Juil 16

DÉCRET PRÉSIDENTIEL SCÉLÉRAT : DES DÉCHETS RADIOACTIFS DE PLUTONIUM ET D’URANIUM D’AUSTRALIE VONT VENIR ET ÊTRE STOCKÉS SUR LE SOL FRANÇAIS POUR PLUS DE 20 ANS

Un décret signé le 6 juillet, en catimini, par Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Jean-Yves Le Drian et l’ambassadeur de France en Australie vient d’autoriser l’importation en France de près de 4 tonnes de déchets radioactifs de plutonium et d’uranium australiens. Areva en fera du business en accointance avec la Australian Nuclear Science and Technology Organisation qui exploite à Lucas Heights un réacteur de recherche répondant au doux nom d’ « Opal ». En devenant propriétaire en titre de cette merde, Areva devenu Orano pour masquer sa faillite financière, impose au globe et aux français une nouvelle menace de transports mortels maritimes et terrestres, et quelques autres saloperies.

La Coupe du monde de football bat son plein. Il faut bien donner aux petits peuples leurs jeux du cirque pour pouvoir continuer à dominer la planète. Le monarque français fera ses risettes devant les télés et autres médias avides de glorifier son mentor. Les industriels de la mort nucléaire – les véritables patrons de la politique énergétique du pays – pourront ainsi à loisirs et en toute tranquillité poursuivre leur sale business. Grandeur et décadence…

C’est par un discret décret n° 2018-586 (1) signé le 6 juillet 2018 par les plus hautes autorités de la « République française » que la France légalise un sombre accord de trafic de déchets nucléaires de l’Australie vers la France. Au bas du document qui entérine le business entre Areva (devenu Orano depuis sa « faillite » et son renflouement de 9 milliards d’euros sur le dos des contribuables) figure les signatures du Président de la République – le banquier énarque Emmanuel Macron -, du 1er Ministre et ancien directeur chez Areva Édouard Philippe, du ministre des affaires étrangères – et ancien ministre des armées du précédent Président Hollande- Jean-Yves LeDrian.

L’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de l’Australie autorise ce qui est interdit par les accords internationaux en masquant le trafic sous le couvert de « retraitement (en France) de combustibles irradiés (étrangers)« . Ainsi « AREVA NC » achète officiellement à « Ansto » (Australian Nuclear Science and Technology Organisation) ses déchets rebaptisés « combustible nucléaire usé » issu de l’exploitation du réacteur atomique australien de recherche « Opal » implanté à 30km de Sydney.

Le contrat a été signé voici deux ans le 7 juillet 2016, lorsque F.Hollande présidait aux destinées du pays et que le jeune Macron était son ministre de l’économie dans le gouvernement Valls après avoir laissé ses fonctions de Secrétaire général adjoint du cabinet du président de la République française. Modifiée par un avenant du 10 octobre 2016, cette opération porte sur 3,6 tonnes de déchets radioactifs. Quantité éventuellement modifiable en fonction des besoins et intérêts des parties. Attention : ne pas considérer les populations et la planète comme faisant partie des parties.

« Euratom« , l’Agence européenne de promotion du nucléaire, a béni avec émotion et la larme à l’œil le 17 novembre 2016 cet accord de transfert de propriété de plutonium et d’uranium entre les nucléocrates australiens et français. La prolifération nucléaire serait-elle possible finalement mais uniquement pour un des rares pays qui possèdent la bombe atomique et en menacent la planète ?

Pour plus de 22 ans et peut-être même plus…

Avec l’imprimatur du pouvoir politique, l’introduction en France des déchets nucléaires australiens peut commencer dès à présent et s’étaler jusqu’au 31 décembre 2030. Il faut que toutes les générations, des grands-parents aux petits-enfants, goûtent au risque, non? D’autant que le retraitement par Areva/Orano de ces déchets atomiques est prévu entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2034. Seize années, une paille !

