Jan 22

À FESSENHEIM, LE SECRÉTAIRE D’ÉTAT SÉBASTIEN LECORNU EST VENU PRÉPARER L’APRÈS-CENTRALE

Le secrétaire d’État en charge de la Transition énergétique, Sébastien Lecornu a passé trois jours près de la centrale de Fessenheim pour préparer l’avenir du territoire. Plutôt bien reçu, même si les salariés restent inquiets.

C’est finalement en catimini et avec trois élus alsaciens que Sébastien Lecornu a visité la centrale de Fessenheim. Le samedi matin 20 janvier, dès 8h, il n’y a croisé qu’une trentaine de salariés et découvert les installations. Le secrétaire d’État en charge de la transition écologique et solidaire avait entretenu le suspense sur sa venue ou non sur place tout le long de sa visite en Alsace.

La veille, environ 300 salariés et plusieurs journalistes attendaient devant les grilles. Sébastien Lecornu n’avait rien laissé filtré lors d’un point presse à la mi-journée. D’abord annoncé par un membre de la direction d’EDF, un contre-ordre est arrivé quelques minutes plus tard. Peu après 16h, les salariés repliaient les banderoles.

Anne Laslo, déléguée syndicale CFE Énergies est repartie déçue. « La veille, on s’était mis d’accord pour baliser une visite, avec certes des expressions fortes, mais pas de blocage ou de violence. Aujourd’hui, il y avait des cadres de la direction, pas des excités. ».

Samedi, à l’issue de la visite surprise, la CGT, syndicat majoritaire a dénoncé un « mépris » et « un manque de courage » de la part du plus jeune membre du gouvernement. D’autres proches du dossier observent que les troupes n’ont pas rappliqué le samedi matin pour monter à la hâte un « comité de sortie », dans cette usine où les syndicats sont proches de la direction.

Pourtant, tout avait bien commencé. Dès son arrivée, Sébastien Lecornu avait reçu les représentants des quatre syndicats de la centrale durant près de quatre heures. Son arrivée ensuite dans la soirée au conseil municipal de Fessenheim a été un peu chahutée, mais rien de marquant.

Avec le nouveau gouvernement, les syndicats ont repris le dialogue. Intimement, on sait que ne pas discuter, ce ne serait plus complètement défendre l’intérêt des salariés voués à partir. « Ce que je veux, c’est que dans dix ans on puisse dire que ça ne s’est pas si mal passé que ça », affirme Anne Laszlo.

93 personnes pour piloter la fermeture

Ce point d’orgue ponctue une visite événement de trois jours à Colmar, la préfecture du Haut-Rhin, à quelques dizaines de kilomètres de la centrale EDF. Lors du quinquennat précédent, aucun membre du gouvernement ne s’était déplacé. Même le délégué interministériel en charge de la reconversion Francis Rol-Tanguy avait rebroussé chemin. « Combien de fois ai-je dit à la majorité socialiste de se déplacer ? », soupire Patricia Schillinger, sénatrice du Haut-Rhin (LREM, ex-PS).

La prise de contact visait à installer un vaste « comité de pilotage » de 93 personnes, qui inclut des élus, les syndicats, des représentants des milieux économiques, de l’Université, d’EDF, des Allemands, etc.

Ironie de l’affaire, c’est un groupe majoritairement composé de personnes opposées à la fermeture qui va décider de la suite. « On s’est fait une raison », résume à ce sujet l’Alsacien Jean Rottner (LR), président de la Région Grand Est. Sa collectivité est attendue sur les volets de la formation et la relance d’une ligne ferroviaire entre Fribourg en Allemagne et Colmar, via un pont sur le Rhin. Un projet dont l’État ne voulait plus, mais qu’il semble prêt à co-financer via le contrat de Plan Etat Région. Des compensations indirectes plutôt qu’un chèque, en somme. S’il a apprécié « la capacité à agir sur un territoire restreint », du secrétaire d’État, Jean Rottner demeure « pas complètement rassuré ».

À ce stade, comme les annonces qui visent à développer les énergies renouvelables ont été minimales, personne ne ressort vraiment fâché de ces trois jours. Le parcours antérieur de Sébastien Lecornu auprès de Bruno Lemaire (ministre de l’Économie, auparavant membre de Les Républicains) semble aussi avoir facilité le contact avec les élus locaux, quasiment tous de droite dans ce secteur.

Claude Brender, le maire (divers droite) du village de 2.300 habitants, reconnaît que « l’opération séduction a marché ». Samedi soir, à l’heure de l’apéritif après trois jours intenses, il se dit « un peu rassuré sur la méthode et le discours, plus concret que ce qu’on a pu connaître ». « C’est dommage que ce réalisme ne s’interroge pas sur la pertinence de la fermeture. On n’est pas naïf et on attend un accompagnement pour les territoires qui ne puisse pas être remis en cause au prochain changement de gouvernement ou de Premier ministre. » Quant au grand appel à projet sur les énergies renouvelables, l’édile n’en a été informé qu’en début de semaine : «  Le renouvelable ne remplacera jamais entièrement une production de base, carbonée ou décarbonée. »

L’idée d’une zone fiscale franco-allemande

La tonalité est similaire pour la présidente du conseil départemental Brigitte Klinkert (LR) : « Je tiens à saluer l’esprit de dialogue pour comprendre la situation. Des élus ont pu lui remettre un document de travail commun. L’objectif est de faire un centre de recherche tri-national qui travaillerait sur le déploiement d’énergies renouvelables, le stockage de l’énergie et la mise en place d’une centrale de gaz vert, issu de la méthanisation. Pour les salariés, il faudra aussi un accompagnement social exemplaire. »

Dans cette partie grandeur nature de « Des chiffres et des lettres », la séquence sur « les lettres » a été bien négociée. Mais la partie sur « les chiffres » s’annonce plus épineuse. Président du conseil département jusqu’à 2017, le député Éric Straumann (LR) ressort « sans a priori négatif pour la suite », mais il pointe qu’il n’y a encore « rien de concret ». « Il doit bien y avoir une enveloppe vue l’ampleur de la chose », estime-t-il au regard des compensations fiscales (14,3 millions d’euros) et économiques.

Une de ses idées a été reprise, celle d’une zone à fiscalité particulière, avec vraisemblablement un début d’harmonisation franco-allemande. « Si la fermeture est décidée, c’est aussi sous pression allemande », rappelle l’élu colmarien. Reste à trouver l’équilibre entre mécanisme nécessaire et effet d’aubaine comme dans certaines zones franches. « Le but n’est pas que les entreprises du secteur déménagent de vingt kilomètres pour payer moins de taxes. »

Même pour les élus de la majorité, on ne donne pas un blanc-seing au gouvernement. La sénatrice Patricia Schillinger a apprécié « la franchise et que les Allemands soient invités », mais regrette que « l’agglomération tri-nationale de Saint-Louis soit absente ». « On reste vigilant et attentif, car rien n’est fait. Le gouvernement n’a pas le droit de faillir ».

Gare à l’artificialisation des sols et au déboisement

Également invitée au comité de pilotage, l’association écologiste Alsace Nature, repart aussi satisfaite. « Il y a eu un temps de lutte pour chacun, mais maintenant on est dans celui de la construction », analyse le président Daniel Reininger. « Pour la première fois, il y a quelque chose de décidé. Maintenant, tout dépend de la manière. Les gisements en énergies renouvelables sont supérieurs aux besoins, mais le problème, c’est leur disponibilité au moment où on en a besoin. Il y a un enjeu de stockage de l’électricité à développer et la présence de l’Université est importante. » M. Reininger s’inquiète des projets de mise à disposition de foncier pour les futures industries, l’expression d’un besoin par les entreprises allemandes. «  La sauvegarde du secteur passe par la sauvegarde de la forêt alluviale et il ne faudrait pas refaire les erreurs du XXè siècle. » Sur ce point, « il reste 200 hectares utilisables autour du site », assure Brigitte Klinkert.

Les salariés les plus critiques

Pour une parole plus critique, il fallait se poster en vain devant la centrale. Ici, le choix de société de réduire la part de l’énergie nucléaire percute des destins personnels. Une parole peu entendue médiatiquement jusqu’ici se libère. Car le calendrier de la fermeture devient concret. « On aura droit à trois propositions et sinon c’est un licenciement pour faute grave », explique l’un d’eux. Se pose la question des conjoints. Sébastien Lecornu veut que l’État favorise la mutation quand ceux-ci sont fonctionnaires. Mais pour les autres, ce ne sera pas toujours possible.

Parmi les salariés, nombreux sont pessimistes : « Pour commencer les démantèlements, on attend des années pour que la radioactivité baisse. Il n’y aura rien à la place de l’usine pendant des décennies. Tout ce qui est dit, c’est de la ’poudre de perlimpinpin. Regardez ce qu’il y a à Chooz, où on a démantelé des réacteurs. Il n’y a rien », s’agace un agent. Un autre salarié embraye : « Un pilote de réacteur nucléaire ne va pas monter des éoliennes. C’est comme si on disait à un chauffeur de bus de conduire un avion. »

De source syndicale, 330 des 736 agents au dernier décompte resteraient trois ans sur le site. La fermeture sera progressive, et le site toujours à risque tant qu’il y a du combustible présent. « Ceux qui sont mobiles sont sûrs d’avoir un bon boulot [dans une autre centrale, ndlr]. Ceux qui ne le sont pas pourront aller dans d’autres installations EDF aux alentours, mais pas tous », estime Anne Laszlo. La situation des 330 sous-traitants, qui ont moins de possibilité de reclassement, préoccupe en priorité les pouvoirs publics à ce stade.

Sébastien Lecornu, qui a tout fait pour se démarquer de Ségolène Royal, a prévu de revenir en Alsace les 12 et 13 avril pour une deuxième réunion du comité de pilotage. Il passera entre temps à Flamanville suivre l’évolution de l’EPR. Car la fermeture de Fessenheim est toujours liée à la date de son ouverture, « fin 2018 ou début 2019 ».

Pour télécharger la liste des membres du comité, cliquer sur :

https://reporterre.net/A-Fessenheim-le-secretaire-d-Etat-Sebastien-Lecornu-est-venu-preparer-l-apres

Jan 22

ALERTE ROUGE SUR LE MONDE

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres dresse un sombre tableau de l’état du monde, constate notre chroniqueur François Nordmann.

En guise de message du Nouvel An, Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies a émis une «alerte rouge». En prenant ses fonctions l’an dernier, il a placé son mandat sous le signe d’une «année de paix». Or c’est le contraire qui s’est produit. Le monde s’est mis en marche arrière. Le terrorisme continue à se répandre. De nouveaux périls sont apparus. Ainsi les craintes suscitées par les armes nucléaires sont aujourd’hui aussi vives que pendant la guerre froide. Les changements climatiques sont plus rapides que nous, les inégalités plus fortes, les violations des droits de l’homme plus graves. Tandis que la solidarité et la confiance sont en déclin, le nationalisme et la xénophobie progressent. La menace que représentent les néonazis s’accroît, 75 ans après la chute du régime nazi, ses symboles, sa mentalité et son langage demeurent très présents parmi nous.

Contenir l’unilatéralisme américain

La plupart des phrases qui précèdent – brèves, rythmées, sans emphase, frappant par leur netteté – sont des citations de l’appel du Secrétaire général, réitéré à deux reprises depuis lors. L’année 2017 a en effet été marquée par la brutalité des conflits en Syrie, au Yémen, en Afrique. Au Moyen-Orient, c’est un nœud gordien. Les essais nucléaires et balistiques de la Corée du Nord pourraient provoquer la reprise de la guerre dans la péninsule. Les catastrophes naturelles ont été particulièrement violentes et dévastatrices. L’unanimité autour de la protection des migrants obtenue en 2016 a volé en éclat un an plus tard. Pour relever les défis auxquels nous devons faire face, le monde doit refaire son unité, il faut un leadership ferme et audacieux, dit encore le Secrétaire général.

Il a tout de même pu marquer des points lors de l’Assemblée générale qui vient d’achever sa session de 2017. Comme il le demandait, les états ont mis la prévention au cœur des actions de maintien de la paix. Son plan de réforme du secrétariat a également reçu le soutien de l’Assemblée Générale. Les états sont allés au-delà de ses propositions en matière d’économie budgétaire, mais dans une mesure acceptable. Ils ont de même entériné la création d’un bureau pour mener la lutte contre le terrorisme. Mais Antonio Guterres a su contenir l’unilatéralisme américain pour éviter qu’il ne provoque des dommages irréparables à l’ONU. Les exemples sont abondants: le retrait de l’accord de Paris sur le climat, puis de l’Unesco, les menaces belliqueuses contre les États membres – la Corée du Nord – proférées à la tribune même de l’Assemblée générale, les pressions sur les états qui voteraient contre la position des États-Unis sur Jérusalem capitale de l’État d’Israël, la diminution d’un sixième des contributions volontaires à l’Unwra, la remise en cause de l’accord sur le nucléaire iranien, sont autant de mesures qui cherchent à affaiblir l’ONU et rendent chaque jour plus acrobatique la poursuite de son action. Certes, l’apocalypse n’a pas eu lieu, mais les risques pour la paix et la sécurité internationales, inhérents à la manière dont l’administration américaine traite la question nucléaire en Iran et en Corée du Nord, sont loin d’être écartés.

Pessimisme compréhensible

Les États-Unis ont abandonné leur rôle de défenseur de l’ordre libéral international qu’ils ont contribué à créer et à développer depuis les années 1940. De ce fait, les puissances favorables à un ordre autoritaire, antilibéral prennent de l’ascendance. En Syrie, c’est la Russie qui gère l’après-guerre à travers le «processus d’Astana» qu’elle a institué en contrepoint des efforts que l’envoyé spécial du Secrétaire général, Staffan de Mistura entreprend depuis Genève. Elle protège le régime Assad en recourant au veto au Conseil de sécurité. Plus souple, la Chine s’est rendue incontournable sur le dossier nord-coréen en adoptant les sanctions décrétées par l’ONU, qu’elle applique toutefois à sa façon. L’Arabie saoudite mène de son côté une guerre au Yémen qui fait fi des considérations humanitaires sans que l’ONU n’y puisse grand-chose. On comprend le pessimisme dont fait montre Antonio Guterres.

https://www.letemps.ch/opinions/2018/01/22/alerte-rouge-monde

Jan 22

COMMENT FAIRE UNE MICRO-BOMBE ATOMIQUE ET LA FAIRE PASSER POUR DE L’URANIUM APPAUVRI

La recette (prérequis nécessaire : de bonnes centrifugeuses, des explosifs très puissants, le canon ou le missile qui va avec, et des réacteurs nucléaires):

  • De l’uranium TRÈS appauvri (avec une part d’U235 inférieure à 0,2%, par exemple 0.14% comme on le trouve dans les obus testés pour le rapport parlementaire français de 2001, voire même moins)
  • Un peu d’uranium très enrichi, trois grammes par exemple (facile : on a plein de vieilles bombes en stock de la Guerre Froide à recycler), un peu plus si l’UA à disposition est très très appauvri
  • Une source alpha, gamma ou tritium (se produit en réacteur)
  • Du béryllium en combinaison avec la source alpha ou gamma pour produire des neutrons, à l’impact
  • Du plastique riche en hydrogène !

On façonne un barreau (flèche) d’uranium avec un corps en uranium très appauvri (en alliage donc solide) et une pointe en uranium très enrichi (non allié donc ductile), de sorte que l’ensemble ait une proportion d’U235 d’au maximum 0,2%. À l’avant de la pointe on place une flèche en béryllium (le béryllium est systématiquement utilisé sur les pointes des obus, c’était déjà un fait mentionné dans le rapport sur les armes à uranium appauvri publié par feu Bruno Barrillot et l’Observatoire des Armements en octobre 2000, même si l’usage de la fission n’était pas encore compris).

Dans un trou percé à l’extrémité de la pointe, le jour du combat venu, on verse une source neutronique. Dans le cas de l’obus APFSDS ci-dessus, tel qu’utilisé par les chars Leclerc, le plus simple serait du plomb 212 qui se change rapidement en bismuth 212 émetteur alpha très puissant, et qui ne laisse pas de traces radioactives en raison de sa très faible demi-vie (on trouve néanmoins du plomb 208, son descendant stable, en masse dans les dents d’enfants malformés en Irak (Savabieasfahani et al 2016) et, bien que les cheveux soient beaucoup moins performants pour la recherche de plomb dans le corps, dans les cheveux d’enfants malformés et prématurés à Gaza (Manduca et al 2014) – rappelons également en ce qui concerne les sources neutroniques notre découverte de masses de tritium à Canjuers). Ceci marche aussi naturellement avec une charge creuse (missiles antichar), il suffit de mettre un dé à coudre d’uranium hautement enrichi dans le creux du cône, de recouvrir d’une couche de béryllium puis d’une source neutronique.

L’idée de se limiter à une proportion de 0.2% d’U235 sur la masse totale d’uranium est de faire classer ces armes comme “uranium appauvri” mais une autre solution est de monter à 0.72% d’U235, ce qui permet de brouiller les traces en raison de la présence d’uranium naturel de même proportion d’U235 dans le sol (à Khiam au Liban l’UNEP a retrouvé de l’uranium “naturel” en concentration 10 fois plus importante dans un périmètre restreint autour d’un cratère de bombe aérienne, ce qui a permis aux autorités de disqualifier l’accusation d’utilisation d’uranium appauvri). Ceci permet, de plus, de mettre un peu plus d’uranium hautement enrichi sur la pointe et donc d’augmenter la puissance.

L’obus est tiré par le canon à 1750 mètres par seconde sur une cible blindée. A l’impact, le barreau solide en U238 écrase la source alpha dans le béryllium, qui à son tour s’enfonce dans l’uranium hautement enrichi. Les tirs alpha génèrent des neutrons rapides mais ceux-ci sont très bien modérés par leur passage dans le béryllium. Ils rencontrent un petit tampon d’uranium hautement enrichi. Celui-ci, à l’impact, pèse beaucoup, beaucoup plus lourd qu’avant, il est comprimé violemment (comme dans n’importe quelle bombe atomique, même un système “revolver” comme Little Boy). En prenant l’hypothèse d’un barreau de 4.5 kilogrammes à 0,14% d’uranium 235 que l’on complète avec un tampon de 2.7 grammes d’uranium 235 pur (pour simplifier : en réalité la pureté est plutôt de 95%), permettant d’arriver au chiffre magique de 0.2% d’U235, on peut calculer le poids de ce tampon au moment de l’impact, qui augmente considérablement sa densité, pour un impact d’une durée estimée à 0.005 secondes (court en raison de la ductilité):

Masse effective = ((1750 / 0.005) *0.0027)/9.81 = 96.3 kilogrammes, soit largement supérieur à la masse critique pour 95% d’U235 (Carey Sublette de Nuclear Weapon Archive indique que Little Boy et ses 64 kgs d’UHE à 83% représentait en réalité quasiment 3 masses critiques, il devait donc y avoir trois blocs et non deux). Si l’UHE est mélangé à du plastique riche en hydrogène le seuil de criticité est beaucoup diminué (l’hydrogène étant un excellent modérateur de neutrons), ce que confirme James Mahaffey, qui a travaillé pour la Defense Nuclear Agency, dans le livre Atomic Awakening (une expérience menée par Otto Frisch dans le cadre du projet Manhattan en 1944 qui explique sans doute pourquoi Little Boy avait presque trois masses critiques). Cette technique est donc certainement aussi utilisée sur les pointes des obus à uranium “appauvri”… Il est aussi connu que dissoudre l’uranium enrichi dans de l’eau diminue fortement la masse critique (à 1,4 kgs sans réflecteurs de neutrons selon la Société Européenne du Nucléaire).

On s’attend à ce que la réaction en chaîne obtenue ait un rendement de l’ordre de celui de Little Boy (1%, 3.16% selon M-E André (ce qui me semble à vrai dire un rendement plus crédible pour Little Boy mais trop élevé dans notre cas car la source de neutrons est à l’extérieur du bloc), conduisant dans notre exemple à la fission de 0.027 grammes d’U235 (pour un rendement de 1%), ce qui produit 2.24 milliards de Joules, l’équivalent de la combustion de 53 kilogrammes de pétrole, ou l’explosion de 535 kilogrammes de TNT mais l’énergie est surtout dégagée sous forme de chaleur et de neutrons (pour rappel la température un jour officiellement reconnue par la revue spécialisée Jane’s pour les obus à uranium appauvri est de 10 000°C).

Sont produits également (dans l’exemple donné) 0.007 grammes d’uranium 236, que l’on retrouve de partout en Irak et en Afghanistan (travaux de l’UMRC de Durakovic et Gerdes, ceci a même été relevé dans ledit rapport parlementaire – et au Kosovo l’UNEP a par exemple aussi retrouvé 0.0028% d’U236 sur des obus).

L’obus en fusion traverse instantanément le blindage et se répand dans le tank. Une masse en fusion de 4,5 kilogrammes d’UA (ou, probablement, dans ce cas, d’uranium naturel) est a priori peu susceptible de réaction en chaîne mais il y aura beaucoup de neutrons retardés (1% des neutrons d’une réaction en chaîne incontrôlée, c’est beaucoup). Le tank est une “cuve” presque entièrement fermée (il y a juste le trou foré par l’obus sur un côté d’où s’échappe de la fumée), les corps de l’équipage ont brûlé, il y a donc de la vapeur dans le tank (le corps humain est presque entièrement composé d’eau). U235 est présent sous forme de gaz, augmentant énormément la probabilité qu’il rencontre un neutron (gaz à 10 000°C = atomes très agités) et la vapeur modère les neutrons très efficacement. Les neutrons se réfléchissent contre les parois. Le tank se comporte donc exactement comme un réacteur nucléaire avec un coefficient de vide positif. On voit donc assez fréquemment une explosion avec flash typique de la fission nucléaire supercritique dans les tanks détruits, quelques secondes après le premier impact. Ces flashs sont clairement une preuve de l’arrivée des neutrons retardés.

Autres confirmations de ce qui est ici avancé :

  • l’absence de flash secondaire lors des démonstrations d’armes sur tank (on trouve beaucoup de vidéo de ce type sur Internet, notamment pour les missiles) s’explique facilement par l’absence d’équipage dans les tanks ciblés pour démonstration (ventes d’armes etc…)
  • l’absence de plutonium 239 dans les recherches en Irak et en Afghanistan (jusqu’à présent à ma connaissance on en a juste trouvé un tout petit peu dans un obus au Kosovo), alors qu’on trouve beaucoup d’uranium 236, confirme que la fission a essentiellement lieu dans de l’uranium très enrichi (sur la pointe de l’obus, puis dans le mélange vapeur d’eau – U235 gazéifié, mélange dans lequel il y a assez peu d’U238)
  • de plus, le nombre très limité de confirmations de contamination au plutonium 239, malgré toutes les recherches, doit être rapporté aux niveaux très élevés d’U236 retrouvés par Gerdes et Durakovic en Irak et Afghanistan, ceci permet une nouvelle fois de disqualifier l’hypothèse selon laquelle l’U236 est présent simplement parce qu’on utiliserait de l’uranium appauvri en provenance de combustible usagé (d’ailleurs pourquoi faire ça alors qu’il est difficile de manipuler l’uranium de retraitement car il est très radioactif et qu’il est bien plus simple d’utiliser l’uranium appauvri des centrifugeuses et quelques grammes d’UHE, dont les stocks sont très importants ?)
  • Les découvertes de taux extraordinaires (100 fois le niveau normal) de potassium 40, produit d’activation, dans le sol de zones bombardées en Serbie par deux chercheurs, H W Gabriel et D Schalch

https://depleteduranium.org/comment-faire-une-bombe-atomique-en-uranium-appauvri/

Pour signer la pétition, cliquer sur :

https://www.change.org/p/say-no-to-depleted-uranium-weapons-non-aux-armes-%C3%A0-uranium-appauvri

Lire aussi notre article sur les camps militaires pour un résumé des preuves de la fission nucléaire, et notre article sur les armes à uranium appauvri et la radicalisation djihadiste.

Jan 22

MILITANTS CHEZ GREENPEACE, DES TRACTS AUX ACTIONS COUP DE POING ILLÉGALES

Paris (AFP) – Distribuer des tracts pour Greenpeace ne lui suffisait plus, alors Maxime a décidé de passer « à la vitesse supérieure »: devenir « activiste », quitte à violer la loi en pénétrant sur le site d’une centrale nucléaire.

Il y a douze ans, ce cadre de 35 ans qui souhaite rester anonyme s’engage avec l’ONG de défense de l’environnement. Il donne de l’argent, distribue des tracts contre les OGM ou le nucléaire.

Mais « au bout de deux ans, je me suis dit, au rythme où va la dégradation de la planète, on ne va pas assez vite », raconte le trentenaire, qui veut alors s’investir dans des « actions de confrontation non violente avec les acteurs-pollueurs ».

Jusqu’à ce matin d’octobre 2017 où il pénètre avec sept autres activistes sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) pour alerter sur ce que l’ONG dénonce comme un défaut dans la sécurité des centrales.

Deux jours plus tôt, un rapport d’experts mandatés par Greenpeace pointait du doigt les piscines de stockage du combustible usé selon eux particulièrement vulnérables aux attaques extérieures. Accusations rejetées par EDF et les autorités.

Pour cette intrusion sur le site — mais pas dans la zone nucléaire, ont assuré EDF et la préfecture–, Maxime et ses acolytes, qui comparaîtront le 27 février à Thionville (Moselle), risquent cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.

« Dans l’intérêt général, il fallait le faire », se justifie Maxime, qui se qualifie de « lanceur d’alerte », tout comme Arielle, 30 ans, qui a suivi un parcours similaire au sein de l’ONG.

Adhésion, dons, porte-à-porte pendant un « petit boulot » d’été au Canada… « J’avais envie de donner plus », explique la jeune femme dont le prénom a été changé à sa demande. « Je me suis dit, je sais grimper, est-ce que cette compétence-là peut être utilisée? ».

C’est chose faite en mai dernier: elle participe au déploiement entre deux piliers de la tour Eiffel d’une banderole contre l’extrême droite, à deux jours du second tour de la présidentielle.

La cible n’est pas habituelle pour l’ONG. « Mais je trouve ça bien parfois de pouvoir sortir de son cadre quand il y a des dangers comme le Front national », poursuit Arielle, qui sera jugée avec d’autres militants ce vendredi à Paris pour cette intrusion.

Qu’est-ce qui a poussé Maxime et Arielle à violer la loi, à risquer la prison ou à voir une condamnation inscrite sur leur casier judiciaire ? L’adrénaline ? Absolument pas, assurent les deux trentenaires qui rejettent l’étiquette de « tête brûlée ».

« Quand on le fait, c’est qu’on a mesuré les risques », insiste Maxime. « Le côté adrénaline qui peut attirer quand on ne voit que le grimpeur et la photo, si quelqu’un vient pour ça, il va vite arrêter parce que ce n’est qu’un tout petit passage », estime Arielle, évoquant la préparation minutieuse, les heures de garde à vue, le procès.

Lors de chaque opération, organisée dans le plus grand secret y compris vis-à-vis des conjoints des participants, « on a toujours des personnes qui sont là pour dire tout de suite qu’on est Greenpeace, pour apaiser les tensions », ajoute la jeune femme. Et « on a un bon avocat », lance-t-elle en souriant.

Les deux militants espèrent que la médiatisation de ces opérations fera avancer leurs idées. Médiatisation qui a parfois des effets inattendus.

En mars 2015, Arielle participe au dépôt d’une grume de bois tropical de 4 tonnes devant le ministère de l’Écologie pour dénoncer le trafic de bois illégal. Ses proches découvrent alors son engagement dans la presse, raconte celle qui ne dit toujours rien à ses collègues.

Malgré leur engagement, les deux activistes ont peut-être aujourd’hui atteint une limite. Si elle écope de sursis, Arielle va « calmer les choses » pour éviter l’incarcération.

« Le but n’est pas d’aller en prison », renchérit Maxime qui préfère les opérations qui se « terminent bien ». Comme en 2015, lorsqu’il a, avec d’autres militants, recouvert de peinture jaune la chaussée autour de l’arc de Triomphe pour promouvoir les énergies renouvelables. Une action pour laquelle il n’a pas été poursuivi.

© AFP PATRICK HERTZOG

https://www.goodplanet.info/actualite/2018/01/21/militants-chez-greenpeace-tracts-aux-actions-coup-de-poing-illegales/

Jan 21

LES USA RELANCENT LA COURSE NUCLÉAIRE

Il y a un an, le 27 janvier 2017, le président américain Donald Trump chargeait son secrétaire à la Défense James Mattis de préparer une nouvelle «Revue des forces nucléaires» censée constituer la base de la stratégie nucléaire de Washington dans un avenir proche.

Le fait que cette consigne ait été donnée par le président seulement une semaine après son investiture témoigne de son importance. La signature du nouveau document est attendue prochainement et la presse a déjà mis la main sur le projet.

Selon le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Quel est donc le principal message de la revue des forces nucléaires de 2018? Il est très simple: l’Amérique a réduit de toutes ses forces ses armements nucléaires, aspirant à la paix et au bien-être, mais les autres pays ne l’ont pas suivie (voire lui ont menti), c’est pourquoi maintenant les USA ont besoin d’une modernisation radicale de leurs forces stratégiques nucléaires et d’accroître leur potentiel opérationnel.

D’après la direction militaro-politique américaine, les principaux responsables de l’échec des tentatives de débarrasser le monde de l’arme nucléaire sont la Russie, la Chine, la Corée du Nord, l’Iran et les terroristes.

«La Russie, qui a d’abord suivi l’Amérique et réduit ses forces stratégiques, a conservé des réserves significatives d’armes nucléaires non stratégiques. Et aujourd’hui Moscou modernise aussi bien ces armements que les systèmes stratégiques. Ce qui est encore plus dangereux est que la Russie a adopté une stratégie militaire qui prévoit une escalade nucléaire pour parvenir au succès, indique le projet. La Chine modernise et accroît également ses forces nucléaires… Les provocations nucléaires de la Corée du Nord représentent une menace pour la sécurité régionale et mondiale… Les ambitions nucléaires de l’Iran sont aussi très préoccupantes. Sur le plan global, la possibilité que les terroristes aient accès à l’arme nucléaire reste une menace permanente

«Nous devons regarder la vérité en face et voir le monde tel qu’il est en réalité, et non tel que nous voulons le voir», résume le document, dans une tentative de synthèse de tous ses raisonnements flous sur les «ennemis de l’Amérique». Conclusion: les USA ont besoin de moderniser leur triade nucléaire. Les sous-marins stratégiques de classe Ohio seront remplacés par Columbia, les missiles à silo Muniteman III seront remplacés par des missiles intercontinentaux de nouvelle génération, et la composante aérienne de la triade sera renouvelée grâce aux nouveaux bombardiers B-21 Rider et aux missiles de croisières nucléaires à grande portée LRSO (Long Range Stand-Off). Dans la modernisation de l’armement nucléaire tactique, un accent sera mis sur le passage de toutes les bombes aériennes au standard B61-12 et à la possibilité de les faire embarquer par les F-35A. À plus long terme est attendue la mise en service d’un nouveau missile de croisière nucléaire mer-sol. Toute l’infrastructure des forces nucléaires stratégiques et les sites d’implantation de leur système de contrôle et de liaison subiront une profonde modernisation.

Selon les estimations des experts, d’ici 30 ans les USA devront débourser au moins 1.000 milliards de dollars pour les programmes mentionnés, sachant que les dépenses pour les armements nucléaires de tous les types et classes atteindront 6,4% du budget annuel du Pentagone.

À première vue, qu’avons-nous à faire de l’Amérique préoccupée par la menace russe, chinoise, nord-coréenne, iranienne ou autre? Qu’elle s’arme. Mais il ne s’agit pas seulement des USA. L’arme nucléaire est utilisée de plus en plus souvent par les pays non seulement comme un moyen de garantir sa sécurité par la dissuasion stratégique, mais également comme un outil de première frappe et une arme de chantage direct.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

https://fr.sputniknews.com/presse/201801191034803691-course-nuclaire-etats-unies/

Jan 21

JO-2018: UNE DÉLÉGATION NORD-CORÉENNE À SÉOUL, UNE PREMIÈRE EN QUATRE ANS

Une délégation nord-coréenne est arrivée dimanche à Séoul pour inspecter des sites et préparer des manifestations culturelles prévues lors des jeux Olympiques d’hiver, marquant la première visite au Sud en quatre ans de responsables de Pyongyang.

Les télévisions sud-coréennes ont montré un groupe de sept personnes en train de traverser dans des autocars la frontière entre les deux pays avant d’arriver à la gare ferroviaire de Séoul une heure plus tard.

Encadrée par des centaines d’agents de la police sud-coréenne, la délégation a été vue descendant de l’autocar avant de monter dans un train à destination de la ville de Gangneung, dans l’est du pays, l’un des deux sites des JO (9-25 février) avec Pyeongchang.
Le groupe était emmené par Hyon Song-Wol, leader de Moranbong, un groupe de pop entièrement féminin très populaire en Corée du Nord.

Mme Hyon, qui a la réputation d’avoir été une petite amie du numéro un nord-coréen Kim Jong-Un, était vêtue d’un manteau noir et d’un cache-col en fourrure lorsqu’elle est montée à bord du train sans s’adresser à la foule de journalistes présents à la gare.

Il s’agit de la première visite au Sud de responsables nord-coréens depuis l’arrivée en mai à la présidence sud-coréenne de Moon Jae-In, élu en prônant une reprise du dialogue avec le Nord.

Cette visite intervient deux semaines après que la Corée du Nord eut accepté de participer aux jeux Olympiques d’hiver lors des premiers pourparlers inter-coréens en deux ans.

Skieurs du Sud au Nord

Samedi, le Comité international olympique (CIO) a validé l’accord forgé entre le Nord et le Sud et qui prévoit que Pyongyang envoie 22 sportifs qui seront alignés dans trois sports (ski, hockey sur glace et patinage) pour un total de cinq disciplines, avec en point d’orgue une équipe coréenne unie dans le tournoi dames de hockey sur glace.

Mesure spectaculaire mais pas inédite, les deux Corées défileront ensemble lors de la cérémonie d’ouverture, sous le drapeau représentant la péninsule réunifiée, comme ils l’avaient déjà fait aux JO-2000 à Sydney, 2004 à Athènes et 2006 à Turin.

L’accord prévoit que le Nord envoie un orchestre de 140 membres, emmené par Mme Hyon, qui participera pendant les Jeux à deux concerts, l’un à Séoul, l’autre à Gangneung.
Séoul enverra aussi des skieurs dans la station nord-coréenne de Masikryong pour qu’ils s’entraînent avec les sportifs nord-coréens. La Corée du Sud participera par ailleurs à un événement culturel avec le Nord dans la région nord-coréenne du Mont Kumgang.

La délégation nord-coréenne en visite au Sud devait inspecter dimanche les sites olympiques de Gangneung, avant de se rendre dans d’autres sites à Séoul lundi et de repartir au Nord.

Une autre délégation nord-coréenne se rendra la semaine prochaine au Nord pour arrêter les aspects logistiques de la visite de la délégation olympique. Séoul enverra également des responsables au Nord pour visiter la station de ski.

La Corée du Sud et le Comité d’organisation des JO (Pocog) ont présenté cet événement comme des « Jeux de la Paix » à même de contribuer à apaiser le climat entre les deux ennemis de la péninsule coréenne, qui sont toujours techniquement en guerre, le conflit de 1950-1953 s’étant terminé sur un armistice, et non sur un traité de paix.

La Corée du Nord, qui justifie sa course à l’arme atomique par la menace que feraient planer les États-Unis sur son existence-même, a réalisé trois essais nucléaires en deux ans, dont le dernier en date, le plus puissant, remonte à septembre.
Elle a multiplié par ailleurs les essais de missiles et se dit en mesure de frapper le territoire continental américain du feu nucléaire.

La situation s’est également envenimée du fait de la surenchère d’attaques personnelles et d’insultes entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et le président américain Donald Trump.

Après avoir pendant des mois superbement ignoré les invitations du Sud à venir aux JO, M. Kim a surpris tout le monde le 1er janvier en évoquant la participation de ses athlètes.

Mais ce rapprochement ne s’est pas fait sans susciter la controverse au Sud, notamment au sujet de l’équipe unifiée de hockey. Certains accusent ainsi M. Moon de priver au nom de la politique des sportives sud-coréennes d’une possibilité de concourir aux Jeux.

Des dizaines de personnes ont signé une pétition demandant au président sud-coréen de renoncer à ce projet d’équipe unique.

https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/une-delegation-nord-coreenne-arrive-a-seoul-pour-une-inspection-avant-les-jo

Jan 21

LES ÉTATS-UNIS ET LEURS ALLIÉS S’APPRÊTENT À ÉTABLIR UN BLOCUS NAVAL DE LA CORÉE DU NORD

Dans le cadre de l’escalade des sanctions frappant de plein fouet la Corée du Nord, les États-Unis et leurs alliés discutent maintenant d’un blocus naval pour mettre fin au trafic de marchandises nord-coréen, allant ainsi au bout de leur campagne de pression exercée sur le pays.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une nouvelle série de sanctions plus sévères juste avant Noël, réduisant considérablement le commerce nord-coréen, alors que des rapports font état du fait que le régime ne peut pas nourrir ses propres soldats.

Avec les informations selon lesquelles le régime chinois jouerait le jeu d’appliquer ce nouveau niveau de sanctions, l’administration Trump se veut davantage confiante dans la possibilité d’une résolution diplomatique du conflit.

La Maison-Blanche a publié une déclaration, le 12 janvier, annonçant que l’administration Trump était « heureuse que la Chine réduise fortement ses échanges commerciaux avec la Corée du Nord ».

« Ce plan d’action soutient l’effort mondial mené par les États-Unis pour exercer une pression maximale jusqu’à ce que le régime nord-coréen mette fin à ses programmes illicites, modifie son comportement et s’oriente vers la dénucléarisation de la péninsule coréenne. »

Le département d’État espère concrétiser ces gains par d’autres mesures lors d’une prochaine réunion à Vancouver, a annoncé le directeur de la planification politique du département d’État américain Brian Hook.

Les ministres des Affaires étrangères des États-Unis, du Canada, de la Corée du Sud et de plusieurs des pays qui ont combattu la Corée du Nord pendant la guerre de Corée se sont réunis à Vancouver le 16 janvier.

Toujours selon M. Hook, la réunion vise à exercer davantage de pression sur la Corée du Nord tout en maintenant les options diplomatiques « ouvertes et viables ».

« Ils ressentent la tension. Et nous estimons que cette campagne de pression demeure le meilleur moyen de contraindre Kim Jong-un à changer son comportement et de faire en sorte qu’il accepte de se mettre à la table des négociations pour des discussions constructives », a précisé M. Hook lors d’un point de presse du 11 janvier.

Maintenant que des sanctions plus sévères sont en vigueur, le Département d’État cherche des moyens de s’assurer que la Corée du Nord ne contourne ni les limites punitives imposées aux importations ni les 90 % de ses exportations déclarées publiquement.

Un blocus naval marquerait un tournant décisif. Il est question d’un blocus naval, car les États-Unis envisagent sérieusement de mener une frappe limitée contre la Corée du Nord dans le but de la punir en cas de toute autre provocation sans que cela n’aille jusqu’à la déclaration de guerre.

« Même si nous avons évoqué sérieusement la menace militaire, nous préférons bien évidemment la solution des négociations », a souligné M. Hook.

Cela signifie qu’il faut sévir à l’encontre de quiconque ne respecte pas les sanctions actuelles.

« Nous devons faire davantage pour gérer les navires qui se livrent à des activités interdites en vertu des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », a martelé M. Hook.

Une façon d’y parvenir est de sévir contre les navires qui se livrent à la contrebande en les empêchant d’entrer dans d’autres ports, les contraignant à cesser leurs activités.

« Nous devons accroître les conséquences auxquelles feront face tous les navires qui se livrent à ce genre d’activité », a-t-il ajouté.

Mais envisager un blocus naval pourrait venir déranger le régime chinois, qui s’oppose aux pourparlers de Vancouver.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré aux journalistes à Pékin que la réunion de Vancouver porterait atteinte aux efforts de paix.

« Cela ne fera qu’engendrer des divisions au sein de la communauté internationale et nuira aux efforts conjoints visant à résoudre de façon appropriée la question nucléaire dans la péninsule coréenne », a déclaré le porte-parole Lu Kang aux journalistes à Pékin, selon CBC/Radio-Canada.

La Chine et la Russie n’ont pas été invitées à la réunion. Ces deux pays étant frontaliers avec la Corée du nord, la réussite de toute sanction dépend en particulier de leur coopération. La difficulté est que ces deux nations partagent la même idéologie politique que la Corée du nord, les amenant donc à la soutenir malgré sa menace nucléaire. Ces deux pays ont également créé la Corée du Nord et lui ont donné le soutien nécessaire pour lancer la guerre de Corée.

Ces deux nations historiquement communistes ont lancé une bouée de sauvetage à la Corée du Nord. Elles sont comme deux amies du Conseil de sécurité de l’ONU prêtes à apprivoiser les sanctions jusqu’à un niveau tolérable, mais les nouvelles sanctions de décembre et le durcissement des plafonds sur les importations de pétrole ont coïncidé avec le regain d’intérêt de la Corée du Nord pour les options diplomatiques.

Depuis le discours du Nouvel An de Kim Jong-un, le régime a fait basculer les provocations belligérantes vers la diplomatie, réclamant une solution bilatérale à la crise actuelle en travaillant avec la Corée du Sud, et c’est dans ce but que la Corée du Nord a entamé des pourparlers pour négocier son entrée aux prochains Jeux Olympiques en Corée du Sud.

Si les États-Unis et d’autres pays se sont félicités de ces pourparlers, la Corée du Nord continue de proclamer son ferme engagement à l’égard de son programme d’armes nucléaires.

Puisqu’il n’y a aucun changement sur ce point décisif, le département d’État américain appelle à des contrôles financiers plus stricts pour mettre fin à toute circulation illicite d’argent vers ou en provenance du régime, a déclaré M. Hook.

« Nous imposerons des sanctions secondaires lorsque nous le devrons, et c’est quelque chose que la Chine a très bien compris d’après nos conversations », a confié M. Hook.

Ces sanctions pourraient viser d’autres banques et entreprises chinoises, partenaires importantes du régime nord-coréen.

http://www.epochtimes.fr/usa-allies-americains-sappretent-a-etablir-blocus-naval-de-coree-nord-167421.html

Jan 21

SAURA-T-ON ENFIN LA VÉRITÉ SUR LE NUAGE RADIOACTIF QUI A CONTAMINÉ 14 PAYS, DONT LA FRANCE ?

Près de quatre mois après la découverte entre septembre et octobre 2017 d’une pollution de l’air au ruthénium 106 dans le sud-est de la France, mais également dans treize autres pays d’Europe, l’origine précise de cette contamination radioactive n’est toujours pas établie. Fin novembre, après avoir de longues tergiversations, la Russie et son agence de météorologie Rosguidromet ont reconnu avoir repéré à Arguaïach une concentration extrêmement élevée de ce produit de fission issu de l’industrie nucléaire.
Or ce village du sud de l’Oural est situé à 30 kilomètres du complexe nucléaire Maïak où s’est produit l’un des pires accidents nucléaires de l’histoire en 1957,  et qui sert aujourd’hui de site de retraitement de combustible nucléaire usé.  Il n’en fallait pas davantage pour convaincre Greenpeace Russie que la source de la pollution avait été localisée et que de surcroît, Rosatom, la société d’État russe gérant l’activité de toutes les entreprises du secteur nucléaire en Russie,  avait éventuellement dissimulé un incident nucléaire. Mais alors qu’une demande d’ouverture d’une enquête a été déposée par l’organisation écologiste auprès de la justice russe, le conglomérat a affirmé sans attendre « qu’aucune anomalie n’a été observée sur les équipements du groupe public Rosatom et les règles de sécurité restent parfaitement respectées ».

Deux médias français ont prélevé de la terre dans l’Oural

Faute de réponse à cette énigme que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’a curieusement pas cherché à résoudre, deux médias français se sont rendus près de l’installation nucléaire de Maïak où ils ont récolté des échantillons de terre. À leur retour, les journalistes ont confié ces prélèvements à un physicien de la CRII-RAD, une association indépendante créée en 1986, après la catastrophe de Tchernobyl. Les analyses de la terre rapportée de l’Oural sont inattendues : certes, du ruthénium a été retrouvé dans les six échantillons, mais la concentration du radio-isotope dans le sol, 100 fois inférieure aux résultats attendus par les scientifiques, ne colle pas avec la théorie d’un nuage nucléaire qui se serait échappé accidentellement de ce centre de retraitement de déchets nucléaires.

Le crash d’un satellite selon la Russie

Pour la CRIIRAD, il ne peut y avoir que deux explications : soit un incident s’est réellement produit ici, mais pour des raisons météorologiques, il n’y a pas de retombées radioactives sur place, soit l’origine de la pollution se situe ailleurs dans l’Oural où se trouvent d’autres installations nucléaires. Dans ce contexte de doute, la Russie a trouvé une occasion d’évoquer à nouveau son hypothèse d’un crash d’un satellite alimenté au Ru-106. « Peu crédible », a fait savoir l’AIEA, qui justifie son immobilisme dans cette affaire en expliquant n’avoir mandat pour enquêter sur un incident nucléaire que lorsque son origine est connue.

Une commission d’enquête internationale fin janvier

En signe de leur bonne volonté, les autorités russes ont proposé qu’une commission d’enquête internationale se réunisse le 31 janvier. Les conditions des investigations scientifiques à conduire dans l’Oural pourraient être fixées à cette occasion, mais le temps presse : le Ru-106 a ceci de particulier, que son niveau de radioactivité se réduit de moitié chaque année. Le risque est grand, en définitive, que l’on ne sache jamais vraiment ce qui s’est produit … 

Lionel Laparade (@LLaparade)

https://www.ladepeche.fr/article/2018/01/20/2725698-levera-mystere-nuage-radioactif-contamine-14-pays-europeens-dont-france.html

Jan 21

ESSAIS NUCLÉAIRES EN POLYNÉSIE : LES PETITS-ENFANTS OUBLIÉS DE LA BOMBE

L’étude menée par le Dr Christian Sueur sur des enfants polynésiens dont les grands-parents ont travaillé sur les sites des explosions atomiques atmosphériques est alarmante.

