Sep 14

HAUTE-MARNE: UN MILLIER DE MANIFESTANTS CONTRE UNE «LAVERIE NUCLÉAIRE»

«Unitech, go home», «projet toxique», «harcèlement nucléaire stop» : un millier de personnes ont manifesté samedi à Joinville (Haute-Marne) contre un projet de laverie industrielle pour vêtements contaminés provenant d’installations nucléaires, a constaté un journaliste de l’AFP.

Une enquête d’utilité publique doit être ouverte dans quelques semaines sur ce projet, lancé en 2016 et porté par Unitech France, filiale de l’Américain Unitech Services.

Le site doit voir le jour d’ici 2021 dans une zone d’activités au bord de la Marne. Avec différents clients, dont EDF ou Orano (ex-Areva), la blanchisserie sera destinée à décontaminer et laver les vêtements portés par des employés travaillant dans des zones «faiblement» ou «non contaminées» de sites nucléaires, soit plus de 1.900 tonnes de linge par an.

Au regard de la quarantaine d’emplois promis, «le jeu n’en vaut pas la chandelle», estime Michelle Labouille, de l’association Belles Forêts sur Marne, à l’origine de cette mobilisation. S’y sont associées sept associations de défense de l’environnement et 21 communes riveraines de la Marne et du Lac du Der, dont les conseils ont délibéré contre le projet.

«Les habitants ont peur pour leur santé (…) et celle de leurs descendance», a tonné au mégaphone Francisco Albarras, le maire de Vecqueville, près de Joinville.

«Notre zone de captage d’eau est à 70 mètres de l’usine», s’est-il alarmé. «40% des effluents radioactifs de la laverie seront rejetés directement dans la rivière», assure Michèle Labouille, qui souligne le danger pour la faune, la flore et l’image touristique de la Haute-Marne. Selon elle, «plus de 800 emplois du tourisme autour du lac du Der seront menacés».

De plus, le site doit s’installer près d’un lotissement, «à proximité d’une crèche et d’un collège, à cent mètres des premières habitations» et «les rejets gazeux émis, en particulier de plutonium» représentent un risque pour les riverains, dénoncent les opposants.

«Après traitement, les rejets dans la Marne sont largement inférieurs aux normes françaises. Arrêtons de faire peur aux gens!», avait contre-attaqué en juin Jacques Grisot, directeur général d’Unitech.

Dans ce projet, «les flux d’éléments radioactifs sont très limités», estime aussi, dans un avis rendu en avril, la Mission régionale d’Autorité environnementale (MRAE) du Grand Est.

Ces arguments ne convainquent pas les opposants, qui ont changé les plaques des communes concernées, «Joinville, petite cité de caractère» devenant «petite cité du nucléaire» et Suzannecourt – où doit s’implanter l’usine – devenant «Suzannetech».

«On essaie de transformer la Haute-Marne en poubelle nucléaire», tranche Dominique Laurent, maire de Bettancourt-la-Férée, près de Saint-Dizier, lui aussi présent à la manifestation.

Par AFP, publié le 14 septembre 2019

https://www.liberation.fr/depeches/2019/09/14/haute-marne-un-millier-de-manifestants-contre-une-laverie-nucleaire_1751381

Sep 14

L’IMPOSSIBLE DÉBAT SUR L’ÉCONOMIE DES MATIÈRES ET DÉCHETS DU NUCLÉAIRE

Sur quelle base économique le gouvernement décide-t-il de conserver une filière recyclage du combustible nucléaire ? Combien coûterait la requalification des combustibles usés non valorisés en déchets ? Comment évaluer le coût réel du projet d’enfouissement géologique profond Cigéo ? Autant de questions cruciales à l’heure de la révision du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR). Un débat public leur était consacré le 11 septembre à Paris. Déception.

Pire qu’un dialogue de sourds. Pas de dialogue du tout. Et les participants au débat public organisé mercredi 11 septembre à Paris par la Commission nationale du débat public (CNDP), sur le thème de l’économie de l’aval du cycle nucléaire dans le cadre de la révision du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), n’y sont pour rien. Pas d’ONG « extrémiste » à recadrer. Des acteurs du nucléaire tout disposés à expliquer leur position, faisant même un louable effort de pédagogie pour expliquer provision, actifs dédiés, coût du traitement des déchets par Français (13 euros par an pour un foyer moyen consommant 880 euros d’électricité par an).

Succession de points de vue

Non. Si le dialogue a été impossible, c’est que l’organisation même du débat et son animateur ne l’ont pas permis. D’une durée de trois heures – de 19 heures à 22 heures dans une grande salle au sous-sol d’un bâtiment religieux du 16e arrondissement de Paris -, le débat très technique avait pourtant attiré environ 130 personnes. Séquencé en quatre temps, il a d’abord permis à la Cour des Comptes de résumer son rapport de juillet sur « l’aval du cycle du combustible nucléaire« , très attendu par toute la profession. Mais le public n’a pas pu interagir sur ce sujet, les rapports de la Cour des Comptes ne pouvant être discutés. Seuls les termes pesés de la version écrite font foi. Le directeur adjoint de la Direction générale énergie climat (DGEC), Aurélien Louis, qui avait un temps de parole prévu par la suite, le commentera. Mais là encore sans vraiment dialoguer avec le public.

Pas d’interaction possible

Car si des temps d’échanges de 30 minutes, ramenés à 20 en cours de séance, étaient bien prévus pour les trois séquences suivantes, ils n’ont permis aucun réel débat. Certes, pour chacun des thèmes – cycle aval du combustible, requalification des matières en déchets et Cigéo -, la Commission particulière du débat public avait bien laissé place à la contradiction, en donnant à chaque fois la parole à la filière nucléaire et à des ONG écologistes (Global Chance, Greenpeace, et FNE). Mais impossible lors de la courte session de questions-réponses d’avoir de réels échanges sur un sujet. Les intervenants ayant quelques secondes pour répondre aux questions. Dans la salle, les participants n’avaient, eux, que de très courtes minutes pour évoquer un point de vue, qui ne pouvait en aucun cas faire l’objet d’un échange, ni avec les invités, ni avec le reste du public.

L’échange EDF – Greenpeace tronqué

Pire, alors qu’EDF et Greenpeace commençaient à engager un intéressant échange, dans le calme et le respect, sur le rapport “À quel prix ? Les coûts cachés des déchets nucléaires” que l’ONG écologiste avait publié le matin même, l’organisateur du débat les a immédiatement coupés, leur demandant d’écrire leurs arguments pour les porter au dossier consultable sur le site internet de la commission particulière du débat public (CPDP) du PNGMDR.  Et c’est sans parler des sujets qu’il était interdit d’aborder puisque déjà évoqués dans d’autres débats publics. Un débat sur les aspects techniques du cycle aval avait eu lieu à Saclay en juin dernier. Le débat public se tient du 17 avril jusqu’au 25 septembre.

Une filière qui campe sur ses choix

La CNDP n’est pas seule responsable de l’absence d’un réel débat sur l’économie des matières et déchets du nucléaire. Que ce soit les acteurs de la filière nucléaire française, EDF et CEA en tête, ou la DGEC, tous se réfèrent à des études datant de dizaines d’années, lorsque les choix ont été faits, sans jamais ouvrir la possibilité, ni de les mettre à jour, ni de les interroger à nouveau. Se contentant même de données imprécises, comme le différentiel de coût entre l’usage d’uranium neuf ou de combustible recyclé. On saura juste que le surcoût est jugé – ramené au coût du kilowattheure (sans chiffre cette fois) – suffisamment minime pour justifier le maintien d’une filière de recyclage en France. Repoussant à 2040, lorsque des investissements plus massifs devraient être réalisés dans les usines d’Orano de la Hague et Melox, le problème de l’aspect économique du choix.

Une étude étrangement ignorée 

On ne saura jamais pourquoi l’étude prospective de la filière nucléaire remise au Premier ministre en 2000 par les économistes Jean-Michel Charpin et Benjamin Dessus et l’astrophysicien René Pellat, seule à mettre tous ces enjeux économiques sur la table, n’a jamais même été ouverte.

Idem concernant la requalification des matières usées, potentiellement valorisables un jour, en déchets. Certes, EDF, dans le doute, provisionne en partie cette possibilité. Certes, Greenpeace a fait un laborieux travail pour en évaluer le coût réel. Mais impossible de mettre en regard ces coûts avec ceux des travaux de recherches menés par le CEA pour un jour recycler plus, voire à l’infini, les combustibles radioactifs usés. Comme si la question n’avait pas de sens.

Après deux heures de ce non débat économique, il était clair que la troisième séquence consacrée au budget de Cigéo ne serait probablement pas plus ouverte aux échanges. Il était déjà plus de 21 heures. Et je suis partie, déçue.

Par Aurélie Barbaux  (Usine Nouvelle), publié le 13 septembre  2019

Photo en titre : L’étude prospective de la filière nucléaire remise au Premier ministre en 2000 n’a jamais même été ouverte © abarbaux

https://www.usinenouvelle.com/article/l-impossible-debat-sur-l-economie-des-matieres-et-dechets-du-nucleaire.N884039

Sep 14

APRÈS ASTRID, QUE RESTE-T-IL DE LA RECHERCHE NUCLÉAIRE EN FRANCE ?

Annoncé le 31 août, l’arrêt du projet Astrid ne marque pas la fin de la recherche nucléaire civile en France. D’autres chantiers sont en cours, des réacteurs les plus petits aux innovations les plus ambitieuses.

L’arrêt du projet Astrid soulève des interrogations dans la filière nucléaire française. Sans prototype de réacteur de quatrième génération, le secteur peut-il garder un avenir ? “C’est toute la cohérence de la filière française du nucléaire qui est mise en danger”, a dénoncé jeudi 5 septembre le syndicat Fédération Nationale Mines Énergie (FNME-CGT). D’autres chantiers existent dans la recherche nucléaire mais ils sont peu nombreux. Astrid, seul projet de réacteur de quatrième génération à taille industrielle

Astrid correspond à un prototype de réacteur à neutrons rapides refroidis au sodium (RNR-Na). Les RNR-Na font partie des six types de réacteurs qui délimitent la quatrième génération des sites nucléaires. Le problème : la France ne s’est concentrée que sur les RNR-Na tandis que d’autres pays – comme la Chine, les États-Unis, l’Inde et la Russie – poursuivent la recherche dans d’autres filières.

Il existe un autre projet dans la quatrième génération : le démonstrateur Allegro de réacteur à neutrons rapides refroidis au gaz (RNR-G), lancé en 2011 avec la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie et en collaboration avec le CEA. Il s’agit toutefois d’un projet nettement plus petit avec une puissance de 75 MWth et le rôle du CEA se limite à celui de conseiller et d’assistant technique. « Aujourd’hui le projet Allegro est au stade des études de concept (pas de caractère industriel à ce jour), précise à L’Usine Nouvelle un porte-parole du CEA. Avec le lancement du programme Astrid, la priorité a été mise sur les RNR au sodium et le CEA n’a pas approfondi ses études sur le RNR-G. » Le lieu d’implantation éventuel d’Allegro reste inconnu et peu d’informations circulent sur l’avancement du projet. Un consortium d’industriels pour un petit réacteur modulaire

En marge des réacteurs de quatrième génération, la France veut se doter de petits réacteurs modulaires (les SMR pour small modular reactors). Ces derniers ont l’avantage de pouvoir être transportés par camion ou par barge, comme la centrale nucléaire flottante russe qui a quitté son port le 23 août. Avec une puissance limitée, souvent située autour de 100 MWe, ces réacteurs pourraient théoriquement être fabriqués en série dans des usines pour alimenter des sites isolés. Surtout, les SMR permettraient de réduire le coût et le temps des chantiers des centrales.

En France, le consortium F-SMR travaille sur le sujet et regroupe EDF, le CEA, Naval Group et Technicatome. Ces derniers travaillent sur un SMR à eau pressurisée et doivent démarrer en 2019 le “conceptual design” d’un réacteur de 170 MW. À travers le monde, une cinquantaine de projets similaires existent selon l’Agence internationale de l’énergie, même si une grande majorité sont toujours en cours de développement.

ITER, un chantier ambitieux en bonne voie

La France peut s’enorgueillir d’un autre chantier pharaonique : celui du réacteur civil à fusion nucléaire Iter (pour International Thermonuclear Experimental Reactor). Installé à Cadarache (Bouches-du-Rhône), il fait partie des projets nucléaires les plus ambitieux menés à travers le monde en associant 35 pays, dont la Chine et les États-Unis. Lancé en 2004, Iter pourrait aboutir à des premières expériences dès 2025 même s’il a été retardé par le passé. Le réacteur de recherche consistera à reproduire de façon contrôlée les réactions de fusion nucléaire qui se produisent au cœur du soleil et des étoiles. Sa période d’exploitation est estimée à 20 ans.

(Le chantier d’Iter vu du ciel en juin 2019. Crédit : ITER Organization/EJF Riche)

Sur le futur site de 180 hectares, outre les retombées pour l’économie locale, 1000 personnes devraient être directement employées. Doté d’un budget monumental (plus de 20 milliards d’euros pour la construction et l’exploitation), le projet est suivi attentivement dans la communauté scientifique. L’objectif est de générer une puissance thermique de 500 MW durant 6 minutes et 40 secondes en injectant une puissance électrique de 50 MW. À terme, les chercheurs espèrent produire une énergie propre et inépuisable.

Malgré ces projets, la filière alerte sur le manque de moyens apportés à l’innovation. Le 3 septembre, l’Association européenne de l’industrie du nucléaire (Foratom) a appelé l’Union européenne à augmenter ses subventions. “Si l’Union Européenne veut sérieusement décarboner son économie d’ici à 2050, davantage de fonds de l’UE devraient être alloués à la recherche et innovation dans le nucléaire bas carbone”, déclare dans un communiqué le directeur général de Foratom Yves Desbazeille.

Par Simon Chodorge , publié le 13/09/2019 à 13H45

Photo en titre : L’Iter fait partie des projets importants de recherche nucléaire en France. Ici, l’une des cryopompes du futur réacteur est testée.  © ITER Organization.

https://www.usinenouvelle.com/article/apres-astrid-que-reste-t-il-de-la-recherche-nucleaire-en-france.N881630

Sep 14

EDF ACCUMULE LES TRACAS DANS LE NUCLÉAIRE

Paris (awp/afp) – EDF a connu une nouvelle semaine compliquée, avec la révélation de problèmes de fabrication sur certaines pièces qui équipent au moins cinq réacteurs nucléaires, faisant craindre des arrêts coûteux.

L’électricien a annoncé mardi que les procédures prévues n’avaient pas été respectées par sa filiale Framatome lors d’opérations réalisées « sur certaines soudures de générateurs de vapeur« , de gros composants des centrales, lors de leur fabrication.

Les générateurs de vapeur sont d’énormes équipements qui servent d’échangeur thermique entre l’eau du circuit primaire et l’eau du circuit secondaire qui se transforme en vapeur et alimente la turbine produisant l’électricité.

Le problème concerne des matériels en service ainsi que des matériels neufs qui ne sont pas encore en service ou installés sur un site.

Selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), c’est une « vingtaine de générateurs de vapeur fabriqués par Framatome à partir de 2008 qui sont potentiellement concernés« . Mais l’inventaire n’a pas encore été achevé, depuis la découverte récente de ce défaut lors de tests réalisés par l’industriel.

« Au minimum, cinq réacteurs nucléaires sont concernés par ce problème« , sur les 58 du parc d’EDF, a détaillé son président Bernard Doroszczuk jeudi dans Le Figaro. Il a aussi rappelé pouvoir « prendre des mesures conservatoires qui pourront aller jusqu’à l’arrêt des réacteurs si nécessaire« .

L’ASN peut en effet décider à tout moment de l’arrêt d’un réacteur pour des raisons de sûreté. En 2017, elle avait ainsi provisoirement stoppé les quatre réacteurs de la centrale du Tricastin (Drôme), le temps que des travaux soient effectués sur le site, obligeant EDF à revoir à la baisse ses objectifs financiers.

Les analystes s’interrogeaient cette semaine sur les conséquences de cette « mauvaise surprise » qui pourrait se traduire par une production nucléaire plus basse que prévu.

« La réparation (…) pourrait nécessiter des arrêts, qui pourraient être significatifs », estime Tancrède Fulop, analyste chez Morningstar. « Si les arrêts avaient lieu dans les prochaines semaines, ils pourraient avoir un effet négatif significatif sur les résultats 2019 car EDF aurait à acheter de l’électricité à prix élevés sur le marché ».

Au milieu de cette semaine agitée, l’ASN a aussi annoncé mercredi avoir placé la centrale nucléaire de Flamanville – les deux réacteurs en service mais pas l’EPR en construction – sous « surveillance renforcée« , estimant qu’EDF y rencontre des difficultés.

« Point bas« 

« La réputation de l’industrie nucléaire française a atteint un point bas historique », estime Paul Dorfman, de l’University College London (UCL) Energy Institute, interrogé par l’AFP.

« En raison des risques, le nucléaire doit démontrer sa sécurité, sa sûreté, et par-dessus tout être digne de confiance. Malheureusement ça ne semble pas être le cas », ajoute l’universitaire, habituellement critique vis-à-vis de l’atome.

Les derniers événements représentent en effet un nouveau coup dur pour un secteur touché par une série de problèmes depuis des années, des retards à répétition sur le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche) au scandale des irrégularités dans la fabrication d’équipements à l’usine de Framatome Creusot Forge.

Une bonne nouvelle est toutefois arrivée le week-end dernier, mais de l’étranger: la mise en service commercial d’un deuxième EPR par EDF et ses partenaires chinois à Taishan, en Chine.

C’est dans ce contexte compliqué qu’EDF réfléchit à un projet de réorganisation de l’entreprise baptisé « Hercule« , qui doit être présenté au gouvernement à la fin de l’année. L’État garderait 100% d’un « EDF Bleu » comprenant notamment le nucléaire et l’hydraulique, tandis qu’un « EDF Vert » comprenant les autres renouvelables, le réseau de distribution ou l’activité commerciale serait partiellement introduit en Bourse.

L’idée est notamment d’assurer les très lourds investissements nécessaires dans le nucléaire tout en permettant le développement des autres activités.

Mais cette perspective fait l’unanimité contre elle au sein des syndicats d’EDF, par ailleurs mobilisés contre la réforme des retraites, qui ont annoncé une journée de grève unitaire le 19 septembre.

Par afp/al, publié le 13/09/2019 à 12h17

https://www.zonebourse.com/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/EDF-accumule-les-tracas-dans-le-nucleaire-29200781/

Sep 14

RAYONNEMENTS IONISANTS : FORTE HAUSSE DE L’EXPOSITION DES TRAVAILLEURS DU NUCLÉAIRE

Le bilan 2018 de l’IRSN n’est pas flatteur pour l’industrie nucléaire. La dose individuelle moyenne dans ce secteur est en hausse de 9 % et le secteur du démantèlement se distingue par l’exposition interne de ses travailleurs.

Les chiffres de l’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants pour 2018 ne sont pas bons. Réalisé par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), ce bilan montre une augmentation de la dose individuelle moyenne de 11 % par rapport à 2017 pour l’exposition externe des travailleurs. Cette valeur s’élève à 0,80 millisieverts (mSv). Hors aviation (2,10 mSv), les domaines du nucléaire (1,40 mSv) et de l’industrie (0,88 mSv) sont ceux où les travailleurs reçoivent les doses les plus élevées. Ces doses sont en hausse, respectivement, de 9 % et de 6 % par rapport à 2017. Dix travailleurs ont dépassé la limite annuelle réglementaire de 20 mSv, dont huit retenus par défaut et deux confirmés dans le secteur médical.

Quant aux expositions internes des travailleurs, la surveillance de routine, c’est-à-dire en conditions normales de travail, montre un taux de 0,4 % d’examens positifs. En revanche, ce taux est de 14 % en surveillance spéciale, c’est-à-dire lorsqu’un événement avec suspicion de contamination est intervenu (à 90 % dans le secteur nucléaire) : cette proportion est en hausse de 2 % par rapport à 2017. La surveillance de l’exposition interne concerne les salariés amenés à travailler en présence de sources non scellées et susceptibles d’être contaminés par inhalation, pénétration transcutanée, blessure ou ingestion.

L’IRSN fait un focus particulier sur l’exposition des travailleurs du secteur du démantèlement nucléaire, sur les trois sites du CEA de Fontenay-aux-Roses, de la centrale EDF de Chooz et des ateliers Orano de La Hague. « L’ensemble des travailleurs des trois sites étudiés présentent des expositions externes globalement faibles« , indique l’IRSN. En revanche, 28 % des travailleurs analysés présentent des résultats positifs en ce qui concerne l’exposition interne. « Peu présent pour les installations en exploitation, le risque d’exposition interne peut être accru dans la phase de démantèlement dès lors que les opérations génèrent la mise en suspension de radionucléides« , analyse l’Institut.

Le focus spécial sur les travailleurs prestataires du nucléaire montre, de son côté, que ces travailleurs présentent une dose individuelle moyenne parmi les plus élevées (1,81 mSv contre 1,68 mSv en 2017), toutefois loin de celle de la fabrication du combustible (2,59 mSv). De manière générale, « les travailleurs prestataires les plus exposés en moyenne sont ceux en CDI qui exercent dans la spécialité de maintenance en tant qu’itinérant« , indique l’IRSN. La dose individuelle la plus forte enregistrée en 2018 s’élève à 15,2 mSv et concerne les techniciens électriciens/électroniciens de maintenance, itinérants en CDI.

Par Laurent Radisson, journaliste, Rédacteur en Chef délégué aux marchés HSE, publié le 13 septembre 2019 sur le site : https://www.actu-environnement.com/ae/news/rayonnements-ionisants-exposition-bilan-2018-IRSN-34037.php4 que nous vous conseillons de consulter régulièrement.

Sep 14

21 ET 22 SEPTEMBRE 2019, LE COLLECTIF LES BOMBES ATOMIQUES ORGANISE UN WEEK-END ANTINUCLÉAIRE ET FÉMINISTE DANS LA MEUSE

« Tu habites en Meuse, tu en as marre de recevoir le journal de l’ANDRA qui essaye de te faire accepter son projet mortifère, tu fais des cauchemars de catastrophe meurtrière, tu as peur d’avoir des enfants à cause de la radioactivité dans l’air, … »

Le collectif les bombes atomiques basées dans la Meuse lance les invitations à son week-end antinucléaire et féministe, via son site internet. Dans un long texte repris en vidéo le collectif invite les femmes de la Meuse et d’ailleurs à venir réfléchir aux conséquences du nucléaire entre autres choses les samedi 21 et dimanche 22 septembre 2019 à une dizaine de kilomètres du village de Bure.

Pour rappel, Bure est le village meusien où pourrait être implanté un centre de stockage de déchets nucléaires. Un projet qui a provoqué la colère des antinucléaires, qui ont bloqué la zone pendant deux ans avant d’en être expulsés, mais qui continuent d’occuper les abords du site et de manifester contre cette mise en place.

« Nous avons décidé de baser notre camp pour le week-end assez loin de Bure, car nous voulions un lieu accueillant, démilitarisé et qui ne soit pas anxiogène, pour que tout le monde se sente bien, et que les personnes n’étant jamais venues dans la Meuse se sentent libre de venir et en toute sécurité », confie l’une des « Bombes atomiques« , qui a souhaité garder l’anonymat. 

Bien sûr, il sera question d’écologie durant le week-end et d’actions antinucléaires, mais pas seulement. Le collectif des Bombes atomiques a décidé de créer un événement exclusivement féminin fermé à la gent masculine

Tu es une femme, tu es trans, tu es non-binaire, tu es queer, tu n’es pas sûr.e de savoir ni de vouloir définir ton identité de genre, tu ne t’es jamais organisé.e sans hommes cis, …

Collectif les Bombes atomiques

Une première en France

« Notre collectif brasse des féminismes très différents, nous avions constaté qu’en Europe beaucoup de mouvements féministes avaient agi ensemble pour des causes qui leur tenaient à cœur, je pense par exemple à ces femmes en Angleterre qui avaient encerclé une centrale nucléaire. Et nous avons constaté qu’en France rien de tel n’avait eu lieu. Ce serait donc une première », rajoute la bombe atomique.

Concernant le lien direct entre féminisme et action écologique, la réponse reste « floue » : « Je parle en mon nom personnel, nous n’avons pas toutes le même avis là-dessus, mais les femmes sont toujours les premières touchées par les questions environnementales, à mon sens. Raison pour laquelle nous avons créé un événement exclusivement féminin. » Le gros des activités se déroulera le samedi et le dimanche, mais les femmes venant de loin pourront être accueillies dès le vendredi soir. Au programme sur les deux jours des ateliers animés par les bombes atomiques, une marche le samedi et un débriefing le dimanche entre autres choses. 

Avec cette action inédite en France, les bombes atomiques souhaitent créer une dynamique féministe tout en « s’inscrivant dans un contexte de mouvements sociaux forts où les collectifs convergent de plus en plus. » Le but de l’événement est d’échanger sur le féminisme et les perspectives écologiques qui s’offrent à lui, mais aussi sur l’avenir du mouvement de Bure. 

Par AT, publié le 12/09/2019 à 17h55

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/meuse/bure/meuse-rassemblement-antinucleaire-feministe-bure-1721651.html

Sep 13

ÉCONOMIE DES DÉCHETS NUCLÉAIRES : BRISER LES TABOUS

Miné par les incohérences intellectuelles et les questions inabordables, le débat économique sur le traitement des déchets nucléaires et ses alternatives échappe à toute rationalité.

Les dernières séances publiques du débat sur le Programme national de gestion des déchets et matières nucléaire (PNGDMR) organisé par la Commission nationale du débat public (CNNDP), qui viennent de s’achever, ont logiquement été consacrées à l’économie et au financement de l’aval du cycle nucléaire. Combien va coûter Cigéo, peut-on faire des économies par rapport au devis initial, les réserves constituées seront-elles suffisantes… ?

Toutes ces questions sont importantes, mais leur pertinence est profondément remise en question par le contexte dans lequel elles sont posées pour deux raisons principales. Le problème du temps long et celui des tabous.

La question du temps

L’énergie nucléaire est en effet affaire de temps inhabituellement long pour l’industrie, les pouvoirs publics et les citoyens. Entre le début de construction d’un réacteur et sa mise à l’arrêt, il s’écoule de 50 à 70 ans. Son démantèlement s’étale sur une durée de l’ordre de 50 ans. L’aval du cycle nucléaire engage des périodes encore beaucoup plus longues : sans même parler des centaines de milliers d’années pendant lesquelles certaines des matières nucléaires (uranium, plutonium, actinides mineurs) restent radioactives, les processus industriels de retraitement, d’entreposage, d’éventuel stockage des matières nucléaires inemployées et des déchets à haute activité s’étalent sur des périodes qui, souvent, excèdent largement le siècle.

Il en va ainsi

. de la surveillance des stockages de déchets à faible activité et longue durée de vie pendant une période d’au moins 300 ans ;

. de l’entreposage dans des piscines ou à sec des matières nucléaires en attente de retraitement ou de stockage sur des périodes d’une centaine d’années ;

. de la mise au point et implantation à l’échelle industrielle sur une période de plus de cent ans d’une filière de réacteurs à neutrons rapides surgénérateurs (RNR) supposée justifier le retraitement du combustible ;

. et enfin de la construction et enfouissement des déchets du parc actuel du projet Cigéo pour une durée de l’ordre de 150 ans…

Pour prendre conscience de la difficulté d’application de calculs économiques sérieux à cet ensemble d’activités futures d’aval du cycle, il suffit de se replacer en arrière, ne serait-ce que de 150 ans, en 1869. Depuis, la France a connu sur son sol trois guerres dont deux mondiales, une révolution (la Commune), l’irruption massive de la machine à vapeur, de l’électricité, du moteur thermique, puis des communications et d’internet, de l’arme nucléaire…

D’aucuns vous diront qu’on a déjà des expériences de ce type, la construction de Notre-Dame de Paris par exemple. Mais ils oublient de signaler que personne n’avait eu à l’époque l’idée saugrenue de la bourrer consciencieusement, de la sacristie à la voûte, de pains de TNT tout au long de sa construction !

Les tabous franco-français

Très tôt, dans un contexte militaro-industriel, l’État nucléaire a imposé quelques « tabous » très spécifiques à notre pays concernant l’aval du cycle du combustible nucléaire.

À commencer par le tabou du « cycle fermé ». Il consiste à considérer comme acquise la possibilité industrielle d’un recyclage quasi total de l’ensemble des matières nucléaires contenues dans le combustible usé, qui ne laisserait à l’état de déchets ultimes qu’un pourcentage totalement négligeable de la masse des matières nucléaires existantes (la fameuse piscine olympique censée suffire pour accueillir l’ensemble des déchets à haute activité à vie longue (HAVL) du parc français).

La quantité de matière nucléaire recyclée n’est que l’ordre de 1 % au lieu des 95 % revendiqués

Ce mythe est contredit à la fois par la situation actuelle où la quantité de matière nucléaire recyclée n’est que l’ordre de 1 % au lieu des 95 % revendiqués et par le projet Cigéo dont le volume de galeries équivaut à plusieurs milliers de ces piscines olympiques. Il sert pourtant de base intangible à la politique française d’aval du cycle depuis que les nécessités militaires n’assurent plus une justification suffisante au retraitement.

Vient ensuite le tabou de la responsabilité historique de notre génération vis-à-vis des générations futures. Il conduit, par un tour de passe-passe intellectuel douteux, à justifier des politiques potentiellement très hasardeuses et dangereuses pour les dix ou quinze générations qui viennent par une préoccupation éthique concernant les milliers de générations qui les suivront. Il sert de justification au retraitement associé au développement d’une filière de réacteurs à neutrons rapides, supposée à très long terme réduire considérablement les déchets nucléaires 1. Il légitime également l’enfouissement à Bure des déchets dits ultimes. Deux projets qui s’étalent sur plus de 150 ans…

Incohérences des discours

On pourra noter une incohérence inquiétante entre, d’un côté, les discours sur la science et, de l’autre, la technologie qui accompagne ces deux tabous. La politique du retraitement, par exemple, semble jouer le jeu de l’avancée des connaissances et de l’innovation : ses promoteurs font le pari du déploiement industriel, vers la fin du siècle, d’une filière de réacteurs à neutrons rapides. Mais cette filière est encore inexistante, et ses caractéristiques technologiques, économiques et environnementales sont pour l’heure réduites à l’état de spéculations. Le projet Cigéo (site d’enfouissement de Bure) repose, lui, sur le présupposé inverse : la science et la société seraient incapables d’apporter des solutions nouvelles à la question des déchets nucléaires dans les siècles qui viennent, alors même que la science nucléaire a moins de 80 ans. Même incohérence dans le discours administratif où aucune alternative à Cigéo n’est présentée, alors que ce projet est pourtant affublé du terme de « solution de référence » qui, par définition, implique la présence d’alternatives.

L’avantage du tabou est qu’il est par définition intransgressible, ce qui est bien commode pour le pouvoir en place. Mais l’inconvénient est que son absence de rationalité le rend fragile, comme le montre aujourd’hui la déroute d’Astrid (réacteur de 4e génération). C’est alors tout le château de cartes patiemment construit autour de ce tabou qui s’écroule. C’est dans ce contexte très restrictif que se situe le débat économique sur l’aval du cycle dans notre pays.

La prégnance des tabous permet d’évacuer du calcul économique toute comparaison entre des alternatives, puisqu’il n’y en pas

La prégnance des tabous permet tout d’abord d’évacuer du calcul économique toute comparaison entre des alternatives – puisque, d’alternatives, il n’y en a pas… C’est ainsi qu’il n’existe aucun document officiel récent permettant de faire une comparaison économique de la politique retraitement-recyclage officielle avec une politique l’excluant. Le dernier chiffrage, très partiel (il s’arrêtait au monorecyclage ou MOX), et très daté (2000 !)2 montrait que le surcoût du retraitement atteignait déjà de l’ordre de 6 milliards d’euros pour le parc actuel, de 2010 à sa fin de vie 3. Depuis, si l’on en croit les médias japonais, les choses n’ont fait qu’empirer puisque le MOX importé par les compagnies japonaises aurait coûté jusqu’à 9 fois plus cher par kWh que l’UOX.

Absence de comparaison

Même scénario pour Cigéo : aucune comparaison n’est faite, ni avec une alternative d’entreposage pérenne associée à une politique de recherche, ni avec l’éventualité d’un stockage définitif direct des combustibles à l’uranium irradiés, très probable et susceptible de multiplier par deux à trois le coût du projet… Le devis pourrait passer d’une trentaine de milliards d’euros à plus 100 milliards d’euros.

Là encore le rapport Charpin-Dessus-Pellat mettait déjà en évidence en 2000 l’importance des dépenses liées au stockage de l’UOX et du MOX irradiés dans les différents scénarios concernant le parc actuel. Dans tous les cas, ces dépenses étaient bien supérieures à celles du stockage des « déchets dits ultimes ». Ces estimations n’ont jamais reçu ni de démenti ni de confirmation, ni de la part des pouvoirs publics ni de l’industrie. Elles sont simplement restées ignorées pendant près de 20 ans. Même chose pour les solutions d’entreposage de combustible en piscine ou à sec qui ne font l’objet d’aucune comparaison économique.

Le coût de l’entreposage de combustibles irradiés est élevé

Coûts d’entreposage selon les scénarios, en milliard d’euros

*Les déchets B sont ceux issus de l’exploitation des centrales et du retraitement. Les déchets C sont issus du retraitement.

Le scénario 4 correspond à l’arrêt du retraitement en 2010, le suivant à 20 tranches moxées et le dernier à 28 tranches moxées.

Source : Rapport Charpin-Dessus-Pellat   N.B : les chiffres du rapport sont en franc constant de 1999 et ont été convertis en euro.

C’est dans la comparaison des alternatives plutôt que dans l’évaluation des coûts absolus des projets que l’étude économique pourrait se révéler la plus utile

C’est pourtant bien dans la comparaison des alternatives plutôt que dans l’évaluation des coûts absolus des projets que l’étude économique, dont on connaît par ailleurs les limites – on pense par exemple aux évaluations initiales du coût de l’ EPR de Flamanville –  pourrait se révéler la plus utile.

Enfin le calcul économique traditionnel prend en compte la question du temps à travers un taux d’actualisation, dont la valeur (toujours positive) traduit le degré de préférence du décideur pour le présent par rapport à l’avenir, dans un contexte économique et social déterminé. Un taux d’actualisation élevé conduit à une estimation très basse de la valeur actuelle d’un investissement futur : pour un taux d’actualisation de 10 %, 1 000 euros investis dans 30 ans comptent aujourd’hui pour 57 euros. Même pour des taux très bas, l’effet d’écrasement reste important à long terme : pour un taux de 2 %, 1 000 euros dépensés dans 50 ans comptent pour 370 euros aujourd’hui et dépensés dans 100 ans pour 138 euros.

Comme l’aval du cycle nucléaire engage des périodes d’investissement et d’exploitation supérieures au siècle, le choix d’un calcul actualisé (quelle que soit la valeur du taux choisi) a donc pour effet d’écraser complètement les coûts de long terme.

C’est ainsi par exemple que le coût de démantèlement du réacteur EPR de Flamanville (s’il finit par fonctionner), dont les premiers gestes n’interviendront que vers 2100, ne représente que moins de 0,20 euros sur une centaine d’euros de coût courant économique 4 du MWh électrique 5. Dans ces conditions une multiplication du coût de démantèlement réel par 3 ou 4, pourtant très vraisemblable, n’influe guère sur le coût du MWh. De là à négliger de s’en préoccuper, le pas est vite franchi.

Calculs économiques

Pour leur défense, les mêmes économistes arguent qu’il suffit de placer des sommes correspondant aux coûts précédemment cités et au taux d’actualisation retenu, augmenté du taux de l’inflation, pour assurer à terme les dépenses de l’aval du cycle.

Mais les échelles de temps très inhabituelles en cause rendent particulièrement aléatoire toute prévision non seulement sur les paramètres du calcul économique (valeur de l’inflation, valeur des matières premières, de l’énergie…) dans 100 ans et plus, mais aussi sur les paramètres industriels ou institutionnels (pérennité des entreprises, contours de l’État, etc.).

Enfin, le gouvernement et les industriels ont pris l’habitude d’affecter les coûts de l’aval du cycle nucléaire et du démantèlement des centrales au coût total du MWh nucléaire. Ils font ainsi l’hypothèse implicite pour le moins hardie que pendant la totalité de l’activité aval du cycle nucléaire, qui va durer plusieurs siècles, il continuera à exister une production nucléaire du même ordre de grandeur que celle d’aujourd’hui.

L’État et les industriels ne peuvent pas continuer à renvoyer systématiquement la charge de la preuve de la validité des solutions alternatives aux ONG

En fait on sait très bien que les coûts d’aval du cycle seront très probablement payés pour la plus grande partie soit par d’autres filières électriques (renouvelables par exemple), soit par nos concitoyens sous forme d’impôts.

Voilà quelques-uns des défis et des contradictions auxquels on se heurte quand on aborde les questions économiques sur l’aval du cycle nucléaire.

Le débat économique devrait porter essentiellement sur la comparaison de devis d’alternatives en termes de flux d’investissement et d’exploitation au cours du temps. C’est très loin d’être le cas aujourd’hui puisque les tabous et les incohérences intellectuelles réduisent le choix à une option unique.

Pour sortir de cette situation il faut que les pouvoirs publics et les industriels comprennent que la recherche, la description, le chiffrage d’alternatives et leur comparaison aux solutions dites de référence fait partie intégrante de leur mission. L’État et les industriels ne peuvent pas continuer à renvoyer systématiquement la charge de la preuve de la validité des solutions alternatives aux ONG, dont les personnels spécialisés, les moyens de calcul et l’accès aux données sont bien évidemment très inférieurs aux leurs.

C’est une condition impérative si l’on veut éviter que le calcul économique ne se vide d’une grande partie de son sens. Mais surtout, c’est l’exercice démocratique même du débat qui en dépend.

Benjamin Dessus est fondateur de l’association Global Chance

  • 1. Bien que le les calculs effectués par le CEA à l’occasion du premier débat déchets en 2006 aient montré que, dans le meilleur des cas, cet objectif très ambitieux resterait très loin d’être atteint en 2170 avec un solde d’actinides de 420 tonnes.
  • 2. JM Charpin-B Dessus-R Pellat Étude économique prospective de la filière nucléaire, Rapport au Premier ministre, Ed La documentation Française, 2000
  • 3. Pour une valeur moyenne 62 de dollars/ kg sur la période alors qu’elle est de l’ordre de 50 dollars/kg aujourd’hui.
  • 4. La méthode de calcul adoptée par la Cour des comptes pour le coût de l’énergie électrique
  • 5. Déchiffrer l’énergie, Benjamin Dessus, Éditions Belin 2014, page 258

Par Benjamin Dessus, publié le 12/09/2019

Photo en titre : Ancienne mine et usine de traitement de minerais d’uranium de Saint-Priest-la-Prugne (Loire), le 27 novembre 2018. Un chantier de modernisation de la station de traitement des eaux a été ouvert pour tenter de contrôler les effluents du stockage de 1,3 million de tonne de résidus et déchets radioactifs. PHOTO : © Pierre GLEIZES/REA

https://www.alternatives-economiques.fr/economie-dechets-nucleaires-briser-tabous/00090301

Sep 13

DÉCHETS NUCLÉAIRES INFLAMMABLES À BURE (CIGÉO) : UN CHANGEMENT DE CONCEPTION ENVISAGEABLE SELON UN GROUPE D’EXPERTS

Pour pouvoir accueillir certains déchets inflammables, la conception du futur site d’enfouissement profond de Bure (Meuse) devrait pouvoir être modifiée, solution moins coûteuse que le traitement au préalable de ces déchets, selon un groupe d’experts cité jeudi par l’ASN.

L’Autorité de sûreté nucléaire avait en janvier 2018 formulé une « réserve » sur le dossier du projet Cigéo à Bure (Meuse), concernant les déchets bitumineux. Ces boues radioactives, qui ont par le passé été conditionnées dans du bitume, représentent environ 18% de l’ensemble des déchets qui seront stockés par Cigéo, et elles sont très inflammables.

L’IRSN, bras technique de l’ASN, avait soulevé le problème en demandant à l’Andra, qui gère ce projet, d’étudier deux options pour y remédier : la possibilité d’un prétraitement de ces déchets pour neutraliser leur inflammabilité avant leur enfouissement, ou un changement dans la conception de leur stockage. L’ASN estimait que la première piste devait être privilégiée.

« Sur la neutralisation de la réactivité chimique des colis : sa faisabilité industrielle reste à démontrer« , conclut une expertise commandée par le gouvernement et l’ASN, citée par cette dernière. L’expertise a été menée avec des spécialistes français et étrangers. « Le groupe estime improbable que la mise en service d’une telle installation puisse intervenir avant 2040, mais considère que les études doivent être poursuivies et qu’il serait utile de réexaminer l’intérêt de la dissolution chimique du bitume avant le choix définitif d’un procédé à industrialiser le cas échéant« , indique l’ASN dans une note d’information.

Mais « sur l’évolution de conception de Cigéo, le groupe estime que les études conduites par l’Andra devraient permettre d’arriver à court terme à une conception dont la sûreté pourrait être démontrée de façon convaincante« , poursuit-elle. Les experts ont aussi conclu que le coût de cette solution de stockage direct « serait nettement inférieur » à une neutralisation préalable de la réactivité des déchets.

Le projet Cigéo, d’un coût estimé à 25 milliards d’euros, vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets radioactifs de haute activité ou de moyenne activité à vie longue, de l’ordre de centaines de milliers d’années.

Par AFP, publié le 12 sept. 2019 à 15h28

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/dechets-nucleaires-inflammables-bure-un-changement-de-conception-envisageable-experts-190912

Sep 12

JAPON: LE NOUVEAU MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT VEUT SE « DÉBARRASSER » DU NUCLÉAIRE

Le tout nouveau ministre japonais de l’Environnement a dit vouloir « débarrasser » le pays de ses centrales nucléaires, mettant en garde contre le risque d’un nouvel accident du type de celui de Fukushima en raison du risque sismique très élevé au Japon.

Ces propos sont les premiers tenus sur ce sujet délicat par Shinjiro Koizumi, étoile montante de la politique nippone et fils de l’ex-Premier ministre Junichiro Koizumi, depuis sa nomination mercredi lors d’un remaniement du gouvernement.

« Je voudrais réfléchir à la façon dont nous pourrions nous en débarrasser et non pas à la manière de les maintenir« , a-t-il déclaré à la presse tard mercredi soir, semblant se faire l’écho de la position anti-nucléaire de son père. « Nous serons finis si nous laissons (un accident nucléaire, NDLR) se produire une seconde fois dans le même pays. Il nous est impossible de savoir quand nous allons subir un tremblement de terre« .

Toutefois, ces propos ne devraient pas changer dans l’immédiat la politique déjà affichée par le Japon, qui prévoit de réduire progressivement sa dépendance à l’énergie nucléaire, un objectif rendu compliqué par la forte dépendance actuelle de l’archipel envers le charbon.

Coqueluche des médias japonais, Shinjiro Koizumi, 38 ans, est le troisième plus jeune ministre nommé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Son père est connu pour avoir changé radicalement sa position sur le nucléaire depuis qu’il a quitté la politique, pour s’y opposer vivement.

Le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe dit vouloir à terme s’éloigner de l’usage de cette énergie mais prévoit néanmoins d’y avoir largement recours sur les années à venir, en particulier pour respecter ses obligations de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat signé en 2015.

Ses projets les plus récents envisagent de porter la part du nucléaire à 20-22% du mix énergétique du pays d’ici à 2030, contre 30% avant la catastrophe de Fukushima.

Mais le Japon peine à redémarrer ses réacteurs, qui avaient tous été mis à l’arrêt après ce désastre atomique, provoqué par le gigantesque tsunami du 11 mars 2011 qui a dévasté la côte nord-est du pays. Les normes nationales de sûreté nucléaire ont ensuite été nettement durcies, et moins de 10 réacteurs ont repris du service.

Par AFP, publié le 12 septembre 2019

Photo en titre : Le nouveau ministre japonais de l’Environnement Shinjiro Koizumi. REUTERS/Issei Kato

https://www.lorientlejour.com/article/1186242/japon-le-nouveau-ministre-de-lenvironnement-veut-se-debarrasser-du-nucleaire.html

Sep 12

AFIN DE PRÉSERVER LES SITES DE STOCKAGE DE DÉCHETS NUCLÉAIRES, EDF PROPOSE DE RÉEMPLOYER LES MÉTAUX TRÈS FAIBLEMENT RADIOACTIFS

La déconstruction des réacteurs nucléaires dans les 20 ans à venir va générer beaucoup de déchets, classés nucléaires quel que soit leur niveau de radioactivité. Afin d’économiser l’espace précieux des sites de stockages, EDF propose, dans le cadre du débat public sur la gestion des déchets, de nettoyer et réutiliser les métaux très faiblement radioactifs, ce qui aujourd’hui est formellement interdit en France.

L’ensemble des déchets de l’industrie nucléaire doit être conservé dans des stockages spéciaux, quel que soit leur niveau de contamination, même quand elle est infime ou nulle. Et dans les années et décennies à venir, avec le démantèlement du parc nucléaire actuel, de grandes quantités de béton et d’acier vont sortir des centrales et remplir les zones d’entreposage existantes… ce qui pourrait rapidement virer au casse-tête.

C’est pourquoi, en plein débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), EDF fait une proposition que jusqu’alors l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a toujours exclue jusqu’alors. L’électricien historique veut pouvoir réutiliser des matériaux métalliques très faiblement radioactifs issus de ses centrales nucléaires après les avoir traités, au lieu de devoir les stocker, selon un document consulté par l’AFP.

L’électricien propose des « améliorations » au système actuel, dans le cadre du débat public actuellement en cours sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR). Il a ainsi publié son avis sur ce débat, comme d’autres entreprises, ONG, syndicats ou entités publiques.

Mieux à faire que stocker

EDF souhaite notamment changer la gestion des déchets dits « très faiblement actifs » (TFA), qui doivent aujourd’hui être stockés dans un centre situé dans l’Aube. Ce centre « est déjà rempli à 50 % par des déchets, dont une part significative a une radioactivité négligeable et ne nécessite aucune mesure de radioprotection« , affirme le groupe.

Il remarque que le démantèlement futur du parc nucléaire actuel produira 225 000 tonnes de matériaux métalliques TFA. « Or, il y a mieux à faire que de stocker (définitivement) une quantité importante de métal valorisable qui ne présente pas de risque sanitaire« , juge EDF. L’entreprise propose de faire ainsi comme en Suède et l’Allemagne où les métaux sont nettoyés de leur radioactivité avant d’être fondus pour les transformer en lingots.

Il est ensuite possible de déterminer un seuil de radioactivité en-dessous duquel la réutilisation des lingots est possible. Une directive européenne détermine déjà de tels niveaux appelés « seuils de libération« . Les matériaux seraient réutilisés « dans l’industrie conventionnelle et dans l’industrie nucléaire« , a précisé un porte-parole d’EDF. Comprendre : ces matériaux ne seront pas utilisés en dehors des sites nucléaires existants pour construire des sites conventionnels.

Par Ludovic Dupin avec AFP, publié le 12 septembre 2019

Photo en titre : EDF propose de réutiliser les métaux très faiblement radioactifs issus du démantèlement des réacteurs nucléaires. CC0

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/afin-d-eviter-l-engorgement-des-sites-de-stockage-edf-propose-de-reemployer-les-metaux-tres-faiblement-radioactifs-147676.html

Sep 12

LES SOUS-TRAITANTS DU NUCLÉAIRE SE MOBILISENT POUR DÉFENDRE LEURS DROITS

À l’initiative du syndicat Sud Énergie, les employés sous-traitants de la filière nucléaire vont se mobiliser, mercredi 18 septembre. Une journée renommée “D-Day” pour demander la mise en place d’une convention collective spécifique aux sous-traitants du nucléaire.

