Sep 17

CENTRALE DE CRUAS-MEYSSE : EDF DEVANT LA COUR D’APPEL DE NÎMES ET VISÉE PAR UNE NOUVELLE PLAINTE

Le 9 février 2018, EDF a été condamnée par le tribunal de police de Privas pour la mauvaise gestion de ses déchets contaminés à la centrale de Cruas-Meysse (Ardèche). L’entreprise ayant fait appel, elle se retrouvera devant la cour d’appel de Nîmes le mardi 18 septembre 2018 à 8h30. Les associations à l’origine de la procédure espèrent une confirmation de la condamnation.

Cette journée d’audience sera l’occasion de rappeler la longue liste de dysfonctionnements et de pollutions survenus récemment sur ce site, avec le dépôt d’une nouvelle plainte suite à la pollution massive des eaux souterraines par des hydrocarbures survenue début août 2018. Pas d’impunité pour les pollueurs !

EDF doit répondre de la mauvaise gestion de ses déchets contaminés !

En novembre 2015, à la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, des équipements contaminés (combinaisons et sur-bottes) ont été découverts dans une benne de déchets conventionnels qui devait quitter le site pour rejoindre la déchetterie. Déclarée avec 10 jours de retard, cette négligence n’était pas un fait isolé, de nombreux problèmes de gestion des déchets étant survenus les années précédentes.

En réaction à ces faits, qui auraient pu aboutir à la dispersion de radioactivité dans l’environnement, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a fait citer EDF et le directeur de la centrale devant le tribunal. France Nature Environnement, la FRAPNA Ardèche, Sortir du nucléaire Sud-Ardèche et STOP Nucléaire 26-07 se sont portés parties civiles. Après plusieurs renvois, l’affaire a été examinée le 14 novembre 2017 par le tribunal de police de Privas – alors qu’entre-temps, de nouveaux cas de mauvaise gestion des déchets contaminés sur le site avaient été signalés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)…

Le 9 février 2018, le tribunal a condamné EDF à six amendes de 1000 € chacune et le directeur à six amendes de 500 € avec sursis. Ceux-ci ayant fait appel de leur condamnation, une nouvelle audience aura lieu le 18 septembre à 8h30 à la Cour d’appel de Nîmes.

Une nouvelle plainte suite à la pollution des eaux souterraines par des hydrocarbures

Cette mauvaise gestion des déchets n’est malheureusement pas le seul dysfonctionnement identifié sur le site de Cruas. Depuis plusieurs années, les incidents et pollutions s’y multiplient (voir annexe ci-dessous). En avril 2018, du tritium, substance radioactive, a été détecté dans les eaux souterraines, donnant lieu à une plainte déposée par trois associations. Et en août 2018, c’est une pollution aux hydrocarbures qui a été détectée dans les eaux souterraines de la centrale, pollution « significative au regard des volumes mis en jeu » selon l’expression de l’ASN.

La réaction d’EDF témoigne d’un inquiétant laisser-aller. Le pompage mis en place le 6 août pour limiter la propagation de la pollution a pris fin le lendemain, faute de capacité d’entreposage des eaux polluées sur le site ! De plus, trois jours après sa détection, EDF était toujours incapable de d’identifier l’origine de la pollution, mais continuait néanmoins à exploiter un bâtiment d’huilerie qu’elle considérait comme un point de départ potentiel.

Surtout, lors de l’inspection de l’ASN, le 9 août, EDF a avoué aux inspecteurs que la nappe d’eau souterraine qui alimente la centrale [1] était également polluée et que le seuil de potabilité était atteint. Comme il n’est pas exclu que des particuliers, des agriculteurs ou des industriels y effectuent des prélèvements de manière non officielle, l’ASN a demandé à EDF d’informer les riverains. Or aucune mention de la pollution de cette nappe d’eau potable n’a été effectuée aux communes, ni dans la lettre d’information de la centrale ou encore à la Commission Locale d’Information. Plutôt que de diffuser des informations relevant de la santé publique, EDF préfère apparemment organiser des sons et lumières sur les tours de refroidissement de la centrale !

Pour toutes ces raisons, le Réseau “Sortir du nucléaire“, Sortir du nucléaire Sud-Ardèche, STOP Nucléaire 26-07 et la FRAPNA Ardèche déposent plainte devant le tribunal de police de Privas. Huit infractions ont été relevées, dont le délit de pollution des eaux.

En tout état de cause, cette accumulation de pollutions et de négligences constitue la conséquence de graves difficultés organisationnelles. Celles-ci semblent découler d’une course à la rentabilité au détriment de la sûreté, de la protection de l’environnement et de la santé publique. Nos associations appellent à arrêter cette centrale au plus vite, avant qu’un accident ne finisse par y survenir !

Contacts presse :

Maître Étienne Ambroselli – 06 09 30 80 67

Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“ : Marie Frachisse – 07 62 58 01 23

Pour Sortir du nucléaire Sud Ardèche : Alain Joffre – 06 75 50 29 86

Pour Stop Nucléaire 26-07 : Dominique Malvaud – 06 72 07 76 42

Pour en savoir plus sur les différentes affaires :

Mauvaise gestion des déchets contaminés
Pollution aux hydrocarbures

Notes

[1] Cette nappe avait d’ailleurs déjà été polluée lors de la fuite de tritium quelques mois auparavant.

Retrouvez ce communiqué et son annexe sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Dechets-radioactifs-mal-geres-et-pollution-aux