Mai 19

SOMMET TRUMP-KIM. POURQUOI L’IMPOSSIBLE DÉNUCLÉARISATION DE LA PÉNINSULE CORÉENNE FAIT PLANER UNE GUERRE NUCLÉAIRE AUX USA, ASIE ET EUROPE ?

1ère Partie: La dernière information sur l’évolution du réchauffement entre la Corée du Nord et la Corée du Sud et les États-Unis et les préparatifs en cours du sommet entre le président américain Donald Trump et le président nord-coréen Kim Jong-un est tombée le 15 mai 2018. Un nouveau message de la Corée du Nord « qui jette le doute sur la tenue du sommet avec Trump. » (1) Au moins, le message du premier vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen Kim Kye-gwan vient remettre les pendules à l’heure. Afin que tout soit clair pour tout le monde. Il balise désormais le contenu de la rencontre entre le président américain et le président nord-coréen, prévu le 12 juin 2018. Et on peut même se poser la question si la rencontre est vraiment utile pour régler le problème de la crise nord-coréenne tant il y une grande confusion dans ce rendez-vous historique. Quel sens donner à cette clarification que l’on relève dans cette déclaration du premier vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen Kim Kye-gwan ? Une déclaration qui s’assimile véritablement à une mise en garde adressée à Washington « et qui demande une réponse de la Maison Blanche. »

1: Les clarifications de la Corée du Nord sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne

Ce qui nous apparaît en premier, et que le nouveau message de la Corée du Nord (1) vient à souligner qu’il ne faut pas confondre dénucléarisation de la Corée du Nord et dénucléarisation de la péninsule coréenne. Le message de Pyongyang est très explicite. Il n’y a dénucléarisation de la Corée du Nord que s’il y a une dénucléarisation vérifiable de toute la péninsule coréenne. Ce qui signifie pour une dénucléarisation de la péninsule, qu’il soit mis définitivement fin aux manœuvres militaires entre le la Corée du Nord et les États-Unis, et d’inclure le retrait des forces américaines stationnées en Corée du Sud. Retrait qui doit être effectif puisque ces forces perdent le sens de leur mission défensive de la Corée du Sud, n’ayant plus de rôle à jouer en Corée du Sud. Et ce sont ces deux conditions qui amèneront la Corée du Nord à renoncer définitivement à son arsenal nucléaire. Donc à procéder « au démantèlement complet, vérifiable et irréversible des programmes nucléaires et des missiles nord-coréens », comme le demande les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud. Et la réunification des deux Corées pourrait suivre.

« MM. Trump et Abe, pour leur part, « ont réitéré la nécessité que la Corée du Nord abandonne toutes les armes de destruction massive et tous les programmes de missiles balistiques », a indiqué la Maison Blanche. Par ailleurs, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a eu une conversation téléphonique avec son homologue sud-coréen Song Young-moo, auquel il a « réaffirmé l’engagement à toute épreuve des États-Unis à défendre la Corée du Sud en utilisant tout l’éventail des capacités américaines », a déclaré le Pentagone dans un communiqué. « Les deux parties ont promis de poursuivre leur coopération étroite pour appliquer les résolutions des Nations unies et pour soutenir les efforts diplomatiques visant à parvenir à une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible », ajoute le communiqué. » (2)

Sauf qu’aujourd’hui, une renonciation « unilatérale » par la seule Corée du Nord est inacceptable. Et c’est ce message qui est transmis à Trump par Kim Kye-gwan. « Si les États-Unis essaient de nous acculer pour forcer notre renonciation unilatérale au nucléaire, nous ne serons plus intéressés par ce genre de dialogue et ne pourrons que reconsidérer notre poursuite du sommet RPDC-USA », déclare Kim Kye-gwan.  » (1)

