Mar 24

CYBERACTION: AREVA MALVÉSI : LE FOND DE L’AIR EFFRAIE

Les associations COL.E.R.E à Narbonne (COLlectif pour l’Environnement des Riverains Élisyiques à Narbonne) et RUBRESUS, ainsi que plusieurs riverains de l’usine AREVA/ORANO de Narbonne, ont conjointement déposé ce 8 mars 2018 un recours en annulation de l’arrêté préfectoral autorisant l’exploitation de l’installation TDN au sein de l’usine, auprès du tribunal administratif de Montpellier en mandatant le cabinet Atmos Avocats à Paris, spécialisé en droit de l’environnement.

Ces deux associations ont alerté les administrés et les décideurs dès l’enquête publique de septembre 2016 sur les risques environnementaux et sanitaires potentiels du projet TDN, qui implique le traitement dans un four à combustion alimenté par du charbon des effluents stockés dans les bassins d’évaporation de l’usine, contenant des métaux et des radionucléides (350 000 m 3 ).
Depuis, RUBRESUS a multiplié les rapports scientifiques mettant en évidence l’importance des émissions atmosphériques résultant de ce procédé (qu’elle estime équivalentes à celles d’un incinérateur), doublées d’émissions de radionucléides. L’association a également fait part de ses craintes quant à la fragilité et les incertitudes du procédé retenu, unique au monde, alors qu’il n’a pas été directement testé avec les effluents concernés.
La connaissance des dossiers et du territoire par les deux associations ont permis d’élaborer un recours argumenté et aussi de mobiliser des premiers financements pour cette procédure juridique.
Dans leur recours, les associations dénoncent point par point les irrégularités et lacunes qui, selon elles, affectent cette autorisation. Elles déplorent notamment le manque de précaution du préfet sur un projet expérimental dont elles considèrent que les effets demeurent incertains sur la santé et l’environnement de la population narbonnaise.
La solidarité et les actions des associations et collectifs du Narbonnais ont permis la prise de conscience et la mobilisation de la population locale. Nous invitons les Narbonnais, les Narbonnaises ainsi que toutes personnes qui se sentent concernées à continuer de se mobiliser et de soutenir l’action portée par les deux associations en faveur de la protection de la santé et de l’environnement.

Voir Areva Malvési : le fond de l’air effraie
https://tvlanguedoc.com/areva-malvesi-un-prefet-qui-dit-oui-a-thor/  

À moins de trois kilomètres de la ville de Narbonne qui compte plus de 52 000 habitants, l’inquiétude grandit pour de nombreux habitants dans la périphérie de cette sous-préfecture de l’Aude, au sujet d’un projet controversé répondant au nom de Thor qui verra le jour dans l’usine chimique de Malvési appartenant au géant nucléaire Areva.

C’est quoi le projet THOR ?

Le projet Thor est l’abréviation de « THermal Organic Reduction ». L’usine d’Areva traite le minerai d’uranium qui donne le combustible des centrales nucléaires. Un procédé qui produit des déchets qu’Areva aimerait retraiter par un procédé nommé « Thor ».

Dans le cadre de son activité de transformation d’uranium, le site industriel de Malvési rejette dans ses bassins, des effluents liquides nitratés et radioactifs. Avec plus de 50 années d’exploitation, le site comptabilise aujourd’hui environ 350 000 m3 d’effluents liquides, soit l’équivalent de 140 piscines olympiques. L’objectif de l’entreprise est de vider les bassins, mais voilà, le principe retenu par Areva inquiète.

L’idée serait de brûler ces déchets. Si le projet consiste à traiter par la chaleur à haute température les effluents liquides nitratés générés par la transformation de l’uranium, ce procédé thermique expérimental qui risque d’être utilisé émettra des rejets de gaz et de fumée dans l’atmosphère avec la question des éléments radioactifs qui vont se rajouter à la pollution chimique. Et à une telle température, beaucoup d’éléments chimiques et radioactifs risquent d’être volatilisé dans l’atmosphère.

Inquiétude des habitants

D’où l’inquiétude des habitants qui ont réclamé des études complémentaires sur les risques engendrés par ce nouveau procédé. Beaucoup de craintes et de questions sans réponse pour les riverains et les habitants de Narbonne sur ce procédé expérimental qui refusent de servir de rats de laboratoire au profit d’Areva. Si l’objectif de cette entreprise est officiellement de vider les bassins, la crainte est de voir Areva de continuer à les remplir par de nouveaux effluents produits pour raffiner 10 à 15000 tonnes d’uranium par an, avec une autorisation préfectorale qui limite à 21 000 tonnes la production annuelle. « Non seulement le procédé retenu peut inquiéter, mais on peut avoir des doutes sur l’intention réelle d’Areva de vider les bassins » nous explique Hervé Loquais du Collectif Non au nucléaire dans l’Aude.

