LA RUSSIE PRIÉE D’ABANDONNER SON «TCHERNOBYL VOLANT»

Un nouvel incident provoqué par un missile à propulsion nucléaire a ravivé les inquiétudes des autorités américaines.

Pour l’OTAN, son nom de code est SSC-X-9 Skyfall. Les médias l’ont surnommé ironiquement «Tchernobyl volant». Le missile russe de croisière à propulsion nucléaire Burevestnikoiseau de tempête») s’était fait remarquer en août 2019, lorsqu’il avait explosé à deux kilomètres du village de Nyonoksa, au bord de la mer Blanche. L’accident avait entraîné la mort de sept personnes et des retombées radioactives aux alentours.

Le 21 juillet dernier, Marshall Billingslea, responsable du contrôle des armes du gouvernement américain, s’est à nouveau inquiété du missile hypersonique russe. «Ce type d’armes ne devrait pas exister du tout», a-t-il déclaré lors d’une audition devant le Sénat. «J’ai été très clair avec mon homologue russe sur le fait que ce sont d’énormes gaspillages de fonds et qu’il doit renoncer à ce genre d’idée déstabilisatrice.»

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La nervosité des Américains est remontée d’un cran après la découverte début juillet d’une nouvelle fuite radioactive provenant du nord de la Russie. Deux réacteurs civils ont d’abord été suspectés mais les soupçons se sont rapidement portés vers la piste militaire, en particulier deux armes nucléaires.

Cauchemar environnemental

Dans la ligne de mire des observateurs, le Burevestnik, un missile de croisière intercontinental théoriquement capable de déjouer tout système de défense antimissile, ainsi que le Poseidon, une torpille conçue pour être lancée à partir de sous-marins et censée déclencher un tsunami lors de son explosion. Les deux engins seraient alimentés par un petit réacteur nucléaire refroidi au métal liquide.

«Il suffit de penser au panache radioactif que le Burevestnik générerait en tournant en rond. Il n’y a aucun argument valable et logique pour détenir ce genre d’arme apocalyptique», s’est ému Marshall Billingslea.

Les Américains savent de quoi ils parlent: dans les années 1960, l’armée américaine avait elle aussi tenté de mettre au point un missile de croisière alimenté par un réacteur nucléaire. «C’était un cauchemar environnemental», tranche Jeffrey Lewis, un expert nucléaire du Middlebury Institute of International Studies à Monterey. Le Pentagone avait stoppé le projet en 1964.

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Les déclarations et les tweets intempestifs de Marshall Billingslea ont passablement énervé les Russes. «Est-ce que les missiles nucléaires américains ultra-modernes qui remplaceront les missiles balistiques intercontinentaux Minuteman sont des armes humaines ou des “anges venus des cieux”?», a ainsi ironisé le sénateur russe Alexeï Pouchkov sur son compte Twitter.

«Les États-Unis devraient s’abstenir de conseiller la Russie sur ce sur quoi elle doit travailler ou non, et réfléchir à de nouveaux mécanismes de contrôle des armes nucléaires. Au lieu de cela, ils se sont retirés du FNI, se retirent de START-3 et s’emploient à renforcer leur capacité nucléaire déjà puissante. C’est ça, l’approche de l’apocalypse.»

https://korii.slate.fr/tech/russie-priee-abandonner-missile-propulsion-nucleaire-skyfall-burevestnik-tchernobyl-volant

COMMENT L’URSS A TENTÉ DE STIMULER SON ÉCONOMIE À L’AIDE D’EXPLOSIONS NUCLÉAIRES

Comme les États-Unis, l’Union soviétique a activement utilisé des armes nucléaires à des fins pacifiques et industrielles. Cependant, de telles expériences n’ont débouché que sur des catastrophes environnementales.

En 1965, l’URSS a lancé le programme « Explosions nucléaires pour l’économie nationale », qui supposait l’utilisation de l’arme la plus terrible du monde à des fins pacifiques. Dans son cadre, 124 explosions nucléaires souterraines industrielles ont été menées, le but étant la création de réservoirs artificiels et de canaux pour relier les rivières, ainsi que l’exploration et la mise en valeur de gisements de minéraux. On supposait qu’en cas de détonation souterraine, la propagation de la radioactivité à la surface et la pollution de l’environnement pouvaient être évitées.  Test 1004 – la première explosion nucléaire soviétique menée dans les intérêts de l’économie nationale (Archives)

L’Union soviétique n’était pas le seul ni même le premier pays à utiliser des armes nucléaires à des fins pacifiques. De 1957 à 1973, au cours de l’« opération Plowshare » menée par les États-Unis, 27 explosions industrielles ont été organisées dans le pays.

Contrôles réalisés sur le polygone nucléaire de Semipalatinsk après un test d’une arme nucléaire (Iouri Kouïdine/Sputnik)

Outre l’utilisation de l’arsenal nucléaire dont disposait l’armée soviétique, des charges à « pureté » accrue ont été spécialement conçues pour les explosions industrielles : elles présentaient un risque de rayonnement inférieur aux charges de combat.

Conséquences d’une explosion nucléaire sur le polygone de Semipalatinsk (V. Pavlounine/TASS)

La première explosion industrielle souterraine d’URSS a eu lieu le 15 janvier 1965 dans la plaine inondable de la rivière Tchagan au Kazakhstan. En conséquence, un entonnoir d’environ 500 mètres de diamètre et d’une profondeur allant jusqu’à 100 mètres est apparu. Un réservoir artificiel s’y est formé après qu’il eut été connecté au lit de la rivière et sous l’effet des ruissellements printaniers. « Le lac miracle faisait une impression étrange, et non en raison du rayonnement, qui était encore assez important sur la rive du lac, mais de la couleur noire de la surface de l’eau et de la masse de terrain sombre et sans vie qui l’entourait – comme si on avait retourné les entrailles de la Terre », a rappelé le physicien nucléaire Viktor Mikhaïlov, qui a visité le réservoir un an après l’explosion.

Cratère rempli d’eau après l’explosion nucléaire de 1965 (Dmitri Sokolov /TASS)

Ces « lacs » étaient censés servir de sources d’eau pour l’agriculture (irrigation, élevage, etc.). Sur l’ensemble du territoire du Kazakhstan seulement, il était prévu de créer plus de 40 réservoirs d’eau de ce type.

Test nucléaire sur un polygone (Vladimir Velengourine/TASS)

Pendant plusieurs années, une surveillance du niveau de pollution radioactive du lac Tchagan a été effectuée. On a introduit dans le lac 36 espèces de poissons (même des piranhas amazoniens), 150 types de plantes, ainsi que des dizaines d’espèces de mollusques, d’amphibiens, de reptiles et de mammifères. Cependant, 90% d’entre eux n’ont pas survécu, tandis que les autres présentaient divers types de mutations. En particulier, une écrevisse d’eau douce géante pesant 34 kilogrammes a été capturée dans le lac !

Lac sur le lieu de la tenue du premier test nucléaire terrestre sur le polygone de Semipalatinsk (Andreï Solomonov/Sputnik)

De nos jours, le lac Tchagan est inclus par le gouvernement du Kazakhstan dans la liste des zones particulièrement touchées par les essais nucléaires. Le niveau de substances radioactives dans l’eau est plusieurs centaines de fois supérieur aux niveaux admissibles, ce qui la rend impropre à la consommation et à l’irrigation des terres agricoles. Cependant, cela n’empêche pas les habitants d’y amener leur bétail pour le faire boire.

Alexander Lyskine/Sputnik

Le sort d’un autre réservoir artificiel formé par une explosion nucléaire a été moins désastreux. Le lac, qui semble porter le nom assez logique de « Nucléaire », situé dans le nord du territoire de Perm (Oural), ne le justifie pas en réalité, car le rayonnement ici est dans les limites acceptables. Le lac est devenu un lieu de prédilection des pêcheurs locaux et des cueilleurs de champignons.

Un lac nucléaire dans le Nord de la région de Perm (Wikimapia)

Toutes les explosions industrielles en URSS ne se sont pas déroulées sans heurts – à plusieurs reprises, elles ont abouti au rejet de substances radioactives à la surface. Le plus célèbre des cas de ce genre est l’échec du projet Globus-1, qui est entré dans l’histoire sous le nom d’« Hiroshima d’Ivanovo ». Le 19 septembre 1971, dans la partie centrale de la Russie, à seulement 363 kilomètres de la place Rouge, une explosion souterraine infructueuse sur les rives de la rivière Chatcha a abouti à une contamination radioactive de la zone voisine, qui au cours des années suivantes a conduit à une forte augmentation du taux de cancer dans les villages voisins de la région d’Ivanovo. Bien que les autorités aient partiellement décontaminé la zone, le retrait des sols radioactifs de la rive Chatcha s’est poursuivi jusqu’au milieu des années 2010.

Caisson à vide pour l’évacuation de l’énergie nucléaire d’une explosion

Malgré toutes les précautions, il n’a pas été possible de mener à bien la décontamination des minéraux et de l’environnement liée aux explosions industrielles. En 1988, l’Union soviétique a cessé d’en réaliser. Aujourd’hui, cette pratique est interdite dans le monde entier par les traités internationaux.

Boris Egorov, V. Pavlounine/TASS, publié le 05 août 2020

https://fr.rbth.com/tech/85161-urss-explosions-nucleaires

UNE BOMBE NUCLÉAIRE EN ALLEMAGNE TUERAIT DES CENTAINES DE MILLIERS DE PERSONNES, PRÉVIENT GREENPEACE

Une bombe nucléaire qui exploserait en Allemagne tuerait instantanément des centaines de milliers de personnes, a déclaré Greenpeace, appelant les États-Unis à retirer le petit arsenal d’armes atomiques dont ils disposent actuellement dans le pays.

L’association environnementale à but non lucratif a publié une étude montrant la simulation de l’impact d’une arme nucléaire explosant en Allemagne à la veille du 75ème anniversaire du bombardement d’Hiroshima.

« Les massacres comme celui causé par la bombe atomique à Hiroshima ne doivent plus jamais se reproduire », a dit dans un communiqué le porte-parole de Greenpeace Allemagne pour le désarmement nucléaire Christoph von Lieven « Le gouvernement fédéral doit veiller à ce que les bombes atomiques américaines soient retirées de Buchel avec les soldats américains », a-t-il ajouté.

Washington a annoncé la semaine dernière qu’il commencerait à retirer près de 12 000 des 36 000 soldats américains actuellement stationnés en Allemagne au cours des prochaines semaines.

Une menace pour la sécurité de l’Allemagne

L’étude NUKEMAP de Greenpeace a calculé l’impact de diverses forces de bombes nucléaires dans plusieurs endroits: Berlin, siège du pouvoir politique du pays; Francfort, la place financière du pays; et Buchel, une municipalité du sud-ouest de l’Allemagne où plusieurs bombes atomiques américaines sont stockées sur une base aérienne.

La force d’une bombe atomique est mesurée en kilotonnes (kt) et en mégatonnes (mt), ce qui signifie qu’une arme nucléaire avec une énergie de détonation d’une kilotonne génère la même quantité d’énergie que 1000 tonnes (1 Kt) de TNT.

La toute première bombe nucléaire, utilisée sur Hiroshima le 6 août 1945, portait le nom de code « Little Boy » et avait une force de 12,5 kt. Celle larguée au-dessus de Nagasaki trois jours plus tard, nommé « Fat Man », avait une valeur de 22 kt.

NUKEMAP a découvert qu’une bombe de 20 kt explosant à Berlin tuerait instantanément 145 000 personnes, 120 000 autres mourraient des retombées radioactives et 50 000 autres succomberaient au cancer à une date ultérieure

Une bombe de 550 kt – couramment trouvée dans l’arsenal nucléaire russe – larguée au-dessus de Francfort tuerait instantanément un demi-million de personnes, tandis que 300 000 autres mourraient des retombées radioactives et 160 000 succomberaient au cancer à une date ultérieure.

À Buchel, l’impact d’une explosion de 170 kt a été évalué car plusieurs armes de cette force sont stockées sur la base aérienne. NUKEMAP a estimé que 130 000 personnes perdraient immédiatement la vie, 107 000 seraient tuées par des retombées radioactives et 80 000 par le cancer.

Von Lieven a fait valoir que « les bombes de Buchel menacent la sécurité des personnes en Allemagne et en Europe de l’Est ».

« L’Allemagne ne doit plus être un agresseur potentiel et une cible possible d’une attaque nucléaire », a-t-il poursuivi.

Dans une autre étude de Greenpeace, étude menée par le sondeur Kantar et publiée le mois dernier, 83 pour cent des 1 008 répondants allemands ont déclaré qu’ils étaient favorables au retrait des bombes de Buchel par les États-Unis.

Neuf pays, 13 800 ogives

Entre 90000 et 160000 personnes seraient mortes dans les premiers mois suivant l’attentat d’Hiroshima, selon le Centre d’études nucléaires de l’Université Columbia. On pense que 60 000 à 80 000 autres sont morts à Nagasaki.

La plupart des chiffres sont les meilleures estimations car la dévastation provoquée par les explosions et l’incertitude sur la population réelle avant les bombardements rendent difficile une estimation précise.

L’arsenal mondial d’armes nucléaires était estimé à 13 865 au début de 2019 par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).

Seuls 9 pays ont des ogives atomiques. Ce sont la Chine, la France, l’Inde, Israël, la Corée du Nord, le Pakistan, la Russie, le Royaume-Uni, les États-Unis. Washington et Moscou ont chacun plus de 6 000 ogives nucléaires.

Par Erlando Haskett dans News, publié le 5 août 2020 à 2h27

https://news-24.fr/une-bombe-nucleaire-en-allemagne-tuerait-des-centaines-de-milliers-de-personnes-previent-greenpeace/

SOIXANTE-QUINZE ANS APRÈS LES HORREURS DES BOMBARDEMENTS DE HIROSHIMA ET NAGASAKI, IL FAUT PLAIDER ENCORE PLUS ÉNERGIQUEMENT POUR LA MISE EN ŒUVRE DE L’INTERDICTION ET DE L’ABOLITION DES ARMES NUCLÉAIRES.

Tribune. Soixante-quinze ans après les horreurs des bombardements nucléaires de Hiroshima et Nagasaki, les États disposant d’armes nucléaires investissent toujours des dizaines de milliards d’euros, en vue de leur modernisation et de leur renouvellement. Devant la complexité de la tâche de parvenir à l’élimination de ces armes de destruction massive, il serait tentant de rester dans le déni, comme le font trop de personnes à l’égard du changement climatique. Mais nos organisations, regroupées dans la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (Ican en France), pour paraphraser les mots de Camus au lendemain du 6 août 1945, se refusent à tirer d’une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider encore plus énergiquement pour la mise en œuvre de l’interdiction et de l’abolition des armes nucléaires.

Nous revenons de loin. Si l’on se retourne sur le temps écoulé depuis les 6 et 9 août 1945, nous avons eu beaucoup de chance : entre course aux armements – avec un arsenal nucléaire mondial qui a atteint le chiffre astronomique de 69 368 ogives en 1986 –, accidents nucléaires militaires qui ont avorté par chance (Goldsboro en 1961, Palomares en 1966, Thulé en 1968…) ou par courage (26 septembre 1983, colonel Petrov) et des tensions extrêmes (Cuba en 1962, confrontation indo-pakistanaise du Kargil en 2001). Par ailleurs, face au risque d’utilisation de ces armes, l’importante mobilisation d’un grand nombre d’organisations et d’individus a permis d’obtenir la mise en place d’un droit international de plus en plus contraignant en faveur de la non-prolifération et du désarmement nucléaire, notamment le Traité de non-prolifération (1968) et le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (1996).

Alors que le risque de détonation nucléaire avec son flot de potentielles conséquences humanitaires, environnementales et sanitaires, n’a jamais été aussi imminent en ce début de siècle, l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian) par 122 États le 7 juillet 2017 à l’ONU montre que la résistance d’une large majorité d’États non-possesseurs et de nombreuses ONG (dont la campagne Ican) s’est amplifiée. Ce n’est pas une vue de l’esprit ou une croyance, mais une réalité avec l’entrée en vigueur d’ici quelques mois du Tian. Cette nouvelle norme de droit est d’ores et déjà efficace, si l’on en juge par les pressions diplomatiques exercées par la France et les autres puissances nucléaires pour dissuader États, villes et même des opérateurs privés de rejoindre ou de soutenir un traité dont l’ambition est de renforcer la sécurité internationale…

Le sous-marin le Terrible, l’un des vecteurs de la dissuasion nucléaire française, en mars 2008 à Cherbourg. Photo Jean-Paul Barbier. AFP

Résistons aux côtés des Hibakushas

«Nous avons vécu le feu des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki, il y a soixante-quinze ans. Nous avons consacré notre vie à nous assurer que notre génération serait celle du dernier hibakusha – les survivants des bombes atomiques. Nous avons appris à être courageux, pleins d’espoir et audacieux. Nous avons appris que c’est à des gens comme vous et moi de se dresser contre les armes nucléaires et les dirigeants qui menacent le monde avec elles. Le dernier grand défi auquel nous sommes confrontés est d’interdire et d’éliminer ces armes. Affrontez-le avec nous, nous y sommes presque.» (Engagement à soutenir les Hibakusha, Ican, juillet)

Résister, c’est s’engager avec détermination devant ce qui apparaît «intouchable». Comme citoyen français, nous sommes confrontés à chaque instant à cette bombe. Le budget dissuasion, issu de nos impôts, nous coûte 9 000 euros par minute en 2020, à l’heure où des acteurs du service de santé crient devant l’urgence sanitaire. Des banques, en contradiction avec leur politique de responsabilité sociétale de l’environnement (RSE), investissent notre épargne dans les entreprises fabriquant des systèmes d’armes nucléaires. Notre génération et les futures vont devoir gérer et payer pour le stockage d’un minimum de 15 000 m3 de déchets nucléaires militaires. Quant à la protection de l’environnement et de la biodiversité, cause essentielle, les efforts et luttes seront réduits à néant si le «bouton» nucléaire est poussé. La liste serait longue de tous les effets dangereux auxquels notre État nous expose en conservant une politique de dissuasion, qui consiste à être prêt en permanence à utiliser des moyens de destruction sur des populations civiles et en engageant les États de l’Union européenne à la soutenir.

Les campagnes (par exemple, via le Mouvement de la paix, Pugwash, Abolition 2000…) pour le désarmement nucléaire sont nées au lendemain de Hiroshima et Nagasaki. Mais la résistance est devenue plus organisée, plus active, non seulement à travers ces organisations, mais aussi avec de nouveaux acteurs (voir les signataires de cette tribune), comme le sont des villes françaises (dont Paris, Grenoble, Cordes-sur-Ciel et une vingtaine d’autres) et à travers le monde (plus de 300) qui sont convaincues que leurs habitants ont le droit de vivre dans un monde libéré de cette menace nucléaire et qui, pour cela, soutiennent l’interdiction des armes nucléaires.

Notre pays a une position et un rôle singulier. Certes, son arsenal est moindre (300) par rapport aux États-Unis (5 800) ou à la Russie (6 375), mais la France a le quatrième plus grand arsenal au monde. Cette France dont un sous-marin transporte en permanence un millier de Hiroshima, alors que dans le même temps son ministre des Affaires étrangères affirme que «le respect du droit international humanitaire n’est pas une option [mais] c’est une obligation» (Conférence nationale humanitaire, 22 mars 2018) et que son Président s’interroge sur la prise en compte d’un crime d’écocide… alors qu’il pourrait lui-même en être l’auteur !

Nous engageons les associations et les individus à nous rejoindre pour agir et faire résonner cet appel des Hibakushas. Nous pouvons tous résister et agir à notre niveau en interrogeant l’action des élu·e·s (parlementaires et maires), en s’informant, en sollicitant sa banque de respecter ses engagements d’acteur responsable, dans l’objectif de contraindre le Parlement et le pouvoir exécutif d’engager le processus de signature et de ratification du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Signataires : Abolition des armes nucléaires – Maison de VigilanceAFCDRP-Maire pour la Paix FranceAssociation des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire (AMFPGN), Campagne Internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN France), Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN), Le Mouvement de la PaixMouvement National de Lutte pour l’Environnement (MNLE), Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN), Pugwash France.

Par Les organisations membres de la branche française de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires, publié le 5 août 2020 à 10h18

https://www.liberation.fr/debats/2020/08/05/nous-devons-refuser-les-armes-nucleaires_1796022

ABOLITION DES ARMES NUCLÉAIRES : LE COMPTE À REBOURS A COMMENCÉ

Communiqué associatif (voir signataires en fin d’article)

Du 6 au 9 août 2020, des actions et des jeûnes sont organisés dans plusieurs villes afin d’exiger le désarmement nucléaire. En France à Dijon, Valduc, Tours, Brest, Saintes, Mont Saint-Michel et Épinal ; mais aussi en Allemagne, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et au Togo, les participants se réunissent en solidarité avec les victimes des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki il y a 75 ans et celles des plus de 2 000 essais nucléaires.

Selon Albert Camus, les armes atomiques représentent « le dernier degré de sauvagerie » : elles créent une insécurité majeure sur notre planète. Après les accords russo-américains de réduction des arsenaux nucléaires en 1987, on aurait pu penser qu’une certaine « sagesse » allait prévaloir. Mais les États nucléaires ont poursuivi leur politique de puissance. Pire, en développant les réacteurs électronucléaires comme par exemple au Moyen-Orient, elles ont participé à la prolifération de matières radioactives, dont certaines sont susceptibles d’usage militaire. Dans un monde instable et peuplé de dictateurs, il est vital d’enclencher une désescalade nucléaire.

Avec le compte à rebours de l’entrée en vigueur du TIAN (Traité d’interdiction sur les armes nucléaires) adopté par l’ONU le 7 juillet 2017, l’élimination de la menace atomique a commencé. Sur les 50 États nécessaires à sa mise en œuvre, 40 ont déjà ratifié le texte. Et parmi les 82 pays signataires, plusieurs sont en cours d’achèvement de la procédure de ratification. Le TIAN crée une nouvelle norme juridique qui interdit l’emploi, la fabrication, le stockage, le financement et la menace d’utiliser des armes nucléaires, c’est-à-dire la stratégie de dissuasion nucléaire.

Les quatre jours d’actions permettent d’interpeller le Président Emmanuel Macron et de mettre les parlementaires français devant leurs responsabilités : quatrième plus gros détenteur d’armes nucléaires derrière les États-Unis, la Russie et la Chine, la France doit s’engager dans un processus de désarmement, conformément à ses engagements internationaux. À l’heure où les besoins sociaux sont immenses – par exemple pour faire face aux conséquences sanitaires et économiques de la pandémie de Covid-19 – entamer un processus d’élimination des armes nucléaires permettrait de réduire le gouffre financier qu’elles représentent. Cette année, les contribuables français ont dépensé 8 999 € par minute pour financer ces armes de destruction massive et la modernisation de l’arsenal français devrait coûter 37 milliards d’euros d’ici 2025.

En France et à l’étranger, les quatre jours d’actions sont organisés dans le cadre de l’ICAN, la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires, prix Nobel de la paix 2017, dont nos organisations sont membres. Pour connaitre le détail des événements qui se déroulent dans chaque ville, vous pouvez consulter cette page :

https://www.sortirdunucleaire.org/Appel-international-des-groupes-de-jeu%CC%82neuses-et

Contacts presse :

Patrice Bouveret : 06.30.55.07.09

Anne-Lise Devaux : 06.64.66.01.23

Ce texte est un communiqué commun de Abolition des armes nucléaires – Maison de Vigilance | Agir pour le désarmement nucléaire Franche-Comté | Amis de la Terre Côte-d’Or | AMFPGN | CANVA | ICAN France | MAN Côte-d’Or | Mouvement de la Paix 21 | Réseau « Sortir du nucléaire » | Sortir du nucléaire 21

Retrouvez ce communiqué publié le 5 août 2020 sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Abolition-des-armes-nucleaires-le-compte-a

L’ANALYSE DES DERNIÈRES ÉVOLUTIONS DE L’ACCORD NUCLÉAIRE DE L’IRAN AVEC LE P5+1 (PAR MOHAMMAD REZA DEHSHIRI AMBASSADEUR DE L’IRAN À DAKAR)

Après de longues négociations intensives entre l’Iran et les Grandes Puissances (intitulées P 5 + 1), un plan d’action conjoint de quatre pages a finalement été signé à Genève le 24 novembre 2013. Dans ce document, les contours de certaines mesures nucléaires volontaires et la levée des sanctions économiques et financières liées au nucléaire, les généralités et la feuille de route de l’accord entre la République islamique d’Iran et le P5 + 1 ont été déterminés.

Après plusieurs mois de négociations intenses, le Plan d’action commun global ou l’Accord sur le nucléaire Iranien (de 159 pages) a finalement été conclu à Vienne entre la République islamique d’Iran et le P5 + 1 (Chine, France, Allemagne, Russie, Grande-Bretagne et États-Unis) avec la participation active du haut représentant de l’Union Européenne pour la politique étrangère et sécuritaire commune. L’accord a été ratifié une semaine plus tard, le 20 juillet 2015, par l’adoption de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a été annexée à l’accord nucléaire. En plus du préambule, la résolution 2231 du Conseil de sécurité contient 31 clauses exécutives.

À la suite de la finalisation et de la ratification de l’accord sur le nucléaire Iranien afin de mettre fin à toutes les questions et ambiguïtés sur l’orientation possible du programme nucléaire iranien vers les visées militaires et la clôture de l’affaire appelée les dimensions militaires possibles ou PMD avec l’approbation de l’Agence internationale de l’énergie atomique, réciproquement les États-Unis et l’Union européenne le 18 octobre 2015, compte tenu de l’action volontaire de l’Iran pour l’application du protocole additionnel, ont adopté des lois relatives à la levée des sanctions.

Par la suite, l’accord sur le nucléaire Iranien a était mis en œuvre.   Avant l’arrivée de l’administration Trump au pouvoir aux États-Unis, l’accord sur le nucléaire avait un processus de mise en œuvre équilibré, malgré certains obstacles et difficultés. Quelques mois après l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, les États-Unis se sont finalement retirés unilatéralement de l’accord et ont commencé illégalement à imposer des sanctions à l’encontre de Téhéran. En mai 2018, les sanctions secondaires américaines contre la République islamique d’Iran ont été à nouveau mises en œuvre, compliquant ainsi la poursuite de l’accord nucléaire.

Un an après le retrait de Trump de l’accord nucléaire, les pays européens signataires de l’accord, malgré la mise en place du mécanisme INSTEX (canal financier du commerce avec l’Iran), n’ont pratiquement pas pu tenir leurs engagements envers l’Iran au-delà des proclamations et de la rhétorique. Bien que l’Iran considère que toutes les mesures prises par les autres membres de l’accord nucléaire soient politiquement positives, il estime également que la volonté politique de l’Europe doit être accompagnée et appuyée par des mesures pratiques. De plus, en raison de longs retards et de l’incertitude des résultats, l’Iran n’a pas considéré ces mécanismes suffisants pour répondre à ses demandes et ses besoins afin de récolter les avantages économiques de l’accord nucléaire. Le déséquilibre entre les engagements et les intérêts de l’Iran a conduit Téhéran à réduire légalement ses actions nucléaires volontaires dans le cadre de l’accord nucléaire un an après le retrait de Trump de l’accord.

À plusieurs reprises, les responsables Iraniens ont réitéré la nécessité de l’engagement de l’autre partie à la mise en œuvre complète et équilibrée de l’accord nucléaire, déclarant qu’Instex ne répondrait pas à toutes les attentes de la République islamique d’Iran et que les puissances Européennes devraient prendre des mesures pratiques et concrètes pour garantir les intérêts de l’Iran. Par conséquent, la République islamique d’Iran à maintes reprises et lors des réunions bilatérales et des réunions de la Commission mixte de l’accord nucléaire et par des correspondances envoyées par le Ministre Iranien des affaires étrangères au Coordonnateur Européen de la Commission mixte de l’accord nucléaire, a exprimé ses inquiétudes sur la non-tenue par l’Europe de ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire.

En raison de la mise en œuvre déséquilibrée de l’accord nucléaire d’une part et des pressions résultant de l’application et de l’intensification des sanctions unilatérales américaines et des pressions exercées sur les banques et entreprises étrangères dans tous les domaines afin qu’elles ne coopèrent pas avec l’Iran et suite à l’imposition de nouvelles sanctions, un an après le retrait américain, le 18 mai 2018, le haut Conseil de sécurité nationale de la République islamique d’Iran a décidé de réduire progressivement la mise en œuvre des actions volontaires de l’Iran conformément aux articles 26 et 36 de l’accord et en utilisant les droits légitimes et reconnus de l’Iran en réponse au non-engagement des autres parties à l’accord. En fait, cette action de Téhéran visait à donner une chance à la diplomatie et à préserver l’accord, si les intérêts économiques de l’Iran se sont pleinement garantis.

À la fin de la cinquième étape, l’Iran a renoncé au dernier élément clé de ses limites opérationnelles dans l’accord nucléaire, à savoir la « limitation du nombre de centrifugeuses« . Ainsi, le programme nucléaire Iranien ne ferait plus face à aucune limitation opérationnelle, y compris la capacité d’enrichissement, le pourcentage d’enrichissement, les quantités enrichies et la R&D, et dès lors, le programme nucléaire iranien se poursuivra uniquement sur la base des besoins techniques. 

Il convient de noter que la coopération de l’Iran avec l’Agence Internationale de l’énergie atomique se poursuit conformément à ses obligations de sauvegarde et à la mise en œuvre volontaire du Protocole additionnel.

L’accord nucléaire repose sur trois piliers: les avantages économiques, les questions techniques et nucléaires et les questions politiques et juridiques; Avec le retrait des États-Unis de l’accord le 8 mai 2018 et l’imposition des sanctions unilatérales, les fondements économiques de l’accord se sont non seulement effondrés, mais également Trump a lancé une campagne de pression maximale, destinée à imposer de nouveaux obstacles à l’encontre de l’économie iranienne et négligeant les droits de l’Iran émanant de l’accord nucléaire.

En termes de questions techniques et nucléaires, selon l’accord, l’Iran était censé respecter certaines restrictions nucléaires et prendre des mesures transparentes. Les parties à l’accord se sont en contrepartie convenues de coopérer avec l’Iran sur les questions nucléaires. Cependant, les États-Unis n’ont pas réellement rempli leurs obligations en s’abstenant de renouveler les exonérations nucléaires et ont même empêché les autres parties de s’acquitter de leurs obligations.

Concernant les implications juridiques et politiques de l’accord nucléaire, les États-Unis utilisent des moyens politiques pour mettre la pression sur l’Iran et exhorter les 4 puissances restantes vers la terminaison de  l’accord nucléaire. Les États-Unis s’emploient à mettre les pressions destructrices sur l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) par le biais des réunions d’experts et du rapport du Secrétaire général de l’ONU pour ouvrir la voie à des leviers politiques au cours des mois antérieurs à octobre 2020 (fin de la cinquième année de l’accord nucléaire et levée automatique des embargos sur les armements de l’Iran en vertu de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies) pour ouvrir la voie à la prolongation de l’embargo sur les armements Iraniens et au retour de nouvelles sanctions. Cependant, l’Administration de Trump tente d’empêcher la mise en œuvre du paragraphe 5 de l’annexe B de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies relatif à la levée de l’embargo sur les armes de l’Iran, qui expirera le 18 octobre 2020. Comme les États-Unis ne font actuellement pas partie à l’accord, ils ne peuvent légalement prendre cette initiative. Il convient de noter que la résolution 2231 a été adoptée dans le but de lever les sanctions contre l’Iran et d’abroger toutes les résolutions antérieures contre l’Iran. Ainsi, elle ne peut pas servir comme base pour étendre l’embargo sur les armements de l’Iran.

En fait, le retrait de l’administration Trump du JCPOA est officiel et définitif, déclaré par le président américain lors de la signature du décret présidentiel le 8 mai 2018, intitulé «Cessation de la participation des États-Unis au JCPOA». La décision des États-Unis remplace évidemment le libellé de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies, annulant la référence dans le document aux États-Unis en tant que participants à l’accord. Par conséquent, les États-Unis n’y participent plus et n’ont donc pas le droit d’invoquer le processus de Snap-back aux paragraphes 11 et 12 de la résolution. De plus, selon le paragraphe 10, le déclenchement de ce mécanisme ne pourrait commencer qu’au sein de la commission conjointe de JCPOA, dont la tâche est de prendre leurs décisions concernant l’utilisation ou non du mécanisme de règlement des différends, où les États-Unis n’ont jamais participé au cours des deux dernières années.

Il semble que le nouveau stratagème juridique Américain de Snap-Back devrait servir comme monnaie d’échange ou de tactique de négociation visant plutôt à ce que les membres du Conseil de Sécurité approuvent un projet de résolution que les États-Unis avancent pour imposer la prolongation indéfinie de l’embargo sur les armes de l’Iran. Cependant, compte tenu de la fragilité de ce stratagème juridique, aucun membre du Conseil ne serait en mesure d’accepter le projet américain.

Une autre raison du rejet du stratagème américain par la communauté internationale est le fait qu’il provient des machinations politiques de l’administration Trump ainsi que des vastes activités du Congrès, qui ont précédé «l’avis juridique» du Département d’État américain, révélant clairement de l’impact majeur de la politique intérieure américaine dans ce processus. Il est important que les États membres de l’ONU et les Européens, en particulier, gardent à l’esprit la nature politique et la fragilité juridique de l’approche diplomatique américaine à l’égard du processus de snap-back et de l’extension de l’embargo sur les armes dans le but final de détruire l’ensemble du JCPOA.

Malgré les déclarations constantes des trois puissances européennes concernant l’adhésion à l’accord et les efforts visant à lever les sanctions nucléaires, l’Iran n’a pratiquement pas récolté le fruit de la levée des sanctions par l’UE. 

Il est à rappeler que les États membres des Nations Unies, conformément au dernier paragraphe introductif de la résolution 2231, et aux obligations qui leur incombent en vertu de l’article 25 de la Charte des Nations Unies, sont requis pour mettre en œuvre la résolution 2231 du Conseil de sécurité.

Le paragraphe 2 de la résolution 2231 appelle spécifiquement les États membres, les organisations régionales et internationales à prendre des mesures appropriées pour soutenir la mise en œuvre de l’accord nucléaire et à s’abstenir de toute action destructrice de l’accord nucléaire.

Il est à noter que la résolution 2231 est un régime autonome et n’a aucun lien avec d’autres résolutions et de sanctions telles que la résolution 2216 du Conseil de sécurité concernant la crise du Yémen.

La résolution 2231 est un système de suppression des sanctions, pas un système d’extension ou de maintien des sanctions. La différence entre la résolution 2231 et d’autres résolutions antérieures à l’accord nucléaire contre l’Iran (1696, 1737, 1747, 1803 et 1929) est que le texte de la résolution 2231 n’est pas un texte de sanctions, et donc, dès le début, l’importation ou l’exportation d’armes militaires avec l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU est possible, et en fait, seul un système de licence a été créé.

Bien sûr, bien que l’importation et l’exportation d’armes soit juridiquement possible, il n’a pas été mise en œuvre pour des raisons politiques. Ainsi, cinq ans après la résolution 2231 et de l’accord nucléaire, les membres du Conseil de sécurité, au lieu de s’aligner sur l’action illégale d’une puissance violatrice de la résolution, devraient prendre des dispositions pour faciliter la levée des restrictions militaires en octobre 2020 et d’alléger d’autres restrictions selon le plan d’action.

Il ne fait aucun doute que la transformation des engagements du Conseil de sécurité portera atteinte à sa crédibilité et à l’intégrité de la Charte des Nations Unies. L’un des principes fondamentaux du droit international régissant les relations internationales est qu’un gouvernement qui ne s’acquitte pas de ses obligations en vertu des résolutions du Conseil de sécurité ne peut pas envisager lui-même des droits. Par conséquent, comme les États-Unis eux-mêmes ont violé leurs obligations par rapport à la résolution 2231et à l’accord nucléaire, ils ne sont essentiellement pas en mesure de prétendre qu’ils disposent des droits en vertu de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies pour utiliser cette résolution comme prétexte contre l’Iran ou demander l’adoption d’une nouvelle résolution.

Le système lié à la résolution 2231 est un système automatique et pour passer par ses étapes et tenir ses délais, il n’est pas nécessaire d’approuver ou de publier un document tel qu’une résolution, une déclaration du président, une annonce ou autre.

Le seul document publié à cet égard est la note 44 datée du (16 janvier 2016), dans laquelle les modalités pratiques de mise en œuvre de la résolution sont précisées.

Cependant, en cas d’extension des restrictions par le Conseil de sécurité, la République islamique d’Iran ne serait pas en mesure de continuer sa participation dans l’accord nucléaire. 

De toute évidence, la République islamique d’Iran se réserve tous ses droits en vertu de l’accord nucléaire, y compris les droits légitimes consacrés aux paragraphes 26 et 36.

Par Mohammad Reza DEHSHIRI, Ambassadeur de la République Islamique d’Iran à Dakar, publié le Mardi 4 Août 2020 par Dakaractu

https://www.dakaractu.com/L-analyse-des-dernieres-evolutions-de-l-accord-nucleaire-de-l-Iran-avec-le-P5-1-Par-Mohammad-Reza-DEHSHIRI-Ambassadeur_a191616.html

PYONGYANG CONTINUE DE DÉVELOPPER SON PROGRAMME D’ARMEMENT NUCLÉAIRE

La Corée du Nord continue de développer son programme d’armement nucléaire et plusieurs pays croient savoir qu’elle a « probablement développé des engins nucléaires miniaturisés s’adaptant aux ogives de ses missiles balistiques« , selon un rapport confidentiel des Nations unies.

D’après le rapport, rédigé par un panel indépendant d’experts chargés de surveiller le respect des sanctions imposées par l’Onu, ces pays – dont l’identité n’est pas précisée – estiment que les six derniers essais nucléaires effectués par Pyongyang l’ont vraisemblablement aidé à développer des dispositifs nucléaires miniaturisés.

La Corée du nord n’a pas effectué de test nucléaire depuis septembre 2017. Le rapport préliminaire, que Reuters a pu consulter, a été soumis lundi à la commission du Conseil de sécurité sur les sanctions contre la Corée du Nord.

Il est écrit dans le document que la Corée du Nord « poursuit son programme nucléaire, dont la production d’uranium hautement enrichi et la construction d’un réacteur expérimental à eau légère.« 

Sanctions depuis 2006

« Un État membre a évalué que la République démocratique de Corée poursuit la production d’armes nucléaires« , est-il ajouté. Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès de la mission diplomatique nord-coréenne à l’Onu.

Le numéro un nord-coréen Kim Jong-un a déclaré la semaine passée qu’il n’y aurait plus de guerre alors que le programme d’armement nucléaire garantissait à la Corée du Nord stabilité et avenir malgré les pressions et les menaces extérieures.

Pyongyang est visé par des sanctions de l’Onu depuis 2006 pour ses programmes nucléaire et balistique. En dépit du renforcement des sanctions décidé par le Conseil de sécurité, des observateurs onusiens rapportent régulièrement que la Corée du Nord continue d’améliorer ses programmes et de violer les sanctions.

Par Challenges (Avec Reuters), publié le 04.08.2020 à 10h19

Photo en titre : Photo diffusée le 26 juillet par l’agence nord-coréenne KCNA montrant le leader nord-coréen Kim Jong Un (c) entouré par des généraux brandissant leur pistolet à Pyongyang, à l’occasion du 67ème anniversaire de l’armistice dans la péninsule. KCNA VIA KNS/AFP – STR

https://www.challenges.fr/monde/asie-pacifique/pyongyang-continue-de-developper-son-programme-d-armement-nucleaire_721793

DIJON : UNE EXPOSITION EN FAVEUR DU DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

Pour commémorer les 75 ans des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki (Japon), le collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires propose l’exposition «Agir pour le désarmement nucléaire» au Cellier de Clairvaux jusqu’au 9 août. L’inauguration a eu lieu ce lundi 3 août en présence de Christine Martin.

L’exposition a été réalisée par l’Observatoire des armements, avec le soutien de la Ville de Dijon. Elle invite à s’informer sur le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), adopté par 122 pays à l’ONU le 7 juillet 2017 et à réviser les différents traités adoptés par les Nations Unies suite «à la mobilisation citoyenne et qui ont fait évoluer nos sociétés» comme l’indique le collectif.

«Lanceurs d’alerte, c’est le rôle que vous avez»

Ce lundi 3 août 2020, l’inauguration de l’exposition se déroule dans un cellier à la climatisation naturelle du fait de l’ingéniosité des moines qui l’ont bâti. Christine Martin, adjointe au maire de Dijon déléguée à la Culture préside ce lancement car la Ville est adhérente de Maire pour la Paix, association internationale fondée en 1985 par les maires d’Hiroshima et de Nagasaki.

«Le monde est sans doute confronté à la plus forte des menaces nucléaires» déclare Christine Martin car «on a dans des pays puissants sur le plan nucléaire des hommes dont on peut imaginer que demain ils seraient prêts à intervenir».

Au-delà des deux seuls usages militaires opérationnels américains de la bombe atomique, Christine Martin évoque «les essais nucléaires dans le pacifique» et «les déserts dans lesquels on faisait ces essais nucléaires» en référence aux sites de Polynésie et d’Algériela France a réalisé des travaux de mise au point de ses armes atomiques avant de signer le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires en 1996.

«On parle d’équilibre de la terreur, rien que ces mots-là me font frissonner» indique-t-elle en accord avec les exposants qui dénoncent le principe même de dissuasion nucléaire. «Se menacer les uns les autres, c’est une histoire de poker menteur, le jour où quelqu’un lâche prise, tout s’embrase» ajoute-t-elle.

À propos du site de Valduc du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies situé au nord de la métropole, l’adjointe au maire de Dijon relaie à son tour le fait que «ça fait des années que les citoyens s’interrogent sur ce centre». «Lanceurs d’alerte, c’est le rôle que vous avez» indique Christine Martin en s’adressant aux militants du collectif qui organisent régulièrement des «vigies citoyennes» près du site (lire le communiqué). Un propos tenu en compagnie du conseiller municipal de la majorité David Haegy.

Une demande : que Dijon signe l’Appel des Villes de l’ICAN

Jean-Claude Truaisch (Mouvement de la Paix) rappelle que 122 états de l’ONU ont approuvé le 7 juillet 2017 le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN). En revanche, les neufs pays – dont la France – disposant d’armes atomiques ne l’ont pas ratifié. Jean-Claude Traish demande «la progressive reconversion vers des recherches de paix, pour la santé notamment» du CEA de Valduc.

«Le monde nouveau ne peut se construire qu’à travers la démilitarisation des relations internationales, la réalisation des objectifs de développement et enfin de l’élimination totale des armes de destruction massive» déclare le militant pacifiste qui donne rendez-vous le 19 septembre prochain à Chenôve en vue d’une Marche pour la Paix.

Pour le collectif Sortir du nucléaire Côte-d’Or, Jean-Marc Convers rappelle que cela fait sept ans que des militants jeûnent pour commémorer les anniversaires des explosions d’Hiroshima et Nagasaki. La Ville de Dijon fait partie des signataires de la charte Maire pour la Paix et soutient ainsi les démarches des abolitionnistes comme la tenue d’un stand place François-Rude. Cette année, un spectacle tous publics de la compagnie théâtrale Fière allure aura lieu sous le préau de l’école Mansart le 8 août à 16 heures.

Jean-Marc Convers rappelle que le collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires demande que la Ville de Dijon signe l’Appel des Villes élaboré par l’ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons ou Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires) pour faire pression sur les états afin de signer le TIAN «parce que, malheureusement, les cibles des bombes nucléaires, ce sont des villes».

À son tour, Étienne Godinot (Mouvement pour une alternative non-violente) remercie la Ville de Dijon, notamment pour sa contribution à la collation qui sera proposée à la fin des quatre jours de jeûne (le dimanche 9 août à 12h15 au Cellier de Clairvaux). Étienne Godinot revient ensuite sur les crises ou conflits militaire qui ont émaillé l’histoire depuis 1945 impliquant des pays disposant d’armes nucléaires afin de battre en brèche la notion de dissuasion nucléaire (Égypte-Israël en 1967, Russie-Chine en 1969,  Argentine-Royaume-Uni en 1982, Inde-Pakistan en 1999, Russie-Ukraine en 2013…).

«Nous pouvons, si nous le voulons, mettre fin à la course aux armements nucléaires, le sens de l’histoire n’est pas celui que l’histoire imposerait aux hommes, c’est celui que les hommes doivent imposer à l’histoire» déclare-t-il en conclusion de cette inauguration.

Informations pratiques

«Agir pour le désarmement nucléaire», du 3 au 9 août 2020
Salle haute du Cellier de Clairvaux, 27 boulevard de la Trémouille à Dijon

Horaires

De 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h (fermeture à 16 h le 9 août)

Informations et contact: abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr, 

Tél : 06 32 71 69 90

Par Jean-Christophe Tardivon, publié le 3 août 2020 à 18h28

http://abolitiondesarmesnucleaires.org

ENFOUISSEMENT DE DÉCHETS RADIOACTIFS: UN SCHÉMA QUI REMET EN CAUSE LE PROJET CIGÉO

  À Bure, l’Andra s’apprête à déposer une demande de « Déclaration d’utilité publique » pour le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs de haute et moyenne activité. Ce projet peut-il réellement être considéré d’« utilité publique » ? France Nature Environnement apporte un élément au dossier et demande à la Ministre de la Transition Écologique de refuser que l’Andra dépose cette demande.

Cigéo, c’est avant tout un projet hors normes, le plus Grand Projet Inutile et Imposé d’Europe

Hors normes par sa taille, puisque pour stocker 99,9 % de la radioactivité totale des déchets nucléaires produits par les centrales françaises, le réseau de galeries ferait 270 km de long : c’est plus que le métro parisien qui s’étend sur 219,9 km. Hors normes aussi par sa durée, certains déchets resteront dangereux durant 100 000 ans ! Il y a 100 000 ans, l’Homme commençait à se déplacer au-delà de l’Afrique. Où serons-nous dans 100 000 ans ? Ou même moins : des archéologues ont récemment découvert une cité datant de moins de 5 000 ans sur le site de Cigéo … qui avait été totalement oubliée.

Qui dit projet hors normes, dit précautions hors normes. Et pourtant. Alors que le projet est à l’étude depuis plus de 15 ans, de nombreux doutes demeurent, notamment sur la géologie du site choisi.

La couche d’argile censée contenir la radioactivité ne serait ni assez homogène, ni assez épaisse

Un sol imperméable, grâce à une couche d’argile homogène et assez épaisse ? C’est le postulat de l’Andra : la couche géologique qui entourerait les galeries est assez imperméable pour ralentir la diffusion de la radioactivité suffisamment longtemps, car elle serait constituée d’argile et d’une épaisseur convenable (soit 50 mètres minimum au-dessus et sous les galeries). Toutefois, les données des études montreraient une autre réalité. À partir de ces données, un bénévole de France Nature Environnement a réalisé une coupe géologique, à l’échelle, pour mieux se représenter le sous-sol dans lequel seraient enfouis les déchets nucléaires.

Télécharger les notes et la coupe géologique de France Nature Environnement

Loin d’être une argile homogène, il s’agirait plutôt d’un calcaire marneux cassant et présentant des fissures du fait de la présence notable et irrégulière de carbonates qui sont très solubles et peuvent réagir avec l’hydrogène dégagé par ces déchets. Les propriétés d’imperméabilité du sous-sol choisi seraient donc moindres, ce qui est d’autant plus problématique que les couches géologiques au-dessus et en dessous de cette couche contiennent beaucoup d’eau. Il y aurait par conséquent de forts risques d’infiltrations suivies de réactions en chaîne.

Outre sa nature, la couche géologique n’est pas horizontale, mais inclinée de 2% : c’est la conclusion à laquelle arrive France Nature Environnement en recoupant les données à disposition. Ainsi, à certains endroits, les galeries de stockage ne seraient pas entourées d’une couche suffisamment épaisse pour atteindre les 50 mètres de part et d’autre que l’Andra s’est elle-même fixés comme règle pour que le projet soit « sécurisé ». Les informations à notre disposition ne sont donc pas de nature à nous rassurer et semblent bien insuffisantes pour démontrer la faisabilité de ce projet. Le stockage sortirait des zones dites « favorables ».

« Une coupe géologique comme celle-ci fait partie des éléments indispensables pour s’assurer de la sécurité d’un projet d’enfouissement. L’Andra devrait réaliser une représentation en 3D du sous-sol pour vérifier son postulat avant de vouloir que Cigéo soit déclaré d’utilité publique. Cette coupe géologique met en exergue une inquiétude majeure de France Nature Environnement : la couche d’argile censée contenir la radioactivité ne semble ni assez homogène, ni assez épaisse pour éviter suffisamment la dispersion des éléments radioactifs ! » explique Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement.

