Oct 29

CORÉES : DÉCLARER LA FIN DE LA GUERRE CETTE ANNÉE EST TOUJOURS POSSIBLE, D’APRÈS LE MINISTRE DE L’UNIFICATION

SÉOUL, 29 oct. (Yonhap) — Le ministre de l’Unification Cho Myoung-gyon a annoncé que la déclaration de la fin de la guerre de Corée (1950-1953) pourrait avoir lieu cette année malgré le manque de progrès dans les négociations sur le nucléaire.

«Nous travaillons à réaliser (la déclaration de la fin de la guerre) d’ici la fin de l’année», a indiqué Cho devant les députés lors d’un audit parlementaire. «Je pense que cela est possible en ce moment».

Le président Moon Jae-in et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un sont convenus, lors de leur tout premier sommet en avril, de chercher à mettre officiellement fin à la guerre de Corée et à remplacer l’accord d’armistice par un traité de paix.

Les États-Unis sont réticents à déclarer précipitamment la fin de la guerre car Washington considère cela comme une concession majeure accordée à la Corée du Nord, avec l’allégement des sanctions, alors que le Nord ne fait pas d’efforts correspondants pour se dénucléariser.

Moon et Kim ont tenu leur troisième sommet à Pyongyang le mois dernier après ceux d’avril et de mai. Kim a accepté de se rendre à Séoul dans un avenir proche, probablement cette année.

Cependant, étant donné que les progrès des négociations sur le nucléaire entre le Nord et les États-Unis sont plus lents que prévu, il reste à savoir si le dirigeant nord-coréen pourra bien se rendre à Séoul cette année.

Le ministre de l’Unification a toutefois dit penser qu’une visite cette année de Kim à Séoul reste possible.

En ce qui concerne les préoccupations selon lesquelles la coopération inter-coréenne aurait été partiellement entravée par l’opposition de l’administration Trump, Cho a admis qu’il y a des domaines où les vues de la Corée du Sud et des États-Unis divergent mais a noté que cela ne signifie pas que Washington est opposé à cette coopération.

«Il y a des domaines où nous avons des idées différentes de celles des États-Unis, mais cela ne signifie pas que les États-Unis s’opposent à la coopération inter-coréenne, mais qu’ils l’examinent de manière coopérative», a précisé Cho. «Les États-Unis et nous sommes dans un processus de consultations», a-t-il ajouté.

Cho a réaffirmé que la Corée du Sud et les États-Unis restent sur la même ligne quant à l’objectif de dénucléariser la Corée du Nord, et a souligné qu’une coopération inter-coréenne active pourrait contribuer à atteindre leur objectif partagé.

Les États-Unis font, semble-t-il, preuve de méfiance vis-à-vis d’une amélioration des relations inter-coréennes plus rapide que les progrès de leurs négociation avec le Nord, ce qui entrave, selon des experts, la coopération transfrontalière de Séoul avec Pyongyang, telle que la connexion de voies routières et ferroviaires entre les deux Corées.

En août, le Commandement des Nations unies (UNC), qui surveille la mise en œuvre de l’armistice, a désapprouvé la décision de la Corée du Sud de transférer des matériaux vers l’État reclus. Des matériaux pourtant nécessaires aux inspections inter-coréennes des chemins de fer en vue de leur connexion.

La décision a suscité des spéculations selon lesquelles l’UNC aurait reflété l’embarras croissant de Washington vis-à-vis de Séoul, ce dernier faisant progresser sa coopération transfrontalière en dépit de l’impasse dans laquelle se déroulaient les discussions sur le nucléaire.

Récemment, les deux Corées ont accepté de mener des enquêtes in situ sur les chemins de fer le long de leurs côtes ouest et est, fin octobre et début novembre, mais elles n’ont pas encore déterminé les dates des travaux en commun.

Un nouveau retard pourrait assombrir la perspective pour les deux Corées de donner suite à leur plan d’organiser une cérémonie d’inauguration des travaux visant à moderniser et relier leurs chemins de fer et leurs routes, fin novembre ou début décembre.

Cho a également indiqué qu’une péninsule coréenne dépourvue d’armes nucléaires ne signifiait pas le retrait des troupes américaines stationnées en Corée du Sud, cette dernière constituant une «question d’alliance» entre Séoul et Washington.

Environ 28.500 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud. Des critiques dénoncent une manœuvre du Nord destinée à forcer les États-Unis à retirer leurs troupes en préconisant la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne, incluant apparemment la Corée du Sud.

kimsy@yna.co.kr

lp@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2018/10/29/0200000000AFR20181029002700884.HTML