Juil 29

VAMPIRISME : APRÈS AVOIR TOUT BOUSILLÉ, LES PRO-NUCLÉAIRES S’EN PRENNENT MAINTENANT AUX OCÉANS

Ils trépignent d’impatience. Quelle partie de notre petite Terre pourrait encore bien être détruite, exploitée, mutilée, contaminée ? Face au tarissement des ressources terrestres d’uranium, des scientifiques états-uniens lorgnent à présent vers les mers et océans pour exploiter quelques grammes de métal radioactif. Leur fanatisme le dispute à l’inacceptable.

Des chercheurs états-uniens (peut-on, encore les qualifier de « scientifiques« ?) viennent d’extraire, tout joyeux et sautillants, quelques grammes d’oxyde d’uranium radioactif (yellow-cake) des eaux de l’océan Pacifique (« pacifique » il n’a que le nom). C’est le Département de l’Énergie des USA qui en a fait l’annonce il y a quelques jours par la voix du géochimiste Gary Gill. Son équipe et la société « LCW Supercritical Technologies » sont parvenus a agglomérer l’équivalent d’un grain de sable de ce premier maillon de la chaîne de la destruction nucléaire militaro-industrielle.

Les fanatiques ne reculent donc devant rien. Mais deux problèmes et non des moindres continuent de hanter ce petit monde reclus et préservé des atomistes:

. Cela fait cinquante ans que les recherches frénétiques se mènent; dans le secret de tous les labos des sept pays nucléarisés qui menacent la planète entière et tous les peuples de leurs activités radioactives. Sans grand succès et cela commence à coûter cher. Mais l’avidité est maîtresse en la matière.

. Le second : la concentration d’uranyle(1) dans l’eau est faible, extrêmement faible, voisinant les 3,3 microgrammes par litre. Une des solutions envisagées est donc de pomper quasiment toute l’eau disponible, la filtrer, identifier des molécules chimiques pouvant fixer les particules de métal d’uranium sans en agglomérer d’autres non souhaitées. Bref, c’est plus que compliqué et très incertain. Mais le besoin de reconnaissance et l’aspiration au pouvoir de domination guident ces pas.

Certes les océans sont vastes et représentent 1,338 milliard de km3 d’eau et, avec règle à calcul et doigt mouillé, les tenants de l’atomisme extrapolent rapidement. Oh joie! On pourrait évaluer cette manne uranifère à pas moins de 4,5 milliards de tonnes. De quoi venir prendre le relais des réserves terrestres qui ne cessent de se tarir en Australie, au Niger, au Canada, au Kazakhstan et tuer leur business de mort à très court terme. Bien sûr cette exploitation terrestre laisse déjà derrière elle des tas d’immondices radioactifs mais ceci est une autre histoire. Et pour les océans on verra ça comme sur terre : après.

Et puis, autre léger problème, pour que l’affaire soit rentable : au rythme actuel de la consommation en uranium des pays dit développés (75 000 tonnes par an pour l’électricité nucléaire et les bombes, et des millions de m3 de déchets dont ils ne savent que faire sinon les refiler aux générations futures) «  il faudrait passer à l’échelle du kilogramme voire de la tonne » (2). Et la boîte de pandore est ouverte : tous les océans du monde et tous les pays riverains de mers deviendront, si nous n’arrêtons pas ces fous, la base d’une prolifération atomique sans limite. L’holocauste à portée de tous. Youpi !

Et puis encore, bis-repetita avec ce néo yellow-cake tant espéré des dingos de l’ordre atomiste : transformation chimique toxique et polluante en UF4 (3), puis transformation chimique toxique et polluante en UF6 (4), convois dangereusement radioactifs maritimes-terrestres-ferroviaires à travers les pays et agglomérations, productions de nouveaux milliers de tonnes de déchets mortels,…

Ne laissons pas faire l’exploitation nucléaire des océans et de la terre.

J.R, Rédaction le Dimanche 29 juillet 2018, 11:52

Notes :

(1) un atome d’uranium et un atome d’oxygène

(2) selon Gregory Nocton, spécialiste de la chimie de l’uranium à l’Ecole Polytechnique (in « Sciences et Avenir« , août 2018)

(3) UF4: tétrafluorure d’uranium nommé aussi fluorure d’uranium(IV): un composé chimique radioactif et insoluble dans l’eau

(4) UF6 : hexafluorure d’uranium (UF6) radioactif hautement toxique qui réagit violemment avec l’eau. Fabriqué pour une utilisation industrielle en produit de fission « combustible » pour les réacteurs nucléaires et les armes nucléaires

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/07/29/Vampirisme-%3A-apr%C3%A8s-avoir-tout-bousill%C3%A9-les-pro-nucl%C3%A9aires-s-en-prennent-maintenant-aux-oc%C3%A9ans