L’abandon du projet est nécessaire

Risques d’incendie, failles sismiques, ventilation éternelle, transports… Au-delà des inquiétudes soulevées par la géologie du terrain choisi, France Nature Environnement alerte depuis plusieurs années sur les nombreuses questions entourant ce projet. En 2017 et 2018, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et l’Autorité de Sûreté Nucléaire avaient par ailleurs demandé à l’Andra de revoir bon nombre d’aspects concernant la sécurité. En interne, l’Andra sait qu’il sera impossible d’apporter la preuve de la sûreté d’un tel stockage. Les retours d’expérience sur l’enfouissement en profondeur des déchets dangereux sont jonchés d’accidents aux conséquences graves, que ce soit à WIPP (États-Unis), Asse (Allemagne), ou encore Stocamine (Alsace).

« Le projet Cigéo a été chiffré de façon arbitraire par l’État à 25 milliards d’euros. L’Andra l’estimait à plus de 34 milliards… en faisant le parallèle avec les déboires techniques et financiers d’un autre projet nucléaire d’ampleur, l’EPR de Flamanville, on peut s’interroger sur son opportunité. D’autant plus dans un contexte de crise sanitaire qui a, une fois de plus, démontré la nécessité de mettre en œuvre un autre modèle social et environnemental. Car ce projet est aussi profondément anti-démocratique : qui voudrait habiter dans un territoire nucléarisé et militarisé à outrance, qui plus est près de la plus grosse poubelle nucléaire d’Europe ? » complète Arnaud Schwartz.

Pour France Nature Environnement, un abandon clair de ce projet doit être acté. Les études sur les alternatives à l’enfouissement doivent être engagées suite à une récente décision ministérielle sur la gestion de ces déchets radioactifs. Stopper le nucléaire est nécessaire pour éviter des déchets supplémentaires dont on ne sait que faire. France Nature Environnement demande donc à la Ministre de la Transition Écologique, Barbara Pompili, de refuser que l’Andra dépose la demande de déclaration d’utilité publique du projet Cigéo, d’autant plus que cette agence est en partie sous la tutelle de son Ministère.

Pour aller plus loin

Déchets nucléaires : l’essentiel à savoir sur le projet Cigéo à Bure

Cigéo à Bure : l’enfouissement des déchets nucléaires en profondeur, un désastre annoncé ?

Par France Nature Environnement, publié le 4 août 2020

https://blogs.mediapart.fr/france-nature-environnement/blog/040820/enfouissement-de-dechets-radioactifs-un-schema-qui-remet-en-cause-le-projet-cigeo

LA CHINE PEUT LANCER DES CONTRE-ATTAQUES NUCLÉAIRES EN QUELQUES MINUTES: (EX-SOLDAT)

La Chine peut détecter des missiles nucléaires lancés par un ennemi et contre-attaquer à l’aide d’armes nucléaires quelques minutes avant qu’ils n’atterrissent dans le pays, selon un article rédigé par un ancien officier militaire chinois.

Ses remarques ont indiqué que la Chine avait peut-être mis au point un système d’alerte précoce contre les attaques de missiles tout en renforçant ses programmes nucléaires, ce qui pourrait menacer les États-Unis en termes de sécurité, ont déclaré des experts des affaires étrangères.

Le développement du système nécessite des technologies avancées de défense antimissile intégrant des satellites artificiels pour détecter les lancements de missiles avec un radar en mer, ont-ils déclaré.

La Chine a apparemment augmenté ses capacités de défense antimissile ces dernières années, alors que la direction du président Xi Jinping a intensifié ses efforts pour donner à la nation un statut militaire de «classe mondiale» au milieu du 21ème siècle.

Le document a été rédigé par Yang Chengjun, un spécialiste chinois des missiles nucléaires, qui avait longtemps travaillé pour la Force de fusée de l’Armée populaire de libération, qui dispose d’une unité de missiles nucléaires.

Dans le document, Yang a également souligné que la capacité nucléaire de la Chine est devenue globalement comparable à celles des États-Unis et de la Russie.

La Chine s’est jusqu’à présent engagée à poursuivre la politique de « non-recours en premier aux armes nucléaires » en aucune circonstance.

Le principe de base de sa stratégie nucléaire est que le pays contre-attaquerait avec les armes nucléaires restantes sans être détruites après avoir été frappé par les armes nucléaires de l’ennemi.

Par Vegeta, publié le 2 août 2020

Photo en titre : Photo prise le 1er octobre 2019, montrant des missiles balistiques lancés par des sous-marins chinois JL-2 lors d’un défilé militaire à Pékin marquant le 70ème anniversaire de la fondation de la République populaire communiste de Chine. (Kyodo)

https://www.japanfm.fr/la-chine-peut-lancer-des-contre-attaques-nucleaires-en-quelques-minutes-ex-soldat/

LES ÉMIRATS ARABES UNIS DÉMARRENT LA PREMIÈRE CENTRALE NUCLÉAIRE DU MONDE ARABE

Les Émirats arabes unis sont entrés samedi 1er août dans le club des pays utilisant l’énergie nucléaire civile avec la mise en service de leur centrale de Barakah, la première du monde arabe.

Lorsqu’ils seront pleinement opérationnels, les quatre réacteurs auront la capacité de produire environ 25 % des besoins du pays, déjà riche en pétrole.

« Nous annonçons aujourd’hui que les Émirats arabes unis ont procédé, avec succès, à la mise en service du réacteur numéro un de la centrale de Barakah », a tweeté cheikh Mohammed Ben Rachid Al-Maktoum, premier ministre des Émirats et souverain de Dubaï.

« C’est un moment historique pour les Émirats dans leur objectif de fournir une nouvelle forme d’énergie propre à la nation », a commenté Hamad Alkaabi, représentant des Émirats auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), saluant également le « succès » du démarrage de l’installation.

Lire aussi : « Le nucléaire est devenu un péril parmi tant d’autres » : la lutte contre l’atome ne fait plus recette ((Article réservé à nos abonnés)

Les Émirats avaient annoncé le 17 février avoir donné le feu vert au démarrage de la centrale après une série d’essais et en avoir confié l’exploitation à Nawah Energy Compagny. Cette entreprise fondée en 2016 doit exploiter et entretenir à terme les quatre réacteurs de la centrale située dans le nord-ouest du pays. « C’est une nouvelle étape dans notre marche vers le développement de l’énergie nucléaire pacifique », s’était alors réjoui Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane, prince héritier d’Abou Dhabi.

L’installation a été construite par un consortium mené par Emirates Nuclear Energy Corporation (ENEC) et par le sud-coréen Korea Electric Power Corporation, pour un coût estimé à 24,4 milliards de dollars. Le premier des quatre réacteurs devait être mis en service fin 2017 mais la date de démarrage a été reportée à plusieurs reprises pour satisfaire, d’après les responsables, aux conditions légales de sécurité.

Une « menace pour la paix régionale » selon le Qatar

Lorsqu’ils seront pleinement opérationnels, les quatre réacteurs auront la capacité de produire 5 600 mégawatts d’électricité, soit environ 25 % des besoins des Émirats arabes unis, pays riche en pétrole. L’ENEC, entreprise publique, a annoncé en décembre que le chargement du combustible nucléaire dans le réacteur aurait lieu au cours du premier trimestre 2020.

L’État fédéral composé de sept émirats compte une population de 9,3 millions d’habitants, dont environ 80 % d’expatriés. Les besoins en électricité sont croissants en raison notamment de l’utilisation de la climatisation durant les étés caniculaires.

Les responsables émiratis ont insisté sur le caractère « pacifique » de leur programme nucléaire et assurent qu’il ne contient aucun volet militaire, dans un contexte de tensions régionales accrues. « Les Émirats restent attachés aux normes les plus élevées de sécurité et de non-prolifération nucléaires ainsi qu’à une coopération solide et continue avec l’AIEA et les partenaires nationaux et internationaux », avait souligné en février Hamad Alkaabi. Le pays a accueilli plus de quarante missions internationales et inspections de l’AIEA et de l’Association mondiale des exploitants nucléaires depuis 2010.

Mais le Qatar voisin considère la centrale de Barakah comme une « menace pour la paix régionale ». Comme plusieurs de ses alliés, dont l’Arabie saoudite, Abou Dhabi est en froid diplomatique avec le Qatar, avec lequel il n’entretient plus de relations officielles depuis juin 2017.

Abou Dhabi entretient aussi des liens tendus avec Téhéran, par ailleurs lourdement sanctionné par la communauté internationale à cause de son programme nucléaire controversé jusqu’à la signature d’un accord avec les grandes puissances mondiales en 2015 à Vienne. Mais Washington s’est retiré unilatéralement de cet accord en mai 2018, rétablissant plusieurs trains de sanctions contre l’Iran. Ce dernier a en conséquence repris notamment l’enrichissement d’uranium en septembre 2019 sur son site de Natanz.

Située sur la côte, Barakah n’est donc séparée de l’Iran, qui lui fait face, que par les eaux du Golfe. Grand allié des Émirats, les États-Unis mènent une politique de « pression maximale » contre la République islamique, accusée de semer le trouble dans la région.

Lire aussi : Les regards se tournent vers Israël après l’incident sur le site nucléaire iranien de Natanz

Par Le Monde avec AFP, publié le 1er août 2020 à 15h37, mis à jour le 1er août 2020 à 15h46

Photo en titre : La centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis, le 1er août. STRINGER / AFP

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/08/01/les-emirats-arabes-unis-demarrent-la-premiere-centrale-nucleaire-du-monde-arabe_6047918_3210.html

SÉCURITÉ NUCLÉAIRE : LE GRAND MENSONGE (film)

À revoir : Un reportage édifiant en 2015 diffusé par Arte. Que vous soyez opposé au nucléaire ou simplement dans le doute vis à vis de cette technologie mortifère, je vous encourage à regarder à nouveau ce documentaire qui ne vous laissera pas indifférent.

Classée secret défense, la sécurité nucléaire reste aujourd’hui la zone opaque d’une industrie exposée au risque terroriste. Captivante autant qu’alarmante, cette enquête internationale révèle d’énormes failles en la matière.

Alors que les accidents de Tchernobyl ou de Fukushima ont alerté sur la sûreté nucléaire, la sécurité des installations, classée secret-défense, reste encore entourée d’un épais mystère. Pourtant, au-delà de la vulnérabilité des sites mise en lumière par les opérations de militants écologistes, l’enquête sur les attentats de Bruxelles de mars 2016 a révélé que le nucléaire belge constituait bien une cible potentielle pour des terroristes en quête d’armes de destruction massive. De l’attentat-suicide et la chute d’un avion de ligne sur un réacteur aux cyberattaques en passant par les drones, les actes de sabotage ou la fabrication artisanale de bombes sales – un mélange d’explosifs et de matières radioactives –, les menaces, reconnues par les experts, sont réelles. Dès lors, comment nos installations sont-elles protégées pour affronter ces risques multiples et comment la communauté internationale s’organise-t-elle pour sécuriser les matières et éviter les trafics ?

Glaçant

Des États-Unis à l’Allemagne en passant par la France et la Belgique, cette enquête révèle les failles abyssales des systèmes de protection de sites nucléaires, conçus pour la plupart avant les attaques du 11-Septembre. Interrogeant experts, politiques et activistes de Greenpeace, le film montre aussi comment l’industrie nucléaire, aujourd’hui souvent déficitaire et surendettée, peine à mettre en œuvre des mesures efficaces – et forcément coûteuses – face au risque terroriste. On découvre ainsi qu’aucune norme internationale n’est imposée aux États nucléarisés, notamment pour ce qui concerne la sécurisation des matières les plus dangereuses, malgré les tentatives de Barack Obama, initiateur du Sommet mondial sur la sécurité nucléaire… Le silence qui entoure cette menace au nom de la confidentialité face à un ennemi potentiel prive de surcroît la société civile du légitime débat sur sa sécurité, quand les décisions pour la garantir relèvent du politique. Une investigation glaçante sur l’un des secrets les mieux gardés au monde.

Réalisation : Éric Guéret

Pays : France

Année : 2015

Durée : 1h44mn 03 s

Disponible jusqu’au 25 juillet 2022

À diffuser sans modération ! Pour accéder au film, cliquer sur:

https://www.arte.tv/fr/videos/067856-000-A/securite-nucleaire-le-grand-mensonge/

TRUMP DIT TRAVAILLER SUR UN ACCORD DE NON-PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE AVEC MOSCOU

À l’approche de l’expiration du traité New Start, le dernier traité de contrôle des armements entre les États-Unis et la Russie encore en vigueur, le Président américain a évoqué le 31 juillet la volonté de son pays de conclure un nouvel accord de non-prolifération nucléaire avec la partie russe.

Les États-Unis seraient heureux de parvenir à un nouvel accord de non-prolifération nucléaire avec la Russie, a déclaré Donald Trump lors d’une table ronde sur la réponse au Covid-19 et la préparation aux tempêtes qui s’est tenue vendredi 31 juillet en Floride.

«Nous travaillons actuellement avec la Russie sur un accord de non-prolifération, de non-prolifération nucléaire. Si nous parvenons à quelque chose comme ça, ce serait formidable», a-t-il indiqué sans pour autant fournir plus de détails.

Des négociations en cours

À l’approche de l’expiration du traité New Start, la Russie et les États-Unis ont entamé une série de négociations sur la poursuite de l’accord. Ainsi, les deux pays ont tenu depuis le 27 jusqu’au 30 juillet à Vienne des consultations portant sur la sécurité internationale et le contrôle des armements.

Lors de ces consultations, le porte-parole adjoint du ministère russe des Affaires étrangères Alexeï Zaïtsev a fait valoir que la France et le Royaume-Uni, en tant qu’alliés des États-Unis au sein de l’Otan, doivent être en première ligne dans les discussions sur le contrôle des armements.

Il a également souligné que la partie russe restait disposée à mener des discussions multilatérales en vue d’assurer la prévisibilité et la retenue dans les domaines nucléaire et balistique.

«Un pacte nucléaire» déjà évoqué par Trump

Début juin, Donald Trump avait confié qu’il souhaitait conclure «un pacte nucléaire» avec la Russie, «le plus important [sujet, ndlr] qu’il y ait dans le monde».

La partie américaine réclame la participation chinoise afin de restreindre toutes les armes nucléaires dont les stratégiques. Pékin a refusé à plusieurs reprises d’y participer.

Début juillet, la partie chinoise a finalement annoncé ses conditions pour rejoindre la table des négociations: les États-Unis doivent trancher eux-mêmes dans leur arsenal.

Le traité New Start

Signé par Moscou et Washington, le traité de réduction des armements stratégiques New Start expire en février 2021.

C’est le dernier traité de contrôle des armements entre les deux pays encore en vigueur. Précédemment, les États-Unis avaient annoncé leur sortie unilatérale du traité Ciel ouvert et s’étaient retirés du traité de défense antimissile (ABM).

Après avoir accusé la Russie de violer le traité sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), Washington s’en était retiré. Ces accusations ont été réfutées par Moscou à plusieurs reprises. En août 2019, le traité a officiellement pris fin.

Publié le 1er août 2020

https://fr.sputniknews.com/international/202008011044189380-trump-dit-travailler-sur-un-accord-de-non-proliferation-nucleaire-avec-moscou/

PISCINE NUCLÉAIRE GÉANTE ?, À SAINT-AMAND-EN-PUISAYE (58)

Appel à précipiter l’occlusion du nucléaire français

En cet été 2020, si une chose est certaine c’est l’incertitude qui se propage comme la pandémie et perturbe les certitudes bien programmées par les empires multinationaux et leurs ingénieurs. EDF, particulièrement autonome dans le sabotage de ses propres projets ces deux dernières décennies, n’échappe évidemment pas à la règle. L’annonce dans la presse par le président de la région Centre-Val de Loire, le 30 juin dernier, de l’abandon du projet de piscine d’entreposage centralisé pour ses combustibles usés à Belleville sur Loire, n’en est qu’un énième symptôme. Difficile, par les temps qui courent, en effet, d’installer 10000 tonnes de déchets nucléaires en bord de Loire !

Ce serait donc finalement à La Hague qu’EDF créerait un nouveau site spécifique pour cette piscine géante, sur les lieux de l’installation nucléaire d’ores et déjà la plus importante de la planète. L’objet principal de ce projet consiste à pérenniser, pour les cent prochaines années, l’exploitation du parc nucléaire français (alors qu’on ferme des réacteurs et qu’on est incapable d’en construire de nouveaux). Tout en maintenant sa dangereuse, coûteuse et inutile filière de retraitement des combustibles usés (conçue stratégiquement pour la mythique filière des réacteurs à neutrons rapides, qui n’ont jamais bien fonctionné, sur laquelle les dernières recherches du programme ASTRID ont été abandonnées en 2018). Une solution de facilité donc, consistant à continuer sans rien remettre en cause, qu’on reléguerait encore au Nord-Cotentin. Pour le moment, rien n’est décidé, alors que l’engagement avait été pris, dans le Plan National de Gestion des Matières et des Déchets Radioactifs (PNGMDR), de déposer une demande d’autorisation de création avant la fin 2020.

En attendant, c’est Areva-Orano qui entrepose les combustibles au plutonium (MOX) usés qui appartiennent à EDF alors que, dès 2010, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) avait formellement identifié le besoin stratégique de disposer de nouvelles capacités d’entreposage à l’horizon 2030… si toutefois les conditions idéales d’exploitation de l’usine de retraitement de La Hague sont réunies. En effet, dans les dix années à venir, à la moindre perturbation comme celle que nous venons de vivre, les combustibles usés s’accumuleront plus vite que prévu, et le délai de remplissage des piscines existantes s’en trouvera réduit. Autrement dit : on ne prend pas la peine de maîtriser les problématiques présentes, bien au contraire, on laisse traîner la question pourtant chronologiquement prioritaire de l’entreposage des déchets existants. Tandis que, depuis vingt-cinq ans, la nucléocratie s’acharne à nucléariser à grand frais industriels, politiques et policiers, la Meuse, l’Aube et la Haute-Marne, pour y construire un pharaonique tombeau pour des milliers d’années…

À force de vouloir jouer au jeu dangereux de la globalisation dans la cour des grands, les dirigeants d’EDF et d’Areva-Orano, avec la totale complicité des gouvernements successifs, ont multiplié les erreurs industrielles et politiques et trahi la nation rayonnante dont ils se sont pourtant toujours faits les hérauts. Les conséquences de multiples affaires de corruption, de dissimulation et d’échecs industriels sont catastrophiques : l’industrie française et la puissance nucléaire qui la soutient sont désormais en état de faillite à la fois économique et technologique.

Face à la situation particulièrement critique dans laquelle se trouve la filière aval de retraitement et de gestion des matières et des déchets radioactifs, nous appelons donc à nous rejoindre, du 25 au 27 Septembre 2020, à Saint-Amand-en-Puisaye dans la Nièvre, pour fêter, avec la coordination Piscine Nucléaire Stop, l’abandon de cette méga-piscine sur les berges de la Loire, ainsi qu’à poursuivre ensemble les discussions stratégiques, pour empêcher le maintien du projet à La Hague ou ailleurs, afin de précipiter l’occlusion de l’industrie nucléaire !

En effet, si celle-ci ne trouve pas rapidement de « parade » au retard pris comme le lui demande l’ASN, elle devra faire face à une fermeture forcée de l’ensemble de ses réacteurs, comme le rappelle fort justement une analyse de l’Association Contre la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO) de 2018.

Non à l’atome et à ses déchets, ni à Belleville, ni à La Hague, ni à Bure, ni ailleurs !

PROGRAMME

Le programme est à retrouver en ligne ici.

Jeudi 24 septembre
 . installation des espaces
 . répartition des tâches (accueil, buvette, repas, vaisselle, fléchage/parking, décoration, hébergement, installation sono/vidéo etc)
mais aussi des ateliers créatifs, des discussions auto-organisées etc.

Vendredi 25 septembre
Le lieu pourra continuer à être utilisé de manière auto-organisée le matin et l’après-midi, parallèlement à une réunion du collectif « Loire Vienne Zéro nucléaire » jusqu’à 16h30 puis nous nous préparerons à accueillir le public pour une soirée projection :
. 18 h 00 – Film Le dossier Plogoff (50 mn) de François Jacquemain.
. 21 h 00 – Film-débat « Condamnés à réussir » (60mn) de Claude Eveno et François Jacquemain

Samedi 26 septembre
. 10 h – 12 h30 : Les rejets dans l’environnement de l’industrie nucléaire en Loire et Vienne et à la Hague
 état des lieux et actions, avec l’ACRO et le Réseau de préleveurs citoyens qui mesure le tritium le long de la Loire et dans le Cotentin.
. 15 h – 17 h 30 : Les combustibles nucléaires usés
 État des lieux : le retraitement, le Mox, les transports, la saturation des piscines…
 Les failles de la filière. Comment s’opposer ? Quelles alternatives ?
avec ACRO (D. Boilley), Greenpeace (Y. Rousselet), Global Chance (B. Laponche), Réseau SDN (L. Hameaux) , Sud-Rail (Ph. Guiter).
. 18 h 00 : Film-débat Un héritage empoisonné (60mn) – avec Isabelle Masson-Loodts, réalisatrice.

. À partir de 20 h : SOIREE FESTIV
Célébrons l’abandon de la piscine nucléaire géante à Belleville !!!
* Bref rappel de l’histoire (par les militants locaux)
* Buffet (par l’association Le PARC)
* Performance Artistique suivie d’une boum et de chants aux coins du feu

Dimanche 27 septembre
. 10 h – 12 h 30 : Les déchets, la nucléarisation du Grand-Est
 état des lieux
 Les failles, comment s’opposer ? avec des militants locaux
. 14 h – 16 : Assemblée – comment continuer ?
Élaborons ensemble des stratégies pour les luttes à venir.

Et pour finir : rangement, nettoyage etc. avec le plus grand nombre de personnes disponibles !

RDV au château de Saint-Amand-en-Puisaye (58)
Du 24 au 27 Septembre 2020
.

nibellevilleniailleurs2020@riseup.net

Publié le 1er août 2020

https://reporterre.net/Piscine-nucleaire-geante-a-Saint-Amand-en-Puisaye-58

BREST-DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE : APPEL INTERNATIONAL DES GROUPES DE JEÛNEUSES ET JEÛNEURS POUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

Brest, jeudi 6 août 2020. Nous sommes des groupes de jeûneuses et jeûneurs qui ont décidé de renoncer à se nourrir pendant au moins 4 jours, du 6 août, 75ème anniversaire du bombardement d’Hiroshima, jusqu’au 9 aout, anniversaire du bombardement de Nagasaki, pour exprimer notre totale opposition aux armes nucléaires, et appeler à leur abolition complète.

Cette année 2020 restera dans l’histoire comme l’année où une calamité majeure a frappé toutes les nations du monde avec la même force. Révélant la fragilité et l’interdépendance de la race humaine, la pandémie COVID-19 devra conduire à des appels à des changements radicaux – changements dans la gouvernance du monde, changements dans nos priorités, fin à la dévastation de notre planète.

Le monde dépense 2 000 milliards d’euros par an en armes ; une part importante de cette somme est consacrée à l’entretien et au développement de 14.000 armes nucléaires par seulement 9 États dont une petite fraction serait suffisante pour détruire la planète plusieurs fois. Citant la menace nucléaire et le changement climatique, les scientifiques qui gèrent l’horloge de l’Apocalypse l’ont à nouveau avancée, à seulement 100 secondes avant minuit, un niveau de danger jamais atteint pendant la guerre froide.

Cette situation doit cesser. Nous ne pouvons pas continuer à laisser une petite minorité de nations tenir le reste du monde sous sa menace et dilapider d’énormes sommes d’argent pour des armes terrifiantes. S’exprimant à Nagasaki en novembre 2019, le pape François a dénoncé sans ambiguïté l’immoralité non seulement de la menace d’utilisation d’armes nucléaires, mais également de leur possession et de leur développement.

Son plaidoyer fait écho aux termes du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, approuvé par 122 nations aux Nations Unies en juillet 2017, et depuis signé par plus de 80 nations et ratifié par plus de 35. Lorsque 50 nations l’auront ratifié, il entrera en vigueur en tant que composante du droit international. Ce devrait être au début de l’année 2021. La pression de l’opinion publique, la détermination de la grande majorité des organisations de la société civile et des citoyens ordinaires, obtiendront l’abolition des armes nucléaires.

La possession, la production et la menace d’armes nucléaires vont être interdites. Le Traité des Nations Unies, ainsi que tous les autres traités concernant les armes nucléaires, doivent être respectés et appliqués ! Nous, les groupes de jeûneuses et jeûneurs soussignés, appelons chaque personne à se joindre à nous pour exprimer cet appel urgent :

Le désarmement nucléaire doit avoir lieu MAINTENANT ! Rejoignez les jeûneuses et les jeûneurs ! Exigez que votre pays signe le Traité !

DIJON-Valduc : Dominique Lalanne, < do.lalanne@wanadoo.fr-> 

MONT SAINT-MICHEL : Josette Lenoury < jolenoury50@gmail.com >

BREST- Ile Longue : Chrystelle < chrystelleanvroin@wanadoo.fr >

TOURS : Marie Claude Thibaud <[ marie-claude.thibaud@wanadoo.fr -> 

 ALLEMAGNE : MAINZ / BÜCHEL : Matthias Engelke< distelwenk@gmail.com >

CÔTÉ D’IVOIRE SAN PEDRO : Warie Yao < wariesadacrepin@gmail.com >

NOUVELLE-ZÉLANDE AUCKLAND : Chris and Audrey van Ryn < audrey@writeaway.co.nz >

ROYAUME-UNI – BARNSTAPLE, England : Sheila Bloggs< blogg869@btinternet.com

ROYAUME-UNI – KNIGHTON, Wales : Angie Zelter <reforest@gn.apc.org >

ROYAUME-UNI – Iona Scotland : Margery Toller < margery.toller@gmail.com

ROYAUME-UNI – London – England : Marc Morgan < marcwmorgan@btinternet.com >

ÉTATS-UNIS – Kansas city – Missouri : Ann Suellentrop < annsuellen@gmail.com >

Dans le cadre des commémorations d’Hiroshima et Nagasaki et pour demander l’abolition des armes nucléaires, voici les rendez-vous inscrits dans notre agenda :

Du 6 au 9 août – Commémorations pour les 75 ans d’Hiroshima et Nagasaki > Actions et Jeûnes à Dijon (21)

Du 6 au 9 août – Jeûne-action pour l’abolition des armes nucléaires à Épinal (88)

Jeudi 6 août – Concert pour Hiroshima et Nagasaki à Saintes (17)

Jeudi 6 août – Rendez-vous au sommet du Menez Hom (29) en commémoration d’Hiroshima et Nagasaki

Par 7seizh.info, publié le 2 août 2020

https://7seizh.info/2020/08/02/brest-desarmement-nucleaire-appel-international-des-groupes-de-jeu%CC%82neuses-et-jeu%CC%82neurs-pour-le-desarmement-nucleaire/

LA DISSUASION NUCLÉAIRE FACE À LA PANDÉMIE ET À LA RELANCE DE L’ESCALADE MORTIFÈRE

La France fait partie avec les USA, la Grande Bretagne, la Russie et la Chine des 5 pays disposant officiellement de l‘arme atomique. Quatre autres en seraient possesseurs : Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël.

Le mardi 31 mars 2020 en pleine période de confinement, alors que le pays tout entier évite la propagation de la contamination, que de nombreuses personnes sont privées de revenus, quand d’autres doivent travailler avec de faibles moyens de protection (activités indispensables), le gouvernement n’hésite pas à engager les forces aériennes stratégiques pour une simulation de frappe nucléaire, un exercice militaire comme si de rien n’était. Une dépense indispensable quand les hôpitaux manquent de tout ?

C’est Macron qui parle de guerre au sujet du virus et pour cette soi-disant guerre, la dissuasion nucléaire se révèle bien inutile !

Le budget militaire et particulièrement celui consacré à la dissuasion nucléaire est plus encore que d’ordinaire sur doté et son maintien à son niveau actuel est moralement inacceptable.

La valse des milliards

Chaque année la France dépense près de 5 milliards d’euros pour la modernisation et le renouvellement des arsenaux nucléaires. Plus encore la loi de programmation militaire prévoit de doter les forces nucléaires françaises sur la période 2019-2025 de 37 milliards d’euros, soit 20 milliards de plus que sur la période 2003-2008, et 60% d’augmentation ; ce qui porterait la dépense annuelle à 6 milliards d’euros en 2023.

Avec les 4,7 milliard d’euros de la seule année 2019 il serait selon l’ICAN (International Campaign to Abolish Nucléar weapons , possible de financer:

  • 100 000 lits de soins intensifs,
  • + 10 000 ventilateurs
  • + 20 000 infirmières
  • + 10 000 médecins

Ces sommes ne tiennent pas compte d’autres dépenses de l’armée ou civiles comme la gestion des déchets nucléaires léguée aux générations futures.

Pourtant l’efficacité de cet argent englouti n’est pas démontrée tout comme la stratégie de dissuasion nucléaire (les dépenses militaires mondiales se seraient élevées à 1917 milliards en 2017 selon le Mouvement de la Paix).

En quoi la bombe nous protège-t-elle des actes terroristes, des pandémies, du dérèglement climatique, de la perte de biodiversité, qui sont pourtant aujourd’hui des menaces, bien réelles, à côté du risque de conflit armé généralisé bien peu probable ? La catastrophe sanitaire d’aujourd’hui qui touche le monde entier est bien peu de choses à comparer avec les effets d’une catastrophe nucléaire militaire.

La doctrine de la dissuasion nucléaire questionnée

Sur la scène internationale aussi, la tendance n’est plus au ralentissement du nucléaire militaire et c’est très inquiétant. Bien qu’ils aient été arrêtés depuis le 29 septembre 1992 les États Unis envisagent de reprendre des essais nucléaires afin de renforcer l’arsenal des armes nucléaires (selon le Washington post). L’administration Trump accuse en effet la Chine et la Russie de procéder à des essais nucléaires de faible puissance.

Dans ce contexte les américains n’excluent pas de reprendre des essais et équipement d’ogives de faible puissance (le tiers de la puissance de la bombe larguée sur Hiroshima) sur des sous-marins et pour une réponse rapide : on est donc loin de la dissuasion. L’administration Trump annonce en effet ne pas chercher à obtenir la ratification du traité d’interdiction des essais nucléaires, signé par les États Unis mais non ratifié par la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Corée du nord ; contrairement à la Russie, la France et la Grande Bretagne qui l’ont fait.

À cette volonté américaine de doper l’arsenal des armes nucléaires, s’ajoute le choix de s’affranchir des traités limitant la course aux armes nucléaires notamment l’accord « ciel ouvert » signé en 1992 et entré en vigueur seulement en 2002. En effet les américains se sont également retirés de l’accord sur le nucléaire Iranien en 2018 et de celui sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Il en est de même pour les autres traités sur les missiles terrestres signés avec les Russes. Qu’en sera-t-il des accords START de réduction des armes stratégiques qui doivent prendre fin en février 2021 Seront-ils reconduits?

Printemps tragique

Ce printemps se sont succédé des évènements qui mettent à mal la stratégie française de dissuasion nucléaire.

Comble de l’efficacité de cette stratégie de défense française, le porte avion Charles De Gaulle, pièce maîtresse de la stratégie nucléaire française, n’est plus opérationnel à cause … non pas d’un manque de moyens, mais du Covid 19….la bonne blague !!!

Au moment où le sous-marin SNA Suffren commence ses essais difficiles à la mer par un retour en cale sèche, le SNA Perle dernier de la série Rubis à propulsion nucléaire vient d’être victime d’un grave incendie. Intervenu pendant les travaux périodiques de la Perle à Toulon cet incendie rend son avenir incertain et fragilise le dispositif militaire.

Le jour d’après a de fortes chances de ressembler aux jours d’avant pour que rien ne change….

Ces difficultés n’empêchent pas la France d’envisager un deuxième porte avion de type Charles De Gaulle pour au moins 5 milliards d’euros et 220 millions par an de fonctionnement.  

Le 12 juin 2020 les essais du missile nucléaire M51 ont repris à partir du sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) Le Téméraire qui a tiré un missile balistique stratégique (sans charge nucléaire) à 120 millions d’euros depuis le large du sud-Finistère,

L’orientation du Livre Blanc de la Défense préconise de dépenser 100 milliards d’euros en 15 ans pour le renouvellement de la flotte des SNLE-NG en violation du traité de non-prolifération.

En consacrant autant d’argent au mépris des besoins de la population, la France s’entête dans une stratégie de défense remise en question par les autres pays. Pour preuve, en février dernier, Macron a considéré que la composante aéroportée pourrait mettre en œuvre à partir de 2035 un missile hypersonique emporté par un avion de combat, un porteur lourd ou un drone furtif.

En refusant d’adopter le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) alors que 122 pays l’ont fait, la France encourage la course mondiale aux armements.

Un mauvais signe pour la paix et l’avenir de l’humanité à la veille du 75ème anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki.

Patrick Lafon, Membre du CA du CRILAN

Par André JACQUES, publié le 2 août 2020

http://crilan.fr/la-dissuasion-nucleaire-face-a-la-pandemie-et-a-la-relance-de-lescalade-mortifere/

HIROSHIMA-NAGASAKI: 75 ANS APRÈS LES BOMBARDEMENTS ATOMIQUES, LE DEVOIR D’AGIR AFIN D’ÉVITER LA DESTRUCTION MUTUELLE ASSURÉE

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Chaque année, des actions partout dans le monde permettent de rappeler l’horreur de ces bombardements. C’est le moment de rappeler que ces armes de destruction massive sont dangereuses pour la survie de l’humanité, juridiquement illégales en référence au droit international, économiquement coûteuses et criminelles à travers le gaspillage de ressources intellectuelles, technologiques et financières qui privent l’humanité de moyens nécessaires pour sa sécurité physique, sanitaire, économique, écologique et sociale; mais aussi moralement inadmissibles et criminelles comme l’a rappelé entre autres le Pape dans ses déclarations discours à Hiroshima Nagasaki en 2019.

Comme l’indiquent les Hibakushas (survivants d’Hiroshima et Nagasaki) dans leur appel international de 2016 pour l’élimination des armes nucléaires qui a recueilli des millions de signatures à travers le monde «Aujourd’hui, l’humanité se trouve à la croisée des chemins. Ou nous sauvons notre planète bleue telle qu’elle est, avec tous ses êtres vivants, ou bien nous nous acheminons vers l’autodestruction. Les armes nucléaires pourraient éliminer l’espèce humaine, ainsi que toutes les autres créatures vivantes. Elles pourraient détruire l’environnement et transformer la terre en une planète morte. Les êtres humains ont interdit l’usage, le développement, la production et la possession d’armes biologiques et chimiques par des traités et des protocoles. Nous devons appeler les gouvernements de tous les pays à conclure un traité qui interdise et élimine les armes nucléaires

Le Mouvement de la Paix estime qu’après de nombreuses mobilisations citoyennes à travers le monde, le vote à l’Onu en 2017 par 122 États d’un Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) a ouvert la voie vers une nouvelle période de mobilisations nécessaires pour l’élimination totale et définitive de ces armes de destruction massive. Déjà 40 États ont ratifié le TIAN. Dès qu’il aura été ratifié par 50 États il entrera en vigueur permettant ainsi la mise en œuvre de l’article 6 du TNP (Traité de Non-Prolifération Nucléaire) qui prévoit l’élimination des armes nucléaires. (1)

Partout dans le monde et en France se mettent en place des actions, dans le cadre de la vague de la paix lancée par les hibakushas le 6 août 2020 depuis Hiroshima pour que la période du 6 au 9 août 2020 marque le point de départ, à travers une multiplicité d’actions petites ou grandes, individuelles ou collectives, d’une nouvelle dynamique de la lutte pour l’élimination des armes nucléaires.

Le Mouvement de la Paix qui est directement associé à cette vague de la paix dans le cadre d’un partenariat avec le comité japonais contre les bombes A et H (Gensuiko) et sa participation à la conférence mondiale contre les bombes A et H (intervention lors de la visioconférence mondiale, campagne commune sur les réseaux sociaux, expo commune, pétition commune, campagne massive de mails, relais via les réseaux sociaux…) appelle à promouvoir cette vague mondiale pour la paix en développant de nombreuses actions diversifiées. (Déjà des initiatives sont annoncées à Marseille, Quimper, Brest, Carcassonne, Bordeaux, Rennes, Dijon, Saint Malo, Angers etc…)

Le gouvernement français persiste dans la déraisonnable modernisation de son arsenal nucléaire marquée par la reprise en juin 2020 des essais du missile nucléaire M 51. Le Mouvement de la Paix dénonce ce jeu suicidaire de la dissuasion nucléaire et souligne que 78 % des Français sont favorables à la participation de la France au processus de désarmement nucléaire et 68 %  à la ratification du TIAN par la France.

Ces deux chiffres et les actions citoyennes récentes conduites contre les essais du missile nucléaire M51, celles pour une sécurité sociale et écologique montrent que si nous avons le devoir d’agir, nous avons aussi le pouvoir de gagner de nouvelles avancées en faveur «d’un monde nouveau». Or, un monde nouveau et donc plus humain ne peut se construire qu’à travers la démilitarisation des relations internationales, la diminution des dépenses militaires (1917 milliards de dollars en 2019), la réalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD) et l’élimination totale de toutes les armes de destruction massive dont les armes nucléaires.

Oublier ces conditions serait se condamner immanquablement à poursuivre les errances «des jours d’avant la pandémie du covid19 ».

Ensemble contribuons au succès de la «vague mondiale de la paix» du 6 au 9 août 2020 et le samedi 19 Septembre à l’organisation partout en France de marches pour la Paix dans le cadre de la journée internationale de la Paix. Ensemble cultivons la Paix!

(1) ratifié par 191 États et entré en vigueur le 5 Mars 1970

Par Le Mouvement de la Paix, publié le 2 août 2020

http://7seizh.info/2020/08/02/hiroshima-nagasaki-75-ans-apres-les-bombardements-atomiques-le-devoir-dagir-afin-d-eviter-la-destruction-mutuelle-assuree/

BOMBARDEMENT D’HIROSHIMA: LES ÉTATS APPELÉS À EN FINIR AVEC L’ÈRE NUCLÉAIRE

GENÈVE – Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant-Rouge a exhorté les États à adhérer au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires pour garantir que les bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki (Japon), ne se reproduisent plus.

« Soixante-quinze (75) ans après les tragiques événements de 1945 qui avaient fait 70 000 morts et causé d’effroyables lésions à des dizaines de milliers d’autres, le CICR et le Croissant-Rouge se souviennent des faits« , a écrit le CICR sur son site.

Alors que le monde s’apprête à commémorer le 75ème anniversaire du drame, « le risque d’un affrontement nucléaire aujourd’hui est plus tangible que jamais depuis la fin de la guerre froide« , a ajouté le CICR.

« Les accords d’élimination des arsenaux existants sont abandonnés à mesure que de nouvelles armes nucléaires sont mises au point, mettant l’humanité sur la voie dangereuse d’une nouvelle course aux armements nucléaires », regrettent les organisations.

Ces évolutions, souligne-t-on, rendent d’autant plus « urgents » les efforts de la communauté internationale pour « interdire » et « éliminer « ces armes « inacceptables« . Comme le démontrent irréfutablement leurs effets catastrophiques, il est extrêmement douteux qu’elles puissent être utilisées dans le respect du droit international humanitaire, ajoute-t-on

« Aujourd’hui, le spectre d’un conflit nucléaire semble appartenir au passé. Pourtant, le risque que de telles armes soient de nouveau utilisées est élevé. On voit en effet des États se retirer des traités visant à réduire les arsenaux nucléaires et à limiter les risques liés à leur prolifération« , a déploré  Peter Maurer, président du CICR.

Et d’ajouter: « De nouveaux types d’armes sont mis au point, des menaces sérieuses sont brandies. Nous assistons à une véritable course aux armements et c’est effrayant. Il est de notre devoir d’encourager les États à interdire les armes nucléaires et d’inciter ceux qui en possèdent déjà à négocier de bonne foi les étapes qui mèneront à leur élimination ».

La président de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Fédération internationale), Francesco Rocca, a, de son côté, expliqué qu' »en cas d’explosion nucléaire, la communauté internationale serait incapable de venir en aide à l’ensemble des survivants« .

« Face au nombre incalculable de personnes irradiées, à la chute de la production alimentaire et à l’ampleur des dégâts et de la contamination, aucune opération humanitaire, si efficace soit-elle, ne suffirait à répondre aux besoins. Aucun pays n’est prêt pour une confrontation nucléaire« , a-t-elle dit.

Plus de 14 000 bombes atomiques sur la planète

En juillet 2017, 122 sur 192 États ont signé le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Pour pouvoir entrer en vigueur, ce Traité doit être ratifié par 50 pays. À ce jour, 40 ont franchi le pas.

Ce traité interdit de mettre au point, tester, fabriquer, posséder, stocker, transférer, employer ou menacer d’employer des armes nucléaires. Pour les puissances nucléaires qui y adhèrent, il établit un cadre assorti de délais précis en vue de l’abandon vérifié de leur programme d’armement nucléaire.

Maurer et M. Rocca ont félicité les États qui ont d’ores et déjà adhéré au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Ils ont encouragé tous les autres à suivre le même exemple pour garantir que les tragiques événements de 1945 ne se reproduisent plus jamais. Les deux responsables ont rappelé à quel point il est crucial que ce traité devienne « une nouvelle norme du droit international humanitaire.« 

« Il n’a jamais été aussi urgent, depuis la fin de la guerre froide, d’attirer l’attention sur les conséquences catastrophiques et la profonde inhumanité des armes nucléaires. Il faut souligner, sans la moindre trace d’ambigüité, que leur emploi serait inacceptable d’un point de vue humanitaire, moral et juridique et ce, quelles que soient les circonstances », a rappelé M. Rocca.

On recense aujourd’hui sur la planète plus de 14 000 bombes atomiques, dont des milliers n’attendent qu’à être lancées. Beaucoup de ces ogives sont des dizaines de fois plus puissantes que celles des engins largués sur Nagasaki et Hiroshima.

« Des armes susceptibles de causer un désastre humanitaire ne sauraient être considérées comme des instruments crédibles d’une politique de sécurité« , a conclu M. Maurer.

Publié le samedi 1er août 2020 à 16h42

http://www.aps.dz/monde/108121-bombardement-d-hiroshima-les-etats-appeles-a-en-finir-avec-l-ere-nucleaire

CONTAMINATION CORPORELLE EXTERNE AYANT ENTRAINÉ UNE EXPOSITION SUPÉRIEURE AU QUART D’UNE LIMITE DE DOSE INDIVIDUELLE ANNUELLE RÉGLEMENTAIRE SUR LE RÉACTEUR 3

Le 23 juillet 2020, l’exploitant de la centrale nucléaire du Blayais a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la radioprotection concernant l’exposition d’un travailleur à une dose supérieure au quart d’une limite de dose individuelle annuelle autorisée.

Le réacteur 3 de la centrale du Blayais est à l’arrêt depuis le 12 juin 2020 pour renouveler une partie de son combustible et réaliser des opérations de maintenance.

Le 23 juillet 2020, à l’occasion d’un contrôle en sortie du bâtiment réacteur 3, une contamination a été mise en évidence au niveau du cou d’un intervenant.

Ce dernier a été pris en charge et la particule radioactive à l’origine de cette contamination a été retirée. Le médecin du travail a ensuite évalué la dose reçue par la peau à la suite de cet évènement.

Pour les travailleurs susceptibles d’être exposés aux rayonnements ionisants lors de leur activité professionnelle, les limites réglementaires annuelles de doses sont, pour douze mois consécutifs, de 20 millisieverts[1] pour le corps entier, de 150 millisieverts pour le cristallin et de 500 millisieverts pour une surface de un cm2 de peau.

La dose estimée reçue par l’intervenant est inférieure à la limite annuelle de dose autorisée au niveau de la peau pour les travailleurs susceptibles d’être exposés aux rayonnements ionisants. Toutefois, cet événement est redevable de la déclaration d’un événement significatif pour la radioprotection car la dose estimée à la peau de l’intervenant dépasse le quart de la limite annuelle.

Cette contamination s’est produite à l’occasion d’une activité de maintenance sur un échangeur de chaleur en zone contrôlée[2]. L’activité de maintenance a été temporairement interrompue à la suite de cet événement, pour mener des contrôles.

Du fait du dépassement du quart de la limite réglementaire annuelle d’exposition pour un travailleur, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Publié le 31 juillet 2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Contamination-corporelle-externe-ayant-entraine-une-exposition-superieure4

TAHITI : LE TAVINI DE RETOUR AU PALAIS

Tahiti, le 31 juillet 2020 – Les militants et sympathisants du Tavini étaient de retour devant le palais de justice de Papeete ce vendredi matin avec une urne, pour y glisser l’argent récolté pour la pétition lancée par le parti bleu ciel.

Les membres du Tavini se sont rendus, comme prévu, vendredi matin devant le tribunal de Pape’ete pour faire signer la pétition annoncée par le leader indépendantiste Oscar Temaru. Pétition qui concerne notamment l’autodétermination, le droit de propriété (…) sur l’ensemble de ses ressources naturelles, marines et sous-marines, une justice indépendante et impartiale et le crime contre l’Humanité concernant les essais nucléaires. Les généreux donateurs se sont succédé tout au long de la journée pour y déposer leur contribution financière fixée à 1 000 Fcfp minimum.

Le président du syndicat des pêcheurs, Jaros Otcenasek, est descendu exprès de Papara pour signer cette pétition : « Le Tavini a raison de mettre en place cette pétition puisque la justice a détourné cet argent (ndlr, celui d’Oscar Temaru) et le peuple doit se lever pour dire que ce n’est pas bien ce qu’ils ont fait. (…) Et si on ne se lève pas pour manifester ils vont continuer à nous traiter de la sorte ». Plusieurs jeunes se sont aussi déplacés pour venir signer cette pétition, comme Noho, un adhérent du Tavini qui a tenu à rappeler que le peuple a droit aux ressources marines et sous-marines de ce Pays.

« Ce n’est pas la pétition qui est payante« 

L’élu bleu ciel Richard Tuheiava a affirmé de son côté que les cinq points de la pétition font partie des convictions des membres du Tavini. Il assure que le fait que cette pétition soit payante « n’a rien à voir avec l’état financier du Tavini ». Selon lui, « beaucoup de personnes signent des pétitions sans réellement s’engager, par soutien moral (…). C’est important de mettre un geste financier à un tel engagement, parce qu’on signe souvent en ligne ou dans la rue des pétitions sans réellement y croire. Alors que là, c’est un acte supplémentaire ». Richard Tuheiava précise d’ailleurs : « ce n’est pas la pétition qui est payante, mais l’adhésion à cette cause ».

La pétition devrait tourner pendant un an dans toutes les communes et archipels de la Polynésie. Un bilan en mi-parcours sera effectué en janvier prochain, puis le bilan final en août de 2021. Le président du Tavini huiraatira a d’ailleurs annoncé qu’il enverra cette pétition au Forum du Pacifique ainsi qu’à l’ONU. Rappelons que l’argent récolté servira à payer les frais afférents à la communication faite à la cour pénale internationale relative au crime contre l’Humanité pour les essais nucléaires effectués au fenua.

Publié le samedi 1er août 2020

https://www.tahiti-infos.com/Le-Tavini-de-retour-au-palais_a193140.html

LES MOTEURS DIESELS DES RÉACTEURS NUCLÉAIRES SUPPORTERONT-ILS DE GROSSES CHALEURS ?

Les moteurs diesels qui servent de sources électriques de secours des réacteurs nucléaires supporteront-ils de grosses chaleurs ? Pas sûr. C’est ce que nous apprend un avis de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) rendu le 30 juin 2020. EDF doit revoir sa copie.

Durant l’été 2019, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à EDF de faire des essais de fonctionnement sur plusieurs générateurs électriques de secours à moteurs diesels. Le but était de collecter des données expérimentales sur les performances de leur refroidissement en cas de fortes chaleurs extérieures. Ces données ont ensuite servi de bases à des modélisations faites par EDF pour démontrer que ses diesels pourront alimenter les systèmes de secours du réacteur nucléaire en cas de coupure de courant sur le réseau national. EDF devait également se prononcer sur « la capacité des diesels, réacteur par réacteur, à assurer leur fonction en cas de températures élevées« . L’avis de l’IRSN est sans appel : essais non représentatifs, nombreuses valeurs reposant sur des approximations, extrapolations qui pourraient conduire à surestimer la puissance fournie par les diesels… EDF doit revoir sa copie et reprendre ses essais « grand chaud » au plus tôt.

Un réacteur nucléaire consomme de l’eau et de l’électricité en permanence. À chaque instant, même lorsque le réacteur est arrêté, le combustible doit toujours être refroidi et plusieurs systèmes doivent fonctionner. Les usines nucléaires d’EDF qui produisent l’électricité sont donc aussi alimentées en courant, par le réseau électrique national. Et elles sont équipées de plusieurs sources électriques de secours, en cas de coupure générale. Ces sources électriques de secours sont principalement des groupes électrogènes à moteur diesel [1]. Ils fonctionnent au fuel et doivent pouvoir fournir suffisamment d’électricité pour alimenter durant plusieurs heures tous les circuits essentiels en cas d’accident. Malgré leur fonction (fournir de l’électricité au réacteur en cas de coupure) et leur importance pour la sûreté, les moteurs diesels sont des équipements qui sont loin d’être à toute épreuve. Notamment en cas de tremblements de terre.

