Déc 27

CLIMAT : LA FRANCE PEINE À MONTRER L’EXEMPLE

La France doit diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 mais les investissements en faveur du climat sont encore loin du compte malgré le « leadership écologique » mondial que cherche à incarner Emmanuel Macron.

Le climat n’est pas qu’un sujet de discorde avec les États-Unis de Donald Trump. Le dérèglement climatique a des effets sur la vie quotidienne des Français. L’année 2017 a été marquée par des températures très élevées et un fort déficit de précipitations, selon Météo France. De janvier à novembre, la température moyenne a dépassé la normale de 0,9 °C. En février, mars et juin, le thermomètre affichait plus de 2 °C au-dessus des moyennes saisonnières. Le printemps et l’été 2017 resteront comme les deuxièmes plus chauds depuis 1900.

À l’origine peu convaincu, Emmanuel Macron s’est converti à la cause environnementale. Il revendique un « leadership écologique » mondial face à Donald Trump qui a retiré les États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. En décembre, les projecteurs étaient à nouveau braqués sur Paris pour le sommet One Planet. À défaut de nouvelles ambitions, il avait pour but de réorienter la finance mondiale vers les investissements verts et le soutien aux pays du Sud.

Pas une seule éolienne en mer

La France est pourtant loin d’être exemplaire dans la lutte contre le réchauffement climatique. D’après l’institut I4CE, les secteurs public et privé investissent 32 milliards d’euros chaque année pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais ce montant stagne depuis 2013. Les investissements dans les énergies renouvelables restent très insuffisants. Ils sont même tombés de 8,6 à 5,3 milliards d’euros entre 2011 et 2013, et n’augmentent pas depuis. Il manque entre 20 et 40 milliards d’euros d’investissements chaque année pour atteindre les objectifs de la stratégie nationale bas carbone et de la programmation pluriannuelle de l’énergie.

Malgré sa façade maritime, la première en Europe, la France n’a encore aucune éolienne en mer, alors que ses voisins européens en ont déjà installé plus de 3600. L’Hexagone doit accélérer pour atteindre son objectif: diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre entre 2006 et 2050.

Fiscalité écologique à la traîne

La fiscalité environnementale reste faible. Elle atteint 2,2% du PIB (Produit intérieur brut) d’après l’Insee, contre une moyenne de 2,4% dans l’Union européenne, alors que nous sommes l’un des pays les plus fiscalisés au monde. La France n’est que 20e sur les 28 pays de l’UE, en raison notamment du grand nombre de véhicules diesel, un carburant toujours moins taxé que l’essence malgré le rattrapage en cours. La hausse de la contribution carbone, qui taxe la consommation d’énergies fossiles, va dans le bon sens, jugent les ONG.

La chasse au carbone ouverte

La France a été le premier pays à voter la fin de l’exploitation des hydrocarbures d’ici 2040 et le gouvernement a promis de fermer ses quatre centrales au charbon avant 2022. Le gouvernement a annoncé la fin des voitures thermiques en 2040 et un plan climat ambitieux pour accélérer la rénovation thermique des logements et des bureaux.

Mais le gouvernement est empêtré dans le calendrier de la transition énergétique. Nicolas Hulot a repoussé à 2030 voire 2035 l’objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production électrique pour ne pas être contraint de rouvrir des centrales au charbon et au gaz, alors que l’importance du nucléaire reste un frein au développement des énergies renouvelables.

Article de Luc CHAILLOT

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2017/12/27/climat-la-france-peine-a-montrer-l-exemple