Le syndicat Sud Énergie, rejoint par la CFDT, la CGT ou encore FO, appelle les sous-traitants de la filière nucléaire à faire grève, mercredi 18 septembre. Des tracts seront distribués aux entrées des sites, avec un filtrage particulier sur les centrales nucléaires soumises à un arrêt de tranche, comme Tricastin et Cruas-Meysse.

Les syndiqués exigent une reconnaissance de leur métier et de sa dangerosité, avec « l’instauration d’une convention collective spécifique aux travailleurs du nucléaire », explique Gilles Reynaud, représentant syndical Sud Énergie sur le site Orano du Tricastin. Il s’agit pour le militant de demander « une justice sociale » pour ces travailleurs nombreux. À Tricastin, EDF emploie 600 prestataires permanents en plus des 1 400 salariés EDF. À Orano, c’est plus : aux 2 500 salariés de l’entreprise s’ajoutent 2 000 salariés d’entreprises partenaires. Si le cœur du métier reste affecté aux statutaires, il faut du monde pour la maintenance, le génie civil, la radioprotection…

Un « nucléaire low-cost » pointé du doigt

« Nous faisons un gros boulot, nous sommes exposés à beaucoup de risques, mais nous sommes mis en concurrence perpétuellement, le nucléaire devient un business comme un autre et ça n’est pas normal. » Gilles Reynaud s’inquiète des risques de sûreté liés à « un nucléaire low-cost », pour les employés et les autres. « Dans le nucléaire, la qualité a du sens. Elle devrait être primordiale. On ne travaille pas dans une usine à nougats ! », explose-t-il.

Les responsables d’EDF et d’Orano rappellent que tous les employés, statutaires ou non, sont soumis aux mêmes règles de sécurité et ont droit aux mêmes formations.

Par Solène VIGNALI, publié le 12/09/2019 à 06h09

Photo en titre : Les centrales nucléaires du Tricastin et de Cruas-Meysse devraient être particulièrement touchées par le mouvement de grève.  Archives photo Le DL /Fabrice ANTÉRION

https://www.ledauphine.com/drome/2019/09/12/les-sous-traitants-du-nucleaire-se-mobilisent-pour-defendre-leurs-droits

Sep 12

FRANCE : « AU MINIMUM » CINQ RÉACTEURS NUCLÉAIRES CONCERNÉS PAR LES PROBLÈMES DE FABRICATION

Les défauts potentiels de composants nucléaires concernent cinq réacteurs « au minimum » sur le parc français, indique le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans le Figaro de jeudi, rappelant qu’il peut décider leur fermeture si nécessaire.

EDF avait annoncé cette semaine que les procédures prévues n’avaient pas été respectées par sa filiale Framatome lors d’opérations réalisées « sur certaines soudures de générateurs de vapeur« , de gros composants des centrales, lors de leur fabrication.

« Une vingtaine de générateurs de vapeur sont potentiellement concernés, cela veut dire une petite partie du parc nucléaire français. Mais à ce stade, l’inventaire des équipements de Framatome qui sont touchés n’est pas encore établi« , rappelle le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk.

« EDF a prévenu qu’il précisera dans une semaine environ le nombre d’équipements touchés » mais « au minimum, cinq réacteurs nucléaires sont concernés par ce problème. Ce n’est donc pas terminé« , ajoute-t-il, cité par le quotidien.

L’Autorité prévoit de statuer dans moins d’un mois, avec la possibilité de « prendre des mesures conservatoires qui pourront aller jusqu’à l’arrêt des réacteurs si nécessaire« , a rappelé Bernard Doroszczuk.

L’ASN peut en effet décider à tout moment de l’arrêt d’un réacteur pour des raisons de sûreté. En 2017, elle avait ainsi provisoirement stoppé les quatre réacteurs de la centrale du Tricastin (Drôme) le temps que des travaux soient effectués sur le site.

Par RTBF/AFP, publié le 12 septembre 2019 à 09h19

Photo en titre : Logo de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 28 juin 2017 à son siège à Montrouge (Hauts-de-Seine) – © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

https://www.rtbf.be/info/economie/detail_france-au-minimum-cinq-reacteurs-nucleaires-concernes-par-les-problemes-de-fabrication?id=10313206

Sep 12

NUCLÉAIRE : QU’EST-CE QUE LES « MATIÈRES VALORISABLES » QUI FONT POLÉMIQUE ?

Greenpeace a évoqué dans une étude le surcoût qu’imposent les « matières valorisables« . Que sont ces substances nucléaires considérées comme « recyclables« ?

Des matières nucléaires considérées comme recyclables seraient-elles finalement des déchets « ultimes« , condamnés à l’enfouissement? Dans un rapport publié ce mercredi, l’ONG Greenpeace s’alarme de chiffres impressionnants : selon elle, 18 milliards d’euros supplémentaires seraient nécessaires pour stocker de matières radioactives aujourd’hui officiellement considérées comme réutilisables.  

Ces éléments, appelés matières « valorisables » s’opposent aux « déchets ultimes« , qui ont vocation à être stockés dans des lieux sécurisés, voire à être enfouis à plus de 500 mètres sous une épaisse couche d’argile. De quoi parle-t-on exactement ? Sont-ils vraiment recyclables? L’Express fait le point.  

Qu’est-ce qu’une matière valorisable ?

Les matières valorisables, selon la définition de l’industrie nucléaire française, sont composées des combustibles usés déchargés des réacteurs. Elles pourraient être réutilisées plus tard dans la confection d’un nouveau combustible. « Les matières valorisables sont des substances pour lesquelles une utilisation ultérieure est prévue ou envisagée, le cas échéant après traitement« , résume sobrement l’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) sur son site.  

Deux matières radioactives entrent dans la confection d’un nouveau combustible : l’uranium et le plutonium. Pour produire de l’énergie, l’uranium doit être « enrichi« . Cette transformation donne lieu à l’uranium enrichi d’une part et l’uranium appauvri d’autre part. Tous deux sont dits « valorisables » mais à des moments différents de la chaîne nucléaire, l’uranium appauvri représentant la plus large part de ces matières valorisables. Le plutonium quant à lui est extrait des combustibles usagés après un retraitement. Il peut être partiellement recyclé en un nouveau combustible en l’ajoutant à l’uranium appauvri. 

LIRE AUSSI >> Nucléaire : EDF enquête sur des défauts potentiels de composants de réacteurs 

Ensuite, une partie de l’uranium enrichi, une fois usé dans le cœur du réacteur, est également considérée comme une « matière valorisable« . Il est soumis à un retraitement, en vue notamment de former un nouveau combustible composé également de plutonium, appelé « Mox« . »Les combustibles usés, qui contiennent notamment de l’uranium et du plutonium et qui sont entreposés en piscines dans l’usine Areva de La Hague ne sont pas considérés comme des déchets, leur valorisation étant la politique retenue par la France pour leur gestion » résume le site de l’Institut de recherche et de sûreté nucléaire (IRSN). 

Quelle est l’utilité de la matière valorisable ?

Ces matières valorisables sont considérées comme telles car elles peuvent servir à former un nouveau combustible après un retraitement. « L’uranium appauvri est ‘recyclable’ dans le sens où, si on lui ajoute du plutonium on peut en faire du combustible, mais seulement une petite partie de cet uranium est concernée » explique Bernard Laponche, physicien nucléaire et ancien membre du Commissariat à l’énergie atomique (CEA).  

L’industrie du nucléaire considère aujourd’hui qu’il sera possible un jour de réutiliser plus largement une partie du combustible usagé au sein de nouveaux réacteurs. Ainsi, un projet de réacteur nucléaire de quatrième génération, appelé Astrid, et fonctionnant avec une partie de combustible recyclé était à l’étude. Mais le CEA a finalement annoncé récemment que ce projet était abandonné, notamment car il n’était pas assez rentable. 

LIRE AUSSI >> Réchauffement : climat de méfiance sur le nucléaire 

Ainsi une partie de ces matières valorisables sont actuellement stockées en attendant que l’innovation permette une utilisation plus efficace de ces matières. « La quatrième génération de réacteur devait fonctionner avec un mélange d’uranium et de plutonium recyclés. L’idée d’Astrid était de reprendre un concept de réacteur utilisant des matières recyclées en l’améliorant, notamment sur les conditions de sécurité. Le projet Astrid devait permettre d’utiliser moins d’uranium et du plutonium recyclé« , détaille Bernard Laponche. Ce qui n’est donc plus le cas 

Pourquoi sont-ils critiqués ?

L’une des premières critiques de ce terme est que la part réelle des matières recyclées par rapport à la totalité de celles dites valorisable est très faible selon Greenpeace. Dans son rapport l’ONG fait savoir que « la distinction entre ‘matières’ et ‘déchets’ n’a pas lieu d’être puisque seule une infime partie des matières radioactives est réutilisée« . Selon l’ONG, moins de 3% des matières valorisables sont actuellement recyclées. Pour elle, il faut lever l’ambiguïté entre les déchets nucléaires et la matière « valorisable« , une ambiguïté dans la classification des substances radioactive qui avait d’ailleurs déjà été relevée par la Cour des comptes.  

D’autant que ces matières recyclées donnent lieu pour certaines à de nouveaux déchets. « Si on prend l’exemple du plutonium, qui est recyclé pour faire le Mox, il est considéré comme valorisable. Mais après utilisation, le Mox irradié n’est plus réutilisable, il devrait donc être considéré comme un déchet » juge Bernard Laponche. Enfin « les perspectives de réutilisation proposées par la filière sont trop incertaines, inabouties et lointaines » justifie Greenpeace. Ces perspectives sont d’autant plus lointaines depuis l’abandon du projet de réacteur de quatrième génération. 

Lire notre dossier complet:

Les déchets radioactifs, produits du nucléaire, et leur gestion

Selon le dernier inventaire de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), la France comptait 1,62 million de m3 de déchets radioactifs fin 2017, dont 0,2% (3740 m3) de déchets de haute activité qui peuvent être radioactifs jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années. Les charges de gestion de ces déchets, hors futures opérations de démantèlement des centrales nucléaires, sont estimées officiellement à 73,5 milliards d’euros, dont 25 milliards – somme fixée par décret – pour le futur site de stockage géologique profond Cigéo

Par Valentin Ehkirch, publié le 12/09/2019 à 07h00, mis à jour à 07h08

Photo en titre : Une piscine de stockage des déchets nucléaires à La Hague, avril 2015. REUTERS/Benoit Tessier

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/nucleaire-qu-est-ce-que-les-matieres-valorisables-qui-dont-polemique_2096925.html#xtor=AL-447

Sep 11

NUCLÉAIRE : L’IRAN DÉNONCE DES TENTATIVES DE PRESSION SUR L’AIEA

L’Iran a dénoncé mercredi des « tentatives de pression » américaines et israéliennes sur l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) chargée de contrôler son programme nucléaire et averti que cette démarche pourrait être « contre-productive » pour la suite de sa coopération avec le gendarme du nucléaire.

L’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA Kazem Gharib Abadi a estimé que les récentes accusations portées contre l’Iran par des responsables américains et par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu étaient la manifestation d’un « complot américano-israélien » visant à faire pression sur l’agence et son travail d’inspection en Iran.

En marge d’une réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA à Vienne, M. Abadi a averti que toute tentative de « mettre l’agence sous pression serait contre-productive, à la fois pour l’intégrité et la crédibilité de l’agence et pour (…) la coopération constructive, rapide et proactive de l’Iran avec l’agence« . « L’Iran aura ses propres réactions à ces pressions« , a-t-il ajouté, sans plus de détails.

Lundi, l’AIEA a appelé l’Iran à « répondre promptement » aux demandes d’information de l’agence sur son programme nucléaire et ce message a donné lieu à diverses interprétations.

Bien que l’agence elle-même n’ait pas qualifié d’insuffisante la coopération de l’Iran, les États-Unis ont déploré le « manque de coopération totale du régime iranien« , assurant que « des questions » se posaient « sur d’éventuelles activités nucléaires non déclarées » en Iran.

Lundi, Benjamin Netanyahu avait affirmé que l’Iran, ennemi juré d’Israël, avait clandestinement construit puis détruit un site visant à la fabrication d’armes nucléaires.

Selon M. Abadi, le message de l’AIEA n’est « pas un sujet nouveau« . « L’agence encourage toujours les pays à accélérer le processus de coopération« , a-t-il observé.

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran sont exacerbées depuis le retrait unilatéral de Washington en mai 2018 de l’accord international, signé trois ans auparavant, qui visait à empêcher la République islamique de se doter de l’arme nucléaire. Téhéran a répliqué en s’affranchissant progressivement de certains engagements de l’accord. Une troisième étape de réduction des obligations listées dans le texte a été franchie ce week-end par l’Iran qui a commencé l’installation de centrifugeuses avancées.

Interrogé sur la quantité d’uranium que l’Iran avait l’intention de produire avec cette nouvelle capacité technologique, l’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA a répondu que le pays en produirait « selon ses besoins« .

Par AFP, publié le 11 septembre 2019

Photo en titre : Le drapeau iranien flottant devant le siège de l’AIEA, à Vienne, en Autriche, le 9 septembre 2019. Photo d’illustration REUTERS/Leonhard Foeger

https://www.lorientlejour.com/article/1186122/nucleaire-liran-denonce-des-tentatives-de-pression-sur-laiea.html

Sep 11

PROJET DE SCISSION D’EDF : POURQUOI LE PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ DEVRAIT GRIMPER

Après le vote ce mercredi de la loi Énergie Climat, la France va notifier à la Commission européenne son projet de scission d’EDF. Selon nos informations, ce dossier fait l’objet d’un accord confidentiel entre Paris et Bruxelles.

Selon nos informations, depuis des semaines des discussions informelles ont déjà lieu entre Bruxelles et l’État français sur l’épineux dossier de scission d’EDF. LP/Olivier Boitet

Alors que le projet de scission d’EDF entre dans une phase clé, sa branche nucléaire connait de graves dysfonctionnements. Tout d’abord, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé ce mercredi avoir placé la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), qui comprend deux réacteurs de 1 300 mégawatts (MW), plus l’EPR de 1 650 MW en construction, sous «surveillance renforcée », pour des «déficience dans la maîtrise de certains gestes techniques d’exploitation », des «défauts de maintenance et de surveillance des prestataires », ainsi que des «problèmes de qualité sur des documents ».

Un problème ne survenant jamais seul, sa filiale Framatome (anciennement la branche Areva Nuclear Power) a alerté l’ASN sur de possibles problème de qualité sur des soudures réalisées sur une vingtaine de générateurs de vapeur (GV), des composants géants hauts d’une vingtaine de mètres et pesant 465 tonnes, d’une importance vitale pour la sûreté nucléaire, fabriqué depuis 2008. EDF va donc mener avec Framatome « des analyses approfondies pour recenser les matériels et les réacteurs concernés et en confirmer l’aptitude au service ».La Commission européenne va être notifiée officiellement.

Ces nouveaux incidents en série interviennent au pire moment pour EDF. Le Premier ministre Édouard Philippe se prépare en effet à notifier officiellement à la Commission européenne la réorganisation d’EDF, un projet de scission baptisé « Hercule ». Cette dernière doit intervenir après la lecture des conclusions et le vote par les députés de la loi Énergie Climat, prévu ce mercredi 11 septembre à l’Assemblée.En effet, malgré l’ouverture du marché de l’énergie, EDF continue de bénéficier de ce qui est considéré par Bruxelles comme des aides d’État (« State aid », ou SA), notamment dans le mécanisme des tarifs régulés de vente (TRV) de l’électricité. Ces aides doivent donc faire l’objet de dérogations, régulièrement révisées.L’Élysée au cœur des discussionsDes discussions soutenues sont déjà en cours depuis le début de l’année sur cet épineux dossier entre Bruxelles et l’État français (actionnaire à 83,7 % d’EDF), menées à Paris par Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée, comme l’avait confirmé Jean-Bernard Lévy, le patron d’EDF, lors d’une intersyndicale organisée sur le sujet le 20 juin dernier : « Les discussions ont effectivement commencé entre l’État et la Commission, la convergence est bien avancée même si rien ne sera complètement définitif avant la fin de l’année. » Selon nos informations, la Commission européenne a d’ailleurs ouvert un dossier de pré-notification (PN), suite à ces discussions. Nom de code : SA.51011 FRANCE ARENH 2019/PN.

Pour rappel, Hercule prévoit de créer d’un côté un « EDF bleu » comprenant le nucléaire, les barrages hydroélectriques et le transport de l’électricité, assuré par RTE ; et de l’autre un « EDF vert », avec le commerce, Enedis (dont l’État entend céder 30 %), EDF Outremer, EDF Renouvelables (hors hydraulique donc) et Dalkia. L’entité bleue sera détenue à 100 % par l’État. La verte, elle, verra son capital ouvert à des investisseurs extérieurs. L’un des objectifs de cette opération sensible est d’« isoler financièrement le risque nucléaire », selon une source interne d’EDF, dans un secteur en crise pour des raisons à la fois conjoncturelles (la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011) et structurelles (l’incapacité à mener le chantier de l’ EPR de Flamanville à son terme).

Problème : l’opération pourrait déboucher sur une hausse sensible des prix de l’électricité. Un deal entre Paris et Bruxelles. Pour obtenir le feu vert de la Commission européenne, la France proposerait à Bruxelles un « deal donnant-donnant ». D’un côté, EDF séparerait donc ses activités de distribution (Enedis) et de production (le nucléaire). En échange, le groupe obtiendrait gain de cause sur un relèvement du prix de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) auquel il doit céder une partie de sa production nucléaire à ses concurrents. Jusqu’à présent, la loi impose à EDF, au nom de la concurrence chère à Bruxelles, de vendre un quart (100 terawattheures ou TWh) de son électricité nucléaire aux fournisseurs alternatifs à un prix fixe (42 € par mégawattheures, ou MWh) jusqu’en 2025. Un montant, jugé trop bas par EDF pour couvrir ses coûts de production, qui serait porté à 45 € le MWh tandis que le volume de vente d’électricité nucléaire passerait de 100 à 150 TWh par an.

Par Erwan Benezet, publié le 10 septembre 2019 à 16h42, modifié le 11 septembre 2019 à 15h55

http://www.leparisien.fr/economie/projet-de-scission-d-edf-pourquoi-le-prix-de-l-electricite-devrait-grimper-10-09-2019-8149248.php

Sep 11

UN INCIDENT « SIGNIFICATIF » DE NIVEAU 1 EST SURVENU À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM (MOSELLE). EDF ASSURE QU’IL N’Y A EU AUCUNE CONSÉQUENCE SUR LA SÉCURITÉ.

La centrale d’EDF, située près de Thionville en Lorraine, a encore été confrontée à un incident selon un communiqué publié par l’entreprise d’énergie.

Durant l’arrêt programmé de l’unité de production n°1, une opération de maintenance consistant à remplacer un levier de réarmement d’une vanne a été réalisée en juillet 2019, explique l’exploitant. « La pièce mise en place, plus lourde que celle d’origine, ne permettait pas à la vanne de manœuvrer convenablement », peut-on lire dans ce communiqué publié mardi 10 septembre.

Cette situation a été identifiée lors des essais de requalification menés, pour des contraintes techniques, le 4 septembre 2019 et le matériel a été remis en conformité. Selon EDF, « il n’y a pas eu d’impact sur la sûreté les installations ».

Lire aussi : Cattenom : l’échauffement d’un ventilateur de la centrale provoque l’intervention des pompiers

Incident de niveau 1 sur 7

Cet événement a été déclaré à l’Autorité de nucléaire le 10 septembre 2019 comme événement significatif de sûreté de niveau 1 sur l’échelle INES qui en compte 7, selon EDF.

Ces derniers mois, les incidents se sont multipliés dans la centrale. En juin, les opérateurs de la centrale ont procédé à la mise à l’arrêt de l’unité de production n°4. Le même mois, du produit corrosif a touché plusieurs salariés et quelques jours plus tard de l’ammoniac diffusé dans l’air

Par Nicolas Zaugra, publié le 11 Septembre 2019 à 12h13

Photo en titre : Un incident de niveau 1 a été déclaré par EDF à la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle). (©Adobe)

https://actu.fr/grand-est/cattenom_57124/cattenom-nouvel-incident-significatif-la-centrale-nucleaire-dedf-niveau-1_27151634.html

Sep 11

FLAMANVILLE : LES RÉACTEURS 1 ET 2 DE LA CENTRALE PLACÉS SOUS SURVEILLANCE RENFORCÉE PAR L’ASN

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé, ce mercredi 11 septembre 2019, avoir placé sous surveillance renforcée les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Flamanville. L’EPR n’est pas concerné.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé, ce mercredi 11 septembre 2019, avoir placé sous surveillance renforcée la centrale nucléaire de Flamanville, après les difficultés rencontrées par EDF depuis le milieu de l’année 2018. Cette mesure concerne les réacteurs 1 et 2. Le troisième, l’EPR, n’est pas concerné.

La mise sous surveillance renforcée se traduira par des contrôles supplémentaires et par une attention particulière portée à la mise en œuvre du plan d’action défini par EDF, après la réunion du 4 juillet. « Le directeur général de l’ASN avait convoqué le directeur de la centrale nucléaire de Flamanville 1 et 2 et lui avait demandé de lui transmettre un plan d’action visant à renforcer la maîtrise et le contrôle des activités d’exploitation, relate l’ASN. Le directeur général avait notamment souligné les déficiences dans la maîtrise des gestes techniques associés à certaines activités d’exploitation, le nombre élevé d’événements significatifs liés à des défauts de maintenance et des défauts de surveillance des prestataires, la mauvaise maîtrise de certaines opérations de maintenance ainsi que la qualité insuffisante des documents qui lui étaient transmis dans le cadre de la visite décennale du réacteur 1. »

Par Margot HAIRON.( Ouest-France), publié le 11/09/2019 à 11h56, modifié le 11/09/2019 à 12h00

Photo en titre: Les réacteurs 1 et 2 sont concernés par la mise sous surveillance renforcée de l’ASN, à Flamanville, annoncée ce mercredi 11 septembre 2019. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/flamanville-les-reacteurs-1-et-2-places-sous-surveillance-renforcee-par-l-asn-6515137

Sep 11

LE SURCOÛT CACHÉ DES DÉCHETS NUCLÉAIRES : 18 MILLIARDS D’EUROS

Le volume de déchets radioactifs en France est largement sous-évalué, s’alarme Greenpeace. Dans un rapport publié ce jour, l’ONG pointe un surcoût de 18 milliards d’euros à prévoir pour la filière et le manque de solutions de gestion et de stockage pour ces rebuts supplémentaires.

Le volume de déchets radioactifs en France est largement sous-estimé et leur coût de gestion pourrait exploser dans les années à venir, selon Greenpeace. Dans un rapport publié ce mercredi 11 septembre et intitulé À quel prix ? Les coûts cachés des déchets nucléaires, l’ONG évalue à 360.000 tonnes le volume de rebuts qui, fin 2017, échappaient aux plans de gestion des déchets nucléaires. Leur traitement entraînerait un surcoût de 18 milliards d’euros dont 15 milliards devraient être supportés par EDF, déjà en grande difficulté financière. Ces chiffres astronomiques devraient enflammer le débat sur les coûts des déchets radioactifs prévu ce mercredi soir 11 septembre à Paris dans le cadre du débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), lors duquel Greenpeace présentera ses travaux.

Comment de tels tonnages ont-ils pu passer sous le radar ? « C’est un tour de passe-passe sémantique légal » explique Alix Mazounie, chargée de campagne Énergie à Greenpeace. En effet, la loi fait la distinction entre « déchets radioactifs » et « matières radioactives ». Ainsi, une matière radioactive est « une substance radioactive pour laquelle une utilisation ultérieure est prévue ou envisagée, le cas échéant après traitement », contrairement aux déchets pour lesquels la filière n’a aucun débouché.

Là où le bât blesse, c’est que ce que signifie une « utilisation ultérieure prévue ou envisagée » n’est pas précisé. Autrement dit, il suffit pour la filière d’évoquer une hypothétique réutilisation future par des procédés pas encore inventés ou à des échelles de temps invraisemblables pour pouvoir placer ses substances radioactives dans la catégorie « matières » et ne pas avoir à se poser la question de leur gestion à long terme. « Cela lui permet de minimiser la crise des déchets, alors qu’on sait très bien que la quasi-totalité de ces matières ne sont pas revalorisées et que les perspectives qu’elles le soient sont minimes », déplore Alix Mazounie.

Ainsi, fin 2017, 315.000 tonnes d’uranium appauvri, 30.500 tonnes d’uranium de retraitement (URT) et plus de 14.000 tonnes de combustibles usés (UNE, URE, MOX) étaient qualifiées de « matières », selon Greenpeace. Mais, dans son rapport, l’ONG démonte les unes après les autres toutes les options mises en avant par la filière pour leur valorisation. La poursuite du retraitement [1] ? Seul le plutonium extrait lors de ces opérations de recyclage du combustible à base d’uranium naturel, menées à l’usine Orano de La Hague (Manche), est effectivement réutilisé pour fabriquer du combustible Mox ; l’uranium de retraitement, lui, n’est pas revalorisé et s’entasse à l’usine de Pierrelatte (Drôme). Enrichir à nouveau, à partir de 2023, cet uranium de retraitement en Russie pour en faire du combustible appelé uranium de traitement enrichi (URE) ? Le contrat avec la Russie a été rompu en 2013 « car jugé non-rentable par la filière nucléaire », rappelle Greenpeace ; et cela ne règle pas la question du combustible URE usé, qui n’est pas revalorisé et dont des assemblages patientent encore dans les piscines de La Hague. Enrichir l’uranium appauvri ? Pas rentable non plus. Consumer les combustibles Mox usés dans des réacteurs de quatrième génération à neutrons rapides ? « La mise à l’arrêt fin août du projet Astrid, un prototype de réacteur de quatrième génération développé par le CEA [Commissariat à l’énergie atomique], confirme qu’il n’y a plus de débouché plausible pour l’uranium appauvri, le Mox usé et l’URE usé », tranche Florence de Bonnafos.

L’une des piscines d’entreposage de l’usine de retraitement des déchets radioactifs de La Hague, dans La Manche.

Soit. Mais pourquoi la filière se refuserait-elle à requalifier ces matières en déchets ? Parce que gérer des rebuts radioactifs coûte cher – l’évaluation était de 73 milliards d’euros fin 2017 pour l’ensemble des déchets catégorisés comme tels. Requalifier 360.000 tonnes de matières en déchets ajouterait 18 milliards de surcoût à cette facture déjà salée. Dont 15 milliards devraient être supportés par EDF. Fin 2017, le groupe évaluait à 31 milliards d’euros le coût de gestion des déchets et avait mis de côté 11 milliards d’euros d’actifs dédiés pour y faire face – cette enveloppe étant destinée à prendre en charge la gestion des déchets « officiels » ainsi que l’entreposage de longue durée et le stockage des Mox et URE usés dans l’hypothèse où ces derniers seraient requalifiés comme déchets. « Mais pour les autres combustibles usés, par exemple le combustible à base d’uranium naturel usé, EDF ne met pas d’argent de côté. Or, la dette d’EDF se chiffrait à 70 milliards d’euros fin 2018. Il ne peut pas se permettre de mettre encore 4 ou 5 milliards d’euros supplémentaire de côté en creusant encore sa dette, estime Florence de Bonnafos. Du coup, c’est la fuite en avant : on met en avant des solutions d’avenir qui n’existent pas encore pour éviter de faire grossir les coûts. »

Le projet Cigéo d’enfouissement est mal conçu : trop petit pour tous les déchets !

Un emballage TN12-2 (vide) pour le transport du combustible nucléaire usé.

Autre problème, le stockage. Le projet Cigéo d’enfouissement des déchets radioactifs à 500 mètres sous terre près de Bure a été prévu pour accueillir les déchets ultimes issus du retraitement ainsi que les structures métalliques irradiés des assemblages usés. Si les tonnes de combustible usé UNE, MOX et UNE étaient requalifiés en déchets et enfouies à Cigéo, il faudrait selon Greenpeace doubler les capacités d’accueil du site. « La qualification en matière ou en déchet a de réelles conséquences sur la manière dont sont dimensionnés les stockages, insiste Alix Mazounie. La demande d’autorisation de création de Cigéo doit être déposée l’an prochain, c’est le moment de se poser la question. » Même problème pour l’uranium appauvri et l’uranium de retraitement qui, s’ils étaient requalifiés en déchets, seraient classés dans la catégorie « faible activité à vie longue » : aucun espace de stockage n’est prévu pour ce type de rebuts.

Pour Greenpeace, les leçons à tirer de ce rapport sont évidentes : il faut requalifier en déchets les matières qui n’ont pas de perspective réelle de valorisation, abandonner la filière de retraitement pour ne plus multiplier les déchets différents et remettre les capacités de stockage et les enveloppes dédiées à plat.

L’usine de retraitement de La Hague.

Mardi soir 10 septembre, les principaux concernés, le ministère de la Transition écologique et solidaire, l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra), EDF et Orano n’avaient pas encore lu le rapport. Mais pour EDF, il n’y a pas lieu de s’alarmer. « Nous avons provisionné près de 41 milliards d’euros pour la gestion des combustibles usés, la gestion des déchets et la déconstruction des installations, indique Sylvain Granger, directeur des projets déchets et déconstruction. Nous avons des actifs dédiés qui recouvrent ces provisions, dans lesquels nous ne pouvons pas puiser pour financer autre chose. Nous avons également un milliard d’actifs dédiés consacrés à l’entreposage de longue durée des MOX et URE usés et 600 à 700 millions pour leur stockage définitif, dans l’hypothèse où ces matières seraient requalifiées en déchets. Et même si le projet Astrid est à l’arrêt, cela ne signifie pas que les recherches sur les réacteurs de quatrième génération sont abandonnées, même si leur déploiement industriel ne pourrait survenir que dans la deuxième moitié du siècle. » Dans ces conditions, aucune raison, selon EDF, de renoncer au retraitement.

Alix Mazounie espère plus d’attention du côté politique. « Il y a un espace pour bouger les choses. Depuis 2016, la loi offre la possibilité de requalifier des matières et déchets et vice versa. Il serait tout à fait possible à la filière de requalifier des matières en déchets tant qu’il ne les revalorise pas, et de les considérer à nouveau comme matières lorsqu’une solution aura été trouvée. Deuxième chose, un avis de l’ASN [Autorité de sûreté nucléaire] de 2016 pointe le manque de critères sur la revalorisation des matières radioactives et propose des pistes pour y remédier. Enfin, la saturation des capacités d’entreposage, par exemple des piscines de La Hague où sont entreposés les MOX usés, va obliger à se poser la question du devenir de ces matières ; autant se poser cette question de manière intelligente. » L’enjeu est d’autant plus crucial que les activités nucléaires d’EDF pourraient être renationalisées dans le cadre du projet Hercule : « Si l’État nationalise EDF, il faudrait au moins qu’il sache ce qu’il achète – quelque chose de rentable ou un puits de déchets nucléaires. »

En ces temps de crise environnementale…

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Par Émilie Massemin (Reporterre), publié le 11 septembre 2019

Photo en titre : L’une des piscines de refroidissement de l’usine de retraitement nucléaire de La Hague, en mars 2017. Photo Adeline Keil

https://reporterre.net/Le-surcout-cache-des-dechets-nucleaires-18-milliards-d-euros

Sep 11

DÉCHETS NUCLÉAIRES : GREENPEACE VEUT «UNE OPÉRATION VÉRITÉ»

L’ONG publie un rapport sur le «coût caché» des déchets radioactifs produits par l’industrie de l’atome. Elle estime que 90 % des matières dites «valorisables» sont en réalité des déchets sans exutoire. Une nouvelle épée de Damoclès à 15 milliards d’euros pour EDF.

C’est ce qui s’appelle tirer sur l’ambulance. Alors que l’industrie française de l’atome traverse une crise sans précédent (nouveau report à 2022 de la mise en service du réacteur EPR, arrêt des recherches pour le réacteur de quatrième génération…) et que l’État envisage un plan de sauvetage d’EDF prévoyant la nationalisation à 100 % de ses centrales nucléaires, Greenpeace publie ce mercredi un rapport de 50 pages ciblant «les coûts cachés des déchets nucléaires». Évidemment, l’ONG appuie là où cela fait mal.

Premier rappel indéniable : «Chaque année et à chaque étape, la filière électronucléaire produit des substances radioactives supplémentaires qui, loin de disparaître, s’accumulent partout sur le territoire.» Le rapport pointe ces «400 000 tonnes de « matières » et pas loin d’un million de mètres cubes de déchets officiels» plus ou moins dangereux entreposés aux quatre coins de l’Hexagone, de la Hague (Cotentin) à Pierrelatte (Drôme). Et que la filière a en quelque sorte «glissé sous le tapis», selon Greenpeace, pour minimiser l’impact sociétal et financier de ses poubelles radioactives remplies d’uranium et de plutonium usés.

Or selon les activistes de l’ONG, il faudrait rajouter «18 milliards d’euros», dont «15 milliards à la charge d’EDF», à la facture officielle de la gestion du démantèlement et des déchets nucléaires (73 milliards dont 54 milliards d’euros pour EDF). Ce surcoût astronomique, financièrement intenable pour l’électricien (déjà plombé par une dette nette de 33 milliards d’euros), repose sur une hypothèse que Greenpeace juge «crédible» : «Il faudra bien que la filière nucléaire ouvre les yeux et considère un jour comme déchets radioactifs ce qu’elle persiste à appeler des « matières valorisables » pour éviter d’avoir à faire face aux vrais coûts de l’atome», assène Florence de Bonnafos, coauteure de ce rapport avec Alix Mazounie. La Cour des comptes ne vient-elle pas de demander une «plus grande transparence» sur la gestion des déchets ? En plein débat public du PNGMDR (Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs), le pavé dans la mare radioactive lancé par Greenpeace ne doit rien au hasard. L’ONG veut rallumer le débat sur le retraitement et le stockage des déchets nucléaires. Et évidemment reposer la question de la sortie de l’atome au moment où l’Assemblée va adopter la loi Énergie, qui entérine le report à 2035 de l’objectif de réduction à 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité (contre 72 % aujourd’hui).

«Mythe du recyclage»

Dans son rapport, Greenpeace assure que seulement «1 % du combustible usé est réellement réutilisé», et estime donc que «90 % des « matières valorisables » sont en réalité des déchets nucléaires HA-VL (haute activité-vie longue) et FA-VL (faible activité-vie longue) que la filière refuse d’assumer». On connaissait l’existence de ces 11 500 tonnes de combustible usé (les crayons d’uranium sortis du cœur des réacteurs) qui baignent dans les piscines de refroidissement de l’usine Orano de La Hague (Cotentin) avant d’être retraités: les déchets les plus dangereux finissent vitrifiés dans des conteneurs en inox en vue d’être enfouis un jour à Cigéo, le futur centre de stockage profond de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) à Bure, dans la Meuse. Mais ces derniers, qui concentrent plus de 90 % de la radioactivité, ne représentent que 4 % du volume des combustibles usés ! Alors Greenpeace aimerait voir «requalifiés en déchets non réutilisables» tout ce que l’industrie considère comme «matières valorisables». Notamment les 30 500 tonnes d’uranium de retraitement provenant de la Hague et les 14 000 tonnes de combustibles usés de type UNE (uranium enrichi) ou « MOX » (mélange plutonium-uranium), tous ultra-radioactifs, entreposés dans les piscines d’Orano et d’EDF. Car «l’arrêt par le CEA des recherches portant sur le réacteur rapide Astrid enlève tout exutoire» à ces sous-produits, qui devaient être en partie réutilisés comme combustible dans la quatrième génération de réacteurs: «Aujourd’hui, entre 0 et 1 % de ces combustibles usés sont réellement réutilisés», affirme Florence de Bonnafos.

Au total, Greenpeace estime qu’«environ 360 000 tonnes de substances radioactives» déclarées comme «matières» «ne sont pas valorisées», ne le seront jamais, et «méritent d’être requalifiées en déchets». Objectif affiché des antinucléaires: en finir avec «le mythe du recyclage», sachant que la France est l’un des seuls pays au monde avec la Russie à pratiquer encore le retraitement des cœurs usés pour refabriquer du combustible. En démontrant qu’il n’existera jamais de «cycle vertueux» du retraitement, Greenpeace entend ôter à l’industrie électronucléaire l’un de ses arguments fondateurs : une énergie «propre» et «illimitée». Mais il s’agit aussi de torpiller le projet Cigéo : la requalification en «déchets» des «matières» hautement radioactives (HA-VL) entreposées dans les piscines de La Hague et d’EDF représenterait «cinq à sept fois plus que le volume de déchets HA-VL existant» que l’Andra veut enfouir à Bure : au total «50 000 à 54 000 m3 de colis» contre 10 000 m3 prévus. Déjà réévalué à 25 milliards d’euros, le coût de Cigéo pourrait s’envoler… «Il faut réétudier des alternatives au stockage profond comme l’entreposage à sec en surface», en conclut Greenpeace.

Statu quo vital pour EDF

Au bout du compte, le rapport estime que la filière nucléaire ne pourra pas faire face au mur de 18 milliards d’euros qui s’annonce si les matières radioactives deviennent déchets. EDF «auquel incombe 73 % des charges» sera bien en peine de régler l’addition à 15 milliards qui lui reviendrait, en plus des 54 milliards (41 milliards selon EDF) déjà prévus dans ses livres de compte pour le démantèlement des centrales, la gestion des déchets et combustibles usés : ses «actifs dédiés» ne couvrent aujourd’hui que 11 milliards d’euros et ses 23 milliards de provisions seraient «une écriture comptable» selon l’ONG. Ce que réfute fermement EDF, pour qui «toutes les charges futures» liées aux déchets sont inscrites dans ses comptes «comme dans un jardin anglais» et dûment contrôlées. Mais Greenpeace estime qu’EDF devra mobiliser au moins cinq milliards de mieux et qu’«une opération vérité s’impose».

Point faible de la démonstration : à aucun moment la puissance publique n’a envisagé jusque-là de requalifier ces matières radioactives en déchets. Car ce serait alourdir encore une barque bien chargée. Bien au contraire, le projet «Hercule» qui consisterait à séparer EDF en deux (le nucléaire et l’hydraulique nationalisés d’un côté, les autres activités cotées en Bourse) va plutôt dans le sens d’un statu quo jugé vital pour l’option nucléaire. 

Par Jean-Christophe Féraud — 11 septembre 2019 à 07h03

https://www.liberation.fr/france/2019/09/11/dechets-nucleaires-greenpeace-veut-une-operation-verite_1750416

Sep 11

EDF : NOUVEAU PLONGEON D’EDF APRÈS UNE ANOMALIE SUR DES COMPOSANTS DE RÉACTEURS NUCLÉAIRES

(BFM Bourse) – EDF a été informé par Framatome -l’ancienne branche réacteur d’Areva- de potentiels défauts sur des composants de réacteurs nucléaires sur des matériels neufs ou déjà en service. Le fournisseur d’électricité indique mener « des analyses approfondies » à ce sujet, son titre lâche plus de 6% mardi matin, au plus bas depuis janvier 2018.

Informé par sa filiale Framatome que des composants de réacteurs nucléaires sur des matériels neufs ou déjà mis en service pouvaient être défectueux, EDF a affirmé dans un communiqué « mener des analyses approfondies » à ce sujet. En réaction à cette annonce, le titre du producteur et fournisseur d’électricité chute lourdement mardi matin, lâchant 6,4% à 10,16 euros, dans un marché parisien en recul de 0,36% à 11h15.

À lire aussi : EDF : L’ASN demande à EDF de renforcer une digue de la centrale du Tricastin

Ce plongeon ramène l’action EDF à un niveau plus observé depuis février 2018, soit près de deux ans. Le titre abandonne désormais près de 27% depuis le début de l’année, pénalisé notamment par l’accumulation de retards sur l’EPR de Flamanville. Depuis le démarrage des travaux de cette centrale dotée du fameux réacteur pressurisé européen, en décembre 2007, c’est même 85% de sa valeur qui s’est évaporée…

Dans un communiqué publié avant l’ouverture des échanges, le groupe français évoque un « écart au référentiel technique de fabrication de composants de réacteurs nucléaires« . Le référentiel en question (dit « RCC-M« ) est un standard technique de fabrication pour l’ensemble de l’industrie nucléaire, a précisé un porte-parole d’EDF.

Cet écart porte selon le groupe sur « le non-respect de plages de températures sur certaines zones, lors d’opérations manufacturières dites de traitement thermique de détensionnement, réalisées sur certaines soudures de générateurs de vapeur« . Les générateurs de vapeur sont d’énormes pièces qui servent d’échangeur thermique entre l’eau du circuit primaire et l’eau du circuit secondaire, laquelle se transforme en vapeur et alimente la turbine produisant l’électricité dans une centrale nucléaire. Ce potentiel défaut de fabrication concerne des matériels en service ainsi que des matériels neufs qui ne sont pas encore en service ou installés sur un site, précise le communiqué.

Les anomalies ne concernent pas les 58 réacteurs du groupe

EDF n’a pas précisé sur quels sites ces matériels avaient été installés. Mais cela ne concerne pas l’ensemble du parc de 58 réacteurs car l’électricien ne se fournit pas exclusivement chez Framatome pour ses générateurs de vapeur. Certains proviennent aussi de l’américain Westinghouse ou du japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI).

Le groupe français indique mener avec Framatome « des analyses approfondies pour recenser les matériels et les réacteurs concernés et en confirmer l’aptitude au service« . Il a également informé lundi l’Autorité de sûreté nucléaire « de ses premières analyses« , et assure qu’il publiera des informations complémentaires « au fur et à mesure des caractérisations en cours« .

Framatome est l’ancienne branche réacteurs du groupe Areva. À la suite de la réorganisation de la filière sous l’égide de l’État, l’entreprise est passée sous le contrôle d’EDF (75,5%), aux côtés de Mitsubishi Heavy Industries (19,5%) et Assystem (5%).

Les équipements lourds comme les générateurs de vapeur sont assemblés dans son usine de Saint-Marcel (Saône-et-Loire). Elle se situe non loin de l’usine Framatome Creusot Forge, marquée par un scandale causé par des irrégularités dans la fabrication de composants nucléaires, dont certaines pouvaient s’apparenter selon l’ASN à des falsifications.

Par Quentin Soubranne – BFM Bourse (avec AFP), publié le mardi 10 septembre 2019 à 11h30

Article publié sur le site : https://www.tradingsat.com/edf-FR0010242511/actualites/edf-nouveau-plongeon-d-edf-apres-une-anomalie-sur-des-composants-de-reacteurs-nucleaires-878773.html que nous vous conseillons de consulter régulièrement

Sep 10

CENTRALE NUCLÉAIRE DE NOGENT-SUR-SEINE : NON-RESPECT DES STE RELATIVES À LA DISPONIBILITÉ DU TURBO-ALTERNATEUR DE SECOURS DU RÉACTEUR 1

Le 5 septembre 2019, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect des spécifications techniques d’exploitation du réacteur 1 concernant la disponibilité de son turbo-alternateur de secours.

Les réacteurs sont équipés de deux lignes électriques extérieures en provenance du réseau national et de deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel. En cas de perte totale des alimentations électriques, y compris des groupes électrogènes de secours, le turbo-alternateur de secours (système LLS), actionné par de la vapeur, assure l’alimentation électrique des équipements minimaux de conduite, de l’éclairage d’ultime secours et de la pompe d’injection aux joints des groupes motopompes primaires.

Le 1er septembre 2019, le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine était, à l’issue de son arrêt pour visite décennale, dans une phase de redémarrage requérant la disponibilité du système LLS. Au cours d’un essai périodique la vanne d’admission de vapeur du turbo-alternateur LLS a été malencontreusement fermée, ce qui a provoqué sa mise à l’arrêt. Le turbo-alternateur a alors été rendu indisponible, ce que ne permettent pas les spécifications techniques d’exploitation du réacteur.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois il a affecté la fonction de sûreté liée à l’alimentation électrique du réacteur. Au regard de l’indisponibilité de l’équipement concerné, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Dès la découverte de l’erreur, la vanne a été refermée et l’essai périodique réalisé correctement, ce qui a permis de retrouver la disponibilité du turbo-alternateur de secours.

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires

Sep 10

LA CORÉE DU NORD PROPOSE LA REPRISE DU DIALOGUE ET TIRE DEUX « PROJECTILES »

La Corée du Nord a tiré mardi deux nouveaux « projectiles« , quelques heures après avoir proposé aux États-Unis de reprendre fin septembre les négociations sur son programme nucléaire, au point mort depuis février.

Les deux « projectiles non identifiés » ont été lancés mardi à l’aube depuis la région de Kaechon, dans la province de Pyongan du Sud, au centre du pays, et ont parcouru environ 330 km en direction de la mer du Japon, a indiqué l’armée de la Corée du Sud.

« Nous exhortons le Nord à mettre fin à ces actes qui exacerbent les tensions dans la région« , ont déclaré les responsables de l’état-major sud-coréen dans un communiqué.

Le terme « projectile » est habituellement employé par l’armée sud-coréenne pour qualifier des missiles à courte portée nord-coréens.

Un haut responsable du gouvernement américain a indiqué avoir été informé de ces nouveaux tirs et assuré que Washington suivait la situation de près avec ses alliés dans la région.

Ce nouvel essai d’armes est intervenu quelques heures après que le régime nord-coréen a affirmé être prêt à reprendre les négociations avec les Etats-Unis.

Tirs de missiles nord-coréens / AFP

Celles-ci sont au point mort depuis février, quand Donald Trump et Kim Jong Un avaient échoué à trouver un accord sur la dénucléarisation nord-coréenne.

« Nous voulons nous retrouver en face-à-face avec les États-Unis fin septembre, à une date et en un lieu dont nous pouvons convenir« , a déclaré la vice-ministre nord-coréenne des Affaires étrangères Choe Son Hui dans un communiqué diffusé lundi par l’agence de presse officielle KCNA.

Washington « prêt à discuter » –

La période évoquée par Pyongyang coïncide avec l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, qui se tient la dernière semaine de septembre à New York et réunit des dirigeants du monde entier. Mais il n’est pas encore clair si une rencontre entre le négociateur américain Stephen Biegun et ses homologues nord-coréens pourrait avoir lieu à cette occasion.

Le leader nord-coréen Kim Jong Un sur le site d’un essai de fusées, le 24 août 2019 / KCNA VIA KNS/AFP/Archives

« Je dis toujours qu’il est bon de se rencontrer », « voyons ce qui va se passer« , a répondu Donald Trump, interrogé par la presse sur l’offre nord-coréenne. Il a saisi l’occasion pour souligner une fois de plus sa « très bonne relation » avec le numéro un du régime nord-coréen.

Interrogé par l’AFP, le département d’État américain a assuré n’avoir aucune réunion à annoncer à ce stade. Mais l’administration Trump a multiplié les appels à la relance des pourparlers.

Stephen Biegun, dont les entretiens avec ses homologues nord-coréens se comptent sur les doigts des deux mains depuis sa nomination il y a près d’un an, avait ainsi exhorté vendredi Pyongyang à cesser de faire « obstacle » aux négociations avant qu’il ne soit trop tard.

« Nous avons fait clairement savoir à la Corée du Nord que nous sommes prêts à discuter dès qu’ils nous feront signe », avait répété l’émissaire américain, proposant de « lancer un cycle intensif de négociations« .

L’émissaire américain pour la Corée du Nord Stephen Biegun, le 2 août 2019 à Bangkok pendant une réunion de l’Asean / POOL/AFP

De son côté, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait dit dimanche avoir « bon espoir » d’un retour à la table des négociations « dans les prochains jours ou semaines« .

Après une dangereuse montée des tensions, les deux pays ont entamé un dialogue inédit depuis la rencontre historique de Donald Trump et Kim Jong Un en juin 2018 à Singapour.

Mais leur deuxième sommet, en février à Hanoï, s’est soldé par un échec: le président américain a refusé de commencer à lever les sanctions en échange d’un simple début de désarmement nucléaire proposé par le dirigeant nord-coréen.

– Tourner la page –

Les négociations sont depuis à l’arrêt, malgré l’annonce d’une relance imminente faite par les deux hommes lors d’un troisième entretien plus improvisé, fin juin à la frontière entre les deux Corées.

