Mar 29

L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN «NE DOIT PAS ÊTRE NÉGOCIABLE»

L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a déclaré, mardi à Alger, que l’accord sur le nucléaire iranien «ne doit pas être négociable», estimant que cela y va «de la stabilité et de la crédibilité de la parole internationale».

«Je ne cesserai d’appeler l’Europe à être plus précise sur son engagement à défendre l’accord sur le programme nucléaire iranien. L’accord sur l’Iran ne doit pas être négociable. Les États-Unis peuvent choisir de s’en démettre, mais nous (les Européens), nous devons défendre cet accord. Cela y va de la stabilité et de la crédibilité de la parole internationale», a souligné M. de Villepin lors d’une conférence intitulée: «Réconcilier les silences : Donner sa parole pour la paix» tenue à Alger. «Comment veut-on que les nord-coréens renoncent à leur essais de missiles balistiques si au même moment un accord sur le nucléaire iranien est remis en cause», s’est-il interrogé.

La rencontre annoncée pour le mois de mai entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, et l’ultimatum de 120 jours lancé par Washington pour corriger «les lacunes» que comporte l’accord signé à Vienne le 14 juillet 2015 entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union européenne (UE) et l’Allemagne, constituent, pour de Villepin, «le pivot des relations internationales marquées par une rivalité accrue entre les grandes puissances». De la même façon, a enchainé M. de Villepin, «l’UE ne peut pas concevoir son destin contre la Russie, celui-ci se joue avec la Russie. Nous devons affirmer notre identité d’Européens et apporter notre contribution à la stabilité internationale partout où nous avons à le faire». «Nous sommes dans une zone d’escalade où personne ne peut véritablement savoir où cela nous conduira. Il y a un risque de se laisser entrainer dans une logique de bloc à bloc, et donc dans un risque de guerre». Et le devoir «absolu» à présent réside, selon de Villepin, dans «le fait de maintenir le dialogue, de garder le contrôle de nos stratégies et de nos gestes aussi». Dominique de Villepin, effectue une visite en Algérie du 26 au 28 mars 2018 à l’invitation de l’ambassadeur de France en Algérie.

Homme de lettres, ministre des Affaires étrangères engagé, Dominique de Villepin propose une réflexion profonde sur l’état du monde d’aujourd’hui dans son dernier ouvrage intitulé Mémoire de «Paix pour Temps de Guerre» (Grasset, 2016). Il y partage son expérience, ses convictions et sa vision pour un monde apaisé : Le moment est venu de s’atteler au travail de la paix, d’ouvrir les yeux sur les blessures du monde et de nous doter des outils pour construire un nouvel ordre, stable et juste.
De Villepin profitera de son déplacement en Algérie pour rencontrer des représentants des institutions algériennes et des personnalités de la vie économique et culturelle du pays. La conférence de M. de Villepin s’est tenue en un lieu emblématique de la coopération franco-algérienne : l’École supérieure algérienne des affaires (ESAA). Née de la volonté politique et de la vision de deux présidents, Abdelaziz Bouteflika et Jacques Chirac, cette école de gestion et de management du plus haut niveau possible, est devenue la référence, non seulement en Afrique du Nord, mais au niveau continental.

Nucléaire iranien : l’AIEA réaffirme que Téhéran respecte ses engagements

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Yukiya Amano, a réaffirmé jeudi à New York à l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, que Téhéran respectait ses engagements dans l’accord nucléaire de 2015, selon un communiqué de l’AIEA. Il s’agit de la deuxième rencontre entre les deux responsables, la première ayant eu lieu fin août à Vienne, lors d’une visite au siège de l’AIEA de la diplomatie américaine qui est à la manœuvre côté américain sur le dossier nucléaire iranien. Depuis ce déplacement, le président américain Donald Trump a décidé en octobre, sur conseil de Nikki Haley, de ne pas «certifier» que l’Iran respecte ses engagements, et de renvoyer le dossier au Congrès américain pour décider d’une éventuelle reprise de sanctions américaines.

En échange de garanties sur le caractère uniquement civil du programme nucléaire iranien, les signataires de l’accord ont entrepris de lever progressivement leurs sanctions internationales sur l’Iran. Lors de leur entretien, les deux responsables «ont discuté de l’application et de la surveillance» des engagements de Téhéran dans cet accord conclu avec six grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), a précisé l’AIEA. Yukiya Amano a répété à son interlocutrice que cet accord «représentait un apport considérable pour la vérification nucléaire et que les engagements iraniens étaient respectés», selon la même source. «Jusqu’à présent, l’AIEA a accès à tous les sites qu’elle veut visiter dans le pays», a aussi assuré Yukiya Amano à la diplomate américaine, a précisé l’AIEA.

Fin août, Nikki Haley avait réclamé davantage de contrôles en Iran, les jugeant insuffisants. «Les inspecteurs de l’AIEA continueront à faire leur travail d’une manière factuelle et impartiale», a insisté le directeur de l’Agence onusienne. Dans un communiqué, la mission américaine à l’ONU a fait savoir de son côté que Nikki Haley avait «salué l’expertise et le professionnalisme» de l’AIEA ». La diplomate a aussi «exprimé le soutien des États-Unis aux efforts de l’AIEA pour une vérification robuste des activités nucléaires en Iran».

Nikki Haley a enfin réaffirmé l’importance à ses yeux d’«un accès complet et transparent» pour l’AIEA aux installations iraniennes, selon le communiqué. Yukiya Amano effectue actuellement une tournée aux États-Unis. Il s’est entretenu au Congrès américain à Washington avec plusieurs parlementaires et doit prononcer vendredi une allocution devant l’Assemblée générale de l’ONU.

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