De même, ce message constitue une réponse à la déclaration du nouveau chef de la diplomatie Mike Pompeo – il s’est rendu deux fois à Pyongyang – selon laquelle «  les États-Unis accepteraient de lever les sanctions contre la Corée du Nord si elle accepterait de détruire complètement son programme d’armes nucléaires. » Le vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen est catégorique  : « La Corée du Nord n’abandonnera jamais son programme nucléaire en échange d’échanges économiques avec les États-Unis. » (1)

Il faut aussi rappeler la déclaration de Panmunjom, le 27 avril 2018, qui demandait à chaque partie, le Nord comme le Sud, d’éviter toute provocation, ou tout acte d’hostilité envers la partie adverse. Comme il est mentionné au point 2, et le point 1 qui s’y rattache.

« 2. Le Nord et le Sud s’attacheront en commun à atténuer la grave tension militaire et à éliminer effectivement le danger de guerre dans la péninsule coréenne.

La réduction de la tension militaire et l’élimination du danger de guerre dans la péninsule coréenne s’avèrent particulièrement importantes pour le destin de la nation et cruciales pour une vie pacifique et stable des Coréens.

Le Nord et le Sud sont convenus de cesser sur tous les plans, notamment sur terre, sur mer et dans l’air, tous genres d’actes d’hostilité l’un à l’égard de l’autre de nature à provoquer une tension et un conflit militaire.

Dans l’immédiat, ils sont convenus de cesser à partir du 1er mai l’émission par haut-parleur et l’épandage de tracts et tous les autres actes d’hostilité dans les parages de la ligne de démarcation militaire, d’en supprimer les moyens correspondants et de transformer la zone démilitarisée en une zone de paix réelle. » (3)

Dès lors les manœuvres conjointes « Max Thunder », qui ont lieu du 14 au 25 mai 2018 à la base aérienne de Gwangju, et se poursuivront comme l’annonce le ministère sud-coréen de la Défense tout en précisant que ces manœuvres ne visent pas « à l’attaque d’une tierce partie » viennent contredire l’esprit et la lettre de la déclaration de Panmunjom du 27 avril. Peut-on accepter telle assertion de la part de Heather Nauert, la porte-parole du département d’État américain lors d’un point de presse.

« Kim Jong-un a dit précédemment qu’il comprenait la nécessité et l’utilité pour les États-Unis et la République de Corée de poursuivre leurs manœuvres conjointes », a souligné Heather Nauert, porte-parole du département d’État américain lors d’un point de presse. « Nous n’avons rien entendu de ce gouvernement ou du gouvernement de la Corée du Sud pour indiquer que nous ne continuerions pas ces exercices ou que nous ne continuerions pas à planifier notre rencontre entre le président Trump et Kim Jong Un le mois prochain », a-t-elle ajouté. (1)

Dès lors, au regard de la Déclaration inter-coréenne du 27 avril, il apparaît nettement que les exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Corée du Sud devaient être évitées, et donc ne pas avoir lieu. Et c’est le contraire qui s’est produit. La riposte nord-coréenne n’a pas tardé. « Quelques heures avant les déclarations de Kim Kye-gwan, la Corée du Nord avait critiqué les manœuvres militaires en cours entre les États-Unis et la Corée du Sud, les qualifiant de « provocation ». Elle annonçait dans la foulée l’annulation de la réunion de mercredi qui devait étudier la façon de mettre en œuvre la déclaration du sommet inter-coréen de Panmunjom du 27 avril dernier qui prévoit de mettre fin officiellement à la guerre de Corée et de parvenir à une « complète dénucléarisation » de la péninsule. La Corée du Sud a qualifié la décision de la Corée du Nord de « regrettable ». (1)