C’est un rapport qui dérange. Les essais nucléaires atmosphériques qui ont eu lieu, entre 1966 et 1974, en Polynésie française, ont-ils eu des répercussions génétiques sur les descendants des vétérans du Centre d’Essais du Pacifique (CEP) ayant participé à ces essais, et plus largement sur les populations locales ? C’est ce que laisse entendre le rapport alarmant du Dr Christian Sueur, responsable jusqu’en décembre 2017 de l’unité de pédopsychiatrie du Centre Hospitalier de Polynésie française. Dans ce document que nous avons pu nous procurer, ce praticien, retourné en poste en Métropole depuis janvier, relève des anomalies morphologiques parfois couplées à des retards mentaux chez de nombreux enfants.

Les observations du docteur Sueur sont le fruit d’un travail de consultation et de recherche clinique, mené entre 2012 et 2017. Un travail réalisé à Tahiti, et dans cinq archipels, en particulier aux îles des Tuamotu-Gambier, l’une des zones les plus touchées par les retombées radioactives des 46 essais atmosphériques polynésiens menés durant huit ans à Mururoa et Fangataufa.

Déficiences génétiques

271 enfants ont consulté pour des troubles envahissants du développement (TED)*. Parmi ces jeunes patients, 69 d’entre eux ont également développé des anomalies morphologiques et/ou des retards mentaux. Dans son rapport, le praticien relève des pathologies liées à des déficiences génétiques, susceptibles d’avoir été provoquées par des retombées radioactives sur les « cellules germinales » des grands-parents, avant de se transmettre sur plusieurs générations. La grande majorité de ces enfants ont en effet des aïeux qui ont travaillé sur place à l’époque des essais nucléaires et dont les parents sont nés à cette période. Fait troublant, plus de 70 % de ces enfants ont des parents mais aussi des frères et sœurs qui ont développé des pathologies telles que leucémies, cancers du rein ou de la thyroïde. Autant de pathologies radio-induites, c’est-à-dire des maladies considérées comme pouvant être liées aux retombées radioactives.

Certaines données relevées dans ces îles des Tuamotu-Gambier posent question. À Tureia, atoll habité le plus proche de Mururoa et touché par 39 retombées radioactives, un enfant sur 4 est atteint d’un cancer de la thyroïde, de jeunes adultes sont décédés à la trentaine ou ont développé des pathologies héréditaires. Sur près de 300 habitants, le docteur Sueur a relevé une vingtaine de pathologies possiblement radio-induites, soit une morbidité d’une personne sur 5. À Reao, où vivent 369 habitants, près de 10 % de la population est touchée par une maladie radio-induite.

Les responsables politiques alertés en vain

Étonné par cette concentration de cas dans une population infanto-juvénile sur une zone restreinte, Le Dr Sueur a alerté de cette situation il y a quelques années auprès des autorités polynésiennes et a interpellé les différents ministres de la Santé qui se sont succédés au sein du gouvernement polynésien. Sans effet.

Si des scientifiques se sont déjà intéressés aux différents cancers en Polynésie française, rares sont ceux qui se sont penchés sur la question des anomalies génétiques ou morphologiques chez les enfants. Dès 2012, le pédopsychiatre a travaillé sur le lancement d’un programme de recherche avec l’aide de Bruno Barrillot, délégué du comité du suivi des conséquences des essais nucléaires. Ceci jusqu’au décès de ce dernier en mars 2017.

L’idée des deux experts était de lancer une recherche épidémiologique chez les anciens travailleurs du CEP et leurs descendants (première et deuxième génération) mais aussi au sein de la population de la Polynésie française. En effet, selon des documents secret-défense déclassifiés en 2013, le territoire aurait été survolé dans son ensemble par les nuages radioactifs.

*Les troubles envahissant du développement peuvent se traduire par différentes pathologies : autisme, syndrome de Rett, syndrome d’Asperger, dysharmonies d’évolution.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/essais-nucleaires-en-polynesie-les-petits-enfants-oublies-de-la-bombe-20-01-2018-7512900.php

COMPLÉMENTS ET REMARQUES DE L’OBSERVATOIRE DES ARMEMENTS

« Si ce travail nous a apporté une certitude, c’est bien celle‐ci, toujours la même : la France n’assume pas l’héritage toxique de ces expérimentations nucléaires, et elle utilise toujours son armée, pour continuer de cacher au reste de la population de la République, ce qu’il en est réellement de ces complexes questions sanitaires, qui impliquent également la question du nucléaire civil, en métropole » constate le docteur Christian Sueur, psychiatre, dans l’étude qu’il vient de publier, au terme d’un travail rigoureux conduit entre 2012 et 2016.

Le rapport — Les conséquences génétiques des essais nucléaires français dans le Pacifique, chez les petits-enfants (2e génération) des vétérans du CEP, et des habitants des Tuamotu Gambiers — est une « conclusion d’étape » d’un projet de recherche élaboré à Tahiti au sein de l’unité de pédopsychiatrie du Centre hospitalier de la Polynésie française qu’il dirigeait. Un projet conçu avec Bruno Barrillot et l’association Moruroa e tatou.

En effet, 52 ans après le premier essai nucléaire et 22 ans après le dernier, les populations algériennes et polynésienne, comme les personnels, subissent toujours les conséquences sur leur santé et leur environnement et restent sans réponse crédible sur les risques auxquels ils ont été exposés. Eux et les générations suivantes.

Dans un dossier rédigé par Bruno Barrillot et publié en février 2016, nous alertions sur « les atteintes aux enfants  ». Une alerte résultant de constat empirique et des témoignages recueillis par Bruno au fil de ses travaux. L’étude conduite par Christian Sueur vient renforcer cette alerte en apportant des éléments issus d’observations cliniques, d’examens complémentaires et d’un important travail de recherche consigné dans ce rapport d’étape que nous vous invitons chaudement à lire.

Nous faisons nôtres les recommandations de Christian Sueur :

« Il y a donc urgence à ce qu’une conscience médicale se réveille, se mette en action pour explorer ce champ de la pathogénie génétique, et apporter des réponses thérapeutiques, psycho-éducatives, et institutionnelles spécialisées ; la question de la responsabilité des autorités sanitaires françaises et polynésiennes est clairement engagée dans ce domaine, face à son « inertie » coupable, il s’agit en urgence, comme cela est réclamé depuis des années par les associations de victimes, les ONG, et les militants du parti Tavini Huiaatira :

  • de mettre en place un «  Observatoire des pathologies radio-induites », non seulement chez les vétérans du CEP, mais aussi dans l’ensemble de la population polynésienne (enfants et adultes) possiblement contaminée (essentiellement lors des essais atmosphériques 1966-1974) ;
  • de réaliser des études épidémiologiques sérieuses et transparentes, qui s’appuient sur les recherches les plus récentes sur les effets des faibles doses de radioactivité (Projet DoReMi), et les connaissances récentes concernant les biomarqueurs des radiations ionisantes ;
  • de constituer, une « Registre des malformations » et un comptage des accidents périnataux (fausses couches, morts in utero, mort à la naissance, morts-subites dans les premiers mois…), registre dont l’importance s’est révélée cruciale après l’accident de Tchernobyl, en Biélorussie, et ailleurs en Europe.

Et, que l’on ne s’y méprenne pas, la question est éminemment politique, et confronte la population de la République, à la toxicité de l’activisme nucléaire civil et militaire des gouvernements français successifs depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, d’une part, et à son fonctionnement « néocolonial » indéniable, d’autre part, dans ses anciennes « colonies », et en particulier en Polynésie française. »

http://www.obsarm.org/spip.php?article300

Jan 20

FESSENHEIM: SÉBASTIEN LECORNU VISITE LA CENTRALE NUCLÉAIRE

Le secrétaire d’État auprès du ministre écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, s’est rendu samedi matin à la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), au terme d’un déplacement de trois jours consacré à la fermeture du site fin 2018 ou en 2019, a-t-on appris auprès de son entourage.

« Le sens de sa visite est d’avoir un échange sur la situation de la centrale et d’une manière globale sur la politique énergétique du pays« , a indiqué à l’AFP son entourage.

Lecornu est arrivé à la centrale vers 08H00 et « a fait plusieurs étapes, notamment à la salle des machines et d’autres installations« , accompagné du maire de Fessenheim, Claude Brender, de la présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, et du député (LR) de la circonscription, Raphaël Schellenberger, a précisé cette même source.

La visite devrait durer « la matinée, jusqu’au déjeuner« , a-t-elle ajouté.

Vendredi, M. Lecornu avait installé à la préfecture de Colmar le comité de pilotage sur la reconversion du site nucléaire de Fessenheim, la doyenne du parc français qui doit fermer fin 2018 ou en 2019.

« La centrale fermera, j’assume cette décision, (…) Je ne viens pas avec un chèque, mais je ne viens pas les mains vides. Il s’agit de construire un projet pour le territoire qui soit exemplaire« , avait assuré le secrétaire d’État lors de l’inauguration du comité.

Le site emploie directement 850 salariés d’EDF et 330 salariés permanents d’entreprises prestataires, sans compter les 2.000 emplois indirects et induits.

« C’était utile qu’il vienne quand même pour se rendre compte de l’installation, que ce n’est pas une vieille installation. Elle est encore tout à fait en capacité de fonctionner de longues années« , a réagi samedi auprès de l’AFP le maire de Fessenheim, Claude Brender. « C’est un véritable gâchis industriel« , a-t-il regretté.

Selon M.Brender, « il n’y avait quasiment personne sur le site (samedi matin), on a croisé quelques salariés »…

©AFP / 20 janvier 2018 11h58)

Article complet sur : https://www.romandie.com/news/Fessenheim-Sebastien-Lecornu-visite-la-centrale-nucleaire/882457.rom

Jan 20

NOUVELLES IMAGES DE L’INTÉRIEUR D’UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE DÉVASTÉ À FUKUSHIMA

L’opérateur de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, dévastée par un tsunami en 2011, a rendu publiques de nouvelles images de l’intérieur d’un des réacteurs endommagés, montrant des fragments de métal et des débris qui pourraient être du combustible nucléaire fondu.

Tokyo Electric Power (Tepco) a introduit une caméra spéciale à l’intérieur d’un des trois réacteurs endommagés de la centrale, située dans le nord-est du Japon, dans le cadre des travaux entrepris pour son démantèlement, selon un porte-parole de la compagnie.

Les images, rendues publiques vendredi soir, montrent des débris éparpillés sur le sol de l’unité, dont un morceau de réservoir de combustible ainsi que des fragments ressemblant à des roches qui pourraient contenir du combustible nucléaire fondu.

La localisation des restes de combustible est une étape cruciale du processus de démantèlement de la centrale, lequel prendra encore plusieurs décennies et coûtera près de 160 milliards d’euros.

L’inspection des lieux est rendue difficile par le niveau extrêmement élevé de radiations, un obstacle que Tepco essaye de surmonter à l’aide de caméras robotisées. De premières images avaient déjà pu être tournées l’an dernier à l’intérieur d’un autre réacteur endommagé.

« Réussir à prendre les dernières images en date a constitué une nouvelle étape-clé dans le processus de démantèlement« , a déclaré le porte-parole de Tepco, ajoutant que la compagnie prévoit de commencer à retirer les débris radioactifs en 2021.

Le 11 mars 2011, un puissant séisme sous-marin avait fait déferler sur toute la côte nord-est du Japon un gigantesque tsunami qui avait fait 18.000 morts ou disparus et provoqué à Fukushima le pire accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl en 1986.
(©AFP / 20 janvier 2018 08h38)

https://www.romandie.com/news/Nouvelles-images-de-l-interieur-d-un-reacteur-nucleaire-devaste-a-Fukushima_RP/882449.rom

Jan 20

« PENSER QUE NOTRE SÉCURITÉ PUISSE ÊTRE GARANTIE PAR UNE LIGNE MAGINOT NUCLÉAIRE EST UNE ILLUSION », QUELS VŒUX AUX ARMÉES ?

Toulon, vendredi 19 janvier 2018, le Président de la République a présenté ses vœux aux armées. Cette cérémonie  lui a permis d’apporter des informations sur la Loi de Programmation Militaire 2019 / 2025, qui sera soumise au Parlement à partir de février.

« Initiatives pour le Désarmement Nucléaire » appelle le Président à saisir cette occasion pour refonder une politique de défense de la France qui réponde aux nouveaux enjeux de sécurité.

Depuis des décennies, notre politique de défense s’arc-boute sur des principes surannés hérités de la Guerre froide. La dissuasion nucléaire, notamment, demeure encore le socle sur lequel repose notre stratégie et ses moyens. Or le monde bouge, les menaces auxquelles notre pays doit faire face ont changé de nature. Dans ces conditions, penser que notre sécurité puisse être garantie par une ligne Maginot nucléaire est une illusion. Il est urgent et vital de secouer les colonnes du temple et d’en chasser les marchands.

Ceux-ci poussent la France à s’engager dans une profonde et coûteuse modernisation de nos composantes nucléaires. Un tel renouvellement de ces systèmes d’armes signifierait que la France s’inscrit dans une nouvelle course aux armements nucléaires et compromettrait l’indispensable rénovation de nos moyens conventionnels, actuellement à l’épreuve sur les théâtres d’opérations.

Dans le contexte stratégique actuel, l’arme nucléaire est devenue une source d’instabilité. Il faut donc imaginer de nouvelles orientations pour notre politique de défense afin de mieux assurer la sécurité des Français.

Une telle rénovation de notre stratégie et de ses moyens appelle une réflexion novatrice, qui devrait faire l’objet d’un large débat, particulièrement au sein des Assemblées parlementaires.”

http://7seizh.info/2018/01/20/penser-securite-puisse-etre-garantie-ligne-maginot-nucleaire-illusion-voeux-aux-armees/

Jan 20

CMR DONT RAYONNEMENTS IONISANTS : ENDEL CONDAMNÉ À RÉALISER LES FICHES D’EXPOSITIONS AUX AGENTS CANCÉROGÉNE

Communiqué de presse de la CGT ENDEL/ENGIE et de l’UD CGT de Seine Maritime

À la suite du scandale de l’amiante et de la mise en cause de la responsabilité de l’État qui a failli à son obligation de protection des travailleurs, le Ministère du travail a pris en 2001 un certain nombre de dispositions visant à protéger les travailleurs des risques liés aux agents cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction (CMR) dont l’obligation d’établir des fiches d’expositions à ces produits visant à une meilleure connaissance du risque et à la reconnaissance des maladies professionnelles induites par les expositions.

Après une résistance acharnée du patronat, qui craignait à juste titre que la mise en cause de la responsabilité des employeurs soit facilitée par l’existence de ses fiches d’expositions, le gouvernement de François Hollande a pris la décision de supprimer cette obligation début 2012.

Si la CGT a à cœur de combattre les risques à la source et milite pour l’interdiction du droit des employeurs à exposer les travailleurs à des agents cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction, elle revendique dans la période transitoire la traçabilité de l’ensemble des expositions aux agents CMR, à tous les risques chimiques ainsi qu’à l’ensemble des autres facteurs de risques (bruits, postures, port de charge, horaires décalés….)

Alors que le Ministère du Travail reconnait que plus de 2 millions de travailleurs sont exposés aux agents CMR, la lutte pour la traçabilité des expositions est un combat à mener dans l’ensemble des secteurs professionnels.

Au sein du CHSCT ENDEL HAUTE NORMANDIE, la CGT a proposé, après un important travail de terrain, de saisir la justice pour rappeler la direction d’ENDEL à ses obligations.

Le 27 juin 2017, se tenait, au tribunal de grande instance du HAVRE l’audience de référé ayant pour objectif d’enjoindre la société ENDEL/ENGIE à respecter la législation applicable à l’établissement des fiches d’exposition.

Le 11 juillet 2017, le tribunal a permis une première victoire en condamnant la société ENDEL/ENGIE à établir et remettre les fiches d’exposition des salariés qui avaient été exposés aux rayonnements ionisants et à l’amiante, sous astreinte financière.

Le CHSCT ENDEL/ENGIE décidait de se pourvoir en appel aux fins de voir aboutir ses autres demandes.

Le 15 novembre 2017 se tenait l’audience d’appel et c’est le 17 janvier 2018, que la société ENDEL/ENGIE a été condamnée à établir ou compléter les fiches individuelles d’exposition aux risques CMR pour la période du 24 avril 2012 et jusqu’à ce jour puis de remettre les fiches non nominatives correspondantes au CHSCT sous astreinte de 2 000 euros par infractions constatées passé un délai de trois mois après la signification de la décision.

ENDEL/ENGIE a été condamnée, également, à établir ou compléter les fiches d’exposition aux risques des rayonnements ionisants des 26 salariés de LILLEBONNE comme l’avait jugé le Président du TGI.

Il s’agit là, d’une grande victoire puisque celle-ci permet de tracer les expositions aux CMR des salariés ENDEL/ENGIE de HAUTE-NORMANDIE, de créer la mémoire dans le dossier médical et de permettre une prise en charge des malades à venir par les soignants.

Elle permet ensuite, de faire porter le préjudice financier que pourrait subir un de ces salariés à la caisse des AT/MP de la sécurité sociale, caisse financée à 100% par les employeurs et non à la caisse maladie de la CPAM.

Elle permet aussi aux salariés, d’obtenir le droit à un suivi post-exposition et post-professionnel gratuit et déterminé en fonction des risques encourus, de faire reconnaître leurs maladies en Maladies Professionnelles et faire valoir leurs droits devant les juridictions compétentes en vue d’obtenir le bénéfice de la faute inexcusable.

Elle obligera l’employeur à faire de la prévention car le risque du coût de la réparation pourrait s’avérer être au-dessus de celui de la prévention.

Elle met en évidence qu’il y a besoin de tracer pour mieux soigner et réparer mais surtout elle oblige l’employeur à faire de la prévention sur les CMR.

Nous remercions Maître Karim BERBRA et l’ensemble des militants CGT ayant contribué à cette victoire qui en appelle d’autres au sein de la société ENDEL et du groupe ENGIE mais aussi dans toutes les entreprises privées ou publiques.

La décision de suppression des CHSCT par le gouvernement MACRON à la demande du MEDEF n’entame pas la détermination de la CGT à lutter contre les politiques patronales et gouvernementales en matière de santé de travail.

Nos vies valent plus que leurs profits !

Pour la CGT ENDEL/ENGIE : Philippe BILLARD, 06.14.79.44.66

Pour l’UD CGT 76 : Gérald LE CORRE, 07.82.62.80.82

Communiqué de presse de la CGT ENDEL/ENGIE et de l’UD CGT de Seine Maritime via Philippe B.

http://data.over-blog-kiwi.com/0/83/29/95/20180119/ob_085d2c_la-cour-d-appel-de-rouen-condamne-en.pdf

Jan 20

FESSENHEIM: LE GOUVERNEMENT LANCE LE PILOTAGE DE LA FERMETURE DE LA DOYENNE DES CENTRALES FRANÇAISES

La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, doyenne du parc français, a été engagée vendredi avec la mise en place d’un comité de pilotage pour la reconversion du site par le secrétaire d’État Sébastien Lecornu, venu en démineur sur un dossier sensible qui met en péril 2.000 emplois et prive les collectivités de 14 millions d’euros de recettes fiscales.

« La centrale fermera, j’assume cette décision,  (…) Je ne viens pas avec un chèque, mais je ne viens pas les mains vides. Il s’agit de construire un projet pour le territoire qui soit exemplaire« , a déclaré M. Lecornu, secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, lors de l’inauguration du comité en préfecture de Colmar.

Après avoir abandonné le conflictuel projet d’aéroport de Notre-Dames-des-Landes, l’État s’est emparé depuis jeudi de l’épineux dossier de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, planifiée entre fin 2018 et début 2019, au moment de la mise en place de l’EPR de Flamanville (Manche).

Ce sera une première pour le parc électronucléaire français qui compte 58 réacteurs en fonctionnement, dont 2 à Fessenheim. EDF évalue à 79 milliards d’euros le coût du démantèlement de tous les réacteurs en France.

Sébastien Lecornu savait que l’accueil serait froid. Chahuté par une trentaine de manifestants à son arrivée jeudi à la mairie de Fessenheim après une réunion avec les syndicats, il a dit comprendre le désarroi et la colère. Le site emploie directement 850 salariés d’EDF et 330 salariés permanents d’entreprises prestataires, sans compter les 2.000 emplois indirects et induits.

Lors d’une réunion vendredi avec des élus locaux, les services de l’État, des représentants d’EDF, des associations et des acteurs économiques français et allemands, il a esquissé « des pistes opérationnelles » pour assurer une reconversion du site « vers des activités durables et prometteuses« .

« La réponse sera franco-allemande »

Des pistes variées seront soumises « dans les prochains jours » aux membres du gouvernement et un délégué interministériel sera nommé « sous quinzaine » pour suivre le dossier, a-t-il annoncé.

L’une des priorités de l’État seront les 330 emplois liés à la sous-traitance. « Sur cette question, la réponse sera franco-allemande« , a-t-il expliqué. Une cellule spécifique traitera avec les salariés, « au cas par cas« , en collaboration avec l’Allemagne « qui a besoin de ce genre de profil« , a-t-il précisé.

Le rapprochement avec l’Allemagne se fera également au niveau fiscal grâce à « une harmonisation des conditions fiscales » entre le territoire autour de Fessenheim et la zone limitrophe du Bade-Wurtemberg.

L’État s’est engagé à « neutraliser les pertes fiscales » des collectivités locales concernées et veut lancer un appel à projets dans les domaines des énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien…) pour « ouvrir une nouvelle page de l’histoire industrielle de l’Alsace« , a expliqué Sébastien Lecornu.

« On s’est fait une raison »

Les discussions ont « ouvert des perspectives » pour une partie du Haut-Rhin et de l’Alsace, a estimé le président de la région Grand Est, Jean Rottner. « On s’est fait une raison, il faut maintenant travailler à apporter une nouvelle ambition pour le territoire« , a-t-il ajouté.

Les représentants syndicaux ont pour leur part jugé « constructive » leur première rencontre avec M. Lecornu.

« On ne peut qu’être content d’avoir ce dialogue, quand les gouvernements précédents n’ont strictement rien fait« , a ainsi souligné Alain Basserer, délégué syndical FO du site nucléaire.

Sébastien Lecornu ne s’est pas rendu sur le site vendredi où l’attendaient une centaine de manifestants. Mais il reviendra à Colmar pour la réunion du comité de pilotage les 12 et 13 avril. Le calendrier de la fermeture de la centrale et de son démantèlement sera discuté à cette occasion.

Située tout près de la frontière avec la Suisse et avec l’Allemagne, la centrale de Fessenheim a été mise en service en 1977. Elle comporte deux réacteurs à eau pressurisée d’une puissance de près de 900 mégawatts (MW) chacun qui produisent l’équivalent de 65% de l’électricité consommée en Alsace.

Depuis de nombreuses années, les écologistes français, allemands et suisses dénoncent sa vétusté. L’installation est construite sur une zone sismique et en contrebas du Rhin.

(©AFP / 19 janvier 2018 16h00)

https://www.romandie.com/news/Fessenheim-le-gouvernement-lance-le-pilotage-de-la-fermeture-de-la-doyenne-des-centrales-francaises/882276.rom

Jan 20

ÉNERGIES RENOUVELABLES : IL FAUT REVOIR À LA HAUSSE LES OBJECTIFS DE L’UE

Invité à s’exprimer sur la révision de la législation communautaire en faveur de la transition énergétique (décidée par la Commission européenne en novembre 2016), le Parlement européen s’est positionné mercredi 17 janvier 2018, pour un renforcement des objectifs établis précédemment par l’UE en matière d’énergies renouvelables. Les eurodéputés ont voté pour une part des sources renouvelables dans l’énergie consommée relevée à 35% d’ici 2030.

Chargés de définir, dans un vote organisé mercredi 17 janvier 2018, la position du Parlement dans les négociations à venir avec les États membres sur un paquet législatif « Énergie propre », les eurodéputés ont pris le parti de militer pour un engagement toujours plus fort de l’Union européenne dans la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique. Les parlementaires souhaitent notamment imposer une part de 35% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l’Union d’ici 2035 ainsi que de nouveaux objectifs contraignants en matière de consommation d’énergie dans l’UE, afin de la réduire de 40% d’ici 2030 toujours.

Un soutien à l’autoconsommation ?

L’institution strasbourgeoise s’est voulue sur ce point plus ambitieuse que la Commission qui n’avait pas proposé de revenir sur l’objectif précédemment fixé de 27% d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie totale des Européens en 2030. À travers cette démarche de révision, la Commission prévoyait surtout de réformer la législation communautaire afin de lever les freins éventuels au développement des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et de la solidarité énergétique entre pays membres (https://lenergeek.com/2017/12/11/interconnexions-electriques-europe/)

Estimant l’objectif de 27% « trop bas pour respecter les engagements pris dans l’Accord de Paris sur le climat pour limiter la hausse mondiale des températures à 1,5 degré », l’organisation de défense de l’environnement Greenpeace a logiquement salué cette prise de position, tandis que l’ONG Climate Action Network y voit un soutien bienvenu à l’autoconsommation et une réponse direct à la « taxe soleil » instaurée en Espagne.  Le Parlement s’est posé en défenseur « des droits des citoyens à produire, stocker et consommer leur propre électricité provenant de sources renouvelables sans avoir à payer une redevance, des droits ou des taxes », a déclaré l’ONG.

La Commission, le Parlement et le Conseil de l’UE devraient prochainement entrer en négociations afin d’établir une position commune.

http://lenergeek.com/2018/01/19/energies-renouvelables-parlement-europeen-renforcement-objectifs/

Jan 20

TRAJECTOIRE ÉNERGÉTIQUE : LES ENSEIGNEMENTS DES SCÉNARIOS DE RTE (ANALYSE DE NÉGAWATT)

En lien avec la révision des deux outils majeurs de pilotage de la transition énergétique française que sont la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), les scénarios publiés en octobre dernier par RTE dessinent un paysage de possibles à l’horizon 2035 riche de très importants enseignements.

L’effervescence médiatique autour de cette publication n’a malheureusement mis en évidence qu’une supposée impossibilité de respecter l’objectif 50% de nucléaire en 2025 tout en contenant les émissions de CO2. Pourtant d’autres voies existent. Les scénarios de RTE se distinguent par de nombreuses variables (évolution démographique, économique, effort d’efficacité, orientations suivies par nos voisins européens, …), dont RTE teste de multiples combinaisons. Mais ils dessinent essentiellement deux perspectives :

  • celle d’un développement des renouvelables venant se substituer à une partie du parc nucléaire, permettant une fermeture des réacteurs à l’échéance de la 4ème visite décennale (scénario Watt) ou un critère de fermeture jusqu’à 50% sans augmentation de CO2 (scénario Hertz);
  • et celle d’un développement des renouvelables venant plus ou moins s’ajouter au nucléaire, et renforcer une surcapacité évacuée via une forte croissance des exportations. Le nucléaire évolue alors en fonction des capacités de remplacement sans nouveau thermique (scénario Ampère) ou en fonction des débouchés économiques (scénario Volt).

Ces scénarios et variantes éclairent utilement les points de cristallisation du débat sur la trajectoire électrique, tant du point de vue des risques associés que des leviers de maîtrise de ces risques.

→ L’action sur la consommation d’électricité : un levier indispensable

Du fait d’une efficacité énergétique croissante et malgré l’apparition de nouveaux usages, comme le déploiement à grande échelle du véhicule électrique, RTE montre que la consommation d‘électricité ne va plus augmenter. Le développement des renouvelables n’est donc possible qu’avec une action volontaire de réduction des capacités de production existantes, donc en France du parc nucléaire. Cette orientation à la baisse est positive, car comme le rappelle RTE, elle “[facilite] la diversification du mix électrique et [permet] de dégager des marges de manœuvre en matière de sécurité d’approvisionnement”. Les politiques publiques doivent l’accompagner et la renforcer.

De nombreuses pistes existent pour accélérer l’action dans ce domaine, notamment:

  • la maîtrise de la consommation d’électricité dans le tertiaire, où des actions très simples permettent en général des réductions de 30 à 40% avec des temps de retour inférieurs à 3 ans,
  • un programme de rénovation performante de logements classés F ou G et chauffés à l’électricité (bénéfique aussi pour diminuer la pointe hivernale).

La fermeture de réacteurs peut se faire sans hausse des émissions de CO2.

Le Président de la République et le gouvernement ont fait de la maîtrise des émissions de CO2une condition absolue de la fermeture de réacteurs nucléaires. Si les scénarios présentés par RTE mettent effectivement en évidence le risque d’augmentation des émissions, ils montrent aussi qu’il peut être maîtrisé.

Le scénario Ohm, qui ne se concentre que sur l’atteinte des 50% de nucléaire en 2025, aboutit dans la version présentée à une augmentation de 22 Mt des émissions de CO2 de la production électrique. Il se base cependant sur la variante haute de la consommation d’électricité. La variante basse permet de limiter cet effet à +13 Mt, tout en renforçant la sécurité d’approvisionnement.

De son côté, le scénario Watt–qui ne comprend aucune prolongation au-delà de 40 ans –se traduit par une légère baisse des émissions de CO2 en 2025, tout en atteignant à cette échéance 55% de nucléaire dans le mix électrique. Il aboutit en 2035 à une hausse de 10 Mt des émissions de CO2(environ 2% des émissions françaises actuelles de GES), mais il convient de souligner que :

  • si l’on opte pour la variante basse de consommation proposée par RTE, on observe là aussi une réduction des émissions, comme indiqué précédemment pour Ohm;
  • dans tous les scénarios RTE, le calcul des émissions de CO2 est restreint au seul secteur électrique, sans prise en compte des émissions évitées dans le secteur des transports (7 Mt de CO2 dans Watt) grâce au transfert entre véhicules thermiques et véhicules électriques. Un calcul plus complet montre donc qu’il est possible de ne pas prolonger le parc nucléaire de façon à s’approcher de l’objectif de 50% en 2025 sans pour autant augmenter les émissions de CO2.

Les réacteurs peuvent ne pas être prolongés sans risque pour l’approvisionnement

Les scénarios de RTE montrent qu’un arrêt à l’échéance des 40 ans de tous les réacteurs est techniquement possible sans que l’approvisionnement électrique ne soit mis en défaut. Le potentiel de développement des renouvelables, basé sur la maturité des filières éolienne et photovoltaïque, leur permet d’atteindre 40% au moins en 2035 et jusqu’à 70% du mix électrique dans le scénario Watt, sans remettre en cause les critères de sécurité. Ce résultat, basé sur les milliers de simulations réalisées par RTE, est conforté par la perspective de solutions disponibles à l’horizon 2030 pour prolonger ces scénarios, comme le power-to-gas.

→ La prolongation du parc nucléaire n’est pas l’option facile qu’elle semble être

La prolongation des réacteurs au-delà de 40 ans est généralement présentée comme une option plus naturelle et moins risquée que l’arrêt des réacteurs à cette échéance. Les scénarios de RTE apportent en creux une alerte sur les risques associés à cette prolongation. Ces scénarios s’appuient sur l’hypothèse selon laquelle les travaux liés à la prolongation au-delà de 40 ans sont réalisés en moins de 6 mois pour chaque réacteur. L’ASN a indiqué à RTE que la durée d’indisponibilité serait sensiblement supérieure. Cette perspective a des conséquences significatives en matière de sécurité d’approvisionnement, et donc de risque de recours à des moyens thermiques et d’augmentation des émissions de CO2. Dans des variantes plus réalistes sur la durée des travaux, les résultats des scénarios reposant sur des prolongations sont donc dégradés. La prolongation repose également dans les scénarios sur une double hypothèse économique : celle d’une maîtrise du coût de renforcement au niveau envisagé par EDF, qui risque fort de s’avérer elle aussi irréaliste, et celle d’une exportation massive d’électricité. Dans les scénarios Ampère et surtout Volt, le niveau du solde exportateur triple par rapport au niveau actuel, en absorbant pratiquement toute la hausse de la production renouvelable. Cette perspective est contraire aux objectifs affichés par les pays voisins (maîtrise de la consommation et développement des renouvelables). Si ce niveau exportateur ne se réalise pas, le risque est de dégrader fortement la performance économique des réacteurs nucléaires français. Par ailleurs, la crise actuelle du nucléaire français, en plus d’être industrielle, économique et financière, est aussi une crise majeure du système de sûreté. Les problèmes avérés de perte de qualité, de non-conformité, de pratiques de falsification, et de vétusté croissante des installations constituent un défi majeur pour la sûreté des réacteurs prolongés à des conditions industriellement et financièrement maîtrisées.

Le développement des énergies renouvelables électriques, une option sans regrets

Les énergies renouvelables électriques sont d’ores et déjà économiquement compétitives dans certains cas, et vont le devenir progressivement dans tous les cas. Les scénarios de RTE montrent qu’un développement important des renouvelables est réaliste, nécessaire à l’atteinte des objectifs climatiques en lien avec le repli du nucléaire, et “qu’il existe un espace économique pour un déploiement d’énergies renouvelables supérieur aux objectifs les plus ambitieux de la PPE prolongés jusqu’en 2035”. La France est sensiblement en retard sur son engagement européen de 27% d’énergies renouvelables électriques en 2020. L’adoption de mesures nécessaires pour accélérer et faciliter leur développement constitue donc aujourd’hui une priorité, qui correspond d’ailleurs à l’attente des Français : un sondage de la Fondation Heinrich Böll vient de montrer que 83% souhaitent que cet investissement soit prioritaire, par rapport à celui dans la poursuite du nucléaire soutenu à 12%.

C’est en renforçant la maîtrise de la consommation et en accélérant le développement des renouvelables que la France s’engagera dans une transformation de son système électrique conforme à ses objectifs énergétiques et climatiques. Les scénarios de RTE montrent que cette transformation est possible dans des conditions maîtrisées, et d’autant plus cohérente qu’elle s’articule avec une réduction organisée de la capacité nucléaire installée. Ils fournissent tous les éléments pour mettre en débat les conditions de cette transformation et reconstruire autour de ces objectifs un projet commun.

https://negawatt.org/IMG/pdf/180110_note-analyse_trajectoire-energetique_enseignements-scenarios-rte.pdf

Jan 19

EDF : LE MYTHE DE L’ÉLECTRICITÉ « SANS CO2 » ÉPINGLÉ PAR LE JURY DE DÉONTOLOGIE

Le Jury de Déontologie Publicitaire donne raison au Réseau « Sortir du nucléaire » et épingle le « Greenwashing » virtuel pour la dernière campagne pub EDF –

 La dernière publicité d’EDF, intitulée « The Race », met en scène des personnages de jeu vidéo féériques évoluant dans le monde des énergies, entre de belles éoliennes et des centrales rassurantes. Tout en poursuivant ses mensonges sur son électricité « décarbonée », l’industriel cherche à donner le change pour redorer le blason d’un nucléaire en décrépitude. Pour dénoncer cette communication, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a déposé plainte le 30 octobre 2017 devant le Jury de déontologie publicitaire, qui lui a donné raison le 18 janvier 2018.

EDF continue à propager le mythe de l’électricité « sans CO2 »

Que ce soit dans son clip vidéo « The Race » ou dans le publireportage paru dans différents quotidiens, EDF met en avant le chiffre d’une électricité « à 97% sans CO2 », laissant entendre que mis à part les quelques pourcents d’électricité produits par les centrales thermiques, les autres sources d’énergie – dont bien sûr le nucléaire – n’émettraient pas de gaz à effet de serre.

Une telle affirmation est fausse, et EDF le sait bien. Extraction de l’uranium, construction et démantèlement futur des installations, fabrication et transport du combustible, gestion des déchets sur les milliers d’années à venir : ces opérations ne se produisent pas par magie ! Le contenu en CO2 du nucléaire a d’ailleurs fait l’objet d’une méta-étude, qui débouche sur un chiffre médian de 66g de CO2 par KWh.

Ce n’est que suite aux recours répétés déposés devant le Jury de déontologie publicitaire (JDP) par le Réseau “Sortir du nucléaire“ et d’autres associations qu’EDF consent maintenant à rajouter une bien discrète et laconique note de bas de page pour reconnaître que son chiffre est calculé « hors analyse de cycle de vie ».

Le nucléaire main dans la main avec les énergies renouvelables : un mensonge éhonté

EDF réussit le tour de force de rassembler sur un même plan atome et énergies renouvelables. Une propagande éhontée visant à tromper, entre autres, les nouvelles générations de consommateurs ?

Avec ces allusions mensongères à un nucléaire « décarboné », EDF continue à poser cette énergie en championne de la lutte contre le changement climatique. Pourtant, comme l’a démontré une étude du cabinet WISE Paris, le nucléaire n’apporte qu’une contribution médiocre à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ; surtout, en raison des importants investissements qu’il requiert, il bloque le développement des vraies solutions, à savoir les économies d’énergie et les énergies renouvelables.

Or, sans vergogne, EDF a mis en scène comme personnages principaux de sa publicité des allégories de l’énergie éolienne, qui prétendent que le nucléaire travaillerait « main dans la main avec les énergies renouvelables ». Un message destiné à occulter le fait que la France est en retard sur ses objectifs de développement des énergies renouvelables, en particulier sur l’éolien ?

Ces virées virtuelles en plein ciel prétendent-elles faire oublier que le nucléaire, loin de constituer un allié puissant et souple, est en réalité un poids pour la France ? Vieillissement des réacteurs, découverte de nouvelles anomalies, état calamiteux de nombreuses centrales : la situation réelle n’est pas féérique, loin de là.

L’affaire a été examinée par le Jury de Déontologie Publicitaire le 12 janvier 2018. En dépit de la victimisation jouée par l’avocat d’EDF lors de l’audience qui évoquait un acharnement de notre association à l’encontre des publicités de la société, le Jury a reconnu comme partiellement fondée la plainte déposée par le Réseau. En effet, celui-ci estime que la mention censée expliciter la phrase « 97% sans CO2 » défile trop vite compte tenu de la technicité des termes employés, contrairement au point 3.3 de la Recommandation « Développement durable » de l’Autorité régulation professionnelle de la publicité qui prévoit que « lorsqu’une explicitation est nécessaire, celle-ci doit être claire, lisible ou audible« .

Pour retrouver cet article, cliquer sur http://www.sortirdunucleaire.org/EDF-greenwashing-virtuel

Pour télécharger l’avis du JDP : http://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/avis_edf-2.pdf

Pour télécharger la plainte : http://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/20171030_re_zo_a_jdp_plainte_.pdf

Jan 19

CIGÉO À BURE : UN SUPERBE RÉQUISITOIRE EN VIDÉO À VOIR ABSOLUMENT

Le thème : pourquoi aujourd’hui il faut dire NON à Cigéo

Michel Guérite (association « La Qualité de Vie ») a rencontré Michèle PAPPALARDO, Directrice de cabinet du Ministre Nicolas HULOT, le 20 décembre 2017.

Auparavant, Michel Guérite, a pris le temps de réaliser une vidéo (28 minutes et 12 secondes), qui, enrichie de quelques illustrations, est devenue un argumentaire anti-Cigéo. C’est cette vidéo qu’il a présentée et argumentée pendant l’entretien de 50 minutes que lui a accordé Madame PAPPALARDO.

Pour voir la vidéo, cliquer sur :

https://www.dailymotion.com/video/x6dbec2

NDLR : vous pouvez demander à être abonné à l’association « La Qualité de vie » en envoyant simplement un mail vide à : abonnement@villesurterre.com

Pour visiter son site, cliquer sur: https://www.villesurterre.eu/

Jan 19

CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM : EN CINQ ANS, LES DEUX RÉACTEURS ONT CUMULÉ 1 044 JOURS D’ARRÊT

La centrale alsacienne, la plus ancienne du parc nucléaire français, doit être fermée en 2018.

Dix mois après la signature qui abroge son autorisation d’exploitation, et quarante ans après son ouverture, la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) vit ses derniers mois  puisque sa fermeture devrait avoir lieu entre la fin de l’année 2018 et le début de 2019. Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, est allé sur place du 18 au 20 janvier pour rencontrer les différents acteurs du dossier et tenter de le déminer.

Ces dernières années, les jours « d’indisponibilité » des deux réacteurs se sont multipliés. Souvent bénignes, à en croire EDF, parfois « fortuites » (comprendre « liées à l’indisponibilité d’un matériel, à un arrêt automatique » de sécurité), ces indisponibilités atteindront 1 044 jours entre juillet 2013 et mars 2018 — soit près de cinq ans (ou 1 718 jours) — dont :

  • 1 014 jours d’indisponibilité planifiée ;
  • 30 jours d’indisponibilité fortuite.

Le réacteur 2 est arrêté depuis le 13 juin 2016 (et a priori jusqu’au 15 mars 2018) en raison d’une « irrégularité dans la fabrication, par l’usine Areva du Creusot, d’une des parties du générateur de vapeur », fait savoir EDF. Par ailleurs, en 2015 la production de Fessenheim a atteint 12,864 térawatt-heure, soit sa deuxième meilleure performance depuis 1977.

Ce graphique représente les périodes d’arrêt des deux réacteurs nucléaires de la centrale de Fessenheim entre juillet 2013 et mars 2018 (soit 1 718 jours).

Sélectionnez les rectangles pour afficher le détail des arrêts.


Source : EDF

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/01/18/centrale-nucleaire-de-fessenheim-en-cinq-ans-les-deux-reacteurs-ont-cumule-1-044-jours-d-arret_5243654_4355770.html

Jan 19

LABORATOIRES NUCLÉAIRES DE CHALK RIVER AU CANADA: UNE DEMANDE DE PERMIS SÈME L’INQUIÉTUDE

OTTAWA — Une coalition d’associations citoyennes, de communautés autochtones et de groupes environnementaux a dénoncé, lors d’une conférence de presse jeudi, la gestion des déchets nucléaires sur le site de la centrale de Chalk River, situé à 180 km au nord-ouest d’Ottawa.

Quelques dizaines de personnes se sont ensuite réunies sur la colline du Parlement pour se faire entendre. 

Cette coalition s’oppose au projet de dépotoir nucléaire et à la demande de renouvellement du permis d’exploitation pour une durée de dix ans de Laboratoires nucléaires canadiens (LNC), l’entreprise qui gère le site pour le gouvernement fédéral.

«Tout porte à croire qu’on assiste à un assouplissement du cadre réglementaire de ce site-là, a indiqué le directeur général de Garde-rivière des Outaouais, Patrick Nadeau. (…) Ce n’est absolument pas le moment. Au contraire, on devrait assister à un resserrement des normes compte tenu de tout ce qui se passe en ce moment

Trois jours d’audiences publiques pour analyser la demande de LNC auront lieu du 23 au 25 janvier. Une cinquantaine de groupes, de municipalités et de citoyens doivent présenter leurs arguments pour ou contre ce renouvellement de permis. Il revient à la Commission canadienne de sûreté nucléaire de prendre la décision.

Les membres de la coalition estiment qu’un renouvellement de dix ans serait trop long puisqu’il repousserait d’autant la prochaine consultation publique sur la gestion du site. Ils proposent plutôt que le permis d’exploitation des LNC soit renouvelé pour une durée de trois ans.

La commission devra également se pencher lors d’audiences ultérieures sur un projet pour enfouir des déchets nucléaires sur le site de Chalk River. L’aménagement de ce dépotoir nucléaire à proximité de la rivière des Outaouais suscite une vive opposition.

Il s’agit d’un projet «insensé» selon le grand chef de l’Union of Ontario Indians, Patrick Madahbee, qui représente 40 communautés autochtones de cette province.

«Nous ne voulons pas de ces choses-là près ou même à l’intérieur de nos territoires», a-t-il affirmé en ajoutant que son groupe n’avait pas été consulté par les LNC.

Des sols et des matériaux contaminés par la radioactivité depuis des décennies se trouvent déjà en bordure de la rivière des Outaouais sur le site de Chalk River et c’est pour en disposer de façon sécuritaire qu’un dépotoir nucléaire doit être construit, selon l’entreprise.

Le coût de ce projet qui inclut une importante revitalisation des lieux est estimé à 800 millions $. Le bassin de la rivière des Outaouais fournit plusieurs municipalités québécoises en eau potable, dont Montréal.

http://lactualite.com/actualites/2018/01/18/laboratoires-nucleaires-de-chalk-river-une-demande-de-permis-seme-linquietude/

Jan 19

LE PAKISTAN PRÊT À UTILISER L’ARME NUCLÉAIRE CONTRE L’INDE?

New Delhi et Islamabad se menacent mutuellement de riposter par la force en cas d’agression. Cet échange fait suite à l’interview d’un général indien qui a déclaré que ses troupes pourraient «lancer une attaque non nucléaire pour réagir à un attentat».

Le Pakistan, qui a perfectionné ses moyens nucléaires tactiques, a qualifié ces propos «d’invitation au conflit nucléaire». Les relations entre les deux voisins se sont encore aggravées alors que Washington renforce sa pression sur Islamabad, jusqu’à présent son allié dans la région. Selon le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

À première vue, les déclarations du général Bipin Rawat, commandant de l’armée de terre, et du ministre pakistanais des Affaires étrangères Khawaja Asif ne sont rien de plus qu’un épisode de guerre médiatique entre les deux voisins en conflit.

«Nous allons montrer qu’ils bluffent. Si un ordre est donné nous ne dirons pas que nous ne pouvons pas traverser la frontière parce qu’ils ont l’arme nucléaire», a déclaré le général. «C’est une déclaration très irresponsable, une invitation au conflit nucléaire. Si c’est ce qu’ils veulent nous les invitons à mettre à l’épreuve notre détermination», a rétorqué Khawaja Asif.

Les dessous de cet «échange de politesses» est alarmant: le Pakistan modernise son arme nucléaire tactique car il y voit le seul outil de dissuasion de l’Inde face à une nouvelle guerre contre le Pakistan avec l’usage de moyens conventionnels.

