«

»

Mar 24

GRAVE ACCIDENT NUCLÉAIRE CACHÉ EN EUROPE QUI SÉVIT TOUJOURS ET SILENCE DES AUTORITÉS

accident NorvègeAlerte : Contamination de l’Europe à l’iode131 en cours, suite à l’accident nucléaire en Norvège. Le 12 mars 2017 on apprend que la Norvège contamine toute l’Europe avec de l’iode 131 radioactive depuis plusieurs semaines .on évoque même fin octobre. Les autorités norvégiennes comme françaises pratiquent la rétention d’informations. Le cœur de réacteur atomique, comme à Fukushima, hors de contrôle…

De l’hydrogène radioactif s’accumulerait dans l’enceinte du réacteur !
L’exploitant et l’équivalent de notre ASN procèdent à des rejets radioactifs dans l’atmosphère pour éviter l’explosion et la catastrophe atomique européenne. Il s’agirait du réacteur de Halden (1).
La Norvège exploite 4 réacteurs de recherche à Kjeller : NORA (activé en 1961, arrêté en 1967), JEEP I (activé en 1951, arrêté en 1967), JEEP II (activé en 1966) et à Halden : HBWR – Halden Boiling Water Reactor (activé en 1959) à la frontière suédoise
(une ville d’environ 30 000 habitants et de 640 km2).
C’est depuis janvier 2017 qu’a été détectée une présence anormale d’iode 131 dans l’air ambiant en Europe.
Ce radionucléide artificiel, émetteur de rayonnements bêta et gamma, de période dite courte de 8,02 jours (c’est à dire d’une durée de contamination effective d’au moins … une année) se fixe sur la thyroïde, une glande qui joue un rôle crucial dans la croissance.
C’est la raison pour laquelle, les nourrissons et très jeunes enfants ainsi que les adolescents y sont particulièrement sensibles.
C’est un des produits de fission les plus redoutés lorsqu’il est relâché dans l’environnement.
Très mobiles car volatils, les isotopes radioactifs de l’iode se dispersent puis se déposent un peu partout puis sont captés par les feuilles des végétaux, puis absorbés par les racines, puis ingérés par les animaux ou les humains qui consomment alors des aliments contaminés.
La teneur en iode-131 doit être surveillée dans la chaîne alimentaire durant plusieurs semaines, le temps que ce radioélément cesse d’irradier.

Des contrôles de radioactivité du lait et des végétaux sont primordiaux en particulier les légumes à grandes feuilles comme les épinards et les laitues.
L’eau doit être également surveillée
D’autant que très radioactif l’iode-131 va voir sa radioactivité divisée par 1000 tous les 80 jours seulement.
Autrement dit la quantité d’iode-131 est divisée par 2 tous les 8 jours, par 2500 tous les trimestres et il faut attendre une année pleine pour qu’il n’en reste plus trace dans les aliments.
Si l’alerte avait été lancée suffisamment tôt par les autorités, des irradiations inutiles auraient pu être évitées dans la population par la prise de mesures de protection.
Mais dès le début les autorités européennes sont restées dans une incapacité à identifier l’origine de cette contamination radioactive et, comme lors des catastrophes nucléaires de Tchernobyl et Fukushima, ont privilégié le mensonge par omission et la poursuite de l’activité économique et financière.
L’Est montré du doigt… à tort

Très vite les autorités européennes ont indiqué que ces rejets radioactifs anormaux pouvaient provenir d’un centre de recherche situé en Hongrie (l’institut de production de radio-isotopes de Budapest) qui s’était déjà rendu coupable du 8 septembre au 16 novembre 2011 de tels rejets.
Mais sans certitude aucune.

Cet « Izotop Intezet » disposerait selon l’Autorité à l’Énergie Atomique Hongroise d’une autorisation de rejets annuels de 1 600 GBq soit 1 600 milliards de Becquerels d’iode 131.
Autorisation dont bénéficient aussi les installations nucléaires françaises (2).