Une autre précision a été apportée par le premier vice-ministre des Affaires étrangères de Kim Kye-gwan. Elle concerne la proposition du nouveau conseiller national à la Sécurité de Donald Trump, John Bolton, selon laquelle « la dénucléarisation de la Corée du Nord doit se faire suivant le modèle libyen par lequel le régime communiste de Pyongyang remettrait rapidement son arsenal nucléaire aux États-Unis ou à d’autres pays. » Et cette précision est de taille puisqu’elle tourne John Bolton dans l’absurdité. Comparer l’incomparable. Un pays qui menace les États-Unis d’une guerre nucléaire, et des menaces qui n’ont pas cessé dans la guerre des mots avec le président américain Donald Trump, et celui-ci depuis le 9 mars 2018 a accepté de rencontrer l’homme qui a menacé l’Amérique, le 12 juin 2018, démontre simplement l’insuffisante prise de conscience du nouveau conseiller américain à la sécurité du danger auquel face l’Amérique aujourd’hui. En cherchant à imposer une ligne dure à la Corée du Nord, le conseiller américain ne prend pas en compte l’imprévisibilité d’une guerre nucléaire qui peut éclater et faire des millions de victimes innocentes, qui n’ont rien à voir avec le conflit.

Aussi lit-on dans la déclaration nord-coréenne : « Le monde sait très bien que notre pays n’est ni la Libye, ni l’Irak qui ont connu un sort misérable », déclare le premier vice-ministre des Affaires étrangères. « Il est totalement absurde d’oser comparer la RPDC, un État ayant l’arme nucléaire, à la Libye qui en était au premier stade de son développement nucléaire. »

Ce message nord-coréen qui vient préciser les donnes pour le rendez-vous historique du 12 juin, et si celui-ci aura lieu ce qui n’est pas encore sûr, montre que les négociations seront très difficiles et complexes. Car les positions de chaque partie sont très éloignées, et malgré la déclaration inter-coréenne du 27 avril 2018 pour la paix, la prospérité et la réunification de la péninsule coréenne, la situation n’est toujours pas très claire vu l’antagonisme des puissances régionales et mondiales sur les enjeux géostratégiques que renferme la péninsule coréenne. Et tout n’est pas dit sur ces enjeux, qui risquent de générer des tensions, rendant cette région encore plus explosive.

2 : La réponse non politique du président américain mais légère d’un milliardaire

On peut se poser la question pourquoi la rencontre entre le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in a été impressionnante, le 27 avril 2018. Et qu’on y lisait l’espoir d’une détente durable. Les deux peuples de Corée ne souhaitent-ils pas la paix, et vivre comme tous les autres peuples ? De la même façon, les peuples de Palestine et d’Israël ne souhaitent-ils pas la paix et partager cette terre qu’est la Palestine équitablement et vivre côte à côte en paix ? Les problèmes qui se posent ne sont pas les peuples, mais les enjeux géostratégiques, et ceux-ci se portent notamment sur des positions géographiques que se disputent les grandes puissances. Donc le seul reproche pour ces peuples est de se trouver là, dans ces régions géographiques à risque.

Israël, par exemple, cherche à s’imposer au Moyen-Orient, et constitue un poste avancé de l’impérialisme américain. Pourquoi ? Parce que le Moyen-Orient regorge de pétrole, les grands gisements de pétrole se trouvent dans cette région. Et les États-Unis ont besoin de cette région, elle est vitale pour eux. Pourquoi ? Toutes les transactions pétrolières dans cette région, sauf l’Iran, s’effectuent en dollar. Et ce pouvoir qu’offre le pétrole permet à l’Amérique d’émettre des dollars ex nihilo, autant que nécessaire pour financer ses déficits extérieurs, dont une part importante pour ses forces armées aux États-Unis et ses bases dans le monde.

On comprend alors la souffrance du peuple palestinien, et les sévices qu’il subit par Israël parce ce pays est soutenu par les États-Unis. D’autre part, non seulement la puissance américaine vise le pétrole qui joue comme contrepartie du dollar, mais aussi impose un « ordre américain » au monde. Et le nouveau président américain, un seul homme fort du pouvoir présidentiel que lui donne la Constitution de la première puissance du monde, milliardaire de surcroît, poursuivi par une enquête judiciaire pour collusion entre l’équipe Trump et la Russie au cours de la campagne électorale 2016, ne sachant pas comme s’en sortir, prend pour apparaître plus puissant encore des décisions malheureuses. En effet, Donald Trump, rompant avec ses prédécesseurs, décide le 6 décembre 2017 de reconnaître Jérusalem, la Ville sainte comme nouvelle capitale de l’État hébreu en lieu et place de Tel-Aviv.

