COORDINATION « PISCINE NUCLÉAIRE STOP » À BELLEVILLE- SUR-LOIRE

Objectif : « constituer un front uni afin de coordonner les actions pour une transparence totale sur ce projet et une information objective ».

EDF doit déposer avant la fin de cette année sa Demande d’Autorisation de Création pour une piscine géante de matières hautement radioactives (l’équivalent de 100 à 120 réacteurs nucléaires) pour une durée annoncée de 100 ans !

Il semblerait que le site de la centrale atomique de Belleville, dont la moitié seulement de la réserve foncière est utilisée, soit choisi pour ce projet démesuré.

Quinze associations et collectifs des quatre départements proches du site : Cher, Loiret, Nièvre et Yonne, ont décidé de constituer un front uni afin de coordonner leurs actions pour une transparence totale sur ce projet et une information objective.

Ils entendent alerter sur les dangers et les conséquences environnementales, sécuritaires, sanitaires et économiques d’un tel choix alors que tous les éléments (rejets et effluents dans le milieu naturel, conséquences d’une perte de refroidissement ou d’une brèche dans les bassins, coût d’une telle installation, risques liés aux nombreux transports générés…) n’ont pas été dévoilés aux riverains.

EDF n’a développé qu’une seule solution, or d’autres existent. Comment prendre des décisions éclairées pour maintenant et pour l’avenir quand aucune alternative n’est soumise à réflexion ?

Pour contacter la Coordination « Piscine Nucléaire Stop », une adresse : piscinenucleairestop@riseup.net

Par ailleurs, nous vous mettons également en pièce jointe un argumentaire plus détaillé et quelques liens pour compléter notre propos.

La coordination (Tél : 06 62 84 13 88)

https://yonnelautre.fr/spip.php?article14063&lang=fr

Compléments au communiqué de création de la coordination citoyenne « Piscine Nucléaire Stop » sur le site :

https://yonnelautre.fr/IMG/pdf/complements_au_cp_de_creation.pdf

Voir en ligne : Agir contre le Nucléaire dans le Cher

Par Piscine Nucléaire Stop (Coordination), publié le vendredi 29 mai 2020

LA CHINE S’OPPOSE À L’ANNULATION AMÉRICAINE DE L’EXONÉRATION DE SANCTIONS SUR LES PROGRAMMES NUCLÉAIRES IRANIENS DANS LE CADRE DU JCPOA

ACTUALITÉS BEIJING, 30 mai 2020 (Yeclo avec Xinhua) — Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré vendredi que la Chine s’opposait fermement à l’abandon américain de l’exonération de sanctions sur les programmes nucléaires iraniens, dont la conversion du réacteur d’Arak.

Zhao a indiqué lors d’un point de presse que l’action des États-Unis portait atteinte au progrès international de la non-prolifération et aux efforts communs pour maintenir le Plan d’action global conjoint (JCPOA) et que cela illustrait leur modèle constant de pratique unilatérale et hégémonique.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a annoncé dans un communiqué publié le 28 mai (heure de Beijing) la fin de l’exonération des sanctions sur les programmes nucléaires iraniens, dont la conversion du réacteur d’Arak, à la suite d’une période finale de réduction progressive de 60 jours.

« Les États-Unis ont choisi de s’en tenir à leur campagne de pression maximale sur l’Iran. Ils se sont non seulement retirés unilatéralement du JCPOA en violation de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, mais ont également intensifié leur pression pour entraver la mise en œuvre de l’accord par d’autres parties », a expliqué M. Zhao.

Il a déclaré que les dispositions de cet accord concernant les programmes nucléaires reflétaient un équilibre entre les obligations de non-prolifération de l’Iran et le droit d’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, et qu’elles incarnaient l’objectif et le principe du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

« Le respect et la mise en œuvre de ces dispositions sont dans l’intérêt commun de toutes les parties et sont une responsabilité partagée », a souligné M. Zhao.

Par Yeclo avec Xinhua, publié le 30 mai 2020

https://www.yeclo.com/la-chine-soppose-a-lannulation-americaine-de-lexoneration-de-sanctions-sur-les-programmes-nucleaires-iraniens-dans-le-cadre-du-jcpoa-actualites-30052020/

« DU DANGER POUR L’EUROPE DE LA STRATÉGIE NUCLÉAIRE DES ÉTATS-UNIS ET DE L’OTAN »

Dans une tribune que nous publions, le Cercle de Réflexion Interarmées réclame une redéfinition des rapports de la France avec les États-Unis.

Prisonnière de la tutelle américaine exercée par le biais de l’OTAN, l’Europe ne voit pas le danger d’une nouvelle guerre froide à laquelle conduit l’attitude belliqueuse des États-Unis à l’égard de la Fédération de Russie et qui pourrait déboucher sur un conflit nucléaire. Pour bien mesurer ce danger, il convient d’analyser :

1) La stratégie d’emploi des armes nucléaires américaines, notamment à la lumière des récentes évolutions doctrinales US.

2) Les effets du déploiement des systèmes anti-missiles balistiques US et OTAN en Europe. Sans refaire un historique exhaustif de l’histoire de la dissuasion des USA, il semble intéressant de situer ses tournants majeurs dont le revirement d’aujourd’hui a surtout des raisons de nous alarmer.

Après les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, la course aux armements nucléaires a marqué profondément la guerre froide. Les arsenaux stratégiques – bombardiers, missiles – capitaliseront chacun de 35 à 45000 charges d’une énergie potentiellement sans limite grâce à la fusion thermonucléaire. En Europe, plus de 6500 armes nucléaires de théâtre seront déployées. Percevant, l’un et l’autre, leur marche vers une inexorable destruction simultanée, USA et Russie vont enchaîner rencontres, confrontations, marchandages et traités (TNP en 1972, ABM en 1975, SALT1 1971, SALT 2 1979, INF 1987, START1 1991, START 2 1993, New START 2010 – qui doit d’ailleurs être renouvelé en 2021).

Lire également: ⋙ La précédente tribune du Cercle de Réflexion Interarmées : « Il faut se libérer de l’emprise américaine et se rapprocher de Moscou”

En 1987 le traité INF bannissait les armes nucléaires du théâtre européen. L’Europe ne devait plus craindre «la bataille nucléaire de l’avant » au milieu de ses 114 habitants au km² (moyenne UE), avec 3 minutes de préavis. En 2010, le plafond des arsenaux centraux stratégiques USA et Russie était tombé d’environ 40000 charges à 1500, ce dernier but n’étant d’ailleurs pas encore atteint. Mais le refus annoncé du Président D. Trump de pérenniser cet objectif en 2021 et la dénonciation en 2019 du traité INF laisse craindre une nouvelle ère de tensions sinon une nouvelle course aux armements nucléaires.

La doctrine US -OTAN aujourd’hui : un concept qui marque un retour à la guerre froide

En novembre 2019, Janis Garisons, Secrétaire d’État, au ministère letton de la Défense, alerte sur la menace d’une blitzkrieg russe sur les États baltes avec des armes nucléaires de théâtre de faible énergie rendant une riposte nucléaire OTAN ou US impossible. Coïncidence, au même moment le Pentagone annonce le déploiement du SNLE « USS TENESSEE » avec une dotation de missiles MSBS à charges de faible énergie (1), et une séquence nucléaire (papier) apparaît dans l’exercice de l’OTAN « Defender 2020».

Autre concordance, en juin 2019, l’état-major US publie (par erreur ?) un document intitulé Joint Publications « Nuclear Operations » référencé JP-3-72. Le concept d’emploi de l’arme nucléaire de théâtre ou tactique y est présenté sans ambiguïté puisqu’il précise : “Integration of nuclear weapons employment with conventional and special operations forces is essential to the success of any mission or operation”. En clair, il y est affirmé que le nucléaire peut s’utiliser comme n’importe quelle munition dès lors que la cible est militaire et qu’obtenir la victoire l’impose ; les USA renouent avec la vision d’Eisenhower de 1955 ou celle de GW Bush pour détruire les Talibans en Afghanistan.

Le Président Trump a d’ailleurs fait procéder aux essais d’un nouveau missile Tomahawk, d’un ATACMS (missile tactique) et d’un tout nouveau missile de précision PSrM à charge nucléaire ou conventionnelle, dans la gamme de portée de 0 à 500 kms.

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Cette évolution doctrinale vers l’intégration du combat nucléaire à toutes les étapes de la bataille transparaissait déjà dans le glissement des thèmes des exercices annuels de l’OTAN d’évaluation et de qualification opérationnelles de forces c’est-à-dire : Force de réaction de l’OTAN (NRF), Force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (VJTF), et les états-majors associés, AJFC de Brunssum au Pays Bas.

Ainsi naissent les exercices « Steadfast Jazz » en 2013 ou « Trident Juncture » en 2015. « Trident Juncture » – le plus grand – est joué par plus de 30 000 h des unités terre -air-mer- forces spéciales- de tous les membres de l’Otan, sous le regard des observateurs de 12 organisations internationales ; le thème était la réaction à une menace venue du Sud. Il fut donc joué en Espagne, Italie, et Portugal.

Ces exercices de synthèse devaient s’inscrire dans « l’Initiative d’Interconnexion des Forces (CFI) », comme en étaient convenu les Ministres de la Défense des pays de l’OTAN à Newport au Pays de Galles, au sommet de l’OTAN les 4-5/09/2014, afin de mettre en place un concept plus large d’entraînements et d’exercices jusqu’à l’horizon 2020.

La dérive apparaît dès 2016. En effet, dans l’exercice « Anaconda», «l’union des rouges » envoie ses « petits hommes verts » envahir l’union de pays bleus – Pologne + pays Baltes. La métaphore ne trompe personne. De même lorsque l’exercice 2018, sur le même scénario, s’est appelé « Saber Strike » : ceux qui ont connu la guerre des Euromissiles savent que « Saber » était le nom de code OTAN du SS 20 Soviétique.

Enfin et surtout, le plan de manœuvre de l’exercice « Defender 2020 », dont le déroulement prévu entre janvier et juin 2020 est perturbé par la pandémie du coronavirus, donne un éclairage cru sur la vision militaire des Etats-Unis. Singulièrement alarmant pour l’Europe, le concept de frappe nucléaire tactique de théâtre y est scénarisé et mis en œuvre contre l’envahisseur de la Pologne et des États Baltes qui n’est plus désigné par un pseudonyme « Union des rouges » mais par son vrai nom : la Russie.

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Les exercices annuels de l’Otan sur la frontière orientale de l’Europe, de la Baltique à la Mer Noire, les thèmes tactiques joués en 2016, 17, 18 et l’idée de manœuvre de l’exercice « Defender 2020 », montrent que pour les États-Unis et l’OTAN, l’ennemi est toujours et plus que jamais le russe (2)

En 1987, avec le traité INF, l’Europe ne pouvait que se féliciter de ces mesures de réduction des armements nucléaires, qui éloignaient pour elle le spectre de servir de champ de bataille nucléaire. De même la Russie, dans sa difficile situation économique post-soviétique, trouvait là un intérêt économique vital à un nouvel équilibre des armements « par le bas », après sa catastrophique tentative de suivre, « par le haut », les États-Unis dans le bluff de la ruineuse « guerre des étoiles » de R. Reagan.

Ce revirement progressif des USA replonge l’Europe dans un vieux schéma issu de la guerre froide. M. Andreï Gratchev (3) était lucide lorsqu’il avertissait : « La position des faucons américains (…) révèle une profonde ignorance de la réalité et une incapacité à sortir des carcans idéologiques de la guerre froide »

Évolution des positions US et OTAN sur les systèmes anti-missiles balistiques en Europe : une nouvelle fracture Est-Ouest qui relance la course aux armements.

Inquiets ou arguant de la montée en puissance nucléaire de la Chine, les États-Unis se retirèrent unilatéralement en 2001 du traité ABM qui limitait drastiquement les systèmes anti-missiles balistiques (4), et le président George W Bush présenta ce retrait comme une première étape vers la mise au point et le déploiement d’un bouclier de défense anti-missiles destiné, selon lui, à protéger les États-Unis et ses alliés, dont la Russie (sic) , d’une attaque de missiles tirés par des «États voyous» , mentionnant notamment l’Iran, la Corée du Nord ou la Somalie (re-sic !).

Ainsi le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg qualifiait d’« historique cette étape de la mise en place d’un bouclier antimissile européen pour prévenir à long terme les menaces d’attaques par missiles balistiques provenant de régions externes à l’espace Euro-Atlantique».

Ce système qui prévoyait de compléter les installations d’« early warning » résiduelles des défenses ABM par l’installation d’un bouclier anti-missiles en Pologne et en République tchèque, fut assez vite fortement contesté par la Russie, qui y vit une mise en cause de sa propre dissuasion nucléaire, devant sa porte. Par ailleurs, il présentait aussi « l’avantage » de diviser un peu plus le vieux continent entre la vieille Europe (Allemagne et France en particulier) et la nouvelle Europe (de l’est) tout acquise à la cause américaine.

Finalement en 2009 le président B. Obama annula ce plan de déploiement…en apparence, car en réalité il fut remplacé par un autre système (Défense anti-missile balistiques de théâtre – TBMD), à l’étude dans l’OTAN depuis 2001.

De sommets en sommets de l’OTAN, ce système évolua dès 2010 en une véritable architecture globale de défense antimissile balistique en Europe (BMDE), non plus seulement de théâtre, mais couvrant tous les territoires des pays européens de l’OTAN.

Pour tenter d’apaiser ses craintes, la Russie fut associée dès le début, au projet de TMBD, à travers le Conseil Otan-Russie (COR) mais à partir de 2010 (décision du sommet de l’OTAN de Lisbonne entérinant l’élargissement de la TMD en une véritable BMDE) elle dénonça cette évolution fondamentale comme équivalant de facto à un retour déguisé au projet initial de G W Bush pourtant annulé par B. Obama. Elle ne pouvait en effet y voir rien d’autre que le déploiement d’un système destiné à rendre une frappe russe en retour impossible en cas d’une première frappe nucléaire américaine ou surtout otano-américaine.

Certes, l’assurance lui fut donnée que les sites de lancement des missiles antimissiles balistiques (ABM) ainsi déployés devant sa porte, pour « contrer une menace iranienne », ne pourraient jamais être retournés en sites offensifs contre son territoire tout proche. (5) 

Sauf que la Russie constata, dès l’implantation par l’OTAN, en 2015, des premiers missiles anti-missiles de la Ballistic Missile Defense US en pack de 24 lanceurs MK 41 (6), que ces packs, implantés tout autour de la Russie, pouvaient donc tout aussi bien permettre des tirs défensifs sol-air que des tirs offensifs sol-sol de missiles Tomahawk nucléaires contre son territoire en contradiction flagrante avec le traité INF toujours en vigueur à l’époque.

La tromperie était manifeste et impudente (7). Devant la remise en cause de sa capacité de frappe en second, clef de sa dissuasion nucléaire stratégique, augmentée de la menace potentielle présentée par les capacités offensives des lanceurs standardisés MK 41, la Russie réagit en suspendant, toute coopération au sein du COR dès avant l’affaire de la Crimée, en 2014.

L’annexion de cette dernière – pour les Russes le juste retour dans la mère-patrie de cette terre cédée en 1954, par décret soviétique à la République socialiste soviétique d’Ukrainesera ensuite utilisée par l’OTAN pour justifier – a posteriori – la protection BMDE de l’Europe  face à la nouvelle « menace russe » ; exit la menace iranienne … (d’ailleurs jugulée dès 2015 par l’accord de Vienne).

A partir de 2014 le déploiement occidental du système US DMD – Aegis (8) s’accélère. Après la livraison du site de tir de missile «SM2 Aegis Ashore » à Deveselu en Roumanie en juin 2016 (limitrophe de la frontière Bulgare) est lancée l’implantation, pour 2018, d’Aegis Ashore SM3 II A (en cours de développement) à Redzikowo en Pologne, ville proche de la mer Baltique.

Le dispositif est complété de radars de défense aérienne (détection et conduite de tir) en Turquie (« early warning » des menaces pouvant venir du proche Orient ou du sud de la Russie) et au Royaume-Uni, de quatre destroyers US Aegis – port d’attache en Espagne – tandis que les Pays-Bas et le Danemark développent de leur côté des frégates équipées de radars connectés à ce dispositif global. Le centre de commandement, enfin, se trouve en Allemagne.

La justification par le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, citée plus haut ne convainquit pas les Russes. Dans la situation inverse, l’OTAN aurait sans nul doute vu la même menace comme une atteinte inacceptable à sa capacité dissuasive en riposte à une attaque nucléaire!

La Russie placée dans l’impossibilité de connaître en temps réel le type de missiles (antimissiles balistiques défensifs, ou au contraire nucléaires offensifs Tomahawk contraires au traité INF) présents dans les lanceurs de la base de Deveselu et dans ceux qui sont à bord des destroyers US navigant à proximité de ses eaux territoriales va s’estimer en droit, pour battre,  en riposte, les territoires de la « nouvelle Europe » de l’est, de déployer à son tour ses lanceurs mobiles du système sol-sol Iskander (500 km maxi pour la version terrestre « compatible INF ») dans l’enclave de Kaliningrad.

Avec un budget militaire d’environ 65 Mds de $, face aux 240 Mds des pays européens de l’OTAN, ajoutés aux 750 Mds des États-Unis, et ne pouvant donc en aucun cas envisager d’opposer au déploiement BMDE américano-otanien, un bouclier russe ABM équivalent, la Russie va dès lors privilégier la solution beaucoup plus économique de « la flèche pour percer le bouclier ». L’accélération du développement du missile 9M729 (9), pour Moscou une évolution de l’Iskander (d’une portée officielle déclarée de 480 kms) entre dans cette logique d’action – réaction.

En 2018, les États-Unis, souhaitent se dégager du traité INF pour retrouver leur liberté de manœuvre vis-à-vis de la Chine, et, par ricochet, vis-à-vis de la Russie.

Le 2 août 2019, ils sortent officiellement du traité de désarmement INF suivis, ipso-facto, quelque mois plus tard par la Russie. La route est libre pour une relance de la course aux armements. Dès le lendemain du retrait, le Pentagone publie largement la photo du tir d’un nouveau Tomahawk (10) suivi de deux autres essais de missiles sol-Sol – l’ATACMS « upgraded » et le Precise Strike Missile. Ils n’attendaient que la dénonciation du Traité INF, devenu bien gênant !

La même année, le président Poutine annonçait en réaction, la mise au point par la Russie d’une panoplie de nouvelles armes stratégiques toutes réputées quasiment impossibles à intercepter, et capables de frapper en n’importe quel point du globe. (11)

Les États-Unis, en l’occurrence le Président B. Obama, avaient ouvert le bal en lançant son projet de « Conventional prompt global strike » ; une bonne centaine des missiles balistiques intercontinentaux SSBS et MSBS, retirés de la triade « réduite à 1500 charges nucléaires» par l’accord New Start signé avec le Président Medvedev le 8 avril 2010 à Prague, seraient armés de nouvelles charges conventionnelles, mais mettant tout point du globe à moins de 45 minutes de vol d’un Minuteman depuis son silo ou d’un Trident II D5 depuis son sous-marin.

S’agissant de la Russie, au-delà de l’effet d’annonce recherché, avec la part probable d’exagération concernant la réalité opérationnelle effective à bref délai de toutes ces armes nouvelles, il est certain que, en réaction à ce qu’elle perçoit désormais comme une double menace nucléaire tactique et stratégique occidentale sur sa propre dissuasion, elle développera ce qu’elle sait faire de mieux et de plus économique : la flèche tous azimuts contre la cuirasse.

Le cycle provocation-réaction est désormais bien lancé, avec un risque sérieux de re-nucléarisation en Europe et de remontée vers un pseudo-équilibre stratégique « haut » voulu par les États-Unis, et accepté passivement par les Européens à travers l’OTAN, contrairement à l’équilibre « bas » obtenu grâce à toutes les mesures de maîtrise des armements jusqu’à la fin des années 90, souhaitées par la Russie et les Européens à l’époque, et mises en œuvre par l’OSCE.

Cette persistance, voire cette accélération dans cette BMDE, est d’autant plus une provocation que les missiles de ce bouclier Aegis, circonvenant la Russie par son déploiement terre et mer, de la Mer Noire à la Baltique, ne pourront avoir comme cible que la dissuasion russe.

Menace, pour les Russes, que le dernier cri du SM3 II A, avec son « kinetic killer », qui une fois mis au point et bien qu’il ne traite pas les charges nucléaires dans leur vol libre, traitera le corps du missile porteur en phase propulsée (pour les IRBM et MRBM). En pratique le SM 3 II A a fait son premier tir d’essai sur cible balistique fin 2017 pour une implantation en Pologne d’une batterie standard de 24 SM3 en 2018.

C’est dans ce nouveau contexte historique global marqué par le cycle « action US-OTAN » puis « réaction de la Russie » depuis le début des années 2000, qu’il faut replacer le lancement par cette dernière des divers missiles mentionnés, dont le 9M729.

La France et les autres pays européens doivent refuser un suivisme mortifère

Les 4-6 février 2011, à Munich, à la Conférence de Sécurité de l’OTAN, Mr Anders Fogh Rasmussen, Secrétaire Général de l’OTAN avait lancé le concept de « Smart défence» ; c’est à dire “assurer une plus grande sécurité, pour moins cher, par un travail en commun plus flexible ».

Depuis, cette « smart defence » a transformé nos armées européennes en « armées bonzaï » (formule de l’Armée des USA pour désigner nos Armées européennes), une image juste de ce que nos autorités nationales, ont appelé, au fil des réformes et réductions d’effectifs, « des forces plus resserrées mais plus efficaces». Avec comme conséquence, des budgets de défense européens indigents voire insignifiants. Pour autant, cela fait le bonheur de l’industrie de défense US. (12)

Aujourd’hui, la mission nucléaire associée aux bombes US B 61, impose à la Luftwaffe d’acheter 45 chasseurs US F18 « Super Hornet » et EA 18 « Growler », pour quelques milliards d’euros, en remplacement de ses chasseurs Tornados devenant bons pour la réforme ; juste pour pouvoir continuer à participer à la capacité nucléaire (illusoire) de l’OTAN. Et nos voisins Belges ont dû acheter des Lockheed-Martin JSF 35 pour, eux aussi, continuer à participer à cette même capacité nucléaire de l’Alliance.

Autant d’achats qui, à condition qu’ils ne soient pas amplifiés dans les années qui viennent, pourraient permettre d’attendre l’arrivée du futur avion de combat franco-allemand, mais qui, à l’inverse, pourraient tout aussi bien, en cas de problèmes budgétaires, mettre en danger ce programme européen SCAF (Système de Combat Aérien Futur).

Or on connaît bien la tendance naturelle des arbitrages en la matière… L’Amérique prépare, organise et accoutume les européens, au fil des manœuvres annuelles de l’OTAN, à la guerre, y compris à la « bataille nucléaire de l’avant » – pour reprendre la terminologie de l’époque – en Europe sur ses frontières avec la Russie, mais cette fois-ci sur la terre «de la Sainte Russie ». Il n’y a plus le glacis séparant l’Europe de l’Ouest de la Terre russe et ses interdits de « targeting » ; du moins dans la doctrine française de l’ultime avertissement.

Aujourd’hui l’Europe de la défense devrait, selon sa définition et les ambitions affichées en son temps, être aux côtés de la France, là-bas en Afrique où la percée djihadiste est une menace qui relève d’ailleurs tout autant de la défense de l’Europe.

Si l’engagement, aujourd’hui modeste, de forces spéciales européennes au Mali se poursuit – Opération Takuba (13) -, l’Europe de la défense aura fait là un très grand pas et se sera enfin arrachée à son enfermement dans une Défense de l’Europe qui prépare une guerre qui ne doit pas être la nôtre : une nouvelle bataille nucléaire de l’avant.

Continuer à participer à des exercices de l’OTAN qui ne changeraient pas d’objectifs, révélerait un suivisme aveugle, signifiant non seulement une préoccupante perte de notre indépendance stratégique mais, pire, l’acceptation aveugle de l’enfermement dans une spirale belliciste et mortifère pour nos nations d’Europe de l’ouest et de la Russie ; une Russie qui, volens nolens, est ethniquement, culturellement, historiquement européenne. Plus particulièrement pour la France, elle est imbibée de la culture française du Siècle des lumières. Regardons St Pétersbourg et relisons Diderot.

C’est le retour, in fine – dans 15 ou 20 ans nous prédit le Gal M. MILLEY, chef d’État-major des armées US (14) – de la bataille nucléaire de l’avant dans ce « mittel Europa », cher aux allemands, avec une Europe entraînée dans la spirale dont elle était enfin sortie par le traité INF de 1987 et les accords stratégiques USA- URSS puis USA-Russie.

La mise au ban occidental de la Fédération de Russie devenue l’agresseur potentiel principal des pays européens, sous prétexte d’une contestation de la suprématie américaine, réactive sur le continent européen – mais pas seulement – la guerre froide ; mais en pire ! Le tampon des Républiques socialistes d’alors n’existe plus et les frappes seront directement portées sur la « sainte terre russe ». La riposte russe sera à hauteur.

A la même heure, la diplomatie française, comme l’a rappelé notre Président le 7 février dernier, appelle à un rapprochement avec la Russie. En quoi la Russie est-elle moins européenne que la Lettonie ou la Géorgie dont on dit qu’elle a vocation à intégrer l’UE ou encore l’Ukraine qui rêve d’OTAN ?

La France et l’OTAN : une nécessaire redéfinition des rapports

Opposée à la bataille nucléaire et à la riposte graduée formalisée par Mac Namara, car portant en germe le risque d’escalade, la France devenue puissance nucléaire, a formalisé la notion d’ « ultime avertissement». Contrairement à l’approche des USA et de l’OTAN, ce refus de toute bataille nucléaire est un invariant du concept français, la seule évolution étant sémantique : tactique-préstratégique-ultime avertissement. La frappe d’ultime avertissement est toujours unique, non renouvelable mais, depuis 1995, elle est « adaptée » quant au choix des cibles retenues par le Président de la République.

Or le nouveau concept US intègre d’emblée dans la confrontation militaire une bataille nucléaire de l’avant conçue comme un continuum de l’engagement conventionnel avec l’emploi possible de charges nucléaires de faible puissance sur la ligne de front. Cet engagement provoquerait une riposte russe immédiate et une escalade nucléaire impliquant tous les membres de l’OTAN du fait que les frappes occidentales auraient lieu directement sur le sol russe et non plus comme au temps de la guerre froide sur les territoires des ex-pays satellites du Pacte de Varsovie.

La France, comme membre de l’organisation militaire se retrouverait gênée voire empêchée de mettre en œuvre sa propre manœuvre dissuasive et l’ultime avertissement perdrait toute la signification que nous voulons lui donner, puisque, noyé dans un combat nucléaire de l’avant, il ne serait plus « qu’un coup parmi d’autres » qui eux, nous échapperont complètement.  

Non seulement le concept otano-américain est en opposition frontale avec le principe même de la dissuasion française rappelé par le Président de la République à l’École de guerre, mais surtout il rend caduque toute possibilité de l’ultime avertissement unique que nous prônons. Cette contradiction entre notre stratégie nationale et la doctrine nucléaire américaine, se trouve désormais renforcée par le changement de nature du bouclier anti-missile américano-otanien, qui apparaît de facto comme véritablement antirusse.

En effet, cette défense antimissile balistique en Europe (BMDE), lancée en 2009 contre la « menace iranienne », concrétise la volonté des États-Unis et de l’OTAN de rendre possible la création d’un champ de bataille sur les frontières orientales de l’Union Européenne, protégé contre toute riposte russe afin de permettre ainsi le « bon déroulement » de la bataille de l’avant, y compris nucléaire.

Dans ce nouveau contexte, l’insertion dans ce bouclier anti balistique de l’OTAN de certains des moyens français – logique à l’époque (contre la menace iranienne alléguée) pour la protection du territoire national – va désormais changer complètement de nature, puisqu’elle va cautionner ce concept américain du champ de bataille nucléaire de l’avant en participant à sa protection et ce sur la frontière russe !

De purement défensive, notre position ne manquera pas d’apparaître offensive et agressive pour la Russie.

Nous sommes clairement là face à un double empêchement :

– Celui d’exercer notre stratégie de dissuasion nucléaire et de mettre en œuvre l’ultime avertissement,

– et celui d’un rapprochement avec la Russie encore récemment affirmé.

Il est donc grand temps pour notre pays de sortir de ce piège.

Le premier pas, même symbolique, serait le refus de laisser l’armée française participer à tout exercice OTAN de ce type, sur les frontières de la Russie.

Mais au-delà, pour frapper les esprits et permettre l’établissement de ce nouvel ordre international que le Président de la République appelle de ses vœux en œuvrant pour une plus grande autonomie de l’Europe, faudra-t-il, tout en restant fidèle à nos alliés, en venir à une nouvelle sortie, comme en 1966, de l’organisation militaire intégrée de l’OTAN ?

La France a toujours été un allié fidèle. C’est le Général de Gaulle qui, au premier jour lors de la crise de Cuba en octobre 1962 a été le premier, de tous les chefs d’états européens à soutenir J.F. Kennedy (15).

Depuis, la France, à travers tous ses gouvernements a continué à affirmer sa liberté d’appréciation et de pensée, mais elle n’a jamais trahi la cause européenne, ni ses alliés, au premier rang desquels les Etats-Unis, quand la cause était juste.

Et puis, intégrée ou non dans les structures de l’OTAN, l’armée française a assuré son créneau avec constance et ardeur sur sa ligne de front, face au Pacte de Varsovie, sur terre, dans les airs et en mer. Ses régiments ont participé sans faillir à la liberté de Berlin.

Mais aujourd’hui, il est temps que nos partenaires européens comprennent que la bataille engagée par les États-Unis contre ceux, nommément désignés qui contestent leur suprématie, n’est pas la nôtre (Russie, Chine, Iran).

La France, première puissance militaire d’Europe malgré ses faiblesses (faiblesses numériques en hommes et matériels), est présente sur tous les segments de combat. Possédant des forces intégrables, fréquemment intégrées, fidèles et fiables, présentes et de valeur reconnue sur tous les théâtres d’opérations, elle est la seule puissance européenne dotée d’armes nucléaires indépendantes.

Une puissance européenne qui, en 1995, comme l’a rappelé le Président de la République le 7 février, a bâti un processus d’association de sa capacité nucléaire préstratégique à celle de la Grande Bretagne dans une dissuasion concertée (16)

Par ailleurs, lors de la guerre des euromissiles la France avait approché informellement en 1988 ses alliés, en premier Allemands, avec une proposition de « sanctuarisation de leur territoire » par un pré-positionnement d’avions de notre composante nucléaire pilotée sur leurs bases aériennes, mais aucune suite n’a été donnée à ces contacts.

Pour toutes ces raisons, il est de son devoir, d’aucuns diront qu’il est du génie de la France, de savoir dire non à la poursuite de la politique américano-otanienne de provocation et de création artificielle de l’ennemi russe, suicidaire pour l’Europe et pour le monde. 

Conclusion

De fait aujourd’hui, la vraie question est de savoir si la France doit poursuivre une politique qui la conduit au bord de la schizophrénie : comment peut-on, à la fois, garder son libre arbitre quant à la manière de défendre  ses intérêts vitaux par une stratégie dissuasive s’appuyant notamment sur des forces nucléaires indépendantes, et « en même temps », comme membre de l’organisation militaire intégrée, dépendre des États-Unis seuls maîtres de  l’engrenage de la bataille de l’avant vers l’option nucléaire ?

La question de la compatibilité de la politique de dissuasion de la France, récemment exposée par le Président de la République, avec la stratégie nucléaire de l’OTAN en Europe est donc posée.

Cette nécessaire clarification concerne également nos partenaires européens dont on peut se demander s’ils ont tous conscience de l’enchaînement des engagements qu’ils ont pris et qui pourraient conduire à une bataille nucléaire sur le territoire de l’Europe sous l’impulsion et selon le bon vouloir du grand frère américain.

Le récent choix effectué par l’Allemagne de renouveler une partie de sa flotte aérienne d’avions de combat européens par des appareils américains pour assurer la poursuite de la mission nucléaire sous contrôle du Président des États-Unis, montre que c’est loin d’être évident.

Troisième partie à suivre : Vers une autonomie stratégique européenne ?

Pour le Cercle de Réflexions Interarmées : Général (2S) Marc Allamand, Général (2S) Grégoire Diamantidis, Général (2S) Jean-Serge Schneider, Général (2S) Jean-Pierre Soyard, Général (2S) Jean-Claude Rodriguez, Contre-Amiral (2S) François Jourdier, Général (2S) Christian Renault, Ingénieur Général de l’Armement (2S) Louis A. Roche, Capitaine de Vaisseau (ER) Alexis Beresnikoff, Lieutenant-Colonel (ER) Deluzurieux, Monsieur Marcel Edouard Jayr

Notes

(1) portant une charge W 76-2 de faible énergie (4 à 5 kt)

(2) L’évolution des exercices démontre une volonté de « régénérer » une menace majeure Russe calée sur la menace Soviet d’hier, et ce dès les thèmes adoptés en 2013 et 2015 :

– 2013 « Steadfast Jazz 2013 » ; grand exercice de l’OTAN (6 000h) impliquant les États membres de l’Alliance, plus la Finlande, la Suède et l’Ukraine. L’objectif est de « s’assurer que la force de réaction rapide de l’OTAN – la NRF – est prête à être engagée pour la défense de l’un quelconque des Alliés, à se déployer n’importe où et à faire face à quelque menace que ce soit » Anders Fogh Rasmussen. Secrétaire général de l’OTAN.

– 2015 « Trident Juncture 2015 » (TRJE15) ; 36 000 participants Terre, Air, Mer ; de plus de 30 pays, 12 organisations internationales. Déploiement en Italie, Espagne, Portugal ; évaluation de la Force de Réaction de l’OTAN (NRF), la Force opérationnelle Interarmées à très Haut niveau de Préparation (VJTF), renforcer la préparation, la souplesse et l’interopérabilité de l’OTAN face à l’évolution de l’environnement de sécurité et aux défis provenant du sud et de l’est. On voit bien avec les thèmes depuis 2017, 18, 20 la dérive vers un ennemi unique désigné et à l’est : La Russie.

(3) Andreï Gratchev ; conseiller diplomatique de Mikhaïl Gorbatchev, son porte-parole officiel d’août à décembre 1991.

(4) Ce traité ABM est signé à Moscou le 26mai1972, entre Washington et Moscou.

Les Défenses ABM doivent être strictement fixes et terrestres ; ne pouvaient être déployés – 100 missiles – que pour défendre soit la capitale (Moscou) soit un site de la triade (USA ; Batteries SSBS de Grand Forks)

Sont autorisées les évolutions techniques et interdits plus de missiles, d’autres déploiements, tout transfert à d’autres états.

(5) Jens Stoltenberg expliquait que « Ces missiles sont purement défensifs. Les projectiles que nous utilisons pour détruire les missiles ne contiennent pas d’explosif. Ils sont uniquement destinés à abattre leur cible. Ce système ne représente aucune menace envers la capacité russe de dissuasion nucléaire.» En fait la charge est un « kinetic kill vehicle” qui vient percuter le missile, ce qui le détruit. La méthode est différente, mais pas le résultat sur la dissuasion russe qui n’est plus, maintenant, que la seule, objectivement, concernée !

(6) Le pack de 24 « Vertical Launching System – MK 41 » permettait, sur les navires, de l’US Navy de contenir et tirer indifféremment des Missiles mer-air SM 2 ou 3 ou des missiles de croisières mer-sol BGM 109 Tomahawk, à charge conventionnelle ou nucléaire, affichant 2000 km de portée.

Pour mémoire, sur la base de la National Missile Defense US (et son système d’armes Aegis), le Président B. Obama avait présenté, le 17 septembre 2009, pour contrer la « menace balistique iranienne », une « European Phased Adaptive Approach” de défense anti missile balistiques à portée courte , moyenne et intermédiaire .Le déploiement était prévu en 3 phases de 2011 à 2020 et une 4ème en 2022. IL fut abandonné en 2013.

(7) Petit retour historique expliquant le « ressenti » des russes.

Le 27 juin 1989, le rideau de fer tombe. A Moscou, plusieurs dirigeants occidentaux rassurent M. Gorbatchev sur l’évolution de l’OTAN qu’il s’agisse de James Baker, Secrétaire d’état américain, qui par trois fois le 9 février 1990, lui affirme que « les discussions entre les deux Allemagnes et les quatre forces d’occupation (États-Unis, Royaume-Uni, France et URSS) doivent garantir que l’OTAN n’ira pas plus loin: la juridiction militaire actuelle de l’OTAN ne s’étendra pas d’un pouce vers l’est»,

ou de H. Kohl, chancelier allemand, qui affirme à son tour le 10 février 1990, que : « Nous pensons que l’OTAN ne devrait pas élargir sa portée »,

ou enfin de François Mitterrand qui déclare le 25 mai 1990 «Je tiens à vous rappeler que je suis personnellement favorable au démantèlement progressif des blocs militaires.»

Et il ajoute même: « Je l’ai toujours dit, la sécurité européenne est impossible sans l’URSS. Non parce que l’URSS serait un adversaire doté d’une armée puissante, mais parce que c’est notre partenaire.»

Le 1er juillet 1991, le Pacte de Varsovie n’existe plus, et en octobre 1999, le dernier soldat russe a évacué les trois États baltes qui avaient été russes pendant plus de trois siècles. Ces États baltes , très tiraillés entre Allemagne, Danemark, Russie, Pologne, tiraillés dans leurs religions entre Catholiques, Luthériens, Orthodoxes deviennent Russes (Estonie, Lituanie en 1721 – traité de Nystad , Lituanie en 1795 – 3éme partage de la Pologne) tout en gardant leur originalité culturelle et sans pouvoir se détacher de l’influence germanique. Les traités de 1918-1926 vont finir par donner leur indépendance aux trois états comme tampon à la contagion bolchevique.

Malgré les assurances données en 1990, les 24 et 25 avril 1999, soit neuf ans plus tard, le MAP – Plan d’action pour l’adhésion de nouveaux membres- est admis (avec des critères sélectifs) au 15e sommet de l’OTAN à Washington.

La même année, la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque rejoignent l’OTAN. Entre 2004-2007, les sept pays d’Europe centrale et orientale et riverains de la Baltique rejoignent l’UE.

La ceinture de sécurité de la Russie mise en place par Staline vient de disparaître laissant la Russie nue sur son flanc occidental.

(8) Aegis ; traduction de l’« Egide » bouclier magique de Zeus. Le programme Aegis est à l’origine un programme de la National Missile Defense, confié à de l’US Navy, bâti autour de radars embarqués spécifiques sur les frégates et destroyers et associé à des missiles Mer-air Standard SM. Ces missiles mer-sol auront une version sol-air « Aegis Ashore »

(9) d’une portée officielle déclarée de 480 km, mais dénoncée par l’OTAN (qui y voit un dérivé du Missile de croisière naval Kalibr SS-N-27 et donc pouvant dépasser les 500 km)

(10) depuis un de ces VLS MK 41.

(11) allant du missile intercontinental « Sarmat » de 11 000 km de portée ou lanceur d’un planeur hypersonique « Avangard » (Mach 20 à 25),  à la torpille à propulsion nucléaire « Poseïdon », en passant par différents missiles de croisière comme le « Bourevestnik-9M730 » subsonique mais de portée supérieure au tour de la planète, ou encore le missile hypersonique Kinzhal (Mach 10 ) porté par le MIG 31 .  De même, est désormais envisagée la création d’une version sol-sol nucléaire du missile mer-sol Kalibr (portée supérieure à 2000km) utilisé avec succès lors de plusieurs frappes conventionnelles russes en Syrie.

(12) Ainsi les USA vendent en

2003 : 48 F16 (3,5 Md$, 10 Md$ tous investissements confondus),

2016 : demande d’achat de 70 missiles de croisière – 200 M$

2018 : 20 Lance-Roquettes Multiples M142 HIMARS (portée 70 lm) et 30 MGM-140 ATACMS (portée de 300 km), 2 Batteries sol-air Patriots (investissement total 10 Md $).

2019 : 4 Sikorsky S-70 Black Hawk pour les Forces spéciales, demande d’achat de 180 missiles antichars (et 79 systèmes de tir) 100 M$, demande d’achat de 32 JSF 35 (8) pour 2024 – coût 6,5 Md$.

11 pays financent le JSF 35 de Lockheed-Martin dont le Danemark, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni. Les aviations européennes ont financé 80 % du développement du JSF 35 qu’elles vont ensuite payer cash ; au détriment des constructeurs européens.

(13) En juin 2019 à Pau, Florence Parly, ministre de la Défense a déclaré «Nous avons décidé de créer une unité de forces spéciales européenne». L’ambition est de déployer des unités non conventionnelles au Mali pour «transmettre leur savoir-faire d’exception aux militaires maliens». Ce sera l’opération «Takuba», le sabre droit traditionnel touareg. Le 27 mars 2020 donc, une petite lueur d’espoir s’est allumée; «Takuba» semble réveiller l’Europe. Mais seuls cinq pays – Belgique, Danemark, Estonie, Pays-Bas, Portugal rejoindront. Le sabre touareg sera bien petit avec au mieux 150 combattants. Ils constituent aujourd’hui une petite compagnie.

(14)Ce même MILLEY chef d’état-major des armées US (JCS) affirmait en 2016 dans son discours de prise de fonction d’un ton péremptoire- pour rassurer ou faire peur – :«…, La volonté stratégique de notre nation, les États-Unis, est remise en cause et nos alliances sont testées.[…]Mais je veux être clair; je veux être sans ambiguïté. Je veux être clair avec ceux qui tentent de s’opposer aux États-Unis……Avec l’armée des États-Unis/…./ nous allons vous stopper et nous allons vous battre plus durement que vous ne l’avez jamais été auparavant…. Et l’autre chose que vous comprenez, c’est que vous allez perdre ; vous perdrez face à l’armée américaine, ne faites aucune erreur à ce sujet! »

(15) Pour mémoire, en retour, Kennedy retira les 65 Jupiter, SSBS de moyenne portée, qui protégeaient l’Europe des homologues S4 Soviétiques, pour sauvegarder ses 60 SSBS Thor déployés en Grande –Bretagne, pointés sur Moscou et à portée de tir.

(16) Rencontre Chirac-Major Résidence des Shequers, octobre 1995 ;  Jacques Chirac et John Major « On ne peut imaginer de situation dans laquelle les intérêts vitaux de l’une des parties pourraient être menacés sans que ceux de l’autre le soient aussi. Dans le respect de leurs indépendances, nos deux dissuasions se complètent et s’appuient».

Par Michael Dunning/Getty, publié le 30 mai à 9h30

https://www.capital.fr/economie-politique/du-danger-pour-leurope-de-la-strategie-nucleaire-des-etats-unis-et-de-lotan-1371357

ESSAIS NUCLÉAIRES: UNE ILLUSTRATION DES CRIMES FRANÇAIS CONTRE L’HOMME ET LA NATURE

ALGER – Les essais nucléaires menés par la France coloniale dans le sud du pays restent parmi les pires crimes perpétrés durant 132 ans d’occupation destructrice, dont l’impact sur l’homme et sur l’environnement exige de la France à en assumer la responsabilité.

1960 et 1966, la France a effectué cinquante-sept expérimentations et explosions nucléaires. Il s’agit de quatre explosions aériennes dans la région de Reggane, treize explosions souterraines à In Ikker, trente-cinq essais complémentaires à Hammoudia, dans la région de Reggane, et cinq expérimentations sur le plutonium dans une zone à In Ikker, située à 30 km de la montagne où ont eu lieu les essais souterrains, selon Dr Ammar Mansouri, chercheur en génie nucléaire.

La première explosion a été réalisée dans la région de Reggane le 13 février 1960, avec une puissance variant entre 60.000 et 70.000 tonnes de T.N.T. Cette bombe est cinq fois plus puissante que celle lancée sur Hiroshima, selon les experts.

Ces essais constituent une illustration des crimes les plus abjects ayant caractérisé la politique génocidaire pratiquée par le colonisateur que la France officielle doit pleinement assumer et reconnaître.

Lire aussi: ِِcrimes nucléaires français: nécessité d’une approche scientifique pour la condamnation

À cet égard, il est devenu nécessaire de récupérer les archives de la période coloniale, car elles constituent « l’instrument juridique » permettant de définir le nombre exact des victimes de ces essais, comme l’avait souligné l’avocate Fatima Benbraham. Selon elle, le refus de la France de remettre les archives à l’Algérie et d’ouvrir les dossiers des essais nucléaires est déjà « une preuve incontestable » des crimes perpétrés contre le peuple Algérien en raison de ces essais dont « les plaies demeurent béantes à travers le temps« .

La France a voulu effacer « définitivement » les traces de ses crimes, en veillant à emporter avec elle la plupart des archives civiles et celles relatives aux essais nucléaires afin d' »échapper aux sanctions« , ce qui a compliqué la définition du nombre exacte des victimes, a expliqué Me Benbraham.

Pour l’avocate, il est temps d' »ouvrir ce dossier épineux » et de demander aux autorités françaises de remettre les archives relatives aux essais nucléaires, et de « jeter la lumière sur ces évènements« . L’historien, Ammar Rakhila, a rappelé, dans le même sillage, « la responsabilité de la France devant le droit international » en raison des préjudices causés aux populations locales, à l’environnement notamment en ce qui concerne l’équilibre écologique en Algérie. Il a mis l’accent, notamment, sur la nécessité de contraindre la France par « la force de la loi » à assumer entièrement ses responsabilités, y compris en ce qui concerne les déchets radioactifs et leurs impacts négatifs constants sur l’environnement et la santé de l’homme, en proposant « la création d’une instance chargée de l’élaboration d’un dossier intégré sur ces explosions« .

Nécessité de lever le caractère confidentiel des dossiers liés aux essais nucléaires français

Le caractère confidentiel des dossiers afférents aux essais nucléaires français dans le Sahara algérien « permettra de braquer davantage de lumières sur ces dangereuses explosions et élucider leurs effets catastrophiques sur l’environnement et la population« , a souligné Dr Mansouri.

Pour lui, il s’agit notamment de permettre aux chercheurs, universitaires et étudiants de s’informer sur ces essais, d’évaluer leurs dégâts et répercussions sur l’environnement, et l’homme.

« Les justifications avancées par la France coloniale sur les modalités de choix de sites de ces essais, admettant que ces endroits ne manifestaient aucun signe de vie humaine, faunistique et floristique, n’est qu’un grand mensonge », a-t-il fait savoir.

Il a mis en exergue, dans ce contexte, les effets nucléaires dévastateurs polluants et dangereux sur l’environnement, tout en signalant que les rayons radioactifs dangereux ont atteint des régions lointaines de l’Afrique et de l’Europe.

Des émanations radioactives à effets dévastateurs devant perdurer pour des milliers d’année

La France coloniale a mené des essais nucléaires dans des régions sahariennes ouvertes « difficiles à nettoyer des émanations radioactives à effets dévastateurs devant perdurer pour des milliers d’années« , a fait observer Kadham El-Abboudi, chercheur en physique nucléaire.

Il a expliqué que les matières radioactives constituent des « polluants des plus dangereux sur l’environnement et le climat car contenant un mélange de produits toxiques mortels produisant des dizaines de produits radioactifs dangereux pour la santé et l’environnement« .

Selon le chercheur, ces essais qui avaient atteint leur apogée au terme de quatre essais menés dans une région saharienne ouverte, représentent en puissance « 100 fois plus que celle des bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki (Japon), et dont les effets directs ont été relevés dans des lieux lointains de la région Sud de l’Europe et l’océan, en plus des averses porteuses de produits radioactifs enregistrées au Sud du Sahara et des nuages ayant atteint d’autres régions de la planète ».

Lire aussi: essais nucléaires dans le Sahara algérien : la France appelée à assumer sa responsabilité

Dans le même cadre, le président de l’association « 13 février 1960 » de Reggane, Omar El-Hamel, a souligné la nécessité de prendre des mesures pratiques pour éliminer la radioactivité nucléaire induite par les essais nucléaires français, « dont les répercussions perdurent encore et sont susceptibles d’hypothéquer et mettre en péril, selon les experts et scientifiques, l’avenir des futures générations, fils du pays ».

Il a, à ce titre, appelé la partie responsable de cet hécatombe à « hâter » la prise de démarches opérationnelles par le nettoyage de la région des émanations radioactives afin d`y préserver la santé des futures générations, protéger l’environnement en vue d’éradiquer les séquelles que continuent d’endurer l’homme ainsi que la faune et la flore.

L`expert a aussi mis l’accent sur la création de structures médicales spéciales de dépistage des pathologies cancéreuses et de prise en charge des irradiés et malades.

Publié le vendredi 29 mai 2020 à 15h52

http://www.aps.dz/algerie/105552-essais-nucleaires-une-illustration-des-crimes-francais-contre-l-homme-et-la-nature

NUCLÉAIRE : EDF ENVISAGE BELLEVILLE-SUR-LOIRE POUR STOCKER DES DÉCHETS NUCLÉAIRES, LA RÉSISTANCE S’ORGANISE

EDF n’a pas encore choisi le site qui accueillera le projet de centre national de stockage de déchets radioactifs mais la centrale de Belleville-sur-Loire est pressentie. Le projet sera officialisé avant la fin 2020. La mobilisation s’organise.

En 2018, le site d’information Reporterre révélait qu’EDF envisage de créer une piscine de stockage de déchets radioactifs à Belleville-sur-Loire (Cher) pour relayer le centre de La Hague qui arrivera bientôt à saturation. L’affaire avait alors suscité la réaction hostile du conseil régional dont le président François Bonneau (PS) déclarait : « le Centre-Val de Loire n’a pas vocation à devenir la poubelle nucléaire de la France ! »

Depuis, EDF n’en a pas dit plus sur ses intentions, la transparence n’étant pas la qualité principale des industries nucléaires. Mais on sait que le projet de créer ce nouveau site est une priorité, selon l’Autorité de sûreté du nucléaire. Le principe et les dimensions (importantes) du projet sont actés. Il ne reste à plus qu’à choisir l’endroit le mieux adapté et pour ça Belleville présente plusieurs atouts.

Sur le plan géographique, le Cher se situe au centre de la France et plusieurs axes routiers conséquents sont raccordés près de Belleville. Le site dispose aussi de grandes réserves foncières permettant la construction d’autres installations nucléaires puisque seulement deux réacteurs sur quatre possibles y ont été construits. Il pourrait donc aisément accueillir ce vaste projet qui prévoit, selon Sortir du nucléaire, l’entreposage de 10 000 tonnes de combustible usagé, dont du MOX produit hautement radioactif au sein duquel se mêlent uranium et plutonium. Cette piscine serait installée en bord de Loire pour un siècle environ avant son hypothétique et lointain démantèlement.

LIRE également : La région s’oppose à un éventuel projet de stockage des déchets nucléaires 

Les habitants du Centre-Val de Loire d’habitude acceptent tout

La région présente aussi pour l’État et EDF un intérêt politique. Ses opposants au nucléaire ne sont habituellement pas bien virulents. C’est pour ça qu’on y a installé quatre centrales quand les bretons, après avoir accepté Brennilis, ont mené la lutte à coups de pierres en granit contre le projet finalement abandonné de Plogoff.

Pour changer cette image, un collectif de 15 associations des environs de Belleville (Loiret, Cher, Nièvre et Yonne) s’est constitué fin mars dans l’espoir d’incarner une résistance locale si le site était choisi. On y trouve des mouvements résolument anti-nucléaires comme « Sortir du nucléaire » mais aussi des associations de défense de l’environnement comme « Vivre notre Loire », l’ADENY ou encore ATTAC. Regroupé sous l’appellation « Piscine Nucléaire Stop » le mouvement est coordonné par la militante Catherine Fumé :

« Nous voulons informer les populations locales, en particulier les élus qui vont bientôt prendre leurs fonctions, et commencer à créer un rapport de force avant qu’il ne soit trop tard. Il faut faire savoir qu’EDF fait le choix le plus dangereux en centralisant tous les déchets. Il y a d’autres possibilités comme le stockage à sec que pratiquent d’autres pays. Mais il faudrait pour cela que la France renonce à produire du MOX, ce combustible extrêmement dangereux qu’il faut entreposer pendant au moins de 50 ans avant le stockage définitif tant il est radioactif. »

Les militants s’inquiètent de ce choix qui fait peser une menace sur l’environnement pour une durée indéterminée alors que le val de Loire est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et que les vignes de Sancerre et Pouilly ne sont pas loin. « On connaît les difficultés financières d’EDF aujourd’hui poursuit Catherine Fumé. Avec cet énorme déficit auront-ils les moyens d’entretenir ces installations ? Existeront-elles encore dans un siècle ? »

Piscine Nucléaire Stop pose ces questions aujourd’hui alors qu’EDF n’a pas encore répondu à celles que nous souhaitons lui poser sur le sujet. Mais on en saura plus sur ses intentions d’ici quelques mois.