Puis le réacteur de la centrale nucléaire de Krško, en Slovénie, fut suspecté.
Un avion « renifleur » états-unien a été dépêché, pour survoler l’Europe.
Depuis son déploiement le 17 février à Mildenhall, en Angleterre, le Boeing WC-135 Constant Phoenix de l’US Air Force a été repéré en moins de deux semaines au-dessus de la France, de la Méditerranée, de la mer du Nord, du Danemark et de la mer Baltique.
L’État-major français des armées n’a pas, dans un premier temps, « retrouvé le vol » pour ensuite finalement confirmer le passage du « nuke sniffer » sur notre territoire le 27 février, sans vouloir en dire plus.
Mais les déploiements en Europe de WC-135 ne sont « pas fréquents » selon l’historien militaire suisse Daniel Fuhrer qui travaille pour le Département fédéral de la défense :
 » il a été conçu pour surveiller les essais atomiques soviétiques durant la Guerre froide et a surtout servi ces dernières années au large de la Corée du Nord »
.

Parmi les autres spéculations, a été aussi envisagé un supposé essai nucléaire russe dans l’Arctique qui, pour certains, serait à l’origine des traces de l’iode 131 délétère.
Mais cette théorie et cette piste n’a convaincu que ceux qui voulaient y croire car nombre de spécialistes l’ont rejeté du fait que d’autres isotopes radioactifs (toujours concomitants à un essai atomique) n’avaient pas été détectés.
Une autre piste pointant l’Est serait d’anciens bâtiments ou sous-marins russes à propulsions nucléaires, qui ne fonctionnent pas très bien. Mais là encore : pas de preuve tangible.
Mais l’avion-renifleur états-unien est apparu sur des relevés radar au-dessus de la Baltique, non loin de l’enclave russe de Kaliningrad, coincée entre la Pologne et les pays baltes.
Puis un autre appareil américain, destiné lui à la reconnaissance et dont les missions sont beaucoup plus fréquentes que celles du WC-135, ne s’est pas caché de voler à quelques dizaines de kilomètres de Kaliningrad. Il est vrai que l’enclave, de plus en plus militarisée, cristallise les tensions croissantes entre l’OTAN et la Russie.
Pour les États-Unis c’était peut-être l’occasion de faire d’une pierre deux coups.
Les hypothèses vers l’Est font pschitt, l’Europe du Nord pointée du doigt
Ce n’est que le 13 février 2017 que l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) français a confirmé que « De l’iode 131, radionucléide d’origine artificielle, a été détecté, courant janvier 2017… en Europedont la France. Déjà cette contamination radioactive avait été mesurée sous forme d’aérosol (gaz) en Norvège, Finlande et Pologne (5,92 µBq/m microBecquerels par mètre cube) du 9 au 16 janvier, puis du 17 au 23 janvier en Tchéquie, en Allemagne du 16 au 30 janvier, puis du 18 au 26 janvier en France (0,31 µBq/m par exemple dans le Puy-de- Dôme) et du 17 au 24 janvier en Espagne.
Comme bon nombre d’installations nucléaires européennes sont autorisées à rejeter dans l’atmosphère de l’iode radioactive au quotidien : les conditions météorologiques des semaines de début d’année, à l’origine d’une forte pollution par les particules fines et propices à la stagnation des poussières dans les couches inférieures de l’atmosphère, furent alors mises en accusation.
Tout serait dans la normalité mortifère, seule la météo serait coupable. Il n’y aurait pas d’augmentation des rejets radioactifs mais une diminution des possibilités de dilution !
Dilution légale de radioactivité au demeurant permettant que les concentrations en polluants radioactifs ne soient plus détectables … mais en augmentant le nombre de citoyens exposés et victimes.
Finalement c’est un physicien nucléaire proche de l’Autorité norvégienne de protection contre les rayonnements (NRPA) qui début mars (le 3 mars) indique qu’ont eu lieu des rejets d’iode radioactif au cœur du réacteur de Halden lorsque l’IFE [Institut de technologie de l’énergie] intervenait sur du combustible endommagé dans la salle du réacteur.
L’opération a généré la libération de substances radioactives au travers du système de ventilation
Et s’est poursuivie le jour suivant. Alors que le NRPA (équivalent de l’ASN française) effectuait une inspection inopinée, les rejets radioactifs se poursuivant, la décision a été prise de fermer le système de ventilation pour limiter les rejets dans l’environnement. Mais cette disposition a, à son tour, engendré des problèmes encore plus graves.
L’air pressurisé a bloqué les vannes du système de refroidissement du réacteur en position d’ouverture, ce qui a empêché la circulation de l’eau de refroidissement.
Les jours suivants la sécurité du réacteur était dans un état plus que préoccupant
En Norvège : situation identique à celle de Fukushima, la France impliquée
Le CEA fait partie des organismes associés à la gestion du réacteur Norvégien de Halden.
Fonctionnant à l’uranium moyennement enrichi, le « combustible » (produit de fission atomique) de Halden est du MOX enrichi à 6% (comme celui du réacteur nucléaire n° 3 en perdition de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi). Il est modéré à l’eau lourde ; il suffit donc de 9 assemblages fissiles pour obtenir sa divergence.

