’une manière qui conviendrait à tous les pays du monde.

« Pour parvenir réellement à un monde sans armes nucléaires, nous avons besoin de la participation à la fois des États nucléaires et des États non nucléaires », a-t-il dit. « Notre pays veut montrer la voie à la communauté internationale en encourageant les deux parties » à progresser vers la dénucléarisation, a-t-il ajouté, sans faire explicitement référence au traité interdisant les armes atomiques adopté par l’ONU le 7 juillet.

Au moment de cet anniversaire, les traditionnelles contradictions japonaises au sujet des armes nucléaires refont leur apparition. Il y a un mois, le Japon avait rejoint les rangs des puissances nucléaires comme les États-Unis, la France ou la Grande-Bretagne pour bouder ce même traité, qui préconise une interdiction totale du développement, du stockage et de la menace d’utilisation d’armes nucléaires.

Tokyo a critiqué celui-ci en jugeant qu’il aggravait le fossé entre les pays dépourvus de l’arme nucléaire et ceux qui en sont dotés. Aucun des neuf pays détenteurs de l’arme nucléaire (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine, France, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël) n’a pris part aux négociations.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/08/06/72-ans-apres-hiroshima-le-japon-se-recueille_5169275_3216.html

Août 06

LA RUSSIE APPELLE PYONGYANG À RENONCER À SON PROGRAMME NUCLÉAIRE

Russie appelle...Après le vote de la résolution sur de nouvelles sanctions contre Pyongyang, la Russie a appelé la Corée du Nord à renoncer à son programme nucléaire. Elle a en outre attiré l’attention sur le fait que l’accumulation de forces dans la région et le déploiement du THAAD ne contribuaient pas à la dénucléarisation de la péninsule de Corée.

Moscou appelle la Corée du Nord à arrêter ses programmes nucléaire et de missiles et à retourner au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), a déclaré le représentant permanent de la Russie auprès de l’Onu Vassili Nebenzya.

«Nous exhortons les autorités nord-coréennes à arrêter leur programme nucléaire et à retourner au régime de non-prolifération du TNP et sous le contrôle de l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique, ndlr]», a-t-il déclaré après l’adoption par le Conseil de sécurité de l’Onu de la résolution prévoyant de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord.

Et de souligner que les missiles balistiques tirés depuis le sol nord-coréen représentaient un danger aussi bien pour le transport maritime et aérien dans la région que pour la vie des civils.

Le diplomate russe estime en outre qu’il sera difficile de progresser vers la dénucléarisation de la péninsule coréenne tant que Pyongyang se sent menacé dans le contexte d’accumulation de forces dans la région par d’autres parties et des exercices militaires Séoul-Washington.

Le déploiement dans la région de batteries du bouclier antimissile américain THAAD est encore un facteur déstabilisant, a souligné le représentant permanent.

Dans la situation actuelle, les «aventures militaires» de n’importe quel acteur tourneront en catastrophe pour la stabilité dans la région, estime M.Nebenzya.

Samedi, les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’Onu ont adopté à l’unanimité la résolution élargissant des sanctions contre Pyongyang, cela suite aux essais de missiles réalisés par ce dernier.

La Russie avait mis en garde à plusieurs reprises contre l’introduction de restrictions extrêmement rigoureuses à l’encontre de Pyongyang, soulignant que les sanctions ne devaient pas étouffer le pays et son peuple. Le document voté ce samedi souligne que les mesures prévues ne sont pas appelées à entraîner des conséquences humanitaires négatives pour la population civiles de la Corée du Nord.

https://fr.sputniknews.com/international/201708051032541130-coree-nord-sanctions-russie/

Août 06

C’EST FAIT: L’ONU RENFORCE LES SANCTIONS CONTRE LA CORÉE DU NORD

ONU renforceLe Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a adopté à l’unanimité, samedi 5 août, une résolution renforçant sensiblement les sanctions déjà imposées à la Corée du Nord, qui, si elle est respectée, devrait priver Pyongyang de 1 milliard de dollars (850 millions d’euros) de recettes annuelles.

Le vote de ce texte, qui constitue une nouvelle riposte aux programmes balistique et nucléaire nord-coréens, représente un certain succès pour les États-Unis. Washington a su convaincre ses partenaires chinois — premier soutien de Pyongyang — et russe de renforcer la pression internationale sur un pays accusé d’être une « menace mondiale ».

Proposée par les États-Unis, la résolution 2371 vise à interdire des revenus tirés des exportations nord-coréennes, notamment dans les secteurs du charbon, du fer et de la pêche.

La pression pour négocier

Elle a pour objectif de pousser Pyongyang à la négociation après le premier tir d’un missile intercontinental, le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine. La Corée du Nord a procédé le 28 juillet au tir d’un second engin similaire.

Le président américain, Donald Trump, a salué le vote unanime du Conseil de sécurité, soulignant que les nouvelles sanctions auraient « un très important impact financier » sur Pyongyang. « Un coût de plus de 1 milliard de dollars pour la Corée du Nord », a-t-il estimé.

Proposée par les États-Unis, la résolution votée samedi vise à empêcher certaines exportations nord-coréennes et à pousser Pyongyang à la table des négociations.Trump a aussi salué la Chine et la Russie pour le soutien qu’elles ont apporté. « Le président apprécie la coopération de la Chine et de la Russie pour assurer l’adoption de cette résolution », dit un communiqué diffusé samedi soir par la Maison Blanche.

La balle est désormais dans le camp nord-coréen, qui « doit répondre » aux demandes internationales, a déclaré l’ambassadrice états-unienne auprès de l’ONU, Nikki Haley. « Ce sont les sanctions les plus strictes contre un pays depuis une génération », a-t-elle dit.

Il est « plus que jamais urgent de mettre un terme aux programmes nucléaire et balistique nord-coréens et de ramener Pyongyang à la table des négociations », a renchéri son homologue français, François Delattre.

Le nouvel ambassadeur russe auprès de l’ONU, Vassili Nebenzia, a toutefois souligné qu’« il sera impossible de résoudre ce conflit par la seule adoption de sanctions ». Il a réclamé « une approche globale » et « une stratégie politique ». Les sanctions « ne peuvent être une fin en soi » mais plutôt « un outil pour pousser ce pays à des discussions constructives », a ajouté le diplomate russe.

Les nouvelles sanctions visent à empêcher les exportations nord-coréennes de fer, de minerai de fer, de plomb, de minerai de plomb, de poisson et de crustacés. En revanche, elles ne concernent pas, comme évoqué à l’origine des négociations il y a un mois, les livraisons de produits pétroliers à Pyongyang.

Dans la résolution, la Corée du Nord est accusée de se livrer à un « détournement massif de ses faibles ressources » pour continuer à développer « des armes nucléaires et plusieurs programmes coûteux de missiles balistiques ».

« Changer la donne »

Selon les Occidentaux, l’ensemble des nouvelles sanctions devrait conduire à priver la Corée du Nord « de 1 milliard de dollars de recettes » venant de ses exportations, à condition que les nouvelles mesures soient respectées par tous les membres de l’ONU. Dans leur globalité, les exportations nord-coréennes rapportent au pays chaque année 3 milliards de dollars.

« Toutes les parties doivent mettre en œuvre les dispositions de la résolution », a relevé l’ambassadeur chinois auprès de l’ONU, Liu Jieyi, assurant que les nouvelles sanctions n’avaient pas pour objet de « causer un impact négatif » pour la population nord-coréenne.

La résolution prévoit l’interdiction de toute nouvelle société commune entre des entreprises étrangères et nord-coréennes et l’arrêt de tout investissement supplémentaire dans celles qui existent déjà. Le texte adopté interdit également à Pyongyang d’augmenter ses quotas de travailleurs à l’étranger.

Les navires nord-coréens qui violeront les résolutions de l’ONU sont désormais menacés d’être bannis des ports de tous les pays.

Sept trains de sanctions

Parmi les nouvelles mesures liées au secteur de la finance, la banque du commerce extérieur de la Corée du Nord, chargée des opérations en devises étrangères, a été ajoutée à une liste d’entités dont les avoirs sont gelés depuis de précédentes résolutions.

Depuis le premier essai nucléaire nord-coréen, en 2006, l’ONU a imposé au total, avec le nouveau texte adopté samedi, sept trains de sanctions à la Corée du Nord, dont les trois derniers, nettement plus sévères que les précédents, incluent des mesures touchant directement l’économie du pays.

Selon François Delattre, les nouvelles sanctions adoptées samedi ont la capacité de « changer la donne ». « Elles montrent l’unité et la détermination du Conseil de sécurité », ont fait valoir les ambassadeurs chinois et français.

Samedi, la nouvelle ministre des affaires étrangères sud-coréenne, Kang Kyung-wha, a tendu la main à Pyongyang, se déclarant prête à des discussions avec son homologue nord-coréen, Ri Hong-yo. Ce dernier est attendu ce week-end aux Philippines, où se tient un forum annuel de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), auquel doit également participer le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/08/06/l-onu-renforce-les-sanctions-contre-la-coree-du-nord_5169211_3216.html

Août 05

PARTICULES RADIOACTIVES INSOLUBLES (PARTIE 3 ET DERNIÈRE)

particulesSuite (3ème partie) de la transcription en français et en japonais du documentaire diffusé sur la télévision NHK au sujet des particules radioactives insolubles (Note 1).

Comme nous l’exposons ci-après, de minuscules particules radioactives insolubles se sont retrouvées disséminées dans l’aire métropolitaine de Tokyo. Nous pensons que cela pose, en terme d’irradiation interne, un problème sanitaire grave pour la population puisque les particules radioactives insolubles vont demeurer à l’intérieur de l’organisme pendant très longtemps.
Pour les personnes qui séjourneraient dans cette aire métropolitaine, des mesures de radioprotection relativement à la contamination interne seraient nécessaires.

Des particules ont atteint la région métropolitaine de Kanto

Takeda : Je souhaiterais poser une question à Yuchi Moriguchi, qui conduit en ce moment des recherches sur la radio-contamination suite à l’accident nucléaire, en particulier sur les particules radioactives insolubles ; savons-nous combien il en existe et sur quelle étendue ?                                                                                             Moriguchi : il y en a de différentes grosseurs, mais les particules de taille relativement importante n’ont été retrouvées qu’à proximité de la centrale nucléaire. En revanche, nous savons que les particules plus petites ont été transportées au loin par les vents, jusqu’à atteindre la région du Kanto (Note 2).

Les deux grands types de particules radioactives insolubles

Kamakura : Merci de vous reporter ici pour plus de détails.
Mr Moriguchi et ses collaborateurs ont réparti les particules radioactives insolubles en deux grands types, le type A et le type B.
Les particules « de type A » sont toutes d’une taille relativement petite, de l’ordre de 10 micromètres tout au plus. Elles sont généralement sphériques. On les appelle des « billes de Césium ». Et comme elles sont de petite taille, ces particules sont susceptibles de pénétrer dans les poumons, par inhalation.
À l’opposé, les particules « de type B » sont de dimensions relativement importantes, plusieurs dizaines de micromètres ou davantage encore, et la plupart sont de forme biscornue. Comme ce sont de grosses particules, elles ne peuvent pas pénétrer dans les poumons mais sont susceptibles d’adhérer à la peau ou aux muqueuses.

Les zones où chacun des deux types s’est retrouvé éparpillé

Petit-à-petit, on connaît de mieux en mieux les zones où chacun des deux types s’est retrouvé éparpillé. C’est ainsi que des particules assez grosses et lourdes, du type B, ont été retrouvées jusqu’à 20 kilomètres de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Par contre, dans la région du Kanto on  retrouve des particules petites et légères.

Le panache des 14 et 15 mars 2011

Selon une simulation publiée par le laboratoire de météorologie, les particules de type A ont été transportées par le vent de cette façon [se reporter à la carte…] les 14 / 15 mars, immédiatement après l’accident nucléaire [dont le début date du 11 mars 2011].
Takeda : « les particules plus petites de type A se sont envolées jusque dans la région du Kanto, tout de suite après l’accident ». Pourriez-vous nous apporter des précisions..?
Moriguchi : C’est précisément l’objet de nos recherches actuelles. J’ai tout dernièrement fait une intervention sur la question, dans une société savante. On savait que des substances radioactives avaient atteint la région du Kanto le 15 mars, mais parmi elles nous avons découvert des particules radioactives insolubles. Nous sommes en ce moment-même en train d’essayer de comprendre pourquoi elles sont parvenues jusque-là. Nous commençons à mieux comprendre comment ces substances radioactives ont dû être rejetées, à un temps T.
Takeda : juste pour confirmer : ce sont bien celles qui ont été rejetées entre le 14 et le 15 mars ?
Moriguchi : oui, c’est exact.                                                                                    Takeda : pouvez-vous nous donner un chiffre des quantités qui ont été transportées par le panache ?
Moriguchi : Je n’en ai pas connaissance mais en ce qui concerne ce qui est retombé sur la région du Kanto le 15 mars, selon les conclusions d’un autre groupe de chercheurs, 80% à 90% de ces substances radioactives étaient composées de cette particule insoluble de type A. Je pense qu’il faut en évaluer l’impact avec circonspection parce qu’elles ont touché un territoire d’une superficie considérable, qui s’étend de la préfecture du Fukushima jusqu’à la région du Kanto.

 Les risques sanitaires liés aux particules radioactives insolubles

Takeda : Monsieur Kai, quel est votre sentiment sur les effets du type A, sur la santé ? Kai : il convient de distinguer les effets de l’irradiation externe et ceux de l’irradiation interne. Selon le rapport du Comité Scientifique des Nations-Unies sur les Effets des Rayonnements Atomiques (UNSCEAR), l’effet de l’irradiation externe est plus important. Par voie de conséquence, et bien qu’il soit nécessaire d’étudier les effets de l’irradiation interne relativement à ces nouvelles « particules insolubles » qu’on vient de découvrir, la variante d’une irradiation interne d’un nouveau type ne changera pas grand-chose, globalement parlant, aux effets de l’irradiation externe. Quoi qu’il en soit, il faut en tout cas évaluer avec soin cette irradiation interne.                                  Takeda : L’UNSCEAR a estimé que le niveau d’exposition qu’on puisse avoir dans la région métropolitaine n’a aucun impact sur la santé. Vous semble-t-il possible que cette estimation puisse s’inverser ?                                                                                         Kai : dans un sens, l’influence d’une exposition interne à la radioactivité changera les choses, mais je ne crois pas que leur conviction en sera modifiée, parce qu’on considère que l’influence de l’exposition externe est déterminante.

Comment réagissent les gouvernements locaux à propos de cette particule radioactive insoluble ?

Kamakura : Mais tout de même, il y a des gens qui avaient été forcés d’évacuer et sont revenus récemment vivre dans le voisinage de la centrale nucléaire. Comment réagissent les gouvernements locaux à propos de cette particule radioactive insoluble ? la section de politique environnementale d’Okuma dit, par exemple : « on n’a pris aucune mesure particulière, mais quand les gens pénètrent dans la zone où « le retour est difficile », nous leur conseillons de revêtir une tenue de protection et un masque, et de prendre soin de ne pas faire voler de poussière quand ils nettoient une pièce.» Comme vous pouvez vous en rendre compte, chacune des municipalités fait appliquer les règles de protection de base recommandées jusque-là, à savoir d’éviter d’être au contact de substances radioactives ou d’en inhaler.
Takeda : Monsieur Moriguchi, les ordres d’évacuation ont été levés à côté de la centrale nucléaire, et déjà des habitants sont de retour. Quels sont les points sur lesquels ces gens doivent rester vigilants ?
Moriguchi : Les travaux de décontamination sont achevés, et les ordres d’évacuation sont levés parce que le niveau de radioactivité a baissé, mais le fait est que les opérations de décontamination n’ont concerné que l’espace extérieur. Je dirai même plus, même dans des secteurs où la radioactivité est relativement faible, il y a des endroits où de telles particules radioactives ont pénétré dans les pièces d’habitation immédiatement après l’accident. C’est pour cette raison que je considère qu’il est nécessaire de prendre au sérieux les mesures de radioprotection.

Le problème de la « re-dissémination »

Takeda : Il y a un autre problème qui préoccupe les chercheurs, sur cette question des particules radioactives insolubles. C’est le problème dit de la « re-dissémination », autrement dit, il y a des particules qui ont été re-dispersées dans un deuxième temps, en provenance de zones qui n’ont pas été décontaminées, et aussi du site de la centrale nucléaire. À vrai dire, on a déjà pu observer par le passé un cas de re-déposition.
Le 19 août 2013, à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, en s’attelant aux travaux de démantèlement, on s’affairait à retirer les débris, au niveau du réacteur N°3. Mais …le niveau de dose a brusquement augmenté sur le chantier. Des ouvriers ont été irradiés.

Une augmentation de la radioactivité dans l’atmosphère observée à une balise située à 26 kilomètres de Fukushima Daiichi

Au même moment, une équipe de chercheurs de l’Université de Kyoto a noté une augmentation de la radioactivité dans l’atmosphère, sur une balise située à 26 kilomètres environ de la centrale nucléaire. En outre, on a recueilli des particules radioactives insolubles sur des dispositifs-témoins situés entre la centrale nucléaire et la balise de l’Université de Kyoto.
Une équipe de recherche de l’Université de Kyoto a fait une projection de la dispersion de particules radioactives, en se reportant aux relevés météorologiques de la journée. Les conclusions ont montré que les particules qui avaient été rejetées suite aux travaux de déblaiement des débris, s’étaient disséminées sur une vaste zone et jusqu’au point d’observation.

Takeda : Que pensez-vous des effets sur la santé de cette re-dissémination ?
Kai : Je crois que le niveau de dose est assez faible, mais il importe de le mesurer précisément et de le surveiller. Je pense qu’il est particulièrement important d’analyser les résultats des mesures autour des balises qui ont été installées à proximité de la centrale nucléaire.

Takeda : Et vous, Monsieur Moriguchi ? Quelle est votre position sur les mesures à prendre pour contrer le problème de la re-dissémination ?
Moriguchi : Sur la re-déposition, s’il y avait de nouveau un gros problème, ce serait très probablement lié aux travaux de démantèlement. C’est donc la première des choses dans laquelle il faut user de précautions.

Les effets des particules radioactives insolubles sur les cultures

Takeda : Autre chose : quels sont les effets des particules radioactives insolubles sur les cultures ?
Moriguchi : Elles sont véritablement surveillées avec rigueur. On surveille l’atmosphère et il y a un contrôle rigoureux des productions agricoles. Je crois qu’il est important de communiquer soigneusement sur la question.
Takeda : Selon vous, on peut donc avoir confiance dans les produits commercialisés ?
Moriguchi : Je crois que la surveillance est scrupuleuse.

En guise de conclusion

Takeda : Messieurs Moriguchi et Kai poursuivent leurs recherches afin de découvrir l’étendue de la localisation des particules dispersées, et d’évaluer le niveau de la dose d’irradiation. Ils espèrent parvenir à une conclusion dès la fin de cette année fiscale (fin mars 2018).
Actuellement, des chercheurs tentent de préciser le danger des particules radioactives insolubles. Quant à nous, nous poursuivrons nos reportages d’investigation.
D’aucuns pourraient en éprouver quelque angoisse mais nous pensons qu’il est important de faire face sereinement à cette information, dès aujourd’hui.

Ce documentaire a été créé et diffusé par la chaîne NHK (Nippon Hoso Kyokai, Compagnie de diffusion du Japon), une chaîne publique de grande diffusion. Nous saluons l’équipe de reporters, avec M. Takeda, l’animateur principal, d’avoir eu le courage et l’habilité de le faire.

Nous signalons toutefois, que la position de l’UNSCEAR  citée par M. Kai, ainsi que celle des autorités japonaises, sont de minimiser le risque l’irradiation interne. Depuis l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, le mythe de la sécurité (qu’il ne peut y avoir aucun accident) semble être remplacé par un mythe de sieverts, ou de débit de dose de la radioactivité ambiante, qui cache le risque d’irradiation interne, tout en effaçant les problèmes des hotspots et des particules radioactives.

Note 1 – Mieux comprendre les particules radioactives 6 ans après l’accident nucléaire (diffusion le 6 juin 2017)
Note 2 – Kanto est la région comprenant Tokyo et les 6 préfectures autour de Tokyo.

http://nosvoisins311.wixsite.com/voisins311-france/single-post/2017/08/03/Particules-radioactives-insolubles-partie-3

NDLR : nous vous conseillons de lire cet article directement sur ce site pour disposer des nombreuses images explicatives.

