Mar 01

LA CHINE DURCIT LE TON FACE À LA CORÉE DU NORD

ChineTir de missile, assassinat de Kim Jong-nam : Pékin marque le coup en suspendant ses importations de charbon.

La Corée du Nord devait figurer en bonne place des dossiers abordés les 27 et 28 février, à Washington, avec la nouvelle administration américaine par le conseiller d’État Yang Jiechi, plus haut représentant de la diplomatie chinoise, qui a été reçu par Donald Trump. En annonçant le 18 février la suspension de ses importations de charbon de Corée du Nord, Pékin a voulu marquer le coup, après la crise suscitée par un nouveau tir de missile le 12 février par Pyongyang – en violation des résolutions onusiennes. Et bien sûr après l’assassinat, probablement commandité par des agents nord-coréens, de Kim Jong-nam, le demi-frère du dirigeant Kim Jong-un, en plein aéroport de Kuala Lumpur (Malaisie) au moyen d’un agent neurotoxique.

« Le charbon est la source la plus importante de devises étrangères pour la Corée du Nord, et la plus grande partie est exportée vers la Chine. L’impact sur la Corée du Nord va donc être majeur, dit Lu Chao, spécialiste de la péninsule coréenne à l’Académie des Sciences sociales du Liaoning, une province chinoise frontalière de la Corée du Nord. Cela va conduire à une détérioration des relations entre la Chine et la Corée du Nord. »

Cela a indigné la Corée du Nord, qui a dénoncé dans une dépêche de l’agence officielle KCNA le 23 février un « pays qui se présente comme une grande puissance mais danse au pas des États-Unis ». La Chine, poursuit cette dépêche sans la nommer, « défend son comportement mesquin en prétendant qu’il n’a pas pour but d’avoir un impact négatif sur le niveau de vie de la population, mais vise à contrôler son programme nucléaire ». Pyongyang a dépêché son vice-ministre des affaires étrangères, Ri Kil-song, à Pékin mardi 28 février.

Table des pourparlers

Pékin s’est déclaré « imperturbable face aux critiques nord-coréennes », comme le dit un éditorial du Global Times du 24 février, le seul média chinois habilité à commenter la politique étrangère du régime. La Chine y rappelle son credo : « Rester ferme dans la stricte application des sanctions. » Pékin entend maintenir son opposition « au programme nucléaire du Nord, tout en maintenant des relations bilatérales normales » et veut éviter que la Corée du Nord prenne en otage ses obligations et ambitions globales.

Cette vision, précisée sous le gouvernement de Xi Jinping, avait motivé une première brouille entre Pékin et Pyongyang après le troisième essai nucléaire…

http://www.lemonde.fr/international/article/2017/02/28/la-chine-durcit-le-ton-face-a-la-coree-du-nord_5086809_3210.html  (réservé aux abonnés du Monde)