Un préfet qui dit oui à Thor

Sur la base d’un avis favorable par un commissaire enquêteur et deux expertises complémentaires, le Préfet de l’Aude, monsieur Alain Thirion a autorisé le projet Thor de l’usine de traitement des déchets nitratés de l’usine Areva-Malvési. Salué par le premier vice-président de la région Occitanie, Didier Codorniou, (sans toutefois avoir apporté son soutien ce projet), ce futur projet controversé provoque une forte inquiétude et une vive contestation par de nombreux habitants de la province du Narbonnais.

« Déplorant cette décision qui engage le bassin de vie pour quarante ans et qui sera lourde de conséquences sur le plan sanitaire environnemental et économique », une association locale – Transparence des canaux de la narbonnaise (TCNA) – appelle dans un communiqué à « la résistance citoyenne ». Une vaste banderole a été déployée sur les remparts de la cité de Carcassonne : « Le nucléaire tue l’avenir » en guise de protestation.

Un coup de massue sur la tête des opposants

Suite à des expertise favorables au projet expérimental de traitement des nitrates grâce au projet THOR et à la décision du Préfet de l’Aude d’autoriser finalement ce projet, les associations ont reçu un sérieux coup sur la tête, car de nombreuses contre expertises indépendantes réalisées par ces associations n’ont pas été pris en compte dans l’étude de ce dossier.
Indignés, les riverains du projet avec en tête les associations comme Rubresus et COLERE ont décidé de faire appels aux bon sens des politiques locaux et nationaux concernant la santé des habitants, la salubrité publique et le risque sanitaire des environs.

Riposte des associations

Dans des temps de tromperie généralisée et de supercherie universelle, le simple fait de dire la vérité (en faveur d’une prophylaxie pour les êtres vivants et la nature environnante) est-il devenu un acte révolutionnaire ? Les associations narbonnaise Rubresus et Col.e.r.e (Collectif pour l’environnement des riverains Élisyques * à Narbonne) ripostent juridiquement et réclament l’annulation de l’arrêté préfectoral relatif à l’autorisation d’exploitation du procédé TDN THOR à Malvési. Ces associations ont déposé le 8 mars 2018, auprès du tribunal administratif de Montpellier, un recours contre l’arrêté préfectoral autorisant l’exploitation du TDN au sein de l’usine Malvési réclamant son annulation.

Des élus locaux frappés de mutisme

Les élus locaux sont frappés de mutisme depuis l’autorisation du Préfet et ne pipent pas mot à ce sujet. Le maire de Narbonne, Didier Mouly reste désormais silencieux depuis l’autorisation de la Préfecture. Alors qu’il s’était clairement exprimé contre TDN, et à l’image de nombreux élus préférant rester eux aussi discrets, un mutisme frappant et pesant semble toucher le premier officier d’état civil de la Narbonnaise qui semble garder le (petit) doigt sur la couture de son pantalon. La raison est simple !

Le poids d’Areva pèse lourd dans l’économie locale !

Subventionnant entre autre le club de Rugby, finançant entre autre le festival Charles Trénet, la pression d’Areva reste forte. À savoir que 220 salariés travaillent chez Areva Malvési et habitent dans les communes du grand Narbonne, sans parler de la centaine d’emplois indirects via des entreprises sous-traitantes. Bref toute une économie locale qui dépend directement d’Areva et qui semble peser sur les décisions sanitaires et sociales de cette région du Languedoc-Roussillon.

Silence assourdissant des politiciens locaux

Les deux associations déplorent le silence assourdissant des politiques à ce sujet et de voir que les élus se sont dégonflés suite à la décision du préfet. Oui mais voilà ! D’autres raisons sont probablement aussi importantes que l’économie locale : le poids du lobby nucléaire en France !

Quand on connait l’importance stratégique de cette industrie pour l’état français, il est facile de comprendre le mutisme de certains. Faut-il rappeler que le président Emmanuel Macron a encore vendu 6 EPR en Inde en ce mois de Mars 2018 ? Sans parler de l’armement atomique, la France étant l’un de ses plus ardents défenseurs à l’ONU. Ceci expliquant cela !

