NUCLÉAIRE : CRÉPUSCULE D’UNE INDUSTRIE QUI S’EST LONGTEMPS CRUE AU-DESSUS DES LOIS

EDFL’actualité nucléaire est très riche depuis quelques semaines. A Paluel, le Grand Carénage tourne au carnage au point que l’on puisse légitimement se demander si le réacteur n°2 pourra un jour redémarrer. A Flamanville, la longue liste des déconvenues de l’EPR est enrichie chaque jour de révélations nouvelles. Au Bugey il semblerait qu’aucune solution efficiente ne puisse garantir l’intégrité de la 3ème barrière de confinement. La poursuite d’exploitation de Dampierre 2 est accompagnée de prescriptions qui n’ont rien de rassurantes. Fessenheim 1 a connu 90 jours d’arrêts depuis le début de l’année 2016…

Le roi est nu. Le vieillissement non maitrisé des installations n’a d’égale que l’incapacité à garantir la qualité des équipements nouveaux. L’industrie nucléaire se heurte aux limites d’une technologie obsolète qui n’est pas capable de satisfaire à des normes exigeantes et précises. Non seulement les savoir-faire font défaut mais la loi d’airain des « conditions économiquement acceptables » empêche toute possibilité d’un renforcement effectif de la robustesse des réacteurs.

Apparaît au grand jour un écart fatal entre ce que le droit prescrit et ce qui est mis en œuvre par un exploitant qui se considère encore comme au-dessus des lois. La réalisation des équipements et autres matériels nécessaires à la maintenance des installations nucléaires peine à correspondre aux nouveaux référentiels de sureté. Les process de production sont mal maitrisés et les contrôles imparfaits. Si bien que des pièces défaillantes sont fabriquées puis assemblées au péril de centrales nucléaires de plus en plus fragiles…

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