Nov 02

POURQUOI LES ACCIDENTS ET MALADIES PROFESSIONNELLES SONT DE MOINS EN MOINS RECONNUS ?

Nous avons analysé le rapport pour l’année 2017 de l’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France faite par l’IRSN. Nous avons une pensée émue pour nos collègues décédés et toutes celles et ceux qui luttent contre la maladie aujourd’hui …Patrice , Christian , Dominique, Mathieu , Valérie… Revenons à nos moutons, certains résultats de ce rapport nous surprennent, nous interrogent, nous indignent !

Par exemple :

Alors, 12% d’examen positif dont 90% dans l’industrie nucléaire ! Combien de déclaration d’Accident du Travail d’après-vous ? Est-ce que ces contaminations internes (à faible dose) développeront ou pas dans le temps, des pathologies lourdes pour nos collègues ? Qui les prendra en charge demain, lorsque l’on supprime dans le même temps les cotisations sociales ? Servons nous prioritairement parallèlement de variable économique et en même temps, de cobayes ? Quand sera mis à jour ce Tableau N° 6 des Maladies Professionnelles ( qui date de 1984 / 13 cancers reconnus) ? Quand sera-t-il complété des 18 cancers avérés pour les victimes des essais militaires ? À qui profite tout bonnement cette prétendue modernisation évolution de l’organisation du travail ? L’escroquerie de cette  « (dés)organisation » du travail et de la santé au travail réside logiquement sur : « Car si mourir est  scandaleux, il est plus scandaleux encore que les traces des morts dégénèrent, en mort des traces. » Louis-Vincent Thomas 1991.

Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre…

La controverse sur les effets des faibles doses de rayonnements est entrée dans le débat public avec trois événements qui marquent l’émergence d’une mise en question du modèle de référence des effets sanitaires des rayonnements ionisants. Le premier est l’emprisonnement, en 1999, de Youri Bendazhevsky pour « atteinte à la sûreté de l’État », alors qu’il étudiait les effets multiples, sur la santé d’enfants biélorusses, de la contamination radioactive due à l’accident nucléaire de Tchernobyl. Le deuxième événement est l’émergence du mouvement social des vétérans des essais nucléaires, qui a mis en évidence et en débat – notamment devant la justice – les conséquences sanitaires des retombées radioactives de ces essais. Enfin, à l’initiative d’un groupe parlementaire européen, un Comité Européen sur le Risque d’Irradiation (CERI) réunit des scientifiques indépendants de l’industrie et des instances nationales et internationales concernant l’énergie atomique et ses risques. Les travaux du CERI ont l’intérêt d’élargir la discussion, mettant notamment en évidence le déficit de travaux scientifiques concernant l’irradiation interne. (Source)

Les seuils utilisés pour la surveillance de l’exposition interne (Page 100/124)

La limite de détection (LD) est la plus petite valeur détectable avec une incertitude acceptable, dans les conditions expérimentales décrites par la méthode de mesure. La LD est l’un des critères de performance des mesures radio toxicologiques et anthropométriques. Il apparaît que, pour une analyse donnée, les LD diffèrent parfois de plusieurs ordres de grandeur d’un laboratoire à l’autre. Les programmes de surveillance et les protocoles de mesure ne font pas à l’heure actuelle l’objet de procédures standardisées entre les laboratoires.

Dans les bilans statistiques présentés dans ce rapport, sont précisés les nombres d’examens considérés comme positifs, c’est-à-dire ceux dont le résultat est supérieur à la limite d’interprétation opérationnelle ou, à défaut, supérieur à la LD. Dans le cas où la mesure dépasse la limite d’interprétation opérationnelle (à défaut, la LD), le médecin du travail a la responsabilité de réaliser ou non une estimation dosimétrique. Deux niveaux de référence sont définis par la norme ISO 20553 [18] comme étant les valeurs des quantités au-dessus desquelles une action particulière doit être engagée ou une décision doit être prise : le niveau d’enregistrement et le niveau d’investigation…

SURVEILLANCE DE L’EXPOSITION INTERNE DANS LES ACTIVITÉS SOUMISES À AUTORISATION OU À DÉCLARATION (Page 95/124)

Pour les travailleurs en INB, la surveillance de chantier et la surveillance de contrôle sont considérées comme des cas particuliers de la surveillance de routine. Concernant la surveillance spéciale, la mesure vise davantage, dans la grande majorité des cas, à s’assurer de l’absence de contamination chez le travailleur qu’à calculer une dose interne. Le cas échéant, le calcul de la dose engagée est réalisé sous la responsabilité du médecin du travail, selon les recommandations de la Société Française de Médecine du Travail.

Résultats de la surveillance de l’exposition interne (page 108/124)

L’envoi des résultats est devenu effectif pour la plupart des laboratoires au cours de l’année 2010 et depuis 2011, l’ensemble des organismes agréés transmet régulièrement des fichiers à SISERI.

Toutefois, la transmission des données se fait encore trop souvent en dehors des délais prévus par la réglementation, malgré les actions entreprises par l’IRSN auprès des organismes concernés.

Comment progresse le renseignement par les employeurs des activités des travailleurs ? (page 109/124)

Entre mai 2015 et mars 2018, le taux de renseignement des activités pour les travailleurs ayant bénéficié d’une surveillance dosimétrique a progressé de 17 % à 53 % (figure ci-dessous) ; ce qui reste encore très éloigné des objectifs fixés par l’arrêté de 2013 qui visait un renseignement total au 1er Juillet 2016…

Bonne lecture : Bilan 2017 de l’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France

Publié par mazonecontrolee le 2 novembre 2018

http://www.ma-zone-controlee.com/pourquoi-les-accidents-et-maladies-professionnelles-sont-de-moins-en-moins-reconnus/