Par Xavier Naizet, publié le 29/05/2020 à 18h47, mis à jour le 29/05/2020 à 18h49

Photo en titre : Archives 28/01/2015. Exercice des Forces Rapides d’Action Nucléaire à la centrale de Belleville-sur-Loire dans le Cher. / © Max PPP – STEPHANIE PARA

https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/cher/nucleaire-edf-envisage-belleville-loire-stocker-dechets-nucleaires-resistance-s-organise-1835296.html

ESSAIS NUCLÉAIRES EN POLYNÉSIE : LE MÉPRIS DE L’ÉTAT EXPLOSE AU GRAND JOUR

Édition spéciale : C’est en catimini que l’Assemblée nationale a adopté, le 14 mai dernier, le projet de loi portant diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de Covid-19, avec l’article 2 concernant les essais nucléaires en Polynésie, ainsi que les modalités d’indemnisation. L’amendement de retrait déposé par le député Moetai Brotherson n’a pas été retenu et la loi rendra applicable à toutes les demandes d’indemnisation « Loi Morin » en cours la condition d’exposition minimale annuelle de 1 millisievert. Indigné, le parlementaire polynésien et vice-président du Tavini Huiraatira interroge l’État français : « Qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ? » De même, les associations 193 et Moruroa e Tatou crient au scandale et fustigent l’État après ce « coup de Trafalgar » manigancé depuis les hautes sphères parisiennes. Désormais, elles rejettent à l’unisson le projet de Centre de mémoire, pourtant censé apaiser les tensions. Dans cette édition spéciale, un ingénieur retraité de la Direction des essais du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Ghislain Houzel, qui a effectué de très nombreuses missions à Moruroa, de 1966 1997, et assisté à plus de 120 tirs, raconte en outre l’horreur des essais, sans langue de bois. La page du nucléaire, qui a profondément entaché les relations du fenua dans son histoire avec la France métropolitaine, n’est toujours pas tournée. Le sera-t-elle un jour Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Disponible dès demain dans tous vos points de vente habituels.

Disponible également :

Rédigé par Tahiti Infos, publié le Jeudi 28 Mai 2020 à 16h44

https://www.tahiti-infos.com/A-la-UNE-de-Tahiti-Pacifique-vendredi-29-mai-2020_a191459.html

LE STOCKAGE GÉOLOGIQUE DES DÉCHETS RADIOACTIFS SE RÉINVITE EN BELGIQUE

Mai 2020 : des représentants du Grand-Duché du Luxembourg s’opposent à une consultation publique belge sur la gestion des déchets nucléaires, lancée en pleine pandémie. En dehors des controverses techniques liées au stockage géologique, ce billet met en lumière des enjeux de politique énergétique dissimulés sous un vernis technique et sous un appel à la « responsabilité collective ».

Une consultation biaisée

Le procédé est surprenant : en pleine crise du coronavirus, l’organisme public chargé de gérer les déchets radioactifs en Belgique (ONDRAF) soumet quatre questions – fermées – aux internautes [1], auxquelles répondre du 15 avril au 15 juin, sans publicité ni débat. Dans l’ordre, sous l’onglet « Réfléchissez avec nous ! » [sic] :

  • « Êtes-vous d’accord avec la proposition de système de stockage géologique ? »
  • « Êtes-vous d’accord avec la proposition de le réaliser sur le territoire belge ? »
  • « L’ONDRAF souligne également que le choix d’une politique ne peut pas être reporté. Êtes-vous d’accord ? »
  • « Êtes-vous d’accord avec la nécessité d’un processus décisionnel pour le développement, le choix du site et la réalisation d’un système de stockage géologique en Belgique et avec les principes proposés (tels que la participation, la transparence, l’équité, l’adaptabilité au progrès technique et scientifique et aux évolutions sociétales) ? »

Un « consensus » sans preuve

Est-il vraiment proposé ici au citoyen belge (ou frontalier) de « réfléchir avec l’ONDRAF » et de choisir une option technique ?

D’un côté, on peut lire sur le site de l’organisme : « La fixation d’une politique nationale en la matière constitue une obligation de la directive européenne 2011/70/Euratom. Pour y répondre, l’ONDRAF a proposé le principe du stockage géologique ou souterrain sur le territoire belge comme solution de gestion et destination finale de ces déchets. »

Mais de l’autre, le site de la consultation publique (géré par l’ONDRAF) affirme qu’il n’y a « pas d’alternative au stockage géologique », qui ferait l’objet d’un « consensus international » parmi les pays de l’Union européenne et de l’OCDE. Il rejoint à ce titre la position exprimée dans les considérants de la directive européenne (2011/70/Euratom) :

«(23) Il est communément admis que sur le plan technique, le stockage en couche géologique profonde constitue, actuellement, la solution la plus sûre et la plus durable en tant qu’étape finale de la gestion des déchets de haute activité et du combustible usé considéré comme déchet. »

Néanmoins, l’ONDRAF ne présente ni argumentaire, ni alternative au stockage géologique, et mélange volontairement les solutions les plus fantaisistes ou interdites [2] (déchets envoyés dans l’espace ou enfouis dans l’océan) aux alternatives réalistes et pouvant être discutées dans l’élaboration d’une politique nationale (stockage en subsurface).

D’où vient ce « communément admis » ? En 2010, pendant l’élaboration de la directive européenne sur la gestion des déchets radioactifs, Greenpeace International publiait un rapport intitulé « Rock Solid », qui émet de sérieuses critiques sur ce « consensus » censé exister autour du stockage géologique [3]. Selon l’ONG, les différents organes occupés à élaborer des solutions au stockage des déchets radioactifs (l’Agence pour l’Énergie Nucléaire de l’OCDE, l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique, et l’IGD-TP) font référence les unes aux autres sans pour autant donner les sources initiales de leur consensus.[4]

C’est ainsi que la plateforme technologique européenne IGD-TP (Implementing Geological Disposal Technology Platform, en français : plateforme technologique pour la mise en œuvre du stockage géologique) a été créée en 2009 non pas pour étudier les différentes options pour la gestion des déchets nucléaires, mais comme « un outil pour créer de la confiance dans la sûreté et la mise en œuvre des solutions de stockage géologique en couches profondes » [5].

Enfin, signalons que, depuis 1974, l’ONDRAF collabore avec le centre de recherche SCK-CEN à l’étude de l’option stockage géologique [6] en couche profonde en Belgique, à travers le laboratoire HADES (High Activity Disposal Experimental Site).

Il semble qu’il ne reste plus grand-chose à choisir, mais plutôt à faire avaliser aux citoyens une option sélectionnée depuis longtemps déjà.

Augmenter l’acceptabilité sociale du nucléaire

Mais pourquoi cet acharnement à faire adopter le stockage géologique partout dans le monde ?

L’argument massue, auquel il est de prime abord difficile de ne pas souscrire, est « de ne pas faire porter ce fardeau aux générations futures » : on le retrouve sur le site de l’ONDRAF, tout comme dans l’ensemble des communications européennes, y compris dans le premier article de la directive sur la gestion des déchets radioactifs [7]. On pourrait rétorquer que les sites prévus (opérationnels au mieux en 2050) seront à surveiller pendant 100 ans et que rien ne garantit ensuite que l’on ne doive pas intervenir pour garantir l’intégrité des contenants [8], ni que l’on ait diminué la production de déchets nucléaires [9]. On pourrait encore refuser d’endosser une responsabilité qui n’est pas collective : le recours initial à l’énergie nucléaire n’a pas été voté au Parlement et n’a pas fait l’objet d’un débat public [10] ; à l’inverse, lorsque des lois de sortie du nucléaire sont adoptées, elles sont ensuite modifiées par les gouvernements (comme en Belgique avec la loi de 2003 ou en France avec la loi pour la Transition Énergétique). On pourrait aussi lever un sourcil d’étonnement ou d’indignation : Engie et le gouvernement se soucient maintenant des générations futures ?

Au-delà de cet argument, deux autres raisons poussent certains gouvernements et énergéticiens nucléaires (entreprises qui possèdent et exploitent des centrales nucléaires) à vouloir faire adopter le stockage géologique en couche profonde : augmenter l’acceptabilité sociale de l’énergie nucléaire (en apportant une réponse au « il n’y a encore aucun centre d’enfouissement pour les déchets dans le monde ») et lever les incertitudes financières pesant sur les opérateurs de centrales nucléaires, qui sont normalement responsables du financement de la gestion des déchets radioactifs, selon le principe du pollueur payeur.

La gestion des déchets nucléaires constitue une des premières causes de la perception d’un risque lié à l’utilisation de l’énergie nucléaire (après le manque de protection des centrales en cas d’attaque terroriste) [11]. Selon un Eurobaromètre de 2010, 49% des citoyens européens estimaient ainsi que l’on ne pouvait pas stocker de manière sûre les déchets nucléaires (contre 40% avec une opinion favorable) [12]. Au cours d’une conférence européenne, Gerassimos Thomas, Directeur Général Adjoint de la DG Énergie, liait ainsi clairement la question de la gestion des déchets et de l’acceptabilité sociale du nucléaire :

«Nous essayons de faire tout ce qu’il est possible avec la législation secondaire pour la protection du public, que ce soit à travers la sûreté, les déchets ou le démantèlement. Nous ignorons si cela va faire l’affaire et augmenter la confiance des citoyens. »[13]

Même si ce dossier est aujourd’hui – médiatiquement – laissé entre les mains d’organes techniques (ONDRAF, AFCN) [14] [15], le choix d’une méthode de gestion des déchets radioactifs est intimement lié aux politiques énergétiques.

Limiter les coûts de la gestion des déchets pour le privé

Plus fondamentalement, l’absence de plan national constitue une incertitude financière pour les opérateurs de centrales nucléaires, qui, selon le principe du pollueur payeur, devraient en supporter les coûts. La Belgique est loin du compte. En 1969, la Société belge des combustibles nucléaires, SYNATOM, est créée pour l’exploitation des centrales nucléaires, puis se trouve rapidement dédiée à la gestion du combustible nucléaire. Elle doit s’assurer – entre autres – que les provisions financières nécessaires à la gestion des combustibles usés et au démantèlement des centrales nucléaires soient bien rassemblées. Néanmoins, SYNATOM est une société côté en bourse, dont les actions sont détenues entièrement par… Engie-Electrabel (à l’exception d’une action spécifique appartenant à l’État) [16]. L’opérateur privé censé financer le fonds de gestion des déchets nucléaires en est ainsi le principal actionnaire.

En 2019, le fonds disposait d’environ 13,1 milliards d’euros (5,7 milliards pour le démantèlement et 7,4 milliards pour les déchets)[17]. La Commission européenne estime qu’il faudrait environ 9,4 milliards d’euros, rien que pour le démantèlement ; l’ONDRAF table sur 8 milliards d’euros minimum pour la gestion des déchets, total qui pourrait finalement s’élever à 10 milliards d’euros. Outre le montant des fonds, un autre problème existe : 75% des provisions nucléaires de SYNATOM peuvent être prêtés en retour à Engie-Electrabel selon des critères fixés par la Commission des provisions nucléaires. Ils ne sont donc pas disponibles et ne pourraient bien ne jamais l’être en cas de faillite d’Engie-Electrabel [18].

Les responsables de SYNATOM et d’Engie s’inquiètent de ces augmentations de coûts. Robert Leclère, administrateur délégué de SYNATOM (et ancien président du forum nucléaire belge), a ainsi déclaré :

« Nous connaissons nos obligations et les assumons pleinement. Par contre, nous ne pouvons accepter d’entrer dans un système de « puits sans fond ». » [19]

Outre ces « incertitudes financières », il devient également physiquement urgent pour ceux qui veulent poursuivre le recours à l’énergie nucléaire de trouver une solution à l’engorgement des sites d’entreposage. En France, l’Institut de Radioprotection et de sûreté nucléaire a ainsi mis en garde contre la saturation prochaine du site de la Hague, où refroidissent les combustibles irradiés provenant des centrales françaises.[20] Côté belge, les bâtiments d’entreposage temporaire des centrales de Doel et de Tihange arriveront à saturation en 2022 [21].

Selon une logique privée, les solutions d’entreposage présentent un autre inconvénient rédhibitoire : elles nécessitent une surveillance, un entretien et donc des investissements constants. Seule la solution de stockage géologique que l’on rendrait irréversible après une certaine période permet à l’industrie de se sortir de sa responsabilité à gérer les déchets : le « puits sans fonds » serait alors transféré… au secteur public.

Robert Leclère est particulièrement explicite : « Nous devons mettre un terme à cette instabilité permanente qui interdit à toute entreprise de se situer en confiance dans le long terme. »[22]

Nous retrouvons cet argumentaire chez un fonctionnaire européen travaillant sur ces dossiers :

« Considérons un cas, qui est un casse-tête incroyable : le transfert de responsabilité. Après des dizaines d’années, l’opérateur [Electrabel] dit : « Ecoutez les gars, tous les cinq ans vous revoyez le prix à la hausse de ce que je dois vous payer pour développer la solution à mes déchets, ça va s’arrêter quand ? Quand allez-vous me dire que vous me prenez ce machin-là, que vous allez couvrir les vices cachés, etc. ? » À un moment donné il faut reconnaître qu’on vit dans un monde avec des enjeux économiques commerciaux ; la question c’est à partir de quand la responsabilité va devenir collective. On est en droit d’exiger beaucoup de l’opérateur mais en contrepartie il est en droit d’attendre qu’à un moment donné, on lui explique comment il va pouvoir être quitte de ses responsabilités. Sinon, comment fait-il son plan commercial s’il doit chaque fois revenir vers son conseil d’administration… ? »[23]

L’injonction à décider, vite !

C’est ainsi que la majorité des populations européennes se trouvent aujourd’hui placées devant une injonction à décider, ou plutôt à approuver ce qui a été décidé en amont. L’ONDRAF énonce ainsi cette « injonction à choisir » en arguant que « le report de la décision conduit inévitablement : […] au transfert complet des charges et des risques financiers aux générations futures ; à la perte de connaissance et d’expertise ; à des risques majeurs inacceptables quand la gestion active finira par être abandonnée, par exemple si l’on ne construit plus de nouveaux bâtiments d’entreposage. »[24]

Or ces différents problèmes relèvent de politiques indépendantes de la technique de stockage utilisée. Prenons la perte de connaissance et d’expertise : elle frappe l’ensemble de la filière nucléaire, de la formation des ingénieurs sûreté à ceux responsables du démantèlement. Elle n’a rien d’inéluctable. De même que « le transfert complet des risques financiers aux générations futures » ou encore « les risques majeurs inacceptables quand la gestion active finira par être abandonnée » : ce n’est pas le stockage géologique qui permettra d’y répondre, mais une politique publique de l’énergie, où l’on arrêtera de transférer les coûts et risques du privé vers le public.

On est en droit de refuser que le choix d’une solution technique se fasse pour cacher l’indigence des politiques de formation, de sûreté, et la peur de voir des opérateurs privés faire faillite et ne plus pouvoir assurer la gestion financière des déchets qu’ils ont produits. Se plier à « l’injonction à décider » d’accepter le stockage géologique, c’est accepter de régler un énorme problème des opérateurs nucléaires, sans contrepartie, sans garantie de sûreté, de financement, sans garantie de changement de politique énergétique.

L’appel « aux générations futures », à la responsabilité de toute la société vis-à-vis des déchets nucléaires, vise, comme dans d’autres secteurs, à gommer les clivages qui peuvent exister. Un administrateur délégué de SYNATOM affirme ainsi (il n’est pas le seul) :

« En tant que générations qui ont tiré profit des avantages économiques indiscutables de l’électricité nucléaire, nous sommes dans l’obligation d’appliquer, dès aujourd’hui, des solutions durables pour la gestion des déchets qui en découlent. »[25] 

Non, « nous » n’avons pas tiré les mêmes avantages économiques de l’utilisation de l’énergie nucléaire : les sous-traitants, les travailleurs d’Engie et d’Electrabel, et la grande majorité de la population belge n’ont pas bénéficié des milliards de dividendes réalisés par Engie. Non, nous ne sommes pas responsables des déchets qui ont été produits, car nous n’avons pas choisi la source d’énergie qui les a produits, ni l’acteur qui les a produits. Et donc, non… nous ne sommes pas obligés d’avaliser la proposition soumise par l’ONDRAF à consultation publique.

En revanche, l’impatience (ou alors la panique ?) des énergéticiens nucléaires sur la question du stockage des déchets constitue une opportunité pour construire un large front autour de préoccupations communes : la gestion publique, hors des mains d’Engie, des fonds de gestion des déchets nucléaires et du démantèlement ; le contrôle de ce fonds par des comités élus, incluant des travailleurs du nucléaire ainsi que des représentants des zones dans lesquelles des sites de stockage seraient mis en œuvre ; en attendant, le maintien des sites d’entreposage aux frais d’Electrabel, avec des provisions bloquées ; le respect de la loi de sortie du nucléaire ; le développement d’une politique énergétique nationale de long terme, avec nationalisation des énergéticiens privés, sous contrôle de leurs travailleurs et de la population.

Alors peut-être pourra-t-on éviter de « faire porter un fardeau aux générations futures »…

Bibliographie :

[1] https://www.ondraf.be/sea2020

[2] https://www.ondraf.be/pas-dalternative-au-stockage-geologique

[3] Greenpeace International, 2010. ‘Rock Solid: A Scientific Review of Geological Disposal of High-Level Radioactive Waste’. GeneWatch UK for Greenpeace International. http://www.westcumbriamrws.org.uk/documents/Rock_Solid.pdf.

[4] Idem, Page 9.

[5] Commission Staff Document, Impact assessment, Inter institutional file 2010/0306(NLE), 15770/10, p55, traduction de l’auteur.

[6] Le SCK-CEN poursuit également, en complément, des recherches sur la transmutation des déchets radioactifs à travers le projet MYRRHA.

[7] « La présente directive établit un cadre communautaire visant à garantir la gestion responsable et sûre du combustible usé et des déchets radioactifs afin d’éviter d’imposer aux générations futures des contraintes excessives » ; art1, 2011/70/Euratom

[8] http://www.global-chance.org/Production-et-gestion-des-dechets-radioactifs-des-industries-electronucleaires

[9] À ce propos, le gouvernement de Charles Michel avait fait voter en 2015 la prolongation de l’exploitation des deux réacteurs de plus petite capacité, Doel 1 et Doel 2, à l’encontre la loi de sortie du nucléaire votée en 2003. Cette prolongation a été cassée par la Cour constitutionnelle le 5 mars 2020. Le gouvernement dispose néanmoins encore de deux ans pour proposer, de nouveau, une prolongation.

[10] https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=CRIS_718_0001&contenu=article#re16no16

[11] https://ec.europa.eu/commfrontoffice/publicopinion/archives/ebs/ebs_324_fr.pdf page 11

[12] https://ec.europa.eu/commfrontoffice/publicopinion/archives/ebs/ebs_324_fr.pdf page 55

[13] Gerassimos Thomas, « Nuclear Energy – Initiatives at EU level », Conférence EuroSafe, Paris, 6 Novembre 2017.

[14] Ceci recouvre un débat bien connu autour des organes de régulation (ici nucléaires). Certains pays ont fait le choix d’établir des « autorités indépendantes »  en estimant que la gestion des risques doit être découplée de la vie politique du pays. Or ce découplage est très relatif et les liens qui persistent se trouvent opacifiés.

[15] La ministre fédérale belge de l’énergie, Marie-Christine Marghem, a fini par tenir une visioconférence le 23 mai 2020 pour répondre aux interpellations des autorités luxembourgeoises.

[16] https://storage.googleapis.com/planet4-belgium-stateless/2018/12/a1595810-a1595810-briefing_synatom_report_fr.pdf page 1.

[17] https://economie.fgov.be/fr/themes/energie/competences-federales/comites-et-commissions/commission-des-provisions

[18] https://www.rtbf.be/info/societe/detail_qui-paiera-a-l-avenir-le-cout-de-l-enfouissement-des-dechets-nucleaires?id=10065855

[19] Rapport annuel de Synatom, 2018, page 5

[20] https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/la-crainte-d-une-saturation-des-piscines-de-combustibles_129751

[21] https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_avis-negatif-pour-le-centre-de-stockage-des-dechets-nucleaires-a-tihange?id=10345195

[22] Rapport annuel de Synatom, 2018, page 5

[23] Interview par l’auteur, 2018.

[24] https://www.ondraf.be/pourquoi-une-decision-est-elle-necessaire

[25] Rapport annuel de Synatom, 2018, page 5

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Par laGrappe (Blog : Le blog de laGrappe), publié le 29 mai 2020

https://blogs.mediapart.fr/lagrappe/blog/290520/le-stockage-geologique-des-dechets-radioactifs-se-reinvite-en-belgique

ACTIONS ANTINUCLÉAIRES À PARIS, LYON ET DANS LA DRÔME POUR RÉCLAMER LA FERMETURE DE LA CENTRALE DU TRICASTIN, ÂGÉE DE 40 ANS

Des militants antinucléaires et des associations environnementales et sociales [1] ont mené plusieurs actions simultanées à Paris, Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) et Lyon (Rhône) ce jeudi 28 mai au matin pour dénoncer la prolongation du fonctionnement du réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin au-delà de quarante ans et demander son arrêt immédiat.

« Dimanche 31 mai, cela fera exactement quarante ans que le réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) est connecté au réseau électrique. EDF souhaite prolonger jusqu’à cinquante voire soixante ans la durée de fonctionnement de ce réacteur, qui est le premier du parc nucléaire français à entamer le processus en vue de sa prolongation au-delà de quarante ans. Pour des raisons de sûreté, nous, associations, collectifs et syndicats, nous opposons à la prolongation de ce réacteur vétuste, polluant et dangereux, et exigeons sa fermeture », ont écrit les organisations dans un communiqué commun.

Étirer la durée de vie des réacteurs jusqu’à cinquante voire soixante ans revient à rogner sur les marges de sûreté

Vers 11 h 45 à Paris, huit militants équipés de masques chirurgicaux et espacés d’un mètre pour respecter les règles de lutte contre l’épidémie de Covid-19 ont déployé une banderole « 40 ans ça suffit ! Débranchez la centrale nucléaire du Tricastin » devant le siège social d’EDF, avenue de Wagram dans le 8e arrondissement, a expliqué Julien Baldassara, chargé des mobilisations du réseau Sortir du nucléaire, à Reporterre. Ils ont déposé devant l’entrée une maquette du réacteur d’où s’échappait une fumée verte, « symbolisant les fuites radioactives et les risques d’accident accrus », explique le communiqué. Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau, a pris la parole pour expliquer les raisons de la mobilisation. Les employés du groupe ont immédiatement fermé les volets métalliques du siège. L’action s’est achevée au bout d’un quart d’heure sans intervention des forces de l’ordre.

La banderole déployée devant le siège social d’EDF, jeudi 28 mai

Des banderoles similaires ont été déployées par dix militants devant la centrale nucléaire du Tricastin à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), et par une dizaine de militants devant la division régionale de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à Lyon (Rhône).

« Les réacteurs de 900 mégawatts (MG) du parc nucléaire français, tels que celui de Tricastin 1, ont initialement été conçus pour fonctionner trente ans, avec une marge de sûreté de dix ans. Étirer leur durée de vie jusqu’à cinquante voir soixante ans reviendra à rogner sur les marges de sûreté, dénoncent les organisations dans leur communiqué. En effet, malgré les travaux lourds et complexes prévus par EDF, certains équipements cruciaux pour la sûreté de l’installation nucléaire ne sont ni remplaçables, ni réparables. C’est le cas de la cuve, qui contient les assemblages de combustibles immergés, et de l’enceinte de confinement en béton du bâtiment réacteur. Or la durée de vie d’un réacteur est directement liée à l’état de sa cuve et de son enceinte. »

La maquette déposée devant le siège social d’EDF

Les organisations dénoncent également un risque croissant de rupture brutale de la cuve, lié à la présence d’une vingtaine de fissures sur cette pièce d’acier ; des défaillances dans la résistance aux séismes, alors que des secousses sismiques ont été enregistrées l’an dernier sous la centrale ; des retards dans les travaux de renforcement de la digue située en amont de la centrale ; et une vulnérabilité accrue aux risques naturels extrêmes liés au changement climatique (inondations, sécheresse).

Le réacteur n°1 de la centrale du Tricastin avait redémarré le 23 décembre 2019 après un arrêt de près de sept mois consacré à une visite exceptionnelle destinée à lui permettre de poursuivre sa vie au-delà de quarante ans. Le réacteur de 900 MW situé dans la centrale du Tricastin, dans la vallée du Rhône, à la frontière de la Drôme et du Vaucluse, est le premier du parc français à avoir ainsi passé sa quatrième « visite décennale ». Cet avis de redémarrage accordé par l’[ASN| Autorité de sécurité nucléaire] n’était que la première étape vers l’éventuelle autorisation de faire fonctionner le réacteur jusqu’à cinquante ans. Les prochaines échéances seront une enquête publique prévue en 2021, et une décision de l’État sur la base du rapport de l’ASN transmis au ministère de la Transition écologique.

Par ailleurs, deux réacteurs du Tricastin devraient être arrêtés d’ici 2035, conformément à l’objectif de baisse de la part du nucléaire à 50 % du mix électrique français d’ici 2035 inscrit dans la dernière programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

  • Sources : Reporterre, réseau « Sortir du nucléaire »
  • Photos :

    . Chapô : La banderole déployée devant la centrale nucléaire du Tricastin, à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme). Réseau « Sortir du nucléaire » (courriel)

    . La banderole déployée devant le siège social d’EDF, jeudi 28 mai. Réseau « Sortir du nucléaire » (courriel)

    . La maquette déposée devant le siège social d’EDF. Réseau « Sortir du nucléaire » (courriel)

[1] Alternatiba Valence, Arrêt du nucléaire 34, Attac France, Collectif Halte Aux Nucléaires Gard, Extinction Rébellion Vallée de la Drôme, Frapna Drôme Nature Environnement, Greenpeace France, Ma Zone Contrôlée, RadiAction, Réaction en Chaîne Humaine, Réseau Sortir du nucléaire, Rhône-Alpes Sans Nucléaire, Sortir du nucléaire 38, Sortir du nucléaire Bugey, Sortir du nucléaire Sud-Ardèche, Stop nucléaire Drôme Ardèche, STOP Tricastin.

Publié le 28 mai 2020

https://reporterre.net/Actions-antinucleaires-a-Paris-Lyon-et-dans-la-Drome-pour-reclamer-la-fermeture-de-la

FLAMANVILLE : NON-RESPECT DES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 1 RELATIVES À L’ÉTANCHEITE DE LA TROISIÈME BARRIÈRE DE CONFINEMENT

Le 4 mai 2020, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect d’une règle générale d’exploitation du réacteur 1 concernant l’étanchéité de la troisième barrière de confinement.

Les règles générales d’exploitation sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles spécifient notamment, selon l’état du réacteur, les matériels requis pour assurer le maintien dans un état sûr de l’installation. Elles interdisent enfin les opérations qui auraient pour effet de dégrader certaines fonctions de sûreté. Ainsi les opérations sur les circuits secondaires du réacteur, participant à la troisième barrière de confinement, ne sont pas autorisées avant le déchargement du réacteur, lorsque la puissance résiduelle du combustible est importante, mais elles sont en revanche autorisées après le rechargement, lorsque la puissance résiduelle est plus faible.

EDF a détecté le 19 avril 2020 que cette dernière règle n’a pas été respectée à deux reprises au cours de l’arrêt du réacteur 1. Entre le 27 janvier 2020 et le 25 février 2020, deux opérations ont été réalisées sur les circuits secondaires du réacteur, affectant l’étanchéité de la troisième barrière de confinement. Ces opérations ont été décidées par l’exploitant après considération, d’une part qu’aucun déchargement n’était alors prévu, et d’autre part que la faible puissance résiduelle du cœur était proche des puissances usuellement observées après rechargement. Toutefois, ces opérations dérogeant aux règles générales d’exploitation du réacteur n’auraient pas dû être réalisées sans une analyse de risque formalisée et une autorisation spécifique de l’ASN.

Cet écart n’a pas eu de conséquence sur le personnel et l’environnement. Cependant, compte tenu de la dégradation prolongée de l’étanchéité de la troisième barrière de confinement, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 26 mai 2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-des-RGE-du-reacteur-1-relatives-a-l-etancheite-de-la-troisieme-barriere-de-confinement

LE PONT DE BOURTZWILLER PROCHAINEMENT INVESTI PAR LE COLLECTIF MULHOUSIEN “STOP BURE”

Pour disséquer le détail organisationnel du mouvement d’opposition à Cigéo, centre d’enfouissement de déchets radioactifs prévu à côté du village de Bure, dans la Meuse, des dizaines de personnes ont été placées sur écoute. Un millier de discussions et d’échanges ont été dûment retranscrits, et plus de 85.000 conversations et messages ont été interceptés, tout au long de 16 ans de temps cumulé de surveillance téléphonique, ordonnés par Kévin le Furun, juge d’instruction.

L’enquête pénale ouverte en juillet 2017 contre les opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo dans la Meuse, accusés d’avoir tenté de mettre le feu à un hôtel-restaurant, a nécessité l’engagement de moyens financiers considérables de la part de la justice et de la gendarmerie

L’enquête pénale ouverte en 2017 aura nécessité des moyens financiers considérables de la part de la justice et de la gendarmerie.

La machine folle du renseignement français s’est emballée comme jamais depuis l’”Affaire de Tarnac“, à l’instar d’un mauvais thriller, où l’on croise des valises espions et des logiciels spécialisés dans l’anticrim. Elle est dirigée cette fois contre un mouvement antinucléaire formé autour de ce village de la Meuse.

Assimilant le mouvement écologique en arrière chambre terroriste et criminelle, comme le comité invisible devait l’être de l’”ultra gauche terroriste“, la gendarmerie chargée de l’enquête s’est apparemment délectée de l’usage d’un logiciel de cartographie, afin de démêler l’écheveau des agissements et “desseins criminels” des écologistes antinucléaires.

Le collectif mulhousien “Stop Bure”, opposé au projet d’enfouissement des déchets nucléaires (CIGEO) à Bure, déploiera ce vendredi 29 mai de 16h30 à 18h des banderoles dénonçant le nucléaire, sur le pont de Bourtzwiller à Mulhouse.

Le collectif souhaite apporter ainsi son soutien aux militants de Bure, dans le sillage de l’enquête journalistique conjointe engagée par Médiapart et Reporterre, qui lève le voile sur ce dispositif massif et hors du commun de surveillance des réseaux anti-nucléaires.

Des surveillances qui ont mené à l’inculpation de 7 personnes pour association de malfaiteurs, et au fichage de 118 personnes, versé au dossier de l’instruction.

L’utilisation des techniques du renseignement menant à la criminalisation des militants écologistes et spécifiquement des anti-nucléaires interroge d’autant plus que, selon nos deux confrères qui ont eu accès au dossier, les droits de la défense n’ont pas même été respectés : de nombreux messages confidentiels relevant du secret professionnel entre les avocats (dont l’un a été surveillé) et leurs clients y figurent, notamment…

Aux termes de l’action prévue ce vendredi, le collectif mulhousien “Stop Bure” compte poursuivre sa dénonciation du nucléaire et ses impacts écologiques et démocratiques sur notre société, à l’heure où le besoin d’une transition énergétique devient impérieux.

Par La rédaction, publié le 27 mai 2020

https://www.alterpresse68.info/2020/05/27/le-pont-de-bourtzwiller-prochainement-investi-par-le-collectif-mulhousien-stop-bure/

LES ÉTATS-UNIS SE PRÉPARENT À METTRE FIN AUX DÉROGATIONS ACCORDÉES À L’IRAN SUR LES SANCTIONS LIÉES À SES PROJETS NUCLÉAIRES

ACTUALITÉS WASHINGTON, 27 mai 2020 (Yeclo avec Xinhua) — Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a annoncé mercredi la fin des dérogations accordées à l’Iran sur les sanctions concernant plusieurs projets nucléaires civils, dernier effort en date de Washington pour faire pression sur Téhéran.

Pompeo a indiqué dans un communiqué que cela concerne la conversion du réacteur Arak de l’Iran, la fourniture d’uranium enrichi au réacteur de recherche de Téhéran et l’exportation de combustible irradié ainsi que de débris du réacteur de recherche.

De nombreuses entreprises étrangères collaborent à ces projets civils afin d’empêcher Téhéran de développer des armes nucléaires.

« La dérogation aux sanctions couvrant ces activités prendra fin après une période finale de 60 jours, permettant aux entreprises et aux entités qui y sont impliquées de mettre un terme à leur participation », selon le communiqué.

Le secrétaire d’État a précisé que l’administration Trump a prolongé une dérogation de 90 jours couvrant le soutien international en cours à l’unité 1 de la centrale nucléaire de Bouchehr, afin « d’assurer la sécurité des opérations ».

« Nous continuerons à suivre de près tous les développements du programme nucléaire iranien et nous pouvons modifier cette dérogation à tout moment », a-t-il ajouté.

Le même jour, M. Pompeo a annoncé la désignation de deux Iraniens travaillant pour l’Organisation iranienne de l’énergie atomique comme contribuant à la prolifération d’armes de destruction massive.

Les analystes ont déclaré que mettre fin aux dérogations aux sanctions serait contre-productif. « Encore une mauvaise décision. (MM.) Trump et Pompeo essaient d’inciter l’Iran à abandonner toutes les contraintes nucléaires », a tweeté Mark Fitzpatrick, un expert de la question nucléaire et ancien fonctionnaire du département d’État américain.

En 2018, l’administration Trump avait procédé au retrait unilatéral des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 et a réimposé des sanctions unilatérales à l’Iran. Téhéran, cependant, a rejeté les appels de Washington et a promis de résister aux pressions.

Par Yeclo avec Xinhua, publié le 28 mai 2020

https://www.yeclo.com/les-etats-unis-se-preparent-a-mettre-fin-aux-derogations-accordees-a-liran-sur-les-sanctions-liees-a-ses-projets-nucleaires-actualites-28052020/

LE PRÉSIDENT DE L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE S’INQUIÈTE D’UN « RECUL DE LA RIGUEUR DANS L’EXPLOITATION DES CENTRALES »

Bernard Doroszczuk dresse le bilan annuel du fonctionnement des installations et revient sur l’impact de la crise sanitaire sur les centrales.

Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Bernard Doroszczuk, a présenté, jeudi 28 mai, devant les parlementaires un bilan « balancé » de l’état des installations nucléaires en 2019. Le gendarme du nucléaire, qui n’a effectué que des contrôles à distance au début du confinement, a repris début mai ses inspections physiques dans les centrales.

Comment la filière nucléaire a-t-elle fait face, jusqu’ici, à la crise sanitaire ?

Cette situation est inédite : pour la première fois, l’ensemble de la filière nucléaire s’est retrouvé sous tension sans que l’origine de la crise soit liée à un événement sur son parc. Les plans de continuité d’activité des opérations ont été mis en œuvre sans difficulté, et il n’y a jamais eu de risque pour la sûreté en raison de l’absence de personnels. Sur le parc nucléaire, les installations qui n’étaient pas essentielles à la production d’électricité ou de combustibles ont été mises à l’arrêt.

Quelles mesures de protection ont été prises pour les personnels ? Certains sous-traitants ont estimé n’être pas suffisamment protégés…

Les exploitants ont géré cette crise de manière tout à fait correcte. Il y avait au départ – comme partout – un déficit de masques, mais qui a été résorbé. Bien sûr, il y a eu des interrogations sur le respect des gestes barrières et sur les protections individuelles, tant pour le personnel prestataire que d’EDF. Il y a eu parfois l’évocation d’utilisations de droits de retrait mais, finalement, les mesures de protection nécessaires ont été prises pour les éviter. Il y a eu une prise en main très satisfaisante de la part d’EDF.

Lire aussi Nucléaire : les sous-traitants en première ligne pendant la pandémie de Covid-19

Cette crise a-t-elle toutefois exposé certaines vulnérabilités de la filière ?

Chez Orano [ex-Areva], la discussion concernant le droit de retrait a été plus compliquée que chez EDF. Le personnel a exigé des mises en sécurité qui ont entraîné des arrêts d’une installation de retraitement à la Hague. On s’est aperçu que si de tels arrêts se prolongeaient, cela conduirait à devoir entreposer des quantités plus importantes de combustibles usés dans les « piscines » de la Hague, qui sont déjà très largement occupées.

Cela met de nouveau en évidence que nous sommes dans une situation d’insuffisance d’entreposage des combustibles usés. Il y a donc urgence à prendre une décision concernant la construction d’une nouvelle capacité d’entreposage. Cette décision, portant sur la création d’une « piscine centralisée » par EDF, devait d’ailleurs être prise d’ici à la fin de l’année, mais ce délai ne sera pas respecté. C’est un enseignement général que je tire de cette crise, mais aussi depuis ma prise de fonctions : il y a clairement un déficit de culture de précaution.

Ce « déficit de culture de précaution » est-il d’abord de la responsabilité du gouvernement ou d’EDF ?

Il s’agit d’une responsabilité collective. Concernant les capacités d’entreposage des combustibles usés, cela fait des années que l’ASN alerte sur les risques, mais ce sujet n’est toujours pas pris suffisamment au sérieux. Il y a aussi un déficit de culture de précaution dans la population qui vit autour des centrales. Nous avons réalisé, en 2019, une campagne de distribution de comprimés d’iode : en disposer chez soi est un moyen de se protéger en cas d’accident nucléaire. Et, pourtant, seul 25 % de la population concernée est allé retirer ses comprimés en pharmacie.

Enfin, on a souvent attiré l’attention sur le fait qu’il fallait garder des marges dans la production électrique. Si on n’a pas de capacités de production supérieures à la demande, il serait difficile de prendre des décisions de sûreté qui nous conduiraient à demander l’arrêt d’un ou de plusieurs réacteurs.

Quel bilan tirez-vous en matière de sûreté sur l’année 2019 ? L’état de santé du parc nucléaire vous semble-t-il rassurant ou préoccupant ?

Le niveau de sûreté a été acceptable, mais certains points nécessitent des améliorations. Dans les points positifs, il faut souligner qu’il n’y a eu aucun incident important sur les installations en service en 2019. Ceci dit, il y a des points de vigilance, notamment chez EDF. Le premier, c’est la saturation des capacités d’ingénierie de l’entreprise, qui doivent être renforcées. C’est un sujet important car de nombreuses opérations liées à la possible prolongation de la durée de vie des réacteurs vont avoir lieu dans les prochaines années. Les opérations ont été très bien conduites sur le site de Tricastin [Drôme], le premier réacteur à avoir passé ce réexamen. Des équipes importantes ont été envoyées sur place pendant de longues périodes. Il faut qu’EDF puisse maintenir ce niveau d’investissement sur les prochains réacteurs, sinon il pourrait y avoir un doute sur sa capacité à assurer le réexamen dans de bonnes conditions.

Vous vous êtes aussi inquiété de l’absence de rigueur d’EDF dans certaines opérations…

Le recul de la rigueur dans l’exploitation des centrales est le deuxième point de vigilance concernant EDF. En 2019, trois événements significatifs de niveau 2 [sur l’échelle INES qui en compte 7] ont eu lieu dans des centrales, contre aucun en 2018. Deuxièmement, l’ASN a constaté que les consignes en cas d’incident [départ de feu, inondations, etc.] n’étaient pas adaptées à la réalité, contenaient parfois des erreurs ou étaient simplement inapplicables. Il y a une certaine dérive de ce point de vue.

Enfin, des écarts de conformité sont toujours constatés sur les réacteurs – des modifications ou des opérations de maintenance réalisées de manière non conforme au cahier des charges. L’ensemble de la chaîne est en cause, beaucoup d’opérations sont réalisées par des prestataires extérieurs, mais elles doivent faire l’objet d’une surveillance renforcée de la part d’EDF, qui en est responsable. Il y a à la fois des problèmes de compétences et, parfois, il faut le dire, un manque de conscience professionnelle dans la culture de sûreté.

Avez-vous l’impression que vos critiques sont prises en compte ?

Oui, nous constatons une évolution et une amélioration. Il y a eu des changements dans la direction du parc nucléaire chez EDF, et nous avons face à nous un état d’esprit plus positif en termes de transparence.

Dans le dossier de l’EPR de Flamanville, l’ASN a contraint EDF à reprendre certaines soudures non conformes. Ce qui a entraîné des nouveaux retards…

Cette décision d’imposer la réparation des soudures a marqué très fortement, d’autant qu’il y a eu par la suite des rapports qui ont confirmé que la conduite du projet de Flamanville avait été défectueuse. Il y a eu une prise de conscience, chez EDF, que la qualité des projets devait être améliorée. Cette décision y a participé.

Lire aussi « On est en confiance » : EDF tente de rassurer sur les défauts de fabrication de six réacteurs nucléaires

Les opérations de contrôle que vous avez demandées ont-elles permis de révéler de nouveaux défauts ?

Après la découverte de non-conformité sur une quarantaine de soudures, en avril 2018, l’ASN a demandé une extension des contrôles, et cela a conduit à identifier d’autres difficultés. C’est aujourd’hui plus d’une centaine de soudures, contre une quarantaine initialement, qui doivent être réparées.

Propos recueillis par Nabil Wakim et Perrine Mouterde, publiés le 28 mai 2020 à 10h58, mis à jour à 11h05

Photo en titre : Bernard Doroszczuk, le président de l’Autorité de la sûreté nucléaire, dans les locaux de l’ASN à Montrouge, en janvier 2019. GUILLAUME HERBAUT POUR « LE MONDE »

https://www.lemonde.fr/energies/article/2020/05/28/le-gendarme-du-nucleaire-s-inquiete-d-un-recul-de-la-rigueur-dans-l-exploitation-des-centrales_6041023_1653054.html

NUCLÉAIRE : NOUVEAU REVERS JUDICIAIRE POUR EDF SUR LE DOSSIER ARENH

Le tribunal de commerce de Paris a ordonné mardi à EDF de suspendre une partie des engagements d’achat pris par Gazel Énergie dans le cadre de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), la justice estimant une nouvelle fois que les concurrents du groupe public peuvent activer une clause de force majeure dans le contexte du coronavirus.

Dans son ordonnance de référé, que Reuters a pu consulter mercredi, le président du tribunal considère que les conditions de la force majeure «sont manifestement réunies» et condamne EDF à verser 25.000 euros à Gazel Énergie au titre des frais de procédure. Cette décision intervient après un jugement similaire favorable à Total Direct Énergie, intervenu jeudi.

La filiale de Total et Gazel Énergie cherchaient depuis mi-mars à obtenir la suspension d’une partie au moins de leurs contrats d’Arenh en faisant valoir que, sous l’effet du coronavirus et des mesures de confinement, ils disposaient d’un surplus d’électricité qu’ils devaient écouler sur le marché à un prix bien inférieur à celui auquel ils l’avaient acheté.

Réclamant l’activation d’une clause de force majeure qui leur permettrait de mettre fin aux livraisons des volumes d’Arenh et de s’approvisionner sur le marché à un prix beaucoup plus bas, ils s’étaient vu opposer une fin de non-recevoir par l’électricien public, ainsi que par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et le Conseil d’État.

Gazel Énergie est une ex-filiale de l’allemand Uniper désormais détenue par la holding EPH, propriété du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky.

Selon l’ordonnance du tribunal de commerce, la société a indiqué qu’elle faisait appel à l’Arenh à hauteur de 60% de ses approvisionnements en moyenne et que, contrainte de revendre cette électricité à prix cassé, ses pertes s’élevaient à 300.000 euros par mois et risquaient de «mettre en péril son existence».

Afin de limiter les conséquences pour EDF, Gazel Énergie s’est cependant engagée à restituer à l’électricien public l’écart entre le prix de l’Arenh (42 euros par mégawatt-heure) et le prix de marché pour l’électricité issue de l’Arenh consommée pendant la suspension du contrat. Personne n’était disponible dans l’immédiat chez EDF pour commenter ces informations.

Par Le Figaro avec Reuters, publié le 27 mai 2020

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/nucleaire-nouveau-revers-judiciaire-pour-edf-sur-le-dossier-arenh-20200527

ABSOLUMENT INACCEPTABLE: REPRISE DES ESSAIS D’EXPLOSIFS NUCLÉAIRES

L’Assemblée générale annuelle (AGA) du Réseau mondial Abolition 2000 pour l’élimination des armes nucléaires a adopté à l’unanimité le 23 mai une déclaration [voir le texte intégral ci-dessous] condamnant les récents rapports des discussions de la Maison Blanche sur la reprise des essais d’armes nucléaires. À la suite de la pandémie de Covid-19, Abolition 2000 a dû franchir une étape sans précédent en organisant son Assemblée générale annuelle en ligne, permettant aux participants d’une quarantaine de pays de s’y joindre.

La déclaration prévient que la reprise par les États-Unis des essais d’armes nucléaires entraînerait inévitablement la reprise des essais par d’autres pays. De tels tests seraient, en tout état de cause, contraires au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires TICEN, signé par les États-Unis en 1996, mais en attendant l’entrée en vigueur.

John Burroughs, directeur exécutif du Lawyers Committee on Nuclear Policy, et l’un des rédacteurs de la déclaration a déclaré: « Les essais d’armes nucléaires évoquent l’apocalypse nucléaire, comme à l’époque de la frénésie américano-soviétique. Elle ne doit pas être reprise. En même temps, nous devons reconnaître que les capacités d’apocalypse restent en place et sont maintenues et améliorées en l’absence d’essais explosifs nucléaires. Cela aussi doit prendre fin. »

Daniel Ellsberg, américain, ancien planificateur de guerre nucléaire et célèbre dénonciateur des Pentagon Papers, a déclaré : « Des essais nucléaires renouvelés initiés par les États-Unis permettraient à l’Inde, au Pakistan et à la Corée du Nord de tester et de développer des ogives thermonucléaires ‘bombe H’ », et ce qui les a empêchés de se développer c’est le moratoire sur les tests. Ils pourraient alors se joindre aux États-Unis et à la Russie pour menacer le monde de la capacité de provoquer l’hiver nucléaire, la famine mondiale et la quasi-extinction de l’humanité. De toute évidence, aucune nation sur terre ne devrait posséder ce pouvoir. Plutôt que d’inviter sa propagation, les États-Unis et la Russie ne devraient ni maintenir ni «moderniser» mais démanteler leurs propres machines Doomsday. »

Jackie Cabasso, directrice exécutive de la Western States Legal Foundation et mère fondatrice d’Abolition 2000, a déclaré : « Il y a 25 ans, nous avons lancé le Réseau mondial Abolition 2000 pour l’élimination des armes nucléaires avec une déclaration en 11 points qui comprend un appel à abolir toutes les formes des essais nucléaires. Depuis plus d’un quart de siècle, le moratoire sur les essais nucléaires explosifs à grande échelle est largement respecté. La reprise de ces tests par les États-Unis à ce moment-là jetterait les bases d’un ordre mondial de plus en plus fragile et ralentirait les décennies d’élimination des armes nucléaires. Cela ne doit pas être permis. »

À propos d’Abolition 2000

Le réseau Abolition 2000 a été créé en avril 1995, au cours des premières semaines de la Conférence d’examen et de prolongation du Traité de non-prolifération nucléaire, lorsque des militants du monde entier ont reconnu que la question de l’abolition nucléaire n’était pas à l’ordre du jour. Abolition 2000 est un Réseau international d’organisations et d’individus travaillant pour un traité mondial visant à interdire et à éliminer les armes nucléaires, il est ouvert à toutes les organisations qui approuvent la déclaration fondatrice [1].

À propos du traité d’interdiction complète des essais nucléaires TICEN

Le TICEN ouvert à la signature en 1996 oblige les États :

  1. À ne procéder à aucune explosion d’essai d’armes nucléaires ni à aucune autre explosion nucléaire, et interdire et empêcher une telle explosion nucléaire en tout lieu sous sa juridiction ou son contrôle.
  2. À s’abstenir de provoquer, d’encourager ou de participer de quelque manière que ce soit à la réalisation de toute explosion d’essai d’armes nucléaires ou de toute autre explosion nucléaire.

Pour les demandes des médias, contactez:

Jackie Cabasso, Western States Legal Foundation: wslf@earthlink.net +1510306 0119

Tony Robinson, Agence de presse internationale Pressenza: tony.robinson@pressenza.com +44 7958254938

Alyn Ware, Bureau de la paix de Bâle: info@baselpeaceoffice.org +420 773 638 867

23 mai 2020

Absolument inacceptable: reprise des essais d’explosifs nucléaires

Déclaration de la réunion annuelle du Réseau mondial Abolition 2000 pour l’élimination des armes nucléaires

La reprise des essais d’explosifs nucléaires est absolument inacceptable. Même discuter à nouveau sur des essais nucléaires est dangereusement déstabilisant. Pourtant, selon des articles de presse [2], de telles discussions ont récemment eu lieu à la Maison Blanche de Trump. La reprise des essais nucléaires par les États-Unis entraînerait des essais par d’autres États – peut-être la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan et la RPDC. Cela accélérerait la course aux armements nucléaires naissante et compromettrait les perspectives de négociations sur le contrôle des armes nucléaires. Un essai explosif nucléaire est en soi une sorte de menace. Les tests engendreraient la peur et la méfiance et renforceraient la dépendance à l’égard des armes nucléaires. Cela éloignerait le monde plutôt que d’un monde exempt d’armes nucléaires. Les essais d’explosifs nucléaires ne doivent pas avoir lieu, et il ne doit même pas y avoir de signaux de sa possibilité. Au lieu de cela, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires devrait entrer en vigueur.

Cet épisode s’inscrit dans le contexte de la mise à niveau continue des forces nucléaires par les États dotés d’armes nucléaires du monde. Il est soutenu par des recherches et des expérimentations approfondies en laboratoire qui remplacent en partie les fonctions autrefois remplies par les essais d’explosifs nucléaires. Ainsi, même si nous exigeons que ces essais ne reprennent pas, nous devons reconnaître les dangers inhérents à l’entreprise d’armes nucléaires en cours. Ces dangers sont désormais pour la plupart hors de la vue du public et soumis à un examen minutieux des médias, mais ils sont réels. Ils doivent également être traités, ce qui exigera en fin de compte l’abolition mondiale des armes nucléaires.

Rédigé au nom de l’Assemblée générale annuelle AGA par:

John Burroughs, directeur exécutif, Lawyers Committee on Nuclear Policy

Daniel Ellsberg, auteur de The Doomsday Machine: Confessions of a Nuclear War Planner

Andrew Lichterman, analyste de recherche principal, Western States Legal Foundation

[1] http://www.abolition2000.org/en/about/founding-statement/

[2] https://www.washingtonpost.com/national-security/trump-administration-discussed-conducting-first-us-nuclear-test-in-decades/2020/05/22/a805c904-9c5b-11ea-b60c -3be060a4f8e1_story.html

Publié le 26 mai 2020

Image en titre : Tests nucléaires 1945-1996 (Crédit image : CTBTO)

https://www.pressenza.com/fr/2020/05/absolument-inacceptable-reprise-des-essais-dexplosifs-nucleaires/

LE NUCLÉAIRE BELGE ET FRANÇAIS À L’AMENDE

Comme l’Autriche, le Luxembourg veut se doter d’un texte de loi permettant aux habitants de se retourner vers les exploitants de centrales nucléaires en cas d’incidents.

Bon d’accord, en cas d’incident nucléaire aux frontières du Grand-Duché, ce ne sera pas la priorité. Mais après, de quelle sécurité juridique disposeront les habitants du Luxembourg? La réponse tient dans le projet de loi 7221 qui vient d’être débattu en commission. Si le texte devait être approuvé par la majorité des députés, les citoyens du Grand-Duché devraient pouvoir poursuivre les exploitants nucléaires pour réclamer dommages et intérêts.

Dans l’esprit des initiateurs Déi Gréng de ce projet de loi, il s’agit d’aller au-delà des règles de protection qui datent des années 60. De plus, cette prise de position permettrait de faire planer la menace du risque financier sur les producteurs d’énergie nucléaire.

En commission parlementaire, mardi, deux points de vue ont émergé des débats. D’un côté, une vision idéaliste, soutenue par presque tous les partis. Celle-ci considère le projet de loi 7221 (déposé pour la première fois en 2017) à la fois comme un outil de prévention mais aussi comme une possible mesure répressive.

Ainsi, pour le ministre de l’Énergie Claude Turmes (Déi Gréng): il s’agit là d’un «régime historique de responsabilité nucléaire» marquant une étape importante de la politique antinucléaire luxembourgeoise. «Cette loi permettra au pays de prendre position contre la poursuite de la promotion de l’énergie nucléaire au niveau international», commente, pour sa part, le rapporteur François Benoy (Déi Gréng).

Demain, les pays voisins disposant de centrales nucléaires (France et Belgique) devront donc prendre en compte des coûts et des montants d’assurance toujours plus élevés s’ils veulent prolonger la durée de vie de leurs équipements ou disposer de stockage de déchets nucléaires dans la région frontalière (comme cela a été révélé il y a peu par la ministre de l’Environnement, Carole Dieschbourg).  

Dans ce contexte, le député Gilles Roth (CSV) fait preuve d’une vision plus réaliste. Si lui et sa fraction restent favorables à cette future loi, force est de constater pour l’élu d’opposition que «néanmoins, de tels paiements de réparation seraient difficiles à faire valoir contre les pays voisins producteurs d’énergie nucléaire». Et de critiquer au passage l’hypocrisie des Verts en matière d’énergie nucléaire. En effet, malgré la participation des écologistes au gouvernement, la part de l’énergie nucléaire (10,4%) n’a pas diminué ces dernières années.

Reste que le projet de loi a finalement été adopté par 56 voix pour et 4 voix contre. Seuls les députés de l’ADR s’y sont opposés. Avec l’Autriche, le Luxembourg devient le deuxième pays à disposer d’une telle loi sur la responsabilité des exploitants nucléaires.