Mais le lobby nucléaire est grand seigneur, grand saigneur, car « les Parties feront tous leurs efforts pour minimiser le nombre de transports nécessaires au retour des déchets radioactifs » vers le pays vendeur de l’hémisphère sud en Océanie. L’émeu, oiseau national de l’Australie, en est tout ému et le kangourou, l’animal national, en saute de joie. Les français, drogués au nucléaire, restent muets et soumis.

D’autant qu’ils ignorent tout et que, si les accords fixent la date limite du 31 décembre 2034, ils prévoient dès à présent dans son article 3, signé des trois autorités qui ont fait acte d’allégeance, que la date ultime de retour en Australie des déchets radioactifs issus du retraitement pourrait courir jusqu’au 31 décembre 2035. Pas fous les nucléocrates et les politiciens.

Bon, évidemment, ça c’est pour le saucissonnage de cette opération glauque car…  » compte tenu du faible volume de déchets générés par le retraitement (bah voyons) il se pourrait que  » la prorogation du contrat n’ait été signée avant le 31 décembre 2028 pour la livraison de quantités supplémentaires de combustibles nucléaires usés provenant du réacteur OPAL au-delà du 31 décembre 2030. Si une prorogation est signée, la date ultime de retour est fixée au plus tard au 31 décembre 2040. » Donc 22 ans depuis 2018 ! Ils voient loin, très loin tandis que Mr Hulot n’en finit pas de valider ces coups de tordus.

Soyez raisonnables

Pensant se prémunir de tout risque de poursuite pénale, E.Macron et sa cour, valident un Article 7 aussi vague et irrationnel que l’énarchie est capable d’en produire :  » La France adopte les mesures raisonnablement nécessaires et relevant de sa compétence pour permettre l’exécution des dispositions du présent accord. L’Australie adopte les mesures raisonnablement nécessaires et relevant de sa compétence pour permettre l’exécution des dispositions du présent accord. » Raisonnablement nécessaires : ça c’est de la précision. Imaginer que cette phrase figure dans votre contrat de couverture d’assurance pour vos biens et votre personne, voir même sur les boîtes de denrées alimentaires… Les nucléocrates s’autorisent tout, s’affranchissent de tout.

Qui refait du business avec les déchets de plutonium et d’uranium ? : C’est Areva-Orano

Le nucléaire ça rapporte, aux nucléocrates et actionnaires. Mais ça coûte « un pognon dingue » aux contribuables et des atteintes sanitaires et environnementales odieuses à la population et à la planète. Dans cette opération (comme le stipule l’article 9 du contrat) Areva-Orano va aussi récupérer au passage quelques miettes des dangereuses matières radioactives (1% environ), la plus dangereuse étant le plutonium. Histoire d’en faire une matière fissile encore plus dangereuse que les produits de fission « ordinaires » destinés aux réacteurs des centrales atomiques : le Mox (mélange d’oxydes de plutonium et d’oxydes d’uranium). Ça se fera sur le site de Marcoule dans le Gard, là où les deux premiers réacteurs nucléaires français conduisirent à produire la bombe atomique dans les années 50. Tout un symbole. Et pas que du symbole puisque c’est ce Mox qu’Areva avait fourni à Tepco au Japon et qui gorgeait le réacteur n°3 de la centrale de Fukushima-Daïchi dont les réacteurs ont explosé le 11 mars 2011.

Mais pour les entreprises du business de la mort nucléaire il n’y a pas de limite. C’est un peu comme aux manettes du pouvoir politique : les hommes passent, les mêmes agissements et politiques se perpétuent. L’article 11$3 du document officiel d’État donne ainsi carte blanche et mains-libres aux atomistes : « Les dispositions du présent accord peuvent être modifiées à tout moment par accord écrit entre les Parties. Ces modifications prennent effet conformément au paragraphe 1 du présent article, sauf accord contraire des Parties. » La rhétorique énarchique fourbit sa légitimité à la dictature, à l’irresponsabilité, à la dictature.

Jean Revest