Avr 09

LA FRANCE A PRIS UN SACRÉ RETARD

Le ministre français Nicolas Hulot a choisi le Luxembourgeois Claude Turmes pour intégrer un comité sur la transition écologique dans l’Hexagone. Un défi que l’eurodéputé compte bien relever sans langue de bois. (Photo : archives editpress)

Voilà une mission pas banale pour l’écologiste luxembourgeois, invité par la France à rejoindre le comité «Accélérateur de la transition écologique (AcTE)». Une mission que l’eurodéputé prend à cœur: il ne manquera pas d’avoir un «regard critique», prévient-il…

Extraits :

Nucléaire : le «boulet» français

Pour Claude Turmes, l’histoire du divorce Areva-Siemens résume bien la fausse route française.

Pendant que la première, une multinationale française du nucléaire, accumule une montagne de dettes, la seconde « a misé sur l’éolien, et est devenue un leader de ce secteur dynamique ».

La France, « par son obstination nucléaire, a souvent raté le coche. Sur l’éolien, elle aurait pu être un des grands leaders, sachant qu’elle dispose en plus d’un littoral idéal pour l’éolien en mer ». Nicolas Hulot a donc « la volonté de ne pas rater cette dimension industrielle de la transition énergétique », témoigne-t-il.

C’est pourtant le même Hulot qui a reculé sur l’objectif de réduire de 75 % à 50 % la part de l’électricité nucléaire à l’horizon 2025! « C’est bien sûr un des points chauds », admet Claude Turmes. « Mais Nicolas Hulot a annoncé qu’il ne ferait pas l’impasse sur ce sujet. On rentre dans une année décisive, la France va devoir décider quelle part elle donnera au renouvelable et au nucléaire d’ici la prochaine décennie. »

Et de citer un scénario présenté par RTE, le gestionnaire des réseaux de transport d’électricité en France, qui « propose d’arrêter toutes les centrales nucléaires après 40 ans. Un scénario qui mettrait la France plutôt en harmonie avec une bonne partie de l’Europe ». Pourtant, du côté de la centrale de Cattenom, située à un jet de pierre du Luxembourg, on mise toujours sur une durée de vie de 60 ans! « En effet, donc il faudra montrer que cette exception française est plutôt un boulet qu’un progrès, car c’est un frein à la transition énergétique.»

http://www.lequotidien.lu/a-la-une/la-france-a-pris-un-sacre-retard/