« Donald Trump a reconnu mercredi « officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël », marquant une rupture spectaculaire avec des décennies de diplomatie américaine et internationale symbolisée par sa décision de déplacer l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel-Aviv vers la Ville sainte. Ce faisant, le président américain a revendiqué lors d’une allocution solennelle à la Maison Blanche « une nouvelle approche » sur le conflit israélo-palestinien, assurant tenir une promesse que ses prédécesseurs ont « échoué » à respecter.

« Il est temps d’officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël », a-t-il lancé, avec la volonté dit-il de reconnaître une simple « réalité ». « Après plus de deux décennies de dérogations » à une loi américaine de 1995 imposant le déplacement de l’ambassade, « nous ne sommes pas plus près d’un accord de paix entre Israël et les Palestiniens », a-t-il notamment justifié. « Les États-Unis restent déterminés à aider à faciliter un accord de paix acceptable pour les deux parties », a-t-il ajouté. « J’ai l’intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider à sceller un tel accord », a martelé le milliardaire républicain, debout au pupitre devant un portrait de George Washington. (4)

Si ses prédécesseurs ont échoué à appliquer cette loi, la réponse est simple, c’est une loi illégitime au sens du droit international. Le Congrès américain n’a pas le droit de se substituer au Conseil de Sécurité. Certes, il peut légiférer sur les problèmes externes qui touchent les États-Unis, mais jamais sur l’organisation internationale des États qui relève de l’Organisation des Nations Unies, à laquelle adhèrent les 192 États du monde. Et sceller un accord avec Israël en décidant Jérusalem, capitale d’Israël, a provoqué un massacre de 55 Palestiniens civils tués, entre hommes, femmes, vieux et enfants, et près de deux milliers de blessés. Alors que de l’autre côté, les autorités israéliennes et américaines fêtaient cet événement, le transfert illégitime de l’ambassade américaine à Jérusalem. Où est la détermination de Donald Trump « à aider et faciliter un accord de paix acceptable pour les Israéliens et les Palestiniens ? » N’est-ce pas mettre de l’huile au feu ? Et donc aggraver la situation ? Et faire diversion dans ses problèmes avec la justice, en ayant son nom dans tous les journaux, que l’on peut mettre au compte de son narcissisme, un excès d’admiration portée sur soi-même.

« La nouvelle saillie polémique de Donald Trump aux Nations Unis, « Rocket Man est en mission suicide pour lui-même et son régime », ne manquera sans doute pas de relancer la thèse de l’instabilité mentale du président américain. Depuis son élection, de nombreuses personnalités ont évoqué un possible déséquilibre mental du président. Parmi elles, on compte des membres du Congrès américain, mais aussi de nombreux psychiatres. En septembre 2016, une étude réalisée par des scientifiques de l’Université d’Oxford qui s’était penchée sur les traits psychopathiques de certains dirigeants, avait conclu que Donald Trump présentait plus de traits psychopathiques qu’Adolf Hitler, ce qui le classait juste derrière Idi Amin Dada, Saddam Hussein et Henri VIII. (Selon la même étude, Hillary Clinton se classait entre Napoléon et Néron). Les chercheurs avaient souligné que leur étude ne permettait en aucun cas de déterminer si les sujets étaient psychopathes, mais seulement de déterminer le degré de présence de certains traits psychopathiques dans leur personnalité. Depuis l’accession de Trump au pouvoir, le débat s’est intensifié. En avril, un colloque organisé à l’Université de Yale, dans le Connecticut, rassemblant des experts du monde entier pour examiner cette question, a abouti à diagnostiquer un « narcissisme malfaisant ». (5)

