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DÉTECTION DE RUTHÉNIUM EN PARTIE EST ET SUD-EST DE L’EUROPE – MISE À JOUR DU 9 OCTOBRE 2017

baliseDu ruthénium 106  [1] a été détecté par plusieurs réseaux européens de surveillance de la contamination radioactive atmosphérique, à des niveaux de l’ordre de quelques milliBecquerels par mètre cube d’air.

Aussi, l’IRSN a engagé depuis le 3 octobre des investigations visant, d’une part à faire un bilan approfondi des mesures des niveaux de ruthénium sur le territoire, d’autre part à identifier les origines possibles de la situation rencontrée.

En France, l’IRSN a mobilisé l’ensemble de ses moyens de mesure de surveillance de l’atmosphère et a entrepris l’analyse des filtres de ses stations de surveillance [2]. À ce stade, seuls ceux des stations de la Seyne-sur-Mer et de Nice montrent la présence de ruthénium 106 à l’état de traces (respectivement 7,4 et 6,8 micro-Bq/m3). Les résultats de mesure des filtres des autres stations de l’IRSN ne mettent pas en évidence la présence de ce radionucléide. L’ensemble des résultats de mesure sont présentés dans le tableau 1 ci-dessous.

Sur la base des calculs réalisés par l’IRSN, les niveaux de contamination atmosphérique au ruthénium 106 de l’ordre de ceux observés en Europe ne sont pas de nature à générer des effets sanitaires.

En combinant les niveaux de contamination observés et les simulations numériques effectuées par l’IRSN, il semble que les masses d’air contaminées mesurées en Europe aient pour origine les régions sud de l’Oural. Compte tenu de la quantité de ruthénium 106 pouvant être à l’origine de la pollution atmosphérique observée en Europe, il apparait que des mesures de protection des populations auraient pu être nécessaires à proximité du lieu des rejets. Il est à noter que la détection du ruthénium seul exclut la possibilité d’un accident sur un réacteur nucléaire qui se traduirait par la présence d’autres radionucléides. Le ruthénium peut être présent dans les installations du cycle du combustible nucléaire, dans celles de fabrication de sources radioactives, ou dans des générateurs de courant utilisés pour alimenter électriquement les satellites. Des échanges tenus avec les homologues allemands (BfS) de l’IRSN montrent qu’ils arrivent à des conclusions similaires.

A ce stade, l’IRSN ne dispose pas d’information pouvant confirmer la fin de ces rejets.

L’IRSN poursuit ses actions de surveillance du niveau de ruthénium sur le territoire et ses calculs visant à préciser l’origine des rejets et leurs caractéristiques.

Tableau 1 : Mise à jour des résultats des mesures à la date du 9 octobre 2017

Station de prélèvement Période de prélèvement Concentration dans l’air

(mBq/m3) en Ru-106

Les résultats précédés du symbole < correspondent à des valeurs inférieures au seuil de détection.

Orsay * 27/09/2017 – 03/10/2017 < 0,007
La Seyne sur Mer * 26/09/2017 – 03/10/2017 0,0074 +/- 0,0014 ***
Bordeaux * 25/09/2017 – 02/10/2017 < 0,005
Charleville-Mézières * 26/09/2017 – 03/10/2017 < 0,009
Ajaccio** 25/09/2017 – 02/10/2017 < 0,016
Bugey** 25/09/2017 – 02/10/2017 < 0,013
Cadarache** 25/09/2017 – 02/10/2017 < 0,030
Cattenom** 25/09/2017 – 02/10/2017 < 0,025
Fessenheim** 25/09/2017 – 02/10/2017 < 0,023
Grenoble** 29/09/2017 – 02/10/2017 < 0,053
Marcoule** 25/09/2017 – 28/09/2017 < 0,021
28/09/2017 – 02/10/2017 < 0,023
02/10/2017 – 05/10/2017 < 0,021
Nancy** 25/09/2017 – 02/10/2017 < 0,011
Nice** 25/09/2017 – 02/10/2017 0,0068 +/- 0,0027
Penly** 25/09/2017 – 02/10/2017 < 0,023
Prevessin (CERN) ** 25/09/2017 – 02/10/2017 < 0,007
Tricastin** 25/09/2017 – 02/10/2017 < 0,026
Saint-Alban** 25/09/2017 – 02/10/2017 < 0,033
Villeneuve d’Ascq** 26/09/2017 – 29/09/2017 < 0,160
29/09/2017 – 03/10/2017 < 0,059

 * Les stations situées dans les localités repérées par un astérisque ont des débits de filtration d’air très importants (jusqu’à 700 m3/h) dédiés à la détection de traces.
** Les stations situées dans les localités repérées par deux astérisques ont des débits de filtration d’air de 80 m3/h.
*** Le filtre de la station de La Seyne sur Mer a été re-mesuré pendant le week-end afin de confirmer la valeur et d’abaisser l’incertitude du résultat. 

1- Le ruthénium 106 est un radionucléide d’origine artificielle. Il s’agit d’un produit de fission issu de l’industrie nucléaire. Ce radionucléide est par ailleurs utilisé dans le domaine médical pour des traitements par curiethérapie.

2- En France, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) a la mission de surveillance de l’atmosphère à l’échelle du territoire et dispose pour cela d’un réseau (OPERA-Air) de stations de collecte d’aérosols par filtration d’air à très grand débit (jusqu’à 700 m3 d’air par heure) et de moyens de mesures pouvant déceler des traces. Plus d’information.

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20171009_Detection-ruthenium-106-en-europe.aspx#.WdyXnDBpHVJ