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Avr 05

ENGIE TOURNE LE DOS AU NOUVEAU NUCLÉAIRE

ENGIELe japonais Toshiba va racheter les 40% détenus par le français Engie dans NuGen, ce qui pousse Londres à chercher de nouveaux partenaires pour sauver le projet de centrale nucléaire porté par cette coentreprise au Royaume-Uni.

Le groupe Engie ENGI 0,42% a demandé à Toshiba de lui racheter ses 40% dans Nugen, l’entreprise britannique qui prévoit de construire trois réacteurs nucléaires à Moorside, dans le nord-ouest de l’Angleterre. Un droit de vente dont disposait Engie, et qu’il a décidé d’exercer suite au dépôt de bilan de Westinghouse, la filiale américaine de Toshiba spécialisée dans la construction de nouvelles centrales. Le groupe japonais, à qui cette décision ne facilite pas la tâche, va devoir payer 130 millions d’euros pour cette participation dans un projet qui devait nécessiter un investissement total d’au moins 15 milliards d’euros.

Le retrait d’Engie de l’actionnariat de Nugen semble bien signifier la fin de ses projets dans le nouveau nucléaire.

Même si Engie se déclare disposé à apporter son savoir-faire et son expertise à Nugen, soulignant qu’il est un acteur important dans les services nucléaires, ce retrait de l’actionnariat semble bien signifier la fin des projets de l’ex-GDF Suez dans le nouveau nucléaire.

Avec ses sept réacteurs en exploitation en Belgique, le groupe français a longtemps caressé l’ambition de participer à la construction de nouvelles centrales. Il a travaillé avec Total, sans succès, sur un projet de nouveau réacteur en France. Il a participé au consortium français qui proposait de construire quatre réacteurs nucléaires à Abou Dabi – un méga-contrat finalement décroché par le Coréen Kepco.

Puis avec sa réorientation stratégique, qui mise sur les renouvelables et l’efficacité énergétique, Engie a mis un frein à ses ambitions, déclarant qu’il allait se concentrer sur les deux dossiers en cours: Nugen, au Royaume-Uni, et Sinop, en Turquie – un projet beaucoup moins avancé, pour lequel aucune société spécifique n’a encore été créée.

Depuis des mois, les rumeurs de retrait de ces projets circulent. « Le vrai sujet, c’est: est-ce que nous arrivons à rassembler les conditions technologiques, mais aussi économiques, qui nous permettent de nous engager dans ces projets », répondait Isabelle Kocher, directeur général du groupe en décembre. La mise en faillite de Westinghouse a précipité la décision.

Et vu la décision de la Belgique de sortir du nucléaire en 2025 et la situation politique en Turquie, où son partenaire Mitsubishi est en train de mener l’étude de faisabilité pour la construction d’une nouvelle centrale de 4.400 MW, c’est sans doute le chapitre du nouveau nucléaire qui se clôture définitivement pour le groupe Engie.

Source: L’Écho Belgique

http://www.lecho.be/entreprises/energie/Engie-tourne-le-dos-au-nouveau-nucleaire/9880072?ckc=1&ts=1491377610