De même, la réaction du président américain au revirement spectaculaire de la Corée du Nord de ce même esprit. Il y a deux jours – le 6 mai 2018 –, la Corée du Nord a annulé une rencontre inter-coréenne et évoquant la possibilité de remettre en cause le tête-à-tête très attendu, en Asie et ailleurs dans le monde, avec M. Trump. Certes, le président américain cherche à être rassurant sur le sommet prévu le 12 juin, et il se veut conciliant avec le leader nord-coréen Kim Jong-un. Mais il reste la forme et le fond de la réponse de Donald Trump qui n’est pas politique. Elle est commerciale alors qu’il existe un véritable danger de guerre avec la Corée du Nord, et c’est ce danger et l’arsenal nucléaire que détient la Corée du Nord – que l’on ne doit pas perdre de vue – qui a dicté à Trump d’accepter de rencontrer le leader nord-coréen Kim Jong-un.

Sans ce danger de guerre nucléaire pour les États-Unis, le président américain Donald Trump n’aurait jamais consenti de rencontrer un président d’un petit État du monde, ni donné une quelconque importance à ce pays.

 « Rien n’a changé sur la Corée du Nord à notre connaissance, on ne nous a rien dit », a-t-il déclaré depuis le Bureau ovale, en dépit des doutes que fait planer Pyongyang sur ce face-à-face historique prévu le 12 juin à Singapour. « Nos équipes sont en ce moment même en contact avec eux pour l’organisation », a-t-il ajouté en recevant le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg. « Tout accord se fera avec Kim Jong Un », a martelé le 45ème président des États-Unis, évoquant de « très fortes protections pour ce dernier ». « Il serait dans son pays, il dirigerait son pays, son pays deviendrait très riche  », a-t-il encore dit, évoquant la Corée du Sud comme modèle possible en termes de développement industriel pour le Nord. 

Jeudi, elle a assuré qu’elle n’engagerait pas de discussions avec Séoul dans l’état actuel des choses, qualifiant les responsables sud-coréens « d’ignorants et d’incompétents ». Pyongyang proteste contre l’exercice annuel Max Thunder, un entraînement militaire en cours entre Séoul et Washington dans la péninsule. Ce dernier implique une centaine d’avions des deux pays, dont des avions de chasse furtifs américains F-22 « Raptor », la bête noire de la Corée du Nord qui voit dans ces appareils la menace de frappes chirurgicales. […]

« Si vous regardez ce qui s’est passé avec Kadhafi (…), nous sommes allés sur place pour le vaincre », a souligné M. Trump, faisant un raccourci historique entre différentes étapes, éloignées de plusieurs années, dans les relations avec la Libye.

« Cela pourrait probablement avoir lieu si nous ne trouvons pas d’accord, mais si nous trouvons un accord, je pense que Kim Jong Un sera très très heureux », a-t-il poursuivi. » (6)

Que constate-on dans la réponse de Donald Trump à la Corée du Nord ? Il évoque la protection pour Kim Jong-un, « il serait dans son pays, il dirigerait son pays, son pays deviendrait très riche ». Des promesses qui n’ont rien de politique sur le danger que représente la Corée du Nord pour les États-Unis et le monde. De même pour « Kadhafi, nous sommes allés sur place pour le vaincre ». Là encore, une menace parlante sur les extrêmes conséquences qui peuvent survenir dans ces mots du président américain que l’on pourrait qualifier d’inimaginable telle qu’elle risque d’être horrifiante, impossible à les croire. Et surtout Trump enfonce le clou en disant « Cela pourrait probablement avoir lieu si nous ne trouvons pas d’accord, mais si nous trouvons un accord, je pense que Kim Jong Un sera très très heureux ». Ce qui signifie que si un accord n’est pas trouvé avec Kim Jong-un, cela pourrait avoir lieu, en clair le leader coréen aurait le même sort que Kadhafi. Cette réponse éclaire d’un nouveau jour la rencontre entre les deux présidents. Aussi pose-t-on la question : « Le rendez-vous historique aura-t-il lieu ? Et Donald Trump changera-t-il de rhétorique pour donner une chance à la paix, et éviter aux millions de victimes une mort affreuse, impossible à se représenter. »