Publié le 27 mai 2020 à 08h25 (pj avec Morgan KUNTZMANN)

Photo en titre : Cerné par trois centrales nucléaires – Cattenom (FR), Tihange et Doel (BE) – le Luxembourg se dote d’une loi pour que chaque citoyen puisse réclamer des dommages en cas d’incidents sérieux. Photo : AFP

https://www.wort.lu/fr/luxembourg/le-nucleaire-belge-et-francais-a-l-amende-5ece07c3da2cc1784e35e911

ENQUÊTE ET LIVRE : « LE NUCLÉAIRE, C’EST FINI »

Pour rédiger cette enquête à charge sur le nucléaire mêlant archives, récits et interviews, la chanteuse et chroniqueuse La Parisienne libérée s’est documentée pendant des années. Elle montre combien cette filière est en mauvaise posture — faillites en chaîne des géants de l’atome, retards de livraison colossaux, budgets hors normes, catastrophes qui s’enchaînent — mais aussi pourquoi les institutions (les États) sous-estiment structurellement les risques, pour ne pas dire les dangers — magie de la novlangue… Le maître mot reste « contrôle » : tout est sous contrôle, circulez, il n’y a rien à voir. Pour l’auteure, il est urgent de se réapproprier la question du nucléaire et celle de la transition écologique. Peut-on parler d’énergie « propre » quand on prône le confinement — c’est le terme en usage —, l’enfouissement et le retraitement ? Le dérèglement climatique (tempêtes, sécheresses, inondations, canicules…) sonne le glas du « miracle d’une transition énergétique heureuse ». En conclusion, elle appelle à un « déconfinement » radical, nourri de l’expérience des luttes passées, pour en finir avec le nucléaire et laisser place à la vie.

Charlotte Dugrand

« Le nucléaire, c’est fini », par La Parisienne libérée, La Fabrique, Paris, 2019, 230 pages, 13 euros.

Le Monde Diplomatique Juin 2020, page 25, en kiosques > Les livres du mois

https://www.monde-diplomatique.fr/2020/06/DUGRAND/61897

GRAND CHAMBOULE-TOUT DANS LES ARRÊTS DE TRANCHES NUCLÉAIRES D’EDF

Entre une baisse brutale de la consommation électrique et le confinement d’une grande partie de ses équipes et de ses sous-traitants, la pandémie a obligé EDF à revoir intégralement le programme de maintenance de son parc nucléaire à travers la France, grand carénage compris.

La situation est inédite. Entre une baisse brutale de la consommation électrique de 15 à 20 % en France et le confinement d’une grande partie de ses équipes et de ses sous-traitants, la pandémie a obligé EDF à revoir le 16 avril ses prévisions de production d’électricité nucléaire. Elle serait de l’ordre de 300 térawattheures (TWh) en 2020 contre 375 à 390 TWh prévus initialement, et comprise entre 330 et 360 TWh chaque année en 2021 et en 2022.

Et ce quelle que soit la demande de ses clients. Car si son plan pandémie a bien permis à EDF d’exploiter ses centrales nucléaires même avec des équipes réduites, son programme d’arrêt de tranches pour rechargement de combustibles, maintenance et visite décennales, a quant à lui complètement implosé.

Réduire la production

Pendant les deux mois du confinement, seules les équipes indispensables au fonctionnement et à la maintenance continue des centrales nucléaires ont pu être assurées. « Toutes les activités à caractère obligatoire ont été poursuivies », assure Étienne Dutheil, le directeur de la production nucléaire d’EDF. Mais la plupart des interventions pour chargement de combustibles et arrêt de tranches pour maintenance préventive ou visites décennales ont, elles, été stoppées. « La première semaine, nous avons arrêté les trois quarts des chantiers », précise le directeur de la production nucléaire.

Certes, des mesures barrières ont été mises en place sur les sites, en particulier dans les zones de forte affluence : à l’entrée, les vestiaires ont été réorganisés. « Cela limitait le nombre de personnes présentes sur le site en même temps et on a élargi les plages de travail et multiplié les équipes. On a ainsi pu faire revenir plus de gens sur les sites », se félicite Étienne Dutheil. Mais pas tout le monde. Ainsi à la centrale de Bugey, située à Saint-Vulbas (Ain), la visite décennale en cours et un arrêt simple pour rechargement de combustible sur un autre réacteur ont pu reprendre, et « nous sommes passés de 700 personnes à 1 500 personnes, alors qu’en temps normal nous serions 3 000 », reconnaît le dirigeant d’EDF.

Économiser le combustible

Petit à petit, l’activité reprend donc dans les centrales. Le 20 mai, Étienne Dutheil estimait le niveau d’activité entre 60 et 70 % par rapport à ce qu’il serait en temps normal. Mais seuls 38 des 57 réacteurs du parc étaient en fonctionnement. Retardés par le Covid-19, les travaux en cours sur Flamanville 1 et 2 (Manche), arrêtés depuis des mois, ont encore été repoussés à octobre 2020.

Outre les arrêts de tranches en cours, EDF a dû programmer des arrêts de tranches plus ou moins temporaires pour économiser le combustible à Dampierre 1 (Loiret), Cruas 1 (Ardèche), Chinon 2 (Indre-et-Loire), Saint-Laurent 2 (Loir-et-Cher), Chooz 2 (Ardennes). À la demande de RTE pour maintenir la tension en Bretagne, Civaux 2 (Vienne) n’a pas été arrêté, mais sa capacité de production a été réduite de 1 300 à 400 MW.

En effet, les arrêts de tranches en cours pour rechargement de combustibles, visite partielle pour maintenance préventive et visite décennale « se rallongeant à cause des effets de la crise sanitaire, on risquait de voir se chevaucher de nouveaux arrêts avec les arrêts en cours, ce qui aurait mis en péril notre capacité de production, explique le directeur de la production nucléaire d’EDF. Nous avons pris des hypothèses prudentes sur les durées d’arrêts avant et après le 1er septembre. Cela nous a donné une photo dans les six mois à venir notamment l’hiver, où la consommation repartira avec la baisse des températures et la reprise économique. »

Reprogrammer tous les arrêts de tranche

Pour être sûr de retrouver les moyens de production, « on a revu la programmation des arrêts de tranche pour en avoir moins cet hiver », précise Étienne Duthiel. Le nouveau planning est bien avancé mais toujours en cours. Les dates de programmation d’une trentaine d’arrêts ont déjà été modifiées. « Cela nous a conduit aussi à faire des arrêts de réacteurs pour économiser les combustibles, en priorité sur ceux qui étaient en début de cycle. Mais pas forcément durant plusieurs mois de suite et certains ont déjà été redémarrés ». Sur ces tranches-là, par exemple Dampierre, un arrêt simple pour rechargement cet hiver est supprimé et remplacé par une visite partielle plus tard.

Pour l’hiver prochain, EDF vise 90 % de disponibilité, avec 45 à 50 réacteurs disponibles et donc uniquement cinq à six réacteurs à l’arrêt, avant de remonter progressivement à une quinzaine en mars et une vingtaine en mai et durant l’été 2021. Si la nouvelle campagne d’arrêt pour 2020 est quasiment bouclée, « on a aussi produit un programme pluriannuel pour 2021 et 2022 qu’il reste à affiner, car on a des contraintes de disponibilités et de compétences à gérer ». Pour mémoire, les opérations réalisées durant les arrêts de tranches sont quasiment toutes réalisées par des sous-traitants.

Par Aurélie Barbaux (Services à l’industrie), publié le 26/05/2020 à 15H59

Photo en titre : EDF a dû reprogrammer tous les arrêts de tranche des 56 réacteurs nucléaires (en photo Tricastin) de son parc pour 2020, 2021 et 2022. © abarbaux

https://www.usinenouvelle.com/article/grand-chamboule-tout-dans-les-arrets-de-tranches-nucleaires-d-edf.N968451

UN NOUVEAU SOUS-MARIN OU UN MSBS SERAIENT LES PROCHAINES OPTIONS DU NORD POUR ACCROÎTRE SA DISSUASION NUCLÉAIRE

SÉOUL, 25 mai — La mesure la plus probable que la Corée du Nord pourrait prendre comme moyen de renforcer ses capacités nucléaires pourrait être le lancement d’un nouveau sous-marin et d’un missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) même si elle devrait être sur la corde raide à l’approche de l’élection présidentielle américaine, ont analysé ce lundi des experts.

Après une absence de plusieurs semaines sur le devant de la scène, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a convoqué une réunion élargie de la Commission militaire centrale (CMC) du Parti du travail afin de discuter de «nouvelles politiques pour accroître encore la dissuasion nucléaire du pays», a rapporté hier l’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA).

C’était la première fois que le pays communiste a évoqué ouvertement une option nucléaire depuis début 2018 bien qu’il ait pris plusieurs mesures du genre sur fond d’impasse dans les négociations de dénucléarisation avec les États-Unis.

Les autorités de renseignement sud-coréennes ont déclaré surveiller étroitement les activités du Nord concernant les préparations en vue de lancer son nouveau sous-marin dévoilé en juillet 2019.

Le sous-marin, qui serait de 3.000 tonnes et capable de transporter trois MSBS, est en construction sur la base navale de Sinpo, sur la côte est du Nord.

«Il semble presque prêt à être déployé», a noté une source militaire. «Nous sommes en train d’observer étroitement si le Nord organise une cérémonie de lancement».

Plus tôt ce mois-ci, le Service national du renseignement (NIS) a noté que les sous-marins de classe Gorae (2.000 tonnes) et le système d’éjection de missile sous-marin ont été détectés sur le chantier naval de Sinpo.

Actuellement, la Corée du Nord posséderait 70 sous-marins incluant une vingtaine de navires de classe Romeo (1.800 tonnes). La plupart d’entre eux sont désuets et inaptes à mener des opérations au-delà des eaux côtières.

La Corée du Nord pourrait également effectuer d’autres tests de son nouveau MSBS, le Pukguksong-3, après son premier tir d’essai en octobre 2019 au large de la côte est, près de Wonsan.

Classé comme un missile de moyenne portée, il s’agirait d’une version améliorée du missile Pukguksong-1. Lors du test d’octobre, le missile a parcouru environ 450 km à une altitude maximale d’environ 910 km, selon le Comité des chefs d’état-major interarmées (JCS).

Avec les bombardiers nucléaires et les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), le MSBS complète l’armement nucléaire stratégique.

Les MSBS possèdent une précision plus faible que celle des ICBM et peuvent porter des ogives nucléaires plus petites. Ils peuvent toutefois être utilisés efficacement pour lancer une contre-attaque nucléaire surprise si la Corée du Nord subit une «première frappe» des forces ennemies.

Selon les autorités de renseignement sud-coréennes, la Corée du Nord a mis au point deux missiles de type Pukguksong et leur portée atteint environ 1.300 km.

«Il poserait des menaces à la sécurité non seulement régionale mais aussi mondiale alors que les missiles lancés sous l’eau sont difficiles à détecter. Il est probablement destiné à être lancé depuis des lanceurs de sorte à pouvoir être transporté plus facilement», a estimé Shin Jong-woo, chercheur du Forum coréen sur la défense et la sécurité (KODEF).

Lors de la réunion clé du parti, le dirigeant nord-coréen a également promu Ri Pyong-chol, en charge de la construction d’armes nucléaires et de missiles, au rang de vice-président de la commission. Pak Jong-chon, chef d’état-major général de l’Armée populaire de Corée (KPA), en charge des forces d’artillerie, a été également promu vice-maréchal.

«Leur promotion indique que Kim continuera à accroître les capacités nucléaires et balistiques du pays sur fond d’impasse dans les négociations de dénucléarisation avec les Etats-Unis», a ajouté Shin.

La dernière annonce sur les capacités nucléaires semble toutefois viser à accroître la pression sur les États-Unis en vue de prendre des mesures concrètes pour faire avancer le dialogue au point mort et à resserrer la discipline dans ses organisations militaires, plutôt qu’à avertir des actes de provocation imminents, selon des experts.

«La Corée du Nord semble avoir déjà déployé ou s’apprête à déployer de nouveaux missiles à courte portée dévoilés l’année dernière et devrait profiter au maximum de ces moyens comme d’un levier pour l’instant plutôt que de franchir une ligne rouge», a analysé Hong Min, chercheur de l »Institut coréen pour l’unification nationale (KINU).

Depuis l’échec des négociations sur son programme d’armes nucléaires avec les États-Unis au début de l’année dernière, la Corée du Nord a montré plusieurs nouveaux types de missile et effectué des tests d’armes majeures, impliquant la plupart des projectiles de courte portée.

Plus tôt cette année, Pyongyang a averti d’une «nouvelle arme stratégique» et d’une «vraie action choquante» mais n’a pas encore lancé d’ICBM.

Par Yonhap, publié le 25 mai 2020 à 22h48

https://fr.yna.co.kr/view/MYH20200525022000884?section=video/videos

PEUT-ON ÊTRE ÉCOLOGISTE ET PRO-NUCLÉAIRE ?

En France, pays où 72 % de l’électricité provient de centrales nucléaires, la question de l’énergie atomique a pourtant toujours été clivante. Un sondage Ifop sorti en 2011, deux semaines après la catastrophe de Fukushima, révélait que 56% des Français étaient inquiets à l’égard des centrales. Trois mois plus tard, le chiffre tombait… à 45%. Si aujourd’hui l’opinion demeure partagée, les écologistes, eux, sont historiquement et majoritairement contre l’atome. Mais, avec le réchauffement climatique la question se pose de nouveau : peut-on être écologiste en étant pro-nucléaire ?

Non, pensent les « anti » qui soulignent les risques d’accidents et la « dette » des déchets radioactifs léguée aux générations futures. Oui, affirment ceux qui y voient le meilleur rempart face aux émissions de gaz à effet de serre. Sur ce sujet, l’ancien ministre de l’environnement Brice Lalonde, l’ingénieur Thierry Caminel, le photographe Yann Arthus-Bertrand et Charlotte Mijeon, porte-parole de « Sortir du nucléaire » s’expriment dans « GoodPlanet Mag ». Premier article d’une série consacrée au débat sur la place de l’atome dans nos choix énergétiques présents et à venir.

Brice Lalonde, ministre de l’Environnement de 1988 à 1992, candidat à l’élection présidentielle en 1981 : « la priorité désormais, c’est la lutte contre le réchauffement »

J’appartiens à cette génération entrée en écologie dans les années 1970, avant que le mouvement ne se forge contre le nucléaire militaire puis civil. La question du changement climatique, nous ne l’avons pas vue venir. Pour moi, les débuts du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) de 1986 à 1988 marquent une rupture. Je me rends compte à ce moment-là qu’il faut changer de logiciel : ce qui est prioritaire, c’est de limiter les gaz à effet de serre. La lutte contre le CO2 passe avant la question nucléaire.

Au sein du mouvement écologiste, c’était comme renier la Bible pour un chrétien. Je fais partie de ceux qui pensent qu’il faut réformer les techniques nucléaires, notamment la gestion des déchets, avec la transmutation (NDLR : transformation d’éléments radioactifs à vie longue en éléments à vie plus courte). C’est un problème d’ordre moral. Mais aujourd’hui, qui décide de l’avenir du nucléaire ? Les écologistes, au lieu de vouloir tout arrêter, devraient se saisir de la question.

Thierry Caminel, ingénieur, ancien militant des Verts, coopérateur à EELV, membre de l’Institut Momentum : « sans recours au nucléaire, la récession qui nous attend sera encore plus forte »

Il y a quinze ans environ, j’ai commencé à m’intéresser aux problèmes liés au pic de production du pétrole, puis aux liens entre PIB et énergie (impossibilité d’avoir l’un sans l’autre). J’ai compris que nous allions vers une crise énergétique majeure, qui provoquera de profondes récessions. Avec moins de pétrole, seul  le nucléaire peut fournir l’énergie décarbonée nécessaire pour nous aider à amortir la chute.

Lorsque j’ai intégré les Verts en 2008, on pouvait débattre sur la date de sortie du nucléaire, même si les militants et l’appareil étaient  très majoritairement anti-nucléaires. Après la victoire aux élections européennes de 2009 et Fukushima en 2011, c’est devenu impossible. Aujourd’hui, avec l’urgence climatique et la diffusion des discours sur l’effondrement, on peut à nouveau évoquer la place du nucléaire et tenter de convaincre que l’éolien et le solaire ne suffiront pas. C’est une question d’ordres de grandeur.

Yann Arthus-Bertrand, photographe, réalisateur et président de la Fondation GoodPlanet. Il s’exprime ici en son nom. « Le débat mérite d’être ouvert »

Lorsque je suis rentré du Kenya dans les années 1980, mon éditeur m’a demandé un livre sur l’industrie nucléaire. J’ai visité plusieurs sites en France. Il a fallu mettre 20 000 exemplaires au pilon car Tchernobyl est survenu juste avant la date de sortie : nous y avons consacré un nouveau chapitre et je suis allé là-bas. À l’époque, j’étais un écologiste plutôt tourné vers la vie animale, je n’avais pas d’avis sur la question. Comme à tout le monde, le nucléaire me faisait peur, mais j’ai commencé à m’y intéresser : j’ai lu cet ouvrage qui est devenu l’un des préférés : La supplication, de Svetlana Aleksievitch. Je suis allé deux fois à Tchernobyl, je devais me rendre à Fukushima mais je n’ai jamais pu y aller, et j’ai suivi les conférences de Jean-Marc Jancovici. Les écologistes refusent le débat car leur histoire se confond avec celle du mouvement pacifiste, contre la bombe atomique. Ils parlent des déchets nucléaires, mais nous empoisonnons tous les jours notre terre et nos enfants avec des pesticides ou des herbicides qui recouvrent 30% du pays ! Si le changement climatique est la priorité des Verts et si ces déchets sont le prix à payer pour fermer les centrales à charbon, c’est leur responsabilité d’ouvrir le débat sans tabou.

Contrepoint : la parole à une militante anti-nucléaire de longue date

Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau « Sortir du nucléaire ». « Le « nucléaire décarboné » relève de la pensée magique »

Dès le début de mes études, j’ai commencé à m’investir dans des associations visant à la fois la sortie du nucléaire et la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Je travaille depuis douze ans pour le réseau « Sortir du nucléaire ».
Je constate que l’industrie nucléaire est confite dans une approche figée qui refuse de voir les progrès accomplis par les technologies comme l’éolien ou le solaire. Contrairement au nucléaire qui a peu évolué depuis la seconde guerre mondiale, les énergies renouvelables sont dans un processus dynamique : aux États-Unis, l’énergie solaire est devenue moins chère que le nucléaire ou les énergies fossiles !
Le discours des partisans du nucléaire part du principe qu’une hausse continue des consommations d’électricité va obliger à conserver cette technologie, puisque la population refuserait de consommer moins et que notre surconsommation actuelle ne peut être couverte par les renouvelables. C’est ignorer les projections officielles de RTE (Réseau de transport d’électricité, filiale d’EDF, NDLR), qui montrent que notre consommation d’électricité est promise à stagner, voire baisser, du fait de la mise en place de mesures d’efficacité énergétique. C’est également ignorer l’aspiration d’une part croissante de la population à plus de sobriété. Une transition vers plus de sobriété et d’efficacité est non seulement nécessaire, mais possible, et peut permettre à terme de se passer du nucléaire.

Les pro-nucléaires utilisent aujourd’hui l’argument de l’urgence climatique et n’hésitent pas, pour cela, à présenter cette technologie comme « décarbonée ». Ils oublient que l’extraction d’uranium nécessaire aux centrales génère aussi des émissions des gaz à effet de serre, certes moindre que le charbon ou le gaz. Par ailleurs, une inconnue subsiste : comment faire une « analyse de cycle de vie » honnête du nucléaire au regard des durées extrêmement longues sur lesquelles il faudra « gérer » les déchets radioactifs ? On remarque d’ailleurs que la question des déchets radioactifs, la pollution qu’ils entraînent (aucune « solution » n’existant à ce jour) et les questions éthiques qu’ils soulèvent vis-à-vis des générations futures sont esquivées dans ce discours ; comme si les émissions de CO2 étaient le seul et unique critère pour juger du caractère soutenable d’une technologie.

De plus, il ne suffit pas qu’une option émette peu de CO2 pour répondre à l’urgence climatique : il faut également qu’elle puisse être déployée suffisamment vite à un coût non prohibitif. Comme le montre l’exemple de l’EPR de Flamanville, le nouveau nucléaire est hors-jeu. Quant au nucléaire existant, il ne pourra être prolongé très longtemps au regard des risques posés par le vieillissement, certains composants n’étant ni remplaçables ni réparables. Dans tous les cas, des travaux de remise aux normes lourds et coûteux seraient également requis pour porter les réacteurs français au-delà de 40 ans : le jeu en vaut-il la chandelle ? Ne vaut-il pas mieux investir dès maintenant dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables ?
Il est vrai que les luttes antinucléaires ont joué un rôle fondateur dans l’émergence du mouvement écologiste en France, qu’il s’agisse de l’écologie politique ou du mouvement associatif. Le Réseau Action Climat, dont nous sommes adhérents et qui fédère la plus grande partie des grandes associations environnementales françaises, considère depuis sa création que le nucléaire n’est pas une solution au changement climatique et a régulièrement l’occasion de réaffirmer cette position.

Et il est également vrai que l’on assiste actuellement à une offensive de l’industrie nucléaire pour se faire une place dans le mouvement climat, avec notamment des interventions très coordonnées sur les réseaux sociaux et une influence assez forte de personnalités drainant un certain fan-club, comme Jean-Marc Jancovici. La crise climatique suscitant des angoisses existentielles légitimes, on peut entendre que de nombreuses personnes éprouvent le besoin de se raccrocher à l’idée d’une technologie miracle, quitte à considérer les nuisances qui vont avec comme un « mal nécessaire ».

Mais outre qu’une telle approche se fourvoie sur la capacité réelle du nucléaire à répondre à l’urgence climatique, elle amène à une pensée qui fait l’impasse sur énormément d’enjeux et en vient à légitimer une technologie imposée, ce qui est très dangereux.

Une pensée écologique digne de ce nom doit être systémique et globale, et ne peut pas se résoudre à prendre parti pour une technologie.

Publié le 25 mai 2020

https://www.goodplanet.info/2020/05/25/peut-on-etre-ecologiste-et-pro-nucleaire/

(NDLR: l’écologie c’est un peu comme l’amour: on peut aimer un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout. Donc tous les degrés sont possibles. Mais il existe des incompatibilités évidentes. Cet article en est un échantillon.)

NOS ASSOCIATIONS ATTAQUENT LE DÉCRET PROROGEANT LE DÉLAI DE MISE EN SERVICE DE L’EPR DE FLAMANVILLE DANGEREUX, COÛTEUX ET INUTILE, CE RÉACTEUR DOIT ÊTRE ABANDONNÉ

Le 25 mars 2020, en plein confinement, un décret prorogeant de quatre ans le délai de mise en service de l’EPR de Flamanville a été publié. En quelques lignes, ce décret modificatif – déjà le deuxième de ce type [1] – en fixe la date limite à 2024, contre 2020 auparavant. Le gouvernement a procédé en catimini, sans procédure de participation du public, comme s’il s’agissait simplement d’actualiser formellement une date devenue obsolète en raison des retards successifs du chantier. Pourtant, l’état du réacteur n’a plus grand-chose à voir avec ce que décrit le décret d’autorisation de création initial.

Celui-ci prévoyait en effet que les exigences de conception et de fabrication devaient être telles qu’on puisse exclure la rupture de composants majeurs comme la cuve ou les tuyauteries des circuits primaires et secondaires. Entre-temps, d’importants défauts ont été découverts sur le couvercle et le fond de cuve, si bien que sa rupture n’est plus exclue [2]. Ce risque concerne également huit soudures des tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur, affectées de malfaçons [3], dont la réparabilité n’est même pas garantie. Et ces problèmes ne représentent probablement que la partie émergée de l’iceberg, de nouvelles « non-conformités » étant régulièrement découvertes [4] !

Le décret exigeait également que l’exploitant dispose des capacités techniques et financières nécessaires pour construire le réacteur et s’assurer des charges futures, ce qui doit être mis en doute. Le coût de l’EPR a explosé, passant de 3,3 à 12,4 milliards d’euros. Confrontée à une dette de 41 milliards d’euros, EDF s’est lancée dans une course à la rentabilité à court terme et aurait déjà disparu sans le soutien de l’État et l’argent des contribuables. Quant à la perte de compétence d’EDF, le gouvernement lui-même l’a reconnue publiquement à la remise du rapport Folz. L’Autorité de sûreté nucléaire insiste d’ailleurs : il ne s’agit pas d’une expérience qui se serait perdue faute de construire des réacteurs, mais d’un manque de rigueur et d’une perte de compétence professionnelle touchant l’ensemble de la filière.

Se contenter d’une simple actualisation de la date du décret initial est donc manifestement illégal (au regard de la jurisprudence européenne récente [5], ces modifications auraient nécessité une nouvelle ou, a minima, une réactualisation de l’évaluation environnementale du projet), mais surtout profondément malhonnête. C’est pourquoi nos associations viennent de déposer deux recours gracieux pour demander le retrait de ce décret et l’abrogation du décret d’autorisation de création initial.

Au-delà de cette démarche, nos associations réaffirment avec force que le réacteur EPR ne doit jamais entrer en service. Il est inacceptable que des milliards soient encore gaspillés dans ce gouffre financier, alors que ce réacteur criblé de défauts, s’il fonctionne un jour, mettrait en danger toute l’Europe. Enfin, sa mise en service enfermerait la France pour de nouvelles décennies dans l’impasse nucléaire, à rebours de toute transition énergétique digne de ce nom, et irait de pair avec la production de nouveaux déchets ingérables. Au vu de ce désastre, la volonté du gouvernement et d’EDF de construire six nouveaux réacteurs dans les années à venir relève de l’irrationnel.

En 2007, une étude montrait que les besoins en énergie du Grand Ouest auraient pu être mieux assurés en consacrant le coût initial de l’EPR (3,3 milliards d’euros) aux économies d’énergie et énergies renouvelables locales. Treize ans après, le coût de l’EPR a explosé, tandis que celui des énergies renouvelables a diminué. Continuer ce gâchis est une perte de temps face à l’urgence climatique. Plutôt que de se fourvoyer dans un tel projet, la France doit en finir avec le nucléaire.

Retrouver le dossier juridique : https://www.sortirdunucleaire.org/Flamanville-EPR-barrage-seconde-prorogation

Contacts presse :

Avocat : Me Samuel Delalande – 06 01 95 93 59

Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“ : Marie Frachisse – 07 62 58 01 23

Pour le CRILAN : André Jacques – 06 08 84 22 22

Pour Greenpeace : Cécile Génot – 06 30 23 52 78

Pour France Nature Environnement/Stop EPR Ni à Penly Ni Ailleurs : Guillaume Blavette – 06 62 29 50 48

Notes :

[1] En 2017, le délai de 10 ans prévu pour la construction de l’EPR avait déjà été prorogé de 3 ans par décret.

[2] Une action en justice avait été lancée à ce sujet par certaines de nos associations

[3] Plus d’informations sur ce dossier sur le site de l’ASN. Ce défaut avait également fait l’objet d’une plainte en justice.

[4] https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Ecart-de-fabrication-chez-Framatome

[5] En vertu de la directive 2011/92 dans sa version modifiée par la directive 2014/52/UE, avant l’édiction d’une décision prorogeant les délais maximums de mise en service, la mise à jour de l’évaluation environnementale est requise au regard de l’apparition de faits et d’informations nouvelles depuis la délivrance de l’autorisation. L’exigence de réaliser une nouvelle évaluation environnementale a été également mise en exergue dans un arrêt du 29 juillet 2019 de la CJUE à propos d’une autorisation prolongeant la durée d’exploitation de 10 années d’une centrale nucléaire.

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Publié le 26 mai 2020

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/associations-attaquent-le-decret-prorogeant

SIEMENS : LE RÉACTEUR EPR FINLANDAIS CONFRONTÉ À DE NOUVEAUX PROBLÈMES

Une fuite au niveau des vannes a été découverte sur le réacteur nucléaire finlandais Olkiluoto-3, construit par un consortium formé par Areva et Siemens, a annoncé lundi l’autorité finlandaise de régulation STUK. Ce réacteur EPR de troisième génération, qui a accumulé plus de dix ans de retards depuis le lancement du chantier en 2005, doit commencer à produire de l’électricité à partir de novembre.

« Une fuite a été observée dans la vanne de commande mécanique de l’une des vannes de sécurité du pressuriseur », a précisé le STUK, ajoutant qu’une enquête approfondie était nécessaire avant la délivrance d’un permis de  chargement de combustible nucléaire.

C’est très grave, a souligné pour Reuters Iiro Paajanen, le directeur en charge des inspections au STUK, en référence à la fuite.

Le groupe finlandais Teollisuuden Voima Oyj (TVO), exploitant du site, a sollicité le 8 avril un permis de chargement de combustible et espérait alors à l’époque recevoir le document dans quelques mois.

Areva n’était pas disponible dans l’immédiat pour un commentaire.

Par Anne Kauranen et Tarmo Virki; version françaiseversion française Claude Chendjou, publié le 25/05/2020 à 16h05

https://www.zonebourse.com/SIEMENS-AG-56358595/actualite/Siemens-Le-reacteur-EPR-finlandais-confronte-a-de-nouveaux-problemes-30667943/

NUCLÉAIRE: EDF FERA BIENTÔT UNE DEMANDE POUR UN PROJET BRITANNIQUE

PARIS (Reuters) – EDF a fait savoir lundi qu’il prévoyait de soumettre « bientôt » une demande d’autorisation pour la construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Sizewell C, dans l’est de l’Angleterre, après une pause dans le projet liée au coronavirus.

Cette information intervient après un article du Sunday Times évoquant le dépôt d’une demande d’autorisation de développement (DCO) mercredi, EDF ayant annoncé fin mars le report de cette demande en raison de la pandémie.

« Nous prévoyons de soumettre bientôt une demande de planification pour Sizewell C après une pause due au coronavirus« , a indiqué le groupe dans une déclaration transmise à Reuters.

« Nous le confirmerons dès que la demande sera déposée. Il est important de noter que la consultation du public n’interviendra qu’une fois que l’inspecteur de planning aura accepté la demande, ce qui prend environ un mois« , a ajouté EDF.

EDF et le chinois CGN ont signé en 2016, en même temps que les contrats pour le projet d’Hinkley Point, des accords relatifs au projet Sizewell C concernant le développement, la construction et l’exploitation de deux réacteurs EPR pour une capacité totale de 3,2 gigawatts.

Pendant la phase de développement précédant la décision finale d’investissement, la part d’EDF dans ce projet est de 80% et celle de CGN de 20%, le groupe français soulignant dans son document de référence qu’il n’aura plus vocation à contrôler Sizewell C une fois la décision prise et que ce principe impliquera donc la participation d’autres actionnaires.

La décision finale d’investissement dans Sizewell C est envisagée pour fin 2021.

(Correction: Bien lire « la consultation du public » et non « l’engagement public » §4)

Par Benjamin Mallet, édité par Bertrand Boucey, publié le 25/05/2020 à 13h42

https://www.challenges.fr/finance-et-marche/nucleaire-edf-fera-bientot-une-demande-pour-un-projet-britannique_711641

LA CHINE EXHORTE LES ÉTATS-UNIS À RESPECTER LES « OBLIGATIONS QUI LEUR INCOMBENT » EN VERTU DU TICEN

ACTUALITÉS BEIJING, 25 mai 2020 (Yeclo avec Xinhua) — La Chine a exprimé lundi sa « grave préoccupation » au sujet des informations dans les médias concernant les discussions par des responsables américains sur la possibilité de reprendre les essais nucléaires, exhortant les États-Unis à respecter les « obligations qui leur incombent » en vertu du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN).

Vendredi dernier, certains médias américains ont rapporté que des responsables de la sécurité nationale des États-Unis avaient discuté de la possibilité de reprendre les essais nucléaires lors d’une réunion interne tenue plus tôt ce mois-ci, citant de hauts responsables du gouvernement américain.

« Nous souhaitons exprimer notre vive inquiétude au sujet de ces rapports », a déclaré Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point de presse, alors qu’il était interrogé à ce sujet.

D’après lui, bien que le TICEN, un pilier important sur lequel repose le régime international de contrôle des armes nucléaires, n’ait pas encore pris effet, l’interdiction des essais nucléaires est devenue une norme internationale. « Le traité revêt une grande importance pour faire progresser le désarmement nucléaire, prévenir la prolifération nucléaire et sauvegarder la paix et la sécurité dans le monde. »

Les cinq puissances nucléaires, y compris les États-Unis, ont signé le traité et pris l’engagement de « suspendre les essais nucléaires », a indiqué le porte-parole, notant que les États-Unis occupaient la première place en termes de nombre total d’essais nucléaires effectués jusqu’à présent.

« Nous souhaitons exhorter les États-Unis à s’acquitter des obligations qui leur incombent, à respecter leurs engagements en vertu du TICEN et à défendre sérieusement les finalités et les objectifs du traité. Les États-Unis doivent contribuer davantage au désarmement nucléaire et au régime de non-prolifération, plutôt que de poursuivre leur route pour saper la stabilité stratégique mondiale », a-t-il ajouté.

Par Yeclo avec Xinhua, publié le 25 mai 2020

https://www.yeclo.com/la-chine-exhorte-les-etats-unis-a-respecter-les-obligations-qui-leur-incombent-en-vertu-du-ticen-actualites-25052020/

CYBERACTION : STOP TRICASTIN 40 ANS, ÇA SUFFIT !

Le dimanche 31 mai 2020, le réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin atteindra sa date de péremption. Cela fera exactement 40 ans qu’il est connecté au réseau électrique.

Cette centrale, arrivée en fin de vie, présente de nombreuses failles qui justifient sa mise à l’arrêt et son démantèlement. Qu’à cela ne tienne : EDF tente d’imposer sa prolongation d’au moins dix ans, en y réalisant des travaux coûteux et pourtant insuffisants.

Le combat pour la mise à l’arrêt et le démantèlement de cette vieille centrale continue, alors on se mobilise le 28 mai !

Pour marquer notre opposition, plusieurs associations* se mobilisent ce jeudi 28 mai. Nous demandons à EDF et à l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) de ne pas faire fonctionner la centrale nucléaire du Tricastin – et toutes les autres vieilles centrales – au-delà de 40 ans.

Mobilisation en ligne

Compte tenu du contexte actuel de crise sanitaire qui limite nos possibilités, nous sommes dans l’obligation d’annuler la mobilisation physique que nous avions prévue initialement. Cependant, nous maintenons une mobilisation en ligne pour que tou·tes les citoyen·nes puissent transmettre ce message à l’ASN et EDF : “Ne prolongez ni la centrale du Tricastin, ni aucune autre au-delà de 40 ans !

Pour agir avec nous en ligne le 28 mai, vous pouvez :
Mettre la pression sur EDF, l’ASN et le gouvernement en les interpellant via vos réseaux sociaux. Comment faire ? On vous explique tout ici.
https://drive.google.com/file/d/1HCv7xTfH-qQbaJstYF9GexSFIZwircn0/view  

Partagez le plus possible cette mobilisation en ligne.
https://www.cyberacteurs.org/manif/index.php  

Assister à 18h30 à la conférence en ligne
https://www.facebook.com/sortirdunucleaire.org/photos/gm.603357073629518/3071055942916967/?type=3&theater  
co-organisée par le Réseau “Sortir du nucléaire” et le Collectif Stop Tricastin. Deux experts de la question nucléaire, Bernard Laponche et Roland Desbordes, nous expliqueront quel est l’impact de cette centrale nucléaire sur l’environnement et quels sont les risques en matière de sûreté en cas de prolongation. La vidéo est diffusée sur Facebook, mais vous n’avez pas besoin de compte pour la visionner. Partagez également cet événement autour de vous !

Merci d’avance pour votre soutien, rendez-vous le 28 mai !

Greenpeace France et Stop Tricastin

*Alternatiba Valence, Attac France, le Collectif Halte Aux Nucléaires Gard, Arrêt du nucléaire 34, Extinction Rébellion, Frapna Drôme, France Nature Environnement, Greenpeace France, Ma Zone Contrôlée, Réaction en Chaîne Humaine, le Réseau “Sortir du nucléaire”, Rhône-Alpes Sans Nucléaire, Stop nucléaire Drôme Ardèche et STOP Tricastin

Dès maintenant vous pouvez interpeller l’ASN

Moi, Citoyen.ne de France, vous informe par la présente de mon opposition à la prolongation de la durée de vie de la centrale nucléaire du Tricastin et de toutes les centrales nucléaires de France.

À l’heure où le nucléaire est en déclin au niveau mondial au profit des énergies renouvelables en application du principe de sobriété, la centrale nucléaire du Tricastin est la première du parc nucléaire français, à entamer le processus en vue de sa prolongation au-delà de 40 ans.

Hors, cette dernière a dû faire face à de nombreux problèmes qui remettent en cause sa sûreté et sa sécurité. Pour toutes les raisons qui sont évoquées ci-dessous, je vous demande, en tant que citoyen soucieux de mon avenir et de celui des générations futures, de ne pas autoriser la prolongation du réacteur 1 de la centrale de Tricastin ni aucune autre.

Un réacteur vieux et périmé

Les réacteurs de 900 MW du parc nucléaire français, tels que celui de Tricastin 1, ont initialement été conçus pour fonctionner 30 ans, avec une marge de sûreté de 10 ans. Étirer leur durée de vie jusqu’à 50 voire 60 ans reviendra à rogner sur les marges de sûreté. En effet, malgré les travaux lourds et complexes prévus par EDF, certains équipements cruciaux pour la sûreté de l’installation nucléaire ne sont ni remplaçables, ni réparables. C’est le cas de la cuve, qui contient les assemblages de combustibles immergés, et de l’enceinte de confinement en béton du bâtiment réacteur. Or la durée de vie d’un réacteur est directement liée à l’état de sa cuve et de son enceinte.

Par ailleurs, de nombreux défauts viennent aggraver les risques liés au vieillissement : pièces affectées par des malfaçons (65 « irrégularités » dénombrées sur le réacteur 1 du Tricastin), non-tenue au séisme de certains équipements…

Une cuve fissurée et un risque d’accident majoré

Avec le vieillissement, le risque de rupture brutale de la cuve augmente, obligeant à des précautions supplémentaires. Ceci est d’autant plus préoccupant que la cuve du réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin est criblée d’une vingtaine de fissures, dont la plus longue mesure 11 millimètres. EDF prétend les surveiller, mais refuse pourtant de communiquer les données précises sur leur évolution. Or la présence de ces fissures dans l’acier laisse craindre une fragilisation supplémentaire qui accroîtra encore les risques.

Des risques sismiques et d’inondations bien réels

La centrale du Tricastin est implantée dans une zone sismique relativement active. Le 11 novembre 2019, un séisme de magnitude 5,4 a secoué la région. Bien que l’épicentre se soit trouvé à 26 kilomètres de l’installation nucléaire, des secousses ont été enregistrées sous la centrale nucléaire. À cette occasion, des défaillances ont été mises au jour concernant la résistance de certains équipements aux séismes ; les projections des séismes maximaux probables dans cette zone se sont également révélées erronées. Rappelons que la centrale est située 6 mètres en contrebas de la digue du canal de Donzère, qui amène l’eau nécessaire pour son refroidissement, et dont plusieurs portions ne résisteraient pas à un séisme de forte amplitude. EDF a tardé à y entreprendre des travaux, si bien que l’Autorité de sûreté nucléaire a dû mettre le site à l’arrêt pendant trois mois en 2017. En juin 2019, de nouveaux travaux ont été requis – qui ne sont toujours pas réalisés – pour renforcer la digue, mais seraient-ils suffisants ? Et dans quelle mesure la digue n’a-t-elle pas été fragilisée par le dernier séisme ?

Enfin, le réchauffement climatique en cours risque d’accroître la fréquence des risques naturels extrêmes (inondation, sécheresse…). Pour pouvoir prolonger la durée de fonctionnement des réacteurs, EDF est censée apporter la démonstration que ceux-ci pourront y faire face. Mais ses calculs sur la capacité des installations à résister à de très fortes chaleurs ne convainquent toujours pas l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) [1]. Alors que des records de température ont été battus l’été dernier dans le Sud de la France, et cette année dès le mois d’avril, l’optimisme d’EDF pourrait avoir des conséquences graves.

Enfin, la baisse du débit du Rhône et l’élévation de sa température en été pourraient entraîner à terme des conflits d’usage et obliger EDF à arrêter ou réduire la puissance de ses réacteurs de plus en plus fréquemment.

Vous en souhaitant bonne réception. Cordialement.

[1] : https://www.irsn.fr/FR/expertise/avis/2020/Documents/mars/Avis-IRSN-2020-00053.pdf  

[ACTION PHOTOS] 40 ans ça suffit : Débranchons la centrale nucléaire du Tricastin

https://www.sortirdunucleaire.org/ACTION-PHOTOS-40-ans-ca-suffit-Debranchons-la?origine_sujet=LI202005  

POUR SIGNER, cliquer sur : https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stoptricastinans-yiasuffit-3946.html

LES TESTS NUCLÉAIRES ENVISAGÉS PAR LES USA POURRAIENT RELANCER LA COURSE AUX ARMEMENTS, SELON UNE ONG

Washington, qui envisage de mener le premier test nucléaire en 28 ans pour renforcer sa position à la veille de l’expiration du traité New Start, risque de relancer la course aux armes nucléaires et de saper les négociations avec Pyongyang, selon Daryl Kimball, directeur de l’Arms Control Association, cité par le Washington Post.

Un nouvel essai nucléaire, dont la possibilité est à l’étude au sein de l’administration Trump, pourrait provoquer une course aux armements sans précédent et pousser la Corée du Nord à renoncer à son moratoire sur les tests nucléaires, a déclaré Daryl Kimball, directeur de l’Arms Control Association, dont les propos ont été repris par le Washington Post.

«Ce serait le coup d’envoi d’une course aux armements nucléaires sans précédent. Cela saperait aussi les négociations avec le leader nord-coréen Kim Jong-un qui ne se croirait plus obligé de respecter son moratoire sur les essais nucléaires», a indiqué M.Kimball.

Selon le journal, si les États-Unis, qui n’ont pas testé d’armes nucléaires depuis septembre 1992, organisent un essai nucléaire, cela «annulera le moratoire» de tels essais respecté par les puissances nucléaires depuis des années.

Reprise des tests nucléaires aux États-Unis?

Selon le Washington Post, les membres de l’administration Trump chargés de la sécurité nationale se sont penchés le 15 mai sur la reprise des essais nucléaires, pour la première fois depuis 1992, pour pouvoir pousser Moscou et Pékin à signer un traité trilatéral sur le contrôle des armements nucléaires après l’expiration du traité New Start.

«Si cette administration estime qu’une explosion nucléaire d’essai et des manœuvres au bord d’un conflit nucléaire vont contraindre les partenaires de négociation à faire des concessions unilatérales, c’est un stratagème dangereux», a estimé M.Kimball.

Essais nucléaires et le TICEN

Les États-Unis restent le seul pays à avoir utilisé une arme nucléaire en temps de guerre, mais depuis 1945, au moins huit pays ont mené au total près de 2.000 tests nucléaires, dont plus de 1.000 ont été effectués par les États-Unis, rappelle le Washington Post.

Les préoccupations concernant les dangers de ces essais ont incité plus de 184 pays à signer le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), un accord qui n’entrera en vigueur qu’après avoir été ratifié par huit États clés, dont les États-Unis. Le Président Barack Obama a soutenu la ratification du TICEN en 2009, mais le traité n’a pas été ratifié. L’administration Trump a déclaré en 2018 qu’elle ne demanderait pas la ratification de ce traité.

Les principales puissances nucléaires s’en tiennent à l’esprit du TICEN en respectant un moratoire sur les essais, mais les États-Unis ont toujours veillé à ce que leurs armes nucléaires soient prêtes à l’emploi en effectuant des essais sous-critiques. Il s’agit d’explosions qui ne produisent pas de réaction nucléaire en chaîne mais permettent de tester les composants d’une arme.

Publié le 24 mai 2020 à 16h34

Photo en titre : © Photo. US Department of Defense via Sputnik

https://fr.sputniknews.com/international/202005241043834253-les-tests-nucleaires-envisages-par-les-usa-pourraient-relancer-la-course-aux-armements-selon-une/

LA CORÉE DU NORD MENACE DE RENFORCER SA DISSUASION NUCLÉAIRE

Lors d’une réunion présidée par Kim Jong-un, de nouvelles mesures sur le nucléaire militaire ont été présentées. Une annonce qui intervient alors que l’administration de Donald Trump réfléchirait à l’opportunité de nouveaux essais nucléaires américains.

Il semble loin le temps où la Corée du Nord promettait de faire des pas significatifs pour progressivement démanteler son programme nucléaire. Les autorités viennent en effet de discuter de nouvelles mesures visant au contraire à renforcer la « dissuasion nucléaire » du pays au cours d’une réunion présidée par le dirigeant Kim Jong-un, a annoncé dimanche 24 mai l’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA).

« Au cours de la réunion ont été présentées de nouvelles mesures visant à renforcer la dissuasion nucléaire militaire du pays », a déclaré l’agence de presse officielle. « Des mesures cruciales » ont été décidées lors de la réunion de la commission militaire centrale sous la présidence de M. Kim, a fait savoir KCNA, sans préciser quand cette réunion avait eu lieu. L’agence ne donne pas non plus de détails sur la nature des mesures décidées concernant la dissuasion nucléaire.

Lire aussi : La « disparition » de Kim Jong-un éclipse les conséquences désastreuses de l’épidémie en Corée du Nord

Elle indique que les discussions ont aussi porté sur « la mise en état d’alerte des forces armées stratégiques », dans le cadre « de l’accroissement et du développement des forces armées du pays ». Des mesures ont notamment été décidées pour « un accroissement et un développement considérables de la puissance de feu des pièces d’artillerie de l’Armée populaire de Corée », selon l’agence officielle.

Rumeurs sur l’état de santé de Kim Jong-un

Si la réunion a eu lieu ces derniers jours, ce serait la première apparition publique de M. Kim depuis près de trois semaines, a relevé l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. De nombreuses rumeurs sur l’état de santé de M. Kim avaient circulé à l’étranger en avril après son absence remarquée lors du « Jour du soleil », le 15 avril. Cette journée est la plus importante du calendrier politique nord-coréen car tout le pays célèbre la naissance du fondateur du régime, Kim Il-sung, le grand-père de l’actuel dirigeant.

Kim était réapparu en public début mai, apparemment en bonne santé sur des images publiées par les médias nord-coréens. L’annonce de mesures de la direction nord-coréenne sur le nucléaire militaire intervient alors que, selon le Washington Post, l’administration de Donald Trump a évoqué la possibilité d’effectuer le premier essai nucléaire américain depuis 1992, pour adresser un avertissement à la Russie et à la Chine.

Lire aussi : Après trois semaines d’absence, Kim Jong-un réapparaît en public et met fin aux rumeurs sur son état de santé

D’après le quotidien américain, qui citait vendredi un haut responsable du gouvernement et deux anciens responsables, tous sous le couvert de l’anonymat, cette discussion a eu lieu lors d’une réunion le 15 mai. Pour Daryl Kimball, directeur exécutif de l’Arms Control Association, une organisation non partisane établie aux États-Unis, une telle décision « interromprait » probablement les négociations entre Washington et Pyongyang au sujet de l’arsenal nucléaire nord-coréen. Ces négociations sont dans l’impasse depuis plus d’un an ; en cas d’essai nucléaire américain, M. Kim « pourrait ne plus se sentir tenu de respecter son moratoire sur les essais nucléaires ».

Le Monde avec AFP, publié le 24 mai 2020 à 03h09, mis à jour à 07h52

Photo en titre : Photo officielle du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un lors de la conférence du comité central militaire, diffusée le 23 mai. KCNA / via REUTERS

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/24/la-coree-du-nord-menace-de-renforcer-sa-dissuasion-nucleaire_6040573_3210.html

« SI LES ÉTATS-UNIS REPRENAIENT LES ESSAIS NUCLÉAIRES, N’IMPORTE QUELLE DICTATURE SE DONNERAIT LE DROIT DE ROMPRE AVEC LE DROIT INTERNATIONAL »

Les États-Unis seraient-ils prêts à relancer les essais nucléaires ? D’après le Washington Post, l’administration américaine aurait discuté de cette possibilité, alors que le dernier essai nucléaire américain date de 1992 !

Le sujet aurait été abordé lors d’une réunion de hauts responsables représentant les plus grandes agences de sécurité nationale, après que l’administration Trump a accusé la Russie et la Chine de procéder à des essais nucléaires de faible puissance.

La réunion n’aurait toutefois pas abouti à une position commune sur la question de lancer un tel essai, d’autres solutions pour répondre à la menace posée par la Russie et la Chine ayant été privilégiées. Un haut responsable du gouvernement a déclaré que la proposition restait néanmoins un sujet sur la table.

Que dit le droit international ?

Sur le plan du droit international, comment les neuf pays qui disposent d’une arme nucléaire (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine, France, Israël, Inde Pakistan et Corée du Nord) doivent-ils gérer leur arsenal ?

Certes, juridiquement, il existe le traité de non-prolifération nucléaire (TNP), en vigueur depuis 1970 et qui compte 190 pays adhérents. En vertu de ce traité, les États non dotés d’armes nucléaires s’engagent à ne pas en fabriquer, ni en acquérir. Tandis que les cinq pays ayant été dotés d’armes nucléaires avant le 1er janvier 1967 (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine, France) s’engagent à ne pas aider, ni encourager un État à en fabriquer ou en acquérir.

« Le TNP autorise ces cinq pays à avoir une arme nucléaire, à condition qu’ils engagent un processus de désarmement nucléaire », précise Jean-Marie Collin, chercheur associé au GRIP et expert porte-parole d’ICANFrance. « Pour tous les autres pays, le traité leur interdit d’avoir une arme nucléaire ».

Qu’en est-il alors des essais nucléaires ?

Pour cela, il existe le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), dont la signature a été ouverte en 1996. Mais à ce jour, il n’est pas encore entré juridiquement en vigueur, car plusieurs pays dont les États-Unis, la Chine, Israël ou encore l’Iran, n’ont pas ratifié le texte. La Russie, quant à elle, l’a ratifié. « Même si ce traité n’est pas juridiquement entré en vigueur, on estime cependant, qu’il s’agit d’une norme en vigueur… et qu’il est interdit de procéder à des essais nucléaires « , nuance Jean-Marie Collin. « Il y a un vrai tabou sur les essais nucléaires« .

Et pour compléter cet arsenal juridique, le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), un traité international des Nations-Unies, renforce le TNP en interdisant complètement les armes nucléaires ainsi que la politique de dissuasion et de financement.

Pour autant, aucun pays ayant l’arme nucléaire n’a signé ce traité.

L’arsenal juridique international est-il respecté ?

De fait, depuis 1945, au moins huit pays ont mené conjointement environ 2.000 essais nucléaires. Et plus de 1.000 ont été effectués par les États-Unis. Le dernier a été mené par la Corée du Nord, en 2017. La Russie et les États-Unis, avaient instauré un moratoire en 1991 et 1992.

« En dehors de la Corée du Nord, je ne dirais pas que le TICE n’est pas respecté…. Il est mis en œuvre mais de manière extrêmement lente, ce qui laisse à penser que la plupart des pays ne veulent pas engager le processus de désarmement nucléaire. Il y a clairement une absence de volonté politique de respecter rapidement ces différents engagements« , constate Jean-Marie Collin.

« La France, par exemple, a adhéré au TNP et au TICE juste après avoir procédé à un dernier essai nucléaire en 1996, mais en même temps, elle a lancé un programme de modernisation et de renouvellement de son arsenal qui doit durer jusqu’en 2050, dans l’idée de conserver des armes nucléaires au moins jusqu’à 2080.

De même, la Belgique qui abrite des armes nucléaires américaines au sein de la base militaire de Kleine-Brogel, n’a pas engagé un processus pour demander aux États-Unis leur retrait. Ainsi, elle participe toujours à une politique de dissuasion à travers l’OTAN.

Dans le même temps, on peut se réjouir que l’arsenal mondial dans les années 80 était de 60 000, contre moins de 14 000 aujourd’hui… Mais tout de même ! Il y a encore dans ce monde, 14 000 armes de destruction massive !« .

La Russie et la Chine auraient-elles procédé à des essais nucléaires ?

La Russie et la Chine nient avoir procédé récemment à des essais nucléaires. Du moins physiquement, en sous terrain.

Comment le savoir ?

Il existe un système de surveillance internationale (SSI) qui permet de mesurer les mouvements sismiques causés par ce type d’essais. Il s’agit d’un réseau de stations de surveillance (sismiques, hydroacoustiques, infrasons) réparti sur l’ensemble de la planète. À ce jour, 300 stations contrôlent tout mouvement sismique 24h/24 et analysent si celui-ci provient d’un fait naturel ou d’une activité humaine.

Si la Russie et la Chine avaient procédé à des essais nucléaires, l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) qui gère, depuis Vienne, les relevés de ces mesures, les auraient repérés …

C’est d’ailleurs ainsi que le dernier essai nucléaire nord-coréen, a été détecté le 3 septembre 2017.