Toutes les autres positions dans le cœur sont libres pour accueillir des assemblages « expérimentaux ».
Contrepartie de cette structure « légère » : le pilotage du cœur est très délicat (tout comme les 28 réacteurs nucléaires français chargé en Mox).
Il arrive que le coefficient de vide devienne positif.

C’est probablement ce qui est arrivé : fusion d’au moins un assemblage du fait d’une caléfaction intempestive.
Des fluctuations de température dans le réacteur ont mis en évidence une augmentation du flux de neutrons dans le noyau et le danger de formation d’hydrogène.
C’est la même situation de formation d’hydrogène dans le noyau du réacteur qu’à Fukushima-Daïchi qui a engendré l’explosion et la catastrophe atomique.
Comme au Japon, il ne restait plus pour les techniciens qu’une solution désespérée : ouvrir à nouveau les vannes même si cela signifiait libérer la radioactivité sur le reste du pays et plus loin.
Tout comme à Fukushima les spécialistes de l’IFE n’ont pas compris la gravité de la situation.

Selon les responsables de cette unité atomique de recherche se serait une banale panne technique pendant la manutention du combustible qui a engendré l’accident nucléaire et la libération d’iode131 mais aussi d’iode132 radioactifs.
Une alarme a alors retenti et le personnel de la salle des machines a été évacué immédiatement après le début de l’incident.
Puis ils y sont revenus pour tenter d’identifier la cause et l’ampleur du volume de radioactivité.
Mais le mal était fait.
La NRPA fulmine.
Et impuissante, tout comme l’ASN l’est en France, de déclarer par la voix de son chef de la sécurité, Per Strand : « Nous allons étudier comment cela a pu se produire et pourquoi nous n’avons été avertis que le lendemain ».
Le traité de Non-prolifération nucléaire bafoué
L’IFE [Institut de technologie de l’énergie] aurait participé à un contournement illégal du TNP qui vise à empêcher/contrôler la prolifération nucléaire.
Il a reconnu, selon le Président de l’organisme citoyen « Bellona » Fredrik Hauge, avoir violé le contrôle des exportations de matières nucléaires en vendant son expertise au Brésil pour le développement d’armes nucléaires dont la finalité serait la mise au point d’un réacteur d’essai et de carburant pour des sous-marins.
Or un tel programme est soumis à déclaration et autorisation du Parlement et des instances internationales (souvenons-nous de l’Iran).
Si ces révélations étaient confirmées elles représenteraient une violation grave du TNP par un pays européen.
« Le fait que la Norvège contribue au premier sous-marin nucléaire d’attaque de l’Amérique latine est un scandale » a confirmé F.Hauge.

Et une autre interrogation sans réponse encore en découle : l’IFE norvégien pourrait-il être un des relais derrière lequel le Commissariat à l’Énergie Atomique agit ?
A ce jour la question nécessiterait investigations des médias et clarification des autorités.
Les rejets radioactifs continuent-ils ?
Les autorités sanitaires des pays concernés, dont la France, vont-elles encore garder un mutisme complice quitte à porter atteinte à la santé et à la vie de la population ?

Pour lire les notes (1) et (2) ainsi que les sources de cet article : https://blogs.mediapart.fr/cyril-graux/blog/220317/grave-accident-nucleaire-cache-en-europe-qui-sevit-toujours-et-silence-des-autorites

NDLR: cet article alarmiste doit être lu en considérant l’article de la CRIIRAD publié sur ce site hier 23 mars 2017