Juin 16

SUISSE : PLAINTE DE GREENPEACE CONTRE LA SÉCURITÉ NUCLÉAIRE

L’organisation reproche à l’IFSN d’avoir redémarré Leibstadt en février sans connaître la cause exacte des dégâts constatés.

Greenpeace estime que l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) « a sans doute enfreint la législation en vigueur » en autorisant le redémarrage de la centrale nucléaire de Leibstadt (AG). L’organisation a porté plainte auprès du Conseil de l’IFSN.

L’IFSN a autorisé en février le redémarrage de la centrale de Leibstadt sans connaître la cause exacte des dégâts constatés sur 47 des 648 éléments combustibles qui constituent le cœur du réacteur, a indiqué vendredi Greenpeace. En portant plainte jeudi, l’organisation « pose la question de la légalité de cette décision« .

Lors de la révision annuelle de la centrale de Leibstadt en août 2016, les experts ont constaté des traces d’oxydation sur 47 éléments combustibles du réacteur. L’IFSN a identifié des « dryouts », c’est-à-dire un assèchement dû au refroidissement insuffisant des barres combustibles, comme étant la cause de cette oxydation.

« Pas tolérable« 

Pour Greenpeace, l’IFSN n’a pas expliqué « la cause exacte » de cette oxydation et « un refroidissement défaillant des barres combustibles n’est pas tolérable« . Le but de la plainte est d’obliger l’IFSN à « clarifier ce qui n’a pas correctement fonctionné dans le cas de Leibstadt« .

Dans sa plainte, Greenpeace relève « d’autres manquements« . L’organisation cite notamment un phénomène d’assèchement du combustible déjà survenu en 2014 et qui n’a pas fait l’objet d’une analyse approfondie. La communication venant de l’IFSN est aussi jugée problématique: d’importantes informations ont « régulièrement été oubliées » et des déclarations sont « souvent contradictoires« .

Surveillance et information

« Les négligences se sont accumulées dans une mesure inadmissible« , selon Florian Kasser, spécialiste nucléaire de l’organisation cité dans le communiqué. « Cela montre que l’IFSN a une compréhension de la sécurité qui n’est pas acceptable« . Dans sa plainte, Greenpeace prie le Conseil de l’IFSN de demander à l’IFSN de corriger sa pratique en matière de surveillance et d’informer complètement et de manière transparente sur ce qui s’est passé à Leibstadt.

En février déjà, 19 organisations, dont Greenpeace, ont écrit à la conseillère fédérale Doris Leuthard pour exiger que les problèmes techniques de la centrale soient clarifiés avant d’autoriser son redémarrage. Des réactions sont aussi venues de l’étranger: le land allemand du Bade-Wurtemberg et le land autrichien du Vorarlberg ont posé la même exigence.

https://www.lecourrier.ch/150313/plainte_de_greenpeace_contre_la_securite_nucleaire