Désormais vous comprendrez que pour chaque lambda audois, parler avec un élu local à propos de Malvési risque (peut-être) d’être une pure perte de temps car forcément aux ordres des dirigeants de ce pays. Pour ce dossier avec un impact direct sur la santé des habitants, vaut-il mieux désormais faire appel à la justice de notre pays comme le font désormais ces associations ? Oui, certainement, et cela toujours avec respect de la légalité et de la liberté d’expression. Oui mais voilà, cette même justice risque-t-elle de devenir aveugle et sourde sur un tel dossier ? Cette justice est-elle encore neutre au point de ne pas subir l’influence des décisions étatiques nucléarisées de nos dirigeants ? Autant de questions sur lesquelles je vous laisse juge.
« Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l’apparence de la solidarité à un simple courant d’air », George Orwell.

Principe de précaution inexistant

Dans ce recours, ces deux associations dénoncent point par point les lacunes et irrégularités qui, selon elles, affectent cette autorisation. Elles déplorent notamment le manque de principe de précaution du préfet sur un projet expérimental dont elles considèrent que les effets demeurent incertains sur la santé et l’environnement de la population narbonnaise.

Alors que l’on sait qu’un simple incinérateur de déchets ménagers provoque de nombreux cancers et d’irritations des voies respiratoires, qui voudrait nous faire croire en 2018 qu’une usine brûlant des matières issues de l’industrie nucléaire est sans risque pour les habitants ? Une relation statistique positive est mise en évidence par l’IVS, l’institut de veille sanitaire entre l’exposition passée aux panaches d’incinérateurs et l’incidence au cours de plusieurs années. Un incinérateur de déchets ménagers à Lunel-Viel dans l’Hérault a défrayé la chronique, il y a quelques années de cela et devant le nombre d’opposants et de plaintes conjointes, cet incinérateur a dû stopper toute activité ! Pourquoi le principe de précaution ne s’applique-t-il pas en région audoise pour un tel projet?

Samedi 24 Mars : Réunion publique d’information

Une réunion publique a donc lieu ce samedi 24 Mars 2018 à Narbonne au Palais du Travail pour une reprise de contact vers la population, dans le but de continuer à informer et donner des éléments à celles et ceux qui ne connaissent pas l’usine Malvési au nord de la ville et ce futur projet expérimental Thor qui ne fait pas l’unanimité chez les habitants.

À savoir que le combat des association reste avant tout un combat contre l’insécurité des moyens mis en œuvre pour le traitement de ces déchets qui, sous le couvert d’expertises (sous obédiences nucléaires) mandatés par la préfecture (donc l’état) se cachent encore une fois derrière des rapports incomplets, mais tellement favorables à l’industrie nucléaire que de ce fait, devient forcément risible tellement le poison est gros ( euh pardon … je voulais dire le poisson) Il faut dire que nul n’aimerait être un poisson dans les cours d’eau des canaux près de Malvési.

Quoi qu’il en soit, si le coup porté sur la tête des associations contre le projet THOR reste dur à assumer et la pilule (d’iode) difficile à avaler, les riverains et associations de défense contre ce nouveau projet ont décidé de se battre jusqu’au bout et restent bien remontés contre ce projet sans aucun principe de précaution qui à ce jour reste inexistant pour la population locale, avec l’arrivée de ce projet expérimental qui risque d’aggraver sans aucun doute, le nombre de cancers et sans aucun doute une certaine méfiance des touristes dans cette région. Sûrement que des retombées négatives en termes économiques touristiques, œnologiques et agricoles risquent de poindre si le projet voit le jour !
Une autre raison majeure sans doute pour laquelle ces politiques locaux se dégonflent : les acteurs économiques du tourisme et de la viticulture n’aiment pas trop qu’on parle de la pollution de la Narbonnaise. Mais chut … Paraît-il qu’il ne faut pas trop en parler !

Qu’est-ce que l’usine Areva Malvési ?

Piqure de rappel : L’usine Areva Malvési est une usine de raffinage et de conversion du yellow cake (un concentré de minerai d’uranium) sous la forme de tétrafluorure d’uranium (UF4) située à Narbonne dans la zone industrielle de Malvezy. Elle a été exploitée par la Comurhex pendant 39 ans, avant d’être intégrée dans le groupe Areva en 2014.

À savoir qu’Areva est devenue Orano cette année 2018, après avoir perdu sa branche de construction de réacteur (Framatome), branche qui ne parvient toujours pas à lancer de réacteur EPR en dépit des milliards qui lui sont injectés ces dernières années par l’état français.

Pour retrouver et SIGNER cette pétition, cliquer sur : https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/arevamalvesi-lefonddelaireffraie-2217.html

* Les Élisyques sont un petit peuple de la région de Narbonne et de Béziers, installé de longue date, de culture et de langue ibériques. Ouvert aux influences hellénique puis celte, ce peuple a toutefois conservé l’essentiel de sa culture jusqu’à la colonisation romaine.