Depuis juillet, Pyongyang a au contraire multiplié des tirs de missiles de courte portée, qualifiés de « provocations » par des responsables américains — même si Donald Trump s’est montré nettement plus conciliant.

Donald Trump, le 9 septembre 2019 dans les jardins de la Maison Blanche / AFP

Et l’ONU a confirmé début septembre que la Corée du Nord poursuivait son programme d’armement nucléaire tout en se soustrayant aux sanctions.

Les autorités nord-coréennes ont aussi haussé le ton, protestant contre les manœuvres militaires conjointes entre Washington et Séoul qui se sont déroulées en août, et dénonçant la position des États-Unis, qui affirment ne vouloir lever des sanctions qu’en échange d’une dénucléarisation définitive.

Mais Stephen Biegun a fait miroiter vendredi aux Nord-Coréens « des mesures immédiates » qui pourraient être prises en cas d’avancées dans les négociations, afin de tourner la page de « l’hostilité » et de la « méfiance« .

Lundi, Choe Son Hui a de nouveau invité Washington à présenter « une stratégie acceptable » lors d’une éventuelle prochaine rencontre, sous peine de mettre en péril le processus diplomatique.

« Nous aurons une idée du sérieux de ces discussions si les Nord-Coréens » envoient « aussi des experts du nucléaire, de l’économie, des sanctions, des questions juridiques ou liées à la paix », et pas seulement des responsables politiques, a estimé sur Twitter Richard Johnson, du cercle de réflexion Nuclear Threat Initiative. « L’équipe nord-coréenne devra à tout le moins venir avec un mandat pour négocier, donnant-donnant« .

Par afp, publié le 09/09/2019 à 22h17, modifié le 10/09/2019 à 11h54

https://www.la-croix.com/Monde/Coree-Nord-prete-reprendre-negociations-Etats-Unis-fin-septembre-2019-09-09-1301046402

Sep 10

LE JAPON COMPTE ÉVACUER L’EAU RADIOACTIVE DE FUKUSHIMA DANS L’OCÉAN

C’est une nouvelle qui a de quoi inquiéter les défenseurs de l’environnement en général et des océans en particulier. La société Tokyo Electric Power (Tepco) va déverser de l’eau radioactive directement dans l’océan Pacifique, a annoncé mardi 10 septembre 2019 le ministre japonais de l’Environnement, Yoshiaki Harada.

 Le propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima, gravement endommagée par le séisme et le tsunami de mars 2011, a déjà stocké dans les réservoirs des sites dévastés plus d’un million de tonnes d’eau contaminée provenant des conduites de refroidissement utilisées pour empêcher la fonte du combustible nucléaire dans les trois réacteurs détruits par la catastrophe.

Mais ces sites manqueront d’espace d’ici à l’été 2022 pour stocker l’eau radioactive, selon Tepco. « La seule option sera de la drainer vers la mer et de la diluer« , estime le ministre de l’Environnement japonais. « La totalité du gouvernement va en discuter, mais j’aimerais donner mon simple avis« , a-t-il ajouté. Huit ans après la catastrophe, l’eau radioactive continue de s’accumuler au rythme de 150 tonnes quotidiennes, selon Mediapart. Plus de mille réservoirs cylindriques, construits autour du site de Fukushima, contiennent déjà de l’eau contaminée. Pour éviter que la contamination ne se propage, Tepco doit en outre pomper l’eau des nappes phréatiques environnantes qui se déversent dans les sous-sols de la centrale. 

À lire aussi — États-Unis, France, Japon… voici combien de planètes il faudrait si la population mondiale vivait comme dans ces pays

Le projet de rejet de l’eau radioactive dans l’océan, étalé sur plusieurs années pour diluer la contamination, n’est pas du goût du voisin sud-coréen du Japon. « Nous pourrions bientôt retrouver sur nos tables des poissons qui contiennent du césium, du strontium, du tritium et du plutonium radioactifs« , prévient Suh Kune Yull, professeur d’ingénierie nucléaire à l’Université nationale de Séoul cité par Mediapart. 

Depuis le séisme et le tsunami de mars 2011, la centrale nucléaire de Fukushima et ses réacteurs n’ont toujours pas été démantelés. L’Institut japonais de recherche économique (JIER) a estimé en juillet dernier que le coût total de cette catastrophe industrielle, démantèlement et décontamination comprises, devrait atteindre sur 40 ans 35 000 à 80 000 milliards de yens, soit entre 295,5 et 675,5 milliards d’euros.

Par Thomas Chenel, Reuters, publié le 10 Sep 2019 à 10h31

https://www.businessinsider.fr/le-japon-compte-evacuer-leau-radioactive-de-fukushima-dans-locean/

Sep 10

LOI ÉNERGIE-CLIMAT : UNE LOI QUI VEUT SAUVER LE NUCLÉAIRE, PAS LE CLIMAT

Mercredi 11 septembre 2019, l’Assemblée nationale va adopter définitivement la loi Énergie-Climat.

Pour Greenpeace France, cette loi aggrave le risque nucléaire et signe l’incapacité du gouvernement et de sa majorité à prendre les mesures immédiates nécessaires pour rester sous la barre des 1,5 °C de réchauffement climatique. En ne proposant rien pour rattraper son retard en matière d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique à horizon 2020, le gouvernement acte, à petit pas, l’échec de la transition énergétique.

“La loi de “l’urgence écologique et climatique” se contente de reporter l’urgence au-delà de ce quinquennat et fixe des objectifs en trompe-l’œil. Le gouvernement a refusé en bloc les propositions d’actions immédiates –  notamment en ce qui concerne la rénovation des logements très mal isolés, un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre en France et outil de lutte contre la précarité de millions de ménages. Une fois de plus, l’inaction prime : on choisit de financer le gouffre du nucléaire plutôt que d’investir dans les énergies renouvelables et les économies d’énergie”, explique Alix Mazounie, chargée de campagne Énergie à Greenpeace France.

Au final, la seule réponse des parlementaires pour sauver le climat, c’est de donner du sursis à un parc nucléaire en fin de vie. Cette opération de sauvetage n’est pas sans risque car concrètement, elle implique d’allonger la durée de vie du parc d’EDF de 10 ou 20 ans malgré l’état déjà fragilisé des centrales : vieillissantes, criblées d’anomalies, dotées d’équipements non remplaçables, régulièrement mises à l’arrêt pour des incidents et des pannes techniques. En refusant d’aborder la sûreté nucléaire, les enjeux de gouvernance et de transparence, la crise des déchets radioactifs et la facture du programme nucléaire, les parlementaires ont fait preuve d’irresponsabilité”, résume-t-elle.

Notes aux rédactions :

Pour limiter la hausse globale des températures à 1,5°C, les émissions de gaz à effet de serre françaises doivent baisser de 57 % d’ici 2030. Pour y parvenir, selon Greenpeace France, le gouvernement français doit notamment :

  • supprimer les niches et avantages fiscaux accordés aux activités et industries polluantes,
  • engager une rénovation performante et massive des millions de passoires énergétiques,
  • abandonner les projets de nouvelles routes et autoroutes,
  • programmer la fin de vente des véhicules diesel et essence en 2030 au plus tard,
  • limiter les importations de produits qui contribuent à la déforestation, en retirant son soutien à la raffinerie de carburants à l’huile de palme de La Mède ou en régulant les importations de soja,
  • accélérer la transition énergétique en planifiant une sortie du nucléaire qui s’appuiera sur les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et le développement d’énergies renouvelables, selon des scénarios compatibles avec la lutte contre le changement climatique.

Publié le 9 septembre 2019

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/loi-energie-climat-une-loi-qui-veut-sauver-le-nucleaire-pas-le-climat/

Sep 10

EDF FAIT ÉTAT DE PROBLÈMES DE SOUDURES SUR CERTAINS RÉACTEURS

PARIS, 10 septembre (Reuters) – Plusieurs réacteurs d’EDF ont des problèmes de soudures, a déclaré à Reuters mercredi un porte-parole de l’électricien public.

Le dossier a été transmis à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a-t-il indiqué, sans vouloir préciser le nombre de réacteurs touchés ni leur emplacement.

« Nous sommes en train de stabiliser la situation et de faire l’inventaire des réacteurs concernés« , a-t-il ajouté.

Il n’a pas précisé si ces problèmes nécessiteraient de fermer les réacteurs en question. (Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)

REUTERS | Le 10/09/19 à 13h02 | Mis à jour le 10/09/19 à 14h08

Photo en titre : | Crédits photo : ©EDF – CONTY BRUNO

https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/edf-fait-etat-de-problemes-de-soudures-sur-certains-reacteurs-1871275.php

Sep 09

UN SOUS-MARIN AMÉRICAIN TESTE QUATRE MISSILES À CAPACITÉ NUCLÉAIRE

Un sous-marin américain porteur de missiles balistiques a testé quatre missiles Trident II D5 à durée de vie prolongée afin de valider leurs performances, a annoncé vendredi l’US Navy dans un communiqué.

Deux tests ont été réalisés par le U.S.S. Nebraska mercredi et vendredi respectivement au large de la côte de la Californie du Sud, indiqué le communiqué, ajoutant que tous les tests avaient été effectués avant le lever du soleil.

L’objectif principal des tests était « de valider les performances attendues du système d’arme stratégique Trident II à durée de vie prolongée« , indique le communiqué.

Le système d’arme stratégique Trident II, initialement conçu pour une durée de vie jusqu’en 2024, a récemment subi une prolongation de sa durée de vie qui le maintiendra opérationnel jusqu’à la fin des années 2040. Les missiles à durée de vie prolongée seront déployés sur les sous-marins porteurs de missiles balistiques de classe Ohio des États-Unis et de classe Vanguard du Royaume-Uni, ainsi que comme le chargement initial des sous-marins porteurs de missiles balistiques de classe Columbia des États-Unis et de classe Dreadnought du Royaume-Uni.

Le U.S.S. Nebraska est un sous-marin porteur de missiles balistiques américain de classe Ohio.

Les missiles balistiques susceptibles d’être lancés par des sous-marins constituent l’une des branches de la triade de dissuasion de la force nucléaire stratégique des États-Unis.

Par les Rédacteurs :Xiao Xiao et Yishuang Liu, publié le 09.09.2019 à 10h31

http://french.peopledaily.com.cn/International/n3/2019/0909/c31356-9613273.html

Sep 09

LA PILULE AMÈRE DU NUCLÉAIRE

Il s’agit des pastilles d’iodes que nos chères autorités nous proposent de prendre au cas (improbable ?) qu’une de nos centrales nucléaires connaisse quelque défaillance, et relâche quelques bouffées de pollution radioactive.

Sauf qu’il y a loin de la coupe aux lèvres, car ce geste qui se veut rassurant est tout, sauf vraiment adaptée à la situation de crise consécutive à un accident nucléaire majeur.

En effet, pour que cette pilule soit efficace, il faut la prendre au moins 2 heures avant que la pollution arrive, et cela relativise beaucoup son action protectrice, si l’on veut bien se souvenir des lenteurs administratives constatées lors des derniers accidents connus.

À Tchernobyl, alors que toutes les alarmes des centrales françaises carillonnaient à tout vent pour signaler la présence de la pollution de Tchernobyl, césium 134, césium 137 et le reste, le ministre en place assurait que la frontière nous avait protégé contre cette agression et en conséquence, aucune pilule d’iode n’avait été distribuée…lien

Rappelons qu’à l’époque, les techniciens présents dans les centrales françaises, alarmés par cette pollution, avaient quand même prévenu leurs familles, et leurs amis, leur enjoignant de ne pas sortir.

Quant aux autres…

À Fukushima, c’est quasi le même scénario qui s’est répété, et si des pilules ont bien été distribuées, cela a été trop tardif, et donc inutile.

Ajoutons que ces pilules salvatrices n’agissent que pour nous protéger de l’iode radioactive, (iode 131) et n’ont aucune efficacité contre les différents césiums, plutonium et autres éléments radioactifs.

Rappelons en effet qu’un accident nucléaire rejette une centaine de produits différents comme le strontium 90, lequel se fixe dans les os, le césium 137 qui se fixe sur les muscles, le plutonium qui affectionne particulièrement les poumons… lien

Et cerise sur le gâteau, ces pilules d’iodes doivent, pour être efficace, être renouvelées toutes les 48 heures, alors que l’iode radioactive a une période de  8 jours, restant donc dangereuse pendant un bon mois. lien

Ce qui amène une question de santé : la prise régulière d’iode, destinée à saturer la thyroïde, peut être dangereuse si elle est prise pendant un mois….d’autant que le cadeau fait aux familles qui vivent dans la « zone d’exclusion » n’est qu’une boite de 10 petites pilules, quantité largement insuffisante pour une famille pour une durée d’un mois.

En effet, si une personne en danger de pollution radioactive décide de pratiquer la « cure » d’iode (iodure de potassium), elle court un risque, car l’abus de ce médicament peut provoquer l’apparition d’un goitre. lien

Ces comprimés peuvent aussi présenter un danger pour les personnes souffrant d’allergies ou dont la thyroïde ou la peau présentent des conditions particulières. lien

Finalement, cette décision administrative ressemble plus à une opération de « com », qu’à une véritable mesure sanitaire, d’autant que seuls ceux qui sont dans la zone des 20 km autour du site accidenté pourront avoir ces pilules, alors qu’on sait aujourd’hui que la zone touchée par un accident nucléaire dépasse largement cette distance.

Celle de Tchernobyl est allée jusqu’en Corse…et largement au-delà dans d’autres directions.

Et celle de Fukushima a touché la banlieue de Tokyo, à 200 km de là…et a quasi fait le tour de la planète

D’ailleurs, après l’attentat du 11 septembre, le Congrès américain avait étendu la zone de distribution de pilules à 32 km autour du site, décision retoquée par Bush en 2007, lequel pensait qu’il valait mieux évacuer les populations en danger.

Il avait à l’évidence raison, puisque l’on sait que ces pilules ne protègent pas des autres pollutions nucléaires (césium, strontium, plutonium, etc.)

Mais comment évacuer les populations lorsque de grandes villes se trouvent dans la zone proche d’une centrale.

Ainsi, Lyon se trouvant à 40 km à l’Est de Lyon, il faudrait évacuer 5 millions de français en cas d’accident, lequel polluerait 20 000 km² de zones agricoles contaminées, s’il faut en croire l’étude de l’Institut biosphère de Genève. lien

D’intrépides militants anti-nucléaires, devant l’absence pourtant obligatoire de panneaux règlementaires signalant un danger potentiel (risque d’inondation, chute de pierre, etc…) ont décidé d’installer eux-mêmes des panneaux signalant le danger nucléaire : zone d’évacuation en cas d’accident nucléaire majeur…

Mal leur en a pris, puisque le préfet a sévi et a demandé que ces panneaux soient enlevés.

Ajoutons qu’à Bugey, y compris ailleurs, le temps de réaction entre un accident, et sa communication est souvent de plusieurs jours…quand il n’est pas totalement occulté.

Prenons l’exemple de ce qui s’est passé le 16 décembre 2018 à Bugey.

S’il faut en croire l’ASN (autorité de sureté nucléaire), « l’exploitant de la centrale nucléaire de Bugey a détecté une fissure sur le circuit qui alimente en air le dispositif de commande de la vanne de décharge à l’atmosphère  »…mais le problème n’a été déclaré à l’ASN que le 28 mai 2019, et si l’ASN se félicite que cet « « évènement » n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement » elle déplore que l’information lui soit parvenu si tardivement. lien

La centrale nucléaire de Chooz a connu la même délicate situation, puisque l’ASN a constaté « la détection tardive de l’indisponibilité d’une pompe contribuant, en cas de perte totale des alimentations électriques, à assurer l’intégrité du circuit primaire du réacteur 2 ». lien

Récemment, entre les 14 et 15 mai, lors de la mauvaise manipulation d’une capsule de sélénium-75, un nuage radioactif a pollué une partie du Nord de la France, et l’information n’est parvenue aux populations que 2 jours après

Bien que les rejets aient dépassé la limite autorisée, les autorités se sont voulues rassurantes affirmant que « aucune action visant à protéger la population n’a été nécessaire ». lien

Pourtant le Sélénium n’est pas un produit anodin : la toxicité aiguë du sélénium peut provoquer jusqu’à l’infarctus du myocarde, l’insuffisance rénale, perte de dents, éruptions cutanées… lien

Et ce n’est guère mieux ailleurs, si l’on prend l’exemple de l’accident nucléaire de Severodvinsk : ce n’est que le 26 août que les autorités ont communiqué sur la mort, le 8 août, de 5 employés de l’agence nucléaire de Rosatom. lien

On sait qu’aux USA, lors de l’accident nucléaire de Three Miles Island, suite à la rupture des barres de maintien des barres de combustible, qui entrèrent en fusion, provoquant la fusion du cœur du réacteur, ce n’est que tardivement que les habitants des environs ont été partiellement évacués. lien

Aux alentours du 15 septembre 2019, les habitants des communes se trouvant dans la zone d’exclusion en cas d’accident nucléaire majeur, c’est-à-dire à 20 km autour de la centrale, recevront un courrier les encourageant à aller se procurer les boites de pilules d’iode… (lien) et les militants de « Stop Bugey », qui luttent pour la fermeture de Bugey, l’une des plus vieilles centrales nucléaire française, vont distribuer des documents mettant en garde les populations, dénonçant une simple manœuvre de com.

D’autant que, preuves en main, la fermeture immédiate du site n’aura quasi pas d’impact sur l’économie de la région.

En effet, à proximité de la centrale nucléaire se trouve une grande zone industrielle qui finance largement les besoins des petites communes proches…et, comme on a pu le constater lors du démantèlement, toujours en cours, du « Superphénix » de Malville, ceux qui perdront leur emploi sur le site, seront largement remplacés par ceux qui vont travailler au démantèlement.

En effet, commencé en 1998, le démantèlement de Malville continue, et est loin d’être terminé. lien

Une fois de plus, on ne peut que constater que le nucléaire pose plus de problèmes que n’amène de solutions acceptables, tant par rapport à l’impossible gestion des déchets, que sur le coût de cette énergie, sans pour autant occulter le danger, maintenant admis par tous, d’un accident nucléaire majeur.

C’est ce qu’a déclaré le 18 janvier 2017, Pierre-Frank Chevet, président de l’ASN : « concernant les installations nucléaires, il y a un an, le contexte était préoccupant à moyen terme. Si je devais résumer ma pensée aujourd’hui, je dirais que le contexte est préoccupant. J’enlève « à moyen terme »  »….comprendre qu’il s’inquiète pour le court terme…

Raison pour laquelle il réclame la fermeture des vieux réacteurs, puisque ces derniers ont été pensés pour une durée limite de 30 ans, ajoutant que leur fermeture est un enjeu majeur d’autant que la filière est en grande difficulté financière. lien

Il faudrait donc de toute urgence fermer les 5 plus vieilles centrales françaises, Bugey, Blayais, Fessenheim, Tricastin, et Gravelines. lien

Mais ça ne semble pas émouvoir le gouvernement, qui tout en se parant des plumes de défenseur de l’environnement, continue plus que jamais à vouloir imposer l’énergie nucléaire, et est en train d’investir 100 milliards dans cette énergie mortifère. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « marche en avant de toi-même, comme le chameau qui guide la caravane ».

L’image illustrant l’article vient de « attac.be »

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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Par Olivier Cabanel (son site), publié le lundi 9 septembre 2019

https://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/la-pilule-amere-du-nucleaire-217787

Sep 09

NUCLÉAIRE : L’IRAN PRESSÉ D’ACCÉLÉRER SA COOPÉRATION AVEC L’AIEA

« Le temps presse », a lancé lundi l’AIEA aux responsables iraniens exhortés à coopérer « pleinement » avec le gendarme onusien chargé de contrôler les activités nucléaires de l’Iran au moment où ce pays a franchi une nouvelle étape dans la réduction de ses engagements.

Au retour d’un déplacement à Téhéran ce week-end, le directeur général par intérim de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Cornel Feruta, a insisté sur l’implication qu’il avait demandée à ses interlocuteurs iraniens dans leurs discussions avec les équipes de l’AIEA.

« J’ai souligné la nécessité pour l’Iran de répondre promptement aux questions » que lui adresse l’agence qui contrôle le programme nucléaire de Téhéran, a expliqué M. Feruta au Conseil des gouverneurs de l’AIEA, auquel il rendait compte de sa visite.

Cet organisme a également confirmé lundi l’installation par l’Iran de centrifugeuses avancées susceptibles d’augmenter son stock d’uranium enrichi, un nouveau pas dans la réduction des engagements pris par ce pays dans le cadre de l’accord de 2015 visant à l’empêcher de se doter de la bombe atomique.

Malgré son entrée dans cette troisième phase de désengagement progressif, la République islamique avait souligné qu’elle continuerait d’autoriser le même accès aux inspecteurs de l’AIEA chargés de surveiller son programme nucléaire.

L’insistance de l’AIEA sur la réactivité qu’elle attend de l’Iran semble être le signe d’une certaine impatience de cette agence face au délai dans le partage des informations demandées par ses experts, selon des sources diplomatiques.

En date de samedi, l’Iran « avait installé ou était en train d’installer » sur le site d’enrichissement de Natanz 22 centrifugeuses de type IR-4, une de type IR-5, 30 autres de type IR-6 et trois modèles IR-6s, selon les vérifications effectuées sur place par l’agence.

Européens sous pression

En vertu de l’accord de 2015, l’Iran n’est pour le moment autorisé à produire de l’uranium enrichi qu’avec des centrifugeuses de première génération (IR-1). 

Toutefois, a aussi noté l’AIEA, aucune des centrifugeuses de dernière génération récemment installées n’avait encore « été mise à l’essai » avec de l’uranium enrichi (UF6).

La mise en route de ces centrifugeuses avancées pourrait accélérer la production d’uranium enrichi et augmenter les stocks de l’Iran, qui, depuis juillet, dépassent la limite fixée par cet accord (300 kg) conclu entre la République islamique et le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne).

Téhéran a commencé en mai à se désengager très progressivement de ses obligations, en réponse au retrait unilatéral de Washington de cet accord en 2018.

En réduisant ses engagements, l’Iran -qui a toujours nié vouloir la bombe nucléaire- entend faire pression sur les États parties à l’accord pour qu’ils l’aident à contourner les sanctions américaines.

Alors que les Européens redoublent d’effort pour tenter de sauver l’accord historique de 2015, les États-Unis les exhortent à adopter une position plus ferme vis-à-vis de Téhéran. 

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a jugé « inacceptable » la nouvelle étape franchie par l’Iran avec les centrifugeuses avancées et appelé les Européens à « mettre fin au chantage » de ce pays.

Lundi, la Chine -État partie à l’accord de 2015- a appelé les États-Unis à « renoncer à leur mauvaise approche » face à l’Iran, citant « les sanctions unilatérales et les pressions extrêmes exercées » sur Téhéran.

« Nous espérons que les parties concernées pourront se rencontrer à mi-chemin (…) pour que les tensions autour de la question nucléaire iranienne s’atténuent« , a déclaré à Pékin une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.

Par AFP, publié le lundi 09 septembre 2019 à 13h56

https://actu.orange.fr/monde/nucleaire-l-iran-presse-d-accelerer-sa-cooperation-avec-l-aiea-CNT000001iJbJl/photos/le-directeur-par-interim-de-l-aiea-cornel-feruta-c-lors-d-une-rencontre-avec-les-responsables-de-l-organisation-nucleaire-iranienne-le-8-septembre-2019-a-teheran-en-iran-bf34ceb7d155521fb3f46adf94144f17.html

Sep 09

DES BOMBES NUCLÉAIRES AMÉRICAINES S’AVÈRENT DÉFECTUEUSES

Les États-Unis ont dû différer le lancement de la production en masse de bombes à hydrogène modernisées B61-12. La raison en est la courte durée de vie de certains de leurs composants, en deçà des 20 ans prévus.

Le lancement de la production en série des bombes à hydrogène modernisées B61-12 sera retardé d’un an et demi après que des tests de résistance ont montré que certains de leurs composants n’étaient pas capables de rester fonctionnels plus de 20 ans, période pendant laquelle la bombe est censée être prête pour utilisation, annonce Defence News.

L’emplacement secret d’armes nucléaires US en Europe dévoilé par hasard (CC0 / TheAndrasBarta)

Selon Charles Verdon, haut responsable de l’Administration nationale de sécurité nucléaire (NNSA), le même problème concerne les ogives nucléaires W88 destinées aux missiles balistiques Trident II qui équipent des sous-marins de la Marine américaine.

Initialement le lancement de la production en série des armements en question était prévu pour 2020. D’ailleurs Charles Verdon précise que les délais pourraient être restreints car la NNSA a reçu plusieurs propositions concernant le remplacement des composants fragiles.

Kingston Reif, du Centre américain pour le contrôle des armes et la non-prolifération estime également que le retard de la production en masse de la B61-12 alourdira le coût du programme de réarmement de 7,6 millions de dollars et empêchera la NNSA de mettre en œuvre plusieurs autres projets visant à améliorer son arsenal nucléaire.

Publié par Sputnik le 08.09.2019 à 22h48

https://fr.sputniknews.com/defense/201909081042061795-des-bombes-nucleaires-americaines-saverent-defectueuses/

Sep 09

L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE DOIT-ELLE ENCORE ÊTRE CONSIDÉRÉE COMME « DURABLE » ?

Communauté Eva Stegen.

L’UE ne semble plus vouloir classer l’énergie nucléaire dans la catégorie de l’énergie durable. Tant le Parlement européen que le groupe d’experts techniques sur le financement durable (TEG) mis en place par la Commission européenne ont reconnu qu’il existe des preuves scientifiquement vérifiées du risque de dommages importants pour l’environnement et la biodiversité résultant de la chaîne de valeur nucléaire. Les passionnés du nucléaire s’y heurtent et tentent de s’y opposer par des lettres de protestation* jusqu’au 13.9.2019.

Les graves lacunes économiques et techniques se reflètent dans les constructions des réacteurs EPR de Hinkley Point C (GB), Olkiluoto (FI), Flamanville (FR) et la débâcle de la VVER à Mochovce (SK) au sein de l’UE. Ce n’est que grâce à des plans de sauvetage gouvernementaux d’une valeur de plusieurs milliards de dollars qu’il a été possible d’assurer la poursuite – toujours infructueuse – de la construction jusqu’à présent.

Néanmoins, des tentatives répétées ont été faites pour faire en sorte que cette production d’électricité non durable sur le plan économique semble financièrement viable en recourant à des fonds publics. Il s’agit de fonds dont nous avons un besoin urgent pour de véritables mesures de protection du climat et qui ne doivent donc pas être mis à disposition pour de fausses solutions. Un approvisionnement complet en énergies renouvelables est réalisable dans le monde entier et peut être organisé de manière beaucoup plus rentable et à court terme, comme l’ont montré de nombreuses études.

Le déclin de l’énergie nucléaire en Europe a déjà dépassé son zénith de production en 2004 et a été dépassé par les énergies renouvelables en 2014. L’industrie, marquée par l’érosion des compétences, doit enfin veiller à isoler hermétiquement ses héritages dangereux de la biosphère, avant même que le bassin de travailleurs qualifiés ne s’amenuise à un point tel que même cela ne puisse plus être garanti. Il n’y a pas de marge de manœuvre financière, pas d’infrastructure de main-d’œuvre qualifiée et pas d’infrastructure de production de composants à grande échelle pour d’autres projets de construction qui pourraient contribuer de manière significative à la réduction du CO2 au cours de la décennie pertinente pour la protection climatique. Au contraire, toutes les activités qui y seraient entreprises seraient associées à des activités de construction à forte intensité de CO2.

L’hypothèse selon laquelle l’énergie nucléaire pourrait apporter une contribution pertinente à la protection du climat dans un avenir proche ne résiste pas à un examen factuel, la question se pose de savoir quelles sont les forces motrices qui conduisent à la situation si bien décrite par Jean-Bernard Levy, CEO du groupe nucléaire EdF :  » Nous devons continuer à construire des centrales nucléaires, en France et en Europe. Si je devais utiliser une photo pour décrire notre situation, ce serait celle du cycliste qui ne doit pas arrêter de pédaler pour ne pas tomber« .

Outre les intérêts particuliers bien connus qui tournent autour de contrats lucratifs (acier, béton, engins de construction, forage de tunnels à eau de refroidissement, soudage…), une force motrice importante parvient toujours à éviter la lumière du public. Celui qui cherche le « cycliste pédalant » parmi les sous-marins à propulsion nucléaire, qui dépendent de cette technologie pour leur portée et leur intraçabilité, comprendra que ce « cycliste marin » doit basculer immédiatement si le garant de l’infrastructure civile n’entretient pas les installations de formation, l’industrie des fournitures et un rythme régulier dans son carnet de commandes. C’est là que les subventions croisées ont lieu afin de maintenir la capacité de seconde frappe des puissances nucléaires européennes, organisée sous le couvert de la protection du climat et à huis clos.

Dans une étude approfondie, des scientifiques de l’Université du Sussex ont démontré en détail ce que les militaires communiquent ouvertement, mais que la politique énergétique nie avec véhémence : le maintien du programme nucléaire civil réduit le budget de la défense. Ce que les scientifiques du SPRU ont prouvé pour la Grande-Bretagne s’applique également à la partie française. La France développe actuellement son propre nouveau type de réacteur (SMR), prétendument pour l' »incinération » des déchets nucléaires anciens. Le fait que l’institut civilo-militaire CEA et le groupe naval Naval, constructeur de navires de guerre et de sous-marins, soient impliqués dans ce développement, non seulement la société EDF, mais aussi le fabricant de moteurs de navires nucléaires TechnicAtome, en dit long.

Le récit du « nouveau type de réacteur brûlant des déchets nucléaires » s’avère être un conte de fées. Depuis le début de l’utilisation de l’énergie nucléaire civile, l’industrie n’a pas réussi à se débarrasser en toute sécurité de ses héritages toxiques. Cela ne changera pas avec l’annonce de ce qu’on appelle les « brûleurs de déchets nucléaires« , les « nouveaux » réacteurs. L’industrie n’a pas de solution pour faire face aux radio-isotopes à vie longue et facilement transportables qui mettent en danger l’air respirable et les eaux souterraines, tels que l’iode 129 (HWZ 15,7 millions d’années, transmutation impossible), qui sont inévitablement produits dans de « nouveaux » réacteurs (fission d’uranium 233). Il est donc déjà clair, avant même la mise en service du tout premier réacteur de 4ème génération, que l’industrie ne résoudra pas du tout le problème des déchets, mais l’aggravera encore et ne pourra donc en aucun cas être considérée comme durable.

*Traduction des instructions pour la lettre de protestation :

COMMENT RÉPONDRE :

Vous trouverez ci-joint une suggestion de texte que vous pourriez utiliser pour communiquer votre réponse à la consultation.

Veuillez noter que le texte maximum autorisé n’est que de 2000 caractères (plus 500 caractères pour les preuves supplémentaires).

Nous avons fourni quelques captures d’écran dans le document ci-joint pour vous guider tout au long du processus.

Le rapport technique avec le contenu proposé du projet de taxonomie peut être consulté ici.

De plus, nous vous recommandons de soumettre une réponse plus longue par courriel : ec-teg-sf@ec.europa.eu

Vous trouverez l’original de ce message (en allemand) sur le site :

https://www.freitag.de/autoren/evastegen/soll-atomkraft-noch-als-nachhaltig-gelten

Sep 08

SOUS-TRAITANCE : LE MAL EST PARTOUT !

C’est quand et où le prochain déraillement d’un train ? C’est quand et où le prochain accident nucléaire ? Le capitalisme ne recule devant rien ? Sauf devant des sous-traitants mobilisés le 18/09 qui eux, font TOUTE la richesse de nos diverses entreprises…on est mal patron, on est mal… 

Le mal est partout

La sous-traitance se développe depuis le milieu des années 80, avec une véritable explosion dans les années 90. Ce n’est pas un hasard : à la fin des années 80 le capitalisme mondialisé (ce qu’on appelle l’impérialisme) arrive en butée sur son mode d’accumulation, et il faut trouver de nouveaux ressorts.

Cela va être les développements massifs de la précarité et de la flexibilité (intérim), ainsi que de la sous-traitance dans le cadre de la libéralisation accélérée du marché mondial. Avec en support les nouvelles technologies de l’information et le développement massif des transports internationaux (délocalisations)…

Extrait concernant le nucléaire :

Dans le nucléaire, c’est près de 80% de l’activité dans les centrales qui est désormais réalisée par les sous-traitants dans des conditions très dégradées. On y reviendra avec le mouvement (« D-Day ») qui va se dérouler dans ce secteur le 18 septembre et dans l’immédiat, on peut se reporter à notre article « Sous-traitance nucléaire : ré-internalisation ».

L’enjeu de la sous-traitance est double :

  • D’une part, attaquer ce qu’on pourrait appeler le « statut » des travailleurs des entreprises donneuses d’ordre, en utilisant la sous-traitance pour diminuer les salaires, supprimer tous les acquis sociaux, diviser le collectif de travail et briser sa résistance, bref augmenter le taux de profit par baisse directe du coût de la force de travail.
  • D’autre part, reconfigurer en profondeur le processus de production avec des gains de productivité importants. Précarité, flexibilité, conditions de travail, pénibilité sont considérablement dégradées, ce qui permet une augmentation de l’exploitation par hausse de productivité

La sous-traitance est donc un enjeu essentiel pour le capitalisme dans la phase actuelle de la mondialisation impérialiste libérale en plein développement, de la concurrence effrénée qu’elle entraîne.

D’où l’enjeu des deux mots d’ordre simples qui doivent guider l’activité syndicale de classe :

. Ré-internalisation de la sous-traitance et de tous les sous-traitants, avec reprise de l’ancienneté ; ce qui veut bien entendu dire ouverture de la fonction publique aux étrangers.

. Égalité des droits entre travailleurs de l’entreprise donneuse d’ordre et les sous-traitants, que ce soit par le biais d’une convention collective unique ou autre…

La totalité de l’article se trouve sur : http://www.ma-zone-controlee.com/sous-traitance-le-mal-est-partout/

Par mazonecontrolee, publié le 7 septembre 2019 •

http://www.ma-zone-controlee.com/sous-traitance-le-mal-est-partout/

Sep 08

UN NOUVEAU VÉHICULE BLINDÉ POUR PROTÉGER L’ARME NUCLÉAIRE CRÉÉ EN RUSSIE

Dans l’objectif d’accompagner des colonnes transportant l’arme nucléaire, un nouveau véhicule blindé a été conçu en Russie, a raconté à Sputnik l’ingénieur en chef de l’entreprise-constructrice Remdisel. Il a notamment été élaboré sur la base du fameux châssis Typhoon.

En Russie, un nouveau véhicule blindé prévu pour faire partie des cortèges de l’arme nucléaire est sorti, a fait savoir à Sputnik Igor Zarakhovitch, ingénieur en chef de l’entreprise constructrice Remdisel.

     Blindé de sauvetage: ce petit frère du Typhoon évacue des tireurs d’élite (vidéo) © Sputnik . Vitaly Timkiev

Ce moyen de transport a été développé sur la base du châssis 4386 Typhoon, famille de véhicules blindés russes.

«Il faut préciser que le châssis 4386 est le type de la famille le plus « russe ». Nous avons essayé d’utiliser au maximum des pièces détachées russes et de trouver le plus grand nombre possible d’entreprises russes prêtes à concevoir une substitution aux systèmes étrangers», a tenu à préciser M.Zarakhovitch.

L’ingénieur a ajouté que les tests avaient déjà pris fin et que la voiture était prévue pour le 12e Département général du ministère russe de la Défense. En outre, selon lui, Remdisel va construire la version civile du véhicule pour l’utiliser en conditions climatiques extrêmes, comme en Arctique.

Le KamAZ Typhoon

Typhoon est une famille de véhicules blindés à sécurité améliorée qui a été développée par plus de 120 entreprises.

Pour la première fois, le véhicule a été présenté en 2011 sur le polygone d’essais. En 2014, il a participé au défilé du Jour de la victoire à Moscou.

Publié le 7 septembre 2019 à 18h17

https://fr.sputniknews.com/defense/201909071042056815-un-nouveau-vehicule-blinde-pour-proteger-larme-nucleaire-cree-en-russie/

Sep 08

CAZENEUVE PROPOSE SA VISION DE L’ÉCOLOGIE, AVEC MAINTIEN DU NUCLÉAIRE

Le socialiste Bernard Cazeneuve défend une vision de la transition écologique conjuguée au «maintien de la foi dans le progrès», qui passe selon lui par le maintien de l’industrie nucléaire.

L’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a présenté jeudi à Avignon sa vision de la transition écologique, qui doit selon lui aller de pair avec une «croissance sûre et sobre» et le «maintien» du nucléaire, à l’occasion des Journées parlementaires du PS dont il était l’invité vedette. L’ancien ministre de l’Intérieur, dont beaucoup scrutent les intentions pour 2022, a affirmé ne vouloir qu’apporter sa «contribution» aux débats des socialistes. Pendant plus de deux heures, il a discouru et échangé avec députés et sénateurs, à l’invitation de la présidente du groupe PS à l’Assemblée Valérie Rabault et de son homologue du Sénat Patrick Kanner.

Alors que de nombreux écologistes voient en lui un «productiviste», et qu’il se voit parfois reprocher la mort du militant écologiste de Rémi Fraisse, l’ancien ministre de l’Intérieur a consacré un long développement à la question environnementale.

À lire :L’ambitieuse rentrée de Bernard Cazeneuve

«Nous devons (…) être les acteurs politiques qui assument qu’il peut y avoir la grande mutation écologique et le maintien d’une grande ambition de redistribution et de solidarité, qu’il peut y avoir une grande transition écologique et la possibilité d’une croissance sobre et sûre, qu’il peut y avoir la mutation écologique et le maintien de la foi dans le progrès, la technique et la science», a déclaré Bernard Cazeneuve, dans une tentative de conciliation des logiciels social-démocrate et écologiste.

«Le réel, c’est que nous sommes confrontés à une urgence climatique à laquelle aucun gouvernement, aucun pays, aucune sensibilité n’échappera», a-t-il souligné, en défendant une transition écologique «socialement juste, démocratiquement acceptable, territorialement différenciée».

Le nucléaire, « atout pour notre appareil industriel« 

Concrètement, l’ancien député de la Manche a défendu le «maintien» de l’industrie nucléaire pour parvenir à une économie décarbonnée, même si la part du nucléaire doit «baisser» dans le mix énergétique. «Nous devons continuer à accompagner les travaux de recherche» dans le domaine, et «nous devons reconnaître l’atout qu’elle constitue pour notre appareil industriel», a-t-il souligné.(NDLR : Monsieur Cazeneuve est fidèle au parti socialiste qui, de tous temps, a soutenu et développé le nucléaire en France)

«Lorsque l’Allemagne a décidé de sortir subitement du nucléaire», en 2011, «cela s’est traduit par une augmentation massive de la production de gaz à effet de serre», a-t-il affirmé. (NDLR : mais de courte durée). Une vision contestée, notamment par l’association Greenpeace qui évoque plutôt «une stagnation depuis la fin des années 2000» des émissions de GES de l’Allemagne.

Paris Match, La Rédaction avec AFP, publié le 05/09/2019 à 21h08 |Mis à jour le 05/09/2019 à 21h15

Photo en titre : Bernard Cazeneuve à Avignon, jeudi. Alain ROBERT/SIPA

https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Cazeneuve-propose-sa-vision-de-l-ecologie-avec-maintien-du-nucleaire-1645484

Sep 07

BELGIQUE : LES BUNKERS POUR STOCKER LES DÉCHETS NUCLÉAIRES SONT PLEINS, ALERTE LA SOCIÉTÉ RESPONSABLE

La société publique responsable de ces déchets, Belgoprocess, tire la sonnette d’alarme : une solution doit être trouvée rapidement.

Les bunkers pour le stockage des déchets nucléaires radioactifs sont pleins, rapportent samedi L’Écho et De Tijd. Belgoprocess, la société publique responsable de ces déchets, avertit dans son rapport annuel qu’une solution doit être trouvée rapidement.

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Le bunker de stockage de Dessel pour les déchets faiblement radioactifs est pratiquement plein. Avec 50.000 fûts, il n’y a plus de place pour les déchets des prochaines années. Belgoprocess commence dès lors à construire 5.000 fûts supplémentaires. Cette annexe doit servir de tampon dans l’attente d’une solution définitive.

Toujours pas de permis de bâtir

L’organisme investit 7 millions d’euros dans ce bâtiment complémentaire, qui doit être livré pour la fin de l’an prochain. D’ici là, des alternatives devront être trouvées.

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Une installation définitive devait être prête en 2017, mais l’organe de surveillance du nucléaire, l’AFCN, a dû faire face à de nombreux écueils, de sorte que le permis de bâtir n’a pas encore été délivré. Une nouvelle demande a été introduite au début de l’année. Si tout se passe comme prévu, le bâtiment devra être prêt en 2024.

Par Belga, mis en ligne le 7/09/2019 à 09h04

https://www.lesoir.be/246294/article/2019-09-07/les-bunkers-pour-stocker-les-dechets-nucleaires-sont-pleins-alerte-la-societe

Sep 07

ERDOGAN: ANKARA DEVRAIT ÊTRE AUTORISÉ À AVOIR L’ARME NUCLÉAIRE, COMME ISRAËL

Le président turc a déclaré qu’il est inacceptable que son pays soit interdit d’arme nucléaire alors qu’Israël est « intouchable » parce qu’il possède un arsenal nucléaire dissuasif

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué mercredi le fait que certains pays, dont le sien, soient sous pression pour ne pas acquérir l’arme nucléaire.

« Certains (pays) possèdent des missiles avec des têtes nucléaires mais je ne devrais pas en avoir. Je n’accepte pas cela », a-t-il déclaré dans un discours dans la ville de Sivas (est).

« Aucun pays développé au monde n’en a pas », a déclaré Erdogan, bien qu’en réalité la plupart des pays développés n’aient pas l’arme nucléaire.

En vertu des traités internationaux, seuls les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France et la Chine peuvent disposer de l’arme nucléaire. L’Inde, le Pakistan et la Corée du nord l’ont également développée. L’Afrique du Sud avait plusieurs bombes nucléaires mais les a démantelés quand elle est devenue une démocratie.

Israël aurait également l’arme nucléaire, ce à quoi Erdogan a fait allusion.

« Nous avons Israël tout près, presque des voisins. Ils effraient (les autres nations) en la possédant. Ils sont intouchables. »

Les systèmes de missiles de défense aérienne russes S-300 lors du défilé militaire du Jour de la Victoire marquant le 71e anniversaire de la victoire de la Deuxième Guerre mondiale sur la Place Rouge à Moscou, en Russie, le 9 mai 2016. (AP Photo/Alexander Zemlianichenko, Dossier)

Si des sources étrangères ont estimé que l’arsenal nucléaire d’Israël va de quelques dizaines à quelques centaines d’armes, l’État hébreu n’a jamais publiquement confirmé ni infirmé ces informations, conformément à sa politique dite d’ambiguïté nucléaire.

Erdogan a semblé dire que la Turquie développera un arsenal nucléaire, mais a semblé s’aligner au traité de non-prolifération nucléaire signé en 1980. La Turquie a également signé le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires de 1996, qui interdit tout essai nucléaire ou tout autre type d’explosion nucléaire, que ce soit à des fins pacifiques ou militaires, dans quelque environnement que ce soit.

Erdogan a fait ces déclarations alors qu’il resserre les liens en matière de défense avec la Russie tout en s’éloignant des États-Unis, allié historique d’Ankara au sein de l’Otan.

Les États-Unis ont réagi à la décision de la Turquie d’acheter le système russe de défense anti-aérienne S-400 en l’éjectant de son programme d’avion furtif F-35.

Washington estime que la Russie pourrait rassembler des informations techniques stratégiques sur le nouveau F-35 si celui-ci était utilisé aux côtés d’un système S-400.

Vendredi, Erdogan avait suggéré que la Turquie pourrait se tourner vers la Russie pour trouver une solution alternative après son exclusion du programme F-35.

Un autre voisin de la Turquie, l’Iran, tente également d’acquérir un arsenal nucléaire.

L’Iran annoncera samedi le détail de la troisième phase de son plan de réduction des engagements qu’il a pris devant la communauté internationale concernant son activité nucléaire, écrit jeudi l’agence semi-officielle Isna.

Le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, doit dévoiler samedi lors d’une conférence de presse la façon dont sera mis en œuvre l’ordre donné mercredi soir par le président Hassan Rohani de faire sauter toute limite à la recherche et au développement dans le domaine nucléaire, indique l’agence, sans citer de source.

Par Times of Israel Staff et AFP publié le 5 septembre 2019 à 14h21

Photo en titre : Le président turc Recep Tayyip Erdogan salue ses partisans après son discours lors d’un rassemblement préélectoral dans le district de Bayrampasa à Istanbul, le 30 mars 2019. (Ozan KOSE / AFP)

https://fr.timesofisrael.com/erdogan-ankara-devrait-etre-autorise-a-avoir-larme-nucleaire-comme-israel/

Sep 07

NUCLÉAIRE : L’IRAN MET EN ROUTE DES CENTRIFUGEUSES AVANCÉES, L’ACCORD DE VIENNE FRAGILISÉ

L’accord sur le nucléaire de 2015 ne l’autorise normalement à produire de l’uranium enrichi qu’avec des centrifugeuses de première génération.

L’accord sur le nucléaire iranien de 2015 va-t-il finir par voler en éclats ? Téhéran, asphyxié par les sanctions américaines, se délie encore un peu plus de ses engagements. La République islamique vient de mettre en route des centrifugeuses avancées dont la production augmentera le stock d’uranium enrichi produit par le pays, a annoncé le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, samedi 7 septembre.

Le porte-parole a détaillé les mesures de la nouvelle phase du plan de réduction des engagements pris par l’Iran devant la communauté internationale à propos de ses activités nucléaires. Il a insisté sur le fait que les engagements pris par l’Iran sur la « transparence » de ses activités nucléaires seraient « honorés comme avant ».

Cela concerne en particulier « la surveillance et l’accès » des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a déclaré M. Kamalvandi lors d’une conférence de presse retransmise en direct par la télévision d’État.

40 centrifugeuses avancées

Parmi les mesures constituant une réduction des engagements de l’Iran, M. Kamalvandi a annoncé que l’OIEA avait mis en route 20 centrifugeuses de type IR-4 et 20 autres de type IR-6, alors que l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 ne l’autorise à ce stade à produire de l’uranium enrichi qu’avec des centrifugeuses de première génération (IR-1).

Le démarrage de ces centrifugeuses devrait accélérer la production d’uranium enrichi par l’Iran et augmenter les stocks du pays, qui depuis juillet dépassent la limite fixée par cet accord (300 kg) conclu entre la République islamique et le groupe 5 + 1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne).

L’Iran a commencé en mai à réduire les engagements qu’il a consentis au titre de cet accord en représailles de la décision prise un an plus tôt par les États-Unis de dénoncer le texte et de réimposer des sanctions économiques à Téhéran.

Le ministre américain de la défense Mark Esper a affirmé samedi n’être « pas surpris » de cette annonce. « Ils violent déjà (l’accord sur le nucléaire), ils violent le traité de non-prolifération depuis des années donc ce n’est pas une surprise », a-t-il commenté.

Lire aussi : Nucléaire : Washington et Téhéran multiplient les gestes de défiance  (Article réservé à nos abonnés)

Plan de réduction d’engagements

Le président iranien, Hassan Rohani, a lancé mercredi soir la troisième phase du plan de réduction des engagements de l’Iran en ordonnant à l’OIEA de faire sauter toute limite à la recherche et au développement dans le domaine nucléaire.

Rohani estimait ne pas être parvenu au résultat désiré dans le cadre de la récente tentative diplomatique conduite par la France pour tenter d’éviter que l’accord sur le nucléaire ne vole en éclats.

Lire aussi : La France accélère sa médiation sur le nucléaire iranien (Article réservé à nos abonnés)

Violente récession économique

L’accord de Vienne est menacé depuis que les États-Unis en sont sortis unilatéralement, en mai 2018, avant de rétablir des sanctions économiques contre l’Iran, dont l’économie, entrée au deuxième semestre 2018 dans une violente récession, est asphyxiée par la politique américaine de « pression maximale ». Les nouvelles mesures sont prises « afin que nous puissions assister à une expansion dans [le domaine] des centrifugeuses », et « nous savons que c’est un grand pas que fait la République islamique d’Iran », a déclaré M. Rohani.