Vladimir Sotnikov, expert de l’Institut d’études orientales affilié à l’Académie des sciences de Russie, estime que «l’arme nucléaire tactique pakistanaise est essentiellement constituée de missiles tactiques ayant la possibilité d’embarquer des ogives nucléaires de taille réduite. Le Pakistan installe depuis longtemps de tels missiles à proximité de la frontière avec l’Inde. Il ne dispose pas de missiles à longue portée. Des essais de missiles sur des navires sont en cours, il y a des missiles air-sol. Mais dans les doctrines d’une guerre contre un éventuel ennemi (l’Inde) ce sont les missiles sol-sol qui occupent la place principale. Ils sont déployés à proximité de la frontière depuis le conflit nucléaire de 2001-2002. Autrement dit, les généraux pakistanais savent que si l’Inde attaquait avec son armée de terre, la seule réponse possible serait de riposter avec des missiles à tête nucléaire pouvant atteindre les principaux centres stratégiques, notamment au nord de l’Inde

Et de poursuivre: «C’est pourquoi les militaires indiens tiennent compte de l’éventualité d’une riposte. Or l’Inde, comme la Chine, s’est engagée à ne pas utiliser l’arme nucléaire en premier. Il est donc question d’un scénario de conflit où l’Inde utiliserait des forces terrestres. En ce sens, l’Inde est supérieure au Pakistan en termes d’effectifs, bien que le Pakistan dispose d’une armée relativement puissante. À l’époque du conflit de 2001-2002, l’Inde avait mis au point la doctrine du Cold Start («démarrage à froid») prévoyant des frappes préventives de l’armée de terre sans utiliser l’arme nucléaire contre les principaux centres en profondeur sur le territoire pakistanais. Cette doctrine serait utilisée en cas d’organisation d’un puissant attentat en Inde depuis le territoire pakistanais.» Surtout, les Indiens sont prêts à lancer les premiers une telle attaque pour prévenir une éventuelle offensive nucléaire du Pakistan — qui ne s’est pas engagé à ne pas utiliser l’arme nucléaire en premier.

La déclaration du commandant de l’armée de terre pakistanaise intervient dans un contexte de détérioration notable des relations entre les pays antagonistes, souligne Vladimir Sotnikov.

Mais Washington — allié du Pakistan depuis la Guerre froide — renforce également sa pression sur Islamabad. Le président américain Donald Trump a accusé le Pakistan de «mensonge et duperie», après quoi les USA ont annoncé la suspension de leur aide militaire destinée au Pakistan. Le ministre pakistanais de la Défense a réagi en disant que le Pakistan ne partagerait plus de renseignements avec les USA. Le ministre Asif a jeté de l’huile sur le feu en disant que «le Pakistan et les USA n’étaient plus alliés».

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

https://fr.sputniknews.com/presse/201801151034756020-pakistan-arme-nucleaire/

Jan 19

FRANCE-VERS UNE COMMISSION D’ENQUÊTE SUR LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE

Le président de l‘Assemblée nationale et le président du groupe La République en marche au Palais-Bourbon ont écrit à la ministre de la Justice pour l‘informer de l‘ouverture d‘une commission d‘enquête parlementaire sur la sûreté nucléaire.

“Le président de l‘Assemblée nationale, dès lors qu‘il est saisi d‘une demande de commission d‘enquête, saisit la ministre de Justice pour s‘assurer que cela n‘interfère pas avec le travail de la justice”, a-t-on expliqué jeudi dans l‘entourage de François de Rugy.

Défendue par Richard Ferrand et la présidente de la commission du Développement durable et de l‘Aménagement du territoire, Barbara Pompili (LaRem), la création d‘une commission d‘enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires en France a de bonnes chances d‘aboutir.

Composée de 30 députés, elle disposera de six mois pour présenter ses conclusions.

Des organisations non gouvernementales comme Greenpeace dénoncent régulièrement ce qu‘elles considèrent comme des failles du système français de sûreté nucléaire.

Fin novembre dernier par exemple, une vingtaine de militants de Greenpeace France se sont introduits dans la centrale de Cruas-Meysse, en Ardèche, afin de démontrer selon eux “l‘extrême vulnérabilité des piscines d‘entreposage de combustible usé”.

Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a décidé de reporter à 2030 ou “au plus tard” à 2035 l‘objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité française.

En 2030, 48 des 58 réacteurs nucléaires seront en activité en France depuis plus de 40 ans.

Les députés de la commission du Développement durable ont auditionné fin 2017 des responsables l‘Autorité de sûreté nucléaire (ASN), EDF et Greenpeace France sur la sûreté des centrales nucléaires.

Selon le président de l‘ASN, Pierre-Franck Chevet, l‘autorité devrait rendre en 2020-2021 son avis définitif sur une éventuelle extension de la durée d‘activité des réacteurs nucléaires d‘EDF au-delà des 40 années prévues.

Rédaction Reuters

Elizabeth Pineau, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL8N1PD5L7

Jan 19

L’INDE RÉUSSIT UN TEST DE MISSILE BALISTIQUE AGNI-V CAPABLE DE PORTER UNE OGIVE NUCLÉAIRE

Des militaires indiens ont procédé jeudi à un tir d’essai du missile balistique Agni-V dont les caractéristiques le rendent capable de porter une charge nucléaire de plus d’une tonne.

L’armée indienne a mené avec succès un essai du missile balistique intercontinental Agni-V tiré depuis le polygone de l’île de Wheeler, dans le golfe du Bengale, au large de l’État indien d’Orissa, annonce l’agence d’information indienne Asian News International (ANI).

«Aujourd’hui, nous avons réussi le test du missile balistique à capacité nucléaire», a déclaré la ministre indienne de la Défense Nirmala Sitharaman.

Il s’agit du cinquième test réussi du missile dont le développement a coûté à l’Inde 25 milliards de roupies (près de 390 millions d’euros). Conçu pour emporter une ogive nucléaire de 1,5 tonne, Agni-V est un missile de trois étages de 17 mètres de long pesant près de 50 tonnes. Son rayon d’action est de 5 000 kilomètres. Le missile peut également être utilisé pour lancer des satellites en orbite.

https://fr.sputniknews.com/defense/201801181034795747-inde-missile-balistique-nucleaire-agni-v/

Jan 18

FLAMANVILLE: LES AGENTS DE LA SÉCURITÉ DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE EN GRÈVE CE JEUDI

Les agents chargés d’assurer la sécurité du parc nucléaire français sont en grève ce jeudi. Ils réclament une amélioration de leurs conditions de travail. Un barrage filtrant a été mis en place devant la centrale de Flamanville

Décidément, ça grogne actuellement dans le secteur du nucléaire. Alors que les salariés du site de traitement des déchets Areva de La Hague sont en grève depuis plus d’un mois, un barrage filtrant a été mis en place ce jeudi matin devant la centrale nucléaire de Flamanville à l’initiative des agents de la « Protection de Site (PS)« , les agents chargés d’assurer la sécurité de la centrale. Cette initiative est loin d’être isolée puisqu’elle s’inscrit dans le cadre d’un mouvement national. « Pratiquement toutes les PS sont à 100% de grévistes aujourd’hui« , estime Maxence François, délégué CGT à Flamanville.

Les personnels concernés demandent une amélioration de leurs conditions de travail, au regard des nouvelles contraintes apparues ces dernières années. « Compte tenu du contexte actuel (ndlr: risque d’attentats), le nombre de procédures et de règles pour la protection des centrales nucléaires ont augmenté mais les effectifs et les salaires n’évoluent pas« , déplore Johanne Debunne, déléguée CGT. et d’évoquer aussi les problèmes de remplacement qui génèrent « stress et fatigue« .

Des négociations ont été lancées voilà deux ans. « Mais la seule réponse de la direction nationale, c’est non« . Un premier préavis de grève avait donc été déposé pour cette seule journée du jeudi 18 janvier. D’autres, reconductibles cette fois, pourraient être déposés si aucune avancée n’est constatée sur ces questions.

Si les agents de la « Protection de Site » sont en grève, la sécurité des centrales est toutefois assurée puisque ces personnels font l’objet d’une réquisition.

Par CM Publié le 18/01/2018 à 10:42

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/nord-cotentin/flamanville/flamanville-agents-securite-centrale-nucleaire-greve-ce-jeudi-1403757.html

Jan 18

CORÉE DU NORD : RENDRE JUSTICE POUR LES VIOLATIONS GRAVES DES DROITS HUMAINS

La répression s’intensifie et les crimes contre l’humanité se poursuivent

(Séoul) – En 2017, Kim Jong-un a intensifié la répression à l’encontre son propre peuple, et suscité la préoccupation du monde entier en multipliant les essais nucléaires et les tirs de missiles balistiques dangereux. Le gouvernement nord-coréen a donné un tour de vis supplémentaire aux restrictions de voyage, poursuivi les transfuges avec l’aide de la Chine, sanctionné ses citoyens en contact avec le monde extérieur et continué à nier les violations des droits humains dans le pays, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2018. La Corée du Nord figure parmi les États les plus répressifs au monde…

Pour lire la suite de l’article, cliquer sur :

https://www.hrw.org/fr/news/2018/01/18/coree-du-nord-rendre-justice-pour-les-violations-graves-des-droits-humains

Jan 18

LES ÉTATS-UNIS VEULENT DE DÉVELOPPER DE « MINI-ARMES NUCLÉAIRES »

Le ministère américain de la Défense veut réexaminer son arsenal nucléaire et développer un nouveau type d’armes à la puissance limitée, qui fait craindre aux experts une relance de la prolifération et un risque plus élevé de conflit nucléaire.

Cette proposition apparaît dans une version préliminaire de la nouvelle « Nuclear Posture Review » (évaluation du dispositif nucléaire) que le Pentagone doit publier en février. Elle rompt avec la vision de l’ex-président Barack Obama qui, en 2009 à Prague, avait appelé à l’élimination de toutes les armes nucléaires.

Estimant que la situation mondiale est aujourd’hui beaucoup plus complexe qu’en 2010, date de la publication de son dernier examen du dispositif nucléaire, le Pentagone conclut que les États-Unis doivent aligner leur posture nucléaire sur « l’évaluation réaliste » des menaces auxquelles ils sont confrontés, émanant notamment de Corée du Nord, de Russie ou de Chine.

« Une option de rétorsion rapide pour pénétrer les défenses de l’ennemi »

« Les menaces se sont fortement aggravées » depuis 2010, souligne le ministre de la Défense Jim Mattis en préambule de ce projet de document, dont nos collègues américains du HuffPost ont été les premiers à publier une copie. « Les États-Unis sont confrontés à un environnement où la menace nucléaire est plus diverse et plus avancée que jamais« .

Le Pentagone propose donc de développer de nouveaux types d’armes nucléaires à la puissance limitée, notamment des armes tactiques, parfois appelées « mini-armes nucléaires« , qui ont un fort taux de pénétration et sont capables de détruire des bunkers ou des installations enterrées.

Il affirme que des armes nucléaires moins puissantes et plus nombreuses permettraient de contrer la « confiance mal placée » des ennemis des États-Unis dans l’idée que Washington n’utilisera jamais ses armes nucléaires conventionnelles, trop puissantes et destructrices.

Le ministère de la Défense et l’agence fédérale de sécurité nucléaire doivent développer à cet effet un missile balistique mer-sol, précise ce document. Cette arme assurera « une option de rétorsion rapide capable de pénétrer les défenses de l’ennemi« , ajoute le texte dont la version finale est attendue le 2 février.

Un recul

Pour Barry Blechman, co-fondateur du Stimson Center, un centre de recherche de Washington spécialisé dans la lutte contre la prolifération nucléaire, ce document représente un recul par rapport aux efforts des administrations précédentes qui tentaient de réduire le risque de conflit nucléaire.

« Les idéologues pro-nucléaires affirment que pour une réelle dissuasion, les États-Unis doivent s’aligner sur l’arsenal de l’ennemi, à l’arme près, à la puissance près« , a précisé Blechman à l’AFP. « Cette opinion n’a aucune base empirique mais elle est largement partagée par les civils nommés à des postes » gouvernementaux par le président Donald Trump.

À peine élu, Trump avait appelé en décembre 2016 à « renforcer et agrandir fortement » les capacités nucléaires du pays et il avait demandé une nouvelle politique nucléaire quelques jours à peine après son arrivée à la Maison Blanche début 2017.

La « Nuclear Posture Review » assure que le développement d’armes de faible puissance n’est pas destiné à faciliter l’usage d’armes nucléaires. « Il est important pour la préservation d’une dissuasion crédible contre une agression régionale d’élargir la flexibilité de nos options nucléaires maintenant, pour y ajouter des armes de faible puissance« , est-il simplement indiqué.

Pourtant, le document modifie le seuil d’utilisation d’une bombe nucléaire, citant notamment une cyberattaque massive. Pour Barry Blechman, ce serait une violation de l’esprit du traité de non-prolifération de 1968, à l’heure où Washington tente de convaincre l’Iran et la Corée du Nord d’abandonner leur programme nucléaire. « Cela encouragerait ceux qui, dans de nombreux pays, affirment que l’arme nucléaire est essentielle à la sécurité« , a-t-il ajouté.

http://www.huffingtonpost.fr/2018/01/18/les-etats-unis-veulent-de-developper-de-mini-armes-nucleaires_a_23336539/

Jan 17

L’ASN FAIT LE POINT SUR DEUX INCIDENTS DE NIVEAU 2 RELATIFS À LA RÉSISTANCE AU SÉISME DES GROUPES ÉLECTROGÈNES DE SECOURS DES RÉACTEURS D’EDF

Note d’information de l’ASN publiée le 17 janvier 2018 concernant les groupes électrogènes de secours à moteur diesel

EDF a déclaré en 2017 deux événements significatifs pour la sûreté survenus sur les groupes électrogènes de secours à moteur diesel (diesels de secours) de ses réacteurs électronucléaires. L’ASN classe ces deux événements au niveau 2 sur l’échelle INES.

Chacun des réacteurs de 900 MWe et 1300 MWe des centrales nucléaires françaises dispose de deux diesels de secours. Ces équipements  assurent de façon redondante l’alimentation électrique de certains systèmes de sûreté en cas de défaillance des alimentations électriques externes, notamment à la suite d’un séisme. Les diesels de secours sont composés d’un alternateur, d’un moteur diesel et de systèmes auxiliaires (circuits de refroidissement, de prégraissage, etc.). En cas de perte des alimentations électriques externes provoquée par un séisme, le fonctionnement des diesels de secours pourrait ne plus être assuré, en raison de la défaillance de leurs systèmes auxiliaires.

Ancrages des systèmes auxiliaires des diesels de secours

Un premier événement significatif pour la sûreté porte sur l’absence de démonstration de résistance au séisme des ancrages dans le génie civil des systèmes auxiliaires des diesels de secours. Il recouvre à la fois des problèmes de conception génériques à l’ensemble des réacteurs concernés et des problèmes locaux liés à un mauvais état ou à un mauvais montage des ancrages. Il a été classé au niveau 2 de l’échelle INES.

Cet événement a fait l’objet de notes d’information de l’ASN le 20 juin 2017 et le 30 octobre 2017. Il concernait alors 24 réacteurs de 900 et 1300 MWe.

Le 27 décembre 2017, EDF a déclaré à l’ASN que les réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire du Bugey étaient également concernés, ce qui porte à 26 le nombre de réacteurs concernés par cet événement.

L’ensemble des réacteurs de 1300 MWe et de 900 MWe concernés par cet événement a fait l’objet de travaux pour renforcer les ancrages des systèmes auxiliaires des diesels de secours, à l’exception du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim actuellement à l’arrêt, et pour lequel l’ASN a prescrit que les réparations soient terminées avant fin janvier 2018. L’ASN s’est assurée par des inspections que ces travaux ont bien été réalisés.

Corrosion des vases d’expansion

Un second événement significatif pour la sûreté porte sur l’absence de démonstration de résistance au séisme des vases d’expansion des diesels de secours du fait de défauts liés à un phénomène de corrosion. Ces défauts résultent notamment d’une maintenance insuffisante de ces matériels. Identifiés par EDF à la centrale nucléaire de Penly en juillet 2017, ils ont fait l’objet d’une déclaration d’événement significatif générique le 9 novembre 2017 à l’ASN, pour sept réacteurs de 1 300 MWe.

Les vases d’expansion corrodés des réacteurs concernés ont été réparés ou remplacés entre août et octobre 2017..

L’ASN classe :

  • au niveau 2 de l’échelle INES,
    les défauts de résistance au séisme des vases d’expansion des deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel des réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Paluel, compte tenu que les deux groupes électrogènes redondants sont affectés ;
  • au niveau 1 de l’échelle INES,
    les défauts de résistance au séisme des vases d’expansion d’un groupe électrogène de secours à moteur diesel des réacteurs de Nogent 1, Penly 1, Belleville 2, Cattenom 2 et Paluel 3, compte tenu qu’un seul groupe électrogène sur les deux est affecté.

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Incidents-de-niveau-1-et-niveau-2-relatifs-aux-groupes-electrogenes-de-secours-a-moteur-diesel

Jan 17

« ENVOYÉ SPÉCIAL » DU JEUDI 18 JANVIER 2018 A ENQUÊTÉ SUR LE NUAGE MYSTÉRIEUX

Ce sera l’un des sujets présentés sur France 2 par Élise Lucet jeudi 18 janvier à 20h55.

« Du ruthénium-106 !?«  Quand, en octobre 2017, les experts de la sécurité nucléaire détectent dans l’air des traces de ruthénium dans le sud de la France, ils n’en croient pas leurs yeux. D’où viennent ces particules radioactives qui n’existent pas dans la nature ? D’où vient ce nuage de ruthénium qui couvre une partie de l’Europe ? D’après leurs calculs, de Russie. Et plus précisément, de Mayak. Mayak ? Cela ne vous dit rien, mais c’est le nom de la première et l’une des plus graves catastrophes nucléaires de l’histoire, en 1957, bien avant Tchernobyl et Fukushima. Combien de morts et de blessés à l’époque ? Mystère… Le secret le plus absolu a toujours entouré ce complexe nucléaire de Russie.

La fuite de ruthénium d’octobre dernier signe-t-elle un nouvel accident nucléaire à Mayak ? Moscou, cette fois, reconnaît la présence de ruthénium mais accuse un satellite espion d’avoir explosé. « Envoyé spécial » remonte la mystérieuse piste du ruthénium, jusqu’à cette ville de 80 000 habitants interdite aux étrangers, ultra-surveillée, dans un incroyable décor de science-fiction.

Un reportage d’Élise Menand et Vincent Piffeteau.

La rédaction d‘ »Envoyé spécial » vous invite à commenter l’émission sur sa page Facebook ou sur Twitter avec le hashtag #EnvoyéSpécial.

https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/envoye-special/envoye-special-du-jeudi-18-janvier-2018_2557009.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Dossier_ruthnium_106__radioactivit_des_sols_autour_de_Mayak&utm_medium=email

Jan 17

HINKLEY POINT : COMMENT LE GOUVERNEMENT BRITANNIQUE S’EST EMBARQUÉ DANS UN MÉGAPROJET NUCLÉAIRE RISQUÉ, COÛTEUX, ET PROBABLEMENT INUTILE

Le chantier du nouveau réacteur nucléaire EPR de Hinkley Point, construit par EDF au Royaume-Uni, commence à peine que déjà sont annoncés des délais et des augmentations de coûts. Le projet est toujours aussi contesté aussi bien au Royaume-Uni qu’en France, et au sein même de l’entreprise française.

Comment le gouvernement britannique a-t-il pu signer un tel accord avec EDF malgré le prix exorbitant, les risques environnementaux, et les doutes sérieux sur la viabilité même du nucléaire face à la montée en puissance des renouvelables ?

Le Guardian revient en longueur sur l’histoire du projet Hinkley Point, en montrant comment une campagne de relations publiques savamment orchestrée, renforcée par les conflits d’intérêts et les pantouflages entre ministères et entreprises énergétiques, a donné naissance à ce projet titanesque malgré la faiblesse des justifications économiques et techniques.

L’histoire de Hinkley Point C est celle d’une chaîne de décisions, prises par des douzaines de personnes sur presque quatre décennies, qui prises isolément étaient peut-être raisonnables, mais dont le résultat aujourd’hui est un brouillamini insondable de politiques publiques et d’ambitions. Des promesses ont été faites et rompues, des politiques ont été adoptées, abandonnées, puis adoptées à nouveau. La seule chose qui n’a jamais changé est la projection des coûts, qui n’a pas cessé de monter. Mais si tant de gens en sont venus à penser que Hinkley Point C est un projet structurellement vicié et irrécupérable, la question demeure : comment en est-on arrivé à ce point, où des milliards de livres ont été déversées sur un projet qui semble de moins en moins séduisant à chaque année qui passe ? (…)

Vers la fin 2003, toutes les orientations gouvernementales semblaient indiquer que Hinkley Point C ne serait jamais construit, et aucune autre nouvelle centrale nucléaire n’était envisagée. Il paraissait certain que le nucléaire n’avait plus d’avenir en Grande-Bretagne – ce pourquoi la volte-face à 180 degrés effectué par le gouvernement trois ans plus tard a surpris tant de monde. (…)

Une des choses survenues au cours de ces trois années a été un blitz de relations publiques de la part de l’industrie nucléaire, qui a déployé une armée de lobbyistes, y compris d’anciens hommes politiques comme l’ex ministre de l’Énergie Brian Wilson, pour pousser l’idée d’une « renaissance nucléaire » au Royaume-Uni. (…) Des messages clés ont été martelés à travers campagnes médiatiques et publicitaires. Les renouvelables étaient intermittentes et non fiables. Les importations de gaz de l’étranger étaient une source de vulnérabilité politique. Le nucléaire « vert » était la seule manière plausible d’atteindre nos objectifs de réductions de gaz à effet de serre.

Une autre raison de l’engagement résolu du gouvernement britannique dans Hinkley Point C est peut-être le souci de maintenir une expertise dans le domaine du nucléaire civil pour soutenir son nucléaire militaire. L’article revient également sur le fait qu’en 2007, lorsque Gordon Brown est devenu Premier ministre et a accéléré le choix du nucléaire, son frère Andrew Brown était directeur de la communication d’EDF.

Un autre conflit d’intérêt concerne la négociation très controversée du prix de revente en gros de l’électricité garanti par le gouvernement britannique à EDF, largement supérieur au prix de gros actuel :

L’accord financier conclu par EDF avec les Britanniques en octobre 2013 pour financer le projet – lequel, selon les termes de l’ancien administrateur d’EDF Gérard Magnin, revient à faire payer par le contribuable britannique les besoins énergétiques de la France – reste l’un des aspects les plus controversés du projet Hinkley Point. Au regard de son engagement à ce que le nouveau réacteur voit le jour, le gouvernement n’avait pas d’autre choix que de faire à EDF une offre impossible à refuser. (…) Des questions sérieuses persistent sur la manière dont le prix garanti a été calculé. Il a fallu batailler longuement avec le gouvernement pour qu’il rende publics les documents utilisés pour justifier ce prix. En 2012, alors que les négociations avec EDF allaient commencer, le gouvernement a embauché le cabinet de consultants LeighFisher pour évaluer le coût de construction de Hinkley Point C. Plus élevés seraient les coûts estimés par LeighFisher, plus élevé le prix garanti à EDF. Or (…) LeighFisher est une filiale du Jacobs Engineering Group. Au moment même où LeighFisher évaluait les coûts de construction de Hinkley Point, Jacobs travaillait pour EDF, avec certains de ses employés détachés au sein de l’entreprise française. D’après l’enquête du National Audit Office, des employés de Jacobs ont « contribué » à l’exercice de vérification des coûts effectué par LeighFisher.

OP

Photo : Nick Chipchase CC via geograph.org.uk

http://multinationales.org/Hinkley-Point-comment-le-gouvernement-britannique-s-est-embarque-dans-un

Vous pouvez lire l’intégralité de l’article (en anglais) sur le site du Guardian.

Jan 17

FESSENHEIM: UNE FOIS LA CENTRALE FERMÉE, QUEL AVENIR POUR LE SITE ?

Jeudi, un « comité de pilotage » s’installe à Fessenheim pour lancer la réflexion sur la reconversion du site de la centrale haut-rhinoise qui devrait s’arrêter définitivement d’ici à janvier 2019…

Et maintenant ? La question n’est désormais plus de savoir si la centrale nucléaire de Fessenheim, doyenne du parc français, fermera ou pas, puisqu’elle doit s’arrêter définitivement entre fin 2018 et début 2019 au moment où l’EPR de Flamanville entrera en service. Mais bien de savoir quel sera l’avenir du site haut-rhinois.

C’est là le sens de la venue dans le Haut-Rhin ce jeudi de Sébastien Lecornu. Le secrétaire d’État auprès du ministère de la Transition écologique et solidaire installera un « comité de pilotage » sur la reconversion du site de la centrale alsacienne.

Des axes de travail définis

Depuis début décembre des groupes de travail entre la préfecture, la communauté de communes et le département planchent sur « un véritable projet de redynamisation et de soutien », dixit Brigitte Klinkert, présidente Les Républicains du conseil départemental du Haut-Rhin.

Parmi les axes de travail cités par l’élue, on retrouve :

  • « l’aménagement d’une zone industrielle franco-allemande »
  • « un plan d’investissement et de recherche sur un nouveau mix énergétique autonome pour éviter le risque de black-out »
  • « le soutien aux projets d’avenir et à une pépinière liée à aux innovations environnementales et la recherche dans les énergies nouvelles »
  • « un plan d’accompagnement social pour la reconversion des salariés »
  • « l’accord pour un maintien des ressources fiscales pour les collectivités »

La volonté d’un pacte avec l’État

Si des discussions avaient déjà eu lieu en décembre au ministère, un dossier un peu plus formel sera remis au secrétaire d’État. Même si sa venue cette semaine « est une première approche pour regarder et écouter », croit la présidente du département.

Surtout Brigitte Klinkert, ainsi qu’une quinzaine d’autres élus alsaciens, veut « sceller un partenariat, un pacte fort entre les collectivités et l’État », demandant à ce dernier « de mobiliser les moyens nécessaires pour réenclencher une dynamique économique et énergétique pour ce territoire ».

Outre les axes de travail, peut-on imaginer des propositions un peu plus concrètes ? Dans les colonnes du Parisien en novembre 2017, la CGT proposait par exemple une centrale au gaz grâce au gazoduc voisin.

« Un lieu pour se souvenir »

« Il va être difficile pour le secrétaire d’État de sortir de son chapeau un projet qui aurait dû être prévu au moment de la construction de la centrale », souligne Gabriel Weisser, qui se présente comme « riverain inquiet de la doyenne des centrales nucléaires françaises ».

Dans le cadre de sa candidature pour la France insoumise aux législatives dans la circonscription de Fessenheim, celui qui avait été battu au premier tour avait déjà milité pour une « zone de transition énergétique » afin de voir « Fessenheim devenir un laboratoire pour les 18 autres sites nucléaires qui devront être démantelés ». Il appelle également à une « zone franche, avec un statut particulier » sur le plan économique sur le bassin d’emploi de Fessenheim, en guise de « reconnaissance nationale ».

Et dans le registre du symbole, « mon souhait le plus ardent serait que le site devienne un lieu de mémoire du “pire de la technologie”, pour se souvenir. Parce que la centrale fait partie de l’Histoire », poursuit Gabriel Weisser, qui veut accueillir à Fessenheim le 14 mars l’ancien premier ministre japonais Naoto Kan, devenu anti-nucléaire après avoir dû gérer la catastrophe de Fukushima.

« Un champ d’éoliennes n’a pas de sens »

En 2013, Le Gorafi avait peut-être émis une première idée, avec l’ouverture d’un jardin d’enfants à la centrale (et c’était une blague bien sûr !).

Ségolène Royal, ministre de l’Environnement sous la présidence socialiste de François Hollande, évoquait, elle très sérieusement, l’implantation d’une usine Tesla à la place de la centrale nucléaire.

Alors, on abandonne l’idée des voitures électriques Tesla à Fessenheim ? « Lorsqu’on a signé l’accord de Paris sur le climat il était aussi question de sobriété, de développement local, de retour à la proximité. Mettre un champ d’éoliennes n’a pas de sens », estime Alain Jund, élu écologiste de l’agglomération strasbourgeoise en charge de la transition énergétique, qui avait coécrit le livre Le nucléaire contre l’Alsace en 1977, qui plaide surtout pour un travail au niveau européen.

http://www.20minutes.fr/planete/2203095-20180116-video-fessenheim-fois-centrale-fermee-avenir-site

Jan 17

L’ARMÉE PRÉPARÉE SÉRIEUSEMENT À UNE POSSIBLE GUERRE AVEC LA CORÉE DU NORD

L’armée américaine se prépare «très sérieusement» à une possible guerre avec la Corée du Nord, a indiqué mardi un élu républicain, tout en espérant que ces préparatifs ne soient pas mis en pratique.

«L’administration examine très sérieusement les options militaires qui pourraient entrer en jeu en ce qui concerne la Corée du Nord», a déclaré à quelques journalistes Mac Thornberry, qui préside la commission des forces armées de la Chambre des représentants.

«Les entraînements sont très sérieux», a-t-il ajouté. «Les militaires ont des préparatifs en cours et j’espère qu’ils ne seront pas nécessaires».

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis a insisté à plusieurs reprises sur le fait que les efforts en vue de régler la crise nord-coréenne devaient être avant tout diplomatiques, tout en ajoutant que le Pentagone devait toujours se préparer à toute éventualité.

Les tensions avec Pyongyang se sont aggravées après la multiplication l’an dernier des tirs de missiles balistiques nord-coréens capables de porter une ogive nucléaire et d’atteindre le sol américain. Elles se sont adoucies avec les discussions amorcées il y a une semaine entre Séoul et Pyongyang.

Signe que les tensions restent élevées, une fausse alerte a provoqué la panique samedi dans l’archipel d’Hawaï, lorsque les habitants ont reçu un message les avertissant que le territoire était visé par un missile balistique et les enjoignant de se mettre à l’abri.

Les États-Unis et leurs alliés étaient réunis mardi à Vancouver pour tenter de durcir les sanctions contre Pyongyang, une réunion sans la Chine ni la Russie que Pékin et Moscou ont d’ores et déjà remise en cause.

http://www.tvanouvelles.ca/2018/01/16/larmee-preparee-serieusement-a-une-possible-guerre-avec-la-coree-du-nord

Jan 17

LE GOUVERNEMENT ÉCARTE LE SCÉNARIO D’UNE SORTIE RAPIDE DU NUCLÉAIRE

La direction de l’Énergie, administration du ministère de la Transition écologique, a demandé à RTE d’écarter délibérément les scénarios d’une sortie rapide du nucléaire. C’est ce que révèle Reporterre.

À la veille de la visite de Sébastien Lecornu à Fessenheim, cela se confirme : le gouvernement n’a pas l’intention de fermer d’autres centrales nucléaires de sitôt. Mardi 16 janvier, alors qu’entre soixante et soixante-dix personnes étaient réunies pour travailler sur le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), ce document stratégique censé mettre en œuvre entre 2023 et 2028 les objectifs de la loi sur la transition énergétique (LTE), la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) a demandé à Réseau de transport d’électricité (RTE) de ne présenter que deux de ses scénarios de mix énergétique à 2035 – ceux, intitulés Ampère et Volt, qui maintiennent la part du nucléaire à son niveau le plus élevé. Et de passer sous silence les deux autres, Watt et Hertz, qui prévoient la fermeture de nombreux réacteurs. Ceci, sans que cette décision ait été soumise aux participants du groupe de travail et discutée avec eux.

Quand RTE avait dévoilé ces quatre scénarios (voir encadré ci-dessous) pour 2035 le 7 novembre 2017, lors de la présentation de son bilan prévisionnel pour 2025, le message était clair : il n’est pas possible de sortir rapidement du nucléaire sans rouvrir des centrales thermiques à gaz. Impossible dans ces conditions de respecter les objectifs de réduction des émissions de GES de la LTE et les promesses de la France à l’égard de l’accord de Paris. Le ministre de la Transition énergétique Nicolas Hulot s’était appuyé sur ces résultats pour annoncer, dès le lendemain de la présentation de RTE, qu’il serait « difficile de tenir le calendrier » de la LTE ou que cela « se fera au détriment de nos engagements climatiques (…) et de la fermeture des centrales à charbon ».

Plusieurs participants de l’atelier sur la PPE se sont indignés de cette présentation qu’ils jugent biaisée. Surtout que, selon eux, certaines hypothèses sur lesquelles RTE a bâti ses scénarios sont aberrantes. Pour Marc Jedliczka, porte-parole de l’association NégaWatt, le gestionnaire des réseaux, RTE, sous-estime le potentiel en économies d’énergie et en baisse de la consommation d’électricité. « RTE a travaillé sur une variante basse de la consommation d’électricité. Cela signifie qu’il nous en reste sous le pied même si cette variable n’a pas été utilisée dans les scénarios, souligne-t-il. En revanche, il table sur 15,6 millions de voitures électriques en 2035. C’est irréaliste ! Pour y arriver, il faudrait que dès aujourd’hui la moitié des voitures vendues soient électriques. Or, elles ne représentent actuellement que 1,2 % des ventes. Mais cette hypothèse a des conséquences fortes sur le scénario Ampère notamment, puisque la consommation électrique y est en baisse jusqu’à 2025 pour ensuite augmenter à nouveau jusqu’à son niveau actuel, à cause des véhicules électriques. »

Une explosion irréaliste des exportations d’électricité

Autre bizarrerie, les deux scénarios présentés par RTE tablent sur une multiplication par 2,5 des exportations d’électricité vers les pays voisins, jusqu’à des niveaux compris entre 134 à 159 térawattheures. À titre de comparaison, la consommation annuelle en électricité des Français est d’un peu plus de 450 térawattheures. « C’est aller vite en besogne ! Pour cela, il faudrait construire de nouvelles interconnections, autrement dit des lignes à très haute tension, ce qui prend des années et pose des problèmes environnementaux. Par ailleurs, cela suppose que nous produirons de l’énergie moins chère que celle de nos voisins et que ces derniers auront envie de nous l’acheter », pointe M. Jedliczka. Or rien n’est moins sûr, alerte Yves Marignac, directeur de Wise-Paris et membre de l’association NégaWatt : « Cette hausse de notre solde exportateur n’est pas compatible avec les objectifs et les stratégies affichés par nos voisins. Aucun d’entre eux ne se projette dans un scénario où il dépend du bon fonctionnement du parc français pour son approvisionnement électrique ! Ce n’est pas pertinent politiquement. »

Ce spécialiste du nucléaire flaire un scénario-piège. « Plutôt que d’attaquer les stratégies de remplacement du nucléaire par les énergies renouvelables, le lobby de l’atome propose une stratégie d’addition des deux. L’idée est que cela contenterait tout le monde et qu’on n’aurait qu’à exporter le surplus de l’électricité ainsi produite, analyse-t-il. Mais si les prévisions en exportations ne se réalisent pas et que les moyens manquent pour investir dans les deux secteurs, la priorité sera forcément donnée au prolongement du parc nucléaire au détriment des énergies renouvelables. » Un avis partagé par M. Jedliczka : « Développer les deux n’est pas tenable économiquement. Pour prolonger ses réacteurs, EDF va devoir mener un grand carénage » dont l’électricien estimait le coût à 45 milliards d’euros en mai dernier. En décembre 2016, la Cour des comptes avait évalué le montant du chantier à près de 100 milliards d’euros... Enfin, le porte-parole de Négawatt attire l’attention sur une « curiosité » : « Comme par hasard, la quantité d’électricité issue des énergies renouvelables en 2035 correspond exactement au volume des exportations. Comme si l’on ne déployait les énergies renouvelables que pour les exporter ! »

Climat et sortie du nucléaire sont compatibles, selon le scénario NégaWatt

Pour M. Marignac, les scénarios de RTE nient l’évidence : « À long terme, il n’existe aucun scénario de maintien du nucléaire et de neutralité carbone. Si l’on donne effectivement la priorité à nos engagements climatiques, le seul scénario existant est celui développé par NégaWatt, qui prévoit d’importantes économies d’énergies, 100 % d’énergies renouvelables et la sortie du nucléaire. »

Contactée, la DGEC n’avait pas encore répondu aux questions de Reporterre mardi tard dans la soirée. Pour sa part, RTE n’a pas souhaité faire de commentaire ni sur le déroulement de l’atelier, ni sur son contenu.

Que va-t-il se passer désormais ? « La DGEC a la main pour produire un projet de PPE qui sera mis en discussion à un moment ou à un autre. Mais ce texte ne sera sans doute pas prêt pour le débat public qui doit commencer le mois prochain et risque de se dérouler sans document de référence », regrette M. Marignac. M. Jedliczka se veut optimiste : « RTE va publier dans les prochaines heures un rapport détaillant ses hypothèses et ses calculs. Cela va nous donner de la matière pour continuer à travailler. » Pour essayer de rectifier le tir avant la publication du décret final de la PPE, prévue en janvier 2019 au plus tard.

LES SCÉNARIOS PRÉSENTÉS PAR RTE EN NOVEMBRE 2017

  • Le premier, intitulé Watt, prend comme hypothèse la fermeture de chaque réacteur après quarante ans de fonctionnement et le triplement des capacités en énergies renouvelables. Mais, selon RTE, ce déploiement massif des énergies renouvelables ne permet pas de compenser la perte de l’énergie nucléaire, malgré une consommation électrique en baisse. Conséquence, la nécessité d’ouvrir de nouvelles centrales thermiques au gaz, et une hausse de 45 % des émissions des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 2016.
  • Le scénario Hertz table sur la fermeture de vingt-cinq réacteurs nucléaires pour que l’atome ne représente plus que 50 % du mix énergétique d’ici 2025, conformément à l’objectif de la LTE. La capacité en énergies renouvelables est multipliée par 2,5. Mais là aussi, malgré une consommation stable, de nouvelles centrales thermiques doivent être mises en service, ce qui maintient les émissions de GES à leur niveau de 2016. Ce qui viole un autre objectif de la LTE, de réduire ces émissions de 40 % en 2030 par rapport à leur niveau de 1990.
  • Le scénario Ampère, lui, prévoit la fermeture de seize réacteurs, un triplement des énergies renouvelables et une consommation électrique stable. Il permet bien d’atteindre l’objectif de la LTE de réduire la part du nucléaire à 50 % du mix énergétique, mais en 2030 au lieu de 2025. Il permet en outre une division par deux des émissions de gaz à effet de serre, à condition seulement de développer des capacités de stockage des énergies renouvelables.
  • Dans le scénario Volt, neuf réacteurs seulement sont mis hors service. La capacité en énergies renouvelables est multipliée par 2,5, la consommation baisse et les émissions de GES aussi – 60 % de réduction par rapport à 2016.

https://reporterre.net/Le-gouvernement-ecarte-le-scenario-d-une-sortie-rapide-du-nucleaire

Jan 17

CORÉE DU NORD : WASHINGTON TENTE DE MAINTENIR LA PRESSION

Malgré la détente sur la péninsule coréenne, les États-Unis ont appelé mardi à un renforcement des contrôles maritimes.

Les États-Unis ont tenté mardi à Vancouver de maintenir une pression «maximale» contre les ambitions nucléaires nord-coréennes, en appelant avec leurs alliés à un renforcement des contrôles maritimes, malgré la récente amorce de détente entre la Corée du Nord et son voisin du Sud.

Cette réunion d’une vingtaine de pays proches de Washington, coprésidée par le secrétaire d’État américain Rex Tillerson et son homologue canadienne Chrystia Freeland, a été vertement critiquée par la Chine et la Russie, qui n’étaient pas présentes dans la ville de l’ouest du Canada.

Prévue de longue date, avant la décision surprise de Pyongyang de participer aux jeux Olympiques d’hiver le mois prochain en Corée du Sud, elle n’a pas donné lieu à de grandes annonces mais a surtout servi à remobiliser le front des alliés des Américains.

Pour la dénucléarisation totale

Ces pays, parmi lesquels le Japon et la Corée du Sud dont la différence de ton a été remarquée, ont appuyé «un renforcement de l’interdiction maritime afin de déjouer les transferts de navire à navire», une tactique reprochée aux Nord-Coréens pour échapper aux contrôles et s’approvisionner en denrées soumises à un embargo, a déclaré Rex Tillerson à l’issue de la réunion. Il a toutefois assuré ne pas vouloir «interférer avec les activités maritimes légitimes». Mais aucune mesure concrète nouvelle n’a été dévoilée.

«Nous n’accepterons pas que la Corée du Nord soit une menace nucléaire contre le monde», a martelé Chrystia Freeland. «Nous partageons tous la même politique et le même objectif: la dénucléarisation totale, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne», a renchéri le chef de la diplomatie américaine, promettant «de nouvelles conséquences pour le régime» de Kim Jong-Un «à chaque nouvelle agression». Il a aussi demandé à Moscou et Pékin la mise en œuvre rigoureuse des sanctions adoptées par l’ONU.

Pour autant, «notre unité et notre cause commune avec d’autres dans la région, notamment la Chine et la Russie, resteront intactes malgré les tentatives fréquentes de la Corée du Nord de nous diviser», a assuré Rex Tillerson. Avant même de débuter, la réunion de Vancouver avait suscité la colère de ces deux pays, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et favorables à une reprise rapide du dialogue.

Interprétations divergentes

Elle «n’a ni légitimité ni représentativité», a lancé Lu Kang, porte-parole de la diplomatie chinoise, tandis que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov critiquait «les Américains et leurs alliés» qui veulent «imposer leurs vues en se basant exclusivement sur le diktat et l’ultimatum».

L’apaisement né de la toute récente reprise, après deux années de gel, du dialogue entre Séoul et Pyongyang avant les JO de Pyeongchang (9-25 février), donne lieu à des interprétations parfois divergentes.

Au téléphone, le président chinois Xi Jinping a rappelé à son homologue américain Donald Trump que la situation sur la péninsule connaissait «des évolutions positives» et a appelé à «faire perdurer l’actuelle détente» pour «créer les conditions nécessaires à la reprise des pourparlers de paix», selon l’agence Chine nouvelle.

«Gagner du temps»

Les deux hommes ont exprimé «l’espoir» que ce dialogue coréen «puisse encourager un changement dans l’attitude destructrice de la Corée du Nord», a ajouté la Maison Blanche. Rex Tillerson s’est ainsi redit prêt à dialoguer avec le régime de Pyongyang, qui doit toutefois au préalable «démontrer qu’il est prêt à parler».

La cheffe de la diplomatie canadienne a reconnu que la détente inter-coréenne était «un signal encourageant» et son homologue sud-coréenne Kang Kyung-wha s’est voulue optimiste, estimant que «les deux instruments» –«sanctions sévères» et main tendue– allaient de pair. Elle a estimé que cette stratégie avait «commencé à porter des fruits».

Appuyant les appels américains pour plus de pression, le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono a toutefois mis en garde contre toute tentation de baisser la garde. Sans citer nommément Séoul, il a soupçonné le régime de Kim Jong-Un de vouloir «enfoncer un coin entre les pays durs et ceux qui ne sont pas si durs». «Certains affirment qu’il faut récompenser la Corée du Nord pour sa participation au dialogue inter-coréen, par des levées de sanctions ou en lui fournissant une certaine assistance», a-t-il dit. «Il s’agit d’une vision bien trop naïve», «la Corée du Nord veut juste gagner du temps pour poursuivre ses programmes nucléaire et balistique», a-t-il prévenu. (afp/nxp)

https://www.tdg.ch/monde/washington-tente-maintenir-pression/story/21742468

Jan 17

FEUILLE DE ROUTE ÉNERGÉTIQUE: LE GOUVERNEMENT « CADRE » LE DÉBAT SUR LE NUCLÉAIRE

Paris – Des scénarios impliquant de fermer entre 9 et 16 réacteurs nucléaires d’ici 2035 ont été au cœur de discussions mardi sur la future feuille de route énergétique de la France, que le gouvernement doit finaliser cette année, a appris l’AFP de sources concordantes.

Le ministère de la Transition écologique et solidaire a clos mardi par une discussion sur le futur bouquet électrique français, en présence de Nicolas Hulot, une série d’ateliers pour élaborer la Programmation pluriannuelle de l’énergie 2019-2023.

Ce dernier atelier abordait la question sensible de l’évolution du parc nucléaire français pour ramener sa production à 50% de la consommation de courant.

Nicolas Hulot, qui a assisté au début de la réunion, « a rappelé l’importance de développer un nouveau mix électrique, avec une forte contribution des énergies renouvelables », a rapporté à l’AFP Marion Lettry, du Syndicat des énergies renouvelables.

Selon plusieurs autres participants, il a confirmé que des réacteurs devraient être fermés pour respecter les objectifs de la loi sur la transition énergétique votée en 2015, mais sans s’avancer plus à ce stade.

Le ministère a retenu comme base de discussions deux scénarios sur les quatre publiés récemment par le gestionnaire du réseau de transport RTE, ont indiqué à l’AFP plusieurs participants.

L’un, baptisé Ampère, prévoit de réduire d’ici 2035 la capacité de production nucléaire de 14,5 gigawatts (GW), ce qui impliquerait de fermer 16 réacteurs de 900 mégawatts (MW) en plus de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin).

Le second, baptisé Volt, envisage une baisse de 8 GW de la capacité de production nucléaire, soit la fermeture de 9 réacteurs.

Les deux autres scénarios, non retenus, prévoyaient de fermer plus de réacteurs (25 à 52).

Ce choix de se focaliser sur deux scénarios a été critiqué par plusieurs ONG participantes. « Le débat est complètement biaisé », a réagi Alix Mazounie de Greenpeace.

« On a l’impression que le gouvernement et le ministère ont déjà leur idée (…) c’était une manière de cadrer les choses en s’orientant vers des scénarios qui gardent le plus longtemps les réacteurs », a aussi estimé Anne Bringault de l’ONG CLER.

Ces ONG prônent une diminution plus rapide du nucléaire, jugeant notamment « irréaliste » l’importante hausse des exportations de courant vers les voisins européens de la France, contenues dans les scénarios retenus. (NDLR : d’autant que de plus en plus d’exportations se font à des prix voisins de zéro, voire négatifs)

Le ministère, EDF et RTE, représentés à cette réunion, n’ont pas souhaité s’exprimer.

Un débat public sur la future PPE sera organisé à partir de février, avant que le gouvernement ne propose sa feuille de route mi-2018, pour une adoption d’ici la fin de l’année.

http://www.linfodurable.fr/feuille-de-route-energetique-le-gouvernement-cadre-le-debat-sur-le-nucleaire-1479

Jan 17

LE PENTAGONE METTRAIT AU POINT DE NOUVELLES UNITÉS D’ARMES NUCLÉAIRES

Dans le cadre de la nouvelle doctrine de politique étrangère qui se veut être une réponse au renforcement des positions de la Chine et de la Russie, le ministère américain de la Défense envisage de créer de nouvelles unités d’arme stratégique nucléaire, écrit The Wall Street Journal.