3 : Le risque que le monde encourt, une « Guerre Nucléaire Graduée Équilibrée »

D’emblée doit répondre, le rendez-vous du 12 juin aura lieu. Ce n’est pas une prédiction c’est une « Nécessité historique. » D’autant plus que tant Donald Trump que Kim Jong-un ont intérêt à se rencontrer, il y va de l’intérêt de leurs pays et du monde. Le problème n’est pas que Kim Jong-un « sortira grandi » pour avoir rencontré le président de la première puissance du monde, ceci est évidemment acquis et même le président n’aura pas d’alternative, c’est une décision sage eu égard au risque de guerre que peut provoquer une « animosité et des invectives » entre les deux présidents. Ou la guerre d’un petit bouton nucléaire contre un gros bouton nucléaire et « et le mien fonctionne ! » (7), mais les millions de morts, et il faut le préciser, une guerre provoquée fera des millions de victimes innocentes, à travers le monde.

Et toutes les grandes puissances seront impliquées, comme nous le verrons, cela paraît de la science-fiction, mais ce n’est pas de la science-fiction. L’attaque terroriste du 11 septembre 2001 est bien survenue, pourtant l’effondrement des tours du World Trade Center paraissait incroyable, ressemblant à un film hollywoodien. Et cette attaque ne sera qu’une goutte dans un verre d’eau, i.e. par rapport à ce qui arrivera si des décisions sages ne seraient pas prises. Il faut encore préciser que l’Europe sera entraînée dans la guerre que l’on peut appeler une « Guerre Nucléaire Graduée Équilibrée ». « Graduée », en rappel du concept de Robert Mc Namara, ancien secrétaire à la Défense dans l’administration Kennedy, dans la stratégie de « Riposte Graduée ». Aucune puissance n’échappera à cette « Riposte Graduée » puisqu’elle émanera des deux camps adverses. Et donc « Équilibrée », en regard de la « Nécessité conceptuelle que toutes les puissances doivent subir plus ou moins le même sort. » En clair, une « Troisième Guerre Mondiale Graduée » et donc « non totale ».

Dans ce qui va suivre, dans la deuxième partie, l’auteur cherche simplement à montrer les forces géostratégiques peu lisibles, souterraines qui n’apparaissent pas très bien dans les relations internationales. En particulier entre les grandes puissances nucléaires qui ont le droit de véto au Conseil de sécurité de l’ONU. Et parmi les cinq, trois pays sont prépondérants – les États-Unis, la Chine et la Russie –, et par eux peut venir une « Guerre Nucléaire Graduée Équilibrée », par des « moyens détournés ».

On verra que la proposition « revue et restructurée » de l’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin et paradoxalement la proposition aussi « revue et restructurée » du président américain Donald Trump d’« enrichir la Corée du Nord par le commerce, par la remise à niveau de l’économie nord-coréenne » participeraient à éviter la guerre. En clair, il y a des solutions à la crise nucléaire qui, si rien n’est fait, pourraient avoir des conséquences catastrophiques pour le monde.

Et c’est à cela que l’auteur cherche à prévenir, à avertir en regard de cette guerre nucléaire qui peut se produire et qu’il y a des « moyens pacifiques » pour l’éviter, et éviter des destructions apocalyptiques et des pertes humaines qui se chiffreraient entre 100 millions et 200 millions morts en quelques heures. La deuxième partie traitera plus profondément ce qui n’est pas dit dans les médias, et les risques qu’encourent les États-Unis, l’Asie et l’Europe.

Par Medjdoub Hamed, Chercheur spécialisé en Économie mondiale Relations internationales et Prospective.
www.sens-du-monde.com

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