Nous tenons à remercier Javale Gola pour sa traduction en français à partir du texte en anglais

Août 05

PYONGYANG PRIVÉ D’UN MILLIARD DE DOLLARS?

Corée du nord

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit voter samedi sur un projet de résolution américain qui propose de priver la Corée du Nord d’un milliard de dollars de revenus provenant d’exportations, en riposte à ses programmes balistique et nucléaire.

Selon des diplomates, le vote sur ces nouvelles sanctions portant notamment sur le charbon, le poisson et les fruits de mer est prévu samedi à 15H00 (19H00 GMT). Et les Américains ont bon espoir de ne pas se heurter à un veto chinois ou russe.

Cette nouvelle résolution vise à pousser Pyongyang à la négociation après son premier tir d’un missile intercontinental le 4 juillet, jugé par les grandes puissances menaçant pour la sécurité mondiale. La Corée du Nord a procédé le 28 juillet au tir d’un second engin similaire.

Selon le texte du projet américain obtenu par l’AFP, les sanctions visent aussi à empêcher les exportations nord-coréennes de fer, de minerai de fer, de plomb et de minerai de plomb. En revanche, elles ne concernent pas les livraisons de produits pétroliers à la Corée du Nord, ce qui aurait porté un rude coup à son économie, a indiqué un diplomate au fait des négociations.

Le texte «impose une interdiction dans des pans entiers des exportations» nord-coréennes, a fait valoir un diplomate sous couvert d’anonymat. Dans le projet de résolution, la Corée du Nord est accusée de se livrer à un «détournement massif de ses faibles ressources» pour continuer à développer «des armes nucléaires et plusieurs programmes coûteux de missiles balistiques».

L’ensemble des sanctions envisagées conduirait à priver la Corée du Nord «d’un milliard de dollars de recettes» venant de ses exportations, si les nouvelles mesures sont adoptées et réellement respectées par tous les membres des Nations unies, a-t-il ajouté. Selon lui, les exportations nord-coréennes rapportent au pays chaque année jusqu’à présent trois milliards de dollars.

Septième jeu de sanctions

La résolution proposée par Washington prévoit aussi l’interdiction de toutes nouvelles sociétés communes entre des entreprises étrangères et nord-coréennes et l’arrêt de tout investissement supplémentaire dans celles qui existent déjà. Selon une source diplomatique, la Russie pourrait toutefois vouloir amender avant un vote ces dernières dispositions pénalisantes pour sa relation commerciale avec Pyongyang.

Le texte interdit aussi à la Corée du Nord d’augmenter ses quotas de travailleurs à l’étranger, selon un diplomate spécialiste du dossier. Les navires nord-coréens qui violeraient les résolutions de l’ONU seraient interdits d’entrée dans les ports de tous les pays, prévoit encore le texte.

Le projet propose aussi d’ajouter la Banque du Commerce extérieur de la Corée du Nord, chargée des opérations en devises étrangères, à la liste des entités dont les avoirs sont gelés. Les États-Unis discutent depuis début juillet avec la Chine pour imposer de nouvelles sanctions sévères à la Corée du Nord, dont Pékin est le principal soutien.

Tir intercontinental

Le premier tir nord-coréen d’un missile intercontinental est intervenu le jour de la fête nationale américaine. Celui effectué fin juillet avait relancé les inquiétudes sur la capacité de Pyongyang, détenteur de la bombe nucléaire, à développer un engin capable de toucher les États-Unis.

Ces derniers jours, Washington a multiplié les pressions à l’égard de la Chine et de la Russie pour souligner que le temps des discussions était fini et qu’il fallait passer à l’action au Conseil de sécurité. «Nous sommes très confiants dans la possibilité de les avoir avec nous sur les grandes lignes de cette résolution», a dit un diplomate aux journalistes.

Dotée d’un droit de veto, la Russie a récemment mis en garde contre de nouvelles mesures qui aggraveraient la crise humanitaire en Corée du Nord. Pour cette résolution, «la clé est à Pékin (et un peu à Moscou)», a estimé un diplomate occidental.

Depuis le premier essai nucléaire nord-coréen en 2006, l’ONU a imposé six trains de sanctions à la Corée du Nord, dont deux nettement plus sévères que les précédents l’an dernier incluant des mesures touchant à l’économie nord-coréenne.

http://www.tdg.ch/monde/washington-veut-priver-pyongyang-milliard/story/15664679

Août 04

DONALD TRUMP JUGE « TRÈS DANGEREUX » L’ÉTAT DES RELATIONS AVEC MOSCOU

Poutine TrumpLe locataire de la Maison-Blanche reproche au Congrès américain d’avoir conduit à cette situation en renforçant les sanctions économiques contre la Russie.

Rien ne va plus entre Moscou et Washington. C’est le constat amer dressé jeudi 3 août par Donald Trump, qui s’est empressé de rejeter la faute sur le Congrès américain. Les deux chambres ont en effet durci les sanctions économiques contre la Russie. Vladimir Poutine avait riposté dès la semaine dernière en annonçant une prochaine réduction drastique du personnel diplomatique américain sur leur territoire. Mais ils ont de nouveau réagi durement après la promulgation par le président américain, mercredi 2 août, des nouvelles sanctions adoptées à une majorité écrasante par les parlementaires américains pour punir Moscou pour son ingérence dans l’élection présidentielle aux États-Unis ou son rôle en Ukraine.

C’est « une déclaration de guerre économique totale contre la Russie » qui marque « la fin des espoirs russes pour une amélioration des relations », a affirmé mercredi soir le Premier ministre Dmitri Medvedev, se moquant au passage de la « faiblesse totale » de la Maison-Blanche face au Congrès. Et la Maison-Blanche n’a pu que prendre acte de cette nouvelle détérioration des liens, déjà très tendus malgré l’arrivée au pouvoir en janvier d’une administration américaine jugée a priori favorable au Kremlin. « Notre relation avec la Russie est à un niveau historiquement bas et dangereux », a tweeté jeudi Donald Trump. Jusqu’ici, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson avait estimé que ces relations étaient « au plus bas depuis la fin de la Guerre froide ». Mais il avait prévenu mardi qu’elles pouvaient « encore se détériorer ».

http://www.lepoint.fr/monde/donald-trump-juge-tres-dangereux-l-etat-des-relations-avec-moscou-03-08-2017-2147848_24.php#section-commentaires

Août 04

FACE À TRUMP, L’IRAN DÉFEND L’ACCORD NUCLÉAIRE

Face à TRUMPLe président iranien, Hassan Rohani, entame son second mandat dans une atmosphère internationale lourde. Réélu le 19 mai, M. Rohani devait prêter serment, samedi 5 août, alors que les États-Unis viennent d’adopter de nouvelles sanctions contre son pays, censées répondre à la poursuite du programme de missiles balistiques de l’Iran et à son soutien au régime syrien de Bachar Al-Assad.

Dans le même temps, Donald Trump, le président américain, exprime avec une force nouvelle sa volonté de revenir sur l’accord international sur le nucléaire conclu en juillet 2015, qui a permis à l’Iran de relancer ses relations commerciales avec l’étranger.

Rohani a voulu faire de la cérémonie de samedi une démonstration de soutien international, face à ces pressions américaines. Des ministres et des envoyés des diplomaties française, allemande, britannique, chinoise et russe sont attendus à Téhéran – soit les pays négociateurs de l’accord nucléaire, moins les États-Unis –, aux côtés de la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. « Nous n’accepterons pas l’isolement, nous ne nous rendrons pas à ceux qui nous veulent du mal », a déclaré jeudi M. Rohani en direct à la télévision d’État, aux côtés du Guide suprême, Ali Khamenei, qui approuvait formellement sa réélection.

Dans la matinée, le vice-ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait rappelé que Téhéran considérait désormais que les sanctions américaines violaient l’accord sur le nucléaire. L’Iran rappelle qu’une clause du deal demande aux puissances signataires de ne pas directement empêcher une normalisation du commerce Iranien. Or, les sanctions et les déclarations de Washington refroidissent les investisseurs étrangers.

Pousser Téhéran à la faute

Ces dénonciations révèlent la fébrilité de Téhéran, alors que l’administration américaine s’emploie à « repousser » ce qu’elle perçoit comme un expansionnisme iranien encouragé par le deal nucléaire. Washington entend lutter contre l’influence iranienne croissante dans la région, contre les groupes armés locaux qui relaient sa puissance en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen, et contre son programme de missiles balistiques.

Le président américain, Donald Trump, a par ailleurs rappelé, dans une interview au Wall street journal, le 25 juillet, sa conviction que l’Iran ne respectait pas l’accord sur le nucléaire, et qu’il faudrait donc dénoncer le texte. M. Trump se disait certain que les États-Unis en attesteraient à la mi-octobre, lors d’un nouveau passage en revue de l’application de l’accord, prévu par une loi américaine tous les 90 jours.

Une partie de l’administration s’emploie à tempérer cet empressement. Il s’agit, selon Robert Corker, président du comité des affaires étrangères du Sénat, de ne pas ouvrir une nouvelle crise internationale en rompant unilatéralement le deal. Vu de Washington, mieux vaudrait pousser l’Iran à la faute.

Dans ce but, les États-Unis ont, selon la presse américaine, déjà exploré auprès d’inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), la possibilité que l’agence étende ses inspections en Iran, y compris à des sites militaires sur lesquels il existerait une probabilité raisonnable que Téhéran continue de mener secrètement des activités nucléaires.

« La réponse appropriée à l’hostilité est de devenir plus fort », a rappelé Ali Khamenei, le Guide suprême

L’Iran refuserait assurément cette exigence, y voyant une atteinte à sa souveraineté. Ce qui permettrait aux États-Unis de pointer sa mauvaise volonté. « Les Iraniens savent très bien que l’administration Trump cherche à les pousser à se retirer de l’accord. Mais il existe un consensus large à Téhéran pour que si le deal s’écroule, ce soit la faute des États-Unis, afin que l’Iran ne soit plus jamais perçue à l’étranger comme la partie inflexible en faute », dit Ali Vaez, analyste à l’International crisis group. En revanche, l’Iran pourrait riposter à ces pressions en encourageant l’activité des Gardiens de la révolution, la principale force armée iranienne, et de ses milices alliées, notamment à la frontière irako-syrienne, où des accrochages ont eu lieu en mai et en juin avec un contingent américain appuyant des rebelles syriens.

Téhéran pourrait également accélérer son programme balistique, qu’il considère comme une garantie vitale de sa sécurité, face à ses rivaux du Golfe qui bénéficient de ventes d’armes américaines de haute technologie. « La réponse appropriée à l’hostilité est de devenir plus fort », a rappelé Ali Khamenei, jeudi 3 août.

Pour l’heure, l’Iran s’abrite derrière l’expertise de l’AIEA, qui confirme son respect scrupuleux de l’accord. Mais l’agence, tributaire de financements américains, se prépare à des mois difficiles. Au siège de l’organisation, à Vienne, en Autriche, on se souvient de la période qui avait précédé l’intervention militaire américano-britannique contre l’Irak de Saddam Hussein, en 2003. Contrairement aux États-Unis, l’organisation estimait alors que l’Irak ne disposait pas d’armes de destruction massive. Quatorze ans plus tard, le défi peut sembler similaire.

Offensive diplomatique

La nouvelle chargée d’affaire de Washington arrive cependant tout juste à Vienne : elle aura besoin de temps pour mener une offensive diplomatique efficace. L’agence ne craint pas non plus des « fuites orchestrées » par les Américains en provenance d’inspecteurs de l’ONU envoyés en Iran : Donald Trump n’a pas encore la main sur les nominations et les postes sensibles au sein de l’agence viennoise ont été « bétonnés ».

Par ailleurs, depuis l’arrivée du nouveau locataire de la Maison Blanche, on ne constate aucun changement susceptible de contenter les États-Unis dans les rapports que rédige le très effacé Yukiya Amano, le directeur général de l’AIEA. Sauf un peut-être, qui peut traduire un changement de ton de l’agence.

En février, l’Union européenne lui a demandé de spécifier s’il avait bien tous les moyens de contrôler les secteurs du programme iranien inclus dans la première annexe du « deal » et qui concernent notamment la conception des engins explosifs. M. Amano a répondu par l’affirmative dans son dernier rapport, le 2 juin.

Sa précision peut sembler mineure. Mais elle élargit de fait le champ de contrôle de l’AIEA. Elle garde ainsi la possibilité d’organiser des inspections surprises sur un grand nombre de sites civils et militaires, comme pourrait l’y inciter l’administration Trump.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/08/04/face-a-trump-l-iran-defend-l-accord-nucleaire_5168649_3218.html

Août 04

BRUXELLES S’INQUIÈTE DE L’AVENIR DE L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

BruxellesTous ceux qui y ont contribué respectent l’accord « historique » sur le nucléaire iranien, a déclaré, jeudi 3 août, la porte-parole de la Haute Représentante pour la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Pas question, dès lors, d’imaginer que le projet américain de nouvelles sanctions contre Téhéran, approuvé massivement par le Congrès et promulgué, le 2 août, par le président Donald Trump, puisse entraîner une remise en cause du texte signé en juillet 2015, à Vienne, sous l’égide des États-Unis, de la Russie, de la Chine mais aussi des trois « grands » de l’Union européenne (UE) – France, Allemagne, Royaume-Uni.

L’UE entend protéger un texte obtenu de haute lutte, à l’issue de douze années de débats tumultueux – dix, si l’on prend en compte l’accord intérimaire décroché en 2013 à Genève, auquel avait largement contribué la Britannique Catherine Ashton, qui a précédé Federica Mogherini dans sa fonction.

L’unanimité des Européens est loin d’être acquise

Après avoir critiqué les mesures américaines frappant le secteur énergétique russe, Bruxelles s’engagerait donc dans un possible conflit avec les États-Unis, au sujet de l’Iran ?

Ce scénario devra être vérifié car l’unanimité des Européens est loin d’être acquise. Et leur envie de couper vraiment les ponts avec Washington n’est pas démontrée, même si beaucoup de capitales estiment que le ton et la posture de M. Trump, sans entraîner à ce stade une violation de l’accord, compliquent inutilement la situation.

Du côté iranien, c’est le test (réussi) d’un lanceur de satellites, à la fin juillet, qui pose problème. « Une provocation », selon le département d’État américain. Une manière, pour Téhéran, de mesurer le degré d’unité des Occidentaux, selon d’autres sources.

Les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont, en tout cas, adressé une lettre commune au Conseil de sécurité et au secrétaire général des Nationsunies (ONU) pour dénoncer…

http://www.lemonde.fr/international/article/2017/08/04/bruxelles-s-inquiete-de-l-avenir-de-l-accord-sur-le-nucleaire-iranien_5168512_3210.html

Août 04

DU 6 AU 9 AOÛT : QUATRE JOURS D’ACTIONS POUR QUE LA FRANCE SIGNE LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES ADOPTÉ PAR L’ONU

ONUAdopté par l’ONU le 7 juillet 2017 – par 122 États -, un Traité international interdit la possession d’arme nucléaire ! Il interdit aussi la menace de frappe atomique.

Ce traité sera ouvert à la signature en septembre 2017 et il entrera en vigueur dès lors que 50 États l’auront ratifié. La France a essayé d’empêcher son adoption, les autres pays nucléaires et leurs alliés aussi. Mais grâce à l’action de nombreux pays et des ONG, notamment regroupées dans la campagne ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires), dès qu’il sera ratifié, il sera désormais interdit de fabriquer l’arme nucléaire, de la posséder, de l’utiliser ou de s’en servir comme menace … Les victimes devront être secourues et les dégâts environnementaux réparés. Les États qui ont des armes nucléaires pourront adhérer au Traité dès lors qu’ils renoncent à une utilisation de ces armes et s’engagent sur un échéancier d’élimination irréversible.

À l’heure actuelle, plus de 15 000 bombes nucléaires sont en service dont plus de 2 000 en état d’alerte permanent. Cette menace d’apocalypse est dénoncée par plus des deux tiers des pays de la planète. Avec le réchauffement climatique, c’est l’une des plus grandes menaces de ce siècle. Par folie ou par accident, le déclenchement d’une explosion nucléaire dévastatrice reste possible à tout moment.

Bien que signataire du Traité de non-prolifération, la France possède toujours 300 ogives nucléaires et continue à entretenir et « moderniser » son armement. Chaque année, l’arsenal nucléaire engloutit près de 4 milliards d’euros. À partir de 2020, ce seront plus de 6,5 milliards d’euros qui seront « gaspillés » pour renouveler cet arsenal atomique plus inutile que jamais au regard des enjeux de sécurité (par exemple, aucune bombe n’empêchera le passage à l’acte d’un terroriste !).

Dans le monde entier, les 6 et 9 août seront commémorés par les partisans du désarmement nucléaire. Partout en France, à l’appel du Réseau “Sortir du nucléaire“ et du collectif « Abolition des armes nucléaires – Maison de Vigilance », des citoyens s’engageront pour 4 jours de jeûne-action.

À Paris, les jeûneurs, présents sur la Place de la République, multiplieront les actions, concerts et conférences.

Plusieurs autres jeûne-actions se tiendront à proximité de lieux liés à l’arme nucléaire :

  • À Bordeaux (près du Barp, où est testé le laser Mégajoule),
  • À Dijon (près de Valduc, centre d’entretien et de modernisation des bombes nucléaires françaises et britanniques),
  • À La Hague (où sont stockés les déchets issus du démantèlement de l’arsenal militaire),
  • À Brest-Île Longue (où sont stationnés les sous-marins nucléaires français),
  • À Montpellier (près d’Istres, où sont basés les avions Rafale de la force nucléaire aéroportée),
  • À Tours (près du centre de recherche sur les armes nucléaires du CEA Le Ripault)
  • À Saintes, les partisans de l’abolition des armes nucléaires, solidaires des jeûneurs, ont choisi de ne pas rallumer du 6 au 9 août 2017, comme chaque année depuis 2001, la Flamme du Désarmement nucléaire. Elle restera en berne pour protester contre le refus de la France de participer au désarmement nucléaire. Le 2 août, une délégation a été reçue à la sous-préfecture de Saintes et y a remis une lettre expliquant ce geste au Président de la République.

Ensemble, exigeons le désarmement nucléaire !

Pour en savoir plus : http://www.sortirdunucleaire.org/Abolition-des-armes-nucleaires

Télécharger le dossier de presse

Retrouver la liste complète des actions :

Contacts presse :

Pour le Réseau « Sortir du nucléaire » :

Mélisande Seyzériat (coordinatrice des groupes et actions), à Paris – 07 60 15 01 23

Pour Abolition des armes nucléaires – Maison de Vigilance :

Patrice Bouveret – 06 30 55 07 09

Dominique Lalanne – 06 32 71 69 90

Pour ACDN :

Jean-Marie Matagne 06 73 50 76 61

Aude Labat 06 20 35 58 48

Contacts pour les actions en région :

À Dijon : Jean-Marc Convers – 06 14 24 86 96

À l’Île Longue : Anne Le Henaff – 06 37 63 88 95

À Tours : Marie-Claude Thibaud – 06 71 60 05 46

À Brest, Nicole Rizzoni : 06 82 91 25 89

À Cherbourg-La Hague : Jean-Sébastien Hederer : 06 69 56 21 49

À Bordeaux : Dominique Baude 06 89 23 25 35

À Montpellier : Didier Latorre 06 38 81 98 06

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur notre site : http://www.sortirdunucleaire.org/Du-6-au-9-aout-quatre-jours-d-actions-pour-que-la

Ce message est un Communiqué de presse commun – Réseau « Sortir du nucléaire », Abolition des armes nucléaires – Maison de Vigilance, Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire.

Août 03

SÉOUL POURRAIT IMPOSER DE NOUVELLES SANCTIONS UNILATÉRALES CONTRE PYONGYANG

Corée du sudSÉOUL, 03 août (Yonhap) — La Corée du Sud pourrait annoncer des sanctions unilatérales contre la Corée du Nord après que le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) aura imposé de nouvelles mesures punitives pour les derniers tirs d’essai de missiles, a déclaré ce jeudi un officiel du gouvernement.

Le gouvernement sud-coréen est en train d’étudier les sanctions unilatérales qu’il peut imposer à la Corée du Nord après que Pyongyang a effectué deux tirs de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) le mois dernier.

