Juin 09

SOMMET CHINE-RUSSIE-IRAN : ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Un sommet réunissant les chefs d’État russe, iranien et chinois s’ouvre ce 9 juin dans l’est de la Chine, à Qingdao. Téhéran cherche à jauger le soutien de Beijing et Moscou après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

Ce sommet est organisé en marche du Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), réunissant plusieurs pays d’Asie centrale et du sud. Les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping ont invité leur homologue iranien Hassan Rohani, même si la question du nucléaire iranien ne figure pas à l’ordre du jour du sommet de l’OCA. Hassan Rohani a ainsi l’occasion de défendre le dossier avec ses homologues.

La Chine et la Russie sont signataires, aux côtés des États-Unis, de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, de l’accord de 2015 qui limite les activités nucléaires de l’Iran en échange d’un allègement des sanctions internationales.

Mais la décision du président américain Donald Trump de retirer les États-Unis du traité entrainera une série de sanctions contre l’Iran et les entreprises étrangères présentes dans le pays. Le gouvernement iranien tente désormais de trouver des appuis auprès autres signataires, et notamment de la Chine, grande importatrice de pétrole iranien.

Le 1er juin, le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, a assuré en présence de la chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, que «la Chine unira ses efforts à ceux de l’Union européenne (UE) pour préserver la solennité et l’autorité de l’accord historique sur le nucléaire iranien».

En visite à Bruxelles, le conseiller d’État a assuré que «respecter les accords internationaux relève du bon sens dans les relations internationales. Les grands pays, en particulier, doivent jouer un rôle exemplaire au lieu de faire le contraire».

Cependant le 5 mai, l’Iran a signifié à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) le lancement d’un plan afin d’augmenter sa capacité à enrichir l’uranium en renforçant le nombre de ses centrifugeuses.

Cet accord est une première réaction à la décision du président américain Donald Trump de se retirer de l’accord. Interrogée sur ce plan, la diplomatie chinoise s’est abstenue de toute critique, appelant simplement les parties concernées à «continuer d’appliquer l’accord» de 2015.

L’Iran a un statut d’observateur au sein de l’OCS, Hassan Rohani est d’ailleurs le deuxième président iranien à assister à ce sommet qui compte parmi ses membres quatre ex-républiques soviétiques d’Asie centrale (Ouzbékistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizstan) et deux nouveaux membres : l’Inde et le Pakistan.

La Chine devrait profiter du sommet pour dynamiser son initiative «La Ceinture et la Route», alors que la seconde puissance économique mondiale reste sous la menace de sanctions douanières américaines, laissant présager une possible guerre commerciale.

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