Depuis quelques années, les déclarations de « défaut de résistance aux séismes » concernant les moteurs diesels du parc nucléaire d’EDF se sont multipliées. Corrosion avancée, problèmes électriques, pièces mal montées, fixations absentes… avec pour conséquence une impossibilité de fonctionner en cas de séisme, justement le type de situation où ils sont censés servir ! Et c’est général (« défauts » dits « génériques« ), les trois quarts des centrales nucléaires (15/19) de France sont concernées. Quant aux Diesels d’Ultimes Secours (DUS), de nouveaux moteurs faits pour résister à des phénomènes extrêmes, exigés par l’autorité de sûreté après l’accident de Fukushima, leurs mises en services ont été plusieurs fois repoussées. En juillet 2020, tous ne sont pas encore en place alors que l’ASN avait imposé fin 2018 au plus tard. Le Réseau Sortir du nucléaire a d’ailleurs porté l’affaire devant la justice. Mais il n’y a pas que les tremblements de terre qui peuvent empêcher les sources électriques de secours de fonctionner. Il y a aussi les conditions climatiques, notamment les températures élevées.

En effet, ces moteurs diesels produisent de la chaleur. Pour ne pas surchauffer et continuer à fonctionner, ils doivent donc être refroidis. Or les critères actuellement définis par EDF ne permettent pas de garantir un refroidissement suffisant des groupes électrogènes en cas de température extérieure élevée. En d’autres termes, il n’est pas garanti que les moteurs diesels pourront fonctionner en cas de canicule, faute d’être suffisamment refroidi.

C’est ce que nous apprend l’avis 2020-00101 de l’IRSN du 30 juin 2020. L’Institut s’est penché sur les éléments transmis par EDF concernant la nouvelle démarche retenue pour modéliser le refroidissement des diesels des réacteurs de 900 MWe et de 1300 MWe. Et l’Institut n’est pas satisfait.

Pour modéliser le refroidissement de ses diesels, EDF utilise de nombreuses approximations de valeurs plutôt que des valeurs réellement mesurées par expérimentations. Les essais « grand chaud » de l’été 2019 – dont les résultats ont ensuite été utilisés pour déterminer des valeurs sur lesquelles se fondent les modélisations d’EDF – n’ont été faits que sur une dizaine de diesels, alors qu’ils sont 104 à équiper les réacteurs de 900 MWe et de 1300 MWe. Peu représentatifs donc, trop limités. Même problème pour les caractéristiques du liquide de refroidissement en fonction de la température : plutôt que d’observer ce qu’il se passe entre 100°C et 109,7°C (température d’ébullition du liquide), EDF a extrapolé les données sur la base de celles fournies par le constructeur. Or cette plage de température est particulièrement critique puisqu’elle commence là où cessent les études du constructeur (100°C) et précède le moment où le liquide de refroidissement se met à bouillir. À ce titre, elle mériterait des données expérimentales et non des simples extrapolations nous dit l’IRSN. Idem pour les hypothèses d’EDF sur l’échauffement de l’air, à valider expérimentalement sous peine de surestimer la puissance fournie par les diesels.

Pour les résultats qu’EDF a obtenus avec cette nouvelle modélisation, là encore l’analyse de l’IRSN a mis en évidence de nombreuses insuffisances. Par exemple, les résultats ne sont présentés que pour une étroite plage de température extérieure qui, parfois, ne s’étend même pas jusqu’à la température maximale de dimensionnement des réacteurs. Ceci rend leur interprétation difficile. Et pointe des abysses de données manquantes, par défaut d’étude suffisamment méthodique et poussée.

Au vu de tous ces éléments, l’IRSN considère qu’EDF doit reprendre les essais « grand chaud » commencés à l’été 2019 pour vérifier les performances du refroidissement des groupes électrogènes de secours des 900 et des 1300 MWe. Ces essais devront débuter dès la prochaine période estivale. Maintenant donc. L’Institut énoncera cinq recommandations précises ainsi qu’une observation afin qu’EDF corrige le tir (voir en bas de cet article).

Évidemment, l’IRSN n’a aucun pouvoir contraignant. L’institut rend ses avis à l’Autorité de sûreté nucléaire. À elle ensuite de prendre – ou non – des décisions imposant plus ou moins fermement à l’exploitant nucléaire de faire les choses convenablement. En attendant, l’été 2020 sera une nouvelle période d’épisodes caniculaires à passer sans avoir la garantie que les systèmes de secours des installations nucléaires n’auront pas trop chaud pour continuer à fonctionner. Une preuve concrète du laxisme et du manque de sérieux d’EDF dans l’exploitation de ses installations nucléaires, une manière de faire qui se retrouve jusque dans les méthodologies de ses études et les bases de ses démonstrations. Et une preuve de plus, si besoin était, que les centrales nucléaires ne sont pas des structures industrielles adaptées aux conditions climatiques actuelles. Ce qui les rend encore plus risquées.

Pour en savoir plus :

. Consultez nous, rubrique Et si la terre tremble ?

. Télécharger l’avis de l’IRSN 2020-00101 du 30 juin Réacteurs EDF – Paliers CP0, CPY et 1300 MWe – Nouvelle modélisation de la performance du refroidissement des groupes électrogènes de secours

https://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/diesels_grchaud_avis_irsn_2020-00101_juin2020.pdf

 Annexe 1 à l’avis IRSN n°2020-00101 du 30 juin 2020 : Recommandations de l’IRSN

Recommandation n° 1 : L’IRSN recommande qu’EDF vérifie expérimentalement la pertinence des hypothèses relatives à l’échauffement de l’air à l’aspiration des turbocompresseurs retenues dans la nouvelle modélisation du refroidissement des diesels et, le cas échéant, les fasse évoluer.

Recommandation n° 2 : L’IRSN recommande qu’EDF présente un calendrier de réalisation d’essais par température extérieure élevée sur un nombre suffisamment représentatif de réacteurs de 900 MWe et de 1300 MWe permettant de vérifier les performances du refroidissement des groupes électrogènes de secours à puissance nominale. Ces essais devront débuter dès la prochaine période estivale.

Recommandation n° 3 : L’IRSN recommande qu’EDF observe, lors de chaque essai « grand chaud », un palier de puissance intermédiaire correspondant à la puissance valorisée en situation d’agression canicule, permettant de relever les paramètres caractéristiques du refroidissement du diesel.

Recommandation n° 4 : L’IRSN recommande qu’EDF réalise, au moins sur chaque diesel faisant ou ayant fait l’objet d’un essai « grand chaud », un essai par température extérieure modérée, en s’assurant que le système de refroidissement conserve la même configuration.

Recommandation n° 5 : L’IRSN recommande qu’EDF établisse la représentativité des essais « équivalent grand chaud » à l’aide d’une campagne les associant à des essais effectués avec les quatre ventilateurs des aéroréfrigérants en service. Pour chaque couple d’essais, les relevés de paramètres devront être réalisés par une même température extérieure et les vannes de régulation des circuits de refroidissement devront être pleinement ouvertes, afin de pouvoir comparer les résultats dans ces deux configurations et de caler d’éventuels facteurs correctifs.

 Annexe 2 à l’avis IRSN n°2020-00101 du 30 juin 2020 : Observation de l’IRSN

L’IRSN estime qu’EDF devrait, en s’appuyant sur des données expérimentales, évaluer les caractéristiques physiques du liquide de refroidissement des diesels au-delà de 100 °C et jusqu’à sa température d’ébullition.

Note

[1Diesel de secours : Chaque réacteur à eau sous pression est équipé de deux lignes électriques extérieures en provenance du réseau national, et de deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel. En situation normale le réacteur est alimenté par l’une des deux sources électriques externes constituées des lignes électriques extérieures. En cas de perte des deux sources électriques externes, les groupes électrogènes de secours à moteur diesel sont utilisés afin d’alimenter en électricité et permettre le fonctionnement des systèmes de sauvegarde qui seraient mis en œuvre en cas d’accident. Ces groupes électrogènes de secours à moteur diesel sont redondants puisque un seul est suffisant pour réaliser cette mission. L’exploitant démarre périodiquement ces groupes électrogènes afin de vérifier leurs performances. https://www.asn.fr/Lexique/D/Diesel-de-secours

Par le Réseau Sortir du Nucléaire, publié le 31 juillet 2020

Photo en titre : Alimentations électriques REP (source : EDF)

https://www.sortirdunucleaire.org/Les-moteurs-diesels-des-reacteurs-nucleaires

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH MET UN RÉACTEUR À L’ARRÊT EN RAISON DE LA HAUSSE DE LA TEMPÉRATURE DE LA GARONNE

Vendredi 31 juillet : La décision sera effective dans quelques heures. Un processus classique en cas de forte hausse des températures. 

En raison de l’évolution de la température de la Garonne observée depuis ce matin, avec des valeurs supérieures aux prévisions de jeudi 30 juillet, l’unité de production n°2 de la centrale sera mise à l’arrêt dans l’après-midi, vient d’annoncer un cadre de la centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne.

La centrale nucléaire EDF de Golfech applique l’arrêté du 18 septembre 2006, qui impose notamment que la température moyenne journalière de la Garonne en aval ne dépasse pas 28°C.

L’unité 1 continue de fonctionner

Ces adaptations de production sont réalisées dans le but de préserver la faune et la flore des milieux aquatiques. La centrale nucléaire EDF de Golfech prélève de l’eau dans la Garonne pour assurer le refroidissement de ses unités de production et pour alimenter les différents circuits nécessaires à son fonctionnement. Cette eau est ensuite restituée au fleuve à une température plus élevée (+ 0,2°C en moyenne), qui dépend du niveau de puissance des installations.

En fonction de la température de la Garonne en amont du site, la centrale peut être amenée à moduler la puissance de ses unités de production, voire à les mettre à l’arrêt temporairement comme c’est le cas aujourd’hui pour l’unité de production n°2. Cela est réalisé afin de limiter l’échauffement de l’eau prélevée puis rejetée dans la Garonne et respecter les autorisations de rejets thermiques accordées à la centrale.

Réalisées en toute sûreté et en accord avec le gestionnaire du réseau, ces adaptations réduisent la quantité de MWh produits mais n’ont aucun impact sur la continuité d’approvisionnement en électricité. L’unité de production n°1 reste quant à elle en fonctionnement et connectée au réseau électrique national.

Par Laurent Benayoun, publié le 31/07/2020 à 15h21 , mis à jour à 15h23

Photo en titre : Seul un réacteur sur deux fonctionnera ce soir. DDM ARCHIVES – OCEANE OULES

https://www.ladepeche.fr/2020/07/31/la-centrale-nucleaire-de-golfech-met-un-reacteur-a-larret-en-raison-de-la-hausse-de-la-temperature-de-la-garonne-9002266.php

NDLR: le réchauffement de l’eau des fleuves par les centrales nucléaires qui les jalonnent est un des inconvénients importants dont on oublie souvent de parler. Avec le réchauffement climatique inéluctable, le phénomène ne peut que s’accentuer. Oui, le nucléaire est une énergie du passé! Non, le nucléaire n’est pas une énergie d’avenir!

LES MINISTRES BRITANNIQUES INTERPELLÉS SUR LE RÉACTEUR DE HINKLEY POINT

Le chef de la construction de la première centrale nucléaire du Royaume-Uni en trois décennies a mis le gouvernement au défi de décider s’il «veut du nucléaire ou non» alors que les ministres se préparent à publier une nouvelle politique énergétique plus tard cette année et l’incertitude plane sur l’implication continue de la Chine dans le secteur sensible.

EDF, le développeur français de Hinkley Point C dans le Somerset, se bat pour atteindre son objectif de produire de l’électricité d’ici 2025 alors qu’il cherche à renforcer les arguments en faveur d’un nouveau parc de centrales nucléaires pouvant soutenir la transition du Royaume-Uni vers un système énergétique à faible émission de carbone.

Ces dernières années, un plan ambitieux de construction d’une nouvelle génération de réacteurs à travers le Royaume-Uni a commencé à se démêler alors que deux des principaux groupes d’ingénierie nucléaire au monde – Toshiba et Hitachi au Japon – se sont retirés de leurs projets.

Il ne reste plus que deux projets – Hinkley et Sizewell – menés par EDF avec son partenaire China General Nuclear Power Group (CGN), qui propose une troisième centrale à Bradwell dans l’Essex.

«Le gouvernement doit décider s’il veut du nucléaire ou non», a déclaré Stuart Crooks, directeur général de Hinkley Point C. «S’il ne veut pas du nucléaire, aucun financement ne le fera», se référant à un débat continu sur comment financer toute future centrale nucléaire.

L’industrie nucléaire espère que le gouvernement clarifiera sa position plus tard cette année avec un livre blanc sur l’énergie, attendu depuis longtemps à l’automne.

Stuart Crooks, responsable EDF du projet de construction Hinkley Point C © Luke MacGregor / Bloomberg

Grues, dont la plus grande du monde, surnommée «  Big Carl  », sur le site © Luke MacGregor / Bloomberg

L’énergie nucléaire représente environ un cinquième de la production d’électricité du Royaume-Uni, mais le parc de réacteurs existant devrait être retiré d’ici le milieu des années 2030 et les décisions de remplacement doivent être prises des années à l’avance.

Les partisans de l’énergie nucléaire estiment qu’il est essentiel d’atteindre l’objectif du Royaume-Uni de zéro émission nette de carbone d’ici 2050. Avec le projet Hinkley de 22,5 milliards de livres sterling avec déjà deux ans de retard et 2,9 milliards de livres en plus de son budget, EDF veut montrer qu’il progresse.

Il a terminé la base du deuxième réacteur de la station. Dans les mois à venir, la plus grande grue du monde, surnommée «Big Carl», soulèvera des structures de confinement en acier préfabriquées géantes en place et remplira les bases d’équipement et de tuyauterie dans les étapes critiques de la construction des réacteurs.

Mais la pandémie de coronavirus a contraint EDF à revenir sur son projet d’augmenter ses effectifs sur place à 6000, au lieu de cela au plus fort du verrouillage du coronavirus, il est tombé à 2000. Depuis, le nombre de travailleurs est revenu à 4 500 répartis en deux équipes, mais la productivité est jusqu’à 20 pour cent inférieure en raison de l’éloignement social.

Jeudi, EDF a mis en garde contre un risque «élevé» de retards supplémentaires, qui pourraient repousser la première production d’électricité jusqu’en 2027. S’exprimant plus tôt dans la semaine, M. Crooks a déclaré que les perturbations causées par le coronavirus dans les usines des fournisseurs, qui tournent à 50 pour cent de la production en moyenne, constituaient le plus grand risque pour le calendrier.

Les entrepreneurs travaillent sur l’infrastructure d’eau de refroidissement du réacteur 1 à Hinkley Point C © Luke MacGregor / Bloomberg

Les retards causés par la pandémie de coronavirus sont le plus grand risque pour le calendrier © Luke MacGregor / Bloomberg

Le service public français contrôlé par l’État, qui exploite l’ensemble des huit centrales nucléaires du Royaume-Uni, est toutefois confronté à un autre défi majeur.

CGN, son partenaire dans le projet, a fait l’objet d’un examen minutieux alors que les relations entre Londres et Pékin se détériorent à Hong Kong et que le géant chinois des télécommunications Huawei est interdit de fournir de nouveaux équipements au réseau 5G britannique.

La société publique chinoise fournit un tiers du financement de Hinkley et EDF a nié à plusieurs reprises que le personnel de la société chinoise soutenue par l’État constitue une menace pour la sécurité nationale du Royaume-Uni.

Crooks a déclaré que les quelque 30 employés de CGN travaillent principalement dans la gestion de projet et les a décrits comme «des ingénieurs nucléaires très professionnels et utiles». CGN et EDF ont réalisé conjointement la seule centrale nucléaire en activité au monde – à Taishan, en Chine – qui utilise la même technologie que Hinkley.

«Ce n’est pas comme s’ils mettaient des gens dans le projet, ils m’ont essentiellement demandé en tant que directeur général:« De quelle aide ai-je besoin? », A-t-il expliqué. «C’est purement basé sur leur désir de protéger leur investissement.»

La raison d’être d’EDF est d’être dans le nucléaire et de le développer. Hinkley Point est important pour cette raison.

Nigel Cann, directeur de la livraison de Hinkley, a déclaré que son équipe s’était appuyée sur l’expérience et l’expertise de CGN. «Le retour sur les leçons apprises est vraiment précieux», a-t-il déclaré. «Mais ils ne mènent sur rien

Il est peu probable que certains membres du parti conservateur au pouvoir partagent cette confiance qui veulent que la Chine se retire du programme nucléaire britannique. Le gouvernement britannique subit également une pression croissante de la part de Washington, qui est devenu de plus en plus hostile au gouvernement chinois. En 2018, les États-Unis ont averti Londres qu’ils pensaient que CGN était impliquée dans le transfert de technologie nucléaire civile à des fins militaires.

Crooks a cité des garanties contre l’ingérence chinoise, telles que la réglementation qui exige que les réacteurs ne puissent pas être fermés à distance et la restriction des e-mails entre le projet et la Chine.

Mais il y a de plus en plus d’appels de la part de ces députés conservateurs belliqueux pour qu’ils fassent monter en flèche les propres projets de CGN pour une centrale nucléaire à Bradwell, sur la côte d’Essex, en utilisant la technologie des réacteurs chinois. Cela a alimenté les craintes que le groupe appartenant à l’État puisse refuser d’investir davantage dans Hinkley en représailles.

Cela pourrait faire dérailler le projet et paralyser les futures centrales nucléaires britanniques et nuire aux ambitions nucléaires internationales d’EDF.

«La raison d’être d’EDF est d’être dans le nucléaire et de le développer», a déclaré Lawson Steele, analyste des services publics chez Berenberg. «Hinkley Point est important pour cette raison.» S’éloigner est moins susceptible d’être terminal pour les ambitions d’exportation nucléaire de CGN, a déclaré Josh Buckland, un ancien conseiller en énergie du gouvernement qui est maintenant directeur du cabinet de conseil Flint Global.

Le bâtiment de confinement du réacteur 1 de la centrale prend forme © Luke MacGregor / Bloomberg

Au plus fort du verrouillage, le nombre de travailleurs est passé de 4500 à 2000 © Luke MacGregor / Bloomberg

L’industrie nucléaire a eu du mal à reprendre pied à la suite de la catastrophe de Fukushima en 2011 et les quelques projets de construction neuve dans d’autres pays développés, comme la France, ont également été frappés par des retards importants et des coûts en flèche.

Les progrès de la technologie des énergies renouvelables ont encore mis le nucléaire sur le dos alors que le prix de la production solaire et éolienne baisse.

«L’industrie nucléaire est sous pression du point de vue de la réputation», a déclaré M. Buckland. «C’est sous le microscope pour le moment.»

Au-delà du différend diplomatique avec la Chine, la construction de nouvelles centrales nucléaires au Royaume-Uni nécessitera un mécanisme de financement viable. Une option est que les consommateurs assumeraient effectivement le risque en payant à l’avance sur leurs factures d’électricité.

Le resserrement pourrait venir avec le nouveau livre blanc sur l’énergie et le Premier ministre Boris Johnson a fait des commentaires encourageants plus tôt ce mois-ci, lorsqu’il a décrit le nucléaire comme «un contributeur potentiel important à nos ambitions zéro net», bien qu’il ait également soutenu l’éolien et le solaire.

Pour M. Crooks, son objectif est de rendre Hinkley opérationnel pour donner une chance de combat à son industrie. «Je m’inquiète de ce que je peux contrôler pour être honnête et tout ce que je peux contrôler, c’est de construire cette centrale électrique

Par urban, publié le 30 juillet 2020

https://www.urban-fusions.fr/2020/07/30/les-ministres-britanniques-interpelles-sur-le-reacteur-de-hinkley-point/

MARSEILLE LE 6 AOÛT : MANIFESTATION À L’INVITATION DU MOUVEMENT POUR LA PAIX POUR QUE LA FRANCE SIGNE LE T.I.A.N.

Rassemblement sous l’Ombrière du Vieux Port à Marseille, le jeudi 6 août à 18 heures à l’invitation du Mouvement pour la Paix

MERCI DE PARTAGER L’INFORMATION !

2000 milliards de $ dans le monde en 2019 pour les armements, deux fois plus qu’en 2002. Et l’URSS a disparu depuis 1991…Pour quelle utilité sociale ?

La France doit signer, puis ratifier le T.I.A.N. (Traité des Nations unies sur l’Interdiction des Armes Nucléaires).

Nous sommes très heureux de vous annoncer que le Botswana vient de devenir le 40ème État à ratifier le Traité des Nations unies sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN). Le compte à rebours pour son entrée en vigueur a commencé !

Le traité est ouvert à la signature depuis le 20 septembre 2017 et il entrera en vigueur une fois que 50 États l’auront ratifié. À la date du 16 Juillet 2020, 122 États ont voté pour son adoption et/ou l’ont signé.

Désormais le traité n’a besoin que de 10 ratifications supplémentaires pour entrer en vigueur, rendant les armes nucléaires illégales au regard du droit international.

Pour 18 autres États le processus de ratification est en cours ou imminent. On peut donc espérer que le nombre des 50 États sera atteint au plus tard d’ici un an.

Le calendrier de cette ratification est d’autant plus important que, les 6 et 9 août prochains, le monde entier marquera le 75ème anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki.

Avec les graves conséquences de la pandémie du COVID-19, le désarmement est devenu plus important que jamais. Les ressources sont précieuses. Nous devons investir non pas dans l’armement nucléaire, mais dans le bien-être de l’humanité.

Les armes nucléaires sont les seules armes de destruction massive ne faisant pas l’objet d’une interdiction complète, en dépit de leurs conséquences humanitaires et environnementales catastrophiques. Ce nouvel accord comblera une lacune importante en droit international.

Il interdira aux pays de développer, de tester, de produire, de fabriquer, de transférer, de posséder, de stocker, d’utiliser ou de menacer d’utiliser des armes nucléaires ou de permettre le déploiement d’armes nucléaires sur des territoires. Il interdira également d’aider, d’encourager ou d’inciter quiconque à s’engager dans l’une de ces activités.

Un État qui possède des armes nucléaires peut adhérer au traité, à condition d’accepter de les détruire conformément à un plan juridiquement contraignant et assorti d’un calendrier. De même, un État qui accueille les armes nucléaires d’un autre État sur son territoire peut adhérer, à condition d’accepter de les retirer dans un délai spécifié.

La plupart des États dotés de l’arme nucléaire (France, Russie, États-Unis, Royaume Uni, Israël, Corée du Nord) se sont opposés au traité, ainsi que des États qui bénéficient d’une dissuasion élargie (pays de l’OTAN, Japon, Corée du Sud et Australie). Ce refus reflète leur position de ne pas abandonner la dissuasion nucléaire et de ne pas se joindre à ce futur traité.

En revanche, la Chine, l’Inde et le Pakistan, également dotés de l’arme nucléaire se sont abstenus, ce qui peut s’analyser comme leur ouverture possible au désarmement, si les conditions en étaient créées.

La France officielle doit enfin s’engager dans la voie du désarmement nucléaire. Son crédit international s’en trouverait largement accru. Il reposerait sur une base bien plus saine et partagée que l’appartenance actuelle de la France au club des puissances nucléaires.

Rassemblement sous l’Ombrière du Vieux Port
à Marseille, le jeudi 6 août à 18 heures.

Hommage aux victimes des armes nucléaires ! Non au choix scandaleux de notre gouvernement qui prévoit d’investir des milliards d’€ dans sa stratégie criminelle de dissuasion nucléaire.

Publié le 28 juillet 2020

http://www.millebabords.org/spip.php?article34570

L’IRAN N’ARRÊTERA PAS SES PROGRAMMES DE MISSILES BALISTIQUES ET NUCLÉAIRES MALGRÉ LA PRESSION AMÉRICAINE – (GUIDE SUPRÊME)

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a déclaré que son pays ne cèderait pas aux demandes américaines d’arrêter de développer des missiles balistiques et une industrie nucléaire, affirmant que Téhéran était capable de résister au « harcèlement » de Washington.

Les sanctions que les États-Unis ont imposées à l’Iran visent à détruire son économie et à réduire l’influence régionale de Téhéran, mais elles ne font que rendre l’Iran plus résilient, a déclaré Khamenei vendredi, dans un discours télévisé à l’occasion du jour saint islamique de l’Aïd al- Adha.

« Les sanctions sont un crime contre la nation iranienne », il a dit. « Ils peuvent sembler cibler l’establishment, mais en fait, ils blessent la nation entière. »

🔴 EN DIRECT: le chef de l’Iran prononce un discours télévisé à l’occasion de l’Aïd al-Adha https://t.co/1ECfAB41Im (Press TV (@PressTV) 31 juillet 2020)

Khamenei a déclaré qu’en dépit de tous les efforts américains, l’Iran n’arrêterait pas de produire des missiles balistiques pour sa défense ou de développer son industrie nucléaire. Il a également promis que l’Iran continuera ses «Forces de résistance» dans la région «Autant qu’il le peut».

« S’appuyer sur les capacités nationales et réduire notre dépendance à l’égard des exportations de pétrole nous aidera à résister à la pression américaine », a-t-il assuré aux téléspectateurs.

Aussi sur rt.com

Les banques chinoises sont invitées à passer de SWIFT au réseau financier national au milieu des sanctions américaines imminentes à Hong Kong

Les États-Unis poursuivent une campagne de « pression maximale » contre l’Iran, disant qu’il est nécessaire de le forcer à se comporter « comme un pays normal. » La politique a été adoptée par l’administration Donald Trump dans un revirement par rapport à ce que son prédécesseur, Barack Obama, avait fait.

Le changement a obligé Washington à se retirer d’un accord de 2015, qui a été signé par l’Iran, cinq grandes nations mondiales et l’UE, et a promis à l’Iran un allègement des sanctions, ainsi que des opportunités commerciales, en échange d’accepter des restrictions sur son programme nucléaire. L’administration Obama l’a présenté comme un moyen d’empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires, une ambition que Téhéran nie avoir jamais eue.

Dans son discours, Khamenei a accusé les signataires européens de l’accord nucléaire d’avoir donné à Téhéran «Promesses creuses» pour le sauver sans prendre les mesures nécessaires pour protéger l’économie iranienne des sanctions américaines.

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Par Dacid Rolet dans News, publié le 31 juillet 2020 à 11h23

https://news-24.fr/liran-narretera-pas-ses-programmes-de-missiles-balistiques-et-nucleaires-malgre-la-pression-americaine-guide-supreme/

NUCLÉAIRE : NOUVELLE DÉCONVENUE AVEC LE CHANTIER DE L’EPR DE FLAMANVILLE

Dans son bilan pour le premier semestre 2020, EDF communique des résultats en baisse et envisage de nouveaux délais et coûts supplémentaires pour la finalisation de l’EPR français.

Comme une rengaine, c’est à nouveau des « délais et coûts supplémentaires » annoncés pour le chantier de l’EPR de Flamanville.

Cette unité Flamanville 3 a en tout cas été évoquée ce jeudi 30 juillet 2020 à l’occasion de la présentation des résultats financiers d’EDF par son P-D.G., Jean-Bernard Lévy.

Des résultats en baisse au premier semestre 2020, avec un résultat net courant à -9,6% (1,3 milliard d’euros) et un chiffre d’affaires à -4,9%, (34,7 milliards d’euros) et les informations selon lesquelles la production nucléaire en France est en recul (- 29,7 TWh par rapport au premier semestre 2019, à 174 TWh) et le chantier de l’EPR de Flamanville prend du retard à nouveau.

Une construction interrompue par la pandémie

Par voie de communiqué, le groupe EDF indique, concernant Flamanville 3 :

« S’agissant de Flamanville 3, dans le contexte de la crise sanitaire, toutes les activités de construction sur site ont été temporairement interrompues entre mi-mars et début mai, ce qui pourrait engendrer des délais et des coûts supplémentaires. L’instruction de la remise à niveau des soudures du circuit secondaire principal et d’autres sujets techniques se poursuit, et reste soumise à l’approbation de l’ASN. »

Lire aussi : Nucléaire : le coût de l’EPR de Flamanville réévalué à 19 milliards par la Cour des comptes

Analyse en cours

Il n’y a pas plus de précisions. 

« L’analyse détaillée des impacts techniques, financiers et de planification est en cours », répond sa direction de la communication.

Les nouveaux coûts et délais supplémentaires devront être communiqués dès qu’ils seront connus, obligation à laquelle est tenu l’énergéticien. Des scenarii de rattrapage sont également étudiés.

Tiendront-ils compte des recommandations faites par la Cour des comptes qui, le 9 juillet, dénonçait « une estimation initiale irréaliste » et « un échec opérationnel aux causes multiples »?

Elle établissait alors le total de la facture de la construction de ce réacteur à 19,1 milliards d’euros pour une mise en fonctionnement à la mi-2023, au plus tôt.

Par Géraldine Lebourgeois, publié le 31 Juillet 2020 à 9h18

Photo en titre : Nouveau délai, nouveau surcoût : à cause de la crise sanitaire cette fois, la note s’allonge encore pour le chantier de l’EPR de Flamanville. (©Jean-Paul BARBIER/ La Presse de la Manche)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-nouvelle-deconvenue-avec-le-chantier-de-l-epr-de-flamanville_35264968.html

EDF ET PROGLIO SANCTIONNÉS POUR DIFFUSION D’UNE FAUSSE INFORMATION SUR HINKLEY POINT

PARIS, 30 juillet (Reuters) – La commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé jeudi qu’elle sanctionnait EDF et son ancien président-directeur général, Henri Proglio, pour diffusion d’une fausse information concernant le projet de construction d’une centrale nucléaire à Hinkley Point, au Royaume-Uni.

EDF se voit infliger une amende de 5 millions d’euros; Henri Proglio devra s’acquitter d’une sanction pécuniaire de 50.000 euros.

Le litige étudié par l’AMF porte sur un communiqué de presse d’EDF en date du 8 octobre 2014 faisant état de l’approbation par la Commission européenne des accords relatifs au projet de centrale nucléaire dotée de deux réacteurs à eau pressurisée (EPR) sur le site Hinkley Point C (HPC).

Mais la commission des sanctions juge qu’EDF a diffusé une fausse information en mentionnant dans cette communication aux marchés le caractère « inchangé » des accords conclus en 2013 portant notamment sur une garantie de financement du gouvernement britannique « alors que des changements significatifs étaient intervenus sur le schéma de financement par dette garantie« , peut-on lire dans le communiqué de l’AMF.

Sa décision peut faire l’objet d’un recours.

Par Nicolas Delame et Henri-Pierre André, publié le 30/07/2020 à 17h59

https://m.zonebourse.com/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/EDF-et-Proglio-sanctionnes-pour-diffusion-d-une-fausse-information-sur-Hinkley-Point-31023887/

UN INCENDIE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BELLEVILLE RÉVÈLE LA DÉSORGANISATION D’EDF

ENQUÊTE. Un incendie a éclaté à la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) en avril 2020 lors d’une banale opération de maintenance réalisée par des sous-traitants, qui n’auraient pas dû être laissés sans surveillance. Un incident largement évitable si EDF avait suivi les règles élémentaires de sécurité.

Une inspection de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), après le sinistre, a identifié de « nombreux écarts ». Si l’incident n’a pas eu de répercussion sur le fonctionnement de la centrale, il interpelle sur la culture de sûreté d’EDF, premier exploitant nucléaire au monde.

Le 9 avril, en plein confinement dû à la pandémie de coronavirus, deux sous-traitants doivent remplacer des bouteilles d’hydrogène dans le parc à gaz, à l’extérieur de la salle des machines du réacteur nucléaire n°1 de la centrale de Belleville. L’hydrogène est un gaz très inflammable et explosif, utilisé dans les réacteurs nucléaires notamment pour refroidir l’alternateur, cette machine qui convertit l’énergie mécanique en électricité. Alors que la procédure de remplacement des bouteilles d’hydrogène est strictement encadrée, un sous-traitant va arracher par erreur de leur branchement les bouteilles et déclencher un incendie.

Couacs en série

Les sous-traitants (employés par la société Orano DS) devaient remplacer deux « cadres » métalliques dans lesquels se trouvent les bouteilles d’hydrogène. Un salarié EDF doit les accompagner pour « ouvrir le parc à gaz et débrancher le cadre en service s’il est presque vide pour disposer un cadre en réserve. Il doit également débrancher la prise de terre des cadres à évacuer et brancher les prises de terre des cadres mis en service et neufs », détaille l’ASN dans son rapport d’inspection sur l’incendie. Les sous-traitants doivent uniquement déplacer les cadres. Mais l’agent EDF ne s’est pas présenté. Les prestataires l’ont-ils appelé  ?  « Il semble que le prestataire n’a alors pas fait appel au service conduite [à un agent EDF, ndlr], comme il est normalement prévu. », commente l’ASN, qui n’en a pas la certitude. [1]

Un agent EDF en moins dans chaque réacteur de la centrale nucléaire pendant la crise sanitaire

Lors de la crise sanitaire, il y avait un agent EDF en moins dans chaque réacteur qu’en temps normal. Cette réduction d’effectifs a-t-elle eu un impact sur l’incendie ?

Les causes de l’incendie n’ont « aucune relation avec les effectifs, ni avec l’adaptation au risque Covid-19 », a déclaré EDF au Journal de l’énergie.

Sous couvert d’anonymat, Antoine [2], un sous-traitant de la centrale nucléaire de Belleville qui a déjà effectué le remplacement des bouteilles d’hydrogène, a confié au Journal de l’énergie : « l’agent EDF ne vient jamais. Cela m’est arrivé lors d’un remplacement d’un rack à gaz. »

Deuxième problème : à cause de travaux sur le parc à gaz, l’installation n’est pas fermée à clé alors qu’elle devrait l’être en permanence. Les sous-traitants vont donc pouvoir y pénétrer librement. La suite des événements est racontée par l’ASN :

« L’opérateur en charge de la manutention se trompe de cadre et commence à sortir le rack en service de son poste de repos, arrache le flexible qui raccorde ce rack à l’installation de détente, ce qui provoque la détonation et l’inflammation de l’hydrogène sous pression restante dans les tuyauteries d’un côté et dans le rack de l’autre. »

« C’est nous, les prestataires, qui avons pris tous les risques pendant le confinement, EDF se repose sur nous »

Il faudra 1h45 pour maîtriser l’incendie par le personnel de la centrale puis par les pompiers. En s’éloignant du foyer, l’un des deux sous-traitants chute et se blesse, l’autre fait un malaise. Rien de grave toutefois. « Heureusement que le capteur électronique a enflammé le gaz sinon il y avait un risque d’explosion mortelle pour le travailleur qui a arraché le flexible », analyse Antoine, le sous-traitant. « C’est nous, les prestataires, qui avons pris tous les risques pendant le confinement, EDF se repose sur nous, s’agace le travailleur du nucléaire. »

« La faute est partagée, estime aussi Antoine. Les sous-traitants n’ont pas pris le temps de lire les consignes mais EDF est tout aussi fautif, le parc à gaz n’est pas aux normes ». Une installation provisoire de stockage et de détente de l’hydrogène a été mise en place pendant les travaux sur le parc à gaz, où d’autres sous-traitants faisaient des soudures. Une modification qui peut avoir désorienté les sous-traitants. Antoine dénonce aussi l’exiguïté des lieux qui rend la manœuvre délicate : « il faut déplacer avec le chariot élévateur un cadre métallique qui fait 2 m2 dans un couloir de 2 mètres 50, puis ouvrir une porte pour reculer. »

Qui est responsable de l’incendie ? Le prestataire ou EDF ? a demandé le Journal de l’énergie à l’ASN.

« EDF reste le premier responsable de son installation », répond l’Autorité.

EDF ne tient pas ses engagements

Un des sous-traitants qui remplaçaient les bouteilles d’hydrogène a expliqué à l’ASN n’avoir reçu aucune formation sur les risques liés à l’hydrogène. Une formation qu’EDF s’était pourtant engagée auprès de l’ASN à fournir aux travailleurs, en mars 2019. EDF s’était aussi engagée à utiliser des équipements adaptés au milieu comportant un risque d’explosion. Mais plus d’un an après la promesse, le chariot élévateur utilisé dans le parc à gaz n’était pas aux normes.

« Cela fait des dizaines d’années que l’on fait la manip’ sans se poser la question des normes du matériel », commente Antoine, trente ans de métier dans le nucléaire. En outre, rien n’indiquait au sous-traitant le jour de l’incendie que le cadre (contenant les bouteilles d’hydrogène) qu’il a déplacé était raccordé et en fonctionnement.

« Les équipes d’intervention du CNPE [la centrale nucléaire, ndlr] ne disposaient pas d’informations adaptées pour intervenir sur le sinistre en toute sécurité »

Alors que le personnel de la centrale combat le feu d’hydrogène, il ne sait pas qu’un poste à souder est resté sous tension à proximité immédiate du stockage de gaz. Le personnel ignorait vraisemblablement que des travaux avaient lieu sur le parc à gaz : EDF n’avait pas mis à jour les documents contenant les informations nécessaires à la lutte contre le feu sur l’installation.

« Ce sont les secours extérieurs qui ont identifié et fait isoler l’alimentation électrique de cet appareil » note l’ASN, qui en déduit que « les équipes d’intervention du CNPE ne disposaient pas d’informations adaptées pour intervenir sur le sinistre en toute sécurité et ainsi éviter son extension sans mettre en danger son personnel ».

« Un défaut de formation, l’intervention sur une installation ouverte puisque partiellement en travaux, des documents obsolètes et inadaptés ont été autant d’éléments pouvant participer à la confusion des cadres d’hydrogène à remplacer », conclut l’ASN dans son rapport d’inspection.

La communication très discrète d’EDF sur l’incendie

L’incident embarrasse-t-il EDF ?

EDF n’a communiqué sur l’incendie qu’aux alentours de la centrale nucléaire. Aucune mention de l’incendie ne figure sur le site internet de la centrale.

Pour le militant antinucléaire Daniel Deprez, « le cumul des manquements devient une affaire d’incompétence avec cet incendie. » Le représentant de l’association Sortir du Nucléaire Berry-Giennois-Puisaye a demandé une expertise indépendante sur le risque lié à l’hydrogène à la centrale nucléaire de Belleville. Malgré la mise sous « surveillance renforcée » de la centrale de Belleville par l’ASN, qui a duré plus de deux ans, Daniel Deprez estime que la rigueur n’est toujours pas au rendez-vous chez EDF.

« Les exploitants ne sont pas en capacité de surveiller les activités qu’ils sous-traitent »

La négligence d’EDF pourrait paraître anodine, mais elle a créé les conditions pour que l’incendie survienne. Or le risque d’incendie dans les installations nucléaires est une cause bien identifiée d’accident grave. [3]

Cet incendie n’était pas imprévisible. « Une surveillance adaptée aurait pu vous permettre d’identifier les écarts détectés par l’ASN lors de l’inspection », explique l’Autorité à EDF. Une conclusion que ne contestera pas Gilles Reynaud, un syndicaliste qui se bat pour améliorer les conditions de travail des sous-traitants de l’industrie nucléaire. « La situation des sous-traitants dans le nucléaire devient très compliquée, les exploitants ne sont pas en capacité de surveiller les activités qu’ils sous-traitent », dénonce ce salarié du prestataire Orano DS.

À la suite du sinistre, EDF a décidé que des agents EDF remplaceraient dorénavant les bouteilles d’hydrogène à la place des sous-traitants.

Une fuite d’hydrogène sur un alternateur à la centrale de Belleville depuis des mois

Bien avant cet incendie, une fuite permanente d’hydrogène sur l’alternateur du réacteur n°1 (en salle des machines) depuis octobre 2019 a conduit à « une augmentation significative » du remplacement des bouteilles de gaz.

Lors de l’inspection après l’incendie et alors que cette fuite de gaz est connue depuis environ sept mois, l’ASN a demandé à EDF si l’hydrogène s’accumulait en partie haute de la salle des machines et donc présentait un risque d’inflammation et d’explosion. EDF a estimé que la situation ne présentait pas de risque mais « aucun élément probant n’a pu être fourni à l’ASN sur le sujet », a noté l’Autorité. De plus, les inspecteurs de l’ASN se sont aperçus que malgré la fuite continue de gaz, EDF ne mesurait pas en permanence l’hydrogène présent dans l’atmosphère de la salle des machines. Seule une mesure était effectuée toutes les trois semaines. La fuite devrait être réparée lors de l’arrêt du réacteur pour sa visite décennale, qui a démarré le 6 juin. L’ASN se veut rassurante : « la fuite est maîtrisée car elle est inférieure aux limites des fuites admissibles ».

Les incendies se répètent à la centrale nucléaire

Moins de deux mois après cet incendie, un nouvel incendie éclatait le 5 juin dans un bâtiment d’entreposage à Belleville, cette fois à l’écart de la partie nucléaire des installations et éteint en une heure. L’incendie débouche sur une nouvelle inspection le 9 juin par l’ASN, aussi accablante que la précédente pour EDF. L’Autorité dresse la liste des problèmes : « la défaillance de votre organisation en ce qui concerne la prévention du risque incendie et la gestion des conséquences de l’incendie de ce bâtiment, de nombreux écarts à la réglementation et à votre référentiel interne ».

L’Autorité de sûreté nucléaire commence-t-elle à douter de la capacité d’EDF à prendre en compte ses demandes ?

« Compte tenu de la répétitivité de ces départs de feu et considérant les nombreux constats réalisés lors de l’inspection sur le thème « incendie » en mai 2019 (…), l’ASN s’interroge sur la suffisance et l’efficacité de ces actions managériales. »

Dans son rapport annuel sur la sûreté nucléaire en France de 2019, l’ASN juge que la gestion du risque d’incendie doit être améliorée sur l’ensemble du parc nucléaire d’EDF, «  même si le nombre de départs de feu enregistrés pour l’année 2019 a été inférieur à celui de 2018 ». Combien de départs de feu ont eu lieu dans les centrales nucléaires ces deux dernières années ?

Ni EDF ni l’ASN n’ont été en mesure de répondre à cette question à la publication de l’article.

NOTES :

[1] « Les interviews réalisées lors de l’inspection du 16 avril 2020 n’ont pas permis de clairement déterminer si le service « Conduite » a bien été appelé ou si le message n’a pas été passé entre les différents intervenants (les opérateurs en charge des manipulations, leur coordonnateur, le service en charge de la conduite des installations). » Rapport d’inspection réactive n° INSSN-OLS-2020-0702 du 16 avril 2020, ASN.

[2] Le prénom a été modifié.

[3] En 1975, un incendie provoqué par une bougie a conduit à la perte totale des systèmes de secours de refroidissement du cœur du réacteur nucléaire n°1 et d’une partie des mêmes systèmes du réacteur nucléaire n°2 à la centrale de Browns Ferry (Alabama) aux Etats-Unis.

Par Martin Leers,  publié le 30 juillet 2020 à 14h04

Photo en titre : Œufs cassés. Mike Mozart/2016/CC BY 2.0

https://journaldelenergie.com/nucleaire/incendie-centrale-nucleaire-belleville-desorganisation-edf/

DEUXIÈME CAHIER PARTENAIRE : COMMENT CONTENIR LE CŒUR FONDU D’UN RÉACTEUR ?

Le deuxième cahier partenaire IRSN – Pour la science, qui parait dans le numéro du mois d’août, se penche sur les conditions qui permettraient de retenir le cœur fondu d’un réacteur nucléaire dans sa cuve, en cas d’accident grave.

Il s’agit des principaux résultats de recherche obtenus durant le programme de recherche européen IVMR (In-vessel melt retention). Piloté par l’IRSN dans le cadre des projets Horizon2020, le programme IVMR a été lancé en 2015 avec 23 partenaires européens pour 3 ans. Son objectif était d’améliorer les méthodes et outils d’analyse d’évaluation du risque de rupture de la cuve pour des réacteurs de 1 000 mégawatts ou plus. Cette stratégie, adoptée pour certains réacteurs de 440 mégawatts, est en effet envisagée pour ces réacteurs plus puissants en cours de conception ou de construction dans le monde. Et il était nécessaire de leur adapter les méthodes d’évaluation de sûreté utilisées pour les réacteurs de plus faible puissance.

Quatre cahiers partenaires de l’IRSN avec le magazine Pour la science seront publiés en 2020 et traiteront de la diversité des sujets et de la vivacité de la recherche de l’Institut. Le premier, édité en juin, concernait le devenir du césium radioactif dans les forêts. Les prochains cahiers prévus aux mois d’octobre et de décembre exploreront d’autres domaines de recherche de l’IRSN.

>> Lire le cahier partenaire n°2 « Accident nucléaire. Comment contenir le cœur fondu d’un réacteur ? »

>> En savoir plus sur le programme IVMR

Par l’IRSN, publié le 29 juillet 2020

https://www.irsn.fr/FR/Larecherche/Actualites_Agenda/Actualites/Pages/2020-07-29-2eme-cahier-partenaire-IRSN-Pour-la-science-contenir-coeur-nucleaire-fondu-dans-cuve.aspx#.XyLGUDXgqsw

CONSTAT RADIOLOGIQUE ENVIRONNEMENTAL DU QUART NORD-EST DE LA FRANCE

Le constat radiologique du Nord-Est de la France vient actualiser et enrichir les connaissances relatives aux marquages radiologiques environnementaux de cette région.

Les niveaux de radioactivité naturelle et artificielle de la région Nord-Est s’inscrivent, pour la majorité d’entre-eux, dans les gammes de valeurs régulièrement mesurées dans d’autres régions. Quelques zones, géographiquement limitées, témoignent de l’activité industrielle des quatre principales installations nucléaires de cette région ainsi que de l’activité de radiodiagnostic/radiothérapie pratiquée dans les grandes agglomérations. D’autres portions de ce territoire restent marquées par les activités anciennes de l’industrie horlogère ainsi que par les retombées des essais nucléaires atmosphériques et celles de l’accident de Tchernobyl.

Télécharger le rapport Constat radiologique Nord-Est (PDF, 8,3 Mo)

Ce constat a pour objectif :

  • de caractériser le bruit de fond radiologique de la région Nord-Est, en dressant un bilan des connaissances acquises et en les complétant, notamment dans des zones et sur des matrices environnementales ne faisant pas l’objet d’une surveillance radiologique environnementale régulière, comme par exemple des denrées alimentaires spécifiques de la région ;
  • de préciser le marquage radiologique environnemental résiduel lié aux retombées anciennes des essais nucléaires atmosphériques menés de 1945 à 1980 et de l’accident de Tchernobyl survenu le 26 d’avril 1986, mais également celui imputable aux rejets actuels ou historiques des quatre principales installations nucléaires de cette région ;
  • d’obtenir une image des marquages environnementaux résultant des rejets des principaux centres hospitaliers pratiquant le radiodiagnostic et la radiothérapie ;
  • de préciser l’impact de l’industrie horlogère implantée principalement sur le bassin versant du Doubs, notamment l’origine des niveaux élevés de tritium régulièrement mesurés en milieu aquatique en aval de ces industries ;
  • de disposer d’un état radiologique environnemental régional de référence permettant d’établir des comparaisons en cas d’incident ou d’accident nucléaire susceptible d’affecter la région Nord-Est.

Le constat Nord-Est s’étend sur treize départements, comptant près de 7700 communes : les Ardennes (08), la Côte-d’Or (21), le Doubs (25), le Jura (39), la Haute-Marne (52), la Meurthe-et-Moselle (54), la Meuse (55), la Moselle (57), le Bas-Rhin (67), le Haut-Rhin (68), la Haute-Saône (70), les Vosges (88) et le Territoire-de-Belfort (90).

Ces études viennent en complément de la surveillance régulière de la radioactivité dans l’environnement français, assurée à proximité des installations nucléaires par l’IRSN et dont les résultats sont centralisés sur le site internet du Réseau national de mesures de la radioactivité de l’environnement. Cette surveillance régulière de l’IRSN concerne des matrices environnementales représentatives des milieux et relativement invariantes dans le temps, dans le but de détecter d’éventuelles évolutions ou écarts par rapport aux niveaux de référence. Elle représente annuellement environ 5 000 échantillons prélevés et traités et plus de 7 000 résultats de mesures.

Les points à retenir du constat radiologique Nord-Est

Dans les zones de la région Nord-Est, définies comme n’étant pas sous l’influence potentielle des rejets radioactifs des quatre principales installations nucléaires de cette région, à savoir les trois centres nucléaires de production d’électricité (CNPE) d’EDF de Chooz, Fessenheim et Cattenom et le site du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Valduc, les niveaux de radioactivité relevés, qu’ils soient d’origine naturelle ou artificielle, s’inscrivent dans les gammes de valeurs régulièrement mesurées dans d’autres régions de France métropolitaine.

La radioactivité artificielle de ces zones résulte des retombées des essais nucléaires atmosphériques et de l’accident de Tchernobyl, les traces spécifiques de l’accident de Fukushima n’étant plus décelables aujourd’hui.

Cette radioactivité artificielle est répartie géographiquement de manière hétérogène. Les plus fortes activités sont celles en 137Cs mesurées dans les sols non remaniés et les champignons des Vosges et du Jura, zones les plus touchées par les retombées anciennes.