«Les ministres liés les étudient actuellement. La dernière fois, le gouvernement a dévoilé des mesures punitives unilatérales après avoir pris en compte l’imposition des sanctions du Conseil», a déclaré un officiel du ministère de l’Unification. «Je pense (que le gouvernement) doit prendre en compte ce facteur.»

Le Conseil de sécurité de l’ONU travaille en ce moment sur une nouvelle résolution pour des sanctions plus dures contre le Nord suite au tir d’ICBM de Pyongyang le 4 juillet. Mais il n’a pas fait de grands progrès apparemment à cause de l’opposition de la Chine et de la Russie.

Séoul a imposé deux séries de sanctions unilatérales contre la Corée du Nord en réponse aux quatrième et cinquième essais nucléaires en 2016. Le pays a placé sur la liste noire des Nord-Coréens et entités suspectés d’avoir soutenu les programmes nucléaire et balistique de Pyongyang.

Le président Moon Jae-in a ordonné samedi dernier aux officiels gouvernementaux d’envisager des sanctions unilatérales en cas de nécessité après le tir d’essai d’ICBM du Nord de la veille.

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2017/08/03/0200000000AFR20170803001500884.HTML

NDLR : voir également l’article : La Maison-Bleue rejette l’éventualité d’une guerre en Corée sur : http://french.yonhapnews.co.kr/news/2017/08/03/0200000000AFR20170803002000884.HTML

Août 03

«L’ACCORD NUCLÉAIRE A ÉTÉ VIOLÉ», ESTIME TÉHÉRAN

IranL’Iran considère les sanctions prises à son encontre par Washington comme une violation de l’accord nucléaire et met en garde.

L’Iran a affirmé que l’accord nucléaire avait été «violé». C’est en ces termes que Téhéran a vivement réagi à la promulgation par le président américain Donald Trump des nouvelles sanctions votées par le Congrès contre l’Iran, la Russie et la Corée du Nord.

«Nous considérons que l’accord nucléaire (avec les grandes puissances conclu en juillet 2015, ndlr) a été violé et nous allons réagir en conséquence de manière appropriée», a déclaré Abbas Araghchi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a rapporté dans la nuit de mercredi à jeudi le site de la télévision d’État iranienne.

Dans le cas de l’Iran, ces nouvelles sanctions concernent les Gardiens de la révolution, le programme balistique de Téhéran, la situation des droits de l’Homme et le soutien de l’Iran à des groupes comme le Hezbollah libanais considérés comme terroristes par les États-Unis.

L’accord nucléaire conclu entre Téhéran et les grandes puissances (États-Unis-France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) prévoit que l’Iran limite son programme nucléaire à des usages civils en échange de la levée progressive des sanctions internationales prises à son encontre.

Seize mesures adoptées

La haute commission pour surveiller l’application de l’accord nucléaire, qui comprend le président Hassan Rohani et d’autres responsables du pays, «a adopté 16 mesures également (…) qui comprennent une série de réactions contre l’action des États-Unis», a ajouté M. Araghchi sans détailler ces mesures.

«Après la promulgation de la loi des sanctions par Trump contre l’Iran, nous sommes entrés dans une nouvelle étape et le Parlement va finaliser sa propre loi en réaction à la loi américaine», a déclaré Abbas Araghchi.

Le parlement iranien a commencé l’examen d’un projet de loi en réaction à la loi votée par les États-Unis. Cette loi vise notamment à renforcer le programme balistique du pays et la force Qods des Gardiens de la révolution, pour lutter contre les actions de Washington. (NDLR : la force Qods est une force spéciale des Gardiens de la Révolution islamique)

«Comme ils ont visé les Gardiens de la révolution et le corps Qods, le parlement a prévu des mesures pour renforcer ces forces», a déclaré Abbas Araghchi. Le parlement devrait adopter cette loi dans les prochains jours.

Rohani entame son second mandat

Par ailleurs, le président iranien Hassan Rohani a officiellement entamé jeudi son second mandat de quatre ans après l’approbation de son élection par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’une cérémonie officielle retransmise par la télévision d’État.

«Je confirme le vote du peuple iranien et je nomme (…) Hassan Rohani à la présidence de la République», a affirmé M. Khamenei dans une lettre lue par le chef de son cabinet. Il a aussi salué «la participation enthousiaste» au scrutin qui s’est tenu en mai, un des «signes du succès du régime islamique pour renforcer le caractère républicain et populaire du régime révolutionnaire».

Khamenei a également insisté une nouvelle fois sur «l’économie de résistance, en particulier l’emploi et la production nationale» pour régler les problèmes du pays, notamment le chômage qui a atteint 12,6% de la population active.

Tous les responsables politiques et militaires du pays participaient à la cérémonie d’investiture, dont l’ancien président ultra-conservateur et populiste Mahmoud Ahmadinejad.

«Nous avons entendu la voix de la population et nous devons tenir compte de leur espoir et de leur confiance», a indiqué de son côté M. Rohani qui a dit vouloir faire disparaître «la pauvreté». «Je déclare une nouvelle fois qu’avec la fin de l’élection, le temps de la concorde et de la coopération entre tous a commencé (…) Je tends la main vers tous ceux qui veulent la grandeur du pays», a-t-il ajouté.

«Nous n’accepterons jamais l’isolement (…) L’accord nucléaire est le signe de la bonne volonté de l’Iran au niveau international», a-t-il encore dit.

http://www.24heures.ch/monde/accord-nucleaire-viole-estime-teheran/story/13655450

Août 03

PARASURTENSEURS RADIOACTIFS / DES SALARIÉS ET SOUS-TRAITANTS D’ORANGE EXPOSÉS À DES RISQUES SIGNIFICATIFS

CriiradPendant des décennies, des parasurtenseurs (ou parafoudres) contenant des sources radioactives ont été installés sur les lignes téléphoniques (chez l’abonné, à la jonction entre le réseau aérien et souterrain, au départ de la ligne au central téléphonique). L’entreprise Orange (ex France Telecom) a lancé depuis plusieurs années un vaste plan de récupération de ces matériels radioactifs qui sont entreposés progressivement sur 34 sites dans 27 départements, en attendant leur évacuation vers une filière agréée.
La CRIIRAD a démontré en 2010 que les risques d’exposition aux radiations des salariés étaient grossièrement sous-estimés. En début d’année 2017, à la demande du syndicat CGT FAPT 15, elle a effectué des contrôles préliminaires sur le site d’Issoire (Puy-de-Dôme) qui ont confirmé que les agents affectés à la dépose des parasurtenseurs radioactifs étaient exposés à un gaz radioactif, le radon, en particulier lors de l’ouverture des fûts et que cette exposition était significative, non prise en compte dans le cadre des contrôles de radioprotection conduits par l’entreprise et qu’elle pouvait entrainer un dépassement des limites sanitaires. Des expertises plus approfondies étaient nécessaires.
Suite à cette étude et du fait de la vigilance des syndicalistes, Orange a confié à l’IRSN une expertise sur le site d’entreposage de Portes-les-Valence (Drôme). La CRIIRAD vient de procéder à l’examen de ce rapport et dénonce un rapport incomplet qui sous-estime les risques et omet un principe fondamental de radioprotection. Du fait des carences des organismes de référence (ASN, IRSN) et du bureau d’étude pourtant agréé (CERAP) chargé de contrôler les conditions d’entreposage des parasurtenseurs radioactifs, les salariés et sous-traitants d’Orange ne benéficient toujours pas du niveau de protection radiologique auquel ils ont droit. Sept années ont été perdues depuis que la CRIIRAD a soulevé ce problème. Il est temps que les choses changent.
Lire la note d’information de la CRIIRAD

http://www.criirad.org/Radioactivit%C3%A9%20en%20entreprise%20(hors%20nucl%C3%A9aire)/Les%20parasurtenseurs/CP_CRIIRAD_170803_Radioactivite_parasurtenseurs.pdf?utm_source=sendinblue&utm_campaign=communiqu_de_presse&utm_medium=email

Août 02

AVEC L’ICBM NORD-CORÉEN, LE SUD REDOUTE LA FIN DU PARAPLUIE AMÉRICAIN

avec l'ICBMLe dernier test de missile de Pyongyang a mis une bonne partie du continent américain à sa portée et fait naître une peur nouvelle à Séoul. Washington protégera-t-il la Corée du Sud si cela devait mettre des villes américaines en danger ?

Les États-Unis sont le garant de la sécurité du Sud démocratique et capitaliste où sont déployés 28.500 soldats américains. La guerre de Corée (1950-53) a pris fin avec un cessez-le-feu, pas un traité de paix et les GI’s sont chargés de défendre Séoul face à Pyongyang.

Cette alliance est aussi un pilier de la stratégie géopolitique américaine en Asie, où la Chine, qui cherche à développer une puissance militaire plus conforme à son poids économique, montre les muscles.

Mais l’essai vendredi d’un missile balistique intercontinental (ICBM) a mis des grandes villes comme Chicago ou Los Angeles à portée d’une attaque potentielle de Pyongyang, pays reclus doté de l’arme nucléaire.

Et les médias sud-coréens comme des spécialistes craignent que cet état de fait ne remette en cause l’engagement des États-Unis à tenir cette alliance longtemps décrite par les deux parties comme « solide comme un roc« .

« L’administration Trump nous protégerait-elle d’une attaque venue du Nord si une telle action exposait des villes américaines à une attaque nucléaire ?« , se demande dans un éditorial JoongAng Ilbo, journal influent de Séoul.

Ce n’est « qu’une question de temps » pour que le Nord se dote d’un missile opérationnel équipé d’une ogive nucléaire capable de frapper les États-Unis, poursuit-il. Et à ce moment-là, conclut le journal avec pessimisme, la réponse « pourrait ne pas être oui« .

Alliance ‘inébranlable’

Les analystes doutent des capacités du Nord à miniaturiser une tête nucléaire de façon à pouvoir la monter sur un missile ou qu’il maîtrise la technologie de rentrée des ogives dans l’atmosphère depuis l’espace.

Mais Pyongyang assure en être capable et, depuis l’arrivée au pouvoir fin 2011 de Kim Jong-Un, le Nord a clairement réalisé des progrès technologiques rapides et importants. Le jeune dirigeant a supervisé trois essais nucléaires et une flopée de tirs de missiles.

Cela fait des décennies que le Nord exige que les États-Unis signent avec lui un traité de paix et qu’ils retirent leurs troupes du Sud.

Les Américains en visite assurent invariablement Séoul du soutien de Washington, à l’instar du vice-président Mike Pence qui a déclaré en avril que l’alliance était « inébranlable, gravée dans le marbre« .

Après le dernier test, le grand quotidien Chosun Ilbo en doute. « Difficile d’attendre l’aide des États-Unis » si cela signifie une attaque nucléaire contre le continent américain, juge-t-il.

« Le scénario du pire serait le retrait des troupes américaines de la péninsule. C’est ce que veut le Nord (…), pour les Sud-Coréens c’est à peine imaginable mais la réalité, c’est que l’on va vers cette situation« .

Les Sud-Coréens redoutent aussi la possibilité d’une frappe préventive de Washington contre le Nord, qui aurait des conséquences désastreuses même si Pyongyang n’utilisait pas l’arme nucléaire.

Séoul est à portée de l’artillerie nord-coréenne, et risque l’anéantissement.

Les morts seront « là-bas« 

Washington a durci le ton depuis vendredi, son ambassadrice à l’ONU Nikki Haley déclarant que le temps des discussions était « terminé« .

L’influent sénateur républicain Lindsey Graham a raconté mardi que le président Donald Trump lui avait dit être prêt à partir en guerre pour empêcher Pyongyang de mettre au point un ICBM doté d’une tête nucléaire.

« Il y a une bonne option militaire, celle de détruire le programme nord-coréen et la Corée du Nord elle-même« .

« S’il y a une guerre, elle se déroulera là-bas. S’il y a des milliers de morts, ils mourront là-bas. Ils ne vont pas mourir ici. Et ça, il me l’a dit en face« .

Le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a souligné peu après que Washington ne cherchait pas à renverser le régime nord-coréen: « nous ne sommes pas votre ennemi, nous ne sommes pas votre menace, mais vous représentez une menace inacceptable pour nous, et nous devons y répondre« .

Pour Jeung Young-Tae, directeur des études militaires à l’Université Dongyang, Pyongyang a franchi une « ligne rouge » avec son dernier essai car cet ICBM « représente une menace apparemment tangible pour la sécurité nationale des États-Unis« .

« Qu’on le veuille ou non, le risque d’une action militaire unilatérale américaine ne peut être exclu« , dit-il à l’AFP. Le risque de conflit militaire « est plus grand que jamais« .

Certains craignent une « crise du mois d’août« . Séoul et Washington doivent entamer bientôt des exercices militaires annuels conjoints dénoncés comme la répétition d’une invasion par le Nord, qui pourrait répliquer par une provocation majeure.

http://www.lepoint.fr/monde/avec-l-icbm-nord-coreen-le-sud-redoute-la-fin-du-parapluie-americain-02-08-2017-2147467_24.php

Août 02

DEUX PORTE-AVIONS AMÉRICAINS VIENDRONT VERS LA PÉNINSULE CORÉENNE À LA MI-AOÛT

portes avionsSÉOUL, 02 août (Yonhap) — Il a été indiqué que les autorités militaires sud-coréennes et américaines envisagent le déploiement de deux porte-avions américains dans les eaux de la péninsule coréenne vers le milieu de ce mois-ci, le dernier déploiement du genre remontant à fin mai dernier.

Ces deux porte-avions seront l’USS Ronald Reagan (CVN-76) et l’USS Carl Vinson (CVN-70). Ce nouveau déploiement de deux groupes aéronavals entre dans le cadre d’une démonstration de force pour prévenir toute nouvelle provocation de la Corée du Nord après le deuxième tir de missile balistique de portée intercontinentale le 28 juillet dernier.

Une source gouvernementale sous couvert de l’anonymat a noté que «ce déploiement avait été initialement envisagé pour le commencement des exercices militaires Ulchi Freedom Guardian (UFG) le 21 août et, comme il y a une éventualité de nouvelle provocation nord-coréenne, la date aurait été avancée».

Les autorités militaires et les services du renseignement estiment que la Corée du Nord pourrait effectuer une nouvelle provocation, notamment un tir d’essai de missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) ou un sixième essai nucléaire consécutivement au deuxième tir de missile balistique Hwasong-14.

Concernant la date précise, cette source a affirmé que «d’après ce que je sais, on envisage le déploiement de deux porte-avions américains et d’un sous-marin à propulsion nucléaire vers le milieu de la troisième semaine de ce mois-ci, avant le début des exercices UFG».

Actuellement, l’USS Ronald Reagan se dirige vers le nord après avoir achevé des exercices conjoints avec l’armée australienne, Talisman Saber 2017, et a quitté les eaux de la mer de Corail à côté du Queensland, en Australie. L’USS Carl Vinson est en train de se déplacer vers le Pacifique Ouest après être parti de San Diego au début du mois dernier pour une mission en mer de cinq mois.

http://french.yonhapnews.co.kr/national/2017/08/02/0300000000AFR20170802000700884.HTML

Août 02

POURQUOI ARRÊTER DIX-SEPT RÉACTEURS NUCLÉAIRES ?

Pourquoi arrêter 17Point de vue. Par François Lempérière, président de l’association HydroCoop et président d’honneur du Comité Français des Grands barrages et réservoirs.

L’arrêt de dix-sept réacteurs nucléaires correspond à la loi de 2015 sur la Transition Énergétique. Son objectif, repris par le programme électoral de Monsieur Macron, est de réduire la part du nucléaire, à 50 %. Pour autant, est-ce justifié ?

Dans les autres pays industrialisés (OCDE), cette part du nucléaire est de 13 % en moyenne actuellement contre 20 % il y a vingt ans. Hors OCDE, elle est en moyenne à 5 % avec 3 % en Chine et la Corée du Sud, pays le plus nucléarisé, a abandonné le nucléaire le mois dernier (1).

La France exporte plus de 15 % de l’énergie nucléaire qu’elle produit ! Celle-ci est très peu rentable depuis quelques années, correspondant à la production de dix réacteurs, et peut être abandonnée. L’énergie éolienne peut compenser en dix ans l’arrêt de sept autres réacteurs.

La souplesse d’exploitation, assurée actuellement par 15 % d’énergie hydraulique et 17 % d’énergies fossiles (dont 7 % importés) peut être maintenue.

L’arrêt de dix-sept réacteurs n’impose nullement leur démantèlement immédiat. Le risque d’un réacteur arrêté et sans combustible est quasi nul et EDF prévoit de démanteler à la fin du XXIe siècle les sept réacteurs de la filière graphite-gaz arrêtés à la fin du XXe siècle.

L’avantage de l’arrêt des réacteurs constitue un gain de sécurité. En France, le risque majeur est l’abandon d’une région par ses habitants à cause d’un nuage nucléaire ou d’un fleuve pollué.

Selon le site, la population déplacée définitivement peut varier de 100 000 à plusieurs millions et le coût varier de 100 à 1 000 milliards d’euros !

Un risque nucléaire divisé par deux

En plus de Fessenheim sur le Rhin, les sites fermés pourraient par exemple inclure Nogent-sur-Seine et Saint-Laurent sur Loire, proches de Paris, le Bugey sur Rhône près de Lyon et le Tricastin au nord de Marseille : le risque global serait ainsi divisé par plus de deux, d’ici 2025.

L’arrêt des dix-sept réacteurs, c’est-à-dire la fermeture de six sites, a deux inconvénients majeurs :

D’une part, la fermeture d’un site nucléaire pénalise des milliers d’emplois locaux, justifiant pour la reconversion une aide annuelle de plus de dix millions d’euros, de 100 à 200 millions d’euros pour six sites et de deux milliards d’euros en dix ou vingt ans.

D’autre part, l’abandon de l’exportation d’énergie nucléaire a peu d’impact. Le surcoût essentiel est celui du remplacement de 60 kilowattheures/an  (NDLR : lire mégawattheures) par l’énergie éolienne, à un surcoût par mégawatt de 20 à 25 €, soit 1,5 milliard d’euros incluant le support économique des sites fermés.

Ce surcoût annuel est compensé jusqu’en 2030 par l’économie de 15 à 20 milliards d’euros du coût du « Grand Carénage » prévu pour prolonger de vingt ans l’utilisation des réacteurs.

L’impact réel sur les coûts sera postérieur à 2030 et inférieur à 2 milliards par an. En 2030, le PIB français sera supérieur de plus de 200 milliards au PIB actuel, soit 100 fois le surcoût de l’arrêt des réacteurs.

L’arrêt des dix-sept réacteurs divise le risque nucléaire par deux pour un surcoût intervenant après 2030, paraissant donc très acceptable.

(1) Les chiffres ci-dessus proviennent essentiellement des statistiques annuelles de l’Agence Internationale pour l’Énergie (A.I.E.) et d’Internet « Wikipédia – Électricité en France ».

http://www.ouest-france.fr/economie/energie/pourquoi-arreter-dix-sept-reacteurs-nucleaires-5168279

Août 02

VIDÉO (2mn57s) : ANNE LAUVERGEON, « QUAND LA PETITE DÉCIDE, ON SE TAIT »

LauvLe chantier de l’EPR Areva en Finlande a tourné à la catastrophe, mais pas de quoi stopper ses projets. Persuadée qu’elle va vendre une cinquantaine de ces réacteurs nucléaires de troisième génération, « Atomic Anne » semble avoir basculé dans la folie des grandeurs. Extrait d’un portrait d’Anne Lauvergeon par « Complément d’enquête« .

« Atomic Anne » faisait rêver tout le monde avec son ambition mondiale pour le nucléaire français. Depuis qu’en 2001 elle avait réuni la Cogema et Framatome pour créer le géant Areva, c’était « la princesse de l’atome », la presse l’adorait, les ministres de droite comme de gauche la soutenaient. Au milieu des années 2000, plus rien n’arrête Anne Lauvergeon, persuadée qu’elle va vendre à l’international une cinquantaine d’EPR (réacteurs nucléaires de troisième génération). Alors même que celui d’Olkiluoto, en Finlande, promis pour 2009, ne devrait livrer son premier kilowatt-heure qu’en 2018… et que Fukushima est passé par là.

