Nov 09

NUCLÉAIRE: L’ASN CONFIRME LE REPORT DE SON AVIS SUR LA PROLONGATION DES RÉACTEURS

L’Autorité de la sûreté nucléaire (ASN) a confirmé mercredi que son avis générique sur la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 mégawatts (MW) au-delà de quarante ans serait reporté.

Le gendarme du nucléaire table désormais sur « 2020 pour l’avis, qui sera ensuite transformé en prescription juridiquement imposable en 2021 », a déclaré son président Pierre-Franck Chevet, devant des députés de la Commission du développement durable.

Cet avis qui concerne 34 réacteurs exploités par EDF devait être initialement rendu en 2019. Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) avait récemment évoqué la date de 2021.

Par ailleurs, l’ASN devra aussi se prononcer sur la prolongation ou non de chaque réacteur.

« La question de la prolongation n’est pas un dossier simple », a expliqué Pierre-Franck Chevet. « On attend des dossiers d’EDF et à partir de là on fera ce travail, ce qui explique une partie de la durée », a-t-il fait valoir.

« Même s’il y a des décalages, il y a des marges donc il n’y a pas de sujet de sûreté », selon le président de l’ASN.

Le gouvernement voulait s’appuyer sur l’avis générique de l’ASN pour décider d’éventuelles fermetures de centrales pour assurer la transition énergétique.

Le gouvernement a admis mardi que la France ne pourrait vraisemblablement pas tenir l’objectif de ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% en 2025. Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a évoqué « l’échéance de 2030 ou 2035« .

Le président de l’ASN a par ailleurs jugé « globalement satisfaisant » le niveau de sûreté des installations nucléaires en France malgré une série de trois incidents de niveau 2 (sur une échelle de 7) sur les centrales nucléaires depuis cet été.

Il a évoqué « une sûreté d’exploitation dans l’ensemble pour les grosses installations qui est satisfaisante mais le tout dans un contexte de moyen terme qui lui est préoccupant ».

Selon lui, les acteurs du secteur (Areva, CEA, EDF) font en effet face à des difficultés économiques au moment où se profilent des enjeux inédits.

Ceux-ci portent sur la prolongation des centrales au-delà de 40 ans mais aussi le vieillissement d’usines et des réacteurs de recherche, la prise en compte de nouvelles exigences après l’accident de Fukushima et enfin la construction d’installations nouvelles, comme l’EPR de Flamanville.

Il y a « beaucoup plus de choses à gérer et moins de moyens pour le faire », a regretté M. Chevet.

https://www.romandie.com/news/Nucleaire-l-ASN-confirme-le-report-de-son-avis-sur-la-prolongation/861204.rom