Mar 30

LE « SATAN » ENTRE LES MAINS DE POUTINE

Le président russe a dévoilé le 1er mars le nouveau système de missiles Sarmat, capable de surmonter tout bouclier antimissile, suscitant ainsi l’angoisse aussi bien au sein des Américains que des Européens.

Le président russe a dévoilé, lors de son discours annuel du 1er mars devant l’Assemblée fédérale, le système de missiles Sarmat, doté d’un large éventail d’armes nucléaires de grande puissance, notamment hypersoniques, qui est capable de neutraliser tous les systèmes de défense antiaérienne et de surmonter tout bouclier antimissile.

« Aucune arme, même des systèmes de défense antimissile prometteurs, ne peuvent rivaliser avec le système de missiles Sarmat », a souligné Vladimir Poutine.

Le discours de Poutine n’est pas allé sans provoquer la réaction des médias occidentaux et l’angoisse des États-Unis et des pays européens qui ont opté, depuis quelques années, pour une politique de sanctions contre la Russie.

Le président russe a, en fait, répondu à la nouvelle doctrine nucléaire 2018 des États-Unis qu’a, récemment, publiée le président américain Donald Trump qui avait évoqué la tension croissante avec la Russie et le début éventuel d’une confrontation nucléaire. Une confrontation qui ne devrait jamais se produire dans la mesure où les armements stratégiques américains ne peuvent absolument pas contrer les armes russes, comme le confirme d’ailleurs le document.

Vladimir Poutine a donné, ainsi, une réponse cinglante à Washington: la Russie peut utiliser, à tout moment, une arme nucléaire stratégique qui pourrait raser une grande partie du territoire américain.

Et selon l’analyste F. William Engdahl (mondialisation.ca), le discours du président russe « contient une section tranchante au sujet des technologies militaires russes, que les médias pro-OTAN ont préféré minimiser comme constituant ou un stratagème de propagande, ou bien une acrobatie rhétorique de campagne« .

Compte tenu des allusions aux développements technologiques militaires russes dévoilés en plus sur le théâtre de guerre syrien depuis septembre 2015, Washington ignore ce qui constitue clairement un développement stratégique bouleversant les règles du jeu. Et ceci transforme en gâchis les centaines de milliards de dollars de la soi-disant technologie de défense missilière américaine qui est en train d’être mise en place depuis la Corée du Sud, le Japon et jusqu’à la Pologne et au-delà, rien de plus que de l’argent du budget de défense du Pentagone jeté par les fenêtres.

La pierre d’angle de Poutine dans ce passage relatif à la sécurité, qui a été ignorée par les médias occidentaux, ce fut la réponse russe au « retrait américain unilatéral du traité sur la défense anti-balistique de 1972, et dans la pratique au déploiement de leurs systèmes de défense anti-balistiques à la fois aux États-Unis et au-delà de leurs frontières nationales ».

En effet, quand Washington s’est unilatéralement retiré du traité ABM en 2002, le gouvernement américain a commencé une série de mouvements agressifs incluant l’élargissement de l’OTAN aux anciens pays communistes d’Europe de l’Est − quitte à fomenter un coup et une guerre civile en Ukraine ainsi que d’autres provocations − qui avaient mené à la construction de bases de missiles anti-balistiques en Roumanie et en Pologne, toutes deux membres de l’OTAN, de même que face à l’Extrême-Orient russe au Japon et en Corée du Sud.

De plus, comme Vladimir Poutine l’a remarqué « le système de défense anti-balistique mondial américain inclut également cinq croiseurs et 30 destroyers, qui pour autant que nous le sachions, ont été déployés dans des régions proches des frontières russes ». Ce n’est pas là un déploiement mineur aux yeux des Russes.

Le RS-28 Sarmat que l’OTAN a nommé Satan 2, est un missile balistique intercontinental basé en silo qui pèse deux fois moins que son prédécesseur, le Voevoda. Ce missile de très grande taille sera mis en service d’ici 2019 ou 2020. Les experts estiment qu’il pourra transporter une ogive mirvée de 10 tonnes. (NDLR : mirvée = qui possède plusieurs têtes qui suivent chacune leur trajectoire lors de leur entrée dans l’atmosphère)

Au moins 500 antimissiles américains sont nécessaires afin d’intercepter un missile balistique intercontinental Sarmat, a déclaré Victor Bondarev, président de la commission de défense et de sécurité du Conseil de la Fédération de la Russie, interrogé par Sputnik.

Difficile aux Américains de cacher leur inquiétude. Auparavant, le journal The New York Times avait annoncé, en se référant à un responsable américain haut placé, que Donald Trump avait informé Vladimir Poutine lors de leur conversation téléphonique de ses inquiétudes concernant la mise au point de nouvelles armes russes, capables de surpasser les systèmes de défense américains.

Les analystes politiques jugent possible et proche une véritable guerre nucléaire entre la Russie et l’Occident. Est-ce vrai ?

http://www.presstv.com/DetailFr/2018/03/28/556722/Le-satan-entre-les-mains-de-Poutine