« Typique des ingénieurs des Mines, trop sûrs d’eux »

Qui est responsable du fiasco d’Olkiluoto, qui pourrait coûter à Areva 8 milliards d’euros ? Anne Lauvergeon accuse son client finlandais d’avoir été trop tatillon, mais les salariés du groupe ont un autre sentiment. « Signer un tel contrat, ça signifiait qu’elle ne savait pas ce que l’entreprise était capable de faire, analyse un délégué syndical. Pour nous, elle n’était pas un capitaine d’industrie. » Pour le journaliste Thierry Gadault, auteur de l’enquête Areva mon amour, « Anne Lauvergeon est typique de ces ingénieurs, notamment ceux du corps des Mines, qui sont trop sûrs d’eux. Qui parfois amènent à des catastrophes. » 

« Une perte totale de la réalité du terrain »

Sûre du succès de ses EPR, la patronne d’Areva investit des milliards pour rénover ses usines, recrute à tour de bras. Loin du quartier de La Défense et de ses salariés, elle s’offre un siège au cœur de Paris. Et s’isole dans un immense bureau au dernier étage. Jusqu’à « une perte totale de la réalité du terrain » chez cette femme « féroce au niveau du management », juge le même délégué syndical. « À force, les directeurs qui l’entouraient ne remontaient aucune information réaliste. On n’a qu’une chose à dire quand on est autour de ces gens-là, c’est ‘oui’. » Un ancien cadre d’Areva ajoute : « Elle faisait penser à la chanson de Pierre Perret : ‘Quand la petite décide, on se tait.' »

Extrait de « Anne Lauvergeon, l’enfant gâtée de la République », un hors-série de « Complément d’enquête ».

http://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/video-anne-lauvergeon-quand-la-petite-decide-on-se-tait_2302709.html

Août 02

MEUSE : UN SITE ARCHÉOLOGIQUE BLOQUE LE PROJET NUCLÉAIRE DE BURE

archéologie BureQue des archéologues rédigent une pétition en ligne (sur Change.org), voilà qui n’est pas banal.

Il faut dire qu’à Bure (Meuse) et Saudron (Haute-Marne), il y a sous la terre un site néolithique fabuleux, datant du IVe millénaire et qui s’étend sur 35 hectares !

De quoi piocher, fouiller, dégager, et faire avancer de quelques jolis pas notre connaissance de cette période plutôt obscure.

Un site d’autant plus exceptionnel qu’il n’est pas, comme à l’accoutumée, à côté d’une rivière, les scientifiques aimeraient savoir pourquoi…

Mais si ce site a été découvert, c’est parce que l’Institut national des recherches archéologiques préventives y a effectué des sondages : cet endroit doit accueillir… un centre d’enfouissement des déchets nucléaires !

Et d’ailleurs, l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire n’a pas la baraka : après les traditionnelles oppositions des riverains et des antinucléaires, voici que c’est du fond des âges qu’on l’empêche de poser ses déchets.

Dans cette bataille, la demande des archéologues de fouiller le site dans son intégralité a été partiellement refusée par la Sous-direction de l’Archéologie (SDA), alors que la Commission Interrégionale avait donné son feu vert.

Les archéologues sont furieux. Quand les déchets nucléaires seront sur place, on ne pourra plus fouiller… pendant des millions d’années !

http://www.ladepeche.fr/article/2017/08/02/2621803-meuse-un-site-archeologique-bloque-le-projet-nucleaire.html

Pour signer la pétition des archéologues pour fouiller le site de Bure : https://www.change.org/p/vincent-berjot-culture-gouv-fr-enceinte-n%C3%A9olithique-de-bure-saudron-fouille-pr%C3%A9ventive-ou-destruction-programm%C3%A9e

Août 02

COMBIEN DE GUERRES LES USA PEUVENT-ILS MENER SIMULTANÉMENT ?

Combien de guerresApparemment, les guerres des USA en Afghanistan, Syrie, Irak, Yémen et Somalie ne sont pas suffisantes pour rassasier le Parti de la guerre.

Avec plus de 800 bases militaires dans le monde, des dépenses militaires à hauteur de la moitié de leur budget fédéral, un état de guerre permanent soutenu par une propagande belliciste omniprésente, des membres du Congrès dits « neocons » qui réclament, jour après jour, toujours plus d’interventions militaires, de bombardements, de changements de régimes, de sanctions (récemment contre la Corée du Nord, le Vénézuela, l’Iran, la Russie et incidemment l’Allemagne et la France), de livraisons d’armes à des forces par procuration (ces derniers jours, à l’Ukraine de l’ouest) et de projets de guerres futures (l’Iran, la Corée du Nord), les USA, dont l’économie se centre sur les guerres depuis la Deuxième Guerre mondiale, cherchent à perpétuer coûte que coûte leur système, quitte à mettre la planète entière en danger. De plus, comme tout système capitaliste, l’appareil guerrier des USA implique une croissance. Traduction : toujours plus de guerres. Jusqu’où, et jusqu’à quand ?

Samedi, Kim Jong-un a testé un missile de portée suffisante pour frapper le territoire des USA. Il travaille dorénavant sur leur précision, et sur une tête nucléaire assez réduite pour tenir sur le missile et supporter la rentrée dans l’atmosphère.

Sauf si nous pensons que Kim est un fou suicidaire, sont but semble clair. Il veut ce que veulent toutes les puissances nucléaires – la capacité à frapper le territoire de l’ennemi avec une force horrifiante, de façon à le dissuader.

Kim veut que son régime soit reconnu et respecté, et que les USA, qui ont massivement bombardé le Nord entre 1950 et 1953, partent de Corée.

Ou est-ce que cela nous laisse ? Cliff Kupchan de l’Eurasia Group dit « Les USA font face à un choix binaire : soit accepter la Corée du Nord dans le club nucléaire, soit risquer une action militaire qui se solderait par des pertes civiles monumentales. »

Disons la vérité. Les sanctions américaines contre la Corée du Nord, comme celles qui ont été votées la semaine dernière, ne vont pas empêcher Kim de progresser sur ses missiles. Il est trop près du but.

Toute attaque préventive contre le Nord pourrait déclencher une contre-attaque contre Séoul qui tuerait des dizaines de milliers de Sud-Coréens, ainsi que les troupes américaines stationnées dans le pays et leurs familles.

Cela déclencherait une guerre totale contre la Corée du Nord, et c’est une guerre dont la population américaine ne veut pas.

Samedi, le président Trump a tweeté sa frustration à propos des manquements de la Chine à tirer les marrons du feu pour les USA : « Ils ne font RIEN pour nous avec la Corée du Nord, seulement parler. Nous ne permettrons pas à cela de continuer. La Chine pourrait aisément résoudre ce problème. »

Dimanche, des bombardiers américains B-1B ont survolé la Corée et le commandant de l’US Air Force du Pacifique, le général Terrence J. O’Shaughnessy a déclaré que ses unités étaient prêtes à frapper la Corée du Nord avec « une force rapide, létale et écrasante. »

Pourtant, également dimanche, Xi Jinping a passé en revue un énorme défilé militaire de tanks, d’avions, de troupes et de missiles, avec des officiels chinois qui se moquaient de Trump, « un président novice » et un « enfant gâté » qui bluffe contre la Corée du Nord. Est-ce vrai ? Nous le saurons bientôt.

Selon le Premier ministre japonais Shinzo Abe, Trump a fait le vœu de « prendre toutes les mesures nécessaires » pour protéger les alliés des USA. Et l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley a déclaré toutes griffes dehors, « le temps des palabres est révolu ».

Allons-nous vers une confrontation militaire avec le Nord ? Les marchés, qui ont encore enregistré des records lundi, ne semblent pas le penser.

Mais la Corée du Nord n’est pas le seul adversaire potentiel dont les relations avec les USA se dégradent à toute vitesse.

Après que le Congrès ait approuvé une nouvelle salve de sanctions contre la Russie à une écrasante majorité, la semaine dernière, et que Trump ait signé cette loi, qui le prive de tout droit de lever ces sanctions sans l’accord du Congrès, la Russie a abandonné tout espoir de rapprochement avec l’Amérique de Trump. Dimanche, Poutine a ordonné à l’ambassade et au consulat des USA de réduire son personnel de 755 postes.

La seconde Guerre froide, entamée quand les USA ont positionné l’OTAN à la frontière russe et aidé à renverser le régime pro-russe de Kiev, se refroidit à grande vitesse. Attendons-nous à une réponse de Moscou à l’hostilité du Congrès, quand les USA auront besoin d’une assistance en Syrie ou avec la Corée du Nord.

Les sanctions de la semaine dernière frappent aussi l’Iran, après son test d’une fusée destinée à mettre un satellite sur orbite, même si l’accord sur le nucléaire porte seulement sur les tests de missiles balistiques capables de porter des têtes nucléaires. Les Iraniens ont fermement répliqué que leurs tests de missiles allaient continuer.

Ces derniers jours ont également vu des navires de guerre américains et des bateaux de patrouille iraniens dans une dangereuse proximité, avec les navires américains allant jusqu’à des signaux d’avertissement et des tirs de sommation. Les avions et les navires des USA se sont également croisés à une fréquence de plus en plus élevée avec des navires et des avions russes et chinois dans la Baltique et la Mer de Chine méridionale.

Alors qu’elle se méfie d’une guerre contre la Corée du Nord, Washington semble saliver à l’idée d’une guerre contre l’Iran. De fait, Trump menace de déclarer que l’Iran est en violation de l’accord sur les armes nucléaires, ce qui suggère une confrontation à venir.

De quoi se poser des questions : Si le Congrès est si décidé à se confronter au mal représenté par l’Iran, pourquoi n’annule-t-il pas la commande d’avions passée par les mollahs à Boeing ?

Pourquoi les USA vendent-ils des avions de ligne au « principal sponsor de terrorisme du monde » ? Qu’ils laissent Airbus prendre l’argent du sang.

Apparemment, les guerres américaines en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Yémen et en Somalie ne sont pas suffisantes pour rassasier le Parti de la guerre. Il veut désormais lancer les sunnites du Moyen-Orient contre les chiites, qui dominent en Iran, en Irak, en Syrie et dans le sud du Liban, et représentent une majorité au Bahreïn et dans les zones pétrolifères de l’Arabie Saoudite.

Les forces armées des USA ont du pain sur la planche. Le président Trump aura besoin des soldats transgenres, après tout.

L’une des raisons pour lesquelles Trump a abattu un à un ses rivaux républicains au cours des Primaires de 2016 était qu’il semblait partager le désir des Américains de se concentrer sur la politique intérieure.

Et pourtant, aujourd’hui, la relation des USA avec la Russie et à la Chine a atteint un nadir, alors qu’ils parlent de plus en plus ouvertement de guerre contre l’Iran et la Corée du Nord.

C’est exactement contre cela que l’Amérique a voté.

Article de Patrick J. Buchanan

Article original en anglais paru sur Buchanan.org sous le titre Shall We Fight Them All? le 31 juillet 2017 (Traduction et note d’introduction Entelekheia)

http://www.mondialisation.ca/combien-de-guerres-les-usa-peuvent-ils-mener-simultanement/5602119

Août 01

LA CONSTRUCTION DE DEUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES DÉFINITIVEMENT INTERROMPUE AUX ÉTATS-UNIS

2 réacteurs arrêtésLa construction de deux réacteurs nucléaires aux États-Unis, qui devaient entrer en service à la fin de l’année 2019, a finalement été abandonnée. En cause, la chute du géant américain de l’atome Westinghouse qui provoque l’explosion des coûts.

En Caroline du Sud (États-Unis), deux nouveaux réacteurs nucléaires devaient entrer en service d’ici 2019 sur le site de la centrale nucléaire de Virgil Summer, près de Jenkinsville, afin de compléter la première tranche Summer 1, construit en 1982. Mais las : ce projet pharaonique initialement estimé à 5 milliards de dollars (environ 4,2 milliards d’euros) ne sera finalement jamais achevé, ont annoncé le 31 juillet 2017 les compagnies d’énergie qui géraient le projet (Santee Cooper et South Carolina Electric & Gas – SCE&G). La raison invoquée ? Une mauvaise estimation des coûts de construction, qui auraient explosé le budget initial.

Suite à la faillite de Westinghouse, le projet n’était plus rentable

Santee Cooper a précisé qu’en raison des retards pris dans la construction, les deux réacteurs, situés en Caroline du Sud, n’auraient pas pu entrer en service avant 2024, quatre ans après la date initialement prévue. Autre raison : le projet en question, appelé V.C. Summer, avait été lancé en 2008 avec Westinghouse, une société américaine rachetée en 2006 par le japonais Toshiba. Or, Westinghouse a déposé son bilan en début d’année, ce qui a noirci l’horizon de rentabilité économique future de la centrale.

Surcoûts

Dans son communiqué, Santee Cooper indique que le coût total du projet Summer avait flambé par rapport aux estimations initiales, alourdi par les retards et les exigences de sécurité, au point d’être multiplié par deux et d’atteindre environ 11,5 milliards de dollars. « Notre évaluation a montré qu’il aurait coûté trop cher et que cela aurait pris trop longtemps de finir la construction des deux réacteurs. Et nous ne pouvons pas demander aux consommateurs de payer la différence pour un projet qui n’est plus rentable économiquement ». Du côté de SCE&G, on précise : « Même s’il eut été faisable d’achever la construction d’un réacteur, cette option s’est retrouvée éliminée quand Santee Cooper a décidé de suspendre la construction du projet. Il n’est plus réaliste sur le plan économique pour nous de continuer seuls et la voie la plus prudente est pour SCE&G d’arrêter le chantier des deux réacteurs ».

Les États-Unis et le nucléaire : une posture paradoxale

Cette décision ne laisse plus que deux réacteurs actuellement en construction aux États-Unis, dans l’État voisin de la Georgie, qui s’ajoutent à la petite centaine actuellement en service. Mais ces deux autres réacteurs en chantier ont également du mal à trouver des financements suite à la faillite de Westinghouse. Sur le volet nucléaire, la position des États-Unis est paradoxale : ces derniers restent le premier producteur d’énergie nucléaire au monde, mais ce secteur représente moins de 10% de la production d’énergie totale du pays. Très en vogue dans les années 1960 et 1970, le secteur du nucléaire civil américain reste marqué par l’accident de Three Mile Island en Pennsylvanie en 1979. Depuis 1996, aucune nouvelle centrale n’a été raccordée au réseau électrique.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/la-construction-de-deux-reacteurs-nucleaire-definitivement-interrompue-aux-etats-unis_115240

Août 01

JEUNE-ACTION INTERNATIONAL 6 – 9 AOÛT 2017 À DIJON ET VALDUC

JeuneLe 6 août : de 11h à 17h devant le CEA de Valduc Les 7, 8 et 9 août : journées et soirées organisées dans le centre-ville de Dijon

Jeûne-Action International 6 – 9 août 2017 à Dijon-Valduc pour soutenir le Traité d’Interdiction des ARMES NUCLÉAIRES en discussion à l’ONU.

4 jours de jeûnes-actions en FRANCE, en EUROPE et aux USA !

Le 6 août : Valduc, c’est trop de la Bombe !

Grande manifestation festive, le dimanche 6 août à l’occasion des commémorations des 72 ans des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, devant le CEA de Valduc ! Cette année, soyons 200 devant le CEA, pour dire non à la bombe et demander la signature du Traité d’Interdiction des armes atomiques par notre pays ! Invitons un à un nos amis ce jour-là ! Par notre présence devant le centre CEA de Valduc nous dénoncerons l’accord récent conclu avec la Grande-Bretagne (signé par M. Sarkozy en 2010 et complété par M. Hollande en 2014) sur la mise au point de nouvelles armes nucléaires : 1 milliard € de travaux engagés à VALDUC.

Le 6 août à 20 h : Film débat à Dijon

Les 7 et 8 août : Jeûne-action à Dijon 10 h / 17 h 

 Stand d’information des Jeûneurs, au centre-ville de Dijon. Concours de DESSINS pour les enfants « Dessine-moi la bombe, dessine-moi la guerre, dessine-moi la paix ! » ORIGAMIS : Pliage de grues, symbole japonais de la lutte contre la bombe.

Le 7 août à 20 h 

Liaisons vidéo-conférence avec les autres groupes de jeûneurs !

Le 9 août : fin du jeûne-action à Dijon

10h / 12h : Présence des Jeûneurs, information et discussion avec le public place de la Libération à DIJON. Concours de dessins pour les enfants « Dessine-moi la bombe, dessine-moi la guerre, dessine-moi la paix ! » Origamis : Pliage de grues, symbole japonais de la lutte contre la bombe, 10 h 45 : Lectures 11 h 02 : Commémoration du bombardement de Nagasaki avec une minute de silence. Lâcher de ballons symbolisant la volonté de l’ONU et des citoyens de libérer le monde des armes atomiques. 12 h : Accueil en Mairie pour la rupture du jeûne avec collation légère, salle d’attente des mariages.

Un programme de vacances, inhabituel mais ô combien passionnant et utile !

Jeûne-Action co-organisé par Sortir du Nucléaire Côte-d’Or, le MAN 21, les Amis de la Terre 21 et le soutien du Mouvement de la Paix 21.

Amis de la Terre Côte-d’Or Jean-Marc CONVERS jeanmarc.convers@gmail.com 06 14 24 86 96

Man Côte-d’Or (Mouvement pour une Alternative Non violente) Anne-Béatrice SCHERRER 07 81 78 12 46

http://www.sortirdunucleaire.org/Jeune-Action-International-6-9-aout-2017-a-Dijon

Plus de détails sur: http://www.infos-dijon.com/news/cote-d-or/cote-d-or/cote-d-or-quatre-jours-d-actions-contre-les-armes-nucleaires.html

Août 01

DU 6 AU 9 AOÛT 2017, QUATRE JOURS POUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

6 au 9 aoûtCette année 2017 un tournant historique se profile : un Traité d’interdiction des armes nucléaires a été adopté par l’ONU le 7 juillet avec 122 pour ; 1 contre (Pays-Bas) et 1 abstention (Singapour).

Du 6 au 9 août vous êtes invités à participer à 4 jours d’action pour interpeller l’opinion publique et les médias pour que ce traité soit pris en considération en France.

Pendant ces 4 jours, de nombreuses personnes jeûneront mèneront des actions à Paris, Dijon, Montpellier, Tours, Bordeaux, Brest, Cherbourg et aussi en Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis, Togo…

Contact, information et inscription : abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr

http://vigilancehiroshimanagasaki.over-blog.com/2017/06/du-6-au-9-aout-2017-quatre-jours-pour-le-desarmement-nucleaire.html

Pour Paris : https://paris.demosphere.eu/rv/55161

Août 01

DANS LE DOUTE, LARGUEZ DES BOMBES NUCLÉAIRES SUR LA CHINE

Dans le douteLa situation actuelle, dans laquelle l’armée des USA se sent les coudées franches, connaît un précédent historique – et, comme les initiatives du général MacArthur en Corée le prouvent, c’est effarant.

L‘effondrement actuel du monde unipolaire, avec l’émergence inexorable d’un cadre multipolaire, a favorisé la montée en puissance d’une menace sous-jacente – la normalisation de l’idée de guerre nucléaire.

La dernière pièce à verser au dossier concerne un amiral américain assurant tout un chacun de sa détermination à obéir au président Trump s’il ordonnait une frappe nucléaire contre la Chine.

Ne nous inquiétons pas du fait qu’une guerre nucléaire au XXIe siècle, entre grandes puissances, serait La Dernière Guerre. Notre amiral – qui s’appelle Swift – est seulement préoccupé de minuscules détails démocratiques, par exemple que « tous les membres de l’armée des États-Unis ont juré de défendre la Constitution des USA contre tous ses ennemis extérieurs et intérieurs, et d’obéir aux officiers et au président des États-Unis en tant que commandant et chef suprême. »

Ainsi, tout tourne autour de la loyauté envers le président et au contrôle civil de l’armée – sans considération pour le risque d’incinérer d’indicibles masses desdits civils, y compris des Américains (étant donnée l’inévitable réplique chinoise).

Appelons Swift, encore lui, à la rescousse : « Ceci est la base de la démocratie américaine et chaque fois que vous avez une armée qui s’éloigne de son allégeance au contrôle civil, nous avons un problème sérieux ».

Que le porte-parole de la flotte du Pacifique des USA – Charlie Brown (un nom ad hoc ?) – soit immédiatement passé en mode de contrôle des dégâts en tournant la proposition de l’option (nucléaire) en ridicule n’a aucune importance. La question tout comme la réponse sont révélatrices.

