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Oct 11

FLAMANVILLE: DES ANTI-NUCLÉAIRES TENTENT DE BLOQUER UNE DÉCISION DE L’ASN

TGI ParisDes opposants au nucléaire ont demandé mardi à la justice de bloquer une décision prochaine de l’Autorité de sécurité nucléaire (ASN) sur la mise en service du réacteur EPR de Flamanville, mettant en doute la compétence et l’indépendance du gendarme du secteur.

Lors d’une audience devant le tribunal de grande instance de Paris, qui rendra sa décision le 31 octobre, Me Emmanuel Riglaire, avocat de l’Observatoire du nucléaire (ODN), s’est demandé si l’ASN « n’a pas perdu toute crédibilité« .

L’ASN doit rendre ces prochaines semaines un avis définitif sur la cuve du réacteur EPR de Flamanville, frappée par plusieurs anomalies, après avoir donné cet été un premier accord de principe à son démarrage à condition de changer le couvercle d’ici 2024.

Mais l’ODN, organisation anti-nucléaire, a déposé en septembre un référé afin que la justice bloque le futur avis de l’ASN. Selon les termes de l’ODN, il s’agit tout simplement d' »empêcher l’ASN de valider la cuve« .

« Cette cuve n’est pas aux normes (…) posées par l’ASN« , a avancé Me Riglaire, estimant que « personne n’est en mesure de dire » que le réacteur EPR ne présente pas de risque.

« L’ASN aujourd’hui ne nous paraît pas totalement libre de sa réponse« , a-t-il enchaîné. Autrement dit, l’autorité serait complaisante envers l’électricien EDF, qui exploitera Flamanville, et le groupe nucléaire Areva, qui a conçu la cuve.

« Rien, évidemment ne permet d’établir (…) que l’État ne fasse pas son travail« , a répondu mardi la défense de l’ASN, assurant que celle-ci travaillait « en toute indépendance« .

L’avocat de l’ASN ainsi que les défenses d’EDF et d’Areva ont jugé que l’ODN n’apportait aucune preuve concrète de ses allégations. Sur la forme, ils ont contesté la nécessité de recourir à un référé, qui implique une urgence à agir.

EDF prévoit de démarrer l’EPR de Flamanville fin 2018, pour une mise en service commerciale en 2019, quand le calendrier initial tablait sur 2012. Son coût a entretemps plus que triplé à 10,5 milliards d’euros.

Une concentration excessive en carbone avait été détectée fin 2014 sur l’acier du fond et du couvercle de la cuve forgée à l’usine Creusot Forge d’Areva, affaiblissant potentiellement leur résistance, alors que la cuve est un équipement capital dans le confinement de la radioactivité d’un réacteur.

https://www.romandie.com/news/Flamanville-des-anti-nucleaire-tentent-de-bloquer-une-decision-de-l-ASN/851354.rom