Juil 06

ACCORD NUCLÉAIRE: LES GRANDES PUISSANCES FONT UNE OFFRE À L’IRAN

Les Européens, la Russie et la Chine, pressés de faire des propositions concrètes pour garantir la survie de l’accord sur le nucléaire, rencontrent vendredi à Vienne les responsables iraniens avec une « offre » qu’ils estiment suffisamment « attractive » pour que Téhéran reste engagé dans le pacte.

« Nous formulons une offre que nous trouvons attractive » pour que l’Iran puisse continuer à commercer avec les entreprises européennes en dépit du retour annoncé des sanctions américaines, a déclaré à la presse le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Mass, avant le début de la réunion dans la capitale autrichienne qui a commencé vers 09h00 GMT.

Mais le président iranien Hassan Rohani a tempéré les attentes et fait monter la pression dès la veille de la rencontre des chefs de la diplomatie des cinq puissances restant partie à l’accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) avec leur homologue iranien Mohammad Javad Zarif.

Le paquet de mesures « ne répond pas à toutes les exigences de la République islamique« , a indiqué M. Rohani au président français Emmanuel Macron lors d’un échange téléphonique, selon l’agence de presse officielle iranienne Irna.

« Ce ne sera pas la dernière discussion » sur ce sujet entre l’Iran et ses partenaires, a reconnu M. Mass, admettant également que les Européens « ne pourraient pas tout compenser« .

Mais ils veulent « montrer à l’Iran qu’un retrait aurait plus de désavantages qu’un maintien » dans le pacte, a-t-il ajouté.

L’Iran tente d’obtenir des pays européens des compensations économiques au désengagement fracassant des États-Unis qui ont dénoncé l’accord début mai, le jugeant trop laxiste. Téhéran a menacé à plusieurs reprises de reprendre l’enrichissement d’uranium.

Le pacte historique de 2015 soumet l’Iran à un strict contrôle de ses activités nucléaires visant à empêcher le pays d’accéder à l’arme atomique. La contrepartie de l’accord pour l’Iran fut la levée des sanctions économiques internationales avec la perspective de nouveaux investissements.

Or depuis que le gouvernement américain de Donald Trump a dénoncé le texte, la perspective du retour des sanctions américaines a commencé à faire fuir les investisseurs étrangers. Le constructeur automobile français Peugeot, l’armateur danois de navires pétroliers Maersk Tankers se préparent à quitter le pays. Le Français Total risque de retirer d’un projet de développement du vaste champ gazier iranien Pars Sud.

La rencontre de vendredi doit donner « une impulsion » en vue de protéger les intérêts des acteurs économiques, avait annoncé le vice-ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Riabkov.

– Compte à rebours –

Téhéran ne cache pas son impatience. « Le temps des négociations arrive à son terme« , avait prévenu début juin le président du Parlement iranien, Ali Larijani.

Dans sa liste de conditions présentées fin mai, le guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, a notamment demandé une garantie sur les ventes iraniennes de pétrole et sur les transactions commerciales.

L’Europe se retrouve ainsi sous une double pression, celle de Téhéran qui a besoin d’investissements étrangers pour remettre à flots son économie, et celle de Washington qui pourrait s’en prendre à ses entreprises et les priver d’accès au marché américain.

Le chef de la diplomatie allemande n’a pas détaillé le contenu de l’offre européenne, citant des propositions déjà connues: une loi dite « de blocage« , dont les effets sont incertains, visant à contrer les effets des sanctions américaines sur les entreprises européennes voulant investir en Iran; un mandat élargi de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour soutenir les investissements européens en Iran.

« Nous essayons maintenant de voir les possibilités de maintenir ouverts les canaux de paiement avec l’Iran« , a ajouté M. Mass.

Signe de l’urgence, alors que les premières sanctions américaines doivent être réimposées début août, le président iranien Hassan Rohani était à Genève et à Vienne cette semaine où il a plaidé pour la sauvegarde de l’accord.

« Tant que c’est possible pour l’Iran, nous resterons partie à l’accord, nous ne quitterons pas le JCPOA (le sigle officiel de l’accord, ndlr), à la condition que nous puissions aussi en profiter« , a dit ce conservateur modéré réélu en 2017.

afp

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