La déstructuration mentale de MacArthur

Pour mettre en contexte ce « contrôle civil de l’armée », un retour à septembre 1950 et à la Guerre de Corée, opéré grâce à Korea: The Unknown War (Corée, la guerre inconnue), de Bruce Cumings and John Halliday est loin de pouvoir être tourné en ridicule, notamment parce que des factions actuelles du Parti de la guerre à Washington poussent à un bombardement nucléaire non pas de la Chine, mais de la Corée du Nord elle-même.

Il est central de se rappeler qu’en 1950, le président Truman avait déjà donné l’ordre de « civil à l’armée » de larguer deux bombes atomiques sur le Japon. C’était en 1945 – une première historique.

Truman était devenu vice-président en janvier 1945. FDR le traitait avec le plus profond mépris. Il n’avait pas eu connaissance du projet Manhattan. Quand FDR est mort, il avait été vice-président depuis seulement 82 jours. Il avait donc accédé à la plus haute fonction en ignorant tout des affaires internationales ou des nouvelles options militaires/nucléaires.

Truman a eu cinq ans après le bombardement du Japon pour tout apprendre, sur le terrain. L’action était désormais sur le front coréen. Avant même le débarquement amphibie à Inchon menés par le général MacArthur – le plus important depuis le débarquement de Normandie en 1944 – Truman avait autorisé MacArthur à dépasser le 38e parallèle. Il y a débat historique sur la latitude exacte qui avait été laissée à MacArthur – du moment qu’il gagnait. Parfait pour un homme qui aimait à citer Montgomery : « On ne donne jamais de directives adéquates aux généraux ».

Quoi qu’il en soit, MacArthur avait reçu un mémo secret de Truman soulignant que toutes les opérations au nord du 38e parallèle étaient autorisées, mais « seulement si les Soviétiques ou les forces communistes chinoises n’entrent pas en Corée du Nord, s’il n’y a pas n’annonce de ce type d’entrée, ni de menaces de contre-attaque militaire envers nos opérations ».

Ensuite, MacArthur avait reçu un message confidentiel du chef du Pentagone George Marshall : « Nous voulons que vous vous sentiez les coudées franches, tactiquement et stratégiquement, pour avancer au-delà du 38e parallèle. »

MacArthur continuait à avancer. Il était sûr que la Chine n’interviendrait pas en Corée : « Si les Chinois tentaient d’accéder à Pyongyang, il y aurait un massacre ». Il avait tort. Les forces américaines ont pris Pyongyang le 19 octobre 1950. Exactement le même jour, pas moins de 250 000 soldats du 13ème groupe armé de l’Armée des volontaires du peuple chinois traversaient le fleuve Yalou et entraient sur le territoire de Corée. Les renseignements américains n’avaient strictement rien décelé à propos de ce que l’historien des armées S.L.A. Marshall a ensuite décrit comme « un fantôme qui ne projette pas d’ombre ». [NdT : L’opération, très habilement menée, avait permis aux 250 000 hommes de progresser sans aucunement trahir leur présence.]

L’industrie et les infrastructures de la Corée du Nord ont été totalement détruites. Il est impossible de comprendre les actions des leaders de Pyongyang, au cours de ces dernières décennies, si l’on ne tient pas compte du poids de ces destructions humaines et matérielles dans les esprits nord-coréens.

MacArthur est ensuite devenu de plus en plus incontrôlable, allant jusqu’à appeler à un bombardement atomique de la Corée du Nord. Il devait partir. La question était de savoir comment. Les civils – Dean Acheson, Averell Harriman – était pour. Les généraux – Marshall, Bradly – étaient contre. Mais ils s’inquiétaient aussi du fait que, « Si MacArthur n’est pas relevé de son poste, nombre de nos citoyens vont accuser les autorités civiles de ne plus contrôler l’armée. »

Truman avait déjà pris sa décision. MacArthur a été remplacé par le lieutenant-général Ridgway. Mais la folie de la guerre faisait toujours rage, parce qu’elle était l’otage de la « menace » sino-soviétique de « domination mondiale communiste ». Plus de deux millions de Nord-Coréens ont été tués. Et ce que le général Curtis LeMay – un Dr Folamour grandeur nature – allait dire plus tard sur le bombardement du Vietnam « jusqu’à le faire retourner à l’âge de pierre » avait été infligé par les USA à la Corée du Nord.

L’industrie et les infrastructures de la Corée du Nord ont été totalement détruites. Il est impossible de comprendre les actions des leaders de Pyongyang, au cours de ces dernières décennies, si l’on ne tient pas compte du poids de ces destructions humaines et matérielles dans les esprits nord-coréens.

Ainsi, ce que l’amiral Swift a dit, en code, est que si l’ordre civil lui en est donné, l’armée des USA déclenchera la Troisième Guerre mondiale (ou la Quatrième Guerre mondiale, en comptant la Guerre froide), par une docile application de la doctrine de première frappe préventive du Pentagone. Ce que Swift n’a pas dit est que le président Trump a également le pouvoir de faire comme Truman, et de congédier tout déséquilibré qui aspirerait au rôle de clone de MacArthur.

Article de Pepe escobar

http://www.mondialisation.ca/dans-le-doute-larguez-des-bombes-nucleaires-sur-la-chine/5601811

Août 01

VIDÉO (2mn16s) : QUAND AREVA PAIE 2 MILLIARDS DES MINES D’URANIUM QUI NE RAPPORTENT PAS UN GRAMME

VidéoFranckie Scheun est éleveur de moutons dans le Karoo, en Afrique du Sud. Il y a une dizaine d’années, il a vu arriver des prospecteurs à la recherche d’uranium, qui lui ont acheté un lopin de terre. Mais ils se sont vite évaporés − non sans avoir revendu le terrain à un grand groupe français.

Ce grand groupe, c’est Areva, et l’histoire à peine croyable qui va suivre, c’est celle du scandale UraMin. Extrait d’un portrait d’Anne Lauvergeon réalisé par « Complément d’enquête« .

« C’est vraiment choquant »

Franckie ne reconnaît pas l’ex-patronne d’Areva sur la photo que lui montre Laure Pollez, mais il a une idée de ce que valent ces mines improductives : 10 ou 20 millions… de rands sud-africains, soit 1,3 million d’euros. Sauf que, en 2007, Areva a déboursé pour ce site et deux autres (soit les trois mines d’UraMin)… 1,8 milliard d’euros, révèle la journaliste à l’éleveur. Celui-ci est sous le choc.

L’entreprise a complètement déserté le site, qui devait lui rapporter 8 000 tonnes d’uranium par an. À ce jour, pas un gramme n’est sorti de terre… 

Extrait de « Anne Lauvergeon, l’enfant gâtée de la République », un hors-série de « Complément d’enquête ».

http://www.francetvinfo.fr/monde/afrique-du-sud/video-quand-areva-paie-2-milliards-des-mines-d-uranium-qui-ne-rapportent-pas-un-gramme_2237769.html

Juil 31

CORÉE DU NORD: L’AMBASSADRICE AMÉRICAINE À L’ONU POSE UN ULTIMATUM À PÉKIN

AmbassadriceSur Twitter, Donald Trump a accusé la Chine, alliée de Pyongyang, de ne pas faire assez pour stopper les ambitions nucléaires nord-coréennes. Son ambassadrice américaine à l’ONU, qui tente de convaincre les Chinois de sanctionner plus durement Pyongyang, estime quant à elle que le temps des discussions a assez duré. Elle pose un ultimatum à Pékin.

Avec notre correspondante à New YorkMarie Bourreau

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a prévenu : pas question de convoquer à nouveau le Conseil de sécurité de l’ONU sans résolution sanctionnant plus durement Pyongyang. « La Chine doit décider si elle souhaite enfin prendre cette mesure vitale. Le temps de la discussion est révolu », écrit-elle dans un communiqué, symbole de l’exaspération américaine sur le dossier.

Washington est en discussions depuis le 4 juillet avec Pékin sur un renforcement des sanctions contre la Corée du Nord. Les Américains souhaiteraient frapper fort avec un embargo sur le pétrole.

La Chine, qui s’était jusqu’à présent montrée très soucieuse de protéger son turbulent voisin nord-coréen, a déjà prévenu que son influence sur le régime de Kim Jong-un était désormais très limitée.

Pékin appelle les États-Unis à ne pas lier échanges commerciaux et dossier nord-coréen

Face aux pressions américaines et aux menaces de représailles militaires, Pékin pourrait finalement se laisser convaincre qu’adopter de nouvelles sanctions est la moins mauvaise des solutions.

Ce lundi, la Chine a d’ailleurs appelé les États-Unis à pas lier le dossier du nucléaire nord-coréen aux discussions sur le commerce entre les deux puissances. « Nous estimons que le problème du nucléaire nord-coréen et les échanges commerciaux sino-américains sont deux sujets distincts, appartenant à des domaines complètement différents » et qui « ne doivent pas être discutés conjointement », a affirmé le vice-ministre chinois du Commerce, Qian Keming, à l’occasion d’une conférence de presse.

http://www.rfi.fr/ameriques/20170731-missiles-nord-coreens-patience-washington-chine-limites

 

Juil 31

L’ARMÉE AMÉRICAINE DÉCLARE QUE « LE TEMPS EST COMPTÉ » AVANT LA GUERRE AVEC LA CORÉE DU NORD

armée américaineDes déclarations menaçantes au cours des dernières 48 heures par les principaux commandants militaires américains soulignent à quel point le monde est au bord d’une guerre dévastatrice sur la péninsule coréenne qui, pour la première fois depuis 1945, pourrait impliquer l’utilisation d’armes nucléaires.

Le prétexte de la propagande pour la guerre est l’affirmation de l’impérialisme américain et de ses alliés selon laquelle le régime nord-coréen isolé serait sur le point de développer un missile balistique intercontinental (ICBM) à tête nucléaire capable de détruire les grandes villes du continent américain.

Le général Mark Milley, le chef d’état-major de l’armée, a déclaré hier à une conférence au National Press Club à Washington : « La guerre dans la péninsule coréenne serait terrible, mais une arme nucléaire qui exploserait à Los Angeles serait terrible. »

En faisant référence aux préparatifs d’une attaque préventive des États-Unis, Milley a déclaré que « le temps est compté » pour une « solution non militaire » aux exigences des États-Unis que la Corée du Nord mette fin à ses programmes d’armes nucléaires et de missiles. Le gouvernement Trump, a-t-il déclaré, est « arrivé à un tournant où [le] choix devrait être tranché d’une manière ou d’une autre ».

Le général s’est réjoui du fait que les États-Unis « détruiraient complètement l’armée nord-coréenne ». Il y aurait « un coût élevé en termes de vie humaine, en termes d’infrastructure ».

Les déclarations de Milley suivent celles faites le week-end dernier par le général Joseph Dunford, président des chefs de l’état-major de l’armée. Il a déclaré à un forum de sécurité qu’une guerre avec la Corée du Nord n’était « pas inimaginable ». En essayant d’imaginer les conséquences, il a déclaré qu’une guerre entraînerait « une perte de vie contraire à celle que nous avons vécue dans notre vie ». Dunford a insisté sur le fait que les « négociations » auraient lieu seulement pour « quelques mois encore ».

Ignoré par les médias de l’establishment, qui ont rapporté en toute hâte de telles affirmations, il y a pourtant la question évidente de savoir pourquoi la Corée du Nord – un état économiquement arriéré avec un produit intérieur brut de seulement 25 milliards de dollars – risquerait d’être anéantie dans une guerre par la plus grande puissance militaire de la planète.

Le régime nord-coréen à Pyongyang dirigé par Kim Jong-un est sans aucun doute une dictature brutale et réactionnaire, mais il n’est pas irrationnel. Ses hauts responsables ont déclaré à maintes reprises que leur refus de mettre fin aux programmes d’armement est une réponse à ce qui est arrivé en Irak et en Libye après que les gouvernements de ces pays se sont soumis aux diktats américains.

L’Irak a été envahi en 2003 et ses principaux dirigeants, et des centaines de milliers de citoyens ont été massacrés. La Libye a été plongée dans une guerre civile instiguée par l’impérialisme en 2011, qui a servi à justifier un bombardement massif dirigé par les États-Unis qui a tué des milliers de civils. Son chef, Muammar Kadhafi, a été assassiné par une bande de lyncheurs islamistes.

Le peuple coréen connaît très bien le carnage que l’impérialisme américain peut et va infliger dans la poursuite de ses objectifs géostratégiques. Le jour où Milley a fait ses déclarations, le 27 juillet, était le 64 anniversaire de la fin de la guerre de Corée (1950-1953). L’estimation la plus prudente est que trois millions de personnes y furent tuées ou blessées, dont deux millions dans ce qui est maintenant la Corée du Nord.

Le bombardement aérien américain du Nord fut meurtrier. L’armée de l’Air des États-Unis a noté dans une évaluation : « Dix-huit des vingt-deux grandes villes de Corée du Nord avaient été au moins à moitié effacées ». Le général américain Curtis LeMay rappela plus tard : « Nous avons incinéré à peu près toutes les villes de Corée du Nord et de Corée du Sud. Nous avons éliminé plus d’un million de Coréens civils et en avons chassé plusieurs millions de plus de leurs foyers. » À la fin du conflit, les pilotes auraient largué leurs bombes en mer, car il ne leur restait plus de bâtiments à raser.

L’impérialisme américain n’a jamais accepté le résultat de la guerre de Corée, qui a laissé la Corée du Nord intacte comme tampon entre les forces militaires américaines en Corée du Sud et la Chine et la Russie qui bordent la péninsule. Après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, qui était le principal partenaire économique de la Corée du Nord, les gouvernements américains successifs ont poursuivi la politique à peine dissimulée de changement de régime à Pyongyang. L’objectif est d’intégrer le Nord dans la Corée du Sud et de modifier fondamentalement l’équilibre stratégique des forces en Asie du Nord-Est.

La rhétorique et les menaces de guerre contre le programme nucléaire de Corée du Nord se déroulent dans le contexte d’antagonismes croissants entre les États-Unis et la Chine. La Chine est considérée à Washington comme un rival inacceptable de la domination américaine en raison de son ascension au rang de deuxième économie mondiale et de son influence stratégique croissante. La plus grande peur dans les milieux dominants américains est que la logique de l’intégration économique mondiale aboutisse à un partenariat géopolitique qui se consoliderait à travers la vaste masse continentale eurasienne, impliquant le bloc européen dominé par l’Allemagne, la Russie et la Chine, et finalement attirant le Japon et d’autres alliés clés des américains en Asie.

La stratégie impérialiste des États-Unis, dans toutes les parties du monde, est motivée par la volonté de perturber ce processus et de l’empêcher de devenir une réalité. La menace de guerre avec la Corée du Nord est une perturbation d’une ampleur immense. La Chine et la Russie ont rejeté les tentatives menées par les États-Unis de soumettre la Corée du Nord à l’isolement économique complet et se sont opposés à toute action militaire sur la péninsule. Il y a des informations indiquant des déploiements militaires majeurs chinois sur sa frontière coréenne. Des rencontres entre des avions chinois ou russes avec des aéronefs américains ou japonais se produisent quotidiennement. Les alliés des Américains en Europe et en Asie, même s’ils cherchent des relations commerciales plus étroites avec la Chine, sont soumis à des pressions pour s’aligner sur Washington.

La situation est rendue encore plus volatile et dangereuse par la nature assiégée de la présidence de Trump. Le gouvernement s’engouffre dans les combats internes et la tourmente ayant trait aux enquêtes en cours selon les affirmations des agences de renseignement que Trump a remporté l’élection grâce à « l’ingérence » russe. Il n’est pas à exclure que le gouvernement Trump réagisse à sa propre crise en tentant de détourner les tensions vers l’extérieur en lançant une guerre majeure.

L’armée américaine pense que cela est tout à fait possible. D’où ce qui est présenté comme sa réaction à un tweet de Trump hier matin, qui se lisait comme suit : « Après avoir consulté mes généraux et les experts militaires, soyez informé que le gouvernement des États-Unis n’acceptera ni ne permettra ».

Pendant neuf minutes, avant que Trump n’ait envoyé la deuxième partie du message déclarant l’interdiction du service militaire aux personnes transgenres, le Pentagone aurait cru que le président allait annoncer le début des hostilités via Twitter. Si cela est vrai, il n’est pas difficile d’imaginer les appels téléphoniques passés aux commandants militaires américains en Corée du Sud, au Japon et dans le monde entier. On peut supposer que les armées nord-coréennes, chinoises et russes étaient également sur la corde raide.

Depuis presque une décennie, l’armée américaine a activement planifié et préparé une guerre avec la Chine, qui pourrait être déclenchée par une attaque contre la Corée du Nord et une escalade rapide. Interrogé hier en Australie pour savoir s’il lancerait des armes nucléaires contre la Chine si Trump l’ordonnait, l’amiral Scott Swift, le commandant de la septième flotte des États-Unis, a répondu franchement : « La réponse serait oui. »

Article de James Cogan

Article paru en anglais, WSWS, le 28 juillet 2017

http://www.mondialisation.ca/larmee-americaine-declare-que-le-temps-est-compte-avant-la-guerre-avec-la-coree-du-nord/5601542

La source originale de cet article est wsws.org

Copyright © James Cogan, wsws.org, 2017

 

Juil 31

LA POPULATION NORD-CORÉENNE OTAGE DU CONFLIT NUCLÉAIRE

Corée famineLa sécheresse accentue la crise alimentaire en Corée du Nord. La communauté internationale rechigne à venir en aide au pays ermite, accusé d’ignorer les besoins de sa population pour mieux développer son programme nucléaire.

La nouvelle crise alimentaire qui s’annonce en République populaire démocratique de Corée (RPDC), due à la plus grave sécheresse en seize ans, aura peu de conséquences politiques intérieures sinon celle d’aggraver les souffrances de la population dont les rations alimentaires viennent d’être réduites de 400 grammes d’équivalents céréales à 300 g par jour (soit la moitié du minimum fixé par le Programme alimentaire mondial, PAM). Elle aura en revanche un écho international: relancer le débat sur l’assistance alimentaire à un pays sanctionné par les Nations unies.

Selon les estimations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les récoltes pourraient chuter cette année de 30% en raison de précipitations bien inférieures à la moyenne au cours de la période avril-juin. Les provinces de Pyongan du Nord et du Sud ainsi que celle de Hwanghae, considérées comme le «grenier à riz» du pays, sont durement touchées, estime la FAO dans un rapport, publié le 19 juillet, auquel ont participé des experts de Centre commun de recherche de la Commission européenne et des ONG européennes qui se sont rendues dans les régions affectées.

Crise alimentaire chronique

Cette chute de la production des denrées de base (riz, maïs, soja), conjuguée à la rareté de l’herbe pour le bétail, entraîne une grave détérioration de la situation alimentaire. Selon la FAO, en 2017, la RPDC devra importer 458 000 tonnes de céréales. Estimant que le volume des importations officielles se situe à 200 000 tonnes, il reste à trouver 258 000 tonnes pour éviter que les couches les plus vulnérables de la population ne soient trop durement affectées, selon l’organisation onusienne.

La RPDC souffre d’une crise alimentaire chronique depuis la famine du milieu des années 1990, qui fit de 600 000 à un million de morts (sur 24 millions d’habitants). Près de vingt ans après cette catastrophe, le PAM estime que 2 personnes sur 5 souffrent encore de sous-alimentation. L’organisation fournit une assistance à un tiers de la population. En 2016, les récoltes se sont chiffrées à 4,8 millions de tonnes, soit une croissance de 7% par rapport à 2015, mais inférieures de 700 000 tonnes aux besoins du pays.

L’agriculture nord-coréenne particulièrement vulnérable

Les organismes des Nations unies ont de plus en plus de difficultés à financer leurs projets en RPDC. Bien que l’aide alimentaire internationale ne soit pas liée, en principe, à la situation politique du pays concerné, son image négative n’incite guère les pays donateurs à la générosité. Les plus récalcitrants font valoir que l’aide internationale encourage le régime à ignorer les besoins de sa population pour consacrer ses ressources à ses ambitions nucléaires et amoindrit l’effet des sanctions.

En dépit d’un redressement de la situation économique générale, l’agriculture nord-coréenne demeure un secteur vulnérable. Dans un pays montagneux où seulement 30% des terres sont arables et qui connaît des hivers sibériens et des étés torrides, l’agriculture a toujours été l’objet d’une attention particulière du régime: les réformes de ces dernières années, destinées à accroître la production par des incitations matérielles, ont été appliquées en priorité dans le domaine agricole.