Les rejets d’effluents liquides et gazeux des CNPE implantés dans le Nord-Est induisent un marquage ténu et localisé dans une zone ne s’étendant pas au-delà de quelques kilomètres autour des trois sites. En milieu terrestre et à proximité des CNPE, seuls le tritium et le carbone 14 sont parfois mesurés à des niveaux légèrement supérieurs à ceux observés à distance des CNPE. En milieu aquatique, ces deux radionucléides marquent de manière un peu plus nette les matrices biologiques et minérales. Certains produits d’activation (54Mn, 58Co, 60Co) ou de fission (123mTe, 137Cs) présents dans les rejets liquides des CNPE, sont détectés de temps à autres en aval de ces centrales, à l’état de traces. L’influence spécifique de la centrale de Fessenheim sur le Rhin est, selon certaines circonstances, difficile à établir, les rejets des centrales suisses induisant un marquage amont du fleuve.

Les activités du centre CEA de Valduc sont à l’origine d’un marquage par le tritium, sous forme libre ou associé à la matière organique, de l’environnement terrestre sur quelques dizaines de kilomètres autour du site et du milieu aquatique sur un périmètre plus restreint. En milieu terrestre, les activités du tritium libre mesurées dans les feuilles d’arbres sont très nettement supérieures au bruit de fond tout comme les activités en tritium lié à la matière organique mesurées dans les feuilles d’arbres et dans un sol. Ces dernières valeurs témoignent d’une forme de rémanence du tritium organiquement lié dans les matrices ligneuses et dans le sol forestier échantillonné. En milieu aquatique, le marquage est également net tant pour le tritium libre que pour le tritium organiquement lié. Par ailleurs, un marquage en uranium-236 a été détecté ponctuellement en milieu aquatique. À l’exception de ces marquages, les niveaux de radioactivité artificielle (137Cs, 131I, 90Sr, 239+240Pu, 241Am) détectés dans l’environnement du site dans le cadre de ce constat sont proches de ceux généralement observés à distance d’installations nucléaires.

La présente étude confirme par ailleurs que :

– les centres hospitaliers présents dans les villes de la région qui pratiquent le radiodiagnostic et la radiothérapie, conduisent au marquage de l’environnement par l’iode 131, en raison de sa demi-vie de 8 jours (relativement longue). Ce radionucléide est détecté en aval des stations de traitement et d’épuration des eaux, réceptacles des rejets liquides de ces centres. Les activités les plus élevées sont en général mesurées lorsque les eaux assainies des stations de traitements sont rejetées dans les petits cours d’eau où la dilution est moins importante que dans les grands fleuves. C’est ce qui est observé à l’aval des agglomérations de Dijon, Nancy et Épinal ;

– les ateliers d’horlogerie française et suisse, implantés plus particulièrement sur le bassin versant du Doubs, au sein majoritairement de trois agglomérations : Besançon et Morteau en France ainsi que La Chaux-de-Fond en Suisse, marquent l’environnement par le tritium. Il reste détectable de façon très nette dans le milieu aquatique et ce jusqu’à l’aval du Rhône, bien que ce radionucléide ne soit plus utilisé par l’industrie horlogère depuis le début des années 2000.

Par l’IRSN, publié le 29 juillet 2020

https://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_expertise/surveillance-environnement/Pages/Constat-radiologique-Nord-Est-France.aspx#.XyLFGjXgqsw

ARMES NUCLÉAIRES: L’UE RECONDUIT SES SANCTIONS CONTRE LA CORÉE DU NORD

L’UE a annoncé jeudi 30 juillet avoir renouvelé pour un an les sanctions imposées à la Corée du Nord en réponse à la décision du régime de poursuivre le développement d’armes nucléaires et de missiles balistiques en contravention avec les résolutions de l’ONU.

À lire aussi : La Corée du Nord poursuit sa fuite en avant atomique

Une liste noire établie par l’UE comprend 57 personnes et 9 entités frappées d’une interdiction de voyager dans l’UE et dont les avoirs ont été gelés. La liste a été confirmée jeudi et sera publiée au journal officiel de l’UE vendredi. Les 57 personnes et les 9 entités sont accusées d’avoir contribué aux programmes d’armes nucléaires, de missiles balistiques et d’autres armes de destruction massive développés par la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC).

«Les sanctions de l’UE à l’encontre de la RPDC sont les plus sévères de tous les pays. Elles ont été adoptées en réponse aux activités de développement d’armes nucléaires et de missiles balistiques du pays, qui sont contraires à de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies», a précisé le conseil de l’UE, l’instance des États membres, dans un communiqué. Les sanctions de l’UE sont réexaminées chaque année.

Sanctions contre 80 personnes et 75 entités

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a insisté mardi sur le fait que l’arsenal nucléaire nord-coréen était le garant de sa sécurité. «Notre sécurité nationale et notre avenir seront assurés pour l’éternité», a-t-il déclaré à l’occasion du 67ème  anniversaire de l’armistice de la guerre de Corée. «L’UE a transposé toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies et a mis en place son propre régime de sanctions autonome à l’égard de la RPDC, qui complète et renforce les sanctions adoptées par les Nations unies», est-il précisé dans le communiqué publié par le Conseil.

L’ONU a imposé des sanctions à 80 personnes et 75 entités. «L’UE a exprimé à plusieurs reprises sa ferme conviction qu’une paix durable et la dénucléarisation de la péninsule coréenne doivent être réalisées par des moyens pacifiques, et que le processus diplomatique doit être poursuivi comme seul moyen de réaliser cet objectif», insiste le communiqué. La guerre de Corée (1950-1953) a été ponctuée par un armistice, non par un accord de paix, ce qui signifie que les deux voisins sont encore, techniquement, en état de guerre.

Par Le Figaro avec AFP, publié le 30 juillet 2020

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/armes-nucleaires-l-ue-reconduit-ses-sanctions-contre-la-coree-du-nord-20200730

PLOMBÉ PAR DE MAUVAIS RÉSULTATS, EDF PRÉVOIT DES COUPES ET DES CESSIONS

Plombé par un résultat net négatif de 700 millions d’euros au premier semestre 2020, EDF a annoncé le 30 juillet une coupe de 500 millions d’euros dans ses charges opérationnelles et 3 milliards d’euros de cessions d’ici à 2022. En cause notamment, une baisse de la consommation électrique et de la production nucléaire en France.

EDF voit rouge. Son chiffre d’affaires s’est établi à 34,71 milliards d’euros au premier semestre 2020, soit 4,9 % de moins qu’à la même période de 2019. Alors qu’il était positif de 2,498 milliards d’euros l’an dernier, le résultat net part du groupe est négatif de 701 millions sur ces six derniers mois. En conséquence, le groupe souhaite réduire ses charges opérationnelles de 500 millions d’euros et réaliser environ 3 milliards d’euros de cessions d’ici à 2022.

Ces économies sont « en train d’être préparées dans tous les secteurs de l’entreprise« , a expliqué le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy lors de la présentation des résultats le 30 juillet. Anticipant les inquiétudes, ce dernier a précisé que cette stratégie ne serait pas mise en place « avec des plans sociaux massifs« , parce que « ce n’est pas ce que nous souhaitons faire« . L’électricien privilégiera les non-remplacements de départs à la retraite, et le transfert de salariés vers les « activités à fort potentiel« .

Une production nucléaire en baisse

À 8,196 milliards d’euros au premier semestre 2020, l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) opère un léger recul de 1,6 % par rapport à 2019. En cause notamment, la baisse de la consommation d’électricité et de la production nucléaire en raison de la crise sanitaire.

En France, la première a chuté d’environ 20 %. Concernant la seconde, EDF prévoit un volume qui devrait atteindre 315 à 325 TWh cette année, contre 375 à 390 TWh avant la crise. On est bien loin des 379,5 TWh produits l’an dernier. Une baisse explicable par la mise en pause de certaines opérations de maintenance à cause du confinement, ou encore la mise à l’arrêt de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin).

Concernant l’EPR de Flamanville (Manche), dont le calendrier ne cesse d’être repoussé, « toutes les activités de construction sur site ont été temporairement interrompues entre mi-mars et début mai, ce qui pourrait engendrer des délais et des coûts supplémentaires« , prévient EDF dans son document de synthèse.

Par Rémi Amalvy, publié le 30/07/2020 à 11h20

Photo en titre : La production nucléaire française est en baisse. © Wikimedia – E48616 – c.c

https://www.usinenouvelle.com/article/plombe-par-de-mauvais-resultats-edf-prevoit-des-coupes-et-des-cessions.N990404

LES NOUVEAUX SOUS-MARINS RUSSES CONSTITUENT UN GRAVE PROBLÈME POUR LES ÉTATS-UNIS, SELON LE PENTAGONE

De nouveaux sous-marins et missiles de croisière russes représentent un grave problème pour les États-Unis, affirme un haut gradé américain.

De nouveaux missiles de croisière embarqués par des sous-marins russes semblent constituer un véritable casse-tête pour les États-Unis, à en juger les propos de Glen VanHerck, lieutenant général de l’armée de l’air américaine.

«Ces 30 dernières années, nos rivaux et adversaires potentiels ont observé comment les États-Unis procédaient à leur dissuasion, menaient la compétition et se comportaient lors des conflits. Eux, notamment la Russie et la Chine, ont eu la possibilité de se développer dans tous les domaines en nous observant. La Russie développe des capacités stratégiques telles que des sous-marins et suivre leur déplacement est actuellement un problème grave», a déclaré le militaire lors d’audiences au Sénat.

Menace pour les États-Unis

Il a ajouté que les sous-marins modernes offraient la possibilité aux missiles de croisière russes de menacer le territoire des États-Unis, ce qui représente également un «problème grave».

Selon lui, la Chine s’est engagée dans la même voie de développement et ses forces armées deviennent de plus en plus capables d’intervenir en tant que forces expéditionnaires, c’est-à-dire loin de leur territoire.

Mardi 28 juillet, le comité des forces armées du Sénat américain examinait la candidature de Glen VanHerck au poste de chef du commandement du Nord des États-Unis (NORTHCOM) et du commandement de la Défense aérospatiale nord-américaine (NORAD).

Publié le 29.07.2020 à 9h59, mis à jour à 12h41

Photo en titre : © Sputnik . Vitali Ankov

https://fr.sputniknews.com/international/202007291044172670-les-nouveaux-sous-marins-russes-constituent-un-grave-probleme-pour-les-etats-unis-selon-le/

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM : ERREUR DANS LA DÉTERMINATION DU DÉBIT PRIMAIRE ATTENDU DU RÉACTEUR N° 2

Le 20 juillet 2020, l’exploitant de la centrale nucléaire de Cattenom a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à une erreur de détermination du débit d’eau attendu dans le circuit primaire. Cette erreur aurait pu dégrader la fiabilité du système de protection du réacteur.

Le circuit primaire est un circuit fermé, contenant de l’eau sous pression. Cette eau s’échauffe dans la cuve du réacteur au contact des assemblages de combustible. L’eau du circuit primaire est mise en mouvement par quatre pompes dites « pompes primaires ».

Le 19 octobre 2018, lors de la visite décennale du réacteur n°2, un essai permettant de déterminer le débit d’eau primaire a été réalisé. Les valeurs mesurées lors de l’essai ont été utilisées pour mettre à jour des paramètres du système de protection du réacteur qui gère l’arrêt automatique du réacteur et la mise en service des systèmes de sauvegarde.

Le 13 juillet 2020, le service en charge des essais sur le CNPE de Cattenom a pris connaissance d’un événement significatif pour la sûreté détecté sur la centrale de Golfech relatif à une erreur dans la détermination du débit primaire et a entrepris d’identifier d’éventuelles défaillances similaires sur les réacteurs de la centrale de Cattenom. Ils ont alors constaté une anomalie sur le calcul du débit primaire. Celle-ci a entraîné l’introduction d’un paramètre erroné dans le système de protection du réacteur lors de la visite décennale du réacteur n°2. Ainsi, la valeur du débit d’eau du circuit primaire a été prise en compte avec un écart défavorable de 0,25%.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, l’événement a affecté la fonction de sûreté liée à la maîtrise du refroidissement en augmentant légèrement les seuils des systèmes de protection du réacteur.

En raison de sa détection tardive, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Le réacteur est actuellement à l’arrêt pour maintenance et l’exploitant corrigera le paramètre dans le système de protection du réacteur avant le redémarrage du réacteur.

Les réacteurs n°1, 3 et 4 ont également fait l’objet de contrôles vis-à-vis de ce retour d’expérience et n’ont révélé aucune anomalie.

Publié le 29 juillet 2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Erreur-dans-la-determination-du-debit-primaire-attendu-du-reacteur-n-2

JAPON : LES SURVIVANTS DE LA « PLUIE NOIRE » RECONNUS COMME VICTIMES DU BOMBARDEMENT D’HIROSHIMA

Les survivants japonais de la «  PLUIE NOIRE  » sont officiellement reconnus comme victimes du bombardement d’Hiroshima après une longue bataille judiciaire

La lutte de cinq ans de dizaines de Japonais, qui ont vécu le bombardement atomique américain mais se sont vu refuser des avantages sociaux pendant des décennies, s’est terminée victorieusement après avoir été officiellement reconnus comme survivants des bombardements nucléaires.

Un tribunal de district d’Hiroshima s’est finalement prononcé en faveur d’un groupe de victimes des pluies radioactives, qui se battent pour leurs droits depuis 2015.

Les plaignants ont réclamé les mêmes droits et privilèges que ceux qui ont été directement touchés par l’explosion du dispositif nucléaire américain «Little Boy» dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale.

Les plaignants vivaient dans des zones en dehors des limites d’Hiroshima, mais ont été affectés par les retombées radioactives de la «pluie noire», qui ont duré quelques heures après la chute de la bombe.

Le tribunal a décidé qu’ils devraient recevoir le même traitement que les personnes vivant plus près du «point zéro».

Le juge a ordonné aux autorités locales de donner aux 84 plaignants des certificats d’hibakusha, confirmant que ce sont des personnes qui ont été touchées par les bombardements nucléaires. Le statut les rend éligibles aux services médicaux gratuits et aux allocations mensuelles.

Le statut a été attribué en vertu de la loi sur le secours aux survivants de la bombe atomique, qui a été adoptée en 1957 et ne s’appliquait qu’aux personnes qui vivaient dans les limites de la ville à compter du 6 août 1945.

En 1976, Tokyo a divisé les zones touchées en zones de «fortes pluies» et de «faibles pluies». Cependant, de nombreux habitants se sont plaints que les zones étaient trop proches les unes des autres et que la pluie d’un côté de la rivière ne pouvait pas être désignée radioactive tandis que la pluie de l’autre côté de la rivière était considérée comme sûre.

Jusqu’à présent, le gouvernement japonais avait refusé de reconnaître les habitants des soi-disant «zones de pluie légère» comme des hibakusha.

Au cours de la bataille judiciaire qui a duré cinq ans, plus de 10 des plaignants, âgés de 70, 80 et 90 ans, sont décédés.

Le gouvernement japonais reconnaît environ 650 000 personnes éligibles au statut de hibakusha, dont près de la moitié étaient des résidents d’Hiroshima.

Les effets combinés du bombardement atomique d’Hiroshima ont tué environ 140 000 personnes immédiatement ou dans les jours qui ont suivi, des milliers d’autres ayant survécu mais souffrant de maladies incurables causées par les radiations.

Ce n’est pas la première bataille juridique entre le gouvernement et les gens qui croient qu’on leur a injustement refusé le statut de hibakusha. Un groupe appelé Centre d’information des citoyens sur le nucléaire a été créé en 2003 dans le but de demander le statut auprès des tribunaux. Des audiences se poursuivent depuis lors.

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Par Dacid Rolet dans News publié le 29 juillet 2020 à 2h12

https://news-24.fr/les-survivants-japonais-de-la-pluie-noire-sont-officiellement-reconnus-comme-victimes-du-bombardement-dhiroshima-apres-une-longue-bataille-judiciaire/

UNE USINE DE RETRAITEMENT DU COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE EN DIFFICULTÉ AU JAPON AUTORISE UN EXAMEN DE SÉCURITÉ

Une usine de retraitement de combustible nucléaire en difficulté dans le nord-est du Japon a officiellement passé des contrôles de sécurité mercredi malgré l’avenir douteux de la politique du cycle du combustible nucléaire du gouvernement vieille de plusieurs décennies basée sur le recyclage de l’uranium.

L’usine de Rokkasho, dans la préfecture d’Aomori, qui est en construction depuis près de trois décennies, est depuis longtemps destinée à jouer un rôle clé dans la politique nucléaire du pays en prélevant le combustible usé des réacteurs et en extrayant l’uranium et le plutonium pour le réutiliser.

La centrale, exploitée par Japan Nuclear Fuel Ltd., a satisfait aux normes de sécurité plus strictes introduites à la suite de la crise nucléaire de Fukushima en 2011, y compris des mesures plus solides contre les tremblements de terre et les tsunamis.

Mais les perspectives de la politique de recyclage nucléaire du Japon sont assombries par le démantèlement d’un réacteur surgénérateur rapide qui devait utiliser du combustible à oxyde mixte, ou MOX, produit par la centrale de Rokkasho et le nombre limité de réacteurs en fonctionnement utilisant ce carburant plus thermique pour la production d’électricité.

Le Japon a actuellement plus de 40 tonnes de plutonium stockées en conséquence, ce qui soulève des inquiétudes internationales quant à la possession par le pays de la matière car elle peut être convertie en armes nucléaires.

L’usine de Rokkasho doit également passer des contrôles supplémentaires sur ses plans d’exploitation avant de pouvoir être mise en ligne, ce qui rend difficile l’achèvement de l’installation d’ici le premier semestre de l’exercice 2021, comme le souhaite son exploitant.

La société a demandé les contrôles de sécurité en janvier 2014 et l’Autorité de régulation nucléaire a approuvé ses mesures en mai. L’agence a ensuite sollicité les commentaires du public et des parties concernées avant l’approbation formelle.

Réunis sur un mois, les retours ont été largement critiques, certains affirmant que la politique de recyclage du combustible nucléaire du pays est déjà dans l’impasse, selon le secrétariat de la NRA.

La construction de l’usine a commencé en 1993 et ​​devait s’achever en 1997, mais des problèmes persistants ont contraint le calendrier à être repoussé 24 fois.

En 2017, il a été découvert que l’entreprise n’avait pas effectué les inspections nécessaires sur une zone de l’usine pendant 14 ans, ce qui avait entraîné le déversement de près d’une tonne d’eau de pluie dans un bâtiment abritant un générateur diesel de secours.

Si elle ouvre, l’usine pourra prendre jusqu’à 800 tonnes de combustible usé par an et extraire environ 8 tonnes de plutonium, qui seront utilisées pour produire du combustible MOX.

Mais le réacteur prototype qui devait être le principal destinataire du combustible MOX – le réacteur à surgénérateur rapide de Monju dans la préfecture de Fukui – est actuellement en cours de démantèlement après avoir connu une série de problèmes, notamment une fuite de liquide de refroidissement au sodium en 1995.

Le coût total du projet de l’usine de Rokkasho, de la construction à son éventuel démantèlement, est estimé à 13,9 billions de yens (130 milliards de dollars).

Par Vegeta, publié le 29 juillet 2020

Photo en titre : Une photo d’archive prise en mai 2020 montre une usine de retraitement de combustible nucléaire de Japan Nuclear Fuel Ltd.à Rokkasho, dans la préfecture d’Aomori. (Kyodo)

http://phplist.amisdelaterremp.fr/lists/?m=6007&uid=05de3a3148ebce886ead9db371d0d882&p=view&pi=ViewBrowserPlugin

RPDC : KIM JONG UN MET L’ACCENT SUR LA DISSUASION NUCLÉAIRE COMME GARANT SOLIDE DE LA SÉCURITÉ NATIONALE

ACTUALITÉS PYONGYANG. Le dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) Kim Jong Un a souligné l’importance de la dissuasion nucléaire à l’occasion du 67ème anniversaire de l’armistice de la guerre de Corée (1950-1953), a rapporté mardi l’Agence de presse officielle KCNA.

Lors de la 6ème Conférence nationale des anciens combattants tenue lundi à Pyongyang, M. Kim a déclaré que grâce à la « dissuasion fiable et efficace de la guerre d’autodéfense, il n’y aura plus de guerre sur cette terre et notre sécurité nationale ainsi que notre avenir seront solidement garantis en permanence », a rapporté la KCNA .

« Sachant que nous devrions détenir un pouvoir fort pour sauvegarder le sort de notre pays et de notre peuple, nous ne cesserons jamais de perfectionner la capacité de défense nationale la plus puissante, afin qu’elle ne puisse être égalée par personne d’autre », a affirmé M. Kim, cité par la KCNA.

Au cours de la conférence, M. Kim a également rendu hommage aux martyrs et aux vétérans qui « ont consacré leurs précieuses vies à la guerre sacrée pour la réunification et l’indépendance du pays, ainsi que la liberté et le bonheur du peuple », a ajouté la KCNA.

La RPDC a tenu sa première Conférence nationale des anciens combattants en 1993 pour marquer le 40ème anniversaire de l’armistice de la guerre de Corée. Les quatre autres conférences suivantes ont toutes eu lieu après l’entrée en fonction de Kim Jong Un à la fin de 2011

Par Yeclo avec Xinhua, publié le 28 juillet 2020

https://www.yeclo.com/rpdc-kim-jong-un-met-laccent-sur-la-dissuasion-nucleaire-comme-garant-solide-de-la-securite-nationale-actualites-28072020/

FACE AU PIC DE CHALEUR ANNONCÉ, LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH POURRAIT ÊTRE ARRÊTÉE

Alors qu’un épisode de fortes chaleurs est prévu en cette fin juillet 2020 sur la région de Toulouse, EDF annonce que la centrale nucléaire de Golfech pourrait s’arrêter. Détails.

C’est EDF qui annonce la couleur, lundi 27 juillet 2020 : « En raison des fortes chaleurs attendues dans la région Occitanie au cours des prochains jours », les deux réacteurs de 1300 mégawatts qui composent la centrale nucléaire de Golfech pourraient tourner au ralenti, voire carrément s’arrêter.

Lire aussi : Golfech. Après plusieurs dysfonctionnements, surveillance rapprochée à la centrale nucléaire

Un arrêt temporaire, « si nécessaire »

Dans un communiqué, l’exploitant de la centrale nucléaire indique : 

Les unités de production n°1 et n°2 de la centrale nucléaire EDF de Golfech sont susceptibles de réduire de façon programmée leur niveau de production et, si nécessaire, d’être arrêtées temporairement. 

La centrale fait surchauffer la Garonne

Pourquoi cette décision ? EDF utilise habituellement l’eau du fleuve pour refroidir les réacteurs de la centrale, avant de « restituer cette eau à une température plus élevée (+ 0,2°C en moyenne) » dans la Garonne. Et EDF est tenue de respecter les autorisations de rejets thermiques accordées à la centrale. L’enjeu est donc de « limiter l’échauffement de l’eau prélevée puis rejetée dans la Garonne », indique le producteur d’électricité, qui précise : « Ces adaptations sont réalisées dans le but de préserver la faune et la flore des milieux aquatiques. »

La température du fleuve est proche des 28°C

EDF n’a en réalité pas le choix. Elle ne fait qu’appliquer l’arrêté du 18 septembre 2006, qui impose notamment que « la température moyenne journalière de la Garonne en aval ne dépasse pas 28°C », et qui prévoit le cas des « conditions climatiques exceptionnelles ». D’après nos informations, après un premier épisode de fortes chaleurs, la température du fleuve était déjà lundi midi de 26,5°C, soit près de la limite autorisée.

La fin de semaine, qui devrait être très chaude dans la région, aura-t-elle raison de l’activité de la centrale ? Météo France prévoit pas moins de 40°C à Golfech jeudi, et 37°C vendredi.

Un précédent en 2019

Mardi matin, l’entreprise comme les autorités surveillaient attentivement la Garonne pour savoir si, oui ou non, il faudrait arrêter la centrale, ou réduire la voilure. Quant à savoir combien de temps durerait cette interruption, « cela dépendra de la température de la Garonne », précise-t-on chez EDF. Rappelons qu’après une première baisse de puissance à l’été 2018, les deux réacteurs de la centrale avaient été mis à l’arrêt à l’été 2019, également à la fin du mois du juillet. En cause ? La canicule qui sévissait l’été dernier.

Lire aussi : Tarn-et-Garonne. Deux réacteurs de la centrale nucléaire de Golfech à l’arrêt à cause de la canicule

Pas de risque de pénurie, selon EDF

En cas de diminution de l’activité, ou d’arrêt, la quantité de mégawatts-heures produits par EDF s’en retrouvera forcément réduite. Mais le groupe précise que ces « adaptations » n’auront « aucun impact sur la continuité d’approvisionnement » en électricité. « Nous sommes sur un réseau interconnecté, qui repose sur un mix énergétique complet, avec d’autres sources de production », assure EDF à Actu Toulouse.

Publié le 28 Juillet 2020 à 12h45

Photo en titre : « En raison des fortes chaleurs attendues dans la région Occitanie au cours des prochains jours », la centrale nucléaire de Golfech pourrait être arrêtée, indique EDF (©Illustration / Adobe Stock)

https://actu.fr/occitanie/golfech_82072/face-au-pic-de-chaleur-annonce-la-centrale-nucleaire-de-golfech-pourrait-etre-arretee_35198053.html

FILM : NUCLÉAIRE : UN SIÈCLE DE DÉSASTRE SANITAIRE

Présentation du film par son producteur :

Depuis la découverte du radium et de son rayonnement à l’aube du XXe siècle par le couple Curie et Henri Becquerel, les risques liés à l’atome ont été systématiquement minimisés et les contaminations qu’il a générées, occultées.

Aujourd’hui, les victimes de Fukushima sont engagées dans des procès contre Tepco, la compagnie qui exploitait la centrale. Parmi les plaignants figurent aussi des soldats américains du porte-avions Ronald-Reagan, exposés au nuage radioactif, alors qu’ils viennent, au lendemain de la catastrophe, en 2011, porter secours aux victimes du tsunami. Alertés, leurs officiers restent confinés et prennent de l’iode pour se prémunir des radiations, sans informer ni protéger leurs hommes. Secret militaire ou industriel, désinformation, dissimulation… : l’histoire de l’atome est dominée par la manipulation, favorisée par l’invisibilité de la radioactivité.

Dès les années 1920, les radium girls, des ouvrières américaines qui fabriquent des montres au radium, sont contaminées en affinant avec les lèvres le pinceau qu’elles utilisent. Deux décennies plus tard, après l’horreur d’Hiroshima et de Nagasaki, lors des essais nucléaires américains à Bikini, vétérans et pêcheurs nippons sont irradiés, quand le contexte de la guerre froide bâillonne toute protestation à grand renfort de propagande appuyée par les studios Disney.

En 1986, l’URSS utilisera des méthodes analogues pour taire les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

Nourri par la parole de victimes et par l’éclairage d’experts, « Notre ami l’atome » est un panorama, poignant et documenté, de la série des contaminations qui ont émaillé un siècle de radioactivité dans le monde. Prochaine diffusion le mardi 28 juillet à 22h30.

Notre ami l’atome —Un siècle de radioactivité, réalisé par Kenichi Watanabe, France, 2020, disponible jusqu’à juillet 2022.

Par Kenichi Watanabe, publié le 28 juillet 2020

https://reporterre.net/Nucleaire-un-siecle-de-desastre-sanitaire

LA « VISITE » DU CHANTIER D’ITER PAR LE PRÉSIDENT MACRON MARQUE SA VOLONTÉ DE POURSUIVRE LA FOLIE NUCLÉAIRE

Lors des dernières années de la guerre froide, des scientifiques ont réussi à convaincre les grands de ce monde de s’entendre pour la construction d’une gigantesque machine ITER capable de créer les conditions pour tenter de réaliser la fusion nucléaire contrôlée, fantasme de l’énergie illimitée.

Ce projet est implanté en zone à risque sismique sur le site de Cadarache, dans les Bouches du Rhône, déjà fortement nucléarisé. Il occupe 42 ha supplémentaires de forêts, sans compter les espaces impactés par les larges routes d’accès et la ligne à très haute tension indispensable pour son fonctionnement.

Un des « combustibles » utilisés sera le tritium (hydrogène radioactif). Ce dernier se révèle très difficile à confiner ; il n’existe qu’en très faible quantité à l’état naturel et doit être produit dans un réacteur à fission avec production de déchets radioactifs et tous les risques inhérents à ce type de réacteur, ou plus tard, peut-être, par ITER lui-même.

Au cours de la réaction de fusion, l’intense flux neutronique rendra les parois de l’enceinte de confinement radioactive produisant des dizaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs pour au moins 100 ans. La fusion thermonucléaire étant un phénomène instable et non-linéaire, avec de forts risques de fuites de tritium radioactif, l’accident majeur ne peut être exclu. Le tritium étant aussi utilisé dans les bombes thermonucléaires, des réacteurs du type d’ITER pourraient aussi contribuer à la création de nouvelles armes de destruction massive.

Un gigantesque gouffre financier

En 2001, le coût du projet ITER était estimé à 5 milliards d’euros ; en 2019, il dépasse les 20 milliards… qu’en sera-t-il dans 5 ans, 20 ans, et au-delà ? La France doit en assumer au moins 9%, soient plus de 2 milliard d’euros. Sur la période 1974-2003, la fusion a déjà accaparé plus de 10% des fonds de Recherche et Développement consacrés à l’énergie aux dépens de la mise en œuvre de la transition énergétique. Les mêmes sommes dépensées dans les énergies renouvelables et les économies d’énergie créeraient bien plus d’emplois durables et avec une réduction effective et durable de la pollution et des émissions de CO2 !

La mise en service prévue initialement en 2014 est régulièrement repoussée, désormais de plus de 10 ans ! Et les premiers résultats ne sont pas attendus avant 2035 ! La construction de cette gigantesque machine dont le seul réacteur pèsera 23 000 tonnes (3 fois la tour Eiffel), lequel nécessitera un complexe de 440.000 tonnes, mobilise autour de 5000 personnes ; mais ensuite, pour le fonctionnement, n’y travailleront que 1000 personnes. Avec une telle machinerie, le transport des pièces depuis plusieurs continents et cette énorme consommation électrique (équivalente à celle d’une ville comme Bordeaux), le bilan CO2 d’ITER est clairement épouvantable.

Au départ, les promoteurs de cette chaudière infernale annonçaient une puissance électrique consommée de 50MW pour une production de chaleur de 500MW (multiplicateur énergétique de 10). Aujourd’hui, les mêmes admettent que le multiplicateur ne serait que de 1,6 (300MW consommés pour 500MW de chaleur).

Solution à la crise climatique ?

En fait, ITER ne produira pas d’électricité mais vise à développer un réacteur de démonstration (régulièrement repoussé, désormais à 2054) avant un hypothétique réacteur de série à partir de 2060 ou 2080. Il sera donc malheureusement trop tard pour relever le défi de la lutte climatique et les milliards engloutis dans cette machine manqueront cruellement au développement de la transition énergétique. Cette expérience scientifique la plus onéreuse de tous les temps, sans contrôle indépendant, à contre-courant complet de la transition énergétique est le plus Grand Projet Inutile Imposé International !

Pour l’avenir de l’humanité, le chantier d’ITER, comme celui de l’EPR de Flamanville, devrait être arrêté ! Y a-t-il des femmes ou des hommes politiques capables de bon sens pour prendre une telle décision ?

Contacts presse :

Martial Chateau : 06 45 30 74 66

Anne-Lise Devaux : 04 27 01 77 08

Publié le 27 juillet 2020 sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/La-visite-du-chantier-d-ITER-par-le-President

MACRON : ÉCOLOGISTE UN JOUR, ÉCOLOGISTE TOUJOURS

Sarkozy avait promis d’aller chercher la croissance avec les dents. Macron nous la foutra en pleine gueule, mais avec de si belles manières qu’on ne peut qu’applaudir. Le principe de base est simple : un mot – au hasard, « vert » – et un tube de vaseline.

C’est historique : Macron est écologiste. Très, genre fondamentaliste. Dans ces conditions, la relance économique qui va déferler « sera verte » ainsi que le proclame dimanche 26 juillet son ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, dont Charlie a déjà montré la profondeur de son engagement dans ce domaine.

Notre beau président revient de loin. Quand il était chez Hollande, juste avant son coup de poignard dans le dos, il était en effet d’un avis tout différent. Ne reprenons pas tout, ça lasserait. Concentrons-nous. Le diesel, qui contribue tant à la mort de dizaines de milliers de personnes chaque année ? Macron estimait en août 2016 qu’il se trouvait « au cœur de la politique industrielle française (…) et de la mobilité environnementale ».

Le projet de mine d’or en Guyane, qui visait à détruire un morceau de forêt tropicale pour le compte d’une transnationale ? Il était à fond pour, avec de puissants arguments à la clé. Ainsi déclarait-il le en août 2015 au journal Les Échos : « Avec le projet Columbus Gold, nous sommes face à un industriel de niveau mondial qui a une grande expertise, que ce soit sur le continent américain ou de manière plus accessoire en Europe. Il sait exploiter aux meilleurs standards, et a la capacité d’investir massivement sur un site en exploitation primaire. Cet industriel est l’un des fers de lance de la mine responsable ».

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Le nucléaire ? En 2015 toujours, notre Perspicace proclamait : « Cette énergie reste pertinente et compétitive. (…) Regardez la Grande-Bretagne, qui vient de retenir l’EPR français pour ses prochaines centrales ». Comment lui en vouloir ? Le nucléaire est devenu en 2020, à l’insu de son plein gré, un boulet financier (presque) insupportable. Areva, devenu Orano, a dû recevoir en urgence 4,5 milliards d’euros ponctionnés sur le Trésor public, traîne toujours une dette de 3 milliards, et se voit menacé d’une amende de 24 milliards d’euros aux États-Unis. EDF est de son côté endettée à hauteur de 40 milliards d’euros. Le chantier de deux EPR à Hinkley Point – « regardez la Grande-Bretagne » – a commencé. L’ouverture, déjà retardée, devrait avoir lieu en 2025. Le devis initial de 11 milliards d’euros a plus que doublé à 23,5 milliards.

Écologie made in France

Qui oserait lui reprocher d’aimer l’industrie ? En 2015 encore, il donnait l’autorisation d’extraire 250 000 tonnes de sable en mer, au large de Lannion (Côtes d’Armor). Une jolie petite catastrophe écologique made in France, à quelques encablures de la réserve naturelle des 7-Îles, où se reproduisent 20 000 couples de fous de Bassan. Il déclarait alors, sur des bases éminemment scientifiques : « Les études concluent avec suffisamment de certitude à l’absence d’impact significatif sur l’environnement ».

En bref, il voit clair, et plus loin que nous tous réunis. Ne surtout pas écouter les grincheux. Les plus revanchards prétendent que le revirement en cours est purement tactique, électoraliste, politicien. Et font valoir que, lorsqu’il était encore plus jeune que jeune, Macron adorait déjà l’odeur du BTP et des grandes réalisations. Ces imbéciles ressortent même l’histoire de la « Commission pour la libération de la croissance française », créée par Jacques Attali à la demande du président Sarkozy.

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Nous sommes en 2007, et ce noble aréopage se met au travail, avec quelques idées fortes en tête, dont voici des extraits :

  • Préparer la jeunesse à l’économie du savoir et de la prise de risque ;
  • Participer pleinement à la croissance mondiale et devenir champion de la nouvelle croissance ;
  • Construire une société de plein-emploi ;
  • Instaurer une nouvelle gouvernance au service de la croissance.

Le PIB ou la planète

Donc, la croissance. La belle et saine croissance. Déjà « verte » ? Hum, presque. La Commission propose en effet de supprimer le principe de précaution adossé à la Constitution en 2005 sur décision de Chirac. Autrement dit, plus aucune barrière sur la route étoilée du « développement ». Enfin. Le texte Attali n’évoque que ridiculement peu la crise écologique, le dérèglement climatique, la sixième crise d’extinction des espèces, car ce serait le meilleur moyen de renoncer à quelques dixièmes de points de PIB, et qui serait alors gagnant ? Les Chinois.

Arrivés à ce point, les envieux et jaloux se regardent dans le blanc des yeux, et poussent leurs beuglements habituels, car disent-ils, le rapporteur de la Commission Attali n’était autre qu’Emmanuel Macron, âgé alors d’à peine 29 ans. Ces pauvres sots y voient une preuve supplémentaire que tout l’esprit de Macron, depuis le point de départ, appartient au monde d’avant. Et qu’il n’y aura pas de monde d’après. Tant de malveillance serre fatalement le cœur des gens honnêtes.

Par Fabrice Nicolino, publié le 27 juillet 2020

https://charliehebdo.fr/2020/07/ecologie/macron-ecologiste-jour-ecologiste-toujours/

POUR ÊTRE ÉCOLOGIQUE, LE VÉHICULE ÉLECTRIQUE DOIT-IL ÊTRE ALIMENTÉ PAR UNE ÉLECTRICITÉ RENOUVELABLE ?

Dans une tribune publiée ce dimanche 26 juillet 2020, Julien Tchernia, président d’ekWateur, explique que le véhicule électrique doit être alimenté par une électricité renouvelable si l’on veut qu’il soit écologique. Alimenté par une centrale à charbon, son bilan carbone est moins bon qu’une voiture à essence. D’où la nécessité de développer les renouvelables conjointement aux véhicules électriques. Cela tombe bien : une profonde synergie existe entre les deux technologies.

Un véhicule électrique alimenté par une centrale à charbon est plus polluant qu’une voiture à essence

Le véhicule électrique n’émet pas directement de gaz à effet de serre, ce qui lui donne l’image d’un moyen de transport propre. En réalité, comme pour le véhicule à hydrogène, tout dépend de l’origine de l’électricité qui propulse le véhicule, comme le rappelle Julien Tchernia, cofondateur et président d’ekWateur, dans une tribune pour L’Usine Nouvelle, ce dimanche 26 juillet 2020.

Dans l’optique de la transition énergétique, le véhicule électrique est en effet largement soutenu par les autorités, et son marché est en plein essor, notamment en France. « Le marché se porte bien et cela s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, depuis plus de 5 ans, le gouvernement et les entreprises du secteur ont mis beaucoup de choses en œuvre pour installer l’écosystème nécessaire au développement des voitures électriques. D’autre part, les véhicules électriques d’aujourd’hui sont de plus en plus performants en termes d’autonomie », pointe ainsi Alexandre Borgolte, directeur général de DBT, spécialiste des bornes de recharge.

Julien Tchernia tempère cependant la dimension écologique du véhicule électrique. Si l’électricité est produite par une centrale thermique utilisant un combustible fossile, un véhicule à essence s’avère moins polluant.

Certes, rappelle le président d’ekWateur, « un moteur électrique a un très bon rendement : environ 90% de son énergie est transformé en énergie mécanique. Pour le moteur à explosion, ce rendement est beaucoup plus faible et de l’ordre de 35 %. Un taux sans appel en faveur du moteur électrique ».

Pour autant, il ne faut pas s’arrêter au rendement du moteur, mais étudier toute la chaîne de production. « Sachant que le rendement d’une centrale à charbon est de 30% et que la déperdition d’énergie lors du transport de l’électricité le long des câbles est de 15%, le rendement du moteur électrique passe alors à 25%. De l’autre côté, la chaîne du pétrole est très peu énergivore par rapport à l’énergie qu’elle transporte : entre l’extraction et la pompe, la perte est d’environ 10%. Cela donne un rendement total de la chaine essence de 38 % », expose Julien Tchernia.

Synergie entre véhicules électriques et renouvelables intermittentes, via le pilotage de la recharge

Il rappelle alors que les énergies renouvelables ne représentent que 17% de l’électricité produite en France, et semble sous-entendre que le véhicules électriques n’est donc pas si écologique que cela dans l’Hexagone. Il oublie de préciser que plus de 75% de l’électricité est produite en France par des centrales nucléaires, qui n’émettent pas non plus de gaz à effet de serre. Le bilan carbone des véhicules électriques de France est donc excellent !

Pour autant, le développement du véhicule électrique doit aller de pair avec celui des énergies renouvelables. Non seulement les EnR assurent une électricité verte pour propulser les voitures électrique, mais les deux technologies ont une excellente synergie. Le pilotage de la recharge, via des bornes intelligentes, est ainsi une excellente réponse à l’intermittence du solaire et de l’éolien.

« Aujourd’hui de nombreuses entreprises travaillent sur des technologies permettant de lisser la consommation. Comme ce logiciel permettant de stopper la recharge lors d’un pic de consommation d’électricité et de charger automatiquement le véhicule électrique aux heures creuses avec de l’électricité la plus verte et au prix le plus bas. La voiture électrique devient alors une partie de la solution à l’intermittence de la production de renouvelable », détaille ainsi Julien Tchernia.

« Comme le chauffe-eau électrique, en son temps, a résolu une partie du problème de la surproduction d’électricité d’origine nucléaire la nuit, la batterie des voitures électriques résout une partie de la problématique de stockage des énergie renouvelables », conclue le président d’ekWatteur.

Rédigé par : La Rédaction, publié le 27 juillet 2020

https://lenergeek.com/2020/07/27/ecologique-vehicule-electrique-electricite-renouvelable/

NDLR : ce raisonnement ne vaut que pour l’aspect « émission de CO2 ». Mais si on veut que la voiture électrique soit qualifiée d’écologique, il faut qu’elle soit exclusivement rechargée avec de l’électricité garantie d’origine renouvelable. D’où l’obligation de bien choisir son fournisseur d’électricité parmi les très rares qui ne vendent QUE de l’électricité d’origine renouvelable et que la voiture ne soit rechargée QU’À son domicile ce qui en limite l’emploi (tout au moins pour l’instant tant que, sur les bornes publiques, le seul fournisseur sera EDF et qu’on n’aura pas le choix du fournisseur, ce qui serait faisable facilement grâce à l’informatique),

MÉMOIRE D’HIROSHIMA « POUR UN MONDE SANS ARME NUCLÉAIRE, SANS CENTRALE NUCLÉAIRE ET SANS GUERRE »

Chères et chers ami(e)s de la paix !

En 2020, l’Horloge de l’Apocalypse affiche 100 secondes avant minuit ! Ce projet mondial regroupant des scientifiques renommés nous alerte : Nous sommes si près de minuit et l’Apocalypse n’a jamais été aussi proche. Les armes nucléaires et le réchauffement climatique sont les causes de cette situation qui menace l’humanité.

Près de 30 ans après la fin de la Guerre Froide, il y a toujours 13.000 ogives nucléaires. Alors que les tensions politiques croissent dans le monde, les puissances détentrices de l’arme nucléaire sont en train de développer une nouvelle génération d’armement nucléaire. Le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) qui portait sur l’interdiction d’utiliser des missiles à courte et moyenne portée a pris fin. Le traité New Start qui limite les missiles à longue portée menace de prendre fin l’an prochain. Ces importants traités sont la clé du succès pour un monde sans arme nucléaire.

L’espoir réside dans le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) conclu par l’ONU en 2017, entré en vigueur 9 mois après le dépôt du 50ème instrument de ratification. Pour le moment, 38 états ont ratifié le traité. La société civile doit exercer une pression sur les non signataires afin que le traité soit validé et que les armes nucléaires deviennent illégales en vertu du droit international.

Les Nations-Unies exigent un cessez-le-feu mondial en raison de la crise du coronavirus. Il est temps, enfin ! Temps pour un désarmement complet, car les moyens énormes gaspillés en armement manquent énormément pour assurer les prestations sociales, l’éducation, la culture, la protection de l’environnement et bien d’autres domaines importants.

Les groupes pour la paix et l’environnement listés ci-après organisent le jeudi 6 août 2020 à 17 heures sur la Stephanplatz de Vienne une cérémonie de commémoration pour les 75 ans du bombardement nucléaire d’Hiroshima, pour les victimes des bombardements de 1945, mais aussi pour les victimes militaires et civiles de l’utilisation de la technologie nucléaire, et pour une disparition complète des armes nucléaires : le Groupe Hiroshima de Vienne, le mouvement pour la paix de Vienne, Pax Christi de Vienne, l’association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire et sa branche autrichienne OMEGA.

Dans le cadre de cette cérémonie de mémoire, nous collectons des messages de gens engagés pour la paix. Ces messages seront accessibles sur le site www.hiroshima.at et seront publiés via d’autres sources pour la paix. Ton message nous permettra de véhiculer cet engagement.

Nous t’invitons à nous soutenir dans notre engagement en écrivant un message contre l’arme nucléaire, pour l’interdiction et la disparition de cette arme de destruction massive profondément inhumaine. Nous nous engageons au travers de cette action Hiroshima pour un monde sans arme nucléaire, sans centrale nucléaire et sans guerre ! Nous sommes face à deux des plus grosses menaces pour l’humanité : la guerre nucléaire et la catastrophe climatique. C’est ensemble que nous réussirons à assurer la survie de l’Humanité !

Merci de nous adresser ton message avant le 31 juillet 2020 à notre bureau de Vienne, Reinprechtsdorfer Straße 6/2, 1050 Wien, ou bien par mail à l’adresse pax.vienna@chello.at.

Un grand merci d’avance pour ton soutien,

Sincères salutations solidaires

Par Sonja Jamkojian, Mag.a Gabriela Kaszay, Andreas Pecha, Alois Reisenbichler et Helga Ungar

 Traduction de l’allemand : Frédérique Drouet, Bureau de la paix de Vienne – Pressenza Wien

Publié le 26 juillet 2020

https://www.pressenza.com/fr/2020/07/memoire-dhiroshima-pour-un-monde-sans-arme-nucleaire-sans-centrale-nucleaire-et-sans-guerre/

POURQUOI RATTRAPER SON RETARD DANS LA PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ RENOUVELABLE RISQUE DE COÛTER TRÈS CHER À LA FRANCE

Pour la toute première fois en Europe, en 2020, un niveau plus élevé d’électricité a été produit grâce aux énergies renouvelables qu’à l’aide de leurs équivalentes fossiles. Si la France a vu la production issue des premières progresser sur la période, elle reste largement en retard par rapport à d’autres pays du continent. Or le coût pour elle du soutien à ces énergies renouvelables explose déjà.

C’est une première dans l’histoire. Au premier semestre 2020, les énergies renouvelables européennes ont produit plus d’électricité que leurs équivalentes fossiles. Selon une étude du think tank européen Ember, l’éolien, le solaire, l’hydraulique et les bioénergies ont généré 40 % de l’électricité consommée par les 27 pays de l’Union. Les énergies fossiles n’en ont produit que 34 %. Cette proportion n’est néanmoins pas précisée pays par pays, ni les niveaux respectifs donnés en valeur.

Comparée au premier semestre 2019, la production d’électricité d’origine renouvelable a augmenté en Europe de 11 %. Une évolution due « aux nouvelles installations éoliennes et solaires et à des conditions favorables lors d’un début d’année doux et venteux« , estime Ember.

L’éolien et le solaire sont, à eux seuls, à l’origine de 21 % de la production totale d’électricité en Europe, de 64 % de celle du Danemark, de 49 % de celle d’Irlande et de 42 % de celle d’Allemagne. Mais loin derrière, la France n’a produit qu’un peu plus de 10 % de son électricité grâce à ces deux énergies.

Chute de l’électricité issue du fossile en Europe, et du nucléaire en France

La production d’électricité européenne à l’aide d’énergies fossiles a diminué de 18 % au premier semestre. C’est particulièrement le cas via le charbon (- 32 %) et le lignite (- 29 %). Une évolution négative en partie expliquée par une réduction globale de la demande d’électricité, d’environ 7 %. En conséquence, les émissions de CO2 des 27 pays de l’Union Européenne ont baissé d’environ 23 %.

Toujours relativement à part dans la production d’électricité, la France était « dans son propre monde nucléaire« , selon le think tank. Affectée par la crise sanitaire, la production d’électricité nucléaire a chuté d’environ 30 térawatt-heure au premier semestre 2020 par rapport à la même période de 2019. 

Explicable par l’absence d’une partie du personnel en raison du confinement, obligeant l’arrêt de certaines opérations de maintenance, cette chute est 1,5 fois plus importante que la baisse de la demande en électricité du pays. Elle est cependant compensée « par une production éolienne et hydraulique plus importante« , selon l’étude (les deux ont produit, au total, un peu plus de 10 térawatt-heure de plus qu’au premier semestre 2019).

Les financements publics français pour les renouvelables explosent

Si la France veut rattraper son retard dans les énergies renouvelables par rapport à ses homologues européens, cela risque malheureusement de lui coûter très cher. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a fait ses calculs. Dans une délibération publiée le 17 juillet, le régulateur français estime que le soutien public au développement des énergies électriques renouvelables en France métropolitaine va s’établir à 5,8 milliards d’euros, soit 1,1 milliard de plus que le budget prévu en 2020.

La raison? « Cette hausse résulte très majoritairement de la baisse importante des prix de marché par rapport aux prix de marché attendus lors de l’évaluation de la prévision (- 18,5 €/MWh) en raison notamment de l’état d’urgence sanitaire« , explique la CRE dans sa délibération. En effet, les éoliennes et panneaux solaires bénéficiant d’un accès prioritaire au réseau de distribution d’électricité, ils n’ont cessé de produire pendant toute la période de confinement, quand bien même la demande d’électricité et les prix s’effondraient. Or afin de les favoriser, l’État leur garantit un certain prix de rachat de l’électricité qu’ils produisent… qui s’est retrouvé bien supérieur dans les faits aux prix de marché de l’électricité au plus fort de la crise du Covid-19.

