Nov 01

INTERVIEW DE FRANÇOIS DE RUGY SUR LA FERMETURE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM

. FR : François de RUGY, ministre de la transition écologique et solidaire

. GD : Guillaume DARET, journaliste

L’ENTRETIEN :

GD: Bonjour à tous, bonjour François de RUGY

FR: Bonjour Guillaume DARET

GD: Le Conseil d’État a annulé le décret de fermeture de Fessenheim, alors ça ne remet pas en cause le principe de la fermeture, mais simplement, formellement, EDF qui doit demander cette fermeture, est-ce que ça ne va pas toutefois retarder les choses ?

FR: Non, d’abord je veux dire que je ne comprends pas pourquoi ce décret a été pris dans ces conditions-là, le 8 avril 2017, deux semaines avant l’élection présidentielle.

GD: Ségolène ROYAL a mal fait le travail.

FR: Soit c’est de l’incompétence, parce que tout le monde savait très bien qu’il fallait faire les choses dans l’ordre, et soit c’est du cynisme, c’est-à-dire que c’est des annonces, c’est de l’affichage dont on sait qu’il ne sera pas suivi d’effets et dont on sait même qu’il sera ensuite cassé, ce qui sème le trouble évidemment, vous imaginez sur le terrain, au sein de la centrale où nous avons entamé nous, un travail, nous avons commencé par cela, avec les salariés, avec les élus locaux.

GD: Ce matin, vous nous dites : c’est certain, Fessenheim fermera bien.

FR: Et je confirme évidemment que notre intention est bien de fermer cette centrale, et contrairement à ce qui a été fait par le passé, nous ne nous contentons pas d’annonces, nous allons travailler sur le terrain, avec les personnes concernées, avec les élus locaux, pour accompagner le territoire vers l’après centrale.

GD: Juste, le nouveau décret sera pris dans les jours, dans les semaines à venir ?

FR: Ce sera plutôt je pense dans quelques mois, car de fait nous faisons les choses dans l’ordre, et donc nous allons évidemment discuter avec EDF, pour remettre les choses dans le bon ordre.

GD: Vous travaillez sur la feuille de route énergétique des 10 ans à venir pour notre pays, l’Agence France Presse révèle ce matin dans un document de travail : aucune décision sur la construction de nouveaux EPR ne serait prise avant 2021. Est-ce que vous nous confirmez cela ?

FR: Eh bien je vous confirme qu’un document de travail c’est fait pour travailler…

GD: Donc c’est possible.

FR: C’est pour travailler différentes hypothèses, et c’est ce que nous sommes en train de faire, sur un certain nombre de sujets qui engagent l’avenir de la France en matière d’énergie. Et tout le monde sait très bien que le défi énergie-climat, parce que les deux vont de pair, si on veut protéger le climat, il faut avoir une bonne politique en matière d’énergie, d’abord une politique d’économie d’énergie, et ensuite de diversification des modes de production d’énergie en France.

GD: Pas de nouveaux EPR avant 2021 ?

FR: Ah mais ça c’est sûr, mais, après…

GD: Donc … décision, en tout cas.

FR: La question, il faut le dire, c’est au-delà des énergies renouvelables, que nous voulons développer, nous voulons que la France profite de l’essor des énergies renouvelables, nous voulons que la France profite de ses propres ressources, le bois, le soleil, le vent, la géothermie, c’est-à-dire la chaleur que nous avons dans le sous-sol etc. Eh bien il y aura la question de l’avenir de la filière nucléaire française, est-ce que l’avenir de la filière nucléaire française passe par l’EPR ou pas ? C’est une question qui reste ouverte….

NDLR: vous ne trouvez pas que cela a un petit goût de langue de bois?

Pour lire la suite de l’entretien (qui ne concerne plus le nucléaire) cliquer sur : http://discours.vie-publique.fr/notices/183002139.html