Sep 04

LES SOUS-TRAITANTS DU NUCLÉAIRE RÉCLAMENT UN STATUT UNIQUE

Sous traitantsDes travailleurs du nucléaire se sont rassemblés dans la Drôme samedi 3 et dimanche 4 septembre, appelant les autorités à créer un statut unique, à reconnaître leurs compétences et la pénibilité de leur travail. 

Intervenant sur des aspects spécifiques de la production nucléaire, comme la gestion des déchets, la décontamination ou encore le nettoyage, les sous-traitants de la filière nucléaire française représentent environ 600 entreprises et près de 150.000 emplois. Depuis 2014, l’association « Ma zone contrôlée », installée à Donzère (Drôme) a proximité du site nucléaire du Tricastin milite pour que tous les travailleurs du nucléaire bénéficient d’un statut unique. 

« Nous avons des collègues qui font de l’assainissement, ils dépendent de la convention collective du nettoyage. Or, tout comme les agents statutaires (CEA, EDF et Areva), nous participons à la sûreté des installations. Nos compétences sont spécifiques, loin d’être une industrie low-cost. Par ailleurs, ce sont des métiers exposés aux rayons ionisants. Il ne faut pas oublier la problématique de la pénibilité« , explique Gilles Reynaud, secrétaire de l’association « Ma zone contrôlée ». 

Si près de 90% des activités sont sous-traitées, toutes participent, selon l’association, à la sûreté des installations, bien que cette mission incombe à l’exploitant. 

À l’occasion de l’édition 2016 du meeting annuel de l’association, organisé à Savasse, près de Montélimar (Drôme), les travailleurs du nucléaire étaient invités à s’exprimer sur leurs conditions de travail et de vue. « Cela permet de comparer les situations et d’avancer ensemble » juge Gilles Reynaud. 

Salarié d’une filiale d’Areva, Cyril Bouché plaide lui aussi pour la création d’un statut unique « ou d’une convention » applicable à l’ensemble des salariés concernés. « Lorsque le salarié change de société, lors de la reprise d’un marché, il faut qu’il garde le même statut« , explique-t-il avant d’ajouter qu’en l’état les salariés pouvaient perdre à cette occasion « entre 15 et 20% de pouvoir d’achat« . Sylviane Poulenard, la vice-présidente de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité, basée à Valence) abonde également en ce sens. Selon elle, « la question de la sûreté passe aussi par l’élimination de la précarité. »

La question de la conversion énergétique s’est aussi invitée dans le débat. « Mais avant, le démantèlement des centrales doit se passer dans de bonnes conditions« , glisse Franck Demuynck, membre de l’association et sous-traitant pour une filiale d’Areva. 

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