Dilemme pour la communauté internationale

Des progrès ont été réalisés en matière d’irrigation, de mécanisation, d’élevage et de production d’engrais. L’effort humain dans les campagnes reste immense, mais les terres sont souvent dégradées par une exploitation intensive. La RPDC est également à la merci des intempéries qui rompent un équilibre précaire. Dans le passé, l’aide humanitaire internationale et l’assistance de la Chine, dont le volume n’est pas connu, ont permis au pays de surmonter tant bien que mal les épreuves.

Compte tenu du redémarrage de l’économie, la RPDC a sans doute les moyens d’augmenter ses importations alimentaires. Le fera-t-elle? Pour la communauté internationale, se pose une nouvelle fois le dilemme: venir ou non en aide à une population en difficulté, victime de sanctions imposées au pays, qui freinent l’action humanitaire sans changer les orientations du pouvoir.

https://www.letemps.ch/monde/2017/07/30/population-nordcoreenne-lotage-conflit-nucleaire

Juil 31

MACRON FACE À LA NOUVELLE GUERRE FROIDE AMÉRICAINE (CONSORTIUM NEWS)

MacronLe président français, Emmanuel Macron, s’est positionné comme un éventuel arbitre pour faciliter une réduction des tensions entre les États-Unis et la Russie, une démarche qui a du sens pour la France, mais qui peut provoquer les faucons officiels de Washington qui veulent intensifier la nouvelle guerre froide.

Quelques extraits de l’interview de Diana Johnstone (DJ) par Dennis Bernstein (DB) :

DJ :…Essayer de criminaliser et d’interdire tout contact à un niveau plus ou moins officiel avec les Russes va au-delà de la pratique diplomatique traditionnelle, même en temps de guerre. Je pense que le problème à Washington est qu’il y sévit un véritable Parti de la Guerre prêt à aller jusqu’à la guerre nucléaire pour empêcher que la Russie puisse mettre en question l’hégémonie américaine…

DB : Vous écrivez dans le livre : ’Théoriser sur la guerre nucléaire était une sorte d’exercice de virtuose dans la création d’un monde imaginaire dans lequel toutes les déclarations doivent être cohérentes les unes avec les autres, mais rien ne doit être cohérent avec la réalité, car il n’y avait aucune réalité pour les valider’.

DJ : C’est la description par mon père de ce qu’ils faisaient. Il en était évidemment plus conscient que la plupart de ses collègues. Il connaissait bien Paul Nitze qu’il trouvait personnellement sympathique. Mais il ne comprenait pas comment une personne aussi cultivée que Nitze pouvait être si aveugle sur l’Union soviétique, en pensant qu’ils voulaient sans cesse nous attaquer.

Aujourd’hui, nous voyons la même mentalité, des gens apparemment intelligents qui sont totalement paranoïaques envers la Russie. Vous savez, le mouvement contre la guerre pensait avoir appris quelque chose du Vietnam, mais c’est le Parti de la Guerre qui a appris à bien contrôler l’opposition. Aujourd’hui il n’y a plus d’opposition sérieuse à la guerre.

DB : Un des points importants soulignés dans votre livre est que, quoiqu’en disent les analystes, une guerre nucléaire entraîne une destruction mutuelle.

DJ : Parfois, les analystes l’ont reconnu dans le passé mais la planification continue. C’est de la folie. L’irréalisme de ce qui se passe au Pentagone trouve sa contrepartie dans à l’irréalisme que l’on constate maintenant dans les milieux dirigeants à Washington. Il y a la folie de la planification de guerre au Pentagone : ’Nous avons ces nouvelles armes merveilleuses, maintenant décidons comment les utiliser’. Et en même temps, une folie croissante a pris possession de la classe politique qui dit : ’Ouais, génial, on y va !’

C’est une situation incroyablement dangereuse et les gens semblent endormis. Nous avons vu des milliers de femmes dans les rues pour protester contre une remarque que Trump avait faite il y a onze ans, mais on ne dit rien pour empêcher que le monde n’explose d’une minute à l’autre. Il me semble qu’il y a une absence de priorités aux États-Unis chez ceux qui gardent un peu de santé morale.

DB : La première partie de votre livre est intitulée ’The World of Target Planning’.

DJ : Cela a commencé dans la Deuxième Guerre mondiale. A l’origine de sa carrière, mon père travaillait au ministère de l’Agriculture avec Henry Wallace, c’était le cœur du New Deal, ce qui comptait était d’aider les gens à vivre bien dans la paix. Après 1941, Wallace et mon père se trouvaient dans la guerre économique contre l’ennemi. Le pays n’en est jamais sorti.

La religion des États-Unis est devenue la destruction totale de l’ennemi. Avec nous, c’est toujours la capitulation inconditionnelle. Il ne suffit pas de vaincre un ennemi, il faut le détruire. Ceci est étroitement lié à la possession d’armes nucléaires, à l’idée de destruction totale plutôt qu’à une simple défaite. Ça fait partie de l’extrême arrogance intégrée dans la culture américaine : nous ne devons jamais perdre, nous devons toujours gagner. […]

Des études très importantes sur les bombardements stratégiques au cours de la Seconde Guerre mondiale ont conclu que ce n’était pas le bombardement stratégique qui a gagné la guerre. Cependant, ce mythe a été perpétué jusqu’à nos jours, que le bombardement stratégique gagne des guerres. Cela continue parce que l’armée de l’air a besoin de beaucoup d’argent pour continuer son business…

…Tout cela semblait diminuer un peu avec la reconnaissance de la notion de « destruction mutuelle assurée ». Le problème est que, depuis l’effondrement de l’Union soviétique, l’arrogance des États-Unis – qui a fait que Truman, par exemple, décide de larguer la bombe atomique sur le Japon après que le Japon ait déjà été vaincu – est de retour, de plus en plus radicale.

Lorsque Poutine, en 2007, a déclaré qu’il voulait un monde multipolaire plutôt qu’un monde unipolaire, alors la Russie et Poutine sont devenus l’ennemi. De plus, nous avons Dieu et le dollar de notre côté et nous pouvons faire n’importe quoi. Au cours de la guerre froide, il y avait une certaine prudence au sommet, chez Eisenhower et Kennedy. Aujourd’hui, toute prudence s’est évaporée. Quelqu’un comme Steven Cohen, par exemple, un authentique expert sur la Russie, est effectivement marginalisé parce qu’il n’est pas sur la ligne antirusse. Quand le Président élu semble vouloir faire la paix avec Poutine, il est traité par les médias, les services de renseignement et même des membres de son propre parti comme un traitre en puissance…

Pour lire l’intégralité de l’article, cliquer sur :

https://www.legrandsoir.info/macron-face-a-la-nouvelle-guerre-froide-americaine-consortium-news.html

Traduction VD pour Le Grand Soir, révisée et légèrement amendée par l’interviewée.

Juil 30

JUSQU’OÙ IRA L’ESCALADE EN CORÉE DU NORD ?

CoréeLe scénario semble immuable : tir d’essai de missile nord-coréen (le dernier est allé s’abîmer vendredi en mer du Japon), déclaration triomphale du leadeur communiste Kim Jong-un proclamant cette fois que « tout le territoire américain est à portée de tir n’importe où, n’importe quand », et condamnation unanime (mais avec des variantes selon les pays) de la communauté internationale… Sauf qu’il existe désormais une inconnue de taille qui rend palpable la montée de la tension internationale : la réaction de Donald Trump.

Depuis qu’il a pris ses fonctions, on sait que le nouveau président américain est aussi imprévisible que son prédécesseur à la Maison-Blanche, Barack Obama, s’était montré d’une constante passivité devant les provocations de Pyongyang. Le ton des Etats-Unis s’est en tout cas durci. Trump a qualifié d’action « imprudente et dangereuse » les essais nord-coréens. Et hier, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a estimé qu’« en tant que soutien économique du programme nucléaire balistique de la Corée du Nord, la Chine et la Russie portent une responsabilité unique et spéciale dans l’augmentation de la menace pour la stabilité régionale et globale ».

Pour la première fois depuis longtemps, des représailles militaires sont ouvertement exprimées par les Américains, qui avaient déjà fait mine en mai d’envoyer sur zone une armada. Les États-Unis et la Corée du Sud ont entrepris un exercice militaire avec missiles à l’appui… Et tous les risques de dérapage que cela comporte.

L’« assurance vie » de Pyongyang

« Le pôle de tension mondiale est en train de se déplacer vers l’Extrême-Orient », relève Juliette Morillot*. Pour cette spécialiste de la péninsule coréenne, « il faut arrêter de considérer les Nord-Coréens comme des fous. Ils sont au contraire d’une très grande rationalité et il est contre-productif de les diaboliser ». Depuis la guerre de Corée en 1950, où les Américains ont été tout près d’utiliser l’arme nucléaire pour en finir avec les communistes nord-coréens, ces derniers sont obsédés par leur sécurité. « Or ils se sentent de plus en plus menacés, explique Juliette Morillot. Leur armée étant aujourd’hui jugée dépassée, ils considèrent donc l’arme nucléaire comme leur assurance vie. »

Même si tous les pays plus ou moins proches de la péninsule coréenne (Chine, Japon, Russie) se satisfont de la partition de la Corée entre le Sud et le Nord, la situation pourrait vite dégénérer. L’armistice du 27 juillet 1953 n’a jamais été signé par la Corée du Sud et aucun traité de paix n’a par ailleurs été ratifié. Techniquement, les pays sont donc toujours en guerre. Ce qui donne un certain relief à l’escalade actuelle.

* Coauteur de « la Corée du Nord en 100 questions », Ed. Tallandier, 384 p., 15,90 €.

Article de Philippe Martinat

http://www.leparisien.fr/international/jusqu-ou-ira-l-escalade-en-coree-du-nord-30-07-2017-7165560.php

Juil 30

DES PASSAGERS D’UN AVION PEUT-ÊTRE EXPOSÉS À UN COLIS RADIOACTIF INSUFFISAMMENT PROTÉGÉ

avionLes passagers d’un vol du 13 juillet reliant Le Caire à Bruxelles via Zurich ont pu être soumis à un faible rayonnement radioactif malgré eux. L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a analysé les faits, indique-t-elle dans un communiqué sur son site.

Un niveau de radiation qui dépassait les limites définies.

Mardi dernier, l’entreprise NTP Radio-isotopes (Europe) S.A., basée à Fleurus et spécialisée dans la production de sources radioactives, a réceptionné un colis contenant une source radioactive usée, en provenance d’Égypte. Ce paquet, transporté depuis Le Caire via Zurich est arrivé en Belgique par l’aéroport de Zaventem.

Lorsque le colis a été vérifié, il est apparu que son niveau de radiation dépassait les limites prévues par le règlement sur le transport de matières radioactives. L’entreprise a alors protégé le paquet et prévenu l’AFCN.

Le colis a ensuite été ouvert dans une cellule blindée. Des inspecteurs de l’AFCN ont mesuré le niveau de radiation aux alentours du colis. Celui-ci dépassait effectivement la limite de 2 millisievert (mSv) par heure. De plus, l’expéditeur n’avait pas étiqueté et marqué correctement le colis. Il n’avait pas non plus vérifié son niveau de radiation.

Aucun risque de contamination par personne

L’AFCN s’est chargée d’analyser la localisation du colis et des personnes durant le transport, précise-t-elle, afin de déterminer « le débit de dose auquel les passagers auraient pu être exposés« .

Il ressort de ces analyses que la dose maximale à laquelle un passager se situant directement au-dessus du colis s’élève à 6,6 mSv pour le premier vol (Le Caire-Zurich) et à 3,1 mSv pour le second (Zurich-Bruxelles). « La limite de dose pour les personnes du public est fixée à 1 mSv par an, en sachant qu’une personne vivant en Belgique reçoit en moyenne une dose de 2,8 mSv par an suite à l’exposition aux rayonnements ionisants d’origine naturelles« , poursuit l’AFCN. Celle-ci indique à titre de comparaison que la dose moyenne reçue lors d’un CT scan de l’abdomen est de 8mSv.

« Une exposition unique telle que rencontrée lors de cet incident ne représente pas une augmentation significative du risque sanitaire pour les personnes exposées« , conclut-elle. « Il n’existe par ailleurs aucun risque de contamination radioactive de ces personnes. Elles ne sont donc pas non plus elles-mêmes radioactives.

L’expéditeur du colis a été informé du non-respect du règlement sur le transport des matières radioactives. « Les différentes autorités de sûreté concernées continuent à surveiller cet incident et à prendre les mesures nécessaires afin que cela ne se reproduise plus à l’avenir.« 

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_des-passagers-d-un-avion-peut-etre-exposes-a-un-colis-radioactif-insuffisamment-protege?id=9671780

NDLR: dans le titre de l’article, la mention « peut-être » n’a pas lieu d’être puisque l’exposition est certaine même si les risques sont discutables. Dans le cas présent, la « norme » de 1 mSv par an a été largement dépassée sans aucun bénéfice pour les personnes irradiées ce qui n’est pas le cas d’un examen radiologique pour lequel le « bénéfice/risque » doit être estimé avant l’examen.

Juil 30

PÉTITION : DITES AU GOUVERNEMENT JAPONAIS DE BLOQUER LE DÉVERSEMENT D’EAUX USÉES RADIOACTIVES DANS L’OCÉAN

FukuLa catastrophe de Fukushima n’est toujours pas terminée.

Des dizaines de milliers de personnes ont perdu la vie. Des centaines de milliers ont été évacuées. L’environnement est dévasté par les radiations. Et maintenant Tepco veut déverser des centaines de milliers de tonnes d’eaux usées radioactives dans l’océan Pacifique

Tepco, c’est le géant de l’énergie qui n’a pas respecté les normes de sécurité les plus élémentaires à la centrale de Fukushima Daiichi. Ce manquement à ses obligations a mené à la défaillance des génératrices d’urgence lorsque le tsunami a frappé en 2011.

Il va sans dire que les répercussions qu’aurait le fait de déverser encore plus de déchets nucléaires dans l’écosystème marin seraient catastrophiques.

Néanmoins, il n’est pas trop tard pour empêcher l’écocide imminent : le gouvernement japonais doit encore donner le feu vert à Tepco.

La population locale maintient déjà le gouvernement japonais sous pression depuis la catastrophe de Fukushima. Aujourd’hui, avec le soutien du monde entier, nous pouvons contribuer à braquer les projecteurs sur ces dangereux plans de Tepco et implorer le gouvernement de dire non.

Dites au ministre de l’Environnement japonais Koichi Yamamoto de protéger nos océans en bloquant ce déversement d’eaux usées radioactives !

Le sort d’écosystèmes marins fragiles est en jeu. Depuis la catastrophe de Fukushima, la contamination de la chaîne alimentaire locale ne cesse de causer des dommages. On y trouve toujours 40% d’espèces impropres à la consommation selon les normes japonaises, déjà rabaissées depuis la catastrophe.

Chaque jour, 300 tonnes d’eau passent à travers les réacteurs de Fukushima pour les refroidir. Elles amassent sur leur chemin une foule de matériaux radioactifs.

Alors qu’on peut décontaminer l’eau de certaines substances, on ne peut en retirer le tritium, une forme radioactive d’hydrogène. Il s’accumule donc, produisant des millions de tonnes d’eaux usées hautement radioactives.

Les pêcheurs exploitant les eaux à proximité de la centrale soutiennent que le déversement de matériaux radioactifs, aussi dilués soient-ils, serait dévastateur pour leur industrie, qui peine à se remettre de la catastrophe nucléaire initiale.

Et maintenant Tepco prévoit déverser cette eau super-lourde en éléments radioactifs dans l’océan.

Nous ne pouvons permettre qu’un géant de l’énergie partiellement responsable pour la plus grande catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl continue de détruire l’écosystème du Pacifique et les vies qui en dépendent.

Cliquez ici pour signer la pétition adressée au ministre de l’Environnement Koichi Yamamoto et lui demander d’empêcher cet énorme déversement radioactif!

Ensemble, nous faisons preuve de solidarité à l’égard des collectivités qui, partout à travers le monde, sont confrontées aux répercussions les plus néfastes des risques pris par les multinationales.

Que ce soit en nous tenant aux côtés des Premières Nations qui combattent les oléoducs au Canada, aux côtés des Péruviens et Péruviennes qui défendent leur environnement en tenant tête aux compagnies minières ou aux côtés des personnes qui travaillent sur les plantations d’huile de palme en Indonésie et en Malaisie, nous passons à l’action pour amplifier leurs luttes.

La population, l’économie et les écosystèmes de Fukushima ont déjà trop souffert! Aujourd’hui, faites preuve de solidarité et tenez-vous aux côtés de la population de Fukushima pour dire non au déversement de déchets radioactifs dans ses eaux.

Merci pour tout ce que vous faites,
Fatah, Nabil, Marie et le reste de l’équipe SumOfUs 

https://actions.sumofus.org/a/le-japon-s-apprete-a-donner-le-feu-vert-pour-que-des-tonnes-d-eau-radioactive-soient-deversees-dans-l-ocean-pacifique/?akid=33004.8812277.9BFPtB&rd=1&source=fwd&t=3

Juil 29

L’IRAN DIT POURSUIVRE SON PROGRAMME BALISTIQUE ET CONDAMNE LES NOUVELLES SANCTIONS

IRANL’Iran a condamné samedi les nouvelles sanctions adoptées par le Congrès américain en affirmant qu’il allait poursuivre « avec toutes ses forces » son programme balistique, alors qu’un nouvel incident a opposé navires américains et bateaux iraniens dans le Golfe.

« Nous allons continuer avec toutes nos forces notre programme balistique« , a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi, à la télévision d’État. « Notre politique dans le domaine militaire et balistique (…) concerne nos affaires intérieures. Les autres pays n’ont pas le droit de s’y ingérer. »

« Nous condamnons l’action hostile et inacceptable » des États-Unis, a-t-il ajouté en référence aux nouvelles sanctions votées par le Congrès que le président Donald Trump doit encore signer.

Deux jours après la Chambre des représentants, le Sénat a adopté jeudi à la quasi-unanimité (98 voix contre deux) un projet de loi pour imposer des sanctions contre la Russie, l’Iran et la Corée du Nord.

Dans le cas iranien, ces sanctions concernent son programme balistique, les droits de l’Homme et le soutien de Téhéran à des groupes comme le Hezbollah libanais qualifiés de « terroristes » par les États-Unis.

Pour M. Ghassemi, cette « loi concerne les sanctions non-nucléaires (…) mais vise à affaiblir l’accord nucléaire » conclu le 14 juillet 2015 à Vienne entre l’Iran et les grandes puissances, dont les États-Unis.

Appels occidentaux

La réaction iranienne intervient alors que les États-Unis et leurs alliés européens ont nettement haussé le ton vendredi contre l’Iran, en sommant Téhéran de cesser ses tirs de missiles balistiques, au lendemain d’un essai de lanceur de satellites par la République islamique.

Dans un contexte de fortes tensions américano-iraniennes depuis l’arrivée au pouvoir de M. Trump, le Trésor américain a également imposé de nouvelles sanctions contre ce programme.

Dans un communiqué diffusé par le département d’État, Washington, Paris, Londres et Berlin ont « condamné » le test iranien, jeudi, d’un lanceur de satellites et appelé Téhéran à « ne plus procéder à d’autres lancements de missiles balistiques« .

Aux yeux des Américains et des Européens, ce programme balistique « reste incompatible avec la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU (votée en 2015 après l’accord nucléaire) et a un impact déstabilisateur dans la région« .

Mais cette résolution « appelle (aussi) l’Iran à ne pas entreprendre d’activités liées à des missiles balistiques et capables de porter des armes nucléaires« .

L’Iran rejette ces accusations en affirmant que ses missiles ne sont « pas conçus » pour porter des charges nucléaires et que le pays n’a pas l’intention de produire des bombes atomiques, comme l’a encore affirmé le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif vendredi en réponse à Washington.

Malgré sa promesse électorale de « déchirer » l’accord nucléaire, Donald Trump respecte jusqu’à présent ce texte historique, succès diplomatique de son prédécesseur Barack Obama et percée en matière de multilatéralisme et de non-prolifération.

Il est cependant loin d’être certain que l’administration américaine continuera tous les trois mois de « certifier » que l’Iran respecte bien l’accord et poursuivra la levée de sanctions économiques liées au programme nucléaire.

Pour les Européens, les deux dossiers – nucléaire et balistique – doivent être traités de manière distincte.