En réaction à l’augmentation des capacités militaires de la Chine et de la Russie, le Pentagone souhaite mettre au point deux nouvelles unités d’armes nucléaires, annonce le quotidien The Wall Street Journal.

Selon ce journal américain, la première unité sera une ogive nucléaire de faible puissance qui pourrait équiper les missiles balistiques Trident II qui sont destinés à être tirés depuis des sous-marins nucléaires. La deuxième unité sera un missile de croisière naval avec une ogive nucléaire. Le quotidien précise que l’arsenal nucléaire américain comptait des unités similaires en 2010.

La mise au point de ces nouvelles unités s’inscrit dans la nouvelle doctrine nucléaire qui vise à renforcer les capacités des États-Unis dans le domaine face à la Chine et à la Russie. Donald Trump a ordonné d’élaborer cette nouvelle doctrine il y a un an et envisage d’en signer la version finale la fin janvier.

https://fr.sputniknews.com/defense/201801161034767178-pentagone-nouvelles-unites-armes-nucleaires/

Wall Street Journal : https://www.wsj.com/articles/u-s-plans-new-nuclear-weapons-1516063059

Jan 17

NÉGAWATT LIVRE SON ANALYSE DES SCÉNARIOS ÉLECTRIQUES DE RTE

NégaWatt s’est penchée sur les scénarios électriques de RTE à l’horizon 2035. L’association estime que la question centrale est de savoir si les renouvelables s’ajouteront ou remplaceront la production nucléaire.

Les scénarios présentés début novembre 2017 par RTE s’appuient tous sur le développement plus ou moins rapide des renouvelables. La question est de savoir si le développement des renouvelables se substituera au parc nucléaire ou s’il viendra s’y ajouter, estime l’association NégaWatt qui a publié le 11 janvier une note tirant les enseignements des travaux de RTE. L’association déplore que « l’effervescence médiatique autour de cette publication [n’ait] malheureusement mis en évidence qu’une supposée impossibilité de respecter l’objectif de 50% de nucléaire en 2025 tout en contenant les émissions de CO2« .

Deux grandes perspectives

Selon NégaWatt, les scénarios de RTE ne peuvent être réduits au discours tenu par le gestionnaire du réseau de transport électrique et la décision prise par Nicolas Hulot le jour de leur publication. D’autres voies existent, estime NégaWatt qui considère que les quatre scénarios de RTE dressent deux grandes perspectives.

La première, celle d’un développement des renouvelables venant se substituer à une partie du parc nucléaire. NégaWatt classe deux scénarios dans cette catégorie : le scénario « Watt » qui propose de fermer les réacteurs nucléaires dès leur quarantième anniversaire et le scénario « Hertz » qui reporte à 2030 la réduction de la part du nucléaire à 50%.

Le premier aboutit en 2035 à la fermeture de 54 réacteurs et à des puissances installées de 67 GW pour l’éolien et 48 GW pour le photovoltaïque.

Le second se traduit par la fermeture de 27 réacteurs et des capacités installées de l’ordre de 50 GW pour l’éolien et 36 GW pour le photovoltaïque. En outre, 10 GW de centrales au gaz seraient installées et les centrales au charbon fermées, permettant une légère baisse des émissions de CO2 françaises.

La seconde perspective est celle d’un développement des renouvelables venant plus ou moins s’ajouter au nucléaire. Cette approche vient « renforcer une surcapacité évacuée via une forte croissance des exportations », explique NégaWatt. Il s’agit du scénario « Ampère« , construit sur l’hypothèse d’une réduction de la part du nucléaire en fonction du développement des renouvelables (18 réacteurs nucléaires fermés en 2035 et 67 GW d’éolien et 48 GW de photovoltaïque installés), et du scénario « Volt » qui propose un développement des moyens de production en fonction des débouchés économiques (9 réacteurs nucléaires fermés en 2035 et 50 GW d’éolien et 36 GW de photovoltaïque installés en 2035).

Réduire la part du nucléaire et les émissions de CO2

NégaWatt tire cinq conclusions de ces scénarios. Tout d’abord, l’action sur la consommation électrique est déterminante. « Du fait d’une efficacité énergétique croissante et malgré l’apparition de nouveaux usages, comme le déploiement à grande échelle du véhicule électrique, RTE montre que la consommation d‘électricité ne va plus augmenter« , rappelle l’association. Elle en déduit que le développement des renouvelables en France ne peut pas se faire sans une réduction du parc nucléaire. Pour renforcer les économies d’énergie, NégaWatt suggère de porter l’effort sur la consommation d’électricité dans le tertiaire, et de déployer un programme de rénovation performante de logements classés F ou G et chauffés à l’électricité.

Autre conclusion de NégaWatt : la fermeture de réacteurs peut se faire sans hausse des émissions de CO2. Certes, le scénario « Ohm« , qui respecte l’objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire en 2025, aboutit à une augmentation de 22 millions de tonnes des émissions de CO2, mais c’est parce qu’il se base sur la variante haute de la consommation d’électricité. Dans sa version basse, la hausse des émissions de CO2 est ramenée à 13 millions de tonnes. En outre, le scénario de fermeture de tous les réacteurs à 40 ans (scénario « Watt ») « se traduit par une légère baisse des émissions de CO2 en 2025, tout en atteignant à cette échéance 55% de nucléaire dans le mix électrique ». Sur ce sujet, NégaWatt rappelle aussi que RTE ne prend en compte que les émissions du secteur électrique, sans étudier les émissions évitées dans d’autres secteurs, notamment les transports. « Il est possible de ne pas prolonger le parc nucléaire de façon à s’approcher de l’objectif de 50% en 2025 sans pour autant augmenter les émissions de CO2« , conclut l’association.

Prolonger le nucléaire n’est pas une option facile

Les deux conclusions suivantes concernent spécifiquement le nucléaire. Tout d’abord, « les scénarios de RTE montrent qu’un arrêt à l’échéance des 40 ans de tous les réacteurs est techniquement possible sans que l’approvisionnement électrique ne soit mis en défaut« . En effet, les scénarios montrent que les renouvelables peuvent couvrir entre 40% et 70% du mix électrique. Ensuite, « la prolongation du parc nucléaire n’est pas l’option facile qu’elle semble être ». L’association estime que les scénarios de RTE s’appuient sur une hypothèse trop optimiste : la réalisation en 6 mois des travaux de prolongation de chaque réacteur. Dans le même ordre d’idée, RTE s’appuie sur une hausse des exportations pour absorber la hausse de production. « Si ce niveau exportateur ne se réalise pas, le risque est de dégrader fortement la performance économique des réacteurs nucléaires français« , estime l’association.

Enfin, la cinquième conclusion concerne les renouvelables, que l’association qualifie d’« option sans regret ». « Les énergies renouvelables électriques sont d’ores et déjà économiquement compétitives dans certains cas, et vont le devenir progressivement dans tous les cas« , explique-t-elle. Leur développement en France est donc réaliste et fait sens économiquement.

Philippe Collet, journaliste, rédacteur spécialisé

https://www.actu-environnement.com/ae/news/negawatt-rte-scenario-nucleaire-solaire-photovoltaique-energie-30456.php4

Jan 16

LE PLAN DU GOUVERNEMENT POUR FERMER FESSENHEIM

Le secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, lance jeudi la fermeture de la centrale.

Le gouvernement donne le coup d’envoi jeudi de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Un serpent de mer vieux de six ans : la centrale « sera fermée à la fin de l’année 2016« , avait promis François Hollande en 2012. Depuis… « rien« , à en croire le secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, chargé par Emmanuel Macron et Édouard Philippe de déminer ce dossier. C’est en novembre que les services de l’État concernés se sont réunis pour la première fois sur ce sujet. Quant aux élus locaux, ils avaient appris par les médias en avril 2017 que la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, avait signé le décret actant la fermeture de la centrale. Depuis, ils attendent.

« C’est un contexte difficile, parce qu’on ne peut pas dire que les uns et les autres ont toujours été très corrects avec les acteurs alsaciens et les salariés de la centrale, confie Sébastien Lecornu. Il faut démarrer un travail qui aurait dû l’être il y a bien longtemps. » Il y a urgence : la centrale sera mise à l’arrêt dès le démarrage de l’EPR de Flamanville (Manche), fin 2018 ou début 2019. Lecornu est attendu sur place jeudi pour une visite de trois jours. Il doit faire le tour de tous les acteurs concernés : les élus locaux, qu’il avait déjà reçus en décembre au ministère, les syndicats et la direction de la centrale, les acteurs économiques de la région et même les représentants des voisins allemand et suisse. Il installera à cette occasion un « comité de pilotage » composé de différents groupes de travail chargés de débroussailler les différents enjeux du dossier, du volet social à la reconversion du site en passant par la stratégie foncière, les infrastructures ou la fiscalité locale.

Les Alsaciens l’attendent de pied ferme. Car la centrale, c’est 800 salariés d’EDF, mais aussi 330 entreprises sous-traitantes, soit environ 1.900 emplois directs et indirects au total. Si la fermeture est actée, « il ne s’agit pas d’abandonner ce territoire, mais de l’accompagner, souligne le secrétaire d’État. Il n’y a pas de fatalité. Si on s’en occupe, il y a des promesses économiques et industrielles qui sont tenables à Fessenheim« .

« On n’est pas là pour faire un chèque et s’en aller »

Alors que les habitants s’inquiètent pour la sécurité de leur approvisionnement électrique – la centrale représente 65% de la consommation d’électricité de la région -, il promet d’ores et déjà « un projet pilote particulièrement ambitieux de développement des énergies renouvelables sur ce secteur, qui créera de la richesse, de la fiscalité et quelques emplois« .

Avec l’arrêt de la centrale, c’est aussi une manne fiscale qui va disparaître dès 2019 : 14,3 millions d’euros de recettes en moins pour les collectivités locales, dont 6,5 millions pour la communauté de communes, 5 millions pour le département et 2,1 millions pour la région. « On ne les abandonnera pas à un désarroi budgétaire », assure Sébastien Lecornu. Mais « on n’est pas là pour faire un chèque et s’en aller. On est là pour transformer ce territoire et co-construire un projet de transition avec les élus« .

Emmanuel Macron a demandé au gouvernement que ce dossier sensible soit mené « de manière exemplaire« . Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, veut en faire un « cas d’école« . Car l’arrêt de la plus vieille centrale française est plus qu’un symbole : elle doit préparer la voie à d’autres fermetures. Pour faire passer la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50%, Hulot a estimé qu’il faudrait fermer « probablement entre 17 et 25 réacteurs » sur les 58 que compte le parc nucléaire français. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit en préciser le nombre et le calendrier d’ici fin 2018. Une ambition qu’une levée de boucliers à Fessenheim viendrait sérieusement compromettre. Dans ces conditions, le gouvernement n’a pas le droit à l’erreur.

http://www.lejdd.fr/politique/le-plan-du-gouvernement-pour-fermer-fessenheim-3545714

Jan 16

LES POURPARLERS AVEC LA CORÉE DU NORD : « UNE FARCE », SELON CERTAINS EXPERTS

Analyse de l’actualité. La surprenante décision de la part de Kim Jong-un d’accepter des pourparlers avec la Corée du Sud est soit un stratagème visant à gagner du temps, soit un besoin de retarder une éventuelle invasion américaine, sinon les deux, d’après certains experts.

On a fait grand cas de ce changement soudain d’opinion de Kim Jong-un d’accepter de discuter avec Séoul. Certains commentateurs crédibles qualifient cette décision d’une percée diplomatique. D’autres pensent que la participation de deux patineurs artistiques nord-coréens aux prochains Jeux olympiques d’hiver marque un tournant dans l’histoire de l’un des régimes les plus oppressifs au monde.

Plutôt sceptique, Rick Fisher, chercheur principal au Centre international d’évaluation et de stratégies, prévient que ce serait se tromper que d’espérer un changement significatif dans la péninsule coréenne.

Durant ce conflit, explique R. Fisher, le monde entier a déjà pris position contre la Corée du Nord, exceptés deux alliés – la Chine et la Russie – prêts à offrir un soutien crédible.

Ayant nulle part vers où se tourner et avec une économie sous le joug de sanctions renforcées, le régime de Kim Jong-un fait face à une très sérieuse menace des forces militaires de la nouvelle administration américaine.

La Corée du Nord ne pouvant pas répondre à la menace par la force, elle tente alors une autre approche.

« En faisant bon ménage avec le Sud, le Nord espère affaiblir le consensus grossissant, mené par les États-Unis, en faveur d’une quelconque action visant le régime », a déclaré M. Fisher.

Le souvenir d’une guerre dévastatrice et la possibilité d’en avoir une autre suffisent à la Corée du Sud pour entretenir l’espoir que le Nord se veut sincère.

Toutefois Kim Jong-un a spécifiquement déclaré que ses missiles balistiques à armes nucléaires visent les États-Unis. Ainsi, il serait dangereux d’interpréter naïvement comme optimiste la récente position de Kim Jong-un à l’égard de sa voisine.

Fisher rappelle que « la Corée du Nord poursuivra ses efforts en vue de menacer le monde entier et en particulier les États-Unis, grâce à ses missiles nucléaires ».

L’ouverture diplomatique actuelle est en quelque sorte une retraite tactique, un moyen d’alléger la pression qui s’intensifie jusqu’à une dangereuse possibilité que la Corée du Nord ne veut vraiment pas affronter.

« Les Nord-Coréens veulent faire éclater la bulle d’un consensus international de plus en plus large, mené par les États-Unis, sur la nécessité d’une action militaire contre la Corée du Nord », affirme R. Fisher.

En ouvrant le dialogue, la Corée du Nord espère diluer ce consensus, analyse R. Fisher. Cela donne au régime le temps, la seule chose dont Kim a besoin, autant que l’argent.

En se basant sur d’autres rapports des services de renseignement, R. Fisher soutient que la Corée du Nord est à un an d’être en mesure d’exploiter pleinement ses programmes nucléaires et tirs de missiles. Elle pourrait se doter d’un ICBM nucléaire capable d’envoyer une ogive vers n’importe quelle cible dans le monde.

Le régime de Kim a également besoin de temps pour achever la construction d’un sous-marin de plus grande taille et mettre au point des missiles sous-marins qui pourront représenter une menace pour le Japon.

L’analyste Fisher n’est pas le seul à penser que les négociations ne porteront probablement aucun fruit.

Steven Mosher, président du Population Research Institute et auteur de la nouvelle publication, Bully of Asia: Why China’s Dream is the New Threat to World Order (L’intimidateur de l’Asie : pourquoi le rêve de la Chine est une nouvelle menace à l’ordre mondial), pense que la Corée du Nord gagne ou plutôt a soudoyé du temps.

« Du point de vue américain, les négociations passées avec la Corée du Nord n’ont rien accompli. Du point de vue nord-coréen, cependant, ils ont accompli exactement ce à quoi ils s’attendaient. Ils ont gagné du temps et plus d’un milliard de dollars en aide américaine de la part des administrations Clinton et Bush », a-t-il précisé.

Cet argent et ce temps sont essentiels pour les programmes actuels de missiles et d’armes nucléaires de la Corée du Nord, a martelé S. Mosher. Maintenant, le régime entre dans la phase où il peut harmoniser ces deux technologies. Elle n’a besoin que de temps, et peut-être d’argent, ce qui n’est possible ni par la force ni par d’autres provocations. Sans autre option, la Corée du Nord doit jouer la carte du dialogue.

Et aucun pays n’est aussi prêt et disposé à parler à la Corée du Nord que la Corée du Sud. Alors que le Japon et les États-Unis réclament tous deux une attitude sévère envers le régime de Kim, Séoul reste plus ouverte et plus optimiste.

« Les sanctions commencent à produire ses effets et Kim Jong-un tend la main au maillon le plus faible des alliances américano-japonaises et américano-sud-coréennes, à savoir la Corée du Sud », analyse S. Mosher.

Il rejoint R. Fisher sur le fait que la Corée du Sud est poussée par ses sympathies naturelles à l’égard des Nord-Coréens moyens, une population traumatisée par le régime actuel. Il y a aussi le souvenir d’une guerre dévastatrice et la probabilité très forte que l’artillerie nord-coréenne puisse faire des millions de morts en Corée du Sud.

Bien que ces sentiments puissent inciter la Corée du Sud à tout mettre en œuvre pour parvenir à une solution diplomatique, la Corée du Nord, elle, continuera à fabriquer avec ferveur des missiles et des armes nucléaires, estime S. Mosher.

« La solution pour résoudre le dilemme nord-coréen ne se trouvera pas dans les négociations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, mais dans les pressions exercées par les États-Unis sur le « parrain » de la Corée du Nord, la Chine », a déclaré S. Mosher. « Tant que Kim Jong-un est convaincu qu’il bénéficie du soutien discret de Chine, il n’a aucune raison de changer son comportement. »

D’autant plus que Pyongyang a déjà mis au point des ICBM capables de transporter les ogives nucléaires miniaturisées.

Mosher estime que l’approche énergique du président Trump a donné à Kim Jong-un matière à réflexion et le faisant ralentir les essais de missiles nord-coréens.

Pour provoquer un changement qui soit durable, les États-Unis devraient rompre l’alliance Chine-Corée du Nord.

Force est cependant de reconnaître selon S. Mosher que la Corée du Nord a bénéficié « d’énormes pots-de-vin » de la part des anciennes administrations Bush et Clinton, pots-de-vin facilités par la Chine.

Toujours selon M. Fisher, pour un changement plus durable, les États-Unis doivent rompre l’alliance Chine-Corée du Nord. La Chine voit en la Corée du nord le parfait épouvantail, capable de distraire l’attention des États-Unis et d’affaiblir les ressources militaires américaines.

Et si la guerre éclatait, les États-Unis utiliseraient une puissance militaire et financière considérable, l’affaiblissant et le rendant incapable de défendre ses alliés, à savoir Taïwan, en cas d’attaque de la Chine.

Ce qui mène R. Fisher à penser qu’une autre guerre de Corée pourrait accélérer le calendrier de la Chine pour conquérir Taïwan.

D’après lui, la meilleure solution dans ce problème serait de réintroduire des armes nucléaires tactiques en Asie, ce que l’administration Bush a retiré au cours des efforts antérieurs de négociations pour éloigner la Corée du Nord du développement des armes nucléaires.

Évidemment ces efforts ont essuyé un échec, les armes nucléaires tactiques au seuil de la porte de Kim Jong-un feraient beaucoup pour convaincre Kim et la Chine que la guerre n’est dans l’intérêt de personne.

Vidéo recommandée « Comment la Corée du Nord a obtenu la technologie nucléaire »

Pour la visualiser, cliquer sur :

http://www.epochtimes.fr/pourparlers-coree-nord-farce-selon-certains-experts-161540.html

Jan 16

NUCLÉAIRE: « LA FRANCE INSOUMISE » VA ORGANISER UNE VOTATION CITOYENNE POUR OU CONTRE

Paris (AFP) – La France insoumise va organiser du 11 au 18 mars une votation citoyenne sur le nucléaire, point d’orgue d’une campagne nationale contre « une énergie dangereuse ».

« Nous avons choisi une forme assez originale, la votation citoyenne, car c’est le moyen d’entrer en contact pas seulement avec des militants mais aussi avec la rue », a expliqué lundi Charlotte Girard, responsable du programme de LFI, lors d’une conférence de presse.

Selon elle, lors de cette semaine, qui marquera le septième anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, des bureaux de vote seront « installés partout où nous pourrons » pour interpeller les Français sur le fait que la France continue de privilégier très largement le nucléaire dans son mix énergétique.

« La campagne reposera sur cette votation mais sera aussi l’occasion de rentrer en contact avec le réseau de lutte contre le nucléaire en France sous forme d’auditions », a précisé Charlotte Girard, évoquant une campagne « pas hors sol mais en lien avec les associations ». Un comité de pilotage comprenant des membres de LFI et des associations doit d’ailleurs être installé samedi.

Outre la votation, la campagne sera l’occasion d’organiser des réunions publiques pour lui donner une dimension d’ « éducation populaire ». L’ancien Premier ministre japonais, Naoto Kan, en poste en 2011 et devenu depuis une voix des anti-nucléaires, est annoncé à une conférence.

Les militants du mouvement de Jean-Luc Mélenchon avaient choisi à l’automne trois sujets qu’ils souhaitaient voir transformés en campagnes nationales en 2018. Outre le nucléaire, une autre mobilisation sera lancée sur la lutte contre la pauvreté et l’augmentation des minima sociaux et des salaires et une autre sur la lutte contre la fraude fiscale.

https://www.goodplanet.info/actualite/2018/01/16/nucleaire-lfi-va-organiser-votation-citoyenne-contre/

Jan 16

LE PAPE, EN ROUTE POUR LE CHILI, DÉNONCE LE RISQUE NUCLÉAIRE

Le pape François, en route lundi pour une visite d’une semaine au Chili et au Pérou, a déclaré que le monde était « à la limite » du risque de guerre nucléaire et expliqué que la situation le terrifiait.

Le pape argentin s’exprimait dans l’avion au surlendemain d’une alerte au missile -qui s’est avérée sans objet- ayant semé la panique à Hawaï, alors que la Corée du Nord laisse planer la menace d’une attaque nucléaire.

« Je pense que nous sommes à la limite. J’ai vraiment peur. Il suffirait d’un accident pour tout précipiter« , a-t-il déclaré.

Jorge Bergoglio, qui a souvent évoqué les dangers d’une guerre nucléaire, a fait distribuer aux journalistes une petite carte illustrée d’une photo poignante prise en 1945 après l’explosion de la bombe atomique à Nagasaki et montrant un enfant japonais portant sur le dos son petit frère mort. Au dos de la carte, quatre mots écrits de la main du pape: « Le fruit de la guerre« …

Pour lire la suite de l’article concernant d’autres sujets, cliquer sur :

https://www.romandie.com/news/Le-pape-en-route-pour-le-Chili-denonce-le-risque-nucleaire/880899.rom

Jan 15

EXPOSITION : DESSINS DES SURVIVANTS D’HIROSHIMA ET DE NAGASAKI

Paris Vox – Poignante et émouvante exposition que celle proposée par les Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine. En effet, plus de 150 œuvres des rescapés d’Hiroshima et de Nagasaki sont exposées pour la première fois en France jusqu’au 31 mars prochain.

Les Archives nationales et le Centre Joë Bousquet et son temps organisent conjointement cette exposition qui s’est tenue au cours de l’été 2017 à Carcassonne et ouverte au public à Pierrefitte-sur-Seine depuis le 8 décembre 2017.

L’exposition présente donc au public plus de 150 reproductions de dessins réalisés par des hibakusha, terme qui désigne au Japon les survivants des bombardements nucléaires américains d’Hiroshima et de Nagasaki.

« De rares photographies montrèrent l’ampleur des destructions en marquant de façon indélébile la conscience historique mondiale. Mais elles avaient leurs limites : toute présence humaine, de blessés ou de morts, avait été évacuée de la prise de vue, focalisée sur les champs de ruines. Il a fallu le temps d’une génération pour libérer les souvenirs et la parole.

En 1974, après avoir reçu le dessin d’un homme de 74 ans souhaitant exprimer ce qu’il avait vécu lors du bombardement américain du 6 août 1945, la chaîne de télévision japonaise NHK lança à travers tout l’archipel un appel à témoignage auprès des survivants du drame, les hibakusha, devenus les symboles de la lutte contre la guerre et les armes atomiques à travers le monde.

Les 3 600 dessins collectés entre 1974 et 2002 sont exposés au Musée du Mémorial de la Paix d’Hiroshima, ouvert en 1954. Précieux et fragiles, ces originaux ne peuvent pas quitter le Japon et ne sont pas connus du public européen. Ces dessins témoignent de l’enfer qui s’est abattu sur les deux villes japonaises, au moment du bombardement, puis dans les heures et les jours qui ont suivi. Ils décrivent l’apocalypse qu’ont vécu ces hommes, ces femmes et ces enfants, seuls ou aux côtés de leur famille, amis ou voisins.

La puissance graphique et l’expressivité de ces dessins nous touchent immédiatement, sans doute parce qu’ils ne proviennent pas d’artistes professionnels mais aussi parce qu’ils nous donnent accès à l’effroi et aux sentiments intimes des survivants.

En contribuant au débat et aux réflexions sur les rapports entre la mémoire et l’expression artistique, les Archives nationales poursuivent leur mission prioritaire de faire connaître les sources de l’Histoire, notamment auprès de la jeunesse. En choisissant de présenter cette exposition exceptionnelle à Pierrefitte-sur-Seine, elles souhaitent favoriser l’accès de tous au matériau le plus émouvant et le plus sensible qui soit, le témoignage direct des victimes, auxquelles cette manifestation rend hommage. »

« Hibakusha. Dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki », jusqu’au 31 mars 2018, du lundi au samedi, de 9 heures à 16 h 45, Archives nationales, 59, rue Guynemer. Pierrefitte-sur-Seine. M° Saint-Denis-Université. Entrée libre et gratuite.

https://www.parisvox.info/2018/01/15/exposition-dessins-survivants-dhiroshima-de-nagasaki/

Jan 15

IRAN : LA DIABOLISATION EN MARCHE

La déstabilisation politique et sociale de la République islamique n’a pas eu lieu. Jusqu’à présent, le pouvoir iranien ‒ toutes tendances confondues ‒ a su très habilement réagir et déminer le terrain. Les responsables politiques et religieux, qui ont en mémoire ce qu’il en a coûté à Bachar el Assad de répondre impulsivement aux soulèvements de 2011, ne se sont pas laissé prendre.

Il reste difficile d’estimer la part de spontanéité et celle de la récupération dans la séquence de troubles inaugurée voici quelques semaines. Qu’il y ait eu « manip » américaine ou non, l’on peut toutefois craindre que cette salve de protestations, courte mais synchronisée, ne soit qu’une répétition générale servant à tester les capacités de réaction et de résistance du régime avant une nouvelle et décisive tentative, l’Iran étant devenu la cible officielle première des faucons américains qui tiennent chaque jour davantage Donald Trump « rênes courtes ».

Les imprécations américaines ont commencé à miner le terrain des représentations mentales

Pour l’heure, le président Rohani en a profité pour limiter sa responsabilité sociale et politique intérieure, rappelant que l’essentiel du pouvoir et notamment de l’allocation des ressources financières de l’État étaient sous le contrôle du Guide suprême Khamenei. Ce dernier a incriminé Washington, Tel-Aviv et Ryad. Quant au Procureur général Montazeri, il a ouvertement et de façon argumentée dénoncé la CIA pour avoir fomenté et exploité les revendications populaires.

Il ne nous appartient pas ici de leur donner raison ou tort, mais de poser l’inévitable et toujours féconde question : à qui profite le crime ? Et là, certains liens sont indiscutables. L’Iran ne s’est certes pas embrasé comme la Syrie ou l’Ukraine, mais les imprécations américaines de tous niveaux qui ont accompagné la crise depuis le premier jour, ont commencé de miner le terrain des représentations mentales. La diabolisation est en marche. En témoigne le chantage assumé du Président Trump faisant dépendre sa prochaine « certification » trimestrielle de l’Accord sur le nucléaire à son extension aux capacités militaires balistiques iraniennes, pour l’instant encore contre l’avis de l’Europe et de la France. Paris a fort justement mis en garde ceux qui entendent détruire l’accord signé avec l’Iran sur son programme nucléaire contre la charge explosive contenue dans cette approche léonine. Plus encore, s’installe désormais dans nos bonnes consciences démocratiques ‒et dans les salles de rédaction des médias occidentaux ‒ un nouveau discours, très offensif, mettant le régime iranien en faute avant de le mettre en danger. En faute, car on explique désormais partout que si le peuple iranien souffre, c’est parce que le pouvoir dépense les ressources financières provenant de la levée de l’embargo sur le pétrole et les banques iraniennes au service d’une coupable volonté hégémonique régionale, c’est à dire via son intervention militaire en Syrie et en Irak et son soutien au Hezbollah voire au Hamas palestinien. En danger, car les signes d’un soutien américain croissant aux Kurdes du Nord iranien et la concentration des manifestations dans des villes kurdes ou simplement sunnites iraniennes manifestent à tout le moins un « encouragement » de plus en plus net aux forces d’opposition. Il faut en effet comprendre que la « carte kurde », jouée par les États-Unis depuis l’invasion de l’Irak en 2003, demeure pour Washington un atout important. Les communautés kurdes, éclatées entre quatre États (Iran, Irak, Syrie et Turquie), animées d’un impossible « rêve national », profondément divisées par de séculaires rivalités claniques et tribales et militairement capables, sont d’indociles mais précieux « proxys » pour nourrir les tendances centrifuges et gêner des puissances régionales récalcitrantes.

Le but est de créer un ancrage stratégique pour l’influence américaine à la frontière irano-irako-syrienne

Pourquoi maintenant ? Parce que le Grand Jeu nouvelle manière bat son plein. Parce que l’Amérique est en fait aux abois sur le plan international et a minima en mauvaise posture stratégique au Moyen-Orient. Washington doit réagir à l’emprise chaque jour plus solide de l’alliance tactique russo-turco-iranienne qui la marginalise et l’humilie. Les néoconservateurs américains et leurs relais européens deviennent féroces et s’activent pour diaboliser le nouveau Satan perse. Sur le plan militaire, ils tentent, par « proxys » interposés, d’accéder à la Méditerranée via un Kurdistan syrien consolidé, indépendant du régime honni de Bachar el-Assad, mais placé sous la bienveillante tutelle américano-israélienne. Leur but est de créer un ancrage stratégique pour l’influence américaine dans cette zone on ne peut mieux située : précisément à la frontière irano-irako-syrienne et pouvant même s’étendre jusqu’à la frontière ouest de l’Iran avec le Nord de l’Irak ! Ce projet déclenche évidemment la fureur d’Erdogan, la Turquie ne pouvant tolérer la constitution d’un corridor kurde… Le torchon brûle entre le néo-Sultan et Washington, et Ankara coopère désormais avec Moscou pour libérer la ville d’Idlib (adjacente à celle de Lattaquié) des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda. Ce n’est rien moins que l’autoroute Damas-Alep qui se voit menacée par l’engeance terroriste que l’on a concentrée ici et à laquelle se mêlent des éléments de l’État islamique(EI), formant le noyau potentiel d’une reprise de la guerre contre le régime syrien

Pour que ce plan américain réussisse, il faut évidemment que l’Iran s’affaiblisse, que le pays ait à se défendre contre un opprobre international croissant, qu’il s’embourbe dans des problèmes internes, et même, idéalement, soit contraint de rapatrier ses Gardiens de la Révolution de Syrie ou d’Irak pour faire face à une contestation populaire attisée par des Moudjahidines du Peuple d’Iran (mouvement d’opposition armée au régime islamique) opportunément sortis de la liste américaine des organisations terroristes depuis 2012 (année où aurait, selon certaines sources, germé ce plan machiavélique mis sous le boisseau par Obama et aujourd’hui ranimé). C’est peut-être là aussi l’explication de la récente attaque de la base aérienne russe de Hmeimim et de celle navale de Tartous par une grosse dizaine de drones armés, dont la technologie sophistiquée semble impliquer un parrainage puissant… Que les groupes djihadistes sévissant dans le nord syrien soient ou non les opérateurs de ces drones, il n’y a qu’un pas à franchir pour déceler dans cette intrusion de type « hybride » un signal de Washington à Moscou… Mais un signal dans quel but ? Pour pousser la Russie à ménager une place crédible aux Américains à la table des négociations sur l’avenir de la Syrie et à modérer son soutien au régime ? Pour contraindre Moscou à fermer les yeux sur l’ingérence tonitruante de Washington dans les affaires iraniennes ?

Dans les rues iraniennes, c’est aussi l’ordre du monde nouveau qui s’ébauche

Toutes ces manœuvres de terrain signent la violence d’une lutte plus globale encore. Elle se structure à grande vitesse, opposant chaque jour plus clairement des visions du monde divergentes ou antagonistes autour de ce que peuvent et doivent être les rapports internationaux, la souveraineté des acteurs, la survie de l’ordre ancien ou son renversement, les motifs d’intervention, de coercition et/ou d’ingérence. Bref, dans les rues iraniennes, c’est aussi l’ordre du monde nouveau qui s’ébauche. On se toise et on se défie, bien au-delà du prix des œufs… C’est une « guerre des droits » et des normes, mais aussi une guerre des monnaies de plus en plus vive, à coups de Bitcoin, de XRP Ripple et autres crypto-devises… Tout cela vise la statue du Commandeur ‒ le dollar ‒, arme fatale de la domination américaine sur le monde et le système financier international issu de Bretton Woods. Une économie américaine qui se confond toujours avec le sort du billet vert et doit périodiquement purger, par la guerre et la dépense d’armement, le monde arabe de ses pétrodollars et l’empêcher de s’unir à tout prix. Un ordre que l’on croyait immuable et qui a pourtant été mis à mal par la montée en puissance de la Chine, la renaissance russe, la reconfiguration des équilibres au Levant dans la foulée des fiascos afghan, irakien, libyen et syrien et de l’échec des Printemps arabes, enfin la prise d’influence spectaculaire de l’axe Moscou-Téhéran. Peu d’Occidentaux ont pris la mesure réelle de cette grande convulsion et moins nombreux encore sont ceux qui rêvent de s’acclimater à la multipolarité du monde et à l’impérieuse nécessité d’en revoir les mécanismes de gouvernance autour des notions d’équilibre, de respect, de dialogue et de coopération.

Mais derrière cette lutte des visions s’ourdit un pugilat autrement plus décisif. Car la vraie révolution stratégique est avant tout une révolution énergétique. Et de celle-là, nul ne parle vraiment. C’est celle de l’exploration et de la production pétrolières (et gazières) qui, avec les nouvelles technologies d’exploitation des gaz de schiste américains, a radicalement modifié, en quelques années, les intérêts et les ambitions de Washington. Devenue un producteur de pétrole important et désormais rentable, l’Amérique est aussi énergétiquement indépendante, et nourrit désormais des ambitions exportatrices considérables, notamment vis-à-vis de la Chine qu’elle est prête à fournir à prix cassé, pour barrer la route à la Russie comme à l’Arabie saoudite ou encore, évidemment, à l’Iran. Mais, pour consolider cette indépendance énergétique toute neuve, Washington doit contrôler, de gré ou de force, les productions de ses concurrents. Or, le fameux Pacte du Quincy de février 1945 est caduc ! L’Amérique a besoin de Ryad non plus pour lui fournir, en échange de la sécurité du Royaume, un pétrole bon marché, mais pour maintenir les pétrodollars, lui vendre des armes et surtout pour sur-jouer, au profit d’Israël, la rivalité contre Téhéran. Plus de pétrole… plus de sécurité ! Pour le nouveau pouvoir saoudien, le risque lié à cet « abandon » américain est très important. Il lui faut rééquilibrer ses alliances en se rapprochant de Moscou, se rendre de nouveau indispensable à l’Amérique (en se liant à Israël) et en concluant d’énormes marchés militaires et commerciaux à son bénéfice en guise de réassurance, et surtout prendre Téhéran de vitesse en matière de réforme de société. C’est sans doute là l’origine de la volonté récente et spectaculaire du prince hériter Ben Salmane de rompre avec le traditionalisme crispé du Royaume pour « faire avancer » la société saoudienne (avec le projet « Vision 2030 ») en développant le tourisme, en accordant quelques droits aux femmes, et plus encore en affirmant vouloir contrôler l’islam radical wahhabite pour le rendre « compatible » avec la modernité. Si l’Arabie saoudite veut éviter que l’Amérique ne finisse par la prendre demain pour cible comme aujourd’hui l’Iran, elle doit redevenir fréquentable, et donc modifier son image voire un peu sa réalité, en donnant des gages politiques, religieux et financiers à un Occident qui n’a plus besoin de son pétrole. La Russie l’a compris, qui lui propose une alliance complémentaire sinon alternative, sur la base de leur intérêt partagé pour un maintien du prix du baril à un niveau favorable à leurs projets de puissance et d’influence. Les couples se font et se défont. L’amour n’existe pas, la mésalliance rôde au coin du bois et se transforme même, parfois, en mariage de raison.

Caroline Galacteros (Docteur en Science politique, Caroline Galactéros est la présidente du think tank Géopragma. Elle dirige également le cabinet d’intelligence stratégique «Planeting». Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre (Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (Nuvis, 2014).

https://www.lecourrierderussie.com/opinions/2018/01/iran-diabolisation-marche/

Jan 15

STOCKAGE RADIOACTIF DE BURE : « UNE COPIE À REVOIR »

Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, pointe le risque d’incendie associé à certains déchets destinés au centre d’enfouissement de la Meuse.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) rend public, lundi 15 janvier, son avis sur le « dossier d’options de sûreté » du Centre industriel de stockage géologique (Cigéo). Celui-ci vise à enfouir, dans le sous-sol de la commune de Bure, dans la Meuse, 85 000 m3 de déchets hautement radioactifs et à vie longue. Sa mise en service doit débuter en 2026 ou 2027 et s’étaler jusqu’au milieu du siècle prochain.

Tout en jugeant globalement « très bon » le dossier présenté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), chargée de ce projet, le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, estime qu’il doit être amélioré.

À ce stade, la fiabilité du futur site du stockage vous semble-t-elle garantie ?

Ce dossier est une étape importante, au regard de l’enjeu majeur de sûreté que constitue la gestion des déchets nucléaires les plus radioactifs et à vie longue – on parle ici de centaines de milliers d’années. La France, et je m’en réjouis, a choisi l’option du stockage géologique à grande profondeur, qui est aussi la solution de référence au niveau international. C’est le seul choix responsable, sauf à reporter sur les générations futures la charge de gérer ces déchets sur le long terme. Pour autant, il se peut que des alternatives soient trouvées dans le futur, raison pour laquelle la loi a prévu que le stockage soit réversible pendant au moins cent ans.

L’Andra nous a soumis un très bon dossier. Il confirme que la zone argileuse retenue possède les caractéristiques géologiques requises. Et il marque des avancées significatives en termes de sûreté. Toutefois, nous avons des réserves sur un sujet important : celui des déchets bitumés. Sur ce point, l’Andra doit revoir sa copie. Si ce sujet n’est pas traité de manière satisfaisante, le stockage de ces déchets ne sera pas autorisé par l’ASN.

Quel risque ces déchets présentent-ils ?

Il s’agit de boues radioactives qui, par le passé, ont été conditionnées dans des matrices en bitume. Actuellement entreposés dans les installations du CEA [Commissariat à l’énergie atomique] à Marcoule [Gard] et d’Areva à La Hague [Manche], ces produits de moyenne activité à vie longue représentent un peu plus de 40 000 « colis », soit environ 18 % des conteneurs destinés à Cigéo.

Or, outre que le bitume lui-même peut s’enflammer dans certaines conditions, ces déchets sont aussi susceptibles, par réaction chimique, de monter en température. Avec, en cas de départ de feu, le risque d’un emballement thermique propageant l’incendie dans les alvéoles souterraines de stockage. Cette éventualité doit pouvoir être totalement écartée.

J’insiste sur le risque d’incendie, car il est particulièrement problématique en milieu souterrain. Il existe des précédents. En France, celui de Stocamine, le centre de stockage de déchets – non radioactifs – installé dans d’anciennes mines de potasse d’Alsace, où un feu a été provoqué en 2002 par la réaction chimique de produits entreposés, ce qui a conduit à l’arrêt définitif de l’exploitation. Et, aux États-Unis, celui du WIPP [Waste Isolation Pilot Plant], site de déchets nucléaires militaires implanté au Nouveau-Mexique, dans une couche de sel, où se sont produits en 2014 un incendie et un relâchement de radioactivité.

Quelles sont les solutions ?

La première, que nous privilégions, est de demander aux producteurs de ces déchets – le CEA, Areva et EDF – de les reprendre et de les reconditionner, pour les rendre inertes. Cela exige de développer à l’échelle industrielle un procédé de neutralisation chimique. L’autre voie serait de revoir la conception d’ensemble de Cigéo, en espaçant suffisamment les colis pour éviter la propagation d’un feu, et en mettant en place des moyens de détection très précoce d’une montée de température ainsi que d’extinction d’un feu. Industriellement, c’est sans doute compliqué. En tout état de cause, nous ne transigerons pas avec la sûreté.

Si, finalement, ces 40 000 colis ne pouvaient trouver place dans le centre de stockage, celui-ci ne perdrait-il pas une partie de sa raison d’être ?

En aucune façon. Les déchets les plus pénalisants que nous avons à gérer sont ceux de haute activité, issus notamment du retraitement du combustible nucléaire. La vocation principale de Cigéo est de confiner ces produits de façon sûre et durable. Pour les déchets bitumés, il faudra trouver un autre mode de stockage.

Vous demandez néanmoins à l’Andra d’améliorer son dossier sur d’autres aspects…

Des questions subsistent en effet, en particulier sur la tenue de l’installation face aux aléas naturels, spécialement aux séismes, ou sur la gestion des situations post-accidentelles. En cas d’accident ou d’incident dans une galerie, quelles sont les dispositions prévues pour intervenir, pour éviter la propagation du sinistre, pour poursuivre les opérations de stockage ? Ces questions sont normales au stade d’un dossier d’options de sûreté. L’Andra devra y répondre. Nos remarques doivent lui permettre d’amender et d’améliorer son projet.

Qu’en est-il du risque d’actes de malveillance, récemment pointé par Greenpeace pour les piscines d’entreposage du combustible des centrales nucléaires ?

L’ASN est chargée de la sûreté des installations nucléaires, mais la sécurité n’est pas de son ressort. Cependant, l’Andra devra aussi apporter des précisions sur la façon dont elle pense se prémunir, à Bure, contre des actes tels qu’un incendie d’origine criminelle. Encore une fois, le sujet est particulièrement complexe pour un site souterrain. Et plus encore pour une installation dont l’exploitation est prévue sur cent ou cent cinquante ans.

L’Andra prévoit de vous soumettre sa demande d’autorisation de création de Cigéo en 2019. Compte tenu de vos demandes, ce calendrier est-il réaliste ?

Le dossier est très bien avancé. Il est tout à fait possible de tenir le calendrier. Nous jugerons sur pièces, le moment venu.

L’Andra avait chiffré le coût du centre de stockage à près de 35 milliards d’euros, EDF, Areva et le CEA, qui le financent, à 20 milliards. L’ex-ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a tranché pour 25 milliards. Ne lésine-t-on pas sur la sûreté ?

La responsabilité de ce chiffrage revient au gouvernement. Le plus important est que l’arrêté signé en 2016 par Mme Royal précise que ce coût sera régulièrement réévalué, à chaque étape-clé du projet. Cigéo est une installation d’un type nouveau. Il est donc logique que l’estimation du coût évolue dans le temps.

Compte tenu des risques et des incertitudes qui subsistent, certains opposants prônent l’abandon du projet d’enfouissement au profit d’un entreposage en surface. N’est-ce pas la voie de la prudence ?

Au contraire. Un entreposage en surface, ou près de la surface, est certes concevable pour des déchets dont la durée de vie est de l’ordre du siècle, pas pour des déchets qui resteront radioactifs des centaines de milliers d’années. Qui peut garantir l’existence d’un contrôle humain et sociétal d’une telle installation à un horizon aussi lointain, qui dépasse toute capacité d’anticipation ? Personne. Je le redis, le stockage géologique profond est la seule solution responsable.

Pierre Le Hir

http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/01/15/stockage-radioactif-de-bure-une-copie-a-revoir_5241682_3244.html

Jan 15

LUXEMBOURG : UNE LOI SPÉCIALE SUR LE NUCLÉAIRE

Le Luxembourg veut mieux protéger ses citoyens en cas d’accident nucléaire, estimant que les conventions internationales ne suffisent pas.

Le Luxembourg a fait le choix de ne pas ratifier les conventions internationales relatives aux accidents nucléaires. Il compte mettre au point une législation nationale, spéciale en matière de responsabilité civile, qui s’appliquera aussi bien pour un accident à l’intérieur d’une centrale qu’à l’extérieur ou lors d’un transport.

Ce projet de loi est dit spécial car il déroge au régime de droit commun qui prévoit qu’il faut d’abord établir une faute avant de pouvoir demander des dommages et intérêts. «  Notre loi introduit la notion de dommage objectif  », précise le ministre de la Justice du Grand-Duché, Félix Braz. Ainsi, le seul fait qu’une personne subisse un dommage, du fait d’un accident, suffira à induire une responsabilité pour le Luxembourg et à permettre aux victimes de réclamer des dommages et intérêts.

Des dommages et intérêts qui ne seront pas plafonnés, contrairement à ce que prévoient les conventions internationales. L’exploitant sera ainsi tenu de dédommager tous les ravages qu’aura causés son unité. Il ne pourra pas s’exonérer de sa responsabilité sauf dans un seul cas : une faute de la victime elle-même.

Prescription de 30 ans

Félix Braz a expliqué : «  Il y a un accident à Cattenom suivi d’un ordre d’évacuation du pays et une partie de la population ne le suit pas. Dans ce cas, le dommage ne pourra pas être invoqué.  », prévient-il.

Le projet de loi introduit également un délai de prescription de 30 ans jugeant les délais applicables jusqu’ici trop restrictifs. En effet, bon nombre d’effets secondaires des dommages nucléaires ne surviennent pas avant une dizaine d’années, comme le rappelle le gouvernement.

Le projet établit également de manière très claire que les tribunaux luxembourgeois sont compétents : «  Chaque personne ayant subi un dommage au Luxembourg résultant d’un accident en France pourra réclamer des dommages devant un tribunal luxembourgeois  », insiste le ministre de la Justice. Il faut comprendre ici que même un frontalier ou un touriste pourra prétendre à un dédommagement devant un tribunal luxembourgeois.

Enfin, la décision que rendrait un tribunal luxembourgeois serait applicable dans tous les pays européens via le mécanisme « Bruxelles I » sur la compétence judiciaire. En clair, si un tribunal luxembourgeois condamne EdF, l’entreprise française devra payer, car sa décision serait applicable en France selon la reconnaissance mutuelle.