Lire aussi : « La question d’un éventuel dialogue de l’Iran avec les États-Unis en soulève une autre : à quelle fin ? » (Article réservé à nos abonnés)

En représailles au retrait américain de l’accord, les autorités iraniennes ont commencé depuis mai à revenir sur certaines restrictions imposées à leur programme nucléaire (augmentation des stocks d’uranium enrichi au-delà de la limite fixée par l’accord de Vienne, enrichissement de ce minerai à un niveau prohibé par le texte, soit plus de 3,67 %).

Le 7 juillet, elles ont donné soixante jours, jusqu’à jeudi, aux parties restant attachées à l’accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie) pour les aider à contourner les sanctions américaines, sous peine de les voir s’affranchir d’autres obligations.

Publié le 7 septembre 2019 à 08h49, mis à jour à 11h12

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/09/07/nucleaire-teheran-met-en-route-des-centrifugeuses-avancees-l-accord-de-vienne-fragilise_5507563_3210.html

Sep 07

POMPEO APPELLE LES EUROPÉENS À « METTRE FIN AU CHANTAGE NUCLÉAIRE » DE L’IRAN

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a jugé vendredi « inacceptable » la nouvelle réduction des engagements pris par l’Iran pour encadrer ses activités nucléaires et a appelé les Européens à « mettre fin au chantage » de Téhéran.

« Ils viennent d’annoncer qu’ils vont continuer à faire plus de recherche et développement sur leurs systèmes d’armes nucléaires. C’est inacceptable« , a-t-il déclaré sur une radio locale lors d’un déplacement dans l’État du Kansas, même si les autorités iraniennes assurent que leur programme nucléaire est strictement civil et non militaire. « Le fait que l’Iran conserve une capacité massive d’enrichissement d’uranium souligne une faiblesse fondamentale de l’accord iranien« , a-t-il ajouté ensuite sur Twitter.

L’Iran a commencé en mai à se désengager très progressivement de ses obligations prises dans le cadre de l’accord international de 2015 visant à l’empêcher de se doter de la bombe atomique, en réponse au retrait américain de ce texte décidé par Donald Trump, qui le juge laxiste et insuffisant.

Téhéran a annoncé mercredi une nouvelle étape en faisant sauter toute limite à la recherche et développement dans le domaine nucléaire. Les autorités iraniennes doivent dévoiler samedi le détail de ces nouvelles mesures.

« Nous sommes confiants dans le fait que le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne – des nations civilisées – vont prendre des mesures décisives pour mettre fin au chantage nucléaire mené par l’Iran« , a aussi tweeté Mike Pompeo. Ces trois pays européens restent très attachés à l’accord de 2015 dont ils sont également signataires, et redoublent d’efforts pour tenter de convaincre l’Iran de maintenir les engagements pris dans le cadre de ce texte malgré les sanctions draconiennes imposées par les États-Unis.
La France a ainsi engagé une médiation pour rendre possible un éventuel tête-à-tête entre le milliardaire républicain américain et son homologue iranien Hassan Rohani fin septembre lors de l’Assemblée générale de l’ONU.

Sans se référer directement à l’initiative française, qui semble encore buter sur le refus américain d’assouplir sa « campagne de pression maximale« , Mike Pompeo s’est toutefois dit « confiant » sur la possibilité d’une issue diplomatique. « Depuis des mois, le président Trump dit qu’il est prêt à rencontrer les dirigeants iraniens sans conditions préalables« , a-t-il rappelé. « Mais nous sommes très clairs sur le résultat que nous recherchons en cas de discussions« , a ajouté le secrétaire d’État, dénonçant une nouvelle fois les « campagnes de terreur » menées selon lui par l’Iran à travers le monde, ainsi que son programme de missiles balistiques, également jugé « inacceptable« .

Par AFP, publié le 06/09/2019

https://www.lorientlejour.com/article/1185582/pompeo-appelle-les-europeens-a-mettre-fin-au-chantage-nucleaire-de-liran.html

Sep 07

NUCLÉAIRE: LA CHINE MET EN SERVICE SON DEUXIÈME RÉACTEUR EPR CE SAMEDI

Le réacteur nucléaire EPR de Taishan 2, en Chine, entrera en exploitation commerciale demain samedi 7 septembre, a annoncé le groupe chinois CGN, en charge du projet avec EDF. Le premier réacteur est entré en exploitation en décembre 2018.

Alors qu’en France, l’EPR de Flamanville (Manche) est englué dans des retards techniques incessants, la Chine s’apprête à raccorder à son réseau électrique son deuxième réacteur nucléaire EPR. Le réacteur nucléaire EPR de Taishan 2 entrera en exploitation commerciale samedi 7 septembre.

EDF est actionnaire à hauteur de 30% de la coentreprise chargée de construire et d’exploiter les deux réacteurs de 1750 MW chacun sur ce site. Les groupes chinois CGN et Guangdong Energy Group ont des participations respectives de 51% et de 19%. Taishan est le plus important projet de coopération sino-française dans le secteur énergétique.

« C’est un moment important pour la filière française puisque, même si elle intervient sur le sol chinois (…), il s’agit de la mise en service du deuxième EPR dans le monde, une technologie développée par EDF et Framatome« , a réagi Xavier Ursat, directeur de l’ingénierie et des nouveaux projets nucléaires chez EDF.

Le réacteur numéro 1 de Taishan était déjà entré en exploitation commerciale en décembre 2018 et avait produit 7,93 térawattheure (Twh) début septembre, selon EDF. La construction de l’unité 1 de Taishan a commencé en 2009, celle de l’unité 2 en 2010, respectivement les troisième et quatrième réacteurs EPR mis en chantier dans le monde (après ceux de Flamanville en France et d’Olkiluoto en Finlande, aucun des deux n’étant encore en service).

« La technologie EPR fonctionne et clairement à Taishan elle le prouve« , a défendu Xavier Ursat d’EDF tout en admettant des difficultés de mise en œuvre sur le chantier normand de Flamanville. « À Flamanville on a en effet cette vraie difficulté, que je ne nie pas et qui conduit à un délai, mais la technologie marche et Taishan 1 et 2 le prouvent« , a-t-il souligné.

EDF voudrait construire d’autres EPR en Chine, qui est actuellement la locomotive du marché nucléaire dans le monde, même si les Chinois ont aussi développé leur propre réacteur de 3ème génération, le Hualong.

Par Frédéric Bergé, publié le 06/09/2019 à 16h59

Photo en titre : La construction de l’unité 1 de Taishan a commencé en 2009, celle de l’unité 2 en 2010, respectivement les troisième et quatrième réacteurs EPR mis en chantier dans le monde. – Peter Parks-AFP

https://www.bfmtv.com/economie/nucleaire-la-chine-met-en-service-son-deuxieme-reacteur-epr-ce-samedi-1762638.html

Sep 07

VENT DE BURE : DU NOUVEAU SUR LE PROGRAMME ET DES TAS DE PROPOSITIONS !

Et on a des tas de choses à vous proposer pour que vous vous mettiez dès maintenant dans l’ambiance ! Prenez-en connaissance et faites-nous des retours

 

1 – Programme

~ EN AMONT DE VDB SUR NANCY : dès les jeudi 26 et vendredi 27 septembre (lieux et horaires définitifs dans la prochaine newsletter !)

* Projection du film « Un héritage empoisonné » d’Isabelle Masson Loodts, sorti début 2019, qui tisse des liens entre les déchets de la Grande Guerre et les déchets du nucléaires autour de la question de leur mémoire dans le temps. Ce film, émouvant pour nous, aborde ainsi Bure et sa résistance en évoquant les terres de Lorraine, sacrifiées durant la guerre de 14, puis par l’agriculture intensive… et peut-être condamnées par le nucléaire à jamais ? Isabelle sera bien sûr présente, et nous aussi ! 

* Petite conférence pour se remettre au point sur où en est Cigéo et sur les échéances à venir : « Loin des préoccupations environnementales et avant même l’autorisation de lancer le projet Cigéo qu’elle espère pour 2020, l’Andra s’apprête à réaliser simultanément plusieurs travaux de grande envergure. Constructions des routes et des accès au site, d’un transformateur électrique, circuit de l’eau…Tout doit être prêt avant de pouvoir s’attaquer à la construction de Cigéo en tant que tel, ce qui laisse peu de temps à l’Andra pour réaliser tous ces chantiers. Un an ou deux pendant lesquels l’Agence va étendre et ancrer un peu plus sa mainmise sur le territoire, en modifiant durablement son environnement et la vie de ses habitants. »

Cette conférence a pour objectif de montrer que les prochains travaux de Cigéo, présentés comme « préparatoires » car effectués avant que le projet ne soit autorisé (s’il l’est), ne sont rien d’autre que son lancement déguisé…* Concert de soutien le vendredi 27 au Black Baron (1 Rue de Mon Désert, 54000 Nancy)

~ VENT DE BURE LET’S BEGIN !

Samedi 28 septembre : Cours Léopold à Nancy et salle des fêtes de Vandoeuvre

Le rdv est fixé à 14h pour le départ en manif, mais dès le matin vers 10H Cours Léopold : village des luttes et assemblée interluttes ! Il y aura aussi une surprise autour du thème de la danse macabre (!) à laquelle vous pourrez participer (laissez-vous entraîner dans cette aventure facétieuse et joyeuse) ! Car le Vent de Bure va passer… Nous laissera-t-il irradié-es ? Pour la préparer dès maintenant, voici tout ce que vous pouvez faire : 

  • Apportez de vieux vêtements loufoques, désuets, fantasques et étonnants…- pour vous-même ou pour d’autres : un freeshop géant sera mis en place Cours Léopold pour celles et ceux qui n’ont pas encore une idée claire de leur déguisement ! 
  • Amenez beaucoup d’instruments de musique, des vrais, des improvisés, des auto-fabriqués, pourvu que la manifestation retentisse de mille sons et que boeufs musicaux, gigues, cacophonies puissent s’improviser ici et là pour charmer, surprendre et agacer nos oreilles en semant aux vents de Bure nos tumultueuses récriminations.
  • Si vous souhaitez être maquillé.e : apportez du maquillage et/ou maquillez-vous, et/ou bien préparez-vous à l’être une fois sur place ! Un atelier maquillage sera également mis à disposition !
  • Nous avons besoin de quelques personnes en costards qui seraient prêtes à jouer les nucléocrates démarchant les riverains de la manifestation. Si vous souhaitez participer, manifestez-vous dès maintenant en écrivant à ventdebure@riseup.net ou bien en vous rendant directement à l’accueil une fois sur place ! 
  • IMPORTANT : si vous avez  des échasses (et que vous savez monter dessus), c’est encore mieux ! Après une après-midi que l’on souhaite animée entre les vivant-es et les mort-es, on espère que vous convergerez toutes et tous dans les hauteurs de Vandoeuvre (très exactement ici : salle des fêtes Bernie Bonvoisin, Allée de Champagne, 54500 Vandœuvre-lès-Nancy), pour y retrouver le bar, le banquet, et les concerts de 4 groupes locaux ! Pour celleux qui voudraient dormir sur place, le terrain qui nous est laissé à disposition se trouve très exactement à la Sapinière, rue du Doyen Jacques Parisot à Vandoeuvre (et il sera bien indiqué sur place!).

Dimanche 29 septembre : on reste à Vandoeuvre !

– à 10h30, Gilles Reynaud, président de l’association « Ma zone contrôlée » qui alerte sur les conditions de travail dans le nucléaire en particulier pour les sous-traitant-es, sera là pour vous dévoiler une des nombreuses faces cachées de cette industrie.

– à 12h, on grignote  

à 14h : on vous propose un atelier sur le nucléaire et le climat. Les mobilisations d’ampleur pour le climat de cette année marquent un tournant sans précédent dans la prise de conscience de l’impact des activités humaines sur la planète. La lutte contre le réchauffement climatique est l’affaire du siècle : les nucléocrates ont bien compris qu’il y avait quelque chose à jouer pour redorer le blason du nucléaire, là où le fleuron de l’industrie française était en perte de vitesse… et pourtant, le nucléaire est-il une solution à l’urgence climatique ? Nous considérons que non, que le nucléaire est obsolète, inadapté à un monde qui se réchauffe, trop cher, et trop risqué. Et vous ? Le nucléaire, c’est notre charbon, alors réfléchissons-y ensemble.

à 16h : avant de se quitter, assemblée de lutte contre le projet Cigéo et réflexions collectives sur les perspectives ! 

2 – C’est toujours d’actu 

* L’appel à venir avec tous vos instrus pour animer l’après-midi et que la marche soit sonore !

* L’appel à bénévoles : pour nous filer un coup de main durant le week-end, envoyez-nous un petit message à benevoles-vdb@riseup.net avec vos disponibilités !* L’appel à hébergements : pour offrir un toit (et un duvet?) à celles et ceux qui ne souhaitent pas dormir en tente !

* L’appel à diffusion : de nos flyers et affiches dans la dernière ligne droite (c’est le moment le plus important pour l’affichage) !

* LES BUS – des départs sont organisés de : 

    Dijon

    Montpellier (avec étapes à Nîmes et Valence)

    Mulhouse (avec étapes à Colmar, Sélestat et Strasbourg)

    Nantes (avec étapes à Angers et Le Mans)

    Paris (à confirmation en attente)

    Toulouse (avec étapes à Montauban, Clermont-Ferrand et Lyon)

    Tours (avec étapes à Blois, Orléans, Montargis, Troyes et Langres)

    Direction la rubrique « venir en bus » (ici https://ventdebure.com/venir-en-bus/) pour s’inscrire à un de ces trajets ! Il se pourrait bien que d’autres s’organisent encore, donc ouvrez l’œil !

3 – C’est nouveau : appel à dons !

On lance un appel à dons : impressions des affiches et des flyers, animations, matos et locations en tout genre, nous avons plusieurs dépenses à éponger… et un petit budget ! Si vous pouvez nous aider, voici le lien de notre collecte en ligne !

4Nancy c’est pour toi !

Nous souhaitons que Nancy comprenne pourquoi Vent de Bure passera par chez elle. Nous proposons donc deux soirées pour évoquer cette mobilisation :

Jeudi 12 septembre, c’est la Cantoche qui nous accueille à partir de 19h, au 180 Rue Jeanne d’Arc, à Nancy !

Mardi 24 septembre, c’est au tour de la Fac de Lettres de Nancy : amphi A042 de 18h à 22h !Vous assisterez à la projection en quasi avant-première du film de l’Atomik Tour en présence de son réalisateur Aymeric Bonetti (également réalisateur de « À Bure pour l’éternité« ). L’Atomik Tour, c’est une caravane issue de la lutte à Bure qui a parcouru la France durant plusieurs mois pour susciter des réflexions autour du nucléaire (pour en savoir plus : https://atomik-tour.org/ ) !

Tout ce petit monde sera là pour répondre à toutes les questions autour du film, du nucléaire, de la lutte à Bure… et pourquoi pas trouver quelques bénévoles ? 🙂

Site : ventdebure.com

Contact : ventdebure@riseup.net

Event : https://www.facebook.com/events/1225435810959733/

Sep 07

FUKUSHIMA : COMMENT SE DÉBARRASSER DE L’EAU RADIOACTIVE QUI S’ACCUMULE ?

Depuis 2011, plus d’un million de mètres cubes d’eau radioactive s’accumulent sur le site de Fukushima. Or, d’ici 2022, la centrale nucléaire aura atteint sa capacité maximale de stockage.

Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 et un puissant tsunami dévastaient la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Quelques jours plus tard, de premiers rejets radioactifs étaient détectés et plus de 100 000 personnes évacuées. Depuis, la situation reste précaire. Pour éviter de nouvelles fuites radioactives, les réacteurs doivent être refroidis en permanence. Depuis la catastrophe, ils sont donc arrosés tous les jours : un million de mètres cubes d’eau y ont été déversés en 2019, soit l’équivalent de 400 piscines olympiques.

Le problème, c’est qu’en arrosant les réacteurs cette eau récupère des particules radioactives et devient, à son tour, radioactive. Or les réservoirs installés pour contenir toute cette eau contaminée commencent à manquer : selon Tepco, qui exploite la centrale, le site aura atteint sa capacité maximale de stockage en 2022. Alors, que faire de toute cette eau radioactive ? Explications avec des experts internationaux du sujet.

Pour voir et écouter la vidéo (7mn47s), cliquer sur : https://www.lemonde.fr/planete/video/2019/09/05/fukushima-comment-se-debarrasser-de-l-eau-radioactive-qui-s-accumule_5506844_3244.html

Sources :

Le site et les articles du chercheur Ken Buesseler : https://bit.ly/2lBSS19
Le rapport des experts sur les options envisagées de 2016 : https://bit.ly/2lupt9f
Notre reportage il y a un an sur le chantier de démantèlement de la centrale : https://bit.ly/2jZoHk8

Par Asia Balluffier, publié le 05 septembre 2019 à 16h30 – Mis à jour le 05 septembre 2019 à 17h52

https://www.lemonde.fr/planete/video/2019/09/05/fukushima-comment-se-debarrasser-de-l-eau-radioactive-qui-s-accumule_5506844_3244.html

Sep 07

NUCLÉAIRE : EDF VEUT RÉUTILISER DES MATÉRIAUX TRÈS FAIBLEMENT RADIOACTIFS

Aujourd’hui, les déchets nucléaires dits « très faiblement actifs » (TFA) sont stockés dans un centre situé dans l’Aube. Or, ce centre serait déjà rempli à 50 % selon EDF. 

EDF veut pouvoir réutiliser des matériaux métalliques très faiblement radioactifs issus de ses centrales nucléaires après les avoir traités. L’électricien français doit actuellement les stocker. 

Dans un document consulté jeudi 5 septembre par l’AFP, le groupe propose des « améliorations » au système actuel, dans le cadre du débat public actuellement en cours sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR). Il a ainsi publié son avis sur ce débat, comme d’autres entreprises, ONG, syndicats ou entités publiques.

Des matériaux ne nécessitant aucune mesure de radioprotection

EDF souhaite notamment changer la gestion des déchets dits « très faiblement actifs » (TFA), qui doivent aujourd’hui être stockés dans un centre situé dans l’Aube. Ce centre « est déjà rempli à 50% par des déchets, dont une part significative a une radioactivité négligeable et ne nécessite aucune mesure de radioprotection« , affirme le groupe.

Il remarque que le démantèlement futur du parc nucléaire actuel produira 225.000 tonnes de matériaux métalliques TFA. « Or, il y a mieux à faire que de stocker (définitivement) une quantité importante de métal valorisable qui ne présente pas de risque sanitaire« , juge EDF .

Pour l’industrie conventionnelle et nucléaire

L’entreprise propose de faire ainsi comme en Suède où elle « nettoie » les métaux de leur radioactivité avant de les fondre pour les transformer en lingots. 

Il est ensuite possible de déterminer un seuil de radioactivité en-dessous duquel la réutilisation des lingots est possible. (NDLR : même si la radioactivité résiduelle est très faible, elle n’est pas nulle. Or tout rayonnement ionisant peut endommager une cellule vivante) Une directive européenne détermine déjà de tels niveaux appelés « seuils de libération« . Ces matériaux seraient réutilisés « dans l’industrie conventionnelle et dans l’industrie nucléaire« , a précisé un porte-parole d’EDF.

Source : Boursorama / AFP (5/9/2019)

Photo en titre : La façade du siège d’EDF à Paris, le 15 février 2019. (AFP / ALAIN JOCARD)

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/nucleaire-edf-veut-reutiliser-des-materiaux-tres-faiblement-radioactifs-ecd2def962bdc83c4afb05223a44f522

Sep 06

APRÈS L’ABANDON DU PROJET ASTRID, LA FRANCE DOIT METTRE FIN AUX AUTRES CHIMÈRES NUCLÉAIRES !

Ce 29 août, un article du Monde dévoilait que le Commissariat à l’Énergie Atomique était en train d’abandonner le projet de surgénérateur Astrid.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ se réjouit de cette nouvelle et appelle les pouvoirs publics à renoncer aux autres chimères nucléaires. L’abandon de cette filière doit aussi imposer l’arrêt de la production de plutonium à La Hague, option qu’exclut le Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs actuellement en débat.

Après ASTRID, abandonnons les autres projets nucléaires !

Depuis des années, nous dénoncions les risques liés à la prétendue « quatrième génération » de réacteurs à laquelle appartient ASTRID. Se présentant comme une innovation, ce projet n’était qu’un recyclage du surgénérateur Superphénix, démarré en 1986, arrêté en 1997 après 53 mois de fonctionnement cumulés et de nombreux déboires graves. Sa construction et son entretien avaient coûté 12 milliards et son démantèlement est actuellement un casse-tête. Comme Superphénix, ASTRID devait utiliser comme combustible du plutonium, toxique et radioactif, ainsi que du sodium, qui réagit violemment avec l’eau et s’enflamme au contact de l’air.

Si plus de 700 millions d’euros ont déjà été engloutis dans les travaux de conception d’ASTRID, on ne peut qu’applaudir cette décision d’abandonner le projet face à l’absurdité et aux risques d’une telle expérience qui aurait coûté entre 5 et 10 milliards d’euros. EDF serait inspiré d’en tirer leçon avec l’EPR de Flamanville ! Il faut souhaiter que cet argent public soit redirigé vers la recherche sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables, afin de permettre une transition énergétique permettant de sortir définitivement du nucléaire et d’agir résolument contre le changement climatique.

Comme l’EPR (notamment l’EPR « nouveau modèle« ) et ITER, ASTRID était une chimère destinée à entretenir l’illusion d’un avenir radieux pour une industrie nucléaire en déconfiture. Avec l’abandon de ce projet, cet horizon en trompe-l’œil se déchire enfin : il faut maintenant en tirer des leçons et arrêter d’engloutir des milliards dans ces grands projets inutiles, imposés et dangereux !

L’abandon d’ASTRID, une occasion de mettre fin à la filière plutonium et de cesser le mensonge sur le statut des déchets

Les réacteurs de 4ème génération étaient censés fonctionner au plutonium. Cette perspective était l’une des raisons invoquées par la filière nucléaire pour légitimer le « retraitement » du combustible usé et donc la production et l’accumulation à l’usine de La Hague de quantités astronomiques de plutonium [1], présenté officiellement comme une « matière valorisable » [2]. Avec la fin du projet ASTRID, une des justifications pour l’accumulation de cette substance disparaît. Les autres utilisations (production d’arme nucléaire ou du combustible MOX, dangereux et polluant) sont tout aussi néfastes et inutiles et n’absorberont jamais le stock de plutonium. Orano doit arrêter de mentir : ce plutonium est un déchet, ni plus ni moins. Quant au « retraitement » du combustible, opération coûteuse, risquée et polluante, il est plus urgent que jamais d’y mettre fin.

Pourtant, alors que reprend le débat public sur le Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs, celui-ci, en accord avec les autorités, persiste à présenter le « retraitement » et la filière du plutonium comme intangibles, et ce alors même que l’abandon d’ASTRID était connu en interne depuis plusieurs années et aurait dû amener à prendre les devants. Nous dénonçons l’attitude d’une filière qui a toujours refusé de penser sa fin et préfère poursuivre la fuite en avant avec des options hasardeuses [3] plutôt que de tarir le flot de déchets radioactifs.

Contact presse : Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Pour en savoir plus, lire cette note de l’association Global Chance sur ASTRID :

Notes

[1] 61 tonnes selon un rapport d’Orano daté de 2017. Pour rappel, 6 kg de plutonium suffisent pour la fabrication d’une bombe nucléaire.

[2] Le plutonium n’est pas la seule substance à échapper abusivement à la classification de « déchet radioactif » : c’est également le cas de l’uranium appauvri. Dans d’autres pays (en Allemagne notamment), ces matières sont pourtant considérées comme des déchets.

Un schéma représentant la chaîne du combustible nucléaire et ce qu’il advient après le « retraitement » figure dans la brochure Déchets nucléaires, le casse-tête (2011).
Pour plus d’informations sur le devenir des matières « retraitées« , consulter cette fiche réalisée par l’association Global Chance.

[3] Parmi ces options, on peut citer la tentative d’élargir l’utilisation de combustible MOX et le projet de construction d’une nouvelle piscine de stockage de combustible usé.

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Apres-l-abandon-du-surgenerateur-Astrid-la-France

Sep 06

BAGNOLS LE DÉBAT SUR LES DÉCHETS NUCLÉAIRES TOURNE AU PUGILAT

La salle multiculturelle de Bagnols était pleine, hier soir, pour le débat organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP) sur le nouveau Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR).

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la soirée a été agitée : dès les premières secondes, une dame âgée très élégante mais aussi très énervée se mettra à contester bruyamment la tenue du débat, le qualifiant entre autres de « messe ». Le Monsieur Loyal du soir tentera de poursuivre le déroulé prévu de la soirée, à savoir une série de présentations de l’ANDRA (l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), de France nature environnement, du CEA, de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’Autorité de sûreté nucléaire défense. En vain.

Très vite, la dame âgée a été rejointe par d’autres voix, disséminées dans tout le public. « Est-ce que les débats publics peuvent faire changer les décisions prises ? », lance une dame. « Qu’est-ce qu’on fait des déchets ? On en a partout ! », renchérit une autre. Le Monsieur Loyal aura beau rappeler que la CNDP est « neutre et indépendante » et qu’elle ne « prend pas partie dans le débat » qui visait à « apporter des informations contradictoires », rien n’y fera.

« Tout est déjà bouclé ! », « c’est un mensonge, vous faites croire à la démocratie ! », lui rétorqueront plusieurs membres de l’assistance. « À la Commission, nous croyons que c’est possible », rétorquera le maître de cérémonie, sans convaincre les concernés.

« Débat public, débat bla-bla »

L’agitation était déjà très palpable, mais pour autant les organisateurs prenaient le parti de tenter tout de même de dérouler le programme prévu. Aurélien Louis, sous-directeur industrie nucléaire au ministère de la Transition écologique, à la direction générale de l’énergie et du climat, prendra ainsi le micro.

Malgré l’amplification du son, on n’entendra rien ou presque de son discours, couvert par les applaudissements nourris d’une partie de la salle. Tout juste aura-t-on entendu que le PNGMDR était « un outil de transparence en matière de gestion des déchets radioactifs », un « document prescripteur révisé tous les trois ans ». Les applaudissements redoubleront lorsque le haut fonctionnaire affirmera que « la rédaction du plan à venir n’a pas encore débuté, ce qui va sortir du débat sera un élément essentiel dans sa rédaction. »

Pas de quoi convaincre les opposants disséminés dans la salle, entre les élus et le mundillo du nucléaire local. Lesdits opposants invectiveront les organisateurs sur le sujet de Bure, où le site d’enfouissement des déchets nucléaires fait pour le moins débat, accuseront « la société nucléaire (d’) achete(r) les consciences ». Un autre membre de la CNDP insistera sur la « neutralité » de la Commission, en voulant pour preuve le fait que « nous avons préparé des exposés qui ne sont pas tous pro-nucléaires. » Encore heureux…

Sous les « débat public, débat bla-bla », entonnés dans la salle, Damien Girard, maire de Moronvilliers, dans la Marne, et membre de France nature environnement, prendra le micro. Sur sa commune, le maire a un ancien site d’expérimentation du CEA. On n’entendra rien de son exposé, les applaudissements se poursuivant. Le maire sera même accusé de « cautionner un déni de démocratie » et se défendra en affirmant qu’il combattait le site se trouvant sur sa commune. « Je suis fiché S car j’ai manifesté à Bure. Je ne vous ai pas rencontré là-bas », finira par lancer l’élu, excédé, à ceux qui l’invectivaient. Ambiance.

Personne ne s’écoute

Le maire finira par se rasseoir, avant que le micro ne se mette à circuler dans le public, les organisateurs actant le fait que le programme prévu avait vécu. C’est alors qu’un homme se présentant comme un anti-nucléaire lira un communiqué signé du collectif Halte aux nucléaire Gard, ADN07, ADN 26, ADN 34, Attac Alès et des Gilets jaunes intitulé « Pourquoi nous perturbons ce débat ? »

« À quoi bon débattre quand tout est déjà décidé ? », lancera-t-il, arguant du fait qu’en 2005 et en 2013, les consultations citoyennes sur Bure n’avaient pas été écoutées. « À aucun moment n’est proposée l’option de renoncer à l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, projet pourtant terriblement dangereux et insécurisé », poursuivra le militant, avant de dénoncer des données « fausses, incomplètes et partiales » sur le volume des déchets.

Bref, « ce cycle de débats n’est qu’un enfumage orchestré pour rassurer les populations et légitimer le recours à l’énergie nucléaire ! finira par lancer l’homme au micro. À aucun moment n’est proposée l’option de ne plus produire de déchets nucléaires ! » Il ira jusqu’à qualifier le nucléaire de « crime contre l’humanité. »

D’autres citoyens présents finiront par s’agacer, l’un demandant « pourrait-on avoir un débat, merci ? », et un autre enjoignant les « antis » à « écouter les autres. » Une autre regrettera la tenue de la soirée, car elle était « venue pour (s’)informer. » Raté. On finira par entendre un pro-nucléaire, qui estimera que « le meilleur traitement pour les déchets radioactifs, c’est d’en produire le moins possible, et pour ça il faut construire des réacteurs à neutrons rapides. » Sous les huées copieuses d’une partie de la salle, l’homme glissera un « voilà » satisfait. L’illustration parfaite d’un « débat » où personne ne s’écoute, et dont l’utilité dans ces conditions reste à prouver.

Par Thierry Allard, (thierry.allard@objectifgard.com), publié le 5 septembre 2019

https://www.objectifgard.com/2019/09/05/bagnols-le-debat-sur-les-dechets-nucleaires-tourne-au-pugilat/

Sep 06

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CIVAUX : UN GESTE « INAPPROPRIÉ » A CAUSÉ L’ARRÊT DU RÉACTEUR

Civaux. Le réacteur n° 1 est en cours de redémarrage. Il s’était arrêté automatiquement le 25 août, à la suite d’une mauvaise manipulation d’un salarié.

C’est une “ bourde ” à plusieurs millions d’euros : une mauvaise manipulation effectuée par un salarié de la centrale nucléaire de Civaux a causé, le 25 août dernier, l’arrêt brutal du réacteur n° 1, par déclenchement automatique de ses systèmes de sécurité.

L’incident, survenu vers 4 heures du matin, s’était traduit par un bruit audible dans le village de Civaux. Un excès de vapeur (non radioactive) avait en effet été relâché par des soupapes destinées à protéger le circuit secondaire de la surpression. EDF avait diffusé dans la journée un communiqué annonçant l’arrêt, s’excusant pour la gêne occasionnée.

« Inapproprié et pas acceptable »

Hier, tandis que la procédure de redémarrage du réacteur était en cours, EDF a apporté des précisions sur l’incident causé par « un geste inapproprié d’un salarié ». Une manœuvre de cet opérateur aurait provoqué la fermeture d’une vanne du circuit secondaire qui transporte la vapeur sous haute pression (70 bars) entre le circuit primaire du réacteur et la turbine de production électrique. « La vapeur ne pouvant plus aller jusqu’à la turbine, la surpression a entraîné l’ouverture de deux des sept soupapes de sécurité pour évacuer la vapeur à l’extérieur et éviter de causer des dommages au circuit. C’est le bruit qu’ont entendu les riverains », a expliqué hier la direction, rappelant que la vapeur du circuit secondaire n’est pas radioactive et que l’incident n’a pas eu de conséquences en terme de sûreté nucléaire : le réacteur s’étant arrêté immédiatement après le déclenchement de ses dispositifs de mise en sécurité.

Il demeure toutefois sérieux et donne lieu à des « mesures à l’encontre du salarié. On cherche à reconstituer le déroulé de l’incident, préciser l’enchaînement des faits et les responsabilités des personnes impliquées. C’était un geste inapproprié et pas acceptable ». Une source syndicale nous a donné, hier soir, une version concordante des faits.

Redémarrages en cours

Après une dizaine de jours consacrés à vérifier les circuits et mécanismes touchés par l’incident, le réacteur n° 1 devait retrouver sa pleine puissance au cours de la nuit passée. Le manque à gagner d’une journée d’arrêt est de l’ordre d’un million d’euros.

Le réacteur n° 2, à l’arrêt pour rechargement en combustible depuis le 19 juillet, est également en cours de redémarrage. Il a connu un faux départ lundi soir ; un défaut sur le transformateur (à l’extérieur de la centrale) ayant interrompu sa montée en puissance. Il doit être recouplé au réseau électrique dans la nuit de vendredi à samedi.

Par Sébastien KEROUANTON , Journaliste, rédaction de Montmorillon

Publié le 05/09/2019 à 04h56 | Mis à jour le 05/09/2019 à 08h11

Photo en titre : Une des deux turbines de production électrique de la centrale de Civaux. L’incident est survenu sur la conduite qui apporte la vapeur sous pression.
© Photo NR

https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/commune/civaux/un-geste-inapproprie-a-cause-l-arret-du-reacteur

Sep 06

RÉCIT DE LUTTE. CONTRE L’IMPLANTATION D’UNE LAVERIE NUCLÉAIRE À SUZANNECOURT

Projets mortifères

Nous relayons le récit d’une lutte contre l’implantation d’une laverie nucléaire en Haut de Marne à Suzannecourt : « nous ne voulons pas de leurs projets mortifères ni dans le grand Est, ni ailleurs ! »

Quelque part à la campagne, dans le Grand Est en Haute Marne, entre Saint-Dizier et Chaumont, se trouve Joinville charmante petite cité du nucléaire, euh pardon de caractère…

Au milieu de dizaines de panneaux « à vendre » sur des maisons aux volets souvent fermés, en fleurissent de nouveaux : UNITECH C’NON.

Unitech, cette société américaine qui a pour projet de s’implanter à Suzannecourt, près de Joinville, une blanchisserie industrielle nucléaire afin de traiter le linge contaminé de La Hague, Bure et pourquoi pas de toute l’Europe. 1900 tonnes de linge contaminé par an et les eaux usées, chargées de détergents et de radionucléides seraient déversées dans la Marne, soit disant « après traitement » qui vont avec. En tout, plus d’un tiers de la contamination se retrouverait dans les eaux de la Marne qui traverse plusieurs départements pour se jeter dans le lac du Der et rejoindre la Seine.

À la contamination de l’eau, s’ajoutent les risques relatifs à l’unité de décontamination et d’entreposage sur le site, qui rejetterait des métaux lourds dans l’atmosphère. À proximité d’une zone urbanisée où se trouvent entre autre un supermarché mais surtout une école, un collège et une crèche !

Un hydrogéologue, mandaté par l’ARS (Agence Régionale de Santé) a émis un avis défavorable sur le projet, compte tenu en parti du fait que les effluents seraient rejetés dans le périmètre de protection de 2 sources d’eau potable captables à proximité de la commune de Vecqueville. Les effets néfastes ne sont repris nulle part dans le projet présenté à la mairie de Suzannecourt où se trouverait ladite laverie.

Tout s’est fait dans l’ombre pendant ces 3 dernières années. Les habitants et nouveaux rares acquéreurs de biens immobiliers n’ont pas été prévenus lors de l’achat de leur bien. Il n’y a pas eu d’enquête publique avant l’édiction du permis de construire alors que ce projet est soumis à autorisation au titre de la législation ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement) !

Rien ! Le silence, l’opacité la plus totale alors que les habitations se trouvent à moins de 100m et que du plutonium, du plomb et autres métaux lourds seront rejetés dans l’air, l’eau, le sol…

Alertés par les associations CEDRA et Gudmont dit non, les habitants ont décidé de ne pas se laisser faire. Deux associations se sont alors créées : Joinville Lave Plus Propre et Belles Forêts sur Marne qui travaillent ensembles mais aussi des groupes d’opposants au projet non partisans et les Gilets Jaunes. 103 habitants et 3 associations ont également déposé un recours en référé contre ce projet présenté comme une simple blanchisserie industrielle.

Depuis, la contestation s’amplifie et la résistance s’organise. Les opposants alertent leurs conseils municipaux : déjà 23 communes officiellement opposées au projet dans la région mais aussi en région parisienne. Une campagne d’affichage est lancée : un succès. De nombreux habitants affichent leur opposition au projet, sur leur maison, dans l’espace public. Un maire a bien tenté de juguler cet affichage avec un arrêté municipal : immédiatement les riverains ont réagi en affichant de plus belle leur opposition.

Dans une région dévastée par le chômage et la précarité, désertée par les services publics, les partisans d’Unitech font miroiter la promesse d’une quarantaine d’emplois équivalents temps plein…

Mais combien d’emplois dans le tourisme et les activités annexes seront alors perdus ? La santé publique peut-elle être ainsi négociée, monnayée ? La santé des habitants du bassin joinvillois ne vaudrait donc qu’une quarantaine d’emplois ? Et même, au-delà du bassin joinvillois, la pollution de la Marne impactera tout le nord de la France, jusqu’à la Seine ! Alors, sommes-nous prêts à sacrifier la santé et l’environnement de tout ce monde pour quarante emplois même pas garantis ?

Le grand Est a déjà à faire avec le projet CIGÉO à Bure (stockage de déchet nucléaire) en Meuse. Depuis trente ans, les gouvernements successifs désertifient la région pour permettre aux lobbies du nucléaire de prospérer sur le terrain. La Haute Marne et la Meuse ont déjà plus d’une dizaine de projets inhérents au nucléaire en prévision. Avec le lot de nuisances qui les accompagne, déjà en application à Bure, Mandres-en-Barrois et Saudron…. Répressions, intimidations, check-points, no go zone, surveillances rapprochées (drônes, écoutes, filatures…)

Nous ne voulons pas de leurs projets mortifères ni dans le grand Est, ni ailleurs. La question de la gestion des déchets nucléaires et de leur traitement se pose en effet de manière urgente ! Bure, Unitech et ceux à venir sont les conséquences de la folie humaine capitaliste et consumériste. Et si, pour commencer, on arrêtait le nucléaire pour de bon, si on arrêtait de produire l’énergie pour la revendre au lieu de l’utiliser pour nos besoins ? Et si on investissait dans la recherche du recyclage ? …

En attendant la suite de nos aventures et fort de la réussite de la dernière mobilisation début juillet 2019, nous organisons une manifestation le 14 septembre 2019 à Joinville (52) contre le projet UNITECH.

Par Ana Laali, publié le 4 septembre 2019

https://www.revolutionpermanente.fr/Recit-de-lutte-Contre-l-implantation-d-une-laverie-nucleaire-a-Suzannecourt

Sep 06

L’ALLEMAGNE ALLOUE 40 MILLIARDS D’EUROS À SA SORTIE DU CHARBON

L’Allemagne s’est engagée à payer 40 milliards d’euros sur 20 ans afin de fermer l’ensemble de ses centrales à charbon. Ce budget est censé venir en aide aux régions touchées par ce plan de réduction des émissions de CO2.

Berlin tente de corriger le tir. Ce 28 août, le cabinet du Bundestag s’est mis d’accord sur une « loi de renforcement structurel » qui va accélérer la transition vers des énergies durables. Pour rappel, le pays s’est engagé à sortir du nucléaire en 2022 et du charbon en 2038. Cette seconde décision promet d’avoir un important impact environnemental, car le pays est aujourd’hui responsable d’environ un tiers des émissions de CO2 liées à l’électricité en Europe. Plus de 40 milliards d’euros, dont 26 milliards destinés à l’infrastructure, seront alloués aux régions charbonnières.

« C’est un grand moment pour la politique climatique en Allemagne, qui pourrait faire de ce pays un leader dans la lutte contre le changement climatique », a déclaré Claudia Kemfert, professeure à l’Institut allemand de recherche économique de Berlin. « En choisissant de se passer définitivement du charbon, qui représentait auparavant une source d’énergie majeure pour cette grande nation industrielle, l’Allemagne envoie également un message fort au reste du monde, qui démontre qu’elle prend à nouveau très au sérieux le problème du changement climatique. »

Depuis janvier 2019, la production allemande en matière de charbon a chuté d’un cinquième, largement remplacée par les parcs photovoltaïques et éoliens. Mais à ce rythme, le pays était toutefois loin d’être en mesure d’atteindre ses engagements climatiques. « Si cela continue, le gouvernement ratera les objectifs qu’il s’est fixés en matière d’énergie renouvelable », mettait récemment en garde le directeur adjoint de la chambre de commerce allemande, Achim Dercks. L’engagement du gouvernement vise toutefois à corriger cet écart.

Pour l’heure, ce résultat décevant est notamment dû aux difficultés rencontrées par le gouvernement dans le développement des énergies renouvelables pour prendre le pas sur le charbon. Entre difficultés de financement, obstacles réglementaires, craintes de chômage de masse et la rébellion des particuliers contre de nouvelles implantations d’éoliennes sur le sol allemand (elles ont a chuté de 80 % entre 2018 et 2019 et de 40 % sur l’année précédente), la transition énergétique peinait à passer la seconde. Cette enveloppe est censée aider à dépasser certaines de ces réserves – en particulier sur le terrain social.

Pour rappel, le budget fédéral prévoyait 500 millions d’euros par an jusque 2021 pour les régions. Un engagement à une sortie totale du charbon n’a cependant toujours pas été pris en Allemagne.

De European Scientist, publié le 4 septembre 2019

https://www.europeanscientist.com/fr/energie/allemagne-40-milliards-sortir-du-charbon/

Sep 06

LE 7H50 D’ANTHONY CELLIER : « LE PROJET ASTRID N’EST PAS ABANDONNÉ »

Le programme ASTRID, le réacteur nucléaire de quatrième génération, était pressenti pour voir le jour sur le site nucléaire de Marcoule, près de Bagnols.

Seulement voilà, le projet du CEA a pris du plomb dans l’aile : reporté à la seconde moitié du siècle, soit après 2050, il est considéré par beaucoup comme abandonné. Le député LREM de la troisième circonscription du Gard, Anthony Cellier, rapporteur de la loi énergie-climat et spécialiste des questions énergétiques, réagit.

Objectif Gard : Le programme ASTRID est a priori abandonné après des années de travail et 738 millions d’euros investis. Pour quelle(s) raison(s) ?

Anthony Cellier : Sur ce dossier de réacteur à neutrons rapides (RNR, ndlr) il s’agissait d’un avant-projet. Un avant-projet est fait pour investiguer le champ de faisabilité dans un contexte global, pas seulement technique, mais économique et stratégique. Le tout dans un contexte qui a beaucoup bougé depuis Fukushima, sachant que par ailleurs le coût des gisements d’uranium augmentent mais le coût de la matière baisse considérablement. C’est le premier sujet.

Le second sujet est qu’aujourd’hui, nous n’avons pas terminé le réacteur de troisième génération l’EPR sur lequel nous en sommes à 11 milliards d’euros de soutien financier. Mais le projet de RNR n’est pas abandonné. Certains l’entendent comme un abandon, mais il est amené à une échéance qui est la deuxième moitié de ce siècle. En matière d’énergie, on est amené à réfléchir sur des échéances longues. Et je précise qu’il n’a jamais été dit qu’ASTRID se ferait, ni qu’il se ferait ici, à Marcoule. C’est un avant-projet.

Ce réacteur nouvelle génération permettait notamment de recycler plus de plutonium…

Oui, mais la stratégie de la France sur la fermeture du cycle n’est pas non plus abandonnée.

La seule solution pour les déchets reste le site d’enfouissement de Bure ?

Il y a une notion, celle de multi-recyclage, sur laquelle Orano Melox (à Marcoule, ndlr) aura un rôle important à jouer, et le CEA aussi. L’objectif est d’avoir des tests sur le MOX2 (du combustible pour centrale fabriqué à partir de combustible nucléaire usagé, ndlr) d’ici 2025, et c’est ici que cette matière va se fabriquer, même si elle nécessitera une révision en profondeur de Melox.

Bure concerne la partie stockage. L’objectif est de multi-recycler les combustibles pour les repasser notamment dans le parc des réacteurs à eau pressurisée, notamment les 1 300 Mégawatts. Nous faisions du mono-recyclage, nous ferons du multi-recyclage, avec l’objectif de la fermeture du cycle. Sur cette question, on mélange les sujets. Il y a de l’économie et de la science, de la stratégie énergétique nationale prise dans un contexte international, avec une logique prise pour acquise en local.

Le site de Marcoule (Flickr / cc / Kmaschke)

Donc cette décision est conforme à la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et à la loi énergie-climat dont vous êtes le rapporteur ?

Oui, elle est conforme à la PPE et à la loi énergie-climat, qui est aussi là pour rectifier quelques données de cette PPE pour que son décret puisse être promulgué. Sur le volet nucléaire de la PPE, le seul sujet c’est la baisse de la part du nucléaire dans le mix énergétique français à 50 % d’ici 2035. Je reste cependant convaincu que les recherches sur le réacteur de quatrième génération (ASTRID, ndlr) doivent continuer.

Avec cette décision, la France ne risque-t-elle pas de perdre sa position de leader sur le nucléaire ?

Nous avons une avancée technique et technologique connue et reconnue à l’international. Il faut la préserver, notamment en donnant des lignes directrices au CEA, comme sur le sujet du multi-recyclage. Nous avons fait le choix du RNR mais d’autres pays ont fait d’autres choix. Ce qu’il faut arriver à faire maintenant, et ça fait partie des travaux initiés par la France, c’est continuer à travailler sous une forme de consortium sur le nucléaire. On ne peut pas jouer tout seul. Surtout dans un contexte international qui a beaucoup bougé après Fukushima.

L’opinion publique aussi a bougé sur le nucléaire.

Oui, l’opinion publique aussi a bougé. Mais le rapport du GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, ndlr) souligne que le nucléaire est une énergie décarbonée sur laquelle les stratégies de décarbonation de l’énergie peuvent s’appuyer. D’où le passage de 2025 à 2035 sur la baisse de la part du nucléaire dans le mix énergétique français, ou la fermeture des quatre dernières centrales à charbon du pays qui est inscrite dans la loi énergie-climat. D’ailleurs, ces fermetures touchent 800 personnes à qui il faut trouver une reconversion, à qui nous garantissons un suivi. Ce sont des victimes du réchauffement climatique et d’un choix au bénéfice du climat.

Diriez-vous que la filière du nucléaire a encore un avenir ?

Oui, sans problème.

Propos recueillis par Thierry Allard

Et aussi : Une réunion publique est organisée ce mercredi soir à 18h30 au centre culturel de Bagnols sur la Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs. Dans ce cadre, l’union locale de la CGT estime que « il est incontournable de développer l’économie circulaire de la filière nucléaire. Cela implique une recherche dans le domaine nucléaire avec des investissements stables et orientés sur des alternatives permettant la réduction des volumes et de la nocivité des déchets. Le désengagement de l’État dans le projet Astrid, prototype industriel de réacteur de 4e génération porté par les équipes du CEA de Marcoule et Cadarache, est très préoccupant. »                                                 

Source : Objectif Gard    (3/9/2019), rédigé par Thierry Allard

Photo en titre : Le député LREM de la troisième circonscription du Gard Anthony Cellier (Photo d’archives : Thierry Allard / Objectif Gard)

https://webmail1n.orange.fr/webmail/fr_FR/read.html?FOLDER=SF_INBOX&IDMSG=56603&check=&SORTBY=1

 Note d’un des facteurs de l’actualité : « INCROYABLE il faut entretenir coûte que coûte le MYTHE du Nucléaire  Sauveur !!!!!

Sep 06

SUITE DE L’EXPLOSION DU 8 AOÛT 2019 PRÈS DE NIONOKSA EN RUSSIE

L’enquête réalisée par la chaîne locale Belomorkanal indique que deux pontons, dont un nettement endommagé, se sont échoués sur la côte, à 4 kilomètres du centre du village de Nionoksa, après l’explosion du 8 août. Cette explosion, qui serait due à une opération de récupération de missile à propulsion nucléaire (communiqué CRIIRAD du 30 août), avait conduit à la dispersion de substances radioactives dans l’atmosphère (voir communiqués CRIIRAD du 9 août et du 13 août 2019).

