«

»

Fév 24

URAMIN : MISE EN EXAMEN DE GÉRALD ARBOLA, EX-NUMÉRO DEUX DU DIRECTOIRE D’AREVA

ArbolaIl est suspecté de «diffusion d’informations trompeuses» et de «présentation de comptes infidèles» dans l’enquête qui porte sur le rachat de cette exploitation d’uranium, en 2007, pour 1,8 milliard d’euros. L’opération s’était avérée désastreuse pour Areva.
Mercredi, déjà, l’ancien coprésident du comité d’audit d’Areva, René Ricol, avait été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté. Jeudi, c’est Gérald Arbola, ex-numéro deux du directoire d’Areva, qui a été mis en examen dans l’enquête sur le rachat en 2007 de la société minière canadienne Uramin, une opération qui s’était avérée désastreuse pour le spécialiste du nucléaire.
Convoqué jeudi chez le juge d’instruction, ce haut cadre dirigeant d’Areva a été mis en examen pour «diffusion d’informations trompeuses» et «présentation de comptes infidèles», selon une source proche de l’enquête. Le dossier porte sur le rachat d’Uramin pour 1,8 milliard d’euros. L’exploitation des gisements d’uranium de l’entreprise canadienne en Namibie, Afrique du Sud et Centrafrique s’était avérée beaucoup plus difficile que prévue et l’opération s’était transformée en gouffre financier pour Areva.
Deux informations judiciaires sont ouvertes depuis 2014 : l’une porte sur les conditions d’acquisition d’Uramin, l’autre sur les provisions inscrites par Areva en 2010 et 2011 pour couvrir ses pertes, les années précédentes étant couvertes par la prescription.
Une présentation des comptes «valorisante»
C’est dans le cadre de cette seconde enquête que Gérald Arbola est poursuivi, tout comme Anne Lauvergeon, l’ex-présidente d’Areva, mise en examen pour «présentation et publication de comptes inexacts» ainsi que «diffusion de fausses informations», et l’ex-directeur financier du groupe, Alain-Pierre Raynaud, pour «complicité». Les magistrats cherchent à savoir si des responsables du groupe ont dissimulé la valeur réelle des mines rachetées à Uramin pour retarder au maximum l’inscription de provisions dans les comptes.
Fin 2011, six mois après le départ d’Anne Lauvergeon, le groupe avait fini par annoncer de lourdes pertes et une provision de 1,5 milliard d’euros sur la valeur de la société minière. Anne Lauvergeon rejette une partie de l’échec de l’opération Uramin sur la division des mines qui n’a, selon elle, à l’époque, pas bien mené son travail de prospection.
Pour l’ancien directeur de la division, Sébastien de Montessus, à qui «Atomic Anne» a été confrontée en septembre, cette dernière ne voulait pas passer les dépréciations nécessaires, souhaitant «une présentation des comptes la plus valorisante» possible pour obtenir, en juin 2011, un troisième mandat à la tête d’Areva, ce qui n’avait finalement pas été le cas.

http://www.leparisien.fr/economie/uramin-mise-en-examen-de-gerald-arbola-ex-numero-deux-du-directoire-d-areva-24-02-2017-6707898.php