Nov 10

UN INVENTEUR DE HOMBOURG-HAUT VEUT ENVOYER NOS DÉCHETS NUCLÉAIRES AU CENTRE DE LA TERRE

Jürgen Himbert, cybernéticien sarrois résidant à Hombourg-Haut, a inventé un procédé pour précipiter les déchets hautement radioactifs au centre de la Terre. Il a fait breveter son idée et souhaite la commercialiser.

 Enfouir et éliminer les déchets radioactifs de nos centrales nucléaires en les faisant voyager jusqu’au centre de la Terre, après un périple de près de 3 000 km en profondeur. Voilà l’idée émise par Jürgen Himbert, 72 ans. Ce cybernéticien allemand installé à Hombourg-Haut en Moselle-Est se présente comme un inventeur dans l’âme, ayant travaillé pour l’armée ou l’industrie durant sa carrière professionnelle. Persuadé d’avoir trouvé l’alternative à des projets d’enfouissement controversé comme Bure, ce scientifique sarrois a déposé un brevet pour protéger son procédé.

Plongés dans un lac de lave

Sa méthode consiste à emprisonner les déchets hautement radioactifs dans des loges scellées en forme d’œufs, principalement construites à base de tungstène. Les loges sont elles-mêmes déposées dans un œuf plus grand, protégé par une enveloppe de céramique.

« Ce récipient de transport doit alors être plongé, à l’aide d’une grue, dans un lac de lave actif. Il en existe cinq, à ma connaissance, sur la planète : un en Antarctique, deux à Hawaï, un en Éthiopie, un en République Démocratique du Congo, où le brevet a aussi été déposé », note Jürgen Himbert. Un lac de lave actif n’est pas un volcan. « Il n’est pas soumis à des éruptions », s’empresse de préciser le septuagénaire.

Un ascenseur naturel vers le noyau central

Pour cet électromécanicien de profession, qui s’est aussi intéressé à la géologie pour son projet, le lac de lave doit constituer la porte d’accès vers un « ascenseur naturel » menant au centre de la Terre pour l’œuf de céramique et de tungstène. « La descente est possible du fait de la densité des récipients remplis d’uranium. Densité bien supérieure à celle du magma », explique l’inventeur.

Après trois kilomètres d’immersion, la coquille de céramique, présente uniquement pour protéger des chocs avec la lave solidifiée en surface, va se fendre. Puis la descente se poursuit pour les loges de tungstène « dont le point de fusion est de 3 380 degrés Celsius », précise Jürgen Himbert. Le voyage transportera les œufs jusqu’à 2 600 km de profondeur, où il fait 3 500 ° et où la pression atteint 780 000 bar.

Là, à portée du noyau de la Terre, les œufs se désagrègent enfin. « L’oxyde d’uranium est libéré, va se mélanger au magma puis toujours descendre jusqu’au noyau central, lui-même radioactif », conclut Jürgen Himbert qui assure qu’il n’y a pas de risque de remontée des éléments dangereux.

Pour le Sarrois installé en Moselle, le plus difficile commence : comment piquer la curiosité du monde scientifique et commercialiser son procédé breveté ? « J’ai écrit à Emmanuel Macron, à plusieurs ministres, aux responsables d’EDF et de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Pour l’instant, je n’ai pas eu de réponse en dehors d’un accusé de réception de mon courrier à la présidence de la République », avoue Jürgen Himbert.

Stéphane MAZZUCOTELLI

Pour voir le diaporama explicatif, cliquer sur :

http://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-forbach/2017/11/10/un-inventeur-de-hombourg-haut-veut-envoyer-nos-dechets-nucleaires-au-centre-de-la-terre