G.M., Le Quotidien

http://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-thionville-hayange/2018/01/14/luxembourg-une-loi-speciale-sur-le-nucleaire

Jan 15

TÉHÉRAN SE FÉLICITE DE L’ÉCHEC DES USA DE TORPILLER L’ACCORD NUCLÉAIRE ET ESTIME LES AVOIR ISOLÉS 3 FOIS

Donald Trump a fait de son mieux pour torpiller l’accord nucléaire avec l’Iran, mais ses efforts ont échoué, estime le Président iranien Hassan Rohani. Alors que le vice-ministre des Affaires étrangères évoque les trois tentatives.

«Pendant un an M.Trump n’a pas ménagé ses efforts, avant son élection pendant sa campagne électorale, pour torpiller l’accord nucléaire avec l’Iran. Mais il n’y est pas parvenu», a déclaré Hassan Rohani dans une intervention retransmise en direct par la chaîne Press TV.

Le Président iranien y voit le «succès des accords internationaux».
«Cela témoigne de la réussite des accords internationaux. Cela veut dire que le droit a pris le dessus sur la dictature. Les Américains ne sont pas parvenus à imposer leur volonté, à fouler aux pieds l’opinion publique», a-t-il résumé.

Le ministère iranien des Affaires étrangères avait précédemment déclaré que Téhéran prendrait des mesures pour «répondre d’une manière appropriée aux actions hostiles des États-Unis».

La dernière fois

Vendredi 12 janvier, Donald Trump a prorogé le régime de levée des sanctions dans le cadre de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, a rapporté un haut responsable de l’administration américaine, cité par l’agence russe Sputnik, ajoutant que ce serait  pour la «dernière fois».

Donald Trump a exigé que l’Union européenne participe à la «réparation» de l’accord avec l’Iran, notant que c’était la dernière chance de le faire. Il a également qualifié l’Iran de principal soutien du terrorisme et a annoncé son intention de faire approuver législativement de dures sanctions contre le développement et les essais par l’Iran de missiles balistiques.

Les 3 signes d’isolement de Washington

Allant dans le même sens que le président iranien, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a quant à lui ajouté que l’Iran a isolé les États-Unis sur trois fronts.

. Il a souligné entre autre que l’Iran est parvenu à éloigner l’Europe et l’Asie des États-Unis.
« Lorsqu’en octobre dernier, Trump a tenu des propos virulents contre le Plan global d’action conjoint (PGAC) et en a confié la charge au Congrès, avant M. Rohani, Madame Mogherini a pris la parole et défendu le PGAC. Ceci est dû aux bases solides de l’accord nucléaire. L’Europe n’avait jamais pris de position si ferme et explicite face aux États-Unis», a déclaré  Abbas Araqtchi, a rapporté l’agence de presse iranienne Tasnim samedi soir, selon la traduction de Press TV.

. En ce qui concerne le deuxième signe d’isolement de Washington, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré qu’après les récentes manifestations émaillées de violences en Iran, l’ambassadrice américaine à l’ONU a convoqué une réunion du Conseil de sécurité pour condamner l’Iran. Mais la réunion a débouché sur la condamnation des États-Unis et sur le soutien à l’accord nucléaire.

. S’agissant de la troisième manœuvre diplomatique de l’Iran, il faut mentionner la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne avec Madame Frederica Mogherini, à l’issue de laquelle ils ont  tous soutenu l’accord sur le nucléaire iranien, a rappelé Araqtchi.

Divergences avec les Européens

Quant aux tentatives franco-américaines visant à faire un lien entre le PGAC et le programme balistique de l’Iran, le diplomate iranien a indiqué : « Le PGAC traite seulement l’un des sujets opposant l’Iran à l’Europe et les USA et cela ne signifie pas que toutes les autres inquiétudes ont été dissipées. Nous avons de grandes divergences de vue avec les Européens là-dessus. »

En ce qui concerne les sanctions imposées à 14 individus et entités iraniens, M. Araqtchi a déclaré : « Les États-Unis signent à chaque fois la suspension des sanctions visant les banques et le pétrole iranien, mais sous divers prétextes, ils imposent des sanctions à certains individus, ce qui va à rebours du droit international. Sur la liste des individus sanctionnés, figure le chef du pouvoir judiciaire, une décision sans précédent ! Washington cherche en effet à pallier à ses échecs. »

https://french.almanar.com.lb/739396

Jan 14

LE PRÉSIDENT FRANÇAIS RAPPELLE L’IMPORTANCE DE PRÉSERVER L’ACCORD NUCLÉAIRE IRANIEN

PARIS, 13 janvier (Xinhua) — Le président français Emmanuel Macron a rappelé samedi « l’importance de préserver l’accord nucléaire iranien, et le nécessaire respect par toutes les parties de leurs engagements dans le cadre de cet accord » lors d’un entretien avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, a annoncé la présidence française samedi dans un communiqué.

Lors de l’entretien téléphonique, les deux dirigeants ont indiqué la nécessité de travailler sur le volet balistique et sur les activités régionales de l’Iran, comme la France l’a proposé depuis septembre 2017, a fait part la présidence française, ajoutant que MM. Macron et Netanyahou « ont aussi évoqué le sujet du processus de paix israélo-palestinien dans la continuité de leurs échanges du 10 décembre. »

Cet entretien est intervenu au lendemain d’un ultimatum lancé par le président américain Donald Trump aux Européens pour durcir dans les prochains mois les termes de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances, s’ils veulent éviter un retrait pur et simple de Washington.

http://french.xinhuanet.com/2018-01/14/c_136893685.htm

Jan 14

DR CIPRIAN DRAGANESCU, MÉDECIN NUCLÉAIRE, CHEF DE SERVICE AU CHUM : « LA MARTINIQUE RENTRERA UN PEU DANS L’HISTOIRE DE LA MÉDECINE »

Deux grands événements scientifiques et médicaux sur le cancer de la thyroïde vont se tenir jusqu’à lundi aux Trois-Ilets, à l’initiative de deux spécialistes exerçant en Martinique. Une conférence de consensus, évènement international avec des sommités du monde médical les 13 et 14 janvier, suivie du premier congrès caribéen sur le cancer de la thyroïde le 15 janvier.

Qu’est ce qui a suscité l’idée de cette conférence ?

Ce sont les dernières recommandations de la société savante American Thyroid Association (ATA), sur le cancer de la thyroïde. Elles sont controversées et divisent la communauté scientifique. Par conséquent, avec mon collègue le professeur Patrick Bourguet nous avons décidé d’inviter les quatre organisations concernées ATA, European Thyroid Association et les sociétés européenne et américaine de médecine nucléaire (EANM et SNMMI) qui ont accepté de se réunir au niveau d’experts à l’Hôtel Bakoua ce W-E.

Qui sont les invités ?

Ce sont des équipes de trois ou quatre chercheurs des meilleurs centres du monde. Des personnes si occupées que nous avons mis deux ans pour trouver un week-end ou presque tous ceux pressentis initialement sont disponibles. La majorité des experts va participer aussi au premier congrès caribéen du cancer de la thyroïde le lundi 15 janvier. Il y aura également un facilitateur, quelqu’un de très connu et respecté dans notre domaine, le professeur Laszlo Hegedus d’Odense du Danemark.

Ce type de conférence est assez exceptionnel…

Je ne suis pas un spécialiste de l’histoire de la médecine, mais en faisant la bibliographie, j’ai remarqué que c’est la première fois que des sociétés savantes de deux spécialités différentes, endocrinologie et médecine nucléaire, se réunissent à un niveau si élevé. Ils vont prendre des décisions communes et probablement lancer aussi quelques études communes. Les conférences de consensus sont rarissimes. Par exemple, à Ann Arbor dans le Michigan aux États-Unis en 1971 on a établi la classification des lymphomes utilisée jusqu’à’ à nos jours.

Qu’est ce qui a changé dans le diagnostic du cancer de la thyroïde ?

Actuellement, le cancer de thyroïde commence à être diagnostiqué à des stades de plus en plus précoces en raison du dépistage par échographie. Il semble de plus en plus fréquent mais dans le milieu médical nous avons l’impression qu’il est sur-diagnostiqué du fait d’un accès de plus en plus facile à l’échographie. Ainsi, une étude publiée dans un journal médical de référence, le NEJM, en 2016, considère que pour la période 2003-2007 dans les pays développés, le cancer de la thyroïde a été très souvent sur-diagnostiqué. En Corée du Sud 90% de cas de cancer thyroïdien dépistés dans cette période sont dus au surdiagnostic! En France et aux États Unis c’est 70 à 80%. Au Japon 50%. En Martinique, il existe aussi une augmentation de l’incidence, probablement due au surdiagnostic. Avant on diagnostiquait les nodules thyroïdiens surtout à la palpation. Nous faisions ensuite une cyto-ponction et si on trouvait des cellules suspectes, on opérait le patient. 90% des patients avaient par la suite un traitement par une gélule d’iode radioactif. Ce traitement est en général très bien supporté. Les patients restent ensuite hospitalisés plutôt pour des raisons de radioprotection de l’entourage, parce qu’ils sont encore radioactifs pendant quelques jours après l’ingestion de la gélule. Aux États-Unis ce traitement se fait en général en ambulatoire.

En faisant des cyto-ponctions dans les nodules découverts à l’échographie on trouve de plus en plus souvent des cancers de petite taille et du même type histologique, des cancers papillaires. Donc les nouvelles recommandations de l’ATA conseillent de ne traiter qu’environ 10% de ces cancers par iode radioactif, pour les autres 90% une surveillance par échographie est de mise. C’est un changement assez radical. Ce n’est pas la seule différence avec les anciennes recommandations, mais c’est la différence la plus importante.

Pourquoi ces recommandations sont-elles controversées ?

Car d’un autre côté, une étude américaine publiée dans le BMJ a montré entre autres que la surveillance par la seule échographie thyroïdienne n’améliore pas la survie des patients. Par ailleurs, le risque de récidive, même s’il est faible, n’est pas négligeable. Les patients peuvent se retrouver avec un cancer évolué alors qu’ils étaient sûrs d’être sortis d’affaire.

Du coup certains plaident pour le maintien du traitement standard. Il y a aussi une autre approche, faire dans le bilan initial un examen à très faible dose d’iode 131. Cela permettra de savoir si le patient a vraiment besoin d’un traitement par iode 131 et aussi de mieux le calibrer.

Quelle situation en France concernant ces nouvelles recommandations ?

En France, depuis peu de temps, il existe des recommandations communes aux endocrinologues et médecins nucléaires, donc cette controverse été moins intense qu’aux États-Unis et dans d’autres pays où les médecins nucléaires et les endocrinologues se sont retrouvés en désaccord. Les recommandations françaises sont complexes et donnent des solutions pour un grand nombre de cas différents. Il y a des critères très détaillées.

Dans d’autres pays les anciennes recommandations continuent d’être appliquées ou sont modifiées.

Cette conférence de consensus va donc tenter de trouver un accord entre les différentes sociétés savantes ?

En effet, la conférence va essayer de mettre au point des recommandations communes aux quatre sociétés présentes. S’il n’y a pas d’accord, d’autres études vont être menées durant au moins deux ans, avant une nouvelle conférence.

La Martinique rentrera un peu dans l’histoire de la médecine et dans la conscience collective de médecins.

Il y aura, pendant une période, espérons aussi longue que celle depuis le consensus d’Ann Arbor, des citations, des décisions prises à la conférence de consensus de la Martinique.

Le nombre de cas en Martinique

Par rapport à la France Hexagonale entre 2010-2014 le taux d’incidence standardisé du cancer de la thyroïde est de 1,55 cas pour 100 000 habitants chez les hommes en Martinique et 5,5 cas pour 100 000 habitants dans l’Hexagone. Il est de 9,64 cas pour 100 000 habitants chez les femmes en Martinique et 13,8 cas pour 100 000 habitants dans l’Hexagone.

http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/sante/dr-ciprian-draganescu-medecin-nucleaire-chef-de-service-au-chum-la-martinique-rentrera-un-peu-dans-l-histoire-de-la-medecine-451141.php

Jan 14

SUPÉRIORITÉ NUCLÉAIRE DE MOSCOU SUR WASHINGTON? DU BLUFF POLITIQUE SELON UN EXPERT RUSSE

L’absence de supériorité en matière d’armes stratégiques permet de garantir une dissuasion nucléaire qui prévient une troisième guerre mondiale, affirme un analyste militaire russe.

Les déclarations de Washington sur la prétendue supériorité nucléaire de la Russie sur les États-Unis sont un bluff politique appelé à justifier une nouvelle relance de la course aux armements, a déclaré à Sputnik l’expert militaire russe Igor Korottchenko.

Selon la doctrine nucléaire américaine dont la partie non classifiée a été publiée par le journal Huffington Post, la Russie possède des avantages sérieux sur les États-Unis et leurs alliés en matière de fabrication des armes nucléaires (*).

«Tout cela n’est qu’une manipulation politique des États-Unis. À l’heure actuelle, le traité New START portant sur la réduction des armes stratégiques offensives est en vigueur entre les États-Unis et la Russie, et il vise à assurer la parité en matière de vecteurs et de charges nucléaires entre Moscou et Washington. Personne n’a de priorité», a indiqué l’expert.

Cette absence de supériorité en matière d’armes stratégiques permet de parler aujourd’hui d’une dissuasion nucléaire garantie qui prévient une troisième guerre mondiale, selon lui.

Les tentatives pour réviser l’équilibre des forces et pour remettre en doute le respect par Moscou des accords internationaux sont non constructives, a souligné M.Korottchenko.

Le New START a été signé le 8 avril 2010 à Prague et, après sa ratification, est entré en vigueur le 5 février 2011. Il est censé durer au moins jusqu’en 2021. Selon les termes du traité, le nombre de lanceurs de missiles nucléaires stratégiques sera réduit de moitié et limité à 700, il prévoit également une réduction de 30% du nombre d’armes nucléaires stratégiques soit 1 550 têtes nucléaires.

https://fr.sputniknews.com/international/201801131034730078-nucleaire-usa-russie/

Jan 14

ARMES NUCLÉAIRES : PARIS S’INQUIÈTE DE « RISQUES ACCRUS D’ESCALADE »

L’apparition d’acteurs instables et l’agressivité des nouvelles doctrines renforcent le risque d’une guerre atomique.

Prolifération, escalade : dans le domaine des armes nucléaires, l’instabilité stratégique va croissant, s’inquiètent les officiels français. « De plus en plus d’acteurs ont des capacités nucléaires qui se renforcent, avec des doctrines qui produisent plus d’instabilité, tandis que le cadre juridique multilatéral s’affaiblit », résume ainsi le directeur général des relations internationales et de la stratégie du ministère des armées, Philippe Errera. Ce diplomate, parfois rangé parmi les « faucons », a dressé devant l’Institut français des relations internationales (IFRI), mardi 9 janvier, un panorama des menaces telles que Paris les perçoit, de l’Iran à la Corée du Nord.

Aujourd’hui, « pour nombre d’acteurs, l’arme nucléaire ne sert pas qu’à dissuader, elle sert même de moins en moins à ça », souligne-t-il. Il serait, selon lui, dangereux pour la France de se contenter de projeter sur les autres puissances sa propre conception défensive. Dans la doctrine française de la dissuasion nucléaire, la bombe ne sert, en effet, pas à gagner une guerre: c’est une arme de légitime défense, par représailles. Or, dans un contexte sécuritaire très incertain, les puissances élargissent la gamme de leurs options militaires, estime ce spécialiste, avec des « risques accrus d’escalade jusqu’au franchissement du seuil nucléaire, par un déclenchement accidentel ou par la recherche d’une frappe en premier ».

L’Iran n’a pas violé ses engagements, souligne la France. Critiqué par le président américain, Donald Trump, l’accord international de juillet 2015, qui empêche pour dix ans le détournement du programme nucléaire civil iranien à des fins militaires, est jugé « solide », ce sur quoi les Européens sont d’accord. Dans une conversation téléphonique, jeudi 11 janvier, Emmanuel Macron avait rappelé à son homologue américain « l’importance » de ce texte.

« Parapluie nucléaire »

Reste que, pour Paris comme pour Washington, les engagements de Téhéran ne peuvent s’arrêter à l’accord, dont la durée de vie est limitée. Et la question balistique, encadrée par la résolution 2231 de l’ONU, n’est pas réglée. « L’Iran a des missiles techniquement capables d’emporter l’arme nucléaire compte tenu de leur portée, affirme Philippe Errera. Nous avons une longue liste du non-respect des règles par ce pays, dans son programme national comme dans ses transferts proliférant vers d’autres États. »

Quant à la Corée du Nord, elle inquiète au-delà même de ses progrès accélérés vers la maîtrise de la bombe. « Ce serait une erreur de considérer que, pour Pyongyang, une arme nucléaire de plus en plus opérationnelle ne servirait qu’à dissuader une attaque extérieure contre le régime, souligne M. Errera. Il y a déjà une évolution du discours des autorités sur la réunification de la péninsule coréenne et le développement du programme balistique lui-même. » En clair, la réunification des deux Corées serait envisagée comme « le résultat d’une action du Nord par des armes conventionnelles mais sous parapluie nucléaire ». Dans ce cadre, menacer le territoire américain par des missiles vise à empêcher Washington d’agir pour venir défendre ses alliés sud-coréen et japonais.

Les États-Unis eux-mêmes, dans la « nuclear review » commandée par le président Trump, qui sera publiée en février, prévoient une diversification des cadres d’emploi de l’arme suprême. « Cela ne contribue pas à la stabilité stratégique », souligne le haut fonctionnaire français. Un brouillon de ce document stratégique a fuité vendredi dans le Huffington Post. Il met en avant la nécessité renforcée d’une « flexibilité » de l’arsenal américain, et prévoit le développement des armes tactiques à énergie réduite.

Opacité de Moscou

La Russie, de son côté, achève, selon les plans prévus, la modernisation de sa triade (armes sol-sol, à long rayon d’action et sous-marines), en dépit de nombreuses difficultés. Moscou entretient l’opacité sur ses armes tactiques. « La menace est peut-être moins importante que durant la guerre froide, mais la Russie a une attitude beaucoup moins responsable s’agissant de l’intégration du nucléaire dans sa posture de défense globale », selon Philippe Errera. Il n’est pas certain, précise le diplomate, que les sphères dirigeantes russes aient un niveau de connaissance aussi partagé que par le passé de l’arme nucléaire, ce qui peut laisser place à des malentendus ou à des usages accidentels.

Autre facteur d’instabilité avancé, la Chine, seule parmi les cinq États « dotés » de l’arme nucléaire à accroître quantitativement ses stocks de matière fissile. Ses efforts de modernisation vont par ailleurs poser des difficultés à la dissuasion des vieilles puissances en ce qu’ils portent sur « le haut du spectre » : le spatial, le cyber et les armes de très longue portée.

http://www.lemonde.fr/international/article/2018/01/13/armes-nucleaires-paris-s-inquiete-de-risques-accrus-d-escalade_5241268_3210.html

Jan 13

LES ÉNERGIES RENOUVELABLES BIENTÔT TOUTES COMPÉTITIVES (ÉTUDE)

Les coûts de l’éolien et du solaire vont encore baisser fortement ces prochaines années au point que ces deux énergies seront globalement moins chères que les énergies fossiles (fuel, gaz, charbon), mais les autres énergies vertes progressent également rapidement, selon une étude publiée samedi.

« Toutes les technologies renouvelables seront compétitives par rapport aux énergies fossiles en 2020« , estime l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena) dans une nouvelle étude sur les coûts des énergies vertes.

Les coûts moyens des renouvelables devraient atteindre entre 3 et 10 dollars le mégawattheure (MWh) en fonction des technologies (éolien, solaire, géothermie, biomasse, etc.), quand les énergies fossiles affichent des coûts entre 5 et 17 dollars le MWh, note l’étude.

Ils varient en fonction des pays, selon les gisements en énergie ou les réglementations.

Déjà l’an dernier, les coûts moyens des nouveaux projets de parcs d’éolien terrestre et de centrales solaires ont fluctué entre 6 et 10 dollars le MWh, avec plusieurs records en dessous de cette moyenne.

Cela a été le cas aux Émirats arabes unis, au Chili, au Mexique et au Pérou dans le solaire. Dans l’éolien, des projets sont déjà régulièrement mis en service avec un coût de 4 dollars le MWh.

Les baisses de coûts sont tirées par l’amélioration constante des technologies mais aussi une concurrence qui s’accentue avec de nombreuses entreprises qui développent des projets d’énergies renouvelables, remarque l’étude.

« Se tourner vers les renouvelables (…) n’est plus simplement une décision faite au nom de l’environnement mais, de plus en plus largement, une décision économique intelligente« , selon Adnan Z. Amin, directeur général de l’Irena, cité dans le communiqué.

Les « meilleurs » projets éoliens terrestre et solaire pourraient ainsi produire une électricité à un coût de 3 dollars par MWh, voire moins dans les deux prochaines années.

Et cette baisse des coûts s’observe aussi pour les autres énergies renouvelables, note l’Irena. L’an dernier, des projets dans la géothermie, la biomasse ou l’hydroélectricité se sont développés avec des coûts autour de 7 dollars le MWh.

Le solaire à concentration et l’éolien en mer font également des progrès et certains projets qui seront mis en service d’ici 2020 et 2022 coûteront entre 6 et 10 dollars le MWh, prévoit l’Irena.

« Cette nouvelle dynamique témoigne d’un changement significatif de modèle énergétique« , selon M. Amin.

(©AFP / 13 janvier 2018)

https://www.romandie.com/news/Les-energies-renouvelables-bientot-toutes-competitives-etude/880293.rom

NDLR: dans la rubrique « gouverner, c’est prévoir« , le moins que l’on puisse dire, c’est que nos gouvernants sont imprévoyants puisqu’ils n’ont pas su prévoir cette baisse spectaculaire des prix (ce que beaucoup d’experts disaient pourtant depuis quelques années).

Jan 13

LE NUCLÉAIRE PEUT-ÊTRE RENFORCÉ DANS LA DÉFENSE DES USA (PROJET)

L’administration Trump pourrait décider de développer de nouvelles armes nucléaires et de laisser la porte ouverte à une riposte atomique dans le cas de très grosses attaques conventionnelles, selon un projet de document confidentiel publié par le Huffington Post.

Le Pentagone n’a pas fait de commentaire, disant ne pas vouloir discuter de documents qui ne sont que des « brouillons« .

« La Nuclear Posture Review (l’examen de la politique nucléaire) n’est pas achevée et doit être au bout du compte examinée et approuvée par le président et le secrétaire à la Défense« , indique le Pentagone dans un communiqué.

De source proche du dossier, on indique que cette ébauche est authentique mais on ne dit pas si ce sera cette version-là qui sera soumise à l’approbation du président républicain.

Son prédécesseur démocrate, Barack Obama, avait fait connaître son intention de réduire le rôle des armes nucléaires dans la Nuclear Posture Review de 2010, date de la dernière rédaction du document.

Le projet de Nuclear Posture Review 2018 indique toutefois que l’hypothèse de la période Obama d’un monde où les armes nucléaires seraient moins importantes s’est révélée fausse.

« Le monde est plus dangereux et non moins (dangereux)« , lit-on dans le projet de nouvelle mouture.

Les armes nucléaires y sont considérées comme un moyen de dissuasion. Le document préconise une modernisation de l’arsenal nucléaire des États-Unis.

Son coût sur les 30 prochaines années est évalué à 1.200 milliards de dollars (983 milliards d’euros), selon les calculs du Congressional Budget Office (CBO), une agence fédérale américaine.

Une dissuasion nucléaire efficace coûte moins cher que la guerre, indique le document qui souligne que la Russie et la Chine sont en train de moderniser leurs arsenaux nucléaires, tandis que les provocations nucléaires de la Corée du Nord « menacent la paix dans la région et dans le monde« .

Le document évoque notamment le développement d’un nouveau missile de croisière nucléaire lancé de la mer.

Un certain nombre d’ogives de missiles mer-sol balistiques stratégiques seront modifiés pour offrir une option militaire à moindre coût.

Le document évoque aussi la possibilité de représailles nucléaires dans « des circonstances extrêmes« .

« Les circonstances extrêmes peuvent comprendre des attaques stratégiques non nucléaires« , précise le document, ce qui est interprété par les experts comme une allusion aux cyberattaques qui peuvent se révéler dévastatrices.

Danielle Rouquié pour le service français

THOMSON REUTERS, 13/01/2018 | 07:16

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Le-nucleaire-peut-etre-renforce-dans-la-defense-des-USA-projet–25802841/

Jan 13

IRAN: TRUMP RESTE DANS L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE MAIS LANCE UN ULTIMATUM

Les États-Unis restent pour l’instant dans l’accord historique de 2015 sur le nucléaire iranien mais Donald Trump a lancé vendredi un ultimatum aux Européens afin qu’ils l’aident à le durcir dans les prochains mois s’ils veulent éviter un retrait pur et simple de Washington.

Le président américain a confirmé la suspension des sanctions économiques contre l’Iran levées dans le cadre de cet accord conclu avec Téhéran et les autres grandes puissances (Chine, Russie, France, Allemagne et Royaume-Uni). Mais la Maison Blanche a prévenu qu’il s’agit « de la dernière suspension« .

« C’est la dernière chance« , a lancé Donald Trump dans un communiqué, exigeant un « accord » avec les Européens pour « remédier aux terribles lacunes » du texte, que tous les autres signataires défendent mordicus car il est censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.

« En l’absence d’un tel accord » avec les Européens, les États-Unis réimposeront les sanctions liées au nucléaire iranien, a-t-il prévenu, ce qui signerait la mort immédiate du pacte conclu il y a deux ans et demi à Vienne. « Et si à tout moment j’estime qu’un tel accord n’est pas à notre portée, je me retirerai de l’accord » de 2015 « immédiatement« , a-t-il menacé.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a aussitôt dénoncé « des tentatives désespérées de saboter un accord multilatéral solide » qui, a-t-il insisté, « ne peut être renégocié« .

Concrètement, l’ultimatum américain laisse 120 jours, jusqu’à la prochaine échéance de suspension des sanctions, pour trouver une entente avec les Européens sur « un accord de suivi » visant à durcir les conditions du texte initial, a expliqué un haut responsable de l’administration américaine. Et ce, sans inclure dans le processus les Iraniens, pourtant signataires de l’accord de Vienne.

Parallèlement, Donald Trump a appelé une nouvelle fois le Congrès américain à adopter une loi durcissant unilatéralement les exigences à l’égard de l’Iran et permettant à Washington de rétablir automatiquement les sanctions sur le nucléaire si Téhéran ne respecte pas ces conditions.

Autant de demandes jugées « irréalistes » par le groupe de pression Diplomacy Works, créé par l’ex-secrétaire d’État américain John Kerry pour défendre l’accord de Vienne.

Donald Trump juge que le pacte conclu par l’administration de son prédécesseur démocrate Barack Obama n’est pas assez sévère et qu’il a mené la communauté internationale à fermer les yeux sur l’action « déstabilisatrice » de l’Iran au Moyen-Orient et sur le développement de missiles balistiques par Téhéran.

« Le régime iranien est le premier État soutien du terrorisme au monde« , a-t-il réaffirmé vendredi.

– Des sanctions en cachent d’autres –

Le président républicain avait donc refusé mi-octobre de « certifier » devant le Congrès que le régime iranien respectait l’accord. Mais jusqu’ici, cette « non-certification » est restée symbolique.

S’il a accepté, à contrecœur, de signer une « dernière » fois leur suspension, il a aussi choisi de maintenir la pression en imposant de nouvelles sanctions ciblées non liées au programme nucléaire – ce que les autorités iraniennes considèrent comme une manière indirecte de les empêcher de profiter des nombreuses retombées positives attendues de l’accord.

Le Trésor américain a ainsi sanctionné vendredi 14 personnes ou entités iraniennes pour des « violations des droits de l’homme » ou en lien avec le programme balistique de Téhéran.

Ces mesures visent notamment le chef de l’Autorité judiciaire Sadegh Amoli Larijani. Selon un haut responsable de l’administration Trump, cela revient à frapper « le sommet du régime » et « aura des conséquences politiques sérieuses« .

La prison de Rajaee Shahr, où « sont emprisonnés de nombreux Iraniens qui ont récemment protesté contre leur gouvernement« , dans une vague de manifestations qui a fait 21 morts, est aussi visée.

Reste à connaître les conséquences des annonces américaines.

Berlin et Londres ont défendu vendredi l’accord nucléaire, tout en précisant prudemment vouloir « discuter » avec leurs partenaires européens.

Réunis jeudi à Bruxelles, les Européens avaient de nouveau fait bloc autour de l’accord de Vienne, rappelant que l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) confirme régulièrement son respect par Téhéran.

L’Union Européenne va mener des consultations internes, a affirmé un porte-parole vendredi, précisant que l’UE était « engagée dans la continuation de la mise en œuvre pleine et effective » du pacte scellé en 2015.

Mais les ministres européens ont aussi évoqué les nombreux autres sujets de contentieux, comme pour mieux signifier à Washington qu’ils entendent ses critiques véhémentes. Ils ont fait part à Mohammad Javad Zarif de leurs « préoccupations » sur les missiles balistiques, sur les récentes manifestations, ou encore sur le soutien iranien au régime du président syrien Bachar al-Assad, au Hezbollah libanais et à la rébellion houthie au Yémen.

Selon un rapport de l’ONU auquel l’AFP a eu accès vendredi, l’Iran a violé l’embargo sur les armes des Nations unies au Yémen en laissant les rebelles s’approvisionner en drones et missiles balistiques tirés vers l’Arabie saoudite.

L’Allemand Sigmar Gabriel s’est prévalu d’un accord de principe de la part de Mohammad Javad Zarif pour commencer un « dialogue » sur « un changement de comportement dans la région« . « Ceci n’a rien à voir avec l’accord sur le nucléaire« , a-t-il expliqué, « mais il y a un besoin urgent de le faire« .

(©AFP / 13 janvier 2018 07h18)

https://www.romandie.com/news/Iran-Trump-reste-dans-l-accord-sur-le-nucleaire-mais-lance-un-ultimatum/880273.rom

Jan 12

NIGER: ACCORD SUR LE LICENCIEMENT D’UNE CENTAINE DE SALARIÉS D’AREVA

Niamey – Le groupe nucléaire français Areva et les syndicats nigériens sont parvenu à un accord consensuel pour le licenciement en 2018 d’une centaine d’agents de Somaïr, une de ses filiales au Niger, a appris vendredi l’AFP.

« Nous avons compris que les difficultés (financières) de l’entreprise sont réelles » donc « nous avons négocié des +départs+ pour les agents » visés, a affirmé à la radio Ibro Ilabo, le secrétaire général du Syndicat des travailleurs des mines (SYNTRAMINE).

Des discussions engagées avec Areva en décembre 2017 ont donc débouché sur « un protocole d’accord consensuel » sur ces licenciements, a-t-il précisé.

Une source proche de la Somaïr a confirmé à l’AFP qu’un « protocole d’accord a bien été trouvé en « accord avec toutes les parties » et que « 159 » salariés de la société sont pour le moment concernés par la réduction des effectifs.

L’accord prévoit « des mesures d’accompagnement« , dont des primes allant de 14,5 millions de francs CFA (22.000 euros) à 20,5 millions FCFA (31.000 euros), en fonction des profils des agents concernés, a assuré, Abdoul-Karim Ousmane membre du Syndicat des agents des mines (SYNAMINE), autre syndicat.

Il stipule également « un suivi médical » de ces travailleurs sur une période de « six mois », a-t-il souligné. (NDLR : un travailleur du nucléaire devrait être suivi médicalement à vie !)

En revanche, l’accord ne couvre pas les 500 postes de sous-traitants de la Somaïr également affectés par les suppressions, selon une source proche de la Somair. Mi-octobre 2017, une source syndicale avait déclaré à l’AFP qu’Areva leur avait annoncé sa « décision » de licencier « près de 200 agents » sur les 916 de la Somaïr, « en raison d’un problème de trésorerie« . La mesure concernait également « plus de 500″ postes de « sous-traitants« , selon cette source.

« La situation du marché de l’uranium est difficile : son prix est passé de 40 dollars à 20 dollars (par kilo) ces trois dernières années et la demande a baissé de près de 10%« , a déclaré le directeur général de NewCo Areva, Philippe Knoche, à l’issue d’un entretien en novembre à Niamey avec le président du Niger, Mahamadou Issoufou.

Le Niger est le quatrième producteur d’uranium au monde, mais aussi l’un des pays les plus pauvres de la planète. L’uranium nigérien représente près de 35% de la production totale d’Areva présente depuis près de 50 ans dans le nord du Niger. Ce minerai, une fois enrichi, sert de combustible aux centrales nucléaires.

(©AFP / 12 janvier 2018 13h38)

https://www.romandie.com/news/Niger-accord-sur-le-licenciement-d-une-centainede-salaries-d-Areva/880103.rom

Jan 12

DÉFICITS THYROÏDIENS CHEZ 295 000 JEUNES DE MOINS DE 18 ANS AUSCULTÉS À FUKUSHIMA SOIT… 49 %

Résultats de l’examen échographique thyroïdien dans les trois ans après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima:

Le contexte

Le cancer de la thyroïde infantile est très préoccupant après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima. Les données analytiques de référence sur l’échographie thyroïdienne chez les enfants sont très importantes pour un examen ultérieur.

Objectif

Nous avons analysé la distribution par âge et par sexe des résultats de l’échographie thyroïdienne chez les enfants et les adolescents dans l’enquête Fukushima Health Management Survey (FHMS).

Conception, cadre et participants

D’octobre 2011 à mars 2014, 294 905 participants âgés de 18 ans ou moins ont volontairement subi une échographie thyroïdienne au premier tour de la FHMS. Un deuxième examen de confirmation a été réalisé chez 2 032 sujets. La prévalence et la taille des kystes thyroïdiens, des nodules et des cannes ont été analysés en fonction de l’âge et du sexe.

L’âge, le sexe et la répartition par taille des résultats ont été analysés. (voir tableau ci-dessous)

Résultats

Des kystes thyroïdiens, des nodules et des cancers cytologiquement soupçonnés ont été détectés chez 68 009, 1 415 et 38 sujets chez les mâles et 73 014, 2455 et 74 sujets chez les femelles, respectivement. Le taux de détection des nodules thyroïdiens et du cancer a augmenté en fonction de l’âge, mais celui des kystes a atteint un sommet à 11-12 ans. Le sexe a affecté la prévalence des nodules thyroïdiens et des cancers après le début de la puberté, mais seulement une petite différence a été montrée dans celle des kystes.

Conclusions

Le taux de détection du cancer de la thyroïde à Fukushima a été clarifié et la proportion de ceux qui ont des nodules thyroïdiens et des kystes varie considérablement selon l’âge. Les résultats de cette étude apporteront une contribution valable aux futures recherches épidémiologiques sur les maladies thyroïdiennes nodulaires chez les enfants et les adolescents.

https://academic.oup.com/jcem/advance-article-abstract/doi/10.1210/jc.2017-01603/4630428?redirectedFrom=fulltext

Jan 12

POLYNÉSIE : LE NOMBRE DE MALADES DU CANCER DIVULGUÉ

Le ministre de la Santé, Jacques Raynal, a transmis à l’UPLD le nombre de malades polynésiens selon le type de cancers depuis 1992. Ces données chiffrées étaient attendues par les malades du nucléaire et ceux qui se battent pour leur indemnisation.

En août dernier, la représentante UPLD, Éliane Tevahitua, avait interpellé par écrit le ministre de la Santé, Jacques Raynal, afin de connaître le nombre annuel de ressortissants atteints des 21 maladies radio-induites, de juillet 1966 à ce jour.

Cette question écrite étant restée sans réponse, la représentante UPLD avait décidé de la poser de nouveau, mais cette fois de façon orale dans l’hémicycle en ajoutant qu’elle souhaitait également connaître le nombre de personnes atteintes par sept autres maladies, dont les tumeurs bénignes du cerveau, maladies cardiovasculaires…

Mi-décembre, Jacques Raynal lui avait apporté une réponse partielle en mettant en avant  » les difficultés techniques soulevées par la CPS dans la production de chiffres sur les pathologies qui nous intéressent« . Il rappelait ainsi que  » La CPS ne détient pas de dossier médical individuel mais enregistre les dépenses prises en charge par journées comptables. La durée de conservation des pièces comptables est de 5 ans. » L’estimation des dépenses pour la période antérieure à 1992 doit être réalisée à partir des informations disponibles dans le système d’information de la Caisse de prévoyance sociale de la Polynésie française.

Le 28 décembre, Jacques Raynal a adressé une réponse plus complète à la représentante UPLD. Le courrier détaille le nombre de cancers selon leur type depuis 1992, avant la création de la protection sociale généralisée jusqu’à 2017. Le document fourni par le ministre de la Santé détaille le nombre de cas existants par cancer, ce qu’on appelle la prévalence, et le nombre de nouveaux cas annuels, ce qu’on appelle l’incidence. Le ministre de la Santé n’y a joint aucun commentaire.

« On se doutait bien qu’il y avait autant de cancers. Ces chiffres ne font que confirmer ce que l’on subodorait déjà« , souligne la représentante Eliane Tevahitua. La réponse a mis du temps avant de venir mais le ministre a fourni les réponses que j’attendais à ma question écrite et orale.« 

Ce tableau de chiffres bruts est surtout intéressant à comparer avec les données des autres pays. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le taux de leucémie et autres cancers du sang dans la population mondiale se situe entre 2 et 4 pour 100 000 habitants. À la lecture, de ce tableau, on voit ainsi qu’en 1995, 10 nouveaux cas de leucémie étaient enregistrés en Polynésie. On peut noter qu’il y a eu jusqu’à 16 cas déclarés en 2011 et 15 cas en 1997, 2003 et 2012. En 2016, il y a eu encore 13 nouveau cas. En 2017, il y a eu six nouveaux cas. Alors que la population de la Polynésie a oscillé entre 219 521 en 1996 et 275 918 en 2017.

Par cette question, l’UPLD souhaite déterminer le nombre de personnes qui ont souffert ou souffrent de maladies radio-induites en Polynésie française depuis 1966. « Ce sont des données objectives« , souligne Eliane Tevahitua. « Mais ces chiffres ne donnent qu’un aperçu du problème des maladies radio induites puisque ce sont les cas qui ont été diagnostiqués. Mais à côté vous pouvez avoir des cas de cancer par exemple, dans les îles éloignées qui n’ont pas été suivies médicalement et pourtant ce sont des personnes qui sont décédées d’un cancer. Ce n’est pour moi que la face émergée de l’iceberg. »

Ces données chiffrées vont donc sans aucun doute être rappelées à la ministre des Outre-mer qui arrivera le 21 janvier prochain au fenua. Lors de son séjour, il était déjà notamment prévu d’évoquer la création d’un institut d’archives, d’information et de documentation sur le CEP. Une promesse faite par François Hollande lors de son déplacement dans le Pacifique. Pour la représentante,  » C’est bien qu’il y ait un lieu de mémoire mais ce n’est pas suffisant. Il faut plus que cela. Une réparation par rapport aux dommages subi par le peuple ma’ohi et qu’il n’y a pas que le peuple ma’ohi il y a aussi des gens qui sont venus travailler ici.« 

En février 2016, peu avant la venue de François Hollande, alors, président de la République, la représentante UPLD Éliane Tevahitua avait estimé que pour 7 789 patients atteints de cancers radio-induits, déjà plus de 54 milliards de francs ont été dépensés. « Cette augmentation des dépenses des cancers radio-induits est insoutenable. C’est à la France de les assumer« , mettait en avant la représentante UPLD.

Entre 1966 et 1996, 193 essais nucléaires (atmosphériques, de sécurité et souterrains) ont été réalisés en Polynésie française.

Pour consulter les données fournies par le ministre de la Santé, cliquer sur : https://www.tahiti-infos.com/Le-nombre-de-malades-du-cancer-divulgue_a168042.html

Jan 12

LES CYBERATTAQUES RISQUENT DE DÉCLENCHER UN CONFLIT NUCLÉAIRE

Une cyberattaque pourrait un jour déboucher sur le recours à l’arme nucléaire, estiment les chercheurs de l’Institut royal des relations internationales. (1)

Les attaques informatiques visant les systèmes de dissuasion nucléaire risquent de provoquer l’emploi d’une arme atomique dû à une mauvaise évaluation de la menace, lit-on dans un rapport rédigé par l’Institut royal des affaires internationales (EGMONT).

«En temps de paix, les cyberactivités agressives peuvent mettre les États devant un dilemme, parce qu’ils seront incapables de comprendre si leurs systèmes sont visés ou non par la cyberattaque. Cette incertitude pourrait influer sur l’adoption de décisions militaires, notamment en matière de dissuasion nucléaire», indique le document rendu public jeudi.

Les auteurs du rapport constatent que les systèmes d’armes nucléaires ont été créés alors que la technologie informatique ne se trouvait qu’à ses débuts, et l’éventuelle vulnérabilité de ces systèmes face aux cyberattaques n’était pas vraiment prise en considération.

«Les erreurs humaines, les défaillances du système, les vulnérabilités inhérentes et la sensibilité réseau présentent toutes des problèmes de sécurité», soulignent les chercheurs.

À titre de précaution, les auteurs du document proposent de renforcer les mesures de cybersécurité, ainsi que d’appliquer une «approche intégrée» dans la mise en place de «systèmes fiables» qui doit être basée sur l’évaluation adéquate des risques importants.

NDLR : selon Wikipédia : « L’Institut Egmont ou EGMONT – Institut Royal des Relations Internationales (EGMONT) est un think tank indépendant belge en matière de politique internationale, un centre de recherche, et un forum de débats et de conférences indépendant et pluraliste, ayant pour but de « fournir une contribution utile au processus de décision politique ».»

https://fr.sputniknews.com/international/201801111034706531-cyberattaques-armes-nucleaires-recours/

Jan 12

EN FRANCE, PAYS DU NUCLÉAIRE, LA TÂCHE IMMENSE DU DÉMANTÈLEMENT

Caen – EDF a beau afficher des ambitions internationales en matière de démantèlement nucléaire, la filière doit encore faire ses preuves en France, deuxième producteur d’électricité nucléaire au monde, où la tâche reste immense et les retards nombreux.

« On démantèle neuf réacteurs en France. On considère que notre savoir-faire peut nous mettre en très bonne place pour gagner de vrais belles parts de marchés à l’international« , assurait mercredi à l’AFP Sylvain Granger, directeur des projets de déconstruction chez EDF.

Une ambition « sidérante » pour Barbara Romagnan, ex-députée PS, auteure d’un rapport parlementaire qui soulignait début 2017 les coûts « sous-évalués » et les retards croissants de ces chantiers. « Aucun de ces réacteurs français n’a encore été totalement démantelé alors qu’ils ont été arrêtés entre 1985 et 1997« , argumente-t-elle.

Ailleurs dans le monde, 17 cuves de réacteurs (de plus de 100 mégawatts, MW) ont été démantelées, aux États-Unis, en Allemagne, et en Espagne, selon l’Institut de radioprotection et de sûreté (IRSN).

À Chooz, le chantier le plus avancé d’EDF, situé dans les Ardennes (est de la France), le démantèlement de la cuve, étape ultime et la plus délicate, a débuté en 2017. Mais la découpe de ses composants internes a été suspendue après la contamination en juin d’un employé suédois de Westinghouse, à qui EDF a sous-traité cette opération, selon l’entreprise française.

Cet incident de niveau 1 sur l’échelle Ines (International Nuclear Event Scale), qui classe de 0 à 7 les événements nucléaires, n’a « aucun impact sur le planning« , assure M. Granger.

– Superphénix –

La cuve elle-même ne sera découpée que de mi-2019 à fin 2020, pour une fin de chantier en 2022. Mais près de 4.500 tonnes de déchets radioactifs ont été évacuées, soit près de 60% des déchets radioactifs de cette démolition, et EDF est « en avance sur son planning« , ajoute l’entreprise.

Quatre-vingt personnes travaillent sur ce chantier sous-traité principalement à Westinghouse (poids lourd du secteur), Nuvia (Vinci) et Polinorsud (New Areva). La facture devrait ici s’approcher des 500 millions d’euros, selon EDF. Avec ses 300 MW, Chooz A était trois à cinq fois moins puissant que les réacteurs actuels.

L’industriel met aussi en avant l’expérience acquise avec Superphénix, le surgénérateur au plutonium de 1.200 MW situé à Creys-Malville, à 70 km de Lyon (centre-est). « Les Japonais sont très intéressés« , selon M. Granger.

Sur ce chantier, près de 6.000 m3 de sodium ont été évacués du réacteur entre 2010 et 2014, transformés en soude et emprisonnés dans 70.000 m3 de béton. Une opération extrêmement délicate car le sodium s’enflamme au contact de l’eau et de l’air.

Lors du démantèlement d’un réacteur beaucoup plus petit (30 MW) mais ayant, comme Superphénix, la spécificité de fonctionner avec du sodium, et baptisé Rapsodie, une explosion avait fait un mort en 1994 à Cadarache (Bouches-du-Rhône, sud-est).

Mais le démantèlement de la cuve géante (25 m de diamètre pour 20 m de haut) de Superphénix ne doit débuter qu’en 2020 pour s’achever en 2026, avec six ans de retard sur le calendrier de 2006.

Et après avoir été condamné en justice en appel en 2016 pour non-respect d’une mise en demeure de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le gendarme français du nucléaire, EDF s’y est encore fait épingler à trois reprises en 2017, année marquée par un « incendie ayant affecté des déchets pollués au sodium dans la nuit du 4 au 5 juillet« .

Le gendarme du nucléaire y a soulevé des problèmes d’étiquetage des déchets, un manque de surveillance de sous-traitants, et des « dysfonctionnements » lors d’un exercice de crise.

La facture du démantèlement est ici évaluée de 1 à 2 milliards d’euros selon le rapport parlementaire. 350 personnes travaillent sur le surgénérateur dont 80 salariés EDF, précise l’entreprise.

L’un des sous-traitants du chantier Superphénix, New Areva, s’est de son côté fait à nouveau épingler en décembre sur son chantier de La Hague où près de 600 personnes travaillent à la démolition d’une ancienne usine de retraitement des déchets nucléaires, pour « des défaillances« , classées incident de niveau 1.

Ici environ 7.000 m3 de déchets ont été évacués, selon New Areva. Il en reste 43.000 m3. Les activités principales de démantèlement sont évaluées à environ 4 milliards d’euros d’ici à 2035 selon l’entreprise. Un chantier qui accuse un retard d’une quinzaine d’années, selon l’IRSN.