Le montant prévisionnel des charges de service public de l’énergie (CSPE), qui financent aussi le biogaz, est pour sa part estimé à 9,1 milliards d’euros pour l’année 2021 par la CRE. Une hausse de 12 % par rapport au montant constaté en 2019, qui s’explique par un développement continu des parcs français solaires, éoliens et d’injection de biométhane.

Gare au « poids de la bulle photovoltaïque« 

Aux yeux de la CRE, il va donc falloir trancher. « Pour atteindre les objectifs de politique énergétique en tenant compte du montant des charges à financer par le budget de l’État, il apparaît nécessaire de faire des choix quant aux installations à soutenir en fonction notamment du coût de leur soutien. »

L’aide au solaire va-t-elle en faire les frais. La CRE souligne ainsi « le poids de la bulle photovoltaïque constituée avant le moratoire de décembre 2010 et l’importance qu’il y aurait à tenter de le réduire. En effet, les installations bénéficiant d’un dispositif de soutien antérieur au moratoire, dont le tarif d’achat moyen est de 510 €/MWh, représentent 73 % des charges et 38 % de l’énergie photovoltaïque soutenue au titre de 2019« .

Par Rémi Amalvy publié le 27 juillet 2020

Photo en titre : La part renouvelable dans la production européenne d’électricité ne cesse d’augmenter. 

https://www.usinenouvelle.com/article/pourquoi-rattraper-son-retard-dans-la-production-d-electricite-renouvelable-risque-de-couter-tres-cher-a-la-france.N988699

UN NOUVEAU MISSILE HYPERSONIQUE RUSSE TESTÉ AVEC SUCCÈS

Capable d’atteindre une vitesse de Mach 9, le nouveau missile hypersonique Zircon a confirmé ses qualités. Ses essais sont bientôt terminés, a annoncé le ministère russe de la Défense.

Les tests du nouveau missile de croisière hypersonique Zircon sont sur le point de s’achever, a déclaré le ministère russe de la Défense.

Les essais ont confirmé les capacités tactiques et techniques sans précédent de ce missile en termes de portée et de précision de tir ainsi que de vitesse hypersonique, indique un communiqué. Il a été tiré depuis une frégate de classe Amiral Gorchkov.

Les premiers essais ont eu lieu en décembre 2019. Il était prévu d’en réaliser depuis d’autres navires de classe Amiral Gorchkov du projet 22350 et depuis des sous-marins polyvalents d’attaque Lassen-M (885М).

Sa mise en service est prévue en 2021-2022, a indiqué le vice-ministre russe de la Défense, Alexey Krivoroutchko.

Caractéristiques du missile

Le Zircon atteint neuf fois la vitesse du son, soit Mach 9. Sa portée est de plus de 1.000 kilomètres. Comme le ministère de la Défense l’a dit, il est conçu pour les sous-marins des projets 885, 885M, 949АМ, et les frégates polyvalentes des projets 22350 et 23560.

Le missile est aussi destiné à rééquiper le croiseur à propulsion nucléaire Amiral Nakhimov. En outre, Vladimir Poutine a fait comprendre en décembre qu’il pouvait être utilisé depuis le sol.

Publié le 26.07.2020 à 17h01, mis à jour à 17h05

Photo en titre : © REUTERS / Jason Lee

https://fr.sputniknews.com/defense/202007261044164112-un-nouveau-missile-hypersonique-russe-teste-avec-succes/

POUTINE DIT QUE LA MARINE RUSSE VA S’ÉQUIPER D’ARMES NUCLÉAIRES HYPERSONIQUES

MOSCOU, 26 juillet (Reuters) – Le président russe Vladimir Poutine a déclaré dimanche que la marine russe serait armée d’armes nucléaires hypersoniques et de drones nucléaires sous-marins, qui, selon le ministère de la Défense, étaient dans leur phase finale de tests.

Poutine, qui dit ne pas vouloir une course aux armements, a souvent parlé d’une nouvelle génération d’armes nucléaires russes qui, selon lui, sont inégalées et peuvent frapper presque partout dans le monde. Certains experts occidentaux se sont demandé à quel point ils étaient avancés.

Les armes, dont certaines n’ont pas encore été déployées, comprennent le drone nucléaire sous-marin Poséidon, conçu pour être transporté par des sous-marins, et le missile de croisière hypersonique Tsirkon (Zircon), qui peut être déployé sur des navires de surface.

La combinaison de la vitesse, de la maniabilité et de l’altitude des missiles hypersoniques, capables de se déplacer à plus de cinq fois la vitesse du son, les rend difficiles à suivre et à intercepter.

S’exprimant à Saint-Pétersbourg lors d’un défilé naval annuel qui présente les meilleurs navires, sous-marins nucléaires et aviation navale de Russie, Poutine a déclaré que les capacités de la marine augmentaient et qu’elle recevrait 40 nouveaux navires cette année.

Il n’a pas précisé quand il recevrait de nouvelles armes hypersoniques, mais a suggéré que ce jour se rapprochait.

« Le déploiement généralisé de technologies numériques avancées qui n’ont pas d’égal dans le monde, y compris des systèmes de frappe hypersonique et des drones sous-marins, donnera à la flotte des avantages uniques et des capacités de combat accrues », a déclaré M. Poutine.

Dans un communiqué séparé publié par les agences de presse russes, le ministère de la Défense a déclaré que les tests du Belgorod, le premier sous-marin capable de transporter les drones Poséidon, étaient en cours et que les tests des systèmes d’armes étaient presque terminés.

« Les travaux sont menés avec succès pour créer des systèmes d’armes modernes pour la marine », a-t-il déclaré.

L’année dernière, Poutine a menacé de déployer des missiles hypersoniques sur des navires et des sous-marins qui pourraient se cacher en dehors des eaux territoriales américaines si les États-Unis décidaient de déployer des armes nucléaires à portée intermédiaire en Europe.

Washington n’a pas déployé de tels missiles en Europe, mais Moscou craint que ce ne soit le cas. (Montage par Barbara Lewis)

Par Andrew Osborn, posté par Delmar Laforge dans News, publié le 26 juillet 2020 à 01h10

https://news-24.fr/poutine-dit-a-la-marine-russe-de-se-procurer-des-armes-nucleaires-hypersoniques/

LA CHINE FERME LES YEUX ALORS QUE LA CORÉE DU NORD ÉLUDE LES SANCTIONS

WASHINGTON – Après une brève accalmie due à la pandémie COVID-19, la Corée du Nord mène des opérations de contrebande à grande échelle au large des côtes chinoises en violation des sanctions de l’ONU, en important du pétrole et en vendant du charbon et du sable pour maintenir son économie à flot, selon experts et officiels occidentaux actuels et anciens.

Une grande partie des opérations de contournement des sanctions repose sur des sociétés écrans enregistrées en Chine et se déroulent dans les eaux territoriales chinoises, où les radars et les garde-côtes chinois suivent de près le trafic maritime commercial, ont déclaré des experts.

La Chine a fait des investissements majeurs dans sa marine et ses garde-côtes ces dernières années, et il semble improbable que Pékin ne soit pas en mesure de détecter ou d’empêcher les expéditions nord-coréennes qui utilisent souvent de grandes barges, a déclaré Neil Watts, qui a fait partie d’un panel de l’ONU enquêtant sur le Nord.

Violations des sanctions de la Corée.

« Il est difficile d’imaginer qu’ils ne sont pas capables de mettre un terme à cette activité illicite des Nord-Coréens », a déclaré Watts, un ancien officier de la marine sud-africain qui est désormais expert en sanctions à l’organisation à but non lucratif Compliance and Capacity Skills International.

Les derniers comptes rendus de violation des sanctions interviennent malgré la campagne de «pression maximale» de l’administration Trump contre la Corée du Nord, qui est censée persuader le régime d’abandonner son programme d’armes nucléaires et de missiles balistiques. Mais trois ans plus tard, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a refusé de céder du terrain sur son arsenal et l’économie du pays ne montre aucun signe d’effondrement imminent.

«Nous continuons d’appeler tous les États membres de l’ONU à respecter leurs obligations en vertu de multiples résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et à mettre pleinement en œuvre et à appliquer les sanctions de l’ONU», a déclaré un porte-parole du département d’État.

L’ambassade de Chine à Washington n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Dans une lettre adressée vendredi au Conseil de sécurité de l’ONU, 43 pays – y compris les États-Unis et leurs alliés européens – ont accusé la Corée du Nord d’avoir violé un plafond d’importation de pétrole raffiné et ont exigé l’arrêt de toute nouvelle importation. Reuters a fait un premier rapport sur la lettre vendredi.

Au cours des cinq premiers mois de 2020, la Corée du Nord a importé plus de 1,6 million de barils de pétrole raffiné dans des dizaines de livraisons illicites, principalement par le biais de transferts de pétrole en mer de navire à navire, selon deux diplomates occidentaux qui ont partagé les détails de la lettre avec NBC News.

Un rapport de l’ONU de 2019 a révélé que le Yuk Tang avait transmis à tort son identité via le système mondial de suivi électronique des navires, affirmant qu’il s’agissait d’un navire battant pavillon panaméen nommé Maika. Le vrai navire était à 7 000 milles dans le golfe de Guinée. L’imposteur a alors organisé un transfert massif de 57 000 barils de pétrole en mer, le plus gros transfert maritime illicite documenté à ce jour. (ONU)

Dans le cadre d’un effort visant à bloquer l’approvisionnement en carburant des programmes de missiles nucléaires et balistiques de la Corée du Nord, le Conseil de sécurité de l’ONU a imposé en 2017 une limite annuelle de 500000 barils de pétrole importé pour Pyongyang. Mais depuis 2017, les observateurs de l’ONU et les gouvernements occidentaux ont accusé la Corée du Nord de franchir radicalement le plafond.

Sanctions vs pandémie

Contrairement aux sanctions de l’ONU, la pandémie de COVID-19 a eu plus d’impact sur le commerce illicite de la Corée du Nord, bien que temporairement.

L’épidémie de coronavirus a incité la Chine et la Corée du Nord à fermer leurs frontières et à introduire des mesures de dépistage dans les ports. Le verrouillage a affecté le commerce illicite pendant deux à trois mois cette année, selon des analystes, qui ont cité des images satellite de navires inactifs. Mais l’activité de contrebande a repris avec des navires nord-coréens transportant apparemment du charbon vers les ports chinois malgré les sanctions de l’ONU, a déclaré James Byrne, chercheur principal au Royal United Services Institute (RUSI), un groupe de réflexion britannique sur la sécurité.

Un rapport récent de NK Pro, une société d’information et d’analyse, et du Royal United Services Institute, a montré qu’au moins 17 navires liés à la Corée du Nord empruntaient une route commerciale de charbon connue entre la Corée du Nord et Zhoushan, en Chine, sur la base de photos satellite et de signaux radio émis par des navires.

Dans un cas, une photo satellite a capturé un navire du gouvernement chinois – ressemblant à un navire de la garde côtière – passant près d’un vraquier nord-coréen, le Tae Pyong, en mai près de Zhoushan, selon le rapport.

Les expéditions de charbon sont « largement en vue des autorités chinoises », a déclaré Byrne. «Il y a beaucoup de radars côtiers, de radars d’alerte rapide, de navires de la garde côtière et de navires de police dans la région. Vous ne pouvez pas faire naviguer de gros navires dans les eaux territoriales chinoises sans qu’ils le sachent. »

Malgré un effort mené par les États-Unis pour réprimer les exportations de charbon de la Corée du Nord, le régime a réussi à expédier de grandes quantités de charbon hors du pays au cours de l’année écoulée. Le charbon est une bouée de sauvetage cruciale pour la Corée du Nord, lui permettant de gagner des centaines de millions de dollars qu’elle utilise ensuite pour financer l’achat d’importations. Selon un rapport récent du groupe d’experts de l’ONU, la Corée du Nord a exporté 3,7 millions de tonnes de charbon entre janvier et août 2019, d’une valeur estimée à 370 millions de dollars.

Le charbon est souvent livré via de grandes barges non enregistrées ou avec des navires battant pavillon étranger qui transfèrent des marchandises vers un autre navire en mer, à l’aide de grues sur barges, selon des rapports précédents d’un groupe d’experts de l’ONU chargé de surveiller les sanctions.

Le rapport de l’ONU de l’année dernière a décrit comment les Nord-Coréens se sont livrés au vol d’identité en haute mer, utilisant un navire sur la liste noire comme imposteur pour un navire similaire à des milliers de kilomètres de distance.

Des images satellitaires commerciales ont capturé ces transferts dans les eaux territoriales chinoises abritées, ce qui complique le suivi des gouvernements étrangers et des Nations Unies. Les transferts off-shore contournent également la tenue de registres officiels d’importation / exportation, a déclaré Watts.

« C’est pourquoi ils le font dans les eaux chinoises, car c’est relativement proche et on ne peut pas les voir », a déclaré Watts, qui a embarqué sur des navires nord-coréens dans le cadre de son travail avec les Nations Unies.

Pour l’importation de pétrole raffiné et l’exportation de charbon, la Corée du Nord a adopté une position de plus en plus audacieuse, prenant moins de précautions pour cacher ses opérations et utilisant de plus gros navires.

Selon de récents rapports de l’ONU, certains pétroliers battants pavillons étrangers ont effectué des livraisons directes de pétrole au port nord-coréen de Nampo, au lieu de transférer le carburant avec un autre navire en mer sous le couvert de l’obscurité. « C’est tellement effronté que c’est incroyable », a déclaré Watts.

Lorsque les garde-côtes américains émettent des avis identifiant les endroits où les transferts illicites ont lieu et que les résultats des enquêtes de l’ONU sont signalés, la Corée du Nord adapte ses tactiques en conséquence, a-t-il ajouté.

La Corée du Nord s’est également appuyée sur des individus et des navires basés à Taiwan pour ses opérations de contrebande de pétrole, selon Lucas Kuo de C4ADS, une organisation à but non lucratif qui analyse les données sur les problèmes de sécurité internationale. L’année dernière, le département du Trésor a mis sur liste noire un réseau de trois entreprises taïwanaises, un pétrolier basé à Taiwan et deux ressortissants taïwanais pour avoir prétendument enfreint les sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU.

Outre la contrebande de charbon, la Corée du Nord a profité de la demande croissante de sable pour générer des devises fortes, en particulier après que le Cambodge, l’Indonésie et le Vietnam aient restreint l’exportation de son sable en raison de préoccupations environnementales.

Selon les images satellites et les données de suivi des navires au cours de l’année écoulée, la Corée du Nord a mené une opération à grande échelle et sophistiquée impliquant des centaines de navires, avec des dragues creusant du sable dans la baie de Haeju, qui est ensuite transporté sur des barges vers la Chine, a déclaré Kuo.

Le sable est très demandé en Chine pour les puces de construction, de verre et de silicium, a déclaré Kuo.

Les sanctions de l’ONU interdisent à la Corée du Nord d’exporter du sable.

« Ils ont tout mis en œuvre pour exporter autant de sable que possible. C’est assez lucratif compte tenu de l’énorme demande », a déclaré Watts.

L’argent généré par le charbon, le sable et d’autres échanges illicites, y compris le piratage de banques étrangères, a aidé à financer les programmes nucléaires et de missiles de la Corée du Nord, selon les rapports de l’ONU. Malgré la campagne de « pression maximale » de l’administration Trump et les tentatives de diplomatie – y compris un sommet raté à Hanoï – la Corée du Nord a continué à construire ses installations nucléaires, à étendre ses matières fissiles pour les armes nucléaires, à effectuer des essais de missiles et à développer des infrastructures pour le missile programme, selon des responsables de l’ONU et des États-Unis.

« La Corée du Nord continue d’améliorer quantitativement et qualitativement son programme nucléaire », a déclaré Frank Aum, ancien conseiller principal pour le Nord au Département de la Défense.

Les critiques de droite ont exhorté l’administration Trump à exercer davantage de pression sur la Corée du Nord et la Chine, notamment en imposant des sanctions aux entreprises chinoises liées aux violations des sanctions. Et à gauche, les législateurs et les anciens responsables ont plaidé pour plus de diplomatie et plus de coopération avec les alliés pour présenter un front uni à Pyongyang.

« En fin de compte, nous sommes dans une situation pire aujourd’hui et dans une situation plus dangereuse », a déclaré Aum, maintenant à l’Institut américain pour la paix, qui est financé par le Congrès.

« Il n’y a aucune restriction sur le programme nucléaire et de missiles de la Corée du Nord. À ce stade, la pression maximale n’a rien donné. »

Par Delmar Laforge dans News, publié le 26 juillet 2020 à 8h45

https://news-24.fr/la-chine-ferme-les-yeux-alors-que-la-coree-du-nord-elude-les-sanctions/

MONTAGE ERRONÉ DE FUSIBLES THERMIQUES DE CLAPETS COUPE-FEU ET DE CLAPETS PARE-FLAMMES

Centrales nucléaires concernées : Cattenom – Réacteurs de 1300 MWe, Civaux – Réacteurs de 1450 MWe, Chooz B – Réacteurs de 1450 MWe, Golfech – Réacteurs de 1300 MWe.

Le 22 mai 2020, EDF a déclaré à l’ASN un évènement significatif à la suite de la découverte de fusibles thermiques présentant un mauvais calibre installés dans des clapets coupe-feu et des clapets pare-flammes du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Cattenom, des réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Golfech, des réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Chooz B et du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Civaux.

Les clapets coupe-feu et pare-flammes participent à la circonscription des effets d’un feu dans un groupe de locaux donné en s’opposant à la propagation des fumées, à travers les circuits de ventilation, vers les locaux adjacents. Ils permettent ainsi, lors d’un incendie, de protéger des équipements et d’éviter des défaillances. Lors de l’atteinte d’une température donnée, un fusible thermique installé dans chaque clapet fond et permet d’assurer la fermeture du clapet.

Les défauts détectés par EDF étaient de deux natures :

  • Le clapet était équipé d’un fusible de calibre supérieur à celui requis, ce qui entraîne sa fermeture tardive en cas d’élévation de température. Ce cas concernait 32 clapets coupe-feu répartis sur l’ensemble des réacteurs affectés par ces défauts. L’analyse d’EDF a conclu que la fermeture tardive de ces clapets en cas d’incendie n’était pas de nature à entraîner la propagation du feu et n’a pas eu de conséquences sur la sûreté des installations ;
  • le clapet était équipé d’un fusible de calibre inférieur à celui requis, entraînant sa fermeture précoce en cas d’élévation de température. Ce cas concernait 16 clapets pare-flammes répartis sur les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Chooz B. Ces clapets protègent les filtres à iode, qui ont pour fonction de filtrer les rejets radioactifs en cas d’accident. Une fermeture précoce de ces clapets en situation d’accident aurait rendu indisponibles ces filtres et aurait conduit à des conséquences radiologiques supérieures à celles envisagées pour ces situations.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, l’événement a affecté la sûreté des installations. L’ASN le classe au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité) pour les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Chooz B et au niveau 0 pour le réacteur 3 de la centrale nucléaire de Cattenom, les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Golfech et le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Civaux.

EDF a procédé aux mises en conformité nécessaires sur les six réacteurs concernés. EDF a par ailleurs lancé une campagne de contrôle pour vérifier le bon calibrage des fusibles sur ses autres réacteurs.

Publié le 24 juillet 2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Montage-errone-de-fusibles-thermiques-de-clapets-coupe-feu-et-de-clapets-pare-flammes

SAINTES (17) : DEUX PIANISTES CONTRE LES BOMBES

Un concert ponctuera la commémoration du 75e anniversaire des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, jeudi 6 août.

L’Association des citoyens pour le désarmement nucléaire (ACDN) rallumera, comme chaque année depuis 2001, la flamme du désarmement nucléaire, qui brillera du 6 au 9 août au square du Maréchal-Foch, à Saintes.

Pour commémorer le 75ème anniversaire des drames d’Hiroshima et Nagasaki, deux artistes donneront un récital de piano, jeudi 6 août à 10 h 30, au square Foch. La compositrice japonaise Yuko Hirota et la pianiste française Alice Rosset joueront Hiltbrand, Chopin, Schubert, Bach et Ravel.

Le nombre de places étant limité, la réservation est conseillée par mail à contact@acdn.net. Participation libre.

Par Thierry Collard, publié le 24/07/2020, mis à jour à 10h57

https://www.sudouest.fr/2020/07/24/saintes-deux-pianistes-contre-les-bombes-7687962-1531.php

L’EUROPE FAVORISERA-T-ELLE LE NUCLÉAIRE AU NOM DE L’« URGENCE CLIMATIQUE » ?

La Commission européenne n’a jamais pris position au sujet du nucléaire — qui divise les États membres. Elle pourrait être amenée à le faire pour soutenir les objectifs de neutralité carbone de son Pacte vert. Dans l’est de l’Union, des projets de réacteurs sont programmés.

Bruxelles (Belgique), correspondance

Faut-il ou non compter sur l’énergie nucléaire pour réduire complètement les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050 (l’objectif fixé par le Pacte vert, ou Green deal, de la Commission européenne), tout en assurant un niveau suffisant de production d’électricité pour les besoins des 27 États membres ? Le débat est relancé au niveau des instances européennes, alors que l’exécutif de l’Union doit montrer la voie à suivre à travers des mesures de soutien politique et financier du secteur énergétique. La question du nucléaire est depuis longtemps très clivante en Europe, voire taboue, et la position de la Commission européenne a toujours été de ne pas vraiment en prendre. Mais entre les États membres, la question est devenue brûlante, alors même que l’on discute « urgence climatique », « relance économique » et financements à y apporter.

Aujourd’hui, la moitié seulement des pays membres, soit quatorze, est alimentée, à différents niveaux, par la technologie nucléaire. Si depuis plusieurs années, la part de cette énergie en Europe connaît une tendance à la baisse (26 % de la production électrique de l’Union actuellement) et que des pays, comme l’Allemagne et l’Autriche, veulent en sortir complètement, il reste en Europe de fervents défenseurs de la fission atomique, la France en tête. Alors, depuis que l’ambition de faire de l’Europe le premier continent décarboné est affichée par Ursula van der Leyen et son équipe, des voix s’élèvent de plus en plus fortement pour affirmer que le nucléaire est une énergie « propre ». Ou qui, du moins, émet bien moins de gaz à effet de serre que le charbon et le gaz, et que cela devrait être pris en compte.

L’Union européenne n’a jamais investi directement dans la production d’énergie nucléaire 

Actuellement, plusieurs pays souhaitent lancer des projets de construction de centrales nucléaires, ou bien ont déjà commencé. Ils se trouvent tous à l’est du continent. La Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie ont de tels projets dans les cartons, tandis que la Hongrie construit déjà deux nouveaux réacteurs nucléaires [1]. Ces pays, qui pour certains ont une forte dépendance au charbon (comme la Pologne, avec 80 % de ses approvisionnements) et au gaz, cherchent à diversifier leurs ressources énergétiques pour faire face à leurs engagements environnementaux et protéger leur indépendance énergétique.

En Pologne, qui ne possède encore aucune centrale nucléaire, le gouvernement conservateur planifie de construire six réacteurs, dont les deux premiers devraient être mis en service au mieux d’ici à 2033. « Ces projets sont prévus depuis longtemps, mais les choses avancent lentement, explique Zofia Wetmanska, experte des politiques énergétiques pour le laboratoire d’idées polonais WiseEuropa. Cependant, le gouvernement tient à continuer dans cette voie. L’année dernière, le pays a présenté un plan de réduction des émissions qui n’était pas assez ambitieux [au regard des objectifs des Accords de Paris]. Comme la Pologne rencontre aussi des problèmes avec l’éolien terrestre et que le sujet du charbon est très délicat, proposer de nucléaire dans le mix énergétique est une solution facile pour le gouvernement. »

Les États membres étant libres, selon les réglementations européennes, de composer leur propre « mix énergétique », rien ne les empêche d’avoir recours à l’énergie nucléaire. Cependant, certaines décisions au niveau de l’Union européenne pourront avoir un effet incitatif ou dissuasif sur le choix des États, principalement en ouvrant d’une manière ou d’une autre la porte aux investisseurs qui scrutent les garanties que peut leur donner la puissance publique. « Le gouvernement [polonais] observe où l’argent pourra aller, et s’adaptera », souligne Zofia Wetmanska.

L’Union européenne, jusqu’à présent, n’a jamais investi directement dans la production d’énergie nucléaire. Elle soutient seulement la recherche (par exemple, le projet Iter), des programmes de démantèlement de vieilles centrales (comme en Lituanie) et de maintien des normes de sécurité renforcée du parc existant, depuis la catastrophe de Fukushima. Cependant, les choses pourraient évoluer, notamment en ce qui concerne la labellisation des énergies, ce qui favorisera les investissements.

La mère des batailles : la « taxonomie verte » 

D’après Neil Makaroff, du Réseau Action Climat, les défenseurs du nucléaire ont repris une certaine vigueur dernièrement au sein de l’UE. Entre les pro et les antinucléaires, depuis quelques mois, on compte les points. Si le projet de Pacte vert présenté par la Commission se gardait de mentionner le nucléaire, « il y a eu un tournant quand le Conseil européen de décembre 2019 a fait figurer dans ses conclusions, à propos du changement climatique, la mention de l’usage du nucléaire dans les solutions à envisager », explique-t-il, et ce, notamment sous la pression de la Hongrie et d’autres pays favorables à l’atome, comme la France (qui espère l’ouverture de ce marché pour y exporter son savoir-faire) et les pays de l’Est mentionnés plus haut.

En revanche, ceux qui s’opposent à une renaissance du nucléaire en Europe ont pu se réjouir de son exclusion de deux instruments majeurs pour le Green deal : le fonds InvestEU (qui permet, entre autres, à des investissements privés d’être garantis par la Banque européenne d’investissement [BEI]) et le fonds de Transition juste, qui comprend des financements pour aider les régions les plus en difficulté à sortir des énergies polluantes.

Mais la mère des batailles reste celle de la « taxonomie verte ». Depuis 2018, l’Union européenne a proposé cet outil de classification environnementale pour flécher les investissements vers des énergies considérées comme durables, et ainsi contrer les tentatives d’écoblanchiment du secteur énergétique. Le cas du nucléaire reste à trancher. Dans un premier temps, il a été écarté de ce label « vert », car ne répondant pas aux critères d’innocuité, en particulier sur la question des déchets. Mais une nouvelle évaluation a été demandée par la Commission à son comité scientifique interne. Critiques de la première expertise, les industriels du nucléaire représentés par Foratom espèrent que la technologie puisse être labellisée comme « énergie verte » ou, au moins, entrer dans la catégorie des énergies dîtes « transitionnelles et favorisantes ». Les acteurs devraient être fixés d’ici la fin de l’année.

Une question de temps et de coût 

En attendant, les débats se passent également au niveau scientifique, chacun proposant son étude du scénario à suivre durant les trente prochaines années afin d’opérer la transition vers une Europe neutre en carbone. Le gouvernement polonais, la France (par la voix de Bruno Le Maire, par exemple) et l’industrie nucléaire soulignent que, sans le nucléaire dans le mix énergétique, du moins de certains pays, les objectifs ne seront pas atteints. « Il y a effectivement aujourd’hui un consensus sur le fait qu’il faille développer, certes, les énergies renouvelables, mais on aura besoin du nucléaire comme back-up [service d’appoint] pour garantir la continuité de l’approvisionnement électrique, argumente Yves Desbazeille, de Foratom. En tout cas, pour la Pologne, si elle veut vraiment sortir du charbon, il semble qu’elle aura peu le choix. »

Du côté du Réseau Action Climat, on défend un scénario possible en se concentrant sur les renouvelables. Pour Neil Makaroff, c’est possible « si on s’appuie sur deux piliers : la montée en puissance des énergies propres, mais aussi la réduction de la consommation par des techniques moins énergivores ». À propos de la Pologne, Neil Makaroff imagine qu’elle pourrait tout aussi bien miser sur l’éolien en mer du Nord. « Il y a là un énorme potentiel, un marché d’avenir. »

Alors, faut-il construire ou ne pas construire encore de nouvelles centrales ? N’est-il pas trop tard pour se lancer dans ces chantiers qui demandent du temps ? « C’est vrai, que si la Pologne s’était lancée il y a sept ou dix ans, on aurait moins couru après le temps », concède Zofia Wetmantska. « Nous avons toujours la possibilité d’allonger la durée d’exploitation des réacteurs existants pour garder un pourcentage élevé d’électricité décarbonée… en attendant d’en construire de nouveaux », pense pour sa part Yves Desbazeille, de Foratom. Au-delà du temps, la question du coût est aussi soulevée par le Réseau Action Climat : « Ne gaspillons pas l’argent du contribuable dans une énergie qui ne permettra pas d’atteindre les objectifs à temps, conclut Neil Makaroff, il faut que tous les efforts, y compris l’argent mis actuellement pour la relance économique, soient dirigés vers ce qu’il y a de plus vertueux. »

Par Mathilde Dorcadie (Reporterre), publié le 24 juillet 2020

https://reporterre.net/L-Europe-favorisera-t-elle-le-nucleaire-au-nom-de-l-urgence-climatique

SUZANNECOURT (53) : LES GENS DU VOYAGE S’INSTALLENT SUR LE FUTUR SITE DE LA LAVERIE NUCLÉAIRE

Depuis jeudi 23 juillet, un campement des gens du voyage s’est installé à Suzannecourt, près de Joinville, sur la zone d’activités de la Joinchère où la société américaine Unitech-Services prévoit de construire sa laverie nucléaire controversée.

À lire dans Le Journal de la Haute-Marne de ce dimanche 26 juillet 2020 (sur abonnement)

Publié le 25-07-2020 à 16h30

http://www.jhm.fr/departement/suzannecourt-les-gens-du-voyage-sinstallent-sur-le-futur-site-de-la-laverie-nucleaire/

LES ÉTATS-UNIS PRÉVOIENT DE CONSTRUIRE DES RÉACTEURS NUCLÉAIRES POUR LA LUNE & MARS AFIN D’ACCUEILLIR UNE « PRÉSENCE HUMAINE DURABLE »

Les États-Unis prévoient de construire des réacteurs nucléaires à utiliser sur la Lune et sur Mars qui permettraient aux humains de les habiter pendant de longues périodes – et ils demandent l’aide du secteur privé pour le faire.

Washington veut avoir un «Système d’alimentation à fission en surface» prêt à se rendre dans l’espace d’ici la fin de 2026, selon une demande formelle émise vendredi par le ministère de l’Énergie et adressée à «Leaders des industries nucléaire et spatiale.»

«La perspective de déployer un réacteur avancé sur la surface lunaire est aussi excitante que stimulante», a déclaré John Wagner, directeur associé du laboratoire de la Direction des sciences et technologies nucléaires de l’INL.

Premièrement, une conception de réacteur devra être développée. Ensuite, un réacteur d’essai sera construit, ainsi qu’un autre qui sera envoyé sur la Lune. Un système de vol et un atterrisseur devront également être conçus pour que le réacteur puisse être transporté. Le prototype présentera « dans toute la mesure du possible » tous les aspects du réacteur proprement dit qui seront ensuite déployés sur la Lune, « Qui doit inclure l’extensibilité à Mars, » dit la demande.

Les grottes de lave martiennes géantes pourraient être un emplacement privilégié pour trouver une vie extraterrestre

Le réacteur ne peut pas peser plus de 3 500 kg (7 700 livres) et devra être capable de fonctionner de manière quasi autonome pendant au moins 10 ans. Il doit également être capable de produire au moins 10 kilowatts d’électricité. Plusieurs réacteurs seront probablement emmenés sur la Lune ou sur Mars pour répondre à la demande d’une «Présence humaine durable», dit le département de l’énergie.

Le réacteur soutiendra l’exploration de la zone polaire sud de la Lune, alors qu’aucune zone spécifique de Mars n’a encore été identifiée pour l’exploration.

La NASA, le département de l’énergie et l’installation de recherche nucléaire du laboratoire national de l’Idaho examineront les idées qui se présenteront pour voir comment développer le réacteur. Une réunion de diffusion Web gouvernement-industrie se tiendra ensuite en août pour discuter des attentes à l’égard du programme.

On craint qu’en raison du calendrier et des paramètres de la conception, de l’uranium hautement enrichi puisse finir par être utilisé, qui peut également être utilisé pour fabriquer des armes.

«Cela peut conduire ou lancer une course spatiale internationale pour construire et déployer de nouveaux types de réacteurs nécessitant de l’uranium hautement enrichi», Edwin Lyman, directeur du projet de sûreté de l’énergie nucléaire à l’Union of Concerned Scientists, a déclaré au New York Times.

La nouvelle intervient alors que les États-Unis et la Russie se sont affrontés cette semaine sur la militarisation de l’espace. Washington a accusé Moscou d’avoir testé jeudi une arme antisatellite spatiale. La Russie a rejeté l’affirmation des États-Unis en tant que propagande et a déclaré qu’il s’agissait d’une tentative de « distraire » du fait que les États-Unis eux-mêmes veulent déployer des armes spatiales.

Par Erlando Haskett dans News, publié le 25 juillet 2020 à 2h44

Photo en titre : Comment aimez-vous ça, Elon Musk? La Russie et la Chine devraient construire une base lunaire commune, selon le chef de l’espace russe.

https://news-24.fr/les-etats-unis-prevoient-de-construire-des-reacteurs-nucleaires-pour-le-moon-mars-afin-daccueillir-une-presence-humaine-durable/

NDLR : je ne sais pas pourquoi mais cet article me fait irrémédiablement penser à une réplique du film « Les tontons flingueurs », réplique signée Michel Audiard : « les cons çà ose tout, c’est même à çà qu’on les reconnait ». Bien entendu, pas de rapport avec cet article! Tout au plus, une coïncidence dans le temps.

HISTOIRES (À DORMIR DEBOUT) DE DISSUASION NUCLÉAIRE

Hiroshima, Nagasaki, qui ne connaît pas ces deux villes synonymes de drames ? Les 6 et 9 août, cela fera 75 ans que ces 2 villes ont subi le feu nucléaire. Triste anniversaire. L’occasion pour Le Peuple breton de parler de la prétendue dissuasion nucléaire…

Si tout le monde connaît Hiroshima et Nagasaki, si personne ne peut ignorer Tchernobyl et Fukushima, qui connaît Damascus dans l’Arkansas ou le lieutenant-colonel Stanislav Petrov ? On peut remercier Arte de nous en parler au travers de deux documentaires, récemment diffusé pour l’un, rediffusé pour l’autre.

Commençons par Stanislav Petrov. Ceux qui suivent l’histoire du nucléaire en ont, eux, sans doute entendu parler. La nuit du 25 au 26 septembre 1983, le dysfonctionnement d’ordinateurs à bord d’un satellite militaire fit croire à l’URSS que 1 puis 5 missiles américains étaient en route vers la Russie, et qu’il fallait donc riposter de toute urgence. Mais sur les radars russes, aucun missile n’était visible !

Le lieutenant-colonel Stanislav Petrov était de service cette nuit-là. Il refusa de croire à une attaque, et résistant héroïquement à la pression de ses subalternes, il refusa de déclencher ce qui aurait pu devenir une apocalypse nucléaire. Selon les estimations, il y aurait eu de 100 millions à 1 milliard de morts dans les minutes à suivre, et à terme peut-être, la disparition de la vie sur Terre. Lors d’un voyage longtemps après aux États-Unis, le lieutenant-colonel Stanislav Petrov affirma « qu’une mauvaise décision, et tout est réduit en poussière. Dans une nouvelle guerre mondiale, personne ne gagnera, nous disparaîtrons ».

Trois plus tôt, dans la nuit du 18 au 19 septembre 1980, c’est une partie des États-Unis qui a failli être rayée de la carte. Remontons à 1960 : les États-Unis avaient en stock 32000 têtes nucléaires, alors que 50 à 200, suivant diverses estimations, suffisaient à détruire l’URSS. En 1980, suite à des accords avec l’URSS, il n’y en avait plus « que » 7000. Mais il y avait parmi l’arsenal US, et en particulier à Damascus, les fusées Titan 2, des missiles balistiques intercontinentaux, 150 tonnes, 3 m de diamètre. Chacun pouvait emporter une ogive de 9 mégatonnes (contre environ 15 kilotonnes pour Hiroshima, 20 pour Nagasaki), soit 3 fois la puissance de toutes les bombes lâchées pendant toute la guerre 39-45.

Chaque missile était enterré dans un silo, il y en avait 18 à Damascus. Lors d’un contrôle de routine, la simple chute accidentelle du haut en bas d’un des silos d’une douille d’outil de 4 kg eut des conséquences impensables : l’outil cogna la paroi et perça un des réservoirs de combustible du missile. Le propergol s’échappa dans le silo, et à terme une explosion violente se déclencha. Or, dès le début de l’incident, les techniciens craignaient justement qu’une explosion déclenche en réaction la mise à feu de l’ogive nucléaire, ce qui aurait réduit en cendres une grande partie des États-Unis. Par miracle, l’explosion expulsa l’ogive qui retomba sans dommages à 200 mètres du silo sans déclenchement du feu nucléaire. Il n’y eut « que » 1 mort et 21 blessés. Les USA faillirent ne pas avoir besoin des Russes pour ce qu’on aurait pu appeler alors une autodestruction !

Le documentaire nous apprend aussi qu’aux États-Unis, depuis le début de l’ère de la dissuasion nucléaire, il y a eu environ 1000 « incidents ou accidents », qu’il y a eu parmi eux 32 accidents nucléaires graves, et que la plupart des membres de la classe politique américaine n’en ont jamais été informés ! Pour reprendre une phrase de Télérama, le tandem de réalisateurs du documentaire qui raconte minute par minute l’accident de Damascus « atomise le mythe de la sûreté nucléaire ».

Plus près de chez nous, tout près de chez nous peut-on dire, qu’en est-il du trop fameux mythe de la sûreté nucléaire ? La force de dissuasion de la France comparée à celles des USA ou de la Russie est ridicule. À qui fait-elle peur puisque c’est son rôle ? Aux terroristes dans le Sahel ? Forcément non ! En cas de conflit (avec qui ?), le 1er endroit visé par l’ennemi ne serait-il pas l’île Longue ? Que resterait-il de la Bretagne après une telle attaque ? Pas grand-chose…

Cela remet en mémoire le fait qu’il y a une quinzaine d’année, un site breton disparu depuis proposait des vues aériennes de toute la Bretagne sauf l’Île Longue qui y était floutée, alors que pendant le même temps, Google Maps en donnait déjà des vues si précises qu’on pouvait compter les voitures sur les différents parkings… Depuis fin 2018, Google Maps et Google Earth ont décidé d’en flouter les images, comme celles de 4 autres lieux en France comme le site de recherches nucléaires de Marcoule (et… la prison des Baumettes à Marseille).

À quoi cela avance-t-il ? Pourquoi flouter la surface de la base ? Les sous-marins de la « force de dissuasion » ne sont pas garés sur ces parkings ! Et des États « ennemis » qui voudraient prendre des clichés de la base n’ont pas besoin de Google Maps, ils disposent pour cela de satellites en orbites basses avec des résolutions de l’ordre de 50 cm !

Le nucléaire est donc plus une menace qu’autre chose…

Par Christian Pierre , (Le Peuple Breton. BZH), publié le 24/7/2020

Photo en titre : Un documentaire diffusé sur Arte.tv du 14 juillet au 18 septembre 2020

http://phplist.amisdelaterremp.fr/lists/?m=5983&uid=05de3a3148ebce886ead9db371d0d882&p=view&pi=ViewBrowserPlugin

DU 6 AU 9 AOÛT, ACTIONS ET JEÛNE À DIJON POUR L’ABOLITION DES ARMES NUCLÉAIRES

Comme chaque année, l’opération « Actions et jeûnes » de l’association « Abolition des armes nucléaires – Maison de Vigilance » aura lieu du 6 au 8 août à Dijon (21)

Comme chaque année depuis plus de 30 ans l’association Abolition des armes nucléaires – Maison de Vigilance organise 4 jours d’actions et d’interpellation sur la période du 6 au 9 août pour interdire et éliminer les armes nucléaires à l’occasion des commémorations des drames de Hiroshima et de Nagasaki. Cette année, cela fera 75 années que le monde est entré dans une ère nucléaire.

Danièle Cour (bénévole, candidate au conseil d’administration de la CRIIRAD) animera un stand CRIIRAD les 7 et 8 août ainsi que Roland Desbordes (porte-parole de la CRIIRAD) les 8 et 9 août. N’hésitez pas venir à les rencontrer à cette occasion !

Attention, contrairement à certaines annonces, les stands seront installés place François Rude à Dijon.

CRIIRAD – 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence 

https://www.criirad.org/

ÉNERGIE SOLAIRE : LES RETARDS PROUVENT QU’EDF SE TROMPE DANS SA STRATÉGIE

Alors que l’entreprise publique a assuré qu’elle accélérait ses investissements dans le solaire d’ici 2030, les projets mettent du temps à démarrer et l’objectif initial semble de moins en moins réaliste. Car à trop y voir une substitution au nucléaire, EDF passe à côté des véritables avantages du solaire.

L’équivalent d’une centrale nucléaire installé par an d’ici 2030. Voilà le projet ambitieux qu’avait annoncé EDF concernant le solaire au début de l’année 2020. Or les obstacles se multiplient et à l’heure actuelle, tout semble indiquer que l’on est très loin de pouvoir atteindre ce rythme d’investissements. Pour des raisons étrangères à la compagnie, un tel niveau d’installations solaires nécessite espaces et autorisations et l’on en est encore très loin.

Car si le projet est ambitieux, « pour atteindre cet objectif, EDF a besoin de 20.000 hectares de terrains pour y construire ses parcs. Il négocie depuis plusieurs mois avec le ministère de la Défense pour racheter des terrains militaires mais les discussions traînent. EDF discute aussi avec le monde agricole à qui il compte racheter seulement 1% des terres non-cultivées en France. Mais, là aussi, les échanges patinent, la FNSEA ainsi que les élus locaux, restent symboliquement opposés à vendre des terres agricoles à un industriel » raconte BFMBusiness.

D’autant qu’un champ de culture ou de pâturage garde plus de charmes qu’un de panneaux solaires qui feront fuir les riverains mais aussi les touristes. « Pour convaincre les petits propriétaires de louer leur terre, EDF fait miroiter de doubler ses loyers jusqu’à 10.000 euros par hectare chaque année là ou une petite exploitation ne gagne que 300 euros. Un effort qui se répercutera inévitablement dans les prix de l’électricité solaire avec une hausse de 10%. Rappelons que pour la première fois, les énergies renouvelables sont devenues la première source d’électricité en Europe au premier semestre » appuie la chaine d’infos économiques.

Les retards considérables qui seront automatiquement générés soulignent l’erreur stratégique fondamentale que commet EDF concernant le solaire. Car en cherchant absolument dans le renouvelable un palliatif au nucléaire, la compagnie oublie que par principe les énergies renouvelables ne peuvent pas concurrencer en termes de production au km2. Mais qu’à l’inverse du nucléaire elles peuvent et doivent être disséminés sur le territoire et sur les infrastructures existantes de façon discrète. À chercher l’efficacité et la production massive, en oubliant les qualités propres du solaire ou du renouvelable, EDF risque de nous rendre allergiques aux nouveaux moyens de production. Certes moins dangereux qu’une centrale, pas plus de personnes ne souhaitent habiter à côté d’un champ à perte de vue de panneaux solaires. 

Par Sébastien Arnaud, publié le 24/07/2020

Photo en titre : Creative Commons – Pixabay

https://www.rse-magazine.com/Energie-solaire-les-retards-prouvent-qu-EDF-se-trompe-dans-sa-strategie_a3880.html

NDLR : la vraie stratégie d’EDF est le nucléaire d’abord. Prendre du retard dans le développement des renouvelables avec une culture viscérale de la concentration de la production, finira par justifier la poursuite et le développement du nucléaire. Donc tout porte à croire que la mauvaise stratégie d’EDF est probablement volontaire.

ACCIDENT NUCLÉAIRE : COMMENT CONTENIR LE CŒUR FONDU D’UN RÉACTEUR ?

En cas d’accident grave dans une centrale nucléaire, le mélange hautement radioactif de combustible et de matériaux fondus peut percer la cuve en acier du réacteur. Des modélisations fines de l’évolution thermochimique de ce mélange et des analyses de la résistance mécanique de la cuve évaluent les conditions à respecter pour l’éviter.

Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima Daiichi, l’histoire a montré la réalité du risque d’un accident grave dans une centrale nucléaire. Si pour les premières générations de réacteurs ce risque n’avait pas été anticipé, il est aujourd’hui pris en compte dès la conception de l’installation. Ainsi, tout concept de nouveau réacteur de troisième génération s’accompagne d’une stratégie pour limiter les conséquences d’un accident grave. Mais qu’est-ce qu’un accident grave ? Lorsqu’ une anomalie significative est détectée dans une centrale nucléaire (eau trop chaude, fuite, surpression, etc.), le système d’arrêt automatique du réacteur se déclenche et interrompt la réaction nucléaire. Mais au cœur du réacteur, les produits radioactifs issus de la fission du combustible continuent à se désintégrer en produisant de la chaleur. Pour éviter la surchauffe qui conduirait à la fusion du combustible, des systèmes de refroidissement de secours par injection d’eau prennent le relais. Jusque-là, la situation est sous contrôle. Mais si ces systèmes dysfonctionnent comme à Fukushima Daiichi à cause du séisme et du tsunami, la température monte, le combustible et les structures métalliques internes se dégradent et fondent. Il se forme alors dans la cuve en acier du réacteur un « bain de corium » – mélange de combustible, de gaines métalliques qui l’enveloppent et de débris de structures fondus – qui dépasse les 2 500 degrés Celsius. Ce bain risque de percer la cuve en la faisant fondre. Tout doit être fait pour stabiliser ce corium et l’empêcher de dégrader l’enceinte de confinement, ultime barrière avant les rejets dans l’environnement.

Il existe deux types de stratégie pour y arriver : soit laisser le corium traverser la cuve pour l’étaler sur une surface prévue à cet effet dans l’enceinte du réacteur et le noyer d’eau pour le refroidir, c’est par exemple la stratégie adoptée pour l’EPR (1) ; soit retenir le corium au fond de la cuve en injectant de l’eau autour de cette cuve pour en refroidir la paroi externe et éviter qu’elle ne se perce. Cette stratégie – connue sous le sigle IVR pour in-vessel retention – suscite actuellement beaucoup d’attention. Elle est en effet envisagée pour les nouveaux réacteurs de 1 000 mégawatts ou plus, en construction ou en voie de l’être, de conception américaine (AP1000), chinoise (HPR1000 et CAP1400) ou coréenne (APR1400). 

Un concept développé en 1989

Le concept n’est pas nouveau. Proposée pour la première fois en 1989 pour équiper les réacteurs VVER-440 de deuxième génération de la centrale nucléaire de Loviisa, en Finlande, la stratégie IVR a été approuvée par l’autorité de sûreté nucléaire finlandaise en 1995. Elle a ensuite été étendue à d’autres réacteurs de ce type en Europe, comme ceux des centrales de Bohunice et de Mochovce, en Slovaquie, de Dukovany, en République tchèque, et de Paks, en Hongrie. 

Le principe est assez simple : il consiste à remplir immédiatement d’eau froide le puits qui contient la cuve pour extraire la chaleur du bain de corium à travers la paroi de la cuve et empêcher celle-ci de fondre (voir l’infographie ci-dessous).
Pour que la stratégie IVR fonctionne, il faut impérativement qu’en tout point de la paroi, le flux de chaleur de la cuve chauffée par le corium vers l’eau de refroidissement n’atteigne jamais la valeur appelée « flux de chaleur critique local » (CHF) (2). Car si elle est atteinte, la cuve se perce localement par fusion en quelques minutes. Démontrer que cette condition est respectée avec une marge de sûreté (3) suffisante exige donc de connaître précisément les flux de chaleur qui sont directement liés à l’évolution dynamique du bain de corium. Or les phénomènes physiques à l’œuvre au sein de la cuve sont complexes. À plus de 2 500 degrés Celsius au sein de la cuve et refroidi via les parois par l’eau de refroidissement, le corium est le siège de mouvements de convection et de turbulences. Cette dynamique dépend aussi de la composition chimique de l’ensemble des éléments en fusion dans la cuve, principalement un mélange d’oxyde d’uranium et de métaux fondus, dont de l’acier, qui ne sont pas miscibles et s’organisent en couches distinctes. Tous ces paramètres, en particulier la quantité d’acier, jouent sur les flux de chaleur.

L’évaluation de la marge de sûreté associée à un réacteur dans le cas d’un accident reposait jusque-là sur des approches probabilistes fondées sur des configurations de corium stabilisé. Ce principe convenait pour les réacteurs de 440 mégawatts comme celui de Loviisa. Mais pour des réacteurs, plus puissants, ou avec des conceptions moins favorables (comme une moindre masse d’acier dans le fond de cuve ou une moindre quantité d’eau disponible au moment de l’accident grave), cette méthodologie n’est pas adaptée. « Des recherches fondamentales supplémentaires ainsi qu’une révision de la méthodologie étaient nécessaires pour évaluer de manière pertinente les marges de sûreté », explique Florian Fichot, physicien à l’IRSN.

