Sep 30

WASHINGTON EN CONTACT AVEC PYONGYANG POUR ÉVALUER LA POSSIBILITÉ D’UN DIALOGUE

WashingtonLes États-Unis ont des «lignes de communication» avec la Corée du Nord et «sondent» le régime sur la possibilité de discussions sur son programme nucléaire, a déclaré samedi le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson, alors que l’étau des sanctions internationales se resserre sur Pyongyang.

«Nous posons des questions. Nous avons des lignes de communication avec Pyongyang, nous ne sommes pas dans le noir complet», a assuré M. Tillerson devant des journalistes à Pékin, à la suite d’une rencontre avec le président chinois Xi Jinping.

«Nous avons deux ou trois canaux ouverts avec Pyongyang (…) Nous pouvons leur parler, nous leur parlons», a martelé le chef de la diplomatie américaine.

Le régime de Kim Jong-Un se montrerait-il disposé à revenir à la table des négociations? Rex Tillerson répond de façon elliptique: «Nous sondons (nos interlocuteurs), donc restez attentifs».

Washington n’entretient pas de relations diplomatiques avec la Corée du Nord. Pour autant, la Chine –dernier grand partenaire commercial de Pyongyang– ne sert pas d’intermédiaire, a insisté le secrétaire d’État américain.

Ce sont «nos propres canaux» de communication, a-t-il affirmé.

Les États-Unis ont répété à plusieurs reprises ne pas écarter «l’option militaire» contre la Corée du Nord, le président Donald Trump brandissant même la menace d’une «destruction totale» du pays.

Mais de hauts responsables de l’administration américaine reconnaissent qu’une intervention militaire dans la péninsule serait compliquée et périlleuse, mettant en danger la population sud-coréenne à portée de l’artillerie du Nord.

À contrario, Rex Tillerson se fait le chantre de «pressions pacifiques» sur Pyongyang, via un durcissement des sanctions internationales et en travaillant avec la Chine pour resserrer l’étau autour du régime stalinien.

Mais ses efforts sont éclipsés par la violente escalade verbale dans laquelle sont engagés Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, qui échangent insultes et accusations.

«Homme-fusée» embarqué dans une «mission suicide», a récemment lancé l’hôte de la Maison-Blanche. «Gâteux mentalement dérangé», avait répondu le Nord-Coréen.

Samedi encore, un organe de propagande nord-coréen livrait une nouvelle salve d’injures, qualifiant Donald Trump de «vieux psychopathe» dont l’attitude provoquera «un désastre nucléaire qui réduira l’Amérique en océan de flammes».

Cette spirale verbale alarme la communauté internationale et avive le spectre d’un essai nucléaire nord-coréen dans le Pacifique, susceptible d’entraîner une réaction des forces armées américaines.

Rex Tillerson s’est montré samedi peu empressé de défendre les tweets belliqueux du président Trump: «La situation est un peu surchauffée en ce moment. Je pense que tout le monde voudrait que ça se calme», a-t-il observé.

«Si la Corée du Nord cessait de tirer des missiles, cela apaiserait déjà pas mal les choses», a-t-il cependant plaidé. Une éventuelle intervention militaire dépend du seul Donald Trump, mais «autant que je sache, le commandant en chef n’a pas tracé de lignes rouges», a-t-il également commenté.

Washington mise ouvertement sur les effets de la nouvelle batterie de sanctions adoptées par le Conseil de Sécurité de l’ONU après un puissant essai nucléaire de Pyongyang début septembre.

Alors que les États-Unis fustigeaient le manque de fermeté de la Chine, lui reprochant de ne pas faire suffisamment pression sur son turbulent voisin, ils ont applaudi les «progrès» de Pékin à mesure qu’il mettait en musique la résolution onusienne.

La Chine a ainsi annoncé jeudi que les entreprises nord-coréennes établies sur son territoire devraient fermer d’ici janvier. Et le géant asiatique a confirmé qu’il limiterait drastiquement ses exportations de produits pétroliers raffinés.

«Des pas énormes dans la bonne direction», s’est félicité le Département d’État américain.

Si Pékin assure appliquer les sanctions onusiennes «complètement», il s’oppose farouchement à toute intervention militaire dans la péninsule et plaide sans relâche pour une solution «pacifique» via des «pourparlers».

Pékin défend également l’idée d’un «double moratoire» –l’arrêt simultané des essais balistiques et nucléaires de Pyongyang et des manœuvres militaires américano-sud-coréennes: une solution dont Washington ne veut pas entendre parler.

Rex Tillerson rencontrait samedi à Pékin le président Xi Jinping ainsi que son homologue Wang Yi, lors d’une visite destinée à préparer le premier voyage du président Trump en Chine, prévu en novembre.

«Je suis convaincu que sa visite sera spéciale, merveilleuse et réussie», a assuré M. Xi samedi, mettant en avant son «amitié personnelle» avec son homologue américain.

http://www.tvanouvelles.ca/2017/09/30/washington-a-des-canaux-de-communication-avec-pyongyang