Les essais par simulation se poursuivent

Pour autant, les essais par simulation se poursuivent, fait remarquer Jean-Marie Collin. « Si la France adhère aux différents traités, notamment celui qui interdit les essais nucléaires, c’est aussi parce que par ailleurs, on l’autorise à continuer à faire des essais, non pas avec des champignons atmosphériques ou sous terre, mais via des lasers et des calculs informatiques. Dans les faits, c’est positif, mais dans la réalité, les essais continuent, par simulation ! C’est le cas pour les États-Unis, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine ».

Et de conclure, « si les États-Unis, première puissance mondiale, un pays démocratique, reprenait les essais nucléaires, tout le système international mis en place pour tenter de contrôler les gouvernements sur la question du nucléaire, volerait en éclat… N’importe quelle dictature se donnerait le droit de rompre avec le droit international ».

Par Ghizlane Kounda, publié le 23 mai 2020 à 16h15

Photo en titre : Donald Trump lors d’une réunion de hauts responsables représentant les plus grandes agences de sécurité nationale, le 9 mai 2020. – © MANDEL NGAN – AFP

Jean-Marie Collin, chercheur associé au GRIP et expert porte-parole de ICANFrance – © Tous droits réservés

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_si-les-États-unis-reprenaient-les-essais-nucleaires-n-importe-quelle-dictature-se-donnerait-le-droit-de-rompre-avec-le-droit-international?id=10507517

LES USA ONT ÉVOQUÉ LA POSSIBILITÉ D’UN PREMIER ESSAI NUCLÉAIRE DEPUIS 1992, SELON LE WASHINGTON POST

Après avoir accusé la Russie et la Chine d’avoir mené des tests nucléaires de faible puissance, l’administration Trump a envisagé de réaliser son premier essai depuis 1992. Une idée par la suite rejetée face à d’importants désaccords, rapporte le Washington Post.

L’administration présidentielle américaine a discuté le 15 mai de la possibilité de réaliser le premier essai nucléaire depuis 1992, rapporte le Washington Post.

La question a été soulevée le 15 mai lors d’une réunion de hauts responsables des plus grandes agences de sécurité nationale après que des représentants de l’administration américaine ont accusé la Russie et la Chine d’avoir mené des tests nucléaires de faible puissance. Une affirmation qui n’a pas été étayée par des preuves et que les deux pays nient.

«Ce serait une invitation pour les autres pays dotés d’armes nucléaires à emboîter le pas», a déclaré Daryl Kimball, directeur exécutif de l’Arms Control Association.

Comme l’indique le Washington Post, la réunion n’a pas pourtant abouti sur la conclusion d’un accord, car l’idée a provoqué des divergences importantes, notamment de la part de l’Administration nationale de sécurité nucléaire (NNSA), selon deux personnes proches des discussions.

Le Conseil de sécurité nationale américain n’a pas commenté ces informations.

Une autre source citée par le Washington Post a cependant affirmé qu’il avait finalement été décidé de prendre d’autres mesures pour contrer la Russie et la Chine.

Le retrait américain des traités Ciel ouvert et FNI

Les délibérations sur un essai nucléaire sont intervenues après que les États-Unis se sont retirés le 2 août 2019 du traité sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) et ont décidé le 21 mai d’en faire de même concernant le traité Ciel ouvert signé par 35 pays. Pour justifier sa décision, Donald Trump a accusé la Russie de ne pas respecter les termes de l’accord. Des accusations que Moscou rejette.

Cependant, Robert O’Brien, conseiller à la sécurité nationale du Président américain, a assuré le 22 mai dans un entretien à Fox News que les États-Unis envisageaient d’entamer des négociations avec la Russie sur le contrôle des armements malgré leur retrait du traité Ciel ouvert.

La mission du traité

Le traité Ciel ouvert a été signé le 24 mars 1992 à Helsinki. Les États-Unis l’ont ratifié en 1993 et la Russie en 2001. Le document est entré en vigueur le 1er janvier 2002.

Cet accord prévoit des vols de surveillance non armés sur la totalité du territoire des États membres et vise à renforcer la compréhension et la confiance mutuelle en permettant à tous ses participants de jouer un rôle direct dans la collecte d’informations sur les forces militaires des autres pays membres.

Publié le 23 mai 2020 à 11h26

https://fr.sputniknews.com/international/202005231043830191-les-usa-ont-evoque-la-possibilite-dun-premier-essai-nucleaire-depuis-1992-selon-le-washington-post/

HUBERT REEVES, SCIENTIFIQUE ET MILITANT ÉCOLOGISTE

Le Canadien Hubert Reeves est considéré comme un des grands astrophysiciens de notre époque. C’est en étudiant le cosmos qu’il en est venu à défendre la cause environnementale comme le montrent certaines de ses apparitions à Radio-Canada.

Une amorce d’avertissements vieille déjà de quelques décennies…

Au début des années 1970, Hubert Reeves a fait ses preuves comme astrophysicien.

Depuis 1965, il est directeur de recherche au prestigieux Centre national de la recherche scientifique de France.

Un article, dont il est l’un des coauteurs, sur les réactions thermonucléaires dans les noyaux stellaires devient une référence dans le monde scientifique.

L’exploration du cosmos amène bientôt Hubert Reeves à examiner d’un œil critique ce que l’humanité fait subir à la Terre.

Ce regard le transforme au fil des années en militant et lanceur d’alerte environnemental.

Voir la vidéo (2mn49s), 5D, 5 septembre 1972

Le 5 septembre 1972, Hubert Reeves répond à une question dans le cadre de l’émission 5D.

On entend dans ses propos une amorce de critique de ce que l’humain fait subir à l’environnement.

Hubert Reeves affirme être d’accord avec ceux qui protestent sur l’utilisation de la science – notamment celle qui développe l’atome – qui rend la planète de plus en plus invivable.

Appuyant les analyses gauchistes et anarchistes, l’astrophysicien affirme « qu’au train où l’on va, la Terre ne sera bientôt plus habitable ».

… et qui se précise avec le temps

Descartes ne savait pas que si nous détruisions la nature, c’est nous-mêmes que nous détruisons. (Hubert Reeves, 1982)

Voir la vidéo (1mn50s), Rencontres, 10 octobre 1982

Une décennie plus tard, le 10 octobre 1982, c’est à Marcel Brisebois, l’animateur de l’émission Rencontres, qu’Hubert Reeves fait part de sa pensée sur le besoin de respecter et de protéger l’environnement.

L’astrophysicien constate que plusieurs peuples et civilisations – les Premières Nations des Amériques par exemple ou encore les habitants de l’Inde – ont déployé des pratiques harmonieuses avec leur environnement.

Or, ce n’est pas le cas de la société occidentale.

Hubert Reeves affirme que cette dernière a plutôt adopté la position du philosophe René Descartes qui soutenait que l’humain doit et peut dominer la nature.

Or, ajoute le scientifique, Descartes ne s’était pas rendu compte d’un fait fondamental.

En détruisant la nature, c’est aussi l’espèce humaine que l’humanité détruit.

Hubert Reeves avoue sympathiser avec ceux et celles qui ont une démarche qui exige de la prudence avant d’entamer des projets qui peuvent avoir pour conséquence une destruction de l’environnement.

Un rejet du nucléaire

Je crois que l’énergie nucléaire est une erreur et il faut s’en tirer le plus vite possible. C’est de la saloperie, si vous voulez mon opinion. (Hubert Reeves, 1990)

Voir la vidéo (23 mn), Le Point, 26 décembre 1990

En 1990, Hubert Reeves reçoit dans sa résidence de Bourgogne l’animatrice de l’émission Le Point. Cette rencontre avec Madeleine Poulin se conclut par une entrevue qui sera diffusée le 26 décembre 1990.

En cette fin d’année, Madeleine Poulin constate qu’Hubert Reeves respire un peu mieux.

Depuis la fin 1989, les États-Unis et l’Union soviétique travaillent activement à éradiquer la menace nucléaire qui planait sur la planète depuis les débuts de la guerre froide à la fin des années 1940.

Pour reprendre les mots de l’astrophysicien, « la logistique de la terreur partagée est derrière nous ».

S’il ne voit que la possibilité de dégâts limités dans la prolifération nucléaire par les petites puissances, il est cependant opposé à l’utilisation du nucléaire comme source d’énergie.

Pourtant, au départ, Hubert Reeves était plutôt favorable à l’utilisation civile de l’énergie nucléaire.

Puis, il s’est ravisé.

Les éléments que nécessite la production de l’énergie nucléaire, l’uranium ou le lithium par exemple, sont limités. Ils seront épuisés dans un ou deux siècles, selon les estimations de l’époque.

Si l’on calcule les besoins énergétiques à long terme et de manière durable, c’est le développement de l’énergie solaire qui est le seul choix envisageable.

Cette dernière est facilement renouvelable et son coût ne cesse de baisser.

Puis l’énergie nucléaire, même civile, est, pour utiliser les termes d’Hubert Reeves, une « saloperie ».

Il n’a qu’à évoquer la catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl de 1986.

Si Hubert Reeves est heureux de la décision américaine et soviétique de mettre fin à la militarisation de l’atome, il est loin cependant d’être certain que la situation est définitivement réglée.

L’humanité ne peut oublier la façon d’utiliser l’atome à des fins militaires.

La nature du nucléaire, pacifique ou militarisée, dépend en fin de compte du bon vouloir des politiciens.

… qui en 1995 vise l’État français

En 1992, le président français François Mitterrand décide d’imposer un moratoire interdisant les essais nucléaires de son pays.

Le 13 juin 1995, le successeur du président Mitterrand, Jacques Chirac, annule ce moratoire et ordonne d’entreprendre une campagne d’essais nucléaires dans l’océan Pacifique.

La France réalisera jusqu’en janvier 1996 six essais nucléaires.

Voir la vidéo (4mn34s), Le Point, 6 septembre 1995

C’est cette décision de l’Élysée qui amène Hubert Reeves à dénoncer l’État français dans une entrevue qu’il accorde à l’animateur de l’émission Le Point, Achille Michaud, le 6 septembre 1995.

La critique que fait le scientifique n’est pas d’ordre environnemental.

Il déplore surtout que la décision du président Jacques Chirac aille à contre-courant de l’histoire.

Au cours des dernières années, un climat de confiance s’était installé au sein de la communauté internationale qui alimentait une dynamique de démilitarisation et de non-prolifération nucléaire.

Or, la décision française mine cette dynamique.

La méfiance réapparaît au sein des nations et avec elle la tentation de relancer la prolifération des armes nucléaires.

Déjà, des pays, comme l’Inde, qui a réalisé une explosion nucléaire en 1974 mais qui a par la suite renoncé aux essais nucléaires, expriment leur réprobation face à la politique de Paris.

La décision française pouvait inciter des pays comme l’Inde à relancer leurs propres programmes militaires nucléaires, se désole Hubert Reeves.

De toute manière, soutient l’astrophysicien, les bombes nucléaires sont des armes anachroniques.

Par Radio-Canada, publié le 22 mai 2020 à 19 h 45

Photo en titre : Hubert Reeves, célèbre astrophysicien canadien, est aussi un militant écologiste depuis des décennies. Photo : Radio-Canada

Pour voir les 4 vidéos, cliquer sur: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1664646/hubert-reeves-ecologie-nucleaire-astrophysique-archives

AIN : EDF CONDAMNÉ À 3.000 EUROS D’AMENDE POUR UNE FUITE RADIOACTIVE À LA CENTRALE DU BUGEY

En décembre 2017, une fuite de tritium était détectée sur la centrale EDF du Bugey (Ain). D’autres analyses encore plus alarmantes avaient eu lieu ensuite. Et l’Autorité de sûreté nucléaire, après enquête, avait dénoncé notamment une « inquiétante chaîne de dysfonctionnements« .

Le tribunal de police de Bourg-en-Bresse (Ain) a condamné vendredi EDF à 3.000 euros d’amende pour une fuite radioactive détectée dans le Rhône en décembre 2017 sur le site de la centrale nucléaire du Bugey, située dans le sud du département.

Non-respect des prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire

L’entreprise a été déclarée coupable « d’exploitation d’une installation nucléaire de base sans respect des prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)« .

EDF était poursuivie devant la justice par quatre associations du réseau « Sortir du nucléaire« , qui avaient porté plainte en mars 2018 après la découverte, deux mois et demi plus tôt, d’une « concentration anormale de tritium » (670 Becquerels
par litre) dans un tube de la centrale permettant l’accès à la nappe phréatique.

Les jours suivants, des pics plus importants (jusqu’à 1.600 Becquerels par litre) avaient été relevés à d’autres emplacements du site, laissant « présager le déversement dans l’environnement d’autres radioéléments et probablement des produits chimiques« .

Les plaignant avaient également indiqué qu’il s’agissait de la « troisième [fuite] en six ans » à la centrale nucléaire du Bugey et réclamé « l’arrêt immédiat » de ses réacteurs, pointant des « installations vieillissantes » et des « risques externes
impossibles à maîtriser
« .

Après inspection, l’ASN avait mis en cause une « inquiétante chaîne de dysfonctionnements« , un « défaut de surveillance« , des « dispositifs ne permettant pas la détection automatique des fuites« , une « absence de réaction rapide » ou encore du « matériel défectueux« .

Par AFP, publié le 22 mai 2020 à 19h24

Photo en titre : En décembre 2017, une fuite de tritium était détectée sur la centrale EDF du Bugey (Ain). D’autres analyses encore plus alarmantes avaient eu lieu ensuite. Et l’Autorité de sûreté nucléaire, après enquête, avait dénoncé notamment une « inquiétante chaîne de dysfonctionnements ». / © Laurent THEVENOT/MaxPPP

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/ain/ain-edf-condamne-3000-euros-amende-fuite-radioactive-centrale-du-bugey-1832378.html

APPEL DU 17 JUIN « AGIR CONTRE LA RÉINTOXICATION DU MONDE »

Nous avons aperçu pour la première fois dans nos existences ce qui serait encore possible si la machine infernale s’arrêtait enfin, in extremis. Nous devons maintenant agir concrètement pour qu’elle ne se relance pas. Chacun-e est appelé à rejoindre et déterminer localement les secteurs qui leur semblent le plus évidemment toxiques à mettre à l’arrêt, dont le nucléaire évidemment.

Nous(*) appelons les habitant.e.s des villes et des campagnes à déterminer localement les secteurs qui leur semblent le plus évidemment toxiques – cimenteries, usines de pesticides ou productions de gaz et grenades de la police, industrie aéronautique, publicitaire ou construction de plateformes Amazon sur des terres arables, unités d’élevage intensif ou installations de nouvelles antennes 5G, clusters développant la numérisation de l’existence et un monde sans contact avec le vivant, destructions de forêts et prairies en cours, installations nucléaires,

Ce qui ne doit pas redémarrer : décidons et organisons en autonomie, les actions

Nous invitons chacun.e localement à dresser de premières cartographies de ce qui ne doit pas redémarrer, de ce qui doit immédiatement cesser autour d’eux, en s’appuyant sur les cartes et luttes existantes (1). Puis nous appelons le 17 juin à une première série d’actions, blocages, rassemblements, occupations… Viser sérieusement à se défaire de certains pans du monde marchand, c’est aussi se doter des formes d’autonomies à même de répondre aux besoins fondamentaux de celles et ceux que la crise sanitaire et sociale plonge dans une situation de précarité aggravée. Nous appelons donc aussi le 17 juin, dans la dynamique des campagnes covid-entraide et « bas les masques », à des occupations de terres en villes ou dans les zones péri-urbaines pour des projets de cultures vivrières, ainsi qu’à des réquisitions de lieux pour des centres de soins et redistributions.

Certes, nous ne reviendrons pas sur les espèces disparues, les millions d’hectares de terres ravagées, de forêts détruites, sur les océans de plastique et sur le réchauffement planétaire. Mais de manière inédite dans le capitalocène, les gaz à effet de serre ont diminué partout ou à peu près. Des pans de mers, de terres ont commencé doucement à se désintoxiquer, tout comme l’air des villes suffoquées de pollution. Les oiseaux sont revenus chanter. Alors, pour qui se soucie des formes de vie qui peuplent cette planète plutôt que d’achever de la rendre inhabitable, la pandémie mondiale dans laquelle nous sommes plongé.es, en dépit de tous les drames qu’elle charrie, pourrait aussi représenter un espoir historique. Nous avons paradoxalement vu se dessiner le tournant que l’humanité aurait dû prendre depuis bien longtemps : faire chuter drastiquement la nocivité globale de ses activités. Ce tournant, même les incendies de territoires immenses, les sécheresses consécutives ou les déflagrations à la Lubrizol des mois derniers n’avaient pas réussi à nous le faire prendre.

Cependant, ce tournant que nous désirions tant, nous n’avons généralement pas pu l’éprouver dans nos chairs parce que nous étions enfermé.es. Car mis à part dans certains territoires ruraux et espaces urbains solidaires où existent déjà un autre rapport au collectif, à la production ou au soin du vivant, le confinement a été pour la majorité de la population le début d’un cauchemar. Une période qui renforce encore brutalement les inégalités sociales, sous pression policière. Et le drame absolu c’est que, malgré tout ce que la situation a de bouleversant, nos gouvernants n’en étaient pas moins déterminés à relancer dès que possible tout ce qui empoisonne ce monde et nos vies – tout en nous maintenant par ailleurs isolé.es et contrôlé.es dans des cellules numériques, coupé.es de ce qui fait le sel et la matérialité de l’existence.

Rien ne les fera bifurquer, si on ne les y contraint pas maintenant

Au cours des deux derniers mois, les exposés et tribunes se sont accumulés sur nos écrans à une rapidité inversement proportionnelle à notre capacité à se projeter sur des actions concrètes. Les analyses nécessaires ont été faites sur le lien entre cette épidémie et les flux économiques mondialisés et leurs dizaines de milliers d’avions, la déforestation et l’artificialisation des milieux naturels qui réduisent les habitats des animaux sauvages ou encore l’élevage intensif. Tout a été dit sur la dimension annonciatrice de la pandémie, sur la suite de confinements et de désastres à venir si nous n’en tirons pas les leçons. D’autant que la marche courante de l’économie et des productions sur lesquelles repose notre mode de vie, va continuer à tuer dans les décennies à venir bien davantage et plus durablement que le covid-19 (2). Mais pour l’État et pour les lobbys agro-industriels, aéronautiques, chimiques ou nucléaires qui guident ses politiques, les conséquences à tirer de la crise sanitaire sont visiblement toutes autres. Ils en ont tout simplement profité pour faire sauter quelques lois environnementales et déverser des pesticides encore plus près des maisons, pour relancer la construction d’avions ou l’extraction minière en Guyane… Il est donc maintenant avéré qu’aucune crise, aussi grave soit-elle, ne les fera dévier du nihilisme absolu de leur obsession économique. Nous avons eu deux longs mois pour nous en rendre compte. À nous maintenant d’agir et d’y mettre fin.

Face à la remise en marche de l’économie et de la destruction du vivant : agir concrètement pour l’arrêt des secteurs de productions les plus empoisonnants

Le gouvernement parle du mois de juin comme d’une “nouvelle marche” dans un déconfinement qui n’est pour lui qu’une remise en marche de l’économie et de la destruction du vivant. La seule “marche” sensée c’est au contraire d’agir concrètement pour l’arrêt des secteurs de productions les plus empoisonnants. Nous appelons donc à une première série de mobilisations simultanées le mercredi 17 juin.

Comment agir ?

Le déconfinement en cours doit être un élan historique de reprise en main sur nos territoires, sur ce qui est construit et produit sur notre planète. Il doit permettre de dessiner ce qui est désirable pour nos existences et ce dont nous avons réellement besoin. C’est une question de survie, davantage que toutes les mesures et tous les nouveaux types de confinements que l’on nous fera accepter à l’avenir. Cela signifie construire de nouvelles manières d’habiter le monde, chacun de nos territoires, mais aussi accepter de rentrer en conflit direct avec ce qui les empoisonne.

Il y a des industries qui ne se sont pas arrêtées pendant le confinement et qui doivent aujourd’hui cesser (telle la construction d’ITER ou de l’EPR). Il y en a d’autres qui ont été interrompues et dont l’activité ne doit pas reprendre. Cela ne pourra se faire sans constituer chemin faisant des liens avec les travailleurs qui en dépendent économiquement. L’urgence sociale c’est de penser avec elles et eux les mutations possibles des activités et les réappropriations nécessaires des lieux de travail. C’est aussi de contribuer à maintenir un rapport de force permettant de garantir les revenus pendant les périodes de transition et les besoins fondamentaux de ceux dont la crise aggrave encore la précarité. Nous n’atteindrons pas immédiatement toutes les productions qui devraient l’être. Mais il faut commencer, en stopper un certain nombre aujourd’hui pour continuer avec d’autres demain.

Nous appelons en ce sens, les habitant.e.s des villes et campagnes à déterminer localement les secteurs qui leur semblent le plus évidemment toxiques – cimenteries, usines de pesticides ou productions de gaz et grenades de la police, industrie aéronautique, publicitaire ou construction de plates-formes Amazon sur des terres arables, unité d’élevage intensif ou installations de nouvelles antennes 5G, clusters développant la numérisation de l’existence et un monde sans contact avec le vivant, destructions de forêts et prairies en cours, installations nucléaires

Nous invitons chacun.e localement à dresser de premières cartographies de ce qui ne doit pas redémarrer, de ce qui doit immédiatement cesser autour d’eux, en s’appuyant sur les cartes et luttes existantes (1). Puis nous appelons le 17 juin à une première série d’actions, blocages, rassemblements… occupations…Viser sérieusement à se défaire de certains pans du monde marchand, c’est aussi se doter des formes d’autonomies à même de répondre aux besoins fondamentaux de celles et ceux que la crise sanitaire et sociale plonge dans une situation de précarité aggravée. Nous appelons donc aussi le 17 juin, dans la dynamique des campagnes covid-entraide et « bas les masques », à des occupations de terres en villes ou dans les zones péri-urbaines pour des projets de cultures vivrières, ainsi qu’à de réquisitions de lieux pour des centres de soins et redistributions.

Nous devons trouver des formes de mobilisations adéquates à la situation. Nous traversons une période où chacune d’entre elle peut avoir une portée décuplée. On peut initier beaucoup à peu (3) mais on doit aussi se donner les moyens d’être nombreux-ses. Nous nous appuierons sur la ténacité des zads, la fougue des gilets jaunes, l’inclusivité et l’inventivité des grèves et occupations climatiques d’une jeunesse qui n’en peut plus de grandir dans un monde condamné. Nous agirons en occupant l’espace adéquat entre chaque personne et pourquoi pas masqués.es quand cela s’avère nécessaire pour se protéger les un.es les autres, mais nous agirons !

Merci pour tout relais !

Vous trouverez ci-dessous une liste des premiers collectifs, syndicats, associations, territoires en lutte co-signataires et engagés sur cet appel. Si vous souhaitez le signer aussi, nous envoyer un appel à mobilisation locale ou un texte d’analyse complémentaire, vous pouvez écrire à 17juin@riseup.net. Ils seront mis à jour et apparaîtront entre autres sur le site https://17juin.noblogs.org/ et la page facebook https://www.facebook.com/Agir17juin-101907081540247/

* Premiers signataires : Youth For climate Paris, Génération Climat, Notre-Dame-des-Landes Poursuivre Ensemble, Revue Parade, Extinction Rebellion Pepps, Union Syndicale Solidaires, Solidaires 44, Sud Rail, le Front de mères, Partager C’est sympa !, des habitant.e.s de la zad de Notre-Dame-des-Landes, Youth for Climate Lyon, Espace autogéré des tanneries, la Cagette des terres, Assemblée des écologistes en lutte, Attac 44, la commune de Chantenay, Collectif pour le Triangle de Gonesse, la Dérive social club, Longo Mai Grange Neuve, Pour une Ecologie Populaire et Sociale, RISOMES (Réseau d’Initiatives Solidaires Mutuelles et Ecologiques), des opposant.es aux projets de Center Parcs en Isère, Jura et Saône-et-Loire, collect’IF paille, Exctinction Rebellion Nantes, groupe Marcuse, La Mine collectif Cévenol membre du réseau HALEM, Attac Flandre, Cinémas Utopia, Coordination antinucléaire du sud-est/CAN-SE, Collectif antinucléaire de Vaucluse/CAN84, ABC’éditions Ah Bienvenue Clandestins !

(1) on peut aller chercher pas mal d’infos dans la carte superlocal https://superlocal.team/

(2) multiplication des cancers dus aux pesticides et aux substances toxiques, surpoids, diabète et hypertension tous trois liés à l’alimentation industrialisée (qui touche un tiers de l’humanité et se trouve être aussi la principale co-morbidité des malades atteints du covid-19), morts prématurés de la pollution atmosphérique, résistance bactérienne liée à la surconsommation d’antibiotiques, et à une échelle autre qu’humaine, effondrement de la biodiversité, sixième extinction de masse, un milliard d’animaux tués dans les incendies australiens sans fin l’été dernier.

(3) voir par exemple le lien vidéo sur l’occupation d’une cimenterie Lafarge par « partagez c’est sympa » peu de temps avant le début du confinement : https://blogs.mediapart.fr/partager-cest-sympa/blog/110320/fin-de-chantier-lafarge-est-bloque

… et d’autres…

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Par Rédaction, publié le 22 mai 2020

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2020/05/22/Appel-du-17-juin-%C2%AB-Agir-contre-la-r%C3%A9intoxication-du-monde-%C2%BB

DONALD TRUMP RETIRE LES ÉTATS-UNIS D’UN TROISIÈME TRAITÉ DE CONTRÔLE DES ARMES

Les États-Unis vont se retirer du traité « Ciels ouverts » qui permet de vérifier les mouvements militaires des pays signataires. Dernier accord nucléaire encore en vigueur, le traité New Start pourrait expirer début 2021.

Les États-Unis vont se retirer du traité « Ciels ouverts », un accord signé en 1992 avec la Russie et rejoint ensuite par 32 autres pays. Le traité « Open skies », entré en vigueur en 2002, permet l’ouverture de l’espace aérien à des vols de reconnaissance mutuels, après notification des plans de vols dans un délai relativement court.

L’objectif ? Vérifier les mouvements militaires et les mesures de limitation des armements des uns et des autres, en jouant sur la compréhension et la confiance mutuelle donnée aux participants. Outre les États-Unis, le Canada, la Russie, la Turquie ou le Kirghizistan, la plupart des signataires sont des pays européens, comme la France, l’Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni ou encore les Pays-Bas.

Un timing très politique

« La Russie n’a pas respecté le traité » a déclaré, jeudi 21 mai, le président américain. « Donc tant qu’ils ne le respecteront pas, nous nous retirerons ». Le gouvernement américain a officiellement informé les signataires du Traité de leur décision vendredi 22 mai, ce qui ouvrira une période de six mois avant le retrait définitif des États-Unis de cet accord. Ce timing assure que même si Donald Trump perd l’élection en novembre, les États-Unis auront quitté le traité avant l’entrée en fonction d’une administration démocrate.

Les violations de Moscou

Washington dénonçait depuis longtemps de nombreuses violations du traité par Moscou, à commencer par les restrictions sur les survols au-dessus du sud de la Tchétchénie, de l’enclave de Kaliningrad et des républiques sécessionnistes de Géorgie, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, et de certains exercices militaires russes.

ANALYSE. La Russie reste-t-elle une menace pour les pays de l’Otan ?

Selon le Pentagone, la Russie utilisait ces vols au-dessus des États-Unis pour établir une carte des infrastructures sensibles susceptibles d’être ciblées par des armes conventionnelles ou des cyberattaques. Donald Trump aurait également pris ombrage d’un vol russe au-dessus de son golfe de Bedminster dans le New Jersey.

Les Européens devant le fait accompli

La Russie a annoncé qu’elle resterait partie prenante du traité, en dépit du retrait américain, et a pointé « un coup porté au fondement de la sécurité européenne ». Aux États-Unis, l’opposition démocrate a dénoncé « une gifle pour nos alliés en Europe ». Les ambassadeurs des pays membres de l’Otan devaient se réunir, vendredi 22 mai, pour examiner les conséquences de cette décision.

Mis, une fois de plus, devant le fait accompli, les alliés européens considèrent que le traité fournit un mécanisme utile de coopération avec la Russie et que ses limites ne justifient pas un retrait. L’Allemagne a appelé les États-Unis à « reconsidérer » leur décision, tout en demandant à la Russie de respecter pleinement ses obligations.

Le traité New Start va bientôt expirer

C’est le troisième accord international dont Donald Trump se retire, après l’accord sur le programme nucléaire iranien, dénoncé en 2018 et le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), abandonné en 2019. Ce nouveau retrait précède de quelques mois l’expiration du New Start, un traité nettement plus important de réduction des armes stratégiques, entré en vigueur en février 2011, pour une durée de dix ans.

Depuis plus d’un an, l’administration Trump affirme que les États-Unis ne renouvelleront ce traité que si la Chine y adhère également, une éventualité exclue par Pékin.

L’émissaire américain pour les négociations sur le contrôle des armements Marshall Billingslea a indiqué qu’il allait rencontrer prochainement son homologue russe, le vice-ministre des affaires étrangères Sergueï Riabkov, et s’est dit confiant dans l’inclusion de la Chine dans de prochaines négociations. En dépit de ces bonnes paroles, le traité New Start, dernier accord nucléaire encore en vigueur, pourrait bien expirer début 2021.

Par François d’Alançon, publié le 22/05/2020 à 16h03

Photo en titre : Le président américain Donald Trump, lors d’une conférence de presse, jeudi 21 mai à Washington DC.  MANDEL NGAN/AFP

https://www.la-croix.com/Monde/Donald-Trump-retire-Etats-Unis-dun-troisieme-traite-controle-armes-2020-05-22-1201095520

COUP DE TONNERRE DANS LE PAYSAGE ÉLECTRIQUE FRANÇAIS

La justice donne raison à Total dans le conflit qui l’oppose à EDF. Le pétrolier estime que compte tenu des circonstances actuelles, il n’a pas besoin d’acheter autant d’électricité nucléaire.

C’est une décision lourde de conséquences, et pas seulement sur le plan financier même si plusieurs centaines de millions d’euros sont en jeu. Le tribunal de commerce de Paris a donné raison à Total, mercredi 20 mai, dans le conflit qui l’oppose à EDF sur l’achat d’électricité nucléaire. Le pétrolier avait demandé la suspension d’une partie des volumes commandés pour l’année 2020, en mettant en avant la « clause de force majeure » compte tenu de la crise du coronavirus.

« En s’opposant à l’exécution d’un contrat dont les dispositions (…) sont claires, qui trouvent à s’appliquer dans des périodes exceptionnelles impliquant des bouleversements économiques, EDF contribue à l’existence d’un trouble manifestement illicite », estime le juge, qui a condamné en plus l’électricien à verser 50 000 € de dommages et intérêts à Total Direct Énergie. L’affaire ne devrait pas en rester là car EDF a annoncé son intention de faire appel du jugement.

EDF juge le dispositif « injuste »

Pour comprendre les enjeux, il faut revenir au mécanisme de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), mis en place en 2010 sous la pression de la Commission européenne pour encourager la libéralisation du secteur. Il oblige EDF à mettre à la disposition de ses concurrents jusqu’à un quart de sa production nucléaire à un prix fixe de 42 € le mégawattheure.

Quand les prix de marché sont supérieurs, tous les concurrents réclament de l’Arenh et quand ils sont inférieurs, personne n’en veut. Un dispositif jugé injuste par EDF qui ne lui permet pas de bénéficier pleinement des hausses de prix du marché. Son PDG, Jean-Bernard Lévy parle même d’un « outil de spoliation » de l’entreprise.

Aujourd’hui, Total, ainsi que la plupart des fournisseurs alternatifs qui ont également déposé plainte devant le tribunal, préfèrent acheter directement l’électricité sur le marché, dont le prix est tombé autour de 20 € le mégawattheure en raison de la chute de la demande.

Passe d’armes entre deux PDG

Au micro de RTL, le 7 mai, le patron d’EDF avait estimé « un petit peu baroque » la requête du groupe pétrolier de ne pas payer l’électricité au prix convenu. Il a rappelé, ironiquement, que Total n’était pas sans ressources et avait même décidé de maintenir le versement d’un dividende à ses actionnaires.

Quelques heures plus tard, le PDG de Total, Patrick Pouyanné avait réagi vivement dans un communiqué transmis à l’AFP. « En vérité, en continuant à produire alors qu’il n’a pas de demande, j’aimerais bien savoir qui abuse de la situation actuellement », expliquait-il.

À lire aussi : Le torchon brûle entre EDF et Total

La balle est aujourd’hui dans le camp du gouvernement qui réfléchit à une réforme de l’Arenh. Il ne peut pas décider seul, et au final c’est la Commission européenne qui aura le dernier mot. Une première mouture a été présentée en début d’année. Ses propositions sont radicales puisqu’elles prévoient notamment que toute l’électricité nucléaire soit mise à disposition des opérateurs présents sur le marché. Cela impliquerait de réorganiser en profondeur EDF, en isolant la production nucléaire, dans le cadre d’un projet baptisé « Hercule ».

À lire aussi : Électricité : révolution en vue dans le nucléaire

Mais les syndicats sont vent debout contre ce qu’ils considèrent être un démantèlement de l’entreprise. Pour l’État, la porte de sortie pourrait être de proposer seulement une modification de l’Arenh, en introduisant un corridor de prix en fonction de la situation du marché, voire des pénalités aux alternatifs s’ils ne respectent pas leurs engagements d’achat. Jusqu’à présent, Bruxelles était plutôt dans l’optique d’une réforme en profondeur. Mais les circonstances actuelles pourraient inciter la Commission à être plus conciliante.

Par Jean-Claude Bourbon, publié le 21/05/2020 à 16h07, modifié le 21/05/2020 à 16h30

Photo en titre : La centrale nucléaire de Cruas Meysse, près du Rhône, le 7 avril 2011. PHILIPPE DESMAZES/AFP

https://www.la-croix.com/Economie/Coup-tonnerre-paysage-electrique-francais-2020-05-21-1201095365

L’OTAN DOIT À L’UKRAINE 200 MILLIARDS DE DOLLARS POUR LA DÉCISION DE KIEV DE RENONCER À SON ARSENAL NUCLÉAIRE DANS LES ANNÉES 90 SELON UN EX-DÉPUTÉ

Au milieu des années 1990, l’Ukraine a abandonné l’arsenal nucléaire hérité de l’Union soviétique en échange des garanties de sécurité fournies par les États-Unis, le Royaume-Uni et la Russie dans le cadre du soi-disant mémorandum de Budapest. Maintenant, le moment est venu pour «Partenaires occidentaux» pour payer – en espèces – croit Andrey Senchenko, ancien adjoint à la Verkhovna Rada et chef adjoint par intérim de l’administration de l’ancien président Petro Poroshenko.

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Des députés radicaux tentent de rendre l’Ukraine à nouveau nucléaire

L’alliance aurait dû augmenter considérablement ses dépenses de défense au cours des deux dernières décennies si les missiles nucléaires soviétiques étaient restés entre les mains de Kiev, a expliqué Senchenko. « Les missiles ne constitueraient bien sûr pas une menace pour New York, Paris ou Berlin mais créeraient un danger de prolifération des technologies nucléaires et de missiles dans le monde, ce qui est un danger très grave », a-t-il dit, admettant de facto que l’Ukraine aurait à peine pu contrôler correctement son arsenal nucléaire et les technologies associées.

Il est vrai que, dans les années 90, l’Ukraine possédait un arsenal nucléaire important. Le nombre d’ogives nucléaires déployées sur son territoire par l’URSS n’était que derrière celles possédées par la Russie et les États-Unis.

Maintenant, l’ancien député estime que les pays occidentaux devraient beaucoup apprécier le fait que l’Ukraine n’aimait pas devenir une puissance nucléaire dans les années 1990 – une idée que certains politiciens de Kiev ont lancée deux décennies plus tard. « Leur avantage direct s’élevait à au moins 1 billion de dollars », Senchenko a déclaré sans révéler les données derrière ces calculs.

Il a ajouté que l’Ukraine « A droit à quelque 20% de cet avantage économique », ce qui représente 200 milliards de dollars. « C’est ce dont nous devrions discuter avec nos partenaires occidentaux », Dit Senchenko. «L’Ukraine devrait insister là-dessus.»

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Pompeo à Kiev: les Ukrainiens veulent être plus que des amis mais l’équipe de Trump n’est pas intéressée

La question semble encore moins de régler les vieux comptes que de régler les difficultés économiques modernes de l’Ukraine. L’économie du pays est encore sous le choc des dommages qu’elle a subis en raison de l’aliénation politique de la Russie à la suite du coup d’État de Maidan en 2014, qui a vu les forces pro-occidentales s’associer à des ultranationalistes purs et durs renversant le gouvernement légitime du pays.

La Russie était le principal marché de nombreux produits ukrainiens. L’industrie ukrainienne des transports et le système ferroviaire étaient également fortement tributaires du trafic transfrontalier entre les deux voisins. La demande de services de trafic a également considérablement diminué, Moscou et Kiev ayant imposé des barrières au transit dans un contexte de refroidissement des relations.

Senchenko, membre du parti « Patrie » de l’ancien Premier ministre Ioulia Timochenko, était également très ouvert sur la manière dont il dépenserait apparemment la lourde somme que Kiev pourrait obtenir si l’Occident acceptait d’une manière ou d’une autre sa proposition. « Ces 200 milliards de dollars équivaudraient à la dette extérieure totale de notre pays », dit-il, ajoutant qu’il en resterait assez pour « Mettre l’armée ukrainienne en parfait état. »

La dette nationale de l’Ukraine s’élevait à environ 84,73 milliards de dollars en mars, selon le ministère des Finances, alors que ses performances économiques laissent beaucoup à désirer. L’année dernière, Kiev a enregistré un déficit budgétaire d’environ 3,4 milliards de dollars. Pourtant, le gouvernement n’a apparemment pas l’intention de le réduire. Au lieu de cela, il a annoncé en mars qu’il triplerait le déficit cette année, le portant à 10,65 milliards de dollars.

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Le leader nationaliste ukrainien demande une compensation à la Russie pour «l’occupation au 20e siècle»

Et le flux d’argent de ses sponsors à travers l’étang semble se tarir lentement. En 2020, les États-Unis ont promis une aide de quelque 700 millions de dollars à l’Ukraine, ce qui était encore suffisant pour que le président Volodymyr Zelensky remercie personnellement le président américain Donald Trump pour son « Un soutien indéfectible. »

Pourtant, il semble qu’au lieu de chercher des moyens de sortir de la crise, les politiciens ukrainiens proposent des plans de plus en plus bizarres pour remplir la cachette de Kiev. En janvier, Oleg Tyagnibok, le chef du parti d’extrême droite ukrainien Svoboda, a demandé à Moscou de payer Kiev « compensation » pour ce qu’il a appelé «L’occupation au 20ème siècle» se référant apparemment à l’époque soviétique. Le politicien n’a cependant pas précisé la somme exacte.

Plus tôt le même mois, le Premier ministre ukrainien, Oleksiy Honcharuk, a annoncé que le monopole ferroviaire national appartiendrait à la Deutsche Bahn. L’espoir du fonctionnaire de louer la société d’État à des investisseurs allemands a toutefois été rapidement anéanti par un refus rapide de la part de l’opérateur ferroviaire allemand affirmant qu’aucun accord de ce type n’avait été signé.

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Par Erlando Haskett dans News, dernière modification le 20 mai 2020 -à7h32

https://news-24.fr/lotan-doit-a-lukraine-200-milliards-de-dollars-pour-la-decision-de-kiev-de-renoncer-a-son-arsenal-nucleaire-dans-les-annees-90-ex-depute/

IMPORTANT INCENDIE EN COURS DANS UNE CENTRALE NUCLÉAIRE AUX PAYS-BAS: LES FORCES DE L’ORDRE APPELLENT À SE TENIR À DISTANCE DES LIEUX

Une importante fumée se dégage de la centrale nucléaire, rendant l’incendie visible de loin.

Un important incendie s’est déclaré ce jeudi matin à la centrale nucléaire de Dodewaard, aux Pays-Bas. Les services de secours sont mobilisés en masse sur place.

Selon les informations rapportées par nos confrères de Het Laatste Nieuws, l’incendie aurait débuté sur le toit de la centrale. Un porte-parole des autorités locales a déclaré que des bouteilles de gaz pourraient se trouver à proximité des flammes.

Les autorités appellent la population à se tenir à distance de l’incendie. Les habitants, en particulier ceux qui supportent mal la fumée, sont invités à fermer leurs portes et fenêtres et à couper leur air conditionné.

Pour l’instant, les causes de l’incendie sont encore inconnues.

Par Sudinfo, publié le jeudi 21 Mai 2020 à 12h57

Photo en titre : Twitter EZ_wolf

https://www.sudinfo.be/id193696/article/2020-05-21/important-incendie-en-cours-dans-une-centrale-nucleaire-aux-pays-bas-les-forces

ÉLECTRICITÉ NUCLÉAIRE : TOTAL REMPORTE UNE MANCHE CONTRE EDF DEVANT LA JUSTICE

Le groupe pétrolier a obtenu mercredi du tribunal de commerce que la notion de « force majeure » puisse être invoquée pour suspendre un important contrat de livraison d’électricité.

C’est une guerre sourde que se livrent deux des plus gros acteurs de l’énergie en France. Depuis plusieurs semaines, les PDG de Total et d’EDF n’hésitaient plus à s’opposer publiquement et avaient décidé de régler leur différend devant les tribunaux. Mercredi 20 mai, Total a remporté une première manche en obtenant un jugement favorable du tribunal de commerce de Paris sur un sujet invisible pour le grand public mais majeur pour les groupes du secteur.

Au cœur du conflit, un mécanisme complexe appelé « accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (Arenh), qui régit la manière dont EDF doit vendre la production du parc nucléaire aux autres fournisseurs. Mis en place en 2011 pour favoriser la compétition sur le marché, ce dispositif oblige EDF à vendre à prix fixe à ses concurrents un quart de la production d’électricité des centrales françaises.

Mais depuis le début de la crise sanitaire, la consommation d’électricité a chuté fortement et les concurrents d’EDF – au premier rang desquels Total – estiment qu’il s’agit d’un cas de force majeure et réclament une adaptation du contrat. Le tribunal de commerce a suivi cette ligne, permettant aux concurrents d’EDF de suspendre une partie de leurs engagements d’achat. Dans son ordonnance de référé, que Le Monde a pu consulter, le président du tribunal considère que les conditions de la force majeure, telle que définie dans l’accord-cadre liant les parties, « sont manifestement réunies ». Il condamne également EDF à verser 50 000 euros à Total Direct Énergie.

EDF veut faire appel

Le président du tribunal de commerce observe dans sa décision que « la diffusion du virus revêt, à l’évidence, un caractère extérieur aux parties, qu’elle est irrésistible et qu’elle était imprévisible comme en témoigne la soudaineté et l’ampleur de son apparition ». Il en résulte donc pour la filiale de Total « des pertes importantes immédiates et définitives sur une durée dont elle n’a pas la maîtrise ».

EDF a annoncé son intention de faire appel afin d’obtenir un jugement au fond. Les conséquences financières de la décision sont difficiles à évaluer mais elles pourraient se chiffrer en dizaines de millions d’euros de pertes pour EDF – sans compter une éventuelle indemnisation si la décision était confirmée. Le groupe public considère de longue date que l’Arenh est un dispositif qui lui est défavorable et fait peser un risque majeur sur son modèle économique. Le gouvernement avait d’ailleurs engagé en janvier un chantier de refonte, dont les premières pistes semblaient plus favorables à EDF. À l’inverse, les fournisseurs alternatifs demandaient jusque-là une extension du dispositif actuel.

Les concurrents d’EDF ont de quoi se réjouir de cette décision : ils avaient déjà contesté, en mars devant le Conseil d’État, une décision de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) favorable à l’électricien, mais n’avaient pas obtenu gain de cause. EDF avait également reçu le soutien de la ministre de la transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne. « [Les concurrents d’EDF] ont bénéficié de l’Arenh pour acheter de l’électricité à un tarif plus faible que celui du marché, sinon ils n’auraient pas eu recours à l’Arenh mais à des contrats à terme. Maintenant, ils souhaitent, tout compte fait, rendre cette électricité. Cela reviendrait finalement à faire peser sur EDF la totalité des risques. Il y a un problème de principe », a-t-elle défendu au Sénat début avril.

Total et d’autres fournisseurs alternatifs estimaient au contraire que le contrat signé avec EDF prévoyait précisément ce cas de figure. « On applique l’Arenh tel qu’il a été conçu », se défend une source proche des concurrents d’EDF, qui assure que Total a proposé à EDF de négocier mais que l’électricien a refusé toute discussion.

Bataille publique de PDG

Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a dénoncé publiquement des demandes « baroques ». « Maintenant que la demande a baissé et que les prix ont baissé, ils s’aperçoivent que : oh, pas de chance, on va peut-être perdre de l’argent, alors ils nous disent non, non, finalement, on n’en veut pas de toute cette électricité, gardez-la », a-t-il expliqué sur RTL mi-mai, visiblement agacé.

À l’inverse, le patron du pétrolier Total, qui a racheté en 2018 le fournisseur Direct Énergie et l’a depuis renommé Total Direct Energie, répète qu’« il y a un contrat commercial entre EDF et des fournisseurs qui prévoit de la “force majeure”. Ce n’est pas nous qui l’avons inventé. (…) Il y a une filiale d’EDF qui a déclaré la “force majeure” à Total, du fait de la situation sanitaire, sur un autre dossier. On ne l’a pas mis jusqu’à présent sur la place publique, ni contesté d’ailleurs ».

Un autre concurrent d’EDF, le groupe Gazel, propriété du groupe tchèque EPH dirigé par Daniel Kretinsky (par ailleurs actionnaire indirect et minoritaire du Monde), a également fait la même démarche et devrait obtenir une décision du tribunal de commerce à la fin du mois de mai. Le plus gros concurrent d’EDF, le groupe Engie (ex-GDF Suez), n’a pas souhaité se joindre à cette action en justice, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour invoquer la force majeure.

Par Nabil Wakim, publié le 20 mai 2020 à 21h57, mis à jour le 21 mai à 09h23

Photo en titre : Arnd Wiegmann / REUTERS

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/05/20/electricite-nucleaire-total-remporte-une-manche-contre-edf-devant-la-justice_6040305_3234.html

TRICASTIN: DÉTECTION TARDIVE DE L’INDISPONIBILITÉ DU SYSTÈME D’EXTRACTION D’IODE D’UN CIRCUIT DE VENTILATION

Le 28 avril 2020, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté concernant la détection tardive de l’indisponibilité du système d’extraction d’iode du circuit de ventilation DVW du réacteur 2 de la centrale nucléaire du Tricastin.

Le circuit de ventilation DVW assure l’extraction de l’air des traversées entre le bâtiment réacteur et les bâtiments périphériques. Il contribue au confinement des substances radioactives, notamment en cas d’accident, en assurant la filtration de l’air sur des pièges à iode.

Le système d’extraction d’iode du circuit de ventilation DVW est équipé de deux voies qui assurent de façon redondante la même fonction.

Le 22 avril 2020, un essai périodique est réalisé sur la voie B du circuit DVW dans le cadre du redémarrage du réacteur 2 à l’issue de son arrêt pour maintenance et renouvellement partiel du combustible. Au cours de cet essai, les alarmes relatives à un débit d’air insuffisant extrait sur le système d’extraction d’iode du circuit de ventilation DVW sont apparues lors de la mise en service du ventilateur. Après analyse, l’exploitant a considéré que le système d’extraction d’iode du circuit de ventilation DVW était indisponible.

Les investigations réalisées ont mis en évidence qu’un registre, situé en amont du ventilateur, sur une gaine de ventilation commune aux deux voies, n’était pas suffisamment ouvert. La dernière manœuvre de ce registre avait été réalisée le 14 mars 2020 lors de l’arrêt du réacteur 2. De plus, cette indisponibilité n’avait pas été détectée lors de la réalisation d’un essai périodique sur la voie A le 21 avril 2020 malgré l’apparition des mêmes alarmes lors de la mise en service du ventilateur de la voie A du circuit DVW.

Le registre a été repositionné et le système testé à nouveau, avec un débit d’air conforme aux critères prévus.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Toutefois, compte tenu de la détection tardive de l’indisponibilité d’un système de ventilation requis par les spécifications techniques d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 20/05/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-de-l-indisponibilite-du-systeme-d-extraction-d-iode-d-un-circuit-de-ventilation

LA CHINE DÉVELOPPE UN NOUVEAU MISSILE NUCLÉAIRE LANCÉ DEPUIS UN SOUS-MARIN

La marine chinoise a réussi les premiers essais de son nouveau missile Ju-Lang 3. Cette arme contient plusieurs ogives nucléaires et dispose d’une portée de plus de 12.000 kilomètres.

La Chine développe un missile nucléaire capable d’atteindre les États-Unis depuis ses côtes. Selon le South China Morning Post, la marine chinoise a réussi ses premiers essais de lancement du Ju-Lang 3 ou JL-3 (Vague géante en français). Cette arme tirée depuis un sous-marin a une portée de 12.000 kilomètres. Il s’agit d’une nette amélioration des capacités militaire de la République populaire puisque la précédente génération d’armes nucléaires avait une portée de 7.400 kilomètres “seulement”. Les caractéristiques de cette nouvelle arme permettent à la Chine de rivaliser avec les États-Unis, dont les missiles possèdent peu ou prou la même portée.

Chaque missile contiendrait plusieurs ogives nucléaires qui peuvent agir de manière indépendante et détruire des cibles différentes, une fois qu’elles sont libérées dans l’atmosphère. Les ogives seront en effet guidées par la flotte de satellites BeiDou : l’équivalent chinois du GPS. Cette arme flambant neuve fait la fierté de la Chine, au point que le gouvernement a récompensé l’équipe de scientifiques qui a conçu le projet JL-3. En effet, le 9 mai dernier les chercheurs ont reçu le prestigieux prix national de l’excellence dans le domaine de l’innovation.

Selon le South China Morning Post, ces essais balistiques chinois sont une réponse à la présence militaire de plus en plus prépondérante des États-Unis en mer de Chine méridionale, et dans la région Pacifique en général. L’US Navy a récemment réclamé 20 milliards de dollars supplémentaires au congrès américain pour garder l’avantage face au développement rapide de l’armée chinoise et rester en tête de cette nouvelle course à l’hégémonie dans le Pacifique. Toutefois, même si les premiers lancements du JL-3 se sont déroulés avec succès, ce missile nucléaire ne sera opérationnel qu’en 2025. Cette arme sera également adaptée à un nouveau type de sous-marins de l’armée chinoise: le Type 096.

Par Thomas Romanacce, publié le 20/05/2020 à 11h06

https://www.capital.fr/economie-politique/la-chine-developpe-un-nouveau-missile-nucleaire-lance-depuis-un-sous-marin-1370518

NUCLÉAIRE : LES SOUS-TRAITANTS EN PREMIÈRE LIGNE PENDANT LA PANDÉMIE DE COVID-19

Sur le site nucléaire de Dampierre-en-Burly, des mesures barrières ont été mises en place suite à la mobilisation des salariés d’entreprises sous-traitantes.

À Dampierre-en-Burly, dans le Loiret, derrière les murs de la centrale nucléaire qui longent la Loire, les salariés d’EDF et des entreprises sous-traitantes n’ont pas cessé de travailler pendant le confinement. Leur présence est essentielle pour que le site puisse continuer à fournir de l’électricité au réseau, mais aussi pour assurer la maintenance des installations. Sur les sites des centrales françaises, on compte 75 % d’effectifs de moins qu’à l’accoutumée. Pour les salariés, les précautions pour éviter la propagation du Covid-19 se sont ajoutées à celles pour limiter les risques des radiations.

Lors du déclenchement de la crise sanitaire, les employés des sous-traitants de la centrale de Dampierre-en-Burly s’étaient mobilisés pour dénoncer le manque de mesures mises en place par EDF et manifester leurs craintes quant à une contamination au Covid-19 au sein du site. « Nous voulions plus de protection », précise Antoine (son prénom a été changé pour conserver son anonymat), employé d’une entreprise sous-traitante sur le site.

« Au début de la crise sanitaire, c’était la panique pour tout le monde, les salariés devaient redoubler de vigilance et s’approprier de nouvelles pratiques », décrit Jérôme Schmitt, délégué syndical de Sud-Énergie à Dampierre-en-Burly, un syndicat minoritaire mais très actif auprès des sous-traitants.

L’entreprise publique explique avoir alors dépêché des éclaireurs sur le terrain pour voir quelles mesures étaient mises en œuvre pour leur permettre de travailler en toute sécurité et « rassurer les prestataires ». Dans les jours qui ont suivi, « EDF a rapidement rectifié le tir en limitant le nombre de personnes sur les lieux et en désinfectant les portiques de sécurité, ce qui n’a pas été le cas dans de nombreuses entreprises d’autres secteurs », souligne Pascal Lambolez, expert à la Fédération des mines et énergie CGT.

Lire aussi Coronavirus : l’Autorité de sûreté nucléaire appelle à une vigilance particulière lors du redémarrage des activités (Article réservé à nos abonnés)

Des ajustements demandés par l’ASN

Cependant, lors d’une de leurs premières visites post-déconfinement à la centrale de Dampierre-en-Burly, le 7 mai, les inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) se sont intéressés à l’organisation pour lutter contre le coronavirus. Ils ont notamment remis en cause la gestion des flux du personnel dans les vestiaires, qui ne permettait ni de respecter une distance de sécurité, ni d’éviter les croisements des salariés qui entrent masqués dans la zone contrôlée – zone dont l’accès est soumis à une réglementation spéciale – et ceux qui en sortent sans masque.