Incidents dans le Golfe

Dans ce contexte tendu, un nouvel incident a opposé vendredi après-midi des navires américains et des bateaux iraniens dans le Golfe, après un précédent mardi, selon un communiqué des Gardiens de la révolution publié sur leur site officiel.

Selon le communiqué, l’incident s’est produit entre le porte-avions Nimitz et les navires l’accompagnant d’un côté, et des frégates iraniennes équipées de missiles de l’autre.

Le texte dénonce l’attitude « provocatrice et non professionnelle des Américains« , qui « ont lancé des avertissements, notamment des fusées éclairantes en direction des frégates iraniennes« .

Mardi, un patrouilleur de la marine américaine a tiré des coups de semonce contre un vaisseau iranien des Gardiens de la révolution islamique, qui s’était approché à moins de 140 mètres, avait indiqué un responsable américain de la Défense.

Les incidents se sont multipliés ces derniers mois entre bateaux américains et vaisseaux iraniens dans le Golfe.

http://www.lepoint.fr/monde/l-iran-dit-poursuivre-son-programme-balistique-condamne-les-nouvelles-sanctions-29-07-2017-2146744_24.php

Juil 29

DERRIÈRE LE NUCLÉAIRE ET SES MISSILES, QUE VEUT VRAIMENT LA CORÉE DU NORD ?

Corée du nordLa Corée du Nord a effectué vendredi 28 juillet un nouveau test de missile balistique, le second après celui du 4 juillet dernier, capable d’atteindre l’Alaska et bientôt la côte ouest des États-Unis

Derrière cette stratégie de dissuasion nucléaire lancée en 2006 avec son premier essai nucléaire souterrain (cinq jusqu’à présent) et des dizaines de tests de missiles, quel est l’objectif de Pyongyang ?

Imprévisible Corée du Nord.

Experts scientifiques et du renseignement américains avaient prédit un nouveau tir de missile pour le 27 juillet, date de la signature de l’armistice mettant fin à la guerre de Corée en 1953. Fidèle à sa longue stratégie inspirée de la guérilla, l’effet de surprise, la Corée du Nord n’est jamais là où et quand on l’attend. Son nouveau tir de missile vendredi 28 juillet, le prouve une nouvelle fois.

Elle avait certes promis au lendemain de son premier tir de missile intercontinental capable de toucher l’Alaska le 4 juillet dernier qu’elle continuerait « d’offrir des petits cadeaux » aux États-Unis mais sans jamais préciser quand. De nombreux observateurs, surtout américains, ont longtemps présenté cette « imprévisibilité » comme de « l’irrationalité » mais il n’y a rien de plus cohérent et sensé que la stratégie appliquée par la Corée du Nord depuis plusieurs décennies.

« Le nucléaire nord-coréen est l’assurance-vie du régime de Pyongyang »

« Les programmes nucléaires et de missiles balistiques de la Corée du Nord sont l’assurance-vie du régime de Pyongyang » explique d’emblée Juliette Morillot, historienne et spécialiste des deux Corées. Et de poursuivre en précisant que « le pays poursuit depuis des années une politique alternant détente (accords économiques ou négociations) et provocations (rhétorique virulente, tests nucléaires, lancements de missiles) afin de garantir l’indépendance du pays et la pérennité du régime ». (1) Ainsi tous ses programmes militaires lancés depuis des décennies avec l’aide de l’URSS dans les années 1970 ou de la Chine ces dernières années visent à maîtriser une dissuasion qui la protégera de ce qu’elle perçoit comme une menace : « la présence de 30 000 soldats américains en Corée du Sud et de 50 000 au Japon, prêts à envahir la Corée du Nord ».

À lire : « Le problème vient de la méconnaissance que l’on a de la Corée du Nord » <http://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Juliette-Morillot-Le-probleme-vient-dune-meconnaissance-lon-pays-2017-07-04-1200860366>

Ainsi dans cette logique de dissuasion, Pyongyang ne franchira jamais la ligne rouge d’une attaque frontale contre le Sud, le Japon ou même les États-Unis. Elle répète clairement qu’elle ne frappera pas mais répondra à toute attaque étrangère sur son territoire. « Le problème n’est pas l’adversaire irrationnel, mais plutôt l’ennemi parfaitement rationnel qui cherche avec détermination et une grande rationalité à atteindre des objectifs qui nous semblent parfaitement irrationnels » explique Bruno Tertrais de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), dans un rapport sur la dissuasion. Alors que veut vraiment la Corée du Nord ?

Pyongyang veut dialoguer directement avec Washington

«Avide de reconnaissance, la République populaire démocratique de Corée veut un dialogue bilatéral avec Washington, explique encore Juliette Morillot, hors du cadre prévu par l’armistice de 1953, donc sans la Corée du Sud». Clairement, Pyongyang souhaite une reconnaissance diplomatique avec Washington, la signature d’un traité de paix sur la péninsule, une assurance de pouvoir poursuivre son programme nucléaire et enfin la signature d’un pacte de non-agression avec les États-Unis.

Autant de demandes qui semblent aujourd’hui impossibles à satisfaire alors que les tensions n’ont cessé de monter depuis l’arrivée à la Maison-Blanche du nouveau président américain Donald Trump et les progrès technologiques majeurs de la Corée du Nord. Fin juillet, les meilleurs spécialistes américains du renseignement ont révélé que la Corée du Nord serait en mesure de lancer un missile balistique intercontinental à tête nucléaire en… 2018.

(1) Article de Dorian Malovic , auteure de « La Corée du Nord en 100 questions » Éditions Tallandier, 380 p., 15,90 €, réactualisé à l’été 2017.

http://www.la-croix.com/Monde/Asie-et-Oceanie/Derriere-nucleaire-missiles-veut-vraiment-Coree-Nord-2017-07-28-1200866311

 

Juil 29

FUITE EN AVANT DE LA RECAPITALISATION D’AREVA

AREVAD’ici à la fin du mois, l’État est censé réinjecter encore 2,5 milliards d’euros dans Areva, alors même qu’il ne cesse de couper dans d’autres budgets (aides au logement, aide au développement…), le Réseau « Sortir du nucléaire » dénonce cette situation.

Nous ne voulons pas remplir le tonneau percé des Danaïdes !

4,5 milliards d’euros : c’est le montant des économies que le gouvernement prétend réaliser sur le budget de l’État… Et c’est aussi la somme qu’il doit consacrer à la recapitalisation des différentes entités d’Areva cette année. Le 12 juillet, l’État a injecté 2 milliards d’euros au capital d’Areva SA. Il doit encore abonder NewCo, le « Nouvel Areva », de 2,5 milliards d’ici fin juillet.

Il faut souligner l’hypocrisie du gouvernement qui feint de découvrir une mauvaise gestion d’Areva connue de tous et qui fustige le poids de cette opération pour les finances publiques. Cela fait maintenant des années que la situation catastrophique du groupe, embourbé dans le chantier de l’EPR d’Olkiluoto et dans le scandale d’Uramin, a éclaté au grand jour. Le bon sens aurait alors exigé d’acter cette faillite et d’en finir avec cette filière coûteuse, dangereuse et promise à un déclin inexorable. Mais c’est bien le cabinet même d’Emmanuel Macron, alors en poste à Bercy, qui a proposé de camoufler cette banqueroute en recapitalisant Areva et en prévoyant son rachat partiel par EDF.

C’est d’ailleurs ce montage financier qui a créé les conditions d’un véritable hold-up sur la sûreté. La Commission Européenne ne pouvait donner son approbation à cette opération qu’à condition que la cuve de l’EPR de Flamanville, affectée d’un grave défaut, soit déclarée apte au service. Une pression démesurée reposait alors sur l’Autorité de sûreté nucléaire : allait-elle prendre le risque de faire tomber toute la filière nucléaire comme un château de cartes en refusant son accord ?

Areva n’avait pas forgé cette cuve selon les règles de l’art et avait placé l’ASN devant le fait accompli ; ce défaut réduisait considérablement la résistance d’un équipement pourtant censé être à toute épreuve. Pourtant, le « gendarme du nucléaire » a passé l’éponge et délivré un premier avis évoquant une sûreté « suffisante ». Quelques jours après, alors que cet avis n’était pas réputé définitif et devait encore être soumis à consultation, l’augmentation de capital était réalisée.

Quel crédit accorder, dans ces conditions, à l’indépendance de l’ASN ?

La France en est donc là, dans cette situation absurde où un réacteur dangereux pourrait être mis en service et une entreprise délinquante et polluante renflouée.

Les contribuables vont continuer à alimenter le tonneau des Danaïdes pour financer une fuite en avant dangereuse et vide de sens. Et pour trouver à tout prix les milliards manquants, la chasse aux coupes dans le budget a commencé. Fait symbolique, l’aide publique au développement sera amputée de 141 millions d’euros. Au lieu de réduire les inégalités Nord-Sud, on préfère donc soutenir une entreprise qui exploite le Niger, pays le plus pauvre du monde, et dont les mines d’uranium polluent des régions entières ?

Cette fuite en avant est promise à perdurer,  au vu de la situation financière catastrophique de l’ensemble de la filière nucléaire et des projets délirants dans lesquels elle s’est lancée tête baissée : rafistolage coûteux de centrales en fin de vie (100 milliards d’euros selon la Cour des Comptes), poursuite du chantier enlisé d’Olkiluoto, projets de deux EPR à Hinkley Point (22,3 milliards prévus)… Et qui viendra compenser les provisions insuffisantes pour le démantèlement des centrales (chiffré de manière optimiste à 75 milliards par EDF) ?

Pour la gestion des déchets radioactifs, avec un projet CIGÉO aussi dangereux que coûteux évalué à 35 milliards par l’Andra ?

Sans parler de la « modernisation » de l’arsenal nucléaire (déjà 3,9 milliards d’euros pour 2017, somme appelée à doubler) ?

Cessons d’alimenter ce puits sans fond. Arrêtons de porter à bout de bras une filière moribonde et son pendant militaire inutile et néfaste : arrêtons les frais, sortons vite du nucléaire civil et militaire !

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/280717/fuite-en-avant-de-la-recapitalisation-d-areva

Juil 28

LA MORTALITÉ NÉONATALE A AUGMENTÉ DANS LES RÉGIONS TOUCHÉES APRÈS LA CATASTROPHE NUCLÉAIRE DE FUKUSHIMA

mortalitéAlors que les décès fœtaux et néonatals au cours de la première semaine de vie (appelée mortalité périnatale) ont diminué au Japon de manière constante depuis 2002, les données examinées dans les zones touchées par Fukushima au cours de la période 2012-2015 montrent une rupture dans cette tendance avec une augmentation qui persiste en 2015 .

Cette étude récente examine le nombre de morts périnatales dans les zones touchées par la catastrophe nucléaire de Fukushima en cours et a comparé ces données à d’autres régions du Japon, censées ne pas être affectées.

Cette recherche est la dernière en date qui montre une augmentation de la mortalité périnatale suite à Fukushima. Un certain nombre d’études en Europe ont également montré des augmentations similaires suite à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

http://www.beyondnuclear.org/ (NDLR: site en anglais)

Juil 28

AREVA: L’ÉTAT FRANÇAIS A APPORTÉ 2,5 MILLIARDS D’EUROS À L’AUGMENTATION DE CAPITAL DE NEWCO

ArevaL’État a apporté comme prévu 2,5 milliards d’euros à l’augmentation de capital de NewCo, la nouvelle entité d’Areva recentrée sur le cycle du combustible, a annoncé jeudi le groupe nucléaire français dans un communiqué.

L’investissement des sociétés japonaises Japan Nuclear Fuel Limited (JNFL) et Mitsubishi Heavy Industries (MHI), pour un montant de 500 millions d’euros, a pour sa part été placé dans une fiducie et doit être débloqué plus tard.

Areva, en grande difficulté et détenu majoritairement par l’État français, met ainsi en œuvre une étape importante de son plan de sauvetage et de la restructuration de la filière nucléaire française.

Celle-ci prévoit la cession par Areva à EDF du contrôle majoritaire de New NP, son activité réacteurs appelée jusqu’ici Areva NP, pour se recentrer sur le cycle du combustible en créant NewCo.

Dès cette cession de New NP à EDF prévue fin 2017 et sous réserve de la réalisation de certaines conditions, Newco mettra en œuvre une augmentation de capital destinée à JNFL et MHI pour 500 millions d’euros. A l’issue de cette opération, les deux groupes japonais détiendront chacun 5% du capital de NewCo.

Cette dernière aura ainsi été recapitalisée à hauteur de 3 milliards d’euros au total.

Areva SA, la maison mère, avait déjà réalisé une première augmentation de capital de 2 milliards d’euros réservée à l’État, annoncée à la mi-juillet.

L’État aura ainsi déboursé 4,5 milliards d’euros de deniers publics au total pour le sauvetage de l’ex-fleuron du nucléaire français, mis en danger par des choix stratégiques hasardeux et la morosité du marché de l’atome.

Côte résultats, Areva SA a enregistré un bénéfice net de 550 millions d’euros au premier semestre contre une perte de 120 millions un an plus tôt.

Ces chiffres sont toutefois peu significatifs car ils ne portent que sur les quelques activités poursuivies, dont le chantier OL3 en Finlande.

NewCo a de son côté vu son chiffre d’affaires reculer de 9,8% à 1,74 milliards d’euros. Son excédent brut d’exploitation a chuté de 23,5% à 521 millions d’euros.

http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/afp/areva-l-etat-a-apporte-2-5-mds-eur-a-l-augmentation-de-capital-de-newco-597a427ccd70d65d25066e5e

Juil 28

PARTICULES RADIOACTIVES INSOLUBLES (partie 2)

particules insolublesSuite (2ème partie) de la transcription en français et en japonais du documentaire diffusé sur la télévision NHK au sujet des particules radioactives insolubles.

NDLR : partie 1 diffusée sur https://savoie-antinucleaire.fr le 23 juillet 2017

Les particules solubles dans l’eau…

Des particules radioactives insolubles qui ne se dissolvent pas dans l’eau. C’est cette caractéristique-là qui est censée faire toute la différence, quant aux effets sur la santé.

Il était admis jusque-là que le Césium radioactif émis pendant un accident nucléaire était dispersé au loin dans l’atmosphère, en adhérant à des particules solubles dans l’eau, qu’on appelle des aérosols. Ces particules fondent au contact de l’eau puis le Césium se disperse et se dilue. C’est la même chose en cas d’inhalation dans les poumons : le Césium soluble dans l’eau fond dans les fluides corporels et se disperse imperceptiblement dans l’organisme. Puis la radioactivité se décharge progressivement sous l’effet du métabolisme corporel, jusqu’à décroître de moitié au bout de 80 à 100 jours, dans le cas d’un adulte.

Mais s’agissant en revanche de particules radioactives insolubles…

Mais s’agissant en revanche de particules radioactives insolubles, elles ne se dissolvent pas dans les fluides corporels. Par exemple, si elles adhèrent aux alvéoles au plus profond des poumons, il peut se passer des années avant qu’elles ne soient éliminées de l’organisme. Pour une quantité identique en Césium et dans le cas d’un adulte, la dose d’exposition dans les poumons est 70 fois plus élevée qu’en présence de Césium soluble dans l’eau. Et dans le cas des enfants, qui sont davantage radio-sensibles, on estime que la dose d’exposition est de l’ordre de 180 fois plus élevée

 Les matériaux isolants

En fait, on n’avait pas identifié de particule radioactive insoluble dans les précédents accidents nucléaires. Pourquoi a-t-elle été émise lors de l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ?
Yukihiko Sato, qui fait des recherches sur cette particule, étudie les matériaux isolants formés de composants en verre. On en trouve dans certains éléments de la centrale nucléaire, comme les canalisations.
On utilise un microscope électronique spécial pour déterminer en quelle proportion des éléments sont contenus dans les particules radioactives et dans le matériau isolant.

On peut voir en haut les particules radioactives et en bas le matériau isolant.

La proportion d’éléments comme le silicone ou l’oxygène, qui sont les principaux composants du verre, correspond bien à celle qu’on retrouve dans les particules radioactives.

L’hypothèse du scénario

À partir de là, Monsieur Sato a émis l’hypothèse du scénario suivant :
Il y eut des émissions de Césium radioactif, provenant du combustible nucléaire qui a fondu au cours de l’accident. Il a dans un premier temps empli le réacteur. Puis, il a fui dans l’enceinte de confinement.  
Du Césium a été absorbé à l’intérieur du matériau isolant, dans l’enceinte.
C’est ensuite que le bâtiment-réacteur a été soufflé par une explosion d’hydrogène.

Étant donné que le matériau isolant se vitrifie en fondant, le Césium s’est retrouvé en inclusion. Et au moment de l’explosion, il a été dispersé par le choc sous la forme de minuscules particules.

Leurs tailles et formes

Les particules qu’a découvertes Sato ont un diamètre compris entre 0,5 et 500 micromètres. Leurs formes variées vont de la bille lisse, jusqu’à la forme irrégulière.

Une simulation des effets sur la santé

Tatsuhiko Sato, de l’Agence de l’énergie atomique japonaise (JAEA).
Il a fait une simulation des effets des particules radioactives insolubles sur la santé, en utilisant un programme qui calcule le comportement de chacun des rayonnements. Pour cette simulation, il s’est servi d’une particule de la dimension de celles qui sont susceptibles de pénétrer dans les poumons, et qui a réellement été retrouvée.
Il a comparé une simulation faite avec des particules radioactives insolubles adhérant à un même grain à la surface de l’organe, et une simulation avec une quantité équivalente de substances radioactives adhérant uniformément à la surface.

Dans le cas de l’adhérence uniforme

Dans le cas de l’adhérence uniforme, même après 24 heures, des zones bleues et bleu clair se sont dispersées, ce qui indique que la dose de radioactivité est faible.

Dans le cas de la particule isolée

Mais dans le cas de la particule isolée, la dose à proximité du grain augmente localement et des zones orange et rouges vont en s’agrandissant.

L’effet sur la santé peut être différent

Même dans le cas d’une quantité identique de substances radioactives, l’effet sur la santé peut être différent.

Une enquête sur des salariés de TEPCO

Il existe en vérité des données concernant des individus susceptibles d’avoir inhalé des particules radioactives insolubles. Il s’agit d’une enquête sur des salariés de TEPCO exposés à de fortes doses au moment de l’accident nucléaire.

Des particules radioactives insolubles seraient restées dans les poumons…

La dose de radioactivité qui a contaminé leur organisme fait l’objet d’examens réguliers et le graphique en rouge montre que la valeur dans le voisinage de la poitrine est relativement élevée. Tandis que le Césium radioactif qui a été disséminé dans le corps entier a décru au fil du temps, en revanche autour de la poitrine la vitesse de décroissance a été lente. On pense que des particules radioactives insolubles ont été inhalées et qu’elles sont restées dans les poumons.

Des avis des chercheurs…

Néanmoins, certains chercheurs rapportent qu’il s’agit d’une quantité trop peu significative pour avoir une incidence sur la santé, selon la Commission Internationale de Protection contre la Radioactivité (ICRP).

Kai : Tout d’abord, vous n’êtes pas sans savoir que la dose est la mesure des effets sur la santé.
Cependant, si vous voulez faire des comparaisons de doses, vous ne pouvez pas faire de comparaison entre de petites surfaces exposées et de grandes surfaces exposées.
Dans le cas général, plus la surface des expositions est étendue, plus l’impact sur la santé est important. Dans la même idée, plus la dose moyenne reçue par un organe ou un système dans son ensemble est importante et plus grand est l’impact.
C’est pourquoi il est important d’évaluer la dose moyenne reçue par un organe, y compris dans le cas de la particule insoluble. Il est possible toutefois que la dose devienne élevée à un endroit très localisé, c’est pour cela qu’il est important de faire une estimation rigoureuse, si quelqu’un manifestait de l’inquiétude à ce propos.
C’est la raison pour laquelle on est en train de réaliser ce genre d’évaluation.

Takeda : l’exposition totale plus que l’exposition locale est …

Kai : Dans le cas de niveaux de doses identiques, l’impact sur la santé sera plus important si la surface des expositions est plus étendue.

Takeda : Vous voulez dire que l’impact est plus important mais qu’il est nécessaire d’examiner aussi l’exposition locale.

Kai : Je pense qu’il faut l’examiner attentivement.

(À suivre en partie 3)

Nous tenons à remercier Javale Gola pour sa traduction en français.

