Mar 17

À L’ASSEMBLÉE, L’EX-PREMIER MINISTRE JAPONAIS KAN APPELLE LA FRANCE À SORTIR DU NUCLÉAIRE

L’ancien Premier ministre japonais Naoto Kan, en fonction lors de la catastrophe de Fukushima, a lancé mardi un appel depuis les locaux de l’Assemblée nationale en faveur de la sortie du nucléaire, pas digne de « confiance » et au coût devenu « faramineux ».

Invité par les députés Insoumis, M. Kan a raconté comment il avait vécu le tremblement de terre du 11 mars 2011 et la catastrophe nucléaire ayant suivi. « J’ai compris que je m’étais complètement trompé » dans « ma confiance en la technologie japonaise », et « j’ai décidé de consacrer le reste de ma vie à la disparition du nucléaire », a-t-il déclaré devant la presse.

« En France, il n’y a pas de tremblement de terre et de tsunami » mais « on n’est jamais à l’abri nulle part », a plaidé l’ancien Premier ministre, actuellement député du parti démocrate.

« Le sens de l’histoire est dans la disparition des centrales« , selon M. Kan, qui a aussi relevé un coût devenu « faramineux », notamment pour le réacteur de troisième génération EPR. « Ça n’est plus compétitif » et « l’avantage est aux énergies renouvelables », d’après lui.

L’ex-Premier ministre a été interpellé par Barbara Pompili, présidente LREM de la commission du Développement durable de l’Assemblée et ancienne secrétaire d’État, sur l’insuffisance actuelle des énergies renouvelables face aux besoins et, la possible nécessité d‘ »utiliser le nucléaire, ne serait-ce que de façon transitoire, pour éviter d’aggraver les émissions de gaz à effet de serre ».

« En affinant les modes de consommation, on peut ne vivre qu’avec du renouvelable », a répondu M. Kan, qui a cité l’Allemagne et l’Espagne engagées sur cette voie, mais aussi le Japon, à la consommation d’électricité réduite de 10% depuis 2011 et où seuls 5 réacteurs fonctionnent.

Ce militant antinucléaire, qui a déjeuné mardi avec le chef de file des députés LFI Jean-Luc Mélenchon, doit se rendre dans les prochains jours à Flamanville (Manche) – où un réacteur EPR doit démarrer officiellement fin 2018 – et au Parlement européen.

La France insoumise organise jusqu’au 18 mars une votation citoyenne sur le nucléaire, point d’orgue d’une campagne nationale contre « une énergie dangereuse ». « Nous continuerons à prôner le 100% énergies renouvelables », a promis mardi Mathilde Panot, membre de la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, qui envisage une proposition de loi en ce sens.

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