Nov 08

RÉPRESSION : « COLLER DES AUTOCOLLANTS, C’EST VIOLENT » !

Des militants souhaitaient interpeller les candidats aux élections présidentielles sur le sujet de l’arme nucléaire, à l’occasion de la commémoration d’Hiroshima et Nagasaki. Ils passaient au tribunal ce jour pour quelques autocollants et une inscription à la craie effaçable. Le procureur demande 1000€ et considère que « coller des autocollants c’est violent » !

collerLe 6 août dernier, alors que débutait le jeûne-action contre l’arme nucléaire, à l’occasion de l’anniversaire des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki, des militants se sont retrouvés devant le siège des Républicains pour une action. À cette occasion, ils ont exprimé leur refus des armes nucléaires et dénoncer le coût exorbitant de leur modernisation, alors même que 123 États viennent d’adopter lors de l’Assemblée générale de l’ONU l’ouverture des négociations d’un traité d’interdiction des armes nucléaires à l’ONU.

Les Républicains sont un soutien inconditionnel de l’arme nucléaire, les candidats à la présidentielle annoncent même vouloir passer le budget pour le renouvellement de l’arsenal atomique de 3,5 à plus de 6 milliards d’euros par an. Dénoncer cette arme de destruction massive est apparemment un crime de « lèse majesté » en France…

Lors de l’action, Rémi et Sophie ont été interpellés et privés de liberté plus de 28h pour avoir inscrit à la craie « Non au financement de l’arme nucléaire ! » et pour avoir collé 8 autocollants « abolition des armes nucléaires » sur la vitre du local du parti. Ce collage d’autocollant eu lieu à l’occasion du jeûne-action contre l’arme nucléaire, organisé comme chaque année par le collectif « Armes nucléaires stop » et soutenu par le Réseau Sortir du nucléaire, le Mouvement de la Paix, le collectif des Désobéissants, le Mouvement pour une Alternative Non-violente et la Maison de vigilance.

Les militants avaient rendez-vous avec la justice ce lundi 7 novembre, en espérant pouvoir faire de ce procès celui de l’arme nucléaire…

C’était sans compter sur la volonté de la présidente du tribunal de faire taire les inculpés sur leurs revendications d’un monde de Paix débarrassé des engins de mort. Celle-ci a même failli faire interrompre l’audience au moment où Patrice Bouveret (de l’Observatoire des armements), cité comme témoin par les prévenus, voulait s’exprimer sur le danger que représente la prolifération nucléaire dans le monde, et la violation manifeste par la France du Traité de non-prolifération nucléaire. Le procureur, quant à lui, considérait que « coller des autocollants est un acte de dégradation grave, et violent » en expliquant que les pacifistes étaient « dans l’idéologie et le refus de dialogue ». Quand un des militants poursuivis expliqua qu’il était regrettable que les dirigeants politiques responsables de la prolifération nucléaire n’étaient jamais poursuivis par les tribunaux, la présidente du tribunal lâcha « ainsi va le monde ».

Pour conclure ce procès parodique d’une (in)justice aux ordres des puissants, le procureur de la République a demandé 500€ d’amende par personne pour cet acte hautement répréhensible, eu égard à la préparation d’un crime contre l’Humanité que constitue le développement d’armes nucléaires… 

Le tribunal rendra sa décision le 21 novembre prochain.

http://www.humanite.fr/repression-coller-des-autocollants-cest-violent-619943