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Août 15

CANADA : À CHALK RIVER, L’OPPOSITION AU DÉPOTOIR DE DÉCHETS RADIOACTIFS PREND DE L’AMPLEUR

Chalk RiverLa Commission canadienne de sûreté nucléaire termine mercredi la première phase de consultations sur le projet de dépotoir de déchets radioactifs de Chalk River, en Ontario. L’opposition au projet prend de l’ampleur en raison des risques de contamination de l’eau.

Les Laboratoires Chalk River sont à l’avant-scène du nucléaire canadien depuis 1945. On y a développé les réacteurs Candu et on y fabrique maintenant les isotopes utilisés en médecine nucléaire.

Ces produits génèrent des déchets radioactifs qu’il faut bien mettre quelque part. L’entreprise veut créer un dépotoir pour stocker un million de mètres cubes de déchets radioactifs de faible et moyenne intensité sur son terrain, tout près de la rivière des Outaouais.

Ce choix soulève un tollé chez les opposants, qui estiment que le dépotoir proposé est beaucoup trop près de la rivière. Celle-ci se déverse dans le Saint-Laurent et un accident de ruissellement risquerait de contaminer l’eau potable de millions de personnes.

On sait que c’est dangereux, ce site-là. Que le risque de contamination est énorme avec le ruissellement, l’eau souterraine. Et la radiation, ça ne s’enlève pas.

Martine Ouellet, chef du Bloc québécois

« Les Laboratoires Chalk River ont été privatisés en 2015, rappelle Martine Ouellet. La gestion de ce site-là se fait en fonction des profits. C’est pas normal, c’est pas les profits et c’est pas les coûts qui doivent guider la décision de savoir où on met un site de déchets radioactifs. »

L’expert nucléaire Gordon Edwards, du Regroupement pour la surveillance du nucléaire, voudrait une prise de position du gouvernement québécois.

« Je pense que c’est absolument nécessaire que le gouvernement du Québec actuel se prononce sur ce projet insensé », dit-il.

Les opposants réclament un autre site pour ce projet dans un lieu plus éloigné de la population et géologiquement plus stable.

« Ils disent que le dépotoir aurait une durée de vie d’environ 300 ans. J’en doute. J’ai l’impression que c’est moins que ça, alors que les substances radioactives ont des durées de vie de milliers d’années », estime la physicienne Ginette Charbonneau, du Ralliement contre la pollution radioactive, qui vient aussi de remettre ses commentaires à la Commission.

Le projet de dépotoir de Chalk River prévoit entreposer 99 % de déchets de faible activité et 1 % de déchets de moyenne intensité. Mais la classification des produits pose souvent problème, constate Ginette Charbonneau. On craint aussi que le nouveau site n’attire des déchets radioactifs d’un peu partout, y compris des États-Unis.

« C’est certain que des dépotoirs comme ça, ça va attirer des clients parce que c’est un dépotoir qui est privé, des clients d’un peu partout ailleurs. On peut penser aux déchets médicaux radioactifs, on peut penser à Gentilly, le démantèlement de Gentilly. Donc il va y avoir des déchets radioactifs qui vont se promener soit sur rail, soit sur l’eau, soit sur les routes », pense Martine Chastelain, porte-parole d’Eau-Secours, la Coalition pour une gestion responsable de l’eau.

Un texte de Michel Marsolais

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1050310/chalk-river-opposition-projet-depotoir-dechets-radioactifs-prend-ampleur