– XXIIe siècle –

Autre retard majeur, pour six réacteurs de la génération dite « Uranium naturel graphite gaz » (UNGG), EDF a « reporté la fin globale du démantèlement au début du XXIIe siècle« , selon l’ASN. Ces réacteurs UNGG se trouvent à Saint-Laurent-des-Eaux, à une trentaine de km d’Orléans (centre), Bugey à 35 km de Lyon, et Chinon, à 50 km de Tours (centre). En 2000, EDF promettait un démantèlement achevé à l’horizon 2020-2025.

Ce report, qui « pose la question du vieillissement des structures de génie civile des caissons réacteurs« , est lié à des « problèmes de faisabilité technique« , relève l’IRSN qui précise en outre qu' »il n’y a pas de stockage aujourd’hui disponible pour le graphite« .

Environ 17.000 tonnes de graphite radioactif doivent sortir des six centrales concernées, selon EDF, alors que le sort des déchets nucléaires les plus radioactifs n’est par ailleurs pas réglé. Le volume des déchets issus des démantèlements est évalué à plus de 2,3 millions de m3, selon le rapport parlementaire.

Autre chantier très en retard, le démantèlement de Brennilis (Finistère, ouest)), « d’une grande complexité » selon EDF, est aujourd’hui annoncé pour après 2030, soit plus de 45 ans après l’arrêt de ce réacteur de 70 MW qui a fonctionné 18 ans.

Le retard est ici lié à des recours en justice, mais aussi à des incidents, comme un incendie dans l’enceinte du réacteur en 2015.

Quant au démantèlement des 58 réacteurs en fonctionnement, EDF se veut « confiante« : leur technologie est la même que celle de Chooz A (réacteurs à eau pressurisée).

Mais en attendant, faute de calendrier, la filière industrielle du démantèlement nucléaire, déjà confrontée à des problèmes de recrutement, tarde à se structurer, selon l’IRSN.

EDF évalue à 79 milliards d’euros le coût de démantèlement de tous ses réacteurs en France, a indiqué jeudi l’entreprise qui parlait en 2000 de 16 milliards d’euros.

(©AFP / 12 janvier 2018 09h28)

https://www.romandie.com/news/En-France-pays-du-nucleaire-la-tache-immense-du-demantelement/879996.rom

Jan 12

ÉCHEC DE LA NÉGOCIATION À AREVA-LA-HAGUE : LE SITE SERA BLOQUÉ LUNDI 15

Après l’échec de la négociation jeudi 11 janvier 2018, les personnels grévistes du site d’Areva-la-Hague ont voté la poursuite du mouvement et le blocage de l’usine lundi 15 janvier 2018. 

Le ton s’est durci, jeudi 11 janvier 2018, entre syndicats et direction du site d’Areva la Hague. Ils ne sont pas parvenus à trouver un accord sur le paiement ou la récupération des 13 jours fériés. L’assemblée générale des personnels réunissant 350 personnes a voté, jeudi 11 janvier 2018, la poursuite de la grève et le blocage du site nucléaire d’Areva-la-Hague lundi 15 janvier 2018, dès 4 h 30.

Pascal Aubert, directeur du site d’Areva-la-Hague, accuse « une fin de non-recevoir des syndicats à nos nouvelles propositions sur un lissage sur deux ans des jours fériés à payer et non plus à récupérer. Cette attitude est incompréhensible alors que nous étions dans une opération gagnant-gagnant et que nous avancions un lissage sur trois ans au lieu de deux. En fait, 10 % du personnel refuse. Ma porte reste ouverte mais j’en appelle à la raison et à la responsabilité de chacun. »

Poursuite de la grève et blocage lundi

De leur côté les syndicats, par le biais de Christophe Pestelle de l’Unsa-spaen, font savoir que « la direction, ce jeudi matin, ne nous a pas convaincus. On a demandé une suspension de séance pour rendre compte aux salariés grévistes qui attendaient dehors. Ils ont refusé la proposition d’aller vers un zéro jours fériés récupérés contre paiement, même après un lissage sur trois ans. Ce que nous avant fait savoir à la direction qui a quitté la négociation. »

Jeudi soir au cours de l’assemblée générale en présence de 350 personnels, a été voté la poursuite de la grève et le blocage du site dès 4 h 30, lundi 15 janvier 2018.

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/nucleaire-echec-de-negociation-areva-la-hague-le-site-bloque-lundi-5494360

Jan 12

BELGIQUE : CHASTEL: « IL N’EST PAS DU TOUT QUESTION D’UNE NOUVELLE CENTRALE NUCLÉAIRE »

Le Pacte énergétique ne prévoit pas la construction d’une nouvelle centrale nucléaire. Olivier Chastel, le président du MR, a démenti cette possibilité sur le plateau de « Jeudi en prime ». « Il n’est pas du tout question d’une nouvelle centrale nucléaire. Le chiffrage demandé nous permettra de démontrer que c’est impayable« , a affirmé jeudi soir le président du MR.

Selon la Libre Belgique, le gouvernement fédéral a intégré parmi ses pistes de réflexion sur le pacte énergétique la construction d’une nouvelle centrale nucléaire. Renseignements pris par Belga, il s’agit d’une réflexion « tout à fait théorique » tenant compte d' »hypothèses minimalistes » et « maximalistes ». Le conseil ministériel restreint se penchera demain vendredi sur la « méthodologie » de l’exercice de chiffrage du pacte.

2040

À la fin de l’année dernière, la N-VA a refusé d’avaliser le pacte énergétique au motif que la sortie du nucléaire en 2025, prévue par l’accord de gouvernement, ne permettait pas à ce stade de rencontrer les objectifs d’approvisionnement en électricité et de maintien du niveau de coût.

Le gouvernement fédéral a dès lors invité le professeur de l’université de Gand Johan Albrecht (Itinera) ainsi que le Bureau du plan à chiffrer l’impact de différents scénarios. Selon La Libre, la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en 2040 figure parmi les scénarios étudiés.

« C’est impayable »

Rappelant que l’accord de gouvernement auquel il continue de souscrire prévoyait la sortie du nucléaire d’ici 2025, Olivier Chastel a souligné que le Pacte énergétique ne prévoyait pas la construction d’une nouvelle centrale. « Le chiffrage demandé nous permettra de démontrer que c’est impayable. Je suis contre (ndlr: cette option) et pour respecter ce à quoi nous nous sommes engagés » dans l’accord de gouvernement, a insisté le président du MR.

Olivier Chastel s’est par ailleurs dit favorable à un gouvernement Michel II avec la N-VA en 2019, rappelant que l’objectif d’un parti était de « réaliser son programme électoral ». Il s’est félicité des accents libéraux engrangés par l’équipe gouvernementale actuelle et considère que la formation nationaliste flamande est le parti « qui a fait le plus de concessions » à commencer par l’abandon de ses exigences institutionnelles.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/3344001/2018/01/11/Chastel-Il-n-est-pas-du-tout-question-d-une-nouvelle-centrale-nucleaire.dhtml

Jan 11

LA FRANCE ET LA SUISSE ÉCHANGENT LEURS POINTS DE VUE SUR LA SURVEILLANCE NUCLÉAIRE

Dans le cadre de la 28e réunion annuelle de la Commission franco-suisse CFS pour la sécurité nucléaire et la radioprotection, la Suisse et la France ont échangé leurs points de vue sur différents thèmes dans le domaine de la sécurité nucléaire. Il s’agissait entre autres des derniers développements dans la surveillance nucléaire, de la radioprotection et de la gestion des déchets.

Lors de sa visite de deux jours en Suisse le 19 et le 20 décembre 2017, la délégation de l’Autorité de sûreté nucléaire ASN française a informé les délégués suisses sur la sécurité nucléaire et la radioprotection en France.

Dans ce cadre, les derniers événements en France classés INES-2 ont pu être discutés de même que les aspects liés à la sécurité technique des centrales de Fessenheim, Tricastin, Le Bugey et Creys-Malville.

L’état de l’application des mesures issues de l’examen national de la situation suite à l’accident de Fukushima a également été abordé. Les travaux dans le domaine de la gestion des déchets et dans l’adaptation des lois nationales et des règles dans la radioprotection ont constitué un thème supplémentaire.

Pour sa part, la Suisse a informé la délégation française sur l’implémentation de la « Stratégie énergétique 2050 », sur l’introduction de la révision de l’ordonnance relative à la radioprotection, ainsi que sur les constats faits à la centrale nucléaire de Beznau 1. S’ajoutent à ces sujets les constats faits sur les assemblages combustibles à la centrale nucléaire de Leibstadt, et sur l’état des travaux préparatoires pour le démantèlement de la centrale de Mühleberg.

«Les échanges avec l’ASN sont très précieux pour l’IFSN. Ils nous permettent d’avoir un aperçu détaillé des différents thèmes pertinents du point de vue de la sécurité et de la surveillance sur la sécurité nucléaire en France. Nous pouvons ainsi profiter d’un échange sur les défis touchant la surveillance nucléaire, et ce avec un partenaire expérimenté et compétent », a commenté Hans Wanner, directeur de l’IFSN.

En marge de la réunion qui s’est tenue à Brugg (AG), au siège de l’IFSN, la délégation française a fait la visite du Centre de stockage intermédiaire pour déchets radioactifs (ZWILAG) de Würenlingen (AG).

Du côté français, des représentants de l’ASN de Paris, de Strasbourg et de Lyon ont participé à la réunion. La délégation suisse, quant à elle, était constituée, en plus de membres de l’IFSN, de représentants de l’Office fédéral de l’énergie OFEN et de l’Office fédéral de la santé publique OFSP, ainsi que d’un représentant pour le canton de Bâle-Ville et de Genève.

https://www.ensi.ch/fr/2018/01/10/la-france-et-la-suisse-echangent-leurs-points-de-vue-sur-la-surveillance-nucleaire/

Jan 11

NON-TENUE AU SÉISME DES GROUPES ÉLECTROGÈNES DE SECOURS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY

Le 27 décembre 2017, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté de niveau 2 sur l’échelle INES  concernant l’indisponibilité potentielle des groupes électrogènes de secours à moteur Diesel des réacteurs n°3 et 4 de la centrale nucléaire du Bugey en cas de séisme.

EDF avait précédemment fait deux déclarations similaires : le 20 juin 2017 pour les réacteurs de 1300 MWe et le 13 octobre 2017 pour les réacteurs n°2 et 5 de la centrale nucléaire du Bugey ainsi que les réacteurs n°1 et 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim. Chaque déclaration avait fait l’objet d’une note d’information de l’IRSN (cf. ci-dessous).

L’IRSN publie ce jour une note d’information qui fait le point sur la découverte de cette non-conformité et ses conséquences potentielles pour la sûreté.

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20180110_ESS2-Non-tenue-seisme-groupes-electrogenes-secours-moteur-Diesel-reacteurs-3-et-4-centrale-nucleaire-Bugey.aspx

Pour télécharger la note d’information complète du 10 janvier 2018, cliquer sur :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_NI-20180110_ESS2-Bugey-groupes-electrogenes-de-secours-Diesel.pdf

Jan 11

NUCLÉAIRE IRANIEN : TRUMP PEUT-IL « DÉCHIRER » L’ACCORD INTERNATIONAL ?

Le président américain ne s’en cache pas : il trouve que l’accord nucléaire est mauvais et il avait même promis de le « déchirer ».

Une nouvelle date-butoir se profile pour le dossier du nucléaire iranien et le monde se trouve à nouveau suspendu à une décision de Donald Trump : le président américain va-t-il, comme il l’a promis, « déchirer » l’accord international ?

Voici les enjeux de cette annonce très attendue.

Décision vendredi

Le milliardaire républicain devrait annoncer vendredi que rester dans l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances n’est pas dans l’intérêt des États-Unis.

Il avait fait part de sa volonté en octobre dernier et, aux termes de la loi américaine sur l’accord nucléaire dite « INARA », doit informer le Congrès américain de sa position tous les 90 jours.

Une fois sa décision prise, le parlement peut décider de remettre en vigueur certaines sanctions ou modifier l’INARA pour briser la nécessité d’être informé tous les trois mois.

Quid des sanctions ?

Une nouvelle salve de sanctions est-elle pour autant imminente ? Pas forcément. Sur le papier, les sanctions visant la république islamique pour son programme nucléaire militaire supposé n’ont jamais été levées au Capitole. Sous l’administration Obama comme sous Donald Trump, elles ont été simplement suspendues par des clauses spécifiques.

Ces clauses, concernant notamment les points les plus importants des sanctions telles que le pétrole, doivent être renouvelées ce week-end et la semaine prochaine.

Si Donald Trump ne les renouvelle pas, les sanctions rentreront à nouveau en vigueur.

Les alliés européens font pression

Le président américain ne s’en cache pas : il trouve que l’accord nucléaire est mauvais et il avait même promis, en campagne, de le « déchirer ».

Mais les plus hauts responsables de son gouvernement, dont le ministre de la Défense Jim Mattis et celui des Affaires étrangères Rex Tillerson, lui demanderaient en coulisses de renouveler les clauses pour contourner les sanctions.

Ses alliés européens, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, tous trois signataires de l’accord, mettent également tout leur poids dans la balance pour faire respecter le texte historique.

Plusieurs hauts responsables américains ont dit mercredi « s’attendre » à ce que Donald Trump renouvelle les clauses à contrecœur. Il pourrait, en revanche, imposer de nouvelles sanctions pour les violations présumées de Téhéran en matière de droits de l’homme et de soutien à des groupes terroristes.

Enjeu diplomatique capital

Que se passera-t-il en cas de retour aux sanctions qui ont étouffé l’économie iranienne pendant des années ?

Les Européens, la Russie et la Chine, qui ont des liens économiques avec l’Iran, ont de leur côté affirmé qu’ils resteraient dans l’accord tant que Téhéran respecte ses engagements envers le développement d’un nucléaire strictement civil.

Les banques et les entreprises européennes, en revanche, souffriraient des sanctions américaines, qui leur fermeraient le marché américain en cas de commerce avec l’Iran. Téhéran deviendrait ainsi une ligne de fracture entre Washington et ses alliés traditionnels.

Par L’Obs, publié le 11 janvier 2018 à 07h48 (avec AFP)

https://www.nouvelobs.com/monde/20180111.OBS0453/nucleaire-iranien-trump-peut-il-dechirer-l-accord-international.html

Jan 11

FILM À QUIMPERLÉ : « BONS BAISERS DE MORUROA »

50 000 étaient bretons à Moruroa, en Algérie, pour les essais nucléaires. Ils étaient partis confiants, dans la technologie et la hiérarchie militaire, que ce soient dans le désert, puis sur l’atoll du Pacifique, un rêve devenu un cauchemar.

150 000 personnels civils et militaires ont participé aux essais nucléaires. Les traces laissées dans le désert s’appellent des taches de léopard, des barils entourés de fils de fer barbelés se déplacent au gré des tempêtes de sable. On retrouve des squelettes d’animaux dans des cages, utilisés comme cobayes, des laboratoires souterrains…

Larbi Benchiha a commencé en 2006 ce travail de mémoire après avoir effectué un reportage sur les vétérans des essais nucléaires dans le Pacifique à Brest. En se moquant gentiment de lui, l’un des vétérans lui avait dit : «tu es algérien et tu ne connais pas cette histoire ? Il est temps de t’y intéresser».

Et depuis le réalisateur sillonne l’Algérie, recueille des témoignages, va sur le terrain, interroge les Touaregs qui ont gardé la mémoire d’un nuage resté au-dessus de l’oasis pendant des jours, chassé par des machines soufflantes emmenées jusque-là. Un membre de chaque famille avait subi des analyses, mais ils n’ont pas eu de résultats. Et aujourd’hui des enfants ont des malformations, des problèmes de thyroïde,…

Car le nucléaire dure. Dix-neuf générations pour les conséquences héréditaires, quatre milliards et demie d’années pour la radioactivité. À l’indépendance de l’Algérie, les derniers essais sont effectués par les Français qui vont alors faire d’autres essais.

Des bureaux, des infrastructures s’installent sur l’atoll, on se baigne, fait du ski nautique, on assiste en maillots de bain aux essais : «c »était tellement beau». Mais au retour sur le continent, les pathologies se multiplient, et les cancers aussi.

C’est un film nécessaire qu’a effectué ce réalisateur. Il continue sa série. Après «De Gaulle et la bombe», puis «Bons baisers de Moruroa», c’est au tour de l’uranium en France qui est à l’origine de cette industrie nucléaire et civile, car l’une nourrit l’autre, d’être abordé dans son prochain film qui sortira au cours de l’année 2018.

«Bons baisers de Moruroa» sera projeté au cinéma la Bobine en présence de son réalisateur, à Quimperlé le mardi 16 Janvier à 20h30. Les vétérans sont chaleureusement invités à témoigner.

Pour tout contact : 06 79 14 96 87

https://abp.bzh/50-000-etaient-bretons-a-moruroa-en-algerie-pour-les-essais-nucleaires-44035

Jan 10

LA CHINE, NOUVEAU TERRAIN DE JEU CRIMINEL D’AREVA

En visite en Chine, le gouvernement fait la promotion de projets dangereux et imposés pour sauver une industrie nucléaire en déroute.

Pendant son voyage en Chine, Emmanuel Macron a fait passer les accords commerciaux avant l’environnement et les droits humains, se félicitant d’une promesse de vente pour une usine de « retraitement » de combustible nucléaire. La France et Areva se font donc les complices du gouvernement chinois pour imposer un projet dangereux et polluant à des populations qui n’en veulent pas. Déjà, en 2016, des milliers de personnes avaient manifesté pour refuser l’implantation d’une telle usine à Lianyungang. Pour contourner l’opposition, le gouvernement chinois compte maintenant garder secret le site choisi !

Faut-il rappeler qu’une telle usine, similaire à celle de La Hague, ne constitue pas une installation de « recyclage » et n’élimine pas la radioactivité du combustible usé ? Bien au contraire, les opérations qui y sont menées augmentent le volume global des déchets, accroissent les risques de prolifération en produisant du plutonium et s’accompagnent d’une pollution chimique et radioactive considérable. Les rejets annuels de La Hague équivalent à ceux d’un accident nucléaire grave et on retrouve leur trace jusque sur les côtes norvégiennes. Est-ce là un savoir-faire qu’on peut être fier d’exporter ?

Par ailleurs, au lieu de se féliciter de la mise en service annoncée des EPR de Taishan, le gouvernement français serait avisé de s’inquiéter de la sûreté de ces réacteurs et des risques pour les populations. Pour rappel, les derniers tests menés se sont soldés par la rupture d’un composant essentiel !

Les annonces sur ces projets ne doivent pas faire illusion : le nucléaire est une énergie du passé, qui connaît un déclin mondial irréversible, et les quelques contrats que peuvent espérer EDF et Areva ne sauveront pas la filière. Le slogan « make our planet great again » sonne plus faux que jamais de la part d’un gouvernement plus soucieux de protéger une industrie moribonde et mortifère que de promouvoir les droits humains et l’environnement.

Contact presse : Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/La-Chine-nouveau-terrain-de-jeu-criminel-d-Areva

Jan 10

SOLAIRE, ÉOLIEN OU NUCLÉAIRE : L’ÉGYPTE MULTIPLIE LES PROJETS D’INVESTISSEMENTS

Les autorités égyptiennes ont annoncé en décembre 2017 la construction de 4 réacteurs nucléaires, mais le solaire et l’éolien ne sont pas oubliés. Le pays ambitionne 42% d’énergies renouvelables à l’horizon 2035. L’Égypte compte sur les investisseurs privés pour lutter contre les pénuries chroniques d’électricité et remédier à un réseau électrique vieillissant.

Extrait concernant le nucléaire :

Quatre réacteurs nucléaires
Le 12 décembre 2017, le président russe Vladimir Poutine signait un accord de 30 milliards de dollars avec son homologue égyptien pour construire la première centrale nucléaire en Égypte.

Le contrat, qui équivaut à presque 10% de la richesse produite par l’Égypte, sera financé par l’entreprise publique russe spécialisée dans le nucléaire (Rosatom). Rosatom devrait s’occuper de la construction de la centrale dans le nord du pays.

Pour renforcer sa sécurité énergétique, l’Égypte ambitionne de générer 10% de son énergie grâce au nucléaire d’ici à 2026, et compte porter cette proportion à 50%, d’ici à 2050. Le pays a découvert, il y a quelques années, des ressources d’uranium qu’il espère mettre à contribution. Faute de devises, ces investissements se feront essentiellement par des financements privés. Le retour sur investissement se fera au long cours, par la vente d’électricité à la société nationale de transport d’électricité.

Pour lire l’intégralité de l’article, cliquer sur :

http://geopolis.francetvinfo.fr/solaire-eolien-ou-nucleaire-l-egypte-multiplie-les-projets-d-investissements-175133

NDLR : à l’heure où l’Europe de l’Ouest se dénucléarise (trop lentement certes) l’Égypte, jusque-là épargnée par ce fléau, fonce tête baissée et bras ouverts pour accueillir le nucléaire. Cela donnerait presqu’envie de pleurer !

Jan 10

COMBIEN DE MILLIARDS LA VENTE À LA CHINE D’UNE USINE NUCLÉAIRE VA-T-ELLE COÛTER À LA FRANCE ?

Incorrigibles, de nombreux médias célèbrent la prétendue vente à la Chine par Areva – et surtout par son VRP Emmanuel Macron – d’une usine de traitement de déchets nucléaires, alors que le passé a montré que ce genre d’annonce n’est suivi d’aucune concrétisation… ou alors de lourdes pertes financières pour la France !

Rappelons d’abord qu’il est de tradition que des annonces « fracassantes » soient faites lors des déplacements présidentiels, le champion toute catégorie étant incontestablement M. Sarkozy qui a prétendument vendu des dizaines de réacteurs (y compris à M. Kadhafi en 2007) ou autres installations nucléaires partout dans le monde, pour un résultat bien heureusement égal à zéro.

Vente fictive

Rien de nouveau avec M. Macron, la « vente » d’une usine de retraitement de déchets nucléaires étant parfaitement fictive à ce jour, remplacée par la signature d’un fumeux « mémorandum pour un accord commercial« .

Les Chinois sont de gens polis qui laissent leurs invités se vanter, mais ils sont aussi parfaitement informés des terribles déconvenues et incompétences affichées par Areva et EDF ces dernières années, du flop gigantesque des EPR (en Finlande et à Flamanville) au scandale inouï des milliers de pièces défectueuses produites dans les usines Areva du Creusot… dont les deux cuves installées dans les EPR actuellement en chantier à Taïshan.

De fait, si les Chinois achètent vraiment l’usine annoncée, ce qui reste à démontrer, ce sera en imposant à Areva des conditions léonines qui feront que ce seront les Français qui couvriront les pertes financières éventuelles… ou plutôt inévitables lorsque l’on considère les « exploits » d’Areva et EDF sur tous leurs chantiers.

Centrales bradées

Pour mémoire, l’EPR a été bradé à 3 milliards aux Finlandais en 2004 pour une facture finale de plus de 10 milliards et un chantier de près de 15 ans au lieu de 4 ans et demi annoncés (!) : la France va sous peu, être lourdement condamnée en justice internationale et devoir verser des milliards aux Finlandais.

Pour mémoire aussi, les deux EPR « vendus » à la Chine en 2008 ont en réalité été eux aussi totalement bradés : le montant du contrat a été annoncé à 8 milliards mais il comportait la livraison de combustible (sans qu’il soit montré en quoi Areva y aurait gagné de l’argent) : c’est en réalité à 3,66 milliards les deux que les EPR ont été bradés.

Il est évident que cette opération a coûté et coûte encore fort chez à la France, ce qui n’a pas empêché qu’elle soit qualifiée de façon dithyrambique de « marché du siècle » par de nombreux médias qui se gardent bien d’enquêter sur le résultat financier réel.

Le macronisme : de la très vieille politique

Aujourd’hui encore, se dépêchant d’oublier leurs propres errements, les mêmes voix se gargarisent à nouveau d’un prétendu « grand succès » de l’industrie nucléaire française, annonçant même qu’il va « sauver Areva« . En réalité, l’industrie nucléaire mondiale est en déconfiture générale et irréversible, comme le montrent les désengagements des groupes allemands RWE et E.ON et la faillite de l’américain Westinghouse.

Pour sa part, la France est plombée par ses boulets Areva et EDF qui sont plus que jamais en déroute industrielle et financière malgré de ruineuses recapitalisations déjà opérées… et d’autres encore à venir. Sans que leur avis ne soit jamais sollicité, les citoyens de France vont devoir couvrir des pertes colossales qui vont être encore aggravées par les projets absurdes de deux EPR en Grande-Bretagne et d’une usine en Chine.

Loin d’un « renouveau de la politique »,  le macronisme consiste à continuer et même aggraver les erreurs passées et faire payer le tout par la population en protégeant les privilégiés et les lobbies les plus nuisibles comme celui de l’atome.

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

Jan 10

NUCLÉAIRE: 30 ANS APRÈS SON ANNONCE, L’USINE JAPONAISE NE FONCTIONNE TOUJOURS PAS

Le groupe japonais contrôlant le site de traitement des combustibles usés de Rokkasho vient de reporter pour la vingt-troisième fois l’ouverture de son site.

C’était il y a 31 ans. En janvier 1987. Le groupe japonais Japan Nuclear Fuel Limited (JNFL), détenu par les dix grands électriciens du pays, annonçait qu’il avait choisi, au terme de longs pourparlers, la SGN – une filiale de COGEMA plus tard fondue dans Areva – pour construire au nord du pays sa première usine de retraitement de déchets nucléaires usés. 

Cherchant à maîtriser l’ensemble du cycle du combustible afin de gérer les stocks de « crayons » de combustibles accumulés dans les piscines de refroidissement de ses dizaines de réacteurs, le pays se proposait de mêler sur le gigantesque site de Rokkasho des technologies françaises à des procédés développés par des acteurs nippons. Tokyo évaluait alors le coût du chantier à 4,6 milliards de dollars et promettait un lancement des opérations de retraitement en 1997. 

23ème report

Le 22 décembre dernier, JNFL a annoncé qu’il repoussait pour la… 23ème fois la date d’achèvement de son usine de retraitement. Le site pourrait peut-être entrer en activité complète en 2021, soit avec 24 années de retard, quand le centre de production de MOX qui lui est associé pourrait, lui, être inauguré en 2022. Les investissements engloutis dans le projet devraient dépasser, selon les dernières estimations de la société, les 26 milliards de dollars, soit plus de cinq fois le montant initialement annoncé. 

Sur place, des ouvriers travaillent mais l’usine, qui aurait dû théoriquement traiter 800 tonnes de déchets par an, tourne au ralenti du fait d’une multitude de problèmes techniques et réglementaires. Les ingénieurs japonais ont notamment mis des années à mettre en place le délicat procédé de vitrification des déchets qu’ils n’avaient pas voulu acheter aux Français. Ils ont préféré tenter d’adapter à grande échelle une technologie expérimentée sur le site de Tokai, au nord de Tokyo. Mais les essais ont maintes fois échoué. 

Nouvelles normes

Pour justifier son dernier retard, le groupe explique aussi qu’il doit adapter ses anciennes infrastructures aux nouvelles normes de sécurité imposées par le régulateur japonais (NRA) après la catastrophe de Fukushima. « Nous avons des constructions supplémentaires et du travail de consolidation à faire » pour garantir la sécurité, a expliqué Kenji Kudo, le PDG de JNFL.

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301122528968-nucleaire-30-ans-apres-son-annonce-lusine-japonaise-ne-fonctionne-toujours-pas-2143420.php

Jan 10

L’EPR, FLEURON DU NUCLÉAIRE FRANÇAIS AUX MULTIPLES DÉBOIRES

L’EPR, qui doit être lancé pour la première fois en Chine dans six mois environ, est un réacteur nucléaire de troisième génération conçu pour offrir une puissance et une sûreté améliorées, mais dont les chantiers ont accumulé les revers en France et en Finlande.

Lancée en 1992, cette technologie présentée comme le fleuron de la filière nucléaire française a été codéveloppée par le français Areva et l’allemand Siemens, au sein de leur filiale commune Areva NP, dont Siemens s’est depuis retiré.

EDF vient de prendre le contrôle de cette activité dans le cadre de la réorganisation de la filière nucléaire française orchestrée par l’État.

Conçu pour fonctionner 60 ans, l' »European Pressurized Water Reactor » se fonde sur la technologie des réacteurs à eau sous pression, la plus utilisée dans le monde.

Il offre une puissance très élevée (1.650 mégawatts) et bénéficie d’une multiplication des systèmes de sauvegarde pour refroidir le cœur du réacteur en cas de défaillance, d’une coque de protection en béton et acier, et d’un récupérateur de corium censé réduire les conséquences en cas d’accident grave.

Le premier chantier a été lancé à Olkiluoto (Finlande) en 2005, pour le compte de l’électricien TVO, avec Areva et Siemens directement maîtres d’œuvre. Mais les contretemps et dérapages budgétaires se sont accumulés.

TVO avait déploré en octobre un énième retard dans la mise en service de l’EPR, désormais prévue en mai 2019. Elle était initialement prévue pour 2009.

Un contentieux oppose TVO à Areva et Siemens, chaque partie imputant les retards à l’autre et réclamant des milliards de dédommagements. L’affaire est en cours d’arbitrage.

Le deuxième EPR, en chantier depuis 2007 à Flamanville (Manche) a également accumulé les déboires, à cause notamment d’anomalies découvertes sur la composition de l’acier du couvercle et du fond de la cuve.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) exige que le couvercle de la cuve soit remplacé avant la fin 2024.

EDF, maître d’œuvre, a reporté à plusieurs reprises la mise en service du réacteur. L’électricien prévoit de démarrer l’EPR de Flamanville fin 2018, pour une mise en service commerciale en 2019, quand le calendrier initial tablait sur 2012. Son coût a entre-temps plus que triplé à 10,5 milliards d’euros.

Deux autres EPR sont en construction à Taishan (Chine), par une coentreprise détenue à 51% par l’électricien étatique chinois CGN, à 30% par EDF et, depuis 2012, à 19% par l’électricien de la province du Guangdong.

Ils devraient être les premiers au monde à fonctionner: leur mise en service débutera mi-2018, a en effet indiqué mardi la présidence de la République française, en marge d’une visite d’Emmanuel Macron en Chine.

L’EPR a aussi été retenu par EDF pour un projet de deux réacteurs à Hinkley Point en Angleterre.

En juillet, EDF a annoncé s’attendre à un surcoût de 1,5 milliard de livres (1,7 milliard d’euros) pour cet énorme chantier, ce qui porte l’investissement total à 19,6 milliards de livres, soit environ 22,3 milliards d’euros.

Le groupe évoque un « risque » de retard de 15 mois pour le premier réacteur, censé entrer en service fin 2025, et de 9 mois pour le second, qui doit démarrer six mois plus tard.

https://www.romandie.com/news/L-EPR-fleuron-du-nucleaire-francais-aux-multiples-deboires/878944.rom

Jan 10

NUCLÉAIRE: COMMENT TRAITER ET RECYCLER LE COMBUSTIBLE ?

La Chine veut traiter ses combustibles nucléaires usés et en recycler une partie.

Le  contrat pour lequel Areva et son partenaire historique CNNC discutent <https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301122282651-nucleaire-mega-contrat-en-vue-pour-areva-en-chine-2143393.php>  depuis une dizaine d’années doit permettre à la Chine de recycler une partie des combustibles utilisés dans ses réacteurs nucléaires. « Cette usine d’une capacité de 800 tonnes sera bâtie sur le modèle des usines de La Hague et Melox », a rappelé Areva dans un communiqué.

À La Hague, après un séjour en piscine, les tiges de métal contenant le combustible usé sont cisaillées, avant qu’un procédé chimique n’en sépare les matières nucléaires : l’uranium résiduel (96 %), du plutonium issu du passage en réacteur (1 %) et des produits de fission (4 %). Ces derniers, assimilés à des déchets, seront vitrifiés pour être stockés de manière définitive (c’est, en France, le projet Cigéo dans la Meuse).

Une quarantaine de réacteurs

L’uranium issu du traitement peut ensuite être réenrichi pour être réutilisé. Surtout, le plutonium issu du traitement peut servir à fabriquer (en y ajoutant de l’uranium appauvri) un nouveau combustible pour les centrales : le MOX (pour « mélange d’oxydes »). Areva est aujourd’hui leader mondial du secteur, mais surtout faute de participants. Dans le monde, seuls une quarantaine de réacteurs ont été « moxés », dont plus d’une vingtaine du parc EDF l’est encore.

En France, l’intérêt du MOX est régulièrement questionné. « On accumule des stocks de plutonium à la Hague en retraitant les combustibles usés, dont on n’aura besoin que si l’on dispose de réacteurs à neutrons rapides. Mais en aura-t-on besoin ? »,  s’interrogeait en 2016 le patron de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, Jacques Repussard <https://www.lesechos.fr/11/03/2016/LesEchos/22148-046-ECH_jacques-repussard—-la-france-doit-repenser-sa-strategie-nucleaire-.htm?texte=repussard%20le%20billon>  . « La Chine achète une technologie proliférante qui n’a plus aucune justification du point de vue du nucléaire civil. Lui vendre est le pire signal actuel compte tenu de la situation dans la péninsule coréenne et au Japon », estime aussi Yves Marignac, un expert critique du nucléaire.

« Caractère stratégique »

Pour certains historiques du nucléaire tricolore, la maîtrise du cycle fermé est encore un signe de puissance politique. «  On voit que le Japon n’abandonne pas Rokkasho <https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301122528968-nucleaire-30-ans-apres-son-annonce-lusine-japonaise-ne-fonctionne-toujours-pas-2143420.php>  (son site de traitement qui peine à démarrer, NDLR), les Russes et les États-Unis maîtrisent le procédé, et c’est la seule chose qui intéresse encore les Chinois », explique un ancien dirigeant d’EDF.

Avec l’évolution du mix énergétique à l’ordre du jour en France, le président d’Areva Philippe Varin est allé plaider la cause du cycle fermé. En novembre, le Premier ministre a annoncé que la Programmation pluriannuelle de l’énergie prévue mi-2018 « définira également les modalités du maintien du recyclage du combustible nucléaire qui revêt un caractère stratégique pour la France ».

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301123224215-le-mox-mode-demploi-2143463.php

NDLR : rappelons que le plutonium est l’élément indispensable pour fabriquer une bombe nucléaire à fusion. C’est pourquoi Yves Marignac dit que cette technologie est « proliférante ». C’est également pourquoi la France veut construire des réacteurs à neutrons rapides (du type Phénix et Superphénix de triste mémoire). Attention : les dossiers sont en cours au CEA !

Jan 09

USA: LE RÉGULATEUR S’OPPOSE À DES MESURES DE SOUTIEN POUR LE CHARBON ET LE NUCLÉAIRE

Contrairement aux souhaits de l’administration Trump, l’agence américaine chargée de réguler le marché de l’énergie s’est opposée ce lundi à des mesures de soutien aux secteurs du nucléaire et du charbon

Le régulateur américain du marché de l’énergie s’est opposé lundi 8 janvier à des mesures immédiates de soutien à l’énergie nucléaire et au secteur du charbon que proposait l’administration Trump. Dans une décision prise à l’unanimité de ses cinq membres, dont la majorité appartient pourtant au parti républicain de Donald Trump, la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) a refusé d’accorder des aides spéciales pour la production d’énergie venant du nucléaire ou du charbon.

Le secrétaire à l’Énergie Rick Perry avait proposé en septembre que ces deux secteurs, actuellement en difficulté aux États-Unis, reçoivent des aides fédérales en échange de leur capacité à assurer plus de 90 jours de production et garantir ainsi la stabilité de la fourniture d’énergie aux États-Unis.

Charbon et nucléaire en crise

Tant le nucléaire que le charbon ont vu leur part dans la production d’électricité diminuer ces dernières années aux États-Unis au profit du pétrole, du gaz naturel et des énergies renouvelables. Seulement deux réacteurs nucléaires sont actuellement en construction aux États-Unis même si 99 sont en service. Le charbon est également en crise et Donald Trump avait promis lors de sa campagne électorale de lui venir en aide.

Dans sa décision lundi, la FERC a estimé qu’il n’y avait pas lieu d’agir immédiatement et qu’elle allait elle-même lancer une étude auprès des producteurs d’énergie américains sur leurs capacités de «résilience», c’est-à-dire, à assurer de façon continue l’approvisionnement du réseau électrique. Mais elle a également précisé qu’elle ne donnerait pas suite aux demandes de Rick Perry.

Elle demande aux fournisseurs de lui transmettre dans les soixante jours leur avis sur les mesures qui pourraient être prises et assure qu’elle «restera vigilante face à cette question de la résilience car une électricité bon marché et fiable est vitale à la sécurité économique et nationale du pays».

https://www.letemps.ch/economie/2018/01/09/regulateur-americain-energies-soppose-mesures-soutien-charbon-nucleaire

Jan 09

LA CORÉE DU NORD VA ENVOYER DES ATHLÈTES AUX JO DE PYEONGCHANG

SÉOUL (Reuters) – La Corée du Nord a dit à l‘occasion des premières discussions bilatérales en plus de deux ans avec son voisin du Sud qu‘elle allait envoyer des athlètes, des supporters et des responsables de haut rang aux Jeux Olympiques d‘hiver organisés le mois prochain par la Corée du Sud à Pyeongchang, a déclaré mardi un responsable sud-coréen. Séoul a proposé la tenue de pourparlers militaires inter-coréens afin de faire baisser les tensions dans la péninsule ainsi qu‘une réunion des familles séparées par la guerre de Corée d‘ici les vacances du Nouvel An lunaire, prévues du 15 au 17 février, a ajouté Chun Hae-sung, vice-ministre de l‘Unification sud-coréen.

La Corée du Sud a également suggéré que les athlètes des deux Corées défilent ensemble lors de la cérémonie d‘ouverture des Jeux Olympiques, a encore dit à des journalistes Chun Hae-sung en marge des discussions.

Ces dernières sont suivies de près par la communauté internationale, dans l‘espoir de les voir déboucher sur un début d‘apaisement dans la région après les craintes liées à la volonté de la Corée du Nord de développer des armes nucléaires.

Les deux parties ont interrompu les discussions pour aller déjeuner chacune de leur côté. Elles devraient reprendre dans la journée.

Elles ont commencé à 01h00 GMT dans la Maison de la Paix de trois étages, située dans la partie sud-coréenne de Panmunjom, village frontalier où avait été signé le cessez-le-feu à la fin de la guerre de Corée, en 1953.

Séoul propose le reprise des négociations sur le nucléaire

La Corée du Nord a dit qu‘elle était déterminée à faire des discussions de ce jour (…) une nouvelle opportunité”, a noté Chun Hae-sung.

Il a également dit que la Corée du Sud avait proposé la reprise des négociations au sujet du programme nucléaire du Nord, ajoutant toutefois ne pas avoir reçu de réponse spécifique à ce sujet de la part de ses interlocuteurs.

Cependant, toujours selon Chun Hae-sung, les responsables nord-coréens ont dit lors des discussions être ouverts à la promotion de la réconciliation entre les deux pays via le dialogue et la négociation.

Avant l‘ouverture des pourparlers, Ri Son Gwon, le chef de file de la délégation nord-coréenne, avait dit : “Nous nous rendons aujourd‘hui à cette réunion avec l‘idée d‘offrir à nos frères, qui placent de grands espoirs dans ce dialogue, des résultats précieux en guise de premier cadeau de l‘année”.

La délégation nord-coréenne a franchi à pied la frontière vers 00h30 GMT, a précisé un responsable du ministère de l‘Unification.

Les États-Unis, qui comptent 28.500 soldats en Corée du Sud, héritage de la guerre de Corée de 1950-1953, s’étaient dans un premier temps montrés sceptiques à l’égard de discussions inter-coréennes.

Mais depuis, le président américain Donald Trump les a qualifiées de “bonne chose”, ajoutant que Washington s‘y impliquerait au moment opportun.

Les discussions entre les deux pays avaient été proposées la semaine dernière par le président sud-coréen Moon Jae-in en réponse à une offre de dialogue du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, et rendues possibles par la décision de la Corée du Sud et des États-Unis de repousser des exercices militaires conjoints prévus dans les prochaines semaines.

Par Christine Kim, avec la contribution de Josh Smith à Séoul et de David Brunnstrom, Jim Oliphant et Steve Holland à Washington, Benoît Van Overstraeten pour le service français

Photo prise le 9 janvier 2018/REUTERS

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1EY0GC-OFRTP

Jan 09

LES RÉSOLUTIONS ENVIRONNEMENTALES DE LA COMMISSION EUROPÉENNE SONT-ELLES BONNES ?

Les dix initiatives de la Commission Juncker forment un catalogue impressionnant de bonnes résolutions pour la décennie à venir. Revue de détail. Par Stefan Ambec et Claude Crampes, Toulouse School of Economics

Extrait de l’article :

… En ce début de 2018, les dix initiatives de la Commission Juncker forment donc un catalogue impressionnant de bonnes résolutions pour la décennie à venir. Avec les moyens dont elle dispose, la Commission affiche un objectif clair : décarboner le mix énergétique en Europe mais aussi en Afrique en réorientant l’investissement vers les énergies propres (infrastructure et innovation) et l’efficacité énergétique. Pour réussir, la CE devra convaincre les investisseurs privés que les efforts demandés ne donneront pas un avantage concurrentiel à ceux qui ne suivent pas cette voie, en particulier les États-Unis. On notera aussi que le charbon et l’acier sont explicitement rejetés (du moins l’acier produit en utilisant du charbon). L’Europe veut donc définitivement tourner le dos à la CECA (disparue en 2002) qui fut l’un des premiers piliers de la construction européenne. En revanche, on cherchera en vain dans le document une quelconque référence à l’énergie d’origine nucléaire. Euratom, deuxième pilier institutionnel de l’Union, existe toujours, bien que fusionnée avec la Communauté Économique Européenne en 1967. Dans les initiatives de la Commission présentées en décembre 2017, l’énergie nucléaire n’est ni encouragée ni condamnée. Elle n’existe pas….

Pour lire l’intégralité de l’article, cliquer sur :

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/les-resolutions-environnementales-de-la-commission-europeenne-sont-elles-bonnes-763806.html

NDLR : Que ne ferait-on pas pour ne fâcher personne. Quel courage ! Comme si l’énergie nucléaire n’avait pas d’incidence environnementale !!!

Jan 09

CHRISTOPHE SIRUGUE : «ON NE VA PAS RACONTER DES MENSONGES, LA FRANCE NE VA PAS SE PASSER DES CENTRALES NUCLÉAIRES»

L’ancien secrétaire d’État à l’industrie de François Hollande répond à Creusot-infos sur Framatome et sur l’avenir du nucléaire. Un dossier sur lequel il a été très impliqué quand il était à Bercy.
«Oui, je le dis clairement, en France il faut remplacer les anciennes centrales nucléaires par de nouvelles centrales EPR»

Depuis la victoire d’Emmanuel Macron à la Présidentielle et depuis sa défaite aux législatives, Christophe Sirugue n’a pas été très bavard. Et s’il continue d’aller sur le terrain, c’est plutôt en toute discrétion.
L’ancien secrétaire d’État à l’Industrie de François Hollande a cependant accepté de réagir à la décision d’EDF de donner rebaptiser Framatome, le désormais ancien AREVA NP. Christophe Sirugue parle aussi de l’avenir du nucléaire en France et il le fait sans langue de bois.

Comment réagissez-vous aux nouvelles orientations pour la filière nucléaire industrielle ?

Christophe Sirugue : «Pour moi, c’est une suite logique. La recapitalisation d’EDF en a fait un leader, pour redéfinir la stratégie nucléaire. C’était le choix du précédent Gouvernement et on assiste aujourd’hui à une concrétisation des décisions qui ont été prises. EDF pilote et a clairement fait le choix du nucléaire. C’est un démenti à ceux qui disaient que ce n’était pas possible».

Choisir le nom de Framatome pour nommer la filière c’est un bon choix ?

«C’est un choix intéressant, car il assume pleinement le lien d’EDF avec le nucléaire. Il faut moins de conflits, comme on a pu en avoir entre Henri Proglio, l’ancien patron d’EDF et Anne Lauvergeon l’ancienne patronne d’AREVA.
Les investissements importants, notamment sur la Forge du Creusot et dont j’avais connaissance quand j’étais au Gouvernement, ce sont des éléments déterminants, comme le seront les investissements sur les autres établissements de Framatome
».

Le nucléaire reste une filière d’avenir ?

«La France a fait le choix du nucléaire civil pour l’essentiel de la production de son énergie électrique. J’ai toujours été favorable à un rééquilibrage avec les autres sources d’énergie. Mais il n’en demeure pas moins que le nucléaire conserve un poids important. C’est pour cela que nous avons besoin d’une filière sûre et soutenue dans le domaine de la recherche.
N’oublions pas que des pays ont fait le choix du nucléaire. Il n’y a donc pas de raison que l’on ne soutienne pas une filière pertinente et reconnue. Il faut l’assumer.
On ne va pas raconter des mensonges : On ne va pas, la France ne va pas se passer des centrales nucléaires. La prolongation des centrales doit être traitée par l’ASN, l’Autorité de Sûreté du Nucléaire. C’est la seule qui peut dire oui ou non au maintien et/ou à la prolongation de l’activité d’une centrale
».

Attendez-vous des commandes de nouvelles centrales EPR ?

«Le choix de la recapitalisation de la filière, comme le choix d’EDF comme chef de file, s’inscrivent dans cette logique. C’est un choix stratégique qui a été fait sous François Hollande et qui n’est pas remis en cause. Maintenant il faut définir les moyens dont EDF dispose et cela dans la transparence.
Oui, je le dis clairement, en France il faut remplacer les anciennes centrales nucléaires par de nouvelles centrales EPR. Notre avenir énergétique en dépend. En ce sens, avoir une vraie filière nucléaire en France, comme le Général de Gaulle l’avait d’ailleurs décidé, est important. Mais cela ne doit pas interdire le développement d’autres sources et productions d’énergies
».

Propos recueillis par Alain BOLLERY

http://www.creusot-infos.com/news/bourgogne-franche-comte/bourgogne-franche-comte/christophe-sirugue-on-ne-va-pas-raconter-des-mensonges-la-france-ne-va-pas-se-passer-des-centrales-nucleaires.html

NDLR : ATTENTION: la bête n’est pas morte ni en même en train de mourir. Amplifions la lutte contre un futur que nous ne voulons pas !