Les mesures radiamétriques réalisées le 31 août 2019, montrent que le niveau de radiation bêta-gamma au contact des déchets ramenés sur la côte, à proximité des deux pontons échoués, est 20 fois supérieur au niveau naturel. Voir la vidéo ici

Ces résultats confirment la contamination radioactive résiduelle de l’environnement, plus de 3 semaines après l’explosion. Pour la CRIIRAD, qui met en garde depuis plusieurs jours sur les risques de contamination du milieu marin, les matériaux radioactifs présents sur la côte doivent être mis en sécurité. Les autorités doivent évaluer la contamination de l’environnement marin et rendre publics les résultats de mesure de la contamination de l’eau de mer, des sables et sédiments, de la faune et de la flore. Le fait qu’il y ait eu fission nucléaire (voir communiqué CRIIRAD du 28 août) est l’indication de la présence de matières fissiles. Il pourrait s’agir de plutonium, un élément très radiotoxique. Il n’est pas acceptable que cette plage reste accessible aux riverains compte tenu des risques radiologiques.

L’équipe de la CRIIRAD

[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : balises.criirad.org

CRIIRAD : 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence

Publié le 4 septembre 2017

Sep 03

ARMES NUCLÉAIRES ET DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE

Paul Quilès, ancien ministre de la défense, président d’Initiatives pour le désarmement nucléaire (IDN) et Bernard Norlain, Général d’armée aérienne (CR), vice-président d’IDN. Ils alertent sur les risques et les conséquences de la prolifération des armes nucléaires sur le dérèglement climatique.

La situation mondiale est devenue plus explosive que jamais, en raison de l’accumulation particulièrement préoccupante de facteurs stratégiques, politiques, économiques, technologiques. La liste en est longue. Citons en quelques-uns : l’émergence d’une génération de chefs d’État adeptes d’un pouvoir fort ; la fin du régime de contrôle des armements ; la politique de revanche du leader russe qui se heurte à la volonté d’hégémonie mondiale du président américain ; la rivalité sino-américaine ; les conflits du Moyen-Orient ; la tension entre l’Inde et le Pakistan ; le cyber terrorisme, qui accroît de façon sensible la vulnérabilité des systèmes de contrôle et de commandement des armes nucléaires ; la robotisation du champ de bataille et l’utilisation de l’intelligence artificielle, qui augmentent les risques d’erreur et d’utilisation des armes nucléaires ; la militarisation de l’espace…

Cette longue liste, qui n’est pas exhaustive, montre que nous sommes entrés dans une période où tous ces risques de déflagration sont d’autant plus graves qu’il n’existe plus de systèmes de contrôle et que le nombre d’acteurs stratégiques a considérablement augmenté. Dans ces conditions, l’existence et la possession d’armes nucléaires confèrent à cette situation une dimension tragique que le monde n’a pas connue depuis la crise des missiles de Cuba.

« Une explosion nucléaire aurait des conséquences irrémédiables »

Alors qu’une véritable course aux armements nucléaires s’est à nouveau engagée, avec le développement de nouvelles armes, l’attribution de budgets considérables pour les systèmes d’armes nucléaires et leur environnement, l’apparition de concepts d’emploi plus ou moins avoués, il n’est pas excessif d’imaginer que nous nous rapprochons d’un conflit nucléaire.

Il faut bien comprendre qu’une ou plusieurs explosions nucléaires, résultat d’un accident, d’un acte de terrorisme ou d’un conflit entre États auraient des conséquences irrémédiables sur l’environnement et le climat. Sans même évoquer un conflit nucléaire mondial qui provoquerait un holocauste planétaire, un « échange » nucléaire serait suivi de ce que les scientifiques appellent un « hiver nucléaire », aux effets dévastateurs sur les populations, la faune et la flore.

Le dérèglement climatique : « une arme de destruction massive »

Le dérèglement climatique ne serait pas seulement une conséquence d’un affrontement nucléaire, il pourrait aussi en être à l’origine. Par ses effets sur l’économie, la pénurie d’eau, la raréfaction des ressources naturelles, les flux migratoires, notamment, il créerait au sein des sociétés et entre les États des tensions susceptibles de conduire à une escalade nucléaire.

Il est désormais reconnu, selon la formule de l’ancien secrétaire d’État américain John Kerry, que « le dérèglement climatique est une arme de destruction massive », mais il faut bien réaliser que, si l’élévation de température est un processus qui s’inscrit dans la durée, le danger nucléaire risque de s’inscrire dans le court terme. Il devient donc vital d’inclure la lutte contre l’armement nucléaire dans la lutte pour la protection de l’environnement. En France, la mise en place de la convention citoyenne, voulue par le président de la République, pourrait être l’occasion d’évoquer l’ensemble des menaces de destruction de l’environnement, y compris la menace nucléaire, et de proposer des solutions qui seront ensuite débattues et mises en œuvre par les responsables politiques.

Par Paul Quilès et Bernard Norlain, publié le 02/09/2019 à 10h49

https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Armes-nucleaires-dereglement-climatique-2019-09-02-1201044669

Sep 02

L’IRAN N’ENVISAGE PAS DE RÉVISER L’ACCORD NUCLÉAIRE DE 2015

L’Iran n’envisage pas de réviser l’accord nucléaire de 2015, a déclaré le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif en visite à Moscou. Le document a été fragilisé par le retrait américain et l’Iran promet de s’en désengager encore davantage le 6 septembre.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Zarif a réitéré son refus de réviser l’accord nucléaire de 2015, mettant en garde contre les éventuelles conséquences de ce geste.

«Il n’est pas question de revoir JCPOA [l’accord nucléaire de 2015, ndlr], nous savons tous les deux – comme nous sommes impliqués dans les négociations dès le début – qu’il est impossible d’ouvrir cette boîte de Pandore et de la refermer», a déclaré M.Zarif en visite à Moscou ce lundi 2 septembre pour négocier avec son homologue russe.

Lors d’un entretien téléphonique qui a eu lieu samedi 31 août, le Président iranien Hassan Rohani a averti Emmanuel Macron que l’Iran continuerait de prendre ses distances avec l’accord nucléaire de 2015 si l’Europe ne respecte pas ses propres engagements, a indiqué la présidence iranienne.

Nucléaire iranien

En mai 2018, les États-Unis sont sortis de l’accord international conclu à Vienne visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, et ont réimposé de lourdes sanctions qui asphyxient l’économie iranienne. Téhéran a répliqué en s’affranchissant progressivement de certains engagements de l’accord et tente depuis de convaincre les Européens parties à cet accord (France, Grande-Bretagne, Allemagne) de prendre des mesures concrètes pour passer outre aux sanctions américaines, notamment pour exporter son pétrole.

L’Iran promet de se désengager davantage le 6 septembre. Téhéran pourrait alors relever à 20% son degré d’enrichissement ou redémarrer ses centrifugeuses actuellement à l’arrêt.

Date de publication: 02/09/2019 à 16h24

https://fr.news-front.info/2019/09/02/l-iran-n-envisage-pas-de-reviser-l-accord-nucleaire-de-2015/

Sep 02

L’AUTRICHE RÉFLÉCHIT À UNE PLAINTE CONTRE LA RÉPUBLIQUE TCHÈQUE

Le vice-gouverneur du Land de Basse-Autriche et l’ancienne ministre de l’Environnement autrichienne Elisabeth Köstinger n’excluent pas la possibilité de porter plainte contre la République tchèque auprès de l’Union européenne en raison du projet d’extension de la centrale nucléaire de Dukovany, en Moravie.

L’information a été publiée, dimanche, sur le site du quotidien autrichien Kurier. Les deux politiques critiquent le fait que le ministère de l’Environnement tchèque ait émis un avis positif sur le projet de construction de un à deux nouveaux réacteurs. Alors que le nucléaire représente actuellement une part d’environ 35 % dans le bouquet énergétique du pays, Prague estime que les effets sur l’environnement et la santé de la population seront « acceptables ».

La partie autrichienne, qui critique depuis toujours l’exploitation des deux centrales nucléaires en République tchèque, souhaite savoir quel sera le mode de financement de ces nouveaux réacteurs, envisagés également à la centrale de Temelín, en Bohême du Sud, pour éventuellement attaquer la République tchèque auprès de la Cour de justice de l’UE

Par Guillaume Narguet , publié le 02-09-2019

https://www.radio.cz/fr/rubrique/infos/nucleaire-lautriche-reflechit-a-une-plainte-contre-la-republique-tcheque

Sep 02

COMMENT LE GOUVERNEMENT JUSTIFIE L’ARRÊT DU PROJET NUCLÉAIRE ASTRID

L’arrêt du chantier d’Astrid, prototype de réacteur nucléaire de quatrième génération, secoue la filière nucléaire française. Le 31 août, le ministère de la Transition écologique et solidaire a justifié cette décision.

Le gouvernement justifie l’arrêt du projet Astrid. Vendredi 30 août, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a confirmé l’abandon du chantier du prototype de réacteur nucléaire de quatrième génération. En plein débat sur la gestion des déchets radioactifs, l’annonce fait l’effet d’un séisme pour la filière de l’atome et déchaîne les réactions politiques.

Il n’y a aucune information nouvelle, tempère dans un communiqué le ministère de la Transition écologique et solidaire. Les orientations du gouvernement en matière de politique nucléaire ont été présentées dans le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie [PPE] en janvier dernier.” Document public, le rapport de consultation de la PPE estimait en effet à cette époque que le besoin d’un démonstrateur et le déploiement de réacteurs à neutrons rapides n’étaient pas utiles, “au moins jusqu’à la deuxième moitié du XXe siècle”.

Le gouvernement donne priorité aux réacteurs EPR

Quelles sont les raisons de cet arrêt, alors que le prototype Astrid aurait permis de recycler les combustibles nucléaires usés des réacteurs déjà en service ? Sans surprise, le cabinet d’Élisabeth Borne invoque “l’abondance d’une ressource bon marché en uranium”.

La priorité de la filière industrielle doit par ailleurs aller à la réussite de la filière des réacteurs EPR de troisième génération”, ajoute le ministère. Cette justification fait écho aux difficultés du chantier de l’EPR de Flamanville (Manche) qui a subi plusieurs retards et dont le coût ne cesse de gonfler. “Dans ce contexte, la mise en chantier d’un démonstrateur de taille industrielle n’était ni nécessaire, ni opportune”, ajoute le gouvernement.

Faut-il comprendre que la réussite des réacteurs de troisième génération conditionnera le développement de la quatrième génération ? En juin, le prédécesseur d’Élisabeth Borne s’interrogeait sur l’intérêt des EPR. “Il faudra tirer toutes les leçons pour voir […] du point de vue économique si ce type de réacteur nucléaire est compétitif”, déclarait alors François de Rugy.

Les solutions de multi-recyclage ne sont pas abandonnées

Les opposants au nucléaire ont naturellement bien accueilli l’annonce. “Le nucléaire est bel et bien une impasse”, a commenté Yannick Jadot, eurodéputé Europe Écologie-Les Verts en pointant du doigt le coût du projet Astrid. À l’inverse, les représentants de la droite et de l’extrême droite ont condamné la décision. “Nous ne pourrons pas protéger notre environnement sans la recherche et l’innovation”, estime Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat.

Alors que se déroule le débat public sur le plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR), l’abandon d’Astrid soulève des questions sur le recyclage des matières radioactives et plus largement sur l’avenir de l’innovation dans la filière nucléaire. “La France reste engagée dans la politique de fermeture complète du cycle du combustible”, assure le gouvernement. “Le gouvernement a demandé aux industriels d’engager les actions de R&D nécessaires avec le CEA pour approfondir la faisabilité industrielle des solutions de multi-recyclage du combustible dans les réacteurs de troisième génération, solution transitoire qui contribuera à la recherche sur la fermeture du cycle et la quatrième génération de réacteurs”, ajoute-t-il.

Par Simon Chodorge, publié le 02/09/2019 à 09H15

Photo en titre : Le cabinet d’Élisabeth Borne a justifié l’arrêt du chantier d’Astrid. © Dahmane – L’Usine Nouvelle

Cet article a été publié sur le site https://www.usinenouvelle.com/article/comment-le-gouvernement-justifie-l-arret-du-projet-nucleaire-astrid.N879365 que nous vous conseillons de consulter régulièrement

Sep 02

ÉTAT DES LIEUX ATOMIQUES EN CROISIÈRE

3 semaines sont passées depuis l’explosion à caractère nucléaire qui est survenue dans une base d’essais de la marine militaire du nord de la Russie. Des questions atomiques inquiétantes s’accumulent dans le silence injustifiable autant des instances nationales russes qu’internationales qui ont pourtant, elles aussi, accompli depuis de très nombreuses analyses radiologiques des aérosols sans toutefois non plus faire part des résultats. On ignore encore si l’explosion a démembré une batterie atomique « standard » fonctionnant à la décroissance radioactive d’un seul radioélément bêta (Cs137, Sr90) ou alpha (Pu238) ou bien disloqué un considérablement plus radiotoxique « réacteur atomique miniaturisé » fonctionnant à la fission du Pu239 et à la décroissance féroce des plus de 800 produits de fissions créés là. L’humanité démocratique ne semble au demeurant pas tenue de savoir ce qu’elle respire depuis ce jour fatidique.

I : Et que ça saute.

Le 8 août dernier un missile militaire russe à carburant liquide a explosé sur une plate-forme maritime du centre de recherche militaro-industriel nucléaire de Sarov. L’énorme explosion (non filmée et que les américains avancent maintenant survenue lors de la récupération d’un missile Burevestnik échoué en mer) s’est produite à 9 h du matin heure locale, d’après les autorités, durant « les essais d’alimentation en radio-isotopes » du supposé dispositif thermoélectrique atomique (RTG) qui fait là office de « chauffe-eau électrique d’appoint » servant à maintenir le combustible liquide à une propice température constante de 21 °C.[1][1] La détonation a tué au moins 7 personnes dont 5 ingénieurs atomiques en charge des opérations. S’il s’agissait d’une batterie au Césium 137 ou au Strontium 90, une radioactivité d’au moins une dizaine de milliers de Curie a dû être libérée dans l’environnement aérien et marin sous forme de poussières fines.

Des équipes NBC ont été dépêchées sur place et des blessés ont été transportés nus dans des sacs plastiques transparents vers les hôpitaux. La ville de Severodvinsk située à 30 km du point d’explosion connaissait vers 10h30 un pic radioactif jusqu’à 20 fois supérieur au bruit de fond. Un ordre d’évacuation de sa population a même été émané avant d’être rapidement levé. Le nuage toxique s’est propagé durant les 8 premiers jours d’abord à l’est jusqu’à la Sibérie avant, cela va sans dire, de répandre ses restes suspendus partout dans l’hémisphère nord.

II : L’hypothèse d’un RTG.

Bien qu’avec proverbial retard, les autorités russes ont reconnu la pollution nucléaire provoquée par l’explosion du missile militaire contenant « une batterie atomique » tout en la qualifiant d’office de « passagère »[1][2]. Elles se sont également empressées de bâillonner la transmission publique des données radiologiques de leurs balises de détection à mode quelque peu paradoxal de preuve empirique du caractère éphémère de la radioactivité relâchée. Rien n’a non plus bien sûr été dévoilé ni du dispositif nucléaire utilisé –RTG « de décroissance » ou mini-réacteur volant « de fission »– ni de la nature du ou des radioéléments concernés. Tout ceci est sous le sceau du secret militaire. Il en va toujours ainsi partout lors de ces « accidents » atomiques. Venant de leur part, le contraire serait suspect.

Quoi que disent les apaisantes propagandes d’état, le péril représenté par la dispersion pulvérulente même d’un modique RTG au Césium 137 « modérément radiotoxique » de 4 Watt est hélas indéniable. Un tel RTG suppose en effet une source de Cs137 de 130,7 gr émettant 419,6 TBq -11,34 KCi-[1][3]. Or une telle activité concentre un équivalent de dose ICRP par inhalation de 16,36 millions de Sievert -3,27 millions de doses létales- et de 5,45 millions de Sievert -1,09 millions de doses létales- par ingestion. Une retombée homogène « parfaite » de ces 130,68 gr à un taux de 15,0 Ci/km2 -172,85 milligrammes km2– engendrerait en outre une zone interdite de 756 km2 tenant dans un cercle de 16 km de rayon grand comme Paris et banlieue.

Un tel potentiel de 3,2 millions de morts « à la Litvinenko » ou de 756 km2 de zone interdite concentré en 130 grammes de matière n’est pas le fait d’un poison de pacotille. Et ce n’est pas le plutonium 238 dont on gave les satellites qui rassurera non plus. Pour ces mêmes 4 Watt « effectifs » celui-ci descend à 100 grammes de matière, chute à 1720 Curie mais, émetteur alpha, grimpe vertigineusement à un équivalent de dose par inhalation de 7,01 milliards de Sievert -1,4 milliards de doses létales- et par ingestion de 14,67 millions de Sievert -2,93 millions de doses létales-. Une retombée homogène de ces 100,16 gr de Pu238 à un taux de 0,1 Ci/km2 -5,81 milligrammes km2– engendrerait quant à elle une zone interdite plus grande que l’Ile-de-France tenant dans un cercle de 74 km de rayon et couvrant 17,2 mille km2.

III: L’hypothèse d’un mini réacteur.

Il n’est pas non plus illégitime de se demander si ce n’est pas un véritable petit réacteur atomique qui s‘est là volatilisé. En tous cas depuis que le service météo Russe a récemment déclaré avoir détecté dans l’air suite à l’explosion Sr91, Ba139, Ba140 et La140, 4 éléments de fission de très courte période nécessairement issus d’une réaction en chaine divergente ou contrôlée. Si véridique, cette détection de 4 produits de fission labiles interroge. Ce sont en effet là trop d’éléments de fissions et bien trop « courts » pour un RTG « à décroissance » qui se suffit d’un élément de période « longue » comme le Cs137 ou le Pu238.  Cela ouvre la porte au réacteur. Mais en même temps force est aussi de reconnaitre que ce bilan radiologique non chiffré est pour l’instant trop lacunaire pour permettre de trancher. Car il est inexplicablement aussi dépourvu de mention d’éléments bien plus communs et bien plus persistants tels que l’iode 131[1][4], le xénon 133, le césium 137 et le strontium 90, toujours concomitants en cas d’accident de réacteur ou d’explosion atomique. Seulement leur détection permettrait de corroborer cette hypothèse du réacteur.  Que le service météo les taise invite à la circonspection et à la quête de données complémentaires décisives.

IV: Au plutonium 239 ?

Ces données supplémentaires ne sont pas seulement nécessaires, elles sont aussi pressantes depuis qu’un article russe a affirmé qu’un mini réacteur « volant » avec 70 kg de plutonium 239 aurait là explosé.  Nous ne pouvons que souhaiter qu’il n’en soit pas du tout ainsi et réclamer d’indispensables preuves objectives. Au-devant de telles allégations, n’eussent-elles aucun crédit, on ne peut que s’activer à démontrer, observations à la main, qu’il n’en est pas ainsi. Le devoir de la radioprotection est également de vérifier par l’observation de terrain que les fausses alarmes sont bien telles. S’agissant de l’un des radiotoxiques les plus dangereux fabriqué par les atomistes, ici pulvérisé par kilos, ce serait catastrophique sur le plan de la contamination interne des végétaux, des animaux et des hommes. Nous le payerions ici-bas tous très cher en santé et nos jeunes les premiers. Le plutonium en nanoparticules respirables c’est pas du chocolat. Ses intenses ravages ionisants, il les commet dans un microcosme histologique de 50 micromètres de rayon et de peu de cellules vivantes. Ses très énergétiques particules alpha freinent brutalement dans ces ténus tissus cellulaires qu’elle blesse à répétition à niveau moléculaire. Et c’est justement là dans cet infiniment petit moléculaire inlassablement agressé qui échappe à l’observation directe que se déclenchent en silence les maladies et les tourments de l’ADN.

V: Aux négationnistes, bienvenue.

Seulement les fous à lier se troubleraient-ils donc que des bombes sales volantes puissent s’adonner à notre insu à de désastreux épandages radioactifs dans les airs, sur les terres et en mer avant même que la guerre atomique qui contaminera tout à jamais ne commence ?  Au moins sur ce point aurons-nous bientôt droit de nous voir rassurés vraiment ? Avec des données radiologiques poussées et fiables sur l’état de l’air qui fait suite à cette énigmatique catastrophe nucléaire dont on est loin de connaître l’échelle. Cet air nous tous le respirons ici et maintenant, négationnistes compris.

 Qu’ils soient ici les bienvenus dans leur monde.

[1] Les propergols des bombes atomiques volantes souffrent du froid atmosphérique et perdent en puissance propulsive. Un RTG évite que celles-ci aient un inconvenant retard dans l’accomplissement de leur mission de mort de masse et de contamination éternelle.

 [2] Faute de ne plus vraiment pouvoir tout censurer, la dernière mode internationale est de dire la radioactivité momentanée et éternellement inoffensive.

[3] Le rendement maximum du système thermocouple qui convertit la chaleur produite par la radioactivité en électricité est de 7% et réclame une charge radioactive 1/7% = 14,3 fois supérieure à la charge théorique minimale.  Pour une source de Cs137 de 4 Watt cette charge minimale est de 4 Watt/0,437 Watt/gr = 9,15 gr. Un RTG de 4 Watt « effectifs » suppose dès lors une source de Cs137 de 9,147 gr * 14,3 = 130,68 gr émettant 419,6 TBq -11,34 KCi-.

[4] Dans le cas le cas d’un carburant réacteur Sr91 et I131 ont un écart d’activité très faible et un ratio de 1,317 à to et, passé 4 heures, le I131 prend le dessus. Il n’y a là aucune raison de ne pas trouver de I131 si l’on trouve du Sr91. Dans le cas d’un épisode de criticité plutonigène (ou d’une bombe) l’écart est 13,115 à to (calcul d’activité par rendement de fission cumulatif), mais cet écart n’est pas suffisant à empêcher la détection du I131 d’autant plus qu’il se renverse en seulement 38 heures. Du reste les analyses n’ont pas été certainement pas réalisées à to. Ratio Sr91/I131 après 38 heures de décroissance: 13,115 * Exp(1,3680E5*-(2,00E-5 λ1 – 1,00E-6 λ2)) = 0,975.

Publié par La terra non ha uscite di emergenza. à 12h37:00 AM le 30 août 2019

https://aipri.blogspot.com

Rappel: AIPRI= Association Internationale pour la Protection contre les Rayons Ionisants. L’AIPRI a pour but la divulgation scientifique dans le domaine de la physique nucléaire et des dangers radiologiques de la contamination interne.

Sep 01

ISRAËL, PAKISTAN, INDE : TROIS PUISSANCES NUCLÉAIRES MODERNISENT LEUR ARSENAL (OTAN)

Trois pays qui ne sont pas signataires du traité sur la non-prolifération — l’Inde, le Pakistan et Israël — modernisent, voire étendent leur arsenal. C’est un fait connu de tous les spécialistes du sujet. C’est écrit noir sur blanc dans un rapport sur la dissuasion nucléaire de l’assemblée parlementaire de l’OTAN paru avant l’été.

Le temps de la limitation des armements nucléaires semble bien terminé, symbolisé par la fin du traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (INF) qui s’est clos le 2 août après sa dénonciation par les États-Unis.

Une tendance inquiétante à l’expansion

À contre-courant des efforts de désarmement des dernières décennies, « une tendance inquiétante a émergé dans les récentes années vers la modernisation nucléaire et, dans certains cas, l’expansion. » Ce qui, selon le rapporteur Joseph Day, « est en train de paver le chemin vers une nouvelle ère de réarmement, et donc une guerre aux armements déstabilisatrice ».

Les belligérants de la Guerre froide en cause

En tête de file, on trouve évidemment les États-Unis, engagés dans une « modernisation considérable de leur force nucléaire entière», et les Russes qui ont démarré la modernisation de leur équipement dans les années 2000 et poursuivent leurs efforts en ce sens. La Chine s’est également lancée dans la course. Comme, dans une moindre mesure, la France et le Royaume-Uni.

Mais la question est mondiale

Le débat « s’étend bien au-delà de l’Alliance » et des pays liés au traité sur la prolifération nucléaire (TNP). En effet, trois pays qui n’adhèrent pas à ce dernier, à savoir l’Inde, le Pakistan et Israël, ont lancé des programmes de modernisations, voire d’augmentation de leurs arsenaux respectifs.

Israël se modernise en secret

Israël, bien que n’ayant jamais officiellement confirmé détenir des armes nucléaires, serait en train « d’étendre la portée de ses missiles balistiques. » Le pays pourrait également être en train de développer « des missiles de croisière nucléaires à lanceur naval ».

Sept outils nucléaires en Inde

De son côté, l’Inde semble détenir « sept systèmes capables (de porter des armes) nucléaires [nuclear-capable systems] : deux avions, quatre missiles balistiques terrestres, et un missile balistique naval ». Le pays devrait développer « au moins cinq nouveaux systèmes » pour moderniser son arsenal. La construction de nouveaux réacteurs de production de plutonium est également en cours. Ce qui « souligne le désire de Delhi d’augmenter ses ressources en plutonium pour les missiles actuellement en développement ». Cette politique de modernisation nucléaire n’est pas surprenante chez le principal rival régional de la Chine, puissance que l’Inde doit prendre en compte dans son évaluation des menaces « parallèlement à ses efforts de longue date pour dissuader le Pakistan ».

Le Pakistan suit la marche

Ce dernier possède d’ailleurs « le programme d’armes nucléaires qui grandit le plus rapidement ». Le Pakistan augmente également sa production d’isotopes fissiles et modernise ses missiles terrestres, « mettant la priorité sur les missiles de portée relativement limitée ». Une réponse directe à l’Inde alors que les deux États, ennemis de longue date, s’engagent régulièrement dans des attaques déstabilisatrices de petite ampleur, limitées aux frontières. Ainsi, la « politique nucléaire du Pakistan reste considérablement liée à la position de l’Inde sur la question ».

Par Coline Traverson st., publié le 31 août 2019

Télécharger le rapport

https://club.bruxelles2.eu/2019/08/israel-pakistan-inde-trois-puissances-nucleaires-qui-modernisent-leur-arsenal/

Sep 01

NUCLÉAIRE : UNE DISTRIBUTION DE COMPRIMÉS D’IODE POUR 117 000 HABITANTS DU COTENTIN

La distribution de comprimés d’iode à 117 000 habitants du Cotentin débute en septembre. Elle découle de l’extension du périmètre de prévention de la centrale de Flamanville.

Une centaine de personnes ont participé, jeudi 29 août en fin d’après-midi, à une réunion organisée à la salle communale d’Hardinvast, près de Cherbourg, sur la distribution de comprimés d’iode stable. La campagne débute dans les premiers jours de septembre.

Cette distribution découle de l’extension du périmètre du plan particulier d’intervention (PPI) de la centrale de Flamanville.

Lire aussi : Nucléaire : la centrale de Flamanville à l’heure des mesures post-Fukushima

Suite à Fukushima

En 2016, le gouvernement avait pris la décision d’étendre ce rayon de 10 à 20 km autour des centrales nucléaires. Il s’agissait, à la suite de l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, de réviser le dispositif de protection des personnes et de mieux organiser la réponse des pouvoirs publics en cas d’incident ou d’accident avec rejet dans l’atmosphère de matières radioactives.

Avec le précédent PPI, 18 communes, soit une population de 16 000 personnes, étaient concernées par cette distribution préventive. Avec l’extension du périmètre à 20 km autour de la centrale, le total est porté à 40 communes et 133 000 personnes. Et 117 000 d’entre elles vont pouvoir retirer ces comprimés.

Jeudi 29 août à Hardinvast, une centaine de personnes ont participé à la réunion de présentation de la campagne de distribution des comprimés d’iode. (©Jean LAVALLEY)

Dans le courant du mois de juin, les foyers concernés ont reçu un courrier les informant de l’extension du PPI, des moyens d’alerte et de la conduite à tenir. Dans les prochains jours, ils vont recevoir un nouveau courrier. Il s’agit cette fois d’un bon de retrait, à présenter dans les pharmacies, qui permettra de récupérer des comprimés selon le nombre de personnes au foyer.

Une validité de 7 ans

Cette distribution est entièrement gratuite, l’approvisionnement étant à la charge d’EDF. Ces comprimés ont une validité de sept ans. Mais il ne faut les prendre que sur instruction du préfet

La préfecture de la Manche avait d’ailleurs proposé aux maires qui le souhaitaient d’organiser des réunions d’information pour les nouvelles populations concernées. Ce qu’ont donc fait jeudi les élus de Hardinvast, de concert avec ceux de Tollevast et Saint-Martin-le-Gréard. Une autre réunion est programmée le 24 septembre à Cherbourg-en-Cotentin.

Lire aussi : Nucléaire : selon EDF, la mise en service de l’EPR de Flamanville « ne peut être envisagée avant fin 2022 »

Pour éviter les cancers de la thyroïde

Pourquoi ces comprimés ? « L’iode radioactif se fixe sur la thyroïde », explique le médecin du travail de la centrale de Flamanville. La prise d’iode stable va permettre de saturer la glande. L’iode radioactif sera alors évacué par les voies naturelles. « C’est une protection qui fonctionne », assure le médecin.

Après Tchernobyl, des comprimés d’iode avaient été distribués aux populations polonaises, évitant bon nombre de cancers de la thyroïde…

Pour en savoir plus, un numéro vert (0 800 96 00 20) et un site internet (www.distribution-iode.com) sont à la disposition du grand public.

Par : Jean Lavalley, La Presse de la Manche,  publié le 31 Août 19 à 14h15

Photo en titre : Les habitants du Cotentin pourront récupérer leurs comprimés d’iode dans les pharmacies, sur présentation du bon de retrait. (©Jean-Paul BARBIER)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-une-distribution-comprimes-diode-117-000-habitants-cotentin_26891716.html

Sep 01

LA MINI-SÉRIE CHERNOBYL, UNE PSEUDO-FICTION PERVERSE

Par son efficacité, cette œuvre efface la ligne de démarcation entre vérité et mensonge. Car la qualité de la réalisation lui confère l’autorité de faire admettre comme véridiques toute sorte de faits alternatifs et d’erreurs, certaines à prétention pédagogique. La vérité est inattendue, complexe : elle surprendrait, elle fatiguerait, elle décevrait, elle ennuierait. CHERNOBYL efface Tchernobyl.

DE L’USAGE DE MANIPULATIONS DE LA CHRONOLOGIE, DES FAITS, DE LA SCIENCE… ET DES ÉMOTIONS  par Yves Lenoir1(juin-août 2019)

Mise en condition…

« Nous vivons à une époque où les gens semblent ré-embrasser la notion corrosive selon laquelle ce que nous voulons être vrai est plus important que ce qui est vrai. » Craig Mazin au Moscow Times (18 mai 2019)2.

Un mois plus tard, dans un entretien publié le 18 juin par le site Slate3, le scénariste développe son propos : « Ce que j’aimerais faire comprendre aux gens, c’est que peu importe ce que nous voulons croire, peu importe l’histoire que nous nous racontons par rapport au monde, la vérité est la vérité. Si vous organisez votre vie en fonction d’une liste de choses qu’un parti politique vous demande de croire ou d’une personne qui vous affirme qu’il va venir vous sauver, vous vous déconnectez de la vérité. Et il y a un prix à payer. »

Chez ceux qui ont vu la série, ces deux citations ne peuvent pas ne pas évoquer chacun des deux passages « programmatiques » en miroir, qui l’ouvre et la conclut. Le porte-parole de l’auteur (en fait sa voix-off), censé incarner l’académicien Valery Legassov, annonce la couleur – en gros : tout ce que vous allez voir est vrai et j’ai payé pour l’avoir dévoilé –, puis, histoire de bien verrouiller l’opinion des spectateurs, réaffirme sa ligne de conduite courageuse, alors que, condamné à l’ostracisme, un véhicule du KGB l’emmène, tel le cow-boy solitaire d’un western de série B, vers un destin funeste…

NDLR: Cet article fort bien documenté est assez long et nous vous conseillons de le lire intégralement sur le site :

https://blogs.mediapart.fr/yves-lenoir/blog/300719/la-mini-serie-chernobyl-une-pseudo-fiction-perverse

Écrit par Yves LENOIR,  Président de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus <http://enfants-tchernobyl-belarus.org> ; auteur de La Comédie Atomique, La Découverte, 2016 et, avec le réalisateur Marc Petitjean, du film Tchernobyl, le monde d’après, ETB, 2018. Voir Le blog de Yves Lenoir

Publié le 30 juillet 2019

https://blogs.mediapart.fr/yves-lenoir/blog/300719/la-mini-serie-chernobyl-une-pseudo-fiction-perverse

NDLR : cette analyse complète et enrichi celle publiée sur notre site le 20 juin 2019 sous le titre : » POURQUOI LA SÉRIE « CHERNOBYL » NOUS FASCINE (ET NOUS EFFRAIE) AUTANT ?

Sep 01

DEUX OUVRIERS BLOQUÉS À 20 M DE PROFONDEUR DANS UNE STATION DE POMPAGE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE PENLY

Deux ouvriers sont restés coincés par 20 mètres de profondeur dans l’enceinte de la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime), ce samedi matin.

Les sapeurs-pompiers sont intervenus aux alentours de 9h30. Les deux hommes travaillaient dans les entrailles d’une station pompage située sur le site de production d’électricité.

Récupérés par le Grimp

La nacelle sur laquelle ils se trouvaient est tombée en panne, indique le centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (Codis).

Les deux ouvriers se sont retrouvés dans l’incapacité de remonter par leurs propres moyens à la surface. Ils ont été récupérés sains et saufs, à au moins vingt mètres de profondeur, par une équipe spécialisée du groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux (Grimp) de Dieppe.

Plus de peur que de mal.

Publié le samedi 31 Août 2019 à 11h42

https://www.infonormandie.com/Bloques-a-20-m-de-profondeur-dans-une-station-de-pompage-a-la-centrale-nucleaire-de-Penly_a25060.html

Sep 01

LA MYSTÉRIEUSE EXPLOSION RUSSE AURAIT ÉTÉ DÉCLENCHÉE PAR UNE MISSION DE RÉCUPÉRATION D’UN MISSILE NUCLÉAIRE, PAS PAR UN TEST.

Points clés

Selon un rapport de renseignement américain, la mystérieuse explosion au large de la côte nord de la Russie s’est produite au cours d’une mission de récupération du missile nucléaire du Kremlin au fond de l’océan.

Cette mystérieuse explosion a fait craindre que la Russie n’ait testé son missile nucléaire Burevestnik, également connu sous le nom de Skyfall.

CNBC a appris l’an dernier que Moscou avait élaboré des plans similaires pour tenter de récupérer un missile à propulsion nucléaire perdu en mer.

WASHINGTON – Une évaluation des services de renseignement américains a révélé que la mystérieuse explosion au large de la côte nord de la Russie s’est produite au cours d’une mission de récupération d’un missile nucléaire au fond de l’océan, selon des personnes ayant une connaissance directe du rapport.

La mystérieuse explosion du 8 août a tué cinq scientifiques et fait craindre que la Russie n’ait testé son nouveau missile nucléaire Burevestnik, également connu sous le nom de Skyfall.

« Il ne s’agissait pas d’un nouveau lancement de l’arme, mais plutôt d’une mission de récupération d’un missile perdu lors d’un essai antérieur « , a déclaré une personne ayant une connaissance directe de l’évaluation des renseignements américains. « Il y a eu une explosion sur l’un des vaisseaux impliqués dans la récupération et qui a provoqué une réaction dans le cœur nucléaire du missile qui a conduit à la fuite de rayonnement « , a déclaré une autre personne, qui a parlé à CNBC sous couvert de l’anonymat.

Le rapport des services de renseignement américains n’a pas mentionné les risques potentiels pour la santé ou l’environnement posés par les dommages causés au réacteur nucléaire du missile.

CNBC a appris l’année dernière que Moscou s’était préparée à récupérer un missile nucléaire perdu en mer. Les équipages ont tenté de récupérer un missile qui a atterri dans la mer de Barents après un essai raté. L’opération comprenait trois navires, dont l’un est équipé pour manipuler des matières radioactives provenant du cœur nucléaire de l’arme. Si les Russes étaient en mesure de reprendre possession du missile, les analystes du renseignement américain s’attendaient à ce que Moscou utilise la procédure comme un modèle pour les futures opérations de récupération.

Pour en savoir plus : La Russie se prépare à rechercher un missile à propulsion nucléaire qui a été perdu en mer après un essai raté

En mars dernier, le président russe Vladimir Poutine a dévoilé une série d’armes hypersoniques, ainsi que Burevestnik, affirmant qu’il s’agissait d’un missile à propulsion nucléaire à portée illimitée. Cependant, le Kremlin n’a pas encore testé l’arme avec succès au cours de multiples tentatives, selon des sources ayant directement connaissance d’un rapport de renseignement américain sur le programme d’armement.

Burevestnik a été testé une fois plus tôt cette année et avant cela, l’arme a été testée quatre fois entre novembre 2017 et février 2018, chacune ayant entraîné un accident.

Les États-Unis ont déterminé que le vol d’essai le plus long a duré un peu plus de deux minutes, le missile volant à 22 milles avant de perdre le contrôle et de s’écraser. Le test le plus court a duré quatre secondes et a volé pendant cinq milles.

Les essais ont apparemment montré que le cœur du missile de croisière à propulsion nucléaire n’avait pas réussi à se déclencher et que, par conséquent, l’arme n’avait pas réussi à réaliser le vol indéfini dont se vantait Poutine.

De plus, CNBC a appris en mars que le Kremlin ne produira que quelques-unes de ces armes parce que le programme n’a pas encore été testé avec succès et est trop coûteux à développer.

Par Amanda Macias – @amanda_m_macias

Source : CNBC, traduction automatique : DeepL  

Original en anglais publié le 30 août 2019 à 8h58

Photo : Le président russe Vladimir Poutine assiste au défilé du Jour de la Victoire sur la Place Rouge, le 9 mai 2019 à Moscou, Russie.
Mikhail Svetlov | Getty Images News | Getty Images

https://www.cnbc.com/2019/08/29/intel-says-russian-explosion-was-not-from-nuclear-powered-missile-test.html

Août 31

SORTIE DU DOMAINE DE FONCTIONNEMENT AUTORISÉ DU RÉACTEUR 2 DE PALUEL

Le 27 août 2019, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif relatif à la sortie du domaine de fonctionnement autorisé pour le réacteur 2, par température haute du circuit primaire principal puis par augmentation rapide de la puissance nucléaire, ce qui constitue deux écarts consécutifs aux règles générales d’exploitation.

Les règles générales d’exploitation sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées.

Le 24 août 2019 à 7h19, alors que le réacteur 2 était en production à 97% de sa puissance nominale, EDF a réalisé un essai périodique visant à s’assurer du bon fonctionnement des quatre vannes d’admission vapeur à la turbine, en les testant successivement en fermeture, puis en ouverture.

À 7h20, consécutivement à la première commande de fermeture de l’essai, l’ensemble des quatre vannes d’admission de la vapeur s’est fermé. La puissance du réacteur n’a alors plus été évacuée par la turbine jusqu’à l’ouverture automatique du contournement vapeur au condenseur, ce qui a entrainé une augmentation de la température de l’eau du circuit primaire principal. Cette température a dépassé 307,3 °C, limite autorisée dans les règles générales d’exploitation, pendant 3 minutes et 57 secondes, avec un maximum de 311,6 °C. Cette hausse de température a également entraîné une baisse de puissance nucléaire, qui s’est stabilisée à 70% de la puissance nominale.

À 7h21, l’opérateur a mis fin à l’essai, ce qui a entrainé l’ouverture simultanée des quatre vannes. Par l’effet inverse de celui décrit précédemment, cette ouverture a induit une augmentation de la puissance nucléaire de 20% en une minute, soit plus que la limite de 5% par minute autorisée par les règles générales d’exploitation.

La puissance s’est stabilisée à 90% de la puissance nominale, au sein du domaine de fonctionnement autorisé. Enfin, la température primaire a rejoint ce domaine en passant sous la limite de 307,3°C.

Cet écart n’a pas eu de conséquence sur le personnel ni sur l’environnement. Toutefois, compte-tenu de la sortie du domaine de fonctionnement, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 30/08/2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Sortie-du-domaine-de-fonctionnement-autorise-du-reacteur-2-de-Paluel

Août 31

L’ÉTÉ NOIR D’EDF

EDF a passé un été épouvantable.

Le 10 juillet, l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) sommait l’énergéticien de réaliser des travaux complémentaires sur la digue de la centrale du Tricastin (Drôme).

Fin juillet, l’opérateur annonçait que l’arrêt pour maintenance de Flamanville 2 (Manche) était prolongé de trois mois, comme pour Flamanville 1 début 2019.

Et lors de l’annonce des résultats semestriels, il devait reconnaître que la mise en service de l’EPR de Flamanville ne pouvait être envisagée avant 2022, en raison de soudures à refaire.

Et le 1er août, une amende de 1,8 million d’euros lui était infligée pour retards répétés de paiement de ses factures.

Seules embellies : l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire sur le dossier d’option de sûreté des nouveaux EPR, jugé « globalement satisfaisant« , et l’annonce par le Brésil d’un appel d’offres pour relancer la construction de la centrale nucléaire Angra 3, stoppée depuis 2015, pour lequel EDF dispose des compétences sur le réacteur… mais pas des financements. 

Par Aurélie Barbaux Auvergne-Rhône-Alpes, publié le 31/08/2019 à 11H45

https://www.usinenouvelle.com/article/l-ete-noir-d-edf.N877065

Août 31

LA DROITE ET L’EXTRÊME DROITE DÉNONCENT LE COUP D’ARRÊT PORTÉ À LA RECHERCHE NUCLÉAIRE

Les écologistes se sont, eux, félicités de l’abandon du projet Astrid de réacteur à neutrons rapides.

Après les révélations du Monde, jeudi 29 août, quant à l’abandon en catimini de la recherche sur le projet Astrid et sur la quatrième génération de réacteurs nucléaires, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a reconnu que « la construction du réacteur prototype [n’était] pas programmée à court ou moyen terme ». « Dans le contexte énergétique actuel, la perspective d’un développement industriel des réacteurs de quatrième génération n’est en effet plus envisagée avant la deuxième moitié de ce siècle », explique le communiqué, qui ajoute toutefois que « les recherches se poursuivent » dans ce domaine, sans davantage de précisions.

Cette situation était pressentie par des acteurs du secteur depuis plusieurs mois, et a suscité la désapprobation des soutiens de la filière nucléaire. Le président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, Bruno Retailleau, a ainsi dénoncé dans un communiqué « une faute, écologique, stratégique et politique », et accuse le gouvernement de céder « aux ayatollahs d’une écologie régressive et décroissante ». Le député du Haut-Rhin (LR) Raphaël Schellenberger a critiqué un « véritable renoncement à porter une ambition en matière d’énergie nucléaire », soulignant l’absence d’information des parlementaires à ce sujet.

Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (RN), a également dénoncé « un crime économique, technologique et écologique ». Son ancien numéro deux, Florian Philippot, qui a quitté le RN, a interpellé le président Emmanuel Macron : « Vous devez intervenir et revenir sur cette décision gravissime pour nos intérêts industriels, notre indépendance stratégique et l’écologie », a-t-il estimé sur Twitter.

« Youpi ! »

À l’inverse, les opposants au nucléaire se sont félicités de cet arrêt de la recherche française dans le domaine. « Sept cent trente-huit millions d’euros d’argent public qui s’ajoutent aux milliards atomisés dans la faillite nucléaire. Imaginons les sauts technologiques – et les emplois ! – que ces fonds publics auraient générés dans les renouvelables ! », a ainsi lancé le eurodéputé Europe Écologie-Les Verts Yannick Jadot. « La fin d’un mythe : le projet de réacteur nucléaire de quatrième génération est enfin abandonné. Avec le fiasco de l’EPR de Flamanville (troisième génération), le nucléaire est bel et bien une impasse », se réjouit également Greenpeace France, tandis que le réseau Sortir du nucléaire a publié un très explicite « Youpi ! » sur son compte Twitter.

Dans la majorité parlementaire, les députées La République en marche (LRM) Barbara Pompili (Somme) et Émilie Cariou (Meuse) ont souligné les conséquences que cet abandon pourrait avoir pour les matières radioactives, notamment l’uranium appauvri et le plutonium dont dispose le pays. Le projet Astrid était en effet censé transformer en combustible ces matières aujourd’hui inutilisées et théoriquement réutilisables. Avec l’abandon de la filière, elles risquent d’entrer dans la catégorie des « déchets », pour lesquels aucune solution n’est prévue.

« L’abandon du projet Astrid confirme la fin du mythe de cycle fermé à l’infini des matières nucléaires. Retraitement, MOX, plutonium… il est temps maintenant d’en tirer toutes les conséquences politiques », a également souligné l’expert critique du nucléaire Yves Marignac.

Par Nabil Wakim, publié le 30 août 2019 à 21h23

Publié sur le site: https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/08/30/la-droite-et-l-extreme-droite-denoncent-le-coup-d-arret-porte-a-la-recherche-nucleaire_5504753_3234.html que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Août 31

L’EPR DE FLAMANVILLE, CHANTIER CAUCHEMARDESQUE POUR EDF

Le réacteur normand de troisième génération, qui devait être lancé en 2012, ne démarrera pas avant la fin de 2022 en raison de soudures défectueuses sur le site.

C’est le chantier maudit pour EDF. Amorcé en 2007, le réacteur EPR de troisième génération devait initialement être connecté au réseau électrique en 2012, et coûter environ 3,5 milliards d’euros. En pratique, il ne démarrera pas avant fin 2022, au plus tôt, et la facture s’élèvera à plus de 11 milliards d’euros. Un montant susceptible d’être encore révisé à la hausse en fonction des travaux qui restent à effectuer.

En 2018, EDF se montrait confiant et escomptait une mise en service en 2020, mais la question des soudures a bouleversé les ambitions de l’électricien. Huit soudures difficiles d’accès, qui traversent l’enceinte en béton du bâtiment réacteur, doivent être réparées pour obtenir l’aval de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), laquelle juge qu’elles ne correspondent pas au niveau d’exigence présenté par EDF à l’origine.

Après une période d’échanges avec l’ASN au cours du premier semestre, EDF n’est pas parvenu à convaincre le « gendarme » du nucléaire qu’il pourrait effectuer les travaux nécessaires après le démarrage du réacteur. « Le temps qu’il faudra pour préparer, effectuer et tester la réparation, faire valider par l’ASN ce que nous avons fait et ensuite remettre l’installation en situation d’être de nouveau testée et préparée pour une mise en service… Cela nous amène dans des délais de plus de trois ans », a expliqué en juillet le PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy.

EDF étudie plusieurs manières de réparer ces soudures, et le chantier pourrait être encore plus long selon la méthode retenue. Lors d’une audition devant des parlementaires, mi-juillet, le directeur des projets nouveau nucléaire chez EDF, Xavier Ursat, a mentionné le fait que le groupe étudiait trois schémas d’action. « Ce n’est qu’une fois tout ça fait qu’on choisira le scénario, et ce n’est qu’alors qu’on communiquera sur le planning et le coût, donc probablement pas avant plusieurs mois », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « En refaisant les soudures, il faut être sûr de deux choses : garantir le résultat final comme étant correct et ne pas générer d’autres risques pour l’installation. »

Courroux face aux choix de l’ASN

Première option : EDF pourrait extraire tout ou partie des tuyaux concernés du bâtiment pour effectuer les réparations. Toutefois, cela implique de démonter beaucoup d’éléments de la structure. C’est l’hypothèse la plus réaliste, a affirmé M. Ursat. La deuxième solution serait de faire intervenir des soudeurs à l’intérieur de l’enceinte, dans un espace confiné. Enfin, un troisième scénario consisterait à envoyer un robot inséré dans la tuyauterie.

Le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk, également entendu par les parlementaires, a déploré l’attitude d’EDF dans ce dossier, estimant que le groupe avait cherché à « se justifier techniquement (…) plutôt que de réaliser la réparation de ces équipements ». En privé, les hiérarques du groupe n’ont pas dissimulé leur courroux face aux choix de l’ASN. « Elle ne gère plus la sûreté, elle gère des procédures », pestait, il y a peu, un cadre dirigeant excédé.

