«

»

Août 13

L’IRAN VOTE DES CRÉDITS SUPPLÉMENTAIRES POUR SON PROGRAMME BALISTIQUE APRÈS LES SANCTIONS AMÉRICAINES

IranTéhéran a décidé d’allouer 220 millions d’euros au « développement du programme de missiles ». Une « première action » pour répondre aux sanctions des États-Unis.

L’Iran réagit aux sanctions américaines. Le Parlement iranien a voté dimanche 13 août l’allocation de 520 millions de dollars (440 millions d’euros) au développement du programme balistique et au renforcement des activités régionales des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime.

Téhéran, qui n’entretient plus de relations diplomatiques avec Washington depuis 1980, a d’ores et déjà prévenu qu’il ne s’agissait que d’une « première action ». Le président du Parlement, Ali Larijani, a ouvertement revendiqué des mesures destinées à « faire face aux actions terroristes et aventuristes des États-Unis dans la région ».

Sans aucune opposition, 240 élus sur les 244 présents ont voté en faveur du projet de loi. Il prévoit l’allocation de 260 millions de dollars pour le « développement du programme de missiles » et, une somme équivalente pour la Force Qods, la branche des Gardiens de la révolution chargée des opérations extérieures, a indiqué l’agence officielle IRNA. Après l’annonce des résultats, des parlementaires ont scandé : « Mort à l’Amérique ».

Série de mesures

Ce vote intervient après de nouvelles sanctions américaines promulguées fin juillet contre le programme de missiles balistiques de l’Iran. L’accord international sur le programme nucléaire de la République islamique, signé le 14 juillet 2015 à Vienne par Téhéran et cinq grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), exige du pays qu’il ne mène pas d’activités balistiques capables de lancer des charges nucléaires.

Donald Trump n’a cessé de critiquer cet accord, qu’il qualifie d’« horrible », mais ne l’a pas remis en cause. Les États-Unis se sont toutefois dits « profondément préoccupés par les activités pernicieuses de l’Iran au Moyen-Orient qui sapent la stabilité, la sécurité et la prospérité de la région ». La porte-parole de la diplomatie américaine, Heather Nauert, avait dénoncé « le soutien continu de l’Iran à des groupes terroristes tels que le Hezbollah, le Hamas et le Djihad islamique palestinien qui menacent Israël  et la stabilité au Moyen-Orient ».

Téhéran soutient toutefois que son programme balistique n’est pas en infraction avec l’accord international. La République islamiste considère, à l’inverse, que les dernières sanctions américaines sont une « violation » de l’accord international.

« Ce projet de loi est soutenu par le ministère des affaires étrangères et le gouvernement et fait partie d’une série de mesures proposées » pour répondre à la récente loi votée par les États-Unis, a déclaré dimanche Abbas Araghchi, haut négociateur et vice-ministre des affaires étrangères iranien.

« Message direct » aux États-Unis

Le document voté dimanche à Téhéran considère « toutes les forces militaires et de renseignement américaines comme des groupes terroristes » en raison de leur « soutien implicite et explicite à des groupes terroristes » et à « des dictatures et des régimes qui violent les droits humains fondamentaux » au Moyen-Orient.

Ce projet de loi, qui doit être ratifié par le Conseil des gardiens de la Constitution, demande au ministère des affaires étrangères de publier une liste de personnes à sanctionner dans le but de confisquer leurs avoirs et de bloquer leurs transactions financières. Il exclut cependant les lanceurs d’alerte qui révéleraient les « activités illégales, crimes, tortures et fraudes électorales » de la part des États-Unis.

Avec ce « message direct » aux États-Unis, l’Iran veut « montrer qu’il n’est pas satisfait des violations [de l’accord nucléaire] tout en faisant en sorte de ne pas lui-même le violer », a déclaré Foad Izadi, professeur de politique internationale à l’université de Téhéran interrogé par l’AFP.

Le texte demande également au ministère de l’économie de rendre prioritaires les accords commerciaux avec les pays et les sociétés qui ignorent les sanctions contre l’Iran.

http://www.lemonde.fr/donald-trump/article/2017/08/13/l-iran-vote-des-credits-supplementaires-pour-son-programme-balistique-apres-les-sanctions-americaines_5171907_4853715.html

———————————————————-