Jan 09

FUKUSHIMA : UNE NOUVELLE GÉNÉRATION D’ADULTES DEPUIS LA CATASTROPHE

Une cérémonie a eu lieu le 7 janvier à Namie, préfecture de Fukushima, pour la première fois depuis la catastrophe de la centrale nucléaire, qui avait forcé l’évacuation de toute la ville.

Environ 110 des 183 «nouveaux adultes» de Namie, qui ont ou auront 20 ans cette année, âge de la majorité au Japon, ont assisté à cette cérémonie à environ 8,5 kilomètres au nord de la centrale nucléaire de Tokyo. Le journal asiatique Asahi révèle que ces jeunes étaient en première année de lycée quand le grand tremblement de terre de l’Est du Japon et le tsunami ont déclenché la catastrophe nucléaire, il y a six ans, forçant environ 21.000 résidents de Namie à évacuer.

Le tsunami avait tué 181 personnes dans la ville, y compris un garçon et une fille qui auraient atteint leur majorité cette année. Durant la commémoration, de nombreuses connaissances ont été réunies pour la première fois depuis le désastre.

«Un lien plus fort qu’avant»

«Je ne pensais pas qu’il était possible que la cérémonie de « l’âge adulte » se déroule dans la ville», a déclaré Yutaka Matsumoto, 20 ans, un étudiant qui vit à Sendai. «Voir mes vieux amis m’a rappelé beaucoup de souvenirs.»

Bien que l’ordre d’évacuation ait été levé pour la quasi-totalité des zones touchées de Namie fin mars 2017, seules 440 personnes étaient rentrées chez elles à l’automne. La majorité des nouveaux adultes de la ville vivent à l’extérieur de Namie. Lors de son discours, Koki Yamamoto, 19 ans, un étudiant qui vit actuellement dans la préfecture de Saitama, s’est concentré sur les éléments positifs. «Nous pensons que nous avons un lien plus fort qu’avant», a déclaré le jeune homme. 

http://www.cnewsmatin.fr/monde/2018-01-09/fukushima-une-nouvelle-generation-dadultes-depuis-la-catastrophe-772441

Jan 08

L’IRAN MET EN GARDE CONTRE UNE SORTIE DES ÉTATS-UNIS DE L’ACCORD NUCLÉAIRE

L’Iran a mis en garde lundi la communauté internationale sur une possible sortie des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, à quelques jours d’une décision américaine liée à ce dossier.

« La communauté internationale doit se préparer à une possible sortie des États-Unis de l’accord nucléaire d’ici quelques jours« , a déclaré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, l’un des principaux négociateurs de cet accord, cité par l’agence officielle iranienne Irna.

« Nous nous sommes préparés à tous les scénarios« , a dit M. Araghchi.

L’accord de juillet 2015 conclu entre l’Iran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) a permis de lever une partie des sanctions internationales imposées à l’Iran en échange de garanties apportées par la République islamique sur le caractère exclusivement civil de son programme nucléaire.

Le président américain Donald Trump dénonce régulièrement l’accord et a refusé à la mi-octobre de le « certifier » en le qualifiant de « l’un des pires » jamais conclus par les États-Unis.

Trump avait néanmoins accepté de renouveler la suspension des sanctions américaines contre le programme nucléaire de l’Iran et a jusqu’à vendredi pour dire s’il souhaite continuer sur cette voie ou non.

La réponse de l’Iran sera « appropriée et lourde (…) les États-Unis vont certainement le regretter » s’ils sortent de l’accord, a prévenu de son côté le porte-parole de la diplomatie iranienne Bahram Ghassemi lors d’une conférence de presse.

Selon M. Ghassemi, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, doit se rendre en Europe d’ici à la fin de la semaine pour des consultations avec ses homologues français, allemand et britannique et Federica Mogherini, représentante en chef de la diplomatie européenne.

Zarif a démenti les informations selon lesquelles les discussions allaient porter sur les récents troubles qui ont fait 21 morts en Iran en les qualifiant de « sans fondement« .

« Nous sommes convenus, vu l’importance de l’accord nucléaire et la politique destructive des États-Unis, d’avoir des consultations entre l’Iran et les trois pays européens« , a déclaré M. Zarif, selon l’agence officielle Irna.

Dimanche soir, le ministre des Affaires étrangères allemand, Sigmar Gabriel, avait en revanche déclaré sur la chaîne de télévision allemande ZDF que l’Union européenne avait décidé d’inviter M. Zarif à Bruxelles, « si possible la semaine prochaine« , pour parler des manifestations contre la vie chère et le pouvoir qui ont eu lieu en Iran du 28 décembre au 1er janvier.

Avec AFP

https://www.voaafrique.com/a/iran-met-en-garde-contre-une-sortie-des-etats-unis/4198070.html

Jan 08

TRUMP RE-IMPOSE DES SANCTIONS LEVÉES PAR L’ACCORD NUCLÉAIRE

À la suite des dix premiers jours de contestation du régime iranien, Washington va encore donner un tour de vis supplémentaire en annulant certains bénéfices permis dans le cadre de l’accord nucléaire. À cette fin, le Président Donald Trump utilisera les dates-butoir dont il dispose d’ici la semaine prochaine, où il doit certifier l’accord nucléaire iranien et approuver les exemptions de sanctions. Ces intentions ont été indiquées par le Secrétaire d’État Rex Tillerson, dans une interview accordée à l’AP, vendredi 5 janvier.

Depuis que le président a demandé que l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran soit “corrigé ou annulé”, a déclaré Tillerson, l’Administration travaille avec les représentants sur cette législation afin de la rendre plus acceptable par le président. En octobre dernier, Trump a signé avec réticence une exemption de sanctions pour encore trois mois.

Cependant, puisque ces allègements de sanctions ne sont pas intégrés dans l’accord nucléaire que l’Iran a signé avec les six puissances mondiales, il y a trois ans, les États-Unis peuvent les mettre de côté sans être accusés de ne pas se conformer à l’accord. Les États-Unis peuvent, par conséquent, certifier le cadre de l’accord tout en le vidant des bénéfices économiques que l’Administration Obama s’est empressée d’accorder au régime théocratique, hégémonique et apocalyptique d’Iran, qui a permis à celui-ci de récolter des centaines de milliards de dollars au trésor de guerre iranien, sans jamais en accorder un penny en direction du peuple.

C’est ce que Tillerson a voulu dire ne parlant de “corriger”, plutôt “qu’annuler” l’accord nucléaire. Il a pour mission de reformuler l’accord, tout en faisant respecter la politique de Trump visant à contrer l’agression régionale de l’Iran et en continuant à soutenir les manifestations contre le régime. Ces mesures sont des composantes de la guerre de harcèlement sur le long terme, mise en place par l’administration Trump, et orchestrée contre le régime révolutionnaire chiite à Téhéran pur l’année 2018.

Les mesures qui suivent sont déjà dans les tuyaux, révèle DEBKAfile :

  1. Le Président Trump pourrait s’abstenir cette fois de signer les exemptions de sanctions, mais néanmoins re-certifier la conformation de l’Iran à cet accord.
  2. Le Département du Trésor américain a, pendant ce temps, annoncé de nouvelles sanctions visant les banques, des entités financières et des responsables – soit qui sont impliqués dans le programme de missiles de l’Iran, soit qui soutiennent les Gardiens de la Révolution iranienne et ses actions pour réprimer la dissidence populaire.
  3. Washington va, de la même manière, prendre pour cibles des entités au Moyen-Orient et au-delà qui servent les intérêts de Téhéran et reçoivent l’assistance financière et de l’armement de Téhéran. On en a un florilège d’exemples à travers le cas du Liban, du Hezbollah, des milices chiites d’Irak sous commandement iranien, des Houtis du Yémen, du Hamas, du Djihad Islamique palestinien et de tant d’autres.
  4. Une stratégie américaine très large est à présent en place afin d’arrêter ou de réduire les programmes d’aide américaine à des entités et gouvernements qui refusent de coopérer avec les objectifs de la politique de cette administration.
  5. Le plan original de Donald Trump était de travailler étroitement avec les Européens dans ces menées contre l’Iran. Puisque les gouvernements Européens [au premier titre desquels celui de Macron, plus en cour avec les dictateurs comme Erdogan] non seulement ont opté pour la non-coopération, mais en plus s’opposent catégoriquement au soutien américain aux manifestants iraniens, Washington a décidé d’aller de l’avant en ne comptant que sur lui-même, sans faire la moindre référence aux capitales d’Europe.
    Trump a donc mis au rebut l’un des principes fondamentaux de l’accord nucléaire qui a donné naissance à l’accord nucléaire, une étroite collaboration entre les États-Unis, la Russie et les puissances européennes dominantes.
  6. La rupture de ce partenariat transatlantique met la Russie de Vladimir Poutine face à un dilemme. S’aligner sur l’Europe concernant l’Iran placerait Moscou sur une trajectoire propice à une collision avec l’Administration Trump. Que Moscou sache pertinemment ce qui est en jeu transparaissait clairement dans les remarques faites par le Vice-Ministre des Affaires étrangères russe, Sergeï Ryabkov, le 4 janvier, en réponse à l’appel de Washington à un débat au Conseil de Sécurité de l’ONU sur la répression en Iran : “Nous mettons les États-Unis en garde contre toute tentative de s’ingérer dans les affaires internes de la République Islamique d’Iran”. Il a aussi averti Washington contre “la tentation d’utiliser cette période afin de soulever des questions à propos du JCPOA (l’accord nucléaire de 2015)”.

http://www.jforum.fr/trump-re-impose-des-sanctions-levees-par-laccord-nucleaire.html

Jan 08

PYONGYANG SE PRONONCE SUR UNE ÉVENTUELLE RÉUNIFICATION DES DEUX CORÉES

Le leader nord-coréen insiste sur la nécessité de créer les conditions d’une amélioration des relations bilatérales avec la Corée du Sud.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a qualifié de nécessaire l’amélioration des relations bilatérales avec la Corée du Sud qui se prépare aux Jeux olympiques à venir.

«Le Nord et le Sud ne doivent pas être ligotés par les événements du passé. Il est indispensable d’améliorer les relations bilatérales et de faire une percée en matière de réunification», a annoncé le leader nord-coréen, cité par Sputnik qui a repris l’agence centrale de presse nord-coréenne.

Pour Kim Jong-un, il est également important que les deux nations se réconcilient et se réunifient. Les deux pays ne devraient pas s’adresser à de tiers États pour régler la crise actuelle qui est une affaire intérieure de la nation coréenne, indique-t-il.

Séoul et Pyongyang se sont mis d’accord, vendredi 5 janvier, sur la tenue, mardi à Panmunjom, des discussions qui seront les premières depuis décembre 2015. Panmunjom est un village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-53).

La délégation sud-coréenne serait présidée par le ministre de l’Unification, Cho Myung-Gyon.

Le dirigeant nord-coréen a souhaité, lundi dernier, dans son message du Nouvel An, le succès de ces JO auxquels il envisage d’envoyer une délégation.

Pour rappel, Washington et Séoul ont décidé de reporter après les jeux Olympiques, leurs manœuvres militaires annuelles qui suscitent à chaque fois des crispations dans la péninsule.

http://www.presstv.com/DetailFr/2018/01/07/548116/Pyongyang-se-prononce-sur-une-ventuelle-runification-des-deux-Cores

NDLR: Press TV est une chaîne d’information internationale iranienne en langue anglaise.

Jan 08

USA : LES SERVICES DE RENSEIGNEMENT ONT SOUS-ESTIMÉ LA CORÉE DU NORD

Plusieurs responsables des services américains du renseignement ont avoué ne pas avoir assez prévenu l’administration Trump du danger que représentait l’évolution du programme nucléaire nord-coréen, selon The New York Times.

Au début de la présidence de Donald Trump, les services américains de renseignement ont informé la nouvelle administration qu’elle avait jusqu’à quatre ans en réserve pour arrêter ou ralentir le programme nucléaire nord-coréen, tout en reconnaissant que la Corée du Nord s’était déjà dotée de l’arme nucléaire, fait savoir le journal.

Compte tenu des dernières avancées de la Corée du Nord, de l’essai d’une bombe H (à hydrogène) et d’un missile balistique capable d’atteindre l’île américaine de Guam où les États-Unis disposent d’installations militaires stratégiques, les services de renseignement ont dû avouer leur négligence vis-à-vis du potentiel de Pyongyang. Ils ont aussi révélé que leurs estimations sur les chances de ce pays d’acquérir les technologies étrangères, dont celle pour la fabrication d’un moteur sur la base du RD-250 datant de l’ex-Union soviétique — constitué la base de la propulsion du missile soviétique R-36 — étaient fausses.

Selon le journal américain, en 2016 Pyongyang a effectué huit essais de missiles balistiques, dont sept ont échoué, ce qui a induit les services de renseignement des États-Unis en erreur concernant la vitesse de développement du programme nucléaire nord-coréen.

Le conseiller à la sécurité nationale du président américain, le lieutenant-général H.R. McMaster, a admis dans une interview que « la course nucléaire a été plus rapide et le délai plus serré que la plupart des gens ne l’auraient cru ».

« Trump ne s’attend pas à recevoir des informations complètes sur tout. Il n’a pas de problème avec les ambiguïtés et connaît les failles de l’homme », a-t-il ajouté.

http://www.presstv.com/DetailFr/2018/01/07/548152/Les-services-de-renseignement-US-ont-sousestim-la-Core-du-Nord

Jan 08

WASHINGTON VEUT LA SUSPENSION DES ESSAIS NUCLÉAIRES AVANT DE DISCUTER AVEC LA CORÉE DU NORD

L’arrêt des essais nucléaires nord-coréens est la première condition préalable avant que les États-Unis acceptent de discuter avec le régime de Pyongyang, a affirmé dimanche l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Les Nord-Coréens « doivent arrêter leurs essais. Ils doivent être d’accord pour parler de l’interdiction de leurs armes nucléaires« , avant toute discussion, a-t-elle expliqué lors d’une interview sur ABC News, soulignant que l’arrêt des essais nucléaires devrait durer « une période suffisamment longue » avant que les négociations puissent passer à « la phase suivante« .

« Cela ne va pas se faire du jour au lendemain« , a souligné Mme Haley. Donald Trump a indiqué que « nous pourrions parler à un moment avec la Corée du Nord, mais beaucoup de choses doivent se passer avant« , a-t-elle ajouté.

Le président américain Donald Trump avait indiqué la veille qu’il était prêt à s’entretenir avec le leader nord-coréen Kim Jong-Un, alors que de timides espoirs d’une détente entre les deux Corées sont apparus depuis la fin de semaine après des mois d’escalade et de rhétorique menaçante entre Pyongyang et Washington.

La Corée du Nord a procédé ces derniers mois à plusieurs lancements de missiles et en septembre à un sixième test nucléaire, le plus puissant à ce jour.

Dans son message de Nouvel An, Kim Jong-Un a assuré que Pyongyang avait atteint son but, accéder au statut d’État nucléaire.

Nikki Haley a défendu les déclarations fortes du président Trump, qui avaient contribué à l’escalade des tensions avec Pyongyang. M. Trump avait notamment menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord en cas d’attaque contre l’Amérique ou ses alliés.

« Il est très important que nous ne le laissions pas devenir si arrogant qu’il ne réalise pas ce qui arriverait réellement s’il lançait une guerre nucléaire« , a-t-elle dit, en évoquant Kim Jong-Un.

L’ambassadrice américaine aux Nations unies a également salué les prochaines discussions inter-coréennes consacrées à une participation de la Corée du Nord aux jeux Olympiques d’hiver, qui débutent le 9 février à Pyeongchang, en Corée du Sud, estimant que « c’est bon pour les États-Unis qu’elles (les deux Corées) reprennent les discussions« .

Avec AFP

https://www.voaafrique.com/a/washington-veut-la-suspension-des-essais-nucleaires-avant-de-discuter-avec-la-coree-du-nord/4197025.html

Jan 07

LIVRE: BURE, LA BATAILLE DU NUCLÉAIRE

Le nouveau livre de la collection Reporterre : une enquête-reportage sur la lutte contre les déchets nucléaires, comme on ne l’a jamais racontée.

Un sarcophage gigantesque censé tenir des dizaines de milliers d’années ! C’est au nom de ce projet fou, qui serait le plus grand chantier d’Europe, que Bure, entre Meuse et Haute-Marne, se transforme en zone grillagée et quadrillée de gendarmes. Pour l’industrie nucléaire, ce territoire relégué serait l’exutoire ultime des déchets radioactifs qui s’accumulent et dont elle ne sait que faire.

Sur place, les habitants sont de plus en plus nombreux à s’insurger contre la transformation de leur région en « poubelle atomique ». Depuis deux ans, des dizaines de personnes s’installent sur place, occupent une forêt, bloquent les travaux. La nouvelle bataille du nucléaire est lancée, pour empêcher de croire que cette industrie peut continuer sans risque, réinventer des manières de vivre et lutter, imaginer d’autres possibles pour ce pays.

Dans cette enquête où l’engagement vécu se mêle au regard journalistique, Gaspard d’Allens et Andrea Fuori n’écrivent pas un livre de plus sur le nucléaire, mais l’histoire en train de se vivre d’une rébellion déterminée contre la violence du monde industriel. Ils révèlent aussi les méthodes manipulatrices des nucléaristes, et la façon dont l’État achète les consciences pour imposer le silence. Le combat vaut d’être mené : ce récit impétueux et pourtant réfléchi convainc qu’il est possible de faire reculer les puissants. Plutôt que la contamination radioactive, parier sur la contagion joyeuse d’une force de résistance.

Gaspard d’Allens est journaliste. Il a déjà publié Les Néo-paysans (Seuil-Reporterre), avec Lucile Leclair, un livre qui a révélé l’importance d’une passionnante mutation agricole, et qui connaît un grand succès.

Andrea Fuori s’est installé à Bure il y a plus d’un an, complètement bouleversé par ce qui s’y jouait. Il écrit occasionnellement pour Reporterre et des médias autonomes.

« Bure, la bataille du nucléaire », Gaspard d’Allens et Andrea Fuori, éd. Seuil-Reporterre, 160 p., 12 €.

https://reporterre.net/Bure-la-bataille-du-nucleaire

Jan 07

LE NOUVEAU SYSTÈME RUSSE DE MISSILES NUCLÉAIRES YARS ENCORE CONSOLIDÉ

La vitesse de livraison des futurs équipements aux Forces russes des fusées stratégiques (RVSN) a doublé. Ces nouveautés aideront à renforcer l’état technique et logistique du RS-24 Yars, le nouveau système russe de missiles nucléaires, a communiqué le service de presse du ministère russe de la Défense.

Le service de presse du ministère russe de la Défense a annoncé l’augmentation de la vitesse de livraison de nouvelles machines aux Forces russes des fusées stratégiques (RVSN). Ainsi, en 2017, les RVSN ont obtenu plus de 30 machines dernier cri АРС-14КМ et РХМ-6.

L’АРС-14КМ c’est la station de la nouvelle génération. Elle est destinée à effectuer la décontamination chimique, la désactivation et la désinfection des armes et des matériels militaires. La machine est également capable de désinfecter l’environnement, ainsi que les réserves d’eau.

Le РХМ-6, quant à lui, est la machine chimique de renseignement qui transmet des données au système automatisé de commandement. Grâce à cet équipement, les militaires peuvent obtenir des informations sur la situation radioactive, chimique et météorologique en temps réel.

Comme l’indique le ministère russe de la Défense, ces nouveautés aideront à renforcer le RS-24 Yars, missile à propergol solide et à trois étages.

Le RS-24 Yars (code Otan SS-X-29), missile à propergol solide et à trois étages, est une version modernisée du missile monobloc RS-12M2 Topol-M. Il est capable de porter une ogive nucléaire à têtes multiples de 150 à 300 kilotonnes à guidage individuel. Selon ses concepteurs, aucun système de défense antimissile n’est actuellement capable de parer une attaque de missiles Yars, dont la portée s’étend jusqu’à 11.000 km.

Le système de contrôle du complexe peut assurer la réception de l’ordre de tir dans les conditions les plus difficiles, y compris lors d’une action nucléaire et d’un brouillage de guerre électronique. Le poids de départ du missile est de 50 tonnes. Il peut effectuer une manœuvre programmée au décollage pour franchir un nuage d’explosion nucléaire de missiles attaquants. Il peut aussi accomplir des manœuvres au début de la trajectoire en combinaison avec une zone active très brève ce qui complique significativement son interception même par les moyens avancés de la défense antimissile américaine.

Pour rendre la vie encore plus difficile à un éventuel ennemi, le missile est doté de plusieurs moyens de lutte contre la défense antimissile: des leurres actifs et passifs, ou encore des dispositifs altérant les caractéristiques des ogives.

Le système a été lancé en 2009 et mis en service opérationnel l’année suivante. En cinq ans, 12 régiments des RVSN ont déjà été équipés de systèmes de missiles de nouvelle génération Yars.

https://fr.sputniknews.com/defense/201801061034646197-RVSN-defense-militaires/

NDLR : je rappelle pour information que Sputniknews est un média russe

Jan 07

TRUMP SE DIT PRÊT À S’ENTRETENIR AVEC KIM

Nucléaire nord-coréen

Le président américain souhaite que le dégel des relations entre les deux Corées se poursuive au-delà des JO.

Le président américain, Donald Trump s’est dit prêt samedi à s’entretenir avec le leader nord-coréen Kim Jong-Un, exprimant l’espoir que les discussions prévues entre Pyongyang et Séoul sur les JO pourraient engager une désescalade. Cette déclaration de Donald Trump tranche avec sa rhétorique volontiers belliqueuse à l’égard de Kim Jong-Un, avec lequel il a engagé ces derniers mois une joute verbale au fil des tests nord-coréens de missiles et de charges nucléaires.

«Je crois toujours aux discussions», a déclaré le président américain depuis la résidence présidentielle de Camp David, interrogé sur la possibilité d’un échange téléphonique avec le leader nord-coréen. «Je le ferais bien sûr, je n’ai aucun problème avec ça», a-t-il ajouté, tout en soulignant que cela ne pourrait se faire sans conditions préalables.

Donald Trump a salué les récents signes de détente dans la péninsule coréenne, marqués par la participation «vraisemblable» d’athlètes nord-coréens aux JO d’hiver en Corée du Sud, et a dit espérer que les discussions prévues entre les deux pays iraient «au-delà» du simple cadre sportif.

«J’adorerais les voir aller au-delà des JO», a-t-il déclaré au sujet des discussions inter-coréennes à venir. «Je veux vraiment que cela marche entre les deux pays, j’aimerais les voir participer aux jeux Olympiques et les choses pourraient peut-être continuer à partir de là», a-t-il expliqué.

Le représentant nord-coréen au Comité international olympique (CIO), Chang Ung, avait annoncé plus tôt samedi que la Corée du Nord «participera vraisemblablement» aux jeux Olympiques qui se tiendront à Pyeongchang du 9 au 25 février, selon des propos relayés par l’agence de presse japonaise Kyodo. M. Chang se rendait à Lausanne (Suisse), siège du CIO, où il pourrait discuter, selon Kyodo, de la possible participation de la Corée du Nord aux Jeux d’hiver.

Les déclarations du responsable nord-coréen sont le prolongement des signaux allant dans le sens d’une amorce d’apaisement, après des mois d’escalade et de rhétorique menaçante entre Pyongyang et Washington. Séoul et Pyongyang se sont mis d’accord vendredi pour tenir des discussions, les premières depuis décembre 2015, mardi à Panmunjom, le village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-53). Le ministre sud-coréen de l’Unification, Cho Myung-Gyon, devrait présider la délégation qui comprendra notamment un vice-ministre chargé des Sports.

Washington et Séoul ont convenu également de reporter après les jeux Olympiques leurs manœuvres militaires annuelles qui suscitent à chaque fois des crispations dans la péninsule. De son côté, le dirigeant nord-coréen a déclaré lundi dans son message du Nouvel An que son pays souhaitait le succès de ces JO et envisageait d’y envoyer une délégation.

«Magnifique pour l’humanité»

Le président américain s’est au passage attribué les mérites de ce dégel, conséquences de ses «déclarations fortes» contre Kim Jong-Un. Il dit espérer «arriver à une solution très pacifique». «Si quelque chose peut ressortir de ces discussions, cela serait magnifique pour toute l’humanité», a conclu Donald Trump. «Au moment opportun, nous nous impliquerons» dans ces discussions, a-t-il assuré.

Séoul et les organisateurs des JO souhaitent que Pyongyang y participe afin de faire baisser la tension créée par les programmes nucléaire et balistique poursuivis par la Corée du Nord, en violation des résolutions de l’ONU.

Pyongyang a procédé ces derniers mois à plusieurs lancements de missiles et en septembre à un sixième test nucléaire, le plus puissant à ce jour.

Dans son message de Nouvel An, Kim Jong-Un a appelé la Corée du Nord à produire en masse têtes nucléaires et missiles balistiques. Il a assuré également que la Corée du Nord avait atteint son but, accéder au statut d’État nucléaire.

Donald Trump a riposté aux essais nord-coréens en alternant sanctions économiques, pressions diplomatiques, menaces – il s’est engagé à la tribune de l’ONU à «détruire totalement» la Corée du Nord en cas d’attaque lancée par Pyongyang – et insultes à l’endroit de Kim Jong-Un, qualifié de «petit homme-fusée».

Les deux Corées sont toujours techniquement en état de guerre depuis 1953, la fin de la guerre dans la péninsule n’ayant été marquée que par un armistice et non par un traité de paix. Ces quelque soixante années de tension ont été émaillées de nombreux incidents et affrontements.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté fin décembre un nouveau train de sanctions à l’encontre de Pyongyang par un vote unanime sur une résolution américaine, en interdisant la livraison de près de 75% des produits raffinés pétroliers à la Corée du Nord et en ordonnant le rapatriement de tous les ressortissants nord-coréens travaillant à l’étranger d’ici la fin de 2019.

La Chine, soutien traditionnel de Pyongyang avec la Russie, a indiqué qu’elle avait commencé à mettre en œuvre ces nouvelles restrictions samedi.

L’opposition sud-coréenne a accueilli avec prudence ces signes de dégel, mettant en garde contre des concessions au Nord pour s’assurer de sa participation aux JO. (afp/nxp)

https://www.tdg.ch/monde/trump-salue-signes-detente-2-corees/story/19414135

Jan 07

LA CHINE A UNE OGIVE NUCLÉAIRE FURTIVE

Selon les informations recueillies par le magazine The Diplomat, la Chine a testé le DF-17 en novembre dernier. Ce véhicule planant hypersonique (VPH) peut transporter des ogives nucléaires tout en volant à basse altitude afin d’échapper aux radars.

Le premier test remonte à 2014, l’Armée chinoise a également effectué quelques essais en 2016. Le DF-17 aurait une portée comprise entre 1 800 et 2 500 kilomètres, sa vitesse de croisière est estimée à Mach 10 et comme les missiles balistiques traditionnels, il peut transporter une charge explosive, de nature conventionnelle ou nucléaire. La mise en service du DF-17 est prévue pour 2020.

Les VPH, un nouveau défi pour les systèmes de défense anti-aérienne

Les VPH constituent un casse-tête pour les défenses anti-aériennes car ils évoluent à basse altitude alors que les systèmes actuels sont conçus pour balayer les zones en haute altitude. Ils passeraient ainsi facilement sous les radars. Toutefois, quand ils amorcent leur descente, ils volent plus lentement que les missiles standards. La défense antimissile aurait alors plus de temps pour les contrer.

Face à cette nouvelle menace, un nouveau paramétrage des boucliers antimissiles serait nécessaire. Les pays dont la technologie militaire n’est pas suffisamment avancée pourraient avoir des difficultés à relever ce défi. Pour information, les États-Unis et la Russie développent également des VPH.  

https://www.tomsguide.fr/actualite/chine-test-missile-vph,60735.html

Jan 06

OÙ EST LE BOUTON? UNE FEMEN AUX SEINS NUS ET DEGUISÉE EN TRUMP EN UKRAINE (VIDÉO)

Une action d’une activiste du groupe Femen déguisée en Donald Trump a eu lieu près de l’ambassade américaine à Kiev, selon le portail ukrainien Strana.

Une partisane du mouvement Femen déguisée en Donald Trump a organisé une action concernant la dispute nucléaire entre Pyongyang et Washington près de l’ambassade américaine à Kiev.

«À la recherche du gigantesque bouton rouge déclaré par Donald Trump, une Femen a dénudé le Président américain près de l’entrée à l’ambassade des États-Unis», cite le portail Strana en reprenant la déclaration du mouvement.

La femme avec l’inscription Monsieur le Grand Bouton sur son corps tient une valise symbolisant une mallette nucléaire. Selon les Femen, l’organisation se moque de cette manière de la guerre entre deux «obèses chauvinistes».

«Leur rhétorique ramène la civilisation à l’époque de la guerre froide avec son culte de la matraque nucléaire et de l’hégémonie des violeurs. Messieurs les Présidents, si Dieu ne vous a pas gâté au niveau du bouton, ce n’est pas encore une raison de détruire le monde!», souligne l’organisation.

Selon le portail, cette activiste avait déjà fait une action de résonance lors de la manifestation des partisans de l’ex-Président géorgien Mikhaïl Saakachvili. Nue, elle avait posé en bonnet de bain et avec une pagaie. Les inscriptions sur son corps appelaient le Président ukrainien Piotr Porochenko et M. Saakachvili à «pagayer» hors d’Ukraine.

Auparavant, Kim Jong-un avait déclaré qu’il avait toujours un bouton nucléaire sur son bureau. Le chef de l’État américain avait réagi à ces mots en annonçant que son bouton nucléaire était plus grand et plus fort.

Pour voir la vidéo (1mn14 sec), cliquer sur :

https://fr.sputniknews.com/international/201801051034634048-bouton-femen-trump-ukraine/

Jan 06

OUVERTURE NORD-CORÉENNE: UN RISQUE DE PIÈGE DERRIÈRE L’ESPOIR DE DÉTENTE

Ce qui s’apparente à un virage radical de la diplomatie nord-coréenne et un espoir de détente pourrait n’être en fait qu’un piège tendu à Washington et Séoul, avancent des experts convaincus que Pyongyang cherche à mettre à mal une alliance vieille de 70 ans.

Après deux années d’impasse du fait de l’accélération des programmes balistique et nucléaire nord-coréen, la situation, brusquement, a évolué, au point que représentants du Nord et du Sud devraient se retrouver mardi pour leurs premières discussions en deux ans.

Lors de son discours du Nouvel An, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a affirmé qu’il avait en permanence le « bouton nucléaire » à portée de doigt.

Mais il a surpris avec un geste d’ouverture, proposant d’envoyer en février une délégation aux jeux Olympiques d’hiver de Pyeongchang.

Un virage à 180 degrés du dirigeant nord-coréen, qui avait jusqu’alors toujours ignoré les efforts diplomatiques du président sud-coréen Moon Jae-In.

Depuis tout s’est accéléré: Séoul a proposé des négociations, le Nord et le Sud ont rebranché leur ligne téléphonique, Washington et Séoul ont décidé de reporter leurs grandes manœuvres et Pyongyang a accepté vendredi une rencontre.

De façon inhabituelle, la Corée du Nord -qui menace régulièrement de réduire Séoul en cendres- a cette fois respectueusement parlé du « président » Moon.

Certains doutent cependant des bonnes intentions de Pyongyang qui ne chercherait qu’à enfoncer un coin dans la relation entre Séoul et Washington.

‘Trop de champagne’

Force est de constater que Séoul et Washington ne sont pas exactement sur la même ligne. Car si M. Moon préconisait le dialogue avant même son arrivée au pouvoir en mai, la Maison blanche exige de Pyongyang des mesures concrètes en vue de son désarmement comme préalable à toute discussion.

« Il est évident que le discours du Nouvel An de Kim vise à enfoncer un coin entre les États-Unis et le Sud« , déclare à l’AFP Park Won-Gon, professeur de sciences politiques à l’Université Handong. « Pour le Sud, il ne faut surtout pas jouer le jeu du Nord.« 

Voilà des mois que MM. Kim et Trump échangent outrances et insultes. Ce dernier s’est vanté ces derniers jours d’avoir un bouton nucléaire « beaucoup plus gros » que celui de Kim Jong-Un.

Dans la même veine, le conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale, H.R. McMaster, a avancé que quiconque avait jugé rassurant le discours du Nouvel An du dirigeant nord-coréen avait « bu trop de champagne pendant les fêtes« .

Certaines sources rapportent que la CIA a prévenu M. Trump qu’il n’avait plus qu’une « fenêtre de trois mois » pour agir s’il souhaitait encore empêcher Pyongyang d’avoir un missile intercontinental capable d’envoyer une bombe atomique sur Washington.

‘Bouffée d’oxygène’

Un an après l’alternance à la Maison blanche, Washington n’a toujours pas nommé son nouvel ambassadeur à Séoul.

Et pour Jon Wolfsthal, qui était sous Barack Obama directeur du contrôle des armements au Conseil de sécurité nationale, les États-Unis n’ont laissé d’autre choix à M. Moon que de « suivre son propre chemin« .

« Il était facile pour Kim de lancer une offensive de charme pour diviser l’alliance« , a-t-il dit sur Twitter.

La Corée du Nord mène-t-elle vraiment la danse? Pas sûr selon d’autres experts qui pensent que le régime de Pyongyang est désormais acculé par les sanctions et la politique américaine d’isolement.

« Kim s’inquiétait vraisemblablement de la possibilité réelle que les États-Unis engagent l’option militaire. Il a trouvé une façon de l’éviter » en reprenant langue avec le Sud, avance à l’AFP le professeur Koh Yu-Hwan de la Dongguk University.

« En profitant des Jeux de Pyeongchang, le Nord prend une bouffée d’oxygène face aux sanctions étouffantes et aux pressions« , estime aussi Kim Dong-Yub de l’Université Kyungnam de Séoul.

Rien ne dit que cette accalmie durera, surtout si les manœuvres américano-coréennes débutent dès la fin de la « trêve » olympique.

« Les gestes symboliques comme une participation aux Jeux ou des discussions à Panmunjom ne servent en eux-mêmes à rien« , observe Adam Mount, de la Fédération des scientifiques américains.

« Mais s’ils permettent une pause dans les essais (de missiles) ou s’ils sont une étape vers d’autres discussions, ils sont vitaux. »

http://www.boursorama.com/actualites/ouverture-nord-coreenne-un-risque-de-piege-derriere-l-espoir-de-detente-f7a40ffd90eac7ea6334e981cfcd142a

NDLR : sur ce site, vous trouverez en dessous de cet article une courte vidéo (1mn15 sec) rappelant historique de la guerre de Corée qui a fait entre 2 et 4 millions de morts ou de disparus. Connaître l’histoire est indispensable pour mieux comprendre l’actualité.

Jan 06

BEAUCOUP D’ABRIS POUR RIEN

Bienvenue en 2018 et bonne année à tous.

Dès le 3 janvier, le ton était donné une fois de plus via le compte Twitter du pétaradant Donald Trump qui répliquait aux vœux du nouvel an du trublion nord-coréen gominé Kim Jong-un vitupérant une fois de plus contre l’ennemi américain selon lui à portée de ses missiles dernier cri : «Il y a toujours un bouton nucléaire sur mon bureau. C’est la réalité, pas une menace.» Ce à quoi Trump répondait avec ce sang-froid et ce goût de la mesure qui n’appartiennent qu’à lui : «Est-ce que quelqu’un, dans ce régime appauvri et affamé, peut l’informer que j’ai moi aussi un bouton nucléaire et qu’il est bien plus gros et bien plus puissant que le sien. Et mon bouton fonctionne !» On n’épiloguera pas (enfin, si d’ailleurs…) sur cette étrange «guerre des boutons» inaugurale qui redistribue à l’échelon de l’anéantissement mondial les querelles villageoises des têtes à claques Longeverne et Velrans imaginées par Louis Pergaud en 1912, soit deux ans avant un conflit de cuisante mémoire. Le manque de self-control de ce duo de Dumb and Dumber de l’Apocalypse pour les Nuls oblige quand même à ne pas trop rire devant la fortune nouvelle des vendeurs d’abris antiatomiques, notamment au Japon où notre correspondante Rafaële Brillaud a le plaisir de vivre.

Dans cette contrée voisine de la Corée du Nord écrit-elle, «chaque tir orchestré par Pyongyang déclenche le système J-Alert : les sirènes retentissent, les alarmes sur téléphones portables s’affolent et la peur s’empare des habitants». Devant l’objectif, le patron de Shelter Co, Seiichiro Nishimoto, 81 ans (ce qui veut dire qu’il avait 9 ans lors de l’attaque d’Hiroshima), aurait ainsi vendu, clés en main, 25 abris en 2017, et il ne se fait pas prier pour faire visiter celui qu’il s’est fait construire dans le sous-sol de sa maison d’Osaka. Exception faite du port du masque à gaz qui n’est, espérons-le, pas de rigueur en dehors des périodes où les toilettes (sèches ?) ne fonctionnent pas (mais nul plombier ne vous entend crier), tout est presque… sympa. Certes, le mobilier ne transpire pas la modernité mais il y a quelque chose de poignant dans la logique cumulative des posters, tableaux et papiers peints qui tentent, tel un prélude à une longue claustration, d’offrir aux réfugiés la forêt, la montagne, la plage, un ciel serein comme prélevé dans un film de Miyazaki. Ces images sont déjà dépeuplées, elles anticipent un monde où l’humain n’est plus là pour tout casser et salir, et où les habitants du sous-sol, livrés volontairement aux affres d’une attente sans fin ponctuée de disputes, d’élans d’amour convulsif, de dépressions et de boîtes de conserve avalées à petite dose, ne pourront agripper du regard que ces seuls horizons radieux et s’y cogner la tête afin de vérifier la solidité des parois.

Il ne faut pas chercher longtemps sur Google pour trouver de nombreuses occurrences de projets similaires de plus grande ampleur, notamment la forteresse Vivos Europa One en Allemagne,
25000 m2 d’une ville antiatomique pour rescapés fortunés, avec piscine, studio de télé, banque d’ADN, etc.

Pour se préparer psychologiquement à cet avenir de taupe nidifiant son destin sous la terre, dont Kafka a représenté génialement le labeur et l’angoisse dans sa nouvelle terminale le Terrier, les touristes peuvent déjà dormir au bon soin du site Airbnb dans une ancienne base de lancement de missiles transformée en loft, ou dans un bunker de la ligne Maginot pour 75 euros la nuit : «Les hôtes ont été très attentionnés, le petit-dej avec les confitures maison était succulent !» commente une locataire exaltée. L’ennemi n’a qu’à bien se tenir.

Article de Didier Péron (Photo Kim Kyung-Hoon. Reuters)

http://next.liberation.fr/images/2018/01/05/beaucoup-d-abris-pour-rien_1620653

Jan 05

PYONGYANG ACCEPTE L’OFFRE SUD-CORÉENNE DE DISCUSSIONS MARDI PROCHAIN

Pyongyang a accepté ce vendredi une offre sud-coréenne de discussions avec Séoul mardi prochain, qui seraient une première depuis 2015 et un nouveau signe de détente entre les deux voisins, à un mois des jeux Olympiques.

Cette annonce est intervenue quelques heures après que Washington et Séoul ont convenu de reporter leurs manœuvres militaires initialement prévues pendant les JO, des exercices qui, chaque année, contribuent à aggraver la situation sur la péninsule.

«La Corée du Nord nous a faxé ce matin un message, indiquant qu’elle acceptait la proposition de discussions le 9 janvier faite par le Sud», a déclaré à l’AFP un responsable du ministère sud-coréen de l’Unification, responsable des relations avec le Nord.

La rencontre aura lieu à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-53), et portera notamment sur les jeux Olympiques de Pyeongchang (9 au 25 février) en Corée du Sud et sur «la question de l’amélioration des relations inter-coréennes», selon le porte-parole du ministère de l’Unification Baek Tae-Hyun.

Cette reprise de dialogue intervient après deux années de dégradation du climat sur la péninsule, au cours desquelles la Corée du Nord a mené trois nouveaux essais nucléaires et multiplié les essais de missiles.

Elle affirme aujourd’hui avoir atteint son objectif militaire, à savoir être en mesure de menacer du feu nucléaire l’ensemble du territoire continental américain.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un l’a réaffirmé lundi lors de son adresse à la Nation du Nouvel An, en avertissant qu’il avait en permanence à sa portée le «bouton» atomique.

Mais il a aussi profité de ce discours pour, fait rarissime, tendre la main en direction du Sud, et évoquer une participation d’athlètes nord-coréens aux JO. Et Séoul a répondu en proposant la tenue le 9 janvier de discussions de haut niveau à Panmunjom.

Les deux Corées ont dès lors remis en service mercredi leur liaison téléphonique qui était coupée depuis 2016, continuant à jouer l’ouverture malgré les railleries du président américain Donald Trump qui s’était vanté d’avoir un bouton nucléaire «beaucoup plus gros» que celui de Kim Jong-Un.

Autre signe d’apaisement, Donald Trump et son homologue sud-coréen Moon Jae-In ont convenu jeudi soir que leurs manœuvres conjointes «n’auraient pas lieu durant la période olympique».

L’objectif étant que «les forces des États-Unis et de la Corée du Sud puissent concentrer leurs efforts sur la sécurité des Jeux», a confirmé la Maison-Blanche dans un communiqué.

Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a précisé que les manœuvres Key Resolve et Foal Eagle auraient lieu après les jeux Paralympiques, qui s’achèvent le 18 mars.

Trump avait dans un tweet indiqué que la reprise du dialogue inter-coréen était «une bonne chose».

À Séoul, le porte-parole du ministère de l’Unification a indiqué que le nom des participants aux discussions de mardi et la taille des deux délégations seraient décidés dans des échanges de fax.

«Je crois que le Nord va également avoir des discussions la semaine prochaine avec le Comité international olympique», a-t-il dit.

Le Nord et Sud, qui sont aujourd’hui encore techniquement toujours en guerre, sont séparés depuis des décennies par la Zone démilitarisée (DMZ), l’une des frontières les plus fortement armées du monde.

Les derniers pourparlers bilatéraux de décembre 2015 s’étaient soldés par un échec, et avaient été suivis quelques semaines plus tard par un quatrième essai nucléaire nord-coréen. Deux autres ont eu lieu depuis.

Le président sud-coréen Moon Jae-In est de longue date partisan du dialogue, mais Washington a toujours dit qu’il n’accepterait pas une Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire.

Pyongyang, qui soutient avoir besoin de l’arme atomique pour se protéger de l’hostilité de Washington, est sous le coup de multiples trains de sanctions internationales.

Sur la seule année 2017, le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté trois nouvelles séries de sanctions visant à contraindre Pyongyang à renoncer à ses programmes balistique et nucléaire.

Mais ces mesures de rétorsion n’ont pas fait céder Pyongyang, aggravant les inquiétudes internationales du fait de l’imminence des jeux de Pyeongchang.

Ce rapprochement intervient dans un contexte de suspicion, voire d’hostilité de la part de Washington alors que MM. Kim et Trump échangent des insultes personnelles depuis des mois.

Le président américain a traité M. Kim de «petit gros» et «d’homme-fusée». Le dirigeant nord-coréen a qualifié l’occupant de la Maison-Blanche de «vieux gâteux malade mental».

Agence France-Presse,|publié le 4 janvier 2018 à 22:04

http://www.tvanouvelles.ca/2018/01/04/pyongyang-accepte-loffre-sud-coreenne-de-discussions-mardi-prochain-1

Jan 05

AREVA/LA HAGUE: POURSUITE DU MOUVEMENT DE GRÈVE

Rennes – La poursuite de la grève à l’usine de retraitement des déchets nucléaires d’Areva à Beaumont-Hague (Calvados) a été votée jeudi à l’unanimité en assemblée générale, a constaté un correspondant de l’AFP.

Se prononçant pour un durcissement du mouvement lancé début décembre, les salariés, entre 300 à 350, étaient nettement plus nombreux que les fois précédentes à cette assemblée générale qui s’est déroulée en fin d’après-midi. Ils se sont donné rendez-vous lundi matin devant les grilles de l’usine.

De son côté, la direction a fait savoir que, depuis le 1er janvier, elle demande aux salariés non-grévistes, postés en 5/8, de prendre des congés. Si le mouvement se poursuit, cette demande pourrait être étendue à l’ensemble des salariés du site, a-t-elle indiqué. L’usine, qui était en arrêt de maintenance programmé de début octobre à début décembre, selon la direction, emploie près de 2 900 personnes hors sous-traitance.

Appuyés par la CGT, la CFDT et l’UNSA, les grévistes contestent la suppression de la possibilité de récupérer les jours fériés, que la direction ne veut plus compenser que financièrement.

L’usine Areva de la Hague est le site qui concentre le plus de matière radioactive en Europe.

AFP / 04 janvier 2018 19h28

https://www.romandie.com/news/Areva-La-Hague-poursuite-du-mouvement-de-greve/877903.rom

Jan 05

EDF CONTRAINT DE REVOIR À LA HAUSSE SES PROVISIONS POUR DÉMANTÈLEMENT

  Un arrêté (voir le site <https://www.actu-environnement.com/ae/reglementation/arrete-du-29-12-2017-trer1735308a.php>)  publié au Journal officiel du 30 décembre 2017 modifie le calcul du taux d’actualisation utilisé pour fixer le montant des provisions pour le démantèlement des installations nucléaires et le stockage des déchets radioactifs. Aux conditions économiques actuelles, la nouvelle formule oblige EDF à augmenter de plusieurs milliards d’euros ses provisions <https://www.actu-environnement.com/ae/news/actif-dedies-nucleaire-edf-rte-19338.php4> . Nicolas Goldberg, consultant chez Colombus consulting, estime que « cette baisse du taux d’actualisation est l’un des derniers outils de pilotage direct dont dispose l’État pour forcer EDF à mieux provisionner ses charges de démantèlement ».

Le taux d’actualisation

Le taux d’actualisation est le taux retenu pour évaluer la valeur à la date d’aujourd’hui de dépenses futures. Il prend en compte le fait qu’un « euro d’aujourd’hui » vaut plus qu’un « euro de demain« , notamment parce que l’euro d’aujourd’hui peut être investi et valoir plus d’un euro demain.