Il faut dire que l’enjeu dépasse largement les huit soudures évoquées. L’EPR de Flamanville est le premier réacteur de troisième génération sur le sol français et son démarrage devait être, pour EDF, synonyme de la renaissance de la filière nucléaire. Plus encore, le gouvernement a assuré à plusieurs reprises qu’il ne prendrait sa décision sur la construction de nouveaux réacteurs qu’après le démarrage du réacteur normand.

À ce stade, ce sont tous les acteurs et sous-traitants du nucléaire qui sont suspendus à la mise en service de Flamanville. Or, selon la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), la décision de construire de nouveaux réacteurs doit impérativement être prise en 2021 pour avoir des premiers EPR en fonctionnement autour de 2035, afin de pouvoir prendre à temps le relais du parc actuel. L’activité des entreprises de la filière pourrait en pâtir lourdement : d’après une étude du Boston Consulting Group, réalisée pour le compte de la SFEN et publiée en avril, 58 % des acteurs du secteur vont réduire leurs effectifs si aucune décision n’est prise dans les trois ans.

Par Nabil Wakim, publié le 31 août 2019, mis à jour à 09h06

Photo en titre : L’EPR de Flamanville, dans la Manche, le 16 août. LOU BENOIST / AFP

Publié sur le site: https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/08/30/l-epr-de-flamanville-chantier-cauchemardesque-pour-edf_5504396_3234.html  que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Août 30

DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE ET SÉCURITÉ INTERNATIONALE : LE PRIX NAZARBAYEV DÉCERNÉ AU DR LASSINA ZERBO

Le Secrétaire exécutif de l’Organisation du Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires (OTICE) a été désigné lauréat du Prix Nazarbayev pour la sécurité internationale et un monde exempt d’armes nucléaires.

La cérémonie de remise du Prix a eu lieu le 29 août 2019 à Astana, au Kazakhstan, à l’occasion des activités marquant la Journée internationale contre les essais nucléaires. Elle s’est tenue en présence d’officiels de l’État du Kazakhstan et de représentants des missions diplomatiques, des hautes personnalités internationales du monde du désarmement et de la non- prolifération avec un message vidéo de félicitations du Secrétaire général des Nations Unies. On note aussi la présence de l’initiateur du Prix, le père de la Nation et premier président du Kazakhstan et de l’actuel président sans oublier les membres du parlement et du gouvernement ainsi que des représentants de la société civile.

C’est en 2016 que le prix Nazarbayev pour la sécurité mondiale et un monde exempt d’armes nucléaires, du nom de son initiateur, le Président Nursultan Nazarbayev du Kazakhstan, a été créé. Il est décerné à des personnalités de haut rang qui ont su se distinguer à travers leurs efforts et leur contribution pour le désarmement nucléaire et la sécurité internationale.

Le prix a été décerné pour la première fois en 2017 au roi Abdulla II de Jordanie pour sa contribution à la promotion de la paix dans la région du Moyen-Orient, notamment par ses actions en faveur de la création d’une zone exempte d’armes nucléaires dans la région.

Le Docteur Lassina Zerbo, n’a pas manqué d’exprimer sa reconnaissance pour le choix porté sur sa personne comme récipiendaire de ce prestigieux Prix, décerné pour la deuxième fois depuis sa création. Il a souligné que ‘’chaque jour est une opportunité pour avancer vers l’objectif d’un monde sans armes nucléaires’’, et s’est dit engagé à intensifier ses efforts en vue de cet objectif.

Lassina Zerbo dirige l’Organisation du Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires (OTICE) depuis 2013. Il a été reconduit dans ses fonctions en 2016 pour un second mandat de quatre ans. Cette distinction vient s’ajouter à la liste de plusieurs autres déjà reçues par Dr Zerbo.

Par Karim Namoano, Coordinateur de l’Association des journalistes et communicateurs scientifiques du Burkina Faso (AJCS/BF), publié le jeudi 29 août 2019 à 21h25min

https://lefaso.net/spip.php?article91651

Août 30

NUCLÉAIRE : LA FRANCE ABANDONNE LA QUATRIÈME GÉNÉRATION DE RÉACTEURS

Le projet Astrid de réacteur à neutrons rapides est mis à l’arrêt en catimini par le Commissariat à l’énergie atomique. Un coup dur pour l’avenir de la filière.

Ce devait être la prochaine étape du développement de la filière nucléaire française, celle qui lui permettrait de se projeter dans l’avenir, mais qui risque fort de ne jamais voir le jour. Selon nos informations, le projet de réacteur à neutrons rapides (RNR) Astrid est en train d’être abandonné par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), qui en est pourtant à l’origine.

Quelques études de conception encore en cours vont se poursuivre cette année pour terminer l’avant-projet, mais elles auront tôt fait d’échouer dans des cartons, sur une étagère. En effet, la cellule de vingt-cinq personnes qui coordonnait le programme a été fermée au printemps. Interrogé par Le Monde, le CEA reconnaît que « le projet de construction d’un réacteur prototype n’est pas prévu à court ou moyen terme ». Il envisage plutôt de s’en occuper « dans la deuxième moitié du siècle ». « Astrid, c’est mort. On n’y consacre plus de moyens ni d’énergie », résume une source interne à l’organisme, où ce choix a provoqué inquiétudes et tensions.

D’après la Cour des comptes, près de 738 millions d’euros ont été investis dans ce plan à fin 2017

« On a vu des projets préparatoires s’arrêter au fur et à mesure, et on a bien vu que le financement du prototype n’apparaissait plus dans les budgets », souligne Didier Guillaume, délégué syndical central CFDT au CEA. D’après la Cour des comptes, près de 738 millions d’euros ont été investis dans ce plan à fin 2017, dont près de 500 millions proviennent du grand emprunt du Programme d’investissements d’avenir.

Lire aussi: Astrid, le nouveau réacteur français à 5 milliards d’euros

Astrid, acronyme de l’anglais Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration, est un projet de prototype de réacteur rapide refroidi au sodium, qui devait être construit sur le site nucléaire de Marcoule, dans le Gard. L’objectif de cette nouvelle génération est d’utiliser l’uranium appauvri et le plutonium comme combustibles, autrement dit de réutiliser les matières radioactives issues de la production d’électricité du parc nucléaire actuel et en grande partie stockées sur le site de la Hague (Manche), exploité par Orano (ex-Areva). Astrid était censé, non seulement transformer en combustible des matières aujourd’hui inutilisées, mais aussi réduire de manière importante la quantité de déchets nucléaires à vie longue.

Absence d’appui politique

Le réacteur Superphénix de Creys-Malville (Isère), fermé en 1997 sur décision du gouvernement Jospin, s’appuyait déjà sur ce concept. Jacques Chirac, puis Nicolas Sarkozy et François Hollande ont encouragé la recherche sur ce nouveau prototype de réacteur, avec l’espoir qu’il fasse faire un saut technologique à la filière hexagonale et qu’il réponde en partie à l’épineuse question de la gestion des déchets nucléaires. « Il y a, dans ces projets, un concept de fermeture complète du cycle nucléaire, de réutilisation des matières », explique Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire.

La France n’est pas le seul pays à travailler sur le sujet. Astrid avait d’ailleurs intégré une forte participation japonaise, mais disposait d’une avancée technologique reconnue. La Russie, la Chine, l’Inde et les États-Unis progressent aussi à grands pas dans ce domaine. Le milliardaire Bill Gates a ainsi investi dans TerraPower, une start-up qui développe un réacteur selon un modèle proche de celui d’Astrid.

Depuis des mois, l’avenir du projet était en suspens et les signaux négatifs se multipliaient. En 2018, le CEA avait déjà dû accepter de travailler sur un réacteur trois fois moins puissant que ce qui avait été envisagé. De surcroît, les dérapages de coûts sur un autre projet, le réacteur Jules Horowitz, passé de 500 millions à 2,5 milliards d’euros, ont contraint le CEA à se serrer la ceinture.

Parmi les projets menacés, Astrid faisait figure de coupable idéal : le prix de l’uranium est relativement bas, et les ressources sont abondantes. Dès lors, pourquoi investir dans un projet chiffré entre 5 et 10 milliards d’euros, s’il est simple et peu coûteux de se procurer de l’uranium ? Au CEA, on évoque aussi le peu d’empressement de la part des grands acteurs de la filière nucléaire française, Orano et EDF. « EDF n’a pas les moyens d’investir et n’a pas vraiment soutenu le projet », grince une source au sein du CEA.

Le projet a en outre pâti d’une absence d’appui politique, qui transparaissait en février dans le document de présentation de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), laquelle fixe la feuille de route de la France en la matière pour la décennie à venir. « Au moins jusqu’à la deuxième moitié du XXIe siècle, le besoin d’un démonstrateur et le déploiement de RNR ne sont pas utiles », soulignait le document. La solution alternative proposée est de travailler sur le multirecyclage du MOX, ce combustible issu du recyclage de l’uranium déjà utilisé dans les centrales. Mais, là aussi, il s’agit d’une démarche de long terme.

Débat national sur la gestion des déchets radioactifs

Cet abandon en catimini soulève deux questions capitales pour l’avenir de la filière nucléaire hexagonale. La première est celle des quantités importantes d’uranium appauvri et de plutonium dont dispose le pays. Jusqu’à présent, elles sont considérées comme des « matières radioactives », puisqu’elles pourraient en théorie être réutilisées dans un réacteur à neutrons rapides. Mais si cette filière était abandonnée, ces matières risqueraient de rentrer dans la catégorie des « déchets », pour lesquels aucune solution n’est prévue. Plus encore, pour le groupe Orano, spécialisé dans le recyclage des combustibles usés, ils représentent une manne économique potentielle qui perdrait toute valeur.

Cette question est d’une actualité brûlante, alors que se tient en ce moment un débat national sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs. Cette discussion publique vise à proposer une stratégie sur le sujet. Les antinucléaires, hostiles à la quatrième génération de réacteurs, réclament depuis des années que l’uranium appauvri et le plutonium soient considérés comme des déchets. L’Autorité de sûreté nucléaire se montre aussi très vigilante à ce propos.

Le renoncement à Astrid pose aussi un problème plus fondamental pour la filière. La troisième génération, celle de l’EPR, n’a pas encore réellement vu le jour, embourbée dans le chantier cauchemardesque de Flamanville (Manche). Le réacteur ne devrait pas être mis sur le réseau avant fin 2022, au mieux.

EDF espère encore convaincre le gouvernement de la nécessité de lancer rapidement un plan de construction d’un autre réacteur EPR, mais rien n’est acquis, et l’approche de la prochaine élection présidentielle – en 2022 – risque de compliquer le débat. Sans garantie sur la troisième génération de réacteurs, et sans recherche sur la quatrième, le nucléaire français pourrait voir son avenir s’assombrir encore un peu plus.

Par Nabil Wakim, publié le 29 août 2019 à 16h50, mis à jour le 30 août 2019 à 09h05

Cet article est publié sur le site : https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/08/29/nucleaire-la-france-abandonne-la-quatrieme-generation-de-reacteurs_5504233_3234.html que nous vous conseillons de lire régulièrement.

Août 30

COMMENT LA JUSTICE EUROPÉENNE POURRAIT IMPACTER CONSIDÉRABLEMENT LE PROGRAMME NUCLÉAIRE FRANÇAIS ?

Dans une décision estivale, la CJUE précise la prise en compte des incidences environnementales lors du prolongement de la durée de vie de centrales nucléaires. Un éclairage juridique qui s’impose au grand carénage français, selon Corinne Lepage.

Le 29 juillet 2019, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a répondu à une question préjudicielle posée par la Cour constitutionnelle belge sur l’application, aux centrales nucléaires belges, de la Convention d’Espoo, de la convention d’Aarhus, de la directive étude d’impact et des directives oiseaux et habitat. Cette décision doit être considérée comme un arrêt important pour le droit communautaire de l’environnement et les conditions de prolongation des centrales nucléaires européennes, et en particulier françaises.

Pas moins de neuf questions préjudicielles étaient posées à la suite de la loi votée en juin 2015 prolongeant de 10 ans la production des centrales belges de DOEL 1 et 2, soit jusqu’en 2025. Cette loi modifiait une loi de 2003 adoptant les calendriers d’arrêt progressif de la production nucléaire, entraînant la mise à la mise à l’arrêt d’une des deux centrales en 2015. Deux associations – Inter environnement Wallonie et Bond Better Leefmilieu Vlaanderen – ont saisi la Cour constitutionnelle belge d’un recours au motif que la loi avait été votée sans évaluation environnementale et sans procédure associant le public. La question posée était celle de savoir si les différents textes communautaires et conventions internationales approuvées au niveau de l’Union étaient applicables à une loi prolongeant de 10 ans la durée de vie des centrales.

Le présent commentaire laissera de côté la question particulière posée par le fait que le texte mis en cause soit une loi. Pour le juge européen, cette circonstance est sans effet.

L’application de la directive étude d’impact

La cour répond tout d’abord à la question de savoir si les travaux rendus nécessaires par la prolongation de la durée de vie d’une centrale et sa mise aux normes post-Fukushima constituent ou non un projet au sens de la directive sur les études d’impact. Plus précisément, le fait que la mise en œuvre de la décision s’accompagne nécessairement d’importants investissements et travaux de modernisation des deux centrales concernées suffit-il à justifier le terme « projet« . Selon la Cour, « le terme « projet » correspond au regard de la directive EIE à des travaux ou à des interventions modifiant la réalité physique du site« . La cour s’appuie sur des éléments factuels pour répondre à la question : « la réalisation d’un plan d’investissement dit « de jouvence » qui décrit ces travaux comme étant ceux nécessaires à la prolongation de la durée d’exploitation des deux centrales et comprenant notamment les investissements pour le remplacement d’installations pour cause de vieillissement et la modernisation d’autres installations ainsi que les modifications apportées en vertu de la quatrième revue périodique de sûreté , des tests de résistance effectués à la suite de l’accident de Fukushima, notamment le renouvellement des piscines de stockage, l’installation d’une nouvelles stations de pompage, l’adaptation des soubassements ». Pour la Cour, ces investissements impliquent non seulement les améliorations des structures existantes mais aussi la réalisation de nouveaux bâtiments ; « ainsi, ces travaux sont de nature à affecter la réalité physique des sites conservés ».

De ce constat, la Cour déduit une obligation de procéder à une évaluation environnementaleEn conséquence, la Cour tranche très clairement en faveur d’une évaluation environnementale fondée essentiellement sur la nature des travaux effectués, les modifications physiques du site et les risques de conséquences négatives sur l’environnement.

Pour tenter d’échapper à cette évaluation, les autorités belges s’étaient réfugiées derrière la nécessité d’assurer la sécurité d’approvisionnement en électricité de la Belgique. Mais cette nécessité peut-elle justifier une exemption ? La Cour donne une réponse à la fois pragmatique et rigoureuse. L’exemption n’est possible que si l’État membre démontre « que le risque pour la sécurité de cet approvisionnement est raisonnablement probable et que le projet en cause présente un caractère d’urgence susceptible de justifier l’absence d’une telle évaluation ». Pour autant, les obligations de la directive étude d’impact impose à l’État membre d’examiner quelle autre forme d’évaluation peut être mise à la disposition du public et d’informer la Commission européenne préalablement à l’octroi des autorisations.

De plus, cette exemption n’est pas possible si l’article 7 de la directive est applicable, c’est-à-dire si le territoire d’un autre État membre est concerné par le projet. En conséquence, la cour n’exclut pas une exemption momentanée de l’étude d’impact mais avec des règles de fond et de forme extrêmement rigoureuses.

L’application de la directive habitats

S’agissant de la directive habitats et notamment de son article 6 qui impose le maintien ou le rétablissement dans un état de conservation favorable des habitats naturels et des espèces de faune et de flore sauvage d’intérêt communautaire, la Cour considère que, dès lors que le projet relève de la directive EIE, il relève à plus forte raison de la directive habitats. De plus, le fait qu’une activité récurrente ait été autorisée avant l’entrée en vigueur de la directive habitats ne constitue pas par elle-même un obstacle à ce qu’une telle activité puisse être considérée, lors de chaque intervention ultérieure, comme un projet distinct au sens de cette directive.

Plus important encore, la Cour prend en compte le fait que la loi prolonge de 10 ans la durée de vie des centrales et surtout la circonstance que « lors de la mise en œuvre des mesures, l’activité de production de ces deux centrales ne sera pas réalisée dans des conditions d’exécution identiques à celles initialement autorisées, ne serait-ce qu’en raison de l’évolution des connaissances scientifiques et des nouvelles normes de sécurité applicable, ces dernières justifiant, que soient réalisés des travaux de modernisation d’envergure ». La Cour déduit que ces mesures et les travaux qui leur sont indissociablement liés constituent un projet distinct soumis aux règles d’évaluation prévue à la directive habitats. En l’espèce, la Cour considère que même si le projet n’est pas situé à l’intérieur d’une zone Natura 2000, elle se trouve à proximité de zones protégées au titre de la directive habitats et de la directive oiseaux ; « que le projet en cause (…) risque à l’évidence de compromettre les objectifs de conservation des sites protégés situés à proximité, ne serait-ce qu’en raison des modalités mêmes de fonctionnement de celles-ci et en particulier des prélèvements d’importantes masses d’eau effectuées dans le fleuve à proximité pour les besoins du système de refroidissement ainsi que du rejet de ces masses d’eau mais aussi de l’existence du risque d’accident grave qu’ils comportent. »

Ainsi, en application de la directive habitats, l’évaluation des incidences environnementales doit avoir lieu avant l’adoption des mesures. Et, si les conclusions de cette évaluation s’avéraient négatives, qu’il n’existait pas de solution alternative et que le projet doive néanmoins pour des raisons impératives d’intérêt public majeur être adopté, l’État doit prendre toutes mesures compensatoires nécessaires pour assurer la cohérence globale de Natura 2000.

Allant encore plus loin, la Cour reconnaît que la sécurité de l’approvisionnement constitue bien un objectif fondamental de la politique de l’Union dans le domaine de l’énergie, et que la sécurité de l’approvisionnement en électricité d’un État membre constitue une raison impérative d’intérêt public majeur. Mais, si les sites susceptibles d’être affectés par le projet abritent un type d’habitat naturel ou une espèce prioritaire, le juge doit vérifier que seule la nécessité d’écarter une menace réelle et grave de rupture de l’approvisionnement en électricité de l’État membre concerné est de nature à constituer une raison de sécurité publique au sens de cette disposition. Autrement dit, le seul objectif d’assurer la sécurité de l’approvisionnement ne suffit pas à détruire ou menacer des espèces et/ou espaces ainsi protégés.

S’agissant de la Convention d’Espoo, la Cour considère que la directive EIE applique cette convention et que les études sur les incidences notables sur l’environnement doivent prendre en compte les effets à l’étranger. Il en va de même de la convention d’Aarhus dont la directive EIE est une application.

Des conséquences majeures pour les états et les juridictions nationales

L’arrêt est également très important par les conséquences qu’il tire de ce qui précède sur les obligations des juridictions des États membres. En effet, constatant que ni la directive EIE ni la directive habitats ne tirent les conséquences d’une violation des obligations qu’elles édictent, la Cour considère qu’en vertu du principe de coopération loyale, les États membres sont tenus d’effacer les conséquences illicites de cette violation du droit de l’Union. Cela signifie que toute mesure doit être prise pour remédier à l’omission d’une évaluation des incidences sur l’environnement, par exemple en retirant ou en suspendant une autorisation déjà accordée afin d’effectuer une telle évaluation. La Cour considère que cette obligation s’impose également aux juridictions nationales lesquelles doivent adopter les mesures tendant à la suspension ou l’annulation de l’autorisation d’un projet adopté en méconnaissance de l’obligation de procéder à une évaluation environnementale.

Les régularisations ne sont possibles  qu' »à la double condition d’une part, que les règles nationales permettent cette régularisation  et n’offrent pas aux intéressés l’occasion de contourner les règles du droit de l’Union et de se dispenser de les appliquer, et que d’autre part que l’évaluation de la régularisation ne porte pas uniquement sur les incidences futures de ce projet pour l’environnement mais prennent en compte l’ensemble des incidences environnementales survenues depuis la réalisation dudit projet« . La Cour rappelle qu’elle seule peut, à titre exceptionnel, accorder une suspension provisoire de l’effet d’éviction exercée par une règle de droit de l’union à l’égard du droit national contraire à celle-ci

En l’espèce, des conditions impérieuses ayant trait à la sécurité de l’approvisionnement en électricité de l’État membre concerné ne pourraient justifier le maintien d’une autorisation donnée en méconnaissance des évaluations environnementales, que s’il existait une menace réelle et grave de rupture à laquelle il ne pourrait être fait face par d’autres moyens alternatifs, notamment dans le cadre du marché intérieur. Ledit maintien ne pourrait couvrir que le temps strictement nécessaire pour remédier à cette illégalité.

Aperçu des conséquences en France de de cette décision

Il va de soi que cet arrêt va avoir des conséquences considérables sur la gestion des opérations de Grand carénage et bien entendu sur la poursuite de l’EPR de Flamanville.

S’agissant tout d’abord de l’EPR de Flamanville, le décret du 23 mars 2017 a prolongé de trois ans la validité du décret de création de la centrale nucléaire du 10 avril 2017. Cela signifie qu’en avril 2020 le décret sera caduc. La prolongation de la durée de vie du décret de création qui devra être portée au moins à 2023 ne sera pas possible sans une étude d’incidences environnementales et une enquête publique, voire même sans une nouvelle autorisation. En effet, en application de la jurisprudence de la cour de justice qui vient d’être brièvement commentée, non seulement il y a prolongation de la durée de validité du décret de création qui n’était à l’origine que de 10 ans, mais de surcroît les opérations à mener sont extrêmement lourdes, touchent à la structure même de la centrale et pourraient remettre en cause les critères très élevés de qualité envisagés à l’origine. Cela signifie qu’avant même que les travaux puissent être autorisés par l’autorité de sûreté nucléaire (ASN), il doit être procédé à une étude d’évaluation environnementale dont la cour de justice exige qu’elle soit faite en amont des premières autorisations. De surcroît, et compte tenu de la nature du site il conviendra également de regarder des espaces et ou des espèces protégées qui peuvent être concernés. Dans la mesure où aucun impératif de sécurité d’approvisionnement ne peut être invoqué, il va de soi qu’aucune dispense ne peut être envisagée et la Cour de Justice de l’union européenne pourrait être évidemment saisie dans l’hypothèse où il serait passé outre.

S’agissant des différents réacteurs nucléaires sur lesquels des opérations lourdes doivent être engagées dans le cadre de l’extension à 50 ans de la durée de vie des centrales, à commencer par le Tricastin, il est clair que la jurisprudence qui vient d’être rappelée est totalement applicable. Sans doute, EDF tentera-t-il de soutenir qu’à la différence de la loi belge actuelle, la loi française ne prévoit pas de durée de validité pour les autorisations de fonctionnement des centrales nucléaires. Néanmoins, cette circonstance devrait être sans conséquence juridique. D’une part, il est clair que la centrale ne peut continuer à fonctionner sans le feu vert de l’ASN au terme de la quatrième visite décennale. Il s’agit donc bien d’une prolongation de l’autorisation. De plus, la cour de justice a pris soin de fonder sa décision à la fois sur la prolongation légale et surtout sur la nature des travaux entrepris. Or, les travaux entrepris à DOEL 1 et 2 sont tout à fait comparables dans leur objectif et dans leur nature à ceux qui sont entrepris en France, l’opération « de jouvence » étant la traduction belge du Grand carénage. De plus, si la question de la gravité du risque lié à l’approvisionnement peut être évoquée pour un réacteur, il ne peut évidemment pas l’être pour tous et, dans la mesure où la mise à l’arrêt des réacteurs est prévue pour la visite décennale, ce type d’argument n’a aucune chance de succès. Enfin, dans l’hypothèse – qui n’est peut-être pas improbable – dans laquelle EDF passerait outre et tenterait d’obtenir de l’ASN, sans évaluation environnementale préalable, une autorisation de continuer, le conseil d’État ne pourrait pas faire abstraction de la position prise par la Cour de justice et se verrait dans l’obligation d’ordonner la suspension de l’autorisation avec le risque de voir cette dernière saisie pour refus d’application loyale du droit communautaire, en cas de bienveillance excessive à l’égard d’EDF.

En définitive, la règle de droit rappelée par la Cour de justice, à un moment où les questions climatiques et de biodiversité sont devenues prioritaires, risque fort de contrarier a minima l’agenda d’EDF voire, de rendre impossible la poursuite de certaines installations dont l’impact serait excessif sur les milieux. Cette hypothèse n’est pas improbable compte tenu de la sécheresse, de l’état des cours d’eau et de leur impact sur la faune et flore mises en péril par les prises et rejets d’eau spécifiquement visés par la cour de justice. Nul ne peut douter que cet arrêt sera fortement commenté par les uns et les autres dans les mois qui viennent.

Cet article a été publié le 29 août 2019 sur le site : https://www.actu-environnement.com/ae/news/commentaire-arret-cjue-prolongation-centrale-nucleaire-belge-corinne-lepage-33959.php4 que nous vous conseillons de consulter régulièrement.

Photo en titre : Corinne Lepage, avocate à la Cour et Co-présidente du Mouvement des entrepreneurs de la nouvelle économie (MENE). © DR

Août 29

EXPLOSION EN RUSSIE: DES PRODUITS DE FISSION DANS LE PANACHE RADIOACTIF

Interrogations et contradictions vont croissant autour de l’explosion qui a provoqué sept morts et la formation d’un panache radioactif. Rosguidromet a révélé la présence de produits de fission mais sans publier de chiffres. La mise au point d’un système de propulsion nucléaire pour des missiles reste à confirmer mais ne laisse pas d’inquiéter.

Les informations publiées par Rosguidromet

Rosguidromet est le nom du service fédéral russe d’hydrométéorologie et de surveillance de l’environnement. Il s’agit d’une agence publique qui dépend du Ministère des ressources naturelles et de l’écologie de la Fédération de Russie (http://www.meteorf.ru). Cet organisme publie régulièrement des bulletins sur les pollutions accidentelles et les modifications de l’état radiologique de l’environnement enregistrées sur le territoire russe.

Au cours des 15 derniers jours, la CRIIRAD avait vérifié à plusieurs reprises le site de cette agence sans y trouver ni l’identité des radionucléides dispersés par l’explosion du 8 août, ni leurs concentrations dans l’air de Severodvinsk où une forte augmentation du débit de dose ambiant avait été enregistrée ce même jour.

Le bulletin publié le 26/08/2019 apporte un premier niveau de réponse. Il couvre la période allant du 8 au 23 août 2019 et le 3ème paragraphe traite de l’impact de l’explosion. Il indique que suite à l’élévation, importante et brève, du niveau de rayonnement ambiant dans la ville de Severodvinsk, les équipes de Rosguidromet ont été placées en niveau d’alerte élevé pour surveiller la situation radiologique dans la région d’Arkhangelsk. Différents échantillons ont été analysés par spectrométrie gamma [1] : des filtres qui ont piégé les aérosols radioactifs présents dans l’air et des échantillons destinés à évaluer les retombées au sol.

Les prélèvements effectués à Severodvinsk ont indiqué la présence de plusieurs radionucléides artificiels :

  • du strontium 91 (91Sr) dont la période radioactive [2] est de 9,5 h et qui produit de l’yttrium 91 (91Y) radioactif avant d’aboutir à du zirconium 91 stable (non radioactif) ;
  • du baryum 139 (139Ba) dont la période radioactive est de 1,4 h, dont la désintégration produit du lanthane 139 stable.
  • du baryum 140 (140Ba) dont la période radioactive est de 12,8 jours, associé à son descendant [3], le lanthane 140 (140La) dont la période est de 1,7 j et qui se désintègre sur le cérium 140 (stable)..

Ces radionucléides sont issus de la désintégration de produits radioactifs qui n’ont pas été détectés car il s’agit de gaz rares qui ne sont pas piégés par les filtres à aérosols : le krypton 91, le xénon 139 et le xénon 140. Ces radionucléides sont produits par des réactions de fission nucléaires (éclatement en deux fragments très radioactifs d’un noyau lourd (en général de plutonium ou d’uranium) sous l’effet d’un projectile, le plus souvent un neutron).

La présence dans l’air de ces radionucléides émetteurs de rayonnements bêta et/ou gamma est responsable de l’augmentation du niveau de rayonnement ambiant enregistré le 8 août à Severodvinsk. Le communiqué de Rosguidromet apporte ainsi un démenti final aux affirmations initiales du ministère de la Défense russe sur l’absence de toute contamination. 

Rosguidromet précise que ces radionucléides artificiels ne sont plus détectés, ni dans les aérosols, ni dans les retombées radioactives dans les villes de Severodvinsk et Arkhangelsk. Ce n’est pas étonnant car les simulations réalisées par le CRIIRAD montraient que le panache radioactif avait d’abord été entraîné vers l’est, puis vers le sud, s’éloignant assez rapidement du secteur de Severodvinsk (cf. communiqués CRIIRAD du 9/08/2019 et du 21/08/2019).

Par ailleurs, tous les radionucléides mesurés, ou dont l’existence peut être déduite des premiers, ont des périodes radioactives (T) relativement courtes, les plus persistants étant l’yttrium 91 (58,5 jours) et le baryum 140 (environ 13 jours). Nous résumons ci-dessous les chaînes de désintégrations probables avec mention des périodes radioactives entre parenthèses :

  • Kr 91 (8,57 s) => Rb 91 (58,4 s) =>  Sr 91 [4] (9,5 h) => Y 91 (49,7 mn) =>  Y 91 (58,51 j) => ZR 91 stable
  • Xe 139 (39,68 s) => Césium (Cs) 139 (9,27 mn) => Baryum (Ba) 139 [5] (1,41 h)  => La 139 stable
  • Xe 140 (13,6 s) => Cs 140 (1,06 mn) => Ba 140 (12,75 j) => La 140 (1,68 j) =>  Ce 140 stable

Pour clore le dossier, il faudrait toutefois disposer d’un bilan complet ce qui est loin d’être le cas. 

Retards, lacunes et contradictions

Bien que l’on connaisse enfin, 18 jours après l’explosion, la nature de certains des radionucléides présents dans l’air qu’ont respiré les habitants de Severodvinsk, on ignore toujours leur concentration. Le communiqué de Rosguidromet ne contient en effet aucun résultat d’analyse. Ne sont mentionnées ni les activités volumiques des radionucléides détectés, ni celles des gaz rares radioactifs qui les ont générés. Devraient également être publiées les limites de détection des radionucléides artificiels qui n’ont pas été détectés, notamment ceux des produits de fission généralement les plus abondants, césium 137, iode 131, etc. Le fait qu’un radionucléide n’a pas été détecté ne signifie pas forcément qu’il n’était pas présent (seulement que sa concentration est inférieure à la limite de détection).  Il est également nécessaire de connaître la concentration en tritium de l’eau de pluie, si elle a été collectée.

D’après le communiqué, les prélèvements d’air ont été effectués avec des filtres à aérosols (ce qui explique que les analyses ne détectent que les descendants particulaires des gaz rares radioactifs). Aucun prélèvement n’aurait été effectué à l’aide de cartouches à charbon actif, adaptées au piégeage de l’iode radioactif gazeux.

Faute de ces informations, il est toujours impossible d’estimer la dose que les habitants ont pu recevoir lors du  passage du panache radioactif du fait de l’inhalation des substances radioactives

La présence de produits de fission étant désormais attestée, la question de l’exposition des personnes présentes sur la plateforme et dans les secteurs voisins se pose avec encore plus d’acuité (concernant l’exposition externe, s’ajoute désormais l’exposition au flux de neutrons). Ceci conduit également à s’interroger sur la nature exacte de la « source d’énergie isotopique » mentionnée par Rosatom. On pouvait alors penser à l’utilisation de l’énergie produite par les désintégrations d’une source radioactive [6] mais ce type de dispositif, fréquemment utilisé pour l’exploration spatiale à longue distance, ne provoque pas la formation de produits de fission [7].

Un « réacteur » nucléaire ?

Les radionucléides mesurés à Severodvinsk, et ceux dont ils sont issus, sont caractéristiques de réactions nucléaires de fission, c’est-à-dire de l’éclatement d’un noyau lourd (isotope de l’uranium ou du plutonium par exemple) en deux fragments plus légers et très radioactifs. Chacun des produits de fission peut générer en se désintégrant un nouveau produit radioactif qui peut lui aussi générer un autre radionucléide, formant ainsi une chaîne de désintégration avant de parvenir à un isotope stable (non radioactif).

On note, en revanche, l’absence de certains radionucléides, relativement volatils et relâchés en abondance en cas d’incident ou d’accident sur un réacteur nucléaire classique : notamment les isotopes radioactifs de l’iode (et notamment l’iode 131 et 132), les isotopes radioactifs du césium (notamment 137 et 134), les isotopes radioactifs du ruthénium et du rhodium (106 et 106), etc. L’absence de ces radionucléides peut-elle s’expliquer par les conditions spécifiques de l’explosion ou traduit-elle l’existence d’un « réacteur » nucléaire très spécifique ? Impossible de trancher étant donné le niveau de lacunes et de contradictions. Certains articles évoquent par exemple une explosion sous-marine alors que le communiqué de l’institut NORSAR conclut au contraire à une explosion probable en altitude (voir ci-après).

Par ailleurs, on ne peut que s’interroger sur l’activité du krypton 85 et des isotopes 133 et 135 du xénon, des gaz rares radioactifs qui sont généralement les plus abondants en cas d’accident survenant sur un réacteur nucléaire classique. La désintégration de ces radionucléides aboutit à la formation d’isotopes stables (ou de période extrêmement longue) qui ne peuvent donc pas être utilisés pour inférer de leur présence [8].

Les données des stations de contrôle du réseau de surveillance du CTBOT étant confidentielles et la station russe de Dubna, qui est équipée pour la mesure de certains gaz rares radioactifs, ayant été désactivée [9], il est impossible de savoir si ces radionucléides étaient présents dans l’air et, si oui, à quelles concentrations.

Ces constats conduisent à s’interroger sur la nature du système de propulsion qui était testé.

Dans son communiqué du 13 août 2019, la CRIIRAD revenait sur l’hypothèse qu’elle avait envisagée dès le 8 août : l’explosion aurait pu survenir au cours de tests pour un nouveau type de missile de croisière, référencé 9M730 Burevestnik par les Russes et SSC-X-9 Skyfall par l’OTAN », que le président Poutine a présenté en mars 2017 au Parlement russe comme « un missile à propulsion nucléaire ».

Le communiqué précisait que « cette expression peut recouvrir deux réalités distinctes : 1. l’utilisation de l’énergie produite par une source radioactive ; 2. l’utilisation de l’énergie libérée par les réactions de fission au sein d’un réacteur nucléaire ». La CRIIRAD avait considéré que la première hypothèse était la plus probable, tout en précisant qu’en matière d’applications militaires, il fallait rester prudent. « De toute façon, qu’il s’agisse d’une source radioactive ou de combustible nucléaire, l’explosion a concerné des matières radioactives ». 

La présence de produits de fission semble a priori valider l’hypothèse la moins probable, celle de l’utilisation d’un réacteur nucléaire miniaturisé, mais les interrogations sur le cocktail radioactif identifié invitent à réfléchir à des dispositifs non conventionnels. Dans ce contexte, une troisième hypothèse pourrait être envisagée, qui participerait des deux hypothèses précédentes : une source radioactive serait bien utilisée comme source d’énergie (l’énergie produite par les désintégrations) [10] mais sa puissance serait dopée par l’utilisation d’un élément léger (béryllium, lithium…) qui permettrait d’utiliser de l’énergie de fission. Un article de 2011 [11] fait état d’un dispositif de ce type dénommé «Advanced Subcritical Assistance Radioisotope Thermoelectric Generator » (ASA-RTG) (générateur thermoélectrique à radio-isotopes à assistance sous-critique avancée).

L’ASA-RTG décrit dans l’article est constitué d’une source de plutonium 238 dont les désintégrations produisent de la chaleur qui est convertie en électricité (l’énergie de la particule alpha expulsée à chaque désintégration est d’environ 5,6 MeV). Ces particules alpha, éjectées du noyau à très grande vitesse, ont également la capacité  de provoquer  des réactions alpha-neutron lorsqu’elles interagissent avec les atomes d’un élément léger (azote, béryllium, bore, lithium..). Une cible de béryllium ou de lithium peut ainsi produire un flux de neutrons qui va produire des fissions et générer ainsi un surcroît d’énergie. Ces fissions peuvent être produites dans les noyaux de plutonium 238 mais une petite quantité de matière fissile (par exemple du plutonium 239 ou de l’uranium 235) peut également être ajoutée. L’énergie libérée lors de la fission est très supérieure à celle émise lors des désintégrations (environ 200 MeV pour la fission d’un noyau de plutonium 238). Cet apport d’énergie supplémentaire permettrait d’optimiser le dispositif et de pallier la pénurie de plutonium 238 [12].

Des hypothèses, des questions et des contradictions

Un tel dispositif pourrait donc expliquer la présence de produits de fission mais il reste à relier les radionucléides présents dans l’air de Severodvinsk à un dispositif de ce type qu’il s’agisse de plutonium 238 ou d’un autre radionucléide.

Le fait que cet équipement soit un projet américain qui pourrait être développé pour la Nasa n’est pas forcément contradictoire car la Russie pourrait travailler en parallèle sur un concept voisin. En revanche, si on comprend l’utilité d’un tel dispositif pour des sondes envoyées dans l’espace lointain, son intérêt pour un missile de croisière reste un mystère (à moins d’imaginer la vision cauchemardesque d’un missile de croisière en orbite autour de la terre ?!).

On ne peut d’ailleurs exclure que le test ait concerné un nouveau moyen de propulsion pour l’exploration spatiale. Le système de propulsion a bien été testé sur une base militaire dédiée aux essais de missiles et le président Poutine a effectivement évoqué un nouveau type de missile équipé d’un réacteur nucléaire. Cependant vu le niveau de désinformation habituel et la quantité d’informations manquantes, il faut rester très prudents dans les interprétations.

Un réacteur au plutonium 239 ?

Une information que la CRIIRAD n’a pas pu vérifier fait état d’un assemblage de 70 kg de plutonium 239 qui aurait été totalement détruit par l’explosion. Elle a été publiée sur le média « Русский еврей » [13] qui semble mentionner la « BBC » sans qu’il soit possible de trouver l’écho de cette information dans les publications en ligne de ce média. L’information proviendrait des services de renseignement britanniques et aurait été rapportée par l’attaché d’ambassade du Royaume-Uni (probablement à Moscou mais ce n’est pas précisé).

Si l’information est confirmée, nous ne serions donc plus dans l’hypothèse d’une source radioactive associée à un dispositif de fission mais en présence d’un réacteur nucléaire miniaturisé avec un assemblage de tubes contenant un combustible au plutonium 239. Compte tenu de la très forte radiotoxicité de ce radionucléide et de sa très longue période radioactive (24 000 ans), cette hypothèse est l’une des pires que l’on puisse envisager.

À ce jour, nous restons donc plus que jamais au stade des hypothèses et des questions : sur la nature et l’activité des matières radioactives, voire fissiles, utilisées ; sur la nature de l’engin qui a explosé ; sur la nature et la quantité des substances radioactives et chimiques qui ont été dispersées ; sur les doses de rayonnements reçues par les personnes affectées que ce soit par exposition externe ou interne ; sur le niveau de contamination du milieu terrestre et surtout aquatique ; et même sur le nombre des explosions !

Les relevés de NORSAR

Le communiqué publié par l’institut de recherche norvégien NORSAR conduit en effet à s’interroger sur les circonstances de l’explosion.  Sur la base d’enregistrements sismographiques et acoustiques datant du jour de l’accident, ils concluent en effet à la probabilité de deux explosions successives :

  • Le 1er événement a été enregistré le 8 août à 6 h TU [14] à la station de Bardufoss, dans le nord-ouest de la Norvège, par les capteurs d’infrasons (sons de basse fréquence). Il a également été enregistré sur les relevés sismiques, ce qui signifie qu’il s’est produit soit au niveau du sol, soit à son contact (par exemple dans l’eau).
  • Le second évènement a été enregistré environ 2 heures plus tard, autour de 8 h TU [15], toujours à la station de Bardufoss mais seuls des infrasons ont été enregistrés. Ce second signal, plus faible que le premier mais caractéristique d’une explosion, a été confirmé par d’autres stations norvégiennes et finlandaises. L’absence d’anomalie sur les relevés sismiques impliquerait une explosion survenue dans l’atmosphère.

Le communiqué de NORSAR précise qu’une analyse plus poussée de l’événement, incluant des données sismiques supplémentaires, indique qu’il peut également provenir d’une activité minière en Finlande mais la formulation est ambigüe et il est difficile de savoir si cette mention s’applique au premier évènement (ce qui serait logique) ou au second [16].

Il importe d’éclaircir ces questions car l’impact de l’explosion qui a disséminé les produits radioactifs est évidemment très différent selon que l’explosion a eu lieu sur la plate-forme, sous l’eau, à 100 mètres d’altitude, 500 mètres ou plus. 

NOTES :

[1] Analyse permettant de détecter les radionucléides qui émettent des rayonnements gamma.

[2] La période radioactive est le temps nécessaire pour que l’activité d’un radionucléide diminue de moitié (en 2 périodes, elle est divisée par 4, en 3 périodes par 8, etc. Les valeurs mentionnées sont tirées de « table of radioactive isotopes », Browne and Firestone, 1986.

[3] Le produit radioactif auquel il donne naissance en se désintégrant.

[4] Le Sr 91 est également un produit d’activation du Zr 94.

[5] Le Ba 139 est également un produit d’activation du Ba 138.

[6] Cf. communiqué CRIIRAD du 13/08/2019.

[7] Hormis, pour certains des radionucléides utilisés,  un très faible taux de fissions spontanées.

[8]  À la différence du krypton 91 et des isotopes 139 et 140 du xénon dont la présence peut être déduite de celle de certains de leurs descendants qui sont radioactifs, piégés par le filtre à aérosols et identifiables par spectrométrie γ.

[9] Cf. Explications et carte dans le communiqué CRIIRAD du 21/08/2019.

[10] Ce dispositif est utilisé depuis longtemps pour l’exploration spatiale. En anglais, il est désigné par le sigle RTG pour Radioisotope Thermoelectric Generator. Quelques kilogrammes de plutonium 238 permettent de fournir de la chaleur et de l’énergie pendant des décennies. Avec une période radioactive de 88 ans, ce radionucléide est adapté aux explorations lointaines. Voir explications dans le communiqué du 13/08/2019.

[11] http://www.jbis.org.uk/paper.php?p=2011.64.314

[12] L’arrêt des unités de production du plutonium 238 a conduit à la diminution des stocks et à la nécessité d’économiser cette matière ou de lui chercher des remplaçants (l’Europe a étudié le recours à l’américium 241).

[13] Attention aux virus (la page de ce média est infectée).L’article a été publié le 27/08/2019 sous le titre : «  Разведка Британии — в России взорвалась грязная плутониевая бомба » (« Renseignements britanniques – Une bombe au plutonium sale explose en Russie »). Le titre est trompeur puisque le contenu même de l’article fait état d’un combustible au plutonium et non d’une bombe.

[14] TU = Temps Universel : 6 h TU correspondent à 9 heures, heure locale, à Arkhangelsk et à 8 h en France.

[15] Soit 11 heures dans la région d’Arkhangelsk et 10 h en France.

[16] Un courriel va être adressé aux responsables de NORSAR pour leur demander des précisions.

Publié le 28 août 2019

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https://blogs.mediapart.fr/association-criirad/blog/280819/explosion-en-russie-des-produits-de-fission-dans-le-panache-radioactif

Août 29

CENTRALE NUCLÉAIRE DE PENLY : PERTE DES ALIMENTATIONS ÉLECTRIQUES EXTERNES – RÉACTEUR 2

Le 19 août 2019, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire un événement significatif relatif à la sûreté concernant la perte totale des alimentations électriques externes du réacteur 2 pendant 25 minutes.

Par conception, ce réacteur comporte deux sources électriques externes (transformateur de soutirage et transformateur auxiliaire), deux sources électriques internes (deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel) et une turbine à combustion permettant de pallier l’indisponibilité ou la défaillance d’un groupe électrogène.

Le 15 août 2019, le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Penly était en arrêt programmé, avec son combustible déchargé et entreposé dans la piscine du bâtiment combustible, dont le refroidissement doit être assuré de façon continue grâce à des pompes alimentées en électricité. Le transformateur auxiliaire et l’un des deux groupes électrogènes de secours étaient consignés pour maintenance. Dans cette configuration, l’autre source électrique externe (transformateur de soutirage) assurait l’alimentation électrique et une deuxième source électrique interne (deuxième groupe électrogène de secours ou, à défaut, turbine à combustion) devait être disponible en cas de perte de l’alimentation électrique externe.

À 10h52, un aléa lors d’un contrôle des protections électriques de l’alternateur a provoqué l’ouverture du disjoncteur du transformateur de soutirage et donc l’indisponibilité de cette alimentation électrique externe. Les alimentations électriques de secours (groupe électrogène et turbine à combustion) ont alors pris le relais de l’alimentation principale. L’exploitant a appliqué les procédures de conduite incidentelle, et les pompes assurant le refroidissement de la piscine d’entreposage du combustible ont à nouveau été alimentées électriquement.

À 11h40, après investigation et interventions, l’alimentation par le transformateur de soutirage a été rétablie.

Cet écart n’a pas eu de conséquence sur le personnel et l’environnement. Cependant, compte tenu de la perte totale des alimentations électriques externes du réacteur, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 29/08/2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Perte-des-alimentations-electriques-externes-reacteur-2

Août 29

ESSAIS NUCLÉAIRES : LES AFRICAINS ATTENDENT TOUJOURS DES INDEMNISATIONS

L’humanité célèbre ce 29 août la Journée Internationale contre les essais nucléaires. Elle a été instituée en 2009 lors de l’Assemblée générale Nations unies conformément à la résolution 64/35.

Pour l’ONU, il est question de faire prendre conscience à l’humanité « des dégâts occasionnés pendant ces campagnes d’essais nucléaires ». Malformations congénitales, infirmités, …. Les conséquences sur la santé humaine sont aussi graves que nombreuses. En outre, des études, des sols ont été contaminés aux substances radioactives dans les sites d’essais nucléaires.

En cette 10ème journée internationale contre les essais nucléaires, des observateurs pensent probablement à des milliers d’Africains dont les sites ont été utilisés par la France pour tester ou exprimer sa puissance nucléaire. Parmi ces sites, celui de Reggane dans l’Adrar en Algérie (4 essais aériens de 1960 à 1961) et d’In Ecker dans le massif du Hoggar au sud de l’Algérie (13 essais souterrains de 1961 à 1966).

Penser à ces victimes signifie avant tout faire allusion à l’indemnisation. « La France n’a indemnisé ni reconnu aucune victime algérienne jusqu‘à ce jour », confiait il y a deux ans au site Sputnik, le docteur Ammar Mansouri, chercheur en génie nucléaire au centre de recherche nucléaire de Draria.

Une exclusion subie également par les Polynésiens riverains des sites d’essais nucléaires (193 essais de 1966 à 1996). Y compris par beaucoup de Français, car jusqu’ici seules quelque 125 victimes ont eu droit à des indemnisations.

C’est dire que pour les Africains, et même pour les Polynésiens, le chemin semble encore bien loin, pour que soit appliquée la loi no 2010-2 du 5 janvier 2010 dite loi Morin, portant création du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN).

Par John Ndinga Ngoma, publié le 29 août 2019

https://fr.africanews.com/2019/08/29/essais-nucleaires-les-africains-attendent-toujours-des-indemnisations/

Août 29

LA CORÉE DU NORD BIENTÔT ÉQUIPÉE D’UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE ?

Le pays dirigé par Kim Jong-un est-il sur le point d’obtenir un nouveau sous-marin capable de lancer des missiles nucléaires ? C’est une possibilité prise au sérieux par certains observateurs.