C’est de cette nécessité qu’est né le projet IVMR (4) mené par l’IRSN dans le cadre des projets Horizon2020 financés par l’Europe. Piloté par Florian Fichot et Laure Carénini, physicienne et modélisatrice à l’IRSN, le projet a débuté en juin 2015 avec 23 partenaires européens, rejoints par d’autres organismes internationaux (chinois, russe, coréen, ukrainien, japonais) en 2018. L’objectif était d’améliorer les méthodes et outils d’analyse d’évaluation du risque de rupture de la cuve pour des réacteurs de 1 000 mégawatts ou plus.

Parmi les enjeux principaux, figurait une meilleure quantification des flux thermiques et de la résistance mécanique de la cuve. Les différentes équipes du projet IVMR ont ainsi développé de nouveaux modèles capables de décrire l’évolution thermochimique et dynamique des fluides du bain, notamment en simulant les mouvements de convection dans les différentes couches. « Il y a une vingtaine d’années, au moment de la conception de l’AP1000, les moyens de calcul numérique n’étaient pas suffisants pour aborder ces questions, mais aujourd’hui on peut appréhender ces phénomènes », précise Florian Fichot. 

Intégrés au logiciel de simulation des accidents graves de l’IRSN (Astec), ces nouveaux outils ont permis de réaliser des études de sensibilité. Chaque réacteur ayant ses spécificités, il est en effet indispensable d’envisager le plus de cas possible, tant en termes de scénario accidentel qu’en termes de composition chimique et de quantité d’acier dans la cuve.

Processus crucial de stratification

L’ensemble de ces études montrent le rôle crucial du processus de stratification, c’est-à-dire de la séparation
en couches distinctes des phases composées d’oxydes de celles composées de métaux. L’évolution de cette stratification au cours des premières heures de l’accident –  et les états transitoires par lesquelles elle passe –  est particulièrement déterminante pour savoir si le flux de chaleur est trop élevé et où il risque de percer la cuve. Une stratification transitoire en trois couches est possible : une partie du métal fondu se répartit au-dessus de la couche d’oxyde et l’autre au-dessous. Ce qui modifie le profil de température et peut conduire à des situations critiques liées à un effet de focalisation de flux thermiques sur la paroi de la cuve. Les calculs indiquent que la couche métallique supérieure peut concentrer le flux de chaleur maximal : elle reçoit en effet 50 % de la puissance thermique dégagée par le corium qu’elle transmet par convection vers les parois. Plus cette couche est mince, pour des masses d’acier faibles, plus le flux, « focalisé » au niveau du contact, est élevé. On peut ainsi atteindre ou dépasser un flux thermique de 2 mégawatts par mètre carré là où la couche métallique se réduit à 10 centimètres d’épaisseur. Ces effets dits « de concentration de flux », en particulier lors des phases transitoires, peuvent engendrer des situations critiques et dangereuses, capables de faire fondre localement et rapidement la paroi de la cuve. Toute évaluation de la marge de sûreté doit en tenir compte. L’épaisseur minimale de la paroi atteinte est donc un paramètre clé à évaluer. C’est ce qui a été fait lors d’un exercice commun de simulation d’un scénario d’accident de référence : six équipes partenaires, utilisant chacune son logiciel, ont déterminé cette épaisseur minimale pour un réacteur de 1 000 mégawatts ayant une paroi de cuve de 15 centimètres au départ. L’ensemble des résultats la situe entre 3 et 7 centimètres avec une dispersion de ± 40 %. Ce scénario de référence, choisi parce que déjà simulé pour le réacteur américain AP1000, n’est toutefois pas le plus critique. Des configurations plus pénalisantes tant en termes de réacteur que de scénarios ont été simulées avec le logiciel Astec. Elles montrent que la situation la plus critique conduit à un flux thermique maximal de 2 mégawatts par mètre carré et à une épaisseur de cuve minimale d’environ 2 centimètres. 

Dans une centrale nucléaire, le cœur du réacteur composé du combustible dont on extrait l’énergie de fission se trouve dans une cuve remplie d’eau [1]. Si en cas d’accident le cœur se met à fondre en un bain de corium [2], la rétention en cuve consiste à injecter de l’eau dans le puits pour refroidir la cuve. L’objectif est d’extraire la chaleur dégagée par le corium qui se stratifie en couches d’oxydes d’uranium et de métaux pour le maintenir au fond de la cuve en évitant de la percer [3].

Se pose alors la question de la résistance mécanique de la cuve, non seulement pendant l’accident mais aussi à long terme. Selon les premières analyses réalisées dans ce sens – essentiellement des travaux numériques sur les lois de comportement de l’acier à différentes températures et sous différentes contraintes, même en cas de surpression de 20 bars, soit 10 fois celle considérée comme la plus probable – la paroi réduite localement à 2 centimètres pourrait suffire à retenir 100 tonnes de corium. 

Que nous enseigne le projet IVMR, achevé en 2019, plus globalement sur la sûreté du dispositif de rétention en cuve pour les réacteurs de 1 000 mégawatts et plus ? Selon cette approche, une marge de sûreté équivalente à celle des réacteurs de deuxième génération pour lesquels la stratégie IVR a été adoptée a posteriori et certifiée dans plusieurs pays d’Europe (VVER-440) pourrait être atteinte. À condition de respecter certains éléments de conception, c’est-à-dire de disposer d’au moins 50 tonnes d’acier dans le fond de cuve et de systèmes de circulation d’eau capables de retarder de 6 à 12 heures la fusion du cœur. Sans cela, la marge de sûreté serait nettement réduite donc discutable, voire insuffisante.

Notes

  1. À partir d’une certaine valeur du flux thermique, appelée « flux de chaleur critique » (CHF), se produisent des phénomènes thermohydrauliques qui provoquent une baisse brutale de l’efficacité du transfert de chaleur.
  2. IVMR : In-vessel melt retention
  3. La marge de sûreté est donnée par le rapport entre l’épaisseur minimale de cuve atteinte et l’épaisseur à partir de laquelle la cuve rompt, sous le chargement le plus probable (1 à 2 bars de surpression).
  4. La troisième génération désigne les réacteurs conçus à partir des années 1990.

Par l’IRSN, publié le 23 juillet 2020

Photo : Boris Raba, Severe Accidents Research Department, Alexandrov NITI, Russie

https://www.pourlascience.fr/sr/cahier-special/accident-nucleaire-comment-contenir-le-coeur-fondu-dun-reacteur-19838.php

Remarque d’un lecteur : Nous allons corriger ici le principal problème du texte qui oublie pourquoi l’accident, avec ou sans dispersion du corium, est interdit :

Extrait  de https://www.rcsrgb.fr/pourquoi-linterdiction-du-grand-carenage-doit-etre-imposee-a-edf/ : »la cuve d’un seul réacteur de 1 350 mégawatts électriques, comme celui de Golfech, contient 21 milliards de curies : évidemment cet énorme chiffre, minutieusement caché par les tenants de l’atome, comme l’écrit André Paris auteur de cette révélation, ne nous dit pas grand-chose. Aussi, pour évaluer ce qu’il peut représenter, nous nous appuierons sur ce qu’en disait André Paris, coréalisateur avec la CRIIRAD de « l’Atlas France et Europe des Contaminations radioactives » suite à Tchernobyl et révélateur de cette monstruosité : les normes internationales officielles d’interdiction de territoires suite à une contamination radioactive, sont établies à quinze Curies par km² : en d’autres termes, le contenu d’un seul cœur de réacteur réparti uniformément sur la surface de la terre serait suffisant pour devoir évacuer la planète entière... et il y a, à cette heure, 417 cœurs qui divergent à travers le monde.

Pour avoir une idée encore plus précise du contenu d’un cœur de réacteur au temps zéro de l’accident ; l’AIPRI, via Paolo Scampa, a dressé un tableau des plus de mille radioéléments artificiels « 

ÉCHANGE TRUMP/POUTINE SUR LE DÉSARMEMENT ET LE CORONAVIRUS

Washington : Le président américain Donald Trump s’est entretenu jeudi avec son homologue russe Vladimir Poutine pour évoquer en particulier les difficiles négociations sur le désarmement nucléaire. 

Les deux dirigeants ont évoqué « les efforts en cours pour vaincre la pandémie du coronavirus tout en continuant à rouvrir les économies », selon le bref compte-rendu de la Maison-Blanche.

Lors de cet échange, M. Trump « a redit son espoir d’éviter une coûteuse course aux armements entre la Chine, la Russie et les États-Unis », ajoute le texte.

Le locataire de la Maison-Blanche a aussi appelé de ses vœux des progrès dans les négociations de Vienne.

Américains et Russes ont lancé fin juin en Autriche des discussions pour remplacer le traité bilatéral New Start sur la limitation du nombre de têtes nucléaires qui expire en février 2021.

Les États-Unis veulent inclure la Chine dans les négociations, estimant que sa capacité nucléaire est en rapide expansion. Pékin refuse, soulignant avoir un arsenal sans commune mesure avec les deux ex-rivaux de la Guerre froide.

Le compte-rendu de la Maison-Blanche n’évoque pas le sommet du G7 que le président Trump souhaite organiser à l’automne en invitant d’autres pays, dont la Russie, à se joindre à la réunion.

Moscou a été exclu en 2014 de ce qui était alors le G8 pour avoir annexé la Crimée.

Par l’AFP, publié le jeudi, 23 juillet 2020 à 15h14

https://www.journaldequebec.com/2020/07/23/echange-trump-poutine-sur-le-desarmement-et-le-coronavirus

DÉTECTION EN EUROPE DU NORD D’UNE ÉLÉVATION DES NIVEAUX DE RADIOACTIVITÉ DANS L’AIR – MISE A JOUR DU 22 JUILLET 2020 PAR L’IRSN

Depuis la parution de la note d’information de l’IRSN du 30 juin 2020, les mesures disponibles à l’étranger ont permis de modéliser les transports des masses d’air en Europe de l’ouest et de déterminer une zone géographique plausible à l’origine des rejets qui se situe sur un territoire couvrant une partie des pays baltes et l’ouest de la Russie.

Les mesures effectuées en France sur les stations du réseau OPERA de l’IRSN ne mettent pas en évidence la présence de radionucléides liée à cet épisode de rejet.

Concernant la cause du rejet, les nouvelles mesures confirment que les radionucléides identifiés et leurs proportions sont caractéristiques d’un combustible nucléaire irradié.

Les modélisations permettent d’estimer les expositions qui pourraient en résulter. Celles-ci sont faibles à proximité immédiate du point du rejet et insignifiantes à plus longue distance.

Télécharger la note d’information de l’IRSN « Détection en Europe du Nord d’une élévation des niveaux de radioactivité dans l’air – Mise à jour du 22 juillet 2020 » (PDF, 1,26 Mo)

Publié le 22/07/2020

https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20200722_Detection-radioactivite-dans-l-air-Europe-du-nord-mise-a-jour-22-juillet-2020.aspx#.Xxm-EufgqRQ

UNE ONG S’INQUIÈTE D’UN RELÂCHEMENT DES EFFORTS EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ NUCLÉAIRE

Après plusieurs années de progrès significatifs, l’ONG américaine Nuclear Threat Initiative s’alarme de l’évolution de la situation en matière de sécurité nucléaire. L’ONG constate en effet que les mesures prises par les pays pour réduire les menaces, terroristes ou non, sont moins importantes que par le passé.

Les efforts menés sur la planète en matière de renforcement de la sécurité nucléaire ont « ralenti de manière significative », s’inquiète la Nuclear Threat Initiative (NTI), une ONG, basée à Washington qui publie, depuis 2012 et tous les deux ans, un indice global sur la sécurité nucléaire. Les pays sous revue continuent de faire des progrès, mais le nombre de ceux qui progressent dans l’index diminue, signe selon l’ONG, qu’ils prennent moins de mesures ces derniers temps.

Cette tendance, qui tient peut-être, avance l’ONG, au fait qu’il n’y a pas eu depuis 2016 de grand sommet sur la question, est d’autant plus inquiétante que la situation internationale est tendue, que les risques de cybercriminalité progressent et la capacité de la communauté internationale à gérer les menaces transfrontalières diminue. Sans oublier la crise sanitaire liée à la maladie Covid-19 qui tend à saper la coopération internationale.

Les effets du désarmement

Dans le détail, l’ONG passe au crible quelque 176 pays (en incluant Taiwan) sur plusieurs critères tels que la réglementation, le nombre des installations, leur protection. Elle s’intéresse aussi aux risques de sabotage ainsi que le vol de matériel nucléaire pouvant servir à la fabrication de bombes sales.

L’ONG concentre aussi une grande partie de son analyse sur les pays disposant d’au moins un kilo de matière nucléaire utilisable pour la mise au point d’armements. Si lors du lancement de cet index, les pays dans cette situation étaient au nombre de 32, ils ne sont plus officiellement que 22.

Une diminution révélatrice des efforts de désarmement de ces dernières années, mais aussi de la stagnation de la situation puisque ce nombre est inchangé depuis 2016. Et que depuis cette date, aucun pays n’a fait de réel effort afin de réduire les stocks d’uranium enrichi.

La France en milieu de classement

Depuis quelques années leur classement bouge assez peu. L’Australie occupe ainsi toujours la première place tandis que la Corée du Nord persiste dans son rôle de lanterne rouge.

Le Canada et la Suisse se classent au deuxième rang, l’Allemagne est au quatrième et les Pays-Bas et la Norvège se classent à égalité au cinquième rang. Quant à la France, elle se situe au 12ème rang. Derrière l’Italie mais sur la même marche que le… Kazakhstan. 

Si l’Hexagone est bien placé en termes de risques globaux, l’ONG suggère en revanche, de renforcer l’efficacité de la sécurité des sites ainsi qu’en matière de cybersécurité. Mais aussi de palier au « déficit de culture de précaution » que dénonçait il y a peu l’autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Lire aussi: Risque nucléaire : huit ans après Fukushima, la France élargit ses périmètres de sécurité

Parmi les pays ayant des installations nucléaires dans le classement du sabotage, le Canada, la Finlande et le Royaume-Uni se classent respectivement deuxième, troisième et quatrième, et l’Allemagne et la Hongrie sont à égalité au cinquième rang.Les efforts du Pakistan

Seule réelle nouveauté, l’amélioration du classement du Pakistan, pays qui était régulièrement pointé du doigt par l’ONG. Non seulement l’index du pays progresse de 7 points (la plus forte progression jamais enregistrée par un pays depuis le lancement de l’index) mais qui plus est, Islamabad passe devant New Delhi, faisant les choux gras de la presse pakistanaise.

L’opacité du nucléaire iranien dans le collimateur des Européens

Une progression que l’ONG justifie par la mise en œuvre, de nouvelles réglementations qui ont permis d’améliorer les mesures de sécurité tant contre les éventuelles attaques physiques que celles liées à la cybercriminalité. Mais qui laisse cependant le pays dans le peloton de queue de ce classement, puisqu’il passe à la 19ème place. Devant l’Inde, l’Iran et la Corée du Nord qui occupent les trois dernières marches de l’indice.

Par Claude Fouquet, publié le 23 juil. 2020 à 15h41

Photo en titre : La France se situe au douzième rang parmi les 22 pays qui disposant d’au moins un kilo de matière nucléaire utilisable pour la mise au point d’armements (Sébastien Bozon/AFP)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/une-ong-sinquiete-dun-relachement-des-efforts-en-matiere-de-securite-nucleaire-1225873

BELGIQUE : LE RÉSEAU DES SIRÈNES D’ALERTE NUCLÉAIRE REMPLACÉ PAR DES SMS

Le député fédéral et conseiller communal à Huy Samuel Cogolati (Écolo) s’inquiète de la disparition du réseau de sirènes d’alerte nucléaire Seveso et estime que « cette fonction de sûreté et d’alerte ne peut être efficacement remplacée par des messages SMS » du système BE-Alert, relèvent jeudi La Libre Belgique et La Dernière Heure.

Dans une réponse faite au député Écolo, le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem (CD&V) a confirmé que le réseau de 570 sirènes installées autour des usines comportant des risques Seveso et des zones nucléaires « a été mis hors service fin 2018« . « La commande centrale a été retirée et il n’est plus possible d’utiliser les sirènes pour alerter la population, ni même pour réaliser des tests« , informe-t-il.

Pas d’alerte quand le téléphone est coupé

L’ensemble du réseau des sirènes devrait être matériellement retiré début 2022. Le ministre explique que le réseau a été remplacé par le système BE-Alert, soit un système d’alerte qui permet aux autorités de diffuser un message à la population en situation d’urgence (par appel vocal, SMS ou e-mail). Le député hutois s’inquiète que les habitants « ne recevront pas les SMS BE-Alert lorsque leur téléphone est coupé, par exemple en pleine nuit. Or, une sirène Seveso, on l’entend et elle peut nous alerter!« .

S’il reconnaît que ce système « a montré ses limites ces dernières années et s’est avéré présenter un coût important« , il ne fait aucun doute selon lui que « cette fonction de sûreté et d’alerte ne peut être efficacement remplacée par des messages SMS« . Il interviendra à nouveau au Parlement « pour que le gouvernement fédéral ne délaisse pas cette tâche d’alerte aux communes de l’arrondissement« .

Par Belga, publié le 23 juillet à 07h29

Photo en titre : Le réseau de 570 sirènes installées autour des usines comportant des risques Seveso et des zones nucléaires a été mis hors service fin 2018. – © DIRK WAEM – BELGA

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-reseau-des-sirenes-d-alerte-nucleaire-remplace-par-des-sms?id=10547643

Mots

POMPILI: IL FAUDRA CHOISIR ENTRE NUCLÉAIRE ET RENOUVELABLE APRÈS 2035

La France devra choisir quelle direction emprunter sur le plan énergétique après 2035, entre maintien « d’une bonne part de nucléaire » et passage à 100% de renouvelable, a estimé jeudi la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, sur France Inter.

« Nous avons pris un engagement, c’est de baisser la part du nucléaire à 50% d’ici 2035 et ensuite (il faudra faire un) choix après 2035, soit on continue d’avoir une bonne part de nucléaire, soit on baisse le nucléaire pour arriver à 100% renouvelable en 2050« , a dit la ministre.

« Il faut que les citoyens aient des alternatives viables. Donc aujourd’hui, on étudie d’autres réacteurs qui pourraient être construits mais on étudie aussi la solution où on arriverait à 100% de renouvelable« , a-t-elle poursuivi.

Votée en septembre 2019, la loi Énergie et Climat, qui vise la neutralité carbone à l’horizon 2050, prévoit de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production électrique d’ici à 2035, contre 70% aujourd’hui.

Interrogée sur ses positions antinucléaires, la ministre a souligné qu’elle n’avait « pas changé d’opinion sur le sujet » et a vivement critiqué l’EPR de Flammanville (Manche) qu’elle a qualifié de « gabegie« .

« On a multiplié par quatre le coût initial. Il y a beaucoup de problèmes de compétences qu’on a repérés et sur lesquels il faut travailler car le nucléaire, on en a encore pour longtemps quoi qu’il advienne« .

La Cour des comptes a publié début juillet un rapport critique sur la filière EPR, qui fait notamment le constat des « dérives de coûts et de délais considérables » sur le chantier du réacteur de Flamanville, dont la mise en service n’interviendra que « mi-2023 » au plus tôt.

may/abd/ial/tes

Par AFP, publié le 23 juill. 2020 à 10h39

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/pompili-il-faudra-choisir-entre-nucleaire-et-renouvelable-apres-2035-200723

(NDLR : c’est beau de rêver mais Pompili ne sera plus au gouvernement après la présidentielle ; ce n’est pas elle qui décidera mais le prochain président)

EN EUROPE, LES ÉNERGIES RENOUVELABLES, PREMIÈRE SOURCE D’ÉLECTRICITÉ AU PREMIER SEMESTRE

Pour la première fois, les Européens ont produit plus d’électricité d’origine renouvelable que d’électricité issue de combustibles fossiles, relève une analyse publiée mercredi.

C’est une première fois encourageante en matière de développement durable. Les Européens ont produit au premier semestre 2020 plus d’électricité d’origine renouvelable que d’électricité issue de combustibles fossiles, relève une analyse du centre de réflexion Ember publiée mercredi 22 juillet. Il s’agit d’une première, souligne l’organisme spécialiste de la transition énergétique, qui se base sur les données des gestionnaires de réseaux électriques nationaux, réunis au sein de l’association européenne Entsoe.

Sur l’ensemble des 27 pays de l’Union européenne, les énergies renouvelables ont généré 40 % de l’électricité au premier semestre, et les combustibles fossiles 34 %, sous l’effet combiné de la montée du solaire et de l’éolien et du recul de la demande. Les émissions de CO2 du secteur de l’électricité ont de ce fait reculé de 23 %.

Les énergies renouvelables ont vu leur production croître de 11 % par rapport au premier semestre de 2019 : + 11 % pour l’éolien, + 16 % pour le solaire. Des chiffres rendus possibles par la mise en service d’installations nouvelles et des conditions climatiques favorables, ajoute Ember.

Eolien et solaire ont ainsi généré 21 % de l’électricité européenne, un niveau inédit : 64 % au Danemark, 49 % en Irlande, 42 % en Allemagne. Les barrages hydroélectriques en ont fourni 13 %, soit 12 % de plus par rapport à la même période l’an dernier. Le reste, c’est-à-dire 6 %, est venu des bioénergies – dont une petite portion de biomasse bois pour remplacer le charbon dans les centrales.

« Moment symbolique »

Le charbon dans le même temps a subi une chute de 32 %, générant 12 % de l’électricité européenne, une proportion deux fois moindre qu’il y a cinq ans. Selon Ember, le charbon allemand a connu le recul le plus marqué, avec une production à – 39 %. Pour la première fois, l’Allemagne a produit moins d’électricité issue de centrales à charbon que la Pologne, note l’analyse.

Celle-ci produit ainsi désormais autant d’électricité issue du charbon que 25 pays européens réunis, a calculé Ember, qui souligne l’importance de la Pologne si l’Europe veut pouvoir atteindre la neutralité carbone.

« Nous sommes à un moment symbolique pour le secteur électrique européen », estime Dave Jones, expert chez Ember, pour qui « il existe une issue claire pour des pays comme la Pologne ou la République tchèque, aux prises avec les questions de sortie du charbon », grâce au nouveau Green Deal européen et au Fonds pour la transition juste.

Par Le Monde avec AFP : publié le 22 juillet 2020 à 10h37, mis à jour à 10h57

Photo en titre : Des éoliennes, au coucher du soleil, dans un parc éolien à Nurlu, près de Cambrai, en France, le 5 février 2019. Pascal Rossignol / REUTERS

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/07/22/en-europe-les-energies-renouvelables-premiere-source-d-electricite-au-premier-semestre_6046924_3244.html

LA MAISON BLANCHE A EU DES ENTRETIENS SUR LA REPRISE DES ESSAIS NUCLÉAIRES AMÉRICAINS, DIT JOHN BOLTON

Les responsables de la Maison Blanche ont tenu une série de discussions au cours des deux dernières années sur la possibilité de reprendre les essais nucléaires américains, selon l’ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

«Certes, le sujet a été discuté», a déclaré Bolton, un fervent partisan des tests, au Guardian. Cependant, certains membres de l’administration ont estimé que les tests informatiques actuels des ogives américaines étaient suffisants et aucune décision n’a été prise au moment où Bolton a quitté la Maison Blanche en septembre dernier.

Lorsque la perspective du premier essai nucléaire souterrain américain en près de trois décennies a été évoquée lors d’une réunion de la Maison Blanche en mai, elle a déclenché un tollé de la part des partisans du contrôle des armements et un amendement démocrate à la loi sur l’autorisation de la défense nationale de 2021, bloquant le financement des préparatifs d’un test.

Bolton, qui a publié un mémoire sur son passage à la Maison Blanche de Trump intitulé The Room Where It Happened, a déclaré que la question avait été discutée en termes généraux à plusieurs reprises alors qu’il était conseiller à la sécurité nationale d’avril 2018 à septembre 2019. Cependant, les discussions ne sont pas devenues «opérationnelles» car sa priorité avait été de sortir les États-Unis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).

Donald Trump a d’abord annoncé qu’il quitterait l’accord – en raison de violations russes – en octobre 2018, et le départ est entré en vigueur en août 2019. Bolton a clairement indiqué qu’il prévoyait de retirer la signature américaine du traité d’interdiction complète des essais (TICE), ouvrant la voie aux essais nucléaires, s’il était resté à la Maison Blanche.

«Nous avons eu des discussions générales à ce sujet à plusieurs reprises, mais il n’y a pas eu de point de décision», a-t-il déclaré. «Personnellement, j’avais d’autres objectifs comme sortir du traité INF. Je veux dire, vous ne pouvez pas tout faire en même temps. »

Un haut responsable a déclaré au Washington Post que la motivation des tests évoquée lors de la «réunion des députés» de la Maison Blanche en mai était de faire pression sur la Russie et la Chine pour qu’elles entament des négociations trilatérales sur le contrôle des armements.

« Je n’ai jamais eu cet argument, et je doute qu’il fournirait beaucoup d’effet de levier », a déclaré Bolton.

Son argument en faveur des tests souterrains est qu’il est nécessaire d’être certain de la fiabilité des milliers d’ogives de l’arsenal américain.

Les opposants aux tests disent que l’analyse informatisée du «plan d’intendance et de gestion des stocks» est tout à fait suffisante, et que faire exploser une ogive déclencherait une cascade de tests par d’autres États dotés d’armes nucléaires.

«Nous ne savons pas exactement quel est l’impact du vieillissement sur la fiabilité ou la sécurité et la sûreté des dispositifs nucléaires. C’est donc quelque chose dont nous avons besoin pour la crédibilité de la dissuasion », a déclaré Bolton. «Je ne parle pas de tests massifs. Je ne parle certainement pas d’essais atmosphériques, mais comme me l’a décrit un commandant militaire: «Avoir 5 000 ogives nucléaires, c’est comme avoir 5 000 Toyotas dans un garage. Vous voulez savoir que lorsque vous tournez la clé, cela fonctionne la première fois. Parce que si ce n’est pas le cas, cela ne fonctionne pas du tout.  »

Le nouvel envoyé de l’administration pour le contrôle des armements, Marshall Billingslea, a déclaré mardi au Sénat: «Nous maintenons et maintiendrons la capacité de mener des essais nucléaires si nous voyons des raisons de le faire. Mais il a ajouté qu’il n’avait «connaissance d’aucune raison de tester à ce stade».

Donald Trump a annoncé pour la première fois qu’il quitterait l’accord INF en octobre 2018.

Bolton a reconnu qu’il y avait une résistance aux tests de la part d’autres responsables de l’administration Trump.

«Je pense que différentes personnes ont des opinions différentes», a-t-il déclaré.

Les rapports de la réunion de mai ont également suscité une opposition vigoureuse et bipartite au Nevada, lorsque les États-Unis ont historiquement testé leurs ogives nucléaires. Depuis le dernier test américain en 1992, Las Vegas s’est considérablement développée et s’est étendue beaucoup plus près du site d’essai du Nevada. Bolton soutient cependant que la résistance locale ne serait pas un obstacle insurmontable à une reprise des tests.

«Je pense qu’il y a beaucoup d’options sur le site, et rappelons-nous que ce sont des tests souterrains dont nous parlons. Vous ne parlez pas de vous réveiller à Las Vegas et de sentir le sol bouger », a-t-il déclaré.

Bolton a répété les allégations américaines selon lesquelles les Russes, les Chinois «et peut-être d’autres» effectuaient des tests à très faible rendement en secret, «de sorte qu’un certain niveau de test pourrait simplement nous amener à des règles du jeu plus équitables avec les autres puissances nucléaires».

Les États-Unis ont formellement accusé Moscou et Pékin d’avoir effectué des tests de rendement non nul, mais n’ont fourni aucune preuve.

Je pense certainement au potentiel d’acteurs extérieurs, un pays du Golfe, Israël, travaillant avec des dissidents à l’intérieur de l’Iran

Bolton a insisté sur le fait que les États-Unis ne devraient pas prolonger le traité Nouveau départ de 2010 avec la Russie, qui limite le nombre d’ogives stratégiques déployées et de systèmes de livraison des deux pays, principalement parce qu’il ne couvre pas les armes nucléaires tactiques que la Russie a beaucoup plus que le NOUS.

Il soutient la position de l’administration Trump selon laquelle toute nouvelle série de négociations sur le contrôle des armements devrait inclure la Chine, et a suggéré que d’autres puissances nucléaires pourraient également être impliquées.

«Je pourrais imaginer une discussion sur la limitation des armements stratégiques à l’avenir, à laquelle les cinq membres permanents de la [UN] Conseil de sécurité, les cinq États dotés d’armes nucléaires légitimes en vertu du traité de non-prolifération », a déclaré Bolton.

Bolton s’est dit «ravi» de la série d’explosions et d’incendies sur les installations nucléaires iraniennes et d’autres sites stratégiques ces dernières semaines, spéculant qu’un autre pays du Moyen-Orient pourrait être à l’origine des attaques.

En relation: L’Iran admet qu’un incident sur le site nucléaire de Natanz a causé des dommages majeurs

«Je pense certainement au potentiel d’acteurs extérieurs, un pays du Golfe, Israël, travaillant avec des dissidents à l’intérieur de l’Iran. Il serait difficile de croire que ce n’était pas le cas », a-t-il déclaré. « Je pense qu’il est très important de prouver à maintes reprises aux Iraniens que même leurs installations les plus importantes sont vulnérables. »

« C’est le genre de chose qui, je pense, a été absent du sac américain d’outils », a-t-il déclaré.

Lorsqu’on lui a demandé si les États-Unis étaient peut-être déjà impliqués dans la campagne de sabotage, Bolton a répondu: «Je ne dis pas que j’ai des informations particulières d’une manière ou d’une autre. Mais ça ne me dérangerait pas si c’était le cas. Ça c’est sûr. »

Par Delmar Laforge dans News, publié le 22 juillet 2020 à 9h00

https://news-24.fr/la-maison-blanche-a-eu-des-entretiens-sur-la-reprise-des-essais-nucleaires-americains-dit-john-bolton/

NUCLÉAIRE : WASHINGTON COMPARE UN MISSILE RUSSE À UN “TCHERNOBYL VOLANT”

Le tacle américain ne passe pas auprès de la Russie. En effet, il y a quelques heures, l’envoyé spécial du président américain pour le contrôle des armements a été très critique à l’encontre du pouvoir russe. Selon lui, le Kremlin est actuellement en train de développer une nouvelle arme qu’il a tout simplement comparée à un « Tchernobyl volant ».

Marshall Billingslea, émissaire américain envoyé par le président Trump en Russie, afin de contrôler l’armement du Kremlin, s’est montré relativement critique. Selon lui, la Russie est actuellement en train de développer un nouveau missile à propulsion nucléaire. Un projet relativement dangereux, qu’il n’a pas hésité à comparer à un « Tchernobyl volant ». Toujours selon ses dires, cette arme représente un réel danger et son développement devrait être immédiatement stoppé.

Un “Tchernobyl volant” qui inquiète Washington

Des accusations que le sénateur russe, Alexeï Pouchkov, n’a pas du tout appréciées. Selon lui, les Américains eux-mêmes développent des armes ultra-modernes qui sont, elles aussi, relativement dangereuses. La Russie se réserve donc le droit de travailler à une arme tout aussi efficace. À ce titre, Pouchkov a estimé que si Washington souhaitait un contrôle accru des armes nucléaires, il fallait rapidement se pencher sur un nouveau traité, plutôt que de dire que ce que la Russie a le droit ou non, de faire.

La Russie ne se laissera pas intimider

Problème, les États-Unis semblent être contre l’idée de revenir à un traité sur le contrôle des armes nucléaires, qui pourrait stopper le développement et le renouvellement de son parc. En effet, l’exécutif américain s’est notamment retiré du FNI, le traité sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) accusant Moscou de ne pas en respecter les termes. En outre, l’exécutif américain a également pris la décision de se retirer du traité de défense antimissile (ABM).

Par Florian Guénet, publié le 22 juillet 2020

Photo en titre : © Backgrid USA / Bestimage

https://lanouvelletribune.info/2020/07/nucleaire-washington-compare-un-missile-russe-a-un-tchernobyl-volant/

SÉOUL NIE AVOIR TENTÉ DE NÉGOCIER DES POURPARLERS NUCLÉAIRES ENTRE PYONGYANG ET WASHINGTON LORS DE LA VISITE DE BIEGUN

SÉOUL, 22 juil. (Yonhap) — La Corée du Sud a rejeté ce mercredi l’information d’un média japonais selon laquelle Séoul a essayé sans succès de négocier de nouvelles discussions sur le nucléaire entre les États-Unis et la Corée du Nord quand le secrétaire d’État adjoint américain Stephen Biegun a visité Séoul plus tôt ce mois-ci.

Le quotidien japonais Yomiuri Shimbun a rapporté plus tôt dans la journée que des responsables sud-coréens et américains ont discuté des conditions pour la tenue d’un autre sommet entre Pyongyang et Washingon, avant la visite de Biegun à Séoul du 7 au 9 juillet, venu discuter avec le représentant nucléaire sud-coréen.

Selon le journal, le Sud aurait proposé de tenter de persuader le Nord de renoncer non seulement à son complexe nucléaire de Yongbyon mais aussi à une autre installation nucléaire, mais les États-Unis auraient souhaité que Pyongyang en fasse davantage, comme déclarer ses centres de recherche pour missiles balistiques intercontinentaux.

Séoul aurait ensuite transmis la demande à Pyongyang via un canal non officiel, mais le Nord l’aurait refusée.

Le ministère des Affaires étrangères à Séoul a nié avoir fait une telle proposition.

«L’information du journal est sans fondement. Le gouvernement n’a jamais fait une telle proposition», a affirmé un responsable du ministère.

Les négociations nucléaires entre Washington et Pyongyang restent au point mort depuis leur deuxième sommet à Hanoï début 2019, qui se sont rompues en raison des divergences concernant l’étendue de la dénucléarisation de la Corée du Nord et les concessions faites par Washington.

Lors du sommet à Hanoï, Pyongyang a proposé d’abandonner l’installation nucléaire à Yongbyon en réponse à l’allègement des principales sanctions des États-Unis qui ont fait contracter son économie. Mais Washington a demandé à Pyongyang de renoncer à d’autres armes nucléaires non divulguées et à des installations de fabrication de missiles.

Durant sa visite à Séoul, Biegun a souligné qu’il n’a pas demandé à se réunir avec les Nord-Coréens et que son déplacement avait pour but de rencontrer ses amis et alliés, en réaffirmant la position des États-Unis selon laquelle ils sont toujours prêts à reprendre le dialogue nucléaire avec le Nord.

Par eloise@yna.co.kr, publié le 22.07.2020 à 18h08

Photo en titre : Dans cette photo d’archives AP datée du 30 juin 2019, le président américain Donald Trump (à g.) rencontre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un (au centre) et le président sud-coréen Moon Jae-in au village de trêve de Panmunjom dans la Zone démilitarisée (DMZ).

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20200722003100884?section=international/index

MOSCOU VOIT ENCORE UNE « CHANCE » DE SAUVER L’ACCORD NUCLÉAIRE

La Russie voit encore une « chance » de sauver l’accord international sur le programme nucléaire iranien, a déclaré mardi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Conclu en 2015 entre la Chine, la Russie, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Iran, cet accord, baptisé Plan d’action global commun (PAGC), menace de voler en éclats depuis que Washington s’en est retiré unilatéralement en 2018, avant de rétablir de lourdes sanctions économiques contre Téhéran. En 2019, l’Iran a entamé un désengagement progressif en riposte à cette décision des États-Unis.

« Nous sommes convaincus qu’une chance persiste encore de faire revenir le PAGC en une situation stable« , a affirmé M. Lavrov, cité par les agences de presse russes, lors d’une rencontre à Moscou avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. « En tout cas, nous comme nos amis iraniens faisons tout notre possible pour cela« , a-t-il assuré.

Pour sa part, M. Zarif, cité par l’agence de presse publique RIA Novosti, a fait l’éloge du rôle « remarquable » joué par Moscou pour préserver l’accord sur le nucléaire iranien. Les relations entre Moscou et Téhéran « se basent sur un respect mutuel et vont apporter de la paix et de la stabilité dans la région« , a-t-il estimé.

Depuis le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement des sanctions américaines contre la République islamique, l’économie iranienne a chuté significativement. L’épidémie de nouveau coronavirus a exacerbé les difficultés économiques du pays, qui avait fermé temporairement en mars les commerces non-essentiels et réduit ses exportations, entraînant une forte dévaluation de la monnaie nationale et une inflation.

Par AFP, publié le 21 juillet 2020 à 18h52

Photo en titre : Le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov. Photo d’archives AFP / Filippo MONTEFORTE

https://www.lorientlejour.com/article/1226711/moscou-voit-encore-une-chance-de-sauver-laccord-nucleaire.html

ITER, LE STADE ULTIME DE LA FOLIE NUCLÉAIRE

Comprendre leur « monde d’avant » pour construire notre « monde d’après » : état des lieux du nucléaire en France (série en sept épisodes, sixième épisode).

Dans les années 1950, Eisenhower, président des USA, affirmait : « L’énergie nucléaire va fournir à l’humanité de l’énergie gratuite en quantité illimitée ». Aujourd’hui, les adorateurs de l’atome nous vendent une « nouvelle source d’énergie propre pour l’humanité » : « Grâce à la fusion, la France deviendra l’Arabie saoudite du 21e siècle » (Raffarin, 2005).

Un délire mégalo

Le consortium de 35 pays chargé du réacteur ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) en construction depuis 2010 à Cadarache (Bouches-du-Rhône) nous explique : « La fusion consiste à reproduire dans une machine les réactions physiques qui se produisent au cœur du soleil et des étoiles. Dans cet espace, on va avoir une machine au cœur de laquelle on va allumer un petit soleil qui va générer de l’énergie pour produire de l’électricité ». Dans cette cage magnétique (le tokamak), des électro-aimants refroidis à – 270 °C emprisonnent un plasma (gaz radioactif) à une température de 150 millions °C. Pour ce monstre de 10 millions de pièces pesant plus de 400 000 tonnes, entouré de 40 bâtiments et deux usines de « cryogénisation » et « détritiation », on a rasé 45 hectares de forêt domaniale et fait sauter à l’explosif 200 000 m3 de rocher. Le projet a déjà pris 10 ans de retard ; son coût (20 milliards d’euros) dépasse désormais celui de l’EPR. Vu les problèmes techniques, il pourrait atteindre les 60 milliards. Le premier plasma est prévu en 2025, pour tester jusqu’en 2035 des matériaux résistant à ces températures : pas gagné ! L’objectif pour 2050 est de produire 500 MW (le tiers de la puissance de l’EPR)… pendant six minutes : pas gagné non plus. Ensuite, un prototype pré-industriel devra prouver qu’on peut produire de l’électricité, avant de construire une centrale… on ne sait quand. Les prix Nobel de physique Pierre-Gilles de Gennes, Georges Charpak ou Masatoshi Koshiba n’y ont jamais cru : bilan énergétique désastreux, sans parler du bilan carbone. Alors que le soleil, le vrai, produit déjà.

Un GPII (Grand projet inutile imposé) mortifère à stopper 

Les charlatans du nucléaire nous prennent pour des gogos. Dépités par les fiascos de l’EPR et du projet Astrid (réacteurs dits de 4e génération), ils ont un nouveau joujou, très instable et dangereux : risques d’explosions, de secousses magnétiques (disruptions), avec dissémination de tritium (hydrogène radioactif, très toxique)… Avant que le scandale n’éclate ou que les fonds publics se tarissent, ce projet délirant est un gaspillage éhonté d’argent, de temps et de matières premières au profit des multinationales capitalistes. Par son statut d’extraterritorialité, c’est aussi une « zone de non-droit du travail » : cotiser pour la retraite ou la sécu est facultatif… Oui : « Sortir du nucléaire en moins de 10 ans, c’est possible ! » (brochure du NPA). L’organisation socialisée de la production au sein d’un monopole public de l’énergie, un vrai service public débarrassé du nucléaire, cogéré par les salariéEs et les usagerEs est la meilleure garantie pour développer de vraies solutions, réalistes celles-là : réduction de la consommation électrique, production et stockage d’énergies renouvelables…

Par la Commission nationale écologie du NPA, publié le mercredi 22 juillet 2020, mise à jour mercredi 22 juillet 2020 à 10h07

https://npa2009.org/actualite/ecologie/iter-le-stade-ultime-de-la-folie-nucleaire

UN « ÉVÈNEMENT SIGNIFICATIF DE SÛRETÉ » DE NIVEAU 1 À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM (57)

Le centre de production d’électricité de Cattenom a signalé un « événement de niveau 1 » auprès de l’autorité de sûreté nucléaire, lundi 20 juillet, en début de soirée. L’échelle de signalement court de 0 à 7. Cet « événement significatif de sûreté » concerne l’unité de production n°2, en arrêt pour maintenance depuis avril dernier.

« Un écart a été détecté sur la mesure du débit d’eau qui alimente le circuit primaire de l’installation, un écart de l’ordre de 0,25 % », explique EdF, l’exploitant. Le circuit primaire assure le refroidissement du réacteur en cas de situation accidentelle. Dans ces conditions, la procédure d’arrêt automatique d’une installation en fonctionnement, qui prend quelques secondes, se serait faite avec « un retard très négligeable ». « Dès la détection de cette anomalie, les équipes de la centrale ont revu ce paramètre et engagent actuellement de nouveaux essais », précise encore EDF.

Les autres unités 1, 3 et 4 et de la centrale n’ont révélé aucune anomalie. Ce sont elles qui alimentent actuellement le réseau d’électricité.

Publié le 22 juillet à 13h49

Photo en titre : L’anomalie a été signalée lundi soir à l’Agence de sûreté nucléaire. Photo RL /Pierre HECKLER

https://www.republicain-lorrain.fr/environnement/2020/07/22/evenement-significatif-de-surete-de-niveau-1-a-la-centrale

SAINTES (17), LE 6 AOÛT: CONCERT POUR HIROSHIMA ET NAGASAKI

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TAHITI ET NUCLÉAIRE : 126 INDEMNISATIONS ACCORDÉES EN 2019

Publié lundi, le rapport d’activité 2019 du Civen confirme l’accélération des procédures d’indemnisation des victimes des essais nucléaires initiée en 2018 sous l’impulsion de son nouveau président Alain Chrisnacht. Mais toujours malgré un nombre de dossiers déposés assez faible au regard des attentes du Civen et des associations.

Le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) a diffusé lundi son rapport d’activité 2019. Le document d’une vingtaine de pages permet de faire un point précis sur le nombre des indemnisations accordées ces dernières années. Il dresse un constat, plutôt flatteur pour son président Alain Chrisnacht nommé en 2017, d’une véritable accélération ressentie depuis 2018. Pour autant, le nombre relativement faible des dossiers déposés nuance quelque peu l’efficacité du processus d’indemnisations…

Le Civen fier de sa « nouvelle méthodologie »

En préambule, le rapport d’activité refait l’historique des évolutions législatives de la Loi Morin qui « semble enfin stabilisée », selon Alain Chrisnacht. Il retrace notamment longuement l’épisode de la suppression du « risque négligeable » en 2017, puis de l’adoption d’une « nouvelle méthodologie du Civen » fondée sur la « limite de dose efficace reçue » de 1 mSv. Comme pour l’exercice 2018, le président du Civen ne manque pas de mettre en avant les effets de cette évolution législative sur l’activité de son comité : « Le premier résultat remarquable est la forte augmentation du taux d’acceptation des demandes. Alors que jusqu’en 2017, à peine 10 % des demandes respectant les trois conditions de causalité (temps, lieu et maladie) étaient acceptées par le Civen, en 2019 ce taux, comme en 2018, était de l’ordre de la moitié. » Pour Alain Chrisnacht, cette « stabilisation du régime légal » a permis au Civen de « reconnaître, dans des délais rapides, les victimes des essais nucléaires, au sens de la loi ».

165 nouvelles demandes

Depuis 2010, pas moins de 1 598 dossiers d’indemnisation ont été enregistrés par le Civen, suite aux essais réalisés en Algérie et en Polynésie française. En 2019, 165 nouveaux dossiers ont été déposés. Un chiffre qui a connu une recrudescence notable ces trois dernières années, lorsque la loi Erom de 2017 a permis le réexamen de dossiers déjà rejetés sous le régime du « risque négligeable ». Pour autant, le nombre de dossiers redéposés tend à se réduire après l’effet d’annonce provoqué par la loi de 2017. De 101 dossiers redéposés en 2017, on est passé à 22 en 2018 et 21 en 2019. Parmi les évolutions notables, on relèvera que 9 demandes sur 10 déposées l’an dernier concernaient les essais pratiqués en Polynésie française. Les demandes liées aux tirs pratiqués en Algérie étant aujourd’hui largement minoritaires…

47% de dossiers acceptés

Comme pour l’année 2018, c’est sur le nombre des décisions d’indemnisation depuis la nouvelle méthodologie du « 1 mSv » que le Civen communique très largement. Il faut dire que les chiffres parlent d’eux-mêmes. De 31 décisions favorables entre 2010 et 2017, on est passé à 145 en 2018 et 126 en 2019. La proportion d’acceptation des indemnisations est ainsi passée de 2 à 9% selon les années entre 2010 et 2017 pour atteindre 56% en 2018 et 47% en 2019. Globalement, depuis le vote de la Loi Morin, sur 711 décisions du Civen 285 ont obtenu le feu vert pour une indemnisation.

Moins de recours sur les expertises

Après l’étape de la décision d’accorder ou non une indemnisation, vient le chiffrage du préjudice. Et avant d’en arriver aux montants accordés, une autre évolution intéressante concerne les décisions d’expertises ordonnées par le Civen pour évaluer les préjudices des victimes. Assez naturellement, ce nombre des expertises augmente ces dernières années avec le nombre des demandes acceptées. Mais le Civen se félicite surtout que ces décisions soient aujourd’hui majoritairement prises par le président du comité et non plus imposées par la justice. En effet, entre 2015 et 2017 seules 3 à 10 décisions d’expertises par an étaient prises par le Civen et 27 à 61 imposées par les juges après des recours des victimes. En 2019, c’est tout l’inverse : 76 décisions d’expertises l’ont été de l’initiative du président du Civen et 11 de la justice. « La justice administrative corrige une proportion minoritaire des décisions du comité. Ce n’est pas elle qui reconnaît majoritairement la qualité de victime », se félicite le Civen.

1,3 milliard de Fcfp d’indemnisations en 2019 (NDLR : 10,79 millions d’Euros)

Enfin, l’évolution la plus gratifiante pour le président du Civen concerne les montants alloués pour les indemnisations des victimes du nucléaire ces dernières années. Si les montants moyens ne varient pas énormément au fil du temps (9,1 millions de Fcfp par victimes en moyenne depuis 2015) (NDLR : 75 530 €), le nombre de bénéficiaires est exponentiel et avec lui le montant total payé par l’État chaque année pour indemniser les victimes des essais nucléaires. En 2015, l’État avait versé 29,8 millions de Fcfp pour indemniser victimes et caisses d’assurances sociales via la Loi Morin. En 2019, il a versé 1,3 milliard de Fcfp. En tout depuis le vote de la Loi Morin, le montant total dû par l’État approche ainsi les 2 milliards de Fcfp.

Beaucoup de recours, peu de dossiers

Cette présentation enthousiasmante de l’évolution des indemnisations via la Loi Morin ne doit néanmoins pas occulter quelques bémols. D’abord, le nombre des contentieux reste particulièrement élevé. Car si le Civen a accepté 126 demandes en 2019, il en a également rejeté 142. Et sur la même année, pas moins de 102 recours ont été exercés par les demandeurs contre les décisions du Civen… Ensuite, si le Civen et son nouveau président ont souvent déploré ces dernières années le faible nombre des dossiers déposés, force est de constater que ce chiffre n’a pas connu d’évolution très marquante depuis le changement de cap opéré en 2017, notamment avec l’arrivée d’Alain Chrisnacht. En effet, si le nombre de dossiers déposés ces trois dernières années a marqué un rebond, il se situe juste dans la moyenne du nombre des dossiers déposés chaque année depuis 2010 et le vote de la Loi Morin.

Par Antoine Samoyeau, publié le lundi 20 Juillet 2020 à 18h45

Photo en titre : Les anciennes installations du CEP sur l’atoll de Moruroa. (Photo : Grégory Boissy)

https://www.tahiti-infos.com/Nucleaire-126-indemnisations-accordees-en-2019_a192809.html

METSAMOR OU L’AUTRE GUERRE ATOMIQUE

La menace publique aussi inouïe que suicidaire de bombarder la centrale atomique de Metsamor en Arménie proférée par le ministre de la défense de l’Azerbaïdjan, pays non aligné, ne laisse pas d’inquiéter en ce qu’elle préfigure.