Le produit utilisé pour nettoyer les surfaces n’était pas assez puissant

Autre grief, lors des contrôles dans des vestiaires à proximité du bâtiment du réacteur, il a été constaté que le produit utilisé pour nettoyer les surfaces n’était pas assez puissant pour tuer le virus. Des doléances portées par les salariés dès le début de la crise. Toutefois, prudente, l’ASN déclare n’avoir relevé « aucun écart majeur, qui pourrait être directement imputable à la crise ».

« Désormais, on voit qu’on ne peut pas se passer des salariés en sous-traitance pour faire tourner les sites nucléaires nécessaires pour produire l’électricité. Beaucoup d’agents EDF pouvaient travailler depuis chez eux, tandis que pour eux c’est impossible », rappelle Jérôme Schmitt.

Lors de son audition, le 28 avril, devant la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, Bernard Doroszczuk, président de l’ASN, a été interpellé par les parlementaires sur l’organisation des inspections à l’avenir. « Il y aura plus de contrôles », « une surveillance des chantiers beaucoup plus attentive » et « un regard particulier porté sur les facteurs d’organisation et humain », a-t-il répondu.

Par Louisa Benchabane, publié le 19 mai 2020 à 19h25, mis à jour le 19 mai à 19h38

Photo en titre : centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, dans le Loiret. ALAIN JOCARD / AFP

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/05/19/nucleaire-les-sous-traitants-en-premiere-ligne-pendant-la-crise-du-covid-19_6040172_3234.html

BELGIQUE : LES DÉCHETS NUCLÉAIRES VONT-ILS ÊTRE STOCKÉS PLUS DE 80 ANS SUR LE SITE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE TIHANGE ?

Le député redoute que Tihange devienne un désert radioactif

Les déchets nucléaires vont-ils être stockés plus de 80 ans sur le site de la centrale nucléaire de Tihange ?

C’est ce que redoute le député Ecolo Samuel Cogolati en se basant sur de l’enquête publique que vient de lancer l’ONDRAF et les propos du ministre De Crem. Pour éviter que Tihange se transforme en « désert radioactif » et appelle la population à se mobiliser.

En février, le ministre wallon Willy Borsus accordait le permis d’urbanisme pour la construction d’un centre de stockage de déchets nucléaire radioactifs sur le site de Tihange.

Rappelons que ces déchets doivent être stockés dans 120 emplacements, à sec, pour une période de 80 ans. Il s’agit normalement d’une solution transitoire, même si la Belgique n’a, pour l’instant, pas de solution définitive pour le stockage des déchets nucléaires.

L’ONDRAF vient cependant de lancer une enquête publique concernant une solution d’enfouissage des déchets. Le problème, c’est que ce projet mettra longtemps à aboutir.

Peut-être plus de 80 ans !

« Une décision politique pour le stockage géologique sur le territoire belge ne signifie pas qu’il sera réalisé à court terme. Quelques décennies seront encore nécessaires pour y parvenir » a déclaré le directeur de l’ONDRAF.

Stockage supérieur à 2100

Le député hutois Samuel Cogolati redoute que la période de stockage à Tihange soit supérieure à 2100 ! Il a interrogé le ministre de l’Intérieur pour en avoir le cœur net et la réponse ne l’a pas vraiment rassuré…

« La durée d’entreposage dans cet entrepôt à Tihange pourrait donc dépasser les quatre-vingts ans, si l’AFCN l’estime nécessaire ? » a-t-il demandé au ministre De Crem le 11 mai dernier. Le ministre n’a pas démenti : « Oui, c’est bien ce que j’ai indiqué dans ma réponse » a-t-il affirmé.

« Le risque environnemental est réel, estime le député hutois. Il faut gérer les déchets nucléaires de manière sûre et responsable et le projet d’enfouissement de l’ONDRAF va prendre beaucoup trop de temps. »

En 2100 Tihange risque de se transformer en désert radioactif.

L’incertitude liée au projet de stockage définitif de l’ONDRAF engendre un délai d’entreposage supplémentaire des déchets radioactifs à Tihange au-delà de 2100, ce qui est inacceptable sur le plan de la sûreté nucléaire vu que les bâtiments de stockage n’ont pas été prévus pour de telles durées. »

Une alternative

Le député hutois estime qu’il est urgent d’envisager une alternative à l’entreposage à Tihange et à l’enfouissement définitif et irréversible.

Dans cette optique, les différents groupes Ecolo de l’arrondissement vont proposer une motion lors des prochains conseils afin de s’opposer au projet d’enfouissement tel que proposé actuellement par l’ONDRAF vu les répercussions sur l’entreposage à Tihange.

Source

Publié le 20 mai 2020 à 7h05

https://nandrin.blogs.sudinfo.be/archive/2020/05/20/les-dechets-nucleaires-vont-ils-etre-stockes-plus-de-80-ans-303599.html

LIVE : BURE, L’ATTEINTE GRAVE AUX LIBERTÉS PUBLIQUES

Si nous sommes de plus en plus nombreux-ses à montrer du doigt cette enquête, il faut d’ores et déjà s’inquiéter de la généralisation, et banalisation, des techniques mises en place pour la surveillance de tou-tes les militant-es. Nombreux-ses sont celles et ceux qui craignent que les opposant-es de Bure soient des cobayes.

Dénoncer cette instruction judiciaire devient alors un combat pour la liberté, et pour éviter que l’histoire se répète pour d’autres.

Durant ce LIVE, des militant-es tâcheront d’en expliquer les enjeux, à travers leurs témoignages personnels et leur histoire.

infos : stopcigeo-bure.eu/confinees

Événement facebook à diffuser : https://www.facebook.com/events/245099476903754/

La semaine dernière, une longue enquête de Médiapart et de Reporterre a mis en lumière le dossier d’instruction qui vise à paralyser l’opposition au projet CIGÉO à Bure depuis maintenant 2 ans. Cette enquête approfondie en 3 parties a révélé la démesure des moyens technologiques, humains et financiers utilisés dans le cadre de cette enquête.

En  2017, une information judiciaire est ouverte, et transforme l’engagement des militant-es contre le centre de stockage CIGEO, en « association de malfaiteurs« .

Dix personnes sont mises en examen et placé-es sous contrôle judiciaire : cela fait ainsi deux ans qu’elles sont interdites de se voir, d’échanger ; contraintes à vivre leur opposition à Cigéo en retrait du mouvement.

À cette investigation judiciaire tentaculaire, s’ajoute un harcèlement policier dans le secteur de Bure depuis plusieurs années, habitant-es et opposant-es vivant dans un territoire sous contrôle. Voir le rapport de la LDH à ce sujet ICI.

Le zèle de l’enquête, qui enterre à la fois libertés individuelles et collectives d’expression, d’opinion et d’association fait frémir le milieu de la défense des droits et les ONG.

Toutes et tous s’accordent pour dire que l’ampleur et la durée de cette instruction révèlent que son objectif est plutôt de mettre en échec le militantisme contre Cigéo que la recherche de la vérité.

Si nous sommes de plus en plus nombreux-ses à montrer du doigt le déroulé de cette enquête, il faut d’ores et déjà s’inquiéter de la généralisation, et banalisation, des techniques mises en place pour la surveillance de tous les militant-es.

Nombreux-ses sont celles et ceux qui craignent que les opposant-es de Bure soient des cobayes.

Dénoncer cette instruction judiciaire est un combat pour la liberté, et pour éviter que l’histoire se répète pour d’autres.

Alors que plus de cent organisations de défense des droits et une diversité de collectifs engagés ont demandé la clôture de cette instruction (lire la tribune ici), le juge d’instruction a rejeté une fois de plus la levée des contrôles judiciaires, faisant fi des multiples atteintes aux libertés dénoncées depuis plusieurs années.

Cette récente décision alimente aussi l’idée que le manteau du magistrat n’est pas toujours un bon bouclier contre les injustices.

Pour ne pas s’habituer, il faut le rappeler, se donner la parole.

C’est ce que nous proposons de faire, notamment en rediffusant le live de Médiapart « À l’air libre« , où trois militant-es sous contrôle judiciaire ont été invité-es à s’exprimer suite aux révélations de Médiapart et de Reporterre. Valentine Oberti, la présentatrice, a bien rappelé en préambule que les trois militant-es étant empêché-es de par leurs contrôles judiciaires de rentrer en relation, ont été contacté-es individuellement par précaution, et qu’ils et elles n’auraient pas le droit de se répondre durant l’émission. Henri Leclerc, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme a exprimé le point de vue de l’ONG de la défense des droits sur cette affaire judiciaire.

L’image de nos trois camarades ensemble, sans l’être, était suffisamment inédite pour lui redonner la visibilité qu’elle méritait.

Lire l’enquête de Médiapart et de Reporterre :

– Partie 1 : https://reporterre.net/1-3-La-justice-a-massivement-surveille-les-militants-antinucleaires-de-Bure
– Partie 2 : https://reporterre.net/2-3-L-Etat-a-depense-un-million-d-euros-contre-les-antinucleaires-de-Bure
– Partie 3 : https://reporterre.net/A-Bure-la-justice-a-bafoue-les-droits-de-la-defense

Pour diffuser le film en LIVE sur votre page Facebook, envoyez un mail à rdvconfinees-nuk@riseup.net

Pour voir le LIVE sans avoir Facebook : c’est possible ! Il suffit de vous connecter sur la page comme si de rien n’était 🙂

INFOS : stopcigeo-bure.eu/confinees

Publié le 19 mai 2020

https://cedra52.jimdofree.com/communiqu%C3%A9s-du-cedra

JAPON : LE DOSSIER DE SÛRETÉ DE L’USINE DE RETRAITEMENT DE ROKKASHO-MURA VALIDÉ

L’Autorité de régulation nucléaire a fini par valider le dossier de sûreté de l’usine de retraitement de Rokkashô-mura, située dans la province d’Aomori. Cette décision est soumise à l’avis du public pendant un mois. Pour contribuer, c’est ici en japonais. Après cette étape, il y aura encore des contrôles. Selon le Président de l’autorité de régulation nucléaire, il peut se passer encore beaucoup de temps avant une mise en service, qui accumule déjà 24 années de retard… L’exploitant, quant à lui, vise une mise en service en 2021.

Les travaux de construction ont commencé en 1993 et devaient être terminés en 1997. Après la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima, l’exploitant, Japan Nuclear Fuel Ltd, a dû revoir son dossier de sûreté. Il a déposé une demande en janvier 2014. Mais plusieurs scandales ont entraîné des retards dans la procédure.

Cette usine, prévue pour traiter 800 tonnes par an afin d’en extraire le plutonium des combustibles usés, devrait coûter en tout, jusqu’à son démantèlement, 14 000 milliards de yens (120 milliards d’euros). Le coût de sa seule construction est passé de 760 à 2 900 milliards de yens (6,4 à 25 milliards d’euros). Mais, elle n’a rien produit jusqu’à maintenant, et son activité sera réduite en cas de mise en service car il n’y a pratiquement pas de débouchés pour le plutonium extrait. Ce n’est pas un investissement rentable.

Rappelons que seulement 9 réacteurs nucléaires ont été remis en service au Japon depuis la catastrophe de Fukushima, dont 4 qui sont autorisés à utiliser du combustible MOx avec du plutonium recyclé. Un a été arrêté par la justice, en janvier dernier. Le Japon prévoyait 16 à 18 réacteurs utilisant ce combustible MOx… Le surgénérateur Monju, a quant à lui, été arrêté définitivement en décembre 2016. Et comme le Japon s’est engagé, en 2018, de n’extraire que la quantité de plutonium nécessaire, cette usine de retraitement ne sert à rien, car il faut déjà écouler le stock de 45,7 tonnes de plutonium. À pleine capacité, l’usine de retraitement de Rokkashô-mura devrait produire 7 tonnes de plutonium par an.

Les autorités locales de Rokkashô veulent renvoyer les 2 968 tonnes de combustibles usés déjà entreposées dans la commune si l’usine de retraitement est abandonnée. Et comme il n’y a pas de place dans les centrales nucléaires pour les reprendre, tout le monde fait semblant de croire que l’usine sera mise en service…

Dans un éditorial, l’Asahi parle de non-sens au regard des nombreux problèmes que pose cette usine au regard de la prolifération nucléaire, de sa rentabilité économique, de son intérêt énergétique… Le Maïnichi aussi et, tout comme l’Asahi, appelle à l’arrêt du projet qui a déjà trop coûté. Dans un autre article, l’Asahi rappelle le sacrifice des populations locales à qui l’on avait promis un avenir radieux. Mais les projets de “modernisation” du territoire se sont révélés être chimériques.

Comme en France, toute cette chimère n’a que pour seul but de changer le statut des déchets nucléaires en matières prétendument valorisables, mais jamais valorisées, tout en gardant une technologie d’origine militaire.

Publié le 18 mai 2020

https://fukushima.eu.org/le-dossier-de-surete-de-lusine-de-retraitement-de-rokkasho-mura-valide/

LA FORCE SOUS-MARINE RUSSE UNE FORCE EN CONVALESCENCE ?

Un article publié à la mi-octobre 2019 faisait état d’un exercice naval important réalisé par la marine russe (VMF) et plus particulièrement sa force sous-marine avec le déploiement de pas moins de dix sous-marins, dont huit à propulsion nucléaire, en mer de Norvège et mer de Barents. Ces chiffres qui à première vue peuvent paraître imposants sont pour le moins éloignés de la réalité, surtout si l’on prend la peine de se pencher sur la situation actuelle de la flotte sous-marine russe.

Cette dernière fut construite, fort logiquement, sur les cendres de la flotte sous-marine soviétique et est passée par une phase de réduction drastique des effectifs ainsi que par des évènements dramatiques (notamment à la perte du SSGN K‑141 Koursk). Il est vrai que la flotte sous-marine soviétique se révéla être, lors de la chute de l’URSS, un leurre plus qu’autre chose puisqu’une bonne partie des bâtiments en service avaient largement dépassé l’âge légal de la retraite et n’avaient donc plus aucune utilité opérationnelle réelle. La jeune VMF ne disposant pas des moyens techniques, financiers et humains d’entretenir une flotte aussi pléthorique, de sérieuses coupes claires vont avoir lieu et la flotte sera rationalisée autour des navires les plus modernes et/ou les plus performants. En outre, les programmes de construction en cours vont voir leur production fortement ralentie dans le meilleur des cas, voire carrément abandonnée (1) pour d’autres.

De manière pour le moins surprenante après de longues années de disette au niveau de la disponibilité réelle, de l’admission de nouveaux bâtiments ou de la modernisation, la marine russe s’attend à recevoir plusieurs unités à propulsion nucléaire neuves dans les années à venir, ce qui devrait lui permettre de présenter un visage grandement renouvelé tout en conservant un format globalement identique au format actuel. Néanmoins, plusieurs écueils sont encore à surmonter, concernant la flotte ou la construction navale. Exception faite de la Flottille de la Caspienne, toutes les flottes de la marine russe (du Nord, du Pacifique, de la mer Noire et de la Baltique) disposent de sous-marins.

Cependant, les bâtiments à propulsion nucléaire ne sont présents qu’au sein des deux principales : la Flotte du Nord et celle du Pacifique. Structurée autour du concept de « bastions » (en mer d’Okhotsk et en mer de Barents notamment) hérité de l’époque soviétique, la force sous-marine russe est chargée à la fois d’assurer une partie de la dissuasion nucléaire russe, de protéger les sous-marins chargés de la dissuasion, de protéger les lignes de communication/commerciales russes, d’assurer la projection de puissance à distance grâce à la capacité de frappes conventionnelles avec usage de missiles de croisière et enfin de créer des zones de déni d’accès pour les flottes occidentales, visant à les tenir à distance des côtes/sites stratégiques russes. Ce programme pour le moins vaste repose actuellement sur une flotte comprenant un nombre restreint de navires et dont une partie est hors service, en attente de révision générale et de modernisation (2).

Avec l’arrivée sous peu de plusieurs nouveaux bâtiments, les premiers détails du prochain projet Husky ainsi que la sortie de modernisation annoncée de bâtiments hérités de l’époque soviétique, la force sous-marine russe entre dans une phase plus active de modernisation qui mérite que l’on se penche plus avant sur son état actuel, ses perspectives ainsi que ses forces et faiblesses.

La composante navale de la dissuasion nucléaire russe : les SNLE

Composante navale de la dissuasion nucléaire russe, la flotte de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) (3) russes est actuellement dans une phase de transition active avec l’arrivée en cours des nouveaux SNLE dits de quatrième génération : les Borei (Izd.09551) (4) et leur variante modernisée, les Borei‑A (Izd.09552). Devant prendre la relève du dernier Delta III (Izd.667BDR Kalmar) ainsi que des six Delta IV (Izd.667BDRM Dolfin), les Borei ont été dessinés et développés par le bureau d’études Rubin à partir de la fin des années 1980 et ont connu une mise en service laborieuse, notamment du fait des difficultés rencontrées dans la mise au point du missile l’équipant, le SLBM 3M30 Bulava (5). Le premier Borei a été mis sur cale au sein du chantier naval SevMash le 2 novembre 1996, mais son admission au service n’est intervenue que le 10 janvier 2013, soit pas moins de 16 ans ( !) plus tard. Il s’agit plus que probablement d’un record en la matière, qui en dit long sur l’état de la construction navale russe durant la période allant de 1992 à 2010 ainsi que sur les difficultés budgétaires de l’État russe, bien qu’il ne faille pas oublier que les Borei devaient initialement emporter le missile R‑39UTTKh Bark dont le développement fut interrompu après trois essais de tir ratés.

Devant être plus petits (objectif qui ne sera guère difficile à réaliser) et donc moins onéreux à exploiter que leurs prédécesseurs de la classe Typhoon (Izd.941 Akula), les Borei(‑A) sont des bâtiments à double coque intégrale d’un déplacement maximal en plongée de 24 000 t et emportent 16 missiles Bulava. Ces derniers sont des missiles MIRV dotés chacun de six têtes de 150 kT et disposant d’une propulsion mixte à carburant solide et liquide leur conférant une portée maximale évaluée à 9 300 km. De plus, les Borei disposent également de huit tubes lance-torpilles de 533 mm. Vu les délais entre la mise sur cale de la tête de série et les navires suivants, les ingénieurs russes ont eu l’occasion de développer une variante modernisée du Borei avec des modifications sur la coque (6) (taille légèrement réduite et forme optimisée pour réduire le bruit) et les équipements embarqués sans pour autant toucher aux emports en armements, cette nouvelle variante étant reprise sous le nom de Borei‑A. Les trois premiers Borei ont été admis au service en 2013 et 2014 à raison de deux navires au sein de la Flotte du Pacifique et d’un au sein de la Flotte du Nord. De manière pour le moins surprenante, alors que le Borei effectuait des tirs de missiles Bulava durant les essais préliminaires, il n’y a actuellement aucun tir de ce type documenté pour les deux Borei affectés à la Flotte du Pacifique (7).

Cela serait la résultante du manque d’équipements sur le polygone de tir pour les navires du Pacifique ainsi que d’un problème d’installations permettant le stockage et le réarmement des navires sur la base de Vilyuchinsk. Des travaux sont en cours pour corriger cette situation.

Le premier Borei‑A, le Knyaz Vladimir (8), a vu ses essais à  a mer se prolonger après la découverte de défauts durant les essais préliminaires. Son admission au service au sein de la Flotte du Nord est annoncée pour le mois de mars 2020, tandis que le Knyaz Oleg, destiné à la Flotte du Pacifique, est attendu d’ici à la fin de l’année. Outre les deux navires cités, la série des Borei‑A compte trois autres bâtiments à divers stades de construction au sein du chantier naval SevMash, ces derniers devant (en théorie) rejoindre la marine russe entre 2022 et 2024. La commande de deux Borei‑A supplémentaires a été annoncée pour 2020 (mais pas encore signée), la série devant compter à terme dix bâtiments : trois Borei et sept Borei‑A à l’horizon 2027, ce qui permettrait de standardiser la flotte stratégique russe sur un même bâtiment.

En attendant l’arrivée des nouveaux SNLE en cours de construction, la composante navale de la dissuasion russe repose sur un Delta III au sein de la Flotte du Pacifique ainsi que sur six Delta IV rééquipés avec le missile R‑29RMU Sineva au sein de la Flotte du Nord auxquels s’ajoutent le TK‑208 Dmitry Donskoy, dernier représentant actif de la classe des Izd.941 Typhoon (Akula) d’un déplacement maximal de 48 000 t, transformé pour recevoir le missile Bulava, mais qui ne servirait manifestement plus que pour des tests et expériences et ne peut donc pas être considéré comme faisant partie de la flotte active. La flotte d’Izd.667BDR(M) est en fin de carrière, le dernier Delta III ayant déjà 38 ans de service au compteur tandis que l’âge moyen de la flotte de Delta IV est de 33 ans, le bâtiment le plus ancien ayant déjà 36 ans de carrière derrière lui. La flotte stratégique russe est répartie de manière inéquitable entre la Flotte du Nord et la Flotte du Pacifique :

  • Flotte du Pacifique (base de Vilyuchinsk) : un Delta III et deux Borei ;
  • Flotte du Nord (base de Gadzhiyevo) : six Delta IV et un Borei.

Au vu du nombre de bâtiments restant à remplacer et de celui de Borei en construction, on peut s’attendre au retrait de service du dernier Delta III à l’horizon 2021 avec l’arrivée du Borei‑A Knyaz Oleg au sein de la Flotte du Pacifique et des derniers Delta IV au sein de la Flotte du Nord à l’horizon 2027, soit à la fin de l’actuel programme d’armement pluriannuel (GPV). Il sera intéressant de voir si la marine russe va standardiser la répartition de ses SNLE en concentrant les trois Borei au sein de la Flotte du Pacifique et les Borei‑A au sein de la Flotte du Nord.

La flotte d’attaque : les SSGN et SNA

Présentant une situation semblable à celle des SNLE, la flotte de sous-marins d’attaque russes est construite autour de deux modèles principaux hérités de l’époque soviétique, les SSGN Oscar II (Izd.949A Antey) (9) et les SNA Akula (Izd.971 Shchuka‑B) (10). Ces bâtiments ont très fortement pâti de la disparition de l’URSS et des restrictions budgétaires qui ont suivi ; plusieurs navires en cours de construction étant purement et simplement abandonnés et détruits sur cale. Les SSGN de la classe Oscar II sont des sous-marins à double coque intégrale d’un déplacement maximal de 24 000 t conçus pour assurer l’engagement et la destruction des groupes aéronavals occidentaux en travaillant de concert avec les Tu‑22M3. Pour ce faire, leur armement principal est composé de 24 missiles supersoniques mer-mer P‑700 Granit disposant d’une charge conventionnelle de 750 kg (11), de quatre tubes lance-torpilles de 533 mm et de deux tubes de 650 mm. Admis au service entre 1986 et 1996, la flotte d’Antey va connaître une vie mouvementée avec des retraits de service prématurés en raison du manque de moyens financiers pour assurer les révisions générales des bâtiments et de la catastrophe du K‑141 Koursk.

Cette flotte s’est stabilisée à huit navires en service, répartis à raison de trois unités dans la Flotte du Nord et de cinq dans celle du Pacifique. Un programme de modernisation des sous-marins a été développé en 2011 par le bureau de design Rubin, visant à compenser le retard connu par les navires de la classe Yasen(‑M). Ce programme repose sur le réemploi des tubes SM‑225A du missile P‑700 Granit et leur modification sur la base de cellules verticales UKSK pour accepter l’emport de missiles Oniks/Kalibr/Tsirkon. En outre, les équipements embarqués sont modernisés avec l’installation d’un nouveau système de contrôle de tir. Passant au standard Izd.949AM, les navires pris en charge par les chantiers navals Zvezdochka et Zvezda voient leurs capacités décuplées avec l’ajout d’une capacité de frappes au sol et de mise en œuvre de missiles de croisière, et peuvent emporter au maximum 72 missiles. Mais les travaux vont se révéler plus complexes et plus longs qu’anticipé. Pour ne rien arranger, les temps de révisions et de carénages des navires en service se sont prolongés plus que nécessaire, ce qui fait que la situation est pour le moins complexe pour les Antey :

  • Flotte du Nord : trois navires, dont un en révision et deux en service ;
  • Flotte du Pacifique : deux navires en modernisation (sorties en 2022 et 2027), trois navires en service.

Il est de plus en plus probable, vu les délais prévus, que la modernisation ne concernera qu’un petit nombre d’Antey et que l’arrivée des Yasen(‑M) viendra remplacer les autres en priorité.

Les sous-marins d’attaque de la classe Akula sont basés indirectement sur les Sierra II (Izd.945A), les principales différences résidant dans le remplacement de la coque en titane (onéreuse et difficile à réparer) par une coque en acier et dans la réduction, par un gros travail d’ingénierie, du bruit ainsi que de la signature acoustique de la nouvelle classe, qui surprit plus d’un observateur occidental lors de son apparition. Pas moins de 15 bâtiments d’un déplacement maximal de 12 770 t (12) équipés de quatre tubes lance-torpilles de 650 mm et de quatre tubes de 533 mm pouvant également mettre en œuvre le missile Kalibr ont été admis au service entre 1984 et 2009 au sein de la Flotte du Pacifique et de la Flotte du Nord. Assurant principalement la couverture et la protection des SNLE, cette classe de sous-marins a subi de plein fouet les restrictions budgétaires, et les effectifs se sont irrémédiablement réduits. Un programme de modernisation des équipements embarqués et des emports en armements a été conçu, mais la situation de cette classe de navires est pour le moins critique :

  • Flotte du Nord (division « de la Bête» 24 DPL) : un navire en service, un en attente de révision, deux en révision et deux en modernisation ;
  • Flotte du Pacifique : un en service, deux en modernisation.

La modernisation des bâtiments au nouveau standard Izd.971M se déroule de manière concomitante au sein des chantiers navals Zvezdochka et Zvezda et, selon les prévisions les plus crédibles, la Flotte du Nord devrait disposer de ses six navires en 2024 tandis que la Flotte du Pacifique verrait ses effectifs complets en 2020-2021.

Signalons l’existence d’une microflotte de sous-marins nucléaires, plus anecdotique mais toujours en service au sein de la Flotte du Nord (7 DPL), composée de deux SNA Sierra II (Izd.945A Barrakuda) d’un déplacement maximal de 10 400 t, disposant de six tubes lance-torpilles de 533 mm et ayant pour particularité une coque en titane. Un des deux navires (le B‑336 Pskov) a été modernisé en 2015 au standard Izd.945M, sans que les détails de cette modernisation ne soient connus – bien que l’emport de missiles Kalibr soit une possibilité qui n’est pas à exclure. Enfin, deux SNA Victor III (Izd.671RTMK) survivants d’une série de cinq sont actifs au sein de la Flotte du Nord. Ces navires d’un déplacement maximum de 7 250 t disposent de deux tubes lance-­torpilles de 650 mm ainsi que de quatre tubes de 533 mm. Il y a fort à parier que ces quatre sous-marins seront remplacés en priorité avec l’arrivée des nouveaux bâtiments de la classe Yasen(‑M).

Le renouvellement de la flotte d’attaque passe par un nouveau design développé par le bureau Malakhit à partir de la fin des années 1970 et dont le but était d’assurer le remplacement des multiples classes de SNA et SSGN par une classe unique permettant de standardiser la flotte sous-­marine soviétique. Les travaux de développement ont duré beaucoup plus longtemps que prévu (notamment à cause de l’emploi de nouvelles technologies) et c’est le 21 décembre 1993 que le K‑560 Severodvinsk, tête de série de la nouvelle classe Yasen (Izd.08850) a été mise sur cale au chantier naval SevMash. Représentant une rupture avec les traditions soviétiques, cette classe de SSGN d’un déplacement maximal de 13 800 t dispose d’une double coque partielle et emporte 10 tubes lance-torpilles de 533 mm ainsi que 8 cellules de lancement verticales dérivées des UKSK pouvant emporter un maximum de 32 missiles Oniks/Kalibr/Tsirkon.

La construction du Severodvinsk fut arrêtée pour des raisons financières en 1996, les travaux ne reprenant qu’en 2004 avec un lancement du navire le 15 juin 2010 et une admission au service au sein de la Flotte du Nord le 17 juin 2014. Il se sera donc écoulé 18 ans entre la mise sur cale et l’admission au service de la tête de série. Les ingénieurs russes vont avoir le temps de mettre au point une version modernisée du Yasen, reprise sous le type Yasen‑M (Izd.08851) (13), légèrement plus courte et qui diffère par une suite de capteurs embarqués modernisée et une signature acoustique réduite, les armements restant identiques. Six bâtiments de la classe Yasen‑M ont été mis sur cale chez SevMash entre 2009 et 2017 et la Russie a annoncé (14) qu’elle allait en commander deux de plus, la série au complet comprenant à terme un navire au standard Yasen et huit navires au standard Yasen‑M avec la fin des livraisons en 2027. Le premier Yasen‑M, le K‑561 Kazan est attendu au sein de la Flotte du Nord dans le courant de l’année 2020, sa campagne d’essais ayant mis en avant des problèmes techniques qui ont retardé sa livraison à la marine.

Les sous-marins à propulsion conventionnelle (SSK)

De manière assez surprenante, alors qu’elle n’était pas mise au premier plan à l’époque soviétique, la flotte de sous-­marins à propulsion conventionnelle se porte bien en comparaison avec sa grande sœur nucléaire. Concentrée autour de deux grands modèles dessinés par le bureau Rubin que sont les Kilo (Izd.877 Paltus) et les Improved Kilo (Izd.636.3 Varshavyanka) – ces derniers étant une variante modernisée des premiers –, ces SSK (14 Izd.877 et 7 Izd.636.3) sont en service dans toutes les flottes de la marine russe. D’un déplacement de 3 100 t (Izd.877) ou 3 950 t (Izd.636.3), ils emportent un armement composé de six tubes lance-­torpilles de 533 mm pouvant tirer 18 torpilles ou des missiles Kalibr. Conçus pour assurer la protection rapprochée des côtes et littoraux, les Kilo et Improved Kilo se caractérisent par un niveau de bruit peu élevé qui fait d’eux des navires redoutables. En outre, ils sont produits au sein du chantier naval de l’Amirauté où les délais de production (eu égard aux coutumes russes) sont corrects et réguliers : il faut environ deux ans pour disposer d’un navire en service. La série des Varshavyanka donnant satisfaction, la marine russe prépare le rééquipement de la Flotte de la Baltique (15) avec des navires de cette classe une fois que celui de la Flotte du Pacifique (six navires en service/construction) sera achevé.

Les Lada (Izd.677) constituent autre série de sous-­marins mis au point sur base du Kilo. Leur développement a été pour le moins problématique : avec un déplacement de 2 650 t, cette classe bénéficie d’un travail de pointe sur les techniques de réduction du bruit, avec notamment une coque simple, des dimensions réduites et une propulsion électrique, l’armement étant constitué de six tubes lance-torpilles de 533 mm. Cependant, la mise au point des solutions techniques déployées sur les Lada a fortement ralenti le développement de cette classe (13 années se sont écoulées entre la mise sur cale et l’admission au service du B‑586 Saint-­Pétersbourg, tête de série) et a fait peser la menace d’un abandon définitif de ce modèle au profit des Improved Kilo. Ce n’est finalement pas le cas puisque, en plus des trois navires actuellement en service/achèvement, la Russie a passé commande de deux unités supplémentaires en juin 2019 (16). Il n’empêche que si le secteur de la construction de SSK se porte bien, le problème des propulsions AIP (anaérobie) n’est pas encore résolu, bien que le bureau Malakhit ait développé un projet afin d’en équiper les Improved Kilo – dont les dimensions augmenteraient significativement pour stocker les équipements nécessaires. Aucun calendrier n’a cependant été communiqué jusqu’à présent.

Les sous-marins spéciaux : la grande inconnue

La Russie exploite toujours une flotte de sous-marins spéciaux ayant des missions bien spécifiques et sur lesquels elle ne communique que peu ou pas du tout. Cette flotte a été récemment mise à l’honneur de manière tragique avec l’incendie de l’AS‑31 Losharik (Izd.10831) spécialisé dans l’exploration des très hauts fonds marins, qui a coûté la vie à 14 personnes. Cette flotte pour le moins discrète est composée des navires suivants :

  • deux sous-marins de transport BS‑64 et BS‑136 (Izd.09786/09787 ex-Delta III/IV) ;
  • un sous-marin d’exploration des hauts fonds marins AS‑31 (Izd.10831) ;
  • trois mini-sous-marins des projets 1851/1851.1, les AS‑21, AS‑23 et AS‑35 ;
  • trois sous-marins de recherche, AS‑13, AS‑15 et AS‑33 (Izd.1910 Kashalot).

Appartenant tous à la Flotte du Nord (29 OBDL (17) de Gadzhievo), ces navires sont très peu documentés et les informations à leur sujet sont très parcellaires. Néanmoins, l’arrivée du nouveau drone sous-marin 2M39 Poseidon (ex Status‑6) à propulsion nucléaire va entraîner l’arrivée de nouveaux vecteurs adaptés à ce système d’arme : deux navires sont en cours de construction ou en phase d’achèvement, le Belgorod (Izd.09852) qui est un ancien Oscar II modifié pour pouvoir emporter six Poseidon. Le Belgorod a été lancé en avril 2019 et sa mise en service est attendue dans le courant de l’année 2020 ; il sera rejoint en 2022 par le Khabarovsk (Izd.09851), un nouveau bâtiment dont le design semble reprendre en partie celui du Borei et qui serait en mesure d’emporter également six Poseidon. Enfin, le B‑90 Sarov (Izd.20120), basé sur une coque de Kilo (mais équipé d’un réacteur nucléaire), servirait pour les tests du système Poseidon avec la capacité d’emporter une seule munition.

Des défis qui perdurent

Tout n’est cependant pas rose – loin de là même – au sein de la force sous-marine russe : si le renouvellement de la flotte, que ce soit par l’admission au service de nouveaux bâtiments ou par la concrétisation de programmes de modernisation, est une réalité enfin ( !) tangible, il reste plusieurs problèmes à traiter, dont le principal qui semble être une constante dans la Russie contemporaine : les temps anormalement longs de production/rénovation de navires par les chantiers navals russes. En comparaison avec leurs équivalents occidentaux, les chantiers navals russes sont des modèles d’inefficience avec une immobilisation des navires beaucoup trop longue eu égard aux travaux à réaliser.

Certes, on peut également blâmer l’indécision chronique des décideurs russes ainsi que l’allocation erratique ou insuffisante des budgets nécessaires, mais il n’empêche que lorsque l’on voit qu’un sous-marin tel que le K‑132 Irkoutsk (Izd.949A Oscar II) a passé 13 années à naviguer, mais est arrêté/en travaux depuis 21 ans (18) et ne sortira de modernisation qu’à la fin de 2022, on est en droit de se poser des questions (légitimes) sur le sérieux de la gestion de leur flotte sous-marine. Et il est loin d’être un cas isolé. Mais la construction navale a également sa part de responsabilité dans cette situation : avec la concentration de la production sous-marine au sein de quelques entreprises, l’ensemble de la production des sous-marins nucléaires est concentrée au sein du chantier naval SevMash (19) de Severodvinsk, celui-ci détenant un pouvoir important et n’ayant aucune concurrence puisqu’il appartient indirectement à l’État russe via le holding OSK.

Outre la question des navires eux-mêmes et des capacités de production, une autre difficulté majeure est en vue pour la force sous-marine russe : l’absence de moyens modernes de lutte anti-sous-marine (ASW). La flotte aérienne des MA‑VMF (l’aéronavale russe) affectée à la lutte ASW est âgée et ne compte qu’un nombre restreint d’appareils : 26 Il‑38(N), 27 Tu‑142MK/MZ et 3 Be‑12 (tous n’étant pas actifs), qui offrent des performances pour le moins limitées. Et même si des programmes de modernisation sont en cours, le faible nombre d’appareils en service ne permet pas d’assurer une couverture aérienne sérieuse et efficace des navires déployés. Le projet de nouvel appareil MPA/ASW basé sur le Tu‑204/214 devrait permettre de gommer ce problème, mais pas avant dix ans au bas mot ; en attendant, les possibilités de déploiement des sous-marins russes sont limitées par l’absence de moyens de protection efficaces. Il en va de même en ce qui concerne la flotte de surface : sans revenir in extenso sur les problèmes qu’elle rencontre, signalons que ses capacités océaniques sont de plus en plus restreintes en l’absence de remplacement disponible pour les grandes unités océaniques, ce qui obère d’autant la protection de la flotte sous-marine lors de ses déploiements à distance.

La force sous-marine russe ne serait-elle finalement qu’une force convalescente ? En fait, il semble que oui. Les travaux en cours visant à rétablir dans ses effectifs la 24 DPL (division des SNA au sein de la Flotte du Nord) exploitant les SNA Akula à l’horizon 2024, la sortie de modernisation des premiers SSGN Oscar II à l’horizon 2021-2022, l’admission au service de sept Borei‑A et des huit Yasen‑M, et enfin la poursuite de la production des SSK Improved Kilo pour équiper la Flotte du Pacifique et à terme celle de la Baltique laisse augurer une force sous-marine fortement rajeunie à l’horizon 2024 et complètement modernisée/renouvelée à l’horizon 2027, qui resterait néanmoins dans un format sensiblement identique au format actuel. En outre, le fait de se concentrer sur des productions en série et non sur des navires limités à trois ou quatre unités permet de simplifier significativement les chaînes logistiques et de diminuer les coûts d’acquisition.

Mais l’avenir se profile avec le début des travaux sur le projet Laïka/Husky (Izd.545) qui vise à créer un nouveau type de sous-marins d’attaque dessiné par le bureau d’études Malakhit et présentant un déplacement estimé à 12 000 t. Ces bâtiments de plus petit gabarit viendraient compléter les Yasen(‑M) et seraient destinés à remplacer en priorité les Akula et les Oscar II tout en étant des alternatives moins onéreuses à construire et à exploiter que le Yasen‑M. Néanmoins, il ne faut pas s’attendre à l’admission au service de ce qui sera le premier sous-marin développé par la Russie contemporaine avant 2030. 

Notes

(1) Plusieurs navires dont la construction était très avancée seront détruits sur leur cale de montage. C’est le cas notamment de plusieurs SNA Akula et SSGN Antey.

(2) Sur la flotte de surface, voir Benjamin Gravisse, « Marine russe : une modernisation timide », Défense & Sécurité Internationale, hors-série n° 62, octobre-­novembre 2018.

(3) Repris sous le type RPKSN dans la classification russe (Ракетный подводный крейсер стратегического назначения, littéralement « croiseur sous-marin emportant des missiles stratégiques »).

(4) Bien que les codes projets Izd.955 et Izd.955A soient régulièrement employés pour désigner les Borei et Borei‑A, les codes projets exacts sont Izd.09551 et Izd.09552.

(5) Plusieurs références existent pour le Bulava : RSM‑56 (traité START), SS‑N‑30 (OTAN), 3M30 (GRAU), R‑30.

(6) Les trois premiers Borei ont été en partie montés avec des sections de coque récupérées sur des SNA Akula démontés et/ou inachevés.

(7) À noter que les deux bâtiments concernés (Aleksandr Nevski et Vladimir Monomakh) ont effectué des essais de tir à l’époque où ils étaient aux essais ; le problème ne serait donc pas lié aux bâtiments.

(8) Chevalier Vladimir. À noter que tous les Borei(‑A) portent ou porteront des noms de héros ou de nobles issus de l’histoire russe.

(9) Repris sous le type APRK en Russie (Атомный Подводный Ракетный Крейсер, littéralement « croiseur sous-marin à propulsion nucléaire lanceur de missiles »).

(10) Repris sous le type PLAT en Russie (Подводная Лодка Атомная Торпедная, littéralement « sous-­marin atomique avec torpilles »).

(11) Le P‑700 Granit (code OTAN : SS‑N‑19, index GRAU : 3M45) peut au besoin être doté d’une charge nucléaire de 500 kT.

(12) La classe Akula sera modifiée durant sa construction, le déplacement augmentant jusqu’à 13 390 t pour l’Izd.971U.

(13) Bien que les codes projets Izd.885 et Izd.885M soient régulièrement employés pour désigner les Yasen et Yasen‑M, les codes projets exacts sont Izd.08850 et Izd.08851.

(14https://​tass​.ru/​a​r​m​i​y​a​-​i​-​o​p​k​/​6​5​8​8​073.

(15https://​tass​.com/​d​e​f​e​n​s​e​/​1​0​9​8​283.

(16https://​tass​.ru/​a​r​m​i​y​a​-​i​-​o​p​k​/​6​6​0​5​634.

(17) отдельная бригада подводных лодок (« Brigade autonome des sous-marins »).

(18) Attente de modernisation pendant 12 ans (2001-2013) et pas moins de 9 ans de travaux (2013-2022).

(19) Le chantier naval de l’Amour qui produisait notamment les Akula a annoncé arrêter la production de sous-marins nucléaires en 2011.

Photo en titre : Le Yuri Dolgorukiy, tête de sa classe (type Borei). (© Oleg Kuleshov/Shutterstock)

Par Benjamin Gravisse, publié le 19 mai 2020

https://www.areion24.news/2020/05/19/la-force-sous-marine-russe-une-force-en-convalescence%e2%80%89/

POLYNÉSIE NUCLÉAIRE : L’ASSEMBLÉE NATIONALE ADOPTE LE « CAVALIER LÉGISLATIF » SUR LE SEUIL DE 1 MILLISIEVERT

L’Assemblée nationale a adopté, vendredi, la loi portant « diverses dispositions liées à la crise sanitaire ». Un texte dans lequel a été insérée une « clarification » sur les conditions d’indemnisation des victimes du nucléaire en Polynésie. L’article en question, dénoncé sans succès par plusieurs députés dont Moetai Brotherson, vise à rendre applicable la condition d’exposition d’un millisievert à toutes les demandes, y compris celles qui avaient été formulées avant 2018.

« Les vies des Polynésiens valent mieux que cela ». Ces mots, répétés en commission spéciale de l’Assemblée nationale, puis en séance publique ce vendredi, sont prononcés par le député communiste Pierre Dharréville. Mais ils sont signés Moetai Brotherson. Le député polynésien, comme ses deux collègues, n’a pas pu être présent lors des travaux sur cette loi portant « diverses dispositions liées à la crise sanitaire ». Une loi « fourre-tout » qui a notamment pour but de donner au gouvernement national les moyens de prendre des décisions par ordonnance dans la gestion de la crise. Mais qui comportait un article qui intéresse au plus haut point le fenua : l’article 2 ter de la loi rend la condition d’exposition aux rayonnements d’un millisievert applicable aux demandes d’indemnisation déposées avant la fin 2018 par les victimes du nucléaire.

Cette condition avait été réintroduite dans la loi Morin le 28 décembre 2018 après la suppression de la notion de « risque négligeable » un an auparavant. Mais le Conseil d’État avait jugé, en janvier 2020 que, faute de « dispositions transitoires » dans la loi, tous les dossiers déposés devant le Civen (Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires) avant le vote de 2018 n’étaient pas concernés. Une décision célébrée comme une victoire par les associations de défense des victimes, qui dénoncent depuis de longues années toutes tentatives de restriction des indemnisations par l’État.

Un « vrai débat démocratique », la « moindre des choses »

Pour le groupe communiste, rejoint par des élus socialistes ainsi que le groupe centriste Libertés et territoires, ce petit article est donc un « stratagème qui vise à mettre fin aux maigres progrès obtenus par les associations des victimes des essais nucléaires ». Tous demandaient sa suppression. « J’ai rarement vu mon collègue Moetai Brotherson aussi en colère » a pointé Pierre Dharréville, parlant d’une disposition « qui affaiblit le droit de certaines victimes, et met du sel sur les plaies ». « La moindre des choses » aurait été un « vrai débat démocratique » en présence « des élus des territoires concernés », assène le député.

« On ne peut pas dire que les dispositions de cet article n’aient pas fait l’objet d’un débat », a répondu le député La République en marche Guillaume Kasbarian. Le rapporteur du texte a pointé, en séance, que cette réforme avait déjà été mise sur la table au Sénat il y a quelques semaines. « Le texte reprend les dispositions adoptées à l’unanimité par les sénateurs sur la proposition du Gouvernement du 3 mars 2020 », pointe-t-il, précisant « que Mme Lana Tetuanui, sénatrice de Polynésie, était présente ». Pour le gouvernement, il s’agit simplement de « préciser la pensée du législateur ». « Le Conseil d’État demande une clarification », pointe le rapporteur, jugeant cette demande « urgente ». La crise sanitaire ne permettant pas de poursuivre la navette sur le texte déjà discuté au Sénat, il a fallu trouver un autre véhicule législatif, précise, en substance, le ministre chargé des relations avec le Parlement, Marc Fesneau.

Les réserves du centriste François-Michel Lambert sur le caractère urgent du texte, ou celle du socialiste Jérôme Lambert sur sa « sécurité juridique » n’y feront rien. L’article est adopté, tout comme la loi, en première lecture. Elle devra toutefois être de nouveau débattue au Sénat dans les jours à venir.

Publié le 18 mai 2020

https://www.radio1.pf/nucleaire-lassemblee-nationale-adopte-le-cavalier-legislatif-sur-le-seuil-de-1-millisievert/

BELGIQUE : STOCKAGE DES DÉCHETS NUCLÉAIRES: LES DÉPUTÉS ONT L’OCCASION DE CHANGER LA DONNE

Suite au vent de protestation concernant le stockage géologique des déchets nucléaires, une résolution demandant de suspendre la consultation publique va faire son retour à la Chambre. Elle y avait pourtant été recalée le 30 avril.

La consultation publique sur le plan de gestion à long terme des déchets les plus radioactifs et/ou à la plus longue durée de vie a suscité pas mal d’émotions ces derniers jours. L’Ondraf (Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies), pour rappel, organise une consultation publique du 15 avril au 13 juin.

Cet organisme, qui préconise une solution de stockage géologique à mettre en place d’ici quelques décennies, compte formuler une proposition au gouvernement pour l’automne. Ce dernier sera alors amené à se positionner officiellement sur une politique de gestion de ces déchets, la Belgique tardant à prendre une décision de principe sur le sujet.

Dans l’indifférence générale

D’aucuns se sont inquiétés début avril du moment choisi, en pleine crise sanitaire, pour organiser cette consultation sur un sujet aussi complexe et sensible. L’Ondraf et le cabinet de la ministre fédérale de l’Énergie, Marie-Christine Marghem (MR) ont alors rappelé qu’il s’agissait de procédures qui suivaient leur cours. En plein séisme du coronavirus, le débat est un peu passé inaperçu.

À RELIRE notre article du 4 avril 2020: Stockage de nos déchets nucléaires : est-ce bien le moment de consulter ?

La donne a changé depuis la sortie d’une ministre luxembourgeoise et, dans la foulée, les inquiétudes exprimées par des élus locaux et de nombreux citoyens. En cause, une série de sites géologiques du territoire belge théoriquement envisageables pour le stockage géologique: le bassin de Mons, le bassin de Campine, le massif du Brabant, les argiles yprésiennes (Flandres occidentale et orientale), les régions de Namur et Dinant, le plateau de Herve, la Gaume, le, synclinal de Neufchâteau, le faciès de La Roche, les Massifs de Rocroi et de Stavelot.

À ce stade, aucune décision n’est officiellement prise, ni sur la solution technique choisie pour le stockage, encore moins sur la localisation potentielle, qui devra faire l’objet d’autres études et consultations dans le futur, le cas échéant.

Une résolution recalée en commission, de retour en séance plénière

Le député écologiste Samuel Cogolati a proposé voici quelques semaines une résolution visant à suspendre la consultation de l’Ondraf pour la reporter à une période plus appropriée, mais aussi l’allonger à 150 jours (contre 60 jours actuellement) et d’assurer «un débat démocratique de qualité en exigeant de la part de l’Ondraf l’organisation de panels d’experts et de réunions publiques sur toutes les options de gestion des déchets nucléaires».

Cette résolution a été présentée en commission de la Chambre «mais elle a été refusée par l’ancienne majorité (MR, Open Vld, CD&V et N-VA) suédoise et le Vlaams Belang», déplore Samuel Cogolati. De façon plutôt exceptionnelle, pour un texte qui a déjà fait l’objet d’un refus, cette résolution reviendra sur la table du Parlement lors de la séance plénière du 28 mai prochain. La décision a été prise ce lundi par la conférence des présidents, chargée d’organiser les travaux de la Chambre.

« Il faudra que certains restent cohérents, y compris au MR. »

«Ce sera limite au niveau du timing, puisque la consultation s’achève le 13 juin. Mais j’espère que la résolution sera cette fois adoptée», considère son auteur, Samuel Cogolati. «De nombreux bourgmestres, y compris du MR, sont montés au créneau. Et leurs demandes de pouvoir être consultés et de pouvoir entendre des avis d’experts, de la Ministre, de l’Ondraf, sont vraiment légitimes. Nous demandons donc aussi aux parlementaires fédéraux de ces mêmes partis de soutenir la résolution», poursuit-il.

De vifs débats risquent d’avoir lieu au sein du MR notamment, au sein duquel se trouvent à la fois la ministre Marghem et plusieurs bourgmestres qui se sont insurgés ces derniers jours.

Par  Benjamin HERMANN, publié le 18 mai à 15h26

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20200518_01475885/stockage-des-dechets-nucleaires-les-deputes-ont-l-occasion-de-changer-la-donne

ENERCOOP PRÉSENTE SA VISION DE L’AVENIR DE L’ÉNERGIE

L’épidémie de Covid-19 a soulevé des questions sur le modèle énergétique de l’Hexagone. Fournisseur d’énergie verte, Enercoop profite de ce moment de « réflexion sur le monde d’après » pour exposer aux Français sa vision du monde de l’énergie. ARENH, offres d’électricité verte, transition énergétique et citoyenneté, il fait le point sur 3 grands sujets.

Qui est Enercoop ?

Fournisseur d’électricité verte et locale, Enercoop fonctionne sur le modèle de la coopérative. Les clients du fournisseur peuvent aussi en être sociétaires en achetant une part de la coopérative. Aujourd’hui, Enercoop témoigne d’un portefeuille de 90 000 clients, dont 48 500 sociétaires.

Très engagé dans la transition énergétique, il est arrivé 1er ex-æquo avec Planète Oui du classement des fournisseurs d’électricité verte de Greenpeace.

Enercoop : quelles positions sur l’ARENH ?

L’ARENH, qu’est-ce que c’est ? Avant de connaitre les positions d’Enercoop sur l’Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique (ARENH), il convient de bien en comprendre le dispositif. Le mécanisme de l’ARENH oblige EDF à vendre une certaine quantité de sa production nucléaire (100 TWh par an) aux fournisseurs alternatifs à 42€ le MWh. Chaque fournisseur est libre de faire une demande d’ARENH ou non.

À l’heure actuelle, le dispositif est dans la tourmente. Avec la chute de la demande d’électricité, certains fournisseurs ont souhaité renoncer à leur commande d’énergie nucléaire pour pouvoir s’approvisionner autrement. Ainsi, une poursuite judiciaire contre EDF a été engagée à ce sujet par Total Direct Énergie et ekWateur.

Ce dernier, bien que fournisseur d’électricité verte, grâce au mécanisme des garanties d’origine, peut s’approvisionner en énergie nucléaire. Il faudra juste qu’il s’assure que pour un kWh d’électricité consommé un kWh d’électricité verte est injecté sur le réseau. Enercoop a fait savoir que cette polémique ne le concernait pas puisqu’il s’approvisionne uniquement auprès de producteurs d’énergies renouvelables.

En cohérence avec sa vision d’un système énergétique 100% renouvelable, Enercoop ne souhaite pas proposer à ses clients des offres sourcées, même partiellement, sur le marché de l’énergie nucléaire, ni profiter des opportunités économiques qu’il a pu représenter pour les fournisseurs à certains moments. (Enercoop – Communiqué de Presse du 13 mai 2020)

La récente polémique pose aussi la question de l’avenir du mécanisme de l’ARENH. En vertu de la loi NOME, ce dernier est censé être révisé ou prendre fin en 2025. Selon Boris SOLIER, Responsable du pôle transitions énergétiques de la Chaire Économie du Climat de l’Université Paris Dauphine, Jacques PERCEBOIS, Professeur émérite à l’Université de Montpellier, le nucléaire pourrait être considéré comme une « essential facility », une infrastructure assurant aux usagers un certain volume d’électricité à prix stable.

Dans ce scénario, tous les fournisseurs seraient alors obligés de se fournir en partie via l’ARENH. Cette perspective ne correspond pas aux valeurs d’Enercoop. L’opérateur l’a fait savoir via le biais d’une consultation publique.

