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Juin 08

LE MONDE FRANCHIT LA BARRE DES 2 000 GIGAWATTS D’ÉNERGIE RENOUVELABLE INSTALLÉS

renouveleblesLa capacité des énergies renouvelables installées dans le monde a dépassé en 2016 les 2 000 gigawatts (GW), soit plus de trente fois la puissance du parc nucléaire français. Les nouvelles installations ont encore battu un record avec 161 GW installés, en hausse de 9% par rapport à 2015. Dans le même temps, les investissements dans le secteur ont chuté de près d’un quart notamment dans les pays émergents et en développement.

De très nombreux pays à travers le monde ont engagé des politiques pour développer le secteur des renouvelables.

En 2016, les nouvelles installations de renouvelables ont encore battu un record avec 161 GW installés, en hausse de près de 9 % par rapport à 2015.

Cela porte la totalité du parc renouvelable à 2 017 GW*. C’est ce que révèle le rapport annuel sur le statut mondial des énergies renouvelables publié ce mercredi 7 juin par REN21. Le solaire photovoltaïque compte pour environ 47 % de ces nouvelles capacités, suivi de l’éolien (34 %) et l’hydroélectricité (15,5 %).  

« Les énergies renouvelables deviennent l’option la plus économique« , notent les auteurs. « Des transactions récentes au Danemark, en Égypte, Inde, Mexique, Pérou et aux Émirats Arabes Unis ont vu le coût de l’électricité chuter à 0,05 dollar/KWh, bien en-dessous du coût de l’énergie fossile ou nucléaire produite dans ces pays », apprend-on dans le rapport.  

Le mythe d’une baseload fossile ou nucléaire (NDLR : qui plait tant à nos gouvernants français)

Par ailleurs, les nouvelles technologies (numérique, stockage, véhicules électriques, pompes à chaleur…) démontrent que la nécessité de disposer d’une production de base à partir de fossile ou nucléaire est un « mythe« , affirme l’étude. « En 2016, le Danemark et l’Allemagne ont réussi à gérer des pics respectifs de 140 % et 86,3 % de production d’électricité à partir de sources renouvelables sans problème », écrivent les spécialistes de REN21. « Et dans plusieurs pays (Portugal, Irlande et Chypre, par exemple), la part de 20 à 30% d’électricité provenant des renouvelables est possible sans solutions de stockage supplémentaire ».  

« Avec la croissance des renouvelables, il devient impératif d’investir dans les infrastructures ainsi que dans une série d’outils: réseaux de transmission & distribution interconnectés, instruments de mesures pour équilibrer l’offre et la demande, connexion des secteurs (par exemple travailler sur l’intégration des réseaux de transport et d’énergie) ainsi que le déploiement d’une grande variété de technologies permettant le plein essor des renouvelables », explique Arthouros Zervos, Président de REN21.  

Chute des investissements 

Dans le même temps, les investissements dans le secteur ont chuté de 23 % en moyenne par rapport à 2015 et de 30 % dans les pays émergents et les pays en développement. Cela est dû, d’une part, à la baisse des coûts et, d’autre part, à l’aménagement des systèmes énergétiques. La Chine, qui fait la course en tête, a ainsi consacré une partie de son budget l’année dernière à améliorer le réseau et à réformer le marché de l’électricité afin de mieux utiliser les ressources renouvelables existantes. En janvier, le gouvernement chinois a toutefois annoncé qu’il dépenserait 360 milliards de dollars d’ici 2020, renforçant sa position de leader mondial sur les investissements dans les énergies renouvelables.  

Les auteurs constatent également des retards dans les secteurs du transport et de la chaleur. Ils déplorent l’impact négatif des subventions aux énergies fossiles sur le développement des renouvelables. En 2014, pour chaque dollar dépensé pour les renouvelables, les gouvernements en dépensaient 4 dans les énergies carbonées.

Les émissions de CO2 stagnent

« Le monde vit une course contre la montre. La seule mesure à prendre pour réduire efficacement et rapidement les émissions de CO2 est d’éliminer la production d’énergie à base de charbon tout en accélérant les investissements dans les renouvelables et l’efficacité énergétique« , a déclaré Christine Lins, secrétaire exécutive de REN21.  

En 2016, les émissions de CO2 liées à la consommation d’énergie des secteurs de l’industrie et de l’énergie fossile sont restées stables pour la troisième année consécutive malgré une croissance de 3 % de l’économie mondiale et une demande en hausse de la consommation d’énergie.  

* en prenant en compte l’hydroélectricité qui représente 921 GW

Concepcion Alvarez @conce1

Pour accéder aux graphiques :

http://www.novethic.fr/lapres-petrole/energies-renouvelables/isr-rse/plus-de-2-000-gigawatts-d-energie-renouvelable-installes-dans-le-monde-144499.html