Pour visualiser les nombreuses photos explicatives, cliquez sur :

https://webmail1e.orange.fr/webmail/fr_FR/read.html?FOLDER=SF_INBOX&IDMSG=42985&check=&SORTBY=1

Juil 27

L’EPR OU LE PÉCHÉ D’OPTIMISME D’UN « RÉACTEUR D’INGENIEURS »

EPRThierry Charles, directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, pointe « une perte d’expérience » dans la réalisation des grands projets nucléaires.

Thierry Charles revient sur les atouts et les difficultés de l’EPR, le réacteur de troisième génération.

L’EPR est présenté comme un réacteur plus sûr. Qu’a-t-il de plus que ses prédécesseurs ?

Il marque indéniablement une avancée en matière de sûreté, avec des exigences renforcées. Sa conception prend en compte l’accident nucléaire majeur, la fusion du cœur qui s’est produite à Fukushima en mars 2011, à la fois pour en réduire la probabilité d’occurrence et pour en limiter les conséquences. Il possède notamment un dispositif de récupération et de refroidissement du corium, le magma à très haute température et extrêmement irradiant qui serait formé par le combustible et le métal fondus lors d’un tel accident. Il est aussi équipé de quatre systèmes de refroidissement indépendants et de moyens redondants pour refroidir la piscine d’entreposage du combustible usé. Et il est doté d’une « coque avion » pour faire face à la chute d’un avion.

Mais s’il est plus sûr, l’EPR est aussi plus puissant : 1 650 mégawatts (MW) électriques, cela correspond à une puissance thermique très élevée, de 4 500 MW, intrinsèquement moins favorable à la sûreté. Nous sommes en présence d’une vitrine de la course à la puissance : « l’A380 du nucléaire ». Cela ne va pas dans le sens de la simplicité technologique. Bien que les systèmes de sûreté puissent s’y adapter, il serait raisonnable de ne pas poursuivre cette course qui complexifie les installations et leurs systèmes de conduite et de sûreté.

Ce nouveau réacteur a été conçu dans les années 1990 par Areva et Siemens, rejoints par EDF et les électriciens allemands. Cette coopération a-t-elle été bénéfique ?

La conception de l’EPR a été longue et a permis des avancées majeures de sûreté, mais son caractère binational a impliqué des choix de technologies qui n’étaient pas utilisées en France. Ce qui a conduit à des difficultés de qualification de certains équipements, comme les soupapes du circuit primaire.

Il s’agit d’un réacteur novateur mais complexe, passé trop vite d’une longue phase de conception à la construction, alors que le projet industriel n’était pas suffisamment finalisé. Plus d’un millier de modifications ont dû être apportées en cours de réalisation, dans tous les domaines.

La mise en service de l’EPR de Flamanville, prévue en 2012, a été repoussée à fin 2018 et son coût est passé de 3,3 à 10,5 milliards d’euros. Comment expliquer ce dérapage ?

L’EPR est un « réacteur d’ingénieurs », bien conçu sur le papier mais dont la construction se révèle plus compliquée que prévu. EDF a péché par excès d’optimisme : le calendrier initial n’était tout simplement pas réaliste. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un prototype. En France, les délais de livraison des réacteurs précédents, de 1 450 MW, avaient atteint plus de cent cinquante mois.

La construction de l’EPR de Flamanville se termine. Les essais préalables au démarrage ont débuté, avec toutefois de possibles difficultés et donc délais supplémentaires. Les grands projets industriels ne sont jamais de longs fleuves tranquilles.

Il s’agit certes d’un prototype, mais de multiples problèmes ont émaillé le chantier de Flamanville…

Le lancement de ce nouveau modèle est intervenu dans un contexte de perte d’expérience de la maîtrise de grands projets nucléaires – les réacteurs du palier 1 450 MW ont été connectés au réseau voilà bientôt vingt ans –, à la fois pour la gestion industrielle de tels projets et pour certains savoir-faire. On l’a par exemple constaté avec les opérations de soudage du circuit primaire principal, qui ont été suspendues à plusieurs reprises entre fin 2014 et mi-2015.

De nombreuses non-conformités ont aussi été rencontrées, comme le manque d’armatures dans certaines parties du radier en béton [le socle] de l’îlot nucléaire. Plus récemment, l’excès de carbone décelé dans l’acier des calottes de la cuve a montré une insuffisante maîtrise des procédés de fabrication. Notons quand même que la détection de ces anomalies montre l’efficacité du contrôle interne et externe.

L’EPR n’est-il pas « victime » du renforcement des exigences de sûreté ?

Les attentes sont aujourd’hui plus fortes dans le domaine de la justification de la sûreté nucléaire et de son contrôle, en lien avec l’évolution de la société et sa demande de transparence. Raison de plus, pour cette filière industrielle, de retrouver une compétence qui s’est émoussée faute de réalisations, de s’adapter à ce nouveau contexte et d’en tirer tous les enseignements.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/07/27/l-epr-ou-le-peche-d-optimisme-d-un-reacteur-d-ingenieurs_5165632_3234.html

Juil 27

SANCTIONS VOTÉES AUX ÉTATS-UNIS CONTRE LA RUSSIE QUI MENACE DE RIPOSTER

sanctionsLa Russie a promis mercredi de riposter à l’adoption par le Congrès des États-Unis de nouvelles sanctions la visant, avertissant que ce projet menaçait « très sérieusement » les espoirs de normalisation suscités par l’élection de Donald Trump.

Votée mardi à une quasi-unanimité par la chambre basse du Congrès, la proposition de loi inquiète aussi en Europe, car elle permettrait de sanctionner des entreprises européennes. Les États membres de l’Union européenne évoqueront d’ailleurs une éventuelle réponse lors d’une réunion mercredi à Bruxelles.

Le projet, qui doit encore être adopté par le Sénat, inclut aussi des sanctions contre l’Iran, notamment contre les Gardiens de la révolution accusés de soutenir le terrorisme, et contre la Corée du Nord, pour ses tirs de missiles.

L’Iran a réagi mercredi à cette « mesure hostile« , qui pourrait influencer négativement l’application de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015, selon le ministre adjoint aux Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi cité par l’agence de presse iranienne ISNA.

À Moscou, la réaction est plus vive.

« Les auteurs et soutiens de ce projet de loi font un pas très sérieux en direction d’une destruction des perspectives de normalisation des relations avec la Russie« , a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, cité par l’agence publique TASS.

« Ces actes ne resteront pas sans réponse« , a-t-il averti, tout en assurant que Moscou ne comptait pas « céder à l’émotion » et travaillerait à la recherche de « compromis » sur des questions comme la lutte contre le terrorisme.

Les parlementaires américains, forçant la main du président Donald Trump au moment où il veut la tendre à son homologue russe Vladimir Poutine, veulent en premier lieu infliger des représailles à la Russie après une campagne de désinformation et de piratage attribuée à Moscou durant l’élection présidentielle américaine de l’an dernier.

L’annexion de la Crimée et des ingérences en Ukraine sont les autres motifs de punition avancés.

Le président ukrainien Petro Porochenko s’est félicité d’une « décision importante« : « Le prix à payer pour l’agression doit augmenter! » a-t-il écrit sur Twitter.

Le consensus est presque total au Capitole. Le vote a été de 419 voix contre 3. Le mois dernier, le Sénat avait voté sur un projet similaire par 98 voix contre 2.

« Comme l’ont conclu les services de renseignement américains, cet ancien agent du KGB a tenté de s’ingérer dans nos élections« , a affirmé l’élu républicain Ed Royce, dans une allusion aux nombreuses années passées par le président Vladimir Poutine dans les services secrets soviétiques puis russes.

Le texte prévoit aussi un mécanisme inédit qui déplaît à la Maison Blanche: les parlementaires vont s’arroger le droit de s’interposer si jamais Donald Trump décidait de suspendre des sanctions existantes contre la Russie.

Si le texte passait le Sénat, Donald Trump pourrait mettre son veto. Mais il suffirait au Congrès de revoter à une majorité des deux tiers pour le surmonter, et il est d’usage que les présidents s’épargnent cette humiliation en apportant un soutien tardif à la législation.

« Bien que le président soutienne des sanctions sévères contre la Corée du Nord, l’Iran et la Russie, la Maison Blanche étudie ce projet de loi et attend une version finale sur le bureau du président« , a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders.

‘Unité’

De Paris à Berlin en passant par Bruxelles, l’initiative du Congrès américain passe très mal, car elle est unilatérale.

Jusqu’à présent, le régime de sanctions contre la Russie en raison de la Crimée a été coordonné des deux côtés de l’Atlantique, de façon à faire bloc.

« L’unité du G7 à l’égard des sanctions est d’importance primordiale, car il en va du respect de l’application des accords de Minsk« , a prévenu lundi le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas.

Plusieurs pays européens, notamment l’Allemagne, sont furieux, car la loi donnerait au président américain la possibilité de sanctionner les entreprises qui travaillent sur des pipelines venant de Russie, en limitant par exemple leur accès aux banques américaines ou en les excluant des marchés publics aux États-Unis.

Cette disposition pourrait en théorie ouvrir la voie à des sanctions contre les groupes européens partenaires du projet de gazoduc Nord Stream 2 qui doit accélérer l’acheminement de gaz russe vers l’Allemagne à partir de 2019.

Sont notamment concernés le français Engie, les allemands Uniper (ex-EON) et Wintershall (BASF), l’autrichien OMV et l’anglo-néerlandais Shell.

Jusqu’à présent, la ligne rouge fixée par Washington et Bruxelles avait été que les sanctions n’affectent pas l’approvisionnement en gaz de l’Europe.

http://www.la-croix.com/Monde/Sanctions-votees-Etats-Unis-Russie-menace-riposter-2017-07-26-1300865255

Juil 27

3ÈME FORUM SOCIAL MONDIAL ANTINUCLÉAIRE, POUR UN MONDE SANS NUCLÉAIRE

forumAprès ceux de Tokyo et de Montréal en 2016, le troisième Forum Social Antinucléaire doit se tenir à Paris les 2, 3 et 4 novembre 2017. Au programme tables-rondes, projections de films, débats, ateliers…cet événement international sera divisé en trois sessions plénières dans lesquelles des intervenants de plusieurs pays dialogueront sur des thèmes aussi variés que les déchets nucléaires, les risques et les coûts de l’énergie électronucléaire, les liens entre nucléaire civil et militaire et les options pour en sortir.

> Je consulte le programme

Pour participer à l’événement, l’inscription est obligatoire. Il existe trois types de tarifs : le tarif normal à 20€, le tarif faible revenu à 10€ et le tarif de soutien d’un montant libre supérieur à 20€.

> Je télécharge le formulaire d’inscription

Pour réserver une plage horaire, les organisations qui souhaitent contribuer à l’événement (collectif, association, syndicat…) ont jusqu’au 1er septembre pour proposer un atelier.

> Je contribue au FSM antinucléaire

L’événement se déroulera à la Bourse du Travail de Paris, dans le 10è arrondissement. Les plénières et les stands se tiendront 29 Boulevard du Temple dans le 3ème arrondissement.

> Je consulte les infos pratiques

Parce que le FSM antinucléaire est un événement indépendant qui n’est financé ni par de grandes multinationales ni par aucun mouvement politique, pour aider les organisations et les associations qui financent le projet vous appellent à soutenir financièrement ce projet.

> Je fais un don pour le FSM

Et pour que l’événement soit une réussite, les organisateurs auront besoin de l’aide de bénévoles. Vous pouvez individuellement faire en sorte que ce rassemblement soit une réussite en proposant votre aide précieuse.

> Je veux être bénévole

 

SITE OFFICIEL DE L’ÉVÉNEMENT : www.wsfnonuke.org

 

Juil 27

LA SUISSE SE DÉFEND CONTRE UNE BOMBE SALE

SuisseLa Suisse compte se doter de détecteurs pour lutter contre l’introduction sur son territoire de matières susceptibles d’entrer dans la fabrication d’une bombe sale. Ces installations fixes équiperont les aéroports et les principaux postes de douanes, explique la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) dans son édition du 27 juillet.

Douaniers et gardes-frontières seront en outre équipés d’appareils mobiles pour des contrôles mobiles. «Notre objectif est de pouvoir assurer un contrôle intégral dans les cinq à sept prochaines années», a précisé Mario Burger, chef du département Physique au laboratoire de Spiez, le bras de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP) pour la protection atomique, biologique et chimique (ABC).

Des inspecteurs du nucléaire

L’équipe d’intervention A de la Confédération est déjà équipée depuis 2016 de systèmes de mesure mobiles. La Suisse collabore en outre étroitement avec Interpol et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour lutter contre la propagation de matériel nucléaire, et surtout le Césium 137. Ce dernier est présent dans de nombreux appareils techniques et médicaux.

La prévention passera également par la formation de personnel. Le laboratoire de Spiez va créer un département d’enquête du nucléaire, qui sera doté de tous nouveaux appareils de mesure. Ces inspecteurs travailleront avec la police scientifique de Zurich afin de déterminer la traçabilité de la matière radioactive qui aura été retirée d’un réacteur nucléaire.

Des coûts de 13 milliards de francs

L’explosion d’une bombe sale, qui diffuserait dans l’atmosphère des matières radioactives, pourrait en effet coûter très cher à la Suisse. Selon un scénario d’une attaque dans le centre d’une grande ville suisse, mis au point par le laboratoire de Spiez, il faudrait décontaminer les rues et bâtiments dans un périmètre de six kilomètres dans la direction du vent.

Les habitants devraient être évacués, les biens immobiliers verraient leur valeur chuter et le tourisme deviendrait quasi-inexistant. Selon le laboratoire, les coûts liés à la gestion de l’attentat et aux impacts financiers sont estimés à cinq milliards de francs environ. La réduction des capacités économiques en découlant est évaluée à huit milliards de francs.

http://www.lematin.ch/suisse/suisse-defend-bombe-sale/story/15480642

Juil 27

COMMUNIQUÉ DE PRESSE de SDN BUGEY

MichalonL’Association Sortir du Nucléaire BUGEY, se souvient….

Il y a 40 ans, le 31 juillet 1977, Vital MICHALON, un professeur de physique de 31 ans perdait la vie au lieu-dit « Le Devin » à Faverges sur la commune de Creys-Malville dans l’Isère.

Vital était venu, comme 60 000 manifestants, exprimer son opposition au surgénérateur nucléaire « Superphénix » alors en construction. Il a été tué par le souffle de l’une des nombreuses grenades offensives tirées par les 5000 gardes mobiles, CRS et gendarmes, mobilisés pour la circonstance.

Pour le pouvoir politique de l’époque, maître d’ouvrage du gigantesque programme nucléaire engagé en 1974, il s’agissait de « frapper fort ». Il fallait, quoi qu’il en coûte, faire taire une contestation grandissante. Ainsi, une quinzaine de jours avant le rassemblement, un vaste secteur autour du chantier avait été occupé par les forces de l’ordre engendrant un véritable état de siège pour les habitants de la zone.

Le jour de la manifestation, l’ordre avait été donné de ne rien céder aux manifestants. Ce qui avait fait dire au préfet de l’Isère, René JANNIN – ancien préfet de police à Alger durant la guerre d’Algérie- : « s’il le faut, je ferai ouvrir le feu sur les contestataires ».  C’est ce qu’il fit et c’est ainsi que Vital Michalon, militant pacifique, fut tué.

En cet instant de mémoire, notre pensée va aussi à Michel GRANDJEAN, amputé d’une jambe, Manfred SCHULZ, amputé d’une main et à la centaine de blessés de ce 31 juillet 1977.

Après de multiples avaries et incidents, ce Superphénix qui aura fonctionné seulement 30 mois en 11 ans et qui a couté 12 Milliard d’Euros, sans compter le démantèlement, fut définitivement mis à l’arrêt par un décret du 30 décembre 1998.

Pour que cette expérience « très dangereuse », ce gâchis humain et financier, ne se renouvelle pas, nous appelons nos dirigeants actuels à prendre les décisions qui s’imposent :

– la fermeture immédiate des centrales vieillissantes et dangereuses comme celle de Bugey

– l’abandon du projet EPR à Flamanville dont la cuve du réacteur n’est pas conforme

– l’abandon du projet Astrid réacteur à neutrons du CEA petit frère de Superphénix

– l’arrêt de l’armement atomique.

Rappelons que les installations nucléaires civiles ou militaires ont un énorme potentiel destructeur pour notre planète, pour l’humanité.

Pour l’association « Sortir du Nucléaire Bugey »

 Madeleine CHATARD-LECULIER (présidente) : 07 82 11 69 18

 Joël GUERRY : 04 74 34 06 01

 Alain CUNY : 06 27 01 51 14

Juil 26

RACHAT D’URAMIN: ANNE LAUVERGEON PLACÉE SOUS LE STATUT DE TÉMOIN ASSISTÉ

LauvergeonL’ancienne patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, a été placée sous le statut de témoin assisté dans l’un des volets de l’enquête sur le rachat controversé de la société minière canadienne Uramin en 2007, a appris l’AFP mercredi de sources concordantes.

Areva avait déboursé 1,8 milliard d’euros pour acquérir Uramin, mais l’exploitation de ses trois gisements africains s’était révélée beaucoup plus difficile que prévu et l’opération s’était transformée en gouffre financier. Fin 2011, six mois après le départ d’Anne Lauvergeon, le groupe avait inscrit dans ses comptes une provision de 1,5 milliard d’euros sur la valeur de la société minière.

L’affaire est au cœur de deux informations judiciaires.

Dans le volet comptable, « Atomic Anne« , à la tête d’Areva de 2001 à 2011, a été mise en examen, en mai 2016, ainsi que deux ex-responsables, soupçonnés d’avoir présenté des comptes inexacts pour masquer l’effondrement de la valeur d’Uramin.

L’autre enquête porte sur des soupçons d’escroquerie et de corruption lors de l’acquisition de la compagnie minière. Entendue le 29 mars dans ce volet, l’ex-conseillère de François Mitterrand a été placée sous le statut de témoin assisté, les juges d’instruction considérant qu’il n’existait pas à ce stade d' »indices graves ou concordants » justifiant sa mise en examen.

« Uramin était la seule « +junior+ accessible financièrement » à l’époque, a relevé Anne Lauvergeon, d’après une source proche du dossier, ajoutant que son groupe devait élargir ses sources d’approvisionnement « pour satisfaire les besoins de ses clients« , et que la société canadienne « permettait de diversifier les risques politiques » d’Areva en Afrique.

Elle a aussi justifié l’intérêt de l’opération par rapport aux engagements pris avec la Chine, Pékin ayant posé à l’époque comme condition à l’achat de réacteurs EPR l’entrée au capital de mines gérées par des entreprises françaises.

Interrogée sur d’éventuelles commissions versées au clan de l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki, Anne Lauvergeon a assuré que l’opération n’était « en aucune façon » liée à de tels versements.

La Cour des comptes, à l’origine d’un signalement en 2014 qui avait déclenché l’enquête, avait mis en avant le coût de l’acquisition – » à un prix environ cinq fois supérieur » à celui demandé un an plus tôt, lors d’une précédente négociation- et fustigé des « investissements hâtifs » par rapport à la connaissance des gisements.

Des géologues avaient ensuite relevé devant les enquêteurs que l’opération suscitait de nombreuses réserves à l’époque, notamment en raison des difficultés à exploiter les sites. « Ils ne sont pas des spécialistes de la commercialisation ni des acquisitions (…) On s’est entouré de tous les conseils », a assuré l’ex-patronne.

Les magistrats s’interrogent aussi sur le rôle central joué par un financier belge, Daniel Wouters, recruté en 2006 par Areva, dans le rachat d’Uramin. L’enquête a révélé que ce dernier entretenait dès 2008 des liens à travers l’une de ses sociétés, Swala, avec les actionnaires de la société canadienne.

Les liens entre Daniel Wouters et Olivier Fric, le mari d’Anne Lauvergeon, sont au cœur des investigations.

Ce dernier est mis en examen dans cette affaire, soupçonné d’avoir spéculé sur le titre Uramin au moment de son rachat, en profitant d’informations privilégiées, et d’en avoir tiré près de 300.000 euros de bénéfice.

Interrogée sur ce point, Anne Lauvergeon a indiqué n’avoir « jamais ramené de travail à la maison« , ajoutant qu’elle avait certes sollicité son mari pour le recrutement de M. Wouters mais que les deux hommes ne s’étaient jamais rencontrés avant l’embauche de ce dernier.

https://www.romandie.com/news/Rachat-d-Uramin-Anne-Lauvergeon-placee-sous-le-statut-de-temoin-assiste/818257.rom

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