Juin 03

LA FRANCE, DERNIÈRE FORTERESSE DU NUCLÉAIRE

France dernière forteresseLes Suisses ont décidé, dimanche dernier, de sortir du nucléaire en acceptant par référendum, à 58%, une loi interdisant les nouvelles centrales, soutenant les énergies vertes et réduisant la consommation énergétique. L’Allemagne et l’Italie se sont engagées aussi sur ce chemin, l’Espagne et la Belgique y travaillent. Tous ces pays sont nos voisins, ils entourent et observent, inquiets, la forteresse nucléaire française. Le Luxembourg même, qui ne possède pas de centrale, propose de financer la fermeture de celle de Cattenom, située à 20 km de sa frontière.

En Suisse, comme en Allemagne, le processus de sortie est la conséquence de la catastrophe de Fukushima, en 2011. Il a été mûri par de longues discussions parlementaires et il faudra trente ans encore avant sa réalisation complète. Il est maintenant irréversible alors que le pays tire tout de même 35% de ses besoins énergétiques de ses cinq réacteurs nucléaires.

A Fessenheim, EDF a gagné contre le politique

La France aussi se donne du temps, mais plutôt dans l’art de tergiverser, voire de procrastiner. Cinq ans pour simplement amorcer la fermeture de Fessenheim? Bien trop court. Chez nous, ce qui est voté n’est jamais près de s’appliquer : la loi de transition énergétique prévoit de descendre de 75% à 50% de production nucléaire d’ici à 2025. Personne n’y croit, surtout pas EDF, qui règle le calendrier. À Fessenheim, c’est l’entreprise qui a gagné contre le politique. Sur le cap des 50%, le géant de l’énergie, selon des informations de BFM Business sorties cette semaine, a plutôt des plans à l’horizon 2050…

Le président Macron et son ministre écologiste, Nicolas Hulot, ont l’air d’accord pour éluder un débat qui semble impossible chez nous, contrairement à la petite Suisse. Comme si un point de non-retour avait été atteint : indépendance énergétique, puissance économique, poids social des 220.000 salariés de la filière… Ces arguments pèsent davantage que toutes les interrogations sur la sûreté. Selon différents chiffrages à peu près impossibles à vérifier, sortir du nucléaire coûterait aussi cher que d’y rester. La France pourra toujours se payer de mots.

Article de Guillaume Rebière

http://www.lejdd.fr/economie/la-france-derniere-forteresse-du-nucleaire-3345164

NDLR : et toujours ce mensonge éhonté de l’indépendance énergétique!!!

J’en ai assez d’entendre répéter « ad nauseam » que les centrales nucléaires permettent de garantir l’indépendance de la France. Lorsque les opposants expliquent que l’uranium est depuis longtemps importé à 100 %, les pro nucléaires expliquent, que ce qui compte, c’est que l’uranium tel qu’on l’importe n’est pas le combustible avec lequel on alimente les réacteurs. Effectivement, ils ont raison : le combustible est fait à partir d’uranium enrichi, et l’enrichissement est bel et bien fait en France, donc le combustible est bien français, donc cela garanti notre indépendance. CQFD

Avec le même raisonnement, je vous annonce une nouvelle exceptionnelle : je viens de découvrir un secret qu’on nous cache depuis toujours. Ce secret, le voici : la France est également indépendante du pétrole et les voitures, chauffages et autres fonctionnent avec du carburant français. Mais si, mais si. Mais, me direz-vous, le pétrole est importé à 100 % ! Certes répondrais-je, mais les voitures et autres n’utilisent pas du pétrole mais de l’essence ou du gasoil et l’un comme l’autre sont (pour une grande part) obtenus en France (raffinage), tout comme l’uranium est enrichi en France. Si, pour le pétrole, vous trouvez le raisonnement stupide (et vous auriez raison) alors vous devez le trouver aussi stupide pour le nucléaire. Je vous laisse choisir votre camp : notion stupide d’indépendance ou/et dépendance véritable ?