Juin 23

TOSHIBA, L’ENTREPRISE QUI N’ARRIVE PAS À PUBLIER SES COMPTES

ToshibaLe conglomérat japonais n’arrive pas à surmonter la faillite de sa filiale nucléaire américaine, Westinghouse.

L’avenir de Toshiba est toujours en pointillé. Incapable de publier ses comptes, le géant japonais a obtenu vendredi 23 juin l’accord des autorités pour différer encore la publication de ses résultats définitifs portant sur l’exercice 2016-2017, qui devait théoriquement être bouclé en mars. Après déjà plusieurs reports, un nouveau délai lui a été accordé jusqu’au 10 août.
Au grand dam des dirigeants de Toshiba, les commissaires aux comptes du cabinet PwC estiment de ne pas être mesure de certifier le bilan, avant le 30 juin. Le groupe japonais a déjà prévenu que ses pertes seraient supérieures à ce qu’il prévoyait jusqu’alors, évoquant désormais un résultat négatif d’au moins 995 milliards de yens, soit plus de 8 milliards d’euros. Si le groupe n’arrive pas à tenir ses engagements, il pourrait même être radié de la Bourse de Tokyo.

Le nucléaire américain plombe Toshiba

Toshiba doit faire face à la déconfiture de sa filiale américaine Westinghouse, le constructeur de centrales nucléaires, qui est aujourd’hui en dépôt de bilan. L’ancien fleuron, né en Pennsylvanie en 1886, est confronté au marasme qui frappe toute l’industrie nucléaire après la catastrophe de Fuskushima. Beaucoup de pays – le Japon en premier lieu – ont stoppé leur programme nucléaire et de normes de sécurité plus contraignantes ont été mises en place, ce qui renchérit énormément les coûts de construction des futurs réacteurs.
Aux États-Unis, Toshiba est englué dans la construction de deux réacteurs nucléaires AP 1 000, qui est le concurrent direct de l’EPR français, dont la facture a elle aussi largement dérapé. Pour ne rien arranger, Westinghouse a fait une très mauvaise affaire en rachetant en 2015 un de ses sous-traitants, la société américaine d’ingénierie CB & I.
Les dirigeants de Toshiba ont cherché un vain un repreneur à Westinghouse. L’an dernier, ils pensaient même avoir convaincu le sud-coréen Kepco, qui n’a finalement pas donné suite. La Corée du Sud vient d’ailleurs d’annoncer qu’elle ne construirait plus de nouveaux réacteurs nucléaires.

Vendre les activités de puce-mémoire

Pour redresser la barre et éviter de sombrer, Toshiba cherche aujourd’hui à vendre ses activités de puce-mémoire, un secteur hautement stratégique et lucratif, qui lui permettrait de récupérer environ 16 milliards d’euros. Des négociations sont en cours avec un consortium mené par le fonds semi-public japonais INCJ. Le sujet est extrêmement sensible, les autorités japonaises craignant une fuite de technologies.
Depuis plusieurs semaines le gouvernement a cherché à monter un tour de table avec les grandes institutions financières japonaises. Il a même poussé Toshiba a refusé des offres plus généreuses, qui émanaient du taïwanais Foxconn ou de l’américain Broadcom.
Toshiba espérait finaliser l’opération avant son assemblée générale, prévue le 28 juin. Mais ses nouveaux déboires comptables pourraient retarder encore un peu le calendrier.

http://www.la-croix.com/Economie/Entreprises/Toshiba-lentreprise-narrive-pas-publier-comptes-2017-06-23-1200857497