« Rendre obligatoire l’ARENH (et non optionnel comme c’est le cas aujourd’hui), ainsi que le propose le projet de réforme, revient à interdire le choix délibéré de certains fournisseurs qui, pour répondre à la volonté d’une part croissante de la population, refusent d’asseoir leur modèle économique sur le nucléaire. »
Amandine Albizzati, PDG d’Enercoop

Électricité verte : le label de l’ADEME salué par Enercoop

Aujourd’hui, plus de 70% des offres d’électricité sont des offres « vertes« . Évidemment toutes ne se valent pas mais il est difficile pour le consommateur de les départager. L’Ademe a donc décidé de mettre en place un label spécifique visant à mieux informer les ménages. Enercoop se réjouit de savoir que le label de l’Ademe devrait valoriser les fournisseurs ne s’appuyant pas sur l’ARENH. Il souhaite simplement que le label aille plus loin en mettant en avant les « projets citoyens ».

Mettre le citoyen au cœur de la transition énergétique

Enfin, Enercoop se mobilise pour faire entrer dans le droit français les notions de communautés d’énergie renouvelable et les communautés énergétiques citoyennes. Pour le fournisseur, le citoyen doit pouvoir s’engager activement dans la transition énergétique.

Les projets citoyens peuvent, par exemple, prendre la forme d’autoconsommation photovoltaïque collective. En installant des panneaux solaires les consommateurs peuvent s’alimenter en électricité mais aussi approvisionner leurs voisins, les entreprises locales, etc.

En 2016, selon l’association Énergie partagée, on dénombrait 315 communautés énergétiques sur le territoire français. Elles génèrent environ 0,2% de la production d’électricité renouvelable annuelle de l’Hexagone.

Souscrire chez Enercoop, comment faire ? Pour souscrire un contrat d’électricité chez Enercoop, le consommateur doit simplement prendre contact avec le fournisseur en ligne ou par téléphone. Lui seront alors demandés son Point de Livraison (PDL) ainsi que son relevé de compteur électrique à date. Une fois ces informations transmises, il n’a pas besoin de résilier son précédent contrat, sauf en cas de déménagement. Enercoop s’en chargera pour lui.

Par Caroline Dusanter , mis à jour le 18/05/2020

Caroline Dusanter : diplômée d’un Master 2 du CELSA, Caroline a rejoint l’équipe Selectra en mars 2018 comme rédactrice freelance. Elle rédige une partie des articles de Selectra liés à l’actualité du secteur énergétique.

https://selectra.info/energie/actualites/acteurs/enercoop-vision-energie

L’ASN DRESSE UN BILAN DE SES CONTRÔLES DEPUIS LE DÉBUT DU CONFINEMENT

De nouvelles modalités de contrôle

À la suite de la décision de confinement, l’ASN avait décidé de suspendre ses inspections sur site. Elle a néanmoins maintenu la possibilité de réaliser de telles inspections en cas de nécessité. Ainsi, entre le 15 mars et le 15 mai 2020, au total, 18 inspections ont été réalisées sur site : douze au titre de la sûreté et des conséquences potentielles de l’épidémie sur le fonctionnement des installations et six au titre de l’inspection du travail.

En ce qui concerne les installations nucléaires de base, les modalités de contrôle de l’ASN ont été majoritairement réorientées vers le contrôle et les inspections à distance. Afin de prendre en compte la forte réduction des activités de maintenance des installations, ce contrôle a ciblé les activités d’exploitation (conduite des réacteurs, essais périodiques, etc.). Pour ce faire, l’ASN a utilisé de nouvelles technologies numériques, comme par exemple l’examen à distance de paramètres physiques d’exploitation des réacteurs en temps réel ou en temps différé. Certaines de ces innovations seront pérennisées. Les lettres de suite des inspections menées à distance font l’objet d’une mise en ligne sur asn.fr au même titre que les inspections sur site.

Dans ce contexte, l’ASN a maintenu son haut niveau d’exigence vis-à-vis des exploitants. La mise en œuvre de ces modalités a permis de maintenir un niveau adapté de contrôle des installations, tenant compte des enjeux de sûreté et du contexte technique des installations. Ces contrôles n’ont pas mis en évidence, à ce stade, de dégradation de la sûreté ou de la radioprotection des travailleurs. En particulier, tant les contrôles à distance que les inspections sur site ont confirmé qu’Orano et EDF ont su mettre en place des organisations appropriées pour faire face au risque sanitaire (mesures barrières, plans de prévention) tout en maintenant le niveau de sûreté attendu.

Par ailleurs, l’ASN a poursuivi ses missions d’instruction, le premier volet du projet de décision concernant la partie générique du réexamen de sûreté des réacteurs de 900 MWe a ainsi été mené à son terme.

Dans le domaine médical et afin de permettre aux professionnels de santé de se concentrer sur la réponse à l’épidémie, l’ASN a suspendu ses inspections dans les établissements médicaux qui pratiquent des activités nucléaires, sauf exception. En revanche, elle a traité de manière prioritaire les demandes d’autorisation d’utilisation de matériels ou de locaux nécessaires à la gestion de l’épidémie (utilisation à des fins diagnostiques des scanners de radiothérapie par exemple).

Perspectives en matière de contrôle pour les semaines à venir

Si l’ASN va continuer à favoriser le recours au travail à distance pour une partie importante de son personnel, elle renforce également ses actions de contrôle sur site, en complément des contrôles à distance, et les ajuste en fonction du contexte et de la montée en charge des activités nucléaires.

Dans les centrales nucléaires, l’ASN mènera de manière coordonnée des inspections sur le thème de la sûreté et de l’inspection du travail. Elle prépare par ailleurs sa participation aux prochaines épreuves hydrauliques décennales des réacteurs concernés ; elle a, à ce titre, participé à celle concernant la centrale de Chooz B1, le vendredi 15 mai 2020.

Les équipes de l’ASN réexaminent actuellement le programme d’inspection 2020 afin de déterminer les priorités d’inspection dans les mois à venir, en intégrant les enjeux liés à l’épidémie de Covid-19. Dans ce contexte, une attention particulière sera portée aux facteurs organisationnels et humains.

Publié le 17/05/2020 à 22h28

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/L-ASN-dresse-un-bilan-de-ses-controles-depuis-le-debut-du-confinement

NEW START: PROLONGATION ET EXTENSION DE MISE POUR ÉVITER LE DÉBUT DE LA FIN

L’actuel traité START (pour « Strategic Arms Reduction Treaty« ) de réduction des armes stratégiques va prendre fin fin en février prochain. Peut-être sera-t-il reconduit pour 5 ans mais les perspectives dans ce sens sont de moins en moins optimistes.

Commençons ce rapide tour d’horizon par les Américains. Trump l’a bien précisé dans un Tweet du 5 mars, le futur traité doit être signé par les USA, la Russie et la Chine.

C’est ce qu’a répété, encore récemment, Marshall Billingslea, le nouvel envoyé du Président américain pour le contrôle des armements. « L’un des principaux défauts du New Start est qu’il n’inclut pas les Chinois« , a-t-il déclaré dans une interview accordée au Washington Times.

Les Russes s’accommoderaient bien d’une simple reconduction du traité, comme l’avait dit Poutine en 2019. C’est en tout cas ce que l’ambassadeur Anatoly Antonov a récemment répété, précisant que les nouvelles armes de dissuasion russes et américaines doivent faire l’objet de négociations séparées.

Les Chinois ont rejeté la proposition de Trump mais ils ne se désintéressent pas pour autant d’une limitation éventuelle des arsenaux nucléaires (surtout ceux des Russes et des Américains).

Va-t-on à Moscou et Washington se satisfaire d’une simple reconduction? C’est possible puisque ces deux capitales ne pourraient pas être accusées de vouloir torpiller les efforts de limitation des arsenaux et puisque le développement des nouvelles armes ne serait pas concerné, ouvrant ainsi la porte à une nouvelle course technologique. Mais l’optimisme n’est pas de mise partout (lire ici par exemple)

De nombreux organismes qui militent pour la réduction des arsenaux nucléaires, comme l’ICAN (Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires), sont favorables à une prolongation du New START puis à une extension (lire ici par exemple) avec le lancement de nouvelles discussions englobant les armes tactiques et stratégiques en cours de développement.

En attendant de nouveaux signaux plus positifs venant de Chine, Russie et USA, je signale la publication d’un rapport sur les dépenses en armes nucléaires des 9 pays qui en sont dotés. L’ICAN  vient de publier cette étude qui estime que les dépenses des neuf États disposant d’armes nucléaires ont été de 72,9 milliards de dollars en 2019, pour un arsenal nucléaire composé de plus de 13 000 armes.

Ces dépenses ont augmenté entre 2018 et 2019 de 7 milliards de dollars. Les estimations  réalisées, dans le rapport “Enough is Enough: Global Nuclear Weapons spending in 2020, comprennent les coûts de fonctionnement et de développement des armes nucléaires ainsi que des vecteurs (sous-marins, bombardiers, missiles basés à terre) à capacité nucléaire.

Publié le 17 mai 2020

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/05/15/start-ou-le-debut-de-la-fin-21166.html

GEORGIE AUX ÉTATS-UNIS : GEORGIA NUCLEAR : L’UNITÉ 3 DE VOGTLE EST EN TRAIN DE S’ENFONCER ! [PÉTITION BREDL]

La célèbre tour de Pise, en Italie, a été conçue pour se tenir droite et, comme Vogtle, elle a commencé à s’incliner pendant la construction. Au cours des années qui ont suivi sa construction, la tour de Pise a continué à s’enfoncer dans le sol en raison de l’incapacité de la fondation défaillante à supporter le poids élevé de la tour. Elle est alors connue sous le nom de Tour penchée de Pise. De même, la centrale nucléaire Vogtle Unit 3 a été conçue pour reposer directement sur ses solides « fondations de base« , qui sont conçues avec des barres d’armature supplémentaires et des calculs mathématiques pour garantir que les fondations peuvent supporter un réacteur atomique aussi lourd que la conception unique de l’AP1000 avec 8 millions de livres d’eau de refroidissement de secours sur le dessus de l’enceinte de confinement.

Le mois dernier, le propriétaire de Vogtle, la Sothern Nuclear Operating Company (SNC), a tenté de modifier sa licence d’exploitation avec des informations qui avaient été tenues secrètes du public. Lors de la construction de ce mur de soutènement, il y a cinq ans, la SNC a mis en place un programme pour surveiller le manque de stabilité des fondations.  

Honnêtement, la vérité est plus étrange que la fiction – on ne peut pas inventer ce genre de choses !  Nous apprenons maintenant que le réacteur atomique Vogtle Unit 3 est en train de s’enfoncer dans l’argile rouge de Géorgie, provoquant l’inclinaison d’un mur intérieur !  Oui, c’est le même réacteur Vogtle 3 qui a déjà dépassé son budget de plusieurs milliards de dollars et qui a au moins 5 ans de retard.

Le mardi 12 mai 2020, la Ligue de défense environnementale Blue Ridge [BREDL] a annoncé qu’une partie de la centrale nucléaire Vogtle Unit 3 actuellement en construction à Waynesboro, en Géorgie, est en train de couler. Selon le communiqué de presse de la BREDL, « Dans une action en justice déposée lundi auprès de la Nuclear Regulatory Commission (NRC), le groupe a demandé aux régulateurs de révoquer la licence de la centrale pour de fausses déclarations faites par ses propriétaires, la Southern Nuclear Operating Company. Le 11 mai, le BREDL a déposé une pétition légale de dix-neuf pages demandant une audience devant la Commission de sûreté et d’autorisation atomique sur une modification de la licence de l’unité 3 de Plant Vogtle. La pétition est appuyée par une opinion d’expert détaillée et spécifique.  Selon les règles de procédure, la Southern Company a 25 jours pour répondre« .

L’ingénieur en chef Arnie Gundersen de Fairewinds Associates, Inc. a rédigé un rapport d’expert soumis par le BREDL à la NRC dans lequel il déclare que la Southern Nuclear Operating Company (SNC) a choisi de ne pas divulguer que les fondations de l’unité 3 de Vogtle s’enfonçaient plus rapidement au milieu qu’aux bords, en forme de cuvette, ce qui entraînait un affaissement des murs internes.   De notre point de vue, les murs inclinés peuvent avoir créé une destination touristique pour la Tour de Pise, cependant, une tour inclinée et une fondation défaillante dans une centrale nucléaire est une fusion en attente.

Le BREDL a informé la NRC qu’il faut procéder à une réévaluation complète de l’intégrité sismique/structurelle de l’ensemble de la centrale nucléaire. Cela signifie qu’un tout nouveau réexamen de la licence et une analyse complète de toutes les nouvelles conditions de contrainte imposées aux autres composants qui ne sont plus de niveau doivent être effectués et faire l’objet d’un examen technique indépendant également, puisque la SCE n’a pas rendu ce fait public auprès de la population géorgienne.  

Les unités Vogtle 3 & 4 sont notoirement en dépassement de budget, et leur construction a été retardée pendant des années. Avec la pandémie de Covid-19 et les défauts récemment découverts, la construction va encore ralentir, car il faut procéder à un examen complet de la sécurité pour déterminer si les « fondations du tapis de base » sont conformes à l’intégrité des fondations exigée pour une île nucléaire (NI).  L’îlot nucléaire Vogtle Unit 3 est à la base de l’étrange conception lourde de l’AP1000 avec son réservoir d’eau de 8 millions de livres en forme de donut au sommet de l’ensemble du système de confinement qui est censé nous protéger d’une fusion.

Examinons de plus près l’histoire de Vogtle et de la soi-disant renaissance nucléaire qui n’a jamais eu lieu. Complice de ce gâchis financier, la Commission du service public de Géorgie (GPSC) dont les membres ont donné leur feu vert à tous ces dépassements de coûts en échange de contributions de l’industrie nucléaire à la campagne. C’est pourquoi nous avons écrit La nuit où les lumières se sont éteintes en Géorgie. Chez Vogtle, tous les dépassements de coûts importants ont été répercutés sur les contribuables et les contribuables géorgiens, et à l’origine, ces centrales ont été construites avec des garanties de prêt fédérales – c’est notre argent, mes amis, et une histoire pour une autre fois dans la saga Vogtle.

Au cours de la dernière décennie, Fairewinds s’est joint à d’autres groupes de défense des risques nucléaires et de l’environnement pour sensibiliser aux nombreuses failles de sécurité et aux problèmes opérationnels associés à la conception du réacteur AP1000. Vous pouvez en savoir plus sur ces problèmes et questions en cliquant sur : https://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education/post-accident-ap1000-containment-leakage-2 (en Anglais)

Dans son mémoire juridique, basé sur le rapport de Fairewinds Associates, BREDL a demandé une enquête formelle sur la Southern Nuclear Operating Company pour avoir fait des « déclarations matériellement fausses » à la NRC en affirmant que les murs inclinés étaient causés par des mesures de tolérance de construction alors que la vraie raison pour laquelle les murs ont bougé est que la « fondation de base » de l’île nucléaire de Vogtle (NI) est en train de s’enfoncer.  

Vous pouvez trouver le rapport d’expertise de Fairewinds Associates et le dépôt légal de BREDL ici et sous la section rapports de ce site Fairewinds. Vous pouvez également lire le dépôt légal de la BREDL et les autres documents déposés sur le site de la BREDL, où vous verrez également l’étendue et la profondeur du travail environnemental mené par la Blue Ridge Environmental Defense League et ses chapitres associés dans de nombreux États.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

Version traduite publiée le 14 mai 2020

https://www.fairewinds.org/demystify/georgia-nuclear-vogtle-unit-3-is-sinking-bredl-petition

DÉCHETS NUCLÉAIRES : « JE SUIS RADICALEMENT OPPOSÉ AU STOCKAGE EN SOUS-SOL »

BELGIQUE : Willy Borsus est notre invité de la rédaction ce vendredi, l’occasion de revenir sur les conséquences économiques de la pandémie de covid19 mais aussi, actualité oblige, de revenir sur la question de l’enfouissement des déchets nucléaires.

Alors que le président du MR Luxembourg s’est montré mesuré dans sa réaction, le vice-président MR de la Wallonie se montre plus ferme dans ses propos :« stocker des déchets nucléaires pour des centaines, des milliers d’années, dans le sous-sol, dans de la roche, me paraît fondamentalement une mauvaise idée. Les déchets nucléaires doivent être retraités et retraités encore, grâce aux avancées technologiques ».

Pas question donc pour Willy Borsus, d’enfouir des déchets, ni aujourd’hui, ni demain : « ma conviction, mais aussi mon choix et ma volonté, c’est que rien ne se passe en termes d’enfouissement de ces déchets nucléaires et qu’on n’aille pas imaginer de nouveaux sites, ni en Province de Luxembourg, ni ailleurs ».

Publié le vendredi 15 mai 2020 à 16h51, mis à jour le vendredi 15 mai 2020 à 17h39

Retrouvez cet article et la vidéo de l’entretien (1mn45s) en cliquant sur :

https://www.tvlux.be/video/info/dechets-nucleaires-quot-je-suis-radicalement-oppose-au-stockage-en-sous-sol-quot-_34635.html

LA POLOGNE ACCUEILLERAIT VOLONTIERS LES BOMBES NUCLÉAIRES AMÉRICAINES SI L’ALLEMAGNE REFUSAIT

La POLOGNE accueillerait volontiers les bombes nucléaires américaines si l’Allemagne refusait, affirme l’envoyé américain, attisant la «crise des missiles cubains 2.0»

L’ambassadrice Georgette Mosbacher a tweeté vendredi : « Si l’Allemagne veut diminuer la capacité nucléaire et affaiblir l’OTAN, peut-être que la Pologne – qui paie sa juste part, comprend les risques et se trouve sur le flanc est de l’OTAN – pourrait héberger les capacités ici ».

Elle commentait la déclaration de Rick Grenell, l’ambassadeur américain en Allemagne, également directeur par intérim des Renseignements nationaux, publiée jeudi, exhortant les autorités de Berlin à ne pas affaiblir l’OTAN en demandant le retrait des armes nucléaires américaines de leur sol.

«L’objectif de la part nucléaire de l’OTAN est de maintenir les États membres non nucléaires impliqués dans la planification de la politique de dissuasion de l’OTAN. La participation de l’Allemagne à la part du nucléaire garantit que sa voix compte », écrit Grenell. « L’Allemagne assumera-t-elle cette responsabilité, ou va-t-elle s’asseoir et simplement profiter des avantages économiques de la sécurité offerte par ses autres alliés? »

Aussi sur rt.com : « Si Trump lançait des armes nucléaires, pourrions-nous l’arrêter? » Le SPD allemand se heurte à des alliés de la coalition au sujet du partage nucléaire de l’OTAN

Bien que la plaisanterie de Mosbacher n’ait été rien de plus qu’une tentative pour renforcer l’argument de Grenell, ses réponses ont été inondées par des Polonais désireux que le redéploiement nucléaire se produise – bien qu’aucun d’entre eux ne représente Varsovie officiellement, pour l’instant.

Seules quelques voix ont mis en garde contre cette idée, comme l’ancien inspecteur américain de la marine et des armes, Scott Ritter, disant à Mosbacher qu’elle avait « Aucun sens de l’histoire » et appeler son idée « L’une des plus stupides » dans le monde.

Mosbacher a également fait la une des journaux à Moscou, où il a été noté que le déplacement des bombes en Pologne détruirait les derniers vestiges de l’Acte fondateur Russie-OTAN, le traité de 1997 déclarait que «L’OTAN et la Russie ne se considèrent pas comme des adversaires

Certes, ce sentiment a été rejeté à plusieurs reprises par l’OTAN elle-même, depuis la guerre de 1999 contre la Yougoslavie destinée à envoyer un message à la Russie, à l’éditorial de cette semaine du secrétaire général de l’alliance, Jens Stoltenberg, citant «Agression russe» d’exhorter Berlin à garder les armes nucléaires américaines.

Ce n’est pas la première fois que Mosbacher – un ancien cadre cosmétique entré dans la diplomatie sous l’administration Obama et envoyé à Varsovie par le président Donald Trump en 2018 – fait la une des journaux à Moscou. En janvier, elle a approuvé la révision polonaise de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale qui a revendiqué l’Allemagne nazie et l’Union soviétique «Complice» pour commencer la guerre en envahissant la Pologne.

Bien qu’il ne soit pas clair si son tweet est une position officielle du Département d’État, cela ne serait pas entièrement contraire aux aspirations de l’administration Trump de stationner en permanence des troupes américaines en Pologne, tout en démantelant les traités nucléaires avec la Russie.

Aussi sur rt.com : Dommage qu’ils ne travaillent pas contre Covid-19: selon un rapport, les États-Unis entraînent les dépenses mondiales pour les armes atomiques vers un RECORD.

L’année dernière, les États-Unis ont déchiqueté le traité INF de 1987 sur le contrôle des armements en Europe, et semblent être sur la bonne voie pour ne pas renouveler le dernier pacte nucléaire avec Moscou, le nouveau départ 2011, qui doit expirer en février prochain.

Si les États-Unis déplacent des ogives nucléaires en Pologne, cela pourrait entraîner une reprise de la crise des missiles cubains de 1962, lorsque l’Union soviétique a réagi aux déploiements nucléaires américains en Turquie en envoyant ses propres missiles à Cuba. Après une impasse qui a presque dégénéré en guerre nucléaire, Washington et Moscou se sont retirés et se sont engagés à retirer leurs missiles.

Vous pensez que vos amis seraient intéressés? Partagez cette histoire!

Par Erlando Haskett, publié le 16 mai 2020 à 2h24

https://news-24.fr/la-pologne-accueillerait-volontiers-les-bombes-nucleaires-americaines-si-lallemagne-refusait-affirme-lenvoye-americain-attisant-la-crise-des-missiles-cubains-2-0/

GUERRE NUCLÉAIRE : LE SCÉNARIO DE LA FIN DU MONDE ?

Redoutée lors de la guerre froide, la guerre nucléaire totale s’est révélée être une menace si pesante sur le devenir même de l’humanité que les grandes puissances nucléaires se sont abstenues d’employer massivement l’arme nucléaire. Et pourtant, avec la démocratisation de cette technologie, des pays de plus en plus nombreux s’en emparent, avec le risque que l’un d’eux cède à un fanatique prêt à tout pour imposer sa vision du monde…

Sommaire

Guerre nucléaire : les risques actuels

Actuellement, les principaux risques d’utilisation d’armes nucléaires proviennent de la Corée du Nord, qui vient de réaliser avec succès plusieurs essais nucléaires dont un de 80 à 120 kt le 3 septembre 2017[1] et de l’Iran qui est soupçonné d’en développer sous couvert d’un programme civil de production d’électricité à partir d’énergie nucléaire. Ces bombes atomiques pourraient être utilisées contre la Corée du Sud, le Japon, les États-Unis (pour la Corée du Nord) et Israël et l’Arabie Saoudite (pour l’Iran).

Cependant, le danger planétaire pourrait plutôt venir des États-Unis et de la Grande-Bretagne qui se réservent le droit de réaliser des « frappes nucléaires préventives« , principalement contre la Russie, accusée de tous les maux. Ces importants regains de tensions géopolitiques dans le monde pèsent sur l’avenir de l’humanité qui est, entrée dans une nouvelle guerre froide : les puissances nucléaires comme les États-Unis, la Chine, la Russie, Israël, l’Inde et le Pakistan renforcent leur capacité de dissuasion avec l’émergence de deux nouveaux blocs : États-Unis et Europe contre Russie, Iran et Chine.

Ainsi, les dépenses militaires mondiales ont augmenté depuis 2014 alors que d’importants conflits régionaux menacent la stabilité mondiale.

Enfin, la pandémie au COVID-19 a attisé les tensions entre les États-Unis et la Chine, au point que la nouvelle première puissance mondiale a déclaré début mai 2020 qu’elle triplerait son arsenal nucléaire de dissuasion.

La menace de la stratégie américaine

Les États-Unis, ancrés dans une politique interventionniste et impérialiste, se sont toujours gardés la possibilité d’effectuer des frappes nucléaires préventives. Cela « a été notre politique depuis longtemps et fait partie de nos plans pour l’avenir », a déclaré fin septembre 2016 le secrétaire à la Défense américain sur la base aérienne de Kirtland (Nouveau-Mexique, sud-ouest), qui accueille le centre de recherches atomiques.

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Cette doctrine est particulièrement risquée selon le sénateur démocrate Edward Markey : « Le risque d’une guerre nucléaire menace gravement la survie de l’espèce humaine. Malheureusement, en n’excluant pas d’être les premiers à utiliser l’arme atomique, les États-Unis augmentent le risque d’une escalade nucléaire involontaire ».

En effet, le président russe Vladimir Poutine a averti que la Russie riposterait à toute attaque nucléaire par des frappes nucléaires.

L’impuissance de la communauté humanitaire

C’est pourquoi, la question d’une guerre nucléaire reste d’actualité comme l’illustre la rencontre en mars 2013 de responsables humanitaires des Nations Unies et des membres de la société civile qui s’inquiètent de la capacité de réaction de la communauté humanitaire face à une explosion nucléaire.

« Les conséquences humanitaires d’une attaque ou d’un accident nucléaire seraient potentiellement dévastatrices et catastrophiques« , a prévenu le Directeur du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à Genève, Rashid Khalikov.

Aujourd’hui, la communauté humanitaire avoue son impuissance à répondre efficacement à une telle situation, le mieux étant de tout faire pour prévenir le recours à de telles armes.

Comment réagir face à une explosion nucléaire ?

C’est tout l’objet du guide « Protective Action Guides and Planning Guidance for Radiological Incidents » rédigé par l’Agence américaine de la protection de l’environnement (EPA) en janvier 2017. Celui-ci décrit les précautions à prendre en cas d’attaque atomique, mais aussi d’accident nucléaire. Voici quelques extraits :

Si je suis dehors, que faire pour me protéger ?

« Couvrez-vous le nez et la bouche. Ne touchez pas les objets ou débris liés à l’émission radioactive. Allez à l’intérieur et restez-y. Rester dehors est la pire option en cas d’explosion nucléaire, cas les retombées radioactives pourront adhérer à la peau et aux vêtements« .

L’air est-il bon à respirer ?

« Il y a peu de chances que l’air reste respirable après une explosion nucléaire, car de la fumée et des retombées radioactives y seront présentes. Si vous êtes dehors, gardez vos nez et bouche fermés jusqu’à ce que vous entriez dans un bâtiment. Une fois abrité, fermez toutes les portes et fenêtres et éteignez les ventilateurs et climatiseurs« .

Si je suis en voiture, que dois-je faire pour me protéger ?

« Fermez les fenêtres et les trous d’aération. Désactivez le climatiseur ou le radiateur si les conditions météo le permettent. Si vous est en mesure de vous abriter dans un bâtiment, faites-le le plus vite possible. Sinon, rester à l’intérieur du véhicule est l’option la plus sûre. Essayez de trouver un endroit à l’ombre et de se brancher sur une radio pour recevoir des informations officielles« .

L’horloge de l’apocalypse

La menace nucléaire dans le monde est notamment illustrée par l’horloge de l’Apocalypse ou de la fin du monde (Doomsday Clock). Créée en 1947, peu de temps après les bombardements atomiques américains sur le Japon, et est régulièrement mise à jour depuis, par les membres du Bulletin des scientifiques atomistes, (BAS) basé à l’Université de Chicago. La menace d’une guerre nucléaire planétaire a très largement contribué à diminuer le nombre de minutes qu’il restait à l’humanité avant de sombrer. En 2012 elle indiquait 23 h 55, soit seulement 5 minutes avant la fin du monde.
En 2018, son aiguille s’était encore avancée, indiquant 23 h 58

Renata Dwan, directrice de l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement, a averti en mai 2019 que tous les États dotés d’armes nucléaires les modernisaient, augmentant la menace d’apocalypse.

Les conséquences d’une guerre nucléaire

En septembre 2019, des chercheurs du programme de Princeton sur la science et la sécurité mondiale ont publié une vidéo qui montre « l’effet domino » de l’utilisation d’une seule arme nucléaire tactique (à faible rendement).

Le projet d’étude, appelé « Plan A » résume dans une vidéo édifiante, les conséquences de cette décision folle entre les deux super-puissances nucléaires : l’OTAN et la Russie.

« Ce projet est motivé par la nécessité de mettre en évidence les conséquences potentiellement catastrophiques des plans de guerre nucléaire américains et russes actuels. Le risque de guerre nucléaire a considérablement augmenté au cours des deux dernières années, les États-Unis et la Russie ayant abandonné les traités de contrôle des armes nucléaires de longue date, entamant le développement de nouveaux types d’armes nucléaires et étendant les circonstances dans lesquelles ils pourraient utiliser des armes nucléaires. » précise les chercheurs qui travaillent sur le Plan A.

Selon ce scénario, 34,1 millions de personnes mourraient en Europe en moins de 5 heures (la grande partie en moins de 45 minutes). 57,4 millions de personnes supplémentaires seraient blessées par les explosions.

Un scénario apocalyptique

  1. En quelques heures, 34 millions de personnes seraient tuées par l’effet direct des explosions nucléaires.
  2. Des incendies colossaux et incontrôlables générés par les bombes enverraient dans l’atmosphère 9 millions de tonnes de suie dans l’atmosphère. En moins de 50 jours, toute la planète serait affectée par les cendres.
  3. Pendant une décennie, les rayons du Soleil seraient alors en partie filtrés. Résultat : la température planétaire baisserait de 1,25 °C au cours des trois premières années ; les précipitations mondiales diminueraient de 10 % dans les deux à quatre ans suivant l’événement ; les gelées seraient plus fréquentes.
  4. La photosynthèse plus faible. L’agriculture serait alors durement affectée et donc les ressources alimentaires pour l’ensemble de l’humanité. En effet, les cycles agricoles seraient probablement désorganisés du fait de l’effet combiné d’un refroidissement, d’une moindre pluviométrie et de la baisse de l’intensité des rayons solaires à la surface terrestre. Ceci se traduirait par des interruptions à répétition des cycles de croissance dues au gel.
  5. Enfin, ce scénario s’accompagne d’une perte généralisée d’ozone stratosphérique avec des conséquences sensibles sur des populations très éloignées de la zone de conflit.

L’hiver nucléaire

L’hiver nucléaire est la conséquence planétaire la plus souvent avancée (notamment par les pacifistes) pour mettre en garde contre les conséquences d’une guerre atomique massive. Selon cette vision, la Terre serait alors enveloppée d’un écran de poussières radioactives empêchant l’énergie solaire de parvenir jusqu’à nous pendant une durée assez longue, ce qui ferait disparaître l’espèce humaine de notre planète.

En effet, sans l’énergie du soleil, les températures baisseraient et la photosynthèse serait compromise : les rendements agricoles s’effondreraient tandis que l’approvisionnement énergétique serait sollicité outre mesure pour chauffer les logements.

Dès 1982, des études russes et américaines ont évoqué les conséquences de frappes nucléaires : plus que la radioactivité élevée et les dégâts des explosions, l’humanité a bien plus à craindre d’un hiver atomique comme l’illustrent les recherches de deux scientifiques américains, Alan Robock et Owen Brian Toon. On parle souvent d’une guerre atomique massive entre la Russie et les États-Unis, mais il suffirait d’un conflit régional entre l’Inde et le Pakistan, qui se déchirent sur la région du Cachemire, avec un échange de 50 frappes chacun (seulement 0,4 % de l’arsenal nucléaire mondial) pour menacer de famine 1 milliard de personnes !

Luke Oman, spécialiste du climat au Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, (Maryland) a indiqué dans une interview que les émissions provenant de multiples explosions nucléaires, contrairement à une éruption volcanique, sont constituées de suie (et non de particules de sulfate), ce qui pourrait faire diminuer la température dans des proportions bien plus importantes.

Bien qu’il soit certain qu’une guerre nucléaire serait sans aucun doute dévastatrice, le degré des dommages imposés à la Terre en général reste sujet à controverse, même si les simulations s’affinent régulièrement.

Comment se nourrir pendant l’hiver nucléaire ?

David Denkenberger, le président de l’ONG Alliance to Feed the Earth in Disasters (ALLFED), a listé les produits alimentaires que nous pourrions encore consommer après une guerre nucléaire planétaire.

Ce sont les champignons (très résistants) et les algues qui seraient les moins touchés par les conséquences d’une explosion nucléaire.

« L’algue est une vraiment bonne source de nourriture dans un scénario comme cela parce qu’elle peut pousser avec une lumière très faible. Elle croît également très rapidement. Lors d’un hiver nucléaire, la terre refroidira plus vite que les océans, donc les océans resteront un petit peu plus chauds. L’algue peut tolérer des températures relativement basses« , précise le scientifique.

Pour nourrir l’humanité lors d’un hiver nucléaire, Denkenberger estime que le monde aura besoin d’environ 1,6 milliard de tonnes de nourriture sèche par an. Les humains pourraient cultiver potentiellement cette quantité d’algue en trois à six mois…

Et si la technologie des bombes EMP rendait obsolète la guerre nucléaire ?

La dissuasion nucléaire pourrait toutefois jouer encore son rôle et empêcher qu’un pays se serve finalement de l’arme atomique tant les dégâts sur le long terme seraient planétaires. D’autant plus qu’il existe des armes bien plus dévastatrices pour la stabilité d’un état comme les bombes nucléaires à impulsion électromagnétique ou EMP.

Les bombes nucléaires EMP génèrent, une émission d’ondes électromagnétiques brève et de très forte amplitude (IEM), déclenchée dans la haute atmosphère (30 km d’altitude pour un grand rayon d’action). Ce sont des bombes relativement peu puissantes (de 1 à 10kt de TNT) et donc de taille réduite qui peuvent être lancées d’un satellite, d’un missile, d’un avion commercial ou militaire et même d’un ballon sonde météorologique !

Et pourtant, ce type d’arme est capable de paralyser un grand pays comme les États-Unis ou une région comme l’Europe. Comment est-ce possible ? L’explosion en elle-même, produite à haute altitude n’a aucune conséquence directe sur les infrastructures et les êtres vivants mais va générer une vague de rayons gamma qui, au contact avec les couches atmosphériques va créer une impulsion électromagnétique intense sur un immense territoire.

Les conséquences d’une attaque électromagnétique de grande ampleur

Elles seraient considérables à cause de notre civilisation dépendante de la technologie et de l’électricité :

  • les réseaux électriques tomberaient entraînant un black-out de grande ampleur ;
  • les systèmes informatiques et électroniques qui ne sont pas blindés seraient mis hors d’usage ;
  • les communications radio seraient indisponibles pendant quelques minutes

En fait, toute l’économie et la vie des habitants qui subiraient une telle attaque ne serait plus possible, entraînant à coup sûr des émeutes, pillages, de la famine et potentiellement des millions de morts, sans aucune conséquence massive pour le pays à l’initiative de l’attaque, puisque ce n’est pas une frappe nucléaire directe. Le pays attaqué n’aurait alors aucun autre choix que de capituler sans avoir pu se battre. En effet, même les systèmes militaires sont en partie vulnérables.

De telles bombes et stratégies militaires existent déjà depuis la première guerre froide en Russie mais elles sont maintenant aussi en cours de développement en Chine, Corée du Nord et Iran selon un rapport US déclassifié de 2017 qui réclame la mise en place de mesures de protection contre les EMP.

NOTE

  1. Les essais nucléaires sont détectés facilement car ils engendrent des séismes cartographiés en temps quasi réel.

Par Christophe Magdelaine / notre-planete.info, publié le 12/05/2020

Photo en titre : Essai nucléaire du 18 avril 1953 au Nevada (États-Unis) avec une bombe de 23 kilotonnes (Crédit : National Nuclear Security Administration / Nevada Site Office – Licence : CC BY)

https://www.notre-planete.info/terre/fin_du_monde/guerre-nucleaire-consequences.php

Sur ce site, vous pourrez visualiser une vidéo : Essais atomiques américains menés dans les années 1950 et déclassifiés début mars 2017(10 mn02)

NUCLÉAIRE : L’ASSEMBLÉE NATIONALE ÉTUDIE SANS LES PARLEMENTAIRES POLYNÉSIENS UN PROJET DE LOI QUI RÉINTRODUIT LE RISQUE NÉGLIGEABLE

L’Assemblée nationale étudie, ce jeudi à Paris, un projet de loi portant diverses mesures sur l’urgence face au Covid-19. Un alinéa imposant la contrainte du seuil de 1 millisievert, pour les indemnisations des Polynésiens victimes du nucléaire ayant présenté un dossier, y a été glissé. Une aberration pour le député Moetai Brotherson.

Le député Moetai Brotherson n’en a eu connaissance qu’hier grâce à la vigilance de ses collaborateurs à Paris. Un alinéa qui vient réintroduire le risque négligeable dans l’instruction de tous les dossiers de demande d’indemnisation des victimes des essais nucléaires a été glissé dans un projet de loi étudié ce jour à l’Assemblée nationale. « Et tenez-vous bien, ce n’est pas un projet de loi sur le nucléaire, non ! C’est un projet de loi portant diverses mesures sur l’urgence face au covid-19, précise le député. Et dans ce projet de loi, à l’article 2 ter, ils viennent introduire un alinéa qui, ni plus ni moins, dit que tous les dossiers, y compris ceux avant 2019, et donc avant le dépôt de l’amendement Tetuanui, seront contraints par cette contrainte du millisievert ! »

Moetai Brotherson est « choqué » de la manière dont cela a été fait. Car « ce texte avait déjà été examiné au Sénat, mais pas dans un texte sur le nucléaire, dans un cavalier législatif, un truc que personne n’a vu. Ils auraient pu l’inscrire dans les deux semaines qui suivaient à l’Assemblée nationale, pendant que j’étais là-bas, pendant que Maina était là-bas, pendant que quasiment tous les parlementaires polynésiens étaient là-bas, s’insurge-t-il. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils ont attendu qu’on soit tous ici, qu’on soit tous revenus, pour l’inscrire. Donc il y a un texte sur le nucléaire, qui est un sujet qui nous concerne nous au premier chef –les essais ont eu lieu ici, pas à Brest, pas au Havre-, et il n’y a pas de parlementaires polynésiens à l’Assemblée nationale pour en discuter. Moi je suis outré. Et je pose la question à l’État : qu’est-ce que le peuple polynésien vous a fait pour que vous nous détestiez autant ? »

Un amendement de retrait déposé

Le député a déposé un amendement de retrait qui doit être examiné aujourd’hui. Il rédigera également un courrier au président de la République et au Premier ministre pour pointer cette affaire du doigt. « J’espère que les associations vont se lever, j’espère que mes collègues ne vont pas laisser passer ça, poursuit Moetai Brotherson, qui espère aussi que son amendement de retrait sera voté, et qu’on ne fera pas cette ignominie. Mais si ce n’est pas le cas, si je suis tout seul à crier, ça servira à rien. »

REPORTAGE Laure Philiber et Mata Ihorai

Par Vaiana Hargous, publié le 14/05/2020 à 10h45, mis à jour le 14/05/2020 à 10h55

Pour écouter la réaction du député Moetai Brotherson (vidéo de 2mn02), cliquer sur:

https://www.tntv.pf/tntvnews/polynesie/politique/nucleaire-lassemblee-nationale-etudie-sans-les-parlementaires-polynesiens-un-projet-de-loi-qui-reintroduit-le-risque-negligeable/

MOLOY EN CÔTE D’OR: LES ANTINUCLÉAIRES DE RETOUR DANS LA RUE

Le confinement avait empêché la tenue de leur action en avril, les militants antinucléaires étaient de nouveau mobilisés jeudi à proximité du site du Commissariat à l’Énergie Atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Valduc.

C’est devenu une habitude depuis le début de l’année. Une fois par mois, la « vigie citoyenne mensuelle d’interpellation de la Direction et des salariés du site du Commissariat à l’Énergie Atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Valduc » se rassemble à Moloy pour réclamer l’abolition des armes nucléaires au passage des voitures et des bus ramenant le personnel du CEA Valduc à la fin de sa journée de travail.

L’action d’avril annulée en raison du confinement, les militants se sont retrouvés pour la quatrième fois de l’année ce jeudi 14 mai.

Pour rappel, le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires qui est à l’origine de ces actions réclame que la France signe le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et demande une reconversion du CEA à des usages pacifiques.

Publié le 15 mai 2020 à 08h08

Photo en titre : Photo Collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires

https://www.bienpublic.com/environnement/2020/05/15/moloy-les-antinucleaires-de-retour-dans-la-rue

COMMENT SAVONS-NOUS QUE LES ARMES NUCLÉAIRES FONCTIONNENT TOUJOURS?

Les scientifiques des laboratoires nationaux américains testent toujours des armes nucléaires dans les montagnes, le désert et le chaparral de l’Ouest américain. Des machines et des entrepôts de haute technologie, équipés de processeurs de superordinateurs, prennent des données sur les ogives et les explosions – oui, il y a encore des explosions, qui se fissurent comme des tirs de fusil dans les délais prévus.

Mais il n’y a pas d’explosions nucléaires. Bien que le traité interdisant explicitement tous les essais d’armes nucléaires ne soit pas encore entré en vigueur, les États-Unis n’ont pas fait exploser une arme nucléaire depuis 1992. La stratégie nucléaire américaine repose toujours sur le fonctionnement des armes nucléaires, mais sans essais à grande échelle, les laboratoires nationaux du Département de l’énergie Programme d’intendance des stocks, qui s’appuie sur la théorie, des simulations et des expériences pour fournir des évaluations annuelles des armes au gouvernement fédéral. Les initiatives scientifiques et informatiques, telles que l’augmentation de la vitesse de calcul intensif et l’investissement dans de nouvelles technologies de traitement comme l’informatique quantique, pourraient un jour rendre les tests simulés aussi efficaces que la détonation d’un appareil.

« Le (Stockpile Stewardship programme) a traversé un certain nombre d’administrations, et le ministère de la Défense n’a pas dit que nous devions recommencer les tests« , Victor « Vic » Reis, ancien secrétaire adjoint à l’énergie pour les programmes de défense du ministère de l’énergie et l’un des architectes du programme, a déclaré Gizmodo. « Nous comprenons suffisamment ce qui se passe avec le stock actuel d’armes – elles sont sûres et fiables.« 

Dès le début de l’ère nucléaire, garantir que les dispositifs nucléaires fonctionnaient dépendait en partie de leur explosion. Mais l’inquiétude grandissante du public dans les années 1950 concernant les effets sur la santé et l’environnement des retombées nucléaires et le malaise général face au potentiel dévastateur de ces armes ont lentement conduit à des négociations de traités. Les efforts de démarrage et d’arrêt étaient étroitement liés aux tensions américano-russes entourant la guerre froide. Mais grâce en partie à la crise des missiles cubains en 1962 (lorsque les États-Unis et la Russie ont presque déclenché une guerre nucléaire), des pays du monde entier ont signé le Traité de 1963 interdisant les essais d’armes nucléaires dans l’atmosphère, dans l’espace extra-atmosphérique et sous l’eau, appelé le Traité d’interdiction partielle des essais (PTBT).

Le traité n’a pas empêché la prolifération des armes nucléaires et les essais se sont enfouis. D’autres traités ont suivi, limitant la taille des armes qui pouvaient être testées et introduisant des moyens de vérifier que chaque pays respectait les termes des traités. Mais il a fallu attendre la fin de la guerre froide pour que la prochaine grande poussée mette fin aux essais d’armes nucléaires. Les signataires du PTBT se sont rencontrés et ont négocié un traité plus solide, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), qui interdirait toutes les explosions nucléaires à toutes fins. Ce traité n’est pas encore entré en vigueur; La Chine, l’Égypte, l’Inde, l’Iran, Israël, la Corée du Nord, le Pakistan et les États-Unis ne l’ont pas ratifiée.

Dans un discours radiophonique de 1993, le président Bill Clinton a déclaré que «pour garantir que notre dissuasion nucléaire reste incontestée dans le cadre d’une interdiction des essais, nous explorerons d’autres moyens de maintenir notre confiance dans la sécurité, la fiabilité et les performances de nos propres armes ». Après tout, le principe de la dissuasion nucléaire exige une garantie que les armes nucléaires fonctionnent réellement. Clinton n’a cependant pas précisé comment cette assurance se concrétiserait. Lorsque Vic Reis est devenu secrétaire adjoint à l’énergie pour les programmes de défense au ministère de l’Énergie, il a fait de cette question sa plus haute priorité.

« Le problème est devenu, comment conservez-vous la compétence du laboratoire pour pouvoir dire en toute confiance au président que les armes étaient toujours en bon état à mesure qu’elles vieillissaient – ou devrions-nous reprendre les tests? » Reis a dit à Gizmodo. «Avons-nous compris le processus de vieillissement? Quels ont été les effets du vieillissement, et avons-nous été en mesure de fournir des correctifs de haute confiance, si nécessaire? »

Reis s’est associé à des scientifiques de haut niveau et à des militaires pour rédiger un programme qui pourrait valider les performances des armes et simuler les effets du vieillissement sur les armes et leur sécurité – ce qu’il a appelé l’intendance des stocks fondée sur la science. Les trois laboratoires nationaux avec des programmes d’armes – Los Alamos National Lab, Lawrence Livermore National Lab et Sandia National Laboratories – travaillaient déjà sur de grandes expériences pour tester des composants d’armes nucléaires. Cependant, la capacité de calcul était insuffisante pour exécuter toutes les simulations requises. Heureusement, Reis avait précédemment été directeur de la DARPA et convaincu un gestionnaire là-bas pour diriger ce qui allait devenir l’Initiative accélérée de calcul stratégique, un programme qui augmenterait considérablement la puissance de calcul disponible pour les laboratoires d’armes. Aujourd’hui, le programme Stockpile Stewardship fonctionne selon une approche à trois piliers, combinant théorie, simulation et expérience, et fonctionne principalement à partir de ces trois laboratoires ainsi que du site de sécurité nationale du Nevada.

L’objectif du programme est de publier un rapport annuel au Congrès offrant une confiance totale que l’arsenal nucléaire est fiable à 100%, même si les puits radioactifs à l’intérieur de l’ère des armes subissent des changements moléculaires. Mais la fosse n’est qu’une partie d’une arme; il y a plusieurs milliers d’autres composants qui entrent dans l’appareil. Les explosifs conventionnels doivent déclencher des réactions en chaîne. La fosse doit être sécurisée pour ne pas se bousculer et exploser accidentellement, et l’arme doit reposer à l’intérieur d’un boîtier qui la protège du monde extérieur. Les ogives nucléaires nécessitent une méthode de livraison, comme une bombe à gravité de l’intérieur d’un avion, un missile balistique intercontinental ou un missile balistique lancé par sous-marin. Le nucléaire doit continuer de fonctionner même si un autre pays tente de l’arrêter (par exemple, avec une autre arme nucléaire).

«Les armes nucléaires et les stocks sont importants pour ce pays. Je préfère faire partie de maintenir cela avec intégrité que d’abdiquer la responsabilité. »

J’ai visité Los Alamos en juin 2019 pour en savoir plus sur ce programme. Les expériences tentent de recréer les conditions auxquelles un appareil nucléaire pourrait être confronté à l’approche de sa cible. Un tube d’acier de la hauteur et de la largeur d’un semi-camion, mais beaucoup plus long, se trouve dans les champs broussailleux derrière des avant-postes de sécurité au laboratoire, qui est situé à environ 60 miles au nord-est d’Albuquerque. Des ogives avec des fosses nucléaires factices sont placées à une extrémité du tuyau, et plus de 100 livres de l’explosif C4 conventionnel sont déclenchées à l’autre. Le tube guide l’onde de choc vers l’ogive, où les scientifiques imaginent l’interaction à l’aide de caméras à haute vitesse. À côté du tube à choc, un bâtiment bas en béton contient une centrifugeuse bleu et blanc qui peut faire tourner les ogives de test à 200 tours par minute pour s’assurer qu’elles peuvent survivre à la force de 12 g de rentrée dans l’atmosphère. La centrifugeuse pèse 10 tonnes mais a une friction suffisamment faible pour que je puisse la déplacer avec une forte poussée. C’était hypnotisant de regarder la centrifugeuse tourner à 60 tours par minute en personne et vraiment bouleversant de voir une vidéo d’une ogive nucléaire de test attachée à la centrifugeuse, fouettée à toute vitesse comme une boule d’attache. Ces expériences sont exploitées à distance ou à partir de bunkers. Des détonations de C4 et d’autres explosifs sont entendues quotidiennement autour du vaste campus du laboratoire et parfois dans les villes voisines.

D’autres expériences simulent le déclenchement explosif d’une arme nucléaire sans la fosse à l’intérieur. À l’installation d’essais hydrodynamiques radiographiques à double axe, ou DARHT, les rayons X produits par un accélérateur de particules sur site sont utilisés pour imager le matériau implosé lors de son choc. À l’installation nationale d’allumage de Lawrence Livermore, le laser à énergie la plus élevée jamais construit est stocké dans un bâtiment de la taille d’un stade sportif, où il concentre les faisceaux sur une cible pour déclencher la fusion.

Les données de ces expériences, ainsi que les données des 1054 essais nucléaires américains dénombrés officiellement entre 1945 et 1992, sont intégrées à la phase de simulation du programme Stockpile Stewardship. Comprendre comment l’âge des armes est un élément crucial des simulations. « Il y a tout un aspect de ce qui se passe avec les différents matériaux et comment ils interagissent avec les métaux, ou avec les composants des appareils eux-mêmes, qui vieillissent tous. Nous n’avons aucune donnée sur ce qui se passe quand quelque chose a 40 ans », a déclaré à Gizmodo Irene Qualters, directrice de laboratoire associée pour la simulation et le calcul au Los Alamos National Lab.

L’amélioration des simulations nécessite des ordinateurs toujours plus puissants et avancés. Aujourd’hui, Los Alamos accueille le septième supercalculateur, appelé Trinité. Des allées de monolithes noirs derrière des portes transparentes dans une pièce bruyante et carrelée de blanc agissent comme un énorme processeur pour l’exécution de simulations, ainsi que pour le stockage des résultats de simulation sur des bandes. De petits autocollants lisant des «données confidentielles restreintes» décorent les piles, rappelant la véritable utilisation de ces processeurs. Lawrence Livermore National Lab accueille le deuxième supercalculateur le plus rapide, utilisé à des fins similaires, appelé Sierra. Chaque laboratoire dispose d’une sauvegarde des données de l’autre au cas où l’un serait mis hors ligne ou détruit, par exemple lors d’une explosion nucléaire. Une course sans fin augmenter les performances des superordinateurs vise à améliorer la vitesse, les détails et l’efficacité de ces simulations.

Pendant ce temps, d’autres chercheurs étudient les limites du calcul haute performance et tentent de comprendre à quoi pourraient ressembler les prochains ordinateurs. Ils écrivent de nouveaux algorithmes et poussent la théorie computationnelle. Los Alamos possède et teste un Ordinateur quantique D-Wave, un cube noir arborant des lumières LED qui utilise des effets quantiques pour effectuer certains problèmes d’optimisation. D’autres chercheurs essaient de nouveaux algorithmes sur des ordinateurs quantiques sur le cloud, comme IBM et IonQ. Ces domaines de recherche visent à faire progresser la compréhension générale du calcul et à faire en sorte que les scientifiques comprennent les appareils les plus performants qui pourraient un jour être utiles pour les simulations d’armes nucléaires, le tout au nom du fait de s’assurer que les armes nucléaires fonctionnent toujours. Construire des ordinateurs plus rapides et meilleurs est un indicateur de la course aux armements elle-même.

Pendant que je parlais aux scientifiques de Los Alamos, je me demandais comment ils se sentaient en travaillant sur le maintien de l’arsenal nucléaire. Beaucoup de ces scientifiques étaient initialement intéressés à étudier la physique, l’énergie nucléaire ou l’informatique à des fins pacifiques. «Les armes nucléaires et les stocks sont importants pour ce pays», a déclaré Qualters. «Je préférerais faire partie de maintenir cela avec intégrité que d’abdiquer la responsabilité.» Ce sentiment a été reflété par d’autres qui travaillent sur le stock nucléaire.

Le programme a été couronné de succès – les États-Unis n’ont pas fait exploser d’arme nucléaire depuis près de 30 ans. Mais les installations ont également permis aux États-Unis de continuer à entretenir et à moderniser son arsenal nucléaire; l’administration Obama engagé des centaines de milliards de dollars pour reconstruire les armes nucléaires, un effort qui s’est poursuivi sous l’administration Trump. Mais y a-t-il quelque chose qui empêche le gouvernement fédéral de commander de nouveaux essais nucléaires?

« Je suis plus inquiet pour … les membres du Congrès qui veulent juste faire un essai nucléaire, non pas pour la fiabilité mais pour envoyer un signal, en haut, que voulez-vous« , Lisbeth Gronlund, scientifique principale et codirectrice du programme de sécurité mondiale de l’Union of Concerned Scientists, a déclaré à Gizmodo. Il est possible que les législateurs doutent de l’efficacité du programme Stockpile Stewardship et demandent de reprendre les détonations, a déclaré Gronlund.

Pourtant, Reis a déclaré à Gizmodo qu’il pensait que la stratégie devrait durer au moins une autre génération. Les États-Unis ont trouvé une solution de contournement efficace aux vrais essais nucléaires – ce n’est pas tout à fait aussi voyant que les navires nucléaires dans le Pacifique, mais les scientifiques rapportent chaque année au Congrès avec une confiance à 100% que l’arsenal nucléaire est fiable.

« Mais au-delà de 20 à 25 ans, qui sait« , a déclaré Reis. Les futurs politiciens devront finalement décider quoi faire face à l’arsenal nucléaire vieillissant.

