Juil 17

DU PLUTONIUM VOLÉ AU TEXAS: LES AUTORITÉS US N’ONT TOUJOURS RIEN À DIRE

L’année dernière, deux experts du Département américain de l’Énergie avaient laissé du matériel nucléaire, notamment du plutonium et du césium, sur le siège-arrière d’une voiture à San Antonio, avant que celui-ci ne soit volé. L’enquête n’avait mené à rien et avait finalement été close, ont révélé des journalistes.

L’organisation de journalistes Center for Public Integrity a récemment publié un nouveau rapport révélant que plus d’un an plus tard, les autorités américaines n’avaient toujours pas récupéré le matériel nucléaire, du plutonium et du césium, perdu par deux experts du Département américain de l’Énergie après l’avoir laissé dans leur voiture à San Antonio, au Texas.

Selon le rapport, les deux experts du Département américain de l’Énergie s’étaient rendus au centre de recherche du laboratoire national de l’Idaho le 21 mars 2017, pour récupérer des matières nucléaires du laboratoire et s’assurer qu’elles ne tombent pas entre de mauvaises mains.

Il s’agissait notamment de plutonium et de césium contenus dans des disques en plastique utilisés pour l’étalonnage des instruments. Leur mission avait pris un tour dramatique quand le matériel nucléaire s’était retrouvé dans leur voiture dans un parking près d’un hôtel Marriott dans lequel ils s’étaient arrêtés pour la nuit. En effet, le lendemain matin, ils avaient trouvé la vitre de leur voiture brisée et le sac volé. Les enquêteurs n’ont jusqu’à présent aucune certitude quant aux motifs ou à l’identité des voleurs.

L’officier Carlos Ortiz, qui se trouvait sur les lieux à San Antonio, a déclaré à ABC News que l’affaire était un vol typique, sans empreintes, sans vidéo-surveillance ou témoins pour aider à retrouver le ou les suspects.

Ils «n’auraient jamais dû laisser quelque chose d’aussi sensible sans surveillance dans un véhicule», a déclaré M.Ortiz.

Alors que la quantité de matériel radioactif volé n’a pas été précisée, la porte-parole du laboratoire de l’Idaho, Sarah Neumann, a certifié qu’elle n’était pas suffisante pour fabriquer une bombe nucléaire, selon The Daily Beast. Selon Ortiz, la police a finalement clos l’enquête pour ne pas «chasser un fantôme».

Il faut un peu plus de trois kilogrammes de plutonium ou quatre d’uranium pour fabriquer une bombe nucléaire.

Ce vol ne représente qu’une partie de tous les matériaux nucléaires volés ou perdus aux États-Unis, écrit The Daily Beast. En raison de la mauvaise exploitation des matériaux radioactifs pendant la guerre froide, environ six tonnes de ces matériaux restent manquants. Toutefois, les spécialistes pensent qu’ils restent principalement coincés dans des tuyaux, des filtres et des machines dans les installations de production.

En 2009, l’inspecteur général du département de l’Énergie des États-Unis avait conclu qu’au moins 450 grammes de plutonium  et 20,4 kilos d’uranium hautement enrichi avaient été officiellement déclarées comme étant stockés en toute sécurité, ce qui n’était pas le cas.

https://fr.sputniknews.com/international/201807171037240833-plutonium-texas-enquete/