Juil 11

EDF VEUT REPOUSSER LE DÉMANTÈLEMENT DE LA CENTRALE DE SAINT-LAURENT-DES-EAUX À 2100

Saint laurent des eauxEDF envisage de fortement retarder le démantèlement de ses anciens réacteurs. À Saint- Laurent-des-Eaux, ça veut dire que le chantier sur les réacteurs graphite-gaz, à l’arrêt depuis 25 ans, serait prolongé de 70 ans.

Ce sont des réacteurs à la technologie obsolète : la filière uranium graphite-gaz. Les centrales actuelles comptent toutes des réacteurs à eau pressurisé qui ont remplacé les réacteurs de première génération, dont ceux de Saint-Laurent-des-Eaux. A1 et A2, c’est leur nom, ont été construits dans les années 60 et ont fermé, respectivement, en avril 1990 et mai 1992.

Ces deux réacteurs sont donc totalement à l’arrêt mais cela ne veut pas dire qu’ils sont sans danger. Ils contiennent encore de fortes doses de radioactivité. Ils ont d’ailleurs été les lieux des accidents nucléaires les plus graves qu’ait connus la France. En 1969 et 1980, tous les deux ont été classés niveau 4 (sur une  échelle comptant 7 niveaux).

Leur démantèlement a donc commencé dans les années 90, s’est accéléré dans les années 2000. Il est censé se terminer en 2034, selon un décret. Mais l’électricien français souhaite revoir sa stratégie : il veut d’abord démanteler complètement les anciens réacteurs de la centrale de Chinon pour bénéficier d’un retour d’expérience.

Ce n’est qu’à l’issue de la fin de ce chantier qu’EDF reprendra le chantier de démantèlement des autres centrales, dont celle de Saint-Laurent-des-Eaux. Ce qui amènerait la fin du démantèlement à 2100 !

L’Autorité de Sureté Nucléaire doit maintenant donner son accord mais son chef de division à Orléans, Pierre Boquel, met en garde EDF :

« Il y a des exigences applicables en termes de démantèlement. La règle c’est le démantèlement dans les délais les plus courts possibles. La stratégie d’EDF c’est un report très conséquent, plusieurs dizaines d’années. »

Ce report demandé par EDF soulève de nombreuses inconnues. Car l’industrie nucléaire ne peut pas se traiter comme n’importe quelle autre industrie en raison de la haute dangerosité de l’uranium notamment.

Si d’aventure c’était la stratégie retenue, il faudrait s’assurer que les structures des bâtiments résistent sur des durées aussi longues.

L’ASN a donc demandé à EDF des éléments de justification détaillés, avant d’accorder ou non son feu vert. Cela risque de prendre plusieurs mois. La direction de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux n’a pas souhaité répondre à nos demandes d’interview.

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/edf-veut-repousser-le-demantelement-de-la-centrale-de-saint-laurent-des-eaux-2100-1468213602