Par LaminuteInfo, publié le 14 mai 2020

https://laminute.info/2020/05/14/comment-savons-nous-que-les-armes-nucleaires-fonctionnent-toujours/

LES ÉTATS-UNIS ACCUSENT L’IRAN DE DÉFIER LA RÉSOLUTION DE L’ACCORD NUCLÉAIRE DE L’ONU

Le porte-parole du département d’État a discuté des « efforts de coopération » au sein du Conseil de sécurité

Les États-Unis ont accusé mercredi Téhéran d’avoir défié la résolution onusienne approuvant l’accord nucléaire iranien de 2015, suite au lancement d’un satellite le mois dernier, et ont également affirmé que l’Iran continuait de violer l’embargo sur les armes imposé par l’ONU.

La mission américaine auprès des Nations Unies a fait ces déclarations lors d’une réunion informelle d’experts du comité du Conseil de sécurité, convoquée par Washington. 

Un communiqué de la mission américaine a indiqué que les États-Unis avaient évoqué le lancement du satellite le 22 avril dernier, effectué par le Corps des gardiens de la révolution islamique.

« Son rôle de premier plan dans le programme spatial iranien met un terme aux affirmations absurdes de l’Iran selon lesquelles son programme spatial est uniquement de nature civile« , souligne le communiqué. 

Le porte-parole du département d’État américain, Morgan Ortagus, a par ailleurs affirmé avoir discuté des « efforts de coopération » au sein du conseil « visant à prévenir les conflits et à promouvoir la paix dans le monde« .

La session du Conseil de sécurité s’est tenue peu de temps après que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a discuté de l’Iran avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou lors d’une visite de 24 heures en Israël. 

Par i24NEWS, publié le 14 mai 2020 à 11h19, dernière modification 14 mai 2020 à 15h10

Photo en titre : Cette photo publiée par le site officiel du ministère iranien de la Défense le samedi 2 février 2019 montre un missile de croisière Hoveizeh à la grande mosquée Imam Khomeiny à Téhéran, en Iran. L’Iran dit qu’il a lancé un nouveau missile de croisière, avec une portée de 1350 kilomètres. AP/ Iranian Defense Ministry 2019©

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1589447324-les-etats-unis-accusent-l-iran-de-defier-la-resolution-de-l-accord-nucleaire-de-l-onu

UN APPLE IIE POUR CONTRÔLER LE DÉMANTÈLEMENT D’ARMES NUCLÉAIRES

Un Apple IIe en train de mesurer le niveau de radiations d’une ogive nucléaire. L’image ne remonte pas aux années 80, elle date de 2017 et elle illustre des recherches, publiées fin 2019, sur l’utilisation de matériel informatique vintage dans le cadre d’un programme de démantèlement d’armes nucléaires.

Le recours à un ordinateur qui a plutôt sa place dans les musées et collections d’amateur s’explique par des critères de sécurité et de confiance.

Lorsqu’une arme nucléaire doit être retirée du service dans le cadre d’un accord de désarmement, on contrôle la signature des radiations qu’elle émet, une sorte de carte d’identité pour vérifier qu’il s’agit bien de l’arme qu’elle est supposée être. Cependant la configuration et les niveaux de plutonium ou d’uranium enrichi utilisés par leurs fabricants relèvent du secret militaire. Obtenir des chiffres trop précis pourrait donner les moyens à une partie adverse d’en savoir un peu plus sur la conception de ces armes.

Il faut donc instaurer une confiance réciproque entre celui qui contrôle et celui qui est contrôlé. Le premier doit s’assurer qu’il obtient de son système de mesure les informations indispensables à l’authentification de l’arme. Le second doit être certain que des informations sensibles ne fuiteront pas à cette occasion, par accident… ou non.

Un tel contrôle se fait soit en comparant les chiffres obtenus avec une grille type établie à partir d’une arme de référence choisie au hasard dans le lot d’un arsenal à contrôler. Soit en s’accordant à l’avance sur des seuils de radiation suffisants pour caractériser l’arme sans pour autant en dévoiler tous les secrets.

Dans un cas comme dans l’autre, ces informations de référence doivent être établies, stockées et elles peuvent elles-mêmes contenir des données (trop) sensibles. Pour pallier ces risques, les systèmes de mesure doivent contenir des « barrières d’information ».

Moritz Kütt et Alexander Glaser, spécialisés dans ces sujets du contrôle des armements, ont conçu un prototype basé sur un vénérable Apple IIe tout à fait standard mais équipé tout de même de deux cartes d’extension (en open source).

Les deux cartes d’extension utilisées avec l’Apple IIe et dont les caractéristiques sont en open source

Pourquoi un tel retour en arrière ? Tout simplement pour limiter sinon éviter tout risque de manipulations, malheureuses ou intentionnées. Un matériel plus contemporain pourrait receler un logiciel espion pour obtenir plus d’informations que nécessaire. En face, chez le contrôlé, on pourrait vouloir trafiquer les données envoyées en s’appuyant sur des failles du matériel informatique de mesure.

Mais avec un Apple IIe, et plus spécialement son processeur 6502, les capacités de triche sont considérablement réduites voire inexistantes. L’architecture et le fonctionnement de la puce sont archi-connus et, à la date de sa conception, il n’est guère plausible qu’elle ait été pourvue de portes dérobées, de mécanismes cachés, et a fortiori dans l’optique d’être utilisés dans ce contexte de contrôles de démilitarisation.

En outre, ce processeur ne contient que 3 500 transistors (moins que n’en contient une ogive nucléaire) et ses capacités de traitement (1 MHz) n’en font pas un foudre de guerre s’il s’agit de se lancer dans des calculs complexes et cachés.

Source : Alex Glaser

Moritz Kütt et Alexander Glaser ont constaté que cette plateforme était tout à fait apte à conduire ces tests d’une manière fiable, tout en instaurant un climat de confiance entre les parties impliquées.

Ils proposent d’aller plus loin en développant un ordinateur dédié à cette seule fonction de contrôle — donc plus dépouillé encore qu’un Apple IIe — et toujours avec le 6502 comme base. Ils disaient aussi vouloir réfléchir à des moyens de vérifier la provenance du 6502 utilisé pour s’assurer qu’il est bien d’époque. Ou le passer aux rayons X pour observer en détails s’il est bien conforme à un 6502 standard.

Mieux, ils envisageaient de se passer d’un stockage du programme en ROM au profit de cartes perforées pour garantir une totale transparence du code et sa préservation physique.

Par MacGeneration, publié le 14 mai 2020

Photo en titre : L’ogive à droite est une maquette

https://www.macg.co/materiel/2020/05/un-apple-iie-pour-controler-un-desarmement-nucleaire-113985

LA CENTRALE NUCLÉAIRE ALLEMANDE DE PHILIPPSBURG DÉMOLIE DANS UNE EXPLOSION SPECTACULAIRE (voir la vidéo)

C’est un pas de plus pour l’Allemagne vers l’achèvement de son retrait du nucléaire. Greenpeace a d’ailleurs salué cette destruction.

NUCLÉAIRE – Une spectaculaire explosion contrôlée a fait tomber les deux tours de refroidissement d’une centrale nucléaire désaffectée dans le Sud de l’Allemagne, tôt jeudi 14 mai, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus. (NDLR : à voir absolument sur le site ci-dessous)

L’Allemagne a fait un pas de plus vers son objectif de retrait du nucléaire. Le fournisseur d’électricité EnBW avait débranché la centrale Philippsburg 2 à la veille du Nouvel An 2019, laissant une demi-douzaine de centrales à fermer au cours des deux prochaines années.

La nouvelle station de transformation de courant continu sur le site de Philippsburg sera utilisée pour transporter l’électricité du Nord au Sud de l’Allemagne, a déclaré la compagnie dans une déclaration écrite.

Le moment de la destruction des tours, peu après 6h du matin, a été gardé secret, selon EnBW, afin de ne pas attirer les foules pendant que les restrictions gouvernementales sur les coronavirus sont en place.

Greenpeace a salué cette destruction, en espérant qu’elle servirait de symbole pour passer d’un “approvisionnement énergétique dépassé” à des énergies renouvelables.

Par Le HuffPost, publié le 14/05/2020 12:33 CEST

https://www.huffingtonpost.fr/entry/la-centrale-nucleaire-allemande-de-philippsburg-demolie-dans-une-explosion-spectaculaire_fr_5ebd0702c5b60ff1a4b2ebe4

RADIOACTIVITÉ ET PLUIES…

Actualité des sciences du 13 mai 2020, extrait :

En nucléaire : Comment les essais nucléaires vont jusqu’à modifier la façon dont tombe la pluie.

  • Des chercheurs viennent de mettre en évidence le lien entre radioactivité et précipitations accrues en s’appuyant sur des relevés effectués en pleine Guerre Froide, entre 1962 et 1964.
  • Les scientifiques ont constaté que lors des journées aux débits de dose élevés, les nuages ​​étaient plus épais et qu’il y avait en moyenne 24% de précipitations en plus.
  • Les résultats obtenus pourraient s’avérer cruciaux pour la recherche en géo-ingénierie liée aux nuages.

Par Joffrey Onckelinx, publié le 13.05.2020 à 17h17

Image en titre : La charge électrique libérée par le rayonnement des détonations d’essais nucléaires, effectués principalement par les États-Unis et l’Union soviétique dans les années 1950 et 1960, affectait les nuages ​​de pluie à l’époque.PROF. GILES HARRISON, UNIVERSITY OF READING

Pour lire la totalité de l’article (fort intéressant mais hors nucléaire), cliquer sur :

https://www.sciencesetavenir.fr/ultrabreves/radioactivite-et-pluies-rechauffement-du-monde-et-animaux-emmures-l-actu-des-sciences-en-ultrabreves_144285

NEUF ÉTATS ONT DÉPENSÉ 70 MILLIARDS POUR L’ARME NUCLÉAIRE EN 2019

Les neuf États dotés de l’armée nucléaire ont dépensé l’équivalent d’un peu plus de 70 milliards de francs (NDLR : francs suisses) en 2019 pour maintenir ou étendre leurs capacités. « Assez« , a lancé mercredi à Genève la Campagne pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN).

Selon son rapport, qui s’appuie sur des dizaines de sources différentes, l’enveloppe de l’année dernière a augmenté d’environ 7 milliards en un an, en ligne avec la progression de l’ensemble des dépenses militaires. Chaque minute, les États nucléaires ont investi près de 135’000 francs dans cet armement, déplore le Prix Nobel de la Paix 2017.

« C’est absurde« , affirme la directrice exécutive Beatrice Fihn. Elle regrette que ce financement ne soit pas plutôt attribué à « la protection de la santé de leurs citoyens« , en pleine pandémie. Selon les estimations d’ICAN, les dépenses américaines, britanniques et françaises sur l’armement nucléaire pourraient contribuer dans chaque pays à plus de 100’000 lits Covid, des dizaines de milliers de ventilateurs et les salaires annuels de dizaines de milliers de membres du personnel de santé.

Au total, les neuf États s’appuient sur près de 15’000 armes nucléaires. Les États-Unis rassemblent environ la moitié du montant total investi, avec 35,4 milliards de dollars (environ 34 milliards de francs). La Chine suit avec un peu plus de 10 milliards, devant la Grande-Bretagne à 8,9 milliards et la Russie à 8,5 milliards. Le reste est réparti entre la France, l’Inde, Israël, le Pakistan et la Corée du Nord.

Il manque encore une quinzaine de ratifications pour l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction des armes nucléaires, conclu en 2017. La Suisse a renoncé à adopter cet accord rejeté par tous les pays qui bénéficient de cette arme. Elle considérait qu’il pourrait fragiliser le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et ne prenait pas en compte certains intérêts en termes de sécurité.

Le Conseil fédéral avait été largement visé pour cette décision, notamment par ICAN. Le Parlement lui avait ensuite demandé de ratifier sans délai l’accord. Le gouvernement doit réévaluer d’ici la fin de l’année cette politique.

Publié le 13 mai 2020

Photo en titre : Les États-Unis du secrétaire américain à la défense Mark Esper arrivent largement au premier rang des dépenses d’armement nucléaire parmi les différents pays (archives). © KEYSTONE/AP/Evan Vucci

https://www.laliberte.ch/news-agence/detail/neuf-etats-ont-depense-70-milliards-pour-l-arme-nucleaire-en-2019/563615

FEUX À TCHERNOBYL : QUELLES CONSÉQUENCES ?

Qui ne s’en souvient pas ? Le 26 Avril 1986, une célèbre explosion eut lieu : celle du quatrième réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl. En 2020, la radioactivité est toujours là même si elle n’est évidemment plus de la même intensité. Or, les conséquences de cette catastrophe sont loin d’être terminées. Les feux ayant eu lieu en Avril sont là pour nous le rappeler. En effet, de gigantesques incendies se sont déroulés dans la zone d’exclusion autour de la célèbre centrale. L’actualité est passée inaperçue pour beaucoup de monde, à cause de la masse d’informations liées au Coronavirus inondant les médias.

Rassurez-vous : les feux sont désormais éteints

Ces incendies, qui ont commencé le 3 Avril, se sont rapidement propagés autour de la centrale à cause d’un climat propice aux feux. Effectivement, pour la saison, les températures étaient anormalement chaudes. Les vents forts ont aussi contribué à attiser les incendies. La zone sauvage touchée, une des plus grandes du continent européen, mettra des années à cicatriser.

En tout, les images satellite ont dévoilé que ce sont plus de 57 000 hectares qui ont été ravagés par les incendies. Cela correspond à plus de 20% de la zone. Il a fallu plus de trois semaines afin que les feux soient totalement maîtrisés. L’un d’entre eux a approché la centrale nucléaire (le sarcophage pour être exact) de très près : moins de 1,5 km, comme écrit sur Ouest France. Fort heureusement, des centaines de pompiers sont parvenus à maîtriser les flammes.

Toutefois, ces feux ont de véritables conséquences : les vents ont amené la fumée en direction de terres plus peuplées. Ainsi, mi-Avril, un grand brouillard de fumée a touché la capitale ukrainienne Kiev, ayant pour conséquence la hausse des taux de radioactivité. Néanmoins, les niveaux de radioactivité n’ont jamais dépassé les normes. La fumée et les cendres sont tout de même allées plus loin que l’Ukraine. Ainsi, la Norvège (l’autorité de sûreté nucléaire du pays) a notamment repéré une petite hausse des concentrations de césium-137 dans l’atmosphère sur ses terres. Pour rappel, une augmentation du taux de césium-137 et de différents radionucléides dans l’air peut engendrer une hausse du nombre de cancers dans le pays concerné. Les individus touchés par ces fumées peuvent aussi inhaler des éléments radioactifs, évidemment nocifs pour la santé.

Particules radioactives : jusqu’où sont-elles allées ?

Malheureusement, oui. Les radionucléides, éléments pouvant être très dangereux, sont transportés par la fumée. Depuis l’accident de 1986, les forêts aux alentours de la centrale ont engrangé de la radioactivité, surtout la flore et les premières couches de sol. Ainsi, on comprend pourquoi les personnes vivant à proximité ne peuvent pas se servir de la forêt durant les … 300 ans ! Même plus de 30 ans après l’accident, la zone d’exclusion est toujours énormément contaminée. En effet, on retrouve encore des éléments toxiques comme par exemple le césium-137 ou le plutonium-239. Ces dernières sont les plus dangereuses : elles seraient près de 250 fois plus nocives que celles de césium-137.

Les incendies contribuent à la libération de ces éléments dans l’air. Ces particules peuvent être amenées sur de grandes distances par le vent, agrandissant par conséquent les possibilités de contamination radioactive. Néanmoins, il n’y a toujours pas de données fiables par rapport aux éléments que ces incendies ont relâché. Il est donc impossible de savoir précisément jusqu’où elles ont pu être amenées. Or, la majorité de ces radionucléides se sont déposés directement dans la zone d’exclusion ou non loin de cette dernière, puisque ce sont des particules lourdes. Récemment, la Criirad a confirmé une faible présence de Césium 137 en France.

Des incendies avaient déjà eu lieu en 2015

Si on se fie aux données de 2015, où des feux moins intenses avaient eu lieu autour de la centrale, les chiffres par rapport aux matières rejetées devraient certainement être plus élevés pour les feux de 2020.

Les pompiers ayant lutté contre les feux mais aussi les habitants des alentours de Tchernobyl ont dû faire face à un double danger : les fumées ainsi que les radiations des incendies. Ainsi, la capitale ukrainienne Kiev connaît des conséquences sanitaires liées aux incendies à cause des fumées et de la contamination radioactive. La consommation de produits radioactifs comme par exemple des champignons ou du lait, ayant été contaminé, est un réel danger pour la population.

Ainsi, même 30 ans après, les effets de la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire sont encore visibles. Ces feux sont des phénomènes qui se renouvellent presque chaque année. Une des raisons de la grandeur des incendies de cette année est liée à la pandémie de Coronavirus. En effet, les autres années, des équipes de Greenpeace Russie avait offert leur aide pour lutter contre les incendies dans des zones contaminées.

Ces incendies prouvent que des situations d’urgence en lien avec le nucléaire peuvent alourdir d’autres contextes d’urgence. Au final, la capacité à faire face ces situations se révèle être très faible. La catastrophe de Tchernobyl va encore être une menace pour les générations futures. N’est-il pas temps de réellement abandonner le nucléaire et de mettre en place des alternatives viables comme par exemple l’hydrogène ?

 Par La Rédaction, publié le 12 mai 2020

https://larevuedestransitions.fr/2020/05/12/feux-a-tchernobyl-quelles-consequences/

NUCLÉAIRE : COMMENT EDF VEUT PASSER L’HIVER

La crise sanitaire chamboule le programme de travaux des réacteurs nucléaires. EDF, dont la production a fortement chuté, s’adapte, en croisant des doigts…

Ils se sont mis à plusieurs, ces dernières semaines, pour faire les gros yeux à EDF. Dans le désordre : Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, qui s’inquiète en ces termes devant les députés, le 30 avril : « La crise que nous vivons nous montre les difficultés que nous avons à mener les grandes opérations […] de maintenance de nos centrales nucléaires » ; Bernard Doroszczuk, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le « gendarme du nucléaire », le 28 avril, qui se demande s’il y a assez « de marges en matière de production » nucléaire ; ou encore l’Union des entreprises utilisatrices d’énergie, dont les représentants écrivent une lettre au gouvernement afin de s’assurer qu’elles pourront toujours compter sur l’énergie nucléaire pour se développer. Le coronavirus n’attaque pas seulement les humains ; il semble aussi chambouler cinquante années de politique nucléaire en France, et faire vaciller EDF.

Lire aussi : Décret sur la programmation de l’énergie : « C’est l’auberge espagnole ! »

Lorsque l’épidémie apparaît en France, l’électricien doit repenser tous ses plans. « Nous avons revu nos processus, mais nous ne nous sommes jamais arrêtés », dit Étienne Dutheil, le directeur du parc nucléaire d’EDF. Comme chaque année, la plupart des centrales doivent subir des travaux de plus ou moins grande envergure. Certains, les plus importants, sont programmés depuis des années. C’est le cas des visites décennales et des arrêts de tranches. Tout le programme savamment concocté est à revoir. Les effectifs sont évidemment en baisse, et les mesures barrières ralentissent les chantiers : EDF estime que le niveau d’activité n’est plus, durant la crise sanitaire, que de 60 à 70 % par rapport à la normale. Recharger le combustible, par exemple, prend deux mois supplémentaires, et une visite décennale sera allongée de trois mois.

Lever le pied sur le combustible

La direction d’EDF doit donc arbitrer : certains chantiers (il y en a une quarantaine en tout) sont reportés, à la fin de l’année ou en 2021, d’autres sont conservés dans le planning, mais allongés. Cinq chantiers prioritaires sont maintenus, et réalisés. À Chinon 3, la visite décennale est assurée, et le changement de combustible est effectué à Tricastin 2, Bugey 5 ou encore Gravelines 2. « Ces réacteurs seront pleinement disponibles cet hiver », jure-t-on chez EDF. Mardi 12 mai, 36 réacteurs (sur 57) étaient en fonctionnement, les autres étant soit à l’arrêt pour travaux, soit en baisse de puissance.

Lire aussi : L’avenir incertain du nucléaire français

La crise provoque un deuxième effet : la baisse de consommation d’électricité, évaluée à 20 % au plus fort du ralentissement économique. Ceci explique pourquoi EDF fait fonctionner au ralenti certaines de ses centrales. En levant le pied, donc en économisant du combustible, l’électricien vise un deuxième objectif : garder en réserve des réacteurs gonflés à bloc, qui seront prêts à fournir de l’électricité cet hiver. Il ne s’agirait évidemment pas de devoir arrêter une centrale pour la recharger en combustible en pleine vague de froid. Tout le planning de travaux d’EDF, revu fin avril avec l’ASN, vise à être prêt lorsque la demande remontera. « Nous devons mettre tous les moyens pour atteindre cet objectif, même si nous devons rester humbles. L’hiver est toujours une phase critique, on le sait d’expérience », dit-on avenue de Wagram, siège d’EDF.

Le titre a perdu 12 % depuis le début de la crise

L’électricien se veut évidemment confiant. Ses ingénieurs savent que, pour passer l’hiver sans difficulté majeure, il faut pouvoir compter sur environ 45 réacteurs disponibles, ce qui semble un objectif atteignable. EDF n’a d’ailleurs guère le choix : l’entreprise est soumise à un cahier des charges selon lequel la probabilité de recourir au délestage, c’est-à-dire à la coupure de certains clients, doit être inférieure à 1 %. Pour respecter cette obligation, EDF comptera sur une température clémente l’hiver prochain, et sur une reprise économique… molle. Dans le cas contraire, si l’activité reprenait avec vigueur durant un hiver glacial, la consommation d’électricité pourrait elle aussi grimper en flèche, mettant en difficulté le parc de production (qui ne compte pas que du nucléaire). Mais, pour l’heure, on s’attend plutôt, avenue de Wagram, à un hiver moins gourmand en énergie que les années précédentes, parce que l’activité économique devrait être moins forte qu’à l’habitude. Et si vraiment EDF tirait la langue, l’entreprise dispose d’une autre marge : les 10 % de production que, chaque année, elle exporte.

Lire aussi :  Comment les énergies vertes veulent profiter de la crise

Dans tous les cas, les comptes de l’entreprise publique ressentiront les effets de la crise sanitaire. Depuis quelques semaines, entraînée vers le bas par une consommation en berne, sa production a chuté jusqu’à un plancher jamais atteint depuis trente ans ! EDF a d’ores et déjà annoncé que les prévisions pour 2021 et 2022 seraient bien moins élevées que la production fixée initialement pour 2020 (330 à 360 TWh, contre 375 à 390 TWh en 2020). Les objectifs financiers pour 2020 et 2021 ont été remisés, et le titre a perdu 12 % depuis le début de la crise. Autre tuile : à la fin du mois de juin, le deuxième réacteur de Fessenheim, une centrale qui jusqu’alors rapportait gros à EDF, devra fermer. Mais celle-là, ce n’est pas le coronavirus qui a eu sa peau. C’est une décision politique.

Par Michel Revol, Le Point.fr, publié le 13/05/2020 à 14h00, modifié le 13/05/2020 à 15h36

Photo en titre : Centrale nucléaire de Golfech. Trente-six réacteurs (sur cinquante-sept) sont pour l’heure en fonctionnement. © LIONEL BONAVENTURE / AFP

https://www.lepoint.fr/economie/nucleaire-comment-edf-veut-passer-l-hiver-13-05-2020-2375364_28.php

CIS BIO INTERNATIONAL : ANOMALIES RELATIVES À LA COLLECTE DES EFFLUENTS LIQUIDES RADIOACTIFS DE L’INSTALLATION

Concerne : Usine de production de radioéléments artificiels (CIS bio international) – Fabrication ou transformation de substances radioactives – Cis-Bio

CIS bio international, exploitant de l’INB n° 29 à Saclay, a déclaré le 19 avril 2019 à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à une anomalie concernant la sonde de détection d’humidité dans la rétention d’une cuve d’entreposage d’effluents liquides radioactifs de l’installation.

La société CIS bio international exerce, dans son installation nucléaire de base de Saclay, des activités de recherche et développement, de production et de distribution de produits radiopharmaceutiques et d’appareils à usage médical pour le diagnostic et la thérapie. Du fait de ses activités, l’installation génère des effluents liquides radioactifs qui sont envoyés, par différents réseaux de tuyauteries, dans des cuves d’entreposage avant évacuation de l’installation. Ces cuves sont implantées sur des rétentions, dans des fosses équipées de sondes de détection d’humidité. La gestion de ces cuves et réseaux de collecte des effluents est encadrée par les règles générales d’exploitation de l’installation, notamment pour le traitement de toute anomalie constatée.

Le 4 février 2019, CIS bio international, à la faveur d’une intervention programmée, a constaté la présence anormale de liquide contaminé dans la rétention d’une cuve. Par ailleurs, ce liquide n’avait pas été détecté par la sonde de détection d’humidité dans la rétention car elle était retirée de sa position normale, ce qui la rendait inopérante. À la suite d’une première analyse de l’événement transmise à l’ASN en juillet 2019, CIS bio international a mené des investigations supplémentaires et complété son compte-rendu de l’événement en avril 2020.

L’analyse détaillée de cet événement a révélé d’autres écarts concernant les équipements associés à la cuve, tels que l’infiltration d’eau de pluie dans la rétention, une bride de tuyauterie non serrée et sans joint, la présence anormale d’effluents dans une autre rétention du réseau de tuyauteries, également soumise à des infiltrations, le défaut d’étanchéité de ces tuyauteries et la défaillance des sondes de détection d’humidité dans cette rétention dont le dernier contrôle périodique n’avait pas été fait. Ces écarts, dont certains étaient connus ou étaient consécutifs à des interventions, n’avaient pas été traités antérieurement à la déclaration d’événement, ou avaient fait l’objet de traitements inappropriés. Cette situation qui s’avère ancienne est révélatrice de dysfonctionnements importants, qui n’ont pas permis de respecter les règles d’exploitation de l’installation, et traduit des défauts de culture de sûreté et de rigueur d’exploitation.

Cet événement n’a pas eu d’incidence sur les personnes. Toutefois, compte tenu du nombre d’écarts mis en évidence par l’analyse de l’exploitant, des lacunes dans leur traitement antérieurement à la déclaration de l’événement, des dysfonctionnements organisationnels, des manques de culture de sûreté et de rigueur d’exploitation qui en ressortent et qui n’ont pas permis de respecter les règles d’exploitation de l’installation, l’ASN reclasse cet événement au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

À la suite de la déclaration de l’événement, l’exploitant a mis en œuvre des actions pour vider les effluents recueillis dans les rétentions et pour réparer, remettre en conformité et en service les équipements défectueux.

Publié le 12 mai 2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Anomalies-relatives-a-la-collecte-des-effluents-liquides-radioactifs-de-l-installation

JAPON : LA MARINE VA ÉVALUER L’IMPACT DES EAUX RADIOACTIVES DE FUKUSHIMA SUR SES OPÉRATIONS

SÉOUL, 12 mai (Yonhap) — La marine projette d’analyser l’impact des eaux contaminées par la radioactivité sur ses opérations, ont fait savoir ce mardi des officiels, dans un contexte de craintes sur le rejet prévu d’eaux radioactives de la centrale nucléaire de Fukushima dans l’océan.

Le Japon se prépare à rejeter dans la mer des eaux contaminées de la centrale nucléaire qui a été dévastée par un séisme et un tsunami en 2011. Plus de 1,1 million de tonnes d’eaux contaminées sont stockées provisoirement dans la centrale de Fukushima.

Selon une notice publiée sur un site Internet du gouvernement, la marine projette de commander une étude sur les impacts potentiels des eaux radioactives sur les zones de ses opérations maritimes et sur les moyens de mener de manière stable ses missions.

«Nous avons vu une possibilité croissante de rejet d’eaux contaminées dans nos zones opérationnelles et nous avons besoin d’évaluer l’impact sur la santé de nos marins et le matériel militaire, entre autres», a dit un officiel de la marine.

C’est la première fois que l’armée navale prend des mesures pour examiner le cas de Fukushima, bien qu’elle n’ait pas mentionné spécifiquement le Japon dans son plan de commande de la recherche.

«L’étude prévue est destinée à élaborer des directives détaillées et manuels de réponse de manière globale», a fait savoir l’officiel.

Par rainmaker0220@yna.co.kr, publié le 12 mai 2020 à 14h35

Photo en titre : Construction de nouveaux réservoirs de stockage d’eau près du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Fukushima, le lundi 18 novembre 2019. (Photo fournie par l’Association de recherche de la sécurité nucléaire du Japon. Revente et archivage interdits)

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20200512001900884?section=national/index

LES SOCIAUX-DÉMOCRATES ALLEMANDS NE VEULENT PLUS DES ARMES NUCLÉAIRES ÉTATS-UNIENNES

Se désolidarisant de la doctrine offensive de Donald Trump, la direction du Parti social-démocrate (SPD) plaide le refus du transport et du stationnement de ses bombes en Allemagne. Une proposition qui fait beaucoup de remous outre-Rhin.

La direction du Parti social-démocrate (SPD) revendique la fin de la «participation » (nukleare Teilhabe) de l’Allemagne au déploiement nucléaire états-unien sur son territoire et revendique un débat au Bundestag sur cette question. Cette « participation » est établie par un dit « contrat de fonctionnement » de l’Otan qui transforme automatiquement, en cas de conflit, les avions de la Bundeswehr en porteurs des armes atomiques états-uniennes stationnés outre-Rhin. La proposition a soulevé aussitôt des réactions indignées de la CDU/CSU, troublant quelque peu l’ambiance d’ « union sacrée face au coronavirus » qui semblait caractériser d’autant plus le climat politique dans le pays que la gestion des affaires relève déjà d’une «grande coalition » entre la CDU/CSU d’Angela Merkel et le SPD.

Dans le monde, près de 2 000 milliards de dollars sont dépensés pour les armes

Appuyé par les deux nouveaux coprésidents du parti, Saskia Esken et Norbert Walter-Borjans, le président du groupe parlementaire SPD au Bundestag, Rolf Mützenich, apparaît comme l’un des principaux protagonistes de cette initiative. Il la justifie au vu de la nouvelle doctrine nucléaire de Donald Trump qui envisage désormais l’emploi de la bombe atomique, «  non plus sur un strict plan dissuasif », mais possiblement en lien avec une intervention militaire offensive.

Répondant à une interview du quotidien berlinois Tagesspiegel, Mützenich s’appuie sur ce changement de donnée stratégique pour réclamer en toute logique « la fin du stationnement des armes nucléaires états-uniennes sur le sol allemand ». Élu en 2019 à la tête du groupe SPD du Bundestag, le député, qui appartient à l’aile gauche du parti, relie aussi la démarche aux enseignements qu’il conviendrait de tirer de la crise du coronavirus. «  Dans le monde, pointe Mützenich, près de 2 000 milliards de dollars sont dépensés pour les armes. N’est-il pas temps d’en consacrer au moins une partie pour combattre la pandémie et reconstruire l’économie ?»

Trump insiste pour que l’Allemagne augmente son budget militaire

L’initiative a ravivé brusquement les fractures qui se dessinaient déjà avant la crise du Covid-19 au sein du pouvoir. La ministre de la Défense CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer (AKK), a choisi une orientation à l’exact opposé des demandes du SPD. Elle vient en effet de donner son accord à un très coûteux achat de 45 avions états-uniens F-18 fabriqués par Boeing, destinés à remplacer les Tornado vieillissants de la Bundeswehr, ceux-là mêmes qui sont censés transporter les bombes nucléaires états-uniennes. La démarche, qui lui a valu les félicitations du secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, répond aux demandes réitérées de Trump à Berlin, à chaque réunion de l’Alliance atlantique pour que l’Allemagne augmente son budget militaire et le porte à 2 % de son PIB (contre 1,3 % aujourd’hui.)

Le débat pour le désarmement est lancé

Au sein du SPD, les débats risquent également d’être houleux. Une vieille garde schröderienne, à laquelle appartiennent plusieurs poids lourds du gouvernement, dont Olaf Scholz, le ministre des Finances, et Heiko Maas, celui des Affaires étrangères, a accueilli favorablement la démarche de la ministre de la Défense, et juge « inapproprié » de se mettre ainsi en froid avec Trump, en dépit de sa nouvelle stratégie nucléaire.

Le débat n’est pas près de s’éteindre. Même si les circonstances de la pandémie peuvent sans doute permettre à la chancelière, comme à l’aile droite du SPD, d’éviter un collapse gouvernemental immédiat. Il pourrait resurgir très rapidement au sein d’un SPD dont nombre de militants n’entendent plus avaler les couleuvres de la grande coalition. En particulier quand il s’agit de cet enjeu si crucial de la lutte pour le désarmement. On comprend combien ce combat-là aurait toutes les raisons d’être positivement relayé de ce côté-ci du Rhin et plus largement en Europe.

Par Bruno Odent, publié le mardi 12 mai 2020

Photo en titre : Rolf Mützenich, président du groupe parlementaire SPD au Bundestag © Bernd von Jutrczenka/dpa/AFP

https://www.humanite.fr/les-sociaux-democrates-allemands-ne-veulent-plus-des-armes-nucleaires-etats-uniennes-688941

DES DÉCHETS NUCLÉAIRES AUX PORTES DU LUXEMBOURG

La ministre de l’Environnement, Carole Dieschbourg, entend mobiliser la population pour s’opposer à un projet de l’État belge d’enfouir des éléments radioactifs non loin de la frontière. L’impact environnemental pourrait concerner l’approvisionnement en eau potable.

Le temps presse. Jusqu’au 13 juin, il est possible de s’exprimer sur l’avant-projet fédéral de l’État belge de créer sur son territoire des sites de stockage de déchets radioactifs. Et l’État luxembourgeois compte bien profiter de ce (court) délai pour marquer son opposition à cette initiative. Mardi, la ministre de l’Environnement Carole Dieschbourg (Déi Gréng) a même insisté pour que «citoyens, élus, associations, ONG, syndicats se joignent au gouvernement pour exprimer ce refus».

Ainsi, la Belgique a-t-elle fait connaître une liste de sept sites où, possiblement en fonction de la nature du sous-sol, il lui serait possible d’enfouir des éléments issus de ses centrales nucléaires. Et parmi ces endroits, certains se trouvent tout proches du Grand-Duché, en Gaume par exemple. «Mais ce sont les mêmes couches géologiques qui courent sous nos pieds, de la Belgique au Luxembourg. En cas de problème, nous pourrions avoir une pollution pour des siècles sur nos réserves d’eau potable», alerte la ministre écologiste.

La consultation transfrontalière qui vient d’être lancée par les autorités belges ne comporte malheureusement guère plus de détails. C’est bien là une incohérence que soulève le gouvernement luxembourgeois. «On nous présente un dossier sans évaluation stratégique des impacts sur l’environnement (…) C’est non transparent!», regrette Carole Dieschbourg face à un projet pouvant menacer la nature mais aussi la vie des citoyens. «Ce n’est pas l’approche que nous souhaitons entre voisins».

Voilà notamment deux zones retenues par les autorités belges qui préoccupent l’Etat luxembourgeois.(Détail : site Géoportail.lu)

Mais pour la ministre verte et le restant du gouvernement, il est capital que les citoyens s’activent face à ce «dossier comptant une série d’incohérences». Dès mercredi, l’État publiera dans les quotidiens des pages d’information sur ce qui est connu de ce programme d’enfouissement, invitant chacun à signifier son opposition afin que ne soit pas signé l’arrêté royal qui rendrait les choix définitifs. Des informations et une cartographie ont également été mises en ligne sur le site du ministère.

Au-delà de la pression populaire, l’État compte aussi se servir du droit pour stopper le dispositif belge. Notamment via la directive européenne sur les incidences environnement et la convention Espoo qui prévoient une totale transparence sur les projets d’un État pouvant en impacter un autre. Le ministre de l’Énergie, Claude Turmes (Déi Gréng), avait déjà agité cet épouvantail concernant le devenir de la centrale nucléaire de Cattenom côté français, voilà le texte qui pourrait bien être utile face aux intérêts de la Belgique cette fois.

Les sept sites envisagés

  1. Namur (à 80 km de la frontière luxembourgeoise)
  2. Dinant (à 70 km de la frontière)
  3. Le Plateau de Herve (à 55 km de la frontière)
  4. En Gaume (cette couche géologique commence à 5 km de la frontière)
  5. Le synclinal de Neufchâteau (cette couche traverse le Grand-Duché de Luxembourg)
  6. Massifs de Rocroi (à 88 km de la frontière)
  7. Massifs de Stavelot (15 km de la frontière)   

Par Patrick JACQUEMOT, publié le mardi 12 mai 2020

Photo en titre : Carole Dieschbourg, au nom de l’État luxembourgeois, émettra un avis critique sur le projet belge d’enfouissement.

https://www.wort.lu/fr/granderegion/des-dechets-nucleaires-aux-portes-du-luxembourg-5eba71dada2cc1784e35d8a2a

PARIS : COVID-19, EDF SOUS-TRAITE 80% DE LA MAINTENANCE DE SES CENTRALES

Le constat est glaçant, depuis le confinement la plupart des salariés présents sur les sites électronucléaire et hydraulique sont des intérimaires embauchés par les sous-traitants d’EDF, des personnels rarement formés pour gérer l’ensemble des procédures en cas de crises de fonctionnement.

Olivier Soria se plonge dans le droit du travail et révèle les dessous de ces zones interdites.

Depuis les années 2000, EDF a mis en place un dispositif qui permet à l’électricien de faire face, avec 25 % des effectifs en moins, à des pandémies de type grippe, et deux à trois semaines avec 40 % de personnes en moins. Mais avec le Covid-19, c’est avec 75 % d’effectifs en moins que les centrales nucléaires doivent fonctionner, car le plan ne prévoyait pas le recours massif au droit de retrait, aux arrêts maladie et à la fermeture des crèches et des écoles, contraignant les parents à garder leurs enfants (de moins de 16 ans).

Effectif réduit sur site

À la mi-mars, EDF a dû modifier ses procédures de contrôle de radioactivité après l’exercice par quelques salariés de leur droit de retrait pour cause de crainte de contamination virale. Le groupe a placé en télétravail tous les agents relevant des fonctions supports et tous les ingénieurs. Seuls, les agents chargés de la protection de la centrale (pilotage et surveillance des réacteurs), de la maintenance et des analyses environnementales sont restés.

Sous-traitance et travaux dangereux

Pour maintenir la continuité de la production d’électricité, EDF s’appuie donc sur un réseau de 160 000 sous-traitants qui participent au maintien, à la production, à la distribution, au traitement et au conditionnement des déchets. Selon la législation française de la sous-traitance, pour des raisons évidentes de sécurité publique, il est illégal de laisser la gestion de 80 % de la maintenance du parc nucléaire français à autant d’intérimaires embauchés par des sous-traitants. La réduction des effectifs et la lourdeur des mesures de protection sanitaire imposent la présence d’employés EDF pour assurer la sécurité des centrales. Hélas, depuis plus de vingt ans, une logique de réduction des coûts par la précarisation des salariés empêche ce mode de fonctionnement.

Ce que dit la loi

Les diverses mesures de la loi relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire (TSN) reposent sur le constat partagé selon lequel le recours à la sous-traitance, surtout en cascade, crée une organisation du travail souvent génératrice d’interférences entre les activités, les matériels ou les installations des différents établissements concernés : «Ce phénomène constitue donc un facteur aggravant des risques professionnels et environnementaux qui accroît leur probabilité de réalisation (réponse à une QE publiée dans le JO Sénat du 14/04/2011 – page 964), ce qui dans le cadre d’une centrale nucléaire n’est pas acceptable vu les conséquences dramatiques d’un accident nucléaire.»

La définition juridique du contrat de sous-traitance

Le contrat de sous-traitance doit remplir trois conditions : . Il est nécessaire d’avoir l’accord préalable du maître d’ouvrage qui accepte les sous-traitants.

. Il faut ensuite que les sommes dues aux sous-traitants soient garanties par un cautionnement.

. Enfin, il faut que les tâches effectuées par le sous-traitant soient spécifiques, c’est-à-dire ne pouvant être exécutées techniquement par le donneur d’ordre.

Le contrat de sous-traitance ne consiste pas dans la vente d’une simple prestation, mais d’une prestation accompagnée d’un suivi de compétences particulières qui, sans elles, rendent d’une part inutilisable la prestation de service et, d’autre part, que cela se fasse dans le cadre de conditions de formes et de fonds définies par la loi de 1975. À croire que les 80 % des sous-traitants d’EDF maîtrisent des techniques que ne possède pas EDF en interne et justifient donc le recours à la sous-traitance. Mais, ici, c’est bien EDF qui détient la maîtrise totale des techniques mises en place dans les centrales nucléaires. Il apparaît donc que le recours aux sous-traitants n’est pas effectué en fonction d’un défaut de maîtrise interne, mais comme une technique de management des travailleurs afin d’exclure ces derniers des garanties de la convention collective d’EDF. Le recours massif à la sous-traitance peut donc être qualifié ici de totalement illégal.

Des conditions de travail dénuées de mesures de protection sanitaire

Des témoignages récents permettent d’avoir des informations sur les conditions de travail des salariés du nucléaire en cette période de confinement. Gilles Reynaud, président de l’Association de défense des sous-traitants de l’industrie nucléaire, s’inquiète du fait que les travailleurs n’ont pas de masques, pas de gel hydroalcoolique et ne peuvent pas respecter les distances de sécurité qui permettent de prévenir la propagation du Covid-19. Le 26 mars dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire a alerté la direction d’EDF sur la situation de ces salariés sous-traitants «en lui demandant de définir clairement quelles sont les activités de maintenance ou de logistique pour lesquelles une continuité est indispensable» et «de veiller à ce que les conditions de santé et sécurité soient communiquées et mises correctement en place». Pour l’instant, la situation ne semble pas avoir évoluée, les conditions de travail semblent même se dégrader au fil du confinement et de l’absence grandissante de personnel encadrant.

Lire l’intégralité de la tribune d’Olivier Soria : https://theconversation.com/nucleaire-pendant-le-confinement-un-recours-massif-et-illegal-a-la-sous-traitance-136902

Par Olivier Soria, Enseignant chercheur en droit des affaires, droit social et droit de l’environnement, KEDGE

À propos de Olivier Soria :

Olivier SORIA est docteur en droit social et enseignant-chercheur à KEDGE pour les masters 1 et 2 en management environnemental. Intervenant dans de nombreuses conférences internationales comme le festival de géopolitique de Grenoble ou dans la COP 21. Il a écrit de nombreux articles et livres sur le droit de l’environnement.

Par Floriane dans INFOS NATIONALES, publié le 11 mai 2020

http://www.presseagence.fr/lettre-economique-politique-paca/2020/05/11/paris-covid-19-edf-sous-traite-80-de-la-maintenance-de-ses-centrales/

L’AMÉRIQUE ET LA GRANDE-BRETAGNE JOUENT À DES JEUX DE LA GUERRE FROIDE AVEC LA RUSSIE DANS L’ARCTIQUE

Les navires de guerre de l’OTAN retournent dans la mer de Barents glacée pour la première fois en une génération.

LA MER DE BARENTS n’est pas un endroit accueillant pour les visiteurs. « Des tempêtes de neige fréquentes … ont effacé le pays pendant des heures« , a écrit un sous-marinier britannique malchanceux envoyé là-bas pour fouiner pendant la guerre froide. «Nous avons été confrontés à la bestialité des embruns qui se sont transformés en glace avant même qu’ils ne frappent nos visages ». Il n’est donc pas surprenant que les navires de guerre américains se soient tenus à l’écart de la mer depuis le milieu des années 80 – jusqu’à leur retour la semaine dernière.

Leur présence fait partie d’un fluage constant vers le nord des forces navales de l’OTAN. En 2018, l’alliance, rejointe par la Suède et la Finlande, a organisé Trident Juncture, son plus grand exercice depuis la fin de la guerre froide, en Norvège. Cela impliquait le premier déploiement d’un porte-avions américain dans le cercle arctique depuis trois décennies. Les navires de guerre occidentaux ont été des visiteurs fréquents depuis. Le 1er mai, un «groupe d’action de surface» de deux destroyers américains, un sous-marin nucléaire, un navire de soutien et des avions de patrouille maritime à longue portée, ainsi qu’une frégate britannique, ont exercé leurs compétences de sous-chasseur en mer de Norvège.

De tels exercices ne sont pas inhabituels. Mais le 4 mai, certains de ces navires se sont détachés et ont navigué plus au nord dans la mer de Barents, avec un troisième destroyer. Bien que les sous-marins américains et britanniques parcourent régulièrement la zone, pour espionner secrètement les installations et les exercices russes, les navires de surface ne l’ont pas fait depuis une génération. Le 7 mai, la marine russe a accueilli les visiteurs indésirables en annonçant qu’elle mènerait également des exercices dans la mer de Barents, en réalité des tirs réels. Le 8 mai, après avoir célébré le jour de la VE dans l’arrière-cour de la Russie et achevé plusieurs jours «d’opérations soutenues haut de gamme», les navires de l’OTAN sont partis.

C’est une décision importante. Le déploiement de destroyers porteurs de systèmes de défense antimissile et de missiles de croisière à attaque terrestre est particulièrement affirmé. Après tout, la région est le cœur de la puissance navale russe, y compris les armes nucléaires sous-marines du pays. La flotte nordique de la Russie est basée à Severomorsk sur la péninsule de Kola, à l’est des franges les plus élevées de la Norvège.

Les marines occidentales sont impatientes de montrer que covid-19 n’a pas émoussé leurs épées, à une époque où l’Amérique et la France ont chacune perdu un porte-avions à cause du virus. Mais leur intérêt pour le Grand Nord est antérieur à la pandémie. L’un des objectifs de l’incursion dans la mer de Barents était «d’affirmer la liberté de navigation», a déclaré la marine américaine. La Russie a imposé des règles aux navires qui souhaitent transiter par la route maritime du Nord (NSR), un passage arctique entre l’Atlantique et le Pacifique qui devient de plus en plus navigable à mesure que le réchauffement climatique fait fondre les calottes glaciaires (voir carte). L’Amérique se moque de ces demandes, insistant sur le fait que les navires de guerre étrangers ont le droit de traverser innocemment les eaux territoriales en vertu du droit de la mer. Bien que l’exercice de la semaine dernière n’ait pas pénétré dans le NSR, il pourrait laisser entendre qu’il est disposé à le faire à l’avenir.

 

De plus, l’Arctique est un facteur croissant dans la politique de défense de l’OTAN. La Russie a renforcé sa flotte du Nord ces dernières années, en ajoutant des systèmes de défense aérienne, des dépôts de missiles et de nouveaux navires. Les sous-marins russes restent «dépassés en nombre» par les sous-marins américains, déclare Michael Kofman du Center for Naval Analyzes. Mais ils sont de plus en plus occupés. L’activité sous-marine russe est à son plus haut niveau depuis la guerre froide, selon les commandants de l’OTAN. Dix sous-marins auraient fait irruption dans l’Atlantique Nord en octobre pour vérifier s’ils pouvaient échapper à la détection.

«La marine russe est beaucoup plus active aujourd’hui qu’elle ne l’était dans les années 1990 et 2000, mais ce retour était inévitable compte tenu du manque d’activité et de financement à cette époque», explique M. Kofman. Néanmoins, cette accumulation inquiète les planificateurs de l’OTAN. Les nouveaux sous-marins russes sont silencieux et bien armés. En conséquence, le «bord acoustique» de l’alliance – sa capacité à détecter des sous-marins à des portées plus longues que la Russie – «s’est considérablement rétréci», note un récent article de Nick Childs de l’Institut international d’études stratégiques (IISS), un groupe de réflexion à Londres.

La Russie utilise principalement ses sous-marins d’attaque pour défendre un «bastion», la zone de la mer de Barents et de la mer d’Okhotsk où patrouillent ses propres sous-marins nucléaires à missiles balistiques. Mais certains amiraux de l’OTAN craignent que, dans un conflit, certains ne constituent une menace plus large pour l’alliance. Une force navale russe distincte connue sous le nom de Direction principale de la recherche en haute mer (GUGI, dans son acronyme russe) pourrait également viser le fourré de câbles qui traversent l’Atlantique.

Le défi est familier. Pendant une grande partie de la guerre froide, les alliés de l’OTAN ont cherché à mettre en bouteille la flotte soviétique dans l’Arctique en établissant un piquet à travers le soi-disant fossé GIUK, une route de transit entre le Groenland, l’Islande et la Grande-Bretagne qui était tendue de postes d’écoute sous-marins. «Nous passerons tous les filets de sonar impérialistes, et nous ne pourrons pas être détecté!  » déclare le capitaine Ramius, commandant de la Octobre rouge, le sous-marin soviétique éponyme du premier roman de Tom Clancy en 1984.

L’écart est maintenant de retour à la mode et l’OTAN réinvestit dans les capacités anti-sous-marines après des décennies de négligence. L’Amérique a intensifié les vols d’avions de sous-chasse P8 en provenance d’Islande, et la Grande-Bretagne et la Norvège créent leurs propres escadrons P8. L’objectif est de suivre et de maintenir en danger les sous-marins nucléaires russes le plus tôt possible, car même un seul dans l’Atlantique pourrait causer des problèmes à travers une large bande océanique.

Mais un périmètre défensif peut ne pas suffire. Une nouvelle génération de missiles basés sur des navires russes pourrait frapper des navires ou des territoires de l’OTAN loin au nord de l’écart GIUK, peut-être même à partir de la sécurité des ports d’attache. «Ce développement technologique représente une menace dramatiquement nouvelle et difficile pour les forces de l’OTAN», conclut l’IISS. Des préoccupations similaires ont conduit l’administration Reagan à adopter une posture navale plus offensive, envoyant des forces au-dessus de l’écart et dans le bastion maritime de l’Union soviétique. «Je suis frappé par des similitudes avec les années 80», explique Niklas Granholm de l’Agence suédoise de recherche pour la défense, évoquant la présence anglo-américaine dans la mer de Barents. « Une stratégie maritime avancée pour se rapprocher de la flotte du Nord de la Russie, plutôt que de la rencontrer plus au sud.« 

Par Erlando Haskett dans News publié le 10 mai 2020 à 8h04

https://news-24.fr/combats-dans-le-nord-lamerique-et-la-grande-bretagne-jouent-a-des-jeux-de-la-guerre-froide-avec-la-russie-dans-larctique-leurope-%EF%83%97/

UNE INSTALLATION DE DÉCHETS NUCLÉAIRES SANS AUTORISATION ?

Communiqué de presse

Électricité de France a été autorisée par le décret n° 2010-402 du 23 avril 2010 à créer sur le territoire de la commune de Saint-Vulbas (01) une installation nucléaire de base dénommée « Installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés (ICEDA)« . Mais ce décret exigeait une mise en service de cette installation avant le 25 avril 2020.

Cette installation est aujourd’hui presque achevée mais, depuis la visite de cette installation organisée pour la Commission Locale d’Information (CLI) du site le 18 mai 2018, aucune information n’a été donnée par EDF à la CLI, malgré plusieurs demandes faites par le représentant de l’association Sortir Du Nucléaire Bugey. Pire, lors de la dernière CLI du 25 novembre 2019, le directeur du site nucléaire du Bugey n’a rien dit sur cette installation lors de sa présentation générale du site à destination des nouveaux membres de la CLI.

La réalisation de cette installation, pourtant plus simple qu’un réacteur nucléaire, semble poser des problèmes à EDF, ainsi qu’à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et à l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN). Le dossier de mise en service de cette installation présenté par EDF à l’ASN le 8 juillet 2016 présentait des insuffisances. Les compléments d’EDF n’ont été apportés qu’en janvier et octobre 2019, soit 3 ans après la demande initiale. À ce jour, ce dossier n’a pas encore reçu la validation de l’ASN.

Aussi, les associations Sortir Du Nucléaire Bugey, Sortir Du Nucléaire Isère, Rhône-Alpes Sans Nucléaire et Association Chalonnaise pour une Transition Ecologique (ACTE), membres de la coordination Stop Bugey, viennent d’adresser des courriers recommandés à Mme Élisabeth Borne, Ministre de la Transition Écologique et Solidaire et à M. Bruno Le Maire, Ministre de l’Économie et des Finances. Dans ces courriers, les associations demandent aux Ministres de mettre fin à l’autorisation de création d’ICEDA.

Depuis de nombreuses années, ces associations s’opposent à cette installation de conditionnement et d’entreposage de déchets radioactifs implantée à 40 mètres du bord du Rhône. Celle-ci va recevoir des déchets radioactifs venant de toute la France et conduira à des dizaines de convois dangereux de déchets nucléaires sur les routes proches du site du Bugey, dont le pont de Loyettes et sur la voie ferrée desservant le site avec des manipulations des wagons en gare SNCF d’Ambérieu en Bugey. La pollution radioactive du site sera accrue, en particulier par une augmentation notable des rejets de tritium gazeux.

Parmi les problèmes qu’EDF rencontre avec cette installation, il y a la tenue dans le temps des colis en béton dans lesquels vont être enfermés les déchets radioactifs avant leur entreposage. Tel qu’initialement envisagé, la chaleur dégagée par ces colis conduirait à une température trop élevée dans les halls d’entreposage et à une détérioration des colis (réaction sulfatique, gonflement, …). Suite à l’avis de l’IRSN sur ce sujet, EDF a dû limiter la puissance thermique maximale des colis entreposés dans chaque hall à 30 kW au lieu de 80 kW, d’où une probable réduction des capacités d’entreposage de chaque hall, laissant présager une future extension de cette installation.