L’inquiétude provient d’images incluses dans un rapport du Centre pour les Études Stratégiques et Internationales (CSIS) de Washington dévoilé le 28 août. Ces photos satellites, prises au-dessus d’un chantier naval à Sinpo, dans l’ouest du pays, attestent des déclarations faites par la télévision d’état quelques semaines auparavant.

Sur le même sujet : ArmementLa Corée du Nord annonce que Kim Jung-un a supervisé le test d’un «lance-missiles multiple»

Il ne s’agirait pas du premier sous-marin d’attaque de l’armée nord-coréenne, puisqu’ils en ont déjà construit un premier en 2016, déjà capable de lancer des missiles. La différence étant que le premier ne pouvait tirer qu’un coup à la fois, quand la nouvelle version serait capable de tirer plusieurs missiles à la fois. «La construction et la mise en service d’un vrai sous-marin lance-missiles pourrait représenter une aggravation de la menace balistique et nucléaire de la Corée du Nord, et compliquer les plans de défense dans la région», explique le rapport. 

Loin d’être simplement une idée posée seulement sur papier, le sous-marin pourrait même être prêt à se lancer dans une phase de test. Si l’on ne sait pas exactement depuis quand la construction du sous-marin a été imaginée, elle a certainement été accélérée après les récentes discussions infructueuses avec les États-Unis

Sur le même sujet : Corée du NordDonald Trump assure que Kim Jong un veut bientôt reprendre les négociations sur le nucléaire

Alors qu’ils s’étaient rencontrés à deux reprises, Kim Jong-un et Donald Trump semblent bloqués dans les discussions depuis plusieurs mois. Ri Yong Ho, ministre des Affaires étrangères de Pyongyang a même assuré que son pays resterait «pour longtemps la plus grande menace pour les États-Unis». Mike Pompeo, secrétaire d’État américain a même été traité de «toxine irréductible».

Par CNEWS, publié le 28/08/2019 à 18h00

Photo en titre : photo satellite qui prouverait la construction du sous-marin [©Airbus]

https://www.cnews.fr/divertissement/2019-08-28/la-coree-du-nord-bientot-equipee-dun-sous-marin-nucleaire-873551

Août 29

IL Y A 70 ANS, LA TERREUR NUCLÉAIRE

Les Russes l’appellent RDS-1 ou Premier éclair. Les Américains la baptisent Joe-1, en référence à Joseph Staline. Cette foudre nucléaire soviétique frappe à 7 h du matin le 29 août 1949, il y a donc 70 ans. Elle fait entrer le monde dans une nouvelle terreur atomique, une de plus, après Gadget, première bombe A de l’histoire testée au Nouveau-Mexique en juillet 1945 avant les largages d’Hiroshima et de Nagasaki.

Il faudra un petit mois pour que l’onde de choc se répande dans la population mondiale. Le 23 septembre, le bureau du président américain Harry S. Truman annonce par un communiqué laconique la fin du monopole atomique américain. « Le développement ultérieur de cette nouvelle force par d’autres nations était prévisible, dit le texte. Nous avons toujours pris en compte cette probabilité. »

En vérité, les services de renseignements de Washington n’attendent pas cette percée avant plusieurs années. Le président lui-même doute tellement des données sismiques enregistrées qu’il demande aux scientifiques de reprendre les analyses.

Le Devoir parle du changement de paradigme militaire en une le 26 septembre. « La bombe atomique russe met en danger le Pacte de l’Atlantique », résume le titre qui reprend une déclaration du général de Gaulle. L’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) existait à peine depuis avril. Le général président affirme que dans ce nouveau contexte, « la France devrait donc voir dorénavant à assurer elle-même sa défense ». Le pays va passer de la parole aux actes en développant sa propre bombe, puis en quittant l’OTAN en 1966, jusqu’à sa réintégration complète en 2009.

La course ?

Les répercussions de ce moment-monument se sont fait sentir pendant des décennies. « L’explosion de la bombe soviétique marque une étape dans une course aux armements qui est déjà commencée », nuance Yannick Quéau, directeur de la recherche au Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité, think tank belge.

« Il n’y a pas de précédent avec cette puissance de feu. À la longue, le gonflement des stocks a déployé des capacités de destruction massive de la vie et de l’humanité. » Yannick Quéau

C’est l’évidence même : pour arriver à cette étape, il fallait déjà être engagé sur le chemin nucléaire. « Quand les Américains ont fait sauter leurs bombes pendant la Seconde Guerre mondiale, ils faisaient savoir à tous qu’ils l’avaient et que la course était enclenchée. Avec sa propre bombe, l’URSS assure son statut de « Super Grand », comme on disait dans la terminologie de la guerre froide. »

Les mots et les choses de l’époque font frémir. On parlait aussi d’équilibre de la terreur. Les écoliers visionnaient des films pour apprendre à se cacher sous leurs pupitres en cas d’attaque. Les plus riches se faisaient construire des abris antiatomiques. Une frayeur pré-apocalyptique s’étendait partout.

« L’arme nucléaire couplée à la technologie des missiles donne à un nombre extrêmement réduit de dirigeants la capacité d’annihiler des dizaines de milliers de personnes en quelques minutes, dit le directeur Quéau, rejoint à Bruxelles. Il n’y a pas de précédent avec cette puissance de feu. À la longue, le gonflement des stocks a déployé des capacités de destruction massive de la vie et de l’humanité. »

Certaines catastrophes ont été évitées de justesse. La page Wikipédia sur les « close calls », liste onze attaques connues.

Le Traité international sur la non-prolifération des armes nucléaires adopté en 1968, et presque universellement signé, fait que le club très sélect des puissances atomiques comprend maintenant les États-Unis (1945), la Russie (1949), la Grande-Bretagne (1952), la France (1960), la Chine (1964), l’Inde (1974), le Pakistan (1998) et Israël. L’Afrique du Sud a renoncé à développer sa bombe. L’Iran et la Corée du Nord ont des programmes nucléaires toujours d’actualité. Les deux supers géants ont négocié des traités pour réduire et détruire des stocks d’armes.

« Là où il y a eu et où il peut encore y avoir des risques, c’est dans un pays comme le Pakistan, dit M. Quéau. Des sites de stockage ont été pris pour cible par des groupes islamistes. Mais il y a aussi beaucoup de fantasmes. Ce n’est pas si simple que ça de mettre la main sur une arme nucléaire. »

Quelle course ?

Par contre, la course reprend de plus belle pour les armes conventionnelles. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la valeur totale des transferts d’armes dans le monde dépasse les 120 milliards $ en 2017, en constante augmentation (+23 % en 2014-2018 par rapport à 2004-2008). Les dépenses militaires totalisent plus de 2,2 billions en 2018, plus haut sommet depuis 1988.

« Je n’aime pas parler de course aux armements », corrige à son tour la Québécoise Aude Florent, directrice de programme du SIPRI depuis plusieurs années. Elle a été jointe à Stockholm.

« Le terme est daté de l’époque nucléaire. Et même s’il y a effectivement une forme de compétition, je trouve que cette notion n’est pas adaptée à la dynamique actuelle. Déjà l’URSS, ce n’est pas la Russie et inversement. Ensuite, l’économie mondiale a changé radicalement. Finalement, les compagnies d’armements sont très internationalisées. »

Elle donne l’exemple de la compagnie française Naval Group, qui vient de signer en Australie un contrat stratégique de 50 ans et de 45 milliards $ pour la construction de 12 sous-marins.

« Tout a changé objectivement depuis la période de la guerre froide et il nous faut d’autres concepts pour caractériser la situation internationale et sécuritaire de notre temps. Tout a changé : les enjeux et les idéologies, les technologies et l’économie et il me semble trop facile de ramener de vieilles notions pour comprendre et expliquer notre époque. »

Le concept de course aux armements semble d’autant moins pertinent que les États-Unis dominent totalement ce monde. À elles seules, les dépenses militaires américaines représentent plus du tiers du total mondial en 2018.

« La course, s’il faut vraiment l’appeler comme ça, elle est déjà gagnée, résume la spécialiste. Les États-Unis sont beaucoup plus imposants que la Chine ou la Russie du point de vue militaire. Combien de pays peuvent s’acheter 2500 avions-chasseurs F-35 ? Les États-Unis en ont plus pour eux-mêmes que tous ceux transférés à d’autres pays. Il ne faut pas entrer dans un monde fantaisiste où la Russie serait capable de compétitionner. »

Mme Florent explique aussi que le nucléaire est passé au second plan des enjeux sécuritaires. Les ententes des années 1990, après l’effondrement de l’URSS, ont réduit le nombre des armes atomiques. Les recherches de point portent maintenant sur de nouveaux types d’armes, les missiles hypersoniques, les drones et d’autres armes robotisées, sur l’intelligence artificielle surtout qui vont complètement révolutionner la guerre en frappant ses propres éclairs.

Par Stéphane Baillargeon, publié le 29 août 2019

https://www.ledevoir.com/societe/561521/ou-en-est-la-course-aux-armements

Août 29

THREE MILE ISLAND FERME, C’EST LÀ QUE C’ÉTAIT PRODUIT LE PIRE ACCIDENT NUCLÉAIRE DES ÉTATS-UNIS

Fin septembre, la centrale de Three Mile Island, en Pennsylvanie, aux États-Unis, fermera définitivement ses portes. Soit plus de 40 ans après la catastrophe nucléaire du 28 mars 1979. Malgré sa gravité, l’accident est vite tombé dans l’oubli. Voici le récit d’un drame évité de justesse.

La centrale nucléaire de Three Mile Island, en Pennsylvanie, fermera définitivement ses portes dans un mois, le 30 septembre 2019. Cette centrale a été le théâtre de la pire catastrophe nucléaire des États-Unis.

Tout a commencé le 28 mars 1979, près de dix ans avant la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Cette nuit-là, une panne dans la partie non-nucléaire de la centrale américaine entraîne d’abord une hausse de la pression, dans le circuit primaire d’eau du cœur du réacteur numéro 2.

Celui-ci s’arrête alors automatiquement par sécurité et une soupape se déclenche pour faire retomber la pression.

Les erreurs s’enchaînent

Mais alors qu’elle aurait dû se refermer automatiquement une fois la pression retombée, la soupape reste ouverte et un voyant indique de manière erronée en salle de contrôle qu’elle s’est refermée. De l’eau de refroidissement s’échappe alors par la valve, entraînant la surchauffe rapide du réacteur.

Trois heures plus tard, une alerte générale est finalement décrétée dans la centrale après l’explosion d’une valve de l’une des pompes de réacteur.

Sur place, c’est la panique. Les opérateurs sont pratiquement aveugles, noyés par la fumée et le flux des alarmes. Faute de disposer de bonnes informations et d’analyser correctement la situation, leurs erreurs s’enchaînent.

Ils prennent des décisions ayant pour conséquence de réduire encore le niveau d’eau de refroidissement dans le cœur. La température du combustible nucléaire s’élève alors dangereusement et le cœur commence à fondre. Finalement, ils finissent par comprendre la situation et à réinjecter de l’eau.

La fuite radioactive jugée « très minime »

À la télévision, des images aériennes montrent la centrale fumante. « Il semble que le taux de radioactivité de cette vapeur dégagée soit supérieur aux taux admis dans lenceinte et à lextérieur de lusine », explique le journaliste. Pourtant, le personnel est filmé sans protection particulière devant la centrale.

Le commentateur précise que l’alerte n’a été donnée que trois heures après le début de l’accident, car la fuite radioactive a été jugée « très minime ».

Mais il n’en est rien. Le 30 mars, les autorités américaines annoncent qu’il faut se préparer à l’évacuation de quatre comtés autour du site contaminé, soit environ 950 000 personnes. Après l’annonce d’une nouvelle fuite de « gaz rare », le gouverneur évacue ensuite les femmes enceintes et les enfants dans un rayon de 8 kilomètres autour de la centrale. Les écoles sont également fermées.

Dans un rayon de 16 kilomètres, les habitants ont la consigne de « rester calfeutrés chez eux ». Aux États-Unis, la tension est palpable.

Les jours qui suivent, les autorités tentent de rassurer la population. Le 1er avril, le président américain de l’époque, Jimmy Carter, se rend sur place pour calmer les esprits. Le 9 avril, le directeur de la régulation des réacteurs nucléaires du NRC (Commission de réglementation nucléaire des États-Unis), Harold Denton, annonce que la situation est rétablie. Et, le 30 avril, le gouverneur annule l’ordre d’évacuation des femmes et enfants.

Pourtant, les mesures effectuées sur place indiquent que les habitants ont reçu, en une journée, autant de radiations qu’en un an.

Les suites de l’accident

Ce n’est que six ans plus tard qu’il a été possible de pénétrer à nouveau dans le cœur de la centrale nucléaire. Il a été constaté que 45 % du cœur avait fondu, et que 20 % de ce dernier avait coulé au fond de la cuve, sans pour autant provoquer d’explosion ni de dégagement de vapeur. Il était désormais acté qu’un accident gravissime avait été évité de justesse.

Et c’est sûrement parce qu’elle a été évitée et que par conséquent, qu’aucune mort directe n’a pu lui être attribuée, que la catastrophe nucléaire est tombée dans l’oubli.

Pourtant, elle n’a rien de « minime », comme le prétendaient les autorités de l’époque. L’accident a été classé au niveau 5 de l’échelle internationale des accidents nucléaires Ines (Échelle Internationale des Événements Nucléaires, créée après Tchernobyl pour évaluer la gravité d’un incident ou d’un accident dans le domaine nucléaire). À titre de comparaison, Tchernobyl et Fukushima ont atteint le niveau maximum de 7.

Nombre d’études ont été faites depuis pour déterminer les conséquences sanitaires sur la population aux alentours de la centrale nucléaire. Si certaines concluent que cet accident n’a provoqué ni décès ni blessures, ni d’effets néfastes pour la santé, d’autres affirment le contraire. Une chose est sûre : cet événement s’est accompagné d’une grande perte de confiance de la population américaine envers le nucléaire.

Depuis l’accident, beaucoup d’habitants souhaitaient la fermeture de la centrale. Mais des élus de Pennsylvanie, un État dont environ 40 % de l’électricité provient aujourd’hui du nucléaire, espéraient faire adopter un plan de sauvetage au nom des quelque 675 emplois en jeu. Finalement, faute de plan pour sauver ces derniers, Three Mile Island fermera ses portes définitivement en septembre.

Source : Ouest France, publié le 29/8/2019

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/59635/reader/reader.html#!preferred/1/package/59635/pub/85806/page/9

Août 28

JAPON: BRAS DE FER ENTRE TEPCO ET LES ÉLUS À PROPOS DE LA FERMETURE DE RÉACTEURS NUCLÉAIRES À LA CENTRALE DE KASHIWAZAKI-KARIWA

En juin 2017, le maire de Kashiwazaki avait demandé l’arrêt définitif d’au moins un réacteur de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, dans la province de Niigata, en échange de son accord pour le redémarrage des réacteurs 6 et 7. Un de ses arguments était que l’exploitation de 7 réacteurs était trop risquée. Il demande aussi un échéancier pour l’arrêt de tous les réacteurs.

En août 2018, lors d’une rencontre avec le maire de Kashiwazaki, le PDG de TEPCo avait expliqué, pour la première fois, que cette demande était considérée sérieusement. Il n’a pas été beaucoup plus spécifique.

Une nouvelle rencontre vient d’avoir lieu et TEPCo reste assez évasive dans sa réponse, mais le maire semble s’en satisfaire pour le moment. Le PDG aurait dit que 5 ans après le démarrage d’un réacteur, la compagnie enclenchera les démarches qui pourraient conduire à l’arrêt définitif d’un ou plusieurs réacteurs. Il n’est pas sûr que cette promesse soit suffisante pour obtenir l’assentiment des conseils municipaux.

Le gouverneur de Niigata, quant à lui, avait précisé qu’il ne souhaitait pas négocier avec TEPCo tant que la commission d’enquête sur la catastrophe de Fukushima mise en place par la province n’a pas fini ses travaux.

Les 7 réacteurs à eau bouillante de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa sont à l’arrêt et TEPCo veut redémarrer les tranches 6 et 7, qui ont obtenu une autorisation sous condition de l’autorité de régulation nucléaire. Elle en a besoin pour redresser partiellement ses finances. Les réacteurs 2, 3 et 4 sont à l’arrêt depuis le séisme de 2007 ! Le réacteur 1, mis en service en 1985, aura 40 ans en 2025.

Dans son communiqué de presse, TEPCo explique qu’elle a besoin des réacteurs 1 à 5 pour fournir une énergie décarbonée, le temps de préparer sa transition énergétique vers les renouvelables. Mais le calendrier n’est pas bien connu pour le moment. Ce n’est pas très crédible quand on sait que 3 de ces 5 réacteurs sont à l’arrêt depuis 2007…

TEPCo n’a pas renoncé à construire un réacteur nucléaire à eau bouillante à la centrale de Higashidôri, dans la province d’Aomori. Selon l’Asahi, elle pourrait s’allier à Chûbu Electric, et aux constructeurs Hitachi et Toshiba. Les négociations sont en cours. Les deux constructeurs n’ont jamais exploité de centrale. Toshiba s’est retiré du marché de la construction et Hitachi a renoncé à son projet au Royaume Uni pour des raisons financières. Cela ferait un drôle d’attelage…

Autrement, TEPCo va commencer à vendre de l’électricité dans le Tôhoku et à l’autre bout du pays, sur l’île de Kyûshû. Son précédent déploiement dans le Chûbu et dans le Kansai lui aurait permis de gagner 50 000 nouveaux clients, ce qui n’est pas beaucoup. D’un autre côté, TEPCo a perdu des clients à Tôkyô où la concurrence est venue s’installer, de l’ordre de 20%, selon le Yomiuri.

Publié le 27 août 2019

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

Août 28

BERLIN, LONDRES ET PARIS VEULENT UN MAINTIEN DES SANCTIONS CONTRE LA CORÉE DU NORD

(Nations unies) L’Allemagne, le Royaume-Uni et la France ont souligné mardi la nécessité de maintenir les sanctions internationales contre la Corée du Nord après ses derniers essais de missiles, à l’issue d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU requise par les trois pays.  

« Les sanctions internationales doivent être maintenues et être pleinement et strictement appliquées jusqu’à ce que les programmes nucléaire et balistique nord-coréens soient démantelés », ont affirmé les trois pays dans une déclaration lue par l’ambassadeur allemand adjoint, Jürgen Schulz.  

« Nous sommes très inquiets par la série de tirs de missiles balistiques par la Corée du Nord au cours des dernières semaines » qui représentent « des violations des résolutions du Conseil de sécurité », a-t-il aussi dit.

La Corée du Nord a testé samedi un « lance-missiles multiple », suscitant la réprobation des États-Unis et du Japon. Les essais de missiles à courte portée effectués en août par la Corée du Nord ont été interprétés comme la volonté d’exprimer son mécontentement devant des manœuvres militaires conjointes menées par les forces sud-coréennes et américaines.

Pyongyang « doit prendre des mesures concrètes pour une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible », précise la déclaration européenne, en demandant à la Corée du Nord « de s’engager dans des négociations significatives » avec les États-Unis.

La Corée du Nord est notamment soumise à trois régimes de sanctions adoptés en 2017 par l’ONU pour lui faire arrêter ses programmes d’armements nucléaire et balistique. Ils concernent notamment des limitations d’importations de pétrole et des interdictions liées aux exportations nord-coréennes de charbon, pêche ou textile.

Dans le passé, à la faveur du rapprochement opéré entre la Corée du Nord et les États-Unis, la Chine et la Russie ont réclamé une levée de sanctions afin d’engager la dénucléarisation de la péninsule. Jusqu’à présent, les États-Unis ont refusé cette perspective. Mardi, Pékin et Moscou ont mis en avant les conséquences humanitaires des sanctions lors de la réunion du Conseil, selon une source diplomatique.

Par Agence France-Presse, publié le 27 août à 14h14

https://www.lapresse.ca/affaires/economie/201908/27/01-5238907-berlin-londres-et-paris-veulent-un-maintien-des-sanctions-contre-la-coree-du-nord.php

Août 28

LA CHINE SOUTIENT TOUS LES EFFORTS POUR SAUVEGARDER L’ACCORD NUCLÉAIRE IRANIEN

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré que la Chine soutenait tous les efforts déployés pour préserver l’accord sur le programme nucléaire iranien, connu sous le nom de Plan global d’action conjoint (JCPOA) qui était au cœur des discussions au sommet du G7 à Biarritz.

«Sur la question nucléaire iranienne, la Chine préconise toujours la désescalade par le dialogue et la consultation», a déclaré Shuang mercredi lors d’une conférence de presse. «La Chine a insisté depuis le début sur le fait que le dialogue et la consultation sont la seule approche valable, alors que la confrontation et le conflit ne mèneront à rien

Faisant référence à la rencontre du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif ce lundi 26 août à Pékin avec son homologue chinois Wang Yi, il a confirmé le soutien de la Chine à tous les efforts en faveur du maintien du JCPOA.

La Chine est déterminée à continuer de travailler avec les parties concernées pour défendre et mettre en œuvre le JCPOA afin de faciliter le règlement politique et diplomatique de tout différend concernant le programme nucléaire iranien et jouer un rôle constructif pour réduire les tensions dans la région du golfe Persique.

Zarif est arrivé lundi matin dans la capitale chinoise pour discuter des derniers développements régionaux et internationaux et de questions d’intérêt mutuel.

La visite de Zarif en Chine a eu lieu à l’invitation officielle de son homologue chinois Wang Yi.

Date de publication: 28 août 2019 à 10h38

https://fr.news-front.info/2019/08/28/la-chine-soutient-tous-les-efforts-pour-sauvegarder-l-accord-nucleaire-iranien/

Août 28

TRENTE ANS APRÈS TCHERNOBYL, LA RADIOACTIVITÉ CONTAMINE TOUJOURS LES ENFANTS

Des enfants ukrainiens, russes et biélorusses qui n’étaient pas nés au moment de l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl vivent contaminés par la radioactivité. L’association Les enfants de Tchernobyl en accueille chaque été en France pour faire baisser leur taux de césium 137 et réduire les risques pour leur santé.

Muhlbach-sur-Munster (Haut-Rhin), reportage

Ce samedi de juillet, Anastasiia, Bogdan et des dizaines d’autres enfants ukrainiens se sont donné rendez-vous à l’ancienne station de ski de Gaschney (massif des Vosges) avec leur famille d’accueil. L’ancien domaine, flanqué d’une forêt et de sentiers de randonnées, offre un cadre bucolique à cette journée festive. Au programme : balades, jeux et pique-nique. À les regarder jouer, on en viendrait à oublier qu’ils sont tous originaires de villages contaminés par l’accident de Tchernobyl survenu en 1986.

Pour ces jeunes, le départ en vacances a commencé d’une curieuse façon. Avant de décoller pour la France, les quatre-vingt-douze enfants ukrainiens, âgés de 8 à 17 ans, se sont rendus à Kiev pour mesurer leur charge corporelle en césium 137. Cet élément, issu de la fission de l’uranium, est un des marqueurs de la présence de radioactivité. Ce séjour estival loin de chez eux devrait leur permettre de faire baisser leur taux de radioactivité.

Pour vingt d’entre eux, c’est leur premier séjour en famille d’accueil. Pour les autres, les retrouvailles étaient très attendues, du côté des familles d’accueil comme des enfants. L’association Les enfants de Tchernobyl organise ces séjours depuis 1993 et accueillait cet été ses 56e et 57e groupes, soit 161 enfants pour 2019 : en juillet les Ukrainiens et en août les enfants russes.

La contamination par l’alimentation est la plus nocive 

« Ce sont des enfants de familles très pauvres. Ils n’ont pas souvent la possibilité d’aller vivre ailleurs », explique Catherine Albie, membre de l’association, qui s’est rendue plusieurs fois dans les villages à proximité de la centrale ukrainienne. La population avait été évacuée dans une zone d’exclusion de trente kilomètres autour de la centrale dès 1986, sans que le périmètre soit élargi depuis. Or, des villages bien plus éloignés présentent toujours des taux de césium 137 trop élevés.

Thierry Meyer, président et fondateur de l’association Les enfants de Tchernobyl, se rend régulièrement en Ukraine pour rencontrer les habitants ou aider à mesurer la radioactivité des sols. « On a rencontré la directrice de l’hôpital de Narodytchi qui nous a dit que sur un peu plus de mille enfants qui passent dans l’établissement pour des bilans de santé annuels (organisés par l’école), aucun enfant n’est en bonne santé. » Cette ville se situe à une centaine de kilomètres de Tchernobyl. Comme à Novozybkov, en Russie, d’où proviennent les enfants accueillis au mois d’août. La ville, jamais évacuée malgré son classement en « zone d’évacuation », peut révéler des taux de césium supérieurs à certains endroits de la zone interdite de Tchernobyl. Ce fut notamment le cas dans une des cours d’école.

On a du mal à comprendre qu’on puisse continuer à vivre dans ces endroits-là, en Russie, en Ukraine mais aussi en Biélorussie. « Tous les gens qui avaient un peu d’éducation et qui comprenaient ce qu’il se passait sont partis, explique Thierry Meyer. La radioactivité est inodore, incolore, on ne sent rien du tout sur place et la région autour de Tchernobyl est belle, ça peut être difficile à comprendre. »

Thierry Meyer, au micro, et les 92 enfants ukrainiens accueillis en juillet 2019 font face aux familles d’accueil.

La radioactivité des sols et des forêts n’est pas la pire pour la santé. La contamination par l’alimentation est la plus nocive et les habitudes locales ne font qu’empirer les choses. La cueillette, la chasse et la pêche, en plus d’être fermement ancrées dans les habitudes, constituent un moyen de subsistance pour les familles défavorisées. Or, c’est justement dans ces aliments que la radioactivité est la plus forte. Surtout les champignons, qui absorbent de grandes quantités de césium 137 et peuvent constituer le plat principal des familles durant des semaines.

 Autre facteur de contamination : le bois des forêts

L’association Les enfants de Tchernobyl aide aussi ceux qui ne sortent pas des zones contaminées, en leur expliquant par exemple comment préparer les champignons pour qu’ils soient moins radioactifs. Des campagnes d’affichage sont aussi réalisées pour informer les habitants sur les champignons qui absorbent moins de radioactivité.

Autre facteur de contamination : le bois des forêts. « Les choses sont mal faites », commente Catherine. En effet, les familles ukrainiennes vivant dans ces zones se chauffent essentiellement au bois, qu’elles ramassent dans les forêts autour de la centrale. En brûlant, le bois libère des particules de césium 137, lesquelles sont ensuite inhalées. Puis, les cendres étant souvent utilisées comme engrais dans le potager, elles contaminent les aliments cultivés. Et si cela ne suffisait pas à noircir le tableau, les fréquents incendies de forêt remettent en suspension la radioactivité contenue dans les arbres.

« À partir de vingt becquerels par kilogramme de césium 137, on a une augmentation de pathologies cardiaques », explique Thierry Meyer. Or, cette année, plusieurs enfants présentaient des taux de soixante-neuf becquerels par kilogramme. Il a interrogé les enfants sur leurs habitudes. En croisant ces informations avec les résultats du laboratoire de Kiev, sans surprise, Thierry Meyer a constaté que les enfants les plus contaminés sont ceux ayant déclaré manger des champignons ou se chauffer au bois de la forêt voisine.

« L’élément chimique du césium est chimiquement proche du potassium. En présence de radioactivité, le corps se retrouve à fixer du césium à la place du potassium, or, c’est dans les muscles que l’on trouve le plus de potassium dans le corps », explique Thierry Meyer, chimiste de profession. Ainsi a-t-on pu constater des maladies comme l’arythmie cardiaque ou encore des infarctus du myocarde. Mais les pathologies ne se limitent pas au cœur : chez les habitants restés sur place, on constate une augmentation des cancers, des troubles de la thyroïde, ou encore des désordres hormonaux.

Le simple fait de changer d’alimentation suffit à améliorer l’état de santé 

Le séjour en France permet à ces enfants de faire baisser leur taux de césium 137 d’environ 30 % à raison de 10 % par semaine. Le simple fait de changer d’alimentation suffit à améliorer l’état de santé. Suffisamment pour traverser l’automne et l’hiver, soit pendant la saison des champignons, des baies et du chauffage au bois.

Yarina, 8 ans, et sa famille d’accueil.

Françoise et Gilbert ont accueilli pour la première fois la petite Yarina, huit ans. Ils ont attendu d’être à la retraite pour tenter l’expérience. « On avait envie de faire quelque chose d’utile et on savait où allait notre argent », explique Françoise. Leur seule crainte : ne pas pouvoir communiquer avec la petite Ukrainienne. Mais Yarina a très vite su se faire comprendre par la gestuelle et les quelques mots de français qu’elle a appris sur place.

Bodgan, 16 ans, vient depuis neuf ans en France grâce à l’association.

Bodgan, 16 ans, vient pour la neuvième année consécutive en Alsace. « J’avais envie de revenir. C’est comme une deuxième famille pour moi. » Son frère, maintenant âgé de vingt-cinq ans, est aussi venu en France dix étés durant grâce à l’association. Comme d’autres enfants interrogés, Bogdan pensait que le séjour avait surtout pour but de leur offrir des vacances, à eux qui ne partent jamais. « Quand je suis venu pour la première fois, je n’avais pas compris que c’était pour ma santé. » Il parle parfois du problème de la radioactivité avec ses amis, sait que ça touche leur organisme, mais ne se voit pas déménager pour autant.

Cette année, c’est la première fois que l’association a fait venir un « petit-enfant de Tchernobyl » : plus de vingt ans après sa mère, Natalya, le petit Petro a été accueilli dans une famille alsacienne. Tous ces enfants, qui n’étaient pas nés au moment de la catastrophe, souffrent de la radioactivité plus de trente ans après le drame. Ces territoires resteront contaminés pour des dizaines de milliers d’années.

Pour en savoir plus sur l’association Les enfants de Tchernobyl. Si vous souhaitez vous proposer pour l’accueil d’un enfant l’été prochain, vous pouvez contacter l’association dès le mois de novembre.

NDLR : sinon, vous pouvez encore tout simplement faire un don (avec reçu fiscal pour réduction d’impôt)

Puisque vous êtes ici… (message de Reporterre)

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Par  Fanny Laemmel (Reporterre), publié le 28 août 2019

Photo en titre : Thierry Meyer, au micro, et les 92 enfants ukrainiens accueillis en juillet 2019 font face aux familles d’accueil.

Source : Fanny Laemmel pour Reporterre

Photos : © Fanny Laemmel/Reporterre sauf :

. chapô : Les enfants et les interprètes ukrainiennes lors de la sortie à la station du Gaschney, dans les Vosges. Patrick Straub/Les enfants de Tchernobyl.

. Thierry Meyer au micro : © Les enfants de Tchernobyl

https://reporterre.net/Trente-ans-apres-Tchernobyl-la-radioactivite-contamine-toujours-les-enfants

Août 28

IRRÉGULARITÉS ET FRAUDES EN SÉRIE CHEZ UN FOURNISSEUR D’EDF ET ORANO. LE RÉSEAU « SORTIR DU NUCLÉAIRE » DÉPOSE PLAINTE

Décidément, l’industrie nucléaire collectionne les affaires de fraudes et de malfaçons dissimulées ! Aux milliers d’anomalies découvertes sur des pièces issues de l’usine du Creusot, il faut désormais ajouter plus de 200 « irrégularités » découvertes chez Aubert et Duval, fournisseur d’EDF et d’Orano.

Selon EDF, ces irrégularités n’auraient pas de conséquence, mais quel crédit accorder à des acteurs du nucléaire qui s’illustrent par leur opacité et leur manque de rigueur ? Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dépose donc plainte aujourd’hui.

Des consignes de fraude chez un fournisseur de l’industrie nucléaire

Dans une note publiée le 20 août sur son site internet [1], l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) informe que la société Aubert et Duval, filiale de la branche Alliages d’Eramet, qui fabrique de nombreux produits métallurgiques destinés entre autres à l’industrie nucléaire, présentait un certain nombre de « non-conformités » dans ses pratiques de gestion.

Des contrôles ont fait apparaître un « traitement inapproprié de certaines fiches d’anomalies internes issues du processus de production », ainsi que des « modifications de données de laboratoires ». Loin de simples négligences, il s’agit d’un problème systémique : des investigations ont mis en évidence, selon l’ASN, des « consignes qui visaient à modifier des résultats afin de les rendre administrativement conformes aux exigences techniques attendues. » Un phénomène qui rappelle singulièrement le scandale des falsifications massives à l’usine du Creusot [2] ! L’ASN a signalé ces pratiques au procureur de la République.

Comment accorder crédit aux contrôles menés par EDF ?

Orano a demandé à ses sous-traitants de procéder à des vérifications. Quant à EDF, elle a engagé une revue portant sur plus de 4 500 fiches d’anomalies et 700 données issues de laboratoires et d’ateliers métallurgiques sur la période 2011-2018. À ce stade, elle a identifié plus de 200 « écarts » spécifiques, mais en conclue qu’aucun des écarts relevés n’aurait pour conséquence de rendre un de ces matériels inapte à son emploi actuel !

Nous nous interrogeons : quel crédit accorder à ces conclusions d’EDF, sachant que l’entreprise ne brille ni par la qualité de ses contrôles, ni par sa transparence ? Les affaires récentes en ont donné suffisamment de preuves, qu’il s’agisse des pièces abusivement déclarées conformes destinées à l’EPR de Flamanville [3] ou des soudures défectueuses sur le même chantier [4]. Et surtout l’entreprise n’a aucun intérêt à signifier des conséquences sur la qualité et la sûreté de ces matériels car elle pourrait alors se retrouver dans l’obligation de remplacer de nombreuses pièces défectueuses sur ses réacteurs en fonctionnement, y compris sur l’EPR de Flamanville, si celui-ci était concerné aussi.

Un fournisseur qui fraude, un exploitant dont la rigueur des contrôles est régulièrement mise en doute : cette situation illustre une nouvelle fois les failles du système de contrôle de la sûreté nucléaire, où l’on postule que les industriels, de bonne foi, iront déclarer d’eux-mêmes les problèmes !

Nous agissons en justice et appelons l’ASN à rendre publiques les informations dont elle dispose

Ces plus de 200 « irrégularités » viennent s’ajouter aux 879 « non-conformités » et aux 2 982 « anomalies » déjà recensées sur le parc nucléaire français suite au scandale du Creusot. Nous nous interrogeons sur l’impact cumulé d’un tel nombre de défauts, le tout sur un parc nucléaire vieillissant dont EDF souhaite, contre tout bon sens, prolonger la durée de fonctionnement !

Nous demandons à l’ASN de rendre publiques les informations dont elle dispose, en particulier le nombre et la nature des pièces concernées ainsi que les noms des réacteurs qui en sont équipés, et de publier ses échanges avec EDF.

Ces pratiques frauduleuses sont graves et peuvent avoir de lourdes conséquences. La responsabilité des exploitants, qui doivent s’assurer que le matériel que leur livrent les fournisseurs est conforme, doit également être engagée. C’est pourquoi nous déposons plainte aujourd’hui contre Albert et Duval, EDF et contre X afin que toute la lumière soit faite dans cette affaire.

Il est inacceptable que les populations puissent être mises en danger par de telles manœuvres, une telle légèreté dans les contrôles et leurs implications !

Cette nouvelle affaire est une énième preuve qu’il faut absolument et rapidement sortir de l’ère nucléaire.

Lire le dossier juridique : https://www.sortirdunucleaire.org/EDF-irregularites-Aubert-Duval

Retrouvez ici notre campagne en cours « Le nucléaire tue l’avenir, arrêtons le ! » : https://www.sortirdunucleaire.org/Arretons-le 

Notes :

[1https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Irregularites-detectees-chez-le-metallurgiste-Aubert-et-Duval

[2https://www.sortirdunucleaire.org/Falsifications-a-l-usine-Areva-du-Creusot

[3https://www.sortirdunucleaire.org/De-nouvelles-pieces-destinees-a-l-EPR-de

[4https://www.sortirdunucleaire.org/Soudures-defectueuses-sur-le-chantier-de-l-EPR-de

Communiqué publié le 28 août 2019

Contacts presse : Laura Hameaux 06 85 23 05 11, Angélique Huguin 06 88 27 16 06 et Laure Barthélémy 06 58 02 87 22

Chargée de communication : 06 64 66 01 23

https://www.sortirdunucleaire.org/Irregularites-et-fraudes-en-serie-chez-una

Août 28

SORTIR DU NUCLÉAIRE (PLOGOFF). FORTE PARTICIPATION À LA RANDONNÉE

La sixième rando antinucléaire s’est déroulée dimanche, coorganisée cette année par les associations Memor Stourm Plougoñ (Plogoff mémoire d’une lutte) et Sortir du nucléaire Cornouaille.

Après le pique-nique partagé sur l’arrière-dune de la baie des Trépassés, Jean Moalic, président de Memor Stourm Plougoñ, a brièvement rappelé l’historique de la lutte antinucléaire plogoffiste avant de présenter la Japonaise Michiko Yoshii et la Galloise Linda Rogers, deux militantes opposées à la construction de centrales nucléaires au Vietnam et au Pays de Galles.

La randonnée a mobilisé plus d’une centaine de participants qui se sont dirigés à travers la lande vers le port abri de Feunteun Aod, site plogoffiste initialement retenu par EDF pour implanter la centrale atomique. La pause goûter de cette étape a permis à Michiko Yoshii, professeure de sociologie à l’université d’Okinawa, et Linda Rogers enseignante, membre du Pobl Atal Wilfa (« le peuple contre la centrale de Wilfa ») d’exposer au public leurs combats antinucléaires respectifs.

La randonnée s’est achevée à la Pointe du Raz par une projection-débat organisée devant une salle comble dans l’auditorium de la maison du site. Le film reportage de François Jacquemain « Le Dossier-Plogoff » a servi de support au débat, animé par Jean Moalic, qui a suivi.

Publié le 27 août 2019 à 10h45

https://www.letelegramme.fr/finistere/plogoff/sortir-du-nucleaire-forte-participation-a-la-randonnee-27-08-2019-12367940.php

Août 27

PLUSIEURS B-2 FURTIFS US À CAPACITÉ NUCLÉAIRE ARRIVENT EN ANGLETERRE – IMAGES

Les États-Unis ont transféré des bombardiers furtifs stratégiques B-2 au Royaume-Uni, a annoncé le Commandement des forces des États-Unis en Europe (EUCOM).

Plusieurs bombardiers furtifs à capacité nucléaire Northrop B-2 Spirit de l’armée de l’air américaine sont arrivés au Royaume-Uni, a annoncé le Commandement des forces des États-Unis en Europe (EUCOM).

«Une unité de bombardiers furtifs B-2 Spirit, des aviateurs et du matériel de soutien de la 509ème escadre de bombardement de la base aérienne de Whiteman, dans le Missouri, sont arrivés dans la zone de responsabilité du Commandement européen des États-Unis pour un déploiement visant à intégrer le théâtre et l’entraînement au pilotage. Les avions opéreront depuis la base aérienne de Fairford, en Angleterre», indique le commandement dans un communiqué.

Des vidéos qui montreraient l’atterrissage d’un B-2 à Fairford ont été publiées dans les réseaux sociaux. (Pour les visualiser, (49s), cliquer sur le lien en bas de l’article)

Selon le communiqué de l’EUCOM, les B-2 participeront à des exercices conjoints en Europe pour «améliorer l’interopérabilité des bombardiers»

«S’entraîner avec des partenaires, des pays alliés et d’autres unités de l’US Air Force contribue à notre préparation et nous permet d’établir des relations durables et stratégiques nécessaires pour faire face à un large éventail de défis mondiaux», ajoute l’EUCOM.

Le Northrop B-2 Spirit

Le Northrop B-2 Spirit est un bombardier furtif multirôle capable de porter des armes conventionnelles et nucléaires.

Les B-2 Spirit ont pour la première fois été utilisés en Serbie, durant la guerre du Kosovo de 1999. Un B-2 y a notamment bombardé l’ambassade de Chine à Belgrade. Les États-Unis ont également envoyé ces appareils en Afghanistan en 2001, en Irak en 2003, ainsi qu’en Libye en 2011 et en 2017.

Publié le 27.08.2019 à 17h20

https://fr.sputniknews.com/international/201908271041997348-plusieurs-b-2-furtifs-us-a-capacite-nucleaire-arrivent-en-angleterre—images/

Août 27

DES ÉCOLOGISTES LORRAINS DANS L’ATOMIK TOUR

Durant sept mois, une équipe d’écologistes lorrains, dont un habitant de Villers-la-Montagne est partie à la rencontre des Français pour leur poser la question de leur rapport-attachement à l’énergie nucléaire. Cette immense enquête fera l’objet d’un film, qui devrait sortir cet hiver.

Photo HD « Dans le film de bilan de l’Atomik Tour, on essaie de mettre en avant un argumentaire pro et antinucléaire, sur fond de road trip », explique Aymeric Bonetti, l’un des réalisateurs.  Photo RL

Colmar, Metz, Montmédy, Charleville-Mézières, Biarritz, Narbonne, etc. soit cinquante étapes du 16 janvier au 8 août 2019 : c’est la prouesse qu’ont réalisée les membres de l’Atomik Tour, un tour de France dont l’objectif principal était d’aller à la rencontre des Françaises et Français pour en savoir plus sur leur rapport et leur attachement à l’énergie nucléaire. La question posée : « La France nucléaire, est-ce que vous y tenez  » ?

La camionnette et la caravane qui lui était accrochée sont donc parties de Bure, dans la Meuse, où l’État et l’industrie du nucléaire envisagent d’enfouir en grande profondeur les déchets les plus radioactifs des centrales françaises (Cigéo). Le but était de recueillir la parole des habitants du pays, par écrit sur des milliers de feuilles, mais aussi devant la caméra.

Aymeric Bonetti, de Villers-La-Montagne, et ses compères lorrains ont filmé toutes ces rencontres, à la sortie des hypermarchés, sur les places des marchés, dans les rues passantes des communes, sous les abribus. Et souhaitent en réaliser un documentaire collectif, actuellement en phase de montage, mais dont une version de travail a déjà été projetée à Dijon et près de Bure. La matière collectée est en effet immense : plus d’une centaine d’heures d’interviews de gens dans la rue, des dizaines d’heures de débat lors de réunions, conférences, projections organisées, etc. « Ça n’avait jamais été fait avec une telle ampleur. »

« Une grande majorité de personnes sont contre »

« On avait aussi pour objectif de proposer une alternative au débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs organisé depuis mars et jusque fin septembre par l’industrie nucléaire et l’État. Car les citoyens, et notamment les opposants à Cigéo, se souviennent du débat public mis en place en 2005 à Bure. Leur avis avait été balayé, laissé de côté. Un autre débat avait été proposé en 2013, mais il avait été déplacé sur internet, alors que beaucoup de gens n’ont pas d’ordinateur. L’avis des populations ne compte pas, on le voit pour chaque opération de ce type, et on le voit avec le nucléaire depuis un demi-siècle. »

Car Aymeric Bonetti, Angélique Huguin et leurs amis sont revenus de ce périple avec des milliers de souvenirs et une statistique : « On a découvert que la très grande majorité des Français étaient contre cette énergie ». Et que la minorité de ceux qui sont pour, a des doutes quand on parle du traitement des déchets.

Le film, qui donne la parole aux pros comme aux antinucléaires, devrait être terminé cet hiver. Et devrait faire l’objet de nombreuses projections en Lorraine et ailleurs.

Le carnet de voyage, les photos et les vidéos de l’Atomik Tour sont à retrouver sur le site atomik-tour.org. Contact : atomik-tour@riseup.net

Publié le 27/08/2019 à 17h00, mis à jour à 17h06

https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-longwy/2019/08/27/des-ecologistes-lorrains-dans-l-atomik-tour

Août 27

NUCLÉAIRE IRANIEN : ROHANI ENCOURAGE TRUMP À LEVER LES SANCTIONS CONTRE TÉHÉRAN

Le président Hassan Rohani a appelé ce mardi 27 août les États-Unis à « faire le premier pas « , en levant toutes les sanctions imposées à l’Iran sur le dossier nucléaire. Une déclaration qui s’inscrit en réaction aux propos du président américain Donald Trump qui juge réaliste une rencontre avec le dirigeant iranien.  

Le G7 adoucirait-il les mœurs ? Alors que les tensions entre les États-Unis de Donald Trump et la République islamique se sont exacerbées ces derniers mois – dans le sillage du retrait unilatéral américain de l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, suivi du rétablissement par Washington de fortes sanctions contre Téhéran –  une légère décrispation est toutefois apparue à l’occasion du sommet du G7 de Biarritz. En effet, puisque Donald Trump a affirmé ne pas écarter le principe d’une rencontre avec son homologue iranien dont le chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif Zarif , a effectué un déplacement surprise au sommet ce lundi 26 août.

À la question « est-il réaliste que vous rencontriez M. Rohani dans les prochaines semaines ? », posée lundi par la presse en clôture du G7, le locataire de la Maison-Blanche a répondu par l’affirmative. Si un vent nouveau semble souffler sur ce dossier très sensible qui empoisonne les relations internationales et a mené le Golfe au bord de l’embrasement cet été, Hassan Rohani a néanmoins, à son tour, posé des conditions. La première « étape est de retirer les sanctions. Vous devez retirer toutes les sanctions illégales, injustes et erronées contre la nation iranienne« , a dit ce mardi matin M. Rohani dans un discours retransmis sur la TV d’État prononcé dans le cadre de l’inauguration d’un projet immobilier à Téhéran.

« Faites le premier pas », a martelé le président Rohani. « Sans cette étape, le verrou ne sera pas débloqué. La clé d’un changement positif est entre les mains de Washington car l’Iran a déjà exclu de faire ce qui inquiète le plus les États-Unis : la fabrication d’une bombe atomique », a argué le président iranien. « Si, honnêtement, c’est votre seule préoccupation, celle-ci a déjà été exclue » par une fatwa émise par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a-t-il avancé.

Pour Trump, « les circonstances » doivent être réunies

Trump, qui avait dénoncé avec fracas l’accord sur le nucléaire iranien et exerce depuis une « pression maximale » sur l’Iran, a néanmoins conditionné une telle rencontre: que les « circonstances » soient réunies. La veille, le président français Emmnanuel Macron, qui mène une médiation active en vue d’une désescalade, avait signé un coup diplomatique en invitant le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, à Biarritz.

Lire aussi : Guerre commerciale, taxe Gafa, feux de forêt en Amazonie… ce qu’il faut retenir du G7 de Biarritz

Lors d’une conférence de presse au G7 de Biarritz, M. Macron a indiqué que les discussions lors du sommet avaient créé « les conditions d’une rencontre et donc d’un accord » entre les présidents américain et iranien. Il a dit espérer que cette rencontre puisse s’organiser « dans les prochaines semaines » « Rien n’est fait, les choses sont éminemment fragiles », a-t-il prévenu. À Téhéran, le président Rohani s’est dit dès lundi ouvert au dialogue, malgré les critiques de l’aile dure du régime sur la visite de son ministre des Affaires étrangères en France – M. Zarif n’a toutefois rencontré aucun responsable américain durant cette courte étape à Biarritz.

Les Européens tentent de convaincre Trump de desserrer l’étau

La récente montée des tensions entre l’Iran et les États-Unis, avec des attaques mystérieuses contre des navires dans la région stratégique du Golfe, des drones abattus et des pétroliers saisis, a fait craindre une escalade incontrôlable, alors que le dossier sur le nucléaire empoisonne les relations internationales. L’accord de Vienne sur le nucléaire reposait sur une levée des sanctions visant l’Iran en échange de l’engagement iranien de ne pas se doter de l’arme nucléaire.

Mais, après le rétablissement de lourdes sanctions américaines affectant largement l’économie de la République islamique, Téhéran a riposté en rompant avec des engagements pris aux termes de l’accord, et il menace de continuer à le détricoter s’il n’obtient pas de contreparties. Les Européens tentent de convaincre Donald Trump de desserrer l’étau des sanctions sur le pétrole iranien en échange d’un retour de Téhéran au respect de ses engagements et de l’ouverture de négociations pour renforcer l’accord de Vienne et encadrer le programme balistique iranien.

