Oct 30

L’ASN DEMANDE À EDF DES TRAVAUX ADDITIONNELS SUR LES CENTRALES DE FESSENHEIM ET DU BUGEY

Sans titreLe renforcement de la sûreté des installations nucléaires françaises se poursuit sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire, qui a fait état aujourd’hui de nouveaux événements classés au niveau 2 de l’échelle de l’INES. EDF a fait savoir au régulateur qu’il n’est pas en mesure de démontrer la tenue au séisme des systèmes auxiliaires des groupes électrogènes de secours à moteur diesel des réacteurs 2 et 5 de la centrale nucléaire du Bugey et des réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim. Les réacteurs 3 et 4 du Bugey sont en cours d’examen et pourraient eux aussi être concernés. Un événement similaire a fait l’objet d’une première note d’information le 20 juin 2017 pour vingt réacteurs de 1.300 MW, qui ont tous été traités depuis.

Les réacteurs français de 900 et 1.300 MW disposent de deux diesels de secours, qui doivent assurer de façon redondante l’alimentation électrique de certains systèmes de sûreté en cas de défaillance des alimentations électriques externes. En l’espèce, les ancrages dans le génie civil de systèmes auxiliaires des diesels de secours posent question. En cas de perte des alimentations électriques externes provoquée par un séisme, le fonctionnement des diesels de secours pourrait ne plus être assuré, en raison de la défaillance de leurs systèmes auxiliaires, explique l’ASN, qui a demandé à EDF de procéder à des travaux de renforcement pour les réacteurs concernés.

Le régulateur est tenu de publier un communiqué lors d’un événement classé 2 ou plus sur l’échelle de l’INES. Dans le cas présent, aucun incident n’a eu lieu. Ces dernières semaines, l’ASN a plusieurs fois exigé d’EDF des travaux d’amélioration de la sûreté des installations. Elle a même fait stopper les quatre réacteurs de Tricastin le temps de renforcer une digue qui pourrait présenter un risque en cas de séisme exceptionnel. L’arrêt de production de la centrale, au moins jusqu’à la fin novembre, a conduit EDF à réviser en baisse ses objectifs de production et de résultats 2017. Mi-septembre, l’ASN avait placé sous surveillance renforcée la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher) après une accumulation de manquements aux obligations de sûreté.

L’échelle INES

L’échelle internationale de gravité des incidents ou accidents nucléaires, ou INES, a été créée après l’accident de Tchernobyl, en Ukraine, en 1986. Elle est graduée de 0 à 7, les niveaux 1 à 3 étant des « incidents » et les niveaux 4 à 7 des « accidents« . Trois critères de classement entrent en ligne de compte : les conséquences de l’événement à l’extérieur du site, les conséquences de l’événement à l’intérieur du site et la dégradation des lignes de défense en profondeur de l’installation.

– Un événement classé au niveau 0 n’a pas d’importance du point de vue de la sûreté.

– Un événement de niveau 1 concerne une anomalie sortant du régime de fonctionnement autorisé.

– Un événement de niveau 2 est un incident assorti de défaillances importantes des dispositions de sécurité. Il est utilisé aussi en cas de contamination importante à l’intérieur d’un site ou de surexposition d’un travailleur.

– Un événement de niveau 3 signale un accident évité de peu, une contamination grave ou des effets aigus sur la santé d’un travailleur et est utilisé en cas de très faible rejet à l’extérieur.

– Un événement de niveau 4 signale un endommagement important du cœur du réacteur ou des barrières radiologiques, ou l’exposition mortelle d’un travailleur. Il est utilisé pour des rejets extérieurs « mineurs« , c’est à dire une exposition du public dans les limites prescrites. C’est le niveau de l’accident le plus grave rencontré en France, l’endommagement du cœur du réacteur A2 de la Centrale de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) en 1980.

– Un événement de niveau 5 signale un endommagement grave du cœur du réacteur ou des barrières radiologiques. Il est utilisé en cas de rejet « limité« , mais susceptible de déclencher les contre-mesures prévues. Ce fut le cas de l’accident de Three Mile Island aux États-Unis en 1979.

– Un événement de niveau 6 concerne un rejet important susceptible d’exiger l’application immédiate des contre-mesures prévues. Un événement a été classé au niveau « 6 » : Kyshtym (1957, URSS)

– Un événement de niveau 7 concerne un rejet majeur avec des effets considérables sur la santé et l’environnement. Deux événements ont été classés « 7 » : Tchernobyl en 1986 (Ukraine) et Fukushima en 2011 (Japon).

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