Par ailleurs, d’après des informations émanant des avis de l’IRSN, il apparaît que l’autorisation initiale d’ICEDA telle qu’actée par le décret précité, ne serait plus conforme avec les déchets qu’EDF voudrait conditionner et entreposer dans cette installation. En particulier, il serait envisagé :

– des déchets d’exploitation émetteurs alpha non autorisés initialement,

– les futurs déchets de démantèlement des actuels réacteurs  à eau pressurisée tels que ceux de Fessenheim,

– la découpe de barres d’Hafnium, qui libérerait des poussières pyrophoriques non compatibles avec le référentiel de sûreté de l’installation,

– une augmentation de la capacité d’accueil des halls d’entreposage qui réduirait les marges de sécurité.

EDF n’ayant pas respecté le délai de mise en service prévu dans le décret autorisant la création d’ICEDA, les associations de la coordination Stop Bugey demandent aux Ministres concernés de mettre fin à cette autorisation et de ne pas prolonger le délai, comme cela vient d’être à nouveau réalisé en catimini pour le réacteur EPR de Flamanville, qui aurait dû être mis en service initialement en 2012.

Pour les associations de la coordination Stop Bugey

Joël GUERRY

Contacts :

Jean-Pierre Collet : 06 81 09 75 87

Joël Guerry : 06 49 45 57 44

Publié le 10 mai 2020

http://www.stop-bugey.org/category/communiques-de-presse/

À PROPOS DU DOCUMENTAIRE CHOC « PLANET OF THE HUMANS » DE MICHAEL MOORE

Planet of the Humans, le documentaire « choc » sorti très récemment par Michael Moore (dont il n’est pas réalisateur mais producteur exécutif) livre un réquisitoire sévère contre les énergies renouvelables, les illusions de la croissance verte et ses promoteurs américains les plus célèbres, comme Al Gore.

Le film fait (très) polémique, au point qu’un certain nombre d’écologistes et de scientifiques souhaitent qu’il soit retiré de la circulation, estimant qu’il contient trop d’informations trompeuses.

Les avis sont très divisés sur la question même de conseiller ou déconseiller de le regarder.

Après visionnage, je comprends que l’on soit partagé. Comme souvent chez Michael Moore, ce documentaire s’appuie sur un argumentaire sensationnaliste, et parfois très critiquable, où la rigueur fait souvent défaut (voir plus bas « Ce qui pose problème »). Mais dans le même temps, il pose des questions clefs, et porte – maladroitement – un message de fond qui me semble crucial à entendre (voir plus bas « Ce qui est à garder »).

Il est certain que ce film ne devrait pas être partagé par n’importe qui car il est facile d’en tirer des conclusions erronées, et finalement dangereuses. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que les pro-charbons et les climato sceptiques soient ses plus grands défenseurs, trop heureux de voir Michael Moore attaquer les discours environnementaux « mainstream » et de grandes figures américaines du sujet.

Si vous suivez cette newsletter, c’est que vous avez le goût de creuser les questions environnementales, y compris lorsque celles-ci sortent des discours habituels.

Ma recommandation serait donc, si vous êtes curieux de découvrir ce documentaire qui suscite le débat, de le visionner ici (VO sous-titrée français, en accès libre jusqu’au 21 mai) en ayant en tête les remarques précédentes, puis de lire des analyses critiques, dont j’ai tenté une synthèse ci-dessous.

***

Ce qui pose problème

1- Le film donne la fausse impression que les énergies renouvelables (ENR) sont aussi mauvaises, voire pires, pour l’environnement que les énergies fossiles.

Elles sont loin d’être sans défauts, et ne sont certainement pas la solution miracle présentée par tant d’acteurs environnementaux (activistes, entreprises, ONG, politiques…). Mais le documentaire force le trait. Ainsi, contrairement à ce qu’il laisse croire, plusieurs travaux montrent que l’empreinte carbone du solaire et l’éolien est bel et bien nettement inférieure à celle des énergies fossiles (et ce en prenant bien compte tout le cycle de vie). De même, contrairement au propos du film, il a été bien montré que les véhicules électriques engendrent de plus faibles émissions de gaz à effet de serre que les véhicules traditionnels (y compris, même si évidemment leur intérêt est alors plus limité, en cas d’électricité produite au charbon). 

En réalité, le documentaire s’appuie sur des éléments en partie obsolètes (quand ils ne sont pas erronés tout court).

Dans un article de « debunkage », Benjamin Tincq (cofondateur de OuiShare et Goodtech Lab) écrit par exemple que « le «8% d’efficacité» attribué au solaire photovoltaïque est obsolète depuis au moins une décennie. Les panneaux de silicium actuels vont bien au-delà des 20% d’efficacité, et des systèmes comme le photovoltaïque concentré peuvent même doubler ce chiffre. Dans l’ensemble, le film ne prend pas en compte l’augmentation spectaculaire des performances et la très forte chute des coûts – d’un facteur 10 au cours de la dernière décennie, avec des prévisions similaires pour la prochaine ».

« Le seul cas où le solaire et l’éolien sont une mauvaise idée », ajoute-t-il, « est celui où ils viennent remplacer une source de production faiblement carbonée, surtout quand elle est pilotable comme le nucléaire ». (NDLR : et encore, si on ne tient pas compte des risques liés au nucléaire et à ses déchets pour nos descendants et si on oublie le prix de revient du kWh qui est désormais plus bas que celui du futur nucléaire type EPR et qui va encore chuter)

2- Toutes les formes de bioénergie ne doivent pas être mises dans le même sac.

Pour le journaliste scientifique Ketan Joshi, « il est clair que le point de départ du réalisateur était une haine de la bioénergie, qui s’est transformée en haine de toutes les autres formes de décarbonation (sauf le nucléaire, absente du film) ».

Il est vrai que la partie sur la bioénergie est probablement la plus frappante de ce documentaire, car moins connue que les limites de l’éolien et du solaire.

Cela étant, selon Benjamin Tincq le documentaire manque de finesse sur la bioénergie, qui « peut revêtir des formes très différentes – non mentionnées dans le film. Certaines idées de bioénergie sont horribles, comme l’abattage de forêts anciennes pour brûler du bois ou les monocultures de maïs et de canne à sucre pour fabriquer des biocarburants. D’autres ont beaucoup plus de sens [tout en restant cependant limitées] : forêts gérées durablement, biomasse cellulosique issue des déchets agricoles et forestiers, boues municipales, gaz de décharge et peut-être micro-algues à l’avenir. »

3- Le propos sur la démographie n’est pas contextualisé comme il le faudrait sur ce sujet hautement inflammable, facilement récupérable par des idéologies dangereuses. Certains intervenants du film donnent l’impression d’être favorables à des politiques très contestables en la matière.

Ceci étant dit, ce sujet ne doit pas non plus être un tabou comme l’aimeraient un certain nombre de militants écologistes critiques du documentaire. Il faut pouvoir en discuter, justement pour casser certains mythes qui l’entourent. C’était l’objet d’un précédent numéro de Nourritures terrestres (« La prochaine fois qu’on vous parle surpopulation »).

4- Il donne l’impression qu’une large partie des acteurs environnementaux sont malhonnêtes, cupides, « vendus ».

Il est évidemment souhaitable de démasquer le greenwashing surtout lorsque celui-ci est particulièrement grossier. Cela semble être le cas de certaines figures dénoncées dans ce documentaire, dont les réponses à ce film ont paru bien fragiles.

Mais, comme le dit Benjamin Tincq, « les concours de pureté n’aident aucune cause. Avoir des exigences élevées vis-à-vis des militants et organisations climatiques est une toute autre chose que les rejeter entièrement pour leurs imperfections. Le ton de la dernière partie du film est à rapprocher des théories du complot : « Que cachent-ils ? Nous ont-ils menti durant tout ce temps ? ». »

Par ailleurs, le film pointe du doigt le double discours de certains grands groupes qui font la promotion de leurs investissements dans des projets bas carbone tout en continuant de financer massivement des activités destructrices de l’environnement. Dans bien des cas, cela relève effectivement typiquement de greenwashing. Pour autant, le documentaire aurait pu ouvrir le débat suivant : peut-on réellement se permettre de se passer de ce financement, à l’heure où faire advenir une société bas carbone requiert des sommes considérables ? Et si oui, alors comment faire sans ? À moins d’estimer que cette transition-là n’est pas souhaitable, ou pas atteignable, ce qui soulève d’autres questions (NB : ce sujet sera abordé prochainement dans cette newsletter).

Pour finir, ajoutons que de façon générale le documentaire est très avare en chiffres vérifiables, sources scientifiques sérieuses, présentation d’ordres de grandeur, ce qui n’aide pas à la crédibilité des propos. C’est regrettable car cela rend d’autant plus difficile pour les non-experts de distinguer ce qui est d’une part exagéré et trompeur, d’autre part globalement vrai.

Or il y a bel et bien du bon, malgré tout, à retirer de Planet of the Humans…

Ce qui est à garder

1- Le film rappelle un certain nombre de revers actuels des ENR (en particulier concernant le solaire et l’éolien), qu’il s’agisse de leur efficacité réelle ou de leur impact environnemental. Ceux-ci sont déjà bien connus mais restent importants à souligner à l’heure où de nombreux acteurs (entreprises comme politiques) disent viser le « 100% renouvelable » en faisant comme si le reste (modes de vie, modèles d’affaire, modèles de société) pouvait peu ou prou rester en l’état – ce qui relève de l’illusion ou du mensonge.

Parmi ces revers, citons l’intermittence des ENR, la superficie nécessaire pour installer les infrastructures avec des rendements limités, la durée de vie parfois très réduite des éoliennes et panneaux solaires et les différentes implications qui vont avec, l’impact de l’extraction des métaux nécessaires (argent, nickel, étain, cuivre, lithium, cobalt, etc.), etc.

Si le message général qui est retenu du film est que les ENR ne constituent pas “LA” solution permettant de conserver nos modes de vie actuels (…et qu’il n’existe pas de solutions tout court), alors ce film est utile – à condition, cependant, que ce film ne donne pas l’impression qu’il faille mettre sur le même plan ENR et énergies fossiles.

2- Le film souligne les collusions fréquentes, souvent par le biais de « fondations », entre des grands groupes peu « climate-friendly », et des ONG ou activistes très médiatisés, dont la mauvaise foi ou l’inculture écologique est parfois stupéfiante. Il n’est pas impossible que ce film jette un pavé dans la mare et puisse ainsi provoquer des changements en la matière, ou a minima une prise de conscience d’une partie du public avec l’envie de se documenter et d’être moins crédules à l’avenir. Cet enjeu est notamment essentiel pour prendre avec toutes les pincettes qui s’imposent les innombrables « découvertes miraculeuses » régulièrement mises en avant dans des médias, pour régler, pêle-mêle, le problème du plastique, de la pollution de l’air, du réchauffement, etc. et qui incitent dangereusement à penser que nous en sortirons grâce à ces « innovations de rupture ».

3- Comme dit plus haut (avec les nuances qui s’imposent), le film se montre particulièrement intéressant sur les effets délétères de l’utilisation de la biomasse forestière ou des « biocarburants » dont le préfixe « bio » porte trop souvent à confusion

C’est un sujet encore relativement méconnu du grand public (comparé aux revers de l’éolien et du solaire) et qui pourtant est appelé à gagner en importance, et d’autant plus au vu des projets de BECSC (bioénergie avec captage et stockage du carbone), un ensemble de procédés relevant de la géo ingénierie, jugés prometteurs ou dangereux selon les points de vue…

4- Le film peut servir d’électrochoc sur une question philosophique à la fois simple mais fondamentale, au cœur de la difficulté à admettre que la croissance verte est probablement une illusion.

…Et à mes yeux c’est l’écrivaine et réalisatrice Flore Vasseur qui en parle le mieux, dans une chronique récente dont voici les principaux extraits :

« L’énergie « verte » ne sauve pas la planète, encore moins les humains. Mais, pour un temps, elle préserve notre mode de vie. Le confort. L’illusion du progrès. Oui, environnementalistes, politiques et pollueurs se retrouvent autour des énergies vertes car ils n’arrivent pas à imaginer la fin de la croissance. Retirez cela de l’édifice et tout semble s’effondrer. Car de cette croyance nous avons fait société. Et c’est bien tout le problème. Ou ici l’opportunité. Nous avons intériorisé l’idée que notre place dans la Cité dépend de notre capacité à contribuer à son PIB. Toute notre organisation est basée sur ce tour de passe-passe lui-même assis sur un mythe : la croissance illimitée et, en son nom, la destruction du vivant. 

(…) Pourquoi mettre en doute un système assis sur la croissance reste-t-il un blasphème ? Qu’est-ce qui fait si peur ? Cela me turlupine depuis longtemps.

Au milieu du documentaire, il est cette réponse en forme de perle du psychologue américain Sheldon Solomon. Cette croyance en une croissance illimitée est indéboulonnable car elle nous recouvre comme une couverture face à l’angoisse de la mort. C’est très humain : il nous est impossible de penser la fin. C’est notre refus de la considérer qui nous ferait nous accrocher à n’importe quelle solution pour que tout « revienne à la normale », comme avant. « En sécurité ». « Règle ton problème avec la mort et tout devient possible », souffle Solomon [paraphrasant Camus].

Cela tombe bien : le Covid passe par là, par nous. La mort est là. Nous parlons d’elle tout le temps, affichons ses « performances » journalières. Du coup, nous n’avons jamais autant pensé à la vie, à la liberté, à l’après. Et si, pour la plupart d’entre nous, c’était cela qui devait être expérimenté aussi, un aperçu de la fin pour ouvrir les yeux sur le « pendant » ? Une déprogrammation et des questions : les limites étant clairement exposées, que veux-tu ? Que peux-tu ?

(…) Cela passe par un autre système de valeurs, basé sur l’utilité sociale, le lien et l’ancrage. La frugalité, la solidarité et le temps long. Le sens et la justice. C’est tout sauf un renoncement. C’est même sans doute un affranchissement, ce qu’il nous est peut-être proposé de vivre. D’incarner. Mieux que n’importe quelle thèse, n’importe quel livre, le Covid-19 nous en donne un aperçu en taille réelle et propose : composez avec moi, la mort, acceptez vos limites. Ou passez à côté de votre temps. C’est-à-dire, de votre vie. »

Par Clément Jeanneau, publié le 3 mai 2020

https://nourrituresterrestres.substack.com/p/a-propos-du-documentaire-choc-de

C’était le 13ème numéro de Nourritures terrestres, la newsletter sur l’écologie qui donne matière à penser : n’hésitez pas à le partager s’il vous a intéressé (bouton ci-dessous) ou à vous inscrire. Liens vers les numéros précédents : N°1 – N°2 – N°3 – N°4 – N°5 – N°6 – N°7 – N°8 – N°9 – N°10 – N°11 – N°12. Un retour, une remarque ? N’hésitez pas à m’écrire en retour de mail. À très vite !

LA CORÉE DU NORD «CONSTRUIT UNE ZONE DE STOCKAGE GÉANTE POUR SES MISSILES NUCLÉAIRES»

La Corée du Nord est en voie d’achèvement d’une nouvelle installation géante qui pourrait être utilisée pour assembler, stocker et tester ses missiles nucléaires les plus puissants.

La base, en construction à Sil-li près de la capitale Pyongyang, comprend une ligne ferroviaire reliant les usines de missiles à proximité, trois hangars de construction et une grande zone de stockage souterraine.

Les images satellites suggèrent que l’installation sera terminée à la fin de cette année ou au début de 2021, lorsqu’elle pourrait être utilisée par Kim Jong Un pour protéger et renforcer le stock d’armes nucléaires du pays.

La base sera fortement gardée par 17 bases de défense aérienne, plusieurs bases au sol et des batteries anti-aériennes à proximité, ont indiqué des chercheurs.

La Corée du Nord est en voie d’achèvement d’une nouvelle installation près de la capitale Pyongyang qui pourrait être utilisée pour construire, protéger et tester des missiles nucléaires

Au cœur de l’installation se trouvent trois hangars interconnectés avec des routes qui les traversent – dont un avec une section surélevée qui serait assez haute pour abriter le plus puissant missile nucléaire de Corée du Nord, ce qui signifie qu’il pourrait être tiré à partir de là si le toit peut se rétracter

Cela survient après l’échec des négociations entre Kim et le président Trump, visant à amener la Corée du Nord à démanteler ses armes nucléaires.

Des chercheurs du Center for Strategic and International Studies aux États-Unis ont déclaré que la construction de la base avait commencé vers 2016, lorsque la Corée du Nord développait des missiles nucléaires capables de frapper les États-Unis.

On pense que les travailleurs de la construction ont réutilisé un hangar souterrain construit dans les années 1980 pour abriter des avions de chasse, mais abandonné depuis, et construit la nouvelle base autour.

Le village de Sil-li, qui se trouvait auparavant sur le site, a été presque complètement démoli pour faire place à la nouvelle base.

En son cœur se trouve trois grands hangars avec des routes qui les traversent et qui sont reliés par des tunnels.

L’un des hangars comprend une grande section centrale surélevée, qui, selon les chercheurs, est assez haute pour abriter un missile nucléaire Hwasong-14 ou Hwasong-15 tout en étant positionnée debout au-dessus d’un lanceur.

L’installation comprend également une ligne de chemin de fer et une station couverte qui se connecte aux usines voisines produisant des composants de missiles, ce qui signifie qu’ils pourraient être amenés ici pour l’assemblage

La base réutilise également une ancienne zone de stockage souterraine – autrefois utilisée pour stocker des avions – qui pourrait désormais être utilisée pour stocker des missiles nucléaires

La base est entourée d’une clôture périphérique et d’une route d’accès, qui est toujours en construction sur des images prises le 15 avril de cette année.

La base est située à proximité de l’aéroport international de Pyongyang, non loin de la capitale de la Corée du Nord

Les entrées de tous les hangars et les routes d’interconnexion sont également suffisamment grandes pour permettre aux missiles et à leurs lanceurs de passer.

Cela a conduit les chercheurs à conclure qu’ils seront utilisés pour la construction et la maintenance de missiles et de lanceurs.

La grande section surélevée, bien que couverte par un toit, pourrait également être utilisée pour tester-lancer les missiles, ont-ils déclaré – en supposant que le toit puisse être rétracté.

Les images révèlent également une ligne de chemin de fer entrant dans l’installation, s’arrêtant dans une gare couverte avec une plate-forme suffisamment grande pour charger et décharger de gros objets.

Cette ligne se connecte aux usines voisines qui sont censées produire des composants de missiles, ce qui signifie qu’elle pourrait être utilisée pour les amener à l’installation afin que des missiles puissent y être assemblés.

L’installation souterraine pourrait alors être utilisée pour stocker les missiles et leurs lanceurs, ce que la Corée du Nord a utilisé pour menacer les États-Unis dans le passé.

« Dans l’ensemble, ces caractéristiques suggèrent que cette installation est probablement conçue pour soutenir les opérations de missiles balistiques« , indique le rapport.

Afin de créer la base, la Corée du Nord a rasé le village voisin de Sil-li et l’a remplacé par des logements pour les travailleurs et une probable garnison de troupes

Sur la photo, un missile Hwasong-15 – le missile nucléaire le plus puissant de Corée du Nord – sur un lanceur et stationné dans un hangar similaire à celui vu à la nouvelle base

La Corée du Nord a testé pour la dernière fois un missile Hwasong-15 en 2017 (photo), et a affirmé que l’arme est capable de couvrir l’ensemble du continent américain

La construction de l’installation a commencé à la mi-2016 lorsque les fondations en béton des trois bâtiments principaux ont été coulées, avant que les murs ne soient érigés l’année suivante

Bien que la fonction précise de l’installation ne soit pas claire, sa configuration et la taille de ses bâtiments et (installation souterraine) indiquent qu’elle peut être utilisée pour:

– L’assemblage de missiles balistiques à partir de composants livrés par rail à partir d’usines de composants de missiles balistiques à proximité.

– Accueillir tous les missiles balistiques nord-coréens connus et prévus et leurs lanceurs.

– Maintenance au niveau du dépôt, stockage de missiles balistiques et de leurs transporteurs, ou toute combinaison de ces fonctions.

La base comprend également plusieurs structures de soutien, notamment des casernes pour les travailleurs et une garnison de troupes.

La Corée du Nord devrait cependant posséder entre 20 et 30 missiles nucléaires et disposer de suffisamment de matières fissiles pour en construire jusqu’à 60 autres, a rapporté la Arms Control Association en juin de l’année dernière.

Kim aurait continué à étendre l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord et pourrait posséder jusqu’à 40 ogives.

On pense que Kim Jong-un a continué à construire des missiles depuis lors et pourrait en avoir accumulé jusqu’à 40, a prédit l’année dernière un chercheur de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.

Si la nouvelle recherche est exacte, l’installation de Sil-li pourrait être utilisée pour étendre davantage ce stock.

Le hangar souterrain, quant à lui, pourrait être utilisé pour contrecarrer les tentatives de destruction du stock avant qu’il ne puisse être utilisé.

Les images suggèrent que Kim a poursuivi la construction de l’installation même si des discussions avec Trump sur le démontage de ses armes nucléaires étaient en cours.

Les deux dirigeants se sont rencontrés pour la dernière fois à Hanoï en février de l’année dernière, lorsque Trump s’est éloigné de la table alors que la Corée du Nord insistait pour que les sanctions économiques soient levées avant de commencer à démanteler les missiles.

La Corée du Nord a depuis repris les essais de missiles à courte portée dans une tentative apparente de forcer Trump à revenir à la table des négociations.

La Corée du Nord semble avoir avancé dans l’installation malgré les négociations entre Kim et le président Trump (photo) sur la destruction des stocks du pays

Cependant, il s’est abstenu de tester ses missiles Hwasong-14 et Hwasong-15 à plus longue portée, qui, selon lui, pourraient frapper les États-Unis, après que Kim a donné des assurances à Trump.

La nouvelle qu’une nouvelle installation capable de tester ces armes jette une ombre sur les relations américano-nord-coréennes et ouvre la perspective d’une nouvelle escalade.

L’installation a été révélée peu de temps après la réapparition de Kim Jong Un à la suite d’une longue disparition aux yeux du public – notamment la disparition de l’anniversaire de son grand-père le 15 avril.

Une telle décision est sans précédent pour Kim et a déclenché une spéculation sauvage selon laquelle il aurait pu mourir ou être resté dans un état végétatif après la chirurgie.

Des rumeurs ont apparemment été mises au lit lorsque les médias publics ont publié la semaine dernière des images de Kim visitant une usine d’engrais.

Alors que certains téléspectateurs aux yeux d’aigle ont suggéré que le dictateur a déployé un double corps, la Corée du Sud insiste sur le fait que Kim est en bonne santé.

Les diplomates disent que Kim a probablement fui la capitale Pyongyang vers sa maison de vacances de Wonsan pour échapper à la menace du coronavirus, qui se propagerait dans toute la Corée du Nord bien que le pays n’en ait reconnu aucun cas.

Posté par Delmar Laforge dans Divertissement, mis à jour le 9 mai 2020 à 7h17

https://news-24.fr/la-coree-du-nord-construit-une-zone-de-stockage-geante-pour-ses-missiles-nucleaires/

EDF TIENT À SA RAISON D’ÊTRE ATOMIQUE

Les actionnaires ont adopté une modification des statuts de l’énergéticien, qui conforte son ancrage nucléaire.

L’opérateur historique est passé à l’acte. Voire au Pacte. Ce jeudi 7 mai, l’assemblée générale des actionnaires a voté à une écrasante majorité (99,99%) l’introduction de sa «raison d’être» dans les statuts d’EDF.

Fruit d’une importante consultation des salariés, réalisée l’an passé, (4.000 personnes du groupe y ont participé), celle-ci modifie l’article 2 des statuts de l’entreprise.

Elle prévoit que le but de l’énergéticien est de «construire un avenir énergétique neutre en CO2 conciliant préservation de la planète, bien-être et développement grâce à l’électricité et à des solutions et services innovants». Ce qui peut être interprété comme une ode à l’atome, la source d’énergie de prédilection de l’entreprise depuis un demi-siècle.

Pousser les feux nucléaires

Dans son allocation, Jean-Bernard Lévy, P-DG de l’entreprise, a d’ailleurs longuement plaidé en faveur de l’énergie nucléaire. Poussant ses feux pour allonger la durée de vie des réacteurs qui ne seront pas fermés par la loi Royal, EDF doit, par ailleurs, présenter un dossier, l’an prochain, pour préparer la construction d’une demi-douzaine d’EPR de nouvelle génération.

Service public

La seule surprise de cette raison d’être est finalement l’absence de référence au service public, notion à laquelle les salariés du groupe sont très attachés.

Ce qui a fait grincer quelques dents. «Si le Président d’EDF est sincère quand il loue les valeurs de service public, il doit aller jusqu’au bout de sa conviction en gravant dans le marbre, et donc dans les statuts de l’entreprise, les valeurs de service public aux côtés du monde sans carbone. Ce faisant, il y aurait cohérence avec la référence que les statuts font déjà au contrat de service public, preuve du lien entre EDF et la Nation», détaille un communiqué de l’Alliance CFE UNSA Energies.

Chez EDF, on rappelle que «le service public est déjà inscrit dans les statuts et se trouve dans le manifeste de la raison d’être.» De plus, les statuts de certaines filiales du groupe, comme Dalkia ou Edison, ne font pas explicitement référence au service public.

Publié le 7 mai 2020

Photo en titre : L’énergie nucléaire, dans l’ADN et la raison d’être d’EDF. VLDT

http://www.journaldelenvironnement.net/article/edf-tient-sa-raison-d-etre-atomique,105854

NOTE : La loi PACTE. Entrée en vigueur en mai 2019, la loi relative à la croissance et la transformation des entreprises (dite loi Pacte) impose aux dirigeants d’une entreprise de la gérer «dans son intérêt social et en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité». Les compagnies volontaires peuvent inscrire une «raison d’être» dans leurs statuts. EDF est l’une des rares multinationales à l’avoir fait.

WASHINGTON DÉVOILE LES CONDITIONS DE LA PROLONGATION DU TRAITÉ SUR LES ARMES STRATÉGIQUES OFFENSIVES

Il est peu probable que les États-Unis prolongent le traité sur les armes stratégiques offensives New Start avec la Russie, à moins que la Chine n’en fasse également partie, selon le nouvel envoyé présidentiel de l’administration Trump pour le contrôle des armements.

Pour que le traité de réduction des armes nucléaires stratégiques New Start, passé entre les États-Unis et la Russie, soit reconduit, cette dernière doit «amener à la table des négociations la Chine» a affirmé l’envoyé du Président américain pour le contrôle des armements, Marshall Billingslea.

Ne pas inclure la Chine est un problème

«L’un des principaux défauts du New Start est qu’il n’inclut pas les Chinois», a-t-il déclaré dans une interview accordée au Washington Times.

Selon lui, si la Chine veut être une grande puissance, comme l’affirment ses dirigeants, elle devrait se comporter comme telle et participer aux pourparlers sur les armes.

Lorsqu’il lui a été demandé si M. Trump avait décidé de prolonger ou non le traité, M. Billingslea a déclaré:

«Nous voulons comprendre pourquoi les Russes sont si attachés à sa prolongation, et nous voulons que les Russes nous expliquent pourquoi il est dans notre intérêt de le faire

Il a signalé que l’éventuel nouvel accord sur les armes avec les États-Unis, la Chine et la Russie devrait être contraignant et contenir des dispositions aussi bien vérifiables qu’exécutoires.

Démanteler les nouveaux systèmes

Il a ajouté que les États-Unis n’allaient rien «concéder pour inclure ou exclure» de nouveaux systèmes d’armes russes. 

«Ils [les Russes] devraient simplement démanteler ces [cinq nouveaux] programmes et les jeter», a-t-il indiqué à propos des systèmes de missiles Kinjal, Sarmat et Avangard ainsi que de l’engin sous-marin Poséidon et du missile intercontinental Bourevestnik, muni d’un réacteur nucléaire.

Le traité New Start

Le New Start est le dernier traité de contrôle avec les États-Unis toujours valide. Il a été signé par Moscou et Washington et est entré en vigueur le 5 février 2011 pour une durée de 10 ans.

Publié le 9 mai 2020 à 13h05

Photo en titre : © Flickr / Luca Moglia

https://fr.sputniknews.com/international/202005091043751778-washington-devoile-les-conditions-de-la-prolongation-du-traite-sur-les-armes-strategiques/

CENTRALE NUCLÉAIRE DE BELLEVILLE-SUR-LOIRE : UN RAPPORT D’EXPERTISE DEMANDÉ APRÈS UN FEU D’HYDROGÈNE

Le 9 avril, un feu d’hydrogène s’était déclaré dans la centrale de Belleville-sur-Loire, dans le Cher. Un mois après, l’association Sortir du Nucléaire Berry-Giennois-Puisaye demande un rapport d’expertise sur l’utilisation d’hydrogène au cœur de la centrale nucléaire. 

Début avril, le feu s’était déclaré sur le parc à gaz du réacteur n°1. Il faisait suite à un accident lors du remplacement d’un cadre de bouteilles d’hydrogène. 

Un mois après, Daniel Deprez, représentant de l’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye demande un rapport d’expertise à la CLI (Commission Locale d’Information), une commission composée d’élus, de représentants d’associations, d’organisations syndicales et d’acteurs qualifiés

« C’est une demande d’expertise non seulement sur cet incident en particulier, mais aussi sur l’utilisation plus générale d’hydrogène dans la centrale » précise Daniel Deprez, représentant à la CLI de l’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye. 

L’hydrogène fait partie des gaz les plus inflammables et les plus explosifs. Il brûle ou explose au contact de l’oxygène. C’est ce qui s’est produit, le 9 avril dernier au cœur de la centrale nucléaire de Belleville-Sur-Loire.

« Deux agents avaient pour mission de remplacer des bouteilles d’hydrogène. Sauf que l’opérateur en charge de la manutention s’est trompé de cadre. Il a sorti celui en service, en arrachant le flexible qui raccorde ce cadre à l’installation. Ce qui a provoqué la détonation et l’inflammation de l’hydrogène, » détaille Alexandre Houlé, chef de la division d’Orléans de l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN). Toutes les précisions de cet accident ont été rendues public dans un document publié le 23 avril. Un rapport d’inspection de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, à télécharger, réalisé à la suite de l’incident.  

« On a montré qu’il y avait un certain nombre d’écarts. Des procédures non adaptées, ni à l’activité ni à la situation du parc à gaz. Des défauts de formations ont aussi été relevés. L’opérateur en question déclarait n’avoir suivi aucune formation aux risques liés à l’hydrogène » regrette Alexandre Houlé. 

Des dysfonctionnements qui éveillent les soupçons de l’association anti-nucléaire. 

« On a des craintes et des doutes. On connaît la dangerosité de ce gaz, alors on profite de cet incident malheureux pour pousser l’expertise. On veut savoir précisément comment l’hydrogène est utilisé à Belleville, » insiste le représentant associatif.

Des centrales nucléaires au rythme du confinement

Durant cette période d’épidémie, les centrales nucléaires ne sont pas épargnées par les mesures de protection. Elles restent bien évidemment actives, mais sous conditions. Comme ailleurs, les personnels en mesure de télétravailler, le font. Et ceux qui restent sur site adoptent les gestes barrières de distanciation sociale. L’ASN, qui a pour habitude de procéder aux inspections directement sur les sites nucléaires, s’est également adaptée. 

« Nous avons réduit nos déplacements sur site. Nous les maintenons uniquement pour des cas qui le nécessitent. Comme par exemple à Belleville, début avril. Mais nous privilégions, lorsque c’est possible, des contrôles par inspections à distance » conclut Alexandre Houlé.

Outre Belleville-sur-Loire dans le Cher, la région compte trois autres centrales nucléaires : Dampierre-en-Burly dans le Loiret, Chinon en Indre-et-Loire et Saint-Laurent dans le Loir-et-Cher. 

Par Antoine Wernert, publié le 07/05/2020 à 19h35

https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/cher/centrale-nucleaire-belleville-loire-rapport-expertise-demande-apres-feu-hydrogene-1826042.html

NDLR : pour info le site de l’association Sortir du Nucléaire Berry-Giennois-Puisaye est : http://m.sdn-berry-puisaye.webnode.fr/

POLYNÉSIE : L’ÉTAT CÈDE UN BÂTIMENT POUR LE FUTUR CENTRE DE MÉMOIRE DES ESSAIS NUCLÉAIRES

L’État français a officiellement cédé à la Polynésie française un bâtiment à Papeete (Tahiti), pour accueillir le futur centre d’information sur les essais nucléaires de 1966 à 1996 à Mururoa et Fangataufa. Un lieu destiné à conserver et transmettre la mémoire de ces événements « dans une démarche apaisée de recherche des faits historiques ».

L’État français a officiellement cédé à la Polynésie française un bâtiment à Papeete, sur l’île de Tahiti, pour installer le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires, a-t-on appris vendredi.

193 essais nucléaires français en Polynésie

De 1966 à 1996, les atolls de Mururoa et Fangataufa ont été le théâtre de 193 essais nucléaires qui ont eu des effets sur la santé et l’environnement des populations polynésiennes.

Le Haut-Commissaire Dominique Sorain et le président de Polynésie Édouard Fritsch ont signé jeudi 7 mai « l’acte de cession, à titre gratuit », par l’État à la Polynésie « des bâtiments et de l’emprise foncière de 3 200 m2 de l’ancien hôtel de commandement de la marine situé sur le front de mer de Papeete », précise un communiqué commun du haut-commissariat et du gouvernement polynésien.

Le bâtiment, d’une valeur estimée à près de 5,5 millions d’euros, doit accueillir le futur centre d’archives, d’information et de documentation sur les essais nucléaires, qui servira à conserver et transmettre « la mémoire des événements qui se sont déroulés au cours de la période des essais nucléaires, dans une démarche apaisée de recherche des faits historiques », indique le communiqué.

Deux ans de délai pour formaliser la cession

L’Assemblée nationale avait voté en novembre 2018 la cession par l’État à la Polynésie du bâtiment nécessaire à la réalisation de ce centre de mémoire.

Mais la ministre des Outre-mer Annick Girardin avait indiqué il y a quelques mois qu’il avait fallu, avant de formaliser cette cession, déterminer que le lieu appartenait bien jusqu’à présent à l’État français et donc retrouver les documents adéquats.

Cette cession s’inscrit dans la continuité de la reconnaissance du fait nucléaire par l’ancien président François Hollande, à l’occasion de sa visite officielle en Polynésie française, en février 2016.

Par Ouest-France avec l’AFP, publié le 09/05/2020 à 08h50

Photo en titre : Photo prise en 1971, montrant le champignon atomique d’un essai nucléaire français déclenché sur l’atoll de Mururoa, en Polynésie française. | PHOTO : ARCHIVES AFP

https://www.ouest-france.fr/polynesie/polynesie-l-etat-cede-un-batiment-pour-le-futur-centre-de-memoire-des-essais-nucleaires-6829940

LA CHINE DEVRAIT TRIPLER SON ARSENAL NUCLÉAIRE POUR DISSUADER LE «BELLICISME» AMÉRICAIN, SELON LE RÉDACTEUR EN CHEF DU GLOBAL TIMES

Dans un article publié par son propre journal, Hu Xijin a déclaré que la Chine est une «Nation éprise de paix» qui s’est engagée à ne jamais être la première à utiliser des armes nucléaires. Il a toutefois fait valoir que Pékin doit viser à augmenter le nombre de ses têtes nucléaires à 1 000 pour créer un puissant moyen de dissuasion contre « Façonner les attitudes des élites américaines envers la Chine. » La puissance asiatique possède actuellement environ 300 armes nucléaires.

Il a déclaré le renforcement des capacités nucléaires de la Chine « Un irrationnel de plus en plus » États-Unis sans lien de dépendance.

Certaines personnes peuvent m’appeler «belliciste» parce que je veux que le pays ait plus d’ogives nucléaires. Ils devraient plutôt donner cette étiquette aux politiciens américains qui sont ouvertement hostiles à la Chine.

L’éditeur du Global Times a souligné qu’il préférerait une « coexistence pacifique » entre la Chine et les États-Unis, mais a observé que Washington « Ne croit qu’à la force. » La Chine ne peut pas « mendier » mais être traitée sur un pied d’égalité sur la scène mondiale, a-t-il soutenu.

Le commentaire de Xijin est venu juste un jour après que le président américain Donald Trump se soit rallié un accord de «Maîtrise efficace des armements» entre Washington, Pékin et Moscou, lors d’un appel téléphonique avec le dirigeant russe Vladimir Poutine.

Trump a appelé à plusieurs reprises la Chine à se joindre aux négociations pour le renouvellement du nouveau traité START – le pacte sur les armes nucléaires qui devrait expirer en février 2021. Jusqu’à présent, Pékin a manifesté peu d’intérêt à participer à l’accord.

Les tensions entre les États-Unis et la Chine sont en augmentation, alimentées principalement par des allégations selon lesquelles Pékin aurait contribué à l’épidémie de Covid-19 qui s’est maintenant propagée à travers le monde. La Chine a rejeté ces allégations comme non fondées et a à plusieurs reprises mis au défi la Maison Blanche de produire des preuves d’un prétendu rôle de camouflage ou sinistre dans la crise sanitaire.

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Par Erlando Haskett, publié le 8 mai 2020 à 2h06

https://news-24.fr/la-chine-devrait-triple-arsenal-nucleaire-pour-dissuader-le-bellicisme-americain-selon-le-redacteur-en-chef-du-global-times/

NUCLÉAIRE. LA CENTRALE DE FLAMANVILLE DÉCLARE UN INCIDENT

EDF a déclaré un événement de sûreté significatif de niveau 1 pour non-respect d’une procédure à la centrale nucléaire de production électrique de Flamanville.

Dans un communiqué, EDF informe avoir déclaré un événement de sûreté significatif de niveau 1 pour non-respect d’une procédure. L’entreprise explique : « L’unité de production n°1 de la centrale nucléaire de Flamanville est en arrêt pour effectuer des réparations. Le 27 janvier 2020, un changement de l’état du réacteur a été nécessaire, pour procéder à des opérations de maintenance au niveau d’un générateur de vapeur. Ce type de maintenance n’est normalement pas autorisé avant déchargement, car la puissance résiduelle du combustible est trop importante. »

« Toutefois, le réacteur était déjà arrêté depuis quatre mois et la puissance résiduelle était faible, plus faible que dans la configuration après rechargement dans laquelle cette maintenance est autorisée. Les prescriptions « après rechargement » ont donc été appliquées et les opérations de maintenances réalisées. »

« Le 11 mars 2020, la direction de la centrale de Flamanville a pris la décision de décharger le combustible pour procéder à des réparations sur le circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt. Pour ce faire, il faut suivre les prescriptions d’un état de réacteur « avant déchargement ». Ce changement de stratégie a remis en question la première décision de suivre les prescriptions applicables à un état de réacteur « après rechargement ». Il a été considéré a posteriori que les opérations de maintenance n’étaient pas autorisées et que le site aurait dû retrouver une situation conforme dans un délai de 24 heures, conformément aux spécificités techniques d’exploitation. »

Par Ouest-France ; publié le 07/05/2020 à 21h03

Photo en titre : La centrale nucléaire de Flamanville 1 et 2, dans le Cotentin. | ARCHIVES OUEST-FRANCE/STÉPHANE GEUFROI

https://www.ouest-france.fr/normandie/flamanville-50340/nucleaire-la-centrale-de-flamanville-declare-un-incident-6828276

TRUMP ET POUTINE DISCUTENT PAR TÉLÉPHONE DU COVID-19 ET DU CONTRÔLE DES ARMEMENTS

Le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine ont discuté jeudi 7 mai du COVID-19 et du contrôle des armements lors d’une conversation téléphonique, a annoncé la Maison Blanche.

>>Trump et Poutine discutent du COVID-19 et du marché mondial de l’énergie

>>COVID-19 : Poutine et Trump discutent d’une intensification de la coopération

Selon le communiqué de la Maison Blanche, lors de l’appel téléphonique qui a eu lieu à l’occasion des commémorations du 75ème anniversaire du jour de la Victoire de 1945 en Europe, les deux dirigeants ont discuté des progrès accomplis dans la lutte contre la pandémie de coronavirus, et le président américain a par la même occasion déclaré que son pays était prêt à fournir une assistance à la Russie.

« Le président Trump a réaffirmé que les États-Unis sont déterminés à parvenir à un contrôle efficace des armements qui inclut non seulement la Russie, mais aussi la Chine, et il attend avec intérêt les discussions futures pour éviter une course aux armements coûteuse », a également indiqué le communiqué sur le sujet des armements.

De son côté, la Chine a répété à plusieurs reprises qu’elle n’avait pas l’intention de participer aux négociations dites trilatérales sur le contrôle des armements avec les États-Unis et la Russie.

Washington et Moscou ont signé le nouveau Traité sur la réduction des armements stratégiques (New START) en 2010, accord qui fixe une limite au nombre d’ogives nucléaires déployées et de vecteurs stratégiques utilisés par les deux pays.

Le New START, qui est le dernier traité de contrôle des armes nucléaires encore en vigueur entre les deux superpuissances nucléaires, doit cependant expirer le 5 février 2021.

Cet accord peut être prolongé de cinq ans maximum avec l’accord des deux pays. La Russie a exprimé sa volonté de prolonger le traité, mais le gouvernement Trump ne s’est pas encore prononcé officiellement.

Par Xinhua/VNA/CVN, publié le 8 avril à 17h50

Photo en titre : Le président américain Donald Trump (gauche) et son homologue russe Vladimir Poutine lors d’un sommet bilatéral à Helsinki en Finlande. Photo : AFP/VNA/CVN 

https://www.lecourrier.vn/trump-et-poutine-discutent-par-telephone-du-covid-19-et-du-controle-des-armements/777919.html

8 MAI : UN APPEL À CONSTRUIRE LA PAIX ET LA SÉCURITÉ

Vendredi 8 mai 2020, à l’occasion de la commémoration de fin de la seconde guerre mondiale, et dans le contexte de la crise sanitaire, 12 associations contre le désarmement nucléaire lancent un appel pour construire la Paix et la sécurité.

La grave crise sanitaire et économique mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19 fait émerger une prise de conscience de l’interdépendance de nos sociétés. Les États européens qui ont tenté d’apporter une réponse individuelle à la crise n’ont eu d’autre choix que d’admettre l’urgence d’une coopération en matière de sécurité sanitaire. Seule une coopération régionale et internationale permettra une gestion effective de la pandémie.

Au-delà de la lutte sanitaire contre le Covid-19, les défis à relever sont multiples et simultanés : soutenir les plus démunis, porter secours aux populations des pays dont les systèmes de santé ne peuvent lutter contre la pandémie et dont l’économie s’effondre, porter la recherche scientifique, mais aussi transformer cette crise en opportunité de faire évoluer nos sociétés et nos économies vers des modes de développement plus écologiques.

La pandémie de coronavirus met aussi en lumière la faiblesse des États en matière de sécurité internationale et l’inadéquation des conceptions de la sécurité basée sur la force au détriment du droit et de la réalisation des droits humains. Combien paraissent scandaleux la poursuite des conflits locaux et internationaux ! Combien l’arme nucléaire, symbole ultime de la puissance étatique pour certains, apparaît vaine pour combattre les menaces du XXIème siècle !

La garantie d’une sécurité internationale ne peut être assurée sans une élimination complète et négociée des armes de destruction massive. Il ne faut pas oublier qu’en France, la Loi de Programmation Militaire a alloué 37 milliards d’euros à la modernisation de l’armement nucléaire pour les années 2019 à 2025. Serons-nous assez insensés pour poursuivre cette gabegie ?

Si l’idée qu’un autre monde” est possible après la pandémie, ce dernier ne pourra se construire qu’en mettant fin à la course aux armements – qu’ils soient nucléaires ou conventionnels ; en réengageant un véritable processus de désarmement nucléaire multilatéral, progressif et équilibré ; en agissant pour convaincre les États-Unis et la Russie de proroger le Traité New START, qui avait pour but de contenir la course aux armements nucléaires entre ces deux pays et d’ouvrir la voie à de nouvelles réductions de leurs arsenaux.

Le report de l’examen du Traité de Non-Prolifération à 2021 ne doit pas non plus constituer une aubaine politique pour un désengagement des États en matière de désarmement nucléaire. Rappelons que ce traité – auquel la France est partie depuis 1992 – prévoit dans son article VI l’élimination des armes nucléaires. Cet engagement doit être mis en œuvre par les États nucléaires, tout comme la signature et la ratification du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). En signant puis ratifiant le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, la France donnerait un signal fort en faveur du désarmement nucléaire.

À l’heure où la pandémie est exploitée à des fins politiques par certains dirigeants pour remettre en cause le multilatéralisme, nous devons répéter qu’une solution à la crise ne pourra être trouvée que dans le cadre d’une coopération interétatique, dans le respect de la Charte des Nations Unies et s’appuyant sur les objectifs du développement durable (ODD), la culture de la paix et les accords de Paris sur le climat.

Face aux replis nationalistes, nous appelons avec gravité à la réorientation urgente des priorités nationales et internationales, afin que s’engage la construction d’une sécurité commune et que s’instaure une véritable culture de la Paix.

Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance
ACDN – Action des citoyens pour le désarmement nucléaire
AFCDRP – Maires pour la Paix, Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix
AMFPGN – IPPNW France, Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire
GRIP, Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité
ICAN France (Campagne Internationale pour abolir les armes nucléaires)
IDN – Initiatives pour le Désarmement Nucléaire
LIFPL – Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté
MAN – Mouvement pour une Alternative Non-violente
Mouvement de la Paix
PNND – France, Parlementaires pour le Désarmement Nucléaire
Pugwash France (personnalités des mondes universitaire et politique).

La conférence d’examen du TNP a été reportée

La Conférence d’examen du Traité de Non-Prolifération nucléaire qui devait s’ouvrir à l’ONU le 27 avril a été reportée à l’année prochaine.
À cette occasion Marc Finaud, ancien diplomate et membre du Bureau d’IDN, répond point par point à l’argumentaire sur le TNP du ministère des Affaires étrangères français.
Image IDN-Mathieu Porte

Par Philippe Parisse, publié le 8 mai 2020

http://7seizh.info/2020/05/08/8-mai-un-appel-a-construire-la-paix-et-la-securite/

LES EFFETS D’UNE FRAPPE THERMONUCLÉAIRE SUR MOSCOU ET LA FRANCE SIMULÉS AUX ÉTATS-UNIS – PHOTO

Du temps de la Guerre froide, le largage d’une bombe de 100 mégatonnes sur Moscou conduirait à la destruction de la partie nord-est de la région de la capitale russe et une bombe de 10.000 mégatonnes serait suffisante pour effacer des pays entiers, dont la France. Tels sont les résultats d’une modélisation faite par un professeur d’Histoire.

Alex Wellerstein, professeur d’histoire de l’arme nucléaire à l’Institut américain de technologie Stevens, a effectué une modélisation du largage d’une bombe thermonucléaire de 100 mégatonnes sur Moscou à l’aide du logiciel Nukemap. Les résultats ont été publiés le 5 mai dans un article du média We Are The Mighty.

L’explosion pourrait conduire à la destruction de la partie nord-est de la région de Moscou. En outre, comme l’indique l’article, la bombe de 10.000 mégatonnes sur laquelle le physicien Edward Teller avait travaillé au 20ème siècle pourrait ravager des pays entiers, par exemple la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Corée du Nord et la Corée du Sud.

Les États-Unis avaient cependant abandonné le développement d’une telle bombe, qui était beaucoup plus puissante que la Tsar Bomba soviétique de 50 mégatonnes, pour mettre au point une arme de puissance plus réduite.

Cette arme est théoriquement possible

Selon l’article, il serait impossible d’utiliser cette bombe sans tuer des millions de civils. Même si elle avait été larguée au cœur de l’Union soviétique, elle aurait impacté de vastes étendues de l’Europe occidentale et potentiellement même les États-Unis.

«En théorie, une telle arme est possible. Mais j’aimerais espérer que personne ne pourra réunir une équipe de personnes qui seraient assez intelligentes pour concevoir cette arme et assez stupides pour la créer», a conclu l’auteur de l’article.

Publié le 7 mai 2020 à13h11, mis à jour à 14h04

https://fr.sputniknews.com/insolite/202005071043736681-les-effets-dune-frappe-thermonucleaire-sur-moscou-et-la-france-simules-aux-etats-unis—photo/

LA CHINE S’APPRÊTE À LANCER SA DISSUASION NUCLÉAIRE

La Chine s’apprête à créer une triade nucléaire après la Russie et les États-Unis. Pékin est, à un moment de tension régionale accrue, sur le point de dévoiler l’avion au salon aéronautique de Zhuhai en novembre. Le Xian H-20 donnera à la Chine la triade nucléaire composée de sous-marins, de missiles balistiques et de bombardiers.

Le bombardier stratégique chinois de nouvelle génération devrait pouvoir être livré cette année. Pékin, cependant, redoute les conséquences de l’impact liées à sa présentation en raison de la pandémie du coronavirus qui rend complexe les relations régionales.

Des sources militaires ont déclaré que le bombardier furtif supersonique Xian H-20, qui devrait doubler la portée de frappe du pays, pourrait faire sa première apparition publique au salon aéronautique de Zhuhai en novembre si la pandémie était suffisamment maîtrisée.

Mais la présentation du bombardier au salon aéronautique de cette année pourrait exacerber les tensions de pays se sentant menacer directement par son rayon d’action, comme l’Australie, le Japon et la péninsule coréenne.

« Le leadership pékinois examine toujours avec attention si sa décision affectera l’équilibre régional car, avec la pandémie du Covid-19 qui est toujours actuelle, les tensions régionales se sont intensifiées », a déclaré une source.

Comme les missiles balistiques intercontinentaux, tous les bombardiers stratégiques peuvent être utilisés pour transporter des armes nucléaires. Des questions se posent alors sur le pourquoi d’un besoin d’une telle arme offensive si la Chine prétend avoir mené une politique de défense nationale de nature purement défensive.

Les tensions dans la région se sont aggravées au cours du dernier mois avec une montée de la guerre des mots entre Pékin et Washington au sujet de la pandémie. Les deux parties ont augmenté les patrouilles navales dans le détroit de Taïwan et dans les mers du sud et de l’est de la Chine.

Le département américain de la Défense a estimé que le Xian H-20 peut atteindre une distance de croisière de plus de 8 500 km. Cet avion est le dernier de la série de 20 avions de combat de nouvelle génération en Chine dont le chasseur furtif J-20, le transporteur géant Y-20 et l’hélicoptère utilitaire de transport moyen Z-20.

L’arrivée du Xian H-20 marquera l’achèvement de la triade nucléaire chinoise de missiles balistiques intercontinentaux au sol, de missiles lancés sous-marins et d’armes lancées par air.

La télévision chinoise d’État a déclaré que le Xian H-20 pourrait pousser à revoir le calcul stratégique entre les États-Unis et la Chine en permettant de doubler la portée de son bombardier H-6K actuel, surnommé le B-52 du pays.

Le Xian H-20 aurait été conçu pour, à partir de bases situées en Chine continentale, frapper des cibles au-delà du deuxième anneau insulaire qui comprend des bases américaines au Japon, à Guam, aux Philippines et dans d’autres pays. La troisième chaîne d’îles s’étend à Hawaï et sur la ligne côtière australienne.

Le nouvel avion sera équipé de missiles nucléaires et conventionnels d’une masse maximale au décollage d’au moins 200 tonnes avec une charge utile allant jusqu’à 45 tonnes. Le bombardier devrait voler à des vitesses subsoniques et pourrait potentiellement déclencher quatre puissants missiles de croisière furtifs hypersoniques.

Cependant, comme le premier avion de chasse furtif chinois, J-20, le développement du moteur du bombardier Xian H-20 a pris du retard, selon des sources.

Pour le J-20, les ingénieurs développaient des turboréacteurs à double poussée WS-15, mais l’avion de chasse est censé utiliser des moteurs chinois WS-10B ou AL-31FM2 / 3 de construction russe, ce qui compromet sa maniabilité et ses capacités de furtivité à vitesses subsoniques. Mais deux sources militaires indépendantes ont déclaré qu’il serait équipé d’un moteur WS-10 amélioré. Le WS-10 est toujours un moteur de transition pour le Xian H-20 car il n’est pas assez puissant. « Le remplacement prévu peut prendre deux à trois ans en raison de son développement », a déclaré l’une des sources.

Une seconde source a déclaré que la vitesse du Xian H-20 serait moins rapide que ce qui avait été prévu dans sa conception d’origine, entraînant une partie de sa capacité de combat d’origine réduite. C’est pourquoi l’armée de l’air américaine ne se soucie pas du Xian H-20 car il n’est pas assez fort et puissant pour représenter un quelconque défi vis-à-vis de ses bombardiers B-2 et B-21.

Le Xian H-20 serait en développement depuis le début des années 2000. Le projet de développement d’un bombardier stratégique a été annoncé pour la première fois par l’Armée populaire de libération en 2016.

Le salon aéronautique de Zhuhai en Chine a lieu tous les deux ans en alternance avec celui de Pékin. Il se déroulera du 10 au 15 novembre 2020. Zhuhai se trouve sur les bords de la mer de Chine, à côté de Macao, au sud du pays. Ce salon devrait devenir une plate-forme pour promouvoir l’image de la Chine et son succès dans la lutte contre la pandémie.

Par Patric