C’est, on ne peut se tromper, une déclaration de guerre totale (pour une querelle de pipeline avec l’Arménie) envers l’entière communauté internationale. Si elle était mise à exécution, elle porterait à des représailles atomiques immédiates contre Bakou voire ses alliés. N’en doutons pas un instant. Attaquer une centrale atomique n’est pas un droit de l’homme mais un crime contre l’humanité. La capitale de l’Azerbaïdjan subirait pour cela même très probablement un mode de réponse « graduée » des explosions atomiques intentionnellement basses afin de contaminer définitivement les lieux et empêcher de reconstruire là pour des millénaires. Mais en général, ces déclarations insensées sont également malgré elles l’expression d’une incontournable vérité d’état-major qui met fin au mythe de l’atome de la paix et ouvre le vase de Pandore de l’autre dissuasion.

Toute installation atomique est de fait une arme de destruction de masse par destination. Les réacteurs de production ou de recherche, les centres de retraitement et de gestion des déchets sont les indiscutables vecteurs d’une dissuasion sale promotrice d’extinction génétique générale. Ces poudrières remplies d’agents radiotoxiques pulvérisables sont de fait capables d’empoisonner à jamais les territoires par retombée. Pour les plus performants d’entre eux, c’est une simple affaire de dépôt de quelques milligrammes par km2. Et c’est par dizaines de kg qu’on les trouve mêlés à d’autres dans chacun de ces édifices. Autrement superpuissantes, toutes ces innombrables zones interdites contingentes éparpillées dans le monde s’affichent fièrement comme cibles stratégiques de dispersion radiologique et s’offrent à n’importe quel feu ennemi ou à n’importe quel cataclysme naturel.  (Le manteau terrestre basculant des pôles aux équateurs tous les 6000 ans, la renaissance écologique sur terre est d’ores et déjà dramatiquement compromise. Notre civilisation de la science sans conscience pourrait bien être la dernière, la véritable der des ders… Nos dépotoirs ont en effet assez de rebuts radioactifs pour réduire entièrement à zone interdite une superficie jusqu’à 10 fois plus grande que notre planète.)

Note, provisoirement, heureuse du 21 juillet.  Marche arrière des « azers« . Mais les dés de la dissuasion autre sont publiquement lancés. Les doctrines en la matière sont amplement à revoir.  Les bombes atomiques risquent de ne plus servir au final qu’à protéger des menaces asymétriques les centrales atomiques, ces crimes confinés mais déconfinables contre l’humanité.

Atom for peace is good for war. Voilà hélas bien la seule et la plus tragique des leçons à tirer.

Par l’AIPRI, publié le lundi 20 juillet 2020

AIPRI : Association Internationale pour la Protection contre les Rayons Ionisants. L’AIPRI a pour but la divulgation scientifique dans le domaine de la physique nucléaire et des dangers radiologiques de la contamination interne.

Post Scriptum. Nous invitons nos visiteurs à la lecture du précieux ouvrage de Thomas Chan The Adam And Eve Story: The History of Cataclysms. Libellés : Metsamor

https://aipri.blogspot.com/

FINISTÈRE. POUR SENSIBILISER CONTRE L’ARME NUCLÉAIRE, ILS METTENT SUR PIED UNE CARAVANE DE LA PAIX

Quinze associations se sont réunies depuis 2017 au sein du Collectif pour l’interdiction des armes nucléaires dans le département. Elles veulent mobiliser l’opinion publique pour que la France abandonne l’armement nucléaire.

Le Collectif pour l’interdiction des armes nucléaires dans le Finistère (Cian 29) comprend une quinzaine d’associations. Leur but est de mobiliser l’opinion pour que la France s’aligne sur les décisions internationales. « Nous n’avons jamais rencontré de personnes favorables à l’arme nucléaire », annonce Catherine Flageul, membre du Parti communiste français (PCF).

« Investir autrement les dépenses »

En cette période de pandémie, le collectif souhaiterait que les dépenses consacrées à l’armement nucléaire soient investies ailleurs, par exemple dans « le domaine de la santé plutôt que dans le domaine de la terreur et de la mort ».

Roland de Penanros, de l’Université européenne de la paix, ajoute : « Aujourd’hui, l’arme nucléaire ne sert à lutter ni contre le réchauffement climatique ni contre le terrorisme ni contre une pandémie. »

Une caravane de la paix

Jeudi 6 août 2020, à l’occasion du 75e anniversaire du bombardement d’Hiroshima au Japon, une commémoration sera organisée. Le projet : une caravane de la paix. Le rassemblement aura lieu au Faou pour rejoindre le Ménez Hom. Un arrêt est prévu dans la presqu’île de Crozon.

Cette caravane permettra de sensibiliser la population. « Le Finistère n’a pas vocation à être la base avancée de l’armement nucléaire », précise Christian Colimard, représentant de l’association le Mouvement de la paix.

Solliciter les nouveaux maires finistériens

Cette année, le collectif veut solliciter les nouveaux maires finistériens afin qu’ils adhèrent à l’appel des maires pour le désarmement nucléaire. Grâce, notamment, à la mobilisation du Cian 29, trois communes du département – Carhaix, Motreff et Berrien – ont déjà engagé leur mairie et montré leur soutien au désarmement nucléaire.

C’est aussi un moyen de créer un débat public.  On ne parle quasiment pas des armes nucléaires en France. Pourtant, elles correspondent à plusieurs milliards d’euros du budget de l’État. 

Par Daphné HERLEDAN, Ouest-France, publié le 21 juillet 2020 à 14h39

Photo en titre : Christian Colimard, représentant de l’association Mouvement de la paix, Catherine Flageul, membre du Parti communiste français (PC), et Roland de Penanros, de l’Université européenne de la paix, sont membres du Collectif pour l’interdiction des armes nucléaires. © OUEST-FRANCE

https://saint-brieuc.maville.com/actu/actudet_-finistere.-pour-sensibiliser-contre-l-arme-nucleaire-ils-mettent-sur-pied-une-caravane-de-la-paix_region-4194543_actu.Htm

LA FRANCE, AVEC SA ‘FORCE DE DISSUASION’, ET L’OTAN DANS LE CONTEXTE GÉOSTRATÉGIQUE PASSÉ ET ACTUEL

C’est le 7 mars 1966 quand le Général De Gaulle annonce au Président des États Unis Lyndon Johnson le retrait de la France du commandement militaire intégré de l’OTAN, de manière à retrouver sur son territoire le plein exercice de sa souveraineté, et cela en dépit du fait que la France avait été un de principaux membres fondateurs de l’OTAN en 1949.

Les États Unis durent alors évacuer 27000 soldats, 37000 fonctionnaires et 30 bases, aériennes, terrestres et navales.

La raison de cette décision fut le refus de la part de De Gaulle de la position hégémonique des États Unis au sein de l’Alliance Atlantique. Dans les faits cependant la France demeura un ‘partner’ de l’Alliance Atlantique, bien que souvent en position critique. La France a par la suite rejoint à nouveau le commandement intégré de l’OTAN par initiative de Nicolas Sarkozy en 2009, sens pour autant accueillir à nouveau des bases de l’Alliance Atlantique.

En ce qui concerne in particulier les armes nucléaires, la France a développé, d’une manière autonome, sa “force de dissuasion”, en se dotant d’abord de la bombe A (à fission nucléaire) en 1960 et ensuite de la bombe H (à fusion thermonucléaire) en 1968.

La France a effectué, pour le développement de son arsenal, 210 tests nucléaires, dont 50 dans l’atmosphère (4 dans le Sahara algérien en 1960 -1961 et 46 in Polynésie de 1960 à 1974) et les autres 160 dans des sites souterrains, au Sahara (13) de 1961 à 1966 et dans la Polynésie Française (147) de 1966 à 1996.

Ensuite la France a ratifié le TICE (Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires) (= CTBT en anglais) le 6 avril 1998.

Depuis, la France a développé l’installation ‘Laser MégaJoule’, dans le centre CESTA (Centre d’Études Scientifiques et Techniques d’Aquitaine), près de Bordeaux, pour chercher de ‘simuler’ des tests nucléaires, afin de contribuer à la modernisation de son arsenal nucléaire.

En outre la France a signé un accord de coopération avec le Royaume Uni (Traité de Lancaster House en 2010) surtout pour la modernisation des armes nucléaires, notamment au Centre CEA-DAM de Valduc, près de Dijon.

Quant aux nombreuses victimes des tests nucléaires français, leur reconnaissance comme tels ainsi que leur ‘indemnisation’ sont restés jusqu’à présent très partiels en dépit des nombreuses initiatives de la part de représentants de la société civile pour obtenir justice de la part du gouvernement français.

Pendant la guerre froide l’arsenal nucléaires français avait atteint le nombre de 600 bombes, pour ensuite descendre à environ 300 bombes : 250 bombes H de 150 Ktonnes (c’est à dire 10 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima) et 50 bombes H de 300 Ktonnes, donc, au total une puissance destructive équivalente à celle de 3500 bombes d’Hiroshima.

Voici, en bref, la configuration actuelle :

– la ‘Force Océanique Stratégique (FOST)’ basée à l’Ile Longue, près de Brest, avec 3 SNLE (Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins) (plus un de réserve), dotés chacun de 16 missiles (M51), avec jusqu’à 6 bombes nucléaires chacun. Au moins 1 de ces sous-marins est toujours en état d’alerte. Ces nouveaux missiles M51 peuvent atteindre Pékin (9000 Km), tandis que les précédents, M45, avaient une portée maximale de « seulement » 6000 km.

– la ‘Force Aérienne Stratégique (FAS), basée à Istres, avec 54 missiles ASMP-A (**) pour les 50 avions de chasse à capacité nucléaires Rafale.

– la ‘Force Aéronavale Nucléaire (FANu) avec le porte-avionsCharles De Gaulle”, capable d’accueillir jusqu’à 36 avions de chasse Rafale. Un porte-avions de nouvelle génération et de plus grandes dimensions est en phase de projet en vue de remplacer le “Charles De Gaulle” qui arrivera en ‘fin de vieautour de 2038.

– la seule base terrestre de lancement de missiles à tête nucléaire, située sur le ‘Plateau d’Albion’, dans le Vaucluse, a été fermée définitivement en 1999.

Quant aux potentiels humain et financier consacrés au nucléaire militaire en France, voici quelques estimations :

le personnel : au CEA-DAM(***) (DAM = Direction des Applications Militaire) ils sont 5000 chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs, auxquels s’ajoute le personnel pour la réalisation et la gestion des ‘vecteurs’ et des systèmes de lancement (missiles, avions, sous-marins e porte-avions).

le budget : 4,5 milliards d’Euro en 2019, et ensuite en augmentation jusqu’à 6 milliards en 2023. Le budget prévu pour le renouvellement de l’ensemble du système d’armements nucléaires (bien que renouvelé récemment !) est de 37 milliards d’Euros, de manière à ‘couvrir’ la période jusqu’au moins 2070 avec la ‘force de dissuasion nucléaire’.

Quant à la ‘doctrine’ de la France concernant sa “force de dissuasion”, celle-ci est présentée en termes de défense (‘strictement défensive et suffisante’, ‘clef de voûte de la stratégie de défense’ et ‘assurance-vie de la Nation’), tout en affirmant qu’elle ne serait effectivement utilisée que dans le cas où les “intérêts vitaux” (non précisés) de la Nation seraient en danger. Dans un tel cas serait d’abord effectué un “ultime avertissement” consistent dans le lancement d’une seule bombe nucléaire, dans le but de « rétablir la dissuasion », ce qui, beaucoup plus probablement, déclencherait plutôt une guerre nucléaire !

D’autre part, le positionnement actuel de la France au sein de l’OTAN n’est pas des plus sereins : récemment, par exemple, Emmanuel Macron a déclaré que l’OTAN se trouve dans un état de “mort cérébrale” et clairement il pousse pour une Défense de l’Europe le plus possible indépendante des USA. Quant à la ‘force de dissuasion’ française, il a proposé d’en étendre la portée également à d’autres pays de l’Union Européenne, sans pour autant en préciser les modalités.

Une situation de crise apparait également en Allemagne concernant les ≈ 20 bombes B61 des USA situées sur son territoire. En outre le positionnement de la Turquie au sein de l’OTAN apparait assez ‘schizophrène’…, tandis que les pays de l’Est sont nettement ‘pro OTAN’, spécifiquement en fonction anti-russe.

D’autre part la France a proposé à la Communauté Internationale l’adoption d’un Traité qui engagerait les contractants à arrêter définitivement la production de matières fissiles de qualité militaire (Plutonium 239 et Uranium hautement enrichi dans l’isotope 235) : l’FMCT (Fissile Material Cut-off Treaty). La France a effectivement démantelé ses unités de production en 1996 (à Marcoule pour le Plutonium 239 et à Pierrelatte pour l’Uranium hautement enrichi), mais elle garderait cependant son stock actuel d’environ 50 tonnes de Plutonium e 26 tonnes d’Uranium hautement enrichi. Cette situation a contribué au fait que jusqu’à présent cette proposition est restée sans suite de la part des autres États nucléaires.

La France a d’autre part critiqué la dissolution du Traité INF (Intermediate range Nuclear Forces) qui avait été établi par l’accord entre Gorbatchev et Reagan en 1987, et qui avait permis d’éliminer la quasi-totalité des missiles à portée intermédiaire en Europe (≈ 2700). La France a également critiqué le retrait unilatéral des USA du Traité de Vienne de 2015 sur le programme nucléaire de l’Iran (le JCPOA = Joint Comprehensive Plan of Action) et a coopéré avec l’Allemagne et l’UK pour instaurer l’INSTEX (Instrument in Support of Trade Exchanges) dans le but de faciliter les échanges commerciaux avec l’Iran.

En résumé : la France considère son comportement vis-à-vis de l’article VI du TNP come exemplaire, étant donné qu’elle a diminué de moitié le nombre de ses bombes par rapport au temps de la Guerre froide (de 600 à 300 unités), elle a supprimé sa seule base di lancement terrestre (au Plateau d’Albion), a ratifié le Traité CTBT et elle a ‘lancé’ le Traité FMCT, après avoir démantelé ses deux unités de production de matière fissile (Plutonium et Uranium hautement enrichi).

En réalité, sa coopération avec l’UK pour moderniser les armes nucléaires, l’augmentation de 50% de la portée de ses missiles (da 6000 Km à 9000 Km), la mise en chantier d’un ultérieur renouvellement de l’ensemble de son armement nucléaire, après l’avoir déjà renouvelé récemment, dans la perspective de garder une ‘force de dissuasion’ jusqu’en 2070 : tout cela implique une violation flagrante de l’Article VI du PNT.

D’autre part la France a tout essayé (sans grand succès) pour faire obstacle au processus qui a conduit à l’adoption et puis à la signature et la ratification du TIAN (Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires). Il est donc clair que la France, non seulement ne veut pas, mais ne pourrait même pas, dans les conditions actuelles, adhérer au TIAN : en effet, pour pouvoir le faire la France devrait satisfaire l’article IV du TIAN qui exige un engagement précis de désarmement nucléaire, suivant une ‘feuille de route’ qui doit être approuvée par les États déjà partie au Traité.

Il s’agit donc maintenant d’“aider” la France à satisfaire une telle condition. De quelle manière ?

Voici peut-être une ‘piste’, basée sur le constat que la motivation principale du maintien et la modernisation de la ‘force de dissuasion’ de la France, comme des autres puissances nucléaires occidentales, est le soi-disant “péril russe”, c’est à dire le fait de considérer la Russie commenotre ennemi N°1.

Or Emmanuel Macron depuis quelque temps insiste sur la nécessité d’ouvrir un dialogue avec la Russie, et également plusieurs pays européens, comme l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, Chypre et la Slovaquie, qui ont des intérêts communs avec la Russie, pourraient s’associer dans ce type d’initiative pour désamorcer les tensions qui se concentrent le long des ‘pays frontière: les 3 Pays baltes, la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie et, naturellement, l’Ukraine.

En effet, il est important de comprendre que l’origine de ces tensions si situe dans l’énorme frustration (et humiliation !) de la Russie de Poutine à la suite de la dissolution de l’Union Soviétique et qu’il est urgent d’ouvrir des négociations pour tout d’abord trouver des solutions satisfaisantes pour les minorités russophones dans tous ces pays à la frontière avec la Russie, qui représentent autant debombes à retardement’, comme malheureusement on a déjà vu dans le cas de l’Ukraine.

Notes :

(**) ASMP-A = Air-Sol Moyenne Portée -Amélioré

(***) CEA = Commissariat à l’Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives

Par Luigi Mosca, publié le 21 juillet 2020

Photo en titre : Crédit image : https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=62269  | CC BY-SA 3.0)

https://www.pressenza.com/fr/2020/07/la-france-avec-sa-force-de-dissuasion-et-lotan-dans-le-contexte-geostrategique-passe-et-actuel/

BLANCHISSERIE UNITECH : APRÈS LE REJET DU RÉFÉRÉ, LES REQUÉRANTS MISENT SUR LA DÉCISION AU FOND

Par une ordonnance du 15 juillet 2020, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté le recours en référé de l’Éodra, du Réseau Sortir du nucléaire, de Greenpeace France et d’élus locaux, visant à suspendre l’arrêté d’autorisation d’exploiter la laverie Unitech délivré le 8 juin.

« C’est une confirmation de la qualité de notre dossier. Nous sommes sereins », a réagi Jacques Grisot, directeur général de Unitech Services auprès de l’AFP, qui estime aujourd’hui possible un début d’exploitation en 2022. « Nous attendons maintenant l’examen de notre recours au fond, déposé en même temps que le référé, qui sera l’occasion de rappeler les graves lacunes du dossier sur le plan environnemental », indiquent de leur côté les ONG requérantes. Celles-ci estiment que le site est sensible au risque d’inondation et que l’étude d’impact est insuffisante concernant les rejets dans la Marne et les risques de contamination des eaux souterraines. L’exploitant n’aurait pas les capacités financières suffisantes pour exploiter ces installations, ajoutent les associations.

L’établissement, autorisé par la préfecture à Suzannecourt (Haute-Marne), doit traiter près de 2 000 tonnes de linge potentiellement radioactif par an, dont les tenues blanches utilisées dans les installations nucléaires d’EDF ou Orano. Il comprendra également un bâtiment de maintenance de matériels potentiellement contaminés par des radioéléments. Le Réseau Sortir du nucléaire a également attaqué le permis de construire de l’installation en mai 2019 et attend la décision au fond après, là aussi, le rejet du référé.

Par  Laurent Radisson, (Rédacteur en Chef délégué aux marchés HSE) publié le 20 juillet 2020

https://www.actu-environnement.com/ae/news/blanchisserie-unitech-refere-suspension-rejet-35864.php4

LA COMMISSION EUROPÉENNE, CRITIQUÉE POUR SON RAPPORT SUR L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE

La Commission européenne examine l’impact environnemental de l’énergie nucléaire par l’intermédiaire du Centre commun de recherche (JRC). Une procédure qui suscite de vives critiques. Un article d’Euractiv Allemagne.

La taxonomie européenne, un système de classification à l’échelle de l’UE pour les investissements durables qui entrera en application à partir de 2021, a longtemps été la source de désaccords parmi les États membres. En décembre de l’année dernière, les leaders européens s’étaient enfin mis d’accord sur un compromis visant à autoriser l’utilisation du gaz naturel et de l’énergie nucléaire comme « technologies de transition ». Néanmoins, les débats en la matière sont toujours d’actualité, comme le prouve la lettre d’une députée allemande à l’intention de la Commission européenne.

La missive, rédigée par la députée allemande du Bundestag Sylvia Kotting-Uhl (Verts), est non seulement adressée à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et à son vice-président Frans Timmermans, mais également à Svenja Schulze et Anja Karliczek, ministres allemandes de l’Environnement de l’Éducation. Dans cette lettre, Mme Kotting-Uhl exprime son mécontentement concernant une décision de l’exécutif européen demandant au Centre commun de recherche (JRC) d’examiner l’impact environnemental de l’énergie nucléaire. Selon la députée allemande, cette démarche est « absurde », car le JRC est le fruit du programme « Euratom » de l’UE et il continue à être financé par celui-ci. Le centre n’est donc pas impartial et « n’est pas en mesure de rendre une analyse objective. »

Accord postposé

La décision de la Commission européenne faisait suite au compromis difficilement trouvé par les chefs d’État et de gouvernement européens en décembre dernier. À l’époque, la France et le Royaume-Uni, en particulier, s’étaient tous deux prononcés pour que l’énergie nucléaire soit classée comme « verte », afin que les investissements dans le secteur soient toujours autorisés. Même le groupe d’experts ayant travaillé à la proposition de la taxonomie européenne était resté évasif à ce sujet. Il ne fait néanmoins aucun doute que l’énergie nucléaire contribue grandement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, indique le rapport final. Toutefois, au vu des déchets nucléaires qui en émanent, le sujet demeure complexe et nécessite « une analyse technique plus approfondie ».

Finalement, les leaders européens se sont tenus à leur accord visant à adopter la taxonomie et à demander à la Commission européenne d’examiner dans quelle mesure l’énergie nucléaire était perçue comme nuisible ou pas. Les résultats devraient être publiés dans un rapport au début de l’année prochaine. Selon les conclusions tirées, la Commission émettra des actes délégués d’ici à la fin 2021 afin d’établir des critères concrets sur la taxonomie.

Aux yeux de Mme Kotting-Uhl, il est impensable de classer l’énergie nucléaire comme un investissement durable sous la taxonomie européenne : « Personne ne peut ignorer le fait que le combustible irradié, mais aussi son recyclage, produit des dizaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs à travers l’Europe. Ces déchets doivent ensuite être stockés pour une durée impossible à maîtriser », écrit-elle. Si l’énergie atomique venait à être classée « verte » selon le principe d’innocuité (« do no significant harm ») de la protection climatique, la règle suprême de la taxonomie, « alors ce n’est clairement pas un critère pertinent », a ajouté la députée.

L’inclusion du nucléaire dans la finance durable divise Paris et Berlin

Alors que les pays européens tentent de fixer les règles de finance verte, la France et l’Allemagne s’écharpent sur la place du nucléaire. Défendue par la France, son inclusion est une ligne rouge pour Berlin.

Le JRC souligne son impartialité

Le JRC se décrit lui-même comme un groupe scientifique neutre menant des analyses dans le domaine de la protection de l’environnement et de la santé. Dans les faits, il a été fondé à la fin des années 50 par le traité de la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom) dans le but d’effectuer des recherches sur de meilleurs types de réacteurs. Jusqu’à présent, le travail du centre sur la sûreté nucléaire demeure un point central de son programme.

Le centre soutient par ailleurs qu’il ne dépend pas d’intérêts privés ou nationaux. De plus, l’analyse qu’il poursuivra à la demande de la Commission européenne « sera régie par les principes de neutralité, d’indépendance et d’intégrité scientifique ». Par ailleurs, cet examen sera non seulement mené par des experts internes, mais aussi par des scientifiques spécialisés dans le domaine de l’énergie nucléaire, de la radioprotection et de la gestion des déchets, a rédigé une porte-parole.

Toutefois, pour Mme Kotting-Uhl : « Au vu de son histoire, il est aberrant de considérer l’énergie nucléaire comme durable. » En outre, chaque État membre de l’UE peut, de son propre chef, investir dans l’énergie nucléaire – seule l’UE ne doit pas la promouvoir activement.

Par Florence Schulz | EURACTIV.de, publié le 20 juillet 2020

Photo en titre : shutterstock_162128453 [symbiot/ Shutterstock]

https://www.euractiv.fr/section/energie/news/eu-commission-criticised-for-its-reporting-on-nuclear-energys-sustainability/

21 JUILLET 20H50 SUR ARTE : 1980, ACCIDENT NUCLÉAIRE EN ARKANSAS

Comment les États-Unis ont échappé de peu à l’explosion d’un de leurs propres missiles nucléaires dans l’Arkansas. Une reconstitution hallucinante heure par heure, fondée sur le témoignage des principaux acteurs. 

Le 18 septembre 1980, à Damascus, dans l’Arkansas, sur une base de l’Armée de l’air abritant le missile nucléaire Titan II, le plus potentiellement meurtrier de l’arsenal américain, deux hommes sont chargés de rechercher la cause d’une légère baisse de pression dans le silo de l’ogive. Après une journée de travail de près de douze heures, l’un de ces jeunes soldats, Dave Powell, commet une erreur de procédure pour pénétrer dans l’habitacle ultrasécurisé où dort le monstre. Une douille chute et endommage l’un des réservoirs du missile, dont le combustible se met à fuir en abondance. L’explosion est inévitable à court terme, et la panique gagne peu à peu l’état-major : si les dispositifs de sécurité ne fonctionnent pas, une charge nucléaire trois fois plus puissante que l’ensemble des bombes larguées durant la Seconde Guerre mondiale, y compris celles qui ont anéanti Hiroshima et Nagasaki, va s’écraser quelque part sur le sol américain, causant des millions de morts. L’angoisse est d’autant plus forte que le Titan II, vétuste, aurait déjà dû être démantelé, si Jimmy Carter n’y avait pas vu une monnaie d’échange dans le cadre des négociations de désarmement nucléaire entamées avec son homologue soviétique Leonid Brejnev. Dans la perspective de l’élection présidentielle de 1981, les démocrates sont d’ailleurs réunis à Hot Springs, à quelques dizaines de kilomètres de la base, à l’invitation du fringant jeune gouverneur de l’État, Bill Clinton.

Longue nuit

Avant d’adapter lui-même à l’écran son best-seller Command and Control: Nuclear Weapons, the Damascus Accident, and the Illusion of Safety (2013), l’écrivain et journaliste d’investigation Eric Schlosser avait déjà fait équipe avec le réalisateur Robert Kenner pour le très remarqué Food, Inc., sur les multinationales américaines de la malbouffe. Ils nous font vivre cette fois, heure par heure, la longue nuit du 18 au 19 septembre 1980, au plus près de ceux des principaux acteurs de l’accident qui ont eu la chance de lui survivre. Parmi eux, Dave Powell, le jeune chargé de maintenance, qui écopera d’un blâme et dont le témoignage est particulièrement émouvant ; Bob Peurifoy, alors à la tête des recherches sur l’armement nucléaire ; ou encore Harold Brown, ex-secrétaire à la Défense. Alternant images d’archives et sobres reconstitutions avec leurs récits face caméra, le film met en évidence l’héroïsme des « petites mains » de la base, qui n’hésitent pas à outrepasser les ordres d’un commandement totalement dépassé pour tenter d’empêcher la catastrophe, puis de sauver leurs frères d’armes, une fois l’explosion survenue. Il souligne aussi l’aveuglement de l’armée et de l’appareil d’État, tout juste capables de décréter le secret absolu, avant d’enterrer le rapport sur les faits. Le Titan II sera miraculeusement retrouvé, au matin, dans un champ tout proche, avec sa charge meurtrière intacte. Plus de trente ans après, la déclassification des archives militaires révélera que plus de mille autres accidents s’étaient produits dans l’arsenal nucléaire américain, tous attribués à des « erreurs humaines« .

Le film : 88 min, disponible du 14/07/2020 au 18/09/2020, prochaine diffusion le mardi 21 juillet à 20:h50

Réalisation : Robert Kenner, pays : États-Unis, année : 2016

https://www.arte.tv/fr/videos/093660-000-A/1980-accident-nucleaire-en-arkansas/

TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES (TIAN) : L’AVANT ET L’APRÈS

EXTRAITS :

Le 7 juillet 2020, trois ans après son adoption.

Nous sommes le 7 juillet 2017 et, vers 11 heures, à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le résultat du vote pour l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) (*) apparaît sur le grand écran : 122 voix pour, 1 voix contre, 1 abstention ; l’émotion des personnes présentes – diplomates mais aussi nombreux militants de la société civile – est grande… c’est en effet une victoire importante de la « démocratie planétaire » face aux intimidations, voire parfois au chantage d’une oligarchie de grandes puissances !…

…Voici la liste actualisée des 40 États qui ont ratifié le TIAN : Afrique du Sud, Antigua-e-Barbuda, Autriche, Bangladesh, Belize, Bolivie, Botswana, Costa Rica, Cuba, La Dominique, Équateur, Fiji, Gambie, Guyane, Îles Cook, Kazakhstan, Kiribati, Laos, Lesotho, Maldives, Mexique, Namibie, Nicaragua, Nouvelle-Zélande, Palaos, Palestine, Panama, Paraguay, Sainte-Lucie, Saint-Marin, Saint-Vincent-et-Grenadines, Salvador, Samoa, Thaïlande, Trinidad-et-Tobago, Vanuatu, Uruguay, Vatican (Saint-Siège), Venezuela, Vietnam.

Et voici les 18 autres États pour lesquels le processus de ratification est en cours ou imminent : Algérie, Cambodge, Comores, Ghana, Grenade, Guatemala, Honduras, Irlande, Jamaïque, Malawi, Népal, Nigeria, Philippines, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Saint-Christophe-et-Nevis, Soudan, Tanzanie.

On peut donc raisonnablement espérer que le nombre fatidique de 50 États sera atteint au plus tard d’ici un an, à compter de maintenant…

Voyons maintenant ce que pourrait être le développement futur du TIAN

Une première étape (fondamentale !) sera, comme nous l’avons vu, l’entrée en vigueur du TIAN, qui aura lieu automatiquement 90 jours après que le cinquantième État l’aura ratifié.

Mais il s’agit maintenant de commencer à aborder l’étape la plus difficile : celle de l’élimination effective des armes nucléaires.

Si pour parvenir à l’adoption et, ensuite à l’entrée en vigueur du Traité International sur l’Interdiction des Armes Nucléaires, une coopération intense entre la société civile et les États « non dotés » a pu suffire, pour la prochaine étape, celle de l’élimination de ces armes, l’interaction de la société civile sera également nécessaire avec les États dotés d’armes nucléaires, à commencer par les deux « géants » : Les États-Unis et la Russie, avec, si possible, la médiation de la Chine qui, malgré son régime totalitaire, a adopté une attitude relativement ouverte à l’égard du processus qui a conduit à l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et ce, contrairement à d’autres États, comme la France et les États-Unis, qui ont tout fait pour le saboter.

De plus, la Chine est le seul État nucléaire à avoir complètement exclu de sa doctrine toute forme d’attaque nucléaire de « première frappe » et maintient ses armes nucléaires (vingt fois moins en nombre que celles des États-Unis ou de la Russie) au niveau d’alerte le plus bas.

Dans un premier temps, la Chine pourrait, par exemple, proposer la création d’un groupe de travail composé d’experts des 9 pays nucléaires (un WG9) avec pour mission spécifique de formuler une « feuille de route » réaliste pour un désarmement multilatéral coordonné, qui servirait ensuite de base aux négociations entre les 9 pays nucléaires et leurs alliés

Une fois que toutes les armes nucléaires auront été abolies, le TIAN aura également une autre fonction essentielle: celle d’en assurer l’irréversibilité.

Bien sûr, d’autres voies, différentes ou complémentaires, peuvent et doivent être « inventées » et entreprises… tant au niveau diplomatique qu’au niveau de l’opinion publique, car le chemin à parcourir requiert la contribution de tous et de chacun.

…Et voici les principaux objectifs spécifiques d’ICAN-France :

– informer et mobiliser autour des conséquences humanitaires des armes nucléaires et des risques qu’elles font courir pour la sécurité humaine et environnementale afin de créer un large soutien de l’opinion publique française à l’interdiction et l’abolition des armes nucléaires

– engager la France à devenir un acteur du désarmement nucléaire mondial au sein des instances internationales et régionales

– obtenir le soutien des acteurs de la société civile française (organisations, personnalités, experts, individus…) à ces objectifs

– ouvrir un débat politique autour de ces questions afin d’inverser l’approche dogmatique de l’arme nucléaire comme « garantie de notre sécurité »

– convaincre l’État Français à adhérer au Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN)…

Par Luigi Mosca, publié le 20 juillet 2020

À propos de l’Auteur : Luigi Mosca est Docteur en physique – Physique des particules élémentaires. Domaines de recherche : Interactions fortes, physique des neutrinos, décomposition du proton et matière noire, dans les laboratoires de Saclay (CEA/France), du CERN (Genève), de Serpukhov (Russie) et LSM (Laboratoire de Fréjus). Ancien directeur du LSM « Laboratoire Souterrain de Modane » (CEA-CNRS). Militant pour le désarmement nucléaire dans l’Association « Abolition des Armes Nucléaires » (membre de l’ICAN) – luigimosca39@gmail.com

Pour lire l’intégralité de l’article, cliquer sur : https://www.pressenza.com/fr/2020/07/traite-sur-linterdiction-des-armes-nucleaires-tian-lavant-et-lapres/

ISRAËL ET WASHINGTON VIENNENT-ILS DE LANCER UNE CYBERGUERRE CONTRE LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES IRANIENNES ?

Des explosions ont secoué deux usines iraniennes impliquées dans la fabrication de centrifugeuses pour son programme nucléaire et le développement de missiles balistiques avancés. L’Iran soupçonne une cyberattaque par les États-Unis, Israël ou les deux.

Fin juin et début juillet, une série d’explosions a frappé divers endroits de l’Iran, tuant des dizaines de personnes [notamment dans un hôpital civil à Téhéran, où il faudrait plutôt parler de terrorisme que de cyberguerre s’il ne s’agit pas d’un accident] et causant d’importants dégâts. Deux de ces sites se distinguent en particulier en raison de leur importance pour la sécurité nationale de l’Iran et de leur implication dans la technologie liée aux programmes d’enrichissement nucléaire et à la production de missiles balistiques, qui ont été identifiés par les États-Unis et Israël comme représentant une menace pour la paix et la sécurité régionales et internationales.

Des gens se rassemblent sur le site d’une explosion dans une clinique médicale dans le nord de la capitale iranienne, Téhéran, Iran, 30 juin 2020.

Tôt vendredi, une série d’explosions aurait frappé la périphérie de Téhéran, ainsi que les villes de Garmdareh et Qods, avec des spéculations selon lesquelles des dépôts de missiles étaient la cible prévue des explosions.

La cause précise des deux explosions n’a pas encore été déterminée. L’une, dans un hall de production de centrifugeuses situé dans l’usine d’enrichissement de carburant de Natanz, fait toujours l’objet d’une enquête. L’autre, au complexe Hemma Missile Industries, a été liée à une explosion dans un réservoir de gaz.

L’installation de Natanz, qui aurait participé à l’assemblage de centrifugeuses avancées utilisées pour l’enrichissement du combustible nucléaire, a été lourdement endommagée, ce qui aurait retardé les efforts de plusieurs mois, voire plus. L’installation Hemmat, qui serait impliquée dans la production de missiles balistiques avancés Shahib-3, a également subi de graves dommages, mais son ampleur exacte reste inconnue.

Non-déni d’Israël

De manière typique, Israël a nié toute implication dans les explosions iraniennes, tout en indiquant qu’il était préoccupé par les activités de la République Islamique. Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a noté que « tous les incidents qui se produisent en Iran n’ont pas nécessairement quelque chose à voir avec nous ».

Gantz a ensuite ajouté un « indice » sur ce qui aurait pu se produire. « Tous ces systèmes », a-t-il dit, se référant aux activités nucléaires et de missiles de l’Iran, « sont complexes. Ils ont des contraintes de sécurité très élevées, et je ne suis pas sûr que [les Iraniens] sachent toujours comment les maintenir [lol]. »

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, qui lui-même était autrefois chef des Forces de défense israéliennes, a été plus circonspect. « Notre politique à long terme au cours de nombreuses administrations est de ne pas permettre à l’Iran d’avoir des capacités nucléaires », a noté Ashkenazi. « Ce régime [iranien] doté de ces capacités est une menace existentielle pour Israël, et Israël ne peut pas lui permettre de s’établir à notre frontière nord. » Quant à ce qu’Israël a pu faire pour empêcher cela, il a déclaré : « Nous prenons des mesures qu’il vaut mieux ne pas révéler. » [Avigdor Lieberman a accusé le chef du Mossad d’avoir publiquement révélé l’implication d’Israël]

Une longue histoire de sabotages

Israël et les États-Unis ont tous deux une histoire de collaboration en ce qui concerne les actions secrètes conçues pour retarder les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran. Le virus le plus connu est peut-être le virus Stuxnet, qui a frappé l’installation de Natanz à l’été 2010 et a été responsable de la destruction d’un grand nombre de centrifugeuses utilisées pour enrichir l’uranium. Moins connu, mais tout aussi efficace, voire davantage, est un programme à long terme de la CIA visant à saboter les missiles et les roquettes iraniens, y compris ceux impliqués dans le programme de lancement spatial iranien.

Le visage le plus public de ce programme est peut-être venu sous la forme d’un tweet du Président Trump en août 2019, à la suite de l’explosion d’un véhicule spatial iranien sur sa rampe de lancement lors des derniers préparatifs de décollage. « Les États-Unis d’Amérique », a tweeté Trump, « n’ont pas été impliqués dans l’accident catastrophique lors des préparatifs du lancement final du lancement de Safir SLV au site de lancement de Semnan 1 en Iran. Je souhaite à l’Iran mes meilleurs vœux et bonne chance pour déterminer ce qui s’est passé sur le site. » Ce non-déni (équivalant à un aveu à demi-mot), était grossier et transparent.

Le cœur de l’effort de sabotage de la CIA réside dans sa capacité à infiltrer les chaînes d’approvisionnement illicites du marché noir utilisées par l’Iran pour soutenir ses programmes, et à infiltrer les matériaux défectueux qui, une fois installés, entraîneraient une défaillance catastrophique. L’allusion de Gantz à la complexité des efforts nucléaires et balistiques de l’Iran, et aux problèmes de « sécurité » impliqués (et à l’incapacité présumée de l’Iran à maintenir ces systèmes), fournit des preuves circonstancielles solides qu’Israël, très probablement en collaboration avec la CIA, aurait pu accéder aux fournisseurs impliqués dans la construction des sites de Natanz et Hemmat. Cela impliquait probablement la distribution de gaz naturel à des fins industrielles. Des capteurs et / ou vannes défectueux peuvent entraîner une défaillance catastrophique et entraîner des événements massifs et hautement destructeurs.

Le silence de l’Iran comme preuve ?

La position officielle iranienne est que bien qu’il ait identifié la cause précise des explosions en question, il ne divulgue pas ces informations pour des raisons de sécurité nationale. Ce retard aurait du sens dans le cas de tout sabotage dérivé de capteurs et de vannes défectueux, auquel cas l’Iran devrait procéder à une rétro-ingénierie de ses efforts d’acquisition, identifier tous les matériaux acquis avec les composants défectueux et les retirer en toute sécurité de l’endroit où ils avaient été installés. L’Iran devra également essayer de découvrir comment et où leurs systèmes de contre-espionnage et de sécurité ont échoué, avant de mettre en œuvre de nouvelles procédures.

L’absence d’explication précise n’a cependant pas empêché les hauts responsables iraniens de spéculer sur la cause des explosions ou sur les auteurs. « Répondre aux cyberattaques fait partie de la puissance de défense du pays », a noté le chef de la défense civile iranienne, Gholamreza Jalili. « S’il est prouvé que notre pays a été ciblé par une cyberattaque, nous répondrons. » (Le porte-parole du ministère des affaires étrangères iraniennes a mis en garde contre les conclusions trop hâtives, rappelant qu’Israël était souvent présenté comme tout-puissant par des médias complaisants ; l’enquête est toujours en cours, et s’il s’avère que des agents étrangers sont impliqués, les ennemis en subiront les conséquences, a-t-il conclu.)

L’agence de presse iranienne, IRNA, a fait allusion au potentiel d’une crise plus grande émergeant au lendemain des explosions de Natanz et Hemmat. « Jusqu’à présent, l’Iran a essayé d’empêcher l’intensification des crises et la formation de conditions et de situations imprévisibles. Mais s’il s’avère que des pays hostiles violent les lignes rouges de la République islamique d’Iran, en particulier le régime sioniste et les États-Unis, cela signifiera que la stratégie… devrait être révisée. »

Chaos potentiel

Il est peu probable que l’Iran cherche à répondre à toute cyberattaque destructrice de manière disproportionnée ; ne vous attendez pas à ce que des missiles soient lancés contre Israël ou contre des bases américaines de la région. Au lieu de cela, l’Iran déploiera probablement ses propres cyber-armes offensives très capables en représailles ciblées, soit contre des installations en Israël et / ou aux États-Unis, soit contre des cibles régionales affiliées à l’un de ces pays. [La prétendue cyber-attaque iranienne contre le système de distribution d’eau israélien, largement reprise par la presse mainstream, est de la propagande visant à faire passer l’agression pour de la légitime défense.]

La cyberguerre est un phénomène nouveau, qui peut infliger d’importants dommages collatéraux aux infrastructures civiles à la fois dans le pays ciblé et aux tiers non directement impliqués dans le conflit en cours. S’il s’avérait qu’Israël et / ou les États-Unis avaient effectivement mené une cyberattaque destructrice contre l’Iran, il y aurait presque certainement des représailles. La fin de ce cycle de cyberguerre n’est cependant pas connue. Compte tenu des réalités complexes des opérations de cyberguerre, au cours desquelles les virus informatiques sont diffusés de manière à provoquer une cyberpandémie mondiale (c’est ce qui s’est passé avec Stuxnet), il faut se demander si les résultats obtenus à Natanz et Hemmat valaient le risque potentiel encouru. Si l’histoire est une leçon, la réponse est —et sera— un « non » retentissant.

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Par Le Cri des Peuples, publié le samedi 18 juillet 2020

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/israel-et-washington-viennent-ils-225790

NIKOL PASHINYAN : « LA MENACE DE L’AZERBAÏDJAN DE BOMBARDER LA CENTRALE NUCLÉAIRE ARMÉNIENNE EST UN CRIME CONTRE L’HUMANITÉ »

Le Premier ministre Nikol Pashinyan s’est rendu samedi 18 juillet 2020 au ministère de la Défense où il a rencontré les dirigeants du ministère de la Défense et des Forces armées, dirigés par le ministre de la Défense David Tonoyan et le chef d’état-major général des forces armées, le lieutenant-général Onik Gasparyan. Le ministre des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanyan a assisté à la réunion.

S’adressant à la réunion, le Premier ministre Nikol Pashinyan a déclaré que le but de la réunion était de discuter de la situation opérationnelle à la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Auparavant, il a noté que la situation militaro-politique dans la région était devenue tendue en raison de l’agression de l’Azerbaïdjan contre le territoire souverain de la République d’Arménie.

Le Premier ministre a rappelé que dimanche dernier, le 12 juillet, les forces armées azerbaïdjanaises avaient lancé une attaque pour occuper la position frontalière « Anvakh » des forces armées arméniennes. « Pour bien comprendre la situation, il convient de noter que cette position est située de notre côté de la frontière, sur le territoire souverain de la République d’Arménie, et les actions de l’Azerbaïdjan ne peuvent être décrites que comme une agression », a-t-il déclaré.

Dans le même temps, a-t-il noté, les forces armées azerbaïdjanaises ont pris pour cible les villages de Movses, Aygepar, Chinari, Nerkin Karmiraghbyur dans la région du Tavush avec des tirs d’artillerie et des drones, causant des dommages importants aux infrastructures civiles et aux habitations.

« Nous avons des preuves – des données factuelles – que les forces armées azerbaïdjanaises ont déployé de l’artillerie et des véhicules blindés entre les maisons et dans les cours du village d’Aghdam devant Chinari. C’est à partir de là que nos villages ont été ciblés afin de présenter nos actions de représailles comme une attaque contre la population civile », a déclaré Nikol Pashinyan.

« Il est très important de souligner le sens et le contexte des événements qui se déroulent, car les actions offensives des forces armées azerbaïdjanaises doivent avoir une explication ; il est donc important de répondre à la question suivante : que veulent faire les dirigeants militaro-politiques de l’Azerbaïdjan et pourquoi ? », a-t-il ajouté.

Ces derniers mois, a déclaré le Premier ministre, la rhétorique militaire de longue date du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev s’est intensifiée. Il menace de résoudre le conflit du Karabagh par la force de manière plus agressive, démontrant ouvertement son intention d’interrompre les pourparlers dans le cadre de la présidence du Groupe de Minsk de l’OSCE.

« Dans ce contexte, il développait la thèse sur la force et l’invincibilité de l’armée azerbaïdjanaise, essayant de justifier l’échec des milliards de dollars dépensés sous prétexte du développement de l’armée vers le bien-être du peuple azerbaïdjanais depuis un an et demi », a noté Nikol Pashinyan.

« Les dirigeants militaro-politiques de l’Azerbaïdjan ont déclaré à plusieurs reprises qu’ils attendaient un ordre d’Ilham Aliyev afin de résoudre le conflit du Karabagh par des moyens militaires. Cette rhétorique continue devait avoir une certaine explication. Naturellement, dans le contexte des déclarations agressives des dirigeants militaro-politiques de l’Azerbaïdjan, la vigilance et l’attention de l’Armée de défense d’Artsakh auraient dû être doublées. Par conséquent, l’Azerbaïdjan a décidé de frapper dans la direction que nous attendions le moins », a-t-il ajouté.

Selon le Premier ministre « il y avait un seul objectif : matérialiser le mythe de l’invincibilité de l’armée azerbaïdjanaise avec un coup inattendu, écraser les positions morales et psychologiques de la partie arménienne avec un succès militaire et attaquer la République d’Artsakh dans cette situation. »

« Les forces armées de la République d’Arménie ont cependant fait preuve d’un niveau de préparation au combat exceptionnellement élevé, garantissant non seulement l’inviolabilité des frontières de l’Arménie, mais brisant également le mythe construit par le président sortant de l’Azerbaïdjan pendant une décennie et demie à propos de la l’efficacité au combat de l’armée azerbaïdjanaise », a-t-il souligné.

Dans le même temps, a-t-il ajouté, avec ces actions, l’Azerbaïdjan a causé des dommages importants aux pays avec lesquels il a une coopération militaro-technique étendue, car au cours de la semaine dernière, nos forces armées ont endommagé des armes, qui sont considérées comme invulnérables dans le monde entier.

« La plus grande surprise dans cette histoire, cependant, est l’attitude méprisante des dirigeants militaro-politiques de l’Azerbaïdjan à l’égard de la vie de ses propres soldats, qui sont envoyés à une mort prévisible même lorsque la tâche qui leur est assignée est clairement irréalisable », a-t-il ajouté.

« La provocation entreprise par les dirigeants politico-militaires de l’Azerbaïdjan a également un contexte géopolitique beaucoup plus large. La propagande azerbaïdjanaise, pour tenter de dissimuler son propre échec, a commencé à développer une thèse selon laquelle les forces armées arméniennes sont positionnées pour perturber et détruire les infrastructures énergétiques internationales originaires d’Azerbaïdjan. Ceci est fait pour présenter l’Arménie comme une menace mondiale », a poursuivi Nikol Pashinyan.

« Mais la preuve la plus importante de l’absurdité de cette idée est que l’Arménie avait théoriquement eu l’occasion de prendre une telle mesure avant même les événements de la semaine dernière. Mais elle n’a jamais eu un tel objectif ; cela n’a jamais été à notre ordre du jour politique, nous n’avons jamais cherché à créer des instabilités économiques, politiques, militaro-politiques ou sécuritaires dans la région et dans le monde », a-t-il déclaré.

« Notre tâche est de garantir notre souveraineté, nos frontières, la sécurité de notre pays et de notre peuple, et de promouvoir la sécurité mondiale. Il est devenu clair ces derniers jours que l’Azerbaïdjan constitue une menace non seulement pour l’Arménie, mais aussi pour la sécurité mondiale. Un responsable azerbaïdjanais a déclaré il y a quelques jours que son pays pourrait lancer une attaque de missiles sur la centrale nucléaire de Metsamor », a ajouté Nikol Pashinyan.

Il a souligné que l’Arménie est capable d’assurer sa propre sécurité, y compris la centrale nucléaire de Metsamor, mais c’est une déclaration qui devrait être considérée sans équivoque comme un crime contre l’humanité, car une telle action constitue une menace de commettre un acte de terrorisme contre l’humanité, elle devrait recevoir une réponse internationale appropriée et une enquête. « Quant aux prochaines étapes, le Premier ministre a déclaré : « Nous devons tous sortir du cercle vicieux des simples déclarations sur les violations du cessez-le-feu : un système international de surveillance fiable du cessez-le-feu doit être mis en place. » Et ensuite, les négociations tenues sous la forme de coprésidence du Groupe de Minsk de l’OSCE devraient être poursuivies et l’Azerbaïdjan devrait enfin adopter une position constructive« , a-t-il ajouté.

Enfin, le Premier ministre Nikol Pashinyan s’est déclaré satisfait de la grande efficacité des forces armées arméniennes et a déclaré « que la politique de développement de l’armée du gouvernement, y compris le développement du complexe militaro-industriel, se justifiait pleinement. Il ne fait aucun doute que nous continuerons dans cette voie. Comme je l’ai dit à maintes reprises, le développement de nos forces armées n’est pas une priorité pour nous, mais la priorité des priorités. »

« Et je voudrais aborder une question cruciale que nous avons soulevée dans ce contexte, à savoir le retour à l’état de l’argent mal gagné obtenu grâce à la corruption et l’investissement de cet argent pour le développement des forces armées arméniennes. Cet objectif n’a pas encore été pleinement atteint. Mais nous resterons sur cette voie : des mécanismes juridiques spécifiques ont déjà été mis en place à cet effet, qui entreront en vigueur dans un proche avenir », a-t-il conclu.

