Fév 04

NUCLÉAIRE: TRICASTIN, AVEC SON RÉACTEUR 1, «LA PIRE CENTRALE DU PAYS»?

C’est en tout cas la conclusion des journalistes Thierry Gadault et Hugues Demeude dont des extraits de leur enquête Nucléaire, Danger immédiat sont publiés par le Journal du dimanche…

« Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si un accident grave est possible en France mais quand il aura lieu ». Thierry Gadault et Hugues Demeude disent tenir ce constat d’un haut cadre d’EDF. Les deux hommes – le premier journaliste indépendant (L’Expansion, L’Obs, Le Nouvel économiste…), le second enquêteur et réalisateur de documentaires sur des thématiques industrielles- publient ce mercredi 7 février Nucléaire, Danger immédiat (Ed. Flammarion Enquête).

Un réacteur qui cumule tous les problèmes

Journal du dimanche publie plusieurs extraits du livre dans son édition du 4 février. Notamment un passage se penchant sur l’état de la centrale de Tricastin (Drome), le long du Rhône à 50 km d’Avignon. La cuve du réacteur 1 de la centrale drômoise arrive en tête du top 5 des cuves les plus dangereuses du pays que les auteurs établissement en annexe de leur livre. Devant Le Bugey 5 (Ain), Saint-Laurent-des-Eaux B1 et B2 (Loir-et-Cher) et Blayais 1 (Gironde).

Si le réacteur 1 de Tricastin s’adjuge la première place, c’est qu’il cumule tous les problèmes, notent Thierry Gadault et Hugues Demeude. La cuve de ce réacteur est fissurée. Des défauts constatés avant sa mise en service, mais, à l’époque, les autorités l’ont jugé bonne pour le service. De nouvelles fissures ont depuis été constatées. « Deux de ces nouvelles anomalies s’apparentent à un cumul de défauts et atteignent la limite de sûreté, selon le rapport rédigé par l’ASN en novembre 2011, poursuivent les deux auteurs. Si leur taille s’accroît encore, le réacteur devra être arrêté d’urgence ! »

Sans oublier le risque d’inondation

S’ajoute à cela le canal de Donzère-Mondragon qui longe la centrale de Tricastin. Celle-ci est en contrebas du canal à six mètres en dessous du plan d’eau. De quoi faire craindre le risque d’inondation. Thierry Gadault et Hugues Demeude rapportent alors les propos de Pierre-Franck Chevet, président de l ’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le gendarme du nucléaire français, qui leur aurait confié qu’« en cas de séisme fort, on pourrait aller vers une situation, avec quatre réacteurs simultanés en fusion, qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima ».

En septembre dernier, l’ASN avait sommé EDF d’arrêter provisoirement la centrale de Tricastin en attendant que l’énergéticien entreprenne les travaux de renforcement de la digue du canal de Donzère-Mondragon. Il existe « un risque de rupture d’une partie de la digue pour les séismes les plus importants étudiés », précisait à l’époque l’ASN.

Le 5 décembre dernier, après avoir constaté les réparations menées par EDF pour renforcer la digue du canal, l’ASN a autorisé le redémarrage des réacteurs de la centrale nucléaire de Tricastin.

Fabrice Pouliquen (Publié le 04/02/18 à 14h47)

https://www.20minutes.fr/societe/2214455-20180204-nucleaire-tricastin-reacteur-1-pire-centrale-pays