Mar 02

M. LECORNU, N’EST PAS UN DÉMINEUR, MAIS UN INCENDIAIRE !

Le secrétaire d’État fait le service après-vente de l’opération militaire d’envergure menée sur le site de Bure la semaine dernière. Mais pourquoi chercher à se justifier ainsi ? M. Lecornu parle-t-il au nom du ministère de la Transition écologique ou du ministère de l’Intérieur ? 

Il agite aujourd’hui des épouvantails. Il affirme avoir « expulsé des délinquants« , ou des représentants de « l’ultra-gauche » qui n’auraient rien à voir avec des « opposants légaux » ou des «écologistes». Son langage «guerrier» contraste avec sa mission  et  ne fait guère honneur à un ministère censé veiller à la sauvegarde de l’environnement, à la préservation de la terre, à l’attachement aux territoires ruraux, à la solidarité intergénérationnelle…

Arpenter le Bois Lejuc accompagné de 500 gardes mobiles suréquipés militairement, pour déloger la quinzaine de hiboux de Bure vivant à la cime des arbres, est d’une incroyable lâcheté.

Faire semblant de ramener l’ordre dans une forêt en passe d’être massacrée par l’Andra (forêt dont la propriété est toujours contestée par voie juridique), est grotesque.

Y jouer les gros bras, détruire avec une sauvagerie incroyable de nombreux lieux de vie, sans songer un seul instant à interroger les véritables raisons de l’occupation sylvestre est injustifiable.

En consacrant leur vie à l’occupation de ce bois été comme hiver dans le rude climat lorrain, les Hiboux de Bure envoient des signaux d’urgence avec un courage qu’il faut saluer, honorer et écouter.

La méthode brutale déployée la semaine dernière a démontré de façon détestable le peu de considération pour l’environnement, mais plus grave encore, pour la jeunesse de ce pays, et un inqualifiable mépris envers la population de ce territoire

Et pourtant à qui appartient, fondamentalement, l’avenir ? Qui est légitime au final dans ce dossier ?

Les défenseurs obtus d’un « vieux monde« , monde qui n’en finit pas d’agoniser quoi qu’en dise le gouvernement actuel, ou celles et ceux qui veulent en finir véritablement avec un État nucléaire mortifère et la société policière qui va avec ? Lecornu annonce que rendez-vous est pris avec «les opposants légaux» et qu’ils seront reçus « dans les semaines qui viennent au Ministère». Il ment.

L’ensemble des associations locales opposées à la méga-poubelle atomique tient à remettre les pendules à l’heure :

  • Aucune association d’opposition locale n’a été invitée à le rencontrer depuis le jeudi 22 février, alors stop à l’intox sur les plateaux des médias !
  • Nous ne sommes pas engagés par les rendez-vous potentiels pris avec des associations d’envergure nationale et nous ne considérerons pas les échanges tenus comme un dialogue avec le mouvement local d’opposition au projet. Nous appelons d’ailleurs les associations invitées à refuser ce rendez-vous par solidarité avec le mouvement local et ce tant que les conditions d’apaisement nécessaires à la concertation ne sont pas réunies.
  • L’expulsion sans dialogue préalable du Bois Lejuc a définitivement aggravé la fracture et ne témoigne pas d’une envie de faire avancer ce dossier dans la concertation. Aujourd’hui, chacun-e sait que le dialogue depuis 20 ans se résume à coups de débats publics bidons, de corruption institutionnelle envers des élus en mal de reconnaissance et qui ne représentent qu’eux-mêmes, et de plus en plus à coup de flashball et de grenades ou de procès de militant-es menés à charge mais dont les dossiers sont cruellement vides.

Par la brutalité de son action, le gouvernement a brisé le dialogue avec les différents opposants, et a cimenté les liens de notre opposition. Monsieur Lecornu n’est pas un démineur, mais un incendiaire ! Le gouvernement a soufflé sur les braises de la contestation partout en France. Il est à l’origine des 70 rassemblements spontanés qui se sont organisés en réaction à une expulsion injustifiable, voire illégale. Il a participé à la construction de nouveaux comités de lutte contre Cigéo. Il a permis à des personnes de se rencontrer, d’échanger leurs émotions, leur colère. Il a soudé un peu plus encore les liens indéfectibles qui nous unissent.

Le gouvernement a perdu le dialogue avec nous.

Il a renforcé celui de celles et ceux qui veulent lutter avec nous.

Les 3 et 4 mars était prévue une rencontre inter-comités de soutien et de lutte. Malgré la situation inédite, nous maintenons ces temps et ces espaces d’échange à venir.

Ce ne seront pas les arrêtés d’interdiction de circulation qui structureront notre lutte, qui aménageront notre territoire. Nous n’obéirons pas au calendrier fixé par le gouvernement, nous n’organiserons pas les temps à venir en fonction de ses velléités.

Chacun-e connait désormais un peu mieux les méthodes qu’il utilise pour étouffer le mouvement et les raisons qui poussent certain-es militant-es à se battre depuis plus de 20 ans avec une détermination infaillible et des convictions fédératrices. Le réseau anti-Cigéo continue de s’organiser avec une ampleur inédite. Ce week-end du 3 et 4 mars, nous continuerons à exprimer et à partager nos fragilités pour nous rendre plus forts, nous prendrons le temps de nous écouter, de réfléchir, de construire ensemble. Car si nous n’attendons rien du gouvernement, nous pouvons désormais compter sur un réseau de militant-es à travers le pays. En cherchant à museler la contestation locale, le gouvernement a bel et bien permis à de nouvelles voix de crier leur indignation et leur révolte à l’égard de ses très mauvais choix, et contre un projet dont elles ne veulent pas.

Le rendez-vous qui est pris prochainement avec certitude n’est pas avec le gouvernement, mais ces 3 et 4 mars avec celles et ceux qui veulent poursuivre ou rejoindre ce combat.

NON à l’enfouissement des déchets radioactifs à BURE ou ailleurs, OUI à l’étude des alternatives à l’enfouissement !

Communiqué commun, des associations d’opposant.es citoyen.nes et élu.es : Asodedra, Burestop55, Bure Zone Libre, Cedra52, Eodra, Habitants vigilants de Gondrecourt-le-Château, MNE, Mirabel LNE,
> et des Hiboux de Bure