Juil 12

COMMENT VIVENT À PRÉSENT LES HABITANTS DE FUKUSHIMA

FukuTexte de de Hori Yasuo du 3 juillet 2016 traduit de l’espéranto par Paul SIGNORET et Ginette MARTIN.

Le gouvernement oblige les réfugiés à revenir dans leur foyer. 

À la date du 8 février, parmi les habitants de Fukushima réfugiés hors de chez eux, 65 453 avaient trouvé refuge dans le département de Fukushima et 43 270 dans d’autres départements. Au cours des cinq dernières années, on a dénombré 2 016 décès consécutifs, soit davantage que le nombre de victimes du tsunami: 1604. 

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Le gouvernement et le département de Fukushima ont nettoyé le sol. Grâce à cette dépollution et à la diminution naturelle des radiations, environ 90% des dosimètres installés indiquent une radioactivité inférieure à la norme maximale tolérée, soit 0,23 microsieverts. S’appuyant sur ce constat, le gouvernement fait revenir les anciens habitants dans leur foyer. En septembre dernier, il a déclaré que la ville de Nahara était redevenue « habitable », puis, en juin 2016, à son tour la ville de Kutsurao l’est redevenue. Et d’ici à la fin mars 2017, toutes les villes des « zones non habitables » redeviendront « habitables » et sur les 70 000 réfugiés, 46 000 pourront revenir loger dans leur ancien foyer. Au prétexte que ces villes sont ou seront « habitables », le gouvernement a l’intention de ne plus verser l’indemnité compensatrice aux réfugiés et le département de Fukushima cessera de fournir aux réfugiés « volontaires » un logement gratuit. Revenir ou pas? Dans les deux cas c’est l’enfer.

La ville de Nahara a été déclarée « habitable » en septembre dernier, mais seulement 460 (soit 6%) des 8 000 habitants sont revenus chez eux. 70%  d’entre eux sont des personnes âgées de plus de soixante ans. Les jeunes couples avec enfants ne veulent pas revenir, redoutant l’influence néfaste de la radioactivité sur leurs enfants.  En outre, beaucoup ont déjà trouvé un nouvel emploi et leurs enfants, qui se sont habitués à leur nouvelle école, ne souhaitent pas en changer. La municipalité a pour objectif le retour, l’an prochain, de 50% des anciens habitants, en se fondant sur un sondage qui révèle que la moitié des personnes enquêtées désirent revenir.

 L’un des habitants, revenu habiter chez lui, se plaint en ces termes: “Avant la catastrophe, je pouvais vivre avec ma petite pension de retraite, parce que je cultivais moi-même un champ et que je produisais du riz et des légumes, or maintenant, à cause de la radioactivité, je ne peux plus rien récolter et je dois tout acheter. Sans subvention, je ne peux plus vivre.” Dans ces villes, beaucoup de maisons sont déjà pourries et inhabitables. Les hôpitaux, les magasins font défaut et, ce qui est pire, les voisins aussi font défaut. Dans de telles conditions, nombreux sont ceux qui ne peuvent revenir. Et pour ceux qui le peuvent, la vie, ici, n’est pas du tout satisfaisante…

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