«

»

Fév 09

LE DÉMANTÈLEMENT DE LA CENTRALE DE FUKUSHIMA SE COMPLIQUE

FUKUSHIMA…Robots nettoyeurs

Selon David Boilley, de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest et auteur d’une chronique de Fukushima, ce qui se passe à Fukushima Daiichi n’est pas une surprise. « Tepco sait qu’il s’agit de missions kamikazes pour ces robots, qui ont une durée de manœuvre limitée. Depuis l’accident, le Japon a la volonté de se positionner sur le marché international du démantèlement et a pour ambition de faire de Fukushima une vitrine« .

La prochaine étape consiste à envoyer un robot nettoyeur dans l’enceinte du réacteur n°2, a annoncé la compagnie Tepco lundi, images à l’appui, afin d’évacuer les sédiments. Cette opération est destinée à améliorer la visibilité au cœur du réacteur d’un second robot qui sera équipé de caméras et de dosimètres. Le robot nettoyeur, qui devait être placé dans le réacteur le 7 février, enverra un jet d’eau à haute pression pour ouvrir la voie au second robot chargé de recueillir des données. Ces sédiments pourraient contenir du combustible nucléaire fondu mélangé à des éléments corrosifs. Equipé de caméras à l’avant et à l’arrière, le robot nettoyeur filmera au passage l’intérieur du réacteur. Ces images permettront d’estimer le niveau de radioactivité, rapporte le Japan Times le 7 février.

880 tonnes de corium

Tepco parviendra-t-il à démanteler le site ? « Le terme démantèlement n’est pas approprié pour le moment.. Il faudrait plutôt parler de sécurisation », explique David Boilley. Ainsi, le réacteur n°4 n’est plus une menace, car sa piscine de refroidissement a pu être vidée et il reste en l’état, sans que le démantèlement à proprement parler ait débuté. La situation est plus compliquée pour les réacteurs 1, 2 et 3 où s’est produite une fusion du cœur, et où la radioactivité est si élevée que les humains ne peuvent y travailler. Au-dessus du réacteur n°3, la construction d’un pont roulant a été reportée car il est impossible de s’approcher sans risque d’irradiation. Quant au réacteur n°2, qui n’a pas été endommagé par une explosion, le débit de dose très élevé rend le démantèlement très complexe. Or, il est important de ne pas laisser au fond de la cuve ce corium très radioactif qui, en cas de nouveau séisme ou de tsunami, pourrait ne plus être confiné.

Pour l’heure, les réacteurs n°1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi cumulent environ 880 tonnes de corium. S’ils n’étaient pas arrosés en permanence, « les rejets atmosphériques reprendraient », souligne M. Boilley. Aucun de ces trois réacteurs ne contient plus suffisamment d’eau pour réduire la radioactivité émise par les combustibles usés. Le réacteur n°3, qui fonctionnait avec du combustible Mox, enrichi en plutonium, est plus chaud que les autres.

Aujourd’hui, le site de la centrale est couvert de cuves et une partie de l’eau qui sert à refroidir les réacteurs part en mer, près de la centrale qui a été construite au bord de l’océan. Tepco tente une technique de gel du sol, sur une profondeur de 30 mètres et une longueur de 1,4 km tout autour des réacteurs accidentés, dans l’espoir de former un bloc de glace afin de réduire les infiltrations. Cependant, l’autorité de régulation nucléaire japonaise a annoncé que cette technique n’était pas assez efficace. Elle est très coûteuse. La facture du démantèlement, de la décontamination de Fukushima et des indemnisations, estimée à 165 milliards d’euros, pourrait continuer à augmenter. Et la durée des opérations s’allonger au-delà des quarante ans prévus par Tepco.

Article de Agnès Sinaï, journaliste, rédactrice spécialisée

Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.actu-environnement.com/ae/news/demantelement-fukushima-centrale-nucleaire-radioactivite-corium-28420.php4#