Sep 22

CORÉE DU NORD : KIM JONG-UN QUALIFIE TRUMP DE «MENTALEMENT DÉRANGÉ»

KimLe ton monte encore. Le leader nord-coréen affirme vouloir faire payer cher au président américain ses propos appelant à la destruction totale de son pays. 

L’affrontement verbal entre Pyongyang et Washington monte encore d’un cran. Quelques jours après la déclaration de Donald Trump, à la tribune de l’ONU, promettant de «détruire totalement» la Corée du Nord en riposte à une éventuelle attaque, la réponse de Kim Jong-Un a été tout aussi violente. Dans une intervention publique jeudi, le dirigeant nord-coréen a dénoncé l’«attitude mentalement dérangée d’un président des États-Unis». Et d’affirmer : «Je ferai payer cher à l’homme à la tête du commandement suprême aux États-Unis son discours appelant à la destruction totale.» 

«Les remarques de Donald Trump, plutôt que de me faire peur ou de m’arrêter, renforcent mes convictions sur le fait que la voie que j’ai choisie est la bonne et que c’est celle que je dois continuer à suivre», a insisté le leader nord-coréen. Son ministre des Affaires étrangères, Ri Yong-Ho, a insisté en marge de l’assemblée générale des Nations Unies, déclarant que son pays pourrait envisager l’essai d’une bombe à hydrogène d’une puissance sans précédent dans l’océan Pacifique. Jusqu’à présent depuis 2006, la Corée du Nord a procédé à six essais nucléaires souterrains.

Isolée sur le plan international, la Corée du Nord qui vient de faire l’objet de nouvelles sanctions internationales, affirme avoir besoin de la force de dissuasion nucléaire pour se protéger de la politique agressive des États-Unis.

Pékin et Moscou pour un double moratoire.

Tout en condamnant les agissements de Pyonyang, la Russie et la Chine ont aussi mis en garde les États-Unis contre toute tentation militaire, lors d’allocutions devant l’Assemblée de l’ONU, sur laquelle plane cette année le spectre d’une guerre avec la Corée du Nord.

À la tribune de l’ONU, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a estimé que «la négociation» était «la seule solution» et appelé tous les acteurs, Américains et Nord-Coréens en tête, à «se réunir». Plus direct, son homologue russe Sergueï Lavrov a critiqué les menaces martiales américaines tout comme «l’aventurisme de Pyongyang». «L’hystérie militaire mène non seulement à l’impasse mais aussi à la catastrophe», a-t-il prévenu.

Le chef de la diplomatie russe a relancé la proposition de Moscou et Pékin pour un double moratoire: arrêt des expérimentations nord-coréennes mais aussi des exercices militaires américano-sud-coréens. Washington a jusqu’à présent rejeté cette idée. Les États-Unis sont plus favorables à la mise en œuvre de nouvelles sanctions économiques, notamment en fermant les robinets de pétrole et en bloquant les avoirs financiers de la Corée du Nord à l’étranger.

Trump veut de nouvelles sanctions 

Donald Trump a donné son feu vert à d’éventuelles sanctions contre des «personnes et sociétés qui financent et facilitent les échanges» avec la Corée du Nord dans plusieurs domaines dont la construction, l’énergie ou le textile. «Les institutions financières étrangères sont maintenant averties qu’elles doivent choisir entre faire des affaires avec les États-Unis ou avec la Corée du Nord», a précisé Steve Mnuchin, secrétaire américain au Trésor Steve Mnuchin.

À Bruxelles, l’Union européenne a trouvé un accord sur des sanctions supplémentaires interdisant aux entreprises européennes d’exporter du pétrole. «Nous avons quelques indications selon lesquelles il commence à y avoir des pénuries d’essence», mais il faut «du temps» pour que les sanctions marchent, a assuré Rex Tillerson, le secrétaire d’État des États-Unis.

Moon Jae-in, le Président de la Corée du sud, a pour sa part plaidé pour un apaisement des tensions afin d’éviter «un affrontement militaire accidentel». La Corée du Sud ne veut pas «l’effondrement de la Corée du Nord», a-t-il assuré, ajoutant que la communauté internationale doit «riposter de façon plus vigoureuse» en cas de «nouvelles provocations» nord-coréennes.

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