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Avr 20

COMMENT LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE PEUT-IL DÉCLENCHER LE « FEU NUCLÉAIRE » ?

PC feu nucléaireDepuis un poste de commandement (PC)

Le PC « Jupiter » est le poste de commandement à partir duquel le président donnerait l’ordre de mise à feu. Il est installé à l’Élysée. Lorsqu’il se déplace à l’étranger, le président dispose d’un PC léger et mobile. Il peut ainsi déclencher le « feu nucléaire » à partir de n’importe quel endroit du monde. Lors de la passation de pouvoirs, le président transmet à son successeur les codes pour la mise à feu.

Seul le président peut donner l’ordre

L’ordre d’engagement des forces nucléaires peut être donné uniquement par le chef de l’État qui est le chef des armées et le président du Conseil de défense et de sécurité nationale. C’est pourquoi on parle parfois de « monarchie nucléaire ». Le Premier ministre doit s’assurer que le président dispose en toutes circonstances des moyens de donner cet ordre. Le chef d’état-major des armées contrôle son exécution. Enfin, seul le chef de l’État peut donner l’ordre de procéder à des essais nucléaires.

Dissuader pour éviter la guerre

Cette situation est le fruit de la politique de dissuasion nucléaire développée par le général de Gaulle et reprise par ses successeurs. Il s’agit de disposer d’une force de frappe nucléaire suffisamment forte pour dissuader un ennemi potentiel d’attaquer la France.

La force de dissuasion en quelques dates

  • 18 octobre 1945 : création du Commissariat à l’énergie atomique chargé de mener les recherches pour des applications civiles et militaires du nucléaire.
  • 1954 : lancement du programme militaire nucléaire français sous le gouvernement de Pierre Mendès France, officialisé en 1958 par le général de Gaulle.
  • 13 février 1960 : explosion de la première bombe A française, « Gerboise bleue », à Reggane dans le désert algérien.
  • 24 août 1968 : explosion de la première bombe H française au-dessus de l’atoll de Fangataufa en Polynésie.
  • 27 janvier 1996 : dernier essai nucléaire français. Un arrêt des essais avait précédemment eu lieu entre 1991 et 1995.

Un « privilège » présidentiel contesté à l’origine

Lors d’une séance de questions à l’Assemblée, le 24 avril 1964, Paul Coste-Floret et François Mitterrand contestent l’attribution au chef de l’État de cette prérogative. Ils se fondent sur l’article 34 de la Constitution, selon lequel la loi, et donc le Parlement, fixe les principes fondamentaux de l’organisation de la défense, et l’article 21 qui fait du Premier ministre le responsable de la défense nationale. Le Premier ministre, Georges Pompidou, leur répond que la dissuasion reposant sur la crédibilité de la menace, seul le président élu au suffrage universel a une autorité suffisante pour la mettre en œuvre. Ce rôle n’est plus contesté depuis.

La dissuasion selon Mitterrand

« La pièce maîtresse de la dissuasion, c’est le chef de l’État, c’est moi. »

http://www.vie-publique.fr/questions/comment-president-republique-peut-il-declencher-feu-nucleaire.html