Déc 07

ENGIE (EX GDF SUEZ) VEUT SORTIR DU NUCLÉAIRE

engieLe groupe français cherche à abandonner ses projets en Turquie et en Grande-Bretagne. Une scission de la filiale belge est envisagée.
Le nucléaire, c’est bientôt fini pour Engie. L’énergéticien français entame depuis quelques mois un virage stratégique fort en misant sur les énergies renouvelables. Mais cette volte-face nécessite d’abord de se délester de ses activités historiques. Selon plusieurs sources proches de la direction, le groupe cherche à sortir de ses deux grands projets nucléaires en Turquie et en Grande-Bretagne. « Engie veut y renoncer car il n’a plus les moyens de financer des chantiers si coûteux, confie l’une de ces sources. Mais cela pose problème car il faut sortir des partenariats avec Areva et Toshiba« .
En 2013, Engie avait remporté en Turquie un contrat de 17 milliards d’euros pour quatre réacteurs de moyenne puissance (Atmea) en collaboration avec Areva. Difficile de « lâcher » cette alliance franco-française alors que le spécialiste de l’atome est en plein sauvetage public. Il risquerait de perdre un des rares contrats futurs qui lui tendent les bras.
Trois ans plus tôt, c’est une alliance avec le japonais Toshiba qui avait été lancée pour la construction de trois réacteurs en Grande-Bretagne pour 12 milliards d’euros. Là encore, une sortie de ce projet obligerait à rompre avec un vieux partenaire: Toshiba-Westhinghouse. Le fabricant de centrales nucléaires qui a construit celles d’Engie en Belgique. Il est aujourd’hui d’autant plus difficile d’abandonner ces réacteurs britanniques que l’État français (actionnaire d’Engie à 33%) a poussé pour les deux EPR d’EDF à Hinkley Point.
Scission de la filiale belge
« Nous prendrons une décision en 2018« , balaie une porte-parole du groupe, reconnaissant au passage qu’une réflexion existe. « Il n’y aura plus de nouveaux projets nucléaires, assure un proche du groupe. Nous continuerons à nous développer dans les services et le démantèlement mais le nucléaire va devenir un marché de niche« . Le groupe a d’ailleurs annoncé fin novembre qu’il se lancerait en 2017 dans la commercialisation de gaz et d’électricité pour les particuliers outre-manche. Une première illustration de sa nouvelle stratégie de miser davantage sur la distribution d’énergie plus que sa production.
Engie ne veut pas annoncer officiellement sa sortie du nucléaire car le groupe détient encore sept réacteurs en Belgique. Le groupe attend le feu vert du régulateur belge pour prolonger la vie des centrales de 40 à 50 ans. « Une fois qu’on aura de la visibilité, on pourra relancer la scission d’Electrabel » reconnaît un proche de la direction. La filiale belge d’Engie pourrait ainsi être scindée du groupe pour s’en défaire. Le groupe pourra alors tourner définitivement le dos à son histoire dans le nucléaire.
Article de Matthieu Pechberty

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