Août 28

FESSENHEIM : ÉRIC STRAUMANN, PRÉSIDENT DU DÉPARTEMENT DU HAUT-RHIN, RÉCLAME DES MESURES COMPENSATOIRES

FessenheimAprès l’accord qui est intervenu mercredi dernier entre EDF et l’État concernant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, le président du conseil départemental du Haut-Rhin a écrit au ministre de l’Économie, Emmanuel Macron. Dans ce courrier, Éric Straumann s’offusque de ce que « l’État paye une entreprise pour qu’elle ferme une installation rentable, qui plus est exportatrice à hauteur de 150 M€ par an, supprimant 2 000 emplois dans un territoire qui a déjà vu doubler son taux de chômage dans la dernière décennie ». Cette indemnisation, souligne M. Straumann, également député du Haut-Rhin, démontre que la fermeture de Fessenheim « est une décision politique qui n’a aucun fondement technique et sécuritaire ». Bien davantage, insiste le président du conseil départemental, les discussions se sont déroulées « sans concertation et au détriment du territoire qui devra subir la perte de 13,3 M€ de recettes fiscales annuelles, tout en assumant le traitement social et économique des suppressions d’emplois ».

Straumann réclame donc la « compensation » des recettes fiscales qu’aurait dû engendrer la centrale au profit des collectivités locales « jusqu’en 2041 ». Il demande l’instauration d’une « zone spéciale à statut économique et social européen », sur une surface de 200 hectares, protégée des désavantages compétitifs. Il souhaite aussi qu’une centrale thermique au gaz de 600 MW et des centrales photovoltaïques, éoliennes et hydrauliques en Alsace « pour garantir une énergie électrique en quantité et qualité suffisantes pour notre territoire ». En somme, le Haut-Rhin réclame des mesures compensatoires, à l’instar de celles dont ont pu bénéficier les territoires frappés par la fermeture des mines de charbon ou des sites sidérurgiques.

Les antinucléaires s’interrogent

De leur côté, les associations antinucléaires (Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin, Stop Transports, Halte au Nucléaire, Stop Fessenheim, Alsace Nature…) s’interrogent sur la « justification » des sommes proposées en dédommagement à EDF. « S’agit-il de pourvoir à la fermeture, à la surveillance et au démantèlement de cette centrale après son arrêt ? S’agit-il de compenser le manque à gagner d’une centrale obsolète et qui n’est autorisée par l’Autorité de sûreté nucléaire (visite décennale oblige…) qu’à fonctionner jusqu’en 2019-2020 ? », écrivent les associations. « Nous mettons EDF au défi de publier les chiffres réels de la rentabilité de ses centrales nucléaires, ajoutent-elles. Depuis le mois de juin, l’un des réacteurs est en arrêt et, depuis le début de cette année, ce ne sont pas moins d’une quarantaine d’incidents qui ont entravé le fonctionnement de la centrale de Fessenheim. »

http://www.dna.fr/environnement/2016/08/27/le-haut-rhin-reclame-des-mesures-compensatoires