Nov 13

AREVA : TENIR, EN ATTENDANT UN ÉVENTUEL REBOND

Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires du nouvel Areva, recentré sur le cycle du combustible, a cédé près de 15 %.
« La force du nouvel Areva, c’est son carnet de commandes sur plus de sept ans », expliquait début 2016  le directeur général d’Areva <https://www.lesechos.fr/08/02/2016/LesEchos/22124-074-ECH_philippe-knoche—–la-force-du-nouvel-areva–c-est-son-carnet-de-commandes–.htm?texte=groupes%20miniers%20uranium%20le%20billon>  , Philippe Knoche. Presque deux ans plus tard, ce carnet de commandes est toujours solide, grâce notamment à des contrats de très long terme signés avec EDF. Mais le marché du cycle du combustible, sur lequel le nouvel Areva est désormais recentré sous le nom provisoire « NewCo », continue à se dégrader.

Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_chiffre-daffaires.html#xtor=SEC-3168>  de « NewCo » a reculé de 14 % par rapport au premier semestre l’an dernier, à 1,8 milliard d’euros. Et si l’entreprise maintient un objectif de taux de marge <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_taux-de-marge.html#xtor=SEC-3168>  (résultat opérationnel <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_resultat-dexploitation.html#xtor=SEC-3168>  sur chiffre d’affaires) supérieur à 8 % en 2020, le résultat opérationnel était légèrement dans le rouge au premier semestre (-32 millions d’euros). Et le résultat net <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_resultat-net.html#xtor=SEC-3168>  (-169 millions d’euros) a encore été affecté par des pertes de valeur et de nouvelles provisions.

Presque toutes ses activités sont en berne : la mine, et, corrélativement, la conversion et l’enrichissement de l’uranium. Le marché du démantèlement, quant à lui, peine à vraiment décoller.

Pari de moyen terme

Fin juillet, le nouvel Areva a empoché les 2,5 milliards d’euros de l’augmentation de capital consentie par l’État pour sauver le groupe de la faillite. « NewCo », qui doit prochainement se trouver un nouveau nom, devrait aussi recevoir d’ici quelques mois les 500 millions d’euros promis par les japonais MHI et JNFL en échange de 10 % du capital de l’entreprise.

Le pari de moyen terme de l’entreprise, c’est celui d’un rebond du marché nucléaire. Areva tablait il y a deux ans sur une demande d’uranium de 80.000 tonnes à l’horizon 2025, contre 65.000 tonnes aujourd’hui. Une croissance qui repose pour l’essentiel sur le marché chinois, dont le parc est le seul à vraiment croître aujourd’hui. Mais Pékin voudra alors renforcer son autonomie sur le cycle du combustible – il a d’ailleurs déjà commencé.

À La Hague (Manche), où Areva retraite le combustible usé en nouveau combustible MOX pour EDF – désormais son seul client -, le groupe devra aussi engager d’importants investissements de sûreté. Alors que la fermeture de réacteurs nucléaires pourrait remettre en cause la rentabilité de cet outil industriel <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_outil-industriel.html#xtor=SEC-3168> , le gouvernement vient d’indiquer que la programmation pluriannuelle de l’énergie « définira également les modalités du maintien du recyclage du combustible nucléaire qui revêt un caractère stratégique pour la France ».

Article de Véronique Le Billon

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030858999547-areva-tenir-en-attendant-un-eventuel-rebond-2129406.php