Fév 26

LA CORÉE DU NORD CONDAMNE LES SANCTIONS

Pyongyang a condamné dimanche la nouvelle flopée de sanctions américaines à son encontre.

La Corée du Nord a accusé dimanche les États-Unis de vouloir provoquer une confrontation dans la péninsule coréenne avec leur nouveau train de sanctions. Des manifestants sud-coréens ont pour leur part tenté d’empêcher la délégation nord-coréenne aux Jeux olympiques d’atteindre le lieu de la cérémonie de clôture.

Les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang en Corée du Sud ont permis un certain dégel entre les deux Corées après une année de tension très vive dans la péninsule. Le régime communiste de Kim Jong un a mené plusieurs tests de missiles, ainsi que son sixième et plus important essai nucléaire au mépris des multiples sanctions votées par l’ONU, en 2017.

Mais la fin des JO a été assombrie par la décision des États-Unis de prendre un nouveau train de sanctions, présenté comme sans précédent, pour tenter de convaincre Pyongyang de renoncer à ses programmes nucléaires et de missiles. En cas d’échec de ces mesures, Washington a menacé de passer à une «phase deux» non précisée.

«Acte de guerre»

La Corée du Nord a critiqué dimanche ces nouvelles sanctions dans un communiqué transmis par l’agence officielle de presse KCNA, quelques heures avant le début de la cérémonie de clôture des JO. «Grâce au noble amour du pays et à la ferme volonté de paix de notre direction suprême, le dialogue et la coopération intercoréennes tant attendues ont pu se faire et les Jeux olympiques se sont tenus avec succès grâce à la collaboration inter-coréenne», affirme KCNA, qui cite le ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

«À la veille de la clôture des Jeux olympiques, les États-Unis se sont déchaînés pour apporter un nouveau nuage sombre de confrontation et de guerre sur la péninsule coréenne en annonçant des sanctions énormes contre la RPDC», rapporte KCNA. L’agence utilise le sigle RPDC (République populaire démocratique de Corée), le nom officiel de la Corée du Nord.

«Comme nous l’avons plusieurs fois répété, nous considérons toute restriction à notre encontre comme un acte de guerre», déclare le ministère nord-coréen des Affaires étrangères cité dans le communiqué. Il promet par ailleurs des représailles si les États-Unis «ont vraiment le culot» de défier Pyongyang de façon «rude». La Chine a aussi réagi avec colère aux nouvelles mesures américaines.

Ouverture au dialogue?

Malgré ces déclarations virulentes, la présidence sud-coréenne a fait savoir, une heure après le début de la cérémonie de clôture, que la Corée du Nord était «disposée» à parler avec les États-Unis. Aucune réunion officielle n’a cependant été prévue entre les délégations américaine et nord-coréenne.

Plus tard, un porte-parole du département d’État américain a indiqué que Washington était «en contact étroit avec la république de Corée concernant notre réponse commune à la Corée du Nord». Et d’ajouter: «comme l’a dit le président Moon, l’amélioration des relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud ne peut pas se faire indépendamment d’une solution sur le programme nucléaire de la Corée du Nord».

La fille de Donald Trump, Ivanka Trump, a pour sa part représenté les États-Unis à la cérémonie de clôture des JO. Elle a aussi rencontré le président sud-coréen Moon Jae-in vendredi en tant que conseillère à la Maison blanche.

«Acte de trahison»

Auparavant, une centaine de parlementaires conservateurs et de militants sud-coréens avaient organisé un sit-in près de la frontière avec la Corée du Nord, se retrouvant face-à-face avec quelque 2500 policiers sud-coréens.

Ils entendaient protester contre l’arrivée de la délégation nord-coréenne, dirigée par un ancien chef du renseignement militaire Kim Yong Chol, à la cérémonie de clôture des JO. Ce militaire est accusé d’être derrière une attaque de 2010 contre un navire de guerre sud-coréen qui a coûté la vie à 36 marins.

La délégation nord-coréenne a pris un autre chemin. Le Parti de la liberté de Corée (opposition) a alors accusé le gouvernement sud-coréen d’«abus de pouvoir et d’acte de trahison» pour avoir dérouté le convoi et l’avoir ainsi mis à l’abri des manifestants. Le président sud-coréen a rencontré Kim Yong Chol à Pyeongchang avant la cérémonie de clôture, précise un communiqué du gouvernement sud-coréen. (ats/nxp)

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