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Mar 16

FISSURES À CIVAUX : EDF BÉTONNE SES ARGUMENTS

EDF bétonneMembres des collectifs et responsables de la centrale de Civaux se retrouvaient hier à une réunion de la commission locale d’information (CLI).

La commission locale d’information (CLI) de la centrale de Civaux tenait assemblée générale hier au conseil départemental. Se retrouvaient réunis, représentants de l’État, élus, experts de l’autorité de sûreté du nucléaire (ASN), membre de collectifs ou réseau (Sortir du nucléaire, Vivons sans nucléaire…) et dirigeants de la centrale emmenés par le directeur Mickael Gevrey.

S’appuyant sur les bonnes feuilles de « La farce cachée du nucléaire », notre dossier publié samedi consacré aux fissures de l’enceinte du réacteur 1 (lire notre édition du 11 mars) s’est naturellement invité dans les débats souvent techniques parfois vifs mais toujours courtois.

EDF a bétonné ses arguments cimentant son propos de l’exposé détaillé des travaux passés et à venir.

Ainsi après un arrêt de 72 jours au printemps 2016 avec 5.000 activités de maintenance réalisées par 1.300 intervenants pour un coût de 16 millions d’euros, la tranche 1 sera de nouveau arrêtée du 20 mai au 17 juillet. Sont notamment au menu de l’imposant chantier de 38,5 M€ : le renouvellement du combustible et des travaux sur l’enceinte interne bâtiment réacteur.

Le béton « fissuré et de piètre qualité » selon « la Farce cachée du nucléaire » va se trouver ainsi réarmé. Pour Mickaël Gevrey « la sûreté n’est pas en cause et le problème (révélé dès 2001 NDLR) n’est pas nouveau. » Le directeur de la centrale a tenu à préciser : « ces fissures ne sont que des microfissures qui ne sont même pas visibles à l’œil nu. »
Pour Jacques Terracher du réseau « Sortir du nucléaire », « ce bâtiment n’a pas été dimensionné à l’origine pour faire face à un accident majeur. C’est depuis Fukushima que l’on a tenté de redimensionner des installations déjà construites. »

À Civaux, de nombreuses dispositions ont été mises en œuvre après la catastrophe japonaise. Ainsi a débuté en juillet 2016, la construction des diesels d’ultime secours (DUS), un dispositif post-Fukushima. C’est un moyen d’alimentation électrique prévu pour résister à des agressions (séisme, inondation, tornade)  bien plus importantes que celles prises en compte à la conception des installations. Il résiste par exemple à des rafales de 300 km/h avec une autonomie de carburant de 3 jours pour une durée de fonctionnement continu fixée à 15 jours sans maintenance. Les travaux prendront fin à l’été 2018.

«  S’en aller très vite de là  »

Au sortir de 4 heures d’exposés et de débats, Jacques Terracher n’était ni plus rassuré ni plus rassurant. « On a entendu ce matin qu’il n’y avait pas de soucis pour le réacteur 1. Pourtant il va demander des réparations inédites et colossales. Pour moi, c’est la cata. La sécurité n’est assurée qu’au quotidien. En cas d’accident grave, le bâtiment ne sera plus étanche. Il faudrait alors s’en aller très très vite de là. »

Article de Loïc Lejay

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Environnement/n/Contenus/Articles/2017/03/15/Fissures-a-Civaux-EDF-betonne-ses-arguments-3033629

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Note de facteur du Réseau Sortir du Nucléaire à l’article ci-dessus :

Pour Mickaël Gevrey « la sûreté n’est pas en cause et le problème (révélé dès 2001 NDLR) n’est pas nouveau. » Le directeur de la centrale a tenu à préciser « ces fissures ne sont que des microfissures qui ne sont même pas visibles à l’œil nu. »

Le directeur de Civaux à raison, « le problème » n’est pas nouveau puisqu’il est d’origine. Le médaillé d’or en matière de fissures avec ses 2 000 m de fissures sur l’enceinte extérieure  (p 88 de « La farce cachée du nucléaire » ), 940 m² de rustines sur le tampon d’accès au matériel, 1 160 m² posés en 2001 et 760 m² posés en 2011 sur l’enceinte (p 76 de « La farce cachée du nucléaire« ).

Et si l’accident arrive, les rustines n’ont plus aucune efficacité au bout de 48 heures, « on postule que l’efficacité du revêtement est nulle » selon EDF ! (p 124) et Civaux 1 fait bien évidemment partie des centrales dites « sensibles » (p 125).

Toujours chez le directeur qui ne voit pas les fissures à l’œil nu, « le taux de fuite serait quarante-cinq fois plus important que le taux légal des décrets d’autorisation et de création des tranches de Belleville, Flamanville et de Civaux 1. Après un pic à 7 bars et un taux de fuite estimé à « près de 70 %/j », les fuites extrêmement radioactives atteignent la bagatelle de « 9 000 kg/h » pour 6 bars de pression dans l’enceinte étanche : 216 tonnes par jour…« 

Et toujours pour l’accident sur Civaux 1 selon les notes cachées d’EDF (voir tableau 38 page 175 de « La farce cachée du Nucléaire), cela aboutit par exemple: à 7 bars, à 500 m de la centrale la dose serait de 9 200 mSv en 24 h soit 128 millions de fois supérieure à la dose autorisée aujourd’hui pour la population européenne en 1 an et, à 1 km, 46 millions de fois cette limite annuelle. 

Mais tout va bien pour Monsieur Mickaël Gevrey : alors, avant de «  S’en aller très vite de là  » en cas de problème sur Civaux, comme le propose sagement Monsieur Jacques Terracher, courrez vite acheter « la farce cachée du nucléaire » pour mesurer l’ampleur du mensonge de ce directeur droit dans ses bottes : tout ce qui est dans « la farce cachée du nucléaire » est indiscutable et fiable puisque cela provient de chez… EDF.