Sep 13

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BELLEVILLE-SUR-LOIRE RESTERA EN SURVEILLANCE RENFORCÉE EN 2019

Un an après le placement du site sous surveillance renforcée, l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) y mènera l’an prochain d’autres inspections approfondies lors d’arrêts de longue durée des deux réacteurs.

Placée, voici un an jour pour jour, sous surveillance renforcée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), la centrale nucléaire EDF de Belleville-sur-Loire le restera en 2019.

« Un point d’étape sera effectué, courant 2019, sur le fonctionnement de la centrale, explique Alexandre Houlé, chef de la division de l’ASN à Orléans. Nous profiterons notamment de l’arrêt pour visite décennale du réacteur n°2, à l’occasion des trente ans de sa mise en service. L’opération sera reconduite en 2020 sur le réacteur n°1.»>

Outre ces arrêts de longue durée, les réacteurs des centrales nucléaires sont stoppés tous les dix-huit mois afin d’être rechargés en combustible et soumis à des travaux de maintenance (lire ci-dessous).

Une trentaine d’inspections menées d’ici fin 2018

Depuis un an, les personnels d’EDF (qui exploite la centrale) et de l’ASN n’ont pas chômé. « Au 1er septembre, le site avait subi seize inspections, dont certaines inopinées, dénombre Alexandre Houlé. Et une douzaine d’autres sont à venir d’ici la fin 2018. »

Il fallait bien ça, à en croire le « gendarme » du nucléaire civil français. Car en septembre 2017, l’ASN pointait « des performances en retrait » à Belleville-sur-Loire, « ainsi qu’un manque de rigueur dans la conduite des installations », pourtant assujetties à un « plan de rigueur » par leur exploitant, EDF.

La mise sous surveillance renforcée « n’est ni inédite ni définitive » <https://www.leberry.fr/belleville-sur-loire/travaux-urbanisme/2017/10/07/centrale-de-belleville-sur-loire-la-mise-sous-surveillance-renforcee-nest-ni-inedite-ni-definitive_12581169.html>

L’ASN, qui mène une vingtaine d’inspections par an dans chaque centrale nucléaire en France, a donc ausculté Belleville d’encore plus près. « En nous focalisant sur la rigueur d’exploitation et surtout la gestion des écarts (les « situations anormales » détectées en cours de fonctionnement, NDLR) », précise ASN.

« Des améliorations sensibles »

Moyennant quoi « des améliorations sensibles ont d’ores et déjà été obtenues, permettant notamment de mieux définir, sur le terrain, ces fameux écarts. Et donc d’y apporter des corrections mieux adaptées. »

L’ASN se refuse toutefois à parler de crise à Belleville-sur-Loire. « La sécurité des installations n’a jamais été mise en cause, certifie Alexandre Houlé. Nous sommes intervenus bien en amont. Désormais, la levée de la surveillance renforcée ne sera prononcée que lorsque l’ASN aura assez de recul pour apprécier les améliorations enregistrées, notamment en matière de suivi des arrêts des réacteurs. »

Article d’Emmanuel Letreulle

L’avis des opposants

L’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye, qui a déposé plusieurs plaintes contre la centrale à la suite des incidents qui l’affectent, se dit déterminée « à rester hyper vigilante », tant concernant le site de Belleville que celui de Dampierre-en-Burly.

« Nous continuerons d’informer les populations des manquements à la sécurité qu’on constate à Belleville, une centrale en mauvais état », assure ainsi Catherine Fumé, l’une des administratrices de Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye.

https://www.leberry.fr/bourges/environnement/2018/09/13/la-centrale-nucleaire-de-belleville-sur-loire-restera-en-surveillance-renforcee-en-2019_12979070.html