Plus le taux d’actualisation est bas, plus il est nécessaire de provisionner des sommes importantes pour couvrir des charges futures. Ainsi, la baisse du taux d’actualisation implique une hausse des provisions qui a deux impacts sur les comptes de l’entreprise : elle réduit le résultat net (les bénéfices) et diminue la trésorerie (par une hausse de la dotation au portefeuille d’actifs dédiés à la couverture des charges futures).

Le taux d’actualisation retenu en 2016 par EDF est de 4,3%. Ce niveau élevé fait planer un doute sur la capacité de l’entreprise à couvrir ses charges futures. En conséquence, le nouvel arrêté l’abaisse progressivement pour le ramener en dix ans à une valeur plus conforme à la pratique couramment admise. Il passera d’ici 2026, de 4,3% à la moyenne des quatre dernières années du taux des bonds (NDLR : obligations) du Trésor français à 30 ans (TEC 30) majorée de 100 points de base.

Un taux d’actualisation surévalué

Jusqu’à maintenant, le taux d’actualisation retenu par EDF, Areva, ou encore le CEA, ne pouvait dépasser la moyenne du rendement des bonds du Trésor français à 30 ans. Cette moyenne était calculée sur les 10 dernières années et majorée de 100 points de base. Mais « il semble [que le] taux d’actualisation [retenu par EDF] soit réellement surévalué au regard du rendement réel du portefeuille d’actifs », estimaient les députés de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale dans un rapport d’information sur la faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires françaises. Le rapport parlementaire <https://www.actu-environnement.com/ae/news/nucleaire-edf-couts-demantelement-sous-estimation-28383.php4> , adopté en février 2017, se base notamment sur les taux applicables en Suisse (3,5% en 2015), en Belgique (3,5% en 2016) et en Suède (un taux moyen réel de l’ordre de 2 à 2,5%). Alors qu’EDF applique un taux de 4,3%, les députés jugent le taux de 3,5% « plus conforme à la réalité des marchés du moment ».

Cette surévaluation du taux d’actualisation français n’a pas échappé aux fonctionnaires du ministère de l’Économie. L’Agence des participations de l’État (APE), qui dépend de Bercy, constate que « ce taux, qui était historiquement de 5% depuis 2006, a commencé à baisser régulièrement depuis 2012. Il s’établit [début 2016] à 4,5% mais le mouvement de baisse devrait se poursuivre ». En décembre 2016, EDF l’a ramené à 4,3%. Cette baisse traduit la chute des taux d’intérêt à 30 ans qui se situent actuellement autour de 1,7%. Son impact est loin d’être neutre : en 2016, EDF a été contraint d’augmenter ses provisions <https://www..actu-environnement.com/ae/news/demantelement-nucleaire-provisions-edf-28512..php4>  de 1.095 millions d’euros.

Retour à la moyenne des quatre dernières années

La nouvelle formule prévoit de ramener progressivement le taux d’actualisation à la moyenne sur les quatre dernières années (contre dix années actuellement) du rendement des bonds du Trésor à 30 ans, majorée de 100 points de base. Concrètement, la formule prévoit de calculer chaque année une moyenne pondérée entre le taux d’actualisation retenu par EDF dans ses comptes de 2016 (4,3%) et la valeur de la moyenne sur les quatre dernières années du TEC 30. « La pondération affectée au montant de 4,3% décroît d’une manière linéaire, de 100% pour la clôture relative à l’année 2016 jusqu’à 0% pour la clôture relative à l’année 2026 », détaille l’arrêté.

Paradoxalement, cette nouvelle formule constitue un retour à la situation qui prévalait jusqu’en 2015. Le plafond réglementaire fixé par l’arrêté de 2007 prenait déjà en compte une moyenne du TEC 30 calculée sur quatre ans. C’est un arrêté de mars 2015 <https://www.actu-environnement.com/ae/reglementation/arrete-du-24-03-2015-devr1502665a.php>  qui a étendu le calcul de la moyenne aux dix dernières années <https://www.actu-environnement.com/ae/news/charges-nucleaires-calcul-provisions-modifie-24192.php4> . Il a permis de ralentir la baisse du taux d’actualisation d’EDF. En effet, compte tenu de l’évolution des taux d’intérêt, celui-ci aurait dû être sensiblement abaissé puisqu’entre septembre 2013 et mars 2015, le TEC 30 s’est effondré <http://webstat.banque-france.fr/fr/quickview.do?SERIES_KEY=255.FM.D.FR.EUR.FR2.BB.FRMOYTEC30.HSTA>  de 3,6 à 1,1%, pour évoluer ensuite entre 0,9 et 2,1%.

Une facture à plusieurs milliards d’euros

Il est difficile d’évaluer l’impact exact de la nouvelle formule puisqu’elle dépend de l’évolution future des taux à long terme. Mais, plus ces derniers resteront bas, plus EDF devra revoir à la hausse ses provisions. Toutefois, le nouveau mode de calcul reste plutôt favorable à EDF car il ne prévoit qu’un retour très progressif à la moyenne du TEC 30 calculé sur quatre ans. Selon les comptes consolidés d’EDF, l’impact d’une variation du taux d’actualisation sur la provision inscrite au bilan serait de l’ordre de 1,47 milliard d’euros pour chaque baisse de 20 points de base du taux d’actualisation. Quant au résultat net de l’entreprise, il serait amputé de 765 millions d’euros. Dans ses derniers comptes, l’entreprise retenait l’hypothèse de deux baisses successives de 20 points de base : le taux d’actualisation retenu est de 4,1% pour 2017 et de 3,9% pour 2018.

Un retour immédiat à la règle en vigueur entre 2007 et 2014 aurait probablement ramené le taux d’actualisation aux alentours de 3,5%, comme en Suisse et en Belgique. Cette situation a été vécue par Engie lorsqu’en décembre 2016 le régulateur belge a demandé à l’entreprise d’abaisser son taux d’actualisation de 4,8% à 3,5%. Engie « a été contraint de rehausser le montant de ses provisions pour le démantèlement <https://www.actu-environnement.com/ae/news/cout-demantelement-nucleaire-edf-modele-allemand-27965.php4>  et la gestion de l’aval du cycle du combustible de 1,8 milliard d’euros« , note le rapport parlementaire. « Selon le cabinet AlphaValue, si une décision similaire était imposée à EDF, l’électricien devrait provisionner 6 milliards d’euros supplémentaires« , poursuivent les députés.

Philippe Collet, journaliste, rédacteur spécialisé https://www.actu-environnement.com/contact/philippe-collet/

https://www.actu-environnement.com/ae/news/nucleaire-demantelement-dechets-edf-taux-actualisation-provision-30389.php4

Jan 04

DOEL 3 : ÉCOLO DÉNONCE “LE TRISTE RECORD DU MONDE” DES CENTRALES NUCLÉAIRES BELGES

L’Agence fédéral de contrôle du nucléaire a enfin donné les raisons qui ont poussé à l’arrêt du réacteur nucléaire Doel 3 en septembre dernier. Alors que sa reprise est espérée par Electrabel en avril, il faudrait déjà que l’exploitant règle les soucis de béton dans un bunker…

On sait enfin pourquoi Doel 3 est mis à l’arrêt depuis le 22 septembre. Une mise à l’arrêt prolongée en novembre jusqu’à au minimum mi-avril, a annoncé Electrabel, sans pour autant donner d’explications. Il faut dire que l’exploitant du parc nucléaire n’allait pas se tirer une balle dans le pied en évoquant le manque d’entretien qui a conduit à l’arrêt du réacteur nucléaire…

“Détachements de morceaux de béton”

Contactée par le Soir <http://www.lesoir.be/132235/article/2018-01-04/nucleaire-arret-de-longue-duree-pour-doel-3-mal-entretenu> , l’Agence fédérale de contrôle du nucléaire (AFCN) explique en effet que ce sont des “détachements de morceaux de béton ou des fissures” dans un bunker qui ont conduit à l’arrêt de Doel 3. Ces problèmes sont apparus au niveau d’un bâtiment non nucléaire, heureusement, mais qui abrite des équipements de secours et doit pouvoir résister “à n’importe quel évènement exceptionnel, comme un séisme”, écrit le Soir. Sauf que le manque d’entretien de ce bâtiment rend les choses périlleuses.

Ces dégâts ont pour conséquences que les conditions fixées à la conception du bunker pour résister à un accident externe ne sont plus remplies”, accuse l’AFCN <http://afcn.fgov.be/fr> , qui précise que “la dégradation est due à l’exposition du béton à la vapeur”, et non pas à un ennui nucléaire (re ouf de soulagement).

Le béton dégradé doit être enlevé. L’armature du béton doit être réparée ou remplacée. Et un nouveau béton doit être mis en place”, demande-t-elle, tapant au passage sur les doigts d’Electrabel: “La dégradation du béton doit être prise en charge par l’exploitant, qui doit mener suffisamment de contrôles dans les locaux concernés et mener, si nécessaire, des travaux de rénovation/réparation. Cela n’a pas été suffisamment fait, ce qui explique que la dégradation du béton a évolué à ce point.

Écolo monte au front

L’exploitant du parc nucléaire a fait savoir au Soir que les travaux de réparation étaient en cours. Pas sûr toutefois que tout sera prêt pour mi-avril, date espérée pour la reprise de Doel 3, qui ne devrait toutefois pas battre le triste record de Tihange 2 <http://www.leparisien.fr/environnement/energies/nucleaire-le-reacteur-belge-tihange-2-redemarre-apres-pres-de-deux-ans-d-arret-15-12-2015-5374553.php>  et ses deux ans d’arrêt donc. Mais cela n’est pas de nature à rassurer les opposants au nucléaire.

Ce nouveau problème pose sérieusement la question de la fiabilité de nos centrales”, accuse le député Écolo Jean-Marc Nollet dans un communiqué. “Nous détenons le triste record du monde de l’indisponibilité imprévue de nos centrales nucléaires. Alors que la moyenne mondiale se situe sous les 4 %, la Belgique caracole largement en tête avec plus de 25 %, loin devant l’Iran (13,5%) et la Tchéquie (8,8%). La responsabilité d’Electrabel est écrasante et sa négligence n’a d’égal que son obstination à prolonger une technologie aussi inutile que dangereuse.”

Pour lui, ces révélations, qui arrivent en plein débat sur le nucléaire belge, doivent interpeller le gouvernement. “Au moment où certains tergiversent encore au sein de la majorité, le signal envoyé par nos centrales vieillissantes est on ne peut plus clair : prolonger le nucléaire c’est prolonger l’incertitude et prendre le risque d’incidents et de black-out ingérables. La Belgique doit sortir du nucléaire au plus vite. Différentes études récentes ont montré que c’était parfaitement possible. N’attendons plus pour nous tourner vers l’avenir et la sécurité”, ajoute Jean-Marc Nollet. Pas sûr toutefois qu’il sera entendu.

https://fr.express.live/2018/01/04/doel-3-ecolo-denonce-triste-record-monde-centrales-nucleaires-belges/

Jan 04

LE NOUVEAU NOM D’AREVA NP « SERAIT » FRAMATOME

Depuis le 1er janvier c’est EDF qui est officiellement propriétaire d’AREVA NP, l’entité industrielle qui produit des pièces pour l’industrie nucléaire, sur ses sites historiques du Creusot et de Saint-Marcel.
Le nouveau nom de la nouvelle entité était attendu. New AREVA était le nom générique. Ce jeudi 4 janvier 2018, selon des informations portées à la connaissance de creusot-infos, le nouveau de l’entité industrielle dédiée au nucléaire devrait être officiellement dévoilé. Et ce nouveau nom serait FRAMATOME.
Un choix stratégique, car FRAMATOME est un vrai nom et une vraie marque qui parle à tous ceux qui s’intéressent à la filière nucléaire dans le monde. Framatome, qui était la petite fille de Creusot – Loire, et qui avait été «fondu» dans la nouvelle entité nucléaire dirigée par Anne Lauvergeon et qui était devenu AREVA, c’est une marque. Framatome c’est en effet la totalité du parc nucléaire français en activité. Un nom qui inspire le sérieux, la compétence, la qualité et la fiabilité. Ce que personne ne conteste.

Avec Framatome, c’est un peu et même beaucoup un retour vers le futur pour la filière nucléaire français. Un choix qui ne devrait pas déplaire au Creusot, berceau du nucléaire civil français.
On attend maintenant la confirmation.

Alain BOLLERY

http://www.creusot-infos.com/news/vie-locale/le-creusot/nucleaire-et-le-nouveau-nom-d-areva-np-serait-framatome.html

Jan 04

FESSENHEIM: UN « COMITÉ DE PILOTAGE » POUR GÉRER LA RECONVERSION DE LA CENTRALE

La centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), doyenne des centrales nucléaires françaises, doit fermer au moment où le réacteur EPR de Flamanville (Manche) entrera en service, ce qu’EDF prévoit de faire entre fin 2018 et début 2019.

Le secrétaire d’État auprès du ministère de la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu a annoncé jeudi qu’il irait le 18 janvier en Alsace pour installer un « comité de pilotage » sur la reconversion de la centrale nucléaire de Fessenheim.

« On va enfin enclencher la procédure de concertation et de réflexion sur la reconversion du site de Fessenheim« , a déclaré Sébastien Lecornu sur RTL, précisant que son déplacement dans le Haut-Rhin durerait trois jours. « Je vais installer un comité de pilotage qui va réunir l’ensemble des élus, des services de l’État et du monde économique« , a-t-il précisé.

La centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), doyenne des centrales nucléaires françaises, doit fermer au moment où le réacteur EPR de Flamanville (Manche) entrera en service, ce qu’EDF prévoit de faire entre fin 2018 et début 2019. Cette fermeture programmée est contestée par des élus régionaux et les syndicats d’EDF qui craignent pour l’emploi et la sécurité énergétique de l’Alsace, alors que la centrale fait travailler des dizaines de sous-traitants et produit l’équivalent de 65% de la consommation d’électricité de la région.

Reconversion des employés?

« On a beaucoup de pistes de travail très concrètes« , a affirmé Sébastien Lecornu, évoquant la gestion du foncier ou encore la question de la sécurité énergétique, « qui pour nous n’est pas un sujet d’inquiétude mais qui peut légitimement intéresser et inquiéter un certain nombre d’acteurs économiques alsaciens« , a-t-il reconnu.

Sur le sujet sensible des emplois, le secrétaire d’État a affirmé « qu’on doit pouvoir les reconvertir« , sans donner plus de précisions. Plusieurs projets de reconversion du site ont été évoqués par le passé, comme l’éventuelle installation d’une usine de voitures électriques de l’américain Tesla, un projet d’usine de batteries ou la création d’un site pilote de démantèlement de centrales.

https://www.challenges.fr/entreprise/energie/fessenheim-un-comite-de-pilotage-pour-la-reconversion-de-la-centrale-nucleaire-installe-mi-janvier_557980

À lire aussi : Comment EDF a gagné du temps sur la fermeture de Fessenheim

Jan 04

CHINE: LA MISE EN SERVICE DES RÉACTEURS NUCLÉAIRES EPR DE TAISHAN ENCORE REPOUSSÉE

La mise en service des réacteurs nucléaires EPR de Taishan en Chine a été une nouvelle fois retardée, a annoncé le groupe chinois CGN, qui gère ce projet en partenariat avec EDF.

« Les opérations commerciales de l’unité 1 et de l’unité 2 de Taishan commenceront en 2018 et 2019 respectivement« , indique CGN, dans un communiqué publié sur le site de la Bourse de Hong Kong.

Taishan 1 devait démarrer au second semestre de 2017, ce qui en aurait fait le premier réacteur EPR opérationnel au monde, suivi par Taishan 2 au premier semestre de 2018.

Aucun EPR n’ayant été mis en service à ce jour, le chantier a pris du retard à la suite de « vérifications expérimentales supplémentaires concernant la conception et l’équipement« , a fait valoir CGN.

Les deux réacteurs sont construits par une coentreprise franco-chinoise détenue à 30% par le français EDF.

La mise en service de Taishan avait déjà été retardée à plusieurs reprises. Le dernier retard avait été annoncé par CGN en février.

EDF construit pour sa part un réacteur EPR en France, à Flamanville (Manche).

L’électricien, qui a été contraint d’annoncer plusieurs fois des retards, prévoit désormais un chargement du combustible et le démarrage du réacteur à la fin du quatrième trimestre 2018.

Le retard de Taishan n’aura « pas d’impact » sur le calendrier de Flamanville, a indiqué mercredi une porte-parole d’EDF à l’AFP.

EDF va aussi construire deux EPR à Hinkley Point en Angleterre.

Areva construit également un EPR en Finlande pour le compte de l’électricien TVO. Le réacteur Olkiluoto 3 doit désormais être mis en service en mai 2019 après avoir accumulé les retards et les surcoûts.

(©AFP / 03 janvier 2018 14h38)

https://www.romandie.com/news/Chine-la-mise-en-service-des-reacteurs-nucleaires-de-Taishan-encore-repoussee/877520.rom

Jan 04

USA/ÉNERGIE: MARIAGE DE DEUX COMPAGNIES VISANT A ÉPONGER LES COÛTS DU NUCLÉAIRE

Washington – La compagnie d’énergie et de distribution d’électricité américaine Dominion Energy a annoncé mercredi le rachat de son homologue SCANA, une opération qui permettra notamment d’éponger les coûts de la construction interrompue de deux réacteurs nucléaires en Caroline du Sud.

Cette transaction, d’un montant de plus de 14,5 milliards de dollars, s’accompagnera d’un versement en cash de 1.000 dollars aux abonnés d’une filiale de SCANA une fois l’opération finalisée, ont annoncé les deux compagnies dans un communiqué.

Cette filiale, South Carolina Electric & Gas Company (SCE&G) était associée au projet de construction de deux réacteurs nucléaires sur le site de V.C. Summer en Caroline du Sud (sud-est), abandonné en juillet dernier en raison des coûts jugés trop élevés pour poursuivre leur construction.

Dans le cadre de ce mariage entre Dominion et SCANA, les deux compagnies passeront en charge quelque 1,7 milliard de dollars d’actifs associés à ce projet. Cela permettra d’en effacer les coûts assumés par les abonnés sur une période de 20 ans au lieu des 50 à 60 auparavant envisagés, indique le communiqué.

Les abonnés de SCE&G recevront également 1.000 dollars chacun, soit un total de 1,3 milliard de dollars, dans les 90 jours suivant la finalisation de l’opération, a-t-on précisé de même source.

L’ensemble de l’opération est soumise à l’approbation des autorités de l’État de Caroline du Sud concernant le volet nucléaire.

La décision d’abandonner le projet V.C Summer ne laisse plus que deux réacteurs nucléaires en construction aux États-Unis, dans l’État voisin de Georgie.

SCANA sert environ 1,6 million d’abonnés dans les États de Caroline du Sud et du Nord et possède des capacités de génération d’électricité de 5.800 mégawatts. Après son acquisition par Dominion, la nouvelle entité servira 6,5 millions d’abonnés dans une vingtaine d’États américains et aura une capacité de génération d’électricité de 31.400 mégawatts.

(©AFP / 03 janvier 2018 15h35)

https://www.romandie.com/news/USA-energie-mariage-de-deux-compagnies-visant-a-eponger-les-couts-du-nucleaire/877542.rom

NDLR: certains pays ont compris que le nucléaire n’est pas une solution d’avenir et qu’il faut cesser d’investir dans ce domaine. Ce n’est pas le cas de la France malheureusement!

 

Jan 03

PYONGYANG ET SÉOUL DISCUTENT GRÂCE À «LA LIGNE ROUGE» RÉTABLIE

Les représentants de la Corée du Nord et du Sud se sont entretenus à travers la ligne téléphonique d’urgence à Panmunjom, village frontalier, situé dans la zone démilitarisée en Corée du Nord. Il s’agit ainsi d’un premier entretien téléphonique depuis la restauration de la «ligne rouge» ce mercredi.

Le premier entretien avec le téléphone d’urgence reliant la Corée du Nord à la Corée du Sud a eu lieu ce mercredi, a rapporté l’agence de presse sud-coréenne Yonhap se référant au représentant du ministère sud-coréen de l’Unification.

«La conversation sur la ligne de communication inter-coréenne à Panmunjom a eu lieu», selon la source.

L’appel venant de la Corée du Nord a été fixé à 15h30, heure locale, soit à 7h30, heure de Paris.

Les détails de cette conversation n’ont pas encore été communiqués. Les deux parties se sont assurées que la ligne de communication et le fax fonctionnent correctement.

Le «téléphone rouge», coupé depuis 2013 à l’initiative de Pyongyang, a été à nouveau branché à partir de 07h30 (heure de Paris) mercredi afin de discuter des modalités d’un dialogue inter-coréen, selon un haut responsable nord-coréen à la radio d’État.

La Corée du Sud a proposé mardi de tenir des discussions de haut niveau avec Pyongyang le 9 janvier, afin d’améliorer les relations inter-coréennes, a annoncé le ministre sud-coréen de l’Unification Cho Myoung-gyon lors d’une conférence de presse.

L’intention de Séoul a été provoquée par la récente déclaration du numéro un nord-coréen Kim Jong-un qui a donné le premier signe d’une possible participation aux jeux Olympiques d’hiver en Corée du Sud, en dépit des tensions suscitées par ses ambitions nucléaires.

Cette amorce de réchauffement inter-coréen a été accueillie avec scepticisme par les États-Unis. Le Président Donald Trump a, à son tour, menacé Pyongyang mardi en disant avoir un bouton nucléaire «plus gros et plus puissant» que celui de Kim Jong-un.

https://fr.sputniknews.com/international/201801031034597865-coree-nord-sud-communication/

Jan 03

VIVONS-NOUS LES PRÉMICES DE LA CYBER-GUERRE FROIDE?

Ces dernières années, les cyber-intrusions ont tout autant compromis des entreprises que la sécurité nationale des pays. Les hacks récents des établissements financiers, industries et partis politiques, ainsi que les opérations d’influence à travers les médias et réseaux sociaux, illustrent les graves menaces digitales et leurs hauts taux de succès. Nous vivons actuellement une réelle course à l’armement, par des opérations non officielles de cyber-espionnage et de cyber-attaque, afin  d’obtenir de l’intelligence et démontrer une force de frappe. Tout ceci ressemble beaucoup à la course à l’armement nucléaire pendant la guerre froide.

Course à l’armement et preuve de force

La course au cyber-armement a réellement commencé en 2013, lorsqu’Edward Snowden a exposé au monde entier les capacités d’espionnage et d’interférence américaines. C’est à ce moment que d’autres pays, notamment la Chine et la Russie, ont aussi décidé de créer leur arsenal. Depuis lors, que ce soit dans un but offensif ou défensif, les budgets des gouvernements pour les cyber-capacités ne cessent d’augmenter. Par exemple, en 2017, les États-Unis ont investi $19 milliards dans le développement de leur cyber-capacité, ce qui représente une augmentation de 35% par rapport à 2016. Il est intéressant de noter que les cyber-budgets incluent les opérations de défense et d’offensive.

À l’instar de la course à l’armement nucléaire, les états doivent tester leur capacité d’action et en même temps la démontrer aux autres pays. Les récentes cyber-opérations, bien que très peu diffusées en dehors de la presse spécialisée, témoignent de manière inquiétante de la capacité d’action des « cyber-puissances ».

Dans son rapport annuel, Freedom of the Net a interrogé 65 états couvrant 87% des internautes et a trouvé 18 cas où des gouvernements ou des organismes extérieurs avaient tenté d’influencer une élection dans un pays étranger à travers des outils digitaux et internet.

Rien que pendant le récent mois de décembre, plusieurs incidents inquiétants ont eu lieu. Ces derniers sont sources de tensions entre des pays qui maintiennent des relations diplomatiques déjà compliquées et risquent de mettre en périls un équilibre international très fragile. En voici quelques exemples :

Pendant quelques minutes, le trafic internet dirigé vers Google, Apple, Facebook, Microsoft, Twitch, NTT Communications et Riot Games a été dévié pour transiter par la Russie. Cet incident semble très clairement délibéré, tant par la façon dont il a été excusé que par les plages IP visées. Ce style d’attaque peut non seulement permettre d’inférer avec et d’espionner les communications, mais aussi perturbe le fonctionnement global d’internet. Hormis les impacts que cela peut porter sur l’internet, ce genre d’attaque porte atteinte à la confiance mutuelle entre les pays. Des abus du protocole de routage (BGP) peuvent remettre en question tout le fonctionnement d’internet et risquent à terme de segmenter internet et altérer son fonctionnement.

Les forces sous-marines russes ont augmenté leur activité dans la région Nord Atlantique, autour des câbles de liaison entre l’Europe et l’Amérique du Nord. C’est à travers ces câbles que transite la majorité des communications internet entre ces deux continents. Une opération russe sur ce canal de communication leur permettrait d’espionner et d’interrompre les communications. L’OTAN considère déjà ces opérations comme menaçantes et a annoncé qu’il pourrait interpréter une action sur ces câbles comme un acte de guerre.

Des hackeurs (présumés travaillant pour le gouvernement iranien) ont infiltré les systèmes de sécurité critiques des unités de contrôle industriel utilisés dans les centrales nucléaires, pétrolières et gazières, interrompant les opérations dans au moins une installation. Il s’agirait de la première violation signalée d’un système de sécurité dans une usine industrielle par des hackeurs. Une telle attaque, désactivant les processus de sécurité mis en place dans les systèmes industriels, pourrait être catastrophique. Il semblerait que les hackeurs auraient voulu tester leurs cyber-armes pour essayer d’apprendre comment modifier les systèmes de sécurité, dans l’éventualité d’une future attaque.
Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement souhaite tester l’efficacité de ses nouvelles armes et montrer aux autres pays du monde sa capacité d’action.
En 2016, des hackeurs (probablement travaillant pour gouvernement russe) ont frappé une station de transmission électrique au nord de la ville de Kiev, noircissant une partie de la capitale ukrainienne. Le malware utilisé dans cette attaque était nouveau dans sa nature et très évolué.

Ce processus d’intimidation et de preuve de force, récurrent des guerres conventionnelles, fait aujourd’hui partie du nouveau champ de bataille dans le monde du cyber.

Que peut et doit faire la Suisse ?

Pendant la guerre froide, la Suisse avait mise en place des procédures et des outils pour protéger ses citoyens lors d’un incident nucléaire, notamment avec des bunkers atomiques dans les résidences et des hôpitaux souterrains. La Suisse pourrait faire de même face à une cyber-guerre froide, en mettant en place des procédures et outils pour protéger ses industries et habitants en cas de cyber-attaque sur son territoire ou d’une attaque mondiale.

Une imposition de nouveaux standards de cyber-sécurité est superflue, mais le gouvernement suisse se doit d’offrir un service de protection préventif, de réponse post incident et de conseil. Aujourd’hui, il incombe aux entreprises privées de protéger l’infrastructure informatique de la majorité des industries, établissements financiers et organisations médicales, même face à des adversaires étatiques et gouvernementaux : il est toutefois la responsabilité de l’état de protéger ses citoyens et ses entreprises contre des attaques de pays étrangers.

Tout comme l’armée protège ses citoyens contre une agression d’un autre gouvernement, c’est la responsabilité de la cyber-branche de l’armée de protéger les institutions suisses contre le cyber-espionnage et cyber-attaques d’autres pays. Et, pour cela, la Suisse a besoin d’un cyber-bataillon.

En mettant en place les outils pour que l’état et l’armée suisses puissent défendre les industries locales contre les cyber-menaces et assurer une continuité de fonctionnement, même suite à des cyber-incidents majeurs, le pays helvétique prendrait une place unique dans le monde digital, le rendant leader dans ce domaine.

Au mois de décembre 2017, Guy Parmelin, Chef du Département Fédéral de la Défense, a convaincu le parlement suisse de ne pas mettre en place une cyber-force, mais plutôt des compétences de soutien pour assister les autres unités de l’armée. Ne pas créer une unité spécialisée dans le cyber démontre un manque de compréhension des dangers, des nécessités et des conséquences liés aux cyber-attaques. C’est un nouveau front de combat et pas une arme opérant sur les fronts actuels ; à en voir l’évolution rapide, ce sera probablement l’un des fronts principaux dans les conflits des prochaines 3 décennies.

Contrairement aux menaces nucléaires, même des petits pays avec des ressources modestes peuvent avoir une grande force de cyber-frappe tout en bénéficiant d’une impunité à cause de la difficulté d’attribution.

La cyber-guerre froide est, à mon avis, déjà présente : il est le devoir de notre gouvernement de mettre en place les institutions et les mesures aptes à nous protéger. (NDLR : cette conclusion me semble aussi valable pour la France compte-tenu en particulier de son exposition au risque nucléaire).

Steven Meyer, Fondateur de ZENData.

http://www.bilan.ch/steven-meyer/vivons-premices-de-cyber-guerre-froide

Jan 03

ÉNERGIE : ATTENTION AUX CONCLUSIONS DU CONSEIL EUROPÉEN DU 18 DÉCEMBRE 2017 !

Le débat sur le climat est devenu mondial, mais c’est presque silencieusement que les 3000 pages du « paquet européen énergie climat 2020-2030 » se négocient depuis mars 2014 au travers des démarches complexes entre Conseil, Commission et Parlement. Et le Nouvel An ne pousse-t-il pas de surcroît à prêter peu d’attention aux résultats d’une étape importante, le Conseil UE du 18 décembre 2017 ?

L’Accord de Paris nous mobilise sur le carbone avant même que nous n’ayons assez expliqué au citoyen de chaque continent les interactions entre climat, ressources, compétitivité, démographie, croissance et décroissance… : enjeux parfois convergents, parfois antagonistes !

L’Union européenne voulait dès 2014 centrer ses contraintes sur le carbone, après 10 ans de règles et subventions visant en même temps à créer un marché intérieur basé sur la concurrence, réduire la facture pétrolière, garantir la sécurité d’approvisionnement, promouvoir éolien et solaire, pérenniser la croissance de la décennie 98-2008… : tout n’est pas toujours « gagnant-gagnant » même si chaque sujet a ses groupes d’intérêt et ses avocats !

Depuis Rio et après l’échec à Copenhague d’une extension du modèle de Kyoto, le défi du climat a permis à l’Europe de constituer un réservoir de confiance : elle a su construire l’Accord de Paris, puis le  One Planet Summit avait à peu près préservé les principes de la subsidiarité, appris à faire cohabiter des leaderships et des réflexes très différents en matière d’agriculture, de charbon national, de nucléaire, de démographie, de vision des voies et moyens de la compétitivité…

Il faut relire le burden sharing des engagements de réduction du carbone de 1990 à 2012, sans oublier que 1990 est aussi l’année de l’unification allemande. Malgré l’atout nouveau du numérique, la clarification ne sera pas simple, d’abord parce qu’il faudra dire loyalement au citoyen européen que l’action pour le climat coûte, mais ne se traduira pas forcément par des délocalisations : tâche difficile, comme le montre le faible écho de l’appel à calculer « l’empreinte carbone » formulé depuis 4 ans à la fois par la Cour des comptes et le WWF . Bref, la taxe carbone aux frontières de l’UE proposée par le Président Macron à la Sorbonne va être un combat rude, mais essentiel.

De nouveaux travaux académiques reviendront sur une question fascinante : comment l’Europe a-t-elle pu de 2007 à 2009 élaborer son « paquet 2010-2020« , le « 3×20« , sans intégrer les bouleversements techniques et géopolitiques qui marquent ces 3 années ? Et comment la France a-t-elle à ce moment consolidé ses investissements humains et économiques dans le pétrole et le parapétrolier, mais fragilisé ceux de l’électricité et du ferroviaire ?

Une des causes est bien sûr la difficulté de corriger des trajectoires multilatérales « arrêtées » 10 ans plus tôt dans un contexte différent : on l’a revu avec les critiques adressées à N. Hulot sur « 50 % nucléaire« , sujet qui renvoie à la présidentielle de 2007 ! Difficulté classique, mais surmontable si on peut organiser à temps débats et réévaluations, à l’image du cheminement suédois depuis le référendum organisé après l’accident de TMI .

Dans le « 3×20« , une erreur grave a été de garder l’hypothèse d’une poursuite de l’escalade du prix du baril en pensant qu’elle allait rendre vite rentables sans subventions toutes les énergies renouvelables : nous étions heureux de croire que l’Europe aurait ainsi une énergie décarbonée compétitive, que les activités intensives en énergie se redévelopperaient en même temps que des emplois locaux remplaceraient des importations d’hydrocarbures… Erreur, mais l’UE rediffuse, elle aussi en 2017, l’ étude d’impact de sa « roadmap 2050 » basée sur une hausse du baril après 2014 !

Récemment encore, je pensais pour ma part comme beaucoup d’autres que la réévaluation nécessaire en 2018 pour le « paquet 2020/2030 » se recentrerait sur le carbone : bien mauvaise analyse puisque le Conseil du 18/12 écrit : « Member states must continue to meet and maintain their binding 2020 renewable energy target by and beyond 2020. If a country was to drop below its 2020 baseline, it would be obliged to take additional measures within one year to close that gap« . (NDLR : Les États membres doivent continuer à respecter et à maintenir leur objectif 2020 en matière d’énergies renouvelables contraignantes d’ici 2020 et au-delà. Si un pays devait tomber en dessous de son niveau de référence 2020, il serait obligé de prendre des mesures supplémentaires dans un délai d’un an.)

Nous voilà bien loin de la volonté de limiter au sujet du carbone les règles européennes contraignantes ! On sait pourtant aussi que « 23 % d’EnR en 2020 » est une des promesses françaises les plus décalées par rapport à celles des autres pays, les plus chères en carbone et en subventions en l’absence de croissance et sans doute les plus discutables, les baisses de coût de production et de stockage des EnR électriques étant pour l’essentiel attendues dans 5 ou 7 ans.

La contradiction est à résoudre vite, en vérifiant la position des nouvelles autorités en Allemagne, Autriche et Italie, en accélérant les actions « sans regret« , investissements dans les DOM et les TOM, interconnexions visées à la Sorbonne, utilisation de l’électricité pour décarboner industries, chauffage-climatisation, transports collectifs et individuels…

Bref, il est urgent de mieux exprimer d’un côté les objectifs communs durables et d’un autre ce qui relève des pilotages et financements nationaux, mais aussi de s’assurer que chacun des acteurs a les éléments qui lui sont nécessaires pour former son jugement.

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-177676-energie-attention-aux-conclusions-du-conseil-europeen-du-18-decembre-2017-2142123.php

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Jan 02

LE JOUR OÙ… L’EUROPE A FAIT SEMBLANT D’ENTÉRINER LE BREXIT

Les dirigeants anglais et européens ont salué le 15 décembre la fin de l’acte I des négociations du Brexit. Une illusion, car le plus dur commence…

Vendredi 15 décembre, Theresa May s’est retirée de la salle du Conseil européen. Les 27 délibèrent sur les conditions du divorce. Michel Barnier, le négociateur européen, est présent parmi les chefs d’État et de gouvernement. Il rend compte des avancées obtenues et consignées dans un rapport conjoint (« Joint Report »). Sans surprise, les 27 considèrent que les progrès sont « suffisants » et actent le passage à la phase II des négociations sur les relations futures avec une période de transition délimitée dans le temps…

La réalité est tout autre. Le divorce n’est pas encore réglé. Et la discussion sur les relations futures ne commencera pas avant longtemps. Un faux semblant entièrement du fait des Britanniques qui ont tardé à reconnaître leurs dettes envers l’Union, leurs obligations vis-à-vis des résidents européens et le particularisme irlandais. Car sans ses ambiguïtés, la phase I aurait pu être techniquement bouclée il y a au moins deux mois…

EXTRAIT de l’article concernant le nucléaire

… Répartir les déchets nucléaires

Le Brexit pose des questions à propos de l’avenir du JET (Joint European Torus), une chambre torique de confinement magnétique, situé au Royaume-Uni, près d’Oxford, issue de la recherche européenne dans le cadre d’Euratom. Qu’en faire à présent ? Les Britanniques sont également impliqués dans le projet de réacteur civil Iter à Cadarache. Comment organiser le divorce ? Le Brexit nécessite également de résoudre la question de la répartition des déchets nucléaires et leur responsabilité... Les négociateurs ont accompli quelques progrès, mais la négociation n’est pas finie…

Pour lire intégralement l’article d’Emmanuel Berretta cliquer sur : http://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/15-decembre-2017-le-jour-ou-l-europe-a-fait-semblant-d-enteriner-le-brexit-31-12-2017-2183334_1897.php

Jan 02

INTRUSION À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM: GREENPEACE DEVANT LE TRIBUNAL CORRECTIONNEL

Metz – Greenpeace France est convoquée demain mercredi devant le tribunal correctionnel de Thionville après l’intrusion de huit de ses militants le 12 octobre sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle), mais le procès pourrait être renvoyé.

Les huit militants et l’organisation Greenpeace France, représentée par son directeur général, Jean-François Julliard, sont poursuivis pour « intrusion en réunion et avec dégradation dans l’enceinte d’une installation civile abritant des matières nucléaires« . Ils encourent cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.

Que le directeur général soit poursuivi en tant que représentant de l’ONG, « c’est une première, c’est un des buts de la loi (que d’offrir) la possibilité d’atteindre Greenpeace avec une peine d’amende élevée« , a réagi auprès de l’AFP Me Alexandre Faro, avocat de l’association.

Deux textes sanctionnaient déjà l’intrusion sur un site: « la violation de domicile et locaux professionnels » et « l’introduction non autorisée dans un bâtiment intéressant la défense nationale« , délits passibles d’un an de prison.

« Il a fallu en créer un troisième, voté en 2015 (auquel le législateur) a ajouté des circonstances aggravantes, en réunion et avec dégradation (pour) durcir les peines« , a observé Me Faro.

En 2014, 55 militants de l’organisation écologiste avaient été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour s’être introduits dans la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) et neuf avaient écopé de six mois avec sursis pour une action similaire à Nogent-sur-Seine (Aube).

Le conseil de Greenpeace France a indiqué qu’il solliciterait le renvoi du procès à l’ouverture de l’audience, notamment parce qu’il n’a pas reçu les conclusions de l’avocat d’EDF.

Huit activistes de Greenpeace avaient été interpellés à l’aube le 12 octobre après avoir pénétré dans la centrale pour alerter sur la vulnérabilité des sites nucléaires.

Ils avaient diffusé sur le compte Twitter de Greenpeace la vidéo du feu d’artifice qu’ils disent avoir tiré tout près du bâtiment abritant la piscine à combustibles.

La préfecture de Moselle et EDF ont soutenu que les militants n’avaient pas accédé à la zone nucléaire.

EDF, qui n’a pas souhaité s’exprimer sur la procédure judiciaire, avait, par la voix du directeur adjoint du parc nucléaire, Olivier Lamarre, qualifié les militants d' »irresponsables » car ils ont joué avec leur vie pour « une opération de communication« .

Selon M. Lamarre, Greenpeace « n’a rien démontré, sinon que le dispositif de sécurité a fonctionné parfaitement« .

Commission d’enquête

Deux jours avant l’intrusion, Greenpeace avait publié un rapport d’experts pointant du doigt la capacité de résistance des bâtiments abritant les piscines d’entreposage.

Pouvant contenir plus de combustibles que les cœurs des réacteurs, ces piscines ne sont pas protégées par des enceintes renforcées, ce qui les expose davantage au risque d’attaques extérieures, selon l’ONG.

Le 28 novembre, 22 militants de Greenpeace avaient investi au matin la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche). Un groupe avait notamment escaladé un bâtiment « accolé » à l’un des réacteurs de la centrale afin de « démontrer son accessibilité« , selon l’ONG. Quatre militants s’étaient suspendus à un bâtiment abritant une piscine de combustibles usagés et avaient allumé des fumigènes, d’après des vidéos diffusées par Greenpeace.

L’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) avait invité EDF et les autorités à tirer les leçons de cette nouvelle intrusion. Les députés LREM ont déposé le 21 décembre une résolution pour créer une commission d’enquête « sur la sûreté et la sécurité » des installations nucléaires.

« Ces incursions ont contribué à démontrer qu’il était nécessaire que la représentation nationale s’empare des questions de sûreté et de sécurité nucléaires« , ont souligné les députés, estimant que la présence en France de 19 centrales « impose une vigilance sans faille« .

(©AFP / 02 janvier 2018 09h40)

https://www.romandie.com/news/Intrusion-a-la-centrale-nucleaire-de-Cattenom-Greenpeace-devant-le-tribunal-correctionnel/877165.rom

Jan 02

CENTRALES NUCLÉAIRES. LE PÉRIMÈTRE DE SÉCURITÉ ÉLARGI EN NORMANDIE : « CE N’EST PAS UNE SOLUTION »

Flash-back. En avril 2016, alors qu’était célébré le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement, annonçait une extension des plans particuliers d’intervention (PPI) autour de toutes les centrales nucléaires <https://actu.fr/societe/nucleaire-en-normandie-le-perimetre-des-plans-dintervention-autour-des-centrales-change_685263.html>  françaises, passant de 10 à 20 km. L’année 2018 sera celle de la mise en application de l’élargissement des nouveaux périmètres de sécurité autour des centrales nucléaires. 

Trois centrales en Normandie

La France compte 58 réacteurs et 19 centrales nucléaires, dont trois centrales situées en Normandie : Penly et Paluel en Seine-Maritime, et Flamanville dans la Manche. Les PPI visent à protéger les populations, les biens et l’environnement, face aux risques liés notamment aux installations nucléaires. Déclenchés par les préfets, ils prévoient notamment l’information de la population, la mobilisation des hôpitaux, l’organisation d’une éventuelle mise à l’abri de la population…

Pour Didier Anger, une figure antinucléaire du Cotentin, porte-parole du Collectif anti-nucléaire ouest http://www.can-ouest.org/, l’extension des PPI est « quelque chose d’abstrait ».

Interview.

« Cela ne répond pas à ce que pourrait être les conséquences d’un attentat »

Normandie-actu : Que pensez-vous de la mise en place de l’extension des périmètres de sécurité autour des centrales nucléaires ?

Didier Anger : C’est quelque chose d’abstrait, un incident peut être circonscrit à moins de 20 km, mais aussi bien au-delà. D’autant plus que tout dépend de l’ampleur de l’accident ou de l’attentat et de la météo. Si le vent vient de l’ouest, cela pourrait contaminer les îles anglo-normandes et la mer de la Manche. Si les vents sont de l’est, ce sera plutôt Paris et l’Europe qui seront menacés. Croyez-vous que la catastrophe de Tchernobyl s’est arrêtée aux frontières ?

On pense que prendre un compas, tracer un cercle autour de la centrale d’un rayon de 20 km suffit à résoudre le problème. C’est plutôt une manière de répondre aux inquiétudes de la population, de calmer un peu les craintes, notamment sur les problèmes du couvercle du futur réacteur EPR de Flamanville <https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/cuve-lepr-flamanville-lasn-donne-avis-final_12965121.html> … Mais cela ne répond pas à ce que pourrait être les conséquences d’un accident ou d’un attentat sur une centrale nucléaire.

Normandie-actu : Vous avez évoqué à plusieurs reprises les risques d’attentat dans les centrales, êtes-vous aujourd’hui particulièrement inquiet ?

Didier Anger : Oui, évidemment. Même s’il est interdit de survoler les centrales, un avion qui a décidé de commettre un attentat pourrait propager du kérosène en se crashant. Cela pourrait créer un incendie et franchement, on ne sait pas ce qu’il se passerait…

Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que nous avons pu constater que la menace terroriste pouvait se trouver à l’extérieur comme à l’intérieur. Il suffirait qu’un employé de n’importe quelle centrale nucléaire arrête d’alimenter en eau les piscines qui refroidissent les centaines de combustibles usagés <https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/greenpeace-piscines-centrales-nucleaires-vulnerables-attaques-terroristes_12950051.html>  pour créer un accident de grande ampleur…

Sachant qu’il y a une piscine par réacteur en France (soit 58), plus quatre bassins au sein du centre de retraitement de déchets nucléaires de La Hague (Manche), ce n’est pas du tout rassurant.

« Nous sommes d’ailleurs en retard sur nos engagements »

Normandie-actu : Quelles seraient les solutions à mettre en place ?

Didier Anger : Il n’y en a pas beaucoup, à part arrêter le nucléaire ! Et c’est vraiment possible. Il faut savoir que nos voisins, que ce soit la Belgique, la Suisse, l’Allemagne ou encore le Danemark, abandonnent progressivement le nucléaire. Il n’y a que l’Angleterre et la France, qui sont les seuls par ailleurs à posséder l’arme atomique, qui persistent dans le nucléaire.

Nous sommes d’ailleurs en retard sur nos engagements avec l’Union européenne. Nous devions dépasser les 20 % de production d’électricité par les énergies renouvelables d’ici à 2020, nous n’en sommes aujourd’hui qu’à 14 %…

Normandie-actu : Sachant que la part du nucléaire dans l’électricité produite en France dépasse les 75 %, comment faire sans ?

Didier Anger : Nous avons effectivement développé beaucoup de besoins en électricité en France, avec la mise en place de nombreux chauffages électriques notamment. Tellement qu’en période de grand froid, les centrales nucléaires ne suffisent plus…

Cependant, la mise en place d’hydroliennes, la technique de la géothermie ou encore les éoliennes sont des vraies solutions, à adapter en fonction des spécificités de chaque région. Ce qui impliquerait de décentraliser les choix énergétiques.

« Nous avons tout à y gagner à développer l’éolien »

Normandie-actu : En Normandie, quelles seraient nos spécificités en matière d’énergies renouvelables ?

Didier Anger : Nous sommes une terre de grands vents, à l’instar du Languedoc-Roussillon. Nous avons tout à y gagner à développer l’éolien. Par ailleurs, nous possédons un courant marin très fort au niveau du raz Blanchard, au nord de Cherbourg-en-Cotentin pour l’hydroélectricité.

Enfin, nous sommes encore une forte terre agricole qui produit des déchets (paille, résidus de maraîchage)… Avec le système de méthanisation <https://actu.fr/societe/methanisation-en-normandie-les-agriculteurs-doivent-composer-avec-les-riverains_722589.html> , nous pourrions créer de l’électricité. Il est possible de faire autrement, tout est une question de volonté politique.

Manon Loubet, 50 actu

https://actu.fr/societe/interview-centrales-nucleaires-perimetre-securite-elargi-normandie-pas-solution_14682826.html