Par latribune.fr (avec AFP), publié le 27/08/2019 à 11h29

https://www.latribune.fr/economie/international/nucleaire-iranien-rohani-encourage-trump-a-lever-les-sanctions-contre-teheran-826451.html

Août 27

ÉLECTRICITÉ : ÉNERCOOP, PLUS VERTE QUE SES CONCURRENTES, MAIS AUSSI PLUS CHÈRE

La coopérative, qui compte désormais plus de 80 000 clients, soutient activement le développement des énergies renouvelables à travers un système original et militant.

Énercoop, coopérative d’économie sociale et solidaire, dénonce depuis longtemps l’absence de transparence des certificats de garanties d’origine. Pour autant, même les fournisseurs qui se veulent les plus verts se heurtent à la même difficulté que les autres : le réseau est le même pour tous, et l’électricité qui arrive chez leurs clients est indistinctement d’origine nucléaire, renouvelable ou fossile.

Comment certifier aux clients que l’électricité qui arrive à leur domicile ou à leur entreprise est bien verte ? Énercoop a pris le problème dans l’autre sens, en investissant largement dans le soutien aux énergies renouvelables. « Ce serait mentir de dire que l’électricité des producteurs que l’on soutient arrive directement chez vous », explique Simon Cossus, directeur d’Énercoop Languedoc-Roussillon. « Notre promesse, c’est de signer avec nos producteurs des contrats de long terme, d’un montant équivalent à ce qui a été consommé par nos clients. » Ainsi, en 2018, Énercoop a acheté 340 gigawattheures à des producteurs d’énergie – principalement des petits barrages hydroélectriques – et revendu 337 gigawattheures à ses clients.

Lire aussi Électricité : l’imposture des « offres vertes » (Article réservé à nos abonnés)

Mais cette moyenne annuelle ne prend pas en compte les variations journalières et saisonnières : la nuit, les panneaux solaires ne produisent pas, et les barrages produisent plus en janvier qu’en octobre. Le reste du temps, Énercoop achète et revend de l’énergie sur le marché de l’électricité, tout comme ses concurrents.

84 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018

L’objectif de la coopérative – qui a réalisé 84 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018 – reste d’assurer une visibilité et un revenu à des petits producteurs, en s’engageant sur des contrats pouvant aller jusqu’à trente ans. De plus, la coopérative s’engage à acheter la production d’électricité et les certificats de garantie d’origine au même producteur. « C’est une démarche de commerce équitable », explique l’ancien directeur général de la coopérative, Emmanuel Soulias.

Lancée en 2007, au moment de l’ouverture du marché à la concurrence, Énercoop compte aujourd’hui 40 000 sociétaires – dont l’ancien ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot – et 80 000 clients. Bien peu face aux mastodontes que sont EDF, Engie et Total. Mais assez pour en faire le principal fournisseur « vert » en France.

La coopérative, qui emploie 200 salariés, est clairement marquée par son histoire militante, et assume ses liens avec la mouvance écologiste. Elle compte parmi ses membres fondateurs Greenpeace, le réseau de magasins bio Biocoop ou Les Amis de la Terre. Ses 11 coopératives régionales soutiennent des projets locaux financés de manière participative par des collectifs de citoyens.

Mais la spécificité d’Énercoop est aussi dans son tarif… bien supérieur à celui de ses concurrents : en moyenne 15 % plus cher que le tarif bleu d’EDF, lui-même plus cher que la concurrence. « Nous assumons et nous sommes fiers de notre prix, il reflète une réalité industrielle et économique et le soutien aux producteurs d’énergies renouvelables, assure Simon Cossus. Mais, surtout, on suit nos clients pour les aider à réduire leur consommation et on estime qu’ils paient un peu plus cher qu’ailleurs, mais avec une consommation 20 % au-dessous de la moyenne nationale. »

Par Nabil Wakim , publié le 27 août 2019 à 08h13

Retrouvez cet article sur le site: https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/08/26/enercoop-plus-verte-mais-aussi-plus-chere_5502884_3234.html que nous vous invitons à lire régulièrement.

NDLR: je vous rappelle que le site de Savoie antinucléaire fonctionne en partie grâce à de l’électricité solaire produite sur place et pour le reste fournie par Énercoop.

Août 26

EXPLOSION DANS LE GRAND NORD : LA RUSSIE DÉVOILE LA NATURE DE LA POLLUTION RADIOACTIVE

L’accident, dû selon les autorités aux tests de « nouveaux armements », a causé la mort le 8 août de cinq employés de l’agence nucléaire russe Rosatom.

Des isotopes radioactifs de strontium, de baryum et de lanthane. Voilà ce que contenaient les échantillons prélevés dans la ville de Severodvinsk, dans le Grand Nord de la Russie, quelques jours après une explosion dans une base militaire voisine, a dévoilé, lundi 26 août, l’agence de surveillance environnementale russe Rosguidromet. Selon un spécialiste cité par l’agence de presse russe Ria Novosti, ces isotopes sont le produit d’une fission nucléaire.

L’accident, dû selon les autorités aux tests de « nouveaux armements », a causé la mort le 8 août de cinq employés de l’agence nucléaire russe Rosatom. Ces spécialistes fournissaient de l’ingénierie et du support technique pour « la source d’énergie isotopique » du moteur du missile à l’origine de l’explosion. Au moins trois autres personnes ont été blessées, victimes de brûlures.

Immédiatement après l’accident, le ministère de la défense avait seulement déclaré que les faits s’étaient produits au cours de l’essai d’un « moteur-fusée à ergols liquides », mais n’avait pas décrit l’accident comme impliquant du combustible nucléaire. Il avait alors assuré qu’il « n’y a pas eu de contamination radioactive », mais la mairie de Severodvinsk avait dit avoir « enregistré une brève hausse de la radioactivité », avant de retirer sa publication.

Lire aussi Mystères autour d’un accident nucléaire à Nionoksa en Russie (Article réservé à nos abonnés)

Seize fois supérieurs

Les isotopes radioactifs cités lundi par Rosguidromet ont une période de demi-vie, lors de laquelle la moitié de leurs noyaux se désintègrent, allant de plusieurs heures à près de treize jours. Ils se transforment alors en gaz radioactif inerte. « Ces gaz radioactifs sont la cause de la brève hausse » de la radioactivité enregistrée après l’explosion, selon Rosguidromet.

L’agence avait auparavant affirmé avoir mesuré des niveaux de radioactivité jusqu’à seize fois supérieurs au rayonnement naturel après l’explosion, avant un retour à la normale deux heures et demie plus tard. L’organisation environnementale Greenpeace estime, pour sa part, que les radiations mesurées dans le secteur ont été vingt fois supérieures à la normale. Les autorités russes avaient également reconnu qu’un médecin ayant participé au traitement des blessés après l’explosion a été contaminé à l’isotrope radioactif césium 137, niant toutefois que son cas soit lié à l’accident.

Panique dans les villes voisines

Six jours après l’explosion, les 450 habitants du village voisin de l’explosion avaient reçu l’ordre d’évacuer leur logement pendant deux heures, étant invités à se réfugier dans la forêt. Sans plus d’explications sur les raisons de cette « opération planifiée », cette évacuation avait été annulée soudainement la veille au soir.

Dans les grandes villes voisines, Severodvinsk et Arkhangelsk, la population s’est précipitée dans les pharmacies pour acheter des comprimés d’iode stable (protégeant la thyroïde en cas de rejet accidentel d’iode radioactif dans l’atmosphère), épuisant les stocks disponibles. Les médecins qui ont soigné les victimes de l’explosion ont, eux, été envoyés à Moscou. Ils doivent y passer des examens – après avoir dû auparavant signer un accord de confidentialité leur interdisant de divulguer toute information sur l’accident.

Lire aussi Ce que l’on sait de l’explosion dans une base russe : réacteur nucléaire, missiles « invincibles » et propos flous

Ces mesures, et surtout le manque global de transparence sur l’explosion, ont provoqué des inquiétudes et suspicions. « Il est choquant de constater que les gens qui vivent dans cette zone n’ont aucune idée de ce qui s’est vraiment passé », s’est inquiétée l’écrivaine et Prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch sur la radio Écho de Moscou. « Il semblerait que nous n’ayons pas appris les leçons de Tchernobyl et Fukushima », a ajouté l’auteure de La Supplication, un ouvrage consacré aux conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

Oiseau de tempête

Pour plusieurs observateurs, cet épisode confirme que la Russie travaille de manière active sur des missiles à propulsion nucléaire. Appelé « Bourevestnik » (oiseau de tempête, en russe), et surnommé « Skyfall » par l’OTAN, ce projet russe aurait l’ambition d’embarquer un réacteur nucléaire miniaturisé sur un missile. Le but : obtenir un missile capable d’avoir une autonomie de vol telle qu’elle lui permettrait de faire de larges détours pour contourner la défense antiaérienne et les radars américains.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a refusé de confirmer que les chercheurs travaillent effectivement sur le « Bourevestnik ». Mais il a assuré que la compétence atteinte par la Russie en matière de missiles à propulsion nucléaire « dépass[ait] significativement le niveau atteint par d’autres pays et [était] assez unique ».

Par Le Monde avec AFP, publié le 26 août 2019 à 12h37, mis à jour à 14h16

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/26/explosion-dans-le-grand-nord-la-russie-devoile-la-nature-de-la-pollution-radioactive_5502963_3210.html

Août 26

BLUFF, COUAC ET PASSAGE EN FORCE… LE PARI RISQUÉ DE MACRON AU G7 SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Ce dimanche 25 août, Emmanuel Macron a joué gros en forçant la main de Donald Trump et des autres membres du G7 au sujet de l’Iran. Mais a obtenu des résultats, au moins symboliques.

Tapis ! Emmanuel Macron a pris un gros risque diplomatique en essayant de se positionner comme médiateur entre les États-Unis et l’Iran au sujet du dossier brûlant du nucléaire. On ignore encore si ce coup de poker sera payant. Mais le simple fait que le Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des affaires étrangères rencontre Jean-Yves Le Drian à quelques mètres du G7 à Biarritz est déjà une petite victoire. Une visite-surprise forcément autorisée par les membres du G7, dont Donald Trump qui a coupé tout dialogue diplomatique avec l’Iran depuis qu’il a déchiré l’accord sur le nucléaire iranien voilà un an et dont les relations avec le pays encore détériorées depuis l’affaire des drones abattus.

États-Unis – Iran : l’irréversible escalade ?

La journée avait pourtant mal débuté, lorsqu’Emmanuel Macron s’était un peu avancé sur le sujet et s’était fait reprendre de volée par le président américain. Retour sur une journée qui fera peut-être date.

1. Le passage en force d’Emmanuel Macron

Dans la matinée, des sources diplomatiques indiquent à l’AFP que les dirigeants du G7 ont convenu de « charger le président français Emmanuel Macron de discuter avec l’Iran, sur la base de leurs échanges, et de lui adresser un message » pour éviter l’escalade dans la région.

Les sept chefs d’État et de gouvernement ont aussi réaffirmé samedi soir, lors du dîner d’ouverture du sommet du G7 à Biarritz, que leur objectif commun était « d’éviter que l’Iran ne se dote de l’arme nucléaire », précisaient les mêmes sources.

« Les leaders du G7 se sont accordés sur deux points: nous ne souhaitons pas que l’Iran se dote de l’arme nucléaire et personne ne souhaite la déstabilisation de la région ni l’escalade, afin d’éviter un conflit militaire »

« Pour définir la voie la plus efficace pour mener le dialogue », ils ont donc convenu de mandater le président français, précise la source, sans dévoiler les éléments de négociations sur lesquels les Sept sont tombés d’accord.

Jouant les médiateurs depuis des mois, Emmanuel Macron, qui s’entretient régulièrement avec le président iranien Hassan Rohani, a présenté samedi à Donald Trump un compromis pour sortir de l’impasse.

Il lui a présenté l’option de permettre à Téhéran « pour une période limitée d’exporter une partie de son pétrole » en échange d’un retour à son engagement de ne pas enrichir d’uranium pour se doter de l’arme nucléaire.

Emmanuel Macron confirme à LCI que des discussions se sont tenues lors d’un déjeuner informel et qu’il serait porte-voix pour une « communication commune ».

2. La réponse cinglante de Donald Trump

Quelques heures plus tard, stupéfaction : le président américain nie avoir discuté du sujet avec Emmanuel Macron, et encore moins lui avoir donné un blanc-seing pour jouer les entremetteurs.

Interrogé par un journaliste en conférence de presse, il dit tout simplement : « Non, nous n’avons pas parlé de ce sujet ».

3. Le rétropédalage d’Emmanuel Macron

Devant ce qui ressemble à un couac diplomatique sur un sujet particulièrement sensible, Emmanuel Macron revient sur ses propos immédiatement après, afin de préciser sa pensée : « Il a raison » s’est-il empressé de dire.

« Le G7 est un club informel, on ne donne pas de mandat formel à l’un ou à l’autre (…). Je n’ai pas de mandat formel du G7 pour discuter avec l’Iran. (…) Chacun va continuer à agir chacun dans son rôle ».

Un sacré revers pour le président français qui voulait endosser le rôle du médiateur et faire ainsi rayonner la France au niveau international. Si l’Iran et les États-Unis se parlent à nouveau grâce à lui, ce serait de fait un exploit qui lui ferait marquer des points sur la scène internationale.

4. L’arrivée surprise de Mohammad Javad Zarif

En fin d’après-midi, nouveau coup de théâtre : on apprend qu’un avion iranien vient de se poser sur le tarmac de Biarritz. À son bord, Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des affaires étrangères. Pas de rencontre avec Donald Trump mais un entretien informel avec Emmanuel Macron, Jean-Yves le Drian, ministre français des affaires étrangères et le ministre des finances Bruno Le Maire.

« J’ai rencontré Emmanuel Macron en marge du G7 à Biarritz après une discussion détaillée avec le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et celui des Finances Bruno Le Maire. Le chemin est difficile, mais ça vaut la peine d’essayer »

La présence d’un représentant iranien en plein G7, même s’il n’y apparaîtra pas, est en soi une victoire pour Emmanuel Macron. Car les membres n’ont pu qu’autoriser cet avion à atterrir. L’Élysée confirme que le rendez-vous n’est pas dans le cadre du G7 : « Aucune rencontre n’est prévue à ce stade avec les Américains . Cette visite avait lieu à l’initiative de Paris et non du G7 ».

5. Pas de contact avec les États-Unis

Mohammad Javad Zarif est reparti de Biarritz peu avant 20 heures dimanche. Les discussions sur le nucléaire iranien entre le chef de la diplomatie et les dirigeants français en marge du sommet du G7 ont « été positives » et « vont se poursuivre », a indiqué dimanche soir la présidence française.

La rencontre a duré environ trois heures, d’abord avec le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, puis avec le président Emmanuel Macron pendant une demi-heure, à la mairie de Biarritz.

Des conseillers diplomatiques allemands et britanniques y ont été associés, a précisé la présidence, ajoutant que cette venue de Mohammad Javad Zarif s’était faite « en accord » avec les États-Unis, farouchement opposés au gouvernement de Téhéran.

Entre l’Iran et les États-Unis, des canaux discrets pour éviter la guerre

Emmanuel Macron ne sera donc pas parvenu à faire se parler Américains et Iraniens. Mais cette visite éclair, avec tout ce qu’elle a de symbolique, pourrait être la première pierre vers un dialogue ou, au moins, une désescalade.

Par L’Obs, publié le 25 août 2019 à 20h45

https://www.nouvelobs.com/monde/20190825.OBS17543/bluff-couac-et-coup-de-poker-le-pari-risque-de-macron-au-g7-sur-le-nucleaire-iranien.html

Août 25

TRUMP « PAS CONTENT » APRÈS UN NOUVEAU TEST DE MISSILES DE LA CORÉE DU NORD

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a supervisé le test d’un « lance-missiles multiple« , suscitant dimanche des critiques modérées du président américain Donald Trump et l’inquiétude du Premier ministre japonais Shinzo Abe. 

L’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA a décrit dimanche l’engin comme un « lance-missiles multiple de grande dimension« , « nouvellement développé » et qualifié de « grande arme » par M. Kim.

L’état-major interarmes de la Corée du Sud avait décrit samedi cet essai nord-coréen comme étant le tir de deux missiles balistiques à courte portée.

En France, où il assistait au sommet du G7, Donald Trump a semblé minimiser dimanche l’importance de ce test.

« Je ne suis pas content mais encore une fois il (le leader nord-coréen) ne viole pas l’accord« , a dit M. Trump à des journalistes, faisant référence à un texte qui interdit le lancement de missiles de longue portée.

« J’ai discuté de balistique de longue portée, et cela il ne peut pas le faire et ne le fait pas. Il fait (des essais) de courte portée, des missiles plus standard, beaucoup de gens testent ces missiles, pas seulement lui« , selon le président américain.

À ses côtés au sommet du G7, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a estimé pour sa part que ce test violait les résolutions de l’ONU et était « extrêmement regrettable« . 

« Le lancement de missiles balistiques à courte portée par la Corée du Nord constitue une violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies« , a estimé M. Abe.

Trump, qui met régulièrement en avant ses bonnes relations avec Kim Jong Un, n’a pas ménagé ses efforts, jusqu’ici infructueux, pour le persuader d’abandonner son arsenal d’armes nucléaires.

« Forces hostiles« 

Des photos publiées par le quotidien officiel Rodong Sinmun montrent un Kim Jong Un arborant un large sourire, debout devant un grand lanceur motorisé, puis le départ de missiles tirés depuis les longs tubes de l’engin.

Le dirigeant nord-coréen, selon l’agence officielle, a déclaré que son pays devait continuer à renforcer le développement d’armements « pour contrer résolument les menaces militaires et les pressions croissantes des forces hostiles« .

Le test de samedi était le dernier en date d’une série d’essais de missiles à courte portée effectués en août par la Corée du Nord pour exprimer son mécontentement devant des manœuvres militaires conjointes menées par les forces sud-coréennes et américaines. Ces manœuvres ont pris fin il y a un peu moins d’une semaine.

A Séoul, l’essai de samedi a amené la présidence sud-coréenne à convoquer une réunion du Conseil national de sécurité, le NSC.

« Les membres du NSC ont décidé de poursuivre les efforts diplomatiques auprès de la communauté internationale pour ramener la Corée du Nord à la table de négociations avec les États-Unis et parvenir à l’objectif d’une dénucléarisation complète dans la péninsule coréenne« , a déclaré le gouvernement sud-coréen dans un communiqué.

Impasse

Les pourparlers bilatéraux entre Washington et Pyongyang sont dans l’impasse depuis l’échec du second sommet entre le président américain Donald Trump et Kim Jong Un, à Hanoï en février.

L’essai de samedi semble être « le quatrième nouveau système de missiles que la Corée du Nord a inauguré depuis l’échec de Hanoï« , a tweeté Vipin Narang, professeur associé au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Selon lui, M. Kim mène «  ».

Après Hanoï, MM. Kim et Trump s’étaient de nouveau rencontrés en juin à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), qui sépare les deux États depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53).

La rencontre avait débouché sur la décision de relancer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d’un an après le premier sommet Trump-Kim à Singapour. Cependant ces discussions n’ont pas repris depuis.

En visite cette semaine à Séoul, l’envoyé spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, a déclaré que les États-Unis étaient « prêts à entamer des discussions » dès qu’ils auraient « des nouvelles » de Pyongyang.

Mais la possibilité d’une reprise prochaine de ces pourparlers semble faible, si l’on en juge par des déclarations récentes de Pyongyang.

Le ministre des Affaires étrangères Ri Yong Ho a averti vendredi que la Corée du Nord resterait « pour longtemps la plus grande +menace+ pour les États-Unis« .

Et le ministre a lancé une attaque frontale contre le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, le traitant de « toxine irréductible » et se déclarant « sceptique » sur la possibilité de négocier avec lui.

bur-sst/wd/plh/ybl/cac/lpt

Par AFP, publié le dimanche 25 août 2019 à 16h34

https://actu.orange.fr/monde/trump-pas-content-apres-un-nouveau-test-de-missiles-de-la-coree-du-nord-CNT000001i6hbP/photos/photo-diffusee-le-25-aout-2019-par-l-agence-nord-coreenne-kcna-d-un-test-de-lance-missiles-multiples-le-24-aout-2019-en-coree-du-nord-64c61ad2e17e45228dc925bd41e58a50.html

Août 25

TRUMP – MACRON : IMBROGLIO AU G7 SUR LA QUESTION NUCLÉAIRE IRANIENNE

Si la démarche du président français est saluée par le locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump a tout de même précisé que les États-Unis géreraient la question iranienne par eux-mêmes.

Alors que les dirigeants des sept plus grandes puissances du monde sont réunis depuis samedi soir à Biarritz pour le sommet du G7, plusieurs questions majeures ont déjà été évoquées, comme la situation en Iran. Dans la matinée, dimanche 25 août, des sources diplomatiques annonçaient que les chefs d’État et de gouvernement avaient chargé « le président français Emmanuel Macron de discuter avec l’Iran et de lui adresser un message« .

Les sept ayant convenu lors du dîner de la veille qu’il était essentiel d’éviter que « l’Iran ne se dote de l’arme nucléaire« , rapporte Le Figaro.
Un supposé rôle confié au président français que Donald Trump s’est empressé de démentir, affirmant en conférence de presse que s’il soutenait la démarche d’Emmanuel Macron, les États-Unis s’occuperaient de la question iranienne de leur côté. Dans son allocution télévisée à 13 heures, le locataire de l’Élysée a en effet tenu à apporter quelques précisions. « Le président Trump a raison : il n’y a pas de mandat formel donné dans le cadre du G7, ça n’existe pas. On va continuer à agir chacun dans son rôle« , a déclaré Emmanuel Macron, évoquant plutôt un « consensus« .

Une communication commune ?

Pourtant, en début de matinée, dans un entretien accordé à TF1 et LCI, le président français affirmait que les membres du G7 avaient convenu d’un message commun. « On a acté d’une communication commune, ce qui a, à mes yeux, beaucoup de valeur, et d’une décision d’action qui permet de réconcilier un peu les positions« , indiquait alors Emmanuel Macron. « On est tous d’accord sur deux choses très claires : on ne veut pas que l’Iran puisse avoir la bombe nucléaire et on ne veut pas une escalade et déstabiliser la région« , avait-il précisé.

Le nucléaire iranien reste un sujet particulièrement épineux, notamment depuis que Donald Trump a décidé, en mai 2018, de sortir de l’accord et rétablir de lourdes sanctions à l’encontre de la République islamique.

Par LCI, publié à 13h02

Pour revoir cet article et voir la vidéo de l’interview de Macron (1mn32s), cliquer sur :

https://actu.orange.fr/politique/trump-macron-imbroglio-au-g7-sur-la-question-nucleaire-iranienne-magic-CNT000001i6kwq.html

Août 25

EMMANUEL MACRON AJOUTE LE DOSSIER DU NUCLÉAIRE IRANIEN DANS LA PILE DU G7

Le président français a rencontré le ministre des Affaires étrangères iranien vendredi. Selon ce dernier, il reste encore du chemin avant que tout le monde ne se retrouve à la même table pour discuter

Le G7 de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) a un nouvel invité : le dossier du nucléaire iranien. Vendredi 23 août, Emmanuel Macron a reçu le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif dans le cadre des efforts en cours pour tenter de préserver l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien.

Le chef de la diplomatie iranienne, en déplacement jeudi à Oslo, avait déclaré que l’Iran était prêt à travailler sur les propositions françaises visant à sauver l’accord conclu entre Téhéran et les grandes puissances, mais dont les États-Unis se sont retirés en mai 2018, rétablissant des sanctions contre la république islamique. Ces dernières empêchent Téhéran d’exporter plus d’un cinquième du pétrole vendu cette année-là, alors qu’il s’agit de la principale ressource économique du pays. Pour tenter de sauver cet accord, le président français a proposé mercredi soit d’assouplir les sanctions contre l’Iran, soit de mettre en place un mécanisme de compensation pour permettre aux Iraniens de « vivre mieux », en contrepartie du respect intégral du pacte.

Du chemin à parcourir. Une rencontre qui n’a pas débouché sur grand-chose : un simple communiqué, rapporte le journal Les Échos est venu indiquer que « la rencontre est terminée », sans en dire plus. Mohammad Javad Zarif a déclaré plus tard qu’il avait « eu une bonne discussion aujourd’hui » avec Emmanuel Macron et que les propositions de ce denier vont « dans la bonne direction, mais il est clair qu’il reste du chemin ». Il a ajouté : « Nous avons parlé des possibilités. Maintenant, il [Emmanuel Macron] va en discuter avec ses partenaires européens et ses autres partenaires pour voir dans quelle direction nous pouvons aller ».

Emmanuel Macron compte bien évoquer le sujet avec le président Donald Trump, à l’occasion du G7 et faire des propositions. Il déclarait mercredi: « On doit avoir une discussion au sommet sur comment on gère le dossier iranien, on a des vrais désaccords au sein du G7 ». Mais Londres, malgré le changement de Premier ministre, a indiqué qu’il continuerait de soutenir la position américaine. L’accord international sur le nucléaire iranien avait été signé par les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, la Chine, la Russie et bien sûr, la République islamique en 2015, après des mois de négociations. Encore en vigueur malgré la position américaine, l’accord est plus ou moins bafoué par l’Iran qui, en réponse aux sanctions américaines, a décidé de prendre des libertés avec ce qui avait été conclu.

Par l’Opinion (Avec Reuters), publié le 24 Août 2019 à 13h18

Photo en titre : Mohammad Javad Zarif, © Sipa Press

https://www.lopinion.fr/edition/international/emmanuel-macron-ajoute-dossier-nucleaire-iranien-dans-pile-g7-195609

Août 25

LA POLOGNE DEMANDE À CE QUE L’EUROPE DEVIENNE UN TERRAIN D’ESSAI NUCLÉAIRE AMÉRICAIN

Parallèlement à la «menace russe», que les autorités polonaises ont manipulée avec véhémence pour plaire aux États-Unis, Varsovie a commencé à se déchaîner sur la «menace chinoise».

C’est une combinaison de ces deux «menaces» que le Premier ministre polonais Mateusz Moravecki a expliqué à la «nécessité» de déployer l’arsenal nucléaire américain dans les pays européens.

Moravecki a fait cette déclaration dans une interview accordée aux journaux du groupe Funke et au journal français Ouest France, publiée le samedi 24 août.

Il a souligné que « la décision de déployer des missiles nucléaires à moyenne portée en Europe devrait être prise dans le cadre de l’Alliance de l’Atlantique Nord ». Dans le même temps, Moravecki a imputé à Moscou la résiliation du Traité sur l’élimination des missiles à portée intermédiaire et à courte portée, tout en soulignant la nécessité de créer un nouvel accord, cette fois avec la Chine.

Date de publication: 24 08 2019 à 17h06

https://fr.news-front.info/2019/08/24/la-pologne-demande-a-ce-que-l-europe-devienne-un-terrain-d-essai-nucleaire-americain/

Août 25

LA CORÉE DU NORD ANNONCE QUE KIM JUNG-UN A SUPERVISÉ LE TEST D’UN «LANCE-MISSILES MULTIPLE»

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a supervisé samedi le test d’un «lance-missiles multiple de grande dimension», a annoncé dimanche l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Après le test, M. Kim a déclaré que ce système «nouvellement développé» était «une grande arme», et il a exprimé sa «grande reconnaissance» envers les scientifiques qui l’ont conçue et construite, a rapporté KCNA. L’état-major interarmes de la Corée du Sud avait pour sa part décrit samedi cet essai nord-coréen comme étant le tir de deux missiles balistiques à courte portée.

Selon KCNA, «le test a montré que toutes les spécifications tactiques et technologiques du système ont atteint correctement les normes qui avaient été fixées».

«Forces hostiles»

La Corée du Nord doit continuer à renforcer le développement d’armements «pour contrer résolument les menaces militaires et les pressions croissantes des forces hostiles», a déclaré M. Kim selon l’agence officielle.

Photo diffusée le 25 août 2019 par l’agence nord-coréenne Kcna du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (c) lors d’un test de lance-missiles multiples, le 24 août 2019 en Corée du Nord [KCNA VIA KNS / KCNA VIA KNS/AFP]

Des photos publiées par le quotidien officiel Rodong Sinmun montrent un Kim Jong-un arborant un large sourire debout devant un grand lanceur à huit roues, puis le départ de missiles tirés depuis les longs tubes de l’engin.

Le test de samedi était le dernier en date d’une série d’essais de missiles à courte portée effectués en août par la Corée du Nord pour exprimer son mécontentement devant des manœuvres militaires conjointes menées par les forces sud-coréennes et américaines. Ces manœuvres ont pris fin il y a un peu moins d’une semaine. Selon Pyongyang, M. Kim a observé au cours du mois écoulé au moins deux autres tests d’armes «nouvelles». Mais la nature et les caractéristiques de ces armements ne sont pas connues.

À Séoul, l’essai de samedi a amené la présidence sud-coréenne à convoquer une réunion du Conseil national de sécurité, le NSC. «Les membres du NSC ont décidé de poursuivre les efforts diplomatiques auprès de la communauté internationale pour ramener la Corée du Nord à la table de négociations avec les États-Unis pour parvenir à l’objectif d’une dénucléarisation complète dans la péninsule coréenne», a déclaré le gouvernement sud-coréen dans un communiqué.

 «Impasse»

Les pourparlers bilatéraux entre Washington et Pyongyang sont dans l’impasse depuis l’échec du second sommet entre le président américain Donald Trump et Kim Jong-un, à Hanoï en février.

Photo diffusée le 25 août 2019 par l’agence nord-coréenne Kcna du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (c) lors d’un test de lance-missiles multiples, le 24 août 2019 en Corée du Nord [KCNA VIA KNS / KCNA VIA KNS/AFP]

L’essai de samedi semble être «le quatrième nouveau système de missiles que la Corée du Nord a inauguré depuis l’échec de Hanoï», a tweeté Vipin Narang, professeur associé au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Selon lui, M. Kim mène «une campagne de pression maximale».

Après Hanoï, MM. Kim et Trump s’étaient de nouveau rencontrés en juin à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), qui sépare les deux États depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53). La rencontre avait débouché sur la décision de relancer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d’un an après le premier sommet Trump-Kim à Singapour. Cependant ces discussions n’ont pas repris depuis.

«La plus grande menace»

En visite cette semaine à Séoul, l’envoyé spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, a déclaré que les États-Unis étaient «prêts à entamer des discussions» dès qu’ils auraient «des nouvelles» de Pyongyang. Mais la possibilité d’une reprise prochaine de ces pourparlers semble faible, si l’on en juge par des déclarations récentes de Pyongyang.

Le ministre des Affaires étrangères Ri Yong Ho a averti vendredi que la Corée du Nord resterait «pour longtemps la plus grande ‘menace’ pour les États-Unis». Et le ministre a lancé une attaque frontale contre le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, le traitant de «toxine irréductible» et se déclarant «sceptique» sur la possibilité de négocier avec lui. «Nous sommes prêts aussi bien pour le dialogue que pour le blocage», a souligné le ministre nord-coréen.

Par AFP, publié le 25/08/2019 à 07h53, mis à jour le 25/08/2019 à 08h02

Photo en titre: Photo diffusée le 25 août 2019 par l’agence nord-coréenne Kcna d’un test de lance-missiles multiples, le 24 août 2019 en Corée du Nord [KCNA VIA KNS / KCNA VIA KNS/AFP]

https://www.cnews.fr/monde/2019-08-25/la-coree-du-nord-annonce-que-kim-jung-un-supervise-le-test-dun-lance-missiles

Août 25

SUISSE : DES MESURES D’ÉCONOMIE ONT ENTRAINÉ PLUSIEURS INCIDENTS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE ARGOVIENNE DE LEIBSTADT,

SonntagsZeitung: Des mesures d’économie ont entraîné plusieurs incidents à la centrale nucléaire argovienne de Leibstadt, rapporte la SonntagsZeitung. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) a ouvert une enquête après des erreurs commises par le personnel. Selon un protocole de réunion interne de l’IFSN, la réduction des effectifs depuis 2015 est « la cause principale des problèmes rencontrés à la centrale nucléaire« . Des facteurs humains et organisationnels ont joué « un rôle majeur » dans les incidents, poursuit le document. L’IFSN a demandé à la direction de la centrale nucléaire de faire la preuve « que la sécurité de l’installation va continuer d’être garantie malgré la réduction du personnel« . La centrale nucléaire a indiqué au journal qu’elle allait poursuivre jusqu’en 2022 la suppression des emplois, qui ne concernent pas la sécurité.

Publié le 25 août 2019 à 7h41, extrait de la revue de presse du site:

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Revue-de-presse-du-dimanche-25-aout-2019–29112599/

Août 24

LES ÉTATS-UNIS INTENSIFIENT LEURS PRÉPARATIFS EN VUE D’UNE GUERRE NUCLÉAIRE AVEC LA RUSSIE ET LA CHINE

Après s’être retirés du traité historique sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), les États-Unis se préparent à mener une guerre nucléaire avec la Chine, la Russie ou les deux, en testant et en stockant de nouvelles armes dangereuses dans une course aux armements nucléaires.

Dans une interview accordée à Fox News, le ministre de la Défense, Mark Esper, a déclaré que l’armée américaine est en train de passer d’un «conflit de faible intensité», comme la guerre en Afghanistan, à des «conflits de forte intensité contre des concurrents comme la Russie et la Chine».

Les États-Unis testent un missile de croisière Tomahawk qui a été interdit en vertu du traité FNI

La clé pour empêcher de tels «conflits de haute intensité» est l’arsenal nucléaire des États-Unis, que M. Esper désigne de «forces stratégiques».

«Nos forces stratégiques sont un élément clé de dissuasion contre la guerre nucléaire. Je pense qu’une force de dissuasion forte, fiable, capable et prête à l’emploi est vraiment ce qui empêche la guerre nucléaire de se produire», a-t-il dit.

Dans le langage orwellien du ministère de la Défense, la préservation de la «paix» passe par l’expansion de la «dissuasion» américaine », c’est-à-dire les armes nucléaires infernales capables de tuer des milliards de personnes en l’espace d’une heure.

Esper n’a pas omis la cible de cette «dissuasion», insistant sur le fait que «la Chine est la priorité numéro un pour ce département». Il a prétendu que la Chine essayait de «chasser les États-Unis du théâtre indo-pacifique».

Des aviateurs de l’armée de l’air vérifient l’étanchéité de leurs masques à gaz pendant une formation en défense chimique, biologique et nucléaire [Source: US Air Force]

Le terme «théâtre» pour désigner une étendue géographique a été défini par le théoricien militaire Carl Clausewitz comme «une partie de l’espace sur lequel la guerre règne». Esper pense que la région indo-pacifique – qui abrite plus de la moitié de la population mondiale – est, à la surprise de ses habitants, un «théâtre» militaire revendiqué par les États-Unis, bien qu’ils soient situés à l’autre bout du monde.

Mais pour assurer ce prétendu droit divin de domination sur l’Asie, les États-Unis, seul pays à avoir utilisé l’arme nucléaire pendant la Seconde Guerre mondiale, se préparent activement à encercler toute la Chine continentale de missiles à capacité nucléaire.

Les missiles qui pouvaient atteindre la Chine continentale à partir d’endroits comme le Japon et la Corée du Sud ont été interdits en vertu du traité FNI, dont les États-Unis se sont retirés plus tôt cette année.

Les États-Unis, a dit M. Esper, doivent maintenant «pouvoir frapper à des distances intermédiaires» pour «décourager les mauvais comportements chinois», comme s’il s’agissait de discipliner un enfant et non d’anéantir un pays qui compte près de 1,4 milliard d’habitants.

Les États-Unis vont de l’avant à toute vitesse avec le déploiement de nouveaux missiles. Le Pentagone a déclaré lundi qu’il avait testé un missile Tomahawk lancé du sol, qui aurait été interdit en vertu du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.

Plus tôt ce mois-ci, M. Esper a déclaré qu’il aimerait commencer à déployer des missiles à moyenne portée près de la Chine d’ici quelques «mois». Une fois les missiles conventionnels déployés, ceux qui ont des ogives nucléaires suivront inévitablement.

Le traité FNI a été signé le 8 décembre 1987 entre le président Ronald Reagan et le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, après de longues négociations sur la régulation des armements. Il interdisait le déploiement de missiles balistiques et de croisière terrestres d’une portée comprise entre 500 et 5500 kilomètres.

Le traité prévoyait l’élimination des missiles à portée intermédiaire pour les États-Unis, l’Union soviétique et les États qui lui ont succédé.

Donald Trump, souriant aux côtés de la leader démocrate Nancy Pelosi [Source: US Air Force]

Les États-Unis ont déclaré qu’ils se retiraient du FNI en réponse au développement par la Russie du missile Novator 9M729, qui est basé sur le missile de croisière SSC-X-4 lancé au sol qui, selon les États-Unis, a violé le traité. Bien que la Russie ait invité les États-Unis à inspecter leurs installations de production de missiles, les États-Unis n’ont pas été en mesure d’étayer sérieusement les accusations qui les ont amenés, formellement, à rejeter le traité.

Alors même que les États-Unis intensifient leurs plans de mise au point de nouvelles armes nucléaires, l’armée américaine stocke d’immenses quantités d’armes classiques.

«Le Pentagone a haussé les dépenses pour augmenter de manière significative la quantité d’achats d’armes haut de gamme qui seraient utilisées dans une guerre contre un pair concurrent», écrit Roman Schweizer, dans une note de recherche citée par Defense One.

Il a noté que le ministère de la Défense a ajouté 20 milliards de dollars de dépenses pour les «armes haut de gamme: 12,7 milliards pour Lockheed, 6,2 milliards pour Raytheon et 1,2 milliard pour Boeing».

Les dépenses généreuses du Pentagone ont été facilitées par les démocrates, qui ont voté massivement pour le budget militaire de 738 milliards de dollars revendiqué par l’administration Trump, le plus important budget du Pentagone de l’histoire des États-Unis.

En fait, la course à l’armement nucléaire de Trump a été préparée par l’administration Obama, qui a lancé un programme de «modernisation» nucléaire de plusieurs billions de dollars. Trump n’a fait qu’élargir ce programme, en le développant dans le cadre de la doctrine de la «concurrence stratégique» du Pentagone et en préconisant des armes nucléaires plus petites et plus «pratiques».

Le Washington Post et le New York Times, les journaux de l’opposition politique supposée de Trump, font la promotion du renforcement militaire américain.

Plus tôt ce mois-ci, le chroniqueur du Times, Bret Stephens, a écrit un éditorial intitulé «The U.S. Needs More Nukes» («Les États-Unis ont besoin de plus de bombes nucléaires»), qui a réussi à dénoncer Ronald Regan comme étant laxiste envers la Russie pour avoir adopté le traité FNI.

Par la suite, le Times a publié une lettre au rédacteur en chef dans laquelle Robert Dodge, un membre de Physicians for Social Responsibility Los Angeles, réprimandait les propos bellicistes de Stephens.

«Non, les États-Unis n’ont pas besoin de nouvelles armes nucléaires», a écrit Dodge. «De nouvelles études scientifiques ont démontré que l’ancien paradigme de la destruction mutuelle assurée, ou MAD, s’est transformé en SAD, une autodestruction assurée, considérant la famine mondiale due aux changements climatiques catastrophiques que provoquerait même une petite guerre nucléaire régionale. Même en l’absence de représailles, notre propre destin serait scellé. Il n’y aurait pas de gagnant

Les commentaires de M. Dodge surviennent alors que paraissait ce mois-ci une nouvelle étude selon laquelle une guerre nucléaire entre les États-Unis et une puissance nucléaire homologue, en l’occurrence la Russie, entraînerait un hiver nucléaire.

L’étude, publiée dans le Journal of Geophysical Research: Atmospheres conclut: «La planète refroidirait à cause de l’énorme quantité de fumée générée par les incendies que déclencheraient les explosions atomiques: la fumée couvrirait la planète entière pendant des années, bloquant le soleil.»

Les actions des États-Unis précipitent une course mondiale aux armements avec des conséquences imprévisibles

Le président chinois Xi Jinping et le président russe Vladimir Poutine, qui ont déclaré l’année dernière que quiconque lancerait une attaque nucléaire contre la Russie irait en «enfer», répondent aux menaces américaines par un renforcement militaire de leurs propres forces.

Plus tôt ce mois-ci, sept personnes ont été tuées lorsqu’un missile de croisière russe à propulsion nucléaire a mal fonctionné et a explosé, lors de la deuxième catastrophe nucléaire russe en l’espace d’un mois.

(Article paru en anglais le 23 août 2019)

Par André Damon, publié le 24 août 2019

https://www.wsws.org/fr/articles/2019/08/24/nucw-a24.html

Août 24

« LA PRESSION AMÉRICAINE NE MARCHERA PAS SUR LES IRANIENS », ESTIME MOHAMMAD JAVAD ZARIF

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a répondu aux questions de France 24 après avoir rencontré, vendredi, Emmanuel Macron dont il juge bonnes les propositions pour sauver l’accord sur le nucléaire.

De passage à Paris, vendredi 23 août, pour une rencontre avec Emmanuel Macron, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a répondu ensuite aux questions de France 24.

Il a salué les propositions du président français, qui multiplie les contacts avec Téhéran pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire iranien. « Aujourd’hui, nous continuons à avoir des discussions avec Emmanuel Macron« , a-t-il affirmé. Selon le ministre, elles évoluent « dans la bonne direction sur comment l’Europe peut appliquer ses propres engagements liés à l’accord sur le nucléaire.« 

Le dossier iranien constitue un sujet qui sera abordé au sommet du G7, qui débute ce week-end à Biarritz, notamment entre Emmanuel Macron et Donald Trump. Fragilisé par le retrait américain, l’accord, qui avait été paraphé en 2015, avait permis la levée d’une partie des sanctions en échange de l’engagement iranien de ne pas se doter de l’arme nucléaire.

« Nous sommes déjà en guerre, une guerre économique. La communauté internationale devrait s’opposer à la politique de pression maximale américaine. Elle ne marchera pas sur les Iraniens« , a déclaré le chef de la diplomatie iranienne à France 24.

« Les Iraniens ne négocient pas sous la menace« 

Téhéran menace de se retirer à son tour si l’Europe ne parvient pas à sauver l’accord. « L’Iran a le droit de prendre des mesures. Ces mesures sont réversibles en quelques heures, pas en quelques jours, cela dépend des engagements que prendront les Européens« , a affirmé le chef de la diplomatie iranienne.

Le 1er août, Mohammad Javad Zarif a été soumis à des sanctions américaines, dans le cadre de sa politique de « pression maximale« . Ces sanctions interviennent après le refus du ministre des Affaires étrangères de se rendre à Washington. « Les Iraniens ne négocient pas sous la menace« , a encore affirmé Mohammad Javad Zarif, qui renvoie aux États-Unis la responsabilité d’avoir exacerbé les tensions dans le Golfe.

« La liberté de naviguer est un droit commun. Si les États-Unis stoppent leurs actes de déstabilisation, d’agression et d’ingérence, l’Iran et le reste du Golfe persique en profiteront.« 

Texte par : Mariam PIRZADEH, vidéo par : Mariam PIRZADEH

Première publication le 23/08/2019 à 20h46, dernière modification le 23/08/2019 à 21h35

Pour voir la vidéo de cet entretien (13mn33s), cliquer sur:

https://www.france24.com/fr/20190823-iran-ministre-zarif-emmanuel-macron-paris-nucleaire

Août 24

VIDÉO – LES ONG DÉNONCENT UN « TITANIC NUCLÉAIRE » : QUE SAIT-ON DE LA PREMIÈRE CENTRALE NUCLÉAIRE FLOTTANTE EN ROUTE POUR L’ARCTIQUE

NUCLÉAIRE – Ce vendredi, la première centrale flottante du monde, développée par la Russie, a entamé un voyage de 5 000 km de Mourmansk à Pevek, en Sibérie orientale. A son arrivée, la plateforme remplacera une centrale nucléaire terrestre et une centrale de charbon obsolètes. Plusieurs ONG s’inquiètent de cette mise en service.

C’est une opération qui fait grincer beaucoup de dents. Ce vendredi, la première centrale nucléaire flottante du monde, l’Akademik Lomonossov, développée par la Russie, est partie de Mourmansk, port du Grand Nord russe, direction Pevek, en Sibérie orientale, au nord du cercle arctique. Le voyage, long de 5.000 kilomètres, devrait durer entre quatre et six semaines, en fonction des conditions météorologiques et de la quantité de glace sur la route.

Mesurant 144 mètres de long et 30 m de large, la plateforme a été chargée en combustible nucléaire à Mourmansk avant de prendre la route. Comportant deux réacteurs d’une capacité de 35  MW chacun, proches de ceux des brise-glace nucléaires, et étant tractée par plusieurs navires, la centrale flottante aura pour mission d’alimenter le développement de la production d’hydrocarbures dans des zones excessivement isolées. La barge embarque un équipage de 69 personnes et naviguera à une vitesse de 3,5 à 4,5 nœuds (6,5 à 8,3 km/h).

Lire aussi : La radioactivité a dépassé jusqu’à 16 fois le niveau habituel : que sait-on de l’accident nucléaire en Russie ?

Prête à couvrir la consommation de 100 000 personnes

« L’Akademik Lomonossov commence son voyage vers Pevek, où il fournira une énergie propre et fiable à la population locale, ainsi qu’aux entreprises opérant dans la région« , a déclaré dans un communiqué Alexeï Likhatchev, patron de l’agence nucléaire russe Rosatom. Au terme de son périple, la centrale sera raccordée au réseau électrique local de Pevek et devrait être opérationnelle d’ici la fin de l’année.

Bien que la population de Pevek n’excède pas 5.000  habitants, la centrale couvre la consommation de 100.000 personnes et servira surtout pour alimenter les plateformes pétrolières de la région. En construction depuis 2006, l’Akademik Lomonossov remplacera une centrale nucléaire terrestre et une centrale à charbon obsolètes.

Un risque de « Tchernobyl sur glace » ?

Depuis plusieurs années, de nombreuses associations environnementales dénoncent ce projet et alertent sur un possible « Tchernobyl sur glace » ou un « Titanic  nucléaire« . « Toute centrale nucléaire produit des déchets radioactifs et peut avoir un accident mais l’Akademik Lomonossov est en plus vulnérable aux tempêtes« , explique Rachid Alimov de Greenpeace Russie, avant d’ajouter : « La barge est tractée par d’autres navires donc en cas de grosse tempête, il peut y avoir des collisions. Rosatom prévoit de stocker le combustible usé à  bord (…), tout incident aurait de graves conséquences sur l’environnement fragile de l’Arctique, sans oublier qu’il n’y a pas d’infrastructures de nettoyage nucléaire là-bas. »

Ce dernier propose d’ailleurs une alternative à cette centrale nucléaire flottante : l’énergie éolienne. Selon lui, le district de Tchoukotka, gigantesque région plus grande que la France mais peuplée de seulement 50.000 habitants, « a un énorme potentiel pour le développement d’énergie éolienne et une centrale nucléaire flottante est  tout simplement un moyen trop risqué et trop coûteux de produire de l’électricité« .

Par La rédaction de LCI, publié le 23 août 2019 à 19h25,

https://www.lci.fr/planete/video-les-ong-denoncent-un-titanic-nucleaire-akademik-lomonossov-que-sait-on-de-la-premiere-centrale-nucleaire-flottante-en-route-pour-l-arctique-2130242.html

Août 24

UKRAINE : DES EMPLOYÉS D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE LA CONNECTENT POUR MINER DE LA CRYPTOMONNAIE

Le minage illicite de cryptomonnaies n’est généralement pas associée à des atteintes à la sécurité au niveau de l’état. Cependant, le site d’information ukrainien en anglais UNIAN a rapporté les détails d’une arrestation qui a eu lieu le 21 août. Selon son article, des employés ont compromis la sécurité dans la deuxième centrale nucléaire du sud de l’Ukraine en connectant une partie du réseau interne à Internet pour miner des cryptomonnaies. Les services secrets ukrainiens (SBU) considèrent l’incident comme une violation potentielle des secrets d’État en raison de la classification des centrales nucléaires comme infrastructures critiques.