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Mai 28

MINISTRE DANS LE GOUVERNEMENT D’EMMANUEL MACRON : UN CHOIX TRÈS RISQUÉ POUR NICOLAS HULOT

HulotNicolas Hulot a été nommé ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, au sein du gouvernement d’Édouard Philippe, le 17 mai 2017.
Sous la présidence d’Emmanuel Macron, qui se prétend « ni de droite ni de gauche », le nouveau ministre de l’Écologie va devoir se confronter à la dureté de l’exercice du pouvoir et ne rien céder sur plusieurs dossiers épineux…

Nicolas Hulot, journaliste-reporter, a bénéficié de la renommée de son émission télévisée Ushuaïa et s’est engagé depuis longtemps dans la protection de l’environnement et la sensibilisation du grand public sur les questions écologiques. En 1990, il crée la Fondation Ushuaïa, qui devient ensuite la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme.
Après avoir envisagé sa candidature à l’élection présidentielle de 2007, pour que les questions écologiques urgentes pèsent dans la campagne électorale, il se retire en janvier 2007, après la signature du Pacte écologique par la plupart des principaux candidats. Candidat à la primaire présidentielle écologiste de 2011 en vue de l’élection de 2012, il est battu par Eva Joly.
Habitué depuis 2002 des palais présidentiel et ministériels, en visiteur ou en conseiller, Nicolas Hulot a donc choisi, à 62 ans, de devenir ministre. C’est un choix de conscience mais un choix très risqué. Le désir d’agir, de peser, d’être utile, le sentiment sans doute d’être arrivé au bout d’un chemin a fini par l’emporter à un âge où l’énergie est encore là pendant quelques années.
Reste qu’en apportant son soutien à Emmanuel Macron, Nicolas Hulot conforte un camp dont l’orientation est globalement néolibérale et à peu près opposée à tout ce qu’il pense, si l’on en croit le film qu’il a réalisé en 2009, Le Syndrome du Titanic, et son récent Appel aux solidarités.
Le paradoxe est que Nicolas Hulot est bien plus proche par exemple du programme de la France insoumise que de celui d’En Marche, des Républicains ou du Modem. Il va sans doute devoir supporter les chocs, violences et tourments du pouvoir, ainsi que ses douloureux compromis. Mais il y aura surtout plusieurs dossiers sur lesquels il ne devra en aucun cas céder, parce qu’ils engagent l’essentiel.

    Le projet d’aéroport  de Notre-Dame-des-Landes…

…Le déversement des boues rouges en Méditerranée…

La centrale nucléaire de Fessenheim
La fermeture de Fessenheim et l’engagement de la fermeture d’autres réacteurs très anciens sont au centre d’une vraie politique de transition énergétique et d’économies d’énergie.

Le décret autorisant la fermeture de la centrale de Fessenheim, promesse phare de François Hollande, a été publié le 9 avril dernier au Journal officiel. « L’autorisation d’exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim (…) est abrogée », indique l’article 1 du décret, qui précise toutefois que cette abrogation sera effective « à compter de la date de mise en service de l’EPR de Flamanville », censée intervenir au plus tôt en 2019. Il lie en outre cette fermeture à la nécessité de respecter le plafonnement de la capacité du parc de réacteurs nucléaires d’EDF à son niveau actuel de 63,2 gigawatts, fixé par la loi sur la transition énergétique.
« L’enfumage continue », a commenté Martial Château, du réseau Sortir du nucléaire, qui considère que conditionner la fermeture de ce réacteur non seulement au démarrage de l’EPR de Flamanville, mais aussi au plafonnement du parc nucléaire, permettra à EDF de la remettre en cause « sans difficulté ».
Aujourd’hui, à l’heure de la raréfaction avérée des matières premières, d’une très grande perte de biodiversité et des menaces climatiques induites par une consommation effrénée de ressources énergétiques, la véritable urgence est de s’engager dans des programmes d’efficacité et de sobriété énergétique, et des relocalisations de la production et de la consommation.
Sur tous ces dossiers et bien d’autres, Nicolas Hulot  fera sans doute de son mieux mais cela sera-t-il suffisant dans un gouvernement dirigé par un Premier ministre, Édouard Philippe, qui est un nucléariste avéré et un ministre de l’Agriculture, Jacques Meyzard, qui est contre l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes ?

Article d’Albert Ricchi

Pour lire l’article en entier :

http://www.centpapiers.com/ministre-dans-le-gouvernement-demmanuel-un-choix-tres-risque-pour-nicolas/