Par Stéphane, publié le dimanche 19 juillet 2020

https://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=58927

LA DÉFENSE RUSSE ÉVOQUE LES RAISONS DU RETRAIT AMÉRICAIN DU TRAITÉ CIEL OUVERT

Après avoir accusé la Russie de violer le traité Ciel ouvert, Donald Trump a annoncé le 21 mai que les États-Unis s’en retiraient. Selon le chef du Centre national russe sur la diminution de la menace nucléaire, Washington cherche ainsi à éviter les contrôles sur son territoire tout en gardant intactes ses vues sur le secteur spatial.

Les États-Unis ont décidé de se retirer du traité Ciel ouvert pour prendre le contrôle de l’espace et éviter l’inspection du territoire américain, a affirmé Sergueï Ryzhkov, chef du Centre national sur la diminution de la menace nucléaire auprès du ministère russe de la Défense, lors d’une interview accordée au quotidien Krasnaïa Zvezda.

Selon lui, Washington veut contrôler le secteur spatial, y compris les systèmes de communication et de navigation, les débris spatiaux, la télédétection de la Terre pour «gagner beaucoup d’argent là-dessus à l’avenir en vendant des éléments pertinents».

En outre, M. Ryzhkov a estimé que les États-Unis cherchaient ainsi à empêcher les inspections sur leur territoire.

Il a rappelé que la situation autour du traité avait commencé à se détériorer en septembre 2013, lorsque la partie américaine avait pour la première fois refusé qu’un avion russe vole au-dessus des États-Unis dans le cadre de ce traité sans «procurer une excuse pour justifier leurs actions».

«D’après la pratique, je peux dire que lors de la mise en œuvre des traités de limitation des armements, il existe différents types de différends, à la fois juridiques et techniques. En effet, 34 États membres participent à la mise en œuvre du traité Ciel ouvert, et chacun d’eux a sa propre compréhension de certaines dispositions du traité. Mais ces problèmes sont faciles à régler dans le cadre de la commission consultative», a-t-il noté.

Le retrait des USA

Donald Trump a annoncé le 21 mai que les États-Unis se retiraient du traité Ciel ouvert, accusant la Russie de ne pas le respecter. Moscou a rejeté ces accusations. M.Trump n’a toutefois pas exclu un retour à l’accord et l’élaboration de nouveaux arrangements.

La France et neuf autres pays européens ont regretté cette décision. Pour Moscou, ce retrait est «une autre étape du démantèlement de l’architecture de sécurité internationale».

Signé le 24 mars 1992, à Helsinki et ratifié par les États-Unis en 1993 et par la Russie en 2001 puis entré en vigueur le 1er janvier 2002, le traité Ciel ouvert prévoit des vols de surveillance non armés sur la totalité du territoire des États membres afin de renforcer la compréhension et la confiance mutuelle en permettant à tous ses participants de participer à la collecte d’informations sur les forces militaires des autres pays membres.

Publié le 17 juillet 2020 à 11h36

https://fr.sputniknews.com/international/202007171044114636-la-defense-russe-evoque-les-raisons-du-retrait-americain-du-traite-ciel-ouvert-/

BELGIQUE : SORTIE DU NUCLÉAIRE: LA CHAMBRE APPROUVE LE MÉCANISME DE RÉMUNÉRATION DE CAPACITÉ

Les socialistes, les libéraux, les écologistes, le CD&V et la N-VA avaient pu s’accorder en commission sur cette proposition de résolution.

La Chambre a approuvé jeudi en séance plénière la résolution du MR sur le financement du Mécanisme de rémunération de capacité (CRM) qui doit garantir la sortie du nucléaire en 2025 en soutenant de nouvelles capacités énergétiques. Le texte a été approuvé par 116 voix pour, 11 contre et 19 abstentions. Ce vote permet à la Belgique de répondre aux questions formulées par la Commission européenne, à laquelle ce dossier a été notifié. Le temps presse: la première enchère qui doit avoir lieu pour mettre en œuvre le mécanisme est prévue en 2021.

Le texte indique que le CRM sera financé sur la base d’une obligation de service public imputée sur les tarifs d’Elia, gestionnaire du réseau de transport de l’électricité. Certaines modalités et balises sont prévues. Le coût de ce mécanisme pour le consommateur est sujet à controverse. Selon Elia, le coût serait de 21 euros par an pour un ménage avec une consommation moyenne et de 31 euros s’il a une grosse consommation. Selon le régulateur, la CREG, il serait de 38 euros pour une consommation moyenne et de 56 à 86 euros pour une consommation importante.

La résolution demande au gouvernement de faire en sorte que le surcoût dû à la politique fédérale en la matière diminue pour les ménages et les entreprises, malgré cette obligation de service public. Une proposition protégeant davantage le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises est attendue d’ici la fin de l’année.

La résolution demande aussi la création d’un fonds dédié aux obligations de service public «alimenté de diverses sources de financement comprenant notamment les recettes de nouvelles mesures ambitieuses de lutte contre la fraude».

La Chambre avait approuvé il y a un an à une large majorité ce mécanisme qui permet de rémunérer un producteur pour la mise à disposition d’une capacité. Le CRM est «neutre technologiquement» mais les centrales au gaz sont particulièrement concernées. Une première enchère doit avoir lieu en 2021 si la Belgique veut être prête à temps. Le gouvernement a préparé des arrêtés royaux d’exécution qui ont été notifiés à la Commission européenne. Celle-ci voulait toutefois savoir comment ce CRM allait être financé avant de se prononcer.

Sans CRM, la sortie du nucléaire était compromise. Mais le mécanisme ne bétonne pas cette sortie.

La Chambre a par ailleurs approuvé jeudi une proposition de loi de l’Open Vld qui étend le pouvoir de sanction de la CREG aux opérateurs étrangers.

Par Belga, publié le 16-07-2020 à 19h06

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20200716_01491813/sortie-du-nucleaire-la-chambre-approuve-le-mecanisme-de-remuneration-de-capacite

30 SECONDES JUSQU’À LA CATASTROPHE: UNE COLLISION ÉVITÉE ENTRE UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE ET UN FERRY

Un sous-marin nucléaire de la Royal Navy a failli heurter un ferry rempli de passagers. D’un belvédère situé sur le Stena Superfast VII le périscope du sous-marin nucléaire de la Royal Navy a été repéré sur le devant du navire. Le capitaine du ferry a ordonné un virage en pointe et évité de peu une collision. Un rapport publié aujourd’hui a révélé que les passagers et l’équipage des deux navires étaient en «danger immédiat».

Un désastre a été évité de justesse lorsqu’une vigie située sur le pont sur un belvédère du Stena Superfast VII a repéré le périscope du sous-marin tranchant les eaux agitées 250 mètres plus loin. Le capitaine du ferry a ordonné un virage serré vers le port. Le sous-marin nucléaire de la Royal Navy était à 30 secondes de provoquer la catastrophe. Le ferry, transportant 282 personnes, naviguait entre Belfast et Cainryan dans le sud-ouest de l’Écosse lorsque l’incident s’est déroulé dans le chenal Nord le 6 novembre 2018. Un rapport sur le quasi-accident, publié le 16 juillet, a indiqué qu’il y avait un risque «réel» et «grave de collision» et que les passagers et l’équipage des deux navires étaient «en danger immédiat».

Il s’agit du quasi-accident le plus grave de l’histoire récente, selon la direction des enquêtes sur les accidents maritimes. L’enquête a révélé que la vitesse du ferry était de 21 nœuds (50 km/h) et que l’équipage du sous-marin à propulsion nucléaire allant à 6 nœuds (11 km/h) avait mal jugé la distance avec le ferry. Le nom du sous-marin, basé à Faslane en Écosse n’a pas été divulgué pour des raisons de sécurité. La marine a déclaré qu’il n’y avait aucun problème de sécurité nucléaire lors de l’incident.  

Le rapport de la direction des enquêtes sur les accidents maritimes (MAIB, Marine Accident Investigation Branch) a déclaré: «Le dernier événement, bien qu’en fin de compte un quasi-accident, avait le potentiel d’être le plus grave de tous, n’a été évité que par les actions de l’équipe du ferry impliqué». Les experts rajoutent que «dans les trois cas, non seulement les équipes de commandement des sous-marins avaient une appréciation inexacte de la position, du cap et de la vitesse des navires de surface à proximité, mais elles n’avaient pas non plus détecté que leurs évaluations étaient erronées en temps voulu pour prendre l’action nécessaire pour rester en sécurité». 

La MAIB a ordonné à la Marine de procéder à un examen indépendant du dernier incident. L’une des recommandations est que les sous-marins utilisent le radar dans les voies de navigation très fréquentées. Andrew Moll, inspecteur en chef des accidents maritimes, a déclaré: «Bien qu’il n’y ait pas eu de collision, il s’agissait du troisième accident ou incident entre un sous-marin plongé de la Royal Navy et un navire de surface en 4 ans, ce qui est un sujet de préoccupation majeur. »

La Royal Navy a coopéré à l’enquête de la MAIB sur ce quasi-accident et a pris une série de mesures visant à prévenir la récurrence, en réponse à cet incident et à d’autres incidents similaires. « Cependant, j’ai recommandé aujourd’hui à la Royal Navy de procéder à un examen indépendant des mesures prises afin de garantir que le risque de collisions similaires soit réduit au niveau le plus bas possible», a déclaré Andrew Moll. Un porte-parole de la Royal Navy a déclaré: «Assurer la sécurité en mer est une priorité absolue pour la Royal Navy, c’est pourquoi nous saluons ce rapport et avons déjà pris des mesures pour resserrer notre formation et nos procédures». 

En avril 2015, un chalutier de pêche a été remorqué à grande vitesse à travers la mer d’Irlande après qu’un sous-marin a accroché ses filets. Une enquête a révélé que l’équipage du Karen était en danger, le navire ayant presque chaviré. À l’époque, la Marine avait déclaré avoir formulé 12 nouvelles recommandations pour éviter des incidents similaires. Cette affaire rappelle le dossier du naufrage jamais élucidé du Bugaled Breizh, un chalutier breton coulé brutalement le 15 janvier 2004 au large du cap Lizard au sud de l’Angleterre. Une association française avait pointé la responsabilité d’un sous-marin de l’Otan comme ayant été le responsable de la catastrophe.

Par Pierre Duval, publié le 18 juillet 2020

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https://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1786

L’AZERBAÏDJAN MENACE D’ENGENDRER UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE EN FRAPPANT LA CENTRALE NUCLÉAIRE ARMÉNIENNE DE METSAMOR

Les relations diplomatiques entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie se sont considérablement dégradées au point que les deux pays en sont venus à s’affronter militairement avec, chaque jour, l’emploi d’armes de plus en plus puissantes. Aujourd’hui, l’Azerbaïdjan menace officiellement de détruire la centrale nucléaire de Metsamor, ce qui pourrait engendrer une catastrophe nucléaire pour toute la région.

Depuis 25 ans, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se disputent la région du Haut-Karabakh (sud Caucase) dans des escarmouches quasi-quotidiennes. Après 4 ans d’une situation à peu près contrôlable, les affrontements se sont amplifiés gravement le 12 juillet 2020.

Si les deux camps se rejettent mutuellement la responsabilité des hostilités, les escarmouches ont fait place à une guerre ouverte avec l’emploi d’armement lourd (chars d’assaut, artillerie, missiles…). Plusieurs centaines de soldats seraient déjà morts.

Ce conflit localisé, qui peut nous sembler lointain, pourrait bien constituer une menace sérieuse pour toute la région depuis que les forces armées azerbaïdjanaises menace la centrale nucléaire de Metsamor en Arménie avec des missiles.

En effet, frapper une centrale nucléaire – qui n’est absolument pas protégée contre de telles attaques – pourrait entraîner une véritable catastrophe nucléaire pour l’Arménie mais aussi les pays voisins comme la Russie, la Géorgie, la Turquie, l’Iran et même l’Azerbaïdjan.

La centrale nucléaire de Metsamor en Arménie, d’une puissance de 408 MW, est considérée comme l’une des centrales les plus à risques dans le monde. Construite dans les années 1970 et donc obsolète, elle ne comporte pas de structure de confinement primaire. En outre, elle se situe dans une région à forte sismicité. Cela n’a pas empêché le gouvernement arménien de prolonger sa durée d’exploitation jusqu’en 2026.

L’Azerbaïdjan a officiellement menacé de frapper la centrale nucléaire, ce qui pourrait entraîner une situation critique pour toute la région, relate le site de défense Avia.pro : « La partie arménienne ne doit pas oublier que les derniers systèmes de missiles qui sont dans l’arsenal de notre armée permettent de frapper la centrale nucléaire arménienne avec une grande précision, ce qui peut conduire à une grande catastrophe pour l’Arménie » a déclaré le chef du service de presse du ministère azerbaïdjanais de la défense, Vagif Dargahli.

En réponse, le ministre arménien de la Justice, Rustam Badasyan interpelle la communauté internationale : « L’Azerbaïdjan menace de détruire la centrale nucléaire de Metsamor. Je pense que cela devrait inquiéter toute la région ainsi que la communauté internationale ».

De plus, l’Arménie a transféré d’urgence des systèmes de défense anti-aériens autour de la centrale nucléaire. Si elle était détruite, cela priverait immédiatement 40 % du pays d’électricité, puis engendrerait une catastrophe environnementale avec des émissions radioactives durables et une gestion toujours extrêmement compliquée et coûteuse comme en témoignent les accidents majeurs de Tchernobyl et Fukushima dont les conséquences ne sont toujours pas réglées.

La Russie et la Turquie s’impliquent dans le conflit

La Russie s’est récemment impliquée dans le conflit en protégeant l’Arménie avec des hélicoptères de combat tandis que la Turquie a fait part de son entière solidarité avec ses « frères » d’Azerbaïdjan. À ce titre, le président du parlement turc juge les « provocations » et les « actions agressives de l’Arménie » responsables du conflit. Pire, la Turquie menace prendre part au conflit : « Nous condamnons fermement l’attaque ignoble contre la région de Tovuz en Azerbaïdjan. La douleur de l’Azerbaïdjan est notre douleur. La mort de l’armée azerbaïdjanaise ne restera pas sans réponse», a déclaré Hulusi Akar, chef du ministère turc de la Défense.

Si les pourparlers se poursuivent pour mettre fin à cette dangereuse escalade, cela nous rappelle combien l’énergie nucléaire est une source d’énergie centralisée extrêmement vulnérable et dangereuse : aucune centrale nucléaire n’est construite pour endurer une attaque qu’elle soit terroriste ou liée à un conflit ouvert. Leur simple destruction peut priver d’électricité une région entière et la polluer pour des milliers d’années à cause de la radioactivité, obligeant les populations riveraines à se déplacer définitivement…

Par Christophe Magdelaine / notre-planete.info, publié le 17 juillet 2020 à 21h53

Photo en titre : la centrale nucléaire de Metsamor (Arménie)
© Bouarf / Wikimedia – Licence : CC BY-SA

https://www.notre-planete.info/actualites/4700-centrale-nucleaire-Metsamor-Armenie-guerre-Azerbaidjan

LA CONSTRUCTION DE NOUVEAUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES NE SERA PAS TRANCHÉE AVANT LA PRÉSIDENTIELLE

Malgré les demandes insistantes de la filière nucléaire, Emmanuel Macron ne veut pas s’engager sur la construction de nouveaux réacteurs.

Il est urgent d’attendre. C’est visiblement la ligne choisie par Emmanuel Macron sur la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, au grand désespoir de la filière. La décision de lancer en France de nouveaux chantiers EPR attendra après la présidentielle de 2022. Pourtant, le président de la République n’a rien d’un antinucléaire. Il a souvent affirmé que le nucléaire était un « choix d’avenir ». Mais l’Élysée est mis en difficulté par les errements de la filière, et en particulier le catastrophique chantier de Flamanville (Manche).

Lire aussi : « Le nucléaire est devenu un péril parmi tant d’autres » : la lutte contre l’atome ne fait plus recette (Article réservé à nos abonnés)

En novembre 2018, lors de son discours sur la politique énergétique de la France, le président de la République avait fixé un agenda à EDF : revenir vers lui à la mi-2021 avec un dossier complet pour la construction de nouveaux réacteurs en France. La filière travaille depuis plusieurs années à un EPR2, présenté comme plus simple et moins coûteux, et plaide pour un programme de construction d’ampleur afin de faire des économies d’échelle. Mais ce tempo a été bousculé par la révélation de nouvelles difficultés à Flamanville : en juin 2019, l’Autorité de sûreté nucléaire demande à EDF de reprendre des soudures jugées non conformes. Or elles sont situées sur des tuyauteries cruciales pour le fonctionnement du réacteur, et les travaux nécessaires pour les refaire sont longs et coûteux. Résultat : alors qu’EDF espérait démarrer le réacteur fin 2020, l’entreprise est contrainte de repousser à 2023, soit après la présidentielle.

Démarré en 2007, le réacteur de troisième génération aurait dû voir le jour en 2012 et coûter 3,3 milliards d’euros. Il ne devrait pas être connecté au réseau avant 2023 et son coût de construction sera d’au moins 12,4 milliards d’euros – la Cour des comptes estime même qu’il pourrait dépasser 19,1 milliards d’euros au démarrage.

Lire aussi : « Échec opérationnel » et « dérive des coûts » : la gestion de l’EPR, réacteur nucléaire de troisième génération, décriée par la Cour de comptes (Article réservé à nos abonnés)

« L’EPR est un boulet »

À l’été 2019, François de Rugy – historiquement antinucléaire – est remplacé par Élisabeth Borne au ministère de la transition écologique et solidaire. La filière nucléaire croit voir dans cette polytechnicienne une alliée. D’autant que la ministre cosigne en septembre avec Bruno Le Maire une lettre au patron d’EDF, Jean-Bernard Lévy, qui lui demande de travailler explicitement sur le scénario de la construction de six nouveaux réacteurs – et uniquement sur celui-ci. La filière nucléaire se réjouit, mais la fête est de courte durée. Elisabeth Borne ne poursuit pas dans cette voie et prend ses distances avec l’atome.

L’arrivée de Barbara Pompili renforce encore cette tendance au sein du gouvernement : l’ancienne cadre d’Europe Écologie-Les Verts n’a jamais caché son aversion pour le nucléaire. « Il est clair que son arrivée ferme la porte pour l’instant à toute décision », se désole un dirigeant du secteur. À l’Élysée, le discours est calé depuis plusieurs mois : « On ne peut pas prendre de décision, l’EPR est un boulet qui ralentit tout », expliquait-on déjà avant la crise sanitaire. On souligne explicitement que « le sujet ne pourra pas être porté dans la campagne présidentielle ».

Un scénario noir pour la filière, qui craint que l’absence de décision accentue la perte de compétences industrielles, d’autant que le calendrier du nucléaire est toujours étendu. « Il faut trancher au premier semestre 2021 au plus tard, au moins sur la construction d’une première paire de réacteurs, sinon on se met en danger », s’inquiète Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire. L’exécutif a bien l’intention de recevoir le dossier détaillé d’EDF en 2021, mais rien ne sera tranché tant que l’EPR ne sera pas opérationnel.

Lire aussi : Visualisez en graphiques l’énième dérapage financier de l’EPR de Flamanville

Par Nabil Wakim, publié le 17 juillet 2020 à 09h15, mis à jour le 17 juillet 2020 à 11h28

Photo en titre: EPR Flamanville, EDF

https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/07/17/la-construction-de-nouveaux-reacteurs-ne-sera-pas-tranchee-avant-la-presidentielle_6046465_823448.html

DES SCIENTIFIQUES IMPLORENT TRUMP DE NE PAS REPRENDRE LES ESSAIS NUCLÉAIRES

Les scientifiques mettent en garde Donald Trump face au risque d’“une accélération de la course aux armements » la menace que cela représenterait pour l’environnement.

ÉTATS-UNIS – Quelque 70 importants scientifiques américains ont appelé ce jeudi 16 juillet Donald Trump à ne pas reprendre les essais nucléaires, estimant que ce serait “une accélération de la course aux armements et une menace pour l’environnement”.

L’administration Trump envisage de procéder à un essai nucléaire pour la première fois depuis 1992, notent ces chercheurs des plus grandes universités américaines, dont une demi-douzaine de Prix Nobel, dans une lettre ouverte publiée par la revue Science, 75 ans jour pour jour après le premier essai nucléaire américain.

Le Washington Post avait fait état fin mai d’une discussion quelques jours auparavant au sein de l’exécutif sur la possibilité de reprendre les essais nucléaires en guise d’avertissement à la Russie et à la Chine.

La réunion s’est achevée sans décision, et les sources étaient divisées quant à la poursuite des discussions, précisait le quotidien, citant un haut responsable du gouvernement et deux anciens responsables.

Alerte sur l’environnement

Pendant la Guerre froide, les États-Unis ont mené 1030 essais nucléaires, plus que toutes les autres puissances nucléaires réunies” à ce jour, écrivent ces scientifiques, rappelant que Washington observe depuis 1992 un moratoire sur les essais nucléaires, a signé en 1996 le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (Tice) mais ne l’a jamais ratifié.

Reprendre les essais “donnerait le feu vert à d’autres pays comme la Corée du Nord, l’Inde ou le Pakistan pour reprendre les essais”, soulignent les signataires. “Si les essais sont souterrains, des matériaux radioactifs pourraient se répandre dans l’environnement local, y compris les ressources en eau”.

Nous demandons au gouvernement américain de renoncer au projet de mener des essais nucléaires”, poursuivent-ils, avant d’appeler le Sénat américain à adopter un projet de loi du sénateur démocrate Ed Markey interdisant tout financement d’essai nucléaire et à ratifier “immédiatement” le traité Tice.

La Maison Blanche n’a jamais confirmé envisager de reprendre les essais nucléaires. Dans un communiqué publié jeudi pour marquer le 75ème anniversaire de l’essai “Trinity”, le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique (ouest), l’exécutif souligne que Washington “respecte le moratoire” sur les essais nucléaires depuis 1992.

La Maison Blanche affirme néanmoins que “la Russie a mené des expériences sur des armes nucléaires qui ont libéré de l’énergie nucléaire” et dit avoir des “craintes que la Chine n’en ait fait de même”.

Publié le 16/07/2020 à 21h22 CEST

Photo en titre : ASSOCIATED PRESS : Le dernier essai nucléaire américain remonte à 1992.

https://www.huffingtonpost.fr/entry/scientifiques-americains-implorent-trump-de-ne-pas-reprendre-les-essais-nucleaires_fr_5f10a63dc5b6cec246c02d6e?xtor=AL-32280680?xtor=AL-32280680

« LE NUCLÉAIRE EST DEVENU UN PÉRIL PARMI TANT D’AUTRES » : LA LUTTE CONTRE L’ATOME NE FAIT PLUS RECETTE

La priorité donnée à la bataille contre le réchauffement climatique a fait passer la question du nucléaire au second plan dans les mobilisations citoyennes.

Il y a encore peu, la nomination de Barbara Pompili à la tête du ministère de la transition écologique semblait impensable. La députée de la Somme n’a en effet jamais caché ses convictions antinucléaires, et elle les répétait dimanche 12 juillet au Parisien : « J’ai des positions, elles sont connues et elles ne changent pas. » C’est pourtant le choix qu’a fait Emmanuel Macron en la nommant numéro deux du gouvernement, provoquant désarroi et colère dans le secteur nucléaire.

L’arrivée de l’ancienne élue Europe Écologie-Les Verts (EELV) comme ministre de tutelle des grands groupes nucléaires français signerait-elle un changement d’époque dans le pays le plus nucléarisé du monde ? Ou s’agit-il plutôt d’un signal politique sans trop de conséquences, à deux ans de l’élection présidentielle, envoyé à l’électorat écologiste après la « vague verte » aux municipales ?

Paradoxalement, cette nomination arrive au moment où le débat autour du nucléaire a perdu de son intensité. La prise de conscience de l’urgence climatique a déplacé le curseur : dans les mobilisations, le sujet du nucléaire, pourtant identitaire chez les écologistes, était absent. « C’est vrai que, dans les marches pour le climat, la lutte contre l’atome n’a pas été identifiée comme centrale. Le choix a été de se concentrer sur des messages simples pour que tout le monde puisse s’en emparer », relève Élodie Nace, porte-parole d’Alternatiba, l’une des ONG organisatrices de mouvements citoyens qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes en 2018.

Sous l’impulsion de figures comme Greta Thunberg, le mouvement international a ciblé les énergies fossiles, comme le charbon, le pétrole et le gaz, responsables du dérèglement climatique. Le nucléaire émet, lui, très peu de gaz à effet de serre et ne contribue pas au changement climatique, même s’il a d’autres impacts sur l’environnement.

« Un péril parmi d’autres »

Le mouvement antinucléaire, en parallèle, s’est aussi beaucoup affaibli. É l’exception des mobilisations autour du centre d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure, il a du mal à se faire entendre. Vieillissant, ses organisations historiques ayant traversé une crise interne importante, il n’a pas su atteindre les jeunes générations. « En ayant des modes d’action routiniers et en jouant les experts, le mouvement s’est coupé d’autres publics, les jeunes, les milieux populaires ou ruraux », constatait ainsi le journaliste Gaspard D’Allens, dans Reporterre en 2017.

« La transmission ne s’est pas faite avec la génération climat. Le nucléaire est devenu un péril parmi tant d’autres dans la survie de l’humanité, peut-être moins palpable même que d’autres », reconnaît David Cormand, député européen EELV.

Ce reflux est aussi le fait de la filière nucléaire elle-même, qui fait face à d’importantes difficultés : les dérives du chantier de l’EPR de Flamanville, les batailles entre EDF et Areva, les affaires de fraudes ou la dette abyssale d’EDF. Une tendance qui se reflète au niveau mondial : depuis l’accident de Fukushima, au Japon, en mars 2011, l’atome a perdu de son attrait dans la plupart des pays occidentaux, et les nouveaux projets se sont faits rares.

Lire aussi : La gestion de l’EPR, réacteur nucléaire de troisième génération, décriée par la Cour de comptes

L’Allemagne et la Belgique ont décidé d’en sortir, les États-Unis ne construisent plus de réacteurs. En Europe, seul le Royaume-Uni continue d’y croire – au niveau global, le nucléaire ne représente que 10 % de la production d’électricité.

Lire aussi : Le nouveau projet nucléaire d’EDF au Royaume-Uni face à d’importantes difficultés (Article réservé à nos abonnés)

« La filière s’est tirée elle-même une balle dans le pied »

En France, la filière s’alarme de la persistance du discours antinucléaire et accuse les écologistes d’être les principaux responsables de la décision de la fermeture de la centrale de Fessenheim – une promesse de François Hollande, finalement appliquée par Emmanuel Macron.

La loi de 2015 relative à la transition énergétique prévoyait que la France aurait réduit la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % en 2025 (contre 75 % actuellement). Un texte voté en application de l’accord entre le PS et les écologistes, signé en 2011. À son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron décide de décaler cet objectif à 2035, mais prévoit tout de même de fermer douze réacteurs nucléaires dans les quinze prochaines années. Il cesse par ailleurs de financer la recherche sur la 4ème génération.

La baisse des coûts des énergies renouvelables a aussi poussé de nombreux dirigeants à se détourner du nucléaire. « La plupart des membres de la majorité ne sont pas antinucléaires, estime un député La République en marche (LRM) qui connaît bien le secteur. Mais ils préfèrent miser sur les renouvelables, c’est plus porteur dans l’opinion. »

Les discours sur la nécessaire réduction de la consommation d’énergie, autrefois très minoritaires, sont devenus la norme dans les scénarios de transition. « Le rapport 100 % énergies renouvelables de l’Ademe [Agence de la transition écologique] et celui du Sénat sur le coût du grand carénage [travaux de modernisation du parc nucléaire] ont fait évoluer le débat. Avec l’explosion des coûts, la filière s’est tirée elle-même une balle dans le pied », remarque Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam.

Lire aussi : L’alerte de la Cour des comptes sur les coûts du démantèlement des centrales nucléaires (Article réservé à nos abonnés)

Dernière sortie en date : le rapport de la Cour des comptes sur la filière EPR. Publié début juillet, il étrille « la dérive des coûts » et émet des doutes sur la sincérité des estimations présentées pour les futurs réacteurs.

À gauche, les mentalités politiques ont aussi évolué avec une nouvelle génération d’élus et une prise en compte des impératifs écologiques. Lors de la présidentielle de 2017, ce camp était ainsi représenté par deux candidats (Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon) qui avaient inscrit la sortie progressive du nucléaire dans leur programme.

« Aujourd’hui, aucun candidat à gauche ne pourra endosser un positionnement pronucléaire. La question de l’atome n’est plus un point d’achoppement et ne se pose plus en barrière pour nouer des alliances », souligne Maxime Combes, porte-parole d’Attac. Un sentiment partagé par Nicolas Haeringer, chargé de campagne de l’ONG 350.org : « Dans cette partie de l’échiquier, il est en grande partie acquis qu’il faut faire moins de nucléaire et le remplacer. »

« Les politiques ont peur des écolos »

Les groupes du nucléaire savent qu’ils ont devant eux des années difficiles, mais se montrent confiants sur le long terme. « Le fait que le nucléaire ne soit plus au cœur du débat joue en notre faveur », veut croire un patron du secteur, pour qui, « sur le climat comme sur l’emploi, on est particulièrement bien placé ». Dans la filière, où la détestation d’EELV et de Greenpeace est très ancrée, « certains se disent que passer un peu sous les radars des écolos n’est pas une mauvaise chose : le seul obstacle qui se pose à nous, c’est le fait que les politiques ont peur d’eux », analyse un autre représentant du secteur.

Certains espèrent ainsi voir émerger une tendance d’écologistes pronucléaire, incarnée par le consultant Jean-Marc Jancovici, membre du Haut Conseil pour le climat (HCC), engagé de longue date contre le réchauffement climatique. « Il y a eu ces campagnes de communication d’EDF expliquant que le nucléaire n’émet pas de CO2. Beaucoup de jeunes ne sont pas insensibles à ce discours », reconnaît Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. Fin juin, une cinquantaine de militants des Voix du nucléaire ont fait irruption devant les locaux de l’ONG, dénonçant la fermeture de Fessenheim comme un « crime climatique ». Du jamais-vu dans l’histoire de Greenpeace ! La bataille de l’atome n’est pas encore terminée.

Des militants des Voix du nucléaire manifestent contre la fermeture de Fessenheim devant les locaux de Greenpeace à Paris, le 29 juin. CHARLES PLATIAU / REUTERS

Par Nabil Wakim et Sylvia Zappi, publié le 17 juillet 2020 à 05h44, mis à jour à 09h16

Photo en titre : À l’entrée de la centrale nucléaire de Fessenheim, quelques jours avant son arrêt définitif, le 26 juillet. SÉBASTIEN BOZON POUR « LE MONDE »

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/07/17/le-nucleaire-est-devenu-un-peril-parmi-tant-d-autres-la-lutte-contre-l-atome-ne-fait-plus-recette_6046444_3244.html

ICAN : TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

COMPTE À REBOURS : Nous sommes très heureux de vous annoncer que le Botswana vient de devenir le 40ème État à ratifier le traité des Nations unies sur l’interdiction des armes nucléaires. Le compte à rebours pour son entrée en vigueur a commencé !

Désormais le traité n’a besoin que de 10 ratifications supplémentaires pour entrer en vigueur, et rendre les armes nucléaires illégales au regard du droit international. 

Le calendrier de cette ratification est d’autant plus important que, dans quelques semaines, le monde entier marquera le 75ème anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Cette 40ème ratification est une étape importante, qui dissipe tout doute sur la réalisation de ce processus ; malgré les pressions diplomatiques exercées par la France.

De plus, cette étape confirme que malgré les graves conséquences de la pandémie du COVID-19, les progrès continuent d’être réalisés pour l’interdiction des armes nucléaires. Le désarmement est devenu encore plus important que jamais, les gouvernements étant confrontés à des choix difficiles quant à l’allocation de ressources précieuses. Nous devons investir non pas dans l’armement nucléaire, mais dans le bien-être de l’humanité.

ACTUALITÉ : TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Au 16 juillet 2020 :

  • Ratification, 40 États, Le Botswana
  • Signature, 81 États : Le Belize est le dernier État signataire (6 février).

Ce 15 juillet 2020, le Botswana est le cinquième État du continent africain a ratifier le TIAN. Une date qui a été choisie pour célébrer l’anniversaire de l’entrée en vigueur en 2009 du Traité de Pelindaba qui a fait de l’Afrique une zone exempte d’armes nucléaires. Un symbole fort pour réaffirmer son engagement contre les armes nucléaires. L’ Ambassadeur Collen Vixen Kelapile, lors de la ratification, a ainsi déclaré que « en concluant cette étape importante, le Botswana a une fois de plus confirmé son engagement inébranlable en faveur de la paix et de la sécurité mondiales par l’interdiction des armes nucléaires comme moyen concret de mettre pleinement en œuvre le programme de désarmement. »

GRÂCE A VOUS, NOUS POUVONS AGIR

Nous travaillons chaque jour à travers nos actions de plaidoyer, d’expertise et de communication à : 

  • Faire connaître et comprendre le traité sur l’interdiction des armes nucléaires ;
  • Faire entendre les conséquences humanitaires des armes nucléaires ; 
  • Révéler le coût des arsenaux et la dangerosité des déchets nucléaires militaires ; 
  • Agir pour que les jeunes générations disposent d’information et de moyens pour faire entendre leur voix.

Sans nos actions ces sujets ne seraient jamais abordés à l’Assemblée Nationale où dans les médias. ICAN France fonctionne dans une indépendance financière totale. À l’occasion du 75ème anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, vous pouvez contribuer à rendre notre campagne encore plus forte par un don ponctuel ou régulier.

Par votre engagement, aidez-nous à atteindre encore plus rapidement cette période historique ou ensemble nous allons rendre les armes nucléaires illégales.

MERCI POUR VOTRE SOUTIEN

Publié le 16 juillet 2020

http://5o83.mj.am/nl2/5o83/mjxtz.html?m=AMwAAHmyycAAAcqovhoAAGLx0koAAP-Nb5wAF4DQAAUbfwBfEHuNAWcL3hxRStmN7mTNzZugyAAE5Zk&b=b8fa6c5b&e=ad0c6496&x=VOj1JdqLykFfTkrt5uA3x2nD98ZCrhpSNcIYMdikAUo

« FESSENHEIM, LE DÉBUT DE LA FIN DU NUCLÉAIRE ? », LE LOURD FARDEAU DU DÉMANTELEMENT

La disparition de la doyenne de nos centrales signifie sans doute qu’une page se tourne dans l’histoire énergétique française. Mais ce fardeau, la France devra le traîner encore un long moment. 

Après quarante-deux années d’exercice, la centrale de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, a officiellement fermé ses portes en juin dernier – une promesse de François Hollande réalisée par Emmanuel Macron. La disparition de la doyenne de nos centrales signifie sans doute qu’une page se tourne dans l’histoire énergétique française. Serait-ce « le début de la fin du nucléaire ? », s’interroge ce documentaire. Officiellement, EDF devra fermer 12 réacteurs d’ici à 2035, possiblement compensés par la construction de six nouveaux EPR. Le pays des 75 % d’électricité d’origine nucléaire ne change pas de logiciel. Mais c’est peu de dire que, face à l’arrivée des énergies renouvelables, tout paraît désormais désigner celle issue de l’atome comme appartenant à un siècle révolu.

Cette enquête sur Fessenheim le prouve : les autorités se sont montrées irresponsables en édifiant une installation aussi dangereuse sur une zone sismique, en contrebas du canal du Rhin (avec les risques de submersion qu’on imagine) et à quelques mètres seulement au-dessus de la plus grande nappe phréatique d’Europe. Il s’agissait d’obtenir une électricité « peu onéreuse », dont on entrevoit désormais le vrai coût… exorbitant. Car quel sera le prix du démantèlement de Fessenheim, qui durera vingt ans ? EDF, surendettée, fournit un chiffre probablement de trois à quatre fois inférieur à la réalité – et c’est le contribuable, bien entendu, qui paiera la différence. Quel sera celui de l’enfouissement des milliers de tonnes de déchets radioactifs durant des millénaires ? Les projections sont, là encore, nébuleuses.

Pour alléger l’addition, EDF aimerait pouvoir obtenir le droit de faire refondre ses aciers faiblement irradiés pour d’autres usages. Mais qui voudra d’une poêle ou d’une lampe de bureau radioactives ? Ce genre de question, saugrenue, ne devrait même pas être posée. Le nucléaire nous y contraint pourtant. Qu’on ne se fasse pas d’illusions : ce fardeau, la France devra le traîner encore un long moment.

À la télévision, jeudi 16 juillet à 20h30 sur LCP. Documentaire français de Jean-Charles Deniau (2020). 52 min. (Disponible en replay sur le site de LCP).

Par Arnaud Gonzague, publié le 16 juillet 2020 à 17h00

Photo en titre : « Fessenheim, le début de la fin du nucléaire ? » (LCP)

https://www.nouvelobs.com/ce-soir-a-la-tv/20200716.OBS31266/fessenheim-le-debut-de-la-fin-du-nucleaire-le-lourd-fardeau-du-demantelement.html

LA CHINE SE RÊVE EN LEADER MONDIAL DU NUCLÉAIRE

L’Association chinoise d’énergie nucléaire prévoit la construction de 30 à 40 réacteurs d’ici 2025. Une ambition menacée par les tensions diplomatiques au cœur desquelles se trouve actuellement le pays.

La Chine se rêve en leader mondial du nucléaire

Un proverbe chinois proclame : «Ne craignez pas d’être lents, craignez seulement d’être à l’arrêt.» Le programme nucléaire de la Chine, lui, semble n’être ni l’un ni l’autre. En dépit du ralentissement économique mondial et d’une demande énergétique en baisse, conséquences de la pandémie actuelle de coronavirus, Pékin n’envisage pas de brider ses ambitions nucléaires. Selon des informations du quotidien officiel China Daily, l’Association chinoise d’énergie nucléaire vient d’annoncer la construction de 6 à 8 réacteurs par an d’ici 2025, soit un rythme deux fois plus rapide qu’aujourd’hui.

Autrefois mauvaise élève en matière environnementale, la Chine aspire désormais à se hisser parmi les précurseurs de la transition énergétique. Le pays s’est engagé sur la voie du nucléaire comme sur un dernier terrain à conquérir, répondant à la fois aux pressions de la communauté internationale sur sa dépendance aux énergies fossiles et à une demande d’énergie industrielle et résidentielle interne toujours plus importante.

Nucléaire contre «Airpocalypse»

Las du nuage de pollution constant sous lequel convulsent ses villes, la Chine se targue depuis plusieurs années de ses efforts de «verdissement» de son économie. Le gouvernement chinois a en effet amorcé un lent renoncement à l’industrie du charbon, qui représente toutefois encore 64% de la production d’électricité (contre moins de 5% pour le nucléaire). À l’instar de la France, Pékin a alors fait le pari du nucléaire comme levier d’un approvisionnement énergétique décarboné, et a employé les grands moyens : le pays a connu la progression la plus rapide en matière nucléaire, multipliant par dix le nombre de ses centrales depuis l’an 2000.

Forte de la mise en marche réussie du réacteur de Taishan en 2019, et de ses 47 autres réacteurs actuellement en opération, la Chine entend troquer sa place de premier émetteur de gaz à effet de serre contre celle du premier producteur mondial d’énergie nucléaire. Or, à l’issue de son treizième plan quinquennal (2016-2020), l’objectif d’une capacité nucléaire de 58 GW n’a pas été atteint. Face à cet échec, Pékin semble déterminé à accélérer la cadence.

«La production de 6 à 8 réacteurs par an est tout à fait envisageable. La France avait d’ailleurs eu une dynamique similaire dans les années 80», explique Dominique Grenèche, expert en énergie nucléaire et professeur à Sciences-Po. Selon lui, la décision annoncée par l’Association chinoise d’énergie nucléaire s’inscrit dans une volonté durable de développement de l’atome, et marque le caractère «incontournable» du nucléaire en Chine.

Apprendre de l’Occident

Faire comme la France, mais en mieux. C’est ce que Pékin ambitionne, après avoir tiré des leçons de l’expérience française qui accumule retards et surcoûts pour construire ses réacteurs. Et si la catastrophe sur le site japonais de Fukushima, en 2011, avait paralysé les projets nucléaires, avec l’instauration d’un moratoire de quatre ans, elle a surtout permis à la Chine d’observer attentivement l’état de l’art dans la filière.

À lire aussi : Nucléaire : peut-on encore sauver le soldat EPR ?

En contraste avec les nombreux pays qui affichent un objectif de sortie progressive du nucléaire (la France vise à réduire de 75% à 50% sa dépendance du nucléaire à l’horizon 2025) la Chine entend à l’inverse renforcer sa filière atomique. Et peut, pour cela, s’appuyer sur deux atouts, selon Dominique Grenèche : «l’efficacité sur le chantier» et le fait que «les Chinois sont moins tatillons que les Français sur les régulations de sûreté».  (NDLR : pas très rassurant !)

Côté financier, la production en série de réacteurs permettra de réaliser des économies d’échelle, allégeant le coût global pour le gouvernement. Ce gain de capacité nucléaire permettra d’abord de satisfaire la demande industrielle croissante. Celle-ci devrait s’accentuer avec le projet des «nouvelles routes de la soie» entrepris par la Chine depuis 2013.

Bond en avant technologique

Pour mener à bien sa mission, la Chine mise sur son réacteur phare : le Hualong-1. Version hybride et sinisée d’un réacteur américain et de l’EPR français, Hualong-1 est un produit entièrement estampillé made in China. «Il s’agit du même type de réacteur – à eau pressurisée – et du même modèle que l’AP1000 de Westinghouse [entreprise américaine spécialisée dans le nucléaire, ndlr], sauf que les composantes sont conçues en Chine», précise le professeur Grenèche.

Aujourd’hui, le Hualong-1 est même en passe de concurrencer l’EPR français. Avec plusieurs contrats déjà signés avec le Pakistan et la Grande-Bretagne, il s’impose au-delà du territoire national. Et devient un véritable fer de lance du rayonnement technologique chinois.

Cet élan risque cependant d’être perturbé par le climat diplomatique actuel. La répression menée par la Chine à Hongkong d’une part, et l’affaire Huawei d’autre part, ont envenimé un peu plus les relations de la Chine avec ses partenaires traditionnels en matière nucléaire. Les sanctions américaines menacent notamment les projets qui impliquent la compagnie Westinghouse dans le pays. «Sauf un tournant majeur dans la politique actuelle, on s’attend à un arrêt des activités de Westinghouse en Chine», craint Dominique Grenèche. Côté britannique, les tensions autour de l’affaire Huawei et de l’accueil des exilés hongkongais font planer le doute quant à la poursuite de la coopération avec le Hualong One sur le site nucléaire de Bradwell.

La principale bénéficiaire de ce changement de paradigme semble être la Russie, qui domine le marché international du nucléaire avec son réacteur VVER. La coopération sino-russe, déjà en cours dans le secteur d’enrichissement de l’uranium et sur quatre réacteurs construits par Rosatom, pourrait encore se renforcer.

Le cap désormais fixé, l’heure est à la réflexion détaillée pour Pékin. Notamment sur les modalités de stockage des déchets nucléaires, lesquels se multiplieront avec l’augmentation des réacteurs, et qui nécessitent des dispositifs adaptés.

Par Tatiana Serova, publié le 16 juillet 2020 à 15h38

Photo en titre : Construction d’un réacteur à fusion nucléaire à Chengdu, en juin 2019. Photo Liu Haiyun. Reuters

https://www.liberation.fr/planete/2020/07/16/la-chine-se-reve-en-leader-mondial-du-nucleaire_1794302

L’IRAN APPELLE LES PARTIES RESTANTES À L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE À PROTÉGER LES INTÉRÊTS IRANIENS

ACTUALITÉS TÉHÉRAN — Le ministère iranien des Affaires étrangères a demandé mercredi aux parties restantes à l’accord sur le nucléaire iranien, ou Plan d’action global commun (JCPOA), de protéger les intérêts iraniens dans le cadre de l’accord et de ne pas succomber à la politique américaine.

Le JCPOA constitue une réussite majeure de la diplomatie multilatérale, qui a été fortement appuyée par la communauté internationale mais qui est en grand « danger » pour son cinquième anniversaire, a déclaré le ministère iranien dans un communiqué.

« À moins que la communauté internationale ne garantisse la mise en œuvre équilibrée du JCPOA par l’ensemble des parties en toute bonne foi, celui-ci sera une nouvelle victime de l’approche unilatérale et illégale des États-Unis », selon le communiqué.

Les États-Unis et leurs alliés devront assumer la responsabilité des conséquences de telles politiques, poursuit le document.

« Le non-respect majeur par les États-Unis de leurs obligations (…) et le manque de volonté de certains des participants restants pour restaurer l’équilibre perdu du JCPOA ont compliqué la situation actuelle et empêché l’Iran d’adhérer à ses engagements », souligne le communiqué.

Le ministère a affirmé que l’Iran était déterminé à prendre des mesures décisives contre toute exagération ou comportement irresponsable, et exhorte fortement le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne à respecter leurs engagements au lieu de suivre la direction de la politique américaine de pressions maximales.

Le président américain Donald Trump a décidé en mai 2018 le retrait de Washington de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et a réinstauré par la suite des sanctions contre l’Iran.

Par Yeclo avec Xinhua, publié le 15 juillet 2020

Photo en titre (illustration) : Le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Behrouz Kamalvandi. Photo : AFP/VNA/CVN

https://www.yeclo.com/liran-appelle-les-parties-restantes-a-laccord-sur-le-nucleaire-a-proteger-les-interets-iraniens-actualites-15072020/

NOUVELLE CARTE DE RÉFÉRENCE DES CONCENTRATIONS EN RADIONUCLÉIDES DANS LES SOLS D’EUROPE OCCIDENTALE

Un consortium international de scientifiques, auquel participe le Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE – CEA/CNRS/UVSQ, Institut Pierre Simon Laplace, Université Paris-Saclay), a utilisé une nouvelle méthode pour affiner la carte des concentrations en radionucléides en césium et en plutonium dans les sols de France et de certains pays limitrophes. Exploitant une banque de prélèvements de sols européens, les scientifiques ont retracé les sources du dépôt de ces radionucléides entre 1960 et 2009, en s’appuyant sur la signature isotopique de leurs retombées et notamment le rapport césium/plutonium. Cette étude est publiée dans Scientific Reports, le 16 juillet 2020. Cette carte radiologique d’Europe occidentale, plus précise que l’Atlas européen disponible jusqu’alors1 grâce à l’utilisation de modèles spatialisés multi-paramètres, permet de constituer un ensemble de données de référence mises à disposition de la communauté scientifique sur le site ESDAC2 pour de futures études. 

Un consortium international3 a développé une nouvelle carte de référence des niveaux de concentration en césium et en plutonium en France et dans plusieurs pays voisins (Suisse, Italie, Allemagne, Belgique). Ces deux radionucléides ont été libérés lors des essais nucléaires militaires, notamment dans les années 60, mais également lors de l’accident de Tchernobyl en 1986.

Les données recueillies, mises à la disposition de la communauté scientifique et du public, sont utiles pour établir une base de référence en cas d’éventuelles retombées futures de radionucléides, mais aussi pour une utilisation dans de nouvelles études, notamment en géomorphologie. Elles permettront, par exemple, de reconstruire les taux d’érosion des sols depuis les années 1960 dans des régions d’Europe marquées par d’importantes modifications des paysages. 

Cette carte est basée sur une méthode de calcul nouvelle, à savoir le recours au rapport césium/plutonium. Elle présente par ailleurs une meilleure résolution spatiale (une valeur tous les 500 mètres) que les cartes de référence précédentes, grâce à l’utilisation de modèles spatialisés multi-paramètres (GAM) pour calculer la valeur en tout point du territoire couvert par l’étude.

Une nouvelle méthodologie pour de meilleures précision et résolution

Les chercheurs du consortium se sont appuyés sur 165 échantillons d’une banque européenne de prélèvements de sols de 2009. Ces échantillons sont issus de sols sous prairies, restés stables depuis les années 1960 (absence d’érosion et d’accumulation) et représentatifs de la variabilité des conditions de pluie observées dans les pays concernés par l’étude. 

Les radionucléides présents dans ces échantillons, césium et plutonium (137Cs, 239Pu, 240Pu), ont laissé une empreinte spécifique dans les sols européens. En effet, dans les pays couverts par l’étude, le plutonium est issu exclusivement des essais nucléaires. Quant au césium, il est issu à la fois des essais nucléaires notamment des années 1960 et de l’accident de Tchernobyl de 1986. Le rapport entre le césium et le plutonium est donc différent selon qu’il provienne des essais nucléaires ou de l’accident de la centrale de Tchernobyl. C’est ce rapport qui a permis aux chercheurs de retracer l’origine de ces radionucléides artificiels déposés sur les sols européens.